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En 2003, Amnesty International a lancé, avec Oxfam et le Réseau international d'action contre les armes légères (IANSA), la campagne "Contrôlez les armes", appelant à un contrôle strict du commerce mondial des armes. L’objectif était d’atteindre un traité juridiquement contraignant à l’ONU (« Traité sur le commerce des armes ». TCA) interdisant les transferts d’armements violant le droit international et les droits humains.
La campagne avait recouru à une action photo qui montraient les visages d’un million de personnes du monde entier s’engageant pour un contrôle efficace du commerce des armes. Les photos avaient été remises en 2006 au secrétaire général de l’ONU de l’époque, Kofi Annan.
La campagne a été un succès. En effet, un processus fut lancé en 2006 en faveur de l’élaboration d’un traité (153 gouvernements se sont prononcés en faveur, 25 se sont abstenus et 1 a voté contre, à savoir les Etats-Unis.) Depuis, Amnesty reste engagée sur ce thème à travers son lobbying et des actions publiques ponctuelles.
En octobre 2011, Amnesty a publié un , y compris depuis la Suisse. Ce rapport a rencontré un écho positif dans les médias. Un autre rapport, publié en février 2012, dénonce les transferts d’armes depuis la Chine et la Russie en direction du Soudan. Tous deux illustrent la nécessité urgente d’un contrôle du commerce des armes.
La situation actuelle
En juillet 2012, les États se sont réunis pendant trois semaines à New-York pour débattre du contenu du futur traité sur le commerce des armes. Ce n’est que dans les dernières heures de la Conférence que, sur proposition des États-Unis, fut prise la décision de ne pas adopter le texte proposé, trop de questions restant en suspens. Une nouvelle conférence se tiendra en mars 2013, toujours à New-York, qui cette fois devrait déboucher sur l’adoption d’un traité par consensus. Le risque que certains gouvernements cherchent à affaiblir la portée du traité est sérieux et actuel. Parmi les puissances internationales souhaitant bloquer les négociations, on compte la Chine, la Russie, le Pakistan, l’Egypte, l’Inde (et 15 autres). Si le traité ne peut être adopté en mars, c’est l’Assemblée générale des Nations Unies qui se prononcera par vote à la majorité des deux-tiers en automne 2013.
La situation en Suisse
Le Conseil fédéral s’est engagé à soutenir la création d’un tel traité en acceptant un postulat en 2005. Il a jusqu’à aujourd’hui joué un rôle modeste dans les négociations, mais a soutenu la plupart du temps des options fortes visant à l’obtention d’un traité efficace. Il est à souhaiter qu’il maintienne ses positions et ne baisse pas les bras devant les pressions exercées par les gros producteurs d’armement que sont les Etats-Unis et la Russie, pour ne citer que ces exemples.
L'attitude, en principe positive, de la Suisse n'empêche pas que des armes suisses soient toujours fournies à certains pays « problématiques » : des exemples récents de tels transferts sont documentés dans le rapport d'Amnesty « Les transferts d'armes à destination du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord. Enseignements en vue d’un traité efficace sur le commerce des armes ».
En Suisse, le Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO) est l’autorité chargée d'approuver l'exportation de matériel de guerre. Pour chaque demande d'exportation d'armes, celle-ci devrait entre autres prendre en considération le « respect des droits humains » ainsi que le «maintien de la paix ». Les revendications d'Amnesty pour la Suisse concernent une application plus restrictive des réglementations en vigueur pour l’exportation des armes.