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Le diabète, dont la fréquence augmente significativement dans notre population, représentera la 7e cause de décès en 2030 selon l’OMS, essentiellement du fait des complications cardiovasculaires. S’il est prouvé que, chez les diabétiques, le risque coronarien est plus élevé chez les hommes que chez les femmes, les données pour l’AVC sont inconsistantes. Les auteurs de cette méta-analyse ont donc effectué une recherche systématique pour identifier, parmi plus de 6000 articles, dix-sept études d’évaluation du risque d’AVC lié au diabète, comportant des données en fonction du sexe de plus de 775 000 patients répartis dans 64 cohortes. Une méta-analyse basée sur un modèle d’effet aléatoire a permis, sur cette base, d’estimer le risque relatif d’AVC des patients diabétiques en comparaison avec la population non diabétique, qui est de 2,28 (IC 95% : 1,93-2,69) chez les femmes, et de 1,83 (1,60-2,08) pour les hommes. Après des analyses de sensibilité et une recherche de biais de non-publication confirmant la robustesse de ces résultats, les auteurs concluent que les femmes diabétiques ont un risque de 27% (IC 95% : 10-46) plus élevé que les hommes de présenter un AVC.
Commentaire : Hommes et femmes ne sont donc pas égaux devant le risque cardiovasculaire, et cette inégalité prend des directions radicalement inverses pour les maladies coronariennes et cérébrovasculaires. Cette méta-analyse présente les limitations méthodologiques usuelles, liées essentiellement à la qualité des données disponibles. Mais la diversité des cohortes incluses, le volume impressionnant de données analysées, et la robustesse des analyses en font le meilleur niveau de preuve disponible, en attendant d’éventuelles études observationnelles prospectives de haut niveau méthodologique. Quels sont les mécanismes possibles de cette augmentation du risque chez la femme diabétique ? Plusieurs explications sont plausibles et si on peut impliquer les différences physiologiques et anatomiques liées au sexe, les auteurs proposent une hypothèse alternative, en lien avec une augmentation chronique globale du risque cardiovasculaire chez les femmes, dans la phase prédiabétique déjà, qui serait moins bien détectée que chez les hommes, et donc moins bien traitée. A confirmer ! En attendant, cette augmentation du risque chez la femme pousse à individualiser la prévention primaire de l’AVC selon le sexe, notamment en dépistant précocement le diabète chez la femme, ou en introduisant de manière opportune l’ensemble des thérapies démontrées efficaces dans cette situation. Le champ de recherche futur dans le domaine, résumé par les auteurs dans leur dernier paragraphe, semble vertigineusement vaste !