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Trois tenanciers d'un bar lausannois acquittés
La justice vaudoise a acquitté vendredi trois tenanciers du bar lausannois Great Escape accusés de non-respect des règles sanitaires liées au Covid-19 lors d'une soirée d'octobre dernier. Selon elle, il n'y a pas eu contravention à l'Ordonnance sur les mesures destinées à lutter contre l'épidémie de Covid-19 en situation particulière.
L'accusation concernait une soirée du 3 octobre 2020 et non pas la soirée, un mois plus tard, du 3 novembre et qui avait fait grand bruit. Le Tribunal de police de l'arrondissement de Lausanne n'a donc pas suivi le réquisitoire du Ministère public concluant à une contravention des règles sanitaires liées au coronavirus.
Le président du tribunal a reconnu «un jugement clément qui ne doit pas être pris comme une généralité mais comme un cas particulier». L'avocate des prévenus s'est dite «très heureuse» de cet acquittement. «Nous avons été entendus sur toute la ligne».
Si les trois responsables de l'établissement sis sur l'esplanade de la Riponne ont comparu devant un tribunal, c'est qu'ils avaient fait opposition à une ordonnance pénale rendue en novembre dernier. Après instruction, le procureur avait condamné les prévenus à 500 francs d'amende, convertibles en cinq jours de prison en cas de non-paiement dans les délais. A ces 500 francs s'ajoutaient encore 200 francs de frais de justice pour chacun d'eux.
Aucune intention de mal faire
Les faits reprochés datent donc du 3 octobre 2020 après minuit. Selon l'acte d'accusation, «les tenanciers ont toléré que des clients consomment leurs boissons debout, sans porter de masque correctement».
Le procureur affirmait aussi que «deux employés œuvrant derrière le bar trinquaient avec des clients en se tenant à une distance inférieure à 1,5 m les uns des autres sans porter de masque correctement et que certaines tables étaient situées à moins de 1,5 m les unes des autres».
Dans sa plaidoirie, l'avocate des prévenus a insisté sur le fait qu'aucune infraction pénale n'avait été commise. Elle a expliqué que la disposition interdisant d'être debout au bar avait été introduite le 18 octobre seulement.
Elle a aussi rappelé que l'établissement effectuait un traçage systématique de ses clients. Pour elle, à aucun moment les tenanciers n'ont intentionnellement manqué à leur obligation et donc ne sont pas punissables pour les infractions citées. Ils ont même engagé des moyens et du personnel pour faire respecter les normes sanitaires, a-t-elle plusieurs fois répété.
Autre soirée dans le viseur de la justice
La justice s'intéresse par ailleurs aussi à la soirée du 3 novembre 2020, qui avait fait polémique à la veille de la fermeture générale imposée aux établissements publics. Une vidéo avait rapporté des images du pub plein à craquer avec près de 300 clients déchaînés, dont la plupart ne portaient pas le masque. Le pub s'était fait dénoncer aux autorités cantonales par le municipal lausannois de la sécurité Pierre-Antoine Hildbrand.
Cette soirée fait l'objet de deux procédures pénales: l'une sous la conduite du Ministère public de Lausanne, toujours en cours, et l'autre sous la responsabilité de la police cantonale du commerce qui a sanctionné le Great Escape de quatre mois de fermeture. Le restaurant-bar devrait d'ailleurs rouvrir ses portes le 17 juin.