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Si les échanges commerciaux entre le Qatar et la Suisse restent relativement modestes, ils pourraient exploser si Berne venait à importer du gaz naturel en provenance de l'Emirat. Les deux pays entretiennent par ailleurs des liens financiers importants, Doha étant un investisseur de taille dans l'économie helvétique.
En 2021, les échanges commerciaux entre la Suisse et le Qatar se sont inscrits à 708 millions de francs, ce qui fait de l'Emirat le cinquième partenaire de la Suisse au Proche-Orient.
Les exportations suisses vers Doha ont reculé de 36,1% à 670 millions de francs, dont une part de 38% provient de la catégorie «instruments de précision, horlogerie et bijouterie», selon les statistiques provisoires de l'Office fédéral de la douane et de la sécurité des frontières (OFDF). Les métaux précieux arrivent juste derrière avec près de 30%, contre 14% pour les produits chimiques et pharmaceutiques.
Parmi les biens exportés récemment figure en bonne place un lot de canons antiaériens destinés à protéger les stades de la coupe du monde de football. L'an dernier, le journal «Blick» avait révélé la signature d'un contrat de 246 millions de francs entre Doha et l'entreprise Rheinmetall Air Defence, filiale suisse du l'allemand Rheinmetall.
Dans l'autre sens, le Qatar a exporté pour 37 millions de francs de marchandises vers la Suisse, en recul de 91%, dont les trois quarts dans la catégorie «instruments de précision, horlogerie et bijouterie». Ce chiffre paraît quasiment anecdotique mais pourrait évoluer ces prochaines années si la Suisse devenait importatrice de gaz naturel liquéfié qatari. En mars, le conseiller fédéral Ueli Maurer avait en effet été reçu à Doha par le ministre de l'énergie pour évoquer de futures livraisons. La société suisse d'approvisionnement Gaznat a été chargée de mener des négociations.
Dans le domaine des services et de la finance, les échanges sont en revanche nettement plus importants. A travers son fonds souverain, la Qatar Investment Authority (QIA), l'Emirat est un important actionnaire de Credit Suisse avec 5,03%, à peine moins que le fonds d'investissements Blackrock. Toujours par l'intermédiaire de QIA, le Qatar contrôle Katara Holding, propriétaire de l'hôtel du Bürgenstock dans le canton de Nidwald, mais également du Schweizerhof à Berne et du Royal Savoy à Lausanne.
Qatar National Bank (QNB) possède pour sa part une importante succursale à Genève, QNB Suisse, qui propose notamment des services de gestion de fortune. D'autres institutions financières qataries plus discrètes sont également présentes au bout du lac, comme Global Gate Capital (GGC), une société active dans la gestion de fortune et d'actifs dirigée par des membres de la famille régnante élargie.
gma