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José Poncini, consul de Suisse à Maurice, y est décédé lundi le 23 novembre à l'âge de 87 ans. Il a joué un rôle unique dans la transformation de l'économie mauricienne d'une île sucrière à bout de souffle en une économie diversifiée et dynamique.
Né à Maurice de père suisse et de mère mauricienne, il fit des études d'économie à l'université de Lausanne, où il tomba sous l'influence de Maurice Bourquin, professeur qui avait pour dada la décentralisation, le déplacement d'activités économiques en dehors des centres établis. Le père de José était commerçant à Port Louis, la capitale de Maurice ; il importait tout ce qui était suisse - produits pharmaceutiques, engrais, bijouterie, montres… L'entretien des montres, mécaniques à l'époque, constituait un élément exigeant du service après-vente de l'entreprise. Il expédia donc son fils, une fois sa licence en économie dans la poche, accomplir un apprentissage d'horloger.
Rentré au bercail dans les années 1950, il retrouva un pays où sévissait un chômage catastrophique. Soucieux d'y remédier dans la mesure des moyens qu'offraient l'entreprise familiale et fort de sa double formation, il démonta mentalement une montre pièce par pièce et opération par opération afin d'en identifier celle qui se prêtait le mieux à une décentralisation vers l'île Maurice. Il fallait vingt opérations pour fabriquer une pierre de montre (le pivot ou vient se fixer des axes qui tournent). L'opération qui exigeait le plus de main-d'œuvre de toute la fabrication d'une montre était le percement du trou au milieu de la pierre. Poncini était convaincu qu'il était rentable d'envoyer des rubis à Maurice et retour pour cette seule opération. Restait à convaincre d'une part l'industrie horlogère suisse et d'autre part les autorités mauriciennes. Cela lui prit une dizaine d'années, mais en 1965 l'entreprise Micro Jewels Ltd ouvrit ses portes. La zone industrielle d'exportation de Maurice était née. L'essor industriel du pays se fonda donc sur l'exportation … de trous !
Chez José Poncini, quelle combinaison invraisemblable d'heureux hasards, de talents et d'occasions saisies ; Jean-Claude de l'Estrac, qui fut par la suite Ministre de l'Industrie et de la Technologie industrielle, le résume : "Il était un entrepreneur et un poète."