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1691
Charles de Saint-Evremond, Oeuvres mêlées
in Oeuvres mêlées Amsterdam : H. Desbordes, 1691
Corneille, Molière, Racine
Dans ce texte dédié à la duchesse de Mazarin, Saint-Evremond livre son classement des auteurs du temps en justifiant ses choix. Pour le théâtre, seule la grande trilogie d'auteur est évoquée.
Dans la tragédie, Corneille ne souffre pont d’égal, Racine de supérieur, la diversité des caractères permettant la concurrence, si elle ne peut établir l’égalité. Corneille se fait admirer par l’expression d’une grandeur d’âme héroïque, par la force des passions, par la sublimité du discours : Racine trouve son mérite en des sentiments plus naturels, en des pensées plus nettes, dans une diction plus pure et plus facile. Le premier enlève l’âme, l’autre gagne l’esprit : celui-ci ne donne rien à censurer au lecteur ; celui-là ne laisse pas le spectateur en état d’examiner. Dans la conduite de l’ouvrage, Racine plus circonspect, ou se défiant de lui même, s’attache aux Grecs, qu’il possède parfaitement ; Corneille profitant des lumières que le temps apporte, trouve des beautés qu’Aristote ne connaissait pas. Molière a pris les Anciens pour modèle, inimitable à ceux qu’il a imités, s’ils vivaient encore.
Édition de 1706 en ligne sur Goolge Books p. 169
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