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Les allergies désignent des réactions d’hypersensibilité du système immunitaire en réponse à des substances normalement inoffensives avec lesquelles on est en contact, parce qu’on les a respirées, consommées ou touchées. La désensibilisation, qui vise à réduire cette hypersensibilité, est l’une des options thérapeutiques envisageables.
Tandis que les uns se réjouissent de l’approche du printemps, d’autres guettent avec inquiétude le calendrier pollinique. C’est le cas de Madame Kirstin Meier*, 42 ans, qui, jeune fille avait quitté la campagne pour s’installer en ville, à Berne et qui a brusquement développé une forte allergie au pollen. Des tests ont révélé que plusieurs substances déclenchaient chez elle une réaction allergique, à savoir le bouleau, le noisetier, les herbes, les noix, etc. D’ailleurs, depuis quelques années, on constate que le nombre de maladies allergiques augmente ou reste à un niveau très élevé dans la population.
Dès la naissance, le système immunitaire se développe par désensibilisation permanente. Il s’agit de réactions propres à l’organisme qui réagit à une substance étrangère (allergène) inhalée, absorbée ou touchée. Lorsque l’organisme est confronté pour la première fois à cette substance, celui-ci développe une réponse immunitaire avec laquelle il réagira lors de chaque contact ultérieur. On ne parle d’allergie que lorsque cette réponse immunitaire est exagérée, donc justement hypersensible. Chez Kirstin Meier, cette réaction excessive se traduisait par des démangeaisons, une sensation de brûlure et une rougeur au niveau des yeux, ainsi que par des crises d’asthme et autres symptômes qui lui rendaient la vie impossible.
Il existe différents types d’allergies classées de I à IV, l’allergie de type I étant la plus répandue. La réaction allergique survient en l’espace de quelques secondes ou minutes. Parmi les symptômes typiques, on compte l’asthme, la conjonctivite, le rhume des foins, l’urticaire et autres manifestations allergiques. Le traitement le plus efficace consiste à se soustraire de l’influence de cet allergène (mesures d’éviction), ce qui, selon l’allergène incriminé, est plus facile à dire qu’à faire. Dans le cas de Kirstin Meier, par exemple, allergique au pollen, c’est quasiment impossible. Heureusement, il existe d’autres solutions permettant de ramener la charge allergique à un taux acceptable comme par exemple la pose de filtres à pollens dans les climatisations ou sur les fenêtres. En outre, des médicaments atténuent ou bloquent la réaction allergique (antihistaminiques). Selon la forme et la sévérité de l’allergie, différents principes actifs sont utilisés. La médecine complémentaire, quant à elle, propose des traitements à base de micronutriments, l’acupuncture ou d’autres options thérapeutiques. Kirstin Meier a testé plusieurs approches thérapeutiques avec des résultats très variables, mais aucune d’elles ne s’est avérée satisfaisante à long terme.
» Des solutions techniques peuvent contribuer à réduire la charge allergique. «
Le seul traitement qui traite la véritable cause de l’allergie est la désensibilisation. Ce type de thérapie, à laquelle l’on recourt uniquement en cas d’allergies de type I, consiste à administrer aux personnes concernées les allergènes qui déclenchent l’allergie, d’abord à des doses minimales, puis à plus fortes doses. Le corps s’habitue ainsi à l’allergène et l’on réduit la réaction excessive du système immunitaire.
C’est ainsi que Kirstin Meier, sur les conseils de son médecin traitant, a décidé il y a trois ans de se faire désensibiliser. Lors des premières injections, les symptômes se sont aggravés pendant deux jours. Aujourd’hui, Kirstin Meier constate uniquement un gonflement important au site d’injection, effet qui disparaît le lendemain. Les symptômes allergiques, en revanche, se sont considérablement estompés. Pour cette raison, Kirstin Meier, confiante, est persuadée qu’elle sera libérée de ses symptômes d’ici la fin du traitement. Pour prévenir le danger lié à un choc allergique, elle patiente dans le cabinet de son médecin pendant la demi-heure qui suit l’injection, comme au début. Selon la nature de l’allergie, ce traitement, effectué uniquement par des allergologues ou par des médecins expérimentés, peut durer entre trois et cinq ans.
Auteur : Erica Sauta