Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07078.jsonl.gz/276

Contenu externe
Le contenu suivant a été fourni par des partenaires externes. Nous ne pouvons ainsi pas garantir son accessibilité à tous les utilisateurs.
L'écrivain Gaston Cherpillod est décédé à l'âge de 86 ans, a annoncé sa famille mercredi. Le Vaudois, qui se définissait lui-même comme un "mouton noir", était le seul Romand à avoir mené de pair oeuvre littéraire et engagement politique dans la gauche radicale.
Gaston Cherpillod est né le 24 octobre 1925 à Lausanne, d'un père tailleur de pierres d'horlogerie et d'une mère servante de ferme. Rien ne le destinait aux études. C'est son instituteur qui a poussé son père à l'envoyer au Collège classique, puis au Gymnase et à l'Université de Lausanne, où il obtient la licence ès Lettres en 1950.
Issu d'un milieu qui n'a pas eu accès à la parole littéraire, le jeune homme est incapable d'adhérer aux valeurs de la bourgeoisie vaudoise. Son premier livre ("Le Chêne brûlé", 1959) se fait remarquer par une critique sociale véhémente et la vigueur d'une langue qui mêle le style noble et les termes argotiques.
Acte de lutte
Pour Gaston Cherpillod, écrire était l'occasion de manifester son indignation face à l'injustice. Auteur de romans et de récits ("Le Gour noir", "Le collier de Schanz", "La Nuit d'Elne", "Les changelins") et d'une pièce de théâtre ("Les avatars de Juste Palinod"), il a aussi écrit des essais, notamment sur Charles Ferdinand Ramuz ou Jules Vallès.
En 1995, il publie deux ouvrages, "Le Maître des Roseaux", des nouvelles, ainsi qu'une réédition du "Gour Noir". "Le cloche de minuit" suit en 1998.
Anti-héros
Dans ses oeuvres, la critique sociale se mêle aux thèmes de l'amour, de la mort ou de la quête de soi. Face aux dominants arrogants et stupides, le anti-héros cherpillodien est un homme sans lieu, au statut instable, trop lucide pour jouer un rôle dans la tragicomédie sociale et trop généreux pour s'en abstenir totalement.
Les traits autobiographiques sont omniprésents. Comme l'auteur, plusieurs de ses héros trouvent un refuge à la désespérance dans le détachement procuré par des émotions simples: traquer la morille dans les sous-bois ou taquiner la truite et le brochet.
ATS