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L'intérêt pour la thématique de l'ambiguïté n'a cessé de croître ces dernières décennies, partie prenante d'un champ méthodologique plus vaste donnant une place aux particularismes et à l'évolution des représentations. L'ambiguïté, notion interrogeant le flou, l'incertain, l'entre-deux, est, par définition, un champ de recherche transdisciplinaire dont les Sciences de l'Antiquité se sont saisies dès l'entame du XXe siècle. La nature polysémique du concept n'a pas manqué de susciter sa constante redéfinition, adaptée au gré des divers courants scientifiques. Certaines études abordent ainsi le sujet d'un point de vue philosophique, d'autres l'assimilent à une indécision résultant d'un manque d'information et d'autres encore l'intègrent à la grille de lecture d'une œuvre, la considérant comme une composante à part entière du processus créatif.
Le concept d'ambiguïté est souvent sujet à méfiance de la part des chercheur.euse.s, renvoyant pour certains d'entre ielles à une notion protéiforme dont l'utilisation conférerait plus à la paresse et à l'incompréhension qu'à une lecture éclairée. De fait, la rédaction de tout travail académique tend à s'extraire de l'ambiguïté en proposant des conclusions dans lesquelles cette dernière n'aurait pas sa place. Comment, en effet, l'ambigu pourrait-il être intelligible ? Néanmoins, il nous apparaît que, loin d'être cette solution de facilité souvent décriée, l'étude de l'ambiguïté recèle un intérêt et une richesse dans nos domaines : permettant de réévaluer l'analyse textuelle, historique, iconographique, etc., l'ambiguïté révèle qu'une lecture n'est pas seulement figée mais donne lieu à une pluralité d'interprétations. Cette journée sera l'occasion d'aborder un ensemble de sujets qui questionnent, chacun à leur manière, cette thématique. Nous étudierons plus spécifiquement deux aspects de l'ambiguïté : en premier lieu l'ambiguïté dite « volontaire » en ce qu'elle a été réfléchie et voulue par les Antiques eux-mêmes, en second lieu l'ambiguïté « subie » en ce qu'elle est le fruit d'une méconnaissance de notre part. Dès lors, cette journée constitue l'occasion de se pencher sur des problèmes tenant à la fois de la méthodologie de la recherche et de l'objet de recherche lui-même, problèmes auxquels nous sommes toutes et tous confronté.e.s lors de la rédaction de notre thèse. Loin de vouloir supprimer toute notion d'ambiguïté inhérente à nos travaux, notre souhait sera davantage de mettre en valeur son importance car, comme l'écrivait Jean-François Paul de Gondi, « on ne sort de l'ambiguïté qu'à son détriment ».