Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07014.jsonl.gz/711

Cartigny château
Un château qui passe des mains d’un colonel à celles d’un joaillier
Le colonel Charles Pictet et son épouse Marie née Dunant, achètent le château de Cartigny en 1757. Lui est membre d'une famille originaire de Neydens (Haute Savoie) ayant acquis la bourgeoisie de Genève en 1474 déjà et dont les membres sont souvent magistrats, militaires, savants, ou encore banquiers (voir Région transfrontalière de Neydens).
C'est là que leurs enfants grandissent. Les plus illustres sont peut-être Marc-Auguste, né en 1752, qui après des études d'avocat, se lie d'amitié et collabore avec le savant Horace-Bénédict de Saussure (voir Horace-Bénédict de Saussure), étudie puis enseigne pendant 30 ans la physique et la chimie à l'Académie (voir Université/Académie…) tout en dirigeant l'Observatoire de Genève (voir Observatoire de Genève).
Charles, né en 1755, qui s'engage d'abord dans un régiment suisse au service du roi de France avant de revenir à Genève 10 ans plus tard, pour épouser Adelaïde-Sara de Rochemont et se lancer dans une carrière politique puis élire domicile à Lancy pour y exercer sa passion: l'agriculture. Toutefois l'histoire retiendra surtout son rôle de diplomate (voir Château de Lancy).
Puis, en 1803, le château passe en mains des Duval, famille huguenote arrivée de Rouen à Genève au milieu du XVIème siècle, active dans le mécénat, la diplomatie, ou encore le service à l'Etat.
Louis-David ancêtre des Duval de Cartigny débute une carrière commerciale à Londres, puis part pour St Pétersbourg où il s’adonne avec succès au commerce de pierres précieuses.
Avant de s'installer à Cartigny, Jacob, comme son père Louis, a été joaillier à la Cour de Russie. Il fait rénover la maison et une somptueuse fête villageoise avec feux d’artifice marque la fin des travaux. Il s'engage avec générosité dans la vie du village, soucieux notamment de la scolarisation des enfants. On peut d'ailleurs encore voir, à la rue du Temple, la petite école qui porte le nom de "classe Duval". Son accession au Conseil Municipal marque le début du "règne" des Duval à Cartigny.
Son frère François, collectionneur d'art, lui succède alors comme joaillier de la couronne, à Saint-Pétersbourg dont il est par ailleurs consul de Suisse, puis il revient à Genève quelques années plus tard présider la Société des Arts (voir Palais Eynard) et s'engager dans le mécénat.
Développement historique
Deux familles aux généalogies peu ordinaires sont donc passées par là....
En 2007, la famille Pictet, consciente de l'intérêt que la biographie de ses membres pouvait susciter, a constitué une Fondation dont le but est de "rassembler, inventorier et mettre en valeur les documents et objets intéressant l'histoire de la famille Pictet, tels qu'archives, livres, portraits, dessins, photographies etc.; de mettre ces documents et objets à la disposition de tiers en vue de recherches historiques et d'expositions permanentes ou temporaires, et de stimuler et soutenir en général la recherche historique touchant la famille Pictet, notamment par des publications" (cf coordonnée ci-après).
Quant à la généalogie de la non moins grande famille Duval, elle impressionne aussi les personnes qui s'y hasardent, tant ses membres sont nombreux (plusieurs branches, chacune avec plusieurs rameaux de par le monde) et souvent gratifiés du même prénom, ce qui ne facilite pas le travail des chercheurs !
Voici quelques-uns des domaines dans lesquels les Duval de Cartigny ont laissé une trace: la joaillerie certes, mais aussi les hautes fonctions publiques, la diplomatie, le professorat (droit, sciences, arts, histoire), la médecine y.c. la création de l'hôpital des enfants à Genève, la peinture, le mécénat.
Depuis son installation à Cartigny, la famille Duval s’est alliée à la famille Dunant dont Henry restera le plus illustre des fondateurs de la Croix-Rouge (voir CICR) ou encore à la famille Martin dont Charles, pasteur aura lui-même ...... 10 enfants !
Jacques, l’aîné de cette impressionnante fratrie, épousera une fille de Gustave Ador (voir Palais Wilson) alors que Frank, le plus jeune, sera un compositeur de renommée internationale.
A la génération suivante, Raynald, pasteur comme son grand-père paternel, sera le co-fondateur du Centre social protestant et de la Main tendue à Genève.
Citons aussi Maurice, descendant d'une autre branche, qui sera un mécène et pionnier de l'industrie automobile à Genève ou encore Etienne, l'artiste peintre.
N.B. Depuis 1933, le " château" de Cartigny abrite l’Association l'Ange de l'Eternel.
A Cartigny, en 1536, l'ancien sanctuaire médiéval devient un temple.... dans lequel la messe sera célébrée en 1944
... Comme le nombre des fidèles augmente avec le temps, le temple est transformé et agrandi en 1772 dans le style caractéristique des temples protestants du XVIIIe siècle. On réserve alors le sous-sol pour y enfermer les vagabonds et les gens surpris dans les rues à l'heure du culte!
En août 1944, les réfugiés qui arrivent dans la région viennent de la Haute Savoie voisine et ne sont pas réformés comme ceux du passé. Ils sont hébergés dans tous les sanctuaires de la Champagne et la messe est célébrée dans le temple de Cartigny...
Cette première ouverture à l’œcuménisme en Champagne a été suivie de beaucoup d’autres exemples à partir de la deuxième moitié du XXe siècle. Pendant quelques années, la communauté catholique a pu assister à la messe célébrée par le curé d’Avusy dans la salle de la paroisse protestante, puis dans le temple d’Avully (voir Avully temple). Des rendez-vous œcuméniques, devenus traditionnels, ont lieu maintenant en Champagne depuis de nombreuses années, à tour de rôle dans les locaux paroissiaux catholiques ou protestants.
(Sources et ouvrages consultés : Archives de la famille Pictet - Papiers de la famille Duval, BGE - Cartigny 1815-2015, Groupe de recherches historiques de Cartigny - La Famille Duval Jean Martin, 1954 - Paroisses de la Champagne, Claire Gilliéron, 2005 - Histoire et traditions de Cartigny, Jean Martin, 1946)
A decouvrir egalement
Liens
Bibliographie
- Mon village (Cartigny), Philippe Monnier 1909
- La famille Duval, Jean Martin imprimerie Genève, 1954
Les présentes informations sont communiquées sous toute réserve, au plus près des connaissances et recherches de la rédactrice. L'Association décline toute responsabilité en cas d’erreur ou omission .