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1692. Des droits de bochérage fort convoités.
Item, que moi, mes héritiers et mes successeurs et mes gens de La Sarraz et de tout le district du dit lieu, tant ceux qui vivent à présent que leur postérité, nous ayons, et nous devions avoir, à perpétuité, notre usage dans les joux, forêts et paquiers existant au-dessous des prédits confins, lequel usage je retiens, à perpétuité, pour moi et mes gens susdits, sans aucun tribut ni servitude payable par moi ni mes prédites gens au même seigneur, mon seigneur Louis, ou à ses héritiers, pour le dit usage des joux, forêts et paquiers prédits...
De cette clause fort peu précise quant aux bénéficiaires, vont découler toutes les difficultés liées à la propriété utile de nos forêts. Car en effet, qui sont ces gens qui garderont ce droit de coupe apparamment sans restriction ? Les sujets des seigneurs de La Sarraz. Et qui sont ceux-là ? Surtout les habitant des régions les plus peuplées sous la domination des sires de La Saraz. Et si les Combiers font partie de ceux-là - bien qu'ils dépendent beaucoup plus des moines de l'abbaye du lac-de-Joux - ce n'est guère que par incidence. Pour la simple raison que la Vallée, à l'époque, est encore fort peu peuplée, avec juste les laïcs installés à proximité de l'abbaye du Lac de Joux et les premiers habitants du village du Lieu.
Tout cela ne constitue pas une population bien importante, et il est pratiquement certain que les seigneurs de La Sarraz, en préservant les droits de bochérages pour leurs sujets, n'ont peut-être même pas pensé aux peu nombreux habitants de la Vallée de Joux. Cela n'empêchera pas ceux-ci, quelque trois siècles plus tard, alors que la forêt commence à prendre de la valeur, plus encore quelque 100 ans après, alors que ces mêmes futaies tendent à disparaître parce que surexploitées, de vouloir tirer toute la couverture à eux, et cela au détriment même des communes de plaine.
Chose assez surprenante, à force de ténacité, plus encore de procès presque aussi nombreux que les sapins du Risoud, les Combiers arrivèrent pratiquement à leurs fins, c'est-à-dire de faire croire à tout un chacun, avocats y compris, qu'ils étaient réellement seuls propriétaires de ces forêts selon de vieux actes tout ce qu'il y a de plus authentiques! Il est évident que bientôt LL.EE. n'allaient pas l'entendre de cette oreille, et avec des arguments tout autant falacieux que ceux de leurs sujets, un peu trop polis pour être honnêtes, ils réussiront à mettre la main d'une manière presque définitive sur la vaste forêt du Risoud.
A malin, malin et demi !