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Cartographier les glaciers
Une équipe de géologues de l'Université de Lausanne, soutenue par le Fonds national suisse (FNS), a développé une nouvelle méthode pour cartographier un glacier tout entier.
Ils ont ainsi découvert que l'érosion provoquée par le glissement du glacier n'est pas simplement proportionnel à sa vitesse, mais qu'elle dépend de son carré. Ce qui explique l'accélération du glissement des glaciers depuis quelques décennies. Leurs résultats ont été publiés dans le magazine Science.
"Notre modèle indique que l'érosion va encore s'intensifier de manière non-linéaire avec le réchauffement climatique", note le chercheur Frédéric Herman, dans un communiqué du FNS publié jeudi.
>> Le reportage du 19h30:
Cette érosion accélérée signifie également davantage de sédiments dans les rivières alpines, ce qui augmente les risques de "lave torrentielle", un mélange d'eau et de boue.
Les scientifiques ont cartographié le glacier François-Joseph en Nouvelle-Zélande, très similaire à ceux trouvés en Suisse auxquels le principe découvert s'applique aussi. Le glacier néo-zélandais a été choisi parce qu'il est situé sur une faille tectonique avec des couches géologiques contrastées qui contiennent du graphite, un élément qui peut renseigner de manière précise les géologues sur l'érosion.
>> Lire aussi: Des glaciations sont responsables d'une érosion plus intense
L'effet de la canicule
Avec des températures anormalement élevées durant une longue partie de l'été 2015 en Suisse, les pertes de glaces ont été importantes dans les Alpes.
Les glaciers d'Aletsch et du Rhône ont perdu quotidiennement entre 6 et 8 cm d'épaisseur, a indiqué fin août l'Office fédéral de l'environnement, qui tirera un bilan définitif d'ici la fin de l'année 2015.
Durant la canicule de 2003, les glaciers avaient perdus entre 3 et 5% de leur masse. Cet été, si l'on en croit les mesures relatives aux débits des glaciers, ils n'en auraient perdu que jusqu'à 3%, indique encore l'OFEV. Mais les glaciers déjà fragilisés comme le Rhône ont tendance à rétrécir encore plus vite que les autres.
Lieu d'observation privilégié, le glacier des Diablerets est l'un des plus concernés. Il perdra encore des dizaines de mètres cette année.
Il n'y a pas que la glace visible qui fond mais également le sous-sol des glaciers rocheux, ce qui peut devenir dangereux si les blocs de pierre se mettent en mouvement.
La hausse des températures illustrée
Depuis le début de l'industrialisation (1860), la température moyenne a augmenté en Suisse de 0,12 degré par décennie. Le réchauffement atteint donc 1,8 degré depuis cette date.
Dans le même temps, la température mondiale moyenne a augmenté de 0,85 degré. Le réchauffement en Suisse représente donc plus du double de la hausse enregistrée au niveau mondial.
>> Revoir les explications de Nicolas Rossé au 19h30:
Le dossier RTSdécouverte sur les glaciers
Sujets TV: Lucia Sillig, Nicolas Rossé
Réalisation web: Sophie Badoux, Cécile Rais