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juil
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Il y a 20 ans, en 1995 j'ai vu pour la première fois un "Natel D" un téléphone numérique GSM. C'était une révolution, nous l'avions en camp scout. C'était la première fois qu'étant perdus au milieu d'une forêt, nous avions un lien direct avec le reste du monde.
Le Natel D est le premier téléphone numérique en GSM qui était disponible en Suisse. Il est sorti en 1993, mais il a fallu attendre au moins 1995 pour que la couverture du territoire soit suffisante pour que ce soit utilisable. Voici un reportage de la RTS au moment de la sortie du Natel D.
C'était ma première expérience avec cette technique disruptive qui a changé notre société.
En effet, la pénétration des mobiles a été très rapide. En 1998, la libéralisation du marché à eu lieu, en fin d'année le premier concurrent est arrivé (DiAx) et un quart de la population suisse était équipée d'un mobile ! Puis d'autres concurrents sont arrivées (orange en juillet 1999) et fin 2001 les 3/4 de la population suisse disposait d'un téléphone mobile dans sa poche ! … et la même révolution numérique se faisait en même temps partout dans le monde.
Des régions entières qui n'avaient même pas le téléphone ont été couvertes par la téléphonie mobile: le monde s'est rétréci.
Cette nouvelle technique est dite disruptive, car elle produit une véritable rupture avec le monde d'avant.
Il y a des effets partout, dans tous les domaines.
Un exemple simple que j'ai observé chez les jeunes générations: le rendez-vous clair et précis pour passer une soirée entre amis ne se fait plus.
Il y a des plans changeants… toute une discussion en "temps réel" avec plusieurs groupes et du papillonnage pour aller voir un moment un groupe, un moment un autre. Les lieux ne sont pas prévus à l'avance.
"- Je t'appelle tout à l'heure pour préciser où l'on sera.."
À l'autre bout de mon monde, chez les bergers d'Afrique de l'Ouest, plus besoin de faire des heures de marches avec son troupeau pour aller vendre quelques têtes au marché. Les transactions se font directement par SMS et seule la livraison se fait. Par ce même principe, des banques pratiquant par SMS se sont mises en place.
Puis l'arrivée des smartphones a confirmé le fait que le monde est vraiment petit. Il est possible à tout moment d'avoir toute sa tribu dans sa poche.
Ainsi une technique disruptive est une même technique qui s'applique en masse partout dans le monde et qui induit partout des ruptures avec la manière de vivre d'avant.
Quelle est la prochaine technique disruptive ?
Selon moi… d'ici 5, 10 ans… la voiture autonome sans chauffeur va révolutionner notre société. Voici pourquoi…
Après quelques vagues tâtonnements et prototypes isolés, c'est en 2010 que l'histoire de la voiture autonome s'est accélérée lorsque Google a annoncé avoir développé un équipement qui permet de rendre une voiture autonome et que leur flotte avait déjà roulé ainsi plus de 800 000km !
Cette annonce relance l'imaginaire, bien que le système de l'époque n'est pas totalement autonome, le parcours nécessite d'être préalablement fait une fois. Ensuite, la voiture est capable de le refaire en tenant compte de la signalisation.
Seul "bug" majeur, la voiture reconnait toutes les signalisations sauf celle d'un policier qui gesticule au milieu de la rue. Donc on espère que les feux ne tombent pas en panne !
Au fil du temps le seul frein qui retient les google cars de se balader sur les routes n'est plus un problème technique, mais un problème légal.
Du coup, s'enclenche un processus de légalisation de la conduite pour les robots.
Séduits par l'opportunité des retombées économiques et de la baisse annoncée du nombre d'accidents, de nombreux États adaptent leur législation.
Aux USA, en mai 2012, l'État du Nevada est le premier État des USA à avoir adapté sa législation routière aux véhicules autonomes et à avoir homologué un véhicule: une Toyota Prius modifiée pour Google. (Avec 150 000$ d'équipement supplémentaire, dont la moitié pour uniquement le radar laser.)
Cependant, cette législation n'est pas totale, elle requiert qu'un conducteur humain soit prêt à reprendre le volant à tout moment.
Dans la foulée, la Floride, le Michigan et la Californie ont également autorisé les essais de voitures autonomes sur leurs routes. Une dizaine d'autres états des USA sont en train de légiférer sur le sujet et dans 9 autres l'autorisation a été refusée.
Ainsi des travaux sur le cadre légal ont déjà été faits dans plus de la moitié des États des USA en seulement 3 ans. Le sujet est en constante évolution voici un wiki tenu à jour à propos de l'évolution des législations US en matière de véhicules autonomes.
L'Europe, siège de nombreux constructeurs d'automobiles n'est pas en reste.
En mai 2015, le gouvernement suisse a autorisé l'opérateur de téléphonie Swisscom à rouler sur les routes suisses avec des voitures autonomes, mais uniquement si un humain est prêt à reprendre le volant.
Les véhicules utilisés ne sont pas des Google cars, mais des véhicules allemands Volkswagen issus du laboratoire Autonomos Labs de l'université libre de Berlin.
Voici une vidéo des essais de voitures autonome faits par Swisscom en Suisse:
Au Salon de l'auto de Genève en 2015, après la voiture écologique, la voiture autonome est le nouveau sujet de discussion.
Plusieurs constructeurs ont profité de faire des annonces. Volvo annonce qu'en 2017 ses véhicules autonomes seront livrés à 100 clients en Suède.
En France les voitures autonomes seront autorisées en test dès 2015. PSA a annoncé vouloir commercialiser une voiture autonome en 2018, mais attention autonome n'a pas le même sens pour Peugeot-Citroën que pour Google.
La stratégie du constructeur français est d'assurer la sureté et donc de progresser pas à pas vers un véhicule de plus en plus autonome, mais pas directement du 100% autonome.
Ainsi l'automatisation a déjà commencé avec l'automatisation du parcage.
Cette stratégie me fait penser que c'est peut-être une formulation pour ne pas avouer qu'ils sont largués techniquement !? … Google et les constructeurs allemands ont des voitures autonomes qui roulent vraiment !
Mais cette automatisation progressive n'est pas stupide.
Dans cette vision on peut imaginer que des véhicules autonomes soient autorisés en premier sur les autoroutes. C'est un environnement qui ne présente pas trop de surprise et qui est largement maitrisé par les véhicules autonomes. De plus, on sait que la monotonie des autoroutes est justement le danger pour les conducteurs humains. Il semble qu'un tiers des accidents mortels en France soit dû à la fatigue sur les autoroutes.
