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Un chemin de Boston révolutionnaire
Sis entre la place Chauderon et la rue de Genève, le chemin de Boston doit son nom à la révolte des colonies américaines.
Mais pourquoi existe-t-il un chemin de Boston à Lausanne?
Jean Hugli (1916-2004), archiviste de la Ville de 1970 à 1981, s’était déjà posé la question de l’origine de cette appellation. Dans un article paru dans le journal de la Société de développement de l’Ouest, il avait pu établir que ce nom avait été donné vers 1780 par Gabriel Forneret (1738-1798), Président de la Cour de justice, à une propriété sur laquelle il fit construire une résidence secondaire. Au moment de la construction de la maison, la guerre d'Indépendance des Etats-Unis (1775-1783) n'était pas encore terminée. Or, la révolte des colonies américaines était partie de Boston, qui devint la ville symbole de la lutte de libération contre l’oppresseur anglais. Replacé dans le contexte du Pays de Vaud encore sous domination bernoise, se réclamer de son parrainage, c'était – dans les limites de la légalité – «annoncer la couleur» à la barbe du régime bernois.
Le Manual de la Chambre de Fabrique atteste de la première apparition, en juin 1787, du nom de cette propriété, à l’occasion d’une intervention de l’Inspecteur des chemins afin de prévenir des dangers «au bord du chemin qui tend à Petit Prelaz, au-dessus de la possession à M. le châtelain Forneret, appelée nouvellement Boston (…)».
Mais ce n’est que le 23 juillet 1915, suite à une demande d’un groupe de propriétaires et à l’achèvement de la rue de Genève, que la Municipalité adopte définitivement cette dénomination pour cette portion du chemin de Malley. La villa Boston, ainsi qu’une partie de la propriété, sont vendues en 1924 à une société immobilière. Elle est démolie pour faire place aux immeubles situés actuellement chemin de Boston 19-21, et rue de Genève 46.
Jean-Jacques Eggler, archiviste adjoint