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Sorti en Argentine sous le titre Chau Buenos Aires, le premier film de fiction de Germán Kral, intitulé Adiós Buenos Aires pour sa distribution internationale, suit l’histoire d’amour entre un musicien et une conductrice de taxi avec le tango et la crise de 2001 pour décor. L’intrigue plonge le public à Buenos Aires, secouée par les manifestations incessantes de la population argentine qui traverse une crise socio-économique terrible en novembre 2001. Le protagoniste, Julio Färber (Diego Cremonesi), tient un magasin traditionnel de chaussures qu’il a hérité de son père, mais qui est au bord de la faillite. Malgré ses difficultés financières, il trouve un havre de paix qui le ressource au sein de son groupe d’amis musiciens, Los Vecinos de Pompeya (Les voisins de Pompeya). Ce groupe de tango amateur composé de cinq musiciens, dont Julio est le charismatique bandonéoniste, essaie de garder la tête hors de l’eau dans ce contexte social et politique chaotique.
Déterminé à émigrer avec sa fille Paula (Violeta Narvay) et sa mère Dorothea (Regina Lamm) en Europe, abandonnant son magasin de chaussures, son quartier bien-aimé de Nueva Pompeya et son groupe de tango adoré, Julio prépare son départ à l’insu de son groupe d’amis et fait établir des passeports auprès de l’ambassade d’Allemagne à Buenos Aires ; comme de nombreux Argentins d’ascendance européenne, il espère fuir la crise en partant pour le Vieux Continent (le cinéaste a des grands-parents qui ont quitté l’Empire austro-hongrois et son patronyme signifie « roi » en tchèque et en turc).
Cependant, la vie semble conspirer pour contester sa décision : du jour au lendemain, le gouvernement gèle tous les comptes bancaires de tout le pays, empêchant Julio d’acheter les billets d’avion et de retirer son capital issu de la vente de son appartement. Ces mesures gouvernementales déclenchent de violentes protestations à travers tout le pays et les manifestants remplissent les rues de la capitale. Mariela (Marina Bellati), une jeune conductrice de taxi débrouillarde et fougueuse, percute sa voiture à toute vitesse, endommageant le dernier bien de valeur de Julio qui espérait vendre sa voiture pour contribuer aux frais du voyage.
Conscients que les clients du bar où ils jouent se font rares, les musiciens du groupe Los venions de Pompeya décident de chercher les services d’un chanteur pour attirer plus de public. Ils partent solliciter Ricardo Tortorella (Mario Alarcón), un illustre chanteur de tangos et de milongas, une gloire du passé qui a sombré dans l’alcool, ce qui altère sa mémoire, et vit, publié du public, dans un EMS à Rosario, une ville de province. Le célèbre chanteur acceptera la proposition des musiciens et retrouvera goût à la vie. La flamme du tango retrouvée grâce à la composition complète du groupe de tango permet à Germán Kral de nous régaler avec une bande-son envoûtante faite des tangos emblématiques tels que Pasional, Desencuentro, Cambalache et Honrar la Vida. Les airs fameux entrelacent l’intrigue, reflétant la vie et les émotions des personnages et le cinéaste a fait intensément travailler ses acteurs avec des musiciens professionnels afin que leurs gestes soient authentiques. Le résultat est bluffant, d’une incroyable crédibilité, et les mélodies, enregistrées spécialement pour le film par d’éminents musiciens de Buenos Aires, rend un vibrant hommage au tango et à ses racines profondes dans la vie des Argentin.e.s en restituant l’essence et l’âme du pays.
D’une apparence simple, le film révèle toute sa complexité, multiculturelle à travers les différents personnages qui, au fil des diverses vagues d’émigrations – Italie, Espagne au XIXème siècle, pays slaves et Allemagne au XXème siècle – ont constitué un humour empli d’autodérision propre à l’Argentine dont la situation de la crise de 2001 résonne avec la réalité argentine actuelle. Le cinéaste souligne la leçon de résilience que le peuple argentin démontre dans les périodes récurrentes de turbulences que le pays connaît depuis le siècle dernier. Germán Kral réfléchit à la résonance de l’histoire avec l’époque contemporaine, où les événements à laquelle Julio et ses amis sont confrontés font écho de manière tragique avec la société argentine d’aujourd’hui. Le réalisateur espère que le film servira de lueur d’espoir dans les moments sombres, en mettant en valeur la dignité, l’humour et l’amitié qui persistent même dans les circonstances les plus défavorables.
