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Les lois destinées à prévenir et lutter contre la traite d'êtres humains ont une incidence sur la santé des travailleuses et travailleurs du sexe (TdS), particulièrement bien sûr, sur celles victimes de ce type de traite. En effet, certaines de ces lois, en criminalisant non seulement les auteurs du trafic mais aussi les victimes, empêchent la prévention et la promotion de la santé auprès de ces dernières. Il faudrait pourtant accentuer la protection des victimes de traite et éviter toute forme de contrainte, répression ou criminalisation à leur égard. L'instrumentalisation des victimes dans la lutte contre la traite, au moyen par exemple de témoignages forcés, devrait être interdite. La protection des témoins et l'aide sociale, juridique et psychologique en leur faveur devraient également être améliorés. Enfin, un permis de séjour devrait systématiquement être octroyé aux victimes de la traite, empêchant un rapatriement forcé qui mettrait ces dernières en danger. Une double exploitation se cache derrière les politiques de témoignages forcés: d'abord travailleurs exploités, ces personnes deviennent ensuite des « témoins à disposition » au service de la lutte contre le crime organisé. Le soutien social et juridique aux victimes fait également partie des recommandations (Tampep 2004). L'accès pour les victimes aux soins et services de santé sont encouragés, mais le dépistage du VIH ne devrait en aucun cas devenir obligatoire. Enfin, les lois anti-traite ne devraient pas servir à la lutte contre les migrations illégales en général, car cela vulnérabilise fortement les TdS et les exposent à toutes sortes d'abus de la part des employeurs ou de la police.