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Cairns (Des -)
Celui qui parcourt les montagnes a de tout temps apprécié les cairns, ces amoncellements de pierres qui lui indiquent le chemin à suivre. Cet article examine quelques aspects lexicologiques, sémantiques et historiques de ces constructions aussi modestes qu' utiles.
En français et en anglais, on les appelle cairn1; en allemand, Steinmann; en italien ometto; en espagnol mojón, en aymara ( Bolivie ) apacheta. Ce sont des entassements de cailloux servant habituellement à baliser un itinéraire, à marquer un point culminant, un sommet, un col ou à indiquer une limite territoriale. Ils sont généralement modestes - quelques pierres empilées sur le bord d' une sente - et on les devine plus qu' on ne les voit au sortir d' une cabane, bien avant l' aube, lorsqu' on s' en va vers le haut, à travers pierriers et moraines. Ils sont parfois énormes, comme ceux qu' on aperçoit en montant à la cabane Gauli ou à la cabane du Binntal; ce sont alors des constructions soignées atteignant facilement deux ou trois mètres de haut et ils permettent au marcheur de se rendre compte d' une direction générale ou de prendre la mesure de la pente qui lui reste à gravir...
Le balisage des itinéraires Les cairns furent sans doute le premier moyen utilisé par l' homme pour baliser un itinéraire. Cette fonction, encore très utilisée dans toutes les montagnes du monde, est liée au besoin de communication des hommes; elle établit le lien entre une vallée et une autre, entre les mineurs et les utilisateurs du minerai, entre les villages et les pâturages, entre les chasseurs et leur gibier. Bien avant l' invention de la peinture, les cairns permirent ainsi également aux hommes de trouver leur route dans l' hostilité du milieu montagnard; dans le brouillard ou par temps couvert, lors de chutes de neige ou sous une pluie battante, ils leur évitaient les fourvoiements grâce à leur nature de repères codifiés.
Depuis le développement du tourisme dans les Alpes, les cairns balisant les chemins ont presque partout fait place à des marques de couleurs peintes sur de grosses pierres ou sur des rochers. On y a gagné en lisibilité, pour autant qu' on connaisse la symbolique utilisée; on y a perdu une certaine beauté et surtout la communication orale avec les gens qui pouMaurice Brandt, dans le guide du CAS Alpes Valaisannes 2 ( 1987, p.49 ), citant J. Guex, précise que dans le Bas-Valais et aussi en Savoie, le terme Bonhomme qui désigne certaines montagnes ( Bonhomme du Tsapi, par exemple ) signifie tout simplement élévation de pierres marquant un sommet. A rapprocher donc du terme allemand Steinmann, homme de pierre.
Cairn très rudimentaire près du bivouac CAI Regondi Près du lac de Dèvero, sur le versant italien de l' Albrun Cairns aux abords de la cabane Schönbiel, devant le * » **5 Stockjigletscher et le Wandfluehorn vaient informer le voyageur sur l' iti à prendre. Les marques peintes conduisent sans faute à une cabane, à un col fréquenté, à un sommet facile d' accès; elles sont nombreuses, parfois surabondantes ( au point de provoquer une légère irritation ). Cependant, elles ont leur limite: je me souviens d' une montée à la cabane Schmadri, en novembre 1994, après une première chute de neige et au cours de laquelle nous aurions bien aimé rencontrer quelques cairns, car seules les traces d' animaux nous indiquaient où se trouvait le chemin, les marques rouges et blanches étant toutes invisibles.
Les cairns présentent un autre avantage: il n' est pas nécessaire de les entretenir périodiquement. Les passants, en un geste provenant sans doute du fond des âges, se surprennent en effet à ajouter une pierre aux quatre ou cinq déjà amoncelées, à poser çà et là un petit caillou de plus, voire à reconstruire entièrement un repère détruit ou à en ajouter un dans un endroit où ils jugent qu' il faisait défaut. Ces gestes font partie du patrimoine sinon de l' humanité, du moins de la totalité des populations montagnardes et des citadins qui fréquentent la montagne. Ils ont sans doute une composante rituelle et, comme en Bolivie, ils relient l' homme à la terre de la même manière que l' offrande d' une feuille de coca à la Pachamama ou le brin de laine rouge que les femmes laissent choir de temps à autre sur les chemins qu' elles parcourent.
