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Un élu socialiste veut réformer le système des franchises d'assurance
Actuellement, le patient qui doit faire un dépistage en janvier devra payer l'entier de sa franchise d'assurance maladie. Il va peut-être y renoncer et reporter l'examen, au risque de mettre sa santé en danger. Par contre, une fois sa franchise dépassée, il pourrait multiplier les rendez-vous et les soins puisqu'ils sont alors "gratuits".
Les médecins relèvent d'ailleurs régulièrement une hausse marquée des consultations en fin d'année et un creux au début de l'année suivante.
Pour supprimer ces incitations, le conseiller national vaudois Samuel Bendahan propose de payer une part sur chaque soin, dès la première consultation, jusqu'à atteindre la franchise.
Ce système est beaucoup plus proche de la responsabilisation individuelle que l'actuel.
"L'idée, c'est de dire qu'au lieu de payer 100% du soin ou du coût, vous n'en payez que 20%. Cela veut dire qu'au début de l'année, vous devez quand même payer quelque chose, mais beaucoup moins cher qu'aujourd'hui. Donc si vous avez besoin d'un soin, vous n'allez pas y renoncer", détaille-t-il.
Et d'ajouter: "si vous ne payez que 20% du coût, vous mettez cinq fois plus longtemps pour atteindre la même franchise. Par conséquent, vous êtes toujours incité à faire attention à ce que vous dépensez".
L'élu socialiste va tenter de réunir une majorité au Parlement autour de sa proposition, qui aurait un effet positif, selon lui, sur les coûts de la santé et qui encourage la responsabilité individuelle du patient - un argument qui pourrait plaire à la droite.
Responsabilité individuelle
Pour Samuel Bendahan, sa proposition "est beaucoup plus proche de la responsabilisation individuelle que le système actuel. Actuellement, on dit aux gens vous êtes des abuseurs, mais une fois qu'ils ont payé beaucoup, ils peuvent abuser", regrette-t-il.
Il réfute aussi le risque d'augmentation des coûts de la santé. "Le premier effet positif, c'est que les gens ne vont pas renoncer aux soins au début (...), en payant un peu moins cher, ils vont aller regarder rapidement s'ils ont besoin de soins. Si vous renoncez aux soins, cela peut massivement augmenter les coûts plus tard", explique-t-il. Deuxième avantage, selon lui: "l'effet incitatif dure beaucoup plus longtemps".
>> Ecouter l'interview intégrale de Samuel Bendahan:
Alexandra Richard/jvia
Publié le 06 juin 2019 à 10:02 - Modifié le 06 juin 2019 à 11:34