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Vidéos HD couleur et son sur 3 écrans montés sur pupitre, système son, 9’30’’
Oeuvre présentée dans le cadre de l'exposition Echos d'une collection - Oeuvres du Frac Franche-Comté
Une œuvre de Shimabuku pour la Biennale de La Havane en 2015 est le point de départ de cette installation. Cuban Samba a été inspirée par une fuite d’eau dans le bâtiment où devait intervenir Shimabuku. L’artiste a alors placé des vieilles boîtes de conserves de différentes tailles sous la tuyauterie. Le rythme des gouttes tombant dans les boîtes ressemblait pour lui à une samba.
Après avoir enregistré une vidéo de l’installation improvisée pour la biennale cubaine, tel un ready-made musical, Shimabuku est allé à Rio où il a invité les musiciens Kassin et Arto Lindsay. Cuban Samba Remix est une installation vidéo composée d’un écran montrant l’eau tombant sur les boîtes mélodieusement, et de deux autres sur lesquels sont diffusés les portraits des musiciens pendant la performance de cette chanson bruitiste.
L’artiste japonais tisse ainsi un lien entre Cuba, où il se rendait pour la première fois, et le Brésil, où il avait déjà effectué plusieurs séjours depuis 1999.
Né en 1969 à Kobe (JP)
Vit et travaille à Okinawa
Shimabaku a étudié les beaux-arts à Osaka et San Francisco. Depuis le début des années 1990, il a séjourné dans divers lieux au Japon et à l’étranger, notamment à Berlin pendant une douzaine d’années.
Tout son art vient de son attention au quotidien et de sa capacité à tisser des liens poétiques entre des objets, des événements, des personnes, en utilisant un large éventail de médias. Il capture avec finesse et poésie ce que peu distinguent.
Ainsi, à propos d’une photo de 1993, On the Beach in Zurich, il raconte qu’il a commencé à jouer avec des animaux en plastique dans un magasin de jouets zurichois.
«J'ai d'abord saisi une pieuvre pour la faire ramper sur le sol. Il avait l'air vivant. A côté de la pieuvre, j'ai placé un gorille, un tigre, un requin, puis un dauphin, une girafe, un rhinocéros et un dinosaure. Un âne au fond de la boîte m'a regardé, alors je l'ai mis devant la pieuvre. Leurs yeux se sont rencontrés, et semblaient s'être regardés depuis longtemps. Il semblait que tout se passait sur la plage. J'avais l'impression de regarder de loin ce qui se passait sur la plage.»
La pieuvre deviendra par ailleurs un animal récurrent dans ses pièces.
En été 2023, le Museion de Bolzano, dans le Sud-Tyrol italien, a consacré une grande exposition à cet artiste. Elle doit son titre, Me, We, à une installation créée à partir d’éléments (portes morceaux de bétons…) provenant d’une part d’un village médiéval en rénovation au nord de la ville et de l’autre de la destruction d’une usine construite dans les années 1920 pendant l’italianisation forcée de cette région germanophone. Me, We est avant tout la réponse de Mohamed Ali à un étudiant qui, à la fin d’une rencontre à Harward en 1975, lui avait demandé «Give us a poem». Shumabaku tisse ainsi des liens entre des éléments de l’Histoire.