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Le président de la chambre basse du Parlement brésilien Eduardo Cunha a lancé mercredi une procédure de destitution à l'encontre de Dilma Rousseff pour maquillage des comptes de l'Etat. La présidente est toutefois convaincue que la procédure n'aboutira pas.
"J'ai la conviction et l'absolue tranquillité que cette demande est totalement sans fondement", a dit la chef d'Etat de gauche dans une brève allocution télévisée à la nation. Elle s'est déclarée "indignée" par la décision de M. Cunha, son plus farouche ennemi politique.
Les malversations auraient eu lieu entre 2014 et 2015. La demande avait été formulée en septembre dernier par l'opposition, qui accuse la présidente du Brésil, d'avoir fraudé le fisc et manipulé les comptes publics pour assurer sa réélection l'an dernier.
Une commission parlementaire spéciale formée de représentants de tous les partis doit désormais décider du bien-fondé de la destitution, qui devra ensuite être approuvée à la majorité des deux tiers. Si les députés votent la destitution, le Sénat disposera ensuite de 90 jours pour se prononcer à son tour.
Grave crise en perspective
M. Cunha a annoncé sa décision après plusieurs mois de suspense, alors qu'il est lui-même accusé de corruption dans l'affaire Petrobras et menacé de perdre son poste. Cette décision pourrait plonger le Brésil dans une grave crise politique susceptible de paralyser de longs mois le géant d'Amérique latine.
En cas de mise en accusation, Dilma Rousseff serait écartée provisoirement de ses fonctions pendant un maximum de 180 jours. "Je ne fais pas cela de gaieté de coeur, je sais que c'est un geste délicat à un moment où le pays traverse une situation difficile", a ajouté M. Cunha.
Ce député évangélique ultraconservateur est membre du parti du mouvement démocratique brésilien (PMDB, centre), principal allié du parti des travailleurs (PT, gauche) de la présidente Dilma Rousseff au sein de la coalition au pouvoir au Brésil. M. Cunha a pris depuis des mois ses distances à titre personnel vis-à-vis de la présidente.
Dilma Rousseff, difficilement réélue en 2014, a vu sa popularité s'effondrer sous les 10%, sous les effets conjugués de la triple crise politique, économique et morale qui secoue le Brésil.
ATS