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La commune d'Evilard, comptant environ 2680 habitants, réunit deux villages, l'un nommé Evilard et l'autre, le "haut-lieu des sportifs", Macolin. Elle est située sur une chaîne de collines au-dessus de la ville de Bienne, s'adosse au Jura bernois et surplombe le Seeland. Evilard est un site d'habitation très attractif; l'aspect des villages se distingue par un patrimoine de belles maisons familiales, de villas stylées et de bâtiments historique ou de caractère. Les quelques immeubles d'appartements, pointant ci et là, répondent à un standard d'exigences élevé. Il est un réel plaisir pour la population d'habiter dans un tel écrin de verdure et de se trouver pourtant proche de la ville de Bienne, et pas loin de la capitale de Berne. S'il n'y a que peu d'entreprises des arts et métiers, la commune dispose pourtant d'une sélection de magasins et de services utiles satisfaisant aux besoins de quotidien. Le bassin économique de la métropole horlogère de Bienne et du Mittelland bernois propose à une population généralement bien formée un vaste éventail de postes de travail intéressants. En dépit de sa situation géographique en altitude au-dessus du Seeland, l'accès au réseau des routes nationales n'est distant que de quelques minutes.
Evilard dispose de sa pleine autonomie communale. Dans le cadre du conseil municipal (exécutif) et de l'assemblée municipale (législatif), elle prend elle-même toutes les décisions et conçoit son avenir. Pour l'exécution des tâches, elle est secondée par une administration compétente offrant tous les services essentiels pour la population.
En raison de leur situation bilingue, Evilard et Bienne jouissent d'un statut particulier au sein du canton de Berne. Une grande importance est accordée à l'équivalence de l'allemand et du français; les deux langues sont pratiquées dès la prime enfance, donc à la crèche, à l'école enfantine, à l'école à journée continue et à l'école obligatoire. Le bilinguisme fait partie du quotidien de la vie culturelle et associative d'Evilard. Au sein de l'Office fédéral du sport, les contacts sont d'ailleurs même internationaux, tout comme parfois ses illustres visiteurs.
La commune bilingue d’Evilard est constituée des localités d’Evilard et de Macolin. Elle est située au sud de la chaîne du Jura, sur un plateau qui s'étend du nord-est au sud-ouest au-dessus de la ville de Bienne, à une hauteur allant de 604 à 1080 mètres d'altitude. Sur trois côtés, la localité d’Evilard est entourée par la Forêt de Malvaux qui appartient à la commune de Bienne. Du côté sud-ouest sont situées les Prés de Macolin, dont une petite partie appartient à la commune d’Evilard et la majeure partie à Lamboing, respectivement à la commune de Plateau de Diesse, créée en 2014 grâce à une fusion de plusieurs petites communes. Pendant longtemps, la région au Sud-Est de Macolin était probablement une région de prés qui appartenait aux agriculteurs d’Evilard, alors que la partie au Nord-Ouest était une zone de prés d’Orvin, appelée Pré de Macolin. En 1880, le Grand Conseil du Canton de Berne a décidé de déplacer la frontière entre les communes d’Evilard et d’Orvin, et donc aussi celle entre les districts de Courtelary et de Bienne, ce qui a eu pour conséquence que les Prés de Macolin (c’est-à-dire la région appelée aujourd’hui la Fin du Monde et Hohmatt) ont été rattachés à la commune d’Evilard. Par conséquent, la surface de la commune a été élargie d’environ 79 hectares, plus précisément de 291 à 370 hectares.
Jusqu’en 1798, Evilard appartenait au bailli épiscopal de Bienne. Celui-ci incluait, outre l'espace « intra-muros », les villages de Vigneules, Evilard et Boujean (dits « extra-muros »). Le souverain était le prince-évêque de Bâle, qui résidait à Porrentruy depuis la réforme et qui occupait la fonction profane de Prince du Saint Empire romain germanique. La Suze était la frontière entre la région épiscopale et le territoire bernois. D’un point de vue juridique, les agriculteurs d’Evilard étaient des sujets du Conseil de la ville de Bienne. D’un point de vue du droit canonique, ils appartenaient cependant à la paroisse d’Orvin (jusqu’en 1821, et après à celle de Bienne).
