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10/04/2009
Les mères nourricières des CFF
Autrefois emblématiques de la gastronomie helvétique, les wagons-restaurants ne sont plus ce qu'ils étaient. Quant aux cuisines mobiles pour les équipes d'entretien des voies, j'ignore le sort qui leur est dévolu. Une septantaine de cuisinières étaient encore à l'oeuvre en 1999.
On rencontre encore ces wagons réfectoires aux jolis rideaux à proximité des chantiers principalement nocturnes. Mais il faudra attendre l'été pour voir si les caisses à fleurs seront garnies de géraniums.
L'existence de ces cuisines mobiles avait été sérieusement menacées à la fin du siècle dernier dans le cadre des mesures de restructuration. Grâce aux protestations de plusieures cuisinières devant la Direction générale des CFF et surtout à l'intervention de la mère du grand patron d'alors, Benedikt Weibel, ce service apprécié des ventres affamés des ouvriers de la voie a connu un sursis.
Les meilleures recettes des cuisinières d'équipe CFF ont été conservées dans un manuel. Ces virtuoses du fourneau ont concocté beaucoup de soupes et des plats de résistance où les oeufs et la crème ont une large part pour rassasier les travailleurs de force. On y trouve aussi plus de trente desserts toujours de saison.
L'origine de ces cuisines mobiles, propres à la culture ferroviaire suisse, est très mal connue. Il semble que la lutte contre l'acoolisme aie joué un rôle déterminant. Déjà remises en cause vers 1950, on avait alors pu prouver qu'elles jouaient un rôle important pour contrer l'absentéisme du personnel!