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The Gabrieli Consort & Players – Paul McCreesh
Fairy Queen
8 novembre 2020
The Fairy Queen
A la fin du 18ème, Henry Purcell compose quarante-deux partitions destinées à l’accompagnement de pièces de théâtre. Parmi elles, The Fairy Queen, écrite en 1692, combine le Songe d’une nuit d’été de Shakespeare, amputé d’une partie du texte, avec des masques, terme utilisé pour qualifier des intermèdes musicaux mêlant musique, chants, ballets et scénographie grandiose.
Dans chacun des masques, les rôles parlés étaient attribués aux personnages principaux, tels Titiana, Oberon et Puck, et les rôles chantés et dansés, aux nombreux personnages secondaires. Partagé en cinq actes, le livret emmêle puis résout trois intrigues amoureuses : celle qui oppose la Reine des fées Titania et son époux Obéron, celle qui implique deux couples de jeunes amants athéniens (Lysandre, Héléna, Démétrius et Hermia) et un exercice comique de “théâtre sur le théâtre” ayant pour objet la tragédie de Pyrame et Thisbé.
L’ensemble constitue un spectacle total, festif et éclatant, bien que partiellement dénué de vraisemblance narrative. La composante musicale de Purcell est d’une exquise délicatesse et d’une inépuisable inventivité. Elle a pour fonction de peindre la nature et son univers onirique et allégorique, à travers des personnages grotesques et des figures surnaturelles évoquant la Nuit, le Secret, le Mystère, le Sommeil et les quatre saisons, mais aussi de rendre compte, sous forme parodique, de l’éventail des sentiments amoureux. Ce genre typiquement anglais du semi-opéra était extrêmement populaire à l’époque de Purcell. Il faudra attendre l’arrivée à Londres de Haendel vingt ans plus tard pour que l’opéra soit intégralement chanté.