Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07130.jsonl.gz/708

En 1949, lors de la création de l'AVIVO genevoise, notre canton sortait d'une série de crises sociales, économiques et financières liées aux répercussions du krach financier de 1929, mais aussi et surtout aux contrecoups des deux guerres mondiales s'étant déroulées à proximité de nos frontières. Une grande partie de la population vivait dans la précarité, beaucoup de gens connaissaient la misère, notamment les vieillards sans ressources, les femmes seules ou veuves, les orphelins et les invalides.
Jusqu'à la mise en œuvre de l'AVS (Assurance vieillesse et survivants) en 1948, une assistance financière de la commune n'était pas un droit mais devait être quémandée, démarche humiliante. Il fallait aussi souvent être recommandé pour avoir des chances de la recevoir.
Quant aux Confédérés, ressortissants d'autres cantons et très nombreux déjà à Genève (49% par rapport à une population de 187.000 habitants en 1945), les autorités les renvoyaient dans leur canton d'origine lorsqu'ils se retrouvaient dans le dénuement. Et cela même s'ils étaient nés à Genève.
Ce système, honteux, révolta beaucoup de gens et des comités de défense des vieillards, des veuves et des orphelins se créèrent un peu partout. Ils étaient composés essentiellement d'anciens travailleurs et d'employés.
Création de l'AVS
Il faut savoir que la création d'une AVS avait été revendiquée en 1918 déjà, à la fin de la première guerre mondiale, par le Comité d'Olten. Réclamant d'autres innovations sociales, comme l'introduction de la semaine de 48 heures dans toutes les entreprises publiques ou privées par exemple, ce Comité a dirigé la plus grande grève générale ayant eu lieu en Suisse. Malgré les promesses des autorités et du Conseil fédéral d'alors, l'article constitutionnel sur l'AVS n'a pu être passé en votation et accepté par le peuple qu'en 1925. Il aura fallu attendre encore 30 ans en tout pour que la loi sur l'assurance vieillesse et survivants entre enfin en vigueur, le 1er janvier 1948, à la suite d'une votation référendaire dont la compagne fut acharnée.