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Ce projet a reçu le prix du canton de Berne en 2005 (bourse de la photographie). Réalisé à l’aide d’un "scanovision", le point de vue central de l’intrigue se déroule au cœur de l’espace public à l’intérieur duquel, les passants sont les protagonistes d’un jeu en solitaire ou partagé. Le temps défile en lignes et les acteurs deviennent des concurrents, les instants de vie en 5 et 13 secondes sont captés le long d’une ligne d’arrivée. A l’image d’une partition musicale on perçoit des changements de rythme, de direction, des hésitations. La représentation est continue, à l’inverse d’une image cinématographique et l’image qui en découle ne correspond plus aux lois de la perspective classique ou du rabattement des plans. Un mouvement de caméra et l’espace-temps devient visible. Dès lors, au travers de ces images à l’intérieur de la mémoire du mouvement du temps et de l’inquiétante étrangeté qu’elles recèlent en elles, on peut enfin peut-être introduire l’idée de narration. .*Scanovision: « …caméra à usage sportif qui photographie le temps. Elle enregistre le déroulement du sprint final tout entier sur une seule photographie, en restituant sans erreur possible l’ordre exact des arrivées. La scène est filmée sans obturateur, au travers d’une minuscule fente verticale placée dans le prolongement exact de la ligne d’arrivée. Le film avance à la vitesse des concurrents et reconstitue le déroulement de la fin de la course dans le temps et non pas dans l’espace.
"Je hais le mouvement qui déplace les lignes" Ch. Baudelaire