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« La Mouette », présentation de la pièce
La Mouette (en russe : Tchaïka) est la première des quatre pièces les plus connues d’Anton Tchekhov.
Cette pièce, annoncée comme une comédie, apparaît au fur et à mesure de son déroulement comme tragédie. Elle comporte quatre actes et a été créée à Saint-Petersbourg le 17 octobre 1896 au Théâtre Alexandrinski. La première représentation de la pièce fut un échec total. Vera Komissarjevskaïa, qui passait pour la plus grande comédienne russe de son temps et jouait Nina, avait été intimidée par l’hostilité du public qu’elle en perdit la voix. Tchekhov n’en fut guère surpris : « J’écris ma pièce non sans plaisir, même si je vais à l’encontre de toutes les lois dramaturgiques » écrivait-il à son éditeur en 1895. Il fallut attendre la reprise au Théâtre d’art de Moscou le 17 décembre 1898, dans une mise en scène de Constantin Stanislavski et Vladimir Nemirovitch-Dantchenko, pour que, enfin, le public lui fasse un accueil triomphal.
La mouette est le symbole de l’histoire de Nina, aimée par Constantin qui lui a écrit une pièce. Persuadée de sa vocation d’actrice, elle s’enfuit avec Trigorine, un écrivain reconnu, amant de la mère de Constantin. Mais elle ne rencontrera pas la réussite, reniée par sa famille et délaissée par son amant. Lorsque, à l’acte II, Trigorine voit une mouette que Constantin a abattue, il imagine comment il pourrait en faire le sujet d’une nouvelle : « Une jeune fille passe toute sa vie sur le rivage d’un lac. Elle aime le lac, comme une mouette, et elle est heureuse et libre, comme une mouette. Mais un homme arrive par hasard et, quand il la voit, par désœuvrement la fait périr. Comme cette mouette ». La mouette devient le symbole de l’existence de Nina, heureuse près de son plan d’eau mais détruite par le chasseur Trigorine.
La pièce est aussi la double histoire de Constantin, qui d’une part affronte sa mère en cherchant en vain à lui faire reconnaître sa valeur et d’autre part, depuis la trahison de Nina, se noie dans l’espoir de retrouver un jour sa bien-aimée.
Derrière cette dramatique comédie de mœurs, l’auteur aborde le problème du statut des artistes et de l’art. La mère de Constantin est une actrice connue et imbue d’elle-même. Son amant, Trigorine, est un écrivain à la mode, peut-être un peu plus critique par rapport à sa propre valeur, sans que cela ne l’empêche d’exposer avec suffisance sa méthode de travail. A l’opposé, on trouve Nina qui aspire à devenir actrice, et Constantin qui s’essaie à l’écriture.
On trouve dans cette pièce les tourments de personnages qui se cherchent, qui cherchent l’amour, mais le laissent fuir ou passent à côté sans le voir, et qui souffrent de leur passion ou de leurs ambitions.
A propos de « La Mouette »
« Les dramaturges contemporains farcissent leurs œuvres uniquement d’anges, de gredins et de bouffons. J’ai voulu être original, chez moi il n’y a pas un seul brigand, pas un seul ange (quoique je n’aie pu me passer de bouffons), je n’ai accusé personne, ni acquitté personne.»
«Je considère que l’état normal d’un homme est d’être un original.»
«J’écris La Mouette non sans plaisir, bien que je me sente terriblement en faute quant aux conditions de la scène… C’est une comédie avec trois rôles de femmes et six rôles d’hommes, quatre actes, un paysage (une vue sur un lac) ; beaucoup de discours sur la littérature, peu d’action, cinq tonnes d’amour.»
Anton Tchekhov
A propos de La Mouette avec la Troupe des Funambules, je me retrouve bien dans l’approche de Françoise Courvoisier. La démarche comique de Tchekhov dans cette pièce est pour moi évidente et subtile. Je pense que l’humour parfois grinçant de cette pièce a pour but d’être une toile de fond, afin de permettre un contraste avec la tragédie qui se vit entre plusieurs personnages en particulier celle de Treplev avec sa mère ou encore celle de Nina avec Trigorine.
