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Suite a la creation d’Israel en 1948 quelques 700 000 Arabes palestiniens ont fui les zones contrôlées par le nouvel État et se sont réfugiés dans les pays arabes voisins.
Qu’ils soient partis de leur plein gré, qu’ils aient cherché à fuir les zones de combat ou qu’ils aient été expulsés de force, ou une combinaison de tout cela, est sujet à dispute. Ce qui ne l’est pas, c’est le fait qu’ils ont quitté leurs foyers et que leur fuite a crée une crise humanitaire majeure.
Une urgence humanitaire
Pour faire face à l’urgence les Nations Unies ont créé, en décembre 1949, l’Office de secours et de travaux des Nations unies (UNRWA), chargé de fournir une assistance aux réfugiés Palestiniens en attendant leur retour.
L’UNRWA n’etait pas une solution. Sa tâche consistait à fournir une assistance aux réfugiés en attendant une solution.
Septante ans plus tard
Aujourd’hui, soixante-dix ans après la création de l’UNRWA, on estime qu’au maximum 6% des 700 000 Palestiniens qui vivaient en 1948 dans les zones contrôlées par Israël, soit environ 40 000 personnes, sont encore en vie. En revanche, le nombre total de réfugiés Palestiniens enregistrés par l’UNRWA et recevant une assistance se chiffre à …..4,3 millions et continue de croitre. Les raisons de cette inflation est simple; les statuts de l’UNRWA prévoient que le statut de réfugié Palestinien s’hérite de génération en generation sans limite dans le temps. Ainsi, la démographie aidant, leur nombre ne cesse d’augmenter.
Toujour dans des camps
À l’exception de la Jordanie, qui a réussi à intégrer une grande partie de sa population de réfugiés palestiniens, la plupart des Palestiniens du Moyen-Orient vivent dans un état de flou administratif. Ainsi, les quelque 240 000 Palestiniens qui vivent et travaillent en Arabie saoudite sont les seuls étrangers qualifiés à ne pas pouvoir demander la citoyenneté saoudienne.
Quant aux quelque 450 000 réfugiés palestiniens enregistrés au Liban, ils sont considérés avec hostilité par les chiites et les chrétiens, n’ont pas le droit de travailler et survivent dans des bidonvilles avec l’aide de l’UNRWA.
Enfin, quelque 1,3 million de réfugiés palestiniens enregistrés et assistés par l’UNRWA, sur une population totale d’environ 1,8 million, vivent actuellement à Gaza.
Droit de retour
La création de l’UNRWA, il y a environ soixante-dix ans, correspondait à un réel besoin humanitaire. Cependant, deux considérations étaient intégrées dans les statuts de l’UNRWA: le “droit au retour” et le fait que le statut de réfugié palestinien serait transmis de génération en génération .
Des citoyennes de seconde classe.
Le fait que le statut de réfugié palestinien soit transmis uniquement par la “lignée patrilinéaire” constitue clairement une discrimination fondée sur le sexe. Et si elle garantit qu’avec le temps le problème ne peut que s’aggraver, elle fait aussi des femmes palestiniennes des citoyennes de seconde classe qui, contrairement aux hommes, ne peuvent transmettre le statut de réfugié à leurs descendants.
Quant au “droit au retour”, il était susceptible de se heurter à la réalité, à savoir les développements urbains dans les régions d’origine. Ainsi, alors qu’il aurait pu être valable sur le principe, sa mise en œuvre s’avérerait probablement un cauchemar.
Un triple non.
Ces deux notions reposaient sur ce qui constituait à l’époque le cœur de la politique arabe à l’égard de la Palestine, à savoir l’anéantissement de l’État d’Israël. Non seulement cela ne s’est pas produit, mais avec la reconnaissance d’Israël par plusieurs pays arabes et le rapprochement de facto entre l’Arabie saoudite et Israël, la question des refugés palestinien est une problématique dont et les États arabes et Israël pourraient bien se passer.
