Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07287.jsonl.gz/559

Transplantation pulmonaire de patients avec COVID sévère
Jean-François Balavoine
Rev Med Suisse
2406-2407
Cette étude s’intéresse à la problématique des patients atteints de pneumonies liées au SARS-CoV-2 présentant une insuffisance respiratoire d’allure irréversible malgré des traitements les plus agressifs. Cette situation, sans greffe, reste associée à une mortalité élevée oscillant selon les séries entre 20 et 40 % de décès. La transplantation pulmonaire peut potentiellement être un traitement salvateur pour les patients souffrant d’insuffisance respiratoire non résolutive associée au Covid-19. Il existe plusieurs facteurs qui pourraient limiter cette approche. Par exemple, on peut craindre la récidive de l’infection par le SARS-CoV-2 dans l’allogreffe. De plus, les défis techniques sont multiples et reliés au fait qu’une lésion virale du poumon natif puisse potentiellement infecter l’allogreffe. Et surtout, le poumon d’origine pourrait récupérer, ce qui entraînerait des résultats à long terme préférables à ceux de la greffe. Cette étude rapporte les résultats de la transplantation pulmonaire chez trois patients (28, 43 et 62 ans) atteints d’insuffisance respiratoire non résolutive associée au Covid-19, ainsi que les investigations virologiques pratiquées. Les mêmes recherches virologiques ont été effectuées chez deux autres patients décédés du SARS-CoV-2. Les poumons de ces cinq patients atteints d’une maladie Covid-19 prolongée étaient exempts de SARS-CoV-2 tel que détecté par smFISH, mais la pathologie a montré de nombreuses preuves de blessure et de fibrose qui ressemblaient à une fibrose pulmonaire en phase terminale. À l’aide de l’apprentissage automatique, une comparaison a été faite entre les données de séquençage de l’ARN monocellulaire des poumons de patients atteints de Covid-19 à un stade avancé à celles des poumons de patients atteints de fibrose pulmonaire. Des similitudes ont été identifiées dans l’expression des gènes entre les lignées cellulaires. Ces résultats suggèrent que certains patients atteints de Covid-19 sévère développent une maladie pulmonaire fibrotique pour laquelle la transplantation pulmonaire est la seule option de survie.
Commentaire: Les investigations pratiquées chez ces patients au parcours extrêmement sévère sont très évocatrices d’une atteinte fibrotique extensive et probablement irréversible. Dans de telles situations, on peut comprendre le choix de la greffe, malgré les restrictions décrites. Ce qui peut se révéler inquiétant c’est que ce qui est décrit dans cet article ne soit que la pointe de l’iceberg et qu’au cours du temps vont apparaître des lésions fibrotiques cicatricielles chez un certain nombre de patients moins atteints mais qui dans les suites de leur épisode pneumonique pourraient souffrir de fibrose pulmonaire.
La sécurité des AINS, corticoïdes et antihypertenseurs agissant sur le système rénine-angiotensine lors d’infection à COVID-19 est mise en question. Les AINS pourraient interférer avec le processus de défense face à une infection virale ; ils sont donc plutôt à éviter. Les corticoïdes systémiques n’ont pas montré de bénéfice lors d’infections virales, y compris à d’autres coronavirus ; ils sont à éviter, sauf si prescrits pour une autre indication.
Les patients atteints de maladies autoimmunes (MAI) présentent classiquement un risque accru d’infections, qui est attribué à la maladie en tant que telle, mais aussi aux traitements immunosuppresseurs (IS) et aux comorbidités. Durant l’épidémie COVID-19, l’attitude à adopter par rapport à ces maladies et à leur traitement reste incertaine.