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La Royal Academy of Arts de Londres présente pour la première fois une exposition qui fait dialoguer les œuvres de Bill Viola avec celles de Michel-Ange
Bill Viola, artiste américain né en 1951, est un pionnier de l’art vidéo. Michel-Ange, né en 1475, est un artiste fondamental de la Renaissance italienne. Bien que cinq siècles les séparent et que leurs pratiques soient radicalement différentes, ces deux artistes partagent le même questionnement sur la représentation du corps humain et sur son existence.
L’exposition intitulée « Bill Viola / Michelangelo – Life, Death, Rebirth » donne au visiteur l’opportunité de découvrir ou redécouvrir certains des plus grands dessins de Michel-Ange et de les faire résonner avec les œuvres de Bill Viola. L’exposition présente ainsi pour la première fois un échange artistique entre ces deux artistes majeurs de l’histoire de l’art à travers douze installations vidéo de Bill Viola (de 1977 à 2013) et quinze oeuvres de Michel-Ange (une sculpture en marbre et quatorze dessins qui sont considérés comme les plus beaux dessins de la Renaissance).
En 1970, Bill Viola séjourne en Italie. C’est à ce moment qu’il découvre les œuvres de la Renaissance italienne. En 1988, il fait une résidence à la J Paul Getty Museum de Los Angeles, où il renouvelle son intérêt pour cette période de l’histoire de l’art et commence à en voir les affinités avec sa propre pratique. En 2006, Viola visite la collection du Château de Windsor où il a l’occasion de voir les originaux des dessins de Michel-Ange.
Plutôt que de comparer les deux artistes ou suggérer que Michel-Ange a été une grande source d’inspiration pour Bill Viola, l’exposition met en scène les affinités des deux artistes, en permettant aux œuvres de se répondre au sujet de questions fondamentales telles que : les différentes phases de la nature humaine, le caractère éphémère de la vie ou encore la spiritualité.
L’exposition est aussi une conversation avec Martin Clayton, directeur de la section Prints and Drawings de la Royal Collection Trust et curateur de l’exposition. Bill Viola nous raconte que son premier voyage à Florence et ses lectures sur la philosophie et la religion lui ont permis de prendre conscience de la tradition classique. Tout au long de sa carrière, Viola a travaillé avec de grandes installations vidéo, y compris des vidéos immersives. Il a utilisé la lumière, le temps et le son comme éléments fondamentaux de sa technique pour créer des œuvres viscérales qui s’ouvrent sur des questionnements métaphysiques au sujet de la nature de l’existence et aussi pour donner corps à des états intérieurs plutôt que de parler du monde extérieur.
L’exposition présente Michel-Ange comme un génie du dessin mais révèle aussi une certaine fragilité de l’artiste. Les dessins présentés ont été exécutés pendant la seconde partie de sa vie. Certaines de ces oeuvres sont l’expression de ses sentiments pour ses amis, d’autres sont des méditations sur sa propre mortalité. Les images religieuses de la Vierge à l’enfant, de la Crucifixion, et de la Résurrection proposent une réflexion sur la mort et l’éternité. Dans d’autres dessins, les références à la mythologie classique fonctionnent comme des métaphores de la condition humaine.
L’exposition est pensée comme un voyage immersif à travers les cycles de la vie qui explore l’évanescence, les tumultes de l’existence et les possibilités de renaissance. Ce voyage commence et se termine avec un ensemble d’œuvres qui réfléchit sur un paradoxe central : la présence de la mort dans la vie. Le bas-relief en marbre (1504-05) connu comme le « Tondo Taddei ou Madone Taddei » représente le petit St Jean tenant un oiseau qui effraie le Christ. La scène annonce son éventuel sacrifice sur la Croix. A côté de cette œuvre, l’œuvre de Bill Viola intitulée The Messenger (1996) utilise la métaphore de l’eau pour représenter le cycle éternel de la naissance, de la vie et de la mort.
Le thème sera exploré encore dans les dessins de la Vierge à l’Enfant , et aussi dans Lamentation (1540), deux oeuvres présentées en face du triptyque Nantes de Bill Viola (1992), sous forme de trois écrans qui présentent une femme donnant naissance, une figure flottant dans une pénombre mystérieuse et la mère de Bill Viola sur son lit de mort. Viola déclare ainsi « c’est la conscience de notre propre mort qui définit la nature des êtres humains. »
L’exposition s’achève sur deux des plus belles Crucifixions de Michel-Ange, dessinées vers la fin de sa vie, et deux œuvres saisissantes de Bill Viola, la projection monumentale Fire Woman ( 2005) et Tristan’s Ascension (The Sound of a Waterfall Under a Mountain (2005). Pour l’artiste, ce film qui montre un homme peu à peu submergé d’eau, symbolise l’ascension de l’âme après la mort.
Royal Academy of Arts
Bill Viola /Michelangelo – Life, Death, Rebirth
Londres
Jusqu’au 31 mars 2019
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