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Austroalpin - couverture
La nappe de la Dent-Blanche ne porte qu'une couverture très restreinte localisée sur deux modestes sommets dominant Arolla: le Petit et le Grand-Mont-Dolin. Collée sur son socle, cette couverture est donc autochtone. Elle débute par un Trias peu profond (quartzites et calcaires à tendance évapotitique) et se poursuit par des calcaires liasiques nettement plus marins. Au Jurassique moyen débutent des brèches très grossières dont l'âge exact n'est pas connu.
Ces formations suggèrent la présence d'un bassin marin limité, bordé d'escarpement dont les débris tombaient dans la mer. On retrouve donc les mêmes caractéristiques que dans certains bassins de la partie méridionale de l'Europe (bassin de la nappe de la Brèche). Rien de plus normal: au Jurassique, âge probable de ces sédiments, les continents européen et africain étaient encore mal séparés et les mouvements de tension se traduisaient par la naissance de ces bassins, en attendant que l'un d'eux veuille bien consommer la rupture et permettre l'ouverture de l'océan.
Le problème de la couverture austroalpine n'est pas épuisé avec la description des Dolins: de la couverture austroalpine se trouve dans les Préalpes. Sur la coupe des Préalpes cette couverture porte le nom de nappes préalpines supérieures (flysch).
De quoi s'agit-il? Une fois encore du même phénomène, décrit pour une première fois à propos de la mise en place de l'Ultrahelvétique sur l'Helvétique. Ici, dans une première phase de déformation, une couverture austroalpine est venue glisser dans le bassin pennique des futures nappes des Préalpes (Médianes et Brèche). Lorsque, plus tard, la couverture pennique migra pour aller former les Préalpes, elle entraîna avec elle la couverture austroalpine. C'est la couverture qui a accompli le plus grand voyage. Elle semble avoir été très épaisse car ses débris constituent la plus grande partie du sédiment molassique. D'où provienait-elle? On l'ignore, mais très probablement d'un bassin plus méridional que la Dent-Blanche.
Les cartes géologiques figurent cette nappe sous le nom de nappe de la Simme car elle affleure bien dans la vallée de la Simme. Dire qu'elle affleure bien est exagéré car les flysch dont elle est constituée s'altèrent très rapidement et ne sont guère observables que le long des talus de route et encore à condition qu'ils ne soient pas trop anciens!
Bibliographie
- Marcel Burri, Les roches, Martigny, 1994'
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