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Au cours des siècles derniers, les habitats naturels des écrevisses indigènes ont été peu à peu détruits sous l’influence anthropique. Les structures naturelles qui servent d’abri aux animaux ont disparu dans la plupart des cours d’eau. De plus, les écrevisses souffrent de leur pollution aux pesticides et aux métaux lourds. La situation est devenue dramatique lorsqu’à partir du XIXe siècle, des espèces d’écrevisses d’Amérique du Nord ont été introduites en Europe pour compenser la disparition des écrevisses indigènes. Ces espèces invasives ont non seulement généré une forte concurrence et disputé aux espèces indigènes les habitats aquatiques, mais ont surtout apporté la peste de l’écrevisse en Europe.
Alors que les écrevisses étrangères au milieu étaient déjà très résistantes à cette maladie infectieuse provenant d’Amérique, les écrevisses indigènes furent en revanche décimées. Aujourd’hui encore, des épisodes épidémiques réguliers causent la mort de nombreux individus.
Quelle est la situation actuelle?
À l’heure actuelle, les grands cours d’eau de Suisse sont peuplées de nombreuses écrevisses non indigènes qui appartiennent à quatre espèces: l’écrevisse américaine, l’écrevisse signal, l’écrevisse rouge de Louisiane et l’écrevisse à pattes grêles. Les écrevisses indigènes ont été presque entièrement reléguées à des populations résiduelles présentes dans des cours d’eau en amont, pour la plupart isolés les uns des autres.
En 2011, la Confédération a initié le «Plan d’action écrevisses Suisse», appliqué depuis par les cantons, afin de protéger l’écrevisse des torrents, l’écrevisse à pattes blanches et l’écrevisse à pattes rouges. Objectif: préserver et si possible accroître les populations – objectif plus actuel que jamais dix ans plus tard.