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Élève à Paris de Charles Gleyre, Bocion s’essaie à la peinture d’histoire à son retour à Lausanne où se déroulera toute sa carrière. Outre La Dispute religieuse de Lausanne (1857, conservée au Musée), qu’il réalise à la suite d’une commande de l’État de Vaud, et La Bataille de Morgarten (1859, Musée d’art et d’histoire de Fribourg), exécutée dans le cadre d’un concours lancé par la Société pour l’avancement des arts de Genève, Bocion peint cette petite toile d’exécution rapide qui illustre un épisode célèbre de l’histoire locale : celui de l’insurrection des Bourla-Papey (du patois « brûle-papiers »).
En 1802, les paysans vaudois s’emparent des titres féodaux de nombreux châteaux et maisons seigneuriales et les détruisent. Les tentes à gauche de la composition indiquent qu’il s’agit probablement du camp des insurgés installé en mai 1802 près de la Venoge. Sur la droite, on voit le groupe des Bourla-Papey, reconnaissables aux guêtres blanches qui leur valurent le surnom de « gamaches » et aux fameux papiers plantés sur leurs armes. Au centre, Bocion représente peut-être les négociations en vue d’aboutir à un accord entre leurs chefs (dont faisait partie Louis Reymond), et Bernhard Friedrich Kuhn, envoyé par le gouvernement helvétique en qualité de commissaire.
Il est difficile de savoir si cette œuvre, qui semble être une étude, était une préparation pour une œuvre plus ambitieuse. En l’état actuel des connaissances, elle n’a pas été exposée du vivant de l’artiste. Présentée aux côtés de La Dispute dans la salle Bocion inaugurée au Musée Arlaud en 1892, elle attire l’attention de la critique, et notamment de Charles Koëlla qui s’exclame que si Bocion « […] a choisi définitivement les voies du paysage, ce n’est pas qu’il n’eut été capable de réussir en un autre genre. »
Bibliographie
Charles Koëlla, Gazette de Lausanne, 16 juin 1892, p. 3.