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Les Valaisans ne veulent pas des JO d'hiver 2026. Ils ont refusé à une majorité de presque 54% le crédit de 100 millions de francs qui devait financer les infrastructures et la sécurité dans leur canton.
Le crédit a été rejeté avec 10'000 voix d’avance, sur plus de 132'000 suffrages exprimés. La participation a atteint 62,6%. A Sion, ville hôte, 61% du corps électoral a dit non.
Le scrutin montre des divergences entre le haut et le bas du canton et entre plaine et montagne. Seule la partie germanophone du Valais accepte la candidature, à une courte majorité de 51%. Mais toutes les villes la rejettent. Globalement, les communes de montagne se montrent plus favorables, avec tout de même des exceptions de taille, comme les stations de Zermatt et de Nendaz, qui disent non.
Les perdants et les gagnants
Le conseiller d'Etat (ministre cantonal) Frédéric Favre, qui s'était fortement engagé pour le dossier Sion 2026, a exprimé sa déception. Le projet aurait permis au Valais de participer au renouveau des Jeux olympiques, à des Jeux à taille humaine, a-t-il relevé lors d'une conférence de presse. Puis il a invité «tous les partisans et tous les opposants à boire un verre et à discuter d'autre chose», ajoutant qu'il ne croyait pas «en un Valais divisé».
Vice-président du comité de candidature, le sénateur bernois Hans Stöckli a cité des «raisons internes au canton du Valais», les aspects financiers mais aussi l'image négative des fédérations sportives au sein de la population.
Barbara Lanthemann, présidente du Parti socialiste du Valais romand, a salué le refus de cette candidature. Comme elle l’a dit à la Radio-télévision publique RTS, Il s'agit d'un vote «sage». Selon elle, les supporters du projet n'ont pas été en mesure de donner des garanties que les Jeux d'hiver ne conduiraient pas à de nouvelles coupes budgétaires.
«Le Valais n'est pas mort»
Toujours sur la RTS, l'escrimeuse Sophie Lamon a exprimé sa grande déception, regrettant que la mobilisation du monde sportif autour de ce projet n'ait pas suffi à convaincre les Valaisans.
«Le Valais n'est pas mort», a déclaré pour sa part Vincent Riesen, coprésident de la campagne du oui. Selon lui, «on trouvera d'autres projets pour développer le Valais. On se réconciliera aussi avec nos adversaires et on se réunira autour de nouveaux projets fédérateurs».
Quand les peuples n’en veulent pas
La Suisse, qui se voit volontiers en paradis des sports d’hiver, où ses athlètes excellent dans plusieurs disciplines, n’a plus reçu les Jeux depuis 1948Lien externe. A neuf reprises (!), c’est le peuple qui a tué la candidature dans l’œuf: à Sion (déjà), en 1963, à Berne et Zurich quelques années plus tard, aux Grisons en 1980 et 1986, à Lausanne en 1988, à Berne en 2002, puis à nouveau aux Grisons en 2013 et 2017.
Pour la capitale valaisanne, c'était le cinquième fois qu'elle se rêvait en capitale olympique:
En 1970, les Jeux d’hiver de 1976 sont attribués à Denver, qui ne bat Sion qu’au 3e tour de vote, avec 9 voix d’avance (sur 69). Mais deux ans plus tard, la population du Colorado, consultée par référendum, refuse une subvention à sa capitale. Le CIO se rabat alors en catastrophe sur Innsbruck, en Autriche, déjà ville-hôte en 1964.
En 1995, Sion s’incline à nouveau face à une ville américaine pour les Jeux de 2002, qui se tiendront à Salt Lake City. La candidature suisse arrive deuxième, à égalité avec celle d’Östersund (Suède), à tout de même 40 voix du vainqueur, sur fonds de scandale de corruption.
En 1999, c’est la victoire surprise de Turin face à Sion pour les Jeux de 2006. Selon la nouvelle procédure mise en place par le CIO, les deux villes étaient dernières en lice, et tout le monde donnait Sion gagnante de cette finale, qu’elle perd pourtant par 36 voix contre 53.
Ce 10 juin 2018 enfin, c’est le peuple valaisan qui fait avorter la candidature. Comme en 1963. La boucle est bouclée?Fin de l'infobox
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