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Le Valais, Neuchâtel et Genève demandèrent en 1814 leur réunion à la Suisse ; la Diète les admit dans la Confédération le 12 septembre. Mais, comme le nouveau Pacte fédéral ne fut ratifié par le congrès de Vienne que le 20 mars 1815, c’est cette date qui est regardée comme celle de l’entrée de ces trois cantons dans la Confédération. En même temps, le canton de Berne, en compensation de la perte des baillages vaudois et argoviens, s’accrut de la ville de Bienne et de l’ancien évêché de Bâle, à l’exemption d’un district qui fut annexé au canton de Bâle.
Depuis la constitution de la Confédération des vingt-deux cantons, les frontières de la Suisse sont restées les mêmes. Il n’y a d’exemption que pour la vallée des Dappes (entre le Canton de Vaud et la France, ouest de la Dôle) Une convention fut signée en 1862 entre les deux pays pour céder la Vallée des Dappes à la France et le canton de Vaud reçu en échange un territoire équivalent sur les pentes du Noirmont.
Argovie
Comme le canton de Saint-Gall, le canton d’Argovie fut formé en 1803 de territoires jusqu’à lors séparés. La République helvétique avait fait un canton distinct, sous le nom d’Argovie, de la partie occidentale jusque-là sujette de Berne ; plus à l’est, les anciens bailliages communs formaient le canton de Baden. L’Acte de médiation réunit ces deux cantons en un seul, celui d’Argovie, et lui adjoignit le Frickthal, qui avait appartenu à l’Autriche jusqu’en 1801, puis pour un temps à la France, et ensuite depuis 1802 , à la République helvétique. Ce n’est que lentement que ces divers territoires apprirent à vivre ensemble sous le même gouvernement.
Thurgovie
La formation du canton de Thurgovie fut plus simple. C’était l’ancien pays sujet de ce nom, conquis par les Confédérés en 1460. La République helvétique avait déjà donné à ce canton ses limites et son nom actuels.
Tessin
Sous la République helvétique, les bailliages italiens et la Léventine, détachée d’Uri, furent divisés en deux cantons : Bellinzone et Lugano. Leur réunion donna naissance au canton du Tessin. En 1810, Napoléon fit envahir le Tessin par les troupes italiennes, sous le prétexte d’empêcher le commerce de contrebande. La Confédération protesta vivement, mais en vain. Le pays fut gouverné tyranniquement. Ce n’est qu’en 1813, après la bataille de Leipzig, qu l’occupation italienne prit fin et que les troupes suisses rentrèrent au Tessin.
Valais
Avant la Révolution helvétique, le Valais était divisé en deux parties : le Haut-Valais et le Bas-Valais ; le second était sujet du premier. Tout le pays fit partie de la République helvétique. Il en fut détaché en 1802 et devint la république rhodanique. En 1810, Napoléon l’annexa à l’empire français, sous le nom de département du Simplon. Trois ans plus tard, après l’entrée des alliés en Suisse, le pays repris son indépendance. En 1815, le canton du Valais entra définitivement dans la Confédération.
Neuchâtel
Le pays de Neuchâtel, formant une principauté sous la suzeraineté du roi de Prusse, ne fut compris ni dans la République helvétique, ni dans l’Acte de médiation. En 1806, Napoléon exigea du roi de Prusse Frédéric-Guillaume III la cession de la principauté et la donna à son chef d’état-major, le maréchal Berthier. Celui-ci ne visita jamais son domaine. Neuchâtel dut fournir à la France un bataillon de 1'000 hommes, qui prit part aux guerres d’Espagne et fut presque anéanti dans la retraite de Russie. L’entrée des alliés en Suisse replaça la principauté sous la suzeraineté de Frédéric-Guillaume III ; le gouverneur français la quitta précipitamment le 23 décembre 1813, peu d’instants avant l’arrivée des Autrichiens. Les Neuchâtelois demandèrent leur admission dans la Confédération. Cette demande fut agréée et le canton de Neuchâtel fut reçu par la Diète de Zurich le 12 septembre 1814 ; le congrès de Vienne confirma cette décision en 1815. A partir de ce moment, Neuchâtel fut à la fois un canton suisse et une principauté du roi de Prusse ; c’était une situation exceptionnelle qui devait lui causes des embarras et ne fut résolue par une révolution de 1848.
