Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07084.jsonl.gz/489

Un soupçon d’histoire
Essayer de conter 175 ans d’histoire de la Fanfare du Collège en quelques pages reste un exercice périlleux et forcément réducteur. C’est pourquoi le lecteur avide d’exhaustivité se référera avantageusement à l’excellent Essai historique pour le 150ème anniversaire de la Fanfare du collège St-Michel de Fribourg – 1839-1989 de Charles-Henri Bovet et dont les lignes qui suivent s’inspirent grandement.
Le premier embryon de la Fanfare du Collège voit le jour en 1839 au Pensionnat des Jésuites. Son premier directeur est M.-J. Boissier-Duran qui est directeur de l’orchestre et du chant au Pensionnat. Dix-huit années plus tard, – l’ensemble musical original aurait-il atteint sa majorité ? – la phalange de musiciens se pare d’un nouveau nom : la «Musica Militaris». Certains textes parlent alors d’un ensemble de 50 membres (élèves et maîtres compris). A cette époque, la Musique Militaire a deux rôles : elle se fait entendre lorsque des étrangers viennent visiter le Pensionnat et conduit le déplacement des élèves, durant la belle saison, de Fribourg à la «Maison de campagne du Pensionnat» à Belfaux.
En 1847, après la capitulation de Fribourg lors de la guerre du Sonderbund, les Jésuites sont chassés de la colline du Belzé et le « Roi des Collèges » doit fermer ses portes ; sa Musique Militaire disparaît avec lui.
La Fanfare ne disparaît pas complètement. En effet, même si l’Ecole cantonale remplace le collège St-Michel dès le 30 novembre 1848, le nouveau directeur de l’Ecole, Alexandre Daguet, crée une Fanfare qui devient le successeur du corpus musical militaire et qui figure désormais au budget de l’Etat de Fribourg.
En juillet 1857, l’Ecole cantonale ferme ses portes et sa Fanfare s’éclipse temporairement avec elle.
Le gouvernement fribourgeois de 1857 redonne au Collège son appellation d’origine et nomme Augustin Eggis directeur de la Musique du Collège. En 1884, elle participe à la première Fête de la jeune Société cantonale des musiques fribourgeoises.
En 1885 elle réitère l’exercice avec son nouveau directeur Armin Sidler, au côté de la Landwehr de Fribourg qui partage le même maestro. Pour l’anecdote, seules 9 sociétés (dont la Fanfare du Collège) sur 16 connaîtront le total des points obtenus lors du concours. 7 participants ne recevront jamais leurs résultats concernant le rythme ! La Fanfare tire son épingle du jeu en se hissant au 4ème rang du concours. On peut lire un bref commentaire dans le rapport d’expertise : «la contrebasse et le baryton n’ont pas assez d’ampleur». Dès lors, son nouveau directeur Armin Sidler ambitionne de nouveaux programmes avec de grandes exigences musicales : «Aimer, boire et chanter» de Strauss, fantaisie sur les «Vêpres siciliennes» de Verdi, …
Antoine Hartmann succède à Armin Sidler, remanie la Fanfare et lui fait apprendre la rigueur qui sied à la musique de l’époque ; il marque une nette prédilection pour la musique de concert, n’en déplaise à Mgr Jaccoud qui affectionnait les grands défilés. Le musicien Hartmann augmente drastiquement l’effectif de la Fanfare en y incorporant massivement des fifres. C’est sous le regard du maître que le futur abbé Joseph Bovet jouera tour à tour du trombone et de la clarinette. A côté de la Fanfare, il sera pianiste et corniste de la formation de chambre de l’Orchestre du Collège.
Atteint par la maladie, Antoine Hartmann cède sa place à Léon Stoecklin qui est un professionnel de la musique. Comme ancien membre de la Fanfare et directeur de la Concordia de Fribourg, ce dernier va reprendre les méthodes de son prédécesseur tout en adaptant l’instrumentation de la Fanfare au modèle belge et français : saxophones et clairons étoffent les rangs des Fanfarons.
Professeur au Collège St-Michel, l’abbé Joseph Zurkinden « dirigera la Fanfare avec autant de zèle que de compétences », dira de lui Ferdinand Ruegg dans son Historique de 1939. L’abbé F.-X. Brodard écrira au sujet de l’ancien chanoine de la cathédrale de St-Nicolas : « Un Saint triste est un triste Saint ; l’abbé Zurkinden n’était pas triste ».