De 1798 à 1813, Evilard, Bienne et l’Évêché appartenaient à la France. Après le Congrès de Vienne en 1815, cette région a été rattachée à la Suisse, plus précisément au canton de Berne. Suite à la révolution libérale de 1831, une nouvelle loi communale a été mise en vigueur en 1833. Celle-ci stipulait que, hormis l’ancienne commune des habitants de longue date, il fallait créer une nouvelle commune municipale dans laquelle tous les hommes ayant atteint l’âge adulte auraient les mêmes droits politiques. Par la suite, la commune municipale était responsable de toutes les tâches publiques, alors que l’ancienne commune, appelée Bourgeoisie, se limitait désormais à la gestion de sa propre fortune (forêts et pâturages). En 1864, la Bourgeoisie a dû céder une partie de sa fortune à la commune municipale.
Le Grand Hôtel de Macolin a été ouvert en 1877. Entre 1877 et la 1ère guerre mondiale, le tourisme se développait de façon considérable, et le nombre de visiteurs augmentait encore après l’ouverture de la ligne du funiculaire entre Bienne et Macolin en 1887. Ce développement ne concernait pas seulement Macolin, mais aussi Evilard : mis à part l’hôtel « 3 sapins » (démoli en 1962), d’autres hôtels et dépendances y ont vu le jour. En 1898, le funiculaire Bienne-Evilard a été mis en service. Par conséquent, la commune d’Evilard était désormais bien rattachée à la ville de Bienne par des moyens de transport et attirait de plus en plus d’habitant-e-s. Petit à petit, Evilard perdait son caractère de village agricole. Entre 1900 et 1950, le nombre d’habitants a doublé.
Topographie
La commune bilingue d’Evilard est constituée des localités d’Evilard et de Macolin. Elle est située au sud de la chaîne du Jura, sur un plateau qui s'étend du nord-est au sud-ouest au-dessus de la ville de Bienne, à une hauteur allant de 604 à 1080 mètres d'altitude. Sur trois côtés, la localité d’Evilard est entourée par la Forêt de Malvaux qui appartient à la commune de Bienne. Au sud-ouest se trouvent les « Prés de Macolin », une zone contiguë de pâturages dont seulement une petite partie se trouve aujourd’hui sur le territoire de la commune d’Evilard, alors que la majeure partie appartient à Lamboing, respectivement à la commune de Plateau de Diesse, créée en 2014 grâce à une fusion de plusieurs petites communes. Pendant longtemps, la région au sud-est de Macolin était probablement une région de pâturages qui appartenait aux agriculteurs d’Evilard, alors que la partie au nord-ouest était une zone de prés d’Orvin, appelée Pré de Macolin. En 1880, le Grand Conseil du Canton de Berne a décidé de déplacer la frontière entre les communes d’Evilard et d’Orvin, et donc aussi celle entre les districts de Courtelary et de Bienne, ce qui a eu pour conséquence que les Prés de Macolin (c’est-à-dire la région appelée aujourd’hui la Fin du Monde et Hohmatt) ont été rattachés à la commune d’Evilard. Par conséquent, la surface de la commune a été élargie d’environ 79 hectares, plus précisément de 291 à 370 hectares.
[Carte Dufour 1860]
Noms des localités
Comme toutes les localités situées à la frontière entre la suisse alémanique et la Suisse romande, la localité d’Evilard a, elle aussi, un nom allemand et un nom français. Contrairement à bon nombre de localités dont le nom français est une transformation du nom allemand ou vice versa, les deux noms de la localité d’Evilard/Leubringen se sont développés indépendamment l’un de l’autre.
Selon le catalogue des noms des lieux (« Ortsnamenbuch ») du canton de Berne, publié par la Forschungsstelle für Namenkunde (« centre d’onomatologie ») de l’université de Berne, le nom de Leubringen est cité pour la première fois en 1284 dans un document écrit en latin : nemus magnum inter Leimringgen et Friderichswart et Bogsingen (la région des forêts et pâturages entre Leubringen et Frinvillier et Boujean). En outre, les orthographes suivantes sont documentées : Loumeringen (1300), Loemaringen (1305), Loemringen (1474), Loewmeringen (1507), Laemringen (1531). Loeuwbringen (1551), Laubringen (1679), Leubringen (1838). Le suffixe « -ingen » laisse penser que la population était alémanique. À l’origine, la partie du mot qui précède ce suffixe était probablement le nom du propriétaire foncier alémanique Leutmar/Leudomar.
