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L'Abbaye de Fontenay, classée Patrimoine Mondial par l'Unesco, est l'abbaye cistercienne la mieux conservée qui nous reste. Elle est située au nord de la Bourgogne, dans un petit vallon au bord du ruisseau de Fontenay.
Les Cisterciens et la fondation de l'Abbaye de Fontenay
L'ordre des Cisterciens est fondé en 1098 à Cîteaux, lieu situé à une vingtaine de kilomètres au sud de Dijon, par Robert de Molesmes. Son but est de revenir aux principes de la règle bénédictine, établie au 6e siècle par Saint Benoît, règle qui repose sur les principes de modération, de silence, d'austérité, et de bonté, et qui organise la journée en périodes de travail manuel, de prière, et de lecture. Le nouvel ordre reste très pauvre à ses débuts et ce jusqu'en 1113, lorsqu'il est rejoint par Saint Bernard de Clairvaux. Bernard de Clairvaux est un penseur et un homme charismatique: il crée par ses écrits une véritable école de spiritualité et il fait rayonner l'ordre des Cisterciens en fondant quantité d'abbayes, dont, en 1118, celle de Fontenay.
L'Abbaye de Fontenay devient florissante. Les moines bâtissent notamment une forge actionnée par l'eau de la rivière, et extraient le minerai dans des puits proches de l'abbaye. La communauté persiste à travers les siècles jusqu'à la révolution française. En 1790 cependant, les derniers moines sont expulsés, et l'abbaye est mise en vente par les révolutionnaires comme bien national.
L'Abbaye de Fontenay devient une papeterie
Le premier acheteur est un certain Claude Hugot, papetier de son métier, qui tout en laissant les bâtiments de l'abbaye intacts, tire parti des installations hydrauliques des moines et transforme le lieu en manufacture de papier. En 1820, la propriété est rachetée par Elie de Montgolfier qui, comme ses ancêtres depuis le 16e siècle, est papetier. Elie est le petit fils de Pierre de Mongolfier, dont la manufacture de papier fut déclarée manufacture royale par Louis XVI, en 1784, et qui fut anobli en reconnaissance des innovations de sa papeterie ainsi que des exploits de deux de ses 16 enfants, Joseph et Etienne. Joseph et Etienne, oncles d'Elie, sont en effet les inventeurs de ce que nous connaissons maintenant sous le nom de montgolfière (voir le billet de blog "De Mongolfier aux mongolfières à Canson").
De 1790 jusqu'au début du 20e siècle, Fontenay est ainsi un site industriel de fabrication du papier, ce qui, ironiquement, sauve les bâtiments originaux, qui ne sont pas démantelés, comme tant d'autres, pour la réutilisation des pierres. La papeterie doit cependant fermer en 1905, face notamment à la concurrence des usines utilisant le charbon plutôt que la force hydraulique. Elle est rachetée en 1906 par Edouard Aynard, époux de Rose de Montgolfier, une petite fille d'Elie de Montgolfier. Edouard Aynard est un banquier lyonnais amateur d'art. Entre 1905 et 1911, il consacre une partie de sa fortune à de grands travaux pour faire renaître l'Abbaye de Fontenay dans sa pureté médiévale. Les usines sont démolies, les bâtiments romans restaurés. L'abbaye est depuis restée propriété de la famille Aynard, qui continue à protéger et entretenir le site.
Le papier aquarelle "Fontenay", de Canson: un souvenir de la papeterie Fontenay?
Si la papeterie de Fontenay a disparu, la tradition des papetiers Montgolfier se poursuit avec la marque Canson. Rappelons (voir "De Mongolfier aux mongolfières à Canson") qu'Etienne de Montgolfier, l'un des inventeurs donc de la montgolfière, devient propriétaire de la papeterie de son père Pierre en 1787. L'une de ses six filles, Alexandrine de Montgolfier, épouse Barthélémy Barou de La Lombardière de Canson (1774-1859), qui reprend l'entreprise après le décès d'Etienne en 1799. La manufacture royale Montgolfier devient alors « Montgolfier et Canson » (1801) puis « Canson-Montgolfier » (1807) et enfin « Canson », la marque au logo qui symbolise une montgolfière.
Et donc, probablement, l'histoire de l'Abbaye de Fontenay est-elle derrière le nom d'une des qualités de papier pour aquarelle de Canson, la qualité ...Fontenay?
