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On ne peut manquer d’être impressionné en pénétrant par les couloirs rouge bordeaux dans la grande salle resplendissante de lumière du KKL, avec ses reliefs en plâtre rayonnants, ses bois magnifiques et son plafond étoilé bleu nuit. Cette « Salle blanche », conçue par l’architecte vedette Jean Nouvel, met le public sous le charme avant même qu’ait résonné la première note de musique.
Son acoustique a été conçue sur le modèle des célèbres salles de concert de Vienne, Amsterdam et Boston. Dès le XIXe siècle, des esprits judicieux avaient trouvé que la forme donnant les meilleures performances sonores est celle de la boîte à chaussures. Jean Nouvel et son acousticien, l’Américain Russell Johnson, sont donc partis de là. Mais il fallait en même temps une certaine variabilité pour pouvoir restituer convenablement des images sonores aussi différentes que du Bach et du Bruckner. Le plafond suspendu au-dessus de la scène ; les cinquante volets tournants, pesant jusqu’à huit tonnes, des chambres d’écho ; les reliefs en plâtre ; les matériaux utilisés – tout cela permet de créer des conditions sonores idéales. Sans oublier les sas qui absorbent les bruits parasites et un système de ventilation qui fonctionne sous le seuil d’audition humaine, composantes indispensables pour obtenir un silence parfait dans lequel les sons peuvent se déployer sur tout le spectre dynamique, depuis le pianissimo le plus doux jusqu’au fortissimo le plus éclatant.