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Les surfaces cultivables permettraient aux Suisses de vivre en autarcie
Cette étude a été réalisée par le centre de compétences de la Confédération pour la recherche agricole (Agroscope), sur mandat de l’Office fédéral pour l’approvisionnement économique (OFAE) du pays.
Les spécialistes du centre ont conçu un modèle mathématique qui optimise l’utilisation des surfaces agricoles existantes. Et ils parviennent à la conclusion que la Suisse a les moyens de nourrir sa population sans importations, moyennant quelques adaptations. "Ce ne serait pas possible avec une consommation aussi abondante qu'aujourd'hui, il faudrait vivre plus modestement", reconnaît le chercheur en socio-économie Stefan Mann.
Porc, volaille, vin et bière aux oubliettes
Les Suisses devraient ainsi se contenter de 2300 calories par jour et par personne, contre 3000 actuellement. "C'est nettement moins, mais tout à fait suffisant", assure le spécialiste. "Et d'un point de vue qualitatif, nous ne pourrions presque plus consommer de porc, de volaille, de vin ou de bière. Ce serait un régime basé essentiellement sur les céréales, les pommes de terre, les légumes... Il serait plus sain que les régimes alimentaires actuels."
Nécessaire mutation
Ces nouvelles habitudes alimentaires devraient être accompagnées par des transformations dans le monde agricole. "Les producteurs devraient par exemple réduire fortement, voire abandonner, leurs cheptels", note Stefan Mann. Il s'agirait alors de déterminer de quelle manière les autorités cantonales seraient responsables de ces changements. Il s'agirait aussi de déterminer comment les exploitations feraient pour adapter leurs productions en conséquence.
Le paysage suisse devrait, lui aussi, évoluer. "Certaines prairies naturelles actuelles devraient être converties en terres arables. Ce sont surtout des prairies qui sont aujourd'hui utilisées pour la production laitière et pour l'élevage de bovins", souligne le chercheur en socio-économie.
Une étude qui pèsera
Le scénario étudié par Agroscope relève aujourd'hui de la pure fiction. Mais il sera brandi par les partisans des initiatives "Pour des aliments équitables" et "Pour la souveraineté alimentaire", soumises à votation le 23 septembre prochain. Ils tenteront de montrer, avec cette étude, que l'auto-approvisionnement n'est pas une utopie.
>> Regarder l'interview de Luc Thomas, directeur de Prométerre, dans la Matinale:
Pietro Bugnon/oang
Publié le 23 juillet 2018 - Modifié le 24 juillet 2018