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Le missile Agni V, d'une portée de 5000 km, a été lancé à 08H05 (02H35 GMT) depuis une base située en mer au large de l'Etat indien de l'Orissa. Ce missile de 50 tonnes et de 17 mètres de haut peut atteindre des cibles sur tout le territoire chinois ainsi que dans le reste de l'Asie et dans certains pays d'Europe, selon les experts.
Seuls les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU (Chine, Russie, France, Etats-Unis, Royaume-Uni) sont actuellement dotés de missiles balistiques intercontinentaux (ICBM), d'une portée de plus de 5500 km.
Le Premier ministre, Manmohan Singh, a félicité les scientifiques pour le lancement réussi du missile tandis que le ministre de la Défense, A.K. Antony a salué "un impeccable succès", qualifiant le tir "d'avancée majeure dans le programme de missiles de l'Inde", selon des propos cités par son porte-parole.
Pour le chef de l'agence chargée du développement des technologies militaires (DRDO), V.K. Saraswat, il s'agit d'un "événement historique qui honore notre pays dans le domaine de la technologie des missiles". "Nous sommes aujourd'hui une puissance dotée de missiles sans égal dans la plupart des pays du monde", a-t-il ajouté sur la chaîne NDTV.
Programme "purement défensif"
Selon Ravi Gupta, porte-parole de la DRDO, ce missile a "un effet dissuasif pour éviter les guerres et n'a pas été développé contre un pays particulier", a-t-il assuré, qualifiant ce programme de "purement défensif".
La troisième puissance économique d'Asie s'est engagée dans un vaste programme d'acquisitions militaires pour moderniser son armée et accroître ses moyens de défense, notamment à l'égard de la Chine.
La frontière entre les deux géants asiatiques, qui se sont affrontés lors d'une guerre éclair en 1962, est au centre de négociations bilatérales depuis les années 1980 et leurs relations diplomatiques restent empreintes de méfiance. La Chine, dont l'arsenal militaire est beaucoup plus avancé que l'Inde, n'a pas réagi officiellement mais le quotidien gouvernemental Global Times a prévenu dans un éditorial jeudi que New Delhi "ne devrait pas surestimer sa force".
Le tir de missile intervient peu de temps après le retour de l'Inde dans le cercle restreint des pays détenteurs de sous-marins à propulsion nucléaire, avec la mise en service d'un nouveau submersible prêté par la Russie pour dix ans.
afp/mre
Un programme lancé en 1983
L'Inde et le Pakistan, voisins rivaux, se sont mené trois guerres depuis leur indépendance concomitante en 1947. "Agni V peut atteindre des cibles au coeur de la Chine, libérant potentiellement les missiles de plus faible portée pour un usage contre le Pakistan et une bonne partie de l'ouest et de la Chine du sud et du centre", a commenté Poornima Subramaniam, du Centre d'analyse sur la défense IHS Jane.
Shannon Kile, expert en armes nucléaires à l'Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI), estime pour sa part qu'Agni V fait partie d'un développement "de prestige" dans le cadre des aspirations de l'Inde à jouer un rôle accru sur la scène internationale.
La Corée du Sud déploie de nouveaux missiles
Le ministère a rendu public un clip vidéo du lancement d'essai des missiles, affirmant qu'ils pouvaient frapper "n'importe où" au Nord. "Avec de telles capacités, notre armée punira sévèrement et avec précision les provocations irresponsables de la Corée du Nord", a déclaré à la presse le major général Shin Won-Sik.
Le ministère n'a pas dévoilé la portée du missile mais selon l'agence de presse Yonhap, elle dépasse 1000 kilomètres. La Corée du Sud a engagé des discussions avec les Etats-Unis pour lui permettre d'accroître la portée des missiles balistiques face à la menace nord-coréenne.
Les deux alliés devraient revoir un traité de 2001 limitant à 300 kilomètres la portée des missiles balistiques sud-coréen alors que, selon Séoul, les missiles nord-coréens peuvent frapper dans un rayon de 400 km au sud de la frontière intercoréenne. Les missiles de croisière ne sont toutefois pas concernés par cet accord.