Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07115.jsonl.gz/119

Les faits historiques
Charles Emmanuel ne rêve pas seulement de reprendre l'ancienne capitale de ses états en deçà des monts, il a également des vues sur le trône de France.
Position qui conduit le roi de France Henri IV - bien que la paix ait été conclue par le traité de Vervins - à occuper la Bresse et à faire marcher (lentement) une armée en direction du pays de Gex. Elle s'arrêtera à Châtillon-en-Michaille, à quelques lieues de Genève.
Cependant tout le monde, et en particulier les Genevois, croit en la paix conclue, et comme la saison hivernale est peu propice aux opérations militaires, aucune mesure particulière n'est prise pour assurer la sauvegarde de la Cité.
Et voilà qu'en pleine nuit, dans les premières heures du 12 décembre 1602, retentit sur le front de Plainpalais le bruit d'un coup de feu, suivi d'un second. Les assaillants savoyards qui ont escaladé la muraille sont découverts.
La garde accourt au bruit, fait face ; le tocsin et, comme le relève la chronique, même la grosse cloche de la cathédrale appellent les citoyens aux armes. Tirés de leur sommeil, ces derniers courent à leurs postes. Malgré de faux bruits, le lieu de l'attaque est identifié et la défense s'organise victorieusement.
Au matin, en découvrant que toute une armée s'était présentée sous les murs, chacun mesura pleinement le grand péril auquel il a échappé. Les quelques prisonniers savoyards, confirmant que la ville devait être mise à sac furent ainsi passés au fil de l'épée.
La Seigneurie de Genève s'empressa dès lors de communiquer à travers toute l'Europe la nouvelle de la «miraculeuse délivrance de la Cité». Celle-ci suscita beaucoup d'émotion; des témoignages de reconnaissance assortis d'offres de secours en tout genre parvinrent à Messieurs de Genève. Cet immense élan de solidarité et la pugnacité des Genevois, comme celle de leurs alliés, conduira les Savoyards à la table de négociation. La paix sera enfin conclue en 1603.
Quatre siècles plus tard, la République de Genève, Ville et Mandements confondus, se doit de se souvenir sans aucune amertume des événements de la nuit dite de l'Escalade. L'échec de Charles-Emmanuel marque en effet la fin d'une époque difficile, faite de tueries et autres exactions. Il permet à la Ville et à toute la regio genevensis d'entrer sans heurts dans le siècle des lumières.