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Petits enfants, n'aimons pas en parole ni avec la langue, mais en action et en vérité.
Par là nous connaîtrons que nous sommes de la vérité,
et nous apaiserons notre cœur devant lui,
de quelque manière que notre cœur nous condamne :
Dieu est plus grand que notre cœur et connaît tout.
Bien-aimés, si notre cœur ne nous condamne pas,
nous avons de l'assurance devant Dieu.
Quoi que ce soit que nous demandions, nous le recevons de lui,
parce que nous gardons ses commandements et que nous faisons ce qui lui est agréable.
Et voici son commandement :
Que nous croyions au nom de son Fils Jésus-Christ,
et que nous nous aimions les uns les autres, selon le commandement qu'il nous a donné.
Celui qui garde ses commandements demeure en Dieu, et Dieu en lui ;
et nous reconnaissons à ceci qu'il demeure en nous, par l'Esprit qu'il nous a donné.
1 Jean 3, 18-24
Quelques-uns des Sadducéens, qui soutiennent qu'il n'y a pas de résurrection,
s'approchèrent et lui posèrent cette question :
Maître, voici ce que Moïse nous a prescrit :
Si le frère de quelqu'un meurt et qu'il ait une femme et pas d'enfant,
son frère épousera la femme et suscitera une descendance à son frère.
Or, il y avait sept frères. Le premier se maria et mourut sans enfant.
Le second et le troisième épousèrent la veuve ;
et il en fut de même des sept, qui moururent sans laisser d'enfants.
Après eux la femme mourut aussi.
A la résurrection, duquel d'entre eux sera-t-elle donc la femme ? Car les sept l'ont eue pour femme.
Jésus leur répondit : Les enfants de ce siècle prennent des femmes et des maris,
mais ceux qui seront trouvés dignes d'avoir part au siècle à venir et à la résurrection d'entre les morts
ne prendront ni femmes ni maris.
Ils ne pourront pas non plus mourir, parce qu'ils seront semblables aux anges
et qu'ils seront fils de Dieu, étant fils de la résurrection.
Que les morts ressuscitent, c'est ce que Moïse a signalé à propos du buisson,
quand il appelle le Seigneur le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob.
Or, Dieu n'est pas le Dieu des morts, mais des vivants ; car pour lui tous sont vivants.
Évangile selon Luc 20, 27-38
« Si notre cœur nous condamne,
Dieu est plus grand que notre cœur. »
Frères et sœurs,
ces paroles sont importantes,
car il s’en passe, des choses, dans notre cœur.
Et cela nous occupe.
Cela prend beaucoup de place.
Tous ces souvenirs.
Ces interrogations.
Ces regrets.
Ce chagrin.
Avec aussi comme des éclairs de reconnaissance.
Des traces de bonheur
qui continuent d’éclairer,
de réchauffer,
de palpiter.
On se surprend à sourire en pensant à tel moment.
Cela semble si vivant, si proche.
Quelque chose est là qui nous porte.
Mais un voile passe,
et d’un coup tout redevient lointain.
Tant de choses sont là
qui se mêlent dans notre cœur.
Le chagrin et les rires.
Les questions et les évidences.
Et dès qu’on tire sur un fil,
il y a tout le reste qui vient avec.
On aimerait bien que
tout soit rangé à sa place,
dans son tiroir.
À disposition pour quand on le voudrait.
Mais non,
le fouillis, c’est la vie, c’est l’existence.
Et cela vit encore tellement en nous,
dans ce cœur si touffu,
si embrouillé.
« Si notre cœur nous condamne,
Dieu est plus grand que notre cœur. »
Tant de choses dans notre cœur.
Un peu comme quand on tombe
sur une vieille boîte avec des photos,
et l’on passe des heures à les regarder,
en oubliant tout le reste,
happés par ce passé si précieux,
au point d’oublier l’heure qui tourne,
au point d’oublier la réalité du présent.
L’apôtre nous rappelle que notre cœur,
ce cœur si vibrant et chaotique,
ce n’est pas toute la réalité,
même s’il prend beaucoup de place.
Au-delà de tous ces souvenirs,
de tous ces sentiments qui s’entremêlent,
il y a encore autre chose :
un dégagement,
un horizon lumineux qui permet de voir loin.
Dieu qui se fait proche,
sans pour autant cesser d’être Dieu.
Dieu qui vient avec sa douceur et sa clarté,
avec sa largeur de vues et de cœur,
avec sa profondeur et sa légèreté.
Non pas un surveillant qui vient voir si tout est en ordre :
une invitation à lever la tête et à regarder plus loin,
beaucoup plus loin que ce qui se bouscule
dans notre champ de vision.
Ne pas rester enfermé,
mais réapprendre à respirer profondément,
à voir large,
à vivre large.
« Si notre cœur nous condamne,
Dieu est plus grand que notre cœur. »
Tant de choses dans notre cœur.
Mais le dernier mot est ailleurs.
Non pas une conclusion,
un point final,
ou encore une pétrification.
Mais cette ouverture que l’on trouve en altitude
et qui permet d’embrasser toute la plaine d’un seul regard,
avec aussi cet air frais qui gonfle nos poumons
et éclaircit nos esprits.
Oui, un autre regard
et tout prend une autre couleur :
notre vie,
nos rencontres,
et aussi nos chagrins,
notre deuil,
nos séparations.
Le Christ dit ainsi quelque chose de stupéfiant :
« Dieu n’est pas le Dieu des morts,
mais des vivants ;
car, pour Lui, tous sont vivants. »
Cette année, des proches nous ont quittés.
Des proches sont décédés.
La mort les a mis hors de notre portée.
Nous ne pouvons plus les voir.
Nous ne pouvons plus les entendre.
Nous ne pouvons plus les toucher.
Pour nous, c’est évident :
ils sont morts,
et l’on ne peut rien faire.
Notre cœur est meurtri.
Seulement,
« si notre cœur nous condamne,
Dieu est plus grand que notre cœur »,
Dieu qui « n’est pas le Dieu des morts,
mais des vivants,
car, pour Lui, tous sont vivants. »
Notre séparation est là, bien sûr.
Impossible de ne pas la voir.
Elle nous crève les yeux.
Elle nous crève le cœur.
Seulement, ce n’est pas toute la réalité.
Au-delà de ce premier plan,
et surtout plus fort que ce que nous percevons tout d’abord,
il y a Dieu et Son amour.
Un amour dont rien, pas même la mort, ne peut nous séparer,
et qui nous porte à chaque instant.
Un amour vivant et vivifiant,
dans lequel nous sommes tous rassemblés,
et qui fait que, même morts, nous ne sommes pas perdus.
Même morts, nous sommes vivants.
Oui, c’est cela, la vérité ultime
qui nous porte en ce moment
comme à chaque seconde de notre vie.
Et cela, même si c’est tout autre chose
qui sur le moment occupe notre attention et notre esprit.
Non, nous ne sommes pas seuls.
Nous ne sommes pas abandonnés.
Nous sommes aimés.
Nous sommes vivants.
Et tous ceux que nous avons aimés sont vivants avec nous.
Tous membres du même corps.
Tous porteurs de l’amour et de la vie de Dieu.
Notre chagrin n’en a pas moins sa raison d’être.
Il est important de donner sa place à notre cœur,
d’écouter ce qu’il nous dit.
Il faut juste voir que ce n’est pas là le dernier mot.
Car Dieu est plus grand que notre cœur.
Et Il nous le dit :
pour Lui, tous sont vivants.
Non pas juste un constat.
Mais une promesse, un engagement.
Nous ne sommes pas seuls.
Nous ne sommes pas abandonnés.
Amen