Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06935.jsonl.gz/839

17/11/2013
Notre existence a-t-elle un sens 16-3) Conclusion du livre "notre existence a-t-elle un sens":
Partie3: Quelle réponse à la question la plus importante qui soit?
Cette série d'articles dans la catégorie "notre existence a t-elle un sens"? est l'expression de ce que j'ai écrit dans la présentation de mon blog: "Les merveilles de la nature me fascinent. Mes réflexions: le sens de l'Univers et de l'existence. En moi, il y a deux mondes: le monde extérieur du "faire"et le monde de l'intérieur, non conscient, mais tout autant réel. Ma devise: l'essentiel, c'est l'amour, amour du sacré. Mes modèles: Jésus (l'amour),Pythagore (la mathématique), Einstein (la physique)".
Je voudrais faire partager la lecture du livre de Jean Staune, notre existence a-t-elle en sens, avec mes réflexions et les liens qu'elle m'a permis découvrir à travers internet. Ma quête est de retrouver (avec Jean Staune), le réenchantement du monde au cours des articles.
Mes articles déjà parus dans cette rubrique:
Je consulte souvent aussi: astrosurf.com -UNE INTRODUCTION A LA PHILOSOPHIE DES SCIENCES
Exergue: "Par opposition au scientisme dominant de la fin du XIXè siècle, on voit aujourd'hui de nombreux scientifiques, forts de ces nouvelles hypothèses ou de ces nouvelles théories, orienter le science vers un autre ordre de réalité, considéré désormais non plus comme concurrent, mais comme complémentaire de son domaine." Jean-Marie Pelt
wikipedia.org -Esprit quantique L'esprit quantique est une hypothèse qui suggère que des phénomènes quantiques, tels l'intrication et la superposition d'états, sont impliqués dans le fonctionnements du cerveau et en particulier, dans l'émergence de la conscience. Cette hypothèse part du principe, controversé, que la physique classique et son déterminisme ne peut totalement expliquer la conscience. Ses fondements théoriques ont été posés dans les années 1960 en sciences mais depuis ses partisans ne sont pas encore parvenus à la démontrer. Cette théorie n'en est qu'à ses débuts, elle a pourtant le soutien de Roger Penrose et de Stuart Hameroff. Karl H. Pribram et Henry Stapp ont, de leurs côtés, proposé une variante.
Nous sommes parvenus au terme de l'ouvrage de jean staune, "Notre existence a-t-elle un sens?". Ma lecture de l'ouvrage nous a fait traverser les sciences de la matière, de l'Univers, de la vie, de la conscience et même la logique et les mathématiques. Ce voyage a été fait avec un minimum de préjugés philosophiques et religieux en partant des faits qui semblent importants pour la question "l'Univers et notre existence ont-ils un sens et s'inscrivent-ils dans un projet quelconque?". Que pouvons-nous conclure après avoir vu de très nombreuses interprétations de ces faits et analysé les principales positions en dégageant celles qui semblent les plus crédibles?
Nous avons vu dans la première partie de l'article 16-1) que le XXè siècle a vécu en science un événement rare: un changement de paradigme avec l'émergence d'un nouveau paradigme (voir aussi l'article 4) Vers de nouvelles lumières). Ce qui s'est passé est inégalé depuis 500 ans, depuis le passage du monde magique du Moyen-Âge à celui de la modernité, via la Renaissance et a eu une influence sur tous les domaines de la connaissance. Dans l'article 16-2) nous avons pu voir que cela a abouti à "l'Hiroshima du matérialisme scientifique" (explicité dans le complément 15c). Nous avons alors examiné quelles sont les réactions des matérialistes?
Puis nous avons été amenés à nous poser la question: et si les cinq grands mystères ne faisent qu'un? En effet, depuis le début de mes articles il est question de cinq grands mystères qui ont été commentés et analysés:
- D'où provient l'Univers issu du big bang?
- Quelle est la nature des fondements de la réalité physique?
- Quelle est la nature de la conscience de l'homme?
- Qu'est-ce qui peut canaliser l'évolution de la vie?
- D'où provient la "déraisonnable efficacité" des mathématiques?
La conception philosophique qui pourrait permettre cette unification a été analysée dans l'article 15) (Une voie rationnelle vers le monde de l'esprit?), il s'agit du platonisme. C'est alors que s'est posée la question: et Dieu dans tout ça? En effet, l'existence d'un autre niveau de réalité dont le notre ne serait que la projection (le platonisme), n'implique nullement l'existence de Dieu. Mais on peut décrire au moins sept étapes entre les considérations décrites dans l'article 16-1) et l'existence d'un Dieu personnel capable de répondre à nos prières. Ces 7 étapes ont été décrites dans l'article 16-2) au paragraphe 3) "Et Dieu dans tout ça,". Cela pose ainsi les bases d'un rapprochement entre science et religion. Les étapes 5, 6,7 sont devenus possibles avec les nouvelles évolutions de nos connaissances mais pour le moment rien ne vient les suggérer directement. A partir de l'étape 4, on arrive dans le domaine où les pistes de mise en évidence sont plus visibles. Le principe anthropique, la possibilité que l'évolution soit orientée, la crédibilité retrouvée du dualisme, suggèrent (mais sans encore le prouver) que l'hypothèse qui est faite ici soit crédible. Maintenant, pour achever la conclusion de "ma lecture" du livre de Jean Staune, examinons les conséquences de toute cette évolution qui sont les éléments d'un rapprochement entre science et religion avant de revenir au point 3 (La réalité indépendante a-t-elle des caractéristiques qui la rapprochent d'un objet ou d'un esprit?).
1) Science et religion, les éléments d'un rapprochement.
Toutes les conceptions religieuses, qu'elles soient taoïstes, bouddhistes ou monothéistes, et qui se répartissent entre les étapes 4, 5, 6, 7 reposent sur une condition préalable: que le monde dans lequel nous vivons dans le temps et l'espace ne puisse pas complètement s'expliquer à partir de lui-même (qu'il ne soit pas ontologiquement suffisant). Or nous avons vu que cette condition et remplie, et de plus en plus, par nos connaissances objectives. En effet, Le projet même de la science classique, qui était de décrire tout le réel où nous vivons par lui-même, de montrer que notre monde est auto-explicatif, ontologiquement suffisant, qu’il est une grande mécanique aveugle bouclée sur elle-même a dû être abandonné, comme l'explique Jean Staune, avec l’émergence d’une "Nouvelle science". Par ailleurs, les faits que nous avons mentionnés renforcent l'idée que les religions ne sont pas de simples mythes. Cette évolution explique qu'on assiste de plus en plus à un rapprochement entre science et religion. A la question qui lui a un jour été posée: "Quelles sont les conquêtes de la science qui ont le plus soutenu une conception religieuse du monde?", la réponse de Erwin Shrödinger était: la relativité d'Einstein. Car l'espoir d'une vie hors du temps n'est plus absurde puisque le temps n'est plus un cadre absolu et indépassable au sein duquel tout existe. Nous avons vu que les évolutions de la physique, de l'astrophysique, de la cosmologie et des mathématiques ont considérablement confirmé et renforcé cette idée et montré que la réalité ultime n'était pas située dans l'espace-temps.
Ces nouveaux rapports entre science et religion peuvent être classés en deux approches qui correspondent aux nouveautés épistémologiques qui ont été décrites dans mon article 16-1) (voir la voie de l'incomplétude au chapitre 2 et la possibilité nouvelle de réfléchir aux questions ultimes à partir de découvertes ou de théories scientifiques). La première approche peut être qualifiée d'apophatique en référence à la théologie apophatique, qui ne nous dit pas ce que Dieu est mais ce qu'il n'est pas. Cette approche ne dit rien de positif sur la question du sens, mais elle est fondée sur des résultats négatifs qui nous disent pourquoi on ne saura jamais certaines choses comme le principe d'incertitude en physique quantique ou le théorèmes de Gödel en logique. La deuxième approche, positive, est l'analogue de la théologie cataphatique qui nous parle, elle, directement de Dieu. Il s'agit alors de recenser les faits et "symptômes de sens", qui tendent à suggérer de façon directe, sans les prouver, qu'un sens pourrait exister dans l'Univers et que nous ne sommes pas là par hasard (notre existence n'est pas un événement contingent, mais s'inscrit dans un processus). C'est ce que nous avons vu avec le principe anthropique, l'orientation de l'évolution (articles 12-1 et 12-2) , et l'hypothèse du dualisme corps-esprit qui redonne légitimité au concept d'âme.
