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Il est entré dans sa vie comme s'il y avait sa place depuis toujours et François, le fils de l'instituteur de Sainte-Agathe, se souvient à peine du temps précédant son arrivée. Ce grand garçon aux cheveux coupés ras comme un paysan du Cher, cet Augustin Meaulnes, suscite naturellement l'admiration et tous, à l'école, l'appellent maintenant le grand Meaulnes. Un jour d'hiver, peu avant Noël, Meaulnes disparaît... William Mesguich incarne avec force et émotion le personnage-narrateur de François Seurel. Comme une évidence, sa voix juste et claire, teintée d'une grâce passée, nous emmène sur les traces du grand Meaulnes, à la recherche du domaine perdu, entre souvenir, rêve et réalité, aux frontières du merveilleux.
1886-1914 Henri Fournier est né à La Chapelle-d'Anguillon, dans le Cher. Fils d'instituteurs, il passe ses vacances et ses premières années dans le milieu rural. En 1903, il va préparer l'École normale au lycée Lakanal à Sceaux. Il y rencontre Jacques Rivière qui deviendra son meilleur ami et qui épousera sa soeur. Ils échangeront une longue correspondance.ÿC'est en 1905 qu'Alain-Fournier croise Yvonne de Quiévrecourt. La jeune fille est fiancée et se mariera deux ans plus tard. Il la reverra une dernière fois fin juillet 1913. Cette rencontre est à l'origine du Grand Meaulnes et il ne cessera de la raconter en la transposant. En 1906, il échoue à l'École Normale. Après son service militaire, il est secrétaire à Paris-Journal.ÿMobilisé, il est tué au sud de Verdun dans les Hauts de Meuse, le 22 septembre 1914. Son corps découvert dans une fosse commune où les Allemands l'avaient enterré, a été identifié en 1991 et inhumé dans le cimetière militaire de Saint-Remy la Calonne.ÿAlain-Fournier s'inscrit dans le courant qui prépare la littérature du siècle: les écrivains désormais laissent l'histoire qu'ils content se dérouler d'elle-même. Aux artifices de la logique, ils préfèrent la vérité du hasard.