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Édition enrichie (Introduction, notes, chronologie et bibliographie)Ce livre [...] semble être écrit dans le langage d'un vent de dégel : on y trouve de la pétulance, de l'inquiétude, des contradictions et un temps d'avril, ce qui fait songer sans cesse au voisinage de l'hiver, tout autant qu'à la victoire sur l'hiver, à la victoire qui arrive, qui doit arriver, qui est peut-être déjà arrivée... La reconnaissance rayonne sans cesse, comme si la chose la plus inattendue, ce fut la guérison.
« Gai savoir » : qu'est-ce sinon les saturnales d'un esprit qui a résisté patiemment, sévèrement, froidement, sans se soumettre, mais sans espoir, - et qui maintenant, tout à coup, est assailli par l'espoir de guérison, par l'ivresse de la guérison ? [...]« Incipit tragædia »- est-il dit à la fin de ce livre d'une simplicité inquiétante : que l'on soit sur ses gardes ! Quelque chose d'essentiellement malicieux et méchant se prépare : incipit parodia, cela ne laisse aucun doute...
Friedrich Nietzsche.
Ecrit entre 1881 et 1887, publié une première fois en 1882, dans une version incomplète, repris et parachevé ensuite, Le Gai Savoir confirme et renforce le radicalisme nietzschéen. Les grands thèmes de sa réflexion sont désormais parvenus à leur pleine maturité. L'idéal, la nécessité de l'héroïsme en philosophie, l'analyse de la décadence, mais aussi le principe de l'éternel retour, le mythe de Zarathoustra, la connaissance, la religion : c'est un véritable bréviaire du « nietzschéisme » qui apparaît au fil des pages.
Traduction de Henri Albert, revue par Marc Sautet.
Introduction et notes par Marc Sautet.
"La" biographie de Charles Baudelaire (1821-1867).
Nous savons tous que Charles Baudelaire était un immense poète romantique, dont la vie personnelle fut aussi dissolue que le génie artistique fut immense. Mais dans cet ouvrage, on découvrira aussi, grâce à de nombreux documents et sources de valeur, un nouveau personnage : l'auteur revient sur le dandysme du poète, sur la réelle place qu'occupait la drogue dans sa vie ou encore sur la puissance de son talent, bien loin de se réduire aux
Fleurs du mal. Marie-Christine Natta ne laisse pas plus d'espace aux controverses historiographiques qu'aux interprétations littéraires ou psychologiques concernant Baudelaire. Seuls les faits comptent.
" Michel Zink, professeur au Collège de France, fait partager la sensualtié et le charme de la poésie en langue d'oc du XIIe siècle. Émouvant. "
Le Monde
Les troubadours sont, au XIIe siècle, les auteurs, immensément admirés, des plus anciennes chansons d'amour composées dans une des langues nouvelles de l'Europe, la langue d'oc. Le tremblement du désir et celui de la crainte, la ferveur et la frustration, la jalousie et la jouissance, tout cela ils l'ont dit de façon si nouvelle et si intense que leurs chansons résonnent encore dans les mots d'amour d'aujourd'hui.
Le beau livre de Michel Zink rend sa fraîcheur à cette poésie vieille de neuf siècles en la suivant dans ses méandres, en disant au fil des poèmes, qu'il cite en grand nombre, juste ce qu'il faut pour qu'elle nous parle, pour qu'elle nous enchante et pour qu'elle vive en nous.
La poésie serait-elle une guerre ? Le vers, le corps d'élite de la langue ? En retraçant l'histoire de notre prosodie, Jacques Réda dévoile les processus de transformation du français aussi inéluctables que ceux de la physique. Où les poètes sont les exécutants plus ou moins conscients d'un mouvement naturel.
