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barre de fer sur une cabane qu'il avait fait construirerès de Marly-laVille. Ayant eu courage de s'y tenir pendant un orage, il fut récompensé de son zèle en voyant jaillir de ce conducteur les étincelles de l'électricité atmosphérique. DALIBARD (Françoise-Thérèse Aumerle de St.Thalier), née à Paris, morte le 3 juin 1757, a publié quelques ouvrages tombés dans l'oubli, des lettres historiques, des poésies, une comédie et un roman intitulé les Caprices du sort, Paris, 1750, 2 vol. in-12. D-P-s. DALIBRAY(CHARLES VION, Sieur), fils d'un auditeur de la chambre des comptes de Paris, né en cette ville à la fin du 16. siècle, porta les armes dans sa jeunesse, renonça de bonne heure au service, et passa le reste de sa vie dans cette indépendance si désirable pour ceux qui cultivent les lettres. Il se lia avec St-Amaut, Faret et quelques autres beaux esprits de son temps, et ce fut dans leur société qu'il prit le goût de la poésie. Parmi les vers qu'il a composés, on en trouve de fort agréables, et il est à croire que, s'il se fut moins livré à sa facilité, il aurait pu mériter une place honorable parmi nos poètes; mais le caractère de Dalibray ne pouvait supporter aucune espèce de contrainte; il n'écrivait guère de suite, et jamais sur des sujets d'une certaine étendue. Lorsqu'il fut avancé en âge, et qu'il voulut revoir les productions de sa jeunesse, il éprouva tant de difficultés qu'il renonça bien vite au projet de les corriger. Le premier recueil de ses poésies parut à Paris en 1647, in-8°., sous le titre de Musette du S. D.; et le second en 1653, 6 parties in-8°. Celui-ci est le meilleur. Dalibray ne survécut pas long-temps à sa publication, puisqu'il mourut en 1654. Les épigrammes de Dalibray
contre Montmaur (V. MONTMAUR sout vives et bien tournées. On a encore de lui des traductions de l'italien et de l'espaguol: I. l'Aminte du Tasse, traduit en vers français, Pa ris, 1652, in-8°.; II. la Pompe funèbre, ou Damon et Cloris, pastorale, traduite de l'italien de César Cré monini avec la Réforme du royaume d'amour, contenant quatre interme des en prose, Paris, 1637, in-8; III. le Torismène, tragédie du Tasse, traduite en vers, Paris, 1636, in-4° IV. le Soliman, tragédie, traduite de l'italien de Bonarelli, Paris, 1657, in-4°.; V. l'Amour divisé, ou la Défense de Célie, traduite de Bona relli, Paris, 1653, in-8°.; VI. les Lettres d'Antoine Pérez, traduites de l'espagnol, Paris, 1639, in-8.; VII. l'Examen des esprits pour les sciences, traduit de l'espagnol de Huarte, Paris, 1645, 1650 et 1661, in-12 (Voy. HUARTE); VIII. His toire comique, ou les Aventures de Fortunatus, traduites de l'espagnol, Rouen, 1670, in-12, ouvrage raje ni plusieurs fois, et qui fait partie de la Bibliothèque Bleue. W-s.
DALILA.. SAMSON.
