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18.08–26.08.22
RADIO
«Laurence & Friends – Radio» est une série de podcasts enregistrés au 8 Rue des Vieux Grenadiers. Cette série d’enregistrements ancre des espaces sonores dans un espace physique. La mise en scène tente de définir une forme d’ambiguïté: une table, un micro et deux chaises qui se font face. Interrogatoire? Tribune? Bureau? Les personnes enregistrées sont-elles en terrain conquis, à conquérir ou en territoire hostile ? La place leur est-elle donnée comme espace libre d’expression où comme plateforme potentiellement contraignante?
Derrière la table, une peinture d’Akiyoshi Deschenaux fait face aux objets. Dépeint-elle la scène qui se joue devant elle ? Est-elle au contraire une ouverture vers une situation qui ne se joue pas ici? Est-elle également un objet, élément constitutif du décor planté? Elle est en tout cas un indice, une amorce vers laquelle la personne enregistrée peut tendre. Un élément à intégrer ou à contourner. Une brèche.
Chaque personne enregistrée ajoute à son tour un objet à l’espace (œuvre, geste, meuble... ). De cette manière les lieux peuvent prendre de multiples directions narratives. Inhiber ou développer leurs aspects autoritaires, contourner, ajouter, intégrer ou redéfinir leurs statuts (bureau, salon, chambre, archive). L’ajout peut avoir lien ou non à l’enregistrement. De cette manière les podcasts revêtent un statut paradoxal puisqu’ils endossent une physicalité dans un espace donné.
La personne enregistrée est libre d’utiliser le micro comme elle le souhaite, elle peut s’enregistrer, elle peut réclamer un interview, elle peut de même proposer des playlists, pièces sonores ou pièces muettes.
#1
18.08.22
Axelle Stiefel
The Operator
« The Operator » met en exergue différentes propriétés liées à l'enregistrement. Chaque mot est enregistré séparément et juxtaposé en une succession de pistes qui semblent constituer un tout. Il s'agit bien d'un texte et de sa lecture, mais la scansion résultant du mode opératoire défini, met davantage en valeur la technologie catalytique qui soutient les mots. Ainsi, la différenciation des degrés de sens allant du littéral au littéraire semble inefficace pour créer une adhésion au texte. Ce va-et-vient entre un tout potentiel, sa fragmentation et la tentative ultérieure de le restaurer, met également en évidence les qualités spatio-temporelles contenues dans les possibilités de l'enregistrement. L'artiste construit sa lecture de telle sorte que chaque mot soit encapsulé dans son propre espace-temps, offrant une expérience ambivalente en regard de la continuité propre au présent de l'écoute. En outre, la rythmique spécifique semble aligner sur un même plan le vecteur technologique (la captation et la diffusion du son), le véhicule du sens (le langage et l’ordre du discours), le signifiant et le signifié (les mots, les signes). Si le sens des mots échappe continuellement et que la lecture est vécue comme un exercice respiratoire, c'est aussi l'identité humanoïde de l'émetteur qui est remise en question, et son pendant technoïde.
Laurence Favez
© Cette enregistrement est protégé par le droit d'auteur. Il ne peut être téléchargé, diffusé ou utilisé à toutes autres fins.
Axelle Stiefel (1988) est une artiste Franco-Suissebasée à Genève.
Partant de situations, sa démarche s’est construite par l’expérience des dispositifs per-formatifs et cinématiques. Elle poursuit une ligne de recherche, appelée le fil rouge, qui consiste en une métaphorologie du textile lui permettant d’inter-roger les notions de continuité et de permanence. Embarquée dans diverses organisations, l’artistepense le travail dans l’interaction et l’intégration.Ces caractéristiques la portent à engager dans lesactivités du design, du développement de conceptet du conseil. Elle est passée par diverses institutionsinternationales telles que Wiels Brussels BE (2017),De Warande Turnhout BE (2018), Kunst Haus GlarusGL (2018), Kunst Raum Riehen BL (2019), KunstraumNiederösterreich Vienne AT (2019), Fri Art FR (2020),Milieu BE (2020), Istituto Svizzero Milano IT (2020). Elle curate le festival TexteContact et édite le maga-zine Artist Network Theory.
