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Dans le cadre de la consultation sur le projet de nouvel horaire scolaire - qui ne concerne que l'enseignement primaire - d'aucuns pensent ou essaient de faire croire que les écoliers du canton de Genève sont ceux qui vont le moins à l'école.
Or, les degrés de l'école primaire genevoise ont un temps d'enseignement qui se situe dans la moyenne suisse. Douze cantons sont moins bien dotés que Genève.
Le vrai déficit se situe au secondaire I (au cycle d'orientation) où seul un canton suisse (NW) a un peu moins d'heures que le CO genevois.
=> Les deux tableaux extraits de L'Education en Suisse - Rapport 2010 (CSRE)* le montrent très bien.
Il faut donc espérer que la consultation en cours permettra de révéler le manque de pertinence de l'unique scénario proposé afin de corriger le tir et de tenir compte de la réalité !
*http://www.skbf-csre.ch/news.0.html?&L=1
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Dans le cadre de la consultation sur le projet de nouvel horaire scolaire - qui ne concerne que l'enseignement primaire - d'aucuns pensent ou essaient de faire croire que les écoliers du canton de Genève sont ceux qui vont le moins à l'école.
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Les spécificités propres à l’enseignement primaire sont-elles vouées à disparaître ? Méconnues, oubliées, moquées, minimisées ou ignorées, elles sont en tous les cas malmenées dans le contexte évolutif de l’école genevoise.
Le concept de progression et de cohérence tout au long de la scolarité obligatoire est mis en avant depuis longtemps et constitue une priorité. Porteur d’un réel espoir, traduit d’une certaine manière avec le plan d’harmonisation scolaire suisse (HarmoS) qui adopte une nouvelle numérotation des degrés de 1 à 11, censé se concrétiser avec le plan d’études romand (PER), il bute en fait méchamment sur les représentations des uns et des autres, et en particulier sur celles des autorités. Dès 2000, le programme de suivi des acquis des élèves (PISA) a focalisé l’attention sur les résultats obtenus par les jeunes de 15 ans. La plupart des débats qui ont suivi, même quand ils avaient trait à l’enseignement primaire, ne parlaient en fait que des compétences et connaissances, acquises ou pas, au sortir de l’école obligatoire. Quelle que soit la véracité des propos – se résumant souvent, hélas, aux sempiternels lieux communs sur la baisse de niveau –, les discours ont démontré une vraie ignorance du travail effectué auprès des élèves de 4 à 12 ans. Aujourd’hui, la situation n’est pas meilleure, mais elle représente un danger accru au vu des projets en cours.
Le changement de l’horaire de l’écolier, projeté pour 2011, est révélateur de la peine qu’ont les décideurs à appréhender la réalité du premier niveau d’enseignement. Le terme de « période d’enseignement », pratiquement jamais utilisé auparavant, est devenu soudain la norme. Il faudrait avoir tel nombre de périodes de 45 minutes de telle discipline pour réaliser les objectifs futurs du PER.
Actuellement, il faut le répéter, la grille horaire est indicative. Il n’y a pas de découpage strict préétabli et les élèves n’interrompent pas leur activité au bout de trois quarts d’heure pour changer de classe. L’enseignant, professionnel responsable, doit trouver les moyens, en prenant en compte l’hétérogénéité de la classe et le contexte local, de conduire tous ses élèves à l’atteinte des objectifs d’apprentissage.
Demain, s’il y a des maîtres spécialistes (MS) pour enseigner l’anglais, voire l’allemand (en plus des MS éducation physique, arts visuels et éducation musicale), si le temps passé à l’école par l’élève est supérieur à celui de son enseignant, il y a fort à parier que la grille horaire sera figée et que cette rigidité bridera à la fois la créativité et la différenciation pédagogiques. La notion d’enseignant généraliste s’évanouira, un métier s’éteindra, et les profs se croiseront dans l’école sans se connaître. La division du travail rendra davantage nécessaire l’élaboration de projets, engendrera la multiplication des réunions, des séances de suivi collégial, etc. pour tenter de sauver un semblant de cohérence… Un investissement lourd de conséquences, coûteux – il faudra à l’évidence diminuer la charge d’enseignement, déployer davantage de dispositifs d’appuis – et dont il n’est pas prouvé que les retombées seront bénéfiques.
