Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07210.jsonl.gz/1433

|Remarque : ceci est un travail scolaire.

Il n'a pas de caution scientifique, médicale ou autre, et, bien que cet élève ait fait un travail qui a été accepté dans le contexte scolaire, il ne peut prétendre être une source fiable d'informations !
Cyril CASIMO Vincent BUHLER 3Sc 31.10.98
Nourrir le monde est un des défis majeurs du siècle à venir. Paradoxalement, alors que la planète produit plus de nourriture qu'il n'en faut pour sa population, on estime que quelque 800 millions de personnes souffrent de sous-alimentation chronique et 2 milliards de carences alimentaires, en quasi-totalité dans les pays du Sud. Les bouches à nourrir augmenteront, par ailleurs, de près de 100 millions par an au cours des 30 prochaines années. Si, pour l'instant, la faim n'a pas pour cause principale une insuffisance globale de la production, il sera nécessaire d'accroître cette dernière dans la première moitié du siècle prochain.
Dans les années soixante, la révolution verte consistait à produire le plus possible grâce à l'épandage d'engrais et d'autres pesticides, mais la course aux rendements a eu des conséquences négatives que l'on sait en matière de pollution.
Pourtant, leur utilisation massive n'affranchit pas l'agriculture des pertes encore considérables qu'elle enregistre. Au début des années 90, elles atteignaient 42% des récoltes de blé, de riz et de maïs dans le monde. La meilleure solution ne serait-elle pas de donner aux plantes les moyens de se défendre seules contre les maladies et les prédateurs? C'est ce que propose la révolution transgénique qui est en train de bouleverser la donne agricole mondiale.
Il aura fallu 30 ans après la découverte, en 1953, par l'américain James Watson et le britannique Francis Crick, de la structure en hélice de l'ADN, pour que le tabac bénéficie, le premier, d'un transfert de gène en laboratoire. En 1997 ont lieu les premiers essais en plein champ. Puis, le rythme s'accélère. 10 ans suffisent pour que les cultures transgéniques occupent environ 15 millions d'hectares dans le monde. En 1998, les Etats-Unis ont ensemencé, à eux seuls, 20 millions d'hectares en maïs, soja et coton transgéniques. L'Argentine et le Brésil ont adopté les OGM, ainsi que la Chine et L'Australie. A l'horizon 2000, les cultures transgéniques devraient couvrir 60 millions d'hectares dans le monde, dont 81% en Amérique du Nord, 10% en Asie et 1% en Europe. Elles représenteront, rien qu'aux Etats-Unis, un marché de quelque 100 milliards de dollars dans les 10 ans qui viennent.
La question des aliments génétiquement modifiés est l'une des plus importantes aujourd'hui. Les enjeux économiques sont énormes ; les tabous philosophiques sont puissants mais commencent à être transgressés ; les craintes des consommateurs sont profondes, car les agronomes et les industriels de l'agro-alimentaire touchent à ce qu'il y a de plus intime dans l'identité des espèces végétales et animales, ce qui nous renvoie aussi à nous questionner sur notre propre identité ; rappelons que 76% des consommateurs refusent les aliments transgéniques (sondage MORI de décembre 1996 réalisé auprès d'un échantillon de 1005 individus âgés de plus de 15 ans). Et cependant, les écologistes et la plupart des associations de consommateurs semblent ne pas réagir face à l'autorisation de culture du maïs transgénique en France, à partir de 1998. Faisons le point des risques posés par ce type de végétal. Et au delà du problème du maïs transgénique, dressons l'état des lieux de la recherche sur les biotechnologies, en nous appuyant sur les avis d'experts et d'hommes politiques.
Le maïs est un végétal originaire d'Amérique du Sud. Son origine est mal connue, voire mystérieuse, et toutes les théories ésotériques ont pu voir le jour pour expliquer l'apparition de cette espèce sur notre planète. Toujours est-il qu'il a été fortement divinisé par les peuples amérindiens précolombiens.
