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Objectif (… pédagogique, … d'apprentissage)
La notion d'objectif s'est imposée dans le langage pédagogique surtout à partir des années 1960 - 1970, avec l'apparition de certaines conceptions nouvelles (pédagogie de maîtrise, évaluation formative, enseignement différencié) au sein desquelles elle était censée jouer un rôle essentiel. Dans ce cadre, le terme d'objectif désigne ce que l'élève devrait maîtriser (ce qu'il devrait être capable de faire, de produire, de réaliser) à un moment donné, au cours ou à la fin d'une période d'apprentissage. De ce point de vue, les d'objectifs pédagogique ne doivent pas être confondus ni avec les contenus de l'enseignement (chapitres d'un plan d'études; thèmes et sujets prévus par un programme) ni avec les fonctions et les finalités attribuées à l'école.
Au cours de ces mêmes années, la notion d'objectif a donné lieu à un grand nombre de travaux et a conduit notamment à l'élaboration de taxonomies (celle de B. Bloom étant sans doute la plus célèbre). Parallèlement, un débat important s'est engagé concernant la manière la plus adéquate de formuler et de définir les objectifs de l'éducation. Certaines distinctions ont ainsi été introduites entre, par exemple, des buts (ou des finalités), des objectifs dits généraux et des objectifs qualifiés plutôt de spécifiques. Ces derniers ont souvent été considérés comme les plus appropriés, aussi bien en tant qu'éléments susceptibles d'orienter les démarches l'apprentissage qu'en ce qui concerne l'élaboration de procédures et d'instruments d'évaluation. La règle de base fréquemment énoncée pour parvenir à des objectifs de cette nature préconisait que les compétences des élèves soient exprimées en termes de "comportements objectivement observables".
D'inspiration essentiellement behavioriste (ou néo-behavioriste), cette manière de concevoir les choses n'a pas manqué de susciter des réactions et des objections parfois très vives, notamment chez les tenants d'une épistémologie constructiviste. Le lieu n'est pas ici d'évoquer de manière détaillée les termes d'une controverse qui a profondément marqué le débat pédagogique de l'époque. Signalons simplement que, sur un plan plus technique, on a souvent opposé aux avantages présumés de cette approche (clarté et univocité des énoncés; meilleure maîtrise de la subjectivité des évaluateurs et des correcteurs; plus grande cohérence entre pratiques d'enseignement et pratiques d'évaluation) un certain nombre de dangers et d'inconvénients parfois difficiles à éviter (risque de privilégier les compétences de "bas niveau", d'engendrer un morcellement excessif de la matière et des compétences, de favoriser différentes formes de "bachotage").
Quoi qu'il en soit (et sans que ces questions aient nécessairement trouvé à l'heure actuelle des réponses en tout point satisfaisantes), la notion d'objectif constitue désormais un élément central dans toute approche méthodologique de l'enseignement et de l'évaluation. Dans ce dernier domaine en particulier, elle intervient souvent dès l'élaboration d'une table de spécification et, de ce fait, elle participe aux différentes opérations que la démarche d'évaluation comporte: élaboration d'un instrument; établissement de règles d'interprétation; décisions consécutives aux résultats obtenus.