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Dans ce choc des cultures, qui des Burgondes ou des indigènes lémaniques allait l'emporter? "La fusion entre les Burgondes et les autochtones s'est faite dans le sens d'une romanisation des Barbares. Ils ont appris le latin, ont adopté le rites funéraires et la religion chrétienne des populations locales", relève Justin Favrod. Les archéologues rencontrent ainsi de grandes difficultés pour différencier les tombes des Burgondes de celles des Gallo-Romains de la même époque. Seules les fameuses tombes à tête modifiée (voir encadré ci-contre) font exception. Mais il s'agit de Burgondes de la première génération, cette coutume disparaissant très rapidement.
De leur côté, les aritocrates indigènes commencent par ignorer les nouveaux-venus. "S'ils voient l'utilité des Barbares, ils ne voulaient pas être mêlés à eux, note Justin Favrod. Ils vivaient donc comme avant, vaquaient à leurs occupations mais étaient défendus par d'autres. Et les princes barbares, qui étaient conscients de ne rien pouvoir imposer par la force, jouaient le jeu, ce qui explique la gentillesse attribuée aux Burgondes. Un roi comme Hilpéric écoutait les conseils que les nobles locaux donnaient à son épouse catholique, il mangeait avec l'évêque, dotait les monastères du Jura et recherchait les titres romains."
En fait, les rois burgondes n'apporteront de modification au paysage traditionnel que lorsqu'il faudra définir les modalités de la cohabitation entre indigènes et nouveaux-venus, particulièrement dans le domaine des lois .
Ces aquarelles de S. Köhler permettent de voir comment étaient portées les nombreuses fibules retrouvées par les archéologues. Ici, une Burgonde de la génération des immigrés (ill. de gauche) et une Burgonde romanisée