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Nature, éthique du sport et compréhension de la nature
Quelle position adopter au CAS?
En septembre dernier, les représentants de l' Association des Guides de montagne de la Suisse, des sociétés sportives proposant du canyoning, du tourisme ainsi que de la protection de la nature et du paysage se sont retrouvés pour discuter de l' avenir de la pratique du canyoning. On notera la volonté unanime de maintenir l' utilisation de la nature dans certaines limites. C' est l' occasion d' exposer quelques réflexions et questions sur la relation entre les sports alpins, l' éthique du sport et la compréhension de la nature.1 Quel rapport y a-t-il entre l' éthique du sport, la nature et l' environnement?
Le terme d' éthique du sport est de plus en plus utilisé, notamment dans le domaine de l' escalade. Il désigne d' une manière générale les principes et les règles qui devraient régir la pratique d' un sport. Il comprend également l' attitude que les sportifs devraient adopter les uns envers les autres et dans leur rapport avec l' environnement. Comme les activités exercées dans le cadre du CAS sont des sports de plein air, nos règles d' éthique du sport devraient aussi toucher notre rapport à la nature, à l' équipement, au confort, à la sécurité et à la mobilité. Les réponses à ces questions définissent directement ou indirectement notre position face à l' environnement.
De l' effort au plaisir Les derniers développements des sports de montagne reflètent ceux des loisirs et de toute notre société en général. Aujourd'hui, on est friand de ce qui est facilement et rapidement accessible, de mobilité, de souplesse, de sécurité et d' inter. L' appel pour plus de sécurité va de pair avec la commercialisation et la professionnalisation, et de faux-semblants - il y a là un large champ d' activités, que le club et la plupart des sections pourraient développer. La formation de chefs dans le domaine de la compréhension de la nature, notamment, en est à ses débuts.
Développer et aménager partout?
De plus en plus de niches et d' en préservés sont aménagés pour toutes sortes de sports alpins à la mode, la plupart du temps sans une discussion préalable avec le représentant de la protection de la nature et du paysage.
Je trouve important que le CAS réfléchisse sur ce point. Qu' il adopte une position vis-à-vis de ces nouveaux aménagements pour la pratique de nos sports. Quelles sont les règles qui devraient les régir ou quelles sont les restrictions qui devraient être acceptées? La question est d' autant plus urgente pour le CAS que nous avons déjà adopté une position critique, voire de refus, pour l' aménagement de nouveaux domaines skiables en haute montagne.
La sécurité avant tout?
On justifie de nombreux aménagements par des questions de sécurité. Mais nous oublions volontiers que l' amélioration de la sécurité objective diminue la conscience du danger, ce qui augmente l' inattention, la négligence et des erreurs dues à la routine. Celui qui évolue peu concentré et l' esprit constamment ailleurs perd une partie de la fascination de l' exer du sport dans la nature. De plus, ceci diminue la nécessité de connaître parfaitement la nature et de s' y impliquer activement. Quel prix voulons-nous donner à cet aspect? De quelle part de risque l' individu doit-il encore être seul responsable et quelle valeur donnons-nous à l' aventure, à savoir l' expérience de la nature à ses propres risques? Que signifie pour nous un espace sauvage, c'est-à-dire un endroit vierge de tout équipement installé par l' homme Nous devrions engager une discussion sur ce sujet. Quelles régions alpines voulons-nous aménager pour des sports de plaisir et quelles autres voulons-nous laisser complètement vierges, ou le plus possible, ou même rendre à cet état3. Voici un thème important et propre au CAS.
Toujours plus de mobilité et de confort Notre prétention au confort et à la mobilité ont, en fin de compte, aussi un rapport avec notre éthique du sport et notre compréhension de la nature. Nous connaissons tous les problèmes écologiques causés en Occident par l' augmentation de la mobilité et de la consommation ainsi que la consommation d' énergie et l' utilisation des ressources qu' elles entraînent4.
Forts de ce constat, ne devrions-nous pas tirer des conséquences pour la pratique de nos sports? Voulons-nous, au CAS, simplement suivre la tendance du « toujours plus, toujours plus vite, avec toujours plus de confort », en proposant nos activités selon cette formule? Si ce n' est pas le cas, quelles règles voulons-nous nous donner et à quel point sommes-nous prêts à nous engager pour les suivre?
Comment le CAS doit-il réagir?
