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00:00:55 "Le travail, tout un monde – Le rôle du travail dans la vie des femmes" (Filmtitel)
00:01:03 "Un film de Sonja Jerman, Ingrid Künzli, Mirjam Joki, Andrée Tanner, Jacqueline Lacroix, Margrit Bürer"
00:01:09 Infographie, ein Pinsel wird gezeichnet.
00:01:17 Ein Lieferwagen vor einem Lagerhaus, es ist noch Nacht, eine Frau [Laut Abspann: Hedi Meier] mit Maleranzug beim Aufladen (Werkzeuge), dann Interview im Auto während des Fahrt im Morgengrauen: "Jeune, je voulais me marier et avoir des enfants. J'avais un fils, il me semblait donc nécessaire d'être là pour lui. Et mon mari, il avait une affaire et avait besoin d'aide. J'ai fait ce qu'il fallait. Une fois mon fils adulte, mon but était différent. Je voulais faire quelque chose pour mon plaisir. J'ai longuement ressasser toutes mes idées. J'ai sérieusement réfléchi. Je me suis dit que ce serait bien de tenir un magasin de peinture écologique. J'ai pas fait d'apprentissage dans ce secteur, mais je suis allé travailler chez un peintre, j'ai pris des cours, étudier, lu des livres. Je connaissais un peintre, près de Lucerne. Et je lui ai demandé conseil. D'après lui, à condition d'être tenace, c'était faisable. Je me suis mise à chercher un atelier. J'ai trouvé celui-ci. Quand tout a été installé et que j'avais une femme-peintre, j'ai raconté autour de moi ce que je faisais. Ils m'ont tous dit que j'étais folle de commencer maintenant. Alors qu'eux réduisaient leur travail. Et puis qu'à mon âge, c'était pas sûr de marcher. Sept ans ont passé et ça marche très bien!", Frage: "Tu n'emploies que des femmes. Pourquoi?" Antwort: "Parce que les femmes sont souvent dans des maisons. Et qu'elles renovent des appartements. C'est plutôt là que je vois une femme. Elles sont beaucoup plus soigneuses, cela se voit dès qu'elles entrent. On met d'abord un carton parterre. On installe le matériel, sans jamais poser les outils sur les meubles. Ça, les clients l'apprécient." Eine Malerin: "Oui, l'ambiance est sympa." Frage: "Le climat est meilleur qu'avec des hommes?" Antwort: "Oui, on est moins stressées. Ce sont toutes des femmes. On a les même idées, la même longuer d'onde, c'est parfait." Hedi Meier: "Chaque fois que j'emploie une nouvelle, elle est reçue comme dans une famille. Nous avons de bons rapports. [Lachen] Aujourd'hui, quand mon fils voit un peintre en bâtiment, il lui semble toujours que quelque chose cloche. Ça devrait être une femme! Il peut uniquement s'imaginer des femmes pour ce métier. Je soigne les détails, les petites choses dans la construction que les autres ne voient peut-être pas. Soit on fait notre travail vraiment bien, soit on y renonce. A la fin, tout le monde est content. On doit presque tous travailler, c'est la base de l'existence. Si on peut faire quelque chose d'utile, tant mieux. Surtout si on contribue à l'environnement." Frage: "Vous utilisez surtout des peintures naturelles?" Antwort: "Uniquement des peintures à base de résine naturelle. Ceux qui choisissent ces peintures s'y connaissent déjà. Ils aiment la nature et veulent la préserver. Je trouve ça bien." Die Malerin beim Waschen ihren Pinsel, Junge Frau die Hedi Meier porträtiert: "Je vois que d'autres journaux ont déjà parler de vous. Oui, ça c'est l'extrait d'un article. Voilà plusieurs réactions de nos clients, qui font l'éloge de nos peintures, de notre travail. Nous les accrochons au tableau. Ça nous motive toujours. Et nous avons aussi passer à Radio24 pour la bonne nouvelle du jour." Frage: "J'ai vu, ce matin, que vous travaillez soigneusement en prenant le temps qu'il faut. Tu ne te sens jamais sous pression?" Antwort: "Si je quittais un chantier avec l'idée que le travail est baclé, j'aurais de la peine à faire ma facture. Il vaut mieux accepter moins de travail, mais le faire bien. Cela m'apporte des clients et ainsi, je dois passer moins d'annonces que d'autres." Aufnahmen der Malerin an ihrem Arbeitstisch beim Schreiben, Frage: "C'est toi qui tient le bureau? Oui, et ça me plaît. Parfois, je dois le faire le soir, car la journée je suis sur le chantier." Frage: "Es-tu surprise d'avoir ta propre entreprise et d'avoir autant de succès?" Antwort: "Surprise? Ce n'est pas le bon terme. J'ai toujours espéré avoir du succès. J'ai fait tout pour obtenir ce que je voulais. Tout ce que je fais dois être irréprochable. Tant que je travaille beaucoup, je suis contente et satisfaite."