#2
19.08.22
Coline Mir
Parure Torbesh
Coline Mir nous présente en trois épisodes ses échanges avec une famille du peuple Torbesh. En voyage au Kosovo en 2013, l’artiste s’intéresse notamment à la tenue portée par les jeunes mariées le jour de leur cérémonie. Véritable parure, cet assemblage de tissus brodés, bijoux et maquillage nécessite des heures de préparation et une contrainte physique indéniable lors de son endossement. En 2022 l’artiste réactive les enregistrements produits au Kosovo et poursuit ses recherches généalogiques en Suisse. Elle fait notamment la connaissance d’Alma, petite fille d’Aziza rencontrée 10 ans plus tôt.
Parure Torbesh parle de transmission. Celle d’une tradition en perte de vitesse qui souvent n’intéresse plus les jeunes générations, mais aussi celle d’une artiste fascinée par cette culture en émulation. L’enregistrement est également au cœur de ce travail puisque l’oralité du vecteur rejoue le ferment transmissible initial. L’artiste affirme sa démarche dans les différents échanges par une posture tantôt effacée, soulignant sa présence par son silence, tantôt proactive, questionnant ses interlocuteurs.
Remerciements :
Jetmir Idrizi
Aziza Šefitagić
Adil Šefitagić
Selma Šefitagić
Alma Šefitagić
Nita Deda
©photos: Jetmir Idrizi
© Cette enregistrement est protégé par le droit d'auteur. Il ne peut être téléchargé, diffusé ou utilisé à toutes autres fins.
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Coline Mir (1991, Ancenis FR) est une artiste plasticienne basée à Genève.
Au centre du travail de l’artiste se trouve la Parure, en tant qu’objet anthropologique complexe qui opère de nombreuses liaisons entre le vêtement, la sculpture et le design. Intimement adressées à des corps, les parures construites avec des fragments de céramique sont confectionnées pour être portées et activées comme lors de FFPerformance (2014), Italo improvisation (2015), A Tribute to Her I et II (2016), ou encore Jeudi (2017). À travers le concept de mosaïque, l’ornementation se décolle et se fractionne, s’assouplit en une empreinte sur-mesure. En poursuivant une réflexion sur la corporalité, les contacts, les interactions et les rapports entretenus avec les surfaces environnantes, l’artiste cherche et questionne l’idée intrinsèque du revêtement et de sa possible autonomie. Coline Mir décortique des objets et se lance dans de vastes et minutieux projets de reproductions où l’espace de réappropriation est investi par des permanents affectionnés d'un jeu sculptural : construction, variation, effet, affordance, prégnance, signes...Elle redistribue les rôles.
#3
20.08.22
Paul Paillet
King Crimson - 21st Century Schizoid Man (Including "Mirrors")
« King Crimson - 21st Century Schizoid Man (Including “Mirrors“) » est une adaptation par l’artiste Paul Paillet de la chanson du même nom. Le groupe anglais King Crimson connaît un succès fulgurant à la fin des années 60. Il cristallise une liaison naissante entre un univers hippie et des influences métal et punk plus sombres. La première formation du groupe implose avant même de finir sa tournée, ce seul album constituera pourtant une référence pour les générations à venir. Cette version modifiée et ralentie de l’originale, joue des temporalités présentes dans le processus historique du groupe. A travers cette déformation, Paul Paillet offre au passé soudain et éphémère une longévité étrange et diluée. L’artiste qui mêle histoire personnelle et culture populaire utilise de manière récurrente l’idée du passage entre deux états. Ainsi l’aspect infusé de l’enregistrement et la perte de détail qui l’accompagne est aussi une réflexion sur les portes de la conscience et ses multiples représentations culturelles.
©photos: Julien Gremaud
© Cette enregistrement est protégé par le droit d'auteur. Il ne peut être téléchargé, diffusé ou utilisé à toutes autres fins.
Paul Paillet (Dijon, 1986) est un artiste français qui vit et travaille à Genève depuis 2014.
Il a effectué une licence d'arts plastiques en Belgique, à Liège, puis un master d'arts plastiques aux Beaux-Arts de Dijon. Après avoir exercé dans un atelier partagé pendant 4 ans à Dijon, Paul est venu parfaire sa pratique de la céramique au CERCCO en 2014. Il poursuit depuis ses recherches plastiques et présente son travail dans diverses expositions en Suisse et en France, dans des espaces indépendants (Lokal-Int, One Gee in Fog, Thundercage (FR)) et institutionnels (Centre d'Édition Contemporaine de Genève, EAC de Porrentruy, Salle Crosnier-2022). A travers la sculpture, la peinture, le dessin et le son, ses recherches récentes tendent à déconstruire le mythe individuel et collectif de l'adolescence comme période initiatique. En la confrontant à des phénomènes et des stratégies économiques, voire politiques, liés aux notions de soft et hard power.
