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Elles peuvent être
simples et faites de bruits divers : sons musicaux, bourdonnements moteurs,
sifflets, ronflements brefs et épisodiques. Elles peuvent être
complexes et sont alors verbales : l’halluciné entend
parler ; il peut préciser la tonalité, la hauteur et le timbre de la voix, les caractères d’extensité : on parle de près, de loin, pendant un temps bien défini…, et d’intensité : voix haute, basse, chuchotée ou claironnante. Il s’agit de phrases courtes ou de mots, exceptionnellement de longs discours. La voix est entendue très clairement au point que certains hallucinés disent qu’elle pourrait être enregistrée. Elle est parfois reconnue comme celle d’homme, de femme, de « un tel », d’un parent, d’un ami, d’un voisin, mais avant tout ce n’est par la sienne. Il n’y a pas de secret entre lui et l’autrui « hallucinatoire ». Les voix que j’entends ont un rapport avec tout ce que je vis. « Il me semble que l’on pense toujours un peu avant moi. »
L’halluciné est parfois en posture d’écoute, attentif, captivé, yeux mi-clos, les mains en cornet aux oreilles, la mimique expressive, comme quelqu’un qui est au téléphone. Certains ont des réactions vives. D’autres opposent le mépris, ou bien sont très affectés. Moins souvent, la réaction est joyeuse ou moqueuse. L’halluciné verbal apparaît plus que l’halluciné visuel comme délirant.
La conversation
mentale est une pseudo-hallucination neutre, parfois même agréable.
La pensée du malade est répétée et commentée,
ou bien il s’agit de consolations, de propos superflus analogues à
ceux que l’on
« se dit » naturellement quelquefois en soliloque. Le malade entretient avec « ses voix » des échanges verbaux prolongés, sorte de transmission de pensées de longs dialogues. Ce genre de soliloque dialogué est bien différent des invectives fortes, courtes et lourdes de sens péjoratif de l’hallucination verbale simple. La longue durée des hallucinations et de la conversation entre l’halluciné et ses voix constitue le trait particulier de cette forme de phénomène psychosensoriel.
Le commentaire d’actes, ou « énoncé des actes » : certains hallucinés auditifs, verbaux, se plaignent qu’on énonce à leur oreille les actes qu’ils se proposaient d’accomplir, les décisions qu’ils doivent prendre. Le malade entend, soit pendant l’exécution des actes de la vie courante, soit un peu avant. « Il va aller au lit…, il enlève sa chemise…, il se lave…, il va déjeuner… ». Ils connaissent mes pensées, mes désirs, répètent ces malheureux hallucinés persécutés.
Un phénomène étrange est l’écho de la lecture. Le sujet se livre à la lecture et a l’impression que les mots qui tombent sous son regard sont répétés comme par un écho. L’écho varie du simple chuchotement aux tonalités plus élevées au point d’en devenir insupportable. Le timbre est celui d’une personne, homme ou femme connus ou non. Le caractère essentiel, on a insisté là-dessus, est que l’écho précède la lecture. Le malade a l’impression d'être devancé par un lecteur plus rapide. L'analyse de cette perturbation a conduit à penser que, lorsque nous lisons, nous transformons de manière automatique des symboles graphiques en phonèmes : nous entendons ce que nous lisons. C’est lorsque la transformation du signe graphique en phonème s’accomplit que l’écho apparaît. Si le mot écrit ou imprimé n’est pas articulé mentalement, il n’y a pas d’écho. on rencontre parfois ce signe au début des psychoses délirantes où il précède les hallucinations.
L’hallucination impérative, forme très particulière, commande au malade l’exécution d’actes tantôt insignifiants, tantôt graves. Un malade dit « la voix me pousse comme par une force matérielle ». L’halluciné se sent alors dominé, il obéit, passivement à la manière d’un robot, ou bien préfère supprimer celui qu’il croit être l’agent de ses hallucinations (voir les « hallucinations psychomotrices »).
On observe chez les
hallucinés la pratique de petits moyens contre l’hallucination auditive,
verbale, coton ou
« boule Quiès » dans les oreilles, fenêtre fermées, changement d’appartement, de ville, claustration calfeutrée ou au milieu des bois ; mais tout s’avère très vite inutile.
Les hallucinations
auditives, verbales, surviennent parfois chez des malades atteints d’un
délire de
persécution : elles se séparent alors des hallucinations vraies sans troubles mentaux.