Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06940.jsonl.gz/660

Zurich, le 8 avril 2022 - Dans son dernier rapport sur l'utilisation de la laine mérinos dans les vêtements de sport, l'organisation mondiale de protection des animaux QUATRE PATTES présente un résultat sans équivoque: les dix plus grandes marques mondiales de sport - en termes de chiffre d'affaires annuel - utilisent de la laine mérinos dans son assortiment. Ce que beaucoup de consommateurs ignorent, est que la laine, généralement non certifiée, provient très certainement d’exploitations qui ne respectent pas le bien-être animal.
Nike, le plus grand fabricant de vêtements de sport au monde, se distingue de manière peu glorieuse dans le rapport. La marque auswoosh (à la virgule en français) est en retard sur ses deux principaux concurrents, Puma et Adidas, en matière de protection des animaux. Les deux concurrents ont déjà pris des dispositions pour passer à la laine certifiée sans mulesing (respectivement en 2025 et 2030). QUATRE PATTES exige de Nike de faire ce pas important vers une production de laine respectueuse du bien-être animal et d'épargner chaque année d'immenses souffrances à des millions d'agneaux.
La laine a une fonction à la fois chauffante et rafraîchissante, ce qui en fait depuis des années un matériau très prisé dans l'industrie des vêtements de sport. La laine mérinos se retrouve aussi bien dans les pantalons de yoga que dans les maillots de vélo et les caleçons longs. Depuis le début de la pandémie, la demande de vêtements de sport et de laine mérinos a augmenté, amplifiant ainsi la responsabilité des fabricants en matière de protection des animaux.
«Nike affirme soutenir la laine sans mulesing, mais n'a jusqu'à présent pris aucune mesure concrète pour exclure son utilisation. Nous avons tenté à plusieurs reprises d'entrer en contact avec l'entreprise. Malheureusement, nous n'avons reçu à ce jour aucune réponse à nos questions concernant le pays d'origine de la laine et les mesures prises contre le mulesing. Nous demandons donc à Nike d'exclure de manière fiable les matériaux produits par des méthodes cruelles envers les animaux dans sa chaîne d'approvisionnement en s'engageant à fournir de la laine certifiée exempte de mulesing. Cela aura un impact majeur sur des millions d'agneaux, leur évitant ainsi de souffrir énormément».
Rebecca Picallo Gil, responsable de la campagne contre le mulesing chez QUATRE PATTES
Le mulesing, un problème systémique
QUATRE PATTES a travaillé avec un laboratoire indépendant du Royaume-Uni pour analyser des échantillons d’habits provenant de toutes les différentes marques. L'industrie lainière australienne, de loin le plus grand producteur mondial (80%) de laine mérinos fine, stipule que les fibres de la laine mérinos australienne typique ne doivent pas dépasser un diamètre moyen maximal de 22 micromètres. Aucun des échantillons n'a dépassé cette valeur, ce qui laisse supposer qu'il s'agit bien de laine australienne. Comme seul 14% de cette fibre ne provient pas d’exploitation pratiquant le mulesing, le problème du bien-être animal est évident.
«Le problème du mulesing n'est pas un cas isolé, mais un problème industriel. En tant que leader mondial du marché, Nike a ici l'occasion d'adopter une position forte en matière de protection des animaux et d'inciter l'industrie à changer rapidement de mentalité».
Rebecca Picallo Gil, responsable de la campagne contre le mulesing chez QUATRE PATTES
Contexte
Depuis des années déjà, QUATRE PATTES s'engage pour mettre fin à la cruelle procédure de mulesing. En 2021, plus de 30 marques internationales de mode ont adressé une lettre ouverte à l'industrie australienne de la laine pour qu'elle mette fin à la mutilation d'agneaux âgés de quelques semaines. L'Australie est le seul pays au monde où la méthode du mulesing est encore pratiquée. Cela consiste à découper de grands morceaux de peau à l'aide de ciseaux aiguisés, sans anesthésie, sur la croupe d’agneaux âgés de deux à dix semaines. Pour les agneaux, cela signifie, outre la peur et le stress, une grande douleur qui peut durer des jours. Il existe pourtant depuis longtemps des alternatives à cette pratique, comme le passage à des élevages de moutons moins sensibles aux parasites. Des certificats permettent également de tracer la laine jusqu'aux exploitations d'élevage afin d'exclure les méthodes cruelles envers les animaux.