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Le 14 mai dernier, à l'occasion de la réunion annuelle de l'American Society of Clinical Oncology, des équipes de recherche clinique du CHUV, de l'Hôpital cantonal de Saint-Gall et de la clinique Hirslanden de Zurich, associées à l'entreprise suisse Cytos ont présenté les résultats encourageants d'un essai clinique de phase II d'un vaccin destiné à lutter contre la dépendance à la nicotine. Mené en double aveugle auprès de plus de 300 fumeurs à Lausanne, Saint-Gall et Zurich, l'essai a démontré que le vaccin, baptisé «NicQb», augmente les chances de sevrage d'une partie des patients traités.Comme l'ont rappelé plusieurs quotidiens romands, Cytos n'est pas la seule entreprise à développer un vaccin antinicotinique. Le 3 mars 2005, le groupe britannique Xenova a annoncé les résultats du second essai de phase I de son vaccin «TA-NIC». Administré à quelques dizaines de fumeurs contre placebo, le produit a augmenté de façon modeste mais significative les chances d'arrêt tabagique sans autre aide au sevrage.L'entreprise américaine Nabi, autre concurrente connue de Cytos, a pour sa part annoncé le 28 septembre 2004 les résultats d'un essai de phase II de son vaccin NicVAX. Menée auprès de 68 fumeurs seulement, cette étude donne pour plus élevé le taux d'abstinents pendant plus de trente jours consécutifs dans le groupe des vaccinés (33%) que dans le groupe placebo (9%).Les trois vaccins reposent sur le même principe. La nicotine, non immunogène par elle-même, est conjuguée à un composé provoquant une réponse immunitaire. Des anticorps antinicotiniques sont produits. Si le sujet fume, les anticorps se lient à la nicotine et l'empêchent de passer la barrière hémato-encéphalique, supprimant ses effets sur le système nerveux central.Quelles sont les différences entre les trois vaccins en développement ? «Les protéines conjuguées à la nicotine ne sont pas les mêmes, répond le Pr lausannois Jacques Cornuz, principal investigateur de l'essai du vaccin de Cytos. Les intentions thérapeutiques diffèrent également. Cytos destine expressément son vaccin à des fumeurs en phase de sevrage, pour prévenir la rechute.» Raison pour laquelle les sujets de l'essai suisse ont reçu parallèlement des conseils et un suivi de leur tentative de sevrage.L'essai suggère que cette stratégie est appropriée. Lorsqu'il parvient à induire une production élevée d'anticorps chez un tiers des sujets vaccinés le vaccin de Cytos fait grimper le taux d'abstinence à six mois à 57%, contre 31% parmi les fumeurs du groupe placebo et 32% parmi les fumeurs vaccinés, mais chez qui la réponse immunitaire était qualifiée de «moyenne» ou de «faible».Les différents groupes n'ont pas rapporté à ce jour d'effets indésirables importants. Une information significative, si l'on considère que l'immunisation contre une molécule aussi petite que la nicotine est une procédure plutôt inédite. L'utilisation d'anticorps pour neutraliser une substance circulante en concentrations relativement importantes n'a pas non plus eu de conséquences délétères, malgré la production simultanée d'un grand nombre de complexes immuns.