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Au 19e siècle, cet ouvrage a modifié la vie lausannoise
Le Grand-Pont et la vallée du Flon
Dans cette ville au relief accentué, parsemé de collines et de vallées, le cheminement d’un point à l’autre s’avérait souvent ardu.
En représentant les deux flancs escarpés de la vallée du Flon reliés par ce pont aux arches imposantes, la famille Knip nous donne à voir de manière frappante le dénivelé de la ville. C’est l’ingénieur Adrien Pichard qui apporte la solution ou du moins une grande amélioration au problème épineux du relief en créant une route de ceinture vers laquelle convergent les routes cantonales. Hormis le pont, conçu selon le modèle d’un aqueduc romain à deux étages et dans le style néoclassique que voulait se donner la ville en pleine expansion, cette ceinture Pichard comporte de nouvelles voies (rues César-Roux, de la Caroline et du Tunnel) et le percement d’une galerie, entre 1851 et 1855, au nord du château Saint-Maire. Un peu plus tard, dans le cadre de la création d’un quartier industriel dans la vallée du Flon, une grande surface plane est obtenue en comblant le fond du vallon, absorbant du même coup dès 1874 l’arcature inférieure du pont. Celui-ci sera élargi en 1892 et 1933. A l’instar de la cathédrale, il fera d’emblée partie des symboles de la ville et sera très souvent représenté par les artistes, que ce soit en peinture ou en photographie.
Dans cette œuvre, la végétation du premier plan, en particulier, est rendue avec beaucoup de subtilité. Cette nature, par endroits non domestiquée, entre en contraste avec la pierre taillée grise du pont et sa solidité imposante. Les fenêtres créées par les arches permettent cependant d’alléger la présence de l’édifice et d’apercevoir le quartier de Pépinet, au-delà. L’ensemble nous renseigne avec précision sur la vallée du Flon, avant son comblement.