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Une juge de San Antonio, une des principales villes du Texas, a écopé d’un sévère rappel à l’ordre de la part des autorités judiciaires, la semaine dernière. Rosie Speedlin Gonzalez s’était attiré les foudres d’un avocat pour avoir installé derrière son estrade une bannière arc-en-ciel, à côté du drapeau national et de celui de l’État. Un «symbole sexuel» qui n’a pas sa place dans un tribunal, selon le plaignant, Flavio Hernandez. Ce dernier a estimé que le rainbow flag avait un effet comparable à celui du drapeau confédéré (symbole du Sud esclavagiste) ou de la svastika nazie.
Saisie, la Commission texane de déontologie judiciaire lui a donné raison, reprochant à la juge un «manque d’impartialité», rapporte Metro Weekly, qui cite la revue «Texas Lawyer». Elle l’a invitée à renoncer à son drapeau, mais aussi à son foulard, aux broderies sur sa robe et à son tapis de souris, tous aux couleurs LGBTQ+.
Recours
Première magistrate ouvertement lesbienne élue en 2018 dans son comté avec pour priorité la lutte contre les violences domestiques, Rosie Gonzalez n’a pas l’intention de se laisser faire. Elle a entamé un recours en vertu du Premier amendement de la Constitution, garant de la liberté d’expression. Elle y conteste l’interprétation de la bannière comme un symbole purement LGBTQ+. D’après elle, il s’agit plutôt d’un signe d’égalité. «Tout le monde est le bienvenu dans cette salle d’audience. Voilà le symbole derrière ce drapeau», déclare-t-elle.
En outre, elle assure que les accessoires et ornements multicolores qu’elle utilise dans ses fonctions sont un hommage à ses origines (probable allusion au wiphala amérindien), et non une référence à son orientation sexuelle. Elle a remarqué que d’autres juges texans siégeaient dans des tenues non conventionnelles, en robe camouflage ou avec un drapeau irlandais par exemple, sans que les administrés ou les autorités ne s’en émeuvent.