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L'élection
parlementaire en Russie
Le parti de Poutine remporte près de 65%
Article du 3 décembre 2007
D'après le décompte de 85% des voix,
Russie Unie, le parti du Président Poutine, remporte
plus de 63% des voix dans l'élection parlementaire en Russie du 2 décembre 2007.
Poutine gagne le test de popularité et pourrait donc se succéder à soi-même,
en passant du poste de président à celui de premier ministre, en respectant
pro-forma la constitution.
Déjà en décembre 2003, le parti du Kremlin, Russie Unie, avait réussi à gagner
deux-tiers des voix au parlement. En 2007, l'opposition n'est plus représentée
que par les Communistes
de Ziouganov qui ont obtenu en peu plus de 11% ainsi que par le parti de
l'extrême-droite LDPR de Vladimir Jirinovski et le parti de gauche
pro-Poutine, Russie Juste, du président du Conseil de la Fédération, la chambre
haute du parlement, Sergueï Mironov, tous les deux avec environ 8% des
voix. La barre, élevée, des 7% pour entrer au parlement a balayé le reste des
partis.
Le système politique actuel se rapproche dangereusement du système soviétique,
sans pour autant avoir besoin d'un Etat qui manipule (massivement) le scrutin
lors du vote.
L'opinion publique a été manipulée bien à l'avance par une télévision qui a repassé dans les mains du pouvoir.
Les opinions indépendantes dans les mass-médias se font de plus en plus rares.
La pensée unique fait surface à nouveau. Les hommes de l'opposition tel que
l'ancien champion du monde d'échecs Garry Kasparov et l'ancien Premier Ministre
Boris Nemtsov ont été arrêtés brièvement, voire condamné à cinq jours
d'emprisonnement dans le cas de Kasparov, non pas pour finir derrière les barreaux indéfiniment, mais juste
pour leur faire comprendre où réside le pouvoir.
Le groupe de la jeunesse pro-Poutine, Nashi, nous rappelle la jeunesse
communiste voire la jeunesse hitlérienne. Nous n'en sommes pas encore là, la
Russie n'est pas encore redevenue un Etat totalitaire, mais sous la présidence
de Vladimir Poutine, ce pays aux ressources énergétiques presque inépuisables
s'est dirigé dans la fausse direction.
Poutine a su stabiliser l'économie, surtout grâce à la flambée des prix de
l'énergie. Mais il a oublié de renforcer l'Etat de droit qui seul pourrait
assurer la croissance économique à long terme.
Poutine et les siens rêvent de la grandeur passée, grâce à la mainmise de l'Etat
sur le secteur de l'énergie, au contrôle des masses par des médias serviles et
grâce à une population qui se désintéresse de la politique et d'une démocratie
discréditée par les années de chaos sous Eltsine et ses oligarques. La
population russe oublie cependant volontiers que le niveau de corruption actuelle n'est en rien inférieur à celui
sous le président Eltsine.
Poutine a transformé les élections parlementaires en un référendum de popularité
personnelle. Il a tout fait pour cela, par exemple, en
signant le 2 novembre un décret présidentiel, entrant en vigeur le jour des
législatives et entérinant une augmentation de 30% des retraites; les retraités
étant la base traditionnelle en faveur des Communistes.
Jusqu'aux élections présidentielles de mars 2008, le futur au sommet du pouvoir
reste incertain. Est-ce que Poutine prendra le temps pour expliquer en détail ce
que son fameux
“Plan Poutine”, à qui tout le monde votant pour Russie Unie à soussigné,
signifie?
Sous Poutine, l'économie et le système politique se sont
“stabilisés”, mais la Russie s'est éloignée de la démocratie, de l'économie de
marché et de l'état de droit. Aussi longtemps que la tendance à la hausse des prix de
l'énergie continuera, rien ne changera. Mais à la fin, les Russes auront
probablement un prix très lourd à payer, qui se chiffrera en années de réforme perdues.
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