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Au départ, les requêtes formulées pour l’exploitation à long terme de la centrale nucléaire de Mühleberg et pour son réexamen périodique de sécurité auraient dû être émises ensemble. Georg Schwarz, chef du domaine de surveillance « centrales nucléaires » et suppléant du directeur de l’Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN), l’explique dans cette interview.
En résumé, quelle est la conclusion du réexamen périodique de sécurité 2010 de la centrale nucléaire de Mühleberg ?
Georg Schwarz: La centrale nucléaire de Mühleberg est dans un bon état. Elle est exploitée de manière sûre. Nous avons toutefois constaté un besoin d’amélioration qui se manifeste dans nos 26 requêtes.
L’IFSN a formulé des requêtes pour le reste de la durée d’exploitation de la centrale de Mühleberg dans sa décision publiée mi-novembre 2013. De nouvelles requêtes sont maintenant publiées. Comment se différencient-elles ?
Lors d’un réexamen périodique de sécurité, l’expérience d’exploitation spécifique à la centrale issue des dix dernières années ainsi que l’état actuel de l’installation sont analysés. Une comparaison avec des expériences d’exploitation pertinentes dans d’autres centrales nucléaires est aussi réalisée. Les requêtes de la prise de position du réexamen périodique servent à appliquer des améliorations spécifiques. Ces exigences résultent de l’analyse de l’expérience d’exploitation.
Et les requêtes pour le reste de la durée d‘exploitation de la centrale nucléaire de Mühleberg?
Elles reposent sur les requêtes pour l’exploitation à long terme illimitée. Nous les avons formulées en décembre 2012. Une démonstration d’exploitation à long terme traite de la perspective d’un fonctionnement au-delà de quarante ans. Les requêtes servent alors à améliorer les réserves de sécurité pour cette exploitation à long terme.
Pourquoi les requêtes pour l’exploitation à long terme et celles du réexamen périodique de sécurité n’ont-elles pas été regroupées ?
C’était notre intention de départ. La prise de position sur l’exploitation à long terme a toutefois dû être avancée en raison d’une procédure judiciaire pour l’annulation de la limitation dans le temps de l’autorisation d’exploiter.
Vous dénoncez dans la prise de position sur le réexamen la chose suivante : le conseil d’administration de BKW SA n’a pas suffisamment assumé son devoir. Ce dernier concerne l’évaluation systématique de la sécurité de la centrale de Mühleberg afin d’entreprendre les améliorations nécessaires de manière anticipée. Est-ce que ce point se trouve modifié par la décision du conseil d’administration de BKW SA prise fin octobre 2013 ?
BKW SA a éclairci la situation en décidant de mettre la centrale de Mühleberg hors service en 2019. Les requêtes décidées en novembre 2013 montrent pour notre part ce que nous attendons pour une exploitation jusqu’en 2019. BKW SA dispose ainsi de prescriptions claires pour la durée restante de l’exploitation.
Vous avez déjà exigé dans votre prise de position sur le réexamen périodique de sécurité de 2005 que la centrale nucléaire de Mühleberg réduise le rejet de substances radioactives par les eaux usées à une valeur cible de moins de 1 GBq par année. Pourquoi devez-vous de nouveau émettre une requête à ce propos ?
Les rejets liquides de la centrale nucléaire de Mühleberg se situent en-dessous des limites prescrites. Par ailleurs, la centrale a pu réduire de manière importante les rejets liquides depuis le réexamen périodique de 2005. Malgré les efforts opérés, la valeur cible n’est pas encore complètement atteinte. L’exploitant doit donc encore investir dans ce point.