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Les besoins en infrastructures sont criants aux Etats-Unis et des investissements colossaux doivent être réalisés si l’administration veut remplir ses objectifs climatiques.
Alors que l’administration Biden vient de réussir à faire passer un plan de soutien budgétaire de 1900 milliards de dollars (parfois appelé le «plan Biden»), l’attention va désormais se tourner vers le programme d’infrastructures qui figurait dans les promesses de campagne du candidat Biden. Les besoins en infrastructures sont criants aux Etats-Unis et des investissements colossaux doivent être réalisés si l’administration veut remplir ses objectifs climatiques. Toutefois, les grands programmes d’infrastructures sont particulièrement compliqués à mettre en œuvre, en raison de la diversité des acteurs à mobiliser et des projets à mettre en œuvre, mais aussi car l’Etat fédéral ne possède en propre que très peu d’infrastructures. En réalité, les écueils sont nombreux. Ne parlait-on pas déjà d’un grand programme d’infrastructures sous la présidence Trump?
Ce texte se propose de faire le point sur le sujet en répondant aux 5 questions suivantes:
- Quels sont les besoins d’infrastructures aux Etats-Unis?
- A qui appartiennent les infrastructures aux Etats-Unis?
- Quelles sont les ambitions du plan Biden en terme d’infrastructures?
- Que prévoit le plan Biden pour les infrastructures énergétiques?
- Quel contexte politique pour le passage d’un plan d’infrastructures?
En 2017, la part des dépenses publiques en infrastructures des Etats-Unis représentait 2,3% du PIB, ce qui représentait le chiffre le plus faible depuis la Seconde guerre mondiale. De nombreuses infrastructures n’ont pas été rénovées depuis des décennies et l’âge moyen des infrastructures du pays ne cesse d’augmenter.
Pourtant, les besoins d’infrastructures des Etats Unis sont significatifs. Cette année, l’ASCE (association des ingénieurs civils) a attribué la note de C- aux infrastructures américaines (l’ASCE effectue cette évaluation tous les 4 ans). Même si les États-Unis ont apporté des améliorations modestes et progressives dans certaines catégories d'infrastructures, comme par exemple les aéroports, les systèmes d'eau potable, les voies navigables et ports, il n’en reste pas moins que 11 des 17 catégories d'infrastructures évaluées sont classées dans la catégorie D, c’est-à-dire en mauvais état.
Plus d'un tiers des ponts américains doivent être réparés ou devraient être complètement remplacés, selon l'analyse des données fédérales par l'American Road & Transportation Builders Association, un groupe de défense des investissements dans les infrastructures. Par ailleurs, 43% des principales routes américaines sont en mauvais ou médiocre état, selon le National Transportation Research Group.
Les récentes pannes de courant au Texas illustrent la vulnérabilité des infrastructures énergétiques américaines. La majorité des lignes de transport et de distribution ont été construites au milieu du XXe siècle et ont une espérance de vie d'environ 50 ans, ce qui signifie qu'elles sont déjà obsolètes. Selon l’Infrastructure Report Card, le sous-investissement des Etats-Unis dans le réseau électrique impacte fortement les industries en raison de l'inefficacité de la fourniture d'énergie électrique. Les secteurs de services financiers, de communication et d’e-commerce sont les plus impactés en raison de leur forte dépendance aux télécommunications et, par conséquent, au réseau électrique. L’impact des coûts supportés par les entreprises (perte de productivité, coûts supplémentaires engendrés par une dépendance accrue à l'égard des générateurs secondaires, équipement de surveillance et stratégies de secours) devrait faire perdre à chaque ménage en moyenne 5 800 dollars entre 2020 et 2039.
En plus des préoccupations évidentes en matière de sécurité posées par l’absence d’entretien des infrastructures existantes, ces investissements sont nécessaires pour permettre une croissance économique viable sur le long terme. De plus, le défi constitué par le changement climatique justifie la mise en œuvre d’investissements «verts», soit pour remplir les objectifs climatiques de l’administration Biden (retour dans l‘accord de Paris et probable annonce d’un objectif de neutralité carbone d’ici 2050), soit pour rendre les infrastructures plus résilientes vis-à-vis des catastrophes climatiques (ces quatre dernières années, les événements météorologiques extrêmes tels que les incendies de forêt, les ouragans et les inondations ont coûté aux États-Unis plus de 600 milliards de dollars). Cela constituera donc une partie importante du plan d’infrastructures Biden...