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Les manifestations contre le président Joseph Kabila se sont multipliées ces deux dernières années (archives).
KEYSTONE/AP/JOHN BOMPENGO(sda-ats)
L'opposant congolais en exil Moïse Katumbi s'attaque au président Joseph Kabila contre lequel il est candidat à l'élection prévue en fin d'année. Il a porté plainte vendredi contre les autorités congolaises auprès du Comité des droits de l'homme à l'ONU à Genève.
Son avocat, le ténor du barreau français Eric Dupond-Moretti, a formellement déposé cette requête pour "acharnement continu du pouvoir congolais" contre l'ancien gouverneur régional et ses proches. Devant la presse, il a reproché à l'Etat congolais d'avoir violé à plusieurs reprises le Pacte international sur les droits civils et politiques.
Et de mentionner des abus liés au droit à l'intégrité physique, à un procès équitable, au respect de la vie privée, à la liberté d'expression et à la participation politique. Ancien allié du président, M. Katumbi était passé dans l'opposition en septembre dernier et avait ciblé la volonté de Joseph Kabila de se présenter à troisième mandat interdit par la Constitution.
Il a ensuite été condamné à trois ans de prison dans une affaire immobilière, provoquant son inéligibilité, avant d'être autorisé à rejoindre la Belgique pour être soigné. Il doit encore comparaître dans un procès sécuritaire.
"Affaires bidon"
"Deux affaires bidon", a rétorqué Me Dupond-Moretti. Elles ont été "délibérément mises en place". Le jugement dans la première affaire a été "extorqué" à une magistrate, désormais protégée en France, qui a dit avoir dû le prononcer une arme pointée sur elle, dit aussi l'avocat.
Il s'étonne aussi du calendrier. Le ministre de la justice a lancé une procédure contre lui "le jour où il a annoncé sa candidature à l'élection présidentielle". Son client a été "interpellé et détenu arbitrairement et sauvagement tabassé", selon l'avocat.
Les autorités ont indiqué qu'elles l'arrêteraient s'il revient en République démocratique du Congo (RDC). Un retour que M. Katumbi prévoit dès que le calendrier de la présidentielle, qui doit avoir lieu avant fin 2017, sera connu. "Je n'ai rien fait. Je vais rentrer", a-t-il affirmé.
La procédure devant le Comité des droits de l'homme devrait prendre plusieurs années. Mais selon Me Dupond-Moretti, l'institution peut recommander des mesures provisoires pour demander à l'Etat la protection de son client. M. Katumbi pourrait alors exiger leur application par la Mission de l'ONU en RDC (MONUSCO) ou l'Union africaine (UA).
Soutenu par les évêques
D'autres plaintes pourraient aussi ensuite être déposées directement contre Joseph Kabila devant d'autres juridictions. L'avocat a toutefois indiqué à l'ats ne pas savoir si le Comité avait déjà autorisé ce type de mesures provisoires.
Le second mandat de Joseph Kabila a pris fin en décembre dernier, mais il a refusé de se retirer malgré l'interdiction d'une troisième période. Intermédiaire dans le compromis trouvé sur le calendrier électoral, la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) a récemment demandé "le retrait" de la décision d'arrestation immédiate de M. Katumbi et le rétablissement de ses droits "civils et politiques". Du côté de l'opposant, pas question de négocier une nouvelle fois avec le président.
S'il ne peut pas se présenter, il appellera ses concitoyens à activer l'article de la Constitution qui les contraint à s'élever contre un individu qui prend le pouvoir par la force. "Tout est possible", a-t-il, sans préciser si la situation pourrait aboutir à un conflit armé. Il est aussi favorable à un Tribunal international sur les violations des droits de l'homme, notamment au Kasaï, a-t-il dit.
ATS