Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07047.jsonl.gz/107

Identification d’une piste permettant l’identification et le traitement précoce de maladies cardio-vasculaires.
Il existe des anticorps dirigés contre la protéine qui véhicule le «bon choléstérol» (l’apolipoprotéine A-1). Ces anticorps sont donc nocifs, et sont des marqueurs d’un risque cardio-vasculaire important. Ils peuvent être détectés dans le sang et neutralisés par des peptides de synthèse.
Ce projet d’envergure vise à mieux comprendre comment agissent ces anticorps et comment les combattre. Il a aussi pour but de déterminer leur fréquence dans la population ainsi qu’un lien avec une éventuelle prédisposition génétique, en utilisant les données de la cohorte CoLaus, vaste étude épidémiologique menée à Lausanne.
Cet ambitieux projet réunit les hôpitaux et universités de Genève et de Lausanne. Il a pour but d’identifier des biomarqueurs de l’athérosclérose pour prévenir l’apparition des maladies cardiovasculaires qui restent une cause de mortalité prépondérante dans nos sociétés. À terme ces résultats seraient susceptibles de déboucher sur de nouveaux traitements.
Il existe des anticorps dirigés contre l’apolipoprotéine A-1 (apoA-1; la principale fraction protéique des particules de HDL-cholestérol communément appelée «bon cholestérol»). Ces anticorps sont des marqueurs d’une forme de risque cardiovasculaire importante. Les données préliminaires chez l’être humain suggèrent que la présence de ces anticorps anti-apoA-1 est associée à une prévalence de problèmes cardiovasculaires. Chez des souris, l’injection des ces anticorps augmente l’athérosclérose et de fait, la mortalité. Des études sur les effets cellulaires de ces anticorps indiquent que leurs conséquences pathologiques sont multiples. Il a également été découvert qu’ils peuvent être inhibés de manière spécifique par des peptides de synthèse.
Ainsi, la détection de ces anticorps anti-apoA-1 dans le sang à l’aide de peptides de synthèse pourrait être utilisée pour identifier un sous-groupe de patients à risque cardiovasculaire particulièrement élevé. Ces personnes pourraient alors bénéficier, en plus d’une médication adaptée (aspirine, statines), d’un traitement à base d’inhibiteurs peptidiques.
Afin d’étayer cette hypothèse de travail, le projet se déclinera selon quatre objectifs spécifiques:
L’objectif 1 aura pour but de mieux comprendre la prévalence de ces anticorps dans la population générale et leurs déterminants comme par exemple une prédisposition génétique. À cette fin, les données de l’étude de cohorte CoLaus seront utilisées. Ce groupe comporte plus de 6’000 participants lausannois, suivis depuis 2003 et s’intéresse en particulier aux maladies cardiovasculaires et métaboliques. Les anticorps seront dosés dans les échantillons des participants et les résultats seront croisés avec les données phénotypiques et génétiques disponibles pour identifier les déterminants associés à ces anticorps.
L’objectif 2 consistera, sur la base des données de la cohorte CoLaus, à établir la valeur pronostique du risque cardiovasculaire de ces auto-anticorps dans la population générale puis d’étendre ces résultats à d’autres cohortes.
L’objectif 3 étudiera d’une part les mécanismes par lesquels les anticorps anti-apoA-1 IgG contribuent à la pathogenèse des maladies cardiovasculaires, en se servant des différents modèles cellulaires et animaux à disposition. D’autre part, il permettra de découvrir par quels mécanismes l’effet néfaste de ces auto-anticorps peut être enrayé par nos inhibiteurs peptidiques.
L’objectif 4 conduira à la production des meilleurs peptides tant pour la détection que pour la neutralisation des effets délétères des auto-anticorps anti-apoA-1.
Ce projet translationnel pourrait apporter une contribution importante dans l’approche des maladies cardiovasculaires, notamment sur le plan de la stratification du risque dans les populations concernées et dans la population générale. À terme, le fruit de ces recherches permettra de développer une prise en charge thérapeutique personnalisée des maladies cardiovasculaires en fonction de la présence ou non de ces auto-anticorps