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Raphael Dwamena, qui comptait huit sélections avec la sélection ghanéenne, a rendu l'âme à 28 ans, le 11 novembre, lors d'un match du championnat albanais opposant KF Egnatia au Partizani Tirana.
Repéré en 2014 par l'écurie Red Bull et son club de Salzbourg, il pose ses valises en 2017 au FC Zürich. Le championnat suisse fait connaissance avec le talent du gamin de 21 ans (deux buts en cinq matches) et le monde du ballon rond ne va pas tarder non plus. Brighton passe à l'action l'été 2017 et propose 15 millions d'euros de francs à la direction zurichoise.
Le rêve démarre et retombe dans la foulée: un problème cardiaque est décelé lors de la visite médicale et Dwamena se retrouve sur le carreau. Le FCZ le récupère et le cède à Levante (l'été 2018), puis il est prêté à Saragosse. A la demande du club, il se fait implanter un défibrillateur, un appareil qui déclenche une impulsion électrique qui normalise à nouveau le rythme cardiaque.
Interrogé sur les sportifs qui prolongent leur carrière avec un tel appareil, Dr Vincent Gabus, responsable du service de cardiologie du sport au CHUV, rappelle cette vérité:
Le défibrillateur est pourtant utilisé comme un passe-droit par de nombreux joueurs pour continuer à fouler les pelouses professionnelles. Christian Eriksen, Daley Blind ou encore Anthony van Loo en ont tous un. Le cycliste Elia Viviani est également porteur de l'une de ces machines sous-cutanées. «C’est de la prévention secondaire (réd: après un arrêt cardiorespiratoire), parce qu’on pense que le risque de récidive est élevé», renseigne Vincent Gabus.
Le cas est semblable pour de la prévention primaire (des patients qui risquent de développer un arrêt cardiorespiratoire): «Il nous arrive aussi d'implanter des défibrillateurs en prévention primaire quand on estime que le risque d'arrêt cardiaque est élevé», confirme le spécialiste.
En posant un défibrillateur, il est question de «stratification du risque» - la stratification du risque est le processus qui amène les médecins à conseiller ou non la pose de défibrillateur. Le spécialiste précise que «si nous le posons, nous estimons que le risque est élevé. Une fois posé, nous ne sommes plus dans la stratification du risque.»
Après des pépins et peu de temps de jeu, Dwamena décide en 2021 de faire retirer son défibrillateur. Les risques pour sa vie étaient réels en opérant ce choix. «C'est très rare d'enlever un défibrillateur. Si c'est la volonté de l'athlète, nous ne pouvons pas aller à l'encontre de son choix», souligne le Dr Vincent Gabus.
En 2018, des chercheurs américains ont publié une étude menée auprès de plus de 400 athlètes qui avaient un défibrillateur. Aucun décès n’a été constaté parmi les sportifs sélectionnés.
Le Dr Gabus explique:
Le corps médical ne peut donc pas empêcher un joueur de poursuivre sa carrière avec un appareil sous-cutané. Si le joueur et le club sont d'accord de continuer de la sorte, les médecins sont de simples conseillers et n'ont pas l'autorité pour stopper des carrières. Le plus problématique, c'est qu'à un jeune âge, les sportifs concernés sont conscients qu'il y a une carrière en jeu et par conséquent un contrat lucratif à la clé; un arrêt et tout part en fumée. «Il y a de la prévention primaire et secondaire. Ce sont toujours des situations et des décisions prises de manière individualisée.»
Le cardiologue du sport, en prenant cas par cas, rappelle que s'il y a récidive pour un joueur porteur d'un défibrillateur, ce dernier n'a pas vraiment envie de poursuivre sa carrière. «Selon les différentes études diffusées, de nombreux athlètes qui reçoivent un choc (réd: signe qu'un deuxième arrêt cardiaque a été évité grâce à l'appareil) ne reviennent pas se frotter au plus haut niveau.»
Pour certains sportifs et certaines disciplines, il est difficile de pratiquer son métier (et sa passion) avec un défibrillateur implanté. Le Dr Gabus évoque «la sensibilité des boîtiers face aux chocs rencontrés dans les sports de combats, alors que pour le sport automobile, l’escalade ou encore la nage en eau libre, le risque de faire un arrêt cardiaque, donc une perte de connaissance dans des situations où c'est potentiellement mortel, est trop grand».
Les fans de hockey n'apprécient pas la rencontre de National League programmée le dimanche à 20h00. Ils ne sont d'ailleurs pas les seuls, puisque cet horaire ne satisfait pas non plus les dirigeants de clubs.