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Distinguer des odeurs proches, avoir du nez, fait travailler une catégorie de neurones bien précise du bulbe olfactif, ont découvert des chercheurs de l'Université de Genève.
KEYSTONE/SANDRO CAMPARDO(sda-ats)
Des scientifiques de l'Université de Genève sont parvenus à comprendre comment les neurones du bulbe olfactif des mammifères se partagent le travail pour traiter les odeurs. La distinction d'odeurs proches est le fait d'une catégorie bien particulière de cellules.
Les recherches ont été dirigées par les professeurs Alan Carleton et Ivan Rodriguez, du Département des neurosciences fondamentales de la Faculté de médecine et du Département de génétique et évolution de la Faculté des sciences de l'UNIGE. Elles ont fait l'objet d'une publication dans la revue Neuron, a indiqué mercredi la haute école.
Le bulbe olfactif des mammifères abrite deux types de neurones, appelés respectivement cellules mitrales et cellules à panache. Pour comprendre leur rôle, les chercheurs ont tout d'abord exposé de manière passive des souris à différentes odeurs. Ils ont constaté que les deux réseaux cellulaires répondaient de la même manière.
Les résultats ont changé radicalement quand les neuroscientifiques ont soumis les rongeurs à un apprentissage actif d'odeurs proches, en leur donnant une récompense quand ils réussissaient à les distinguer l'une de l'autre. Les cellules mitrales et les cellules à panache se sont alors comportées différemment.
Partage des tâches
Les chercheurs ont constaté que les représentations au niveau des cellules mitrales étaient de plus en plus différenciées. Les cellules à panache, elles, n'ont montré aucune modification associée à l'apprentissage actif. Leur rôle est de maintenir une similarité permettant de rattacher une odeur à un corpus d'odeurs déjà connu.
Cité dans le communiqué de l'UNIGE, le Pr Carleton prend un exemple parlant pour expliquer la distinction. "Lorsque vous sentez du vin, vous savez qu'il s'agit de vin, c'est le travail des cellules à panache. Mais avec l'entraînement, vous parviendrez à en distinguer les subtiles différences grâce aux cellules mitrales".
Ces recherches ont été menées grâce à de nouvelles techniques de microscopie par fluorescence. Les scientifiques de l'UNIGE ont ainsi pu visualiser précisément et sur plusieurs jours le niveau d'activité des neurones de souris exposées à une variété d'odeurs et ainsi observer si la représentation est stable dans une population cellulaire donnée.
ATS