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Eduardo Lourenço
Prix Européen de l’Essai Charles Veillon 1988
pour l’ensemble de son œuvre
Eduardo Lourenço est né le 29 mai 1923, dans la province de Guarda au Portugal. En 1940, il commence des études en sciences à l'Université de Coïmbre avant de s'orienter vers les lettres et la philosophie – où il s'intéresse particulièrement à Hegel.
Dès 1945, il débute une carrière d'universitaire, tout d'abord à Coimbra, puis en France, entrecoupée d'enseignements donnés au Brésil et en Allemagne et de séjours en Amérique du Nord et du Sud. Il vient de prendre sa retraite de l'Université de Nice.
Ses premiers livres contiennent des études sur Hegel, Kierkegaard, Camus et l'existentialisme (Heterodoxia I et II, 1949, 1967). Après cela, et bien que ses études gardent toujours une profondeur proprement philosophique, il se consacre surtout à la poésie et publie Sentido e Forma da Poesia Neo-Realista (1968), un essai où il traite de cette école de pensée qui, pendant des décennies, domina la vie culturelle portugaise; il s'attache principalement au grand écrivain Fernando Pessoa et, en 1973, fait paraître un ouvrage décisif pour son interprétation, Pessoa Revisitado que suivra, en 1974, Tempo e Poesia.
La révolution du 25 avril 1974 permet à Lourenço d'aborder de nouveaux domaines, rendus jusqu'à cette époque inaccessibles par la censure. Il s'affirme alors comme analyste politique, commentateur et penseur critique de la mutation de son pays. Il en offre la réflexion la plus cohérente et en même temps la plus passionnée, à tel point que l'on peut dire qu'il aura influencé parfois le cours des événements, en en faisant voir la réalité aux dirigeants politiques qui se sont succédé à la tête du Portugal. Ce travail critique prit d'abord la forme d'articles parus dans la presse, développés plus tard en volumes: O Fascismo Nunca Existiu (1976), O Labirinto da Saudade (1978) – où il dépasse la politique pour aborder des questions d'identité nationale – et O Complexo de Marx Ou O fim do desafio Português (1979) – où il traite l'échec de la révolution des œillets.
La normalisation politique ramena Eduardo Lourenço à l'essai littéraire et esthétique en général, avec un volume d'étude sur la peinture, O Espelho Imaginário (1981) où il médite sur des œuvres du Tintoret, de Klee, Picasso, comme sur celles de Vieira da Silva et d'autres artistes portugais; en 1983, il publie Poesia e Metafisica où il revient sur trois poètes de son pays, Camões, Antero de Quental et Fernando Pessoa, situant ce dernier "... quelque part entre Nietzsche et Samuel Beckett." Par le biais de ces trois poètes, Lourenço s'intéresse à l'identité culturelle du Portugal et rejoint par là sa réflexion politique en la situant dans un cadre plus large. Il publie ainsi, en 1986, Fernando Pessoa, Rei da nossa Baviera et, cette année, Nós e a Europa qui lui vaut le Prix Européen de l'Essai Charles Veillon 1988.
Allocutions, laudatio et conférence du lauréat :
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