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"Oui" massif à l'intégration au Venezuela d'une région du Guyana
Les Vénézuéliens ont plébiscité dimanche une intégration à leur pays de la région riche en pétrole de l'Essequibo, lors d'un référendum organisé par Caracas pour légitimer ses prétentions sur ce territoire qu'il dispute au Guyana. Le "oui" a atteint plus de 95%.
Le président vénézuélien Nicolás Maduro s'est félicité d'une victoire "écrasante". "Nous avons réalisé les premiers pas d'une nouvelle étape historique dans la lutte pour ce qui nous appartient, pour récupérer ce que les libérateurs nous ont laissé", a-t-il estimé.
Le conseil national électoral (CNE) a indiqué que le scrutin a recueilli près de 10,5 millions de "votes" sans donner le taux de participation. Quelque 20,7 millions de Vénézuéliens étaient appelés aux urnes.
Au cours de la journée, des journalistes de l'AFP à Caracas, Ciudad Guayana, capitale de la région vénézuélienne limitrophe de l'Essequibo, ou à San Cristobal (sud-ouest) n'avaient constaté qu'une affluence modérée dans les bureaux de vote.
Vote consultatif
Le référendum consultatif, en cinq questions, demandait notamment aux Vénézuéliens s'ils sont d'accord pour ne pas reconnaître la compétence de la Cour internationale de justice (CIJ), saisi par le Guyana, et pour intégrer le territoire au Venezuela.
Ce résultat n'aura toutefois pas de conséquences concrètes à court terme. Le territoire se trouve au Guyana et il ne s'agit pas d'un vote d'autodétermination. Le scrutin a toutefois suscité des inquiétudes à Georgetown, la capitale du Guyana, et sur la scène internationale.
Le gouvernement vénézuélien a assuré qu'il ne cherchait pas un motif pour envahir la zone, comme le craint le Guyana, où des milliers de personnes ont formé des chaînes humaines pour montrer leur attachement au territoire.
Après des appels d'offres pétroliers guyaniens et une nouvelle découverte d'or noir en octobre, la tension est montée ces derniers mois.
Le Venezuela revendique depuis des décennies ce territoire (parfois appelé Guayana Esequiba) de 160'000 km2, représentant plus des deux tiers du Guyana et où vivent 125'000 personnes, soit un cinquième de sa population. Caracas soutient que le fleuve Essequibo doit être la frontière naturelle, comme en 1777, à l'époque de l'empire espagnol.
Le Guyana, qui dispose de réserves de pétrole per capita parmi les plus grandes au monde, estime, lui, que la frontière date de l'époque coloniale anglaise et que celle-ci a été entérinée en 1899 par une cour d'arbitrage. Le pays a saisi la CIJ, plus haute instance judiciaire de l'ONU, pour la faire valider.
ats, afp