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Le gouvernement japonais a annoncé vendredi l'arrêt progressif de la production nucléaire sur 30 ans. Cette annonce intervient dix-huit mois après l'accident de Fukushima qui a provoqué une catastrophe sans précédent dans le monde depuis Tchernobyl, il y a 25 ans.
Le Japon devient ainsi le troisième pays, après l'Allemagne et la Suisse, à faire part de son intention de stopper ses réacteurs depuis l'accident du 11 mars 2011 à Fukushima Daiichi (220 km au nord-est de Tokyo). Le même jour, François Hollande, la plus vielle centrale de France, à fin 2016.
Virage à 180 degrés
Cette décision marque un virage à 180 degrés par rapport à la politique établie avant la catastrophe de Fukushima, provoquée par le séisme et le tsunami de mars 2011. Les objectifs établis en 2010 prévoyaient de porter la part de l'atome à plus de 50% de l'électricité produite d'ici 2030.
Toutefois, le gouvernement du Premier ministre Yoshohiko Noda a également proposé vendredi que les réacteurs considérés comme sûrs par la nouvelle autorité de régulation en cours de création soient remis en service pour assurer une production d'électricité fiable dans l'intervalle.
ap/pym
Seulement deux réacteurs en fonction
Nombre d'entre eux ont été arrêtés à cause du puissant séisme et du tsunami géant du 11 mars 2011 qui avait provoqué l'accident de Fukushima, tandis que d'autres ont dû être stoppés en raison d'autres séismes, très fréquents au Japon.
Les derniers d'entre eux ont été arrêtés pour maintenance régulière.
Mais en raison des nouvelles mesures de sécurité exigées par les autorités et les populations riveraines, ils n'ont pu redémarrer depuis.
Le Japon a même fonctionné en mai et juin derniers sans une seule tranche, avant que le Premier ministre ne donne son feu vert au redémarrage de deux d'entre elles, dans le centre du Japon.
Pour compenser la chute de la production d'électricité nucléaire, les compagnies énergétiques font tourner leurs centrales thermiques à plein régime et doivent donc importer massivement des hydrocarbures.
Ces achats massifs, notamment de gaz naturel liquéfié dont le Japon est le premier importateur mondial, pèsent lourdement sur leurs comptes et ont fait plonger la balance commerciale dans le rouge.
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Le Japon a rejoint l'Allemagne et la Suisse, qui avaient décidé l'an dernier, de se passer progressivement de l'énergie atomique.
L'Italie a décidé après Fukushima non pas de sortir mais de ne pas relancer le nucléaire. Cette énergie avait été abandonnée dans la Péninsule dans les années 1990.
La Belgique a confirmé une loi adoptée en 2003 qui prévoyait une sortie progressive du nucléaire d'ici 2025. Il a été décidé cette année qu'elle s'étalerait entre 2016 et 2025.
CEUX QUI VEULENT CONTINUER
Plusieurs pays ont confirmé leur volonté d'avoir recours à l'énergie nucléaire pour garantir l'approvisionnement énergétique ou la jugeant incontournable pour réduire leurs émissions de CO2.
Cela inclut notamment la France, le Royaume-Uni, la Russie, la Chine, l'Inde et les Etats-Unis, même si plusieurs projets sont menacés outre-Atlantique du fait de la concurrence des gaz de schiste, désormais commercialisés à des prix très avantageux.
La Chine, le Royaume-Uni ou l'Afrique du Sud se sont même engagés dans des programmes très importants de construction de nouvelles centrales.
CEUX QUI VEULENT S'Y METTRE
Toute une série de pays veulent se doter de l'énergie nucléaire, notamment des Etats du Golfe qui produisent actuellement leur électricité à partir de pétrole ou de gaz et cherchent à préserver leurs ressources en hydrocarbures.
Cela comprend, des pays comme la Pologne, la Turquie, la Jordanie, les Emirats Arabes Unis, ou encore l'Arabie Saoudite, sans parler du cas très controversé du programme nucléaire iranien.