Une contradiction apparente fondamentale existe entre ces deux écoles de pensée qui abordent de manière opposée la façon dont science et sens peuvent interagir. La première dit, à l'instar de Bernard d'Espagnat: "L'Univers est porteur de sens parce que nous ne pouvons pas le comprendre (le "dévoiler") entièrement. Parce que la science elle-même nous démontre qu'il y a un "au-delà" de ce que la science peut appréhender." La deuxième école se place dans le cadre de la pensée Einsteinienne: "l'Univers est porteur de sens parce que nous pouvons le comprendre, parce qu'il existe un lien entre notre esprit et la structure de l'Univers (ou l'esprit de son créateur."
Comment sortir de cette apparente contradiction? Michael Heller, professeur de philosophie à l'Université pontificale de Jean-Paul II à Cracovie, combine les deux démarches. D'abord comme Bernard d'Espagnat: "Est-ce que les conquêtes inouïes de la science qui révolutionnent nos représentations de la réalité (le temps inversé, l'espace déformé, les particules perdant leur individualité, mais sont en communication sans l'aide du temps ni de l'espace), ne constituent pas un signe suffisamment clair de ce que la réalité ne s'épuise pas à ce que nous pouvons voir, toucher, mesurer et peser?". Puis, à la façon d'Einstein: "Est-ce que le fait que le monde n'est pas seulement un concept abstrait, un modèle indescriptible, une équation non résolue, mais au contraire quelque chose qu'on peut mesurer, peser, toucher et éprouver n'indique-t-il pas la source originelle de l'être?" Ensuite, revenant aux arguments du type de ceux de Bernard d'Espagnat: "Est-ce que le fait que le monde se laisse néanmoins saisir en formules abstraites et en équations ne suggère pas que l'abstraction, c'est à dire la pensée, est plus originelle que le concret, c'est à dire la matière?" Et enfin Heller revient à la position d'Einstein: "Est-ce que la rationalité du monde, que présuppose, mais ne peut expliquer toute recherche scientifique, n'est pas un reflet d'un plan rationnel qui se cache dans chaque question scientifique posée au monde?"
Il est ainsi possible de voir dans notre extraordinaire compréhension du monde un lien entre l'esprit de l'homme et celui d'un éventuel concepteur de l'Univers. Mais qu'il existe un autre niveau de réalité situé hors de l'espace, du temps, de l'énergie et de la matière vient renforcer, et non contredire l'idée selon laquelle l'Univers est porteur de sens puisque nous pouvons à la fois comprendre la partie de l'Univers qui nous est accessible et où d'autres dimensions existent, susceptibles d'abriter ce qui pourrait être à l'origine d'un projet dont notre niveau de réalité serait la réalisation. On voit donc comment science et religion peuvent se rapprocher. De très nombreux savants et théologiens se sont penchés sur ces questionnements.
Dominique Laplane:
En plus de tous ceux qui ont été cités dans mes articles, on peut mentionner dans les pays anglo-saxons: Jonh Polkinghorne, Ian Barbour, Arthur Peacocke, Keith Ward, Philip Clayton, Robert Russel, Alister Mac Grath, Denis Alexander, Francis Collins, Roald Hoffmann et en France: Thierry Magnin, Pierre Perrier, Dominique Laplane, Gustave Martelet, Jean-Michel Maldamé, Guy Lazorthes, Jean-Marie Pelt, Alain Houziaux, François Euvé, Christophe Théobald, Jacques Vauthier, Dominique Lambert, Eric Bois, Jacques Goldberg, Jacques Arnould, et l'ouvrage Le savant et la foi dont les 10 auteurs sont membres de l'Académie des sciences, sans oublier l'ouvrage de Jean Guitton et des frères Bogdanov, Dieu et la science.
Par ailleurs, des centres de science et religion ont été crées au sein d'Universités prestigieuses (Oxford, Cambridge, Columbia,) et de l'Américan Association for Advancement of Science, la plus grande association de scientifiques du monde. L'Université d'Harvard a aussi créé une chaire en science et religion. Nous assistons aujourd'hui, comme il y a un siècle environ, à la naissance de ce qu'on pourrait apppeler "les implications métaphysiques de la sience contemporaine". La théologie peut aider la science à formuler certaines hypothèses qui paraissaient impensables, comme l'existence d'un autre niveau de réalité, le dualisme esprit-cerveaula vie après la mort.... et à l'inverse, la science peut aider la théologie à clarifier ses concepts. Ainsi, le concept central du christianisme, l'incarnation, est plus facile à penser quand on sait que les fondements de la matière sont "à la fois des ondes et des particules" plutôt qu'avec ce que les théologiens ont écrit depuis depuis 2000 ans si on ne veut pas adhérer à une Eglise. Ce n'est pas dire que la physique quantique soutient l'idée selon laquelle Jésus-Christ est à la fois "vrai homme" et "vrai Dieu"(comme je le crois en vérité dans ma foi), mais que l'existence d'états contradictoires généralisés dans les fondements de la matière rend cette notion plus concevable que certains débats sur le thème "Dieu peut-il avoir un fils?"
Tout en rejetant le concordisme simpliste qui prétendrait que les explications des phénomènes se trouvent dans des textes sacrés, on peut penser que certains concepts de base des grandes religions sont proches des concepts de certaines théories scientifiques récentes et que ce n'est pas un hasard. L'ouvrage de Matthieu Ricard et Trinh Xuan Thuan, "l'infini dans la paume de a main" montre la richesse de cette démarche. Nous avons vu que qu'il est probable que l'esprit humain soit en contact avec un monde des vérités mathématiques (article 15) et il n'y a aucune raison que ce contact se limite à ces vérités mathématiques. Il se pourrait que des révélations existent et que les discours de science et de la religion sur le réel puissent se rapprocher au plan conceptuel (et non bien sûr sur la plan quantitatif et formalisé qui est celui de la pratique scientifique). Mais un long chemin reste à parcourir pour que la science ait l'humilité d'admettre que le religion a peut-être accès à des niveaux de réalité qu'elle peut à peine envisager et pour que la religion ait l'humilité d'évoluer en fonction des découvertes scientifiques.
dailymotion.com -La véritable nature du réel (Document exceptionnel extrait d'une conférence à l'Ile de La Réunion par le chercheur français Frank Hatem, épistémologue métaphysicien, qui le premier dans l'histoire connue de l'humanité a expliqué la cause originelle de l'effet de matière, contenu dans le fait que tout est esprit. C'est la dualité conscience-répulsion et amour-attraction qui, là où ils se confrontent, c'est-à-dire partout, donne l'effet de limite de la vitesse de la lumière et de particule atomique.)
2) Quelle réponse à la question la plus importante qui soit?
(voir l'article 3) Comment ébaucher un "traité de la condition humaine?" chapitre 2: La question fondamentale- la condition humaine).

sagesse
Si l'évolution des connaissances redonne une crédibilité (sans toutefois les prouver) aux conceptions religieuses du monde, qui apparaissaient comme de simples contes de fées à l'époque moderne, c'est une bonne nouvelle qui réjouira ceux qui suivent ces religions. Mais pour ceux qui, et ils sont nombreux, qui ne se reconnaissent en aucune d'entre elles, quelle sera la réponse à la question que nous posons ici? Il nous faut maintenant revenir à la fin de l'article 16-2, au chapitre 3. Nous avons démontré le point 1) ("l'insuffisance ontologique" de la réalité dans laquelle nous vivons) et qu'il est probable (point 2) que l'esprit humain soit en contact avec un autre niveau de réalité, au moins en ce qui concerne la vérité en mathématiques. Ceux qui ne se retrouvent dans aucune religion sont maintenant face à la troisième des 7 étapes que nous avons décrites dans ce chapitre. Et là, ils doivent, hors de toute conception religieuse, choisir entre deux thèses formulées ainsi par Bernard d'Espagnat dans "Un atome de sagesse":
"Thèse 1: La réalité de "base", le réel voilé, la réalité-derrière-les-choses, la réalité éternelle cela est la chose essentielle.. C'est à sa connaissance et à son amour que les hommes doivent aspirer pour se parfaire;
Thèse 2: La réalité de "base" est fondamentalement inintéressante et banale. A partir de ce matériau, soit informe, soit à la limite "inexistant", L'homme doit se créer lui-même en développant sa liberté."
La première thèse implique que la réalité fondamentale soit un Ëtre, quel qu'il soit, et que notre existence a un sens, même si nous ne savons pas lequel. La deuxième thèse implique que notre existence ne saurait avoir d'autre sens que celui que nous lui donnons nous-même. Le choix est entre un néomatérialisme (on ne parle maintenant même plus de matérialisme classique) et un spiritualisme ou un non-matérialisme quel qu'il soit.
