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Le 2 juillet 1947, soit quatre jours avant la votation fédérale, un dernier débat est organisé sur les ondes de Radio-Genève entre les partisans et les opposants du nouveau projet d'AVS.
Avec une certaine solennité, le journaliste Paul Ladame mesure l'importance historique de cette votation, puis introduit les quatre "éminentes personnalités" qui vont s'exprimer: le conseiller national vaudois Eugène Hirtzel, le journaliste lausannois Marc Chantre, et les conseillers d'Etat genevois Aymon de Senarclens et Jean Treina.
Les arguments s'affrontent. Appel à une politique sociale plus égalitaire et plus solidaire d'un côté et de l'autre réalisme économique et dénonciation d'une étatisation dangereuse.
(Source photo: TSR 1970)
Les deux votes populaires sur l'AVS:
En 1931, un premier projet d’AVS avait été refusé par le peuple, à 60% des voix. Il était pourtant relativement modeste: il prévoyait une obligation de cotiser, une rente unique de 200 francs par ans à partir de 66 ans, ainsi que des allocations aux indigents. Les opposants au projet craignaient un renforcement de la centralisation et de l'étatisation, une perte de souveraineté pour les cantons, et une menace pour les instances privées d'assurance. Ils avançaient également des arguments d'ordre financier.
La précarité et le climat d’incertitude provoqués par la crise économique des années trente, puis par la guerre, vont modifier les mentalités helvétiques. En 1947, l’AVS sera enfin acceptée en votation populaire. L’âge de la retraite est fixé à 65 ans pour les hommes, comme pour les femmes. Afin de ne pas concurrencer les assurances privées, les rentes allouées seront modestes: 40 à 125 francs mensuels (en comparaison, le revenu moyen dans l’industrie est à l’époque de 745 francs).
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Journaliste: Paul Ladame