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Famille et parenté
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Statut de la femme dans la famille
Les unions illégitimes
A côté des mariages qui pouvaient être qualifiés d’officiels ou dans une moindre mesure de légaux (justum conubium), plusieurs autres formes d’unions étaient pratiquées à Rome. Il est possible de les nommer « illégitimes » mais ce terme ne rend pas bien compte du caractère stable que pouvaient prendre ces alliances. Une autre clé de lecture pourrait être la moralité de ces unions qui se divisent en deux groupes : les mariages hors justum conubium et les unions adultérines ou incestueuses.
Dans les premiers temps de la République, toute union hors iustum conubium était frappée d’un interdit religieux qui se retrouve dans les premières lois civiles. En effet, les lois qui régissaient le mariage licite étaient définies différemment sous la République et sous l’Empire. Néanmoins, les caractéristiques déterminant l’illégitimité d’une union restèrent à peu de chose près les mêmes.
Le mariage d’un homme avec une esclave représente un cas fréquent. Le problème était souvent régularisé par l’affranchissement de l’esclave et donc une légitimation du statut de cette union. Il y avait tout de même des exceptions à cette règle. Les sénateurs, par exemple, n’avaient pas le droit de s’unir à de telles femmes par égard à leur sang. Si l’homme bénéficiait de certaines largesses, la femme, elle, ne pouvait s’unir à un esclave homme car les enfants nés de cette union auraient été considérés comme affranchis et donc ne faisant plus partie de la gens patricienne qui édicte les lois.
Les unions avec les étrangers étaient réglées par la loi jure ex gentium qui posait un cadre légal à une pratique considérée comme illégitime.
Dans le deuxième cas, celui de l’adultère, les lois différaient suivant le sexe de la personne infidèle. D’un point de vue légal, les sanctions étaient rudes. Si un homme n’encourrait que des sanctions morales, voire pécuniaires, la femme pouvait être nommée infamia. C’est-à-dire qu’elle était exclue des lois civiles et religieuses de la cité et qu’elle était interdite de mariage pendant un certain temps.
Une liaison adultère avec une femme non mariée, mais respectable suivant le droit romain, avec une veuve ou avec un enfant était qualifiée de stuprum. Cette dernière union n’était pas considérée comme un justum matrimonium, mais sa légitimité pouvait être différée à l’âge légal de l’enfant. Le problème pouvait survenir en cas de rupture avant cette date, car il y avait un problème de dot. À noter ici que la dot déterminait à elle seule une partie de la légitimité d’une union. Le concubinage et ses lois évoluent selon les époques. Dans un premier temps il fut toléré, mais mal perçu. Les lois d’Auguste, Julia de adulteris coercendis, Julia de maritandis ordinibus et Papia Poppaea donnèrent un cadre plus légal à cette union du fait qu’elles cherchaient à rendre le mariage obligatoire.
L’inceste, quant à lui, était considéré comme illégitime et cet interdit remonte à des tabous anciens lourdement sanctionnés. Même les auteurs comiques n’abordent pas ce sujet dans leurs pièces.
Quoiqu’il en soit, certaines formes d’unions illégitimes, comme l’adultère ou l’union avec des esclaves, bien qu’interdites et sanctionnées par le droit romain, étaient tolérées et pratiquées. Encore fallait-il être bien né et de préférence de sexe masculin...