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Né le 29 avril 1915 en Belgique, René Berger a vécu à Lausanne
dès 1943 et en a acquis la bourgeoisie en 1957. Observateur
attentif de la société et de la vie intellectuelle, il en a défini
les mutations, comme les influences réciproques.
Ses multiples activités et publications visaient à familiariser le
public avec les oeuvres d'art comme avec les autres formes
d'expression de la pensée. Il apparaissait parfois comme un
visionnaire, voire un provocateur. «Je ne fais pas les choses pour
déranger», disait-il. «Je le fais parce qu'il y a une valeur cachée
que je soupçonne ou que je vois, et que je dois mettre au
jour».
Grande curiosité
Il percevait la connaissance «comme une flamme qui éclaire et
qui chauffe». Cet intellectuel n'avait de cesse de la propager. Sa
curiosité l'a donc amené à s'intéresser activement à Internet. «Les
réseaux informatiques sont devenus plus qu'un nouveau média, c'est
une nouvelle culture.» René Berger estimait qu'il faut «se mettre à
l'écoute des jeunes, de leurs aspirations intenses même si elles
sont souvent confuses».
Il recommandait de ne pas condamner des comportements «dont la
raison profonde nous échappe et que nos jugements de valeur d'aînés
ne font qu'exacerber.»
Doué de multiples talents, René Berger a aussi travaillé pour la
radio et à la télévision. Il a produit entre autres la série
télévisée «Connaissance de la peinture» diffusée dans plus de 25
pays. Son travail lui a valu maintes distinctions, telles la
médaille d'or du gouvernement italien en 1968 et la médaille du
Conseil de l'Europe en 1985.
René Berger était président d'honneur de l'Association
internationale des critiques d'art et docteur honoris causa de
l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL). En 1993, il a
perdu brutalement son fils unique, l'archéologue et historien de
l'art Jacques-Edouard. René Berger lui dédie alors une fondation et
le site internet «World Art Treasures», fruit d'une collaboration
avec l'EPFL.
ats/lan
Directeur de musée
Il a aussi dispensé son savoir à l'Université de la ville qui l'a nommé professeur honoraire en 1980.
Directeur-conservateur du Musée cantonal des beaux-arts entre 1962 et 1981, il a contribué à donner à cette institution vaudoise une dimension novatrice et internationale.
Il a ensuite fondé le «Vidéo festival international» de Locarno.
Expert mondialement reconnu, il a été consultant pour l'UNESCO, le Conseil de l'Europe, l'ONU et l'UNICEF.
Il fut également conseiller et membre du jury de manifestations internationales telle la Biennale de Venise.