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Animation lumineuse fait partie d’un ensemble de six sculptures réalisées par Bauermeister entre 1966 et 1968, et offertes par l’artiste au Musée en 1976 alors qu’il est engagé depuis plusieurs années déjà dans la pratique du film expérimental et de la vidéo, dont il est l’un des pionniers en Suisse avec ses amis Jean Otth, Janos Urban, Gérald Minkoff et Muriel Olesen.
Formé à l’École d’art appliqué de Bienne puis à celle de La Chaux-de-Fonds avant de fréquenter les ateliers parisiens d’André Lhote et de Fernand Léger en 1953 et 1954, Bauermeister travaille d’abord en deux dimensions (peinture) avant d’explorer le volume. Il construit des maquettes de ses sculptures, à partir desquelles il établit ensuite les plans pour leur exécution en usine. Fer, aluminium, métal chromé, polyester, verre acrylique, néon, il emploie les matériaux industriels au profit de formes simples et de surfaces épurées.
Animation lumineuse est présentée à la galerie Templon à Paris en 1969 avec trois autres des six sculptures conservées au Musée. Elle est la seule constituée de néons et une des seules sculptures lumineuses de l’artiste conservées à ce jour dans une collection publique. Consistant en une succession de néons disposés en forme de croix dans des caissons en plexiglas transparent, la sculpture se présente sous la forme d’un module qui pourrait se décliner à l’infini. Ce principe est caractéristique de la sculpture minimaliste de l’époque et semble préfigurer le développement ultérieur du travail de Bauermeister, tout entier consacré à l’image en mouvement à partir de 1970. En effet, la question de la perception d’un volume dans un espace donné est déjà liée ici à celle de la temporalité, de par l’« animation » que crée la luminescence du néon. Comme le dit l’artiste dans un entretien de 1970 : « Un objet en trois dimensions ne renvoie finalement qu’à sa propre évidence, alors qu’une image a des redondances, des échos infinis […]. L’essentiel de ma démarche consiste à mettre à nu les mécanismes de la perception en suivant les divers chemins qu’elle emprunte. »
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Bibliographie
Michela Simona, « René Bauermeister ou le parcours d’un artiste solitaire dans la généalogie des médias », in Revue vaudoise de généalogie et d’histoire des familles, Lausanne, Cercle de généalogie vaudoise, 26e année, 2013, p. 159-172.
Jacques Monnier-Rabal, « Renée Bauermeister, l’ingénieux ingénu », in René Bauermeister : photographies, travaux vidéo, cat. exp. Sion, Musée cantonal des beaux-arts, Grange à l’Evêque, 1988, p. 6-7.
Marcel Schüpbach, « René Bauermeister : le mécanisme de la perfection », in Gazette de Lausanne, no. 229, 30 sept.-1er oct. 1970.