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Marais du château
Pourquoi "Marais du Château" ?
C'est en 1318 qu'Humbert de Cholay, mandataire des Sires de Faucigny, fit construire le château de Rouelbeau (ou Roillebot). Cet édifice, immédiatement attaqué et détruit par le comte Edouard de Savoie, est en ruine depuis le XVIIème siècle.
Le "château" le plus proche de notre marais est la maison forte, sise à l'angle des routes de Choulex et de Miolan; encore habitée aujourd'hui, elle fut construite par les seigneurs Cholay entre le XVème et le XVIème siècle, afin de surveiller la plaine marécageuse de Sionnet.
Le 10 janvier 1958, le conseil d'Etat classait le site en réserve naturelle (Loi sur la Protection des Monuments et des Sites) et le 5 avril 1974, une convention de gestion était signée entre la commune et Pro Natura, alors AGPN.
Un marais entretenu mais en danger
Comme beaucoup de marais, cette réserve se développe naturellement vers un milieu plus fermé, laissant disparaître les plans d'eau au profit d'une saulaie, puis d'un milieu terrestre.
De plus, ce processus naturel est accéléré par d'autres problèmes liés aux activités humaines de la région.
Pour ces raisons, Pro Natura Genève intervient chaque année pour minimiser cette évolution et conserver les richesses marécageuses du site. Sans ces interventions, beaucoup d'espèces ne vivant que dans le marais disparaîtraient.
Cet effort ne doit pas être interrompu et de nombreuses mesures viendront encore améliorer ces caractéristiques ces prochaines années.
La flore de la réserve
La fermeture des plans d'eau, l'atterrissement du marais dans sa globalité et l'eutrophisation du marais ces dernières années ont eu des conséquences négatives sur lui, comme relevé dans le plan de gestion.
Flore des plans d'eau libre
La diversité des plans d'eau libres est malheureusement assez faible et seules 4 espèces ont été relevées (Phragmites australis, Polygonum amphibium, Sparganium erectum, Utricularia australis). Cette situation doit être corrigée.
Flore de la roselière
La roselière est composée principalement de deux unités de végétation, le Phragmition et le Phalaridion. Quelques reliques marécageuses perdurent mais la roselière est assez banale quant à sa composition floristique.
La faune de la réserve
A nouveau, l'atterrissement du marais et la fermeture des plans d'eau a un effet négatif sur plusieurs groupes faunistiques du milieu. Cependant, cette réserve possède une faune très spécifique qui dépend de la conservation de ce milieu.
Les amphibiens
Le Marais du Château est inscrit à l'inventaire fédéral des sites de reproduction de batraciens d'importance nationale. Le crapaud commun (Bufo bufo) et la grenouille agile (Rana dalmatina) sont les espèces les plus intéressantes.
Les oiseaux
Le nombre d'espèces d'oiseaux nicheurs s'élève à 29. La réserve joue un rôle important pour le maintien sur le canton du râle d'eau (Rallus aquaticus), de la poule d'eau (Gallinula chloropus) et du Loriot d'Europe (Oriolus oriolus), tous présentés comme en régression dans la région.
Les odonates
La réserve abrite actuellement 19 espèces d'odonates, toutes assez répandues dans le canton. L'æschne isocèle (Aeshna isoceles) est l'espèce la plus intéressante et affectionne le grand plan d'eau de la réserve. Il reste cependant beaucoup de travail de revitalisation à accomplir afin d'offrir les meilleures conditions à ce groupe.
Les coléoptères xylophages
Il est intéressant de mentionner la présence de l'aegosome scabricorne (Megopis scabricornis), qui affectionne les forêts chaudes de plaine où il trouve les arbres vieux ou morts nécessaires à son cycle biologique.
Les lépidoptères diurnes
23 espèces ont jusqu'à maintenant été recensées dans la réserve naturelle. Abondance moyenne, ce groupe pourra être mieux conservé lors de l'application des mesures de gestion sur les prairies de la réserve, fauchée trop tôt jusqu'à maintenant.
Les araignées
Un groupe extrêmement intéressant de part ses qualités d'indicateur de la qualité du milieu. 68 espèces ont été déterminées dans la réserve, indiquant une surexploitation des alentours et un potentiel pas totalement exploité. Les prochaines mesures devraient améliorer ce statut.
Les vocations de la réserve
Les vocations de cette réserve naturelle ont été définies grâce aux résultats obtenus dans l'évaluation de ce milieu. Il n'est malheureusement pas possible de tenir compte de toutes les caractéristiques écologiques du sites. Des choix doivent être opérés en fonction de l'importance des différents groupes pour l'ensemble des milieux naturels, ainsi que leur présence potentielle sur le reste du territoire.
Les indications précédentes sur les différents groupes biologiques, leur potentiel et leurs besoins ont engendré les vocations prioritaires suivantes pour le milieu:
Conservation et restauration des communautés floristiques et faunistiques des plans d'eau ouverts.
Conservation du cycle écologique de dégradation des arbres dans la chênaie.
Extensification de l'exploitation des prairies de fauche entourant le marais.
Conservation et restauration des communautés faunistiques et floristiques des zones les plus humides de la roselière.
Conservation et renforcement de la taille et de la valeur du Caricion.
Mise en valeur et entretien de la frange de saules blancs taillés en têtards.
Conservation et amélioration des plans d'eau favorables à la reproduction de la grenouille agile et des oiseaux d'eau.
Maintien de la mosaïque de milieux existants jouant un rôle de refuge pour les espèces à grand territoire ou les espèces migratrices.
Conservation du caractère discret de la réserve, sans favoriser l'accueil du public.
Les vocations secondaires se répartissent ainsi :
Maintien des néophytes à un bas niveau de densité.
Conservation et amélioration de la valeur faunistique des lisières buissonnantes mésophiles.
Conservation et restauration du verger présent en bordure est de la réserve.