00:08:36 Infographie, ein Koffer wird gezeichnet. Eine Lehrerin [Laut Abspann: Trudi Kumordzie] wird von ihren Schülern (ausländischen jungen Erwachsenen) nach der Bedeutung ihrer Arbeit gefragt. Die Schüler schreiben auf dem Schwarzbrett, was sie für eine Zukunft wollen. Vereinbaren der Berufstätigkeit mit Kinderbekommen. Die jungen Erwachsenen sollten in der Zukunft laut ihrer Lehrerin machen was sie sich wünschen. [Aus dem Gespräch] Frage einer Schülerin: "Pourquoi es-tu devenu enseignante?" Antwort der Lehrerin: "D'une part, après la maturité, j'en avais assez de l'école. Je voulais partir, découvrir la vie. Jusqu'à vingt ans, je n'ai connu que l'école. J'ai bientôt compris que je devais gagner ma vie pour être indépendante. J'ai accepté différents emplois. Ce n'est que plus tard, après avoir eu un fils, que j'ai réalisé que j'aimais la compagnie des enfants. Je me suis dit que je pouvais apprendre un métier où on a affaire à des enfants." Frage: "Ton entourage a-t'il influencé tes décisions?" Antwort: "Mon entourage n'a pas toujours été d'accord. Mais si une idée me semble justifiée, il faut que je la réalise. On va travailler pour différentes raisons. La nécessité de l'argent par exemple. On accepte alors n'importe quel travail. Mais si c'est pour exercer une activité à long terme, il faut tenir compte de ses goûts." Offstimme der Lehrerin: "J'ai beaucoup voyagé. Ça me plaît toujours autant. J'aime rencontrer d'autres cultures, d'autres pays, d'autres personnes. C'est pourquoi, j'ai choisi un métier où l'on a affaire à des humains.", Verlauf des Unterrichts mit dem Thema Zukunftsvorstellungen und Vereinbarung Familie und Beruf. Frage der Schülerin: "Tu étais à la fois mère et salariée, comment tu as fais?" Antwort der Lehrerin: "Nous avons travaillé à tour de rôle, le père des enfants et moi. A la campagne, il n'existe ni crèche, ni garderie. Il faut tout organiser soi-même. Il travaillait, moi j'étais à la maison. Et après quelques années, ou mois, on échangeait les rôles. [Insert auf dem Schwarzbrett mit Zukunftsvorstellungen der Schüler] Le principal, pour vous, c'est de trouver ce que vous voulez faire maintenant. Dans cinq ans, cela peut changer. Mais nous devons toujours essayer de réaliser les souhaits que l'on a sur le momment."
00:13:32 Infographie, ein Trommel wird gezeichnet.
