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Pourquoi le mécanisme des hormones féminines est encore trop peu étudié
Psychologue évolutionniste à l'Université de Californie (UCLA), Martie Haselton résume ses vingt ans de recherche sur le sujet dans un ouvrage qui vient d'être traduit en français, "L'intelligence cachée des hormones" (Editions Quanto).
Si ce sujet est trop peu étudié aujourd'hui encore, c'est parce les chercheurs prennent en règle générale des cobayes mâles - humains ou animaux - pour éviter que leurs observations ne soient perturbées par les cycles féminins.
"Les hormones nous guident à travers la vie"
Mais le mécanisme des hormones féminines est aussi un sujet difficile à aborder, souligne Martie Haselton, parce que les hormones féminines ont longtemps été traitées sous un angle très dépréciatif. "Ce que beaucoup de gens pensaient, c'est que les hormones faisaient perdre aux femmes leurs capacités rationnelles, qu'elles devenaient folles etc... Or je pense que c'est faux: au contraire, elles nous guident à travers la vie", souligne la scientifique. C'est ce qui l'a poussée à titrer son ouvrage "L'intelligence cachée des hormones".
Cette "intelligence" se décline sous toutes sortes de formes: aiguillage dans la quête du partenaire, effets palliatifs pendant la phase post-partum, ménopause qui évite aux femmes d'entrer en compétition pour les ressources avec leurs filles ou encore grand-mères qui investissent dans leurs petits-enfants plutôt que dans de nouveaux enfants. "En sachant dans quel sens nos hormones nous encouragent, dans une direction ou dans une autre, nous pouvons prendre de meilleures décisions", souligne Martie Haselton.
>> Ecouter le sujet de Lucia Sillig avec l'interview de Martie Haselton dans La Matinale:
Lucia Sillig/oang
Publié le 08 août 2018 - Modifié le 08 août 2018
Les cycles hormonaux masculins
"La testostérone est nécessaire pour bâtir la masse musculaire, pour maintenir la fertilité, et pour plusieurs autres choses dans le corps des hommes", explique Martie Haselton.
Mais juste après ce pic matinal, elle plonge de plus de 65% en trente minutes. Les scientifiques pensent que c'est parce que la testostérone a aussi des effets négatifs: elle est associée à plus d'agressivité, au fait d'être compétitif, ou sert à chercher des partenaires sexuels alternatifs, "ce qui ne fait pas d'un homme le père idéal", note au passage la psychologue évolutionniste.