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Dépenser l'argent de la route, mais où?
29/05/2013
Les 3 initiatives lancées par le parti des automobilistes peuvent prêter à sourire. 3 initiatives à contre temps. La première oublie que le fait d'augmenter les capacités de circulation crée un appel d'air qui va forcément entrainer une congestion supplémentaire dans les villes et les nœuds routiers. La troisième sur les limites de vitesse ne pose que peu d'intérêt à mon avis.
C'est la seconde initiative sur le financement qui est très intéressante. Mais elle a la faiblesse de poser la problématique a l'envers. Les initiants veulent que les taxes résultant de l'activité routière ne soient affectées qu'à la route, et au développement de l'infrastructure. Ils ne souhaitent donc que privilégier la voiture au détriment des transports en commun.
La vrai question est: comment voulons nous développer des transports publics durables si ceux-ci sont financés par la route? Cela voudrait dire que si notre politique d'incitation à les utiliser permet de réduire l'utilisation de la voiture, moins d'argent sera disponible pour les transports publics.
Il faut donc découpler les taxes de la route et le financement des transports publics. Le financement doit trouver une logique liée à son utilisation. Bien sûr une grande partie sera toujours subventionnée, mais il faut prendre en compte tous les domaines d'utilisation. La culture, l'éducation, la vie sociale et l'économie. Si le transport lié à l'éducation et à la vie sociale restera subventionné, il est important de définir un modèle où l'économie et la culture ont leur place et responsabilité.
C'est la première chose que nous devons faire si nous voulons développer des transports durables, accessibles à tous et qui donnent à chacun la possibilité de choisir librement son mode de transport.
Et l'argent de la route? Il pourra certainement nous être utile dans des investissements liés aux changements technologiques apportant une véritable rupture. Cette initiative met le doigt sur un point crucial. En comparaison, on ne peut pas financer le système de santé avec les taxes sur les cigarettes.