00:13:40 Eine Frau [Laut Abspann: Jacqueline Rigoulet] mit Anzug läuft zu einem Haus und wird von einem Hund empfangen. Die Hausbesitzerin, eine gut angezogene alte Frau, begrüßt sie. Die pensionierte Frau erzählt von ihrer Frauenkarriere in der UNO: "Alors la retraite, je ne sais pas vraiment ce que cela veut dire ce mot, la retraite. Parce que je ne sais pas. La retraite, il y a des gens qui devraient la prendre déjà à quarante ans. Et moi, je n'ai pas l'impression d'avoir jamais pris ma retraite." Frage: "Tu étais marié alors de longues années. Donc à la maison, avec des enfants, un ménage. Et ensuite, comment es-tu rentré aux Nations Unies, comment a débuté ta vie professionnelle?" Antwort: "C'était tout de suite après la guerre. On s'est marié, on était très amoureux l'un de l'autre. On a vécu, on était jeune – 18 ans et 22 ans -, on a eu des enfants très rapidement. Mais j'ai toujours eu l'impression que c'était important de vivre une vie de famille. Nous avons vécu ensemble pendant près de vingt ans. Et un beau jour, j'ai trouvé quand même que je pouvais faire quelque chose d'autre que de laver les carreaux et de faire le ménage. J'ai pensé que je pouvais, peut-être, être un peu plus utile dans la vie de la société actuelle. Et alors, je me suis intéressé à un travail aux Nations Unies. C'était pour le HCR, le Haut Commissariat aux Réfugiés, et nous avons travaillé dans le cadre de l'indémnisation des victimes des camps de concentration. Et ensuite, on a bien voulu de moi au GATT. Et du GATT, s'est créé le Centre du commerce international. Et à partir du Centre du commerce international, on est devenu une institution qui a été élue par les Nations Unies, promue disons plutôt, comme point central de la promotion des exportations pour les pays en développement. Quand nous avons commencé en 1965, quand le Centre du commerce international s'est créé, et bien il y avait beaucoup de femmes qui étaient pas du tout dans la possibilité de vraiment promouvoir leur propre travail. Si vous voulez vraiment aller à la banque pour avoir un crédit, c'est beaucoup plus difficile que pour un homme, parce que c'est encore toujours les hommes qui ont le monopole. Ah, mais je vais tout de même te faire, disons, une mise au point, qui est importante, parce que je ne voudrais pas avoir l'air d'être mysogine. J'aime beaucoup les hommes, mais il y a quand même un certain point qu'il faut quand même mettre au point, ils ne savent pas nous juger à notre juste valeur." Frage: "Alors, ce travail pour toi, qu'est-ce qu'il représente vraiment? Pourquoi es-tu motivée par ce que tu fais?" Antwort: "J'ai eu l'occasion de rencontrer des gens de tous les continents. J'ai eu l'occasion de rencontrer l'Amérique latine, j'ai beaucoup aimé mes contacts en Asie, le Laos, la Birmanie, le Bangladesh et le Pakistan surtout, où des femmes sont remarquables et travaillent énormémement. Mais, il faut leur apprendre à se développer, à faire quelque chose de leur travail. C'est pour ça que nous avons créer un programme, depuis 1980, pour les femmes. Parce que les femmes ont raremement la possibilité, dans ces pays, de se mettre en avant sur la scène internationale, pour réclamer ce dont elles ont besoin, réellement. Les africaines, il fallait vraiment les soutenir, pour qu'elles arrivent à comprendre que si elles sont unies en coopératives, elles peuvent beaucoup mieux exporter leurs produits. Parce que c'est elles qui font, toutes ces choses-là [Die pensionierte UNO-Beamterin zeigt Handwerkkissen in ihrem Wohnzimmer, wo das Interview stattfindet]. Ça, ça a été fait en Chine. Ça, si tu permets, ça a été fait au Laos. Et bien, il faut leur apprendre que ce sont des choses qui leur apportent de la plue-value, en le mettant avec des fauteuils, par exemple en bambou, et à les aider à préparer ces fauteuils en bambou pour