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Justice Deux ans de prison requis contre un client de palace indélicat
Le client filou avait séjourné pendant trois mois au Royal Plaza de Montreux sans payer la note de 95’000 francs. Verdict mercredi.
Le Ministère public a requis mardi devant le Tribunal correctionnel de Vevey deux ans de prison, dont un an ferme, contre un homme de 40 ans. Entre août et novembre 2009, le filou a séjourné au Royal Plaza de Montreux sans payer la note de 95’000 francs. Verdict mercredi.
Le prévenu est principalement accusé d’escroquerie et de faux dans les titres. La défense a requis une «peine clémente» et la mise au bénéfice du sursis. L’homme a également manqué à ses obligations d’entretien en omettant de verser à son ex-femme la pension de son fils, pour un montant total de 34’000 francs.
Peine lourde Le Parquet a requis une «peine lourde», pour tenir compte de l’importance des montants détournés et de «l’absence totale de prise de conscience». Il a stigmatisé le comportement de cet «oiseau qui voudrait voler de ses propres ailes mais n’y arrive pas», et «se contente de voler les autres à défaut de s’envoler».
Selon la défense, l’homme «s’est fait avoir par des expectations financières qui ne se sont jamais réalisées», et s’est laissé entraîner dans un cercle vicieux. Elle considère que l’homme ne s’est rendu coupable que de filouterie d’auberge, car l’hôtel aurait eu la possibilité de vérifier dès le départ sa solvabilité auprès de sa banque, ou de lui demander de fournir une carte de crédit.
Faux documents
Entre le 14 août et le 4 novembre 2009, le prévenu a séjourné avec son amie et leur fils dans le cinq étoiles de Montreux. Il faisait à cette époque l’objet de poursuites pour 91’000 francs et d’actes de défaut de bien pour 119’000 francs.
Pour pouvoir séjourner dans l’hôtel, il a à plusieurs reprises produit de faux documents bancaires attestant qu’il avait donné l’ordre d’effectuer le paiement d’importants montants à l’hôtel. Le 22 octobre, il a même engagé comme employé de maison et chauffeur personnel un ancien employé de l’hôtel «pour tenter de gagner du temps», selon les explications qu’il a fournies à l’audience.
Le 3 novembre, il a produit une fausse «confirmation de paiement». Lorsque la supercherie a été découverte, il a promis au directeur d’aller chercher la somme avec lui à la banque le lendemain matin. Il a quitté l’hôtel dans la nuit, et s’est fait arrêter par la police en y revenant le lendemain soir.
Explications confuses
A l’audience, l’intéressé a expliqué s’être lancé à l’époque dans le commerce de diamants. Son rôle aurait consisté à trouver des acheteurs, dans le but de toucher des commissions lors d’éventuelles transactions. Aucune n’a jamais eu lieu, l’affaire se révélant vite comme un «miroir aux alouettes».
L’homme assure qu’il espérait réellement, durant son séjour, toucher une grosse commission qui lui aurait permis de régler son dû. Plusieurs documents, sensés prouver ses dires, sont considérés comme des faux par le Ministère public. (ats/nxp)(Créé: 26.06.2012, 17h22)