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Rarement scénario aura été aussi palpitant avant des joutes planétaires, avec le "clash" entre les superstars du sprint Usain Bolt et Justin Gatlin aux Championnats du monde qui démarrent samedi à Pékin.
Bolt, qui aura 29 ans le 21 août, est de retour dans le "Nid d'Oiseau" qui l'a vu éclore au sommet avec son phénoménal triplé des JO 2008 (100, 200 et 4 x 100 m), réédité un an plus tard aux Mondiaux 2009, puis encore aux JO 2012 et aux Mondiaux 2013. Seuls les Mondiaux 2011 à Daegu, marqués par sa disqualification sur 100 m, ont échappé à son emprise (deux titres quand même).
Bolt ou l'art de se sublimer
Cette année, la situation s'annonce cependant délicate pour le Jamaïcain, qui ne part pas favori face à un Gatlin revenu de tout. L'ancien dopé (de 2006 à 2010) est invaincu depuis 2013 sur 100 et 200 m! Cette saison, l'Américain survole les deux distances (9''74 et 19''57). Mais gare: Bolt se sublime dans les grands rendez-vous.
Après une saison 2014 quasi blanche et une première moitié d'année 2015 plombée par une blessure à l'aine, il a entretenu le mystère et soigné ses longs segments, signant un retour convaincant il y a un mois à Londres avec deux chronos de 9''87.
si/lper
Les sauts à l'honneur
Les concours promettent beaucoup, avec un possible record du monde au triple saut pour épicer le duel entre le Cubain Pedro Pichardo et l'Américain Christian Taylor. Renaud Lavillenie sera à la recherche d'un premier titre mondial à la perche (à plus de 6m10?), tandis que la hauteur verra le retour du tenant du titre ukrainien Bohdan Bondarenko, face au Qatari Mutaz Barshim.
Dibaba et Farah pour un doublé
En piste pour un doublé (1500 et 5000 m), l'Ethiopienne Genzebe Dibaba entend poursuivre sur la lancée de son formidable record du monde de Monaco sur la distance inférieure (3'50''07). Le Britannique Mo Farah retrouvera ses meilleurs ennemis kényans et éthiopiens sur la route d'un éventuel nouveau doublé 5000-10'000 m.
Le dopage en toile de fond
Paradoxalement, les révélations sur les affaires de dopage qui secouent le milieu depuis un mois semblent renforcer l'intérêt pour ces Championnats. Qui sont "les bons", qui sont "les méchants"? Faut-il s'attendre à une redistribution des cartes? L'IAAF a rappelé cette semaine qu'elle conservera les prélèvements effectués à Pékin pour des analyses ultérieures. La Russie risque d'être la grande perdante. Lessivée par les affaires de dopage, cette sélection n'alignera aucun athlète faisant l'objet d'un profil sanguin suspect. En 2013 à Moscou, les Russes avaient terminé en tête du tableau des médailles (sept titres).