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Cette extension contemporaine du personnage révèle le profond manque d'une civilisation hyper-technique à l'intérieur de laquelle l'image de la mère-femme, de la Terre-mère s'est estompée au profit du patriarcat.
A l'époque du culte des Déesses-Mères, l'homme ignorait son rôle de géniteur dans l'acte sexuel, lorsqu'il s'en rendit compte la société patriarcale commença progressivement à s'installer. L'humanité dériva alors de la «sensorialité» vers la spiritualité, plus exactement vers l'intellectualité. L’importance des contes et légendes
La suractivité des hommes en cette fin de siècle ne facilite pas les moments privilégiés, les veillées, où peuvent s'installer les lectures et les chants qui colportent les légendes et les contes. Dans ceux-ci les fantômes et les loups-garous dévorent les petits enfants, les dieux et les démons cohabitent, etc.
Il apparaît que ces récits préparent l'enfant à bien vivre ses affects et ses fantasmes. Ils remplissent la fonction de transfert, disent les psychologues.
Inconsciemment l'enfant associe un personnage à un élément (obscurité, feu), un sentiment (peur, réconfort), l'araignée peut être inconsciemment associée à la mère dévorante, accaparante.
Il est étonnant de constater la voracité de ces héros de légende: être dévoré, c'est être absorbé dans un gouffre obscur, symbole de chute dans l'inconnu, symbole de la quête de l'absolu. Aujourd'hui, les films remplacent les contes des veillées.
Le film «Le grand bleu» (sorti en 1988) a profondément marqué, voire fasciné, les jeunes et les moins jeunes. Le héros s'enferme dans la solitude représentée par le vertige des profondeurs obscures de l'océan. Il choisit de renoncer à la vie en se détruisant afin d'accéder au vide et à l'attrait de l'absolu. II refuse l'amour humain et la paternité. La couleur bleue est celle de l'infini, couleur profonde et immatérielle mais également la plus froide. Le héros nous dépeint magnifiquement le personnage de Lilith qui implique une voie dangereuse et abrupte, lorsqu'il est vécu à l'extrême.
Nous retrouvons tout cela dans le personnage qu'incarne Lilith et dont l'histoire s'adresse uniquement aux adultes. Lilith initiatrice
Il apparaît fondamental de comprendre le fonctionnement de Lilith qui s'apparente à la structure inconsciente de l'être humain.
Lilith exige d'être reconnue pour ce qu'elle est: un corps, une intelligence et un esprit, jamais l'un sans l'autre.
Elle possède une soif inassouvie d'absolu. Lorsqu'elle s'est purifiée de ses passions, elle peut devenir une Licorne et être la source d'une créativité extraordinaire enfantée par le divin, car elle est hyper-consciente et possède l'intuition infuse. Cette hyper-lucidité du personnage nous indique un chemin de libération vers la lumière pour l'humanité retenue dans ses peurs.
Elle pourrait se résumer en trois mots-clés: le «fouet» qui réveille ceux qui s'endorment, la «torche qui amène de la lumière à ceux qui sont en "enfer», la «clé» qui ouvre la porte des dieux: cheminement intense et douloureux rendant accessible l'inaccessible.
A période différente, interprétation différente, et le peu qui en est dit doit être revu pour être interprété dans le contexte actuel de l'histoire et de la culture contemporaine.
La Lune Noire apparaît aujourd'hui pour éclairer les zones d'ombres de nos comportements afin de nous guider sur le long chemin de l'évolution. On a recommencé d'en parler au moment où la planète Pluton (planète de la psychanalyse) fut découverte vers 1930.
Pluton vise à détruire tout ce qui nuit à l'authenticité de l'être. Sous des apparences immorales, en fonction des tabous, elle s'applique à faire émerger nos fantasmes et nos instincts refoulés, pour nous permettre de les transmuter.
La Lune Noire est souvent associée à ce Prince des ténèbres qui nous oblige à rencontrer nos besoins vitaux fondamentaux, De là découle la sensation de déséquilibre total avant l'alignement du Soi et du Moi.
Pour qu'une chose soit tangible, elle doit répondre à la bipolarité Yin-Yang, féminin-masculin. Les Ecritures nous enseignent qu'Adam, le .premier homme incarné, était physiquement seul. Des traducteurs avisés ont mis l'accent sur le sens plus large donné au terme «Adam» qui représente en fait l'humain, féminin-masculin. Mais alors où est passée la polarité féminine pour que Dieu dut créer une autre femme «du côté» d'Adam?
Alors qu'Eve est issue de l'Homme-Dieu, Adam, (l'homme a été créé à l'image et a la ressemblance de Dieu), il est très plausible de penser qu'il y eut une Femme-Dieu! Le premier était investi des pouvoirs de concrétisation, des attributs yang. Porteur de l'exigence de la descente dans la matière, il eut été gêné par la passivité de son pôle féminin-yin-égalitaire, symbolisant la fécondité, les instincts, l'imagination...
Se suffisant à eux-mêmes, et pour cause ils étaient fils et fille de Dieu, Adam et Lilith n'avaient pas le désir de descendre dans la matière, Ceci aurait eu pour conséquence de contrecarrer le plan de l'évolution.
