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Le peuple suisse veut promouvoir l’utilisation du vélo. Il a voté dimanche à 73,6% en faveur de l'inscription des pistes cyclables dans la Constitution.
Le vélo est lentement parvenu à séduire les Suisses. Le peuple a voté oui à 73,6% dimanche à l’inscription des pistes cyclablesLien externe dans la Constitution fédérale: la petite reine va donc rejoindre les chemins et sentiers pédestres dans l’article 88.
La Confédération pourra promouvoir l'utilisation du vélo, développer des standards nationaux et fournir des géodonnées pour les cartes et les applications mobiles. La planification, la construction et l’entretien des voies cyclables resteront du ressort des cantons et des communes.
Tous les cantons ont accepté ce contre-projet à l'initiative de l'association Pro VeloLien externe, qui a été retirée. Le «oui» est particulièrement élevé dans les cantons latins: il atteint 86% dans le canton de Vaud, 83% à Genève, 82% à Neuchâtel, 81% dans le Jura, 76% à Fribourg, 75% au Tessin et 74% en Valais.
Le taux de participation est relativement bas pour ces votations fédérales: il s'élève à 37%. En comparaison, les citoyens étaient 54% à s'être rendus aux urnes lors du vote sur l'initiative No Billag en mars, et 46% lors du vote sur la réforme des retraites en décembre dernier.
Le vélo a le vent en poupe
Il y aurait presque 4 millions de bicyclettes en circulation en Suisse. En 2017, il s’est vendu environ 330'000 vélos, soit 4,2% de plus que l’année précédente. Presque 90'000 étaient des e-bikes : les bicyclettes électriques ont toujours davantage de succès. Avec un bond de 16,3%, elles enregistrent un nouveau record.
Le potentiel d’utilisation du vélo lors des trajets quotidiens pourrait cependant être augmenté. On estime que 80% des trajets en autobus et en tram et 50% de ceux en voiture ne dépassent pas les cinq kilomètres, soit une distance qui pourrait facilement être parcourue à bicyclette.Fin de l'infobox
La conseillère fédérale en charge des transports, Doris Leuthard, a exprimé sa satisfaction face au vote clair du peuple suisse en faveur du contre-projet. «Ce résultat encourage la Confédération à renforcer ses efforts pour la sécurité routière, estime la ministre. Nous pourrons ainsi mieux exploiter le potentiel du vélo en proposant davantage de pistes cyclables de meilleure qualité».
Un projet sera mis en consultation d'ici l'automne 2019 afin que les bases légales soient adaptées, a annoncé la conseillère fédérale.
L'ampleur du «oui» surprend
Le président de Pro Velo, Matthias Aebischer, s'est dit étonné par l'ampleur du oui. Ces 73% laissent sous-entendre que «même les automobilistes et les libéraux-radicaux ont accepté le texte», se réjouit-il. Sur les ondes de la Radio télévision suisse (RTS), le conseiller national socialiste (gauche) a rappelé que le but des initiants était «que le vélo entre dans la Constitution». C'est chose faite, ce qui implique «que les futurs projets de planification» dans le pays devront tenir compte du vélo.
Pour Cindy Freudenthaler, spécialiste en mobilité, l'inscription des pistes cyclables dans la Constitution permettra une meilleure coordination entre les cantons. Elle rappelle dans son interview à la RTS que le vélo est le seul moyen de transport où les accidents ne diminuent pas.
Les défenseurs du contre-projet se soucient maintenant de son application. «Le vélo devra à l'avenir être considéré à part entière dans la planification des infrastructures, avertit la conseillère nationale verte (écologique) Lisa Mazzone. Pour que le contre-projet ait de l'effet, il faut que les cantons et les communes fassent leur part».
Vote «symbolique»
Farouche opposant au contre-projet, le conseiller national UDC (droite conservatrice) Manfred Bühler considère ce vote comme «plutôt symbolique», car il faudrait allouer à la petite reine «des centaines de millions de francs» par an pour changer vraiment les choses.
De son côté, Patrick Eperon, délégué transports et énergie au Centre patronal vaudois, insiste sur la RTS sur l'importance de «responsabiliser les cyclistes» pour éviter de trop nombreuses incivilités.
Un contre-projet largement soutenu
Le Conseil fédéral et le Parlement recommandaient d’accepter ce contre-projet. Le gouvernement et les deux Chambres sont convaincus qu’une augmentation significative du nombre de cyclistes permettrait de décongestionner les routes et les transports publics, avec pour conséquence moins de pollution et moins de bruit. Ils soulignent aussi que le vélo est bon pour la santé.
Seule l’UDC (droite conservatrice) s’opposait à cette modification de la Constitution, estimant qu’elle aurait peu d’effet et préférant laisser la responsabilité des pistes cyclables aux cantons et aux communes. Des arguments qui n’ont pas fait mouche au sein de la population.
Le Touring Club SuisseLien externe (TCS), qui défend les automobilistes, soutenait également ce contre-projet. «L'arrêté fédéral mise sur la séparation des voies de circulation sans pour autant promouvoir unilatéralement le vélo au détriment d'un autre moyen de transport. Cette mesure accroît la sécurité routière et améliore la fluidité du trafic», expliquait le président du TCS, Peter Goetschi.