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<h2>SubmittedText<h2><p>Le SEM (Secrétariat d'État aux migrations) a récemment durci sa pratique vis-à-vis des requérants d'asile érythréens parmi lesquels se trouvent de nombreux jeunes. Il considère notamment que la sortie illégale du pays en raison de leur volonté d'échapper à un service militaire à durée indéterminée, que l'ONU assimile au travail forcé et à l'esclavage, ne pose pas de problème en cas de renvoi. </p><p>Il reste difficile de comprendre quelles sont les sources d'information sur lesquelles le SEM s'appuie pour considérer que des ressortissants érythréens, ayant fui leur pays en tant que mineurs et avant l'âge de la conscription, ne risqueraient plus de sérieux préjudices en cas de retour.</p><p>Le 12 mars dernier, lors du Dialogue interactif renforcé sur la situation des droits de l'homme en Érythrée, la Suisse a déclaré "rester inquiète de la situation des droits de l'homme en Érythrée et du manque d'informations vérifiables à disposition, en raison de l'absence d'accès libre et indépendant au pays".</p><p>De plus, la récente décision de procéder au réexamen de l'admission provisoire de plus de 3200 Érythréens a semé un grand trouble tant dans cette communauté que parmi les bénévoles qui les soutiennent. Si ces jeunes se voient refuser l'asile ou l'admission provisoire, ils seront obligés de demander l'aide d'urgence, ce qui les précarisera fortement et compromettra leurs chances de s'intégrer. </p><p>Je prie donc le Conseil fédéral de répondre aux questions suivantes :</p><p>1. Sur la base de quelles informations indépendantes s'appuie le SEM pour évaluer les risques réels liés aux renvois ? Les autorités suisses ne devraient-elles pas s'inspirer des récents rapports de l'ONU qui sont la seule source actuellement fiable pour fonder leur politique à l'égard des requérants d'asile érythréens ?</p><p>2. Quel est le but réel visé par ce durcissement ? Ne risque-t-on pas de créer des problèmes sociaux en empêchant des jeunes de continuer à se former et de s'intégrer ?</p><p>3. Des citoyen-n-es s'engagent bénévolement pour apporter un soutien à des jeunes requérants d'asile et des mineurs non accompagnés : n'y-a-t-il pas une contradiction entre la pratique du SEM qui révise les admissions provisoires d'une part, et la volonté des pouvoirs publics d'encourager le soutien de la population suisse envers ces jeunes en vue de les aider à construire leur autonomie d'autre part ?</p><h2>FederalCouncilResponseText<h2><p>1. Le 22 avril 2016, le Secrétariat d'État aux migrations (SEM) a publié un rapport intitulé "Update Nationaldienst und illegale Ausreise" (mis à jour le 10 août 2016), lequel contient les informations pertinentes pour définir la pratique en matière d'asile et de renvoi à l'égard de l'Érythrée (lien : <a href="https://www.sem.admin.ch/dam/data/sem/internationales/herkunftslaender/afrika/eri/ERI-ber-easo-update-nationaldienst-d.pdf">https ://www.sem.admin.ch/dam/data/sem/internationales/herkunftslaender/afrika/eri/ERI-ber-easo-update-nationaldienst-d.pdf</a>). Ce rapport présente tous ses éléments de manière aussi actuelle, claire, neutre et transparente que possible. Il tient compte de toutes les sources disponibles et les commente dans le chapitre introductif. Ces sources comprennent des rapports sur les droits de l'homme (entre autres ceux des Nations Unies), des textes de loi, des positions du gouvernement érythréen, des observations d'experts en Érythrée et dans d'autres pays ainsi que les enseignements tirés par d'autres unités européennes spécialisées dans l'analyse de pays. Le SEM a recueilli une partie de ces informations lors d'une mission d'enquête en Érythrée qui s'est déroulée en février et mars 2016. Le Bureau européen d'appui en matière d'asile (EASO) a repris le rapport du SEM dans une forme légèrement modifiée et l'a publié en plusieurs langues (lien : <a href="https://coi.easo.europa.eu/administration/easo/PLib/EASO_COI_Eritrea.pdf">https ://coi.easo.europa.eu/administration/easo/PLib/EASO_COI_Eritrea.pdf</a>).</p><p>2. Le SEM évalue en permanence sa pratique en matière d'asile et de renvoi à l'égard de l'Érythrée et l'ajuste en cas de besoin. C'est ainsi qu'en juin 2016 il a adapté sa pratique à l'égard des Érythréens qui ont illégalement quitté leur pays en se fondant sur les nouvelles informations à sa disposition. Le Tribunal administratif fédéral a confirmé ce changement de pratique dans son arrêt D-7898/2015 du 30 janvier 2017, qui a été rendu à l'issue d'une procédure de coordination. Le SEM examine chaque demande d'asile avec minutie et au cas par cas. S'agissant des personnes qui ont besoin de la protection de la Suisse et qui obtiennent par conséquent le droit de rester dans notre pays, la priorité est à l'intégration. Les personnes qui n'ont pas besoin de notre protection sont quant à elles tenues de quitter la Suisse. C'est pourquoi ni les cantons ni le SEM n'encouragent l'intégration de ces personnes. Par contre, ils leur offrent un soutien sous forme d'un conseil en matière de réintégration dans leur pays d'origine et d'un cofinancement éventuel de projets professionnels et de formation dans le cadre de l'aide au retour individuelle.</p><p>3. Le SEM a l'obligation légale de vérifier périodiquement si les conditions des admissions provisoires existantes sont toujours réunies. Si tel n'est plus le cas, il lève l'admission provisoire et ordonne l'exécution du renvoi. Une admission provisoire ne peut être levée que si le retour de la personne concernée est exigible, licite et possible et si une telle mesure s'avère dans l'ensemble proportionnée. Ces conditions sont examinées au cas par cas. Lors de l'examen, qui est en cours, des admissions provisoires des ressortissants érythréens, le SEM veille à informer aussi vite que possible les jeunes en formation et les mineurs non accompagnés du résultat auquel il est parvenu.</p>  Réponse du Conseil fédéral.