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La Russie a dénoncé samedi des accusations d'espionnage "infondées" lancées à son encontre par Vienne. L'Autriche a placé en garde à vue un colonel soupçonné d'avoir été durant des années un informateur des services de renseignement russes.
Le ministre des Affaires étrangères russe Sergueï Lavrov a évoqué des "accusations infondées" et critiqué le fait que cette affaire a été rendue publique par Vienne. "Toutes les inquiétudes mutuelles éventuelles doivent être abordées via les canaux de dialogue existants et doivent être basées sur des faits", a déclaré M. Lavrov, cité dans un communiqué.
Mais pour son homologue autrichienne, Karin Kneissl, "l'affaire concerne des événements punissables par la loi et qui nécessitent l'intervention de procureurs, ce qui signifie qu'il était inévitable de rendre l'information publique".
Colonel en garde à vue
Le chancelier conservateur autrichien Sebastian Kurz a annoncé vendredi qu'un colonel de l'armée, aujourd'hui à la retraite, était soupçonné d'avoir mené des activités d'espionnage pour le compte des services de renseignement russes dès les années 1990 et aurait poursuivi ces activités jusqu'à cette année.
Une enquête a été ouverte et le chargé d'affaires de la Russie à Vienne a été convoqué par Karin Kneissl, qui a annulé un déplacement prévu en Russie. Les autorités russes ont pour leur part convoqué l'ambassadeur autrichien à Moscou.
Le colonel, âgé de 70 ans, a été placé samedi en garde à vue. Il est interrogé par les enquêteurs.
Affaire embarrassante
Cette affaire est embarrassante pour l'Autriche, qui cultive sa proximité avec la Russie et suscite par conséquent une certaine méfiance des services de renseignement alliés de Vienne.
Pays neutre non membre de l'OTAN, abritant de nombreuses organisations internationales, l'Autriche est traditionnellement un lieu de forte activité des services de renseignement et a joué un rôle primordial d'interface entre l'Est et l'Ouest durant la Guerre froide.
En mars, Vienne s'était distinguée de ses partenaires de l'UE en refusant d'expulser des diplomates russes en pleine affaire Skripal. L'Autriche avait alors dit vouloir "maintenir ouverts les canaux de communication avec la Russie".