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Hommage à Milton Friedman, l'anti-Keynes
À propos du centenaire de la naissance du célèbre économiste.
Cette année marque le centième anniversaire de la naissance de Milton Friedman, disparu il y a six ans. La clarté, la logique et la franchise de son message en font l'un des héros du libéralisme du siècle dernier. Pour avoir thématisé tant les grands enjeux économiques que des questions de société, à l'image du système de formation, qu'il préconisait d'extraire de l'emprise de l'État, il reste une inspiration contemporaine. Milton Friedman défendait la liberté économique comme condition nécessaire à toute liberté civile ou politique. Il avait identifié la menace que faisaient peser sur la liberté et la prospérité la prépondérance croissante du secteur public, le triomphe de l'État-providence et celui des idées keynésiennes, à une époque où le climat intellectuel était particulièrement hostile aux idées libérales.
Milton Friedman est connu comme l'un des pères du monétarisme, exhortant à un contrôle strict de la masse monétaire, une théorie également développée par l'économiste d'origine suisse Karl Brunner (1916- 1989), dont le rayonnement explique en grande partie la relative discipline de la politique monétaire de la Banque Nationale Suisse et la solidité traditionnelle du franc suisse. C'est d'ailleurs dans ce contexte que Milton Friedman avait qualifié la Suisse de «bastion du capitalisme»: une inflation faible, assortie d'une pression fiscale modérée et de l'équilibre budgétaire (à l'inverse des recettes interventionnistes, invariablement vouées à l'échec, qui furent défendues par l'économiste anglais John Maynard Keynes).
En tant qu'économiste pragmatique, Milton Friedman s'attachait à formuler des règles pour limiter le pouvoir discrétionnaire des banques centrales, tout en défendant l'idée que la monnaie était une affaire trop importante pour être abandonnée à quelques banquiers centraux. Sa préférence aurait été d'abolir la Réserve fédérale et de faire croître la masse monétaire selon un modèle mathématique, mettant un terme au système de réserves fractionnaires des banques. Ses travaux de recherche extensifs, réalisés avec sa collègue Anna Schwartz (1915- 2012), établirent que la crise de 1929 était une conséquence directe de la politique monétaire de la Réserve fédérale. Quant au New Deal, il était «la mauvaise solution au mauvais problème».
31 juillet 2012