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Le volume de la production de pétrole de l’Arabie saoudite a été fortement impacté, mais les ramifications politiques sont encore plus importantes.
Les attaques de drones perpétrées contre les installations saoudiennes d'Aramco par les rebelles Houthi ce week-end ont fait grimper en flèche le cours du pétrole. Alors que ce dernier avait eu tendance à baisser ces trois derniers mois, un changement brutal est intervenu ce matin et les cours ont bondi de plus de 20%, avant de reculer et afficher une hausse de 10% au moment de la rédaction de ce commentaire.
Les premières estimations des dégâts indiquent que la suspension de la production pourrait porter sur quelque 5,7 millions de barils, ce qui représente plus de la moitié de la production de l'Arabie saoudite ou près de 5% de l'offre mondiale. Le ministre saoudien de l'énergie, le prince Abdoulaziz ben Salman, qui occupe ce poste depuis un peu plus d'une semaine, a déclaré que, suite à l’attaque de ce week end, 50% de la production de gaz avait également été interrompue.
La production est certes directement impactée, mais les implications politiques de cette attaque sont encore plus importantes. Les rebelles houthistes, faction yéménite sont soutenus par l'Iran. La guerre saoudienne au Yémen (Houthi) qui sévit depuis 2015 et qui est généralement considérée comme une guerre par procuration entre l'Arabie saoudite et l'Iran, pourrait se transformer en guerre ouverte avec l'Iran. Jusqu’à présent, l'Iran a fait montre d’une attitude belliciste indirecte, en organisant des attaques contre les navires se déplaçant dans ou autour du détroit d'Ormuz (la voie de transit pétrolier la plus importante au monde) en mai et juin 2019 derniers.
L'absence relative de nouvelles à ce propos avait amené le marché à croire que l’on assistait à une désescalade des conflits dans la région. Ce n'est que la semaine dernière que les cours du pétrole ont chuté de plus de 2% en une seule journée, lorsque le président Trump a congédié son conseiller à la sécurité nationale, John Bolton, réputé pour son attitude intransigeante vis-à-vis de l’Iran. Mais il est devenu éminemment clair que les événements de ces derniers jours vont à l'encontre de la thèse de la désescalade. La prime géopolitique sur le pétrole augmentera au fur et à mesure que le risque d'une intervention militaire dans la région s’accroîtra.