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On peine parfois, tant elle est riche en rebondissements, à tenir la chronique de ce qui se passe aux frontières de la biologie et de la bioéthique. Dernier événement en date : une équipe de chercheurs de l'université britannique de Newcastle vient de recevoir le feu vert de l'Autorité britannique sur la fertilisation et de l'embryologie humaines (HFEA) pour la production in vitro d'embryons humains dont le matériel génétique sera issu de deux organismes féminins.En d'autres termes ces chercheurs vont transférer le noyau d'un embryon produit par fécondation in vitro d'un ovocyte par un spermatozoïde dans l'ovocyte énucléé d'une autre femme.On explique, auprès de la HFEA, que ces travaux ont pour but d'étudier la physiopathologie des affections mitochondriales. Ces maladies aujourd'hui incurables sont les conséquences de perturbations affectant le matériel génétique des mitochondries, ces structures présentes dans le cytoplasme, productrices d'énergie et dont l'une des caractéristiques est que leur ADN est d'origine maternel. Il s'agit donc bien d'autoriser la production d'un embryon humain ayant trois signatures ADN, une signature ADN paternelle et deux signatures ADN maternelles. La HFEA rappelle que des études menées sur des souris ont démontré qu'il était vraisemblablement possible de prévenir la transmission des maladies mitochondriales en transférant le noyau d'un embryon contenant des mitochondries défectueuses dans un ovule ne contenant que des mitochondries saines. Les travaux des Prs Doug Turnbull, professeur de neurologie à l'université de Newcastle, et Mary Herbert, directrice scientifique du centre de fertilisation de Newcastle, ont pour but d'établir si une telle manipulation pourrait fournir une approche thérapeutique dans l'espèce humaine. un tel transfert est le même chez les humains.Le feu vert donné aux chercheurs de Newcastle a provoqué la colère des opposants à la recherche sur l'embryon.«Cela démontre une fois de plus que la HFEA n'a aucun respect pour le public et son opinion» a ainsi accusé Josephine Quintavalle, représentante de l'association «Comment on Reproductive Ethics» qui appelle à un respect de l'éthique en matière de recherche génétique ; une prise de position similaire à celle exprimée par le Vatican. «Il s'agit d'une véritable expérience dont le succès reste à prouver, mais qui, du point de vue moral, viole au moins trois interdits, a ainsi déclaré, sur les ondes de Radio Vatican, le président de l'Académie pontificale pour la vie, Mgr Elio Sgreccia. Un vrai clonage va être effectué, l'embryon sur lequel est prélevé un noyau est supprimé et on va créer un nouvel embryon implanté à une femme qui devient une mère de substitution. Tout cela constitue une succession de violations qui, du point de vue de la morale, et pas seulement catholique, est condamnable.Pour leur part les chercheurs de Newcastle ont tenu à préciser que jamais l'embryon ainsi produit ne serait laissé se développer jusqu'au stade de la naissance.