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A. R., née en 1930, divorcée, a présenté une demande de prestations complémentaires le 27 janvier 1998. Parmi les divers éléments de ses revenus et charges, elle a fait état d'une pension alimentaire de 14'400 francs par an, due par son ex-mari, S.. Procédant au calcul de la prestation complémentaire, la caisse cantonale de compensation a constaté que l'assurée disposait, compte tenu de l'ensemble des éléments déterminants selon la loi et en particulier de la pension susmentionnée, d'un excédent de revenu annuel de 9'418 francs. En conséquence, par décision du 3 juin 1998, la caisse de compensation a rejeté la demande de prestations. B. R. interjette recours devant le Tribunal administratif contre cette décision, en concluant à l'octroi d'une prestation complémentaire. Elle fait valoir que la pension alimentaire, prévue par la convention sur les effets accessoires du divorce ratifiée par le jugement de divorce du 21 octobre 1981, n'était due - ainsi que le prévoit expressément la convention - que pour autant que le salaire de son ex-mari continue à représenter un montant mensuel de 4'000 francs net. Or, S. étant tombé gravement malade en 1986 et devenu bénéficiaire d'une rente d'invalidité depuis 1989, il n'a plus été en mesure de payer la pension, qu'elle ne reçoit plus depuis plusieurs années. Il n'y a donc pas lieu d'en tenir compte dans le calcul de la prestation complémentaire. Dans le cadre d'un second échange d'écritures, la recourante produit diverses pièces établies par S. ou fournies par lui, relatives à la situation financière de celui-ci. C. Dans ses observations sur le recours, la caisse intimée conclut au rejet de celui-ci. Se fondant sur la situation économique de S. telle qu'elle résulte des pièces produites, elle relève qu'au regard du revenu brut de l'intéressé et de son minimum vital, l'ex-mari de la recourante dispose encore d'un montant annuel de quelque 19'686 francs qui lui permettrait de payer la pension alimentaire due à R.. C O N S I D E R A N T en droit 1. Interjeté dans les formes et délai légaux, le recours est rece- vable. 2. a) Le bénéficiaire d'une rente de l'AVS ou de l'AI peut préten- dre une prestation complémentaire si ses dépenses reconnues par la loi sont supérieures à son revenu déterminant (art.2 al.1 LPC), le montant de la prestation complémentaire correspondant alors à cette différence (art.3a al.1 LPC). Le revenu déterminant comprend, selon l'article 3c al.1 LPC, notamment les pensions alimentaires prévues par le droit de la fa- mille (litt.h) et les ressources et parts de fortune dont un ayant droit s'est dessaisi (litt.g). b) Selon la jurisprudence, doivent être prises en compte en ap- plication de l'article 3 al.1 litt.g LPC non pas les pensions alimentaires effectivement versées par l'époux, mais celles dont il a été convenu ou qui sont dues en vertu du jugement de divorce, tant que leur caractère irrécouvrable n'est pas objectivement établi. Le caractère irrécouvrable des pensions alimentaires dues ne peut en règle générale être admis qu'à partir du moment où les possibilités juridiques de les recouvrer ont été épuisées. Il en va ainsi en particulier dans le cas des pensions alimen- taires que l'époux divorcé doit à son ex-épouse. Cependant, on peut s'écarter de cette règle et admettre le caractère irrécouvrable de la cré- ance malgré l'absence de démarches juridiques s'il est clairement démontré que le débiteur d'aliments n'est pas en mesure de tenir ses engagements. Cette preuve peut être fournie en particulier par le truchement d'attesta- tions officielles, émanant par exemple des autorités de taxation fiscale ou de l'office des poursuites, relatives au revenu et à la fortune du dé- biteur d'aliments (RCC 1992, p.270 ss, 274 ss; arrêt du Tribunal adminis- tratif du 21.04.1994 dans la cause L.c/ Caisse cantonale neuchâteloise de compensation). 3. a) En l'espèce, la recourante peut prétendre de son ex-mari, en vertu de la convention sur les effets accessoires du divorce, ratifiée par jugement du 21 octobre 1981, une "rente-pension" de 1'200 francs par mois (14'400 francs par an) fondée, selon l'article 3 de la convention, pour moitié sur l'article 151 CC et pour moitié sur l'article 152 CC. La con- vention précise à ce sujet ce qui suit : "Les parties admettent que, le cas échéant, la rente et la pension ci-dessus pourront être revues et le cas échéant adaptées, tout d'abord, éventuellement, lorsque l'épouse re- cevra une rente AVS puis, en tout état de cause, lorsque le mari sera atteint par l'âge de la retraite. Les parties s'efforceront de régler entre elles les éventuels problèmes d'adaptation à l'amiable et, à défaut, il appartiendra au juge compétent de statuer en tenant compte de toutes les circonstances, soit le statut actuel, l'évolution, la ou les nouvelles situations, les besoins et les possibilités de chacun". La recourante soutient qu'en raison de la maladie de son ex-mari (né en 1936) - qui s'est vu allouer une rente AI en 1989 - celui-ci n'a plus été en mesure de payer ladite pension, qu'elle a renoncé à exiger depuis plusieurs années, ce que l'intéressé confirme. La recourante a déposé, à l'appui de la thèse qu'elle soutient implicitement, savoir l'im- possibilité financière de son ex-mari de payer la contribution d'entre- tien, des pièces fournies par S., en particulier une copie de sa déclaration d'impôts 1998, d'une attestation de rente AI, de son bail à loyer, ainsi que de documents concernant son assurance-maladie et des co- tisations AVS. Le prénommé explique par