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Sans être à l'arrêt total, l'activité tournait au ralenti en matinée dans la capitale où l'opposition avait invité les habitants à rester chez eux pour paralyser l'économie (archives).
KEYSTONE/AP/JEROME DELAY(sda-ats)
L'opposition au président Joseph Kabila en République démocratique du Congo a testé mardi sa capacité de mobilisation avec une journée "ville morte" diversement suivie. Elle veut, grâce à une série d'actions, obtenir le départ du chef de l'Etat.
Les deux journées "ville morte" ont été organisées par le Rassemblement de l'opposition. Il prévoit aussi des réunions publiques le 20 août et des appels à la désobéissance civile à partir du 1er octobre.
Sans être à l'arrêt total, l'activité tournait au ralenti en matinée dans la capitale où l'opposition avait invité les habitants à rester chez eux pour paralyser l'économie. Lundi, les autorités ont demandé aux opérateurs de téléphonie mobile de restreinte les échanges sur les réseaux sociaux.
Les deux-tiers des commerces étaient fermés, de même que les banques, ont constaté des journalistes de l'AFP. La circulation dans la mégapole aux 10 millions d'habitants était plus fluide qu'un jour de semaine ordinaire, et les bus des transports publics moins bondés qu'à l'accoutumée, sous l'oeil d'une importante présence militaire et policière.
Villes mortes
A Lubumbashi (sud-est), capitale économique aux quatre millions d'habitants, le grand marché aux poissons était fermés. Dans les autres quartiers, le chef-lieu du Katanga présentait un aspect ordinaire.
"La politique des villes mortes n'a jamais donné les résultats escomptés. Mon commerce est fermé. J'ai perdu des clients. L'économie du pays est par terre", affirme Alexandre, propriétaire d'un dépôt de poisson, qui préférerait un "homme fort" pour faire partir le président Kabila.
A Kananga, principale ville du Kasaï, région qui subit des violences depuis un an et fief de l'opposition, les banques, stations-service et commerces fonctionnaient normalement, selon un autre correspondant de l'AFP. La vie était également normale à Bukavu (Sud-Kivu), Bunia et Kisangani, grande ville du nord-est.
Cap sur les élections
Au pouvoir depuis 2001, le président Kabila doit selon l'actuelle Constitution quitter le pouvoir après son deuxième mandat qui pris fin le 20 décembre 2016. Des élections devaient avoir lieu d'ici fin 2017, d'après un accord pouvoir-opposition du 31 décembre 2016.
Le Premier ministre Bruno Tshibala a déclaré samedi que le "cap est mis" sur les élections, sans préciser de date. La Commission électorale (Céni) a indiqué que les violences au Kasaï retardent le recensement complet des quelque 45 millions d'électeurs potentiels.
L'instabilité politique en RDC, géant au coeur de l'Afrique (70 millions d'habitants, 2,3 millions de km2, neuf frontières), inquiète la communauté internationale.
Un haut responsable de l'ONU a rencontré lundi à Kinshasa une délégation du gouvernement. Les Nations unies étudient avec Kinshasa les moyens d'aller rapidement vers des élections, le sous-secrétaire aux opérations de maintien de la paix, El Ghassim Wane, cité sur le site de la radio onusienne Okapi.
ATS