Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06973.jsonl.gz/992

Missile antichar M47 Dragon (FGM-77) [48]
Le M47 Dragon, connu aussi sous la désignation de FGM-77, fut le premier missile antichar, transportable et mis en œuvre par un seul homme. Son nom a été donné suite aux séries d'étincelles et de crépitements émis par la trentaine de mini-moteurs fusée propulsant le missile. Il a été remplacé au milieu des années 1990 par le FGM-148 Javelin après vingt années de service.
Le missile, dès sa sortie de l'usine, est scellé dans un cylindre en fibre de verre, de couleur vert foncé traversé de bandes jaunes. Le transport s'effectue à l'aide d'une sangle ajustable, le missile étant protégé des chocs par de larges couvercles en polystyrène expansé montés aux extrémités du tube (le couvercle frontal étant retiré avant le tir).
Sous l'avant du lanceur se trouve un bipied repliable retenu par une petite sangle, généralement déployé juste avant le tir. Les viseurs sont clipsés sur le tube par l'intermédiaire d'un rail de fixation équipé de connecteurs électriques, le récepteur infrarouge de chaque viseur étant alimenté par une petite batterie montée à l'arrière du tube.
Lors du tir, le missile est éjecté de son tube portatif par une charge de poudre qui neutralise automatiquement le recul. Le missile va alors activer deux composants nécessaires à son guidage : un filin qu'il déroule durant son parcours et la mise à feu d'un dispositif pyrotechnique situé dans sa queue.
Pour stabiliser le projectile durant son vol, trois ailerons courbes dépliables font tourner le missile sur lui-même, la charge explosive, quant à elle, est armée après avoir parcouru une distance de 65 m. L'engin est propulsé jusqu'à sa cible à la vitesse de 90 mètres par seconde grâce à la mise à feu séquentielle de 30 paires de mini-moteurs de poussée, disposés sur toute la longueur du corps du missile. Dans certaines configurations, la vitesse avant l'impact peut atteindre les 900 km/h. Le tir tout temps est possible, grâce à l'utilisation d'un viseur infrarouge passif AN/TAS-5 à refroidissement cryogénique. Son mode de fonctionnement est similaire au viseur de jour SU-36/P, mais il est beaucoup plus lourd (9,82 kg) et bien plus encombrant que ce dernier.
L'AN/TAS-5, conçu au début des années 1970 par Texas Instruments, offre une capacité de grossissement de × 4 pour angle de vue ajustable de 3,4° à 6°. Il transforme les émissions infrarouges en signaux électriques, qui vont restituer à la manière d'une caméra une image colorée en rouge et noir en fonction de la température de l'environnement visé. Le contraste et la luminosité peuvent être ajustés comme sur un écran de télévision. La mise sous tension du viseur infrarouge se fait à l'aide d'un commutateur à quatre positions, la première servant à éteindre le système, la deuxième permettant de vérifier l'état de la batterie et du liquide de refroidissement à l'aide d'un témoin lumineux, la troisième permettant d'activer le viseur, et la quatrième servant à éjecter la cartouche abritant le gaz de refroidissement. L'AN/TAS-5 ne requiert pas d'alimentation externe : il possède sa propre batterie rechargeable de 4,8 volts à courant continu, lui procurant une autonomie de fonctionnement de 2 heures.
Le M47 Dragon fait appel à un système de guidage à télé-commandé automatique (TCA) précédemment utilisé sur les missiles TOW et Shillelagh.
Avec ce système, tout ce que l'on demande au fantassin, c'est de regarder au travers d'un viseur optique amplificateur et de maintenir celui-ci exactement aligné sur l'objectif.
Pendant ce temps là, un deuxième système électro-optique monté parallèlement au viseur reçoit visuellement, un rayonnement thermique (généralement des infrarouges) en provenance d'un système pyrotechnique situé sur la queue du missile et le focalise sur un récepteur/localisateur sensible. Celui-ci mesure continuellement via un calculateur la position de la source de chaleur (le missile) par rapport à la ligne de mire fixée sur l'objectif, toute déviation provoquant automatiquement le signal de correction voulu, qui est à son tour transmis le long des fils (reliant le missile au lanceur) et cela sans aucune intervention de l'opérateur.
|Association Fort de Litroz - J.-C. Moret||© 2002 - 2017|