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M. Christian Bouchet a soutenu le 30 avril 1994, devant l'Université de Paris IV‑Sorbonne, une thèse de doctorat d'État sur Le rêve lucide. (...)
Dans sa présentation orale, M. Bouchet retrace l'historique de sa recherche sur le rêve lucide, qu'il distingue nettement du simple maintien de la conscience de veille durant le sommeil. Tout en rendant hommage à ses devanciers anglo‑saxons, il insiste sur la nouveauté du caractère systématique de son enquête, qui doit mettre en évidence chez les sujets une capacité à faire du rêve lucide à volonté, cette lucidité onirique se présentant du reste selon différentes modalités. Sans vouloir aborder le problème métaphysique du rêve en général, il montre comment on peut aboutir sur cette voie à l'hypothèse d'une pluralité de consciences au sein du même sujet, ce qui n'est pas sans évoquer des thèmes analogues dans la pensée hindoue et sans renouveler la question classique du rapport entre rêve et réalité.
Source (et suite) du texte : svabhinava (rapport sur la soutenance de la thèse de doctorat)
Bibliographie :
- Le rêve lucide, thèse de doctorat, non publiée, 1994
- La révolution transpersonnelle des rêves, avec Marc-Alain Descamps et Pierre Weil, Ed. Trismegiste, 1991.
En ligne :
- Le rêve lucide (thèse de doctorat - sur Svabhinava)
- Cours 1 / Cours 2 / Journaux de rêves (sur le site de Florence Ghibellini)
SOMMAIRE (Thèse de doctorat)
Le "rêve lucide" est un rêve de sommeil au cours duquel le rêveur sait qu'il est en train de rêver. La conscience de son état y est souvent à ce point vive que les chercheurs l'expliquent par l'émergence de la conscience de veille dans le rêve. Le travail ici résumé soutient au contraire que ce type de conscience, la lucidité onirique, diffère radicalement de la conscience de veille. Pour le montrer, il commence par poser les conditions de possibilité de son étude : 1) il retrace le développement de la recherche dans le monde occidental qui n'a réellement démarré qu'avec l'étude des états de conscience dits "modifiés" ; 2) il s'efforce ensuite, à travers l'analyse de récits de rêves lucides, de donner une définition opératoire afin de comprendre ce que la communauté des chercheurs étudie sous ce terme alors même qu'ils ne s'accordent pas sur ses caractéristiques ; 3) il analyse les méthodes d'induction de la lucidité onirique pour en dégager les critères essentiels ; 4) et il détermine les facteurs qui permettent d'ouvrir un champ à l'expérimentation. Ces conditions posées, il examine ce que l'expérimentation systématique nous apprend sur le rêve lucide aussi bien sur sa qualité onirique qu'en tant que phénomène culturel ou dans son approche scientifique, qu'elle soit psychanalytique, différentielle ou psychophysiologique (étude en laboratoire). Il devient alors possible de mettre en évidence les implications théoriques de l'étude du rêve lucide 1) en montrant les limites des modèles explicatifs habituels (psychophysiologiques et psychologiques) et 2) en adoptant une approche critique qui permet de caractériser la lucidité comme hétérogène à la conscience de veille et de poser une hypothèse nouvelle (celle d'un substrat conscientiel) pour rendre compte de l'existence de ce phénomène et des difficultés théoriques qu'il entraîne.
Table des matières :
INTRODUCTION GÉNÉRALE
Chapitre 1 : De l'être du rêve à la conscience de rêver
PREMIÈRE PARTIE :
CONDITIONS DE POSSIBILITÉ DE L'ÉTUDE DU RÊVE LUCIDE
Chapitre 2 : Développement de la recherche sur le rêve lucide dans le monde occidental
Chapitre 3 : Rêves lucides et rêves associés : définition et description
Chapitre 4 : L'induction de la lucidité onirique
Chapitre 5 : Expériences et expérimentations
DEUXIÈME PARTIE :
L'EXPLORATION DE L'UNIVERS DU RÊVE A L'AIDE DE LA LUCIDITÉ ONIRIQUE
Chapitre 6 : Le rêve lucide à travers le rêve
Chapitre 7 : Le rêve lucide comme phénomène culturel
Chapitre 8 : L'approche scientifique du rêve lucide
TROISIÈME PARTIE :
LES IMPLICATIONS THÉORIQUES DE L'ÉTUDE DU RÊVE LUCIDE
Chapitre 9 : Les modèles explicatifs du rêve lucide
Chapitre 10 : Approche critique des conceptions de la lucidité onirique
CONCLUSION GÉNÉRALE
Chapitre 11 : Conclusion Générale
Chapitre 12 : Bibliographie
Source (et suite) du texte : Svabhinava
* * *Cours no 1 sur l'apprentissage du rêve lucide (extrait) :
1. Pour se souvenir de ses rêves lucides, encore faut-il SE SOUVENIR DE SES REVES, tout simplement. On peut en effet appliquer avec succès des méthodes d'induction mais ne rien conserver en mémoire de sa réussite. Or, une bonne remémoration présente un autre intérêt : elle permet, lorsqu'elle est bien menée, de devenir lucide en rêve sans autre technique. Cela suppose un entraînement un peu plus poussé que celui qui consiste à se suggestionner le soir avant de s'endormir et à noter ses rêves chaque matin au réveil.
