Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06882.jsonl.gz/1264

Depuis début mai, lorsque les tensions se sont accentuées, les marchés des actions et les rendements obligataires sont en baisse.
L'impact des tensions commerciales sur l'économie et la politique monétaire reste le principal facteur déterminant des cours de marché. Depuis début mai, lorsque les tensions se sont accentuées, les marchés des actions et les rendements obligataires sont en baisse.
La correction des actions a été relativement modeste: l'indice S&P 500 ne se situe qu'à 2,2% de son sommet historique et enregistre tout de même une progression de 15,7% depuis le début de l'année. Ceci en partie parce que le sentiment que la Réserve fédérale américaine (Fed) et Donald Trump ne laisseront pas tomber les marchés rend les investisseurs enclins à profiter des replis des marchés pour acheter.
Ces derniers auraient tort de se fier aveuglément à cette impression, mais les dernières évolutions n'en créent pas moins des opportunités.
Il se pourrait que les investisseurs surestiment l'ampleur du «filet de sécurité» déployé par la Fed. Le S&P 500 a rebondi la semaine dernière après que le président de la Réserve fédérale américaine, Jerome Powell, a indiqué que la banque centrale suivait de près l'impact des négociations commerciales et agirait «comme il se doit» pour entretenir l'expansion économique. Néanmoins, Jerome Powell n'a pas promis une baisse des taux: il s'agissait plutôt de décrire comment la Fed mène sa politique de manière flexible.
n'a pas encore hypothéqué ses chances de réélection.
Les cours de marché suggèrent désormais que la Fed réduira ses taux d'environ 70 pb cette année et de 30 pb l'an prochain. Toutefois, il faudrait certainement une récession pour que la Fed baisse ses taux dans de telles proportions. Cela reste improbable car la croissance économique aux Etats-Unis reste conforme à la tendance, le marché de l'emploi est dynamique et les conditions financières sont accommodantes.
Un statu quo concernant les taux de la Fed semble davantage plausible et les responsables pourraient prendre leur temps pour ajuster leur communication avant de franchir le pas. Compte tenu de l'évolution récente des rendements obligataires et du ton mesuré des dernières déclarations de la Fed, la Recherche d’UBS a désormais sous-pondéré les bons du Trésor américain à deux ans par rapport aux liquidités.
Le président Trump ne semble toujours pas avoir besoin de mettre en place un «filet de sécurité». L'intransigeance du président américain sur la question du commerce n'a pas encore hypothéqué ses chances de réélection.
La semaine dernière, un sondage Harvard CAPS/Harris a donné 48% d'opinions favorables au président, contre 46% début mai. La cote de popularité de Donald Trump se situe à son plus haut niveau depuis deux ans. Sa victoire apparente dans son bras de fer avec le Mexique, qui a fait des concessions sur la question de l'immigration pour échapper aux droits de douane, confortera le président dans son choix d'employer la manière forte.
pour sa réélection en 2020 sur fond de ralentissement économique.
Les Etats-Unis et la Chine finiront probablement par trouver un accord. Pékin fera passer ses intérêts économiques avant les considérations patriotiques car, si les Etats-Unis restreignent encore les transferts de technologie, cela freinerait le développement de l'industrie chinoise dans le domaine des technologies d'information.
Par ailleurs, il est peu probable que Donald Trump prenne le risque d'entrer en campagne pour sa réélection en 2020 sur fond de ralentissement économique et de baisse des marchés des actions. Dès lors, il finira sûrement par renouer avec une posture plus conciliante. Néanmoins, ce changement d'attitude sera probablement le fruit d'une dégradation de la conjoncture économique et d'une baisse des cours des actifs.
Des risques importants continueront de peser sur ce scénario de référence optimiste et l'incertitude devrait perdurer sur le front de la croissance. Dans ce contexte, le positionnement tactique sur un horizon de six à douze mois consiste toujours à surpondérer les actions, en privilégiant toutefois certaines zones géographiques. Dans l'immédiat, il est recommandé également de prendre des positions contra-cycliques étant donné les risques baissiers.
Dans l'environnement actuel, les actions américaines semblent mieux placées que les actions de la zone euro. Par le passé, les titres européens n'ont surperformé les actions américaines que lorsque les statistiques relatives aux nouvelles commandes de biens manufacturés étaient de bon niveau et que la zone euro enregistrait une croissance comparable à celle observée aux Etats-Unis.
de munitions que la BCE pour soutenir la croissance.
Or la composante «nouvelles commandes» de l'indice des directeurs d'achat à l'échelle mondiale plafonne à 52 seulement, non loin du seuil des 50 points qui sépare l'expansion de la contraction de l'activité, et est orientée à la baisse.
Les nouvelles commandes sont en berne en raison de l'incertitude qui pèse sur la demande de biens d'équipement. Or ces derniers représentent une part significative de l'activité manufacturière en Europe. Au second semestre, le consensus table sur une croissance du PIB de la zone euro nettement inférieure à celle du PIB des Etats-Unis.
Prenant acte de la moindre probabilité d'une reprise économique, la Banque centrale européenne (BCE) a revu à la baisse ses prévisions de croissance la semaine dernière et a renvoyé à juin 2020 l'horizon du premier relèvement de ses taux d'intérêt.
Le marché américain devrait également mieux résister: la Fed a davantage de munitions que la BCE pour soutenir la croissance en cas d'accentuation des tensions commerciales. De plus, l'inquiétude quant au risque réglementaire qui pèse à court terme sur les valeurs technologiques semble excessive. Par conséquent, la Recherche d’UBS penche pour une surpondération des actions américaines au détriment des actions de la zone euro.