Du Roman d'Alexandre à Armen Lubin, en passant par Delille, Hugo, Rimbaud, Claudel, Apollinaire, Cendrars et Dadelsen, Jacques Réda promène son oeil expert sur des oeuvres emblématiques, et parfois méconnues, de notre littérature. Inspirée et alerte, sa plume sait malaxer comme nulle autre la glaise des poèmes pour y dénicher les filons les plus précieux. À la fois leçon de lecture et d'écriture, et essai aux résonances métaphysiques, Quel avenir pour la cavalerie ? constitue la « Lettre à un jeune poète » de Jacques Réda, et le sommet de sa réflexion poétique.
Jacques Réda est poète, auteur de récits en prose et chroniqueur de jazz. Il a dirigé La Nouvelle Revue française de 1987 à 1996. Il a notamment obtenu le grand prix de poésie de l'Académie française pour l'ensemble de son oeuvre, ainsi que le prix Goncourt de la poésie en 1999. Il a publié chez Buchet/Chastel La Fontaine (« Les Auteurs de ma vie », 2016) et Une civilisation du rythme (2017).
Le manuscrit de Je suis une usine est resté plus de quarante ans dans les papiers d'Yves Le Manach, à tel point qu'il en avait oublié jusque l'existence.
En 1973, son livre Bye Bye Turbin ! paraissait aux éditions Champ Libre, composé de notes et de textes écrits à la fin des années soixante, pour certains sur un coin d'établi, ou dans les chiottes de l'usine Sud Aviation, ou à l'heure du casse-croûte. Il avait quitté l'usine en 1970 pour s'installer à Bruxelles, avec sa compagne. C'est durant cette période qu'il a écrit ses « histoires d'usine », rue du Châtelain...
L'usine évoque abondamment, il est vrai, les violences et les frustrations trop longtemps contenues par ses « élus », tous les jours, tous les mois, toute la vie. Suffisamment pour expliquer que certains ne conçoivent d'autre liberté que l'irréparable. Ni d'autre échappatoire au monstre concentrationnaire que le monstrueux : « On ne s'étonnera pas si un jour les rêves nourris au plus secret d'eux-mêmes, rêves de violence, de mort,
de vengeance, d'amour et de totalité, viennent éclater dans la réalité. », nous prévient-elle.
Stéphane Prat
Où et comment se fabrique la langue ? Quels sont les lieux où elle se crée, se recrée et se modifie constamment ? L'originalité de cet ouvrage est d'ouvrir, à partir de ces questions, le champ d'une réflexion commune aux psychanalystes, linguistes, philosophes et créateurs littéraires dont les propositions sont ici mises en dialogue. Les études réunies prolongent la position de Saussure, pour qui la question des origines
de la langue était indissociable de celle de ses transformations. Les processus de création ou de recréation de la langue, façonnés par les étapes primordiales de la désignation et de la nomination, sont ainsi abordés au croisement de plusieurs approches. Leur rapprochement fait émerger des points d'ancrage communs, de la dynamique du discours et du transfert dans la cure psychanalytique à celle qui structure le bain sonore et séméiotique dans lequel la langue est transmise aux enfants, ou encore dans ce que révèlent les hypothèses linguistiques sur les origines du langage, dans ce que la traduction comme la création
poétique et littéraire nous apprennent sur le langage. L'ensemble
montre finalement que si la langue peut enfermer et meurtrir, elle permet aussi de (se) faire exister ou de donner la parole à ceux qui ne l'ont plus.
Écriture par anticipations. Écriture pour habitacles. Pour habiter. Un espace masqué qui se découvre en avançant. Et soi en habitacle de ce qui s'y présente. La découverte simple. Point de mire. Simple en désirs. Simple voulant dire clair, la clarté étant l'instrument de la transformation - de soi, du monde, du langage. Y remettre de l'être, et y habiter en parallèle. Et rester fidèle - habitacles sans arrêt. Avec quelque chose en plus. Plus de sens. Plus de vie. De l'air entre les pensées. De l'espace. Comme par la grâce d'une idée fixe.