Cette idée de commencer par les autoroutes est loin d'être une idée imaginaire, puisque c'est le ministre allemand des Transports Alexander Dobrindt qui a annoncé début 2015 que la Bavière allait autoriser l'autoroute A9 aux voitures autonomes.
Affaire à suivre...
Les concepteurs de l'application controversée de covoiturage / taxi, Uber se sont aussi lancés dans la course des voitures autonomes, et on comprend la stratégie. La source de leur ennui est justement la concurrence déloyale entre les chauffeurs de taxi professionnels et les chauffeurs amateurs.
Si la flotte de taxi Uber n'a plus de chauffeur, fini les ennuis …. ou pas !
Nous reviendrons ci-dessous sur les conséquences sociales de la voiture autonome.
"One more thing…" La rumeur dit qu'Apple prépare en secret une iCar… (ou iMove..)
On avait déjà eu ce genre de rumeurs fantaisistes qui annonçaient la sortie d'un iPhone…. ça a été démenti par Apple… mais quelques années plus tard l'iPhone a fait un raz de marée...
Face à cette concurrence internationale, Google reprend la tête de la course en poussant le concept de la voiture autonome encore plus loin: la bulle.
Au lieu d'équiper une voiture existante, Google revoit tout le concept et crée ses propres Google cars, sans volant, sans commande manuelle. La nouvelle Google car est une voiture électrique en forme de bulle qui roule à 40km/h avec une autonomie de 130 km.
Google ne fait pas un prolongement de ce qu'est une voiture en l'automatisant, mais réfléchi à ce que va devenir la mobilité du futur avec ce genre de techniques, et donc le mieux était de concevoir depuis le début une véritable auto-mobile (une voiture qui roule toute seule dans le vrai sens de "auto")
Voici un vidéo des essais de Google cars.. (mai 2014)
Pour les fans qui veulent suivre toutes les annonces faites par Google à propos de leur Google Cars voici la page du projet.
La commercialisation de cette google car version bulle est prévue pour 2020. (bien qu'un temps google parlait de 2017 pour ses "google cars"... peut être il y aura deux phases ? une pour les véhicules normaux modifié et une pour les google cars "bulle" ?)
En poussant le concept encore plus loin, Google se heurte à nouveau à une limite légale. Toutes les législations nécessitent qu'un humain puisse reprendre le contrôle du véhicule à tout moment.
Du coup depuis l'été 2015, les Google cars "bulle" roulent sur les routes de Californie, mais avec des pédales et un volant amovible.
Ces voitures ont beau être toutes récentes, elles ont déjà roulé autant que ce qu'un américain moyen a roulé dans sa vie quand il atteint l'âge de 75 ans.
Les enjeux des véhicules autonomes dépassent largement le domaine des transports. Comme ça l'a été avec les appareils photo au moment du passage au numérique, ce ne sont pas forcément les entreprises traditionnelles du domaine qui sont les plus à même de définir ce que sera la mobilité du futur.
Pourquoi Swisscom, une entreprise de télécommunication s'intéresse à la voiture autonome ?
Swisscom a envie de développer un internet mobile des objets. Un internet dans lequel les objets eux-mêmes envoient des informations. Par exemple, on peut imaginer que les places de parc indiquent si elles sont libres où non. Ainsi une voiture autonome qui arrive sur un parking peut directement réserver son emplacement et se parquer sans perdre du temps à tourner en rond dans le parking.
Swisscom se projette comme gestionnaire de ce genre de ressources. Ainsi on peut imaginer un partage beaucoup plus souple et à grande échelle des places de stationnement dans une ville entière. La voiture étant autonome, elle peut vous laisser juste devant la porte et aller se parquer à quelques centaines de mètres plus loin dans une place qu'elle aura négociée suivant les critères que vous lui aurez donnés. (Temps de stationnement, fourchette de prix, distance pour économise le carburant, etc..)
Que vont devenir les agents de police ?
Ça me fait penser aux gags de Gaston Lagaffe qui trouve toujours un moyen, une invention, pour piéger l'agent Longtarin qui s'apprête à lui mettre une contravention pour dépassement du temps de stationnement.
Et oui, d'ici 5 ans votre voiture ira peut-être elle même changer de place de parc toutes les heures pour éviter une contravention !
Une telle gestion d'information n'est pas le métier de base des constructeurs automobile. Ainsi on comprend pourquoi des opérateurs de télécom se pressent aux créneaux.
Swisscom se projette dans le futur et tente de savoir quel rôle pourra avoir un véhicule s'il n'est plus nécessaire de le conduire ?
Est-ce que la voiture deviendra un espace de travail ? Un cinéma ?
Du coup, il faut concevoir la technique qui permettra de fournir des films à haut débit sur toutes les routes !
Opel a déjà réfléchi à cette problématique et propose OpelOnStar, un système Wifi intégré dans chaque véhicule. L'abonnement de téléphonie pour connecter le véhicule est même offert la première année !
On retrouve ici un concept qui est déjà en vigueur depuis quelques années dans les cars postaux suisses qui sont tous équipés de wifi gratuit pour les passagers.
De plus l'enjeu de la voiture autonome est aussi très lié à la cartographie. Swisscom annonce qu'ils font de la cartographie des positions anonymisées des téléphones mobiles afin d'améliorer leur couverture.
Google s'est récemment associé avec la start-up Aclima pour faire une cartographie en "temps réel" de la pollution dans les villes. Et là, la voiture autonome est intéressantes pour relever les données. Le but est de savoir où sont les problèmes pour pouvoir y mettre des parcs avec de la verdure....
Google est en avance sur les autres dans le domaine des véhicules autonomes, justement parce que Google maitrise bien la cartographie.
Mais Google ne détient pas forcément les données de base de la cartographie. Dans ce domaine, historiquement il y a deux sociétés leader Tele Atlas et NavTeq qui depuis longtemps ont numérisé le monde. Et dans cette guerre de la cartographie, avec l'émergence massive des GPS les deux ont été rachetés pour des raisons stratégiques. TomTom a racheté Tele Atlas et Nokia a racheté Navteq.... mais voilà que pendant la rédaction de cet article (début août 2015), un consortium de constructeur automobile Allemand, BMW, Daimler et Audi (du groupe Volkswagen) a racheté toute la division cartographie (Here) de Nokia pour la modique somme de 2.8 Milliards d'euros !
La guerre de la cartographie bat son plein pour être maître de la mobilité du futur !
Les données sont continuellement mises à jour par des camping-cars bourrés de caméras qui scannent les panneaux de signalisation.
Pourquoi un camping-car ? .. et bien par ce que le chauffeur doit bien dormir à un moment donné !
Si le véhicule pour se déplacer tout seul, plus besoin d'humain, plus besoin de camping-car...
