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Ce type de statuette démontable en éléments de deux couleurs différentes est une
production originale de la civilisation de l’Oxus, qui occupe en Asie centrale les territoires
de Bactriane, à l’est, et de Margiane, à l’ouest.
Le volume le plus important de la pièce est occupé par une robe très large à manches
bouffantes, recouverte à partir de la taille par un volant qui en accentue encore l’ampleur ;
les deux parties du vêtement sont dans un matériau laineux stylisé en languettes
superposées, qui s’inspire de toute évidence du kaunakès sumérien, jupe à longs poils
ordonnés en écailles. Une coiffe rigide avec pointe à l’arrière enserre toute la chevelure et
rend difficile la distinction entre l’une et l’autre.
La fabrication obéit à des canons très
précis : parure de tête et costume sont sculptés dans une stéatite grise, alors que la pierre la plus claire sert aux parties du corps non recouvertes ; le module correspondant au
visage et au cou prolongé par un début de décolleté vient s’emboîter exactement dans
l’encolure du vêtement. Les bras et les mains, désormais disparus, se logeaient dans les
mortaises creusées à l’extrémité des manches et reposaient sur la petite plate-forme
ménagée à l’avant au niveau de la taille.
Les « princesses de Bactriane » ont éventuellement représenté des dames de l’aristocratie,
peut-être même divinisées, mais le plus souvent elles personnifiaient la déesse de premier
rang qui, dans la mythologie de l’Asie centrale, joue un rôle régulateur dans l’ordre de la
nature, pacifiant les forces sauvages incarnées par des lions, des serpents ou des dragons.
Elle est très identifiable dans la glyptique, son identité est plus controversée dans la statuaire [1].
Publ. : Benoît 2005, fig. 1, p. 38 ; Barbier-Mueller 2003, p. 34-35.
[1] Bibliographie : Benoit 2005 ; plus général, Benoit 2004.