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Slalom: Championnats du monde à Augsbourg
Le fameux "Eiskanal" d'Augsbourg est un lieu historique pour le canoë-kayak. En 1972, des compétitions olympiques de slalom s'y sont déroulées pour la première fois aux Jeux olympiques de Munich. Cinquante ans plus tard, l'"Eiskanal" reste toujours un bassin unique, digne de classe mondiale.
Par le passé, le canal de glace d'Augsbourg a déjà été le théâtre de plusieurs succès suisses. En 1996, Peter et Ueli Matti ont remporté le titre de champion d'Europe en C2. En 2003, lors des derniers championnats du monde à Augsbourg, Mike Kurt, Matthias Röthenmund et Thomas Mosimann ont remporté l'or par équipe en K1 hommes. Et en 2012, Elise Chabbey a décroché aux Championnats d'Europe la dernière place continentale pour les Jeux olympiques de Londres.
En 2022, le Lech a été moins favorable aux Suisse·sse·s. Dimitri Marx, meilleur Suisse, a montré sa classe et s'est battu jusqu'à la finale du slalom extrême. Malheureusement, il a dû se contenter d'une ingrate 4e place. La finale est à voir ici.
Les Allemand·e·s dominent le Slalom
Cette année, les championnats du monde ont été littéralement dominés par les favoris allemands. Ricarda Funk (K1), Andrea Herzog (C1) et Sideris Tasiadis (C1) ont remporté trois des quatre titres mondiaux en slalom de manière impressionnante. L'énorme pression qui pesait sur leurs épaules était littéralement palpable.
K1 femmes
Ricarda Funk a pris le départ de la finale du K1 samedi en toute dernière position, car elle avait déjà remporté la demi-finale. Tous les regards étaient tournés vers elle, étant la grande favorite. En tant que championne olympique en titre et championne du monde avec l'avantage du terrain, les attentes étaient énormes. Et elle les a toutes remplies! Elle a franchi la ligne d'arrivée plus d'une seconde plus vite que Jessica Fox (AUS). Et le public était en délire! En slalom, on a rarement vu une confirmation aussi impressionnante du rôle de favorit·e. Et Elena Lilik, après sa médaille d'argent l'année dernière, est aussi remontée sur le podium et assure encore à l'Allemagne la médaille de bronze en kayak.
Les Suissesses Alena Marx et Naemi Brändle ont malheureusement manqué de peu la demi-finale des 30 meilleures et se classent respectivement 34e et 36e.
C1 femmes
Dimanche, Andrea Herzog a également remporté l'or pour l'Allemagne chez les C1 femmes. La pression de la favorite à domicile pesait également sur ses épaules. La Leipzigoise de 22 ans a remporté les championnats du monde de La Seu d'Urgell en 2019 et a décroché la médaille de bronze aux Jeux olympiques de Tokyo l'année dernière. Malgré deux secondes de pénalité pour une touche, elle n'a laissé aucune chance à ses concurrentes. La superstar Jess Fox a également dû s'incliner devant la favorite allemande et a de nouveau remporté la médaille d'argent devant la Britannique Mallory Franklin.
Pour la Suisse, seulement Alena Marx était au départ du C1 féminin. Malgré de deux manches rapides, en particulier dans la moitié supérieure du parcours, trop pénalités dans les deux manches l'ont empêchée de se qualifier pour les demi-finales et elle s'est classée 33e.
C1 hommes
Lors de la dernière finale de slalom du dimanche, celle des hommes C1, il y avait encore deux Allemands sur le podium. Le héros local d'Augsbourg, Sideris Tasiadis, est connu pour son sang-froid. Et celui-ci ne l'a pas laissé tomber, même face au grand publique d'Augsbourg inhabituelle pour des championnats de canoë-kayak. En 2012, il avait déjà remporté le titre de champion d'Europe sur "Eiskanal". Aujourd'hui, il a également pu remporter le titre de champion du monde sur son bassin, après avoir déjà terminé troisième d'un championnat du monde en 2018. À l'époque, c'était son compatriote de Leipzig, Franz Anton, qui avait remporté le titre. Cette année, c'était à l'invers. Anton a gagné la demi-finale et était encore le dernier en haut de la ligne de départ. Lui aussi a résisté à la pression et a remporté la médaille de bronze. Le Slovaque Alexander Slafkovsky a pris la deuxième place avec quatre secondes de pénalité et le temps brut le plus rapide de la journée.
