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La Communauté territoriale de Suisse recommande à vos prières fraternelles notre cher frère Josef Erpen, de la communauté Chaminade à Sion, Suisse, décédé au service de la Très Sainte Vierge le 24 décembre 2017 à l’âge de 95 ans, dont 77 de profession religieuse.
Josef voit le jour le 12 mars 1922 à Mörel (Valais). Il y passe sa jeunesse en compagnie de ses frères et sœurs.
A la fin de ses classes primaires, Josef doit apprendre la langue française et par la suite s’engager dans l’hôtellerie. Le policier du village recommande à ses parents le collège Sainte-Marie à Martigny dirigé par les religieux marianistes. Le jeune Josef s’y plait si bien qu’il désire prolonger cette première année de formation. Sa maman n’est pas très enchantée: “Fini de jouer au paresseux, il faut maintenant te mettre au travail“, réplique-t-elle. La lettre de renonciation est déjà rédigée.
Au moment où Josef veut apporter la missive à la poste, Monsieur Fabian Ebener, un religieux marianiste de l’école primaire de Brigue, passe par le village. La maman de Josef lui fait part de sa décision. Le religieux raconte alors son drame familial lorsque sa maman a perdu trois de ses fils dans une avalanche. Les deux autres garçons étaient engagés dans la Société de Marie. Ce tragique événement bouleverse la maman Erpen qui dit à son fils: “Déchire la lettre et retourne au collège pour un an.“ Cette année s’est prolongée bien au-delà, durant près de quatre-vingts ans chez les marianistes.
A l’âge de dix-sept ans, Josef commence le noviciat, sa préparation à la vie religieuse, en Belgique. Peu de temps avant l’invasion allemande, les responsables déplacent la maison de formation en France, en Bretagne. Par bonheur, cette année-là (1939-1940) s’est terminée par la profession des vœux. A l’automne 1940, Josef et ses six compatriotes marianistes retournent en Suisse, lors d’un voyage plein de dangers et d’aventures.
Après sa formation à l’école normale des instituteurs de Sion, Josef enseigne neuf ans à l’école primaire de Brigue. Puis, de 1952 à 1954, il étudie à l’université de Zurich et enseigne en même temps à l’école catholique à la Sumatrastrasse, dirigée par les marianistes. Son diplôme en poche, Josef est appelé à exercer son métier dans la nouvelle école secondaire d’Altdorf.
Enfin, durant la majeure partie de sa vie, (sans interruption de 1957 à 1989) Josef retourne enseigner à l’école catholique de la Sumatrastrasse, à Zurich. Il jouissait d’un véritable charisme d’enseignant, il était efficace et populaire auprès des élèves, des parents et des collègues. La recette de son succès: manifester de l’empathie dans ses rapports avec les autres, agir avec tact, être conséquent dans l’action et avoir une pensée positive. Une bonne dose d’imagination et un grand sens pratique ont été à la base de sa pédagogie.
De 1966-1972, il exerce la fonction de recteur de l’école. Au cours de ce mandat, il a en face de lui des enseignants difficiles. Ainsi, Josef joue au médiateur dans des situations où parents et élèves sont contre des collègues. Il peut apaiser bien des conflits grâce à sa manière d’approcher les autres, pour que chaque fois l’année scolaire se termine dans de bonnes conditions. Une autre fois, un remplaçant bien qualifié, tout bouleversé, vient auprès de Josef. Il veut abandonner son poste et quitter l’enseignement du jour au lendemain. Mais grâce à son calme et sa force de persuasion, notre recteur maîtrise brillamment la situation et le dissuade.
Josef est aussi un bon skieur. Dans des camps riches en activités de toutes sortes, les étudiants essaient avec plus ou moins de succès d’imiter son style élégant.
Trente ans durant, Josef distribue à ses collègues le matériel scolaire que ceux-ci ont commandés pour le début de l’année suivante. Pendant des décennies, il organise également avec un collègue la fête scolaire annuelle.
Les enseignants apprécient beaucoup Josef parce qu’il est ouvert à leurs préoccupations et, en tant que médiateur habile et avec un grand sens de l’humour, il contribue à créer une bonne ambiance au sein du corps enseignant.
Josef exerce dans notre congrégation de nombreuses fonctions et occupe divers postes. De 1966-1975, il est directeur de la communauté de Zurich et, de 1987 à 1996, vice-provincial.
Après son mandat de vice-provincial, Josef passe aux Etats-Unis dix mois de temps sabbatique bien mérité.
Josef aime la vie en société et en communauté. Il apprécie une bonne cuisine soignée et ne refuse jamais un bon verre de vin. Il s’intéresse également à la nature, en particulier aux plantes et aux animaux. Il suit régulièrement l’actualité. Jusqu’à la fin de sa vie, il lit les journaux sans se servir de lunettes.
Pendant son temps libre, il fait de nombreux voyages et jusque dans sa vieillesse, profite de l’abonnement général des chemins de fer suisses. Il y a encore quelques années, il rencontrait régulièrement ses anciens élèves, des collègues de l’école normale des instituteurs, des enseignants.
Le 15 mars 2017, le doyen des marianistes de Suisse célèbre les 95 ans de sa naissance, en compagnie sa famille et des connaissances de Zurich. Tout le monde a apprécié cette fête.
Quelques semaines plus tard, ses forces commencent à décliner graduellement, régulièrement. Joseph reste dans l’appartement de Zurich.
Le 18 août, on le conduit en voiture à Sion, pour la retraite annuelle. Sa santé se détériore. Il peine à se lever et sa marche devient incertaine; un retour à Zurich ne peut plus être envisagé.
Il doit rester en terre valaisanne, à la maison Chaminade à Sion. Il s’habitue peu à peu à sa nouvelle résidence. Au début, notre aîné utilise, pour se déplacer, le déambulateur dans le couloir ou devant la maison. Tous les jours, il aime faire de petits tours. Avec le temps, cependant, il se fatigue très rapidement.
Le samedi 11 novembre 2017, dans la nuit, Josef tombe dans sa chambre. Une ambulance le transporte aux urgences de l’hôpital de Sion; dans l’après-midi, il est transféré à Martigny, où il passe les dernières semaines de sa vie. Le dimanche 24 décembre 2017, en début de soirée, Dieu l’appelle dans son royaume de paix et de joie éternelles.