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L'arrivée dans la salle est impressionnante : une immense affiche au-dessus de l'entrée du complexe montre d'anciens champions d'Europe ou du monde. On y reconnaît entre autre Michael Appelgren (membre de l'équipe de Suède plusieurs fois championne d'Europe et du Monde) et Stefen Fetzner (champion du Monde en double en 1989 à Dortmund, associé à Jürg Rosskopf), ainsi qu'Olga Nemes. Ensuite, quand on entre, on a le choix entre plusieurs salles: une salle principale (un petit Bercy) avec une vingtaine de tables où se retrouvent les groupes avec de "grosses" têtes de série (Ding Yi, Michael Appelgren, Thierry Miller, Dimitrij Mazunov, etc.) et où auront lieux les derniers tours des différents tableaux principaux. A côté (en infilade) on trouve un large couloir où sont cantonnés les vendeurs de matériel (huit, dont le stand du Dr Neubauer, très couru par les vétérans!) et un petit bistro. Un bout plus loin, la salle d'entraînement avec une bonne vingtaine de tables sur du parquet posé pour l'occasion. A noter que ces tables n'occupent guère que le tiers de la halle 3. Encore un bout plus loin, la halle 5 compte plus de huitante tables et quelques gradins, couvrant les deux-tiers de la halle. Ajoutons que parallèlement aux halles se trouve un large couloir où sont affichés les tableaux et résultats de toutes les séries, ainsi que plusieurs restaurants et bars. Ces quelques halles ont suffi pour cette manifestation regroupant près de 3000 joueurs. Le cas échéant, il y a encore quelques halles gigantesques dans le complexes! Il faut plusieurs minutes pour passer d'une salle à l'autre, ce qui amène à parcourir des kilomètres si l'on veut voir jouer quelques "grands" de temps à autre. Notons qu'un service SMS envoyait un texto au joueur pour lui signaler l'heure et la table de son prochain match! Les seniors sont parfois à jour au niveau technologie!
|L'affiche du championnat||La salle des finales||La salle d'entraînement|
|La grande salle - côté gauche||côté droit|
Un tirage au sort est effectué parmi les plus de 600 joueurs inscrits pour former ces groupes de quatre. En principe, le numéro 1 du groupe a déjà participé une fois à cette compétition et a obtenu quelques victoires ou figure au ranking international. Pour les autres, c'est le hasard qui décide. C'est ainsi que je me retrouve "vient-ensuite" dans un groupe (la poule 150 sur 151) composé également de deux allemands – logique : les germaniques composent plus de 50% des participants – et d'un slovaque. Ce dernier (Anton Pavlotty) semble remplir le rôle de favori du groupe, à voir son jeu rapide et précis. Mais il arrive à la table plutôt nerveux. Face à lui, je suis plutôt calme, mais prêt à en découdre. Je suis bien chaud, même transpirant, ayant eu la chance de me chauffer une demi-heure avec Thierry Miller et Philippe Devaud. Du coup, en alternant les attaques et les balles très variées à mi-distance, je m'impose en quatre sets plutôt serrés, faisant la différence en fin de set (11-9/11-6/8-11/11-8). Son "YES" du second set sur un de mes services manqués a augmenté ma motivation pour le battre. Il se vengera en battant nettement les deux autres joueurs.
Le "suivant" est l'allemand tête de série numéro 1 (Reinhold Kandolf), qui doit être plus ou moins de mon niveau, à voir son match précédent. Mais comme je suis en pleine concentration, je ne lui laisse pas beaucoup de temps pour se régler en alternant des attaques bien placées et des défenses coupées ou hautes très variées. Malgré un set perdu, j'ai pu l'emporter avec une petite marge de manoeuvre(11-6/11-7/9-11/11-4). Finalement, le second allemand (Christoph Jendrek) se trouvait être le moins fort (une bonne série C dirais-je). Là, victoire logique et nette (11-4/11-2/11-1).
Je me retrouve donc premier de groupe, devant le slovaque et les deux allemands. Ces deux derniers disputeront le tableau de consolation. Les deux premiers de groupe ont l'honneur de disputer le tableau principal (à 512) en espérant rencontrer, soit des adversaires à leur portée, soit des têtes de série célèbres (comme Appelgren, Ding Yi, etc.), avec dans ce cas une éléminitation certaine à la clé.
Ma victoire en poule me permet d'avancer d'un tour sans jouer, avant d'affronter un allemand nommé Obst, qui n'est pas une "pomme". A nouveau bien chaud (merci Bruno Marty!), j'aborde à nouveau le match décontracté mais concentré. Mon adversaire, qui a un niveau légèrement supérieur à B12, ne se doute pas encore que son picot du revers me rend plus service qu'à lui. C'est ainsi que j'arrive à faire à chaque fois la différence en fin de set pour m'imposer en trois manches, dans un match très disputé (11-8/11-9/11-6), les deux joueurs alternant les attaques et les défenses. Du coup je me retrouve au troisième tour, contre une tête de série nommée Persson (pas Jörgen, Kjell).
