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Comment interpréter le risque orageux sur le terrain ?
Afin de complémenter les informations présentées dans le blog du 5 juillet dernier sur l'interprétation du risque orageux, voici quelques conseils que vous pouvez appliquer sur le terrain en observant le ciel afin de déceler les signes avant-coureurs d'une activité orageuse ou de repérer les structures clés.
Comment complémenter les informations sur le risque orageux en observant le ciel ?
En complément des informations sur le risque orageux qu'il est possible d'obtenir auprès de divers sites internet et d'applications smartphones, dont les nôtres, l'observation du ciel peut s'avérer déterminante. En effet, cette observation peut vous fournir des indices plus que pertinents sur la stabilité/instabilité de la masse d'air, sur l'évolution orageuse plus tard dans la journée et même celle qui est en cours. Cela peut s'avérer particulièrement utile pour toutes celles et ceux qui sont fortement exposés aux aléas de la météo, tels les agriculteurs, les navigateurs ou encore les gens du bâtiment.
L'observation du ciel précédant une évolution orageuse
Même avant que les orages ne se déclenchent, il est souvent possible de déceler dans le ciel quelques signes avant-coureurs d'une potentielle dégradation orageuse plus tard dans la journée. Si une évolution orageuse est prévue pour l'après-midi ou la soirée, la présence d'altocumulus castellanus en début de matinée peut vous indiquer que la masse d'air en place est déjà bien instable dans les couches moyennes de la troposphère. Ces formations nuageuses se présentent sous forme de petites tourelles à faible extension verticale, évoluant le plus souvent entre 2 et 5 km d'altitude (voir photo). Ils tendent à se dissiper au cours de la matinée puis à réapparaître quelques heures plus tard lorsque le risque orageux augmente. Si des cirrocumulus floccus sont observables également, cela indique que les hautes couches de l'atmosphère sont tout aussi instables, et sont donc à interpréter comme un précurseur potentiel d'une activité orageuse à venir. La réalisation de ce potentiel orageux plus tard dans la journée dépendra bien sûr de la présence ou pas de tous les ingrédients nécessaires décrits dans le blog du 5 juillet.
L'observation du ciel lorsque le risque orageux est imminent ou en cours
Fort des observations matinales, si vous constatez ensuite un développement important des cumulus sur les reliefs et/ou à l'horizon en milieu de journée ou durant le cours de l'après-midi/soir, cela peut vous renseigner sur la formation imminente d'orages. Une évolution des cumulus humilis en cumulus mediocris puis en cumulus congestus au fil des heures est synonyme d'un développement vertical important de ces espèces de nuages. Si les conditions atmosphériques nécessaires sont toutes réunies, cette évolution peut aboutir au stade ultime de développement, soit celui du cumulonimbus, autrement dit, de l'orage (espèces cumulonimbus calvus et cumulonibus capillatus). Afin de mieux vous rendre compte des différents genres et espèces de nuages ci-dessus, vous pouvez consulter l'atlas des nuages de l'Organisation Météorologique Mondial (OMM).
Quelques structures orageuses d'importance
Lorsqu'un orage est immiment à l'horizon et se déplace en votre direction, la présence de certaines structures ou appendages à l'avant, autour ou en dessous du cumulonimbus peuvent parfois vous renseigner sur la virulence de ce dernier. Voici les principaux :
- Les mammatus : ces nuages en forme de pochettes ou boules parfois visibles sous l'enclume d'orages sont souvent visuellement impressionnants, surtout lorsqu'ils sont illuminés par les rayons d'un soleil couchant à l'horizon. Toutefois, ces nuages ne représentent pas une menace en tant que telle. Ils renseignent surtout sur la puissance du courant ascendant de l'orage au loin car ces pochettes se forment lorsque le courant ascendant après avoir atteint la limite supérieure de la troposphère (la tropopause), se répercutent vers le bas en petites zones de turbulences sous l'enclume.
- L'arcus : ce nuage en forme de rouleau à l'avant d'un orage ou d'une ligne de grain est souvent précurseur de l'arrivée du front de rafale de l'orage. Il est à prendre au sérieux car une fois qu'il vous rattrape, de fortes rafales de vent sont imminentes. Il s'agit d'un nuage qui délimite la partie avant (le nez) du courant descendant de l'orage qui est par définition humide et froid. Les rafales de vents arrivent d'un seul coup et il est fréquent de passer d'un vent faible et variable ou d'un vent plat à des valeurs de rafales qui peuvent atteindre les 70 à 120 km/h en quelques secondes. Les participants du dernier Bol d'Or pourront en témoigner. Ces premières rafales sont suivies peu de temps après par la cascade de précipitations du courant descendant de l'orage qui engendre souvent des pluies diluviennes et parfois également des chutes de grêle.
- Le nuage mur : il s'agit d'un abaissement nuageux sous la base du courant ascendant d'un orage supercellulaire. Il se produit lorsque le courant ascendant est particulièrement fort occasionnant une baisse de pression importante sous la base et ainsi une condensation de l'air et la formation de cette structure nuageuse. Si une rotation commence à être visible au sein du nuage mur, cela est à prendre au sérieux car cela peut-être précurseur de la formation d'un tuba (entonnoir ne touchant pas le sol) voire d'une tornade (entonnoir touchant le sol). Un flux de tirage conséquent au sol en direction de cette structure peut renseigner sur la probabilité ou non qu'une tornade s'ensuive. Même si le mécanisme de formation d'une tornade reste très complexe et n'est à ce jour pas encore entièrement compris, mieux vaut rester à l'écart de ces structures si possible.
En conclusion
En conclusion, afin de complémenter les informations météorologiques et les prévisions disponibles sur les divers sites internet et applications smartphones, dont les nôtres, apprenez à exploiter votre sens de l'observation en scrutant le ciel afin de repérer les éventuelles structures nuageuses décrites dans ce blog. Ils pourront vous aider à mieux anticiper le risque orageux et ses dangers. Ainsi, à l'image du conducteur de véhicule qui se fie parfois un peu trop sur son GPS de nos jours, vous apprendrez ainsi à relire les panneaux aux bords des routes, ou les signes du ciel lors de vos sorties en plein air...