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Indépendamment des diverses conjectures relayées par la presse concernant la fermeture du site de Serono à Sécheron, il n'en demeure pas moins que ce sont 1'250 emplois qui seront purement et simplement supprimés à Genève. Certes, l'entreprise "offre" des reclassements à 750 des employés, mais comme l'écrit très justement Thierry Apotheloz sur son mur, ces nouveaux postes se trouvent aux Etats Unis, en Allemagne ou en Chine, ce qui ne facilite guère les choses pour les employés et leurs familles.
Il conclut à juste titre que ce ne sont donc pas "seulement" les 500 employés victimes d'un licenciement sec qui émargeront - au moins pour un temps - au chômage, mais certainement beaucoup plus. Il a raison, et son propos est teinté d'une profonde sympathie et de beaucoup de compréhension.
Sa camarade de parti, la Conseillère administrative Salerno, après des déclarations récentes et dommageables sur les entreprises internationales à Genève, fait montre derechef d'un dogmatisme simplet en déclarant que le sort des employés de Serono lui cause moins de souci que dans le cas de Novartis, dans la mesure où il s'agit de "cols blancs" hautement qualifiés qui n'auront guère de peine à retrouver un emploi.
La définition des cols blancs et des cols bleus est désuète et paratiquement plus utilisée. Le faire de nos jours montre un certain entêtement à conserver une vision manichéenne de la distinction entre employés, vision dépassée et qui date du XXème siècle.
Imaginer que du personnel hautement qualifié - qui va arriver en masse sur le marché du travail, et ce dans les mêmes délais - va retrouver facilement du travail, c'est nier les difficultés des employés âgés de plus de 45 ans, par exemple, et la réalité de la situation actuelle du marché de l'emploi.
C'est surtout afficher du mépris et fort peu d'empathie à l'égard de personnes dont le seul tort est de se retrouver dans une situation difficile, position qui devrait au moins susciter le respect et l'écoute d'une magistrate de gauche.