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Du 24 avril au 16 mai 2013 (vernissage le mardi 23 avril à 18h30), l'espace lausannois d'art contemporain (l'elac – galerie de l'ECAL) accueille «Richard Hollis». Une exposition réalisée pour la Gallery Libby Sellers à Londres par l'historienne du graphisme Emily King. Une occasion unique de découvrir 267 documents issus des archives personnelles et professionnelles du graphiste britannique Richard Hollis.
«Richard Hollis est graphiste, auteur et professeur. Il a réalisé ses premiers travaux depuis son appartement du centre de Londres au milieu des années 1950. Aujourd’hui, il travaille toujours depuis chez lui. En effet, Hollis privilégie une collaboration étroite avec ses commanditaires (écrivains, éditeurs, artistes, commissaires d’exposition et architectes). Estimant que le travail d’un graphiste est de communiquer efficacement le message d’un client avec la plus grande économie de moyens, il le décrit comme «diamétralement opposé au travail d’un artiste» et ajoute que «si tout se passe bien, le processus s’apparente à une consultation chez le médecin qui dispose d’un savoir et d’une expertise».
Né à Londres en 1934, Richard Hollis a fait ses études à Chelsea et à l’école d’arts de Wimbledon. En 1957, il délaissa ses cours à Wimbledon, préférant exercer comme graphiste indépendant, imprimant souvent ses travaux à son domicile. Parallèlement, il a suivi des cours du soir à la Central School of Arts and Crafts, qu’il considérait plus pointus que ceux de Chelsea et de Wimbledon. Malgré son manque de qualifications formelles, il commença à enseigner en 1958, tout d’abord à la London School of Printing and Graphic Arts, puis, plus tard, à la Chelsea School of Art et à la Central School. Il a travaillé de 1964 à 1966 au West England College of Art avec le designer «du construit» Norman Potter avec qui il a fondé une nouvelle école de graphisme. Admirateur du graphisme moderniste Suisse et de l’art concret, Hollis a voyagé à Zurich à la fin des années 1950 pour rendre visite à des artistes et des graphistes, dont Richard Paul Lohse et Josef Müller-Brockmann. Il y rencontra également des membres de l’ancienne avant-garde à Paris, comme par exemple l’artiste De Stijl Georges Vantongerloo. En 1960, il rencontra le personnel et les étudiants de la Hochschule für Gestaltung d’Ulm. Deux ans plus tard, il retourna en Suisse pour visiter l’école de design de Bâle et, presque cinquante plus tard, il écrivit et conçut le livre «Swiss Graphic Design» (Laurence King, 2006). En 1962, Hollis se rendit à Cuba, voyage au cours duquel s’est fondée sa sensibilité politique de gauche. A son retour, il publia «I, Eye», un journal de voyage grand-format racontant ses expériences. De 1963 à 1964, Hollis vécut à Paris où il travailla comme directeur artistique pour les Galeries Lafayette. Sa publicité pleine page de Noël, «Mais j’ai oublié. Tante Agathe!» a été nommée réclame du mois par Vendre magazine.
Hollis a dirigé et conçu le graphisme de plusieurs journaux parmi lesquels New Society, New Middle East, Sogat Journal ainsi que Modern Poetry in Translation, le dernier qu’Hollis ait conçu en quarante ans de travail. Il a par ailleurs travaillé pour de nombreux éditeurs dont ponctuellement pour Penguin ainsi que comme directeur artistique du journal de gauche Pluto-Press et brièvement comme directeur de la production de Faber & Faber.
En 1972, Hollis fut un des cinq de l’équipe qui produisit la série télévisée de John Berger intitulée «Manières de voir». Il utilisa à cette occasion des caractères gras pour représenter la voix du présentateur alternant avec des images non légendées, avec le désir de produire un équivalent imprimé de l’expérience télévisuelle. Hollis avait auparavant travaillé avec Berger, en concevant le graphisme de son roman «G.» (1972) et son étude sur les travailleurs émigrés intitulée «Un Septième homme» (1975), produite avec la collaboration du photographe Jean Mohr. En 1969, Hollis commença à travailler pour la Whitechapel Art Gallery alors dirigée par Mark Grazebrook. Il quitta l’institution en 1972 mais y retourna en 1978, juste après la nomination de son nouveau directeur Nicholas Serota. Travaillant pour la Whitechapel Art Gallery sept années durant, Hollis put y établir un système de communication graphique cohérent. Depuis ce moment, il collabora avec de nombreuses institutions privées et publiques, et au cours de ces années, forgea des relations durables avec nombre d’artistes. Hollis a ainsi dessiné de nombreuses publications pour Bridget Riley et a récemment collaboré à de multiples projets pour l’artiste et cinéaste Steve McQueen. Depuis les années 1960, Hollis a également publié de nombreux articles dans des magazines et des revues, la plupart à propos du design. Il est aussi à la fois l’auteur et le concepteur de «Graphic Design: A Concise History» (Le Graphisme de 1890 à nos jours), édité par Thames & Hudson en 1994.
En 2010, il a commencé à éditer des ouvrages sous son propre nom, dont celui de son compagnon Romek Marber «No Return: Journeys in the Holocaust». Une compilation des écrits de Hollis a été publiée par Occasional Papers en avril 2012, sous le titre «About Graphic Design». Passant en revue l’ensemble de cinquante années d’activité, Hollis y affirme qu’il n’a pas de style en particulier et que chaque proposition porte son style en soi. Cela est sans doute vrai d’un point de vue purement formel mais l’intérêt qu’il porte aux différents messages de ses clients et son plaisir à trouver des solutions économiques transparaissent dans chaque proposition.» Texte d'Emily King, historienne du graphisme et curatrice de l'exposition, Londres
«Richard Hollis»
Exposition du 24 avril au 16 mai 2013 (fermeture les 9 et 10 mai),
du lundi au vendredi de 13 h à 18 h
Galerie l’elac
5, avenue du Temple
CH-1020 Renens
www.ecal.ch
Photo ECAL/Nicolas Genta