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L'initiative populaire "Pour sauver des vies en favorisant le don d'organes" a été remise vendredi à la Chancellerie fédérale à Berne avec 113'000 signatures valides. Elle demande que toute personne devienne donneuse d'organes tant qu'il n'y a pas de refus explicite.
Les initiants de la Jeune Chambre Internationale (JCI) Riviera avaient recueilli plus de 145'000 signatures au total pour cette initiative en faveur du don d'organes, prévoyant une modification constitutionnelle fondée sur le principe du consentement présumé. Le texte suppose que "la personne décédée consentira au don d'organes si elle ne s'y est pas opposée de son vivant ou si ses proches ne stipulent pas qu'elle a refusé de donner ses organes".
"Le fait qu'un si grand nombre de citoyens aient signé montre que la question doit être soumise à la population, a déclaré Julien Cattin, président du comité de l'initiative, en présence du conseiller d'Etat Pierre-Yves Maillard. "Nous sommes convaincus que le consentement présumé peut contribuer à raccourcir la liste d'attente pour un organe sans mettre en danger la liberté de choix de chacun", affirme-t-il.
La JCI est une fédération mondiale de jeunes citoyens âgés de 18 à 40 ans, avec plus de 200'000 membres. La section Riviera est l'une des septante organisations locales du mouvement en Suisse. Elle compte une cinquantaine de membres. L'initiative a été lancée en 2017 et est notamment soutenue par la Fondation nationale pour le don et la transplantation d'organes Swisstransplant.
Registre national
Si la question du don d'organes se pose, seules 5% des personnes décédées ont déposé leur décision et seul un tiers environ des proches connaissent les souhaits de la personne décédée. "La préoccupation centrale des spécialistes est de réaliser ce souhait. Les personnes qui ne souhaitent pas faire don de leurs organes peuvent l'inscrire dans un registre national", explique le professeur Franz Immer, directeur de Swisstransplant.
Parallèlement à l'initiative populaire, Swisstransplant a fait un pas de plus vers l'amélioration des dons d'organes. Elle a lancé un registre national des donneurs le 1er octobre 2018. Les personnes âgées de 16 ans et plus peuvent y indiquer si elles veulent ou non donner leurs organes, même sans carte de donneur. Fin 2018, environ 44'000 personnes étaient inscrites, selon la fondation.
En Suisse, chaque semaine, deux à trois personnes décèdent faute d'organes disponibles. Actuellement, plus de 1500 personnes sont en attente d'une transplantation. La Suisse compte 14,2 donneurs décédés par million d'habitants par an (moyenne 2012-2016). C'est deux fois moins que la France, l'Autriche ou l'Italie, des pays qui pratiquent déjà le consentement présumé.
(KEYSTONE-ATS)
Le Conseil d'Etat tessinois craint une réouverture trop rapide
Le Conseil d'Etat tessinois a critiqué jeudi les mesures prises par le Conseil fédéral qui va selon lui trop vite. Les rassemblements autorisés jusqu'à 30 personnes vont rendre le traçage des contacts bien plus difficile, a déclaré le directeur de la santé publique Raffaele de Rosa.
Le gouvernement a accéléré le rythme du déconfinement, mais toutes ses décisions ne sont pas "linéaires", a déclaré le président du Conseil d'Etat Norman Gobbi lors d'une conférence de presse jeudi. M. Gobbi s'est toutefois montré satisfait des derniers chiffres sur la pandémie au Tessin.
"Il y a enfin un rayon de soleil dans le ciel." Depuis plusieurs jours, il n'y a pratiquement plus eu de nouveaux cas d'infection ou de décès. Les autorités doivent désormais agir de manière responsable pour le bien-être de la population. Au Tessin, l'état d'urgence devrait donc rester en vigueur jusqu'au 30 juin.
"La voie de la prudence"
Le chef du département de la santé Raffaele De Rosa aurait "préféré que Berne choisisse la voie de la prudence." En particulier, l'augmentation de cinq à trente personnes du nombre de personnes autorisées dans un rassemblement qui est, selon lui, un grand bond en avant. Le traçage des contacts sera ainsi rendu plus difficile.
