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Après les scrutins à Zurich, Schaffhouse, Soleure, en Argovie et au Tessin, plusieurs tendances se dégagent. Le Centre a fait une bonne opération et consolide sa première place. L'ex-PDC a gagné un siège et en compte 15 au total. Le bloc du centre se renforce également grâce au retour du Parti vert'libéral après deux législatures d'absence.
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La droite, en revanche, fait grise mine. Le PLR a perdu un siège (11), tout comme l'UDC (6). Dimanche, le Tessin a réélu son président Marco Chiesa. Mais mis à part cette réussite, le premier parti au Conseil national a fait chou blanc dans les autres cantons, perdant notamment un siège en Argovie et échouant à Zurich. Ce qui montre ses difficultés dans les scrutins se déroulant au système majoritaire.
>> La nouvelle composition du Conseil des Etats:
Le comparatif pour le Conseil des Etats tient compte des élections complémentaires au cours de la législature 2019-2023 (un siège perdu par le PS face au Centre dans le canton de Fribourg et un siège perdu par le PS face à l’UDC dans le canton de Saint-Gall). La perte du siège de l'indépendant Thomas Minder (SH) n'apparaît pas sur le graphe.
Une "débâcle" du PLR
La NZZ ne mâche pas ses mots: le canton de Zurich a connu une. Le canton sera représenté à la Chambre haute par Tiana Angelina Moser. Avec le soutien de la gauche, la vert'libérale a raflé le siège alors occupé par le PLR, devançant largement le candidat UDC, ces deux forces s'étant alliées. Pour la droite zurichoise, c'est la fin d'une longue présence au Conseil des Etats.
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Le PLR est le "véritable perdant des élections législatives de 2023. La débâcle à Zurich est représentative de la faiblesse actuelle des libéraux", estime le journal. Ils ont également un député en moins au National.
Pour la NZZ, le président du parti Thierry Burkart, en poste depuis deux ans, porte sa part de responsabilité: "Il voulait transformer un parti désuni en un parti uni, clarifier les relations avec l'UDC et dépasser le PS. Résultat: sous sa direction, le parti a obtenu un résultat encore pire que sous sa prédécesseuse Petra Gössi et les relations avec l'UDC sont aussi floues que celles avec le PVL et Le Centre", tance le titre.
Mais la "débâcle est aussi une chance" de se remettre les idées en place et de repartir de l'avant. A Zurich, l'alliance avec l'UDC pour les fédérales a fait débat. Le PLR a désormais quatre ans pour "clarifier la question des relations avec la concurrence politique", suggère la NZZ.
>> Ecouter aussi la revue de presse de La Matinale:
Le Centre, la "vraie force" des Etats
Le Blick relève, lui, la position favorable, qui détient la "vraie force" au sein de l'hémicycle. "Il détermine la manière dont le Conseil des Etats décide", souligne le titre. Entre les blocs de gauche et de droite, Le Centre est incontournable. Il "peut donc donner le ton, pour autant qu'une partie considérable de ses conseillers aux Etats ne s'écartent pas encore de la ligne du parti. Cela s'est souvent produit au cours de la législature qui vient de s'achever", avertit toutefois le titre.
Lenote pour sa part la bonne prestation socialiste lors du dernier round des fédérales 2023. A Soleure, Franziska Roth conserve le siège de son collègue Roberto Zanetti face au candidat UDC Christian Imark; à Schaffhouse, Simon Stocker prend la place de l'indépendant Thomas Minder. Au total, les socialistes vont envoyer deux sénateurs supplémentaires à Berne. "Pas mal, pour un parti longtemps sur la défensive", commente le journal zurichois.
Il soulève aussi l'érosion du PLR et la difficulté de l'UDC à réaliser la même performance aux Etats qu'au National. Le glissement à droite est donc à relativiser.
Deux hommes de pouvoir
Mais l'UDC gagne toutefois en influence, grâce à l'augmentation de sa délégation à la Chambre du peuple (+9). La formation ne sera pas isolée, à condition d'obtenir des soutiens: "Si elle lance des idées politiques qui lui permettent d'attirer les radicaux et la partie conservatrice du Centre, elle devrait pouvoir obtenir des majorités. Une poignée de voix du Centre suffit pour cela. De plus, la gauche et les Verts sont affaiblis, les gains du PS n'y changent rien", soutient le Tages-Anzeiger.
Le média souligne lui aussi le rôle de faiseur de majorité du Centre, dont "la stabilité surprend". "D'autant que le parti a derrière lui une mue, dont beaucoup pensaient qu'elle ne pouvait se réaliser sans chute", écrit le journal, faisant référence à la fusion du PDC et du PBD et au changement de nom. "C'est pourquoi, au cours des quatre prochaines années, il y aura toujours des moments où le pouvoir dans le pays se cristallisera autour du président du Centre Gerhard Pfister et du chef du groupe parlementaire Matthias Bregy", écrit-il encore.
Autant de perspectives stratégiques dont on risque bien d'entendre parler les quatre prochaines années.Antoine Michel