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Une équipe hollando-canadienne a mené une enquête transversale pilote dans trois permanences québécoises, en interrogeant d’une part, les patients sur le degré d’urgence estimé de leur plainte et leurs motivations à consulter une permanence et d’autre part, les médecins sur la pertinence de la visite du patient. La concordance entre patients et médecins a ensuite été mesurée. Les médecins ont estimé que plus de 80% des visites étaient appropriées (87/142) ou raisonnables (29/142), alors que plus de 85% des patients jugeaient le degré d’urgence de leur plainte comme bas (47/142) ou moyen (78/142). Le degré de concordance était insignifiant (Kappa : 0,05). Les principales motivations des patients pour consulter étaient l’inquiétude, la persistance de symptômes et la difficulté à obtenir un rendezvous chez leur médecin.
Commentaire : Cette petite étude pilote montre que beaucoup de patients consultent dans les permanences en ayant conscience que leur plainte ne relève pas de l’urgence. Elle montre aussi que les médecins de ces permanences jugent pourtant ces visites appropriées dans la plupart des cas. Est-ce que les patients sous-estiment l’urgence de leur plainte ? L’appréciation de la pertinence par les médecins est-elle dictée par les lois du marché ? Ou faut-il y voir l’acceptation progressive par les médecins de la tendance actuelle des patients à utiliser les permanences d’urgence comme des cabinets de médecine générale ? Y a-t-il encore du sens, dès lors, à faire rimer permanence avec urgence… ?