Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07062.jsonl.gz/368

Le tableau périodique des éléments fête ses 150 ans
Il y a 150 ans, le 6 mars 1869, Dmitri Mendeleïev présentait son Tableau périodique devant la société russe de chimie, un outil toujours incontournable pour les chimistes. Des Genevois y ont associé leurs noms par la suite en y ajoutant trois nouveaux éléments.
Cette classification, aussi appelée Table de Mendeleïev, rassemble les éléments en fonction de leur masse atomique, dont découlent en partie leurs propriétés chimiques. Son auteur signalait dès le départ qu'il fallait s'attendre à la découverte de nombreux éléments encore inconnus à l'époque.
Contribution genevoise en faveur des Terres rares
«Mendeleïev avait laissé des cases libres dans son tableau et même prédit les propriétés chimiques de certains éléments qui ont été ajoutés ensuite», a expliqué Claude Piguet, professeur de chimie minérale à l'Université de Genève. C'est le cas du germanium et du gallium par exemple.
Pendant pratiquement 50 ans, certains éléments n'ont pas été intégrés au tableau périodique parce que jugés pas suffisamment purs ou identifiés. Ils l'ont finalement été plus tard, au début du 20e siècle, grâce à la théorie atomique, et dans une nouvelle sous-couche. Il s'agit des Terres rares, et c'est là qu'intervient la contribution genevoise, avec le chimiste Jean-Charles Galissard de Marignac. Ce professeur de chimie estentré dans l'histoire pour avoir découvert, en 1878 et 1880, deux éléments: l’ytterbium (Yb) et le gadolinium (Gd). Il a déterminé en outre avec une très haute précision le poids atomique de 29 éléments, soit de plus d’un tiers des éléments connus à l’époque. Il a reçu la Humphry Davy Medal en 1886, considérée un peu comme le Nobel de chimie à l'époque.
Deux autres Genevois, le physicien Jacques-Louis Soret et le chimiste Marc Delafontaine, sont eux considérés comme les découvreurs de l'holmium (Ho) avec le Suédois Per Teodor Cleve en 1879.
Nombreux ajustements
Le tableau périodique a connu de nombreux ajustements depuis la proposition de Mendeleïev jusqu'à sa forme actuelle. Devenu un référentiel universel auquel peuvent être rapportés tous les types de comportements physique et chimique des éléments, il en compte aujourd'hui 118, allant de l'hydrogène (H) à l'oganesson (Og).
Quant à savoir comment ce tableau est encore susceptible d'évoluer, Claude Piguet juge qu'il n'y a «a priori plus de découverte possible d'un élément à noyau stable». Au-delà de 92, on est dans la radioactivité, avec souvent des éléments très instables ayant des durées de vie de l'ordre de la fraction de seconde, conclut le spécialiste.