DALIN (OLAUS DE), littérateur suédois, qui a fait époque dans s pays. Né en 1708 à Vinberga, dans la province de Halland, où son pert était curé et archidiacre, il s'état d'abord voué à la médecine, mais y renonça pour se livrer à l'étude de la philosophic, de l'histoire et des belles-lettres. En 1757, il fut nomm bibliothécaire du roi. Quelques annes après il fit, avec le baron Jean de Rolamb, un voyage dans les prince paux pays de l'Europe. Revenu dans sa patrie, il s'appliqua avec autant d'ardeur que de succès aux travaux littéraires. Les sciences avaient fas en Suède des progrès remarquables,
et l'on connaissait dans toute l'Europe les noms de Celsius, de Walle rius et de Linné. Mais il n'en était pas de même de la littérature; la langue restait inculte; le goût n'était point forme; il n'y avait aucun historien, aucun poète, qu'on pût citer à côté de ceux des autres pays. Dalin devint le créateur de la littérature nationale. Il débuta par un ouvrage intitulé Argus, imité du Spectateur anglais, et qui obtint le succès le plus brillant. En 1745, il fit paraître le poëme de la Liberté suédoise, en quatre chants; ce poëme prouva que la langue du pays, longtemps négligée, pouvait exprimer les idées nobles et grandes. La tragedie de Brunchilde, des odes, des pitres, ne firent pas connaître moins vantageusement le talent poétique de Dalin. Les états du royaume le chargerent d'écrire l'histoire de Suède, ans la langue du pays; il poussa ce ravail jusqu'au règne de Charles IX, ere de Gustave-Adolphe. L'ouvrage, u parut en 3 vol. in-4°., Stockolm, 1747, a été traduit en alleand par Benzelstierna et Daenhert, Greifswald, 1756 et suivants, 4 vol. -4°. Il est écrit avec une pureté et ne élégance soutenues. On ne peut y prendre que quelques erreurs de ronologie, et un petit nombre de juments que les recherches postérieues n'ont point confirmés. Dalin donà aussi une traduction suédoise des 'auses de la grandeur et de la dédence des Romains, par Monteseu. Les talents de ce littérateur lui rent obtenir des places importantes. 1749, il fut nommé précepteur du ince royal, depuis roi sous le nom Gustave III, et il obtint successi. ment des lettres de noblesse, le tide conseiller de la chancellerie, l'ordre de l'étoile polaire. Ayant été
remplacé auprès du prince royal par Samuel Klingenstiern, il fut nommé en 1763, chancelier de la cour; mais il mourut le 12 août de la même année, et ne put remplir les fonctions de sa nouvelle charge que pendant six mois. Les cendres de Dalin reposent avec celle de Klingenstiern, non loin du château royal de Drottningholm, dans un tombeau que fit construire la reine Louise Ülrique. Le tombeau est surmonté d'une pyramide portant des inscriptions qui rappellent les travaux et le mérite des deux mentors de Gustave Ill. C-AU. DALLÆUS. Voy. Daillé.
DALMACE (S.), appelé Dalmat dans le ménologe des Grecs. Né d'une famille distinguée, il porta les armes dans sa jeunesse, sous Theodosele-Grand, servit en qualité d'officier dans la seconde compagnie des gardes du palais, et se maria sous l'empereur Valens. Il était père de plusieurs enfants, lorsqu'il quitta ses charges, ses biens, sa famille, et entra avec S. Fauste, son fils, dans un monastère de Constantinople, dirigé par S. Isaac. Bulteau dit, dans son histoire monastique d'Orient, que Dalmace passa une fois quarante jours sans manger, et qu'il vécut quarantehuit ans dans la solitude du cloître, sans jamais en sortir. I fonda un monastère de son nom qu'il dota de ses biens. Dans les dernières années de sa vie, on lui donna le titre d'archimandrite, soit parce qu'il avait plusieurs monastères sous sa direction, soit parce qu'il était le doyen des abbés de Constantinople: ce titre de prééminence passa à ses succèsscurs. Dalmace se prononça contre le patriarche Nestorius, correspondit avec S. Cyrille, et, voulant détromper l'empercur Théodose prévenu contre le
concile d'Ephèse, il sortit enfin de sa retraite les abbes de Constantinople et tous leurs moines se joignirent à lui. Ils portaient des cierges, chantaient des cantiques, et, suivis d'une foule considérable, ils se rendirent en procession au palais. Les abbés y entrèrent seuls. Dalmace, portant la parole, lut à Théodose les lettres qu'il avait reçues du concile, et fit promettre à ce prince qu'il écouterait favorablement les députés d'Ephèse. Alors Dalmace, les abbés, les moines et le peuple se rendirent processionnellement à l'église de St.-Moce. L'archimandrite monta en chaire, et anathematisa Nestorius qui fut chargé des malédictions publiques. Les pères du concile écrivirent à Dalmace pour le louer et lui rendre des actions de graces. Ils le chargèrent, par une procuration spéciale, des intérêts de l'Eglise catholique à Constantinople, et les services qu'il rendit en cette circonstance, lui firent donner la qualification d'avocat du concile d'Ephèse. Il avait alors environ quatrevingts ans. On croit qu'il mourut l'aunée suivante 432. L'église honore sa mémoire le 3 août. Sa vie se trouve, en grec, dans le 2. vol. de l'Imperium orientale de Banduri. V-VE.
