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Une très bonne description de sa personnalité, définie selon la mode de la fin du 19ème siècle, se trouve dans un article de Franklin Chester, publié le 22 août 1897 dans le journal Citizen. Il caractérise l’érudit avec des mots suivants :
«Quant à son apparence, il laisse une profonde impression. Il est très mince pour une taille de 1m99. Mais malgré cela il possède une énorme force physique. Il a des grandes mains et ses pouces sont extraordinairement longs, signe d’une grande intelligence. Il porte des cheveux noirs et raides soigneusement coiffés en arrière, (difficile de s’imaginer des cheveux plus brillants et plus foncés), accentuant les contours de son visage. Ses pommettes sont hautes et saillantes, une des principales caractéristiques de la race slave. Son teint de marbre montre avec l’âge une petite nuance de couleur jaune. Ses yeux bleus, enfoncés, semblent refléter les éclairs qu’il fait jaillir des ses appareils. Son visage énergique se termine par un menton très pointu.»
Personne au monde ne s’était engagé de telle manière pour la prospérité du genre humain. Pour lui l’argent n’a pas grande importance. S’il avait décidé de se comporter comme Edison, il aurait été aujourd’hui l’homme le plus riche au monde, dès l’âge de 40 ans. Il est remarquable par son sérieux. Tesla est sans doute l’homme le plus sérieux de New York. Pourtant il possède un sens aigu de l’humour et des manières admirables. Personne ne peut le surpasser dans la modestie. La jalousie lui est étrangère. Il n’a jamais considéré le succès des autres sans valeur, et n’était jamais avare de ses éloges. Quand il parle, on ne peut que l’écouter. Même celui qui ne sait pas de quoi il parle, l’écoute passionnément et parvient à ressentir le sens de son discours.
Nikola Tesla parle l’anglais comme un étranger instruit, sans accent et sans faute. En outre, il maîtrise huit langues supplémentaires. Depuis que cet homme est arrivé à New York, il n’a presque rien changé à ses habitudes. Il habite au Gerlach, un petit hôtel très calme de la 27ème rue qui se trouve entre Broadway et 6ème Avenue. Chaque jour, à 9 heures, il se rend à son laboratoire où il passe la journée dans son univers, étrange et mystérieux, à la recherche de nouvelles connaissances et de nouvelles énergies. Il ne tolère pas de spectateurs pendant qu’il travaille.
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Le journal American Magazine publie dans son numéro d’avril 1921 l’interview «Laissez votre imagination travailler pour vous» où Nikola Tesla répond aux questions du journaliste M.K. Wisehart sur ses capacités hors du commun : «Pendant mon enfance, j’étais atteint d’une souffrance étrange qui se manifestait de manière telle, que devant moi apparaissaient des images, souvent accompagnées de vifs éclairs. Dès qu’un mot était prononcé, je voyais l’objet désigné si clairement devant moi que je ne pouvais pas discerner s’il était réel ou non. Même si je tendais mes bras et essayais d’attraper l’image, elle restait entièrement intacte et ne bougeait pas de place. Tentant de me libérer de ces phénomènes pénibles, je m’efforçais de concentrer mes pensées sur des souvenirs paisibles et tranquillisants. Cela m’apportait un soulagement provisoire, mais après l’avoir répété deux ou trois fois, ce remède perdit son efficacité. Au lieu de cela je me promenais en pensée et me laissais guider au-delà des limites étroites fixées par mon savoir de l’époque. Jour et nuit je voyageais alors dans mon imagination, visitant des lieux inconnus, des villes, des pays, en m’efforçant de percevoir leurs particularités de la manière la plus précise. Je m’imaginais que je vivais dans ces pays inconnus où j’y trouvais des amis chers qui me semblaient vraiment vivants. Je pratiquais ces voyages imaginaires* jusqu’à l’âge de 17 ans, puis j’orientais mes pensées sérieusement vers ce large domaine des inventions. A ma grande joie je découvrais que maintenant je pouvais facilement réussir à visualiser des objets les plus variés. Je n’ai pas eu besoin de modèles, ni d’ébauches, ni d’expériences, tout était parfaitement clair à mes yeux.
J’ai acquis cette habileté de visualisation durant mon enfance en essayant de me libérer de ces visions pénibles. Je crois que de cette manière j’ai développé une nouvelle technique de matérialisation des idées et des projets créatifs. Cette technique pourrait être utile pour tous ceux qui sont munis d’imagination, que ce soit des inventeurs, commerçants ou artistes. Bien des gens s’apprêtent à agir sans préparation adaptée, quand ils développent un nouveau projet. Même si par leur effort ils arrivent à leurs fins, les résultats sont souvent de moins bonne qualité.
Ici je voudrais vous esquisser ma technique de travail : Quand je ressens le besoin de développer un nouveau projet, je porte cette idée parfois pendant des mois, voire des années, dans mes pensées. A chaque fois que j’en ai envie, je me laisse aller à mon imagination et je réfléchis sans effort conscient au problème. Cette phase est en quelque sorte celle de la gestation de l’idée. Durant la prochaine étape, je me préoccupe plus directement du projet en envisageant soigneusement des différentes solutions pour ce problème, et je concentre ma pensée sur un champ de recherche de plus en plus ciblé. Quand je me consacre consciemment à la réflexion sur le problème en détail, je ressens souvent à ce stade que la solution se trouve déjà à portée de main. Et quand ce merveilleux sentiment me gagne je suis sûr que j’atteindrais mon but.
J’ai l’intime conviction que mon problème est réellement résolu. Je suis arrivé à la conclusion que la solution est préexistante dans mon subconscient, et que le trajet jusqu’à sa perception par la conscience peut durer un certain temps.
Avant de faire une ébauche sur papier, j’ai déjà entièrement élaboré le projet dans mes pensées. Je peux ainsi entreprendre des modifications sur l’appareil et je peux même tester son fonctionnement dans mon esprit. Sans jamais avoir dessiné de plan de construction, je suis capable d’indiquer à mes assistants des mesures exactes de chaque élément de construction qui s’assemblent avec une telle précision comme si leurs dimensions avaient été faites sur plan. Que je teste le fonctionnement de l’appareil dans mon esprit ou réellement dans mon Laboratoire, est pour moi secondaire.
Les inventions que j’ai réalisées au bout de trente ans de travail de cette manière fonctionnent tous sans exception. Mon premier moteur électrique, le néon sans câble, ma turbine et de nombreuses autres inventions ont pris forme ainsi...