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Dans le dernier épisode de cette troublante série, nous avons raconté le rêve étrange que fit Charles de Gaulle et qui lui révéla une nouvelle facette de son double extraterrestre: il portait le titre de Seigneur des Mouches.
Or, après l’avoir entendu parler en songe, il se réveilla.
Il se posa, naturellement, bien des questions: qui était vraiment ce Solcum? Car une mouche était puissante, mais cruelle, et fausse, comme disait le grand savant allemand Oken: pouvait-on vraiment lui faire confiance? Son sceptre - si brillant, si pur - également étonnait Charles: quelle était sa nature? D’où venait-il?
Il ne trouva aucune réponse à ces questions, et nulle vision nouvelle pour le moment ne vint mettre en lui une lumière.
Or, le soleil se levait. Il commença une fois encore à se demander si tout cela n’était pas simplement un rêve dénué de sens. Il alluma la radio, afin d’écouter les informations. Il était huit heures. Il entendit aussitôt l’orateur effaré annoncer une prise d’otage dans le ciel. Une bande bien organisée avait détourné un avion d’Air France qui venait de Pékin et devait se poser à Paris. Les pirates de l'air prétendaient avoir des motivations politiques, mais leurs revendications étaient floues: ils ne les exprimaient pas clairement.
Ayant entendu cela, Charles de Gaulle fut comme pris d’un tremblement. Une flamme noire venue de profondeurs obscures sembla soudain l’envahir. Il sentit une rage démesurée monter en lui. Son indignation était sans limite: oser s’attaquer ainsi à la France!
Puis, il eut un sentiment bizarre. Quelque chose se détachait de lui, comme une vapeur sombre, une ombre. Bientôt il prit forme et il reconnut Solcum - son alter ego!
Le spectre se tenait devant lui, matérialisé, arraché aux ténèbres. Les stries sur son heaume luisaient. Il se dégageait de tout son être une vague lueur de cuivre.
Il se produisit alors une chose extraordinaire: Charles se sentit à l’intérieur de Solcum! Il se regardait lui-même, et se voyait de l’extérieur.
Cependant, un voile lumineux se tenait entre son ancien corps et ses yeux d’emprunt: il avait du mal à en distinguer les détails. En revanche, il lui semblait apercevoir, à l’intérieur, des lignes de lumière, dessinant une forme, comme s’il voyait l’être psychique de ses membres; mais ce fut fugace.
Or, sous cette apparence de Solcum, il se détourna, se dirigea vers la fenêtre, comme poussé par une volonté plus puissante que la sienne, et il s’en fut en laissant derrière lui une brume bleue.
L’instant d’après, il se vit voler dans les airs, tiré par son bâton doré, dont il jaillissait maintes étincelles - et qui laissait, derrière lui, un sillon d’or!
Soudain, devant lui, mais volant dans le même sens, apparut, clair dans l’azur, un avion!
S’élançant par dessus un champ de nuages qui ressemblait à un pays de neige, Solcum rattrapa l’engin, puis se posa sur sa carlingue. Les passagers, à l’intérieur, entendirent un bruit sourd, et se demandèrent ce qui se passait. Leur étonnement ne connut plus de bornes lorsqu’ils virent, par les fenêtres à droite, un être masqué marcher sur l’aile, et semblant ne souffrir aucunement du vent! Mais ils crurent avoir rêvé, car aussitôt, une brume bleue le remplaça, avant de disparaître elle-même...
Or, le héros, à présent, était à l’intérieur de l’aéroplane!
Ce qui se passa ensuite sera dit une autre fois, s’il est possible.