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Les populations de grenouilles rousses (Rana temporaria) montrent d’importantes différences quant aux mécanismes de détermination du sexe et différentiation des chromosomes sexuels. Sur la base de résultats récents de mon groupe, je propose deux hypothèses de travail pour rendre compte de ces patterns. H1) Cette variance reflète des différences dans la contribution génétique au déterminisme du sexe, liées à un polymorphisme du gène candidat Dmrt1. H2) Ce polymorphisme est également responsable des « sex races » décrites pour cette espèce dans les années 1930, sur la base de différences dans les patterns de développement des gonades. Mon projet prévoit de tester ces deux hypothèses en échantillonnant des familles de populations de différentes « sex races » à travers la distribution de l’espèce. Les patterns de développement des gonades et du sexe phénotypiques seront analysés en association avec le génotype Dmrt1 et la différentiation de l’haplotype Y paternel. Sur le plan théorique, ces études permettront d’éclairer les mécanismes moléculaires et les forces évolutives qui président à l’évolution du déterminisme du sexe. Sur le plan pratique, les espèces du genre Rana sont de plus en plus utilisées comme modèles pour tester l’effet de perturbateurs endocriniens anthropogène (p. ex pesticides); il est donc essentiel de caractériser au mieux leurs processus de déterminisme du sexe.