Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06870.jsonl.gz/901

Analyser et comparer les réactions de personnes du domaine de la recherche fondamentale, de la recherche appliquée, de la médecine, de la santé publique et des parents de malades ; à la question : "Peut-on garantir que jamais aucun vecteur n'atteindra de cellules germinales ?"
|Remarque : ceci est un travail de maturité = bac : il a été évalué TB .

Sans reprendre toute la mise en page du document rendu , il apparaît ici dans le texte rendu au final.
Il n'a pas de caution médicale ou autre, et, bien que ces éléves aient fait un travail remarquable dans le contexte scolaire, il ne peut prétendre être une source fiable notamment pour informer les patients et leurs familles !

Résumé :
Pour qu'une thérapie génique soit efficace, il faut que le vecteur (support qui transporte le gène sain vers les cellules malades ) touche le maximum de cellules cibles. Ceci sans toucher les cellules germinales. Alors peut-on garantir que jamais aucun vecteur n'atteindra de cellules germinales ? Nous avons tenté d'analyser les réactions de personnes des catégories susdites à cette question, ainsi qu'à des questions qui peuvent se cacher derrière celle-ci. Personne n'a pu nous donner de garantie, mais chacun évalue le problème de manière différente. Le parent de malade attache beaucoup d'importance à l'éthique, tout comme le politicien. Le chercheur fondamental est optimiste et attache beaucoup d'importance à la recherche en laboratoire. Le chercheur en thérapie génique est également optimiste et accorde de l'importance à la surveillance des essais cliniques. Et enfin, le médecin est peu au courrant des problèmes éthiques mais pense que la recherche mérite d'être poursuivie et il tente de donner une éventuelle solution à priori au problème.
Bénédict Fallet et Michel Albuquerque
Qu'est-ce que la thérapie génique : Tout d'abord, il faut savoir ce qu'est une thérapie génique (ou génothérapie):
La thérapie génique consiste à réparer des gènes* anormaux entraînant une maladie. C'est à dire de soigner des maladies génétiques en introduisant des gènes médicaments* dans des cellules* malades. Les gènes médicaments sont les gènes sains qui doivent remplacer les gènes défectueux* responsables de maladies. Ceux-ci sont introduits dans les cellules malades à l'aide de vecteurs*. Ce sont les moyens de transport du gène sain vers les cellules malades. Il faut donc que le vecteur contienne le gène et soit capable de l'acheminer et de le faire entrer dans les cellules malades.
Il existe de nombreux vecteurs de deux catégories principales: les vecteurs viraux et les vecteurs non-viraux. Les vecteurs viraux sont des virus rendus inoffensifs et dans lesquels on a introduit le gène sain. Il existe les adénovirus: virus dont le patrimoine génétique est constitué d'ADN*; les rétrovirus: virus dont le patrimoine génétique est constitué d'ARN*. Il existe aussi des parvovirus, virus adéno-associés (AAV). Les vecteurs non-viraux sont surtout des vecteurs chimiques: les liposomes* et les complexes protéines-ADN. Il existe également une méthode consistant à injecter directement l'ADN par voie intramusculaire ou par un "fusil à gènes" qui bombarde les tissus avec des microparticules recouvertes d'ADN. (Source : 2 , 4 , 5 , 12)
Thérapie in vitro*, in vivo et in situ: Il existe plusieurs types de thérapies géniques: la thérapie génique in vitro, in vivo et in situ. La première (également appelée ex vivo*) consiste à extraire du corps des cellules malades, à les élever en culture, à les traités in vitro, c'est à dire dans des éprouvettes, puis à les réintroduire dans l'organisme(c.f. fig.1). Pour ce genre de thérapies il faut que les cellules malades soient facilement accessibles par exemple les cellules de la moelle osseuse comme dans le cas du SCID (déficit immunitaire combiné sévère ) également connu sous le nom de bébés bulle du docteur Fischer de l'hôpital Necker à Paris dont nous reparlerons plus loin. Il faut aussi que les cellules soignées prennent le dessus sur les cellules malades puisqu'il est impossible de les soigner toutes. La thérapie in vivo consiste, elle, à introduire le vecteur dans le flux sanguin affin qu'il trouve les cellules malades (c.f. fig.1). Ceci nécessite donc que le vecteur soit capable de "cibler" les cellules malades et d'y introduire le gène de façon durable. Enfin la thérapie in situ consiste à introduire le vecteur directement dans le tissu malade par injection (c.f. fig.1) ou par inhalation, comme c'est le cas, par exemple, pour le traitement de la mucoviscidose. (Source : 4 , 13 13 )
Figure 1: thérapie génique in vivo, in vitro et in situ. Source: 13
Thérapie germinale et somatique: La thérapie génique peut être somatique ou germinale. La thérapie génique somatique agit sur les cellules somatiques* c'est à dire les cellules non-reproductrices. Elle corrige donc une anomalie génétique d'un groupe de cellules et de sa descendance (du groupe de cellules) mais ne modifie pas le patrimoine génétique de l'individu. Ainsi cette thérapie s'applique à un individu et ne se transmet pas à la descendance de l'individu. La thérapie germinale agit, elle, sur les cellules reproductrices (cellules germinales*) ou sur les cellules de l'embryon précoce ce qui implique de toucher les cellules germinales. Ce type de thérapie modifie donc le patrimoine génétique et touche ainsi non seulement l'individu traité mais également ses descendants. La thérapie germinale est donc interdite sur l'espèce humaine pour des raisons éthiques*. Comme nous le dit M. Unger, il est fondamental, pour un politicien ainsi que pour un éthicien, de ne pas toucher les cellules germinales. En effet, si à première vue il semble bien, de pouvoir traiter non seulement le patient mais également ces descendants, cela ne respecte pas certains codes éthiques. Entre autre, le principe d'autonomie dont nous reparlerons plus tard (c.f. chapitres résultats et analyses) qui consiste à avoir le consentement éclairé des personnes traitées. Ce qui est impossible lorsque l'on traite toute une lignée. En outre, comme on ne maîtrise pas totalement la génothérapie, on ne peut savoir les conséquences qu'elle aurait sur plusieurs générations. S'il s'avérerait que le traitement ait des conséquences néfastes, ceci se répercuterait sur des générations. Il est donc plus prudent de ne pas agir sur les cellules reproductrices. Cependant, le problème serait qu'une thérapie somatique devienne germinale. C'est à dire que lors d'une thérapie génique somatique, des vecteurs destinés à des cellules cibles non-reproductrices, touchent également les cellules germinales. Nous reviendrons la dessus plus loin dans la problématique. (Source : 12 , 13 , 15 )
Repères sur la biologie des vecteurs: (Source : toutes les informations concernant les vecteurs sont tirées des interviews et de : 2 , 4 , 5 , 12 , 13 )
Les vecteurs viraux : Les virus ayant la propriété d'insérer leur propre matériel génétique dans les cellules humaines (c.f. fig.2 et fig. 3), ils constituent de très bons vecteurs. Le principe est d'enlever certaines séquences du génome viral, le rendant ainsi inoffensif et l'empêchant de se reproduire. Puis de remplacer ces séquences par le gène thérapeutique*(c.f. fig.2).
Figure 2 : cycle d'un virus naturel et cycle d'un virus thérapeutique Source : 18
Figure 3 : Introduction de l'ADN viral dans une cellule Source : 2 Les rétrovirus : Les rétrovirus (c.f. fig.4): ce sont des virus à ARN. Ils sont appelés ainsi car une fois entrés dans une cellule hôte, leur ARN (simple brin) est transformé en ADN double brin grâce à la transcriptase inverse (une enzyme propre aux rétrovirus). Une fois leur matériel génétique transformé en ADN, il s'intègre aux chromosomes. On peut donc greffer un gène de manière permanente. Cependant plusieurs problèmes se posent: les rétrovirus ne peuvent être obtenus qu'en concentration assez faible, on ne peut donc pas en disposer de suffisamment pour un organe entier comme c'est nécessaire dans certaines maladies; ils ne peuvent infecter que des cellules en cours de division et ne peuvent donc pas être utilisés pour des cellules qui ne se divisent pas ou très lentement tel les neurones; un rétrovirus ne peut contenir que de petits gènes; enfin on ne peut pas savoir à quel endroit sur le génome le virus va intégrer son matériel génétique, il y a donc un risque qu'il perturbe la zone où il s'implante. Il pourrait par exemple activer un oncogène, ce qui c'est produit dans le cas des bébés bulle.
Figure 4 : rétrovirus Source: 19
Les adénovirus: Les adénovirus (c.f. fig.5 et fig. 6): ce sont des virus à ADN double brin. Contrairement aux rétrovirus, ils peuvent infecter des cellules qui ne se divisent pas et peuvent être produits en très grande quantité. En revanche le matériel génétique ne s'intègre pas dans les chromosomes, l'ADN viral reste proche du noyau sans y pénétrer. Ainsi le gène médicament ne se transmet pas à la descendance de la cellule hôte et est donc perdu au cours des divisions cellulaires. Ce qui implique une courte durée du traitement (2 à 3 jours). Le traitement doit de ce fait être répété régulièrement. Cet inconvénient peut également être vu comme un avantage: le matériel génétique ne s'intégrant pas dans les chromosomes, les risques tels que celui d'activer un oncogène sont moins élevés. Un grand avantage de ce virus est que l'on peu modifier son enveloppe et le diriger ainsi vers certaines cellules. Les cellules de l'épithélium pulmonaire sont naturellement particulièrement réceptives aux adénovirus ce qui fait d'eux le vecteur le mieux adapté au traitement de la mucoviscidose. Toutefois toutes les cellules de l'organisme possèdent des récepteurs aux adénovirus (c.f. fig. 6), ils peuvent donc théoriquement entrer dans toutes les cellules du corps.
Figure 5 : adénovirus Source : 19
Figure 6 : Un adénovirus pénètre dans une cellule par un mécanisme d'endocytose médiée par un récepteur. Source : 4
Les parvovirus: Il existe aussi les parvovirus, moins utilisés, ce sont des virus adéno-associés (AAV) à ADN simple brin (c.f. fig. 7) qui ont la faculté de s'intégrer dans le génome. Ils auraient donc l'avantage de pouvoir introduire un gène médicament de manière durable. Mais ils ne peuvent pas contenir beaucoup de bases donc uniquement des petits gènes, et le taux de cellules atteintes est très faible.