qu'ils ne déteriorent pas au bout de six mois. Tout ça, c'est de la formation." Frage: "Est-ce que tu penses que, vraiment, ces populations en ont un grand besoin? Est-ce que c'est vraiment indispensable et nécessaire que nous leur imposions notre mode de vie, nos produits?" Antwort: "Ah mais, je n'ai pas dit qu'il fallait leur imposer notre mode de vie, absolument pas. Il est certain qu'ils ont besoin d'avoir des devises, pour acheter certaines choses, tout comme nous. Nous achetons aussi, nous importons beaucoup de choses. Et bien, eux, c'est la même chose. Il faut qu'on leur apprenne qu'il faut vendre le bon produit, au bon endroit, au bon prix et à la bonne époque." Frage: "Et alors, comment est-ce que, toi, tu es acceptée parmi elles? Toi, ou quelqu'un qui ferait le même travail que toi? Qui leur expliquerait en fait comment travailler? Est-ce que c'est acceuilli avec joie, avec plaisir, est-ce qu'ils sont heureux d'avoir des conseils?" Antwort: "Ah oui! Ça, je dois dire que les vingt années que j'ai passé dans le cadre de mon travail, et que je continue un peu de temps, en tant que consultante, maintenant, étaient une joie, vraiment, pour moi, parce qu'il y avait, vraiment, du répondant partout." Frage: "Et tu as donc appris, certainement, beaucoup de choses avec ces femmes?" Antwort: "Oui, j'ai appris beaucoup de choses. J'ai surtout appris qu'elles savaient être aussi inventives que nous. Et qu'elles savaient être aussi battantes que les femmes de chez nous. Mais seulement, il faut leur donner la possibilité de le faire. Il est très important, quand on est une femme, de savoir que d'autres femmes ne sont pas aussi privilégiées que nous sommes." Frage: "Tu as commencé, donc, ta vie professionnelle aux Nations Unies en distribuant le courrier. Comment c'est ensuite passé ton ascension professionnelle et est-ce que tu as du te dépasser? Est-ce que tu as du faire des efforts supplémentaires pour être acceptée?" Antwort: "Oui, ça c'est clair! Dans le cadre des Nations Unies, si tu veux faire une carrière en tant que femme, tu dois fournir le double du travail que ce que fait un homme. Dans la même qualité de travail, si tu veux. Dans le même titre, disons, de formateur ou d'administrateur de projet, et bien, à une femme, on lui demande au moins le double. Si ce n'est pas le triple! Enfin, comme on a les moyens, on le fait! [Lachen]" Interview wird mit Fotos aus Sitzungen mit internationalen Beteiligten, woran die pensionierte UNO-Beamterin teilgenommen hat, aus ihren Reisen in der ganzen Welt, aus ihrer Kunstsammlung und von ihr im UNO-Hauptquartier in Genf.
00:20:42 Infographie, ein Telefon wird gezeichnet.
00:20:51 Eine Frau [Laut Abspann: Santusa San] in einer Telefonzelle, Insert auf die Tastatur, Stimme im Off: "J'appelle au sujet de la candidature." Eine Frau antwortet auf Schweizerdeutsch, dann die Stimme im Off: "Vous pourriez parler bon allemand?" Antwort: "Nous vous avons écrit, que nous regrettons de ne pas pouvoir tenir compte de votre candidature. Premièrement, vous n'avez pas de certificat suisse et deuxièmement, il nous faut quelqu'un qui parle suisse-allemand." Offstimme: "Ah, d'accord." Antwort am Telefon: "Je regrette, au revoir!" Offstimme: "Au revoir!"
00:21:23 Santusa San und eine junge Frau (die Frau San porträtiert) sitzen an einem Tisch in einem Kaffee. Andrée Tanner fragt: "Tu cherches du travail?" Die Frau, aus Bolivien, die nur von hinten gezeigt wird, antwortet: "Oui." Frage: "Comme psychologue? Quelle était ton idée, en venant ici?" Antwort: "J'avais une idée très positive de la Suisse. J'avais travaillé avec des Européens en Bolivie. Ils travaillaient pour le développement. Je préfére raconter en espagnol… [Ab hier wird das Gespräch auf Spanisch geführt und auf Deutsch übersetzt; die beiden Frauen beim Spaziergang am Seeufer in Zürich (vermutlich)]."
