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Une caméra embarquée sur le dos d’un manchot Adélie documente sa stratégie de chasse lorsqu’il s’attaque à un poisson de taille moyenne, ainsi que la stratégie de défense de la proie. L’analyse des images montre que les manchots utilisent peut-être une technique d’interception sur ce type de proie en fuite.
Quelle serait notre réaction si une espèce de tyrannosaure nous attaquait alors que nous partons travailler ? Quelle serait sa technique ? Nous fatiguer ou nous intercepter ? Serions-nous prompts à la fuite ou sujets à la prostration ? Le meilleur moyen d’étudier un prédateur et sa proie, c’est d’attacher une caméra sur le dos du prédateur, puis d’en visionner les images.
Soma Tokunaga, biologiste comportemental japonais, et ses collègues ont découvert en utilisant des images de chasse de manchots Adélie, que ces derniers interceptent les poissons de taille moyenne pendant leur fuite. Les enregistrements vidéos pris sous la surface de l’eau ont été publiés récemment dans la revue Ecology et suggèrent que les manchots Adélie se dirigent vers la future position du poisson dans l’eau pour s’en saisir. Cette technique se différencie de la traque, qui consiste à se diriger dans la direction de sa proie de façon constante.
Ils appuient leur hypothèse sur deux autres éléments, l’environnement est ouvert, le poisson n’est pas contraint par des obstacles, des rochers ou des récifs, et le poisson ne change pas de direction pendant qu’ils s’échappent. Les manchots pourraient donc prévoir sa course et l’intercepter.
Ce poisson est le notothénioïde antarctique, connu pour la capacité physiologique de son sang à résister au gel. Les images montrent que 6 fois sur 8 le poisson intercepté adopte une posture en forme de C et ne se débat pas. Dans le cas où le poisson échappe du bec de l’oiseau, les images montrent qu’ils gardent cette position.
Les auteurs pensent que « ce comportement est une posture volontaire. » écrivent-til. Cette posture de défense empêcherait le manchot de l’ingérer, un réflexe connu chez les larves aquatiques de mouche de pierre – une proie du saumon-, ainsi que chez certains poissons marins.
Les quatre heures d’enregistrement ont été prises lors de l’été austral 2012-2013 et ont également décrit la collecte du krill ou de poissons de petites tailles, lors de la plongée des manchots, en eau libre ou sous la glace.
Camille Lin, PolarJournal
Lien vers l’étude : Tokunaga, S., Kawabata, Y., Takahashi, A., Ecology e3992. Penguin-mounted video camera provides new insights into predator–prey interactions with prey fish. https://doi.org/10.1002/ecy.3992
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