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A la faveur de la renaissance des arts décoratifs initiée à partir des années 1860 par un vaste Aesthetic Movement dans le Royaume-Uni, un nouveau courant s’impose peu à peu en Europe. Au nom du «culte de la beauté», les arts décoratifs envahissent les maisons, des modestes cottages aux habitations bourgeoises, ainsi que les lieux publics.
En Suisse, Otto Haberer représente l’un des personnages-phares de sa génération. En effet, il a été considéré en son temps comme un véritable spécialiste de décors d’hôtels et d’églises. Très souvent mandaté pour des projets d’envergure, implanté dans plusieurs villes, il a travaillé autant en Suisse romande qu’en Suisse alémanique et dans les Grisons, mais également en Allemagne, en Autriche et en Espagne, associant en virtuose des ornements architecturaux à des éléments floraux très réalistes, finement exécutés, et des personnages présentés en des raccourcis vertigineux, le plus souvent des femmes aux vêtements fluides et mouvementés, inspirés des maîtres baroques.
Oublié de nos jours, Marcel Chollet (1855-1924) était bien connu et apprécié à son époque, tant pour ses œuvres de chevalet, que pour ses travaux dans le domaine de la peinture décorative de bâtiment.
Le peintre entre en scène à un moment où, en Suisse, la peinture murale s’affirme comme un moyen privilégié d’expression identitaire nationale; il a ainsi été appelé à plusieurs reprises par les autorités fédérales, notamment en qualité de peintre-décorateur expérimenté et d’origine helvétique.
Lausanne recèle des trésors inattendus au détour de ses rues. La ville a bénéficié d’un essor considérable au tournant des XIXe et XXe siècles et, en raison de l’accroissement de sa population – elle quadruple de 1850 à 1910 –, quelques 1500 maisons particulières voient le jour entre 1890 et 1910. L’architecture s’accompagne presque immanquablement de décors métalliques: ils sont l’objet de cette étude.
La profession de ferronnier s’inscrit dans une très ancienne tradition. Les gestes ont peu évolué, bien que les machines facilitent sa tâche grâce à la puissance motrice des presses hydrauliques et des pilons qui rendent le forgeage moins pénible et plus rapide. Le métier s’apprend dans les ateliers, par la pratique quotidienne.
La grande abondance d’écoles Heimatstil dans le canton de Vaud, et plus largement en Suisse, est loin d’être un hasard. Elle est due à la rencontre et à l’entente parfaite entre les idées des architectes du Heimatschutz et celles des pédagogues; ils développent une même vision de ce que doit être une école, c’est-à-dire un milieu esthétique où tout doit contribuer à éveiller chez l’enfant le sens du « Beau suisse ».
La revue hebdomadaire de L’Educateur, bien que publiée à Lausanne et souvent centrée sur le canton de Vaud, était une référence pour l’ensemble de la Suisse romande. Elle a accordé une véritable place à l’architecture dans l’éducation des enfants et a même proposé une réception des écoles Heimatstil bâties.
Autour de 1900, dans le cadre des restaurations des peintures murales médiévales en Suisse romande, se développe le souci de la préservation de l’authenticité des œuvres ou, du moins, de ce que l’on considère alors comme « authentique ». Paradoxalement, quand les décors peints découverts se révèlent trop lacunaires, on se permet non seulement de les compléter en reproduisant des motifs présents ailleurs dans le monument même, mais également en s’inspirant de décors issus d’autres monuments, plus ou moins voisins.
Une courte mise en contexte de la pratique de la copie lors de la restauration des monuments médiévaux permettra de comprendre pourquoi cette intervention est alors si largement répandue; l’analyse plus particulière du cas de l’église de Montcherand, dont le décor de l’abside est restitué en 1903 sur le modèle des peintures murales de l’église de Saint-Savin-sur-Gartempe en France – chef-d’œuvre de la peinture murale médiévale européenne – montrera à quel point les restaurations sont alors influencées par les études historiques en cours.
Deux apprentis menuisier et tapissier vont visiter l’Exposition universelle de Paris en 1900, grâce à une subvention de l’Etat de Vaud. Dans de petits cahiers manuscrits, ils livrent une vision étonnamment clairvoyante de l’art de leur l’époque. Une source inédite, publiée et présentée par Dave Lüthi.
