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Rafael Nadal est heureux d'avoir retrouvé les courts après un confinement sévère en Espagne. Mais l'Espagnol ne s'entraîne pas encore à fond. Il reste sceptique quant à une reprise de la compétition.
Au cours d'une vidéo-conférence avec un parterre de journalistes, l'homme aux dix-neuf victoires en Grand Chelem a évoqué, un jour après son 34e anniversaire, les dernières semaines difficiles et les prochains mois à venir.
- Rafael Nadal, dans moins de trois mois devrait se dérouler l'US Open à New York. Pouvez-vous l'imaginer ?
- Ce n'est pas simple et seulement très difficile à prévoir. A distance, c'est difficile de juger à la situation. Aujourd'hui, je ne jouerais pas à New York mais dans deux mois ce sera, espérons-le, mieux.
- Normalement, on se trouverait aujourd'hui à Roland-Garros, votre tournoi préféré. Cela vous manque-t-il beaucoup et êtes-vous optimiste pour son déroulement en automne ?
- Je ne suis si optimiste ni négatif. Je n'en sais simplement rien. Naturellement, je suis en manque de tennis mais il est beaucoup plus important que nous revenions d'abord à une vie normale. Le tennis est très global, relié avec beaucoup de voyages. Cela rend la situation difficile.
- Il y a quelques semaines, vous vous étiez montré sceptique sur la tenue en 2020 des grands tournois. Est-ce toujours le cas ?
- Avec toute la souffrance qu'on voyait autour de nous, il m'était impossible de penser à des grandes compétitions sportives. Mais je suis optimiste. Nous devons être un exemple pour les gens et agir avec responsabilité. Je ne peux pas m'imaginer disputer des grands tournois aussi longtemps que chaque joueur de chaque pays ne peut pas voyager librement.
- L'Espagne a imposé un long et sévère confinement. Etes-vous heureux de pouvoir refouler à nouveau les courts ?
- Je suis avant tout content de pouvoir à nouveau rencontrer ma famille et mes amis. Cela m'a plus manqué que les courts. Maintenant, j'avance pas par pas. Je ne m'entraîne pas encore très fort; un jusqu'à deux jours par semaine et pas trois heures par jour. Il s'agit d'être prêt pour pouvoir en faire plus dans quelques semaines.
- Comment vous sentez-vous physiquement ?
- Je me sens o.-k. mais je n'ai pas vraiment testé mon corps jusque-là. Je m'entraînerai de nouveau juste quand il y aura un calendrier. On peut dire que je suis en pré-préparation.
- Pouvez-vous imaginer disputer des tournois sans spectateur ?
- Je déteste cette idée. L'énergie procurée par les spectateurs est pour moi indispensable. Mais si c'était la seule solution, pourquoi pas ? Je jouerai en tout cas aussi à huis clos si c'est plus sûr.
- Les Internationaux de France sont agendés en automne. Cela change-t-il quelque chose pour vous ?
- Ce sera tout différent. La préparation, le temps mais ça sera pareil pour les autres, pas seulement pour moi.
- Est-ce que cette longue pause forcée peut être perçue comme un avantage pour les joueurs les plus âgés, voire une possibilité de prolonger leur carrière ?
- Fondamentalement, c'est plus simple si ton corps est plus jeune pour retrouver la forme après une pause. D'un autre côté, nous les joueurs plus âgés possédons plus d'expérience. Ce qui est sûrement différent, c'est la perspective. Si un joueur de 34 ou 38 ans perd une année, c'est quand même autre chose que pour un joueur plus jeune.