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QUESTION-REPONSE
Pourriez-vous me dire brièvement quelles sont les principales différences entre le développement durable et le développement tout court?
Flike (16 ans) - 15 février 2012
La définition du développement dépend de la branche économique ou de la discipline scientifique qui définit le contexte. Par exemple, développement de l'enfant en pédiatrie, d'un organe en médecine, d'un organisme en biologie, développement des connaissances en pédagogie, ou encore une élaboration d'idées détaillée orale ou écrite, synonyme d'exposé. Dans une entreprise, on peut trouver des départements de recherche-développement de nouveaux produits.
Le développement économique est une évolution positive : croissance ou changements structurels dans une zone géographique, ou liés à une population. Le développement économique engendre souvent l'enrichissement de la population et l'amélioration des conditions de vie, c'est pourquoi le développement économique est associé au progrès. Et c'est le plus souvent ce développement économique qu'on évoque si l'on parle de "développement" tout court.
La croissance économique n'est qu'une des composantes du développement, et elle peut être mesurée à l'aide d’indicateurs comme le PIB (le produit intérieur brut), ou des indices plus élaborés, comme l'indice de développement humain, l'indicateur d'inégalités, etc. Si l'on parle de croissance, on vise généralement la croissance du PIB, qui est une vision réductionniste, mais son avantage est d'être simple et bien mesuré. Les statistiques des flux financiers sont élaborées dans tous les pays.
Quand au développement dit durable, selon la définition proposée par la Commission mondiale sur l'environnement et le développement dans le rapport Brundtland ("Notre avenir à tous", rapport sous la direction de Gro Harlem Brundtland soumis à l'Assemblée générale des Nations Unies, adopté comme résolution 42/187 le 11 décembre 1987), le développement durable est le développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre à leurs propres besoins. Deux concepts sont inhérents à cette notion :
1. le concept de "besoins", et plus particulièrement des besoins essentiels des plus démunis, à qui il convient d'accorder la plus grande priorité,
2. l'idée des limitations que l'état de nos techniques et de notre organisation sociale impose sur la capacité de l'environnement à répondre aux besoins actuels et à venir.
Donc, les besoins des plus démunis et des pays les plus pauvres devraient avoir une plus grande priorité que nos iPods, iPads et nos voitures puissantes, mais hélas, ce n'est pas le cas. Aussi, la capacité d'auto-régénération de la planète a déjà été atteinte il y a vingt ans et aujourd'hui, elle est dépassée d'environ 50%.
Notre développement n'est pas durable et ne le sera pas tant qu'on privilégiera la croissance par rapport aux changements structurels issus d'une prise de conscience. Seul un tel revirement, s'il survient assez rapidement, peut encore sauver la planète.
Roman Kanala
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QUESTION-REPONSE
Merci de me donner la définition du développement durable.
Ben37 (32 ans) - 15 septembre 2007
En 1987, la Commission mondiale pour l’Environnement et le Développement (CMED) donne une définition désormais acceptée comme référence du développement durable :
"Développement (...) [qui] permet de répondre aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à satisfaire leurs propres besoins."
Cette définition contient trois éléments essentiels : premièrement, la contrainte environnementale de vivre dans les limites des ressources écologiques doit être respectée quelque soit l’avancement technologique; deuxièmement, l’impératif économique de répondre aux besoins des générations présentes et futures doit être respecté; et enfin, le principe social de tenter de pourvoir en premier lieu aux besoins des pauvres est une nécessité.
Selon la Commission, cette définition du développement durable devait fournir un cadre conceptuel pour une approche intégrée. Toutefois, cette célèbre définition pose problème, notamment quant à la définition et à la mise en oeuvre de politiques, deux aspects que la Commission n’avait pas correctement pris en compte. D’une part la définition affirme que le développement de l’économie globale peut répondre aux besoins des générations présentes sans compromettre les besoins des générations futures, sans donner une définition de ces besoins. D’autre part, elle occulte des divergences de longue date entre les conceptions économique, sociale et environnementale des processus de développement. Ces conceptions trouvent racines dans des cadres conceptuels conflictuels en matière d’économie et d’écologie qui cachent leurs origines linguistiques communes. Enfin, le concept de besoin est chargé de signification et il a pesé sur l’histoire des politiques économique et de développement social. Cet obstacle n’est ni reconnu, ni surmonté. C’est peut-être pour cette raison précise que le rapport de la Commission ne mentionne que vaguement les moyens et les mesures nécessaires pour modifier les approches actuelles. Le débat récent sur le développement durable a tenté de dépasser cette barrière. On a notamment interprété le développement durable comme suit :
"...changement socio-économique positif qui n’ébranle pas les systèmes écologique et social desquels les communautés et les sociétés sont dépendantes. Sa réalisation requiert une politique, une planification et des processus d’apprentissage social intégrés; sa faisabilité politique dépend du soutien inconditionnel des personnes concernées par le biais de leur gouvernement, leurs institutions sociales et leurs activités privées."
