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Eaux souterraines
Origine
Les grands glaciers de l’ère Quaternaire qui descendaient des Alpes jusque sur le Plateau suisse et même dans la vallée du Rhône près de Lyon font partie de l’histoire géologique récente de la région. Le creusement glaciaire des vallées alpines et périalpines et l’accumulation des débris d’érosion au cours de la fonte des glaces, sont des faits qui intéressent particulièrement les géologues.
L’étude des glaciers actuels permet de mieux comprendre la dynamique de la glace et l’origine et la mise en place des dépôts.
Pour la région genevoise, on s’accorde à penser que la dernière phase glaciaire importante a duré de -40’000 à -13’000 ans avant l’époque actuelle. Durant cette période, il s’est accumulé jusqu’à 120 mètres de dépôts glaciaires par dessus la molasse et dans les anciennes vallées creusées dans cette molasse.
Les dépôts quaternaires de la région genevoise sont dus à deux phases glaciaires importantes : une première entre -100’000 ans et -45’000 ans, et une deuxième qui a donné au paysage sa morphologie actuelle, entre -40’000 et -15’000 ans environ. Ces phases n’ont pas été simples, avec une progression glaciaire, une stagnation et un retrait, mais ont été au contraire bien plus complexes avec des retraits et des progressions de plus faibles amplitudes, souvent très localisés.
Les eaux souterraines de la région
Tous les dépôts meubles sableux et graveleux d’origine glaciaire et alluviale vont constituer le siège des circulations d’eau à travers les pores de ces matériaux. On se trouve alors en présence de nappes d’eau souterraines appelées nappes à perméabilité d’interstices qui deviennent des réserves intéressantes lorsqu’elles reposent sur des structures géologiques imperméables, en forme de cuvette de grande dimension. On assimile souvent les nappes aquifères à des rivières ou lacs souterrains. Cette vision, pour le canton de Genève, est totalement erronée. Il existe effectivement au pourtour de Genève de grands massifs calcaires, sièges d’un régime karstique (dissolution des roches calcaires créant des fissures ou des grottes) de circulation des eaux souterraines, par exemple au Salève, au Vuache et dans le Jura. Mais dans les aquifères du canton, l’eau se trouve stockée dans les minuscules porosités des graviers ou des sables.
Les principales nappes du canton de Genève occupent les graviers glaciaires appelés « alluvions anciennes ». Elles sont réparties en général dans une direction du Nord-Est vers le Sud-Ouest et se trouvent entre 15 et 60 mètres de profondeur. Leur épaisseur peut atteindre 40 à 50 mètres. Elles sont activement exploitées pour la fourniture en eau potable par une quinzaine de puits à forte capacité.
Il existe également une série de nappes d’eau souterraines, appelées nappes d’eau souterraine superficielles qui, comme leur nom l’indique, sont situées entre 2 et 10 mètres de profondeur, avec des épaisseurs réduites (moins de 10 mètres) et des capacités moindres que celles exploitées pour l’eau potable. Elles ont pour siège les sables et graviers issus des derniers retraits du glacier du Rhône.
On trouve aussi souvent de l'eau dans le sous-sol genevois dans des terrains faiblement perméables (limons de retrait ou niveaux intra-morainiques). Ces circulations d'eau ont souvent un caractère temporaire et il ne s'agit alors pas de vraies nappes d'eau souterraines caractérisées. Ces corps sont décrits comme nappes temporaires ou à écoulements laminaires sur la carte hydrogéologique du canton.
Les informations cartographiques liées à l'hydrogéologie cantonale peuvent être visualisées sur le système d'information du territoire genevois - SITG (entrer dans les cartes dynamiques puis cliquer sur l'onglet "environnement-nature-bruit")