Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07243.jsonl.gz/1074

Évoquer le « réemploi » ou le « recyclage » dans l’œuvre de Le Corbusier, chantre de la création architecturale, n’est-ce pas antinomique ? L’Association Maison blanche vous démontera le contraire, tant la réutilisation et l’appropriation culturelle d’éléments architecturaux et de matériaux sont présentes dans l’œuvre de Charles-Edouard Jeanneret.
La villa Jeanneret-Perret, dite Maison blanche, est le premier bâtiment que le jeune Le Corbusier, alors connu sous le nom de Charles-Édouard Jeanneret-Gris, a construit de manière indépendante en 1912, au moment où il ouvrait à La Chaux-de-Fonds son propre cabinet d'architecture. La construction de cette villa pour ses parents en dehors de l’échiquier urbain de la métropole horlogère, dans une région où des artistes comme Charles L’Eplattenier s’étaient déjà installés, avait été précédée dès 1907 par de longs voyages d’études entrepris par l’architecte. Ces voyages et séjours de travail lui ont permis d’acquérir des expériences importantes et de découvrir le travail d’autres acteurs de l’avant-garde de l’époque. Il a donc utilisé ces riches impressions et expériences dans sa première œuvre. La réutilisation et l’appropriation culturelle et architecturale d’éléments architecturaux, de parties de bâtiments, de matériaux ou d’installations font ainsi partie intégrante de son travail. Cela peut être vérifié, entre autres, par la loggia de la « chambre d’été » et la « promenade architecturale », par l'entrée de la villa à l'intérieur et à l'extérieur, par l'utilisation de jute comme revêtement mural ou encore par l'approvisionnement en eau de la maison à l'aide d'une citerne.