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La commune du Glèbe était une jeune commune issue de la fusion, le 1er janvier 2003, des communes d'Estavayer-le-Gibloux, Rueyres-St-Laurent, Villarlod et Villarsel-le-Gibloux.
« Vléji » en patois fribourgeois est un petit village de quelque 200 habitants adossé sur le flanc nord du Gibloux à une altitude moyenne de 750 mètres. On ne trouve pas de notification écrite du village avant 1278 : Vilarsel subtus Giblour. Plusieurs écrits historiques confondent les « Villarsel ». Villarsel-sur-Marly était un domaine de la Commanderie de Saint-Jean à Fribourg et Villarzel, village situé dans le district de Payerne, sur la rive droite de la Broye.
Un écrit de l’année 1403 désigne « Villari Salleti » étymologies latines : Villa signifiant : maison et Saltus : le monticule, une colline. Donc des maisons sur un monticule. On a découvert à Villarsel des sépultures datant de l’époque post romaine. On peut les attribuer soit aux Burgondes, soit aux habitants helveto-romains.
Le château fut construit, selon les archives, par l’évêque de Lausanne, Bechtold de Neuchâtel : « Fecit etiam castrum de Vilarsel » vers 1212 – 1220. Son successeur, Boniface, lui, fit entourer de remparts deux places fortes de l’époque : Villarsel et Bulle. « Hic fecit fieri muros casti de Vilarsel et muros de Bullo » selon les archives de l’évêché de Lausanne.
Au début du siècle dernier, il subsistait encore quelques restes de bâtiments de ce château. Il se trouve juste au centre du village, derrière le café du Chasseur. On pouvait voir les vestiges du donjon carré, ce qui indique qu’il était antérieur au milieu du XIII ème siècle.
Les tours rondes ayant été construites pour mieux résister aux boulets des canons (invention de l’artillerie). A l’heure actuelle, on peut y découvrir les fondations d’une tour ronde dont les murs sont revêtus de moellons bien taillés, mais à face extérieure bombée.
C’est là un mode de construction unique dans le canton de Fribourg. Il subsiste encore quelques murs où l’on remarque les trous de l’époque, nécessaires à l’assemblage des blocs de molasse. Ces derniers ont été utilisés notamment pour la construction de l’église et de l’école d’Estavayer-le-Gibloux. Ce château avait donc une assez grande étendue.
L’histoire de ce petit village est riche d’anecdotes. Dans les grandes lignes, nous citerons les faits essentiels. Il semble qu’une grande étendue du versant nord du Gibloux était sous la domination de la Seigneurie de Pont, mais en partie tout au moins, sous la suzeraineté de l’évêque de Lausanne.
La petite seigneurie de Villarsel a primitivement appartenu à une famille qui en portait le nom. Ainsi, en avril 1286, Otto, fils de feu seigneur Wibertus, chevalier de Vilarsel subtus Jublour, vendit en franc à donzel Aymo, coseigneur de Pont, tous ses droits sur la forêt de Wauzmeret située entre Vuisternens-en Ogoz et Grenilles.
Villarsel parvint par mariage aux sires de Corbières, puis aux seigneurs d’Oron (1346). En 1375, Aymon d’Oron légua cette place forte à son neveu Rodolphe de Langin. La fille de celui-ci, Isabelle, l’apporta à son mari, Amédée de Challant, bailli du Chablais.
La famille de Challant, vassale de la Savoie, la conserva jusqu’à la fin du XVIème siècle. Les armoiries de la commune sont une variante du blason de cette puissante famille originaire du val d’Aoste : « D’argent au chef de gueules à la bande de sable, entourée d’une bague d’or brochant sur le tout ».
Pour Villarsel, le temps se gâte vers la fin de l’année 1447. Le 17 décembre, les Fribourgeois, sujets de l’Autriche, déclarèrent la guerre au duc de Savoie, Louis 1er, ami de la famille de Challant. Les hostilités s’ouvrirent à la fin du mois. Le 21, vers une heure du matin, 600 à 700 hommes quittent la ville de Fribourg et font mouvement vers le Gibloux pour s’emparer du bétail et du fourrage.
Ils s’emparent du Château de Villarsel, le pillent et y mettent le feu. Le châtelain est capturé ainsi que ses hommes. On délivre alors 36 prisonniers. Cette troupe de pillards s’en retourna à Fribourg quelques jours plus tard, chargée de butin. Le dimanche suivant, les Fribourgeois livrèrent un assaut furieux au château de Montagny, sans arriver cependant à faire capituler la garnison. Ils y incendièrent l’église et le bourg.
Le feu fut mis à de nombreux villages, amis de la Savoie : Ponthaux, Chandon, Villarimboud, Torny, Noréaz, Seedorf. Ayant reçu une « correction » dans la vallée du Gottéron (plus de 300 morts dans une escarmouche), les Fribourgeois acceptèrent une paix humiliante le 16 juillet 1448. La ville dut payer au duc de Savoie une somme de 40’000 florins d’or, plus 4’000 autres destinés à la reconstruction du bourg de Montagny et du château de Villarsel.
