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Il est vraisemblable que les Grecs ont transmis leur écriture aux Etrusques, établis dans l’actuelle Toscane. Mais le « mystère étrusque » subsiste encore. Les rois étrusques régnant sur la région du Latium jusqu’au IVe siècle av. J.-C., les futurs Romains durent emprunter l’alphabet étrusque pour l’adapter au latin. Vers le IIIe siècle av. J.-C., est créé un alphabet latin de 19 lettres, le X et le Y ayant été rajoutés à l’époque de Cicéron ( Ier av. J.-C.). Grâce à la puissance de l’Empire romain, cet alphabet réussit à s’imposer sur une vaste aire géographique. L’écriture dite « en caractères latins » est restée d’usage pour la transcription d’une grande partie des langues. Les Romains, comme les Grecs, ont d’abord connu les grands caractères de la forme dite « capitale » (la quadrata) utilisée notamment pour les inscriptions sur pierre, et une écriture cursive plus légère, en minuscules, pour les autres supports, papyrus ou tablettes de cire. Des variations eurent lieu au cours des siècles. L’inconvénient de l’écriture capitale, avec ses traits rectilignes, est sa lenteur. Ce qui va pour le graveur ne convient plus sur papyrus ou parchemin. Il existait une écriture cursive, avec ligatures, mais mal connue. A partir du Bas-Empire et durant le Haut Moyen Age, les angles ont été remplacés par les courbes : ce fut l’onciale aux lettres arrondies qui était employée pour les livres et les écritures de luxe et dont la taille explique le nom (un pouce, soit le douzième d’un pied). La capitale carrée ne subsista plus que dans les titres. Ce nouveau type d’écriture s’est transmis jusqu’aux environs de l’an mil à toutes les régions de l’Europe où on parle latin. Avec la « Renaissance carolingienne », l’écriture fut réformée et simplifiée. En 768, peu après l’avènement de Charlemagne, apparaît une toute nouvelle graphie : la minuscule caroline. Caractère d’une clarté parfaite et d’une grande beauté formelle, elle va se répandre, au long des siècles, dans toute l’Europe médiévale (de la fin du VIIIe au XIe siècle).
Le manuscrit ici présenté, antérieur à 850, est originaire du célèbre monastère de Fulda, fondé par Raban Maur, disciple d’Alcuin d’York, CB 84.