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Le chanteur-compositeur Leonard Cohen, décédé jeudi à l’âge de 82 ans, a pris part à quatre éditions du Montreux Jazz Festival en Suisse. Souvenirs en images.
La première apparition de Leonard Cohen à Montreux date de 1976, la dernière de 2013. «Ses deux concerts en 2013 avaient duré trois heures», se remémore le directeur du festival Mathieu Jaton. «Et pas trois heures pour faire long mais juste parce qu'il était bien, qu'il avait du plaisir. C'était un homme généreux.»
Dépit amoureux
Leonard Cohen, poète mélancolique, était le symbole d'une génération post-soixante-huitarde bercée par sa voix grave. Né le 21 septembre 1934 dans une famille juive aisée de Montréal, Leonard Cohen a composé certains des hymnes les plus envoûtants des dernières décennies.
Plusieurs générations ont fredonné et dansé sur ses titres les plus célèbres. ‘Suzanne’ ou ‘So Long Marianne’ illustrent, en 1967, un premier recueil de chansons marquées par le mal-être et le dépit amoureux.
Le poète et musicien canadien sur la scène du hall Stravinski à la 42e édition du festival en 2008.
Le journaliste de swissinfo.ch Bernard Léchot avait assisté au concert de 2008 à Montreux.
Le temps d'être moins sage
Avec un héritage et une influence incontestés, Leonard Cohen avait disparu de la scène dans les années 1990, préférant se réfugier dans le bouddhisme, devenant même moine en 1996. Dépouillé par son impresario, Cohen était revenu à la chanson moins d'une décennie plus tard, plus créatif et productif que jamais.
Il avait alors jugé qu'à son âge, il était temps d'être moins sage avec sa santé et, sous forme de cabotinage, il avait pris comme résolution de recommencer à fumer.
Il s’est produit pour la dernière fois à Montreux en 2013.
Ce concert faisait partie d’une tournée mondiale qui a conduit le chanteur en Europe, en Amérique du nord, en Australie et en Nouvelle Zélande.
Comme un testament
Leonard Cohen avait fêté le 21 septembre 2016 ses 82 ans avec un nouvel album hanté par la mort, noyant sa solitude dans des chansons toujours aussi sombres. Avec sa voix grave toujours murmurée, Leonard Cohen s'interrogeait dans ‘You Want It Darker’, son 14e opus, sur la nature de l'homme et d'un dieu tout-puissant
La mort planait dans cet album, comme un rappel d'une issue inexorable sans doute plus manifeste avec le décès en juillet de sa muse Marianne Ihlen, amoureuse devenue célèbre dans sa chanson ‘So Long Marianne’.
«Je pense que je te suivrai bientôt», avait écrit Leonard Cohen juste après le décès de Marianne Ihlen. «Sache que je suis si proche derrière toi que si tu tends la main, je crois que tu peux toucher la mienne.»
swissinfo.ch avec les agences