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Le Musée d’art et d’histoire de Genève possède plus de 260 peintures italiennes et une dizaine de tableaux espagnols, du XIVe au XVIIIe siècle, qui constituent l’ensemble le plus important d’œuvres de ces écoles en Suisse. À l’occasion de la publication d’un ouvrage qui ponctue une importante campagne d’étude, de restauration et de photographie, le MAH propose au cœur des salles beaux-arts un nouvel accrochage de ces peintures. Une sélection qui permet de redécouvrir des œuvres aussi remarquables que méconnues.
Présenté dans quatre salles et trois cabinets, le nouvel accrochage du MAH met en évidence la place de la peinture italienne et espagnole dans l’histoire des collections genevoises et, plus largement, dans l’histoire du goût et du mécénat culturel de la cité.
La première salle présente quelques peintures italiennes du XIVe au XVIe siècle, en dialogue avec la production européenne. Elle est complétée, dans la deuxième salle, par un choix d’œuvres italiennes et espagnoles de la même période, redécouvertes dans les réserves du musée. L’histoire des collections est racontée dans les salles suivantes. Une salle consacrée à la donation napoléonienne permet de mesurer la part de l’Italie parmi les 21 tableaux offerts en 1804/1805 à la Ville, tandis que la salle suivante propose un choix de grands tableaux du Seicento, mettant en évidence un changement de goût dès la fin du XVIIIe siècle chez des collectionneurs privés tels que Jean Sellon, dont quelques œuvres aboutiront au Musée Rath dès 1826. Deux cabinets évoquent les personnalités parallèles de Walther Fol et Gustave Revilliod, qui lèguent chacun un musée privé, à caractère encyclopédique, intégrant des « primitifs » : l’un, le Musée Fol en 1871 ; l’autre, le Musée Ariana en 1890. Un dernier cabinet reflète les enrichissements du Musée d’art et d’histoire depuis 1910 grâce à des collectionneurs tels que Jacob-Adolphe Holzer, Frédéric Battelli et Ernst et Lucie Schmidheiny.
Au Musée d’art et d’histoire, le corpus des peintures italiennes et espagnoles est à peu près équivalent à celui des peintures flamandes et hollandaises, et représente près du double de celui des peintures françaises produites avant 1800. Il couvre l’ensemble de la peinture italienne avec un point fort sur le XVIIe siècle, reflétant un âge d’or dans l’histoire des collections genevoises, c’est-à-dire la fin du XVIIIe et le début du XIXe siècle. Par ailleurs, en intégrant les collections Fol et Revilliod, il illustre parfaitement l’idéal encyclopédique qui caractérise la seconde moitié du XIXe siècle (l’illustration de toutes les techniques, de toutes les régions et de toutes les époques) et qui fonde l’identité du Musée d’art et d’histoire au moment de son ouverture en 1910. Comme dans le cas des peintures flamandes et hollandaises, nombre de peintures italiennes et espagnoles manquent aujourd’hui de place pour pouvoir se déployer et mieux refléter l’étendue et la qualité des collections.
Commissaires de l’exposition
Frédéric Elsig et Mauro Natale
Catalogue
Peintures italiennes et espagnoles du XIVe au XVIIIe siècle. Genève, Musée d’art et d’histoire, sous la direction de Frédéric Elsig et Mauro Natale, Cinisello Balsamo, Silvana editoriale, 2015, ill. couleurs.
Musée d’art et d’histoire
Rue Charles-Galland 2 – 1206 Genève Ouvert de 11 à 18 heures – Fermé le lundi Entrée libre de l’exposition