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Ma critique du film «Shazam!»: prononce le mot magique!
Quel fan de comics ne souhaite pas être un superhéros depuis qu'il est tout petit? Avoir des pouvoirs et combattre les méchants, faire des choses que les personnes ordinaires ne peuvent pas faire, ce serait génial, non? David F. Sandberg réalise ce rêve dans «Shazam!». Si la première partie est très divertissante,
la structure est bancale, surtout dans la deuxième partie. Le film tient quand même la route, malgré quelques gros défauts.
Magicien et laissés pour compte
Comme dans le comic du même nom, le personnage principal, Billy Batson (Asher Angel), est un fauteur de trouble. Sa mère a disparu sans laisser de traces dans un marché de Noël à Philadelphie alors qu'il n'avait que trois ans. Depuis, il n'a qu'une envie: la retrouver.
Il enchaîne les fugues pendant douze ans, avant de rencontrer Freddy Freeman (Jack Dylan Grazer), enfant handicapé, alors qu'il intègre une énième famille d'accueil. Il le défend face à une bande de canailles et se retrouve dans une mystérieuse grotte, où un vieux magicien lui transmet son pouvoir, car les sept péchés capitaux viennent d'être libérés sous la forme de démons meurtriers, et le monde a besoin qu'un héros les capture.
Dès lors, tout ce que Billy a à faire pour se transformer en un super-héros adulte (Zachary Levi), c'est de dire le mot «Shazam!».
Une première partie réussie
Le réalisateur prend le temps de présenter ses personnages, et le début du film est prometteur. Billy Batson ne veut pas d'une nouvelle famille, il veut retrouver la sienne, ce qui explique pourquoi il fugue à chaque fois. Enfant, le Dr Thaddeus Sivana (Mark Strong) s'est vu dire par le magicien qu'il n'était pas digne de son pouvoir. Et le besoin qu'a Freddy Freeman d'embellir sa propre histoire en la transformant en épisode de Game of Thrones cache un besoin d'attention.
D'ailleurs, le comédien qui le joue est tout à fait brillant. Non seulement il est hilarant lorsqu'il débite ses textes pêle-mêle plus vite que Benedict Cumberbatch dans «Sherlock» mais c'est aussi l'atout émotion du film. Asher Angel, qui joue Billy, réussit lui aussi à donner une touche rebelle à son personnage sans jamais nous agacer. En fin de compte, c'est un sale gosse au grand cœur.
Et puis il y a Zachary Levi, qui joue Shazam, la version adulte de Billy. C'est un garçon dans le corps d'un homme, à la manière de Tom Hanks dans «Big». Son jeu est suffisamment bon pour ne pas devoir rappeler toutes les dix minutes aux spectateurs qu'il a l'air adulte mais raisonne comme un enfant. Sa première mission en tant que Shazam en est un bon exemple: il achète de la bière pour lui et son ami Freddy et se rend compte qu'il n'aime pas ça du tout. Éméché, il échange les cannettes restantes contre des chips, des nachos et du popcorn.
À quoi sert le milieu du film?
On l'a vu, le coup de l'enfant dans un corps d'adulte fonctionne. Enfin, du moins au début. Mais il se répète à l'infini... Ce serait supportable, si toute la deuxième partie du film n'était pas basée dessus.
Malheureusement, Billy, alias Shazam, et Freddy perdent beaucoup trop de temps à découvrir ses superpouvoirs, et le film tourne en rond. Il ne se passe plus rien d'intéressant. Les intrigues introduites dans la première partie passent complètement à la trappe. Qu'est devenue la mère de Billy? Ou le méchant Dr Sivana, qui ne revient que dans la troisième partie?
Bien sûr, découvrir les superpouvoirs de Shazam nous amuse. La première fois qu'il se fait tirer dessus, les deux compères ne s'accordent pas sur ce qui le protège des balles: son corps ou son costume. Ils demandent donc aux méchants de lui tirer en plein visage, et le tout est bien sûr filmé avec un smartphone. C'est d'ailleurs plutôt réaliste, quand on compare cette séquence aux vidéos de chutes et autres «fails» publiées sur YouTube.
Mis à part quelques gags plus ou moins réussis, une heure passe sans que rien ne fasse avancer le schmilblick. Les blagues du genre «Haha, je suis un enfant dans le corps d'un homme» commencent vraiment à s'essouffler. Pire encore, c'est à ce moment que le film tente d'introduire une intrigue secondaire autour de l'infirmière Mary (Grace Fulton), avant de la faire disparaître aussi vite qu'elle est apparue. C'est vraiment du grand m'importe quoi!
Et tout d'un coup, on arrive au combat final entre le Dr Sivana et Shazam. Mais avant ça, une des intrigues principales de la première partie est résolue d'une manière si absurde qu'on se demande vraiment ce qui est passé par la tête du réalisateur. Je ne vous en dirai pas plus pour ne pas vous gâcher l'intrigue.
Une fin intense, malgré des animations médiocres
Le plus gros problème de «Shazam!», c'est quand même son méchant. Le personnage de Mark Strong n'a rien qui le distingue des autres ennemis de superhéros, puisque ces motivations ne sont jamais vraiment illustrées au-delà des cinq premières minutes du film. Il a le même pouvoir que Shazam, mais version «méchant». Ok...et alors? C'est vraiment dommage, parce que l'acteur britannique qui l'incarne a beaucoup de talent.
Et que dire des sept péchés capitaux qui l'accompagnent? Des créatures numériques qui donnent l'impression de n'avoir pas été complètement achevées. Steppenwolf de «Justice League» ou Doomsday de «Batman v Superman», tous deux de DC, m'ont fait le même effet. Ou encore Arès, le dieu de la guerre de «Wonder Woman» et Incubus dans «Suicide Squad».
En fait, il y en a dans chaque film de l'univers étendu de DC.
Je ne comprends pas pourquoi l'entreprise n'a pas encore compris que ces défauts nous gâchent notre plaisir. Mais soit. Si on fait abstraction des démons, les scènes d'action sont très bien faites, et on rit de voir Shazam et Freddy se chamailler comme un vieux couple en pleine bataille.
Détester ce film serait trop facile, mais...
«Shazam!» a tellement de défauts qu'on pourrait le décrire comme le navet ultime de ce début d'année.
Mais, grâce au talent des comédiens qui incarnent Billy, Shazam, Freddy et leur famille d'accueil, il a bien plus de charme que tous les films de DC que j'ai mentionnés. Et j'ai bien ri par moment, entre les nombreux gags plutôt médiocres. D'ailleurs, les piques lancées aux films de superhéros et les clins d'œil à d'autres personnages de DC – surtout Superman – n'ont jamais si bien fonctionné dans l'univers de Zack Snyder. Les auteurs ont eu de bonnes idées... Dommage qu'elles n'aient pas été poussées jusqu'au bout.
Et même si Shazam doit sauver le monde comme dans tout bon film du genre, il veut surtout protéger ceux qui lui sont chers. Et ça, c'est agréable, pour une fois.