Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06901.jsonl.gz/858

Napoléon à cheval, vers 1844 – 1849
Auteur : Carlo Marochetti (né à Turin en 1805, mort à Passy en 1867)
Matériau : plâtre, retouché à la cire, patiné façon bronze
Époque : 1844 – 1849
Esquisse en plâtre, retouché à la cire, patiné façon bronze.
Les recherches récentes d’Isabelle Leroy-Jay Lemaistre ont révélées que cette esquisse, jadis considérée comme une œuvre dAntoine-Louis Barye (1795-1875), devrait être attribuée à Carlos Marochetti (1805-1867).
Dès l’annonce du retour des cendres de l’Empereur, vers 1840, le gouvernement Thiers suivant les instructions du Roi songe à ériger un tombeau pour Napoléon sous le dôme des Invalides. Après un concours, le projet du tombeau fut confié à l’architecte Louis Tullius Visconti (1791-1853), et la statue équestre à Carlos Marochetti , le tout en respectant l’architecture de Mansart : ‘Le fac-similé du présent projet (la statue équestre au sommet, le cadavre de l’Empereur tout en bas et les quatre cariatides) sera élevé au beau milieu de l’hôtel des Invalides à la place même indiquée par la loi, et nous imaginons cette statue, offerte en souscription par Auguste Asse, surmontant un mausolée.
Deux aquarelles de la fondation Dosne Thiers présentent un schéma d’ensemble prévu par Visconti et Marochetti : sur le rond-point situé en avant des fossés des Invalides devait être érigée une statue équestre de l’Empereur placée sur un très haut piédestal avec des colonnes engagées et ses médaillons, le socle dans le style de la Renaissance italienne.
La représentation de l’Empereur lui-même fut l’objet de nombreuses discussions entre la commission parlementaire en charge du projet et l’artiste, principalement au sujet du costume que devait revêtir le souverain. Le costume de sacre fut adopté au détriment d’un costume militaire plus réaliste et le choix de l’emplacement du monument à ériger se fixa sur l’esplanade des Invalides. Coiffé d’une couronne de lauriers, et vêtu d’un large manteau bordé d’hermines et brodé d’abeilles avec un haut col, l’Empereur monte sa cambrure, le sceptre à la main. Il porte le grand collier de la Légion d’honneur autour du cou.
Une lettre de Marochetti en date du 17 avril 1849 adressée au ministre en charge du projet mentionne deux modèles en plâtre : ‘Monsieur le ministre, dès avant le mois de février 1848, j’avais terminé le modèle en plâtre de la statue équestre de l’Empereur destinée à être placée sur l’esplanade des Invalides. J’ai fait deux modèles, un nombre d’esquisses que je ne saurais dire, j’ai dû payer pendant neuf ans qu’ont duré les incertitudes ministérielles les artistes [Archives nationales Fal 735, fol. 9.].
Faute de moyens financiers, le monument n’eut jamais l’occasion d’aboutir et sa réalisation fut abandonnée en 1849. L’assemblé avait supprimé la statue équestre comprise dans le programme du tombeau, et Marochetti ne fut pas chargé d’exécuter le projet. Le bronze monumental érigé dans l’atelier de l’artiste aux Vaux-de-Seine (qui selon les instructions de la commission devait mesurer cinq mètres au garrot du cheval), fondu par Louis-Auguste Asse fut démonté et déménagé à plusieurs reprises. Mis en vente en 1852, on n’en retrouve aujourd’hui aucune trace.
Il ne reste que cette esquisse de l’œuvre de Marochetti, des documents d’archives, ainsi que quelques exemplaires en bronze de l’édition dAuguste Asse en 1839-40, et la mention dans son livre d’édition ‘la statue équestre de Napoléon par Marochetti. Asse Editeur.
Une esquisse en cire identique portant l’inscription vu et approuvé par Visconti est conservée à la Walters Art Gallery de Baltimore. Cette dernière provenait de l’ancienne collection d’Antoine-Louis Barye et figura à la vente après décès du sculpteur en 1876.
Bibliographie
I. Leroy-Jay Lemaistre, ‘Napoléon aux Invalides, dans Art ou Politique, Arcs, Statues et Colonnes, (éd. G. Bresc-Bautier), Paris, 1999, p. 133 – 135.
M.Vicaire, ‘Les projets de Marochetti pour le tombeau de l’Empereur Napoléon Ier, dans Bulletin de la Société de lHistoire de l’Art Français, Paris, 1974, p. 145 – 152.