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Cerveau en danger: Traumatisme cranio-cérébral
En Suisse, plus de 20 000 personnes sont victimes chaque année d’un traumatisme cranio-cérébral, qui est défini par une blessure à la tête avec atteinte au cerveau. Celle-ci peut avoir été causée par un choc violent à la tête, par une chute ou par un coup porté à la tête. Selon la gravité du traumatisme cranio-cérébral, la vie de l’individu peut être en danger.
En janvier 2009, le skieur de compétition Daniel Albrecht fait une chute violente lors d’un entraînement et subit un grave traumatisme cranio-cérébral (TCC). En décembre 2013, le pilote de Formule 1 Michael Schumacher est victime d’un accident lors d’une descente sur les pistes de ski, à Méribel, et subit un choc violent à la tête après avoir chuté sur un rocher. Diagnostic: traumatisme cranio-cérébral sévère. En octobre 2014, le pilote de Formule 1 Jules Bianchi est victime d’un accident lors du Grand Prix au Japon et souffre d’un grave traumatisme cranio-cérébral.
Des milliers de victimes chaque année
Toutefois, les sportifs professionnels ne sont pas les seuls à être victimes d’un traumatisme cranio-cérébral. Selon l’assurance-accident, entre 3 000 et 5 000 personnes sont victimes chaque année d’un traumatisme cranio-cérébral. PEBITA estime qu’environ 715 personnes sont victimes chaque année d’un traumatisme cranio-cérébral grave, qui serait la cause de décès la plus fréquente chez les adultes de moins de 40 ans. Les TCC sont principalement causés par les accidents de la route ou accidents sur les lieux du travail ou à la maison, et de plus en plus souvent par les accidents de sport ou de loisirs ou encore par l’usage de violence contre un individu.
Traumatisme cranio-cérébral « ouvert » et « fermé »
Un traumatisme cranio-cérébral se définit par une blessure du crâne avec lésion au cerveau. Les blessures impliquant uniquement une fracture crânienne sans atteinte au cerveau ne sont pas considérées comme un TCC. On distingue entre les traumatismes «ouverts» et les traumatismes «fermés». Un TCC ouvert (ou pénétrant) est caractérisé par une lésion des méninges dures, de l’os crânien ou du scalp, tandis qu’un TCC fermé (non-pénétrant) n’entraîne pas de blessure de l’os crânien ou des méninges dures.
Divers degrés de gravité
On distingue entre trois degrés de gravité, déterminés principalement par le degré de conscience du patient. La classification se fait sur la base de l’échelle de Glasgow, qui distingue entre TCC léger, moyen et sévère, en évaluant les trois fonctions principales de l’état de conscience (les yeux, la parole, la motricité). Plus le score est faible, plus le traumatisme est sévère. Un score de 3 signifie un niveau de conscience très faible tandis qu’un score indiquant 15 signifie que le patient est conscient et éveillé.
Suivi d’un cas de traumatisme crânien
Un traumatisme crânien est une forme légère d’un TCC. La perte de conscience ne dure que quelques secondes ou quelques minutes, le patient récupère généralement à l’intérieur de quelques jours. Toutefois, même dans le cas d’un traumatisme crânien, la surveillance du patient doit être maintenue pendant 24 heures en séjour hospitalier. En effet, les conséquences sont parfois difficiles à évaluer et des complications peuvent se manifester plusieurs heures après l’accident.
Les blessures peuvent présenter un risque mortel
En cas de TCC de degré moyen ou sévère, le cerveau subit une atteinte grave. Les blessures peuvent présenter un risque mortel. En plus des lésions au cerveau occasionnées par le traumatisme, la pression augmente en raison de saignements fréquents. Le manque d’approvisionnement de sang au cerveau peut entraîner d’irréversibles lésions cérébrales partielles ou complètes. Les patients souffrant de blessures sévères nécessitent la plupart du temps une opération chirurgicale d’urgence.
Coma artificiel ou craniectomie en cas de trop forte pression
Dans le cas de blessures graves au cerveau, on observe parfois une enflure du cerveau dans les jours suivant l’accident, ce qui peut occasionner de nouvelles lésions des tissus cérébraux intacts. C’est pourquoi la surveillance continue de la pression cérébrale doit constituer une priorité.
Afin de stabiliser les patients et d’empêcher les séquelles au cerveau ou à d’autres organes, les patients gravement atteints sont maintenus dans un coma artificiel pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines. Si la pression cérébrale vient à augmenter, les neurologues peuvent se voir dans l’obligation d’effectuer une craniectomie. Cette intervention implique l’ablation de certains os de la boîte crânienne, ce qui a pour effet d’augmenter l’espace pour le cerveau et de diminuer la pression exercée sur le cerveau.
Réadaptation de longue durée
Si le patient survit à un traumatisme cranio-cérébral de degré moyen ou sévère, il peut s’avérer difficile d’établir un pronostic à long terme, car celui-ci dépend en grande partie de l’ampleur des lésions cérébrales. En particulier, les personnes souffrant d’un grave traumatisme cranio-cérébral doivent s’attendre à subir des séquelles durables telles que troubles de la parole ou de la mémoire, déficit d’attention, voire paralysie. C’est pourquoi il est très important de mettre en place un programme de réadaptation précoce, qui sera suivi d’un programme de réadaptation à long terme, d’une durée de plusieurs mois, voire plusieurs semaines. De telles mesures peuvent contribuer à la réduction des séquelles. Un nouveau pronostic peut être établi au terme de la période de réadaptation afin d’évaluer l’ampleur des lésions et de leurs conséquences.
Texte: Patrick Gunti - 10/2014
Traduction: MyH - 12/2014
Photos: pixelio.de