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Plus d'une année après l'abandon du taux plancher, le cours du franc continue à osciller au-dessous de 1,10 franc pour 1 euro. L'inflation est très négative. Le chômage augmente. En peu de temps, des milliers d'emplois ont disparu dans l'économie d'exportation. Depuis le début de l'appréciation de notre monnaie, en 2008, on a perdu presque 10 % des emplois dans l'hôtellerie-restauration et l'industrie. Comme il n'y a plus de taux plancher, de nouvelles violentes appréciations ne sont pas exclues.
Aujourd'hui, force est de constater que l'espoir nourri par la Banque nationale suisse (BNS) d'une dévaluation du franc pendant l'année 2015 ne s'est pas concrétisé. Les mesures de politique monétaire prises à ce jour (intérêts négatifs, interventions sur le marché des devises) ont certes des effets qui vont dans la bonne direction, mais elles sont insuffisantes. On comprend toujours moins quel objectif la BNS poursuit précisément, et à l'aide de quels instruments.
Prétendre comme la BNS que la politique monétaire est expansionniste est faux. Certes, les taux d'intérêt sont bas, mais le franc, fortement surévalué, a une incidence économique extrêmement néfaste, au point que les conditions monétaires générales en Suisse doivent sans équivoque aucune être qualifiées de restrictives. Le " Monetary conditions index " publié par la BNS dans son Bulletin trimestriel le montre également.
L'USS attend de la BNS qu'elle amène le franc à un niveau acceptable pour que les salaires et les emplois soient protégés. Presque toutes les petites économies ouvertes du monde se protègent contre toutes les formes de variations des cours de change. La BNS l'a aussi fait la plupart du temps par le passé : explicitement en 1978 et, ensuite, fin 2009, par rapport au deutschemark (80 ct/1 DM), puis face à l'euro, mais de manière implicite cette fois. L'instrument le plus efficace pour ce faire est l'instauration d'un taux plancher ou d'un objectif de cours, tous deux explicites. Les intérêts négatifs peuvent certes faciliter la mise en œuvre de cet objectif de cours. Mais à eux seuls, ils ne produisent que des effets limités, comme le montre la surévaluation du franc qui persiste depuis des mois.
renseignements
- Daniel Lampart , économiste en chef de l'USS, 079 205 69 11
- Thomas Zimmermann, responsable de la communication de l'USS, 079 249 59 74