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Après plus d’un siècle au service des communes, l’UCV est devenue un intermédiaire de qualité dans les négociations avec l’Etat de Vaud, en retransmettant les voix des communes et en défendant leur autonomie. Découvrez son parcours.
Intéressé à l’idée de créer une association des localités vaudoises analogue à celle de l’Union des Villes Suisses, André Schnetzler, alors syndic de Lausanne, s’adresse à 34 syndics des principales localités vaudoises[1] (le 9 janvier 1909). Il leur propose de se réunir en conférence pour discuter des moyens que pourraient se donner les différentes villes vaudoises pour établir entre elles de nouveaux liens de solidarité.
Son idée rencontre un écho unanime auprès des syndics contactés et elle se concrétise deux mois après lors d’une conférence tenue à l’Hôtel de Ville de Lausanne. Il y est décidé qu’une « Union des villes et principales localités vaudoises » sera créée. La résolution suivante est ainsi adoptée :
« Il est constitué une Union des villes et principales localités vaudoises qui a pour but :
- de sauvegarder les intérêts communs et de soutenir auprès des autorités compétentes – en les groupant – les revendications ou les réclamations que ces localités auraient à formuler dans l’intérêt commun ;
- de leur servir de lien dans leurs rapports entre elles et de faciliter leurs relations avec l’Etat, auquel elles sont subordonnées (at. 80, 2e alinéa, de la Constitution cantonale). »[2]
Les statuts de l’association, rédigés par une commission qui sera ensuite élue en tant que premier Comité de l’Union[3], sont acceptés lors de la deuxième Assemblée des représentants des principales Communes vaudoises le 19 mars 1910. La nouvelle dénomination « Union des principales communes vaudoises » y est alors admise sans objection.
Faisant suite à une proposition de M. Schnetzler, la première réunion de l’UPCV se tient dans le cadre de la VIIIe Exposition nationale d’agriculture sous la forme d’une « Journée vaudoise » durant laquelle le conseil d’Etat, la presse et toutes les communes du canton sont conviés. A partir de cet événement et jusqu’à nos jours, chaque Assemblée générale est tacitement comprise au programme d’une Journée des communes vaudoises durant laquelle les représentant·es de toutes les communes ont l’opportunité de découvrir les particularités et les charmes des villes hôtes tout en apprenant à s’apprécier et à collaborer mutuellement.
[1] Aigle, Bex, Ollon, Villeneuve, Aubonne, Bière, Avenches, Cossonay, Echallens, Sainte-Croix, Pully, Prilly, Renens, Le Chenit, L'Abbaye, Cully, Lutry, Chexbres, Morges, Lucens, Nyon, Orbe, Vallorbe, Oron-la-Ville, Payerne, Rolle, Vevey, Corsier, La Tour-de-Peilz, Les Planches, Le Châtelard, Veytaux, Yverdon, Yvonand.
[2] 1909-3-13_PV conférence syndics Lausanne (Archives de Vevey, Fonds UCV 20.02)
[3] Le Comité est composé de MM. Schnetzler, Syndic de Lausanne ; Jomini, syndic de Vevey ; Perrin, syndic de Payerne ; Bonnard, syndic de Nyon et Rubattel, Municipal à Cossonay (remplacé immédiatement par M. Louis, Syndic d'Orbe).
Les objets sur lesquels travaille l’UPCV à ses débuts sont premièrement reliés aux changements qui accompagnent le début du XXe siècle. Les coûts de la vie changent en raison notamment de l’augmentation générale de la population, des deux guerres mondiales, de la spéculation sur les matières premières, du fait que la population urbaine s’accroît au détriment de celle de l’arrière-pays et qu’une nouvelle classe moyenne est en train de progressivement se construire. L’essor technologique fait lui aussi émerger de nouvelles problématiques au sein desquelles il est nécessaire de faire valoir le rôle des communes par rapport à l’Etat. L’UPCV voit ainsi apparaitre et traite certains dossiers qui occupent encore les communes de nos jours comme celui de la circulation routière et des frais d’entretien des routes communales, la formation des agents de police communaux, l’éducation primaire et secondaire ou encore les emprunts communaux.
Afin de faire évoluer ces dossiers à la faveur des communes, l’Union doit se construire une légitimité qui lui permette de négocier avec ses interlocuteurs directs. Pour cela, l’Union agrandit l’effectif de ses communes membres pour conférer à l’association une meilleure valeur représentative. C’est ainsi qu’elle procède dès ses débuts à des démarches de recrutement auprès des communes non-membres. En 1947, l’UPCV décide que pour défendre les intérêts de toutes les communes, il est nécessaire qu’elle s’ouvre à toutes les communes qui en feraient la demande, indépendamment de leur taille. Elle devient alors « Union des Communes Vaudoises » et invite les communes à rallier sa cause : envoi de procès-verbaux d’Assemblées générales passées, invitation aux AG, conseils gratuits, distribution du journal le Trait d’Union (qui deviendra Point CommUNE!) ou encore inclusion des communes non-membres dans les négociations de certains dossiers. Alors qu’elle ne comptait que 50 communes en 1923, l’association compte 181 communes dès 1959, puis 303 en 1970 et enfin 384, soit la totalité en 2000, sous la présidence de Pierre Grandjean.
