Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07015.jsonl.gz/60

ANIMAUX ET MOTS
Proverbes - Expressions
Ces quelques exemples de proverbes et d'expressions suffisent
à témoigner de la place des animaux dans la vie des hommes depuis la nuit des temps...
A bon chat bon rat
Lutter à forces égales, trouver en face quelqu'un capable de résister
Déjà connu au XVIIe siècle, ce proverbe était surtout employé entre gens de guerre pour désigner deux adversaires de la même force aux prises l’un avec l’autre.
Appeler un chat un chat
Dire les choses franchement
Depuis le XVIe siècle au moins, le sexe féminin était appelé "chat" en argot. Le poète Boileau fut le premier à utiliser cette expression dans une satire dénonçant l'hypocrisie de la société.
Avoir un chat dans la gorge
Etre enroué, être incapable de parler ou de chanter
Désignant le lait caillé à la fin du XIe siècle, le mot "maton" fut ensuite utilisé pour les grumeaux de lait puis des amas de poils, de laine, de fibre de papier qui peuvent obstruer des orifices. L'expression pourrait avoir comme origine une confusion ou un jeu de mots entre ce maton et le "matou", le chat.
Chat échaudé craint l'eau froide
Lorsqu'on a souffert, on craint la souffrance puisqu'on la connaît
Date du XIIIe siècle, sous la forme "chat échaudé craint l'eau".
Il n'y a pas un chat
L'endroit est désert, il n'y a absolument personne
Les chats se trouvant généralement là où il y a des humains, on peut en conclure que si on arrive dans un endroit où il n'y a pas un chat, c'est probablement qu'il n'y a pas un humain non plus. On omettra de parler de l'origine de cette expression faisant référence au "chat" en argot...
Acheter chat en poche
Acheter un bien sans vérifier sa nature ou son état, conclure une affaire sans même l’examiner
L'expression remonte au XVe siècle. Son origine serait à trouver dans l’usage, courant dans tous les pays, qui voulait qu'on enferme dans un sac le chat que l’on entendait vendre ou donner. On dit la même chose en allemand, en espagnol et en italien; en anglais, le chat se transforme en cochon (to buy a pig in poke).
N'éveillez pas le chat qui dort
Il ne faut pas réveiller une histoire ancienne qui pourrait nous faire du tort
Expression proverbiale française très ancienne, remontant au XVe siècle sous cette version, quoiqu’elle ait existé auparavant sous la forme «Il ne faut pas réveiller le chien qui dort».
La nuit tous les chats sont gris
Avec l'obscurité, les différences entre les personnes ou les choses s'effacent
On retrouve des traces écrites de ce proverbe dès le XVe siècle.
Quand le chat n'est pas là, les souris dansent
En l'absence d'autorité, on fait preuve d'euphorie et d'insouciance
Remontant à des époques où il était courant d'avoir des souris dans les maisons, ce proverbe a connu plusieurs variantes entre le XIIIe et le XVIe siècle, en ancien français, en germanique, en italien et en latin.
Dès potron-minet
Dès l'aube, dès le petit matin, dès les premières lueurs du jour
Dès le XVIIe siècle, cette expression se disait "Dès potron-jacquet", le "jacquet" étant l'écureuil, qui a la particularité de commencer à s'activer très tôt le matin. Le mot "potron", lui, vient du latin "posterio", c'est-à-dire "postérieur" ou "derrière". Donc cela veut dire "Dès que l'écureuil se réveille et montre son popotin", à savoir très tôt le matin. L'écureuil a finalement été remplacé par le chat, animal beaucoup plus présent dans les villes et également très matinal.
Manger (ou bouffer) du lion
Montrer une énergie extraordinaire; être agressif, manifester une certaine volonté de combattre
Le lion a toujours été considéré comme un animal noble, fort et courageux, mais aussi agressif et cruel, donc doté à la fois d'une grande énergie et d'une belle ardeur au combat. L'expression suppose ainsi que celui qui a bouffé du lion a récupéré toutes ces qualités.
