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Nous nous rapprochons du massif Wrangell
Un torrent à l’eau cristalline dévale la pente. Il file avec fluidité et nous apporte une sensation de légèreté et de pureté. Je pourrais y perdre mon regard durant des heures.
Pourtant nous traversons simplement le pont, sans nous arrêter. Puis nous nous séparons. Xavier poursuit avec Fibie qui dort dans la charrette et je vais chercher de l’eau. Il y a une pompe sur le chemin en contrebas. Un panneau indique pourtant que l’eau n’est pas potable, nous allons tout de même devoir la filtrer. Je regrette de ne pas m’être arrêtée vers le petit torrent.
Xavier s’est arrêté face au bleu sensationnel de la rivière Cooper. Son nom provient du cuivre qui fut exploité, tout d’abord par les premières nations, puis les Russes et finalement les Américains. C’est un lieu chargé d’histoire pour les habitants. C’est aussi ici que de massives quantités de saumons sont pêchées chaque année.
En contre-bas, nous observons la rivière Cooper
Son flot est impressionnant, elle nous apparaît comme un fleuve. En même temps, elle draine un bassin de 63 000 km2. Sa source dans les Wrangell l’emmène à travers le territoire puis coule dans les montagnes Chugach avant de rejoindre le Golf de l’Alaska, où son delta s’étend sur 2 800 km2. Les distances et grandeurs ici semblent être dilatées, comment conscientiser et intégrer de telles grandeurs? Seul notre effort physique permet de sentir en nous et en chacune de nous cellules la dimension de l’Alaska.
Сéline