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Asthme et pollution intérieure
Des logements genevois passés au crible
Au cours du printemps 2004, le service de l'air, du bruit et des rayonnements non ionisants (SABRA), en collaboration avec la Ligue pulmonaire genevoise (LPG) et l'association Equiterre ont passé au crible les logements d'une dizaine de patients asthmatiques ou allergiques du canton de Genève. Sans avoir de prétention statistique, cette étude pilote avait pour but de déceler la présence de polluants dans l'habitat afin d'évaluer si ces derniers pouvaient être à l'origine des troubles observés. Elle devait aussi permettre de tester sur le terrain la possibilité de mettre en place un service de "conseil en environnement intérieur" de façon standard sur prescription médicale.
Sur la cinquantaine de personnes contactées, une douzaine ont accepté de participer à cette expérience et de répondre au questionnaire évaluant de façon précise leur état de santé. Après cette première étape, les spécialistes ont pu analyser en détail les différentes pièces des logements et rechercher la présence de composés organiques volatils (COV), de composés carbonylés (formaldéhydes et apparentés), de moisissures ou encore d'allergènes. Ces investigations approfondies, assistées d'équipements appropriés, ont duré en moyenne près de deux heures par logement.
Des résultats contrastés
Parmi les principaux symptômes ressentis par les patients, l'écoulement nasal, les éternuements à répétition, les essoufflements anormaux, la respiration sifflante ont été systématiquement mentionnés. Ces troubles sont présents tous les jours pour une majorité d'entre eux. Intuitivement, ces personnes pensent que la présence dans leur habitat de poussière, de plumes ou de laine peut être à l'origine de leurs symptômes.
Les analyses scientifiques ne confirment que partiellement ces soupçons. En effet, seules deux mesures ont décelé une présence d'acariens élevée dans les poussières recueillie - l'une d'elle sur un matelas "anti-acarien" ! Les résultats sont également rassurants pour ce qui concerne les composés carbonylés : aucun appartement ne dépasse la moitié de la concentration préconisée par l'Office fédéral de la santé publique pour le formaldéhyde. En revanche les concentrations de moisissures sont plus contrastées, un logement atteignant un taux dix fois supérieur aux autres. Mais c'est avant tout dans le domaine des composés organiques volatils que les résultats sont les moins satisfaisants : un appartement a révélé une contamination très élevée par un solvant à la suite de travaux effectués sans précaution, tandis que deux logements présentaient des valeurs considérées comme élevées. Les substances les plus présentes sont les alcanes, les alcools et les hydrocarbures aromatiques; les terpènes, qui constituent les éléments les plus allergènes, ne sont que faiblement présents. Une source de pollution plus inattendue a pu être mesurée dans un appartement : une infiltration d'air provenant du garage souterrain et passant par la cage d'escaliers y diffusait des émanations d'essence, des particules fines et du monoxyde de carbone, autant d'éléments nocifs.
Un accompagnement au-delà du cabinet médical
Les mesures ont ainsi révélé que, pour l'ensemble de ces 13 logements, 3 peuvent être considérés comme ayant une influence probable sur la santé. Toutefois, la taille de cet échantillon n'était pas suffisante pour établir une relation avec les troubles que connaissent les patients. En revanche, cette étude a permis d'évaluer les coûts d'une prestation standard de "conseil en environnement intérieur" à environ 1600 francs par visite. Il s'agit d'un chiffre élevé, mais les visites ont démontré que tous les tests ne sont pas forcément nécessaire, car une inspection soignée et quelques examens peu onéreux peuvent souvent suffire à identifier les problèmes. De plus, le bon accueil que les patients ont réservé à ces visites laisse à penser qu'il existe une véritable attente de leur part pour un suivi et un accompagnement qui aille au-delà du cabinent médical. Dans ce contexte, la prise en compte des questions de pollution intérieure constitue une prestation importante pour certains groupes de population et un réel enjeu de santé publique.

Prélèvement de moisissures

Infiltration de poussières