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La Suisse se situe au carrefour de trois grandes cultures linguistiques européennes, et chaque région linguistique s'oriente culturellement vers son voisin : la Suisse romande vers la France, la Suisse alémanique vers l'Allemagne, et le Tessin vers l'Italie.

Les quatre langues de la Suisse
L'allemand
La majorité de la population vit en Suisse alémanique, la partie du pays où l'on parle allemand. On parle allemand dans 17 des 26 cantons.
Le français
Dans la partie ouest du pays, en Suisse romande, on parle français. Quatre cantons sont uniquement francophones: Genève, Vaud, Neuchâtel et le Jura. Trois cantons sont bilingues (allemand et français): Berne, Fribourg et le Valais.
L'italien
Au Tessin et dans quatre vallées du sud des Grisons, on parle italien.
Le romanche
Le canton des Grisons est trilingue. On y parle allemand, italien et romanche. Le romanche (ou rhéto-roman) est une langue à racines latines. Les Romanches, 0,5 % de la population suisse, forment le plus petit groupe linguistique.
Les nombreux étrangers résidant en Suisse y ont amené leurs propres langues. La pratique de toutes ces langues étrangères dépasse maintenant celle du romanche et de l'italien.
Le statut juridique des langues est défini par la Constitution suisse.
L'allemand, le français, l'italien et le romanche y sont considérés comme langues nationales, mais seules les trois premières sont des langues officielles. Cependant, le romanche est utilisé dans les communications officielles avec des personnes parlant cette langue. Ces dernières ont à leur tour le droit d'utiliser leur propre langue pour s'adresser aux autorités fédérales.
La Constitution contient également des dispositions permettant aux autorités fédérales d'aider le Tessin et les Grisons à soutenir l'italien et le romanche.
Les étrangers pensent souvent que le fait d'avoir quatre langues nationales en Suisse implique que chaque Suisse parle trois, voire quatre langues. Mais la réalité est bien différente.
Minorités et bilinguisme
Les quelque 35 000 Suisses de langue maternelle romanche savent pratiquement tous l'allemand. Ils n'ont d'ailleurs pas le choix: ils forment pratiquement un îlot linguistique au milieu du lac alémanique. Même les Suisses de langue maternelle italienne ne peuvent pas se contenter de l'italien.
Face à la suprématie numérique et économique de la région alémanique, les italophones sont de plus en plus contraints de parler l'allemand, s'ils veulent être entendus et défendre leur économie.
Les recherches ont montré que les salaires dépendaient en grande partie de la langue maternelle de l'employé, les italophones étant particulièrement désavantagés.
Problèmes de communication
Dans le cadre de réunions d'affaires ou de conférences nationales, il arrive souvent que chacun prenne la parole dans sa langue maternelle, supposant qu'elle sera comprise par ses homologues. Toutefois les orateurs tessinois et romanches s'adaptent en général à la situation en recourant au français ou à l'allemand et même en s'exprimant de plus en plus en anglais.
La traduction: une tradition nationale
Dans les magasins, la plupart des produits sont étiquetés en français, en allemand et en italien, ou tout au moins en français et en allemand. Tous les documents officiels sont publiés dans les langues maternelles des personnes concernées. Les secteurs public et privé dépensent beaucoup d'argent pour les traductions.
L'anglais s'insinue dans des situations moins formelles. Les visiteurs sont frappés par le nombre de publicités en anglais ce qui, pour les publicitaires, offre un avantage certain. En effet, l'anglais n'est pas seulement une langue de prestige, pleine d'attraits pour les jeunes, mais les mêmes posters peuvent être utilisés sur le plan national.
Source: Administration de la Confédération Helvétique