Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06926.jsonl.gz/164

Après l’abolition de l’Acte de Médiation
La Diète élabora un nouveau pacte qui fut reconnu pas le Congrès de Vienne et que l’on désigne sous le nom de Pacte fédéral de 1815. Mais le lien fédéral était faible car elle est caractérisée par le retour partiel aux systèmes de gouvernement antérieurs à la Révolution. La Confédération comptait vingt-deux cantons tous égaux entre droits, mais à bien des égards, il y a eu bien un retour au régime du passé.
Dans les cantons aristocratiques, les familles jadis dirigeantes reprirent le pouvoir. Le pacte de 1815 ne garantissait ni la liberté religieuse, ni la liberté de la presse et sur divers points on revint en arrière.
Dans le canton de Vaud, malgré d’éloquents d’appels d’Alexandre Vinet et de Charles Monnard en faveur de la liberté religieuse, le gouvernement poursuivait les protestants qui se séparaient de l’Eglise officielle et interdisait leurs assemblées. A Fribourg, le Grand Conseil confiait aux jésuites la direction du collège et supprimait l’école du Père Girard, comme n’étant pas assez religieuse. La Diète fédérale laissait faire.
En réalité, le Pacte de 1815 n’était qu’un traité d’alliance conclu entre les vingt-deux cantons souverains en vue de leur sécurité commune. Chaque canton vivait de sa vie !
Le mouvement de 1830
Si les gouvernements restaient séparés, les citoyens des divers cantons aspiraient à se rapprocher. L’esprit suisse se réveillait dans les grandes sociétés du Pays. Les sociétés de savants, d’officiers, d’étudiants, de gymnastique, etc. Les tirs fédéraux contribuèrent beaucoup à développer l’esprit national. (le premier tir fédéral eut lieu à Aarau en 1824). Les Suisses continuaient à servir dans les armées étrangères et la Diète créa une école centrale à Thoune (1819) et réunit les soldats de cantons différents.
Vers 1830, un mouvement prononcé en faveur des réformes se produit dans le peuple. D’imposantes assemblées populaires eurent lieu pour demander la révision des constitutions cantonales. Les manifestants réclamaient le suffrage universel, l’égalité de tous les citoyens devant la loi, la liberté de presse, le droit de pétition, etc. Douze cantons, dont Vaud, se donnèrent des constitutions nouvelles, qui consacraient les droits du peuple ; on les appela les cantons régénérés.
Les partisans des idées nouvelles auraient voulu aller plus loin. Ils demandaient de modifier le Pacte de 1815 pour un gouvernement central plus fort. Un projet fut élaboré mais il ne fut pas adopté. La lutte entre les partis devint plus ardente. Le parti avancé, désigné sous le nom de parti radical, réclamait une transformation profonde du Pacte. Il avait pour adversaire le parti conservateur et le parti catholique.