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La communauté d'exploitation a permis aux familles Fetzer et Stoller de réaliser des projets que les deux familles n'auraient pas pu mener à bien individuellement. Par exemple le financement d'une étable commune à stabulation libre pour leurs vaches. Cette nouvelle étable et le partage du travail allège le quotidien des deux familles, comme nous l'explique Stefan Fetzer.
Stefan Fetzer, comment en êtes-vous arrivés à opter, il y a deux ans, pour une communauté d'exploitation entre vous et les Stoller?
Nous étions dans la même situation: tous les deux nous avions repris l'exploitation de nos beaux-pères – Stephan Stoller avait repris, de plus, celle de son père – nous avions investi tout notre argent dans l'entreprise et avions besoin d'une nouvelle étable à stabulation libre pour nos vaches. Nous n'avions pas encore 30 ans, ne disposions pas de capital propre pour financer cette étable, devenue pourtant indispensable.
Et c'est en commun que vous avez trouvé le financement nécessaire?
Oui, mais avec soutien de l'Aide Suisse aux Montagnards. C'est grâce à son aide que nous avons pu obtenir le crédit pour l'hypothèque. Comme déjà dit, nous n'avions pratiquement pas de fonds propres pour un tel investissement.
Est-ce que la nouvelle étable est déjà en fonction?
Oui, elle héberge nos bêtes depuis le 7 octobre 2013. Et il était vraiment urgent qu'elle soit construite. Avant, le bétail était réparti dans diverses petites étables, qui ne correspondaient plus guère aux normes en vigueur. Maintenant, les vaches sont à l'aise, et pour nos deux familles le travail quotidien s'est considérablement amélioré.
Quels sont concrètement les allègements?
Tout d'abord, nous pouvons nous accorder un week-end de congé toutes le deux semaines, car nous assurons le travail du week-end à tour de rôle, les Stoller et nous. Nous pouvons donc parfois partir tout en sachant que notre exploitation est entre de bonnes mains. Nous nous sommes par ailleurs répartis les tâches. Le matin, nous travaillons Stephan Stoller, son père et moi ensemble à l'étable. La plupart du temps c'est moi qui trais les vaches pendant que Stephan Stoller s'occupe des veaux et du fourrage, de même que du taureau. Pendant la journée, je peux m'occuper des travaux d'entretien des machines et des bâtiments, préparer le fourrage et effectuer d'autres travaux. Le soir, pendant les mois d'hiver, je suis souvent seul avec le père de Stephan.
Est-ce que dès le début tout le monde a été d'accord avec la répartition du travail?
Elle s'est faite tout naturellement. Stephan a davantage d'expérience en matière d'alimentation et de santé. Moi, j'ai grandi dans une ferme et ai donc moins de connaissances dans ces domaines. Par ailleurs Stephan travaille à plein temps à l'extérieur pendant les mois d'hiver, ce qui fait que c'est moi qui assure le travail à l'étable. Sans la communauté d'exploitation, cela n'aurait pas été possible.
Avez-vous aussi une activité annexe, ou travaillez-vous exclusivement dans l'entreprise commune?
Je travaille ponctuellement comme maçon et collaborateur polyvalent, mais pas de façon régulière. En moyenne sur l'année, cela représente environ 40 pour-cent de mon travail. A partir du mois de mars, je travaillerai également chez Landi comme auxiliaire.
La communauté d'exploitation apporte donc de nombreux avantages?
Pour nous dans tous les cas. Nous devons nous occuper de quelque 80 bêtes, qui nous prennent environ le même temps qu'avant lorsque que nous n'en avions que 25. Nous ne devons plus engager de personnel auxiliaire quand les délais sont trop serrés ou lorsque nous voulons partir. Nous songeons cependant à engager un apprenti afin de permettre à des jeunes de se former dans le métier.
Avez-vous parfois eu des disputes?
Nous ne laissons pas les choses aller si loin. Il est important de discuter ensemble, de mettre immédiatement les problèmes sur la table et de trouver des solutions en cas de divergence d'opinions. Durant la phase de construction, nous, c'est-à-dire mon épouse Gabriela, Stephan et son épouse Marianne et moi, avions chaque semaine une séance à quatre. Entre temps, nous nous consultons quelques minutes tous les matins à l'étable, Stephan et moi, pour débattre des sujets importants. Et ainsi tout marche à merveille.
Est-ce que vous vous entendez aussi bien sur le plan privé?
Nous ne sommes pas des amis intimes qui sont tout le temps ensemble. Ce n'est pas nécessaire et nous ne le souhaitons pas. Nous nous entendons très bien mais avons chacun notre cercle d'amis. Une certaine distance facilite le travail en commun.
Vous pouvez donc recommander sans autre les communautés d'exploitation?
A plusieurs, bien des choses sont plus faciles, c'est incontestable. Cependant il est important d'être bien conseillé et de se préparer. Nous avons par exemple visité d'autres communautés d'exploitation et nous nous sommes fait conseiller par des spécialistes. Aujourd'hui encore, nous sollicitons régulièrement des conseils. Et nous avons confié notre comptabilité à un fiduciaire. Nous obtenons ainsi de précieux renseignements et un avis neutre, quand nous en avons besoin.