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Les agriculteurs américains reprochent à Syngenta de leur avoir vendu à partir de 2011 une souche de maïs modifié - Agrisure Viptera - autorisée aux Etats-Unis mais pas encore à cette époque en Chine (image symbolique).
KEYSTONE/AP/SETH PERLMAN(sda-ats)
Un jury américain a ordonné vendredi à Syngenta de verser 217,7 millions de dollars à plus de 7000 agriculteurs. Le groupe agrochimique bâlois leur avait vendu du maïs OGM encore non autorisé en Chine, pourtant principal pays importateur de céréales américaines.
Ce montant ne recouvre que des indemnisations. Le jury de Kansas City (centre) n'a pas infligé d'amende à Syngenta, selon des documents judiciaires.
L'entreprise, qui reste toutefois confrontée à d'autres recours en nom collectif (class action) dans cette affaire, a annoncé qu'il allait interjeter appel de la décision. "Les agriculteurs américains ne devraient pas se reposer sur un gouvernement étranger pour décider quels produits ils peuvent utiliser dans leurs champs", explique Syngenta.
Les plaignants reprochent à Syngenta d'avoir commercialisé à partir de 2011 de sa semence "Agrisure Viptera" autorisée aux Etats-Unis, sans s'assurer qu'elle pouvait être exportée sur d'autres marchés. Or la Chine, un important acheteur de céréales américaines, a refusé à partir de fin 2013 des cargaisons complètes en provenance des Etats-Unis, car elles contenaient des traces du maïs Viptera.
Le groupe leur a également vendu à partir de 2013 une seconde souche de maïs OGM - Agrisure Duracade - dont il attend encore que Pekin lui donne l'autorisation de commercialisation.
"Bonne nouvelle"
Dans le premier cas, lorsque les agriculteurs américains ont tenté de livrer au marché chinois en 2013, ils ont été confrontés au refus des autorités chinoises en raison de la présence du Viptera, affirmaient-ils dans leur plainte. Ce refus a entraîné une chute des prix du maïs, ce qui a causé des pertes évaluées à 5 milliards de dollars à l'ensemble des agriculteurs américains de la semence, selon les documents judiciaires.
Ce n'est que depuis fin 2014 que Syngenta peut exporter ce maïs génétiquement modifié en Chine. La filière réclame des dédommagements d'un montant total de 5,77 milliards de dollars. Elle estime que Syngenta savait que la procédure d'autorisation de commercialisation en Chine serait longue. Le groupe serait passé outre.
"Ce verdict est une bonne nouvelle pour les agriculteurs de maïs du Kansas et pour tous les paysans cultivant le maïs dans tout le pays. (Ils) avaient été gravement affectés par les décisions de Syngenta", a déclaré Patrick Stueve, un des avocats des plaignants.
Le groupe bâlois qui sera officiellement racheté lundi par l'entreprise chinoise ChemChina fait encore face à des "class action" dans sept Etats: Arkansas, Missouri, Illinois, Iowa, Nebraska, Ohio et Dakota du sud.
ATS