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Les lacs arctiques sont parmi les types de plans d’eau douce les plus courants. Il est donc essentiel de savoir ce qu’il advient de la matière organique qui s’y dépose pour comprendre s’ils participent à l’élimination du dioxyde de carbone de l’atmosphère ou s’ils y contribuent davantage, accélérant ainsi le rythme du réchauffement de la planète et, surtout, ce qui se passera dans un climat plus chaud. Des recherches passées n’ont pas permis d’apporter une réponse claire. Cette dernière tentative souligne que le décompte final est la somme de multiples facteurs.
Dans le cadre de recherches effectuées pour sa thèse, Dirk Verheijen, de l’Université d’Umeå, a examiné 43 lacs du nord de la Suède. L’un des résultats observés est que les lacs arctiques émettent du dioxyde de carbone soit en rejetant le dioxyde de carbone produit ailleurs (ce qu’il appelle servir de « cheminée »), soit, ce qui est plus lourd pour le bilan climatique, en transformant le carbone organique qu’ils reçoivent du paysage environnant en dioxyde de carbone (ce qu’il appelle un « réacteur »).
Dans la plupart des cas, le dioxyde de carbone émis par un lac provient principalement d’un processus ou de l’autre, et le type de processus dominant est déterminé par les caractéristiques du lac lui-même et de la zone environnante. Les lacs profonds des zones forestières, par exemple, ont tendance à libérer de grandes quantités de dioxyde de carbone produit dans l’eau. Selon M. Verheijen, ce résultat mérite d’être souligné, car il suggère qu’avec le déplacement des lignes d’arbres vers le nord, on peut s’attendre à ce que davantage de lacs deviennent des producteurs de dioxyde de carbone.
Ce n’est toutefois qu’un des facteurs à prendre en compte pour évaluer l’impact des lacs arctiques sur les niveaux de dioxyde de carbone. La variation saisonnière des émissions en est une autre. En menant ses recherches sur une année complète, plutôt que, comme les études précédentes ont eu tendance à le faire, M. Verheijen a découvert qu’en moyenne, les lacs émettent 55 % de leur dioxyde de carbone pendant la fonte des glaces ; les lacs à faible teneur en carbone émettent presque tout leur dioxyde de carbone durant cette période. Ne pas en tenir compte de cela, estime-t-il, pourrait conduire à classer les lacs comme des puits de carbone, alors qu’ils ajoutent en fait plus de dioxyde de carbone à l’atmosphère qu’ils n’en retirent.
D’autre part, les travaux de M. Verheijen suggèrent qu’un climat plus chaud pourrait, contrairement aux attentes, rendre les lacs moins productifs en raison de la concurrence accrue entre les nutriments et des changements dans la composition des espèces. Par conséquent, les lacs plus chauds peuvent produire moins de dioxyde de carbone, et peuvent en fait en retirer plus de l’atmosphère qu’ils n’en rejettent.
Dans une perspective plus large, la thèse contribue à notre connaissance de la manière dont les lacs arctiques … sont liés aux cycles régionaux du carbone, et des facteurs lacustres et paysagers qui les amènent à agir comme des « cheminées » ou des « réacteurs » dans le paysage », a déclaré M. Verheijen.
Kevin McGwin, PolarJournal
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