Avec 45 années de direction à son actif, Auguste Rody, professeur de musique et alors directeur de l’Union Instrumentale de Fribourg, remporte sans conteste la palme de la longévité à la tête de la Fanfare. Une telle pérennité impose à l’auguste directeur une kyrielle d’événements aussi nombreux que variés : la succession de quatre recteurs, le centenaire de la Fanfare, sept années de restriction durant la 2ème guerre mondiale, la participation de la Fanfare au 800ème anniversaire de la fondation de Fribourg et aux festivités de la Landwehr qui inaugure un nouvel uniforme, la célébration du 125ème anniversaire de la Fanfare, la création de la Fanfare des Anciens, …
En décembre 1967, Auguste Rody est atteint dans sa santé et souhaite se retirer.
Siméon Jaquet, bugle solo de la Landwehr, reprend, ad interim, la direction de l’ensemble.
Charles-Henri Bovet, élève d’Auguste Rody, en sera le digne successeur. Une baguette aussi alerte qu’une plume incisive, il marque de sa riche personnalité une myriade de générations de Fanfarons durant les 24 années passées à la tête de la Fanfare.
Il subit, entre autres, le raccourcissement des études de huit à sept ans (1974), puis la disparition du prégymnase. Le Collège mixte et bilingue suit désormais un cycle quadriennal. Il bénéficie des cours à option « Expression ». Ainsi, un collégien désireux d’apprendre un instrument de musique pratiqué au sein de la Fanfare peut y être initié en suivant des cours hebdomadaires chez le directeur qui est capable de jouer véritablement de tous les instruments figurant dans les registres de la Fanfare (le soussigné a en effet eu le privilège de tâter de l’embouchure pour la première fois sous les conseils avisés du maître) !!
L’inauguration du nouveau drapeau se fait, comme en 1964 et 1971, avec la collaboration de la Landwehr. Le motif de la nouvelle bannière est l’oeuvre de l’artiste fribourgeois Teddy Aeby
A deux reprises la Fanfare change d’uniformes sous l’ère Bovet : en 1971 et en 1986. La mixité du gymnase allemand en 1977 permet d’agrandir les rangs de la Fanfare. Charles-Henri Bovet sera un des principaux artisans du 400ème anniversaire de la fondation du Collège (1982), du bicentenaire de la Brasserie du Cardinal (1988) et du 150ème anniversaire de la Fanfare (1989).
Ce pédagogue nous quitte brusquement, sans crier gare, la veille de Noël 1992. C’est dans une ambiance très morose que Jacques Hostettler (président de la Fanfare 1985-1986) assure l’ad interim jusqu’au concert du jeudi 27 mai 1993. A cette occasion, un vibrant hommage est rendu au digne fils spirituel d’Auguste Rody qui aura marqué ses ouailles pendant un quart de siècle et rejoint son prédécesseur au Panthéon quasi mythique des directeurs de la Fanfare.
En automne 1993, Eric Conus est fraîchement nommé au prestigieux orchestre d’harmonie d’Oerlikon-Seebach et … à la tête de la Fanfare du Collège. La tâche est difficile puisqu’il s’agit de remotiver les troupes et de reconstruire les registres de la Fanfare.
En 1995, un inénarrable et passionnant voyage en Pologne fédère les troupes et permet à notre directeur de devenir l’idole de tout l’establishment militaire polonais lors d’une interprétation de « Rock around the clock », qui restera incontestablement dans les annales du registre des concerts de la patrie de Copernic. Selon les propres mots de Freddy Pillonel, chauffeur incontournable des voyages de la Fanfare, « Eric Conus ne touche plus terre » en dirigeant ce bon vieux Rock’n Roll et trouve encore le temps de courir rejoindre le registre des trompettes pour saisir l’instrument et interpréter un chorus endiablé !
Lors du concert annuel de mai 1997, la Fanfare se pare de nouveaux atours : le «pyjama bleu et blanc» est définitivement remis aux placards pour laisser la place à l’actuel uniforme.
O tempora o mores, les collégiens eux-mêmes ont voulu un retour à un uniforme plus traditionnel et solennel ! Une gazette de la Fanfare est éditée à cette occasion.
Sous l’ère Conus, la Fanfare fait un bond certain en qualité : tous ses membres jouent désormais déjà dans un ensemble et maîtrisent techniquement leur instrument. L’époque où un(e) collégien(ne) débarquait chez le directeur pour choisir un instrument et l’ « apprendre » en quelques mois est définitivement révolue. L’excellent niveau de l’ensemble permet donc au maestro de diversifier l’offre présentée aux collégiens et d’animer ainsi une inauguration, une visite ou une aubade dans des délais très courts.
Le charismatique Eric Conus nous quitte prématurément et dramatiquement à la fin de l’année scolaire 2004.
