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Individual Justice, Collective Justice, and Attitudes towards Multiculturalism
Après l’obtention d’un Bachelor of Arts in Psychology de Trent University (Peterborough, Canada) en 2010, d’un Bachelor of Education de Queen’s University (Kingston, Canada) en 2011, et d’un Master ès Sciences en psychologie de l’Université de Lausanne en 2014, Jessica Gale a été engagée comme assistante à l’Université de Lausanne. Elle a défendu sa thèse de doctorat en psychologie sociale en juin 2019, sous la direction du Prof. Christian Staerklé (UniLAPS). Ses intérêts de recherche portent principalement sur les relations intergroupes, la diversité culturelle et les conceptions de justice sociale.
Le multiculturalisme est une théorie politique controversée de gestion de la diversité culturelle. Certains auteurs suggèrent que ses principes et politiques risquent de ségréger, d’essentialiser, ou de favoriser les minorités, mettant ainsi en cause des principes dominants de liberté et de responsabilité individuelles. D’autres au contraire indiquent que le multiculturalisme complète de tels principes de justice individuelle. L’objectif de la présente thèse est de combiner des notions provenant des domaines de relations intergroupes, de justice sociale, et de philosophie politique pour parvenir au cœur d’un débat important sur le multiculturalisme : le degré auquel son accent sur les groupes sociaux est compatible ou non avec la valorisation normative des individus dans les pays occidentaux libéraux. Huit études sont présentées, à travers quatre chapitres empiriques et un chapitre théorique, pour examiner comment les individus, en tant que membres de groupes, conceptualisent la justice en lien avec le multiculturalisme. Les chapitres sont organisés autour de trois questions de recherche principales, à savoir comment les conceptions de justices et les attitudes envers le multiculturalisme sont façonnées par (1) la position de l’individu dans la hiérarchie sociale, (2) l’identification nationale, et (3) le contexte national. Des données corrélationnelles, expérimentales et secondaires d’enquête sont utilisées. En analysant différents contextes (libéraux) suisses et européens, les huit études, dans leur ensemble, montrent que l’appartenance aux groupes nationaux dominants façonne la sensibilité pour les principes répandus de la justice individuelle au détriment des principes de justice collective (de multiculturalisme). Elles montrent également que l’appartenance aux groupes subordonnés est associée à une plus grande compatibilité perçue entre justices individuelle et collective. Ce résultat général soutient « l’hypothèse de la compatibilité asymétrique ». Les implications théoriques sont discutées au même titre que les implications pratiques d’observer les attitudes multiculturelles du point de vue des conceptions de justice.