Google a collecté déjà beaucoup de données avec son projet streetview. On peut imaginer que ça peut intéresser le géant de l'information de s'étendre dans le domaine de la cartographie, de se libérer de ses fournisseurs et d'avoir une flotte entière de google cars qui cartographient automatiquement le monde entier !
Dans ce domaine Uber a annoncé un partenariat avec l'université de Canergie Mellon. Une université qui est spécialisée en robotique et qui a déjà à son actif le pilotage de rover sur mars.
Ainsi Uber se met un peu en porte à faux avec Google en s'intéressant aux voitures autonomes et à la cartographie. En effet, Google se trouve être un des investisseurs (258 millions de $ en 2013) et partenaire de Uber. Car Uber a besoin d'un service de cartographie pour proposer son service de covoiturage.
Et à l'avenir Uber se voit bien remplacer la Poste, Fedex et DHL par un service de livraison automatique. Qui gagnera les drones d'Amazon ou la voiture autonome ? (ou encore.. le coursier à vélo :P )
La guerre des véhicules autonomes est lancée.
Les conséquences sur le remaniement du monde des transports va surtout se faire sentir pour les emplois qui sont liés aux transports… et il y en a pas mal.
Aux USA, chauffeur de camion (Truck Driver) est devenu en quelques années, l'emploi le plus fréquent dans de nombreux Etats. Ceci car, c'est un des rares emplois qui ne nécessite pas de compétences particulières et qui ne se délocalise pas.
Au niveau mondial il semble que près de 30% des emplois sont dans le secteur des transports !!
Dans ce tas, on peut compter les camions, les autocars, les livreurs en tous genres (La poste), les taxis, mais aussi les véhicules des magasiniers dans les gros entrepôts, et aussi les énormes camions utilisés dans les mines à ciel ouvert. Le secteur des transports est très vaste.
Comme toujours avec l'automatisation des emplois, ce sont les moins qualifiés qui sont remplacés. Voici une liste de boulot en voie de disparition à cause de l'automatisation.
Les ingénieurs spécialisés en robotique sont très recherchés.. mais pour 1 emploi d'ingénieur créé, ce sera 300 chauffeurs de taxi qui vont perdre leur emploi !
Que va-t-on faire des 80% de gens qui se font piquer leurs emplois par des robots, mais qui n'ont pas les compétences nécessaires pour retrouver un emploi ?
Moi, j'ai une proposition.... J'y viendrai un peu plus bas...
Travis Kalanick, le patron de Uber a déjà annoncé clairement que son but était d'éliminer ce qui coute cher dans son service: l'autre gars qui est dans la voiture.
Les taxis ne sont de loin pas le seul domaine concerné. Les chauffeurs poids lourds ont de gros soucis à se faire.
Les chauffeurs font des milliers de km au volant, souvent sur l'autoroute. Il ne font rien de très compliqué 99% du temps. C'est au chargement et au déchargement qu'il faut de la main-d'oeuvre. Le pilotage de camion ne pose aucun souci technique.
Depuis mai 2015, le premier camion autonome roule sur les routes du Nevada !
Actuellement, comme pour les voitures, un chauffeur est requis pour reprendre la main en cas de besoin. Mais d'ici 10 ans, c'est quasi certains que les chauffeurs ne seront plus nécessaires !
Aux USA, il y a 4000 morts par an à cause d'accident du à des camions et dans 90% des cas, c'est à cause d'une erreur humaines.
Dans le domaine des transports publics. Il existe déjà de nombreux métros sans chauffeur, comme celui de Lausanne. La technique est au point. Le prochain pas, ce sont les bus. Toujours à Lausanne, le campus de l'EPFL expérimente ces temps des bus sans chauffeur.
Autre effet collatéral… s'il n'est plus nécessaire de savoir conduire une voiture pour l'utiliser. Alors qui aura encore besoin de permis de conduire ? Qui va apprendre à conduire ?
Les profs d'auto-école ont certainement du souci à se faire. Une profession de plus menacée. L'automatisation est déjà un souci dans de nombreuses professions. On assiste ces derniers temps à une automatisation massive.
Le secteur des transports est peut-être la "Goutte d'eau qui va mettre le feu aux poudres" :P qui va massivement mettre des gens au chômage et faire plonger tout le système.
Il est grand temps de modifier la manière dont on intègre tout le monde dans notre société. Actuellement l'emploi est autant une source de revenu pour vivre qu'une place sociale. Dans notre société, sans emploi, on est rien.
Ces temps je m'intéresse de plus en plus au Revenu de Base Inconditionnel qui est une manière élégante de garantir tout le monde d'avoir un revenu qui permet de vivre et ainsi d'aller sereinement dans un monde où l'emploi est rare.
Ainsi on éviterait peut-être des tensions comme celle des chauffeurs de taxi qui manifestent contre Uber dans de nombreuses villes.
Si l'on donne à chacun(e), via un Revenu de Base Inconditionnel, les moyens en temps et en argent de se créer son propre emploi, il est possible de dynamiser le tissu économique pour aller vers l'avenir, pour traverser cette crise de l'automatisation.
Heureusement qu'en même temps que l'automatisation du monde des véhicules arrive, l'idée du Revenu de Base Inconditionnel conquiert le monde aussi ! Comme en Suisse où une initiative populaire fédérale a été déposée et le peuple Suisse votera sur l'introduction du Revenu de Base Inconditionnel dans la constitution.
Un des gros objectifs de la voiture sans chauffeur, c'est de supprimer les risques d'accident. En 40 ans, le nombre de morts sur les routes a beaucoup diminué. La sécurité des véhicules s'est bien améliorée. Mais il reste un seuil incompressible.
Avec l'automatisation, plus de soucis de fatigue, d'inattention due aux smartphones, et de conduite en état d'ébriété.
Mais alors, s'il n'y a plus d'accident que vont faire les assureurs ?
Ils vont certainement trouver de nouveaux risques à assurer… Là aussi il y a du chamboulement en vue.
Un des objectifs de Uber est d'être meilleur marché que le fait de posséder son propre véhicule.
Ainsi on arrive directement dans l'économie de fonctionnalité. Une économie basée sur le fait de vendre un service, une solution, plutôt qu'un objet.
Au passage, l'économie de fonctionnalité permet de supprimer l'obsolescence programmée. Une entreprise qui fournit un service à tout intérêt à avoir du matériel fiable et efficace sur le long terme et qui se répare.
Il y a quelques années j'ai déjà écrit un article à propos du futur de la mobilité et je prédisais que l'on arriverait à terme à un abonnement de mobilité qui permet un accès à tout type de véhicules. Au moyen de transport adapté à ses besoins du moment.