German Kral signe un film poétique et émouvant distillant une histoire aux multiples facettes : à la fois drôle, émouvante, romantique et tragique. L’histoire de son premier film de fiction trouve son essence dans le local et conserve des touches du documentaire dans lequel le cinéaste s’est illustré depuis trois décennies, mais résonne dans l’universel, tissant une toile d’émotions et de réflexions qui touche tout un chacun. Venu en Suisse pour échanger avec le public lors des présentations en avant-première de Adios Buenos Aires, German Kral nous a parlé de la longue gestation de ce film, de l’Argentine qui demeure dans son coeur malgré l’exil, de son expérience avec Wim Wenders, entre autres.
Rencontre
Germán Kral, vous êtes présent à Genève pour présenter Adiós Buenos aires. Il me semble qu’il s’agit d’un projet qui vous est très cher, mais vous avez eu besoin de vingt ans pour le réaliser : une gestation très longue…
Oui, en effet, ce film a nécessité vingt ans. J’ai commencé en 2003 à écrire les premières idées et à prendre les premières notes. La crise de 2001 était justement très proche et les images que l’on voit dans le film, des manifestations, de la violence, des gens qui frappent aux portes des banques pour réclamer leur argent, tout cela a été très proche. À ce moment-là, je travaillais sur un documentaire sur le bar El Chino et le tango à Buenos Aires (El último aplauso, 2004) dans un bar incroyable qui se trouve à Pompeya. C’est la raison pour laquelle nous avons situé le bar et les musiciens dans le quartier de Pompeya pour ce film en hommage au bar et aux musiciens de ce bar El Chino qui était un bar qui était ouvert les fins de semaine. Il y avait un panneau qui indiquait du vendredi à 11h du soir jusqu’à lundi à 11h du matin. Ils jouaient du tango sans s’interrompre de vendredi jusqu’à 11h du matin le lundi, une chose incroyable.
Sans s’arrêter ?
Oui, oui, sans s’arrêter et en dormant sur les tables. La célébrité de ce bar a augmenté et j’ai fait un documentaire sur ce bar. Et les personnages et l’ambiance qu’il y avait dans ce bar m’ont émerveillé et m’ont beaucoup influencé pour faire ce film de fiction. Une partie de l’ambiance, des musiciens et de ce bar se sont retrouvés dans Adiós Buenos Aires.
Votre amour pour l’Argentine, pour les Argentins et pour le tango ne faiblit pas, que ce soit la musique comme la danse du tango. Qu’est-ce qui vous unit au tango ?
Je suis argentin, je suis né à Buenos Aires où j’ai grandi. À vingt-deux ans, j’ai voyagé pour l’Europe et je suis parti à Berlin à peine âgé de vingt-trois ans pour étudier le cinéma mais l’école berlinoise ne m’a pas accepté et je suis parti étudier à Munich où je voulais aller de toute façon et j’y vis depuis, mais je garde une connexion très forte avec l’Argentine où j’ai réalisé plusieurs documentaires sur le pays et ce film de fiction. Mes parents sont morts il y a quelques années, mais comme ils vivaient en Argentine, le lien qui m’unit à l’Argentine est très fort. Et le lien avec le tango aussi que j’ai découvert par un ami qui avait une cassette quand je suis arrivé à l’aéroport de Berlin, une cassette de Roberto Goyeneche, avec la chanson Naranjo en flor. j’ai commencé à écouter Roberto Goyeneche et par lui, je suis rentré dans le tango. Cela s’est transformé en un pont direct émotionnel en direction de Buenos Aires. J’écoute un tango dans la cuisine dans ma maison et je suis en réalité connecté avec mes racines les plus profondes.
