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Première enquête menée dans toute la Suisse concernant les jeunes multirécidivistes
Communiqués, fedpol, 02.07.2009
Berne. Pour la première fois, un aperçu général du phénomène des jeunes multirécidivistes a été réalisé en Suisse. Il s'agit du résultat d'une enquête menée auprès des corps de police cantonaux et municipaux par l'Office fédéral de la police (fedpol). Il ressort du rapport présentant ces résultats que c'est surtout le type d'infractions violentes qui a changé. Les spécialistes interrogés souhaitent développer leurs liens avec les institutions non policières et adopter des critères de saisie uniformes.
Cette enquête fait partie des mesures sur le thème de la violence juvénile que l'ancien chef du Département fédéral de justice et police (DFJP), le conseiller fédéral Christoph Blocher, avait fait élaborer par ses offices fédéraux. Elle constitue la première vue d'ensemble du phénomène des jeunes multirécidivistes réalisée au niveau suisse.
Définition de la notion de «jeune multirécidiviste»
Selon les résultats de recherches menées au niveau international, 5 % des individus d’une classe d’âge commettent environ 50 % des infractions enregistrées dans cette même classe d’âge. Ces 5 % sont qualifiés de «jeunes multirécidivistes». Pour l'instant, les cantons ne disposent pas d'une définition uniforme de cette notion. La plupart du temps, les policiers prennent comme critère le nombre d’infractions d’une certaine gravité et commises dans un laps de temps défini.
Il ressort des réponses des spécialistes des corps de police que les auteurs d'infractions considérés comme de jeunes multirécidivistes ont le profil suivant: ils sont de sexe masculin, proviennent d'un milieu peu scolarisé, sont issus de l'immigration, entretiennent des liens difficiles avec leur famille, l'école et le travail et consomment de la drogue. Selon les réponses fournies par les cantons, il y aurait en Suisse environ 500 jeunes multirécidivistes. Ils agissent la plupart du temps en bandes, ne sont pas spécialisés dans une catégorie d'infractions et commettent surtout des dommages matériels, des infractions avec violence et des infractions contre le patrimoine.
En outre, l'enquête montre que les infractions violentes ont surtout changé de nature au cours des dernières années. Concrètement, cela signifie qu'elles sont devenues plus brutales et plus violentes.
Critères uniformes souhaités
Le rapport d'une trentaine de page montre que les corps de police sont prêts: aujourd'hui déjà, près d'un tiers d'entre eux disposent de procédures et de programmes spéciaux pour traiter les cas impliquant des jeunes délinquants. L'enquête souligne de plus l'importance d'un contact étroit, régulier et personnel entre la police et les autres institutions (autorités scolaires, sociales et tutélaires) dans le travail de répression et de prévention avec les jeunes multirécidivistes. Au niveau régional, les corps de police sont favorables à une mise en réseau encore plus performante de ces institutions. A l'échelon supracantonal, ils demandent l'adoption d'une définition reconnue de la notion de jeune multirécidiviste et davantage de recherches.