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Les deux pays reconnaissent le droit souverain de chaque pays membre de l'UE, actuel et futur, en matière de politique énergétique et d'utilisation ou non de l'énergie nucléaire. Un niveau élevé de sûreté doit toutefois être respecté dans ce domaine, et un échange d'information systématique devra être respecté avec les pays voisins. Concrètement, l'Autriche renonce désormais à établir un lien entre l'approbation de l'adhésion à l'UE de la République tchèque et sa demande d'arrêt de la centrale nucléaire tchèque, avec ses deux tranches VVER 1000. La République tchèque veillera quant à elle à ce que soient solutionnées les dernières questions encore en suspens soulevées par les divers groupes d'experts internationaux - notamment par l'équipe d'experts de l'Agence internationale de l'énergie atomique. Elle entretiendra également une ligne téléphonique permanente vers l'Autriche pour l'informer d'incidents éventuels. Elle veillera enfin à ce qu'en cas de privatisation possible de la compagnie d'exploitation - la centrale est gérée actuellement par la compagnie nationale d'électricité tchèque CEZ - un niveau de sûreté élevé soit garanti. Ces obligations peuvent faire l'objet d'une action auprès de la Cour de justice des Communautés européennes en ce sens qu'elles feront partie intégrante de l'acte d'adhésion.
La signature du compromis n'a pas apporté le calme sur le plan intérieur en Autriche. Les nombreuses années de propos incendiaires contre Temelin n'ont pas été oubliées, et le parti libéral représenté au gouvernement a semble-t-il l'intention de tirer un profit politique de l'affaire. Il a annoncé une initiative populaire contre l'accord et menacé de quitter la coalition avec le parti populaire autrichien du Chancelier Schüssel. Ceci entraînerait de nouvelles élections.
Il en va tout autrement en République tchèque, où l'on se sent soulagé par la signature du compromis. Selon un sondage réalisé à la demande de la CEZ qui, après la mise en service de Temelin, pourra arrêter les anciennes centrales à charbon polluantes du nord de la Bohème, 72% des personnes interrogées âgées de plus de 18 ans sont favorables à l'exploitation de centrales nucléaires dans leur pays, et 28% seulement sont contre. Les réponses aux autres questions posées confirment que la population tchèque donne la préférence à l'énergie nucléaire, parallèlement au gaz et à la force hydraulique. Le pétrole et le charbon sont par contre moins appréciés pour la production d'électricité. Selon ce sondage effectué par Nelson Sofres Factum, une majorité relative de 48% est pour une privatisation du secteur de l'approvisionnement électrique, 34% est contre et 18% n'a pas d'opinion.
La CEZ pense pouvoir achever bientôt la mise en service technique de Temelin 1, des retards étant intervenus à la suite d'un problème de vibrations dans le circuit secondaire des turbines. La construction de Temelin 2 progresse comme prévu, sa mise en service devant intervenir en novembre 2002. Comme la centrale nucléaire finlandaise de Loviisa, Temelin est équipée de réacteurs à eau sous pression de l'Est associés à un contrôle-commande occidental. Il s'agit de deux VVER de 1000 MW du type V 320.
Source
P.B./C.P. d’après des informations de Foratom de novembre 2001, Inforum et NucNet du 4 décembre 2001