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Détails
2001 : Maison Choffat
|Adresse:||Chemin Gilly 9, Grand-Lancy|
|Description:|
Classement demandé par la SAP en 1996
C'est sur un terrain ayant appartenu à la famille de sa mère, Valérie Savine Angélique Bénit, qu'Anatolie Josèphe Juliette Mallet, veuve d'Etienne Choffat, banquier, originaire de Porrentruy, fait construire l'actuelle maison de maître. L'acte de succession notarié, passé en 1912, stipule que la veuve Choffat hérite des parcelles 948, feuille 8, en pré au lieu dit Gilly et 715, feuille 8, en bois et brousailles, dans le même lieu.
L'architecte Jean In Albon est chargé de l'établissement des plans. In Albon est alors connu à Genève pour avoir étudié de nombreuses constructions, dont l'important immeuble locatif à l'angle de la route de Chêne et celle du XXXI-Décembre (1901), le petit immeuble n° 5 rue du Colombier (1908), ainsi que l'immeuble n°29 rue de la Croix-d'Or, dans lequel est établi son atelier.
In Albon dresse le projet de la maison Choffat au début de l'année 1911. Par une esquisse extrêmement claire et rationnelle d'un plan rigoureusement symétrique, héritier des conceptions de Bernard-Adolphe Reverdin, telles qu'exploitées pour le banquier Charles Brot dans l'oeuvre tardive et spectaculaire de Montalègre (malheureusement démolie), In Albon bifurque vers une solution pittoresque, qui privilégie la création d'une tourelle d'escalier asymétrique, telle que la pratique, par exemple, Edmon Fatio aux Amandoliers à Genthod.
Assez subtil, le plan finalement retenu ménage un effet de symétrie du côté de la belle façade, alors que la cage d'escalier, saillante en façade arrière, est légèrement décentrée. Cette solution, qui procure plus de monumentalité à l'escalier, est dans l'air du temps et s'apparente étroitement à certaines de celles publiées au même moment par Henri Baudin dans son ouvrage sur les maisons de campagne suisses.
Cette belle demeure, construire avec beaucoup de moyens et un soins remarquable au début du siècle, a conservé jusqu'à présent l'essentiel de sa substance. Ses principales caractéristiques architecturales et décoratives ont été sauvegardées par des usagers conscients de sa valeur. Bâtie selon les règle de l'art et bien entretenue, elle présente un parfait état de conservation.
SAP, extraits de la demande de classement, 13 novembre 1996