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Léopold Golay est né le 8 août 1862 au Brassus. Ses parents vivent d’horlogerie et d’un petit domaine. Tout jeune écolier, il montre de bonnes dispositions pour le dessin, la littérature et la poésie. A la fin de l’école obligatoire, il s’efforce de quitter la Vallée de Joux pour se vouer à la peinture artistique, soutenu dans cette démarche par sa mère. Mais la crise qui règne à cette époque dans l’industrie horlogère l’oblige à renoncer momentanément à son idéal, malgré que la commune du Chenit se soit proposée de financer une partie de ses études dans une école de beaux-arts. Son père lui apprend les rudiments de l’horlogerie, puis il part pour Nyon comme apprenti dessinateur. A la fin de son apprentissage, il revient à la Vallée de Joux et est engagé en qualité de tourneur à la manufacture Le Coultre & Co au Sentier. Ce doit être à cette époque qu’il fait la connaissance du peintre Eugène Burnand avec lequel il restera lié.
En 1888, la direction de la Poste crée un troisième poste de facteur dans la paroisse du Brassus. Léopold Golay postule en précisant que le travail en usine ne convient pas à son tempérament et qu’il recherche une place « sûre » car il doit subvenir aux besoins de sa nombreuse famille (14 frères et sœurs). Il est engagé et consacre désormais ses loisirs à son art en espérant pouvoir un jour se hisser au rang des peintres ayant une certaine notoriété. Au cours de ses tournées postales, il s’imprègne des couleurs de la nature, qu’il restitue parfois sur des toiles disposées dans une ferme entre la fin de la distribution et le début du ramassage du courrier.
En 1896, l’une de ses toiles est acceptée à l’Exposition Nationale de Genève, sous la forme d’un paysage du Jura. On évalue ses œuvres à plusieurs centaines et peu de familles de la Vallée de Joux ne le connaissent ou ne possèdent un ou plusieurs tableaux. Léopold Golay perd le 15 janvier 1939, lors de l’incendie de sa demeure, une soixantaine de toiles préparées pour une exposition prévue de longue date à Lausanne. Le coup est cruel et avec l’énergie du désespoir, il s’efforce de repeindre la plupart des œuvres disparues, au nombre desquelles figure Le labourage.
Outre son activité professionnelle et la peinture, il s’occupait d’un petit domaine de quatre têtes de bétail et le soir tournait des pièces de montres dans son petit atelier pour la maison Longines à St.-Imier.
Léopold Golay meurt en décembre 1941.
Extraits de la brochure « De la Dent de Chichevaux à la Dent de Vaulion »