Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07214.jsonl.gz/441

Y-Parc: l'ancienne directrice Juliana Pantet dénonce un acharnement
Licenciée durant l'été et mise en cause par un audit publié la semaine dernière, l'ancienne directrice d'Y-Parc Juliana Pantet sort de son silence. Dans une interview accordée à La Région, elle dénonce notamment «un acharnement aveugle».
L'audit mené au parc technologique d'Yverdon-les-Bains (VD) donne «une vision tronquée et même parfois inexacte de la réalité», affirme Juliana Pantet au journal du Nord vaudois. Elle s'étonne que l'audit n'ait porté que sur ses années de direction (2018-2021), et pas sur une durée plus étendue.
"De l'acharnement aveugle"
La tenue de la comptabilité, l'une des lacunes soulevées par l'audit, a été reprise de l'ancienne direction et toujours validée par la fiduciaire, relève-t-elle. Quant à la question de la gouvernance, elle est «l'affaire avant tout du conseil d'administration». L'ex-directrice estime ainsi que l'audit ne relève «aucun dysfonctionnement dont je serais responsable, tout au plus des petits correctifs mineurs à apporter».
Interrogée sur des soupçons de favoritisme envers l'une des sociétés d'Y-Parc, Juliana Pantet parle d'un arrangement dans l'intérêt du parc et qui avait été validé par le président du conseil d'administration. «Vouloir me faire des reproches à ce sujet relève de l'acharnement aveugle», assure-t-elle.
Manque de soutien
Juliana Pantet regrette un manque de soutien de la part du technopôle yverdonnois, «à l'exception de l'ancien président», l'ex-syndic d'Yverdon Jean-Daniel Carrard. Elle affirme que certains ont cherché à «l'accabler», notamment parce qu'elle est une femme. «Si j'étais un homme, je pense que je serais toujours en poste», estime-t-elle.
Juliana Pantet revient aussi sur la mystérieuse agression dont elle a été victime, en mars dernier durant un jogging, en lien selon ses proches avec ses activités professionnelles. Si elle ne s'exprime pas sur le fond de cette affaire, pour laquelle une enquête est en cours, elle raconte qu'elle a très mal vécu «les insinuations de certaines personnes qui suggéraient que mon agression aurait été fictive ou, pire, que je méritais mon sort.»
Venue de la Silicon Valley, la trentenaire défend finalement son bilan à Yverdon. Elle dit être parvenue à développer un parc technologique «léthargique depuis dix ans» en amenant plus de 400 millions de francs d'investissements. «Je pense que j'ai réussi», conclut-elle.
Réorganisation
Y-Parc, qui regroupe 200 entreprises et 1800 emplois, a engagé Olivier Collet comme directeur ad intérim. Son arrivée a permis de rétablir une relation «de confiance» entre conseil et direction, a assuré le parc, en dévoilant la semaine dernière le contenu de l'audit. D'autres mesures ont été mises en place, comme un «reporting» mensuel sur la situation opérationnelle et financière du site.
La réorganisation doit se poursuivre ces prochains mois. La mission du parc devra notamment être réexplicitée d'ici mi-2022.
gsi, ats