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Cet été, vous avez chiffré le déficit structurel du FC Bâle à 28 millions de francs et déclaré qu'il s'agit de la survie du club. Le club s'en sortira-t-il en 2021?
DANI BÜCHI: On est à la limite, mais ça pourrait suffire. On a massivement réduit les coûts et on parle maintenant d'une perte de près de 14 millions à la fin de l'année.
Ce qui correspond au capital propre du FCB de 14,2 millions de francs.
Exactement. Aujourd'hui, il nous reste encore quelques centaines de milliers de francs. Vous pouvez donc vous imaginer qu'après la victoire contre Qarabag et la qualification directe pour les 1/8e de finale de Conference League, c'est avec une grande joie que j'ai soustrait les primes de qualification à la perte.
Où serait le FC Bâle sans les 8,1 millions de francs de primes reçues de l'UEFA?
Je n'ose même pas y penser. J'ai réalisé seulement après coup à quel point le match retour de qualification pour la Conference League à Hammarby, avec ses tirs au but, était capital pour l'avenir du FCB. Sans ces primes, on aurait un gros problème.
Où avez-vous encore économisé en dehors des salaires des joueurs?
Dans presque tous les domaines, des petits montants aux sommes vraiment importantes. Dans les frais de personnel ou médicaux, dans les honoraires des conseillers ou encore dans le projet en Inde. Mais de nombreuses mesures d'économie ne prendront vraiment effet que l'année prochaine.
Par exemple?
La plupart des contrats ont des délais de résiliation. De nombreuses personnes sont encore sur la liste des salaires, mais ne travaillent plus pour le FC Bâle. On a lancé de grands projets, qui auront un gros impact.
Vous parlez du stade?
Oui, on a de bonnes discussions sur un stade 2.0, mais rien n'est encore décidé. Le stade doit être rénové, et cet argent doit bien venir de quelque part. On a besoin d'environ 50 millions de francs. Mais on ne peut pas opter pour une solution qui nous permettrait d'assainir le stade une fois, mais qui nous pèserait ensuite pendant des années.
L'objectif, c'est que le FC Bâle participe davantage à l'aménagement du stade et qu'il puisse mieux l'utiliser. Un délai de trois à quatre ans est réaliste pour avoir ces nouveaux plans.
Vous nous disiez que depuis deux ou trois semaines, vous ressentez une nouvelle énergie dans l'entreprise. Comment expliquez-vous ça?
Je ne peux pas vraiment dire. C'est une dynamique. Quelques personnes sont parties, d'autres sont arrivées. Les gens recommencent à travailler en groupe, certains petits jardins ont été démolis, et les choses reprennent. Mais il y a toujours des mécontents, qui se sentent traités injustement.
C'est de votre faute?
Je ne pense pas, c'est à cause des décisions qu'on doit prendre. Ce qu'on a rencontré ici n'était pas drôle. Pour personne.
Qu'est-ce qui n'allait pas?
Je retourne la question: qu'est-ce qui fonctionnait? Le but n'est pas de faire du bashing contre l'ancienne direction ou les collaborateurs. C'est un mélange de mauvaise gestion, de mauvaise organisation, d'histoire, d'erreurs de casting, d'inquiétude et de paresse – un peu de tout. A un moment donné, une spirale négative a commencé à se mettre en place.
Même si vous êtes confiant pour 2022 et que vous avez potentiellement un transfert de plusieurs millions de francs avec Cabral, la situation financière du FCB ressemble toujours à une course sur le fil du rasoir.
Oui, c'est certain.
La situation est-elle précaire au point que le FC Bâle a accepté l'invitation à un camp d'entraînement à Dubaï offert pour économiser 200 000 francs?
On avait déjà annulé notre camp d'entraînement. On ne pouvait pas se permettre un camp comme ceux qui se sont faits jusqu'à maintenant. On serait resté à Bâle. Mais l'invitation est arrivée (ndlr: le FC Bâle a été invité par une entreprise de médias égyptienne à Dubaï en janvier, où il disputera des matchs amicaux retransmis en direct, notamment contre le club égyptien de Zamalek).
En acceptant cette invitation, vous vous mettez à dos vos propres fans.
