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Lausanne – Paris
La ligne du Farman Goliath
Dans son souci de promouvoir les lignes aériennes, la Municipalité de Lausanne développa le projet d’une liaison directe avec Paris et engagea des négociations avec la Compagnie des grands express aériens qui assurait un service quotidien entre Paris et Londres.
Elles aboutirent le 28 octobre 1921 avec l’inauguration officielle de la ligne Paris – Lausanne. Le 28 janvier 1922, la convention franco-suisse réglant l’exploitation de la ligne fut signée. Cette convention prévoyait notamment le versement d’une subvention, la construction d’un hangar et l’établissement, à Lausanne, d’une station de T.S.F. permettant la communication avec l’aérodrome du Bourget.
Le service hebdomadaire était assuré par le Farman Goliath F60. Par beau temps, l’avion dont un des pilotes était René Labouchère, chef pilote de la compagnie, faisait le trajet en 3 à 4 heures.
Mais dès le début, Lausanne se trouva être en rivalité avec Genève qui entreprit des démarches de son côté, pour obtenir la ligne et qui finalement obtint un prolongement de celle-ci jusqu’à Genève, dès le mois d’août 1922. Pourtant, il s’avéra que le rendement de la ligne était insuffisant. Elle n’attirait pas assez de passagers et elle était irrégulière, car elle dépendait des conditions météorologiques.
Après une saison dominée par des conditions atmosphériques particulièrement mauvaises et un résultat financier désastreux, la Compagnie des grands express aériens se trouva en liquidation au 31 décembre 1922 et l’exploitation de la ligne fut suspendue. Malgré les tractations entreprises en 1923 avec la Compagnie des messageries aériennes et des grands express aériens Air Union qui lui succéda, le rétablissement du service direct Paris – Lausanne ne put être réalisé. Dix ans plus tard, la liaison sera établie brièvement par Dijon avec la Société Star, puis régulièrement par Genève avec la compagnie Air Union.
Farman Goliath
Le biplan français Farman Goliath F60, véritable géant de l’air de l’époque, fit son premier vol en janvier 1919 et effectua la première liaison Paris – Londres ouverte au public, le 8 février 1919.
Ill était l’avion civil le plus répandu dans le monde à la fin de la première guerre mondiale. Basé sur une construction de bois entoilée, il avait une envergure de 26,50 m. et une longueur de 14,30 m. L’entraînement était assuré par deux moteurs en étoile Salmson de 260 chevaux chacun qui lui permettaient d’atteindre une vitesse de croisière de 120 km/h.
Sa capacité lui permettait de transporter douze passagers, installés dans des fauteuils en osier, et deux membres d’équipage. Il en existait aussi une version bombardier.
Emetteur du Champ-de-l’Air
Selon les termes de la convention d’exploitation et afin d’être en contact radiotéléphonique avec l’avion et d’assurer un service météorologique, la Municipalité de Lausanne fit l’acquisition d’une station radioélectrique, à peu près semblable à celle de l’aéroport du Bourget qui était la tête de ligne. L’émetteur caractérisé par ses deux mâts, fut installé au Champ-de-l’Air sous la responsabilité du professeur Paul-Louis Mercanton, directeur du Service météorologique vaudois, et du technicien Roland Pièce. Cet émetteur T.S.F., premier de Suisse, était aussi le quatrième en Europe.