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15 septembre 1787, naissance de Guillaume Henri Dufour à Constance. Pourquoi à Constance ? Remontons ensemble le fil de l'histoire : En 1782, les armées de Berne, du roi de France et du roi de Sardaigne interviennent militairement et rétablissent l’ordre à Genève à la suite du soulèvement des Natifs et des Représentants. La population genevoise se divise alors en plusieurs classes : les Citoyens et les Bourgeois, détenteurs des droits politiques et de tous les droits civils, les Habitants et les Natifs, qui représentent 64 % de la population en 1781 et qui n’ont aucun droit politique et sont privés de certains droits civils. Habitants et Natifs aspirent donc à une facilité d’accès à la bourgeoisie et souhaitent pouvoir exercer certains métiers qui leur sont interdits. Suite au soulèvement, de nombreux membres de la fraction conservatrice des autorités, connus sous le nom « d’Ultra-Négatifs » sont arrêtés et détenus en tant qu’otages. Un nouveau Conseil général est réuni, qui élit de nouveaux membres des Conseils, lesquels ne sont pas reconnus par les cantons suisses effrayés par cette poussée révolutionnaire. Berne et Zurich rompent leurs relations diplomatiques avec Genève. Le roi de France prend fort mal cette révolution qui éclate à ses frontières et le roi de Sardaigne, Victor-Amédée III ne veut pas laisser au seul roi de France et à Berne, l’initiative de pacifier Genève qui doit alors faire face à une coalition de trois armées qui vont converger vers la cité. Le 2 juillet 1782, ces trois armées pénètrent dans la ville. Les anciennes autorités sont restaurées sous la protection des baïonnettes. Cette occupation militaire durera plusieurs mois jusqu’à la promulgation d’un nouvel édit, appelé par les Genevois, le « Code noir ». Une épuration violente condamne à l’exil de nombreux Représentants dont les biens sont confisqués. Bénédict Dufour fait partie des proscrits et c’est à Constance, en exil que naîtra son fils Guillaume-Henri, le futur général qui veille sur la place de Neuve - ou Neuve, c'est selon. Sa statue équestre est signée Karl Alfred Lanz (1847-1907). En bronze, elle fut inaugurée en 1884 en présence d'une foule immense.
Claude Bonard
Photo CB