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Volés en 2008, les "Champs de coquelicots près de Vétheuil" de Claude Monet refont parler d'eux, quelques mois après le retour du tableau à la Collection Bührle. La fondation zurichoise a ouvert jeudi des "discussions" avec la famille de l'ancien propriétaire de l'oeuvre, qui réclame la transparence sur sa provenance.
L'ancien propriétaire juif du tableau, Max Emden, a émigré d'Allemagne en Suisse avant la prise de pouvoir des nazis. Il vit alors au Tessin, sur les îles Brissago qu'il achète sur le Lac Majeur. Après sa mort en 1940, son fils Hans Erich est son seul héritier.
N'obtenant pas la nationalité suisse, contrairement à son père, il s'établit au Chili en 1941. Une fuite qui aurait, selon sa famille, été rendue possible grâce à la vente du célèbre tableau, qui vaut aujourd'hui 25 millions de francs. Les "Champs de coquelicots près de Vétheuil" (1879) passent alors en mains d'un marchand d'art st-gallois, puis dans celles de l'industriel Emil G. Bührle.
"Zones d'ombres"
Les représentants de la famille Emden ont organisé jeudi une conférence de presse à Zurich. Les raisons exactes du conflit l'opposant à la Collection Bührle n'ont pas été révélées par l'avocat de Juan Carlos Emden, petit-fils de Max Emden. "Il existe des zones d'ombre dans le parcours qu'a suivi le tableau et dans les conditions de sa vente", a déclaré Me Markus H. Stötzel.
Après une première discussion "productive", jeudi matin, avec des représentants de la Collection Bührle, l'avocat de Juan Carlos Emden s'est dit confiant. De nouvelles discussions doivent avoir lieu dans les "quatre à six semaines" à venir.
Par voie de communiqué, la fondation zurichoise a ensuite présenté une version différente. Selon elle, Juan Carlos Emden est resté "peu clair" dans ses exigences concrètes, alors même qu'il avait déclaré qu'il présenterait des révélations sur l'acquisition du tableau par Emil G. Bührle. Le petit-fils de Max Emden s'est finalement contenté de proposer un tribunal d'arbitrage.
ATS