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L'affaire dite des noix d'apéritif sur un vol de Korean Air (KAL) continue de rebondir. Le chef de cabine débarqué d'un vol New York-Séoul par l'héritière de la compagnie a saisi la justice américaine pour obtenir des dommages et intérêts.
La plainte a été déposée mercredi devant la Cour suprême de New York, selon des documents consultés vendredi par l'AFP. Park Chang-Jin estime avoir subi un grave préjudice psychologique lorsque Cho Hyun-Ah, fille aînée du patron de Korean Air, est sortie de ses gonds et s'en est violemment pris à lui peu avant le décollage de l'aéroport international John F. Kennedy.
Le 5 décembre 2014, Mme Cho s'était scandalisée de s'être vu servir en première classe des noix de macadamia qu'elle n'avait pas demandées, de surcroît présentées non dans un bol, mais dans leur sachet.
Alors vice-présidente de la compagnie en charge du service à bord, elle avait exigé le débarquement du chef de cabine, le jugeant responsable de l'impair commis par l'hôtesse. L'appareil avait été contraint de revenir à son point de stationnement afin que l'homme puisse descendre.
Frappé à coups de manuel de bord
Lors du procès de l'héritière à Séoul, Park Chang-Jin a raconté que Mme Cho, 40 ans, l'avait contraint à s'agenouiller et à demander son pardon, tout en le frappant à coups de manuel de bord. Selon la plainte transmise à la justice américaine, les sévices infligés au plaignant ont provoqué saignement, contusions et "traumatisme émotionnel".
"Park a été pris en charge par un médecin qui a diagnostiqué un état de panique aiguë", indique le document. En mars dernier, l'hôtesse qui avait essuyé ses foudres a elle aussi porté plainte au civil à New York. Elle accuse Mme Cho de l'avoir attaquée, menacée et insultée. Elle lui reproche également d'avoir fait pression sur elle pour minimiser les faits lors de l'enquête.
Symbole de l'arrogance
Cho Hyun-Ah, également connue sous le nom de Heather Cho, a été reconnue coupable en février d'avoir enfreint les règles de sécurité en contraignant le vol à revenir à la porte d'embarquement. Elle a été condamnée à un an de prison et incarcérée. En mai, la Haute Cour a cassé ce jugement et réduit la peine à dix mois avec sursis avec deux ans de mise à l'épreuve.
Cette affaire s'est transformée en énorme scandale en Corée du Sud, et avait fait les gros titres de la presse internationale. L'opinion publique y a vu la quintessence du comportement arrogant des fils et filles des puissants patrons de "chaebols", ces conglomérats qui dominent l'économie sud-coréenne.
ATS