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Le Nord de l’Europe est balayé par une série de tempêtes inhabituellement intenses. Eunice a notamment touché le Royaume-Uni, les vents ont avoisiné les 200 km/ h (196km/h) dans le Sud (Article temps) et une onde de tempête violente a touché Hambourg.
L’Allemagne et la Pologne ont aussi subi la formation Dudley plus tôt cette semaine. Elle était poussée par un courant-jet puissant et une énergie CAPE forte pour la saison. Elle a traversé la Pologne sous la forme d’une ligne de grains caractérisée par des rafales de vent rectilignes destructrices (LEWP) et a probablement causé plusieurs tornades. La situation était extrêmement dangereuse à cause d’un afflux d’air très chaud devant le front froid actif, ce qui permet souvent la formation de tornades. La tempête Dudley s’est accompagnée de nombreux éclairs, des fortes rafales, ainsi que de forts courants descendants qui ont causé de nombreux dégâts (Burza-Alert-IMGW).
L’Allemagne subira encore la formation Antonia lundi, et deux nouvelles, Franklin et une autre, se dirigent sur la Grande- Bretagne. Le site de météorologie Severe Weather Europe alerte appelle Franklin la nouvelle tempête monstre, et la prochaine sera un cyclone bombe (lien).
Eunice, Dudley, et les deux nouvelles tempêtes Franklin et la suivante, se sont formées à cause d’un vortex polaire inhabituellement grand et puissant cet hiver.
Dans mon blog précédent, je mentionnais que l’Ecosse, par exemple, a subi de nombreuses tempêtes violentes cette année. La Pologne a aussi vu les intempéries les plus impressionnantes de ces dernières décennies, et cela s’applique probablement à tout le Nord de l’Europe.
Le GIEC est tout à fait certain que les pluies intenses et les vagues de chaleur augmentent avec le réchauffement climatique. Pour les vents, leur rapport conclut que la vitesse des vents a diminué entre 1988 et 2017, alors que je vois de nombreux événements de vents forts. Le GIEC se base sur le travail d’ Azorin-Molino, ( Bulletin of American Meteorological Society 2019, pSi–S306 « State of the Climate in 2018 » lien). J’ai lu le travail de celui-ci pour en savoir plus. Lui interprète ses données différemment, et écrit que “Les vents de surface ont poursuivi la reprise qui a commencé en 2013, après 30 à 50 ans de ralentissement”. (p. S43).
Dans le State of The Climate 2020 il montre que que les vents ont augmenté entre 2013-2020, et les vents forts, de plus de 10m/seconde ont augmenté en 2020, en particulier en Europe. (Fig 2.41 pS75, lien).
Il est possible que nous assistions à un renforcement des vents, et en particulier des plus forts, survenant lors des cyclones et des ouragans. On pourrait extrapoler que la force des vents s’accroîtra à l’avenir comme au cours des huit dernières années. Jusqu’à quel point?
Il y a deux semaines j’ai décrit des tempêtes étonnantes en Pologne et en Turquie (blog).
La semaine passée, des intempéries exceptionnelles ont touché New York. En Europe, la tempête appelée Malik ou par endroits Nadia, a traversé la Pologne, l’Allemagne, le Danemark, et l’Ecosse. Elle a endommagé des bâtiments, les côtes ont été inondées, et quelques personnes sont décédés, frappés par des objets ou des arbres emportés par le vent (lien).
En Ecosse, les vents ont été particulièrement forts, dépassant 200 km/h dans le Nord. Les tempêtes Malik et Corrie, qui surviennent peu après Arwen en automne, ont rasé des forêts entières. Les ouragans, auparavant exceptionnels, se succèdent maintenant.
Etats-Unis un cyclone bombe, a ravagé la côte Est il y a une semaine. Les chutes de neige très abondantes, proches des records enregistrés, ont bloqué les aéroports et les routes. Le vent a atteint 80 mph, env 130 km/h (lien). La tempête a privé d’électricité plus de cent mille personnes et brisé des centaines, si ce n’est des milliers d’arbres. Les intempéries exceptionnelles surviennent de plus en plus souvent.
Cyclone Batsiraï fonce de Madagascar vers le Mozambique
Dans l’hémisphère Sud, Madagascar est frappé par le deuxième cyclone en une semaine. Selon l’Organisation Météorologique Mondiale, il pourrait être très dangereux. Les vents forts avec des rafales jusqu’à 235 km ont provoqué des destructions, des arbres arrachés, des bâtiments touchés. La ville de Mananjary ,a été la plus touchée. 27000 personnes avaient été évacuées, et une population importante se retrouve sans eau potable, dans une situation précaire. Le 6 février, il peut toujours à Madagascar (images).
