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Parler histoire de Carouge peut vous interpeller. Je suis allé sur le site de la Cité Sarde, j’ai recueilli ceci :
Commune du canton de Genève et ville sur la rive gauche. La ville a été créée de toutes pièces sur la rive gauche de l'Arve par la monarchie sarde dans le dernier quart du XVIIIe s. afin de concurrencer Genève. Commune réunie à Genève depuis le traité de Turin (1816).
Les vestiges de deux ponts successifs et parallèles sur l'Arve (vers 100 av. J.-C.) attestent une occupation ancienne du site et doivent être mis en relation avec l'essor de l'oppidum gaulois de Genua puis de la cité romaine de Genava. Le pont sur l'Arve, où aboutissent les routes de Seyssel et d'Annecy, vers lequel convergent d'autres routes secondaires, confère à Carouge sa fonction routière qui sera déterminante pour son histoire.
Des vestiges archéologiques attestent l'existence de deux villae, la plus ancienne datant de la seconde moitié du Ier s. apr. J.-C. La présence d'un sanctuaire et d'ateliers confirme l'implantation d'un vicus, village qui ne cessera de se développer jusqu'à l'époque burgonde. Les traces de deux enceintes successives, antérieures à l'époque burgonde, protégeant une vaste superficie semblent confirmer la présence d'une importante garnison. Les pieux du murus extérieur, plus anciens que les vestiges du fossé intérieur, datent, selon la dendrochronologie, de 14 av. J.-C. et confirment l'importance stratégique du site dès le Ier s. av. J.-C., mais on ignore si le fossé extérieur est le fait des Allobroges ou des Romains.
Bien que Genève fût l'un des centres de la Sapaudia, c'est à la villa quadruvio que Sigismond fut couronné roi des Burgondes en 516 et non pas à la cathédrale, ceci peut-être pour ne pas heurter ceux de ses sujets non encore convertis au catholicisme et pour perpétuer une tradition germanique du roi acclamé par ses soldats. La position militaire de Carouge semble alors encore d'actualité et on ignore quand elle fut démantelée. Les seigneurs locaux rivalisent d'audace pour s'octroyer les fruits de l'embellie conjoncturelle des XIe et XIIe s.; à l'évêque de Genève les droits de péage du pont de Carouge, au comte de Genève les routes qui y conduisent.
En 1394, Gérard de Ternier, vassal des comtes de Genève, reçoit, en guise de remboursement d'un prêt, le droit de pontenage qui passera par héritage au duc Amédée VIII de Savoie. Le territoire de Carouge dépendait au spirituel de la paroisse de Lancy. Seule la maladière, mentionnée dès 1247, relevait de la paroisse de Saint-Léger (située hors les murs de Genève). Cette léproserie accueillera des malades jusqu'en 1558. La vie quotidienne et l'organisation de cet établissement nous sont connues grâce au Livre des Ladres, document rédigé en 1446. En face de la léproserie se trouvait la chapelle de Saint-Nicolas, seule rescapée du hameau de Saint-Nicolas-le-Vieux disparu au XIIIe s.
Les conflits et rivalités ne cesseront d'accroître la complexité de l'enchevêtrement des fiefs dans la région; cette situation ne sera démêlée que lors du traité de Turin de 1754. Mais auparavant, le territoire de Carouge sera l'un des théâtres des conflits qui opposent Genève à la Savoie. La démolition volontaire des faubourgs, entre 1534 et 1535, pour faciliter la défense de Genève, implique celle du bourg du Pont d'Arve, construit de part et d'autre du pont. L'arrivée des Bernois en 1536 ne change guère la situation. Si Genève s'est approprié les droits du Chapitre et du prieuré de Saint-Victor, Berne détient la haute justice, qu'elle cèdera au duc Emmanuel-Philibert de Savoie en lui restituant ses terres en 1564. Lors de la guerre de 1589 contre la Savoie, Carouge sera le théâtre de sanglants combats. Le Fort d'Arve, aménagé sur la rive gauche de l'Arve en 1589, est démantelé en 1596.
Dès lors, Carouge est un désert pour plus d'un siècle, malgré l'importance de son pont. Pont-frontière, volontairement construit léger pour des raisons stratégiques, plusieurs fois englouti par les flots, il est inlassablement rebâti et parfois remplacé momentanément par un bac. L'endiguement partiel de l'Arve, dès 1740, l'installation d'une tannerie sur le cours d'eau, le traité de Turin de 1754, l'essor du commerce international dynamisent l'espace carougeois. On révise le cadastre en 1760, puis en 1768 (mappe sarde de 1738). On comptait 24 maisons en 1754, 87 en 1765.
Suite demain.
(je remercie Monsieur Zumkeller, historien officiel de Carouge