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Argentine Présidentielle: Kirchner préfère laisser la place
L'ex-présidente argentine Cristina Kirchner a annoncé avoir demandé à l'un de ses lieutenants de briguer la présidence à sa place.
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Pourtant bien placée dans les sondages pour être élue à la présidence argentine en octobre, l'ex-présidente de gauche Cristina Kirchner a créé la surprise samedi en annonçant laisser la voie libre à un de ses lieutenants. Son procès pour corruption débute dans trois jours.
Dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux, Mme Kirchner demande à Alberto Fernández, un avocat de 60 ans, ancien chef du gouvernement argentin de 2003 à 2008, d'être candidat à la succession du président de centre-droit Mauricio Macri. Ce dernier avait succédé à Mme Kirchner fin 2015.
En la Semana de Mayo, reflexiones y decisiones. Sinceramente Cristina.https://t.co/UWoQq5CDH9— Cristina Kirchner (@CFKArgentina) May 18, 2019
Alberto Fernández n'a pas encore fait connaître sa réponse, mais un refus semble improbable. «J'ai demandé à Alberto Fernández de prendre la tête du ticket que nous formerons, lui comme candidat à la présidence et moi comme candidate à la vice-présidence lors des primaires» du 11 août, a déclaré la sénatrice de 66 ans dans un message enregistré.
Stratégie électorale
Mise en examen dans plusieurs dossiers de malversations durant ses deux mandats à la tête de l'Argentine (2007-2015), Cristina Kirchner conserve une forte base électorale, notamment parmi les plus défavorisés, mais également un niveau de rejet élevé. Elle faisait partie jusqu'à présent des favoris de l'élection présidentielle du 27 octobre, en compagnie de Mauricio Macri.
Protégée par son immunité parlementaire, elle a pu échapper à des mandats d'arrêt du juge, qui instruit la plupart des affaires de corruption la visant. Le politologue argentin Sergio Berenzsztein voit là une «décision stratégique», en rappelant que le président russe «Vladimir Poutine avait été le second de Dmitri Medvedev», devenu chef de l'Etat entre 2008 et 2012, tout en conservant son influence.
La mise en avant d'Alberto Fernández, plus consensuel, est une façon d'élargir sa base électorale. «La présence de Cristina Kirchner dans le ticket lui permet de conserver 100% de ses intentions de vote et d'offrir un candidat qui ne suscite pas autant de rejet que l'ex-présidente, dans la perspective du second tour», souligne Rafael Gentili, président du Laboratoire de politiques publiques, un centre d'études argentin. (ats/nxp)
Créé: 19.05.2019, 00h28