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A l'époque où le Parc des Sports vibrait sous l'enthousiasme et les encouragements de supporters passionnés et que les rencontres de la Première étaient encore précédées d'un match d'ouverture, Jean-Frédéric Anker, surnommé le " Putz", formait avec M. Hof ou B. Lauper une charnière centrale aussi redoutable que crainte.
Appelé récemment à seconder Ph. Rossinelli à la tête de la Première équipe des SRD, celui qui est devenu le secrétaire de la ministre Mme Baume-Schneider a retracé son parcours et nous a confié ses conceptions en matière de football. La rigueur qu'il montrait dans sa manière de jouer, il l'a adoptée dans ses recherches liées aux différentes facettes de l'entraînement et dans sa façon de penser son rôle d'entraîneur.
Pouvez-vous nous rappeler les contours de votre carrière ?
J'ai commencé en juniors C et j'ai suivi la filière jusqu'en juniors interrégionaux, avec une participation à la Coupe suisse des jeunes, sous la direction d'E. Monnier.
En 1969, j'ai rejoint la Première équipe, l'année de l'ascension en 1ère ligue et j'ai porté les couleurs des Jaunes et Noirs jusqu'en 1971. Attiré par le Tessin, j'ai évolué à Gambarogno – un adversaire des SRD lors de finales pour la promotion en Ligue nationale B - durant une année et demie. Avec ce club, j'ai évolué en … Ligue nationale B et en 1ère Ligue.
J'ai retrouvé la capitale jurassienne en 1973 où j'ai porté le brassard de capitaine durant huit ans. Durant cette période, nous avons participé à cinq finales de promotion avec des entraîneurs restés dans les mémoires: Jürg Hoppler, Edy Bai et Michel Friche. " Une interminable campagne de finales d'ascension en Ligue nationale B" écrivait R. Schaffter dans la plaquette du 100ème anniversaire.
Suite à une grave blessure à un genou en 1981, j'ai alors décidé d’aller jouer à Courroux où, sous la houlette de D. Brosy, nous nous sommes hissés en 3ème Ligue. C'est à ce moment-là que j'ai mis un terme à ma carrière de footballeur, en 1984.
Et vous avez pris de la distance par rapport au football…
Effectivement. J'ai consacré une quinzaine d'années à mon perfectionnement professionnel, obtenant les brevets fédéraux de technicien en publicité, de chef de vente ainsi que des diplômes en gestion d'entreprise dans les arts et métiers et dans les arts graphiques…
Mais la passion du football est réapparue…
J’ai commencé à entraîner sous l’insistance de Carlo Sonnleitner qui m’a convaincu de venir « dépanner » dans son club. J'ai dirigé successivement Movelier, Courrendlin, Val Terbi et Courroux, découvrant ainsi les spécificités des 5ème , 4ème et 3ème Ligues. Je me suis proposé de ne rester que deux ans dans chacun de ces clubs afin de connaître des structures et des contextes différents et de pouvoir enrichir mon expérience.
Depuis quelque temps, la politique des dirigeants des SRD a changé…
Effectivement, la politique engagée depuis quelques années par les dirigeants et le staff technique des SRD me plaît et me semble aller dans le bon sens. D'ailleurs, les résultats obtenus cette saison par Ph. Rossinelli et ses joueurs en sont la preuve évidente. Avec des moyens adaptés à notre région, nous parvenons à obtenir les résultats escomptés. Et pour ce faire, la sagesse a prévalu: on a su acquérir ou garder des joueurs d'expérience qui entourent de jeunes Jurassiens talentueux désireux de montrer leur savoir-faire et leurs qualités. Chacun a su accomplir sa mission, servir les intérêts du groupe et cette forme de complémentarité a engendré les satisfactions que le public apprécie.
Et même si tous les spectateurs espèrent que cette participation aux finales d'ascension sera couronnée de succès, le résultat obtenu représente déjà une satisfaction et une récompense pour tous.
Quelle est votre conception du football?
Comme la magie de l'art, le football comporte une bonne part d'irrationnel. Le terrain représente un théâtre où les acteurs doivent aussi pouvoir donner forme à leur imagination et à leur pouvoir créatif. D'ailleurs, on dit souvent que le football est un jeu simple que les joueurs et les entraîneurs s'appliquent à rendre compliqué. Il y a lieu de canaliser les énergies et les initiatives à la fois vers l’efficacité et le plaisir de jouer.
Le fait d'entraîner m'a incité à m'intéresser de manière plus particulière aux moyens susceptibles de mettre en œuvre cette simplicité. Aussi paradoxal que celui puisse paraître, le message n’est pas facile à faire passer (en particulier dans les ligues inférieures) !
Il me semble qu'actuellement les SRD offrent un contexte favorable pour évoluer dans cette perspective et cet état d'esprit. J'ai été sensible à la démarche de Ph. Rossinelli qui a fait appel à moi pour devenir son adjoint. J’aurai beaucoup à apprendre de lui et je m’en réjouis.
J’ai évidemment aussi gardé certaines affinités avec les SRD et suivi, en quelque sorte, la pensée de Suzanna Tamaro qui dit " Va où ton cœur te porte". Mais je n'ignore pas - et cela fait partie de la dramaturgie du milieu – que l'ingratitude se rencontre dans football comme du reste dans la vie quotidienne…
Comment concevez-vous l'entraînement ?
L'abondante littérature relative au football que j'ai lue pour tenter d’appréhender la complexité du jeu m’a orienté vers l’élaboration d’une approche systématisée en une sorte de « règle de trois » que l’on peut décliner en arborescence pour bien identifier, associer et clarifier les éléments à entraîner.
Reste alors à déterminer les priorités en fonction du niveau de l’équipe et des principaux besoins des joueurs.
Trouver la bonne mesure entre le mental (motivation, confiance, caractère), le fondamental (technique, tactique, condition physique) et le comportemental (élégance, engagement, efficacité) n’est pas chose aisée. Cet exemple de déclinaison met à lui seul en évidence toute l’importance du mental. Bum Philipps, entraîneur américain, suscite une réflexion intéressante lorsqu’il dit :
« les entraîneurs entraînent au jeu, les meilleurs entraînent des hommes » !