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Vouloir définir précisément le rire est une tâche compliquée tant le terme est complexe. Le rire comprend des dimensions multiples (physiques, neurologiques, sociales et culturelles) et son côté inattendu et non programmé en font sa richesse et sa force. Le rire est une manifestation, généralement spontanée et sonore, associée à une gaieté soudaine mais parfois aussi à d’autres émotions. C’est une réponse physique et réflexe, entraînant de petites expirations saccadées qui dépendent de contractions des muscles de la face. Il s’accompagne d’une vocalisation, provoquée par des mouvements d’inspiration et d’expiration du diaphragme. De nombreux muscles de la face, du cou et du tronc peuvent être sollicités. Le rire peut être provoqué par une situation cocasse involontaire, différentes formes d’humour, un stimulus physique (des chatouilles par exemple), une situation nerveusement éprouvante (on parle alors de rire jaune ou de rire nerveux) ou encore par la moquerie envers quelqu’un. Le rire peut être silencieux et discret, ou, au contraire, bruyant et incontrôlable (fou rire) et ainsi conduire à un travail important d’un grand nombre de muscles (abdominaux en particulier). Le fou rire a la propriété de s’auto-entretenir et de pouvoir être contagieux. Selon cette définition, le rire serait donc une réponse émotionnelle à une stimulation. C’est une réaction extérieure qui, comme nous allons le voir, évolue et se modifie au fil du développement de l’enfant. A la naissance, l’enfant sourit pendant son sommeil, on dit qu’«il sourit aux anges». Il s’agit d’un sourire involontaire, purement physiologique. Vers deux semaines, le sourire peut survenir lors d’une stimulation extérieure, comme une petite caresse sur la joue. Vers six semaines environ, on voit apparaître le sourire social: l’enfant sourit aux personnes qui s’occupent de lui, lorsqu’il les entend parler ou qu’il les voit. Ses sourires deviennent plus fréquents.
Vers deux mois, grâce au développement de son acuité visuelle, le bébé sourit à la vue de visages connus et en réponse à un sourire. Les premiers éclats de rire d’un enfant apparaissent autour du quatrième mois, notamment lorsqu’on lui fait des chatouilles. Dès six mois, l’enfant rit face à des situations inattendues, comme par exemple lorsque son papa fait des sons inhabituels pour l’amuser ou lorsqu’il joue au jeu du «coucou» avec sa maman.
Les fonctions du rire
Selon plusieurs études, le rire serait source de nombreux bienfaits tant au niveau physiologique, psychologique que relationnel. Chez l’enfant, il serait un antidote au stress, il réduirait l’anxiété, les états dépressifs, les troubles du sommeil, il renforcerait le système immunitaire et serait même un antidouleur très puissant.
D’un point de vue psychologique, le rire permet de considérer les situations et les émotions ressenties dans une perspective différente qui provoque une prise de recul naturelle:
• il permet de dédramatiser, de relativiser et d’exprimer des émotions;
• le rire peut aussi jouer un rôle de protection quand on n’arrive pas à exprimer certaines émotions: on peut rire de gêne, de nervosité, de tristesse ou de colère;
• le rire peut avoir une fonction cathartique, libératrice lorsqu’il permet de décompresser, de lâcher prise avec la réalité;
• le rire peut être un bouclier contre l’angoisse; le mécanisme physique provoqué par le rire permet d’évacuer les tensions engendrées par l’angoisse;
• lorsque le rire naît de la moquerie ou de la raillerie, il s’agit certes d’agressivité, mais celleci s’exprime sous une forme qui ne porte pas à des conséquences(trop) dramatiques.
Le rire a un fort rôle social et il est un vecteur de liens. Le proverbe bien connu «Plus on est de fous plus on rit» ancre le rire dans une nécessité de partage et de communication. Il est rassembleur, particulièrement chez les enfants, notamment par son caractère contagieux.
Rire au quotidien
Ainsi, un enfant sourit dès ses premières semaines et rit déjà au cours de ses premiers mois de vie. Au fur et à mesure qu’il grandit, c’est grâce aux réactions des adultes qui l’entourent qu’il apprend à estimer si une situation est drôle ou ne l’est pas. Aux adultes donc de guider l’enfant dans son apprentissage de l’humour et du rôle du rire dans les relations avec autrui. Au fil de son développement, l’enfant prendra conscience par lui-même de l’importance, des bienfaits et des avantages du rire au quotidien, que ce soit simplement par bonne humeur et pour s’amuser ou en cas de tristesse ambiante, de coup de cafard, de larmes, de colère… Le rire reste un outil précieux pour apaiser bien des situations. Rien de tel lors d’un chagrin, d’un caprice ou d’une crise que de détourner l’attention de l’enfant en le faisant rire. Et les vertus thérapeutiques du rire, pour les petits bobos comme pour les très gros, sont bien connues.
Depuis quelques années, dans les services pédiatriques des hôpitaux, des clowns et autres animateurs viennent faire rire les enfants malades pour les aider à guérir ou du moins à affronter la maladie et l’hospitalisation. Plus aucun doute n’est possible, il faut rire et surtout avec les enfants, car le rire est très bon pour le moral et la santé; il est donc essentiel pour bien grandir! Ainsi, n’hésitez pas, adoptez le rire comme hygiène de vie au quotidien!
Nous avons trouvé cet article de Sophie Laplaze sur babymag.ch