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La onzième révision de l’AVS remet en cause des avantages accordés aux femmes ; l’âge de leur retraite sera aligné sur celui des hommes. Il avait été admis par le Conseil fédéral, puis par le Parlement en première délibération, qu’une partie au moins des économies ainsi réalisées serait restituée, notamment par un soutien aux revenus les plus modestes pour qu’ils puissent envisager une retraite anticipée dès 62 ans. La statistique révèle que ce sont les femmes de condition la plus modeste qui restent actives jusqu’à 65 ans. Après des marchandages, Ruth Dreifuss s’était fait imposer un montant maximum de 400 millions de francs, la moitié de ce qui aurait été justifié. Or, le Conseil des Etats vient de décider de biffer ces 400 millions. Le reniement est complet.
Il faut observer les étapes de cette manœuvre. En limitant le montant global, le Conseil fédéral ne laissait comme soutien individuel à une retraite anticipée que des aides minimes, de quarante à cent francs supplémentaires par mois. Puis, dans un deuxième temps, le Conseil des Etats constate que ces soutiens sont trop faibles pour être significatifs. Donc il biffe. Quarante à cent francs, c’est peut-être peu de chose pour les sénateurs, mais par rapport à un revenu de 1 000 francs par mois, cela a un poids proportionnel.
La lenteur du traitement de ce dossier englue la gestion politique et sa lisibilité. L’engagement premier du Conseil fédéral d’encourager une retraite flexible pour les plus modestes est oublié au vu des circonstances nouvelles. Le temps délie de toute promesse antérieure. A ce rythme-là, il n’y a plus de parole politique.
Indépendant, différent, réformiste depuis 1963
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