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05/02/2009
DEGAS, ou l'Art du trait
Hilaire Germain Edgar DE GAS, dit DEGAS, naquit à Paris le 19 juillet 1834. Son père, banquier, lui offrit une enfance bourgeoise. Après des études au lycée Louis Legrand, il commença la Faculté de Droit pour rapidement s’orienter vers sa vocation. Il entreprit son apprentissage dans l’atelier de LAMOTHE, après un bref passage chez le peintre BARRIAS. Il subit alors l’influence d’INGRES, et devint élève des Beaux-Arts, en se rendant régulièrement au Louvre où il exécuta lui aussi des copies.
En 1854, il visita Naples et ses musées, puis retourna en Italie deux ans plus tard, pour admirer Florence. En 1858, ses voyages dans la péninsule italienne le transportèrent à Rome et à Orvieto où il copia les fresques de Lucas SIGNORELLI, avant de retrouver Florence où il commença son tableau « La famille Bellelli ».
Ses premières œuvres personnelles s’apparentent au genre de la peinture d’histoire, telle « Sémiramis construisant Babylone », exécutée en 1861.
De 1860 à 1865, sous l’influence d’INGRES et des Maîtres Italiens, il se consacra à la peinture mythologique et historique. Son style se chercha alors dans des compositions académiques et laborieuses. En 1865, il rencontra MANET et le groupe du Café Guerbois. Dès lors, ses intérêts évoluèrent, et la vie de tous les jours devint le sujet de ses tableaux. Il s’engagea durant la guerre de 1870, puis se rendit en Amérique pour retrouver son frère. Là-bas, il peignit plusieurs tableaux, notamment en Louisiane, dans lesquels transparaît tout son sens de l’observation. Le « Bureau de coton à la Nouvelle-Orléans », exprime dans sa composition étonnante toute sa personnalité.
DEGAS commença en 1872 à fréquenter les artistes de l’Opéra grâce au parrainage de Désiré Dihau, l’un des musiciens de l’orchestre.
C’est alors que ses pinceaux s’appliquèrent à décrire le monde de l’Opéra avec une surprenante vérité.
Ces toiles dévoilent les mouvements des écoles de ballets et l’ambiance des orchestres. Sa précision parfois photographique n’en exprime pas moins une savante désinvolture à l’égard du dessin, ainsi qu’une étonnante originalité des cadrages. Sa subtile observation des sources de lumière confèra à ses tableaux une nouveauté absolue qui fait presque figure de découverte.
En 1874, DEGAS rejoignit le Mouvement des Impressionnistes, pour participer avec eux à la première exposition chez NADAR. Il en devint même l’un des organisateurs. Cependant, bien qu’il fût leur compagnon, il accepta difficilement d’être classé dans leur Mouvement. Il ne partageait pas leur enthousiasme pour la nature représentée dans une infinie variété d’atmosphères. DEGAS ne concevait pas non plus leur spontanéité à noter sommairement sur la toile certaines impressions joyeuses. Son art à lui fut toujours médité, et intellectuel, mille fois repensé dans le calme de son atelier. DEGAS se préoccupait d’abord du style, et de la ligne qui selon lui devait figer le geste, le mouvement ou l’expression.
Il résida alors pendant plus de vingt ans, à Montmartre, rue Victor Massé. Et dans son logement au désordre poussiéreux, figurèrent des tableaux de COROT, MANET, CEZANNE, GAUGUIN, INGRES et DELACROIX.
Il composa sa peinture en échappant complètement au lyrisme de la nature, en recherchant la vérité dans les scènes de la vie qui retenaient son attention, et qui parfois exprimaient cynisme ou férocité. Les intérieurs des cafés, des théâtres ou des boutiques devinrent pour lui des sujets à peindre, comme « Le pédicure » en 1873, ou « L’absinthe » vers 1876.
On remarque toujours une ironie détachée dans ses peintures, ou une recherche curieuse des mouvements les plus imprévus de la vie contemporaine.
DEGAS s’attardait sur les images de femmes à leur toilette, pour laisser deviner toute sa misogynie du célibataire grognon. Les danseuses et les petits rats de l’Opéra trouvèrent là leur poète. Un poète cruel qui saisit leurs gestes les plus intimes, les plus normaux. Il révéla alors dans ses tableaux une richesse éloquente de poses et d’attitudes qui s’organisaient en structures rythmiques.
Le destin de sa vie s’attaqua à lui en le rendant aveugle, et durant ses dernières années d’existence, ce misanthrope solitaire ne fut plus en mesure d’exprimer sur la toile ou sur le papier, ce talent de dessinateur qui était le sien. Il réussit cependant à produire des sculptures d’une saisissante présence, toujours obsédé par le geste. Il mourut à Paris, le 26 septembre 1917, à l’âge de quatre vingt trois ans.
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Alain VERMONT