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Dulcis in fundo
Le PLR a désigné son candidat pour l'élection du Conseil administratif de la Ville de Genève, dans un an et demi : le Conseiller municipal et député au Grand Conseil Simon Brandt, choisi sans coup férir par 33 voix contre 12 à son challenger, le député et ancien Conseiller municipal Adrien Genecand, lors d'une Assemblée générale transformée, selon un participant, en "séance de soutien à Pierre Maudet" -dont Simon Brandt est un proche, dont il a été l'homme de confiance et la "plume". Sa désignation comme candidat est aussi emblématique des errances politiques du PLR local, qu'il a (avec d'autres, de moindre talent) réussi à entraîner dans une stratégie de confrontation avec le Conseil administratif qui s'est soldée par deux défaites en votation populaire sur le budget, et par la rupture de l'alliance passée entre l'Entente PLR-PDC (avec l'UDC en prime) et le MCG. Le 4 mars dernier, le peuple municipal refusait, comme en 2016 les coupes effectuées par la droite coagulée dans le budget 2017 de la Ville de Genève. Mais comme l'année budgétaire était passée, les montants rétablis par le peuple ne pouvaient plus être dépensés. Ils amélioreront donc les comptes de l'année, dont on savait déjà qu'ils seraient positifs. Comme ils le sont depuis douze ans (à deux exceptions près), et seront rétablis dans le budget 2018, adopté par le Conseil municipal grâce à un retournement de veste du MCG, amèrement commenté (sur le mode de l'accusation de trahison) par le PLR.
Le budget soumis en ce moment à l'examen des commissions du Conseil Municipal, qui se prononcera sur le résultat de cet examen (et sur le budget lui-même) dans moins de deux mois, est le dernier qui sera débattu avant que commence, à l'automne 2019, juste après les élections fédérales, la campagne électorale des Municipales de 2020. Les errances du PLR municipal n'ont au fond qu'une seule et unique explication : la perte de son siège au Conseil Administratif. C'était le siège de Pierre Maudet -il est désormais occupé par Guillaume Barazzone (on parle bien de la Municipalité de Genève, pas de celle d'Abu Dhabi...), et le PLR de la Ville, orphelin de ce qu'il considérait comme un dû, un siège de droit, en est resté à la fois inconsolable et incontrôlable, même par le PLR du canton, pour ne rien écrire de ses alliés (Simon Brandt fera liste commune en 2020 avec Guillaume Barazzone, sans doute avec le secret espoir de lui piquer son siège -à moins bien entendu que le PLR ait fait son deuil, difficile, de ce siège).
Dulcis in fundo (le meilleur est pour la fin) : "Comme (le peuple) possède une grande dose d'instinct pratique, il se trompe rarement dans les élections communales, par exemple. Il connaît plus ou moins les affaires de sa commune, il s'y intéresse beaucoup, et il sait choisir dans son sein les hommes les plus capables de les bien conduire. (...) C'est pourquoi les élections communales sont toujours et partout les meilleures, les plus réellement conformes aux sentiments, aux intérêts, à la volonté populaires" (Bakounine)
Le 11 septembre dernier, il s'est passé, au Conseil Municipal de la Ville de Genève, une sorte de petite... révolution ? N'exagérons pas, disons plutôt de "retour à la normale" : les conseillères et conseillers municipaux de droite ont accepté de faire leur boulot, d'étudier le projet de budget 2019 du Conseil administratif (un budget à l'équilibre, d'un peu moins de 1,150 milliard) et pour cela de le renvoyer en commissions. Et le Conseil municipal d'accepter même, dans la foulée, d'accepter les comptes 2017. Et tout ça en à peine un peu plus d'une heure. "C'est Noël", jubile Sandrine Salerno. Théologiquement, ce serait plutôt la Pentecôte, mais on va pas chipoter...