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Fruitvale Station
Fruitvale Station. Le nom de cette gare de la banlieue de San Francisco restera longtemps gravé dans la mémoire des américains. Car la tragédie qui s'y est déroulée le 1er janvier 2009 a choqué bon nombre d'entre eux. Peut-être parce qu'un policier a tiré sur un jeune homme sans défense ; ou alors serait-ce plutôt parce qu'un blanc a abattu un noir d'une balle dans le dos ? Le film retrace le dernier jour d'Oscar qui décide un beau matin de prendre quelques bonnes résolutions: récupérer son job, passer plus de temps avec sa fille et abandonner le deal. Aussi le spectateur, mis au courant du destin d'Oscar dans la scène introductive, se voit piégé par ce choix de mise-en-scène, témoin impuissant d'un drame qui se noue lentement sous ses yeux.
Un nouveau film qui se veut dénoncer la violence interraciale ? Oui, encore un. Pourtant le caractère particulier de Fruitvale Station se mesure à travers la perspective proposée, celle d'un jeune homme de 22 ans qui décide un beau matin d'essayer de s'améliorer. Pendant une heure et demie, nous escortons Oscar qui déambule en voiture dans son quartier de la Bay Area. Il va rencontrer de nouvelles personnes, aller chercher sa fille à l'école, faire certains choix qui vont le mener à rejoindre un groupe d'amis afin de passer le réveillon en ville. Une soirée qui va se terminer brusquement à Fruitvale Station. Le film est bien plus qu'un hommage à Oscar Grant ou qu'une critique du comportement raciste d'un blanc envers un afro-américain ; il est aussi un rappel de la violence que peut exercer tout homme au pouvoir sur n'importe quel être humain. Ainsi, bien qu'un peu trop larmoyant dans les dernières minutes, le réalisateur n'hésitant pas à insister assez lourdement sur la véracité du fait divers et toute l'injustice qui va avec, Fruitvale Station reste un film nécessaire pour son message puissant et ses qualités narratives.