La pochette-surprise suisse, Thomas Koechlin, a raté de peu sa place en finale à cause d'une touche à la porte 11. Sans les deux secondes de pénalité, le temps du Genevois aurait suffi pour la finale des dix meilleurs, malgré une erreur de ligne dans la partie basse. Mais le nouveau papa a dû se contenter de la 16e place, assurant ainsi le meilleur résultat suisse en slalom.
K1 hommes
La seule catégorie sans médaille allemande, voire sans finalistes allemands, étaient les K1 hommes. Vit Prindis a remporté le titre dans la catégorie comptant le plus grand nombre de participants. Il a montré une fois de plus que la catégorie K1 est fermement tenue par les Tchèques. De 2013 à 2022, 5 des 8 titres mondiaux ont été remportés par 4 athlètes différents de la République tchèque. À Augsbourg l'argent a été remporté par l'Italien Giovanni de Gennaro. Le bronze est revenu au Français Boris Neveu, qui entrait la competitions comme champion en titre.
Les kayakistes suisses ont tous réussi à se qualifier pour les demi-finales. Lukas Werro, le spécialiste d'Augsbourg, a montré qu'il maîtrise bien ce bassin et a donné de l'espoir aux cœurs suisses. Mais, comme pour Thomas Koechlin, une erreur dans les dernières portes et une touche lui coûtent sa place en finale et il termine 18e. Gelindo Chiarello perd également trop de temps dans la partie inférieure et termine 27e. Martin Dougoud, numéro 8 mondial et médaillé de bronze à la Coupe du monde de Prague, était lui aussi en route pour la finale jusqu'à la porte 20. Malheureusement, il s'est fait déraper dans le contre-courant et raté la porte, obtenant 50 secondes de pénalité. La partie inférieure du parcours n'a vraiment pas été favorable aux Suisse·sse·s lors de ces championnats du monde.
Slalom extrême
Hommes
Dans la discipline encore jeune du slalom extrême, qui fera partie du programme des Jeux olympiques de Paris en 2024, Dimitri Marx parvient à se qualifier pour la finale des quatre meilleurs. Un peu malchanceux, il ne termine que quatrième. Le champion du monde U23 ans de 2018 et 2021 a toutefois montré sa classe dans cette nouvelle discipline et la prochaine chance de remporter une médaille viendra certainement.
Le champion d'Europe en titre Jan Rohrer a manqué la qualification pour la tournée d'elimination, aussi avec un peu de malchance sur l'eau. Il ne lui a manqué que 12 centièmes de seconde.
Le titre dans le slalom extrême a été remporté par le Britannique Joe Clarke, champion olympique de slalom en 2016, devant le jeune Français Anatole Delassus et l'Allemand Stefan Hengst, spécialiste des eaux vives.
Femmes
Chez les femmes, c'est l'Australienne Jessica Fox qui s'est imposée. Après ses deux médailles d'argent en slalom, elle a défendu avec succès son titre de l'année dernière en extrême. Bien qu'elle s'est fait écrasée douloureusement en finale par la Brésilienne Ana Satila (à voir ici), elle a franchi la ligne d'arrivée devant Kimberly Woods (GBR) et Monica Doria Villarubla (AND).
Alena Marx s'est qualifiée en 13e position pour la tournée d'élimination. Malheureusement, elle a dû s'avouer vaincue dès les huitièmes de finale par Ricarda Funk et la jeune Slovaque Suzana Pankova et a été éliminée. Naemi Brändle n'a pas réussi à s'imposer dans le top 20 et le huitièmes de finale.
Règles
Les règles du slalom extrême ne sont pas encore gravées dans le marbre. Même en cours de saison, des modifications sont régulièrement apportées. Aux championnats du monde d'Augsbourg, il était parfois difficile de savoir pourquoi certains athlètes avaient été disqualifiés ou non. En outre, le mécanisme de qualification est parfois source de confusion: actuellement, les 20 premiers du Time Trial sont directement qualifiés pour le tour à élimination directe des 32 meilleurs. Les 12 places restantes sont distribuées aux nations qui n'ont pas de bateaux dans le top 20, à raison d'une place par nation. Pour ceux qui souhaitent s'informer, la version plus actuelle du règlement se trouve ici.
Texte : Gérôme Martin
Photos : Pitt Rohrer