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Un spécialiste de l'ONU et la Suisse demandent en parallèle du rapprochement politique dans la péninsule coréenne davantage de collaboration de Pyongyang sur les droits de l'homme (archives).
KEYSTONE/AP KCNA via KNS(sda-ats)
La Suisse souligne l'"urgence" de se pencher sur les abus des droits de l'homme en Corée du Nord et en appelle à la CPI. Lundi à Genève, un expert de l'ONU a répété son appel à une avancée du dialogue sur cette question en parallèle du rapprochement sécuritaire.
Devant le Conseil des droits de l'homme, la Suisse a dit souhaiter "une pleine reddition de comptes, y compris devant la Cour pénale internationale" (CPI). Parmi les violations "graves et systématiques" qu'elle a identifiées, elle déplore les conditions de détention et les restrictions aux libertés fondamentales. Ou encore la malnutrition qui affecte plus de 10 millions de personnes selon le rapporteur spécial sur la Corée du Nord Tomas Ojea Quintana.
La Suisse a admis des mesures de Pyongyang pour améliorer le dialogue avec l'ONU avec la visite récente d'une autre rapporteuse spéciale, tout en regrettant le rejet permanent d'un accès à M. Quintana. Il est "important" que les autorités nord-coréennes collaborent davantage avec les mécanismes de l'ONU, a renchéri celui-ci, surtout dans un contexte de "potentiel" d'"avancées rapides" dans les discussions politiques.
La Corée du Nord a boycotté la discussion de lundi. "Nous avons besoin d'entendre ses arguments", a dit devant la presse M. Quintana. Il a répété aux Etats membres que "tout avancée dans le dialogue sécuritaire devrait être accompagnée par une extension parallèle du dialogue sur les droits de l'homme".
Visite en Corée du Nord pas pour demain
Certains pourraient considérer que ce lien pourrait "endommager les négociations", a-t-il reconnu. Mais il constate que tous ont "très clairement" appelé lundi à poursuivre cette approche sur les droits de l'homme. La Corée du Nord "ne peut plus être fermée à l'examen de la communauté internationale", ajoute M. Quintana.
Un sommet intercoréen est attendu fin avril et Pyongyang s'est engagé à suspendre ses essais nucléaires d'ici cette réunion. Une rencontre entre le président américain Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un doit aussi avoir lieu.
Le rapporteur spécial a à nouveau demandé à pouvoir se rendre pour la première fois en Corée du Nord. Mais il ne se fait pas d'illusion sur une visite avant le sommet intercoréen. "Je ne pense pas qu'elle aura lieu bientôt", admet-il.
Selon lui, un rapprochement politique à long terme ne sera pas possible en cas d'"impunité et d'indifférence pour les droits de l'homme". Il a appelé comme la Corée du Sud à une nouvelle réunion de familles séparées par des dizaines d'années de conflit, à laquelle il s'est dit prêt à participer.
Femmes nord-coréennes enlevées
Par ailleurs, la Corée du Nord a approché l'ONU pour aborder la question de 12 personnes qui auraient été enlevées et se seraient retrouvées en Corée du Sud. Si Pyongyang recourt aux mécanismes de l'ONU pour ces rapts, il devrait être prêt à "répondre des accusations" de ceux qu'il aurait menés de son côté, affirme le rapporteur spécial. Lundi, la Corée du Sud a appelé à la libération de six de ses ressortissants.
Par ailleurs, selon M. Quintana, les femmes qui auraient été enlevées via la Chine semblent ne pas avoir quitté ce pays librement. Mais désormais, elles ne souhaiteraient pas partir de Corée du Sud.
La situation sécuritaire dans la péninsule devrait à nouveau être largement discutée à la Conférence du désarmement, que la Suisse doit présider dès la semaine prochaine. Berne a salué l'annonce des différents sommets et a répété à plusieurs reprises ces dernières semaines sa disponibilité pour faciliter un rapprochement entre les différents acteurs.
ATS