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Les autorités japonaises ont contraint des personnes souffrant de la lèpre à avorter ou à commettre des infanticides dans le but de les empêcher d'avoir des enfants. L'information vient d'être révélée dans un rapport officiel du ministère japonais de la Santé. «Des restes de 114 ftus ou bébés ont été découverts dans six sanatoriums publics où étaient enfermés des lépreux par crainte infondée de contagion» peut-on lire dans ce rapport.Les autorités sanitaires nippones ont mis fin à leur politique d'isolement forcé des lépreux en 1996, après avoir mis en uvre une telle pratique durant 89 ans. Le Parlement japonais a présenté des excuses officielles en 2001 et versé des dommages-intérêts de 14 millions de yens (150 000 fr.) à chaque lépreux victime de discrimination pour préjudice moral.Le bureau de Tokyo de l'Agence France-Presse rapporte que les restes de ftus et de bébés retrouvés remontent à une période allant de 1924 à 1956, ce qui pourrait signifier que le nombre réel des cas pourrait être notablement plus élevé ; tel est du moins le sens des conclusions du rapport soumis au ministère.Les enquêteurs à l'origine de ce rapport ont retrouvé un grand nombre de témoins des avortements et infanticides, ce qui fait selon eux «inévitablement penser que des actes qualifiés de meurtre par le code pénal ont été perpétrés».Malgré la fin de la politique d'exclusion, près de 5000 lépreux âgés se sont résolus à rester dans les sanatoriums, n'ayant pas d'autres endroits où vivre.Ils sont actuellement dans treize pensions appartenant à l'Etat, où ils ont passé en moyenne 40 années de leur vie. L'enquête, qui a été conduite par des experts, parmi lesquels des juristes n'appartenant pas au ministère de la Santé, exhorte le gouvernement japonais à mener des investigations supplémentaires. Ce rapport a été divulgué à la veille de la 52e Journée mondiale de la lutte contre la lèpre, une affection qui touche encore plus d'un demi-million de personnes chaque année dans le monde.Le même jour, un reportage de l'Agence France-Presse était consacré à Peycouk (80 km au sud de Dakar, Sénégal), ancienne léproserie qui compte aujourd'hui quelque 2000 habitants, tous parents de lépreux ou malades.«C'est un village de reclassement social. Un village dont le fondement a été l'isolement des malades» explique un fils de lépreux qui n'a pas été atteint par la maladie. «Les villages de reclassement sont (...) sous la tutelle du ministère sénégalais de la Famille, donc ils ne sont pas inclus dans les structures politiques ni dans les décisions ni dans les programmes nationaux comme la lutte contre la pauvreté. Ils sont pourtant habités par les plus pauvres» explique Claudia Hirzel, de la DAHW, l'Association allemande d'aide aux lépreux. Environ 8% des 2000 habitants de Peycouk sont infectés et vivent en parfaite harmonie avec les autres habitants. Pour sa part, l'Institut sénégalais de léprologie recense, selon l'OMS, entre 400 et 600 nouveaux malades par an dans le pays pour un taux de prévalence de moins d'un cas sur 10 000 habitants.