Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06926.jsonl.gz/337

Dieu, sorcier.e.s, ou une «cause naturelle»: la souffrance au XVIIe siècle
Dans le christianisme, le problème du mal – c'est-à-dire la question de savoir pourquoi le mal et la souffrance existent malgré la croyance en l'existence d'un Dieu omnipotent et omni-bienveillant – est quelque chose que de nombreux croyants ont eu du mal à comprendre, notamment au début de la période moderne. Les études sur l'interprétation de la souffrance au XVIIe siècle en Europe ont principalement porté sur les perspectives des théologiens, des clercs et des philosophes. Ceux-ci développent un cadre normatif, qui entend définir la manière dont les fidèles doivent envisager la question de la souffrance, notamment dans leur existence quotidienne. Pourtant, dans un contexte d’alphabétisation limitée et de fréquentation irrégulière de l'église dans certaines sections de la population, de tels discours prescriptifs pourraient ne pas avoir été acceptés et assimilés par les laïcs.
Cette présentation portera sur les croyances des calvinistes en Écosse et en Suisse francophone réformée en réponse aux souffrances et aux malheurs rencontrés dans leur vie quotidienne, tels que les accidents, les maladies, les catastrophes naturelles et la criminalité. En utilisant une combinaison d'ego-documents, de sermons, de traités théologiques et de registres d'églises et de villes, j'éluciderai les différences de croyances aux niveaux individuel et collectif. La question centrale est de savoir si les croyances sur le malheur étaient plus susceptibles d'être influencées par des enseignements faisant autorité ou par des données pratiques et conjoncturelles? L’examen des attitudes et des convictions propres aux simples fidèles permettra de déterminer si celles-ci étaient similaires aux vues professées par l’institution et les raisons des éventuelles discordances.