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« PEU FAROUCHE ET TRÈS CURIEUSE, L’HERMINE EST UN DES MAMMIFÈRES QU’ON TROUVE LE PLUS SANS LE CHERCHER (CE QUI NE VEUT PAS DIRE QU’ON LA TROUVE SI ON LA CHERCHE!) »
Robert Hainard (1906-1999)
Carte d'identité
de l'Hermine (mustela erminea)
Classification: petit mammifère carnivore de la famille des mustélidés.
Habitat: L'hermine vit essentiellement en zone de montagne au-dessus de 1 000 mètres en altitude. On la rencontre également fréquemment dans les pâturages boisés du Jura. Elle apprécie particulièrement les murs de pierre sèche qui lui offre un refuge et un moyen de déplacement sécurisé.
Dimensions: tête + corps: 22-32cm; queue: 8-12cm. Pas de dimorphisme sexuel.
Poids: 90 à 300 grammes. Les hermines vivant en montagne sont habituellement plus petites et plus légères que leurs congénères du Jura.
Reproduction: Le rut s'étend entre avril et juin. Comme chez la plupart des mustélidés, l'hermine présente une ovo-implantation différée. Le développement de l'embryon s'interrompt pour reprendre 9-10 mois plus tard. La naissance des jeunes survient l'année qui suit la fécondation, entre mars et mai, dans un terrier de rongeur abandonné. Les portées sont de trois à sept petits selon l'offre alimentaire. A la naissance, ils pèsent environ 3 grammes, sont nus et aveugles. Les jeunes seront allaités durant 6 semaines et s'émanciperont à l'âge de 2 mois 1/2.
Mode de vie
de l'Hermine (mustela erminea)
Plutôt solitaire et territoriale face à ses semblables, il est rare d'observer plusieurs hermines ensemble à l'exception de la période du rut au printemps ou une femelle en compagnie de ses jeunes non-émancipés.
Bien qu'elle ressemble fortement à sa cousine la belette, l'hermine se distingue par une taille légèrement plus grande et surtout par un pinceau noir qui termine sa queue.
Le régime alimentaire de l'hermine est essentiellement composé de campagnols terrestres. Son profil fusiforme lui permet d'aller les traquer jusqu'au fin fond de leurs galeries. Contrairement à la croyance populaire, l'hermine ne suce pas le sang de ses victimes. Après les avoir tué d'une morsure à la nuque, elle transportera sa proie au fond de son gîte pour la manger ou la stocker. En période de disette, elle peut se rabattre sur des passereaux, des lézards ou des grenouilles.
Au début de l'hiver, l'hermine opère une mue spectaculaire. Elle abandonne sa robe d'été châtain sur le dos et les flanc et blanc-crême sur le ventre pour revêtir un manteau blanc immaculé à l'exception du bout de sa queue et d'une toute petite tâche devant l'oeil. Elle abandonnera sa robe blanche au printemps. Le phénomène biologique qui régit ces mues n'est pas encore entièrement élucidé. Il semblerait cependant que la durée du jour et dans une certaine mesure les températures jouent un rôle.
Observer et photographier
l'Hermine (mustela erminea)
OBSERVER: L'hermine est un animal malicieux avec lequel il est fort difficile de prendre rendez-vous. Le printemps est sans doutes la meilleure période pour l'observer. Elle semble plus active le matin que l'après-midi. Une fois la belle des champs trouvée, c'est elle qui décidera de se laisser admirer ou non. Certaines hermines, très craintives, fuiront à la vue de l'homme alors que d'autre vous ignoreront royalement.
PHOTOGRAPHIER: Un téléobjectif de moyenne à longue portée est utile pour immortaliser l'hermine. Un trépied avec une tête pendulaire permet de suivre plus facilement la flèche des champs. Un autofocus performant et une vitesse d'obturation élevée (min 1/1000s) sont indispensables pour espérer des images réussies. Pour plus d'esthétique et éviter l'effet de plongée, des prises de vue au ras du sol sont conseillées.
PROTEGER: L'hermine est une auxiliaire agricole efficace mais méconnue dans l'élimination des rongeurs qui attaquent les cultures. Malheureusement, elle est régulièrement une victime collatérale des pesticides ou autres piégeages visant les campagnols.