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BENATOV (Leonardo), né à Neuilly-sur-Seine en 1942
Sculpteur
Le prince Léonardo Argoutinsky-Dolgorouky dit Benatov naît le 9 février 1942 à Neuilly-sur-Seine. Il passe son enfance, avec ses parents, frères et sœurs au domaine de la Chapelle Saint-Lubin, où les enfants sont élevés dans une atmosphère russe et artistique. Dans la chambre d’enfant de Benatov, se trouvent alors une copie par Degas de L’Enlèvement des Sabines et d’une toile célèbre de Courbet. Benatov grandit dans cette atmosphère, où il s’initie à la fois à la connaissance des maîtres anciens et aux usages du commerce de l’art.
Attiré par la sculpture dans l’esprit de la sensibilité orthodoxe de son père peintre et sculpteur, il rentre à l’École des Beaux-Arts, dans un atelier de sculpture et commence à copier surtout Rodin et Degas. Progressivement, sa personnalité de sculpteur s’affirme et il cherche à sculpter et fondre des œuvres de grandes dimensions.
En mai 1981, il a l’opportunité d’acquérir la marque et le cachet de la fonderie Valsuani qui avait dû arrêter son exploitation deux ans auparavant. La Fonderie était installée en dernier lieu rue des Plantes et Benatov y avait fait fondre ses premières œuvres. Désormais détenteur du cachet et du catalogue Valsuani, il entreprend alors de construire sa propre fonderie à Chevreuse, dans le parc de la propriété familiale.
Benatov souhaite couler d’un seul jet des pièces monumentales et recréer les grandes fontes d’autrefois. Il commence par appliquer les règles des Anciens et suit la manière de Benvenuto Cellini avant de mettre au point des techniques personnelles de fonte. Il fond les sculptures de grands artistes et mène ainsi de front ses activités de sculpteur et de fondeur.
À la fin des années 1970, il expose ses œuvres au Canada et au Brésil. Il se lie d’amitié avec Salvador Dalí, Antoni Clavé et l’acteur américain, sculpteur et peintre lui-même, Antony Quinn. Parallèlement, il travaille avec des sculpteurs contemporains qui trouvent en lui un interlocuteur artiste et sculpteur.
De 1980 à 1985, Benatov élabore des œuvres dans un style rompant résolument avec la période précédente. L’Homme éclaté est une silhouette éviscérée, débarrassée de ce qu’il nomme la « pourriture fatale ». Suivent Le Couple et Les Sorcières qui expriment dans un même registre la détresse au seuil de l’inconnaissable. Le prince fait de son entreprise la plus grande fonderie d’art au monde : il coule désormais des pièces de 4,5 m d’un seul jet et sans raccord.
Benatov poursuit sa réflexion sculpturale, en particulier dans l’œuvre L’Éclaté qui marche, et décide de se consacrer entièrement à la sculpture et à la peinture en 1992. Il honore depuis de nombreuses commandes, en particulier pour la Fondation Gala-Salvador Dalí, ou encore un buste de Napoléon Ier pour l’aéroport d’Ajaccio et expose ses œuvres dans des espaces prestigieux tels l’Opéra de Pesaro ou l’UNESCO. Il crée en 1996 L’Ange d’Or, trophée du Festival international de télévision de Nice.
Depuis 2006, Benatov réalise les pièces monumentales Persée, Les Émigrés, La Mère, qu’il présente en 2009 à Kiev.