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Questions courantes
L’adjectif « évangélique » se réfère à l’Évangile. Il désigne certaines Églises (et chrétiens) rattachés au protestantisme. Ce terme, longtemps considéré comme synonyme de « protestant », identifie aujourd’hui un courant particulier du protestantisme. Les racines des évangéliques remontent au début du protestantisme, au XVIe siècle. Ils partagent encore aujourd’hui les valeurs fondamentales des réformateurs (Martin Luther, Jean Calvin, etc.). De plus, ils se reconnaissent volontiers dans ce qui a été revendiqué dès l’origine de la réforme : à savoir la séparation des Églises et de l’État. Il convient donc de désigner les évangéliques en francophonie par l’expression plus complète de «protestants évangéliques». Celle-ci tient compte du passé tout en permettant de les distinguer des Églises protestantes dites historiques comme les Églises réformées ou luthériennes.
Celle-ci se résume en trois points, partagés par l’ensemble des protestants évangéliques : Le caractère normatif de la Bible. Elle est la référence de la foi évangélique. Elle est considérée normative à la fois sur le plan théologique et pratique. L’importance d’une conversion personnelle. On ne naît pas évangélique, on le devient par choix personnel et engagement individuel. C’est ce qui explique l’importance accordée au baptême d’adulte. Celui-ci est l’expression publique d’une foi vécue et assumée, à l’opposé d’une simple tradition. L’universalité du message de l’Évangile et l’importance, pour les chrétiens évangéliques, de le faire connaître autour d’eux dans le respect de la liberté individuelle.
Si les évangéliques ont la Bible pour norme, ils ne considèrent pas que tout texte biblique doit être interprété de manière littérale stricte. Un texte poétique ne sera pas lu de la même façon qu’un texte historique. Autre exemple, la Bible, qui n’est pas un livre scientifique, débute par un récit de la création et affirme à de très nombreuses reprises que Dieu est le Créateur de l’Univers. Or, si tous les chrétiens évangéliques reconnaissent que Dieu est le créateur, ils ne pensent cependant pas tous que la terre a été crée « en 6 jours de vingt-quatre heures » … Les évangéliques s’attachent avant tout aux enseignements importants confirmés par la Bible dans son ensemble. Ils reconnaissent que des affirmations plus isolées, et donc de moindre importance, sont d’interprétation incertaine.
Les évangéliques n’ont pas le monopole de la vérité et ils le savent. Cependant, ils croient à l’existence d’une vérité unique et absolue, celle de Jésus-Christ qui, parlant de lui-même dit: « Je suis le chemin, la vérité et la vie, nul ne vient au Père que par moi* … ». Pour les évangéliques, la vérité ne peut être la propriété d’aucune Église ni d’aucun groupe humain. Il s’agit de suivre le Christ qui est venu révéler Dieu le Père. Contrairement à une idée reçue, une conviction religieuse forte ne conduit pas inévitablement à l’intolérance. Les évangéliques souhaitent témoigner de leurs croyances, en suivant l’enseignement et l’exemple du Christ qui les enjoint à « aimer son prochain comme [soi]-même* ». Cette volonté de l’amour induit le respect de l’autre, de ses convictions, exclut toute violence et ne laisse pas de place au fanatisme. Ils n’ont nullement l’intention d’imposer leurs croyances à autrui. Cependant, aucun groupe humain n’est à l’abri de comportements de repli sur soi ou de dérives sectaires. C’est alors que le rôle d’instances nationales régulatrices comme le Réseau Évangélique de Suisse Romande ou l’Association d’Églises Évangéliques Baptistes de Langue Française prend toutes son importance. * La Bible : Évangile selon Jean, chapitre 14 verset 6 * La Bible : Évangile selon Matthieu, chapitre 22 verset 39
Une foule de gens, dans notre société contemporaine souffre d’une profonde culpabilité. La nier ou la refouler n’est d’aucun secours. L’évangile repose sur l’offre de Dieu d’un pardon gratuit accordé à qui se reconnaît pécheur. Ainsi le message évangélique, exigeant par nature, est en réalité libérateur. De nombreux évangéliques témoignent de la joie d’être pardonnés et déchargés de toute culpabilité. Dans leur théologie, la centralité de la croix et l’œuvre de Jésus sont fondamentales. « Pour les protestants évangéliques, il n’y de christianisme authentique sans cette doctrine qui constitue à leurs yeux la clef de voûte de l’histoire du Salut*. » Par ailleurs, les évangéliques aiment la vie d’autant plus qu’elle est pour eux un don de Dieu. La fête est au cœur de l’évangile. D’ailleurs la Bible parle, pour décrire les évènements de la fin des temps, d’un gigantesque banquet nuptial ! Souvent le public est attiré par la chaleur et la convivialité des églises protestantes évangéliques. * Sébastien Fath, Du ghetto au réseau. Le protestantisme évangélique en France 1800-2005, Labor et Fidès, 2005, p 33
La Bible constitue une caractéristique de premier plan dans la foi protestante évangélique, quel que soit le groupe. Elle occupe habituellement une place prépondérante dans la spiritualité évangélique, c’est elle qui nourrit la foi des croyants. L’autorité de la Bible s’exerce dans le domaine de la foi et s’étend à tous les aspects de la vie : morale personnelle, choix éthiques, valeurs… La lecture personnelle quotidienne est encouragée. La lecture publique pendant le culte, les études bibliques constituent la colonne vertébrale de la vie des Églises protestantes évangéliques. Ils arrivent que la population soit habituée à la structure pyramidale et monolithique du catholicisme. Par comparaison, chez les évangéliques, l’absence d’une hiérarchie affirmée, d’un clergé ou d’une structure unique surprend et parfois déroute. Les évangéliques peuvent être considérés comme une famille dans laquelle l’essentiel du patrimoine génétique est commun à tous les membres qui la composent. Seuls quelques chromosomes diffèrent et vont donner naissance à des personnalités distinctes et uniques. Les évangéliques ont l’essentiel en commun. L’histoire, la compréhension variée de certains aspects théologiques et ecclésiaux secondaires, expliquent que les croyants se regroupent en diverses dénominations : baptistes, méthodistes, pentecôtistes, frères…
Considérer les évangéliques comme un mouvement américain colonisant le monde est partial et inexact. Le mouvement évangélique est apparu sur le continent européen, en Suisse, en Allemagne, en France, aux Pays-Bas, en Angleterre avant même… la naissance des États-Unis. D’ailleurs de nombreux évangéliques ont émigré en Amérique au XVIIe et XVIIIe siècle à cause du manque de liberté religieuse qui sévissait en Europe et singulièrement en France. Reste qu’un certain nombre d’Églises évangéliques en francophonie, ont été fondées avec le concours de missionnaires américains, essentiellement à partir de la Seconde Guerre mondiale. Les évangéliques francophones ne dépendent d’aucune instance dirigeante située ailleurs dans le monde. S’ils entretiennent des relations internationales et favorisent des partenariats, ils le font par fraternité chrétienne tout en veillant à leur indépendance typiquement protestante.