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Le fascisme italien et la frontière avec la Suisse
Dans son premier discours en tant que député à la Chambre, en juin 1921, le futur duce Benito Mussolini mentionne aussi la frontière du Gothard, qualifiée par lui de "frontière naturelle et sûre" de l’Italie. Après la Marche sur Rome, de larges secteurs de l’opinion helvétique, surtout Outre-Gothard, associent le fascisme à l’irrédentisme. Malgré des relations officielles correctes, voire cordiales – sous la houlette du tessinois Giuseppe Motta – le fascisme autorise le développement d’une propagande visant le Tessin, puis les Grisons de langue italienne dès les années 30, et même à la veille de la guerre, toute la portion du territoire helvétique au Sud des Alpes – Valais, Tessin, Grisons –, soit le projet résumé dans le concept de "Chaîne moyenne des Alpes" (Catena mediana delle Alpi). Ce concept est même intégré dans des plans préparés par l’Etat-major de l’armée italienne après l’entrée en guerre de l’Italie.
Il s’agira donc de voir la réalité et l’évolution en fonction de la conjoncture historique de ces discours/projets sur la frontière italo-suisse, ainsi que les appuis sur lesquels ils pouvaient compter au sein du fascisme italien, voire auprès de quelques ressortissants suisses.