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Pierre Dubochet | 29 mai 2013
Mis à jour le 26 mai 2014
En 1959, l'OMS s'engage à ne pas nuire
à l'industrie nucléaire civile
Les communiqués de l'OMS sont tous contrôlés par l'Agence internationale de l'énergie atomique
Michel Fernex, médecin tropicaliste à l'OMS, découvre fortuitement l’accord WHA 12-40 signé en 1959. Il lie son organisation à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Selon un entretien avec Michel Fernex, cet accord empêche la publication de divers documents, en exigeant la confidentialité dans certains domaines, sans préciser lesquels. Cela est contraire à la Constitution de l’OMS.
L'accord stipule : «Aucune de ces deux agences de l'ONU ne peut prendre de position publique susceptible de nuire aux intérêts de l'autre». Il dit aussi : «Chaque fois que l'organisation se propose d'entreprendre un programme ou une activité dans un domaine dans lequel l'autre organisation a ou peut avoir une importante d'intérêt, la première consulte la seconde en vue de régler la question d'un commun accord».
Les raisons de cet accord : En 1956, des généticiens, dont un prix Nobel et d'autres grands noms, ont informé l'OMS que l'augmentation du rayonnement causera un supplément de mutations au sein de la population. Ces mutations seront nuisibles pour l’individu et pour ses descendants. Dès que l'OMS a publié des informations à ce sujet, l'industrie nucléaire a réagi en infiltrant l'agence onusienne.
Dans un premier temps, elle invente le concept de la santé mentale en 1957, avec l'appui de son directeur, pour promouvoir l'industrie nucléaire. Elle conditionne les hommes de science, les autorités, la presse et le grand public, et favorise l’industrie atomique. Puis, elle acceptera d'être sous tutelle de l'AIEA en signant ce contrat WHA 12-40 qui l'empêche d'atteindre ses objectifs constitutionnels.
En 1986, deux explosions surviennent au niveau d'un réacteur de la centrale nucléaire de Tchernobyl. Elles conduisent à la libération massive de matières radioactives dans l’atmosphère durant dix jours. Les substances radioactives sont projetées à plus de mille mètres d'altitude.
L'OMS est une grande absente lors des plus grandes catastrophe atomiques. Three Miles Island. Tchernobyl. Fukushima. Elle se veut rassurante, dans un contexte de pollution nucléaire extrêmement préoccupant.
L'accident nucléaire de Fukushima est considéré par divers médias comme le pire accident nucléaire au monde depuis la catastrophe de Tchernobyl en 1986 (Le Figaro du 17/3/2011, New-York Times, 18/3/2011, The Telegraph, 19/3/2011). Officiellement, «moins de 5 morts» sont à déplorer du fait de l'accident affectant les réacteurs nucléaires.
Comment compte-on les morts lors d’un accident nucléaire ?
Exemple avec Tchernobyl : Un représentant de l'AIEA préside un forum de trois jours à Genève en 2004. Dans l'introduction, il explique que le forum devra décider combien de décès sont dus à l'accident de Tchernobyl, plutôt 40 décès ou plutôt 400'000. À la fin du troisième jour, les communiqués de l'OMS disent que l'accident a entraîné 38 décès. L'OMS ne fait que répéter les chiffres de l'AIEA, dont le but est de promouvoir le nucléaire commercial. Kiev estime que l'accident a fait 15'000 morts et des millions d'invalides.
L'industrie nucléaire empêche la révélation des pollutions atomiques par tous les moyens, notamment grâce au serment de secret.
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