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Tabagisme passif : une vaste étude prospective renforce l'évidenceLes chercheurs de l'étude prospective européenne EPIC (European prospective investigation into cancer and nutrition) viennent de publier leurs résultats concernant les risques du tabagisme passif (BMJ 2005;330:277).Parmi les 500 000 membres de la cohorte EPIC, les chercheurs ont sélectionné les 300 000 non-fumeurs ou ex-fumeurs de longue date (plus de dix ans). Une auto-évaluation de l'exposition à la fumée passive a été obtenue auprès de 124 000 participants. La validité de ces informations a été confirmée par une mesure du taux plasmatique de cotinine chez 1500 sujets.En sept ans, parmi les 124 000 personnes suivies, 97 ont développé un cancer des poumons, 20 un cancer des voies respiratoires supérieures et 14 sont décédées suite à des maladies pulmonaires obstructives. Les résultats confirment les nombreuses études sur le sujet : l'exposition à la fumée passive est associée à une augmentation de 30% du risque de maladie pulmonaire, et de 34% du risque de cancer du poumon.Fait intéressant : l'augmentation du risque est légèrement plus élevée chez les ex-fumeurs que chez les fumeurs. La différence, peu marquée, pourrait être fortuite. Dans le cas du cancer du poumon, cette possible susceptibilité augmentée des anciens fumeurs pourrait s'expliquer par les mutations accumulées en fumant, estiment les auteurs.Autre observation forte : le risque de cancer des poumons est nettement plus élevé chez les sujets qui rapportent avoir été fortement exposés à la fumée dans leur enfance. L'association est particulièrement perceptible chez ceux qui n'ont jamais fumé eux-mêmes.Un professeur de la Harvard school of Public Health explique dans un commentaire pourquoi une telle étude est remarquable, malgré la somme de travaux déjà accumulés sur la question (BMJ 2005;330:265-6). Il rappelle que l'Agence internationale pour la recherche sur le cancer a publié en 2004 une méta-analyse portant sur cinquante études totalisant 6700 cas de cancer des poumons, montrant que le tabagisme passif augmente le risque de cancer du poumon de 20% chez les femmes et 30% chez les hommes.Selon le spécialiste, l'étude EPIC, malgré un nombre de cas modeste, apporte une contribution importante à cet ensemble, grâce à la rigueur de sa conception. Elle est prospective, elle permet le contrôle de plusieurs variables potentiellement confondantes comme la diète, elle comporte des mesures du taux de cotinine. Les autres travaux, plus vastes mais moins contrôlés, en sortent renforcés.