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Au moment où paraissent les résultats de l'enquête sur l'horaire de l'élève (www.spg-syndicat.ch), réalisée auprès de l'ensemble du corps enseignant primaire, il n'est pas inutile de rappeler les propos tenus par le syndicat lors du démarrage de la concertation.
Le 28 avril, le département de l’instruction publique (DIP) a organisé une séance destinée à annoncer la mise en place d’une commission générale HarmoS et horaire scolaire. Le lancement officiel de la concertation a permis aux partenaires principaux (ACG, GAPP et SPG) de s’exprimer brièvement sur le sujet. Voilà, en résumé, les éléments que j’ai retenus pour effectuer mon intervention:
« La SPG a pris acte de la volonté politique d’augmenter l’horaire scolaire en 2011. Elle n’a pas de position sur cette question pour le moment et consultera sa base en temps voulu. En effet, malgré l’enquête téléphonique du service de la recherche en éducation (SRED, déc. 2008) auprès des parents et le questionnaire du GAPP (mars 2009), l’association professionnelle a choisi de faire preuve de retenue, pour ne pas ajouter de la confusion et permettre à la concertation de démarrer, si possible et nonobstant ces initiatives, de manière coordonnée. La SPG se veut la garante d’un débat correct, sans manipulation. Il est ainsi prématuré de prétendre, comme le fait le tous-ménages du DIP, Les Clefs de l’Ecole (avril 2009), que l’enseignement primaire doit passer de 28 à 32 périodes. Et il est mensonger d’affirmer sans nuance que c’est l’harmonisation scolaire suisse qui poserait cette exigence.
L’horaire de l’écolier actuel, en vigueur depuis 1997, est le fruit d’une longue et large consultation. Elle a permis aux parents et aux enseignants d’obtenir une solution contraire aux vœux de la conseillère d’Etat de l’époque, Mme Martine Brunschwig Graf. Aucune heure d’enseignement n’a été perdue dans le changement (la suppression du samedi matin d’école, qui subsistait une semaine sur deux) et cet horaire réparti sur quatre jours, identique dans tout le canton, donne satisfaction.
Pour justifier sa récente décision, le département invoque aussi la corrélation entre les résultats à PISA et le temps passé à l’école. Outre l’inexactitude de ce propos, la SPG y voit un certain paradoxe. Le DIP s’est ingénié à démontrer – de façon tout à fait convaincante – que le classement dont bénéficie Genève n’est pas représentatif de la réalité, que la prise en compte des non natifs, entre autres, apporte une autre vision. Il a également fait part de sa méfiance à l’égard des palmarès. Mais il donne aujourd’hui l’impression pathétique d’être résolu à tout pour gagner des places… Quant à l’introduction de l’anglais (pas avant 2012), autre raison avancée pour augmenter l’horaire, il ne concerne que deux degrés sur huit.
Mais pourquoi, selon de DIP, seul l’enseignement primaire serait concerné par la modification de l’horaire ? Parce qu’il faut faire comme les autres et avoir quatre jours et demi d’école ? Cet argument, qui a été prononcé par les autorités, paraît quand même léger. La scolarité obligatoire compte bien onze degrés et c’est à la cohérence du tout qu’il faut veiller. Par ailleurs, la logique des minutes n’est pas la meilleure entrée. La grille horaire du primaire est indicative et doit le rester. Les enseignants primaires ne donnent pas leurs cours chronomètre en main ; leur professionnalisme les oblige d’abord à identifier les besoins des élèves et à y répondre. Si les comptes d’apothicaires sont à éviter et que les chiffres recèlent un côté rébarbatif, le document de l’IRDP sur le temps scolaire effectif des élèves de la Suisse romande et du Tessin mérite d’être utilisé (un autre sujet serait de déterminer dans quelle mesure le temps effectif passé en classe correspond à un véritable temps d’enseignement…). Fribourg, canton souvent cité en exemple, totalise 494'950 minutes pour les degrés 1 à 9 actuels ; Genève seulement 448'710. La différence est donc de 46'240 minutes. Mais ce déficit concerne surtout le cycle d’orientation genevois qui accuse, pour trois degrés seulement, un retard de 20'830 minutes, contre 25'410 pour les six années qui précèdent. Cette comparaison prouve que le secondaire 1 fait bien partie de la problématique.
