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Plan de quartier Malley-Viaduc
Ci-dessus: situation du PPA Malley-Viaduc (en rouge). Les numéros sont ceux des parcelles concernées.
Selon l'article 1 de son règlement, le plan d'affectation partiel Malley-Viaduc (PPAMV) a pour but de:
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"Réaliser un quartier urbain mixte et de forte densité."
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"Créer des repères architecturaux emblématiques."
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"Créer des espaces publics de qualité qui permettent de prolonger le réseau de mobilité douce existant, de garantir la perméabilité piétonne du site."
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"Préserver et renforcer l’identité du lieu notamment par la mise en valeur du Viaduc CFF."
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"Appliquer les conditions du développement durable."
Ci-dessous: en haut, le PPA avec ses deux aires A (tour de 85 m.) et B (tour de 65 m. sur Malley-Lumières).
Sous le plan à gauche, coupe au niveau de la tour A; à droite, coupe au niveau de la tour B.
Ces objectifs et la façon dont ils sont mis en oeuvre appellent les commentaires suivants (en italique):
Hauteur, densité
Par rapport au plan d'extension de 1977, la hauteur maximale des constructions passe de 22 mètres au-dessus du niveau du ch. du Viaduc à 85 mètres au-dessus de ce niveau ! La surface maximale brute de planchers passe de 14 400 mètres carrés à 35 300 mètres carrés pour l'aire A (145% d'augmentation !) et de 23 900 mètres carrés à 31 400 mètres carrés pour l'aire B (+31%). Il en résulte une très forte densité de 2,9 en termes d'indice d'utilisation du sol ou de 579 habitants et emplois à l'hectare, comparable à celle de l'hypercentre lausannois.
Cette densité très élevée est excessive en regard de la pollution (CO2, particules fines) subie par le périmètre. L'étude d'impact environnemental montre qu'elle dépasse ou atteint régulièrement les limites admises, sans aucune amélioration ces dix dernières années. Les mesures annoncées ne la réduiront pas.
La tour de 85 mètres, placée au bas de la pente et au plus près des habitations de Prilly et Lausanne, reste trop haute. Son nombre portée privera partiellement d'ensoleillement des centaines de personnes à la mauvaise saison. Elle ne devrait pas dépasser le niveau de celles prévues au sud des voies CFF. Le souci de "repère architectural emblématique", obsession des urbanistes, n'intéresse pas la population.
Mixité, logement
40 à 50% de l'aire A sera affectée au logement (pas de mesures particulières pour le contrôle des loyers), le reste étant dévolu à un hôtel et des bureaux. L'aire B (Malley-Lumières) comprendra entre 7500 et 11 000 mètres carrés de logement, soit 25 à 35% de la surface totale pour cette aire.
On peut s'étonner des 3500 mètres carrés de logement supplémentaires octroyés dans l'aire B, située directement au bord des voies CFF où, avertit l'étude environnementale, les risques d'accidents majeurs dus aux transports de chlore, notamment, augmenteront de façon sensible. On s'étonne davantage que l'étude des mesures protectrices soit reportée au permis de construire. Les autorités, qui brandissaient le risque d'accidents majeurs pour justifier une faible part de logements à Malley-Gare, juste au sud des voies, semblent avoir changé d'avis sans qu'on en connaisse les raisons.
Pour le reste, l'arrivée de 430 à 570 habitants (selon la solution retenue pour l'aire B) dans le périmètre de Malley-Viaduc entraîne des besoins spécifiques en termes de trafic (voir ci-après) et d'équipements pour familles/enfants (voir plus loin).
Trafic
Déjà surchargé sur l'avenue du Chablais, le trafic individuel motorisé va encore augmenter.
Les projections de l'étude MRS dont est tiré le schéma ci-dessous nous paraissent très optimistes compte tenu des 430 à 570 habitants supplémentaires attendus rien que dans ce périmètre, plus l'hôtel, les bureaux et le centre sportif. Le développement de l'offre en transports publics (tram T1) ne résoud pas les problèmes du trafic nord-sud, déjà soulevés pour Malley-Gare. Rien n'est prévu pour l'absorber ou l'alléger.
