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Coronelle lisse
Coronella austriaca austriaca Laurenti, 1768
La coronelle lisse (Coronella austriaca) est le plus petit de nos serpents. Elle est complètement inoffensive et ne dépasse que rarement 70 cm de longueur. Cette espèce se distingue des couleuvres aquatiques et des vipères par ses écailles dorsales lisses, non carénées, et elle se différencie de la couleuvre d'Esculape et de la couleuvre verte et jaune par le dessin, la coloration et le nombre de rangées d'écailles dorsales.
La couleur de fond peut varier du gris au brun-rougeâtre, en passant par le brun, le vert olive ou le jaune argile. En maints endroits, les femelles présentent une robe plutôt grise, tandis que celle des mâles donne sur le brun. Le dessin, qui est souvent très peu marqué, est constitué de deux rangées de petites taches foncées, parfois reliées en bandes transversales ou longitudinales. On observe rarement des individus avec de très grosses tâches ou avec de faibles bandes longitudinales. La tache sombre, souvent triangulaire, sur le dessus de la tête est également particulière à cette espèce. La partie ventrale est sans dessin et de couleur brune ou noire, rouge-brique chez les jeunes individus. En revanche, le ventre n’est jamais tacheté, comme chez la couleuvre à collier par exemple.
La coronelle lisse mène une vie très discrète. Une fois sortie de son gîte, elle se déplace presque toujours à l'abri de la couverture herbacée. Ses mouvements sont lents et tellement doux qu'il est presque impossible de la percevoir, même lorsqu'elle s'active dans les feuilles mortes. S'il est dérangé, ce serpent se fige et ne se remarque que difficilement. Ce n'est que par grande humidité de l'air et par températures clémentes, ou tout au plus en début ou en fin de journée, qu'il va complètement s'exposer. Par températures chaudes, les animaux restent souvent cachés toute la journée dans la couche herbeuse ou sous des pierres. Par temps frais ou par chaleur sèche, ce sont surtout les individus sur le point de muer qui s'aventurent hors de leurs abris. Il est alors plus facile de les apercevoir.
La coronelle lisse se nourrit principalement d'autres reptiles, avant tout d'orvets et de lézards, parfois même de vipères, voire de congénères. La part de rongeurs dans le régime alimentaire varie selon l'habitat. La coronelle enroule son corps en plusieurs tours autour de la proie et l'étouffe.
Au printemps, la plupart des coronelles ne sortent généralement pas avant la mi-avril, même lorsque le temps est clément. Il est possible que certains individus sortent plus tôt, là ou la strate herbacée fournit une couverture suffisante. L'accouplement a lieu en avril ou début mai. L'espèce est ovovivipare. La femelle portante se déplace très peu et lorsqu'elle prend ses bains de soleil, il est possible de la rencontrer pendant des semaines toujours au même endroit. Les mâles sont moins sédentaires et ne peuvent pas être observés d'une façon aussi régulière. Fin août ou en septembre naissent 3 à 15 jeunes, qui mesurent entre 12 et 17.
La coronelle est confrontée à de nombreux prédateurs, avant tout des rapaces et des mustélidés et, dans les zones d'habitations, des chats domestiques. Ce serpent est assez vulnérable face aux attaques directes de prédateurs. Il n'existe pas de comportement défensif tel que glandes cloacales excrétant une matière malodorante ou encore simulation de la mort. Il arrive que certains individus vident leur contenu intestinal ou qu'ils soufflent bruyamment. La coronelle peut mordre lorsque qu'elle est inquiétée, mais la morsure est inoffensive. Les principaux atouts de cette espèce pour échapper à ses prédateurs, sont surtout son camouflage et son mode de déplacement discret.
L'aire de répartition de cette espèce s'étend de la péninsule ibérique jusqu'au milieu de la Suède. La limite orientale se situe dans les steppes du Kazakhstan et en Turquie. Le site le plus septentrional se trouve à Åland (Finlande), le plus méridional en Sicile. La coronelle est absente de l'Irlande et elle ne colonise que la partie la plus méridionale de l'Angleterre. Elle a disparu du Danemark au cours de ce siècle.
Bien que la coronelle était autrefois répandue dans toute la Suisse, elle n'est que peu connue du public. Bien souvent elle est massacrée, parce que confondue avec une vipère. A certains endroits, cette espèce est appelée « serpent cuivré », alors qu’à d’autres endroits ce nom est destiné à l’orvet.
Il existe encore des populations saines dans le Jura, les Alpes et au sud des Alpes. Sur le Plateau en revanche, la coronelle lisse s'est beaucoup raréfiée durant les 50 dernières années et a même disparu localement. Il semble peu probable que cette espèce puisse survivre à long terme dans ce type de paysage.