Vagues de chaleur insupportables
La semaine passée, je décrivais la vague de chaleur en Argentine qui avait des conséquences importantes sur la production du soja mondiale (blog). Je répète encore une fois que toute la Planète sera bientôt confrontée à d’intenses vagues de chaleur. Une étude chapeautée par Sonia Seneviratne de l’ETHZ montrait que dès 2030, dans huit ans, la plupart des pays du monde connaîtront des vagues de chaleur record tous les deux ans (lien). Les canicules exceptionnelles telles que celle de 2003 à Paris, et celles de l’été 2021, se produiront bientôt tous les deux ans, et des extrêmes plus hauts seront atteints.
Ces vagues de chaleur auront des conséquences importantes sur l’agriculture mais pourraient aussi toucher directement les populations.
Selon les climatologues, ces pics de température, à dix ou vingt degrés au dessus des normales saisonnières, sont aujourd’hui possibles partout dans le monde. Ces prochaines années, des anomalies aussi fortes pourraient aussi toucher les régions chaudes, des villes telles que Delhi, qui seraient alors décimées par la chaleur. Un autre climatologue à la COP26 déclarait aussi que l’urgence, principale, aujourd’hui, est de prévenir les vagues de chaleur en Afrique. C’est un risque énorme, un couperet suspendu au dessus des populations les plus pauvres de la Planète, pour lequel il faudrait prévoir des solutions immédiatement, par exemple des abris (lien).
Je remarque que de nombreuses tempêtes de vent se sont produites ces dernières années. En 2020, le Derecho qui a balayé l’Etat de l’Iowa aux Etats-Unis a cassé des milliers d’arbres, et de poteaux électriques. Une grande région a vécu sans électricité et sans accès routiers pendant plusieurs jours, par une chaleur de 40°C (Derecho). Genève l’été passé (Genève), ainsi que Zurich cet été (article Temps), ont vu de nombreux arbres cassés par les rafales lors d’un orage. La Chine a aussi subi des très forts vents et des tornades cet été (vidéos dans ce blog). J’ai relevé de nombreux autres épisodes isolés, étonnamment intenses, notamment sur la côté portugaise, ou en Corée.
En relisant le chapitre 2 du rapport du GIEC; je lis qu’en moyenne, les vents sur les continents ont diminué, et ceux au-dessus des océans ont augmenté (lien chapitre 2). Le figure 2.19 montre le changement de la vitesse des vents ente 1988 et 2017. Sur l’Amérique du Nord, une diminution apparaît, alors que le vent sur le Nord de la Méditerranée, sur l’Italie et les Alpes semble s’être accru. Il peut d’agir d’un phénomène local qui touche la Suisse.
Si je reviens au texte, le rapport conclut que la vitesse des vents au dessus des continents a diminué entre 1979 et 2018.
La référence citée est Azorin-Molino, dans le Bulletin of American Meteorological Society 2019, pSi–S306 « State of the Climate in 2018 » (lien). J’ai lu le travail de celui-ci pour en savoir plus.
Or dans l’article, Azorin-Molina écrit: “Les vents de surface ont poursuivi la reprise qui a commencé en 2013, après 30 à 50 ans de ralentissement”. (p. S43)
Il présente aussi un graphique de la force moyenne des vents par année qui montre que les vents diminuent jusqu’en 2012 et augmentent dès 2014, sur 4 continents sur 5 (graphique 2.37a).
L’augmentation est surtout visible pour les vents faibles de de plus 3m/seconde.
L’auteur a considéré aussi des vents moyens à forts, au dessus d’seuil de >10 m/seconde, qui correspondent à une bonne brise, où la cime des arbres est agitée. La fréquence de ces vents a diminué dans les décennies passées et n’a pas augmenté en 2013- 2018.
Dans le State of The Climate 2020 la même analyse montre que les vents ont augmenté entre 2013-2020, et les vents de plus de 10m/seconde ont augmenté en 2020, en particulier en Europe. (Fig 2.41 pS75, lien). La reprise continue et pourrait même augmenter.
Pour l’analyse de risque climatique, j’aimerais voir une sélection un peu différente, la distribution des vitesses de vent, et un graphique qui ne comptabiliserait que les événements les plus forts. Ceux-là surtout sont importants à prévoir, capables d’arracher des arbres, des toits, de faire tomber des camions sur la route. Il faut peut-être un appareillage spécifique pour mesures les extrêmes. Une année de changement climatique particulièrement rapide, une année El Nino par exemple, pourrait apporter des événements plus extrêmes.
