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Dans les pays industrialisés, la consommation à risque épisodique* est un facteur de risque important de morbidité et mortalité chez les adolescents et les jeunes adultes. Cette étude a évalué la prévalence de la consommation à risque épisodique chez les jeunes hommes suisses de dix-neuf ans. Les investigateurs ont distribué un questionnaire à tous les jeunes hommes de dix-neuf ans lors de l’évaluation médicale obligatoire (deux jours) dans le cadre du recrutement de l’armée (site de Lausanne auquel doivent se présenter tous les jeunes hommes suisses francophones).
Durant les 25 semaines de l’étude, 4116 hommes se sont présentés au centre de recrutement et 3536 ont accepté de participer à l’étude.
Au cours des douze derniers mois :
7,2% n’ont pas consommé d’alcool (abstinents) ;
17,2% ont consommé de l’alcool mais sans présenter de consommation à risque épisodique* ou de consommation à risque hebdomadaire** ;
63,4% rapportent au moins un épisode de consommation ≥ 10 unités;
75,5% des sujets consommant de l’alcool rapportent un épisode de consommation à risque épisodique au moins une fois par mois ;
69,3% de la quantité d’alcool consommée par cette population l’est au cours d’épisodes de consommation à risque épisodique et 49,2% de la quantité d’alcool consommée l’est au cours d’épisodes de consommation ≥ 10 unités ;
la consommation hebdomadaire régulière est peu fréquente : 17,1% consomment en moyenne plus de trois jours par semaine sur l’année, 27,6% ont consommé plus de trois jours lors de la semaine précédente. Les consommations ont lieu surtout en fin de semaine (moyenne journalière : 7 unités).
Commentaire : En Suisse, où l’âge légal pour l’achat de bière et de vin est de seize ans (dix-huit ans pour les spiritueux), la consommation à risque épisodique est très fréquente chez les jeunes hommes et fait figure de norme. L’alcool est principalement consommé lors d’épisodes de consommation à risque en fin de semaine et les jeunes hommes sont donc particulièrement exposés à ses conséquences négatives lors de ces périodes. Les cliniciens devraient donc informer les jeunes des risques liés à la consommation à risque épisodique.