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Aucun effet secondaire grave n’a été observé. Dans les heures et les jours suivant l’injection, cer-tains volontaires ont présenté des maux de tête, de la fièvre et/ou des douleurs dans les muscles. Ces réactions étaient attendues, et les volontaires en avaient été informés lors de la consultation préalable à leur inclusion dans l’étude. 10 et 15 jours après l’injection, certains volontaires ont aussi ressenti des douleurs légères à modérées dans les articulations, surtout des pieds et des mains, avec une inflammation de type rhumatismal. Aucun volontaire n’a dû être mis en arrêt de travail ou hospitalisé. Les douleurs ont disparu après quelques jours ou quelques semaines, même sans traitement. Des rougeurs et de petites vésicules sont également apparues sur la peau des mains ou des pieds d’environ 10% des volontaires, des symptômes qui ont disparu au maximum après deux semaines.
Les douleurs articulaires ne faisaient pas partie des réactions attendues lors de ce premier essai clinique chez l’être humain, et n’étaient donc pas mentionnées dans les informations données aux volontaires. Par mesure de précaution, les injections ont été interrompues une semaine plus tôt que prévu dans le protocole, afin d'étudier ce phénomène et de consulter les autres centres qui testent ce vaccin expérimental – la priorité d’une étude clinique reste la sécurité des volontaires. Des investigations ont été lancées pour s’assurer que ces douleurs articulaires sont bénignes et transitoires. Les 59 volontaires ayant reçu une injection de vaccin ou de placebo ont été recontactés pour savoir s’ils avaient ressenti de telles douleurs sans les signaler. Il s'est finalement avéré que 11 sur 51 volontaires vaccinés ont ressenti des douleurs dans une ou plusieurs articulations. Les observations et analyses complémentaires ont montré qu'il s'agit d'inflammations articulaires – induites par la vaccination – similaires à celles ressenties lors de certains rhumatismes.
Premièrement, ces douleurs articulaires surviennent toujours au même moment, environ 10 jours après l’injection. Deuxièmement, les analyses ont permis d'éliminer une longue liste d'autres causes possibles d’inflammation articulaire. Enfin, et surtout, des particules de vaccin ont été retrouvées dans certaines articulations enflammées: il s’agit donc bien d’inflammations articulaires («d’arthrites » vaccinales). L’apparition de douleurs dans les articulations après une infection ou une vaccination avec un vaccin vivant est un phénomène fréquent. C’est le cas par exemple d’une personne adulte sur cinq après une vaccination contre la rubéole. Ces inflammations guérissent en principe complètement, sans séquelles, même si cela peut parfois nécessiter plusieurs semaines ou mois. De même, nous avons mis en évidence la présence du VSV-ZEBOV dans les vésicules présentes sur la peau de certains volontaires. La relation de cause à effet est donc formellement démontrée.
Le vaccin VSV-ZEBOV est un virus vivant qui ne reste pas là où on l’injecte. Il entre dans le sang et est sans doute transporté par certains globules blancs qui le distribuent un peu partout dans le corps. C’est comme ça qu’il stimule efficacement le système immunitaire ! Le vaccin est ensuite éliminé du sang en quelques jours, mais il persiste plus longtemps à d’autres endroits – environ 2-3 semaines. C’est ce que font tous les virus et tous les vaccins vivants, tels ceux contre la rougeole ou la ru-béole. Le virus vaccinal peut donc parvenir dans d’autres parties du corps, y rester quelques jours et y déclencher une réponse inflammatoire. Cette réponse inflammatoire peut-être douloureuse, mais c’est aussi grâce à elle que le virus est éliminé et que tout redevient normal..
L’équipe de Genève est en contact permanent avec les autres centres impliqués dans l’étude du VSV-ZEBOV en Allemagne, au Canada, aux Etats-Unis et au Gabon. Dans un premier temps, les autres centres n'avaient pas observé d’arthrites, et il était difficile de comprendre ces différences. Mais par la suite, plusieurs centres les ont aussi observées chez certains de leurs volontaires, bien que moins fréquemment. Ces différences peuvent s'expliquer de différentes manières. D’abord, beaucoup de volontaires de l’étude des HUG sont issus du milieu médical ou des organisations internationales et sont donc particulièrement attentifs aux réactions de leur corps: ils rapportent très précisément tout ce qui leur arrive, comme nous le leur demandons, même si cela pourrait avoir aucun lien avec la vaccination. Deuxièmement, nous avons adopté une stratégie incluant des investigations très complètes, beaucoup plus détaillées que dans d’autres centres. Et enfin, les HUG disposent d'un excellent laboratoire de virologie, capable de confirmer en quelques heures seulement la présence du candidat vaccin dans un échantillon. Cela a beaucoup aidé dans les investigations.
Oui, même si les autorités de surveillance ont conclu que l'essai clinique pouvait continuer, même aux doses les plus élevées, puisque les effets secondaires ne mettaient pas en danger la santé des volontaires. Puisque la réponse immunitaire à VSV-ZEBOV semble bonne – le vaccin a fait fabriquer des anticorps aux volontaires d’une étude pilote américaine – la deuxième partie de l'essai clinique mené aux HUG teste une dose de vaccin faible (300'000 particules de vaccin, donc entre 30 et 160 fois moins que celles utilisées dans la première partie de l’étude). A cette dose, le candidat vaccin VSV-ZEBOV devrait être mieux toléré, tout en induisant une production d’anticorps suffisante. Cette modification du protocole de l'essai clinique a été approuvée par Swissmedic et les trois comités d'éthique et de sécurité vaccinale concernés. Les injections ont repris le 5 janvier 2015 avec cette dose plus faible de candidat vaccin – ou un placebo.
Pas encore; nous sommes en train d'analyser l'immense quantité de données que nous avons récoltées.