Pour ce dernier, il n’était prévu que 900 florins, c’est dire que Villarsel était bien moins important pour le duc que Montagny. Pour la petite anecdote, les documents de paix signés à Morat stipulaient entre autres ce qui suit : huit députés fribourgeois devaient demander pardon, à genou et tête nue, au duc de Savoie.
François de Challant vend son château en 1579 à un noble : Christophe de Reyff. Villarsel devint fribourgeois en 1584 échappant ainsi aux revendications bernoises.
Jusqu’en 1798, Villarsel fit partie du baillage de Pont – Farvagny, de 1798 (date de l’entrée des troupes françaises en Suisse) à 1803 de l’arrondissement de Romont, de 1803 à 1848 du district de Farvagny, puis dès 1848 de celui de la Sarine.
Le 29 mars 1879, le Conseil d’Etat approuve le règlement élaboré par l’Exécutif local pour le partage des terres communales. Le 24 juin 1892, le moulin d’Alphonse Théraulaz situé entre Villarsel et Rueyres est détruit dans un incendie. Il ne sera pas reconstruit.
Au début du siècle, l’assemblée communale décide de la construction du café du Chasseur (1901) sous la conduite de syndic de l’époque, Tobie Magnin « des Golards » parrain de Clément Raboud, ancien secrétaire communal et archiviste émérite.
Février 1289
Petrus, dit de Cheynens, bourgeois de Romont,fils de feu Jorandus de Rueria, donne en aumône à la maison d’Hauterive la moitié du ténement que lui et son frère Wilhelmus avaient acheté jadis à feu le seigneur Wibertus de Villarsel, chevalier, tènement situé à Villarlod.
22 mai 1290
Pierre II, comte de Gruyères, ses petits-fils Rodolphe et Pierre, et Guillemette, veuve de Pierre, dit le Jeune, abandonnent au couvent d’Hauterive leurs droits sur un tènement de Vilaralot (Villarlod). 1458 La famille Bugniet fit un arrangement au sujet de divers droits féodaux à Villarlod. Dans cette même année, l’abbé JeanGribolet donne le moulin de Villarlod en abergement à Antoine Michel.
1509
Guillaume Musard de la Tour-de-Peilz et son gendre Claude de Courtilles reconnaissent la souveraineté de Messieurs de Fribourg sur leurs ressortissants de Rueyres et de Villarlod.
1570
Noble Antoine Alex, des Deux-Cents, avait acheté, vers 1570, la co-seigneurerie de Pont et d’autres fiefs des Mayor, dePont ; c’est à ce titre qu’il était seigneur de Villarsel, de Villarlod,plus tard de Torny. Sous l’Ancien régime (XVème – XIIIème siècle),le baillage de Farvagny, comprenant toute la partie septentrionale du Gibloux, est érigé en district dans la première moitié du XIXème siècle. Villarlod appartenait donc à Farvagny, à l’époque l’une des douze préfectures du canton.
5 mai 1809
Approbation par le Petit Conseil des statuts de la commune de Villarlod dans la lieutenance de gouvernement de Farvagny.
24 décembre 1910
Les pétitions du conseil communal de Villarlod en dates des 24 mars 1908 et 3 décembre 1910, tendant à ce que cette commune soit détachée de la paroisse d’Estavayer-le-Gibloux, et érigée en paroisse distincte sous la dénomination de paroisse de Villarlod. Le Conseil d’Etat arrête : la paroisse de Villarlod est érigée. Elle comprend le territoire de la commune de Villarlod.
1939 – 1945
Lors de la deuxième guerre mondiale, la Suisse a hébergé des réfugiés politiques polonais. Ceux-ci ont été répartis dans les divers cantons, Fribourg notamment. Villarlod en a hérité de plusieurs dizaines. Pendant que les hommes étaient mobilisés aux frontières du pays, les Polonais travaillaient à leur place. Ils s’occupaient du bétail et cultivaient les champs. Ils étaient aussi chargés de veiller sur les femmes et les enfants.
On peut voir encore aujourd’hui le symbole de leur séjour à Villarlod. Il s’agit d’un monument commémoratif représentant l’aigle de la royauté polonaise qui se trouve devant l’église. On peut également observer une gravure de l’aigle de la royauté polonaise sur un front de molasse, quelque peu à l’écart du village, sur les bords du Glèbe. On peut supposer que ces Polonais se réunissaient régulièrement à cet endroit. Et comme il n’y a aucun édifice à proximité, cette gravure serait le signe de leur passage à Villarlod.
C’est en 1645 que les commis de Villarlod ont érigé une chapelle en l’honneur de Saint Michel archange. La date est inscrite sur le frontispice de celle-ci. Elle était située à l’emplacement de la croix de mission, en bordure de la route cantonale.
La fête du patron y était célébrée avec pompe par le chant de la messe et des vêpres. Les chapelains d’Estavayer y venaient célébrer les messes fondées. Une fois la construction de la chapelle terminée, les ouvriers prièrent Saint Michel de les honorer des armes de l’Eglise.
Ce n’est qu’en 1910, date à laquelle Villarlod fut érigée en paroisse, que les autorités cantonales – le Conseil d’Etat – approuvèrent les plans de construction de l’église et de la cure, élaborés par l’architecte Spielmann. L’église a été construite entièrement avec la molasse de la carrière de Villarlod, de même que la cure.