D’autres interprétations récentes de la durabilité affirment que les sociétés actuelles devraient laisser la biosphère et les multiples richesses qu’elle contient telle qu’elles les ont héritées. Cela implique une consommation des ressources renouvelables à un rythme permettant leur renouvellement, une consommation des ressources non renouvelables à un rythme permettant la découverte de ressources de substitution et une production d’émissions et de déchets à un rythme permettant leur transformation par des processus naturels ou par l’action de l’homme. Par conséquent la durabilité n’est pas synonyme de survie. Au sens large, les politiques de développement durable nécessitent une prolongation des périodes de temps communément adoptées par les décideurs, passant donc de quelques années à quelques générations; elles promeuvent l’équité pour les générations actuelles et futures; et assortissent les stratégies traditionnelles de développement principalement basées sur la croissance matérielle et les indicateurs économiques de mesures complémentaires portant sur la qualité de l’environnement et la santé, tout en tenant compte des dimensions culturelle et sociodémographique des sociétés.
Roderick J. Lawrence
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QUESTION-REPONSE
Quelle est la différence entre une approche systémique et transdisciplinaire de la protection de la nature et de l'environnement (ou d'autres thèmes comme le droit au logement, le développement économique, le ...
Nadia, géographe-ethnologue (37 ans) - 14 septembre 2007
Bonjour Nadia. Votre question implique en fait des "sous-questions". Tout d'abord, il faut rappeller que la géographie a été scindée en géographie physique (notamment en lien avec les sciences de la terre) et en géographie humaine (avec des liens à la sociologie) au cours du 20ème siècle. Dès lors, la mise en application de l'interdisciplinarité n'est pas une obligation et logiquement n'est plus nécessaire.
Si nous partons du principe que le développement durable comporte les interrelations entre les dimensions écologiques, économiques et sociales d'une problématique donnée, l'interdisciplinarité est indispensable. Autrement, nous constatons l'interprétation des problématiques par les approches disciplinaires et multidisciplinaires, donc sans la synergie d'une contribution interdisciplinaire. Soulignons que la transdisciplinarité diffère de l'interdisciplinarité car elle comporte explicitement la participation de la société civile.
Roderick J. Lawrence
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QUESTION-REPONSE
Quelles peuvent être les actions prioritaires pour atteindre les objectifs de développement durable?
Inconnu - 18 janvier 2016
Tout d'abord, quelques définitions. Le développement durable est la capacité de satisfaire nos besoins en laissant aux générations futures la possibilité d'en faire de même. Les objectifs du développement durable visent à trouver un équilibre entre besoins économiques, environnementaux et sociaux, afin de laisser une chance aux générations futures d'avoir le niveau de prospérité qu'on connaît actuellement.
La consommation totale est la résultante de trois facteurs: le nombre de consommateurs, la quantité consommée et la façon de consommer. Le nombre de consommateurs est en augmentation. Il faut donc veiller à ce que ces nouveaux consommateurs ne répètent pas les erreurs des pays développés, surtout en ce qui concerne les combustibles fossiles, et qu'ils utilisent au plus vite les toutes dernières technologies permettant d'économiser les ressources et de préserver l'environnement.
Chez nous, la solution passe par consommer moins de viande ou devenir végétarien, limiter la consommation de combustibles fossiles, rouler à vélo, s’engager pour des économies d'énergie, être un consommateur averti et préférer la production locale. Tout cela est sans doute trop ambitieux pour la plupart des gens, mais on peut se rapprocher de cet idéal pas à pas.
En 2015, le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a défini 17 objectifs mondiaux de développement durable. La Suisse les a adoptés tels quels, et ils sont résumés dans les pages suivantes du site web de l'Administration fédérale: https://www.eda.admin.ch/post2015/fr/home/ziele/die-17-ziele-fuer-eine-nachhaltige-entwicklung.html.
Roman Kanala
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QUESTION-REPONSE
Quels sont les aspects du développement durable à prendre en compte dans un chantier de travaux publics?
