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Titre: Matériaux Pour Servir À L'histoire Du Doctorat H.C. Décerné À Benito Mussolini En 1937
Auteur: Olivier Robert
Éditeur: Université de Lausanne 1987
Pages: 247
Le doctorat Honoris Causa en sciences sociales que reçu Mussolini de la part de l'université de Lausanne m'a toujours surpris. Comment et pourquoi une université libre décida d'offrir cet honneur à un dictateur qui venait d'envahir un pays en usant de méthodes criminels? Ce livre, que je viens de terminer, a pour but non d'expliquer cet honneur ni de trancher le débat. Il a pour but d'offrir aux chercheurs et aux intéressés des sources utiles pour comprendre cette événement particulier d'une histoire plus large. Une fois ce fait en tête on comprend bien mieux les choix fait par Olivier Robert et les manques que nous pourrions tous observer dans ce livre.
Premièrement, l'auteur nous donner un bref rappel des événements. Il nous montre comment l'université de Lausanne peut offrir ses doctorats honoris Causa et qui fut l'auteur de la proposition. Sans oublier, bien entendu, le contexte dans lequel ce cadeau s'inscrit: les 400 ans de l'université et les quelque dons offert par le dictateur. L'auteur nous dépeint rapidement, ensuite, le déroulement des événements. Ce qui nous permet de voir comment l'université accepta ce doctorat et comment le public, principalement journalistique et intellectuel, réagit. Néanmoins, nous ne savons toujours pas vraiment pourquoi Mussolini reçut ce doctorat. Est-ce à cause de ce professeur Boninsegni qui semble avoir été proche du dictateur et qui se considérait lui-même comme étant une "sentinelle avancée du fascisme" (lettre du 30.10.1930 à Mussolini aux pages 38-39)? Les autorités universitaires de l'époque ont-elles réellement cru pouvoir découper Mussolini en un ancien étudiant et en un chef d'état pour justifier ce doctorat? Nous ne le saurons pas via ce livre.
Ce que ce livre nous donne, par contre, c'est un certains nombre de sources. C'est, d'ailleurs, l'intérêt principal de l'ouvrage. La lecture de ces sources nous permettent de voir les liens qui existaient entre Boninsegni et le dictateur. D'observer comment l'université réagit au scandale qui s'ensuivit. Et de suivre ce même scandale par les lettres de protestations et les articles de la presse. Ces protestations pouvant être tout aussi argumentées que sarcastique. Il reste, tout de même, dommage que l'auteur n'ait pas fait un travail d'historien ici.
Image: Unil.ch