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Le corbeau est réputé pour être le seul oiseau à enterrer ses morts après un curieux rituel funéraire au cours duquel plusieurs spécimens se réunissent autour de la dépouille de leur congénère mort en croassant. Jusqu'à présent, les ornithologues n'étaient jamais parvenus à expliquer ce comportement étrange, mais une nouvelle étude apporte de nouvelles informations.
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Menée par le docteur John Marzluff de l'Université de Washington, l'expérience s'est déroulée à Seattle durant deux ans au cours desquels chaque semaine, un chercheur apportait de la nourriture aux corbeaux. Celui-ci était accompagné d'un bénévole portant un masque en carton et un corbeau empaillé, auquel s'ajoutait parfois un faucon, prédateur pour l'espèce. L'usage du masque était nécessaire afin que les corbeaux, qui disposent de la capacité à reconnaître les visages humains, ne sachent pas à qui ils avaient affaire.
Dans 96% des cas, la réaction fut la même: un corbeau repérait le cadavre de son congénère et se mettait à croasser, attirant ainsi une dizaine d'oiseaux. Ensuite, durant 15 à 20 minutes, le groupe de corvidés poussait des cris autour du bénévole avant de se disperser. Lorsque le bénévole portait un corbeau et un faucon empaillés, les corvidés réagissaient encore plus fortement. En revanche, en l'absence de congénère empaillé, les oiseaux se contentaient de fuir. Les chercheurs ont également noté que les corbeaux revenaient difficilement sur les lieux où le cadavre de l'un des leurs leur avait été présenté.
Grâce à leur expérience, les chercheurs sont parvenus à la conclusion que le rituel des corbeaux autour des dépouilles de leurs congénères s'apparentait davantage à un apprentissage qu'à un hommage. En s'alertant les uns les autres puis en volant autour du cadavre, les corvidés recueilleraient un grand nombre d'informations sur les potentielles menaces de leur environnement. C'est pourquoi ils se montreraient réticents à revenir à l'endroit où ils ont découvert l'un des leurs, mort. Quant aux croassements bruyants, ils ne seraient qu'un moyen de partager des informations avec le reste du groupe.
Actuellement, les chercheurs de Seattle continuent leurs expériences avec les corbeaux, afin de mieux comprendre cette espèce et son mode de fonctionnement surprenant.
Les scientifiques mènent régulièrement des expériences auprès des groupes de corvidés, dont l'intelligence ne cesse de surprendre les ornithologues. Ces derniers ont ainsi déterminé que la capacité de raisonnement du corbeau rivalise avec celle d'un enfant de sept ans. En outre, ces oiseaux disposent de structures cérébrales semblables à celles des primates qui leur permettent entre autres d'imaginer et d'anticiper. S'ils utilisent parfaitement leur environnement à leur avantage, ils ont aussi la capacité de se servir d'outils, voire d'en concevoir dans certains cas. Autant de comportements qui attisent la curiosité des scientifiques!