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Les épidémies d'obésité et de diabète continuent d'augmenter aux Etats-Unis, selon une étude des Centres pour le contrôle des maladies et la prévention (CDC) (Lancet 2001 ; 358 : 896). Les experts préviennent que si des actions ne sont pas entreprises pour freiner ces épidémies, il est probable qu'elles deviendront un problème majeur de santé publique durant la prochaine décennie.Ali H. Mokad et ses collaborateurs des CDC, à Atlanta, en Géorgie, aux Etats-Unis, ont examiné les données obtenues à partir du Behavioral Risk Factor Surveillance System, une étude effectuée au hasard par téléphone auprès de 184 450 adultes durant 2000. Les chercheurs ont calculé l'index de masse corporelle (body mass index BMI) en utilisant les données que les participants leur ont transmises sur leur taille et leur poids. Les participants ayant un BMI supérieur ou égal à 30 ont été classés obèses, ceux ayant un BMI supérieur ou égal à 40 ont été classés extrêmement obèses. Les chercheurs ont également demandé à chaque participant si son médecin lui avait diagnostiqué un diabète (JAMA 2001 ; 286 ; 1195-200).L'étude montre que la prévalence de l'obésité est de 19,8% aux Etats-Unis, ce qui correspond à une augmentation de 61% par rapport à 1991. La prévalence du diabète est de 7,3%, ce qui correspond à une augmentation de 49% par rapport à 1990. Environ 27% des adultes américains n'ont aucune activité physique, et 28,2% ne pratiquent pas une activité physique de façon régulière.«Les épidémies d'obésité et de diabète sont clairement sur la pente ascendante aux Etats-Unis», commente l'auteur le plus expérimenté de cette étude, Jeffrey P. Koplan, qui dirige les CDC. «Si nous continuons sur cette voie au cours de la prochaine décennie, les implications pour la santé publique en termes de maladies et de coûts de la santé seront foudroyantes».L'augmentation de la prévalence de l'obésité et du diabète n'est pas un problème seulement aux Etats-Unis. «Ces données alarmantes sont l'image en miroir de notre récent rapport Diabète et maladies associées en Australie'», commente Paul Zimmet, directeur de l'Institut international du diabète (IDI), à Melbourne, en Australie. Le rapport de l'IDI, publié en avril 2001, identifie que 40% des Australiens sont trop gros et 20% obèses. Près d'un Australien sur quatre, âgé de 25 ans ou plus, est diabétique ou a un risque élevé de le devenir dans les cinq à dix années suivantes.«Les résultats des CDC confirment mes prédictions que le diabète sera la plus grande épidémie que le monde ait jamais connu», ajoute Zimmet. «Cet enjeu ne concerne pas simplement les choix individuels, il reflète les effets néfastes sur la santé qu'induisent les changements dans la société qui voient le temps de travail diminuer sans pour autant que le temps des loisirs réservés à l'activité physique n'augmente. Aussi important que le réchauffement global et la pollution de l'environnement, cet enjeu, conclut Zimmet, appelle des changements structuraux majeurs dans la société».Jim Mann, de l'Université de Otago, à Dunedin, en Nouvelle-Zélande, est d'accord qu'une action urgente devient nécessaire. «Les médecins devraient considérer l'obésité comme une maladie plutôt que comme un phénomène, et les gouvernements devraient commencer à la traiter comme une épidémie», commente-t-il. «Nous devrions réfléchir à la manière de traiter cette maladie, alors que l'arsenal thérapeutique disponible est sérieusement lacunaire. Il n'y a pas de doute que la recherche sur de nouveaux médicaments contre l'obésité va se poursuivre. Mais il serait peut-être avantageux, au plan des coûts-bénéfices, d'établir des centres où l'on traiterait le style de vie des personnes trop grosses ou obèses, où ces personnes recevraient des conseils et des encouragements pour suivre des diètes et pratiquer de l'exercice physique».Mann suggère qu'une mesure telle qu'améliorer les conditions de circulation des cyclistes sur les routes serait bénéfique, puisque les Pays-Bas, où le cyclisme est courant, ne connaît pas le même type d'accroissement de l'obésité. «Nous avons également besoin de faire en sorte que des nourritures raisonnablement saines soient disponibles à bas prix. Pour le moment, la nourriture la moins chère est chargée de graisses», rappelle-t-il.