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L'actuel restaurant du Lion d'Or
L'emplacement des travaux d'excavation, entre la rivière et le bâtiment de l'ancienne manufacture, l'actuel Restaurant du Lion d'Or.
L'Ajoie est une contrée riche en terres convenables pour la fabrication de poteries. Dès 1760, une faïencerie s'implante au centre du village de Cornol, exploitant l'argile oxfordienne locale, une terre fine et calcaire particulièrement bien adaptée à la fabrication de faïences stannifères. Selon les quelques archives à disposition synthétisées par Gustave Amweg dès 1941, on connaît dans les grandes lignes l'histoire de cette entreprise qui a passé entre plusieurs mains, mais on ignorait tout, jusqu'à une époque récente, des caractéristiques de sa production, une production qui jouissait pourtant, à l'époque de son épanouissement, d'une bonne renommée et d'un monopole accordé par le prince-évêque. Le bâtiment ayant été utilisé continuellement avec des affectations diverses tout au long des siècles, il reste peu d'espoir de retrouver des traces des installations de production (fours, meules, etc…).
Assiette plate en faïence blanche à motif de rameau bleu central.
La possibilité d'ouvrir une fouille devant le bâtiment ayant abrité la manufacture (actuel restaurant du Lion d'Or) s'est cependant offerte en 2003, lors d'un éboulement au-dessus de la rivière, opération complétée par deux courtes campagnes en 2004 et 2007. La parcelle située entre la rivière et le restaurant a en effet servi de dépotoir pendant la phase d'activité de la manufacture et a révélé un abondant mobilier archéologique constitué de ratés de fabrication (faïences ornées, faïences blanches, biscuits issus de la première cuisson des poteries, catelles de poêles, briques et tuiles), de matériel d'enfournement (cazettes, rondeaux, pernettes, etc…), de matières premières (terres, sables), ainsi que des éléments de fours. Toutes les étapes de la fabrication des faïences sont représentées, permettant de restituer toute la chaîne opératoire. Une fois les tessons lavés, puis rassemblés pour reconstituer les pièces originales, il sera en outre possible de caractériser la production de cette entreprise renommée de l'Ancien Régime.
Plat polygonal en biscuit.
L'étude du mobilier archéologique et de la documentation d'archive concernant Cornol constitue le cœur d'une thèse de doctorat sur les productions ajoulotes de terre cuite à l'Université de Neuchâtel. Outre l'élaboration d'un catalogue des formes et décors spécifiques, cette étude montre pourquoi une telle entreprise a vu le jour à Cornol à cette date : à l'échelle de l'actuelle Confédération, ce site est en effet pionnier, avec Berne et Fribourg, à se lancer dans la faïence.
Ce projet a été soutenu par la Délégation jurassienne de la Loterie romande, la Ceramica-Stiftung à Bâle, la commune de Cornol, ainsi que la République et Canton du Jura. Le fonds ainsi réuni est géré par le Cercle d'archéologie de la Société Jurassienne d'Emulation.
Fiche technique du site
|Commune / Localité||Cornol / Cornol|
|Site||Lion d'Or (restaurant)|
|Datation et type de site

- principal
- secondaire

Faïencerie, 1760-1900
-
|Année de découverte||2003|
|Contexte de découverte||Travaux de terrassement suivis par l'archéologie cantonale|
|Date(s) de la fouille||2003, 2004, 2007|
|Surface de la fouille||Volume excavé = 96 m3|
|État de la fouille||Achevée|
|Étude||Achevée|
|Publication(s)||CAJ 37|
|Responsable de la fouille||Ursule Babey|
|Dépôt des collections||Cornol|