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Au lendemain des premières frappes sur l'Afghanistan, le ministre suisse des Affaires étrangères a réaffirmé le soutien du Conseil fédéral à la lutte contre le terrorisme. Mais Joseph Deiss a plaidé pour une réponse ciblée et proportionnée.Ce contenu a été publié le 08 octobre 2001 - 13:02
Dans une interview accordée lundi matin à la Radio Suisse Romande, Joseph Deiss a repris le point de vue exprimé par le gouvernement suisse avant les premières frappes américaines et anglaises sur l'Afghanistan.
«Le Conseil fédéral a toujours exprimé la nécessité de réagir contre le terrorisme massif que nous avons connu et qui a fait des milliers de morts. Nous avons également souligné qu'il fallait une réponse décidée, mais aussi ciblée et qui respecte le principe de proportionnalité. Un principe affiché par les Américains», a déclaré Joseph Deiss.
«Le seul recours à la force ne suffira pas»
Le ministre des Affaires étrangères s'est, par contre ,refusé à évoquer la position de Berne quant à l'éventuel ouverture de l'espace aérien de la Suisse aux avions engagés dans l'offensive contre l'Afghanistan.
Joseph Deiss a néanmoins rappelé que dans le passé une telle ouverture était accordée par Berne, si la demande reposait sur un mandat du Conseil de sécurité de l'ONU.
Devant l'Assemblée générale de l'ONU à New-York, l'ambassadeur Jenö Staehelin a également nuancé vendredi dernier l'appui de la Suisse à l'offensive menée par les Etats-Unis: «le seul recours à la force ne suffira pas pour éliminer le terrorisme».
Jenö Staehelin a plaidé en faveur de la coopération internationale pour éradiquer la pauvreté, pour prévenir et résoudre les conflits et pour promouvoir les droits de l'homme. Seuls moyens à long terme, selon l'ambassadeur suisse, d'éliminer le terrorisme.
Ces propos tentent de sauvegarder les priorités affichées de la diplomatie suisse, dont le principe de neutralité, dans un conflit où l'«on ne peut être neutre», comme l'a répété dimanche Georges W.Bush.
Un exercice délicat où les paroles comptent autant que les actes. A ce propos, Joseph Deiss a affirmé que les Etats-Unis étaient satisfaits par les actions menées par la Suisse, en particulier dans la traque des réseaux financiers du terrorisme.
Frédéric Burnand
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