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« Nous n’avons jamais envisagé d’élever les veaux au seau. »
La famille Panter vit sur le Ratzenbergli avec ses quatre enfants depuis 2015. La ferme dispose de 20 hectares de surfaces agricoles à 900 et 980 m d’altitude dans la zone de montagne 2 La montagne de leur région est le Imihubel et par beau temps, les animaux paissant sur le pâturage le plus haut bénéficient d'une vue imprenable sur les Alpes bernoises, l’Eiger, le Mönch et la Jungfrau. Benjamin et son épouse ont dix à treize vaches laitières de la race grise rhétique et autant de veaux et de bœufs par an. Le groupe est complété par un taureau reproducteur qui reste en permanence dans le troupeau.
Depuis quand élevez-vous des veaux au pis ?
« L’élevage des veaux sous leur mère biologique et par des vaches nourrices a été dès le début un sujet déterminant pour nous qui avons changé de métier pour pratiquer l’agriculture. Nous n’avons jamais envisagé d’élever les veaux au seau. Nous avons donc commencé par mettre en place des conditions d’élevage durables pour les vaches qui se prêtaient moins bien à la production laitière (en raison de la composition du lait ou à cause de problèmes physiques liés à l’âge qui ont des incidences sur la facilité de traite). Les vaches peuvent ainsi passer une vieillesse prolongée sans être traites et les veaux peuvent être allaités de manière adaptée à leur espèce. Au cours des sept dernières années, de nouvelles questions se sont posées et nous ont conduits à définir un standard, en échange avec d’autres fermes puis avec Biomilk AG et Bio Partner Schweiz AG, dont le résultat est aujourd'hui «Boire du lait respectueux. »
À quelles difficultés « Boire du lait respectueux » vous a confrontés ?
« Nos difficultés ne sont pas liées à une reconversion de l’exploitation, comme pour d’autres familles d’éleveurs. Nous avons essayé ces dernières années de trouver des solutions aux questions éthiques, ce qui a représenté et représente encore de grands défis. Le principal postulat était que tous les veaux ont le même droit de rester à la ferme, qu’ils soient mâles ou femelles (voir Infobox). L’autre question était de savoir à quel moment séparer la mère et son veau après la naissance. Une conclusion élémentaire est qu’il n’existe pas de recette ni de formule toute faite. Les vaches sont des êtres vivants avec une personnalité propre, il faut donc toujours aborder la situation de manière différenciée et agir en conséquence. De ce fait, une norme, comme « Boire du lait respectueux », symbolise le dénominateur commun des divers éleveuses et éleveurs d’animaux. C’est aussi un cadre que l'on ne doit pas franchir mais qui laisse la liberté de trouver des solutions individuelles en accord avec les animaux et la structure de l’exploitation. »
Que souhaitez-vous de la part des consommatrices et consommateurs ?
« Nous souhaitons que les consommateurs montrent davantage d’intérêt et prennent conscience de la manière dont sont fabriqués les aliments. Dans notre cas, cela concerne l’élevage de vaches pour produire du lait. Je le dis sciemment de cette façon car cela ne concerne pas uniquement la vache laitière. Une vache a un veau par an. Ce veau grandit rapidement et devient à son tour une mère et vache laitière, généralement à l’âge de deux ans et demi. Cela arrive chez nous entre dix et douze fois par an, mais nous n’avons besoin que d’une ou deux nouvelles vaches laitière. Que faire des autres veaux ? Certains sont des mâles et n’ont donc par leur place dans le troupeau de vaches laitières car à la ferme, la place à l’étable et la nourriture sont limitées. Le lait produit donc aussi de la viande, d’autant que la carrière d'une vache laitière se termine à un moment donné, une revalorisation sous forme de viande et de saucisses permet alors de boucler la boucle. C’est ce que nous souhaitons que les consommateurs comprennent, car ensuite chacun peut décider librement quelle forme d’agriculture il veut encourager par son achat. »