Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06939.jsonl.gz/338

Critique
Un homme mûr, Léopold (Bernard Giraudeau, terrifiant), séduit un jeune de vingt ans, Franz (Malik Zidi). Celui-ci abandonne sa fiancée et se livre totalement aux désirs de Léopold. Commence alors une vie bien ordonnée: Léopold travaille dans une société d'assurance, tandis que Franz tient le ménage. Pendant la première partie du film, jusqu'à l'arrivée d'Anna, la fiancée de Franz, et de Vera, l'ancienne amie ou plutôt «vieux copain» de Léopold, on s'amuse de la manière dont Franz se retrouve dans le rôle de femme de ménage auquel bien des maris réduisent leur femme. Et l'on se demande sur quoi cette situation tragi-comique va déboucher. Eh bien! justement sur rien. Le cynisme et l'égo de Léopold continuent à s'affirmer. Rien ne l'abat. Il domine et marche sur les cadavres sans s'émouvoir, seulement intéressé par la nouveauté. Anna (Ludivine Sagnier) est une bécasse. Et même en faisant de gros efforts, on reste de glace devant Vera (Anna Thomson).
Le film, - on a envie de dire la pièce -, est situé en Allemagne, dans l'appartement de Léopold, sorte de prison ou de piège mortel à papillons étourdis.
Ce troisième long métrage de François Ozon est l’adaptation d'une pièce de Fassbinder. La jugeant inaboutie, il ne l'a jamais mise en scène. François Ozon aurait bien fait de s'en tenir au jugement de l'auteur. Il nous aurait évité un mortel ennui.
Ancien membre