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TSR SCIENCE 5 Les sciences humaines et sociales en Suisse
Plusieurs rapports dénoncent le manque de moyens mis à disposition des étudiants et des chercheurs.
Démonstration grâce à Ulrich Klöti, politologue à l'université de Zurich.
Le vocabulaire peut être trompeur. En effet, les sciences humaines s'occupent, entre autres, de théologie, de littérature, de philosophie et d'histoire. Alors que les sciences sociales désignent des domaines comme la psychologie, la pédagogie, la sociologie ou les sciences politiques.
Même si les étudiants en sciences humaines et sociales représentent 35% des effectifs estudiantins, la Suisse a dépensé pour chacun d'eux trois fois moins que pour les autres étudiants, toutes disciplines confondues (source CSST).
Ainsi, la dépense moyenne par étudiant a été, pour l'année 2000, de 13 000 francs. en sciences humaines et sociales. Et de 91 000 francs. en médecine et en pharmacie (source: rapport Schuwey).
L'encadrement est de ce fait très insuffisant: 43 étudiants par enseignant en sciences humaines et même 85 par enseignant en sciences sociales (statistique de 1999).
Un apprentissage concret
Ulrich Klöti, professeur de sciences politiques à l'université de Zurich, définit son domaine comme étant «une science sociale qui étudie la politique, les processus de décision et les courants de pensées. On s'oriente vers une analyse empirique de tout ce qui se passe en politique».
Ulrich Klöti connaît bien le système suisse puisqu'il a été, de 1973 à 1980, le collaborateur personnel du chancelier de la Confédération Karl Huber.
Une période qui l'a marqué: «La Chancellerie est au centre de tous les processus de décision politiques en Suisse: parlement, démocratie directe et gouvernement. J'ai vu comment fonctionne la Suisse et cela m'a aidé par la suite; beaucoup plus que ce que j'ai lu dans les livres».
Le problème est sérieux
Dans sa discipline, Ulrich Klöti fait face à des difficultés incroyables. Un exemple édifiant? A Zurich, pour 1200 étudiants, on comptait deux professeurs jusqu'au 1er septembre, trois depuis cette date. «Dans des conditions pareilles, il n'est pas possible de remplir toutes les exigences nécessaires», constate-t-il.
Au-delà des difficultés, la branche suscite donc un réel engouement... «Les mauvaises langues disent que ce sont des disciplines faciles qui intéressent ceux qui ne veulent pas travailler, répond le professeur. Mais je n'y crois pas, car nos exigences sont élevées. Non, il faut voir là l'intérêt que portent les jeunes aux objets que nous étudions, la politique et la société».
Et contrairement aux idées reçues, les jeunes diplômés en sciences sociales n'ont aucune peine à trouver un emploi. On les retrouve dans l'administration, dans les médias (surtout à Zurich) et dans l'industrie privée (banques, assurances, etc.)
Une Suisse qui change
Dans le cadre des sciences sociales, un projet à long terme est en cours de route: le programme «Demain la Suisse», financé par le Fonds national suisse de la recherche (FNS), dans lequel «plusieurs instruments d'observation durable du changement social ont été mis en place».
D'après Ulrich Klöti la Suisse «est passée d'un corporatisme très strict à un pluralisme plus ouvert. Et la tendance continue».
Il existe certes des différences entre la Suisse allemande, la Suisse romande et la Suisse italienne, mais pour lui, «le fossé le plus important se situe plutôt entre les centres urbains et les régions rurales. En outre, les Romands ignorent qu'il y a de grandes distinctions à faire entre les cantons alémaniques».
Pour l'avenir, Ulrich Klöti estime que «la Suisse doit faire un grand effort d'ouverture. A tous les niveaux».
swissinfo/Yves Pillard
En bref
Bio express:
- Ulrich Klöti naît en 1943.
- Après un diplôme de commerce à Berne et un baccalauréat à Neuchâtel, il étudie la sociologie à l'université de Berne.
- Ulrich Klöti poursuit sa formation aux USA à Princeton et à Ann Arbor (Michigan) dont il est diplômé en 1972.
- Il est le collaborateur personnel du chancelier de la Confédération Karl Huber entre 1973 et 1980.
- Après cette période, il est nommé professeur de sciences politiques à l'université de Zurich.
- De 1998 à 2000, il est directeur de l'Institut des sciences politiques de Zurich.
- Parallèlement à sa chaire de professeur, Ulrich Klöti est président du Conseil de politique des sciences sociales et membre du Fonds national suisse (FNS).
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