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11/11/2015
Swatch vs stylos et rasoirs Bic
Il y a quelques semaines alors que j'étais posé derrière mon ordinateur je vis au coin de mon écran arriver un email d'un nom féminin qui m'était inconnu. Je m'empressai de l'ouvrir pour savoir qui se cachait derrière ce message. Comme cela m'arrive de temps en temps il s'agissait d'une étudiante, cette fois-ci basée à Zurich, qui souhaitait connaitre mon expertise horlogère pour un travail de diplôme.
Souhaitant participer activement à la transmission de matière grise de génération en génération j'acceptai avec plaisir de me prêter au jeu et c'est ce matin que j'ai eu une conversation téléphonique d'une bonne heure avec cette jeune femme. Le thème de la conversation fût principalement le sponsoring dans le monde horloger. Une conversation passionnante sur un thème intéressant que je ne vous résumerai pas sur ce blog car ce serait trop long.
Ceci dit, étant moi-même actif dans le domaine du marketing, je profitai à mon tour de lui poser une question qui pour moi était importante: "Comment avez-vous trouvé mon nom?". Sa réponse fût réjouissante. Elle me dit tout simplement: "Je suis allé sur le moteur de recherche Google et j'ai tapé les deux mots "blog horloger" et je vous ai trouvé en tête de liste.". J'en fût ravis.
En fin de conversation elle me posa une question qui d'un point de vu anthropologique fût extrêmement intéressante et je tiens à partager cela. Sa question fût: "Quelle a été votre première montre?". Je répondis que c'était une Swatch grise probablement reçue vers 1984 alors que j'avais cinq ou six ans. C'est là où je réalisai que je savais visiblement lire l'heure avant de savoir lire tout court. Je garde encore en souvenir mes parents qui m'expliquaient: "Ici c'est et quart, ici c'est et demi, ici c'est moins le quart et ici c'est pile...".
Ceci fut probablement la plus grande révolution de l'industrie horlogère au XXème siècle. En effet avant l'arrivée de la Swatch la montre était principalement un objet que l'on recevait une fois dans sa vie autour des seize ans au moment de sa confirmation, sa communion, bar mitzvah ou autre célébration marquant l'entrée dans l'âge adulte. Avec l'arrivée de la Swatch, une montre d'une cinquantaine de francs qui ne se réparait pas mais se jetait pour être remplacée par une montre neuve, ce paramètre avait clairement changé.
J'imagine encore avec amusement mes parents qui à l'époque pouvait demander l'heure à leur fils alors âgé de cinq ou six ans. Ceci devait être un argument amusant pour mon père actif dans l'industrie horlogère d'avoir un fils de cet âge qui savait déjà lire l'heure et bien entendu ceci avec des aiguilles et pas simplement en lisant les chiffres d'une montre digitale. L'arrivée de la Swatch est aussi à mettre en parallèle avec d'autres biens de consommation également jetable qui arrivèrent quelques années auparavant comme les stylos ou les rasoirs Bic.
Le tout est de savoir quel a été l'impact de ces produits d'entrée de gamme dans leurs divers secteurs. Un stylo jetable a-t-il apporté du positif au monde précieux et prestigieux des instruments d'écriture? La Swatch a-t-elle apporté du positif dans le secteur du haut de gamme de l'industrie horlogère? Je dirai bien entendu que oui. Ces produits accessibles habituent tout simplement le consommateur d'utiliser un stylo au lieu d'un appareil électronique, ils encouragent certains à se raser, et ils habituent le consommateur à chercher l'heure à leur poignet et pas ailleurs.
Cliquez sur l'image ci-dessus et vous pourrez ainsi accéder au site internet de la célèbre montre en plastique.