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L’enquête de cette semaine nous fait voyager d’Ornans à la Suisse avec Gustave Courbet. Si l’artiste a vécu le démarrage de l’industrie horlogère, il ne fait pas figurer d’horloges comtoises ni même de chaîne de montre au gilet d’un notable. Cependant en pays helvète, on y découvre une œuvre horlogère…
Comme son contemporain Victor Hugo, Gustave Courbet n’a eu que distance avec l’horlogerie bisontine.
Né en 1819 à Ornans, il a fait ses études d’art dans sa ville natale puis à Besançon, et a donc vécu le démarrage de l’industrie horlogère.
Parti faire ses études de droit à Paris, rencontrer des artistes et visiter les musées pendant quelques années, il revient en 1849 à Ornans pour enfin laisser vivre son talent. Ses toiles sont réalistes, très inspirées de la vie rurale et donc éloignées de l’industrie horlogère.
Dans ses peintures, pas une seule horloge comtoise dans un intérieur de la Vallée de la Loue, ni même une chaîne de montre au gilet d’un notable ornanais.
Le décor est la copie du buste offert par Courbet à La Tour-de-Peilz et à la Suisse
Sa participation à l’exposition universelle de Besançon en 1860 reste le seul rapprochement connu de Gustave Courbet avec l’industrie horlogère locale, il y a présenté quatorze tableaux dans l’actuel musée des Beaux-Arts.
Après la Commune et sa condamnation à financer la reconstruction de la colonne Vendôme, Courbet se réfugie en Suisse à la Tour de Peilz en 1873 où il continue son œuvre jusqu’à sa mort en 1877.
Et là, miracle ! Nous le découvrons décorateur de boîtes de montres. On a au moins la trace d’une montre.
Donc il conviendrait en étant optimiste d’envisager une petite production ou à défaut, en étant pessimiste, de n’y voir qu’un prototype ou le début d’une série avortée.
Voici la version que je considère comme la plus vraisemblable. Le décor est la copie du buste offert par Courbet à La Tour-de-Peilz et à la Suisse tout entière (en remerciement de leur accueil) baptisé Helvétia.
Ce serait donc la reproduction de celui-ci comme sur un timbre ou une médaille, ici sur un fond de montre.
L’hommage au peintre ou l’hommage du peintre ? Depuis, après avoir craché sur l’œuvre et sur l’homme après 1871, après l’avoir voué aux gémonies, on a considéré que celui-ci pouvait redevenir fréquentable et surtout rentable (bancable comme on dit) et de nombreuses montres le représentant ont été produites.
La société Grisot et Troncin, créateur de la marque Gété et domiciliée place du Jura à Besançon a également créé une marque hommage en 1955 la « Courbet Watch », celle-ci finira dans l’escarcelle de la société Dodane en 1966.
L'Est Républicain