Comment Bernard d'espagnat fait-il ce choix? Comment parle-t-il de cette réalité indépendante, de ce réel voilé à priori ineffable, qu'on ne peut évoquer qu'en termes apophatiques? Il adopte une position qui rejette à la fois le scientisme, le positivisme et la position d'Einstein, position proche de celle de Michael Heller que nous venons d'analyser au chapitre 1). Il affirme dans "à la recherche du réel", que si cette réalité n'est pas descriptible, nous pouvons tout de même avoir quelques lueurs sur elle; "D'une manière vague et impossible, hélas, à préciser! Je suis donc malgré tout amené à reconnaître que les structures de la physique mathématique sont au moins un point de rencontre entre l'homme et l'être: et qu'à ce titre, elles ouvrent au premier des perspectives - lointaines et mystérieuses cependant non illusoires - vers le second." Cette démarche, est proche de notre étape 2 sauf qu'elle concerne la physique et non les mathématiques. Une fois établie l'existence vraisemblable de ce premier point de contact entre l'esprit de l'homme et la réalité indépendante, d'autres points de contact peuvent exister tels que la beauté, l'art, le sacré. D'Espagnat rejette toute conception anthropomorphique de ce être, mais il est envisageable pour lui qu'une relation puisse s'établir entre l'homme et l'Etre, qu'il traduit par l'expression "un appel de l'Etre à l'homme". Cela l'amène à considérer comme plausible le témoignage de ceux qui ont reçu de tels appels (tels des mathématiciens: voir l'article 15: Une voie rationnelle vers le monde de l'esprit?). André Comte Sponville a demandé à Bernard d'Espagnat durant le colloque organisé par La Croix en 1992: "La réalité voilée nous aime t-elle?". En fait, rien ne nous le garantit et la question, trop anthropomorphique n'a peut-être pas de sens. Mais, plus tard, Bernard d'Espagnat a affirmé que nous devrions l'aimer, cette réalité ultime, que nous devrions y admirer "la source des phénomènes, de la beauté et des valeurs et aspirer à la rejoindre tout en la sachant aussi inaccessible que l'horizon." Ainsi, même si on ne peut en connaître les caractéristiques, l'existence de points de contacts probables ou plausibles entre l'homme et elle, via la science, l'art, le sacré, la beauté, voire la mystique, nous laisse à penser qu'il s'agit bien d'un Etre et non d'une chose.
Einstein aurait lui aussi, comme D'Espagnat, choisi la première thèse. Il parlait de l'intelligence qui se manifeste à travers les lois de la nature et manifestait une religiosité cosmique qui l'a amené à dire: «La science sans la religion est boiteuse, la religion sans la science est aveugle» (voir "la religion cosmique d'Einstein". Il en est de même de nombreux scientifiques parmi lesquels on peut citer Eugène Wigner, George Wald, Lothar Schäfer, Ménas Kafatos..On peut conclure avec Arthur Eddington qui a dit: "l'étoffe même du monde est comparable à celle d'un esprit, le substrat de tout ce qui existe a un caractère mental." Tous ces scientifiques estiment que la réalité indépendante a des caractéristiques qui la rapprochent de celle d'un esprit, ce qui élimine l'option du matérialisme.
Une autre piste que ces deux thèses a été fournie par Stéphane Lupasco et Basarab Nicolescu, c'est le développement d'une logique ternaire permettant de dépasser les contradictions qui apparaissent à notre niveau de réalité comme la dualité onde-corpuscule qui apparaît hautement contradictoire dans notre niveau habituel de réalité. Mais la contradiction n'existe plus à un autre niveau de réalité, celui du monde quantique. Lupasco a développé une logique dans laquelle il y a trois états (A, non A et "T", l'union des contradictoires) et non plus deux, mais dans laquelle le troisième état, l'état "T" se situe à un autre niveau de réalité que les deux premiers. Nicolescu, lui, en a déduit une conception de la réalité reposant sur toute une série de niveaux, chacun résolvant les contradictions existant au niveau inférieur. Cette réalité est riche de sens, mais pour des raisons différentes de celles de Nicolescu. Pour luii, nous étions en danger de mort avec une pensée unique prônant "un seul niveau de Réalité horizontal, où tout tourne en rond et engendre fatalement le chaos, l'anarchie, l'autodestruction. Nous sommes en train de passer à une époque de "danger de vie", par la reconnaissance de différents niveaux de Réalité, ouvrant une dimension ontologique, verticale, multiple, polyphonique." Cette approche, qui débouche sur la transdisciplinarité, intègre le sacré: "Le problème du sacré, compris en tant que quelque chose d'irréductiblement réel dans le monde, est incournable pour toute approche rationnelle de la connaissance. On peut nier ou affirmer la présence du sacré dans le monde et en nous-mêmes, mais on est toujours obligé de se référer au sacré, en vue d'établir un discours cohérent sur la réalité... Le modèle transdisciplinaire de la Réalité jette une nouvelle lumière sur le sens du sacré. Une zone de résistance absolue relie le Sujet et l'Objet, les niveaux de Réalité et les niveaux de perception" (le tiers et le sacré, la transdisciplinarité.
Une autre démarche, plus proche du panthéisme est celle d'Henri Stapp ("physique quantique et valeurs humaines UNESCO : 20 mai 2000" et "mindfull universe". Pour lui, le caractère global, universel, holistique de la réalité peutêtre source de valeurs admises par tous.
André comte Sponville a affirmé que la physique ne peut pas répondre à la question relative à la nature de la réalité de base, mais il propose que nous options pour l'une ou l'autre solution en nous appuyant sur la science et non par un choix arbitraire (article 6 deuxième partie chapitre 4 b). Et si la science ne démontre pas l'une des deux thèses de ce chapitre, elle montre clairement une direction, celle de la thèse N°1, celle d'une réalité ultime qui soit porteuse de sens. C'est en tout cas la conclusion à laquelle arrive Paul Davies à la fin de son célèbre ouvrage "L'esprit de Dieu": "Je ne puis croire que notre existence dans cet Univers soit un simple caprice du destin, un accident de l'histoire, un incident fortuit dans le grand drame cosmique. L'espèce physique homo ne représente peut-être rien, mais l'existence de l'esprit dans un organisme sur une planète dans l'Univers est sûrement un fait d'une signification fondamentale. L'Univers a engendré la conscience de soi à travers les êtres humains. Ce ne peut être un détail anodin ou une production marginale de forces absurdes et dépourvues de finalité. Notre présence ici a un sens réel.
lemondedesreligions.fr -Dieu et la science (qu'est-ce que le réel?)
regardauvergne.com -Le réel voilé de Bernard d'Espagnat
cles.com -Le réel demeure voilé Par Patrice van Eersel
gillesguerin.com -Albert Einstein, ses découvertes et leurs conséquences au plan philosophique
halshs.archives-ouvertes.fr -La religion cosmique d‟Einstein (Michel PATY, Dr de recherche au CNRS)
halexandria.org -Lothar Schäfer (à la recherche de la Réalité divine; science comme source d'inspiration)
groupebena.org -Le réel quantique (Lothar Schäfer)
teilhard.org -Lothar SCHÄFER: physique quantique dans la pensée de Teilhard de Chardin et nouvelle vue de l’évolution biologique
librelivre.net -Physique quantique de la conscience par Menas Kafatos
wikipedia.org -Stéphane_Lupasco et la logique du contradictoire
htcybergeo.revues.org -La logique ternaire de Stéphane Lupasco
dominique.temple.free.fr -Lupasco ou la puissance de la pensée
charlatans.info -Confusion quantique, la physique moderne confirme-t-elle le paranormal ?
cles.com -Pour une logique ternaire Extraits des débats
ciret-transdisciplinarity.org -BASARAB NICOLESCU Le tiers et le sacré
scribd.com -Basarab Nicolescu, Niveaux de Réalité et non-réductionnisme - Jung, Pauli, Lupasco (problème psychophysique) barbier-rd.nom.fr -BASARAB NICOLESCU Le tiers inclus - De la physique quantique à l'ontologie caravancafe-des-arts.com -Nicolescu: l'étonnement, le monde Quantique
asmp.fr -débat (avec nicolescu) asmp.fr -Niveaux de Réalité Basarab Nicolescu
basarab-nicolescu.fr -BASARAB NICOLESCU LA TRANSDISCIPLINARITÉ
informationphilosopher.com -henri stapp le philosophe de l'information
revue3emillenaire.com -Conscience et valeurs dans l’univers quantique par Henry P. Stapp
agoravox.fr -A quoi sert la conscience humaine ? La question de l’observateur en physique. A propos de Mindful Universe, Quantum Mechanics and the Participating Observer, de Henry Stapp
Penseurs et scientifiques:jean staune Erwin Shrödinger Einstein Bernard d'Espagnat Michael Heller Jonh Polkinghorne Ian Barbour Arthur Peacocke Keith Ward Philip Clayton Robert Russel Alister Mac Grath Denis Alexander Francis Collins Roald Hoffmann Thierry Magnin Pierre Perrier Dominique Laplane Gustave Martelet Jean-Michel Maldamé Guy Lazorthes Jean-Marie Pelt Alain Houziaux François Euvé Christophe Théobald Jacques Vauthier Dominique Lambert Eric Bois Jacques Goldberg Jacques Arnould Jean Guitton frères Bogdanov Matthieu Ricard Trinh Xuan Thuan André Comte Sponville Eugène Wigner George Wald Lothar Schäfer Ménas Kafatos Arthur Eddington Stéphane Lupasco Basarab Nicolescu Henri Stapp
17/10/2013
16-2) Notre existence a-t-elle un sens? 16-2) Conclusion du livre "notre existence a-t-elle un sens"
Notre existence a-t-elle un sens? 16-2) Conclusion du livre "notre existence a-t-elle un sens"
partie 2: Science et sens, raison et religion
Cette série d'articles dans la catégorie "notre existence a t-elle un sens"? est l'expression de ce que j'ai écrit dans la présentation de mon blog: "Les merveilles de la nature me fascinent. Mes réflexions: le sens de l'Univers et de l'existence. En moi, il y a deux mondes: le monde extérieur du "faire"et le monde de l'intérieur, non conscient, mais tout autant réel. Ma devise: l'essentiel, c'est l'amour, amour du sacré. Mes modèles: Jésus (l'amour),Pythagore (la mathématique), Einstein (la physique)".
