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28/09/2015
Signez la charte, messieurs les Saoudiens
Un Etat qui n'a pas signé la charte des droits de l'homme peut-il siéger au Conseil qui les défend? La question se pose alors que l'Arabie saoudite vient d'obtenir la présidence d'une commission consultative au Conseil des droits de l'homme de l'ONU à Genève. Le royaume wahhabite est en effet un des rares pays au monde à ne pas avoir signé le texte de 1948. Le représentant du seul pays au monde qui a pris le nom de la famille régnante a été préféré par le groupe Asie Pacifique au représentant du Chili. Cette élection en dit long sur les tractations qui se déroulent en coulisses dans cette institution internationale.
La commission présidée par un Saoudien est celle qui décide de la nomination des commissions d'enquête placée sous l'autorité du Haut-Commissaire aux droits de l'homme. Ces commissions bénéficient ainsi de moyens pour enquêter sur les violations. On voit ainsi la place stratégique que l'Arabie saoudite occupe désormais.
Peut-on se satisfaire de cette situation? Il n'y a visiblement pas dans les statuts du Conseil d'obligation d'avoir signé la charte des droits de l'homme pour siéger. Aberrant. Il est clair désormais qu'il faut réformer le Conseil est faire de cette signature une condition pour entrer dans cette assemblée. Le Conseil des droits de l'homme permet en effet de focaliser l'attention internationale sur les crimes les plus graves d'atteinte aux droits. Et peut déboucher sur des inculpations à la Cour pénale internationale. Alors que le Conseil de sécurité est verrouillé par les veto des membres permanents, le Conseil des droits de l'homme n'est pas entravé par de telles procédures.
S'il est trop tard pour empêcher le ridicule de cette nomination, il est plus que temps de réformer l'institution pour que cela ne se reproduise pas.