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Installation sonore, un fichier sonore stéréo diffusé sur deux haut-parleurs
Le corpus Anamorphoses sonores est né de la découverte, en 2016 dans l’église Saint-Ignace-de-Loyola à Rome, alors que Sébastien Roux était pensionnaire à la Villa Médicis, de la coupole en trompe-l’œil réalisée par Andrea Pozzo à la fin du XVIIe siècle. Une plaque de marbre blanc indique l’emplacement depuis lequel l’illusion est la plus efficace. Intéressé par les principes de traduction d’un art à l’autre, le compositeur s’est alors demandé ce que pourrait être une anamorphose sonore, avec un point, que le public chercherait, où la musique prendrait forme. Il a d’abord expérimenté des configurations entre concert et installation, avec un rendez-vous à une heure fixée mais où l’on est invité à se déplacer et à repérer des anamorphoses successives.
Dans Anamorphose #6, créé au Frac Franche-Comté en 2017, deux haut parleurs sont placés à grande distance (au moins 20 mètres). Le contenu sonore est une citation de Bob Dylan tirée d’une interview de 2012 pour le magazine Rolling Stone : « On ne peut pas changer le présent ou le futur, on ne peut changer que le passé » dont les phonèmes sont répartis alternativement sur les deux haut-parleurs. Il faut être exactement au centre pour comprendre la phrase, sinon seuls des bribes vocables incompréhensibles parviennent aux oreilles.
Il existe une version anglaise, considérée comme originale, et une version française de cette pièce. Dans la version française, dite par l’artiste lui-même, la citation est divisée en deux parties, chacune donnée en boucle pendant une minute.
Né en 1977 à Paris
Vit et travaille à Paris
Sébastien Roux vient des sciences. Ses études d’ingénieur se sont poursuivies à l’Ircam (l’Institut de recherche et coordination acoustique/musique du Centre Pompidou) en traitement du signal informatique appliqué à la musique. Il fait alors déjà du rock, plutôt expérimental, en autodidacte et commence à s’intéresser aux musiques électroniques. Il poursuit son trajet à l’Ircam comme assistant en réalisation, notamment pour Georges Aperghis, dont la conception presque visuelle du montage l’a beaucoup marqué.
Sébastien Roux compose des musiques électroniques qu’il présente sous différentes formes, enregistrées, en écoute publique, en pièces radiophoniques ou encore sous forme d’installations et de promenades sonores, en lien avec son intérêt pour la spatialisation des sons. Il travaille avec des algorithmes à partir de contraintes formelles.
En 2011 débute une approche axée sur les principes de la traduction, analysant les structures d'œuvres préexistantes (visuelles, musicales, littéraires) et les transposant en partitions musicales pour de nouvelles œuvres. Ce processus a notamment abouti à la création de Quatuor (2011) et Nouvelle (2012) et s’est poursuivi avec Inevitable Music, une série de pièces basées sur l’examen des dessins muraux de Sol Lewitt et des instructions laissées par l’artiste pour leur réalisation.
Sébastien Roux a aussi développé un travail de partitions graphiques animées qu’interprètes et public regardent en projection, et qui participent à la compréhension de l’œuvre et de sa fabrique.
Parallèlement à ses œuvres solo, Sébastien Roux travaille fréquemment en collaboration avec l'écrivain Célia Houdart, le scénographe Olivier Vadrot et divers chorégraphes, dont surtout DD Dorvillier.