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Cela s'est passé sur la passerelle permettant d'accéder au cockpit d'un F/A 18 à la Base aérienne de Payerne. Une dame rêvait de pouvoir s'asseoir à l'intérieur et de le piloter. Elle posait de nombreuses questions sur cet appareil capable d'encaisser 9 G. Je me suis adressé au technicien affable pour lui demander s'il y avait beaucoup de femmes dans les Forces aériennes. Je connaissais la réponse (une minorité).
Ma voisine, elle avait un frère pilote et une belle-soeur pilote, rompit une lance en faveur de son sexe en affirmant que les femmes étaient plus douées. Un long débat, dont je n'ai pas attendu les conclusions, s'ensuivit. Il paraît que les femmes possèdent un meilleur doigté, un plus grand sens de l'équilibre vérifiable dans le pilotage des hélicoptères.
Disons que le sujet demeure toujours d'actualité.
Prenons le cas de Kathy Arazo (photo lebiplanjaune.com) qu'un accident de voiture empêcha de réaliser son rêve de devenir pilote de chasse. Après avoir démontré ses talents de voltige au sein de la patrouille Tranchant Fouga magister, elle a été engagée avec une collègue en tant que pilote de Canadair sur la base de Marignane. A l'âge de 32 ans et en dérogation du cursus exigé jusqu'ici. Une autre femme exerce la fonction de leader de la Patrouille de France, un demi-siècle après la première pilote militaire française...
Quant à savoir si une femme a sa place dans un engin de guerre, la question restera ouverte...
Prenons l'histoire à se débuts en rendant hommage à Aïda de Acosta qui sut charmer le génialissime et richissime Alberto Santos-Dumont lors de son séjour à Paris.
La belle américaine d'ascendance cubaine par son père et hispanique par sa mère, une descente de la célèbre famille du Duc d'Albe, donc en visite à Paris, fut fascinée par les dirigeables. Charmé par la demoiselle de 19 ans, Alberto, qui en avait trente lui prêta son neuvième aéronef, un dirigeable, pour un vol en solo.
Nous sommes le 29 juin 1903. Aïda prend son envol et Alberto la suit à bicyclette. Elle se pose près du Bois de Boulogne. Emu aux larmes, Santos-Dumont lui dit: "Mademoiselle, vous êtes la première aero-chauffeuse du monde!". Après avoir assisté à une partie de polo, Aïda remonte dans la nacelle et ramène l'aéronef à son port d'attache. Le vol dura une heure et demie. Attesté par des photographies, l'événement resta relativement discret car les parents d'Aïda craignaient qu'elle ne trouverait jamais de mari après cette escapade!
Un événement historique: cet exploit se déroula près de six mois avant le premier vol des frères Wright dans un engin plus lourd que l'air!
(et aussi sept ans avant l'envol d'Ernest Failloubaz)
Mlle de Acosta fut la seule personne autorisée à voler sur un engin de Santos-Dumont. Ce célibataire endurci, qui vécut longtemps à Montreux, conserva jusqu'à la fin sa vie une photo d'Aïda sur son bureau.
De là, à écrire une romance... Après avoir perdu un oeil suite à un glaucome en 1922, cette grande dame fut à l'origine de la plus grande fondation opthamologique des USA. Elle s'éteignit à New York le 26 juin 1962, à l'âge de 77ans.
Une personne généreuse à l'instar d'Alberto, qui céda son prix de 125000 francs aux pauvres après avoir remporté autour de la Tour Eiffel le challenge Deutsch en 1904. Le destin tragique du héros brésilien est connu. Affecté dans sa santé par une sclérorse multiple, et aussi par la tournure que prit l'aviation en tant qu'arme de guerre, il se donna la mort en 1932.
Le "père de l'aviation", pris pour un espion allemand, retourna dans son pays au lendemain de la Grande Guerre.
Il avait main d'autres raisons d'être pacifiste...
A suivre... En attendant, bon vent à Kathy Arazo dans sa lutte pour la sauvegarde de la nature !