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L'Empire Ashanti
Les Ashanti, ainsi que d’autres populations Akan, arrivèrent dans la région de Kumasi autour du 11ème siècle et s’installèrent aux alentours du lac Bosumtwi riche en minerais aurifères. Vers 1690, Osei Tutu (1er grand souverain Ashanti ou Asantehene) parvint à réunifier sous son gouvernement ce qui était une libre fédération d’États, créant ainsi une nation unique. Kumasi fut élue nouvelle capitale sur les conseils du plus fidèle des conseillers de Tutu, Okomfo Anokye, prêtre vaudou très puissant lequel, après avoir indiqué l’endroit où devait être porté le trône, invoqua le tabouret d’or tombé du ciel. Le trône est descendu des nuages et s’illumina sur Osei Tutu même, devenant ainsi le symbole de l’unité nationale ainsi que de l’autorité du souverain. La nation Ashanti était née. Osei Tutu a entrepris d’étendre son empire en soumettant une à une les puissances rivales. Kumasi, qui en était la capitale, rassemblait une population de 700.000 habitants et au cœur de la ville se situait et se situe toujours l’un des plus vastes marchés d’Afrique de l’Ouest. Le commerce était si prospère que les servants du roi passaient régulièrement le sable au tamis afin de récupérer la poussière d’or qui s’en échappait. Le royaume s’étendit petit à petit jusqu’à inclure une bonne partie du Ghana et de la Côte d’ivoire d’aujourd’hui, à l’exception des états Fante situés sur la côte qui parvenaient à maintenir leur indépendance car ils bénéficiaient du soutien des alliés européens. En 1806 Osei Bonsu lança une attaque de taille contre le peuple Fante et envahit la totalité de leur territoire, attaque qui signa le début du dernier acte de cette période de grande conquête. La population côtière avait toujours entretenu des relations commerciales directes avec les anglais si bien que l’invasion d’osei Bonsu créa un conflit direct entre les anglais et les ashanti. En 1824, à la mort d’Osei Bonsu, les anglais avaient hâte d’éliminer l’ultime obstacle à leur contrôle total de la Gold Coast (Côte d’Or). Les hostilités se poursuivirent tout au long du 19ème siècle débouchant sur une série de guerres Anglo-Ashanti. C’est seulement à la fin du 19ème siècle que les britanniques parvinrent enfin à annexer l’État Ashanti à leur colonie de la Gold Coast. Le dernier acte eut lieu en 1900 lorsque le nouveau gouverneur de la colonie, Sir Frederick Hodgson, exigea que le tabouret d’or lui soit remis afin qu’il puisse lui-même s’en servir de trône. Les membres de la cours royale, très malins, s’étaient attendu à une telle requête et avaient donc fait faire un faux tabouret et avaient caché l’original ce qui ne fut découvert que longtemps après en 1920. Personne, pas même l’Asantehene, ne s’est jamais assis le tabouret royal car cela aurait eu pour conséquence la rupture de l’unité nationale.
Présence des colons sur le territoire
Les premiers navires portugais débarquèrent au Ghana en 1471 à la recherche de nouvelles routes commerciales dans le but d’accéder plus facilement à l’or provenant des caravanes trans-sahariennes. Ils revinrent en 1482 et construisirent le château d’Elmina (la mine – en portugais). La région se révéla riche en or, en ivoire, en bois précieux et en peaux d’animaux, si bien que d’autres européens suivirent l’exemple des portugais. Au cours des quatre siècles qui suivirent, les puissances marines hollandaises, danoises et anglaises se disputèrent la prédominance commerciale. Après la colonisation européenne des Amériques, les commerçants ont commencé à vendre des esclaves, que les européens achetaient en échange d’alcools forts, de vêtements ou d’armement. A la fin du 19ème siècle, les anglais apparaissaient déjà comme la puissance étrangère la plus influente de la Gold Coast.
