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Pierre Dubochet | 1er mai 2014
Mis à jour le 17 juin 2015
Les effets décrits par les personnes se plaignant d'électrohypersensibilité (EHS) existent. Ils sont peut-être dus à des maladies psychiatriques préexistantes, dit l'OMS
Y aurait-il trop de rayonnements nocifs dans certains bureaux de l'OMS? Ses employés signalaient l'influence négative des ondes il y a 40 ans. Les collaborateurs actuels ont tout oublié !
Selon ce communiqué de 2005, l’OMS prétend «décrire l’état des connaissances» sur ce sujet de l’électrohypersensibilité, comme elle l’appelle.
«Parmi les symptômes les plus fréquemment présentés, on peut mentionner des symptômes dermatologiques (rougeurs, picotements et sensations de brûlure), des symptômes neurasthéniques et végétatifs (fatigue, lassitude, difficultés de concentration, étourdissements, nausées, palpitations cardiaques et troubles digestifs)».
L’Organisation genevoise ajoute : «Il existe aussi certains éléments indiquant que ces symptômes peuvent être dus à des maladies psychiatriques préexistantes, ainsi qu’à des réactions de stress résultant de la crainte inspirée par les éventuels effets sur la santé des CEM, plutôt que de l’exposition aux CEM elle-même».
«Il existe un terme plus général pour désigner la sensibilité aux facteurs environnementaux : l’intolérance environnementale idiopathique (IEI). […] L’IEI est un descripteur n’impliquant aucune étiologie chimique ou aucune sensibilité de type immunologique ou électromagnétique».
Idiopathique : maladie ou symptôme existant par lui-même (c'est-à-dire sans lien avec une autre maladie), ou alors une maladie ou symptôme dont on n'a pu attribuer la cause.
En 1981, l'OMS décrivait très justement quelques phénomènes d'absorption des radiations électromagnétiques artificielles, en signalant que les fonctions macromoléculaires pouvaient être bouleversées en cas de rotation ou de translation des molécules sous l'effet du rayonnement électromagnétique.
Dans l'ouvrage de 1991 titré «La protection contre les rayonnements non ionisants», l'OMS déclarait que «Les micro-ondes et les radiofréquences sont les types de rayonnements non ionisants dont les risques sont actuellement le mieux perçus» (p. 9).
L'OMS n'en est pas à son coup d'essai avec le concept de santé mentale. En 1958, grâce à ce concept inventé de toutes pièces (aucune étude ne le confirme), elle s'autorise à affirmer qu'un sujet qui s'exprime négativement à propos du rayonnement atomique constitue une «réponse anormale», dans son rapport «Questions de santé mentale que pose l'utilisation de l'énergie atomique à des fins pacifiques».
L'OMS fabrique et propage le doute scientifique.
Depuis longtemps, une partie de l’OMS s’est muée en agence de communication spécialisée dans la création du doute scientifique pour des industries à problème. Ses publications trompent ceux qui siègent dans les instances de régulation sanitaire ou les décideurs politiques, et favorisent un développement anarchique et dangereux des télécommunications.
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La majorité d'études dont l'objectif est destiné à provoquer l'apparition des symptômes des EHS, montre que les individus qui se disent électro-hypersensibles sont incapables de détecter plus précisément l'exposition à des champs électromagnétiques que des personnes ordinaires, dit l'OMS.
La majorité... donc pas toutes ! Pourquoi l'OMS ne commente pas ces études-là ?
Il n'y a rien de plus facile que d'empêcher une personne intolérante aux ondes de détecter une exposition. Il suffit d'en savoir plus qu'elle sur notre fonctionnement biologique sous l'irradiation.