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Il y a lieu d’être optimiste quant aux perspectives des actions des marchés émergents en 2020.
Points importants
- Nous anticipons une accélération de la croissance économique des pays émergents en 2020.
- Un repli modéré du dollar américain est envisageable, ce qui s’assimile généralement à une appréciation des monnaies émergentes et est positif tant pour les conditions financières dans les pays émergents que pour la conversion des bénéfices locaux en dollars.
- Les incertitudes découlant du conflit commercial sino-américain, de la croissance économique atone en Chine et des défis mondiaux devraient persister.
Par Tom Wilson, Responsable des gestions actions émergentes
Le monde connaît actuellement une récession manufacturière. Les principales causes en sont (i) l’impulsion négative du crédit en Chine en 2017 et 2018, (ii) le resserrement monétaire des banques centrales des pays développés en 2018 et début 2019, (iii) la vigueur du dollar américain, et (iv) l’escalade du conflit commercial sino-américain, qui a affecté les flux commerciaux et entraîné une détérioration de la confiance des entreprises.
Pourquoi ces facteurs devraient s’améliorer ou se stabiliser en 2020
Impulsion du crédit en Chine
comme le montre le graphique, l’impulsion du crédit en Chine, qui représente l’évolution de la production de crédit en pourcentage du PIB, s’est stabilisée et s’est améliorée au second semestre 2018 et en 2019. Par ailleurs, d’autres mesures de relance ont été mises en œuvre, à la fois monétaires et budgétaires.
Les mesures de relance devraient rester modérées l’an prochain, principalement en raison du niveau d’endettement existant et de l’ampleur de l’augmentation de la dette au cours des dix dernières années. Les données macroéconomiques en Chine restent moroses. Cependant, nous tablons sur une croissance relativement stable en 2020, sous l’effet des mesures de relance en cours, après une baisse marquée de l’activité économique au deuxième semestre 2018 et au premier semestre 2019.
Politique monétaire
Mi-2019, les banques centrales des marchés développés ont adopté une politique plus accommodante. La Réserve fédérale américaine (Fed) a réduit de 25 pb son taux directeur à trois reprises au deuxième semestre, passant d’une politique de resserrement quantitatif, ou de normalisation de son bilan, à d’importantes injections de liquidités. La Banque centrale européenne a relancé son programme d’assouplissement quantitatif en novembre, avec des achats d’actifs à hauteur de 20 milliards d’euros par mois. L’assouplissement monétaire dans les pays développés a facilité l’assouplissement monétaire généralisé des banques centrales émergentes, comme le montre le graphique. En outre, certains pays émergents devraient connaître un assouplissement budgétaire en 2020 par rapport à 2019.
Le dollar
Le dollar américain pourrait s’affaiblir à l’horizon des 12 prochains mois. Le billet vert est fortement valorisé et l’écart de croissance entre les États-Unis et l’Europe/les marchés émergents est susceptible de resserrer en 2020. La dépréciation du dollar s’assimile généralement à une appréciation de la monnaie locale des marchés émergents et est positive tant pour les conditions financières des marchés émergents que pour la conversion des bénéfices locaux en dollars.
Différend commercial sino-américain
Il est difficile de prévoir le moment, la portée et la durabilité de l’éventuel règlement du conflit commercial entre les États-Unis et la Chine. Toutefois, les négociations en cours suggèrent que les deux parties souhaitent éviter une nouvelle escalade.
À plus long terme, les tensions sont susceptibles de persister. Cela tient en partie à la réaction populiste croissante dans les pays développés de ceux qui ont été les perdants de la mondialisation, mais également à l’essor continu de la Chine en tant que superpuissance économique et militaire, et au degré auquel l’équilibre mondial du pouvoir évolue. À court terme cependant, nous écartons l’hypothèse d’une nouvelle escalade des tensions commerciales et jugeons possible une résolution partielle. Toutefois, les investissements des entreprises pourraient rester relativement limités face aux incertitudes politiques à plus long terme.
Quelle incidence sur la croissance des marchés émergents?
Ces conditions devraient soutenir la croissance des marchés émergents en 2020. Craig Botham, économiste spécialiste des marchés émergents chez Schroders, table sur une accélération de la croissance de 4,1 % en 2019 à 4,5 % en 2020.
Nous envisageons également l’éventualité d’un cycle industriel positif dans le courant de 2020. L’environnement actuel a induit une détérioration des investissements des entreprises et des échanges commerciaux et pourrait avoir provoqué une correction des stocks. Ce cycle industriel pourrait être renforcé par l’accélération de la croissance impulsée par un assouplissement monétaire et budgétaire, un dollar légèrement plus faible et une désescalade partielle du conflit commercial.
Cette reprise cyclique devrait favoriser le resserrement de l’écart de croissance entre l’Europe/les marchés émergents et les États-Unis, ce qui devrait alimenter l’affaiblissement du dollar. Les politiques budgétaires dans les pays développés, notamment en Allemagne, mériteront également d’être surveillées.
Les valorisations des marchés émergents sont-elles attractives?
L’année 2019 a été marquée par une nette révision en baisse des prévisions de bénéfices par action et, à +3 % en glissement annuel, la croissance des bénéfices est inférieure au rendement de 10,2 % du marché depuis le début de l’année (au 29 novembre), mesuré à l’aune de l’indice MSCI Emerging Markets.
Les perspectives de bénéfices demeurent relativement incertaines. Toutefois, sur la base de nos prévisions économiques, les bénéfices pourraient être conformes aux attentes du consensus pour 2020 (+12 % actuellement) et les valorisations des marchés émergents demeurent relativement attractives, en particulier dans certains secteurs cycliques du marché.
Les risques semblent pencher en faveur des actions des marchés émergents en 2020
À notre avis, les risques penchent en faveur des marchés émergents, s’agissant du conflit commercial et du possible repli du dollar. Nous tablons sur une accélération de la croissance des économies émergentes en 2020 sous l’effet des politiques monétaires et, dans certains cas, de l’assouplissement budgétaire, et sur la possibilité d’un cycle industriel modéré. Les valorisations sont raisonnables et les bénéfices en 2020 pourraient se montrer conformes aux prévisions.
En revanche, les relations entre les États-Unis et la Chine restent entourées d’incertitudes et la croissance économique chinoise demeure atone. De plus, l’environnement mondial reste marqué par un endettement excessif et une stagnation séculaire, avec un ralentissement de la croissance sous-jacente, et les marchés en général ont connu une année favorable sous l’effet du revirement des politiques monétaires en faveur d’un assouplissement. Nous pensons également que le redressement de la croissance sera modéré. Par conséquent, nous sommes prudemment optimistes vis-à-vis des perspectives des actions des marchés émergents en 2020.