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Si son nom figure sur le fronton du Musée d’art et d’histoire, aux côtés de ceux d’Alexandre Calame, de Wolfgang-Adam Töpffer ou encore de Jean-Étienne Liotard, Barthélemy Menn (1815-1893) demeure méconnu du grand public.
Ferdinand Hodler a pourtant dit de lui qu’il « lui devait tout ». En qualité de professeur, Menn a en effet formé des générations d’artistes à Genève au cours de la seconde moitié du XIXe siècle.
Dans le cadre cette année consacrée à commémorer le centenaire de la mort de Hodler, le Cabinet d’arts graphiques du Musée d’art et d’histoire se penche sur le parcours de cet homme qui a volontairement mis sa carrière entre parenthèses au profit de l’enseignement et présente quelque 130 peintures, études à l’huile, aquarelles, dessins et lithographies de Barthélémy Menn.
L’histoire qui lie les Musées d’art et d’histoire à Barthélemy Menn remonte à 1831. Cette année-là, le jeune artiste de seize ans s’inscrit aux Écoles de dessin de la Ville de Genève, dont les cours sont dispensés dans le sous-sol du Musée Rath. Faisant preuve d’une grande aisance qui en surprend plus d’un, Menn maîtrise le modelage de la figure aussi bien que la technique de paysage. Il parvient ainsi à se faire une place dans l’atelier de Jean-Auguste-Dominique Ingres à Paris, et copie assidûment les maîtres anciens au musée du Louvre, puis à Rome, Venise et Florence. De retour en Suisse, il participe à la ronde obligatoire des différents concours et autres expositions et, après des débuts difficiles, finit par bénéficier d’un accueil bienveillant de la part de la critique.
Mais, en 1859, Menn cesse d’exposer et se consacre principalement à l’enseignement. Son art, aurait-il dit, ne devait pas être mis à l’épreuve de la critique sous le regard de ses élèves. À la fin de sa vie, à défaut d’avoir mis en avant son œuvre et de l’avoir rendu accessible, Menn est malgré tout devenu une figure incontournable des cercles artistiques genevois : professeur et directeur à l’École de la figure puis à l’École des Beaux-Arts, membre de plusieurs sociétés et comités artistiques, il a marqué de son empreinte l’enseignement du dessin et de la peinture à Genève.
Avec l’exposition Barthélemy Menn, le Cabinet d’arts graphiques met en lumière l’œuvre de ce pédagogue resté dans l’ombre de celui de son élève le plus célèbre, Ferdinand Hodler, et ce malgré un travail de réhabilitation mené par ses héritiers dans les années 1890. Cette présentation passe en revue
les innovations techniques imaginées par Menn, tant sur le plan de la peinture de paysage, que de l’étude de la figure, du visage et des personnages.