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Persona: Les masques qui ont toujours été portés
La persona est selon Carl Gustav Jung un masque social. À l’occasion de carnaval, Spectrum se propose d’imaginer comment ces masques se portent dans le monde estudiantin.
Le médecin psychiatre suisse Carl Gustav Jung propose le concept de la persona suite à son désaccord avec le docteur Sigmund Freud, précédemment son mentor. Jung rejetait l’idée freudienne que la pulsion sexuelle soit le facteur principal de la motivation dans la vie psychique. Il introduisit également la notion d’inconscient collectif.
Jung pensait que la personnalité est avant tout un reflet de l’équilibre des forces entre les pensées conscientes et inconscientes d’un individu. Pour lui, la personnalité se forge également à travers les expériences vécues.
Les archétypes et les persona
Selon Jung les humains partagent un inconscient collectif. Celui-ci est constitué de concepts universels tels que la maîtrise de soi, l’indépendance et la mort. Face à ces concepts, les humains peuvent avoir des réactions prévisibles que l’on peut organiser en un système. Ces réactions forment ce que Carl Gustav Jung appelle des “archétypes”.
Selon la psychologie jungienne, certains archétypes tels que “l’explorateur”, “l’innocent” ou encore “le créateur” seraient universels et omniprésents – on les retrouverait dans les mythes ou encore dans les rêves – et fourniraient aux êtres-humains des modèles à partir desquels ils peuvent construire leur personnalité. Les archétypes peuvent également être mobilisés consciemment ou inconsciemment pour forger les outils indispensables aux interactions sociales : Les personas.
Persona grata
La persona représente les masques sociaux adaptés aux différentes situations auxquelles les personnes sont confrontées. Certains éléments précis d’une personnalité sont utilisés dans un contexte où ils sont avantageux. Une personne n’arborera donc pas la même persona au travail, avec sa famille, ses amis où même sur les réseaux sociaux par exemple.
Comment les personas se mobilisent dans le contexte estudiantin
Au sein de l’université, tout le monde porte évidemment des masques. Ils peuvent servir à se protéger ou se cacher.
Les masques permettent de déterminer qui nous sommes pour les autres. C’est tout aussi valable pour quelqu’un qui cherche la popularité parmi ses pairs, pour quelqu’un qui veut rester invisible ou encore pour l’étudiant.e qui ne s’intéresse pas à l’image que les autres auront de lui. Cet.te élève modèle en apparence qui tous les jours de l’intersemestre se trouve dans une salle d’étude que fait-il? Travaille-t-iel seulement ses cours ou également des projets personnels? Travaille-t-iel efficacement? Travaille-t-iel ou serait-iel happé par les réseaux sociaux?
Ces questions ont une réponse simple: il est impossible de le savoir. Tout comme il est impossible de prédire la réussite de l’étudiant.e qui a compris la matière au point de pouvoir l’expliquer. Celui qui pose mille questions peut en réalité avoir parfaitement tout compris.
Une persona d’espérance peut être favorable pour se rassurer soi-même et une autre d’incertitude peut être utilisée pour obtenir plus de soutien. Ces dernières peuvent être utilisées par la même personne en même temps dans différents groupes sociaux, sans pour autant créer de contradiction.
En effet, partager ses doutes avec ses camarades de révisions et assurer à sa famille que la matière est acquise sont les deux faces d’une seule pièce. L’expression de ces sentiments contradictoires en surface sont le reflet à la fois de la complexité de la matière et de la motivation de l’étudiant.e à réussir.
La profondeur de la vie humaine
Si les personas ne représentent que des informations projetées lors d’un contexte précis, comment prétendre alors pouvoir connaître quelqu’un? Le proche ne se conçoit finalement qu’au travers de ses personas, simples caricatures utilitaires d’un être dont la profondeur est, de fait, insaisissable…