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Onze ans après le vote sur l´abolition de l´armée, le peuple dira dimanche s´il veut diminuer de moitié le budget militaire. Autre thème important: en plein débat sur la 11ème révision de l´AVS, la gauche soumet ses modèles de retraite flexible.
Deux initiatives demandent que tous et toutes puissent prendre une retraite anticipée à 62 ans. L'initiative «pour un assouplissement de l'AVS - contre le relèvement de l'âge de la retraite des femmes» prévoit que la rente sera perçue en cas de cessation de l'activité lucrative ou lorsque le revenu du travail est inférieur à une fois et demie la rente AVS minimale.
La seconde initiative, «pour une retraite à la carte dès 62 ans, tant pour les femmes que pour les hommes» demande la même chose. Avec une nuance toutefois: il serait possible de toucher une partie seulement de la rente AVS en cas de continuation d'une activité lucrative à temps partiel.
La première initiative a été lancée par les milieux syndicaux et la deuxième par les écologistes. Elles reçoivent le soutien de l'ensemble de la gauche, qui estime qu'une retraite flexible peut être financée, notamment grâce à l'augmentation des cotisations due à la reprise économique.
Pour leur part, les milieux de droite y sont opposés. Ils considèrent qu'une retraite flexible pour tous serait ruineuse, d'autant plus que la population suisse vieillit de plus en plus.
L'initiative «Economiser dans l'armée et la défense générale pour davantage de paix et d'emplois d'avenir» émane du Parti socialiste. Elle demande que les budgets militaires soient graduellement réduits jusqu'à atteindre, en dix ans au plus, la moitié du budget de 1987.
Comme de coutume, ce genre de thème conduit à un classique affrontement gauche-droite. La gauche estime que l'armée peut encore se serrer la ceinture et que l'argent consacré à la défense nationale serait plus utile dans d'autres domaines. La droite pense que l'armée a déjà suffisamment économisé au cours des années 90 et que de nouvelles coupes budgétaires remettraient en cause son efficacité. Elle voit par ailleurs dans cette initiative une nouvelle tentative pour abolir l'armée.
C'est en revanche un front uni qui se présente face à l'initiative «Pour des coûts hospitaliers moins élevés» lancée par le distributeur Denner. Ce dernier propose une suppression de l'assurance maladie obligatoire. Seule subsisterait l'obligation de s'assurer pour les séjours hospitaliers, ce qui ramènerait les primes mensuelles à quelque 60 francs.
L'ensemble de la classe politique est opposé à ce projet. Elle dénonce le manque de solidarité du projet. Avec une suppression de l'assurance maladie obligatoire, on en arriverait très vite à une médecine à deux vitesses, où seuls les riches pourraient se soigner.
De plus, le recours aux soins hospitaliers deviendrait systématique, ce qui provoquerait une explosion des coûts. L'initiative proposant par ailleurs un remboursement maximal de 250 francs par jour et par patient, ce surcoût devrait finalement être pris en charge par les pouvoirs publics.
Le dernier objet soumis au peuple concerne la nouvelle Loi fédérale sur le personnel de la Confédération. Nul ne conteste que cette loi, qui date du début du siècle, doit être adaptée aux conditions actuelles.
Soutenus par une grande partie de la gauche, certains milieux syndicaux ont toutefois obtenu le référendum. Ils s'opposent en effet à quelques points de la nouvelle loi, notamment à la possibilité de procéder à des licenciements économiques et à l'abolition de l'échelle des salaires, une mesure qui, selon eux, profitera surtout aux cadres mais pénalisera les petits employés.
Globalement, la gauche craint que cette nouvelle loi ne tue le service public. La droite, en revanche, estime que les garde-fous sont suffisants pour éviter tout dérapage et que la nouvelle loi, en soumettant les fonctionnaires au Code des obligations, est adaptée aux réalités économiques de notre époque.
Olivier Pauchard