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27/03/2014
SAGESSES d'Ibn 'Atâ'i -LLâh : Le détachement (zuhd) et son mérite
(La Sagesse en arabe est suivie de sa traduction)
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مَا قَلَّ عَمَلٌ بَرَزَ مِنْ قَلْبٍ زَاهِدٍ، وَلَا كَثُرَ عَمَلٌ بَرَزَ مِنْ قَلْبٍ رَاغِبٍ.
Une action qui émane d’un coeur détaché ne peut être peu de chose.
Une action qui émane d’un coeur avide ne peut être grand-chose
Commentaires:
La valeur des actes est relative à la qualité de l’intention qui émane du coeur. La qualité passe toujours avant la quantité. Il se peut ainsi qu’un adorateur accomplisse un nombre impressionnant d’actions de bien, et que celles-ci n’aient pas beaucoup de poids auprès de Dieu, pour la simple raison qu’elles n’émanent pas d’un coeur pur et désintéressé. À l’inverse, celui dont le coeur agit sincèrement en vue de Dieu et par amour pour Dieu, la plus petite de ses oeuvres pèse lourdement dans la balance. L’imam ‘Alî Ibn Abî Tâlib – que Dieu soit Satisfait de lui – disait en ce sens : « Ayez plus le souci de voir vos oeuvres acceptées que le souci de vos oeuvres elles-mêmes.
En vérité, une action accompagnée de piété ne peut être peu de chose. Et comment donc une action acceptée par Dieu serait-ellepeu de chose? »
‘Abd-Allâh Ibn Mas‘ûd – que Dieu soit Satisfait de lui – a dit : « Deux cycles de prière accomplies par un savant détaché
des choses terrestres valent mieux que l’adoration des serviteurs assidus jusqu’à la fin des temps, éternellement ! »
Il a été rapporté qu’un homme se plaignit auprès d’un juste du fait qu’il s’adonnait aux actions de bien et qu’il n’y trouvait aucune saveur dans son coeur. Le juste lui dit : « C’est parce qu’il y a chez toi la fille de Satan (Iblîs) : le bas monde (ad-dunyâ, féminin en arabe). Or, un père rend nécessairement visite à sa fille dans sa maison, qui est ton coeur. Cette intrusion n’entraîne que corruption !
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ليَِقِلَّ مَا تَفْرَحُ بهِِ يَقِلَّ مَا تَحْزَنُ عَلَيْهِ.
Que peu te réjouisse, afin que peu t’attriste.
Commentaires:
Tout ce qui réjouit l’homme en cette vie finit par connaître un revers avec le temps. Il en va ainsi des biens et des honneurs : le destin de l’homme est d’être séparé de tout ce qui lui est cher en ce monde.
Seuls se trouvent à l’abri de cette forme de déchéance ceux qui vivent dans le détachement le plus complet. Leurs coeurs sont tournés vers leur Créateur, et non pas vers les choses de la vie.
On demanda à un sage : « Pourquoi ne t’affliges-tu jamais ? » Il répondit : « Parce je ne cherche pas à acquérir la chose dont la perte occasionnerait ma tristesse. »
Il n’existe donc pas un homme qui soit plus heureux que celui qui vit en accord avec son destin, et ne cherche pas davantage.
(Extrait de
Les Sagesses
D’Ibn ‘Atâ’i -Llâh as-Sakandarî
Commentées par Hani Ramadan
à paraître aux éditions Tawhid in sha Allah)