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C’est un scientifique suisse Conrad Gesner qui, au XVIe siècle, en disséquant une marmotte, évoqua le premier le principe d’hibernation.
Auparavant, on expliquait le phénomène de manière surprenante. Ainsi le Grec Aristote (384-322 av. J.-C.) lui donnait une tournure transformiste. Selon lui, le coucou gris devenait, l’automne venu, un épervier. D’où le fait qu’on ne le voyait plus les mois suivants. Idem pour la fauvette à tête noire, qui se transformait en mésange nonnette. Plus étonnant: l’hirondelle passait l’hiver… sous l’eau. Une idée qui lui vint en observant cet oiseau se réunir en masse sur des roseaux au bord de l’eau, avant leur migration. Plus tard, Pline l’Ancien (23 à 79 apr. J.-C.) expliquait comment le hérisson constituait ses réserves pour subsister durant l’hiver. Selon lui, le petit mammifère grimpait aux arbres pour y cueillir des fruits, comme des pommes, et les lançait sur les piquants du dos d’un compère resté au sol. Ainsi chargé, ce dernier ramenait la cueillette dans sa cachette.
Toutes ces explications savantes mais farfelues, fruit d’un manque d’observation et d’une belle imagination, ont perduré de nombreux siècles. À la Renaissance, le disséqueur de marmotte, Conrad Gesner, parlait encore de hérissons se roulant sur des pommes pour les embrocher. En mille ans toutefois, on avait constaté que les hérissons ne grimpaient pas aux arbres!
Il faut ensuite attendre le XIXe siècle pour que l’hibernation devienne un sujet d’étude sérieux. Erasmus Darwin, le grand-père de Charles, utilisa le premier en 1802, le verbe hiberner pour qualifier la torpeur hivernale de certains animaux. Son petit-fils – père de la théorie de l’évolution – parla lui en 1852 de l’importance de l’hibernation dans la capacité de survivre de certaines espèces.
Les études menées durant les années suivantes permirent à la médecine de faire des avancées remarquables: comme prolonger la conservation d’organes «hors corps» pour réaliser une transplantation par exemple, ou opérer un patient à cœur ouvert. De nos jours, nos connaissances sur la préhibernation et l’accumulation de graisses offrent des perspectives dans le traitement de l’obésité. Dormir a du bon!