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La Commission de l'environnement, de l'aménagement du territoire et de l'énergie du Conseil national (CEATE-N) a une nouvelle fois débattu sur l'initiative parlementaire qui vise à définir des critères plus stricts pour la mise sur le marché des agrocarburants et à durcir les conditions d'exonération fiscale. Le rapport sur la procédure de consultation relative à l'avant-projet, dans lequel la plupart des avis penchent en faveur d'un durcissement des allègements fiscaux et de l'introduction de critères d'admission pour les agrocarburants, a été présenté à la Commission. SWISSAID s'est elle aussi exprimée en faveur du projet de loi dans une prise de position, où elle met toutefois en avant certaines lacunes du projet.
Les agrocarburants ne contribuent pas à protéger l'environnement
Malgré l'accueil favorable réservé à l'avant-projet, la majorité de droite de la Commission a décidé de le mettre en stand-by, en attendant la parution d'un rapport qui doit déterminer si les agrocarburants peuvent contribuer à la protection de l'environnement. Cette hypothèse a déjà été écartée par de nombreuses études et le mythe qui prétend que les agrocarburants peuvent réduire les émissions de CO2 reste totalement incompréhensible pour SWISSAID. En effet, les agrocarburants nuisent bien plus à l'environnement que les carburants fossiles, notamment à travers la destruction des forêts tropicales.
Une pétition ignorée
Par cette décision, la Commission ne tient pas compte de la "pétition contre les agrocarburants, qui sont synonymes de famine et de destruction de l'environnement". Le 24 février, SWISSAID et 35 organisations suisses ont remis à la Chancellerie fédérale une pétition avec 61 901 signatures, qui est à présent en possession de la Commission.
Les agrocarburants de nouveau acceptés ?
En parallèle au débat sur l'abandon de l'énergie nucléaire, qui ressurgit un peu trop tard, il y a à présent le risque que les agrocarburants redeviennent acceptables. Il est toutefois intolérable de remplacer une source d'énergie à la fois mauvaise et dangereuse par une alternative tout aussi mauvaise. Ce sont surtout les populations des pays en développement qui subissent les conséquences négatives des agrocarburants. En effet, ceux-ci font grimper les prix des denrées alimentaires qui sont, à l'heure actuelle, plus élevés que jamais. SWISSAID va donc continuer son engagement en faveur d'une Suisse sans agrocarburants.