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Nos experts de Loomis Sayles et WCM discutent des nouvelles opportunités sur les marchés émergents.
Ashish Chugh (Loomis Sayles & Company): Les actions émergentes ont connu une année 2022 très difficile, mais nous pensons que 2023 et les années suivantes devraient être favorables aux actions des marchés émergents. L’une des principales raisons à cela est que le cycle de resserrement monétaire des marchés émergents touche à sa fin. Les banques centrales des pays émergents ont été parmi les premières à relever leurs taux d’intérêt, bien avant la Fed et la BCE. L’inflation atteint son maximum dans les marchés émergents, et dans de nombreux pays elle est en train de reculer.
Deuxièmement, la croissance des pays émergents devrait être forte cette année et l’année prochaine. Si vous regardez les projections du FMI, il prévoit que les marchés émergents devraient croître à un rythme trois fois supérieur à celui des marchés développés. A elles seules, la Chine et l’Inde devraient connaitre une croissance de 5 à 6% et seront très probablement les moteurs de la croissance mondiale.
Enfin, les valorisations semblent très attrayantes sur les marchés émergents par rapport à la croissance des bénéfices. Nous pensons que les bénéfices devraient croître d’environ 15% cette année et l’année prochaine, et ils se négocient à des multiples de 10 à 11 fois le P/E, ce qui est très attractif par rapport aux marchés développés.
Pour toutes ces raisons, nous apprécions les actions émergentes cette année et l’année suivante. Nous pensons que la croissance économique chinoise devrait être très forte cette année. Nous pensons que son taux de croissance devrait se situer entre 5 et 6%, et cela s’explique en grande partie par la réouverture après la suppression de la politique «zéro-Covid» par le gouvernement chinois. Les décideurs politiques chinois ont pour objectif unique de relancer l’économie nationale. Nous constatons un soutien politique fort. La Banque populaire de Chine a réduit les exigences en matière de réserves. Les banques d’Etat ont soutenu le secteur immobilier qui a été soumis à de fortes pressions, et le durcissement de la réglementation que nous avons vu pour les entreprises privées, en particulier le secteur technologique, s’est atténué. Il y a donc une forte impulsion politique pour relancer l’économie nationale.
En outre, les valorisations du marché des actions chinoises sont attrayantes. Nous pensons donc que de nombreuses entreprises chinoises devraient enregistrer une croissance de leurs bénéfices de 15 à 16%, et nombre d’entre elles se négocient à des multiples très bas, de 10 à 11 fois le P/E. Dans le contexte d’un marché développé ainsi que dans le contexte des marchés émergents, c’est très attractif. C’est pourquoi nous avons surpondéré les actions chinoises.
Mike Tian (WCM Investment Management): 2022 a vu beaucoup de compression de valorisation de manière générale. La croissance n’était pas favorable. Il y avait divers défis macroéconomiques, des confinements, des problèmes géopolitiques et ainsi de suite. Mais nous pensons que cela a révélé beaucoup d’opportunités, comme pour la Chine. Le pays est en train d’émerger d’une période de confinement périodique de deux ou trois ans. Et évidemment, ils sont sortis du plus bas, mais ils sont tout de même très loin de leurs sommets et les valorisations sont toujours assez attractives. Nous pensons certainement qu’il y a beaucoup à exploiter là-bas. Vous savez, d’autres régions qui paraissent peut-être un peu plus intéressantes, comme le Brésil, par exemple. Un autre pays qui a une situation fragile. Toutes sortes de problèmes macroéconomiques, politiques… Mais pour certaines des entreprises que nous suivons, les prix des actions et les valorisations ne sont pas trop différents par rapport à leurs plus bas durant la pandémie, donc il y a plus de risques, mais il y a certainement certaines choses à suivre. L’espace internet chinois ressemble un peu à une guerre de tous contre tous. Donc d’un point de vue multi-trajectoire, il est très difficile d’avoir une vision même sur deux ou trois ans quant à savoir si certaines entreprises finissent dans une meilleure position en termes d’avantage concurrentiel. Pour cette raison, nous avons été assez prudents, et je pense que cela va continuer à être le cas.
Elisabeth Colleran (Loomis Sayles & Company): Les rendements sont actuellement si attrayants pour les titres à court terme, et nous obtenons des titres « investment grade » très solides et des titres à haut rendement de qualité, que nous pensons qu’il s’agit d’un bon endroit pour se positionner. Et nous n’avons pas besoin d’être aussi attentifs au timing de l’évolution de la partie longue de la courbe.
Sur le plan régional, nous avons bien sûr parlé de la Chine et de l’Asie. Nous avons clairement un biais pour l’Asie. Nous aimons les perspectives de croissance sur cette région. Nous aimons les secteurs des services publics, des biens de consommation, des télécommunications. Nous voyons tous ces secteurs bénéficier largement de la réouverture que nous observons dans ces pays et qui sera tirée par la Chine.
Nous avons d’autres poches, le Mexique, bien sûr, tout le monde est en quête d’IDE là-bas, c’est presque une certitude et nous suivons cela de près. C’est donc quelque chose qui nous conforte. Et puis il y a certains secteurs que nous avons vus dans certains pays où il y a peut-être eu une dévaluation forte, sur lesquels nous passons du temps, notamment le secteur de la consommation au Chili. Le troisième secteur sur lequel nous nous concentrons et qui est quelque peu surprenant pour certains, c’est celui des obligations vertes. Lorsque vous regardez le greenium qui existe et qui préoccupe les gens, ce que vous voyez maintenant, avec les rendements et les écarts plus élevés, c’est que le greenium n’est pas si perceptible. Vous ne renoncez donc pas à autant que vous le pensez en investissant dans une obligation verte. Nous apprécions les obligations vertes pour la discipline qu’elles apportent à ces entreprises, et qu’elles apportent à nos investissements dans le cadre de notre approche à faible émission de carbone.
Achevé de rédiger en juin 2023.
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