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A l'époque où Longyearbyen, la capitale administrative du Svalbard, a été construite, la seule préoccupation était d'être à proximité des gisements de charbon. Mais 115 ans plus tard, avoir bâti la ville au fond d'une cuvette l'expose à tous les dangers, d'autant plus face à l'abondance des précipitations tant en hiver qu'en été.
"On se trouve face à plusieurs types de risques. Les accumulations de neige provoquent de grosses avalanches. Il y a aussi une augmentation des éboulements", détaille, pessimiste, Kim Holmen, directeur de l'Institut polaire norvégien qui observe l'évolution du climat depuis plus de 30 ans au Svalbard.
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Durant l'hiver 2015, une gigantesque avalanche a emporté onze maisons et tué deux personnes. En 2017, une autre avalanche a soufflé une maison sans faire de victime. Après ces deux évènements, les autorités ont condamné 144 logements considérés comme vulnérables. Soit environ 10% du parc immobilier de la ville, qui ont aujourd'hui laissé la place à une gigantesque barrière anti-avalanche en gros blocs de granite.
La digue de pierre de Longyearbyen. [Flore Dussey / Yvan Illi - RTS]
Des paravalanches sont également installés sur les flancs de Sukkertoppen, la montagne qui surplombe la ville. Mais les quartiers ouest de Longyearbyen ne sont, eux, pas sécurisés.
"C'est en raison des vents qui soufflent d'est en ouest. Du coup, on n'a presque pas de neige de ce côté-ci de la montagne", explique Marius Omlend, qui a emménagé en toute connaissance de cause.
Les régions élevées de la planète, comme la Suisse, font partie du groupe de pays qui changent rapidement. Malheureusement, ce qui va arriver ailleurs est déjà visible ici
L'une des raisons principales de cette accélération du réchauffement au Svalbard est le recul de la banquise qui, expliquent les scientifiques, agit normalement comme une couverture isolante empêchant l'océan de réchauffer l'atmosphère en hiver et protégeant l'océan du soleil en été.
Cette réalité explique aussi l'augmentation des chutes de neige. Il y a quelques années encore, les températures hivernales oscillaient entre -20 et -30 degrés, des niveaux trop froids pour permettre à la neige de tomber. Mais avec le réchauffement, la température moyenne hivernale a augmenté. Et comme le réchauffement entraîne aussi une plus grande évaporation des océans, donc davantage d'humidité dans l'air, les conditions sont réunies pour d'abondantes chutes de neige.
La fonte du permafrost
Sortir de la ville permet d'ailleurs de mesurer visuellement l'impact du réchauffement climatique sur le permafrost, cette structure de glace qui consolide le terrain.
"Ça vous montre très concrètement comment un dégât naturel change le paysage mais aussi la difficulté pour les hommes, les rennes, les oiseaux d'avoir un environnement sûr et stable. C'est en train de se produire partout autour de nous", constate Kim Holmen.
La fonte du permafrost provoque des fissures dans le terrain. [Flore Dussey / Yvan Illi - RTS]
Dans cette petite ville de 2400 âmes, plusieurs maisons ont déjà été évacuées en raison de la fragilité des sols. "Les maisons risquent de bouger davantage, car elles sont bâties dans le permafrost. Peut-être bien qu'à l'avenir, elles ne seront tout simplement plus habitables", déplore Lilith Kuckero.
"Les régions élevées de la planète, comme la Suisse, font partie du groupe de pays qui changent rapidement. Malheureusement, ce qui va arriver ailleurs est déjà visible ici, dans cette région", ajoute Kim Holmen.
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