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Health
Une nouvelle enquête montre que 46% des femmes qui font une fausse couche s'en attribuent la responsabilité. Ce ne sont pas les seules constatations alarmantes.
Une grossesse sur cinq se termine avant la douzième semaine. Et pourtant, les fausses couches restent un énorme tabou dans notre société. Les résultats d'une enquête menée par Femtech Startup Ava montrent que le fait de les passer sous silence a de graves conséquences.
Dans l'enquête publiée à la mi-novembre, 1323 femmes âgées de 18 à 44 ans ont été interrogées en Suisse, en Allemagne et en Autriche. Presque toutes, soit près de 95%, connaissent une femme qui a déjà fait une fausse couche. 61% des sondées ont déjà fait elles-mêmes une fausse couche. Presque toutes les femmes interrogées en ont parlé à leur partenaire ou à leurs amies. Presque toutes avaient peur d'une nouvelle grossesse après cette expérience.
Les femmes ont souvent tort
Un sentiment de deuil prédominait chez 93% des sondées après la fausse couche, ce qui est plus que compréhensible. À partir de la onzième semaine, le placenta est en effet déjà complètement développé et l'enfant à naître mesure environ quatre centimètres. Cependant, la mauvaise surprise se situe là: près de la moitié des femmes, soit 46 %, se pensent responsables de leurs fausses couches.
Se sentiraient-elles mieux si l'on disposait de plus d'informations sur les fausses couches? Et si on en parlait davantage? Si elles savaient que des anomalies chromosomiques ou des maladies auto-immunes pourraient être à l'origine de la fausse couche? Que la plupart des avortements spontanés sont inexpliqués (à moins que la future mère ne consomme des drogues ou des médicaments)? Très probablement.
Le stress comme cause
L'équipe d'Ava voulait aussi savoir quels facteurs, selon les femmes interrogées, pouvaient déclencher une fausse couche. Pour 70% des sondées, la perte du foetus était due au stress. 37% ont répondu que l'activité physique intensive en était la cause, et 35% pensaient que la raison était liée au fait d’avoir soulevé des objets lourds. Mais elles ont vraiment, vraiment tort.
«C'est triste de voir que ces mythes existent toujours, dit Maureen Cronin, médecin-chef chez Ava. Il est prouvé depuis des années que les fausses couches ne sont pas causées par le stress, l’exercice ou un faux mouvement. Et pourtant, ces idées sont fermement ancrées dans l'esprit des gens.» La médecin n’est pas surprise que la moitié des femmes se blâment d'avoir perdu leur bébé in utero.
Elles ne se sentent pas prises au sérieux
Un autre aspect ressort de l'enquête: les femmes ne se sentent pas prises au sérieux par les médecins traitants. 81% voulaient retomber enceintes après leur fausse couche, mais plus de la moitié ont dit que leur médecin leur avait conseillé d'attendre quelques cycles avant de retenter. Elles ont également estimé ne pas avoir reçu un soutien suffisant. «Il est surprenant qu'on conseille encore à de nombreuses femmes d'attendre quelques cycles, alors que plusieurs études de grande qualité montrent qu'il n'y a aucune raison de le faire», explique Maureen Cronin. En fait, des études récentes iraient même dans la direction opposée: «Les femmes qui retombent enceintes dans les six premiers mois après une fausse couche courent moins de risques d’en vivre une nouvelle.»
Comme l'explique Ava dans le communiqué de presse, cette enquête a pour but de mettre en lumière les mythes autour de la fausse couche et de contribuer à une meilleure information: «Les résultats montrent combien cela est nécessaire. La situation juridique laisse également beaucoup à désirer: en Suisse, les caisses maladie considèrent les fausses couches jusqu'à la 12e semaine de grossesse comme une maladie.» Les femmes concernées doivent donc non seulement faire face à la perte de leur enfant, mais elles doivent également payer elles-mêmes tous les coûts du traitement, jusqu’à hauteur de la franchise. Au-delà de la 12e semaine, la grossesse bénéficie d’un statut particulier pour les assurances maladie: celles-ci prennent en charge l’intégralité des frais.