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Pour atteindre ses objectifs, une exploitation doit satisfaire aux présentes lignes directrices qui doivent être appliquées sur l'ensemble de la surface viticole.
Nos vins sont connus pour leur haute qualité. L'entier de la production est certifié "Vinatura". Le label "Vinatura" a été créé pour sélectionner et récompenser les meilleurs vins suisses produits selon des critères rigoureux alliant caractère, authenticité, qualité, savoir-faire, tradition et respect de l'environnement.
Les objets visés par la production écologique et intégrée:
Les engagements du viticulteur:
La production écologique et intégrée exige des producteurs une formation professionnelle constamment mise à jour, ainsi qu’une attitude positive et dynamique vis-à-vis des objectifs visés. Pour atteindre ses objectifs, une exploitation doit satisfaire aux présentes lignes directrices qui doivent être appliquées sur l'ensemble de la surface viticole.
UNE PRODUCTION NATURELLE
C'est une méthode culturale basée sur l'observation des cycles lunaires, des constellations, des traitements par décoctions à base végétale, minérale et animale.
Peu satisfaite des exigences légales en la matière, et afin de se prouver que cela est possible, la cave Dubuis & Rudaz a entrepris depuis 2000 une reconversion de 10 hectares cultivés actuellement en appliquant la philosophie de la biodynamie.
La biodynamie au quotidien
A ne pas confondre avec les vins bio, la biodynamie se base sur une profonde compréhension des lois du "vivant" acquise par une vision qualitative globale de la nature. Elle considère que la nature est actuellement tellement dégradée qu'elle n'est plus capable de se guérir elle-même et qu'il est nécessaire de redonner au sol sa vitalité féconde indispensable à la santé des plantes, des animaux et des hommes grâce à des procédés thérapeutiques.
Cela est complexe et demande une profonde conviction, pour ne pas dire croyances. C'est une méthode culturale basée sur l'observation des cycles lunaires, des constellations, des traitements par décoctions à base végétale, minérale et animale (corne de vache, bouse, coquille d'oeuf, paillon...) qui sont enterrées dans le sol puis dispersées sur la vigne avec une eau énergisée.
Label Vinatura
Il s'agit d'un certificat délivré par l'organisation "Vitiswiss" qui atteste le respect des lignes directrices pour la production écologique et intégrée en viticulture. Plus d'information sur le site "Vitiswiss".
Philippe, peut-on dire que tu produis des vins bio?
Non, je ne crois pas aux vins bio. Je fais des vins naturels, c'est-à-dire des vins produits en respectant le plus la nature et en utilisant le moins de produits chimiques. Par exemple, j'emploie dix fois moins de souffre dans l'élevage des vins que les quantités préconisées, car la conduite culturale de mes vignes obéit à des règles extrêmement respectueuses de la nature et de l'environnement.
Cet environnement, ce "terroir" dont on parle souvent, ne se perd-il pas en raison d'une oenologie-chimie de plus en plus corrective et permettant une multitude de manipulations?
Bien entendu, on perd la notion de terroir car on n'est plus en symbiose avec lui. Les anciens nous ont légué un sol qui a une mémoire, c'est cette mémoire qui fait qu'un vin "terroite" ! Mais il est clair qu'aujourd'hui, expliquer et faire apprécier la multitude de goûts différents n'est pas assez commercial... C'est la différence culturelle fondamentale entre les vins du Nouveau Monde et l'Europe: eux pensent en terme de boisson, nous en vin.
Ils sont pourtant forts en matière de marketing, leurs vins apparaissent dans les concours...
Oui, c'est ça, ils élaborent des vins oenologiquement parfaits, pas de place au terroir, on standardise sans défaut! Les concours ne veulent rien dire s'ils sont dirigés par des intégristes de l'oenologie. C'est insensé! Le vin c'est l'âme de la terre, nous essayons d'interpréter cette terre un peu comme un cuisinier interprète un plat: il a des ingrédients naturels, il les dispose de manière à exhausser les saveurs. Je me considère comme un "cuisinier du vin", je m'efforce d'exhausser les saveurs de la terre. Mais il est clair que l'on est entré dans l'ère du vin boisson.
Plus que le pétrole, l'eau va devenir un enjeu vital pour notre planète, or ces vins dits du Nouveau Monde pratiquent massivement l'arrosage des vignes, bien loin d'une prise de conscience écologique, qu'en est-il en Valais?
Le Valais a connu des années de surproduction qui n'ont plus aucun sens aujourd'hui. Arroser massivement, c'est traiter la vigne massivement et ensuite manipuler et corriger massivement les vins en cave, c'est la fuite en avant! Un bon vigneron est d'abord un bon observateur de ses vignes. Sur certains terrains, par exemple des schistes peu rétenteurs d'eau, si la vigne souffre dans une année d'extraordinaire sécheresse, on peut, par un léger arrosage, lui éviter un stress hydrique. Mais cela se fait en amont, et finalement, un bon vigneron arrose très peu, tout au plus une fois par saison. On est loin des brumisateurs de la Nappa Valley...
Comment vois-tu l'avenir?
Pour notre domaine, il est radieux! (rires). C'est finalement aux consommateurs de choisir et je leur dirais: "Buvez peu mais buvez bon", et le maître-mot pour s'y retrouver, c'est la confiance. La confiance organisée en chaîne entre le producteur qui s'emploie à respecter son terroir et le distributeur sérieux qui cherche et déguste pour ne proposer que des vins naturels.