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Santé New York va tester du plasma de convalescents sur les malades
L'idée est de fournir des anticorps contre le coronavirus. Une méthode qui ne convainc pas du tout les HUG.
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Plusieurs hôpitaux new-yorkais se préparent, dès la semaine prochaine à utiliser le sang des personnes qui se sont remises de la CoVid-19 pour tenter de soigner les plus gravement atteints. L'idées est de transfuser du sang chargé d'anticorps de ceux qui ont survécu à la maladie à ceux qui sont malades, explique «Nature». Contrairement à un vaccin, qui pousse le patient à générer lui-même ses anticorps, cette méthode dite du plasma convalescent apporte des anticorps externes, donc serait plus rapide.
C'est le gouverneur de New York, Andrew Cuomo, très actif sur le front du coronavirus, qui a annoncé le 23 mars son intention de tester cette méthode afin de combattre l'épidémie. Précisons qu'avec plus de 23 000 cas confirmés et 365 morts, New York est l'épicentre du coronavirus aux Etats-Unis. Le 24 mars, la Food and Drug Administration (FDA) donnait son accord pour effectuer de tels tests.
Priorité aux plus atteints
Il s'agit d'abord d'effectuer des essais cliniques. La FDA prévient que, compte tenu de l'urgence de santé publique que représente l'épidémie, ces tests seront effectués en priorité sur des patients gravement atteints ou dont la vie est en danger. Au moins deux hôpitaux de New York, le Mount Sinai et l'Albert Einstein College of Medecine devraient commencer à transfuser du plasma convalescent à des malades. Rappelons que le plasma est une partie du sang qui contient les anticorps mais pas de globules rouges. Et évidemment, on s'assurera de l'absence de tout autre agent infectieux avant de faire la transfusion. Les essais cliniques devraient ensuite être étendus à d'autres hôpitaux universitaires à travers les États-Unis afin de recueillir des preuves tangibles de l'efficacité de ce traitement.
Scepticisme à Genève
«Le monde va observer ce test car, contrairement aux médicaments, le sang des survivants est relativement bon marché et disponible pour tous les pays durement touchés par une épidémie», écrit «Nature». Aux Hôpitaux Universitaires de Genève (HUG), non seulement des tests avec du plasma convalescent ne sont pas envisagés, mais en plus on se montre très dubitatif quand à l'opportunité d'un tel traitement. «Il n'y a aucune espèce d'évidence que cela fonctionne, estime le Dr Manuel Schibler, du Laboratoire de virologie. De plus, cette méthode utilise des anticorps qui circulent dans le sang, ce qui ne doit pas être d'une grande utilité avec le coronavirus actuel qui agit dans les poumons.» Le plasma convalescent n'est donc de loin pas une piste privilégiée par les HUG, «ni aucun autre hôpital en Suisse à ma connaissance», ajoute le Dr Schibler.
Si les États-Unis se lancent dans cette pratique, c'est sans doute parce le pays cherche frénétiquement un moyen d'éviter une situation à l'italienne alors que le pic de l'épidémie pourrait survenir d'ici deux à trois semaines à New York, selon les estimations. Les chercheurs espèrent donc que les tests soient rapidement concluants afin de pouvoir utiliser cette méthode non plus en guise de traitement mais de prévention en inoculant des anticorps aux personnes présentant un haut risque d'être contaminés, comme le personnel soignant, empêchant ainsi la maladie de se développer.
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Michel Pralong
Créé: 27.03.2020, 17h00