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Aymeric est né le 8 février 1998 et il est le dernier d'une famille de 6 enfants. Il a un développement normal jusqu'à 18 mois. Les premiers mots sont venus : " maman, papa, petit dodo " puis ont disparu presque aussitôt.
Les premiers symptômes de ce que nous ne connaissons pas encore apparaissent : marche avec la tête inclinée sur le coté, tourner en rond, éloignement progressif du regard, plus de mot, plus d'échange possible, plus de jeu, notre fils régresse.
En consultation chez le médecin traitant à 22 mois nous exposons l'absence de langage et un comportement bizarre sans succès : notre généraliste ne voit rien.
Après de nombreuses démarches, le CHR de Caen posera le diagnostic d'autisme à l'automne 2000, ils évoquent " l'intensité importante du syndrome autistique ", Aymeric a deux ans ½.
Aymeric fréquente, à partir de la rentrée de Pâques 2001, l'école maternelle de notre secteur à raison de deux fois une heure 30 par semaine, en petite section, accompagné par une travailleuse familiale. Ce trimestre sera assez difficile, il faut que l'enfant " apprenne " l'école et la vie en collectivité, la présence de la travailleuse familiale qui connaît bien l'enfant permet que cette intégration puisse se poursuivre. C'est elle en effet qui, à la maison lui apprend les bases nécessaires à cette socialisation. Une, puis deux travailleuses familiales interviennent ainsi à notre domicile, nous les guidons et les formons nous même à l'autisme.
A la rentrée 2001/2002, un an après le diagnostic, se met en place une prise en charge plus complète, Aymeric a trois ans et demi. Une prise en charge orthophonique et une séance de Sessad viennent compléter le travail fait à domicile par la famille et les travailleuses familiales.
Nous le faisons progresser à l'aide de jeux d'éveils très variés, nous avions la chance qu'Aymeric s'y intéresse. Nous avons également beaucoup travaillé l'échange du regard, le contact corporel, rester assis lors des activités … ceci afin de favoriser cette intégration scolaire qui s'organise. Les activités alternent avec des périodes de détentes et se déroulent dans un contexte de plaisir car Aymeric est heureux de faire ce qu'on lui propose. Il va en promenade, sort dans les magasins ou au jardin public.
Durant toute cette année scolaire Aymeric est intégré deux fois 1 h30, alternativement avec une travailleuse familiale ou la maîtresse qui bénéficie par ailleurs d'un soutien pour sa classe. Mais Aymeric a des difficultés à bâtir des repères à l'école car il y vient peu, sa présence étant trop irrégulière, il ne comprend pas et ne veut pas repartir quand nous venons le chercher. L'année sera là encore très difficile, les activités qui ont lieu au moment où Aymeric est en classe ne correspondent pas toujours à ses compétences (moment du langage).
Après les vacances d'été 2002, nous avons réorganisé l'emploi du temps afin que les journées d'Aymeric soient très régulières et qu'il prenne enfin ses repères :
Ø 1ère partie de matinée : école pendant 1 h 30 (la maîtresse a un soutien pour sa classe le lundi, les autres jours, elle prend Aymeric seule). Il est intégré au moment de l'accueil, de la motricité, des manipulations.
Ø 2ème partie de matinée : intervention de l'orthophoniste ou de l'éducatrice du Sessad, deux séances chacune.
Ø Après midi : intervention des travailleuses familiales, la prise en charge éducative à la maison est intensifiée. Un projet éducatif individuel est rédigé par les parents, en concertation avec les travailleuses familiales.
Aymeric est beaucoup plus épanoui avec ce nouveau rythme, il accepte mieux de quitter la classe car il sait qu'il va y revenir. Il est maintenant en moyenne section de maternelle avec une nouvelle enseignante. Très rapidement, la maîtresse proposera de garder Aymeric le lundi matin complet et en cours d'année Aymeric sera également intégré deux fois 1 heure 30, deux après midi par semaine. Au cours de cette année, il accède aux apprentissages et la scolarisation lui est de plus en plus bénéfique.
Les frères et sœurs demandaient tous chaque jour si cela s'était bien passé à l'école pour Aymeric. Le fait que leur petit frère y soit bien accueilli (par la maîtresse et les autres enfants) et y soit heureux est très important pour eux. L'acceptation d'Aymeric par le " milieu ordinaire " normalise sans doute quelque part leur situation et les aide à affronter cette " différence ". Ils évoquent toujours avec beaucoup de joie les " petits progrès " d'Aymeric car chacun de ces " petits pas " rapproche l'enfant handicapé de ses frères et sœurs, il leur devient " accessible ", d'où l'importance de la prise en charge précoce et de l'intégration en milieu ordinaire.
A la rentrée scolaire 2003/2004, Aymeric reste en moyenne section avec la même maitresse, ses compétences scolaires ne lui permettant pas encore d'aller en grande section. A partir de la toussaint 2003, l'assistante d'éducation qu'a accordé la CDES est présente à l'école. Cette personne n'a pas reçu de formation particulière, qu'à cela ne tienne, nous lui expliquons les particularités de notre enfant et comme nous l'avons fait avec l'enseignante de la classe, nous la guidons à chaque fois que cela est nécessaire. les journées d'Aymeric se déroulent ainsi :
Ø Ecole tous les matins, Aymeric participe à toutes les activités dans la mesure de ses compétences (il a un niveau de moyenne section pour certaines activités et de petite section pour d'autres, et il éprouve des difficultés dans la compréhension des consignes qu'il est nécessaire de rendre visuelles). Seul le moment du langage ne lui est pas encore profitable. Il peut aller " s'asseoir avec les copains " au moment de l'histoire, mais Aymeric étant non verbal, tout ce qui tourne autour de cette activité de langage lui est encore inaccessible.
Ø Travailleuses familiales : les après midi. Elles interviennent en amont du travail scolaire en apprenant à l'enfant les bases nécessaires à la compréhension et à l'exécution des activités de l'école, elles soutiennent ces activités qui sont reprises à la maison.. Elles permettent à Aymeric de bénéficier de cette prise en charge éducative intensive dont il a besoin. Une troisième travailleuse familiale est formée pour mieux relayer ses deux collègues. Aymeric apprend ainsi à travailler avec différentes personnes qui ont chacune leur personnalité. Il les aime beaucoup et est toujours très heureux de les retrouver.
Ø Parents : formation, recherche ou fabrication du matériel, préparation et mise en place des activités, participation aux apprentissages, suivi de la prise en charge, coordination des intervenants, soutien de l'école avec qui une relation de confiance et de partenariat autour de l'enfant s'est établie.
Aymeric progresse tous les jours….
Agnès et Patrice WOIMANT