Avoir des yeux de lynx
Avoir une excellent vue, le regard perçant; par extension, y voir clair dans les affaires ou dans le comportement des autres
L'expression se réfère en fait au personnage mythologique appelé "Lyncée", un roi faisant partie de l'équipage de L'Argo, le bateau qui conduisit Jason vers la quête de la Toison d'or. Chacun des argonautes avait un don, pour Lyncée c'était celui de voir à travers les murs. C'est ce personnage qui est la vraie origine de l'expression "avoir des yeux de lynx".
Les chiens ne font pas des chats
On hérite le comportement et les goûts de ses parents
Garder un chien de sa chienne
Préparer une vengeance analogue au mal que quelqu'un vous a fait
Cette expression serait apparue au XIXe siècle. La langue française a malheureusement souvent traité le chien comme une "sale bête". Donc le chien figurerait la rancune, l'idée de vengeance que l'on réserve à celui qui nous a joué un tour... de cochon!
Se regarder en chiens de faïence
Se regarder avec hostilité, avec méfiance
A l'époque où l'on se chauffait encore au bois, il était d'usage d'orner la cheminée de babioles décoratives, par exemple des paires de chiens en faïence qui, se faisant face, semblaient se regarder fixement avec animosité. Apparu à la fin du XVIIe siècle.
La rubrique des chiens écrasés
En argot journalistique, cela signifie celle des faits divers, tout en bas de l'échelle dans la hiérarchie des informations.
Bon chien chasse de race
Les enfants héritent des qualités et des défauts de leurs parents
A l'époque, le mot "race" ne désignait pas seulement une variante animale, mais aussi un groupe de personnes liées par un intérêt commun, à savoir une lignée, une classe sociale.
Chien qui aboie ne mord pas
Celui qui crie beaucoup n'est pas le plus à craindre
Arriver comme un chien dans un jeu de quilles
Etre mal reçu, arriver de façon importune
Date du XVIIIe siècle, période où le jeu de quilles (ancêtre du bowling) était au faîte de sa popularité.
Qui veut noyer son chien l'accuse de la rage
Tout prétexte est bon pour éliminer quelqu'un, ou on utilise souvent la calomnie lorsqu'on cherche à nuire à quelqu'un
Remonte au XIIIe siècle.
Les chiens aboient, la caravane passe
Quand on est sûr du chemin que l'on veut prendre, la malveillance d'autrui n'est pas un obstacle
Proverbe arabe jadis employé pour décrire le comportement des chameaux en Afrique du Nord lorsqu’ils passaient à proximité des campements nomades et restaient impassibles malgré les aboiements des chiens chargés de les défendre.
L'homme est un loup pour l'homme
L'humain est impitoyable pour ses semblables
Etre connu comme le loup blanc
Etre très connu
Quand on parle du loup, on en voit la queue
Se dit lorsqu’on voit arriver une personne qui n’était pas attendue et qui était justement l'objet de la conversation
Ce proverbe est antérieur au XVIIe siècle et ne s’emploie que dans une acception de blâme, avec peu de considération pour la personne en question. Si l’on veut faire preuve de politesse et être élogieux, on emploiera plutôt, à l'époque: "Quand on parle du soleil, on en voit les rayons" ou "Quand on parle de la rose, on en voit le bouton".
La faim chasse le loup hors du bois
Les circonstances, la nécessité peuvent contraindre à certains actes même ceux qui y sont normalement peu enclins
Même si l'origine exacte de ce proverbe est inconnue, on en trouve des traces dès le XIIIe siècle.
Le loup retourne toujours au bois
On revient toujours à ses racines
Entre chien et loup
Désigne la tombée de la nuit, quand on n'arrive plus à distinguer les chiens des loups
Existant déjà dans l'Antiquité, l'expression est apparue en français au XIIIe siècle. Ainsi peut-on lire dans un texte du IIe siècle: "Quand l’homme ne peut distinguer le chien du loup".
