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En Suisse, les étrangers n'ont pas le droit de vote au niveau fédéral. En revanche, certains cantons et communes accordent ce droit aux étrangers, à condition qu'ils remplissent les conditions d'une durée de séjour minimale de 5 à 10 ans.
On distingue le droit de vote et le droit d'éligibilité . Alors que le droit de vote permet d'élire des personnes, le droit d'éligibilité permet de se mettre soi-même à disposition lors d'élections pour des fonctions politiques.
Au niveau cantonal, seuls les cantons de Neuchâtel et du Jura connaissent le droit de vote et d'éligibilité pour les étrangers. Le droit de vote et d'éligibilité des étrangers est nettement plus répandu au niveau communal. Dans presque tous les cantons romands (Fribourg, Neuchâtel, Vaud et Jura), les étrangers ont le droit de vote et d'éligibilité dans toutes les communes. Le canton de Genève, qui n'accorde pas le droit d'éligibilité aux étrangers, constitue une exception.
En Suisse alémanique, ces droits politiques n'existent pas encore pour les étrangers. Toutefois, les cantons de Bâle-Ville, d'Appenzell Rhodes-Extérieures et des Grisons laissent leurs communes libres d'introduire ou non le droit de vote des étrangers pour les projets communaux.
La qualité d'une démocratie se mesure aussi à la proportion de personnes qui peuvent participer aux décisions politiques qui les concernent. Le manque d'intégration politique de la population étrangère est considéré comme l'une des trois grandes faiblesses de la démocratie suisse : 25% ou un quart des personnes vivant en Suisse sont exclues du droit de vote au niveau national.
De nombreux étrangers vivent chez nous depuis plus de dix ans. Ils paient des impôts et des cotisations aux assurances sociales, ont des enfants qui vont à l'école et s'engagent dans des associations et dans les communes. L'octroi de droits politiques aux étrangers rendrait justice à leur contribution à la société.
Le droit de vote des étrangers favorise l'intégration des étrangers en leur permettant de se familiariser avec le système politique et la culture politique de la Suisse.
Le droit de vote et d'éligibilité doit être réservé aux citoyens suisses. L'accès au droit de vote doit passer par la naturalisation. L'octroi des droits politiques repose sur les connaissances linguistiques, la familiarité avec le système politique et l'acceptation du système juridique et des valeurs démocratiques. Si une personne est bien intégrée et remplit ces conditions, elle doit faire le pas vers la naturalisation.
L'introduction du droit de vote des étrangers place les Suisses et les Suissesses dans une situation moins favorable, car les étrangers peuvent voter, mais sans devoir assumer toutes les obligations, comme le service militaire obligatoire.
En accordant le droit de vote et d'éligibilité aux étrangers (également) en Suisse, on leur permet d'exercer leurs droits politiques dans deux pays différents. Certains craignent alors que des conflits d'intérêts n'apparaissent.