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La conception de l’institution dans la théorie libérale de Constant tente d’établir une équation entre l’institution, la stabilité politique, la rationalité, la prévision de l’intérêt et la liberté individuelle. Ce qui importe le plus à Constant, c’est en effet le lien entre l’institution et la liberté individuelle à travers la stabilité et la modération du pouvoir.
Tout en s’inscrivant dans la durée, le libéralisme de Constant adhère à la vertu réformatrice des individus sensés et au progrès – dans son sens authentique – de l’humanité. Dans une société libérale, en effet, l’institution ne se cristallise pas essentiellement par l’intermédiaire d’une structure coercitive, mais par l’intermédiaire de notre conscience. C’est pourquoi les esprits dogmatiques ont de la peine à entrevoir l’autorégulation d’un mécanisme non visible, «parce qu’il repose, dit Michel Massenet, sur l’adaptation incessante des connaissances aux conduites et des conduites aux connaissances, tandis que se modifie l’attitude des acteurs dans un environnement qui évolue lui-même constamment» (1984, p.385).
Si le temps a joué historiquement en faveur de la conception libérale, démentant les idéologies dogmatiques indécomposables, c’est que cette conception ne divinise ni les choses, ni les hommes, ni les institutions. Elle considère l’homme et les choses comme des entités éternellement imparfaites, donc comme éternellement réformables. Il s’agit d’une révolution sans révolution, douce, paisible. Une révolution de l’homme raisonnable et non de l’homme hanté par la métaphysique révolutionnaire.
Lire le rapport :
L’institution dans la conception libérale de Benjamin Constant (pour ouvrir le document, cliquer ici)
(15 pages, PDF)