Une fois de plus, une fois encore, la Fanfare est orpheline et Pierre-Etienne Sagnol a la lourde tâche de combler un incommensurable vide. L’actuel directeur doit reconstruire l’effectif de la Fanfare qui s’est réduit comme peau de chagrin suite au changement de directeur et à des problèmes insolubles de concilier l’horaire des répétitions avec celui des classes du Collège. Afin d’attirer les futurs musiciennes et musiciens, le nouveau chef saisit son sac-à-dos de globe-trotter et exporte la Fanfare dans de nombreuses contrées étrangères : Amiens et Doullens en Picardie (France), Bath et Stonehenge (Angleterre), la Suède, Hasselt en Belgique, …
Grâce à ses talents de compositeur, le jeune directeur emmène ses Fanfarons dans de nouveaux projets et de nouvelles créations.
En 2005, la Fanfare et le Choeur St-Michel interprètent une oeuvre spécialement écrite pour célébrer la 100ème édition de la fête de la Saint-Nicolas en ville de Fribourg. En 2007, c’est avec l’orchestre d’harmonie de Doullens que les musiciens donnent une version de Memorial composé par leur directeur pour la commémoration des 90 ans de la bataille de la Somme… et c’est ainsi qu’une centaine d’instrumentistes se retrouvent sur la scène de l’Aula Magna de l’Université de Fribourg pour un final d’une ampleur sonore magistrale.
En cette année de jubilé, l’actuel « Abbado de la Philharmonie du Belzé », comme son fidèle bras droit aime à l’appeler, redouble d’activités : véritable cheville ouvrière de l’organisation des 175 ans de sa Fanfare, il trouve encore l’énergie nécessaire pour écrire une transcription pour orchestre d’harmonie intitulée «Voyage au centre de la Terre» en hommage à Jules Verne, célèbre romancier-voyageur et grand visionnaire.
Dans la foulée, Pierre-Etienne Sagnol compose encore pour le jubilé une oeuvre pour fanfare et choeur qui sera créée par la Fanfare et le choeur du CO de la Glâne en février 2015, concluant ainsi la commémoration du 175ème anniversaire.
Alors, à vos agendas … car nous espérons vous rencontrer à ces occasions afin d’écrire ensemble les pages de l’histoire de la Fanfare du collège St-Michel.
Bertrand Galley, Président du CO
le 175ème
Interview de Pierre-Etienne Sagnol
Pour moi la Fanfare c’est…
« … une façon de partager avec d’autres jeunes une passion commune pour la musique. Chacun joue d’un instrument différent mais tous avons le même goût pour la musique, c’est la première chose qui nous relie. Ceci nous permet par après, de tisser des liens plus forts qui vont au-delà des frontières de la Fanfare. Être dans la Fanfare permet de faire de la musique avec des gens qui parfois deviennent plus que de simples connaissances ou camarades. La Fanfare c’est juste jouer avec du plaisir, de la motivation, de l’envie, de la persévérance et laisser transparaître nos sentiments à travers nos notes. »
Adriana Ducque, clarinettiste
Il y a 175 ans, le compositeur Modeste Petrovitch Moussorgski naissait à Karevo et les deux soeurs Euterpe et Clio s’inclinaient sans aucun doute avec une généreuse bienveillance sur le couffin d’un autre beau bébé. En effet, la Fanfare du collège St-Michel, née miraculeusement dans un berceau des Jésuites, allait contribuer durablement et significativement pendant près de deux siècles au patrimoine culturel de l’établissement fondé par Pierre Canisius.
Si le ramage et le plumage ont changé au cours des ans, cette belle jeune fille semble ne pas avoir pris une ride ! Son secret ? Un bain de jouvence annuel qui renouvelle en moyenne le quart de son effectif et qui lui conserve son teint rosé et juvénile !
Chaque année, le directeur de la Fanfare doit donc redoubler d’énergie pour réorganiser son instrumentarium, du piccolo à la grosse caisse, et faire preuve d’ingéniosité pour combler l’absence de certains registres, en réécrivant au besoin certaines voix manquantes. Ce fonctionnement particulier ne permet pas, comme c’est le cas dans d’autres sociétés de musique, de pouvoir citer des musiciens portant ostensiblement les marques d’honneurs de 25, 35 ou 50 années de musique. Les mémoires vivantes de la Fanfare n’existent pas; à part peut-être le directeur, s’il fait long feu, ou un certain tubiste qui a de la peine à quitter « sa » Fanfare.
