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Zürich, 14.08.2017
Autrefois pays le plus riche d'Amérique du Sud en raison de ses immenses réserves pétrolières, le Venezuela a été ruiné par la chute des cours du brut. Récession, inflation, dette et pétrole résument le triste état de son économie.
Selon le Fonds monétaire international (FMI), le produit intérieur brut (PIB) du Venezuela est de 333 milliards de dollars (318,6 milliards de francs). Mais ce chiffre est calculé selon le taux de change officiel. Si l'on appliquait le taux de change pratiqué sur le marché noir, le montant serait significativement réduit, divisé par plus de deux selon des analystes vénézuéliens. Le gouvernement ne donne pas de chiffre officiel.
L'économie est en chute libre depuis 2014. L'an dernier, le PIB a fondu de 10%. Cette année, il devrait baisser encore, de 7,4%, selon le FMI, qui s'attend à un recul de 4,1% l'an prochain.
Inflation de plus de 700%
La hausse vertigineuse des prix est devenue, avec les pénuries d'aliments et de médicaments, le principal obstacle au quotidien des Vénézuéliens. Cette année, l'inflation devrait dépasser les 700%, puis continuer à grimper en 2018. Le pays a mis en place depuis 2003 un strict contrôle des devises, qui rend le dollar très difficile à trouver et stimule sa flambée sur le marché noir.
Le Venezuela a, par ailleurs, besoin d'emprunter 25 à 35 milliards de dollars par an, selon les estimations de la Banque mondiale.
La dette du gouvernement et de la compagnie pétrolière d'Etat PDVSA est, elle, estimée à plus de 100 milliards de dollars. Cela représente un coût annuel d'environ 10 milliards.
Le gouvernement dispose de 10 milliards de dollars en devises, en grande majorité sous forme de lingots d'or, qui ne peuvent pas être changés rapidement. Et il a fait du remboursement de la dette une priorité, se concentrant sur le paiement des échéances plutôt que d'utiliser cet argent pour importer nourriture et médicaments, qui manquent cruellement.
Or noir
Le Venezuela dispose des plus importantes réserves pétrolières au monde. Il est ultra-dépendant de cette matière première, qui représente 96% de ses exportations et la moitié des recettes de l'Etat.
PDVSA produit 1,9 million de barils par jour, dont 40% - environ 760'000 - sont exportés vers les Etats-Unis, son premier client. Le Venezuela n'apporte que 8% du pétrole importé par les Etats-Unis, qui se fournit majoritairement auprès du Canada et de l'Arabie saoudite.
Une autre partie de la production - environ 40% également - sert à rembourser les prêts accordés par la Chine et la Russie, selon les analystes. La production de brut n'a cessé de décliner ces deux dernières années, en raison du manque de liquidités pour moderniser les champs pétroliers.