ailleurs que son loyer est suppor- té par moitié par la personne avec laquelle il vit. La caisse intimée a repris en détail les renseignements finan- ciers fournis par S. et a résumé sa situation comme il suit : "Revenu brut : - revenu d'une activité lucrative Fr. 1'528.00 - rente AI Fr. 23'880.00 - rente CCAP Fr. 4'800.00 - rente de la Rentenanstalt Fr. 17'059.00 - produit de la fortune Fr. 920.00 - revenu immobilier Fr. 7'216.00 Fr. 55'403.00 ============== Calcul du minimum vital : - cotisations assurance-maladie (assurance de base) Fr. 2'628.00 - loyer annuel Fr. 12'720.00 - cotisations AVS Fr. 1'127.60 - entretien personnel Fr. 12'140.00 - impôt annuel Fr. 7'101.00 total du minimum vital Fr. 35'716.60 ==============" La différence entre ces deux sommes conduit à un montant dis- ponible de 19'686.40 francs. La caisse intimée relève que S. et sa compagne payent un loyer relativement élevé (2'120 francs par mois; la somme de 1'010 francs prise en compte pour l'entretien personnel (minimum vital d'une personne seule selon les normes fixées par l'autorité de sur- veillance des offices des poursuites et faillites; RJN 1997, p.77) est plutôt large puisque l'intéressé fait ménage commun avec un tiers; que les impôts ont été pris intégralement en compte. La caisse en conclut que les revenus de S. équivalent à peu près à 4'000 francs par mois, sans tenir compte de la valeur locative du chalet dont il est propriétaire (revenu immibolier de 7'216 francs), de sorte que sa situation financière ne justifie pas que la pension soit modifiée en application de l'article 3 de la convention matrimoniale. b) La question à trancher en l'occurrence est de savoir si l'on pourrait exiger de la recourante qu'elle fasse valoir auprès de son ex- mari son droit à la "rente-pension", en d'autres termes si elle s'est dessaisie d'une ressource au sens de l'article 3c al.1 litt.g LPC. On parle de dessaisissement lorsque l'assuré renonce à une part de fortune sans obligation légale et sans contre-prestation adéquate, lorsqu'il a droit à certains éléments de revenu ou de fortune mais n'en fait pas usage ou s'abstient de faire valoir ses prétentions, ou encore lorsqu'il renonce à exercer une activité lucrative possible pour des raisons dont il est seul responsable (ATF 123 V 37 cons.1 et les références). A cet égard, il y a lieu de rappeler la jurisprudence selon laquelle, lorsque le juge civil a prononcé un jugement définitif, les organes des assurances so- ciales sont liés par le jugement et ne peuvent plus se prononcer de ma- nière indépendante sur la question tranchée définitivement. Il est par conséquent en principe interdit à l'administration de s'écarter lors du calcul des prestations complémentaires de la contribution d'entretien déterminée par le juge, indépendamment du point de savoir si le jugement correspondant, entré en force de chose jugée, était correct du point de vue matériel et s'il aurait résisté à un examen de l'instance de recours si les moyens de droit avaient été utilisés (VSI 1995, p.53 cons.3b; RCC 1991, p.146 cons.3b; Arrêt du Tribunal administratif du 26.01.1999 dans la cause R. c/ Caisse cantonale neuchâteloise de compensation). Il n'est pas prétendu dans le cas présent que le contenu de la convention matrimoniale, exposé plus haut, ne lierait pas ou plus les parties, ni qu'il aurait été modifié par décision judiciaire. Dès lors, le fait que la recourante a renoncé d'elle-même à exiger la pension en cause ne justifierait qu'il n'en soit pas tenu compte dans le calcul de la pres- tation complémentaire de l'intéressée que dans l'hypothèse où il serait manifeste que l'ex-mari de la recourante n'est pas en mesure de tenir ses engagements. Or, cela n'est pas démontré. La situation économique du dé- biteur d'aliments, résumée ci-dessus, indique au contraire, même sans tenir compte du "revenu immobilier" (lequel ne constitue que la valeur locative théorique d'un chalet), que l'ex-mari de la recourante dispose de ressources lui permettant de supporter la charge de la pension alimentaire convenue sans porter atteinte à son minimum vital. D'ailleurs, on peut relever que selon l'article 2 de la convention matrimoniale, S. s'est engagé à payer la pension de 1'200 francs par mois "pour autant que son salaire continue à représenter le montant mensuel de 4'000 francs net qui est actuellement le sien" et que, compte tenu des rentes qui se sont substituées à son salaire, sa situation n'est aujourd'hui guère différen- te. Quoi qu'il en soit, il n'appartient pas au juge des assurances so- ciales de déterminer précisément dans quelle mesure la situation res- pective des deux parties pourrait justifier une modification du montant de la pension. Tout au plus peut-on constater que la situation financière de la recourante est plus précaire que celle de son ex-mari, puisque sans la pension alimentaire - et même si l'on voulait ne tenir compte que d'une partie de celle-ci - elle aurait droit à des prestations complémentaires. 4. Il s'ensuit que la caisse intimée a pris en compte à bon droit le montant annuel de 14'400 francs au titre de contribution d'entretien, et que la décision entreprise n'est pas critiquable, ce qui conduit au rejet du recours. En matière de prestations complémentaires, il n'est pas perçu de frais de justice. Vu l'issue du litige, il n'y a pas lieu d'allouer des dépens. Par ces motifs, LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF 1. Rejette le recours. 2. Dit qu'il n'est pas perçu de frais de justice. Neuchâtel, le 18 mars 1999 AU NOM DU TRIBUNAL ADMINISTRATIF Le greffier Le président

