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Une quarantaine de pays participent ces jours à Vilnius, en Lituanie, à un forum sur la restitution des biens juifs confisqués pendant la seconde guerre mondiale. La délégation suisse est conduite par Andrea Raschèr, de l´Office fédéral de la culture.
Retrouver les propriétaires de fonds juifs en déshérence et leur rendre justice en même temps que leurs avoirs est une chose. Retrouver des biens culturels juifs spoliés pendant la Seconde Guerre mondiale et conservés dans des musées ou dans des collections publiques ou privées et les restituer à qui de droit en est une autre.
C'est à quoi s'attelle depuis plusieurs années une série de conférences internationales. Après Londres, Washington et Stockholm, c'est Vilnius, capitale de la Lituanie, qui héberge ces jours-ci un quatrième rendez-vous d'experts sur ce sujet aussi complexe que sensible.
Les faits sont incontestables. Le régime nazi avait décidé la confiscation pure et simple de tous les tableaux peints par des artistes juifs, des oeuvres d'art détenues par des Juifs et des objets de culte déposés dans les synagogues. Certaines estimations font état de quelque 220 000 oeuvres volées, dont un peu plus d'un quart seulement auraient été récupérées.
La conférence de Washington en décembre 1999 avait édicté onze principes (non contraignants) de restitution. Ils portent notamment sur les modalités de recensement des oeuvres volées, sur l'identification de leurs propriétaires, sur la constitution d'un registre centralisant toutes ces informations et sur la nécessité d'élaborer des mécanismes pour régler au mieux les problèmes relatifs aux droits de propriété.
La mise en pratique de ces principes est loin d'être chose aisée. La conférence de Washington elle-même avait textuellement reconnu, dans sa déclaration finale, «que les nations participantes sont régies par des systèmes juridiques différents et que les pays agissent dans le contexte de leur propre législation».
La conférence de Vilnius devrait marquer une nouvelle étape dans ce processus. Les différentes délégations nationales ont été invitées à faire le point sur l'état des procédures dans chacun des pays qu'elles représentent. On attend aussi des experts qu'ils proposent des recommandations et des lignes directrices précises pour l'établissement de normes légales de restitution.
La question se pose aussi de savoir comment rendre ce processus le plus transparent possible de manière à ce que non seulement les musées et les collectionneurs, mais aussi les personnes et les communautés lésées ainsi que ceux qui mènent des recherches sur les années de l'Holocauste aient accès à toutes ces données. L'idée d'ouvrir à ce propos un site Internet officiel comportant la liste des oeuvres volées pourrait bientôt se concrétiser.
La délégation suisse est composée de quatre personnes. Elle est placée sous la responsabilité de Andrea Raschèr, membre de la direction de l'Office fédéral de la culture. Y participe également Lukas Beglinger, chef du service Suisse-Deuxième Guerre mondiale au Département des affaires étrangères.
Bernard Weissbrodt