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La tourbière abrite des formes biologiques hautement spécialisées, seules capables de survivre dans un milieu aussi acide et pauvre en matières nutritives. Parmi les adaptations les plus spectaculaires, citons les plantes carnivores (ex. la Drosera) qui trouvent dans leurs proies l'azote qui fait défaut dans le sol. Ces espèces ne peuvent survivre que dans ces conditions extrêmes. Dans d'autres milieux, elles seraient dépassées par les plantes concurrentes.
Les hauts-marais font partie des biotopes les plus sensibles de notre pays. Les drainages, l'eutrophisation et le piétinement sont les menaces principales. De plus la tourbe a été exploitée intensivement dès le début du siècle passé, principalement pour le chauffage et pour l'horticulture. Compte tenu de l'extrême lenteur de la régénération du milieu (1 mm par an), celui-ci n'offre pratiquement aucune possibilité d'utilisation durable.
En conséquence, moins de 10% de la surface des hauts-marais connus autrefois subsistent aujourd'hui et la plupart sont appauvris floristiquement à cause de l’eutrophisation et de l’assèchement.
L'ordonnance sur la protection des hauts-marais et des marais de transition d'importance nationale est entrée en vigueur le 1er février 1991. 31 objets dans le canton de Fribourg figurent aujourd'hui dans cet inventaire fédéral.