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La Suisse n'était pas représentée officiellement hier lors de la cérémonie de commémoration de la chute du mur de Berlin, signale aujourd'hui un article du Tages-Anzeiger. Serait-ce à cause du différent fiscal avec l'UE, interroge le journaliste ?
En regardant tomber les monolithes alignés pour la cérémonie, et les caméramans courir derrière eux, et le spectacle des chefs d'état de l'Allemagne, de la France, de la Russie et des Etats-Unis assis côte à côte, je repense à L'âge des extrêmes d'Eric Hobsbawm, et à ses conclusions pleines d'incertitudes sur l'avenir du monde. Le temps d'un instant les historiens d'aujourd'hui m'apparaissent comme ces caméramans, courant après une histoire en pleine désintégration.
Hobsbawm écrivait déjà en 1994: "At the end of this century it has for the first time become possible to see what a world may be like in which the past, including the past in the present, has lost its role (...). In which we do not know where our journey is taking us, or even ought to take us".
Avant lui Cioran écrivait en 1957 dans une lettre adressée à un ami roumain Sur deux types de société: "Nous nous trouvons en face de deux types de sociétés intolérables. Et ce qui est grave, c'est que les abus de la vôtre permettent à celle-ci de persévérer dans les siens, et d'opposer assez efficacement ses horreurs à celles qu'on cultive chez vous"
A dix ans de la chute du mur, on pourrait se demander si il existe un lien entre la fin de la guerre froide et les attaques sur la fiscalité suisse ? Peut-être les historiens à venir nous le diront.