Le GIEC a préféré citer la moyenne de vitesse sur cinquante ans, pour plus de rigueur statistique je suppose, et conclut à une diminution. S’il avait mis l’accent sur l’augmentation ou la repris visible depuis 2013, cela pourrait donner lieu à des projections futures différentes. Un phénomène nouveau a peut-être commencé. On pourrait extrapoler que la force des vents s’accroîtra à l’avenir comme au cours des huit dernières années. J’espère que la vitesse des vents sera soigneusement mesurée et que son évolution sera reliée à d’autres phénomènes planétaires, comme la fonte de la glace Arctique, ce qui nous permettrait de mieux l’anticiper.
La nuit était vivante, le souffle venait de partout. Chaque branche, chaque volet s’agitait, et semblait parler une langue inconnue, inhumaine. L’ entité étrange à l’oeuvre ne prêtera aucune attention à nos espoirs.
J’ai rencontré Howey Ou à Lausanne. Cette jeune femme chinoise a initié le mouvement de la Grève pour le climat en Chine( Twitter,Wikipedia).
Howey Ou est venue en Suisse et s’est jointe au défenseurs de la colline du Mormont. Arrêtée lors de l’évacuation de la ZAD, elle a été détenue 34 heures dans un commissariat suisse et été condamnée à 2 mois de prison. Elle a entamé une grève de la faim car elle estime que les défenseurs de l’environnement ne devraient pas être poursuivis. C’est une idée intéressante, un principe important. Ils luttent pour sauvegarder nos conditions de vie sur Terre, et évitent des morts et des catastrophes dans le Futur. Ils considèrent donc que leur action est justifiée.
Hier, Howey Ou en était à son 9ième jour de grève de la faim, avec Robin, un jeune français. Apparemment la cimenterie Holcim a retiré sa plainte.
Je me penche en particulier sur les catastrophes climatiques en Chine et sur les risques futurs:
La ville natale de Howey Ou, Guilin, a subi des inondations l’année passée. Selon elle, la population s’entraidait et se portait secours en bateau. L’armée est aussi intervenue pour les aider. Les logements ont été dégradés, les meubles emportés par les eaux, une couche de boue couvrait les rues et les habitants n’ont pas reçu de compensation pour remplacer les pertes.
Son action en Chine semble terriblement justifiée et urgente. Ce pays est touché par des nombreuses catastrophes. Le réchauffement climatique en est la cause, et une aggravation est prévue, mais le public chinois n’est pas suffisamment informée à ce sujet.
Le rapport du GIEC 2014 prévoit une augmentation des inondations en Chine, des inondations fluviales, côtières et urbaines qui causeront des dommages étendus, un risque accru de mortalité lors de vagues de chaleur et de sécheresses.
Dans les montagnes chinoises, en Himalaya, les inondations pourraient tripler à cause de la fonte des glaciers (article ) .
L’été 2020, la Chine a été touché par d’immenses inondations qui ont provoqué l’évacuation de 2 millions de personnes (blog). Les pluies record ont été provoquées par la température élevée de la surface des océans, et le réchauffement pourrait aggraver ce phénomène (lien). Le changement climatique accroît la mousson et la rend plus chaotique (lien).
La vallée du Yangtze est très menacée. Le barrage des Trois -Gorges était au maximum de ses capacités l’été passé, et pourrait se rompre et inonder la vallée et les villes adjacentes.
Les métropoles de Guangzhou, Dongguan, Shenzen et Zanhjiang subiront des dégâts considérables à cause de la montée du niveau de la mer (Banque Mondiale; Will Nichols, Verisk Maplecroft). Ces prévisions et les dégâts résultants pourraient être recalculées à la hausse si la fonte des glaces du Groenland et de l’Antarctique s’accélère.
Plusieurs métropoles chinoises ont aussi des graves problèmes de pollution de l’eau, ou courant un risque de pénurie d’eau.
Il y a deux semaines, la Chine a été touchée par des vents très forts et des tornades, à Wuhan et près de Shanghai. Il y a une semaine, plusieurs sportifs ont péri lors d’un marathon en montagne, pris dans une fort orage imprévu. Ce pays pourrait subir une aggravation imprévue des tempêtes et d’événements météo (blog Wuhan).
Une centaine de rivières et fleuves chinois a déjà atteint le niveau d’alerte, et la Chine s’attend à des inondations majeures en été 2021, comme l’année passée.
Le ciment est une des causes importantes d’émissions de CO2 (Prof Schellnhuber, PIK), et nous ne pouvons plus nous permettre d’augmenter celles-ci. Il faut réduire fortement la production de ciment.
Aujourd’hui, Howey Ou entame probablement son dixième jour de grève de la faim à Lausanne. J’espère qu’elle va toujours bien.
En 2020 la Terre a subi de nombreuses catastrophes climatiques. Plusieurs ont atteint une ampleur inégalée, et ont causé des dommages record. Il s’agit surtout de destructions provoquées par des fortes tempêtes, les vents, les tornades et la grêle.
