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Intervenant:
Raphaël Ramuz est chercheur à l’Observatoire Science, Politique, Société de l’Université de Lauanne où il participe à une recherche sur les conditions d’émergence d’innovations scientifiques dans les universités. Son principal axe de recherche est le développement d’une approche marxienne (en tant que théorie de la forme-valeur) de l’Etat et de la subjectivité politique.
Exposé:
Les rapports entre capital et système interétatique constituent l’objet de débats fondamentaux en relations internationales et en économie politique internationale. Les transformations profondes des rapports interétatiques durant les années 1970 (Helleiner 1994; Duménil et Lévy 2000) ont été le plus souvent interprétés comme des marqueurs d’une perte de pouvoir des Etats dans les relations internationales, notamment par les théories de la Globalisation (Beck 2003) et de l’Empire (Hardt et Negri 2000). Le début du 21e siècle et l’approfondissement du caractère militaire de la politique étrangère américaine après ledit « 11 septembre » (9/11), ont remis au goût du jour la notion d’impérialisme – déjà mobilisée au début du siècle par les théoriciens marxistes – et suscité des débats à la fois sur la capacité du concept d’impérialisme à saisir les rapports géopolitiques capitalistes en général et sur son adéquation à la période actuelle. La plus grande partie des participants au débat se réclame de la théorie marxienne, c’est donc de ce point de vue que nous allons explorer la question.
Notre objectif est de montrer que les différentes positions quant à la question des rapports entre capital et système interétatique souffrent de problèmes qui requièrent de faire un pas en arrière dans la conceptualisation et de reprendre la question de base du rapport entre Etat et société civile dans la théorie marxienne. Ce n’est qu’à cette condition que l’on pourra tenter de poser les bases d’une « géopolitique matérialiste » (Pozo-Martin 2007).
Dans un premier temps, nous allons nous pencher sur l’approche du « marxisme géo-politique » (Teschke 2005: 22), perspective qui conçoit les rapports entre le capital et le système inter-étatique comme totalement contingents.
Nous allons, dans un second temps, montrer que cette approche, basée sur une extension du « marxisme politique » de Brenner (1985; 1986; 2003) aux questions géopolitiques, souffre à la fois de contradictions interne dûe à un historicisme mal maîtrisé (la volonté tout à fait pertinente d’historiciser radicalement l’émergence du capitalisme se retourne en son contraire, une conception a-historique et statique des rapports inter-étatiques) et d’une conceptualisation déficiente du concept de capital.
Dans un troisième temps, nous allons proposer certaines pistes pour tenter de lever ces ambiguïtés en reprenant le fil de l’analyse de Marx et en tentant d’esquisser une élaboration qui permette de réconcilier la compréhension historique et logique de la société capitaliste.
Horaire
Jeudi 25 octobre
14h – 15h45
Amphimax, Anthropos Café
Panel – Mondialisation et impérialisme: Capital, États et conflits.