Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07059.jsonl.gz/11

Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) fête jeudi à Genève son demi-siècle d´existence. Pendant toutes ces années, la Suisse n´a jamais vraiment lésiné sur les moyens, en hommes et en argent, de soutenir son action internationale.
Lorsque le HCR ouvrit ses bureaux à Genève le 1er janvier 1951, il disposait d'une équipe de 33 personnes et d'un budget de 300 000 dollars. Il avait pour mission, en principe pour trois ans, d'apporter une aide à la réinstallation d'un million de réfugiés européens disséminés dans divers pays par la seconde guerre mondiale.
Cinquante ans plus tard, l'organisation paraît encore plus indispensable que jamais. Présente dans 120 pays, elle emploie quelque 5000 personnes et porte assistance à plus de 22 millions de personnes. Son budget approche le milliard de dollars. Et au fil des ans, les problèmes de l'institution n'ont cessé de croître proportionnellement aux défis humanitaires qu'elle doit affronter.
Quoi qu'il en soit, la Suisse - en raison de son histoire, de ses traditions et sans doute aussi de son engagement dans le mouvement de la Croix-Rouge - s'est d'une manière ou d'une autre sentie très proche des causes défendues par le HCR.
De ce point de vue, on rappellera que, durant ce demi-siècle d'histoire, trois Suisses en ont occupé la direction. Le premier d'entre eux, Auguste Lindt, avait été nommé Haut-Commissaire en décembre 1956.
D'emblée, il eut à mobiliser toutes les énergies disponibles pour porter assistance à quelque 200 000 Hongrois fuyant leur pays pour cause de répression, suite à la tentative de soulèvement populaire contre l'occupant soviétique.
Un autre Suisse, Félix Schnyder, lui succéda de 1960 à 1965. Quant à Jean-Pierre Hocké, arrivé à la tête du HCR en 1986, il ne devait pas aller au bout de son mandat. Accusé de fautes dont il devait être plus tard blanchi, il remit sa démission en 1989, apparaissant alors, pour reprendre certains titres de l'époque, comme «victime du système» et lâché par les gouvernements.
Financièrement parlant, la Suisse figure dans le «top ten» des pays qui participent volontairement au budget du HCR. En 1999, elle a versé environ 36 millions de francs à l'organisation, assortis d'un supplément de 8 millions pour le Kosovo. A noter aussi que le budget de l'aide publique suisse aux réfugiés tournait l'an dernier autour d'un milliard et demi de francs, soit un peu plus que le budget total du HCR.
Les contributions suisses actuelles, outre le Kosovo, sont plus particulièrement destinées à des programmes d'aide aux réfugiés afghans, en Afghanistan et en Iran, ainsi qu'aux réfugiés tchétchènes dans le Caucase du Nord. Cet appui ne se limite pas à des virements d'argent. La Suisse met également du personnel à la disposition du HCR, notamment pour la construction d'abris.
Bernard Weissbrodt