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Les fuites d'informations secrètes du Pentagone et d'autres services du gouvernement américain continuent de faire des ravages. Des documents désormais analysés indiquent de possibles projets de vente d'armes entre l'Egypte et la Russie. Selon le Washington Post, le dirigeant égyptien Abdel Fatah Al-Sisi aurait prévu de faire produire 40 000 missiles pour la Russie, secrètement, afin de contourner les difficultés avec les Occidentaux. L'Egypte est traditionnellement un proche allié des Etats-Unis.
Le journal américain se réfère à un document issu d'une série de fichiers américains divulgués en février et mars sur la plate-forme de divertissement Discord. La fuite de données avait provoqué des remous dans le monde entier, notamment parce que les documents contenaient des détails sensibles sur la guerre russe en Ukraine.
Mais certaines fuites révèlent également des informations sur des alliés des Etats-Unis qui sont en fait strictement gardées secrètes. Outre des indications sur la prétendue sympathie secrète du Mossad pour les protestations en Israël ou la retenue de la Corée du Sud dans la question ukrainienne, les données contiendraient également des informations sur l'Egypte.
Le Washington Post affirme que ses journalistes ont pu consulter un document qui résumerait des discussions entre Al-Sisi et des militaires égyptiens de haut rang le 1er février. Il y serait question d'un projet de livraison de 40 000 missiles à la Russie. Il aurait également été question d'une aide militaire plus large à Moscou: l'Egypte aurait ainsi l'intention de fournir au régime de Poutine des obus d'artillerie et de la poudre à canon.
Selon le document, Al-Sisi aurait demandé aux fonctionnaires de garder le secret sur la production et la livraison des missiles «afin d'éviter des problèmes avec l'Occident». Les ouvriers de l'usine auraient été informés que les projectiles étaient destinés à l'armée égyptienne, poursuit le document. Un ministre de haut rang aurait proposé d'introduire le travail en équipe pour faire face à la production.
L'affaire est d'autant plus délicate que l'Egypte est l'un des plus proches alliés des Etats-Unis au Proche-Orient. Le pays est l'un des plus grands bénéficiaires de l'aide financière des États-Unis. Depuis des décennies, l'Egypte reçoit plus d'un milliard de dollars par an d'aide américaine à la sécurité. Le sénateur démocrate américain Chris Murphy, qui fait partie de la commission sénatoriale des relations étrangères, a averti dans un entretien avec le journal américain:
Dans la guerre russe contre l'Ukraine, le pays d'Afrique du Nord défend la position de non-intervention et demande à la fois à la Russie et à l'Ukraine de mettre fin aux opérations de guerre. Selon les analystes, la Russie a des difficultés à produire suffisamment d'armes en raison de la poursuite de la guerre, qui nécessite beaucoup de matériel, et des sanctions occidentales.
Selon la chaîne américaine CNN, un fonctionnaire égyptien a démenti ces accusations. Il s'agit d'une «absurdité informationnelle», aurait déclaré l'homme aux médias d'Etat égyptiens. L'Egypte poursuivrait une «politique équilibrée» avec toutes les parties internationales. La Russie a également pris position sur le rapport du Washington Post. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a qualifié ces informations de «canular».
Traduit et adapté de l'allemand par Pauline J. Langel
Les magistrats entrent. Le banc des accusés reste vide. Les portes sont closes. Un procès est en cours, mais pour un crime qui n'existe pas. Personne ne peut dire ce qui est reproché à un mouvement qui n'existe pas, personne ne peut expliquer comment le verdict sera appliqué.