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Il faut combler le déficit de financement du «net zéro» en Asie grâce aux financements mixtes.
L'Asie joue un rôle crucial dans la réalisation de l’objectif «net zéro», l’objectif mondial visant la neutralité carbone d'ici à 2050. Cependant, la région ne reçoit qu'une fraction des financements mondiaux pour les énergies propres et renouvelables. Cette situation offre aux investisseurs privés et institutionnels l’opportunité de contribuer à combler un déficit de financement de plusieurs milliers de milliards de dollars.
L'Asie compte 4,6 milliards d'habitants, qui sont à l’origine de plus de la moitié de la consommation mondiale d'énergie. Environ 85% de cette consommation est encore couverte par des combustibles fossiles, ce qui explique que l'Asie présente des émissions de carbone plus élevées que celles de l'Europe et de l'Amérique du Nord réunies.
Cependant, malgré cette priorité, l'Asie ne reçoit qu'une fraction du financement mondial pour les énergies propres et renouvelables.
Si l'on considère les marchés émergents et à forte croissance d'Asie, on constate trois facteurs clés qui évoluent plus rapidement qu'en Europe et en Amérique du Nord. Premièrement, leurs taux de croissance économique annuels sont en moyenne plus élevés. Deuxièmement, leurs taux de croissance démographique sont nettement plus élevés. Et enfin, et c'est le point le plus important, on assiste à une urbanisation exponentielle dans la région. Il existe une corrélation directe entre la demande d'électricité et ces trois facteurs de croissance - économique, démographique et l’urbanisation.
Un autre facteur à prendre en considération est la sécurité énergétique, qui est devenue une priorité essentielle pour la plupart des pays du monde, et tout particulièrement dans cette région. L'importance croissante de la sécurité énergétique dans l'agenda des gouvernements a non seulement un impact social et climatique positif et permet de favoriser la croissance économique, mais offre également une base économique et de durabilité importante pour les investissements.
Néanmoins, le déficit de financement persiste. Si les acteurs de l’investissement souhaitent lutter sérieusement contre le changement climatique, il est essentiel déplacer le centre de l’attention aujourd’hui focalisé sur l’Europe et l’Amérique du Nord vers les régions du monde qui en ont le plus besoin.
Le défi consiste désormais à mobiliser des milliards de dollars de capitaux privés et institutionnels afin de combler le déficit de financement des infrastructures énergétiques durables dans la région.
Pour ce faire, un certain nombre d'obstacles doivent être surmontés. Parmi eux, le fait que de nombreux investisseurs en Europe sont unilatéralement tournés vers leur pays d'origine et manquent d'expérience en matière d'investissement dans ce domaine. En effet, il n’existe qu’un nombre très limité de gestionnaires d'investissement disposant des compétences, de l'expérience et de la présence sur le terrain nécessaires pour investir dans des actifs réels illiquides dans les économies à croissance rapide de l'Asie émergente. Cet état du marché a un temps freiné l'appétit des investisseurs, malgré l'attrait de cette classe d'actifs, tant du point de vue du rendement financier que de la diversification.
Alors, comment les investisseurs à impact comme nous peuvent-ils surmonter ces obstacles et contribuer à combler ce déficit de financement? Nous devons innover et apporter de nouvelles solutions sur le marché. Par exemple, un véhicule coté en bourse tel qu'un trust d'investissement peut constituer une structure de produit attrayante pour surmonter le problème de liquidité et répondre à certaines des préoccupations des investisseurs.
De même, l'apport de fonds publics peut donner une certaine impulsion et faire pencher la balance, rendant ainsi les investissements tels que les infrastructures durables dans les marchés émergents plus visibles et plus attrayants pour les capitaux traditionnels. Là encore, un véhicule coté en bourse comme le trust peut contribuer à faciliter ces investissements publics, comme nous l'avons vu récemment au Royaume-Uni avec le programme MOBILIST du Foreign, Commonwealth & Development Office. Ce programme vise à mobiliser des investissements à grande échelle par le biais de marchés publics cotés et à investir dans des infrastructures durables dans les pays émergents et en développement. Il s'agit d'un exemple de financement mixte dont nous pensons qu'il a un réel impact, et nous espérons qu'il sera suivi par d'autres gouvernements.
Outre les rendements et la diversification, un impact mesurable sera essentiel pour gagner la confiance des investisseurs et mobiliser les capitaux nécessaires pour atteindre les objectifs de zéro émission nette d'ici à 2050. Il est essentiel que les investisseurs présentent non seulement un dossier d'investissement solide, mais qu’ils soient également en mesure de démontrer l'impact positif de leur investissement par des preuves empiriques utilisant des mesures telles que les données sur l'emploi, le ratio hommes-femmes, les données sur la santé et la sécurité, la compensation carbone, les émissions de gaz à effet de serre et les détails sur la consommation de l'eau.
Si un impact démontrable est important pour tous les investisseurs, il est absolument essentiel pour la viabilité de la finance mixte. En effet, les gestionnaires de fonds publics tels que MOBILIST doivent avoir un lien clair entre leurs investissements et la résolution de défis du développement durable, tels que la transition climatique, le soutien aux communautés locales et la contribution à la sécurité énergétique.