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Plus de six mois après le lancement d'une opération militaire annoncée comme rapide par le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed contre les autorités tigréennes issues du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), les combats se poursuivent, les rapports documentant des exactions contre les populations se multiplient, et le spectre d'une famine plane depuis plusieurs mois.
Plus de 5 millions de personnes concernées
Le PAM "a distribué une aide alimentaire d'urgence à plus d'un million de personnes depuis le début des distributions en mars dans les régions du nord-ouest et du sud de la région du Tigré, où un total de 5,2 millions de personnes - soit 91% de la population du Tigré -, ont besoin d'une aide alimentaire d'urgence en raison du conflit", a déclaré un porte-parole, Tomson Phiri, lors d'un point de presse à Genève.
"Nous sommes profondément préoccupés par le nombre de personnes que nous voyons avoir besoin d'un soutien nutritionnel et d'une aide alimentaire d'urgence", a-t-il ajouté.
Accès difficile à cause de l'insécurité
Le PAM est responsable de l'aide alimentaire d'urgence dans les zones du nord-ouest et du sud du Tigré et va intensifier ses opérations pour atteindre 2,1 millions de personnes dans ces zones. L'accès, en particulier dans les zones rurales, reste le principal défi à cause de l'insécurité.
"Le PAM demande 203 millions de dollars (183 millions de francs) pour continuer à accroître sa réponse au Tigré afin de sauver des vies et des moyens de subsistance jusqu'à la fin de l'année", a expliqué Tomson Phiri.
Action coordonnée
Le PAM coordonne son intervention alimentaire au Tigré avec la Commission nationale de gestion des risques de catastrophe (NDRMC) et un consortium d'ONG soutenu par les Etats-Unis. Les trois acteurs opèrent principalement dans des zones différentes, le PAM étant présent dans les zones du nord-ouest et du sud.
afp/jpr
Cessez-le-feu exigé
"Un cessez-le-feu et un accès sans entrave sont essentiels pour que le Programme alimentaire mondial et tous ses partenaires au Tigré puissent atteindre toutes les régions et toutes les personnes qui ont désespérément besoin d'une aide vitale", a insisté le porte-parole Tomson Phiri.
Le gouvernement d'Abiy Ahmed s'est dit de son côté déterminé à enquêter sur les violations des droits humains dans la région et a affirmé à plusieurs reprises avoir donné un accès "entier et sans entrave" aux travailleurs humanitaires.
Dans une série de messages postés sur Twitter la semaine dernière, le ministère éthiopien des Affaires étrangères a accusé le Front de libération du peuple du Tigré - qui dirigeait la région avant d'être renversé par l'armée fédérale - de contribuer à empêcher l'aide humanitaire de se déployer.