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Alors que Swiss Olympic prépare sa succession, Walter Kägi confie à swissinfo que des réformes sont nécessaires pour rendre le sport plus compétitif.
Le président sortant de l'organe faîtier du sport helvétique demande davatange de soutien financier de la Confédération et la création d'un organe décisionnaire central.
Vendredi, c'est Jörg Schild, 59 ans, qui a été nommé à la succession à Walter Kägi à la tête de Swiss Olympics. Ce conseiller d'Etat radical (droite) quittera son poste le 31 mars prochain, après 14 ans passés à l'exécutif du canton de Bâle-Ville.
Devant le parlement de Swiss Olympic, M. Schild l'a emporté sur l'autre candidat - le président de la Commission de la concurrence Marc Furrer - par 254 voix contre 192.
Au moment de penser à sa retraite, le président sortant de Swiss Olympic estime qu'en accueillant des événements sportifs d'envergure, la Suisse peut augmenter l'intérêt pour différents sports.
Pourtant, l'organe faîtier du sport suisse qu'il préside depuis cinq ans a récemment mis en évidence le fait que le sport en Suisse devrait bientôt faire face à un des problèmes financiers. Les athlètes helvétiques peinent à s'illustrer au niveau international et la situation ne risque pas de changer en l'absence de soutien financier.
Or, le budget de Swiss Olympic est gelé et l'organisation menace de couper des subventions aux différentes disciplines qui n'atteindraient pas les résultats escomptés.
Selon Swiss Olympic, la Norvège, l'Autriche et les Pays Bas sont trois exemples de pays ayant décidé d'adopter une structure plus ciblée dans le domaine des subventions. Et ces nations récoltent aujourd'hui le fruit de cette décision. Interview.
swissinfo: Le sport suisse est-il aujourd'hui en meilleure santé que lorsque vous êtes devenu président de Swiss Olympic?
Walter Kägi: Je pense que durant les cinq ans de ma présidence, la situation s'est améliorée. Nous avons fait de grands pas en avant, notamment dans le domaine du soutien aux jeunes athlètes. Nous avons également convaincu la plupart des fédérations sportives de suivre les mêmes directives en matière de dopage. Nous avons également introduit des directives en matière d'éthique sportive.
Nous ne sommes, par contre, pas parvenus à convaincre les citoyens que la Suisse était en mesure d'organiser des Jeux olympiques d'hiver. Berne était candidat pour 2014 mais la population a décidé de voter non à la poursuite de cette aventure. En ce qui me concerne, j'espère toujours que la Suisse pourra déposer une candidature pour les Jeux de 2018.
Enfin, nous avons toujours et encore des problèmes dans certaines disciplines, comme le ski, où les résultats ne correspondent pas aux attentes.
swissinfo: L'Autriche, ennemi héréditaire de la Suisse en ski alpin, connaît énormément de succès grâce à son système de sport étude. La Suisse doit-elle suivre la même voie?
W.K.: Les Autrichiens ont rencontré beaucoup de succès avec leurs écoles de sports. Nous avons également commencé à créer quelques centres similaires avec les Swiss Olympic Sport Schools et les Swiss Olympic Partner Schools où les jeunes sportifs peuvent plus ou moins se concentrer sur leurs objectifs sportifs.
Par ailleurs, nous voulons ouvrir une Académie de ski à Brigue. Et nous désirons aussi apporter notre soutien à la création d'apprentissage combinant la formation professionnelle et le sport.
swissinfo: Est-il toujours dangereux de miser sur une carrière de sportif professionnel en Suisse?
W.K.: C'est effectivement dangereux pour les jeunes à qui l'on dit d'oublier tout le reste. Nous nous devons de les préparer à leur vie post-sportive. Il y a encore trop d'athlètes qui se retrouvent sans options lorsqu'ils mettent un terme à leur carrière. Il faut réaliser qu'il n'existe pas, en Suisse, une grande considération pour les sportifs professionnels.
swissinfo: Que doit-on changer dans le sport en Suisse?
W.K.: Il y a énormément de choses à faire. Mais je pense que le plus important est de créer un organe décisionnaire central qui définisse clairement le rôle de chacun.
swissinfo: Pensez-vous qu'un soutien officiel plus important soit nécessaire?
W.K.: Nous comptons déjà énormément sur les cantons et les loteries pour notre financement. Mais les sponsors prêts à investir dans le sport se font de plus en plus rares. Donc, les cantons ou les autorités fédérales devront allouer plus de fonds s'ils souhaitent voir le sport de pointe prospérer.
swissinfo: Le public doit-il également apporter un plus grand soutien?
W.K.: En règle générale le soutien est là. Lorsque les sportifs ont du succès, tout le monde parle d'eux. Lorsque les choses vont moins bien, les Suisses perdent un peu de leur intérêt. Nous ne sommes pas une nation de supporters comme les Australiens ou les Autrichiens. Ces derniers estiment par exemple qu'ils ont le ski dans le sang.
Mais nous pensons que des projets comme celui des directives éthiques ou des campagnes contre le hooliganisme et les abus sexuels sont à même de faire comprendre à la population que les problèmes sont pris au sérieux.
Cela va participer à faire comprendre aux parents que le sport est une activité saine pour leurs enfants et à promouvoir le sport ainsi que des événements comme les Championnats d'Europe de football de 2008 en Suisse et en Autriche.
swissinfo-interview: Scott Capper
(Traduction et adaptation de l'anglais: Mathias Froidevaux)
Faits
Walter Kägi a été nommé président de Swiss Olympic en 2001. Il quitte la présidence pour raison d'âge (70 ans).
Il avait rejoint le comité exécutif de l'organe faîtier du sport suisse en 1997.
De 1988 à 1996, il a été président de la Fédération suisse d'aviron.
Avocat de profession, Walter Kägi a également été membre du gouvernement du canton de Saint-Gall entre 1992 et 2000.
En bref
- 81 fédérations sportives sont membres de Swiss Olympic. Ce qui représente 3,2 millions de sportifs.
- 27'000 clubs et associations sont également affiliées à Swiss Olympic.
- Les grandes fédérations sportives sont divisées en associations régionales et cantonales.
- Dès le 31 mars, Swiss Olympics sera dirigé par Jörg Schild, membre de l'exécutif de Bâle-Ville.