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Au lendemain de sa réélection le 11 décembre 2019, Alain Berset déposait plainte pénale auprès du Ministère public de la Confédération (MPC). Un jour plus tard, la personne qui l’accusait était arrêtée. Elle a été condamnée en septembre pour tentative de chantage.
Le MPC a confirmé samedi l'information révélée le même jour. Selon cette ordonnance pénale, l'auteur du chantage présumé aurait usé de photos et de correspondance privée avec Alain Berset. Selon l'hebdomadaire alémanique, une femme a exigé 100'000 francs. L'objet du chantage n'est pas précisé officiellement.
Rétractation
La veille de son arrestation le 13 décembre, cette personne avait envoyé une lettre au Fribourgeois lui indiquant qu'elle retirait sa demande et que son accusation ne correspondait pas à la réalité. Elle lui retournait les originaux des documents qu'elle lui avait envoyés par mail.
La personne à l'origine du chantage a signé en juin dernier une déclaration selon laquelle elle était d'accord que toutes les données soient totalement effacées sur ses appareils utilisés.
L’avocat d’Alain Berset précise toutefois dans la NZZ am Sonntag que le Ministère public reste en possession de ces documents. Ils existent encore (lire l'encadré à ce propos).
Condamnation avec sursis
Le maître-chanteur a été reconnu coupable de tentative de chantage et condamné à une peine de 150 jours-amende à 30 francs, soit 4500 francs avec un sursis de deux ans. Cette personne doit encore s'acquitter d'une amende de 900 francs. Son revirement a justifié une réduction de peine.
Elle doit aussi s'acquitter des frais de procédure de 2500 francs, des honoraires du défenseur attribué d'office (7615 francs). Les deux parties ont demandé en commun de garder secret le contenu des accusations, car elles relèvent de la sphère privée.
"Affirmations fausses"
Le porte-parole du Département fédéral de l'Intérieur, Peter Lauener, a indiqué samedi soir que le contenu de cette tentative de chantage véhiculait des "affirmations fausses et portant atteinte à l'honneur". Elles concernent la vie privée d'Alain Berset il y a huit ans, a précisé le porte-parole.
Pour l’avocat d’Alain Berset, cité par la SonntagsBlick, l’affaire est passée et son client "est plus troublé par les nombreuses menaces de mort reçues depuis le début de la pandémie du Covid-19" que par cette affaire de chantage.
cab avec ats
Effacement des données: une pratique courante
L'effacement des données sur les appareils de la femme condamnée pour tentative de chantage contre Alain Berset est légitime et courant. Le Ministère public de la Confédération (MPC) s'est justifié dimanche, précisant qu'il ne s'agissait en aucun cas d'un traitement de faveur pour le ministre.
Dans les cas de délit de violence ou de drogue, l'arme ou les stupéfiants sont saisis. Selon ce même principe, les données mentionnées dans cette affaire de tentative de chantage ont été effacées, a indiqué à Keystone-ATS l'Office fédéral de la police (fedpol).
Les données pertinentes pour la procédure ont toutefois été conservées dans les dossiers d'enquête, a ajouté fedpol.
>> La destruction des documents étaient-elle justifiée? La réponse de l'ancien procureur tessinois Paolo Bernasconi dans le 12h30