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Texte publié dans la plaquette éditée pour les 150 ans de la SVH en 1994
En 1844, quelques personnes pensèrent qu’il serait utile pour le Canton de Vaud d’imiter l’exemple de plusieurs autres cantons comme Genève, Berne ou Neuchâtel, où quelques riches propriétaires, amateurs des merveilles du règne végétal s’étaient associés aux praticiens pour encourager ces derniers dans leurs travaux.
C’est ainsi que fut fondée la Société Vaudoise d’Horticulture, l’une des premières de Suisse, dont un comité provisoire se constitua à Lausanne le 18 mai 1844 pour jeter les bases de la société. Le 5 octobre de la même année, le comité annonçait au Conseil d’Etat la constitution définitive de la société et son intention d’organiser une exposition.
La première assemblée générale, réunie dans l’une des salles de l’Hôtel de Ville de Lausanne, groupa 50 personnes qui répondirent à l’appel du comité provisoire composé de Messieurs Ch. Carrard et Gay, juges d’appel, Fayod, médecin et F. Esperandieu, pasteur. Un comité définitif de cinq membres fut nommé par l’assemblée générale et c’est ce comité qui organisa la première exposition des 11 et 12 juin 1845 dans les salles et jardins de la Société de l’Arc, à Lausanne. Pour la petite histoire, les frais d’installation de ladite exposition se montèrent à 31,50 kreutz. La création d’un journal ou revue horticole fut déjà envisagée lors de l’assemblée générale qui eut lieu le jour de l’ouverture de cette exposition.
C’est finalement le 15 juin 1868 que parut le premier numéro du «Journal d’horticulture du Canton de Vaud», imprimé par L. Corbaz & Cie à Lausanne. En 1918, le journal devint l’organe officiel de la Société d’horticulture «La Flore du Jura» et de la Société d’Horticulture de Montreux, puis dès 1920, celui des sept sections de la Société Vaudoise d’Horticulture. Dès 1925, il est servi aux Sociétés d’horticulture de Neuchâtel et de la Chaux-de-Fonds. En 1845, une deuxième exposition eut lieu à l’Ancien Casino et de 1846 à 1854, ce ne sont pas moins de onze expositions qui furent toutes organisées à Lausanne, sauf une à Vevey en 1851. Mais dès l’année 1854, la société voit ses assemblées toujours moins fréquentées. Elle risque la dissolution mais repart vaillamment le 13 décembre 1863 sous le nom de Société Cantonale Vaudoise d’Horticulture. En 1865, elle fonde les bibliothèques décentralisées de sections, montrant par là sa préoccupation pour la formation de ses membres.
En 1879, elle crée les visites de propriétés et de cultures sous le nom d’expertises. Elle organisera encore de nombreuses expositions, dont celle 7 de Montreux, en 1891, resta dans les annales comme un bien mauvais souvenir, car son résultat financier fut un désastre. En effet, un ouragan d’une rare violence s’abattit sur l’exposition qui occasionna de nombreux dégâts et fut cause d’un déficit retentissant de Fr. 9'433.-. La société fut même sur le point de sombrer et dut contracter un emprunt de Fr. 3'000.- qui lui permit de relever quelque peu la tête. En 1880, la Société Fédérale d’Horticulture, nouvellement créée et sise à Zurich, proposa à la SVH d’y adhérer: L'assemblée générale refusa poliment. Pourtant, elle participera à une assemblée des délégués des sociétés d’horticulture helvétiques à Berne en avril 1885, en vue de se constituer en fédération et ainsi d’obtenir des subsides fédéraux pour le développement de l’horticulture.
