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Jean 11.40
Qui a entendu en premier cette parole ? Marthe, une femme d’action et de foi, dans une circonstance dramatique, relatée dans Jean 11 : un récit particulièrement détaillé et riche en émotions, dont la lecture complète en vaut la peine (Jn.11.1-44). Trois personnes, deux sœurs Marthe et Marie et un frère Lazare habitent le même village, Béthanie, non loin de Jérusalem. En dehors de la forte amitié née entre Jésus et eux (v. 3,5), tout ce qu’on ajoute à leur situation personnelle est supposition. Lazare tombe gravement malade et ses sœurs envoient un messager à Jésus qui se trouve dans la plaine du Jourdain (Jn.10.40), à une grosse journée de marche. Quand Jésus apprend la maladie de son ami, il reste encore deux jours sur place puis remonte vers Béthanie. En y arrivant, il apprend que Lazare était mort depuis 4 jours, c’est-à-dire juste après le départ du messager.
« Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu » est tiré d’une courte conversation entre Jésus et Marthe, devant le tombeau de Lazare (v.39-40). Jésus le lui avait déjà dit auparavant (ne t’ai-je pas dit…, v. 40), probablement lors du premier dialogue qu’il avait eu avec elle, sur la route en dehors du village, où elle avait été à sa rencontre (v.22-27).
Trois manières, parmi d’autres, de l’entendre « Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu » :
En me fixant sur « Si tu crois », j’en fait une lecture quasi menaçante : « tu ne verras pas la gloire de Dieu si tu ne crois pas ! ». Le « si… » devient un examen de passage : « Quelle note pourrais-tu donner à ta foi ? 3… ? 5… 8 sur 10 ? Car pour voir sa gloire, il faut au moins que tu atteignes la moyenne ! ». Cette lecture conduit à voir la gloire de Dieu comme une récompense de la foi et non comme une grâce. Elle fait de la foi une monnaie d’échange pour obtenir quelque chose de Dieu. Un grand miracle contre une grande foi ! Avec une petite foi, tu n’as pas grand-chose ! Cette lecture est décourageante, parce que l’analyse personnelle de notre foi nous montre toujours qu’elle est petite, et si voir la gloire de Dieu dépend de la grandeur de ma foi, je peux en venir à douter de la voir un jour.
Si je l’écoute en mettant l’accent sur « Tu verras la gloire de Dieu », elle devient une lecture apaisante, comme une promesse à ma petite foi, et je peux me réjouir de ce qui m’attend. Il ne s’agit pas de gommer le « si tu crois » et d’affirmer le salut universel avec ou sans foi ou la foi en n’importe quoi, mais de mettre cette condition dans une juste perspective : la foi comme une relation de confiance dans un Dieu qui nous aime. Tout ce qu’on y ajoute vient de nous.
On peut remarquer que quand Jésus parle de la foi en termes de volume, il n’est pas menaçant : « Si vous aviez la foi comme un grain de sénevé… » (Mt.17.20, soit l’équivalent d’un grain de colza).
La 3ème lecture, qui met ensemble le « si tu crois, et tu verras… », m’affermit dans une foi progressive.
Mais il faut d’abord s’entendre sur ce que signifie « voir la gloire de Dieu ». Pour Marthe, c’était d’abord la résurrection de son frère dans le ciel (v.24). Cela nous concerne aussi : voir Dieu et Jésus dans leur gloire céleste, et demeurer avec eux pour l’éternité.
Mais la gloire de Dieu est beaucoup plus large et visible déjà maintenant : c’est toute l’œuvre de Dieu dans toute son action, en nous et autour de nous : réconciliation, paix, protection, bénédiction matérielle, guérison, consolation, pardon, délivrance, situations transformées, dons spirituels… et même les corrections, qui sont autant de manifestations de l’activité de Dieu et de sa gloire.
Croire permet de voir l’action de Dieu là où mes yeux ordinaires ne voient rien. Le même événement qui pour l’un révèle la gloire de Dieu, ne montre rien à un autre, sauf un concours de circonstances.
Si Marthe n’avait pas cru, Jésus aurait néanmoins pu ressusciter Lazare. Parce que les miracles, plutôt qu’une récompense, sont un appel à croire. Marthe aurait peut-être cherché une explication tirée par les cheveux (Lazare était seulement dans le coma, et un animal était en putréfaction dans la grotte) et n’aurait pas vu la gloire de Dieu.
Cette foi, modeste comme un grain de colza, commence à voir la main et la gloire de Dieu dans sa propre vie et ce qui l’environne, est fortifiée par cette vision. Et cette vision fortifie la foi. Et plus cette foi grandit, plus elle discerne la gloire de Dieu.
Ce qui nous amène à conclure :
Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu.
Plus tu croiras, plus tu verras sa gloire.
Plus tu verras sa gloire, plus tu croiras.
Questions :
- Quelle est ma façon de lire ce texte ?
- Que signifie pour moi : « Voir la gloire de Dieu » ?
- Que faudrait-il que je change dans ma vie pour grandir dans la foi ?