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L'Ecole suisse de Milan fête ses 100 ans. Son président, Luca Corabi De Marchi, retrace l'histoire, les moments clés, les difficultés et les nouveaux défis de l’établissement. Entretien.
L'Ecole suisseLien externe de Milan est l'une des plus anciennes institutions suisses de la capitale lombardeLien externe. Pour célébrer son siècle d’existence, une cérémonie s'est tenue le 1er octobre au siège historique de Via Appiani, sous la présidence du conseiller fédéral Alain Berset et de diverses autorités consulaires et cantonales.
swissinfo.ch: Comment est née l'école suisse de Milan ?
Luca Corabi De Marchi : En fait, elle est née avant l'unification de l'Italie [achevée en 1870] en tant qu'Ecole Internationale des Familles Protestantes. Après la fin de la Première Guerre mondiale, de nombreuses familles protestantes, de nationalité autrichienne et allemande, sont rentrées chez elles. Ainsi, en 1919, la plupart des élèves restants étaient de nationalité suisse. Il fut donc décidé d’en faire l'Ecole suisse de Milan.
L'école a toujours été considérée pour son excellence à Milan comme dans le reste de l’Italie. Quelle est votre offre de formation?
L'ensemble du système éducatif, basé principalement sur des matières scientifiques et sur l'apprentissage, est basé sur le bilinguisme italo-allemand, ce qui le distingue de toutes les autres écoles internationales de Milan. Son niveau de qualité est très élevé: nous sommes supervisés par les autorités scolaires des canton des Grisons et du Tessin. Et nous achevons la mise en œuvre du nouveau système éducatif de la Suisse alémanique (Lehrplan21Lien externe), qui devrait être pleinement opérationnel dès la prochaine année scolaire.
Une chose importante, que beaucoup de familles d'élèves potentiels ne considèrent pas, c'est que nous faisons passer la maturité (baccalauréat) selon le système du canton des Grisons, soit après quatre années de lycée. Ainsi, nos étudiants, contrairement à leurs pairs qui fréquentent les écoles italiennes, obtiennent leur diplôme un an plus tôt et ont accès à toutes les facultés universitaires dans le monde.
Cette méthode est appréciée tant par les élèves que par les parents.
La Suisse a une très longue tradition d'enseignement: le système éducatif suisse est très bien structuré et éprouvé. La force de la Confédération, de ses institutions comme de ses entreprises, c'est qu'elle a démontré au fil du temps - et continue de le faire - que vouloir être suisse, c'est avoir le souci de la qualité.
La qualité, mais pas seulement: l'école transmet-elle aussi les valeurs suisses?
Notre école, comme toutes les autres écoles suisses à l'étrangerLien externe, est un formidable outil de communication de la culture et de la politique internationale de la Suisse. Notre mission est et sera de diffuser les valeurs les plus importantes de la Confédération dans le monde: tradition et innovation, solidarité, recherche, démocratie, rôle international de la Suisse. Tous les étudiants étrangers qui fréquentent notre école absorbent ces valeurs, qu'ils diffusent ensuite dans le monde entier.
Quelles sont les difficultés pour un institut situé dans une ville où la concurrence d'autres écoles, tant publiques que privées, est forte, notamment du point de vue des recettes et du financement?
Notre établissement est l'une des écoles internationales de Milan qui applique historiquement les frais de scolarité les plus bas. Cela a toujours été fait dans le but d'encourager la participation d'étudiants suisses en particulier. En vertu de la loi, nous devons garantir la gratuité de l'enseignement aux Suisses qui n'auraient pas les moyens de payer l’écolage prévu.
L'école est un organisme à but non lucratif, mais il est clair que l'équilibre entre les recettes et les dépenses doit être maintenu et ce, déduction faite des investissements qui, chaque année, sont nécessaires à son développement. Cet élément crée des tensions financières récurrentes que nous devons résoudre en utilisant des ressources économiques différentes et alternatives.
Quels sont les piliers sur lesquels vous vous concentrerez à l'avenir?
Le premier point est d'élever encore le niveau de qualité de l'allemand pour lutter contre la concurrence de l'école allemande de Milan. Nous aimerions aussi augmenter le nombre d'heures d'enseignement de l'anglais: de nombreuses familles croient à tort que l'anglais n'est pas enseigné dans les écoles suisses.
Envisagez-vous de collaborer avec les nombreuses multinationales suisses présentes dans la région?
A Milan et en Lombardie, il y a au moins 20 multinationales suisses qui figurent, entre autres, parmi les 100 premières au monde. Nous souhaitons nous concentrer sur un élément qui nous caractérise en introduisant, en accord avec les entreprises suisses associées à la Chambre de Commerce Suisse à Milan, un programme pour nos élèves du secondaire. L'objectif est qu'au cours des deux dernières années, ils aient accès à une expérience professionnelle dans ces entreprises. De cette façon, nous serions en mesure d'offrir à nos élèves quelque chose de plus que d'autres écoles internationales de la région.
L' Ecole Suisse de MilanLien externe offre un large éventail de cours, du jardin d'enfants au lycée. Sur le site de Milan, 380 élèves étudient dans trois classes maternelles, cinq à l'école primaire, trois au collège et quatre au lycée. A cela s'ajoutent les plus de 120 étudiants de l'école de Cadorago, ouverte en 2011.
Le corps enseignant est composé de 64 enseignants, dont 28 sont suisses. Le pourcentage d'étudiants suisses est de 27%.Fin de l'infobox
Traduction de l'italien par Frédéric Burnand