Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06856.jsonl.gz/499

Amandine Beyer et Pierre Hantaï
2 juin 2019
Amandine Beyer, violon
Amandine Beyer s’impose aujourd’hui comme l’une des égéries de la musique baroque et du renouveau de la musique classique en général. Elle étudie le violon d’abord à Aix-en- Provence, puis au CNSMD de Paris, et enfin à la Schola Cantorum Basiliensis au sein de la classe de Chiara Banchini, à laquelle elle succèdera comme professeur en 2011. Dans cette école renommée, elle profite également de l’enseignement de Christophe Coin, Hopkinson Smith et Pedro Memelsdorff.
Distinguée rapidement dans plusieurs concours internationaux (notamment avec un Premier Prix au Concours Antonio Vivaldi de Turin en 2001), elle donne de nombreuses master classes et collabore comme Konzermeister avec les meilleurs orchestres du moment : Orchestre de Chambre de Paris, Tafel Musik Baroque Orchestra de Toronto, Collegium Vocale de Gent (Herreweghe), Ensemble 415 (Banchini), Le Concert Français (Pierre Hantaï), Al Ayre Espanyol, Ensemble Jacques Moderne, etc. En parallèle, elle pratique également la musique de chambre, en récital ou avec des partenaires comme Pierre Hantaï, Kristian Bezuidenhout ou encore Malcolm Bilson.
En 2006, elle fonde son propre ensemble, Gli Incogniti, avec lequel elle se produit dans certains des plus prestigieux lieux de concert en France (Philharmonie de Paris, Arsenal de Metz, opéra de Bordeaux, Dijon, Rouen, Fondation Royaumont, Festival Radio France de Montpellier, Festival de Sablé, Festival de Saintes, etc.), mais également à l’étranger Ogi Hall de Tokyo, Washington et Boston Festival, Bergen International Festival, Wigmore Hall de Londres, Concertgebouw d’Amsterdam, Bozar de Bruxelles, Oude Muziek de Utrecht, etc.).
Après la publication en 2007 du premier disque de Gli Incogniti (concertos pour violon de Bach), Amandine Beyer édite avec ce même ensemble une version de référence des Quatre Saisons de Vivaldi. Depuis, sa discographie généreuse (Matteis, Rosenmüller, Vivaldi, Corelli, Couperin, etc.) est saluée à l’unanimité par la critique et récompensée par les meilleures distinctions du monde de la musique (Diapason d’Or, Choc de l’année, Gramophone Editor’s Choice, 4F de Télérama).
En 2011, elle enregistre les Sonates & Partitas de Bach (Zig-Zag Territoires-OuthereMusic). Le succès est énorme et lui ouvre toutes les portes. En 2012, elle est appelée par la chorégraphe Anne-Teresa de Keersmaeker pour la création du spectacle Partita 2, avec notamment cinq représentations exceptionnelles dans la Cour d’Honneur du Palais des Papes à Avignon. Cette production sera ensuite donnée plus cinquante fois et lui ouvre l’accès à un public différent, plus jeune et chaque fois plus large.
En 2015, elle se produit au côté du légendaire violoniste indien Dr. Subramaniam avec l’Orchestre de Chambre de Paris en créant le programme Bach in India. Dans la foulée, Harmonia Mundi publie Il teatro alla Moda qui poursuit la redécouverte par Gli Incogniti des concertos pour violon et autres instruments de Vivaldi. Elle reçoit cette même année deux Diapason d’Or pour sa participation au disque de l’Accademia Ottoboni, consacré à la musique de chambre de Boccherini et pour son enregistrement des Sonates en trio d’Antonio Caldara (en collaboration avec la violoniste Leïla Schayegh).
En 2016 paraissent un enregistrement consacré à Pachelbel (Un orage d’avril, en compagnie du ténor Hans-Jörg Mammel) et un autre des doubles concertos pour violon de Vivaldi avec le maestro italien Giuliano Carmignola, une rencontre au sommet qui entraîne de nombreux concerts en France et à l’étranger.
En 2017, fidèle à ses engagements et soucieuse de transmettre son savoir, elle participe à la création de la Philharmonie de Palestine. Cette même année, toujours avec Gli Incogniti, Amandine Beyer explore les frontières du baroque (symphonies de Carl-Philip-Emanuel Bach) tout en les dépassant avec le Double concerto pour violon et pianoforte de Haydn, en collaboration avec le pianiste russe Alexeï Lubimov). Suivent encore diverses productions consacrées à Bach (BWV or not ? ainsi que L’Offrande Musicale) et une série de concerts avec l’Akademie für Alte Musik, le Arion Orchestra de Montréal ou encore le EUBO.
Pierre Hantaï, clavecin
Né en 1964, Pierre Hantaï se passionne pour la musique de Bach vers sa dixième année. Sous l’influence de Gustav Leonhardt, il commence à étudier le clavecin, d’abord seul, puis sous la direction d’Arthur Haas. Très tôt, il donne ses premiers concerts, seul ou avec ses frères Marc et Jérôme. Il étudie alors deux années à Amsterdam auprès de Gustav Leonhardt, qui l’invite par la suite à jouer sous sa direction. Les années qui suivent le voient collaborer avec de nombreux musiciens et chefs d’ensemble, comme Philippe Herreweghe, les frères Kuijken, François Fernandez, Marc Minkowsky, Philippe Pierlot.
Désormais, il joue le plus souvent en soliste à travers le monde. Il est souvent invité par Jordi Savall et il aime également retrouver ses frères et ses amis, Amandine Beyer, Hugo Reyne, Sébastien Marq, Skip Sempé, Olivier Fortin ou Jean-Guihen Queyras, pour faire de la musique de chambre. Il a récemment reconstitué l’ensemble qu’il avait fondé dans les années 1980, le Concert Français, dans le but d’interpréter les suites, concertos et cantates de Bach.
De sa riche discographie, on retiendra ses derniers enregistrements pour Mirare : les Variations Goldberg, le Premier Livre du Clavecin bien Tempéré de Jean-Sébastien Bach, trois volumes de Sonates de Scarlatti, un récital François Couperin et un programme de Suites d’orchestre de Bach avec le Concert Français.
Une approche revisitée du dialogue violon-clavecin
Pendant des siècles, les musiciens ont pensé, joué, improvisé (et parfois publié) des pièces de leur propre invention. Mais contrairement aux idées reçues, il n’était pas rare que de telles compositions, une fois diffusées, loin de tomber dans l’oubli, deviennent des oeuvres appréciées et réinterprétées. C’est le cas de toutes les sonates de ce programme.
L’opus 6 d’Arcangelo Corelli, qui a fait l’effet d’une bombe dans l’Europe du 18èmesiècle, en est un parfait exemple. Il n’a pas dû attendre d’être redécouvert par Mendelssohn au 19èmesiècle mais a irrigué au contraire, dès sa publication, toute une école de violon, en montrant aux auditeurs ébahis une manière nouvelle de faire sonner l’instrument.
Tous en ont profité : Vivaldi, Bach, Tartini, Geminiani. Chacun à sa façon s’est approprié le langage virtuose, chanté et dansant d’Arcangelo. Et en même temps, chacun a su l’adapter à sa propre technique, à sa propre invention, pour décliner toutes les facettes d’une formation si joyeuse…
Amandine Beyer et Pierre Hantaï, après avoir consacré plusieurs années de leur duo aux pièces de Bach, se lancent dans cette nouvelle aventure, où violon et clavecin dialoguent, l’un tour à tour instrument obligé ou chargé de la basse continue, l’autre virevoltant ou au service du contrepoint…Bienvenue dans un monde sans limites !