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L'interconnexion des questions techniques, économiques, écologiques, sociales et architecturales entraîne une complexité croissante des tâches de construction. Une approche globale, qui englobe l'ensemble du cycle de vie d'un ouvrage, prend de plus en plus d'importance. Compte tenu de cette évolution, des structures directrices claires sont non seulement souhaitables, mais aussi nécessaires pour la planification et la réalisation des ouvrages.
Le modèle étude et conduite de projet (SIA 112) répond à cette exigence en structurant le cycle de vie d'un ouvrage en phases et en phases partielles et en définissant des objectifs pour celles-ci. D'une part, les rôles et les prestations spécifiques à chaque phase sont représentés, d'autre part, la structure flexible du modèle de prestations permet d'intégrer les aspects de durabilité dans le processus de construction en fonction de la situation. La SIA 112 peut être appliquée à tous les types de prestations de planification et d'ouvrages liés à la construction.
Chaque processus de construction trouve son origine dans une situation insatisfaisante. Dans un premier temps, ce fait est repris par les groupes d'intérêts, sur la base desquels les besoins, objectifs et conditions cadres sont formulés et hiérarchisés.
A l'aide des besoins formulés, des alternatives de solutions sont élaborées au niveau stratégique et évaluées selon des critères appropriés. Après avoir évalué la nécessité, l'urgence et la viabilité d'une solution de construction ou autre, une stratégie de solution est définie.
Les exigences du projet sont définies sur la base des besoins, des objectifs et des conditions-cadres du mandant dans le cahier des charges du projet (y compris la convention d'utilisation). La stratégie de solution doit alors être intégrée dans les conditions cadres liée au site.
Dans le cadre de l'étude préliminaire, les bases nécessaires (p. ex. bases de mensuration) sont préparées et des concepts de solutions possibles correspondant au cahier des charges sont élaborés (précision des coûts +/- 30 %). Des calendriers approximatifs ainsi que les principaux risques et opportunités sont présentés pour les variantes. Le résultat principal de cette phase est le choix du meilleur concept parmi l'éventail de variantes
Les exigences du cahier des charges du projet doivent être remplies par la sélection de fournisseurs ou de projets appropriés. Les candidats ou solutions potentiels sont examinés par un comité d'évaluation qualifié et la conception du projet est poursuivie avec le gagnant. Conformément au RPH 104, cette phase partielle peut être décalée entre les phases en fonction de leur déroulement et se produire plusieurs fois.
La phase d'avant-projet permet d'approfondir le concept choisi. Des variantes de projet sont élaborées en tenant compte du cahier des charges du projet et sont intégralement transférées dans un avant-projet. Les variantes sont évaluées et les documents nécessaires pour les décisions de principe des autorités sont rassemblés. Les coûts d'installation et d'exploitation (précision de +/- 20 %) sont déterminés et la rentabilité est calculée. Enfin, il s'agit de décider de la variante de projet à poursuivre en tenant compte des critères de clarté, d'adéquation, d'acceptation ainsi que des coûts, des délais et des risques.
Le projet de construction est établi sur la base de l'avant-projet corrigé et des éventuelles décisions préalables des autorités d'autorisation. En tant que projet détaillé, il doit traiter tous les aspects de manière approfondie (y compris la planification des coûts et du calendrier ; +/- 10 % de précision des coûts). La fin de la phase partielle consiste en une décision de principe concernant la mise en œuvre du projet. Dans le domaine du génie forestier, les phases partielles de l'avant-projet et du projet de construction peuvent coïncider.
La procédure d'autorisation a pour objectif l'approbation du projet par les autorités. Outre le projet proprement dit, une demande d'autorisation (projet forestier mis à l'enquête) est soumise pour examen avec les documents requis. En cas d'incohérences, le projet doit être corrigé conformément aux conditions imposées par les autorités. La phase d'élaboration du projet est considérée comme terminée à la réception du permis de construire exécutoire et à l'intégration des éventuelles conditions dans le projet
Les entreprises d'exécution potentielles sont informées, avec l'appel d'offres, des exigences pertinentes pour l'offre. Il doit être conçu de manière à ce que l'entrepreneur puisse se faire une idée claire du projet. Il s'agit notamment de plans et de cahiers des charges, ainsi que d'instructions relatives à d'éventuels échelonnements et à la logistique du chantier. Pour les maîtres d'ouvrage publics ou les projets de construction privés bénéficiant de subventions publiques, le droit des marchés publics doit être appliqué. La procédure de soumission à choisir résulte des coûts d'adjudication prévisibles. La présente phase concerne l'appel d'offres pour les entrepreneurs, les appels d'offres pour les planificateurs peuvent déjà être nécessaires dans des phases antérieures.