Offstimme: "J'ai pensé que si ces gens venaient en Bolivie, je pourrais aussi aller en Europe, et faire la même chose. J'ai voulu venir pour un an, et je suis resté quatre ans." Frage: "Pourquoi es-tu resté quatre ans?" Antwort: "Parce que j'avais besoin de montrer aux gens que je pense et écris comme eux. Qu'au niveau intelectuel, je suis leur égal, malgré nos origines, nos expériences et caractères différents." Frage: "Mais tu n'exerces pas ton métier?" Antwort: "Non, d'abord à cause de la langue. Je me rends compte qu'en psychologie, il faut très bien parler allemand. Je voulais aller à l'université. J'aurais été acceptée, mais je n'avais pas l'argent nécessaire. Quel travail fais-tu? Afin de survivre ici, j'ai du chercher le travail que font tous les autres étrangers. Un travail d'auxiliaire: je nettoie des appartements, parfois je lave et repasse les vêtements." Frage: "Comment tu fais pour apprendre la langue?" Antwort: "Je fais beaucoup pour apprendre la langue. De ma propre initiative. Il existe beaucoup d'écoles d'Etat et privées. Une école privée coûte plus que ce que je gagne avec les ménages. Les écoles d'Etat sont aussi devenues chers. Pour les étrangers, il est indispensable d'apprendre la langue. Après tout, nous vivons ici. Nous espérons qu'en apprenant la langue, nous pourrons trouver un travail qui nous plaît et qui correspond à nos facultés. Nous apprenons l'allemand dans l'espoir que cela nous ouvre des portes. Afin de rester à jour dans mon métier, je dois continuellement me perfectionner. Je vais régulièrement à des séminaires et à des congrès, je cherche le contact avec des gens du métier. Tout ça fait partie de mon perfectionnement. Je connais beaucoup de suisses, dans ma profession. Je discute avec eux de sujets professionnels, sans ressentir de différences. Malgré nos expériences différentes, nous avons les même bases de formation. Quelques fois, je ressens leur égoïsme. Ils savent que nous avons les même facultés, mais ils n'acceptent pas que nous les mettions en pratique. Par contre, ils me proposent de nettoyer leurs appartements. Ça m'a profondémment irriter et blesser. Malgré mes protestations, je n'obtiens pas d'autre travail." Frage: "Comment vois-tu la Suisse?" Antwort: "La Suisse est un très beau pays. C'est dommage que ses habitants n'aient pas le temps de le voir. A ce propos, il faut aussi songer aux nombreux travailleurs étrangers qui y contribuent. Pour créer cette beauté, ils investissent leur maind'œuvre. Malgré tout, ils n'ont toujours pas obtenu le droit fondamental de voter et de dire leur opinion librement." Aufnahmen von Haushaltsarbeit (Putzen und Staub vom Computer wegwischen), vom Seeufer, von Baustellen auf der Strasse, vom Gespräch im Kaffee
00:26:55 Infographie, ein Bleistift mit Babyschnuller wird gezeichnet.
00:27:03 Eine Frau [Laut Abspann: Marisa Wagner] beim Zeichen auf einem Arbeitstisch in einem Arbeitszimmer bei der Präsentation ihrer Arbeit (Architektin): "Le devoir d'une architecte, c'est d'écouter le maître d'ouvrage, formuler ses idées. On rentre chez soi avec cette liste et on réfléchit à quoi tout cela pourrait bien ressembler. On ébauche un concept et on le lui soumet. Puis, de fil en aiguille, le projet se développe, avec le concours du maître d'ouvrage. Dans ce cas, il ne s'agit que d'une petite transformation que je peux faire toute seule. Mon mari est aussi architecte et m'aide pour le moment, car nous avons deux enfants. C'est moi qui dessine, discute au téléphone avec les entrepreneurs, fait des contrats, négocie avec les maîtres d'ouvrage, la direction des travaux, la facturation, les modèles. Je pourrais vous les montrer, les modèles. [Sie zeigt zwei Modellen von einer Veranda]. Là, il s'agit d'un essai. Comme architecte, on est responsable de l'environnement. Il ne suffit pas de se dire: voilà, je construis une jolie petite maison et ignore le reste. Il faut intégrer tout ce qu'il y a autour. "
00:28:52 Diavorschau von Häusern oder Wohnungen, vermutlich von der Architektin gezeichnet. Die Architektin beim Schauen der Dias mit der jungen Frau, die sie porträtiert, und beim gleichzeitigen Stillen ihres Babys
00:29:40 Der Mann der Architektin in der Küche beim Kochen, die Architektin mit dem Baby, ein anderes älteres Kind auch dabei
