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Dès l’Antiquité, la vigne et le vin sont présents en Vallée du Rhône. Du vin antique à l’appellation d’origine contrôlée, histoire (très) exhaustive des vins de cette grande région viticole.
Épisode 2 – La vigne s’étend à toute la Vallée du Rhône
La vigne, au même titre que l’olivier, progresse dans toute la Vallée du Rhône. Là encore, Pline loue la qualité des vins issus des coteaux qui bordent l’Ouvèze (Violès, Rasteau, Roaix, Vaison-la-Romaine, Séguret, Sablet, Beaumes-de-Venise, Gigondas…), sur le territoire des Voconces.
Ces progrès portent tort aux grandes régions de production italiennes comme la Campanie, près de Naples, qui exportent leur vin en Gaule et dans les pays barbares du Nord de l’Europe.
C’est pourquoi, soucieux de protéger la viticulture italienne, mais aussi de lutter contre la surproduction, le redoutable empereur Domitien interdit au 1er siècle toute plantation nouvelle en Italie et ordonne, dans les provinces, d’arracher au moins la moitié des vignes.
Cette mesure est paradoxalement bénéfique au vignoble rhodanien car on arrache surtout en plaine, là où poussent les céréales, préservant ainsi les terroirs les plus qualitatifs.
Deux cents ans plus tard, l’empereur Probus permet cependant à tout Gaulois de posséder des vignes et de récolter du vin. Il rend ainsi accessible à l’ensemble des cités une possibilité de profit que les empereurs précédents réservaient à une partie seulement d’entre elles. Malheureusement, il est trop tard. Dans les villes ruinées et dépeuplées par les grandes invasions des Francs, des Alamans ou des Vandales, la classe populaire n’est plus assez nombreuse pour assurer aux vins inférieurs un large débit. Le déferlement des tribus barbares en Vallée du Rhône est fatal à la viticulture. Abandonnés par les légions romaines en débandade, les Gaulois se réfugient dans leurs anciennes forteresses haut perchées, les oppida, délaissant les cultures.
Le silence qui suit dure presque un demi-millénaire, même si de modestes vignobles dispersés persistent, permettant à la tradition du vin de rester enracinée dans la mémoire collective des hommes.
Source: Syndicat des Côtes du-Rhône