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Un rapport ambigu selon un chercheur de l'Université de Zurich
Le rapport de la commission fédérale d'éthique sur les nouveaux procédés en biogénétique ne convainc pas le chercheur Philipp Aerni, directeur du Centre pour la responsabilité entrepreneuriale et la durabilité à l'Université de Zurich. Ses conclusions sont selon lui ambigues et peu claires. Le comité d'éthique a décidé de ne pas présenter des points de vue différenciés.
Il affiche un consensus qui rend les conclusions de ce rapport ambigues et peu claires. La commission ne soutient, ni ne s'oppose à l'application des nouveaux procédés (appelés "édition génomique") dans l'agriculture, selon M. Aerni, également membre du Forum Recherche génétique de l'académie suisse des sciences naturelles. Elle se contente de présenter le principe de précaution comme un instrument de prise de décision éthique. Cependant, le passé a montré que le principe de précaution est très politisé et est lié aux émotions de la peur.
Il permet peut-être de gérer l'ampleur des risques, mais le seuil d'acceptation de ces risques est une décision politique. Pour M. Aerni, les politiciens devraient commencer à se poser de nouvelles questions. Pas seulement se demander s'il est éthique d'autoriser une nouvelle technologie, si c'est important pour la société, mais si c'est éthique d'empêcher strictement une nouvelle technologie. Pour lui, l'immobilisme conduit à des dommages collatéraux à l'environnement et à la société, preuve en est les pratiques actuelles peu durables dans l'agriculture.
Selon le chercheur, le principe de précaution a été utilisé jusqu'à présent comme un instrument de prévention en Suisse et le génie génétique en agriculture est devenu tabou. Le moratoire a été prolongé pour la troisième fois en 2017 au nom de ce principe, alors que 13 ans ont passé depuis l'acceptation par le peuple de l'initiative pour la protection génétique en 2005. Entretemps, beaucoup de recherches ont été effectuées sur les risques des plantes génétiquement modifiées et les résultats sont nettement moins alarmants que ce que l'on redoutait. Le monde politique ignore ces conclusions.