Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07187.jsonl.gz/11

Contenu externe
Action de Carême et Pain pour le prochain accusent Vitol de ne pas assez assurer le respect des droits humains et des standards environnementaux dans son activité de négoce de charbon en Afrique du Sud. Elles exigent des règles contraignantes pour les multinationales.
Les deux oeuvres d'entraide ont présenté lundi à la presse les résultats d'analyses menées par la Bench Marks Foundation, une organisation partenaire de Pain pour le prochain en Afrique du Sud.
Vitol a notamment un contrat de livraison pour le projet minier de Makhado, dans le nord du pays. Du coke et de la houille devraient y être extraits à partir de 2018. "Le village de Mudimeli sera entouré par les puits de la mine à ciel ouvert et le terril, ce qui aura un impact négatif sur l’agriculture et l’approvisionnement en eau de 3000 villageois", écrivent les deux ONG chrétiennes.
Vitol ne partage pas l'analyse livrée en conférence de presse: "Ces conclusions sont fausses, basées sur un mélange d'ignorance et de malentendus. Nous avons essayé de le signaler aux auteurs de l'étude, et regrettons qu'ils n'aient pas pris les faits en compte."
Agriculture menacée
Les habitants de la région redoutent une pollution de l'eau et les dangers pour la santé que fait peser la poussière de charbon, selon la Bench Marks Foundation. "Des milliers d'emplois" sont aussi menacés dans les secteurs de l'agriculture et du tourisme, alors que cette région est "le potager et le grenier à blé de l'Afrique du Sud".
Pour les ONG, ces craintes "ne tombent pas du ciel". En 2010, la société minière australienne Coal of Africa (CoAL), qui gérera la mine de Makhado, avait déjà été mise à l'amende pour avoir violé les conditions des licences d’eau d'une autre mine.
Multinationales responsables
Action de Carême et Pain pour le prochain font partie d'un groupe d'une septantaine d'organisations soutenant l'initiative "pour des multinationales responsables". Ce texte demande à la Confédération de prendre des mesures pour que l'économie suisse respecte davantage les droits de l'homme et l'environnement, également dans ses activités à l'étranger.
Avec l'exemple de Vitol, les ONG veulent montrer que les mesures volontaires ne suffisent pas. De telles mesures "signifient que les multinationales sont censées décider elles-mêmes quelle place elles accordent aux droits humains et à la protection de l’environnement", relève ainsi la conseillère nationale Lucrezia Meier-Schatz (PDC/SG), présidente du conseil de fondation d'Action de Carême.
Le groupe néerlandais Vitol, dont le siège social est à Genève, est l'un des plus grands négociants de matières premières du monde, avec le Zougois Glencore. Avec 254 milliards de francs, il est la plus grande multinationale suisse en termes de chiffre d’affaires.
ATS