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Alors que je traversais la salle en tentant de prendre un air dégagé - tout prof craint d'une part que les résultats de ses étudiants soient mauvais, d'autre part de débusquer un éventuel tricheur -, mon regard s'est posé sur la nuque d'une étudiante : ses cheveux étant relevés, j'ai vu son tatouage, une date, écrite en noir.
"Etrange", ai-je pensé en continuant mon chemin, "probablement celle de sa naissance" - n'ayant pas google sous le doigt à ce moment-là, je ne pouvais pas faire de recherche pour déterminer si cela correspondait à un autre événement "interplanétaire" plus "percutant" qu'une venue au monde -.
Cela dit, j'ai eu tôt fait d'oublier cette première inscription en voyant, quelques secondes plus tard, une autre étudiante, portant dans la nuque toujours, écrit en lettres gotiques, "never a failure" !
Je l'avoue, là, je me suis carrément arrêtée, éberluée : "c'est quoi ce truc ?"
A peine ma surveillance terminée, j'ai questionné le world wide web et ai découvert que cette phrase, "jamais un échec" était (probablement) inspirée du tatouage que porte... Rihanna, qui, dans sa version complète, est "never a failure, always a lesson".
Bon, d'accord, une transcription moderne, plus glamour du fameux "à quelque chose tout malheur est bon" mais de là à se faire inscrire, à vie, ces mots sur la nuque, quel sens ?
Bien sûr, je ne suis pas sans savoir que nombreuses sont les personnes qui arborent qui un aigle, qui une rose, un motif tribal, sur l'épaule, sur l'omoplate ou sur le bas des reins : on aime ou on n'aime pas mais entre le motif figuratif et la date de naissance ou le "slogan", il y a quand même un pas, non ?
En outre, l'épaule (ou le haut de la cuisse, peu importe) présente un avantage certain pour qui souhaite porter un tatouage : elle est facile à cacher et on choisit de la dévoiler ou non; la nuque, elle, à moins de devenir un adepte du pull à col roulé, ce qui est peu seyant en plein mois d'août, se voit toujours. Evidemment, on ne se fait certainement pas un tel dessin pour le cacher en permanence mais une inscription à la mode sera-t-elle vraiment jolie dans dix ans, avec une robe de mariée très classe et des perles dans les cheveux ? Sera-t-elle réellement adaptée à un entretien d'embauche important ? J'ai comme un doute !
J'imagine que mes petites élucubrations feraient beaucoup rire ce monsieur et que tous les tatoueurs du monde me trouveraient au mieux ringarde, plus probablement "totalement coincée". Tant pis, j'assume : pourquoi prendre si jeune (les deux étudiantes ont à peine 20 ans) une décision que l'on devra "porter" pour le reste de sa vie ?
Et vous, qu'est-ce qui vous a décidé à sauter le pas ou, au contraire, à ne jamais vouloir un tatouage sur quelque partie que ce soit de votre corps ?