Je voudrais faire partager la lecture du livre de Jean Staune, notre existence a-t-elle en sens, avec mes réflexions et les liens qu'elle m'a permis découvrir à travers internet. Ma quête est de retrouver (avec Jean Staune), le réenchantement du monde au cours des articles.
Mes articles déjà parus dans cette rubrique:
Je consulte souvent aussi: astrosurf.com -UNE INTRODUCTION A LA PHILOSOPHIE DES SCIENCES
Exergue: "Par opposition au scientisme dominant de la fin du XIXè siècle, on voit aujourd'hui de nombreux scientifiques, forts de ces nouvelles hypothèses ou de ces nouvelles théories, orienter le science vers un autre ordre de réalité, considéré désormais non plus comme concurrent, mais comme complémentaire de son domaine." Jean-Marie Pelt
"Nous pouvons renoncer à la vision mécaniste du Monde. la métaphysique de l'objet est périmée. A nouveau et avec joie, nous pouvons poser en toute légitimité la question de l'être." Bernard d'Espagnat
"L'esprit quantique est une hypothèse qui suggère que des phénomènes quantiques, tels l'intrication et la superposition d'états, sont impliqués dans le fonctionnements du cerveau et en particulier, dans l'émergence de la conscience." (hypothèse soutenue par Roger Penrose, Stuart Hameroff. Karl H. Pribram et Henry Stapp).
Nous sommes parvenus au terme de l'ouvrage de jean staune, "Notre existence a-t-elle un sens?". Ma lecture de l'ouvrage nous a fait traverser les sciences de la matière, de l'Univers, de la vie, de la conscience et même la logique et les mathématiques. Ce voyage a été fait avec un minimum de préjugés philosophiques et religieux en partant des faits qui semblent importants pour la question "l'Univers et notre existence ont-ils un sens et s'inscrivent-ils dans un projet quelconque?". Que pouvons-nous conclure après avoir vu de très nombreuses interprétations de ces faits et analysé les principales positions en dégageant celles qui semblent les plus crédibles? Nous avons vu dans la première partie de cet article 16-1) que le XXè siècle a vécu en science un événement rare: un changement de paradigme avec l'émergence d'un nouveau paradigme (voir aussi l'article 4) Vers de nouvelles lumières). Ce qui s'est passé est inégalé depuis 500 ans, depuis le passage du monde magique du Moyen-Âge à celui de la modernité, via la Renaissance et a eu une influence sur tous les domaines de la connaissance. Reprenons la liste des bouleversements décrits au chapitre 1) de l'article 16-1) et regardons les conséquences sur le matérialisme ou du moins celui qui prétend s'appuyer l'objectivité qu'apporte la démarche scientifique.
- L'affirmation classique "tout est matière" n'a plus de sens sur le plan scientifique. Il suffit de se référer aux articles 6-1 et 6-2 ("Vers un réalisme non-physique") pour vérifier que les fondements des objets se sont en quelque sorte dissous. Banesh Hoffmann ami d'Einstein et auteur de l'étrange histoire des quanta, a écrit que les protons, les électrons ne sont pas localisés dans l'espace et le temps (même quand ils constituent des objets qui, eux, sont localisés!) et peuvent passer à travers les murs. De plus, la réalité est non-locale et si on veut être réaliste, il semble qu'il faille postuler avec Bernard d'Espagnat un "réalisme non physique" de type platonicien (voir les articles 6-1 et 6-2).
- Alors que durant plusieurs siècles la science et la cosmologie avaient déconstruit toutes les visions religieuses anthropocentriques, contre toute attente (voir articles 9-1 et 9-2), les recherches en astrophysique ont introduit à l'intérieur de la science la question de la finalité et de l'existence d'un Dieu, d'un principe créateur ou d'un Grand Architecte (à moins d'imaginer (comme Brian Green), une infinité d'univers parallèles). Ceci fait voler en éclat, (comme on l'a vu dans l'article précédent), un tabou et contribue à découpler la science du matérialisme méthodologique et non pas seulement la science et le matérialisme philosophique, ce que la physique quantique avait commencé à faire.
- L'ennemi absolu du matérialisme, le dualisme (la conception selon laquelle un esprit séparé de la matière peut exister) redevient crédible depuis que la physique quantique a montré qu'une dimension non physique de la réalité pouvait exister et interagir avec la notre (voir l'article 14-2).
- Le "paradigme même de la rationalité classique" (l'idéal d'axiomatisation rêvé par David hilbert) a été anéanti par les théorèmes de Gödel qui, en renforçant une conception platonicienne de la vérité en mathématiques, apporte une crédibilité au témoignege des grands mathématiciens disant qu'ils sont en contact avec un "monde des mathématiques" qui n'est pas une création de leur esprit (voir article 15).
- L'idée d'une évolution orientée, canalisée ou non, pouvant se répéter, développée par Christian de Duve, Conway-Morris ou Michel Denton donne une crédibilité scientifique à des intuitions comme celles de Teilhard de Chardin, qui avancent que la contingence ne règne pas en maître dans le domaine de la biologie et qu'un être conscient de lui-même devait apparaître, que nous étions en quelque sorte "attendus", voire que les "noeuds' du grand arbre de la vie sont "prédéterminés depuis le big bang." (Voir les articles 12-1 et 12-2 paragraphe 4)
Ainsi, la science a dévasté comme une tornade le paysage du matérialisme dont les fondements se sont écroulés... à l'exception du darwinisme. Comme on l'a vu dans l'article précédent 16-1) au chapitre 1) "on peut être assuré que les conceptions de Newton, Laplace, Hilbert, et sans doute celles de Changeux ou Crick ne sont plus des descriptions scientifiques adéquates, mais il n'y a pas d'expérience décisive qui permette de rejeter les conceptions darwiniennes." C'est pourquoi les matérialistes s'y attachent avec l'énergie du désespoir. Bien qu'il soit rongé de différente côtés, tout ce qu'il reste du matérialisme s'est écroulé autour de lui, comme le "représente" l'image ci-dessus, qui celle d'Hiroshima après la bombe; Un seul et unique bâtiment, en ruine, mais fermement debout, domine un paysage dévasté. C'était le Genbaku Dome...mémorial de la paix d'Hiroshima, à l'origine le Palais d’exposition industrielle (le musée des sciences et techniques), qui devait présenter une image très classique de la science en cette ère Meiji au Japon. Quelle allégorie de la situation du scientisme et du matérialisme en ce début de IIIè millénaire! Le matérialisme n'est certes pas anéanti, mais il doit se reconstruire presque entièrement s'il veut rester crédible, à l'instar de la ville d'Hiroshima qui est aujourd'hui une ville florissante de plusieurs millions d'habitants. Comme le disent Parabod et Ortoli, que nous avons déjà cités, le marérialisme est encore possible, mais sous la forme qu'il reste à élaborer, d'un matérialisme de science-fiction.
Quelles sont alors les réactions des matérialistes?
- La position de Guillaume Lecointre, d'Yvon Quiniou et des membres de l'Union rationaliste ou de la Libre pensée est de se boucher les yeux et les oreilles en affirmant que tout va bien pour le matérialisme. Pour Quiniou, "le matérialisme ça ne se discute pas". Pour cette école, l'heure à laquelle le spiritualisme apparaîtra comme une illusion est proche et les bouleversements actuels, loin d'être des légitimes débats à propos des progrès de nos connaissances, sont d'inacceptables "intrusions spiritualistes."