Le nom français Esvillard/Evillard/ Evilard s’est développé sur la base du terme latin villa (domaine foncier) resp. villaris (appartenant au domaine foncier), duquel le terme allemand de Weiler (hameau) est également dérivé.
Macolin/Magglingen est mentionné pour la première fois sous le nom de Macalingen dans un document datant de 1305. Autres mentions : mont de Macolin (1335) et Macoleyn (1342). Aux 15è et 16è siècles, le nom Macolin/Magglingen est retenu, seule l'orthographe varie : maglingen, magklingen, macklingen.
Époque du Prince évêque
Jusqu’en 1798, Evilard appartenait au bailli épiscopal de Bienne (Meiertum Biel). Tel qu'il fut délimité, le ressort de la ville comprenait, outre l'espace intra-muros, les villages de Vigneules, Evilard et Boujean (dits « Äussere Ziele »). Le souverain était le Prince évêque de Bâle, qui résidait dans son château à Porrentruy depuis la réforme et qui occupait la fonction profane de Prince du Saint Empire romain germanique.
La Suze constituait la frontière entre la région épiscopale et le territoire bernois. Toutefois, cette frontière était perméable tant au niveau économique, tant au niveau politique, car depuis les Guerres de Bourgogne (1474-1477), Bienne, y compris son ban, c’est-à-dire le territoire à l’intérieur duquel Bienne pouvait mobiliser des troupes et qui s’étendait jusqu’en Erguël (Vallon de St-Imier), était un « pays allié » (« zugewandter Ort ») de la Confédération. D’un point de vue juridique, les agriculteurs d’Evilard étaient des sujets du conseil de la ville de Bienne. Ils étaient obligés de payer des redevances en nature et d’effectuer des corvées.
Bien que la ville de Bienne reconnût le Prince évêque de Bâle comme son souverain, elle jouissait d’une grande autonomie. Le rattachement de la ville de Bienne au Prince évêque était assuré de manière institutionnelle, car le maire/administrateur de la ville était formellement un fonctionnaire du Prince évêque. Les populations réformées de la mairie et de l’Erguël devaient prêter serment de fidélité à chaque nouveau Prince évêque au Temple allemand de Bienne. L'autorité politique et séculière qu'exerçait l’évêque dans sa fonction profane de Prince du Saint Empire romain germanique était limitée au territoire actuel du canton du Jura, du Jura Bernois et de la ville de Bienne, alors que ses fonctions spirituelles s’étendaient bien au-delà de ces frontières géographiques.
[Carte du diocèse et de l’autorité séculière du Prince évêque de Bâle avant 1798]
Époque française de 1798 à 1813
En 1798 la situation changea profondément. Déjà en 1792 une armée française avait envahi la partie nord du Jura avant d'avancer dans sa partie sud, et rattachant en février 1798 la totalité de l’ancien évêché à la République française. Evilard ne fut alors plus un pays sujet de Bienne, mais une commune municipale française ayant les mêmes droits que la commune de Bienne, alors que cette dernière était nettement plus importante. Toutefois, à l’époque, la ville de Bienne fut aussi le chef-lieu de l’unité administrative subordonnée, du Canton de Berne, dont Evilard faisait également partie. À cette époque, la frontière de la commune d’Evilard, qui jusque-là n’avait été définie qu’avec très peu de précision, a été clairement fixée. Par la suite, cette limite communale a encore été modifiée à plusieurs reprises (à Macolin, mais aussi dans la région de la Maison Blanche, appartenant à l’origine à Bienne).
Intégration au Canton de Berne
Suite au Congrès de Vienne de 1815, l’ancien évêché fut rattaché à la Suisse et fait désormais partie du canton de Berne (à l'exception du Birseck, qui fut rattaché à Bâle). Dans un premier temps, il ne fut pas donné suite à la demande de la ville de Bienne de devenir chef-lieu de son propre district. Bienne, Vigneules, Evilard et Boujean ont été rattachés au bailliage de Nidau. Ce n’était qu’en 1832 que le Grand Conseil a créé le petit district de Bienne, comprenant les communes Bienne, Vigneules, Evilard et Boujean. Depuis 2010, les anciens districts n’existent plus, et Evilard fait désormais partie de l’arrondissement administratif de Biel/Bienne, comprenant 19 communes, ainsi que de la région administrative du Seeland, qui, elle, est composée de 42 communes.