En 1884, la proposition du comité d’adhérer à la Fédération des sociétés d’agriculture de Suisse romande est refusée par l’assemblée. 1886 voit l’adoption de nouveaux statuts. En 1890, des cours de taille, dont le programme est adressé au Conseil d’Etat, sont élaborés. Puis 1893 voit la création du Marché aux fleurs, exposition à la promenade de Derrière-Bourg, dont la tradition s’est prolongée jusqu’à nos jours à la Saint-Louis. En 1896, notre société obtint une médaille pour une collection de son journal à l’Exposition de Genève. Une année plus tard, la SVH propose de mettre sur pied un concours de décoration florale pour balcons et fenêtres, de même que pour les gares et promenades publiques.
En 1898, la société délivre les premières récompenses pour années de service. Cette année fera également date dans les annales de 8 la société qui participe aux fêtes de la célébration du Centenaire de l’Indépendance vaudoise. Le 14 mars 1904, le département de l’agriculture du Canton de Vaud demande à la SVH de se faire représenter à une séance de la commission législative chargée d’étudier un projet de loi sur la protection ouvrière et ses dérogations. En 1905, les cotisations sont revues et corrigées: les patrons débourseront Fr. 6.- l’an, alors que les ouvriers jardiniers participeront pour Fr. 3.-. Pendant quelques années, l’enthousiasme pour les expositions ralentit.
Après sa participation à l’exposition horticole industrielle et des beaux-arts de Vevey en 1901, elles reprennent pourtant un certain rythme de croisière avec l'exposition de Lausanne en 1904, Moudon et Morges en 1907, Lausanne et Nyon en 1908, puis de nouveau Lausanne en 1911. La première remise de médailles aux chefs de gare pour s’être distingués dans la décoration florale de leur gare a lieu le 7 novembre 1909.
Le 75e anniversaire de la société fut célébré en 1919 par une exposition au Casino de Montbenon. En avril 1913, la SVH vota son affiliation à la Fédération Vaudoise des Sociétés d’Horticulture. Quelques voix se firent alors entendre pour une fusion des petites sociétés d’horticulture régionales et c’est finalement en 1920 que l’on reprit le projet d’organisation en sections et que l’on révisa les statuts. La Société Vaudoise d’Horticulture remplaça donc l’ancienne «cantonale».
Dès 1921, une grande tâche occupa la SVH: ce fut l’organisation des cours professionnels et des examens de fin d’apprentissage. Beaucoup plus tard, en 1942, elle créa des cours de perfectionnement horticoles pour patrons et ouvriers qui obtiendront un très grand succès.
En 1943, la SVH participe à l’organisation des premiers examens, en Suisse romande, de maîtrise en horticulture. Le centenaire de la société, en 1944, est dignement fêté à Lausanne et donne lieu à un grand concours de décoration florale et d’objets artistiques. Le banquet a lieu au Café-restaurant Vaudois, place de la Riponne. La fête laisse un bénéfice de Fr. 54.62 et pour la plaquette de Fr. 12.50. Des expositions continuent à être organisées, tantôt à Nyon, puis à La Sarraz, à Montreux, à Yverdon, à Morges, etc. En 1947, le journal d’horticulture du Canton de Vaud cède la place à la Revue horticole Suisse de Genève.
1950 voit la démission de nombreux membres, à cause de l’obligation qui leur est faite de s’abonner à la Revue horticole suisse. Le canton coupe ses subsides pour la décoration des voies de communications.
En 1953, des membres de la SVH s’entretiennent avec la direction de la CGN pour la décoration des débarcadères. L’exposition Flores tiendra sa première édition, désormais annuelle, en 1962, à la Bourdonnette et continuera son bonhomme de chemin jusqu’à nos jours avec le succès que l’on connaît.
Dès 1963, la SVH distribue des prix aux apprentis méritants. Elle soutient le jardin alpin des Rochers-de-Naye ainsi que la Ligue vaudoise pour la protection de la nature. En 1970, le Comptoir Suisse de Lausanne se pare de 50 millions de fleurs et à la première. Fête de la tulipe à Morges, il est planté plus de 100’000 bulbes. Trois ans plus tard, ce sont déjà plus de 180’000 bulbes qui attirent au Parc de l’Indépendance un très nombreux public lors de la floraison spectaculaire.
