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Il y a quarante-cinq ans, le 2 juin 1976, les travailleuses et travailleurs de SARCEM, une société de microtechnique (production d'automates à bobiner) basée à Meyrin, décident d'occuper leur usine pour empêcher la saisie des machines dans le contexte d'une faillite au sujet de laquelle ils nourrissent de gros doutes. L'occupation durera quatre mois, quatre mois d'une intense activité de mobilisation auteur de leur lutte et de vives tensions avec la Fédération des travailleurs de la métallurgie et de l'horlogerie. Elle aboutit à la constitution d'une Nouvelle société SARCEM SA.
Cette occupation est emblématique du cycle de grèves qui se déroule dans la décennie 1970-1980, mais également du processus de désindustrialisation qui s'engage à Genève et, plus largement en Suisse romande.
En prélude à une soirée publique à l'occasion des 45 ans de l'occupation qui devrait avoir lieu à la rentrée, nous publions ici plusieurs documents liés à cette lutte et issus des fonds que nous conservons.
Affiche du Collectif Chant continu pour une fête de solidarité avec les travailleurs de SARCEM à la salle du Faubourg
Rédigée par les travailleurs et les travailleuses de SARCEM comme une synthèse de leur lutte, le texte de la brochure a été approuvé en assemblée générale le 26 octobre 1976 dans les locaux de l'usine. Le tirage et la diffusion sont assurés par la Librairie Que faire?. Comme c'est souvent le cas dans les brochures qui conluent des conflit du travail à cette période, ce texte décrit de façon détaillée à la fois la succession des événements, mais également les modalités pratiques de la lutte, un point non négligeable dans ce cas puisque l'occupation oblige à une présence vingt-quatre heures sur vingt-quatre. La brochure expose aussi la situation de l'entreprise et de la mobilisation - ou plutôt l'absence de mobilisation - des travailleuses et travailleurs avant la grève. C'est cette absence de mobilisation antérieure à l'occupation qui fait dire à Manon Fournier, dans le mémoire de master qu'elle a consacré à cette lutte, qu'il s'agit d'une «mobilisation improbable».
Archives contestataires, Bibliothèque, Broch 0110.
Document issu du fonds Jacques Mino, série 2, SARCEM
Au moment de l'occupation de SARCEM, la Radio pirate 101 essaye, depuis un mois à peine, d'émettre en contournant le monopole des PTT. Six émissions seront ainsi diffusées par le biais d'un émetteur clandestin, l'un d'elle est consacrée à l'occupation de SARCEM.
Fonds Bernard Clerc, Série 4 dossier 2. Une copie nous a également été transmise par Jacques François.
Le mensuel Tout va bien a consacré un article à la lutte dans son édition de septembre. Il revient ici sur le rôle de la FTMH dans le conflit et sur l'analyse en demi-teinte que le syndicat des métaux tire de ces quatre mois d'occupation victorieux. L'article se conclut ainsi: Déja des signes sont apparus qui laissent deviner certaines tensions à l'intérieur du syndicat. S'il serait faux de prétendre que la base de la FTMH s'oppose à la direction, il est cependant certain que des divergences commencent à apparaître entre la conception rigide d'un Schmid et celle des partisans d'une attitude un peu plus subtile.» De fait, une année plus tard aura lieu, au sein de la FTMH, une tentative de faire bouger les lignes: le Manifeste 77.
Tout va bien: mensuel suisse de contre information et de luttes, novembre 1976.
Sur le contexte: