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Henri Dunant, un Genevois à la fibre humanitaire.
Henri Dunant est né en 1828 à Genève dans une famille calviniste. Il ne termine pas ses études secondaires, mais entre en apprentissage dans une banque genevoise. Puis, en 1853, il se rend en Algérie et entre au service de la Compagnie genevoise des colonies suisses de Sétif. Il fonde une société coloniale en 1856 mais n’obtient pas toutes les autorisations nécessaires à son exploitation. L’homme, de retour à Genève, tente d’approcher Napoléon III pour lui parler de ses affaires. L’empereur dirige les troupes franco-sardes qui affrontent les Autrichiens dans le nord de l’Italie. Henri Dunant décide donc de le rencontrer sur place. C’est ainsi qu’il prend part au triste spectacle qu’offre la bataille de Solférino.
La bataille de Solférino, point de départ de la Croix-Rouge
Face aux visions d’horreur de la bataille de Solférino, Henri Dunant se montre très touché par les conditions atroces que subissent les soldats blessés. Sensible à leur souffrance, il se porte volontaire pour leur donner les premiers secours, sans se soucier de l’origine des combattants.
Trois ans plus tard, de retour dans sa ville natale, Dunant publie «Un Souvenir de Solférino».Dans ce manifeste, il appelle à la signature d’une convention internationale garantissant la protection des victimes de conflits armés. L’homme, visionnaire, propose également que tous les pays organisent des sociétés de secours qui mettraient à disposition des bénévoles formés pour soigner les blessés de guerre.
Pour mettre ses idées en pratique, Dunant s’appuie sur Gustave Moynier, président de l’une des premières organisations de bienfaisance de Genève: la Société genevoise d’utilité publique. Grâce à cette aide précieuse, le «Comité international et permanent de secours aux militaires blessés en temps de guerre» naîtra en 1863.
Le Mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge aujourd’hui
Depuis sa première mission mondiale en 1864, lors du conflit qui oppose le Danemark, la Prusse et l’Autriche au sujet de deux duchés situés à la frontière dano-allemande, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a affronté bien des épreuves. Si la Première Guerre mondiale permet au CICR d’étendre son action, la Seconde lui coupe presque les vivres. Ce n’est qu’à partir des années 1990 qu’il retrouve un soutien généreux des gouvernements et de la Commission européenne.
Aujourd’hui, le Mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge est composé du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), basé à Genève, de la Fédération internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, dont le siège est également dans notre ville, ainsi que des Sociétés nationales, présentes dans 186 pays.
Pour résumer brièvement leurs activités, le CICR agit en cas de guerre pour protéger les victimes et leur porter assistance, tandis que la Fédération et les Sociétés nationales fournissent de l’aide en temps de paix: catastophes naturelles, intégration sociale, action sanitaire, etc.
Genève, siège de l’humanitaire: un destin tracé?
Dès la fin du Moyen Age, la ville se distingue déjà par un certain cosmopolitisme, notamment grâce aux foires et aux échanges commerciaux. Ces caractéristiques de la ville de Genève s’affirment dès la Réforme et lors du Refuge protestant.
En somme, hormis l’origine genevoise de Henri Dunant et le fait que les fondateurs de la Croix-Rouge organisent les premières conférences à Genève en octobre 1863, le fait que celle-ci soit devenue le siège des actions humanitaires ne semble pas découler du hasard, mais plutôt de son histoire singulièrement marquée par des échanges internationaux de toutes sortes.
Article modifié le 30.11.2017 à 19:11