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L'opposant russe Alexeï Navalny a affirmé mardi avoir été bloqué à la frontière et empêché de quitter le pays pour se rendre à Strasbourg. La Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) doit se prononcer jeudi sur plusieurs requêtes visant l'Etat russe.
Le service fédéral russe des huissiers de justice a indiqué que cette interdiction de sortie du territoire était due à une amende impayée de 2,1 millions de roubles (plus de 30'000 francs) liée à une condamnation de 2013. Quelques heures plus tard, il a ajouté qu'Alexeï Navalny avait payé son amende et était désormais libre de voyager à l'étranger.
"Les gardes-frontière m'ont indiqué que j'ai l'interdiction de quitter la Russie. Il y a une lettre disant que la sortie du territoire m'est interdite, mais elle n'explique pas pourquoi", a déclaré M. Navalny sur son compte Twitter.
M. Navalny a affirmé qu'il s'apprêtait à prendre un vol pour Francfort en vue de rejoindre Strasbourg, où la CEDH doit se prononcer jeudi sur plusieurs requêtes de l'opposant, qui demande aux 17 juges européens composant la Grande chambre de reconnaître les "motivations politiques" de ses arrestations à répétition.
Déjà plusieurs fois arrêté et condamné
Le militant anticorruption de 42 ans, avocat de profession, a été arrêté à de nombreuses reprises par la police ces dernières années, en marge de manifestations organisées contre le pouvoir et pour la plupart interdites par les autorités.
Alexeï Navalny, qui a écopé de multiples condamnations à des amendes ou de courtes peines de détention, est devenu la principale figure de l'opposition russe depuis d'imposantes manifestations en 2011 et 2012. Plusieurs manifestations qui comptent parmi les plus importantes récemment organisées dans le pays se sont déroulées à son appel et sa rhétorique anticorruption trouve un écho particulier auprès des jeunes qui le suivent sur internet.
L'opposant, qui se dit victime "d'arrestations illégales" et de "privations de liberté arbitraires", avait dénoncé en vain ces arrestations devant les juridictions russes avant de saisir la Cour de Strasbourg, introduisant cinq requêtes entre 2012 et 2014.
Il avait été déclaré inéligible à la présidentielle de mars pour une condamnation judiciaire qu'il juge politique.