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10-12 June 2008 SCREENINGS - 7 pm
1,2,3... AVANT-GARDES
LE FILM D'ART POLONAIS ENTRE EXPÉRIMENTATION ET ARCHIVE
Carte blanche à Lukasz Ronduda et Florian Zeyfang
1,2,3... Avant-Gardes explore et interroge l'histoire soi-disant continue de l'expérimentation dans le domaine du film et en art, ainsi que l'interaction entre ces deux disciplines. Ce programme cherche également à retracer une histoire possible de l'art et du film d'avant-garde polonais, qui nécessite d'être continuellement découverte et reconstruite pour rectifier les multiples déformations de l'histoire polonaise des 80 dernières années. Le projet met l'accent sur différentes idées du modernisme, examinant diverses approches conceptuelles du film et de la production artistique générées depuis la période de la Guerre froide jusqu'à aujourd'hui. S'appuyant sur la production considérable de films expérimentaux en Pologne durant les années 1970, 1,2,3... Avant-Gardes offre une sélection de films principalement produits par des artistes polonais de cette période, en plus de quelques œuvres contemporaines qui défient les histoires établies du cinéma expérimental. La série comprend trois programmes : Stratégies analytiques, Jeux et participation, et Consommation.
MARDI 10 JUIN 2008 – 19H00
«Stratégies analytiques»
Ce programme examine différentes méthodes expérimentales développées durant les années septante par des artistes polonais, liés à un projet collectif comme le Film Form Workshop, ainsi qu'à des projets plus spécifiquement éducatifs, comme les films de Józef Robakowski réalisés avec ses étudiants de la Lódz Cinema School. Ces productions contrastent avec une série d'œuvres récentes du célèbre peintre et vidéaste Wilhelm Sasnal. Ensemble, ces films partagent un intérêt commun pour la déconstruction du médium filmique et l'étude des capacités du cinéma à transmettre une nouvelle représentation de la réalité. Les œuvres contemporaines sélectionnées, toutes réalisées en vidéo, cherchent à réévaluer l'image en mouvement pour ses différentes qualités analytiques, structurelles et systématiques.
Józef Robakowski, Test, 1971
Cette pièce a été conçue sans caméra en perçant plusieurs dizaines de trous dans une pellicule surexposée. Lors de la projection, le film « laisse filtrer » la lumière (naturelle) puissante du projecteur cinématographique qui « attaque » le spectateur (« s'enregistrant » sur sa rétine).
Kazimierz Bendkowski, Centre (Centrum), 1973
Bendkowski tests in this film the expressive potential of the cinematic medium. The work is based on an attempt, characteristic for this artist, to balance an incredibly colourful, spectacular visual layer with the faithfulness to a rigorous, rationally constructed structure of the work.
Ryszard Wasko, 30 situations sonores (30 sytuacji dzwiekowych), 1975
"30 situations sonores" est une performance qui dresse une cartographie des valeurs acoustiques de nombreuses écologies divergentes. Dans chaque situation, l'artiste se tient devant la caméra (à distance variable) et, d'un geste large, claque ensemble deux morceaux de bois.
Pawel Kwiek, 1,2,3.. exercice de l'opérateur (1,2,3 cwiczenie operatorskie), 1972
Une improvisation spontanée, avec un léger goût de Fluxus, qui tente de « raconter une histoire » concernant les rapports de l'homme avec l'idéologie socialiste, et plus particulièrement sur « avoir un chapitre à l'Association de la jeunesse socialiste à l'Ecole de cinéma de Lódz ». Le film de Kwiek est un mélange de diverses sortes d'éléments formels et de styles, animation, scènes jouées, objets « trouvés » (images et sons)...
Zbigniew Rybczynski, Un Carré (Kwadrat), 1972
Dans « Un carré » de Rybczynski une forme simple est déconstruite en une série de plus petits carrés animés. Alors que la couleur infiltre ces pixels en mouvement, des figures humaines émergent en dansant d'un quadrant coloré au suivant. Ces formes humaines finissent par dégénérer, et par retourner au carré dont elles sont issues. « Un carré » offre un exemple cohérent de l'intérêt de Rybczynski pour l'entrecroisement de la danse, du film, et de la musique.
Józef Robakowski, 22x, 1971
Tourné en 1971, 22x est le premier film d'assemblage de Robakowski. Il a été tourné dans le cadre des cours donnés par l'artiste à l'Ecole de cinéma de Lódz aux étudiants de l'Ecole des Beaux-arts de Lódz. Robakowski a distribué à chaque étudiant plusieurs mètres de pellicule non exposée en les invitant à la soumettre aux opérations matérielles de leur choix.
Kazimierz Bendkowski, Une Surface (Obszar), 1973
Une Surface est une représentation sombre et manipulatrice d'un lieu urbain et des activités de ses habitants.
