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Douze ans après le vote contre la construction de minarets, l'initiative "Oui à l’interdiction de se dissimuler le visage" a été acceptée de justesse dimanche, avec 51,2% de "oui". Les deux projets du comité d'Egerkingen ont séduit les Suisses. Mais ce soutien s'est en partie déplacé.
L'initiative anti-burqa a reçu davantage de voix des Romandes et Romands que celle de 2009 sur les minarets. La plupart des communes francophones affichent des scores plus élevés, d'après une comparaison des résultats des deux votations.
L'écart grimpe jusqu'à près de 30 points de plus à Saulcy (JU), 27 à Finhaut (VS) ou encore 24 à Tartegnin (VD). Mais cette progression ne s'est pas produite que dans des petites communes.
Bien que la ville de Genève ait rejeté le texte, le comité d'Egerkingen y a récolté près de 8 points de plus qu'en 2009. Il a également enregistré davantage de suffrages à Nyon, Yverdon-les-Bains, Montreux ou encore Neuchâtel.
A l'inverse, l'initiative anti-burqa a été moins soutenue que celle contre le minarets de l'autre côté de la Sarine. Ce recul est particulièrement marqué plusieurs régions, dont la Suisse orientale, comme le montre la carte ci-dessus.
Un autre facteur semble avoir influencé le vote de certaines communes alémaniques: la crainte de perdre des touristes. Des régions comme Zermatt, Saas-Fee, Saint-Moritz, Davos ou encore Lucerne ont refusé le texte, alors que la plupart d'entre-elles avaient largement plébiscité l'initiative anti-minarets.
Au final, ces tendances inverses entre la Suisse romande et la Suisse alémanique ont minimisé les différences régionales lors des résultats de dimanche. Ceux-ci laissent aussi penser que les deux initiatives n'ont pas tout à fait séduit les mêmes électeurs.
>> Lire aussi le suivi complet de cette journée de votations:
Valentin Tombez