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Written by Lucienne Peiry in Article
20 avril 2021
Le diptyque comprend, à gauche, le cétacé (qui a sauvé de la noyade l’auteur à l’âge de trois ans) – figure du Bien – et à droite, au centre, Satan – figure du Mal. Cette opposition est accentuée par le choix des couleurs où les dominantes froides répondent aux teintes chaudes.
Les divers motifs iconographiques s’imbriquent et s’emboîtent les uns dans les autres. A gauche, le corps de la baleine circonscrit la cloche, placée au centre, et sa queue se voit flanquée d’un long couteau de boucher à la lame bleue. A droite, Le Diable est accompagné de la fille de St-Adolf, Graziella, et de la violoniste de la Mer Polaire du sud. La figure satanique représente le manche d’un miroir à main, où apparaît, au-dessus, dans une mandorle, Rosalie, la fille de l’auteur.
Adolf Wölfli fait preuve d’une grande maîtrise de la composition, où la rigueur architectonique (encadrements, symétrie) s’allie aux courbes et aux arabesques des figures humaines et animales. Il se voue en autodidacte à l’expression graphique, ainsi qu’à l’écriture et à l’invention de partitions musicales. Multipliant les audaces, il conjugue des registres habituellement séparés et transgresse les règles graphiques, littéraires et musicales. Sa production comprend vingt-cinq mille pièces, réalisées durant trente ans, dans l’exclusion de l’hôpital psychiatrique.
La production de ce créateur d’Art Brut suisse est conservée à la Fondation Wölfli, au Musée des Beaux-Arts de Berne et à la Collection de l’Art Brut, à Lausanne.