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Laurence Lefèvre a de la peine à monter les escaliers. Son souffle est plus court et sa fatigue est chronique. Cette infirmière était pourtant une femme active, en bonne santé avant le coronavirus. Cette cinquantenaire a été infectée en mars. Les séquelles de sa maladie ne sont pas complètement parties 6 mois après son test positif au Covid-19.
Sa santé s'améliore, mais les radiographies de ses poumons montrent toujours des lésions. Cette situation n'est pas unique, de nombreux anciens malades témoignent des mêmes problèmes. Des personnes souvent jeunes et qui n'ont pas été intubées. Elles gardent des séquelles durant des mois. On appelle cela le "Covid-long".
Un soldat sur cinq avec des séquelles
Selon une étude de l'armée suisse, un soldat sur cinq diagnostiqué positif au Covid-19 a des séquelles un à deux mois après la maladie. Le professeur et officier de milice Jeremy Deuel a mené une étude sur des centaines de soldats infectés par le Covid. Ses résultats sont formels: leurs performances en endurance a diminué de plus de 10%.
L'hôpital de Genève et de Berne mènent actuellement des enquêtes sur des dizaines de patients pour comprendre les raisons de ce Covid-long. Le docteur Frédéric Lador des HUG estime qu'environ un tiers des patients conservent des symptômes respiratoires plusieurs mois après la contamination au Covid-19.
Pour expliquer cela, il avance plusieurs explications: "Une des hypothèses possibles est la perte musculaire classique après une période d'alitement prolongé. Dans certains cas, la situation peut s'apparenter à un phénomène de syndrome post-traumatique, d'angoisse ou de dépression. Il y a enfin des patients qui ont des lésions persistantes touchant les vaisseaux ou le tissu pulmonaire qui peuvent provoquer une atteinte fonctionnelle. L'évolution reste encore inconnue."
Impact irréversible pour certains sportifs
L'étude des HUG va se dérouler sur les deux prochaines années. Elle prévoit de suivre plusieurs dizaines de patients hospitalisés et non-hospitalisés qui gardent des symptômes respiratoires plus de 3 mois après l'infection. "Pour un certain nombre de patients, des petites lésions aux poumons peuvent persister. Nous souhaitons comprendre ce phénomène et mieux caractériser son impact."
Heureusement, une rééducation physique et un suivi médical permettent à ces gens de reprendre une vie normale. Il faut des mois d'effort, mais les premières indications montrent les effets positifs de ces mesures. Pour les grands sportifs d'endurance, l'impact pourrait être délicat. "Un sportif d'élite est susceptible de conserver des séquelles, des microlésions et donc de voir ses performances d'endurance touchées après une pneumonie Covid19."
François Ruchti