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La Suissesse Jeanne Quattropani réside à Tel Aviv. Paradoxalement, c'est surtout par les médias qu'elle vit la violence et la déprime qui règnent en Israël.Ce contenu a été publié le 02 avril 2002 - 18:37
Jeanne Quattropani (28 ans) est photographe. Elle étudie l'hébreu à Tel Aviv. Son compagnon Ariel Stern, lui, est israélien. Il termine ses études de philosophie à Jérusalem.
Le couple compte rester quatre ou cinq mois en Israël. Voire s'y installer pour un ou deux ans. Jamais, jusqu'ici, Jeanne et Ariel n'ont envisagé de changer leurs plans à cause du danger.
swissinfo: Est-ce que vous vous sentez en sécurité?
Jeanne Quattropani: Tel Aviv reste une ville relativement tranquille, même s'il y a aussi eu des attentats ici. Il y en a partout.
J'ai l'impression que les gens d'ici ont plutôt peur de ce qu'ils voient à la télévision. A Tel Aviv, ils sont moins tendus, sortent plus dans la rue qu'à Jérusalem.
Est-ce que vous avez l'impression de vivre dans un pays en guerre?
J. Q.: Oui et non, je crois que, en vivant ici, on relativise beaucoup les choses.
Certes, on est dans un pays où des bombes explosent. On n'est à l'abri de rien. Mais, dans les faits, la guerre passe surtout par la télévision et les journaux.
Finalement, je pense que l'on est moins tendu ici, à Tel Aviv, qu'à Genève.
C'est peut-être de l'inconscience de dire cela. Mais, c'est vrai, si j'étais à Jérusalem, je n'irais certainement pas au bistrot du coin. D'ailleurs, même ici, à Tel Aviv, je choisis les endroits où je sors.
Ce n'est pas votre premier voyage en Israël, est-ce que les gens ont changé?
J. Q.: Oui, beaucoup. Je suis déjà venue en décembre 2000, au début de la deuxième Intifada, et puis, une nouvelle fois, en mai 2001. Et je trouve, cette fois-ci, que les gens sont beaucoup plus... Comment dire? Déprimés.
Ils parlent moins de politique. Ils regardent moins la télévision. Et, surtout, ils sont plus tristes.
Pensez-vous que la majorité des communautés juives et palestiniennes veut réellement la paix?
J.Q.: Tous les gens que j'ai rencontrés veulent d'abord la paix. Mais ils se demandent comment y arriver.
Et puis, est-ce que c'est vraiment possible? Je crois que les gens se rendent compte de plus en plus qu'il n'existe aucun terrain d'entente. Du moins actuellement.
C'est bien joli de vouloir la paix. Mais, concrètement, je crois que les Israéliens et les Palestiniens sont aujourd'hui totalement désemparés.
swissinfo/propos recueillis par Marc-André Miserez
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