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Histoire de la
Salsa
Terme commercial créé à New York dans un club de la 52ème rue le 21 août
1971. Actuellement, beaucoup de choses sont regroupées sous le mot salsa. Il
nous semble intéressant de remonter un peu le temps pour comprendre comment
cette mode arrive jusqu'à nous, se maintient et fait toujours plus d'adeptes…
Il est impossible de parler de salsa sans parler de Cuba.
Depuis toujours Cuba est un grand producteur et exportateur de musique. Les mélanges
de culture africaine et hispanique ont donné naissance très tôt à différents
types de musique, comme le Danzon, qui date de la fin du 19ème siècle (1879)
et qui mélange la contredanse européenne et les rythmes africains.
Le Son, une évolution du Danzon qui apparaît au début du 20ème siècle
(1909) et qui se popularise dans les années 20 : mélodies espagnoles et
rythmes africains, avec déjà la présence de la Clave. Les musiques ne cessées
d'évoluer et de se développer: rumba, mambo, jazz latin. Elles continuent à
immigrer ainsi que leurs musiciens jusque dans les années 50, où de nombreux
artistes latins se produisent aux USA et en particulier à New York. "Les
échanges entre Cuba, NY et le reste des Caraïbes sont à leur apogée, quand
le 1er janvier 1959, Fidel Castro renverse le régime de Batista et implante le
premier gouvernement communiste du continent.
Cet événement, d'une manière ou d'une autre, changera le cours de
l'histoire, de l'évolution musicale. Pour le meilleur et pour le pire, rien ne
sera plus comme avant, il faudra désormais compter sans l'énorme richesse
culturelle dont Cuba avait été la source. Dorénavant, donc, la musique allait
se développer sans l'influence cubaine, muselée autant par les priorités de
son nouveau système politique que par le blocus imposé par les USA.
Cependant, ce fait historique engendre une migration massive de musiciens
cubains, spécialement à NY, ville qui assimile cette avalanche de musiciens grâce
aux Big Bands alors au faîte de leur gloire."(Histoire de la salsa aux US:
par Daniel Genton) Dans les années 70, une nouvelle forme musicale voit le jour
à NY, au sein de la communauté hispanophone (Spanich Harlem). "La vie
nocturne des musiciens de la diaspora latine est intense à NY. Dans les
descargas, ces jams latinos, toutes les influences se mélangent aux variantes
afro-cubaines: le Son cubain des années 50, la Bomba et la Plena des
portoricains, le Merengue des dominicains, la Cumbia des colombiens.
C'est au club Red Garter que se trouve la crème des musiciens pour les nuits
torrides. Transporté par la musique fantastique qu'il y entend, Jerry Masucci,
fondateur avec Johnny Pacheco du label FANIA en 1964, décide d'organiser régulièrement
des super descargas sous le nom de Fania All Stars. Immortalisées en disques et
en films, elles vont promouvoir la Salsa faisant entrer dans la légende des
noms comme Ray Barretto, Joe Cuba, Willie Colon, Celia Cruz, Cheo Feliciano,
Ruben Blades, Luis Ortiz, Ismael Miranda, Papo Lucca…"
La Clave
Deux morceaux cylindriques de bois dur d'une vingtaine de centimètres
que l'on frappe l'un contre l'autre : cette percussion toute simple, née dans
le port de La Havane, est pourtant la colonne vertébrale de toute la musique
latine. C'est elle qu'on suit, c'est sur elle que s'appuie tout l'orquestre.
Elle génère la mesure rythmique, elle est la pulsation primale : le véritable
coeur.
QU'EST-CE QUE LA CLAVE ?>
La clave, c'est à la fois l'instrument, mais aussi le rythme qu'il génère.
La cellule rythmique est formée de la succession de deux parties, répétées
à l'infini. L'une des parties comprend trois battements, l'autre partie
seulement deux.
La clave d'origine commence par la partie comprenant trois chocs, suivie de la
partie comprenant deux chocs : c'est la clave 3/2.
Dans le cas contraire (c'est-à-dire quand la partie "deux
chocs" précède la partie "trois chocs"), on parle de clave 2/3.
Il existe de multiples variantes de la clave, en particulier la
clave de rumba (3/2 ou 2/3), dans lesquelles le rythme est légérèment différent,
mais sur un principe semblable.
Mais d'où vient la clave ?
