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Si la nouvelle lactation débute avec le vêlage, c’est cependant déjà durant le dernier tiers de la lactation précédente qu’elle se prépare. Il est en effet encore possible, à ce moment-là, d’influencer la condition corporelle de la vache. Pour les sujets dotés de peu de réserves de graisse corporelle, il importe de maintenir l’apport énergétique à un niveau élevé afin de leur faire prendre du poids. L’approvisionnement ciblé en énergie constitue dès lors un investissement dans la lactation consécutive, car les vaches dont la note de l’état corporel (« body condition score », BCS) est inférieure à 3 au moment de les tarir produisent nettement moins de lait par la suite. Pour les animaux dont la condition corporelle est déjà optimale (BCS 3 à 3,5), un apport protéique adapté permet quant à lui de maintenir cette dernière et de prévenir une accumulation de graisse.
Phase tarie : le plus grand levier
La phase tarie a un impact marqué sur la lactation consécutive. Elle devrait, dans la mesure du possible, être subdivisée en deux : la phase far-off comprend la période du tarissement à trois semaines avant le vêlage. La phase close-up couvre pour sa part ces trois dernières semaines. Une ingestion élevée de matière sèche (MS) à ce moment constitue la mesure la plus efficace pour prévenir les maladies métaboliques telles que la cétose ou la fièvre de lait. Ainsi, il s’agit de viser une ingestion de 15 kg de MS durant la phase far-off et de 12 kg à 14 kg (suivant la ration) durant la phase close-up. Il convient en outre de gérer au mieux l’apport en minéraux, soit en distribuant une ration à faible teneur en calcium (moins de 4 g Ca / kg MS) durant toute la phase tarie, soit en acidifiant la ration de manière ciblée avec des sels acides au cours des trois dernières semaines. Les deux méthodes ont pour but de stimuler la mobilisation du calcium à partir des os pour prévenir la fièvre de lait.
Le succès de la stratégie mise en place durant la phase tarie se vérifie immédiatement après le vêlage.
Prédisposant à d’autres troubles, cette affection touche somme toute près de la moitié des vaches à partir de la troisième lactation. La prévenir contribue dès lors grandement à la réussite de la lactation.
Rester vigilant
Le succès de la stratégie mise en place durant la phase tarie se vérifie immédiatement après le vêlage, lorsque sont réalisées les conditions suivantes : la mise bas se déroule sans assistance ou presque, le veau est vif, le placenta a été expulsé dans les 6 à 12 h suivantes, le colostrum est de bonne qualité et la vache a une ingestion élevée.
Durant la phase de démarrage, qui s’étend durant les 100 premiers jours de la lactation, il y a aussi un certain nombre de points auxquels il faut veiller. Les apports d’aliments complémentaires trop élevés directement après le vêlage, combinés à une ingestion de fourrage de base faible dans les premières semaines qui suivent, augmentent le risque d’acidose ruminale. Ainsi, l’alimentation avant le vêlage et l’augmentation continue des aliments complémentaires après la naissance sont importantes pour favoriser un milieu ruminal stable. Le risque d’acidose ruminale peut être réduit en assurant une consommation de MS aussi élevée que possible pendant la phase tarie. Les aliments spécifiques pour la phase de démarrage, qui ont une densité nutritionnelle élevée, fournissent pour leur part l’énergie nécessaire avec une faible quantité affouragée. Une proportion de bypass accrue dans l’aliment permet en outre de soulager la panse.
Inséminer oui, mais quand ?
Une lactation optimale se caractérise aussi par une bonne fécondité. Au niveau hormonal, la gestation suivante n’est possible que lorsque le métabolisme est sain. Le moment de l’insémination est donc un autre point clé de la lactation, généralement déterminé par le ou la chef·fe d’exploitation. Suivant le niveau de productivité, la règle « un veau par vache et par an » peut alors en souffrir. En Allemagne, des études ont montré que le plus grand nombre de lactations était corrélé avec une durée d’intervêlage de 390 à 420 jours. Cependant, les vaches devraient vite reprendre un cycle après le vêlage (après environ un mois).
La persistance est payante
Dérivé de « persister » (issu du latin persistere), le terme « persistance » désigne l’action de poursuivre opiniâtrement. En production animale, la persistance (de lactation) se définit comme la capacité d’une vache à maintenir sa production après le pic de lactation. Elle indique la vitesse avec laquelle la quantité de lait quotidienne diminue au fil du temps. Alors que les multipares ont leur pic de lactation vers le 60 e jour de lactation, les primipares l’atteignent entre le 80 e et le 100 e jour. Ainsi, une vache multipare devrait augmenter sa production du premier contrôle laitier au second, pour la maintenir jusqu’au troisième. Plus la persistance d’un animal est faible, plus les difficultés à gérer sont élevées.Par ailleurs, une production laitière (trop) élevée au cours des premières semaines de lactation accroît le risque de troubles métaboliques, tandis qu’une production laitière trop faible au cours du dernier tiers de la lactation accroît le risque d’accumulation de graisse.
Sur le plan génétique, la persistance affiche une corrélation légèrement négative avec la production laitière : elle recule lorsque l’on sélectionne en fonction de la quantité de lait. Elle affiche en revanche une corrélation positive avec la rentabilité : jusqu’au 150 e jour de lactation, la vache assure la majeure partie du produit de la vente. Ainsi, meilleure est la persistance, meilleure est la rentabilité durant la phase de production.