Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07004.jsonl.gz/1379

D'où vient le fengshui ?
La pratique du fengshui d'aujourd'hui est l'héritage de connaissances élaborées et perfectionnées de manière empirique durant plusieurs millénaires. Mais bon nombre de techniques parmi les plus pointues s'appliquaient durant la dynastie Tang (618-907).
L'histoire impériale chinoise est en effet d'une longévité exceptionnelle, puisqu'elle date de l'Antiquité. Et l'empire chinois, malgré ses nombreuses dynasties, y compris étrangères et sinisées, s'est arrêtée au début du XXe siècle. Et jusque là, les pratiques traditionnelles vivantes au sein de cette société n'ont cessée d'être testées et améliorées.
Pour vous situer, et comme le propose Cyrille Javary, imaginez que l'empire romain ait perduré et évolué jusqu'au début du XXe siècle, avec les connaissances de base qu'il avait déjà à l'Antiquité.
Dans ce contexte impérial, le fengshui, les horoscopes, le Yijing, les sélections de dates, l'astronomie, l'astrologie étaient du domaine stratégique, aux mains exclusives du gouvernement. Et avant tout au service de l'Empereur. Ces connaissances étaient jalousement gardées.
C'est la raison pour laquelle, de nos jours, on trouve d'aussi grandes disparités entre les pratiques de fengshui. Et que les résultats ne sont pas souvent au rendez-vous.
L'héritage des techniques et des connaissances pointues était manipulées et enrichies par une élite de lettrés, confinées dans les Palais impériaux et leurs bibliothèques. La tête du maître était le prix en cas d'échec. Autant dire que l'enjeu, les risques et la compétition entre pairs imposait succès et efficacité.
Le reste de la société ne pouvait utiliser que des connaisances très lacunaires, nourries par les miettes qui pouvaient être glânées dans les palais et par la superstition.
Il est bon de rappeler que l'Empereur chinois était un medium, le "Fils du Ciel", qui non seulement dirigeait le pays, mais devait surtout officier pour garantir la prospérité à son peuple. Il était le lien entre la Terre et le Ciel.
Son rôle imposait de mener plusieurs cérémonies tout au long de l'année, en divers endroits de l'empire pour garantir les récoltes, la prospérité et l'équilibre de l'empire.
La fine fleur des connaissances des différentes époques dynastiques était mise à son service.
Le culte des ancêtres (des morts) en cours en Chine depuis l'Antiquité n'a sauf erreur que peu varié dans ses objectifs et ses notions de base jusqu'au XXe siècle. Les rituels et les procédés ont varié et évolué.
Les ancêtres sont vénérés et ceux-ci soutiennent les vivants en retour, à travers les générations.
Le fengshui, appellé yin fengshui dans ce cas précis, a pris une part très importante dans le choix des lieux, la disposition et la composition des tombes, tout comme dans le choix précis du moment de l'inhumation.
Pour un consultant, c'est sans aucun doute le domaine le plus pointu et compliqué de sa pratique du fengshui.
Pour les personnes de pouvoir, ces lieux étaient hautement stratégiques et souvent vitaux pour les clans.
Si le fengshui était utilisé pour choisir l'emplacement d'une sépulture (yin fengshui), il l'était aussi employé pour déterminer l'implantation des habitations des vivants (yang fengshui).
Maisons, hameaux claniques, capitales suivaient les directives d'un maître en fengshui, jusque dans l'ornementation.
Dans la Chine impériale, il était d'usage que chaque dynastie bâtisse une nouvelle capitale avec ses nouveaux palais. Excepté la Cité interdite de Beijing, que le fondateur des Qing (mandchous) conserva.
Chaque site de nouvelle capitale faisait l'objet d'études approfondies pour le sélctionner y déterminer l'implantation.