Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06964.jsonl.gz/1265

L'objectif de ce travail était de construire un robot de conversation qui puisse converser sur un thème donné. Le thème a été choisi dans le but d'essayer de construire une vraie conversation sur un sujet qui puisse intéresser celui qui converserait avec le robot.Dans cet esprit, le robot devait donner l'envie d'en savoir plus en ce qui concerne la vie sur terre et notre questionnement quant à nos origines.L'objectif est par conséquent à la fois cognitif et philosophique, d'où le nom donné au robot: Socratis. C'était d'autant plus intéressant de construire des phrases de manière que le jeu des questions- réponses puisse paraitre plausible et d'autre part de mettre l'accent sur l'aspect maïeutique du questionnement, ce qui n'est pas évident à faire avec un robot de conversation!
J'ai inséré le robot dans un environnement ludique pour être cohérente avec le reste des travaux STAF14, qui s'appuie sur une approche ludique à l'instar des logiciels éducatifs. De ce fait, il s'agit de découvrir le sujet de couversation du robot, ce qui permet ainsi d'allier agréable et enseignement, comme Molière le faisait.
La mise en oeuvre de ce robot a posé certaines difficultés qui étaient liées aux expressions régulières lorsqu'il s'agit de construire une conversation et non simplement un jeu de questions-réponses fermées. Si, par exemple, on souhaite poser une question ouverte, il faut s'attendre à ce que la réponse soit possiblement différente de celle que l'on attend.D'où le problème de se placer dans le possible et en même temps dans le vraisemblable. De ce fait, on est obligé de se projeter dans le futur et d'imaginer tous les types possibles de réponses. C'est à la fois amusant et impossible!
Un autre problème concerne la structure des phrases en se servant des expressions régulières, qui sont plutôt faites pour l'emploi de mots. On se rend compte ainsi que la programmation n'est pas à la hauteur en ce qui concerne la structure langagière. Elle ne l'est pas non plus d'ailleurs quant à l'imagination de l'être humain, car il est difficile d'imaginer le plus grand nombre possible d'interlocutions. Aussi, doit-on pallier le problème en construisant des structures à la fois les plus abstraites et en même temps en insérant des réponses particulières.
Lorsqu'on fait vivre le robot et que l'on s'aperçoit que l'interlocuteur ne propose pas du tout les mêmes réponses, il faut remettre en cause les phrases préparées, remettre en cause aussi sa tournure d'esprit. En cela, il est intéressant de travailler le robot avec d'autres personnes pour développer sa façon de réfléchir. On s'aperçoit ainsi que chacun a des "tics" cognitifs et des structures langagières qu'il personnalise. De cette manière, le robot devient un miroir intéressant des tournures langagières de chacun !