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Créé le: 01.09.2016, édité le: 02.09.2016
« Chaque jour, deux guides s’en iront de chaque côté de la montagne, jusqu’à la distance d’environ une lieue ; plus loin si la nécessité se fait sentir. Ils apporteront avec eux la nourriture habituelle : le pain, le vin, le fromage, comme on l’a toujours fait. Si les deux guides ne suffisent pas à porter secours, l’un des deux ira quérir un renfort immédiat auprès du Supérieur. Après une nuit passée à l’hospice – ou plus, s’il y a tempête – les guides repartiront avec les voyageurs, jusqu’à ce qu’ils soient sortis des périls de la neige. »
Ancienne Constitution de l’Hospice (1438).
Ils roulent déjà depuis quarante minutes quand ils atteignent enfin la bifurcation et s’engagent sur la route indiquée par le panneau « Col du Gd Saint Bernard » barré du mot « fermé ». La chaussée se fait plus étroite et raide tandis que l’inspecteur lorgne le thermomètre du 4x4 d’un air morose. Au fur et à mesure de leur ascension la température baisse avec une régularité déprimante. Il pense qu’elle conduit vraiment bien, négocie les virages avec douceur, évite les nids de poules et les plaques de givre. 3 °à ce stade.
Sans quitter la route des yeux, Valentine, sa coéquipière fraichement promue de l’école de police, lui demande : « Alors on a reçu un appel de l’hospice à propos du décès? Le père Besson en a dit un peu plus? » Il pense : « “Père Besson”, “père Besson”, comme elle le dit avec un mélange de déférence et de familiarité ». Cette fille de bonne famille, brillante élève du collège Saint-Maurice, (établissement où lui aussi avait étudié bien des années avant cette gamine et s’était principalement distingué par