Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07268.jsonl.gz/776

Ainsi donc, M. Hessel nous recommande l'indignation. C'est sans doute un sentiment digne mais qui n'empêchera pas toutes les bassesses du monde. Et puis on peut s'indigner d'énormément de choses : la faim dans le monde, les enfants qui travaillent dans les mines, la guerre en Irak, les chômeurs victimes de la mondialisation. Mais on peut aussi s'indigner quand un citoyen refuse de serrer la main d'un président ou quand ce président répond "casse-toi pauvre con". A Genève, des citoyens, probablement honnêtes, se sont indigné quand G. Réal a été inhumée au cimetière des rois. Quoi d'autre ? A vous de compléter la liste.
S'indigner ne bouffe pas de foin. S'indigner est de bon ton dans les soirées de charité et d'ailleurs un instant d'indignation est si vite oublié. Qu'importe on s'indignera la semaine prochaine, le mois prochain. Il y aura bien assez d'occasions de s'indigner.
Et puis ?
L'indignation ne va pas changer le monde. Après l'indignation, il faut résister. Et là les choses se compliquent parce que notre capacité de résistance est généralement nettement plus molle que notre capacité à nous indigner.