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La route tue davantage chaque année dans le monde
Georges Pop
|Pour l’OMS, la sécurité routière est une question qui ne reçoit pas partout l’attention qu’elle mérite. Des politiques fermes et leur application stricte pourraient sauver des millions de vies. (© OMS)|
Un taux de mortalité par pays lié au revenu
Dans son récent Rapport sur la sécurité routière dans le monde, l’OMS relève que le risque de mourir dans un accident de la route reste trois fois moins élevé dans les pays développés que dans ceux « à faible revenu ». Le taux de mortalité routière est le plus élevé en Afrique (26,6 pour 100 000 habitants) et le plus faible en Europe (9,3 pour 100 000 habitants). Ce taux est d’ailleurs en constant recul en Europe, dans les Amériques et dans les pays du Pacifique occidental, notamment l’Australie et la Nouvelle Zélande.
L’OMS établit un lien entre les progrès sur le front de la sécurité routière et l’adoption de lois strictes, voire répressives. Il est écrit dans le rapport que, « là où des progrès ont été faits, on les attribue largement à la législation portant sur les principaux risques, comme la vitesse, l’alcool au volant, le fait de ne pas mettre la ceinture de sécurité, de ne pas porter de casque pour les motocyclistes et de ne pas utiliser les dispositifs de sécurité pour les enfants ».
L’institution spécialisée de l’ONU pour la santé publique relève que les piétons et les cyclistes représentent 26 % des personnes tuées sur les routes du monde. Mais cette proportion atteint 44 % en Afrique et 36 % en Méditerranée orientale. Les motocyclistes et leurs passagers représentent, quant à eux, 28 % des décès dus aux accidents de la route. Cette proportion est cependant plus élevée dans certaines régions, par exemple 43 % en Asie du Sud-Est et 36 % dans la zone du Pacifique occidental.
|Les accidents de la route dans le monde sont désormais la principale cause de mortalité chez les enfants et les jeunes de 5 à 29 ans. En Suisse, selon le BPA, en comparaison européenne, les enfants subissent plus souvent des dommages corporels sur les routes.|
« Ces morts sont un prix inacceptable à payer à la mobilité », estime le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus. Selon lui, « il n’y a aucune excuse à l’inaction. Ce problème a des solutions qui ont fait leur preuve. Le rapport appelle les gouvernements et les partenaires à agir bien davantage pour mettre en œuvre ces mesures ».
De son côté, Michael R. Bloomberg, fondateur et PDG de Bloomberg Philanthropies et ambassadeur mondial de l’OMS pour les maladies non transmissibles et les traumatismes, constate que « la sécurité routière est une question qui ne reçoit pas partout l’attention qu’elle mérite. Des politiques fermes et l’application stricte de celles-ci, une conception adaptée des routes et de puissantes campagnes de sensibilisation du public peuvent sauver des millions de vies au cours des prochaines décennies. »
Selon l’Office fédéral de la statistique, en 2018 en Suisse, on a dénombré sur les routes 18’033 accidents ayant causé des dommages corporels. Deux cent trente-trois personnes y ont perdu la vie, 3’873 ont été grièvement blessées et 17’958 l’ont été légèrement. Ainsi, toutes les 38 heures en moyenne, une personne est morte sur les routes suisses. L’Office remarque cependant que « malgré la croissance du trafic routier, le nombre de personnes tuées et de personnes grièvement blessées sur les routes suisses a fortement reculé ces dernières décennies. Cette évolution est due à des améliorations techniques, mais aussi à des mesures juridiques et éducationnelles. »
Le Bureau de prévention des accidents (BPA) constate, lui aussi, que le nombre de blessés graves et de tués sur les routes suisses est en baisse. Il estime qu’en comparaison internationale, la Suisse fait figure de « bonne élève ». Mais, ajoute-t-il, « elle présente également certaines failles : la sécurité des motards, des cyclistes et des piétons y est moins bonne que dans différents pays comparables. De même, en comparaison européenne, les enfants subissent particulièrement souvent des dommages corporels sur les routes helvétiques. »

À Propos du BPA

Fondation de droit privé, politiquement indépendante, le Bureau de prévention des accidents (BPA) est le centre suisse de compétence pour la prévention des accidents de la route, du sport, de l’habitat et des loisirs. Fondé en 1938, il a son siège à Berne. Son mandat légal consiste à prévenir les accidents non professionnels et à coordonner les efforts des différentes organisations actives dans ce domaine. Il est actif tant dans la prévention situationnelle (technique, infrastructures, normes), que dans la prévention comportementale (campagnes, sensibilisation). Ses programmes concernent en priorité les nouveaux conducteurs, les motocyclistes, la vitesse, le vélo, les sports de neige, les chutes, et la randonnée en montagne. Face à la pandémie de covid-19, le BPA dispense des recommandations pour empêcher la propagation du virus. Il est financé par des contributions de l’assurance-accidents non professionnels, du Fonds de sécurité routière et des recettes provenant de ses propres prestations.
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