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Berne - "Le trafic d'organes est un vrai business en Chine", affirme l'ancien policier chinois que la Suisse aurait dû expulser cette semaine vers l'Italie. L'homme souhaite dénoncer devant l'ONU les atrocités qu'il a observées.
"Tout le monde touche sa part (dans ce trafic), le docteur qui opère, les policiers qui laissent faire, tout le monde", explique Nijati Abudureyimu dans une interview au "Matin Dimanche". Selon lui, un rein coûte par exemple 300'000 yuans (47'000 francs).
Cet Ouïghour a été membre durant neuf ans de la police spéciale. De 1993 à 1998, il a été en poste dans la prison de Liu Dao Wan, dans la province musulmane du Xinjiang, "un nom qui fait trembler, car énormément de monde y est condamné à mort". Il y a également assisté à de nombreuses scènes de torture.
Balle non mortelleSelon lui, certains condamnés "recevaient une balle non mortelle, puis n'étaient pas achevés sur place mais ramenés à la prison, où l'opération (le prélèvement des organes, ndlr) avait lieu et où on les laissait mourir". "J'ai remarqué aussi qu'un peu avant l'exécution on faisait une prise de sang pour analyses à ceux qui avaient été choisis", a-t-il ajouté.
Des organisations de défense des droits de l'homme ont fréquemment dénoncé la vente d'organes de prisonniers exécutés en Chine. Pékin a toutefois promulgué en 2007 une loi visant à interdire le trafic d'organes.
ATS