Chaque Fanfaronne ou Fanfaron peut néanmoins s’enorgueillir d’un souvenir personnel lié à son passage dans les rangs de la philharmonie du Belzé. On y retrouve pourtant chaque fois un dénominateur commun, rappelé par L’abbé Ferdinand Sallin (contrebassiste en 1933-1937) dans ses Sourires des Ages tendres : « [la Fanfare] demeure toujours l’image de la gaieté, de la fantaisie, de l’aventure et d’un tissu d’amitiés indestructibles». Ces vertus semblent intemporelles, grâce à la nature même de ses membres et surtout, grâce aux différents directeurs qui ont été inlassablement animés par un enthousiasme passionné et inoxydable et dont l’engagement chronophage ne peut être quantifié sur l’échelle des traitements de la DICS.
Durant 175 ans, pas moins de 16 directeurs se sont succédé pour conduire la sémillante cohorte de collégiennes et collégiens et pour cultiver le plus coûteux de tous les bruits afin de transcender les dissonances et de permettre, peut-être, à l’Etre tout entier d’entrer en résonance avec celui de ses camarades.
Finalement, permettez-moi d’exprimer mes remerciements à tous les membres de mon comité d’organisation, à la direction du collège St-Michel, au corps de musique La Landwehr, à Loucine Maugère notre photographe en charge de l’exposition, à Nicolas Ruffieux notre artiste du 175ème et designer de la plaquette, aux sponsors et généreux donateurs, à toutes les personnes qui ont oeuvré de près ou de loin à la réussite de ce jubilé et en particulier à son directeur Pierre-Etienne Sagnol, pour son intarissable enthousiasme et son inconditionnel dévouement.
Ma reconnaissance s’adresse également à toutes les musiciennes et tous les musiciens de la Fanfare du Collège qui y ont trouvé une source d’épanouissement riche en amitié et qui ont, parfois à leur insu, ajouté quelques points d’orgues à la grande partition de St-Michel.
Pour terminer, j’exprime encore ma gratitude à tous les directeurs honoraires qui ont enrichi les parcours de vie de nombreux collégiens et en particulier à Charles-Henri Bovet et Eric Conus que j’ai eu le privilège de croiser sur mon chemin.
Vive la Fanfare !
Bertrand Galley, Président du CO
La musique des sphères célestes ! Pythagore de Samos et ses disciples pensaient que le mouvement des corps célestes et des sphères qui les portent donnait des sons harmonieux. Ce monde en résonance cache l’idée qu’étoiles et planètes se déplacent en mesures bien ordonnées et obéissent aux mêmes lois mathématiques que la musique.
Quand de talentueux jeunes gens prêts à s’enthousiasmer suivent les orbites régulières du collège Saint-Michel afin de découvrir leur propre tonalité, quand ils se rencontrent en outre avec leur directeur sous une constellation favorable, se produit alors quelque chose de cosmique : toutes ces voix seules, dans la fanfare, s’unissent en une polyphonie harmonieuse. Sans que chacun en soit vraiment conscient, les âmes se rencontrent, comme Leibniz le dirait, en jouant ensemble de la musique et ce n’est rien d’autre qu’une opération mathématique cachée – au service de proportions bien ordonnées.
Depuis 175 ans, les harmonies de notre fanfare enrichissent notre quotidien et réjouissent les êtres humains. Sans son apport unique et précieux ne pourrait, à l’intérieur comme à l’extérieur, se faire entendre une mélodie propre à notre école !
Au nom de toute notre communauté, j’exprime aux membres de la fanfare et à leur directeur Pierre-Etienne Sagnol ma profonde reconnaissance et mes remerciements chaleureux. Je vous souhaite à l’avenir plein succès et une énergie… toute cosmique !
Matthias Wider, Recteur du collège Saint-Michel
Pythagoras von Samos und seine Anhänger vertraten die Meinung, dass bei der Bewegung der Himmelskörper und der sie umgebenden Sphären Töne entstehen, die sich durch einen harmonischen Zusammenklang auszeichnen. Hinter dieser pythagoreischen Idee eines tönenden Kosmos steckt die Vorstellung, dass sich Planeten und Sterne in wohlgeordneten Proportionen bewegen und denselben mathematischen Gesetzmässigkeiten gehorchen wie die Musik.
Wenn sich nun Jahr für Jahr begeisterungsfähige, talentierte junge Leute in den wohlgeordneten Bahnen des Kollegiums St. Michael bewegen, um ihren eigenen Ton aufzuspüren, und wenn sie sich ausserdem mit ihrem Dirigenten in einer günstigen Konstellation treffen, dann geschieht etwas Ähnliches: Sie kommen in der Fanfare zusammen, die die einzelnen Klänge zu einer gemeinsamen Melodie und zu einem harmonischen Zusammenklang vereinigt. Die Seelen treffen sich, so würde Leibniz sagen, zu nichts anderem als zu einer versteckten mathematischen Tätigkeit, ohne sich dessen recht bewusst zu sein – im Interesse der wohlgeordneten Proportionen und Harmonien.