#4
21.08.22
Marc Eicher
Maldites
« Maldites » (Mal dites, Maudites) est une pièce de Marc Eicher qui réunit sous forme de litanie deux textes du 15ème siècles. L’un est le Formicarius de Johannes Nider (« la fourmilière", Bâle 1436-1438), il est considéré comme le deuxième texte fondateur de la pensée inquisitoriale et pose les bases de la futur répression. Il met en parallèle et de manière métaphorique la vie des humains et celle des fourmis. Le deuxième texte est une formule magique traduite du patois originel par l’artiste et la Fondation Patois, elle avait le pouvoir de lancer des tempêtes. Trouvée dans des procès de sorcellerie, elle n’a jusqu’ici jamais été rendue intelligible. La mise en parallèle de ces deux textes apparemment antithétiques accentue leurs similarités. Si les sorcières sont poursuivies pour leur lien étroit et l’incarnation qu’elles concèdent au monde animal, c’est bien la fourmi qu’utilise l’inquisiteur comme allégorie de l’humain. C’est également la mouche, élément parasite du présent enregistrement, qui met en exergue l’animalité présente chez les deux parties. Pendant l’inquisition, il fallait veiller à ne pas en avaler car elles étaient la personnification de l’âme des sorcières. Depuis, elles sont l’effigie du disgracieux perturbateur, sujettes à de nombreuses représentations populaires et métaphoriques. Les deux textes se rejoignent également par leurs similitudes formelles. Si l’aspect onirique de l’enregistrement est tenu par la fiction allégorique, c’est aussi les ajouts d’effets tels que la réverb et les répétitions qui lient les deux histoires. L’utilisation presque kitch de ces éléments, rejoue littéralement l’imagerie populaire qui s’est crée autour de la sorcellerie. Tout comme la présence de la mouche, ces effets sont le mimétisme d’un inconscient collectif contemporain.
Remerciements :
Charlotte Schear
Anaïs Wenger Perez
Noémie Griess
Nicola Menoud
Ana Ducoli
Marc Eicher (1990) est un artiste et designer de mode basé à Genève.
Sa pratique évolue autour des systèmes de croyances qu’il aborde à travers des références oscillant entre histoire, anthropologie et folklore. L’intérêt se porte sur les similitudes entre la pratique de la sorcellerie et de ce que l’on défini comme « chamanisme », ainsi que leur résurgence dans le temps et l’espace. La traduction formelle de ces idées proposent des espaces travaillés comme un état limite, celui des potentialités, des métamorphoses. Entre réalité et fantasme, vivant et mort, vrai et faux, ses pièces permettent la possibilité de faire cohabiter des natures contraires.
#5
22.08.22
Sophie Conus
Ecoute ce qu’elles racontent
Sophie Conus nous propose une sélection de voix radiophoniques et télévisuelles. De Joyce Mansour à Leïla Sebbar ou Louise Bourgeois, ces passages nous confèrent un paysage médiatique féminin et féministe. Le format choisi imite une rythmique de l’ordre du zapping rendant paradoxalement les extraits choisis dépendants les uns des autres. Les sujets abordés font hommage à l’histoire de l’intimité, aux espaces intérieurs et à leur domestication. L’artiste intervient pour présenter ces extraits et séquence les différentes interventions par des passages musicaux, elle rejoue ainsi une cadence propre aux podcasts et à la radiophonie.
Musique:
Malibu - Lost at Sea
Sarah Davachi - Evensong
Eartheater & LEYA - Milky eye
Kara-Lis Coverdale - Moments in Love
Caterina Barbieri - Fantas
Belia Winnewisser - Voices
Derickx - breakcore is happening in my room
Sophie Conus est une jeune artiste Suisse, née à Lausanne en 1997, elle vit et travaille actuellement à Genève.