Vous nous parlez d’une connexion avec votre pays, avec votre famille par le biais du tango. C’est aussi le cas de votre protagoniste, Julio, qui tient le magasin de chaussures et est le bandonéoniste du groupe dans lequel il joue. Il veut quitter l’Argentine à cause de la crise sociale et politique. Le bandonéon est un instrument qui unit l’Argentine à l’Europe. Il est arrivé en Argentine grâce à des musiciens européens …
En réalité, le bandonéon est un instrument allemand, qui s’est transformé en un instrument emblématique du tango. Il s’appelle bandonéon parce que celui qui l’avait dessiné s’appelait Monsieur Band. Certainement, cet instrument est arrivé avec des marins qui, ayant bu tout leur argent, ne pouvaient plus payer leur voyage retour et ont dû laisser leur instrument pour rentrer. L’alcool ou pour les femmes dans le quartier de La Bocca … Dans les banlieues proches du port. Le tango a une origine liée à la prostitution. Le tango se jouait et se dansait dans les bordels, mais aussi dans les lieux de la haute société, les deux extrêmes. Le bandonéon a été créé pour pouvoir jouer dans les processions religieuses. Il a deux bretelles avec lesquelles on peut accrocher l’instrument et jouer en marchant. Le bandonéon a donc aussi une origine religieuse. L’histoire du bandonéon est donc très intéressante.
Pouvez-vous nous parler de l’histoire de vos personnages qui sont tous différents, mais partagent le fait d’être des musiciens passionnés qui jouent, mais ne reçoivent en salaire que des empanadas puisqu’il n’y a pas d’argent en Argentine. Le bandonéoniste veut s’en aller, mais il le vit comme un terrible échec. Comment avez-vous eu l’idée de l’histoire de ce protagoniste ?
J’ai commencé en 2003 en participant à un atelier d’écriture de scénario. Il y a eu une première version. Puis j’ai écrit plusieurs versions, mais je sentais que cela n’allait pas dans la direction que je souhaitais. Je me suis souvenu que j’avais un ami, un grand scénariste argentin, Fernando Castets. Il a travaillé avec José Campanella et quand j’étais très jeune, j’avais été son assistant. J’avais vu un film merveilleux qu’il avait co-écrit avec José Campanella qui s’appelle El hijo de la novia (Le fils de la mariée, 2001). Je l’ai donc appelé et lui ai dit : « Fernando, cela fait quinze ans qu’on ne s’est plus parlé, je ne sais pas si tu vas te souvenir de moi ? Je suis Germán Kral. » Il m’a dit : « Figure-toi que je viens de sortir d’un magasin et j’ai acheté la bande-son de ton dernier film. » C’était le film du bar El Chino de Pompeya. Au moment même où je l’ai appelé, il venait d’acheter cette bande-son. C’est difficile à croire, n’est-ce pas ? On a commencé à travailler ensemble, on a écrit une très jolie version du scénario qui était très divertissante, mais ne fonctionnait pas en Allemagne. Pour pouvoir obtenir de l’aide financière de l’Allemagne, on a contacté un ami cher et qui est un grand scénariste allemand, Stephan Puchner. Nous avons commencé à réécrire l’histoire avec lui. Cela a été un processus très long car de l’espagnol, on le traduisait en allemand, de l’allemand à l’espagnol, ainsi de suite. Fernando apportait les corrections et je lisais. Cela a duré très longtemps. Je trouve que c’est un scénario très délicat, très poétique qui a pu se transformer en film.
