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Aspirons à la plus grande objectivité et soyons cléments. En hockey, il ne devrait pas y avoir de polémique avant la Journée fédérale d'action de grâce, de repentance et de prière. Nous célébrerons ce lundi du jeûne le 19 septembre prochain.
Donc: imaginons qu'un homme avec une grande compréhension des sports d'équipe, mais sans aucune connaissance du hockey, ait été invité au match Berne - Zoug. Par exemple, le ministre brésilien des sports ou le président de la fédération néo-zélandaise de rugby. Comment auraient-ils jugé la chose?
Eh bien, l'invité de marque aurait immédiatement identifié Zoug comme un maître (il est d'ailleurs le champion suisse en titre). Confiants, atteignant parfois la zone grise de l'arrogance, les Zougois ont exploité leur supériorité technique et tactique jusqu'à éclipser les Bernois pendant deux tiers. L'invité exotique, qui ne connaît rien du passé, de la puissance et de la dimension de cette institution du hockey, aurait qualifié le SCB de néo-promu.
Les Bernois se sont comportés comme des apprentis sorciers, profondément impressionnés par la gloire enjouée du maître. Leurs tentatives d'intimidation dans les duels ont ressemblé au sifflement anxieux de la belette, à la tombée de la nuit, dans la forêt sombre. Rien ne semble subsister de la confiance inébranlable des temps magistraux. Ceux qui ont fait du SCB le Bayern Munich du hockey.
Le SCB comme un néo-promu. Comme un Ajoie sans le courage ni les émotions. Cela ne s'était jamais produit depuis la promotion de 1986. Les deux dernières années de déceptions et de tribulations, d'esprit de corps perdu, ont laissé des traces profondes.
Il y a trois ans, la performance totalement infructueuse des deux premiers tiers aurait provoqué un vif mécontentement dans les tribunes. Pas à cause du score. Mais en raison de la manière passive, voire épouvantable, de jouer.
Le dialecte bernois propose une belle expression pour résumer le SCB des deux premiers tiers: «Si hei d Miuch abegä u si affable gonee». Ce qui signifie: vous êtes devenu doux. Les joueurs et le public. Pour la deuxième fois d'affilée, moins de 13'000 spectateurs (12'700 et 12'571) ont investi les gradins. Le mythe du SCB est-il en train de s'effondrer?
Bien sûr, il y aurait matière à polémiquer. Par exemple, on pourrait relever que Jesper Olofsson a déjà inscrit autant de buts (2) pour Langnau en un seul match que les quatre attaquants étrangers de Berne en deux matchs. Et on pourrait rappeler que la direction sportive du SCB n'a pas accordé de nouveau contrat au Suédois à la fin de la saison dernière (il a été jugé inapte).
Mais une telle polémique est totalement vaine en ce début de saison. Quiconque fait preuve de «schadenfreude» doit être remis à l'ordre et s'entendre dire: le SCB reste le SCB. «On l'a vu dans le dernier tiers contre Zoug.»
Une course contre la montre a néanmoins commencé pour Johan Lundskog, qui doit mettre ses idées en œuvre le plus rapidement possible.
L'entraîneur ne commet pas l'erreur de chercher des excuses. Au contraire, il se tient bien droit après le match, ne montrant aucun signe de doute ou d'incertitude. Son maintien est si parfait qu'il semble appartenir à un manuel. Lundskog prononce des phrases, vraies et claires, comme gravées dans le marbre. Comme s'il sortait d'un cours de rhétorique. Sur la glace, c'est moins net - mais il faut du temps, bien sûr. Bien sûr...
Au SCB, il y a un autre problème sur lequel nous ne polémiquerons - si nécessaire - qu'après la Journée fédérale d'action de grâce, de repentance et de prière: la question du gardien. Cette question est: lequel est le
moins fébrile plus approprié?
Ce qui rend le dossier sulfureux: Daniel Manzato a 37 ans. Le même âge que son entraîneur. Il a un long passé et sa carrière est derrière lui. Philip Wüthrich a 23 ans, il n'a presque pas de passé et un longue carrière devant lui. Tout le monde au SCB prétend qu'il est l'homme de l'avenir. Le futur titulaire du poste. Peut-être même le prochain Leonardo Genoni. Mais tout le monde remarque aussi que personne au club ne lui fait confiance pour devenir numéro 1. Bien que personne n'ose le dire, évidemment.
Le SCB a encore tout pour redevenir le Bayern Munich du hockey suisse. Mais à chaque défaite, il se fait toujours un peu plus petit, un peu plus Ajoie, sans l'émotion et la foi, et son retour à une dimension conforme (quelque chose qui relève de la grandeur) devient de plus en plus long.
Le 17 septembre, le rival cantonal Langnau débarque dans la capitale. L'entraîneur Johan Lundskog ne doit pas perdre. Deux jours plus tard, ce sera la Journée fédérale d'action de grâce, de repentance et de prière. Et après ce jour, nous pourrons polémiquer.
Adaptation française: Christian Despont