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Le président chinois Xi Jinping a entamé lundi une visite historique en République tchèque. Sa venue a été entachée par des protestations de défenseurs des droits de l'homme qui ont notamment brandi des drapeaux tibétains sur son passage.
Une douzaine de protestataires ont été interpellés sur la route reliant l'aéroport au centre-ville de Prague alors qu'ils tentaient d'accrocher des drapeaux tibétains à la place de ceux de la Chine. Ce qui a provoqué des échauffourées avec des partisans du régime de Pékin peu avant l'arrivée de M. Xi.
Une photo géante du dalaï lama en compagnie de l'ex-président tchèque Vaclav Havel, ancien dissident et militant des droits de l'homme, a été dressée près de l'aéroport. "These gentlemen are at home here" (Ces messieurs sont chez eux ici), pouvait-on lire sur cette photo, rappelant plusieurs séjours du chef spirituel des Tibétains à Prague sous la présidence de M. Havel (1989-2003).
Le dalaï lama, prix Nobel de la paix en 1989, demeure pour l'opinion internationale le visage du combat tibétain. M. Havel (1936-2011) a lui passé cinq ans en prison sous le régime communiste dans l'ex-Tchécoslovaquie, pays balayé par la "révolution de velours" fin 1989.
Une cinquantaine de drapeaux chinois hissés dans les rues avaient déjà été maculés par de la peinture pendant la nuit de vendredi à samedi. Une enquête a été ouverte pour ces faits.
D'autres manifestations contre cette visite de M. Xi Jinping sont prévues, dont un rassemblement mardi soir à proximité du Château de Prague, selon l'agence de presse tchèque CTK. Il s'agit pour les organisateurs de protester notamment contre la politique de Pékin concernant le Tibet.
La signature de différents mémorandums d'entente est attendue mardi lors de la partie officielle de ce premier déplacement sur le sol tchèque d'un chef de l'Etat chinois. Des investissements chinois, d'un montant d'environ 45 milliards de couronnes (1,8 milliard de francs), seront dévoilés à l'occasion du lancement d'un "partenariat stratégique" entre les deux pays.
Interview controversée
Le président tchèque Milos Zeman est sévèrement critiqué par ses opposants pour sa politique jugée trop favorable à la Chine et à la Russie. Il a attisé le débat en accordant une interview controversée à la télévision chinoise CCTV.
"C'est un nouveau début, car il y avait de très mauvaises relations entre la Chine et l'ancien gouvernement (de centre droit) tchèque, qui se soumettait trop à la pression des Etats-Unis et de l'Union européenne", a affirmé ce vétéran de la gauche tchèque.
"Maintenant, nous sommes de nouveau un pays indépendant et formulons notre propre politique extérieure, conformément à nos intérêts nationaux", a ajouté M. Zeman. Ce qui n'a pas manqué de provoquer des réactions indignées d'une partie de la classe politique du pays.
Déclaration "répugnante"
Sa déclaration a été qualifiée de "répugnante" par le chef du parti d'opposition de droite TOP 09, Miroslav Kalousek. "La déclaration du chef de l'Etat constitue en fait la négation de la politique extérieure et sécuritaire à long terme de la République tchèque", a-t-il estimé.
Elu à la magistrature suprême début 2013 au suffrage universel, M. Zeman a été en septembre 2015 le seul chef d'Etat européen présent à Pékin au défilé militaire de commémoration de la capitulation du Japon à l'issue de la Seconde Guerre mondiale.
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