Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06948.jsonl.gz/718

Filles
En Suisse, 1% des jeunes filles de 11 ans ont consommé de l’alcool régulièrement (au moins une fois par semaine) dans les douze derniers mois. Ce taux augmente pour atteindre les 13% à 15 ans. La majorité des filles consomment de l’alcool de manière moins problématique que les garçons, tant en quantité, fréquence, que prise de risques et conséquences sociales.
Par contre les risques que les filles encourent sous l’effet de l’alcool ne sont pas uniquement liés au produit lui-même. Elles risquent plus de subir des violences, d'avoir des relations sexuelles non désirées, non protégées.
A travers un mode de consommation excessive d’alcool, type binge drinking, les filles ont probablement tendance à imiter les styles plus « typiquement » masculin, gage du succès social, par souci d’égalité, de recherche de performance, de réussite sociale.
Par contre, les filles boivent plus fréquemment que les garçons pour oublier, et ont plus de difficultés à refuser une boisson. Cette attitude se répète avec d’autres produits. Elles ont plus facilement recours à des calmants ou des somnifères et développent plus fréquemment des troubles de l'alimentation.
Parmi les caractéristiques associées traditionnellement à la femme se trouvent toujours la retenue, le fait de privilégier les relations, la faiblesse, l'infériorité, une dépendance matérielle et émotionnelle. Elle apprend à différer ses propres besoins, et se sent exagérément responsable du bien-être d'autrui, jusqu'à se sacrifier.
Mais les jeunes femmes ont de nouvelles aspirations dans leur vie personnelle et professionnelle et vivent un décalage entre les exigences passées et actuelles. Au cours de ce processus parfois difficile, les substances qui agissent au niveau du cerveau ou certains comportements trouvent une place et une utilité bien particulière en fonction des situations: calmante, stimulante, encourageante, qui aide à gérer son poids ou même qui favorise l'oubli lors de situations traumatisantes.
Quelle leçon en tirer pour vous, papa ou maman ?
- Il ne s'agit pas de dénigrer les compétences attribuées plutôt aux filles, mais plutôt d'encourager, chez votre fille, également d'autres manières de devenir et d'être une femme.
- Pour votre fille, vous êtes des modèles d'homme et de femme. Lorsque, comme maman, vous donnez votre avis et ne vous taisez pas - dans ce qui était un souci de "paix des ménages…"- ou, en tant que papa, vous exprimez vos sentiments, vous augmentez les variétés d’être un homme, une femme.
- Encouragez votre fille à mettre des limites et à apprendre à dire non. Ce qui n'est pas toujours facile car c'est bien agréable que sa fille veille à un bon équilibre dans la famille, fasse les tâches que les autres ne souhaitent pas et règle par exemple les querelles entre frères.
- Développez l'estime de soi chez votre fille:
- Lorsqu’elle réalise bien quelque chose, dites-le lui, même si ces activités ne correspondent pas vraiment à vos attentes (par exemple grimper aux arbres…)
- Pourquoi ne pas lui proposer des activités qu'elle effectue avec succès et plaisir? N'oubliez pas de la féliciter !
- Renseignez-vous sur les intérêts de votre fille, sur ce qu'elle aime faire. Encouragez-la et soutenez-la dans la réalisation de ce qu'elle apprécie, même si ces intérêts sont différents des vôtres ou de ceux de ses copains et copines.
- Encouragez votre fille, lorsqu'elle choisit sa profession, à faire des expériences parmi une sélection étendue de métiers, sans oublier les professions moins typiquement "féminines".
- Saisissez l'occasion offerte par la presse féminine, pour discuter avec votre fille des représentations et de l'image des rôles féminins.
- Montrez-vous fermement opposés à tout propos sexiste.
Garçons
En Suisse, 2,6% des jeunes garçons de 11 ans ont consommé de l’alcool de manière hebdomadaire. Ce taux augmente pour atteindre les 26,5% à 15 ans. Les jeunes garçons ont une consommation plus à risque que les filles. Il en est de même avec les autres substances. Ce sont des motivations sociales qui les poussent à consommer, parce qu'on s'amuse mieux, ou pour être ivre ou pour faire partie d'un groupe. Boire est perçu de manière positive et c'est une preuve de force que de bien "tenir" de grandes quantités d'alcool. Les garçons sont plus fréquemment l'objet de violences physiques que les filles. Etre victime est bien souvent encore un sujet tabou pour les garçons et les hommes qui cherchent ainsi moins souvent de l'aide dans ce cas.
Les valeurs associées aux hommes sont encore aujourd'hui celles qui valorisent des comportements de gagnants, la compétitivité, la productivité ou la conquête et la défense de son territoire. Le sentiment d’être toujours en concurrence, de devoir dominer les autres hommes ou les femmes, crée une pression forte qui peut conduire à des prises de risques, à des comportements déviants, comme à une consommation de produits psychotropes.
Souvent l'homme, le père est absent du parcours éducatif des garçons. Les jeunes sont confrontés durant leur scolarité à un environnement plutôt féminin. Des modèles masculins réels auxquels s'identifier manquent souvent, et les garçons construisent ainsi leurs repères et représentations de l'homme en prenant le contre-pied de la femme: ne pas être ou devenir comme la mère, la sœur ou l'enseignante.
L'alcool et d'autres substances ont dans ce contexte divers rôles: montrer la force et la puissance, symboliser le dépassement des limites, diminuer le manque d'aisance et devenir un outil de communication et de relations sociales.
Quelle leçon en tirer pour vous, papa ou maman ?
- Il ne s'agit pas de dénigrer les compétences traditionnellement attribuées aux garçons mais plutôt d'encourager chez votre fils une plus grande diversité de compétences.
- Veillez à ce que votre fils soit entouré de partenaires éducatifs masculins. Si le père ne peut être présent dans la vie de tous les jours, un grand-père, un bon ami peut tout à fait jouer ce rôle.
- Vous êtes des modèles de papa et de maman, d'homme et de femme pour votre fils. En tant que père, vous pouvez aussi laisser apparaître vos faiblesses, montrer que vous souffrez par exemple au travail quand tout ne se passe pas comme vous le souhaiteriez. En tant que mère, n’hésitez pas à mettre des limites quand vous estimez que votre fils vous en demande trop et en tant que père soutenez votre partenaire dans cette démarche. Incitez aussi votre fils à participer aux tâches ménagères!
- Soyez attentifs à féliciter votre fils pas uniquement pour des performances mais aussi quand il arrive bien à se détendre ou à exprimer ses émotions.
- Si la bande de copains et copines de votre fils se moque de lui parce qu’il n’aime pas boire de la bière, soutenez-le en discutant avec lui sur les manières de se protéger.
- Si votre fils se rend compte que, malgré tout l’entraînement possible dans son sport, il n’arrivera jamais à être parmi les meilleurs, parlez-en avec lui. Valorisez la compétence d'analyser son potentiel de manière réaliste, de se rendre compte de ses limites et de les accepter.
- Encouragez votre fils à essayer d'agir comme modérateur, lorsqu’il se trouve pris dans une querelle entre ami-e-s.
- Profitez d'une publicité dans la rue pour discuter avec lui de manière critique de l'instrumentalisation de la femme dans les médias.
- Montrez-vous fermement opposés à tout propos sexiste.