Les offres déposées dans les délais sont analysées et évaluées selon les critères annoncés dans la soumission. Une distinction est faite entre les critères de qualification, qui déterminent l'admission ou l'exclusion de la procédure, et les critères d'attribution, selon lesquels les offres sont évaluées. L'offre la plus avantageuse est sélectionnée sur la base des critères d'adjudication et de la pondération qui leur est attribuée. Dans le droit des marchés publics, les négociations ne sont autorisées que dans le cadre de la procédure de gré à gré, mais même dans ce cas, elles ne sont généralement pas appliquées
Sur la base de la comparaison des offres, une proposition d'adjudication est adressée au maître d'ouvrage, celle-ci lui suggère de choisir définitivement la meilleure offre pour la réalisation. Suite à l'adjudication, le maître d'ouvrage rédige et envoie les avis d'adjudication. Après l'expiration du délai de recours, le contrat d'entreprise peut être conclu entre le maître d'ouvrage et l'entrepreneur.
Le projet de construction approuvé doit être amené au stade de l'exécution au cours de cette phase partielle. Les documents du projet sont complétés et adaptés en conséquence. Le calendrier et les formalités de paiement sont convenus entre les parties contractantes. En outre, les premiers documents provisoires pour la phase de gestion sont déjà élaborés. Les plans d'exécution sont parfois demandés avant même l'appel d'offres, afin d'éviter d'oublier des postes importants en termes de coûts. En raison de sa complexité limitée, cette phase est généralement d'une importance secondaire dans le domaine forestier, la réalisation se basant dans ce cas sur le projet de construction approuvé.
L'exécution des travaux a pour objectif la réalisation de l'ouvrage opérationnel selon le contrat d'entreprise. Pour cela, l'organisation de l'exécution et la gestion des modifications (modifications de la commande) doivent être assurées. La consignation et la documentation méticuleuses de la part de la direction des travaux et de l'entreprise (conducteur de travaux) sont ici d'une grande importance. Il est impératif d'assurer la traçabilité et de réagir à temps en cas d'écarts au niveau de l'exécution, des délais et des finances. Les écarts importants nécessitent toujours une autorisation de la part du maître d'ouvrage.
Avant la mise en service, l'ouvrage doit être formellement réceptionné par le maître d'ouvrage en présence de l'entrepreneur, de l'auteur du projet, de la direction des travaux et, dans le domaine forestier, souvent aussi de l'autorité octroyant les subventions. La réception est possible pour les ouvrages ne présentant aucun défaut ainsi que pour les défauts mineurs. Les défauts constatés doivent être corrigés dans un délai raisonnable. Au moment de la réception de l'ouvrage, les risques, droits et obligations liés à l'ouvrage sont entièrement transférés au maître d'ouvrage. Les délais de garantie, de réclamation et de prescription commencent à courir. Les plans de l'ouvrage exécuté ainsi que les plans d'entretien sont établis et facilitent la gestion.
Par exploitation, on entend tous les processus et procédures de soutien nécessaires à la réalisation continue de l'objectif de l'ouvrage. Il existe une multitude d'instruments, qui peuvent être multiples et très spécifiques selon le type d'ouvrage.
Afin d'assurer un fonctionnement irréprochable, il est important de garantir une surveillance avec des contrôles individuels (relevé d'état) et un entretien correspondant. Pour cela, il est nécessaire d'élaborer des concepts qui se réfèrent par exemple aux instruments d'une gestion de l'entretien selon la norme SIA 469 ou la norme SN 640 900a.
La maintenance comprend l'inspection, l'entretien et la réparation. L'objectif est de maintenir la sécurité structurale et l'aptitude au service pour la durée d'utilisation restante. Cela nécessite une planification détaillée des mesures avec un cahier des charges et une description des tâches. Des plans pluriannuels et des budgets annuels doivent être établis et approuvés par les propriétaires des ouvrages.
Les mesures ou adaptations uniques et non périodiques visant à rénover, renforcer ou agrandir l'ouvrage sont des modifications. Elles ont pour but de conserver l'ouvrage en intégrant de nouvelles exigences. Tant que les mesures sont prises dans le sens d'un maintien de la capacité d'utilisation de l'objectif initial, elles peuvent être attribuées à la maintenance.
La déconstruction (démolition selon SIA 469) consiste à démonter systématiquement les éléments d'une construction, dont certains peuvent être réutilisés pour d'autres applications. Pour ce faire, les substances nocives et les possibilités de recyclage de l'ouvrage sont examinées au préalable et sa déconstruction est soigneusement planifiée. L'objectif est d'assurer un flux de matériaux durable et la protection des émissions (protection des travailleurs et de l'environnement). Selon la SIA 112, la déconstruction fait partie d'un nouveau projet. Nous le mentionnons ici afin d'avoir cet aspect à l'esprit dès la conception de nouvelles constructions.
Le recyclage a pour but de préparer les matériaux réutilisables issus de la déconstruction de manière à ce qu'ils puissent être réutilisés soit pour le même usage, soit pour un nouvel usage sans substances nocives. Pour cela, il est indispensable de séparer systématiquement les matériaux de construction et de ne pas les mélanger. Les matériaux de construction non recyclables doivent être éliminés ou mis en décharge de manière appropriée, en fonction des risques qu'ils présentent pour l'environnement et la santé. Des autorisations administratives sont nécessaires pour la création d'une décharge et son entretien. C'est pourquoi le secteur du recyclage et de l'élimination des déchets est largement professionnalisé.