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Contribution au débat sur le sexisme. Premier volet aujourd’hui: les formes sociales de la misandrie. La misandrie est la forme la moins racontée du sexisme, ou la plus cachée. Je me concentrerai donc sur lui, l’autre versant du sexisme - la misogynie - étant largement documenté et raconté. Le texte qui suit est diffusé sur le net depuis plusieurs années par différents auteurs de blogs.
Je précise que pour qu’il y ait sexisme il faut une volonté d‘englober tous un genre dans un discours, des actes, des attitudes ou des dispositions sociales, légales et juridiques visant à le dénigrer, le stigmatiser ou atteindre à ses droits et à son intégrité.
Formes sociales de la misandrie
Depuis les années 1980, des hommes et des femmes d'origines diverses dénoncent, dans les sociétés développées, des aspects qu'ils considèrent comme misandres. Ce sont des pères divorcés, des hommes victimes de violence conjugale, des féministes comme Élisabeth Badinter ou Doris Lessing, des militants hoministes, des sociologues, etc. Ils dénoncent entre autres :
- dans le domaine des naissances, l'absence de tout pouvoir de décision donné aux pères, et le pouvoir total donné aux mères : choix de garder ou non l'enfant, choix de pratiquer ou non l'interruption volontaire de grossesse (IVG), choix d'accoucher ou non sous X ;
- l'impossibilité légale pour les hommes, en cas de doute sur une paternité qui leur est attribuée, de procéder à une recherche de paternité par eux-même sans l'accord de la mère ou sans une décision de justice; les test illégaux n'ont pas de valeur juridique ; au Canada les pères ont obtenu le droit de faire réaliser un test eux-mêmes;
- la préférence donnée par les juridictions de nombreux pays aux mères pour la résidence des enfants, en cas de divorce ou de séparation, comme au Québec où la proportion en leur faveur était de 63% en 2000 (Bulletin de la statistique du Québec, octobre 2002, volume 7, n1) ;
- la surestimation des violences faites aux femmes par des hommes et la négation ou la sous-estimation des violences faites aux hommes par des femmes. C'est la thèse de Marcela Iacub et Hervé Le Bras, analysant l'enquête ENVEFF (Enquête nationale sur les violences faites aux femmes en France, 2000) : cette enquête, financée par les contribuables des deux sexes, ne fait aucune place aux victimes masculines ; inversement, elle gonfle artificiellement la proportion de victimes féminines en ajoutant aux données objectives concernant les violences physiques les données forcément subjectives qui concernent les violences psychiques ;
- la définition légale du viol comme "pénétration", ce qui en exclut de nombreuses formes de viol féminin, en particulier sur les enfants ;
- la présentation négative des hommes faite par les médias (violents, violeurs, parasites, etc.). Les Canadiens Paul Nathanson et Katherine K.Young, dans Spreading Misandry (2002) et Legalizing misandry (2006) ont plus particulièrement mis en évidence ce phénomène dans les feuilletons télévisés;
- la mise en place d'organismes voués à soutenir la condition féminine dans le cadre des institutions nationales (ministères, secrétariats d'État) ou internationales (commissions spécifiques à l'ONU, au Conseil de l'Europe) et de certaines ONG (Amnesty International), alors que rien d'équivalent n'existe en faveur de la condition masculine, et que les associations masculines sont rarement subventionnées ;
- dans le domaine scolaire, l'absence de recherches et d'actions concernant la sous-performance scolaire des garçons, qui contraste avec la poursuite de recherches et d'actions en faveur de l'amélioration de la performance des filles. Ainsi, en France, dans le cadre du prix de la vocation scientifique et technique, le ministère de l'Éducation nationale attribue chaque année plusieurs centaines de bourses à des élèves filles des classes terminales souhaitant s'orienter vers une branche professionnelle où elles sont peu présentes. Mais aucune initiative symétrique ne vient encourager les élèves garçons à choisir les filières menant à des branches où la proportion d'hommes diminue régulièrement (enseignement, santé, justice) ;
- le rejet de la plupart des caractéristiques habituelles de la masculinité, la critique systématique de toute tentative de valorisation par les hommes de leurs spécificités, et parallèlement la valorisation sans retenue des caractéristiques spécifiques de la féminité.
Je rappelle le livre de Patrick Guillot, «La Misandrie, histoire et actualité du sexisme anti-hommes», à découvrir sur le site la-cause-des-hommes.
A suivre