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Mettre à mort un meurtrier est une punition sans commune mesure avec le crime qu’il a commis.
Grand lecteur de Hugo, Balzac et Dickens, entre autres, Dostoïevski (1821-1881) publie en 1846 un premier roman, "Les pauvres gens" qui connaît un vrai succès. Il se rapproche d’un cercle progressiste qui combat l’absolutisme du tsar Nicolas Ier, mais il n’adhère pas vraiment à un système politique précis.
Arrêté avec ses camarades en avril 1849, il est condamné à mort après des mois de prison et mené le 22 décembre au lieu d’exécution où surgit un cavalier porteur de la grâce accordée par le tsar: odieux simulacre destiné à montrer l’étendue de la clémence impériale. Sa peine est commuée en travaux forcés.
C’est durant ses quatre années au bagne que Dostoïevski développe sa connaissance et son amour du peuple russe, dont la foi simple l’émeut. La contradiction entre les crimes violents commis par certains de ses compagnons et leur repentir sincère fondé sur la conviction d’être pardonnés de Dieu est au cœur des grands romans publiés entre 1866 et 1880: "Crime et châtiment", "L'idiot", "Les frères Karamazov".
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Selon l’Américain Joseph Frank, auteur d’une imposante biographie ("Dostoïevski, un écrivain dans son temps", Ed des Syrtes), l’empathie du romancier envers son peuple est notamment présente dans "Le joueur". C'est, dit-il, "le commentaire le plus brillant et le plus ambigu de Dostoïevski sur le caractère russe, qui lui a été inspiré par ses propres malheurs à la roulette".
Dostoïevski voit dans la condition humaine un conflit permanent entre désirs individuels et impératifs de l’amour chrétien.
>> A écouter, les 200 ans de la naissance de Dostoïevski: