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La diversité culturelle, comprise de façon positive seulement depuis peu, demande à être conçue de manière cohérente avec l’universalité des droits de la personne humaine. La Déclaration sur la diversité culturelle de l’UNESCO (2001) propose la recherche de cette cohérence comme tâche à la communauté internationale : « La défense de la diversité culturelle est un impératif éthique, - affirme la Déclaration- inséparable du respect de la dignité de la personne humaine. Elle implique l'engagement de respecter les droits de l'homme et les libertés fondamentales, en particulier les droits des personnes appartenant à des minorités et ceux des peuples autochtones (art. 4) »
Universalité et diversité ne peuvent pas être pensées comme antinomiques mais comme deux richesses qu’il faut garder ensemble. Cela signifie que l’universalité des droits doit être possible sans supprimer ou amoindrir la diversité culturelle « qui est, pour le genre humain, aussi nécessaire qu'est la biodiversité dans l'ordre du vivant » (art 1) Corrélativement il doit être possible de respecter, voire de promouvoir la diversité sans diminuer les exigences de l’universalité. L’éloge de la diversité et sa promotion ne se confond donc pas avec le relativisme.
La diversité apparaît comme une valeur fondamentale car il faut bien reconnaître que la première et fondamentale diversité est la diversité homme/femme, cette diversité indispensable du point de vue biologique mais aussi du point de vue culturel.
Cette diversité originaire homme/femme ouvre la porte à la question de genre. Le XXème siècle a connu l’émergence d’un mouvement féministe dont le but essentiel était la lutte contre la discrimination à l’égard de la femme. Après un demi-siècle de luttes, le mouvement féministe a réussi seulement partiellement ses objectifs. Des nouveaux problèmes sont apparus que l’on n’avait pas pu ou que l’on n’avait pas su prévoir.
Pour répondre à ces nouveaux défis, la communauté internationale a forgé des nouveaux concepts. Pour faire court nous en citerons trois: 1) le passage de la « discrimination sexuelle » à la discrimination pour raison de « genre », 2) la politique des différences et des droits catégoriels allant jusqu’à la séparation entre les sexes, 3) la politique des « actions affirmatives » : la discrimination demande un traitement « discriminatoire ».
La notion de genre fait référence aux relations sociales entre l’homme et la femme (Déclaration et plan d’action de Beijing, 1995). Elle implique que l’on accorde plus d’importance dans la discrimination à l’égard de la femme au culturel qu’au biologique. S’il y a discrimination a l’égard des femmes c’est dans les idées toutes faites qu’il faut trouver les causes plus que dans une imposition violente d’une manière de voir.
La politique des différences suppose une conception de la démocratie divergente, voire opposée à la traditionnelle qui mettait l’accent dans l’égalité de tous et qui était « aveugle » aux différences (C. Taylor) : tous égaux, tous les mêmes droits. Aujourd’hui la démocratie est plus équitable qu’égalitaire : tous égaux, tous différents. Cette notion d’équité est à la base de l’action affirmative ou discrimination positive qui postule un traitement inégal des personnes en situation d’inégalité. Politiques transitoires visant à l’égalité par un traitement équitable des personnes « défavorisés « .
Ceci dit, il reste un long chemin a parcourir jusqu’atteindre une conception de la diversité homme / femme qui réponde aux exigences de la dignité humaine. Et le chemin accompli jusqu'à maintenant n’est pas entièrement positif. Il a ses zones d’ombre. Il présuppose des affirmations qui faute de discussion peuvent conduire à des dogmatismes aux résultats encore plus discriminatoires. Une franche discussion permettrait de déterminer avec précision ce qui relève des droits et ce qui relève de l’idéologie.