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La prison de Limmattal, où travaillait la gardienne et où était détenu son amant syrien (archives).
KEYSTONE/ENNIO LEANZA(sda-ats)
La geôlière, qui s'était enfuie avec un détenu syrien de la prison de Limmattal (ZH) en février, dit avoir agi de la sorte, car l'homme de 27 ans devait être jugé à nouveau. Il avait écopé le 3 décembre dernier en première instance de quatre ans de prison pour viol.
"L'idée d'évasion est venue sur le tapis la première fois après le jugement", déclare la femme de 32 ans dans un entretien diffusé jeudi par la Weltwoche. Contrairement au Syrien, elle a été remise en liberté en attendant son procès.
Selon elle, son amant "a été condamné pour des délits qu'il n'a pas commis". Il n'est "pas innocent, mais n'est pas non plus le délinquant sexuel peu scrupuleux, comme il a été présenté". La gardienne espère que le verdict sera "corrigé" par le tribunal cantonal zurichois, qui a été saisi d'un recours.
Outre le nouveau jugement, d'autres raisons ont influencé sa décision de fuir avec le condamné. Elle cite la situation avec son mari, de qui elle était à ce moment-là séparée, et le fait que le Syrien allait être bientôt "transférer en détention". La décision a été prise "dans la nuit avant l'évasion".
Evasion "très facile"
Elle ne donne pas de détails, mais explique que "la cavale a alors été très simple, techniquement du moins". La destination du nord de l'Italie a été "choisie plutôt au hasard". Les deux fugitifs n'ont reçu aucune aide dans leur entreprise.
Durant leur fuite, ils ont mené une "vie normale". "Nous faisions beaucoup de sport, nous promenions, cuisinions ensemble, parlions beaucoup". Mais la geôlière a rapidement compris qu'ils ne pourraient pas "vivre de manière légale à la longue".
Le Syrien a, par exemple, cherché du travail dans un salon de coiffure. "Mais nous avons dû constater que cela était pratiquement impossible sans papier". "Après coup, nous sommes toujours plus intelligents", lâche la gardienne de prison.
Elle reconnaît également qu'il était "quelque peu naïf" d'avoir fait une vidéo et de la transmettre aux médias. "Nous voulions simplement montrer que les choses n'étaient pas comme beaucoup le pensaient". Elle estimait que beaucoup d'éléments écrits sur leur cavale "n'étaient tout simplement pas vrais", comme le fait qu'"ils voulaient faire le djihad".
La gardienne de prison dit être maintenant heureuse d'avoir retrouvé ses proches. Elle va "de toute façon" attendre son amant, qu'elle a connu en prison. "S'il devait être un jour expulsé de Suisse, je le suivrai", ajoute-t-elle.
ATS