En conclusion, la SPG désire une vraie concertation, une consultation coordonnée, où les dés ne sont pas pipés, et où priment les intérêts des élèves et du corps enseignant de toute la scolarité obligatoire. »
(texte paru dans l’Educateur du 22 mai 2009)
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Il aura fallu deux ans au Parti radical genevois pour comprendre que son initiative pour l’accueil continu des élèves (IN 141), lancée le 31 août 2007, était mauvaise. Hier encore, les députés radicaux se sentaient incompris. Aujourd’hui, pour griller la politesse aux autres groupements qui auraient l’idée de présenter un contreprojet intelligent, les radicaux ne trouvent rien de mieux que de déposer – contre leur propre texte – l’article de loi du Parti socialiste vaudois… Dans le genre économie de réflexion, c’est pas mal, surtout si on en est quelque peu dépourvu. Ce qui est plaisant, c’est que ce plagiat n’est pas une première. En effet, pour tenter de récupérer les votes des quelque 28'000 signataires de l’initiative pour le maintien des notes, aboutie en 2003, le Parti radical avait déjà, en 2004, fait un copier-coller de la loi vaudoise, celle qui avait réussi à faire retirer l’initiative sur les notes chez nos voisins. Mais ce coup médiatique était resté sans lendemain. Imiter sans inspiration n’est pas gage de succès et Vaud ne fait pas vraiment école à Genève. Le Parti radical se retrouve dans la position de l’élève qui, non content d’avoir redoublé et d’avoir gaspillé son année à ne rien faire en préférant se plaindre, se voit contraint de tricher au dernier moment, lorsque l’examen arrive.
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Il faut bien écrire quelques lignes pour clore (pour combien de temps ?) ce dossier… Le 8 juin, le comité a donc décidé par 8 voix contre 7 de retirer l’initiative 138 « S’organiser contre l’échec scolaire et garantir une formation pour tous les jeunes ». Il n’y aura pas de votation le 27 septembre 2009 sur les classes intégrées au CO, malgré les positions des associations professionnelles du primaire et du cycle en faveur du maintien de l’IN 138 (SPG à 58% ; FAMCO à 83%). Les représentants des syndicats ont assumé leur rôle au sein du comité d’initiative mais leurs voix ne comptaient pas davantage que celles des individus. Dans une situation aussi complexe et un contexte aussi inédit (initiative vs contreprojet, report de la votation du 30 nov. de 6 mois, vote le 17 mai où le vainqueur devient un contreprojet indirect à une deuxième initiative) personne ne pouvait faire une analyse crédible ou un pronostic réaliste. La décision prise implique certes que le score de l’IN 138 auprès de la population demeurera à jamais inconnu. Mais le combat pour une école où les élèves ne sont pas cloisonnés dans des filières continue. Et si une nouvelle initiative devait voir le jour (dans quelques années… ?), alors il faudra bien songer à la composition de son comité, à la pérennité et au poids des associations représentées, sachant qu’entre le lancement d’un projet de loi et le vote, trois ans peuvent s’écouler.
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COMMUNIQUÉ de la SPG :
L’Assemblée générale (AG) de la Société pédagogique genevoise (SPG) s’est prononcée en faveur du maintien de l’initiative 138 « S’organiser contre l’échec scolaire et garantir une formation pour tous les jeunes ». Réunie le 26 mai au soir, l’AG a clairement annoncé sa volonté d’aller au bout du processus démocratique en soumettant au peuple, lors de la votation du 27 septembre 2009, un texte cohérent pour l’ensemble de la scolarité (primaire, secondaire 1 & 2). Le vote de tendance proposé à l’instance suprême du syndicat du primaire a donné les résultats suivants : 47% en faveur du maintien de l’IN 138 ; 34% pour le retrait et 19% d’abstentions (342 bulletins de vote valables). L’Assemblée a débattu sereinement des enjeux. La question principale, sous-jacente dans les arguments des uns et des autres, pouvait se résumer ainsi : comment défendre au mieux une sélection retardée et le principe de classes intégrant tous les élèves ? L’AG a estimé que seule la votation permettrait de faire avancer le combat contre l’exclusion et la culture de l’échec, qui minent le système éducatif. La décision finale du maintien ou du retrait de l’IN 138 appartient toutefois au comité d’initiative qui se prononcera le 8 juin.
