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Introduction
Dédiée à Saint-Pierre et image emblématique de Genève, qu’elle domine depuis la colline de la Vieille Ville, la cathédrale est aussi le symbole du rayonnement de la Rome protestante.
La présence d’une cathédrale et d’un ensemble religieux sur le site de Saint-Pierre est attestée depuis le quatrième siècle de notre ère. Jusqu’au XIe siècle, la structure évoluera jusqu’à la création d’un bâtiment unique, mais c’est au XIIe siècle que le premier prince-évêque de Genève, Arducius de Faucigny, entamera la construction de l’actuelle cathédrale, étape qui s’étendra sur un siècle environ, de 1150 à 1250.
Au fil du temps, les guerres, les incendies, ainsi que les ajouts et les rénovations ont modifié l’apparence intérieure et extérieure de la construction. A l’extérieur, les changements les plus visibles furent certainement la construction de la tour sud, l’adjonction de la Chapelle des Macchabées, l’ajout du portique néo-classique, la reconstruction de la tour nord et la mise en place de la flèche en cuivre.
A l’intérieur, la Cathédrale présente le plus vaste ensemble de chapiteaux romans et gothiques de Suisse, tandis que les vitraux (identiques à ceux de l'époque gothique qui sont au Musée d’Art et d’Histoire) remontent aux travaux de restauration du XIXe siècle. Les décors polychromes du Moyen Age ont en revanche disparu au moment de la Réforme.
A partir d’août 1535, la messe est abolie à Genève et la cathédrale est affectée au culte protestant. Elle prend le nom de Temple de Saint-Pierre, qui reste son nom officiel aujourd’hui encore. L’extrême dépouillement du lieu correspond à l’esprit originel de la spiritualité calviniste, tourné vers l’écoute de la parole et non vers l’image. Après la séparation de l’Eglise et de l’Etat en 1907, le bâtiment devient propriété de l’Eglise Protestante de Genève. Au fil des siècles, la cathédrale a été toutefois davantage qu’un lieu de culte. Elle a longtemps été le véritable cœur de la cité. Elle a notamment rempli des fonctions civiles et, aujourd’hui encore, elle accueille la prestation de serment du gouvernement de la République. Mais Saint-Pierre est surtout l’illustration vivante de l’influence que Genève a eue sur le monde protestant comme lieu du refuge aussi bien que comme académie formant les pasteurs de toute l’Europe.