Voir aussi:
"Le papier à dessin vu par un peintre"
On les attendait pour Pâques, mais des vents contraires les ont retardées. Et voilà qu'elles sont arrivées, tout droit de la sellerie-fonderie P. Roulin & fils à Treyvaux, dans le canton de Fribourg.
Un four à charbon qui monte à 1200 degrés, quatre parts de cuivre, une part d'étain et rien d'autre (pas de zinc, pas de plomb) pour produire le bronze liquide dont sont fabriquées les cloches. Tout est fait à la main. Les moules en sable d'argile sont préparés, puis les empreintes sont apposées, une à une, sur le côté du moule qui formera l'extérieur de la cloche. Le four est rempli de charbon puis allumé: pour faire monter la température, on pompe de l'air dans le foyer. Dans le creuset, on place les lingots de cuivre, puis on place le creuset sur le charbon ardent. Quand le cuivre a fondu, on ajoute l'étain. Il faut alors transporter rapidement l'alliage en fusion à l'aide d'une grande louche pour couler les petites cloches, ou transporter le creuset lui-même à l'aide de gigantesques pinces pour les grandes cloches. Lorsque le métal s'est suffisamment refroidi pour être solidifié, on casse les moules et les cloches apparaissent. Sont-elles parfaites? Les motifs sont-ils bien alignés? Si c'est le cas, on peut terminer: il faut encore les nettoyer, les polir au tour (ou les laisser mattes), et ajouter le battant. Puis fixer le manche en bois ou, dans l'anse, la courroie de cuir.
Et le résultat? A notre avis, des bijoux pour les yeux, mais aussi des bijoux pour les oreilles. Le bronze employé par la famille Roulin donne un son cristallin, puissant, qui se prolonge bien après le coup de battant, diminuant petit à petit jusqu'à n'être plus qu'un filet qui s'éteint doucement. Une merveille!
Voir aussi "Nos cloches: un coin de campagne fribourgeois à la cité".
Quelques mots sur l'entreprise P. Roulin & fils
En 1966, Pierrot Roulin fonde une sellerie. En 1986, il rachète, avec son épouse Myriam, la fonderie Albertano, qui avait été créée à Bulle en 1856 par des artisans italiens. La sellerie devient une sellerie-fonderie! En 1988, leur fils Yvan rejoint l'entreprise et la reprend en 2009. La soeur d'Yvan, Monique, travaille elle aussi dans l'entreprise ainsi que sa nièce, Sophie, qui a fini un apprentissage d'artisane du cuir et du textile en 2017. Trois générations donc! En plus des membres de la famille, quelques collaborateurs dont Daniel, qui travaille dans l'entreprise depuis 30 ans, une apprentie, et deux aide-fondeurs.
Origine de l'entreprise Pelikan
L'entreprise à l'origine de Pelikan a été fondée par Carl Hornemann, le fils d'un peintre, professeur de dessin, et négociant en peintures d'art de Hanovre. Carl ne suit pas son père dans la voie artistique mais fait des études de chimie dans les écoles polytechniques de Hanovre et de Munich. Son père l'inspire pourtant puisque c'est certainement de lui qu'il sait que les couleurs pour artistes sont importées de France et l'Angleterre, ce qui le pousse à lancer une fabrique d'encres et de peintures d'art locale. Il établit son premier atelier dans une ancienne ferme à Groß Munzel, à une trentaine de kilomètres à l'ouest de Hanovre. La tradition chez Pelikan fait remonter l'origine de l'entreprise à la date de la première liste de prix émise à Groß Munzel, le 28 avril 1838. En 1842, Carl déménage son atelier à Hainholz, un quartier non loin du centre de Hanovre, pour y développer une production à grande échelle. Les affaires prospèrent mais Carl Hornemann est aussi très engagé dans les affaires publiques. En 1871, il vend son entreprise à Günther Wagner, chimiste responsable de la direction de l'usine depuis 1863, afin de pouvoir consacrer tout son temps à la politique.
La naissance du logo
Günther Wagner est l'homme qui donne l'emblême du pélican à l'entreprise. En 1878, il profite d'une nouvelle loi de protection des marques entrée en vigueur quatre ans plus tôt pour enregistrer officiellement la marque Pelikan ainsi qu'un logo, inspiré des armes de sa famille et représentant un pélican avec ses quatre poussins. Pelikan est ainsi l'une des plus anciennes marques déposées en Allemagne. Le logo évolue ensuite au cours des années, avec de nouvelles moutures notamment en 1922, lorsque le logo aquiert une ligne graphique simplifiée et en 1938, lorsque le pélican n'est plus représenté qu'avec deux poussins, pour arriver au logo actuel qui date de 2003 et représente le pélican avec un seul poussin.