Dans la Cordillère des Andes Les Incas appelaient huacas les endroits sacrés. Il y avait toutes sortes de huacas: en particulier les sources, les pierres ayant des formes curieuses, certaines grottes, les montagnes dominant les communautés et... les cairns. Ces derniers ne faisaient pas l' objet d' un culte proprement dit, mais chaque passant était censé s' arrêter un instant, se recueillir et placer « sa » pierre sur l' édifice, pierre qu' il avait parfois apportée de loin.
Sur les hauts plateaux de Bolivie, le mot aymara apacheta signifiait d' abord col, passage, point culminant d' un itinéraire. Ainsi, dans la Cordillère Royale, le passage entre la vallée de Janchallani et le camp de base du Condoriri s' appelle col d' Apacheta ( 5100 m ). On y trouve plusieurs gros cairns. Par la suite, ce substantif a pris une autre signification, celle de tas de pierres construit sur un col. Par extension, on lui a ajouté enfin le sens que nous donnons au mot cairn, celui d' un entassement de cailloux destiné à baliser un chemin.
Mais les apachetas peuvent aussi servir à d' autres fins: ainsi, près du lac de Viscachani, de très nombreux cairns ont été construits sur le fil d' anciennes moraines. Certains sont probablement très anciens car de la mousse et des lichens ont poussé tant sur les roches de la base que sur les pierres empilées. Visibles de loin, ils enserrent un espace assez plat où des murs de pierre sèche forment des enclos destinés aux troupeaux de lamas. Lors d' une randonnée en été 1996, j' ai observé à cet endroit de nombreuses touffes d' herbe brûlées, ce qui m' a fait penser à un lieu céré- monial. Notre cuisinier aymara m' a alors expliqué que ces cairns avaient une simple fonction d' épouvantails destinés à éloigner les prédateurs et que les plantes calcinées étaient le fait d' enfants qui s' amusaient à allumer des feux à la Saint-Jean. Cette explication est plausible; quant à moi, je persiste cependant à croire que je me trouvais là devant des aménagements cultuels dont la signification échappait à mon informateur ou qu' il ne voulait pas me révéler. Mais indépendamment de cette incertitude, il est intéressant d' imaginer la construction de cairns dans le but d' éloigner les animaux sauvages; ainsi, par ce sens, le mot d' origine celtique utilisé Photos: fb 22.9.96 en français et en anglais2 rejoindrait les termes d' homme de pierre des langues allemande et italienne.
Qu' ils servent à baliser un cheminement, à marquer la présence de l' homme à tel endroit ou à exprimer une forme de dévotion, les cairns font partie intégrante du paysage montagnard et leur présence rassurante amoindrit le sentiment de solitude de celui qui en découvre sur son passage.
Maurice Zwahlen, La Chaux-de-Fondso a.
* Le mot cairn provient du gaélique cam et désignait à l' origine des monticules de pierres ou des tumulus celtes. Dans son acception actuelle de balisage d' itinéraire, il est entré dans la langue française en 1860 ( selon Le Nouveau Petit Robert, version électronique, Paris 1996 ). En Ecosse, il désigne une cime élevée et escarpée, tels le Cairn Gorm ou le Cairn Toul.
Cairn plâtré de givre à la Fenêtre de Durand ( col frontière entre le Mt Avril et le Mt Gelé ) Un imposant cairn dans la montée au Passo della Rossa ( Geisspfadpass ) a.
»our l' alpiniste, le skieur it le randonneur
»er l' alpinista, lo sciatore e l' escursionista
:ür Skitourenfahrer, Bergsteiger und -wanderer
Les raisons de l' utilisation des bâtons Prévention de lésions articulaires Parmi les personnes interrogées, 60 % utilisent des bâtons télescopiques pour prévenir des dommages ultérieurs des articulations ( voir graphique p. 23 ). Dans notre société, on accorde une valeur relativement élevée à la santé. En conséquence, la préoccupation pour la santé et donc pour la prévention des maladies et des signes d' usure des organes n' a cessé de prendre de l' importance ces dernières années, ce qui incite les fabricants de bâtons télescopiques à baser leur publicité sur la prévention de l' usure des articulations. Ils fondent leurs affirmations sur diverses études, dont certaines ont bénéficié de leur soutien financier. Les résultats de ces études sont impressionnants à première vue mais doivent être quelque peu relativisés par une approche critique.
Moins de fatigue La réduction de la fatigue, fréquemment mentionnée comme raison d' utiliser des bâtons, peut étonner. L' utilisation correcte de bâtons lors d' excursions pédestres en montagne nécessite en effet, au début