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Bogota - L'ex-otage des Farc Ingrid Betancourt a assuré en larmes dimanche soir qu'elle regrettait la demande d'indemnisation de 6,9 millions de dollars présentée à la Colombie pour son enlèvement. Elle a précisé qu'elle n'ira pas au-delà d'une démarche de "conciliation".
Dès le départ, "dans mon cas nous avons décidé que nous ne porterions pas plainte contre l'Etat colombien", a-t-elle déclaré à la télévision colombienne Caracol. Elle a expliqué que dans le cas où la conciliation extrajudiciaire en cours ne fonctionnerait pas, elle n'irait pas au-delà.
L'ex-otage s'exprimait depuis New York. Cet entretien était très attendu deux jours après l'annonce de la requête présentée à l'Etat colombien. Elle estimait que celui-ci devrait lui verser ainsi qu'à sa famille plus de 13 milliards de pesos (soit environ 6,9 millions de dollars), pour les dommages moraux et financiers entraînés par ses six ans de captivité aux mains des Farc.
Selon elle, l'Etat est responsable car il a insuffisamment assuré sa sécurité le 23 février 2002, lorsque la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, marxistes), l'a enlevée en pleine campagne présidentielle.
Cette requête a déclenché une vague d'indignation en Colombie, alors que l'otage a été libérée lors d'une opération militaire risquée, le 2 juillet 2008. Le vice-président Francisco Santos l'a notamment qualifiée de "prix mondial de l'ingratitude".
"Jamais, jamais nous n'avons pensé à attaquer ceux qui m'ont libéré", a dit Ingrid Betancourt dimanche soir en réprimant un sanglot. Le journaliste lui a demandé: "Vous regrettez ?" et elle a répondu: "Oui, je regrette", en assurant qu'elle adorait sa "patrie".
Auparavant, l'ex-otage avait longuement tenté d'expliquer les raisons de son geste. "Je veux uniquement raconter les faits et que ce qui m'est arrivé ne se reproduise pas", a-t-elle déclaré. Elle a ajouté qu'elle avait ainsi espéré "ouvrir un chemin" pour l'indemnisation d'autres otages qui, selon elle, auraient également présenté des requêtes semblables.
ATS