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L'année 2022 verra-t-elle la reprise des marchés chinois et asiatiques?
Les actions mondiales ont enregistré une bonne performance en 2021, avec l'indice S&P500 en tête avec +26,9%. En revanche, les actions asiatiques ont été très à la traîne, l'indice MXAPJ ayant chuté de -4,9%. Cette sous-performance s'explique en grande partie par la baisse de 22,4% de l'indice MSCI China, notamment liée à la pression réglementaire des autorités qui a déclenché une correction importante des entreprises technologiques chinoises - le cours de l'action d'Alibaba a plongé de 49% l'année dernière.
La grande question est aujourd’hui de savoir si les actions asiatiques peuvent se redresser en 2022 en dépit des difficultés persistantes de la région. L'un de ces obstacles est la force potentielle du dollar. Un dollar fort aspire généralement les liquidités des marchés émergents, les investisseurs se repliant sur les actifs en dollar. Pour preuve, l'indice du dollar (DXY) s'est apprécié de +6,4% en 2021, ce qui a probablement pesé sur la sous-performance des marchés émergents et asiatiques. La mauvaise nouvelle pour les actifs asiatiques est que, selon ce scénario, le dollar devrait continuer à se renforcer en 2022. La Fed devrait relever ses taux d'intérêt au moins trois fois cette année dans un contexte de pression inflationniste persistant, ce qui devrait soutenir le billet vert.
Les prix du pétrole constituent un autre obstacle potentiel, la plupart des économies asiatiques étant importatrices de pétrole. Là encore, le consensus anticipe une hausse des prix du pétrole en 2022, avec la reprise de la demande mondiale. Dans le même temps, le Covid-19 continue à toucher de nombreux pays asiatiques, les taux de vaccination étant généralement inférieurs à ceux de l'Occident. Cela signifie que des politiques restrictives ont été maintenues et que les économies asiatiques n'ont pas été en mesure de se normaliser aussi rapidement qu’ailleurs dans le monde. Le revers de la médaille est que les économies asiatiques ont la possibilité de rattraper leur retard dès que leurs économies pourront véritablement rouvrir, ce qui, espérons-le, se fera dans le courant de l'année.
La Chine est un acteur évidemment majeur dans la région. Malgré tous les facteurs défavorables énumérés ci-dessus, une Chine forte serait capable d'entraîner le reste de l'Asie (et du monde) dans son sillage. À cet égard, il existe des signes encourageants de développements plus positifs en provenance de Chine. La récente Conférence centrale sur l'économie, qui s'est achevée en décembre, a mis l'accent sur la stabilité macroéconomique et la croissance à court terme plutôt que sur les réformes. Ce changement d'attitude est important car le gouvernement s'est concentré l’an dernier sur la réforme de secteurs spécifiques – technologie, éducation et immobilier –, ce qui a déclenché la chute des titres dans les secteurs concernés. Bien que nous ne nous attendions pas à une augmentation significative des liquidités réinjectées, les récents ajustements politiques laissent à penser que les autorités continueront à prendre des mesures ciblées afin de soutenir ces secteurs en difficulté pour s'assurer que le risque de propagation des problèmes à l'économie en général reste contenu.
En conséquence, les actifs chinois pourraient rebondir cette année si ces mesures s'avèrent efficaces. Les investisseurs internationaux surveillent également de près tout nouveau choc réglementaire avant de revenir sur le marché. Après une année 2021 difficile, le MSCI China se négocie à des valorisations peu élevées – PE FY22 de 12x, comparé au MXAPJ plus vaste qui se négocie à un PE FY22 de 14,4x. L'année 2022 pourrait bien être celle de la reprise des marchés chinois et asiatiques.