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Il y a des lustres que je lis sur vos blogs des billets (en général) très bons sur la série "Charlotte & Thomas Pitt" d'Anne Perry. Une auteur que je connais pour ses séries "William Monk", "Joseph & Matthew Reavley", ainsi que pour ses contes de Noël, que j'ai tous, dans l'ensemble, bien apprécié.
Je n'ai donc pas trop hésité à débourser quelques deniers lorsque j'ai vu que les éditions 10-18 republiaient récemment les deux premières enquêtes en un seul volume.
Cette toute première histoire met en place les personnages, les lieux, l'ambiance, les décors et costumes, et toute cette immersion dans la société victorienne (1837-1901 - l'histoire se déroule en 1881) qui joue un rôle autant important que l'intrigue en elle-même.
|source : site éditions 10-18|
Or donc, on arrive dans la maison/famille Ellison qui habite Cater Street, à Londres. Il y a Ies parents (Edward et Caroline), leurs trois filles (l'aînée Sarah mariée à Dominic, la cadette Charlotte, et la benjamine Emily), la grand-mère paternelle et plusieurs domestiques. Tout ce petit monde vit en bonne harmonie jusqu'à ce que plusieurs jeunes filles sont retrouvées étranglées dans la rue et que, l'hypothèse d'un psychopathe étranger au quartier étant rapidement écartée par la police, les uns et les autres commencent à se soupçonner. Car il semble bien que l'assassin soit quelqu'un du voisinage, quelqu'un dont personne ne soupçonnerait la face sombre, cachée, malsaine et malade.
L'enquête est confiée à l'inspecteur Pitt qui semble bien attiré par Charlotte, qui n'appartient pourtant pas à la même catégorie sociale que lui, car il revient régulièrement chez les Ellison pour poser des questions ou simplement discuter avec elle.
Je ne dirai rien de plus sur l'intrigue car... il n'y a pas grand-chose de plus à dire. Je me répète, mais le contexte social (différences hommes / femmes, petite bourgeoisie / classe populaire, importance de la religion, bonnes œuvres pour la paroisse, l'importance pour une jeune fille de bonne famille de conclure un bon mariage, etc.) sont tout autant importants que l'intrigue elle-même. Si j'ai beaucoup aimé cet aspect, j'ai quand même trouvé qu'un peu plus d'intérêt pour l'histoire et l'enquête aurait quand même été un plus pour le roman. Je ne me suis pas ennuyée, loin de là, mais il m'a quand même manqué un petit quelque chose.
Toutefois, rien pour me retenir de lire prochainement la seconde enquête incluse dans mon recueil.
"Emily avait persuadé papa de lui acheter une nouvelle robe verte, du vert qu'elle voulait. Elle avait joué sa carte maîtresse : si jamais elle plaisait vraiment, elle pouvait se dénicher un mari... une idée à laquelle papa ne pouvait se montrer insensible. Trois filles mettent à rude épreuve les relations et la fortune d'un homme, s'il désire les voir bien mariées. Sarah n'avait pas fait un grand mariage, soit, mais un mariage honorable. (...)
Avec Charlotte, évidemment, c'était une autre histoire. D'après Emily, il ne serait pas aussi simple de marier Charlotte. Elle était fort peu accommodante - or les hommes n'aiment pas les femmes qui argumentent - et avait des désirs d'un irréalisme navrant. (...)
Mais aujourd'hui, rien de tout cela n'avait d'importance. Emily était aux courses avec Lord Ashworth, Miss Decker, et un jeune homme dont elle remarquait à peine la présence. Il promettait infiniment moins qu'Ashworth et ne méritait donc pas momentanément son intérêt. (pp. 44-45)
(éd. 10-18, traduit par Annie Hamel et Roxane Azimi, 1997, 2014)