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L'histoire de la « propriété de Saint-Jean » commence vraiment avec l’acquisition de tout le domaine par Voltaire en 1755. Le philosophe nomme sa nouvelle demeure « Les Délices », et y accueille de nombreux visiteurs. Il la conserve même quelques années après son installation à Ferney, et ne la revend qu'en 1765. Mais l’histoire des Délices ne s’arrête pas avec le départ de Voltaire. On ignore généralement que d’autres personnalités sont passées par là : c’est par exemple le cas d’Hector Berlioz. Aujourd’hui, les Délices sont à la fois un centre de documentation sur Voltaire et le 18e siècle, un musée et un lieu de recherche sur les Lumières.
Achetée en 1929 par la Ville de Genève, la propriété des Délices abrite un premier musée dès 1945. Fondé en 1952, le musée actuel est officiellement inauguré le 2 octobre 1954, avec à sa tête Theodore Besterman.
On doit à Theodore Besterman la constitution du premier fonds d’importance de l’Institut et Musée Voltaire. Ce milliardaire d’origine polonaise met en effet à la disposition de la Ville de Genève une partie de sa collection de tableaux et d’œuvres d’art. Il laisse également un nombre important de manuscrits (lettres autographes, archives diverses) relatifs à Voltaire et au 18e siècle.
Très grand connaisseur de l’œuvre de Voltaire et infatigable travailleur, Theodore Besterman a établi deux éditions successives de la Correspondance de Voltaire. Après plus de quinze ans passés aux Délices, il se retire en Angleterre : naît alors la Voltaire Foundation d’Oxford, qui se donne pour mission la publication des Œuvres complètes du grand homme.
C’est dans les années 1970 que l’Institut et Musée Voltaire, désormais Musée Voltaire, qui rejoint la Bibliothèque publique et universitaire, aujourd’hui Bibliothèque de Genève, devient un incomparable instrument de travail pour les chercheurs du monde entier. On le doit à Charles Wirz, dont les travaux sont connus : outre de nombreuses publications sur Voltaire, rappelons qu’il a établi, entre autres, le texte d’Émile de Rousseau pour la Bibliothèque de la Pléiade. Le phénomène le plus marquant de ces dernières années reste cependant la rénovation de l’ensemble de la propriété. Rénovation commencée en 1989 et achevée en 1994, c’est-à-dire pour les célébrations du tricentenaire de la naissance de Voltaire. Jacqueline Burnand, ancienne conseillère administrative chargée de l’aménagement, des constructions et de la voirie, avait alors précisé quels étaient les principes qui guidaient les travaux en cours : « La restauration de l’édifice est moins un retour à un état d’origine qu’un hommage contemporain à la mémoire du philosophe. Certes, les parties authentiques de ce bâtiment classé du 18e siècle ont été conservées : la disposition de certaines pièces a été rétablie et les structures des murs, des planchers et de la charpente ont été assainies et renforcées. Mais, pour l’essentiel, la restauration est en fait une invention : la remise en place des boiseries, l’organisation des salles d’exposition et la plantation du jardin participent à la création d’un cadre évocateur apte à soutenir le travail de fond de l’Institut et Musée Voltaire. »
Le Musée Voltaire est aujourd’hui dirigé par François Jacob, anciennement maître de conférences à l’Université de Franche-Comté, et reçoit le concours de Catherine Walser, bibliothécaire, de Flávio Borda d’Água, adjoint scientifique, et de Peter Schaerer, huissier.