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Conçu par des architectes français dans un spectaculaire style néo-mauresque, encadré par réglementation urbaine très contraignante pour les travailleuses du sexe, gardé par la police et surveillé par les médecins, le quartier résultait des rapports de pouvoir propres aux colonies et incarnait l’imaginaire exotique et érotique caractéristique de l’orientalisme. L'exposition présente le quartier tel qu’il était dans les années 1930, aux moyens d’images, de films, d’une maquette et de divers documents historiques. Le quartier existe toujours. Les photographies récentes de Mélita Vangelatou montrent le paisible village urbain qu’il est devenu. Raconter le passé de Bousbir, c’est écrire, dans une perspective évidemment critique, une histoire largement oubliée: celle de la France et celle du Maroc; celle des femmes qui ont vécu et officié à Bousbir et celle des clients ou des touristes qui l’ont visité. C’est aussi faire la géographie d’une forme urbaine, et réfléchir sur la place matérielle et symbolique des travailleuses du sexe dans les villes.