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La neutralité suisse critiquée par un ex-chef de l'OTAN
L'ex-secrétaire général de l'OTAN Anders Fogh Rasmussen ne comprend pas la neutralité de la Suisse dans la guerre en Ukraine. Il ne s'explique pas la décision du Conseil fédéral interdisant à l'Allemagne de livrer à Kiev des munitions suisses pour les chars Guépard.
"La Suisse m'a incroyablement surpris, mais pas dans le bon sens", déclare M. Fogh Rasmussen dans un entretien diffusé samedi par les journaux du groupe de presse CH-Media. "L'Europe se trouve dans une lutte existentielle entre démocratie et autocratie", poursuit-il. "Aucun pays au monde ne peut rester neutre. Cela n'a aucun sens".
L'ancien premier ministre danois remarque que la Suisse est pourtant une démocratie confirmée. "Lorsque nos valeurs sont attaquées par un autocrate, qu'il s'agisse du chef d'État russe Vladimir Poutine ou du président chinois Xi Jinping, un pays ne peut tout de même pas rester à l'écart", ajoute-t-il.
En ne permettant pas à l'Allemagne de fournir à l'Ukraine des munitions suisses, qu'elle a urgemment besoin, la Suisse met des bâtons dans les roues de Berlin, estime M. Fogh Rasmussen. Cette décision va certainement avoir des répercussions pour la Suisse, souligne-t-il. "Les membres de l'OTAN vont réfléchir à deux fois avant de confier la production de munitions ou d'autres matériels de guerre à la Suisse".
Anders Fogh Rasmussen a été secrétaire général de l'alliance militaire pendant plus de cinq ans, de 2009 à 2014. Le Norvégien Jens Stoltenberg lui a succédé.
ats