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Lors de la proclamation d'indépendance de 2008, la conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey était à la tête du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) et elle était l'une des grandes avocates de l'indépendance du Kosovo devant la communauté internationale.
Le Kosovo est un jeune Etat qui fait face à de gros défis.
Interrogée vendredi dans l'émission Forum, la socialiste genevoise reconnaît que de nombreux problèmes s'affichent au bilan des dix années écoulées. "Le Kosovo est un jeune Etat qui fait face à de gros défis, des défis de gouvernance, de lutte contre la corruption, des défis économiques et sociaux", note la socialiste genevoise. "La communauté internationale a pris en mains la reconstruction du Kosovo, mais c'est vrai qu'il y a des progrès à faire à tous ces niveaux-là."
L'indépendance du Kosovo est un succès pour la diplomatie suisse.
L'ancienne ministre des Affaires étrangères n'a pourtant pas de regrets, alors que la Suisse a été l'un des premiers pays à reconnaître le nouvel Etat. "Je pense que la question de l'indépendance du Kosovo et la façon dont la Suisse s'est positionnée dans cette affaire est un succès pour la diplomatie suisse. Parce qu'il fallait défendre nos intérêts, qu'en 2004 de violents conflits ont éclaté entre les Kosovars et les minorités serbes dans la région. La question du statut du Kosovo s'est imposée alors à la communauté internationale parce que ces conflits menaçaient la stabilité dans les Balkans."
L'espoir réside dans un accord qui réglerait la situation au nord du pays.
Face aux nombreux défis à relever aujourd'hui encore, Micheline Calmy-Rey fait preuve d'optimisme. "Je pense - c'est mon opinion personnelle - que le grand espoir pour cette région c'est l'intégration dans la communauté internationale. Il y a eu un accord signé en 2013 entre la Serbie et le Kosovo sous l'égide de l'Union européenne; aujourd'hui Berlin et Bruxelles demandent que cet accord soit augmenté d'un autre accord entre Belgrade et Pristina pour régler la question. Et c'est la question essentielle, cette espèce d'incertitude concernant les relations entre le Kosovo et les communes serbes du nord du Kosovo (…) Là, je pense que l'espoir réside dans un accord qui réglerait la situation au nord du pays, qui est une situation qui n'est pas claire du tout."
La question du Kosovo reste difficile
Micheline Calmy-Rey compte aujourd'hui sur l'intervention de l'Union européenne pour aboutir à une entente entre les deux capitales. "Cet accord (…) voudrait dire finalement que la Serbie accepte l'existence du Kosovo sans reconnaître l'indépendance du Kosovo du point de vue du droit. Cela me paraîtrait un progrès, dans la mesure où la Serbie souhaite entrer dans l'Union européenne."
Mais "c'est clair qu'il y a encore des problèmes (…), et que la question est difficile. Et comme je le pense, ça passe par un accord entre la Serbie et le Kosovo sous l'égide de l'Union européenne."
Interview: Mehmet Gultas
Texte web: Olivier Angehrn
Une reconnaissance internationale toujours partielle
Quelque 115 pays reconnaissent aujourd'hui le Kosovo indépendant, dont 23 des 28 membres de l'UE ainsi que les Etats-Unis, indéfectibles soutiens de Pristina.
Mais la Serbie, ainsi que la minorité serbe du Kosovo (estimée à 120'000 personnes pour une population totale d'1,8 million) refusent toujours cette reconnaissance.