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Une délégation de trois matriarches du peuple Lakota est venue plaider à l'Office des Nations Unies de Genève la libération de Monsieur Léonard Peltier, militant amérindien emprisonné depuis plus de 47 ans. Elles ont également participé à plusieurs discussions et ateliers sur les droits des peuples autochtones. Au nom du Conseil administratif de la Ville de Genève, je les ai reçues au Palais Anna et Jean-Gabriel Eynard.
Incarcéré suite à un affrontement auquel ont pris part des membres du Mouvement indien d'Amérique (AIM) appartenant aux nations Chippewa et Lakota, et durant lequel deux agents du FBI sont morts lors d’une fusillade, Leonard Peltier a été déclaré coupable de leur meurtre mais a toujours nié. De sérieux doutes pèsent sur l'équité des procédures qui ont conduit à son procès et a sa condamnation. Ses demandes de libération conditionnelle ont été rejetées à plusieurs reprises. La dégradation de son état de santé suscite de vives inquiétudes et sa libération est réclamée de toutes parts, de l'ONU à Amnesty International.
Selon les dernières actualités, la libération de Monsieur Leonard Peltier serait possible par l’octroi d’une grâce de Monsieur Joe Biden, Président des États-Unis d’Amérique.
En effet, Monsieur James H. Reynolds, le procureur de l’époque qui a participé à la condamnation de Monsieur Leonard Peltier dans les années 70, estime aujourd’hui que « (…) les poursuites et l’incarcération de Monsieur Leonard Peltier étaient et sont injustes ». Ainsi, Monsieur James H. Reynolds demande à Monsieur Joe Biden d’accorder la clémence à Monsieur Leonard Peltier comme un pas vers la guérison des « relations brisées » entre les Amérindiens et le gouvernement américain. En septembre 2022, le comité du parti démocrate américain a adopté à l'unanimité une résolution exhortant Monsieur Joe Biden à libérer Monsieur Leonard Peltier.
Par le biais du Collectif BreakFree
Je tiens ici à remercier le Collectif BreakFree Suisse, qui nous a mis en relation avec les trois matriarches. BreakFree Suisse est un collectif d'action non-violente pour le climat. Ce collectif inclut une grande diversité de participant-e-s engagé-e-s pour le désinvestissement des énergies fossiles, notamment au travers d'actions de désobéissance civile.
Le collectif est également proche de la cause des peuples autochtones. Pour ce dernier, les peuples autochtones sont en première ligne face au changement climatique. Mais si leur mode de vie en symbiose avec les écosystèmes dont ils dépendent les expose tout particulièrement aux changements climatiques, ils sont aussi héritiers de savoirs ancestraux uniques accumulés depuis des siècles. Les peuples autochtones ont donc un rôle crucial dans l'atténuation et l'adaptation aux changements climatiques et sont agents de changement. Ce rôle est désormais reconnu au plus haut niveau, par l'Accord de Paris, dans la déclaration de New-York sur les forêts, mais aussi par les récents rapports du Groupe d'experts intergouvememental sur révolution du climat (GIEC) sur les océans et le rôle des terres.
Je tiens également à rendre un vibrant hommage aux trois matriarches que sont Mmes Jean Roach (survivante de la fusillade de 1975 suite à laquelle Peltier a été arrêté et Vice-Présidente de l'International Leonard Peltier Defense Committee), Carol Gokee (fondatrice et directrice de la coalition Rise Up For Peltier) et Lona Knight (survivante d'un pensionnat autochtone, membre historique de l'International Leonard Peltier Defense Committee et de l'American Indian Movement) pour leur détermination dans le combat qu’elles mènent pour la justice et l’égalité des droits entre toutes et tous.
L’engagement de Genève pour l’autodétermination des peuples
Notre municipalité s'est positionnée comme pionnière dans les années 1920 en soutenant officiellement le Chef Daskaheh de la Confédération iroquoise ; je prendrai part aux célébrations de ce centenaire dans le cadre de mon année de mairie 2023-2024.
La Ville a par la suite rencontré à plusieurs reprises des représentant-e-s des peuples amérindiens. Les Archives municipales indiquent notamment que Madame Jacqueline Burnand, alors Maire de Genève, avait reçu une délégation de l'Association de soutien aux nations amérindiennes (ASNA) en 1996 dans le cadre d'une campagne européenne de sensibilisation à la situation de Monsieur Peltier.
Pour toutes ces raisons, j’ai proposé que le Conseil administratif de la Ville de Genève se joigne à l’appel qui demande au président des Etats-Unis la grâce présidentielle pour Monsieur Leonard Peltier.