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«Il s’agit d’attirer plus d’investissements pour l’Amérique du Nord. Et s’il y a investissement, il y a croissance, s’il y a croissance, il y a bien-être», a déclaré le président mexicain Andres Manuel Lopez Obrador.
L’accord final de libre-échange Amérique du Nord a été signé mardi à Mexico, mais ne sera pas ratifié avant 2020 par le Congrès américain.
Les représentants des gouvernements des Etats-Unis, du Canada et du Mexique ont apposé leurs signatures au bas du document dont les amendements ont été discutés pendant un an, en présence du gendre et conseiller du président Donald Trump, Jared Kushner.
«Il s’agit d’attirer plus d’investissements pour l’Amérique du Nord. Et s’il y a investissement, il y a croissance, s’il y a croissance, il y a bien-être», a déclaré le président mexicain Andres Manuel Lopez Obrador (AMLO) en concluant la cérémonie de signature.
«C’est aussi un accord pour améliorer les conditions de travail, un accord qui profite aux travailleurs au Canada, aux États-Unis et au Mexique», a-t-il ajouté en insistant sur «la coopération pour le développement qui permettra l’unité du continent américain, l’unité de notre continent».
A Washington, Mitch McConnell, le chef de la majorité républicaine au Sénat, a réagi promptement en faisant savoir que l’accord ne sera pas porté devant le Sénat «entre aujourd’hui et la fin de la semaine prochaine», soit le début des vacances parlementaires qui dureront jusqu’en janvier.
Ce vote final au Congrès devrait «très probablement» attendre la fin du procès en destitution de Donald Trump, qui pourrait être organisé au Sénat en janvier, a-t-il ajouté.
La version finale de l’accord modernise le traité de l’Alena, signé par l’ex-président américain Bill Clinton il y a 25 ans, qui a lié entre elles les trois économies d’Amérique du Nord.
L’Alena avait créé une vaste zone de commerce regroupant quelque 500 millions d’habitants, dans le but affiché de contribuer à la croissance économique et à la hausse du niveau de vie de la population des trois pays membres.
Le nouvel accord, ou AEUMC, avait déjà été signé dans sa version initiale par les trois pays fin novembre 2018. Seul le parlement mexicain l’a pour le moment ratifié.
«Nous allons désormais pouvoir partager notre avenir», s’est félicité le ministre mexicain des Affaires Etrangères Marcelo Ebrard.
Chrystia Freeeland, vice-premier ministre du Canada, a exprimé en espagnol, en anglais et en français, sa satisfaction d’être parvenu à cet accord.
«Aujourd’hui, le Canada, les États-Unis et le Mexique ont convenu d’améliorer cet accord pour améliorer le règlement des différends, la protection des travailleurs, la protection de l’environnement et la propriété intellectuelle», a-t-elle fait valoir.
Robert Lighthizer, représentant au Commerce de l’administration Trump, a transmis les voeux du président américain.
«Le président (Trump) a toujours pensé que c’était un accord très déséquilibré (...) Désormais, c’est le meilleur accord commercial de l’histoire, à la fois pour la production industrielle et pour les agriculteurs», a-t-il déclaré.
Donald Trump accusait l’Alena de nuire aux Etats-Unis et d’être à l’origine de la destruction de milliers d’emplois, en particulier dans le secteur manufacturier.
«C’est un très bon traité, très important pour le Mexique et pas du tout une pilule amère que nous devons avaler», a pour sa part estimé l’un des négociateurs, le sous-secrétaire mexicain chargé de l’Amérique du Nord, Jesus Seade.
Un avis partagé par le principal syndicat américain, AFL-CIO. «Pour la première fois, il y aura vraiment des réglementations du travail pouvant être mises en oeuvre», a indiqué son président Richard Trumka, soulignant que l’accord comprendrait «un processus qui permettra d’inspecter les usines et les installations qui ne respectent pas leurs obligations».
«Cet accord commercial est (...) infiniment meilleur que ce qui avait été initialement proposé par l’administration» Trump, a aussi estimé la chef de file des démocrates au Congrès des Etats-Unis, Nancy Pelosi.
Les démocrates, qui ont la majorité à la Chambre des représentants, exigeaient que le texte signé l’an passé soit modifié pour s’assurer que les nouvelles législations du travail au Mexique soient bien appliquées avant de le ratifier.
Aux Etats-Unis, les démocrates ont bloqué la ratification, sous l’impulsion des syndicats. Ils ont obtenu la mise en place d’un comité pour surveiller la mise en oeuvre de la réforme.
Ils ont aussi imposé la suppression de dispositions contribuant à la hausse des prix des médicaments obtenus sur ordonnance.
Comme pour les normes du travail, l’accord crée des postes d’attachés à l’environnement à Mexico pour surveiller la mise en oeuvre des lois et règlements.
Il impose à Mexico de s’approvisionner en acier - nécessaire à son industrie automobile - à hauteur de 70% en Amérique du Nord.