Ryszard Wasko, Courbe droite (Prosta-Krzywa), 1973
Courbe droite est une sorte de jeu entre la réalité bi-dimensionnelle du film et l'illusion de trois dimensions créée par la couche représentationnelle du film. En contrastant diverses figures géométriques planes avec des enregistrements cinématographiques d'images du monde réel, Wasko nous rappelle que le film produit seulement l'illusion de la tri-dimensionnalité alors que les images sont en fait stockées sur une pellicule qui est plate.
Ryszard Wasko, La visite de Waclaw Antczak au marchand de journaux de la rue Glówna (Podróz Waclawa Antczaka do kiosku przy ulicy Glównej), 1973
En mettant l'accent sur la dimension matérielle de la caméra, l'artiste pointe l'opposition entre
l'espace du cadre filmique (la représentation) et l'espace hors cadre (ce qui est en dehors de l'image, c'est-à-dire le continuum du réel).
Wilhelm Sasnal, Kodachrome, 2006
Wilhelm Sasnal, Plusieurs dizaines de secondes d'une pellicule mal développée, 1999/2006
Wilhelm Sasnal, Chansons d'amour, 2005
Sasnal déplace dans une tout autre dimension les problématiques traitées dans les analyses de média minimalistes (trait caractéristique, par exemple, de l'Atelier de la forme filmique des années 1970). Ceci s'explique par sa conscience du fait qu'il crée son art à une époque où les processus de production ont été soumis à une fétichisation identique en tant que produits complets de ces processus. Dans ses films et ses peintures, Sasnal semble analyser ce même potentiel fantasmatique du geste « simple » d'ajouter une trame (à un film ou à une image) qui sépare la réalité imaginaire de la vraie réalité.
WEDNESDAY 11 JUNE 2008 - 7PM
«Consommation»
Le pop art était une tendance marquée du film expérimental, outre les approches cinématographiques structuralistes du pays, mieux connues à l'étranger. Les années 1970 ont donné naissance à un large courant d'artistes qui considéraient leur démarche comme une tentative d'établir des liens - parfois critiques - avec la culture populaire quasi consumériste de la Pologne socialiste. Le groupe comprenait Natalia LL, Zdzislaw Sosnowski, Janusz Haka, et Zygmunt Rytka.
Natalia LL, Art de consommation (Sztuka konsumpcyjna), 1972
Ses travaux durant cette période sont caractérisés par la juxtaposition d'un contenu érotique puissamment «chaud» et des stratégies «froides» de l'art conceptuel.
Krzysztof Zarebski et Krystyna Jachniewicz, Sans titre (bez tytulu), 1973
Le film propose une documentation des activités artistiques effectuées par Jachniewicz et Zarebski dans le contexte de leur propre appartement (en utilisant divers objets, en se photographiant sur fond de meubles ou d'appareils ménagers), de manière à brouiller la ligne de démarcation entre l'art et la vie quotidienne.
Zdzislaw Sosnowski, Goalkeeper, 1975
Cettte œuvre appartient à une série commencée par Sosnowski en 1974, soulignant la création du sens et la construction de représentations au sein du réseau des média de communications mondiales, et en mettant l'accent sur la manière dont les média de masse ont créé des mythes contemporains en vue de promouvoir des idoles et leurs carrières.
Zdzislaw Sosnowski et Teresa Tyszkiewicz, Satisfaction, 1979
Sosnowski et Tyszkiewicz critiquent la télévision polonaise des années 1970 pour sa fadeur, son manque total d'érotisme ou de séduction visuelle, ainsi que sa subordination excessive vis-à-vis de l'idéologie.
Zdzislaw Sosnowski et Teresa Tyszkiewicz, Position permanente (Stale zajecie), 1978
Ce film à forte charge érotique du couple Sosnowski est le récit du rapport intime entre deux personnes qui s'aiment. Elles expérimentent avec des tentatives de décrire leur rapport personnel, en créant de nouvelles représentations hardies de leur intimité sexuelle dans le contexte de la culture puritaine de la Pologne socialiste des années 1970.
Zygmunt Rytka, Fiat 126p, 1975
Les travaux de Zygmunt Rytka sont marqués par un esprit critique positif. Dans ce film le but est d'analyser le principal objet fétiche des années 1970 : le rêve du consommateur polonais, la voiture mini-compacte Polski Fiat 126p.
Bogdan Dziworski et Zbigniew Rybczynski, Scènes de ski avec Franz Klammer (Sceny narciarskie z Franzem Klammerem), 1980
Ce film, qui dépasse audacieusement les codes de la formule du documentaire traditionnel, offre une impression purement visuelle (pas un mot n'est prononcé) de cette personnalité célèbre de la fin des années 1970.