Les botanistes rangent le maïs (Zea Maïs) dans la famille des graminées, dont font partie également de nombreuses autres espèces céréalières (blé, orge, avoine, seigle, millet, etc.). C'est une plante annuelle de 80 centimètres à 2 mètres de haut, qui fleurit en épis femelles insérés à mi-hauteur et en épis mâles situés à l'extrémité de la tige du végétal.
L'épi femelle est constitué d'ovaires serrés les uns contre les autres, terminés par des pistils longs et fins. L'ensemble est enserré dans des feuilles appelées bractées, d'où dépasse seulement la partie supérieure des pistils, qu'on appelle communément barbe du maïs. Une fois fécondés par le pollen, les ovaires donnent chacun une graine de couleur variable selon les maïs. Il en existe des blancs, des jaunes, des rouges, des bleus, des violacés et des noirs.
La pollinisation, c'est à dire la rapprochement du pollen et de l'ovule, se réalise grâce au vent. Le maïs est une plante dite allogame car la pollinisation est croisée, ce qui veut dire que seul un pollen d'un plant A peut polliniser un ovaire d'un plant B. En revanche, un pollen du plant B ne semblerait pas pouvoir polliniser un ovaire du même plant.
C'est le vent qui assure la dissémination du pollen de l'anthère jusqu'au pistil. Une fois que le pistil a réceptionné ce pollen, ce dernier émet un bourgeonnement, dans lequel se dirige le noyau, qui contient le matériel génétique. La protubérance émise atteint l'ovaire, et le noyau du pollen fusionne avec le noyau de l'ovule. C'est la fécondation. La graine contient donc à la fois les informations génétiques du pollen et celles de l'ovaire, ce qui assure un brassage génétique par croisement entre variétés de maïs.
Or la plupart des scientifiques sont conscients que, si un plant de maïs transgénique voisine un plant de maïs non transgénique, alors du pollen transgénique pourra polliniser le plant normal, et ainsi ce dernier produira des graines transgéniques.
C'est la raison pour laquelle la production de semences est réglementée. Si nous prenons l'exemple du maïs, deux champs de maïs semence de variété différente doivent être séparés par une certaine distance, qui assure un risque quasi nul de transmission de pollen d'une variété à l'autre. On garantit ainsi la nature des semences fournies aux agriculteurs. Au GNIS (Groupement National Interprofessionnel des Semences), on estime que la réglementation actuelle est suffisante en ce qui concerne les semences de maïs. Effectivement, d'après les biologistes, 85% du pollen de maïs tombe à moins de un mètre, 96% à moins de 8 mètres et 99% à moins de 60 mètres. La courbe étant de type hyperbolique, on constate que seule une fraction infime du pollen dépasse les 300 mètres.
Or la distance légale qui doit séparer deux champs de maïs semence est de deux cents mètres, voire de trois cents mètres, selon la configuration du terrain, s'il y avait des haies, etc.
Donc à priori, pas de problème, la production de semences de maïs non transgénique ne risque pas d'être contaminé par le pollen transgénique d'un champ transgène voisin. Mais le risque n'est pas nul, puisqu'on peut estimer à 0,1% le pollen capable de franchir des distances supérieures à 500 mètres. Et, toujours d'après Pierre Guy, la portée du pollen de maïs peut atteindre probablement le kilomètre. Cela signifie que la transmission du transgène d'un maïs transgénique à un maïs normal est tout à fait possible. L'association ECOROPA, qui, avec Green Peace, lutte contre l'autorisation de la culture du maïs transgénique en France, confirme l'hypothèse de cette transmissibilité, avec l'appui de nombreux scientifiques. Plus grave encore, Emile Vivier, Professeur émérite de biologie à l'Université de Lille, estime que cela est possible "dans le cas d'une même espèce, par les phénomènes de fécondation croisée ; alors si l'espèce transgénique est plus résistante vis-à-vis des parasites (c'est le cas pour le maïs génétiquement modifié qui résiste aux insectes), elle va peu à peu occuper tout l'environnement et l'espèce sauvage est condamnée à disparaître". Cela signifierait que, dans le cas du maïs, les espèces traditionnelles disparaîtront et que les producteurs qui cultivent un maïs transgénique ne pourraient plus rien garantir à leurs consommateurs.
