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La fièvre du lait touche davantage les vaches dès la troisième lactation
Article technique de Chantal Grünenfelder, Service technique Suisse Romande
Le coût engendré par une fièvre du lait est important, donc mieux vaut prévenir que guérir.
La fièvre du lait est une maladie métabolique qui apparaît la plupart du temps dans les 48 heures suivant le vêlage.
Mécanismes
Elle se traduit par une chute du calcium sanguin, souvent accompagnée d’un taux de phosphore et de magnésium faible.
Les vaches touchées par la fièvre du lait sont la plupart du temps des vaches en troisième lactation ou plus.
Le calcium est un constituant essentiel du squelette et du lait. Il joue un rôle dans la contraction musculaire.
Pour la régulation du calcium sanguin, la parathormone et la vitamine D sous sa forme active (1,25-dihydroxyvitamine D) augmentent la quantité de calcium dans le sang en favorisant la libération du calcium osseux et l’absorption intestinale du calcium. Quant à la calcitonine, elle diminue la quantité de calcium dans le sang. Au tarissement, la vache doit recevoir suffisamment de magnésium, afin de stimuler la production de parathormone et de 1,25-dihydroxyvitamine D.
Lors de l’acidification de la ration, les apports en calcium doivent être suffisamment pourvus. Il faut veiller à ne pas surdoser les apports en phosphore.
Symptômes
Les vaches qui ont une faible teneur en calcium dans le sang ont une mise bas lente. Elles tremblent en se levant et leur température corporelle est plus basse que 38,5° C. Leurs oreilles sont froides. Elles sont encore apathiques, ingèrent peu ou pas de fourrage et ruminent très peu. Elles ne boivent pas assez voire pas du tout. Les fèces sont épaisses. Les vaches atteintes sont également parfois sujettes aux rétentions placentaires. Dans une forme plus avancée, si la vache reste couchée, ne peut plus se lever et positionne sa tête sur sa poitrine, elle peut tomber dans le coma. Il faut donc réagir rapidement en appelant le vétérinaire, car cela peut provoquer sa mort. Une vache qui démarre mal sa lactation a plus de risque d’être sujette à l’acétonémie, aux troubles de fécondité, aux mammites, aux métrites, etc.
Prévention et traitement
Il faut offrir une ration adaptée aux vaches taries en tenant compte notamment de la BACA (bilan anions-cations) et veiller à ce que la ration soit assez fibreuse et appétente. Durant cette phase, il est important que les vaches maintiennent un volume de panse. Contrôler le score de remplissage ruminal (idéal: 4-5) et complémenter les vaches taries avec un minéral adapté au tarissement comprenant des teneurs en macro et oligo-éléments adaptées,
de la vitamine A, D3, E, du sélénium et beaucoup d’antioxydants. Il vaut mieux éviter de distribuer des rations trop riches en énergie. Les vaches trop grasses sont plus sujettes à la fièvre du lait.
Donner autant d’eau tiède après le vêlage que la vache en boit. Cela permet d’augmen- ter le volume de la panse et de stimuler l’appétit. Les taries ont besoin de suffisamment de place à l’auge et de repos. Il faut veiller à ce
qu’elles gardent toujours un contact visuel avec le troupeau et qu’elles ne soient pas stressées.
Il est impératif de poser un diagnostic clair avant de commencer la thérapie de calcium. Le fait que la vache reste couchée ne signifie pas forcément qu’elle est atteinte d’une fièvre du lait. Elle peut par exemple être victime d’une blessure
physique, de paralysie d’un nerf, etc. Lorsque le vétérinaire a diagnostiqué une fièvre du lait, il procède à l’injection d’une solution riche en calcium, phosphore et magnésium. Le coût économique de la fièvre de lait est important, de ce fait, mieux vaut prévenir que guérir.
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