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Isère Lycéens pris dans une avalanche: trois morts
Une dizaine d'élèves et leur professeur skiaient aux Deux Alpes, mercredi, lorsqu'ils ont déclenché une coulée sur une piste du domaine, qui était fermée.
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Trop de drames en montagne
Début janvier, quatre personnes avaient déjà perdu la vie dans des avalanches: deux alpinistes lituaniens avaient été tués le 3 janvier en Haute-Savoie, puis un skieur espagnol et un skieur tchèque le 5 janvier en Savoie.
Les avalanches les plus meurtrières des dernières décennies en France se sont produites le 10 février 1970, avec 39 morts dans le centre de l'UCPA à Val-d'Isère (Savoie), et le 16 avril 1970, quand 74 personnes, dont 56 enfants, avaient été tuées au sanatorium du plateau d'Assy (Haute-Savoie.
Il y a un an, le 24 janvier, six membres du Club alpin français (CAF) avaient trouvé la mort dans une avalanche lors d'une randonnée à ski dans le massif du Queyras (Hautes-Alpes). Ces quatre hommes et deux femmes, de nationalité française, étaient âgés de 50 à 70 ans.
Une avalanche a fait trois morts mercredi sur une piste fermée des Deux Alpes (Isère), dont deux lycéens lyonnais qui faisaient partie d'un groupe skiant avec leur professeur, lui-même grièvement blessé, selon un dernier bilan. Outre les deux élèves - une jeune fille de 16 ans et un garçon qui a succombé à ses blessures à l'hôpital - un Ukrainien extérieur au groupe scolaire a trouvé la mort dans la coulée de neige.
Trois autres skieurs ont été grièvement blessés: deux élèves retrouvés par les secours en arrêt cardio-respiratoire, tout comme leur camarade finalement décédé, et l'enseignant qui les accompagnait. Ce dernier, polytraumatisé, a été transporté au centre hospitalier de Grenoble. Son pronostic vital n'est cependant pas engagé.
Un des élèves a été retrouvé indemne par les secours, selon la gendarmerie. En tout, dix lycéens du groupe scolaire Saint-Exupéry de Lyon et l'enseignant ont été emportés vers 16h par la coulée de neige. Celle-ci s'est produite à 2500 m d'altitude sur une piste noire de la station, dans le secteur de Bellecombe. Celle-ci était fermée depuis le début de la saison, justement en raison du fort risque d'avalanche.
Piste fermée
Polytraumatisé, le professeur accompagnant ces élèves de première «option sports», a été transporté au centre hospitalier de Grenoble, mais son pronostic vital n'est pas engagé.
«Pour quelle raison l'accompagnant qui est lui-même blessé les a amenés sur cette piste non ouverte (...) c'est l'enquête judiciaire qui le dira», a commenté le ministre de la Jeunesse et des Sports, Patrick Kanner sur Europe 1. «Comment peut-on imaginer d'emmener des enfants, après des périodes de neige forte, sur une piste qui était fermée?», s'est-il interrogé tandis que le risque d'avalanches était connu.
Les adolescents faisaient partie d'un groupe de 19 élèves et trois encadrants du lycée Saint-Exupéry de Lyon. Dix des élèves et un professeur ont été concernés par l'accident.
«Tous les autres enfants du groupe sont sains et saufs» et devaient être reconduits en car à leur lycée, selon le ministère de l'Intérieur. La ministre de l'Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem, devait se rendre à Lyon dans la soirée pour accueillir les élèves rescapés.
Recherches en cours
L'avalanche s'est déclenchée à 15H45 à 2.500 mètres d'altitude, sur une piste noire de la station, dans le secteur de Bellecombe, fermée depuis le début de la saison. Une personne, «bousculée» par la coulée, en est ressortie indemne, selon la station.
Les recherches se poursuivaient en début de soirée pour retrouver d'éventuelles autres victimes. Mais «à ce stade, on ne nous a pas signalé l'absence d'une personne qui aurait pu être emportée», a précisé à l'AFP le commandant du groupement de gendarmerie de l'Isère, le colonel Jean-Luc Villeminey.
«Tant que nous n'aurons pas levé totalement le doute, nous ne lèverons pas les recherches qui consistent à s'assurer que personne n'est resté sous la coulée de neige», a-t-il souligné.
Les gendarmes ont lancé un appel à la population pour signaler toute personne disparue.
Secours mobilisés
D'importants secours ont été mobilisés: peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) du Versoud, compagnie de gendarmerie de La Mûre, moniteurs et pisteurs de la station, hélicoptères et maîtres-chiens d'avalanche. Environ 80 personnes étaient toujours sur place en début de soirée.
Les Deux Alpes sont une station de l'Oisans, à une soixantaine de kilomètres de Grenoble, qui s'élève jusqu'à 3600 mètres d'altitude. Après les premières importantes chutes de neige de la saison, début janvier, les autorités avaient mis en garde contre le risque élevé d'avalanches sur les Alpes.
«C'est une avalanche de 20 mètres de large, sur 100 mètres de dénivellation et 300 mètres de long. Un cas typique de plaque à vent, c'est-à-dire d'une plaque de neige formée par le vent très fort des derniers jours. La neige fraîche a trop peu adhéré», a précisé à l'AFP Dominique Létang, directeur de l'Agence nationale pour l'étude de la neige et des avalanches.
«Ce qui interpelle, c'est le nombre de gens impliqués alors qu'on répète sans arrêt qu'il faut passer un par un quand il y a une instabilité du manteau neigeux. Cela fait rager. Le risque d'avalanche était de trois (marqué) sur une échelle de cinq», a-t-il ajouté.
Selon le colonel Villeminey, la fermeture de la piste «était matérialisée».
Réactions attristées
Le Premier ministre français, Manuel Valls, a présenté ses condoléances aux victimes:
Grande tristesse après l'avalanche de cet après-midi aux Deux Alpes. Toutes nos pensées aux victimes et à ceux qui se battent pour la vie.— Manuel Valls (@manuelvalls) 13 Janvier 2016
Et Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l'Education nationale, a annoncé qu'elle allait se rendre mercredi soir au lycée Saint-Exupéry de Lyon. Par ailleurs, deux cellules psychologiques ont été mises en place, une aux Deux alpes et une dans l'établissement où sont scolarisés les adolescents pris dans la coulée. (afp/nxp)(Créé: 13.01.2016, 17h32)