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On l’avait presque oubliée, elle revient dans une publication du Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism1 – un travail financé par l’Unicef, la Banque mondiale, l’OMS ainsi que par la Fondation Bill & Melinda Gates, l’Australian National Health and Medical Research Council et le Hudson Institute. Cette recherche a été menée sur des hommes volontaires, âgés de 18 à 45 ans, ayant des relations sexuelles (non protégées et dans la durée) avec des partenaires également volontaires. Deux injections intramusculaires d’hormones (200 mg de norethisterone enanthate associés à 1000 mg de testostérone undecanoate) étaient pratiquées toutes les huit semaines afin que le nombre de spermatozoïdes tombe sous la barre d’un million / ml d’éjaculat (contre 15 millions en moyenne).
Au final, durant une période de cinquante-six semaines, quatre grossesses ont été observées chez deux cent soixante six femmes. Sur les 320 participants, vingt d’entre eux ont déclaré mettre fin au traitement à cause de trop fréquents « changements d’humeur ». Parmi les autres effets indésirables recensés : manifestations acnéiques, des douleurs au niveau des sites d’injections, modifications de la libido, etc.
Au vu du faible taux d’abandon du traitement, l’un des auteurs de l’étude (Richard A. Anderson) s’est dit satisfait des résultats. Pour lui, comme pour Mario Philip Reyes R. Festin, chercheur à l’Organisation mondiale de la santé, il s’agit là d’une avancée, 75 % des hommes déclarant être disposés à poursuivre ce mode de contraception. Les auteurs sont toutefois conscients que des progrès restent à obtenir.
« Bien que les injections aient été efficaces pour réduire le nombre de grossesses non désirées, la combinaison des hormones doit être davantage étudiée afin de trouver un meilleur équilibre entre efficacité et sécurité, résument-ils dans un communiqué de presse.2 Il faudra encore bien des années de recherche pour que cette avancée puisse être utilisée largement par les hommes comme méthode de contraception. »
« Claque monumentale » suivie d’un « hématome cérébral ». C’est, en France, une nouvelle affaire d’agression dans un cabinet médical. Résumons-là. Vendredi 28 octobre, 17 h 30, une maison médicale située à Châtellerault, département de la Vienne. Une jeune femme arrive pour faire examiner son bébé de cinq mois. Un examen « de routine ». Elle est en retard de près d’une heure. Mais elle supporte toutefois très mal d’entendre qu’elle va devoir attendre son tour et laisser passer ceux qui sont à l’heure. On lui fait savoir qu’elle a de la chance : habituellement au bout de trois quarts d’heure de retard, le docteur considère d’habitude que le rendez-vous est purement et simplement annulé.
La jeune mère s’énerve, interpelle le médecin qu’elle doit voir, le tutoie. Elle l’insulte même, diront certains patients. C’est un autre généraliste, le Dr Corinne Joyeux qui s’interpose alors pour tenter de ramener le calme. Elle invite la jeune femme à sortir et la raccompagne avec son enfant. La mère appelle alors son mari à l’aide criant que « le docteur l’agresse » (témoignages des patients présents dans le cabinet). Le père arrive, voit sa femme poussée avec le bébé contre la porte et frappe sans demander plus d’explications… avant de repartir avec sa femme et son enfant.
En recevant ce coup, le Dr Joyeux heurte de la tête le coin de la borne d’accueil de la maison médicale et perd connaissance. Elle gît inconsciente plusieurs minutes avant de reprendre ses esprits, sans se souvenir de ce qui s’est passé. Elle sera alors prise en charge à l’hôpital de Châtellerault (traumatisme cérébral avec hématome). Le jeune couple soutient quant à lui que leur fille a eu la tête cognée contre la porte. Ils porteront plainte à leur tour contre la généraliste. Un certificat médical après examen du nourrisson ne révèlera toutefois aucune trace de coup.
« Je ne savais pas que c’était un médecin, se défendra, à la barre du tribunal correctionnel de Poitiers, Moussa Youssoufi. Je l’ai vue pousser ma femme avec la petite dans les bras. Elle était agressive. » L’homme n’avait rien vu de ce qui s’était passé dans la salle d’attente : il fumait à l’extérieur du cabinet.
« Il y a une seule victime, c’est le Dr Joyeux », plaidera l’avocat du praticien et du Conseil départemental des médecins. Le procureur parlera de comportement « hystérique » et « d’attitude consumériste » de clients qui veulent « tout, tout de suite ». Il requiert six mois de détention contre ce père – déjà condamné cinq fois. Lundi 31 octobre, le tribunal correctionnel a suivi la prescription du défenseur de la société.
L’affaire ne s’arrêtera pas là. Le Dr Patrick Bouet, président du Conseil national de l’Ordre des médecins français, a salué cette condamnation comme étant une « décision exemplaire ». « L’Ordre s’était porté partie civile, il y en a assez de ces agressions, a déclaré le Dr Bouet. Une condamnation de cette nature répond à notre exigence. Nous nous battons depuis plusieurs années pour que soit reconnue la gravité des agressions contre les médecins et pour garantir la sanctuarisation des cabinets médicaux. » L’Ordre national a d’ores et déjà demandé une audience au ministre français de l’Intérieur – et attend une réponse ferme de la ministre de la Santé.
A la recherche des enseignements perdus… C’est le dernier ouvrage3 en date du Pr François-Bernard Michel, pneumologue, écrivain et poète, membre de l’Académie nationale française de médecine et de l’Académie des beaux-arts (Institut de France). « Pas d’erreur dans le titre de ce livre, nous rassure-t-il. Si Adrien et Robert Proust, père et frère de Marcel, étaient bien professeurs, Marcel Proust mérite le même qualificatif. S’il n’avait pas le statut de professeur de littérature ni de professeur de médecine, il en détenait cependant les compétences, étant doté d’une perspicacité supérieure à celle de ces professeurs parisiens, soignants sans vrais remèdes – son père inclus. »
Même les proustiens les plus distingués ignorent, généralement, que lassé d’entendre des balivernes, la recherche personnelle de Marcel l’a amené à une compréhension singulière des maladies, décelant le rôle de l’inconscient dans leur genèse, et passant fructueusement, pour la Recherche, des reviviscences du Dr Sollier à ses réminiscences, ce qui rejoint le cheminement de Sigmund Freud.
Et le Pr Michel de conclure ainsi sa quatrième de couverture : « Ainsi, le professeur Marcel Proust, asthmatique-allergique, m’a-t-il instruit et éclairé, moi le professeur de médecine spécialiste, sur les liens physiques et métaphysiques de ces maladies de la souffrance pectorale et du rejet. Je ne cesse, depuis, de proposer à ceux qui en souffrent une bibliothérapie proustienne efficace.»
On pourra ensuite passer aux trois points du Dr Louis Ferdinand Destouches, médecin généraliste plus connu sous le nom de Céline.