00:30:03 Gespräch mit der Architektin in ihrem Wohnzimmer, Frage: "Tu as deux enfants et exerces ton métier d'architecte. A quoi ressemble ta vie quotidienne? Deux ou trois fois par semaine, Méret est absente à midi. Ainsi, je peux travailler avant de préparer le déjeuner. Nous mangeons ensemble et elle fait une longue sieste. Je peux donc encore travailler. Quand je dirigeais des travaux, il m'arrivait souvent de l'emporter. Thomas ne travaillant qu'à mi-temps, le vendredi est la journée la plus productive. Je peux alors travailler à 100%." Frage: "Tu as ton bureau dans la chambre à coucher. Ça va pour travailler? En fait, ça va très bien. C'est un peu juste. Moins on a de commandes, moins on sait où caser les classeurs. Une pièce à l'extérieur serait idéale. Mais, pour moi, c'est très bien comme ça. Surtout à midi, quand les enfants dorment. J'aimerais toujours avoir mon bureau à la maison. Parfois, ils dorment deux heures, parfois trois ou une. Alors je peux toujours faire quelque chose pendant ce temps-là. L'idéal, pour moi, serait d'avoir un bureau d'architecte avec mon mari et de partager la garde des enfants à 50%." Frage: "Que penses-tu du thème: femmes et travail?" Antwort: "Il est important que tous aient du travail, que chacun y aie droit. Les structures de notre société actuelle ne permettent pas aux femmes de travailler vraiment. Elles ne permettent pas que l'homme, par exemple, travaille lui aussi à temps partiel. Pour que la femme puisse se consacrer à son métier, ou à une activité. Ces structures manquent. Il faudrait les développer." Frage: "Tu trouves donc important de s'engager pour ce que l'on fait?" Antwort: "Ah oui, la vie est tellement courte! On vit peut-être jusqu'à septante ans. Il faut donc chercher ce qui satisfait. Ce qu'on peut faire pour mener la vie que l'on souhaite. En l'occurrence, le travail occupe une place majeure." Frage: "Quel est le sens de la vie, d'après toi?" Antwort: "Je ne sais pas. Il se trouve que je vis dans ce monde. J'essaie donc de me trouver une place dans la société. Pour moi, les enfants sont importants. J'ai toujours voulu une famille. Ma profession me procure autre chose, une affirmation de ma personne, ou une autre satisfaction. C'est un échange avec l'extérieur. J'obtiens un écho que je n'ai pas à la maison, avec les enfants. C'est un tout autre travail que de s'occuper des enfants. J'ai appris mon métier et il me procure un plaisir immense. C'est pourquoi j'aime l'exercer."
00:33:39 Infographie, ein Hand beim Putzen wird gezeichnet.
00:33:48 Fotos (Durchgangheim, Krankenhaus, Alltagsszenen, Arbeit, Laufen zur Schule in der Nacht, Bahnhof, Krank im Bett liegen, Kinder…) und symbolische Gegenstände (Weltkarte) werden auf einem Tisch gezeigt, eine Frauenstimme [Laut Abspann: Fatameh Schabastari] beim Vorlesen eines Lebensberichtes (mit Geräuschkulisse): "Il y a huit ans, enceinte de huit mois, j'ai fuit pour la Suisse avec mon mari et ma fille agée de sept ans. La Suisse n'aurait du être qu'une étape transitoire. Mais nous avons été forcés d'y rester. J'ai eu mon deuxième enfant durant cette période d'attente. Nous logions dans une chambre d'un foyer de transit. L'ambiance était dramatique, l'avenir incertain. Mon mari tapait à la machine à longueur de journées, pour s'occuper et supporter l'attente. Après, j'ai trouvé du travail dans les cuisines d'un hôpital. Comme plongeuse. Ce travail, tellement dur, m'a causé de fortes douleurs dorsales au bout d'un an. J'ai du faire une thérapie. Mes enfants étaient à la garderie. L'incertitude de pouvoir rester ici me rendait à moitié folle. Quand mes problèmes de dos ont recommencé, j'ai reçu le congé. J'ai trouvé du travail comme femme de ménage auxiliaire dans un hôpital. J'étais contente de travailler. Mais j'avais mauvaise conscience tous les matins. Tiré mon fils du sommeil, sortir dans le froid, le long chemin pour la ville. Et ma fille, seule à la maison. Que faire? Elle devait aller à l'école. Mon mari travailait dans le même hôpital, mais ne s'occupait pas des enfants. Les vapeurs aggressives des détergents ont causé des troubles respiratoires, bronchite et allérgie. Après six ans de travail à l'hôpital, j'ai osé demander si je pouvais changer de département et avoir un autre horaire. On me l'a refusé, à cause de mon allemand insuffisant. Cette réponse m'a blessé. Car je demandais souvent à mes collègues de me parler le bon allemand. Mais après un jour, elle me reparlait le dialecte. J'ai dit que je ne pouvais quand même pas faire de ménage toute ma vie. Comme réponse, ils m'ont demandé si je voulais le conger. L'ambiance, à la maison, se déteriorait. J'étais dépassée par le travail, ma mauvaise conscience et l'absence de mon mari. Nous nous entendions de moins en moins bien et nous avons divorcé. J'ai travaillé à 50%. Puis mon fils est tombé gravement malade. Depuis, je suis encore plus tendue. Les remords me pèsent de tous les côtés. Mais je veux faire une formation, sinon ma vie me semblerait vide. Dans mon pays, je travaillais comme juriste. J'ai beaucoup d'expérience. Mais ici, personne ne l'accepte ou ne s'y intéresse. Il faut me faut une perspective. Je pense que tous les humains ont en besoin. On a besoin d'évoluer!"