2. OBTENIR DES REVES CLAIRS c'est-à-dire lumineux, précis, riches, détaillés, est déjà une bonne indication que l'on est sur le chemin de la lucidité. Poursuivre ce seul but de façon persévérante, et avec les techniques appropriées, mène au rêve lucide.
3. On peut aussi chercher un ACCES DIRECT A L'ETAT DE LUCIDITE. C'est ce que la plupart des chercheurs se sont attachés à développer. J'ai moi-même mis au point une quinzaine de méthodes qui ont chacune leur efficacité. Mais, répétons-le, ce qui importe réellement, c'est la condition conscientielle qui rend ces méthodes efficaces.
4. Parvenir à la lucidité est sans nul doute gratifiant, mais si l'état ne doit se maintenir que quelques minutes, voire quelques secondes, le rapport effort/résultat risque de s'avérer disproportionné. Il faut donc apprendre à MAINTENIR UN EQUILIBRE pour ne pas se réveillerä ou ne pas retomber dans le rêve ordinaire, c'est-à-dire non lucide.
Vous voilà dans le monde du rêve lucide. L'exploration onirique s'offre à vous. Mais que faire, et dans quel ordre ?
5. Tout d'abord MAITRISER LE CORPS DE REVE, l'utiliser aussi bien pour accomplir des actes " normaux " que plus originaux tels que s'envoler dans les airs, prendre des formes inusitées ou, pourquoi pas, se couper en morceaux (expérience réellement tentée en rêve par un de mes sujets) ou provoquer des rêves de sortie hors du corps.
6. La maîtrise du corps onirique est en fait une première étape dans l'utilisation de la volonté onirique qui, contrairement à ce que croient certains, N'EST PAS la volonté de la vie de veille, même s'il lui arrive de la recouper. Il est donc nécessaire de l'exercer et de développer corrélativement LES QUALITES DE CONCENTRATION, DE REFLEXION ET DE MEMOIRE. Rappelez-vous que si ces facultés restent, du point de vue onirique, à l'état embryonnaire, elles risquent de vous faire défaut au milieu d'une expérience onirique intéressante.
7. Une fois que ces capacités auront atteint, dans le rêve, un niveau équivalent à ce qu'elles sont déjà dans la vie de veille, il vous sera loisible de DIALOGUER AVEC LE REVE et, en cas de problèmes psychologiques, d'obtenir que soit modifié ce qui doit l'être .
8. Vous pourrez également participer à l'élaboration du décor onirique c'est-à-dire CREER OU MODIFIER DES ELEMENTS DU REVE.
9. Il sera alors temps de franchir un nouveau pallier, celui de la CONSCIENCE ATTENTIVE en rêve lucide.
10. Ce développement, à son tour, vous ouvrira de nouvelles portes, notamment celle d'un mode de connaissance intuitive qu'on peut appeler " COMPREHENSION MULTIDIMENSIONNELLE ", faute de vocabulaire adéquat.
11. Vous pourrez ensuite DÉCONSTRUIRE LES CERTITUDES les plus solides (l'espace, le temps, la mortä) comme s'il s'agissait de simples croyances - ce que, en fin de compte, elles s'avèrent être.
12. A partir de là, la conscience peut se lancer dans l'exploration de zones de la réalité qui habituellement lui échappent. Les facultés du rêveurs peuvent s'étendre jusqu'à lui faire connaître des RÊVES PARTAGÉS ou bien sa conscience onirique peut connaître un développement tel qu'elle vit des RÊVES SIMULTANÉS ou même qu'elle dépasse le cadre du rêve.
Bien entendu, votre progression individuelle ne sera probablement ni aussi rigoureuse, ni aussi ordonnée. La présentation proposée ici ne visait qu'à vous donner une idée d'ensemble de ce qui, grosso modo, correspond à un parcours " normal " (...)
Source (et suite) du texte : Florence Ghibellini