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Les dégâts que causent les crues, les laves torrentielles, les glissements de terrain, les éboulements, les avalanches, les tempêtes et les séismes ne peuvent être complètement évités, et ce, malgré les lourds investissements consentis dans des mesures de protection. La sécurité absolue n'est pas possible. Avec une gestion des risques largement étayée, nous pouvons néanmoins tenter de prévenir les dommages ou de les minimiser autant que possible.
Jusqu'aux années 80, la gestion des dangers naturels consistait avant tout à réagir aux évènements et à éliminer les zones dangereuses. À partir des années 90 cependant, les spécialistes ont commencé à modifier leur approche et ont mis au point les premiers instruments destinés à planifier des mesures de protection ciblées sur les risques. De nos jours, la protection contre les dangers naturels s'articule en Suisse autour du «concept de minimisation des risques» (concept de risque), selon les principes de la «gestion intégrée des risques». Il ne s'agit pas ici d'empêcher par tous les moyens les dangers naturels de se produire mais d'en réduire les risques dans une mesure acceptable. Ce concept de risque est déjà mis en pratique de longue date dans d'autres domaines tels que le nucléaire civil.
Une avalanche à elle seule n'est pas synonyme de risque. Celui-ci n'entre en jeu que s'il s'accompagne d'un processus dangereux éventuel, comme lorsqu'une avalanche est susceptible de causer des dommages en ensevelissant un skieur ou un bâtiment, p. ex. Dans le langage technique, le terme de risque est ainsi désigné comme la probabilité que des dommages d'un montant déterminé surviennent sur une période donnée (CHF 100'000 sur un an, p. ex.), ce qui correspond à la formule simple: risque = probabilité de survenance x ampleur des dommages.
Il est possible de composer avec les risques. Au lieu d'éviter à tout prix que les dangers naturels se produisent, on essaie de diminuer les risques qu'ils présentent. La gestion des risques intègre toutes les mesures permettant de mettre en œuvre ce principe. Ainsi, la probabilité qu'une avalanche survienne diminue sensiblement si des ouvrages de retenue sont prévus dans la zone de décrochement. Le potentiel de dommages peut être réduit, par exemple en interdisant les constructions dans les zones particulièrement exposées aux avalanches ou aux crues. Néanmoins, dans la pratique, le risque zéro n'est jamais garanti.
La gestion des risques recouvre l’ensemble des mesures et des méthodes permettant d'atteindre le niveau de sécurité recherché. Il s'agit dans un premier temps de relever un risque et de l'évaluer pour ensuite en déduire un besoin d'intervention. Le concept de risque propose à ces fins une procédure structurée répondant à trois questions:
1. Analyse du risque: que peut-il se passer?
2. Évaluation du risque: qu'est-ce qui est acceptable?
3. Planification de mesures: que faut-il faire?
Les risques sont analysés tant du point de vue de l'individu que du point de vue de la société. La réussite d’une gestion intégrée des risques passe par un dialogue intensif entre tous les protagonistes. Ce n'est qu'à condition qu'ils comprennent, soutiennent et s'investissent dans les mesures que la mise en œuvre peut véritablement réussir.
On dit d'une gestion des risques qu'elle est intégrée si
- tous les dangers naturels sont pris en compte;
- tous les acteurs responsables participent à la planification des mesures et à leur mise en œuvre;
- toutes les formes de mesures sont incluses;
- un niveau de sécurité comparable est recherché face à tous les dangers naturels;
- tous les aspects de la durabilité sont respectés: le niveau de sécurité doit être écologiquement, économiquement et socialement acceptable.
- les mesures de
- prévention,
- de lutte et de
- régénération des évènements naturels dangereux
Dès le début, le SLF a contribué de manière intensive à l'élaboration du concept de risque pour les dangers naturels ainsi qu'aux guides destinés à sa mise en œuvre. En outre, nous mettons au point
des outils de calcul des risques et des aides à la prise de décision pour les responsables de la sécurité, les assurances, les autorités et autres décisionnaires afin qu'ils puissent considérer les risques et choisir les stratégies de protection adaptées.
Gestion des risques dans le domaine des sports d'hiver
Les adeptes des sports d'hiver, lorsqu'ils se trouvent en dehors des pistes sécurisées, se déplacent sur des zones exposées aux avalanches. La gestion des risques est requise ici également: les randonneurs à ski et les skieurs hors-piste tentent de disposer d'une marge de manœuvre aussi importante que possible moyennant un niveau de risque acceptable. Le SLF met à disposition des données essentielles à ces fins, notamment le bulletin d'avalanche. Il est chargé de la mise au point d'outils durables de gestion des risques: méthode de réduction graphique, outil de contrôle de groupe SOCIAL ou encore outil d'évaluation des pentes. Ces outils structurent le processus de décision et aident à pondérer correctement les différents facteurs. Avec ses partenaires du «Groupe de compétences prévention des accidents d'avalanche KAT», le SLF travaille au développement constant de ces instruments et les rend accessibles au public grâce à des documents pédagogiques et à des formations destinées aux cadres à large échelle