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Réponse: la dilatation thermique qui fait que le volume de l’eau liquide augmente quand la température monte. Les scientifiques s’écharpent encore pour savoir qui est le plus coupable, quand et où agit-il et avec quelle force. Mais ils s’accordent sur le fait que sous l’effet d’une hausse des températures globales, le niveau des océans grimpe. Parmi les multiples facteurs pouvant influencer le niveau des océans – la tectonique des plaques, la salinité de l’eau, la circulation des flux océaniques, la pesanteur y compris -, les experts du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) en retiennent deux principaux. Le premier est la dilatation thermique qui tient au principe physique que, sous l’effet de la chaleur, l’eau se dilate. Précisément, la température provoque une accélération du déplacement de la vitesse des molécules d’eau. Du coup, elles se collisionnent davantage et se dispersent en conséquence. Cette expansion thermique contribuerait entre 30 et 55% de la hausse du niveau des océans, selon le rapport du GIEC. Le second facteur déterminant est la fonte des glaces continentales. Sous l’effet de la chaleur, les glaciers de la planète fondent et déversent un volume considérable d’eau dans les fleuves, les lacs, les sols, les nappes phréatiques et au final dans les océans. Ce n’est donc pas tant la fonte de la banquise arctique, un immense glaçon dont, selon la découverte d’Archimède, le volume est égal à celui du corps immergé, qui renfloue les grandes bleues. En revanche, les calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique ainsi que nos blancs sommets millénaires, oui. Leur liquéfaction contribuerait entre 15 et 35% à la hausse du niveau des mers, selon le GIEC. Leur contribution pourrait néanmoins ne pas être linéaire avec l’augmentation de la température. En effet, passé un certain seuil, une fonte massive des glaces continentales pourrait entrainer une élévation du niveau de la mer vertigineuse, excédant ainsi la contribution de l’expansion thermique. Quant au lien entre océans et CO2, il ne se joue pas à ce niveau. Les océans sont de puissants aspirateurs à CO2 puisqu’ils captent près de 30% de nos émissions. Mais cela n’influence pas leur niveau. En revanche, le réchauffement des eaux océaniques a un impact sur leur capacité d’absorption du CO2. Plus l’eau est chaude, moins elle est efficace pour dissoudre le CO2. Qui du coup reste dans l’atmosphère, accentuant l’effet de serre et donc la fonte des glaciers, le réchauffement de l’eau, la dilatation des océans, la hausse du niveau de l’eau et la diminution de l’absorption du niveau de CO2. Certains pensent toutefois que de plus fortes températures favorisent la croissance du phytoplancton marin - une autre porte pour la fixation du CO2 dans les océans. L’histoire n’est pas écrite… Merci à Christel Hasseler, professeur de biogéochimie marine et lacustre à l’Université de Genève et à François Vuille, directeur du développement du Centre de l’énergie de l’EPFL.