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Benjamin Boutrel, PhD, PD, MER, SUPEA, DP-CHUV
Vaud
Formation postgraduée et continue, 2020 – 2021
Cours de privat-docent
Désir, plaisir et dépendance : une histoire moderne de l’addiction II
L’addiction n’est pas un trouble du plaisir mais bel et bien une pathologie de l’envie. Or le moteur de toute motivation est justement la satisfaction d’une envie ou d’un désir, ce qui se traduit par la manifestation subjective de la sensation de plaisir.
Il existe donc dans le cerveau un ensemble de structures capables d’intégrer et de répondre aux besoins vitaux de l’organisme, et ainsi anticiper la manifestation subjective de la sensation de plaisir. Au milieu des années 1950, Olds et Milner ont mis en évidence que des rats étaient capables de fournir un effort considérable pour stimuler électriquement certaines parties de leur cerveau. La démonstration, également reproduite chez l’homme, a permis de développer le concept d’un réseau neuronal responsable d’une fonction de récompense cérébrale. C’est cette fonction qui pousse à la réalisation d’un objectif donné. Elle peut grossièrement se comparer au corrélat neurobiologique de la recherche de gratification, c’est-à-dire la volonté d’obtenir ou d’assouvir un objet de satisfaction, état d’esprit souvent lié à une certaine forme d’exaltation, voire d’excitation. C’est justement cette fonction qui est piratée et détournée au profit de tout comportement addictif.
Cet enseignement se propose de préciser les mécanismes d’action des drogues adictogènes, ainsi que les théories neurobiologiques de l’addiction.