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On savait que l’Etat Hébreu préparait l’achat d’un troisième lots d’avions de combat Lockheed Martin F-35. Tel Aviv a confirmé en toute fin de semaine dernière qu’une demande portant sur l’acquisition de 25 F-35 « Joint Strike Fighters » supplémentaires sera transmise à Washington pour un prix d'environ 3 milliards de dollars. Le financement est assuré en partie par l'aide militaire américaine, le solde par Israël. Retour sur cet achat et l’utilisation du F-35 au sein de la H'eil Ha'Avir.
Rappel
Israël a été parmi les premières nations à demander au gouvernement américain une dotation en F-35, et ce dès 2003. Le F-35 est connu sous le nom d'Adir en Israël. Tel Aviv a déjà passé des commandes pour 50 F-35, dont 36 sont opérationnels. Les premiers F-35 sont arrivés en 2016 et ont combattu pour la première fois en 2018. Israël a rapidement opté pour intégrer le SDD (System Development and Demonstration), le programme de recherche entourant le projet F-35, en tant que participant à la coopération sécuritaire avec les Etats-Unis.
Cinq raisons au moins ont motivé l’Etat hébreu à intégrer ce programme. En premier lieu, Tsahal et son aviation ont toujours cherché à être à l’avant-garde scientifique et technologique afin de préserver leur avantage militaire et leur supériorité aérienne sur les ennemis arabes et l’Iran. Deuxième point, en participant au programme, Israël a encore amélioré ses relations déjà étroites en matière de sécurité avec les Etats-Unis. Troisièmement, l’accord prévoit que des sociétés israéliennes produisent certaines pièces de l’appareil pour Lockheed Martin. Par exemple, Israel Aerospace Industries (IAI) manufacture les ailes du F-35. Quatrième raison, Tsahal a considéré que posséder le nouvel avion américain améliorerait la dissuasion israélienne et lui permettrait notamment de mener des attaques préventives contre des nations hostiles. Enfin, la cinquième et dernière considération était et reste l’Iran. Les Israéliens ont à l’époque estimé que d’ici la mise en service du F-35, la République islamique aurait été capable de produire ses premières bombes nucléaires. Dans ce cas de figure, le F-35 aurait donné à l’aviation israélienne de meilleures capacités d’action au cas où un raid contre les installations iraniennes eût été décidé.
Troisième escadron
Un porte-parole du ministère israélien de la Défense a déclaré dans un communiqué que le ministre de la Défense Yoav Gallant avait approuvé la recommandation d'acquérir le troisième escadron, sur la base d'une proposition du chef d'état-major de Tsahal, le lieutenant-général Herzi Halevi, directeur général du ministère israélien de la Défense, le major-général Eyal Zamir, et le commandant de l'armée de l'air israélienne, le major-général Tom Bar.
Selon le communiqué du ministère, la mission du ministère israélien de la Défense aux États-Unis émettra une lettre de demande officielle (LOR) au bureau du programme conjoint (JPO) du F-35 Lightning II. "Cette étape facilitera l'approbation et la signature de la transaction dans les mois à venir", indique le communiqué du ministère.
"Dans le cadre de l'accord initial entre les gouvernements, le constructeur de l'avion, Lockheed Martin, et le motoriste, Pratt and Whitney, se sont engagés à impliquer les industries de défense israéliennes dans la production des composants d'avion vendus", a déclaré le ministère. "Ce nouvel accord assurera la poursuite de la coopération entre les entreprises américaines et les industries de défense israéliennes dans la production de pièces d'avions."
Le F-35 comprend une technologie liée à des entreprises israéliennes, comme le casque fabriqué par une joint-venture entre Elbit Systems et Rockwell Collins et des ailes de F-35 fabriquées par IAI. En 2022, IAI a déclaré qu'il était prévu de produire un total de 811 paires d'ailes de F-35A d'ici 2034, des transactions d'une valeur d'environ 2 milliards de dollars.
Les discussions concernant l'achat d'un troisième escadron de F-35 remontent à plusieurs années.
"Le F-35 Adir change la donne pour nous", a déclaré le commandant du 140e Escadron de l'IAF.
Tel Aviv ne devrait pas s’arrêter en si bon chemin, un quatrième et un cinquième escadron sont déjà en phase de planification. Il s’agit maintenant de remplacer progressivement la flotte de F-16 en service. Jusqu’ici, le prix élevé et les problématiques de mises au point avaient retardé la dotation au sein l’IAF. L’arrivée du nouveau système de logistique ODIN qui remplace ALIS satisfait cette fois les israéliens. Ces derniers avaient à juste titre émis, les premiers, des critiques sur la vulnérabilité d’ALIS en terme de cyber défense. De plus, la maturation du système F-35 et l’usage de ce dernier en opérations réelles ont confirmé la confiance des pilotes pour l’Adir.
Engagements opérationnels
Les israéliens sont les premiers avoir engagé le F-35 en opération. Si peux d’information ont filtré sur le sujet, certaines ont été confirmées. Des rapports déclassifiés ont indiqué en 2021 que les systèmes de défense aérienne russes S-300 et S-400 n'avaient pas réussi à suivre les F-35 israéliens engagés au-dessus de la Syrie avec notamment des frappes réussies. Un autre rapport fait état de survol de différents secteurs en Iran. Les iraniens ayant été totalement incapables de détecter le F-35, même avec le nouveau radar d’origine russe Rezonans-NE. En matière air-air, l’IAF a notamment fait la chasse à des drones. Deux drones iraniens Shahad 197 en mission de transport ont été abattus avec des missiles air-air lancés par le F-35, les restes ont été récupérés et il a été découvert que les deux systèmes portaient des armes de poing, censées être dirigées vers le Hezbollah au Liban et le Hamas à Gaza.
Adaptation israélienne
Israël est également le seul pays à disposer d’un F-35 spécial optimisé pour tester de nouvelles technologies et les intégrer ensuite à la flotte. L'armée de l'air israélienne a demandé aux États-Unis d'autoriser un meilleur accès à l'avionique de base des chasseurs d'attaque interarmées F-35, dans le but d'installer de nouveaux systèmes développés par Israël sur le chasseur furtif. Il s’agit pour Israël d’inclure par exemple un nouveau système de guerre électronique, un nouveau système de communication qui permettra un flux bidirectionnel de données réelles des données temporelles et l'ajout de systèmes d'armes hautement classifiés à charger dans la baie d'armes lors d'opérations furtives.
Photos : F-35 Adir @ IAF