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Mendicité Sorin, le dernier mendiant de Lausanne vous salue...
Emotion sur la place Saint-François à Lausanne, où les mendiants roms sont présents pour le dernier jour de mendicité autorisée. Depuis dix ans, ils faisaient partie du paysage.
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Les Lausannois connaissent bien sa barbe, son bonnet et sa couverture. Il est fidèle au poste depuis des années sur la place Saint-François ou à la rue de Bourg, entre les vitrines de Bongénie ou les chaussures Bally. Ici, où le grand luxe côtoie la pauvreté, Sorin voit passer toute la journée les banquiers et les avocats de la place. Aujourd'hui, 31 octobre devrait être son dernier jour de travail, si l'on peut dire, car dès demain la mendicité sera interdite dans la capitale vaudoise.
Une passante d'un certain âge s'arrête pour lui demander ce qu'il va devenir: «Je vais rentrer en Roumanie, mais ce ne sera pas facile.» Il raconte qu'il a des enfants, dont un handicapé: «J'envoie pour lui 10 francs par mois.» La dame s'inquiète de la corruption dans son pays, lui acquiesce: «La Roumanie est douzième au classement, je crois...» Passe une autre dame qui lui glisse vingt francs en lui souhaitant «bonne chance» sur un ton désolé.
Sorin est ému de voir la sollicitude des gens qui viennent lui faire des adieux. Si on lui demande depuis combien de temps il est dans les rues de Lausanne, «quelques années», répond-il sans vouloir se souvenir exactement. Les mendiants roms sont en fait arrivés à Lausanne en nombre à partir de 2007. Tous ses compatriotes vont-ils également renoncer dès demain? «Oui, je pense, mais je ne sais pas, il y a encore une manifestation demain soir.»
«Une population indignée»
Un grand nombre d'organisations appelle à manifester ce jeudi à 17 h 30 à la Place de l'Europe. L'association Opre Rrom, solidaritéS Vaud, le Pop Vaud, le syndicat SSP, le Parti socialiste vaudois et les Verts vaudois, entre autres, parrainent le rendez-vous. Son coordinateur, Jorge Lemos, précise «Cette manifestation est organisée par la communauté rom, car ils sont choqués par cette décision. Toute une partie de la population est indignée aussi, en particulier dans les milieux religieux progressistes ou la gauche en général. Nous viendrons montrer notre soutien.»
Que risquent ceux qui demain continueraient de mendier aux endroits habituels ? «Nous attendons des autorités de la ville et du canton que l'application de la loi soit en accord avec leur conscience politique», conclut Jorge Lemos.
Créé: 31.10.2018, 15h51