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Le président gambien Yahya Jammeh aborde en favori l'élection présidentielle de ce jeudi, dont les conditions d'organisation ont été critiquées par la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao). Il fait face à deux autres candidats.
Les quelque 800'000 Gambiens inscrits sur les listes électorales auront à choisir entre Hamat Bah, candidat soutenu par quatre partis, Ousainou Darboe, un juriste formé au Canada, et le président sortant, au pouvoir depuis le coup d'Etat de 1994. Yahya Jammeh semble toutefois assuré de remporter un nouveau mandat de cinq ans.
Ses dix-sept années à la tête de l'ancienne colonie britannique ont été marquées par une répression brutale des manifestations et des arrestations de masse dans les rangs de l'opposition.
Critiques de la Cédéao
La Cédéao a refusé d'envoyer une mission d'observation en Gambie, estimant que "les préparatifs et l'environnement politique (...) n'incitent pas à la tenue d'élections libres, justes et transparentes". L'organisation régionale dénonce notamment la répression et les pratiques d'intimidation contre l'opposition.
Alhagie Mustapha Carayol, qui dirige la commission électorale gambienne, a jugé que les affirmations de la Cédéao étaient "absurdes et nulles". "La Cédéao dresse un tableau erroné du climat politique dans notre pays", a-t-il dit, l'accusant de semer le trouble avant le scrutin. "Tout ce qui pourrait se passer en Gambie, la Cédéao en sera responsable."
Accusations de fraudes
A 46 ans, Yayah Jammeh a remporté les trois élections organisées depuis le coup d'Etat qui l'a porté au pouvoir, obtenant il y a cinq ans son meilleur score avec 67% des voix au terme d'un scrutin émaillé d'accusations de fraudes.
ATS