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En Suisse, les stations de conditionnement de l’eau des lacs disposent d’installations de traitement à plusieurs étapes. Mais il existe des distributeurs d’eau qui alimentent le réseau avec des eaux souterraines entièrement non traitées. Les consommatrices et consommateurs doivent-ils s’attendre à ce que l’eau potable contienne des nanoplastiques?
Urs von Gunten: Lorsque la pluie s’infiltre dans le sous-sol, l’eau traverse d’abord une couche d’humus qui contient des biofilms, comme dans la filtration lente sur sable. Ces derniers se sont révélés très efficaces dans des systèmes techniques pour fixer des nanoparticules. Lorsque l’eau parvient dans la zone saturée, elle est de plus purifiée par d’énormes filtres à sable et à gravier. On peut donc s’attendre à ce que la concentration de nanoparticules dans les eaux souterraines captées soit très faible. La situation pourrait être quelque peu différente dans l’eau de source, car l’effet de filtration y est beaucoup plus faible que dans l’eau pompée dans la nappe phréatique. Cela dit, les sources se trouvent généralement dans des régions peu soumises à des influences anthropiques (forêts, montagnes). On ne peut donc s’attendre ici qu’à de faibles concentrations en nanoparticules. De plus, bien souvent, les eaux de source ne sont pas utilisées après de fortes précipitations, car la turbidité augmente rapidement. Cette mesure est aussi très efficace comme barrière contre des nanoparticules indésirables. Des études portant sur la présence de micro- et nanoplastiques dans les nappes phréatiques et les eaux de source sont actuellement en cours.
Votre étude a fourni un résultat très optimiste. Pensez-vous que cela fera disparaître les gros titres sur la présence de nanoplastiques dans l’eau potable?
Ralf Kägi: Je présume plutôt que non. D’une part, les nouvelles réjouissantes sont toujours plus difficiles à faire passer que les négatives. D’autre part, l’eau potable en tant que denrée alimentaire reste un domaine sensible et un domaine de théories incompréhensibles ou non vérifiables sur le plan scientifique.