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Dominic Stricker a une force de frappe, une vraie allonge de gaucher, un tennis de puncheur qui, quand il ne trouve pas de solutions, cherche rapidement le KO.
Dans le jargon populaire, les gauchers n'ont souvent que des mauvais côtés. L'arme à gauche. Le pied gauche. Embêtés jusqu’à la gauche, à l'exact opposé de la droiture.
Mais Dominic Stricker ne le voit pas comme ça: «C'est certainement un avantage d'être gaucher, car il y a beaucoup plus de droitiers qui jouent au tennis», expliquait-il en avril dans une interview à watson. «La balle d'un gaucher arrive chez l'adversaire avec une rotation différente. Je regarde déjà beaucoup de matchs de Nadal et j'observe comment il construit ses points. Je suis sûr qu'il a des schémas de jeu dont je peux m'inspirer».
C'est aussi un devoir scientifique que d'attribuer aux gauchers des inspirations inattendues, dans un espace restreint et un laps de temps plus court que la moyenne. Selon son coach Sven Swinnen, Stricker est de cette race, celle des esprits intuitifs, «un peu fou mais ça va».
Pour être créatif, il peut aussi se montrer sélectif, à ne jamais remettre au lendemain ce qu'il pourrait éviter de faire.
Certains potassent leur matière, en maîtrisent toute la substance, et perdent leurs moyens à l'examen. D'autres repartent avec la meilleure note et la plus jolie fille de l'école, après avoir jeté un œil distrait sur les cours. C'est l'histoire du talent. C'est un peu l'histoire de Dominic Stricker.
Son père lui accorde encore quatre ans pour devenir autonome financièrement. C’est tout le défi de cette classe post-adolescente qui, dans le tennis, avec des frais de fonctionnement élevés (voyages, coachs), est placée devant la nécessité de gagner rapidement des matchs et de l’argent.
Mais depuis sa victoire au tournoi juniors de Roland-Garros, le Bernois s'est débrouillé pour obtenir des invitations, tisser des relations, vendre ses qualités. Il a suivi un cursus classique tout en explorant d'autres voies, loin des protectorats historiques (français ou américains notamment).
Les observateurs du tennis aiment à chercher parmi les graines de champions celles qui, plus tard mais pas trop, deviendront le fruit d'une culture locale. En Suisse, Dominic Stricker est «naturellement» affilié à Roger Federer, son aîné de presque 20 ans. Culture du travail et de la simplicité. Culture du sérieux; «mais sans oublier le jass», insiste Stricker.
«Je le vois comme quelque chose de positif», disait-il encore à watson, «parce que beaucoup de gens rêvent d'être comparés à Roger. Pour moi, les comparaisons ne sont donc pas une pression. Elles me donnent au contraire encore plus de motivation pour me développer davantage et continuer à travailler dur sur moi-même».
Plutôt que d'échapper à son destin, Stricker le retrouve à Dubaï où, pendant les plages d'entraînement, Roger Federer l'exhorte à progresser (service, jeu de jambes). Après tout, tant qu'à suivre l'exemple, autant que ce soit sous les palmiers.