Et.. Bien c'est chose faite !
Le SwissPass vient de sortir en été 2015… c'est un abonnement CFF pour tous les transports publics en Suisse… et il est possible de charger sur la même carte un abonnement à la coopérative mobility qui donne accès a divers types de véhicules partout en Suisse.
On peut se demander comment la coopérative mobility va tirer son épingle du jeu avec l'arrivée des voitures autonomes ?
Le mieux pour elle, c'est d'acquérir aussi une flotte de véhicules… mais est-ce qu'elle arrivera à faire concurrence à Uber, Google et autres qui sont aussi les concepteurs des algorithmes et les propriétaires des données des cartes qui guident les véhicules ??
Alors… en 2020 le boum des voitures autonomes ?
On verra…
Dans tous les cas vous retrouverez cet article dans ma rubrique "archéologie du futur", avec mes autres essais de prospective.
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juin
12
Sans que l'on s'en rende encore vraiment compte, le monde de la fabrication d'objets change. Les pièces du puzzle d'un artisanat industriel se mettent en place.
Mais déjà, avant d'aller dans le futur, comment est-ce que l'on fabrique des objets maintenant ?
Pour bien comprendre, faisons un petit retour historique.
Nous voici dans un passé lointain, ou les humains grâce à leurs mains munies d'un pouce opposable se mettent à utiliser des objets. Tout d'abord il s'agit d'objets ramassés. Trouvés en l'état. Puis ils commencent à être façonnés. C'estle début de l'artisanat.
Un artisan réalise un objet du début à la fin, et il réalise ce travail chez lui.
Puis arrive la révolution industrielle. Pour des raisons d'efficacité, on invente la division du travail, la spécialisation et ceci débarque sur le travail à la chaine. Comme on ne peut pas faire une chaine qui traverse toute une ville. On invente l'usine !
(quoique, comme l'a relevé Marx, La Chaux-de-Fonds montre le contraire. La ville entière est une usine d'horlogerie!)
Ce modèle industriel est tellement efficace que petit à petit, il remplace quasi complètement l'artisanat.
Au passage, ce modèle industriel induit de profonds changement sociaux. Il crée des classes. Des ouvriers, des cadres et des patrons.
C'est la glorieuse époque de la lutte des classes.
Et l'on arrive à Karl Marx que tout le monde connait et associe au communisme. Mais qu'a vraiment dit Marx ?
En très bref, il a écrit (mais ne l'a pas terminé) un bouquin qui s'appel le Capital. Dans lequel il explique le fonctionnement de l'économie capitaliste issue de la révolution industrielle:
Et voilà que de simples divergences d'opinions sur la manière d'organiser une production industrielle d'objets va modeler toute la politique du 20ème siècle !
La querelle ne remet même pas en cause le mode de production, juste son organisation.
Ceci montre bien à quel point la production d'objets est capable de changer le monde !
Quelle influence aura sur le monde le changement que je vais te décrire dans quelques instants ? Ce n'est pas un simple changement d'organisation de la production. C'est un véritable changement du mode de production. Comme l'a été le passage de l'artisanat à l'industrie.
J'ai dit ci-dessus que les techniques de production d'objets influencent terriblement le monde. Mais il y a des techniques qui influencent encore plus le monde. Il s'agit des techniques de l'information:
Tous les domaines d'activités lié à l'information ont complètement été chamboulé. La presse, les télécom, la diffusion de musique, de film, de livre, etc...
Cette vague de chamboulement que le monde de l'information a vécu ces 20 dernières années arrive dans le monde physique, dans le monde des objets.
Voilà la grande révolution que j'appelle l'artisanat industriel.
Pour découvrir ce qui nous attend dans le monde de la production d'objets, il suffit d'y appliquer les recettes qui sont utilisées dans le monde de la production d'objets dématérialisés, d'objets du monde de l'information.
On bref, nous allons vers..
Observons les conditions que doit remplir un objet pour exister dans une société industrielle.
Pour exister, un objet doit être....
Le web a déjà permi de faire sauter 2 de ces goulets avec des sites comme Groupon, qui permettent de se mettre ensemble pour acheter un produit avec un fort rabbais. Donc la promotion est assurée et la demande en magasin est assurée.
=> Il ne reste que le goulet de fabrication à faire sauter. C'est ce qui est en train d'arriver.
Ceci grâce à de nouveaux outils de productions.
Ce qui révolutionne le monde des objets est le fait que pour une somme accessible aux particuliers, il est possible d'acheter une usine à tout faire !
C'est ici que l'on parle de l'imprimante 3D. A notre époque, quasi tout le monde a chez soi une imprimante qui permet de déposer sur papier du texte et des images. L'imprimante 3D, comme son nom l'indique, ajoute une troisième dimmension. Elle est capable d'imprimer des objets à partir d'un modèle 3D.
Il existe de nombreuses variantes d'imprimantes 3D capables d'imprimer des objets de toutes tailles, de quelques micron à la taille du fuselage d'un avion. Si la plupart des imprimantes 3D fabriquent des objets en plastique, certaines impriment des matières aussi diverses et variées que le chocolat ou des cellules souches !
Voici de quoi imaginer ce à quoi ressemblera notre futur. Nous mangerons des steaks imprimés chez nous avec des protéines d'insecte élevé à la maison. Les plus grands "food designer" concevrons les plats les plus rafinés que vous pourrez télécharger.
Un problème de rein... allons en imprimer un nouveau et changeons-le. C'est n'est pas tellement de la science fiction, il existe déjà une homme qui vit avec une vessie imprimée !
La technique de l'impression 3D est dans ce domaine un concurrent direct de la biologie de synthèse dont j'ai déjà parlé il y a un peu plus d'une année dans un article. On est dans la même logique: créer un objet physique à l'aide d'une description numérique.
Hormis l'imprimante 3D, il y a un autre outil qui a beaucoup de succès. On en parle moins car c'est moins impressionnant. Mais c'est très utile. Il s'agit de la découpeuse laser. Là on reste dans la 2d. Mais On trouve des découpeuse laser qui coupent tout, du papier au métal.
Bon, les matériaux les plus populaires sont plutôt le bois et le plexiglas.
Bien que le coût de ces usines à domicile soit abordable, c'est encore cher. Heureusement, il exise le principe des Fab-lab. Ce sont des laboratoires de fabrication qui sont ouverts au public. N'importe qui peut y venir utiliser les machines !
Bien que le concept se répend un peu partout. Il n'y a pas de fab-lab à chaque coin de rue. Cependant, j'ai eu la chance de découvrir qu'il y en a un à 5 minutes à pied de mon bureau !
