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Alternatives à l’hospitalisation psychiatrique
Rev Med Suisse
2019; volume 15.
1402-1406
Résumé
En psychiatrie, les alternatives à l’hospitalisation ont été développées suite au virage communautaire. La réduction du nombre de lits et la prise de conscience des possibilités de rétablissement des troubles psychiques ont conduit à réserver les hospitalisations aux périodes de crise. Actuellement, de nouvelles structures d’accueil et d’hébergement et des modèles de soins tels que l’assertive community treatment permettent à des personnes souffrant de troubles psychiques sévères de vivre dans la communauté tout en luttant contre la précarité et l’abandon. Cet article présente les alternatives à l’hospitalisation s’inscrivant dans une psychiatrie qui répond aux besoins des patients de manière proportionnelle et efficiente, dans le réseau de soins et qui offre un équilibre entre approche communautaire et hospitalisations.
IntroductionDepuis les années 50, le nombre de lits psychiatriques a diminué de 50 à 85 % dans les pays occidentaux, pour arriver à une moyenne de 100 lits par 100 000 habitants environ aujourd’hui.1 La plupart des personnes qui souffrent de troubles psychiques sévères, telle une schizophrénie, vivent dans la communauté et bénéficient de soins alternatifs à l’hospitalisation. On estime qu’à chaque instant 5 % sont à l’hôpital, 10 % en hébergement institutionnel et 85 % dans la communauté.Le mouvement de déshospitalisation débute dans les années 50. Il s’agit alors de fermer les asiles considérés comme néfastes et comparés à des institutions totalitaires telles que les camps de concentration.2 Les soins communautaires sont peu développés. Invalidés par leur vie institutionnelle, les patients sont transférés avec succès dans des institutions plus petites et plus proches de la communauté.3 Dans les années 80, la réduction du nombre de lits se poursuit. L’enjeu est alors de ne pas aba...