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Le net rejet de l’initiative du Réel satisfait les enseignants. Le but principal des associations professionnelles qui se sont engagées dans la campagne de la votation du 17 mai consistait à faire échec à l’IN 134. L’objectif est donc largement atteint vu que, finalement, le texte du Réel, soutenu par l’Arle, ne récolte que 32% de oui. Malgré un débat très décevant ou inexistant, c’est selon, la population n’est pas tombée dans le piège et a su dire « NON au cycle de l’exclusion ! ». Mais il reste une étape. L’initiative 138, intitulée « S’organiser contre l’échec scolaire et garantir une formation pour tous les jeunes », doit encore, en principe, être votée le 27 septembre. Devrait-elle être retirée au prétexte que le contreprojet a été plébiscité par le 75% des votants ? La question n’est pas tranchée et devra être étudiée par le comité d’initiative. Mais une chose est sûre : la période estivale et la proximité des élections générales constituent un contexte peu favorable aux débats et à la défense d’un projet à même d’apporter un vrai gain à chaque élève durant sa scolarité.
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- L’accord sur l’harmonisation de la scolarité obligatoire (concordat HarmoS) oblige-t-il les cantons, Genève en particulier, à augmenter l’horaire de l’écolier ? - Non.
- Harmos oblige-t-il les cantons à avoir un volume de formation identique ? - Non. Etc.
Les résultats de l’enquête du service de la recherche en éducation (SRED) menée auprès des parents au sujet de l’horaire scolaire révèle néanmoins que l’augmentation du temps que les élèves devraient passer à l’école a été présentée aux familles comme inéluctable. Selon la synthèse du SRED présentée le 5 mars, la question était posée ainsi : « Les heures d'enseignement à l'école primaire vont être augmentées, préférez-vous que ces heures soient ajoutées le mercredi matin ou sur chaque jour d'école, le mercredi restant un jour de congé ? ». La conférence de presse du DIP s’intitulait, elle, « HarmoS et Horaire Scolaire »…
Que le département de l’instruction publique (DIP) veuille revoir à la hausse le temps d’enseignement est une chose. Mais il ne peut pas sous-entendre ou laisser dire que c’est HarmoS qui l’y contraint. Ce n’est pas non plus l’introduction de l’anglais (prévue en 2011 mais déjà repoussée à moult reprises) qui peut à elle seule justifier une augmentation de l’horaire. L’anglais ne concernera en effet que deux degrés sur les huit que compte le primaire.
Et ce n’est pas en s’achoppant sur la forme de l’horaire (faut-il maintenir le mercredi de congé ou pas) et en voulant la définir préalablement que l’on trouvera le contenu de la grille horaire.
Bref, il est regrettable de voir que l’opinion publique est d’emblée manipulée alors que le débat sur le fond, sur les vraies motivations qui plaideraient en faveur d’une augmentation de l’horaire scolaire, avec de probables volumes de temps d’enseignement différenciés suivant l’âge des élèves, n’a pas commencé.
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Le samedi 28 février doivent avoir lieu les élections des conseils d’établissement à l’école primaire. Parents et enseignants voteront sans grand enthousiasme, vu le peu de candidatures. Et beaucoup seront exemptés de cette tâche. Dans 95% des cas environ, les représentants du corps enseignant seront élus tacitement. Quant aux parents, ils seront peut-être un peu plus nombreux à se déplacer. Mais entre ceux qui ont reçu quatre fois une carte de vote et ceux qui ont été oubliés, le dépouillement et la validité de cette élection risquent de ne pas être évidents... En attendant les résultats, un petit témoignage qui m’a été rapporté, plus ou moins sous cette forme :
« 19 parents étaient inscrits, a-t-on appris, pour participer à l'élection du conseil d'établissement de l'école. Le directeur d'établissement était tout excité à l'idée de fabriquer des urnes dans des cartons à chaussures avec l’aide du maître spécialiste en Arts visuels.
