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Critique
L'adaptation d'un roman au grand écran peut donner divers résultats. Celle du titre éponyme de Michael Cunningham, Prix Pulitzer 1999, est particulièrement réussie. L'écriture très travaillée du film rend justice à celle de l'œuvre littéraire. Il faut dire que la réalisation est due à l'auteur de BILLY ELLIOT, qui signe ici un deuxième opus remarquable.
THE HOURS entrelace subtilement la destinée de trois femmes à trois époques différentes: dans la banlieue londonienne, au début des années 20, Virginia Woolf (méconnaissable Nicole Kidman, tout à fait extraordinaire) met la dernière main à son roman Mrs Dalloway et lutte contre la démence qui la guette; dans les années 50, à Los Angeles, Laura Brown (Julianne Moore) voit sa vie bouleversée par la lecture de Mrs Dalloway; à New York, aujourd'hui, Clarissa Vaughan est une Mrs Dalloway moderne.
Au-delà de la reconstitution très soignée des costumes, des décors et des accessoires, et malgré sa relative complexité, THE HOURS entraîne le spectateur dans un labyrinthe passionnant et lui fait rencontrer des personnages émouvants: ces trois femmes d'abord, chacune luttant pour prendre sa vie en main - on peut considérer le film comme féministe, mais sans chauvinisme -; des personnages secondaires ensuite, notamment le mari (John C. Reilly, que l'on repère aussi dans le dernier Scorsese et CHICAGO) et le fils (Jack Rovello) de Laura Brown, le poète sidéen ami de Clarissa (Ed Harris). La musique répétitive de Philip Glass unifie la trame dramatique.
Distribution de rêve, excellente direction d'acteurs, scénario savant: on a l'impression de sortir de la salle obscure plus intelligent...
Daniel Grivel