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En 2016, des diplomates américains et canadiens en poste à Cuba ont été frappés de migraines, vertiges, nausées ou autres troubles de la vision. Des "incidents anormaux de santé" similaires ont ensuite été signalés ailleurs dans le monde, en Chine, en Allemagne, en Australie, en Russie, en Géorgie ou en Autriche, et même à Washington.
L'affaire a entraîné de vastes spéculations. Rapidement, des responsables américains ont évoqué en privé de possibles attaques, soupçonnant déjà des pays comme la Russie. Mais le renseignement américain avait estimé en mars 2023 qu'il était "très improbable" qu'une puissance étrangère ou une arme soit à l'origine du mystérieux syndrome.
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Premiers cas en 2014 en Allemagne
Mais selon une enquête menée durant plus d'un an par, le magazine allemand et la chaîne américaine CBS, ces diplomates ont pu être la cible d'une arme sonique de la Russie.
L'enquête avance que les premiers cas de "syndrome de La Havane" se seraient produits en Allemagne deux ans avant ceux rapportés à Cuba en 2016. A Francfort, un employé au consulat des Etats-Unis aurait ainsi perdu connaissance en raison de ce qui s'assimilerait à un "fort rayon d'énergie".
Les trois médias disent avoir "découvert des éléments suggérant que ces incidents anormaux de santé (...) pourraient provenir de l'utilisation d'armes à énergie dirigée maniées par des membres de l'unité 29155" du service de renseignement militaire russe (GRU).
Un lien avec la Crimée?
La victime de Francfort aurait notamment identifié un agent de cette unité, basé à Genève. D'autres agents sous couverture auraient aussi été localisés à travers le monde sur les lieux et au moment d'autres incidents du même type.
Les journalistes font également état de preuves attestant que l'unité 29155 a expérimenté le type exact de technologie qui pourrait, selon des experts, être à l'origine des maux. Des membres de l'unité auraient aussi été récompensés ou promus pour le développement d'"armes acoustiques non-léthales".
L'enquête suggère qu'il pourrait y avoir un lien entre ces incidents et la prise de contrôle de la Crimée par la Russie en 2014, peu avant le premier cas recensé à Francfort.
"Accusation sans fondement"
Cette unité, chargée des opérations à l'étranger, s'est déjà retrouvée au centre de plusieurs affaires. Elle a notamment été accusée de la tentative d'empoisonnement de l'ancien espion russe Sergueï Skripal au Royaume-Uni en 2018.
Moscou a immédiatement rejeté cette enquête comme "sans fondement". "Ce sujet a été gonflé dans la presse depuis plusieurs années déjà. Et depuis le début, c'est souvent associé à la Russie", a dénoncé le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov. "Mais personne n'a jamais publié de preuve convaincante, donc tout cela n'est rien d'autre qu'une accusation sans fondement", a-t-il ajouté.
jop avec ats