Une partie d'entre eux. On a parlé avec les fans et on leur a expliqué qu'on accepterait l'invitation. On a pris la décision d'aller à Dubaï en pesant le pour et le contre, et on l'assume. Au final, on a pris cette décision pour le bien du club, les fans et la direction doivent assumer leurs responsabilités. Si les uns ne peuvent plus décider parce qu'ils ont peur des autres, alors on peut fermer la boutique.
Ne craignez-vous pas que votre manière d'agir et certaines décisions ne nuisent à long terme à l'image du FCB?
On y est très attentifs. C'est relativement simple: les prédécesseurs avaient un mécène, leurs successeurs ont pu générer 100 millions grâce au succès sportif et nos prédécesseurs directs ont dépensé les économies réalisées. Pfff... Parties! Qu'est-ce qu'on va faire maintenant? Si quelqu'un me dit comment faire mieux, je l'écouterai volontiers.
Comprenez-vous l'inquiétude des fans qui craignent que le FC Bâle vende son âme?
On ne fait pas du FC Bâle une machine commerciale. Mais on doit le remettre en place pour qu'il puisse continuer à faire ce qu'il a toujours fait: enthousiasmer les gens. Et on n'y arrivera qu'avec une comptabilité saine.
Avez-vous encore la même bonne volonté qu'au début de votre mandat?
J'ai le sentiment qu'on a été regardés d'un œil très critique dès le début. Et c'est normal. Au début, je n'avais pas vraiment conscience de la puissance du FCB.
Mais à Bâle, on juge très vite, et c'est compréhensible. Mais je suis fermement convaincu qu'on a la bonne configuration, avec les bonnes personnes, pour ramener le club là où il doit être. Le chemin pour y parvenir ne sera pas agréable, ni court, ni facile, et on est loin d'avoir fait le tour.
Vous étiez impliqué dans le football féminin à GC. Qu'en est-il au FC Bâle?
Nous allons le pousser très fort. J'y tiens, personnellement, énormément, parce que je crois dans ce mouvement. On veut faire avancer la professionnalisation parce qu'ici, à Bâle, on a des possibilités et une infrastructure qui n'existent nulle part ailleurs en Suisse. Notre objectif est d'intégrer la section féminine dans la société FC Basel 1893 AG, au plus tard l'été prochain.
Personnellement, vous ne mettez pas de pression sur les résultats sportifs actuels. Qu'en est-il de David Degen?
Ce n'est pas David Degen qui décide seul. Oui, il est émotionnel, et oui, s'il a la possibilité de dire quelque chose à voix haute ou à voix basse, il le dira probablement à voix haute et directement. Mais le FCB ne serait pas là où il est aujourd'hui si David Degen n'était pas le moteur de tout ça, jour après jour. Partout. Quand je fais quelque chose et que je trouve très bien, il me dit: «Non, non, il faut faire mieux et plus vite!». Pourtant, j'ai déjà des exigences élevées.
A quel point vos amis zurichois comprennent-ils votre nouvel amour pour le grand rival bâlois?
Ils ne veulent plus être mes amis (rires). Non, je plaisante. Je me réjouis lorsque je monte dans ma voiture le soir et que je rentre chez moi, parce que deux grands fans du FC Bâle m'attendent à la maison. Mon fils de dix ans, en particulier, veut toujours savoir exactement ce que j'ai fait à chaque fois, quels joueurs on achète, qui jouera au prochain match, pourquoi David Degen part en Afrique, etc. Il y a quelques jours, il m'a demandé s'il pourrait hériter de mon poste dans le club. Et je suis déjà venu ici à Saint-Jacques avec les juniors E du FC Herrliberg (ZH), que j'entraîne. Ils sont nombreux à porter le maillot du FCB. Alors bien sûr, ça ne m'apporte pas que des amis.
Adaptation en français: Yoann Graber
Il a d'abord quitté le terrain en rouspétant, comme le gosse que l'on vient chercher par le collet à l'heure de la pomme mousseline. Sourire malin, petit air chafouin, Ronaldo a signifié à 40 millions de téléspectateurs que son entraîneur était un benêt, qu'il commettait une grave erreur. Puis il a jeté sa doudoune à terre et il est allé bouder dans un coin.