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Le Zeitz MOCAA parviendra-t-il à démocratiser l'art en Afrique du Sud?
Situé au bord de la mer, sur le très touristique Waterfront, le Zeitz MOCAA ouvre ses portes au Cap. C'est l'architecte britannique Thomas Heatherwick, auteur notamment de la vasque olympique des Jeux de Londres en 2012, qui a été chargé de façonner le nouveau musée dans les vieux silos du port du Cap, construits en 1921, et hauts de 57 m.
Il a aussi conçu un vaste atrium central de 27 mètres. La sculpture d'un énorme dragon réalisée par l'artiste sud-africain Nicholas Hlobo surplombe l'ensemble.
Les expositions
À l'intérieur, les visiteurs ont accès à 80 petites salles. On peut y admirer la collection de Jochen Zeitz, l'ancien directeur de la marque de chaussures de sports Puma, qui a acheté 1'000 œuvres de jeunes artistes sud-africains, du reste du continent et de la diaspora, depuis 2008.
Sont aussi exposés des artistes confirmés comme Willem Kentritge. Le musée ne présente que des œuvres du XXIe siècle: photos, vidéos, performances. Il veut permettre aux Africains de se réapproprier leur art dans un marché dominé par les Occidentaux.
L'ambition du curateur Mark Coetzee est d'acheter des œuvres locales et de monter avec son équipe des expositions qui peuvent être exportées à l'étranger et de ramener ici des expositions venant d’ailleurs.
Une ouverture controversée
Certaines critiques dénoncent toutefois l'aspect élitiste du musée: le marché de l'art sud-africain est très exclusif et sert avant tout une clientèle riche et blanche. En parallèle, les galeries sud-africaines commencent à s'implanter en Europe et l'art africain commence à bien se vendre sur le marché. La création du Zeitz MOCAA s'inscrit dans cette ligne commerciale. C'est d'ailleurs un curateur sud-africain blanc, Mark Coetzee, qui est à sa tête.
Des critiques fondées
Mais la couleur de peau ne fait rien à l'affaire. L'autre curateur, le Nigérian Azu Nwagbogu, responsable de la section photo, consacre surtout des artistes dejà reconnus plutôt que de jouer les défricheurs de talents. On trouve ainsi des oeuvres d'Edson Chagas d'Angola, de la photographe sud-africaine Zanele Muholi, de l'artiste zimbabwéen Kudzanai Chiurai, du Kenyan Cyrus Kabiru et du Togolais El Loko. Il n'y a pas de réelle prise de risque.
Par ailleurs, le prix d'entrée du musée de 13 francs est très élevé pour le public sud-africain, même si l'entrée est libre jusqu'à 18 ans et qu'il est prévu une visite gratuite par semaine pour tous les titulaires de passeports africains.
Reste à voir si le musée parviendra à attirer un public diversifié, dans un pays ou l'art est resté, jusqu'à aujourd'hui, l'apanage d'une petite minorité.
vh/mg
Publié le 22 septembre 2017 à 16:10 - Modifié le 22 septembre 2017 à 16:12