Le site historique à Hanovre
Dans les années qui suivent l'enregistrement de la marque, l'entreprise commence à développer ses marchés à l'étranger et engage de nouveaux agents commerciaux. L'un d'eux, Fritz Beindorff, épouse la fille aînée de Günther Wagner et reprend l'entreprise en 1895. Il élargit la gamme de produits avec entre autres la production d'encre de Chine, qui connaît un immense succès. En 1906, les affaires sont florissantes et Pelikan peut acquérir une immense propriété sur une des artères principales de Hanovre et y construire une usine et des bureaux modernes. Ce site est maintenant un site historique protégé et abrite un hôtel Sheraton ainsi que la « Pelikan Tinten Turm » (Tour d’Encre), qui est ouverte au public et abrite une exposition dédiée à la marque.
Le début de la production de stylo-plumes
Ce n'est qu'en 1929, 91 ans après le début de la fabrication d'encres et de couleurs, que Pelikan commercialise son premier stylo-plume. Celui-ci est révolutionnaire car il contient un système de remplissage à piston hautement efficace, inventé par Theodor Kovacs, ingénieur hongrois dont Pelikan avait acheté le brevet. Il a aussi une fenêtre transparente qui permet de surveiller le remplissage et de vérifier le niveau d'encre. En 1950 est lancé le Souverän, un modèle au corps à rayures noires et vertes devenu emblématique et encore en production. Dès 1955, des stylo-billes puis des rollers sont ajoutés à la collection. En 1960 est lancé le stylo-plume Pelikano pour écoliers, le résultat d'une collaboration entre enseignants et designers. Ce stylo-plume à cartouches dominera le marché pour écoliers largement au-delà des frontières de l'Allemagne, et ce jusqu'à aujourd'hui.
L'usine Pelikan actuelle et le groupe Pelikan
En 1973, les locaux au centre d'Hanovre sont devenus trop petits et la production est transférée à Vöhrum, dans la municipalité de Peine, à 30 kilomètres à l'est de Hanovre. C'est encore là que les produits Pelikan sont fabriqués.
En 1978, la société devient une société anonyme, d'abord encore largement entre les mains de membres de la famille Beindorff, puis restructurée à plus d'une reprise. Depuis 2005, elle est gérée par Pelikan International Corporation Berhad, dont le siège se trouve an Malaisie. Dès 2011, Pelikan reprend la production et la distribution des instruments d'écriture de la marque de luxe Porsche Design, (dont nous avons parlé il y a deux semaines, voir "Les stylo-billes "hi tech" de Porsche Design") qui sont dès lors fabriqués à l'usine de Vöhrum. Et dès 2014, Pelikan reprend la marque de papeterie berlinoise Herlitz. C'est aussi l'année durant laquelle Pelikan lance sa collection d'encres Edelstein, qui permet une écriture au stylo-plume tout en douceur.
Et en 2018, Pelikan a fêté ses 180 ans d'histoire!
En Suisse, nous fêtons les pères le 1er dimanche du mois de juin. Cette année, ce sera donc le 2 juin. L'occasion d'écrire un mot à son Papa et de lui choisir un petit cadeau, histoire de lui faire un grand plaisir!
Porsche Design a été créé par Ferdinand Alexander Porsche (1935-2012), le petit fils du fondateur de la maison Porsche. Il entreprend des études de design à Ulm qu'il ne termine pas, et rejoint l'entreprise familiale en 1958, à l'âge de 22 ans. Il dessine plusieurs voitures de sport devenues emblématiques: la Porsche 911, la Porsche 804, une monoplace de Formule 1, et la Porsche 904 Carrera GTS, révolutionnaire par, en autres, sa carrosserie en fibre de verre ultra légère. Cependant, au début des années 1970, l'entreprise Porsche devient une société anonyme et Ferdinand Alexander Porsche perd de son influence. Il fonde alors le Porsche Design Studio à Stuttgart, en 1972, puis le déménage en 1974 dans la petite ville où il a passé une partie de son enfance, Zell am See, en Autriche. Là, il poursuit ses intérêts en créant des objets fonctionnels aux lignes épurées: des accessoires pour hommes (montres et lunettes), des instruments d'écriture, mais aussi des produits industriels. Son indépendance financière lui permet d'être intransigeant dans le choix de ses partenaires industriels et de ses exigences vis-à-vis de la qualité de la production: peu lui importe si les coûts de production sont élevés, et si de ce fait il décourage certains de ses clients. Ce sont le design et la qualité qui priment. En 2015, le studio est renommé Studio F. A. Porsche en mémoire de son fondateur.
