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Ecrire pour être lu exige l'utilisation d'un langage simple, de ne pas faire de phrases trop longues et de ne pas exprimer trop d'idées à la fois. La féminisation du vocabulaire enfreint les trois règles en même temps.
Prenons pour illustrer ces propos une phrase tirée de la récente consultation populaire sur la politique d'asile et des étrangers de l'UDC. Nous y lisons : « De nombreuses Suissesses et de nombreux Suisses ne se sentent plus à l'aise ou se sentent même menacés dans leur propre pays. »
1) « Nombreuses Suissesses et nombreux Suisses » est un terme compliqué et artificiel. Nous avons appris à l'école que le pluriel masculin exprime une majorité d'entités féminines et masculines. Nous savons que cette règle est toujours en vigueur. En prétendant le contraire, on complique inutilement la phrase.
2) Cette phrase contient 23 mots, tandis qu'une phrase compréhensible pour la majorité des citoyens ne devrait pas dépasser les 14 mots.
3) L'auteur de cette phrase entend s'exprimer sur un sentiment (idée principale). En mentionnant les Suissesses et les Suisses, il introduit une deuxième idée, celle d'une division des personnes de nationalité suisse en Suissesses et Suisses.
Je suppose que pour ces trois raisons (et éventuellement d'autres encore), l'Académie française continue de prôner les règles de grammaire qui nous sont connues.
Pierre Scherb
www.pierrescherb.ch