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Liu Beilin
Chine, France | 2014 | 40 min
Première mondiale
Langues : chinois, anglais
Sous-titres : anglais, français
En 1966, Mao lançait la révolution culturelle qui devait mener le prolétariat chinois vers sa libération. « Et puis... », rien ne s'est passé comme prévu. Avec cet essai décapant sur le dernier coup de bluff du Grand timonier, que l'on continue de célébrer dans une Chine contemporaine dévorée par la fièvre consumériste, Beilin actualise la technique du montage « discrépant », chère au cinéma lettriste d'Isidore Isou.
En 1951, Isidore Isou inventait avec son Traité de bave et d'éternité le cinéma lettriste, reposant sur le montage discordant du son et de l'image. En reprenant ce principe, Liu Beilin propose une vision caustique de l'héritage de la révolution culturelle anti-bourgeoise qui devait amener le prolétariat chinois vers sa libération définitive. Dans China, I Love You, le jeune cinéaste monte des boucles sonores du Traité avec des fragments de discours politiques datant de 1966, formant un mantra monolithique que viennent perturber des sonorités tout à fait actuelles – publicités pour une chaîne de fast-food, bande-annonce pour un film de karaté avec Steven Seagal, flash météo, « Gangnam style »...- ainsi que des images d'archives à la beauté fanée montrant la vie quotidienne en Chine pendant la révolution culturelle : des gardes rouges souriants, la gymnastique matinale, des paysans dignes... tous les clichés de l'époque sur l'Empire du Grand Timonier. Mais le témoignage d'un professeur humilié et torturé pendant cette période « bénie » et le continuum assourdissant de la société consumériste d'aujourd'hui viennent pointer abruptement ce que fut l'avenir d'une illusion.
Emmanuel Chicon
Bande-annonce
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