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"Symboliquement, la grève de la faim peut renvoyer à plusieurs registres de sens. Dans le contexte carcéral, c’est une façon de dire qu’on aura toujours plus le contrôle de son propre corps que son adversaire", explique Johanna Siméant-Germanos, directrice du département de sciences sociales de l'ENS et professeure de science politique, interrogée dans Le Point J.
"La grève de la faim renvoie aussi à une forme d’exemplarité morale. L’idée qu’une cause est jugée tellement importante qu’on va se mettre en danger pour cette dernière". Ainsi, ce moyen de pression est parfois utilisé par les militantes et les militants pour le climat. C’est le cas de la jeune activiste écologiste chinoise Howey Ou, qui a fait une grève de la faim à Lausanne.
La réaction d’un gouvernement face à une grève de la faim est un assez bon indicateur de la qualité démocratique d’un pays.
"Quand on veut vraiment réprimer les grévistes, on les renutrit de force", explique Johanna Siméant-Germanos. "C’était le cas des Suffragettes au début du siècle, mais on sait que cela a également concerné Guantanamo ou les prisons israéliennes dans les années 70", détaille la spécialiste.
Comment et où naît ce moyen de pression? Comment réagissent les gouvernements face à une grève de la faim?
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Juliane Roncoroni et l’équipe du Point J