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Les biens de la S.A. du président du Lausanne-Sports ont été mis sous séquestre, à la demande de l'ex-entraîneur du LS. Cela s'ajoute au fait que le club manque de garanties financières. Il devra donc réduire sa masse salariale et faire appel aux espoirs.
Le 15 décembre 2000, Pierre-André Schürmann est remercié de son poste d'entraîneur du Lausanne-Sports. Motifs du licenciement: l'homme ne mettait pas en pratique la philosophie préconisée par la direction du club. Qui est notamment de favoriser l'éclosion de jeunes joueurs au sein de la première équipe.
Aujourd'hui, par le biais de son avocat Robert Ley-Ravello, Pierre-André Schürmann a contesté son licenciement devant la cour civile du canton de Vaud.
Parallèlement, Pierre-André Schürmann a proposé une procédure de conciliation. Mais la tentative a échoué, voici dix jours. Les deux parties n'ont en effet pas réussi à s'entendre sur le montant du dédommagement réclamé par l'ex-entraîneur du LS.
A la suite de cet échec, l'avocat a demandé, en procédure d'urgence, qu'un séquestre soit appliqué aux créances que Waldemar Kita, président de la Société anonyme du Lausanne-Sports, pouvait avoir, soit envers la S.A. du LS, soit envers l'Association du LS.
Immédiatement, Waldemar Kita a réagi, en demandant la levée de ces mesures de séquestre, car le versement que devait effectuer la Société anonyme du LS à l'Association du LS est, pour l'instant, bloqué. Conséquence: les salaires des joueurs n'ont, pour l'heure, pas été versés.
C'est l'une des raisons qui amène Bernard Jaton à estimer cette mesure de séquestre abusive. Selon lui, «ce n'est parce que M. Kita est un organe de l'Association du LS que cela autorise quiconque à procéder à une saisie sur des biens d'une autre personnalité juridique».
Or, après avoir écouté les propos de Bernard Jaton, Me Robert Ley-Ravello précise, au nom de son client Pierre-André Schürmann, que le président du Tribunal d'arrondissement de Lausanne a soupesé le bien-fondé de la requête de séquestre».
C'est-à-dire, tient à souligner Me Ley-Ravello, «qu'il a considéré que toutes les conditions posées par la loi étaient réunies pour obtenir un prononcé de séquestre».
Dès lors, le président du Tribunal aura à trancher l'opposition formée par la partie adverse. «Pour l'heure, ajoute Me Ley-Ravello, je ne puis divulguer publiquement les arguments de droit que je ferai valoir devant les autorités saisies».
Il n'en reste pas moins que, sur les trois derniers exercices comptables, le LS a pour 9 millions de dépenses et, habituellement, pour quelque 6 millions et demi de recettes.
Jusqu'ici, la différence a toujours été comblée par des apports de la Société anonyme du LS, soit en définitive, par son actionnaire Waldemar Kita. A hauteur de près de 10 millions en trois ans.
Certes, la licence n'a pas été accordée au LS, en première instance, par la Ligue nationale de football. Mais le club lausannois a jusqu'au 25 mai pour remédier à cette garantie financière, qui lui fait encore défaut.
Encore que, de toute façon, l'Association du Lausanne-Sports détient une déclaration de la Société anonyme du LS, selon laquelle, cette dernière mettra les fonds nécessaires à disposition.
Cela dit, reconnaît Bernard Jaton, «il nous faut réduire la masse salariale (3/4 du budget) du LS. C'est ainsi que nous comptons sur des départs naturels de joueurs et sur l'introduction dans la première équipe du LS des meilleurs espoirs lausannois. Qui, rappelons-le, ont remporté le championnat et la coupe de Suisse, lors des deux dernières saisons».
Emmanuel Manzi