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Avec un volume d'émissions de quelque 50 milliards d'euros depuis le début de l'année, le marché des obligations vertes ne fléchit pas.
Malgré la pandémie, la demande en obligations vertes reste soutenue: avec un volume d'émissions de quelque 50 milliards d'euros depuis le début de l'année, le marché des obligations vertes ne fléchit pas après l'année record de 2019. Pour Johann Plé, gestionnaire de portefeuille chez AXA Investment Managers, ce phénomène s'explique par un univers de placement composé de manière équilibrée pour moitié d'obligations d'entreprises et d'obligations d'Etat (et de produits équivalents). Ce profil équilibré est le garant d'une certaine continuité, indépendamment du marché, ce qui explique aussi la robustesse des obligations vertes depuis le début de l'année. A fin mars 2020, le marché surperformait les obligations globales conventionnelles pour un profil de risque similaire. La robustesse s'est aussi manifestée dans la performance des obligations vertes d'entreprises européennes, qui ont surperformé les obligations conventionnelles de 0,7%. «La composition joue ici aussi un rôle important: les obligations vertes européennes sont plus défensives, car le marché est principalement tourné vers le secteur de l'approvisionnement et moins vers le secteur industriel», explique Johann Plé.
Pour le reste de l'année, l'expert d'AXA Investment Managers s'attend à une demande élevée constante en obligations vertes. «Les entreprises qui émettent des obligations vertes seront à long terme bien positionnées pour relever les défis que représente le changement climatique et saisir des opportunités», souligne Johann Plé. Les obligations vertes répondent en outre aux exigences croissantes des investisseurs en matière de transparence, car elles permettent par exemple de suivre les effets du carbone.
Par ailleurs, la crise actuelle oblige les gouvernements et autres instances supranationales à absorber des dettes supplémentaires qui se chiffrent en milliards. «Le marché des obligations vertes pourrait profiter de ces émissions. L'Espagne, l'Italie et l'Allemagne ont d'ores et déjà annoncé leur intention de lancer un emprunt vert en cours d'année», affirme Johann Plé.
Cette dynamique est aussi perceptible dans le secteur privé, car la transition vers une économie verte concerne toutes les branches. D'autres secteurs pourraient donc rallier le marché obligataire vert, dont les télécommunications ou les biens de consommation.
«Nous estimons que cette tendance va se renforcer. La crise oblige en effet certaines entreprises à revoir les risques encourus et leur positionnement. Considérant les risques liés au changement climatique, elles pourraient même entamer leur transition pour devenir ‹plus vertes›. A cet égard, nous estimons que les obligations vertes sont un élément essentiel d'une stratégie environnementale claire», conclut Johann Plé.