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Regula Rytz: "Il faut respecter le signe fort des électeurs en faveur des Verts"
"Ce ne sera pas une élection normale", affirme Regula Rytz, candidate des Verts pour un siège au Conseil fédéral. Le 11 décembre, le Parlement devra élire les "sept Sages" pour la prochaine législature. Tous les conseillers fédéraux se représentent: si l'élection est encadrée par un protocole bien précis, la candidature de Regula Rytz promet toutefois de pimenter la procédure. Les Verts sauront-ils évincer un élu en place - et si oui lequel - pour faire leur entrée au Conseil fédéral?
Le parti, que Regula Rytz préside depuis 2012, est en effet devenu le 20 octobre la quatrième force politique de Suisse, avec 13,2% des suffrages. "On a cette victoire historique des Verts, on a été renforcés par le peuple, avec une réelle volonté des électeurs et électrices de changer de politique, mais il n'y a pas de place libre au Conseil fédéral. Ce ne sera pas tout à fait facile", commente la Bernoise.
"Le PLR est surreprésenté, on doit corriger cela"
Pas question toutefois, pour Regula Rytz, de voler un siège au Parti socialiste afin d'accéder au Conseil fédéral. "Le PS est le deuxième parti de Suisse, et c'est important d'avoir cette voix sociale au gouvernement", estime-t-elle. Pour l'écologiste, les Verts doivent siéger "avec les deux sièges socialistes".
Dans le viseur de la candidate, les sièges de la droite, en particulier du PLR. "Si on regarde les chiffres, on voit qu'il y a deux grands blocs politiques, centre droite et centre gauche. Après ces élections, le centre gauche est renforcé. Le PLR est maintenant surreprésenté et cela, on doit le corriger", affirme-t-elle.
Accélérer le tempo des réformes
Pour la Verte, la législature passée a été frustrante par l'inertie dans certains dossiers jugés cruciaux. "On a été quatre ans sans réformes sur des dossiers importants comme le climat, l'agriculture sans pesticides et OGM, ou un accord-cadre qui respecte la protection des salaires. On doit maintenant accélérer le tempo pour faire ces réformes, et pour cela, il est nécessaire d'intégrer les Verts dans la responsabilité gouvernementale."
Fustigée parfois pour son profil très à gauche, que d'aucun estiment incompatible avec une fonction ministérielle, la Bernoise balaie ces inquiétudes. "Il y a quelque chose de très particulier en Suisse, qui s'appelle la concordance. Il n'y a pas autour d'une table sept personnes avec les mêmes valeurs, idées et expériences, mais des gens différents qui cherchent des réformes, des solutions. Et moi je représente les Verts. Il faut accepter ce signe fort des électeurs et électrices, qui ont triplé les sièges des Verts au Parlement."
"J'en suis capable"
Interrogée sur sa capacité à endosser une fonction au sein du Conseil fédéral, la Bernoise n'hésite pas. "J'en suis capable. J'ai siégé pendant huit ans à l'exécutif de la Ville de Berne, j'ai beaucoup travaillé avec les acteurs de l'économie et toutes les personnes touchées par les politiques que je devais mener. J'ai vraiment les compétences pour cela."
>> Certains socialistes hésitent à voter pour elle le 11 décembre: les explications de Pierre Nebel: "Il y a de la peur, l'équilibre au Conseil fédéral est si complexe qu'il y a le risque d'un retour de manivelle".
Propos recueillis par Xavier Alonso
Adaptation web: Katharina Kubicek
Publié le 06 décembre 2019 à 09:04 - Modifié le 06 décembre 2019 à 20:41