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J’embrasse pas: pourquoi le massage cardiaque a supplanté le bouche-à-bouche
Trois étapes
Quand faire un massage cardiaque? La réponse est simple, si quelqu'un perd connaissance devant vous, ne vous répond pas et respire mal ou difficilement, il est peut-être en arrêt cardiaque. Il y a alors trois choses à faire très rapidement. 1. Appeler le 144. 2. Débuter un massage cardiaque. 3. Utiliser un défibrillateur semi-automatique.
Pourquoi faire un massage cardiaque? Si le cœur s'arrête ou bat de manière entièrement anarchique (fibrillation ventriculaire), il n'assure plus son rôle d'oxygénation des organes dont certains, comme le cerveau, risquent des lésions irréversibles après seulement quelques minutes. En appuyant fortement et régulièrement au centre du thorax de la personne inanimée (sur le rythme de Stayin' Alive des Bee Gees pour obtenir la bonne fréquence), on force mécaniquement l'éjection du sang par le cœur.
En zone urbaine en Suisse, une ambulance arrive généralement moins de dix minutes après l’appel au 144. Le but du massage cardiaque est de permettre au patient de connaître le moins de dommages possibles et de faire le lien avec la prise en charge par les secours professionnels. L'emploi d'un défibrillateur semi-automatique peut être aussi crucial. On en trouve parfois dans les endroits très fréquentés comme les gares ou les aéroports; penser à demander à un passant ou à un officiel d'aller en chercher un.
Éviter la paralysie
Voilà pour ce qu'il convient de faire, mais pourquoi donc ne recommande-t-on plus le bouche-à-bouche? Tout d'abord, il n'est absolument pas interdit; si vous savez le pratiquer, faites-le, en alternant 30 compressions du thorax avec 2 respirations. Mais «il ne faut rien faire pour retarder le début du massage cardiaque», résume le Dr Lador. Plus vite celui-ci est entrepris, moins les organes souffriront des conséquences de l’arrêt circulatoire et plus grandes seront les chances de survie.
Or, le bouche-à-bouche (ou le bouche-à-nez) est une opération relativement complexe et psychologiquement impressionnante. De nombreuses études ont montré que les passants pouvaient être paralysés et, de peur de mal faire, ne tentaient aucune opération de secourisme. De plus, si l'on pratique la respiration artificielle sans massage, on oxygène du sang qu'on ne fait ensuite pas circuler.
Le massage cardiaque est, lui, simple et efficace. C'est aujourd'hui la méthode préconisée et l'on estime que, s'il est très bien mené, il assure 30 à 50% d'un débit cardiaque normal (5 litres / minutes). Craint-on de faire mal à quelqu'un qui ne serait pas en arrêt cardiaque? S'il n'en a pas besoin, vos compressions le réveilleront. Non, «il est inconscient? il ne répond pas et ne respire pas? On masse !», assène le médecin.
Simple mais crucial
Pourtant, on ne demande pas aux sauveteurs potentiels d'être des surhommes. «Il est tout à fait naturel de paniquer dans une situation de stress.» D'où l'importance de donner un message clair, le plus simple possible et l’intérêt de suivre un cours de premiers secours. Une étude de la Croix-Rouge française a ainsi estimé que seuls 5 à 6 % des Français connaissaient les gestes de base du secourisme mais conclut que si cette proportion atteignait 20%, 20000 décès pourraient être évités. Dans ces situations, «les gestes à entreprendre sont très importants, mais heureusement ils sont simples», résume le Dr Lador.
On reprend: quelqu'un perd connaissance. S'il ne répond pas et respire mal ou difficilement, 1. Appelez le 144. 2. Commencez le massage cardiaque. 3. Utilisez un défibrillateur semi-automatique.