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Critique
Comme il doit être difficile d'être célèbre et, pour un cinéaste, d'avoir signé des oeuvres qui ont laissé des traces. Car il faut assumer et tenir la route. La critique est d'autant plus féroce.
Sydney Pollack est le créateur de films remarquables, tels LES CHASSEURS DE SCALP, ON ACHEVE BIEN LES CHEVAUX ou LE CAVALIER ELECTRIQUE. Nous étions en droit d'attendre mieux que cette ro-mance qui s'étire et qui sent le déjà vu et le déjà fait. C'est du cinématographiquement correct au point d'être lisse et sans surprise.
Un policier de Washington et une femme membre du Congrès découvrent à la suite d'un accident d'avion que leurs conjoints respectifs avaient une aventure amoureuse. Ces deux rescapés de l'amour ne se connaissaient pas et se situaient aux antipodes l'un de l'autre sur le plan social et culturel. Dutch n'est pas policier pour rien; il va enquêter. Il veut tout savoir, tandis que Kay, en pleine campagne électorale, préfère fermer les yeux. Il y a là, certes, une problématique intéressante. Toutefois Pollack introduit d'autres éléments qui interfèrent et affaiblissent le propos, sans parler naturellement de la romance que le spectateur attend depuis le début du film.
Harrison Ford traîne son masque souffreteux tout au long du film et il faudra attendre deux heures et dix minutes pour le voir amorcer un sourire. Quant à Kristin Scott Thomas, elle joue sur plusieurs registres et reste fidèle à un type de person-nage qu'elle incarnait déjà dans L'HOMME QUI MURMURAIT A L'OREILLE DES CHEVAUX. Cependant elle sauve ce film de l'ennui.
Maurice Terrail