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Définissons les sciences économiques et voyons quelles sont les différentes approches économiques.
Définition des sciences économiques
Les sciences économiques sont une science sociale puisque l’objet principal de celles-ci est le comportement des humains. Elles sont la science de l’administration des ressources rares. Elles étudient comment lesdites ressources sont affectées à différentes utilisations et l’arbitrage que l’être humain fait dans leurs allocations. Ces ressources peuvent être allouées à des utilisations alternatives (différentes). Pour cela, la science économique part de l’idée que les individus sont rationnels dans leur démarche : c’est-à-dire qu’ils utilisent « au mieux » les ressources dont ils disposent, compte tenu des contraintes qu’ils subissent. Il s’agit d’un problème de choix sous contraintes. Par exemple, le choix du consommateur consiste à faire des achats qui lui procurent le plus grand niveau de satisfaction dans les limites de son budget. Une des contraintes les plus importantes, mise en avant par l’observation, est la rareté des ressources (quantités limitées). La rareté caractérise les biens économiques. Nous distinguons les biens économiques des biens abondants dits libres (l’air, l’eau, le vent, le soleil, etc.) car ces derniers n’ont pas de marché, et n’ont pas de prix. Sauf que par l’utilisation excessive des humains des biens abondants, nous commençons à nous inquiéter du phénomène de rareté qui les touche. Il est donc vital qu’une économie utilise à bon escient les ressources dont elle dispose. Pour donner une définition précise des ressources, nous pouvons dire qu’elles regroupent :
- Les entrants, soit marchandises ou services, utilisés pour produire des biens et services,
- La terre et les ressources naturelles : terrain, énergies, air, eau, etc.,
- Le travail (intellectuel ou manuel) : mesuré par le temps consacré à la production, ou par le nombre de personnes en âge de travailler (15 à 64 ans),
- Les ressources en capital : il s’agit de biens durables (équipements, infrastructures, …), des investissements,
- Le capital humain : le savoir-faire (accumulé), l’expérience et les connaissances.
La démarche scientifique des sciences économiques
Les sciences économiques se sont dotées d’une démarche scientifique en s’inspirant des autres sciences. Elles se basent sur :
- L’observation des faits réels (sur de longues périodes) au niveau microéconomique (individuel) ou macroéconomique (global).
- La construction de théories et de modèles afin de pouvoir généraliser les résultats et les conclusions.
- La vérification et l’analyse statistique (économétrie : qui est l’application des instruments statistiques aux problèmes économiques).
Approches économiques
Nous distinguons différentes approches qui sont parfois contradictoires et parfois complémentaires. Nous citons l’approche positive vis-à-vis de l’approche normative et l’approche microéconomique vis-à-vis de l’approche macroéconomique.
Approche normative vis-à-vis de l’approche positive
L’approche positive est un ensemble de connaissances et d’outils d’analyse qui portent sur ce qui est réellement. En revanche l’approche normative porte sur ce qui doit être, d’où l’utilisation d’outils permettant la recherche d’un idéal ou de s’intéresser au réel. Donc :
- L’économie positive décrit les faits et la réalité. Elle explique les enchaînements des faits économiques réels ainsi que les relations qui peuvent exister entre eux. Elle est au cœur de la préoccupation scientifique de l’économie politique. Voici quelques exemples de questionnement de la démarche positive :
- Si l’on augmente la taxe sur le tabac, alors la consommation du tabac diminuera.
- Le libre-échange entre la Suisse et le reste du monde accroît-il ou réduit-il les revenus des citoyens suisses ?
- L’économie normative implique forcément un jugement de valeur et la définition d’une ou de plusieurs normes d’équité. Elle définit une norme ou un objectif à atteindre. Le type de questions posées par l’approche normative :
- Il y a trop de pollution dans l’air, il faut taxer plus la consommation de l’énergie fossile afin de préserver l’environnement.
- Faut-il taxer lourdement les grosses fortunes afin de mieux distribuer la richesse au sein de la population ?
L’économie normative permet d’orienter l’action. Elle est donc liée à la problématique de l’intervention de l’Etat dans l’économie. Elle fait appel à l’autorité pour qu’elle pratique des politiques économiques pour plus d’équité. Voici deux propositions des deux approches sur le même thème :
- L’Etat doit proposer un moyen pour bien redistribuer la richesse équitablement entre la population → (Proposition d’économie normative).
- En adoptant une politique économique de redistribution (par exemple, une politique fiscale), l’Etat peut répartir la richesse d’une manière équitable → (Proposition d’économie positive).
Approche microéconomique – approche macroéconomique
La démarche des sciences économiques subdivise le champ d’étude de l’économie en deux sous domaines : la microéconomie et la macroéconomie :
- La microéconomie est la branche des sciences économiques qui étudie le comportement des entités individuelles, telles que les ménages, les entreprises, les marchés. Nous relevons comme domaine d’analyse : les comportements des consommateurs, des producteurs, la détermination des prix, le fonctionnement des marchés, l’efficacité découlant des comportements individuels, etc.
- La macroéconomie se concentre sur les résultats globaux de l’économie. Elle étudie l’économie dans sa globalité. Les thèmes de la macroéconomie sont, à titre d’exemple, la production nationale, le chômage, l’inflation, les fluctuations économiques, les déterminants de la consommation des ménages et les investissements, les politiques économiques, etc.
Microéconomie : branche des sciences économiques qui s’intéresse à l’explication et l’analyse des comportements des consommateurs et des producteurs.
Macroéconomie: branche des sciences économiques qui étudie le fonctionnement des économies à l’échelle nationale et internationale.
Remarque :
Certains économistes parlent encore de la mésoéconomie qui est une discipline entre la microéconomie et la macroéconomie. Elle s’intéresse aux comportements des groupes. Ceux-ci prennent des décisions et influencent la marche des affaires à l’échelle locale et nationale.
Professeur Moez Ouni
Enseignant en économie et gestion d’entreprise à la Haute école de gestion de Berne
Consultant et collaborateur scientifique à Eco’Diagnostic et l’Université de Neuchâtel
Diplôme en informatique de gestion
Licence ès sciences économiques, option économie politique
Master en économie et finance
Doctorat ès sciences économiques
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