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Le capitaine d'industrie David de Pury, 57 ans, est décédé mardi soir des suites d'un cancer foudroyant du pancréas. Le «Livre Blanc» de cet ardent défenseur du libéralisme avait suscité la polémique en 1995.
Opéré il y a une dizaine de jours, David de Pury ignorait jusqu'alors l'existence de sa maladie. Il était depuis hospitalisé à Zurich. La disparition subite de cet homme d'affaires aux activités multiples a surpris tous les observateurs.
M. de Pury a suscité la controverse en 1995 en publiant un livre blanc sur la libéralisation de l'économie suisse. Il a alors été accusé de vouloir démanteler l'Etat social. Il a mis l'accent sur la nécessité de renoncer aux monopoles d'Etat, de limiter ses compétences et de réduire les dépenses publiques.
M. de Pury a aussi été un pro-européen convaincu. En 1997, il a signé un manifeste pour l'adhésion de la Suisse à l'Union européenne (UE). Proche du Parti radical (PRD), son nom a été cité pour la succession du conseiller fédéral Jean-Pascal Delamuraz.
Entre 1986 et 1991, David de Pury a occupé le poste d'ambassadeur délégué du gouvernement suisse aux accords commerciaux. A ce titre, M. de Pury a été le négociateur en chef pour la Suisse dans les négociations de l'Uruguay Round du Gatt.
La carrière diplomatique de ce Neuchâtelois d'origine a ensuite trouvé son prolongement dans l'économie privée. De 1992 à 1996, il a pris la coprésidence, avec le Suédois Peter Wallenberg, du conseil d'administration du groupe helvético-suédois ABB Asea Brown Boveri.
En 1993, M. de Pury a intégré le conseil d'administration de Nestlé. Il a également exercé des mandats d'administrateurs pour le Credit Suisse Holding, qu'il a quitté en 1996, mais aussi au sein d'Electrowatt, de Zurich Assurances et Zurich Financial Services, ou encore au sein du groupe Schneider Electric (Paris).
L'ancien ambassadeur s'est également intéressé au secteur des télécommunications. En 1998, il a participé à la fondation de la société Fortel, entreprise commune à l'Allemand Mannesman Eurokomm, l'Américain Airtouch, à la Fondation de famille Sandoz ainsi qu'à l'industriel suisse Thomas Schmidheiny.
L'opérateur avait établi son siège à Neuchâtel, où il prévoyait d'employer entre 100 et 200 personnes. Toutefois, la société n'a connu qu'une existence éphémère puisqu'elle jettera l'éponge, n'étant pas parvenue à obtenir une licence de téléphonie mobile.
Après son échec dans les télécommunications, David de Pury s'est lancé en août 1997 dans le secteur de l'électricité, dont la libéralisation se précisait. En compagnie du banquier Hans-Jörg Rudloff, il a créé Electric Investment Company (EIC), une société d'investissement genevoise cotée à la bourse suisse.
M. De Pury était également actif dans le monde de la presse. Il était président et éditeur du quotidien «Le Temps». Il faisait partie en outre du conseil du World Economic Forum.
David de Pury avait fondé en juillet 1996 sa propre société, de Pury Pictet Turrettini. Basée à Zurich et Genève, elle est active dans les investissements internationaux, le conseil financier et la gestion de patrimoines.
swissinfo avec les agences