Se jeter dans la gueule du loup
S’exposer délibérément à un grand danger
Attestée au XVe siècle, l'expression "Se jeter en la gueule des loups" voulait déjà dire que celui qui s'approche volontairement assez près d'une meute au risque de se faire déchiqueter fait preuve d'une énorme imprudence.
Avoir vu le loup
Se dit d’une jeune fille qui a perdu son innocence...
Le sens actuel de cette expression date du début du XVIIIe siècle. Auparavant, elle était simplement liée à la chasse au loup, activité considérée comme dangereuse, et désignait une personne aguerrie, expérimentée. Mais, au XVIe siècle, "la danse du loup" désignait l'acte sexuel et, au XVIIe, "danser le branle du loup" voulait dire "faire l'amour"...
Marcher à pas de loup
Marcher avec précaution, sans faire de bruit
L'expression date de la fin du XVIIe siècle et sort tout droit du dictionnaire de l'argot.
Faire entrer le loup dans la bergerie
Introduire dans un groupe quelqu’un dont on ignore qu’il peut nuire
L'expression est apparue au XVIIe siècle et elle émanait du milieu médical. En effet, on disait qu’on renfermait le loup dans la bergerie quand on laissait refermer une plaie sans précaution préalable, à savoir sans avoir bien fait suppurer la plaie.
Les loups ne se mangent pas entre eux
Les méchants (ou des personnes liées par quelque complicité) ne se nuisent pas les uns les autres
Au XVe siècle, l’expression était: "Un loup ne mange point l’autre". Sa version moderne date du XIXe siècle.
Hurler avec les loups
Imiter les personnes avec lesquelles on est, même si l’on n’est pas d’accord avec elles, souvent pour en tirer des avantages
On ne connaît pas l'origine de cette expression, qui existe aussi en anglais (howl with the wolves).
Avoir une faim de loup
Avoir un énorme appétit
Dans la croyance populaire, le loup est réputé pour avoir une faim dévorante. Au XVIIe siècle déjà, on disait d'un individu qui mangeait beaucoup qu'il avait "mangé comme un loup".
Ce n'est pas à un vieux singe qu'on apprend à faire des grimaces
On n'apprend pas la ruse (ou les pièges de son métier) à un homme plein d'expérience, ou: une personne âgée a plus d'expérience qu'une jeune
L'expression remonterait au XIXe siècle. Elle s'explique facilement: les singes sont réputés être des animaux très intelligents et rusés; par ailleurs, ils font des grimaces. On peut donc partir du principe qu’un vieux singe (une personne âgée) a pu expérimenter toutes les grimaces (les ruses) possibles, et qu’on ne peut donc rien lui apprendre de plus.
Payer en monnaie de singe
Payer en grimaces ou en fausse monnaie au lieu de payer réellement, user de politesse ou de flatterie pour ne pas payer
L'expression remonte au XIIIe siècle, lorsque saint Louis décida d'imposer une taxe pour passer le pont qui reliait l'île de la Cité à la rue Saint-Jacques, à Paris. Il y avait toutefois une exception: les forains, bateleurs ou jongleurs qui possédaient un singe pouvaient, en guise de paiement, faire faire un numéro à leur animal.
Le singe se sert de la patte du chat pour tirer les marrons du feu
Se tirer d'un danger ou d'une situation délicate grâce à l'action d'une autre personne
Provient de la fable de Jean De La Fontaine (1621-1695) "Le singe et le chat", et a fini en "Tirer les marrons du feu" tout court.
Plus le singe monte haut, plus il montre son cul
Plus une personne grimpe dans la hiérarchie, plus elle dévoile son vrai caractère, ses défauts
Le singe est toujours une gazelle dans les yeux de sa mère
Une mère trouve toujours toutes les qualités à son enfant, quitte à manquer d'objectivité
Il s'agit d'un proverbe égyptien.
