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Présentation générale
Le fonds Jean Derbès conservé aux Archives musicales de la Bibliothèque cantonale et universitaire – Lausanne reflète la grande richesse et diversité de l’oeuvre du compositeur comprenant notamment des partitions autographes – dont beaucoup de pièces orchestrales -, ainsi que des matériels d’orchestre. Une partie de ces matériels se trouve également à la Bibliothèque musicale de la ville de Genève. La grande majorité des œuvres de Jean Derbès ont été enregistrées à la Radio Suisse Romande. Le traitement des bandes magnétiques est actuellement en cours à la Phonothèque Nationale Suisse (Lugano).
Extrait de Manu-Tara
Jean Derbès (1937-1982)
Né à Aix-les-Bains le 19 mai 1937, Jean Derbès est un pianiste et compositeur genevois d’adoption. Il débute le piano au Conservatoire de Lyon et poursuit ses études auprès de Madeleine Lipatti et Nikita Magaloff à Genève, classe où il reçoit un premier prix de virtuosité en 1955.
Il part ensuite pour Paris où il se perfectionne auprès d’Yvonne Loriod (piano) et suit les cours de composition de Tony Aubin, élève de Paul Dukas, et de Noël Gallon. Il se rend enfin à plusieurs reprises à Darmstadt en Allemagne, où il fréquente des compositeurs d’avant-garde tels que Maderna, Leibowitz ou Boulez, rencontres qui suscitent chez Derbès un intérêt croissant pour la création musicale contemporaine.
Il suit alors une carrière de pianiste classique et de jazz avec l’obtention d’un deuxième prix de piano au Concours international d’exécution musicale à Genève et du Prix Dinu Lipatti en 1961.
En 1959, Derbès crée avec Jacques Guyonnet le Studio de musique contemporaine de Genève, ainsi que le Centre de recherches sonores. Il s’y installe au début des années 1960 et épouse la cantatrice neuchâteloise Arlette Chédel, qui lui inspirera de nombreuses partitions et qui crée la majorité de ses œuvres vocales. Fort de ses premiers succès, il gagne en 1968 un premier prix au Concours international de musique de ballet de Genève avec son œuvre Manu-Tara. Suite à ce succès, Derbès abandonne progressivement le piano afin de se consacrer entièrement à la composition. Il donne alors libre cours à sa passion pour les recherches sonores et la musique expérimentale dans des compositions telles que Sept mélodies (1967), une mise en musique très sombre de sept poèmes de Charles Baudelaire, Inferno interno (1969) pour bande magnétique et ensemble instrumental, et des œuvres pour grand orchestre comme Le Chant d’amour et de mort (1968) sur un poème de Bernard Falciola, Genèse (1969), et Théorêma (1982), inspiré par le film éponyme de Piero Pasolini. Toute son œuvre est empreinte d’interrogations métaphysiques sur la question de la vie et de la mort.
Jean Derbès décède le 14 mai 1982 à l’âge de 45 ans. Un fonds Jean Derbès est créé en 1987 aux Archives musicales de la Bibliothèque cantonale et universitaire – Lausanne à l’initiative d’Arlette Derbès-Chédel.
Extrait de « Toccata », Sonatine pour piano
Page créée par Susanne Kaufmann et Verena Monnier, janvier 2017.