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D’abord comédien pour la TV, il tourne dans “Face au crime”(1956) de Don Siegel et “L’homme qui tua la peur”(1957) de Martin Ritt.
En 1958, très influencé par la méthode de Actor’s Studio de Lee Strassberg, il fonde son propre cours d’art dramatique à New York, c’est cette année là qu’il fait une récolte de fonds à la radio pour financer son premier film en tant que réalisateur; “Shadows”. Le projet est né l’après-midi même d’une improvisation lors d’un de ses cours.
Le thème central est le racisme que subit un groupe de noirs et de métis(à des années de la lutte pour les droits civiques et l’égalité). Le long-métrage tourné en noir et blanc et en extérieurs préfigure également la Nouvelle Vague française!. Fait inédit pour l’époque, Il met également en scène une idylle interraciale(rappelons que la ségrégation est encore très forte dans les états du sud).
Quelques années plus tard l’expérience négative à Hollywood de “Un enfant attend”(1963), va conforter Cassavetes dans l’idée de travailler en toute indépendance et en marge des majors.
Entre deux tournages, Cassavetes réunit son groupe d’amis, chez-lui pour réaliser des films parlant de leur quotidien, celui de la classe moyenne américaine.
Si on se souvient également de lui dans “Rosemary’s Baby”(1967) de Polanski et les “Sept Mercenaires”(1968), Cassavetes ne cache pas que ses activités d’acteur sont là avant-tout pour lui permettre de financer ses propres films.
Trois copains quadragénaires, ayant plutôt bien réussi, le publicitaire Harry(Gazzara), le journaliste Archie(Falk, alias Colombo) et le dentiste Gus(Cassavetes), viennent de perdre leur ami Stuart, totalement bouleversés, après l’enterrement, ils errent en ville et se saoulent dans leur bar habituel.
Le lendemain, ils n’arrivent pas à retourner au travail. Sur un coup de tête de Harry ils décident de partir à Londres. Harry va rester à Londres alors que ses deux compères rentrent chargés de cadeaux pour se faire pardonner par leurs familles.
La liberté de ton, le réalisme et l’apparence d’improvisation frappent, la complicité des acteurs entre eux n’est pas feinte puisque les protagonistes sont aussi de grands amis à la ville. La connivence avec les protagonistes, la franchise de ton et le souci d’indépendance vont fortement influencer les futurs grands Hollywood comme Martin Scorsese et Woody Allen.
Cette édition contient deux versions du film qui ne diffèrent que d’une douzaine de minutes entre elles.
Par contre, un troisième disque avec des documentaires permet de voir Falk(peu avant son décès) en compagnie de Gena Rowlands(épouse actrice fétiche et muse) et Al Ruban(le monteur de Cassavetes), évoquer leur ami et mentor.