Figure 7 : AAV Source : 19
Un problème lié à tous les vecteurs viraux est celui de la réponse immunitaire déclenchée par l'introduction d'un virus. En effet le vecteur risque d'être détruit par le système immunitaire.
Les vecteurs non-viraux:
Les complexes chimiques: Les complexes protéines-ADN (c.f. fig.8): l'ADN ayant une charge électrique négative peut être lié à un récepteur cellulaire par l'intermédiaire d'une protéine chargée positivement. Ces complexes sont normalement réalisés grâce à une liaison covalente entre la protéine et la molécule de récepteur et à une liaison réversible entre l'ADN et la protéine. Ceci permet le transfert de l'ADN dans les cellules. Cette méthode peut avoir un transfert de gène efficace (c'est à dire que le taux d'ADN qui entre dans les cellules est élevé) mais les gènes transférés ne s'intègrent pas dans les chromosomes.
Figure 8 : complexe protéines-ADN Source : 4
Les liposomes: Les liposomes (c.f. fig. 9 et fig. 10): "Les liposomes sont des vésicules sphériques composées d'une bicouche lipidique synthétique, qui mime la structure des membranes biologiques"(génétique moléculaire humaine). L'ADN est inséré dans les liposomes qui seront introduit dans l'organisme par le sang. Les liposomes permettent à l'ADN de survivre dans le corps et de se lier aux cellules.
Figure 9 : liposomes Source : 19
Figure 10 : Apport de gène in vivo par liposomes. Source : 4
L'ADN peut également être injecté directement dans un tissu avec une seringue.
Deux exemples:
Les deux principaux exemples de thérapie génique que l'on a appliqués à l'espèce humaine sont les bébés bulle et la mucoviscidose. Il nous a donc paru important de les développer ici:
La mucoviscidose est la maladie génétique la plus fréquente (en France elle atteint 1 nouveau-né sur 3 500). Elle est due à une anomalie sur le chromosome sept qui provoque un taux de sels éliminés très élevé. Ceci implique une déshydratation facile, un mucus des voies respiratoires trop épais qui implique des troubles respiratoires, et des problèmes digestifs. Les traitements actuels sont lourds et contraignants. Ce sont des traitements quotidiens qui durent une à deux heures en période normale et peuvent atteindre cinq à six heures en période de surinfection et l'hospitalisation est parfois nécessaire. Puis on essaie la thérapie génique. Les cellules des parois des voies respiratoires occasionnant les effets les plus graves et étant particulièrement réceptives aux adénovirus, c'est ces vecteurs que l'on va utiliser. Le principe est donc d'introduire dans les voies respiratoires des vecteurs adénoviraux qui devraient permettre au gène médicament d'entrer dans les cellules malades. Cette thérapie n'a pas fonctionné car le taux de cellules infectées était très faible. En effet, comme nous l'explique le professeur Rochat, les adénovirus ont de la peine à entrer dans les cellules des parois des voies respiratoires. Mais, en temps normal, dès que le virus est entré, il se reproduit en des milliers de copies et passent d'une cellule à l'autre. Or comme les virus thérapeutiques ne peuvent se reproduire pour des raisons de sécurité, seul quelques virus arrivent à entrer dans les cellules et le "processus d'infection" d'une cellule à une autre ne peut pas avoir lieu. (Source : interview du parent de malade, 15 , 17 )
Le SCID (déficit immunitaire combiné sévère) est une maladie génétique rare. Les bébés bulle (enfant atteint du SCID) n'ayant aucune ou presque défense immunitaire meurent à la moindre infection. Ils sont donc contraints à vivre dans des bulles stériles et ont une espérance de vie d'environ trois ans. En 1997 le professeur Alain Fischer de l'hôpital Necker à Paris fait une demande d'autorisation pour un essai clinique de thérapie génique pour traiter des bébés bulle. Dans ce cas il s'agissait de traiter les cellules de la moelle osseuse puisque c'est là que sont fabriqués les lymphocytes nécessaires à l'immunité. Le principe consistait donc à extraire des cellules de la moelle osseuse, de les traiter in vitro à l'aide de vecteurs rétroviraux pour corriger définitivement l'erreur génétique et de les multiplier avant de les réintroduire dans le corps du malade. Cette méthode peut fonctionner car les cellules traitées prennent le dessus sur les cellules malades. Il n'est donc pas nécessaire de traiter toutes les cellules malades, ce qui serait impossible. Il faut toutefois traiter suffisamment de cellules pour que celles-ci puissent prendre l'avantage sur les cellules malades. Ainsi, il faut traiter environ 100 000 cellules. Ainsi, en contrôlant ex-vivo que les cellules traitées fonctionnent normalement, on pensait éviter tout risque. La thérapie a, en effet, fonctionné puisque peu de temps après l'intervention, les bébés ont créé leurs défenses immunitaires. Cependant le gène médicament s'implante au hasard sur l'ADN des cellules malades et peut dans certains cas perturber la zone d'implantation et activer un oncogène. La probabilité d'activer un oncogène est de 1 sur 1 000 000, c'est à dire que dans une cellule traitée sur un million, le gène thérapeutique active un oncogène*. Cette probabilité semble infime, mais lorsque l'on traite 100 000 cellules, elle devient de 1 sur 10. Effectivement, suite à ce traitement, deux des dix enfants traités ont développé des leucémies. En revanche, le problème qui fait l'objet de la problématique ci-dessous, à savoir la non-atteinte des cellules reproductrices, semble, dans ce cas, avoir été évité. Nous y reviendrons dans les chapitres analyses et conclusions. (Source : Interview du professeur Rochat, 8 , 16 )
Un problème qui se pose pour chacun des vecteurs est celui du ciblage. En effet, il ne s'agit pas de faire entrer l'ADN dans n'importe quelle cellule. Il faut que le vecteur pénètre dans les cellules malades, ce sont les cellules cibles. Il existe différents débuts de solutions à ce problème. Toutefois la question est loin d'être réglée. En outre, comme nous l'avons vu plus haut le vecteur ne doit jamais atteindre les cellules reproductrices puisque la thérapie génique germinale est interdite. Et enfin, pour que le traitement soit efficace, les vecteurs doivent toucher le maximum de cellules cibles. Il n'est pas toujours nécessaire de les toucher toutes comme dans le cas des bébés bulle. Mais il faut toutefois en toucher beaucoup sans quoi le traitement est inefficace comme dans le cas de la mucoviscidose. Il est donc important que le vecteur, tout en étant très sélectif pour ne pas atteindre les cellules germinales, touche un maximum de cellules pour que le traitement soit efficace. Alors peut-on garantir que dans tous ces vecteurs jamais aucun n'atteindra de cellules germinales? Notre travail consistera à comparer et analyser les réactions de différentes personnes à cette question. Nous avons choisi cinq catégories de personnes. Nous avons donc interrogé un chercheur fondamental, un chercheur en médecine dans la thérapie génique, un parent de malade, un médecin interniste et un politicien. Nous n'allons pas nous intéresser seulement à la question ci-dessus, mais aussi à des questions sur les enjeux de la thérapie génique, sur les problèmes éthiques et sur le sens de la recherche. Ceci dans le but d'obtenir des réactions différentes et de clarifier le rôle et les intérêts de chacune de ces catégories.
Notre sujet étant très actuel, notamment avec le problème du SCID, et en plein progrès, nous avons trouvé intéressant de faire des interviews, pour avoir des points de vues si possible différents. Nous avons donc choisi cinq catégories de personnes: médecin (non-spécialiste de la thérapie génique), médecin chercheur en thérapie génique, chercheur dans la recherche fondamentale dans un autre domaine, parent de malade atteint de maladie génétique et personne travaillant aux autorités sanitaires. Il nous a paru intéressant d'avoir un avis politique sur la question, ainsi que celui d'un parent de malade pour contraster avec les opinions scientifiques. La comparaison entre recherche fondamentale, appliquée et médecine nous a également semblée intéressante, car elle permet de montrer la transition du fondamental pur à la médecine appliquée. Par manque de temps il nous a été impossible d'interroger assez de gens pour avoir des résultats parfaitement représentatifs. Nous n'avons interroger qu'une personne par catégorie. Pour être cependant le plus comparable possible, le questionnaire est le même pour tous. Il comprend donc des questions pointues destinées aux connaisseurs et des questions plus larges. Nous avons toutefois mis l'accent sur certaines questions et laissés de côtés certaines autres, selon les personnes interrogées. Le questionnaire ne comprend pas seulement des questions directement liées à la problématique, mais également des questions techniques sur les vecteurs, des questions éthiques, des questions sur les différents risques et sur les enjeux. Le questionnaire comprend donc quatre grands axes : des questions techniques sur les vecteurs ; des questions sur le ciblage des cellules et sur le transfert du gène médicament ; des questions sur les difficultés et les risques, dont la question sur le risque de toucher les cellules germinales ; et enfin des questions sur les enjeux, le sens de la recherche et l'éthique. Ceci d'une part, dans le but de profiter des interviews pour la partie cadrage théorique et d'autre part, pour susciter des réactions caractéristiques de chacun. Ce questionnaire n'est donc pas absolument fixe, certaines questions prennent plus d'importance et en soulève d'autres au cours d'une interview, selon les priorités de chacun. Le grand avantage de l'interview est qu'elle nous permet de rencontrer directement des gens ayant des connaissances à la pointe de la technologie (médecins, chercheurs), des personnes, qui face à un progrès grandissant doivent mettre des limites (autorités sanitaires), et des gens directement touchés par de graves maladies (parents de malades). Pour préparer ces interviews, nous avons trouvé de la documentation dans des revues scientifiques et médicales telles que "Médecine et hygiène", "Médecine sciences", "Nature", "La Recherche", "Science et vie"; dans des livres plus spécialisés dans la génétique et la thérapie génique et enfin sur internet. C'est dans la préparation et pendant ces interviews que nous avons trouvé les informations nécessaires pour le chapitre cadrage théorique. ( Le questionnaire est en annexe)
Nous avons dans ce chapitre cité les passages clefs et résumé les interviews.