Si, effectivement, il existe une réglementation en ce qui concerne la production de semences, inversement aucune distance de protection n'a été définie entre des champs de maïs transgéniques et d'autres champs de maïs non transgéniques destinés à la consommation humaine ou animalière.
De même, il existe un risque écologique. Et une fois de plus, le risque n'a pas été mesuré.
Il semblerait donc utile de porter le débat dans les associations de consommateurs et auprès des pouvoirs publics, afin au moins de renforcer la réglementation sur la culture des plantes transgéniques. Peut être faudrait-il déjà appliquer au maïs destiné à la consommation les réglementations qui s'appliquent actuellement au maïs semence. Et pourquoi ne pas interdire la culture de maïs transgénique à moins de un ou deux kilomètres (voire plus) de champs de maïs biologiques ? Ainsi, nous obtiendrions une garantie supplémentaire pour la santé du consommateur et cette mesure protégerait les activités des producteurs de maïs biologique.
Enfin, dans le doute, si les industriels de l'agro-alimentaire n'arrivaient plus à contrôler le produit de leurs recherches, il serait également utile de créer une banque de sauvegarde de la semence de maïs.
Le problème de santé publique et de désordre écologique que peut poser ce maïs transgénique, et toutes les autres plantes transgéniques qui n'attendaient qu'un pionnier de ces végétaux manipulés pour espérer prendre racine dans nos sols et prospérer, est assez grave pour que l'on s'en préoccupe. Puisque le loup est maintenant dans la bergerie, exigeons que ce prédateur soit confiné de façon à ce qu'il ne puisse pas dévorer tout le troupeau. Malheureusement (du fait des énormes intérêts économiques internationaux) nous ne pourrons certes pas interdire la culture de maïs transgénique (bien que cela semble être la meilleure des solutions), mais au moins faisons en sorte qu'elle soit suffisamment éloignée de toute culture biologique.
Depuis quelques années, nous voyons apparaître ce que tous les comités d'éthique des années soixante dix n'osaient à peine accepter, à savoir des organismes génétiquement modifiés, élevés ou cultivés, commercialisés et destinés à la consommation tant animale qu'humaine.
La question des aliments génétiquement modifiés est l'une des plus importantes aujourd'hui. Les enjeux économiques sont énormes ; les tabous philosophiques sont puissants mais commencent à être transgressés ; les craintes des consommateurs sont profondes, car les agronomes et les industriels de l'agro-alimentaire touchent à ce qu'il y a de plus intime dans l'identité des espèces végétales et animales, ce qui nous renvoie aussi à nous questionner sur notre propre identité ; rappelons que 76% des consommateurs refusent les aliments transgéniques.
La raison principale qui devrait nous pousser à refuser cette dérive de l'agro-industrie, c'est qu'il est impossible de garantir au consommateur que son alimentation ne contient pas de "transgènes", car, surtout dans le domaine végétal, les fécondations croisées ne sont pas maîtrisables. Comment empêcher un pollen de maïs transgénique féconder un ovule de maïs non transgénique situé à deux cents mètres d'intervalle ? C'est strictement impossible, et tous les botanistes peuvent le confirmer.
Pire, il est même impossible de garantir au consommateur que l'aliment transgénique n'a pas de conséquence sur la santé. Nous prendrons un exemple concret. Actuellement, on cherche à créer une variété de dinde transgénique, qui ne produise plus de graisse. Or la graisse de la dinde contient des acides gras poly-insaturés (comme la graisse de toute volaille) aux effets anti-cholestérol reconnus par tous. De plus, de nombreuses vitamines sont liposolubles, donc, s'il y a moins de graisse dans la nouvelle variété de dinde, il y aura également moins de vitamines liposolubles. Ainsi, en modifiant génétiquement un aliment, on risque d'aggraver des carences ou de déséquilibrer notre alimentation.