A. R., née en 1930, divorcée, a présenté une demande de prestations

complémentaires le 27 janvier 1998. Parmi les divers éléments de ses

revenus et charges, elle a fait état d'une pension alimentaire de 14'400

francs par an, due par son ex-mari, S.. Procédant au calcul de la

prestation complémentaire, la caisse cantonale de compensation a constaté

que l'assurée disposait, compte tenu de l'ensemble des éléments

déterminants selon la loi et en particulier de la pension susmentionnée,

d'un excédent de revenu annuel de 9'418 francs. En conséquence, par

décision du 3 juin 1998, la caisse de compensation a rejeté la demande de

prestations.

B. R. interjette recours devant le Tribunal administratif contre

cette décision, en concluant à l'octroi d'une prestation complémentaire.

Elle fait valoir que la pension alimentaire, prévue par la convention sur

les effets accessoires du divorce ratifiée par le jugement de divorce du

21 octobre 1981, n'était due - ainsi que le prévoit expressément la

convention - que pour autant que le salaire de son ex-mari continue à

représenter un montant mensuel de 4'000 francs net. Or, S. étant tombé

gravement malade en 1986 et devenu bénéficiaire d'une rente d'invalidité

depuis 1989, il n'a plus été en mesure de payer la pension, qu'elle ne

reçoit plus depuis plusieurs années. Il n'y a donc pas lieu d'en tenir

compte dans le calcul de la prestation complémentaire.

Dans le cadre d'un second échange d'écritures, la recourante

produit diverses pièces établies par S. ou fournies par lui, relatives à

la situation financière de celui-ci.

C. Dans ses observations sur le recours, la caisse intimée conclut

au rejet de celui-ci. Se fondant sur la situation économique de S. telle

qu'elle résulte des pièces produites, elle relève qu'au regard du revenu

brut de l'intéressé et de son minimum vital, l'ex-mari de la recourante

dispose encore d'un montant annuel de quelque 19'686 francs qui lui

permettrait de payer la pension alimentaire due à R..

C O N S I D E R A N T

en droit

1. Interjeté dans les formes et délai légaux, le recours est rece-

vable.

