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Mare Nostrum, notre mer: c’est ainsi que les Romains nommèrent la mer Méditerranée au IIe siècle, après avoir arraché la Corse, la Sardaigne et la Sicile aux Carthaginois. Les autres cultures, qui se sont développées sur 46’000 kilomètres le long des côtes méditerranéennes, ont attribué divers noms à Mare Nostrum au cours des siècles.
Les anciens Égyptiens l’appelaient «grand vert», peut-être en raison des roseaux et des nénuphars, mais aussi des boues et des alluvions que le Nil charriait dans la mer. Dans les textes bibliques, les Israélites lui attribuent des qualificatifs nombreux et différents: la mer occidentale, la mer de derrière, la grande mer, la mer des Philistins. Aujourd’hui, les Israéliens connaissent la mer Méditerranée sous le nom de Yam haTichon, traduction littérale de l’expression allemande en hébreu.
Les Arabes l’appellent alBahr alAbyad alMutawassit, la mer blanche du milieu. Les Turcs disent Akdeniz, la mer blanche ou mer du sud, car les Ottomans désignaient les points cardinaux par des couleurs: le blanc pour le sud, le vert ou le jaune pour l’est, le noir pour le nord (d’où le nom de «mer Noire») et le rouge pour l’ouest. Les Berbères l’appellent Ilel Agrakal, la mer d’entre les terres.
Extrait du livret CD Mare Nostrum de Jordi Savall