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Les autorités chinoises ont annoncé vendredi le lancement d'une campagne nationale d'inspection de ses produits chimiques dangereux et de ses explosifs après la catastrophe de Tianjin. La pénurie d'informations sur ces explosions provoque la colère des internautes.
Le pays doit tirer une "profonde" leçon de la catastrophe à Tianjin, où des explosions dans un entrepôt mercredi ont fait au moins 50 morts, a indiqué le Conseil des affaires d'Etat, le gouvernement de la République populaire, dans un communiqué publié sur son site internet.
Selon lui, le renforcement des conditions de sécurité dans l'industrie passe par une répression accrue des activités illégales. Les enquêteurs cherchaient vendredi à établir les causes des deux énormes explosions de Tianjin, survenues dans un entrepôt de stockage de produits dangereux et toxiques.
Règlements violés
Cette catastrophe rappelle le piètre bilan de la deuxième économie mondiale en termes de sécurité industrielle, les réglementations étant souvent ignorées pour des raisons de rentabilité et leur mise en oeuvre contrôlée de façon laxiste.
Le Quotidien du Peuple, organe du Parti communiste chinois, a ainsi écrit vendredi que la construction d'un tel entrepôt dans cette dense zone industrielle "contrevenait clairement" aux réglementations.
Les normes de sécurité chinoises exigent que les entrepôts stockant des matériaux dangereux doivent être éloignés d'au moins un kilomètre des lieux d'habitation et axes routiers importants. Or, dans ce cas précis, deux complexes d'immeubles résidentiels et plusieurs avenues se trouvaient à moins de 1000 mètres, et deux hôpitaux et un terrain de football étaient également à proximité.
"Dans des conditions normales, l'entrepôt en question n'aurait jamais dû réussir à passer tous les contrôles environnementaux", a commenté le journal.
Indignation sur le web
Cette série d'explosions a par ailleurs suscité un intérêt soutenu sur le web, où les photos spectaculaires montrant des barrières de flammes, des rangées de voitures calcinées et des conteneurs éventrés étaient largement partagées.
Mais l'indignation dominait vendredi sur les réseaux sociaux chinois, après une conférence de presse des responsables municipaux de la ville qui ont assuré ignorer encore quelles substances dangereuses étaient gardées dans l'entrepôt incriminé.
Selon les Nouvelles de Pékin, il s'agirait de centaines de tonnes de produits chimiques hautement toxiques, dont au moins 700 tonnes de cyanure de sodium. L'article du quotidien n'était plus disponible en ligne vendredi, ce qui avivait une suspicion générale.
ATS