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L'altération mesurée et l'interstice l'englobant
Il y a exactement 3 semaines, la pluie s'est acharnée sur nous alors que nous découvrions Evian. Nous avons franchi frontière, lac et dénivellation pour arriver jusqu'aux structures en bois construites par nos camarades, aujourd'hui en deuxième année d'EPFL.
Nous avons fait ceci dans le but d'observer et de prendre les mesures d'une altération à l'intérieur d'un interstice de notre choix.
La compréhension de la mesure a varié au fil des époques. Même le corps humain a été utilisé comme étalon. Toutefois, l'acte de relever l'information et de capter la mesure, comme le désir de l'utiliser dans le but de créer, sont eux restés.
La physique quantique nous rappelle l'influence de l'observateur sur le résultat de l'expérience. Dans l'expérience que nous avons engagée à Evian, l'idée que nous ne sommes pas réellement séparées de la structure observée nous est en effet apparue centrale ... et ce, même si cela s'oppose à certaines conceptions de la pensée occidentale.
Tout ce que l'on a créé durant ces trois dernières semaines (maquettes, moules, dessins, photographies) n'existe, comme en physique quantique, que parce que l'on a été là, dans la forêt humide, mesurant et fixant des longueurs au mm et des angles à l'équerre. Ne pourrait-on pas aller jusqu'à dire que la structure est là parce qu'il y a des personnes (des instruments de mesure conscients), comme nous, qui continuent à la visiter ?
Si la structure a eu une influence directe sur l'orientation de notre travail et sur l'occupation de notre temps, n'avons-nous pas, nous aussi, modifié sa réalité en l'arpentant, en la mesurant, en lui donnant une lecture nouvelle ?
Echantillon de protostructure prélevé lors de la deuxième visite