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Le Président Trump trébuche de plus en plus et, même sans passer par un «impeachment», sa permanence à la Maison Blanche va durer l’espace d’un seul mandat présidentiel, au-delà duquel les électeurs états-uniens ne seront pas disposés à lui renouveler son mandat, parce qu’ils vont se rendre compte que leur situation au plan socio-économique aura été péjorée par ses choix de politique économique.
Parmi les mensonges présidentiels de Trump, celui qui va émerger au fur et à mesure de l’écoulement du temps consiste à vouloir soutenir l’activité économique en induisant les entreprises à investir et à augmenter le niveau d’emploi suite à la réduction de leur charge fiscale.
Comme l’a clairement révélé Robert Reich (ancien Secrétaire du Travail sous la présidence de Bill Clinton), il est faux de prétendre que la réduction à 15% du barème d’impôt sur les bénéfices des entreprises permettra d’atteindre les objectifs déclarés par Trump.
Tout d’abord, il n’est pas vrai que la charge fiscale des entreprises aux États-Unis est exagérée par rapport à celle de leurs concurrentes dans les autres pays avancés sur le plan économique. Si l’on considère les déductions fiscales et les crédits d’impôt dont peuvent bénéficier les entreprises américaines, leur barème d’impôt sur les bénéfices n’est pas de 35% mais de 27,9%, à savoir très proche de la moyenne des barèmes pour les entreprises dans les autres pays avancés (qui se situe à 27,7%). Réduire à 15% ce barème aux États-Unis signifierait induire bien d’autres pays à se lancer dans la course-poursuite de la concurrence fiscale internationale qui est dommageable pour l’économie globale dans son ensemble.
Par ailleurs, selon les estimations du Congrès américain, une telle réduction de la charge fiscale des entreprises réduirait de 2000 milliards de dollars les recettes fiscales de l’État fédéral américain au bout de 10 ans. Il faudrait dès lors réduire de manière insupportable les dépenses publiques ou augmenter les impôts d’autres catégories de contribuables au détriment (entre autres) de la croissance économique. Dans ces deux cas de figure, la classe moyenne et les plus démunis devraient en supporter les conséquences négatives.
En fait, comme le montre l’évidence empirique depuis la Seconde guerre mondiale, les politiques économiques qui agissent sur la fiscalité des entreprises, en réduisant les barèmes d’impôt sur leurs bénéfices, n’ont jamais soutenu la croissance économique aux États-Unis. Tant Ronald Reagan que George W. Bush ont terminé leur mandat présidentiel avec d’énormes déficits publics à cause de leurs politiques économiques pré-keynésiennes.
Par ailleurs, les entreprises américaines n’ont pas vraiment besoin de payer moins d’impôts pour être compétitives, étant donné que leurs profits ont désormais atteint des sommets historiques. De surcroît, ces profits sont largement placés sur les marchés financiers au lieu d’être investis pour augmenter la production et créer des places de travail au sein de l’économie nationale.
La réalité des faits montre ainsi clairement que la propagande néolibérale de Trump est une vue de l’esprit. Le président américain devrait reconnaître honnêtement les effets négatifs de la réduction des impôts des entreprises s’il se soucie vraiment d’assurer une croissance économique solide, à même de créer beaucoup d’emplois et des retombées positives pour les finances publiques de son propre pays.
Si les entreprises aux États-Unis n’investissent pas et n’augmentent pas le nombre de places de travail (en fait, elles font exactement le contraire), cela ne tient aucunement à leur charge fiscale, que Trump prétend excessive, mais parce que la demande globale sur le marché des produits n’absorbe pas l’offre disponible sur ce marché.
Il faudrait le reconnaître honnêtement au lieu de raconter des mensonges qui font du mal à l’ensemble des parties prenantes à long terme.