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L'agence suisse de coopération se félicite du bon déroulement des récentes élections au Liberia. Mais elle rappelle les défis qui restent immenses.
La Direction du développement et de la coopération (DDC) estime que les casques bleus de l'ONU doivent rester dans le pays tant que la paix n'est pas totalement rétablie.
La tâche s'annonce rude pour Ellen Johnson-Sirleaf, la nouvelle présidente du Liberia. Première Africaine élue à la tête d'un Etat, elle vient d'être proclamée officiellement vainqueur de l'élection présidentielle dans un pays qui fut la première République indépendante d'Afrique subsaharienne, fondée en 1847 par des descendants d'esclaves américains affranchis.
Lors d'une cérémonie à Monrovia, la présidente de la Commission nationale électorale, Frances Johnson-Morris, a publié mercredi les résultats officiels du second tour du scrutin présidentiel qui s'est déroulé le 8 novembre dernier.
Agée de 67 ans, l'ancienne ministre des Finances - surnommée la dame de Fer du Liberia - a recueilli 59,4% des suffrages exprimés, contre 40,6% à son challenger, l'ancienne vedette de football George Weah.
«L'important est que ce scrutin se soit déroulé de manière satisfaisante. Ce qui n'avait pas été le cas des précédentes élections avant le début de la guerre civile», affirme Daniel Rychner, responsable de l'antenne régionale de la DDC basée en Sierra Leone
Mais le coopérant suisse souligne les nombreux défis qui attendent cette économiste formée à Harvard, qui a travaillé à la Banque mondiale ainsi qu'à la Citybank.
Les séquelles de la guerre
«Après tant d'années de guerre civile, les problèmes à résoudre sont immenses, souligne Daniel Rychner. Monrovia, la capitale, est privée d'électricité et d'eau courante. Un grand nombre de bâtiments est détruit et les routes sont dans un état déplorable.»
Et ça n'est pas tout. Le chômage frappe 80% des Libériens et une grande partie des 3,5 millions d'habitants est illettrée.
En outre, des centaines de milliers d'entre eux vivent dans des camps de fortune, alors que les élites ont déserté ce pays ravagé par 14 années d'une guerre civile qui a fait 250.000 morts.
«Notre principal objectif est d'aider les groupes de population les plus vulnérables comme les femmes et les enfants », précise Daniel Rychner.
Avant d'ajouter: «Pour ce faire, nous travaillons principalement avec les ONG. Ainsi, nous soutenons l'action de la Croix-Rouge libérienne ou celle d'un centre de réadaptation pour les jeunes qui ont directement souffert de la guerre.»
Retour au calme
Certains diplomates et analystes craignent que les anciens chefs de guerre qui avaient soutenu par opportunisme la candidature de l'ancien attaquant-vedette du PSG et de l'AC Milan ne provoquent des troubles suite à sa défaite.
Un avis que ne partage pas Daniel Rychner. «Une telle perspective n'est guère possible, vu l'importance des programmes des Nations Unies dans ce pays. D'une manière générale, l'ONU assure bien la sécurité du Liberia.»
Selon le coopérant suisse, le vrai danger réside dans une démobilisation des bailleurs de fond qui financent l'action des 15.000 casques bleus et policiers internationaux déployés au Liberia.
«Il est bien trop tôt pour qu'ils quittent le pays, assure Daniel Rychner. Mais le Conseil de sécurité de l'ONU entend réévaluer la présence des casques bleus tous les six mois.»
Sur le long terme, Daniel Rychner préconise une lutte vigoureuse contre la corruption et la mise en place d'environnement favorable aux investisseurs privés. Et conclut ainsi: «L'argent des pays donateurs ne permet pas, à lui seul, de développer le pays.»
swissinfo
Faits
Entre 1997 et 2001, la DDC a dépensé 9,1 millions de francs pour l'aide humanitaire au Liberia.
Pour 2004 et 2005, la coopération consacre à ce pays environ 6 millions de francs.
Ces fonds sont en partie destinés à plusieurs organisations internationales, comme le CICR, le PAM ou le HCR.
Depuis 2001, l'antenne régionale de la DDC est installée en Sierra Leone.