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Dans la Rome ancienne, la roche tarpéienne, d’où l’on précipitait les condamnés, bordait la sainte colline du Capitole. Aujourd’hui, l’ironie du sort capitaliste veut que certains financiers et leurs conseillers se trouvent périlleusement installés entre lauriers et infortune.
Ironie mondiale
Les deux lauréats du Prix Nobel d’économie 1997, Robert C. Merton et Myron Scholes, faisaient partie du Conseil du hedge fund LTCM composé avec soin par le virtuose John Meriwether, «génie de la finance, au profil de tueur sous des allures de gentleman» nous disait Le Monde (in DP 1338). à noter qu’il y a environ deux ans, les deux futurs lauréats donnaient gravement, en compagnie de David Mullins Jr, ancien vice-président de la FED américaine et autre recrue de Meriwether, un séminaire destiné aux gérants des banques centrales du monde entier.
Ironie locale : en octobre 1996, sur proposition de son école des HEC, l’Université de Lausanne décernait le titre de Docteur honoris causa à M. Robert C. Merton, professeur de l’Université de Harvard, «précurseur de la finance en temps continu dont les recherches ont profondément marqué la théorie financière, inspiré de nombreux chercheurs et transformé les métiers de la finance et de la banque».
L’ironie étant de mise, certains insinuent qu’en désignant cette année l’Indien Amartya Sen, dont la philosophie tranche avec les néolibéraux traditionnellement récompensés, le Comité Nobel a voulu redresser la barre et l’image du Prix d’économie Ð institué en 1968 seulement, et non comme les cinq autres prix par le testament de l’inventeur de la dynamite, décédé en 1896. yj