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Il avait été arrêté le 9 avril 2010, soupçonné de s’être trouvé au sein d’une foule imposante qui a jeté des pierres sur la police et les forces de sécurité lors des manifestations contre les autorités qui se poursuivent à Srinagar, la capitale de l’État de Jammu-et-Cachemire, dans le nord de l’Inde. Il a été libéré sous caution au bout de huit jours, puis a de nouveau été détenu sans inculpation ni jugement à partir du 21 avril. Sa famille n’a pas été informée de sa détention, mais l’a apprise par hasard: un habitant a vu Mushtaq Ahmad Sheikh dans un véhicule de police alors qu’on l’emmenait en prison dans une autre ville.
Mushtaq Ahmad Sheikh, initialement détenu à la prison d’Udhampur, avait été transféré à la prison de Kot Bhalwal, à Jammu. Il s’agit de deux établissements pénitentiaires classiques, sans structures spécifiquement dédiées aux mineurs. À Jammu, les conditions carcérales sont éprouvantes et l’accès aux soins de santé est limité. La police a déclaré qu’il était âgé de 19 ans. Ses proches ont indiqué à Amnesty International qu’il était né en 1996 et qu’il n’avait donc que 14 ans. Le dossier pénitentiaire semble également confirmer cette information.
Mushtaq Ahmad Sheikh était détenu dans le cadre de la Loi relative à la sécurité publique de Jammu-et-Cachemire, qui permet aux autorités d’incarcérer des personnes pendant une période pouvant aller jusqu’à deux ans sans que les accusations portées contre elles ne soient contrôlées par une instance judiciaire. Les détentions répétées sont monnaie courante.
Rien qu’en 2010, au moins 322 personnes auraient été placées en détention en vertu des dispositions de la Loi relative à la sécurité publique de Jammu-et-Cachemire.
Plusieurs d’entre elles, y compris des enfants, sont incarcérées pour les mêmes motifs, à savoir des jets de pierres et des émeutes lors de diverses manifestations contre le gouvernement indien qui ont eu lieu pendant tout l’été 2010.