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DAG HAMMARSKJÖLD, Jalons, Plon, 1966, p. 212. (Né en 1905 à Jönköping, Dag Hammarskjöld revient sur les motivations qui l’ont conduit à accepter des postes à grande responsabilité, ministre d’État (1951), puis (premier) Secrétaire général de l’ONU, le 7 avril 1953. Il disparaît dans un accident d’avion au Congo (très probablement un attentat) le 17 septembre 1961).
Jour de la Pentecôte. (1961)
Je ne sais pas qui — ou quoi — a posé la question.
Je ne sais pas quand elle a été posée. Je ne me souviens pas d’y avoir répondu. Mais une fois j’ai répondu oui à quelqu’un — ou à quelque chose.
De cet instant me vient la certitude que l’existence a un sens et que par conséquent ma vie mène, par sa soumission, à un but.
Depuis cet instant j’ai su ce que c’est de « ne pas regarder en arrière », de « ne pas se soucier du lendemain ».
Guidé à travers le labyrinthe de la vie par le fil d’Ariane de cette réponse, je suis parvenu à tel moment et à telle place, où j’ai su que le chemin conduit à un triomphe, qui est une défaite et à une défaite, qui est un triomphe, que le prix de l’œuvre d’une vie est la dérision, et que l’abîme de l’avilissement est la seule élévation accessible à l’homme. Depuis, le mot courage a perdu son sens, puisque rien ne pouvait plus m’être enlevé.
Sur ce chemin, j’ai appris par la suite, pas à pas, mot à mot, qu’il y a un homme et l’expérience d’un homme derrière chaque phrase prononcée par le héros des évangiles, derrière sa prière pour que le calice lui soit enlevé, et derrière sa promesse de le vider. De même, pour chacune de ses paroles sur la croix.