Aux Etats-Unis, un vent exceptionnellement fort a dévasté le Midwest (blog). Il a endommagé de nombreuses maisons, a déraciné des milliers d’arbres qui ont rendu les routes impraticables et a détruit une grande partie des cultures.
En Chine des inondations d’une ampleur inégalée ont submergé des villes, et ont affecté deux millions de personnes. En Inde, les inondations ont fait près de deux mille morts, de nombreuses victimes ont perdu le peu qu’ils possédaient, mais cela reste peu visible dans l’analyse financière.
L’analyse des assureurs AON citée par Yale Climate Connections inclut aussi les feux de forêt de Californie, du Brésil et du Paraguay, et les dégâts du nombre record d’ouragans Atlantiques cette année. 2020 a aussi apporté le supertyphon Goni, le plus fort à avoir jamais touché terre, ainsi que les sécheresses qui ont réduit les récoltes du Brésil et d’Argentine (Yale climate estimations).
Feux de forêt en Australie
Cependant, toutes les catastrophes climatiques ne semblent pas être inclues dans cette analyse. Les feux de forêt d’Australie de janvier 2020 sont un des événements les plus dramatiques de l’année. Après un printemps exceptionnellement chaud, les feux ont touché des grandes étendues et le nombre d’animaux perdus est estimé à un demi-milliard. Des dizaines de milliers de personnes ont été évacués, et les feux ont dévasté environ deux cent millions d’acres. Sydney, Melbourne et Brisbane étaient menacés, et ont heureusement évité l’embrasement. Ces incendies ont suivi des records de chaleur survenus tôt dans la saison, au cours d’une des années les plus chaudes de l’histoire. La sécheresse était telle que les rivières ont séché et que les Australiens évacuaient les poissons pour les sauver.
Il y a peut-être un débat sur l’attribution de ces feux au changement climatique. Il est indéniable que les températures y étaient torrides et que ces conditions ont favorisé les feux. De plus, ces cinq dernières années chaudes se sont accompagnées de records de chaleur en Australie, il doit être possible de montrer le lien entre en la température globale et celle en Australie, et le lien entre la canicule et les feux est assez évident. D’autre part, les scientifiques estiment qu’il ne faut plus prouver qu’un événement particulier est dû au réchauffement, car toute la météo est changée par les conditions climatiques. Je ne suis pas sûre si le gouvernement Australien reconnaît l’existence du changement climatique ou s’il persiste à l’ignorer, il n’a peut-être pas déclaré les feux. Il serait intéressant de vérifier quels autres événements manquent.
Calculs de coûts de catastrophes
Accuweather estime le coût des feux en Australie de janvier 2020 à 110 milliards de dollars, selon une analyse de Myers (Accuweather). Leur calcul est peut-être un peu différent, ils incluent les maisons qui ont brûlé, les voitures, les marchandises, les pertes de gains, les dommages à l’infrastructure et les pertes des entreprises causés par les coupures de courant. Les routes bloquées, les évacuations et les augmentations de primes d’assurances sont aussi considérées dans cette analyse, ainsi que la perte de valeur des bâtiments dans la région, l’extinction des feux, et les vols perturbés. L’analyse prend aussi en compte les frais médicaux supplémentaires que les personnes exposées à l’air pollué occasionneront à l’avenir.
Je crois que si l’analyse d’AON prenait en compte tous ces facteurs, l’appauvrissement des personnes dont la prime d’assurance augmente et la valeur de la maison diminue, le prix des autres catastrophes serait plus élevé aussi. Ces coûts seront rapidement démultipliés.
Addendum le 11 mai 2021: Une étude Australienne confirme que les feux sont surtout dus à l’extrême sécheresse et à la météo anormale. Selon ses auteurs, la crise est provoquée par le changement climatique galopant https://news.trust.org/item/20210510153003-2wcoe/
La perte de la glace marine provoque un réchauffement rapide
L’histoire récente de la Terre inclut une série de rapides changements climatiques, appelés événements de Dansgaard-Oeschger (DO, Oeschger) au cours desquels la température de la Planète, montait de plusieurs degrés en un siècle. Les traces dans les glaces du Groenland permettent de retrouver des phases de réchauffement de 8°C en 40 ans, de 2 degrés en une dizaine d’années, de 10 degrés en un siècle… Après cette phase de réchauffement rapide, la Terre refroidissait graduellement pendant un millier d’années et demi, puis un événement de réchauffement brusque se répétait.
Ces événements de réchauffement dans un climat froid ont provoqué un changement de climat et de la végétation en Europe, tels que l’apparition de grandes forêts en Europe de l’Ouest. S’ils se produisaient aujourd’hui, le désert pourrait remplacer la végétation tempérée.
