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Légende urbaine Créé le: 18.09.2018, édité le: 18.09.2018
Elisabeth avait bordé soigneusement le corps de Florence Torrent sur son lit. Florence avait refusé toute hospitalisation, préférant, comme les autres membres de la communauté, mourir dans sa maison. Babiole, elle, s’était déjà faufilée dans l’entrebâillement de la porte. Elle avait terminé ce qu’elle avait à faire et elle pouvait rentrer chez elle le cœur en paix. Elisabeth devait maintenant alerter le médecin de permanence pour établir le certificat de décès. Elle soupira devant ces obligations superflues. Comme si elle ne savait pas reconnaître les signes de la mort, elle, qui depuis quarante-sept ans traînait ses sandales dans les hôpitaux et autres lieux où maintenant les vies s’éteignent. Et puis, elle devait réveiller la Communauté. Tous les membres étaient dans l’attente de cette mort et la veillée était un rituel ancré dans la tradition du Hameau.
A environ un kilomètre de là, Linda, s’interrogeait. On en était au septième jour de l’observation expérimentale et la collecte des données avait fait l’objet d’une première mise en forme. Les quatorze chats équipés de leur collier GPS et de leur micro-caméra avaient communiqué à leur insu, la plupart de leurs secrets. Tous, sauf un. Ou plutôt une. Celle qui, déjà au départ, avait été un sujet à problèmes. Elle avait été la seule à ne pas supporter la caméra. Linda avait bien essayé de convaincre les propriétaires de ne pas insister. Cela lui aurait permis de tenter l’expérience avec un autre candidat. Mais les époux Gaulis n’avaient rien voulu entendre. Ils tenaient à apprendre ce que leur chatte fabriquait loin de chez eux pendant toutes les nuits jusqu’au matin à l’heure de leur départ.