Comme on pourrait s'y attendre de la part d'une entreprise issue du domaine de l'ingénierie, Porsche Design crée des instruments d'écriture d'un design industriel et "hi tech". Un petit mouvement sec du poignet et le Shake Pen est prêt pour écrire. Une deuxième secousse, voici la mine rentrée! Le stylo-bille Tec Flex, à l'aspect rigide, se contracte pour faire sortir ou entrer la mine grâce à des fentes presque invisibles découpées au laser dans l'acier inoxydable. Et le stylo-bille Mikado est paré, sur toute sa longueur, de 17 tiges en acier inoxydable poli plaqué platine qui pivotent autour du corps lorsque la mine entre et sort.
La fête des mères, c'est l'occasion pour toutes celles et ceux qui ont une maman de lui montrer qu'on a eu une pensée pour elle. Il suffit d'une carte, d'un joli petit stylo, d'un charmant carnet, ou d'un ravissant bloc-notes. Une de nos petites clientes a choisi un de nos mini-crayons, qu'elle a joliment appelé "un crayon pour les fées". Quelle maman ne voudrait pas un "crayon pour les fées"?
Sac à dos "régulier" de la semaine (Venque): mon portefeuille Maverick, mes clés sur leur porte-clés Troïka, mes cartes de visite dans leur étui Ögon, mon ordinateur portable, mon téléphone portable, mon stylo-bille Cross, mon stylo-plume et mon portemine Léman de Caran d'Ache (que je réussis à ne pas perdre depuis 15 ans), ma gomme, mes petits carnets dans leur couverture de cuir paper republic, mes dossiers en cours (lourd, ça...), mon carnet Leuchtturm pour prendre des notes, mon petit étui plein de fiches, clés USB, et câbles divers et variés pour pouvoir charger et connecter l'ordi et le téléphone, mon sac pliant Loqi pour si jamais.
Sac à dos du mercredi (Venque): comme ci-dessus, mais avec en plus tenue de sport pour le cours de gym entre midi et 14h.
Sac à dos du samedi (EM-EL): mon portefeuille Maverick, mes clés sur leur porte-clés Troïka, mon téléphone portable, mon stylo-bille Porsche Design, mes petits carnets dans leur couverture de cuir paper republic, une feuille de mon bloc-notes "le typographe" avec la liste de commissions pour la semaine.
Sac à dos des jours de randonnée (Venque): mon portefeuille Maverick, mes clés sur leur porte-clés Troïka, mon téléphone portable, mon chargeur pour le portable, mon stylo-bille Kaweco, mes petits carnets dans leur couverture de cuir paper republic, mon imperméable hyper léger et hyper imperméable, ma grande bouteille d'eau, mon sandwich, ma petite barre de chocolat et ma pomme, parfois ma carte 1:25'000.
Et vous?
Les instruments d'écriture Kaweco sont souvent la prédilection de professionnels dont le métier demande qu'ils dessinent ou prennent des notes sur le terrain. Les stylo-plumes, rollers, stylo-billes et portemines Kaweco sont robustes et compacts, ils tiennent dans une poche, mais ils restent agréables à l'utilisation. Et les designs des différents modèles, notamment les lignes "Sport" et "Liliput", sont devenus emblématiques. Pour ceux qui s'intéressent à l'histoire de la marque Kaweco, elle est résumée ci-dessous, sous les photos.
L'histoire de la marque Kaweco s'enracine dans deux villes; d'une part la ville d'Heidelberg, qui, au début du 20e siècle deviendra, en grande partie grâce à Kaweco, le centre de la fabrication des stylo-plumes en Allemagne, et de l'autre, celle de Nüremberg. C'est en effet à Heidelberg qu'est fondée, en 1883, la "Heidelberger Federhalterfabrik", entreprise qui importe de New York les plumes en or de la marque Morton qu'elle utilise pour fabriquer des porte-plumes en bois ainsi que des stylo-plumes.
