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Trois personnes ont réussi un canular aux Etats-Unis en faisant publier dans plusieurs revues de sociologie des articles de recherche entièrement inventés, aux conclusions ridicules. Leur but était de démontrer le manque de rigueur de ces revues.
Au total, sept articles sur les vingt écrits par le trio ont été acceptés par des revues, passant l'obstacle redouté des comités de lecture censés vérifier la rigueur académique des articles. Ces fausses études ont en commun des sujets de société explosifs: le genre, le racisme ou la sexualité, ce que les auteurs du canular appellent les "études de griefs".
L'une d'elles, publiée en mai dans la revue Gender, Place & Culture et finalement retirée, prétendait étudier la culture canine du viol dans les parcs à chiens, en tirant des parallèles avec les hommes. Une autre analyse pourquoi un homme se masturbant en pensant à une femme sans son consentement commet une agression sexuelle.
Rendre les idées absurdes à la mode
Certains articles étaient des essais, mais quelques-uns affirmaient se reposer sur des données, comme des entretiens, ce qui est en théorie vérifiable. C'était le cas d'une étude sur l'impact de l'usage d'un godemiché anal par des hommes hétérosexuels sur leur transphobie.
"Lorsque l'on rend des idées absurdes et horribles suffisamment à la mode politiquement, on arrive à les faire valider au plus haut niveau", affirme James Lindsay, qui a obtenu un doctorat de mathématiques à l'université du Tennessee. Il s'est consacré pleinement à ce projet depuis un an et demi.
"Notre projet démontre une chose: c'est que l'on ne peut pas faire confiance à la recherche actuelle dans ces disciplines", a-t-il expliqué. Mais le but du projet, selon lui, est de "réformer" ces disciplines, et non de les détruire.
Les deux autres piégeurs sont Peter Boghossian, professeur de philosophie à l'université à Portland, et Helen Pluckrose, rédactrice en chef du site AreoMagazine.com, site qui a publié un récit détaillé de la supercherie.
Si le canular a fait ricaner sur Twitter, des chercheurs s'inquiétaient de la méthode et de la déontologie des faux auteurs, ainsi que des conclusions généralisatrices que certains pourraient en tirer pour les disciplines visées.
Ce canular rejoint des précédents retentissants, notamment celui du physicien Alan Sokal en 1996, qui s'était attaqué à une revue d'études culturelles.