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Les méthodes de calcul du risque de cancer diffèrent dans leur domaine d’application et présentent différents avantages et inconvénients. D’une manière générale, il convient de privilégier la « méthode cumulative d’évaluation des risques ». C’est la conclusion à laquelle sont parvenues Luana Hafner, spécialiste dans le domaine de la radioprotection à l’IFSN, et l’épidémiologiste Linda Walsh, dans le cadre d’un travail scientifique publié par le Journal of Radiological Protection.
Dans l’article «Valid versus invalid radiation cancer risk assessment methods illustrated using Swiss population data » publié par le Journal of Radiological Protection, Luana Hafner, collaboratrice de l’IFSN, en collaboration avec l’épidémiologiste Linda Walsh, compare deux méthodes différentes de calcul du risque de cancer: la méthode de la dose collective et la méthode cumulative d’évaluation du risque.
Explication de la méthode de la dose collective et de la méthode cumulative d'évaluation des risques
Dans la méthode de la dose collective, la dose efficace moyenne est multipliée par le nombre de personnes concernées afin de calculer la dose collective. Sur la base de cette dose collective, on calcule ensuite le nombre de décès possibles dus au cancer avec un facteur de risque pour lequel on suppose le modèle linéaire sans seuil (LSS, ou LNT en anglais).
Dans la méthode cumulative d’évaluation des risques, en revanche, un risque moyen de cancer est calculé pour une population donnée, pour un âge d’exposition et un sexe donnés, au moyen d’un calcul d’intégrale sur l’âge atteint, et différents facteurs (âge d’exposition, type de cancer, sexe, etc.) sont pris en compte dans le calcul. Les facteurs utilisés sont également communiqués en conséquence lors de la publication des résultats. Il ne s’agit toutefois pas d’un risque individuel de cancer, car d’autres facteurs tels que la génétique, la radiosensibilité personnelle ou le mode de vie devraient alors être pris en compte.
Dans leur travail, Luana Hafner et Linda Walsh pèsent les avantages et les inconvénients respectifs et définissent le champ d’application approprié des deux méthodes. Les auteures concluent que la méthode cumulative d’évaluation des risques est plus pertinente que la méthode de la dose collective. Les auteures préconisent donc de n’utiliser que cette méthode pour évaluer le risque de cancer. D’une manière générale, seules les méthodes autorisées d’un point de vue scientifique devraient être utilisées dans les domaines d’application prévus à cet effet.
Incertitudes dans le calcul
Cette étude aborde également l’évaluation des risques dans différents domaines de doses, ainsi que les incertitudes liées aux calculs. Pour illustrer les thèmes et les méthodes dans la pratique, Luana Hafner et Linda Walsh ont utilisé des exemples basés sur des données de la population suisse.
Les auteures expliquent en outre que l’évaluation du risque d’une exposition aux rayonnements dans la plage de doses inférieure à 100 millisieverts (mSv) ne fournit pas suffisamment de preuves d’une relation de cause à effet entre le cancer et les rayonnements en raison des incertitudes élevées. « Néanmoins, le modèle linéaire sans seuil (LNT) est important dans la pratique, même en dessous de 100 mSv », explique Rosa Sardella, Chef de la division Radioprotection à l’IFSN. « Avec ce modèle LNT, nous disposons, comme spécialistes dans la radioprotection, dans notre travail quotidien d’un outil axé sur la sécurité pour la modélisation de la dépendance de la dose ».
Explication d’un sujet complexe
Après l’accident nucléaire de Fukushima-Daiichi, l’intérêt du public pour les risques de cancer induits par les radiations, et leurs méthodes de calcul, a fortement augmenté. Ces domaines thématiques relevant de l’épidémiologie, de la médecine et de la radioprotection sont variés et complexes.
Il existe depuis lors différentes méthodes de calcul avec des domaines d’application variés. Le travail de Luana Hafner et Linda Walsh permet d’avoir une vue d’ensemble de ces méthodes et contribue à éviter, dans la mesure du possible, les ambiguïtés, les applications erronées, ou les mauvaises interprétations des études et de leurs résultats.