Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06940.jsonl.gz/291

La progression de la population mondiale est synonyme de progression de la richesse, révèle une étude de la Banque mondiale. Pour la première fois depuis que l’on tient ces statistiques, les personnes vivant dans des conditions d’extrême pauvreté représenteront probablement dès cette année moins de 10% de la population du globe, selon les prévisions officielles. En 2012, cette proportion était encore de 12,8%, soit 902 millions de personnes. En 2015, selon les projections de la Banque mondiale, elle devrait tomber à 9,6 % de la population mondiale, soit 702 millions de personnes – alors même que celle-ci continue d’augmenter.
De fait, entre 2012 et 2015 la croissance de la population mondiale est estimée à quelque 350 millions de personnes, ce qui veut dire que la chute du nombre des très pauvre n’est pas seulement de l’ordre de la proportion mais représente bien la sortie de la pauvreté de 200 millions de personnes en termes absolus, tandis que les nouveaux arrivants ne sont pas venus gonfler les rangs de la misère.
La proportion des personnes vivant dans un état d’extrême pauvreté a même été divisée par deux par rapport à 1990 – alors même que la population mondiale a progressé de deux milliards d’âmes depuis lors. L’extrême pauvreté, selon les critères de la Banque mondiale, concerne ceux qui vivent avec moins de 1,90 dollar par jour. C’est la croissance dans les pays émergents qui explique ces bons résultats qui risqueraient d’être « compromis » en cas d’arrêt de cette croissance. Ceux qui restent parmi les rangs des plus pauvres vivent le plus souvent dans des zones de conflit, et l’Afrique subsaharienne compte la moitié des très pauvres de la planète.
L’aspect le plus intéressant de ces chiffres est qu’ils contredisent frontalement l’idée selon laquelle la croissance démographique va de pair avec l’appauvrissement généralisé. Bien au contraire : au moment même où Paul Ehrlich et les siens prophétisaient des malheurs sans nom à cause de l’augmentation de la population mondiale – c’était pendant les années 1970 – on a vu la courbe démographique mondiale augmenter de manière considérable tandis que la pauvreté extrême diminuait quasiment à vue d’œil. Aujourd’hui il y a davantage de nourriture disponible par personne qu’à cette époque là.
Pourtant les discours malthusiens ont gagné en intensité. Le même Paul Ehrlich continue d’annoncer des catastrophes humanitaires épouvantables et tout le vrai discours écologiste est fondé sur l’idée que nous sommes trop sur terre et que l’homme est l’ennemi de la planète. Mais la croissance économique va-t-elle continuer, permettant d’« éradiquer » l’extrême pauvreté d’ici à 2030 comme le rêve l’ONU ? On constate aujourd’hui combien les décisions politiques et économiques peuvent peser sur la croissance. On sait aussi que des pays longtemps en progression en raison de leur « dividende démographique » – la croissance liée à une forte progression de la population active alors même que le nombre d’enfants diminue, comme en Chine – vont rencontrer des problèmes considérables à mesure que leurs populations actives quitteront le marché du travail, que la proportion des personnes âgées dépendantes (au moins financièrement) augmentera et que les remplaçants manqueront à l’appel en raison de la faible natalité. Il ne semble pas que la Banque mondiale en ait tenu compte. Il est vrai qu’elle est parmi les premiers promoteurs du malthusianisme mondial.
http://reinformation.tv/banque-mondiale-extreme-pauvrete-moins-10-population-globale-dolhein-43645-2/
Anne Dolhein