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A l’emplacement actuel de l’Hôtellerie de Châtonneyre, le plan de 1705 montre une propriété appartenant à la famille Marindhin. A l’ouest, jouxtant la maison de la Poste, se trouvait un bâtiment propriété des Cordeliers de Fribourg. Le 13 avril 1849 cette parcelle qui avait été reprise par l’Etat de Fribourg, est vendue à Charles Etienne Dubuis. Plus tard, elle sera acquise par la famille Mayor1.
Cette bâtisse sera achetée par la Commune et démolie en même temps que la Pension Beau-Réveil pour la construction de l’actuel complexe de Châtonneyre.
En 1876, David Jouhannot, héritier de David Marindhin, devient propriétaire de la parcelle avec maison, cave voûtée sous le jardin, chambre à lessive avec four et distillerie, étable, remise et écurie. Le 24 janvier 1898, la Municipalité offre un vin d’honneur sur la terrasse Marindhin à l’occasion du Centenaire de l’indépendance vaudoise.
En 1905, Adrienne Oulevay-Berguer achète le bâtiment à Mme Rosset-Dubuis et agrandit la pension. Pendant la guerre 1914-18, des réfugiés français y ont séjourné. Mme Oulevay, veuve d’un pasteur, avait 3 enfants, dont le cadet, John, reprit la Pension, «travaillant peu, dormant beaucoup». Les affaires périclitèrent malgré les efforts d’une gouvernante âgée.
En faillite, Beau-Réveil fut acheté le 14 mars 1924 par Paul Emile Weiss, peintre apprécié sous le nom de Wyss, à la forte personnalité et dont on trouve nombre de tableaux dans les maisons corsalines. Il était aussi tireur de qualité comme en témoignaient son stand derrière la maison, ses trophées et … le coq du bâtiment de la Poste. « Il était aussi bricoleur adroit quand il était décidé! ». Il épousa Rosa, née Ledermann, après quelques péripéties et des séjours à Vienne et Munich. En 1924, la pension complète à Beau-Réveil se payait 6 fr. L’établissement comptait une soixantaine de pièces, dont 35 chambres à louer, une seule salle de bain, une belle salle à manger au plafond décoré, un salon, un fumoir, un carnotzet ou tinello pour les réunions. Mme Chenuz-Ledermann, soeur de Rosa, qui avait incarné la déesse Cérès lors de la Fête des Vignerons 1905, surnommée familièrement « Madame Bonbon », s’associa à sa sœur. Igor Markévich séjourna à la Pension, ne voulant « faire de la musique que dans une chambre bleue ». Mlle Charmanov, une exilée russe ruinée par la Révolution, y resta de nombreuses années et y décéda.
Duranr la 2e guerre mondiale, des internés italiens y furent installés, gardés par un soldat, puis des Grecs, nourris grâce aux produits de la maison: légumes, porcs, volailles, lapins.
En 1945, le fils Paul reprit l’exploitation avec son épouse, Mme Renée Weiss-Bobilier. Ils font installer l’eau courante dans les chambres. Les touristes affluent, pour profiter de la beauté du
paysage, de l’ambiance familiale, du jardin, de la plage « à 5 minutes » comme l’affirme un prospectus. La maison est accueillante, toujours ouverte et du thé est toujours à disposition! On y rencontre en particulier beaucoup d’enseignants de France et de Belgique et plus tard des groupes d’adolescents venus de pensionnats anglais pour passer une ou plusieurs semaines.
La famille vend l’ensemble des bâtiments à la Commune en 1962. Des enfants algériens y séjournent quelque temps. La construction d’un grand complexe avec café, restaurant, hôtel et grande salle est décidée par les autorités. Un referendum est lancé contre le projet et va agiter la vie villageoise avant d’être refusé de justesse. Un bâtiment pittoresque disparaît.
L’hôtellerie de Châtonneyre sera s’inaugurée le 11 septembre 1971, avec fanfare, cortège, lâcher de ballons, productions des élèves, de la société de gymnastique et du Chœur Mixte du village.
Dès 1973, Roger Delapraz et sa troupe présentent à la Grande Salle « La Revue de Corseaux », un spectacle haut en couleurs, plein d’humour et de fantaisie, applaudi par une dizaine de milliers de spectateurs.
B. Sauvageat
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