Le médecin cantonal Giorgio Merlani, qui a souvent exprimé de fortes inquiétudes, s'est prononcé jeudi en faveur de la détente à venir. Deux semaines et demie après le début du déconfinement, la situation est toujours stable. "Nous devons maintenant tous revenir à la normalité", a dit M. Merlani, en soulignant l'importance de le faire intelligemment.
M. Merlani a également présenté les derniers chiffres au Tessin. Il y a encore deux personnes en soins intensifs, 40 autres sont répartis dans d'autres services de l'hôpital, ou en rééducation. La semaine dernière, 290 personnes ont été testées, et seulement un pour cent d'entre elles étaient positives. "Le virus est là, mais il circule à peine en ce moment", a souligné le médecin cantonal.
L'app SwissCovid testée par le grand public
L'application SwissCovid, qui devra retracer les chaînes de transmission du coronavirus, est soumise au test du grand public dès jeudi, annonce l'Office fédéral de la santé publique. Les hackers et les personnes intéressées peuvent mettre le système à l'épreuve.
L'instrument doit garantir un niveau élevé de sécurité. Le code source est donc mis à la disposition du public.
Le Centre national pour la cybersécurité réceptionnera les résultats des tests. Il examinera leur contenu, fixera les priorités en fonction du degré de gravité des problèmes détectés et procédera aux adaptations nécessaires. Les résultats seront actualisés tous les jours et disponibles sur la page Internet du centre national.
Actuellement, le système suisse de traçage de proximité est testé dans le cadre d'une phase pilote par une sélection de groupes. Si le Parlement donne son accord à la base légale, l'application pourra être lancée dans la foulée.
Exploitation presque normale des transports publics dès le 6 juin
Les transports publics suisses rétabliront en grande partie l’exploitation normale les 6 et 8 juin. Les lignes de trafic purement touristiques, fermées pour l'instant, pourront notamment reprendre, annoncent jeudi les CFF et CarPostal dans un communiqué commun.
Les chemins de fer de montagne et les bateaux pourront ainsi reprendre leur activité après un arrêt de plusieurs mois. La restauration ferroviaire, les réservations de groupes ou encore le transport de bagages seront également de nouveau disponibles.
Les transports publics suisses progressent un peu plus vers un retour complet à la normale. Quelques réductions de l’horaire subsisteront toutefois sur des courses supplémentaires aux heures de grande affluence et sur les relations de nuit, précise le communiqué.
L’assouplissement des mesures était prévu initialement pour le 8 juin. Toutes les entreprises de transports publics ne seront ainsi pas en mesure d'élargir leur offre dès le 6 juin comme l'a décidé le Conseil fédéral mercredi. Des adaptations auront lieu le 8 juin. Les voyageurs sont invités à consulter les informations des différentes entreprises de transports avant de voyager.
Responsabilité individuelle
Le BLS amorce aussi son retour à la normale dès le 6 juin, annonce-t-il dans un communiqué jeudi. Ses lignes dédiées au trafic touristique pourront notamment reprendre, mais l'offre sera réduite au début.
Sur l'InterRegio entre Berne et Bienne, les dernières liaisons nocturnes du vendredi et du samedi soir circuleront à nouveau selon l'horaire à partir du 12 juin. Entre Brigue et Domodossola, le RegioExpress ne fonctionnera jusqu'au 13 juin qu'avec l'offre minimale pour les pendulaires le matin et le soir. À partir du 14 juin, des trains circuleront à nouveau pendant la journée à une cadence réduite.
Le plan de protection pour les transports publics en appelle à la responsabilité individuelle et à la solidarité des voyageurs, soulignent les CFF. Il est notamment recommandé aux usagers de porter un masque de protection dans les transports publics lorsque la distance des deux mètres ne peut pas être respectée.