Seit 175 Jahren bereichern die Harmonien der Fanfare den Schulalltag und beglücken die Menschen. In der Vereinigung der vielen Stimmen zu einer tönenden Schule, deren Melodie nach innen und aussen getragen wird, leistet unsere Blasmusik seit vielen Jahren einen ausgesuchten und wertvollen Beitrag.
Im Namen der Schulgemeinschaft spreche ich den Mitgliedern der Fanfare und ihrem Dirigenten <strong>Pierre-Etienne Sagnol</strong> meine tiefe Anerkennung und meinen herzlichen Dank aus. Ich wünsche ihnen weiterhin viel Erfolg und kosmische Energie!
Matthias Wider, Rektor des Kollegiums Sankt Michael
Des cortèges ambitieux, glorieux et un peu orgueilleux du début du siècle, de son rôle à la Fête Dieu, de sa participation au cortège du Valete, la Fanfare a évolué vers un rôle moins fonctionnel et davantage centré vers un répertoire de musique de concert. (essai historique pour le 150ème anniversaire de la Fanfare du collège St- Michel de Fribourg – 1839-1989, Charles-Henri Bovet).
Oui, la Fanfare est actuellement une formation musicale de type harmonie, avec cuivres, bois et percussions. Cette formation instrumentale permet une large découverte du répertoire musical original, des musiques de film, de la musique de variété et depuis les années 90, la formation des musiciennes et musiciens de la Fanfare ne se fait plus dans les murs du Collège, c’est au Conservatoire de Fribourg que les cours sont donnés.
Davantage que l’oreille absolue, c’est l’oeil absolu qu’il faut avoir !
Diriger la Fanfare c’est autre chose que de conduire une société de musique de ville ou de village. En effet, nous vivons un changement total de l’effectif tous les 4 ans. Cela rend la manoeuvre terriblement périlleuse mais apporte un souffle nouveau extraordinaire.
Il faut veiller à tout, de la commande de partitions à la réécriture des voix manquantes selon l’effectif, de la commande d’huile à pistons à la réservation des places dans un avion, des problèmes d’horaires inhérents à la multiplicité des options, aux soucis de coeur qu’il faut gérer, des costumes trop petits (ou souvent trop grands au niveau de l’embonpoint), aux partitions qu’il ne faut pas oublier pour les concerts… bref, comme le disait C.-H. Bovet, « une fois de plus (…) il faut réinventer, de A à Z, du piccolo à la contrebasse ».
J’ajouterais qu’en fonction de la société et des réformes pédagogiques dans laquelle la Fanfare évolue, il faut trouver ce difficile équilibre entre nos ambitions et nos moyens.
Et il faut chercher davantage, non pas à réinventer la roue, mais à bien faire en sorte qu’elle roule le mieux possible. Si l’homme s’était entêté à rouler sur le macadam avec une roue en bois, l’humanité continuerait à se casser chaque fois les dents !
Les musiciens, des fanfarons !
Ce terme plutôt désuet et péjoratif au sens littéral est souvent utilisé (avec bienveillance) pour qualifier les musiciennes et musiciens de la Fanfare du Collège. Mais correspond-il à la réalité, à l’image qu’ils souhaitent présenter ? Je pense que non, la majorité étant des jeunes modernes et passionnés par la musique, plutôt discrets même. Ils recherchent à la Fanfare un espace de musique et de rencontres, à se créer des amis, des copains parfois pour la vie !
Mais derrière ce terme de fanfaron, je les (re)connais mes musiciens ! D’aucuns se vanteront avec un fin humour d’exploits supposés (ou réels) tels qu’une visite nocturne du Château de Gruyères, une escalade de la toiture d’un chalet ou pourquoi pas… une chasse à courre au lapin rose (ou blanc).
A la Fanfare…
Pas de hiérarchie, pas de classe sociale, pas de musicien(ne) qui téléphone au Directeur pour s’épancher sur son sort à cause de sa voisine qui lui a fait les gros yeux suite à un bémol oublié… à la Fanfare cela n’existe pas ! On ose jouer, on rigole, on expérimente souvent, on prend des responsabilités.
Juste des personnalités variées, des potentiels différents et un Directeur qui essaie de leur apporter sa vision de la musique, de la vie, de canaliser durant les soirées inoubliables des voyages, les salmigondis nocturnes ! Tout cela dans un respect mutuel, dans une confiance gagnée et accordée.