DALMATIN (GEORGE), ministre luthérien à Laybach, dans la haute Carniole, était né en Esclavonie, dit Czvittinger, et était très versé dans les langues orientales, ajoute P. Wallaszky. Ce fut d'après les textes originaux qu'il fit sa traduction luthérienne de la Bible, en langue esclavonne en usage dans la Styrie, la Carinthie et la Carniole, sous le nom de Windisch. Les états du pays en décrétèrent l'impression, et Jean Manlius, qui vingt ans auparavant avait apporte l'imprimerie dans ces contrées, allait s'en occuper, lors
qu'en 1580, l'archiduc Charles défondit l'impression à Laybach. Cr s'avisa alors de faire reviser le trvail de Dalmatin par plusieurs deca théologiens dont Bayle donne noms. Comme, malgré cette révisio on s'attendait à ne pouvoir obten l'impression du livre dans les e d'Autriche, les états de Styrie, Crinthie et Carniole envoyèrent Da matin à Wittemberg, où il soignal pression de sa version, qui parte 1584, in-4°. L'impression fine e six mois, Dalmatin alla à Dresde re mercier l'électeur de Saxe, ďan. autorisé l'imprimeur de Wittember; a publier son livre, revint en Carmio. et fut en 1585 inis en possession di pastorat de St.-Khaziam. Exile a 1598, il trouva asyle auprès du bat d'Aursperg. On ignore l'époque de sa mort. Le dictionnaire de Bayletion de 1720 et postérieures) contr deux articles sur George Dalmatro, L faute n'est pas de Bayle, mais de Marchand qui a ajouté le premier ticle de George Dalmatin, qui double emploi; premier article da lequel encore on prend la versi de la Bible, imprimée à Ostrog ( trochie), 1581, pour la version a Dalmatin. A. B-L. DALRYMPLE. V. STAIRS.
DALRYMPLE (DAVID), consulte écossais, né d'une fans noble à Édimbourg en 1726, 14 élevé à l'école d'Éton, et alla achevs ses études à Utrecht. De retour da sa patrie, il entra en 1748 su he reau où une certaine sécheresse å t prit, jointe à un débit desagreaba nuisirent à la réputation qu'aura pu lui acquérir ses connaissance ( sa vigoureuse dialectique. Il fut nuh mé en 1766 l'un des juges de la cour session, et en 1776 lord-commess re du justicier. Ce fut a cette
sion qu'il prit, suivant l'usage établi dans la cour de session, le titre de lord Hailes. Il remplit ses fonctions judiiaires jusques à trois jours avant sa nort, arrivée en 1792, dans la 66o. nnée de son age. Il se distingua par on intégrité, son exactitude, sa paience, la décence de sa conduite, ne louable disposition dans les cas outeux à pencher vers le parti de la ouceur, et le mérite, rare dans les tges écossais et très estimé des nglais, de ne pas se montrer trop eliné à sacrifier aux droits ou aux rétentions de la conronne; mais l'aantage de ces qualités fat quelqueis diminué par un attachement puéI aux formes, qui l'exposa même à elques ridicules. Ses principaux ouages sont: 1. Remarques sur l'hisire d'Écosse, 1773, en un petit Slume, où l'on trouve beaucoup de cherches, d'exactitude et de canur; II. Annales d'Ecosse, 1776 1779, 2 vol. in-4°. Cet ouvrage est time. I commence en 1057 et comend, depuis l'avènement de MalIm III jusqu'à la mort de David II, espace de deux-cent-soixante-seize Des circonstances inconnues emthèrent l'auteur de porter, comme il P'était proposé, ces Annales juslau règne de Jacques Ir. III. Les Suvres du mémorable M. Jean ailes d'Eton, recueillies pour la emière fois ensemble, en 3 L, Glascow, 1765; IV. Histoire martyrs de Smyrne et de Lyon ns le 2. siècle, avec des noexplicatives, Édimbourg, 1776; Restes d'antiquités chrétiennes, imbourg, 3 vol., 1778; VI. Reerches concernant les antiquités Féglise chrétienne, Glascow, 83. Dalrymple, dans cet ou ge, réfute plusieurs des opinions Gibbon, relativement à l'établis
sement du christianisme, ce qu'il a fait plus particulièrement dans l'ouvrage intitulé: VII. Recherches sur les causes secondaires auxquelles Ch. Gibbon a attribué les rapides progrès du christianisme, in-4°., 1786. Cet ouvrage, fortement et solidement raisonné, est à l'abri du reproche d'aigreur et d'amertume qu'ont mérité la plupart des écrits publiés à cette occasion. Les ouvrages de Dalrymple ne se distinguent pas par les agréments du style, mais par un grand amour de la vérité. On a encore de lui quelques essais insérés dans l'ouvrage périodique intitulé le Monde, des articles dans le Gentleman's magazine et dans l'Edimburgh magazine, et quelques notices biographiques. S-D.
