Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07131.jsonl.gz/42

Umberto Domenico Ferrari, un vieux professeur à la retraite, essaie tant bien que mal de survivre avec le peu de ressources dont il dispose…
Critique
De Sica part d'un conflit social (une manifestation de retraités démunis), puis circonscrit un terrain hostile (la Rome d'après guerre), pour s'attacher ensuite à un homme miné de l'intérieur. Umberto, c'est en quelque sorte le Roberto du Voleur de bicyclette, qui aurait vieilli mais serait poursuivi par la même fatalité, celle qui s'attache aux humbles. Comme souvent chez De Sica, le spectateur perçoit les moindres battements de coeur du héros : précipités, affolés, par exemple, lors d'une sublime scène de suicide manqué… Plus que jamais, c'est un film d'actualité : les marchands de sommeil veillent toujours, et aujourd'hui le vieux fonctionnaire pourrait fort bien être un jeune clandestin, ou encore un homosexuel rejeté par son propre milieu. Ce qui est terrible dans Umberto D., c'est que le héros semble parfaitement en phase avec les gens qu'il côtoie : il vient du même monde, a une culture et une élégance rares, il analyse parfaitement sa situation, mais rien n'y fait... Chef-d'oeuvre toujours bouleversant.
Christophe Pellet, Télérama