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Composé pour l’essentiel au cours de l’année 1800, dans le sillage des deux premières symphonies, de la première série de quatuors à cordes (op. 18) et de quelques sonates pour piano d’envergure, le Concerto pour piano No 3 en ut mineur apporte une nouvelle preuve du génie beethovénien. L’ouvrage a été plusieurs fois retouché par l’auteur jusqu’à sa création, le 5 avril 1803 au Theater an der Wien, au cours d’un vaste concert qui réunissait également les deux premières symphonies du maître de Bonn ainsi que son oratorio Le Christ au mont des oliviers. Ayant pris lui-même place au clavier, Beethoven s’est beaucoup amusé du désarroi de son tourneur de pages Ignaz von Seyfried. Celui-ci était confronté à des pages largement vierges, exception faite de quelques gribouillis servant de repères à l’interprète. Fidèle à son habitude, Beethoven n’avait pas pris le temps d’écrire toute sa partie, qu’il a donc largement jouée par cœur. Il est vrai que le matin même du concert, il en était encore à noter une partie de trombone de l’oratorio! Comparé aux deux premiers concertos pour piano de Beethoven, cette troisième œuvre concertante marque un net progrès dans l’équilibre instrumental entre le soliste et l’orchestre, qui sont enfin traités en véritables partenaires. La virtuosité du soliste n’est plus uniquement liée à l’esprit d’improvisation du compositeur, mais participe pleinement à la cohésion dramatique et formelle de l’œuvre. Le manuscrit autographe de ce concerto était considéré comme perdu après la Seconde Guerre mondiale, mais le précieux document a refait surface en Pologne en 1977.