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Cet accord porte sur la vente de 100'000 tonnes d'uranium naturel qui joue un rôle lors de la transformation d'uranium hautement enrichi (HEU) issu du démantèlement d'armes nucléaires russes en uranium faiblement enrichi (LEU). Techsnabexport est le représentant commercial du ministère russe de l'énergie atomique Minatom.
Ce programme a commencé en 1993, année où la Russie et les Etats-Unis ont signé un accord-cadre portant sur la transformation en combustible civil de 500 tonnes d'HEU provenant de têtes nucléaires russes. Selon cet accord, le HEU va tout d'abord être dilué en Russie en LEU susceptible d'être utilisé comme combustible dans des centrales nucléaires, puis il sera acheminé aux Etats-Unis. Jusqu'à la fin de 1998, ce sont quelque 1500 tonnes de LEU qui ont été livrées à la United States Enrichment Corporation (Usec), société privatisée l'année dernière. Cette quantité avait été obtenue à partir de plus de 50 tonnes de HEU, respectivement de 2300 têtes nucléaires démantelées.
La vente du LEU se déroulera comme s'il avait été produit de manière classique à partir de minerai d'uranium. A cette fin, l'uranium faiblement enrichi a été subdivisé de manière formelle en une "composante uranium" et une "composante service d'enrichissement". La première englobe l'obtention d'uranium naturel, y compris la transformation chimique en UF6, la matière de départ pour l'enrichissement. La deuxième composante porte sur l'enrichissement lui-même, c'est-à-dire sur l'élévation de la teneur en uranium 235 par séparation isotopique. Un contrat de 12 milliards de dollars conclu en 1994 règle la vente de la composante service d'enrichissement du LEU livré à l'Usec Inc. L'accord qui vient d'être conclu entre Cogema, Cameco et Nukem d'une part, et Techsnabexport d'autre part, concerne la composante uranium. Elle équivaut à 154'000 tonnes d'uranium, dont 10% ont déjà été livrées aux Etats-Unis. L'accord donne au consortium tripartite une option exclusive sur l'achat de quelque 100'000 tonnes d'uranium, les quelques 40'000 tonnes restantes étant à la disposition de Techsnabexport.
Ces 100'000 tonnes d'uranium auraient actuellement une valeur sur le marché spot de 2,8 milliards de dollars. En cas d'exercice de l'option, le prix sera déterminé à partir du prix du marché; un prix plancher sera toutefois appliqué pour garantir un revenu minimum à la Russie. L'uranium qui n'aura pas été acheté par le consortium occidental ou par Techsnabexport sera stocké dans un dépôt russe contrôlé par les Etats-Unis, Techsnabexport pouvant utiliser jusqu'à 2600 tonnes de ce stock par an pour la dilution de l'HEU. Cet accord a été approuvé par les deux gouvernements russe et américain.
Source
M.S./C.P. d'après des communiqués de presse de Cogema du 25 mars et de Cameco du 24 mars 1999