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C'est vers 3300 avant J.-C., dans le sud de l'Irak actuel, qui alors s'appelait dans les textes anciens «Le pays de Sumer», les premières cités-Etats possédaient déjà des archives écrites sur des tablettes d'argile. Les signes cunéiformes étaient produits par l'empreinte d'un calame de roseau dans de l'argile fraîche. C'est donc entre le Tigre et l'Euphrate qu'est née l'écriture. A la même époque, on a retrouvé à Suse (située à l'est du pays de Sumer, l'Iran actuel) une bulle-enveloppe de comptabilité. Les chiffres étaient nés. Le Musée du Louvre, à Paris, regorge de trésors de cette époque lointaine qu'était la civilisation mésopotamienne.
Pour n'en citer que quelques-uns, si d'aventure vous décidez d'aller au Louvre, alors ne manquez pas d'admirer la tablette administrative pré-cunéiforme datant du IVe millénaire avant J.-C., la tablette administrative sumérienne qui est en fait une liste de gros bétail apporté au temple de la déesse Ba'u, pour les cérémonies liées à son culte. Vous verrez également un document en akkadien (babylonien) qui est en fait les archives du sanctuaire de la ville d'Ourouk, le Temple du Ciel. Il y a également une tablette d'écolier datant du IIIe millénaire avant notre ère. Il faut croire que les enfants allaient déjà à l'école!
Il y a également cette magnifique tablette qui raconte la légende des origines et des Dieux. Au début des temps, les Dieux alors seuls dans l'univers, se plaignent de devoir entretenir les rivières et les canaux, un travail indispensable à la survie de la plaine mésopotamienne. Le Dieu Enki, né de l'argile primordiale, émergée de l'océan d'eaux douces sur lequel flotte la Terre sous forme de limon fertile déposé par le Tigre et l'Euphrate, charge sa mère, la déesse-mère Ninmah, de façonner un homme avec cette même argile. La déesse mouille la terre et lui donne vie. Le destin de cette créature sera donc de servir les Dieux. Après avoir donné naissance au premier homme, ils s'enivrent pour célébrer l'événement. C'est alors qu'ils décident de modeler encore sept êtres humains handicapés auxquels ils assignent pourtant un rôle dans la société…
Plus près de nous… le roi d'Assyrie Assourbanipal (668-627 avant J.-C.) constitua à Ninive, sa capitale, une bibliothèque rassemblant toutes les connaissances de son temps et proclamait fièrement «le Dieu Nabou, le scribe de l'univers, m'a fait présent de sa sagesse. J'ai appris les connaissances que le sage Adapa a apportées aux hommes, les trésors cachés des scribes, j'ai été initié aux livres de présages du ciel et de la Terre, j'ai étudié la divination. J'ai résolu les divisions et les multiplications compliquées qui défient l'entendement. J'ai lu l'ingénieux sumérien et l'obscur akkadien, sombres et embrouillés». Le roi Assourbanipal nous démontre ainsi la difficulté, le caractère initiatique et la très haute antiquité de l'écriture cunéiforme, dont il fait remonter l'apparition aux temps mythiques des débuts de l'humanité.
Nous devons également à la civilisation arabo-persane l'algèbre (du mot arabe al-djabr), le logarithme, la trigonométrie, l'alchimie, la chirurgie, le zéro (certains disent qu'il nous vient de l'Inde par le biais des invasions Arabes) et les chiffres, les mathématiques, la chirurgie (les mêmes outils sont employés aujourd'hui pour les opérations), l'algorithme, base de l'informatique, qui tire son nom d'un savant arabo-musulman: Al-Khawarizmi. Nous leur devons également: la botanique, la zoologie, la physique, la chimie, l'optique, l'astronomie, la géographie, plus précisément la cartographie, la pharmacopée, la médecine. Des découvertes cruciales sont faites dans le domaine de l'optique physiologique concernant, par exemple, le fonctionnement de l'œil et permettant des opérations aussi délicates que celle de la cataracte. Parmi d'autres découvertes fondamentales, figure la description par Ibn al-Nafis de la «petite circulation», le passage du sang du cœur au poumon. Par ailleurs, lorsque le calife abbasside al-Mansûr fonde Bagdad en 762, il le fait au moment précis indiqué par les astrologues. La musique est utilisée en thérapie pour apaiser les malades mentaux, un usage encore loin d'être répandu aujourd'hui en Occident. Les espèces animales font aussi l'objet d'études vétérinaires poussées, en particulier les chevaux. Tout ce savoir médical sera diffusé en Europe lors de l'invasion de celle-ci par les Maures.
C'est entre le IXe et le XIVe siècle que les Arabes (donc déjà musulmans), sont au cœur d'innombrables inventions. A Bagdad, Al-Khawarizmi invente le système décimal, au Caire, Alhazen étudie la lumière. A Ispahan, Ibn Sinâ (980-1037), dit Avicenne, élève la médecine au statut de science et dont le Canon de la médecine restera pendant des siècles une référence. Alors qu'à Damas, Al-Shatir se passionne pour l'astronomie. Lorsque, au XVe siècle, l'empire décline, les Européens reprennent le flambeau de la recherche scientifique en s'appuyant sur les écrits arabes.
On raconte que Haroun Er Rachid envoya comme présent à Charlemagne vers l'an 800 une horloge à eau; une clepsydre. Charlemagne lui aurait envoyé en retour des lévriers. D'un côté, les premières horloges du monde, révolution technologique majeure s'il en est, de l'autre des lévriers...
L'Occident imbu de sa grandeur se croit seul habilité à gouverner le monde. Il ne comprend pas que l'infortune et les hasards de l'histoire peuvent l'amener à la même condition que les Arabes actuels, eux qui furent les héritiers paresseux d'une civilisation qui éclairait le monde. Bagdad était déjà illuminée du temps où l'Europe émergeait à peine de sa torpeur.