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L’invasion culturelle peut-elle s’inscrire dans les danses populaires, en brouillant leur identité pour finalement en recracher une nouvelle, composite et multicolore?
En 1928, le poète et essayiste brésilien Oswald de Andrade écrit le Manifeste Anthropophage*. Dans ce texte il prône l’ingestion symbolique du colonisateur, affirmant la modernité brésilienne dans un processus de dévoration lors duquel la culture européenne n’est pas simplement singée, mais assimilée et régurgitée sous une nouvelle forme. L’auteur offre ainsi une alternative au nivellement culturel et à la fascination pour une culture dominatrice.
Inspiré par le processus décrit dans le manifeste, Michiel Vandevelde s’interroge sur ce que nous pourrions considérer comme invasif dans l’espace public occidental. Sa réponse, déclinée dans plusieurs performances, a consisté à cannibaliser des danses issues de clips vidéo populaires auxquelles il juxtaposait de la matière textuelle. Dans Andrade, il ne retient que la danse cannibalisée dans son abstraction. Il réinvestit le matériel chorégraphique et musical de ses performances précédentes pour générer une danse étrange et envoutante, appartenant à une culture encore à découvrir.
* Se dit d’un être vivant qui mange de la chair humaine.