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La Suisse et les Etats-Unis ont agi de manière concertée en mai dernier lors de l'interpellation de plusieurs responsables de la FIFA. Toute collusion a ainsi pu être évitée, selon le procureur de la Confédération, Michael Lauber.
A fin mai, l'Office fédéral de la justice a interpellé plusieurs responsables de la FIFA dans un luxueux hôtel zurichois à la demande des Etats-Unis. En parallèle, le Ministère public de la Confédération (MPC) a procédé à la saisie de documents dans les locaux de la Fédération internationale de football sur les hauteurs de la ville des bords de la Limmat.
Les deux actions ont été menées simultanément afin d'empêcher que les cadres de la FIFA concernés échangent des informations et aussi d'écarter tout danger de dissimulation, a déclaré Michael Lauber dans l'émission "Samstagrundschau" de la radio publique alémanique SRF. Suisse et Etats-Unis mènent cependant deux enquêtes indépendantes portant sur des soupçons de corruption au sein de la FIFA.
La justice helvétique enquête concernant l'attribution des Coupes du Monde de football 2018 et 2022 à la Russie et au Qatar, respectivement. Les autorités américaines s'intéressent quant à elles plus particulièrement sur les droits en matière de marketing, de médias et de parrainage pour des tournois aux Etats-Unis et en Amérique latine.
En début d'année
Les premières discussions entre autorités américaines et helvétiques sont intervenues en début d'année, lorsque Berne a pris connaissance des investigations en cours outre-Atlantique. Il s'agissait avant tout de coordonner les deux procédures, a ajouté Michael Lauber.
Le procureur de la Confédération n'a cependant pas pu indiquer quand les mises en accusation interviendront. En principe, il convient de franchir ce pas aussi rapidement que possible. A ce titre, un délai supérieur à cinq ans serait long, en dépit de l'ampleur du dossier, a jugé Michael Lauber.
A propos de la collaboration avec la FIFA, le procureur de la Confédération pense que "la coopération aurait pu être quelque peu différente", sans en dire davantage. Les nombreux articles traitant du dossier constituent un effort supplémentaire, explique Michael Lauber. Il s'agit de répondre à de nombreuses questions de journalistes.
Le procureur de la Confédération précise prendre connaissance des reproches contenus dans ces papiers. Ensuite, la question se pose de savoir s'ils peuvent être admis du point de vue juridique.
Lutte contre le terrorisme
Au-delà, Michael Lauber n'a pas voulu s'exprimer sur les dernières révélations de l'hebdomadaire allemand Der Spiegel. Celui-ci affirme que l'Allemagne a acheté des voix pour décrocher l'organisation de la Coupe du monde du football de 2006.
Le MPC collabore par ailleurs avec les Etats-Unis dans la lutte contre le terrorisme. Depuis 2006, un accord permet la mise en oeuvre d'équipes d'enquêteurs américano-suisses, rappelle Michael Lauber. Une pratique qui assure l'échange d'informations, avant l'introduction formelle de demandes d'entraide.
La coopération a trouvé une première application dans la procédure contre une supposée cellule de l'organisation terroriste Daech, qui aurait planifié un attentat en Suisse. Elle est à l'origine de l'acte d'accusation adressé au Tribunal pénal fédéral à l'encontre de quatre Irakiens et annoncé pas plus tard que vendredi par le MPC.
Michael Lauber s'attend à devoir engager à l'avenir davantage de procédure touchant au terrorisme, dans la mesure où le MPC dispose pour l'heure de beaucoup d'informations. Des informations qui doivent être examinées. Quant à savoir s'il y aura plus de procès, "c'est une autre question", a noté le procureur de la Confédération.
ATS