2. a) Le bénéficiaire d'une rente de l'AVS ou de l'AI peut préten-

dre une prestation complémentaire si ses dépenses reconnues par la loi

sont supérieures à son revenu déterminant (art.2 al.1 LPC), le montant de

la prestation complémentaire correspondant alors à cette différence

(art.3a al.1 LPC). Le revenu déterminant comprend, selon l'article 3c al.1

LPC, notamment les pensions alimentaires prévues par le droit de la fa-

mille (litt.h) et les ressources et parts de fortune dont un ayant droit

s'est dessaisi (litt.g). b) Selon la jurisprudence, doivent être prises en compte en ap-

plication de l'article 3 al.1 litt.g LPC non pas les pensions alimentaires

effectivement versées par l'époux, mais celles dont il a été convenu ou

qui sont dues en vertu du jugement de divorce, tant que leur caractère

irrécouvrable n'est pas objectivement établi. Le caractère irrécouvrable

des pensions alimentaires dues ne peut en règle générale être admis qu'à

partir du moment où les possibilités juridiques de les recouvrer ont été

épuisées. Il en va ainsi en particulier dans le cas des pensions alimen-

taires que l'époux divorcé doit à son ex-épouse. Cependant, on peut

s'écarter de cette règle et admettre le caractère irrécouvrable de la cré-

ance malgré l'absence de démarches juridiques s'il est clairement démontré

que le débiteur d'aliments n'est pas en mesure de tenir ses engagements.

Cette preuve peut être fournie en particulier par le truchement d'attesta-

tions officielles, émanant par exemple des autorités de taxation fiscale

ou de l'office des poursuites, relatives au revenu et à la fortune du dé-

biteur d'aliments (RCC 1992, p.270 ss, 274 ss; arrêt du Tribunal adminis-

tratif du 21.04.1994 dans la cause L.c/ Caisse cantonale neuchâteloise de

compensation).

3. a) En l'espèce, la recourante peut prétendre de son ex-mari, en

vertu de la convention sur les effets accessoires du divorce, ratifiée par

jugement du 21 octobre 1981, une "rente-pension" de 1'200 francs par mois

(14'400 francs par an) fondée, selon l'article 3 de la convention, pour

moitié sur l'article 151 CC et pour moitié sur l'article 152 CC. La con-

vention précise à ce sujet ce qui suit : "Les parties admettent que, le

cas échéant, la rente et la pension ci-dessus pourront être revues et le

cas échéant adaptées, tout d'abord, éventuellement, lorsque l'épouse re-

cevra une rente AVS puis, en tout état de cause, lorsque le mari sera

atteint par l'âge de la retraite. Les parties s'efforceront de régler

entre elles les éventuels problèmes d'adaptation à l'amiable et, à défaut,

il appartiendra au juge compétent de statuer en tenant compte de toutes

les circonstances, soit le statut actuel, l'évolution, la ou les nouvelles

situations, les besoins et les possibilités de chacun".

La recourante soutient qu'en raison de la maladie de son ex-mari

(né en 1936) - qui s'est vu allouer une rente AI en 1989 - celui-ci n'a

plus été en mesure de payer ladite pension, qu'elle a renoncé à exiger

depuis plusieurs années, ce que l'intéressé confirme. La recourante a

déposé, à l'appui de la thèse qu'elle soutient implicitement, savoir l'im-

possibilité financière de son ex-mari de payer la contribution d'entre-

tien, des pièces fournies par S., en particulier une copie de sa

déclaration d'impôts 1998, d'une attestation de rente AI, de son bail à

loyer, ainsi que de documents concernant son assurance-maladie et des co-

tisations AVS. Le prénommé explique par ailleurs que son loyer est suppor-

té par moitié par la personne avec laquelle il vit.

La caisse intimée a repris en détail les renseignements finan-

ciers fournis par S. et a résumé sa situation comme il suit :

"Revenu brut :

- revenu d'une activité lucrative Fr. 1'528.00

- rente AI Fr. 23'880.00

- rente CCAP Fr. 4'800.00

- rente de la Rentenanstalt Fr. 17'059.00

- produit de la fortune Fr. 920.00

- revenu immobilier Fr. 7'216.00

Fr. 55'403.00

==============

Calcul du minimum vital :

- cotisations assurance-maladie

(assurance de base) Fr. 2'628.00

- loyer annuel Fr. 12'720.00

- cotisations AVS Fr. 1'127.60

- entretien personnel Fr. 12'140.00

- impôt annuel Fr. 7'101.00

total du minimum vital Fr. 35'716.60

=============="