DALRYMPLE (ALEXANDRE), frère du précédent, géographe anglais, membre de la société royale de Londres, naquit en Écosse en 1757. Jeune encore, il entra au service de la compagnie des Indes. Le dé sir de s'instruire de la géographie, qui était chez lui une véritable passiou, lui fit compulser tous les papiers déposés dans les archives de la compagnie à Madras. Il y vit qu'autrefois elle avait mis le plus grand prix au commerce avec les îles de l'archipel oriental des Indes; que les menées des Hollandais, et la pusillanimité de la cour, l'en avaient pri vée; et qu'il était possible, non seulement de lui faire regagner cette précieuse branche de commerce, mais même de lui donner une plus grande extension. Plein de cette idée, Dalrymple refusa, au commencement de 1759, l'emploi de secrétaire du gonvernement à Madras, et obtint de la compagnie le commandement d'un petit vaisseau destiné à l'expédition qu'il avait projetée. Il fit, sur différents
bâtiments, pendant les cinq années qui suivirent, plusieurs voyages dans l'archipel oriental des Indes, et releva avec soin toutes les côtes qu'il eut occasion de voir. Le résultat de ses travaux est consigué dans les cartes qu'il a publiées, et qui se trouvent dans le Neptune oriental de d'Après. Il avait aussi mis ses voyages à profit, pour recueillir à Manille des documents précieux et des relations de navigateurs espagnols, et il songea à les donner au public. La compagnie des Indes le nomma son hydrographe. Le gouvernement résolut de faire executer des voyages de découvertes d'après les idées de Dalrymple, et l'engagea à rédiger le plan que l'on devait suivre; et, s'il eût été du corps de la marine royale, on lui eût donné le commandement de la première expédition, dans laquelle Cook commença à rendre à la navigation les services qui ont immortalisé son nom. Dalrymple obtint la place d'hydrographe royal, et consacra le reste de sa vie aux progrès de la navigation et de la géographie. Privé de son emploi au mois de mai 1808, le chagrin qu'il en ressentit abregea ses jours; il expira le 19 juin suivant, laissant un mémoire qui donnait des éclaircissements sur les causes de sa mort. Ses principaux ou vrages sont I. Traité sur les découvertes faites dans l'Océan pacifique, 1767, in-8°; II. Mémoire sur la formation des îles, inséré dans les Transactions philosophiques de 1768, et réimprimé dans le No. IV ci-après; III. Plan pour étendre le commerce de ce royaume et de la compagnie des Indes, 1769, in-8°.; IV. Collection historique de divers voyages et de découvertes dans l'Océan pacifique du Sud, of frant principalement une traduction
:
littérale des écrivains espagnols, 1770. 2 vol. in-4°.; traduite en français, et abrégée par Fréville, Paris, 174, 1 vol. in-8. « De toutes les collections >> modernes, dit Fleurieu, celle qui » présente l'ensemble des voyages » dans la mer du Sud d'une ma»> nière plus satisfaisante, est celle de » Dalrymple. Cet élégant écrivain y » a développé à un degré éminent >> l'esprit des recherches, l'expérience » du savant navigateur et le discer»> nement du critique éclairé et im >> partial. » Il a commis quelques erreurs par patriotisme, relativement a la position des îles de Salomon de Mendana; mais il ne connaissait pas encore les découvertes de Surville. La dédicace de ce livre est un menument curieux de l'animosité et de l'aveuglement qu'un excès de le peut produire. Elle est entièrement dirigée contre un célèbre navigateur français contemporain, qui néanmoins n'est pas nommé. V. Lettre adressée au docteur Hawkesworth, relativement à quelques imputations mal fondées et injurieuses. qui sont contenues dans sa relation des derniers voyages au sud, 1775, in-4°.; VI. Collection de voyages, faits principalement dans l'océan atlantique méridional, et publiés d'après des manuscrits originaux, 1775, in-4°. Ce sont ceux de Halley, de Bouvet et d'autrcs. Ou voit par la préface que Dalrymple était encore fortement persuadé de l'existence d'un continent austral. Cette idée ne l'a abandonne que quand il ne lui a plus été po›sible de la conserver avec quelqu'apparence de raison. Il avait écrit en 1772 au lord North, alors ministre. pour lui déclarer qu'il allait entre prendre, à ses propres frais, la decouverte du continent austral; qu'il