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Les dommages aux biens consécutifs à des catastrophes naturelles ont culminé à 1800 milliards de dollars ces dix dernières années, selon une étude de Swiss Re. Sur ce montant, seuls 30% des dégâts, soit 500 milliards, étaient assurés.
En partant d'une année moyenne au niveau des catastrophes naturelles, le modèle de calcul retenu dans l'étude Sigma "Sous-assurances des risques dommages: combler le déficit de protection" parue lundi, laisse apparaître un déficit de protection attendu de 153 milliards de dollars par an, écrit le réassureur zurichois. Plus de la moitié de ce montant, soit 81 milliards de dollars, revient aux Etats-Unis, au Japon et à la Chine.
Selon Swiss Re, même si les règlements des sinistres se sont envolés au cours des quarante dernières années, le déficit de protection contre le risque de catastrophe naturelle s'est creusé sans relâche. Avec le développement économique et une urbanisation galopante, en particulier dans les pays émergents, la valeur des biens globaux à risque a dépassé la demande d'assurance.
Dans les économies en forte croissance, 80 à 100% des dommages économiques en moyenne ne sont pas assurés. Aux Etats-Unis et au Japon, le plus important déficit d'assurance concerne le risque sismique. Une grande partie des valeurs immobilières dans ces deux pays n'est pas assurée contre d'éventuels tremblements de terre, malgré une fréquence de séismes relativement élevée.
Limites de l'assurabilité floues
En Chine, les inondations dans les grands centres industriels du pays, avec une forte densité de population et des valeurs immobilières élevées, représentent la menace principale. A ce déficit, vient encore s'ajouter celui de la protection pour des risques de dommages non liés à des éléments naturels, tels que les dégâts d'eaux, d'incendies et autres cambriolages, devisé lui à 68 milliards de dollars par an.
Au final, les lacunes en matière d'assurance dommages se chiffrent à 221 milliards de dollars par an, selon les estimations de Swiss Re. A titre de comparaison, le volume des primes global a atteint l'an dernier 413 milliards de dollars.
La notion de défaut de couverture peut revêtir divers aspects, entre absence pure et simple d'assurance, sélection de risques, franchises ou autres conditions restrictives, note le réassureur. Certains phénomènes extrêmes, évolutions technologiques ou encore facteurs géopolitiques sont par ailleurs de nature à rendre flous les limites de l'"assurabilité".
ATS