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Le CLUB DE LA GRAMMAIRE
organise sa prochaine soirée le
Mardi 12 février 2013 à 18 heures 30 (entrée libre)
à l’Institut national genevois, Promenade du Pin 1 - 1204 Genève
sur un sujet éloquent qui a trait au multilinguisme de la langue française
Robert STEUKERS
Historique des parlers romans et de la langue française en Belgique.
Suite à la romanisation des régions entre Seine et Rhin, puis à l'installation de Francs et d'autres tribus germaniques, le processus de fragmentation de la "Romania" va se poursuivre pour former les langues romanes actuelles et les dialectes que l'on trouve au sein de celles-ci. C'est dans ce contexte qu'émergera le français d'oïl et les groupes dialectaux picard, wallon et lorrain. Le conférencier s'attachera à suivre l'évolution du français d'oïl dans les provinces qui formeront ultérieurement l'Etat belge, et ajoutera quelques remarques sur l'art d'or de la littérature belge entre 1840 et 1945.
Déjà au IIIe siècle, mais surtout au IVe siècle de notre ère, les Francs envahirent la Belgica et s’installèrent massivement dans tout le pays. Cependant, l'histoire de l'installation des Francs dans ces régions reste mal connue. Ils seraient arrivés par vagues successives; ils s’installèrent nombreux dans ce qui allait devenir la Flandre (au nord) et conservèrent leur langue germanique. Par ailleurs, des Saxons et des Frisons vinrent également habiter sur les côtes flamandes. Encore de nos jours, on peut trouver certains éléments saxons et frisons dans les dialectes parlés dans le nord de la France, en Flandre et aux Pays-Bas.
Cette grande région du Nord perdit une grande partie de sa population d’origine pour faire place aux nouveaux envahisseurs germaniques (francs). D’autres considèrent qu’elle aurait été moins densément peuplée, mais personne n'est en mesure d’en expliquer la cause éventuelle de manière probante. Au sud et au sud-est, les Francs durent faire face à des populations gallo-romanes numériquement plus importantes; ils ne purent imposer leur langue et se fondirent dans l’élément gallo-roman, créant ainsi une sorte de fusion entre les envahisseurs et les peuples conquis. Toutefois, l'imprécision des connaissances sur la densité de ces peuples rend aléatoire toute discussion sur l'origine de la frontière linguistique actuelle. Intégré dans l'empire franc à partir du Ve siècle, l'espace belge demeure une province frontière dans le royaume mérovingien.
Ce sont les Francs qui auraient donné le nom de Wallon (de walha, nom francique d’une tribu celtique de la Gaule narbonnaise, les Volcae, mais ce nom signifie aussi «étrangers») aux habitants de cette région du sud de la Belgique. Par la suite, les populations flamandes leur auraient attribué le même nom (Waal). Lentement, et sans aucune conscience «nationale», les Wallons du Sud donnèrent naissance à ce qui deviendra beaucoup plus tard la «Wallonie». Ainsi, Flamands et Wallons de Belgique ont en fait les mêmes ancêtres et proviennent en partie des mêmes peuples. C’est donc au Moyen Âge seulement que se marqua progressivement une sorte de «frontière linguistique» entre les deux communautés flamande et wallonne de la Belgique actuelle, avec par ailleurs une large frange mixte tout le long de l’actuelle frontière linguistique. Cette frange ne se résorba que progressivement au cours du Moyen Âge. Cependant, la langue administrative et juridique de cette époque demeurait le latin. Évidemment, le problème des langues vivantes ne se posant pas.
Accès libre. Venez nombreux!