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D’octobre à mars, les abeilles se confinent, explique la spécialiste des abeilles. Leur organisme supporte difficilement une température inférieure à 7 degrés. En l’absence de fleurs à butiner, la nature ne dispose plus de ressources alimentaires suffisantes pour la production du miel. Cette activité saisonnière est donc suspendue.
À l'intérieur de la ruche, les abeilles forment une grappe afin de préserver une température de 20 degrés autour de la reine. Reconnaissable par sa taille, trois fois plus grande qu’une abeille, elle est la garante de la pérennité de la ruche. La reine est la mère génétique de toute la colonie qui peuple sa ruche.
Séverine Liabat estime la population de la ruche à près de vingt mille individus. Les abeilles réussissent à créer un noyau de chaleur autour de leur reine. Cette prouesse est atteinte grâce à une activité incessante. Les abeilles agitent les muscles de leur corps afin de produire l'énergie nécessaire. Alternativement, les abeilles situées au centre de la grappe migrent à l'extérieur. Cette rotation permanente maintient cette chaleur vitale. Sur les rayons de la ruche, une quantité de miel a été stockée naturellement l’été précédent. Cette réserve de nourriture hivernale répond aux besoins nutritionnels de la colonie.
La ruche doit absolument rester étanche jusqu’au printemps pour éviter deux dangers. Le varroa, un acarien asiatique, apparu il y a une quarantaine d'années en Suisse pourrait s'infiltrer décimer la colonie. Ce parasite est la première cause de mortalité des abeilles en Suisse.
L’apicultrice pointe du doigt un autre ennemi, le froid. S’il s’engouffre dans la ruche, cela peut en un court instant provoquer une hécatombe. Il faut veiller à la tranquillité des abeilles. Après les chutes de neige, il convient néanmoins de dégager la piste d’envol de la ruche, située à l’entrée. La réverbération peut laisser croire que le soleil printanier est revenu et inciter les abeilles à sortir prématurément. Ce leurre pourrait être fatal. La seule sortie hivernale autorisée est un court vol de propreté afin que l’hygiène de la ruche soit préservée.
Alors que la reine vit en moyenne trois ans, l’espérance de vie des abeilles est plus limitée. Si en hiver, un individu moyen vit six mois, en été, le renouvellement de la colonie est plus rapide compte tenu du dynamisme de l’activité. Les abeilles estivales vivent en moyenne trois semaines. Séverine Liabat souligne que ce temps peut sembler court comparé à l’échelle humaine. Alors que l’opinion publique se soucie de la disparition des abeilles, la variation saisonnière de la population d’une ruche est un phénomène naturel. Les apiculteurs estiment qu’il convient d’aborder cette question en termes de colonie (ou ruche) et non d’abeilles à titre individuel, conclut l’apicultrice de Bees4you.
Dès l’arrivée du printemps, la reine reprend la ponte. Cette activité occupera tout son été. La population de la ruche pourra alors tripler afin d'engager l'activité de pollinisation et produire des dizaines de kilos de miel.