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Dans une longue interview à la radio publique suédoise, Robin Söderling est revenu sur le calvaire qu'il a vécu durant sa carrière sportive. En détresse, l'ex-tennisman suédois a notamment pensé au suicide.
Ancien numéro 4 mondial (en novembre 2010), Robin Söderling est revenu pour la radio publique de son pays sur sa longue carrière professionnelle, conclue en 2015. Mais malgré un palmarès honorable - dix titres en simple sur le circuit ATP et deux finales à Roland Garros (en 2009 contre Federer et 2010 contre Nadal) -, le Suédois de 35 ans a vécu une véritable calvaire entre 2011 et 2015.
Victime d'une mononucléose, le tombeur de Rafael Nadal lors de la quinzaine parisienne de 2009 ne s'est jamais remis de sa maladie et n'est plus réapparu sur les courts depuis son titre à Båstad en juillet 2011. En plus de son affaiblissement physique, il a aussi dû faire face à une détresse psychologique qui l'empêchait de revenir sur les terrains de tennis, comme lors de l'US Open de cette même année.
"J'ai paniqué et j'ai commencé à pleurer. Je pleurais et pleurais", s'est-il souvenu au micro de "Svergie Radio". "Quand je suis rentré à l'hôtel (à New York) et que je me suis jeté sur le lit, chaque fois que je pensais à retourner sur le court, je commençais à paniquer. Pour la première fois j'ai senti que, quelle que soit ma volonté, je ne pourrais pas (aller jouer). Même si on m'avait mis un pistolet sur la tempe."
Malgré plusieurs tentatives, jamais le corps et l'esprit de Söderling n'ont accepté un retour sur le circuit. "J'avais une anxiété permanente, ça me rongeait de l'intérieur. Je me tenais assis dans mon appartement et je regardais le vide sans comprendre. Le moindre bruit ou mouvement me faisait paniquer. Quand une lettre tombait sur le paillasson, je paniquais tellement que je tombais sur le sol. Si le téléphone sonnait, je tremblais de peur", a-t-il détaillé. Avant de préciser: "Je ne pouvais me soigner alors que le seul que je détestais, c'était moi-même."
"Tout était mieux que cette vie en enfer"
Une situation insupportable qui avait poussé le vainqueur du Masters 1000 de Paris-Bercy (en 2010) à penser à l'imaginable. Il a ainsi avoué qu'il avait constaté un jour sur son ordinateur qu'il avait "cherché différentes manières de se suicider" sur internet. Avant de marteler qu'il n'avait néanmoins aucun souvenir de cette recherche inquiétante: "Je n'ai jamais voulu mourir mais tout était mieux que cette vie en enfer."
Par ailleurs, le natif de Tibro a reconnu n'avoir jamais réussi à faire face à la pression du haut niveau et à son statut de star du monde de la petite balle. "Il n'y avait que trois joueurs contre qui je pouvais perdre. Les autres, je devais les battre sinon je me sentais mal, comme un raté et un perdant", a-t-il fustigé. Avant d'expliquer que son talent raquette en main était "à la fois un cadeau et une malédiction."
Robin Söderling espère désormais que son touchant témoignage aidera et servira à d'autres sportifs professionnels. "On parle rarement des problèmes psychologiques des sportifs de haut niveau et c'est pour ça que je voulais témoigner. À ceux qui se consacrent au sport ainsi qu'à leurs parents, je leur conseille de s'entraîner dur et de se détendre. Faîtes du sport et rêvez mais si vous avez du succès, gardez du recul et construisez une vie à côté, ce que je n'ai pas réussi à faire", a-t-il ainsi conclu.