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Angela Merkel a assuré jeudi à Kiev sa détermination à soutenir le maintien des sanctions contre la Russie pour son rôle dans le conflit en Ukraine. La chancelière allemande y effectuait sa première visite depuis la signature des accords de paix de Minsk.
"Malheureusement (...) les accords de Minsk ne sont pas respectés, si on avance ce n'est que de quelques millimètres, et parfois, on recule. L'Allemagne va donc plaider pour le maintien de ces sanctions", a déclaré Mme Merkel, lors d'une conférence de presse conjointe avec le président Petro Porochenko.
"S'il y a des progrès, nous pourrons alléger les sanctions", a cependant nuancé la chancelière, dont le pays parraine au côté de la France le processus de paix en Ukraine.
L'Union européenne a imposé de lourdes sanctions économiques contre la Russie pour l'annexion en 2014 de la péninsule ukrainienne de Crimée et son implication dans la guerre opposant depuis la même année les forces de Kiev aux séparatistes prorusses dans l'est de l'Ukraine. Selon Kiev et l'Occident, Moscou soutient militairement les rebelles dans ce conflit, qui a fait plus de 10'000 morts en quatre ans. La Russie dément en dépit de nombreuses preuves.
Retrait russe exigé
"La Russie doit faire une chose simple, partir d'Ukraine, retirer ses armes et restaurer l'intégrité territoriale de l'Ukraine", a pour sa part lancé le président Porochenko au côté de Mme Merkel. Il a dénoncé la tenue le 11 novembre d'élections présidentielles et législatives dans les deux républiques autoproclamées de Donetsk (DNR) et Lougansk (LNR) dans l'est de l'Ukraine.
"Nous avons condamné l'organisation par la Fédération de Russie de ces élections truquées", a déclaré M. Porochenko. "C'est un signe clair que le Kremlin n'est pas prêt à un règlement pacifique dans le Donbas."
Gazoduc controversé
Mme Merkel se rendait en Ukraine pour la première fois depuis la signature des accords de paix de Minsk début 2015. Ceux-ci ont permis de réduire considérablement le niveau de violences dans la zone de conflit, sans toutefois y mettre fin complètement. Et le règlement politique est au point mort.
Selon des sources ukrainiennes, la chancelière et le président ukrainien devaient également aborder le projet germano-russe de gazoduc Nord Stream 2, très critiqué par Kiev, Washington et plusieurs pays européens. Les critiques de ce gazoduc, devant relier la Russie à l'Allemagne en contournant la Pologne et l'Ukraine, y voient un moyen de pression politique et économique par Moscou.
Sans renoncer à Nord Stream 2, Mme Merkel a toutefois assuré à plusieurs reprises dans le passé que "l'Ukraine devrait rester un pays de transit" pour le gaz après sa mise en oeuvre.