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"[Ses forces] comprenaient des Dahes, des Carmaniens, et des Ciliciens armés à la légère, au nombre d'environ cinq mille; c'est le Macédonien Byttacos qui en avait à la fois la charge et le commandement. Sous les ordres de l'Etolien Théodotos, celui qui avait trahi, il y avait l'élite de tout le royaume, armée à la macédonienne, dix mille hommes, dont la plupart étaient des argyraspides. L'effectif de la phalange s'élevait à peu près à vingt mille hommes commandés par Nicarchos et Théodotos surnommé Un-et-demi. Ensuite venaient deux mille Agrianes et Perses, archers et frondeurs; avec eux mille Thraces, commandés par Ménédèmos d'Alabanda. Il y avait encore des Mèdes, des Kissiens, des Cadusiens et des Carmaniens, dont le total s'élevait à peu près à cinq mille, qui avaient été placés sous les ordres du Mède Aspasianos. Les Arabes et quelques uns de leurs voisins étaient à peu près dix mille, subordonnés à Zabdibèlos. Le Thessalien Hippolochos commandait les mercenaires de Grèce, au nombre de cinq mille environ. Il disposait encore de quinze cents Crétois avec Eurylochos et de mille Néocrétois aux ordres de Zélys de Gortyne; à eux étaient joints cinq cents Lydiens lanceurs de javelots, et mille Cardaques du Galate Lysimachos. L'effectif total de la cavalerie était d'à peu près six mille hommes; là-dessus quatre mille étaient sous le commandement d'Antipatros, neveu du roi, et le reste avait à sa tête Thémison. L'effectif de l'armée d'Antiochos était de soixante deux mille fantassins, plus de six mille cavaliers et cent deux éléphants." Polybe, Histoires, V, 79, 3-13
Les armées hellénistiques,
à l'instar de celle d'Antiochos III à Raphia, regroupent
une grande variété de troupes différentes. Peu
étonnante pour l’armée séleucide dont le royaume
regroupe le territoire de l’ancien empire perse, cette diversité
se retrouve également dans les armées lagide, antigonide
ou pontique.
Pour la période
hellénistique, l'étendue des royaumes des successeurs
d'Alexandre fournit une zone de recrutement et une diversité
militaire plus grandes que ne l'était le seul bassin égéen.
Le recours systématique au mercenariat ne fait qu’amplifier
le phénomène (cf. fiche 2.4). On peut tenter de catégoriser
les diverses unités selon les classifications des auteurs antiques
eux-mêmes.
Les armées comptent toujours des troupes légères.
Leur équipement n'a pas beaucoup évolué depuis
la période classique. Les frondeurs, javeliniers et archers se
recrutent principalement chez les peuples asiatiques, comme les Perses,
les Mèdes ou les Lydiens, ou balkaniques, comme les Illyriens
ou les Agrianes. On trouve toujours des Crétois, abondamment
employés par la plupart des monarchies hellénistiques.
L'emploi tactique de l'infanterie légère n'a pas changé.
Bien que l'équipement du peltaste classique soit encore employé
par de nombreux contingents et peuplades, le terme peltaste ne désigne
cependant plus le même type d'unité.
L'infanterie lourde
comprend tous les soldats équipés d'un armement défensif
et évoluant en formation. Les historiens font une distinction
entre les soldats armés à la macédonienne et les
autres fantassins lourds, pouvant disposer d'un équipement hoplitique.
Les unités d'élite portent des noms très différents
selon la période et le royaume.
De nombreux contingents
sont cités uniquement par leur origine. On peut généralement
déduire leur équipement d'après les habitudes de
chacun de ces peuples. Les Asiatiques, comme les Mèdes, les Carmaniens
ou les Kissiens, sont généralement des fantassins légers.
Les Thraces et les Galates possèdent souvent leur équipement
traditionnel. De la même façon, certains peuples donnent
leur nom à des corps de troupes. Ainsi les Tarentins signalés
lors de la bataille de Magnésie du Sipyle (189 av. J.-C.) sont
des cavaliers armés à la manière des Tarentins
et non des habitants de Tarente.