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Zürich, 21.10.2018
Le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin a estimé dimanche qu'il était encore trop tôt pour évoquer des sanctions contre l'Arabie saoudite dans l'affaire Jamal Khashoggi tant que l'enquête ne sera pas terminée. Les explications de Ryad sont pourtant jugées insuffisantes, voire peu crédibles par les pays occidentaux.
Ryad a reconnu samedi la mort du journaliste et opposant saoudien début octobre au consulat saoudien d'Istanbul, tout en niant avoir ordonné son assassinat. Selon la dernière version en date de Ryad, Jamal Khashoggi est mort accidentellement, victime d'une prise d'étranglement, au cours d'une altercation avec des compatriotes venus au consulat pour le convaincre de rentrer au royaume.
Donald Trump a déclaré samedi soir qu'il allait s'entretenir de l'affaire avec le prince héritier et ajouté qu'il n'excluait pas des sanctions contre l'Arabie saoudite. Interrogé à ce propos lors d'une visite en Israël, Steven Mnuchin a déclaré que les informations données jusqu'ici par Ryad étaient "une bonne première étape mais ne suffisaient pas".
"Ce serait prématuré d'évoquer des sanctions et prématuré de faire des commentaires sur toutes ces questions tant que nous ne serons pas allés au bout de l'enquête", a cependant ajouté le secrétaire au Trésor.
Pas au "Davos du désert"
Steven Mnuchin a confirmé qu'il ne se rendrait pas à la conférence internationale sur l'investissement organisée à partir de mardi à Ryad, mais il a ajouté qu'il irait tout de même dans la capitale saoudienne pour des entretiens consacrés à la lutte contre le financement du terrorisme et aux sanctions que Washington prévoit d'imposer au secteur pétrolier iranien à partir du 4 novembre.
"Je crois qu'il est malvenu d'aller prononcer un discours à la conférence, mais nous continuons d'avoir d'importants sujets à traiter avec l'Arabie saoudite. C'est pour cette raison que je me rends là-bas", a-t-il dit.
Steven Mnuchin a ajouté qu'il ne pensait pas que l'Arabie saoudite reviendrait sur son engagement à accroître sa production de pétrole afin de compenser la baisse des exportations de brut iranien que devraient provoquer les mesures de rétorsion américaines. "Je n'ai aucune raison de croire qu'ils n'honoreront pas leurs engagements", a-t-il déclaré.