Les scientifiques se sont interrogés sur la cause de ces périodes de réchauffement brusque. Une nouvelle étude (Sadatzki, PNAS) indique que ces événements coïncident avec la disparition de la glace sur la mer du Nord. La perte de cette glace a pu causer un fort réchauffement planétaire.
Quand la mer du Nord a perdu sa couche de glace et que sa surface est entrée en contact avec l’atmosphère, l’énergie de l’océan plus chaud a été relâchée dans l’atmosphère froide, à des dizaines de degrés en dessous de zéro, ce qui a pu provoquer un soudain réchauffement climatique.
Cela semble terriblement actuel.
L’Arctique en réchauffement rapide
En ce moment, comme au printemps passé, l’Arctique est à 20°C au-dessus des normales saisonnières (Moscow Times).
Le changement climatique en Arctique est au moins deux fois plus rapide que sur l’ensemble de la Planète, des vagues de chaleur atteignent 20 degrés Celsius au dessus de la normale, et les moyennes en Arctique en 2020 étaient de 5°C trop élevées. La glace fond plus vite, sa surface en été est de plus en plus petite, ce qui permet un réchauffement plus rapide. Il y a moins de neige sur la Sibérie et d’immenses feux de forêts se déclenchent, et contribuent au dégel du permafrost (arctic card OMM state of the climate) .
Les températures planétaires montent vite, et certains scientifiques, comme James Hansen, détectent une accélération imprévue.
L’eau tempérée de l’océan Atlantique se déverse depuis quelques années dans l’océan Arctique, amenant des températures de plusieurs degrés trop élevées. Des vagues d’air chaud parviennent au-dessus du Groenland et du pôle Nord. Tout cela précipite le réchauffement de l’Arctique, la fonte de l’Arctique, et pourrait être le début d’une escalade des températures qui aurait des conséquences dramatiques sur la vie sur Terre.
Travaillez à notre survie
Addendum le 14 décembre: Je ne suis absolument pas sûre si un de ces événements de réchauffement rapide se produit maintenant. C’est un immense risque pour l’Humanité, et il doit être vérifié. Il faut des modèles de réchauffement abrupt auxquels les événements météo seront confrontés pour surveiller ce risque.
J’aimerais savoir que des scientifiques compétents travaillent sur ce risque. Nous avons besoin d’études sur les changements atmosphériques lors d’un réchauffement aussi abrupt, pour savoir si les toits seuls ou les bâtiments entiers seraient arrachés par les intempéries, ainsi qu’une estimation des précipitations, des inondations et des vagues de chaleur à venir.
Il faut prévoir les effets dévastateurs d’un réchauffement abrupt sur la végétation et sur les cultures alimentaires. Finirai-je ma vie dans des bunkers sous des collines désertiques et brûlantes? Les creuserez-vous assez vite?
La perte rapide de notre végétation et la libération du méthane du permafrost pourraient faire monter les températures très haut, au delà de la survie humaine.
Cependant, la fonte des glaces provoquée par le réchauffement pourrait, dans un deuxième temps, les tempérer.
Il serait utile d’étudier les technologies qui permettent de reformer la glace Arctique pour éviter ce changement abrupt. Elles devraient probablement être faisables au cours de prochaines années.
Il vaudrait la peine d’arrêter la majorité des usines et des avions qui seraient de toute façon détruites rapidement, et d’appliquer les techniques de reforestation et d’agro-écologie partout où c’est possible dès maintenant.
Je joins deux liens sur l’excellent magasine Futura- Sciences qui vous donne plus de détails:
Le 13 août, un violent orage a touché Genève et Vaud. Il a provoqué des nombreux dégâts dans les parcs Genevois. Cette tempête a arraché ou gravement endommagé de nombreux arbres.
Une centaine de géants des parcs Genevois a été déracinée ou cassée. Les vents semblaient provenir de tous les côtés. Selon M. Brunet, du service des parcs de Genève, les parcs présentaient un spectacle apocalyptique, des arbres étaient complètement déplantés, dévissés.
Le vent semble être venu de tous les côtés, les dégâts donnent un sentiment de mini – tornade. Ces arbres étaient parfaitement sains, sans fragilité particulière.
Selon le service des parcs de la ville de Genève, les dégâts causés par cette tempête sont sans précédent depuis l’ouragan Lothar. Les spécialistes des parcs remarquent d’ailleurs que le changement climatique nuit aux arbres de Genève. Les érables et les pruniers vieillissent vite, on pourrait aujourd’hui planter des oliviers, ils ne geleraient probablement plus. Les arbres mourants sont actuellement remplacés par des espèces qui supportent la chaleur, la sécheresse et le vent fort.
Faut-il anticiper le déracinement des arbres?
