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La « question sociale », qui désigne des phénomènes tels que les inégalités sociales, la marginalisation et l’exclusion, fait partie de la pensée classique en sociologie. Dans la sociologie de la société industrielle, elle a d’abord été traitée comme un phénomène de classe qui s’est développé à travers les théories de stratification et des styles de vie, vers la « misère du monde » – la souffrance quotidienne dans le monde post-industriel. La question sociale occupe quasiment l’ensemble des courants de la pensée sociologique : dans une approche diachronique, ces ancrages théoriques diversifiés se présentent comme une conséquence fructueuse d’une extension constante du savoir sociologique. La réflexion sociologique sur la question sociale se différencie aujourd’hui également de manière synchronique : tandis qu’en France on la traite à l’aide de notions telles que « inclusion » et « exclusion », l’espace anglo-saxon lui préfère le concept « d’underclass ». En Allemagne, suite aux débats autour de la déstructuration des phénomènes de pauvreté et du chômage vs leur consolidation, émergent des notions comme celles de « situations de vie » marquées par la pauvreté et le chômage, de « surnuméraires » ou de « superflu-e-s » du capitalisme globalisé. Au-delà des colorations nationales, ces différentes perspectives de partagent des questions classiques de la sociologie : quels acteurs marquent l’ordre social et quels effets leurs pratiques ont-elles pour les différents groupes sociaux ? Comment des arrangements sociaux sont-ils légitimés et imposés ? Sous quelles conditions des aspects de l’ordre social spécifiques sont-ils construits comme des « problèmes » par le public, la politique ou la science ? Les pratiques et les interprétations inspirées par les politiques sociales peuvent ainsi devenir objet de description, d’analyse et de théorisation. Partant de cet ancrage sociologique, le comité de recherche « problèmes sociaux » souhaite promouvoir et thématiser la recherche concernant la genèse, la forme et le traitement des problèmes sociaux, aussi bien au niveau théorique et empirique que méthodologique. Dans cette perspective, le comité organise chaque année un séminaire ou workshop et participe aux congrès nationaux de la Société Suisse de Sociologie. Le comité entretient également des collaborations avec des partenaires ayant des intérêts scientifiques comparables en Suisse et à l’étranger (ISA, ESA, DGS, AISLF, ÖGS, etc.).
Mots-clés : Etat providence, politiques sociales, problèmes sociaux, travail social, déviance, inégalité sociale, intégration et exclusion, marginalisation, pauvreté.