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Syndrome de déficit en testostérone: une ménopause au masculin?
Une ménopause au masculin?
Les hormones sexuelles masculines, dont la testostérone, déterminent la différentiation des organes génitaux masculins (chez le fœtus), puis permettent le développement des caractères sexuels secondaires (agrandissement des organes génitaux, apparition des poils, voix masculine, etc) à l’adolescence ainsi que leur maintien à l’âge adulte. Ces mêmes hormones ont également un effet sur le métabolisme des protéines, des sucres et des graisses, contribuant ainsi au maintien du muscle et à la répartition entre masse osseuse et masse grasse. Elles agissent enfin sur le psychisme, en stimulant en paticulier la libido (désir sexuel) et en jouant un rôle antidépresseur.
En vieillissant, la quantité de testostérone dans le sang diminue. La ménopause chez les femmes est bien connue : elle entraine une diminution rapide des hormones féminines qui ont des répercussions assez flagrantes. Or, chez l’homme, cette diminution d’hormones masculines se fait en entraînant des symptômes moins bien définis. C’est pour cette raison qu’elle reste mal connue.
Diminution normale ou «hypogonadisme»?
La plupart des hommes présentent une diminution de la testostérone avec l’âge. Tous, cependant, ne se plaignent pas de symptômes. Ces symptômes peuvent être : une diminution de la fonction sexuelle, une fragilisation de l’ossature, une fatigue, ou encore des troubles de l’humeur. S’ils sont associés à une diminution du taux de testostérone dans le sang, on parle alors d’hypogonadisme.
Testostérone et cancer de la prostate
Comme l’hypogonadisme résulte d’un déficit de testostérone, son traitement est simple : il consiste en l’administration de cette hormone.
On doit bien sûr s’interroger sur les dangers potentiels d’un tel traitement. La recherche a montré que, lorsqu’un cancer de la prostate est déjà déclaré, une augmentation de la testostérone dans le sang favorise sa progression. Il est cependant difficile d’en tirer une conclusion pour les personnes sans cancer. A ce jour, aucune étude ne permet d’affirmer que l’administration de testostérone chez un homme stimule le développement du cancer de la prostate.
En conclusion, de nouvelles recherches sont nécessaires pour définir précisément le risque lié à la prise de testostérone. Cependant, même si les effets à long terme ne sont pas connus, la meilleure attitude consiste à entreprendre le traitement après avoir exclu la présence d’un cancer, puis à suivre attentivement la prostate afin de déceler toute anomalie le plus rapidement possible.
Référence
Adapté de «Testostérone et prostate», Dr Laurent Vaucher, Pr Patrice Jichlinski, Service d’urologie, Pr François Pralong, Service d’endocrinologie, diabétologie et métabolisme, CHUV, Lausanne, et Dr Darius A. Paduch, Department of urology and reproductive medicine, Weill Cornell medical college, New York USA, in Revue médicale suisse 2011;7:2399-403, en collaboration avec les auteurs.