- Avec Marceau Felden ("Et si l'homme était seul dans l'Univers"), il s'agit de prendre le taureau par les cornes et d'essayer de reconstruire les piliers qui se sont effondrés. Felden affirme la validité du darwinisme et soutient (sans autre preuve que de décrire des mécanisme physico-chimiques), que le cerveau produit la pensée, comme c'est décrit dans cet article. Il rejette le principe anthropique sans analyse. Il mentionne le théorème de Gödel mais sans préciser plus ce qu'il apporte. Quand à la non-localité, il écrit: "Dans certaines expériences délicates ayant pour objet de tester la théorie quantique sont apparues des difficultés d'interprétation impliquant que la relativité restreinte, la physique et la localité ne peuvent toutes les trois être simultanément compatibles. Cependant, malgré de nombreuses discussions, en l'état actuel de nos connaissances le problème reste obscur, de sorte que toute conclusion demeure incertaine empêchant de où est la faille." C'est ne pas voir une évidence pour laquelle Jean Bricmont, physicien pourtant ultramatérialiste, affirme: "la non-localité existe, c'est tout." Alors, on peut se demander ce que reconstruit Felden du matérialisme?
- Pour Michel Onfray (Traité athéologie"), la réponse est de ne pas se préoccuper de la science et s'affirmer matérialiste et soutenir sa position en montrant "l'horreur des religions" de façon à légitimer a contrario le matérialisme. Sait-t-il qu'il fait exactement ce qu'il reproche aux religions, enseigner une simple croyance sans base rationnelle?
- On peut, comme André Comte Sponville, déclarer que le matérialisme n'est qu'une croyance parmi d'autres, en définissant le matérialisme comme une théorie de l'esprit qui n'a pas les caractéristiques de l'esprit, sans utiliser le mot matière, car il a bien intégré la physique quantique. C'est une position raisonnable et sans doute la plus respectable, qui a l'intelligence de reconnaître que le matérialisme est une simple croyance.
- Sortir des limites du matérialisme sans adhérer à une religion semble être la position de Luc Ferry (L'homme Dieu ou le sens de la vie) quand il affirme qu'il y a dans l'homme quelque chose que n'expliquent ni la culture (donc l'éducation), ni la nature (donc la génétique), et qu'il rejette la transcendance au profit d'une "transcendance dans l'immanence". Cette dernière formule évoque en fait le panthéisme.
- Une ultime réaction est de reconnecter le matérialisme avec la nouvelle réalité issue des sciences en postulant des univers parallèles en astrophysique (tel Brian Greene dans "la réalité cachée), ou des interprétations de la mécanique quantique selon lesquelles nous vivons dans une "bulle" d'illusions sans pouvoir nous rendre compte que les autres ont chacun une perception différente d'une même situation que nous vivons ensemble (voir le "solipsisme convivial" de Hervé zwirn dans les "Limites de la connaissance" et mon article Les limites de la connaissance 6-5) réalisme et monde quantique).
Or ces positions sont irrationnelles aux yeux de nombreux matérialistes, ce qui signifie que le matérialisme devient extrêmement difficile à penser. En conclusion, le matérialisme n'est peut-être pas impossible, mais il doit se reconstruire mais cette reconstruction n'a pas encore commencé.
2) Et si les cinq grands mystères ne faisent qu'un?
Depuis le début de mes articles il est question de cinq grands mystères qui ont été commentés et analysés:
- D'où provient l'Univers issu du big bang?
- Quelle est la nature des fondements de la réalité physique?
- Quelle est la nature de la conscience de l'homme?
- Qu'est-ce qui peut canaliser l'évolution de la vie?
- D'où provient la "déraisonnable efficacité" des mathématiques?" (En 1960, le physicien Eugène Wigner avait publié un célèbre article au titre provocateur : «La déraisonnable efficacité des mathématiques dans les sciences naturelles2.»
Jusqu'à présent, nous avons donné des interprétations à l'intérieur de la science, ce qui a amené à une nouvelle façon de la concevoir, à la fois consciente de ses limites en ce qui concerne ses possibilités de décrire le monde, et ouverte à des questions qui lui paraissaient impossibles à traiter auparavant. Maintenant nous allons sortir du cadre de la science et de l'interprétation des faits pour nous tourner vers la philosophie qui pourrait, elle, être capable d'unifier les cinq mystères. La conception philosophique qui pourrait permettre cette unification a été analysée dans l'article 15) (Une voie rationnelle vers le monde de l'esprit?), il s'agit du platonisme.
La première forme de platonisme fut défendue par Platon dans le cadre de la célèbre théorie des idées. Le platonisme est souvent opposée au réalisme en classant Platon dans le camp des idéalistes, ce que conteste Alain_(philosophe): "Platon n'est idéaliste comme on le dit. Le monde de Platon n'est nullement un songe, au contraire il est dur comme le diamant, et est toujours le même. C'est notre vie qui est un songe." Pour Bernard d'Espagnat, le platonisme est un réalisme des essences. (voir l'article 6 paragraphe 4: il ne reste a priori que le réalisme non physique. Or celui-ci repose sur une ontologie de type platonicien comme le dit Bernard d'Espagnat: "Les Idées de Platon ne sont pas dans l'espace-temps mais elles existent indépendamment de l'esprit humain et sont les causes des phénomènes.") Le fameux "mythe de la caverne" (dans "La République"), dit que nous n'avons accès qu'à des ombres d'objets ou de personnes se projetant sur le mur d'une caverne, alors que les objets ou personnes en question sont, eux, situés à l'extérieur de la caverne. Il y a donc bien une réalité dans la philosophie de Platon, mais nous n'y avons pas un accès direct, car elle ne se situe pas au même niveau que nous. Le monde que nous observons n'a pas d'existence indépendante, Il n'est qu'une projection de ce qui existe vraiment et réellement.
Nous avons vu que le réalisme philosophique des physiciens est souvent un peu platonicien puisque la réalité physique ne peut plus avoir des fondements conçus comme immergés dans le temps et l'espace. Dans l'article 15) nous avons vu les mathématiciens Andrew Wiles, Alain Connes, Roger Penrose ou Kurt Gödel exprimer leur conviction d'être en contact avec un monde platonicien des idées mathématiques. Gödel a de plus montré que même au coeur des mathématiques, la vérité est une notion plus vaste que celle de "démonstratibilité". Par ailleurs, dans le domaine de l'évolution, nous avons noté au chapitre 1) que pour Christian de Duve ou Conway-Morris, l'évolution est orientée, canalisée par ... des formes platoniciennes répondent Michael Denton et D'arcy Thompson. Pour eux, un animal par exemple n'est qu'une des projections diverses et variées de l'archétype de l'espèce à laquelle il appartient. C'est l'existence de ces archétypes qui fait passer l'évolution d'un état stable à un autre état. Pour ce qui concerne la cosmologie, ce que nous savons est assez platonicien: notre Univers n'existe par lui-même et provient de quelque chose d'autre, le temps et l'espace ne sont pas absolus et ont eu un commencement. Pour terminer, l'idée selon laquelle l'esprit ne serait nullement une création du cerveau, c'est à dire le dualisme, concept dont nous avons vu dans l'article 14-2 qu'il est l'un des plus probables, mais aussi l'un des plus scandaleux pour la science classique, cette idée est naturelle et évidente dans la cadre platonicien, comme Platon l'a développé avec "le mythe d'er."
Ce principe unificateur permet de regrouper l'ensemble des problèmes que nous avons abordés, il remplace les cinq mystères par un seul mais sans le résoudre. En effet, qu'est-ce que cette réalité platonicienne? Cependant nous progressons, car nous sommes maintenant dans la même situation que les hommes de la caverne s'ils avaient compris qu'ils voyaient des ombres d'objets et non une réalité indépendante, réalité en soi, ce qui aurait constitué pour eux un progrès remarquable. Dans la démarche que nous avons suivie avec Jean Staune, démarche guidée par la rationalité et la connaissance empirique, un "platonisme scientifique" semble un bon choix pour remplacer un "matérialisme scientifique" que la science a discrédité. Nous allons maintenant examiner ce que cela peut nous apporter pour répondre à la question qui est au centre de mes articles, celle du sens de l'existence.
www.cnrtl.fr -définition de l'archétype
blogs.mediapart.fr -Une grosse erreur de Darwin
asmp.fr -La réalité en soi? Physique et Réalité, une introduction à la question Bernard d'Espagnat
evangile-et-liberte.net -Physique et réalité, entretien avec Bernard d'Espagnat
futura-sciences.com -réalité La causalité classique remise en question par la physique quantique
Penseurs: Teilhard de Chardin Brian Green Bernard d'Espagnat Banesh Hoffmann Einstein
3) Et Dieu dans tout ça!
