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Naissance des TPG
C’est pour faire suite à une initiative populaire de 1971, initiative qui aboutissait, préconisant une réorganisation des transports en commun par le canton de Genève, que les députés de l’époque élaborent un projet constitutionnel qui est accepté par le peuple au printemps 1975.
Le 1er Janvier 1977, en application de la loi sur les transports publics genevois, du 21 novembre 1975, entrée en vigueur le 1er novembre 1976,
la CGTE (Compagnie Genevoise des Tramways Electriques), société anonyme, a été reprise par les TPG (Transports Publics Genevois), régie autonome et établissement de droit public cantonal.
Le 7 mars 1977, le conseil d’administration des TPG adopte le nouveau sigle de l’entreprise, choisi à la suite d’un concours auquel participaient 11 élèves de la classe de dernière année de l’Ecole des Arts décoratifs. Ce symbole remplacera progressivement les lettres CGTE sur les véhicules de la compagnie.
Ci-dessus, les trois meilleurs projets présentés lors du concours relatif au futur sigle T.P.G. :
- Projet du haut : Mlle Anne-marie Dallenbach
- Projet du milieu : M. Bernard Michaud
- Projet du bas : M. Bernard Mamie
Ci-dessous, le texte intégral du discours de P. Tappy publié dans le bulletin de la CGTE n° 138 de décembre 1976.
UNE PAGE SE TOURNE
En passant d’une année à l’autre, notre entreprise passera aussi, selon toute vraisemblance, du statut juridique de société anonyme à celui d’institution de droit public; la « Régie autonome» remplacera la « Compagnie», en un mot, le sigle « CGTE» disparaîtra devant celui de « TPG ».
Au jour de sa dissolution, la CGTE aura atteint l’âge respectable de 77 ans et demi! C’est en effet tout à la fin du XIXe siècle, le 11 août 1899, que se constituait la Compagnie genevoise des tramways électriques.
Avec des moyens financiers considérables pour l’époque (5 millions de capital-actions), elle rachètera, dès l’année suivante, les droits et le matériel de deux des trois entreprises de transport qui existaient déjà dans le canton: les TS ou Tramways Suisses (qui exploitaient du matériel à écartement large) et la VE ou Compagnie des tramways à voie étroite. La troisième société, le Rive-Veyrier, électrifié en 1899, demeura indépendante jusqu’en 1931.
On peut mesurer le chemin parcouru ( … au propre et au figuré … !) durant ces 77 ans par la CGTE, en comparant quelques chiffres significatifs :
En fait, la mutation que nous vivons aujourd’hui alimenta souvent les discussions au cours des trente dernières années, selon l’acuité de crises chroniques, essentiellement financières d’ailleurs, que nous avons traversées.
Elle fut l’objet de nombreuses études, investigations et expertises successives. Ce n’est pas sans nostalgie que nous voyons disparaître la société anonyme CGTE (indépendante tout d’abord, soutenue et dirigée par le Conseil d’Etat ensuite) dont les initiatives et le dynamisme ont abouti malgré tout à la construction et à l’exploitation d’un réseau de transport vaste et moderne.
Force est cependant d’admettre aujourd’hui que les équilibres financiers sont de plus en plus compromis, que les besoins d’investissements deviennent de plus en plus difficiles à satisfaire, et que, par conséquent, une dépendance plus étroite de l’entreprise à l’égard des pouvoirs publics est inéluctable.
Quel sera notre sort sous le régime des TPG ? se demandera, le plus légitimement du monde, le personnel de la CGTE.
En ce qui concerne le réseau d’exploitation et sa structure, un plan directeur des Transports est en cours d’élaboration depuis 1972. Les premiers résultats d’études sont attendus pour fin 1977, et les conclusions des experts fourniront certainement de riches enseignements sur les changements et adaptations souhaitables. L’ampleur et le rythme des changements qui seront décidés seront finalement déterminés par les moyens à mettre en oeuvre pour leur réalisation, et singulièrement par leur coût. Car demain comme par le passé davantage encore peut-être – les moyens financiers resteront le nerf de l’entreprise, et le développement de celle-ci exigera l’investissement de sommes considérables. Un espoir pourtant: la loi du 21 novembre 1975 instaure une priorité pour les transports publics; il n’est donc pas déraisonnable d’envisager avec une certaine sérénité le financement des acquisitions, des constructions et des équipements indispensables aux TPG.
Je souhaite également que cette priorité se manifeste par l’extension des facilités de circulation accordées à nos véhicules, afin d’améliorer la régularité de nos services et d’alléger la tâche des conducteurs et wattmen. C’est capital et particulièrement indispensable dans le centre de la ville où l’extension des mesures prises en faveur des transports publics (voies réservées, feux de police préférentiels, stationnements réglementés et respectés, position d’arrêts et cheminements appropriés pour les piétons, etc.), contribuera efficacement à soulager le trafic pendulaire, comme le souhaite l’opinion publique.
Pour le personnel, l’essentiel a déjà été fait à l’occasion du renouvellement du contrat collectif: les classements de fonctions et leur rétribution ont été alignés sur ceux de l’Etat. Il restera à établir un nouveau statut du personnel; ce travail ne devrait pas entraîner de grandes complications puisque, d’ores et déjà, les droits du personnel sont comparables à ceux des fonctionnaires de l’Etat, alors que ses devoirs, charges et conditions de travail demeureront forcément ceux auxquels est astreint tout employé d’une entreprise de transport.
Sur le plan pratique, la situation des employés TPG ne différera guère de celle des agents CGTE; il en sera de même de leurs travaux. Tout au plus serons-nous tenus de présenter nos budgets et comptes de fin d’année sensiblement plus tôt que jusqu’ici, ce qui ne manquera pas de bouleverser certains us et coutumes de notre administration.
Pourtant, une différence fondamentale pourrait peut-être se dessiner: Institution de droit public, les TPG feront partie intégrante du patrimoine de la collectivité. De ce fait, la population pourrait – ou devrait même se sentir concernée par leur destin, leurs activités, leurs efforts, leurs
difficultés, leurs résultats. Directement intéressée, partie prenante à l’entreprise, chaque personne habitant ou travaillant à Genève pourrait contribuer à l’amélioration de nos prestations. Ainsi, l’automobiliste, qui manifesterait prévenance et patience en faveur de la circulation de nos grands véhicules. Ainsi, l’usager, qui témoignerait davantage de considération pour le travail des conducteurs et de respect pour la propreté et le bon état du matériel. Ainsi, bien sûr, les conducteurs et wattmen, par leur attitude courtoise, aimable et par leur façon attentive de conduire. Ainsi les agents chargés de l’entretien et des réparations du matériel, par la qualité de leurs travaux et leur conscience professionnelle. Ainsi, les cadres et la direction, par leur imagination à concevoir et à réaliser le mieux possible les services que l’on attend d’eux …
Au fait, n’est-ce pas un peu dans ces intentions que le législateur a élaboré la loi sur les TPG? N’est-ce pas là l’esprit de cette loi, sinon sa lettre?
Avant que ne se tourne l’ultime page d’histoire de la CGTE, la direction de la Compagnie, en cette fin d’année, souhaite de bonnes fêtes à chacun de ses collaborateurs et à leur famille. Elle formule à leur intention ses meilleurs voeux de santé, de succès et de satisfactions pour la nouvelle année.
P. Tappy
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