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|Description:|
« Peu d’historiens ont eu la curiosité de se pencher sur un épisode, pourtant hautement symbolique des rapports que les dirigeants fascistes entretenaient à la fin des années trente avec certains milieux intellectuels européens, à savoir la remise du diplôme de docteur ès sciences sociales et politiques honoris causa à “S.E. Benito Mussolini, ancien étudiant de la Faculté de droit de l’Université de Lausanne”, le 8 avril 1937. Cette lacune sera bientôt comblée avec la prochaine publication d’une étude menée par Jean-Christian Lambelet, lui-même professeur d’économie à Lausanne, et fondée sur l’examen des archives de cette université. (…)
Quels enseignements peut-on tirer de cette surprenante affaire ? S’agissant de la Suisse, accusée ultérieurement d’avoir pactisé avec le diable, on ne peut que souligner le caractère à la fois circonscrit et significatif de l’initiative lausannoise. A l’origine de l’affaire, il y a en effet une opération de propagande, montée par un représentant de l’intelligentsia fasciste à l’étranger, pour faire la promotion du Duce et de son régime. Les autorités universitaires lausannoises et les représentants des exécutifs du Canton et de la Confédération n’ont fait qu’entériner un choix arrêté par l’état-major de l’École des sciences politiques et sociales, lui-même catéchisé par son directeur, Pasquale Boninsegni. (…)
Quant à Mussolini, il a montré avec cette affaire le pouvoir d’attraction que lui-même et son régime pouvaient encore exercer sur une partie de l’intelligentsia européenne alors qu’il avait déjà largement amorcé son rapprochement avec l’Allemagne hitlérienne. »
Pierre MlLZA, historien
Corriere della Sera du 16 février 2004.
Né en 1938, Jean-Christian Lambelet acquiert une formation en économie a l’Université de Lausanne, puis a Harvard où il reçoit un doctorat en 1968. Apres un passage a l’OCDE et a l’Université de Pennsylvanie, il est nommé professeur d’économie a l’Ecole des HEC de l’Université de Lausanne en 1972. Membre de plusieurs commissions fédérales avant sa récente retraite, il a dirigé jusqu’en août 2004 l’institut Créa de macroéconomie qu’il avait fondé en 1976. Parmi ses quelque deux cents publications, on compte nombre de travaux sur l’économie suisse, des recherches en science politique et en histoire, dont Le mobbing d’un petit pays, a L’Age d’Homme (1999).