L'existence d'un autre niveau de réalité dont le notre ne serait que la projection (le platonisme), n'implique nullement l'existence de Dieu. On peut décrire au moins sept étapes entre les considérations décrites dans l'article 16-1) Conclusion du livre "notre existence a-t-elle un sens" partie 1 et l'existence d'un Dieu personnel capable de répondre à nos prières. Chacune d'entre elles nécessite de faire une hypothèse supplémentaire. Cette démarche permet de préciser sa propre position et chacun doit voir ainsi s'il peut aller jusqu'au bout ou sinon à quel moment il refuse de faire un pas supplémentaire. Voici les hypothèses:
1) "la réalité indépendante, ce qui existe vraiment, n'est pas localisée dans le temps ni dans l'espace." Rejeter cette hypothèse, comme certains matérialistes purs et durs le font, serait une position "métaphysique" peu compatible avec le progrès de nos connaissances.
2) "L'esprit humain a un lien étroit avec cette réalité indépendante." Nous sommes toujours dans le platonisme (On ne peut considérer ce point comme démontré).
3) "La réalité indépendante a-t-elle des caractéristiques qui la rapprochent d'un objet ou d'un esprit?" Les néo-matérialistes ou "matérialistes ouverts", qui acceptent les résultats des sciences (physique quantique) ou le théorème de Gödel s'arrêteront ici. Les spiritualistes, eux, feront un pas de plus: ils appelleront "être " cette réalité ne soi.
4) "Cet être ne se cantonne pas à la réalité indépendante, il cherche à se manifester dans notre monde, celui des phénomènes. L'existence d'êtres conscients d'eux-mêmes est l'une ces manifestations." Cette position implique une finalité dans l'évolution de la vie et l'existence d'une vie après la mort puisque notre vraie nature serait de proche de celle de cet être. Pour franchir cette étape, il faut être spiritualiste et croire que quelque chose dans l'être humain survive après la mort (donc que notre essence ne se réduit pas à des phénomènes physiques).
5) "Cet être est une personne avec une volonté, des aspirations, un projet. Tous ceux qui pensent que l'être est une énergie universelle, voire un principe créateur mais dépersonnalisé, prendront une autre voie qui pourra les amener à penser l'existence d'un tel être sans le définir, comme le fait le taoïsme ou le bouddhisme (il est indéterminé dans sa perfection, non-devenu, non créé, non manifesté). A l'inverse, ceux qui croient en l'existence d'un Dieu personnel accepteront cette hypothèse."
6) "Ce Dieu cherche à entrer en contact avec nous, il l'a fait par l'intermédiaire des grandes religions du monde. Même si on se situe dans un cadre monothéiste, il existe différentes hypothèses: -L'hypothèse horrible: Dieu nous élève comme nous élevons le bétail.
-L'hypothèse de l'indifférence: Dieu n'a pas plus d'intérêt pour nous que nous n'en n'avons pour les objets que nous fabriquons.
L'hypothèse de l'attente: Dieu n'a pas encore essayé de communiquer avec nous, il attend que nous ayons atteint un niveau supérieur d'évolution.
7) "Dieu est bon et il peut répondre à nos prières et agir dans le monde." Pour les grandes religions monothéistes, Dieu est bon, bien que les textes sacrés montrent que c'est loin d'être évident (Dieu encourage Josué à exterminer toute le population de la ville d'Aï(-Jos 8 1-25) après que Josué a fait la même chose avec les habitants de Jéricho ). Cette position affirme aussi que Dieu est tout-puissant, bien que certaines conceptions comme la théologie du processus avec Alfred North Whitehead affirment que Dieu ne connait pas le but de l'évolution humaine, ou encore l'approche de Hans Jonas selon laquelle un Dieu tout-puissant serait contradictoire avec l'existence d'une véritable liberté pour l'homme.
Ces sept étapes constituent les sept degrés de cette échelle de Jacob pour laquelle il faut faire à chaque fois une hypothèse supplémentaire, ce qui rend les degrés les degrés les plus élevés moins probables que les premiers, mais moins probable ne signifie pas improbable. Pour approfondir cette question, examinons les "conditions de possibilité de ces sept étapes en commençant par la dernière.
Cette étape 7 nécessite un acte de foi. Mais cette position devient maintenant moins absurde qu'auparavant. Si Dieu a choisi le hasard pour voyager dans le monde, il est logiquement concevable qu'il puisse y agir s'il existe des phénomènes n'ayant aucune cause (non-localité par exemple) comme l'a écrit Sir Arthur Eddington "s'il n'y a pas de causalité, il n'y a plus de distinction claire entre le Naturel et le Surnaturel" et "Ainsi un scientifique pouvait de nouveau croire en Dieu après le développement de la mécanique quantique."
Quand au point 6 (le monothéisme révélé), il pouvait sembler fort peu probable quand triomphait la modernité au début du 20è siècle. En effet, il existe deux hypothèses quant à l'origine des religions: a) Toutes les religions sont d'origine humaine. b) Les religions ont été élaborées par des hommes, mais elles ne sont pas totalement d'origine humaine. Quelque chose dans les messages et et les concepts qu'elles véhiculent provient de Dieu et a été transmis aux fondateurs de ces religions. De l'hypothèse b dépend la crédibilité des traditions monothéistes. Mais cette hypothèse semble absurde dans un monde fermé sur lui-même tel que l'a conçu le modernisme, un monde où tout pourrait s'expliquer par le matérialisme scientifique. Ainsi André Comte Sponville écrit: "Je ne détiens aucune vérité inconnue, ni moi, ni personne. Le problème n'est pas de découvrir une autre vérité qui manquerait, qui ferait défaut, mais de comprendre qu'il n'y a rien d'autre à trouver que la vérité, rien d'autre à chercher, donc, et qu'on est déjà dedans, et qu'on en connaît plus qu'assez pour vivre... Le Bouddha ou le Christ en savaient beaucoup moins, mais cela ne nous ne donne sur eux aucune supériorité spirituelle." Mais comment Sponville peut-il affirmer que sur six milliards de personnes qui vivent sur notre planète aucune ne détient une gnose ou une vérité cachée et que le Bouddah ou le Christ savaient moins de choses que nous? S'ils ignoraient (sans doute) la valeur de la masse du proton ou de l'électron, peut-être en savaient-t-ils bien plus que nous sur la nature du réel grâce à un contact avec uns source de connaissances située hors de notre monde, exactement comme les grands mathématiciens prétendent être en contact avec le monde des vérités mathématiques.
La réflexion de Comte Sponville (et des philosophes matérialistes actuels) se situe dans un cadre dans lequel la deuxième hypothèse (hypothèse b) n'est même pas envisagée. Elle est rejetée d'emblée comme impensable. Si nous étions dans monde fermé sur lui-même où tout pourrait s'expliquer par le matérialisme scientifique, une telle position serait acceptable. Mais l'évolution actuelle des connaissances montre que celles-c pointent fortement en direction d'une conception platonicienne, selon laquelle notre existence dépend, au moins en partie d'un autre niveau de réalité, où il existe des indices forts d'un contact possible entre l'esprit humain et cet autre niveau au sein du domains le plus rationnel qui soit (les mathématiques). Cette position de Compte Sponville et des matérialistes, qui fait d'office des religions une invention humaine et qui est partagée par tant de penseurs actuels est dogmatique et non rationnelle.
Et Dieu dans tout ça? Nous pouvons maintenant concevoir une hypothèse expliquant ce qui est à la base de la plupart des grandes religions. Le (ou les) fondateurs a (ont) eu un contact avec le monde platonicien duquel est issu notre Univers et nos consciences, d'où la possibilité d'un tel contact. Dans cette vision, les religions sont comme des clés donnant sur une immense pièce. Cela n'implique pas que toutes les religions se vaillent, on peut penser que son trou de serrure en dévoile plus sur l'intérieur de la pièce que les autres. Mais on doit accepter que les autre religions détiennent des vérités que ne possède pas la sienne. On évite ainsi le fondamentalisme fondé sur la certitude de détenir toute la vérité. Ce modèle, tout en redonnant de la crédibilité aux grandes religions, permet de fournir des bases au dialogue inter religieux. Remarque: on peut utiliser les théorèmes de Gödel pour délégitimiser le fondamentalisme en axiomatisant les principes de base de toute théologie. Si on peut numériser ces axiomes (comme l'a fait Gôdel pour les mathématiques), les systèmes en question ne pourraient être à la fois complets et cohérents.
Le point 5 (Cet être est une personne avec une volonté, des aspirations, un projet) nécessite lui aussi un acte de foi, car rien n'implique que l'Être soit une personne. Mais il est logique de penser que la réalité ultime, si elle est un Être et non une chose soit plus que nous, et non pas moins.
Les points 5, 6,7 sont devenus possibles avec les nouvelles évolutions de nos connaissances mais pour le moment rien ne vient les suggérer directement. A partir du point 4, on arrive dans le domaine où les pistes de mise en évidence sont plus visibles. Le principe anthropique, la possibilité que l'évolution soit orientée, la crédibilité retrouvée du dualisme, suggèrent (mais sans encore le prouver) que l'hypothèse qui est faite ici soit crédible.
