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Le frère Étienne, abbé de Newmonster, à tous présents et futurs serviteurs de Dieu, salut.
Nous disposant à écrire cette histoire, parmi les livres que nous avons rassemblés en grand nombre de diverses communautés, pour Suivre le plus exact, nous en avons trouvé un qui différait beaucoup dg la plupart des autres. Comme il était le plus complet de tous, nous l'avons
a Cette censure, que nous plaçons ici, se trouve dans le manuscrit de la Bible de Cîteaux, que le second abbé de ce monastère, nommé Étienne, a pris soin de faire copier, comme l'atteste cette remarque placée à la fin : L'an 1109 de l'Incarnation de Notre Seigneur, a été terminée l'écriture de ce présent livre, sous le gouvernement d'Étienne, second abbé de Cîteaux.
pris pour guide pour écrire cette histoire selon les renseignements que nous y avons rencontrés. Mais après l'avoir écrite, nous n'avons pas été peu frappés de la différence de toutes ces histoires. La raison nous disait, en effet, que le texte que tous les écrivains de notre temps ont reçu des mains d'un seul interprète, je veux dire de saint Jérôme, sans se mettre en peine des autres, a été traduit de l'hébreu, seule source authentique, doit être partout le même. Mais il y a des livres de l'ancien Testament qui ont été traduits par le même père, non sur le texte hébreu, mais sur le texte chaldaïque, parce qu'il ne les a trouvés que dans ce dialecte, même chez les Juifs, ainsi qu'il nous le dit lui-même dans son prologue sur Daniel. Nous avons adopté cette Version comme celle des autres livres. Mais fort étonné de la différence que nos livres, traduits par un même auteur, présentaient avec les autres, nous sommes allés trouver des Juifs réputés très-instruits dans leurs écritures, et nous avons rapproché avec le plus de soin possible du texte latin, tons les passages des Écritures où se lisaient les textes et les endroits que nous trouvions dans l'exemplaire dont nous avons parlé plus haut, et que nous avions déjà fait entrer dans notre travail, mais que nous n'avions pas rencontrés dans la plupart des autres livres latins. Ces juifs, feuilletant avec nous plusieurs de leurs livres, nous traduisaient les passages que nous leur indiquions, de l'hébreu ou du chaldaïque en latin, mais ne trouvèrent ni les endroits ni les versets qui nous inquiétaient le plus. Par conséquence, nous avons retranché, comme superflu ainsi qu'on le voit en plusieurs endroits de ce livre, et surtout dans les livres des Rois, où se trouvait le plus d'erreurs, tout ce qui ne se rapportait ni à l'hébreu, ni au chaldaïque, ni à la version donnée par les livres latins où ces passages faisaient défaut. Et maintenant nous prions tous ceux qui liront ce volume de ne plus y replacer ces endroits et ces passages superflus. Il est bien facile de reconnaître à quelle place ils se trouvaient, puisque le parchemin conserve en cet endroit les traces du grattage auquel il a été soumis. Nous défendons aussi, au nom de Dieu et de notre ordre, à qui que ce soit, de se servir avec peu de précaution de ce volume que nous avons préparé avec tout le soin possible, et d'y faire, avec l'ongle, aucune marque sur le texte ou sur les marges.
DES ACTES DU CHAPITRE GÉNÉRAL DE CITEAUX.
TENU EN L'ANNÉE MCXXVI.
A la requête de Monseigneur l'archevêque de Lyon, qui demande qu'on corrige la leçon de l'Évangile de la passion de Notre-Seigneur qui se lit selon saint Mathieu le dimanche des Rameaux, il est enjoint à l'abbé de la Ferté de voir avec soin ce que pensent de cette correction les Églises de Cluny et de Lyon, et d'en faire son rapport au prochain chapitre.
L'AN MCC.
On écrira dans le texte de l'évangéliste saint Mathieu ces mots qui y manquent : « Ils se partagèrent ses vêtements. »