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Photo : après le stress de l'exercice, petit moment de détente des différents intervenants.
A huit heures jeudi matin, l'EMIC Crans-Montana se retrouve à la Maison du feu. Le scénario du jour: un séisme a secoué le Valais, avec épicentre à Sierre; la secousse d'une magnitude de 6,5 sur l'échelle de Richter a été ressentie jusqu'au canton de Vaud. Les dégâts font penser à ceux de l'Aquila en 2009. Dans la grande salle de la Maison du feu, les membres de l'EMIC et de la Protection civile (PC) mettent en scène ce scénario catastrophe, soit une quinzaine de personnes sous le commandement du chef EM Edgar Gillioz et l'observation de Laurent Zen Ruffinen, de l'Office cantonal de la protection de la population.
Une catastrophe fortement probable
En règle générale, un séisme de magnitude 6 (ou plus) a lieu tous les 50 à 150 ans, un séisme de magnitude 7 environ 10 fois plus rarement. Dans la région de Crans-Montana, certains se souviennent encore du tremblement de terre du 25 janvier 1946 à 18 h 32; l'épicentre était au Wildhorn, d'une magnitude de 6,1... La probabilité d'une catastrophe de grande ampleur est bien réelle. Exercer le fonctionnement de l'Etat Major Intercommunal en cas de Catastrophe (EMIC) est donc utile pour vérifier et améliorer le fonctionnement des procédures.
L'état-major de l'EMIC au travail
A 10 heures, la situation imaginaire se complique. Une partie des routes sont coupées. Comment accéder aux zones touchées pour porter secours? Comment gérer l'effet de panique? Il fait chaud, que fait-on des corps des personnes malheureusement décédées? Comment ravitailler les secours, et la population? Quels risques avec le barrage de Tzeuzier? Y a-t-il un danger d'épidémie, de pollution? Comment va-t-on reloger les populations dont les maisons ont été détruites? Où les répartir? Et les secours, où vont-ils dormir? La panique gagne la population. Comment éviter les pillages des commerces? Gaz et électricité ont été coupés, les restaurants impliqués pour préparer les subsistances des personnes sans-abri et des sauveteurs doivent faire avec. Dans quelques jours, les vivres viendront à manquer, pourra-t-on compter alors sur l'armée? Cinq mille personnes sont (imaginées) sans abris. Le séisme étant survenu avant le début des écoles, les élèves ne sont pas allés en classe. A-t-on prévu des choses particulières pour occuper les enfants, que fait-on avec les animaux de compagnie que les sans-abris ont pris avec eux? Qu'a-t-on prévu pour les personnes âgées qui ont besoin de soins particuliers? La Loi fédérale sur la protection de la population et sur la protection civile, en dernier recours, permet de réquisitionner les logements non occupés, les résidences secondaires. Peut-être faudra-t-il arriver à cela...
Garder le contact
Dans la grande salle de la Maison du feu, les problèmes sont posés, les réponses données. Dans la pièce voisine, la cellule renseignement amène régulièrement des questions comme s'il s'agissait d'une situation véridique: une ambassade appelle pour avoir des informations concernant ses ressortissants à Crans-Montana, que lui répond-on, qui lui répond? Les parents d'écoles internationales s'inquiètent du sort de leurs enfants et cherchent à obtenir des informations. Mais a-t-on des personnes capables de donner ces informations dans plusieurs langues? Les médias appellent pour connaître la situation, il faut être prêt à leur répondre. A-t-on rédigé un communiqué en français et en anglais? L'EMIC doit rapidement trouver des moyens pour diffuser des messages à toute la population, également aux touristes présents en station, aux visiteurs qui doivent éviter de venir à Crans-Montana... Le scénario imaginé a laissé en fonction les moyens de communication, mais la tâche se complexifie si tous les réseaux devaient être hors service: plus de lignes téléphoniques fixes ni mobiles, plus d'Internet, plus d'électricité... Des estafettes de la PC doivent se rendre dans les villages apporter les informations, par exemple au point de mise à disposition de l'eau qui a été organisé. Heureusement, POLYCOM, le système de communication via le réseau numérique fonctionne, et un téléphone satellite a pu être trouvé pour assurer les appels lorsque tous les réesaux habituels sont hors service.
La cellule renseignement de la protection civile
Sous la conduite de l'Office cantonal de la protection de la population
Au final, l'exercice permet de tester les fonctions de chacun, de déceler les failles dans l'organisation, d'anticiper les besoins qui se poseraient pour être prêt, si la catastrophe devait se produire, à y répondre, vite et de manière organisée. Les problèmes ont été listés, il a fallu les prioriser, leur trouver une solution... Le scénario a été imaginé par Laurent Zen Ruffinen, le responsable régional de l'Office cantonal de la protection de la population a, durant toute la journée, transmis les renseignements sur l'évolution de la situation fictive. A la fin, il a fait la critique de l'exercice.
Pour en savoir plus
Le Service sismologique suisse (SED) à l'ETH de Zurich met à jour la carte des secousses qui sont régulièrement enregistrées en Suisse (mais que l'on ne ressent pas): http://www.seismo.ethz.ch/index_FR
Pour mémoire, si un tel événement devait survenir dans la réalité, vous trouvez ici ( /media/34116/consignes_commune_haut_plateau_nveau.pdf )
SI VOUS ÊTES A L'INTERIEUR:
- Rester à l'intérieur A L'INTERIEUR
- ENSUITE Écouter la radio
- Rester calme! S'attendre à des répliques sismiques
- Vérifier qu'il n'y a pas de foyer d'incendie
A L'EXTERIEUR:
- S'abriter sous un meuble solide ou un cadre de porte
- Se tenir loin des plafonniers, bibliothèques, fenêtres, …
- Fermer dès que possible le gaz, l'électricité et l'eau
- Ne pas prendre l'ascenseur ou les escaliers
- Chercher un endroit dégagé, à l'écart des bâtiments, ponts, pylônes électriques, grands arbres, …
- Contrôler les installations de gaz, eau et électricité
- Se préparer à une évacuation
Texte et photo : Danielle Emery-Mayor