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Les voyants
François
Francisco naquit le jeudi 11 juin 1908, d'Olympia et de Manuel-Pedro Marto, dans la maison familiale du hameau d'Aljustrel.
Son père, qui s'était marié au retour de son régiment achevé dans la colonie portugaise du Mozambique, avait alors 35 ans, et sa mère, remarié avec lui en 1897, 38 ans. (Elle s'était mariée en première noce avec un frère de la mère de Lucie. Ceci ne put que renforcer les liens d'affection entre cette dernière et ses petits cousins.)
Il fut baptisé en l'église paroissiale dès le 20 juin, car, à une époque où la mortalité infantile restait élevée (l'une de ses sœurs mourut à deux ans) et où la foi était vive, on ne retardait pas les baptêmes.
Ses plus jeunes années se passèrent en compagnie des quatre frères et des trois sœurs qui survécurent, et au milieu de ses petits amis du hameau, surtout avant l'installation de l'école villageoise.
Ce fut le temps des premiers jeux domestiques, mais aussi du dressage des caractères par un père doux, mais ferme quand il fallait. Il ne laissait pas ses enfants oisifs. Il habitua François à être utile et vaillant dès son plus jeune âge et si possible par lui-même.
En 1915, date des premières manifestations surnaturelles de Fatima, il avait donc sept ans.
De l'aveu unanime, ses imperfections étaient rares. Il était calme, pacifique, condescendant et accomodant. Il n'avait d'histoires avec personne.
Il est décédé au domicile de ses parents le 4 avril 1919 et fut béatifié le 13 mai 2000.
Jacinthe
Jacinta, la petite sœur de Francisco, naquit le dimanche 11 mars 1910 à Aljustrel, presque deux ans après lui. Comme son frère, elle fut baptisée sans délai à l'église de Fatima, le 19, jour de la fête de saint Joseph.
Si ses traits ressemblaient à François, son tempérament en différait sensiblement. Très douce dans sa tendre enfance, elle devint en grandissant parfois capricieuse et boudeuse, car elle était vive et passionnée en tout, expansive et d'un caractère enthousiaste. Mais ce n'était là que l'envers d'un caractère riche et enthousiaste.
Elle s'est envolée pour le Ciel le 20 février 1920 et fut béatifié le 13 mai 2000.
Lucie
Lucie naquit le Jeudi Saint 28 mars 1907 à Aljustrel, dans le foyer d'Antonio de Santos et de Maria-Rosa de Jesus. Lucie fut la dernière enfant du couple qui eut sept enfants, dont le premier mort-né. Elle fut baptisée le Samedi Saint 30 mars, à l'église de Fatima.
Sa première enfance, qui s'étend jusqu'à l'âge des apparitions, fut celle de la tendressse et de la joie; tandis que la seconde sera celle de la souffrance.
L'amitié profonde qui lia François et Jacinthe à leur cousine commença très tôt, lorsque les mères du hameau, en partant pour les champs, demandaient à la mère de Lucie, de pouvoir laisser leurs enfants auprès de Lucie, sous la garde de ses sœurs. Elle savait très bien s'occuper des petits…
Elle avait un faisceau de dons et de qualités rarement réunis dans une seule personne. Elle était éveillée, gaie et très douce. Dès sa tendre enfance, la petite Lucie est partie à l'assaut de la sainteté.
Toute l'histoire de Fatima montre combien Lucie a été un grand don de la Sainte Vierge pour la jeunesse et pour l'Eglise.
Elle devint carmélite, recluse au couvent de Coimbra depuis 1948.
Elle est morte le 13 février 2005.
Ce texte est extrait du livre:
Les bergers de l'aurore, les jeunes voyants de Fatima
par Bernard Balayn, préface de Mgr S. de Sousa, 360 pages, 15x22 cm Euro 15.– CHF 21.–