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Vues aériennes de Pampigny
Il se dresse au pied du mamelon qui domine le village et qui porte... l'église. La situation paraît au premier abord plutôt curieuse, car les châteaux occupent d'habitude les éminences et ne les abandonnent guère aux églises.
Ne croyez pas que le seigneur de Pampigny ait fait une erreur ou une concession. Il avait bel et bien occupé en premier le mamelon, lequel, entouré de murs et de fossés, constituait une position idéale pour un castel. En 1934, une restauration de l'église actuelle a mis au jour un mur que les archéologues disent avoir été édifié au Moyen Age.
Du reste le premier seigneur connu de Pampigny est cité déjà en 1228, année où il prêta hommage à Jean de Cossonay dont il était le vassal. Sa situation n'était guère facile, entre les deux puissantes seigneuries de Montricher et de Vufflens, et l'on comprend qu'il se soit mis sous la protection de la plus importante, celle de Cossonay.
Vers 1400 la seigneurie de Pampigny, avec son château perché sur le mamelon, passa par mariage à la famille de Moudon puis, par vente, en 1439, à Jean de Menthon, coseigneur d'Aubonne.
En 1560 la seigneurie fut acquise par la famille de Mestral d'Aruffens qui la posséda jusqu'à la Révolution. Mais dès le XVIe siècle un des propriétaires successifs a dû descendre le château du mamelon puisque l'église qui s'y trouve à la place est du style gothique tardif, style qui fut généralement abandonné à la Renaissance.
Pourquoi ce déménagement avec toutes les pierres sans doute? Pour la même raison que partout ailleurs en Europe. Les seigneurs se lassaient de rester enfermés entre des murs épais, presque sans fenêtres, alors que ces murs ne les protégeaient plus contre les coups de l'artillerie toujours plus puissante. Dans ces conditions, à quoi bon rester dans l'inconfort et l'isolement!
On ignore comment se présentait ce second château de Pampigny, mais on suppose qu'il s'élevait sur l'emplacement actuel, où un mur, du côté Jura, est percé de deux fenêtres portant la date de 1688. Or, ce n'est qu'au début du siècle suivant, soit au XVIlle, que Gabriel-Henri de Mestral, croit-on, construisit un troisième château, celui que l'on voit aujourd'hui, en y conservant les fenêtres datées de 1688.
Après cette reconstruction le seigneur de Mestral fut appelé "Monsieur de Pampigny" pour le distinguer sans doute des autres membres de sa famille habitant Vullierens.
Gabriel-Henri n'habita pas longtemps sa nouvelle demeure puisqu'en 1737 il alla se fixer au château de Saint-Saphorin construit par le général de Pesmes dont la seule héritière, Judith de Pesmes, avait épousé le "Monsieur de Pampigny".
La famille de Mestral qui posséda dès lors les trois châteaux de Vullierens, de Saint-Saphorin et de Pampigny ne revint plus dans ce dernier château, le plus modeste des trois. Elle y mit un intendant qui administrait les propriétés fort considérables de Pampigny et de Fermens (hameau situé au nord d'Apples). Le seigneur de Mestral, avant la Révolution, passait en effet pour le plus grand propriétaire foncier du canton et il était fort dévoué à LL.EE. de Berne, ce qui facilitait bien des choses...
Il est vrai que les habitants de Pampigny devaient la dîme pour un quart au seigneur et pour les trois autres quarts à LL.EE!
Dès la Révolution les communes du canton s'efforcèrent de développer l'instruction en construisant tout d'abord des bâtiments d'école. Là où des châteaux furent mis en vente, comme à Aubonne, à Rolle, à L'Isle, etc., les communes saisirent l'occasion pour s'offrir un beau bâtiment avec de vastes salles. En 1837 Pampigny racheta à son tour le château des anciens seigneurs du lieu pour le prix de 22 000 fr.
Ce château, qui est dépourvu d'ornementation sculptée, offre le plan habituel des demeures du XVIlle siècle: un grand bâtiment se prolongeant par deux ailes en retour d'équerre; entre les deux ailes, qui ressemblent à des tours carrées, une cour dominant un jardin potager.
On remarquera que le deuxième étage est plus bas que le premier. est un procédé de construction souvent utilisé en architecture pour dissimuler le toit. A Pampigny cet "attique" semble dû au désir de limité les frais de construction tout en gardant un étage de plus.
Bibliographie