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La guerre en Ukraine est un facteur important de ce ralentissement. En outre, l'économie industrielle mondiale est de plus en plus perturbée.
Par rapport au mois dernier, BAK Economics a revu à la baisse de 0,2% sa prévision de croissance du PIB suisse en 2022. Avec +2,1% prévus actuellement, l'augmentation du PIB suisse reste significative, surtout en comparaison à long terme. Toutefois, les prévisions pour l'année en cours sont nettement inférieures à la dynamique d'expansion que l'on pourrait attendre après les effets de récupération de la pandémie de Covid-19 (tous les chiffres sont réels et corrigés des grands événements sportifs).
La guerre en Ukraine est un facteur important de ce ralentissement. En outre, l'économie industrielle mondiale est de plus en plus perturbée, notamment en raison de la stratégie chinoise d'endiguement des pandémies. Avec de nouveaux blocages, des fermetures d'usines et la congestion des ports, la situation des chaînes d'approvisionnement mondiales restera difficile au deuxième trimestre 2022. En raison d'une faible proportion de personnes vaccinées dans la population chinoise et de la transmissibilité élevée de la variante Omicron, il existe également un risque important que le reste de l'année 2022 soit caractérisé par des perturbations récurrentes des processus de production.
Toutefois, ces facteurs négatifs ne se traduisent pas seulement par un ralentissement significatif de la reprise. Les taux d'inflation sont poussés de plus en plus haut par une nouvelle hausse brutale des prix des matières premières et des pénuries persistantes. L'inflation a également augmenté de manière significative en Suisse, mais le taux actuel de 2,5% reste à un niveau compatible avec la stabilité des prix. Dans ses prévisions de base, BAK Economics part du principe qu'au quatrième trimestre 2022, le renchérissement annuel suisse passera à nouveau sous le seuil de 2% et que la stabilité des prix prévaudra à nouveau en 2023, année où un taux d'inflation moyen de 0,9% est attendu. À cette fin, on suppose que les impulsions inflationnistes provoquées notamment par les prix de l'énergie et des carburants non seulement s'affaibliront, mais évolueront en sens inverse. La combinaison d'une baisse de la pression de la demande, d'expansions sélectives de la production et d'une diminution de l'incertitude conduira à une baisse générale des prix du pétrole et du gaz également en 2023.
Ce point de vue est conforté par l'élimination de l'influence des prix de l'énergie et des carburants: hors énergie, le renchérissement annuel suisse de 1,2% se situe encore clairement à un niveau garantissant la stabilité des prix. Comme les données suisses ne montrent pas de signes de spirale des prix jusqu'à présent, BAK Economics s'attend à une hausse des prix comprise entre 1 et 1,5% pour les mois à venir jusqu'à fin 2023 (hors secteur énergétique). La détente attendue sur le front de l'inflation serait notamment mise en péril si les accords salariaux pour 2023 devaient conduire à des hausses de coûts excessives.
La Banque nationale suisse (BNS) est dans une position relativement calme lorsqu'il s'agit de lutter contre l'inflation. En Suisse, la politique monétaire reste fortement axée sur les risques déflationnistes d'un franc trop fort. En même temps, cela signifie que la BNS dispose d'un instrument très efficace pour contrer la hausse de l'inflation en influençant le taux de change. Dans ses prévisions, BAK Economics part du principe que la BNS relèvera le taux de référence en deux étapes pour le porter à -0,25% d'ici fin 2022, puis en deux étapes supplémentaires de 0,25% en 2023 (taux de référence depuis 2015: -0,75%).