(Il souhaite rester anonyme)
(N'ayant pas d'enregistrement, les passages cités ne sont pas toujours les mots exacts employés par l'interrogé.)
Mucoviscidose: C'est une anomalie sur le chromosome sept qui est responsable de la maladie. il y a trois phénomènes: 1) la sueur: taux de sel éliminé 7 fois plus élevé. Ce qui implique une déshydratation facile.
2) la digestion: Les enzymes du pancréas (qui sont censées casser les chaînes graisseuses) fonctionnent mal ce qui provoque des diarrhées donc des pertes de poids et des problèmes de développement.
3) le mucus des voies respiratoires: il est trop épais et provoque des infections répétitives
Traitements: "Jusqu'en 1989, ce n'est pas très scientifique. On administre des enzymes, on fait de la diététique. Côté poumon, on fait de la physio, on ventile pour faire sortir les pollutions. Il y a aussi des antibiotiques, l'inhalation de fluidifiants et l'injection par intraveineuse de produits violents. Puis on peut mettre un cathéter permanent proche du cœur et quand on en a besoin on branche le robinet. Mais ça ne suffit toujours pas. Et ça implique de gros problèmes sociaux."
"Puis en 1993 lors d'un colloque qui réunit patients, parents, médecins, biologistes, politiques, commission fédérale d'éthique, on demande l'accord au HCUGE de faire des essais de thérapie génique sur des gens consentent. Il s'agit de fabriquer des gènes médicaments que l'on introduit dans le vecteur. Le problème est de trouver le vecteur qui ne contamine pas d'autres gens, qui doit aller au bon endroit, se fixer sur l'ADN à une place qui n'est pas occupée par quelque chose qui fonctionne, le traitement doit durer, ne doit pas être trop douloureux ni trop coûteux, et enfin on doit voir si les effets désirés sont obtenus. La thérapie génique représente de gros espoirs mais c'est trop coûteux et ça ne marche pas. On doit faire plus d'essais, on doit mieux connaître."
"Pour continuer il faut une réflexion éthique, l'argent ne doit pas être le pilote, c'est comme les ordinateurs, c'est bien mais des fois c'est mieux sans. Ca doit continuer mais en parfaite compréhension critique."
"Les déraillements possibles sont fabuleux, la technique est neutre mais l'usage ne l'est pas, il faut des directives et des réflexions éthiques pour ne pas dériver et utiliser la thérapie génique à des fins lucratives. Le génie génétique a le potentiel d'avoir de bonnes solutions et d'innover mais il peut y avoir de mauvaises utilisations. Il faut mettre des limites dans un secteur de recherche qui pourrait être détourné, il faut plus d'éthiciens."
Sens de la recherche: "Il faut prioriser la recherche, mais selon quels critères? (...) On ne voit pas ou on va(...) les chercheurs partent vers les USA(...) il faut se bouger, encourager la recherche. Il faut investir dans la recherche."
"Les enjeux sont très importants, aujourd'hui. On joue aux épiciers: Couchepin compte des sous. C'est un manque de vision, pas de prise de conscience qu'il faut sauvegarder certains axes moteurs tel que la recherche pour maintenir un bon niveau de vie. (...) La recherche est une des priorités."
Questions sur les vecteurs: "Le problème est d'amener l'information dans les cellules cibles, de les toucher de manière efficace et d'introduire l'information de façon stable dans les chromosomes. "
Vecteurs viraux: Adénovirus: l'information génétique reste séparée des chromosomes, il n'y a donc pas de risque de déranger les gènes. Ils sont grands, peuvent contenir environ 30'000 paires de bases. Mais ils n'infectent que peu de cellules et induisent une réponse immunitaire. Rétrovirus: ce vecteur intègre l'information génétique dans le chromosome, la cellule va donc répliquer la nouvelle information. Ils sont très efficaces en terme d'infection des cellules cibles. En utilisant des parties du VIH ils peuvent infecter des cellules qui ne se divisent pas. Mais l'information génétique s'intègre n'importe ou sur le chromosome et risque donc de perturber la zone ou il s'implante, par exemple il y a le risque d'activer un oncogène.
"On fabrique un virus défectif non virulent mais qui a la capacité de venir s'accrocher à la cellule cible de stimuler la fusion. On profite de ce que le virus a mis en place lui, pour infecter les cellules et nous, pour introduire une info génétique dans la cellule."
Vecteurs non viraux: "J'imagine qu'on peut faire des sortes de petites bulles, des membranes cellulaires dans lesquelles on met l'ADN et a la surface des quelles il y aurait des protéines qui servirait de récepteurs qui permettrait à ces petites bulles de s'attacher sur la cellule cible et de fusionner avec la membrane de la cellule et à l'ADN qu'on aurait artificiellement mis dans cette bulle d'entrer dans la cellule" Ceci est exactement la description des vecteurs synthétique (liposome et protéines)
Problématique:
"Y a-t-il un risque de toucher les cellules germinales?" Strubin: "C'est évidemment une grande inquiétude" "Je ne sais pas." "Les virus notamment les rétrovirus peuvent entrer dans les cellules germinales." "Entre 5% et 8% de nos chromosomes sont des anciens rétrovirus. Ces résidus de rétrovirus disséminés dans notre patrimoine génétique témoignent du fait que les rétrovirus peuvent entrer dans les cellules germinales. Partant de là puisqu'on utilise des vecteurs thérapeutiques dérivés de rétrovirus, moi je ne sais pas mais je suspecterait qu'on ne puisse pas garantir que ça ne se retrouve pas dans les cellules germinales." "Pour les adénovirus il faut des récepteur qui sont hautement spécifique et je ne sais pas si les cellules germinales en ont. Mais il n'y a pas tellement d'absolu dans la nature" "il faut être prudent, j'imagine qu'on ne peut pas exclure ça."
Risque mutant? Strubin: "Oui, autant il faut être prudent car on ne peut prédire ce qui va se passer, autant il faut l'être d'une façon objective c'est à dire que l'on est infecté par des milliards de virus (exemple 80%de la population à des virus de l'herpès planquer dans les neurones ou ailleurs) il faut relativiser les chose" "la nature ne nous a pas attendu pour faire des mutations." " Mais des monstres non." "Il y a des malformations possibles ou on peut induire une maladie: par exemple dans le cas des bébés bulle." "Si la thérapie génique existe elle doit être plus sûr" " Ce qu'il faudrait c'est un vecteur qui intègre le gène médicament dans le chromosome à la place du gène défectueux. C'est la recombinaison homologue (les levures savent faire ça) mais on ne maîtrise absolument pas ça de nos jours, ce serait un point à développer"
Risque race supérieure? Strubin: "Ca ne m'inquiète pas. Tout progrès amène quelque chose de positif et de négatif. La thérapie génique pourrait être utilisées à des fins négatives. Mais l'eugénisme je n'y crois pas" ("L'humanité n'a pas attendu la thérapie génique pour faire de l'eugénisme.")
Utilisations du VIH: Strubin: "Ca fait peur mais un vaccin est un virus atténuer c'est-à-dire qu'on a fait de telle sorte qu'il n'ait plus ces propriétés virulentes. Il a le potentiel de redevenir infectieux mais la probabilité est faible. Pour que le virus soit infectieux il a besoin d'informations génétiques qu'on enlève, c'est un virus vide. Mais on a des résidus de virus dans notre organisme. Une crainte que l'on a est que si le vecteur thérapeutique rencontre des résidus il pourrait redevenir infectieux par des recombinaisons génétique." "Mais en soit le vecteur thérapeutique n'est pas infectieux"
"Faut-il continuer ?" Strubin: "Oui ça vaut à l'évidence la peine de continuer à faire de la recherche. Je suis un fondamentaliste pure. Avant les essais il faut faire plus de recherche pour plus de certitudes : comment créer un vecteur qui cible spécifiquement les cellules que l'on veut. Et je ne vois pas pour l'instant de raisons de penser que ce sera impossible. Il existe des virus extraordinairement spécifiques, pourquoi ne pourrions nous pas utiliser leur savoir"
Questions techniques sur les vecteurs :
Vecteurs viraux :
Adénovirus: "Ce sont des virus qu'on connaît assez bien notamment pour les troubles respiratoires. Ils représente peu de danger car on sait que dans le temps, l'armée américaine avait utilisé des adénovirus pour vacciner les recrues." "Pour utiliser un virus comme vecteur il faut le manipuler génétiquement, c'est à dire modifier l'ADN du virus lui même en enlevant les gènes qui lui permettent de se multiplier, sinon il déclencherait une maladie. Ce faisant, on enlève la virulence du virus et on crée de la place sur l'ADN dans la capsule virale que l'on remplace par l'ADN qui nous intéresse, c'est à dire l'ADN qu'on veut transférer dans les cellules qu'on veut soigner. Par exemple, pour la mucoviscidose qui touche le système respiratoire, car il y a un gène qui fonctionne mal et qui est crucial pour le fonctionnement des cellules qui tapissent la paroi des bronches, on va introduire dans les cellules bronchiques des virus avec l'ADN qui code pour le gène manquant. De l'ADN humain, qu'on a introduit dans l'ADN du virus et puis on espère que les cellules bronchiques vont se remettre à fonctionner normalement. Malheureusement ça n'a pas marché." "Ce qu'on attendait des virus c'est qu'ils entrent facilement dans les cellules car si on met de l'ADN comme ça sur les cellules il n'entre pas. Mais le taux d'infection était extrêmement faible."
