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Suite à la parution d'articles de presse, le Conseil de direction de la RTS avait mis en oeuvre début novembre 2020 des mesures afin d'entendre le personnel. En concertation avec le partenaire social (SSM), le bureau d'avocats Collectif de défense a été mandaté pour recueillir les témoignages de cas potentiels de harcèlement sexuel ou psychologique et d'écarts de conduite, ainsi que toute situation de souffrance au travail.
Les témoignages déposés ont servi un travail d'enquête approfondi mené par l'étude spécialisée dans le droit du travail "Troillet Meier Raetzo". En raison de la protection de la personnalité à laquelle l'employeur est soumis, la RTS explique vendredi dans un communiqué qu'elle ne peut pas livrer les conclusions des enquêtes qui concernent son personnel.
Cela étant, indique-t-elle, les enquêtes menées au sujet de deux cadres et de l'ancien présentateur du 19h30 Darius Rochebin ont permis de vérifier les faits présentés dans la presse et de faire la lumière sur la base des témoignages recueillis par la ligne externe.
Darius Rochebin: aucune infraction pénale
Les conclusions des enquêtes ont conduit la RTS à prendre un certain nombre de décisions. En conséquence de quoi, un des collaborateurs a quitté l'entreprise et l'autre a reçu une sanction formelle. Quant à Darius Rochebin, aucun des témoignages recueillis ne permet de conclure à des actes relevant de harcèlement sexuel ou psychologique, d'atteinte à la personnalité ou d'une quelconque infraction pénale.
Dans une première réaction, l'ancien présentateur du 19h30 "salue le sérieux et la qualité de l'enquête menée en Suisse". Selon lui, les conclusions du rapport "confirment ce qu'il a déclaré dès le premier jour."
En ce qui concerne les autres témoignages recueillis par la ligne externe (au total près de 220), la RTS estime dans son communiqué qu'il n'est pas nécessaire, en l'état actuel de ses connaissances, de lancer de nouvelles enquêtes disciplinaires.
"Je regrette profondément que certaines personnes en souffrance n'aient pas été suffisamment entendues et qu'il ait fallu, dans certains cas, des années avant qu'elles puissent l'être", déclare vendredi Pascal Crittin, directeur de la RTS.
Interrogé dans Forum, il relève qu'il reste encore deux choses à régler: les témoignages qui se rapportent à d'autres faits (que les 3 cas cités par Le Temps), notamment de souffrances au travail ou d'atteintes à la personnalité, qui vont faire l'objet d'un prochain rapport prévu cet été, et le renforcement du dispositif de lutte contre le harcèlement mis en place.
>> L'interview complète de Pascal Crittin dans Forum:
Départ du chef de l'Actualité TV
La Direction de la RTS a également pris acte du rapport sur la chaîne de responsabilité, diligenté par le Conseil d'administration de la SSR. Ce rapport relève certaines insuffisances managériales de la part de deux cadres de la RTS dans la gestion, il y a plusieurs années, d'un cas sur les trois examinés. Pour les experts, il ne s'agit pas de fautes graves. La RTS constate qu'aucune sanction ne s'impose.
L'un de ces deux cadres, le rédacteur en chef de l'actualité TV Bernard Rappaz, avait décidé, en novembre dernier, de se mettre en retrait des tâches opérationnelles pendant la durée de l'enquête sur la chaîne de responsabilité pour en garantir la sérénité. Après cette longue période, un retour à son poste s'avérerait peu réaliste, peut-on lire dans le communiqué. Il a donc décidé, avec l'accord de la Direction, de quitter la RTS et de laisser la place à une nouvelle équipe.
Un mandat externe avait également été lancé pour évaluer la gestion du personnel à la RTS par le management et le département des ressources humaines (RH). Les conclusions attendues prochainement devraient aller dans le sens d'un repositionnement de la fonction RH, avec des changements importants au niveau de l'organisation et des processus. L'actuel directeur RH quitte ses fonctions pour laisser la place à une nouvelle équipe qui devra incarner le changement.
Gilles Marchand: une "responsabilité secondaire"
En ce qui concerne Gilles Marchand, directeur de la RTS en charge au moment des faits, l'évaluation des experts externes relève une "responsabilité secondaire de supervision", dans le troisième cas cité plus haut, qui n'a pas été suffisamment exercée. Toutefois, cela n'est pas considéré comme une erreur grave dans l'évaluation des experts.
"Nous avons pris une décision erronée en 2014 concernant le périmètre d'une enquête lancée par la RTS à propos d'un collaborateur accusé de mobbing", a reconnu l'actuel directeur général de la SSR lors d'une conférence de presse. "Cette décision était inadéquate, puisque l'enquête réalisée n'a pas permis d'identifier les problèmes posés par ce collaborateur et de les corriger. Je le regrette personnellement et je m'en excuse aussi au nom de la direction RTS 2014."
Sur cette base, le conseil d'administration estime que Gilles Marchand, en collaboration avec le Comité de direction de la SSR, est la bonne personne pour mettre en oeuvre avec succès les changements requis dans la culture d'entreprise de la SSR.
A propos du directeur actuel de la RTS, Pascal Crittin, les experts externes ont conclu qu'aucune faute ne pouvait lui être reprochée. Par conséquent, il n'est pas nécessaire que le Conseil d'administration prenne des mesures le concernant.
"L'affaire n'est pas réglée", relève Simonetta Sommaruga
"L'affaire n'est pas réglée", a pour sa part pointé la ministre de la communication Simonetta Sommaruga devant les médias. Un changement de culture est nécessaire et le directeur général doit le mettre en oeuvre.
"La RTS et la SSR ont un rôle de modèle", a poursuivi la conseillère fédérale. Le harcèlement sexuel n'est pas acceptable. Pas plus que le malaise au sein du personnel ou le manque de confiance dans les services chargés de gérer ces questions. "Ça doit changer très vite."
"Ce qui s'est passé est inacceptable", a relevé la conseillère fédérale dans Forum. "Maintenant il est important qu'il y ait un changement de culture et je vais observer de très près ce qui se passe".
Interrogée sur Gilles Marchand, Simonetta Sommaruga a rappelé que le conseil d'administration lui a montré sa confiance. "C'est au directeur général de mettre en oeuvre les changements demandés."
>> L'interview complète de Simonetta Sommaruga dans Forum:
Les doutes du SSM
Réagissant aux annonces de vendredi, le Syndicat des mass médias (SSM) estime que le personnel doit participer au processus de nomination de l'encadrement et être impliqué dans les processus décisionnels.
Selon lui, seules ces mesures structurelles permettront de restaurer la confiance et d'éviter de nouvelles crises. Il s'interroge sur les personnes qui devront incarner le changement culturel souhaité et donc sur ses chances de succès.
>> La réaction de Jamal Al-Amine, secrétaire syndical du SSM, dans Forum:
>> Des réactions contrastées après les résultats des enquêtes:
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"Nous avons pris des décisions sur la base des résultats de ces enquêtes"
"Nous avons diligenté des enquêtes menées avec sérieux et de manière indépendante par des experts externes. Nous avons pris des décisions sur la base des résultats de ces enquêtes", explique dans le 19h30 Jean-Michel Cina, président du conseil d'administration de la SSR.
"Nous gardons pleine confiance en Gilles Marchand car le rapport indépendant a conclu qu'il n'y avait pas de faute grave. Il n'y a pas de doute à avoir sur l'intégrité de Gilles Marchand. Nous pensons aussi qu'il va incarner le changement", relève-t-il encore.
>> L'interview complète de Jean-Michel Cina dans le 19h30: