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Un cardiologue comparaît depuis lundi devant le Tribunal correctionnel de Lausanne. Il est accusé d'homicide par négligence pour avoir tardé à diagnostiquer des complications lors d'une intervention visant à déboucher des artères coronariennes.
Le patient, âgé de 75 ans, est décédé quelques jours plus tard aux soins intensifs. Le 23 mai 2006, il s'était rendu en clinique pour y subir un examen diagnostique - une coronarographie - puis, éventuellement, une angioplastie pour déboucher une artère.
Douleurs du patient
Cette deuxième étape a mal tourné, nécessitant une chirurgie d'urgence. Une opération qui ne pouvait se faire sur place. Dans un premier temps, l'affaire avait abouti à un non-lieu. La famille a fait recours et obtenu le renvoi du dossier devant un tribunal. Le médecin est accusé d'homicide par négligence et lésions corporelles graves par négligence.
La justice reproche en substance au médecin d'avoir mal apprécié la situation et d'avoir poursuivi son intervention - l'angioplastie durera près de 03h30 - malgré les douleurs du patient et les alertes des infirmières qui l'assistaient.
Elle lui reproche aussi d'avoir pris trop de temps - près de quatre heures - pour faire transférer le patient dans une autre clinique, où il subira un triple pontage coronarien.
Aucune erreur
En audience, le médecin ne reconnaît aucune erreur. Au départ, l'intervention ne semblait pas risquée, explique-t-il. Il est "courant" qu'un patient ressente quelques douleurs lors d'une intervention de ce genre et les images suggérant une lésion d'une artère étaient "floues".
Les deux auteurs de l'expertise médicale n'ont pas trouvé grand chose à redire à l'intervention de leur confrère. Ils ont expliqué que les complications qu'il a rencontrées sont rares en soi, et plus encore lorsqu'elles se combinent.
Les spécialistes considèrent cependant comme une "erreur relativement grave" de ne pas avoir remarqué une perforation coronarienne, qui faisait s'écouler du sang autour du coeur. Ils observent en outre que les conditions minimales de sécurité n'ont pas respectées dans la clinique: un chirurgien devrait être rapidement atteignable lorsqu'une angioplastie échoue.
ATS