De nombreux endroits dans le monde ont été balayés par des bourrasques extrêmement fortes ces dernières années. Des vieux plants étaient extirpés du sol et des toits s’envolaient. La nuit du 19 au 20 septembre 2020, quatre tornades ont touché le Var en France, et ont brisé des vieux arbres, qui sont tombés sur des terrasses remplies de clients.
Je n’ai pas encore trouvé d’étude qui prouve que le réchauffement cause des vents plus forts, car le vent est très variable. Il faut bien formuler cette question, la réponse est sûrement dans les données. J’ai pourtant vu plusieurs relations récentes de nombreuses tempêtes qui emportent des voitures ou qui brisent des arbres centenaires. Plusieurs chercheurs ont montré qu’il y a plus d’ouragans très forts, destructeurs, ces dernières années (lien). Des petits ouragans, appelés Médicans, se forment en Méditerranée, d’autres se condensent dans l’Atlantique et tournent parfois vers l’Europe. La tempête Alex formait une belle spirale au-dessus de la France. Il faut compter avec le risque que les tempêtes grossissent. L’Etat d’Iowa aux Etats-Unis a été dévasté par un vent très fort. Le front tempêtueux qui a balayé l’Iowa a été provoqué par de l’air inhabituellement chaud (Iowa). Il faudrait des chercheurs dans ce domaine qui prévoient le renforcement des vents dû à un réchauffement planétaire, et qui étudient sérieusement cette hypothèse pour voir quels dangers elle nous réserve. Aurons-nous des tornades et des ouragans en Suisse dans 10 ans? Les tempêtes menaceront-elles les toits de tôle ondulée et les grues, ou raseront-elles des bâtiments entiers comme le font les tornades aux Etats-Unis? Il faudrait avoir une idée, une estimation du niveau de destruction auquel nous nous exposons, et concevoir des plans de gestion de ce risque, adapter les constructions pour un monde d’ouragans.
Nous entrons dans une époque très dangereuse. Nous n’avons pas tout prévu. Même si la relation entre vents et réchauffement n’est pas claire, il faut considérer dans l’urbanisme le risque d’une aggravation. Si nous en voyons maintenant les premiers indices, elle sera terrible.
Des arbres horizontaux? En tout cas des arbres
Nous avons absolument besoin d’arbres en ville. Ils apportent la fraîcheur et l’humidité, et améliorent l’air. Ils pourraient limiter le réchauffement, et si nous les perdons, il deviendra insupportable. A certains endroits, il serait peut-être plus prudent de tailler des arbres pas trop haut, pour qu’ils résistent mieux au vent et ne s’écroulent pas sur les bâtiments. Mais cela n’évitera pas les toits arrachés, les voitures volantes, et de nombreux autres problèmes. Par contre, si nous prenons le problème dans l’autre sens, si nous arrêtons les émissions de CO2 et plantons de grandes forêts, nous pourrons éviter le déchaînement des éléments.
Le CO2 atmosphérique atteint des niveaux records, En juillet, sa concentration est montée à 414 ppm (Organisation Météorologique Mondiale rapporté par Reuters). Cette quantité élevée de gaz carbonique dans l’atmosphère rend immédiatement la Planète plus chaude. Dès que la quantité de CO2 s’accroît, la Terre absorbe plus d’énergie solaire, et sa température augmente. L’effet ressenti à différents endroits varie selon les conditions météorologiques, les océans absorbent une partie de la chaleur, mais, logiquement, le mois de juillet 2020 a été chaud. C’était le 2ième mois de juillet le plus chaud de l’Histoire après juillet 2019 (James E. Hansen, monthly temperature update).
Cet effet de serre record a provoqué entre autres la fonte record des glaciers alpins cette année, les vagues de chaleur totalement incroyables en Sibérie, la fonte importante des glaces Arctiques, et de grandes inondations en Afrique (Reuters, AA).
Ces événements diffèrent de plus en plus de la météo connue, et certains, notamment la vague de chaleur en Sibérie, ne se seraient pas produits sans réchauffement climatique (Sonia Seneviratne,World Weather Attribution).
Le Sud-Ouest des Etats-Unis a subi une vague de chaleur interrompue pendant au moins 50 jours. Elle a débouché sur une immense sécheresse, de nombreux éclairs d’orages violents ont allumé d’immenses feux de forêts, qui ont obscurci le ciel de San Francisco et l’ont plongé dans une nuit enflammée, comme c’est déjà arrivé à Sydney il y a quelques mois. Des résidents de certaines villes étaient évacuées par hélicoptère, l’Oregon craignait hier une mortalité massive due aux incendies de forêt. Le Prof. Michael E. Mann ainsi qu’Al Gore imputent ces feux aux réchauffement climatique. D’immenses incendies déclenchés par de nombreux éclairs sévissent aussi en Sibérie et Arctique.
