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Procès en appel Elle réclame justice pour une erreur de diagnostic
Une radiologue genevoise est accusée d'avoir commis une erreur qui a eu des conséquences terribles pour sa patiente. Cette dernière a été traitée à tort pour un cancer du sein agressif, alors qu'elle n'était pas malade.
Le procès en appel d'un médecin-radiologue de 52 ans, poursuivi pour lésions corporelles graves par négligence et acquitté en première instance, s'est tenu ce lundi 16 mars devant la Chambre pénale d'appel et de révision de Genève.
La prévenue est accusée d'avoir commis une erreur qui a eu des conséquences terribles pour une femme. Cette dernière a été traitée à tort pour un cancer du sein agressif, alors qu'elle n'était pas malade.
A l'origine du drame, l'oubli, par la prévenue, dans une salle d'examen d'un institut, d'un tube de prélèvements de tissus cellulaires non étiqueté. Les événements se sont ensuite enchaînés. Le tube s'est retrouvé dans une armoire et a été utilisé le lendemain par un autre médecin, qui s'occupait de la victime.
Or, ce tube déjà utilisé contenait des échantillons corporels d'une femme atteinte d'un cancer du sein extrêmement agressif. Le tube a été envoyé pour analyse à un laboratoire et les résultats sont tombés quelques jours après. La plaignante suivra alors un traitement lourd sans que personne ne puisse arrêter la machine.
Une femme détruite
La victime subira notamment une tumorectomie, qui ne signalera aucun cancer, puis une chimiothérapie pendant plusieurs mois. En première instance, devant le Tribunal de police, cette femme avait déclaré avoir toujours de la peine à faire face à ce qui lui était arrivé, il y a presque dix ans, en 2007.
L'acquittement par le Tribunal de police du médecin-radiologue avait provoqué la colère de cette femme et de son mari. Cette décision avait été ressentie par eux comme une profonde injustice. Aujourd'hui, en appel, la victime réclame que la prévenue soit condamnée pour lésions corporelles graves par négligence.
Ce médecin devait s'attendre qu'un flacon oublié puisse être rangé, puis réutilisé pour une autre patiente et qu'aucun médecin ne remarque par la suite cette erreur, a fait savoir Diana Zehnder, l'avocate de la plaignante. Selon elle, rien dans l'enchaînement des faits n'est exceptionnel.
Bouc émissaire
Nicolas Jeandin, l'avocat de la prévenue, s'est pour sa part à nouveau demandé pourquoi sa cliente était la seule à se retrouver sur le banc des accusés dans cette affaire, alors qu'elle ne connaissait même pas la victime. Selon lui, tout aurait pu être arrêté bien avant, si chacun avait fait son travail correctement.
Nicolas Jeandin a rappelé que la victime a passé une IRM, une histologie, une radiographie et une échographie et que tous ces examens n'ont rien donné. Elle a ensuite subi une tumorectomie qui n'a pas signalé de cancer non plus, pour finalement devoir suivre une chimiothérapie, alors qu'elle n'était même pas malade.
Il y a eu dans cette histoire dramatique un acharnement, a poursuivi Nicolas Jeandin. «On a essayé de rattraper le coup, mais ce n'est pas à ma cliente d'en faire les frais», a conclu l'avocat. Ce dernier réclame que la Chambre pénale d'appel et de révision confirme l'acquittement de la prévenue. Le jugement sera rendu ultérieurement. (ats/nxp)
Créé: 16.03.2015, 14h05