Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06914.jsonl.gz/1053

"Tu cours moins en ce moment." C'est vrai. La remarque de mon homme ne me fait pas ciller. Il a raison. Je l'avais déjà remarqué moi-même.
Alors pourquoi je cours moins? La réponse me vient en lisant l'interview d'une actrice en colère... Je ne suis plus en colère. Bien sûr, il m'arrive de ressentir un agacement, des picotements... Mais je ne suis plus en rage. Je n'ai plus cette rage folle qui me colle au corps, qui me pousse à fuir, à courir loin, loin. Mais loin de quoi? Lorsque nous étions à Bali, mon homme (et oui encore lui, il est décidément très sage) a fait cette observation éclairée: seuls les occidentaux couraient le matin le long de la plage. Les locaux méditaient paisiblement sur le sable. Et mon homme de me dire: "Ils doivent se demander après quoi on court." C'est si vrai. Je le réalise maintenant que mon marathon est terminé. Je courais après moi-même, après un but. Je me cherchais. Et j'évacuais. Je n'ai jamais effectué de meilleures courses ou parcouru autant de kilomètres qu'après une séance d'hypnose où j'en découvrais plus sur mon passé ou après une colère due à un affrontement relationnel. Je ne remets pas du tout en cause le fait même de courir. Et que ceux qui trouvent dans la course à pied un moyen d'apaisement ou de résilience ne se sentent pas visés ou agressés. Je vous parle juste de mon parcours d'éveil et de mes prises de conscience. Pour moi la course aura été une étape pour digérer le sentiment d'injustice et la colère. Je ne dis pas que je ne courrai plus jamais. Juste qu'en ce moment, je suis passée à d'autres nettoyages, à d'autres libérations. Et j'ai trouvé un certain apaisement par rapport à mon histoire. Je ne ressens plus le besoin de fuir. Je suis assez forte, assez ancrée, assez sûre de moi pour rester droite, sans bouger. Pour marcher lentement en écoutant le bruissement des feuilles d'automne. Pour avancer pas à pas en regardant ma chienne jouer dans la Terre. La vie est un ruisseau. Quelque soit le nombre de bûches que l'on place en travers, quelque que soit la hauteur des cailloux qui bouchent le passage... elle vient à bout de toute résistance. Elle passe. Et le flux du courant qui doit être... se fait tout simplement. En douceur. Apprenons simplement à flotter en lâchant prise. C'est là l'étape la plus facile et la plus compliquée. En réalité, la lecon est simple: faisons confiance. Belle journée de nettoyage demain mes étoiles (pour rappel, nous serons demain mardi le 10.10.2017=2+1+1+7=10) Aude ⭐️⭐️⭐️