En plus d’inciter les communes à rejoindre l’association, les diverses prestations que fournissent l’UCV lui permettent aussi, dans un second temps, de gagner en crédibilité aux yeux des autres associations communales et auprès surtout de l’arène politique vaudoise (administrative et législative)[4]. Elle fournit par exemple, dès 1969, des cours à destination des secrétaires municipaux en coopération avec le Département de l’Intérieur et de l’AVSM (Association vaudoise des secrétaires municipaux) qu’elle poursuit dès 2016 au sein de son propre centre de formation au même titre que des cours à destination des élu·es. Un service juridique propose également des conseils dès 1995 et, sous l’impulsion de Mme Claudine Wyssa, première Présidente de l’UCV, le Secrétariat développe aussi des services financiers dès 2015 et des conseils en aménagement du territoire dès 2020. Cette dimension professionnelle du travail de l’UCV lui confère une place de plus en plus importante et une force de représentation dans les commissions, les comités de pilotage, etc.
[4] PERRIARD Vincent. Analyse comparative des choix organisationnels et des stratégies politiques des associations faîtières de communes des cantons de Berne, de Fribourg, de Genève et de Vaud. IDHEAP, 2016.
En vue de mieux répondre à une augmentation de sa charge de travail, due notamment à son agrandissement et à sa professionnalisation, l’UCV doit progressivement s’adapter et changer ses structures. Ainsi, pour éviter que tout un Comité soit renouvelé en même temps qu’un changement de législature et pour assurer une continuité dans ses démarches, le comité passe progressivement de 5 membres, à 7 membres à partir de 1946, 9 en 1968, 11 en 1977, et finalement 13 depuis 2020. Alors que le Secrétariat s’attache à ses débuts surtout à accompagner le Comité et les commissions internes dans leurs actions, il voit sa charge de travail évoluer considérablement dès 1941, moment où il se met à traiter des mandats que lui confie le Comité en plus du reste de ses tâches (sans pour autant que les effectifs et le temps de travail n’en soient changés). Finalement, l’UCV se dote de locaux à Pully et un secrétaire général est engagé à plein temps ainsi que deux secrétaires à temps partiel lors d’une restructuration en 1990. Le secrétariat poursuit par la suite son agrandissement et sa professionnalisation en se munissant de nouveaux conseillers (en droit, en finances publiques, en communication et en aménagement du territoire) et d’un centre de formation dès 2016 qui compte dès ses débuts déjà douze formations à son actif. En 2021, le Secrétariat compte 11 collaboratrices et collaborateurs.
Les réformes majeures de l’association apparaissent dès 1990, moment où l’UCV est restructurée. En pleine période de crise entre les communes et l’Etat (due notamment à une crise économique et à des reports de charges) et face à une disparité croissante entre les revenus et les revendications de ses communes, l’UCV se trouve dans la quasi-impossibilité de formuler un avis sans froisser l’une ou l’autre de ses allégeances (petites ou grandes communes, riches ou pauvres, arc lémanique ou campagne nord, etc.) tout en évitant de faire passer son Comité pour un organe autoritaire. Les nouveaux statuts de l’Union veillent donc à diffuser le pouvoir de son Comité qui se mute dès lors en organe exécutif. Ces statuts donnent aussi naissance à un nouvel organe plus représentatif, le « conseil des 38 », composé de 2 syndics par district, qui vise à combler un vide préalablement existant entre le Comité et la base des communes en lui permettant de soumettre des résolutions au Comité. Il est agrandi en 2002 et devient « conseil des 57 », avec 3 syndics par district, pour répondre en partie aux revendications du GCRU (Groupement des Communes pour le Renouveau de l’UCV)[5]. Après la dernière modification des districts en 2008, le Conseil sera composé de 50 membres, avec 5 syndics par district.
En parallèle est créé un « Groupe des Villes »[6], et en 2010 est créé le « Groupe des Bourgs et Villages », dont les objectifs respectifs sont de permettre aux communes de se retrouver mutuellement pour discuter de problématiques qui leur sont particulières. Initialement conçus comme séparés des organes officiels de l’UCV, ces groupes obtiennent également le statut d’organes à partir de 2020 et leurs présidents siègent au Comité.
[5] En 2002, mécontentes de la péréquation et de la manière dont l’UCV répond à leurs demandes, certaines communes proposent une refonte complète des statuts de l’UCV. Insatisfaites des réponses apportées à leurs revendications, elles créent une nouvelle association faitière de communes, l’AdCV (Association des Communes Vaudoises).
[6] Initialement composé des villes de plus de 10'000 habitants, puis de celles de plus de 7'000 en 2010.
Afin de répondre à plusieurs évolutions au sein de l’association, une « mise à jour » généralisée de l’association est entreprise à partir de 2019. Le règlement du personnel et les cahiers des charges des membres du Secrétariat sont revus, le télétravail est introduit et le parc informatique adapté en conséquence. Le magazine Point CommUNE! est entièrement revisité, la communication de l’UCV également, notamment avec la création d’une application mobile. Plusieurs postes de stagiaire sont ouverts, notamment pour accompagner la réforme du modèle comptable (MCH2) et pour étudier les politiques énergétiques et climatiques des communes. Le statut de secrétaire général passe à celui de directeur, M. Gianni Saitta, alors Secrétaire général, deviendra le premier directeur de l’UCV. La direction sera complétée par une directrice adjointe, Mme Ana Azevedo.
Parallèlement, les statuts de l’association sont revus afin de préciser les modes d’élection des délégués dans les différents organes de l’UCV. Le Comité se compose de 13 membres, parmi lesquels siègent dorénavant les deux présidents des groupes des Villes et des Bourgs & Villages.