Le singe est toujours singe, fût-il déguisé en prince
Aucun déguisement ne peut cacher ce que l'on est réellement
Etre malin comme un singe
Etre très rusé, ingénieux et débrouillard
Pour nous, cette locution fait référence à l'habileté légendaire du singe, mais ce n'était pas du tout le cas à l'origine. En effet, l'adjectif malin a une origine latine, "malignus", qui évoque une personne «de nature mauvaise, perfide, méchante». C'est pourquoi, dans la culture chrétienne, le terme malin a longtemps désigné une créature maléfique; par ailleurs, le singe a été considéré comme l'incarnation du démon depuis le Moyen Age, le malin étant ainsi une autre façon de nommer le diable. Ainsi, dire de quelqu'un qu'il était "malin comme un singe" revenait à le comparer au démon...
C'est en essayant encore et encore que le singe apprend à bondir
C'est dans l'effort que l'on parvient à se réaliser
Un proverbe africain
Monter sur ses grands chevaux
S'emporter, se mettre en colère, voire prendre quelqu'un de haut
Il existait plusieurs sortes de chevaux autrefois, pour les parades, pour les travaux des champs, pour le transport de marchandises. Le destrier, le plus grand de tous, était utilisé pour les combats. L’idée de monter sur ses grands chevaux est donc une image, celle de partir se battre.
A cheval donné on ne regarde pas les dents
La valeur d'un cadeau, quelle qu'elle soit, doit être toujours appréciée
On ne connaît pas précisément la date d'apparition de cette locution proverbiale mais elle remonte à loin puisqu'il existe une version très similaire en latin médiéval. C'était une époque où le cheval, principal moyen de locomotion, avait une importance autrement plus grande qu'aujourd'hui. Celui qui se faisait offrir un cheval devait remercier chaleureusement le donateur, sans se préoccuper de savoir si la dentition du cheval (qui permet d'estimer son âge et sa valeur) laissait à désirer.
Un cheval de bataille
Désigne le sujet favori de quelqu'un
Ne pas être un mauvais cheval
Etre plutôt gentil
Miser sur le bon cheval
Faire un bon choix
Employé dès la fin du XIXe siècle.
Un remède de cheval
Un médicament très fort
Cela ne se trouve pas sous le pied d'un cheval
S'utilise généralement en parlant d'une somme d'argent importante
A l'origine, au XVIIe siècle, l'expression disait "dans le pas d'un cheval", le pas voulant dire "trace". Cela faisait référence à ce que l'on trouve habituellement dans la trace d'un cheval, qui n'est pas rare et n'a pas une grande valeur, sauf peut-être comme engrais...
Crier haro sur le baudet
Crier publiquement son indignation à propos de quelqu’un
Au XIVe siècle, le mot "haro" servait à exciter les chiens au cours d'une chasse; au XIIIe siècle, il était employé pour marquer la fin d'une foire ou celle de la vente d'une denrée; au XIIe siècle, c'était un cri poussé par une personne qui se faisait agresser, ce qui permettait aux témoins de secourir la victime et de capturer le coupable. C'est de ce dernier cas que vient le sens de l'expression actuelle, à savoir désigner un coupable devant les autres personnes présentes.
Un drôle de zèbre
Un individu quelque peu bizarre, voire inquiétant
Certains attribuent l'origine de cette expression au costume rayé des bagnards, qui fait penser au pelage d'un zèbre, et est revêtu par des individus peu recommandables.
AUTRES ANIMAUX
Parler français comme une vache espagnole
Parler très mal le français
La plus classique des explications (est-ce forcément la bonne?) est une altération de "Basque" ("parler français comme un Basque espagnol"), car "vasces" ou "vasque", au XVIIe siècle, désignait un Gascon ou un Basque. Et il va de soi qu'un Basque du côté espagnol de la frontière ne parle pas forcément bien le français... Pour ce qui est des vaches, on ne sait pas en quelle langue elles ruminent...
