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Le Biocentre de l'Université de Bâle, chronique d’un fiasco politique et financier
Une commission d'enquête parlementaire (CEP) du Grand Conseil bâlois reproche un surcoût de 100 millions, une planification insuffisante et une négligence des devoirs de surveillance dans le dossier de la construction du Biocentre, tour de 73 m de haut. Elle attribue la responsabilité de ce fiasco aux politiques et se réserve le droit d’entamer une procédure en justice.
Crédit image: Université de Bâle, Mark Niedermann
Le gouvernement bâlois est fortement critiqué pour son rôle dans la construction de cette tour.
Les deux cantons de Bâle-Ville et Bâle-Campagne ainsi que l'Université, n'ont pas assumé leurs responsabilités de manière satisfaisante durant toute la phase de planification et de construction de leur nouveau bâtiment des sciences baptisé Biocentre. La commission d’enquête parlementaire qui ‘est penché sur le dossier a déploré le refus de Bâle-Campagne de coopérer à ses investigations, touchant notamment un surcoût de 100 millions.
La construction du Biocentre a connu de nombreuses pannes. Celles-ci sont à mettre sur le compte des gouvernements concernés, estime la commission. Cela contredit les assurances fournies par un premier examen effectué par un externe. Les difficultés qui s'annonçaient en cours de chantier avaient été reconnues, mais il n'avait pas été possible de maintenir un contrôle suffisant sur la construction en collaboration avec le planificateur général. Apparemment, les responsables du projet ont accordé plus d'importance à ses critères urbanistiques et architecturaux qu'à l'exploitation du bâtiment. Le fait d'avoir débuté la construction trop vite a conduit à une planification roulante involontaire.
Un rôle passif
pour l'Université de Bâle
La commission critique également l'attitude passive de l'Université de Bâle. Ainsi, le Conseil de l'université n'aurait pas suffisamment surveillé et accompagné le projet. La CEP considère également comme problématique le fait que le directeur de l'éducation bâlois soit simultanément membre du conseil de l'université et représenté dans le comité de pilotage du projet. Elle conclut à un conflit d'intérêts. Enfin, la CEP s'interroge sur la procédure de règlement des coûts supplémentaires d'environ 100 millions de francs. Ceux-ci ont été transférés à l'université pour être préfinancés, ce qui est contraire au contrat universitaire et à la décision du Grand Conseil concernant le Biocentre. La commission demande donc que les deux cantons prennent en charge le préfinancement et obtiennent les décisions parlementaires nécessaires à cet effet.
Procédure pénale envisagée
La CEP propose au Grand Conseil d'approuver le rapport de plus de 300 pages qu'elle a adopté à l'unanimité. Le rapport n'a pas de conséquences juridiques directes, car il ne repose sur aucune procédure justiciable. Selon le rapport, la CEP n'exclut toutefois pas l'ouverture d'une procédure civile, administrative ou même pénale indépendante.
Coûts initiaux
largement dépassés
La construction extrêmement complexe du Biocentre, tour de 73 m de haut, qui ressemble davantage à une machine qu'à un bâtiment selon le rapport de la CEP, a été marquée dès le début par des pannes. Des retards de plusieurs années ont entraîné des dépassements de coûts massifs. Au lieu des 337 millions de francs prévus, le bâtiment inauguré en septembre 2021 a finalement coûté plus de 430 millions de francs.