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Si tu ne devais retenir que quelques éléments
- - Le Lindy Hop est une danse d’origine africaine-américaine
- - Le Lindy Hop se danse sur le jazz des années 1930-1940, aussi connu comme swing
- - Le Lindy Hop met au centre de la dynamique de couple l’improvisation des deux partenaires
- - Le Lindy Hop a été créé dans un contexte de ségrégation et discrimination raciales très aiguës. Ses symboles, son histoire et les émotions qui s’y expriment (la fameuse « joie » du Lindy Hop) sont indissociables de ce contexte.
- - Frankie Manning, Norma Miller, Willa Mae Ricker, Ann Johnson, Al Minns, Leon James sont des pionniers du Lindy Hop.
Des musiques et des danses vernaculaires d’origine africaine-américaine
Comme celle de nombreuses danses vernaculaires, l’histoire du Lindy Hop est indissociable de l’histoire de la musique sur laquelle le Lindy Hop est dansé. Le jazz de la fin des années 20, puis des années 1930, et enfin de la première partie des années 40 (c’est-à-dire le swing) est l’alpha et l’oméga du Lindy Hop. Il lui donne son groove particulier, sa manière de concevoir la relation entre partenaires, ainsi que son énergie, à la fois joyeuse et profonde.
Pendant la première décade du vingtième siècle, les communautés noires et créoles de la Nouvelle-Orléans donnèrent naissance à plusieurs formes musicales qui eurent une grande influence sur la culture populaire américaine (p.ex : le ragtime, et le « hot jazz » naissant). Aussi bien localement qu’au niveau national, ces différentes musiques furent rapidement accompagnées de danses qui s’organisaient autour de leurs énergies particulières.
- Son 1
- Son 2
- Son 3
Ainsi, au beau milieu des années 1920, quand l’« Ère du Jazz » se consolidait, les Etats-Unis furent submergés par une première mode dansante nationale : le Charleston. Il s’agit d’une danse – d’abord individuelle, puis de couple – qui trouve son origine dans la ville du même nom. Ses traits les plus caractéristiques (par exemple : le twist des pieds, issu d’une rotation du col du fémur) rappellent – selon certains chercheurs – des danses d’Afrique Occidental, ce qui ne serait nullement surprenant, étant donné que le port de Charleston était un des principaux lieux d’arrivée aux Etats-Unis des personnes réduites en esclavage en provenance, justement, d’Afrique de l’Ouest.
Al Minns & Leon James’ Original Charleston
The Spirit Moves, Charleston
Avertissement : le MC est en “blackface” (son visage est peint en noir), une pratique très offensive, et malheureusement courante à l’époque. Dans certaines régions, en Europe (dans le sud de l’Espagne et en Hollande), le « blackface » fait malheureusement encore partie de traditions populaires.
Mais le Charleston ne fut pas la seule danse africaine-américaine à parcourir les Etats-Unis au début du vingtième siècle. Entre les années 1910 et les années 1940, on compte plusieurs dizaines de telles modes dansantes. A la fin des années 1920, par exemple, dans le quartier de Harlem, à New-York, il y avait au moins trois différentes danses de couple que l’on pratiquait dans les clubs : la version harlémite du Charleston, le « Breakaway », et une troisième danse dont on ne sait plus grand-chose, qui répondait au nom de « Collegiate ».
Le « Breakaway » incluait bon nombre de mouvements issus du Charleston dansé en couple, ce qui rendait les deux danses parfois difficiles à différencier. Mais le Breakaway contenait également une dynamique caractéristique, à laquelle il devait son nom, et d’importance cruciale pour le développement futur du Lindy Hop : pendant quelques temps musicaux (« beats » en anglais), les danseurs abandonnaient la position fermée – tout en restant connectés par au moins une main – avant de se retrouver à nouveau dans les bras l’un de l’autre. Cette ouverture momentanée de l’espace entre les danseurs constituait une véritable innovation, ainsi qu’une redéfinition de la danse de couple. En particulier, elle créait la possibilité d’une danse de couple dans laquelle les partenaires entretiendraient une relation analogue à celle qui lie les musiciens d’un groupe de jazz : ensemble et interdépendants grâce à l’écoute et aux structures partagées, et libres néanmoins d’exprimer leurs voix dans toutes leurs individualités. Le Lindy Hop c’est cette possibilité qui se réalise.lire la suite