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au vaisseau, sans pouvoir réussir à lui faire quelque avarie capable de ralentir sa marche. A 5" du matin, blessé mortellement, le capitaine de Kergariou remit le commandement au lieutenant Lamotte-Tabourel qui était lui-même blessé; la frégate ne gouvernait plus. On continua cependant à combattre jusqu'à ce que, les pompes ne franchissant plus, le nouveau capitaine crut devoir faire amener le pavillon.
Le capitaine Vialis de Fontbelle de la frégate de 32° la Montréal, escortant 6 navires à Alger, fut chassé, le 30 juillet, par la frégate anglaise de 26° PoRCURPINE, la corvette de 22° MINORQUINE, 2 brigs et 1 corsaire : le vent soufflait de l'E.-N.-E. Éloigné encore d'une douzaine de milles du cap Caxines, le capitaine de Fontbelle comptant sur la protection que devait lui donner la neutralité du pavillon algérien, prit le parti d'aller mouiller dans la baie de Sidi el Ferruch. Mais la brise mollissant sous la terre, les bâtiments ennemis gagnèrent la frégate française et, vers 6" 45", ils commencèrent à la canonner. Le capitaine de Fontbelle mouilla alors, bâbord au large. Blessé dans ce moment, il remit le commandement à son second, le comte de Laporte-Yssertieux. Après trois heures et quart de canonnade infructueuse, les Anglais prirent le large, mais peu de temps après, ils revinrent vers la frégate française. La brise ayant repris de la force, le capitaine de Laporte appareilla. Les Anglais ne voulurent pas engager un nouveau combat, et ils s'éloignèrent. La Montréal entra à Alger avec son convoi. Le capitaine de Fontbelle mourut de ses blessures.
Le 10 août, le capitaine Trolong-Durumain de la frégate de 32° la Nymphe , en croisière au large de l'île d'Ouessant qui restait alors à 12 milles, aperçut une frégate anglaise au vent. C'était la FLoRA de 44°, capitaine Peer
Williams. A 5"15" du soir, les 2 frégates étaient par le travers l'une de l'autre et commençaient le combat; une demiheure après, le capitaine Durumain tombait atteint par trois balles et le lieutenant Pennandref de Keranstret le remplaçait. Vers 6", la FLoRA dériva sur la Nymphe et l'aborda de long en long. L'équipage de cette dernière tenta de suite l'abordage, mais il fut repoussé. Le résultat de cette attaque fut désastreux; le lieutenant Pennandref fut tué et ceux des officiers qui n'eurent pas le même sort furent grièvement blessés. Poursuivant l'avantage qu'ils venaient d'obtenir, les Anglais devinrent assaillants à leur tour, et ils se rendirent maîtres du pont de la Nymphe. Le lieutenant de frégate Taillard fit cesser la lutte, et le pavillon fut amené. Le capitaine Trolong-Durumain avait cessé de vivre avant la fin de la journée.
La Nymphe portait 26 canons de 12
et 6 — de 6. La FLoRA avait 26 canons de 18, 10 — de 9
et 8 caronades de18. La FLoRA était la première frégate, portant des caronades, qui avait un engagement avec une frégate française. Ces caronades, je l'ai déjà dit, n'étaient pas comptées comme canons. Aussi, le capitaine Williams dans son rapport, et après lui les historiens anglais disent-ils que la FLoRA était une frégate de 36 canons.
Le capitaine comte de Kergariou Locmaria, de la frégate de 32° la Junon, ayant été informé, dans le mois de septembre, qu'une corvette anglaise commettait toutes sortes de déprédations sur le littoral de l'île espagnole de la Trinité, se mit à la recherche de ce bâtiment et parvint à le rencontrer. La corvette anglaise prit audacieusement l'initiative de l'attaque en envoyant deux bordées à la Junon. Celle-ci n'en tira qu'une; mais elle fut si bien dirigée, que le grand mât de hune de la corvette fut abattu : elle amena de suite son pavillon. C'était la RovER de 20°, capitaine Henry Sauvage.
Le 25 septembre, le côtre de 18° le Serpent, capitaine Amé de Lalaune, attaqua le brig anglais de 14° LEVRETTE, dans les environs de Saint-Domingue. Celui-ci amena son pavillon, mais après une vigoureuse résistance.
Au mois d'octobre, c'étaient les frégates de 32° l'Aimable et la Diligente, escortant un convoi de Rochefort à Bayonne, qui s'emparaient des 3 cutters anglais ALERT, TARTAR et JERSEY. Le premier portait 18° et les autres 12.
Le 2 novembre, pendant qu'il était occupé à faire de l'eau, sous voiles, dans la rivière de Gambie, le capitaine Allary, de la corvette de 16° le Sénégal, aperçut 2 bâtiments qui se dirigeaient sur la terre : c'était la corvette anglaise de 14° ZÉPHYR, capitaine Ingles, accompagnée de la PoLLy, Lettre de marque de 16°. A 1* de l'après-midi, la corvette anglaise engagea le combat au vent et à portée de pistolet. L'action devint tellement chaude que les capitaines ne songèrent bientôt plus au voisinage de la terre et les deux corvettes s'échouèrent ; le feu n'en fut pas ralenti. A 6", le pavillon du Sénégal fut amené.
Dans son rapport, le capitaine Ingles dit que la Lettre de marque resta quelque temps mouillée à trois quarts de mille des corvettes, mais il ne dit pas ce qu'elle fit pendant le reste du combat. On peut en induire qu'elle contribua à réduire le Sénégal. La corvette française fut conduite à Gorée, où elle fut incendiée le 22 novembre (1).
(1) M. de Lapeyrouse, Histoire de la marine française, donne une date fausse à ce combat. C'est, ainsi que je viens de le dire, dans le mois de novembre 1780, et non en 1781, qu'il eut lieu.
L'avis d'une expédition préparée en Angleterre contre la colonie du Cap de Bonne-Espérance, rappela au gouvernement français l'intérêt qu'il avait à la conservation des possessions hollandaises de l'Inde; et, certain que son alliée attendrait la suite des événements avec son impassibilité habituelle, il ordonna un armement capable de lui donner secours et protection. Le capitaine de vaisseau de Suffren fut nommé au commandement de la division destinée à porter des troupes au Cap de Bonne-Espérance et à se ranger ensuite sous les ordres du capitaine de vaisseau d'Orves qui commandait les forces navales de la France dans la mer des Indes. Les vaisseaux désignés pour former cette division n'étaient pas les seuls qu'on armât à Brest : 21 autres étaient mis en même temps en état de prendre la mer. Afin de tenir le gouvernement anglais dans le doute sur la destination d'un armement aussi considérable, il avait été décidé que ces vaisseaux sortiraient tous ensemble et ne se sépareraient qu'à plusieurs centaines de lieues du golfe. Il n'y avait cependant pas de temps à perdre : on