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En injectant des cellules souches de tissu adipeux humain, des équipes de chercheurs du CNRS et de l'Inserm ont réussi à générer, sans réaction de rejet, des cellules musculaires humaines chez des souris «mdx» qui constituent un modèle de la myopathie de Duchenne. Ce résultat prometteur de thérapie cellulaire est publié dans le Journal of Experimental Medicine.1 En 2004, l'équipe CNRS-Inserm, dirigée par Louis Casteilla, avait démontré qu'il était possible d'obtenir in vitro des cellules musculaires cardiaques à partir de cellules adipeuses. Parallèlement, plusieurs équipes de l'Inserm obtenaient la démonstration que ces mêmes cellules pouvaient, chez la souris, se transformer en cellules constitutives des vaisseaux sanguins.Les équipes de Christian Dani, directeur du laboratoire «Cellules souches et différenciation» et Gérard Ailhaud (Institut de signalisation, biologie du développement et cancer) ont d'autre part réussi à obtenir à partir de tissu adipeux de jeunes donneurs des cellules souches multipotentes dénommées hMADS (Human Multipotent Adipose Derived Stem Cell).Ces dernières sont à un stade moins différencié que les cellules obtenues précédemment par d'autres équipes. Les travaux publiés dans le Journal of Experimental Medicine montrent qu'une même cellule souche hMADS est in vitro capable de se transformer dans des cellules de type musculaire, osseux, adipeux ou cartilagineux, selon l'environnement. Les auteurs de ce travail soulignent qu'une fois isolées et mises en culture, ces cellules souches présentent une forte capacité de prolifération, des chromosomes normaux ainsi qu'une absence de caractéristiques tumorigènes.Ces chercheurs ont d'autre part remarqué que ces cellules n'exprimaient que faiblement les antigènes d'histocompatibilité.Désireuse d'étudier les potentialités réparatrices de ces cellules souches, l'équipe s'est intéressée aux souris «mdx», déficientes en dystrophine. Transplantées en faible quantité chez la souris dystrophique, les cellules souches du tissu adipeux n'ont pas été rejetées et ce en l'absence de traitement immunosuppresseur. Elles ont également permis d'obtenir une expression importante et à long terme de dystrophine humaine. Selon le Pr Gérard Ailhaud, «ces résultats prometteurs ouvrent des perspectives d'allotransplantation de telles cellules chez des patients atteints de maladies musculaires». Ces travaux ont d'ores et déjà donné lieu au dépôt d'un brevet international.Les chercheurs devront toutefois étudier la possibilité d'isoler directement et en nombre suffisant de telles cellules souches à partir de tissu adipeux humain d'individus de tous âges. Ils devront également s'attacher à comprendre quels sont les mécanismes qui gouvernent l'absence de rejet de ces cellules humaines chez la souris avant d'entreprendre des essais cliniques.1 Rodriguez A-M, et al. Transplantation of a multipotent cell population from human adipose tissue induces dystrophin expression in the immunocompetent mdx mouse. J Exp Med 2 mai 2005.