Prendre le taureau par les cornes
S'attaquer à une difficulté avec détermination
A voir les peintures rupestres laissées par nos ancêtres, le taureau a depuis toujours été le symbole de la force, mais aussi du danger. "Prendre le taureau par les cornes" (apparue au XVIIe siècle) signifie que l'on fait face aux difficultés plutôt que de les fuir, tout comme les anciens auraient choisi d'affronter les cornes du taureau au lieu de chercher à les éviter.
Manger (ou bouffer) de la vache enragée
Vivre dans la misère, mener une vie de privations
Remontant au XVIIIe siècle, l'expression désignait à l'origine une personne pauvre qui en était réduite à manger de la viande provenant de bêtes malades pour ne pas mourir de faim.
Chacun son métier, les vaches seront bien gardées
Pour que tout aille pour le mieux, il faut s’occuper de ses affaires avant d’examiner celles de son voisin
L'expression, ou du moins son sens, remonte à très longtemps! Pour preuve la phrase de Cicéron, au Ier siècle avant J.-C.: "Quant quisque norit artem, in hac se exerceat", qu'on peut traduire par "Que chacun s'exerce dans l'art qu'il connaît". Mais c'est à un auteur de la seconde moitié du XVIIIe siècle, Florian, qu'on attribue le "Chacun son métier, les vaches seront bien gardées", provenant de sa fable "Le vacher et le garde-chasse".
Mettre la charrue avant les bœufs
Lorsqu'on ne fait pas les choses dans l'ordre, qu'on commence par là où on devrait finir
L'expression telle qu'on la connaît date du XVIe siècle, même si d'autres formes ayant la même signification existent depuis le XIIIe. "Mettre la charrue devant les bœufs", c'était faire preuve d'un manque de logique ou de sens pratique. Au XVe siècle, cette expression avait aussi une connotation érotique pour désigner le "repos du paysan" après une journée bien remplie, les bœufs signifiant les testicules et la charrue le sexe masculin...
Donner un oeuf pour avoir un bœuf
Rendre un petit service pour obtenir un gros avantage
A rapprocher de "Qui vole un œuf vole un bœuf", expression attestée au XIXe siècle.
Noyer le poisson
Embrouiller, embobiner quelqu'un
L'expression, apparue au XXe siècle, fait référence à la pêche, où l'on maintient successivement un poisson qui a mordu à l'hameçon dans et hors de l'eau afin de l'épuiser.
Les gros poissons mangent les petits
Les gens puissants oppriment les gens faibles
C'est aussi, curieusement, le titre d'une œuvre du peintre brabançon Pieter Bruegel l'Ancien, "Les gros poissons mangent les petits", qui date de 1556.
Etre muet comme une carpe
Etre très silencieux
Cette expression existe depuis 1612 sous la forme «muet comme un poisson», sous la plume de Rabelais. Il faut savoir que la carpe est un poisson qui sort constamment la tête de l'eau et reste la bouche ouverte sans qu'il en sorte quoi que ce soit, tout comme s'agissant de quelqu'un de muet.
Il y a anguille sous roche
L'affaire n'est pas claire, il peut y avoir une mauvaise surprise
L'expression fait référence à l'anguille, poisson ayant la particularité de ne pas aimer la lumière. Il ne sort que la nuit pour se nourrir; le jour il se cache sous les pierres qui tapissent le fond des rivières, et on peut se faire mordre par une anguille si l’on retourne la pierre sous laquelle elle se dissimule.
Petit à petit, l’oiseau fait son nid
On finit par atteindre un but ou à accomplir une tâche complexe à force de patience et de persévérance
Cette locution proverbiale, présente dans le dictionnaire de l’Académie de 1835, se base sur une métaphore des plus claire qui se rapporte à l’oiseau effectuant plusieurs voyages pour ramener une brindille utile à la construction de son nid. Il mettra un maximum de temps pour construire son nid mais, en persévérant dans son travail, il finira par y arriver.
