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Hirondelle
Depuis quelques jours, les hirondelles de rocher, semblables à des feuilles mortes ballotées par les vents, tournoient devant les falaises de l'adret. Année après année, avec une régularité d'horloge, elles reviennent au début mars ou parfois dans les derniers jours de février. Ce retour précoce passe inaperçu du grand public qui ne connaît que les hirondelles nichant sur les maisons: l'hirondelle de fenêtre et l'hirondelle de cheminée. L'hirondelle de rocher, à la modeste tenue couleur de terre, et à la queue poinçonnée d'une frange de taches blanches, arrive en tête de peloton.
Sa répartition en Suisse est limitée aux parois rocheuses des Alpes, des Préalpes, et, depuis peu, ici ou là, du Jura. Colonisant rarement les constructions, porches d'usines, gare de téléphériques ou ponts, elle niche à l'entrée des tunnels surtout s'ils ne sont pas bétonnés, et frôle alors les véhicules qui les empruntent. En mars, lorsque les conditions météorologiques sont défavorables, on peut la voir sur les eaux, notamment à Pouta-Fontana où elle chasse les moucherons. En temps normal, elle vole devant les parois rocheuses où elle accroche son nid sous un surplomb. A proximité de Bex, dans une paroi à demi dévorée par une carrière, un seul couple s'est récemment installé après la quasi-disparition d'une colonie de faucon crécerelles. A voir la hargne des hirondelles à l'égard des rapaces, on peut croire que les crécerelles leur interdisaient les lieux.
Bibliographie
- Pierre-Alain Oggier, La Faune, Martigny 1994
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