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Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont manifesté samedi à Hanovre, dans le nord de l'Allemagne, pour protester contre le projet d'accord de libre-échange transatlantique. Dimanche, le président américain Barack Obama sera sur place pour défendre ce traité.
Plus de 35'000 personnes ont battu le pavé selon la police, 90'000 selon les organisateurs. Une foule qui a défilé dans le calme jusqu'en milieu d'après-midi où fleurissaient les pancartes contre le "TTIP", l'acronyme de cet accord très controversé aussi appelé Tafta. Les manifestants ont brandi des banderoles avec notamment le slogan "Pour un commerce mondial équitable".
"Nous ne voulons pas du TTIP. Nous souhaitons la démocratie, pas la culture du secret et le pouvoir des grandes entreprises", s'est insurgée dans le cortège une retraitée allemande de 66 ans. "Il n'y a aucune raison de marcher dans les pas des Etats-Unis. La société européenne n'a pas besoin de progresser au détriment de l'environnement", a renchéri un Tchèque de 38 ans établi en Allemagne depuis deux ans.
L'Allemagne est à la pointe de la contestation européenne et avait déjà vu défiler entre 150'000 et 250'000 personnes à Berlin en octobre dernier. Les ONG et les syndicats dénoncent depuis des mois l'accord, qui nivelle selon eux les normes sanitaires européennes par le bas, et laisse la possibilité aux multinationales de contester les lois d'un Etat devant une justice d'arbitrage.
Pour créer de l'emploi
Le scepticisme enfle d'ailleurs des deux côtés de l'Atlantique. Seuls 17% des Allemands et 15% des Américains pensent que l'accord TTIP est "une bonne chose", contre plus de 50% en 2014, selon un sondage de la fondation Bertelsmann.
En visite samedi à Londres, Barack Obama s'est montré compréhensif à l'égard des craintes suscitées par le projet de traité. Par le passé, les accords commerciaux ont "parfois servi les intérêts des grandes entreprises et pas nécessairement ceux des salariés des pays où elles sont basées", a-t-il reconnu.
Le président américain fait du libre-échange une de ses priorités pour sa dernière année à la Maison Blanche, même si le sujet a perdu la cote aux Etats-Unis, où il est associé par beaucoup aux pertes d'emplois liées à la mondialisation. Il entend par sa venue dimanche et lundi dans la première économie européenne, où il inaugurera la foire industrielle de Hanovre, aider à faire redémarrer des négociations actuellement au point mort.
Le texte constitue "un des meilleurs chemins pour promouvoir la croissance et créer de l'emploi", il va "renforcer le commerce et créer des emplois aux Etats-Unis et dans l'UE", a promis M. Obama samedi dans les colonnes de Bild, le quotidien allemand le plus lu.
"Gagnant-gagnant"
La chancelière allemande Angela Merkel a, elle aussi, voulu rassurer son opinion, avant d'accueillir Barack Obama dimanche à Hanovre.
"Nous ne reculons pas sur nos normes, nous protégeons ce qui se fait aujourd'hui en Europe en matière d'environnement et de protection des consommateurs", a-t-elle affirmé dans un message vidéo diffusé par ses services.
Ce traité "gagnant-gagnant" est une chance pour l'Union européenne de "définir des normes d'envergure mondiale", selon elle. En cas d'accord avec les Etats-Unis, que Berlin espère officiellement encore d'ici la fin 2016, les autres puissances mondiales auront "beaucoup de mal à rester durablement en arrière", a-t-elle estimé.
En même temps que la foire d'Hanovre, un nouveau cycle de négociations sur le TTIP doit débuter ce lundi à New York, le 13e depuis 2013.
ATS