La différence entre ces deux sommes conduit à un montant dis-

ponible de 19'686.40 francs. La caisse intimée relève que S. et sa

compagne payent un loyer relativement élevé (2'120 francs par mois; la

somme de 1'010 francs prise en compte pour l'entretien personnel (minimum

vital d'une personne seule selon les normes fixées par l'autorité de sur-

veillance des offices des poursuites et faillites; RJN 1997, p.77) est

plutôt large puisque l'intéressé fait ménage commun avec un tiers; que les

impôts ont été pris intégralement en compte. La caisse en conclut que les

revenus de S. équivalent à peu près à 4'000 francs par mois, sans tenir

compte de la valeur locative du chalet dont il est propriétaire (revenu

immibolier de 7'216 francs), de sorte que sa situation financière ne

justifie pas que la pension soit modifiée en application de l'article 3 de

la convention matrimoniale. b) La question à trancher en l'occurrence est de savoir si l'on

pourrait exiger de la recourante qu'elle fasse valoir auprès de son ex-

mari son droit à la "rente-pension", en d'autres termes si elle s'est

dessaisie d'une ressource au sens de l'article 3c al.1 litt.g LPC. On

parle de dessaisissement lorsque l'assuré renonce à une part de fortune

sans obligation légale et sans contre-prestation adéquate, lorsqu'il a

droit à certains éléments de revenu ou de fortune mais n'en fait pas usage

ou s'abstient de faire valoir ses prétentions, ou encore lorsqu'il renonce

à exercer une activité lucrative possible pour des raisons dont il est

seul responsable (ATF 123 V 37 cons.1 et les références). A cet égard, il

y a lieu de rappeler la jurisprudence selon laquelle, lorsque le juge

civil a prononcé un jugement définitif, les organes des assurances so-

ciales sont liés par le jugement et ne peuvent plus se prononcer de ma-

nière indépendante sur la question tranchée définitivement. Il est par

conséquent en principe interdit à l'administration de s'écarter lors du

calcul des prestations complémentaires de la contribution d'entretien

déterminée par le juge, indépendamment du point de savoir si le jugement

correspondant, entré en force de chose jugée, était correct du point de

vue matériel et s'il aurait résisté à un examen de l'instance de recours

si les moyens de droit avaient été utilisés (VSI 1995, p.53 cons.3b; RCC

1991, p.146 cons.3b; Arrêt du Tribunal administratif du 26.01.1999 dans la

cause R. c/ Caisse cantonale neuchâteloise de compensation).

Il n'est pas prétendu dans le cas présent que le contenu de la

convention matrimoniale, exposé plus haut, ne lierait pas ou plus les

parties, ni qu'il aurait été modifié par décision judiciaire. Dès lors, le

fait que la recourante a renoncé d'elle-même à exiger la pension en cause

ne justifierait qu'il n'en soit pas tenu compte dans le calcul de la pres-

tation complémentaire de l'intéressée que dans l'hypothèse où il serait

manifeste que l'ex-mari de la recourante n'est pas en mesure de tenir ses

engagements. Or, cela n'est pas démontré. La situation économique du dé-

biteur d'aliments, résumée ci-dessus, indique au contraire, même sans

tenir compte du "revenu immobilier" (lequel ne constitue que la valeur

locative théorique d'un chalet), que l'ex-mari de la recourante dispose de

ressources lui permettant de supporter la charge de la pension alimentaire

convenue sans porter atteinte à son minimum vital. D'ailleurs, on peut

relever que selon l'article 2 de la convention matrimoniale, S. s'est

engagé à payer la pension de 1'200 francs par mois "pour autant que son

salaire continue à représenter le montant mensuel de 4'000 francs net qui

est actuellement le sien" et que, compte tenu des rentes qui se sont

substituées à son salaire, sa situation n'est aujourd'hui guère différen-

te. Quoi qu'il en soit, il n'appartient pas au juge des assurances so-

ciales de déterminer précisément dans quelle mesure la situation res-

pective des deux parties pourrait justifier une modification du montant de

la pension. Tout au plus peut-on constater que la situation financière de

la recourante est plus précaire que celle de son ex-mari, puisque sans la

pension alimentaire - et même si l'on voulait ne tenir compte que d'une

partie de celle-ci - elle aurait droit à des prestations complémentaires.

4. Il s'ensuit que la caisse intimée a pris en compte à bon droit

le montant annuel de 14'400 francs au titre de contribution d'entretien,

et que la décision entreprise n'est pas critiquable, ce qui conduit au

rejet du recours. En matière de prestations complémentaires, il n'est pas

perçu de frais de justice. Vu l'issue du litige, il n'y a pas lieu

d'allouer des dépens.

Par ces motifs,

LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF

1. Rejette le recours.

2. Dit qu'il n'est pas perçu de frais de justice.

Neuchâtel, le 18 mars 1999

AU NOM DU TRIBUNAL ADMINISTRATIF

Le greffier Le président