À propos des personnages, à quel moment avez-vous choisi les comédiens qui les interprètent ? Ces personnages représentent l’Argentine avec un mélange de cultures très diverses, Ricardo Tortorella que les musiciens vont chercher pour chanter dans le groupe est d’ascendance italienne…
L’histoire de Tortorella est très divertissante. Dans le film, il est notre mythique chanteur de tango qui a été oublié. C’était un grand chanteur qui est tombé dans l’oubli parce qu’il avait sombré dans l’alcool. J’avais un ami en école secondaire qui s’appelait Gerardo Tortorella. Ce nom m’a toujours trotté dans la tête et c’est ainsi que nous avons mis ce nom au chanteur de tango qui est un très joli nom en italien et qui résonne comme celui d’Astor Piazzolla et comme tant d’autres chanteurs d’ascendance italienne qui ont rendu le tango célèbre en Argentine. Très nombreux, vraiment très nombreux ! J’ai toujours voulu que cela soit Mario Alarcón qui interprète Ricardo Tortorella. C’est un très grand acteur qui avait aussi joué le juge dans El hijo de la novia. Et les autres acteurs, on les a trouvés au moment où on commençait le film. C’était très difficile de trouver un protagoniste. Diego Cremonesi, c’est l’épouse de notre co-scénariste argentin, Gabriela Fantl, qu’il l’a trouvé. Elle est en charge de casting et m’a dit : « Regarde ce garçon ! Il a quelque chose de très intéressant dans son regard qui est très nostalgique, mélancolique. » Il peut paraître allemand et j’aimais beaucoup sa manière de jouer. Il était très convaincant et a pris très au sérieux ce rôle, en particulier avec le bandonéon pour donner l’impression que c’est lui qui joue vraiment.
Marina Bellati, qui joue la conductrice de taxi, disait de vous dans un entretien que vous dirigez de manière très douce, que vous êtes très délicat avec vos comédiens, que vous êtes très attentif à eux. Vous avez aussi travaillé avec Wim Wenders. De quelle façon souhaitez-vous que vos acteurs évoluent avec votre histoire et que vous a apporté le travail avec Wim Wenders ?
C’est mon premier film de fiction. J’avais réalisé des documentaires pour le cinéma. Je connaissais tous les aspects du cinéma, mis à part le travail avec les acteurs. J’avais fait des courts métrages de fiction durant mes études, mais cela date. C’est cela qui a été le défi majeur pour moi. Ce que j’ai appris avec Wim Wenders, c’est qu’il donne beaucoup de liberté aux acteurs. Il est là mais les corrige très peu, il intervient très peu.
Dans une sorte d’osmose ?
Entre le réalisateur et les acteurs ? Entre les acteurs et les personnages ? Je ne sais pas, j’avais vu qu’il évitait d’intervenir.
J’ai eu dans ce film de grands acteurs argentins de théâtre, de cinéma, de télévision. Ce sont des personnes qui ont une immense expérience et sont d’excellents comédiens. Pour moi, cela a été un luxe de travailler avec eux. J’ai appris beaucoup et je leur suis très reconnaissant. Qu’ils aient fait partie de ce projet, je crois qu’ils l’ont fait très bien et qu’ils transmettent une réalité. Il y a des personnes qui m’ont demandé lors d’une projection : « Ces musiciens, ce sont des acteurs ? » Cela voulait dire qu’on avait réussi. On avait réussi à faire croire que c’était de véritables musiciens, il y avait une crédibilité. On a pu l’atteindre grâce à un immense travail de leur part. Ils ont participé à de nombreuses classes, ils avaient des coachs et des instructeurs qui leur montraient les gestes exacts. Si quelqu’un du public joue du violon, il va voir que les gestes sont corrects, si quelqu’un joue du bandonéon, idem. Pour la majorité du public qui n’est pas expert en musique, le film donne la sensation que les comédiens jouent réellement.
Le film traite de la crise sociale et économique de 2001. On voit qu’on paie les musiciens en empanadas et surtout, on constate que, quand les gens veulent retirer leur argent de la banque, ils peuvent retirer au maximum 250 pesos, soit rien ! Régulièrement, on a le sentiment que l’Argentine connaît à nouveau une crise sociale et économique. Quelle est la situation actuelle en Argentine avec le nouveau gouvernement ?
L’Argentine est un pays incroyable. Chaque fois, elle trébuche sur la même pierre, il y a une résilience des Argentins qui est incroyable. En décembre 2023, il y a eu 25 % d’inflation. En janvier, il y a eu 20 % d’inflation. C’est impossible de vivre avec une telle inflation. On ne sait jamais combien valent les choses. On doit tout le temps se battre. Cela crée une sorte de jungle. Personne ne peut faire confiance à personne, tout le monde tente de savoir où il peut trouver de l’argent.
