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ERREUR MEDICALE Canton de Genève : Une doctoresse jugée pour homicide par négligence
En 2009, un enfant était décédé suite à une transfusion. Le Ministère public reproche à la prévenue de ne pas avoir réagi assez vite.
Les débats se poursuivront vendredi, avec l'audition des experts, le réquisitoire et la plaidoirie de la défense.
Une doctoresse des HUG de 48 ans doit répondre depuis lundi d'homicide par négligence devant le Tribunal de police de Genève. Le médecin est accusé de porter une responsabilité dans le décès, en février 2009, d'un enfant de 3 ans, à la suite d'une transfusion.
Les plaquettes sanguines qui ont été données au jeune garçon étaient, selon l'accusation, contaminées par une bactérie. Dix heures avant cette transfusion, un autre patient avait reçu ce sang issu d'un même donneur et avait subi un choc septique, obligeant les médecins à envoyer cet homme de 37 ans aux soins intensifs.
Le Ministère public genevois reproche à la prévenue de ne pas avoir réagi avec promptitude pour retirer ce lot sanguin infecté de la circulation après avoir appris ce qui était arrivé à ce premier patient. En bloquant à temps les poches sanguines incriminées, elle aurait pu empêcher la transfusion sur le garçonnet et l'enchaînement fatal des événements.
«Accusée à tort»
«Je suis de tout cœur avec la famille et je partage sa douleur, mais j'estime que je suis accusée à tort», a relevé la prévenue. Pour la doctoresse, le problème lié au premier patient avait été pris en charge. Elle a affirmé n'avoir découvert que le lendemain de la transfusion la gravité de l'état de santé du trentenaire.
Le Ministère public, représenté par le procureur Grégory Orci, estime au contraire que le médecin, qui avait la responsabilité, à l'époque des faits, du laboratoire d'immuno-hématologie, a «clairement dépassé les limites du risque admissible» dans cette affaire qui a conduit au décès de l'enfant.
La prévenue a indiqué n'avoir jamais, lorsqu'elle travaillait aux Hopitaux universitaires de Genève (HUG), été amenée à bloquer un produit. Elle a précisé que sa fonction n'incluait aucune activité clinique et qu'elle n'avait pas été informée de la gravité de la situation lorsque le premier patient avait fait son choc septique.
Les parents du petit garçon se sont retirés de la procédure et n'assistent pas au procès. Le décès de l'enfant avait fait grand bruit à l'époque et avait remué le personnel et la direction des HUG. Les débats se poursuivent vendredi, avec l'audition des experts, le réquisitoire et la plaidoirie de la défense.
Source: Le Matin