Ce livre se propose de restituer la pensée qui est au fondement de toute l'oeuvre de Mallarmé et qui lui donne sa cohérence. Il propose pour cela une enquête historique et surtout la lecture approfondie de textes en prose trop souvent réputés incompréhensibles en particulier les Divagations, mais aussi les ouvrages scolaires (Les Dieux antiques et Les Mots anglais). Ce qui est appelé ici la religion de Mallarmé ne pose pas la question de sa foi, mais dévoile une pensée originale de la dimension sacrée de l'existence, qui s'enracine dans une conscience moderne du langage et qui comprend tous les domaines de l'activité humaine, du poétique au religieux en passant par le politique, l'économique et le social, sous le signe de la fiction, qui est l'autre nom de la littérature. Cette pensée critique de la littérature et de la société n'en débouche pas moins sur une utopie religieuse.
Malicieux, ironique, érudit le grand écrivain allemand Hans Magnus Enzensberger s'interroge sur nos us et coutumes. En vingt textes brefs, le tour complet de nos bonheurs et désastres quotidiens.
Tel un Diderot des temps modernes, Hans Magnus Enzensberger tente ici d'élucider quelques énigmes du monde contemporain. En vingt courts textes, l'écrivain s'étonne de tout, faussement naïf, et suggère des réponses à certaines questions dont chacun pense qu'elles sont insolubles. Puisque les utopies ne sont plus de saison. Et puisque-c'est-comme-ça et puisque-c'est-la règle, et que cela nous dépasse... Pourquoi l'égalité des hommes est-elle une fiction ? Le sexe a-t-il vraiment tant d'importance ? Comment les nations furent-elles inventées ? La science serait-elle une religion laïque ? ...
De nos petites catastrophes quotidiennes à nos grandes réussites harmonieuses, tout intéresse l'écrivain et le poète Enzensberger. Pour notre plus grand plaisir.
Voici enfin un Livre de théorie et d'analyse littéraire qui plaide non pour l'excellence des procédés qu'il met en oeuvre, mais pour l'objet même auquel il s'est voué. Laurent Jenny défend. avec les mots les plus justes, la cause d'une " parole taciturne " : " Il n'est pas de parole qui ne soit tressée avec un silence dont. tout à la fois, elle procède et qu'elle étend après elle ".
Jean Starobinski
Tout amateur de poésie connaît Pétrarque qui, pour l'Europe entière, fut un modèle de perfection formelle dans le domaine de la poésie amoureuse. Si son Canzoniere a été admiré et imité par les poètes français au milieu du XVIe siècle, ce sont les Trionfi qui furent le premier de ses textes en vers et en italien à susciter l'intérêt des lettrés français. Dans ce long poème, Pétrarque met en scène son amour pour Laura, tout en abordant les thèmes qui lui tiennent le plus à coeur, comme la fuite du temps effaçant l'amour, la gloire, la renommée.
Vers 1500, bien avant la vague du pétrarquisme français, Simon Bourgouin a fourni une traduction française des Trionfi, en vers alexandrins, diffusée sous forme de manuscrits richement décorés et parfois bilingues. Rhétoriqueur et valet de chambre du roi, auteur de la moralité de l'Homme juste et l'homme mondain, Bourgouin s'essaya aussi à la traduction en français de textes en latin, dont quelques-unes des Vies de Plutarque.
Témoignage de la fortune du Pétrarque italien au delà des Alpes, les Triomphes offrent aussi un bel échantillon de langue française inconnu des spécialistes. Une première édition critique de cette traduction est proposée ici, avec la transcription du texte italien présent dans deux des témoins conservés.
