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Mo Farah a signé à Rio son 2e doublé olympique 5000-10'000 m d'affilée. Le Britannique de 33 ans est devenu le deuxième homme de l'histoire à réaliser cette prouesse aux Jeux.
Invaincu en compétition majeure sur piste depuis 2011, il a décroché l'or sur 5000 m samedi, une semaine après son titre sur les 25 tours de piste. Il égale le Finlandais Lasse Viren titré en 1972 et 1976.
Farah a ainsi réussi là où, par exemple, l'Ethiopienne Almaz Ayana avait échoué la veille dans sa quête d'un premier doublé. Alors qu'Ayana s'était écroulée sur la fin de son 5000 m, visiblement fatiguée par les efforts de son record du monde sur la plus longue des distances sept jours plus tôt, Farah a magnifiquement maîtrisé son sujet. Une fois de plus. Le Britannique d'origine somalienne, arrivé en Angleterre à l'âge de 8 ans pour fuir la guerre à Mogadiscio, n'a pas pris de risques. Il s'est calé en tête suffisamment tôt pour placer une accélération progressive (dernier 1000 m en 2'23''!) et ne pas être réellement inquiété.
Il s'est imposé en 13'03''30, devant l'Américain Paul Chelimo (13'03''90) et l'Ethiopien Hagos Gebrhiwet, 3e en 13'04''35. Une grande confusion a régné après la course. Chelimo a d'abord été disqualifié en raison d'une bousculade - ainsi que deux autres concurrents - avant d'être requalifié une heure plus tard. Pour Farah, ces entrefaites n'ont rien changé, d'autant qu'il était tranquille dès le départ: les Kényans n'avaient placé aucun des leurs en finale!
De toute façon, depuis début 2011, date à laquelle il s'est mis sous l'aile du controversé coach américain Alberto Salazar dans l'Oregon, Farah est irrésistible. Il a conquis samedi son cinquième doublé consécutif dans une compétition majeure. Tout avait commencé par son doublé olympique à Londres en 2012, son plus grand souvenir, suivi en 2013 par un doublé aux Mondiaux à Moscou (toujours sur 5000 et 10'000 m), puis par un autre doublé aux Championnats d'Europe 2014 à Zurich, et enfin par le même exploit aux Mondiaux 2015 à Pékin.
Avant Rio, celui qui a pour habitude de former un coeur en joignant ses bras sur son crâne lisse pour fêter ses victoires avait dit qu'il serait "dévasté" s'il ne réalisait pas un nouveau doublé à Rio. Le voilà rassuré.