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« Derborence, le mot chante doux, il vous chante doux et un peu triste dans la tête. » Cette phrase du célèbre roman de C.-F. Ramuz m'est venue à l'esprit en prononçant cet autre lieu du monde qu'est Béthanie. « Béthanie, le mot chante doux, doux et triste à la fois. »
Doux, en pensant à l'amitié de Jésus avec Marthe, Lazare et Marie. Doux en évoquant l'amour de Marthe et Marie pour leur frère Lazare. Doux à l'idée que la mort, ce mot qui terrorise et qui fait fuir se radoucit en devenant sommeil. Jésus dit en effet : « Lazare, notre ami s'est endormi. » Doux, en voyant l'émotion de Jésus qui pleure la mort de son ami.
« Béthanie, le mot chante doux, doux et triste à la fois. »Triste devant le spectacle de la mort qui défigure, qui arrache l'homme à sa vocation première qui est de vivre et d'aimer. Triste aussi peut-être à cause de nous parce que nous sommes souvent comme Marthe. Comme elle, nous connaissons bien la réponse du catéchisme : « Je crois à la résurrection de la chair, à la vie éternelle », mais la plupart du temps, nous n'habitons pas ces mots.
Béthanie, le mot chante doux et triste, mais il chante déjà le nouveau chant du monde qui sortira du tombeau vide au matin de Pâques et qui résonne déjà dans le coeur de ceux et celles qui croient.