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Par Patrick Vallélian - Mis en ligne le 16.06.2010 à 15:16
Qu’a représenté «l’hypothèse H» (H pour Helvétie) dans l’effort de guerre français?
Dans la série d’hypothèses visant à répartir au mieux les forces pour assurer la défense de l’intégrité territoriale de la France, la manœuvre H arrive en troisième position, loin derrière les craintes d’une invasion par la B e l g i q u e q u i mobilisa quatre armées (1re, 7e, 9e armées françaises et British Expeditionary Force), et une attaque frontale de la ligne Maginot (2e, 3e, 4e et 5e armées). Le commandement français ne consac re que deux armées, la 8e et la 6e, à sa possible intervention en Suisse. Et encore la 6e n’est qu’une coquille vide en 1940, une structure d’état-major dépourvue d’unités affectées, mais elle devait recevoir les divisions affectées à l’hypothèse H, en cas de déclenchement
Négligeable?
Je ne dis pas cela. Au départ, le projet était très ambitieux. Puis, à cause de la pénurie de moyens, largement concentrés pour une intervention en Belgique et de la hiérarchisation des menaces, les troupes et l’armement escomptés ne sont pas accordés sur ce front. Cela dit, le dispositif destiné à la Suisse a été à l’origine de la constitution du groupe d’armée N° 3 et il représente 10% des 95 grandes unités engagées en France en mai 1940, au moment où l’Allemagne passe à l’attaque. Cela représente plus de 150 000 hommes répartis en une dizaine de divisions dont de nombreuses unités d’élite motorisées.
Mais pourquoi la France veutelle intervenir en Suisse finalement?
Officiellement, elle veut contrer une attaque allemande qui contournerait la ligne Maginot en passant par Bâle, le plateau suisse et le Jura.
Et officieusement?
Il y a un réel souci de protéger le territoire national qui avait été terriblement ravagé durant la Première Guerre mondiale. La France cherchait à exporter la guerre en dehors de ses frontières. Il valait mieux se battre en Belgique et en Suisse. Et puis, le commandement militaire suisse avait proposé ce rapprochement.