Suite au rattachement d’Evilard au canton de Berne, l’ancien droit de cité communal a été restitué. Par conséquent, seuls les chefs des familles établies de longue date avaient le droit de décider des affaires communales. Les nouveaux citoyens, quant à eux, n’étaient plus que des laissés-pour-compte. Toutefois, cette situation changea après la révolution libérale de 1831. La loi communale de 1833 stipulait que toutes les communes avaient l’obligation d’élaborer un règlement communal servant à constituer une nouvelle commune municipale. Tous les citoyens masculins majeurs et détenteurs du droit civique avaient les mêmes droits politiques. La commune municipale était responsable de gérer les affaires publiques, alors que la communauté des chefs des familles établies de longue date, appelée dorénavant Bourgeoisie, n’avait désormais le droit de gérer uniquement leur propre patrimoine, consistant dans la plupart des cas de forêts et de prés. Au début, la commune municipale n'avait pas de fonds propres. Elle avait donc du mal à financer la gestion des tâches publiques. La loi bernoise sur l’organisation communale du 6 décembre 1852 stipulait ensuite que la Bourgeoisie devait céder une partie de son patrimoine à la commune municipale. En 1864, la municipalité et la commune bourgeoise d’Evilard ont validé un accord de séparation qui stipulait que la Bourgeoisie devait céder une partie des biens communaux et qu’elle devait en transférer la propriété à la municipalité (au sujet de l’accord de séparation cf. http://www.bgevilard.ch/portail/fr/histoire.html). Il s’agissait notamment des routes, places, fontaines publiques, conduites d’eau et du bâtiment des pompiers. En outre, la Bourgeoisie devait effectuer des paiements annuels à la municipalité afin de rembourser des indemnités publiques.
Evilard n’avait pas d’église appartenant à la commune ; la commune appartenait jusqu’en 1821 à la paroisse d’Orvin. En 1821, Evilard décida de rejoindre la paroisse de Bienne, qui, en 1887, a fait construire l’église d’Evilard le long de la route principale. L’école a été inaugurée en 1850. La salle en face de la salle communale était utilisée comme salle de sport. Un changement important est survenu en 1870 lorsque, depuis la Route de Reuchenette (construite en 1859), une bifurcation fut construite menant à Evilard. L’ancienne charrière, qui remontait directement de Bienne à Evilard et Orvin, perdait de son importance.
Nombre de maisons et d’habitant-e-s à Evilard/Macolin :
|Année||Maisons||Habitant-e-s|
|1580||6||34|
|1770||28||168|
|1793||34|
|1818||46|
|1850||78||365|
|1880||100|
|1906||612|
|1941||145|
|1950||1110|
|2000||2394|
Macolin et Evilard : une station thermale et un lieu d’habitation pour les pendulaires
Le Grand Hôtel de Macolin a été ouvert en 1877. L’air pur des montagnes y était considéré comme particulièrement bénéfique pour la santé, et le tourisme se développait de façon considérable jusqu’à la 1ère guerre mondiale. Le nombre de visiteurs augmentait encore après l’ouverture de la ligne du funiculaire entre Bienne et Macolin en 1887. Ce développement concernait aussi Evilard, où était situé l’hôtel « Drei Tannen » (démoli en 1962). D’autres hôtels et dépendances y furent construits plus tard. En 1898, le funiculaire Bienne-Evilard a été mis en service. Par conséquent, la commune d’Evilard était désormais bien rattachée à la ville de Bienne par des moyens de transport publics et attirait de plus en plus d’habitant-e-s. Petit à petit, Evilard perdait son caractère de village agricole. Entre 1900 et 1950, le nombre d’habitants a doublé. Dans les années 1920, les premières maisons ont été construites le long du chemin des Ages. Entre 1950 et aujourd’hui, les constructions dans la zone agricole au nord-ouest de l’ancien centre du village furent densifiées. En parallèle, l’infrastructure a été mise en place : élargissement de la Route Principale, inauguration de la nouvelle école au chemin des Voitats en 1952. Par la suite, le bâtiment de cette nouvelle école a été agrandi à plusieurs reprises. Suite à la démolition de l’ancienne maison communale, la nouvelle maison communale a été construite en 1972. Elle dispose d’une salle communale spacieuse dans laquelle, deux fois par an, se déroule l’assemblée municipale, mais qui est également utilisée comme salle d’exposition, salle de concert, salle de conférences, etc.