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L'accord commercial entre Donald Trump et Jean-Claude Juncker marque une atténuation appréciable des tensions.
La déclaration commune suite à l’accord entre Donald Trump et Jean-Claude Juncker esquisse même la perspective d'un abaissement des barrières commerciales, l'Union européenne (UE) et les Etats-Unis s'engageant à «travailler ensemble pour abolir les droits de douane, les barrières non tarifaires et les subventions sur les biens industriels à l'exception des voitures».
Cet accord, qui semble dissiper la menace immédiate d'un relèvement des droits de douane américains sur les voitures européennes, a été salué par les marchés. Il conforte l'optimisme des investisseurs suscité par la très bonne saison des résultats du deuxième trimestre aux Etats-Unis. L'indice S&P 500 est désormais en passe d'achever le mois de juillet sur une progression de 3,9%, sa meilleure performance mensuelle depuis janvier.
Dans la mesure où la progression des marchés et l'accentuation des tensions commerciales étaient l'une des principales raisons qui ont amenés UBS à réduire son exposition aux actions mondiales, il semble raisonnable de se poser la question si le moment est maintenant venu de revenir à une prise de risque accrue. Néanmoins, cela pourrait être prématuré, et ce pour plusieurs raisons.
1. Jusqu'ici, il n'y a pas eu de dégel dans les relations commerciales avec la Chine.
L'accord avec M. Juncker semble viser la Chine dans la mesure où l'UE et les Etats-Unis ont convenu «d'unir leurs forces» pour s'attaquer aux pratiques commerciales déloyales telles que «le vol de propriété intellectuelle, le transfert de technologie forcé, les subventions à l'industrie, les distorsions créées par les entreprises publiques et les surcapacités». Bien que le communiqué ne désigne pas expressément la Chine, il reprend des accusations déjà formulées par la Maison Blanche à l'encontre de la Chine.
Par ailleurs, l'administration américaine est en train de peaufiner une nouvelle salve de droits de douane sur 16 milliards de dollars d'importations. Enfin, des droits de douane de 10% devraient être instaurés sur 200 milliards de dollars de marchandises d'ici la fin du mois de septembre. Ces mesures donneront probablement lieu à de nouvelles représailles de la part de la Chine.
2. De faux espoirs de règlement des différends commerciaux ont déjà été suscités précédemment.
Le 20 mai, le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin a annoncé que la guerre commerciale avec la Chine serait «suspendue», le temps que Washington et Pékin jettent les bases d'un accord commercial plus vaste. Neuf jours plus tard seulement, la Maison Blanche annonçait l'instauration de droits de douane de 25% sur 50 milliards de dollars de marchandises chinoises.
3. «L'accord entre l'UE et les Etats-Unis n'est encore qu'une ébauche», selon Steven Mnuchin.
Il faudra des années de négociations complexes pour aboutir à une politique concrète. Les objectifs du nouvel accord – abaissement des barrières commerciales et dialogue plus étroit sur les normes – sont les mêmes que lors des négociations entamées en 2013 sur le Partenariat transatlantique de commerce et d'investissement (PTCI). Ces négociations ont été enterrées après l'élection de Donald Trump. La reprise des négociations est encourageante mais le dernier accord n'apporte pas grand-chose de nouveau.
4. L'UE aura peut-être du mal à tenir plusieurs de ses engagements.
En particulier, Jean-Claude Juncker a promis d'importer davantage de soja en provenance des Etats-Unis. Toutefois, à part en acheter lui-même, il ne peut pas faire grand-chose pour influencer les importations de soja.
Heureusement pour le président de la Commission, les importations européennes de soja américain sont déjà en hausse en raison des représailles chinoises à l'encontre des Etats-Unis, qui ont rendu le soja brésilien plus intéressant pour les importateurs chinois, tandis que le soja américain se négocie à bon prix.
Par conséquent, si l'accord est encourageant, les perspectives demeurent floues pour le commerce mondial.
En cas d'instauration de droits de douane significatifs, il y aura ultérieurement des répercussions sur la croissance économique. Par conséquent, UBS préfère conserver un positionnement globalement neutre à l'égard des actifs risqués dans son allocation d'actifs tactique, qui comporte une légère surpondération des actions mondiales et de la dette souveraine émergente, combinée à une surpondération des bons du Trésor américain à dix ans.