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Chacun doit être libre de se servir de l’argent qui lui convient. Il doit en particulier être libre de désigner cet argent de la façon la plus précise que soit à ce que tout doute et toute erreur soit exclue. Notre publication antérieure «L’essence et les enseignements de la crise monétaire» (1920, n° 16 des publications économiques) a souligné avec vigueur l’idéal d’une monnaie basée sur le poids métal, remplaçant une monnaie à valeur nominale qui ne signifie rien. Comme prochaine mesure concrète, on a recommandé que lors de la prochaine restructuration de notre système monétaire, il serait judicieux que les pièces de monnaie ayant cours légal contiennent outre leur désignation l’indication de leur poids en métal précieux, exprimé en grammes et que tous les titres de créance devraient à l’avenir outre la désignation traditionnelle également être libellés en poids d’or. Ce qui l’on a attendu par la législation future a été déjà été réalisé partiellement de plein gré par la pratique sensée. Se rappelant le sort du Franc suisse, nos banques définissent dans les accords de prêt à long terme ce franc explicitement et précisément à 0.2903225 grammes d’or fin se basant sur le poids en or, excluant ainsi toute incertitude. A court terme, la création d’une cédule hypothécaire unique est prévue. Quelle meilleure recommandation au monde puisse-l’on donner à ce titre que la garantie or aujourd’hui refusée? Dans le Droit des biens, le Code des obligations et dans toute la législation, le bon ordre de notre système monétaire doit être confirmé et étayé.
Ces exigences et suggestions énumérées dans cette section ne sont nullement dictées par des attentes exagérées. Les troubles et les pertes infligées à l’économe par les crises et les guerres ne peuvent bien sûr pas être empêchées ou annulées, même par une politique monétaire fidèle à elle-même. Cependant, un comportement avisé garantira que les dommages causés ne seront pas excessifs, ne ruinent pas toute les classes sociales, n’assassinent pas toute confiance, toute propension à l’épargne. Certes, en cas d’urgence, de nombreuses obligations ne seront pas correctement remplies malgré des sursis de paiement. La position des parties contractuelles toutefois reste celle librement convenue lors de la conclusion du contrat. Les difficultés devraient se résoudre au cas par cas, après l’examen des circonstances particulières. Mais en aucun cas, il n’arrivera que les obligations de paiement puissent être biffées comme par l’Allemagne via l’effondrement du Mark. Si le débiteur ne peut s’acquitter de ses obligations, elles continuent d’exister jusqu’à ce qu’elles soient remplies, que ce soit intégralement ou partiellement, ce dont décideront les juges ou un accord mutuel selon les circonstances modifiés. Ces suggestions devront suffire dans le cadre de cette étude.