THURSDAY 12 JUNE 2008 - 7PM
«Jeux et participation»
Le concept utopique radical de « forme ouverte », développé par l'influent architecte polonais Oskar Hansen, avait à l'origine été conçu dans le contexte des débats sur le modernisme tardif en architecture, dans les années 1950, avant d'être appliqué aux expérimentations en cinéma et performance par plusieurs artistes polonais. Hansen a employé ce concept à l'Académie des beaux-arts de Varsovie pendant les années septante. Ces sessions ont donné naissance au « jeu artistique», une pratique encourageant la communication et la coopération entre l'artiste et divers participants. Les films de ce programme documentent certains de ces jeux artistiques exécutés durant cette période, tandis que deux œuvres contemporaines recourent à cet élément de communication caractéristique des jeux artistiques de Hansen. Parmi les artistes figurent : Oskar Hansen, Pawel Althamer, Artur Zmijewski, Zofia Kulik, et Przemyslaw Kwiek.
Przemyslaw Kwiek, Pawel Kwiek, Zofia Kulik et Jan S. Wojciechowski, Forme ouverte, épisodes: Jouer sur le visage de l'actrice, école (Forma Otwarta, Gra na twarzy aktorki, Szkola), 35 mm, 1971
La séquence Jouer sur le visage de l'actrice tirée du film Forme ouverte est exemplaire d'un « jeu artistique » où chaque prise représente un « tour » supplémentaire de la partie, joué à tour de rôle par chaque artiste. Réunis autour du visage d'une actrice, les joueurs effectuent diverses actions. L'actrice qui participe à cettescène, Ewa Lema?ska, était vedette du petit écran au début des années 1970.
Pawel Althamer, Brodno 2000, video, 2000
Althamer a tourné ce film avec ses voisins dans un grand immeuble du quartier Brodno de Varsovie. Son intérêt pour les interactions sociales conduit à une image monumentale, où le chiffre 2000 sert de code aux espoirs et aux désirs collectifs.
Piotr Andrejew et Zbigniew Rybczynski, A tâtons (Po omacku), 1975
Une documentation de jeux et d'interactions par Oskar Hansen, Jan S. Wojciechowski, Grzegorz Kowalski, Wiktor Gutt, Waldemar Raniszewski. Ce film documente une manifestation de plein air réunissant étudiants et anciens étudiants de l'atelier d'Oskar Hansen à la faculté de sculpture de l'Académie des beaux-arts de Varsovie.
Jan S. Wojciechowski, Oskar Hansen, Grzegorz Kowalski, Waldemar Raniszewski, Wiktor Gutt et d'autres, Jeu sur la colline de Morel (Gra na wzgórzu Morela), 1971
La méthode du « jeu artistique » a été utilisée ici dans un espace ouvert ; les artistes étaient divisés en groupes et un groupe à part était chargé de produire la documentation photographique de la manifestation. Ce film offre un exemple excellent de l'application à l'espace public de cette méthode de création.
Artur Zmijewski, Eux (Oni), 2007
Eux documente une expérience sociale conçue par Zmijewski où des représentants de groupes sociaux en conflit (conservateurs, patriotes catholiques, jeunesses polonaises nationalistes, gauchisants socialistes, démocrates ou partisans) se rassemblent dans le cadre d'une série d'ateliers. Chaque groupe doit construire un centre symbolique puis émettre des commentaires et réactions aux autres. Obligation d'interagir pour les participants: négocier, se battre, ou se retirer.
Zofia Kulik, Przemyslaw Kwiek, Jan S. Wojciechowski, Pawel Kwiek, Krzysztof Zarebski, Actions (Dzialania), 1972
Actions a été produit en 1972 dans un studio de télévision et enregistré par une équipe de tournage professionnelle. Les artistes ont invité à participer des cinéastes, des musiciens et des comédiens. Leurs interactions librement improvisées étaient censées présenter de nouvelles formes de communication ouvertes et non hiérarchiques à un public plus vaste et ainsi améliorer les relations sociales.
Artur Zmijewski/Pawel Althamer, Choix.pl (Wybory.pl), 2005-2006
Choix.pl documente une exposition du même nom qui s'est tenue en 2006 au Château CCA Ujazdowski. Il s'agit d'une reprise ou nouvelle mise en scène de l'exercice expérimental « Espace public, espace privé » développé par Grzegorz Kowalski. Les participants invités par Althamer et Zmijewski, tous d'anciens étudiants ou professeurs de l'Académie des beaux-arts de Varsovie, ont monté l'exposition selon les règles de l'expérience en communication non verbale.
INFORMATIONS PRATIQUES
1,2,3... Avant-Gardes
Le film d'art polonais entre expérimentation et archive
Carte blanche à Lukasz Ronduda et Florain Zeyfang
Mardi 10 juin 2008 – 19h00: «Stratégies analytiques»
Mercredi 11 juin 2008 – 19h00: «Consommation»
Jeudi 12 juin 2008 – 19h00: ««Jeux et participation»»
(10-12 juin : les expositions ferment à 19h00)
Prix normal: 10.-
Prix réduit: 6.-
3 séances (3 soirs) 20.-/ 12.-