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Hippocrate est le plus ancien médecin dont les ouvrages soient venus jusqu’à nous, et pour cette raison, il a été regardé comme le père de la médecine. Il descendait d’Esculape au dix-huitième degré ; et du côté de sa mère Phénarète ou Praxithée, il était allié à Hercule au vingtième. Voici sa généalogie telle que les auteurs l’ont tirée des ouvrages d’Eratosthène, de Phérecyde, d’Apollodore et d’Arius de Tarse.
Nous savons très peu de choses sur Hippocrate lui-même. Son œuvre écrite, le Corpus Hippocratum, a été certainement rédigée par plusieurs auteurs entre 420 et 370 avant J.-C. Selon l'école hippocratique, la maladie est le résultat d'un déséquilibre entre les quatre humeurs : sang, bile noire, bile jaune et phlegme ; et pour rétablir leur équilibre, les médecins proposaient médicaments et régimes alimentaires. L'histoire médicale du patient était considérée comme importante dans sa prise en charge.
Le serment d’Hippocrate, écrit par lui-même ou par d'autres Grecs anciens, était adopté par les médecins qui juraient de suivre ses règles éthiques dans leur pratique de la médecine. Dans le serment original, les médecins juraient devant un grand nombre de dieux de révérer leurs professeurs, respecter la vie privée de leurs patients, les préserver du mal, ne jamais avoir de relations sexuelles avec eux ni donner de substances mortelles ou causer un avortement en utilisant un pessaire (sorte de suppositoire vaginal). Quelques centaines d'années après la mort d'Hippocrate, sa doctrine et ses écrits se mêlèrent intimement à ceux de ses successeurs et des autres médecins grecs. Le lien entre tous les ouvrages du corpus hippocratique se résume par la conviction que santé et maladie sont des phénomènes strictement naturels, dans lesquels les dieux n'ont rien à voir. Avec l'évolution des civilisations au cours des 15 siècles suivants, les centres de la connaissance médicale sont passés successivement des Grecs aux Romains, des Romains aux Musulmans, et des Musulmans à l'Europe médiévale. Le médecin chinois ancien Sum Simiao est connu pour son texte Sur la sincérité absolue des grands médecins, équivalent chinois du serment d'Hippocrate. Page précédente - 3/121600 avant J.C. : le papyrus chirurgical Edwin Smith Page suivante - 5/121025 : le Canon de la médecine d’Avicenne