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En une quarantaine d’années, Almeria, région désertique, pauvre et recluse est devenue l’un des piliers de l’économie espagnole. Les 35’000 hectares de cultures sous plastique, le pompage des nappes phréatiques, un fort ensoleillement et l’usage acharné d’engrais et de pesticides permettent aux agriculteurs andalous de produire plus de trois millions de tonnes de fruits et légumes.
Les plus de 100’000 migrant-e-s de la province sont arrivé-e-s avec le mythe de l’eldorado occidental en tête. Près de la moitié d’entre eux n’ont pas de permis de travail ou de résidence, une proportion identique n’a pas d’emploi ou seulement quelques mois par année. Les personnes rémunérées sont en majeure partie employées à la journée dans le secteur de l’agriculture.
La province d’Almeria est une région conservatrice. Le refus d’accès à certains bars, la majoration des loyers et le passage à tabac occasionnel mettent en lumière un racisme encore très ancré. Les migrant·e·s vivent dans des conditions insalubres, dans des lieux éloignés des transports publics. Ils et elles sont ainsi doublement isolé·e·s : au sein de la société espagnole et à des centaines de kilomètres de leur famille.