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Uber est bien un employeur, estiment les Prud'hommes lausannois
Pour la première fois en Suisse, un tribunal a reconnu à un ancien chauffeur d'UberPop le statut de salarié et non d'indépendant. Le Tribunal des prud'hommes de Lausanne a condamné une filiale néerlandaise d'Uber avec laquelle il avait un contrat de service à lui verser les deux mois de salaire du congé légal, ainsi qu'un préjudice moral et les vacances auxquelles il aurait eu droit, soit près de 18'000 francs en tout, a révélé Le Matin Dimanche.
S'il est confirmé après le probable appel que devrait déposer la multinationale américaine, ce jugement pourrait faire jurisprudence et concerner des centaines de chauffeurs Uber dans tout le pays. L'entreprise devrait alors payer des cotisations sociales et, notamment, octroyer des vacances aux chauffeurs, qui ne seraient plus considérés comme indépendants.
Vers une hausse du prix des courses
Le chauffeur avait réalisé près de 10'000 courses pour le service UberPop entre avril 2015 et décembre 2016, avant d'être licencié, selon Uber, parce qu'il avait reçu trop d'évaluations négatives de la part des passagers. La Cour a estimé que ce licenciement avec effet immédiat n'était pas justifié. l'intéressé n'ayant pas eu connaissance des reproches.
Si le jugement porte sur UberPop, service ouvert aux chauffeurs amateurs qui a disparu de Suisse l'an dernier, l'avocat de l'ancien chauffeur estime qu'il devrait aussi s'appliquer à UberX, le service ouvert aux chauffeurs disposant d'un permis professionnel de transport de passagers. Selon lui, si l'entreprise doit payer des charges sociales, les congés maladie et l'assurance accident, le prix des courses va augmenter, ce qui nivellera la concurrence avec les services traditionnels de taxis.
vic
Publié le 05 mai 2019 à 11:58 - Modifié le 05 mai 2019 à 18:00