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Critique
Sa famille ne peut plus nourrir Fanny Price, l’aînée d’une kyrielle de bambins qui survivent dans un quartier sordide de Portsmouth. La fillette a dix ans lorsqu’elle est envoyée chez de riches parents. Elle y devient une aide bienvenue, à la fois servante et amie, mais toujours ramenée à son rang d’inférieure. Fanny grandit en intelligence et en beauté, partageant avec l’un des fils de la maison sa passion pour la littérature.
Patricia Rozema adapte un roman que Jane Austen a publié en 1814. L’histoire se passe dans une Angleterre aristocratique, peu au fait de la misère dans laquelle croupit une grande partie du pays. Encore moins au fait du commerce d’esclaves qui passe aussi par elle. Le scénario effleure ces sujets-là. La caméra qui fait parfois preuve de jolies tournures, s’attache davantage au caractère de Fanny. Devenue adulte, la jeune femme est aux prises avec son besoin d’indépendance, le respect qu’elle porte à sa famille d’accueil et à la confusion de sentiments dans lesquels s’ébattent les jeunes gens de son âge. MANSFIELD PARK n’est rien de plus qu’une charmante histoire, une de ces romances anglaises qui font peut-être encore rêver quelques jeunes filles.
Geneviève Praplan