Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06886.jsonl.gz/24

Roger Federer, insuffisamment remis de ses opérations au genou droit, a annoncé qu'il ne participera pas à Wimbledon l'été prochain. Une question fondamentale se pose alors: combien de temps peut-il encore jouer? Depuis des mois, le Bâlois est dans un cercle vicieux duquel il n'arrive pas à s'extirper.
Pour Roger Federer, qui a fêté ses 40 ans en août dernier, il s'agit avant tout de clore ce chapitre de sa vie au moment et de la façon qu'il les aura décidés, et non pas de manière imposée. Il a confié récemment qu'il n'avait pas peur. Il a pourtant du mal à tirer un trait.
Et c'est certainement lié à l'image qu'il a de lui-même, et qui risque maintenant de lui barrer la route: Roger Federer est habitué depuis son plus jeune âge à avoir le contrôle dans tous les domaines de sa vie. Il va sans dire qu'il souhaiterait la même chose pour la fin de sa carrière, qui ne doit pas être «ringarde». Il a des idées précises sur ce qu'elle ne doit pas être, même s'il reste évasif lorsqu'il évoque sa sortie rêvée, en se contenant d'affirmer:
Federer est parfois contradictoire à ce sujet: il se dit «assez détendu» au moment de savoir quelle image les gens retiendront de lui. Mais il serait vraisemblablement blessé dans sa fierté si sa défaite en quart de finale du dernier Wimbledon contre Hubert Hurkacz, où il avait perdu le dernier set 6-0, devait être son dernier match. Le Bâlois a concédé:
Ce que Roger Federer dit justement par là, c'est qu'il mérite une autre fin.
🏴 [ALERTE INFO] Sensation à #Wimbledon: Federer est éliminé par #Hurkacz en quarts de finale. Le Suisse est écrasé en 3 sets (6:3, 7:6, 6:0) par le Polonais. C'est seulement le 2e Polonais de l'histoire du #tennis à atteindre une demie en Grand chelem! 🎾 pic.twitter.com/2zBNiyF0fD— La Plume Libre (@LPLdirect) July 7, 2021
Federer s'est fait opérer trois fois du genou droit au cours des deux dernières années. La dernière fois, c'était en août, au ménisque précisément. Une intervention durant laquelle le cartilage a aussi été traité. Ces opérations étaient devenues inévitables. L'homme aux vingt titres du Grand Chelem les a aussi faites parce qu'il voulait pouvoir skier avec ses enfants et jouer au football ou au tennis avec ses amis après sa carrière.
Derrière nos propos, aucune envie de dénigrer Federer. Mais force est de constater que ces pépins de santé qui durent font de lui un retraité du tennis depuis longtemps déjà: en deux ans, il n'a joué que 19 matchs.
Le Bâlois affirme que revenir à 40 ou à 41 ans, soit dans un an ou dans deux ans, n'a pas d'importance. Mais la question se pose: ne se fait-il pas des illusions? Il sait lui aussi que son corps n'est plus le même que celui d'un jeune de 25 ans et qu'il ne sera plus aussi rapide. Et plus son absence se prolonge, plus le retour devient illusoire.
Pourtant, Federer entretient les fantasmes de ses fans quand il affirme qu'il peut à nouveau briller lors des tournois du Grand Chelem.
Mais celui-ci restera probablement inachevé. Et même: ce serait déjà un petit miracle si le Bâlois participait de nouveau à un tournoi du Grand Chelem. Mais entre-temps, il ne serait pas surprenant qu'il se rende compte, dans les mois à venir, qu'il n'est finalement plus prêt à faire les sacrifices qu'un retour exige.
Le passage du sport de haut niveau au prochain chapitre de sa vie est délicat pour Federer. Et on ne parle absolument pas d'argent: il est le sportif le mieux payé du monde, avec 100 millions de francs par an. Ce n'est pas son compte en banque qui l'intéresse, mais bien une fin de carrière digne. Parce que l'actuel 16e joueur mondial pourrait depuis longtemps gagner bien plus en faisant des matchs de gala dans le monde entier que sur le circuit.
On en a eu un avant-goût ces derniers mois. Federer au match à domicile du FC Bâle, vêtu d'un t-shirt de son équipementier japonais Uniqlo et portant des chaussures de la marque On, dont il est l'égérie et l'associé – un contrat qui devrait lui avoir rapporté des centaines de millions au moment de l'entrée en bourse début septembre. Ou encore Federer participant à un duel de cuisine pour la Schweizer Illustrierte, avec son tablier noir avec une étoile blanche représentant la marque de voiture dont il fait la publicité.
Quelle que soit la fin de la carrière sportive de Roger Federer – peut-être est-elle déjà terminée – il ne se retirera pas de la vie publique. Et peu importante si son dernier rêve sur un court se réalise ou non.
Adaptation en français: Yoann Graber
Lundi, en passant le pouvoir à Elisabeth Borne, le premier ministre Jean Castex a ôté gratuitement quelques vertèbres à 52,6 millions de Français. Et en quatre petites phrases: