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La grande question qui se pose maintenant est de savoir si et comment la prolifération de bactéries en profondeur influence les cycles biochimiques, notamment le cycle de l’azote. L’azote est en effet un élément de base de la vie et est plutôt rare dans le lac Tanganyika. Le manque d’azote peut avoir des conséquences dramatiques à tous les niveaux de l’écosystème – des algues aux poissons. Désormais, la zone même de la colonne d’eau où se propage la prolifération entraîne un cycle actif de l’azote microbien et des pertes d’azote importantes. C’est pourquoi il est important pour l’avenir du lac Tanganyika de comprendre quels sont les effets de cette colonie bactérienne et comment se modifie la perte d’azote au fil du temps.
Les scientifiques ont pu montrer que les bactéries sulfuriques augmentent considérablement la perte d’azote en transformant l’azote biodisponible tel que le NOx et le NH4+ en azote gazeux (N2). Ce processus élimine en outre d’autres nutriments de la biosphère. L’étude récemment publiée dans «Nature Communications» a déchiffré les effets des proliférations bactériennes et pourrait améliorer notre compréhension des mécanismes de régulation de la perte d’azote dans des écosystèmes aquatiques similaires.
Le changement climatique pourrait accentuer le manque de nutriments
Le changement climatique intervient également dans cet écosystème. «Si la vitesse des vents diminue comme pronostiqué et si la température de l’eau augmente, on peut s’attendre à ce que la prolifération s’étende du nord vers le sud, de l’autre côté du lac», précisent les auteurs principaux de l’étude, Cameron Callbeck et Benedikt Ehrenfels du département Eaux de surface de l’Eawag. «Une telle extension accélèrerait la perte d’azote, ce qui pourrait avoir une influence néfaste sur la pêche.»