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Nombre de célébrités ont trouvé dans le canton de Vaud un havre de paix où elles ont pu, tout à la fois, jouir du calme helvétique et fuir une notoriété qui , les années passant, devenait de plus en plus pesante. Ils y sont restés. Jusqu’à la fin de leur vie. Nous les avons évoquées depuis le début de cet été dans ces colonnes. Cette évocation ne saurait toutefois être complète sans parler de Graham Greene qui fut sans doute l’un des plus grands écrivains du XXe siècle. Celui à qui on doit notamment «La puissance et la gloire», «Le troisième homme» ou encore «Notre agent à La Havane» repose dans le petit cimetière de Corseaux, près de Vevey, où il a passé les dernières années de sa vie.
Journaliste et... espion
Graham Greene est né en 1904, non loin de Londres. Après des études au Balliol College d’Oxford, il se lance dans le journalisme, d’abord au Times, puis au Spectator où son travail consiste à rédiger des critiques de livres et de films. Cette fonction l’amène tout naturellement, lui aussi, à écrire. Son premier roman, «L’homme et lui-même», paraît en 1929. Il sera suivi de nombreux autres, mais c’est sans doute avec «La puissance et la gloire», en 1940, qu’il acquiert sa notoriété.
Durant la Seconde guerre mondiale, il travaille pour le Ministère anglais des Affaires Etrangères avant d’être recruté par le MI6, bien connu des amateurs de James Bond. Ce rôle d’espion l’amènera en Amérique centrale, à Cuba, puis en Afrique. Il nourrira une grande partie de son œuvre, même s’il n’est que le reflet d’une partie de celle-ci, car Graham Greene a, durant toute sa vie, d’abord été à la recherche de l’humain, du vrai, du bien, et a toujours pourfendu l’injustice.
En 1966, à la suite de déboires financiers, il doit fuir sa terre natale et s’installe dans le sud de la France, à Antibes, puis à Corseaux pour se rapprocher définitivement de sa fille Caroline qui habitait Jongny avec sa famille. Il fut d’emblée bien accueilli par des habitants qui le trouvaient charmant, élégant et bon vivant.
Atteint par la leucémie, il a fait plusieurs séjours à l’hôpital de La Providence, à Vevey, où il meurt le 3 avril 1991. Dans «Le fond du problème» écrit en 1948, il disait: «Nous sommes tous résignés à la mort; c’est à la vie que nous n’arrivons pas à nous résigner».