Je m'attends à un niveau plus élevé et je ne suis pas déçu! Bien que je sache jouer contre les défenseurs et contre les picots, ce suédois utilise son picot comme personne (jeu de mots involontaire!) et imprime à la balle des variations dignes d'un Curl P1. C'est dire. Et quand il attaque, ce sont des top frappés très rapides et bien placés. C'est ainsi que, malgré de belles attaques et défenses, j'ai dû me rendre à l'évidence : mon parcours en simple s'arrête ici, contre un joueur évoluant comme une bonne série A, avec aucune chance de gagner. A titre comparatif, j'ai déjà eu des balles de match contre Akos Maklari (A20 ou A19 aujourd'hui) et pris des sets à Rista Stukelja. En discutant brièvement avec lui après le match, j'ai appris qu'il n'était rien d'autre que le champion de Suède O50 en titre. Ceci explique cela. Persson perdra un peu plus tard contre un anglais qui s'inclinera en huitième de finale contre l'anglais Whiting, lequel subira la loi de l'ancien international allemand Boehm. Ce dernier perdra contre le futur vainqueur, champion d'Europe et ex-champion du monde par équipes, le suédois Appelgren.
Au classement final, je me retrouve en 65ème position ex aequo sur environ 600 participants.

Hans-Jürgen Obst

Kjell Persson
Inscrit en libre, j'espérais me retrouver avec un joueur "exotique", issu d'un pays comme l'Estonie, la Pologne ou tout autre pays que je pourrais découvrir à travers mon partenaire de double. Mais les organisateurs regroupant les paires autant que possible par pays, je me suis retrouvé avec un D4 suisse-allemand, qui arrive à la table sans se chauffer. Opposé tout d'abord à une paire anglo-russe dont chaque joueur devait valoir une bonne série C, voire plus en simple, nous avons perdu en 3 sets serrés. Avant de battre l'une des deux autres paires allemandes en quatre sets, puis de perdre l'autre paire en trois (les futurs vainqueurs). Mon partenaire, Hans-Peter Schinz de Zurich a sorti de sa raquette quelques coups impressionnants, comme une contre-frappe du revers sur une frappe adverse, même s'il a montré des limites lorsque le jeu s'accélérait.
Résultat des courses : trois équipes à égalité en deuxième place, avec une victoire chacune. Mais nous nous retrouvons dans le tableau de consolation à cause des sets.
Il est de plus en plus difficile de se mettre en train le matin. Les membres font mal, le corps est engourdi et fonctionne au ralenti, le toucher aussi et le cerveau peine à se réveiller. Mais l'échauffement de rigueur (encore merci Bruno!) permet d'avoir petit à petit l'impression de savoir jouer. Arrivé à la table, mon partenaire me signale que ce sera de toute façon notre dernier match, parce qu'il doit ensuite se rendre à l'hôtel et se préparer à rentrer. Comme motivation il y a mieux. Du coup, la défaite 3-1 contre une paire allemande conclut une semaine sympathique sur une note un peu mitigée. Mais bon. Au niveau fatigue, cela fait du bien de s'arrêter, même si je chauffe encore un peu Charles Jonin (Fribourg) avant son premier double du tableau de consolation (où il atteindra les quarts de finale, associé au français Bernard Roger). Il faut dire que la préparation pour ces championnats a d'abord été tronquée par une inflammation à l'épaule, suivie, en 8 jours, de deux matches de coupe vaudoise, un tournoi interne de doubles et un week-end de finale suisse seniors par équipes. Ce dernier week-end a lui été la partie physiquement positive de la préparition, malgré les 5 matches par équipe disputés le week-end de Pentecôte, puisque l'épaule a tenu.
Le bilan est globalement positif. Mon but lors de cette première compétition au niveau européen était de me qualifier pour le tableau principal et, si possible, de passer un tour. But atteint avec une première place de poule et un troisième tour atteint. J'espérais, selon mon partenaire, atteindre également le tableau principal en double. Cela s'est joué aux sets.
Autres buts (secondaires) : 1. acheter un nouveau sac de sport pour remplacer mon vieux sac : atteint! 2. ramener quelques t-shirts des vendeurs de matériel inévitablement présents : atteint! Et en profitant de prix en euros imbattables. 3. ramener des souvenirs pour mes enfants : atteint!
4. découvrir la ville de Brême : atteint.
La ville possède un très beau centre piéton, où ne circulent que les trams et autres transports publics, ainsi qu'une ribambelle de vélos qu'il faut savoir éviter! Cela rappelle un peu Amsterdam. Des ruelles pittoresques (comme la Böttscherstrasse, avec ses sculptures dorées, ses artistes, ses fabricants de bonbons et son carillon), des quartiers originaux (comme le Schnoor où certaines ruelles sont tellement étroites que j'y passe à peine en largeur), des terrasses innombrables vite bondées par beau temps et des kilomètres de promenade au bord de la Weser font de cette ville un endroit agréable à visiter. Et les soirées passées avec les fribourgeois de service à déguster les spécialités locales dans les bistrots typiques (ou non) ont beaucoup ajouté au bon souvenir de ce séjour. C'est ainsi que cette semaine a vu passer, dans le désordre : les glaces italiennes typiquement allemandes (si-si, je vous assure!), les paupiettes avec chou rouge et patates grillées, les rôtis avec Klösse, les médaillons de porc avec du gratin, un steak grillé avec des frites, des gâteaux (Streusel aux pommes et aux pruneaux, etc.), des bretzel, des "belegtes Brötchen" (sandwiches), accompagnés de Spätzi, Mezzo-Mix, Lemon squash, Schweppes, Apfel Spritzer, bière et - pour les mordus - quelques liqueurs variées. Quand au Kebab, seul Bruno y a goûté. Et tout ça pour des prix défiant toute concurrence (compter un peu plus de la moitié de ce que cela coûterait en francs suisses). Et avec le sourire du personnel en prime!
|Le carillon de la Böttscherstrasse||bâtiment sur la place principale||l'hôtel de ville|
|une ruelle (large) du Schnoor||sur une terrasse, au centre, avec quelques fribourgeois connus (manque Bruno qui appuie sur le déclencheur!)||un batiment|