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Aloïse (1886-1964) est née à Lausanne, en Suisse. Elle a treize ans lorsque sa mère décède. Après avoir obtenu son certificat d’études secondaires, la jeune femme devient gouvernante d’enfants, mais elle rêve de devenir cantatrice. À la suite d’une rupture amoureuse orchestrée par sa sœur, elle est envoyée en Allemagne. Elle y occupe divers postes de gouvernante, notamment à Potsdam, à la cour de l’empereur Guillaume II, dont elle s’éprend en secret. De retour en Suisse en 1913, elle manifeste des sentiments religieux et antimilitaristes exaltés. Des idées délirantes et un comportement agité mèneront à son internement à l’asile de Cery, près de Lausanne, dès 1918. Transférée dans un établissement pour malades chroniques, l’asile de la Rosière à Gimel, en 1920, elle y demeure jusqu’à la fin de sa vie.
Aloïse commence à écrire et à dessiner peu après son entrée à l’hôpital. Dans les premières années, elle crée en cachette, utilisant de la mine de plomb et de l’encre, puis le personnel médical et des visiteurs s’intéressent à son œuvre et lui offrent du matériel, notamment des crayons de couleur, de la gouache et des craies grasses. Au besoin, elle se sert aussi du suc de pétales de fleurs écrasés et de pâte dentifrice. Dans un premier temps, ses supports d’expression sont de petits morceaux de papier ou de carton récupérés, puis elle utilise des cahiers d’écolier et des feuilles de papier d’emballage cousues entre elles afin d’obtenir de grands formats. Aloïse est l’auteur d’une cosmogonie personnelle peuplée de personnages princiers et d’héroïnes historiques au regard noyé de bleu, comme Marie Stuart, la reine Élisabeth ou encore Cléopâtre. Le thème du couple amoureux, associé à sa passion pour le théâtre et l’opéra, prédominent dans son œuvre.