Le Fab-lab de Neuchâtel: fablab-neuch.ch est situé en face de la gare. De manière générale, le mecredi matin les machines sont en accès libre. Le mercredi après-midi. Pour une modique sommes CHF 70.- il est possible de réserver les machines.
Je sens que mon imagination bouillonnante va pouvoir bientôt matérialiser des objets !
Si l'on est un "nerd" enfermé chez soi et que l'on a pas envie de participer à l'ambiance collaborative d'un Fab-lab, il est toujours possible de ne pas mettre les mains dans la camboui (bien que le camboui est rare) et de rester uniquement dans la conception numérique et de confier la réalisation physique à des usines en ligne.
En effet, il y a des entreprises qui se sont montées autour du principe de la réalisation d'objet à la demande avec des imprimantes 3D.
Pour les gens qui n'y connaissent rien à la conception d'objets il existe même un service pour les gens qui n'ont que des idées !
La grande nouveauté de cet artisanat industriel et ce pourquoi je l'appelle ainsi, c'est la personnalisation.
L'artisanat industriel mélange ces deux mondes. Il possible de faire chez soi, des objets personnalisés, comme du temps de l'artisanat. Mais c'est une réalisation faite par une machine, donc plutôt industrielle.
Si, comme dit plus haut on transpose ce qui est arrivé au monde de l'information dans le monde physique. La personnalisation va de soi.
Petit exemple, sur facebook, chacun a un flux d'information personnalisé !
Cette réflexion sur l'avenir de la fabrication d'objets est inspirée par la lecture du livre Makers, la nouvelle révolution industrielle écrit par Chris Andersen.
Chris Andersen est déjà l'auteur du livre: La longue traine. Dans lequel il explique que grace aux boutique web, il est possible de faire tourner une boutique sans vendre des produits de masse. Mais en vendant des produits de niche.
Le principe de la longue traine s'explique bien avec une librairie. Une petite librairie dispose d'une place de vente et de stockage limitée.
Donc elle ne va vendre que des "best-seller" des livres qui se vendent bien. Elle ne va pas s'encombrer de livres dont on ne vend qu'un seul exemplaire par année.
Une librairie comme Amazon a une place de stockage qui ne coûte pas cher et un magasin virtuel infini. Donc elle se permet de vendre des livres qui ne sont vendus qu'une fois par an. Et finalement le potentiel de vente de livres différents mais rarement vendu est autant voir plus grand que de vendre beaucoup d'exemplaires d'un nombre restreint de livre.
Chris Andersen nous annonce que ce principe arrive dans le monde industriel grâce aux imprimante 3D et découpeuses laser qui permettent de fabriquer des petites séries d'objets pour pas cher.
On a vu que l'ère industrielle a favorisé les riches. Des gens capables d'acheter des moyens de production.
Si l'on a pas la chance d'être riche mais que l'on veut quand même se lancer dans l'industrie, le système capitaliste à développé plusieurs mécanismes:
Ces systèmes sont effectivement utilisables, mais il ne sont pas accessible à tous et ont certains désavantages.
Le crédit est un moyen de concentrer à un moment donné un capital et d'étaler le payement sur du long terme. Mais il est lié à des intérêts. Du coup, sur le long terme on va dépenser 3 fois plus d'argent, et il y a un sérieux risque de ne pas pouvoir rembourser si l'on se plante.
Si l'on est une start-up qui a l'air intéressante, il y a peut être un gentil investisseur qui va vous donner de l'argent pour démarrer en espérant un jour en gagner avec ce que vous aller réaliser. Mais en échange, il va demander une partie de votre entreprise et surtout des revenus de celle-ci !
La bourse utilise le même principe, mais au lieu d'avoir un seul investisseur, on découpe le capital de l'entreprise en de nombreuses parts que l'on vend à de nombreux investisseurs !
(Avec en plus la possibilité de spéculer sur la valeur des parts d'entreprise! ... donc faire de l'argent en étant totalement déconnecté du monde industriel.)
On voit que le nombre de riche étant limité, ces outils se sont répandus très vite et finalement de nos jours 97% des flux monétaires sont financiers et plus industriels !
La révolution industrielle a conduit à l'invention du monde banquaire et financier. La prochaine révolution industrielle va probablement chambouler ce monde de la finance.
Bref, avec ces mécanismes on perd toujours quelque chose et on est pas certain que l'idée marche vraiment.
Comment faire pour éviter ces mécanismes ?
Pour trouver la solution, observons la solution qu'ont trouvé des agriculteurs pour vendre leur production. L'agriculture contractuelle.
La production de nourriture est achetée à l'avance par les consommateurs. Ils achètent un panier. L'agriculteur ne produit pas s'il n'est pas certain d'avoir sa production écoulée.
Dans le domaine des biens d'information (toujours notre modèle à transposer sur le monde physique), on trouve des sites web qui permettent de réaliser une opération similaire à l'agriculture contractuelle. On a appelle ceci le financement communautaire (crowdfunding)
Si je veux réaliser un film. Je présente mon projet sur le site http://www.kickstarter.com . J'indique le montant qu'il me faut pour réaliser le film. Le site m'impose un délai durant lequel trouver des gens qui font des promesses de dons pour financer mon film. Si j'arrive à la somme voulue dans les délais. Les gens doivent payer et le projet démarre. En revanche, si la somme n'est pas atteinte, c'est probablement que le projet n'est pas bon et qu'il faut le revoir.
On observe de plus en plus que cet outil est détourné pour financer non pas des biens d'information avec des dons. Mais des objets physiques.
Le site de financement communautaire permet de faire une étude de marché pour voir si le produit aura du succès, ainsi que de prendre des pré-commande.
Ainsi, on limite les risques de se planter, on a déjà des clients et on ne doit pas partager son entreprise. Dans le monde de demain, on a tout avantage à faire du financement par les foules.
Ça implique que les banquiers perdent de leur pouvoir de décision sur ce qu'ils veulent financer ou non en accordant des crédits.
Un artisan travaillait généralement seul. Avec la révolution industrielle et la création d'usine, la notion d'entreprise est devenue importante.
Avec l'artisanat industriel, est ce que l'entreprise est toujours utile ?
D'un point de vue financier, on vient de voir que non. Il n'est plus nécessaire d'avoir une entité juridique à vendre pour se financer.
D'un point de vue de la production d'objets, vu que l'automatisation y est pour beaucoup. Pas besoin d'être beaucoup de monde et donc pas besoin de créer un groupe de gens appelé entreprise.
C'est du point de vue de la conception qu'il est intéressant de regrouper ses forces, d'avoir un brassage d'idée avec beaucoup de monde. Mais est-ce que le cadre d'une entreprise est nécessaire ? Je ne le pense pas.
