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Avec les Grandes Découvertes, du milieu du XVe siècle à la fin du XVIe siècle, l’espace connu s’élargit, permettant aux Européens d’appréhender le monde comme un tout et de reconnaître tous les territoires de la planète accessibles par voie maritime. C’est ce que l’historien Pierre Chaunu appelle le « désenclavement planétaire » qui marque le début de la modernité.
L’accélération des découvertes géographiques, le développement de la navigation entrainent un besoin crucial d’innovations et d’instruments à jour pour parcourir le monde, le mesurer et le représenter. A partir de 1450, l’apparition de l’imprimerie permet une large circulation de textes et de documents traduits de la science antique. La dynamique de la Renaissance est en route ; elle permet l’apparition de nouvelles manières de voir et de penser le monde. Gérard Mercator incarne ce renouveau dans le domaine de la cartographie.
Intellect et pragmatisme
Deux influences majeures semblent marquer la cartographie de la Renaissance, l’une intellectuelle, l’autre pragmatique. Ces deux courants vont coexister, interférer ou s’affronter. L’œuvre du savant grec Claude Ptolémée, dont l’autorité s’était imposée jusqu’à la Renaissance, est ainsi en permanence remise en question par les nouvelles découvertes fondées sur l’expérience des grands navigateurs.
L’horizon géographique s’est amplement élargi depuis Marco Polo au XIIIe siècle et les explorations portugaises du XVe siècle. Après la première circumnavigation de la Terre par l’équipage de Fernand de Magellan en 1522 la configuration des principaux continents est presque fixée.
Les cartes se multiplient, enregistrant année après année les progrès dans la connaissance de la Terre. Les terres découvertes y apparaissent ; pour les régions sur lesquelles l’information manque encore, les cartographes font appel aux écrits des explorateurs et à la Géographie de Ptolémée.