Nourhan (45 ans) - 03 octobre 2011
Vaste question... car "un chantier public", sans autres précisions, a potentiellement beaucoup de dimensions (logistique, construction, consommation, etc.). Mais dans tous les cas, le chantier devrait prendre en compte les trois dimensions du développement durable (société, économie, environnement) et tenter de trouver un équilibre entre elles. De façon générale et sans rentrer dans des aspects techniques, voici quelques éléments de réponse.
Au stade du projet, on peut évaluer l'objet même du chantier pour voir s’il est pertinent du point de vue du développement durable, et évaluer ses impacts sociaux, économiques et environnementaux probables, ce qui peut se faire à l'aide de petits logiciels du type Boussole 21 ou SméO (*). Durant la mise en oeuvre du chantier (je pense que c'est là l'objet de la question), et de manière non exhaustive, les aspects suivants devraient être considérés :
Concernant les aspects environnementaux, il faut au minimum respecter les règlementations environnementales en vigueur (concernant la pollution de l’air, les émissions sonores, la contamination des sols, les impacts sur la faune et la flore, etc.), et si possible tenir compte aussi du management environnemental (norme ISO 14001), en assurant notamment :
- La gestion des déchets de chantier : limitation, tri sélectif et recyclage des déchets sur place ou via des entreprises à proximité, utilisation des déchets de chantiers avoisinants (cf. les principes de l'écologie industrielle).
- La gestion des émissions de CO2 : à travers les intrants et extrants du chantier, le type de matériaux utilisés (provenances, écobilans, labels, biodégradabilité, etc.), ainsi que la consommation engendrée par le chantier (engins, processus de construction).
Concernant les aspects socio-économiques, il faut au minimum respecter les règlementations en matière de sécurité, de santé au travail, de rémunération des employés et des sous-traitants. En matière de responsabilité sociale (norme ISO 26000), on devrait aussi tenir compte des bonnes pratiques concernant les contrats publics, favoriser l’insertion professionnelle et minimiser les nuisances pour les riverains.
(*) SméO est un logiciel gratuit téléchargeable sur http://www.smeo.ch. Il s’agit d’un outil d'aide à la planification, à la réalisation et à l'exploitation de projets de construction selon les principes du développement durable. Ce logiciel propose une intégration transversale de la durabilité des projets en effectuant une analyse du cycle de vie des opérations.
Sylvain Perret
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QUESTION-REPONSE
Qu'est ce que le développement durable? Quel équilibre doit-il y avoir entre besoins alimentaires et ressources disponibles dans ce milieu? Pourquoi cet équilibre? Quels liens avec la biodiversité? Quel rôle joue ...
cleme28 (14 ans) - 23 novembre 2007
Bonjour. Vous trouverez une définition du développement durable dans ma réponse à une question posée le 15 septembre sur le même sujet. Concernant l'importance de la biodiversité pour le développement durable, voici en bref ce qu'on peut dire. L'agriculture industrielle moderne se focalise sur un nombre limité d'espèces. Toutefois, l'homogénéisation génétique de la production agricole est un risque par rapport à la biodiversité. Par exemple, si ce nombre limité d'espèces qui assure la production agricole est sensible à une maladie ou à un ravageur, toute cette production est menacée. Les événements historiques montrent que la biodiversité est un atout pour adapter l'agriculture aux problèmes écologiques (tels que les aléas climatiques) ou biologiques (tels que les épidémies). Une production agricole fondée sur quelques espèces est donc moins durable par rapport à une autre fondée sur davantage de diversité biologique.
Roderick J. Lawrence
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QUESTION-REPONSE
Bonjour! Je souhaiterais faire un exposé sur le développement durable pour informer mes enfants âgés de 14 et 10 ans, ainsi que mon entourage, car je pense qu'ils ne sont pas conscients de l'importance de ce ...
Ninah (36 ans) - 13 décembre 2011
Bonjour,
Vous trouverez sur le site Internet de la Fondation suisse d’éducation à l’environnement (FEE) de nombreuses informations utiles pour l’éducation au développement durable, et notamment des suggestions d’activités et des outils pédagogiques. Voici le lien :
Francisco Marzoa
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QUESTION-REPONSE
Y a-t-il réellement un lien entre les produits bio et le développement durable?
Klelya (23 ans) - 28 novembre 2007
Les produits bio n'utilisent pas les méthodes de culture intensives, comme les engrais chimiques ou les pesticides, et réduisent ainsi l'empreinte écologique de la production. Donc la production bio, en plus d'être plus saine pour le consommateur, est effectivement un pas vers le développement durable.
Roman Kanala