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La réponse a été mise à jour le 27 September 2023.
Bonjour,
Nous vous remercions d'avoir fait appel au service Interroge, voici le résultat de nos recherches :
Selon la définition de la « réincarnation » du Dictionnaire des religions édité sous la direction de Paul Poupard :
« La réincarnation est la croyance selon laquelle l'âme, ou l'élément psychique, ou le corps subtil se dote lui-même, à chacune des existences successives, d'un corps différent et se trouve ainsi "réincarné". Selon cette croyance, il y aurait donc une succession de naissances et de morts prises en compte par le même individu. On parle alors de "nouvelle naissance" (palingénésie), de "passage d'un corps dans un autre" (métensomatose), de "transvasement" (métangismose) ou des "états successifs de l’âme" (métempsycose). »
Il convient de se pencher sur la définition précise des termes « métempsychose » (ou « métempsycose ») et « métensomatose ».
Selon la définition du terme « métempsycose » du dictionnaire Larousse en ligne :
« métempsycose ou métempsychose, nom féminin (grec metempsukhôsis, de empsukhôsis, action d'animer)
Réincarnation de l'âme après la mort dans un corps humain, ou dans celui d'un animal ou dans un végétal. (Certains peuples ont fait de la métempsycose une croyance fondamentale : les anciens Égyptiens, les Hindous.).
Synonyme : transmigration.
Orthographe : on écrit métempsycose, sans h, bien que tous les mots de la même famille (psyché, psychisme, psychiatre, psychique, psychologue, etc.), issus du grec psukhê, souffle, âme, s'écrivent avec un h. Remarque : on rencontre parfois la graphie métempsychose, qui, bien que plus conforme à l'étymologie, n'a pas été retenue par l'Académie. »
Nous trouvons une définition de la « métensomatose » sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales (CNRTL) :
« 1852 - "Transmutation d'un corps en un autre corps. Fénelon a donné ce nom à la croyance des peuples sauvages qui pensent que les morts ne meurent pas et qu'ils vont habiter, avec leurs facultés, d'autres contrées lointaines. C'est la métempsycose du corps." La Châtre, Dict.
Au 20ᵉ :
1954 - "La transmigration des âmes ou samsâra – métensomatose, différente de la métempsychose – repose sur une conception brahmanique encore infantile de l'âme enfermée dans le corps [...]". »
En résumé et selon le blog Peter Zeelock, la « métenpsycose » est un « terme signifiant "le passage d’un corps à l’autre" et se rapportant à la croyance (commune à de nombreuses religions et philosophies) en la transmigration des âmes des défunts dans diverses formes de l’existence, animales, végétales et minérales, jusqu’à la libération de toute trace de matérialité. […]
La métensomatose est une variante de la réincarnation. Elle serait cependant physique et non psychique (comme dans métempsycose), c’est-à-dire qu’elle transmettrait au nouveau corps des éléments de l’ancien. La métensomatose désigne le passage d’un corps à un autre, et non d’une âme qui va d’un corps à un autre. Le bouddhisme croit plutôt à la métensomatose qu’à la métempsychose, puisque c’est une religion où l’âme n’existe pas, et où le moi n’est qu’illusion de l’identité individuelle qui "s’éteint" dans la vacuité ; cela dit, des éléments psychiques transmigrent, comme on pourrait le voir dans certains caractères (physiques ou psychiques) venus des parents jusqu’aux enfants, dans le phénomène lamaïste des tulku, appelés improprement "réincarnations" d’un lama. Les écrits bouddhiques utilisent en fait un concept sensiblement différent de celui de réincarnation : punarbhava, qu’on traduit par "re-naissance". »
L’article A chaque peuple sa réincarnation, publié dans le magazine d’actualité L’Express le 30 janvier 1997, nous informe sur les différences de croyance concernant la réincarnation :
« Dans la plupart des religions, l'homme est composé d'un corps et d'une âme. D'origine divine, celle-ci est immortelle. La croyance en la réincarnation affirme que l'âme, après avoir quitté le corps terrestre au moment de la mort physique, vient en habiter un autre. Elle se trouve donc "réincarnée".
Les hindous inscrivent la croyance en la transmigration des âmes dans un contexte religieux spécifique : l'homme est prisonnier du cycle des morts et des renaissances successives (samsara) par la loi universelle de causalité (karman). A l'heure de la mort, le poids des actes de la vie (karma) va conditionner l'âme et l'orienter vers une nouvelle renaissance dans un autre corps.
Le Bouddha admettra cette théorie, mais en niant le principe même de l'existence d'un dieu créateur et d'une âme immortelle. Pour lui, l'homme est un processus, un composé provisoire d'agrégats psychophysiologiques. Il n'existe donc aucune continuité substantielle d'une existence à l'autre. La conscience individuelle se dissout après la mort. Ce qui transmigre, c'est non pas un principe permanent (âme), puisqu'il n'existe pas, mais un complexe de phénomènes psychiques organisés par l'attachement et l'ignorance. […]
La croyance occidentale moderne en la réincarnation remonte au XVIIIe siècle. Elle est le fait de philosophes acquis à l'idée de progrès de l'humanité (Lessing publie L'Education du genre humain en 1780). A l'inverse de la conception des Orientaux et des Grecs (qui employaient les termes de palingénésis ou de métempsychose), l'âme ne peut en aucun cas régresser en deçà du plan humain - et elle ne cesse de s'élever à travers ses vies successives. Cette théorie fut adoptée par les cercles spirites au milieu du XIXe siècle ; ceux-ci forgèrent le terme couramment utilisé aujourd'hui de réincarnation. Autre différence fondamentale avec l'Orient, le cycle des renaissances est perçu non plus comme une malédiction dont il faut s'affranchir, mais comme un apprentissage, une initiation où, d'existence en existence, l'âme progresse vers le bonheur parfait. Ce n'est plus l'enfer ; c'est déjà un peu le paradis sur terre. »
La citation de Tertullien (tirée de ses Œuvres), trouvée sur le site de La langue française, apporte une précision concernant la « métensomatose » :
« En effet, si elle [l’âme] subit cette transformation en perdant ce qu'elle a été, elle ne sera plus ce qu'elle a été ; et si elle n'est plus ce qu'elle a été, dès lors cesse la métemsomatose, c'est-à-dire qu'on ne peut plus l'attribuer à une âme qui n'existera plus, dès qu'elle sera transformée. »
Si vous souhaitez approfondir ce sujet, vous trouverez dans le catalogue Swisscovery le document suivant : La réincarnation de Jean Vernette.
Vous trouverez également de nombreuses références sur la réincarnation dans le catalogue de nos bibliothèques avec le terme « réincarnation » et en sélectionnant Documentaires dans la section Types de documents.
Nous espérons que ces éléments vous aideront dans votre recherche. N'hésitez pas à nous recontacter pour tout complément d'information ou toute autre question.
Cordialement,
Les Bibliothèques municipales de la Ville de Genève
Pour www.interroge.ch