Et la corruption ?
Oui, la corruption est terrible. Elle est dans tous les aspects de la société qui est corrompue. La vice-présidente est corrompue, le ministre est corrompu, le vice-ministre est corrompu, le policier est corrompu… La corruption est pyramidale à travers tous les niveaux de la société. C’est très, très difficile. Ce qui se passe en Argentine est tragique. Dans le film, on raconte une histoire de 2001. Tous les thèmes de 2001 sont les mêmes que ceux d’aujourd’hui : le fond, monétaire International, la pauvreté, le chômage, la corruption et des personnes qui quittent le pays.
La chance pour certains Argentins, dont la majeure partie a des origines européennes, est qu’ils peuvent retirer le passeport des ambassades étrangères liées à leurs ancêtres pour venir en Europe. Mais ceux qui restent en Argentine poursuivent les manifestations et montrent leur indignation dans votre film, en 2001 comme aujourd’hui. Ils ne laissent pas se faire par un gouvernement qui ne leur convient.
Oui, les Argentins ont une grande résilience et ils ont la capacité d’avoir un humour pour supporter des situations difficiles. Cet humour typiquement argentin nous aide, les aide à poursuivre leur chemin, à supporter ce qui arrive, c’est ce que montre le film. Au cœur d’une crise incroyable, les Argentins maintiennent l’humour et l’amitié de manière incroyable. Le sentiment de l’amitié, c’est très beau en Argentine. Mais oui, en effet, l’Argentine est un pays très difficile. Je vis à Munich, mais je vais très souvent en Argentine et je travaille en Argentine. Nous avons payé des salaires, nous avons reçu des subsides en Argentine. Faire quelque chose en Argentine est beaucoup plus difficile que dans n’importe quel autre endroit du monde où j’ai dû travailler. En Argentine, tout est toujours plus compliqué. Lamentablement, car c’est un pays magnifique. Les gens sont magnifiques. C’est un pays très grand, vaste, qui a des richesses.
C’est un pays qui a des richesses du point de vue de la géographie mais aussi du point de vue de la musique, de la littérature, du cinéma. Cette richesse culturelle peut rendre son peuple fier en dehors des frontières de l’Argentine. Le gouvernement réalise-t-il cette richesse culturelle ?
Ce que vous dites est très intéressant. C’est un pays où il y a des gens très créatifs. Jorge Luis Borges est le plus grand des Argentins et il est enterré ici à Genève. Il disait : « Genève est une de mes patries. » Ma sensation est que Juan Carlos Copes qui a été le protagoniste d’un autre de mes films (El último Tango, 2016) et qui avait voué toute sa vie au tango, m’a dit une fois : « Ce qui n’est pas un commerce n’intéresse pas les politiciens. » Ce qui n’est pas un commerce, les politiciens ne le regardent pas, ne le voient pas et ne considèrent pas et donc ils ne l’aident pas. Plusieurs fois, j’ai vécu cela.
J’ai tenté de réaliser des projets que les autorités n’ont pas aidés. C’est la chose la plus difficile d’obtenir un visa pour un cameraman ou d’obtenir de l’argent pour faire une coproduction. Le tango est un bien culturel d’exportation, il y a de nombreuses personnes qui viennent en Argentine pour le tango. Et en sens inverse, il y a de nombreuses personnes qui partent de l’Argentine et voyagent à travers le monde par le biais du tango. Et pourtant, il n’y a aucun appui sérieux aux danseurs, aux danseuses et aux musiciens de tango comme il devrait y avoir. Il devrait y avoir plusieurs écoles de tango gratuites pour former les musiciens, des danseurs et des danseuses de tango. La milonga devrait avoir un soutien spécial du gouvernement parce que c’est un bien culturel, c’est une industrie. Mais cela ne les intéresse pas parce que ce n’est pas du commerce.
Firouz E. Pillet
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