Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07107.jsonl.gz/666

Perspectives pour l'économie suisse en 2009
Thomas Jordan, membre de la Direction générale
erfa-Gruppe, Weinfelden, 15.01.2009
Après une longue phase de croissance forte et reposant sur une large assise, l'économie mondiale est entrée dans une récession profonde au milieu de 2008. Environ un an après l'éclatement d’une crise financière qui fera date, les perspectives économiques au niveau international ont connu un revirement radical. L'espoir de voir l'Europe et l'Asie suivre une évolution autre que les Etats-Unis sur le plan conjoncturel ne s'est pas réalisé. L'économie suisse, très dépendante des exportations et des marchés financiers, va connaître une année difficile. Il semble impossible d'éviter une récession en 2009.
Il est donc d'autant plus important d'employer à bon escient la politique monétaire et budgétaire et d'inciter les agents économiques en Suisse à un comportement optimal. La politique monétaire peut être modifiée rapidement et ses effets se font sentir relativement vite par le biais des taux d'intérêt et des cours de change. La BNS a réagi avec résolution à la dégradation de la situation économique, et abaissé les taux d'intérêt à un niveau proche de zéro. Si besoin est, le caractère expansionniste de la politique monétaire peut être encore renforcé au moyen de toute une série d'autres instruments.
Dans le domaine la politique budgétaire, ce sont principalement les stabilisateurs automatiques qui, ayant fait la preuve de leur efficacité, sont utilisés, en particulier l'autorisation de déficits budgétaires temporaires, l'assurance-chômage et l'indemnité en cas de chômage partiel. L'ampleur de la crise actuelle et les risques qui y sont liés impliquent néanmoins de ne pas se limiter aux seuls stabilisateurs automatiques, mais d'envisager et de préparer la mise en œuvre, dans le cadre de la politique budgétaire, de mesures de stabilisation supplémentaires.
Les agents de l'économie suisse sont eux aussi sollicités. Du côté des banques, il convient d'éviter absolument un rationnement des crédits proposés aux entreprises et aux ménages. Pour ce faire, il faut renforcer les opérations interbancaires dans le but de compenser les déséquilibres en matière de liquidités. Les entreprises, de leur côté, doivent augmenter leur capacité d'innovation et saisir les chances de se développer sur de nouveaux marchés. L'économie suisse dispose de nombreux atouts sur le plan structurel, ce qui permet de se montrer confiant quant à la capacité de notre pays à surmonter la crise.