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En 2015, le peuple avait accepté (avec 62 % de "oui") l'inscription dans la constitution du principe de l'accès au diagnostic préimplantatoire (DPI, c'est-à-dire de l'analyse génétique et de la sélection, avant leur implantation dans l'utérus de la mère, des embryons provenant d'une fécondation in vitro). Mais ce principe constitutionnel en restait précisément au stade du principe, sans précision sur qui pouvait y avoir accès, et à quelles conditions. Ce sont ces précisions que la loi soumise au vote le 5 juin propose -le principe, lui, est acquis, quel que soit le résultat du vote populaire. Si ce résultat devait être négatif (les sondages prévoient le contraire), le parlement reprendra la main -et les couples qui souhaitent avoir accès à ces tests devront continuer à se rendre à l'étranger, où ils sont, en Europe, presque partout autorisés. Comme les femmes désireuses de mettre fin à leur grossesse devaient, si elles résidaient dans les Etats qui criminalisaient l'avortement, se rendre à l'étranger pour y recourir. Si elles en avaient les moyens. C'est à ce genre d'hypocrisie qu'il convient de mettre fin, s'agissant du DPI comme il s'était agi de l'IVG.
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Le fantôme de l'eugénisme
Le 5 juin, on votera sur la révision de la loi sur la procréation médicalement assistée, qui découle de l'inscription dans la constitution fédérale de la possibilité d'un diagnostic préimplantatoire (DPI), autrement dit avant l'implantation d'un embryon lors d'une fécondation in vitro. Une opposition s'était déjà dessinée alors contre cette possibilité même -elle avait donc été largement battue, puisque le principe du DPI avait été accepté par 62 % des votants. L'opposition de l'année dernière, défaite sur le principe, s'est reformée pour combattre la loi qui le concrétise, et elle s'est élargie à certains des partisans du principe, tel le socialiste valaisan Mathias Reynard, qui reprochent à la loi d'aller trop loin en rendant accessible le DPI aux couples infertiles naturellement, et pas seulement aux couples porteurs d'une maladie génétique grave. Mais le coeur de l'opposition à la loi est le même que celui de l'opposition à l'article constitutionnel : ce sont les milieux chrétiens conservateurs (catholiques et protestants). Et ces milieux, aujourd'hui, brandissent le spectre de l'"eugénisme", et opposées avec eux à la loi, des associations de défense des handicapés proclament que la société doit "intégrer les handicapés, pas les éliminer". Nous pouvons le proclamer avec elles -mais le diagnostic préimplantatoire ne va "éliminer" personne, et il n'y a pas plus d'"eugénisme" dans le diagnostic préimplantatoire qu'il y en a dans une échographie ou une amniocentèse, qui elles aussi permettent de prédire ce que sera l'enfant non encore né, et qui, elles, peuvent conduire à des avortements -ce à quoi ne conduit pas le DPI.