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Qu’est-ce que lire?
Lire, c’est « comprendre la signification d’une suite de mots écrits ». Tout est dit? Non! Cette simplicité n’est bien sûr qu’apparente.
Une activité complexe
Tous les chercheurs actuels s’accordent pour dire que la lecture ou compréhension de l’écrit est une activité langagière complexe qui suppose la mise en place des compétences à plusieurs niveaux, cognitives, linguistiques et sociales.
Ainsi selon Chauveau et Rogovas-Chauveau, la lecture s’appuie sur sept « sous-compétences »
Chauveau et Rogovas-Chauveau, Les processus interactifs dans le savoir-lire de base (1990)
Description de ces 7 sous-compétences et exemple d’activités
Chauveau et Rogovas-Chauveau préconisent une approche intégrative de l’enseignement/apprentissage de ces 7 sous-compétences, ce qui veut dire qu’elles sont à exercer simultanément tout au long de l’année.
Les élèves doivent travailler simultanément et de manière méthodique deux questionnements: la recherche du code (domaine grapho-phonique) et la recherche du sens (domaine de la compréhension).
Le domaine grapho-phonique est la mécanique des mots, savoir décoder et identifier les mots par la combinatoire et l’assemblage des lettres-sons. Ce savoir-faire doit déjà être mis au service du sens par une recherche du mot correct en contexte.
Le domaine de la compréhension est l’exploration du sens, savoir parcourir et questionner des énoncés écrits. Les élèves apprennent à parcourir la totalité de la phrase et ne pas se focaliser sur un fragment écrit (mot ou syllabe). Ils font la va et vient entre le mot et le tout. Ils adoptent un comportement de chercheur de sens. Ces enfants sont capables de partir à la recherche de 3 informations sémantiques majeurs : – de qui cela parle ? – où cela se passe ? – que font-ils, que se passe-t-il ?
Cette vision rejoint celle de Goigoux (2001, 2004)
Goigoux estime que la lecture exige un enseignement multi-dimensionnel. Six pôles doivent ainsi être travaillés de manière équilibrée dans les premiers apprentissages:
- la familiarisation avec l’écrit (Goigoux parle d' »acculturation » ou de « culture écrite »)
- la compréhension de texte
- la compréhension de phrases
- la lecture de mots
- l’écriture de mots
- la production de texte
Ces pôles de l »apprentissage de l’écrit incluent toujours la médiation de l’oral: compréhension de textes oralisés ou formulation « d’oraux écrivables », répondant aux normes de l’écrit.
On lit pour comprendre
Lire une histoire n’est pas suffisant, il faut en accompagner la compréhension. Celle-ci peut se travailler à partir de textes lus à haute voix afin de mettre de côté les difficultés propres à l’identification des mots.
Les composantes de l’apprentissage de la compréhension sont:
- le travail sur le lexique
- la maîtrise des reprises anaphoriques
- la construction de la cohérence et le repérage des inférences
- l’interprétation et l’arrière-plan culturel.
Ce travail doit se faire tout au long de la scolarité, c’est pourquoi on parle d’apprentissage continué de la lecture.