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Autres vues aériennes de Nidau
Au haut Moyen Age, les deux extrémités du lac de Bienne étaient bordées de places fortes. Plusieurs voies de communication se rejoignaient près de l'endroit où la Thièle quitte le lac.
Il est clair qu'une telle région ne put passer inaperçue lorsque, au Moyen Age, se formèrent un peu partout des seigneuries féodales. Les seigneurs de Fenis, qui en leur qualité de comtes de Neuchâtel jouissaient d'une puissance considérable, réussirent à se créer une position importante dans la partie inférieure du Seeland. Ces familles érigèrent des châteaux à plusieurs endroits et fondèrent des villes, Aarberg et Büren-sur-l'Aar par exemple. C'est ainsi que vit le jour la lignée des comtes de Nidau - leur titre officiel était «comtes de Neuchâtel, seigneurs de Nidau» - descendants directs des comtes de Neuchâtel. Ils jouèrent aux XIIIe et XIVe siècles, jusqu'à la guerre des Gugler en 1375, un rôle non négligeable.
Leur château de Nidau est cité pour la première fois en 1196; il était alors habité par le comte Ulrich III de Neuchâtel. Faisaient notamment partie des sujets de ce seigneur les habitants de la rive sud du lac de Bienne, mais aussi, depuis le premier tiers du XIIIe siècle, ceux de quelques régions de la rive nord. C'est dans ce temps-là que les anciens biens de la maison royale de Haute-Bourgogne furent partagés entre Nidau, Neuchâtel et l'évêché de Bâle. Nidau obtint Gléresse, Douane et Tuscherz Alfermée, des localités qui aujourd'hui encore appartiennent au district de Nidau.
L'évêché bâlois s'assura la région de La Neuveville, ce qui lui permit d'étendre son pouvoir jusqu'au midi du Jura. Il réussit de plus à acheter des terres à la sortie des gorges du Taubenloch. De son côté, l'évêque Henri II de Thoune fit aménager la ville de Bienne un peu à l'ouest de ces nouveaux biens épiscopaux.
Les nombreux bras de rivière et les iles qui se trouvaient entre ces localités offraient une protection suffisante et assez d'espace pour l'établissement d'une colonie forte. Il ne faut pas oublier que jusqu'à la correction des eaux de Jura, le niveau du lac de Bienne était de quelque deux mètres supérieur à celui d'aujourd'hui. Au cours de ces travaux, la plupart des fossés des châteaux et des villes furent mis à sec, sauf le lit de la Thièle. De sorte que jusque vers la fin du XIXe siècle, le château de Nidau demeura une imposante forteresse à douves. Son élément le plus ancien, c'est son donjon de 40 mètres de haut, dressé sur un plan rectangulaire de neuf mètres sur dix. Sa porte surélevée se trouvait du côté est, à sept mètres du sol. Elle a disparu lorsque fut construit le bâtiment baillival. Les trois tours circulaires qui flanquaient l'énorme mur d'enceinte - il reste de ce dernier quelques tronçons au nord et à l'ouest - datent probablement du milieu du XIIIe siècle.
Deux de ces tours sont encore debout, celle «des prisons», qui penche en raison du sous-sol peu stable, et celle «des pécheurs». Construite en 1587 pour en remplacer une plus vieille, elle se dresse à l'extérieur de l'entrée remaniée en 1546, du côté du bourg. La troisième tour, une poudrière qui occupait l'angle sud-ouest de l'ouvrage, a été démolie. Le corps de logis était adossé à la face nord du donjon. De belle apparence lui aussi, il a dû, au XVIIe siècle, céder sa place au bâtiment baillival, le bâtiment qui donna à l'ouvrage son véritable aspect de château. Il ne lui manquait ni annexes et écuries, ni logis pour les domestiques et citerne.
Jusqu'à la seconde moitié du XIVe siècle, le château de Nidau servit de résidence aux comtes de Nidau. Le dernier représentant de la lignée, le comte Rodolphe IV, tomba en 1375 au cours d'une bataille engagée contre les Gugler partis à l'attaque de Büren. La seigneurie fut reprise pour peu de temps par l'évêque de Bâle, puis par le comte de Neu-Kybourg. Lors de la guerre de Sempach, Berne, qui venait de s'approprier Aarberg et, avec Soleure, avait conquis Büren, réussit à s'emparer aussi de Nidau et à étendre ainsi sa domination sur la majeure partie du Seeland. Il est vrai que la prise de Nidau ne fut pas facile et que le siège des Bernois ne prit fin qu'au bout de sept semaines, après que la garnison, composée d'Autrichiens, de Fribourgeois et de Gugler, se fut rendue. Berne avait dû au préalable lui accorder une libre retraite.
Le château de Nidau fut dès cette date affecté à l'administration bernoise, tout d'abord comme siège baillival et depuis deux siècles comme préfecture. Le bâtiment central de quatre étages construit entre 1626 et 1636, coiffé d'un toit en demi-croupe et flanqué au nord d'une tour d'escalier hexagonale, est entièrement conforme au sens architectural de l'époque. Durant ces mêmes années, le donjon fut surhaussé, aménagé en grenier et doté de grandes baies en plein cintre. Sa flèche date de 1628. Aussi bien les pièces d'habitation que les locaux administratifs furent aménagés avec beaucoup de soin et un grand sens artistique. Bien entretenus, de nombreux éléments de l'installation du XVIIe siècle parent aujourd'hui encore le château de Nidau.
Si la démolition du secteur méridional du mur d'enceinte et le comblement des fossés intervenus au XIXe siècle ont gravement porté atteinte à l'image de l'ouvrage, on peut dire que malgré ces transformations, le château de Nidau est demeuré une construction marquante.
Bibliographie