Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06905.jsonl.gz/1497

Contenu externe
Le contenu suivant a été fourni par des partenaires externes. Nous ne pouvons ainsi pas garantir son accessibilité à tous les utilisateurs.
Un groupe international de treize experts analysera à nouveau les restes du poète et prix Nobel chilien Pablo Neruda. Ils devront déterminer l'origine d'une bactérie récemment décelée et savoir si l'écrivain a été empoisonné sous la dictature d'Augusto Pinochet.
L'examen réalisé en mai dernier par des experts espagnols avait révélé la présence massive, dans les restes de l'auteur, de trois types de protéines bactériennes, les deux premiers groupes associés au cancer avancé de la prostate dont souffrait le poète et mentionné comme la cause officielle de sa mort.
Mais concernant le troisième groupe de bactéries, des staphylocoques dorés, les spécialistes avaient jugé "très difficile d'établir ou d'exclure la présence d'un processus infectieux aigu dans les dernières heures de la vie du poète", selon les autorités chiliennes.
Mystérieuse injection
Le nouveau groupe d'experts chiliens, espagnols, américains, canadiens et danois va tenter de déterminer l'origine de cette bactérie et si celle-ci est liée à la mort de Neruda le 23 septembre 1973, 12 jours après le coup d'Etat qui a renversé le président socialiste Salvador Allende et installé la dictature d'Augusto Pinochet qui a fait plus de 3200 morts jusqu'en 1990.
Selon le certificat de décès rédigé par la junte militaire, le poète est mort d'un cancer de la prostate, mais selon son chauffeur de l'époque, il a succombé à une mystérieuse injection faite la veille de son départ pour le Mexique, où il envisageait de s'exiler pour y diriger l'opposition au général Pinochet.
"L'objet fondamental de l'enquête est de savoir si Neruda est décédé de mort naturelle ou à cause de l'intervention d'un tiers", a expliqué Rodrigo Lledo, le chef du programme des droits humains du ministère chilien de l'Intérieur, en conférence de presse vendredi.
La bactérie en question ne se trouve pas dans la nature et pourrait avoir "été élevée dans un laboratoire", selon lui. Les experts "vont tenter de déchiffrer l'ADN de cette bactérie". Après une longue bataille judiciaire, l'exhumation des restes de Pablo Neruda avait eu lieu il y a deux ans à Isla Negra, sur la côte centrale du Chili, dernier lieu de résidence du poète, où il était enterré.
ATS