Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07024.jsonl.gz/262

L'anomalie anticyclonique
L'anticyclone qui "sévit" actuellement en Europe constitue une anomalie pour cette période de l'année. L'image ci-dessous montre que le modèle de prévision à moyenne échéance du centre Européen (dont la Suisse fait partie) considère que cette anomalie est importante en regard de la climatologie du modèle des 20 dernières années. L'anomalie anticyclonique est figurée en rouge et porte sur la semaine du 26 décembre au 1er janvier.
Les trois derniers hivers ont vu la période de Noël largement dominée par des anticyclones massifs et étendus. L'image ci-dessus, nous montrant que ceci constitue une anomalie pour les 20 dernières années, ne sera plus aussi tranchée à l'avenir si ce phénomène devait se répéter de manière systématique. Cela pourrait bien être le cas, dans la mesure où les modèles de prévision climatique montrent que les hivers tendent à commencer plus tard et à finir plus tôt. Ces dernières années, l'irruption de l'hiver est survenue en général fin décembre ou début janvier. Qu'en sera-t-il cette année ?
Perspectives pour la semaine du 2 au 8 janvier
L'illustration ci-dessous montre que la plupart des membres des prévisions d'ensemble du centre européen (51 membres) prévoient que l'anomalie anticyclonique se déplacera sur l'Atlantique durant la semaine du 2 au 8 janvier 2017. Sur la Suisse en revanche, le régime sera vraisemblablement dépressionnaire.
Ceci ne constitue qu'une demi bonne nouvelle pour les amateurs de neige. En effet, la présence d'un puissant anticyclone sur l'Atlantique signifie la descente sur son flanc oriental d'un courant très froid originaire du bouclier scandinave. Or un tel courant n'est pas favorable à d'importantes chutes de neige, et ceci pour 2 raisons :
1. de l'air très froid ne peut contenir que peu d'eau sous forme de vapeur en raison de la faible énergie cinétique de ses molécules.
2. la trajectoire d'une telle masse d'air se fait essentiellement sur les terres (Scandinavie, îles britlanniques, Allemagne). Certes, la masse d'air survole également la mer du Nord et la mer de Norvège, mais leur eaux très froides sont loin de garantir une humidité suffiante.
C'est donc plutôt à un afflux d'air froid mais relativement sec auquel il faut s'attendre durant cette période, même si l'arrivée de l'air polaire se traduira forcément par le passage d'une perturbation et des chutes de neige.
Les deux illustrations ci-dessous montrent la configuration des courants vers 1500 m tels que prévu par le modèle européen à haute résolution pour les 2 et 3 janvier 2017 à 12 UTC.
Les quantités de neige attendues par le modèle européen opérationnel, si tout se passe tel que prévu par lui, devraient être comprises entre 10 et 30 cm en 72 heures (du 2 au 4 janvier), les versants nord des Alpes étant les mieux servis.
A une échéance aussi lointaine, ne perdons pas de vue cependant qu'il s'agit-là un scénario parmi d'autres. Si l'on prend par exemple la médiane des 51 membres (50 % des membres de l'ensemble donnent moins de neige et 50 % donnent davantage de neige), on obtient les quantités ci-dessous :
On voit donc que le modèle opérationnel fait partie des scénarii "optimistes" quant aux quantités de neige à attendre.
On peut également considérer la question en termes de probabilité, et se demander quelle est la probabilité d'avoir, disons 15 cm de neige, lors de cet événement. La carte ci-dessous nous donne un élément de réponse.
Bref, en un mot comme en cent, une irruption hivernal semble se profiler autour des 2 ou 3 janvier. Elle devrait se traduire par une baisse significative des températures, mais les quantités de précipitations - donc de neige - à en attendre ne seront probablement pas très conséquentes.
Cette prévision étant encore assez lointaine, les scénarii peuvent évidemment changer d'ici là, mais voici ce qu'on pouvait en dire aujourd'hui 27 décembre. Affaire à suivre donc...