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Premiers Rhodaniens
Sommaire
L'époque glaciaire
La dernière grande avancée glaciaire, traditionnellement appelée glaciation de Würm, est composée de plusieurs fluctuations des glaciers, dont les dernières se placent vers 63 000 ans et vers 20 000 ans avant notre ère. C’est lors de cette dernière glaciation qu’apparaissent les premiers et seuls témoins de la période paléolithique en Valais. Ainsi, dans le vallon de Tanay, en Chablais valaisan, un petit abri sous roche situé à 1800 mètres d’altitude a livré des ossements d’animaux et quelques éclats en silex et en quartzite ; ils appartiendraient à l’homme de Neandertal, qui fréquentait nos contrées il y a 30 000 ou 40 000 ans. L’homme rejoignait certainement le vallon lors d’expéditions de chasse.
Il y a plus de 20 000 ans, lors de la dernière phase froide, la vallée du Rhône et les vallées latérales sont recouvertes par les glaces ; seuls émergent les massifs les plus élevés. Puis survient un réchauffement assez rapide. Pour cette époque, le seul témoignage de la fin du Paléolithique est découvert à proximité de Villeneuve, dans la grotte du Scex du Châtelard, que des chasseurs occupent vers 13 000 avant J.-C.
Progressivement, une végétation steppique colonise les aires délaissées par les glaces. Les premiers arbres (pins et bouleaux) croissent dans la vallée et se développent jusqu’à 1400 mètres d’altitude. A la fin du Paléolithique, dès 10 000 avant J.-C., des communautés de chasseurs-cueilleurs s’établissent dans les Alpes. Cependant, leur traces restent à découvrir en Valais.
La forêt
Un millénaire plus tard, la forêt s’intensifie et se diversifie, ce qui provoque le départ de certaines espèces animales habituées aux grands espaces découverts ; le renne migre vers la nord, le chamois et le bouquetin se déplacent en altitude… Les chasseurs s’adaptent donc à ces changements et pratiquent dès lors assidûment la chasse au cerf, espèce moins mobile.
L'abri de Châble-Croix
Dans la plaine du Rhône, un site leur est attribué : c’est l’abri Châble-Croix, découvert en 1963 près de Vionnaz. Des études menées sur cet unique gisement nous livrent de précieux renseignements sur une petite communauté préhistorique. Certains indices montrent qu’à cette époque les chasseurs ne se cantonnent pas à la plaine ; on a dégagé des foyers et récolté des éclats de cristal de roche au pied du Cervin, à plus de 2500 mètres d’altitude.
Le mode de vie
Grâce aussi à des découvertes faites dans le Trentin et le Haut-Adige, on peut essayer d’expliquer le mode de vie des communautés mésolithiques. L’espace est probablement découpé en deux zones d’approvisionnement utilisées en complémentarité : en hiver, les groupes vivent en plaine et durant la saison estivale en altitude. Dans les massifs cristallins, les régions de haute montagne fournissent, outre un terrain de chasse, le cristal de roche, matière première qui remplace avantageusement le silex, très rare en Valais.
Bibliographie
- Histoire du Valais, Annales valaisannes 2000-2001, Sion, 2002
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