Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07092.jsonl.gz/963

30 avril 18
-IAM, Performance
Erika Mesmer, Client Relationship Manager
Ces derniers mois, nous avons pu observer une hausse significative des taux d’intérêt obligataires. Aux États-Unis, après un point bas à 1.35% en juillet 2016, l’obligation US Treasury à 10 ans a atteint 3%. En Suisse, durant la même période, l’image est identique; l’obligation de la Confédération à 10 ans a progressé de -0.70% à +0.20%. Même si les taux à court terme continuent d’afficher une certaine volatilité, nous pensons être à un tournant concernant les tendances des taux longs. Depuis le début des années 80, les taux d’intérêt ont atteint des niveaux très bas, voire négatifs. À l’avenir, nous anticipons une hausse.
En ce début d’année, nous avons observé une hausse des taux cumulée avec une correction des marchés actions, ce qui fait dire à certains commentateurs, que les deux évènements étaient liés: à savoir, que la hausse des taux doit impacter négativement l’évolution des actions. Mais, est-ce vraiment le cas?
Dans le journal, Financial Times, paru le 11 avril 2018, M. Stuart Kirk a publié un article intéressant (“Relationship between bond and dividend yields has no grounds”) expliquant qu’il n’y a pas de lien entre les taux d’intérêt obligataires et les rendements des dividendes. En résumé, il met en avant des justifications théoriques justifiant cette affirmation mais, plus intéressant encore, la relation entre les rendements des dividendes et les taux obligataires durant les dernières décennies. Sur la période allant de 2000 à nos jours, la relation était opposée. Les taux obligataires étaient en baisse, alors que les rendements des dividendes étaient en hausse. Si nous regardons plus en arrière, durant les années 1980 et 1990, la direction était identique à la baisse. Dans les années 1970, la direction était également identique mais à la hausse. Pour compléter l’image, dans les années 1950 et 1960, comme vous l’aurez certainement deviné, les directions étaient opposées avec une hausse des taux obligataires et une baisse des rendements des dividendes.
Bien qu’il n’y ait pas de relation directe entre les rendements des taux et des dividendes, cela ne veut pas dire que les marchés des actions ne vont pas être influencés par une hausse des taux d’intérêt dans le futur. Durant la dernière décennie, les banques centrales ont inondé les marchés de liquidités et les coûts de financement n’ont jamais été aussi bas, ce qui a permis à beaucoup de sociétés de se financer à bon compte. Si nous regardons plus loin dans le futur, quand le coût du capital deviendra plus cher du fait de la montée des taux, nous allons assister à un étranglement des sociétés de moins bonne qualité, alors que les sociétés qui disposent d’un flux régulier de liquidités vont être capables de bien performer. En effet, ces dernières seront capables de continuer à développer leurs affaires et à investir sans souffrir de taux d’intérêt plus élevés.
Une fois la hausse des taux confirmée, le temps où l’argent allait dans n’importe quel type d’actions sera révolu. Cela signifie, pour les investisseurs, qu’une gestion active avec une sélection de valeurs de qualité sera d’autant plus la clé du succès.