Vecteurs non viraux:
Liposomes : "On prend de l'ADN qui est chargé négativement et on prend des gouttelettes lipidiques chargées positivement et on fait un mélange de l'ADN et les gouttelettes lipidiques. Il faut préciser : ce n'est pas que l'ADN va dans les gouttelettes, c'est une espèce de complexe et puis le tout se colle sur la membrane cellulaire et à ce moment les lipides fusionnent avec la membrane cellulaire et permettent à l'ADN d'entrer dans les cellules. Mais le taux de transfection est décevant. Le problème avec les liposomes c'est que une fois que l'ADN est entré dans la cellule, il est très rapidement détruit, il va très bien jusqu'au noyau, de temps en temps il s'exprime un peu c'est à dire qu'il est transcrit en ARN messager et produit la protéine, mais très souvent comme c'est un ADN étranger, il est très rapidement détruit. L'effet qu'on a pu obtenir dure en général 1 ou 2 jours. Pour ce qui est des adénovirus, l'ADN une fois entrer dans la cellule reste proche du noyau et au bout de quelques jours il est dégradé surtout si la cellule se divise. Et là aussi, l'effet obtenu dure 2 à 3 jours."
(L'enregistrement n'étant que partiel, la suite n'est pas citée dans les mots exacts de M.Rochat :)
Les rétrovirus : Ils intègrent leur ADN dans les chromosome et donc l'information génétique se transmet à la cellule fille. Mais l'information s'intègre de manière aléatoire. C'est à dire n'importe où sur le chromosome et on risque donc de d'activer un oncogène. La probabilité que cela arrive est assez élevée car les doses de vecteurs sont importantes. Par exemple pour les bébés bulle qui ont subit une thérapie in vitro, on pensait que c'était sans risque puisque les manipulations génétiques ont été faites ex-vivo. Mais c'est justement le problème de la fixation aléatoire du gène médicament à l'intérieure de la cellule qui pose problème. Pour la mucoviscidose, il s'agit d'une thérapie in situ avec des adénovirus. On doit donc répéter le traitement et il y a un risque de prolifération et il y a donc également un risque de cancer.
Rétrovirus dérivé du sida: Ce sont des rétrovirus du sida auquel on a enlevé la spécificité et donc la virulence. C'est difficile psychologiquement pour le patient de savoir qu'il s'agit du HIV. Il y a potentiellement un risque de maladie mais pas la même. Le cauchemar est qu'il se recombine par rencontre avec un autre virus artificiel. C'est pourquoi on doit faire preuve de grande prudence avec les rétrovirus. Les adénovirus sont moins dangereux donc on est plus à l'aise. Les rétrovirus classique n'entrent que dans les cellules qui se divisent, avec les dérivés du HIV ils entrent dans toutes les cellules. Mais on ne l'utilise encore que sur les animaux.
Faut-il continuer ? : Oui ça vaut la peine de continuer. Recherche essentiellement en vectorologie, retour au laboratoire. Il faut faire les essais cliniques avec beaucoup plus de surveillance. Avec un comité d'expert non impliqué, qui contrôle. Il faut faire des percées en laboratoire et on y arrivera. (Insiste beaucoup sur la surveillance, surtout recherche en laboratoire)
"Il existe trois vecteur: virus, ADN pur, vecteur de vecteur (cellule prétraitée, cellule souche)" "Pour cibler une cellule le choix du vecteur n'est pas innocent, il faut profiter du tropisme des virus. Pour le cerveau on peut injecter le vecteur directement dans l'organe et comme c'est un circuit fermé, le vecteur ne risque pas de passer dans le sang. "
VIH dans la thérapie génique: "Le problème dépend du type de dérivé du VIH. Si on prend que l'enveloppe du VIH et rien de son matériel génétique mais qu'on profite du tropisme du VIH, que ce soit celui là où un autre c'est égal. Il faut bien comprendre que le vecteur doit contenir ce qui est utile mais ne doit pas contenir ce qui est potentiellement nuisible. "
Y a-t-il un risque de toucher les cellules germinales? "On ne peut pas donner la garantie absolue. Ca veut dire qu'on doit faire de la médecine de laboratoire d'abord. On doit faire des essais et des analyses chez l'animal pour voir si avec par exemple un virus de la grippe on retrouve des traces du vecteur dans les cellules germinales. "
Où faut-il mettre des limites? "Les limites sont des limites qui touchent à ce qu'on appelle la proportionnalité. C'est à dire que le risque est inacceptable si la maladie est d'un impact faible mais un peu plus tolérable si la maladie est mortelle. C'est un équilibre entre ce qu'on peut attendre en matière de bénéfice parce que la maladie est très grave et ce qu'on peut courir comme risque."
Faut-il continuer la recherche? Dans quel sens? "Il faut faire de la recherche sur le ciblage des cellules. Il faut savoir si ça ne va pas dans les cellules germinales et si tout ce qu'on met va dans les cellules qu'on veut modifier. Il faut trouver un vecteur idéal qui introduit le matériel génétique dans la catégorie de cellules qu'on a choisi. Ou, si le vecteur va à d'autres endroits, il faut que le matériel génétique ne s'exprime que là où on veut."
"Sur un plan politique, ce qui est très important c'est de se concentrer sur la non atteinte des cellules reproductrices car c'est politiquement essentiel, sinon on risque des dérives. Par exemple on ne veut plus que des enfants aux yeux bleus. " "L'autre chose essentielle c'est que le cadre de la recherche veille à avoir un certain nombre de gardes fou et que dans la recherche on ne mette en application que des choses qui soient proportionnées. Les risques doivent être proportionnels à l'espoir que l'on attend du traitement et à l'absence de traitement alternatif. Par exemple pour les bébés bulle, leur condition de vie pouvait éthiquement permettre qu'on prenne des risques. Mais évidemment que quand on voit apparaître un drame de cette nature on doit se réinterroger. Le contexte éthique dans lequel se fait la recherche est totalement fondamental, encore plus qu'au cours du siècle passé. "
"Le contexte éthique est assez bien codifié en médecine, il est basé sur quatre grands principes: 1) le principe d'autonomie: on doit avoir le consentement éclairé, pour que les gens puissent apprécier le risque qu'ils courent. 2) le principe de bienfaisance: on ne doit faire les choses que si elles sont destinées à la bienfaisance. Mais ça veut aussi dire la non-maléficience. C'est là qu'on commence à mesurer cette proportionnalité. 3) le principe de futilité: il ne faut pas que les efforts déployés soient disproportionnés par rapport à l'attente qu'on en a. 4) le principe de la justice distributive: c'est un principe difficile mais de plus en plus important. Il s'agit de savoir comment distribuer les financements de la recherche. Il faut savoir si ce qu'on dépense pour une recherche ne va pas priver d'autre gens. "
"Ces quatre principes doivent être fondamentalement respectés dans la thérapie génique et ils doivent être lus de manière très critique à chaque étape du progrès. Le progrès ne s'interdit pas, il se maîtrise, il se contrôle et il s'oriente. Quand on interdit le progrès on favorise tous ceux qui de toute manière ne demande pas l'autorisation et on perd la compétence de dire : ça il faut canaliser comme ça. "
"Aucune découverte n'est en soi ni un progrès ni un mal. Le progrès est ni bon ni mauvais en soit, il est ce qu'on en fait. (Voir parent et Strubin) Il ne faut pas porter de jugements à priori sur les choses mais se dire que chaque découverte est l'objet d'une direction et d'un sens qu'on peut lui donner parce qu'en elle-même elle possède son contresens. "
"Il y a deux approches: est-ce qu'on se méfie du progrès ou est-ce qu'on cherche à le maîtriser. Une majorité de gens s'en méfient mais quelques-uns uns face à un problème cherche l'étape d'après : la recherche sur ce problème. "
Questions techniques sur les vecteurs :
"Le vecteur sert à réparer un défaut génétique responsable de certaines maladies. On modifie l'ADN et le vecteur sert à l'introduire dans les cellules du malade. On utilise comme vecteur un virus, car ils ont naturellement la capacité d'introduire leur génome dans les cellules. "
Question technique sur le ciblage, les avantages et inconvénients des vecteurs : ne sait pas.
"On peut donner le choix à une famille ou à un bébé soit vivre dans la bulle soit on essaie de faire quelque chose, le risque c'est une leucémie. Vivre dans la bulle, avoir une leucémie, ça se discute. Par contre, par exemple avec une mucoviscidose, c'est pas drôle d'avoir une mucoviscidose mais on peut devenir adulte avec une mucoviscidose..."
"Je sais que la recherche se fait mais je sais pas où on en est. Pour les maladies génétiques dues à une erreur sur un gène on doit pouvoir y arriver avec la thérapie génique, par contre pour les maladies où il y a plusieurs gènes en causes ce sont des maladies génétiques qu'on va pas pouvoir corriger facilement."
Y a-il un risque de toucher les cellules germinales ? Peut-on garantir que non ? "Si ça touchait les cellules germinales ça serait tellement une catastrophe? On pourrait dire au patient: on vous soigne mais vous ne pouvez plus avoir d'enfant." "Ca pose un problème éthique que je ne connais pas" "Mais la réponse, je dirais non car il n'y a jamais rien d'absolu, il n'y a jamais rien qui marche à 100 %"
Utilisation du VIH dans la thérapie génique: "C'est un virus qu'on connaît très bien, car on l'a beaucoup étudié. J'imagine qu'on doit pouvoir utiliser un virus dérivé du VIH qui ait son efficacité pour infecter nos cellules mais dont on ait pu garantir qu'il n'interfère pas avec le système immunitaire. Et à partir du moment où on peut utiliser des virus dériver du VIH pour la thérapie génique pourquoi est-ce qu'on pourrait pas aussi les utiliser pour faire par exemple des vaccins."
Faut-il continuer la recherche et dans quel sens? "Oui il faut continuer la recherche mais la tâche difficile est de distribuer les allocations pour la recherche. Comment répartir les fonds de recherche: plutôt pour le vaccin contre le rhume qui touche beaucoup de monde et qui a des conséquences économiques beaucoup plus grandes ou faut-il mettre le paquet sur la thérapie génique qui concerne quelques mucoviscidose et bébés bulle? Ce sont des choix difficiles. Ca dépend aussi des chercheurs, des résultats qu'ils ont et comment ils peuvent appâter ceux qui ont de l'argent. Mais il faut évidemment continuer, je ne vois pas de raison d'interdire cette recherche."
