Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06974.jsonl.gz/917

L’évaluation d’une entreprise est souvent délicate et doit prendre en considération une multitude de paramètres. Il existe donc plusieurs méthodes de calcul, lesquelles doivent être adaptées à la situation, à l’entreprise en question ainsi qu’au marché. Il faut toutefois tenir compte du fait que les différentes évaluations effectuées au moyen de ses différentes méthodes sont utiles afin de définir une fourchette de valeur. Le prix final étant défini après négociations entre les acheteurs et les vendeurs.
La valeur de rendement
Pour déterminer la valeur de rendement, il convient tout d’abord de définir quel sera le bénéfice futur durable que l’entreprise en question peut obtenir.
Dans un deuxième temps, un taux de capitalisation devra être défini. Ce taux doit prendre différents facteurs tels que la position sur le marché, les risques de l’entreprise (clients, fournisseurs, personnel, …). Plus les risques évalués sont élevés, plus le taux sera élevé.
Le bénéfice durable est ensuite capitalisé selon le taux défini et on obtient la valeur de rendement.
Par exemple :
La valeur de rendement d’une entreprise avec un bénéfice durable de CHF 100'000.—et un taux de capitalisation de 12.5% serait donc de CHF 800'000.— (100'000 / 12.5%).
Cela peut être compris ainsi : Un acheteur qui paie CHF 800'000.—pour une entreprise s’attend à un rendement de 12.5% soit CHF 100'000.—par an.
La valeur substantielle
La valeur substantielle correspond à la valeur effective des fonds propres. Elle composée du capital-actions ainsi que des réserves de la société auxquels s’ajoute les réserves latentes présentes dans la société.
La méthode des praticiens
Cette méthode est fréquemment utilisée dans la pratique et notamment par les administrations fiscales afin de définir l’évaluation des titres des sociétés non cotées.
Elle consiste à pondérer la valeur de rendement 2x et la valeur substantielle 1x. Par exemple :
Valeur de rendement : CHF 800'000 x2 = CHF 1'600'000.—
Valeur substantielle : CHF 500'000 x 1 =CHF 500'000.—
Total = CHF 2'100'000 / 3 = CHF 700'000.—
Dans cet exemple, la valeur selon la méthode des praticiens serait de CHF 700'000.—
La méthode des multiples
La méthode des multiples est basée sur des chiffres de transactions réelles, ce qui lui confère une grande pertinence dans la pratique.
Cette méthode est très simple à appliquer si l’on dispose d’un ensemble de données suffisant portant sur des transactions d’entreprises. C’est sur ce point que la méthode atteint ses limites pour les petites entreprises. Il existe, en effet, peu de données publiques sur les transactions d’entreprises, si bien que la quantité de données est souvent insuffisante.
Cette méthode consiste à multiplier un chiffre clé de l’entreprise par un facteur déterminé en fonction des transactions entre entreprises du même secteur.
Ainsi, cette base de données pourra nous donner par exemple un facteur de 7.6 comme EBIT-multiple d’une entreprise de services. Pour une société avec un EBIT (résultat avant intérêts et impôts) de CHF 100'000, le calcul serait donc le suivant :
EBIT : CHF 100’000.—
Facteur : 7.6
Valeur de la société : CHF 100'000 * 7.6 = CHF 760'000.--
Le Discounted Free Cash-flow (DCF)
La valeur DCF se base sur les cash-flows futurs générés par l’entreprise dont profiteront ou pourraient profiter les investisseurs. On considère comme cash-flow libre (free cash-flow), le montant des liquidités que l’entreprise pourrait payer aux investisseurs sans être menacée dans son existence.
Pour calculer le free cash-flow, il convient de diminuer le cash-flow des investissements nets prévus dans les années à venir.
Les valeurs de chaque free cash-flows sont ensuite actualisées à un taux correspond au risque de la société pour finalement obtenir la valeur réelle de la société.
Cette méthode est particulièrement complexe mais très souvent utilisée, notamment pour les moyennes et grandes entreprises.