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D’abord l’hypertension et la cardiopathie ischémique, ensuite l’infarctus, c’est à présent l’AVC qui est associé à la pollution sonore. Parue récemment dans un numéro de l’European Heart Journal,1 une étude de cohorte menée au Danemark a exploré ce sujet peu documenté, qui pourrait pourtant représenter un impact de santé publique conséquent.
Parmi 57 052 personnes, les auteurs ont identifié 1881 premiers cas d’AVC sur une période de seize ans. L’exposition des sujets à la pollution sonore, principalement due au trafic routier, était calculée via un programme informatique. Après ajustements, l’augmentation de risque d’AVC chez les personnes exposées au bruit du trafic par rapport aux non-exposées était de 14% par dix décibels (db) d’augmentation sonore. L’association chez les personnes âgées de plus de 64,5 ans était encore plus évidente avec une augmentation de risque de 27%. A noter qu’à partir de 60 dB de pollution sonore, le risque croissait de manière proportionnelle à l’augmentation sonore. Cette relation dose-dépendante avait déjà été observée dans une étude reliant la pollution sonore au risque d’infarctus.2 Etonnamment et au vu de l’importance de l’hypertension comme facteur de risque d’AVC, le risque persistait malgré l’ajustement pour la tension artérielle. D’autres mécanismes physiopathologiques sont donc impliqués. La pollution sonore due aux avions et aux transports ferroviaires n’avait pas d’effet significatif sur le risque d’AVC, mais le faible taux d’exposition du collectif de l’étude à ces sources de bruit pourrait en être l’explication. Les auteurs insistent sur l’influence de la pollution sonore sur la santé, d’autant plus que certains paramètres n’ont pas été considérés comme l’exposition sonore dans la chambre à coucher ou le bruit de voisinage.