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En s’imposant dimanche pour la troisième fois consécutive aux 24 Heures du Mans, une des trois courses les plus célèbres au monde avec les 500 Miles d’Indianapolis et le Grand Prix de Monaco de F1, le Vaudois Sébastien Buemi (Toyota TS050 Hybrid) est entré dans la légende du sport automobile. Remporter une telle épreuve à trois reprises consécutives est en effet un exploit qui n’a été réussi que par dix pilotes dont les véritables légendes vivantes que sont Henri Pescarolo, Jacky Ickx et Tom Kristensen, vainqueurs à respectivement quatre, six et, record absolu, neuf reprises.
1960: Georges Gachnang participe aux 24 Heures du Mans au volant d’une AC Bristol. Soixante ans plus tard, son petit-fils Sébastien Buemi monte sur la plus haute marche du podium des 24 Heures du Mans pour la troisième fois consécutive de sa carrière. Sébastien est en effet le fils de Véronique Buemi-Gachnang et d’Antoine Buemi qui doivent être ces jours-ci les parents les plus heureux du monde!
Une victoire absolue aux 24 Heures du Mans, une des épreuves les plus dures qui soit car elle se dispute sur une distance supérieure à celle de 17 grands prix de F1, est en effet un rêve que beaucoup de pilotes n’ont jamais pu concrétiser. Cela même s’ils ont gagné pratiquement toutes le courses d’endurance qu’il était possible de remporter. On pense ici à Jo Siffert et à Bob Wollek, qui ont respectivement participé à sept et à 30 (!) reprises à la grande classique mancelle sans jamais s’y imposer!
Sébastien Buemi (31 ans) compte lui neuf participations aux 24 Heures du Mans et il en a remporté aujourd’hui trois éditions. Si la victoire de cette année n’a pas été la plus indécise qui soit car la Toyota TS050 Hybrid – dont il a partagé le volant avec le Japonais Kazuki Nakajima et le Néo-Zélandais Brendon Hartley – s’est imposée avec cinq tours d’avance sur la Rebellion de l’écurie suisse du même nom, elle a été la première que le pilote vaudois a remportée avec Brendon Hartley. Ce dernier, ancien pilote de F1, tout comme Kazuki Nakajima et Sébastien Buemi d’ailleurs, a en effet remplacé cette année le double-champion du monde de F1 Fernando Alonso chez Toyota numéro.
Brendon Hartley, âgé lui aussi de 31 ans, fait partie des coéquipiers dont le pilote vaudois est le plus proche. Le pilote néo-zélandais était d’ailleurs présent au mariage de Sébastien Buemi avec Jennifer Mack à Montreux et il n’a lui aussi pas connu la réussite escomptée en F1. Tout d’abord en tant que pilote d’essai chez Mercedes, où il a côtoyé Michael Schumacher et Nico Rosberg, puis en tant que pilote officiel chez Toro Rosso, l’écurie pour laquelle il a disputé 25 grands prix de F1, en 2017 et en 2018. Sébastien Buemi a disputé pour sa part 55 grands prix de F1 de 2009 à 2011, lui aussi chez Toro Rosso, avec, comme faits marquants, deux 7e places, dont l’une lors de son tout premier grand prix (!) sur les talons, excusez du peu de Fernando Alonso et Nico Rosberg!
Enfin, tout comme Sébastien Buemi, Brendon Hartley a fait partie de la filière Red Bull. Il a terminé sa carrière en F1 en tant que pilote de développement chez Ferrari en 2019 avant de signer chez Toyota. Louis Delétraz (23 ans) a lui aussi été dans le giron de la célèbre Scuderia en tant
que membre en 2018 de la Ferrari Driver Academy. Pour ses débuts aux 24 Heures du Mans, au volant de la seconde Rebellion, en compagnie des Français Romain Dumas et Nathanaël Berthon, le pilote genevois, un des principaux animateurs du championnat de F2, a fait mieux que se défendre.
Longtemps pointé à la deuxième place du classement général, juste derrière la Toyota TS050 Hybrid de Sébastien Buemi, Louis Delétraz a finalement terminé au 4e rang du classement général, à seulement 39 secondes de la seconde Toyota TS050, celle confiée à Pechito Lopez, Kamui Kobayashi et Mike Conway. Avec ce 4e rang, il a fait mieux que son père Jean-Denis Delétraz qui compte dix participations aux 24 Heures du Mans et qui avait lui aussi brillé pour sa première participation dans la grande classique mancelle en y terminant à la 5e place sur la McLaren F1 GTR dont il partageait le volant en 1995 avec les Français Olivier Grouillard et Fabien Giroix.
Outre Louis Delétraz, deux autres pilotes genevois ont effectué à cette occasion leurs débuts aux 24 Heures du Mans. Il s’agit d’Antonin Borga et d’Alexandre Coigny. Associés au Franco-Suisse Nicolas Lapierre, ils ont terminé 11e au classement général et 7e de la catégorie LMP2 avec l’Oreca-Gibson de l’écurie Cool Racing. Celle-ci courait, tout comme les Rebellion, avec une licence helvétique. Enfin, quatre autres Suisses ont eu la satisfaction de franchir la ligne d’arrivée: Simon Trummer (Oreca-Gibson, 12e au général et 8e en LMP2), Rahel Frey (Ferrari 488 Evo, 34e et 9e en GTE-Am), Lucas Légeret (Porsche 911 RSR, 36e et 10e en GTE-Am) ainsi que Thomas Flohr (Ferrari 488 Evo, 39e et 13e en GTE-Am). Jonathan Hirschi et Christoph Ulrich ont en revanche dû abandonner, cela après respectivement couvert 100 et 80 tours de course. La Toyota TS050 Hybrid de Sébastien Buemi en a couvert 387 et la Rebellion, qui a terminé 2e avec Norman Nato, Gustavo Menezes et Bruno Senna, ci-dessous de gauche à droite, en a bouclé 382.
Crédits des photos: Laurent Missbauer, Toyota, Cool Racing, FIA WEC, Ferrari, Rebellion, Porsche et DR