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« Jacky Simeon ne s'est pas imposé par la force de tonitruantes déclarations, mais bel et bien par la bouleversante loyauté de son raset et par cette chance qu'il donnait aux cocardiers de l'attraper. Ce qu'ils firent... » Jacques Durand
En s'appuyant sur de nombreux exemples attestés et un vaste corpus portant sur la corrida, cette enquête cherche à décrire les multiples manières dont nous formulons nos jugements de valeur afin de persuader autrui, de nous justifier ou de clarifier nos propres choix, et présente une approche délibérément langagière de la question des valeurs. Les avancées des sciences du langage de ces dernières décennies permettent de prolonger les acquis de la Nouvelle Rhétorique de Chaïm Perelman. Elles aident à mieux comprendre le lien entre l'usage de notions abstraites, telles que la liberté, la justice, le bien commun, la vérité, la beauté, au nom desquelles sont menés des combats philosophiques, politiques ou culturels, et la banalité de nos échanges ordinaires où nous ne cessons d'évaluer les êtres, les objets,
les actions et les discours sans référence ostensible à des systèmes de valeurs. Cet ouvrage explore le circuit de la valeur dans lequel sont pris les participants d'une controverse dès lors qu'ils s'estiment tenus de prendre parti et propose, en fin de parcours, un inventaire des accords et des désaccords axiologiques les plus courants.
La Corrida, loin de se réduire à une "boucherie", est une façon très ancienne de mettre en scène notre rapport difficile à la mort. Quant au Flamenco, loin d'être une simple danse, il traduit l'expression tragique qui se joue entre l'homme et la femme dans cette arène qu'est... le désir. Les taureaux ne sont pas les seuls à être imprévisibles, les sentiments aussi. Et si c'était là, dans cette Antiquité créatrice de sacré, que résidait l'origine de la Corrida et du Flamenco ?
Si la corrida est un spectacle de lumière, elle a aussi ses ombres... et ses voyous. Des héros et des tricheurs, de grandes tragédies et de petits arrangements. Manolete, Dominguín, Ordóñez et El Cordobés : les noms phares de l'histoire taurine. Leur portrait va faire grincer les dents des vieux combattants des gradins. Car, si leur talent était immense, certains de leurs toros étaient minuscules, et leur influence sur la déontologie de ce mythique combat de l'homme et du toro fut bien néfaste. Ainsi, de Belmonte à nos actuels novilleros vedettes, ce livre, parfaitement documenté et riche d'anecdotes inédites, est un récit d'humeur et d'humour. Il pose la question essentielle de l'avenir de la corrida. Avec la naissance de l'Europe et les abus réglementaires des technocrates de Bruxelles, la corrida devra-t-elle bientôt basculer dans la clandestinité, ou dérivera-t-elle vers le show-business ?