Faisons maintenant une pause pour examiner les conséquences de cette évolution avec les éléments de rapprochement entre science et religion puis nous reviendrons au point 3 (La réalité indépendante a-t-elle des caractéristiques qui la rapprochent d'un objet ou d'un esprit?). Nous achèverons ainsi la conclusion de "ma lecture" du livre de Jean Staune par l'article "notre existence a-t-elle un sens 16-3) Conclusion du livre "notre existence a-t-elle un sens": quelle réponse à la question la plus importante qui soit?"
Nous verrons qu'on peut alors proposer une réouverture des chemins du sens et le réenchantement par l'observation de l'Univers et de l'homme.
(Pour la question la plus importante qui soit: voir l'article 3) Comment ébaucher un "traité de la condition humaine?" chapitre 2: La question fondamentale- la condition humaine).
liens: philosophiespiritualiste.com
26/06/2012
Le désenchantement de l'homme et du monde.
"Le film Nosso Lar (Notre Demeure) est une super-production brésilienne sorti fin 2010 (pas encore diffusé en France) basée sur l’ouvrage le plus connu (ce livre constitue le premier volume d’une série de treize) du médium brésilien Chico Xavier.
De quoi parle-t-il ? Comment est la vie dans l’Au-delà (plan subtil) avec moultes détails ; ce n’est pas un documentaire, mais il est basé sur les transmissions reçues par un célèbre médium brésilien de la part d’un médecin mort au début du siècle dernier. Mais ici des images valent mieux que des paroles. Ce film est d’une beauté qui dépasse, à tous les niveaux, nos espérances. Un véritable baume pour l’âme. La vie après la mort y est très bien expliquée. L’environnement est Zen, New-Age, et futuriste…
Nos pensées et émotions qui créent à chaque instant, le pouvoir de l’amour, du pardon, du service… l’aide apportée par nos guides dès que l’on demande, la guérison énergétique, etc.
Après la scène sombre du début (dans le purgatoire) vient la lumière et le monde subtil de l’après vie'.
Je débute cette série d'articles dans la catégorie "notre existence a t-elle un sens"? ces articles sont en fait l'expression de la présentation de mon blog: "Les merveilles de la nature ma fascinent. Mes réflexions: le sens de l'Univers et de l'existence. En moi, il y a deux mondes: le monde extérieur du "faire"et le monde de l'intérieur, non conscient, mais autant réel. Ma devise: l'essentiel, c'est l'amour, amour du sacré. Mes modèles: Jésus (l'amour),Phytagore (la mathématique), Einstein (la physique)".
Je viens de terminer la lecture du livre de Jean Staune, notre existence a-t-elle en sens. Je voudrais en partager "ma lecture", mes réflexions et les liens qu'elle m'a permis découvrir à travers internet.
1) A propos de trinh xuan thuan.
</
“Voir un universdans un grain de sable,
Et un paradis dans une fleur sauvage,
Tenir l’infini dans la paume de la main,
Et l’éternité dans une heure.”
- William Blake

mandala: du Big Bang à l'éveil
biographie: Trinh Xuan Thuan est né en le 20 août 1948 à Hanoï (Vietnam). Il quitteHanoi à l'âge de 6 ans. Sa famille s'établit alors à Sài Gon, ancienne capitale du Sud du pays, qui était alors séparé en deux par le 17e parallèle, conformément aux accords de Genève signés en 1954. Là, il fit des études, jusqu'au Bac, à l'école française Jean Jacques Rousseau. pour en savoir plus...
Autres liens: fnac.com/Trinh-Xuan-Thuan -tous les livres
2) Des origines au "miracle grec".
Depuis les temps les plus reculés, l'homme a essayé de conjurer son angoisse des espaces infinis en organisant progressivement l'information qu'il acquiert sur le monde extérieur en schéma unifié et cohérent. Il y a quelques dizaines de milliers d'années, l'homme vivait dans un Univers magique, animiste, peuplé d'esprits. Mais il goûta au fruit de l'arbre de la connaissance et, avec l'accumulation du savoir, l'innocence disparut. Il perçut de plus en plus la complexité des phénomènes qui l'entouraient ainsi que son impuissance face à l'immensité de l'Univers. Il y a environ 10 000 ans, l'Univers magique jusque là humain se mua en un Univers mythique surhumain sur lequel régnaient les dieux. "Les esprits se retirèrent des arbres, des fleurs et des rivières. Tout phénomène naturel, y compris la création de l'Univers était la conséquence des actions de ces dieux...Avec l'Univers mythique, la religion fit son entrée. La communication avec les dieux ne pouvait plus se faire directement, comme c'était le cas avec les esprits dans l'Univers magique, mais par l'intermédiaire d'individus privilégiés, les prêtres". Néanmoins certains évoquent des civilisations avancées il y a déjà 10 000 ans, dont albert Slosman avec sa "grande hypothèse". Même si la plus ancienne représentation du cosmos date de 3600 ans, quand, dans le petit village de Nebra en Allemagne orientale, un curieux disque de bronze est mis à jour suite à une découverte archéologique, l'ensemble de la communauté scientifique pense que la science actuelle est née au milieu du VIè siècle avant J.-C. avec "le miracle grec".
liens de ce chapitre: mystere-tv.com -Civilisation avancée 10 000 ans avant J.C. - Mythe ou réalité ?
3) De la pensée grecque au monde déterministe.

wikipedia.orgSciences grecques _ l'époque des présocratiques
*"Les penseurs grecs ont eu l'intuition que le monde pouvait être disséqué en ses différentes composantes et que celle-ci étaient régies par des lois qui pouvaient être appréhendées par la raison humaine. Il n'était plus question d'observer les phénomènes sans les comprendre, ni de s'abandonner aveuglément aux dieux. cet univers scientifique est encore le nôtre aujourd'hui".
*Avant la révolution copernicienne, on avait l'idée d'un monde clos et ordonné. C'est la vision des grecs pour qui le cosmos est le reflet de la raison, agencé par un principe divin. L'homme est au centre de l'univers et la Terre au centre du monde. Cet univers géocentrique a régné en maître pendant plus de 20 siècles jusqu'en 1543, quand Copernic délogea la Terre de sa position centrale. Alors a commencé un inexorable rapetissement de l'homme, dans l'espace et dans le temps. L'univers est devenu mécanique et déterministe avec Newton et son introduction de la loi de la gravitation universelle en 1687. En cette fin de XVIIè siècle, l'homme avait la vision la vision d'un univers infini, comme Newton, qui pensait que si l'univers avait des limites, il avait un centre. Mais la gravité devrait entraîner un effondrement de toute la matière vers ce centre, ce qui n'était pas conforme aux observations.
*Au XIXè siècle, l'homme occidental, rendu insignifiant dans ce vaste univers, aurait pu se consoler en songeant à sa filiation céleste, n'était-il pas le descendant d'Adam et Eve? Il avait perdu sa place centrale, mais il restait l'enfant chéri de Dieu. Charles Darwin ne lui laissa même pas cette consolation en montrant des origines beaucoup moins nobles, en publiant "de l'Origines des espèce" en 1959". L'univers qui s'était agrandi dans l'espace avec Copernic, s'agrandissait dans la temps, car son âge, que Newton avait évalué à 6 000 ans fut remis en question.
*Les découvertes de la fin du XIXè siècle et du XXè siècle ont continué à diminuer la place de l'homme dans l'univers. L'arpentage de la voie lactée, réduisit la taille du système solaire à un milliardième de celle de notre galaxie, mais, de nouveau, l'ego démesuré de l'homme l'amena à penser que si la Terre n'était pas au centre du monde, sûrement notre astre, le soleil, devait être au centre de la voie lactée (l'univers tout entier à cette époque). Mais patatras! Les astronomes démontrent que le Soleil n'est qu'une simple étoile de banlieue, sur le bord de la voie lactée, vers le bord du disque. C'est alors qu'en 1923, Edwin Hubble démontre l'existence d'autre galaxies, bien au-delà des limites de la voie lactée. Le cosmos s'agrandissait de plus en plus et bientôt, notre galaxie allait se perdre dans l'immensité de l'univers. Aujourd'hui, elle n'est plus qu'une galaxie quelconque parmi les centaines de milliards de galaxies qui peuplent notre univers observable.
liens: des grecs au déterminisme: fr.scribd.com -la vision grecque du monde
4) La découverte de l'univers: du Big Bang à l'homo sapiens...
Les télescopes les plus puissants, sur terre ou dans l'espace, permettent aujourd'hui de capturer la lumière des galaxies les plus lointaines situées à plus de 10 milliards d'années-lumière. Nous les voyons telle qu'elles étaient il y a 10 milliards d'années. De même, les objets situés à des distance différentes sont vus tels qu'ils étaient au moment correspondant à la distance d'observation. Ainsi, la quand nous observons la galaxie d'Andromède, située à un distance de 2 millions d'années-lumière, nous la voyons telle qu'elle était il y a 2 millions d'années et ainsi de suite. Utilisé de cette manière (voir loin, c'est voir tôt dans la passé), le télescope est une machine à remonter le temps. Nous disposons donc d'une grande fresque historique, magnifique et envoûtante.
