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Les mers et les océans sont des sources inépuisables d’énergie représentant 70% de la surface de la terre. De nombreuses formes d’exploitation de ces ressources renouvelables issues du milieu marin existent ou sont en phases d’étude. Déclics vous fait découvrir les technologies les plus avancées actuellement.
L'énergie marémotrice
L’énergie marémotrice utilise l’énergie provenant des marées dans des zones littorales de marnage, c’est-à-dire les endroits où la marée haute et la marée basse se succèdent. Séparés par un barrage, les deux bassins d’eau produisent de l’énergie grâce aux turbines actionnées par le flux d’eau. Cette source d’énergie est irrégulière mais facilement prédictible. En effet, les marées sont des phénomènes qui peuvent être calculés des milliers d’années à l’avance. La France, la Corée du Sud et le Royaume-Uni envisagent actuellement le développement de centrales marémotrices afin de subvenir à leur besoin grandissant en électricité.
Usine marémotrice de Rance (F) - Photo : Dani73, Wikipédia
L'éolienne de mer
L’éolienne de mer repose sur le même système qu’une éolienne terrestre. Implantée au large des côtes pour mieux utiliser la force du vent, elle produit de l’énergie au moyen d’une turbine et d’un générateur électrique. L’éolienne fixe est implantée à moins de 50 mètres de profondeur, contrairement à l’éolienne flottante qui peut être implantée dans des zones où le fond marin est à plus de 50 mètres. La plupart des pays européens qui ont un bord de mer prévoient d’en installer dans les années à venir. Le plus grand parc éolien est situé au Royaume-Uni, avec 175 éoliennes installées sur une surface de 100 km2.
L'énergie hydrolienne
L’énergie hydrolienne utilise les courants de marée pour produire de l’énergie. Immergée à environ 35 mètres de profondeur dans les zones de fort courant, cette technologie est beaucoup plus petite qu’une éolienne terrestre. Actuellement, c’est le Royaume-Uni qui est le pays européen le plus avancé dans ce domaine. Il existe aussi des hydroliennes fluviales installées dans des fleuves, comme dans la Loire à Orléans.
Hydrolienne, avant immersion ! - Photo : lenergeek.com
L'énergie houlomotrice
L’énergie houlomotrice est la production d’énergie à partir de vagues successives créées par le vent à la surface de la mer. Il existe différents moyens d’exploiter cette énergie : capture d’énergie mécanique en surface ou sous l’eau, capture des variations de pression au passage des vagues, ou capture physique d’une masse d’eau. La plupart de ces systèmes sont encore en phase de projet, très peu ont atteint le stade de la maturité industrielle. Le développement se poursuit depuis plus de 20 ans dans plusieurs pays européens.
L'énergie thermique des mers
Appelée aussi énergie maréthermique, l’énergie thermique des mers exploite la différence de température entre la surface et le fond de l’océan pour produire de l’énergie. Dans certaines régions du monde, la température de l’océan varie énormément selon sa profondeur. Cette énergie thermique est convertie en énergie électrique grâce à un générateur thermoélectrique. Ce procédé, correspondant au principe de la pompe à chaleur, est l’inverse de celui qui se produit dans un frigo. Les principaux pays à investir actuellement dans l’énergie thermique des mers sont l’Inde, le Japon, Taïwan, les Etats-Unis et la France. La zone propice est l’intertropicale à cause de la température de l’eau qui y reste stable, environ 4°c à 1'000 mètres de profondeur, supérieur à 24°c à la surface.
Les enjeux
Les énergies marines sont encore à un stade précoce de leur développement, notamment à cause de leurs coûts expérimentaux élevés et au long délai d’aménagement qu’elles demandent. De plus, les réseaux électriques existants ne sont pas toujours adaptés pour l’acheminement de ces énergies. L’entretien de ces installations est également très exigent. Pour cause, la mer contient énormément de sel qui ronge les infrastructures. Le principal enjeu sociétal de cette technologie est le partage des zones côtières avec les pêcheurs. Les hydroliennes ainsi que les houlomotrices peuvent empêcher la pêche au chalut. En ce qui concerne les conséquences environnementales sur la faune et la flore sous-marines, elles n’ont pas encore été étudiées. Pour conclure, les énergies marines ont comme avantages d’être des énergies renouvelables, régulières, prévisibles et ayant peu d’impact sur le paysage. En revanche, leur impact sur la faune est méconnu, les coûts relativement élevés et les techniques souvent expérimentales.