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Le 15 mars 1921, une trentaine de Renanais décide d’unir leurs forces pour créer une coopérative d’habitation. Prémisse de notre SCHR actuelle née en 1945, ce galop d’essai est abandonné en février 1922 au profit de la Maison du Peuple de Renens, faute de moyens pour mener les deux projets à terme. En 1945, les membres fondateurs de la SCHR sont cependant les mêmes qu’en 1921, attestant d’une volonté tenace et durable d’élaborer des stratégies pour mieux se loger. Comme en témoignent les procès-verbaux de leurs réunions de 1921 : « La lutte doit être entreprise sur des bases nouvelles et tenir compte des très vives aspirations actuelles vers une rénovation sociale. L’idéal est de donner à tous la possibilité de vivre une vie saine dans un logement salubre et bien adapté à ses besoins ».
Les temps sont alors durs. La grippe « espagnole » (1918-1919) a moissonné entre 2% et 5% de la population mondiale. Vraisemblablement d’origine états-unienne, cette pandémie ne doit son nom qu’au seul fait que l’Espagne – pays neutre – est le seul pays à communiquer sur la maladie, les autres Etats en guerre censurant leurs informations pour ne pas démoraliser les troupes. Les autorités vaudoises édictent alors – comme aujourd’hui – des mesures pour freiner la progression de la pandémie. Les gens sont appelés à rester chez eux : prolongation des vacances scolaires, annulation des écoles de recrues, fermeture des cafés à 22h, cultes et assemblées communales désormais organisées en plein air. Le 11 novembre 1918 prend fin la Première Guerre mondiale. En Suisse, la grève générale lui emboîte le pas le lendemain même, ce juste un an après le début de la Révolution russe d’Octobre. Droit de vote et d’éligibilité des femmes, demande d’une AVS étatique ou réduction de la semaine de travail à un maximum de 48 heures, les revendications des grévistes s’inscrivent dans un mouvement résolument progressiste. Si la grève est rapidement matée par les autorités, la semaine de 48 heures est adoptée en 1919 et l’AVS est votée en 1925, même si elle n’entre en vigueur qu’en 1948.
C’est dans ce riche terreau historique et idéologique que s’ancrent nos Renanais désireux de se loger convenablement. Ayant été confinés pour éviter la contagion de la grippe espagnole et aspirant à de meilleures conditions de vie, ces tout premiers coopérateurs décident d’allier leurs forces pour faire bouger les lignes. Ils soulignent que « La rareté des logements vacants à Renens et environs dûe [sic] à l’arrêt presque complet de la construction, engendre une hausse continuelle des loyers et menace de devenir un vrai danger pour l’ensemble de la population ». Estimant être plus forts à plusieurs que tout seuls, leur projet est de mutualiser leurs ressources pour acheter des terrains et y construire des petites maisons, en prohibant toute spéculation (article 3 des statuts du 15 mars 1921).
Quelle criante actualité que ces préoccupations vieilles de 100 ans quand de nos jours se loger demeure un des problèmes majeurs de la population. Quand les revenus ne suivent pas l’explosion des prix de l’immobilier et qu’il faut consacrer un pourcentage effarant de nos ressources pour tout simplement avoir un toit. Au final, certaines choses perdurent au fil des siècles. C’est la raison d’être de la SCHR, responsable et solidaire.
|1923||Première tentative de création de la SCHR, qui échoue au profit la fondation de la Maison du peuple.|
|1945||Fondation de la SCHR.|
|1946||Construction d’un groupe de 5 immeubles sur le terrain En Borjot, offrant 30 appartements. Les loyers s’échelonnent alors entre 85 francs pour un 2 pièces et 112,50 francs pour un 4 pièces. À l’époque, le salaire moyen d’un travailleur qualifié est de 400 francs/mois.|
|1952-55||Construction des 5 immeubles des Corbettes, avec 30 logements de 3 pièces. Les locataires bénéficient d’un jardin potager, du chauffage individuel avec un calorifère dans le couloir et le charbon qu’il faut aller chercher à la cave.|
|1962-63||La SCHR construit les 2 immeubles des Paudex, qui regroupent 64 appartements. Ceux-ci viennent doubler la capacité d’accueil de la Coopérative.|
|1970-73||La SCHR construit le groupe des Biondes, avec ses 121 appartements subventionnés pouvant accueillir 380 coopératrices et coopérateurs supplémentaires. À cette époque, le loyer des studios s’élève à 250 francs, et celui des 4 pièces à 545 francs.|
|1984-85||Ces années sont principalement consacrées à la gestion du parc immobilier. Construction de 2 immeubles à l’avenue du 1er-Mai, offrant 24 logements supplémentaires. |
La SCHR compte 500 membres et 272 logements.
|1995-2001||Transformation de l’un des immeubles des Corbettes, qui amène un changement de paradigme pour la SCHR : d’un lieu d’habitation, le logement devient un espace de vie, convivial et familial. Les appartements sont notamment agrandis et repensés, un local commun est prévu.|
|2020||La SCHR gère actuellement plus de 320 logements et 8 locaux commerciaux, répartis dans 8 groupes d’immeubles. Elle réunit 1115 coopératrices et coopérateurs.|
|2022||Entrée prévue des locataires dans les 6 nouveaux immeubles de Paudex. Le projet comporte 86 appartements à loyer abordables et labellisés Minergie-P (du 2 au 4 pièces), un local communautaire, un espace de jeux extérieur, des zones de potagers, un parking souterrain et des nouveaux bureaux pour la SCHR.|