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photo Adrian Michael (wikipedia)
Les fouilles auxquelles il a été procédé entre 1976 et 1979 ont permis de découvrir un matériel unique pour notre pays. A côté de carreaux de poêle, de fragments de pots, de noix de fuseaux, de ferrures et de pointes de flèches, les archéologues ont trouvé à Friedberg de la vaisselle de tous les jours en bois, deux petits seaux à puiser en cuivre, des restes de cuir étonnamment bien conservés - fragments de vêtements et de chaussures - de même qu'un petit cor recourbé, qu'il est permis de considérer comme l'un des plus vieux instruments à vent en bois de Suisse. Grâce à toutes ces découvertes, il nous est possible de nous faire une image plus précise de ce que fut la vie dans un château féodal.
Le site de Friedberg s'étend dans une petite dépression de terrain, derrière le hameau de Burg. A l'ouest et au sud, le terrain s'incline fortement vers le ravin creusé par le ruisseau du village, tandis qu'à l'est, un fossé naturel, dans lequel coulait jadis un ruisselet, sépare le plateau du village. La partie nord du fossé, partiellement dégagée, présente il est vrai plus d'intérêt. Ce fossé, de quelque dix mètres de largeur et de près de quatre mètres de profondeur, a été creusé dans le rocher de molasse; ses pentes sont presque verticales. Une couche sédimentaire de sable fm et de craie - elle a plus d'un mètre d'épaisseur - indique qu'ici, l'eau était retenue et formait un étang. Le plateau proprement dit s'étendait sur une longueur d'une cinquantaine de mètres et une largeur de vingt à trente mètres. Comme tout le site du château fut aplani au début de notre siècle, il n'est resté des murs que quelques rares vestiges du côté du ravin. Grâce à des assises de fondation, il a été possible de reconstruire le tracé du mur d'enceinte dans la partie de l'ouvrage orientée vers le lac. On ignore en revanche par où passait le reste de ce mur et on se demande à quoi servaient les deux élargissements en forme de socle découverts du côté intérieur de l'enceinte.
Dans l'ouvrage même, les fouilles n'ont révélé aucune trace de murs, mis à part un plan de fondation qui aurait pu être celui d'une cave. Il est possible que toute la surface ait été soigneusement déblayée, mais il n'est pas exclu non plus qu'il n'y ait eu ici que des bâtisses de bois. On a d'ailleurs relevé quelques traces de telles constructions dans l'angle sud-est du terrain et dans le puits, profond de 29 mètres. Lorsque ce dernier fut découvert, il était rempli de décombres jusqu'à ras bord. Les chercheurs ne se contentèrent pas d'étudier le matériel mis au jour, et dont l'importance est indiscutable pour la datation, mais se penchèrent également sur le travail du puisatier. Armé d'un ciseau et d'un marteau, celui-ci a dû, au prix d'un travail de plusieurs années, avancer lentement dans le sol en creusant une ouverture en spirale. Les archéologues se rendirent bien vite compte des peines et des difficultés qu'avait représentées une telle entreprise, car ils ne tardèrent pas à être confrontés eux-mêmes à de délicats problèmes de transport et d'oxygène.
L'histoire du château et de ses habitants demeure obscure. D'après les résultats des fouilles, on peut penser que l'ouvrage a été construit vers 1200. Au XIIIe siècle, de vastes régions de la rive droite du lac étaient administrées par les Regensberg. En 1306, Lütold VII de Regensberg, parlant de Friedberg, disait «notre château». Peu après, le nom de «Heinrich, der amman von Fridberch» apparaît dans une liste de témoins. Puis les Regensberg vendirent leur propriété de Meilen au chevalier Götz Mülner, de Zurich, qui en 1321 adopta le nom de Miilner von Friedberg. Les nombreux objets découverts datant de la période de 1300 à 1350 permettent de conclure à un agrandissement sous ces nouveaux seigneurs. Ceux-ci semblent toutefois avoir abandonné leur siège vers le milieu du XIVe siècle déjà. Plus tard, ils aliénèrent également leurs droits baillivaux. En 1390, le château appartenait au Zurichois Jakob Bletscher. Celui-ci a-t-il un jour résidé à Friedberg? On l'ignore. Ensuite l'ouvrage semble être peu à peu tombé en ruine. Depuis 1593, le terrain du château et le domaine rural avoisinant sont propriété de la famille Wunderli. L'accès aux ruines est libre.
Photo Adrian Michael (wikipedia)
Bibliographie