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Pratiquée depuis toujours, l'activité physique, d'abord moyen d'assurer sa survie durant la préhistoire, s'est progressivement adaptée à l'évolution de nos sociétés. Dès l'Antiquité, l'empreinte du culte du sport a été omniprésente. Les Chinois pratiquaient le ping-pong, et le tir à l'arc 200 ans avant J.-C. On retrouve la trace de nombreux jeux sportifs en Inde ou en Egypte où des poteries nous racontent notamment le plaisir de la natation. Mais le sport est en fait né de la pratique de l'éducation physique comme l'attestent les écrits découverts en Grèce antique : les jeunes Hellènes étaient dans leurs écoles instruits à la pratique du saut, de la course et des lancers.
Les méfaits de la sédentarité et de la civilisation motorisée ont largement été démontrés et bouger devient une nécessité si l'on souhaite améliorer son bien-être général et son état de santé. La pratique d'une activité physique n'est donc plus l'apanage des jeunes ; elle s'est largement répandue dans les couches de plus en plus larges de la population d'autant plus que l'espérance de vie s'allonge significativement, de presque vingt ans entre 1950 et 2000, selon les chiffres des Nations unies. Le boom du jogging de la fin des années 60 a coïncidé aux Etats-Unis avec une baisse de 20% de la mortalité par maladie cardiovasculaire. Ainsi, être actif permet d'améliorer la qualité de vie, tout en retardant la dépendance ; c'est en cela un objectif réel et ciblé.La médecine du sport qui regroupe les compétences en matière de contrôle de la condition physique trouve un intérêt majeur, voire une vocation, à promouvoir les effets bénéfiques de l'activité physique et les répercussions de cette dernière sur l'organisme de l'individu. Elle tente de répondre aux questions fondamentales liées à la pratique de l'activité physique. Le testing régulier de la capacité physique a non seulement permis d'évaluer le niveau de condition des sujets mais aussi d'émettre un pronostic vital. On a pu démontrer que chez le coronarien, comme chez le sujet sain, c'était le niveau d'aptitude physique, exprimé en MET (1 MET = 3,5 ml d'O2. kg -1. min -1), qui s'est révélé le facteur prédictif de décès. En effet, la capacité d'effort a une valeur prédictive de survie supérieure à l'existence d'une hypertension, d'un tabagisme, d'un diabète, d'une fréquence cardiaque maximale basse ou même d'un sous-décalage du segment ST à l'effort. La médecine du sport est aussi prête à livrer un combat sans merci à toutes les formes de déviance et d'abus, drogue, dopage et autre. Mais aussi, tout en faisant une promotion active de la nécessité de bouger, le médecin du sport aura en tête le souci de veiller au bien-être de son patient.En effet, amener un athlète au plus haut niveau de compétitivité nécessite une préparation tablée sur environ dix ans. A la clé, une durée de carrière inférieure à cinq ans suivant les sports. Il est donc particulièrement important de lui assurer un encadrement adéquat pour éviter une baisse du niveau de performance liée à des carences ou à un surentraînement. A cet effet, il existe une charte du sport faisant état du droit réservé aux enfants de pouvoir bénéficier d'une activité physique orientée non pas sur la performance mais sur le plaisir de bouger. Les excès peuvent faire apparaître des carences et l'anémie ferriprive du sportif est un souci légitime de surveillance attentive. Les charges importantes d'entraînement sont aussi la source de tendinopathies qui peuvent évoluer vers la rupture tendineuse qu'il faut malheureusement quelquefois traiter chirurgicalement.
Autour de l'athlète, gravite un certain nombre de personnes mais aussi beaucoup de gourous, qui à l'aide de publicités mercantiles pseudo-scientifiques sur des produits miraculeux pour la performance, gangrènent le monde du sport. Ainsi rares sont les sportifs qui souhaitent connaître leur taux de magnésium. Mais, quel est le rapport entre magnésium et crampes musculaires ? Quelle est la fiabilité des dosages ?
Le dernier texte traite du devenir de la fibre musculaire et de sa plasticité.
Ce nouveau numéro consacré au sport et à l'activité physique a pour but de démontrer encore une fois que, de la traumatologie à la rééducation, de la médecine interne à la nutrition, de la pédiatrie à la recherche fondamentale, la médecine du sport se sert des connaissances de la médecine «classique» pour permettre à tout un chacun de pratiquer une activité physique sous toutes ses facettes sans risque pour la santé, bien au contraire.