Vingt cas supplémentaires de Covid-19 en 24 heures
La Suisse a enregistré vingt cas supplémentaires de coronavirus en 24 heures, a annoncé jeudi l'Office fédéral de la santé publique (OFSP). Le pays compte désormais 30'796 cas confirmés en laboratoire.
Parmi les 385'822 tests effectués, 10% étaient positifs. L’incidence se monte à 359 cas pour 100'000 habitants.
Au total, 1655 personnes sont décédées en lien avec un Covid-19 confirmé en laboratoire, selon les déclarations reçues jusqu’à jeudi matin. La veille l'OFSP en recensait 1649. Cela correspond à 19 décès par 100'000 habitants. Sur les 1572 personnes décédées pour lesquelles les données sont complètes, 97% souffraient d’au moins une maladie préexistante.
Parmi les personnes décédées, 58% étaient des hommes et 42% des femmes. Leur âge allait de 31 à 108 ans, avec un âge médian de 84 ans. A ce jour, 3935 hospitalisations en lien avec un Covid-19 confirmé en laboratoire ont été déclarées.
Tous les cantons sont concernés par la pandémie. Ceux de Genève, du Tessin, de Vaud, de Bâle-Ville et du Valais restent les plus touchés.
L'incertitude demeure pour les employés d'Easyjet en Suisse
Les conséquences de la restructuration annoncée jeudi par Easyjet demeurent encore incertaines pour les opérations helvétiques. La compagnie aérienne britannique veut consulter le personnel en Suisse avant de prendre une décision. A l'échelle du groupe, un tiers de l'effectif - soit environ 4500 postes - est menacé.
"Nous lancerons un processus de consultation des employés dans les prochains jours. Nous ne pouvons pas préjuger de ce qui en ressortira", indique jeudi à AWP un porte-parole d'Easyjet en Suisse. La compagnie emploie quelque 1000 employés dans le pays, sur un effectif global de 15'000 personnes.
L'impact pour l'aéroport de Genève, principal site d'Easyjet en Suisse, reste pour l'heure inconnu. Fin 2019, la compagnie représentait une part de marché de 44,8% à Cointrin pour 585 employés. Avant l'éclatement de la pandémie, 80 destinations étaient desservies au départ de Genève sur un total de 157 depuis la Suisse.
La position est également dominante à l'aéroport de Bâle-Mulhouse, où Easyjet pèse pour près de 60% du trafic aérien. L'activité à Zurich est moindre par rapport aux pôles rhénan et genevois.
En termes de flotte, 14 appareils frappés du logo orange et blanc sont stationnés à Genève, contre 12 sur le tarmac d'Euroairport, selon des indications fournies en 2019.
Licenciements inévitables, selon le SSP
Côté syndical, on déplore une "annonce brutale" faite avant toute consultation avec le personnel, preuve d'une certaine "désinvolture" d'Easyjet. "Je vois les réactions des employés d'Easyjet avec qui je suis en contact sur les réseaux sociaux, le gens sont sous le choc", affirme Jamshid Pouranpir, secrétaire syndical auprès du Syndicat des services publics (SSP) à Genève.
Partenaire social du transporteur en vertu d'une convention collective de travail, le SSP exige dans les plus brefs délais la tenue de négociations devant aboutir à un plan social pour les employés concernés. "Il y aura des licenciements", souligne M. Pouranpir, qui concède cependant comprendre la "situation difficile" des compagnies aériennes.
Le groupe Easyjet a annoncé dans la matinée la suppression de 4500 postes, soit près d'un tiers de ses effectifs. Elle a pris cette mesure afin de faire face au choc de la pandémie de coronavirus. La compagnie à bas coûts, dont l'activité est à l'arrêt depuis des semaines, entend préserver ses finances et s'adapter à un trafic aérien plus faible sur une longue période.
En Suisse, la compagnie n'a pas obtenu d'aide publique pour surmonter les difficultés liées à la pandémie de Covid-19. Fin avril, Easyjet Suisse a néanmoins exhorté la Confédération à stimuler la demande pour le transport aérien, notamment par une annulation temporaire des taxes pour le secteur ou une baisse des redevances aéroportuaires.
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