Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07083.jsonl.gz/1359

Trump rejette la menace d'une destitution, les démocrates débattent
23.04.2019
Sûr de lui, le président américain Donald Trump a affirmé lundi que le Congrès n'était "pas en mesure" de le destituer. Le débat agite les démocrates depuis la publication du rapport d'enquête sur l'ingérence russe dans la présidentielle de 2016.
Est-il inquiet face à la menace d'une procédure de destitution? "Pas du tout", a répondu le républicain aux journalistes à la Maison Blanche. Seuls de graves délits ou infractions peuvent aboutir à une destitution", avait-il affirmé plus tôt sur Twitter. "Je n'ai commis aucun délit (pas de collusion, pas d'obstruction), donc vous n'êtes pas en mesure de me destituer".
Après 22 mois d'enquête, le procureur spécial Robert Mueller a conclu dans son rapport, publié jeudi, qu'il n'y avait pas eu d'entente entre l'équipe de campagne du républicain et Moscou. Mais si M. Trump s'estime depuis totalement exonéré, ces conclusions ne l'ont pas blanchi des soupçons d'entrave à la justice, M. Mueller ayant montré que le président avait essayé de torpiller son enquête.
Le président démocrate de la puissante commission judiciaire de la Chambre des représentants a annoncé lundi vouloir entendre publiquement Don McGahn, ancien conseiller juridique de la Maison Blanche. "M. McGahn est un témoin-clé des nombreux cas présumés d'entrave à la justice", a écrit Jerry Nadler dans un communiqué.
"Rendre des comptes"
Les démocrates affirment qu'avec son rapport long de plus de 440 pages, le discret procureur spécial Robert Mueller leur a en fait laissé une feuille de route afin qu'ils poursuivent l'enquête au Congrès. Mais si tous sont d'accord sur ce point, les opinions divergent autour de la possibilité, potentiellement explosive et probablement vouée à l'échec, de lancer contre Donald Trump une procédure de destitution, appelée "impeachment" aux Etats-Unis.
Promettant d'agir face aux actes "sans scrupules" du milliardaire, la présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a tempéré lundi les espoirs de ceux qui souhaiteraient lancer une telle procédure. Nous "devons montrer aux Américains que nous avançons sans passion ou préjugés, en nous basant strictement sur la présentation des faits", a-t-elle insisté.
Il est "important de savoir que les faits pouvant servir à obliger le président à rendre des comptes peuvent être obtenus hors des auditions organisées dans le cadre d'une destitution", a-t-elle pris soin de souligner dans une lettre aux élus démocrates de la Chambre.
Débat houleux
Le débat pourrait être houleux face aux quelques élus démocrates pour qui la procédure de destitution est désormais la seule option logique. Ils restent rares, mais l'idée semble avancer. Parmi la vingtaine de candidats démocrates à la Maison Blanche pour 2020, seuls la sénatrice Elizabeth Warren et l'ancien ministre Julian Castro se sont prononcés fermement en faveur de cette voie.
Les autres préfèrent éviter le sujet, certains expliquant vouloir d'abord entendre Robert Mueller, qui a été appelé à témoigner à la chambre basse en mai, sans avoir encore donné suite. Nancy Pelosi en tête, les chefs démocrates sont eux circonspects face à une procédure risquant d'échouer, puisqu'elle prend in fine la forme d'un procès devant le Sénat, qui a conservé sa majorité républicaine et reste farouchement fidèle au président.
A l'approche de la présidentielle de novembre 2020, il serait en outre dangereux pour les démocrates de se concentrer sur une procédure de destitution au détriment des sujets qui préoccupent grandement les électeurs, comme la santé, estiment certains stratèges du parti.
ats, afp