Lilith a été bannie par les dieux car elle n'était pas de nature soumise, obéissante, On dit «qu'elle se sauva au-delà des mers...» Le symbole de l'Eau étant l'inconscient, on a compris la signification de l'endroit de sa fuite.
Voilà donc Lilith mise sur la touche durant la très longue période involutive de l'humanité durant laquelle Eve prendra le devant de la scène.
Eve apparaît, issue d'Adam qui a été atrophié de sa véritable moitié. Il n'est donc plus l'Homme-Dieu de la création, mais un «sous-produit» amputé. Eve le tente avec le fruit de l'Arbre de la Connaissance et, grâce à la chute, une distanciation avec ses origines favorise l'involution, ou la descente en incarnation, de l'homme Adam et de la femme-soumise Eve. «Ils furent rejetés du Jardin d'Eden» explique très bien leur sevrage spirituel. Le yin et le yang sont désormais séparés.
Actuellement la descente de l'humanité dans la matière, dont le but est la maîtrise de celle-ci, est à son point maximum.
L'accès à la connaissance, tellement crainte par les Anciens, est sur le point d'être acquise par une majorité de l'humanité et, cependant, l'homme est seul. Il lui manque quelque chose d'essentiel pour retrouver ses lettres de noblesse d'Homme-Dieu.
En même temps qu'une forte exigence d'égalité de la part des femmes, apparaissent les techniques de sondage de l'inconscient. Ce dernier n'avait pas été pris en considération et vient à l'actualité grâce aux travaux des psychanalystes (Freud et Jung principalement) au début du XXe siècle.
Simultanément, la notion de fraternité devient plus pressante à l'approche d'une ère nouvelle.
Comment peut-on concevoir une fraternité sans égalité? Où aller chercher ce qui était «perdu» (oublié serait plus juste) si ce n'est dans les sentiers inexplorés de l'inconscient?
Nous voici donc à l'époque des retrouvailles.
L'homme a fait, grâce à l'expérimentation de la matière, le grand cheminement qui l'a mené à sa conscience d'aujourd'hui. Solitaire, il se sent néanmoins appelé par une force intérieure à aller plus loin. Pour grandir, il lui faut retrouver son être complémentaire. C'est pour cette raison qu'il incite la femme à le rejoindre sur le plan d'égalité. Ce n'est qu'alors qu'ils pourront à nouveau progresser, ensemble cette fois. Le scénario inverse se vit également de plus en plus fréquemment; les femmes-Eve se sentent seules et, suivant leur intuition et portées par les nouvelles exigences de l'évolution, elles veulent «grandir» et demandent à l'homme-vrai de les rejoindre dans l'égalité. Les exemples ne manquent pas pour constater qu'aujourd'hui, les rôles respectifs de la femme et de l'homme s'inversent au point de ne plus attribuer à l'un ou à l'autre des qualités préférentielles déterminées par le sexe.
Intégrer l'existence de Lilith ou la résurgence de l'inconscient de Lilith, que ce soit pour les hommes ou pour les femmes d'aujourd'hui, sous-entend un sens des responsabilités, une conscience claire, un souci d'authenticité et un intellect équilibré, auxquels se joignent l'acceptation des refus et des instincts refoulés, acceptés comme tels et pris en charge afin d'être transmutés dans un mode évolutif. C'est de cela que nous parle la Lune Noire en astrologie.
Ce n'est pas une mince affaire! Pour aller plus loin, il nous faut boire jusqu'à la lie cette coupe reléguée depuis si longtemps. Personne n'est à l'abri d'une telle expérience qui, en aucun cas soulignons-le, ne va à l'encontre du cheminement proposé par les Evangiles. Certes, ce qui est proposé va à l'encontre du vécu des enseignements et des dogmes de nos religions pour lesquelles Lilith a mauvaise réputation. Elle va à l'encontre des tabous, des règles admises et des conventions. L'homme doit se faire violence, bousculer la quiétude de sa conscience pour accepter le désordre momentané de Lilith qui préfigure sa métamorphose.
Depuis la début de la création le couple Adam et Eve n'a fait que parfaire son incarnation en éveillant sa conscience jusqu'au stade actuel.
Maintenant une nouvelle spiritualité peut naître. Elle sera vécue par des Hommes qui auront fait ce mariage mystique avec leur inconscient dont ils ne seront plus esclaves. Quelle fabuleuse épopée nous vivons! Quelle prodigieuse progression est devant nous! Nous nous préparons à l'androgynat, l'Homme-Dieu des temps futurs. Avant, nous devons volontairement intégrer notre moitié perdue La Lune Noire en astrologie
Certains astrologues rejettent l'utilisation de la Lune Noire sous prétexte qu'elle est un point fictif et que son message est trop semblable à celui de Saturne et de Pluton, L'astrologie utilise de nombreux repères virtuels: le Milieu du Ciel, l'Ascendant… Faut-il prouver la véracité de leur existence? Ces lieux correspondent à une réalité, ils apportent, tout comme la Lune Noire, des informations essentielles.
