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La Suisse se prépare à être élue au Conseil de sécurité de l'ONU
La Suisse entamera son mandat au Conseil de sécurité de l'ONU en janvier prochain si elle est élue jeudi. Mais elle entrera dès le 1er octobre dans une période provisoire.
Les présidents de l'organe exécutif onusien sont alors censés relayer à la Suisse tous les documents importants sur les réunions de celui-ci. Mais "il faudra voir, certains Etats font de la rétention" sur certaines indications, a expliqué à Keystone-ATS un responsable de l'ONU, spécialiste du Conseil de sécurité.
Présidence en mai
La plupart du temps, Berne sera représentée par son ambassadrice à l'ONU à New York Pascale Baeriswyl. Mais des conseillers fédéraux pourront aussi siéger, notamment au moment des deux présidences suisses en mai prochain et encore probablement en septembre 2024.
Le principal changement pendant la période provisoire sera la possibilité pour la Suisse de participer aux consultations fermées du Conseil comme observatrice. Celles-ci, très discrètes, ont lieu dans une petite salle attenante.
Autre indication, la Suisse devrait savoir d'ici quelques mois dans quels comités du Conseil de sécurité elle siégera. Parmi eux figure notamment celui des sanctions pour lequel la présidence est souvent décidée par un accord tacite entre les cinq membres permanents, les Etats-Unis, la Russie, la Chine, la France et la Grande-Bretagne. Avec la guerre en Ukraine, il a pris encore une résonance inédite.
Le fonctionnement du Conseil, thématique chère à la Suisse, est aussi abordé dans un comité dans l'entité onusienne.
Interrogée dans le 19h30 de la RTS, l'ancienne conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey, qui a déposé la candidature de la Suisse en 2011, a défendu ce projet, estimant que les sanctions économiques qui peuvent être décidées par le Conseil de sécurité "ne sont pas contraires à la neutralité". Ce n'est "pas un acte de guerre" et "la Suisse prend des sanctions économiques depuis bien avant d'appartenir à l'ONU" (l'adhésion remonte à 2002), a ajouté l'ancienne cheffe du Département fédéral des affaires étrangères (2003-2011).
>> Ecouter aussi l'interview de Micheline Calmy-Rey dans le 19h30
Environ 25 postes supplémentaires
La candidature puis le mandat probable de la Suisse au Conseil de sécurité demandent 25 postes supplémentaires. La plupart des dépenses sont absorbées en interne par le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) mais le surcoût est estimé à 5,3 millions de francs.
Au total, l'enveloppe entre 2020 et 2025 devrait atteindre près de 25 millions de francs. Le DFAE fait remarquer qu'il ne faut pas "raisonnablement" s'attendre à une élection de la Suisse dans l'organe exécutif de l'ONU plus régulièrement que tous les 20 ans.
asch avec ats
Les voisins de la Suisse espèrent des avancées
La France suggère à la Suisse "d'éviter d'avoir une vision trop littérale de sa neutralité" au Conseil de sécurité lors de son très probable mandat entre 2023 et 2024. Pendant son mois de présidence de l'organe, Berne devra "viser des résultats concrets".
"Je n'ai pas de conseil à donner à la Suisse", affirme dans un entretien à Keystone-ATS l'ambassadeur français à l'ONU à New York Nicolas de Rivière. Mais il lui suggère tout de même d'aborder sa prochaine arrivée dans l'organe exécutif de l'ONU pour "faire avancer" les réponses aux crises actuelles.
Établir des compromis
De leur côté, les ambassadeurs à l'ONU à New York du Liechtenstein et de l'Autriche sont excités par l'idée du futur mandat de la Suisse. Selon eux, l'organe onusien le plus important a besoin des capacités de celle-ci à établir des compromis.
De son côté, l'Italie ne commente pas pour le moment la probable élection suisse. La mission allemande à l'ONU à New York salue elle l'engagement important de la Suisse dans l'organisation et souhaite poursuivre le partenariat avec elle.