En 1889, l'entreprise est rachetée par Heinrich Koch et Rudolph Weber, qui la renomment "Heidelberger Federhalter-Fabrik Koch, Weber & Co" et lancent de nouveaux produits sous les noms Perkeo, Omega et ... Kaweco (la lettre w se prononce "wé" en allemand). Ce n'est qu'en 1908 que "Kaweco", qui à l'origine désigne des modèles de stylo-plumes, devient le nom de l'entreprise. En 1913, avec l'aide de la firme Morton qui envoie machines et techniciens en Allemagne, Kaweco développe sa propre production de plumes en or.
En 1930, Kaweco change à nouveau de main et devient la propriété de "Knust Woringen und Grube", un petit fabricant de stylo-plumes situé à Wiesloch, à 13 km au sud d'Heidelberg. La production de modèles sous le nom Kaweco continue, avec notamment les premiers stylos à piston. Le modèle trapu à forme octogonale nommé "Sport", un des classiques de la marque Kaweco, date de cette époque. La firme connaît ensuite des hauts et des bas, et dans les années 1980, elle doit fermer.
Passons maintenant à la deuxième racine, celle de Nüremberg, en Bavière. Cette ville a une longue tradition de fabrication de mines de crayons à partir de poudre de graphite, une tradition qui continue de nos jours puisque c'est à Nüremberg et dans ses environs que se trouvent les géants de la fabrication de crayons et d'instruments d'écriture Faber Castell, Staedtler, et Schwan-Stabilo. Là, en 1960, Horst Gutberlet, représentant de la companie Schwan-Stabilo, décide de fonder, avec son fils Michael, sa propre entreprise, H & M Gutberlet GmbH. L'entreprise commence par fabriquer des pièces qui sont livrées aux plus grandes marques d'instruments d'écriture. Père et fils rêvent cependant de développer leur propre ligne et sont des admirateurs de la créativité montrée par la marque Kaweco, aussi bien dans ses designs que dans ses innovations techniques.
Lorsqu'en 1994, les droits sur la marque Kaweco deviennent disponibles, H & M Gutberlet GmbH saute sur l'occasion et l'acquiert. S'ensuit une renaissance de la marque Kaweco, avec d'abord une nouvelle série "Sport" d'après le design original de 1935, qui comprend stylo-plumes, rollers, stylo-billes, et portemines. Un partenariat est conclu avec la marque Diplomat qui fournit son réseau de distribution. Ce partenariat perdure jusqu'en 1999, lorsque Diplomat est vendu. Kaweco développe alors son propre réseau de vente sous l'égide de H & M Gutberlet GmbH, avec l'aide de nombreux distributeurs nationaux. La marque Kaweco est maintenant vendue dans une quarantaine de pays.
En 1992, un certain Nick Wells, employé de HarperCollins Publishers à Londres, lance à temps partiel une affaire de couvertures illustrées de livres d'art qu'il appelle Flame Tree Publishing. En 1995, il quitte Harper Collins pour développer Flame Tree à plein temps. Flame Tree publie des livres, des calendriers, et, des articles de papeterie. Récemment, en 2018, ils ont lancé Flame Tree Press, qui se spécialise dans les genres science fiction, espionnage, roman policier, et fantastique.
Ce qui nous intéresse ici, ce sont les carnets. Ils ont des couvertures richement illustrées en relief avec des effets miroitants qui changent selon la lumière. Les illustrations sont basées sur des estampes japonaises célèbres, sur des illustrations d'Alfons Maria Mucha, dit Alphonse Mucha, le peintre et graphiste champion du style Art nouveau, ou encore de Romain de Tirtoff , dit Erté, le dessinateur de mode, père des Arts déco. Il y a aussi un dragon par Kerem Beyit, l'illustrateur freelance turc basé à Ankara qui a notamment créé quelques unes des cartes Hearthstone. Et pour les fans des guitares électriques, des images de guitares légendaires, telles la Gibson Les Paul, dont le premier modèle est sorti en 1952, ou la Gretsch White Falcon, sortie en 1955. Et encore Vincent van Gogh, et quelques thèmes fantaisie.
Nous avons trois formats de carnets. Les carnets petit format (14,4 x 10,3 cm) et format moyen (21 x 14,7 cm) ont des feuillets couleur crème et sont lignés, et la majorité d'entre eux ont un système de fermeture magnétique. Les carnets grand format (28 x 21.5 cm) sont des carnets d'esquisses à feuilles très blanches sans fermeture magnétique. Pour ceux d'entre nous qui aiment le ...flamboyant!