Par ailleurs, le chemin du Viaduc, bien que fermé au transit depuis la route de Renens, subira une augmentation de trafic de 1650 véhicules./jour, incompatible avec la sécurité et la tranquillité des centaines de nouveaux habitants attendus - à moins de le mettre, pour le moins, en zone 30 km./heure.
Les chemins de Bel-Orne, de Renens et du Galicien où les piétons ont, aujourd'hui déjà, du mal à se faufiler entre les (trop) nombreuses places de parc et les voitures qui foncent par ce "raccourci" vers Prilly-Centre, vont devenir invivables si des mesures de réduction de trafic et de parcage ne sont pas prises. Avenir Malley réclame depuis des mois une vision d'ensemble de la zone, sans succès. Nous demandons ces mesures maintenant.
Ci-dessous: charge de trafic à l'horizon 2020 (augmentation en rouge) selon l'étude MRS.
Espaces publics, place du Galicien
"L’aire du Galicien est un espace public à prédominance minérale", dit le règlement du PPA. Quelque 550 mètres carrés de petites constructions d'utilité publique y sont autorisés. Les aménagements feront l'objet d'un concours d'urbanisme dont le cahier des charges sera fixé suite à un processus participatif amorcé en mars 2018. La placette située entre le front est de Malley-Lumières et la halte CFF sera libérée de la station d'essence qui l'occupe actuellement - ceci à la délivrance du permis de construire sur ce périmètre.
Notre association rejette le concept de place "à prédominance minérale", imposé par les urbanistes dans cinq des six espaces publics prévus à Malley. Elle demande le maintien de la verdure et de la cuvette qui protègent (un peu) cette place du bruit et de la chaleur. Avenir Malley n'est pas la seule à faire cette demande, comme le montrent à la fois le rapport du pool d'experts sur les tours et les remarques entendues lors de l'atelier participatif du 1er mars 2018. Malheureusement, cet atelier mené de manière scolaire fait craindre que les demandes de la population soient ignorées au profit du règlement qui, lui, a valeur obligatoire dans un PPA. Il doit absolument être corrigé sur ce point.
L'arrivée de plusieurs centaines de nouveaux habitants dans le périmètre - dont des familles - impose une place de jeux pour enfants. Dans les projets de Malley, tous les équipements de ce type ont été jusqu'ici concentrés au sud du quartier, ce qui n'est pas acceptable. La sécurité et la santé des enfants est un souci prioritaire. Dans la même optique, la cohabitation avec la buvette de la Galicienne (que la commune veut pérenniser) doit être soigneusement préparée, les nuisances nocturnes ayant fait l'objet de plaintes récurrentes du voisinage dans la période d'essai.
La disparition de la station d'essence à l'est de Malley-Lumières facilitera l'accès (piéton et dépose rapide) à la halte CFF de Malley, ce qui est souhaitable. La question se pose de savoir si cette disparition dépend des 3500 mètres carrés de surface supplémentaire octroyés aux promoteurs dans la tour de l'aire B (voir le point mixité, logement).
Viaduc du Galicien
Inscrit à l'inventaire cantonal des monuments historiques avec la note 2, le viaduc du Galicien "doit être conservé dans sa forme et sa substance et remis en état. Les aménagements prévus aux abords de la construction patrimoniale doivent tenir compte du lieu témoin du passé industriel du quartier", dit le règlement. C'est aussi ce que préconise le rapport d'experts sur les tours.
C'est aussi ce que nous demandons. Hélas, les plans présentés et les simulations montrent que l'intention reste bel et bien de combler au moins partiellement les arches du viaduc. La coupe C-C du plan montre en outre que la route cantonale Lausanne-Renens viendrait buter avec un large trottoir directement contre les piles du viaduc. Les assurances orales de la commune selon lesquelles ces visuels ne sont qu'indicatifs - rappelons que le plan d'un PPA a force obligatoire - ne sauraient remplacer un engagement ferme et précis.