Vivant en 2014 ma dixième année à la tête de la Fanfare, j’en profite pour saluer et féliciter Musiciennes et Musiciens, Actifs ou Anciens, ainsi que pour remercier la Direction du Collège St-Michel pour son inconditionnel soutien dans nos activités et projets.
Merci chaleureux à Monsieur le Président d’organisation du 175ème de la Philharmonie du Belzé, accompagnateur attentif lors de chaque voyage non pas au centre de la Terre mais bien autour du Monde, merci Bertrand. Tuba à ses heures dans la Fanfare, il est également un fin connaisseur des ficelles du Collège St-Michel, il s’y sent tel le sturisoma panamense dans l’eau !
Pour conclure, me retournant sur les programmes et activités des jubilés du 150ème … du 125ème anniversaire de la Fanfare je perçois l’évolution fulgurante des dernières années et me réjouis d’assister dans les bancs du public, au 200ème anniversaire de la Fanfare, en temps que jeune retraité bien sûr, en 2039…
Que Vive la Fanfare !
Pierre-Etienne Sagnol, Directeur de la Fanfare du Collège St-Michel
Les deux images qui suivent sont extraites du libretto du 125ème anniversaire de la Fanfare du Collège St-Michel, édité en 1964 pour le jubilé de l’époque
La fanfare de 1964, celle qui fêtait ses 125 ans, est proprement inconcevable pour les collégiens d’aujourd’hui. En ces temps reculés, il n’y avait pas de filles au collège – pas besoin de préciser : Saint-Michel, il n’en existait pas d’autre en ville, ni bien sûr dans le canton. Le répertoire était strictement fonctionnel : une demi-douzaine de marches pour les cortèges et la procession de la Fête-Dieu, un pas-redoublé avec tambours, deux transcriptions de chorals pour la messe (pauvre Jean-Sébastien) et un morceau jazzé pour le bis du concert annuel sous le kiosque à musique. La fanfare portait l’uniforme du collège : complet bleu marine croisé à boutons dorés, casquette de même, gants blancs, mais enrichi d’une fourragère et d’un noeud pap’.
Le noeud pap’, c’était sans doute une idée du directeur, car il faisait partie intégrante du personnage. Il s’appelait Auguste Rody, et je ne voudrais pas manquer l’occasion de lui faire, dans l’au-delà, un petit signe d’amitié. Respectueux, cela va de soi. Monsieur Rody ne supportait pas la familiarité, bien que sa silhouette fût familière à tous les citadins. Imaginez un petit homme sphérique, ombragé par un immense chapeau noir, avec un noeud papillon qui avait tendance à se prendre pour une lavallière, et une boîte à violon. C’était son instrument de base. Il avait acquis une très haute formation musicale à Paris (Vincent d’Indy, la Schola cantorum), ce qui l’a sans doute empêché de faire ici la carrière qu’il méritait, avec enseignement à haut niveau et direction d’ensembles prestigieux; il n’appartenait pas à l’écurie Bovet (Joseph, abbé musicien, 1879-1951).
Avec ses quelques dizaines d’instrumentistes échelonnés entre l’âge des culottes courtes et celui du service militaire (car il n’y avait pas de CO, le collège durait huit ans), comme un Sisyphe musicien il reprenait le travail chaque automne à zéro, les meilleurs étant partis et les nouveaux ne sachant rien. Il avait des coups de gueule paternels, des formules mémorables : «On dirait un combat de cucards dans une boîte d’allumettes !» Aux vacances d’été, la fanfare avait joué son rôle dans la vie du collège, et son répertoire dans les rues de la ville. A la rentrée, Auguste Rody repartait pour un tour.
Mais il ne tournait pas en rond. Mine de rien, il formait sa relève. Au temps dont je vous parle, le cornet solo s’appelait Bovet (Charles-Henri, musicien, 1943-1992). C’est lui qui reprit la direction de la fanfare, en l’accordant à la mutation que vécut le collège après 1970. Salut à tous les deux !
Jean Steinauer
La Fanfare du Collège St-Michel fête cette année son 175ème anniversaire. Avec mes quelques années d’activité au sein de la Fanfare, présenter une société qui en compte déjà plus que l’âge de dix Fanfarons réunis n’est pas chose aisée !
La durée de l’activité d’un collégien au sein de la Fanfare est assez brève, soit plus ou moins quatre années. Même s’il n’est parfois pas facile de trouver de nouveaux musiciens, à chaque rentrée scolaire, quelques collégiens rejoignent les rangs de la Fanfare du Collège. Les Fanfarons ont toujours l’objectif de perpétuer la tradition de la fameuse fête de la Saint-Nicolas où la Fanfare joue en tête du cortège, de participer aux concerts annuels et de représenter la Fanfare ainsi que le Collège St Michel lors de manifestations locales.
