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Rappel avec ou sans auto-assureur?
On me reproche toujours plus souvent d' adopter une conduite « dangereuse » en descendant en rappel sans auto-assurage ( par exemple, des nœuds de prusik ). La raison invoquée est souvent l' avis général des manuels: les rappels s' effectuent, par principe, toujours auto-assurés. Mon opinion est quelque peu différente: l' auto en rappel est indiqué pour le premier de cordée, mais pas pour les suivants, qui sont, eux, assurés par le premier. Pour tous ceux qui l' igno: le premier prend les cordes dans la main et peut, en cas de danger, stopper ses compagnons de rappel avec le palan ( même effet que l' anneau de prusik ). Les avantages d' un tel comportement sont évidents. Si le suivant a un accident et ne peut plus réagir lui-même, le premier a la possibilité de le faire descendre un peu pour lui administrer les premiers secours. Dans un groupe de trois, le dernier peut en outre descendre en bas de la falaise et organiser le sauvetage. En revanche, si le blessé était auto-assuré, il pendrait bêtement un peu plus haut, sur une roche surplombante, voire même dans l' air. Les cordes seraient bloquées et il deviendrait impossible d' administrer les premiers secours ou de continuer à descendre.
C' est pourquoi je recommande qu' en principe, seul le premier fasse un rappel auto-assuré. Mais il faut bien sûr savoir déroger à cette règle selon les cas, comme lorsque le point de relais inférieur est plus dangereux que celui de rappel. Evaluer encore et toujours la situation et adopter le comportement adéquat est le meilleur gage de sécurité: il peut être dangereux de suivre aveuglément l' en des manuels.
Daniel Weber, Coire ( trad. )
Prise de position du secteur Alpinisme Comme le relève justement Dani Weber, l' opinion qu' il défend s' écarte de la ligne adoptée par le CAS, qui préconise un auto-assurage pour les rappels ( cf. le manuel sur les techniques alpines ). Cette méthode présente certainement des avantages, mais aussi des inconvénients! Pour accroître la sécurité, nous essayons, dans la mesure du possible, de trouver un assurage multiple. Le procédé décrit ci-dessus ne marche pas lorsque le descendeur est mal ﬁxé ou accroché au cuissard au mauvais endroit ( par ex. à la lanière pour le matériel ). Il se peut même que le descendeur Bonaiti se décroche, à la suite d' un malheureux concours de circonstances. Et, en rappel, toute fausse manipulation se solde par une chute causant des lésions graves, voire mor-telles. a
Bruno Hasler, guide ( trad. )