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De l'antiquité à nos jours
Tout comme Avully, Avusy, Cartigny, Chancy, Laconnex et Soral, Aire-la-Ville fait partie de ce que l'on appelle la Champagne genevoise. Cette région a été tantôt genevoise, tantôt savoyarde, tantôt française, au gré des événements de l'Histoire.
De Jules César à la Confédération
Si l'on remonte à l'époque des Romains, Aire-la-Ville en particulier était un puissant lieu fortifié par Jules César. Jean Novelle, dans son ouvrage intitulé "Aire-la-Ville au fil de son histoire", raconte du reste qu'Aire-la-Ville doit son nom à un riche Romain, Eyria, qui vivait ici.
Aire-la-Ville appartint d'abord au Comte de Genève, puis à la Maison de Savoie. Elle fut un bailliage bernois de 1536 à 1567. Le château de Ternier, sis à Saint-Julien-en-Genevois, dont dépendait Aire-la-Ville, fut pris par les genevois en 1589, puis assiégé par le duc de Savoie. Aire-la-Ville resta alors savoyarde jusqu'en 1601, date à laquelle elle devint française, appartenant au bailliage de Gex. De 1613 à la Révolution, la seigneurie d'Aire-la-Ville appartint à la famille genevoise des Fabri. Elle fit partie du royaume de Piémont-Sardaigne en 1760, étant précisé que le duc de Savoie avait pris le titre de roi de Sardaigne. Par le Traité de Turin, signé le 16 mars 1816, Victor-Emmanuel 1er, roi de Sardaigne, céda à Genève plusieurs communes, dont Aire-la-Ville. C'est ainsi que rattachée à Genève, Aire-la-Ville entra dans la Confédération Helvétique cette même année.
Les asperges des Aériens
On appelait autrefois les habitants d'Aire-la-Ville les "Timbrés", non pas que leurs voisins doutassent de leur capacité de discernement, mais tout simplement parce qu'il cultivaient des asperges au bord du Rhône et que sur ces asperges, dont la qualité supérieure était notoire, un timbre humide était apposé afin de les différencier des autres. Jean Novelle explique à cet égard que ce terme, délibérément péjoratif, était dû à des marchands d'asperges envieux et jaloux.
On appelle actuellement les habitants d'Aire-la-Ville les Aériens et Aériennes, ce qui est autrement plus léger et plus gracieux.
Le pont de Peney
On ne saurait évoquer l'Histoire d'Aire-la-Ville sans parler de l'histoire mouvementée du Pont de Peney, si intimement liée, que celui-ci figure sur les armoiries de la commune.
Jadis, pour se rendre à Peney, les gens d'Aire-la-Ville utilisaient un bac qui leur permettait de traverser le Rhône. On raconte de nombreuses anecdotes à propos de ce bac, et notamment qu'il servait de moyen de transport aux contrebandiers de l'époque, lorsque Aire-la-Ville était soit française, soit savoyarde.
Le Conseil municipal d'Aire-la-Ville décida de construire un pont suspendu. Les travaux durèrent de 1852 à 1853. C'était le seul pont suspendu du canton. Il fit la fierté de tous, jusqu'à son inauguration officielle. Le pont ne résista en effet pas ce jour-là aux essais d'homologation et s'effondra. De nombreuses morts par noyade endeuillèrent tant Peney qu'Aire-la-Ville. Un pont de construction conventionnelle le remplaça, au même endroit, mais les entrées du pont suspendu furent longtemps conservées. L'une fut finalement démolie lors de la construction de l'usine électrique et les ruines de la seconde gisent toujours au fond du lac de Verbois.
Population
Aire-la-Ville comptait 243 habitants en 1850. Sa population a plus ou moins régulièrement décru au cours des années suivantes pour tomber à 159 habitants en 1930. Elle est ensuite gentiment remontée à 232 en 1970.
Aire-la-Ville s'est toutefois considérablement développée depuis avec la construction de villas sur la "Colline aux oiseaux" dans les années 1970-1980, de sorte que le nombre de ses habitants a brutalement doublé en 1980, pour passer à 736 en 2000. Avec les lotissements de l'Esize et des Ecrevisses, on compte, en novembre 2009, 1138 habitants. Depuis, la population s'est stabilisée (1'164 en 2017).