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Interview sur l'anémie avec le Dr Rafano, notre médecin conseil
Comment se fait-il que le taux pour définir une anémie est différent selon les catégories de personnes ?
En fait, cela dépend en premier lieu de la différence notable touchant le métabolisme du fer observé chez l'homme, chez la femme et chez l'enfant.
En effet, la femme a beaucoup plus besoin de fer que l'homme, en raison notamment des pertes sanguines physiologiques des cycles menstruels et du besoin accru lors de la grossesse. Chez l'enfant, les critères diagnostics sont établis en fonction de l'âge et nécessitent l'utilisation d'un abaque prenant en compte le poids et la taille, en raison également du métabolisme différent et notamment du besoin en fer.
Ainsi, on parle d'anémie chez l'homme quand le taux d'hémoglobine est inférieur à 14g/dl avec un hématocrite à moins de 42%, ou quand le taux de globules rouges est inférieur à 4,5 millions par litre. Chez la femme, une anémie est retenue devant un taux d'hémoglobine inférieure à 12g/dl avec un hématocrite inférieur à 37%, ou devant un taux de globules rouges inférieur à 4 millions par litre.
Pouvez-vous nous parler des différents examens réalisés lors d’anémie, ainsi que des examens complémentaires ?
L'examen clinique va s'attacher à déterminer la coloration des conjonctives et de la peau (lesquelles seront pâles en cas d'anémie), la trophicité cutanée laquelle va renseigner éventuellement sur l'ancienneté de l'anémie. Il faut également rechercher des signes de la maladie à l'origine de l'anémie : par exemple hypotension, sueurs et essoufflement en cas de choc hémorragique, ictère ou splénomégalie (augmentation de volume de la rate) en cas d'hémolyse...
Sur le plan biologique, le bilan comprend en premier lieu la NFS (Numération Formule Sanguine, avec taux de globules rouges et de plaquettes). Par ailleurs, le frottis sanguin périphérique est un examen simple à effectuer mais très important car il permet déjà d'avoir une idée de la cause de l'anémie : le résultat permet de dire s'il s'agit d'une insuffisance de production ou d'un excès de destruction des globules rouges. Le dosage de la vitamine B12, de l'acide folique et bien entendu du fer et de la ferritine sont de routine. Ensuite, il faut réaliser une biopsie ostéomédullaire et un myélogramme si les examens précédents n'ont pas permis de trouver une étiologie précise. Cet examen va permettre de dépister une anomalie de la maturation des globules rouges (et également des autres cellules sanguines).
Lorsque vous voyez un patient, qu’est-ce qui vous oriente rapidement vers une suspicion d’anémie ?
La pâleur est d'emblée le symptôme qui doit faire penser à une anémie. Toutefois, les symptômes étant très peu spécifiques, l'anamnèse joue un rôle crucial dans la suspicion d'anémie, en relevant une notion de saignements importants, une fatigue inexpliquée avec céphalées, acouphènes...
Quels conseils complémentaires donnez-vous à une personne anémique au niveau de l’alimentation par exemple ?
Les conseils que vous avez prodigués dans votre étude étant déjà très complets, je voudrais juste mettre l'accent sur le fait qu'il manger beaucoup d'aliments riche en fer, notamment le chocolat, la viande rouge et autres abats.
Interview réalisé par Mme Van Ngyuen, pharmacienne