"Une parenthèse sur la recherche et ses conséquences: exemple les OGM: d'une part on a envie de continuer la recherche, de permettre à des gens qui réfléchissent sur la recherche de continuer, car c'est affreux d'arrêter la démarche scientifique. Mais en même temps on comprend bien que c'est délicat d'avoir des champs avec des plantes qui peuvent disséminer au premier coup de vent des choses qu'on ne suspecte pas. C'est ça le problème, je crois que chaque élément de recherche a son potentiel de bien et son potentiel de nuire. La recherche médicale en général c'est pour faire du bien. Donc à priori je crois qu'il faut continuer mais il ne faudrait pas tout miser là-dessus. Actuellement des gens disent qu'on met trop d'argent dans la génétique."
Nous allons maintenant analyser chaque interview.
Tout d'abord le parent de malade veut nous expliquer ce qu'est exactement la mucoviscidose, les importants problèmes sociaux et moraux qu'elle implique et les traitements qui existent. Nous passons en revue l'évolution des traitements. Le parent attache une grande importance à cette évolution: tout d'abord les traitements sont peu scientifiques (diététique physio) puis il commence à y avoir des antibiotiques puis des cathéters* permanents que l'on fixe près du cœur puis vient la thérapie génique et en dernier recours la greffe de poumon. Au fur et à mesure que la maladie progresse, les traitements sont de plus en plus pénibles mais tous ont une efficacité modérée, il y a eu du progrès mais aucun traitement n'est vraiment capable de guérir la maladie. La thérapie génique représentait donc un espoir énorme mais ça ne fonctionne pas. A chaque nouveau traitement on croit voir une solution mais c'est chaque fois une déception et c'est chaque fois un traitement difficile.
L'interrogé ne peut pas répondre à la question du risque d'infecter les cellules germinales lors d'une thérapie génique. Les questions sur la biologie des vecteurs ou sur les problèmes techniques de la thérapie génique tels que celui qui fait l'objet de notre travail ne l'intéresse pas et il préfère ne pas y répondre. En revanche, il dit que la thérapie génique pour continuer nécessite de grande réflexion éthique. Ce à quoi le parent attache de l'importance est l'éthique. "Pour continuer il faut une réflexion éthique, l'argent ne doit pas être le pilote, c'est comme les ordinateurs, c'est bien mais des fois c'est mieux sans. Ca doit continuer mais en parfaite compréhension critique." On comprend bien sûr l'importance de l'éthique pour un parent. C'est en effet une personne directement touchée par des problèmes moraux et sociaux. Après avoir essayé de nombreux traitements très lourds sans un résultat réellement convaincant et subissant une maladie qui progresse petit à petit, on comprend qu'avant de vouloir continuer il faille des réflexions éthiques. Le parent ne veut pas que la thérapie génique s'arrête à cause d'un échec, il faut continuer mais faire plus de recherche avant de faire des essais sur des humains. En outre, si le génie génétique peut être une solution dans le futur, l'interrogé est méfiant quant aux déraillements possibles. "Il faut mettre des limites dans un secteur de recherche qui pourrait être détourné, il faut plus d'éthiciens." Nous voyons ici encore l'importance de l'éthique. Selon ce parent, la technique porteuse d'espoirs est neutre, mais l'utilisation ne l'est pas. C'est pourquoi il faut surveiller la thérapie génique. Ici l'opinion de l'interrogé rejoint celui de M. Rochat avec une différence: M. Rochat parlait d'un comité d'experts non impliqués et le parent parle d'éthiciens. Ils attachent tous deux de l'importance à la surveillance mais pas de la même manière.
Pour finir le parent nous parle de la recherche en tant que telle, pas particulièrement dans la thérapie génique. Il semble attacher une très grande importance à la recherche de manière générale. Elle est d'après lui un axe moteur pour maintenir un bon niveau de vie, la puissance d'un pays se fait aussi sur sa matière grise. On voit ici que sans parler d'un problème qui le touche directement, il encourage vivement la recherche. En revanche, lorsque nous parlions de thérapie génique, il était toujours d'avis qu'il fallait continuer à chercher mais de manière plus nuancée: avec beaucoup plus de surveillance et de réflexion éthique. Ce qui s'explique par le fait que lorsqu'on parle de recherche en générale, il ne s'agit pas forcément d'un domaine où l'éthique est aussi importante qu'en thérapie génique.
En premier lieu, aux questions techniques sur les vecteurs, M. Strubin nous donne le plus de réponses possibles. Sans être spécialiste, il essaie de nous dire le plus qu'il sait sur les vecteurs. Il ne connaît que les vecteurs viraux, mais ce qui est assez étonnant est qu'il imagine quelque chose comme un vecteur non-viral et c'est exactement la définition d'un vecteur synthétique à base de liposomes. On reconnaît donc tout de suite un esprit très scientifique. A la question sur le risque d'infecter les cellules germinales, il répond avec une grande hésitation: "C'est évidemment une grande inquiétude."(...) "Je ne sais pas." Puis il nous explique que nous avons la preuve que des rétrovirus peuvent entrer dans nos cellules germinales puisque nous avons dans nos chromosomes des résidus de rétrovirus: "Les virus notamment les rétrovirus peuvent entrer dans les cellules germinales." "Entre 5% et 8% de nos chromosomes sont des anciens rétrovirus. Ces résidus de rétrovirus disséminés dans notre patrimoine génétique témoignent du fait que les rétrovirus peuvent entrer dans les cellules germinales." Ainsi avec hésitation M. Strubin suspecte qu'on ne puisse pas garantir que cela n'arrive jamais. Sa réponse est donc : «prudence", puisqu'on ne peut pas l'exclure. En revanche d'autres craintes telles que celle de faire des "bébés améliorés" ou des "mutants" par exemple ne l'inquiètent pas du tout. Il faut relativiser les choses, dit-il. Il y a des mutations qui se font dans la nature, sans l'intervention de l'homme. Il faut donc être prudent à nouveau car on ignore ce qui va se passer mais on ne va pas créer des "mutants". Il n'y a donc pas de réelle crainte de ce côté là mais il faut toujours être prudent.
Malgré quelques craintes que l'on peut avoir dans un secteur de recherche comme la génétique que l'on ne maîtrise pas complètement et qui nous réserve des surprises; le chercheur nous répond que la recherche doit évidement continuer. Il faut être prudent et il faut faire plus de recherche en labo avant de faire des essais. Il faut plus de certitudes. Mais il n'y a pas de raisons pour l'instant pour qu'on n'y arrive pas.
En résumé, ce qui inquiète le chercheur sont les problèmes techniques tels que celui des cellules germinales. Mais pas les craintes véhiculées par la population telles que les "bébés améliorés". Mais malgré ces inquiétudes il ne faut surtout pas baisser les bras, il faut continuer la recherche fondamentale en labo. Il ne s'agit donc pas de problèmes insurmontables, mais comme le dit M. Strubin: "Tout progrès amène quelque chose de positif et de négatif". Durant cette interview, nous sommes restés très proche du questionnaire, et n'avons pas abordé de problèmes éthiques comme dans l'interview du parent de malade. Nous constatons donc en ce point une grande différence: Pour le parent les problèmes éthiques étaient très important et les problèmes techniques ne l'intéressaient pas. Pour le chercheur les inquiétudes sont plutôt d'ordre technique qu'éthique. Mais dans tous les cas la recherche doit continuer. Pour M. Strubin, le problème des cellules germinales n'est donc pas un obstacle insurmontable mais il faut en tenir compte et être prudent.
M.Rochat étant un spécialiste de la thérapie génique, ce sont surtout les questions techniques auquel nous avons eu le plus de réponses. Nous avons donc utilisé ces réponses pour la partie "cadrage théorique". Parmi ces questions techniques, la question du risque de toucher les cellules germinales ne semble pas l'inquiéter. Peut-être parce que dans le cas de la mucoviscidose qui est son domaine, il s'agit d'une thérapie in situ. Le vecteur n'est donc pas injecté directement dans la circulation sanguine et le risque d'atteindre les cellules reproductrices est donc moins grand que dans le cas d'une thérapie in vivo. Selon M. Rochat, la recherche doit continuer. Ce qui est évident puisque nous parlons à un médecin faisant de la recherche dans ce domaine. Il faut faire de la recherche en laboratoire essentiellement en vectorologie. Sur ce point tous les interrogés semblent d'accord : il faut faire de la recherche en laboratoire sur les vecteurs. Une très grande surveillance est nécessaire. Il faut un comité d'expert non impliqué qui surveille la recherche. Le parent de malade insistait également beaucoup sur la surveillance mais pour lui ce sont des éthiciens qui doivent surveiller la recherche alors que le médecin parle d'experts. Cette différence montre bien les préoccupations des deux personnes: l'éthique pour l'un et l'avancée scientifique pour l'autre. M.Rochat précise qu'actuellement il est nécessaire de faire des percées en laboratoire, car il y a encore trop d'incertitude. Mais il est convaincu qu'on y arrivera, tout comme M.Strubin qui ne voit pas à priori de raisons de croire à des obstacles insurmontables, ainsi que le parent de malade qui dit bien qu'il ne faille surtout pas baisser les bras à la suite d'un échec. La thérapie génique porte donc encore des espoirs malgré les risques qu'elle comporte et les échecs qu'elle a subit.