Imaginez une tomate transgénique qui contiendrait moins de vitamine A, imaginez un foie de morue appauvri en vitamine D...du simple fait qu'on aurait cherché à modifier l'un des aspects de ces aliments. Aucune étude d'impact sur la santé publique n'a été réalisé à ce jour, qui prenne en compte ces paramètres.
Pire encore, s'il était possible, sachant que les gènes des plantes transgéniques peuvent être transmises à des espèces voisines, on risquerait de voir se modifier les propriétés médicinales des plantes en un temps record. Alors qu'il a fallu des milliers d'année d'expérience pour connaître et affiner nos connaissances des plantes médicinales, ainsi en peu de temps nous risquerions de voir des plantes acquérir des propriétés inhabituelles, des toxicités ou des capacités à provoquer des allergies.
De même, des aliments à propriétés médicinales ne pourraient sans doute plus être employées de manière sûre. Ainsi, les bananes, que l'on manipulerait pour y introduire des gènes de virus ou de bactéries pour en faire des vaccins alimentaires, pourraient causer des chocs post-vaccinaux. Et qui vendrait ces bananes ? des épiciers ou des pharmaciens ?
C'est donc toute la médecine d'Hippocrate et toute la naturopathie qui sont menacées par la mise sur le marché de plantes transgéniques. Ce n'est pas admissible. Il est inacceptable de sacrifier sur l'autel de la rentabilité économique à court terme de quelques grosses sociétés agro-alimentaires, à la fois la qualité de notre alimentation et la qualité des traitements naturels. Nous ne devons pas accepter pour le consommateur un risque de type "vache folle" d'autant plus que les moyens de se soigner naturellement seraient moins fiables. C'est pourquoi il faut absolument interdire la commercialisation d'organismes génétiquement modifiés tant que les preuves d'innocuité et de non propagation des "transgènes" dans la nature ne sont pas apportées.
Les cultures de maïs s'estompent. Elles sont soumises à plusieurs agressions. Les cultures sont attaquées par des chenilles processionnaires et des larves de pyrale. Pour lutter contre ces insectes, les chercheurs ont mis au point des bactéries qui seraient à première vue inoffensives chez les mammifères. Mais ces bactéries qui sont résistantes à la pénicilline, pourraient rendre inefficaces certains antibiotiques. C'est pourquoi les experts se tournent vers une autre solution, qui serait l'insertion nouvelle d'un fragment d'ADN dans le chromosome de maïs.
La France autorise la mise en culture du maïs transgénique mis au point par Novartis.
Le gouvernement français a autorisé la culture du maïs transgénique mis au point par Novartis. La Suisse a également voté en faveur des manipulations génétiques en début d'année. Novartis se félicite de la décision française qui devrait encourager d'autres Etats européens à admettre la culture de maïs transgénique.
Pour Novartis, la décision française est de première importance. "Plusieurs autres pays du continent, particulièrement l'Italie et l'Espagne, attendaient la décision de la France, premier producteur de maïs en Europe, avant de se prononcer", note le porte-parole du siège européen de Novartis pour les grandes cultures, situé à Toulouse. Le maïs transgénique est résistant à la pyrale, papillon dont les chenilles s'attaquent aux végétaux et peuvent détruire jusqu'à 30% des cultures.
Est-ce que la consommation d'aliments génétiquement modifiés constitue un risque pour la santé de l'être humain ?
Cette question laisse ouvert un gigantesque débat. En effet, certains viennent à dire qu'il n'y a aucuns risques possibles, et d'autres semblent craindre d'éventuels problèmes à venir. Aucune preuve n'a été faite dans ce domaine, et le sujet reste donc ouvert. Comme nous l'avons dit précédemment, personne n'est aujourd'hui capable de dire que les aliments génétiquement modifiés sont à 100% sûrs et sans danger.
-Tribune de Genève, le 28 novembre 1997
-UNESCO le Courrier, septembre 1998.
-Science et Vie, mars 1997
-URL : http://www.genetic.ch