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Un penalty tombé du ciel à Belfast place la Suisse dans une position rêvée à 90 minutes de la ligne d'arrivée.
Non, rien ne s'oppose vraiment à une quatrième qualification consécutive de la Suisse pour une phase finale de la Coupe du monde. L'incroyable cadeau de l'arbitre roumain Ovidu Hategan permet à la sélection de Vladimir Petkovic d'aborder le match retour de ce dimanche dans une position extrêmement confortable. Après le match aller, on a le sentiment que l'Irlande du Nord ne pourra marquer un but au Parc Saint-Jacques que sur un "malentendu", un long ballon dévié malencontreusement, une touche prolongée par hasard ou un corner à la trajectoire improbable. Le jeu présenté jeudi soir à Belfast par l'Irlande du Nord fut d'une pauvreté absolue.
"Le but sera de tenir le ballon le plus loin de notre but pour éviter justement toute mauvaise surprise", souligne ainsi Vladimir Petkovic. Son équipe évolue précisément dans un tel registre pour ne nourrir aucune crainte quant à l'issue de ce barrage. A Belfast, Granit Xhaka et les siens ont su camper dans le camp irlandais pour exercer une domination sans partage. Et le penalty de la 58e minute a rendu vain le débat sur le manque d'efficience de l'équipe dans la zone de vérité. Un débat, toutefois, qui devra être à nouveau ouvert ce printemps si la Suisse entend aller plus loin qu'en 2014 au Brésil.
Incapable de se procurer une seule occasion nette à Belfast, les Irlandais entendaient "avoir quelque chose à défendre" à l'issue de l'acte I de ce barrage. Michael O'Neill et ses joueurs visaient tout simplement le 0-0 avec l'espoir d'un contre heureux au Parc Saint-Jacques. Jusqu'au penalty de Rodriguez, dont ils estiment qu'il est aussi "cruel" que la main de Thierry Henry en 2009 lors du barrage entre la France et l'Eire, les Irlandais n'ont fait que de défendre. Leurs meilleurs hommes se trouvaient bien dans les tribunes avec ces supporters magnifiques que l'on ne suivra malheureusement pas l'été prochain en Russie.
Au-delà du résultat, le match de Belfast a apporté à Vladimir Petkovic de belles satisfactions. Les performances des trois "entrants", Manuel Akanji, Denis Zakaria et Steven Zuber, ouvrent le jeu à une nouvelle concurrence. Même si le jugement doit être tempéré par la faiblesse de l'oppostion, le défenseur bâlois, le demi du Borussia Mönchengladbach et l'attaquant de Hoffenheim peuvent désormais revendiquer une place de titulaire. Si Akanji et Zakaria demeurent toutefois confrontés à la concurrence de deux piliers de la sélection (Johann Djourou et Valon Behrami), Zuber a pris la main à Belfast. Deux mois après son doublé contre la Hongrie à Bâle, le Zurichois possède désormais une belle longueur d'avance sur Admir Mehmedi.
Il reste maintenant à Vladimir Petkovic à trouver pour dimanche le bon équilibre dans l'axe. Décevant à Lisbonne, Blerim Dzemaili ne s'est pas vraiment racheté à Belfast. Ce rôle de 9,5 n'est plus taillé pour lui après ses six mois au Canada dans un championnat "mineur" qui n'a rien à voir avec l'intensité à laquelle il était confronté en Serie A. Le problème pour le sélectionneur est de trouver l'homme capable de tenir ce rôle si capital derrière l'attaquant de pointe. Le plus apte est peut-être un Xherdan Shaqiri. Le recentrer n'est peut-être pas la plus mauvaise des idées.
ATS