LA NAISSANCE DE LA CLAVE
Du XVIème au XVIIIème siècle, les docks du port de La
Havane sont le centre vital de toute la capitale. La sécurité de son port,
protégé par des forteresses réputées imprenables, assurent alors à la ville
la venue de tous les bateaux chargés des richesses arrachées aux terres des Amériques,
et impose La Havane comme l'incontournable "clé des Indes". Des
centaines d'esclaves, de marins, de soldats et d'ouvriers forment le petit monde
du port, où se multiplient les lieux de plaisir.
Année après année, La Havane de Cuba et la Séville d'Espagne échangent
hommes, marchandises, savoirs, coutumes, par les allées et venues incessantes
qui rythment le cours du temps. Ici se mélangent les musiques d'Afrique, qui
hantent les crânes des esclaves noirs, et les musiques d'Andalousie,
contribuant à construire une cubanité naissante.
Le port de La Havane est vibrant d'activité : il faut réparer les navires en
bois ayant essuyé les tempêtes et résisté aux pirates, et les remettre en état
avant qu'ils ne se risquent avec leurs équipages et leurs précieuses
marchandises vers les implacables Bermudes, passage obligé du retour en Europe.
Les chevilles de bois fixant les pièces des navires s'entassent par milliers
dans les entrepôts du port. On les dit imputrescibles dans l'eau de mer et
d'une qualité sans égale ; elles sont les pièces essentielles du navire, véritables
clés d'assemblage sans lesquelles rien n'est possible, et garantes de la sécurité
en mer : sur elles reposent tout l'édifice commercial.
Aux mains des ouvriers-charpentiers de marine, elles s'entrechoquent au rythme
du travail, libérant une sonorité profonde et nostalgique dûe à la dureté
du bois utilisé (acana, jiqui, guayacan, jucaro, quiebrahacha,...).
Quand le travail s'arrête un moment, les docks et les tavernes du port se
peuplent de musiques et de chants, et les chevilles, ou clés (llaves en
espagnol), ou claves, deviennent tout naturellement des percussions dans les
mains de gens pauvres et sans instruments, pour qui la musique est une activité
naturelle et quotidienne.
C'est ainsi que polie par le temps et les mains des esclaves noirs arrachés
d'Afrique et des galériens venus d'Andalousie, la clave glisse lentement de son
rôle de pièce de navire à son statut d'instrument de musique : dans un port
qui est une clé du monde, deux morceaux de bois, pièce essentielle des
bateaux, deviennent une autre clé : celle de la musique cubaine, et au-delà de
toute la salsa. C'est en effet la percussion des claves que tout l'orchestre écoute,
et c'est à la clave que l'orchestre se fie. Que le percussionniste aux claves
perde le rythme, et là encore, c'est tout un édifice qui s'écroule : celui de
la musique. Elle est la colonne vertébrale de la salsa, et elle en est le
coeur.
LE JEU DE LA CLAVE
On dit que le rythme de la clave ne s'apprend pas : on naît avec, ou pas.
Mais même sans parler du rythme, le jeu de la clave est moins simple qu'il n'y
paraît. L'un des "bâtons" se tient dans la main droite, par l'une
des extrémités, et vient percuter en cadence l'autre morceau de bois, placé
dans la main gauche. La prise de main gauche est essentielle : c'est que le bâton
est tenu entre le pouce et les autres doigts, et qu'il repose à l'intérieur de
la paume qui fait office de caisse de résonance ; la pression exercée par les
doigts, la façon d'arrondir la paume, et bien sûr la force du choc,
influencent le timbre et la puissance du son obtenu.
Le bâton droit, actif, est symboliquement associé à l'élément mâle de
l'instrument ; tandis que le bâton tenu dans la main gauche, passif en
apparence mais d'où sort le son, est lié au principe femelle. Souvent,
les vieux joueurs de clave, par habitude ou tradition, réservent toujours la même
clave à la même main : celle-ci est toujours la droite, et celle-là toujours
la gauche. De même, ils les tiennent toujours dans le même sens, même si les
claves sont au départ rigoureusement identiques et symétriques. Avec l'usure
du temps, les chocs répétés creusent alors les bois d'une manière particulière
et différente pour les deux bâtons, et l'examen d'un jeu de claves usagées
renforcent le symbolisme de la sexualisation.
Par Hot Salsa
Rueda
La Rueda ou Rueda de Casino, est originaire de Cuba. Elle naît
dans la ville de la Havane dans les années 70, mais ce n'est qu'au début des
années 80 qu'elle se répand dans toute l'île comme une danse populaire. En
effet, les danseurs Rosendo et Caruca présentent un programme télévisé appelé
: « Para Bailar » et c'est à la suite de cela que la Rueda se pratique
partout dans l'île.
