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Los Angeles est l’aboutissement du projet territorial américain. Sa grille cristallise le mythe, la structure et les limites d’un espace monopolisé par l’automobile. Conçue comme une maille omniprésente, elle court-circuite aujourd’hui l’articulation des échelles de la ville et bloque toute continuité biologique et sociale. A l’échelle du quartier (neighborhood), la grille se superpose violemment et sans transition à l’espace domestique. La population croissante voit le modèle saturé du single-family housing atteindre ses limites, balayant tout espoir d’espaces partagés.
Le projet propose la restructuration d’une portion élémentaire de la grille (1/2 x 1/2 mile) où la voiture n’occuperait plus ce rôle déterminant, cantonnée à l’extérieur du quartier avec notamment un système d’autopartage. Une fois libérées, les rues résidentielles sont désasphaltées. Le sol, traité par phytoremédiation, est planté et redevient le support du vivant.
Les interstices auparavant réservés à l’automobile sont réinvestis différemment en fonction de leurs dimensions. Les garages individuels dans les back-alleys deviennent obsolètes ; le bitume y est réemployé dans la construction de nouveaux logements et espaces collectifs répondant aux besoins des habitants du quartier.
Par une réappropriation collective à différents degrés de l’espace urbain, la grille renouvelée propose d’habiter l’échelle bien vivante mais souvent oubliée du voisinage (neighborhood) comme espace commun, ombragé et partagé.