00:39:10 Infographie, ein Mikrofon wird gezeichnet.
00:39:18 Gespräch zwischen zwei Frauen [Laut Abspann: Madeleine Rétif und die junge Frau, die sie porträtiert] in einem Zug. Junge Frau (die die andere Frau porträtiert): "Je dois bientôt décider ce que je dois faire après le gymnase. D'abord une année de pause, mais après? Etudier ou apprendre un métier? Comment tu t'y es prise?" Antwort: "Je n'ai rien fait pendant un an. Puis, j'ai décidé de faire l'Ecole d'interprète. Mes parents me l'avaient proposé, en se disant que traductrice, ce ne serait pas mal. Six mois après mon diplôme, je me suis mariée. Ma fille est née deux ans plus tard. Ce qui m'a manqué, c'est le moment où j'aurais du partir et vivre de façon indépendante. J'avais toujours vécu à la maison. Avec ma propre famille, nous avions notre appartement à nous, mais dans la maison des parents." Frage: "Mais à quoi as-tu réfléchi en choisissant un métier? Que représentait le travail pour toi?" Antwort: "Et bien, j'ai un rapport bizarre avec le travail comme gagne-pain. Je ne sais pas d'où ça vient. Je pense que j'ai été marquée par mes parents. Ça me faisait très peur. Je n'ai jamais considéré que le travail pouvait être gratifiant. Mais je voulais quand même être indépendante, car je ne pouvais pas supporter d'être simple ménagère et mère de famille. Je voulais garder mon indépendance financière. J'ai donc commencé à donner des cours de rattrapage, que je n'avais même pas du chercher. Je ne réalise que maintenant à quel point j'étais isolée." Frage: "Est-ce cette isolation qui t'a fait abandonner tout ça et recommencer à zéro?" Antwort: "Je ne réalise que maintenant comment ça s'est déroulé. Je suis devenue dépressive au moment où je me suis séparée de la famille. C'était tellement grave que je n'allais plus à la porte, que je ne répondais plus au téléphone, je ne quittais même plus mon lit. La peur de sortir était de plus en plus grande. On a du me secouer pour que je me dise que ça ne pouvait plus continuer comme ça. J'ai vécu un revirement radical. Très vite, je suis parti. J'ai cherché un appartement et trouvé ce travail. Il y a eu un temps de préparation, quand j'ai fait la connaissance du centre culturel, entendu d'autres opinions, vu une toute autre vie: comment s'aborder mutuellement, comment vivre autrement. Mon emploi actuel, mon initiative d'être sortie sur le marché du travail et de me chercher un poste comme des miliers d'autres, me donne une impression de valeur. Mon travail est apprécié. C'est quand même important de faire partie de tout ça. Le travail au "Rec-Rec" me procure un sentiment d'affirmation, mon travail a une valeur et j'obtiens quelque chose en retour. Je sais qu'ici on accepte, je me sens dans de bonnes mains. Je dois me confronter aux autres et à moi-même. C'est ça qui me manquait." Frage: "Tu crois donc qu'en tant que femme, il faut vraiment s'efforcer d'être indépendante et d'en être très consciente?" Antwort: "L'indépendance dont je parle se joue au niveau de la conscience. Une femme peut se consacrer à son travail de ménagère et de mère de famille, tout en restant indépendante, si elle en est consciente. C'est moi qui me mettait des bâtons dans les rues, refusant