Les récoltes sont mauvaises ou totalement détruites à plusieurs endroits de la Planète. Des dizaines de petites tornades sont apparues sur les grands lac Canadiens, 42 en un jour. A d’autres endroits des rangées de tornades apparaissent sur la mer. Ces trompes d’eau peuvent devenir très destructrices en touchant terre. Ces phénomènes pourraient s’intensifier.
Si l’effet de serre augmente encore, il peut immédiatement apporter des catastrophes plus graves, des vents destructeurs, des nuées de tornades, des vagues de chaleur mortelles. Des catastrophes nouvelles, sans précédent, pourraient se produire l’été prochain. Comme le déclarait le président du GIEC l’année passée (lien), nous ne sommes plus en sécurité. Un grave cataclysme peut nous frapper l’année prochaine ou dans deux ans. Nous devons immédiatement diminuer les émissions de carbone.
Au printemps passé, des pins ont bruni par-ci par-là dans le Chablais. En été, ces arbres ont pris une teinte rousse et leur mort est devenue apparente.
Ils ont apparemment succombé aux bostryches, mais ceux -ci attaquent en priorité les individus tombés ou affaiblis, par exemple par la sécheresse.
Cette année les pins sur les collines environnantes semblent trop bruns contre le vert frais des jeunes feuilles autour d’eux. Là, ce n’est pas un pin sur dix, mais une grande partie, la moitié de la forêt peut-être. J’ai peur qu’ils ne meurent, que la moitié de la forêt ne dépérisse cette année.
Et les arbres meurent partout autour de nous. En France, dans l’Est de la France, un dépérissement important des sapins pectinés a été observé l’année passée. Affaiblis par les changements climatiques, les végétaux succombent aux insectes. Dès qu’ils rougissent, ils sont condamnés. Les sapins blancs du Jura ont aussi été touchés, ainsi que des forêts de hêtres. Les arbres meurent du réchauffement climatique en Afrique, en Amérique du Sud, les séquoias en Californie, les genévriers au Moyen-Orient, les chênes en Espagne et en Grèce. De nombreuses forêts pourraient disparaître ces prochaines années (lien).
Les arbres sont essentiels à notre biosphère
Les bois modèrent le climat, attirent la pluie, purifient l’air, abritent les animaux. La mort des arbres est un signe de plus de la mort de la Nature, de la fin de notre monde. Elle survient après la disparition de la majorité d’insectes, d’oiseaux, de hérissons de notre environnement. Tout meurt autour de nous, remarquons-le. L’ampleur des changements dépasse les prévisions. Serons-nous épargnés?
Actuellement, certains essayent de mettre un prix sur les services que la Nature rend à l’Humain. Mais quel est le prix réel de l’air, de l’eau, du climat modéré dont nous avons absolument besoin pour vivre? Combien serons-nous prêts à payer pour respirer ou pour ne pas être exposés à 60°C? Réaliserons-nous assez tôt que ces éléments absolument nécessaires à notre survie sont menacés? Nous avons besoin de la Nature de maintes autres façons, nous ne comprenons que partiellement la façon dont les différents éléments de la biosphère interagissent entre eux. Bien de fois par le passé, la disparition d’un animal ou d’un insecte a permis de constater une perturbation de l’environnement dangereuse pour l’Homme aussi.
La mort des arbres ajoutera à l’effet de serre. Ces végétaux maintiennent en place le sol de la forêt, grâce à l’arbre, tout l’écosystème forestier existe et prolifère, animaux, insectes, mycorhizes millénaires. Le sol n’est pas du sable, mais un enchevêtrement de racines, de feuilles mortes et d’insectes et de micro-organismes vivants.
SI les forêts de montagne disparaissent, bien de rochers ne tiendront plus, des coulées de boue encore plus importantes se produiront, s’ajoutant aux effets des les précipitations de plus en plus intenses.
Les modèles climatiques prévoient que le réchauffement causera la disparition totale de l’épicéa , du hêtre, et des problèmes climatiques pour le sapin et pour le chêne dans les collines et les montagnes où ces arbres subsistent encore (lien). Actuellement, la Nature change plus vite que prévu.
Il est probablement inutile de planter des hêtres et des chênes, mais que faut-il prévoir? Des bambous? Des eucalyptus? Des palmiers? S’ils survivent aux températures de 50°C, y arriverons-nous? Le pays sera-t-il alors balayé de tornades et d’ouragans?
Il faut un plan d’urgence pour les arbres
J’aimerais que les forêts actuelles soient sauvées, qu’elles survivent le plus longtemps possible, dix ou vingt ans, jusqu’à ce que nous ayons repris nos esprits et remis le climat sur la bonne voie. Il faudrait aussi planter le plus des arbres possible, au-dessus des trottoirs, au-dessus ou à la place des parkings, partout où un mètre carré est disponible. Nous serons bientôt heureux d’avoir de l’ombre.