Le comité de la SVH découvre le Vallon de l’Aubonne et son Arboretum en 1975 et décide d’y planter sept arbres (un par section). Les statuts sont révisés en 1979 et une collaboration s’instaure avec la Société de sylviculture. Au 31 décembre 1992, la SVH compte 1'059 membres, dont 824 actifs, 207 membres honoraires et 28 membres d’honneur cantonaux.
Rémy Schroeter
Ce résumé a pu être rédigé grâce aux recherches de Monsieur Louis Cuendet de Lausanne
Tous les Présidents de la SVH Lausanne de 1844 à aujourd'hui
1844 Charles Carrard, juge d’appel, Lausanne
1863 Robert Florian, Port de Pully
1867 Gustave Auberjonois, Jouxtens
1879 François Gunthert, horticulteur, La Tour-de-Peilz
1887 Alfred Vautier, négociant, Grandson
1890 René Guisan, ingénieur, Lausanne
1892 François Pittet, horticulteur, Lausanne
1894 Paul Meylan, avocat, Lausanne
1899 Louis Bonjour, horticulteur, Chamblandes/Pully
1902 Henri Crot, horticulteur, Vevey
1912 Henri Pittet, horticulteur, Lausanne
1920 Emile Francey, assistant scientifique à l’Etablissement fédéral d’essais de semences, Mont-Calme
1925 François Thuillard, chef jardinier de la ville, Lausanne
1935 Richard Schyrr, horticulteur, La Tour-de-Peilz
1940 Albert Filliettaz, chef jardinier de la ville, Montreux
1945 Georges Birde, horticulteur, Morges
1950 Henri Bellay, horticulteur, Yverdon-les-Bains
1955 Adolphe Meyer, horticulteur, Gland
1960 André Desarzens, chef des parcs et promenades, Lausanne
1965 Walter Furst, horticulteur, Vevey
1970 Paul Cartier, marchand grainier, Morges
1975 Samuel Oulevay, horticulteur, Montreux
1980 Emile Amaudruz, chef du service des espaces verts, Nyon
1985 Pierre Cardinaux, gérant UCAR, Bussigny
1990 Jean Emery, responsable des espaces verts au service des parcs et promenades, Lausanne
1991 Emile Schneider, Horticulteur, Crissier
1994 Stéphane Barbey, représentant Maag, Cottens
1995 Jean-Daniel Renggli, Horticulteur, Cugy
2002 Pierre-Alain Zangger, horticulteur, L'Isle
2005 Pascal Jaton, paysagiste, Assens - Toujours Président de la section de Lausanne à ce jour.
L’origine de l’exposition horticole Flores
Logo original de Flores créé en 1961 et toujours utilisé à ce jour
L’avenir d’un métier dépend toujours de ceux qui le pratiquent et de ce qu’il traduit en intérêt et en motivation. C’est heureusement ce qu’ont compris les animateurs de la Société Vaudoise d’Horticulture, section de Lausanne, durant ces trente-trois dernières années. Ils recherchèrent toutes les circonstances pouvant favoriser» la promotion de notre beau métier et lui rendre sa légitime place dans le cortège des professions.
«Flores» fut en effet une de ses initiatives dont les démonstrations successives ont, du même coup, conquis le grand public par ses leçons d’écologie sensée et développé une solidarité professionnelle bien comprise, autant entre patrons et ouvriers qu’entre les responsables des diverses branches professionnelles (fleuristes, horticulteurs et paysagistes).
D’ailleurs, comment résister à l’euphorie chaque année renouvelée lors de ce grand rendez-vous d’octobre à la Bourdonnette, où se rencontrent les autorités professionnelles, civiles et politiques, les associations patronales et ouvrières de notre profession?