de m'accorder une valeur. Je ne pouvais pas accepter le rôle de mère de famille, parce que la société ne l'accepte pas à sa juste valeur. C'est un peu paradoxal. Dans d'autres conditions, je n'aurais jamais évolué comme depuis mon divorce. D'un autre côté, le bagage que je me suis constitué depuis aurait pu éviter le divorce. Mais, à ce moment-là, j'étais forcée de chercher une solution avec mes seuls moyens disponibles." Frage: "Tu reviens souvent ici [Sie besuchen vermultlich das Haus, wo die Frau vor der Scheidung mit ihrer Familie wohnte]?" Antwort: "Non. Ça fait six mois que j'ai déménagé, depuis je ne suis plus revenu." Frage: "Où vois-tu Florence [vermutlich die Töchter], si tu ne viens plus ici?" Antwort: "Elle vient chez moi. Ça, c'est une autre histoire. C'est un problème, de ne plus voir ma fille souvent, de ne plus avoir de rapports quotidiens avec elle." Frage: "Mais, finalement, c'est mieux comme ça?" Antwort: "Et bien, je me dis qu'une mère depressive ne lui apporte rien." [In einer Wohngemeinschaft oder beim Kulturprojekt 'Kuzeb Info-Café'] Frage: "Qu'as-tu trouvé ici de si fascinant? Quelle importance ça a pour toi?" Antwort: "Ici, j'ai réalisé que je pouvais vivre selon mes humeurs. Je ne sais pas si c'est justifié ou non. Mais c'est une chose que je n'avais jamais ressentie, dans ma vie avant. Je me sentais toujours à l'étroit, je croyais devoir m'adapter aux autres. Ici, j'ai réalisé que j'étais bien comme je suis." Frage: "Que fais-tu d'autres, à part les procès-verbaux et la comptabilité?" Antwort: "Ce qui m'intéresse… Je fais de la musique. Nous avons une pièce de répétition à la cave." Aufnahmen von Madeleine Rétif beim Singen mit ihrer Rockband
Geschichte einer Frau, die nach ihrer Ausbildung von einer Depression erschüttert wurde und dann ein neues Leben anfangen konnte, wo sie ein Haus mit ihrer Wohngemeinschaft teilt, eine Arbeitsstelle gefunden hat und in einem Rockband singt.
00:48:27 Abspann: "Un film avec Hedi Meier, Trudi Kumordzie, Jacqueline Rigoulet, Santusa San, Marisa Wagner, Fatameh Schabastari, Madeleine Rétif – Présentées par Mirjam Jokl, Sonia Jerman, Jacqueline Lacroix, Andrée Tanner, Ingrid Künzli – Régie Margrit Bürer – Caméra Helena Vagnières – Son Ingrid Städeli – Montage Uschi Meyer – Musique Juliana Müller, Susanne Müller – Dessins Sonja Jerman – On line Editing René Zumbühl Videoladen Zürich – Mixage Florian Eidenbenz, Magnetix Zürich – Traduction Catherine Aguilar – Voix Andrée Tanner Andrée Thurnherr – Ce film a été soutenu par: Office fédéral de la culture, Fédération des coopératives Migros, Präsidialabteilung der Stadt Zürich, Églises év.réformées de Suisse alémanique, Fonds de loterie du canton de Berne, Pro Juventute, Société suisse des employés de commerce SSEC, Syndicat suisse des services publics SSP, Cartel Suisse des Associations de Jeunesse CSAJ – Et un tout grand merci à toutes les personnes qui ont contribué à la réalisation de ce projet. – Idée et production: Commission féminine du Conseil suisse des activités de jeunesse CSAJ - Sabina Kunz, Ruth K. Tennenbaum, Regula Keller, Anna Müller, Barbara Schwickert – Productrice responsable: Barbara Schwickert – © 1995 SAJV"
00:49:31 Filmende