Pour s'en convaincre, on va encore une fois transposer dans le monde physique les pratiques du monde de l'information numérique.
Il faut surtout observer le monde du développement de logiciel. Il existe de nombreux logiciels qui sont "open source". Donc les sources sont ouvertes et le développement du logiciel est fait par une communauté, pas par une entreprise. Les exemples les plus connus sont linux, firefox, libre-office, etc... et bien souvent tous les logiciels cachés au grand public mais qui sont la base de l'internet, du web, du e-mail....
Les communautés de concepteurs sont l'avenir de la création d'objets.
Il y a beaucoup d'entreprises leader dans leur domaine se vantent d'avoir recruté les meilleurs chercheurs du domaine. Souvent elles oublient de préciser... les meilleurs qui ont bien voulu venir....
Le cadre proposé par une entreprise est souvent très exclusif. On ne doit travailler que pour une seule entreprise. Il est aussi très contraignant. On doit travailler dans un lieu précis, avec des conditions précises... beaucoup de gens refusent de changer de vie pour aller se mettre au service d'une entreprise.
Si l'on observe le monde des moteurs de rendu pour navigateur web. Il y a deux grands projet open source, il s'agit de Gecko qui propulse Firfox et Webkit qui propulse Safari, Chrome et depuis peu Opéra.
Opéra développait son propre moteur de rendu pour son navigateur web. Mais probablement que cette entreprise n'a pas pu régatter face à la force des deux grands géants open source.
Il reste encore microsoft qui est dans la course avec son moteur Trident. Mais avec beaucoup de retard par rapport aux géants open source. Comme quoi, même un géant de l'informatique ne peut pas régatter contre des communautés de créateurs.
En ce qui concerne l'exclusivité, on observe parfois que des gens contribuent aux deux projets concurrents. Parfois pour tester deux manières différentes de faire. Ce qui permet plus tard de savoir quelle est la meilleure.
Peut être qu'elle ont LE meilleur chercheur tout seul. Mais la communauté accepte tout le monde, elle a peut être pas LE meilleur, mais les 9 meilleurs suivants !
Il y a des domaines dans lesquels on forme beaucoup de gens, mais on engage peu. Ainsi, la communauté offre un lieu où ces gens peuvent s'exprimer.
C'est ce que l'on peut voir avec l'exemple du métier de designer en automobile. Beaucoup de designer aimeraient travailler dans se domaine, mais peu sont engagés par l'industrie automobile. Les designers non sélectionnés finissent donc par concevoir d'autres choses comme des brosses à dent et des stylos et ceci pour avoir un travail pour vivre.
Mais si on leur propose un projet de conception de voiture open source tel que wikispeed, il est fort probable que ça les intéresses de participer à cette communauté de co-créateurs.
Tout comme la révolution industrielle a modelé notre société actuelle, son économie, ses institutions politiques, son réseau de transport et de communication, cette nouvelle révolution industrielle risque de chambouler pas mal de chose.
Comme tout est lié, il est difficile de dire quel est l'avenir que l'on aura. Chaque modification fait bouger tout l'édifice comme dans une partie de mikao.
Cependant, il ne faut pas oublier que notre société n'est que le reflet de ce que l'on veut. De tout temps les sociétés humaines ont été guidées par des prophètes et des visionnaires...
Il est possible de constuire un projet de société autour de ces nouvelles possibilités.
Nous entrons dans l'ère de la créativité, de la collaboration et du partage.
Voici quelques réflexions qui vont dans ce sens et que j'ai déjà abordé sur ce site:
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jan
6
C'est dans une conférence de Jean-Marc Jancovici à l'ENS début 2012 que j'ai découvert l'équation de Kaya.
(la partie sur l'équation de Kaya commence vers 1h13 dans la vidéo. Mais le tout est intéressant !)
Ce que voulait montrer M. Yochi Kaya en créant cette équation sont les relations entre différents facteurs important sur le système énergétique de notre monde.
Cette équation part de l'égalité entre la quantité de CO2 émis par l'humanité et cette quantité elle même.
CO2 = CO2
puis avec des tours de passe-passe algébrique, on peut introduire des paramètres dans cette équation.
Le niveau total d'émission de CO2 peut s'exprimer comme le produit de quatre facteurs : la population, le PIB par habitant, l'intensité énergétique par unité de PIB produite, l'intensité d'émission de CO2 par unité d'énergie consommée.
CO2 = POP * PIB/POP * TEP/PIB * CO2/TEP
Conclusion... il y a de grandes chances (ou risque) que les objectifs de PIB et de diminution d'émission de CO2 ne soient pas possible !
C'est ce qui est le plus facile à changer.
ça fait déjà bientôt 30 ans que l'on crée du PIB avec des bulles spéculatives.
Dans (presque) la même conférence quelques mois plus tard devant le sénat français, Jancovici indique clairement que sa solution passe par une utilisation massive du nucléaire. => peu d'émission de CO2, et fourni beaucoup d'énergie sans passé par des panneau solaire construit par des chinois avec de l'électricité faite au charbon (plus de 80% de l'électricité chinoise)....
Quels sont les facteurs que l'on peut bouger:
Quelques idées:
Encore à creuser... et refaire les calculs pour d'autres scénarios....
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août
28
Dernièrement j'ai vu une jolie vidéo de prospective montrant l'avenir de la projection d'informations sur toutes sortes d'écrans....
Dans cette vidéo on y voit des écrans partout. Le miroir de la salle de bain se transforme en véritable tableau de bords d'avion de ligne avec son agenda, la météo et les news du jour.
L'arrêt de bus indique où se trouve le bus en temps réel et l'itinéraire à emprunter pour se rendre où l'on veut.
Grâce à un immense écran de verre placé en pleine forêt, il est possible de voir à quoi ressemblait la vie des dinosaures des millions d'années plus tôt.
... C'est joli... mais je ne crois pas à ce principe.
Pourquoi mettre des écrans partout ? ... cette vidéo est bien une pub pour des gens qui font des écrans !
Je crois que les vandales vont adorer les arrêts de bus avec écrans géants !! :P
Je crois que ça va vraiment être facile à nettoyer d'avoir une vitre géante à travers la forêt !
Je crois que pour de simples questions pratiques la version en taille réduite aura plus de succès !
Je pense qu'au lieu de mettre des écrans partout, nous nous dirigeons plutôt vers la réalité augmentée. Une superposition d'informations sur la vie réelle.
On voit de plus en plus d'applications pour smartphones qui utilisent déjà la réalité augmentée. Il n'y a qu'un seul écran qui est capable de filmer ce qu'il a juste devant lui, de traiter l'info et de superposer des nouvelles infos.
