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Interview de Laurent Grob (SUI8613) suite au Championnat du Monde 2008, Mondello
Swiss 505 : Bonjour Laurent, tu reviens juste du championnat du Monde 2008 qui s'est déroulé en octobre dernier à Mondello, en Sicile près de
Palerme. Nous avons décidé de t'interviewer car il s'agit là de ton premier championnat du Monde dans cette série. Mais avant cela, peux-tu un peu nous
parler de toi : Quel âge as-tu, où habites-tu, que fais-tu dans la vie ?
LG : J'ai 33 ans et j'habite à Lignères. Je suis enseignant spécialisé à la Fondation Borel de Dombresson. Je suis marié et j'ai trois enfants.
Swiss 505 : Quels sont les bateaux sur lesquels tu navigues maintenant, que fais-tu à bord et quel est ton passé nautique ?
LG : Je navigue essentiellement sur deux dériveurs qui sont le laser et le 5o5. Je suis équipier sur le 5o5, je m'occupe donc du foc, du spi et de
la tactique. Je m'assure aussi que Gilles puisse tranquillement manger son Bircher entre les manches.
J'ai débuté la voile comme beaucoup de monde sur Optimist, puis j'ai un peu navigué en équipe, puis en Fireball.
Swiss 505 : Je crois que tu as déjà participé à quelques championnats du Monde. Peux-tu nous en parler et nous donner tes résultats ?
LG : J'ai participé à trois championnats du monde en Fireball. La première fois avec Anthony Duvoisin, en 2001, à Bracciano : nous avions terminé 14ème
sur une centaine de bateaux. La deuxième fois avec Frédéric Duvoisin à Teignhmous, en 2005 : nous avons fini 16ème sur 170 et la troisième fois, toujours avec
Frédéric, à Silvaplana en 2007 où nous faisons 12ème sur 95.
Swiss 505 : Concernant le championnat du Monde de Mondello, quelles sont les différences que tu as expérimentées par rapport à celles faites dans d'autres
séries? Comment estimes-tu le niveau sportif international en 505 en comparaison avec tes autres expériences ? Y-a-t-il des choses que tu n'as pas du tout aimées ?
LG : Il y a plus de " stars " de la voile qu'en Fireball. Je citerai Howie Hamlin, qui n'est plus à présenter ; Ian Pinnell ,qui a gagné de nombreux championnats
notamment en Fireball et qui fait partie de la génération de Lawrie Smith ; sans compter les équipages allemands et danois dont certains sont médaillés olympiques.
Le niveau me semble plus élevé en 5o5 qu'en Fireball. Il est difficile d'entrer dans les 15 premiers. Je pourrai cependant mieux juger si le niveau est réellement
différent lorsque nous serons plus entraînés.
Nous n'avions jamais pris de départ au lièvre en régate, et de surcroît avec une telle flotte! nous avons éprouvé beaucoup de difficulté à partir au bon moment et
au bon endroit. Sachant que la réussite d'une manche se décide lors du premier bord de près, le départ est capital et nous n'avons pas souvent maîtrisé cette phase
de la course. Le départ au lièvre nous a donc réellement posé des problèmes et c'est un style de départ que je n'affectionne pas pour le moment.
Swiss 505 : A Mondello, Gilles Petermann et toi avez fini 51ème sur 125 participants. Terminer dans la première moitié à un championnat du Monde de Cinquo
est déjà pas mal. Vous estimez-vous contents ou déçus par ce résultat ? Les conditions ont été légères et relativement stables durant le championnat. Aurais-tu
préféré de la brise ou alors des conditions plus variées ?
LG : Rationnellement, le résultat correspond à notre objectif premier qui était de terminer dans la première moitié. Nous restons cependant légèrement
frustré par ce résultat, et comptons bien continuer à nous entraîner régulièrement pour faire mieux dans deux ans.
Nous aurions en effet préféré un vent plus fort. Ce petit temps nécessitait beaucoup de " feeling " ,ce que nous devons encore beaucoup travailler. Un vent
plus soutenu est plus facile à naviguer et nous aurait certainement permis d'être plus à l'aise.