Se faire prendre (ou passer) pour un pigeon
Se faire duper; par extension, passer pour un imbécile
Depuis la fin du XVe siècle, le pigeon, par métaphore, désigne un dupe, un homme qu'on attire dans une affaire pour le dépouiller, le tromper. Et c'est l'étymologie du mot "dupe" qui l'explique: le mot vient en effet de la huppe, oiseau qui tire son nom de sa huppe ou crête. "Dé-hupper", (contracté en "duper"), c'est enlever la huppe de l'animal, donc le plumer. Le pigeon étant un animal bien plus facile à trouver que la huppe, il est vite devenu un synonyme de "dupe", puis de "sot" car celui qui se laisse duper est forcément considéré comme un imbécile.
Faire le pied de grue
Attendre debout à la même place pendant un certain temps
On le sait tous, la grue est un échassier passant beaucoup de temps sur l'une de ses deux longues et fines pattes. Depuis 1415, les dames faisant commerce de leurs charmes ont été nommées "grues" et le verbe "gruer" voulait aussi dire "attendre"...
Etre le dindon de la farce
Se faire duper, se faire avoir lors d'une affaire
Il y aurait deux origines possibles à cette expression française... La première viendrait du Moyen Age où les farces étaient des comédies populaires, portant souvent sur des pères bafoués par leurs enfants, qui étaient représentés par des dindons. Une autre explication - moins sympathique! - remonte au XVIIIe: un spectacle forain nommé "Le Ballet des dindons" (joué à Paris de 1739 à 1844). Des dindons étaient posés sur des plaques de métal chauffées petit à petit. Les pauvres animaux "dansaient" pour éviter les brûlures, ce qui faisait rire l'assistance... Les humains étaient déjà cruels en ce temps-là...
La politique de l'autruche
C'est le fait d'ignorer volontairement le danger ou l'échec probable
Cette expression qui remonte au début du XXe vient de la légende qui voudrait que l'autruche enfouisse la tête dans le sable quand elle a peur, ce qui lui évite de voir le danger... En réalité, elle court bien assez vite pour échapper aux prédateurs, dont elle peut aussi se défendre grâce à la puissance de ses pattes dont elle se sert pour donner des coups très violents qui peuvent même tuer un lion!
Etre fier comme un coq
Etre extrêmement fier, orgueilleux
On disait auparavant “fier comme un pou”, ce dernier n'ayant aucun rapport avec cet affreux animal: le mot vient du latin "pullus", qui signifie "jeune coq". L'expression a donc logiquement évolué en “fier comme un coq”, cet animal symbole de la France étant l'image de la fierté et de l'orgueil.
Une hirondelle ne fait pas le printemps
On ne peut pas tirer une conclusion générale d'un seul exemple
L’expression "Une hirondelle ne fait pas le printemps", qui vient évidemment du monde agricole, prend sa source dès l’Antiquité, avec une citation d’Aristote qui s’est lui-même inspiré de la fable d’Esope "Le jeune prodigue et l’hirondelle". La version française date du XVIIe siècle.
Faute de grives, on mange des merles
A défaut d'avoir ce qu'on veut, on se contente de ce qu'on a
Une oie blanche
C'est une fille naïve, candide, niaise, inexpérimentée
Cette locution, qui date de la fin du XIXe siècle, a été mise en vogue par l'écrivain français Marcel Prévost.
Un temps de cochon
Un temps humide et froid
L'origine de cette expression est à chercher dans les campagnes d'autrefois. A cette époque, on abattait le cochon en en réservant une partie pour des temps difficiles. On salait la viande pour la conserver et, pour que le sel prenne bien, il fallait que le temps soit froid et humide. C'est pourquoi on tuait le cochon aux environs du mois de novembre.
