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Le 6 décembre 1992, un vote populaire a exprimé le refus de la Suisse d’adhérer à l’Espace économique européen. Ce fut en vérité le « non » de la Suisse à l’Europe communautaire. Vingt ans plus tard, l’échec paraît beaucoup moins étonnant que le succès relatif : il ne s’est en effet fallu que de 20000 voix pour que le peuple dise oui, et à 60000 voix près, la majorité des cantons, également requise, aurait pu être atteinte.
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Cette étude porte sur la politique extérieure de la Suisse depuis la fin de la Guerre froide. Sa problématique principale est une évaluation du Sonderfall helvétique. Est-il en voie d’obsolescence ou plus obstiné que jamais ?
Le « Sonderfall suisse » – de l’allemand Sonder désignant ce qui est séparé – se réfère à l’observation que la Suisse constitue un « cas particulier ». En politique extérieure comparée, cette formulation, quoique souvent floue, cherche surtout à relever la capacité de la Confédération à se tenir à l’écart des grands évènements européens : guerres, révolutions, intégration régionale, crises économiques et sociales. Elle vise aussi à souligner ses particularités comme sa neutralité, sa démocratie directe, son fédéralisme et ses spécificités économiques (particulièrement bancaires).