Avec trinh xuan thuan, la science moderne pense que l'univers est né d'une déflagration fulgurante, le "Big Bang", qui a donné naissance à l'espace et au temps, il y a plus de 14 milliards d'années. Depuis, sans relâche, se poursuit l'ascension vers la complexité.
"L'univers existe depuis 15 milliards d'années. Un centième de seconde après le big-bang apparaissaient les particules atomiques, protons, neutrons, et électrons. Les noyaux de deutérium (assemblage de 1 proton, 1 neutron et 1 électron) se sont formés au bout de 1 seconde. Les noyaux d'hélium (2 protons, 2 neutrons) au bout de un quart d'heure. Puis la création va ralentir son rythme...
Les atomes les plus légers se sont formés 300.000 ans plus tard: atomes d'hydrogène(1 proton et 1 électron) et atomes d'hélium (2 proton, 2 neutrons, 2 électrons). Les nuages froids d'hydrogène et d'hélium se forment au bout de 1 million d'années.
Sous l'action de la gravitation, ces nuages se condensent et donnent naissance aux premières galaxies dans lesquelles naissent les premières proto-étoiles. Nous sommes alors 100 millions d'années après le Big-Bang.
Les étoiles et les planètes telles que nous les connaissons se sont formées au bout de 5 milliards d'années. Quant à la planète Terre, elle existe depuis 4,6 milliards d'années, soit plus de 10 milliards d'années après le Big-Bang. pour continuer l'histoire...
Ainsi, sans les étoiles et leur merveilleuse alchimie nucléaire, les éléments chimiques nécessaires à la vie et à la conscience n'auraient pu être créés. Sur la troisième planète a partir du soleil appelée Terre, la vie s'est éveillée il y a environ 3,8 milliards d'années. L'hominidé est apparu il y quelque 2,5 à3,5 millions d'années et la pensée réflexive et symbolique a surgi avec l'homo sapiens il y a 200 00ans. L'homme est capable de s'émerveiller devant la beauté et l'harmonie du cosmos et de se poser des questions sur l'univers qui l'a engendré, mais sa place s'est considérablement rapetissée. Si le calendrier cosmique où les 14 milliards d'années de l'univers étaient comprimées en une seule année on aurait la vision qui suit...
5) Le désenchantement.
Face à cette réduction de la place occupée par l'homme, a la fois dans l'espace et dans le temps, un certain désenchantement se produit. A l'époque moderne et jusqu'à maintenant, de nombreux scientifiques, ont avancé que l'émergence de l'intelligence et de la conscience dans l'univers n'était qu'un simple fait dû au hasard, qu'un accident de parcours dans la longue marche de l'univers, celui-ci n'avait que faire de notre présence: notre existence n'a aucun sens. A l'immense cri d'angoisse poussé par Blaise Pascal au XVIIè siècle: "Le silence éternel des espaces infinis m'effraie", répondent trois siècles plus tard les visions pessimistes du biologiste français Jacques Monod: "l'homme est perdu dans l'immensité indifférente de l'univers d'où il a émergé par hasard" ou celle du physicien américain Steven Weinberg: "Plus on comprend l'univers, plus il nous apparaît vide de sens".
Je partage l'avis de Trinh Xuan Thuan et de Jean Staune qui ne sont pas d'accord avec cette vision désespérante du monde. De plus en plus, les nouvelles découvertes scientifiques et leurs implications métaphysiques ré enchantent le monde malgré la domination du paradigme du "tout-économique". trinh xuan thuan nous pourquoi, à son avis: "Parce que cosmologie moderne a redécouvert l'ancienne alliance entre le monde et le cosmos. Parce que nous sommes tous faits de poussières d'étoiles, parce que nous sommes tous constitués d'éléments lourds fabriqués par l'alchimie nucléaire des astres, nous partageons la même généalogie cosmique que les gazelles des savanes et les nymphéas des étangs. Ensuite, parce que les découvertes scientifiques du dernier siècle, aussi bien en physique, en astrophysique, en biologie, en neurobiologie, en paléontologie qu'en mathématiques, ont donné une vision plus enchantée et plus exubérante du monde. Le siècle passé a bouleversé notre façon de concevoir le monde".
le désenchantement: assr.revues.org -Marcel Gauchet, Un monde désenchanté ?
6) Vers un monde holistique.
En physique, après avoir dominé la pensée occidentale pendant 300 ans, la vision newtonienne d'un univers fragmenté, mécaniste et déterministe fait place à celle d'un monde holistique, indéterminé et débordant de créativité.
L'univers newtonien n'était qu'une immense machine, composé de particules inertes, soumises à des forces aveugles. Laplace exprime ainsi le credo déterministe:
“Nous devons donc envisager l’état présent de l’Univers comme l’effet de son état antérieur, et comme cause de celui qui va suivre. Une intelligence qui pour un instant donné connaîtrait toutes les forces dont la nature est animée et la situation respective des êtres qui la composent, si d’ailleurs elle était assez vaste pour soumettre ses données à l’analyse, embrasserait dans la même formule les mouvements des plus grands corps de l’Univers et ceux du plus léger atome: rien ne serait incertain pour elle, et l’avenir comme le passé, serait présent à ses yeux”.
L'univers était enfermé dans un carcan qui lui ôtait toute créativité et lui interdisait toute innovation. Dans ce monde, le réductionnisme régnait en maître: Il suffit de décomposer tout système en ses éléments les plus simples et d'étudier le comportement de ses parties pour comprendre le tout, qui n'est ni plus ni moins que la somme des composantes. Ce déterminisme stérilisant et ce réductionnisme déshumanisant constituaient la pensée dominante jusqu'à le fin du XIXè siècle.
La mécanique quantique allait balayer la certitude déterministe, le hasard est entré (en force) dans le microcosme et elle fut remplacée par l'incertitude du flou quantique. Le réductionnisme étroit et simpliste fut lui aussi balayé et la réalité morcelée et localisée devint holistique. Le réel dans le monde subatomique devint non local et non séparable. La matière a perdu sa substance, les particules élémentaires ne sont plus des choses palpables ou des faits, mais des potentialités ou des possibilités. Une particule n'a pas d'existence intrinsèque et prend l'aspect d'une onde ou d'une particule selon qu'un appareil de mesure est activé ou non. En conséquence, la nature du réel dépend de l'observateur.
La vision de monde macroscopique a aussi été transformée. Avec la théorie du chaos, le hasard, l'indétermination et l'imprédictibilité se manifestent dans la vie quotidienne et dans le domaine du cosmos, des planètes, des étoiles et des galaxies.
Aujourd'hui, la science commence à percevoir ses limites. La question "qu'est ce que le réel?" partage la communauté scientifique. Dans leur activité quotidienne, beaucoup s'en tiennent à l'interprétation de "l'école de Copenhague" sans se positionner sur "le réel". Mais pour de nombreux scientifiques, au-delà du réel accessible aux instruments de mesure et aux méthodes d'investigation, il existe ce que Bernard d'Espagnat appelle un "réel voilé", auquel la science n'a pas accès.
Cette limite des méthodes scientifiques se retrouve dans le raisonnement logique. Gödel a ainsi démontré un théorème, "le théorème d'incomplétude". Pour simplifier, selon ce théorème, il n'est pas possible de démontrer par la logique qu'un système est cohérent en restant à l'intérieur de ce système (pour le faire, il faut sortir du système). Gödel a aussi démontré qu'un système d'arithmétique cohérent et non contradictoire contient inévitablement des propositions "indécidables", c'est à dire des énoncés mathématiques dont on ne pourra jamais dire par la logique s'ils sont vrais ou faux.
7) Que conclure de ma lecture de la préface de Trinh Xuan Thuan à "notre existence a t-elle un sens?
"Où en est-on aujourd'hui? Incertitude, indétermination, imprédictibilité, incomplétude, indécidabilité: la science sait désormais qu'elle ne peut pas tout savoir. Pour continuer le chemin et accéder à la réalité ultime, il nous faut faire appel à d'autres modes de connaissance, comme l'intuition mystique ou spirituelle, informées et illuminées par les découvertes de la science moderne".
Je partage volontiers ce avis de Trinh Xuan Thuan. La science et la spiritualité sont en effet deux fenêtres complémentaires qui permettent à l'homme d'appréhender le réel. La science se doit de reprendre sa place dans le giron de la culture humaine, après s'en être éloignée dans le passé à cause d'une vision trop matérialiste, fragmentée, réductionniste et mécaniste.