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L’architecture suisse a apporté des contributions importantes au développement du Mouvement moderne international et à ses évolutions, à partir des visions du futur annoncées dans les années 1910 par Camille Martin dans la revue L’Architecture suisse et par le jeune Charles-Édouard Jeanneret dans le pamphlet Étude sur le mouvement d’art décoratif en Allemagne, qui préannoncent plusieurs concepts-clés du mouvement de l’Esprit nouveau.
Dans le petit village de Corseaux, Le Corbusier réalise la Villa “Le Lac” entre 1923 et 1924 et inaugure une longue série de projets et réalisations de villas modernes au bord du lac Leman tandis que un groupe de jeunes architectes zurichois et bâlois bouleversent la vision architecturale de l’époque. Parmi eux, citons Hans Schmidt et Werner Moser qui s’intéressent à la nouvelle architecture néerlandaise et collaborent avec des artistes et des architectes d’avant-garde comme Lazar Lissitzky (El Lissitzky) et Mart Stam. Et ce sera par la collaboration entre Stam, El Lissitzky et Schmidt que le seul périodique suisse d’avant-garde, ABC Beiträge zum Bauen, verra le jour en 1924 et poursuivra ses publications jusqu’en 1927 bénéficiant aussi de la collaboration de Hannes Meyer. En 1928, la fondation des Congrès internationaux d’architecture moderne, fortement voulus par Le Corbusier, a lieu dans le château du village de La Sarraz. Le développement d’une culture moderne, internationale et internationaliste, toute suisse, est également encouragé dans ces années-là par le progrès du génie civile qui est dynamisé par le talentueux Robert Maillart : il ouvre à une réflexion originale sur la relation entre paysage naturel et artefact humain, dans un contexte environnemental d’exception, qui séduit le monde entier.
La réflexion sur l’architecture moderne continue dans les années 1940 avec les travaux de Max Bill concernant la recherche de La bonne forme (Die gute Form) et se poursuit, dans les années 1950 et 1960, manifestant les tensions entre les partisans d’une production architecturale en continuité avec celles des grands maîtres su Mouvement moderne et les pulsions d’une nouvelle génération qui se fait l’interprète de nouvelles instances sociales et dont les position inconciliables de Bill et Thomas Maldonado au sein de l’école de Ulm sont une manifestation évidente.
Cette condition de complexité se reflet clairement dans l’histoire du projet pour Expo 64 à Lausanne, dont l’analyse marque la clôture de ce cours.
Cet enseignement se compose de 2/3 de cours ex-cathedra et 1/3 de cours donnés lors de visites guidées de bâtiments et sites de la région lausannoise. Le programme est adapté chaque année. Des exemples de bâtiment et sites visitées et analysées sur place les années passées sont la Piscine de Bellerive, la Villa Kenwin, le Théâtre de Vidy et les vestiges d’Expo 64, le bâtiment administratif Nestlé).