Ensuite le nombre de parents est passé à 8 ; 11 avaient fait acte de candidature par erreur (ils n’avaient pas compris où ils mettaient leur croix sur le talon-réponse).
8 devaient se présenter et faire un petit exposé sur ce qu’ils voulaient faire dans ce conseil : 6 sont venus (les 2 autres contactés par téléphone n’avaient pas compris non plus).
Sur les 6 il y avait quelques banquiers et avocats... : 1 parent étranger, ne parlant pas bien le français, a ressenti une certaine pression sociale et s’est désisté, puis un autre.
Il n’est donc finalement resté que 4 parents => élection tacite ! Personne n'aura l'occasion de glisser son bulletin dans l'urne le 28 février. Le directeur a dû ranger ses cartons... »
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Le règlement sur les conseils d’établissement (C1 10.19) fixe un cadre sûrement trop rigide ; raison pour laquelle la position de la fédération des enseignantes et enseignants genevois (FEG) recommande la mise en place de conseils sur une base volontaire. Par ailleurs, peut-on vraiment croire que l’enseignement secondaire suivra la voie du primaire l’an prochain ? Mais le vrai problème réside dans le fait que l’objectif recherché par la mise en place des conseils d’établissement n’apparaît toujours pas clairement. Il est assez facile de brandir les principes de la démocratie participative et le besoin de prendre en compte les contextes locaux pour justifier l’instauration d’une instance de dialogue. Mais si justement, comme nous le savons, les écoles connaissent des réalités bien différentes, n’est-il pas contradictoire de vouloir imposer le même modèle partout ? Comment peut-on prétendre que le conseil donnera davantage d’autonomie à l’établissement alors que ce dernier ne dispose d’aucune marge de manœuvre pour le constituer ? Certains établissements, en collaboration avec leur association de parents d’élèves (APE), ont une pratique du conseil qui leur est propre et qui leur donne satisfaction ; autant leur permettre de continuer selon leurs propres modalités. D’autres veulent se lancer ; tant mieux ! D’aucuns enfin ne sont pas du tout prêts à démarrer dans le contexte actuel ; autant leur accorder le temps d’y réfléchir et de laisser la possibilité, cas échéant, à une APE de se créer. Imposer les conseils à tout l’enseignement primaire dès demain uniquement à des fins politiciennes et pour asseoir la légitimité quelque peu chancelante des 93 directeurs d’établissements débutants, au mépris des vrais besoins du corps enseignant et des élèves, est le scénario à éviter.
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Fin février devraient avoir lieu dans les écoles primaires les élections aux conseils d’établissement. Cette opération censée se tenir dans tout le canton reste peu lisible, tant du point de vue de son déroulement que de celui de ses conséquences. La première embûche est dressée par la direction générale du primaire qui, contre l’avis des parents, des directions d’établissement et des enseignants, a maintenu une seule date (le 28 février) pour deux évènements distincts : les élections aux conseils d’établissement et l’inscription des nouveaux élèves. Des pères et des mères se rendront ainsi le même jour à l’école pour voter ou inscrire leur enfant, voire pour faire les deux. Situation qui engendrera des confusions et peut-être quelques surprises à l’ouverture des urnes… Il n’est heureusement plus question de mobiliser le service des votations pour réaliser cette opération électorale. Mais, même à moindre coût, cette élection, dont les règles demeurent peu connues (l’arrêté du DIP à ce sujet est précipitamment diffusé ce jour alors que les listes sont censées être closes depuis le 16 janvier…), risque de susciter bien des incompréhensions, dès l’enclenchement du processus et aussi une fois qu’elle sera terminée, tant les autres obstacles sont nombreux. Tout le monde n’est pas logé à la même enseigne. Les élections à proprement parler concernent essentiellement les parents. En effet, les autres membres du conseil seront davantage désignés qu’élus suivants les groupes et les lieux. Cette transparence à géométrie variable n’a pas de raison d’être acceptée. Il sera aussi compliqué pour les parents de se faire connaître aux familles qui voteront vu qu’il n’y aura pas la possibilité de constituer une liste sous une dénomination quelconque, identifiable, faisant par exemple référence – sans parler de programme – à un ensemble affiché de valeurs pour la défense de l’école. Pouvoir indiquer son appartenance à une association de parents (APE) est important mais reste insuffisant. Quel degré de représentativité auront les quatre parents élus et à qui rendront-ils des comptes ? Quelle signification aurait la mise à l’écart d’une APE, si ses membres sont empêchés de siéger au Conseil par le jeu des élections ? Les représentants des enseignants, eux, se trouveront mêlés à ceux du personnel administratif et technique, et donc, d’une certaine manière, seront minorisés. Les autorités communales, elles, auront de la peine à se répartir les sièges lorsque l’établissement repose sur plusieurs communes. Il y a aussi le problème de la disparité des établissements, de par leurs tailles et du nombre de sites qui les composent. Et ne parlons pas de la présence des élèves qui semble tant faire peur aux responsables du projet… Bref, la liste des interrogations et préoccupations est longue et il sera ardu, si le département en a l’intention, de répondre à tout et de rassurer en un mois.
