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Cette exposition est le reflet de la passion de trois générations de collectionneurs pour l’art antique. Initiée par Josef Mueller au début du XXe siècle, la collection d’antiquités du musée Barbier-Mueller s’enrichit des acquisitions de son gendre Jean Paul Barbier-Mueller et de ses petits-fils.
Si l’on s’en remet à ses souvenirs, en 1907 Josef Mueller disposait déjà d’objets grecs ou romains dans sa chambre d’étudiant à Zurich. Une photo de 1915 de son salon à Soleure montre une stèle romaine côtoyant une toile de Kandinsky. Lors de son installation à Paris au lendemain de la Première Guerre mondiale, il possédait en outre un petit ensemble de statuettes du genre Tanagra et de vases étrusques. Autant d’éléments attestant de l’intérêt certain qu’il portait aux œuvres d’art antique. Il partageait le goût de certains artistes contemporains pour la beauté plastique de ces créations. Pablo Picasso fit l’acquisition en 1907 d’une tête ibérique dont il s’inspira pour sculpter sa « tête en bois » et pour ses esquisses préparatoires des « demoiselles d’Avignon ». La pureté des lignes, la sobriété des formes et l’apparente modernité des statuettes cycladiques du IIIe millénaire avaient déjà séduit des artistes tels qu’Henri Moore et Max Bill qui possédaient de telles œuvres ; Alberto Giacometti les dessinait. Dans le sillage de ces artistes, Josef Mueller poursuivit sa quête d’objets antiques et réunit rapidement une riche collection de statuettes cycladiques qui sera complétée et diversifiée par son gendre, Jean Paul Barbier-Mueller, devenant ainsi la plus importante collection en mains privées.
Jean Paul Barbier-Mueller s’est intéressé très jeune aux bronzes des Steppes et du Luristan. L’ensemble qu’il a réuni est venu ensuite augmenter le noyau initial composé par Josef Mueller. Après la fusion des deux collections suite au décès de Josef Mueller, Jean Paul Barbier-Mueller s’est attaché à apporter de la cohérence aux différentes sections de la collection et à les compléter.
Les pièces choisies pour leur qualité esthétique, ambassadrices de civilisations aussi variées que celles des Cyclades, de l’Égypte prédynastique et pharaonique, de Grèce et de Rome, entre autres, jalonnent ce parcours représentatif de la production artistique antique. Le panorama offert aux visiteurs illustre les grandes tendances, l’extraordinaire diversité et la vitalité de l’art antique depuis le VIe millénaire avant J.-C jusqu’au IIIe siècle après J.-C.
L’art de l’Antiquité ne progresse ni ne décline, mais se transforme. Ces mutations sont la conséquence de l’œuvre du temps, de l’homme et de son histoire. La relation tissée par les collectionneurs avec ces objets donne au visiteur l’opportunité d’un dialogue avec ces œuvres nées d’une main ancestrale.
Les pièces exposées sont toutes reproduites dans le catalogue Le profane et le divin, Arts de l’Antiquité. Fleurons du musée Barbier-Mueller (excepté quelques récentes acquisitions), faisant l’objet d’une notice détaillée rédigée par des spécialistes de chaque civilisation. Ainsi Agnès Benoit, Jacques Chamay, Pat Getz Gentle, Alain Pasquier et Michel Valloggia, entre autres, éclairent cet héritage artistique de leur savoir. Édité par le musée Barbier-Mueller et Hazan, cet ouvrage est disponible à la librairie du musée Barbier-Mueller et dans notre boutique en ligne.