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Julian Assange est considéré comme un héros de la liberté d'expression par ses soutiens rassemblés lundi matin devant la Woolwich Crown Court (sud-est de Londres). L'Australien de 48 ans a déclaré lors d'une audience préliminaire qu'il refusait de se "soumettre à une extradition pour un travail de journalisme qui a récolté de nombreuses récompenses et protégé beaucoup de gens".
Comme lui, son père John Shipton voit dans ces poursuites un grave danger pour la liberté de la presse. Il a dénoncé "l'oppression du journalisme" et "la malveillance incessante des autorités" envers son fils, avant le début de l'audience devant le tribunal, où se sont bruyamment rassemblés les soutiens d'Assange, dont des gilets jaunes français, pancartes en main demandant sa libération.
"C'est ce qui arrivera aux journalistes si cette extradition politique de Julian Assange aboutit", a-t-il prévenu.
>> Ecouter aussi le récit de la première matinée d'audience:
500'000 documents
Détenu à la prison de haute sécurité de Belmarsh adjacente, Julian Assange doit comparaître pour toute la semaine avant un ajournement de l'audience au 18 mai, quand elle reprendra pour trois semaines.
D'abord poursuivi pour piratage informatique, il a vu s'alourdir en mai dernier les charges pesant contre lui lorsque la justice américaine l'a inculpé de 17 chefs supplémentaires, en vertu des lois anti-espionnage.
Les Etats-Unis lui reprochent notamment d'avoir mis en danger certaines de leurs sources en publiant en 2010 sur Wikileaks 250'000 télégrammes diplomatiques et 500'000 documents confidentiels portant sur les activités de l'armée américaine en Irak et en Afghanistan.
>> Ecouter aussi: Extrader Julian Assange est une atteinte à la liberté de la presse, selon Olivier Tesquet, journaliste d'investigation:
Droits de l'Homme
La justice britannique va devoir déterminer si la demande d'extradition qui lui est soumise respecte un certain nombre de critères légaux, et notamment si elle n'est pas disproportionnée ou incompatible avec des droits de l'Homme.
Julian Assange avait été arrêté en avril 2019 dans l'ambassade d'Equateur où il avait trouvé refuge près de sept ans plus tôt. Il craignait d'être extradé vers les Etats-Unis ou la Suède, où il faisait l'objet de poursuites pour viol. Assange a toujours rejeté ces accusations, et les poursuites ont été finalement abandonnées.
Soutenu par des organisations comme Amnesty international ou Reporters sans frontières, Julian Assange veut demander l'asile politique à la France.
afp/gma