Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06981.jsonl.gz/421

SDRA et complications neurologiques - COVID-19 / autres étiologies
Environs 17% des patients hospitalisés durant la première vague COVID-19 ont dû être mis sous assistance respiratoire suite au développement d’un syndrome de détresse respiratoire aiguë. Parmi ces patients une part importante (>70 %) a présenté lors de leur réveil un épisode de confusion. La confusion n’est néanmoins pas la seule complication neurologique observée chez les patients souffrant d’une infection sévère par le SARS-CoV-2 qui peuvent développer un AVC, une faiblesse musculaire ou une encéphalite.
Cependant, à ce jour il n’existe pas de preuve que le SARS-CoV-2 infecte directement le système nerveux central. Il a donc été suggéré que le SARS-CoV-2 déclenche une l’hyper-inflammation et un état prothrombotique (avec risque de thrombose augmenté) pouvant affecter le cerveau (parmi d’autres organes).
OBJECTIF DE CETTE NOUVELLE ETUDE
Cette étude, réalisée en collaboration entre le Service de neurologie et les unités du Service de médecine intensive adulte du CHUV, a pour but d’investiguer si, chez les patients souffrant d’une insuffisance respiratoire sévère, la confusion et autres complications neurologiques sont plus fréquentes chez les patients infectés par le SARS-CoV-2 (variant alpha et delta) que chez les patients développant une insuffisance respiratoire en lien avec une autre cause (infection respiratoires, grippe, etc.) en prenant en compte notamment la gravité de la maladie.
RESULTATS
Alors qu’une explosion du nombre de patients hospitalisés avec un syndrome de détresse respiratoire aiguë a été observée lors de la pandémie COVID-19, cette étude tend à montrer que les complications neurologiques, y compris la confusion, et la mortalité sont aussi fréquentes chez les patients hospitalisés aux soins intensifs pour un COVID-19 sévère que chez les patients souffrants d’un syndrome de détresse respiratoire aiguë d’une autre origine. Les patients avec un COVID-19 présentaient toutefois une atteinte respiratoire plus sévère nécessitant une plus longue durée d’intubation et avec une confusion prolongée dans le temps.
Ces résultats suggèrent que ces complications neurologiques sont communes aux insuffisances respiratoires sévères et sont causées par l’hypoxie et l’inflammation liée aux mesures de réanimation.
PRECAUTIONS
Des précautions doivent cependant être prises dans l’interprétation de ces résultats. En effet, la taille de l’échantillon de patients ainsi que les informations sur d’éventuelles comorbidités préexistantes étaient relativement limités. D’autres facteurs comme, par exemple, la présence des proches auprès des personnes aux soins intensifs et son impact sur la prévention du délirium, n’ont, compte tenu des contraintes sanitaires, pas pu être mesurés.
Il est important de noter que ces épisodes confusionnels lors d’un séjour aux soins intensifs sont associés à des déficits neurocognitifs à moyen et long terme. Vu l’explosion du nombre de patients hospitalisés pour une insuffisance respiratoire sévère au cours des 2 dernières années, il serait important d'étudier les séquelles neurocognitives au long cours.