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Un chanoine régulier est un prêtre rattaché à une communauté. Il partage son existence entre sa vie de prière au sein du monastère et son service à l’extérieur, auprès des laïcs.
Les chanoines sont dits « réguliers », parce qu’ils vivent selon la Règle de saint Augustin. Celle-ci n’est pas tant une série de prescriptions qu’une spiritualité. Elle met l’accent sur la vie commune et le partage des biens, avec pour modèle les premiers chrétiens qui, selon le livre des Actes des Apôtres, « mettaient tout en commun » (Ac. 2, 44).
La communauté a été fondée en 515 pour perpétuer le témoignage de foi sur le tombeau de saint Maurice et de ses compagnons. À cette époque, elle vivait selon la spiritualité des « acémètes », une communauté de moines qui, à Constantinople, se relayaient jour et nuit pour la prière. Cette prière constante, célébrée par les premiers moines de Saint-Maurice, s’appelait « laus perennis », louange perpétuelle.
Avec les siècles, les moines de Saint-Maurice ont changé de règle plus d’une fois. En 1128, ils adoptent la Règle de saint Augustin. Ils deviennent alors une Abbaye de chanoines réguliers, ce qu’ils sont encore aujourd’hui. Certes l’on ne prie plus 24 heures sur 24 à Saint-Maurice; cependant, quotidiennement et plusieurs fois par jour, chanoines et laïques se rassemblent pour prier. Cette prière quotidienne n’a pas cessé depuis plus de 1500 ans.
À la tête de l’Abbaye de Saint-Maurice, comme de toute Abbaye, il y a un Abbé. Le mot est d’origine araméenne et signifie « père ». Il est secondé par un Prieur (du latin « prior » qui veut dire « premier »). Les autres membres de la communauté sont chanoines ou frères.
Les chanoines élisent un conseil, qui accompagne l’Abbé dans la gouvernance de l’Abbaye. Régulièrement, les chanoines se réunissent en « chapitre », assemblée de toute la communauté qui prend les décisions importantes concernant la vie et les missions de l’Abbaye.
L’Abbaye de Saint-Maurice est une abbaye catholique. Elle entretient une relation forte avec le Pape, successeur de Pierre. C’est une abbaye dite « territoriale ». Cela veut dire qu’elle ne dépend d’aucun évêque ni pour sa vie interne, ni pour les ministères que les chanoines exercent sur son territoire.
Les chanoines de l’Abbaye sont des religieux. Ils font voeux de chasteté, d’obéissance et de pauvreté.
Le vœu de chasteté consiste à n’aimer que Dieu, et à travers lui tous les êtres humains [hommes] également, sans faire de préférence.
Le vœu d’obéissance demande une confiance absolue en Dieu, seul guide sûr dans les aléas de l’existence.
Le vœu de pauvreté est une invitation au dépouillement. Le mot « pauvreté », dans son sens moderne, peut-être trompeur. Dans les ordres religieux anciens, il ne s’agit pas d’une misère matérielle, mais plutôt de la mise en commun des biens, comme chez les premiers chrétiens dont parle le livre des Actes des Apôtres (Ac 2, 44-45).
La mission première des chanoines de l’Abbaye est de poursuivre le témoignage de foi et d’amour des Martyrs, Maurice et ses compagnons. C’est pour cette raison que l’Abbaye a été fondée en 515. Quelles que soient les circonstances, la communauté se réunit plusieurs fois par jour dans la basilique des Martyrs pour la prière.
Les chanoines ont également un rôle d’accompagnement des hommes et des femmes sur leur propre voie spirituelle et chemin d’humanité. Cette mission se réalise à travers diverses activités : paroisses, missions, enseignement,…
Les chanoines de Saint-Maurice appartiennent à une communauté vivante et active. Ce dynamisme se reflète dans les nombreuses activités que mènent les chanoines au sein du monastère comme à l’extérieur :
Chaque membre de la communauté est délégué par ses supérieurs à telle ou telle fonction ou mission.
La journée commence par une prière commune, l’Office dit « des Lectures » et des « Laudes ». Les chanoines se réunissent ensuite à midi, avant le repas, pour l’Office du Milieu du Jour, puis le soir pour l’Office des Vêpres et enfin avant le coucher, pour l’Office des Complies. La communauté se rassemble également, soit le matin soit le soir, pour la célébration de la Messe.
Le reste du temps, chacun se rend à son travail et exerce ses fonctions. Ainsi, quelle que soit la mission de chacun, la journée est marquée par des moments de prière commune, source spirituelle de l’activité de chacun.
On devient chanoine par vocation, au sens fort et littéral de ce terme. Le mot latin « vocare » veut dire appeler. On ne peut être religieux, religieuse ou prêtre sans une assurance intérieure que Dieu nous veut à son service.
Une vocation se développe petit à petit. Elle s’éprouve dans la prière et dans la conversation avec un père spirituel.
Devenir chanoine est un long chemin. Cinq années de formation sont nécessaires avant d’arriver à un engagement définitif. Une année de postulat, une année de noviciat, puis, vient le temps de prononcer les vœux de chasteté, d’obéissance et de pauvreté, pour une période de trois ans. En parallèle, le candidat entreprend des études de théologie, nécessaires pour devenir prêtre.
Après cette période, si le candidat se sent prêt et si la communauté donne son accord, il prononcera ses vœux définitifs. Dans le cas contraire, il peut soit quitter la communauté, soit prononcer à nouveaux des vœux pour une durée déterminée. Dans les années qui suivent, il termine ses études de théologie s’il y a lieu et est finalement ordonné diacre, puis prêtre.