Vaud
Le Pays de Vaud s’est affranchie de la domination bernoise en 1798. Un certain nombre de Vaudois ne se rallièrent pas immédiatement au nouvel état des choses. Sous le commandement de Rovéréa, un corps de volontaires vaudois, qui mérita le nom de Légion fidèle, se joignit aux troupes bernoises pour combattre le général Brune. Les habitants de Sainte-Croix et des Ormonts luttèrent aussi contre les Français, mais ils durent se soumettre. Sous la République helvétique, le Pays de Vaud formait le canton du Léman (sauf les districts de Payerne et d’Avenches rattachés à Fribourg).
Le canton fournit plusieurs magistrats au gouvernement helvétique : Maurice Glayre, La Harpe, Philippe Secretan, qui furent membres du Directoire ; Bégoz, ministre des affaires étrangères. En 1802, les redevances dites féodales ayant été rétablies, une révolte éclata dans les campagnes vaudoises ; les paysans attaquèrent en troupe les châteaux et détruisirent par le feu les archives et les registres où étaient inscrites les redevances ; de là les nom de Bourla-papey (bruleurs de papiers) donné aux insurgés. On dut promettre aux paysans l’abolition définitive des droits féodaux pour arriver à les disperser.
C’est en 1803, par l’Acte de médiation que le canton de Vaud actuel fut constitué. Il organisa sans tarder son gouvernement. L’autorité fut confiée à un Grand Conseil de 180 membre et un Petit Conseil, pris, dans son sein, et composé de 9 membres. Le Grand Conseil, dont la première assemblée eu lieu le 14 avril 1803, adopta les couleurs cantonales le vert et le blanc, avec la devise « Liberté et Patrie ».
Genève
La République indépendante depuis la Réforme, a été envahie le 14 avril 1798 par les troupes françaises appelées par le résident Félix Desportes. Elle resta quinze ans sous la domination française, comme chef-lieu du département du Léman. Les Genevois la subirent avec peine. Ils regrettaient leur liberté perdue et conservaient l’espoir de la reprendre. En 1813, après les défaites de Napoléon, ils virent que le moment d’agir était venu. Une députation se rendit au-devant du général Bubna, qui se dirigeait sur Genève avec un corps autrichien et lui demanda de permettre la constitution d’un gouvernement provisoire. Boubna y consentit. La garnison française quitta la ville et, quelques heures après les troupes des Autrichiens, faisant partie des Alliés, y entrèrent. Le 31 décembre 1813, le gouvernement provisoire, qui comptait parmi ses membres Ami Lullin, Des Arts, Pictet ,de Richemont, proclama l’indépendance de Genève et la Restauration de la République.
Le vœu des Genevois était leur réunion à la Suisse. Il fut exaucé. Le 1er juin 1814, une garnisons fédérales, formée de Fribourgeois et de Soleurois, arriva à Genève par le lac ; elle débarqua au Port-Noir, et fut reçue avec un enthousiasme indescriptible. Peu de temps après, la diète vota l’admission du canton de Genève. Le Congrès de Vienne, en 1815, ratifia ce vote et décida qu’un territoire convenable serait assuré au nouveau canton. A la suite de longues discussion à Paris et Turin, qui furent conduites avec une rare habileté par Pictet de Richemont, le territoire genevois fut agrandi d’un certain nombre de communes détachées de la France et de la Savoie. Genève, après tant de luttes, était hors de danger, libre et suisse.