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Princesse Bacciochi 
En tant que fille d'Elisa Bonaparte, la comtesse Napoléone Camerata, séparée de son mari, pouvait prétendre faire partie de la famille civile de l'Empereur ; elle fut autorisée d'ailleurs à porter le titre de princesse Bacciochi et celui d'altesse.Née au château de la Marlia, à Cappanori-di-Luca en 1806, elle est restée après la mort de ses quatre frères le seul enfant de Maria Anna Elisa Bonaparte et de Félix Pascal Bacciochi.
Elle épouse à Florence, le 27 novembre 1824, le comte vénitien Philippe Camerata-Passioneï de Mazzoleni (1805-1882), dont elle se sépare en 1832 après avoir mis au monde à Ancône le 20 septembre 1826 un fils Napoléon Charles Félix Jean-Baptiste. Très aventureuse et exaltée, elle prend le parti de son cousin, le duc de Reichstadt, qu'elle souhaite voir monter sur le trône de France et qu'elle réussit à aller voir à Vienne (Edmond Rostand a romancé dans L'Aiglon cette brève entrevue).
Ayant vécu pendant vingt ans à Trieste, dans la villa Vicentina héritée de sa mère, elle s'installe à Paris dès l'avènement de Napoléon III, qui la fait princesse avec le prédicat d'altesse. Très affectée par le suicide de son fils le 4 mars 1853, alors maître des requêtes au Conseil d'Etat (dont on donna des explications aussi variées que romanesques), elle quitte la Cour, que, d'ailleurs, son comportement importunait.
Après un voyage en pays vannetais, elle décide, avec l'approbation et l'aide financière de l'Empereur, de se consacrer au relèvement des pauvres landes de Lanvaux, en y créant une exploitation agricole modèle, que son impérial cousin vient deux fois visiter. Elle fait également construire à Colpo un village moderne et le château de Korn-er-Houët, où, devenue impotente à la suite d'une fracture du col du fémur, elle s'éteint, le 3 février 1869, dans sa soixante-troisième année. Après de grandioses funérailles officielles, elle est inhumée dans un magnifique cénotaphe, dressé dans une chapelle latérale de l'église de Colpo.
Colonel Henri Ramé in Le Dictionnaire du Second Empire, 1995.
Édité le 12.08.2012