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Critique
"Des silhouettes lointaines chargées de bagages, des ombres qui se cachent dans les collines et qui finissent par franchir la frontière: ce sont celles d'ouvriers palestiniens ""clandestins"" qui, de jour, construisent une ville de luxe, et qui, de nuit, dorment en se cachant dans de vieux cartons ou sous quelques couvertures de fortune.
Lorsqu'il était enfant, le réalisateur israélien Ido Haar a souvent observé ces travailleurs employés au noir sur les chantiers en Israël et pourchassés par la police de ce pays. Il les a vus traverser l'autoroute et disparaître dans les forêts. Il a voulu savoir d'où ils venaient et où ils allaient. Son film n'est pas que le simple constat de la misère sociale dans laquelle ils vivent, mais bien plutôt celui du manque de perspective et de la frustration ainsi engendrée au sein de la jeune génération palestinienne. Et les nouvelles mesures sécuritaires mises en place par Israël ont rendu leur situation encore plus précaire.
Sans discours politique, sans trop de violence dans les images, Ido Haar décrit - caméra digitale en main - les peurs, les incertitudes de la vie de ces travailleurs: ""J'essaie de comprendre comment, malgré des conditions qui me semblent invivables et alors qu'ils sont exploités, loin de leurs maisons et de leurs familles, ces hommes réussissent pourtant à vivre.""
HÔTEL 9 ETOILES est un film sur le courage et la solidarité, sur une génération sacrifiée qui paie au prix fort son droit de survie."
Antoine Rochat