Au sortir de la seconde guerre mondiale, en 1945, Eugénie Droz fondait les Textes Littéraires Français, une collection dévolue à l'édition critique des textes significatifs du patrimoine littéraire de langue française du moyen âge au XXe siècle. Accessibles, dans un petit format maniable, chaque édition est accompagnée d'une introduction, de notes, d'un glossaire, si nécessaire, et d'index. Cet appareil critique exigeant accueille l'érudition des meilleurs spécialistes pour éclairer la genèse des oeuvres et, quelle que soit leur époque, livrer au lecteur contemporain les explications les plus minutieuses sur le contexte historique, culturel et linguistique qui les a vues naître. Depuis soixante-dix ans, la collection a accueilli, outre quelques édicules, plus de 600 monuments littéraires français.
: bigarré, irisé, mosaïqué et surtout à l'image de l'esprit d'Ulysse, tel a été conçu cet ouvrage collectif consacré, avec les méthodes et les points de vue les plus contemporains, aux épithètes homériques où la Renaissance sut projeter sa création et sa réflexion. Dans la multitude des genres ici étudiés (lexiques, commentaires, traductions, réécritures), chaque épithète, avec sa spécificité morphologique, grammaticale, étymologique, sémantique et symbolique, constitue un fil lumineux qui, réapparaissant à la surface de la trame de la poésie et de la poétique du XVIe siècle, en révèle le fonctionnement en profondeur. Dans l'inlassable voyage de retour vers le modèle que constitue toute forme d'exégèse de Ravisius Textor à Scaliger, des traductions latines aux traductions dans les langues vernaculaires, des poètes mineurs au grand Ronsard la complexité des interprétations tissées en toile de Pénélope représente la forme la plus sûre d'intelligence fidèle au texte homérique.
Ouvert sur le grand large et distribué en trois volets, respectivement consacrés à la France antarctique du Brésil (1555-1560), à la Floride huguenote (1562-1565) et aux tentatives éparses qui conduisirent à la Nouvelle-France du Canada, ce livre rassemble vingt-et-une études ayant pour objet ce que Marcel Bataillon a appelé le "corpus huguenot des textes sur l'Amérique". A côté de monographies consacrées à Villegagnon, Jean de Léry, Pierre Richer et aux trois martyrs du Brésil, l'ouvrage analyse la réception du nouveau Monde dans la poésie de Du Bartas et d'Agrippa d'Aubigné, décrit l'anthropologie de Du Plessis-Mornay et de Marc Lescarbot, et jette des passerelles, au-delà du XVIe siècle, vers la Nouvelle-Angleterre puritaine et le Bon Sauvage des Lumières. Abondamment illustré, l'ouvrage est complété par un index nominum et locorum.
Quels sont les rapaces les plus aptes à la chasse aux oiseaux ? Comment faut-il affaiter un faucon nouvellement capturé ? Comment soigner ses maladies et ses blessures ? Voici quelques-unes des questions auxquelles répond Jacques Auguste de Thou (1553-1617) dans son poème scientifique sur la fauconnerie. Dans ce livre admirablement documenté, Ingrid A. R. De Smet présente le texte latin nouvellement établi du Hieracosophioy, sive de re accipitraria libri tres, accompagné de sa première traduction française et d'un commentaire détaillé. Ainsi est-il possible d'accéder sans encombre à cet ouvrage complexe et savant, élaboré à l'époque troublée des guerres de religion et dédicacé, à l'origine, au Duc d'Anjou, puis au Chancelier de Cheverny. Une étude historique éclaircit le contexte socio-culturel, économique, et littéraire de la chasse, notamment la chasse au vol, pour laquelle se passionnaient les rois et grands seigneurs de France et dont s'inspiraient poètes et érudits à la Renaissance.
Auteur de plusieurs travaux sur les lettres néo-latines et françaises des seizième et dix-septième siècles, Ingrid A. R. De Smet offre ici un livre fouillé, illustré de seize planches et riche de quatre index, qui intéressera les amateurs de la fauconnerie et de la littérature cynégétique, ainsi que les spécialistes des études néo-latines et de l'histoire des sciences.
