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Depuis sa réapparition en 1994 presque vingt ans après ses premières manifestations documentées la fièvre hémorragique Ebola a provoqué huit épidémies humaines en République démocratique du Congo, en Côte-d'Ivoire, en Ouganda ou au Gabon. Dans la plupart de ces épidémies, le virus est réapparu dans la population humaine, sans qu'on sache de quelle source. Il avait uniquement été établi que le chimpanzé était à la source de deux de ces épidémies. Des connaissances terriblement lacunaires, lorsqu'il s'agit de contrôler une maladie souvent foudroyante, en progression, contre laquelle il n'existe aucun vaccin ni aucune thérapie.Une équipe internationale de chercheurs vient heureusement éclairer un peu mieux la dynamique du virus (Science 2004 ; 303 : 387-90). L'équipe d'Eric Leroy, du Centre international de recherches médicales de Franceville, au Gabon, a pu établir que les épidémies humaines sont immanquablement précédées d'épidémies animales chez les gorilles, les chimpanzés et les céphalophes (petits ruminants) de la région. Preuve en est les nombreuses carcasses infectées qui sont retrouvées à ces périodes-là, ainsi que d'importants déclins des populations de ces trois espèces qui ont pu être mis en évidence.Les scientifiques ont également pu déterminer, au moyen d'enquêtes épidémiologiques et d'analyses génétiques des virus, que les épidémies humaines sont déclenchées par l'introduction simultanée de souches distinctes du virus à partir de plusieurs sources animales infectées. Ainsi, si le réservoir primaire du virus reste inconnu, d'importantes épizooties chez les animaux sauvages déclenchent les épidémies humaines. Ce qui complique le contrôle de l'épidémie, puisque de nouveaux cas peuvent se déclarer dans des zones hors surveillance. Mais les résultats de Leroy fournissent également de nouvelles armes dans la lutte contre la maladie. Les chercheurs proposent de surveiller les populations animales, afin de prendre des mesures préventives aux premiers signes d'épizootie.