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WASHINGTON – Le coeur des hommes et des femmes vieillit différemment, montre une étude publiée le mardi 20 octobre 2015. Ces travaux, parus dans la revue américaine Radiology, n’expliquent cependant pas vraiment les causes de ces variations.
Ils pourraient toutefois donner un éclairage sur les différentes formes de défaillance cardiaque chez les deux sexes et conduire au développement de traitements plus ciblés, estiment ces chercheurs.
“Nos résultats sont une démonstration éclatante de l’idée selon laquelle les maladies cardiaques pourraient avoir des causes différentes chez les hommes et les femmes, ce qui nécessiterait des traitements adaptés”, souligne le Dr João Lima, professeur de radiologie d’origine brésilienne à la faculté de médecine de l’université Johns Hopkins, le principal auteur.
L’étude a consisté à analyser les IRM (imagerie par résonance magnétique) des coeurs vieillissant de près de 3’000 adultes âgés de 54 à 94 ans ne souffrant d’aucune maladie cardiaque. Ils ont été suivis durant dix ans et à la fin de cette période les chercheurs ont fait une nouvelle IRM, pour obtenir des images des coeurs en trois dimensions.
Le ventricule gauche se rapetisse
Chez les deux sexes, le ventricule gauche, qui se remplit de sang oxygéné avant de le repousser vers le corps, se rapetisse avec l’âge. De ce fait, il y a moins de sang oxygéné entrant dans le coeur et qui est renvoyé dans l’organisme.
Chez les hommes, l’étude révèle que le muscle entourant cette cavité grandit et s’épaissit en vieillissant, tandis que pour les femmes, il a tendance à se réduire.
Un épaississement de ce muscle et une réduction du volume du ventricule gauche accroissent le risque de défaillance cardiaque. Mais ces observations suggèrent que cette pathologie pourrait se développer différemment chez les hommes et les femmes, jugent les chercheurs.
Pour réduire ce risque, les cardiologues prescrivent des médicaments qui tendent à réduire l’épaisseur du muscle du coeur et à doper sa capacité. Mais cette étude, en montrant que chez les femmes le muscle cardiaque se réduit, laisse penser que la défaillance du coeur n’a pas les mêmes origines dans les deux sexes et pourrait ne pas bénéficier du même traitement.
La défaillance du coeur affecte plus de cinq millions d’Américains et se traduit par un affaiblissement progressif du muscle cardiaque et de sa capacité à pomper le sang.
Différences entre hommes et femmes à propos de l’infarctus du myocarde
Chez l’homme, dans 90% des cas, les symptômes de l’infarctus du myocarde sont clairs et se manifestent notamment par une douleur violente et intense dans la poitrine qui irradie dans le bras et l’épaule gauche (lire ci-dessus). Une forte transpiration est souvent présente.
Chez la femme, par contre, les symptômes de l’infarctus du myocarde sont dans 70% des cas peu marqués au niveau de l’intensité et se manifestent aussi sous forme de mal de dos, de troubles du sommeil, des douleurs dans le cou et la mâchoire, de fatigue, de brûlure d’estomac ou de nausées et vomissements. Ces symptômes peu spécifiques sont souvent confondus avec d’autres maladies.
Comme on sait que l’infarctus est une urgence médicale absolue, chaque minute compte pour sauver la vie du patient, les femmes courent ainsi un risque supérieur que les hommes dans ce moment crucial.
Selon une étude anglaise, les femmes mettent en moyenne 12,5 minutes plus de temps que les hommes pour arriver aux urgences après un infarctus du myocarde.
Chez la femme, les premiers symptômes ou signes d’un infarctus du myocarde peuvent se manifester plusieurs mois avant la crise. Selon des études, la majorité des femmes se sont plaintes de symptômes significatifs jusqu’à 12 mois avant l’infarctus. Ces symptômes sont souvent une fatigue (inhabituelle), des troubles du sommeil et de la peine à respirer. D’autres symptômes peuvent être présents comme des fourmillements dans les bras, des douleurs, de l’anxiété ou encore des troubles digestifs.
Chez l’homme certains signent peuvent annoncer une cardiopathie comme les troubles érectiles, une calvitie précoce ou une trace comme une cicatrice sur le lobe de l’oreille.
Par Xavier Gruffat et l’ATS, 23 octobre 2015, Photo illustration : © Gennadiy Poznyakov