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Teorema
Pier Paolo Pasolini
Italie, 94 min
Cinq membres d’une famille de la grande bourgeoisie milanaise sont présentés dans leur morne activité quotidienne. Arrive un invité inattendu, un jeune homme au regard doux et planant, qui s’incruste sans raison apparente dans la maison. Séduit une à une les cinq personnes, leur fait l’amour, puis repart. Chacun est alors laissé à sa solitude et réagit à sa manière : extase miraculeuse pour la bonne, catatonie hystérique pour la fille, rage picturale pour le fils, sexualité compulsive pour la mère, enfin retournement évangélique pour le père qui, abandonnant tous ses biens, donne son usine et se dépouille de ses vêtements… A la fin le père, nu, pousse un cri. On pense au vers de Rilke : « Qui si je criais m’entendrait parmi la cohorte des Anges ? » Aucun ange ne répond parce que Pasolini fait un cinéma sans contrechamp : il n’y pas d’Autre dans Théorème. C’est un portrait de son auteur, de chacun de nous, éclaté en cinq figures comme cinq tentations de l’absolu, qui s’épuisent le temps de leur apparition. Théorème est une autobiographie avec le soleil à contre-jour.
Laurent Roth