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Jacqui, Danielle
sans titre
Danielle Jacqui, sans titre, 1994, broderie sur un morceau de tissu en coton employé comme enveloppe, 40 x 58 cm, Collection de l’Art Brut, Lausanne
Auteurs
Jacqui, Danielle, (1934), France
Biographie
Danielle Jacqui (1934) est originaire de Nice, en France. Sa mère, militante féministe puis résistante, et son père artisan joaillier, se séparent alors qu’elle est encore enfant. Après le pensionnat, elle est placée dans une famille puis déscolarisée à la fin de la Seconde guerre mondiale. Elle se marie à l’âge de dix-huit ans ; le couple a quatre enfants et gère ensemble une maçonnerie. À cette période déjà, Danielle Jacqui s’intéresse aux livres d’art, dessine et réalise de petites installations. Mais c’est à partir de 1970, suite à son divorce et en devenant brocanteuse, qu’elle se lance réellement dans la création autodidacte. Danielle Jacqui se remarie avec un brocanteur passionné. En plus d’objets de seconde main chinés et restaurés, elle présente dans sa boutique ses toiles, assemblages et broderies insolites.
Danielle Jacqui est devenue une figure majeure de l’art singulier, que l’on nomme parfois aussi Neuve Invention ou « art hors-les-normes ». Elle s’exprime autant à travers l’écriture, le dessin, la peinture, la broderie, la céramique, la sculpture que l’assemblage. À partir de 1973, son travail est exposé dans plusieurs lieux en Europe, aux États-Unis et au Japon. Elle s’associe le temps de différents projets au groupe d’artistes singuliers mené par le peintre et sculpteur Raymond Reynaud, fondateur du Quinconce vert, un atelier de peintures pour personnes autodidactes.
Au milieu des années 1980, elle commence à réaliser d’imposantes broderies anthropomorphes, qui sont des pièces centrales dans son œuvre. Elle découvre aussi à cette période Robert Tatin, dont la maison-création la bouleverse. Elle se met alors à transformer sa propre maison, située à Roquevaire dans le sud de la France, en la décorant entièrement. Toutes les pièces, y compris la cuisine et la salle de bain, sont investies du sol au plafond par des peintures, sculptures, broderies et objets divers, et la façade extérieure de « La Maison de celle qui peint » est recouverte de mosaïques et d’objets de récupération. Au fil des résidences et des expositions, Danielle Jacqui multiplie ses projets artistiques personnels, collectifs et associatifs. En 1990 notamment, elle fonde le Festival international d’art singulier à Roquevaire, puis à Aubagne dès 2001, où une scène riche et hétéroclite d’artistes autodidactes est présentée tous les deux ans.