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La méthode de la saturation écologique est utilisée avant tout pour évaluer les impacts environnementaux des produits (phase d’évaluation de l’impact). Cette évaluation se fait selon l’approche dite de « la distance par rapport à l’objectif » (distance to target). La méthode prend en compte un large spectre d'atteintes environnementales et les ramène à un seul indicateur par voie d'agrégation totale. Les écofacteurs sont les variables centrales de la méthode: ils traduisent l'atteinte environnementale due à une émission polluante ou à la consommation d'une ressource en unités de charge écologique (UCE) par unité de substance. L’écofacteur d'une substance se base, d’une part, sur les émissions actuelles et, d’autre part, sur des objectifs environnementaux nationaux ou sur des objectifs internationaux auxquels la Suisse adhère. Plus les émissions ou la consommation de ressources actuelles dépassent l'objectif de protection environnementale, plus l'écofacteur, exprimé en UCE, sera élevé.
La méthode est régulièrement révisée et complétée sous la conduite de l'OFEV. La version actuelle date de 2013. Les principales nouveautés sont le développement d'écofacteurs pour les émissions de bruit dues au trafic routier, ferroviaire et aérien, ainsi que pour la consommation de ressources primaires minérales (minéraux et métaux). De plus, la distinction de différentes formes d'utilisation des sols permet de rendre compte plus précisément de la perte de biodiversité. Enfin, les écofacteurs relatifs aux polluants atmosphériques classiques et aux substances appauvrissant la couche d'ozone ont été adaptés à la situation actuelle, moins critique désormais, tandis que les écofacteurs portant sur les gaz à effet de serre ont dû être revus à la hausse, l'écart entre les émissions effectives et les objectifs fixés s'agrandissant.
Si les écofacteurs sont appliqués à des processus de production à l'étranger, chaque émission est pondérée comme si elle était produite en Suisse. Le fait qu'un processus ait lieu dans un autre pays n'a ainsi pas d'influence sur l'écobilan. Les écofacteurs peuvent néanmoins être régionalisés lorsque cela est nécessaire et que les données le permettent. Par exemple, un produit agricole cultivé en Espagne sera évalué en utilisant un facteur de pondération régional tandis que la normalisation se basera sur la situation en Suisse. Cela permet, dans le cas de la culture de tomates, par exemple, de comparer différents scénarios. Des résultats spécifiques à chaque processus (mise en culture, chauffage, emploi de machines, transport, irrigation) permettent de mettre en évidence les étapes de production critiques.
La méthode de la saturation écologique est utilisée pour l'écobilan des biocarburants.
D'autres exemples d'application se trouvent dans les publications.
Dernière modification 05.09.2018