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Dakota Access Pipeline
L’oléoduc Dakota Access Pipeline prévu dans le nord des Etats-Unis devrait permettre d’acheminer 470 000 barils de pétrole en moyenne par jour à travers quatre Etats fédérés. Le réseau de conduites souterrain, d’une longueur de près de 1900 kilomètres, doit passer sous plusieurs fleuves. C’est l’une des principales raisons pour lesquelles le pipeline est très contesté dans la région de la réserve de Standing Rock dans le Dakota du Nord. La population locale de la tribu des Sioux redoute des fuites dans l’oléoduc, qui non seulement paralyseraient l’approvisionnement en eau potable, mais occasionneraient également de lourds dommages environnementaux à moyen et long terme. En outre, le tracé planifié du pipeline passe au milieu d’un cimetière et d’autres terres considérées comme sacrées par les autochtones.
En avril de cette année déjà, des campements ont été installés sur le site où la construction de l’oléoduc est planifiée, afin de manifester pacifiquement contre le projet. En septembre, les protestations ont été plus virulentes et les autorités compétentes ont demandé le gel de la construction. Toutefois, un tribunal national n'a pas tardé à annuler cette décision. Entretemps, les manifestant-e-s ont reçu le soutien du monde entier. Ainsi, le nombre d’activistes présents sur place a franchi le cap du millier et les manifestations de solidarité à l’égard du peuple sioux sont venues du monde entier. Au cours de ces dernières semaines, les forces de l’ordre ont réagi avec une violence croissante : elles ont utilisé du gaz lacrymogène, des balles en caoutchouc et des canons à eau contre les manifestant-e-s pacifistes et ont déjà arrêté pas moins de 400 militant-e-s à ce jour. Cette répression, ainsi que les conditions de détention inhumaines, sont en en cours d'examen par un rapporteur spécial de l’ONU, qui a d’ores et déjà constaté de graves violations des droits humains dans son compte rendu publié récemment.
Trump autorise la construction
En novembre, une petite lueur d’espoir se formait, quand l’administration territoriale responsable décidait de bloquer la construction jusqu’à ce que les consultations avec la population locale étaient conclus. Une journée plus tard, les grands opérateurs ont déposé une plainte contre la décision avant le tribunal de district de Washington. Début décembre l’US Army Corps of Engineers a décidé de suspendre provisoirement le projet en n’accordant pas le droit de passage. Par contre, on voulait entreprendre une étude d’impact environnementale complète et explorer des tracés alternatifs. Peu après son entrée en fonction, Trump a mis un terme abrupt à ce processus. Fin janvier 2017, le nouveau président a incité de terminer la construction du dernier tronçon du DAPL. Il est préoccupant comment l’Etat, les banques et les entreprises font passer les intérêts économiques avant les droits humains.
Le rôle du CS et UBS
Les grandes banques suisses Credit Suisse et UBS jouent un grand rôle dans ce projet d’oléoduc controversé. On savait déjà que UBS et CS ont chacune investi 340 millions USD dans les entreprises qui participent à l’oléoduc. Des nouvelles recherches de Greenpeace ont révélé que le Credit Suisse est même le financier principal du projet : le CS soutient le projet et les propriétaires de l’oléoduc avec des crédits de presque 1,4 milliards de dollars US – beaucoup plus qu’aucune autre banque participante.
En plus, les deux banques suisses gèrent des paquets d’actions de trois des quatre entreprises qui participent à la construction de l’oléoduc – Energy Transfer Partners, Energy Transfer Equity und Sunoco Logistics Partners. À la fin de l’année passée, le CS a multiplié ses parts en actions de Energy Transfer Partners par 7 (comparé à septembre 2016) et ceux de Energy Transfer Equity par 4. L’UBS a doublé ses parts des deux compagnies comparé à septembre. Actuellement, le CS gère des paquets d’actions d’une valeur globale de plus de 300 millions et l’UBS d’une valeur globale de plus de 650 millions.