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Au dernier jour d'une réunion à Davos, les représentants du tourisme mondial se sont engagés à lutter spontanément contre le réchauffement climatique.
Les participants à cette conférence organisée par les Nations unies et la Confédération entendent également inciter les touristes à prendre davantage en compte l'environnement dans leurs choix de voyages.
A Davos, les représentants d'organes de l'ONU pour le tourisme, l'environnement ou le climat, ainsi que les membres d'offices nationaux du tourisme de cent pays, se sont mis d'accord mercredi sur la «Déclaration de Davos».
Ce texte stipule notamment que les besoins et les préoccupations de l'industrie touristique doivent être intégrés aux diverses politiques nationales et internationales mises en place en matière de changement climatique.
Les représentants du tourisme mondial ont aussi souhaité que leurs recommandations soient prises en compte dans la stratégie globale de l'ONU qui sera négociée en décembre à Bali dans la perspective de l'après-Kyoto.
La déclaration, qui devrait être adoptée officiellement lors d'une rencontre ministérielle à Londres en novembre, demande en outre que les gouvernements et les organisations internationales fournissent un soutien financier, technique et éducatif à l'industrie touristique.
En contrepartie, les acteurs du secteur – comme les compagnies aériennes, les tours opérateurs et les chaînes hôtelières – devront prendre des mesures concrètes de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre.
Ne pas désavantager les pays pauvres
Bon nombre des points contenus dans cette déclaration sont en réalité fondés sur un rapport de l'Organisation mondiale du tourisme (OMT) active au sein de l'ONU.
Publié lors de la conférence, ce rapport montre que le secteur du tourisme est responsable d'environ 5% des émissions de gaz à effet de serre dans le monde. A lui seul, le transport aérien compte pour environ 40% dans les émissions produites par le tourisme, suivi par le transport automobile (32%) et le logement (21%).
Au niveau environnemental, une augmentation de la température pourrait entraîner une diminution de l'activité touristique dans de nombreux pays qui en ont économiquement besoin. La région de la Méditerranée risque d'être touchée aussi bien que les Caraïbes, l'Inde, la zone Pacifique, et l'Asie australe.
Affectés par des changements au niveau des ressources en eau, de la biodiversité, des paysages, de la production agricole, des risques naturels et des dommages aux infrastructures, ces pays pourraient devenir moins attractifs à visiter. Ils le seraient d'autant moins si des taxes CO2 étaient perçues sur les vols.
Maintenir les longs courriers
Malgré leur volonté de «répondre rapidement au changement climatique», les représentants du tourisme mondial n'ont pas réussi à trouver d'accord unanime sur la nécessité de réduire les gaz à effet de serre émis par le secteur de l'aviation. Le rapport de l'OMT recommande en effet, parmi d'autres mesures, de limiter les vols longs courriers.
Responsable du rapport, Daniel Scott, de l'Université canadienne de Waterloo, admet en effet que les vols longs courriers sont une planche de salut importante économiquement pour de nombreux pays en voie de développement.
«C'est pourquoi il faut veiller à mettre en place des mécanismes de compensation en matière de CO2 afin de pouvoir maintenir les vols vers ces destinations», a-t-il confié à swissinfo.
Venu de l'île de Samoa, dans le Pacifique, Lelei Lelaulu partage cet avis. Il estime que les corridors longs-courriers doivent être reconnus comme des infrastructures de transport essentielles, à l'instar des routes ou du réseau ferroviaire, «puisque le tourisme amène davantage d'argent dans les pays pauvres que l'aide au développement.»
Risque de diabolisation
«Le risque immédiat est que le tourisme soit diabolisé pour sa contribution aux émissions de gaz à effet de serre et qu'une réglementation lui soit imposée parce qu'il ne parvient pas à se réguler lui-même», a quant à lui déclaré Christopher Rodrigues, président de l'office du tourisme britannique VisitBritain.
Pour Roland Schmid, porte-parole de la branche suisse de TUI, son agence et les autres tours opérateurs sont en mesure d'influencer les choix des voyageurs par le biais des propositions qu'ils leur font. Quant à l'industrie touristique, elle a également un pouvoir lorsqu'elle sélectionne des compagnies aériennes et des hôtels.
Mais selon lui, les propositions touristiques véritablement écologiques restent encore une exception dans la branche. «Même si les clients sont désireux de réduire leur empreinte écologique, ce n'est pas une priorité quand ils choisissent leurs vacances», indique-t-il.
swissinfo, Dale Bechtel à Davos
(Traduction et adaptation de l'anglais: Carole Wälti)
Faits
La seconde Conférence internationale sur le changement climatique et le tourisme s'est tenue à Davos du 1er au 3 octobre.
Elle a été organisée par l'Organisation mondiale du tourisme avec le soutien du programme des Nations unies pour l'environnement, l'Organisation météorologique mondiale, le gouvernement suisse et le Forum économique mondial (WEF).
La conférence de Davos constitue un suivi du sommet sur le climat et le tourisme qui avait eu lieu à Djerba en Tunisie en 2003.
Les Suisses souvent en vol
Une étude publiée par l'Université de Berne le 3 octobre montre que les Suisses sont devenus plus conscients des enjeux climatiques, mais que peu d'entre eux sont désireux de changer leur comportement lorsqu'il s'agit de prendre l'avion. Ils sont également peu nombreux à être d'accord de payer davantage pour leurs billets d'avion.
En Suisse, seuls près de 1000 billets comprenant une surtaxe volontaire pour émission de CO2 sont vendus par mois. Ce système permet de compenser seulement 1 à 2% du total des gaz à effet de serre émis par les passagers de la compagnie aérienne Swiss.
L'étude bernoise montre en outre que si tous les kilomètres parcourus en avion par les Suisses étaient aditionnés, le total atteindrait plus d'un million de voyages autour de la terre chaque année.