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Jadis, trois moines voyageaient en Chine, anonymes et toujours contents.On les appelait simplement les trois moines rieurs.
Lorsqu’ils arrivaient dans un village, ils se postaient sur la place du marché et se mettaient à rire.
Leur bonne humeur se propageait rapidement et déclenchait la gaieté dans toute l’agglomération. Les gens aimaient beaucoup ces trois hommes qui savaient les mettre en joie.
Ils ne prêchaient pas, ils créaient simplement une situation de non-mental.
Ils riaient pour rien : ils avaient compris la farce cosmique.
Un jour, l’un d’eux mourut.
Les gens épièrent les deux moines privés de leur vieux compagnon,
se disant que cette fois-ci, on les verrait dans l’affliction.
Or les deux hommes riaient. La foule en fut un peu choquée.
“Nous rions, expliquèrent les deux compères, parce que notre ami a gagné. Nous avons souvent parié pour savoir qui de nous partirait le premier. Nous fêtons sa victoire.
Ensuite , nous avons toujours vu notre compagnon hilare. Pouvons-nous lui dire adieu en pleurant ?”
Avant d’expirer, le moine avait demandé qu’on ne procède pas à la toilette des morts :
“Ma vie a été si joyeuse qu’aucune souillure ne s’est accumulée en moi. Ne me lavez pas, ne changez pas mes habits”.
La dépouille fut placée sur un bûcher. Or le moine avait caché des feux d’artifices dans ses vêtements. Ses funérailles furent une grande fête.