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Plus d'un mois après l'ouragan et les inondations meurtrières qui ont frappé la côte est de la Libye, les familles continuent à chercher les corps de leurs proches. La catastrophe a fait plus de 4000 morts et 8500 personnes sont encore portées disparues. Un quart de la ville de Derna a été détruit et plus de 40'000 personnes ont perdu leur habitation.
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Face à cette tragédie, la population libyenne s'est mobilisée pour venir en aide à la région touchée. "On s'apprêtait à envoyer de l'aide aux victimes [du séisme] au Maroc et puis c'est notre propre pays qui est frappé! On a donc fait demi-tour: direction Derna", explique Abdeslam Sadik Chalouf dans La Matinale de la RTS.
Le directeur de l'entreprise agroalimentaire Zeitouna est l'un des initiateurs de l'envoi de convois humanitaires du port de Misrata, la troisième plus grande ville de Libye, à Derna.
Tous les hommes d'affaires de Misrata ont mis la main à la poche. "On a récolté et envoyé des produits de première nécessité: de la nourriture, des pâtes, du thon, de l'huile, ainsi que des tentes", précise Abdeslam Sadik Chalouf.
Elan de solidarité
Hassan al-Saddik, l'élu chargé des questions de sécurité à Misrata, se réjouit de cet élan de solidarité vers les voisins de l'est, alors que la guerre et les offensives du maréchal Khalifa Haftar pour étendre son territoire à l'ouest les avaient séparés.
"La guerre entre la région Ouest et la région Est a coupé les relations", explique-t-il. "Pas seulement les relations politiques, mais aussi entre les gens, parce qu'il y a eu des morts des deux côtés", ajoute-t-il.
Mais selon Hassan al-Saddik, cette tragédie a rassemblé la population libyenne. "La catastrophe qui a frappé Derna a ramené la paix dans les coeurs", affirme-t-il. "La communication entre nous a complètement changé. C'est redevenu normal", selon lui.
Seuls survivants
La mairie de Misrata a promis des logements gratuits pendant un an aux 190 familles déplacées de Derna, dont fait partie Manal Tasheni. Elle est arrivée sans rien dans la cité portuaire, accompagnée de ses six enfants, les seuls survivants de toute sa famille et des habitants de son quartier, morts noyés et emportés vers la Méditerannée.
"Je vivais dans une rue près de la mer. Personne n'est venu nous prévenir ou nous demander d'évacuer", raconte-t-elle. "Je pense tout le temps à ceux qui sont partis. Je n'en dors pas. Toute ma vie est à Derna. Une partie de moi a disparu. Ici, je me sens perdue. Le gouvernement doit nous dédommager et reloger ceux qui n'ont plus rien", déclare-t-elle.
"La mer leur a vraiment tout pris"
Au cœur de la cité marchande de Misrata, le centre des expositions s'est transformé en vaste entrepôt de vêtements et de nourriture pour les déplacés de Derna.
Soad Ali est à la tête d'une association de mères de martyrs tués dans les combats. Depuis un mois, elle coordonne l'aide aux victimes des inondations.
"Nous avons réuni sept associations, 47 femmes au total, et avons créé ce souk de donations, avec des stands tels que de petits magasins ou des espaces pour les femmes et d'autres pour les hommes. Des survivants n'osent pas trop venir, alors on va leur rendre visite", explique-t-elle. "La mer leur a vraiment tout pris. On ne les abandonnera jamais", affirme-t-elle.
Reportages radio: Ariane Lavrilleux
Adaptation web: edel/ami