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La véritable mission du président Jerome Powell consiste à convaincre les marchés que les taux resteront élevés pendant longtemps. Une hausse de 50 points de base n'est pas totalement écartée.
En prévision de la prochaine réunion de la banque centrale américaine, celle-ci s'est efforcée de préparer le marché à une hausse des taux d'intérêt de seulement 25 points de base. Les investisseurs ne devraient pas se réjouir outre mesure de ce revirement apparemment sourd, car il existe toujours suffisamment de raisons pour une politique monétaire plus restrictive. Par exemple, le marché du travail reste robuste. Le taux de chômage a de nouveau baissé en décembre pour atteindre son niveau le plus bas de 3,5%, l'augmentation de l'offre de travail ayant été plus que compensée par une demande encore plus forte. De ce fait, la croissance des salaires est restée trop élevée malgré un ralentissement modéré. Dans ce domaine, les banquiers centraux ne semblent pas s'attendre à une détente à court terme, même en cas de ralentissement conjoncturel et malgré les premiers licenciements massifs. Ils veulent continuer à augmenter les taux d'intérêt à «quelque part au-dessus de 5 pour cent» afin d'être «suffisamment restrictifs». Avec des taux directeurs qui se situent actuellement entre 4,25 et 4,50 pour cent, cela semble à portée de main.
La véritable mission du président Jerome Powell consiste plutôt à convaincre les marchés que les taux d'intérêt resteront élevés pendant longtemps. Les banquiers centraux ne se sont pas lassés d'insister sur ce point, car le marché s'attend à de premières baisses des taux d'intérêt dès la mi-2023. La réunion à venir pourrait donc encore décevoir.
Suite au désaccord entre les banquiers centraux et les investisseurs, les conditions financières sont effectivement devenues plus accommodantes depuis la réunion de décembre que ne le souhaiterait la Réserve fédérale américaine. Une hausse de 50 points de base n'est donc pas totalement écartée.
Cette divergence pourrait provenir de prévisions économiques différentes. Alors que la banque centrale américaine mise sur un «atterrissage en douceur», qui lui permettrait de maintenir les taux d'intérêt élevés plus longtemps, le marché craint un ralentissement plus marqué. Ce fort ralentissement obligerait alors à baisser les taux d'intérêt. Nous maintenons notre opinion entre la banque centrale et le marché et nous attendons à une légère récession qui ne devrait pas déboucher sur un chômage de masse. Cela pourrait également permettre à la banque centrale de maintenir les taux d'intérêt à un niveau élevé jusqu'à fin 2023.