Depuis soixante ans, Jean Paul Barbier-Mueller aime la poésie et les livres. Depuis quarante ans, il publie le catalogue de la plus importante collection de livres de poésie de la Renaissance jamais constituée, Ma bibliothèque poétique, dont le huitième volume (II-2, complément à Ronsard) paraîtra prochainement. Ce catalogue est devenu un usuel dans de très nombreuses bibliothèques. Aux descriptions bibliographiques précises, Jean Paul Barbier-Mueller a toujours ajouté des éléments biographiques et historiques à ses notices, et il a souhaité développer dans un dictionnaire une masse de renseignements tirés de documents rares, de pièces liminaires, d'épîtres dédicatoires... Il a donc rédigé un Dictionnaire des poètes français de la Renaissance, qui comptera plus de cinq mille pages en sept ou huit volumes, à raison de deux parutions annuelles. Il a ainsi sorti de l'ombre un grand nombre de poètes peu connus du XVIe siècle, plus de cinq cents, tout en donnant une quarantaine de grandes notices sur des poètes majeurs. Sa contribution sur Louise Labé, remarquable, nourrie de toute la recherche contemporaine et livrant une interprétation personnelle, risque de s'imposer parmi les seiziémistes. Chaque auteur est replacé dans le contexte historique de sa vie d'adulte et de sa région (situation politique, guerres de religion, etc.). Des généalogies et des notes biographiques de personnages influents, français et étrangers, ou de chefs militaires, chantés par "ses" poètes, sont données. Deux index, l'un des noms, l'autre des événements, sont ajoutés dans chaque volume, avant d'être repris et cumulés dans le dernier. Il s'agit du complément naturel et indispensable à Ma bibliothèque poétique.
Depuis les origines de la Réforme jusqu'à la fin du XVIIe siècle, on compte des centaines de prédicants et de pasteurs en activité dans les Eglises de langue française. Parmi eux, un certain nombre ont aussi été poètes, et cela dans des contextes très différents. Cette étude se présente comme la première enquête systématique visant à localiser à travers l'Europe les Eglises qui les emploient, la noblesse qui les protège, les libraires imprimeurs qui les publient et les lecteurs auxquels ils s'adressent. Elle entend fournir des éléments probants sur leur formation intellectuelle et les cadres sociaux de leur pratique d'écrivain, en temps de paix comme en temps de guerre. Qu'il s'agisse de pasteurs devenus poètes ou bien de poètes devenus pasteurs, ce sont autant de parcours originaux. Cette production, qui se développe sur près de deux siècles, offre un éclairage déterminant sur l'activité d'un groupe social lettré constitutif de la République des lettres.
Cette nouvelle édition critique de Vol de nuit, retrace, grâce à une étude minutieuse du manuscrit autographe, la genèse de ce roman d'après les lieux où il a été rédigé. Elle met en lumière la dimension secrètement autobiographique de ce récit à la fois réaliste et poétique d'un pionnier de l'aviation de ligne qui est aussi un grand écrivain. L'esthétique novatrice, même si elle demeure classique, fait revivre l'aventure de grandes figures de pilotes et celle d'un personnage de chef exigeant dont le sens inflexible du devoir est humanisé dans un récit pudique, silencieux, discrètement lyrique. Antoine de Saint-Exupéry a transfiguré ses propres aventures et celles de ses meilleurs camarades, en estompant la dimension autobiographique, ce que montre l'analyse des corrections et des suppressions dans le manuscrit. Il a su créer en 1931 un roman original, en stylisant l'expérience d'un rapport neuf à la nature et au monde grâce à l'avion et lui a donné la tonalité d'un « nocturne » au sens musical du terme.
