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Le Père Raymond Bréchet est décédé le 2 juillet, à l'âge de 84 ans. Né à Delémont le 15 juin 1923, il avait été ordonné prêtre le 29 juin 1949 pour le diocèse de Bâle, après des études de philosophie et de théologie à l'Université de Fribourg et à l'Angelicum à Rome. Après trois années de ministère comme vicaire au Noirmont dans les Franches-Montagnes, il est entré dans la Compagnie de Jésus en 1952. D'abord vicaire à la Mission française de Bâle, il a rejoint en 1959 les Pères Nicod et Stalder qui lançaient la revue choisir à Fribourg, puis à Genève. C'était l'époque du Bon pape Jean XXIII, le temps du concile Vatican II, du printemps de l'Eglise et des grands espoirs.
-Devenu journaliste, « non sans peines », écrit-il, Raymond Bréchet a suivi le concile avec la passion qu'il mettait en toutes ses entreprises. Doué pour les contacts, habile à rejoindre les cercles les plus divers, intrépide pour poser les questions les plus épineuses, comme correspondant à Rome il a rencontré les ténors du concile, Karl Rahner, Hans Küng, Yves Congar, et tant d'autres théologiens, évêques ou journalistes. Les portes s'ouvraient entre protestants et catholiques ; il s'y engouffra avec enthousiasme, tissant des liens d'amitié avec des personnalités comme Lukas Vischer, Roger Schutz ou Max Thurian. Ses chroniques de Rome, qui ne laissaient jamais indifférent, ont constitué un des grands moments de la revue.
-Rédacteur en chef de choisir de 1971 à 1976, il a insufflé un élan nouveau à la revue en associant des laïcs au conseil de rédaction. Réaliste, il a su préparer l'avenir en orientant des confrères plus jeunes vers une formation professionnelle pour qu'ils puissent reprendre le flambeau, le temps venu. En tant que journaliste, il a collaboré durant de nombreuses années à la rédaction des bulletins paroissiaux.
Après sa retraite, il a exercé avec bonheur un ministère fécond auprès des handicapés mentaux du canton de Genève, tout en animant des retraites, en publiant plusieurs ouvrages de spiritualité et en accueillant inlassablement les nombreuses personnes de tous milieux qui recouraient à son aide. Jamais enfermé dans des schémas a priori ou des règlements étroits, n'hésitant pas à innover lorsqu'il s'agissait d'annoncer le Christ à un monde en profonde mutation, Raymond Bréchet a incarné pour nous ce que le christianisme a de plus précieux, l'amour et la liberté. Nous lui en sommes profondément reconnaissants.