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Les ordres mendiants et l'Économie
Projet du CNRS sous la direction de Prof. Dr. Hans-Joachim
Schmidt et
Mme Prof. Nicole Bériou
La dénomination des frères "mendiants",
aujourd'hui passée dans l'usage, s'est imposée lentement, diversement,
et dans un contexte fortement polémique, au cours du XIIIe siècle.
Elle souligne en tout cas la nouveauté provocatrice d'un style de vie
impliquant, en principe, la dépendance économique des frères
par rapport à la société environnante.
Mais qu'en était-il en réalité? Comment les frères, dans leurs couvents, ont-ils conçu et pratiqué, au quotidien, cette "mendicité", apparemment essentielle à l'expression de leur identité? Il importe de reconnaître les temps forts de cette histoire, signalés dans les sources émanant des ordres ou de la papauté, sous la forme de dispositions juridiques normatives, et sous la forme de réflexions théologiques et spirituelles qui révèlent souvent les moments et les contenus des crises. Il importe en même temps de confronter cette grille de lecture au témoignage des sources de la pratique, afin d'appréhender plus justement les rapports, sans doute variés et complexes, que les frères ont pu entretenir avec les réalités éco-nomiques.
Que peuvent nous apprendre ces sources, et en particulier celles qui concernent la vie matérielle des frères dans leur couvent, au quotidien, sur les types de biens qu'ils ont effectivement reçus et échangés? sur les modalités de l'acquisition, de l'appropriation, de la gestion et de la redistribution de leurs ressources, soit par des frères en particulier, soit par la communauté? sur le réseau d'intermédiaires, auxiliaires, bénéficiaires, amis...qui ont participé à la mise en place d'une forme inédite "d'économie" ajustée à l'idéal de la mendicité? Ces questions, mises en oeuvre dans une perspective d'histoire concrète et attentive à la diversité des situations dans le temps, dans l'espace, selon le contexte ( en particulier, en fonction de la conjoncture économique), selon les ordres ou les communautés (d'hommes et de femmes) concernés, voire selon la taille des couvents, peuvent constituer les axes principaux d'une rencontre scientifique sur un sujet qui n'a pas, jusqu'à présent, fait l'objet d'une recherche coordonnée.