La version que je vais donc proposer avec la Troupe des Funambules de Delémont sera drôle, très drôle, tragiquement drôle, drôlement tragique…
«Medvedenko aime Macha qui aime Treplev qui aime Nina qui aime Trigorine qui est aimé par Arkadina qui est aimée (ou presque) par Dorn qui est aimé (beaucoup) par Paulina qui n’aime plus beaucoup Chamraiev !!!… Et puis Sorine qui n’est aimé par personne». Franchement, dites-moi que ce n’est pas drôle…Dites-moi que ce n’est pas tragique…
Francis Charmillot
Metteur en scène occasionnel
L’auteur : Anton Tchekhov
Anton Pavlovitch Tchekhov est né le 29 janvier 1860 (calendrier grégorien), à Taganrog, au bord de la mer d’Azov, en Russie. Ses parents sont des petits commerçants. D’une religiosité excessive, son père est un homme violent, fils d’un affranchi. Anton Tchekhov étudie la médecine à l’Université de Moscou et commence à exercer à partir de 1884.
Sa première nouvelle, Lettre d’un propriétaire à son savant voisin, paraît le 9 mars 1880 dans La Cigale, un hebdomadaire satirique de Saint-Pétersbourg. Se sentant responsable de sa famille, venue s’installer à Moscou après la faillite du père, Tchekhov cherche à augmenter ses revenus en publiant des nouvelles dans divers journaux et sous divers pseudonymes. Le succès arrive assez vite. Il ressent très tôt les premiers effets de la tuberculose, qui l’obligera à de nombreux déplacements au cours de sa vie pour tenter de trouver un climat qui lui convienne mieux que celui de Moscou.
Bien que répugnant à tout engagement politique, il sera toujours extrêmement sensible à la misère d’autrui. En 1890, en dépit de sa maladie, il entreprend un séjour d’un an au bagne de Sakhaline afin de porter témoignage sur les conditions d’existence des bagnards. L’île de Sakhaline paraîtra à partir de 1893. Toute sa vie, il multipliera ainsi les actions de bienfaisance (construction d’écoles, exercice gratuit de la médecine, etc.).
Ses nouvelles d’abord, son théâtre ensuite, le font reconnaître de son vivant comme une des gloires nationales russes, à l’égal de Dostoïevski ou d’un Tolstoï.
Après avoir longtemps repoussé toute perspective de mariage, il se décide, en 1901, à épouser Olga Leonardovna Knipper (1870-1959), actrice au Théâtre d’art de Moscou.
Lors d’une ultime tentative de cure, Anton Tchekhov meurt le 2 juillet 1904 à Badenweiler en Allemagne. Au médecin qui se précipite à son chevet, il dit poliment en allemand : « Ich sterbe » (je meurs). Ayant refusé de l’oxygène, on lui apporte… du champagne et ses derniers mots seraient, d’après Virgil Tanase : « Cela fait longtemps que je n’ai plus bu de champagne ». Ayant bu, il se couche sur le côté et meurt. Le 9 juillet, il est enterré à Moscou, au cimetière de Novodevitchi.
La réalisation
|Mise en scène :||Francis Charmillot|
|les personnages et la distribution :|
|Irina Arkadina, actrice||Martine Joray|
|Constantin Treplev, son fils, dramaturge||Grégoire Mertenat|
|Piotr Sorine, frère d’Arkadina, Ancien conseiller d’Etat||Jean-Marie Frossard|
|Nina, fille d’un riche propriétaire||Hélène Joly|
|Ilia Chamraïev, lieutenant à la retraite, Intendant du domaine de Sorine||Francis Charmillot|
|Paulina, sa femme||Nancy Vert-Pré|
|Macha, sa fille||Valérie Rais|
|Boris Trigorine, homme de lettres||Bertrand Venzin|
|Evgueny Dorn, médecin||Olivier Etique|
|Sémion Medvedenko, instituteur||Roger Petermann|
|Iakov, domestique||Gérard Jolidon|
|Technique||Julien Aubry|
|Décors||Dominique Milani|
|Costumes||La troupe et Sonia Schindelholz|
|Maquillages||Martine Joray|
|Promotion, médias||Gérard Rottet

Michel Cattin
Jean-Louis Rais
Lyne Jolidon
|Affiche||Laurent Güdel|
|Tournée||Jean-Marie Frossard

Roger Petermann
Lyne Jolidon
|Sponsoring||Valérie Rais

Francis Charmillot
Lyne Jolidon
|Salle de spectacle, intendance||Gérard Jolidon

Michel Frossard