En langage astrologique, Lilith devient la Lune Noire. Elle représente tout ce que nous exigeons inconsciemment et ce que nous refusons consciemment. Le noir est associé à l'idée de peur, de rejet ainsi qu'à la sensation de douleur et de deuil. Mais c'est également la couleur de la transmutation chez les alchimistes qui en font une valeur initiatique.
Les astronomes sont perplexes quant à l'explication des fameux trous noirs qui nous feraient passer dans une autre dimension. La Lune noire est un trou noir qui nous fait découvrir un autre monde dont les lois nous échappent encore.
Astronomiquement, elle correspond à un point immatériel dans le ciel, dépendant de l'orbite de la Lune autour de la Terre. Elle est le deuxième foyer de la Terre.
Aucune planète ne tourne autour de son axe en formant un cercle parfait. Elle forme ce que l'on appelle une ellipse, plus ou moins variable, De ce fait, il est impossible de prédire l'évolution des Planètes qui échappe à toute géométrie.
Le deuxième foyer d'une Planète correspond effectivement à un vide mais est néanmoins réel. Tout comme un miroir, il renvoie à une image virtuelle chargée de signification. Ce point échappe à la gravitation, contrairement au premier foyer matérialisé. Ces deux points appartiennent à des mondes différents: matériel/spirituel ou tangible/inconscient. L'un est visible, il obéit à un ordre, celui de la gravitation, l'autre est invisible et il échappe aux données que l'on se fait de l'ordre et donc à la loi de causalité.
Nous trouvons là, la signification de la Lune Noire qui échappe à l'emprise de l'ordre. Son corps est immatériel (refus de l'incarnation), il représente plus l'intelligence du corps que le corps lui-même, La Lune qui tourne autour de la Terre est dépendante de ses besoins vitaux (assimilation - élimination - reproduction) contrairement à la Lune Noire qui est complètement autonome.
Nous soulignons là l'antagonisme des deux Lunes à l'image des deux femmes: Lilith et Eve. La première est lucide, elle maîtrise et dispose de son corps avec intelligence. La seconde reste plus instinctive et passive.
Sur le plan évolutif, la Lune Noire est une Licorne inaccessible et exigeante qui approche la dimension spirituelle dans ce qu'il y a de plus pur. Si dans un premier temps elle nous renvoie à notre corps, c'est pour nous faire quitter notre conditionnement émotionnel qui nous empêche de grandir, de vibrer à la dimension de l'Univers.
Dans une société régie par des lois patriarcales la Lune Noire ne peut être que bannie. Elle refuse les «contrats» de mariage et recherche le côté sacré de l'Union; elle choisit ou non d'avoir des enfants.
Madame Joëlle de Gravelaine, astrologue, travaille depuis 1954 sur l'interprétation de la Lune Noire et utilise sa position «moyenne».
La Lune Noire s'impose lorsqu'on la repère à un moment de la vie. Il appartient à chacun de la situer avec précision dans le thème par le biais des transits, de la réflexion et de la méditation.
La Lune Noire «moyenne», bien que moyenne, est une position rigoureuse. La longitude céleste de l'apogée lunaire est actuellement assimilée à la longitude de la Lune Noire par les astrologues. En effet, si la Lune tourne autour de la Terre suivant une ellipse, alors la Terre occupe l'un des foyers tandis que l'autre, apparemment inoccupé, représente la position de la Lune Noire.
Le pôle opposé de la Lune Noire est appelé Priape (ou queue de la Lune Noire). Les caractéristiques du Signe et de la Maison dans lesquels elle se trouve définissent un terrain d'exagération, d'exigence ou de refus, qui peut être transfiguré par l'attitude sacrificielle volontaire.
Elle se vit différemment suivant le degré d'évolution de chacun.
On attribue facilement, ou approximativement, la même signification à Pluton, Saturne et à la Lune Noire. Il existe bien sûr des nuances mais nous avons trois qualités de cheminement qui portent toutes au dépassement du moi. Saturne oblige à un certain lâcher prise de ce qui est superflu, Pluton nous purifie de tout ce qui pourrait nous infecter et met en lumière ce qui est enfoui et caché, de ce qui a besoin d’être éliminé, la Lune Noire s'autogère jusqu'à l'accomplissement de la sentence. Autant de volets qui mènent à !a transformation fulgurante de l'esprit en faisant émerger la conscience enfouie.
- Saturne crée des frustrations et engendre un instinct de culpabilité;
- Pluton par sa demande de mutation et de transformation inflige châtiment et expiation.
- La Lune Noire transgresse et désobéit. Elle exécute elle-même la sentence et opère un changement radical qui peut mener à l'illumination.
La Lune Noire nous permet de réhabiliter la conscience qui entretient la discorde avec l'idée du patriarcat (Saturne). La Lune Noire est fâchée avec les lois qui ne reconnaissent pas encore l'existence de la femme-vraie. Elle fait peur aux hommes qui observent les profondes mutations du monde féminin.
La Lune Noire ne fait que réclamer la complémentarité entre l'homme et la femme. Elle est une grande éveilleuse de conscience, la Grande Initiatrice à la fois inquiétante et irrésistible.