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L'auteur, de journaliste, écrivaine et éditrice littéraire de The Economist, s'est transformée en détective et en historienne pour les besoins de sa cause. Survolant quatre siècles d'histoire sur cinq continents, elle nous entraîne dans de multiples aventures, sur les traces, fort bien documentées, de la mal?aria (mauvais air issu des marais, selon les croyances de l'époque) et de la quinine provenant de l'arbre quinquina. Poussant dans les Andes, il a permis, pendant des siècles, de soigner des fièvres intermittentes, souvent mortelles.
Après la découverte du nouveau monde, fin du XVe siècle, les jésuites embarquent pour les terres nouvelles (surtout le Pérou), y construisent des écoles, des exploitations agricoles, des hôpitaux. En bons observateurs qu'ils sont, ils remarquent que les gens du pays utilisent pour guérir leurs fièvres, une poudre provenant de l'écorce séchée d'un arbre. Ils l'essayent et devant les résultats qu'elle produit en font parvenir à Rome, ville dévastée chaque été par la malaria. Ce remède sera appelé dès lors « la poudre des jésuites ». Un apothicaire romain, prêtre-jésuite, se rend au Pérou et crée la première pharmacie d'où cette poudre sera envoyée dans l'Europe entière. Car il n'y a pas que l'Italie qui souffre de ces fièvres mortelles ; l'Angleterre, la France, la Hollande, la Russie figurent sur la liste. D'anecdotes en rapports historiques, nous suivons les méfaits de la malaria à Rome, en Amérique du Sud, en Angleterre et aux Pays-Bas où, lors des guerres napoléoniennes, les digues furent minées et une partie des soldats britanniques contaminés dans les eaux stagnantes et hospitalisés. Aux Etats-Unis, lors de la guerre de Sécession, les troupes du Sud furent elles aussi très fragilisées par les fièvres. Et lors du percement du canal de Panama, les ouvriers moururent par milliers, victimes du même mal. Alors, l'Angleterre, consciente de l'importance de la quinine, enverra, après la France, de nombreux botanistes et autres savants pour ramener du nouveau monde des graines de quinquinas afin de les faire pousser à Java et dans le nord de l'Inde.
Lors de la Deuxième Guerre mondiale, voyant que les Allemands s'étaient approprié toutes les réserves de quinine, les alliés poussèrent leurs savants à la synthétiser. Mais le produit occasionna de tels effets secondaires qu'on dut revenir à la poudre de l'écorce miraculeuse et que la Belgique trouva au Congo les terres propices à d'immenses plantations. Entre-temps, les scientifiques (dont le Dr Ross, appelé Dr Mosquito, qui reçut le prix Nobel en 1902 pour sa découverte) réussirent à comprendre d'où provenaient ces fièvres, comment elles étaient transmises et ainsi d'entrevoir des traitements de prévention.
Ce livre est tellement riche et passionnant qu'une seule lecture est insuffisante. Mais si l'histoire vous intéresse, je vous invite à entrer dans la belle aventure de l'écorce miraculeuse. Vous ne le regretterez pas.