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Après avoir fait annuler la votation sur le cycle, l’Arle et le Réel se distinguent une fois de plus en déposant un recours – et en le retirant quelques heures plus tard – au sujet du dépouillement. Non contentes d’avoir empêché le peuple de s’exprimer, ces associations trouvent encore le moyen de se poser en victimes. Diantre ! le service des votations ne leur aurait pas répondu assez promptement. Elles voulaient en effet s’assurer que le décompte des votes sur les objets 3, 4 et 5 (IN 134, contreprojet et question subsidiaire) n’aurait pas lieu, afin que ces résultats partiels ne soient pas transformés en une sorte de sondage. A vrai dire, cette absence de décompte était acquise et personne n’aurait vraiment intérêt à connaître ces résultats puisqu’ils sont faussés avant même d’exister. Mais la panique des initiants en dit long sur leurs doutes profonds, que leur arrogance n’arrive pas toujours à masquer. On pourrait presque croire qu’ils avaient déjà préparé leur communiqué sur leur probable défaite du 30 novembre et que seul l’arrêt du Tribunal administratif leur a apporté une ultime bouée de secours. Le Réel et l’Arle s’y agrippent avec l’énergie du désespoir, mais le 17 mai 2009 est lointain et les crampes les guettent.
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L’hypocrisie continue. Mardi soir, 18 novembre, on apprenait que le Tribunal administratif (TA) annulait la votation sur le cycle. Et les auteurs du recours, victorieux, versaient alors des larmes de crocodile sur le sort des élèves qui allaient pâtir de cette décision. Jeudi soir, les considérants de l’arrêt du TA étant enfin publics, les représentants du Réel et de l’Arle feignaient la stupéfaction devant les faits reprochés au Conseil d’Etat et tentaient d’enfoncer le clou par tous les moyens. Pourtant, toute personne sensée imaginait bien que si le TA avait annulé une votation, fait pratiquement sans précédent, ce n’était pas pour une raison futile. Par ailleurs, toutes les parties reconnaissaient le défaut d’objectivité de la page 18. Certains allaient toutefois plus loin. Il faut rappeler que le Réel, dans le texte qui figure sur son site, parlait bien de mensonges et mettait en cause les pages 18, 26, 27 et 28 de la brochure. Or, que dit l’arrêt du TA ? Il confirme effectivement que « le Conseil d'Etat a failli à son devoir d'information objective », ce que chacun avait pu observer au sujet de la page 18, « L’essentiel en bref ». Mais il rajoute que (pp. 14 et 15) :
(…) Il est vrai que selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, le Conseil d’Etat n’est pas tenu à la neutralité. En d’autres termes, il peut exprimer son opinion, ce qu’il a fait d’ailleurs dans ses explications en page nos 26, 27 et 28 de la brochure. (…) En l’occurrence, ce qui peut être reproché au Conseil d’Etat, ce n’est pas tant d’avoir exprimé son opinion sur l’IN 134 - ce qu’il avait le devoir de faire et qu’il a d’ailleurs fait dans ses explications des pages 26 et suivantes - mais bien la manière dont il l’a fait, à savoir sur la page de présentation du texte soumis à votation. (…)