Sophie Conus est actuellement en première année du WorkMaster à la HEAD - Genève. Sa pratique artistique combine une exploration plastique et sonore. Ses recherches autour de la notion de texture découlent de son rapport sensoriel à l’art, approche qui implique un passage par le corps, une lecture par les sens. Au travers d’installations composées de sons et d’objets qu’elle produit, elle cherche à créer des univers singuliers qui illustrent sa fascination pour la matérialité et les ambiances. Vacillant entre l’artificiel et l’organique, ces environnements sont mis en tension par les contrastes de matières auxquels s’ajoutent parfois des sons qu’elle compose et mets en mouvement dans l’espace. Cette spatialisation de sons issus de «field recordings», inspirés par des genres musicaux tels que la noise, le drone ou encore l’ambiante, vise à immerger les spectateurs dans des ambiances particulières et étranges. Son processus commence toujours par un besoin d’expérimentations et d’explorations des textures, que ce soit celles des mélanges pour créer des émaux ou des sons qu’elle enregistre. Selon elle, la matière détermine toujours la forme, elle fait oeuvre et est source d’un dialogue permanent entre les sensations du corps et leur environnement.
#6
23.08.22
Vanessa Cimorelli
Hauntological Fairy Tales: #1
Dans le premier épisode d’« Hauntological Fairy Tales» Vanessa Cimorelli s’intéresse à l’élaboration et à la transmission des fables. Elle emprunte à leur lexique différents traits propres à la construction des histoires mythologiques. Mis bout à bout et dénués de fil rouge, ces tics narratifs laissent une sensation de déjà vu propre à ce type de récit. Alors sans précision, l’histoire perd de son sens et incite l’auditeur à appréhender ce qu’il entend de manière plus formelle. Cette dilution permet d’approcher les thématiques du conte et des transmissions sans aborder le sujet frontalement. La répétition de ces tics narratifs imite l’accumulation des récits et permet l’identification immédiate au genre du conte, soulignant alors un plan imaginaire tellement saturé qu’il en devient normé. Pour s’en défaire, l’autrice propose alors un récit fragmenté où les espaces manquants sont de potentiels espaces de spéculation narrative. En faisant également référence au concept d’hauntology développé par Derrida, elle met en évidence la persistance d'une trace en provenance du passé et de spectres qui soulignent la distinction entre ce qui n’est plus mais pourtant persiste et ce qui est en devenir.
Musique:
Patricia Wolf - Woodland Encounter
Vanessa Cimorelli est une autrice et artiste basée à Genève. Ayant obtenu tant un diplôme à la HEAD en communication visuelle, qu’à l’UNIL en littérature, linguistique et sciences sociales, elle a ensuite continué ses études au sein du programme Master de Recherche CCC de la HEAD. Ses méthodes explorent et déconstruisent les codes narratifs à travers la fiction, le fantastique et la poésie. Créant des interventions textuelles qui déplacent le langage politique, social et/ou académique, la mise en récit de ses espaces s’articule notamment autour des questions de corporalité, du virtuel et de l’auto-fiction.
#7
24.08.22
Pauline Mayor
& Rebecca Solari
Flash info
« Flash info» est un podcast signé par Pauline Mayor et Rebecca Solari. Il met en scène un imaginaire collectif où elles auraient toutes donné la même excuse pour ne jamais revenir: Elles sont descendues acheter des clopes et ne sont jamais revenues. Cette fuite de l’espace domestique est avant tout le fantasme d’échapper à ses propres responsabilités et de dessiner par la fugue un nouveau lieu idéalisé. Les portes dont il est question décloisonnent les espaces, elles se claquent plus qu’elles n’enferment, elles rappellent que les frontières sont de vastes constructions mentales. Ainsi celle qui claque la porte est par essence du bon coté et signe de son geste les plans d’un univers fantasmé. Il y a également ce sac plein de clopes qui cristallise ce qu’elles sont toutes allées chercher. Il est multiforme, il se vend, il se brade, il se perd, se retrouve et il interroge sa propre utilité.
Pauline Mayor (*1993) vit et travaille entre Fribourg, Lausanne et Genève. Après avoir obtenu un Bachelor à L’ECAL ( University of Art, Lausanne) en 2018, et travaillé une année à Paris, elle débute une formation professionnelle de théâtre à Lausanne. Aujourd’hui elle travaille pour le théâtre Saint-Gervais de Genève en tant que chargée de communication. Pauline Mayor a une pratique de performance, de théâtre et d’écriture qui questionnent la nécessité de devenir femme sous une forme de quête d’amour et de transformations.
