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Conseils pratiques pour la sexualité des lombalgiques
On sait que la lombalgie est une affection chronique très répandue. On sait aussi à quel point la sexualité active peut occuper une place importante dans la vie d’une proportion importante de la population. Toutefois, environ quatre personnes sur cinq souffrent au moins une fois dans leur vie d’un épisode de lombalgie. Et une proportion équivalente d’hommes et de femmes déclare une diminution significative de la fréquence des rapports sexuels durant ces épisodes souvent très handicapants.
Rester célibataire
Jusqu’à maintenant on ne disposait pas de travaux de recherche croisant ces deux sujets. C’est désormais chose faite avec une publication originale dans la revue spécialisée Spine. Le travail a été dirigé par le Pr Stuart M. McGill (Spine Biomechanics Laboratory, Department of Kinesiology, University of Waterloo, Waterloo, Ontario, Canada).
«Tout médecin de famille vous dira que les couples demandent souvent comment gérer leurs maux de dos pendant et après les rapports sexuels. Beaucoup de patients vont rester célibataires car une seule nuit d'amour peut conduire à des mois d’agonie, commente, non sans humour, le Pr McGill. Jusqu'à présent, les médecins n'avaient aucune base scientifique pour leurs recommandations»(1). Les auteurs expliquent aussi que la plupart des patients atteints de douleurs au dos rapportent qu’ils éprouvent des douleurs sévères pendant l'orgasme, et ce «au point de préférer éviter toute relation sexuelle avec leur partenaire».
L’étude du Pr McGill a été menée grâce à une association de techniques de capture de mouvement par infrarouges et ondes électromagnétiques. Les auteurs ont ainsi pu décortiquer la dynamique vertébrale des deux membres de dix couples lors de la prise de cinq positions sexuelles tenues pour être généralement les plus courantes. Ces travaux ont enfin permis de fixer quelques lignes directrices permettant de recommander les positions sexuelles entraînant le moins de douleurs chez les personnes lombalgiques. Mais attention: ces lignes directrices ne concernent pas les personnes souffrant d’autres types de douleurs!
Positions recommandés/déconseillées
«Première surprise, a commenté le quotidien français Le Figaro, pour faire l’amour sans avoir mal au dos, l’idéal n’est pas forcément de s’allonger sur le flanc l’un derrière l’autre. C’est même à éviter lorsque l’homme est plutôt intolérant à la flexion (mal au dos en se penchant en avant). Cette position, dite «des petites cuillères», est pourtant celle que les médecins conseillent le plus souvent aux amants lorsque l’un des deux souffre de lombalgie chronique, c’est-à-dire d’un mal de dos persistant, ce qui est le cas d’un Français sur six.»
Outre la position des «petites cuillères», l’étude s’intéresse aux deux variantes du missionnaire (toutes les deux avec la femme dessous) et de deux variantes de la position baptisée «levrette». Pour les hommes intolérants à la flexion, la levrette est conseillée. C’est toutefois l’inverse pour les hommes intolérants à l’extension.
Plus surprenant, en «missionnaire», la position des jambes de la partenaire joue un rôle important. Si elles sont allongées, pas de problème à signaler, mais si elles sont fléchies, les contraintes augmentent sur la colonne vertébrale des hommes intolérants à la flexion.
Enfin, les femmes intolérantes à la flexion se garderont bien d’adopter la position du «missionnaire», «que leurs jambes soient tendues ou non». En revanche, les positions en «petites cuillères» ou en «levrette» ne poseront pas de problème.
Un dernier conseil: les auteurs suggèrent aux hommes lombalgiques de faire des mouvements plus larges «en évitant les bascules du bassin d’avant en arrière», qui sollicitent fortement la colonne lombaire. Conseil complémentaire: les mouvements du bassin peuvent être encore plus réduits si c’est la partenaire qui les réalise.