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Après quatorze ans sur sol helvétique, Besnik Fetahu, serbe d’origine kosovare domicilié à La Chaux-de-Fonds, a un mois pour quitter le pays, son emploi, sa famille et sa compagne, enceinte de cinq mois. Ce futur père de 33 ans, qui travaille depuis huit ans dans une entreprise de construction chaux-de-fonnière, vient de recevoir une ultime demande de départ. Il n’a plus de permis de séjour et doit quitter la Suisse au 30 juin prochain pour rejoindre le Kosovo, un pays qui n'est pas le sien et où il n'a plus personne.
Pourquoi cette décision de renvoi, alors que le futur papa est au bénéfice d’un contrat de travail à La Chaux-de-Fonds depuis des années?
En 2002, le jeune Serbe est accueilli dans le canton de Vaud comme requérant d’asile. En 2004, sa demande d’asile est refusée. Un an plus tard, il se marie avec une femme d’origine kosovare, au bénéfice d’un permis B. Il obtient ainsi un permis de séjour, par le biais duquel il trouve son premier emploi.
Longue procédure de recours
Mais en 2008, alors qu’il vit dans le canton de Neuchâtel, son couple explose. Cette séparation intervient avant les cinq ans requis pour obtenir le renouvellement de son permis de séjour indépendamment du mariage. Besnik perd alors le droit de rester en Suisse et reçoit sa première demande de départ. Le jeune homme, âgé de 24 ans, se lance dans une longue procédure de recours. Son patron chaux-de-fonnier fait également des démarches pour que Besnik obtienne un permis B de travail. Sans succès.
Contingents limités
Pourquoi Besnik n’a-t-il jamais obtenu de permis B de travail alors qu'il a travaillé légalement, durant plus de huit ans, à La Chaux-de-Fonds? "Les conditions pour engager de la main d’œuvre extra-européenne sont très pointues. Les contingents ont diminué avec l’entrée en vigueur des accords bilatéraux. Pour le canton de Neuchâtel, seuls une vingtaine de permis B par année sont accordés à de la main d’œuvre très qualifiée", répond Serge Gamma, chef du Service cantonal des Migrations. "Dans sa situation, toutes les possibilités ont été examinées, on ne peut pas déroger à la loi et aux décisions du Tribunal fédéral."