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La Harvard Medical School propose à ses étudiants des années précliniques une approche originale de la maladie et de la mort. Devenu «une particularité appréciée du curriculum» selon ses responsables, suivi par 20 à 30% des étudiants, le cours «Vivre avec une maladie menaçant l'existence» (Living with a life-threatening disease) a ceci de particulier qu'il met en relation les étudiants avec des patients en fin de vie, ceux-ci acceptant de jouer le rôle d'enseignants.Dix ans après le lancement de l'expérience, ses instigateurs Susan Block et Andrew Billings, codirecteurs du Centre de soins palliatifs de la Harvard Medical School, font un plaidoyer convaincu pour ce type d'approche (N Engl J Med 2005; 353:1313-5).Après un travail d'introduction, les étudiants mènent pendant quatre mois une série d'entretiens en tête-à-tête avec un patient en fin de vie, souvent à son domicile. Les étudiants partagent leurs expériences à l'occasion de réunions hebdomadaires en petits groupes, avec des membres du corps enseignant. Le cours comprend également des discussions communes sur des thèmes théoriques, des lectures, des exercices d'entretien.A propos des étudiants, les auteurs écrivent en substance : «Leur tendance à fuir la tristesse, le désespoir et le sentiment d'impuissance qu'ils avaient associés aux personnes en fin de vie fait place à un sens de l'approchabilité du mourant, (...) à la conviction qu'il est possible de faire du bon travail dans de telles circonstances». Ils «commencent à comprendre comment ils peuvent être des soignants, même confrontés à une maladie terminale».L'expérience est marquante. La relation des étudiants avec les patients qu'ils rencontrent est souvent très forte. Des décès surviennent durant l'année. Les étudiants semblent bien vivre ce cours, si l'on en croit son succès ou le témoignage reconnaissant de l'un d'eux. Un regret : Susan Block et Andrew Billings ne disent rien dans leur article sur la façon dont les patients volontaires vivent ces étonnantes rencontres.