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Chéserex et ses armoiries
Histoire
Depuis le Moyen âge, les armoiries constituent un emblème propre aux individus, puis aux familles et aux institutions. Elles figurent aux endroits les plus variés. On les trouve ainsi sur des bâtiments, des objets, des publications ou des manuscrits, par exemple. Ces représentations symboliques appartiennent donc à notre patrimoine.
Les écus multicolores sont parfois curieusement meublés. «Meublé», voilà un exemple du langage héraldique, codifié, à la fois archaïque, déconcertant et savoureux, obéissant à certaines règles et rencontrant toujours un certain intérêt. En héraldique, le terme de «meuble» est ainsi «un nom générique donné aux figures dont la place dans l’écu peut être variable (animaux, plantes, objets, etc.) par opposition aux pièces et partitions dont la place est fixe».
Au début du XXe siècle, seul un quart des communes vaudoises possédaient des armoiries complètes. Sous l’impulsion d’une démarche du Conseil d’Etat datant de 1899, les communes ont alors entrepris de se doter d’armoiries communales conformes aux règles héraldiques. C’est la raison pour laquelle une Commission cantonale des armoiries communales a existé de 1921 à 1931, chargée d'abord de conseiller les municipalités sur la création ou la modification des armoiries de leur commune et de les répertorier, puis dès 1925 de fournir un préavis au Conseil d'Etat qui ratifie chaque création ou modification nouvelle. Finalement, toutes les communes ont été pourvues d’armoiries avant la Deuxième Guerre mondiale.
Toutefois, encore en vigueur actuellement, le mandat a par la suite été repris par la direction des Archives cantonales où se trouvent déposées les archives de la Commission. Un état de ces travaux a été publié par Olivier Dessemontet et Louis Nicollier dans l'Armorial des communes vaudoises en 1972.
Dès le 1er janvier 2017, l'Institut fédéral de la propriété intellectuelle a constitué une base de données mise à disposition du public (sur la base de l'art. 18 de la Loi sur la protection des armoiries de la Suisse et des autres signes publics).
L'héraldique
L’héraldique vient du nom masculin « héraut », c'est-à-dire celui qui annonçait et décrivait les chevaliers entrant en lice (tournoi), celui qui annonçait les événements, qui portait les déclarations de guerre en tant qu'officier public au Moyen Âge. En plus d'être un adjectif, héraldique est un nom, un substantif féminin singulier désignant la science du blason. C'est donc l'étude des armoiries (ou « armes »).
L'héraldique s'est développée au Moyen Age dans toute l'Europe comme un système cohérent d'identification non seulement des personnes[] , mais aussi en partie des lignées (le blason pouvant être transmis par héritage en traduisant le degré de parenté) et des collectivités humaines, ce qui en fait un système emblématique unique en un temps où la reconnaissance et l'identification passaient rarement par l'écrit.
Apparue au XIIe siècle au sein de la chevalerie[] , elle s'est rapidement diffusée dans l'ensemble de la société occidentale : clercs, nobles, bourgeois, paysans, femmes, communautés… Ensuite, on s'en est également servi pour représenter des corporations de métiers, des villes et plus rarement des régions, des pays.
« Blasonner » signifie décrire des armoiries. Le « blason » est ce qui en résulte : c'est la description (en termes héraldiques) de tout ce qui est significatif dans des armoiries, et plus spécifiquement sur l'écu.
Les armoiries
Coupé au 1 d’argent semé de billettes de sable, au lion naissant du même, lampassé de gueules ; au 2 de gueules à deux clefs d’argent en sautoir, accompagnées en pointe d’un mont à trois coupeaux de sinople.
Sur le territoire actuel de Chéserex , on peut encore voir l’ancienne abbaye cistercienne de Bonmont, dont les terres, entremêlées jadis avec celles des sires de Gingins, formèrent plus tard un baillage bernois. En 1922, la commune a repris en une seule composition les armes des Gingins et celles du baillage de Bonmont.
Explications selon l’héraldique
Coupé au 1 d’argent…
Le coupé est une des quatre partitions de l'écu qu'il divise en deux portions égales, par une ligne horizontale, allant d'un flanc à l'autre. Argent signifie la couleur blanche du fond.
…semé de billettes de sable…
L’écu est représenté chargé de menues pièces, en nombre non spécifié. Ici il s’agit de billettes en forme d'un carré long, figurant des pièces d'étoffe ou de bois, et des briques d'or ou d'argent ; sable est une des couleurs du blason qui se représente par du noir pur.
…au lion naissant…
En armoiries, le lion dans sa position naturelle est rampant, c'est-à-dire ayant le haut du corps levé vers le chef, et ne posant que sur ses pattes de derrière, la tête de profil, la queue retroussée vers le dos avec la houppe retombant en dehors. Il est naissant quand il ne paraît qu'à moitié.
…lampassé de gueules…
On le dit lampassé lorsque figure la langue de couleur différente de celle du corps ; gueules est une des cinq couleurs du blason, soit le rouge.
…au 2 de gueules…
Signifie que la partition 2 du blason est rouge.
…à deux clefs d’argent en sautoir…
Soit deux clefs de couleur blanche et croisées.
…accompagnées en pointe d’un mont…
Indique la position du mont, soit à la pointe du blason.
…à trois coupeaux de sinople...
Signifie trois sommets ou éminences composant le mont. Sinople est la couleur verte.
Pourquoi des lions ?
On retrouve ce lion sur les armoiries du Chablais, une ancienne possession du comté de Savoie avant de devenir une province du duché de Savoie.
Pourquoi des clés ?
Deux clefs passées en sautoir (croisées) sont les emblèmes de l'autorité des papes. Cette figure est devenue héréditaire à Rome où les clefs de la papauté sont celles de saint Pierre pour ouvrir et fermer les portes du Ciel. La clef est aussi un ancien symbole de sûreté, de liberté et de puissance.
Sur un blason, deux clefs en sautoir ont souvent été accordées par faveur papale.
Pourquoi des monts ?
Le mont ou montagne est un meuble (élément du blason) qui par défaut est uni, mais qui se rencontre le plus souvent sous la forme de trois mamelons appelés coupeaux. Il se trouve fréquemment en bas au centre. Dans le cas de Chéserex il pourrait représenter la montagne du Jura.