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Ancienne acrobate et contorsionniste, Silke Pan est devenue paraplégique en 2007, en chutant d'un trapèze. L'athlète allemande, qui a grandi en Suisse romande, s'est alors tournée vers le handibike, un vélo propulsé à la force des bras, et est devenue vice-championne du monde de la discipline.
Invitée vendredi de La Matinale de la RTS, elle estime que les Jeux paralympiques d'hiver en Corée du sud ont été "une parenthèse qui s'est ouverte sur une période précise, mais qui permet d'ouvrir un peu la conscience des gens".
"Cela permet de se rendre compte que derrière ces physiques qui ont été abîmés, il y a de vrais athlètes qui se battent comme les athlètes valides (...) Quand vous vous coupez les cheveux, ce n'est pas parce qu'une partie de votre corps est partie que vous êtes moins vous-même", sourit-elle.
Silke Pan ajoute que, valide ou non, "un athlète de haut niveau doit être un peu masochiste. Il doit savoir surmonter sa douleur physique et mentale".
"S'exprimer en tant qu'athlète"
"Les athlètes handicapés, s'ils sont athlètes dans l'âme, ont le droit de s'exprimer en tant qu'athlètes", insiste la cycliste. Elle se réjouit notamment des trois médailles d'or glanées par le skieur valaisan Théo Gmür à Pyeongchang, et du fait que le public voie "qu'il est un athlète à part entière, qu'il a une préparation physique et mentale à faire, comme un athlète valide!".
"Les personnes handicapées ont longtemps été cachées", regrette Silke Pan. La visibilité des Jeux pourrait-elle influencer les politiques? "Ce ne sont pas seulement les personnes âgées qui ont besoin d'un trottoir abaissé, d'une porte élargie ou d'un monte-escalier... en tant que personnes handicapées, on nous demande d'être à nouveau actifs et intégrés dans la vie professionnelle. Il faut nous donner les moyens pour le faire!", répond-elle.
Propos recueillis par Romain Clivaz
Adaptation web: Jessica Vial