Il y a l'exemple de l'application qui donne le nom des montagnes, l'application qui donne le nom des étoiles.
"Tu as déjà tenté de couper un gâteau en 7 parts égales ?? ..."
"L'application iPie.... peut t'aider en superposant un cercle coupé en 7 parts égales à l'image de ton gâteau..."
Comment couper un gâteau avec le concept présenté dans la vidéo ? Ce n'est pas un écran de plus qui va m'aider !
Donc cette jolie vidéo peut présenter des concepts intéressants.. mais je n'y crois pas !
J'ai lu il y a quelques années, un livre de Vernor Vinge intitulé "Rainbows end" .
Ce livre décrit un avenir très proche dans lequel les gens portent des lentilles de contact qui servent à projeter une image par-dessus le monde réel.
Ainsi il est possible de superposer ou remplacer l'image de la vie réelle par d'autres images.
Il est possible de discuter avec des gens qui ne sont pas physiquement en face de soi, mais juste avec leur image. Une sorte de Skype amélioré.
Il y a même des tournois de sport où les équipes ne jouent pas physiquement sur le même terrain !
C'est pratique, ça évite les collisions entre joueurs et les débordements des hooligans.
Les gosses peuvent "skiner" leur monde. Ainsi il y avait l'exemple du skin Harry Potter... tous les passants sont déguisés en sorciers..... les maisons sont transformées en châteaux hantés...
C'est impressionnant, il est possible de choisir des chapeaux, des lunettes, des moustaches et divers accessoirs.
Le système est capable des les superposer aux bons endroits. Les lunettes restent sur les yeux peu importe la distance à laquelle je me place et me suivent dans tous mes déplacements.
Voici un petit exemple de Martouf le pirate. Je porte un chapeau, un cache oeil, un boc et une moustache.
Quatre objets fixés sans problème au bon endroit, et ceci même en m'agitant dans tous les sens. Bluffant.
Je me réjoui d'avoir mon kit de lentilles de réalité augmentée et de me balader dans le skin de "Pirate des caraïbes 18" !
La pub peut devenir encore plus intrusive. Tu peux te retrouver en plein dans le spot avec le tigre mascotte de ta marque de céréales préférée qui veut aller faire un peu de basket avec toi...
Mais il sera aussi possible d'installer un anti-pub, comme je le fais maintenant avec Adblock plus pour surfer sans pub sur le web !
Donc finalement, avec la réalité augmenté, je ne vois pas pourquoi j'installerai des écrans partout ??
Pour se faire une idée de ce à quoi ressemblera notre monde avec une utilisation massive de la réalité augmentée. Voici une petite vidéo:
Ainsi, pour un livre, il est possible d'afficher directement la note et les commentaires trouvé sur amazon.
Pour les commerciaux, il est aussi possible d'afficher directement un moyen d'acheter. Comme dans la vidéo. Je vois mon café, et hop, j'ai un bouton pour acheter une recharge.
Dans la rue, quand je croise des gens, ils affichent un petit message de statut au dessus de leur tête, comme sur MSN ou facebook.
Si la météo du jour est maussade et ne me plait pas. J'affiche un beau ciel bleu.
Je ne peux plus me perdre. Dans un coin de mon champ de vision, j'ai toujours une flèche de direction qui m'indique mon chemin. Ceci rappelle beaucoup ce que l'on fait dans certains jeux vidéos !
Tout ça, c'est de la musique d'avenir me direz vous.... et bien pas tant que ça. On voit que la réalité augmentée gagne du terrain avec les smartphones.
Il ne manque plus que d'en arriver aux lentilles.
Cependant, il existe une technique intermédiaire qui existe déjà. Tout droit sortie des labos du MIT. Il s'agit du projet SixthSense.
Le principe est assez simple. C'est coupler une caméra et un projecteur vidéo. Puis il y a tout un logiciel qui permet de faire interagir les deux à l'aide de marqueurs en couleurs collé au bout des doigts.
Après avoir porté un gros beamer sur un casque, la miniaturisation du projecteur à permi de partir explorer le monde et interagir avec lui.
Avec SixthSense, pas besoin d'écran ni de lentilles. Tous les objets sont des écrans potentiels. Toute surface en face du projecteur permet d'être utilisée.
Ainsi, il suffit de faire un cercle sur son poignet pour faire apparaitre une montre.
Ce genre d'application est aussi très fréquentes sur iPhone reste juste à augmenter la taille de l'écran pour que ce soit agréable.
Pour regarder un film, rien de plus simple il suffit de trouver une surface blanche devant soi. Un mur par exemple. Mais la feuille blanche ça marche aussi.
C'est ainsi que n'importe quelle feuille blanche fait tout autant, voir plus qu'un iPad. Il est possible de jouer à des jeux, de l'utiliser comme bouquin, d'afficher des documents de travail. N'importe quelle feuille de papier est capable de devenir du papier électronique !
Il est également possible d'imaginer des applications rigolotes comme projeter toute une série de mots-clés sur une personne.
Je ne sais pas d'où viennent les mots que l'on voit dans la vidéo. Mais on peut imaginer que c'est grâce à la photo de la personne en face que l'on peut retrouver le nom de la personne (comme le fait picasa ou iPhoto)
Puis grâce au nom, une petite recherche google permet de retourner plein de mots-clés à propos de la personne !
Ça va être drôle de se balader dans la rue !
Personnellement, j'ai toujours rêvé de pouvoir faire une photo en cadrant juste le tour avec les mains. Et voilà que là j'apprends que ça existe que c'est possible !!
Voilà voilà... donc l'avenir est plus à la réalité augmentée qu'à la multiplication des écrans.
Ce qui soulève aussi le problème de l'exclusion des gens qui n'ont pas de smartphone.... tout comme sont discriminés les gens qui n'ont pas d'ordinateur, ou de connexion internet... ou de téléphone....
J'ignore également si c'est le bonheur.... mais c'est probablement notre avenir.... à moins de l'imprévisible qui est une constante de l'avenir...
On verra....
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mar
31
L'ère de l'électronique touche à sa fin !
Voilà.. c'est lâché, et c'est un électronicien qui vous le dit !
Dans un monde où l'électronique prend une telle place, il est difficile de croire que l'on va voir disparaitre d'ici peu tous nos gadgets électroniques, tous nos processeurs au silicium que nous emportons partout avec nous dans nos baladeurs mp3, téléphones, et autres iGadgets....
Les gourous des techniques du futur sont plutôt en train de dire que l'électronique s'insinue de plus en plus partout.
