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Une carte heuristique pour lire les traces des choix opérés par les prescripteurs : la valeur des temps du passé
A mind map to read the traces of the choices made by the prescribers: the value of past times
Type de référence
Date2019-09-13
Langue de la référenceFrançais
Entité(s) de recherche
Référence APAMerhan, M., et Gagnon, R. (2019, septembre). Une carte heuristique pour lire les traces des choix opérés par les prescripteurs : la valeur des temps du passé. Communication présentée à Congrès du CAHR, Délémont, Suisse.
Résumé
Les valeurs du passé simple et du passé composé ont été très tôt identifiées (Pillot 1550). Ce phénomène linguistique a préoccupé les grammairiens et les linguistes pendant plusieurs siècles (Port-Royal, 1660 ; Benveniste, 1966, Weinrich, 1973). On aurait pu s’attendre à observer certaines ruptures entre les théories mais le système des temps verbaux est celui qui présente dans cette période la continuité la plus forte : différents systèmes se sont succédé sans falsifier les précédents (Fournier 2013). Dans cette continuité, de nombreux linguistes, à l’instar de Guillaume (1929) et Reichenbach (1947), ont modélisé le système des temps verbaux. Ce dernier proposait de considérer l’expression de la temporalité selon trois points de repère : le moment de l’évènement (passé, présent et futur), le moment de l’énonciation et le moment de référence (moment dont on parle, qui peut se distinguer de l’évènement). Les modélisations proposées pour comprendre et signifier le temps dans la langue ont amené à ne plus le considérer uniquement dans sa dimension temporelle, mais également aspectuelle (Guillaume, 1929 ; Benveniste, 1966 ; Weinrich, 1973 ; Gosselin, 1996) et selon le genre textuel et le type de discours (Adam, Lugrin & Revaz, 1998 ; Bronckart, 1997). Des recherches récentes ont mis en évidence les difficultés éprouvées par les enseignant·∙e·∙s en formation pour évaluer et enseigner ce phénomène linguistique complexe qui s’analyse sur des plans différents, à la fois morphologique, lexical, syntaxique, sémantique, textuel et qui se conceptualise selon le mode, l’aspect, le temps et la personne (Gagnon, Érard, Laenzlinger, 2017). Nous nous inscrivons dans la continuité de ces recherches, qui déjà faisaient des propositions de transpositions didactiques à destination d’enseignant·∙e·∙s du secondaire. En postulant que la transposition didactique est une sélection des notions à enseigner, témoignant d’une sélection puis d’un apprêt des savoirs savants pour les rendre scolaires (Schneuwly, 1995), notre communication étudiera le parcours de ces notions à partir d’une analyse des traces des choix didactiques opérés par les prescripteurs dans le Plan d’études romand (CIIP, 2010). À l’intersection des savoirs savants et des savoirs à enseigner, le PER nous semble être un outil pertinent pour penser l’intelligibilité des processus de transformation de ces savoirs. À l’aide de cartes heuristiques nous montrerons comment s’articulent les traces-mémoires : empreintes d’une histoire des recherches linguistiques à propos de la valeur des temps du passé ; les traces-indices : transposition concrète et qualitativement observable des choix didactiques opérés par les décideurs et par les 3 concepteurs ; les traces-écriture : élaboration d’un outil numérique structurant de façon linéaire et non linéaire un curriculum à destination des enseignants dans le cadre d’une progression sur les trois cycles de la scolarité obligatoire. Enfin, l’analyse de ces traces devrait nous permettre d’élaborer quelques pistes de réflexion pour penser la didactisation de cet objet complexe.