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Science relativement jeune (elle a un peu plus d’un siècle), la géopolitique a de nombreuses définitions. Pour le professeur suédois Rudold Kjellèn, un des inventeurs du mot, c’est la science de l’État en tant qu’organisme géographique tel qu’il se manifeste dans l’espace. Pour le géographe Yves Lacoste, le terme de géopolitique, dont on fait de nos jours de multiples usages, désigne de fait tout ce qui concerne les rivalités de pouvoir ou d’influence sur les territoires et les populations qui y vivent. Pour lui, c’est la combinaison de la science politique et de la géographie.
Ce qui se passe entre l’Orient et l’Occident, les conséquences des Printemps arabes, les guerres civiles en Afrique et en Asie, les conflits qui endeuillent les quatre coins de la planète, la volonté de certains pays de revendiquer de nouveaux territoires: tous les problèmes auxquels le monde est confronté relèvent de la géopolitique. La lutte pour s’approprier le pétrole, le gaz et les matières premières, la montée de l’intolérance, le totalitarisme de certains États, la mondialisation débridée, la faim, la maladie, le gaspillage alimentaire, la lutte trop poussive contre le réchauffement climatique, tout cela peut être classé dans la géopolitique.
Le sujet est tellement vaste qu’on pourrait écrire des centaines de pages pour parler du conservatisme de Viktor Orbán en Hongrie, de l’autoritarisme de Recep Tayyip Erdogan en Turquie et de Vladimir Poutine en Russie, de la folie meurtrière de Rodrigo Duterte aux Philippines, des errements de Donald Trump aux États-Unis, de la monarchie absolue de l’Arabie Saoudite (où on coupe encore la tête des opposants!), de l’obscurantisme des Talibans en Afghanistan et du régime féodal de l’Iran. Côté lumière, on pourrait délivrer des louanges à Jacinda Ardern, première ministre de Nouvelle Zélande, et à quelques chefs d’État de pays scandinaves.
Le dossier de ce forum est incomplet mais il donne un aperçu de ce qu’est aujourd’hui la géopolitique. Il a aussi pour but de montrer que la situation actuelle est inquiétante. En effet, alors que la mondialisation devait conduire les nations à travailler en commun pour faire face aux défis globaux auxquels elles sont confrontées, la tentation unilatéraliste se développe et le multilatéralisme est en crise.