Il faut évidemment lire les 17 pages de l’arrêt si l’on veut avoir une information complète. Mais nulle part on ne trouvera de condamnation du Conseil d’Etat de la part du TA pour avoir menti. Il est ainsi clair que si le contenu de cette page 18 s’était trouvé, comme il l’aurait dû, dans la partie « Explications des autorités », il n’aurait pas été sujet à caution – dans le sens qu’il n’aurait pu justifier l’annulation d’une votation. Que certains des arguments avancés par le gouvernement soient contestés – sans hurler au mensonge d’emblée – tant mieux, c’est cela qui devrait permettre le débat. Et de démontrer que l’initiative 134 est réellement peu lisible et de fait irréalisable. Si le Réel n’avait pas tant peur d’être confronté à ses propres contradictions, c’est sur ces éléments qu’il accepterait de débattre. Au vu du traitement médiatique réservé à l’événement, il semble que l’on s’éloigne plutôt de ce terrain-là…
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Une victoire à la Pyrrhus, le recours gagné par les tenants de l’initiative 134 ? Personne ne disait véritablement le contraire hier soir sur le plateau de Léman Bleu. Et chacun s’accordait à : 1) déplorer que les élèves paient le prix du report de la votation ; 2) souhaiter que le vrai débat puisse enfin avoir lieu. Nous verrons si le délai imparti permettra d’engager des discussions sur le fond. Au vu des invectives qui ont fusé du côté de l’Arle, on peut en douter. Quant à la cohérence du cursus scolaire de l’élève, de 4 à 15 ans, elle n’était pas promise pour demain, mais elle s’éloigne encore plus, hélas. L’Arle et Réel étant toujours prompts à se présenter en victimes, il n’était certes pas très malin de leur tendre la perche en produisant cette fameuse page 18 de la brochure de la votation cantonale du 30 novembre. Mais accuser en retour le département de « mensonge » « tricherie », « tromperie », « forfaiture », d’avoir fourni « un matériel de vote fallacieux », etc. comme l’ont fait sur les ondes les représentants de Réel et de l’Arle montre que leur hargne conduit à certains dérapages. Le texte de la page 18 n’était pas à sa place car il ne présentait pas objectivement l’IN 134 ; il n’en demeure pas moins vrai que, globalement, les éléments avancés sont défendables. Nous ne saurons jamais si Réel engrangera davantage de votes en sa faveur grâce à cette décision de justice, condamnant la maladresse du Conseil d’Etat ou si, au contraire, le peuple agacé par ces péripéties rocambolesques sanctionnera les initiants. Mais il serait inquiétant que l’attitude plutôt indigne qu’ils ont eue face au conseiller d’Etat leur rapporte des points. Pour des enseignants du secondaire qui parlent des maîtres avec un grand ‘M’ et se gargarisent des mots « Respect » et « Autorité », ils ont donné un bien piètre exemple.
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« Attention aux mensonges ! » avertit Réel pour défendre son initiative sur le CO (IN 134). L’association se fend d’un texte de 4 pages ( http://www.reseau-reel.ch/contra-mensonges.pdf ) pour détailler les « nombreuses (sic) mensonges » (11 en tout) qu’elle a relevés dans la brochure de la votation du 30 novembre. Une contre analyse de ces gémissements et arguties serait fastidieuse. Mais la lecture de ce document vaut la peine car, assurément, pour le lecteur attentif, son contenu est révélateur de l’infaisabilité et de la dangerosité de ce projet très sélectif, et ne peut que le pousser à voter NON à l’IN 134. Par ailleurs, en admettant que certaines récriminations de Réel soient fondées, ne faudrait-il pas voir là un autre signe – à moins d’accuser formellement les autorités de mentir sciemment – que cette initiative, de par sa complication extrême et ses lacunes, laisse une part belle aux interprétations et se révèle de fait incompréhensible ? Lors d’une votation populaire, le peu de lisibilité d’un objet implique qu’il soit rejeté.