La naissance de Pentel
A la mort de son père, en 1933, Yuki Horie, alors âgé de 22 ans, reprend l'affaire familiale de fabrication artisanale de pinceaux d'écriture à Tokyo. Après la fin de la deuxième guerre mondiale, dans un Japon dévasté par la guerre, il met au point, avec les matières premières disponibles, des pastels pour les enfants. En 1946, il fonde la companie Dai Nihon Bungu (qui deviendra ensuite la "Japan Stationary Corporation") et lance les pastels nouvellement développés sur le marché sous le nom de "Meiro Crayons". C'est un gros succès commercial. En 1951, l'entreprise développe un nouveau genre de crayons pastel "avec lesquels on peut peindre" , qu'elle appelle "Pentel", du mot anglais "paint" et de "tel" pour pastel. Ces crayons pastel, à texture molle, deviennent encore plus populaires que les Meiro Crayons, et le nom "Pentel", qui désigne donc à l'origine un produit, devient le nom de l'entreprise.
Le "Sign Pen"
En 1962, après des années de recherche, Yuki Horie et Masao Miura inventent le stylo-feutre. Les premiers prototypes ont le défaut de couler facilement. Le problème est résolu avec l'ajout d'un petit trou sur le côté du stylo-feutre, qui permet d'équilibrer la pression interne du feutre avec la pression externe lors de changements de températures. Le stylo-feutre est commercialisé en 1963 sous le nom de Sign Pen, mais passe d'abord inaperçu! Ceci jusqu'à ce que Pentel en distribue des exemplaires gratuits lors d'une foire commerciale à Chicago. L'un de ces exemplaires finit dans les mains du président des Etats Unis, Lyndon Johnson, qui en apprécie la facilité d'écriture et en commande plusieurs douzaines pour signer des photos. Le Sign Pen, et son adoption par le président, sont alors mentionnés dans des magazines à gros tirage tels que le Time et Newsweek, ce qui, cette première année, fait monter les ventes aux Etats Unis à deux millions d'exemplaires! La réputation du Sign Pen augmente encore lorsque la NASA l'adopte, et qu'il voyage dans l'espace en 1966 lors de la mission Gemini 11, avec les astronautes Richard Gordon et Charles Conrad.
Aujourd'hui, plus de deux milliards de Sign Pens on été vendus. Il en existe maintenant trois variétés; celle classique avec une pointe en feutre, une deuxième avec une pointe d'un seul tenant mais flexible, et une troisième, la "Brush Sign Pen artist", illustrée sur deux des photos ci-dessous, avec une pointe flexible constituée des fibres séparées, comme un pinceau.
D'autres inventions Pentel: rollers, encre gel, et les stylo-pinceaux
Après l'invention du stylo-feutre, Sign Pen, Pentel continue à innover. Parmi les nombreux produits révolutionnaires, les rollers et l'encre gel sont peut-être les plus remarquables. En 1972, la marque lance le Ball Pentel, premier roller à encre, qui encore de nos jours garde son design et sa couleur verte typiques. En 1989, c'est l'invention du premier roller à encre gel, appelé "Hybrid Roller", qui fait marque dans l'histoire des instruments d'écriture. Et en 2002, la marque présente, cette fois, un stylo à encre gel liquide, l'Energel, un bestseller qui se décline aujourd'hui en plus de dix modèles différents.
Pentel a aussi une longue tradition de fabrication de stylo-pinceaux, tradition ancrée dans l'art de la calligraphie et de l'estampe japonaises ainsi que dans l'origine de l'entreprise. Du "Brush GFL" rechargeable de 1976 au pinceau "pocket brush" aux "Brush Sign Pen artists" mentionnés plus haut en passant par les " Arts Color Brush" illustrés sur la photo, Pentel a équipé nombre d'artistes, en particulier des créateurs de bandes dessinées. Ainsi, Neal E. Adams, le créateur new yorkais des bandes dessinées de super héros tels que Batman et Green Arrow, est apparemment un fan de Pentel!
Yuki Horie, le fondateur de Pentel, est resté le président de son entreprise jusqu'à sa mort, en 2010. Il est succédé par Masaru Wada.

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Décembre 2019
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