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L'Islam - Religion et communauté
de Louis Gardet
Louis Gardet (1904-1986) se présentait comme un « philosophe chrétien des cultures et des religions comparées ». Ses travaux consacrés à l’islam sont devenus des classiques. Les cours de Gardet ont servi de base à l’enseignement religieux dans les premières écoles de l’Algérie indépendante. Il fut aussi un ardent promoteur du dialogue islamo-chrétien. L’islam – Religion et communauté est une excellente entrée en matière pour celles et ceux qui s’intéressent à cette religion.
La première partie est consacrée aux valeurs de bases de l’islam. Quels sont les piliers de cette religion ? Sur quoi se base-t-ils ? Comment est perçu dieu et son prophète ? Quelles sont les notions du bien et du mal ? Etc. La partie consacrée au décret divin est très intéressante. Gardet montre comment, dans le texte, le thème de la responsabilité de l’homme répond et se complète à celui de la Toute Puissance divine. L’apostasie et l’usure sont généralement considérées comme des « grandes fautes ». L’esprit mercantile n’a toutefois pas tardé à prendre le dessus. Un moyen fut vite trouvé pour contourner cette interdiction, plus ou moins subtilement. Malheureusement, le délit d’apostasie reste encore tabou. Il est très souvent instrumentalisé pour faire taire certaines voix discordantes.
Les développements de l’islam à travers le temps sont étudiés dans la deuxième partie. Différentes indications permettent de mieux cerner l’école hanbalite. Cette dernière s’est formée en réaction contre les libertés de raisonnement juridique. C’est à ce courant qu’est rattaché Ibn Taymiyya. Tout conservateur qu’il fût, il est instructif de connaître la lecture qu’il faisait du Coran. Aussi, il distinguait les croyances et les principes cultuels, vrais pour tous les temps et tous les lieux, des principes moraux intangibles en leur fondement, mais non toujours en leurs applications, et les relations sociales que le contexte coranique lui-même met en dépendance des circonstances de pays et d’époque.
La dernière partie aborde l’islam en tant que communauté. Gardet revient longuement sur la distinction chrétienne du spirituel et du temporel qui n’existe pas en Islam. Cela a souvent été mal compris. Il rappel que les textes fondateurs de l’islam ne préconisent pas une forme particulière de gouvernement.
A l’époque de l’écriture de ce livre (1967), le nationalisme arabe occupait le devant de la scène. Comme le constate Louis Gardet, c’est l’arabisme est non l’islam qui exaltait les masses populaires. C’était aussi l’époque ou les traductions arabes du Capital étaient parmi les ouvrages les plus demandés dans les librairies de Damas ou de Beyrouth. Ce n’est que lors de la décennie suivante que l’Islam réinvestit le champ politique avec force. En conclusion, Gardet revient sur les préalables nécessaires pour qu’un dialogue serein puisse s’instaurer. Quarante ans plus tard, ses recommandations restent d’actualité.
Recommandations, comptes rendus etc.
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