Tous les lundis c’est répète ! Après une longue journée de cours, les Fanfarons se rendent à la salle de Fanfare, pas toujours motivés. Dès la montée dans les escaliers, on croise les autres Fanfarons et on commence à parler de nos exploits du week-end ou alors à se remémorer les souvenirs de nos répétitions ou encore nos voyages avec la Fanfare. Et la motivation est à nouveau de la partie. On prépare alors nos instruments et dès que la répétition commence, on a du plaisir à être là, à découvrir de nouvelles pièces et à jouer ensemble.
La Fanfare du Collège, ce n’est pas seulement des répétitions et des concerts, mais aussi de grands moments de partage, des souvenirs, des rencontres qui nous permettent d’échanger nos expériences et notre intérêt pour la musique. La Fanfare, c’est aussi des voyages à la découverte de nouvelles cultures comme le genièvre de Hasselt. La Fanfare, c’est encore nos mémorables week-ends musicaux qui nous permettent d’apprendre à nous connaître, de parfaire notre interprétation musicale et aussi de faire la fête autour d’un feu ou de découvrir une région, comme cette année la Gruyère.
Je tiens à remercier tout particulièrement Monsieur Pierre-Etienne Sagnol, directeur de la Fanfare. Je le félicite pour la composition de la pièce, créée à l’occasion du 175ème anniversaire de la Fanfare, « Voyage au centre de la Terre » qui reprend différents thèmes de l’aventure de Jules Vernes. Je tiens aussi à remercier Monsieur Bertrand Galley, président du Comité d’organisation, qui soutient activement la Fanfare lors de ses concerts et voyages depuis de nombreuses années. Je remercie encore la direction du Collège Saint-Michel pour leur soutien indéfectible envers la Fanfare du Collège et pour l’aide fournie lors de l’organisation du 175ème anniversaire.
De plus, j’aimerais adresser un remerciement particulier aux Fanfarons qui, malgré le travail scolaire, le TM et les autres activités qu’ils pratiquent en dehors du collège, prennent le temps pour faire vibrer leur instrument au sein des murs du collège et ainsi prolonger la vie de la Fanfare. Encore un grand merci à mon fidèle comité formé de Adriana Duque Vinueza, Bruno Corpataux et Loïc Vonlanthen pour leur investissement durant cette année du jubilé.
C’est un honneur pour moi d’être le Président de la Fanfare pour cette 175ème année et je me réjouis déjà d’assister aux concerts et cortèges ces prochaines années.
Alexandre Speierer, Président de la Fanfare
Les deux images qui suivent sont extraites de la plaquette du 175ème anniversaire de la Fanfare du Collège St-Michel, éditée en 2014 pour le jubilé
C’est la fin du cours, je range mes affaires et je sors du bâtiment. Je me dirige vers la cafétéria, arrivé en bas des escaliers, je commence à les grimper quatre à quatre, déjà j’entends les premières notes parvenir à mon oreille. Arrivé en haut, le tambour de mon coeur battant après cette course, je me dirige essoufflé vers la salle de la fanfare. J’entre enfin après cette dure journée, dans une ambiance familière. Tout le monde s’échauffe. Les cuivres comme à leur habitude n’y vont pas de mains mortes, mais de temps à autre, au milieu de ce tapis sonore, pointent tout de même quelques notes aiguës susurrées par les bois. Que de bruits familiers à mon oreille. J’attrape mes partitions et je salue quelques amis, rouges d’avoir trop soufflé, ou blanc de ne pas l’avoir encore fait. Je contourne les chaises et j’arrive enfin dans un coin familier, le coin percussion. La plupart se sont déjà attelés à leurs tâches, il y en a un qui cherche ses baguettes, un autre accorde ses timbales, et un dernier qui répète au xylophone ce qu’il sera amené à jouer. J’aperçois même un « chercheur », qui farfouille dans un recoin. Il tente de trouver une combinaison d’instruments qui pourrait ressembler au son d’un « water gong », instrument inconnu qu’il est sensé joué dans une pièce. Le sourire aux lèvres, j’attrape une baguette et me dirige vers la grosse caisse, et ne pouvant résister à la tentation, j’y assène un gros coup qui me fait vibrer de la tête au pied, tout un rituel. Puis c’est l’entrée du grand manitou, partition au poing, regard concentré, il se dirige vers son pupitre et s’y installe. Le silence peu à peu se fait, le hautbois donne la note et tout le monde suit, c’est l’accordage, quelques mots du directeur aux musiciens suffisent, trop aigu, trop grave, et tout le monde est prêt. A nouveau un silence se fait, mais celui-ci bien différent du premier, tout le monde est prêt, les poumons se remplissent, les bras s’arment, et finalement le fameux « 3,4 » retentit et tout commence…
Nicolas Roussi
L’occasion était trop belle pour être ignorée : le jubilé permettait en effet de donner l’opportunité à de talentueux artistes de notre collège de s’exprimer en réalisant un nouveau <em>logo</em> pour la Fanfare.
