Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07184.jsonl.gz/514

L'athlétisme suisse continue de s'affirmer au sein de l'élite mondiale. Avec sept places de finaliste aux Mondiaux de Eugene et, surtout, une neuvième médaille grâce à Simon Ehammer (bronze à la longueur), il affiche le meilleur bilan de son histoire.
Le tableau des médailles ne dit pas tout. L'athlétisme suisse n'a de toute manière jamais fêté plus d'un podium dans une même édition. Mais son niveau moyen est peut-être plus élevé que jamais, plus encore qu'à la fin des années 80 avec l'ère des Werner Günthör, Pierre Délèze, Cornelia Bürki, Julie Baumann ou Anita Protti.
Zurich 2014 comme déclencheur
Après le sacre d'André Bucher sur 800 m en 2001, Swiss Athletics n'a pourtant pas décroché le moindre top 8 lors de cinq des six éditions suivantes (2003, 2005, 2009, 2011 et 2013), les Mondiaux d'Osaka 2007 ayant fait exception avec le bronze de Viktor Röthlin au marathon et la 8e place d'Alexander Martinez au triple saut.
Mais tout a changé depuis que le projet Zurich 2014 a vu le jour, avec notamment la création de la Kids Cup – dans laquelle une certaine Mujinga Kambundji s'était illustrée – et l'apparition du concept des Swiss Starters. Le titre continental conquis par Kariem Hussein sur 400 m haies en 2014 au Letzigrund a agi comme un déclic.
Le Thurgovien a alors montré que tout était possible, même pour un(e) athlète suisse. Et les talents ont rapidement émergé dans son sillage, de Noemi Zbären (6e sur 100 m haies aux Mondiaux 2015) à Lea Sprunger (4e sur 400 m haies aux Mondiaux 2019) en passant bien sûr par Mujinga Kambundji, en bronze sur 200 m à Doha en 2019.
Les sprinteuses en leaders
L'athlétisme suisse a obtenu 14 places de finaliste (top 8) dans les quatre derniers championnats du monde, dont la moitié à Eugene. Mais il le doit avant tout à son sprint féminin, qui profite là aussi de l'effet Zurich 2014: relancé en 2010 par Laurent Meuwly, le relais 4x100 m est bien au coeur du boom de l'athlétisme suisse.
Dans le sillage de leur cheffe de file Mujinga Kambundji, finaliste des cinq dernières épreuves individuelles de sprint disputées sur la scène intercontinentale, les sprinteuses se sont fait une place au sein d'une élite mondiale qui semblait inapprochable pour un si petit pays. Le 4x100 m féminin suisse a ainsi pris part aux quatre dernières finales dans les championnats intercontinentaux.
Mais l'équilibre reste fragile faute d'un réservoir suffisamment profond, même si la relève pointe le bout de son nez avec Natacha Kouni, Melissa Gutschmidt ou Léonie Pointet. On l'a vu à Eugene, où la 5e du 100 m des JO 2021 Ajla Del Ponte n'était pas suffisamment en forme pour se mettre au diapason de Mujinga Kambundji.
Un nouveau record à Munich?
Les relayeuses du 4x100 m, pour qui la qualité de la transmission du témoin doit en outre redevenir une priorité, ne peuvent pas se satisfaire du 7e rang obtenu dans ces Mondiaux 2022. Ambitieuses, elles seront certainement avides de revanche dans trois semaines aux championnats d'Europe de Munich (15-21 août).
Et sur la scène continentale, elles devront avoir le podium pour objectif. Seule Européenne avec Dina Asher-Smith à avoir couru les deux finales individuelles (100 et 200 m) à Eugene, Mujinga Kambundji veut effacer la triple désillusion des Européens 2018 de Munich (4e sur 100, 200 et au sein du relais 4x100 m).
Ajla Del Ponte, si elle retrouve d'ici là son meilleur niveau, a également les moyens de titiller le podium sur 100 m. Déçu par la performance (8m16) qui lui a permis de se parer de bronze à la longueur à Eugene, Simon Ehammer sera quant à lui l'un des hommes à battre dans le décathlon de ces Européens.
Un avenir radieux
Le record d'Amsterdam 2016 (5 médailles suisses) devrait tomber. Et le meilleur reste peut-être à venir. Simon Ehammer n'a que 22 ans, Annik Kälin (6e de l'heptathlon à Eugene) 22 également, la perchiste Angelica Moser 24. Quatrième meilleure Européenne sur 100 m haies à Eugene, Ditaji Kambundji n'a elle que 20 ans. Et la pépite fribourgeoise Audrey Werro (18 ans) fait déjà merveille sur 800 m.
Même le 4x100 m est encore «jeune». Mujinga Kambundji a fêté ses 30 ans cette année, et elle a signé ses meilleurs chronos tant sur 100 que sur 200 m en 2022. Ajla Del Ponte, qui a conquis le titre européen du 60 m en salle avant de courir le 100 m en 10''90 en 2021, n'a elle que 26 ans. La longévité de la reine Shelly-Ann Fraser-Pryce (35 ans) leur autorise encore tous les espoirs.
hle, ats