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chapitre 3 Modèles du décideur politique
Les théories rationnelles du choix ont un intérêt philosophique et normatif, tout à fait approprié aux "first principle sciences". Par contre, les travaux portant sur les méthodes quasi-rationnelles du choix ou encore sur l'application de règles bureaucratiques sont appropriés pour décrire et modéliser le déroulement de choix politiques empiriques.
Parmi les théories analytiques ou normatives de la décision, la théorie mathématique de la décision fondée par von Neumann et Morgenstern (47) est aujourd'hui la plus développée. Pour la modélisation des processus cognitifs des décideurs, elle n'a pas grand-chose à offrir car elle opère avec des modèles mathématiques que le décideur humain n'utilise pas dans des circonstances normales. Elle opère à un niveau d'abstraction assez élvé et son orientation normative la prédestine plutôt à la préparation de décisions dans des contextes bien définis. Toutefois, plusieurs courants de recherche proches de cette théorie mathématique peuvent nous fournir quelques enseignements. Le premier est la théorie des jeux, surtout dans son orientation expérimentale, où l'on analyse le comportement d'individus dans des situations-type de conflit et de coopération. Dans un deuxième temps, nous nous pencherons sur les travaux de Gallhofer et Saris (69) sur les modèles de choix à rationalité limitée. *1 Ces auteurs ont fait un travail remarquable pour dépister les stratégies de choix des décideurs qui se trouvent dans des situations empiriques. A notre connaissance, il s'agit du seul travail sérieux en sciences politiques qui cherche à faire l'inventaire des stratégies quasi-rationnelles de décision des décideurs politiques. Notre discussion du modèle du "governmental problem-solving" de Crecine (69) sera en quelque sorte le pendant au plan de la science administrative: la thèse la plus provocante de cet auteur affirme que la notion de décision n'existe pratiquement pas dans le domaine de l'élaboration d'un budget municipal. Il voit ce processus comme un processus long de résolution "hiérarchique" et incrémentale des problèmes sans décision spectaculaire telles que celles rencontrées dans la théorie des jeux. L'importance du phénomène du choix, cher aux économistes, sera donc de nouveau relativisée.
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