M.Unger n'étant pas un spécialiste en thérapie génique, il nous dit ce qu'il sait sur les vecteurs et les questions techniques tels que les problèmes de ciblages. En ce qui concerne le ciblage M. Unger nous parle de profiter du tropisme de certains virus pour certaines cellules, ce qui rejoint l'interrogation de M. Strubin: "Il existe des virus extraordinairement spécifiques, pourquoi ne pourrions nous pas utiliser leur savoir?". Et c'est également ce que l'on a tenté de faire pour la mucoviscidose en utilisant la spécificité des adénovirus pour les cellules des bronches. Même si cela n'a pas fonctionné pour diverse raison (c.f. cadrage théorique), il semble que pour trouver un vecteur idéal au niveau du ciblage le mieux serait d'imiter la nature. Pour ce qui est du risque de toucher les cellules germinales, On ne peut pas donner de garantie. Selon M. Unger ce qu'il faut faire c'est des essais pour chaque thérapie sur des animaux et des analyses pour vérifier qu'on ne trouve pas de trace du vecteur dans les cellules reproductrices. Mais comme dans beaucoup de domaines de la science, on ne peut pas prouver que ça n'arrivera jamais, on peut vérifier que jusqu'à lors ça ne c'est pas produit mais pas donner de garantie absolue. Toutefois, la recherche doit évidemment continuer. Selon M.Unger, spécialement en vectorologie, sur le ciblage et sur l'efficacité du transfert et de l'expression de l'information génétique. Mais ou faut-il mettre des limites? Les limites, nous dit le politicien, doivent être placées en toute proportion. C'est à dire que les risques tolérés et les efforts déployés dépendent de ce que l'on attend du traitement, de l'absence de traitement alternatif et de la gravité de la maladie que l'on cherche à soigner. On ne peut pas accepter, par exemple, qu'un remède contre la grippe risque de tuer. En revanche, dans le cas des bébés bulle la gravité de la maladie pouvait permettre que l'on prenne un risque. Mais après le problème qui s'est posé c'est à dire l'apparition des leucémies, il est nécessaire de se ré interroger. Sur un plan politique, M. Unger met l'accent sur trois choses très importantes: d'une part il faut qu'il y ait un certain nombre de garde fous et qu'on veille à ce que les choses soient proportionnées, deuxièmement il faut se concentrer sur la non-atteinte des cellules reproductrices et troisièmement l'éthique. Nous voyons donc que le problème des cellules germinales est essentiel. En effet, le politicien précise bien qu'il est crucial de ne pas toucher les cellules reproductrices sans quoi on risque des dérivées et on ne respecte pas le principe d'autonomie (il est en effet impossible d'avoir le consentement éclairé des générations futur). M. Unger attache également beaucoup d'importance à l'éthique, il semble même insister encore plus dessus que le parent de malade. En effet, si le parent de malade y attache de l'importance car il est directement concerné par ces problèmes, le politicien nous rappelle les quatre grands principes qui codifient l'éthique en médecine. (autonomie, bienfaisance, futilité et justice distributive, c.f. chapitre résultats) Puis il insiste sur le fait qu'ils doivent être étudiés attentivement à chaque étape du progrès. Peut-être n'accorde-t-il pas plus d'importance à l'éthique que le parent mais de manière différente: le politicien nous rappelle un code, le parent parle de chose qui le touche directement. Pour finir, ce que nous dit M. Unger sur le progrès se rapproche de se qu'ont dit M. Strubin et le parent de malade. A savoir que le progrès n'est pas bon ou mauvais mais cela dépend de l'usage que l'on en fait. En effet M. Strubin disait que chaque découverte amène quelque chose de positif et quelque chose de négatif et le parent disait que la technique est neutre mais l'usage ne l'est pas. Ainsi si la thérapie génique comme tout autre progrès comporte des risques, dont celui de toucher les cellules germinales ce qui pourrait provoquer des dérapages, il faut tenir compte de ces risques pour les maîtriser. La recherche doit donc être canalisée et surveillée par des éthiciens et des experts, affin de trouver une solution à chaque problème en évitant de dériver. Mais sous un autre angle il s'agit là d'un cercle vicieux. Chaque découverte apporte un nouveau problème sur lequel il faut faire une recherche qui amènera à son tour un nouveau risque. De là viennent les deux approches que l'on peut avoir face au progrès et dont nous parle M.Unger: soit on se méfie du progrès soit on cherche à le maîtriser.
Nous avons commencé cette interview par des questions techniques sur les vecteurs en général, auquel M.Yves Beyeler nous répond qu'il n'est pas un spécialiste mais nous dit ce qu'il sait: Les vecteurs servent à introduire un morceau d'ADN modifié dans les cellules malades. Il connaît seulement les vecteurs viraux. Après cela nous avons discuté des bébés bulle ce qui a amené M.Beyeler à parler des risques dans la même optique que M.Unger: "On peut donner le choix à une famille ou à un bébé soit vivre dans la bulle soit on essaie de faire quelque chose, le risque c'est une leucémie. Vivre dans la bulle, avoir une leucémie, ça se discute. Par contre, par exemple avec une mucoviscidose, c'est pas drôle d'avoir une mucoviscidose mais on peut devenir adulte avec une mucoviscidose..." Nous voyons là le problème de la proportionnalité dont avait parlé M.Unger. Sans évoquer ce terme exact nous constatons bien qu'il s'agit de la même idée, puisqu'il est sous-entendu qu'on ne prendrait pas le risque d'avoir une leucémie lorsqu'on a une mucoviscidose. A la question sur le risque de toucher les cellules germinales, nous obtenons une réponse un peu surprenante: "Si ça touchait les cellules germinales ça serait tellement une catastrophe?" M.Beyeler ne veut pas dire par là qu'il n'est pas grave d'appliquer un traitement sur toute la descendance de la personne traitée. Ce qu'il veut dire c'est que si on applique une thérapie génique qui atteint les cellules reproductrices, le patient ne doit pas avoir d'enfant: "On pourrait dire au patient: on vous soigne mais vous ne pouvez plus avoir d'enfant." Puis il ajoute qu'il s'agit là de problème éthique qu'il ne connaît pas. Toutefois s'il est impossible de garantir que les cellules germinales ne soient pas touchées, il pourrait peut-être s'agir là d'une éventuelle solution au problème. La question suivante: faut-il continuer la recherche? Et dans quel sens? ouvre un parallèle avec les réponses de M.Unger. Selon M Beyeler il faut continuer la recherche, mais un problème se pose: celui de la distribution des fonds. M.Unger parlait de la justice distributive (un des principes qui règle l'éthique) et c'est le même problème dont parle M.Beyeler. Cette question de répartition de l'argent investi dans la recherche avait également été évoquée par le parent de malade qui disait que l'argent ne devait pas être le pilote de la recherche. Or il fait partie de l'un des principes dont parlait M.Unger et M. Beyeler dit également qu'il oriente d'une certaine manière la recherche lorsque qu'il dit en parlant du sens de celle-ci: "Ca dépend aussi des chercheurs, des résultats qu'ils ont et comment ils peuvent appâter ceux qui ont de l'argent." Il paraît en effet un peu utopique que l'argent ne soit pas impliqué. Ensuite M.Beyeler ouvre une parenthèse sur la recherche et ses conséquences pour dire que la recherche a toujours une part de bon et une part de mauvais. Ce qui rejoint à nouveau les opinions de M.Unger, du parent de malade et de M. Strubin. Pour finir nous revenons à des questions plus techniques sur les vecteurs auquel l'interrogé ne peut nous répondre.
Nous allons maintenant analyser les thèmes qui ressortent le plus souvent dans les interviews.
Selon le CNRS (centre national de la recherche scientifique), la thérapie génique ne représenterait pas réellement de problèmes éthiques différents des autres thérapies. En revanche le parent de malade attache une très grande importance à l'éthique. Il est très important pour lui de faire de grandes réflexions éthiques. C'est également le point de vue de M. Unger pour qui l'éthique dans la thérapie génique est fondamentale. Messieurs Rochat, Beyeler et Strubin ne semblent pas trop centrés sur les problèmes éthiques. En effet, dans les interviews de M.Rochat et de M.Strubin, nous n'avons que très peu parlé d'éthique et M. Beyeler dit ne pas connaître très bien les problèmes éthiques. Nous voyons donc clairement l'opposition entre d'une part le politicien et le parent de malade pour qui il s'agit d'un critère essentiel, et les scientifiques d'autre part pour qui l'éthique n'est pas la première préoccupation. Mais quels sont les intérêts de chacun ? Premièrement, nous remarquons que le parent de malade ne veut pas précipiter la recherche dans le but d'arriver le plus rapidement possible à un traitement efficace. Il pense que la recherche doit continuer, mais qu'il faut faire attention. L'argent ne doit pas être aux commandes et il faut se méfier des éventuels dérapages. Ce parent ayant déjà vu beaucoup de traitements, n'attend peut-être plus rien de la thérapie génique pour lui. C'est pourquoi il dit que la recherche doit continuer mais en laboratoire et sans précipiter les choses. Deuxièmement, il est très important pour le politicien que tout se fasse dans les règles. Sa priorité est qu'il n'y ait pas de dérapage. En tant que président du département de la santé publique, il est important pour lui que le progrès n'avance pas sans contrôle. C'est pourquoi il insiste sur le fait qu'il faille canaliser la recherche selon les quatre principes éthiques (c.f. chapitre résultats et analyse par interview). Le chercheur fondamental M.Strubin ne pense pas non plus qu'il faille précipiter la recherche et faire des essais cliniques trop rapidement. Pour lui il est important que la recherche en laboratoire continue. Les risques tels que l'eugénisme ou les mutants, qui freinent énormément le progrès, ne l'inquiètent pas. Ce qu'il prend en considération sont les craintes qui peuvent avoir une solution. C'est pourquoi il faut continuer la recherche en laboratoire. M. Rochat nous dit également que la recherche doit continuer. Il faut des percées en laboratoire, pour pouvoir avancer. Il est important pour lui que la recherche avance relativement vite vers un traitement. Enfin, nous voyons que le docteur Beyeler minimise le risque lorsqu'il dit que si les cellules germinales sont atteintes le patient ne doit simplement pas avoir d'enfant. Ne connaissant pas réellement les problèmes éthiques et techniques liés à la thérapie génique, il prend en compte surtout le traitement : on peut appliquer la thérapie génique et s'il y a un risque de toucher les cellules germinales le patient doit s'abstenir d'avoir des enfants. En dehors des intérêts de chacun, un facteur jouant un rôle dans la recherche est l'argent. Nous y reviendrons dans le paragraphe suivant.