Après avoir colonisé le monde des télécommunications, l'électronique s'insinue dans nos maisons avec la domotique, dans nos moyens de transports, de l'avion au vélo en passant par la voiture qui pilote toute seule. Une partie grandissante de ce que nous achetons est muni d'une puce RFID...
La médecine a tendance à transformer le corps humain en machine. Il n'est pas rare de rencontrer des gens qui ont un peacemaker, et/ou un appareil auditif...
Les cyborgs sont partout !
Le rêve du mouvement transhumaniste est en train de se réaliser.
Cependant, je persiste à dire que nous sommes au début de la fin de l'ère de l'électronique !
Je vois deux facteurs principaux qui me conforte dans cette idée:
Dans un monde où il y a quasi autant d'habitants que de téléphone mobile, le problème des ressources est limitant.
On ne va pas pouvoir continuer indéfiniment à exploiter des gens et des mines au Kivu pour obtenir le coltan nécessaire à la fabrication des condensateurs au tantale !
Ce facteur des ressources naturelles limitées est important, mais je ne crois pas que c'est celui qui va tout faire basculer.
Comme souvent, c'est plutôt la découverte d'une autre manière de faire qui va changer les habitudes et nous faire changer d'ère.
Les ruptures technologiques sont capables de faire crever les plus grands empires. Un des meilleurs exemples est celui de Kodak.
Après avoir dominé le monde de la photo pendant un siècle, Kodak s'est retrouvé en faillite pour ne pas avoir su gérer un saut technologique, pour ne pas avoir su gérer l'arrivée de l'appareil photo numérique.
Une entreprise spécialisée dans la chimie n'est pas facilement reconvertible en une entreprise d'électronique !
Le phénomène est facile à comprendre, mais alors quelles sont ces techniques qui vont balayer l'électronique, quelles sont ces techniques qui vont provoquer la faillite des Intel et Apple ?
.... C'est la biologie. Plus précisément la biologie de synthèse.
Le mythe de la biologie de synthèse se construit comme celui de la micro-informatique durant les années 1970.
Dans le scénario, on remplace les deux fondateurs d'Apple Steve Jobs et Steve Wozniak qui bidouillent des ordinateurs dans leur garage, par Meredith Patterson, 24 ans, qui bidouille des bactéries et de l'ADN dans sa cuisine.
On peut dire que Meredith joue aux Légos. Elle assemble des "biobricks", sorte de fonctions standard biologiques, ceci afin de construire l'organisme de son choix.
Elle va chercher des séquences ADN sur le net, elle les assemble dans un programme informatique, puis elle synthétise l'ADN comme elle imprimerait une feuille de papier.
Une fois l'ADN produite, on va l'introduire dans le noyau d'une bactérie que l'on a sous la main. La bactérie se reproduit, et voilà, un nouvel organisme est né de la base du programme composé sur l'ordinateur.
En quelque sorte, c'est de l'informatique biologique:
le logiciel de la cellule a été changé !
Cette technique est très récente. Le premier organisme vivant entièrement créé par l'humain a été synthétisé il y a moins de deux ans !
Ainsi, depuis quelques années, il existe des jeunes biohackers qui s'échangent sur le net des séquences d'ADN, et qui réalisent dans leur cuisine ce que des batteries de chercheurs tentent de réaliser depuis des années avec des OGM.
Meredith Patterson a à son actif la création d'un détecteur de mélamine. Une bactérie devient fluorescente au contact de ce poison qui à rendu malade des dizaines de milliers de personnes et tué des bébés en chine.
Elle a également réussi à construire une "usine bactérienne" pour produire de la miraculine, un édulcorant très puissant qui a un pouvoir sucrant bien supérieur à ce que l'industrie alimentaire utilise.
Chaque été le concours IGEM est organisé pour les jeunes afin de trouver des applications innovantes.
Dans les applications, on trouve toute une catégorie de détecteurs à l'instar du détecteur de mélamine. Des étudiants de l'université d'Edimbourg on fait un détecteur d'arsenic dans l'eau.
Une autre grande catégorie d'applications est la création d'usines bactériennes. Ces usines sont souvent capables de créer ce que des processus industriels n'arrivent pas à faire, comme avec l'exemple de la miraculine.
Ainsi, on tente de fabriquer des hydrocarbures pour en faire des biocraburants ou remplacer le pétrole dans les nombreux matériaux qui en sont composés.
A l'aide d'usines bactériennes il est aussi possible de fabriquer des médicaments. On peut imaginer ne plus avaler de médicaments, mais l'usine qui va générer, à interval régulier, le médicament.
Des projets de biofilm existent aussi. Il est ainsi possible de faire des écrans biologiques ou des panneaux solaires !
Ici on voit clairement que l'ère de l'électronique touche à sa fin. Pourquoi construire un écran avec du silicium, s'il suffit de programmer une bactérie et de la laisser se reproduire dans un milieu favorable !
Remplacer les écrans c'est bien, mais le coeur de l'informatique repose sur des processeurs. Est-il possible de faire des calculateurs biologiques ?
C'est ici que la science des automates cellulaires entre en matière. Il a déjà été prouvé que des jeux basés sur des règles très simples comme le jeu de la vie sont en fait capables d'être des calculateurs programmables.
Le fait de savoir qu'un automate cellulaire correspond aux critères d'une machine de Turing, prouve qu'il est possible de faire des ordinateurs biologiques basé sur ce principe.
La voie à l'informatique biologique est ouverte !
La biologie de synthèse offre des perspectives infinies, mais elle met directement en danger notre propre existence et celle du monde dans lequel on vit !
Est-ce que l'on doit vraiment poursuivre dans cette voie ?
C'est une grande question à débattre. C'est ce débat que lance biologiste français, Joël de Rosnay, dans sont livre "Et l'homme créa la vie" (disponible en pdf pour le lire sur bouquin électronique comme je l'ai fait.)
Afin de limiter les risques, il existe plusieurs techniques de confinement utilisables. Une des plus originale est de ne pas utiliser les mêmes base d'ADN que celles dont on est composé. Il est possible actuellement de créer une chaine d'ADN composé d'autres acides aminés que les bases A, C, T, G.
J'ai lu ce scénario dans un recueil de science fiction écrit il y a une quinzaine d'années, et voilà que la réalité dépasse la fiction.
Une autre question d'éthique se pose. Jusqu'à la création de la bactérie Mycoplasma laboratorium, tout être vivant était naturel. Il existe maintenant de la vie "artificielle". Quelle est son statut ?
Est-ce que ces nouvelles formes de vie sont également protégées par l'article 120 de la constitution suisse qui demande de respecter l'intégrité des organismes vivants ?
L'avenir n'a pas fini de nous étonner !
Gardons l'esprit ouvert à tout pour pouvoir préparer cet avenir !
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