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Une nuit dans la vie d’un cerf du Plateau suisse
Nous accompagnons aujourd'hui Bajo, à la tombée de la nuit, le long de son parcours jonché d'obstacles inattendus. Vers 17h, le jeune cerf émerge lentement de sa longue sieste effectuée dans son refuge diurne. L’obscurité le rend plus courageux et il se met en chemin, à travers prairies et forêts.
Mais il bute déjà, après le premier champ, sur une route principale. Les voitures roulent à 80 km/h. Avec un peu de chance, il trouve néanmoins un intervalle dans la circulation de fin de journée et peut franchir l'obstacle sain et sauf. Il continue à travers la forêt, par-delà racines et sentiers, jusqu'à ce que les dernières lumières des maisons s'éteignent. Bajo ose alors s'aventurer dans les champs et se permet un repas du soir copieux, comme en témoigne son arrêt prolongé.
Revigoré, il parcourt la campagne ouverte, traverse une autre route principale jusqu'à ce qu’un obstacle insurmontable lui barre le chemin. Des hautes clôtures, quatre voies - Bajo est impuissant face à cette autoroute.
Bajo longe la barrière durant une heure et demie environ. Cherche-t-il désespérément un passage ? Il ne trouve rien. À 1h 30 du matin, il abandonne et se met en quête d'une cachette. Il effectue encore une dernière ronde gourmande dans les champs. Repu, il se retire vers 5 heures du matin dans les bois pour rassembler ses forces afin de, peut-être, tenter à nouveau sa chance après une longue journée de repos.
L'exemple de l'autoroute illustre de quelle manière les obstacles créés par l'être humain perturbent les animaux. Voilà pourquoi les corridors faunistiques doivent à nouveau devenir praticables.
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Mais où court donc Bajo?
- © Pro Natura
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