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Les taux de change sont dits flottants s'ils sont déterminés par l'offre et la demande sur les marchés des changes. Ils se différencient des taux de change fixes, lesquels sont maintenus dans des marges de fluctuation définies par les achats et les ventes de devises ou d'or effectués par les autorités monétaires. Si ces marges sont larges, la divergence entre les deux catégories s'efface. On parle de flottement sale ou contrôlé si les autorités monétaires interviennent sur le marché des changes pour soutenir le cours d'une monnaie.
En Suisse, les premiers taux de change flottants furent enregistrés à l'effondrement du système international de l'étalonor peu avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale, lorsque le Conseil fédéral délia, le 30 juillet 1914, la Banque nationale suisse (BNS) de l'obligation d'échanger sur demande les billets de banque contre de l'or ou de l'argent métal. Cette période prit fin le 17 juin 1925, quand la BNS déclara officiellement qu'elle maintiendrait dès lors le cours du franc à l'intérieur de la marge defluctuation du cours de l'or. Une courte phase de flottement du franc fut enregistrée du 15 août au 19 décembre 1971, après que les Etats-Unis eurent abandonné la parité or du dollar. Deux ans plus tard, le 23 janvier 1973, la BNS suspendit ses achats de dollars. Elle fut rapidement suivie par la majorité des autres nations industrialisées. Cette situation mit fin aux accords de Bretton Woods datant de 1944. Tandis que la plupart des pays européens revinrent au système des taux de change fixes par le biais du serpent monétaire européen, puis du système monétaire européen, et que l'Union européenne créa ultérieurement l'euro en 1999, la Suisse demeura fidèle aux taux de change flottants. Ce système a pour principal avantage de permettre à un pays de pratiquer une politique monétaire largement indépendante de celle de l'étranger. Son désavantage est de laisser la monnaie nationale exposée à des fluctuations de cours pouvant être importantes.
Bibliographie
– K.W. Dam, The Rules of the Game, 1982
– M. Bernegger, Die Schweiz unter flexiblen Wechselkursen, 1988
Auteur(e): Eveline Ruoss / AN