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Dans le dernier épisode de cette série abominable, nous avons laissé le Génie d'or, gardien secret de Paris, alors qu'il s'élançait vers les géants de fer de Fantômas, qui détruisaient la Ville, tuaient ses habitants, et étaient animés par un mystérieux feu bleu qui leur donnait, malgré leur taille, une incroyable vivacité.
Il était apparenté au feu qui était dans le heaume du Génie d'or: il faut le savoir.
Mais c'était naturellement, par la grâce divine, et l'art des fées du ciel, qu'il avait ce corps de feu lunaire; et c'était un feu plein de vie, servant d'enveloppe à des génies de l'orbe argenté de l'astre des nuits. Tandis que les géants de Fantômas puisaient leur vie dans les chaudrons assemblant ce qui dans ce feu lunaire était mort, et que volait Fantômas aux démons d'autrefois, tombés sous les coups de Diënïn, et dont le cœur abritait encore des éclats de vie.
À vrai dire beaucoup d'entre eux le laissaient faire, dans l'espoir de se venger des hommes, qui les avaient supplantés à la surface. Car dans l'ancien temps ils avaient été des géants, lorsqu'ils avaient pris un corps physique, et ils avaient régné sur le monde; mais leur mauvaiseté avait mû les êtres célestes qui gardent la paix cosmique, et les avait poussés à doter de grâces divines plusieurs hommes, qui les avaient vaincus et chassés de la Terre visible, de la partie de la Terre qui s'ouvre sur les étoiles, et demeure au-dessus du Gouffre. Dans ce Gouffre, les géants avaient été précipités, et on les appelait désormais des démons.
Or, les chaudrons contenant ce qui leur restait de sang – lequel apparaissait sous la forme de ce feu bleu épais, gluant, presque liquide –, ces chaudrons étaient confiés à Fantômas par les goules de l'Abîme, filles des géants morts qui obéissaient à leurs murmures vengeurs. Car ces êtres ne mouraient jamais vraiment, et si leur sommeil était plus profond que celui des hommes, et donc plus proche de la mort, ils n'en chuchotaient pas moins, en rêvant, d'horribles choses, annonçant leur retour, exprimant leur rage, délivrant à ceux qui pouvaient les entendre leur inextinguible haine.
Et voici! Fantômas se servait par louchées de cette haine, il saisissait dans ses mains gantées des poignées épaisses de cette immonde rancœur, et cela brillait comme un sombre azur, et contenait le reflet des étoiles dont un jour ces êtres étaient venus, avant de choir. Il en demeurait ce pouvoir déchu, qui pouvait être utilisé par les sorciers – et qui, en vérité, l'a souvent été.
Fantômas ainsi versait l'élixir maudit dans les veines artificielles, forgées par ses Gnomes, de ces géants de fer ses fils, qui renouvelaient pour ainsi dire les géants morts d'avant le Déluge, leur succédaient et les ramenaient sur la Terre sous une forme refaite, leur donnaient une nouvelle vie. L'effondrement de l'Atlantide les avait, pensait-on, fait disparaître de la surface de la Terre; mais grâce à Fantômas et à ses machines à visage humain, ils revenaient, leurs membres s'agitaient, ils agissaient par eux à distance.
Car leur esprit n'était pas tout entier dans ces robots; mais il l'était en partie. Tel était l'art extraordinaire appris par Fantômas, cet ancien Romain devenu immortel à la suite de son pacte avec Mardon, prince des démons. Et il comptait bien s'en servir pour devenir le maître du monde, en cet hiver des siècles.
Mais il est temps, dignes lecteurs, de laisser là cet épisode, et de renvoyer au prochain, quant à la suite. Vous verrez alors comment on tenta vainement, depuis l'arrière, d'empêcher le Génie d'or d'abattre les robots géants de Fantômas.