Les exigences écologiques de la coronelle lisse sont élevées. En beaucoup d'endroits, la présence de populations intactes de lézards en tant que base alimentaire est indispensable. Il faut donc décourager les tentatives d’introduction dans les jardins privés. De plus, il est urgent de protéger et d'entretenir toutes les zones du Plateau encore occupées par ce serpent et d'y surveiller l'évolution des effectifs.
Les mesures suivantes sont recommandées:
- Conservation des surfaces ouvertes et xérophiles (pierriers et éboulis, zones rocailleuses, empierrements, enrochements, gravier, murs de pierres sèches , etc.), si nécessaire en éliminant les grands arbres et buissons donnant trop d'ombre.
- Conserver, entretenir ou créer de nouvelles petites structures de tout type dans des habitats potentiellement favorables (Murs de pierres sèches, remblais, murgiers, tas de bois, d’herbe ou de compost, etc.)
- Eviter de sceller les murs situés dans les vignobles ou encore de les remplacer par du béton (caches importantes, également pour les proies).
- Dans la mesure du possible, ne pas agir sur la strate herbacée durant le semestre d'été, en aucun cas brûler la couche herbeuse et renoncer aux herbicides, cela concerne tout spécialement les accotements des chemins de fer.
- Emploi restrictif des produits chimiques dans les vignobles et les talus de chemins de fer (dans ces sites, la coronelle se nourrit de préférence de lézards et ces derniers dépendent de la présence d'insectes).
- Favoriser les strates buissonnante et herbacée en lisière de forêt ainsi que dans les clairières; laisser en place les vieilles souches et les piles de vieux bois.
- Eviter les dérangements dans les zones d'habitations où la coronelle est encore régulièrement observée, y tenir les chats à l'écart et promouvoir les milieux richement structurés (voir exemples plus haut). Eviter les lâchers de coronelles! Ils ont peu de chance de réussir.
Les observations de coronelle sont de très grande importance pour le karch. Ce n’est qu’à travers ces observations qu’une image représentative du statut de cette espèce pourra être dessinée, qui servira de base pour un plan global de protection. Faites part de vos observations, même si celles-ci ne sont pas très récentes, au Centre de Coordination pour la Protection des Amphibiens et des Reptiles de Suisse!
La coronelle lisse est présente dans toute la Suisse depuis la plaine jusqu'à une altitude d'environ 2'100 m. Il semble que la structure du sol soit déterminante pour la présence de cette espèce. Elle préfère les sols se desséchant et se réchauffant rapidement. En Suisse, il s'agit en l'occurrence surtout des surfaces rocailleuses et rocheuses et des pentes avec un sol peu profond. La coronelle lisse ne fréquente les zones plus humides que si elle y dispose d'éléments surélevés tels qu'empierrements, murgiers, rochers ou objets semblables lui permettant de bien s'exposer au soleil et d'atteindre le plus rapidement possible la température interne optimale.
Sur le plateau, la plupart des endroit où l’on trouvait, ou trouve encore, des coronelles se situe dans des zones qui étaient déjà ouvertes avant l’apparition des paysages cultivés. Ce serpent habite les alluvions caillouteux le long des rivières, les rives des lacs, les éboulis et les bordures de marais. A partir de là, la coronelle a également colonisé des habitats anthropiques: carrières, gravières, vignobles, jardins naturels, accotements de chemin de fer, prairies sèches, terrains en friche.
Coronelle lisse
Portrait d'une Coronelle lisse, avec un teint blanchâtre
Habitat type de la Coronelle lisse
Fiche espèce
- Allure élancée
- Petite tête ronde légèrement distincte du cou
- Ecailles dorsales lisse, sans carène
- Pigmentation dans divers tons de gris, de brun ou de roux
- Dos portant des taches sombres
- Tache foncée très marquée sur l'arrière de la tête
- Bande sombre caractéristique des narines à la commisure des lèvres, en passant sous l'oeil
- Grandes écailles sur la tête
- Ecailles labiales (lèvre supérieure) en contact avec l'oeil
TéléchargementsCoronelle lisse.pdf (575.13 KB)
Informations supplémentaires
- Bestimmungshilfe: Faden- und Teichmolch-Weibchen, Braunfrösche, Wasser- oder Grünfrösche, Eidechsen, Schlingnatter und Kreuzotter, Ringelnatter-Unterarten. Rundbrief zur Herpetofauna von Nordrhein-Westfalen Nr. 28 (2005). Bearbeitet von Martin Schlüpmann. PDF (allemand)