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La découverte de cette cavité remonte à 1889 lorsqu’une crue extraordinaire fit refouler de l’eau par le futur puits d’entrée dans un champ. Ce puits est situé près de l’Hôtel Bellevue et fut maçonné en 1906 sur une hauteur de 10m dans l’espoir d’en exploiter l’eau venue du fond. Ceci en vain, il fut bouché une première fois.
En 1916 il est réouvert afin que Messieurs Pinchon, Laplanche ainsi qu’un ouvrier puissent explorer le gouffre encore inconnu, toujours en quête d’eau exploitable. Après cette exploration le puits est à nouveau bouché.
En décembre 1930 le puits est réouvert par une équipe des « Boueux » composée de G. Amoudruz, E. Buri, Châtelain et Ritzmann afin d’explorer le gouffre dont seulement les 2 premiers puits ont été découvert. L’équipe s’arrête dans un premier temps sur un 3ème puits mouillant par manque de matériel. Une seconde expédition des « Boueux » en septembre 1931 permis de descendre le 3ème puits jusqu’au terminus de l’époque.
Le gouffre restera bouché jusqu’en septembre 1951 où la SSSG ouvre à son tour le puits d’entrée pour y mener une série d’expéditions menée par C. Roth dans l’espoir de découvrir un lac souterrain. Malheureusement l’équipe se heurte à un bouchon obstruant la suite.
En mars 1953 M. Haegi et J. Christinat réalisent un traçage au sel qui montre que le gouffre de Bellevue communique avec la source des Eaux-Belles. A la même époque une tentative de désobstruction est conduite et permet de progresser d’une dizaine de mètres et atteindre presque les 100m de dénivelé.
Par la suite l’entrée du gouffre, qui se situe sur une propriété privée, se voit orné d’une grille. La cavité continue à être visitée par les clubs locaux et sert surtout à l’initiation à la verticale. Des études hydrogéologiques sont menées, notamment par J.-J. Pittard, et permettent de mieux comprendre le « Salève Souterrain ».
En 1987 une petite équipe de la SSSG menée par P. Vuilleumier entreprend de vider le siphon d'entrée (à -13m). Derrière ils découvrent une petite salle en faille prolongée par une chatière creusée dans l'argile. Les explorations s'arrêtent là faute d'une réelle suite possible.
En 2000, suite au changement de propriétaire du terrain, l’entrée est verrouillée rendant la cavité inaccessible.
Sur l’impulsion d’André Collin une convention est passée entre le propriétaire et le comité spéléologique de Haute Savoie (CDS74), permettant ainsi une réouverture en février 2005. Les visites et les séances de désobstruction se succèdent guidé par un courant d’air provenant du fond. En octobre 2005 une présentation du gouffre aux habitants de Monnetier-Mornex est organisée, permettant même au plus courageux une visite jusqu’au haut du P22.
Ce n’est qu’en mars 2008 que « la Porte des Eaux Belles » cède sous les coups de pelle d’André qui réalisait ce jour là une sortie en solitaire. Il va pouvoir continuer jusqu’à la marmite qui orne le haut du « Puits Régis ». Les jours suivant les pointes se succédèrent sous l’euphorie générale d’avoir découvert le Graal des « Boueux ». Une désobstruction de « la Trémie du Bonheur » est entreprise par les Collins qui pensent que la rivière se situe juste derrière. Le lendemain celle-ci est passée et après un canyon incliné d’une trentaine de mètres donne sur « le Puits de la Semoule ». Arrivé au « Puits de la Glaise » ils entendent un grondement régulier qui monte du fond. La rivière doit être proche ! L’exploration s’arrête en haut de « la Faille Toc Toc Plouf » par manque de matériel.
La semaine suivante toute l’équipe de la SSG (P. Antoine, V. Berclaz, Agnès & André Collin, D. Grosjean, P. Marti, G. Rossi et L. Savoy) s’est donnée rdv à l’entrée du gouffre pour en poursuivre son exploration. Après avoir descendu « la Galerie de l’Hélice », puis passé une voûte mouillante, ils tombent sur une rivière à -157m qui les mène au collecteur (une première au Salève). La rivière sort d’une résurgence et se perd dans le siphon aval. La « Galerie Amont » permet de prolonger l’extraordinaire découverte du jour. En avril l’exploration est arrêtée par une crue de la rivière qui met en charge tout le réseau jusqu’au P22 situé 90m au dessus du collecteur.
En mai 2008 le siphon amont est atteint et « la Galerie du Ruisseau » est partiellement remontée. Désormais la suite doit être laissée aux plongeurs. En août 2008 P. Donzé plonge au narguilé dans le siphon amont sans le sortir. En octobre c’est au tour de P. Marti qui franchi le premier siphon de 37m et tombe sur 2 galeries et un second siphon qu’il ne pourra pas franchir. Désormais le développement est de 669m et la profondeur de 166m. En juin 2009 V. Berclaz et L. Savoy topographient « les Schtroumfs Bruns » l’une des 2 galeries en amont du S1.
En août 2009 J. Bouffartigue franchi le S2 qui mesure 110m et découvre la suite de la galerie qui se sépare en deux. Le S2 serra encore franchi 3 fois par J. Bouffartigue, P. Marty et L. Savoy qui topographieront la suite faisant ainsi passer le développement à 1342m.
En août 2010 Agnès & André Collin remontent l’aval fossile et débouchent sur « le Lac du Vendredi 13 ». En 2011 « la Galerie Ruisseau » est remontée jusqu’à « la Salle Communale », puis jusqu’aux « Cheminées de Baugé » qui culminent à -15m par rapport au puits d’entrée. Le développement total à ce jour est de 1600m.
Topographie 2012 par A. Collin (vue coupe) :
Topographie 2012 par A. Collin (vue plan) :