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1° celles "à distance" c'est-à-dire où la cavité buccale n'est pas concernée
Dans le premier groupe, les postures nocives ont leur importance; citons la plus connue, la position du dormeur "à plat ventre", avec rotation de la tête pour permettre la respiration, et appui latéral sur la mandibule. D'autres causes à distance : atteinte du système nerveux central, myopathies, traumatisme de l'ATM suite à un accident ou à une chute, arthropathies.
2° celles directement concernées par les arcades dentaires
Dans le deuxième groupe, on recensera notamment les malpositions dentaires, une édentation partielle, l'égression d'une dent de sagesse, une carie douloureuse ou une infection dentaire entraînant l'évitement de la dent causale. Et n'oublions pas les causes iatrogènes (c.-à-d. suite à un traitement dentaire): obturations occlusales et prothèses fixes (couronnes) trop "hautes", prothèses amovibles mal adaptées, récidive ou échec orthodontique...
Lors d'un engrenage correct des dents inférieures et supérieures, avec "les creux dans les bosses", on parle d'intercuspidation maximale (en jargon technique: creux = fosses, et bosses = cuspides). Ce contact ne dure qu'une demi-seconde lors de la déglutition salivaire, qui se produit de manière réflexe une fois par minute. Pour 0.5 seconde de contact, on dispose donc de 59.5 secondes de repos. Mais cette demi-seconde revêt une importance toute particulière en cas de déséquilibre occlusal.
Prenons pour exemple une dent "trop haute" de quelques centièmes de millimètres. Nous sommes sensibles à une variation de 0.01 mm (1 centième de mm, pensez à la gêne que vous fait ressentir un cheveu sur la langue!), ceci grâce à ce que l'on appelle des propriocepteurs. Ces microscopiques récepteurs neurosensoriels enregistrent les positions dans l'espace tridimensionnel ainsi que les mouvements de pression, tension ou torsion, toutes informations qui sont transmises au Système Nerveux Central. Une fois par minute, 60 fois par heure (!), cette surélévation va perturber le bon équilibre de l'occlusion. Soit par évitement, soit par contraction musculaire augmentée (pour atteindre en dépit de l'obstacle le contact avec les autres dents), ceci va finir par entraîner une dérégulation permanente de la fonction neuromusculaire, et ce surtout la nuit, lorsque l'état inconscient nous empêche de modifier ce contact pour obtenir une occlusion de convenance.
1/100 ème de millimètre…soit. Mais la dent "réagit" aussi à la pression de 1 gramme ! Et pour tous ceux qui auraient encore des doutes sur les conséquences de si infimes mesures, précisons que si les forces en présence sont de l'ordre de 50 kg / cm² lors de la déglutition, et de 25 kg / cm² pour la mastication (la pression diminue en raison de l'interposition du bol alimentaire), elles peuvent atteindre 120, voire 200 kg / cm² lors de serrements de dents nocturnes. Et la journée les patients n'en sont parfois même pas conscients !
Cette belle explication n'est hélas valable que pour le 20% des gens qui ont une déglutition salivaire "adulte", c'est-à-dire avec contacts interdentaires toutes les minutes. On estime en effet que 80% d'entre nous ont gardé (depuis l'âge de 12 ans où tout devrait normalement changer) une déglutition salivaire dysfonctionnelle ou "infantile", soit en intercalant la langue entre les arcades dentaires. Les dents ne se touchant donc jamais, il nous faut donc une autre explication qui nous est fournie par la recherche fondamentale.
Pour le Professeur Hartmann (2009): "Dans la dysfonction linguale (ou déglutition salivaire dysfonctionnelle) la langue ne cesse d'envoyer des informations parasites aux dents. Les récepteurs dentaires de tact (type 1) sont ainsi sans cesse sollicités par la langue. Sur le plan neurophysiologique, cette dysfonction s'apparente ainsi à celle de la "crispation des mâchoires dents serrées" de A. Jeanmonod." Pour une approche plus détaillée de ces phénomènes neurophysiologiques, veuillez consulter le chapitre consacré à la recherche fondamentale ainsi que le site du Professeur Hartmann (Marseille) tmd-dentalmedical.org.
Associés à la malocclusion et aux problèmes liés à la déglutition dysfonctionnelle, le stress et l'environnement psycho-social (deuil, divorce, perte d'emploi, chocs émotionnels, frustrations diverses…), revêtent une importance particulière dans l'apparition de parafonctions telles que le bruxisme.