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Grèves des femmes :
«
Le 7 février 1971, 65.7% des hommes suisses ont voté une modification de la Constitution fédérale selon laquelle, à l’avenir, toutes les Suissesses devaient avoir les mêmes droits politiques que les Suisses. » (House of Switzerland, 2021).
« Il aura fallu attendre 123 ans après la Constitution fédérale de 1848 et 3 ans après les mouvements sociaux de 1968 en Europe pour que la Suisse accorde le droit de vote à ses citoyennes au niveau fédéral. » (House of Switzerland, 2021).
Le suffrage féminin commence à être introduit en 1959 dans les cantons de Vaud et de Neuchâtel.
3 février 1959 : la grève des enseignantes bâloises
Le 3 février 1959, une cinquantaine d’enseignantes d’un gymnase pour jeunes filles au canton de Bâle font grève. Elles protestent contre les résultats du scrutin fédéral du 1er février 1959 qui sont les suivants : le corps électoral masculin a rejeté, avec une majorité de 66%, le premier projet de suffrage féminin. Cette grève restera dans l’histoire sous le nom de « grève des enseignantes bâloises ».
Les journaux relatent l’évènement, y compris le New York Times et les enseignantes reçoivent de multiples messages de soutien. Le comité d’inspection se contente d’un avertissement écrit et supprime un jour de salaire aux grévistes. Voir droit de grève.
« La grève des enseignantes bâloises traduit la force du mouvement suffragiste dans
le canton de Bâle-Ville : en 1966, il sera le premier canton de langue allemande à donner aux femmes le droit de vote et d’éligibilité au niveau cantonal. » (Eidgenössische Kommission für Frauenfragen, 2021).
Grève des femmes du 14 juin 1991
La grève des femmes du 14 juin 1991 a été lancée par l’Union Syndicale Suisse (USS) dans le but premier de faire appliquer l’article constitutionnel sur l’égalité hommes-femmes inscrit 10 ans plus tôt, le 14 juin 1981. Cet évènement a impliqué plus de 500 000 femmes à travers tout le pays, qui avaient quitté leur place de travail pour descendre dans la rue en habits fuchsia.
« Le manifeste du 14 juin exprime neuf revendications pour cette grève :
- L’application de la loi du 14 juin 1981
- L’égalité salariale
- La protection contre le harcèlement sexuel sur les lieux de travail
- La création de possibilités de formation, de perfectionnement, de recyclage du travail et de promotion professionnelle
- L’interdiction du travail de nuit et du dimanche des femmes et des hommes
- La création de crèches et de systèmes de garde d’enfant à des prix accessibles
- Le partage égal des tâches familiales entre les femmes et les hommes
- Le respect des femmes dans la société, notamment la possibilité de ne pas être exposées aux abus sexuels et à la violence » (Wikipédia, 2021).
« La journée de juin 1991 est généralement perçue comme l’accélérateur de l’application législative de l’article précité qui survient en 1996. » (Wikipédia, 2021).
« La Loi sur l’Egalité (LEg) est entrée en vigueur le 1er juillet 1996. C’est un instrument important de promotion de l’égalité dans les faits entre femmes et hommes. Le mandat du Bureau fédéral de l’égalité entre femmes et hommes est défini à l’article 16 de la LEg. La LEg s’applique à tous les domaines de la vie professionnelle, de l’embauche au licenciement en passant par la formation continue, le salaire ou encore le harcèlement sexuel sur le lieu de travail. La loi interdit les discriminations, qu’elles soient directes ou indirectes. Elle prévoit des aides financières en faveur de projets novateurs ayant pour but de promouvoir l’égalité dans la vie professionnelle. » (Bureau fédéral de l’égalité entre femmes et hommes, s. d.).
Le 14 juin est resté un jour emblématique pour les droits des femmes en Suisse, particulièrement autour des thématiques d’égalité.
Grève des femmes du 14 juin 2019
Une nouvelle grève féministe nationale a été annoncée le 14 juin 2019 car « les différences de salaires entre femmes et hommes sont toujours considérables : en moyenne, les femmes gagnent 19.6% de moins que les hommes, alors que 42.9% de ces différences ne s’expliquent pas. Cela signifie qu’en moyenne les femmes gagnent 657 francs de moins par mois que les hommes dans le secteur privé – parce que ce sont des femmes. Il n’existe pas de congé parental (voir congé maternité et congé paternité) réglé par la loi et payé, et en de nombreux endroits on ne trouve pas de places d’accueil pour enfants à des tarifs abordables. Ce sont les femmes qui accomplissent la plus grande partie des activités de soins et d’encadrement, mal rétribuées ou bénévoles ; bien souvent, en outre, leur situation en matière de prévoyance vieillesse est moins bonne que celle des hommes. Les stéréotypes de genre, le sexisme et la violence envers les femmes persistent, et la représentation égalitaire des femmes en politique et dans l’économie est fort loin d’être une réalité. » (Commission fédérale pour les questions féminines, 2019).
Selon l’USS, plus de 500 000 personnes ont pris part à cette journée de grève nationale. La manifestation a connu un point d’orgue à 15h24, heure symbolique à partir de laquelle les femmes ne sont plus payées.
Bilan de la grève, 4 mois plus tard : « Sur le volet familial, un congé paternité de 2 semaines a récemment été accordé par le parlement. Sur la représentation des sexes dans l’entreprise, de nouvelles règles devraient tendre vers une composition équilibrée des conseils d’administration et des directions des grandes sociétés, avec la mise en place de quotas. » (Marieclaire, s. d.).