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J'apprends aujourd'hui que M. Nidegger, conseiller national pour encore au moins quelques jours de son état, porte plainte contre moi, et subsidiairement contre la Tribune de Genève en tant qu'hébergeur, pour des propos que j'ai tenu ici même à son égard. Des propos par lesquels j'expliquais en quoi selon moi ses choix et déclarations politiques ressemblaient d'assez près aux définitions politiques habituellement données pour qualifier des mouvements politiques qui furent assez répandus en Europe du Sud, ainsi que dans quelques pays d'Amérique latine des années 20 aux années 80... Je l'y affublai également du terme de "vrai... " en 5 lettres, commençant par f et se terminant par o, diminutif habituel de la tendance politique décrite ci-dessus, qui soit dit-en passant est une tendance politique légale en Suisse et n'est donc pas une insulte.
M. Nidegger, donc, qui a quelque raison de m'en vouloir pour avoir pris publiquement parti contre l'idée de son élection à la Cour des Comptes, a décidé de porter plainte pour calomnie. J'attends de recevoir la lettre du Ministère public pour en savoir davantage.
Je m'étonne cependant quand je lis ce que je lis aujourd'hui dans la bouche du responsable des jeunes UDC de Genève Xavier Schwytzguébel, au sujet d'un drapeau "Sur le parlement de notre république bananière (côté jardin), pend triomphalement entouré des drapeaux de notre pays et du canton de Genève, un drapeau de l'Union européenne.[...] Ce symbole impérial et totalitaire doit quitter notre République".
Outre que le drapeau en question n'est pas celui de l'UE, mais du Conseil de l'Europe, dont la Suisse est membre et qu'il flotte sur un bâtiment de la ville, il me semble que de traiter Genève de république bananière est une insulte, de même que traiter l'Union européenne de "totalitaire" ou d'affirmer qu'elle se compote de manière "impériale" est pour le moins calomnieux, d'autant que cela n'a aucun début de vraisemblance. Aucun pays n'a jamais été forcé d'entrer dans l'Union et la notion de totalitarisme pour une confédération dotée d'un parlement et où chaque membre conserve une large part d'autonomie, au point que cela pose problème, est pour le moins discutable.
Vous me direz, ce sont là propos de jeunes écervelés (est-ce que j'ose le terme, ou vais-je risquer un procès ?) et ce n'est pas parce que votre voisin vole un boeuf que cela vous autorise à dérober un oeuf. Si fait. Sauf que ce genre d'amalgame honteux, entre l'Union européenne et l'Allemagne nazie, le propre chef de M. Nidegger, Christoph Blocher en personne, est coutumier du fait. Or, il n'y a, je le répète, du point de vue des sciences politiques, rien de commun entre le Reich de 1000 ans et l'UE. Tandis qu'entre la politique d'un certain parti situé à la droite de l'échiquier politique helvétique, représenté ici par M. Nidegger, et d'autres qui prirent le pouvoir en leur temps dans leurs pays respectifs, il est des points communs qu'il sera facile de démontrer.