Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06927.jsonl.gz/739

Des sous-marins, des plongeurs ou encore des drones sous-marins? Qui donc se trouve à l'origine des fuites dans les gazoducs de la mer Baltique? De nombreuses théories fleurissent déjà sur le web sur la manière de procéder au sabotage présumé sur Nord Stream 1 et Nord Stream 2, près de l'île danoise de Bornholm. Les informations sont toutefois encore incomplètes. Une seule certitude pour le moment: les fuites dans les canalisations à environ 70 mètres de profondeur ont été causées par des explosions.
Selon une enquête du journal Bild, le gouvernement allemand soupçonne le service de renseignement militaire russe - plus précisément sa 561e brigade navale - d'être à l'origine de l'opération.
La Russie possède la plus grande flotte de sous-marins espions au monde. C'est du moins ce qu'a affirmé sur Twitter l'expert sous-marin HI Sutton, chercheur à l'US Independent Naval Institute. On pourrait donc en conclure que les sous-marins russes pourraient facilement endommager une conduite en mer Baltique.
Cependant, Sutton considère cette hypothèse comme peu probable. Par le passé, l'Union soviétique avait stationné des sous-marins espions dotés de capacités spéciales d'«ingénierie des fonds marins» dans la mer Baltique. Or, ceux-ci ne se trouvent plus sur place aujourd'hui: au contraire, leur base se situe dans l'Arctique. Sutton exclut également l'utilisation du sous-marin nucléaire russe bien connu «Belgorod», car ce dernier opère également actuellement dans le nord de l'Arctique.
*** NORD STREAM 2 incident ***— H I Sutton (@CovertShores) September 27, 2022
/Thread
I am getting a lot of questions re #Russian underwater sabotage capabilities due to the leak on the #NordStream2 pipeline off Denmark.
I do not have time to respond to media right now (sorry)
So just lay out some background reference. pic.twitter.com/0UIyCq3XoV
Si Sutton met hors de cause les petits sous-marins russes, il porte ses soupçons sur les plongeurs de combat des Spetsnaz (les forces spéciales russes). Potentiellement stationnés sur place, ils pourraient être à l'origine des fuites.
Cependant, selon Sutton, la Russie dispose de véhicules sous-marins autonomes - dont le nouveau centre de développement se trouve à Saint-Pétersbourg,sur la mer Baltique. Bien que certains d'entre eux puissent convenir à ce type de mission, ils auraient besoin d'un vaisseau-mère. Lequel aurait été repéré par la marine et l'armée de l'air danoise ou suédoise. Cette variante est donc également peu probable.
Pour savoir quelles conclusions tirer de ces diverses hypothèses, nous avons fait appel à l'expertise de plongeurs professionnels suisses. Bien que les plongeurs de l'armée ne souhaitent pas commenter nos questions, il existe plusieurs entreprises spécialisées dans les travaux de construction sous-marine, notamment ceux sur les pipelines traversant le lac de Thoune ou de Zurich.
Plongeur professionnel expérimenté et directeur de sa propre société de construction sous-marine, basée sur le Plateau suisse, David Widerkehr s'est fait son idée. Selon lui, une action de sabotage à 70 mètres de profondeur n'a rien de sorcier pour des plongeurs expérimentés. Certes, il y fait nuit noire et la température de l'eau n'est que de 4 degrés Celsius. Mais avec l'équipement adéquat, David Widerkehr peut descendre jusqu'à environ 80 mètres pour effectuer les travaux.
Si la ligne est exposée (c'est-à-dire uniquement fixée au fond marin, mais pas enterrée), elle peut être retrouvée rapidement à l'aide d'un sonar.
Et pourtant, Widerkehr estime lui aussi qu'une telle mission est peu réaliste. En effet, en raison de la profondeur et des pauses de décompression obligatoires pour la survie des plongeurs, la remontée dure une à deux heures, ce qui est beaucoup trop long pour ne pas être détecté.
Pour David Widerkehr, une autre méthode est donc plausible: «Le plus simple serait de fixer une charge explosive sur ce que l'on appelle un 'triton'». Le triton est un appareil utilisé pour l'entretien des conduits. Les exploitants de pipelines effectuent des contrôles de temps en temps. Pour ce faire, l'appareil passe à toute vitesse dans le tube et mesure l'épaisseur des parois du pipeline sur le trajet.
Pour une telle méthode de sabotage, il ne serait pas nécessaire d'effectuer des missions de plongée coûteuses, ni de naviguer de manière voyante dans la zone pour larguer des drones sous-marins. L'enquête, sous la houlette des autorités suédoises, permettra peut-être d'en savoir plus.
(traduit et adapté de l'allemand par mbr)
Ma* est originaire d'une grande ville située au centre de la Chine. Il travaille en Suisse depuis deux ans, au sein de la Genève internationale. Père de deux enfants en bas âge, il s'inquiète des mesures anti-covid qui se durcissent depuis le début de l'année, et surtout pour sa famille, restée au pays. Soucieux de préserver son identité, il partage néanmoins un petit bout de sa vision, depuis ce qu'il appelle «l'autre monde».