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A la question "Quelles sont les répercussions sur la compétitivité d'E.ON Energie du consensus récent obtenu dans le domaine de l'énergie nucléaire?", M. Harig a répondu ce qui suit: "Si la convention conclue avec le gouvernement fédéral se concrétise et est respectée, cela signifie que nous pourrons exploiter nos centrales nucléaires, aux coûts peu élevés, pendant vingt ans encore. A l'heure actuelle, la part du nucléaire dans notre production d'électricité se situe aux alentours de 50%. Ceci montre nettement l'importance pour nous de conditions de base claires - ce qui signifie sécurité de la planification. Sans la convention conclue avec la politique, cette sécurité ne pourrait pas être obtenue dans les circonstances actuelles. En tant que citoyen, je suis opposé à un abandon de la technique nucléaire motivé par des raisons politiques. Je considère cet abandon comme une erreur que les générations futures auront probablement à corriger. En tant qu'entrepreneur, je suis bien obligé de m'arranger avec les conditions de base sous lesquelles nous devons agir, décider et vivre."
A la question "A votre avis, quelles pourraient être les composantes de l'approvisionnement énergétique futur après l'abandon du nucléaire en Allemagne?", le président de E. ON a apporté la réponse suivante: "Du point de vue actuel, le bon tiers d'électricité que fournissent les centrales nucléaires ne peut être remplacé de manière économique que par de l'électricité produite à base de charbon et de gaz naturel. En ce qui concerne le gaz naturel, le développement de cellules de combustible pourrait ouvrer des perspectives intéressantes de nouvelles utilisations. Nous avons besoin d'un 'mix énergétique' aussi large que possible, et les énergies renouvelables en font naturellement partie. Le développement de nouvelles génératrices éoliennes dont le coût de production par kWh a diminué de moitié au cours des cinq dernières années montre que des progrès peuvent être réalisés dans ce domaine. On ne saurait toutefois surestimer le rôle des énergies renouvelables dans l'approvisionnement énergétique global de l'Allemagne. Leur part reste physiquement faible et nous devrions garder toujours à l'esprit qu'elles sont totalement et durablement subventionnées. Un kWh d'origine éolienne bénéfice de subventions au moins 50% plus élevées que tel est le cas de l'électricité fournie par la houille allemande. Or ceci va à l'encontre d'une concurrence européenne véritable. Nous n'aurons bientôt plus aucune raison de blâmer d'autres pays à cause de leur libéralisation limitée. Si les lois fédérales sur les énergies renouvelables et le couplage chaleur force qui sont déjà décidées et celles qui sont en projet deviennent réalité, ce seront bientôt 40% de toute la production allemande d'électricité qui seront à nouveau réglementés et subventionnés.
Source
M.S./C.P. d'après "Stromthemen", août 2000