Se demander si c'est du lard ou du cochon
Ne pas savoir à quoi s'en tenir
Apparue à la fin du XVIIIe siècle, l'expression signifie hésiter entre deux choses ou deux interprétations très voisines, le lard étant de la graisse de cochon.
Etre copains comme cochons
Etre très amis
Ici, le cochon n'a rien à voir avec un porc: il s'agit d'une déformation du mot "soçon" (parfois modifié en "chochon"), qui voulait dire camarade ou associé. Au XVIe siècle, on disait "camarades comme cochons", puis "amis" a remplacé "camarades" à la fin du XVIIIe, avant de disparaître à son tour au profit du mot "copains" à partir du XIXe.
Détaler comme un lièvre
S'enfuir à toute vitesse
L'expression est simple à comprendre quand on sait que le lièvre, animal farouche, doté d’une ouïe et d’un odorat très développés, s'enfuit à toute vitesse pour se cacher dès qu’il sent ou entend un danger.
Soulever un lièvre
Détecter une difficulté imprévue, s'en apercevoir avant les autres
Datant du milieu du XVIIe siècle, l'expression est naturellement empruntée à la chasse. Elle signifie que l'on voit un problème pourtant dissimulé comme est caché le lièvre avant que le chasseur ne le débusque.
Ne pas valoir un pet de lapin
N'avoir aucune valeur
L'expression ne date que de la fin du XIXe siècle; à la fin du siècle précédent, c'était le pet de coucou qui ne valait rien! Et, pour Zola, c'était simplement "Tout ça ne vaut pas un pet".
Poser un lapin
Ne pas se rendre à un rendez-vous
Au départ, fin XIXe, cela signifiait «ne pas rétribuer les faveurs d’une fille», ou plus généralement partir sans payer. Le sens a petit à petit dérivé vers celui de «ne pas honorer un rendez-vous sans avertir la personne avec qui il avait été fixé».
Pour certains, le sens pourrait avoir été influencé par une des significations du mot lapin au début du XVIIe siècle, que l'on employait pour parler d’une histoire complètement inventée, source de moqueries.
Etre un chaud lapin
Etre très porté sur le sexe
Pas besoin d'explication, semble-t-il...
La bave du crapaud n'atteint pas la blanche colombe
Des propos médisants ne peuvent pas atteindre quelqu'un qui n'a rien à se reprocher
Depuis 1840, la "bave du crapaud" est une métaphore désignant des propos médisants.
Manger (ou bouffer) la grenouille
Partir avec la caisse, voler et dilapider des fonds qui nous avaient été confiés
Vers le XVIIIe siècle, lorsque apparaît l'expression, les tirelires avaient principalement la forme d'une grenouille (remplacée ensuite comme on le sait par un cochon). Le mot grenouille pouvait donc servir aussi à désigner "des fonds mis en réserve par un groupe ou une association" et donc l'image de "manger" la grenouille correspondre à l'idée de dilapidation de cette somme d'argent.
L'éminent linguiste et lexicographe français Alain Rey, lui, a une autre explication. S'il fallait effectivement voir le sens de "manger" comme celui de "croquer" ou "dilapider" un héritage ou une somme d'argent, la "grenouille" viendrait du verbe argotique "grenouiller" qui, jusqu'au XIXe siècle, voulait dire à la fois "faire ripaille et boire dans les cabarets", mais aussi "dépenser de l'argent mal gagné".
Un ours mal léché
Se dit de quelqu'un qui fuit la société, qui est grossier, mal élevé
Datant du XVIIe siècle, l'expression est associée à l'ours d'une part en raison du fait que c'est un animal généralement solitaire, et d'autre part parce que nos ancêtres pensaient que, les oursons n'étant pas tout à fait formés à leur naissance, leur mère devait les lécher pour qu'ils soient complètement achevés. Rabelais écrivait d'ailleurs déjà: "Ainsi que l'ourse, à force de lécher son petit, le met en perfection..."
