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La "bombe sale", un engin qui dissémine poussières radioactives et peur
"Selon les informations dont nous disposons, deux organisations ukrainiennes ont des instructions spécifiques pour fabriquer la soi-disant 'bombe sale'. Leur travail est entré dans la phase finale", a déclaré dans un communiqué le lieutenant-général Igor Kirillov, en charge au sein de l'armée russe des substances radioactives, des produits chimiques et biologiques.
Une affirmation que Kiev a rapidement démentie. "Si la Russie dit que l'Ukraine serait en train de préparer quelque chose, cela signifie une seule chose: la Russie a déjà préparé tout cela", a réagi le président ukrainien aux accusations de Moscou. Volodymyr Zelensky accuse le Kremlin de chercher à justifier une escalade du conflit.
Les Occidentaux se sont alignés sur les déclarations de Kiev. "Personne ne serait dupe" si Moscou faisait escalader le conflit en Ukraine en prenant prétexte de l'emploi par Kiev d'une telle "bombe sale" évoqué par le gouvernement russe, ont de leur côté réagi la France, le Royaume-Uni et les Etats-Unis dans une déclaration conjointe.
Le patron de l'Otan, Jens Stoltenberg, a dit la même chose dans la soirée sur Twitter après s'être entretenu avec le chef du Pentagone Lloyd Austin et le ministre britannique de la Défense Ben Wallace: "Les Alliés de l'Otan rejettent cette allégation. La Russie ne doit pas utiliser cela comme un prétexte à une escalade" du conflit en Ukraine.
>> Lire: Moscou accuse Kiev d'être dans la "phase finale" pour la fabrication d'une "bombe sale"
Moins complexe que la bombe atomique
Le terme de "bombe sale", aussi appelée "dispositif de dispersion radiologique" (DDR), désigne plus généralement tout engin détonant disséminant un ou plusieurs produits chimiquement ou biologiquement toxiques (NRBC - nucléaire, radiologique, biologique ou chimique).
Ce type de bombe n'est pas considéré comme une arme atomique, dont l'explosion résulte de la fission (bombe A) ou de la fusion (bombe H) nucléaires et provoque d'immenses destructions dans un vaste rayon. La fabrication d'une bombe atomique requiert de recourir à des technologies complexes d'enrichissement d'uranium.
Beaucoup moins complexe à confectionner, la "bombe sale" emploie quant à elle un explosif conventionnel et a pour but principal de contaminer une zone géographique et les personnes qui s'y trouvent à la fois par des radiations directes et par l'ingestion ou l'inhalation de matériaux radioactifs.
Contaminer et faire peur
"Une bombe sale n'est pas une 'arme de destruction massive' mais une 'arme de perturbation massive' qui vise principalement à contaminer et à faire peur", résume la Commission de régulation nucléaire américaine.
Le principal danger d'une "bombe sale" provient de l'explosion et non de la radiation. Seules les personnes très proches du site de déflagration seraient exposées à des rayonnements suffisants pour causer une maladie grave immédiate.
Cependant, la poussière et la fumée radioactives peuvent se propager plus loin et présenter un danger pour la santé en cas d'inhalation de la poussière ou d'ingestion d'aliments ou d'eau contaminés.
Des matériaux radioactifs utilisés dans le civil
Les matériaux radioactifs nécessaires à la fabrication d'un tel engin explosif sont utilisés dans les hôpitaux, les établissements de recherche, les sites industriels ou militaires.
"Les substances radioactives provenant des installations de stockage de combustible nucléaire utilisées dans la centrale nucléaire (ukrainienne) de Tchernobyl peuvent être utilisées" pour fabriquer une bombe sale, a fait valoir le général russe Igor Kirillov.
En mars 2016, la cellule terroriste responsable des attentats à la bombe de Bruxelles avait prévu la fabrication d'une "bombe sale" radioactive après une surveillance vidéo par deux des kamikazes d'un "expert nucléaire" belge.
afp/oang