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Jimmie Akesson, leader du parti d'extrême droite les Démocrates de Suède , s'est posé en vainqueur des élections législatives de dimanche.
KEYSTONE/AP TT News Agency/ANDERS WIKLUND(sda-ats)
Plusieurs semaines de négociations seront nécessaires pour former un gouvernement en Suède, où les coalitions de gauche et de droite ont quasiment fait match nul lors des élections législatives de dimanche, marquées par une nouvelle progression de l'extrême droite.
Après dépouillement de la quasi-totalité des bulletins de vote, le bloc de gauche - le Parti social démocrate au pouvoir, les Verts et le Parti de gauche - étaient crédités de 40,6% des suffrages, alors que l'Alliance (droite) formée par les Chrétiens-démocrates, les Libéraux, les Modérés et le Parti du centre obtenait 40,3%.
Le parti des Démocrates de Suède (SD), formation eurosceptique et hostile à l'immigration, recueille quant à elle 17,6% des voix, contre 12,9% lors des précédentes élections en 2014. En sièges, il passe de 49 à 62.
Les coalitions de gauche et de droite en obtiennent respectivement 144 et 143.
Si le score du SD est en deçà des attentes de ses dirigeants, qui envisageaient un score de 20%, il devrait permettre au parti d'avoir un rôle d'arbitre dans la composition du prochain gouvernement.
Quelques minutes après l'annonce des résultats partiels, Jimmie Akesson, chef de file des Démocrates de Suède, s'est posé en vainqueur du scrutin et s'est dit disposé à discuter avec les autres partis, tout particulièrement avec la droite.
"Nous allons disposer d'une grande influence sur ce qui va se passer en Suède dans les semaines, les mois et les années à venir", a-t-il dit lors d'un rassemblement de ses partisans.
Jimmie Akesson, dont le parti est entré au parlement en 2010, avait déjà fait savoir qu'il s'opposerait à tout gouvernement qui ne prendrait pas en compte ses inquiétudes sur la politique migratoire.
Il a appelé Ulf Kristersson, chef de file de l'Alliance de droite, à choisir entre le soutien des Démocrates de Suède pour que l'alliance puisse gouverner ou à se résigner à accepter un nouveau mandat de quatre ans du Premier ministre social-démocrate Stefan Lofven.
"Dépasser les clivages"
Kristersson a appelé à la démission du Premier ministre, estimant que le gouvernement minoritaire au pouvoir avait "fait son temps", mais a repoussé tout accord avec Akesson.
Il est peu probable que les Démocrates de Suède fassent leur entrée au gouvernement, les blocs de droite et de gauche ayant exclu cette hypothèse lors de la campagne électorale.
Alors que la quasi-totalité des bulletins avaient été dépouillés, Lofven a exclu de démissionner de la tête du gouvernement et a appelé à une coopération entre les partis afin de surmonter l'impasse politique.
"Nous avons deux semaines avant l'ouverture de la session parlementaire. Aucun parti ne dispose de la majorité. Il est donc naturel de dépasser les clivages politiques pour qu'il soit possible de gouverner la Suède", a-t-il dit devant ses partisans.
L'arrivée en 2015, au plus fort de la crise migratoire en Europe, de 163'000 demandeurs d'asile, soit le plus fort taux par tête d'habitant dans l'UE, a polarisé les électeurs et brisé le consensus politique.
Certains Suédois estiment aussi que leur système social traverse une crise. L'allongement des listes d'attente pour se faire opérer, la pénurie de médecins et d'enseignants, et l'incapacité de la police à éradiquer la violence dans les banlieues urbaines défavorisées, où les immigrants sont majoritaires, ont ébranlé la confiance des Suédois en leur modèle social.
Bruxelles suit de près le scrutin en Suède, avec la crainte que l'euroscepticisme soit renforcé au sein de l'Union européenne avant les élections européennes de mai prochain.
ATS