Etre comme un ours en cage
Aller et venir sans cesse, sans pouvoir contenir son impatience, sa nervosité
Peigner la girafe
Faire un travail inutile et très long, ne rien faire d'efficace
Si l'origine de cette expression n'est pas vraiment sûre, il y a bien une anecdote à propos d'un gardien du Jardin des plantes, où arriva la fameuse première girafe en 1827. Ce gardien était réputé pour se tourner les pouces et, à chaque fois que son supérieur lui demandait ce qu'il avait fait, il répondait "Je peignais la girafe". D'autres voient une origine plus coquine dans la longueur du cou de la girafe...
Faire devenir chèvre
Faire enrager quelqu'un
Au XVIIe siècle, "devenir chèvre" voulait dire "se mettre en colère". Cette expression vient simplement du comportement de l'animal qui est réputé être brusque et avoir des accès de violence soudaine, comme s'il était en colère.
Laisser pisser le mérinos
Laisser aller les choses, laisser faire
Très en vogue au XIXe, le mérinos est sans doute venu se greffer à une expression plus ancienne : "Laisser pisser la bête". Elle était employée par les personnes qui menaient les attelages de bœufs ou de chevaux et traduisait la nécessité d'arrêter les attelages pour laisser les bêtes uriner.
Qui se fait brebis, le loup le mange
Les gens trop gentils se font manger par les méchants
Crier (ou gueuler) comme un putois
Protester de manière criarde
Cette expression française du XIXe siècle est basée sur la métaphore du putois, petit mammifère à odeur très désagréable, qui a la particularité de pousser des cris perçants en cas de menace.
C'est la montagne qui accouche d'une souris
Le projet était ambitieux, mais les résultats sont dérisoires
Une expression datant du XVIIe siècle qui fut rendue célèbre par une fable de La Fontaine. Elle compare la taille d'une montagne à un projet ambitieux dont on attend beaucoup et pour lequel on obtient une souris, c'est-à-dire peu de chose.
Il n'y a pas de lézard
Il n'y a aucun problème
Au milieu des années 70, le terme "lézard" désignait un sifflement parasite dans le domaine de la musique, un problème gênant qui obligeait les techniciens à refaire la prise de son. S'étant généralisée au cours des années 80, l'expression a finalement désigné l’absence de problème.
Avaler des couleuvres
Subir des affronts, des désagréments sans pouvoir protester; accepter n'importe quelle déclaration comme une vérité
Parmi plusieurs explications à cette expression, il y a celle-ci: le mot "couleuvre" désignait à une certaine époque un sous-entendu perfide ou odieux, auquel on ne peut pas répondre sous peine de s'enfoncer davantage, et que l'on doit encaisser sans broncher.
Avoir une araignée au plafond
Etre un peu fou, avoir des lubies, mais sans comportement gênant ou dangereux pour les autres
Expression datant du milieu du XIXe siècle. Le plafond indique le haut de la boîte crânienne et l'araignée vit généralement dans des endroit négligés et véhicule une image de délabrement. Donc si l'on dit que quelqu'un a une araignée dans un crâne, c'est qu'à notre avis elle n'a pas un comportement normal, qu'elle est un peu dérangée.
Mettre la puce à l'oreille
Eveiller l’attention, voire la méfiance, par un détail en apparence anodin
Remontant au XIIIe siècle, l'expression fait référence aux puces qui démangent. Si elles se trouvent près de l'oreille, cela attire notre attention.
Etre une fine mouche
Etre une personne fine, astucieuse, rusée
Le choix de la mouche dans cette expression du XVe siècle est singulier, cet insecte n'ayant jamais fait l'objet d'une grande considération. A partir du XVe siècle, la mouche a d'abord désigné un espion au service d'un puissant puis, avec le dérivé péjoratif "mouchard", elle était utilisée pour les policiers spécialisés dans la filature. Une "fine mouche" qualifie de ce fait celui qui a la finesse et l'habileté nécessaires pour attraper les méchants.