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Faut-il ou non autoriser aujourd'hui la mise sur le marché de la première spécialité pharmaceutique se proposant de «stimuler la sexualité des femmes ménopausées» ? Un comité d'experts indépendants chargé de conseiller la Food and Drug Administration (FDA) américaine a, le jeudi 2 décembre 2004, répondu par la négative. La réponse officielle et définitive ne devrait toutefois être connue que dans les premières semaines de ce mois de janvier. Cette (future ?) spécialité pharmaceutique a été mise au point par la multinationale Procter and Gamble. Elle a d'ores et déjà un nom : «Intrinsa». Son créateur ne craint pas non plus de s'opposer à ce qu'on la présente comme l'équivalent d'un «Viagra féminin».Intrinsa ? Cette marque déposée désigne un timbre transparent qui, appliqué sous le nombril, pe rmet de délivrer de la testostérone dans l'ensemble d'un organisme féminin ménopausé. On sait à quel point la testostérone peut, dans les deux sexes quoique de manière sensiblement différente, jouer un rôle-clé dans les processus de la libido. Composé de 17 membres (au sein desquels plusieurs gynécologues-obstétriciens) le comité d'experts a recommandé la plus grande prudence à la FDA. Les experts ont estimé, à l'unanimité, que les données fournies par Procter and Gamble quant à l'efficacité et à l'innocuité d'Intrinsa ne permettaient pas d'autoriser sa mise sur le marché.En d'autres termes, ce n'est pas l'efficacité de ce patch transdermique à la testostérone qui est en question. Les dépêches des agences de presse annoncent ainsi que 14 des 17 experts américains sollicités par la FDA ont estimé que les résultats des études présentées par Procter and Gamble montraient des «effets positifs substantiels» pour restaurer la libido de femmes souffrant de ménopause précoce du fait de l'ablation, pour des raisons médicales, de leurs ovaires. Pour autant, de nouvelles études cliniques sont, selon eux, indispensables pour mieux évaluer les risques, notamment cancéreux, inhérents à l'administration au long cours de cette hormone sexuelle.Pour leur part, les dirigeants de Procter and Gamble font savoir que quatre essais ont déjà été conduits, sur un total de 2200 femmes. Ils ajoutent que les effets secondaires, lorsqu'ils existent, sont limités à des «congestions nasales» ou à des «maux de tête». Ils soulignent enfin que «la grande majorité des participantes s'est déclarée très satisfaite des résultats», que les femmes les plus satisfaites d'«Intrinsa» expliquent «avoir ressenti une amélioration importante au niveau du désir, de l'orgasme et en termes d'image de soi, ainsi qu'une diminution du stress ressenti». Tout cela sera-t-il suffisant à notre époque où certes le plaisir est roi mais où le principe de précaution émerge comme un nouveau dogme ?