Toutes les personnes interrogées ont répondu qu'il fallait continuer la recherche, mais dans quel sens? Les réponses sont assez proches: Pour M.Michel Strubin, il faut faire plus de recherche en laboratoire pour plus de certitudes, surtout en vectorologie, il faut trouver un vecteur qui cible spécifiquement les cellules que l'on veut. Sa réponse est optimiste, il ne voit pas de raison de penser qu'on n'arrivera pas à faire fonctionner la thérapie génique. Le professeur Rochat dit également qu'il faut un retour au laboratoire, qu'il faut des percées dans la recherche en laboratoire et qu'on y arrivera. Egalement une réponse plutôt optimiste. Le parent de malade pense également qu'il faut continuer, qu'il ne faut surtout pas baisser les bras après un échec. Enfin M. Unger et M.Beyeler disent également que la recherche ne doit pas être stoppée. Si tous les interrogés sont unanime sur le fait qu'il faille continuer la recherche en laboratoire, les opinions divergent néanmoins quelque peu. D'une part, pour M.Rochat, M. Unger et le parent de malade, la recherche doit être très surveillée. Mais il s'agit pour M. Rochat d'un comité d'expert non impliqué qui doit surveiller la recherche alors que pour M.Unger et le parent, c'est l'éthique qui prédomine ; la recherche doit être canalisée selon des critères éthiques. D'autre part le parent de malade insiste sur le fait que l'argent ne doit pas être le pilote. Mais dans la réponse de M.Beyeler, l'argent semble toutefois avoir un rôle dans l'orientation de la recherche. Non pas dans le sens que la recherche est faite pour l'argent mais que c'est en fonction des fonds que la recherche avance dans tel ou tel domaine. Il est évident qu'une recherche qui est mieux subventionnée avance plus vite. En ce sens l'argent est aux commandes, mais il ne doit pas être le pilote dans le sens où on ferait une recherche dans le but de s'enrichir.
Les craintes des personnes que l'on a interrogées ne sont pas les mêmes que les craintes véhiculées par le public. Selon un article du CNRS, les craintes du public seraient celle de l'eugénisme ou du risque de voir apparaître des monstres: "...dans l'esprit du public, la thérapie génique est perçue de manière ambiguë: elle évoque à la fois l'image d'une biologie moléculaire toute puissante capable d'expliquer tous les processus du vivant, et celle des manipulations génétiques derrière lesquelles flottent les ombres funestes de l'eugénisme et la silhouette monstrueuse de la créature de Frankenstein." A ce propos, M. Michel Strubin nous dit également que l'eugénisme est une crainte véhiculée par les gens mais qu'il n'y croit pas. En effet, toujours selon le CNRS ces craintes sont surtout dues à une mauvaise information du public. Ce qui inquiète à différents degrés les personnes interrogées est d'une part le respect de l'éthique pour M. Unger et le parent de malade; et d'autre part pour M. Strubin ainsi que pour le CNRS, le risque de toucher les cellules germinales. "En fait, la seule inquiétude réelle serait celle de la possibilité d'une transmission du matériel génétique incorporé à la descendance, ... " Si cette crainte ne semble pas trop grande pour M.Rochat, elle est toutefois présente dans le monde scientifique. Même si elle ne constitue pas un obstacle insurmontable.
Les enjeux de la thérapie génique sont énormes, par les espoirs qu'elle contient, les risques qu'elle comporte et les sous qu'elle coûte. De nombreux espoirs reposent en effet sur la thérapie génique, puisqu'elle pourrait soigner des maladies graves jusqu'ici incurable. Parmi celles-ci, la mucoviscidose dont nous avons parlé touche selon le site de SOS mucoviscidose : , 1 nouveau-né sur 3500 en France. Ce qui est relativement beaucoup (il s'agit de la maladie génétique la plus fréquente selon SOS mucoviscidose). Elle pourrait également être utilisée contre le cancer mais nous n'avons pas développé ce point. D'autre part les risques qu'elle comporte sont élevés. Il y a d'une part les risques de toucher les cellules germinales et de développer des leucémies dont nous avons déjà parlés, mais aussi des risques de dérapages comme le dit le parent de malade : "Les déraillements possibles sont fabuleux." En effet, si l'on sait insérer un gène thérapeutique dans les cellules, il n'est pas exclu qu'on puisse utiliser cette connaissance à des fins négatives. Un autre risque serait celui d'utiliser la thérapie génique à des fins lucratives : " ...il faut des directives et des réflexions éthiques pour ne pas dériver et utiliser la thérapie génique à des fins lucratives..." (Le parent de malade) Ce qui nous amène au problème de l'argent. Selon le compte rendu du Congrès de la Société Européenne de Thérapie Génique qui s'est déroulé du 7 au 10 octobre 2000 à Stockholm, il y a des investissements financiers conséquents dans la thérapie génique. L'enjeu financier est donc important. Comme le dit le docteur Beyeler, la tâche de la répartition des fonds est difficile. Il faut savoir ce qui est prioritaire, or nous l'avons, sur la thérapie génique reposent de grands espoirs. Toutefois, la génétique n'est peut-être pas la seule piste et selon le docteur Beyeler il y a des gens qui pensent que l'on investit trop dans la génétique. En résumé, comme toute recherche scientifique, la thérapie génique comporte des risques et coûte de l'argent. Mais elle est prometteuse, alors si l'on surveille la recherche et que l'on veille à ce que l'investissement ne soit pas démesuré et qu'il ne soit pas au mépris d'autres recherches, la thérapie génique n'a pas de raisons de s'arrêter.
Comme nous l'avons expliqué dans le chapitre problématique, il semble exister un paradoxe entre le fait que le vecteur doit toucher un maximum de cellules pour que le traitement soit efficace ; et le fait que le vecteur doit être très spécifique pour toucher seulement les cellules cibles et surtout pas les cellules germinales. Mais est-ce vraiment un paradoxe ? Et y a-t-il une solution à ce problème. Comme nous l'avons vu dans les analyses, le risque de toucher les cellules germinales est bien une préoccupation des scientifiques et en quelques sortes du public lorsqu'il craint l'eugénisme. Toutefois il semble exister des voies menant à un début de solution. Premièrement, la thérapie génique dans le cas des bébés bulle n'a pas buté sur ce problème. En effet, le paradoxe évoqué ci-dessus semble être résolu. Il s'agit pour les bébés bulle d'une thérapie ex vivo (c.f. cadrage théorique). Le vecteur n'est donc pas introduit dans l'organisme et ne peut par conséquent pas toucher les cellules reproductrices. Toutefois la thérapie ex vivo n'est pas toujours possible, comme dans le cas de la mucoviscidose. Le problème n'est donc pas totalement résolu. D'autre part, l'essai sur les bébés bulle a rencontré un autre problème, celui des leucémies dont nous avons parlé dans le chapitre cadrage théorique. Ce qui pose cette fois problème est l'insertion du gène thérapeutique à un mauvais endroit. Ce qu'il faudrait savoir faire pour résoudre cela, c'est la recombinaison homologue. C'est à dire, insérer le gène médicament à l'endroit où se trouve le gène défectueux responsable de la maladie. Or selon M.Strubin, des levures sont capables de faire la recombinaison homologue. Celui-ci nous dit également : "Il existe des virus extraordinairement spécifiques, pourquoi ne pourrions nous pas utiliser leur savoir" M. Unger également nous a parlé du tropisme de certains virus que l'on pourrait utiliser pour mieux cibler. Et c'est en effet ce que l'on a fait dans le cas de la mucoviscidose. Nous voyons par là que dans les deux problèmes évoqués, celui des leucémies ainsi que celui du ciblage et donc de la non-atteinte des cellules germinales, la nature sait faire ce que l'on tente de faire. Ainsi en essayant d'imiter celle-ci, il est peut-être possible de résoudre ces problèmes. Comme le dit M. Strubin, il n'y a pas de raison de croire qu'on n'y arrivera pas. La solution existe dans la nature.
Pour conclure, le contact direct avec des spécialistes, des gens touchés par des maladies graves et des médecins, nous a forcés à nous impliquer plus dans notre sujet. Ce qui nous a été très enrichissant. Cela nous a également permis de clarifier le rôle et l'importance ainsi que les intérêts de chacune des catégories de personnes interrogées. En effet, nous nous sommes rendus compte que pour le parent de malade, il est important que l'on prenne le temps de réfléchir aux conséquences du progrès mais que la recherche continue et cela en toute compréhension critique. Le rôle du politicien est très important car il doit veiller à ce que l'avancée scientifique ne dépasse pas les limites et qu'elle garde une certaine proportionnalité. Nous avons également remarqué la transition de la recherche fondamentale à la médecine pure en passant par la recherche appliquée. En effet, ce qui compte pour le chercheur fondamental, c'est la recherche en laboratoire. Ce qui l'intéresse c'est de pousser la recherche le plus loin, pour avoir le maximum de certitudes. Il ne s'agit pas forcément de recherche directement utile à un traitement ou autre, mais qui va permettre de découvrir des pistes qui pourront servir par la suite. La recherche appliquée, a pour but de trouver un traitement. Elle doit donc avoir des résultats applicables le plus rapidement possible. Elle peut s'appuyer sur les résultats de la recherche fondamentale. Par exemple, c'est d'abord dans la recherche fondamentale qu'on découvre que des levures savent faire la recombinaison homologue. Puis cela peut être utiliser dans la recherche appliquée pour trouver, par exemple, une solution au problème des leucémies des bébés bulle. Et enfin, le médecin n'a pas besoin d'être au courrant très précisément de ce qui se passe dans la recherche. Ce qui compte pour lui c'est le traitement final. On voit donc l'interdépendance de ces trois domaines. En effet la recherche fondamentale sert à la recherche appliquée qui, elle, a pour rôle de procurer un traitement à la médecine.
