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La Suisse a restitué, le 1er février 2018, 32 millions de francs à l'Etat égyptien. Cet argent avait été bloqué après la chute du président Hosni Moubarak. Il appartenait à l'origine à l'homme d'affaires et ancien politicien Ahmed Ezz.
Cette restitution a été rendue possible grâce à un accord de réconciliation entre le gouvernement égyptien et l'homme d'affaires, indique à l'ats André Marty, chef de l'information au Ministère public de la Confédération (MPC), confirmant des informations de la NZZ am Sonntag. Les conclusions de l'enquête suisse à l'encontre de M. Ezz ne s'opposent pas au transfert.
C'est la première fois que le MPC restitue des fonds bloqués à l'Etat égyptien, précise M. Marty. Aujourd’hui, la procédure pénale suisse pour organisation criminelle et blanchiment d’argent est toujours en cours contre six personnes, dont les deux fils du président déchu. Le montant des valeurs patrimoniales séquestrées s’élève à environ 400 millions de francs.
700 millions bloqués
Le Conseil fédéral avait immédiatement réagi aux révoltes arabes en 2011, ordonnant à titre préventif le blocage des avoirs en Suisse du président déchu égyptien Hosni Moubarak et de personnes politiquement exposées de son entourage.
Le blocage portait initialement sur environ 700 millions de dollars. Le fait pour une personne d’être listé n’implique pas nécessairement qu'elle détienne des avoirs en Suisse. Tel n’était en particulier pas le cas de Hosni Moubarak.
Depuis 2011, le montant des avoirs bloqués a progressivement été réduit. Cette réévaluation est intervenue suite à des radiations sur demande des autorités égyptiennes, qui ont conclu des accords de réconciliation en Egypte.
Conjugués à plusieurs acquittements ou décisions de classement, ces accords ont contribué à l’abandon des poursuites pénales par la justice égyptienne des cas les plus emblématiques susceptibles d’avoir un lien avec les avoirs bloqués en Suisse.