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Les travailleurs en équipes sont confrontés à deux problèmes: la difficulté de trouver le sommeil le jour et la nécessité de rester éveillé la nuit. Ce qui est totalement opposé à la nature humaine. Car notre rythme veille/sommeil est naturellement défini par notre cycle biologique, appelé cycle circadien. Les personnes qui travaillent en équipes vivent ainsi à l’envers, puisqu’elles doivent dormir quand leur corps les incite à l’éveil et travailler quand il les pousse à dormir.
Troubles du sommeil
La durée d’adaptation aux différents horaires du travail en équipes n’est pas clairement définie pour les spécialistes de la recherche sur le sommeil. Certains chercheurs estiment qu’il faut trois ans pour s’adapter à ces changements. D’autres pensent que le corps ne s’habitue jamais entièrement à ces horaires irréguliers. Selon une étude de Jürge Zulley, psychologue et spécialiste de la recherche sur le sommeil, près de 90 % des personnes qui travaillent en équipes de nuit déclarent avoir des troubles du sommeil et 80 % des personnes qui ont travaillé de nuit en souffrent encore.
Une chose est sûre: les gens qui travaillent de nuit sont constamment en manque de sommeil – leur cycle de sommeil étant toujours raccourci de deux à quatre heures. Sans compter que la qualité du sommeil est moins bonne le jour: les réveils sont plus fréquents et les phases de sommeil profond plus courtes. Les personnes souvent confrontées au décalage horaire souffrent de problèmes similaires.
Augmentation du risque d’accident
Le travail en équipes a de nombreuses conséquences négatives, dont l’augmentation des risques d’accidents. C'est entre 2 et 5 heures du matin que la fatigue est la plus importante. Durant cette période, les performances diminuent également, même après des années de travail de nuit. Il a d’ailleurs été prouvé que la fatigue a joué un rôle dans l’accident de la centrale atomique «Three Mile Island», à Harrisburg aux Etats-Unis, accident qui avait abouti à la fusion partielle du réacteur atomique.
Autre élément qui péjore considérablement la qualité de vie des personnes qui travaillent de nuit: les contacts sociaux. Beaucoup affirment se sentir exclus de la vie sociale et familiale. En particulier les personnes qui travaillent toujours entre 23 heures et 7 heures du matin. Statistiquement, les travailleurs de nuit sont aussi plus souvent malades que les autres.
Travailler de nuit n’est donc pas idéal. Mais il existe différentes mesures qui permettent d’atténuer un peu les inconvénients du travail en équipes.
Sondage
- Sources
«Coping with Shift Work» de l’American Sleep Disorders Association Rochester, MN, USA, Copyright 1997 (retravaillé rédactionnellement par le Prof. Thomas Penzel)
Charité, Hôpital universitaire de Berlin
«Schlafstörungen bei Schichtarbeit & Jet Lag und die Rolle der inneren Uhr» de Christian Cajochen, département de chronobiologie, Clinique psychiatrique de l’Université de Bâle