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Réaliser une suite trois décennies plus tard, avec un héros principal bientôt âgé de 60 ans, avait tout du piège. Mais le film qui sort ce mercredi dans les salles tient son pari au trois quarts.
D'abord en assumant l'âge de "Maverick", sobriquet du pilote incarné par Tom Cruise, héros à l'ancienne. Et en le frottant à une nouvelle génération de la crème des pilotes US. Avec notamment Miles Teller ("Whiplash") en fils de "Goose", l'ancien co-équipier de "Maverick" et personnage tué dans le premier épisode.
Les premières scènes font référence à "L'étoffe des héros", signé Philip Kaufman (1983), Cruise marchant dans les pas de Sam Shepard en pilote d'essai tête-brûlée. Ed Harris, qui jouait dans "L'étoffe des héros", apparaît d'ailleurs dans "Top Gun: Maverick": un haut-gradé qui pense que les drones sont l'avenir et les pilotes le passé.
>> A voir, la bande-annonce du film:
Retour de Maverick à son centre de formation
Mais un coup de pouce d'"Iceman" (Val Kilmer, autre acteur clé du premier volet), devenu amiral, va permettre à "Maverick" de revenir au centre de formation où tout a commencé.
Ce renvoi d'ascenseur sonne comme un écho à leur vie réelle. "Dans le premier, je me suis vraiment battu pour qu'il soit dans le film, parce que Val est un acteur formidable, je voulais qu'il joue ce personnage", raconte Cruise dans la presse américaine.
Le cancer de la gorge dont souffre Kilmer dans la vie est intégré dans la narration du film. Là encore, le vieillissement des protagonistes n'est pas caché, même si Cruise reste valorisé.
>> A voir aussi, le sujet dans le 19h30 sur la présentation du film en avant-première hors compétition au Festival de Cannes:
Une suite moins va-t-en guerre
On regrettera des personnages féminins encore trop secondaires. Mais cette suite moins va-t-en guerre tourne la page du "Top Gun" initial, réalisé par Tony Scott, immense succès en 1986 mais collection de symboles virilistes d'une Amérique sous Ronald Reagan.
Avec les années, ce film est devenu culte avec ses clichés des productions clinquantes des années 1980: la moto de Cruise, sa rivalité/bromance avec Kilmer, le chemisier blanc de Kelly McGillis sous son blouson en cuir. Sans oublier le tube du groupe Berlin "Take My Breath Away", derrière lequel on trouvait tout de même le producteur de génie Giorgio Moroder.
afp/olhor
A Cannes, Tom Cruise a reçu une Palme d'honneur
Mercredi dernier au Festival de Cannes, juste avant la projection de "Top Gun: Maverick", l'acteur américain a reçu une Palme d'or d'honneur. "Surprise!" a tweeté le Festival en annonçant cette récompense.
Auparavant, il avait animé une masterclass durant laquelle il a pris la défense des salles de cinéma contre les plateformes de streaming.
"Je fais des films pour le grand écran. Mes films ne sortiront pas directement sur les plateformes. Aller au cinéma, c'est partager une expérience, quelle que soit notre culture ou notre langue. Je vais voir les films en salles quand ils sortent. Je mets ma casquette (pour ne pas être reconnu)", a déclaré la star, ovationnée par un parterre de 1000 personnes.