En parallel, la cause palestinienne, quelle que soit sa définition, a perdu une partie de son attrait auprès de la base arabe. Et le nombre de Palestiniens dans les camps qui seraient disposés à accepter une solution alternative au “retour” est en augmentation.
Un avenir difficile.
Dans cette perspective, l’UNRWA, est maintenant confrontée à un avenir difficile. En effet, ce qui est en cause, ce n’est pas son fonctionnement en tant que système de distribution d’aide ni son utilité en tant qu’employeur ; avec un personnel de quelque 30 000 personnes, dont 98 % de Palestiniens, l’UNRWA est le plus grand employeur du Moyen-Orient. En définitive, la question qui se pose aujourd’hui est celle de l’existence même de l’organisation telle qu’elle a été conçue à l’origine ; une existence qui doit être envisagée à la lumière des exigences de l’avenir.
A petits pas.
Idéalement, il faudrait s’attaquer à la cause profonde qui a conduit à la création de l’organisation, ce qui rendrait l’UNRWA inutile. D’un point de vue réaliste, il est peu probable que cela se produise dans un avenir prévisible. L’alternative est de réajuster l’organisation. Cela nécessite une stratégie bien planifiée qui prend en compte à la fois les réalités politiques, les préoccupations humanitaires et les interest des palestiniens eux-memes.
En termes pratiques, l’organisation ne peut être supprimée et la tentation de l’envisager sous cet angle n’est pas réaliste. En revanche, une politique bien ciblée consistant à réajuster de manière sélective certaines de ses composantes devrait permettre, d’une part, d’éviter que le problème ne continue à s’aggraver et, d’autre part, de le ramener à des proportions plus gérables afin de garantir une solution satisfaisante, sinon pour tous, du moins pour certains des Palestiniens.
Naturalisations.
À cet effet, les États arabes devraient être encouragés à adopter une politique de naturalisation à l’égard des Palestiniens présents sur leur sol. Une telle politique mettrait l’accent sur la citoyenneté plutôt que sur l’origine. Il est vrai qu’une personne d’origine palestinienne pourrait toujours se considérer comme “palestinienne” tout en détenant la citoyenneté d’un État arabe. Il s’agirait toutefois d’une décision subjective, qui ne porterait pas atteinte à son statut national. Une telle approche permettrait d’éviter ce qui s’est passé au Koweït après que l’OLP a soutenu l’invasion de l’Irak ; après la libération du Koweït, les autorités ont expulsé la plupart des résidents palestiniens sans tenir compte du fait que la plupart d’entre eux avaient un passeport jordanien.
Il est évident que la naturalisation doit être abordée pays par pays, car elle n’a pas les mêmes implications dans des pays comme l’Arabie saoudite qu’au Liban. Il faudrait donc procéder à un réglage fin, pays par pays, avec pour résultat final que les ressortissants naturalisés d’origine palestinienne ne seraient plus enregistrés par l’UNRWA.
Un rève.
Quant à la notion de “droit au retour”, elle reste un rêve pour de nombreux Palestiniens, qui ne sont pas prêts à y renoncer ; mais les temps changent et une enquête indique que 54 % des personnes interrogées seraient prêtes à y renoncer en échange d’une juste compensation.
Enfin et surtout, le concept de statut de réfugié hérité de la “lignée patrilinéaire” pose question. Idéalement, le statut de réfugié ne devrait plus être hérité ; et s’il l’est, il ne devrait pas être basé sur des restrictions liées au sexe.
Payer plustot que penser.
Soixante-dix ans après sa création, les états qui ont crée l’UNRWA trouvent toujours plus facile de mettre chaque année la main au portefeuille plustot que de faire l’effort de réinventer l’organisation à la lumière de l’avenir. Certes la violence des reactions lorsque le Conseiller Fédéral Ignazio Cassis a fait reference á l’UNRWA avec un point d’interrogation montre à quell point le sujet reste sensible. Une raison de plus pour l’aborder. Reste à savoir qui fera le premier pas.