Si par moment, nous avons douté que notre question soit la bonne, il s'est avéré qu'elle avait toutefois un sens et qu'elle n'était pas dénuée d'importance. En effet, nous avons obtenu des réactions différentes. Le parent de malade ne connaît pas la réponse au problème des cellules germinales, sa réaction est portée avant tout sur l'éthique. Pour lui il est important que l'argent ne soit pas le pilote, que le traitement ne soit pas douloureux, qu'il n'atteigne pas d'autres personnes. Dans tous les cas, la recherche doit continuer en toute compréhension critique. Le chercheur fondamental n'a pas non plus la réponse absolue, car selon lui on ne peut pas garantir que jamais un vecteur n'atteindra les cellules germinales. Il est toutefois optimiste et pense qu'on trouvera la solution car il sait qu'il existe des éléments de réponse dans la nature. Le professeur Rochat, lui, n'attache pas trop d'importance à ce problème. En effet, dans le cas de la mucoviscidose, il s'agit d'une thérapie in situ. Le risque d'infecter les cellules germinales n'est donc pas le plus important. Pour lui il est important que la recherche continue sous la surveillance d'expert. Le politicien attache beaucoup d'importance au risque de toucher les cellules germinales. Pour lui on ne peut pas garantir que le vecteur ne touche jamais les cellules germinales. Mais il s'agit d'un problème de grande importance pour un politicien, il ne peut pas permettre qu'on prenne le risque. Toutefois il faut continuer la recherche en la canalisant et en la surveillant. Enfin le médecin M. Beyeler, ne connaît pas bien le problème. Il pense également qu'on ne peut pas donner de garantie. Cependant il suggère que s'il y a un risque de toucher les cellules reproductrices, alors le patient ne doit pas avoir de descendance. De manière générale, aucun n'a de réponse absolue, mais chacun attache un degré d'importance différent à ce problème qui les amène chacun à des interrogations divergentes.
Ces divers points de vue nous ont permis de nous faire une idée du sens de la thérapie génique et des conséquences qu'elle entraîne. Tout d'abord, l'une des choses importantes est l'information. Il est nécessaire que le public soit informé sur les risques réels de la thérapie génique, d'une part pour qu'il puisse apprécier les dangers par rapport aux espoirs et d'autre part pour éviter les craintes du type surnaturel comme la créature de Frankenstein. Ensuite, il est nécessaire de canaliser le progrès, de ne pas le laisser avancer à toute allure sans savoir où l'on va. Il est vrai que si la thérapie génique fonctionnait, ce serait un progrès fantastique pour la médecine, toutefois il faut veiller sur certaines choses. Par exemple, il ne faut pas que l'argent prenne les commandes du progrès, ni que l'éthique soit mise à part. A ce propos, ce qui est important à notre avis, est à nouveau l'information. Les malades doivent être informés des risques qu'ils courent et du potentiel de réussite du traitement ; affin de pouvoir évaluer par eux même la situation. Toutefois, comme nous avons pu le constater dans le cas des bébés bulle et de la mucoviscidose, la thérapie génique a encore du chemin à faire avant de fonctionner. Nous pensons donc qu'il est encore trop tôt pour faire des essais cliniques sur l'homme. Mais la recherche en laboratoire doit continuer. En effet, nous pensons, comme l'ont dit tous les interrogés, que la recherche sur la thérapie génique ne doit pas être interdite mais qu'elle doit être surveillée affin que cette technique soit utilisée à bon escient.
Nous n'avons pas de réponse absolue à la question : "Peut-on garantir que jamais aucun vecteur n'atteindra de cellules germinales ?" Cependant, nous sommes plutôt optimistes. En effet, nous avons vu que le risque de toucher les cellules germinales peu être évité si l'on applique une thérapie ex-vivo, comme dans le cas des bébés bulle. En outre, les virus sont parfois très spécifiques et il est possible de modifier l'enveloppe externe des adénovirus pour les rendre plus spécifique à certaines cellules. On peut donc utiliser cela pour trouver le vecteur idéal. Mais il reste le problème des cancers liés à l'insertion aléatoire du gène thérapeutique sur l'ADN. Même si nous ne connaissons pas la solution à ce problème, nous avons vu que des levures savent faire la recombinaison homologue ce qui signifie qu'il existe une solution à ce problème aussi. Ces deux exemples montrent bien, que la recherche mérite d'être poursuivie. La thérapie génique est donc encore prometteuse, mais il ne faut pas précipiter les choses, il faut prendre le temps de considérer les risques et s'interroger à chaque étape de l'avancée scientifique.
ADN : acide désoxyribonucléique ; molécule dont la structure en double hélice représente le support chimique de l'hérédité. Présent dans la plupart de nos cellules vivantes, l'ADN porte l'information génétique de l'organisme.
ARN : acide ribonucléique, formé d'un seul brin, indispensable à la synthèse des protéines à partir du programme génétique porté par l'ADN.
Cathéter : tuyau en matière plastique, de calibre millimétrique et de longueur variable.
Cellules : plus petite unité fonctionnelle constituant les êtres vivants. Chaque cellule est constituée d'un noyau, comprenant le génome nucléaire ; d'un cytoplasme enrobant le noyau, comprenant différents types d'organites nécessaires à l'activité et à la survie de la cellules.
Cellules cibles : cellules malades responsable de la maladie qu'on cherche à traiter, et donc la cible du vecteur.
Cellules germinales : cellules dont la propriété est d'assurer la reproduction de l'espèce. Elles n'ont donc pas de fonction différenciée, au sens strict et leur génome est intact.
Cellules somatiques : cellules non-reproducrices, c'est à dire toutes les cellules à l'exception des cellules germinales.
Endocytose : grâce à une variété de vésicules, les cellules peuvent absorber des éléments extérieurs. On parle d'endocytose quand il s'agit d'absorber de petites molécules et de phagocytose lorsque cela concerne des structures de grande taille allant jusqu'à des cellules entières. Les substances ingérées sont digérées et leurs composants élémentaires réutilisés par la cellule.
Ethique : qui concerne les principes de la morale. Ensemble des règles de conduite. Mais il s'agit plus particulièrement dans notre travail de bioéthique : la bioéthique est la description et l'évaluation morale du comportement humain dans le domaine de la vie et de la santé. La bioéthique est étendue aujourd'hui aux problèmes sociaux, environnementaux et globaux de la santé et des sciences de la vie. La bioéthique est une aire de recherche et son objet s'étend à toutes les dimensions morales, dont les comportements sociaux et les décisions politiques.
Gène : segment d'ADN transmis héréditairement et participant à la synthèse d'une protéine correspondant à un caractère déterminé.
Gène défectueux/ gène malade: gène qui ne fonctionne pas ou mal, responsable d'une maladie génétique car la protéine correspondante n'est pas synthétisée.
Gène médicament : gène sain que l'on cherche à introduire dans les cellules cibles au moyen de vecteur pour permettre la synthèse de la protéine correspondante.
Gène thérapeutique : synonyme de gène médicament.
In vitro/ex vivo : qui se déroule en dehors d'un être vivant (ex vivo) c'est à dire dans un milieu artificiel (in vitro), en laboratoire, dans une éprouvette.
Liposome : vésicules sphériques composées d'une bicouche lipidique synthétique, qui mime la structure des membranes biologiques.
Oncogène : gène naturel ou d'origine virale capable de stimuler la multiplication d'une cellule, mais dont l'excès d'activité provoque le cancer.
Protéine : constituant essentiel de tous les organismes. Les protéines sont de très longues chaînes d'acides aminés (les chaînes courtes ne constituant pas des protéines mais des peptides), attachés les uns aux autres par une liaison chimique, dite liaison peptidique. Les protéines ont des rôles très divers : certaines font partie d'une structure de soutien (membrane qui entoure les cellules, trame des os, collagène, etc.) tandis que d'autres (hormones, anticorps, enzymes, etc.) interviennent dans divers mécanismes physiologiques.
Récepteur : structure (protéine récepteur) de la cellule capable de capter des signaux, par exemple sous forme d'une hormone, et de les transmettre sous une autre forme.
Vecteur : support qui amène le gène sain dans les cellules cibles et idéalement qui le fixe sur l'ADN.
1. La cite des sciences et Joël Rosnay, « La génétique humaine et vous », édition Sylvie Zucco, année 2001
2. Marie-Odile Monchicourt et Olivier Danos, « Bienvenue dans la thérapie génique », édition Platypus Press, année 2001
3. Charles Auffray et Albert Jacquard, « Dictionnaire de la biologie », édition Flammarion, année 1998
4. Tom Strachan et Andrew P.Read, « Génétique moléculaire humaine » édition Flammarion, année1998
5. Jacqueline Etienne et Eric Clauser, « Biochimie génétique Biologie moléculaire », édition Masson, année 2001
6. Griffits, Gelbart, Miller et Lewontin, « Analyse génétique moderne », édition De Boeck Université, année 2001
7. Donald B. Kohn, Michel Sadelain et Joseph C. Glorioso, « Occurrence of leukaemia following gene therapy of X-linked SCID », dans Nature Reviews Cancer vol. 3, No 7, juillet 2003
8. Philippe Chambon, « Vers la médecine individualisée », dans Science et Vie, No 993, juin 2000
9. C.P. « Une protéine relance la thérapie génique », dans Science et Vie, décembre 2002
10. Thierry Rochat, « Thérapie génique de la mucoviscidose »
11. Thierry Rochat et Michael A. Morris, « Gene Therapy for Cystic Fibrosis by Means of Aerosol », dans Journal of Aerosol Medicine vol. 15, No 2, 2002
12. , « Introduction et principe de la thérapie génique », année 2002
13. , « La thérapie génique », année 2000 (les images de ce site sont tirées de La Recherche)
14. , « Thérapie génique : du fondamental à la clinique », année 1997
15. , « Génie Génétique », année 2002
16. , « Rapport du Groupe de Travail de Thérapie Génique de l'Afssaps du jeudi 30 janvier 2003 à propos de la survenue de deux évènements indésirables graves dans l'essai clinique de thérapie génique du déficit immunitaire combiné sévère lié à l'X (DICS-X) », année 2003
17. , « La Mucoviscidose en bref », année 2003
18. , « La Thérapie Génique comment ça marche ? », année 2003
19. , « La Thérapie Génique comment ça marche ? », année 2003
Nous tenons à remercier tout particulièrement Monsieur Thierry Rochat, Monsieur Michel Strubin, Monsieur Pierre-François Unger, Monsieur Yves Beyeler ainsi que le parent de malade de nous avoir accordé un entretien. Merci également à Monsieur François Lombard d'avoir accepté de superviser ce travail. Et enfin, un grand merci à la famille Baud de nous avoir prêté ordinateur, scanner, imprimante etc...
Retour à la page des activités Calvin de F.Lo
Retour à la Home page de F. Lombard