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Un juge américain a ordonné jeudi le renvoi en prison pour "entrave à la bonne marche de la justice" de Chelsea Manning, qui refuse de répondre aux questions sur le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange. L'ex-analyste militaire a été écrouée à l'issue de l'audience.
Le juge fédéral a ajouté qu'elle serait passible d'une amende de 500 dollars par jour, si elle refusait toujours de coopérer après 30 jours en détention, et de 1000 dollars par jour après 60 jours de prison.
Chelsea Manning a déjà passé sept ans en détention pour avoir transmis à WikiLeaks en 2010 plus de 750'000 documents diplomatiques et militaires, dont la publication avait plongé les Etats-Unis dans l'embarras.
L'ancienne militaire avait été renvoyée en prison le 8 mars après avoir refusé de témoigner devant un grand jury constitué pour enquêter sur Julian Assange, dénonçant une procédure "opaque" et peu démocratique.
"Je ne renoncerai pas à mes principes"
Outil-clé de la justice américaine, les grands jurys sont mis en place dans les affaires pénales les plus sérieuses et sont chargés d'enquêter dans la plus grande confidentialité.
Chelsea Manning a été libérée il y a une semaine pour une raison technique: le grand jury qui souhaitait l'entendre arrivait à son terme. Mais un nouveau collectif de citoyens tirés au sort vient d'être constitué pour poursuivre l'enquête.
Jeudi, elle a refusé à nouveau de participer à ses travaux. "Je ne renoncerai pas à mes principes. Je préférerais littéralement mourir de faim plutôt que changer d'avis", a-t-elle déclaré devant le juge. Celui-ci a rétorqué qu'il n'y avait rien de "déshonorant" à remplir son devoir citoyen.
Le grand jury a inculpé Julian Assange il y a plus d'un an pour "fraude informatique". Il est accusé d'avoir accepté en 2010 d'aider le soldat Manning à obtenir un code secret pour accéder à davantage de documents militaires.
C'est sur la base de ce chef d'inculpation que les Etats-Unis réclament à Londres d'extrader M. Assange. La police britannique a interpellé le 11 avril l'Australien réfugié depuis sept ans au sein de l'ambassade d'Equateur à Londres.