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Depuis quelques jours, les médecins généralistes belges qui souhaitent pouvoir pratiquer une euthanasie au domicile d'un patient en fin de vie peuvent se procurer dans 250 pharmacies d'officine de chaîne Multipharma un «kit» contenant les produits et les matériels d'injection nécessaires. L'affaire a été largement traitée ces jours derniers dans les médias belges. En pratique, les médecins doivent passer eux-mêmes commande à l'une de ces pharmacies et peuvent alors le retirer dans les 24 heures, a précisé la chaîne de télévision belge RTl-TVi.Cette initiative fait suite aux difficultés que les médecins de famille éprouvaient pour pratiquer l'euthanasie à domicile dans des conditions correctes. Les produits nécessaires n'étaient pas disponibles partout et les médecins ne savaient pas toujours quels produits et quels dosages commander, a, en substance, précisé cette chaîne qui a rappelé que 40% des euthanasies pratiquées en Belgique le sont à domicile.Le coût du coffret est d'environ 60 euros et le médecin est tenu de rapporter à la pharmacie les doses de médicaments excédentaires, compte tenu de leur dangerosité, a pour sa part souligné le quotidien bruxellois Le Soir.On se souvient que c'est en septembre 2002 que la Belgique est devenue le deuxième pays au monde, après les Pays-Bas, à dépénaliser en partie la pratique de l'euthanasie. Celle-ci ne peut concerner que les personnes atteintes d'une «souffrance physique ou psychique constante et insupportable» résultant d'une «affection accidentelle ou pathologique incurable» et dès lors qu'elles «se trouvent dans une situation médicale sans issue».Pour sa part, le Parlement français vient de voter de manière définitive une proposition de loi qui institue un droit au «laisser mourir», après un vote des sénateurs conforme à la version déjà adoptée par l'Assemblée. La loi prévoit que les traitements ne doivent pas être poursuivis «par une obstination déraisonnable», une expression qui a été préférée à celle d'«acharnement thérapeutique». Elle stipule qu'une personne en phase terminale peut décider «de limiter ou d'arrêter tout traitement» et autorise l'administration d'antalgiques majeurs et ce même si cette administration a pour conséquence de précipiter la survenue de la mort.Jean Leonetti, l'un des principaux auteurs du texte de loi, estime que cette dernière est de nature à alimenter le débat sur ce thème au sein du Conseil de l'Europe. Cette loi pourrait aussi selon lui «servir ainsi de référence à l'Europe». On aimerait connaître sur ce point l'avis des législateurs des Pays-Bas et de la Belgique.