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Nouvelle publication des membres du BEAM lab dans la revue Biological Psychology
Les effets des courses d’ultra-endurance sur le fonctionnement du cerveau sont peu connus notamment en raison de la difficulté à accéder à ce type de données. L’équipe de Jérôme Barral, Maître d’Enseignement et de Recherche à l’ISSUL a eu la chance de pouvoir analyser l'impact d'un ultra-marathon sur l'activité cérébrale d’un groupe de 16 « finishers » qui ont participé au Tor des Géants, une célèbre course de montagne organisée dans le val d’Aoste.
Avant le départ, les athlètes devaient rester tranquillement les yeux fermés pendant 4 minutes afin que nous puissions enregistrer l’activité spontanée de leur cerveau. Environ 125 heures plus tard et après 330 kms de courses dans les jambes, les participant.e.s se sont prêtés au même exercice.
Après la course, les analyses ont révélé une augmentation de la puissance spectrale dans les bandes de fréquences delta et theta et une diminution de la puissance alpha dans les sites pariéto-occipitaux. Les analyses de localisation de sources ont identifié que certaines régions (cortex cingulaire postérieur gauche, le gyrus angulaire gauche et les régions visuelles associatives) n’arrivaient plus à « s’éteindre » en raison probablement d’une suractivité liée à des heures d’effort physique, une attention visuelle soutenue et à une privation de sommeil importante. Ces résultats sont complétés par une plus grande activation du réseau attentionnel après la course. Il est intéressant de constater que ces patterns de résultats contrastent fortement avec les résultats rapportés pour des courses d'endurance nettement moins longues.
Y-a-t-il un lien entre nos résultats et les hallucinations visuelles fréquemment rapportées par les athlètes ? Il est difficile de le confirmer, comme il est difficile de savoir si la répétition de ces états cérébraux exceptionnels a un impact sur l’intégrité des fonctions cérébrales à long terme. Néanmoins, les analyses de l’activité cérébrale spontanée apparaissent pertinentes pour caractériser les adaptations cérébrales dans la pratique intensive d’un sport d’endurance.