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Les fontaines genevoises : l’eau au cœur de la cité
La ville de Genève compte environ 350 points d’eau, des fontaines qui étanchent la soif de ses habitants depuis plusieurs siècles. En effet, la plupart de ces ouvrages sont alimentés en eau potable, à commencer par les fameuses bornes à tête de lion, emblématiques de Genève. Si la Cité de Calvin doit en partie sa renommée internationale à son jet culminant à quelque 140 mètres de haut, elle se distingue aussi par ces fontaines tantôt monumentales, tantôt discrètes, qui, de place en place, s’écoulent lentement au rythme de l’Histoire.
Les fontaines de Genève : du Moyen Âge à nos jours
En ville, les fontaines assument progressivement différents rôles. À l’origine, elles permettent de satisfaire les besoins en eau des habitants et participent à l’hygiène des rues. Peu à peu, alors que le réseau de distribution se perfectionne, ces ouvrages deviennent des symboles de pouvoir tout en contribuant à la vie de la cité. Monumentales, elles sont érigées au centre d’une place où l’on se retrouve pour échanger et partager. Ornées de sculptures et de bas-reliefs, elles évoquent des moments de l’histoire, dépeignent des scènes de la mythologie, font référence à des allégories, etc.
À Genève, les premiers documents attestant de la présence de fontaines datent de la deuxième moitié du 16e siècle. La fontaine du Bourg-du-Four est mentionnée dès la fin du 15e siècle, mais c’est entre 1576 et 1579 qu’elle est érigée. Souvent remaniée, seule sa partie haute serait un vestige de cette fontaine du 16e siècle. La plupart des fontaines médiévales genevoises ont ainsi été retouchées ou remplacées, notamment au cours du 18e siècle. Et de nouveaux points d’eau fleurissent régulièrement entre le 19e et le 20e siècle.
De nombreuses fontaines d’eau potable
La plupart des fontaines genevoises sont alimentées en eau potable. La ville compte également une cinquantaine de fontaines « recyclées ». L’eau circule dans un circuit fermé, ce qui permet de réaliser des économies. Si elle est filtrée et traitée, elle ne peut toutefois être consommée.
Les fontaines de Genève sont coupées entre novembre et mars, à quelques exceptions près. En hiver, pour éviter les dégâts liés au gel, elles coulent 24 h / 24. Le reste du temps, la grande majorité des fontaines sont actives en 7 h 00 et 22 h 00. Lors des grosses chaleurs estivales, les fontaines sont toujours autant appréciées. Plusieurs applications mobiles permettent d’ailleurs de localiser facilement un point d’eau potable. De quoi remplir facilement sa gourde, ce qui est toujours un geste appréciable pour la préservation de l’environnement.
Les bornes « tête de lion », les fontaines emblématiques de Genève
Elles font partie intégrante du paysage urbain genevois. Les bornes-fontaines à tête de lion abreuvent la ville depuis 1843, date à laquelle deux d’entre elles sont installées rue Rousseau et rue du Temple. Elles se multiplient dès 1860, notamment après la construction du réservoir de la Bâtie et de l’usine de la Coulouvrenière. Ces bornes apparaissent généralement à la faveur de nouveaux quartiers, là où les canalisations se finissent en cul-de-sac. De nos jours, seules 15 d’entre elles se trouvent en queue de conduite.
Ces fontaines se distinguent par leur goulot en fonte. C’est de la gueule d’un lion que coule l’eau, un bas-relief dont l’usine genevoise Kessler s’est fait une spécialité. Son nom est d’ailleurs inscrit sur la plupart des bornes. L’hiver, les bornes-fontaines de Genève sont abritées par de petites cabanes. En 1929, elles auraient pu être toutes supprimées par les autorités ; mais c’était sans compter l’attachement des Genevois à ces ouvrages chargés d’histoire. Aujourd’hui, elles sont au nombre de 176 et continuent à animer rues, places et jardins de leur doux clapotis.
Troger et les fontaines
Notre département IS’EAU entretient plusieurs fontaines genevoises, dont l’énigmatique fontaine brumisateur du jardin de l’Amandolier situé à deux pas de la gare des Eaux-vives. Depuis 2006, Troger participe à l’entretien de cet îlot de fraicheur apprécié des promeneurs. Ce jardin contemporain réalisé par la SPG, est l’œuvre de l’Agence Ter. Il fut en 2013 l’un des finalistes du prestigieux prix Européen du Jardin (EGHN).
Si vous ne le connaissez pas, cet été nous vous invitons à une flânerie bucolique dans ce lieu magique.
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