Les pins sont apparemment attaqués par des insectes, des bostryches, quand ils sont affaiblis par la sécheresse. D’autres arbres succombent directement au manque d’eau.
Il faut former un organisme chargé du sauvetage des forêts, déclarer le pays en état de catastrophe naturelle, et déployer des moyens suffisants pour sauver les forêts. Des chômeurs, il y en a, et je veux bien aller creuser bénévolement pour sauver les forêts.
Combien de forêts pourraient être sauvées avec un réseau de réservoirs et de bisses qui éviteront la sécheresse au printemps? A bien d’endroits, la fonte des neiges fournirait suffisamment d’eau. Un arrosage artificiel modéré pourrait être considéré aussi. Pouvons-nous préparer des canaux d’arrosage pour le printemps prochain pour des forêts qui montrent des signes de sécheresse cette année mais où les arbres survivent encore?
La forêt est un écosystème ancien et très diversifié, elle abrite des milliers d’insectes et elle fonctionne ainsi, dans l’équilibre de nombreux êtres vivants. Un arrosage d’insecticide décimerait la vie de la forêt.
Naïvement, pourrions -nous tenter un élevage à grande échelle de pics qui seraient libérés dans la forêt? Le WSL a la liste des ennemis des scolytes (lien). Pouvons-nous organiser des lâchers d’insectes protecteurs?
Nous devons nous mobiliser pour sauver les bois, créer un organisme d’action et investir des moyens suffisants. Ce sera vite rentabilisé par l’évitement de glissements de terrain, sans parler d’un climat supportable. Signalez aussi tous les arbres jaunis qui apparaîtront de plus en plus clairement ce mois-ci.
Le mois d’avril a été exceptionnellement sec, l’hiver très doux: https://www.meteosuisse.admin.ch/home/actualite/infos.subpage.html/fr/data/news/2020/5/bulletin-climatologique-un-mois-davril-extremement-chaud-ensoleille-et-sec.html
Le dimanche de Pâques, le 12 avril 2020, les Etats-Unis ont été parcourus de tornades. Une zone orageuse, contenant des orages supercellulaires est apparue alors que l’air extrêmement chaud pour la saison se déversait sur les Etats-Unis. Une analyse préliminaire du National Weather Service indique que plus de cent twisters se sont formés en l’espace de vingt-quatre heures.
Selon le Washington Post, la température élevée des eaux du Golfe du Mexique , trois degrés au-dessus de la normale favorisait les forts orages et les tornades (lien). Selon Bloomberg, les températures record des océans vont apporter des catastrophes climatiques et sont causées par le réchauffement climatique (lien). Il en découle donc que le changement du climat mondial favorise les tornades.
Une tornade particulièrement grande mesurait plus de deux miles de diamètre (plus de trois km). Si elle touchait une ville, elle y démolirait au moins un couloir de trois kilomètres de large. Elle a détruit de nombreuses maisons en bois, et était si puissante que les débris volaient dans l’atmosphère à des dizaines de kilomètres. C’est une des plus grandes de l’Histoire des Etats-Unis.
Au dernier décompte, cinquante-huit personnes ont perdu la vie et des dizaines de maisons ont été rasées par la force des tornades.
La ville de Monroe, Louisiane a été touchée par une tornade. De nombreuses maisons, ainsi que l’aéroport de la ville, ont été détruits. Le petit aéroport a subi environ trente millions de dollars de dégâts. Malgré l’importance des destructions, il n’y a pas eu de blessés. Certaines maisons possédaient un petit abri en béton armé où les habitants s’abritent lors des tornades.
Une étude a montré que nombre de tornades par tempête aux Etats-Unis a augmenté entre 1995 et 2016 (article). Au cours de cette période, les orages sur la Terre sont devenus plus grands, plus violents, porteurs de plus de pluie et d’éclairs. Des événements, nouveaux, catastrophiques, porteurs de très nombreuses trombes semblent apparaître.
L’Amérique a aussi connu un nombre élevé de tornades en 2017 (lien).
Elle en a aussi subi un nombre important en 2019 (lien).
Ces événements sont beaucoup plus rares en Europe. Cependant, l’année passée, en 2019, la France a été touchée par six tornades. L’une d’elles a détruit un marché dominical. Cette année, j’ai cru voir en Suisse des petits entonnoirs accrochés au bas des nuages. Bien que sans comparaison avec catastrophes américaines, ces épisodes sont tout de même à surveiller en Europe car ils pourraient s’y multiplier.
Au début: photo de l’aéroport de Monroe, Louisiane, Etats-Unis après le passage de la tornade en avril 2020: Cloë Ishee, Facebook