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Le bien fondé de l’amélioration de la protection juridique des minorités est souvent remis en cause. En effet, d’aucuns craignent les effets négatifs d’une telle mesure, à savoir la récupération politique de cette notion d’ethnicité. Une thèse d’accusation a même été développée selon laquelle les droits des minorités attiseraient les processus d’ethnicisation entre minorités et majorités en exacerbant des deux côtés les sentiments identitaires. C’est pourquoi les droits des minorités seraient contreproductifs, voire dangereux et devraient être rejetés pour des raisons sociopolitiques.
Cette thèse mérite d’être discutée d’un point de vue politique et d’un point de vue juridique :
Politiquement, les droits des minorités agissent comme une protection pour les minorités opprimées. Si une minorité est discriminée, il y a tout à parier que la relation entre cette minorité et la majorité est déjà fortement ethnisée et que, par conséquent, l’introduction des droits des minorités ne peut engendrer de nombreux effets négatifs.
Juridiquement, il est possible de contester cette thèse d’accusation contre les droits des minorités en essayant de fonder les droits des minorités non plus sur le désir de préserver l’identité culturelle d’une minorité, mais sur l’idée de palier les désavantages culturels, sociaux et économiques que connaissent les membres des minorités. Si la première variante s’apparente à une politique d’ethnicisation, la seconde s’y oppose et vise davantage une répartition équitable des ressources et des possibilités commerciales.
- Voir à ce sujet : Ausgleich statt Anerkennung. Zur Begründung von Sonderrechten für Angehörige kultureller Minderheiten (pdf, 14 p.) (De la justification de droits spéciaux pour les membres de minorités culturelles)