Un jury exceptionnel, constitué des membres du comité d’organisation et de Nicolas Ruffieux, artiste et professeur d’arts visuels au Collège St-Michel, a pu apprécier la qualité et la richesse des projets que de nombreux collégiens lui ont envoyés.
Après une délibération difficile, le projet de Marine Affolter et Marina Spasovski, étudiantes de 3e année en option spécifique «arts visuels», a remporté la palme du concours et les candidates ont empoché la somme rondelette de 100.-.
Trois générations successives du logo de la Fanfare du collège St-Michel
Le Projet 2014 est le nouveau logo de la Fanfare du collège. Il a été adapté quelque peu par notre designer du 175ème, M. Nicolas Ruffieux
Outre ses activités en tant que professeur d’arts visuels au Collège St-Michel à Fribourg, Nicolas Ruffieux mène des activités artistiques en peinture, sculpture et arts numériques.
Depuis ses premières expositions en 1986, ses recherches picturales ne cessent d’évoluer et d’intéresser son public.
En 2005 et 2006, Nicolas Ruffieux met sur pied, avec son frère Gonzague, les spectacles musicaux et visuels : «Re-Naissance». Il signe les projections qui constituent le décor virtuel de la création musicale de son frère.
Gonzague et Nicolas Ruffieux créent le spectacle «Falaises» qui remporte le premier prix du Grand concours culturel Migros Neuchâtel-Fribourg en 2007.
Il se met également au vitrail avec la complicité de Pascal Moret, maître verrier à Cugy.
En 2013, le conseil de paroisse d’Onnens le sollicite pour la création d’un nouveau mobilier liturgique.
Il fonde le label Viewpoint, sous lequel il fait du VJing, créant en «live» des ambiances visuelles pour les projets suivants : concert du groupe de Jazz fusion Panorama-Syndicate (2011), concert de Noël du Choeur St-Michel (2011), spectacle musical « Hommage à Oscar Moret » (2013).
Pour le 175ème de la Fanfare du Collège, il réalise une commande sur les bases du nouveau logo.
Le tirage au sort des gagnants du Concours du Jeu de l’Enveloppe a eu lieu le 20 octobre 2014, au Collège St-Michel de Fribourg, en présence de Messieurs Bertrand Galley, Président du comité d’organisation du 175ème, de Pierre-Etienne Sagnol, Directeur de la Fanfare du Collège St-Michel, sous le contrôle du Professeur Pascal Pichonnaz, Doyen de la Faculté de Droit de l’Université de Fribourg.
Le premier prix a été remporté par Martial Corpataux de Neyruz qui touche la somme rondelette de 1500.-
Sincères félicitations !
|Prix||Numéro du ticket|
|1er prix||56|
|2ème prix||86|
|3ème prix||67|
|4ème prix||64|
|5ème prix||129|
|6ème prix||148|
|7ème prix||144|
|8ème prix||87|
|9ème prix||149|
|10ème prix||49|
Remerciements
- La direction du collège St-Michel
- La Landwehr de Fribourg
- Loucine Maugère
- Nicolas Ruffieux
- Pierre Esseiva
- Les Anciens de la Fanfare du Collège
- La Loterie Romande
- Manor
- Le service culturel de la Ville de Fribourg
- Le service de la culture du canton de Fribourg
- L’Agglomération de Fribourg
- Tous nos sponsors
Dons et parrainages de partitions
- Louis Rigolet, parrain du drapeau
- BBA’ architectes Fribourg
- Boulangerie du Schoenberg
- Daniela & Sebastiano Di Mauro
- Marcel Curty
- Bertrand Galley
- Pascal et Anne-Jeniffer Hertling
- Lexpublica
- Pascal Pichonnaz
- Grégoire Piller
- PRISME – Solutions Informatique SA (Ponthaux)
- Nicolas Renevey
- Alexandra, Diane et Jean Sagnol
- Jean et Marie-Anne Sagnol
- Supervision Ecrans Géants Sàrl
- Francis Turbine