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Peut-on refroidir les océans pour affaiblir les ouragans ?
Les techniques actuellement à l’étude pour refroidir les océans afin de prévenir les ouragans qui dévastent régulièrement les îles des Caraïbes et le sud des États-Unis, n’auraient qu’un résultat négligeable. Après avoir procédé à des simulations informatiques, des chercheurs de l’université de Miami (UM) mettent en doute l’efficacité de tels procédés, qu’ils estiment beaucoup trop dispendieux en énergie.
Tenter de refroidir les océans pour prévenir les ouragans serait non seulement très dispendieux en énergie, mais aussi parfaitement vain pour empêcher la formation des ouragans qui dévastent chaque année les îles des Caraïbes et le sud des États-Unis. Dans une étude qu’ils viennent de publier dans le magazine Nature Communications Earth & Environnement, des chercheurs de l’École Rosenstiel des sciences marines, atmosphériques et de la Terre (Rosenstiel School of Marine, Atmospheric and Earth Science) de l’Université de Miami (UM) estiment avoir démontré que cette solution n’est pas réaliste.
Un affaiblissement négligeable
Pour parvenir à leurs conclusions, les chercheurs ont utilisé un modèle informatique de l’atmosphère terrestre, combinant les interactions entre l’air et la mer. Lors de leurs simulations, ils ont baissé de 2 °C quelque 21 000 km3 d’eau dans une zone océanique théorique de 260 000 km2, plus vaste que l’État de l’Oregon. Les résultats de cette simulation ont montré que les ouragans ne se sont affaiblis que de 15 %, alors que la quantité d’énergie extraite de l’océan pour parvenir à ce résultat, équivalait à plus de cent fois celle consommée par les États-Unis en une seule année.
« Notre étude prouve que même en refroidissant d’énormes quantités d’eau, les ouragans ne seraient que très peu affaiblis avant d’atteindre le littoral. Et rien ne prouve que leur capacités destructrices seraient réduites en traversant les terres », souligne le physicien et océanographe James Hlywiak, qui a participé à cette étude. Selon son équipe, au lieu de chercher des moyens d’affaiblir les ouragans, on ferait mieux de se concentrer sur le renforcement des infrastructures, l’amélioration de l’efficacité des procédures d’évacuation, la détection et la prévision des phénomènes météorologiques violents.
Des milliers de pneus flottant
En 2007, l’ingénieur britannique Stephen Salter, un expert en énergie houlomotrice (énergie des vagues) de l’université d’Edinbourg, en partenariat avec des entreprises américaines et le soutien de Bill Gates, le cofondateur de Microsoft, avait imaginé un « mélangeur océanique » capable, selon lui, de transférer les eaux chaudes de surface vers les profondeurs. Sachant que les ouragans se forment lorsque la surface des océans atteint 26,5 °C, il avait imaginé un dispositif appelé « Salter sink », constitué de milliers de vieux pneus flottants, attachés les uns aux autres, soutenant des tubes en plastique de 100 à 300 m de long et de 100 à 200 m de large, capables de pomper les eaux de surface pour les restituer dans les profondeurs. Le projet a, pour le moment, été abandonné pour des raisons techniques et environnementales.
Faire des bulles dans les profondeurs
De son côté, l’entreprise norvégienne OceanTherm AS a annoncé l’année dernière, qu’elle procédait à la mise au point d’un système générant des rideaux de bulles pour refroidir l’eau de mer, toujours dans le but d’affaiblir les ouragans. Le procédé consiste à installer une série de tuyaux perforés dans l’océan, sur la trajectoire d’une tempête, pour générer des bulles afin de faire remonter les eaux plus froides des profondeurs. Les ingénieurs norvégiens indiquent avoir déjà réalisé des essais à 50 m de profondeur, faisant baisser les eaux de surface de 0,5 °C. Ils annoncent de nouveaux essais à 150 puis 200 m de profondeur.