Les premières figures de la Rueda correspondent à des
situations et des éléments bien particuliers de la culture cubaine. C'est une
façon de critiquer avec humour la société et la manière d'être des Cubains
en général. Elle se danse entres amis comme un véritable jeu.
La beauté et la richesse de cette danse, réside dans le mélange
de figures basiques (d'origine) et la création de nouvelles. Ces dernières
sont propres à chaque région, ville ou quartier.
Même si nous développons toujours plus de technicité dans la
danse, nous ne devons jamais oublier le populaire de cette danse, sa cadence,
son rythme et ses racines, éléments très importants qui nous rappellent son
essence. Malheureusement, trop souvent, nous sommes préoccupés par
l'innovation et nous déformons ce qui a déjà été créer il y a des décennies,
en pensant avoir inventé quelque chose de nouveau.
Voilà comment le « capitaine » de la Rueda (personne qui
chante les figures) est appelé « la Madre » dans un concours national de
Salsa et Rueda… En Suisse, la Rueda débarque vers les années 90 avec
l'immigration de Cubains et la vague « Salsa » apparu en même temps.
Aujourd'hui, la Rueda est presque aussi populaire que la salsa et se danse régulièrement
dans les fêtes latinos et les discothèques salsa.
Salsa Cubana
Les racines de la musique et danse cubaine remontent aux
influences africaines des XV et XVI siècles. Durant les siècles suivants, la
danse, la musique et la culture en générale subissent une évolution considérable
dans les détails de laquelle nous n'entrerons pas au cours de cet article. Dès
l'arrivé des français, à la fin du XVIII siècle, l'influence européenne en
matière de danse de couple se fait ressentir dans les musiques cubaines de l'époque,
et celles qui suivront, à l'exemple du Son (prononcer « sonne »), danse créé
par les paysans de la partie orientale de Cuba dès 1909.
A cette époque, l'homme et la femme devaient garder une
certaine distance entre eux, surtout au niveau du bassin.. La main droite de
l'homme se plaçait entre les omoplates de la femme et sa main gauche prenait la
main droite de sa partenaire, ainsi ils avaient le torse rapproché. Cette
distance marqué leurs faisaient fléchir les jambes. Les jeunes filles d'alors
sortaient toujours accompagnées de leur famille et il était mal vu de danser
trop serré.
Au fur et à mesure que le Son se rapproche de l'occident, les
mouvements deviennent de plus en plus doux et harmonieux, ils ressemblent de
plus en plus au Danzon (autre danse de couple de l'époque).
Lorsque le Son arrive à la Havane, la danse comme la musique se
complexifient, on voit apparaître les premières figures comme le fameux «
tornillo » qui fait tourner l'homme en équilibre sur un pied guidé par la
femme. Puis, dans les années 50 à la Havane, on voit évoluer le Son avec les
autres rythmes cubains et apparaître les musiques nord-américaines comme le
Fox-trot, le Rock'n Roll, le Jazz etc. notamment dans deux des plus grands lieux
de la danse à l'époque : « el Casino Desportivo » et « el Casino de Playa
». Cette évolution musicale a eu un impact important sur la danse, amenant un
nouveau style appelé « el Casino » (Salsa Cubaine) « El Casino » a donné
son nom à la danse en groupe « Rueda de Casino ».
Actuellement la musique et les danses cubaines continuent à se
développer et apparaissent d'autres mouvements de danse adapté à cette
nouvelle vague appelée « Timba », comme par exemple ce que tout le monde
connaît sous la dénomination d'« el Despelote », ainsi que d'autres
mouvements dansés seul. Dans une société comme celle de Cuba, qui a autant de
siècles d'existence que de tradition musicale, l'évolution de la musique ne
cessera probablement pas d'évoluer.
Les gens qui aiment, qui écoutent et qui dansent ces musiques
vont naturellement suivre cette évolution en se calquant sur le rythme pour
essayer toujours ne faire qu'un avec la musique. Voilà peut-être pourquoi la
musique, comme la danse, peuvent être si différentes en Colombie, au
Venezuela, à Puerto Rico, à Cuba ou à New York… … Et même si tout cela
est aujourd'hui appelé SALSA, il est néanmoins intéressant d'en connaître
les différences, les subtilités, la diversité et les richesses afin de,
chaque jour, avoir davantage de plaisir à danser et toujours mieux sentir la
musique.