Non seulement la Réforme eut des retentissements politiques, sociaux et culturels sur l'Europe du XVIe siècle, mais elle marqua de son empreinte la littérature de son temps. Si elle engagea la poésie dans la tourmente de l'histoire, dont elle répercuta les querelles théologiques, les débats politiques et les passions polémiques, elle fut aussi à l'origine d'une réforme aussi bien spirituelle que formelle des lettres, en particulier du théâtre et de la poésie. Ce volume se propose d'examiner les choix esthétiques et thématiques retenus par les écrivains réformés, qu'ils soient poètes ou dramaturges, de prendre en considération leurs ambitions pastorales et militantes, en tenant compte des enjeux socio-historiques et confessionnels des pratiques littéraires. Dans le domaine poétique sont principalement envisagés les divers courants de la production religieuse (poésie spirituelle, inspirée des Psaumes et des cantiques bibliques, poésie sapientiale, poésie doctrinale, poésie militante) ainsi que les milieux socio-culturels où elle s'épanouit. Dans le domaine théâtral, il s'agit de s'interroger sur le renouvellement formel de la tragédie, sur son adaptation à la situation existentielle et spirituelle du croyant réformé, enfin sur les solutions envisagées pour concilier les règles d'un genre et les exigences d'une doctrine.
Avec son célèbre blason du « Beau tétin », composé en exil à Ferrare en 1535, Clément Marot a lancé un véritable phénomène de mode, celui des blasons anatomiques du corps féminin, dont le succès ne s'est jamais démenti dans l'histoire de la poésie française. Considérés dans ce volume comme un objet d'étude à part entière, les recueils de Blasons anatomiques sont non seulement ramenés à leur origine historique sous le règne de François Ier, interrogés dans leurs intentions esthétiques et morales, mais aussi envisagés comme une véritable pierre de touche permettant de mieux apprécier d'autres pratiques qui, elles aussi, touchent au corps et à ses représentations à la Renaissance. On entend ainsi esquisser une histoire du blasonnement anatomique depuis l'Antiquité jusqu'au XVIIe siècle, à partir du travail des écrivains, poètes et prosateurs, mais aussi des graveurs, des musiciens et des peintres, et cela sous le regard complice ou suspicieux des médecins, des philosophes et des théologiens.
Le volume Textes au corps se veut entièrement tourné vers une littérature aimée avant tout pour elle-même, dans sa densité vivante, et vers l'empoignade qui en résulte avec les mots, les lieux, les hommes de la Renaissance et leur existence concrète. Composé à l'initiative d'élèves, d'amis et d'admirateurs de Marie Madeleine Fontaine, il vise à illustrer, souligner et célébrer une recherche et un enseignement qui se sont très tôt attachés aux traces les plus humaines et contingentes des enthousiasmes et des embarras de nos auteurs, à travers le parti-pris omniprésent du plaisir, du corps, des sens, et donc aussi de la gaieté, du rire. Le fait d'envisager sans solution de continuité l'art de rimer et composer et l'art du saut, de la voltige ou de la chasse, par exemple, a permis de repousser les bornes de la littérature, érigeant celle-ci en art total, et la circulation des savoirs en une réalité harmonieuse et vivante que ce volume reflète, tant dans ses jeux de miroirs que dans ses lignes de fuite.
Après la publication en 2009 des Vers de la Mort, l'édition de Li loenge Nostre Dame complète l'oeuvre reconnue de Robert le Clerc d'Arras. Ce poème, d'une main anonyme, n'avait guère attiré l'attention jusqu'à aujourd'hui, faute d'une édition facilement accessible et répondant aux exigences du XXIe siècle. Annette Brasseur, coéditrice des Vers de la mort, à qui la griffe de Robert le Clerc d'Arras dans cette petite pièce n'a pas échappé, la présente ici traduite et judicieusement annotée. Elle réalise une étude comparative très serrée des grands thèmes abordés, de la versification, de la langue et du style.,,Prenant en considération les nuances les plus délicates et les plus subtiles, elle a pu établir, d'une manière indubitable que Li loenge Nostre Dame est, elle aussi, sortie de la plume de Robert le Clerc d'Arras, dont la totalité de l'oeuvre se retrouve désormais publiée par le même éditeur. Ces éditions critiques permettront au grand écrivain arrageois d'occuper la place qui lui revient dans le paysage intellectuel du XIIIe siècle.