Avenir Malley a écrit au canton, responsable du projet de tram T1, pour demander que cet aménagement soit réétudié de manière à ne pas saccager les piles du viaduc. La réponse du canton est encourageante mais renvoie la responsabilité de détail à la commune de Prilly. Nous demandons que le plan et le règlement soient corrigés de manière à garantir concrètement la conservation du viaduc "dans sa forme et sa substance".
Mobilité douce
En matière de mobilité douce, "les continuités inter quartiers des réseaux doivent être assurées à travers le quartier du Viaduc. Il s’agit des continuités nord-sud par l’axe place du Galicien - avenue du Chablais (est du quartier) et par l’axe culturel (ouest du quartier) ainsi que de la continuité est-ouest par le chemin du Viaduc", dit le rapport d'aménagement.
Concernant les cheminements piétons, Avenir Malley constate que les urbanistes ont énormément misé sur le futur "axe culturel" qui passera devant le centre sportif, empruntera le nouveau passage sous-voies CFF pour aboutir à la future place des Coulisses. Les gros investissements y sont concentrés alors même que l'étude de mobilité douce commandée par les autorités montre que les deux tiers au moins des flux piétons continueront de longer l'avenue du Chablais, se prolongeant en partie par les chemins de Renens, de Bel-Orne et du Galicien. Notre association regrette le manque de réflexion à ce sujet et le fait que la largeur de la route cantonale à traverser sera doublée, coupant le nouveau quartier des zones habitées au lieu de l'en rapprocher.
Les vélos restent le parent pauvre de Malley. Prévoir de nombreuses places de stationnement ne sert à rien si des pistes cyclables sécurisées, en site propre, ne sont pas créées sur l'axe nord-sud et en particulier le long de l'avenue du Chablais, très dangereuse pour les cyclistes actuellement. Ceci dépend moins du PPA Malley-Viaduc que de la requalification de la route du Chablais, mais il est clair que ces projets sont intimement liés. Les acteurs concernés, en particulier les communes de Lausanne et Prilly, doivent impérativement se mettre à la même table pour créer des pistes cyclables en site propre combinées avec les trottoirs.
Rermarques finales
Depuis le vote de novembre 2016 sur Malley-Gare, notre association a consacré plusieurs séances de réflexion à Malley-Viaduc, dont est issu un document que nous avons envoyé à la commune, au canton aux TL. Un début de dialogue s'est instauré, fait surtout de promesses orales de la commune selon lesquelles nos propositions seraient discutées lors d'un futur atelier participatif. En réalité, il n'en a rien été lors de la première séance de cet atelier.
En outre, il est décevant de constater que le PPA n'a que très peu évolué par rapport à sa version précédente, le principal changement étant la réduction de la hauteur de la tour principale - de 100 mètres à 85 mètres - pour tenir compte des recommandations du "pool d'experts" et ne pas braquer les Prilliérans qui ont été tout de même 42% à refuser le PPA Malley-Gare en 2016. Tout le reste (maintien de la cuvette du Galicien, de l'intégrité du viaduc, qualité de la place publique) est flou ou constitué de promesses en partie contredites par certains articles du règlement.
Enfin, la promesse de transparence sur la hauteur des tours par la pose de ballons a été trahie par incompétence ou mauvaise volonté. Alors que Lausanne avait mis quatre ballons de quatre mètres de diamètre chacun pour montrer l'emprise de la tour Taoua (80 m.), Prilly s'est contenté initialement de deux petits ballons (un par tour) dont la hauteur variait fortement selon le vent. Leur mise en place a été si laborieuse que la période d'exposition (limitée d'abord à cinq jours ouvrables !) a dû être prolongée.
Compte tenu de tout ce qui précède, le comité d'Avenir Malley a décidé à l'unanimité d'écrire une lettre d'opposition au PPA Malley-Viaduc. On peut la télécharger ici.