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Vous vous croyez seul
ce n'est pas vrai
vous êtes une multitude
vous vous croyez votre corps
il est autre
vous vous croyez le maître de votre corps
non
il appartient à d'autre,
à un autre,
à l'autre,
cet autre
Vous vous croyez seul
ce n'est pas vrai
vous êtes une multitude
vous vous croyez votre corps
il est autre
vous vous croyez le maître de votre corps
non
il appartient à d'autre,
à un autre,
à l'autre,
cet autre
J'ai besoin de devenir anonyme. Pour être présente.
J'ai besoin de zones d'indistinction
pour accéder au Commun.
Pour ne plus me reconnaître dans mon nom.
Pour ne plus entendre dans mon nom que la voix qui l'appelle.
cela ne se garde pas, cela ne se conserve pas, ce n’est pas resté, c’est passé
de n’en faire une histoire : que cela se produise une histoire : que l’on s’en produise une histoire
que l’on s’en fasse toute une histoire : que cela en devienne une histoire :
que cela en devienne toute une histoire, que cela monte lentement en une histoire
et que cela en devienne progressivement toute une histoire
- Vous ? Comment, c'est vous ? Mais vous êtes quand même communiste ?
- Non, camarades. En fait...
- Quoi, en fait ?
- En fait, camarades, je suis un homme à plusieurs faces.
Ne cherche pas à comprendre où. À quel siècle. Ce qu'est.
La ville n'est que le bougé de ta quête.
Ne regarde pas le visage des gens.
Tu reconnaîtras tout, parce que ce sont tes souvenirs.
Tu ne comprendras rien puisque tu te marches dessus.
Seule la traversée compte. Passer
Rêves ! adorations ! illuminationss ! religions ! Tout le tremblement de conneries sensibles!
Ils ont vu tout cela ! les yeux fous ! les hurlements sacrés ! Ils ont dit adieu ! Ils ont sauté du toit!
Vers la solitude ! gesticulant ! portant des fleurs ! En bas vers le fleuve ! dans la rue !
blablateurs hurlant vomissant murmurant des faits des souvenirs des anecdotes des orgasmes visuels
et des traumatismes des hôpitaux et des prisons et des guerres,
qui errèrent et errèrent en tournant à minuit dans la cour du chemin de fer en se demandant où aller,
et s’en allèrent sans laisser de cœurs brisés