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Antérieure à l'an 1128.
Saint Bernard lui recommande la cause de l'évêque de Meaux.
A son très-révérend seigneur et père Humbauld, archevêque de Lyon et légat du saint Siége, le frère Bernard, abbé de Clairvaux, salut et tout ce que peut la prière d'un pécheur.
Le hasard a voulu que monseigneur l'évêque de Meaux fût en route pour venir nous voir quand il reçut votre lettre. Comme il a voulu vous répondre avant de nous quitter, il m'a prié de joindre une lettre à la sienne, dans l'espérance qu'ayant l'honneur d'être de vos amis, je pourrais avancer ses affaires auprès de vous.
Je n'ai pu me refuser à son désir; je dirai donc, en deux mots, à Votre Révérence, au nom de l'amitié dont elle m'honore, que si vous écoutez les plaintes de gens égoïstes qui ne songent qu'à leurs intérêts, contre un évêque qui ne pense qu'à ceux de Jésus-Christ, vous n'agissez pas comme il convient à votre dignité et à votre devoir.
NOTES DE HORSTIUS ET DE MABILLON
LETTRE XXII.
17. A Humbauld, qu'Orderic appelle aussi Humbert. Après avoir été archidiacre d'Autun, il devint primat de Lyon et fut adjoint au cardinal Pierre de Fontaines, pendant sa légation, au commencement du pontificat d'Honorius II; et non pas dé Callixte, comme le dit Sévert dans son Histoire des évêques dé Lyon, lorsqu'il vint mettre un terme à l'insolence de Ponce qui avait été moine de Cluny. Il y réussit en anathématisant Ponce, ainsi que le rapporte en détail Pierre le Vénérable, livre III des Miracles, chap. III. Aussi nous semble-t-il que cette lettre a dû être écrite vers l'an 4125, mais, en tout cas, certainement avant 1129, qui est, selon Sévert, l'année de la mort de Rainaud, successeur de Humbauld, dont il n'occupa le siège que fort peu de temps. (Note de Mabillon.)
18. Monseigneur l'évêque de Meaux, Burehard et non Manassès Il, son successeur. Il n'en peut être autrement, puisque Humbauld mourut, comme nous l'avons vu, en 1129, et que Burchard lui survécut jusqu'en 1133, après l'assassinat de Thomas, prieur de Saint-Victor, près de qui fut enterré, et dont il partagea l'épitaphe tumulaire, comme on le voit dans la Gaule chrétienne et dans Sévert. Il s'est donc glissé une faute dans le Tabulaire de Saint-Martin-des-Champs, cité par Duchesne, dans ses notes sur Abélard, où il est dit que Manassès II céda l'église de Choisy au couvent de Saint-Martin en 1125, au lieu de 4135 qu'il faudrait lire selon l'histoire de ce couvent publiée par le père Marrier. Cette observation conduit naturellement à dire que l'évêque de Meaux dont saint Bernard fait mention au commencement de sa quarante-deuxième lettre à Henri de Sens, n'est pas Manassès II, comme beaucoup l'ont pensé jusqu'à présent, mais Burchard lui-même. En effet, cette lettre est adressée à Henri, peu de temps après qu'il eut renoncé à ses habitudes de courtisan, comme saint Bernard l'insinue assez clairement en cet endroit et en quelques autres encore, quand il dit : « Une plus agréable nouvelle s'est répandue de vos contrées jusqu'aux nôtres, nous avons entendu dire de vous, des choses bien meilleures que celles auxquelles vous nous aviez habitué; c'était que pour suivre les conseils de l'évêque de Chartres, il. s'était converti à un genre de vie meilleur, comme il le dit plus loin. Or il est constant, par la quarante-neuvième lettre de saint Bernard à Honorius, que cette conversion eut lieu du temps de ce Pape, puisque notre Saint, dans cette lettre, recommande vivement, à ce souverain Pontife, de le protéger contre les persécutions dont il était l'objet de la part de Louis le Gros. On le voit encore parle motif même auquel saint Bernard attribue ces persécutions, et qu'il montre assez clairement n'être autre que la conversion de ce prélat : « Ceux, dit-il; que le roi comblait de distinctions, dont il estimait la fidélité et qu'il honorait, même de son amitié lorsqu'ils étaient dans le monde, sont précisément ceux qu'il persécute à présent comme ses ennemis personnels, parce qu'ils soutiennent la dignité de leur ministère et l'honneur de leur sacerdoce... Il en est de même aujourd'hui pour l'archevêque de Sens, dont il s'efforce d'ébranler la fermeté et de briser la constance..... »