Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06989.jsonl.gz/1260

Principes de base du LPC
Le LPC ou Langage Parlé Complété est une technique simple qui, associée à l’expression orale, permet de compléter la lecture labiale afin de la rendre entièrement intelligible pour la personne sourde.
Le LPC consiste à associer à chaque phonème prononcé (son) un geste de complément effectué par la main autour du visage. A chaque son, ce geste associe une des 5 positions de la main, à l’une des 8 clefs effectuée avec les doigts. La position de la main signifie une voyelle, la clé une consonne. C’est la combinaison de ces clés et positions de la main qui visualise l’entier de la complexité de la langue.
Ce système permet d’éliminer toutes les ambiguïtés dues aux sosies labiaux. Par exemple en lecture labiale, les sons "pa", "ba" et "ma" sont perçus de la même façon. A ces trois sosies correspondent trois codes différents du LPC, permettant ainsi de les différencier clairement.
Pris isolément, les codes du LPC n’ont que peu de signification en soi. C’est leur association avec la lecture labiale qui permet la compréhension totale du langage oral.
Intérêts pour l’enfant sourd
L’enfant sourd est mis dans une situation d’apprentissage du langage dans des conditions similaires à celles que vit l’enfant entendant. Chaque syllabe prononcée peut être perçue. Ce qu’il "entend" du français avec les yeux correspond à l’audition de l’enfant entendant.
Le LPC permet ainsi l’acquisition des structures de la langue, il développe l’acquisition du vocabulaire nouveau et de la syntaxe.
Parallèlement, l’enfant sourd développe spontanément son habileté de la lecture labiale, ce qui lui permettra de se débrouiller dans les situations fréquentes de sa vie où le code n’est pas présent.
Intérêts pour l’interlocuteur de l’enfant sourd
Tout peut être codé : les noms propres, articles, adverbes, néologismes, et tout mot compliqué. Il n’y a pas besoin de simplifier la phrase, ni d’en bouleverser la structure grammaticale.
Les principes de base du LPC sont acquis rapidement. Après une petite dizaine d’heures d’apprentissage, il est déjà possible de tout coder. La suite n’est plus qu’une question d’entraînement. En quelques mois de pratique, une personne sait coder à la vitesse normale de la parole.
La communication dans une famille entendante s’installe avec l’enfant sourd dans la même langue que celle utilisée avec les autres membres de la famille. De ce fait, c’est l’ensemble de la culture familiale qui est transmise à l’enfant. De manière adaptée à son âge, mais avec toute la complexité souhaitée.
Les clés du LPC
Une combinaison de 8 clés et 5 positions de la main, ajoutée à la lecture labiale, suffisent pour visualiser l’ensemble de la langue parlée, son par son.
Le but étant de permettre à la personne sourde de différencier les sons difficiles à percevoir par la seule lecture labiale.
La lecture labiale de la langue française ne visualise à elle seule - et de manière claire - uniquement le tiers du message. Pour percevoir le message restant (sans code LPC), la personne sourde doit faire appel à la suppléance mentale. C’est très fatigant et comporte d’importants risques de malentendus.
Positions des mains pour coder voyelles et consonnes (2015) :
Poster des clés LPC
Historique du LPC
En 1965, en rédigeant un rapport sur l’Université des sourds de Gallaudet aux USA, le Dr Orin Cornett, un physicien américain, prend conscience que le niveau moyen de lecture des sourds de 15 à 18 ans de cette Université correspond à celui d’un enfant entendant de 8 ans.
Il se rend compte qu’aucune méthode efficace ne permet aux sourds d’acquérir le langage parlé et d’accéder ainsi aisément à la lecture. A ses yeux, c’est pourtant une source primordiale d’informations pour les sourds. Le Dr Cornett met alors au point une méthode, le « cued speech », qui est testée en 1966 avec succès pour la première fois. Depuis, cette approche a été adaptée à plus de 60 langues et dialectes.
En 1971, c’est le pasteur genevois Denis Mermod qui l’adapte en français et lui donne son nom francophone d’aujourd’hui, le Langage Parlé Complété ou LPC. Lors d’une présentation à Lausanne en 1973, l’assemblée de professionnels de la surdité présente, décide que non, cette méthode n’est pas utilisable, car jamais les parents ne seraient d’accord d’apprendre le LPC.
Ce n’est qu’en 1982, près de 10 ans plus tard, que des parents eux-mêmes s’y intéressent, l’apprennent et l’introduisent avec succès en Suisse romande pour faciliter l’intégration de leurs enfants sourds en classes d’élèves entendants.
Dès 1994, le LPC est reconnu et remboursé par l’OFAS, une formation pour les codeuses-codeurs-interprètes (C-I) est en place et partout en Suisse romande, des élèves sourds sont intégrés avec l’aide du LPC.
Aujourd’hui, plus de 90 situations sont suivies par le Service d’Aide à l’intégration (SAI) de la Fondation A Capella.
La formation des C-I est intégrée à l’EESP à Lausanne (Ecole d’Etudes Sociales et Pédagogiques), une 6ème volée a reçu ses diplômes en juin 2009, une nouvelle formation est en préparation. Vous renseigner ou annoncer votre intérêt auprès du secrétariat de l’ALPC.
L’ALPC peut compter sur la fidélité d’environ 600 membres. Les premiers enfants LPC sont aujourd’hui des adultes. Ces jeunes sont autonomes et parfaitement intégrés dans une vie sociale avec les entendants.
En Suisse allemande, le LPC n’est ni connu, ni utilisé. Ceci probablement pour deux raisons, l’une étant que l’allemand est plus facilement perçu par la lecture labiale (moins de sosies labiaux qu’avec le français), le besoin d’un support est donc moins évident, l’autre étant certainement la barrière du dialecte, qui se coderait bien sûr différemment du Hochdeutsch, utilisé à l’école et à l’écrit. L’oralisme qui s’y pratique est donc un oralisme pur, sans LPC.
Publications
- Mémoire de licence en psychologie : comparaison d’enfants implantés avec suivi LPC ou sans LPC)
- La science appelle les Jeunes 2007 : Travail sur le LPC réalisé dans le cadre du concours : La science appelle les jeunes
- Entre le son et l'enfant sourd, le livre d'Yves Masur parent d'enfant sourd.
- Rapport OPERA 2012, publication du CSPS – Concept romand de scolarisation des élèves sourds et malentendants, rédigé en collaboration avec la HEP Vaud.