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Le lac Léman
Avant la création de la brigade du lac, plusieurs gendarmes assuraient la fonction de garde-pêche. Dans la nuit du 19 au 20 novembre 1925, le caporal Duffey, matricule 2361, gard-pêche, et le gendarme Raymond, matricule 2622, du poste d’Ouchy, effectuaient une surveillance sur le lac Léman. Ils surprirent en flagrant délit les nommés Louis-Marie Viollaz et Adrien-Alfred Forney, ressortissants français. Ils tendaient des filets dans les eaux suisses, à 2.5 kilomètres au large de Vevey. Les deux contrevenants ont alors abordé le canot des gardes-pêche et ont engagé avec ces derniers un véritables combat qui dura une heure, au cours duquel ils brisèrent, en frappant les gendarmes, rames, gaffes et bâtons. Les gardes-pêche réussirent néanmoins à les amener avec leur bateau à Vevey où ils furent incarcérés (Ordre général N°420, du 30 novembre 1925).
En septembre 1956, le sergent-major Masson, inspecteur de la navigation et garde-pêche, tirait déjà la sonnette d’alarme en déclarant notamment que la surveillance lacustre effectuée par les gardes-pêche était insuffisante, face aux 4000 unités voguant sur les 294 km2 des eaux vaudoises.
Le 4 août 1962, le caporal Mottaz deviendra le premier chef de la brigade du lac installée à Ouchy. Il sera secondé par le gendarme Junod. Leur premier bâtiment sera un P-l, propulsé par un moteur de 100 CV. L’Exposition nationale de 1964, sera l’occasion d’acquérir un deuxième bateau P-2.
En 1967, l’idée d’une décentralisation germe dans les esprits. C’est en 1973 que nos huit marins émigrent à Clarens et à Morges, délaissant leur port d’attache d’Ouchy.
Ces spécialistes sont aussi des plongeurs émérites, mettant parfois leur vie en danger pour sauver des naufragés, ou rechercher des victimes reposant sur les fonds du lac.
En août 1969, le batiment “La Fraidieu” sombrera avec cinquante-cinq personnes à bord. Nos plongeurs tenteront d’arracher à la vase les corps des vingts-quatre victimes, principalement des enfants, par plus de soixante mètres. En août 1970, un bateau de croisière “La Sainte-Odile” coule au large de la pointe d’Yvoire et fera sept victimes. Nombreuses sont ces interventions gravées à jamais dans les mémoires de nos matelots, dont certains y ont perdu la vie.
En septembre 1998, après quinze ans de décentraliser, la restructuration oblige les hommes de Morges et Clarens à fermer leurs locaux et à reprendre le cap, direction Ouchy. Si nos cols-bleus lémaniques ont été épargnés par la manifestation nationale au Pays des Trois-Lacs, ils ont dû barrer ferme lors du Sommet d’Evian.
Le lac de Neuchâtel
C’est le 18 avril 1968 que le commandant Mingard remettait le premier bateau à la Brigade du lac de Neuchâtel, mais c’est le 13 mars 1971, que le hangar de la brigade du lac sera inauguré. Ce vieil édifice restera dix-sept ans en service.
Pour la pre mière année, soit du 1er mai au 30 novembre 1968, ces spécialistes ont rédigé 93 procès-verbaux de contravention sur la navigation et 46 sur la pêche. En outre , ils ont secouru 90 personnes lors de naufrages et ont assurés la surveillance de quatorze régates.
En septembre 1988, en présence de M. Jean-François Leuba, alors conseiller d’Etat, les nouveaux bâtiments de la brigade étaient officiellement investis par nos collègues marins.
En 2002, la Brigade du lac d’Yverdon-les-Bains a été fortement mise à contribution lors d’Expo.02.
En 2003, l’année du Bicentenaire, l’Etat-major étudie la possibilité de rattacher le personnel lacustre aux unités spéciales (US).