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Dans le cadre de cette étude, des chercheurs allemands ont analysé les effets de deux variables du rayonnement solaire, qui sont indépendantes l’une de l’autre, sur la sévérité de la SEP: le taux de vitamine D et le degré de latitude. En effet, plus le degré de latitude est faible, plus la surface de la Terre reçoit de rayons solaires.
Etant donné que les différentes couleurs de peau s’accompagnent de différentes sensibilités au soleil, les scientifiques ont également tenté de savoir si les effets du rayonnement solaire pouvaient être modulés par des médicaments ou des variations au niveau du gène MC1R (récepteur de la mélanocortine de type 1). La présence du MC1R a aussi des fonctions immunosuppressives et des propriétés protectrices sur les modèles murins de SEP.
Pour son étude, l’équipe a utilisé les données de personnes atteintes de SEP issues de deux groupes différents: une cohorte nationale SEP allemande comptant 908 personnes non traitées et la cohorte française BIONAT comptant 808 personnes suivant déjà un traitement.
Conformément aux études précédentes sur la vitamine D, les personnes atteintes de SEP du groupe BIONAT traitées avec l’interféron bêta présentaient un taux de vitamine D plus élevé par rapport à celles ne suivant aucun traitement. Dans la cohorte SEP allemande, on a pu observer un lien significatif entre une plus haute latitude (et donc un rayonnement solaire plus faible) et un nombre plus important de handicaps selon le score de sévérité de la SEP (MSSS).
Dans le groupe BIONAT, un taux élevé de vitamine D s’accompagnait d’un score de handicap moins élevé d’après le MSSS. Dans une première analyse, aucun lien n’avait pourtant été établi entre de hautes latitudes et un MSSS plus élevé, qui soit comparable à celui trouvé chez les personnes atteintes de SEP de la cohorte allemande. Une supposition, confirmée par la suite, a permis de déterminer que le traitement par interféron bêta que suivaient un grand nombre des personnes atteintes de SEP dans la cohorte BIONAT expliquait ces résultats différents entre les deux groupes. Chez les personnes atteintes suivant d’autres traitements que celui par interféron bêta et habitant une plus haute latitude, on a observé un accroissement de la sévérité de la maladie – un indice clair des effets positifs de la lumière du soleil, déjà constaté chez les patients non traités du groupe allemand.
Les chercheurs ont par la suite tenté de savoir si la vitamine D et le degré de latitude avaient une influence sur le risque de poussées et d’accumulation de handicaps, mesuré selon l’échelle EDSS. L’analyse a permis de démontrer qu’un taux plus élevé de vitamine D était associé à une réduction du risque de poussées et d’accroissement des handicaps. Un degré de latitude plus faible (= plus d’ensoleillement) s’accompagnait aussi d’une plus faible augmentation des handicaps et d’un risque moins important de nouvelles poussées.
Les chercheurs ont ensuite analysé si l’influence de l’ensoleillement avait un impact sur la sévérité de la SEP chez les personnes atteintes de SEP présentant des prédispositions génétiques favorisant la sensibilité au soleil, par rapport aux personnes atteintes ne présentant pas de sensibilité particulière au soleil. Il s’est avéré que celles présentant une variante génétique accroissant la sensibilité à la lumière du soleil voyaient le risque de lésions augmenter de 20,5% pour chaque degré de latitude en moins. Par contre, chez les personnes ne présentant pas cette variante génétique, le risque diminuait de 11,6%.
Dans le cadre d’une autre analyse, les chercheurs ont tenté de déterminer comment la photothérapie par rayonnement UV modulait l’activité génétique au sein des cellules immunitaires. Ils ont confirmé que le rayonnement UV était le déclencheur de la production par le corps de vitamine D, mais aussi de l’activation des gènes d’Interféron de type I aux propriétés immunomodulatrices protectrices. L’effet positif d’une supplémentation prospective en vitamine D reste toutefois controversé, étant donné que le résultat de diverses études confirme certes les propriétés anti-inflammatoires de la vitamine D de manière générale, mais ne parvient pas à établir des recommandations cohérentes quant à la dose.
«Dans l’ensemble, notre étude suggère que l’exposition au soleil a des effets positifs sur la SEP établie, comme le montrent les corrélations entre les trois facteurs: degré de latitude, vitamine D et sévérité de la maladie», commentent les chercheurs. L’étude conclut en précisant que chez les patients photosensibles, comme ceux présentant certaines variantes au niveau du gène MC1R par exemple, l’exposition au soleil peut toutefois être nocive.