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Sulzer Medica est prête à indemniser au cas par cas les malades qui ont reçu une prothèse de hanche défectueuse fabriquée par sa filiale américaine et retirée du marché en décembre. Mais des patients veulent obtenir plus de la part de la compagnie suisse.Ce contenu a été publié le 17 février 2001 - 16:26
«Sulzer a l'intention d'examiner la question de la souffrance physique et morale au niveau de chaque dossier individuel», déclare le porte-parole de la firme de Winterthur, Henner Alms. Jusqu'à présent, Sulzer n'acceptait de rembourser les opérés ayant reçu une prothèse défectueuse que pour la portion des dépenses encourues qui n'est pas prise en charge par les compagnies d'assurance.
L'offre de Sulzer est jugée insuffisante par les victimes et leurs avocats. «Une compensation pour la souffrance morale et physique est une chose, mais nous voulons que Sulzer finance un fonds destiné à couvrir les soins et la surveillance que les opérés doivent recevoir du fait de la présence de traces de lubrifiant sur la prothèse. Nous demandons aussi obtenir des dommages-intérêts parce que Sulzer a négligé d'informer les chirurgiens du défaut de fabrication», souligne l'avocat californien Richard Heimann.
Le cabinet de Me Heimann a déposé cette semaine une plainte collective au nom de quelques 17 000 patients, tout en s'abstenant à ce stade de chiffrer les prétentions des victimes.
Rhonda Silva est l'une de ces victimes. S'exprimant depuis son domicile à Oakland, cette femme de 48 ans qui souffre d'arthrite s'apprête à subir une nouvelle opération de la hanche, pour remplacer la prothèse de Sulzer par un produit concurrent fabriqué par le géant américain Johnson&Johnson.
«Mon médecin m'avait recommandé la prothèse de Sulzer comme étant la meilleure, en tout cas meilleure que celle de Johnson&Johnson pour des gens jeunes et actifs comme moi, indique Madame Silva. Mais aujourd'hui, je ne peux plus me déplacer sans l'aide d'un déambulateur! Tout ça, parce que quelqu'un chez Sulzer a décidé d'économiser de l'argent en nettoyant la prothèse deux fois au lieu de trois!»
Le porte-parole de Sulzer refuse de décrire la procédure de nettoyage utilisée pour empêcher que la prothèse ne connaisse une fuite de lubrifiant. Il se refuse également à tout commentaire sur les autres aspects de la plainte collective. Néanmoins, Henner Alms affirme que Sulzer ne s'est rendu compte du problème qu'en septembre et a alors immédiatement retiré la prothèse du marché.
L'avocat Richard Heimann maintient pour sa part que Sulzer aurait appris l'existence du problème dès octobre 1999 et l'aurait dissimulé aux professionnels de la santé pendant près d'un an.
Marie-Christine Bonzom, Washington
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