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Le curateur du pavillon suisse, Philipp Kaiser, pose parmi des créations de l'artiste américaine née à Genève Carol Bove.
KEYSTONE/GAETAN BALLY(sda-ats)
Le pavillon suisse de la Biennale d'art contemporain de Venise propose une plongée dans l'univers d'Alberto Giacometti. Avec l'exposition "Women of Venice", trois artistes exploreront l'héritage du sculpteur grison.
Alberto Giacometti (1901-1966) n'a jamais voulu exposer dans le pavillon suisse édifié en 1952 par son frère Bruno. L'artiste, qui a toujours refusé de se laisser "récupérer" par la Confédération, avait présenté ses "Femmes de Venise" en 1956 dans le pavillon français.
Présenté mercredi à la presse, "Women of Venice" fait référence à ce groupe de personnages de plâtre et à d'autres oeuvres de Giacometti. Le pavillon accueille des créations de Carol Bove et du couple Teresa Hubbard/Alexander Birchler, qui "explorent l'héritage et l'univers" du sculpteur grison, explique Pro Helvetia dans un communiqué.
La maîtresse de Giacometti
Le duo américano-suisse présente notamment une installation filmique bilatérale intitulée "Flora". Celle-ci "réinvente" la vie de l'artiste américaine Flora Mayo, qui étudia à Paris dans les années 1920 et qui fut la maîtresse d'Alberto Giacometti. Cette installation éclaire la jeunesse de l'artiste suisse.
Teresa Hubbard et Alexander Birchler exposent aussi "Bust". Il s'agit d'un portrait d'Alberto Giacometti, reconstruit et remis en scène à partir de celui réalisé par Flora Mayo, qui fut détruit et qui ne doit sa survie qu'à une photographie.
Carol Bove, elle, prend comme point de départ "Femmes de Venise". Pour répondre en quelque sorte à l'absence d'Alberto Giacometti, l'artiste américaine née à Genève présente avec "Les Pléiades" un nouveau groupe de sept sculptures dans la cour du Pavillon suisse, en rapport avec l'œuvre figurative tardive du sculpteur.
"Vive l'art"
L'édition 2017 de la Biennale de Venise s'ouvre ce samedi et dure jusqu'au 26 novembre. Au total, 81 pays y sont représentés avec un pavillon, dont trois pour la première fois: Antigua et Barbuda, Kiribati et le Nigeria. Comme à chaque fois, on y trouve des surprises supranationales, comme l'invitation lancée par l'Irak à l'artiste belge Francis Alÿs.
Outre les contributions nationales, la Biennale présente aussi une exposition internationale. Beaucoup de femmes ont été invitées à Venise par la directrice artistique de la 57e édition de cette Biennale, Christine Macel, conservatrice en chef du Centre Pompidou à Paris.
Le mot d'ordre est "Vive l'art". C'est "un cri plein de passion pour l'art et la position de l'artiste dans le monde", a expliqué Mme Macel cette semaine à la presse. "L'idée c'est de remettre l'artiste au centre de l'exposition avant toute chose, avant toute thématique, et de récréer cette hiérarchie où l'artiste est au centre du monde de l'art", a-t-elle précisé dans un entretien à l'AFP.
Génération 69
Cette Biennale veut prouver la vitalité de l'art au travers d'oeuvres présentées par quelque 120 artistes, venus de 50 pays. Parmi les artistes les plus reconnus, on trouvera cette année Sheila Hicks, Kiki Smith et le Danois Olafur Eliasson, dont les immenses sculptures ont fait le tour du monde et qui a transporté son atelier tout entier à Venise. Les visiteurs pourront également découvrir des oeuvres de la Zurichoise Heidi Bucher (1926-1993).
La génération 69, année de naissance de Christine Macel, est particulièrement bien représentée avec des artistes comme Kader Attia ou Philippe Parreno, dont les oeuvres sont de plain-pied avec la réalité du monde.
Et comme à chaque biennale, Venise sera animée par toute une foule d'événements artistiques, inspirés du thème de la vitalité de l'art. L'édition remettra cette année un Lion d'Or à la carrière d'une icône du féminisme, l'artiste plasticienne américaine Carolee Schneemann, célèbre pour avoir utilisé son propre corps comme matière première à ses performances autour de la sexualité.
ATS