Rebecca Solari (*1996) est une artiste transdisciplinaire tessinoise. Diplômée de la Haute École d’art de Zurich, elle suit actuellement le Master of Dirty Art du Sandberg Instituut à Amsterdam. Sa pratique entre performance, vidéo, musique, curation, installation s’articule autour de l’auto-représentation, de la volonté de détruire les codes préétablis et d’explorer les identités de genre et sociales.
#8
25.08.22
Chloé Delarue
Snitchcake 2020
En s’appropriant les bandes sonores de vidéos d’émeutes trouvées sur les réseaux sociaux, Chloé Delarue sonde, à travers ces voix et bruits environnants, la performativité saccadée des corps collectifs et individuels.
Tel une transe dissonante, Snitchcake fait apparaître une certaine beauté frénétique du chaos où s’entrechoque et se mêle une violence tout autant symbolique que tangible, dont la question de l’événement et de sa mise en scène traverse aussi bien nos corps réels que nos identités virtuels.
Entre destruction et transgression, superposition et répétition, cette pièce sonore reflète ainsi la perception de ces événements dont la mise à jour en temps réel par les utilisateurs de ces plateformes numériques déplace l’incongruité vers sa profusion.
Chloé Delarue observe les interactions entre la technique et le vivant agissant sur nos systèmes de représentations et d’identifications. Réfléchissant notamment aux notions de reproductibilité et simulation et leurs effets sur notre perception du réel, elle explore la transformation du tangible, des corps, des affects devenues capteurs. Ses installations et sculptures où les effets de leurre, de faux-semblant, de mimétique se déploient, cernent un environnement esthétique dense avec notamment une vaste série d’oeuvres apparaissant sous l’acronyme TAFAA pour Toward A Fully Automated Appearance, un cycle en mouvement donnant corps aux ambiguïtés sensibles de ce monde affecté par sa propre réplication.
Son travail a été montré lors d’expositions personnelles notamment à Windhager Von Kaenel, Zurich (Suisse), Villa du Parc - Centre d’art contemporain - Annemasse (France), Musée des Beaux-Arts de la Chaux-de-Fonds (Suisse), la Salle de Bains, Lyon (France), Kunsthaus Langenthal (Suisse), Parc Saint Léger – Hors les murs (France) ainsi que plusieurs expositions collectives notamment à HeK (Haus der Elektronischen Kunste), Bâle (Suisse), Maison Pop, Montreuil (France), Printemps de Septembre, Toulouse (France), Istituto Svizzero, Rome (Italie), Display, Berlin (Allemagne), Post Territory Ujeongguk, Séoul (Corée du Sud), CAN Neuchâtel (Suisse), Kunsthalle Fri Art, Fribourg (Suisse).
#9
26.08.22
Tristan Lavoyer
L’amour d’une génération
L’amour d’une génération est une chanson reprise du générique de la série d’Hélène et les garçons par Tristan Lavoyer. L’artiste en adapte sa forme au goût du jour en déplaçant de trente ans son propos générationnel. Jouant de sonorités familières mais stériles, les consonances technos utilisées évoquent un univers contemporain et distant. De même qu’à travers son travail pictural, il dresse une géopolitique des affects qui désigne autant la nostalgie du boomer que le management émotionnel contemporain.
Tristan Lavoyer, actuellement codirecteur de l’espace Forde à Genève, participe notamment aux expositions A House is not a Home // A Home is not a House, Kunsthalle de Fri-art, Fribourg, 2019-2020; Ulysse l’handicapé, Quark, Genève, 2019; Casa Bonita, avec Frédéric Gabioud, WallRiss, Fribourg, 2018. En 2019, avec Andreas Hochuli, il crée le groupe de musique L’acte pur, Lauréat des Swiss Art Awards en 2021.
Les productions de l’artiste sont les résultats intermédiaires d’une plongée exploratoire qui confond psychologie personnelle et idéologie sociétale. Elles formulent des problématiques comprises dans l’analyse des modes de perception et de leur adaptation tant d’un point de vue théorique que pratique – curation d’exposition, sculpture, peinture, texte, musique – où professionnalisation de l’art va de pair avec le triomphe de l’amateur, conséquence de la valeur mythique du travail dans l’horizon libéral. L’artiste artisane une sorte d’enquête anthropologique du milieu, composé de références idoines, d’anonymat statistique qui pointe du doigt les rationalismes des plus modernes et dont le rire couvre l’effroi d’un vertige: la culture occidentale, sa relation à l’altérité et sa psychologisation, à la technè, son obsession génétique et l,es sursauts affectifs des cadavres moralistes.