Quant au comité d’organisation, dont les efforts se poursuivent sans relâche et chaque fois durant plusieurs mois, il y trouve sa récompense parfois relative en ce qui concerne les finances, mais toujours positive et complète sur le plan professionnel. L’appui des autorités lausannoises et la disponibilité constante et désintéressée du Service des parcs et promenades de la Ville de Lausanne et d’une grande partie de son personnel fut et restera un atout particulier et conditionnel au succès répété et croissant de cette merveilleuse manifestation. Cette euphorie, nous devons l’éprouver et la traduire selon le thème respectif de chacune des présentations, car «Flores» est plus qu’une simple exposition florale. C’est un vrai spectacle que notre grand public et nos amis se réjouissent chaque année de découvrir, et où l’ambiance nous transporte chaque fois dans un jardin de rêve.
Cette exposition est complétée parfois, avec l’apport de sculptures, de peintures, de mosaïques ou d’émaux d’arts, tous créés par des artistes de chez nous ou de notre voisine la France (Messieurs Milo Martin, Edouard Sandoz, Paul Séchaud, Jean Barman, Henri Jaccard, René Berthoud, Bernard Völlmy, Jean Soubiran et la Société d’Etude Artistique) ou avec l’animation de tous les oiseaux communs ou exotiques. Mais je ne résisterai pas aux souvenirs particuliers laissés par Flores 1969 «Au Pays du Soleil Levant». Les scènes et l’atmosphère étaient si précises, que même nos visiteurs japonais y «chopaient» le mal du pays. Celle de 1971 «Flores à la Belle Epoque» où Toulouse-Lautrec n’aurait pas été dépaysé. Et bien sûr celle de 1972 qui a remporté le plus grand succès «Flores aux Mille et une nuits» avec son profond mystère et les extraordinaires chefs-d’œuvre que furent les tapis d’Orient réalisés avec plusieurs milliers de dahlias et de tagètes de toutes les couleurs, confirmant la patience et les compétences artistiques de leurs auteurs.
Quant à l’intérêt réel et croissant que «Flores» provoque auprès de la jeunesse, le résultat concret est pleinement obtenu par les démonstrations pratiques et réussies de nos apprenties et apprentis, qui sans aucun complexe affirment le bien-fondé d’une légitime considération de notre profession et de son large éventail de ressources et de satisfaction.
Mais que d’efforts, de sacrifices et de recherches dans l’originalité pour obtenir ce merveilleux résultat!
Bravo donc à tous et merci de persévérer!
Texte d’Henri Jaton publié dans la plaquette éditée pour les 150 ans de la SVH en 1994
Liste des thèmes de Flores depuis 1961
1961 Inauguration de l’Etablissement horticole de la Bourdonnette
1962 Fleurs, sculptures de Milo Martin
1963 Flores et peintures de Paul Séchaud
1964 Oiseaux et fleurs exotiques
1965 Fleurs et jeunesse
1966 Légendes fleuries - Sculptures Sandoz
1967 Vendanges fleuries
1968 Fleurs, musique et mosaïques
1969 Au pays du Soleil Levant
1970 Exposition au Comptoir Suisse «50’000’000 de fleurs»
1971 Flores à la Belle Epoque
1972 Flores aux Mille et une nuits
1973 Flores au Pays de Vaud
1974 Volières fleuries
1975 Flores au Pays des treize étoiles
1976 Les fleurs dans les circonstances de la vie
1978 Evasion
1980 Flores au jardin d’Eden
1982 Voies fleuries
1984 Flores en fanfare
1986 Flores en fête (20e)
1988 Flores au Fil de l’eau
1992 Féeries automnales
1994 Flores à toute vapeur...
1998 Flores en campagne
2000 Flores à travers les siècles
2002 Flores au «carrefour du monde»
2004 Flores en flammes
2007 Flores en jeu
2011 Les enfants et les fleurs
2013 La magie de Flores
2016 Flores fait son sport