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Castor et Pollux (alpha et bêta Geminorum), étoiles de magnitudes respectives 1,6 et 1,2, culminent haut dans le ciel à minuit en jan-vier, dans l’hémisphère Nord ; ces étoiles jumelles semblent proches l’une de l’autre. Il s’agit de la constellation zodiacale des Gémeaux. Castor, la plus septentrionale de ces deux étoiles, est blanche, alors que Pollux est orange. Cette constellation se trouve au nord de Procyon (alpha Canis Minoris) et au nord-est d’Orion. Les pieds des jumeaux sont représentés. par Alhena (gamma Geminorum), qui est située à peu près à mi-chemin entre Al Nath (bêta Tauri) et Procyon. Dans la mythologie grecque, ces jumeaux sont les Dioscures, les Fils de Dieu ». Certains récits les décrivent comme demi-frères, enfants de Léda ; Castor serait né de ses amours avec un mortel, et Pollux de son union avec Zeus. Castor excellait en équitation, et Pollux en lutte. Ils s’aimaient tellement que Pollux refusa l’immortalité qu’on lui offrait, en tant que fils de dieu, si son frère ne pouvait la partager. Zeus leur permit de rester ensemble, mais ils durent alternativement passer un jour dans le royaume des dieux et un jour dans le monde souterrain, l’Hadès. Pour les récompenser de leur amour fraternel, Zeus en fit des étoiles. Lorsque Castor se couche à l’occident, descendant vers les Enfers, Pollux le suit. Et quand Castor se lève, son frère apparaît bientôt à ses côtés. Le dieu des Mers, Poséidon, donna aux Gémeaux le pouvoir de sauver ceux qui voyagent en mer. Dans l’hémisphère Sud, ils étaient visibles au-dessus du mât de l’Argo, le navire qui emmenait Jason vers la Colchide, alors qu’il allait chercher la Toison d’or. Lorsque les deux frères montèrent à bord, deux flammes jaillirent du mât (ce phénomène électrique est connu des marins sous le nom de feu Saint-Elme ; il est provoqué par l’électricité atmosphérique). Les Gémeaux n’ont pas la même forme dans toutes les civilisa-tions. Les Romains ont associé cette constellation à Remus et Romu-lus, descendants d’Énée et fondateurs légendaires de Rome, en 753 av. J.-C. Dans la mythologie maya, les Gémeaux sont des pécaris copulant. Les Arabes les ont représentés en paons, et, en Europe, cette image a survécu jusqu’à la fin du Moyen Age. Dans la tradi-tion phénicienne et chaldéenne, les Gémeaux sont deux chevreaux qui suivent un berger représenté par la constellation du Cocher, qui se trouve à l’ouest des Gémeaux et au nord d’Orion. Le Cocher (Auriga) tient de la main gauche deux chevreaux, et en même temps il porte sur le bras gauche une chèvre, un animal qui correspond à la magnifique étoile jaune-blanc Capella, la Petite Chèvre » (alpha Aurigae, de magnitude 0,1). Le pied droit du Cocher touche la constellation du Taureau, en l’occurrence la pointe de l’une de ses cornes, au point marqué par l’étoile Al Nath (bêta Tauri), qui se trouve juste au-dessus de l’écliptique. Les étoiles de la constellation décrivent une sorte de spire qui passe par thêta Aurigae, puis par l’étoile Menkalinam (bêta Aurigae, de magnitude 2), près de l’épaule droite, et par Capella.
Tout près de cette dernière, la spire revient vers epsi-lon Aurigae, qui correspond aux chevreaux — deux petites étoiles, nu et dzêta Aurigae. Le personnage du Cocher avait cette forme dans les premières civilisations de l’Euphrate. Dans la mythologie grecque, la chèvre Capella était assimilée à Amalthée (qui signifie cs Douce o). Lorsque la déesse Rhéa put soustraire Zeus, son fils, à la colère de son père, Cronos, qui voulait le dévorer, Amalthée nourrit l’enfant. Pour la récompenser, Zeus transforma l’une de ses cornes en corne d’abondance, qui déverse en permanence de la nourriture et de la boisson. Curieusement, le Cocher n’a pas de coche. La mythologie grecque explique cela en assimilant le Cocher à Myrtilos, fils d’Hermès, qui était le cocher d’Oenomaos. Ce dernier voulait empêcher sa fille Hippodamie de se marier. Il défiait tous les prétendants dans des courses de chars, qu’il remportait facilement en attelant au sien les juments d’Arès (Mars), nées du vent. Quand vint le tour de Pélops, fils de Tantale, qui était aimé d’Hippodamie, Myrtilos remplaça l’essieu du char de son maître par de la cire ; lors de la course, l’équipage perdit ses roues et Oenomaos la vie. Mais, en toute justice, Myrtilos fut puni par le destin.