Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06875.jsonl.gz/887

Les élections fédérales allemandes auront lieu ce dimanche 26 septembre mettant fin à 16 ans de règne d'Angela Merkel. Un mandat qui s'achève dans quelques semaines sur un bilan jugé plutôt positif aux yeux des Allemands. Surnommée "Mutti", la figure rassurante du pays s'en va et laisse dans l'incertitude non seulement sa population mais les pays d’Europe qui attendent avec impatience de connaître le nom de celle ou de celui qui lui succèdera. Nous avons demandé à différents jésuites de la Province d'Europe centrale leur analyse de ce tournant capital: quelles sont leurs attentes? Quel rôle l'Allemagne doit-elle continuer à jouer?
La réponse du Père Philip Geister sj, recteur de l'Institut Newman à Uppsala, en Suède:
L'écrivain suédois Horace Engdahl a un jour qualifié l'Allemagne de «Suède pour adultes». En effet, les deux pays se ressemblent et leur histoire est imbriquée. Mais l'Allemagne est plus grande, plus complexe, plus influente - et la Suède est peut-être légèrement plus jeune.
Jusqu'à présent, les médias suédois n'ont accordé qu'une attention limitée aux prochaines élections allemandes. Néanmoins, les développements futurs en Allemagne sont d'une importance capitale pour la Suède, notamment dans le domaine de la politique climatique: l'Allemagne est le partenaire commercial le plus important de la Suède. Si l'Allemagne ne procède pas à des changements courageux en matière de politique climatique et que l'économie suit le mouvement, peu de choses changeront en termes de politique environnementale en Suède.
Mais dans quelle mesure cette politique peut-elle faire la différence? En Suède, il existe une solide caisse de résonance de la situation politique complexe provoquée par la crise des partis populaires en Allemagne. Parmi les nombreux partis représentés au Bundestag/Parlement suédois, lesquels formeront une coalition entre eux? Quelles conséquences politiques cela aura-t-il? Le manque de candidats et de candidates crédibles et dynamiques pour la présidence du gouvernement est aussi perceptible en Suède qu'en Allemagne. Ces dernières années, de nombreux Suédois ont regardé avec admiration Angela Merkel, l'intégrité et l'humanité dont elle a fait preuve dans la crise des réfugiés et avec quelle dignité et quelle fermeté de principe elle a défendu les valeurs démocratiques et humanitaires de l'Europe. Mais les Suédois voient aussi que, face à la crise climatique, l'Europe a désormais besoin non seulement de stabilité mais aussi de changement. L'Allemagne est-elle capable de réaliser ce changement? C'est la grande question que se posent les Suédois à l'approche des élections allemandes. Car, lorsque les adultes montrent le chemin, les enfants sont davantage susceptibles de le suivre.