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Ce samedi, Jannik Sinner (22 ans) entrera seul dans la lumière du Pala Alpitour de Turin pour y disputer la première demi-finale du Masters de sa jeune carrière. Mais le tennisman du Trentin-Haut-Adige, dont la cote de popularité ne cesse de croître dans son pays, n'est seul qu'en compétition: car en coulisses, le numéro 4 mondial est suivi par plusieurs experts qui l'ont aidé cette saison à franchir plusieurs caps importants (première demi-finale en Grand Chelem à Wimbledon et au Masters, premier titre en Masters 1000 à Toronto et entrée fracassante dans le top 5 mondial).
Jannik Sinner doit beaucoup à ses entraîneurs Simone Vagnozzi et Darren Cahill, à son préparateur Umberto Ferrara, mais aussi à Riccardo Ceccarelli, un médecin du sport spécialisé en psychologie et en sports mécaniques. Le scientifique a collaboré avec plus de 80 pilotes de F1, d'Ayrton Senna à Max Verstappen et Charles Leclerc, ainsi qu'avec les cadors de la MotoGP (Marco Melandri, Danilo Petrucci, Casey Stoner etc.).
À la chaine Eurosport, qui lui demandait le point commun entre les pilotes et le tennisman, Riccardo Ceccarelli a expliqué qu'au tennis, comme en F1, «la performance dépend plus du cerveau que des muscles. Une fois que le corps est entraîné, c'est surtout une question de tête. On dit "mens sana in corpore sano" (réd: "un esprit sain dans un corps sain"), mais l'inverse est aussi vrai.» Sous-entendu: si la tête ne commande pas bien, le corps n'est capable d'aucune prouesse.
La collaboration entre Sinner et Ceccarelli a débuté en 2020, quelques mois avant le premier titre du Transalpin à Sofia. La méthode mise en place par l'expert est «le résultat de centaines de tests en situation de stress», dit-il sur Eurosport, avant d'étayer le concept:
Jannik Sinner est revenu sur sa collaboration avec Riccardo Ceccarelli, tard jeudi soir, peu après sa victoire face à Holger Rune. «Cela fait des années que je travaille avec lui et j'ai l'impression de m'être amélioré», a dit celui que La Repubblica n'hésite plus à comparer à Alberto Tomba et Valentino Rossi. Le point commun entre Sinner et ces deux géants du sport individuel italien: ils se sont tous les trois révélés aux yeux du monde à 22 ans. Tomba a été double champion olympique en ski alpin à cet âge-là et Rossi a remporté son premier titre mondial en catégorie 500.
Jannik Sinner est flatté de l'analogie. Mais tempère:
Et une nouvelle idole nationale, aussi. Grâce à ses succès (dix tournois en carrière) et sa modestie, Jannik Sinner peut servir de modèle à toute une génération.
L'arbre qui cache la forêt, cette bonne vieille expression qui ne cesse de revenir tel un refrain, quand seuls quelques top athlètes masquent les failles d'une équipe entière grâce à leurs exploits. C'est en filigrane ce qu'il se passe actuellement dans les rangs de Swiss-Ski, où Lara Gut-Behrami continue d'aligner les exploits; Wendy Holdener régate avec les Vhlova et Shiffrin en slalom mais traîne son spleen en géant; Corinne Suter, encore muette cette saison, reste une valeur sûre dans les disciplines de vitesse, à l'instar de la polyvalente Michelle Gisin, toujours compétitive.