Que l'on salue ou que l'on déplore l' évolution qui se dessine, il me semble important avant tout que le CAS se positionne. Sommes-nous une organisation purement commerciale qui s' adapte complètement aux besoins du moment afin de réaliser un maximum de gains? Ou bien voulons-nous aussi mettre l' accent sur des idées, comme, par exemple, notre attitude vis-à-vis de la nature et de l' environnement? Dans ce cas, quels devraient être ses accents?
Partant de la tradition et incluant l' évolution actuelle ainsi que les besoins du moment, le CAS devrait se donner une éthique du sport. L' atti vis-à-vis de la nature vierge devrait en être un élément important.
Nous sommes tous concernés Les Lignes directrices et les statuts du CAS offrent une base positive à ces questions. A mon avis, elles ne font pas assez appel à un véritable engagement. Une éthique du sport claire se définit par des règles concrètes, semblables, dans le domaine de l' escalade libre, aux critères à suivre pour jaunir une voie. Le CAS devrait définir ces règles, non pas comme un corset qui empêche toute évolution, mais afin de se forger un 1 Avant l' accident de canyoning survenu l' été dernier, les défenseurs de la protection de la nature et du paysage, qui avaient critiqué la façon dont les sports en plein air modernes affectaient la nature, n' étaient pas pris au sérieux.
2 Cf. Les Alpes 2/97, p. 43. Christian Geiger ( commission de la protection du monde alpin ), « De la valeur des espaces vierges » 3 Dans ce cadre, les aménagements sur le parcours de courses de haute montagne à forte fréquentation doivent aussi être remis en question de manière critique. Par exemple, les cordes fixes au Cervin, sur l' arête du Mittellegi à l' Eiger ou à la Dent du Géant. Les anneaux d' assurage fixes et les broches ne suffisent-ils pas? Et ne donnent-ils pas plus de valeur à l' ascension - et par là même plus de noblesse à la montagne?
4 Cf. Les Alpes 2/98, p. 46. Jûrg Meyer, « Sports A quel point vou-lons-nous « aménager » la nature sauvage, du marquage des sentiers à l' équipe des voies d' escalade? Cette question touche à la convention concernant l' éthique du sport profil courageux et un instrument de marketing. Je pense que le CAS peut se distancier quelque peu des modes actuelles et, par là même, faire preuve de force.
Perspective Avec le « Basler Kletterkodex » ( Réglementation bâloise de l' escala ) et le « Kodex für naturverträgliche Wintertouren » ( Réglementation pour des courses hivernales acceptables pour l' environnement ), ce dernier prévu pour l' hiver prochain par le secteur de la protection du monde alpin du CAS, nous ferons un pas vers la formulation d' une éthique du sport. Mountain Wilderness souhaite lancer une discussion l' année prochaine sur les limites de l' aménage de we ferrate. Par ses actions et la diffusion d' informations sur nos modes de déplacement et par de la formation dans le domaine de « l' en et la nature alpine », le secteur de la protection du monde alpin du CAS a pour objectif de forger notre compréhension de l' activité sportive dans la nature. Peut-être que la discussion sur les limitations propres et les règles pour le canyoning, lancée par l' Association des guides de la Suisse suite à l' accident survenu l' été dernier, servira d' exemple. Jûrg Meyer, préposé à la protection du monde alpin ( trad. )
et autres sportJae montagne
Alpinismo e altri sport [idi montagna
tAlpinismus, Berg-( u.a. Sportarten
Le règlement Les épreuves placées sous le contrôle du CAS - la Coupe suisse et le Championnat suisse - ont adapté légèrement leur règlement aux nouvelles tendances et, surtout, aux règles de l' ISMC.
Pour l' élite, ces changements sont mineurs: l' assistance des équipes sera strictement interdite ( équité sportive ) et, plus important, les femmes bénéficieront de dénivellations réduites.
Priorité aux jeunes Les changements majeurs - à titre de promotion et de formation - portent sur les jeunes. Ils seront répartis, filles et garçons, en trois catégories: cadets ( 16-18 ans ), juniors ( 19-20 ans ), espoirs ( 21-23 ans ). Les dénivellations et les profils de course seront adaptés. Skis larges et interdiction de la technique de la « sorcière » seront introduits dès cet hiver.
Pour les jeunes encore, les premiers centres régionaux d' entraîne se mettent en place en Valais, dans le Chablais, en Gruyère et dans l' Oberland bernois. Ils seront animés par des entraîneurs placés sous la conduite de l' ex national Pierre-Marie Taramarcaz et de Romain Ducret. La commission invite tous les groupes OJ à s' ouvrir au ski-alpinisme de compétition. Un camp