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La Suisse est passée à travers l'épidémie de fièvre aphteuse. L'expérience a montré que les mesures de prévention prises ont été suffisantes. Cependant, selon l'Office vétérinaire fédéral (OVF), le risque doit continuer d'être évalué en permanence.
La maladie est endémique dans de nombreux pays d'Asie, d'Afrique et d'Amérique latine et peut donc toucher la Suisse à tout moment. «L'épizootie qu'a connue l'Europe ces derniers mois n'est pas exceptionnelle», souligne Heinz Müller, porte-parole de l'OVF.
Et d'ajouter: «La situation a été exceptionnelle pour le public uniquement». L'étendue de la fièvre en Europe a néanmoins obligé l'OVF à prendre de nouvelles mesures. Les autorités ont, entre autres, interdit l'importation de bétail, de produits laitiers et de foin des pays de l'Union européenne. Elles ont également renforcé les contrôles aux frontières, notamment en les étendant au trafic voyageur.
De plus, les foires d'animaux à ongles ont été annulées, comme cela avait été le cas en 1965/66, date de la dernière épizootie en Suisse. A cette époque, les mesures étaient toutefois bien différentes, surtout au moment de l'abattage.
Les bêtes malades étaient transportées à l'abattoir afin d'y être tuées, provoquant de nouvelles contaminations en route. Leur viande était ensuite consommée. Aujourd'hui, les pays touchés par la maladie procèdent à l'abattage sur place du bétail et le brûlent afin de limiter au maximum les risques.
Après l'épizootie de 1965/66 et jusqu'en 1991, la Suisse a introduit la vaccination prophylactique pour tout le bétail. Christian Griot, directeur de l'Institut de virologie et d'immunoprophylaxie (IVI), estime que cette mesure n'est pas à l'ordre du jour.
Il considère que les précautions prises en permanence par la Suisse, telles que la mise en quarantaine des animaux entrant dans le pays, l'interdiction de transit et le contrôle de l'origine et des mouvements des bêtes, sont suffisamment efficaces.
En outre, l'OVF procède constamment à une évaluation des risques et propose quand il le faut des mesures complémentaires. Actuellement, les restrictions prises ces derniers mois sont peu à peu abandonnées. Il est cependant encore interdit d'importer des produits d'origine animale de Grande-Bretagne et des Pays-Bas.
Quant aux recommandations faites aux voyageurs dans les avions en provenance d'Outre-Manche, elles viennent d'être supprimées, selon Swissair Group. Les aéroports, eux, attendent «l'ordre imminent de l'OVF» pour enlever les affiches de recommandations destinées aux touristes.
Sur le fond, les risques de l'épizootie ont été surtout économiques: les bêtes touchées ne peuvent contaminer les humains, mais deviennent moins productives et, surtout, suscitent la méfiance des consommateurs. Le côté émotionnel a pris le dessus.
La vaste propagation de la fièvre en Grande-Bretagne, déjà frappée par la maladie de la vache folle, a suscité de vives craintes dans le public en Europe. En Suisse, la consommation de boeuf, de janvier à avril, a ainsi diminué de 22% par rapport à 2000, explique Heiri Bucher, chef du département de l'économie animale à l'Union suisse des paysans (USP).
«Les images de bûchers d'animaux à la télévision ont sans aucun doute affecté la consommation», relève M. Bucher. Il est toutefois impossible de chiffrer les pertes économiques liées à la fièvre aphteuse. Elles se confondent en effet avec celles dues à la crise de la vache folle, s'accordent à dire Proviande et l'USP.
Du côté de la Confédération, les coûts des mesures préventives ne sont pas très élevés, selon M. Müller. Ils se limitent à l'impression et à la distribution de tracts et d'affiches d'information.
swissinfo avec les agences