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D’un contact avec la société régionale (occidentale) encore récent puisqu’il date des années 1960, les Yanomami forment une des plus grandes ethnies du Brésil.
Leur territoire se situe dans les forêts et montagnes du nord du Brésil et du sud du Venezuela, et nombre de communautés yanomami vivent encore de manière totalement isolée. Au Brésil, le peuple Yanomami compte une population d’environ 21’600 personnes, et leur territoire, d’une taille équivalente au double de la superficie de la Suisse, est reconnu et légalement démarqué « Terre indigène » depuis 1992. Peuple semi-nomade, il vit de la chasse, de la pêche et de la cueillette, et pratique une agriculture saisonnière de subsistance.
Depuis ces premiers contacts, l’histoire du peuple Yanomami est fortement marquée par des conflits culturels et sociaux avec la société occidentale, qui ont entraîné de grands bouleversements dans leur mode de vie. Recherchant la proximité avec les postes de santé et l’assistance proposée – quoique très sporadiquement – par les politiques publiques brésiliennes, les Yanomami et en particulier ceux qui géographiquement sont les plus proches des frontières de leur territoire, ont entamé un processus de sédentarisation. Cette situation provoque d’importants problèmes de subsistance, influençant négativement et la qualité et la diversité des aliments disponibles, et a entraîné de sérieux problèmes de dénutrition, d’une ampleur jusque-là inconnue. Les épidémies, comme la malaria et la grippe, sont de plus en plus fréquentes et les enfants de moins de cinq ans en sont les premières victimes. Dans certains villages « proches » des villes, on constate une perte importante des traditions et une apparition de nouvelles pratiques nocives pour la population, comme la consommation d’alcool et la prostitution.
A travers sa Constitution de 1988, le gouvernement brésilien a développé une conception de l’assistance en santé extrêmement avancée. Cependant, malgré la création d’un système de santé spécifique aux Peuples Indigènes, les diverses entités qui ont été tour-à-tour responsables de l’organisation et la bonne marche de ce secteur ne sont jamais parvenues à répondre aux besoins très réels de ces peuples, devenus plus aigus de part le contact (ne serait-ce que parce que des maladies contagieuses relativement bénignes chez nous s’avèrent dévastatrices chez les indigènes).
Leurs constantes revendications dénoncent la discontinuité et la basse qualité de l’attention portée aux autochtones par les institutions en charge de la santé dite « primaire » : un manque chronique de personnel qualifié, de matériel, de médicaments. Cette situation a de graves répercussions sur la population Yanomami, augmentant de façon alarmante les indices de pathologies infectieuses ainsi que le taux de dénutrition chez les enfants.