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Je suis né à Genève en 1944 d’un père pasteur et d’une mère Suisse allemande qui s’est arrêtée à quatre enfants. A 4 ans, je rêvais d’aller en vacances au bord de la mer ; à 15, d’aller vivre à Paris. A 20 ans, je rêvais de révolutions ; à 25, de terminer mes études d’architecte ; à 30, de programmer d’énormes ordinateurs ; à 37, de courir le marathon de New York ; à 50, d’aimer longtemps la même femme.
Ayant réalisé tous ces rêves, je me suis mis à inventer des personnages de roman qui rêvent à ma place. Mes romans ont été traduits en anglais, en allemand, en italien. J’ai donc pu en vérifier la traduction, grâce à une ébauche d’études de lettres à Genève. Mais quand on est passé au hollandais, je n’ai plus rien contrôlé du tout, m’en suis trouvé comme dépossédé.
Arrivé au bel âge où la patrie reconnaissante vous offre une assurance vieillesse et « survivant », je considère sans nostalgie le temps de mes études à l’université de Genève. Il m’en reste quelques images que la police fédérale a bien voulu joindre à mon dossier de surveillance politique. Il pèse trois kilos trois et je me suis toujours demandé à quoi pouvait bien penser celui qui a pris le cliché ci-joint.
Les derniers livres que j’ai publiés ont pour titre : Un dimanche à la montagne (2006, Buchet-Chastel) et Kamikaze Mozart (2007 Buchet-Chastel).