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L'archevêque Oscar Romero est connu pour s’être battu pour les pauvres et les opprimés au Salvador. Il a plaidé pour un système politique plus juste durant la dictature militaire. Il fut assassiné en 1980. Le titre de cet article est une citation provenant de lui qui reflète sa propre conviction à savoir que la foi chrétienne ne peut être séparée du monde, mais elle doit relier l'église aux préoccupations et aux besoins des pauvres.
L'Église doit être au service de la réalité quotidienne des pauvres. Car si elle cesse d'être la voix de ceux qui n'en ont pas, alors elle trahit son amour pour Dieu et sa fidélité à l'Évangile. La théologie de la libération, proposée par Oscar Romero, est connue pour mettre l'accent sur le choix de Dieu pour les pauvres. Mais également au sein du mouvement évangélique, il semble y avoir une conviction croissante ces dernières années que la mission de Dieu inclut le service aux côtés des plus vulnérables.
En 1974, le mouvement de Lausanne a souligné que la proclamation de l'évangile et l'action sociale dans la mission appartiennent tous deux à la mission (art. 5 de l'engagement de Lausanne). On peut bien sûr affirmer qu'il y a encore des débats et des compréhensions différentes sur la relation entre les deux. Néanmoins, au cours des dernières années, une compréhension de la mission intégrale s'est développée tentant de mettre l'accent sur les deux domaines de manière holistique et qui, par conséquent, prend également en compte la question de la pauvreté avec ses dimensions sociopolitiques et économiques. La pauvreté et la justice ne sont pas des préoccupations choisies au hasard, mais plutôt des thèmes et des préoccupations sincères de Dieu ancrés dans toute la Bible (Voir, par exemple, Ésaïe 61.8 ; Psaumes 76.10 ; Psaumes 103.6.). Quant à savoir ce qui caractérise la mission dans une perspective chrétienne, il semble essentiel de s'orienter vers la vie et l'œuvre de Jésus-Christ.
La préoccupation de Jésus, en particulier pour les pauvres et les impuissants, apparaît clairement à de nombreux endroits dans la Bible. C'est en particuliers au début de son ministère que Jésus fait référence au passage d'Esaïe 61.1-2, mettant ainsi en évidence son ‘programme de mission’. Jésus a compris que son ministère était le début du temps de la grâce, caractérisée par la bonne nouvelle pour les pauvres, la délivrance pour les captifs, la vue pour les aveugles et la liberté pour les opprimés. La bonne nouvelle du royaume de Dieu est apparue à travers Lui et s'adresse en particulier aux personnes en marge de la société. Jésus nous ouvre les yeux sur les besoins des personnes. Il rencontre chacun de manière holistique. Il vient au secours des nécessiteux de ce monde. "J'ai eu faim et vous m'avez donné à manger ; j'ai eu soif et vous m'avez donné à boire ; j'étais étranger et vous m'avez accueilli ; j'étais nu et vous m'avez habillé ; j'étais malade et vous m'avez rendu visite ; j'étais en prison et vous êtes venus vers moi. […] Toutes les fois que vous avez fait cela à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait. " (Matthieu 25, 35-40)
En 2015, la communauté mondiale a convenu de 17 objectifs de développement durable (ODD) dans le cadre de l'Agenda 2030. Le premier objectif est aussi le plus ambitieux : mettre fin à la pauvreté sous toutes ses formes et partout (défini comme 1,90 dollar US par jour/personne). La Banque Mondiale estime qu'en raison de la pandémie, près de 150 millions de personnes supplémentaires basculeront dans l'extrême pauvreté. La campagne StopPauvreté, parrainée par l'organisation faîtière Interaction, vise à atteindre ces objectifs. La brochure "God's Global Goals" examine l'Agenda 2030 dans une perspective biblique et montre pourquoi les chrétiens devraient également s'engager en faveur de ces objectifs dans le cadre de la mission de Dieu dans ce monde.
Matthieu Dobler Paganoni, Directeur exécutif Interaction