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Il y a longtemps que l’antagonisme entre catholiques et protestants a perdu de sa virulence en Suisse. Cependant, un dossier vient parfois rappeler que des braises peuvent encore couver sous la cendre. Exemple avec le projet d’établissement d’une ambassade de Suisse au Vatican.Ce contenu a été publié le 16 juillet 2021 - 10:07
- Deutsch Die Religionszugehörigkeit bleibt ein politischer Faktor
- Español La afiliación religiosa sigue siendo un factor político
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- عربي هل يُوقد فتح سفارة سويسرية لدى الفاتيكان جذوة التوترات الدينية في البلاد؟
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Le 6 mai, Guy Parmelin était en visite au Vatican pour l’assermentation des nouveaux membres de la Garde suisse pontificale. À l’issue d’une rencontre avec le Pape François, le Président de la Confédération avait annoncé que le Conseil fédéral envisageait un crédit de 5 millions de francs pour la construction de la nouvelle caserne de la Garde ainsi que l’établissement d’une ambassade de Suisse auprès du Saint-Siège.
Rupture diplomatique
Sans remonter à l’époque des guerres de religion, rappelons que l’État fédéral moderne a été créé en 1848 à la suite de la défaite des cantons catholiques conservateurs face aux cantons libéraux, majoritairement protestants, lors de la Guerre du Sonderbund. Des relations tendues entre catholiques conservateurs et le nouvel État fédéral ont marqué toute la seconde moitié du 19e siècle.
Cette crise a atteint son paroxysme en 1873 et a conduit à la rupture des relations diplomatiques entre la Suisse et le Saint-Siège. Mais le développement du socialisme a plus tard provoqué un rapprochement entre les deux adversaires, qui s’est concrétisé par l’élection d’un premier catholique conservateur au Conseil fédéral en 1891.
Quant aux relations diplomatiques entre les deux États, elles ont commencé à se normaliser après la Première Guerre mondiale. En 1920, le Saint-Siège a établi une nonciature apostolique à Berne. De son côté, le Conseil fédéral a rétabli des relations diplomatiques avec le Vatican en 1991.
Risque de «déséquilibre confessionnel»
La Suisse ne dispose pas pour autant d’une ambassade auprès du Saint-Siège. Les intérêts suisses sont représentés par l’ambassadeur en poste en Slovénie. L’ouverture d’une ambassade au Vatican constituerait donc un nouveau pas pour renforcer des relations bilatérales «excellentes et intenses», selon les termesLien externe du Département fédéral des Affaires étrangères.
L’ouverture d’une ambassade au Vatican provoque cependant des réactions. Présidente de l’Église évangélique réformée de Suisse (EERS), la pasteure Rita Famos a pris publiquement position et considère qu’un tel projet constitue un risque de «déséquilibre confessionnel».
L’existence d’une ambassade donne à l’Église catholique romaine un accès direct aux autorités suisses, un avantage dont ne disposent pas les protestants. Dans les colonnes de la Neue Zürcher Zeitung, Rita Famos a donc avancé l’idée de désigner une personne de contact pour les relations entre l’EERS et la Suisse officielle.
«Bien sûr, nous avons un statut différent de celui du Saint-Siège en vertu du droit international. Mais nous sommes la deuxième plus grande communauté religieuse du pays avec un ADN explicitement suisse», a justifié la présidente de l’EERS.
Refus d’exonération
L’établissement d’une ambassade et la contribution à la construction d’une nouvelle caserne doivent encore passer par les Commissions compétentes, puis devant le Parlement. Mais un débat tenu lors de la dernière session montre que les sensibilités religieuses restent un paramètre politique qui peut influer sur les décisions.
Le député démocrate du centre (UDC / droite conservatrice) Jean-Luc Addor demandait dans une initiative parlementaire que les gardes pontificaux soient exonérés de la taxe militaire suisse durant leur service au Vatican, en remerciement pour l’image positive qu’ils donnent de la Suisse. Une demande dont «l’enjeu transcende largement les frontières confessionnelles», soulignait le député, lui-même protestant.
Les opposants n’ont pas voulu créer une exception pour un petit groupe d’hommes catholiques. «Il s’agit donc d’encourager avec cette exonération fiscale une confession religieuse particulière et non seulement la pratique de cette religion particulière, mais aussi le service à son clergé dans un autre pays… Je vous demande simplement de vous rappeler que toute la population n’est pas catholique et que notre jeunesse peut avoir d’autres rêves que de porter une hallebarde», a plaidé la députée écologiste Léonore Porchet.
S’exprimant au nom du groupe socialiste, Priska Seiler Graf a reconnu que l’appartenance religieuse jouait un rôle dans ce débat. «Nous ne sommes pas unanimes. Les catholiques sont pour, les protestants sont contre. Mais je vous rassure, il n’y a pas de guerre du Sonderbund dans nos rangs.»
Le projet a été refusé par 89 voix contre 86 et 5 abstentions.
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