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Hommage à André Delvaux
La cinémathèque suisse, à Lausanne, rend un hommage posthume au cinéaste belge André Delvaux, qui marqua profondément les années 70 et 80.
André Delvaux qui fut réalisateur, mais également enseignant et musicien. Trois approches d'une même réflexion.
En octobre dernier mourrait le cinéaste belge André Delvaux, 76 ans, alors qu'il participait à une rencontre internationale à Valence, en Espagne. Il venait de prononcer un discours sur le cinéma.
Ce mois de janvier, la Cinémathèque suisse à Lausanne lui rend hommage en projetant cinq de ses longs métrages, dont «L'homme au crâne rasé» (1966), «Benvenuta», ou «Un soir, un train».
Malgré une production assez mince (une dizaine de longs-métrages), le metteur en scène belge a marqué l'histoire du cinéma, au point d'être «LE» cinéaste belge pendant un bon quart de siècle.
Fondamentalement, la musique...
André Delvaux a commencé par être professeur de langues et de littérature. Et parallèlement, musicien: le soir, il accompagne au piano les classiques muets à la Cinémathèque royale de Belgique. Comme le fera d'ailleurs le personnage principal de «Rendez-vous à Bray» (1971).
La musique tient une place fondamentale dans son œuvre. Pas en tant qu'accompagnement sonore, mais en tant qu'élément structurel: «La musique m'a appris à y déceler des structures qui m'ont aidé à faire des films», nous confiait-il en 1998 à Genève.
Et de préciser: «La forme de mes films, c'est-à-dire quelque chose qui n'est pas directement perceptible par le spectateur, je l'ai trouvé beaucoup moins dans les narrations de type littéraire que dans la musique. Dans la façon dont la musique résout le problème du temps».
Pour André Delvaux, la musique permet en effet de construire une nouvelle temporalité: «Une musique se déploie dans le temps. Elle commence, et va jusqu'au bout. Ce temps-là est entièrement maîtrisé par elle. Nous sortons de notre temps à nous pour entrer dans celui de la musique. Et la manipulation de ce temps relève d'un ensemble de formes: symphonie, sonate, fugue, rondo... C'est de cela qu'il s'agit, même si c'est difficilement explicable».
«Un soir, un train» (1968), avec Yves Montand et Anouk Aimée, illustre notamment cette approche.
D'André Delvaux à Francis Girod
André Delvaux a longtemps enseigné à l'INSAS, le célèbre 'Institut national supérieur des arts du spectacle' de Bruxelles. Le cinéaste gardait un souvenir lumineux de son engagement pédagogique: «Je suis égocentrique comme auteur, mais pas comme homme. J'ai vécu une alternance permanente entre enseignement et réalisation. Ce qui était extrêmement riche.»
«J'expliquais aux autres quels étaient les problèmes que je rencontrais en tant que réalisateur et comment on pouvait apprendre à les résoudre ensemble. Toujours ensemble. Car le cinéma n'est pas affaire d'individualité».
Signalons que parallèlement, la Cinémathèque suisse rend hommage a trois autres disparus (le comédien Raf Vallone, Richard Harris & André de Toth), et s'apprête projeter l'œuvre intégrale du réalisateur français Francis Girod. Lequel sera présent à Lausanne les 19 et 20 février.
swissinfo, Bernard Léchot
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