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Depuis la naissance des chars durant la Première Guerre Mondiale, on a fait peu de cas del'inclinaison du blindage, qui était souvent vertical à 90°.
Le principe de l'inclinaison comme protection favorable était connu avant la Seconde Guerre Mondiale, mais peu de chars en ont profité (la tourelle du Crusader II par exemple).
Le pays qui a mis en pratique ce principe à grande échelle est l'Union Soviétique avec son célèbre "T-34" qui avait des inclinaisons de 60° non seulement sur la tourelle, mais sur la caisse aussi. Les allemands entre-autres, se sont dépêchés de copier le principe, car ce fût une grande surprise pour eux !
Le puissant "Panther" en sera la première copie.
Gain de protection
Dans les faits, plus on incline le blindage, plus celui-ci sera performant et favorisera d'autant le ricochet des obus, facteur important !
On trouve donc des inclinaisons allant de 30° à 60° sur les chars produits en deuxième partie de la guerre.
Remarque: les chefs de chars apprenaient d'ailleurs à placer leurs chars si possible en pente lors des combats pour améliorer encore cet avantage.
Gain de matériau
A performance égale, l'épaisseur de blindage nécessaire est moins important si ce dernier est incliné.
Par conséquent un gain en matériau.
Toutefois, ce gain est limité car, la surface augmente à cause de l'inclinaison.
Surface de blindage augmentée
Bien que plus fin, le blindage incliné couvre une plus grande surface, ce qui implique plus d'utilisation de matériau par rapport à un blindage droit.
Cet aspect minimise donc le gain en matériau.
quatre facteurs sont déterminants
1) ÉPAISSEUR:
la résistance principale d'un blindage est directement dépendante de l'épaisseur de ce dernier. C'est en fait l'opposition des molécules à leur écartement pour laisser pénétrer l'obus. Cela représente le 50% de la résistance du blindage.
2) FROTTEMENT:
la force en opposition directe au passage de l'obus dans le trou créé. Représente 30% de la résistance.
3) RÉSISTANCE ET OPPOSITION A LA PÉNÉTRATION.
Représente le 15%.
4) MATÉRIAU:
l'obus doit traverser et écarter les molécules du blindage. Donc un acier dense, avec de lourdes molécules sera plus résistant. Valeur de 5% de la résistance du blindage.
La profondeur d'enfoncement de l'obus dans le blindage joue un rôle prépondérant dans la résistance à la perforation. Cette résistance est à son maximum à 75% de l'épaisseur du blindage, puis décroît rapidement quand l'obus est au point de traverser l'entier du blindage.En résumé, la valeur réelle d'un blindage ne représente que le 75% de sa valeur théorique.
Rebondissement
Si un projectile est trop léger et lent, ou si l'angle d'attaque est inférieur à l'inclinaison du blindage, il va rebondir sur la surface inclinée, sans causer de dégâts. En effet, lors d'un impact sur une plaque inclinée, une partie seulement de l'énergie cinétique du projectile est transférée à la cible.
La réflexion est égale au double de l'angle d'attaque (Alpha).
Frottement et déformation
Si un obus devient plus lourd et rapide, ou l'angle d'attaque est égal à l'inclinaison du blindage, l'obus va provoquer une déformation du blindage puis va frotter sur sa surface sans la pénétrer.
La réflexion est égale à l'angle d'attaque (Alpha).
Pénétration
Pour pénétrer plus facilement dans un blindage incliné, l'obus doit toucher le blindage sous
un angle plus grand que l'inclinaison de la plaque.
Evidemment tout cela est théorique, car si par exemple l'obus est lourd et rapide, il traversera quand même un blindage incliné sous tous les angles, mais perdra tout de même de son efficacité.
Tout est rapport entre l'énergie cinétique du projectile et les caractéristiques du blindage.
L'énergie cinétique absorbée par ce dernier est proportionnelle au carré du sinus de l'angle d'attaque (le maximal étant à 90°).
Energie cinétique
Correspond à l'énergie d'un projectile en mouvement. Elle permet d'augmenter son efficacité ainsi que sa portée.
L'énergie est donnée au moment du tir et dépend de la charge propulsive et du frottement dans le canon (plus il est long, plus il est efficace). Un obus lourd et rapide aura une énergie plus grande qu'un obus léger et lent.
L'énergie cinétique de rotation
un obus tournant sur lui-même aura plus d'énergie qu'un même obus ne tournant pas.
La rotation est effectuée grâce aux canons dits rayés (ou plus rarement grâce à la forme de l'obus).
De plus, la rotation de l'obus améliore la stabilité de sa trajectoire.
Comme souvent, beaucoup de choses semblent évidentes une fois inventées... Incliner les blindages d'un char aussi, mais quels en sont réellement les effets ? C'est ce que j'ai voulu expliquer de manière simple dans ce petit résumé.
Kristan de la Ruche 2013
Fond d'écran, peinture de Terence Cuneo