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Lors des primaires démocrates, Bernie Sanders continue de bénéficier du soutien enthousiaste de millions de jeunes, dont des milliers à travers le pays se portent volontaires pour travailler pour sa campagne.
Des soins de santé pour tous, une éducation universitaire gratuite, des salaires plus élevés et une plus grande égalité pour tou·te·s : ces revendications de Bernie Sanders font de lui l’un des deux candidats les plus populaires aux élections primaires du Parti démocrate. En même temps, l’establishment du Parti fait tout ce qui est en son pouvoir pour contrer cette popularité et faire en sorte qu’un·e modéré·e (idéalement Joe Biden, mais sinon Amy Klobuchar, ou Pete Buttigieg), devienne le candidat du Parti.
Le cirque de la politique
Au moment où j’écris ces lignes, la politique américaine ressemble à un cirque. Trump vient de prononcer un discours sur l’état de l’Union, vantant son succès économique et décernant la médaille américaine de la liberté à Rush Limbaugh, un commentateur de radio raciste de droite. Le procès en destitution du Sénat vient d’acquitter Trump d’actes répréhensibles. Dans la primaire de l’Iowa, le décompte des voix a été chaotique. Finalement, Sanders et Buttigieg finissent à égalité, tandis qu’Elizabeth Warren semble s’effacer. Les primaires décisives du Super Tuesday auront lieu le 3 mars. Tout reste à faire.
Selon les experts de l’establishment du Parti démocrate, Sanders serait trop radical pour gagner parce qu’il prône une assurance maladie pour tou·te·s, s’oppose à la fracturation hydraulique et veut décriminaliser les franchissements non autorisés de la frontière américaine. Ils soulignent que, dans les années 1970, il avait appelé à « la nationalisation de l’industrie de l’énergie, la propriété publique des banques, des compagnies de téléphone, d’électricité et de médicaments et des principaux moyens de production tels que les usines et le capital », bien qu’il ait répudié récemment ces positions. L’establishement fait valoir que si les militant·e·s du Parti démocrate aiment les candidat·e·s plus radicaux, la base du parti préfère les modéré·e·s.
Les expert·e·s du Parti ajoutent que la montée de Sanders représente un risque problématique car, s’il ne gagne pas, ses partisan·e·s pourraient se tourner vers un troisième parti, ce qui pourrait coûter l’élection aux démocrates. L’establishment souligne que Trump attaquera Sanders en l’accusant d’être un socialiste, voire un communiste.
Une politique pour les 99 %
Les démocrates de gauche soutiennent que les positions de Sanders seront bénéfiques et pourront plaire à une large majorité des habitant·e·s des États-Unis. Après tout, près de 30 millions de personnes n’ont pas d’assurance maladie aujourd’hui et Medicare for all leur offrirait une couverture maladie. Quelque 45 millions d’habitant·e·s ont des dettes étudiantes, pour un montant total de plus de 1,5 milliard de dollars. 53 millions de personnes, soit 44 % de tou·te·s les salarié·e·s, sont des travailleurs·euses à bas salaires. Dans un pays de 327 millions d’habitant·e·s, une large partie de la population bénéficierait donc d’un vote pour Sanders – s’ils·elles peuvent être convaincu·e·s.
L’establishment du Parti démocrate, représenté par Biden, a une solide emprise sur les électeurs et électrices noir·e·s, dont il a soutenu les dirigeant·e·s et les organisations. Néanmoins l’électorat noir trouve en général que Sanders est un candidat acceptable. Une majorité de jeunes électeurs et électrices noir·e·s préfèrent Sanders aux autres candidat·e·s. Et parmi les électeurs et électrices latinos, Sanders se place en solide deuxième position, alors que Biden est toujours en tête. Sanders et Biden se battent pour le soutien de l’électorat de la classe ouvrière blanche. Alors que Biden leur demande de lui faire confiance, Sanders les invite à se joindre à lui et lutter pour améliorer la vie des travailleurs et travailleuses.
Un collectif de volontaires
Parmi les volontaires soutenant la campagne de Sanders, on trouve les 60 000 membres des Democratic Socialists of America (DSA). Ce sont en grande majorité des jeunes. DSA mobilise ses membres locaux. Les différentes organisations actives dans la campagne de Sanders sont composées en grande partie de jeunes issu·e·s de mouvements sociaux qui travaillent autour des droits des migrant·e·s, de l’environnement et d’autres questions.
Le plus grand atout de la campagne Sanders est peut-être le rôle de ces jeunes activistes de toutes ethnies et couleurs et de tous genres. Ils·elles voient une chance de construire un nouveau mouvement radical pour la démocratie, la liberté et l’égalité aux États-Unis. Certains y voient le début d’une révolution. Nous l’espérons aussi.
Dan La Botz