Ancien militaire de carrière, Alain ANDRÉ dénonce la dérive sociétale, la perte des valeurs et l'égoïsme à travers des poèmes généralement tirés de l'actualité française.
Il y expose sa pensée philosophique, sa vérité, et désigne les coupables de cette mascarade et fuite en avant...
Sa maxime, « Le Roi est mort, Vive le Président ! », titre du livre, résume à elle seule la situation actuelle et montre au monde extérieur que l'aristocratie avait un banc de touche très populeux, et ne pouvait donc que gagner la partie!
Le pauvre Petit Poucet n'a toujours que quelques miettes pour marquer son chemin et se perd obligatoirement dans un dédale de fumisteries politico-politiciennes.
La lanterne ne les a pas éclairés, mais pourrait bien cette fois tous les décapiter !
Jean BALSAMO, Ronsard à Reims : à propos de deux poèmes à la mémoire du duc de Guise; André GENDRE, Ronsard et Baïf artisans du poème : le motif de la Paix; Philip FORD, La Passion lucrétienne dans la poésie de Ronsard; Bruno MENIEL, Ronsard l'obscur; François ROUGET, Pierre de Ronsard, Gabriel Buon et les autres : la fortune éditoriale des Discours; Francis HIGMAN, Au sujet de la Bibliographie des Discours de Pierre de Ronsard de Jean Paul Barbier-Mueller. POÈTES MÉCONNUS, POÈMES RETROUVÉS : Michel JEANNERET, L'homme dans l'oeuvre - Vies et portraits d'écrivains à la Renaissance; Alain CULLIERE, La deuxième version poétique du Paysan du Danube par Nicolas Clément de Trèles (1571); Gilles BANDERIER, Notes sur Jean Willemin; Nicolas DUCIMETIERE, Un pasteur satiriste en Chablais : Antoine Chanorrier et sa curieuse Légende dorée (1556); Catherine MAGNIEN-SIMONIN, Ronsard pour compagnon ? Les Recreations pueriles de Pierre de Javercy (1589); Mireille HUCHON, Louise Labé et les Bibliothèques du XVIe siècle; Jean VIGNES, Les alternances de Louise. Des rimes des sonnets de Louise Labé à l'organisation de son recueil. LES MUSES À GENÈVE ET EN SUISSE AU XVIe SIECLE : Jean-François GILMONT, La poésie française dans l'édition genevoise du XVIe siècle; Olivier POT, Plaidoyer pour une Schola Genevensis de poésie - Stratégies de légitimation dans les discours préfaciels (1553-1625); Max ENGAMMARE, Le Maître des baisers : Théodore de Bèze et Bethsabée en muse (Poemata, silve IV); Alain DUFOUR, L'Helvetia gratulatio ad Galliam de Hans Wilhelm Stucki (1591) et l'idée de tolérance; ; AU-DELÀ DES ALPES; ; Jean-Marc CHATELAIN, Noms de pays : l'Italie de Michel de Montaigne; Isabelle PANTIN, L'édition Corbinelli du De vulgari eloquentia, un événement littéraire parisien ?; Roberto LEPORATTI, La Bucolica di Girolamo Benivieni : storia del testo e tradizione. HISTOIRE(S) DE BILIOTHÈQUES ET DE BIBLIOPHILES : Isabelle de CONIHOUT, La Franciade de Ronsard chez les Laubespine-Villeroy; Daniele MAIRA, Des bibliophiles aux « Ronsardistes » : collectionner Ronsard au XIXe siècle; Rosanna GORRIS, La bibliothèque de la duchesse : de la bibliothèque en feu de Renée de France à la bibliothèque éclatée de Marguerite de France, duchesse de Savoie; Jean-Daniel CANDAUX, Quel fut donc le premier en date des bibliophiles genevois ?