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La logique qui anime le capital est la recherche perpétuelle du meilleur rendement par le biais de la minimisation du coût de production, le travail. La minimisation du coût du travail engendrant une érosion du pouvoir d’achat et, par conséquent, une baisse inévitable de la demande, celle-ci ne peut être compensée autrement que par le crédit, le fondement même du système économique en vigueur.
Ainsi, en cette année 2020, le bastion du capitalisme, les Etats-Unis d’Amérique, se retrouve avec une dette souveraine de 27'000 milliards USD à quoi s’ajoute un endettement global des entreprises de 10'000 milliards USD, ainsi qu’une dette privée de 18'700 milliards USD, soit une dette hypothécaire et dette de consommation de 13'000 milliards USD et de 4'200 milliards USD respectivement, plus 1'500 milliards de prêts universitaires. Pour comparaison, la performance économique annuelle se situe autour de 20'000 milliards USD, ou un peu moins d’un quart de la production annuelle mondiale.
La principale raison de la perpétuation de ce dogme de la « création de richesses par le crédit » réside dans l’imperméabilité du capital à toute idéologie, ainsi qu’à sa remarquable adaptabilité aux bouleversements, fussent-ils politiques ou sociaux, scientifiques ou technologiques.
Depuis la nuit des temps, des temps du capitalisme du moins, le mécanisme suprême de la distribution des richesses produites, la création monétaire, est en mains des banques privées, sous la surveillance de la banque des banques, la Banque centrale, la dernière étant censée faire en sorte à ce que la masse d’argent en circulation corresponde » grosso modo » à la valeur des produits et services, générés par l’activité économique, en théorie.
Ayant cédé, en réalité, ce privilège aux banques privées, tout en prétendant contrôler les dernières par des mécanismes tels que l’exigence minimale en matière de fonds propres (réserves fractionnaires) et/ou par des interventions boursières, en régulant l’offre et la demande du marché de la dette souveraine, dans les faits, la banque des banques ne contrôle rien, voir paragraphe 2 de ce billet, ou si peu.
En attendant, le capital lorgne déjà la nouvelle trouvaille, la « Fintec » ou technologie financière, et, pourquoi pas la cryptomonnaie ? Car, de la fonction sociale de l’activité économique il s’en moque.
Il se trouve qu’actuellement, en raison de la gestion libérale de la grippe par les pouvoirs publics, l’économie, américaine en l’occurrence, a subi une contraction de 9,5% au second trimestre de cette année, mettant au chômage plus de 50 millions de travailleurs, sans compter ceux qui sortent des statistiques chaque mois parce qu’ils ont épuisé leurs droits et ceux qui ont abandonné les recherches, pendant que simultanément la Réserve Fédérale créait du néant la somme astronomique de 4'000 milliards USD, en excès de ce qu’elle injecte déjà dans les marchés financiers depuis septembre 2019, dans le but déclaré d’éponger les mauvaises créances des entreprises.
Dans ce contexte, soucieuses de ne pas abîmer encore davantage leur réputation, les banques rechignent à propager le modèle des petits crédits, le genre de service qui est typiquement envisagé après le blocage de la carte de crédit. Elles préfèrent laisser ce champ à des prestataires qui proposent leurs services de façon anonyme par un clic de souris via internet dans le style « Uber » et autres « Airbnb ».
Les algorithmes se chargent de l’étude du dossier, de l’octroi du crédit jusqu’à la gestion des litiges, peu importe qu’il s’agisse d’un petit crédit pour arrondir les fins de mois difficiles ou d’un crédit hypothécaire. Une régulation bancaire complaisante, un faible coût en personnel et des taux d’intérêt annuels allant jusqu’à 30% rendent ce modèle d’affaires très attrayant pour les investisseurs, raison pour laquelle derrière des logos un peu trop « flashy » et une publicité un peu trop racoleuse se trouvent très souvent de grands instituts bancaires qui ont une réputation à défendre.
Ce qui a commencé avec la révolution industrielle au 19ème siècle et s’achève avec la révolution technologique du 21ème siècle le philosophe Karl Marx appelle l’aliénation (Entfremdung), se référant à la transformation de la relation entre le travailleur et le produit de son travail, dans le sens que, par le biais de la division du travail et l’automatisation, le dernier développe une dynamique propre qui échappe à son créateur. Il passe de valeur d’usage à valeur d’échange étant à la fois produit et consommé sans que ni le producteur ni le consommateur ait la maîtrise ni sur le prix du travail ni sur celui du produit.
La Fintec pousse la logique de l’aliénation encore un peu plus loin. Etant dans l’impossibilité d’acquérir le fruit de son propre travail, le travailleur est forcé de demander de l'aide à celui qui s’en est approprié indûment, ce qui le piège dans une relation de servage face au dernier.
Une fois la victime piégée, une aliénation kafkaïenne, digne du plus sombre des régimes bolchéviques, suit son cours dans la mesure où il n’y aura plus d’interlocuteur, comme c’était le cas avec le banquier, mais les algorithmes et les procédures, car l’option de la négociation disparaît.
https://bhubacher.blog.tdg.ch/archive/2020/06/28/chateau-de-cartes-307278.html
La logique qui anime le capital est la recherche perpétuelle du meilleur rendement par le biais de la minimisation du coût de production, le travail. La minimisation du coût du travail engendrant une érosion du pouvoir d’achat et, par conséquent, une baisse inévitable de la demande, celle-ci ne peut être compensée autrement que par le crédit, le fondement même du système économique en vigueur.