Le Musée d’Yverdon et région conserve dans ses collections une remarquable channe en étain de 1680 ayant appartenu à la corporation des drapiers d’Yverdon. Acquise par le musée en 1992, cette pièce permet d’évoquer une page encore peu connue de l’histoire économique d’Yverdon à l’époque préindustrielle et plus particulièrement celle de l’industrie drapière .
En 2004, un mémoire de licence sur une manufacture de laine yverdonnoise à la fin du XVIIe siècle a permis une première approche de ce thème; par la suite, le travail d’inventaire des collections d’histoire du Musée d’Yverdon et région pour lequel l’auteure de l’article a été mandatée a suscité un nouvel intérêt pour cette channe. C’est ainsi qu’il est possible aujourd’hui de présenter les grandes lignes de cet intéressant chapitre de l’histoire yverdonnoise.
Comme la salle de classe, la salle de gymnastique est un passage obligé, mais davantage que la première, la seconde laisse des traces, elle résonne dans les mémoires du fait de sa fonction particulière. Terrain de jeux et d’épreuves, c’est le corps qu’elle met prioritairement en scène: un corps en mouvement et en formation, un corps à l’examen, réceptif sinon vulnérable. D’où une substance mémorielle vivace, on pourrait même dire persistante, faite de souvenirs sonores et olfactifs, de réminiscences du sol, du volume d’air, de l’architecture; de la salle proprement dite, mais aussi des locaux attenants, vestiaires et douches.
Si l’histoire de l’éducation physique a fait, elle, l’objet de nombreuses études en Suisse comme ailleurs, le lieu dans lequel la gymnastique a été pratiquée n’a pas beaucoup intéressé les historiens de la pédagogie ou de l’architecture. Tout en portant sur un contexte relativement restreint, l’étude qui suit laisse entrevoir la richesse du gisement sportif, tant du point de vue de l’art de bâtir que des idées sur lesquelles il se fonde.
Les investigations archéologiques menées lors des récents travaux de restauration des cures de Chavornay et Goumoëns-la-Ville , entrepris par l’Etat de Vaud propriétaire de ces bâtiments, ont permis d’approfondir la connaissance de ces deux édifices et également, dans une perspective plus générale, de soulever certaines questions visant à améliorer les procédures utilisées dans l’étude du patrimoine bâti.
Par son architecture et son aménagement intérieur d’origine, la maison Grand-Rue 9-11 s’inscrit dans la bonne moyenne des demeures bourgeoises construites au milieu du XVIIIe siècle à Moudon. Les découvertes faites dans le cadre de la préparation du volume VIII des Monuments d’art et d’histoire du canton de Vaud et la récente restauration du décor de 1909 lui confèrent un intérêt nouveau. Elles offrent en effet une bonne illustration de l’évolution des goûts en matière de décor intérieur bourgeois entre 1749 et 1909.
Au moment de la rédaction du volume des Monuments d’art et d’histoire de la Suisse consacré à la ville de Moudon, la visite systématique des caves de la rue du Château fut l’une des recherches les plus passionnantes. Après avoir franchi le seuil de la porte en plein cintre s’ouvrant généreusement sur la rue, on descendait le large escalier couvert d’une belle voûte en berceau, puis on se trouvait dans un espace qui évoquait plus un édifice religieux qu’une cave des temps modernes.
L’année 2010-2011 a été riche en projets et en réalisations pour l’enseignement d’Architecture & Patrimoine (section d’Histoire de l’art, Faculté des Lettres, Université de Lausanne): inventaire des monuments funéraires vaudois et romands, préparation du premier guide d’architecture lausannoise, organisation d’un colloque consacré à l’architecture scolaire…
A l’aube du XXIe siècle, le Musée d’Yverdon et région a lancé un ambitieux projet visant à moderniser et à compléter sa présentation permanente abritée dans le château de la ville. Dès les prémices, de nombreuses questions se sont posées: comment dire l’histoire du Nord vaudois dans un parcours permanent? Comment présenter ce passé dans un château savoyard digne de la visite à lui seul?
Les travaux entrepris au cours de l’été 2010 sur l’enveloppe extérieure du bâtiment des salles spéciales du collège de la Rouvraie nous offrent l’opportunité de revenir sur un moment charnière de l’architecture des écoles à Lausanne.