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Européen convaincu, je regrette de préférer, aujourd’hui, la poursuite de la voie des accords bilatéraux à l’adhésion à l’Union européenne. Cependant, il serait imprudent de peindre le bleu en noir et décrier le projet européen. Certes, les accords bilatéraux, nés au lendemain du 12 décembre 1992, ont permis à la Suisse d’obtenir l’accès au marché européen, contribuant ainsi à l’insolente réussite de notre pays. Il est donc logique de plaider en le maintien de cette situation. Il nous faudra aussi accepter, que suite aux votations de février 2014, les discussions avec Bruxelles soient plus fermées. Il faudra certainement aussi accepter les contres-parties qui seront demandées à la Suisse. L'intérêt de l'Europe à compter la Suisse dans son espace économique n'a jamais été tellement prouvé, celui de la Suisse à avoir accès à ce marché est vital. Point.
En ce qui concerne le projet européen et les critiques parfois méchantes à l'égard de Bruxelles, qui peut lui préférer les nations, les monnaies propres, la concurrence sans contrôle autour des matières premières, sources de tensions et de guerres potentielles ? L'Union européenne poursuit son chemin, se cherche dans une situation internationale très compliquée, dans les crises. Cependant, elle existe. Dans l'Histoire, l'union des pays européens autour de valeurs communes et de la paix, est faite; il ne sert donc à plus rien de le remettre en question. Dans cette construction européenne que nous observons bien prudemment, nous pourrions rappeler aux états membres notre expérience de la Confédération afin que l’identité des pays soit conservées. Dans cette Europe, en effet, une politique extérieure commune doit être définie, un système démocratique sur le modèle de la confédération doit être mis en place, et peut-être que la voilure doit être restreinte aux 12 pays fondateurs, quitte à créer une Europe à deux vitesses, du moins dans un premier temps.