Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07219.jsonl.gz/77

Robert Simon, orphelin, a eu un début de vie difficile. Il a vite dû se mettre au travail, d'abord à l'usine, puis comme journalier au marché des Carmélites. Trentenaire, il réalise un vieux rêve : redonner vie à un café abandonné devant lequel il passe chaque jour. C'est l'occasion pour Robert Seethaler, à sa façon inimitable, de dresser le portrait de tous ces petites gens, habitués du café, et par là, de prendre le pouls de sa ville natale, Vienne, entre 1966 et 1976, date à laquelle le café devra fermer. Il n'y a pas de trame romanesque ; chaque chapitre est une prise de vue. Le défilé des personnages qui reviennent et les situations évoquées font comme une ronde. Un vrai bonheur !
John Hubbard Wilson est un professeur d'université, éminent spécialiste de Shakespeare dont il connaît des pans entiers de l'oeuvre par coeur. Il vit et respire à travers l'auteur dont il trouve que la richesse des textes permet de tout y ramener. Atteint de la maladie d'Alzheimer, il est placé en institution. Devant l'effacement de ses souvenirs, Sally, sa quatrième épouse, contacte Miranda, l'unique fille de John, avec laquelle il a rompu tout contact depuis 17 ans suite à un drame, pour leur permettre de renouer avant qu'il ne soit trop tard. Alzheimer est assez peu présent ; au final, c'est Shakespeare qui occupe le devant de la scène, ce qui donne une autre perspective de la maladie et rend un vibrant hommage à la richesse intérieure que confère l'amour de la littérature.
|Le livre raconte la rencontre de trois personnages. Le premier, Bourama, bientôt centenaire et détenteur de la compréhension des dieux et de la sagesse ancestrale, voit débarquer dans son village du Mali des véhicules 4x4 qui aspergent d'une solution létale l'ensemble de la population. Lui seul en réchappe car il se trouvait à l'intérieur du tronc creux d'un baobab. Il ira chercher de l'aide afin de dénoncer ce massacre auprès du deuxième, Bernard Millet, directeur de la Cellule de crise du ministère des affaires étrangères au Quai d'Orsay et personnage aussi empathique qu'efficace. Ce dernier va embaucher le troisième, Sofiane, un garçon issu des banlieues doué en informatique, pour l'aider à mener l'enquête. Deux rythmes vont cohabiter : celui, rapide, de l'action et celui, plus lent, où Bourama va tisser un lien avec Sofiane et lui raconter un autre monde, celui du savoir africain et de la sagesse.
Sylviane
|Viktor Frankl, psychiatre, a été déporté en 1942 au moment où il était en train de terminer un ouvrage sur le "vide existentiel". Son manuscrit lui ayant été enlevé, il n'a eu de cesse durant toute sa détention d'y penser et d'observer, chez les détenus qui l'entouraient et chez lui, les mécanismes qui permettaient à certains de survivre, pas forcément les plus vaillants, alors que d'autres perdaient pied. Il s'agit de découvrir un sens à sa vie et de mener à bien son projet. En 1945, à sa libération, il crée un courant thérapeutique appelé logothérapie. Le psychothérapeute aide son patient à trouver le sens de sa vie, son fil rouge et lui donne ainsi la possibilité d'avoir un but à atteindre. Un must !
Gabriel
|Sébastien Devrient est réalisateur et a écrit ce premier roman comme il aurait monté un film. Ce livre est incroyablement original dans sa forme, plutôt difficile à résumer alors qu'il se lit comme une enquête haletante. Le narrateur est subjugué par le documentaire "Diving into a twisted mind" de la reporter Liza Andrée. Il mène l'enquête et rassemble des informations et des pièces liées à ce film qu'il choisit de nous livrer brut. On parcourra le journal de l'expédition de Liza Andrée sur les traces d'un homme disparu au milieu d'un cratère, l'impact d'une météorite, en laissant un sac contenant des bobines super 8 et ses habits en cercle parfait autour. Puis, on prendra connaissance de la biographie de cet homme ; on lira la déposition d'un individu interrogé par le FBI... Chaque document a une forme et une langue différentes et vient s'ajouter au puzzle alors que les certitudes du lecteur, elles, fondent à mesure. Bluffant !
Francine