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Le système de ventilation pourrait avoir joué un rôle dans le décès en mars dernier d'un détenu au pénitencier de Bochuz, dans le canton de Vaud. Une expertise a montré que la fumée n'a pas été évacuée de la cellule en raison d'un dispositif visant à éviter la propagation du feu dans la prison.
Il semble que les gardiens n'étaient pas au courant. Le juge d'instruction estime toutefois qu'il est encore trop tôt pour établir d'éventuelles responsabilités.
Suite à des informations parues ces derniers jours dans les médias, le substitut du juge d'instruction cantonal vaudois Daniel Stoll a fourni mercredi certaines précisions sur la chronologie et les causes ayant conduit au décès de ce détenu de 30 ans.
Lorsque le prisonnier a mis le feu à son matelas, en utilisant ses habits pour l'allumage, les gardiens ont enclenché la ventilation. L'évacuation de la fumée a fonctionné dans toutes les cellules, à l'exception de celle de la victime. Un système de détection thermique visant à éviter que le feu ne se propage au bâtiment a en effet empêché cette aération.
«Les gardiens ne se sont pas rendus compte qu'il y avait encore de la fumée dans la cellule», a expliqué Daniel Stoll. Ce n'est que 30 minutes après l'extinction de l'incendie, au moment où le responsable de piquet est arrivé pour négocier avec le détenu un changement de cellule que l'on a réalisé que celle-ci n'avait pas été ventilée comme les autres.
Selon l'expert, le système de ventilation prévu était toutefois conforme aux normes de sécurité. D'après le juge, il semble toutefois que «pas grand monde» au sein de la prison n'était au courant des conséquences de l'enclenchement du système d'aération.
Après avoir constaté que le détenu ne répondait plus, les gardiens ont appelé les secours qui sont arrivés 15 à 20 minutes après. Cinq à dix minutes plus tard, l'équipe médicale a constaté l'arrêt respiratoire et signifié aux gardiens qu'il fallait intervenir d'urgence dans la cellule sans attendre le DARD, groupe d'intervention de la police cantonale vaudoise, également appelé à la rescousse. Ce dernier est arrivé pendant la tentative de réanimation.
L'expertise médico-légale a conclu à un décès consécutif à une intoxication aiguë au cyanure. Celle-ci provient du polyuréthane contenu dans le matelas auquel le détenu a mis le feu ou éventuellement de ses habits, utilisés pour déclencher l'incendie.
Un complément d'expertise devra déterminer dans quel délai la vie du détenu aurait pu être sauvée. Ce dernier devrait jouer un rôle dans l'établissement d'éventuelles responsabilités individuelles, a précisé Daniel Stoll.
Le nom du détenu figurait sur une liste désignant les prisonniers pour lesquels l'intervention du DARD était nécessaire pour effectuer un transfert. En revanche, aucune directive ne précisait que l'intervention du DARD était nécessaire pour le sortir de sa cellule, a souligné le juge.
swissinfo.ch et les agences