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Il semble que les gens ne peuvent pas arrêter de parler de ce qui ne va pas dans le cerveau de Donald Trump. Les Russes, les Chinois et les Coréens du Nord doivent être en train de se moquer de la démocratie occidentale qui permet à cet homme d’avoir la possibilité de devenir le chef des Etats-Unis.
Pour moi, un des meilleurs articles sur le sujet, The Mind of Donald Trump, a été écrit par Dan J. McAdams dans le numéro de juin de The Atlantic. Son but était de développer une perspective objective et analytique sur Trump, en tirant parti de certaines idées actuelles de la recherche en sciences psychologiques. J’ai essayé de résumer deux d’entre elles qui ont une relation avec les neurosciences fondamentales.
Le narcissisme de Donald Trump
Selon McAdams, il est «presque impossible de parler de Trump sans utiliser le mot «narcissisme»». Une personnalité narcissique est caractérisée par une vanité extrême, une arrogance et une auto-absorption. Une étude réalisée en 2013 a montré que ces personnes ont une anomalie structurale dans une région du cerveau qui est liée à l’empathie. Les chercheurs du département de psychiatrie de l’Hôpital universitaire de la Charité à Berlin, en Allemagne, ont scanné à l’aide de l’imagerie par résonance magnétique les cerveaux de 34 personnes dont 17 personnes qui souffrent de «narcissistic personality disorder»*. Ils ont constaté que les narcissiques pathologiques ont moins de matière grise dans une partie du cortex cérébral appelée l’insula antérieure gauche. La matière grise se compose principalement de corps cellulaires des neurones et des cellules cérébrales non neuronales qui apportent des nutriments et de l’énergie aux neurones. La région de l’insula antérieure gauche du cerveau est impliquée dans le fonctionnement cognitif et la régulation des émotions. Elle est liée à la génération de la compassion et de l’empathie.
Un des désordres du narcissisme pathologique: le manque d’empathie
Trump est une mine d’or pour les psychologues qui étudient le narcissisme. Il se vautre dans l’amour de soi excessif, dans ses idées grandioses et dans son sens du droit. Les personnes hautement narcissiques cherchent toujours à attirer l’attention sur elles-mêmes. Elles veulent que d’autres personnes les admirent et qu’elles les trouvent brillantes, puissantes et belles. Elles peuvent atteindre des niveaux élevés de popularité à court terme, mais le plus souvent, les narcissiques finissent par user leurs thuriféraires. Lorsque les narcissiques commencent à décevoir ceux qu’ils éblouissaient, leur descente peut être rapide.
Les narcissiques ont du mal à accepter la critique et la moquerie. Ainsi, Trump veut que le spectacle Saturday Night Live sur NBC soit annulé parce qu’ils se moque de sa performance au cours du deuxième débat présidentiel à St. Louis, Missouri.
L’extrême extraversion de Trump
La deuxième caractéristique remarquable de Trump est son extrême extraversion qui le conduit à la recherche incessante de récompense. Les extravertis répondent plus à la dopamine que les introvertis. La dopamine est une substance chimique libérée dans le cerveau qui fournit la motivation à chercher des récompenses externes comme gagner de l’argent, grimper dans l’échelle sociale, attirer un partenaire ou obtenir un projet de grande envergure au travail.
Les extravertis aiment prendre des risques élevés
La recherche suggère que les extravertis ont tendance à prendre des risques élevés, accompagnés par de faibles niveaux d’ouverture sur l’extérieur; ils remettent rarement en question leurs convictions les plus profondes. L’ancien président républicain, George W. Bush, est connu pour son niveau élevé de extraversion et sa faible ouverture vers l’extérieur. Ce type de personnalité pourrait expliquer sa mauvaise décision d’envahir l’Irak.
Si d’aventure Donald Trump gagnait l’élection présidentielle, qu’est-ce que ces caractéristiques nous disent à propos de lui comme potentiel futur président des Etats-Unis? Elles nous disent qu’il pourrait être dangereux non seulement pour les États-Unis mais pour le monde entier.
* Shulze, L. et al. Grey matter abnormalities in patients with narcissistic personality disorder. Journal of Psychiatric Research, 47 (2013) 1363-9.