La plupart de nos entraînements s'étaient déroulés dans du vent établi et soutenu, car nous devions absolument apprendre à maîtriser toutes les manoeuvres.
Nous n'étions pas prêts pour du petit temps.
Swiss 505 : Comment avez-vous préparé ce championnat ? Quels sont les points sur lesquels vous avez mis l'accent ?
LG : Premièrement nous avons amélioré le bateau pour qu'il soit compétitif, ensuite nous nous sommes concentrés sur les manoeuvres par temps forts,
de manière à ne pas nous retrouver sur le toit à chaque empannage. Dans ce but, nous sommes allés à Riva où nous étions certains d'avoir du vent fort.
Nous avons également tenté de nous familiariser le plus vite possible avec les réglages et avons bénéficié de l'aide et des entraînements avec les autres
équipages de Bevaix pour nous améliorer.
Swiss 505 : Qu'estimes-tu avoir appris au contact des meilleures équipages internationaux ? Qui t'a le plus impressionné ? Penses-tu avoir le bon matériel ?
LG : Ian Pinnel était très à l'aise dans ces conditions et sa capacité à toujours se trouver au bon endroit pour finir à chaque manche dans le top
ten était remarquable. Nous avons également eu l'occasion de nous retrouver à quelques reprises à côté de Howie Hamlin et avons pu apprécier l'incroyable
feeling qu'il peut avoir à la barre. Nous avons également pu comparer les bateaux, voir les nouvelles idées, certains bateaux allemands m'ont impressionnés
par leur complexité alors que d'autres bateaux et notamment celui de Pinnel sont plus simples.
Je pense que notre bateau est compétitif, nous pouvons encore l'améliorer, mais nous avons mis passablement de temps et d'argent dans ce sens jusqu'à maintenant.
Il est actuellement surtout indispensable que nous passions beaucoup d'heures sur l'eau. Notre progression est excellente, mais il nous faut encore beaucoup naviguer
pour espérer pouvoir entrer dans le top trente dans deux ans au Danemark.
Swiss 505 : Quelle sont vos objectifs pour la (les) saison(s) prochaine(s) ?
LG : Au niveau des championnats du monde, nous allons nous déplacer en 2010 au Danemark et espérons nous retrouver parmi les trente premiers, puis en 2012 à
la Rochelle où nous espérons pouvoir faire encore mieux. Pour nous préparer, nous allons effectuer les traditionnelles régates de St-Raphaël, de Riva, le championnat
de France, le Swiss open.
Swiss 505 : As ton avis, quels types de navigateurs devraient considérer de naviguer en 505 en Suisse ? Quels conseils leur donnerais-tu pour commencer sur
un bon pied ?
LG : Les personnes qui aiment le dériveur en double, qui aiment les régates intéressantes où chaque choix tactique peut être mesuré en terme de gain ou de
perte de places et qui aiment également réfléchir autour de l'action que peuvent avoir les différents réglages des voiles ou du mât. Le cinquo est un bateau pointu à ce niveau et permet de développer un sens aigu du réglage.
Nos débuts en cinquo ont été idéals, nous avons rapidement trouvé une bonne coque Duvoisin d'occasion que nous avons accastillée en suivant les conseils avisés de
Philippe Jacot. Nous avons décidé d'aller naviguer à Bevaix où plusieurs équipages de cinquo s'entraînent régulièrement. Nous avons bénéficié de l'expérience de
tous les navigateurs présents là-bas (Betschen, Stauffer, Marti, Bart, Hollinger). Le fait de naviguer en flotte nous a permis de gagner plusieurs années
d'expérience. Il est très rare que nous naviguions seuls, en général nous sommes au minimum trois bateaux à sortir. Je conseillerais donc à quiconque veut
naviguer en 5o5 de venir le plus souvent possible à Bevaix.
Swiss 505 : Laurent, merci bien pour tes réponses spontanées et éclairées. Nous te souhaitons un bon hiver et sommes impatients de voir comment votre
carrière prometteuse en 505 va évoluer.
Posted on Samedi, novembre 15 @ 18:18:31 CET by fstauffer