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La pression à la vente reflète certainement en partie l'incertitude quant à la dangerosité du virus et à la vitesse de sa propagation.
Entre début décembre et mi-janvier, les marchés d'actions asiatiques (indice MSCI Asie hors Japon) ont grimpé de plus de 10% grâce à la dissipation de l'incertitude quant à l'issue du différend commercial sino-américain. Néanmoins, leur ascension a enregistré un coup d'arrêt la semaine dernière, les investisseurs redoutant une propagation de l'épidémie et son impact négatif sur les secteurs de la consommation, du transport et du tourisme.
La pression à la vente reflète certainement en partie l'incertitude quant à la dangerosité du virus et à la vitesse de sa propagation. Néanmoins, les précédentes épidémies dans la région donnent une certaine idée de l'impact potentiel sur l'économie et les marchés en Chine et dans le reste de l'Asie.
Compte tenu des premières informations communiquées au sujet du virus, les répercussions économiques seront probablement moins importantes que celles de l'épidémie de SRAS en 2003. Cette dernière avait sévi pendant huit mois, mais n'avait réellement pesé sur la croissance économique chinoise que pendant un trimestre. L'économie chinoise avait ensuite enregistré un vif rebond. Il en va de même pour l'épidémie de MERS qui avait touché la Corée du Sud en 2015.
des entreprises en Asie était attendu au premier trimestre 2020.
Jusqu'ici le point de retournement de la croissance du PIB et des bénéfices des entreprises en Asie était attendu au premier trimestre 2020. Si la situation se dégrade, ce redressement pourrait être retardé d'un trimestre, sachant qu'il faut du temps pour enrayer une épidémie. Cela dit, le SRAS et les autres épidémies ont eu le mérite de rendre les pouvoirs publics et la population plus vigilants. Les autorités chinoises ont réagi relativement vite à cette nouvelle épidémie: le 23 janvier, elles ont interdit les déplacements au départ de Wuhan et des villes environnantes afin de limiter la propagation du virus.
Jusqu'ici, la correction de l'indice MSCI AxJ n'a fait que rapprocher les ratios cours/valeur comptable de leur moyenne sur les dix dernières années, mais d'un point de vue relatif, l'indice présente désormais une décote attractive par rapport aux actions mondiales.
Les bénéfices des entreprises asiatiques devraient enregistrer une croissance de 13,8% en 2020 (en USD), un taux nettement supérieur à celui escompté dans les pays développés. La Recherche d’UBS reste également optimiste à l'égard des actions chinoises, car elle table sur une croissance des bénéfices de 12% (en USD), avec une préférence pour un certain nombre de secteurs tels que le matériel technologique et le commerce électronique.
L'éventuel impact négatif sur les devises de la zone APAC sera sans doute éphémère, à supposer bien entendu que le virus puisse être endigué dans les prochains mois. Au vu de l'épisode du SRAS en 2003, les devises sensibles à la demande extérieure (le won sud-coréen, le nouveau dollar de Taïwan, le baht, le dollar de Singapour et le ringgit malais, par exemple) pourraient être relativement vulnérables, tandis que les devises des économies où la demande intérieure est prépondérante (la roupie indonésienne, la roupie indienne, le peso philippin) devraient mieux résister.
Dans le cadre de la stratégie de change de la Recherche d’UBS, son positionnement à long terme sur la roupie indonésienne et la roupie indienne, conjugué à son positionnement à court terme sur le nouveau dollar de Taïwan dans le panier de devises émergentes à haut rendement, devrait s'avérer fructueux dans ce scénario.
se traduire par une légère augmentation des écarts de rendement.
S'agissant des obligations, une aggravation de l'épidémie pourrait se traduire par une légère augmentation des écarts de rendement. La Recherche d’UBS a récemment mis un terme à la surpondération des obligations souveraines émergentes libellées en dollar américain, mais elle recommande toujours une allocation stratégique à cette classe d'actifs malgré le risque extrême qui pèse sur elle.
Par conséquent, même s’il faut rester vigilant face au risque d'aggravation de l'épidémie, l'impact sur l'économie et les actifs risqués asiatiques sera certainement éphémère. Dans la mesure où l'ampleur de l'épidémie est difficile à prévoir, il est déconseillé aux investisseurs de se positionner dans un sens ou dans l'autre ou bien de se retirer des marchés financiers en fonction de l'actualité sur le virus. Il est plus judicieux de considérer la chute des marchés comme une occasion d'accroître l'exposition aux actions émergentes et chinoises.
Plus généralement, les épidémies témoignent de l'importance pour les investisseurs de diversifier leur portefeuille afin d'atténuer les risques idiosyncrasiques. Dans le scénario pessimiste qui verrait l'épidémie s'aggraver, on peut s'attendre à une diminution des ventes au détail et des arrivées de touristes, qui mettrait sous pression des secteurs tels que le transport aérien, les biens de consommation discrétionnaire et le tourisme. Les expériences antérieures suggèrent que le commerce international serait relativement épargné.
Les investisseurs qui redoutent de déployer du capital alors que les marchés flirtent avec des sommets historiques, et que l'incertitude est marquée, peuvent toutefois profiter de la volatilité relativement faible à l'heure actuelle sur le marché des options. Ceci afin de mettre en œuvre des stratégies qui atténuent la volatilité d'un portefeuille ou lui confèrent une protection explicite.