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Née en 1938 à Cologne, de nationalité suisse et allemande, Ingeborg Schüßler passe son enfance dans l’Allemagne en guerre et en reconstruction. Elle étudie de 1959-1964 la romanistique, la germanistique et la philosophie à l’université de Cologne et à la Sorbonne / Paris. Obtenant en 1961 le « Diplôme d’études françaises (2e degré) » à la Sorbonne, elle passe en 1964/5 sa licence (Staatsexamen) en romanistique, germanistique et philosophie à l’université de sa ville natale, y fait en 1969 son doctorat en philosophie et obtient en 1978 son habilitation (venia legendi) pour l’intégralité de cette discipline. D’abord en 1964/5 assistante diplômée au département de romanistique, puis depuis 1965 boursière, assistante diplômée, « maître-assistante », privat-docente et professeure au département de philosophie, elle y enseigne de 1968 à 1981 la philosophie. Selon une tradition importante du département de philosophie ainsi que des Archives Husserl (qui lui sont associées) de l’Université de Cologne, elle privilégie dans son enseignement et dans sa recherche la philosophie gréco-ancienne, moderne et contemporaine en l’inscrivant dans l’horizon de la phénoménologie.
En 1981, elle devient professeure ordinaire à l’Université de Lausanne où elle occupe la chaire intitulée «Philosophie contemporaine et moderne. Généalogie de la pensée occidentale». Pendant sa carrière lausannoise, elle est professeure invitée à plusieurs universités suisses et étrangères, dirige des 3e cycles suisses romands et des colloques internationaux en philosophie, est coordinatrice des programmes Erasme «Phénoménologie et herméneutique» et «Philosophie générale», collabore à l’édition intégrale des œuvres de M. Heidegger, est vice-présidente de la Société d’études kantiennes de langue française et cultive, en tant que présidente du groupe vaudois de la Société romande de philosophie, le rapport entre l’université et la ville de Lausanne. En 2004, elle obtient la médaille d’honneur de l’Université d’Evora (Portugal). Dans cette même année, elle prend sa retraite pour poursuivre ses activités de recherche, de publication ainsi et de conférencière en Suisse et à l’étranger.
Ses domaines historiques sont avant tout la philosophie gréco-ancienne, l’idéalisme critico-transcendantale et l’idéalisme absolu, la philosophie «postidéaliste», la philosophie de l’existence et la phénoménologie. Ses domaines systématiques sont surtout le rapport entre philosophie et science, la philosophie de l’art, la question de la vérité dans l’histoire de la philosophie, la philosophie du langage et récemment la philosophie du vivant. Elle pratique une herméneutique phénoménologico-généalogique des questions et positions philosophiques.