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Le Mégaletoscope de Carlo Ponti
Carlo Ponti, né à Sagno dans le canton du Tessin entre 1822 et 1824, s’installe à Venise comme opticien et photographe. Dès 1860, il met au point l’Aletoscopio (du grec «vrai», «exact» et «vision»), visionneuse pour images photographiques de grand format. Il en fait parvenir un exemplaire à la Société française de photographie en 1861, et, le 14 avril de la même année, il présente son appareil à l’Institut des sciences, des lettres et des arts de Venise qui lui octroie en mai 1861 une mention honorable.
En 1862, l’opticien met au point le Megaletoscopio, version agrandie, pour lequel il obtient le Grand Prix à l’Exposition internationale de Londres; il dépose un brevet provisoire le 10 juillet de cette année et en confie la fabrication à un artisan ébéniste, Demetrio Puppolin, dont le nom figure parfois sur l’appareil, tout comme celui de Carlo Ponti.
Cet exemplaire, en noyer vernis, de la taille d’un Mégaletoscope malgré son appellation, porte une plaque ovale en céramique où figure l’inscription suivante: Aletoscopio di Venezia C. Naya
Si Carlo Ponti a effectivement acquis l’exclusivité de cette production en 1862, la confusion administrative régnant au lendemain de l’adhésion de la Vénétie à l’Italie en octobre 1866 a fait tomber ce privilège et d’autres photographes vénitiens, dont Naya, , ont très bien pu faire fabriquer et vendre cet appareil. Cette «traîtrise» de Naya lui vaudra en 1868 une longue procédure judiciaire, Carlo Ponti tentant de le faire condamner et de récupérer par la même occasion son monopole.
Le Mégaletoscope est accompagné de 20 planches d’environ 30x40 cm faites pour être observées en lumière directe ou par transparence, avec l’apparition de divers effets. Chaque planche se compose de six couches, fixées de part et d’autre du cadre en sapin. La structure recto est constituée d’une épreuve à l’albumine, puis d’un papier aquarellé représentant, par le dessin, l’image rehaussée avec des couleurs vives et d’autres papiers pour assombrir l’image, qui peut encore comporter de nombreuses perforations réalisées avec une aiguille.
Une toile de lin est fixée au dos pour protéger la structure et empêcher le regard d’entrer à l’intérieur du cadre et de comprendre le phénomène jour-nuit. L’objet demeure ainsi magique et mystérieux…