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Au printemps 2018, Vincent Sonnay et Jérôme Pellet, membres du consortium SOLRIV, équipe pluridisciplinaire d'experts dans le domaine de l'environnement, ont procédé à un inventaire des batraciens de la réserve du Bomelet. Ils étaient mandatés par le KARCH (Centre de coordination pour les amphibiens et les reptiles de Suisse) dans le cadre de la réactualisation de la Liste rouge des amphibiens de Suisse. Ce site a été choisi de manière aléatoire parmi les quelque 16000 sites de reproduction de batraciens connus de Suisse.
Voici leur rapport de juillet 2018:
A l'occasion de quatre passages nocturnes entre mars et juin 2018, nous avons répertorié au Bomelet 5 espèces sur les 18 que compte la faune de Suisse.
Il s'agit du crapaud commun (Bufo bufo, 1 seul individu), du triton palmé (Lissotriton helveticus, une dizaine d'individus), du triton alpestre (Ichthyosaura alpestris, une vingtaine d'individus), de la grenouille rousse (Rana temporaria, une vingtaine de pontes) et de la grenouille rieuse (Pelophylax agg., avec une population de plus de 100 individus).
Malheureusement, cette dernière espèce, qui domine largement la communauté d'amphibiens, est considérée comme une espèce non-indigène à caractère invasif (les plus gros spécimens exerçant une pression de prédation sur les autres amphibiens indigènes et leurs larves). La grenouille rousse et le triton alpestre sont deux espèces courantes et encore largement distribuées à travers le plateau Suisse. La valeur du Bomelet en tant que site de reproduction pour les amphibiens tient donc essentiellement à la présence du crapaud commun et du triton palmé, deux espèces appartenant à la Liste rouge des espèces menacées (statut vulnérable). Il est donc regrettable que ces deux espèces ne soient présentes qu'avec de très faibles effectifs.
Actuellement, selon notre expertise, les éléments qui péjorent la situation des amphibiens indigènes au Bomelet peuvent être listés comme suit:
A cet égard, la création d'une ou deux gouilles (10 à 20 m2) avec un régime de mise en eau temporaire (un assèchement estival de ce type de plan d'eau participe à limiter la prolifération des prédateurs d'amphibiens) serait certainement profitable. Il va de soi qu'il s'agit là d'une simple suggestion qui n'exige pas de suite de votre part.
(Rapport de Vincent Sonnay et Jérôme Pellet, adressé à l'Association Lonature le 10 juillet 2018).
En suivant ces conseils, les membres de Lonature ont creusé en novembre 2018, lors des travaux d'automne, deux "gouilles" temporaires, qui se sont rapidement remplies d'eau à la faveur des pluies d'automne. Photos Jean Oberhänsli, décembre 2018.