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La "coalition des guerriers", réunie derrière le Parti démocratique du Kosovo (PDK, droite) du président Hashim Thaçi, emporte environ un tiers des voix (34,75%), selon un décompte de la commission électorale après le dépouillement de 90% des suffrages.
Les deux autres principaux partis, Vetëvendosje (gauche nationaliste) et la Ligue démocratique du Kosovo (LDK, centre droite) du Premier ministre sortant Isa Mustafa suivent dans un mouchoir de poche, avec respectivement 26,4% et 25,8% des voix.
Une majorité difficile à trouver
Il est loin d'être acquis que le chef de la coalition des guerriers Ramush Haradinaj atteigne les 51 sièges (120). Avec l'appui des dix élus des minorités non serbes (roms, bosniaques, turcs,...), un tel score lui permettrait de former un gouvernement.
Le PDK et ses alliés - vivement opposée à Belgrade - pourraient se trouver à la merci d'un accord entre la LDK et Vetëvendosje. Mais ces deux partis ne semblent guère partager que leur rejet des "guerriers", et ont des positions divergentes sur le dialogue avec la Serbie.
Les Serbes du Kosovo, qui ont désigné dix députés - la plupart appartenant à Srpska Lista, une formation étroitement liée à Belgrade - pourraient avoir leur mot à dire dans la recherche d'une nouvelle majorité. La répartition finale des sièges ne devrait être annoncée que dans la semaine.
Risque d'instabilité
Ces résultats promettent de délicates tractations qui pourraient accoucher d'une majorité fragile au moment où le Kosovo est confronté à d'importants défis, notamment une situation économique catastrophique et des relations au plus bas avec la Serbie.
Cette dernière refuse de reconnaître l'indépendance proclamée par son ancienne province albanaise en 2008. La guerre du Kosovo, ultime guerre ethnique en ex-Yougoslavie, avait fait 13'000 morts entre 1998 et 1999, dont 10'000 Kosovars albanais.
Il faudra aussi gérer la possible inculpation de hauts responsables par les nouvelles cours spéciales chargées des crimes de guerre commis par l'Armée de libération du Kosovo (UCK). Parmi les noms régulièrement cités figure celui du président Thaçi, aux affaires depuis 2006.
ats/dk