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Description
A l’ombre des hauts fourneaux éteints brille une veilleuse devant la maison de la famille Chagrin. Le souffle du commissionnaire menace de l’éteindre à tout moment, si les traites ne sont pas honorées. La spirale des commandements de payer entraîne Nathanaël, le père, à travailler vingt-quatre heures sur vingt-quatre; la mère, Rose Chagrin née Chance, à entamer une cure de vitamines; les enfants, Yapaklou et Zibeline, à cacher leurs jouets dans un distributeur de frites; Séraphin, probablement le grand-père, à partir à la recherche de l’Homme noir; Philanthropie, à absorber des tranches de schnitz sous l’oeil bienveillant de ses deux anges gardiens. Et dans la nuit où s’éteignent chaque soir des dizaines de veilleuses, les tours de verre, qui dominent orgueilleusement la ville, regardent croître leur patrimoine.
Marie-Jeanne Urech vit entre une bibliothèque dont le classement lui échappe sans cesse et un lac qui s’écoule par le siphon de la baignoire; entre un service à thé en habit du dimanche et un aspirateur pour meubler les longues après-midi d’été; entre un distributeur de cure-dents à bec d’ibis et un jardin où croissent des cerises réservées aux corbeaux; entre un ordinateur qui s’ouvre comme une boîte aux lettres et sa propre voix sur le répondeur quand elle cherche ses clés; c’est un lieu situé dans les arcanes de son cerveau, pas loin d’une aire d’autoroute.
Elle a déjà publié: Foisonnement dans l’air, nouvelles; La Salle d’attente, roman; Le Syndrôme de la tête qui tombe, roman (traduit en allemand et en italien); L’Amiral des eaux usées, nouvelles et Des Accessoires pour le paradis, roman qui a reçu le prix Bibliomedia 2010; Le chat qu’il tenait en laisse comme un chien, récit; Le Train de sucre, contes.
Le Prix Rambert 2013 a été décerné à Marie-Jeanne Urech pour Les Valets de nuit.