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Mieux vaut un peu tard que jamais : un peu moins d'une semaine après que l'Union Européenne ait pris cette décision, la Suisse, à son tour, a gelé, dès le 19 janvier, les fonds du clan Ben Ali et ceux du clan Gbagbo. Les banques sont désormais obligées de rechercher des avoirs pouvant appartenir à l'ex-Raïs tunisien et à l'ex-président ivoirien et à leurs proches, et les intermédiaires financiers doivent bloquer les transactions douteuses, mais tout est dans le « désormais » : entre le moment de la chute de Ben Ali et celui du gel de ses avoirs et de ceux de sa camarilla, entre le moment de la défaite électorale de Gbagbo et celui du gel de ses avoirs et de ceux de ses proches, combien de millions ont eu le temps de s'envoler vers des coffres plus cléments ? Et surtout : depuis combien de temps savait-on que Ben Ali et Gbagbo pillaient leur pays, spoliaient leur peuple, faisaient de leur pouvoir le moyen de s'en mettre plein les poches et les comptes en banque ? Les avoirs des uns et des autres ne sont pas gelés par qu'ils sont douteux, parce qu'ils puent le vol et la corruption : ils sont gelés parce que Ben Ali est tombé et que Gbagbo n'est plus reconnu comme président de la Côte d'Ivoire. On punit les prédateurs ? Certes. mais seulement après qu'ils aient été vaincus.