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Les intellectuel·le·s ont entretenu dès ses débuts une relation difficile avec la radio, faite d’intérêt et de scepticisme, d’enthousiasme et de crainte. Cette relation se reconfigure tout au long du XXe siècle, en fonction à la fois de l’évolution des pratiques radiophoniques et des redéfinitions du rôle des femmes et des hommes de culture dans la société. Cet ouvrage s’interroge sur l’influence réciproque entre les acteurs intellectuels et le vecteur radiophonique, dans le monde francophone, durant une période qui couvre presque un siècle.
Écrire l'histoire des intellectuels antifascistes en Suisse, c'est écrire une histoire des vaincus. D'une certaine manière, ces hommes et ces femmes ont été vaincus trois fois. Une première fois, dans les années 30, leur combat fut celui d'une minorité stigmatisée qui peine à se faire entendre. En 1945, au moment de la Libération, ils auraient dû triompher, mais leurs témoignages furent immédiatement invalidés parce qu'ils révélaient en creux le comportement de la majorité des élites du pays. Enfin, même dans la mémoire de cette période qui se construira pendant un demi-siècle, nul espace ne leur fut réservé. L'image dominante a été celle d'une Suisse qui aurait formé un peuple menacé et héroïquement replié autour des valeurs de la Défense nationale spirituelle.