En 1807, ces derniers abolirent la traite des esclaves dans la région et se mirent à chercher d’autres ressources à exploiter comme l’huile de palme, le cacao, les bois précieux, l’or et le caoutchouc qui furent transformés en produits d’exportation. Ils durent donc se déplacer vers l’intérieur du pays. Lorsque les Ashanti envahirent la fédération Fante en 1806, les anglais y ont vu l’occasion de conquérir la totalité du territoire. Les Fante étaient restés pendant longtemps les partenaires commerciaux préférés des européens donc les britanniques n’avaient pas hésité à les soutenir en leur trouvant refuge dans l’uns des forts de la côte. Les hostilités éclatèrent entre les Fante et les Ashantis mais au cours de la première moitié du siècle, rien n’en ressortît que de fragiles traités entre les deux factions. C’est alors que les anglais décidèrent qu’aucun des deux camps ne pouvaient être déclaré vainqueur. Quand une énième guerre éclata entre les Fante et les Ashanti, les anglais en profitèrent pour envahir le territoire Ashanti et en saccager la capitale, Kumasi. S’en suivirent une série de guerres dites «Ashanti » de 1896 à 1900, date à laquelle le royaume Ashanti fut contraint de se rendre. A ce moment-là, la France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne s’étaient déjà mises d’accord sur la définition des frontières des zones qu’ils allaient respectivement contrôler. Dans leur nouvelle colonie, les anglais introduisirent quelques éléments de gouvernement autonome, consentant même à la fédération Ashanti en 1935 d’exister à nouveau sous l’égide d’une autorité gouvernementale.
Indépendance et démocratie
Le 6 mars 1957, après de longues négociations avec la Grande-Bretagne, Nkrumah déclare le pays « Libre pour Toujours », faisant ainsi du Ghana le premier État indépendant de l’Afrique Sub-Saharienne. Le nom Ghana fut choisi en remplacement du nom européen Gold Coast. Nkrumah devint une figure de référence, respectée dans toute l’Afrique et dans le monde occidental en général. Il était un fervent supporter du panafricanisme ainsi que du mouvement des pays non aliénés. De plus, même ses théories économiques semblaient tout à fait valides : il aspirait à la construction d’une base industrielle capable de réduire la dépendance du Ghana envers les puissances étrangères et favorisant dans le même temps le développement des services sociaux du pays (hôpitaux et cliniques, universités et écoles font partie de son héritage). Cependant, cette stratégie économique demandait des investissements énormes et, comme on s’en rendra compte par la suite, il est tristement clair que l’erreur la plus grave qu’ait commise le président a été de mener à bien des projets prestigieux (tel que la construction audacieuse du barrage d’Akossombo) en prélevant des ressources normalement attribuées à la solide économie provenant de l’agriculture. C’est au moment où la situation économique apparu soudain un peu moins rose que le mécontentement politique commença à se faire sentir. L’interdiction d’une grève en 1961 creusa un fossé énorme entre Nkrumah et la classe ouvrière, quant à l’élite instruite du pays, il y a bien longtemps qu’elle ne croyait plus en cette forme extrêmement coûteuse de socialisme scientifique mené par le président.
Le 24 février 1966, lors d’une visite officielle en Chine, le gouvernement de Nkrumah fut renversé par un coup d’État mené par une poignée d’officiers britanniques parfaitement entraînés qui n’ont pas eu besoin de faire couler le sang. Nkrumah décéda en exil à Conakry en 1972.
De 1966 à 1981, une série de Coups d’État successifs prit fin le 15 mai 1979 lorsque éclata une rébellion orchestrée par des militaires de grades inférieurs et dirigée par un ghanéen-écossais de trente deux ans, le lieutenant de l’air Jerry Rawlings. A la fin des années 80, en dépit des conflits internes qui gangrenaient le gouvernement, Rawlings était parvenu à améliorer considérablement ce qui semblait être une situation désespérée, même s’il lui avait été très difficile de composer avec les divers éléments de la société. Malgré la fidélité d’une bonne partie des habitants des zones rurales et des salariés, Rawlings avait eu divers désaccords avec la classe moyenne qui n’appréciait pas sa rhétorique socialiste.
Entre 2000 et 2009, après avoir effectué ses deux mandats (maximum consenti par la constitution), Rawlings donna son soutien à la candidature de John Atta Mills, candidat du NDC à la présidence. Le combat électoral fut très serré mais c’est John Kuffuor du New Patriotic Party (Nouveau parti patriotique) (Npp) qui dirigea les deux mandats suivants. Puis en 2009, John Atta Mills fut élu nouveau président du Ghana. Ce fut ainsi la 2ème fois que le pouvoir passait légitimement d’un leader à un autre, faisant du Ghana une démocratie stable.
Le 7 décembre 2016, Nana Akufo-Addo est élu président de la République, avec 53,85% des suffrages contre 44,4% pour le président sortant. Ce dernier reconnait sa défaite et les observateurs saluent la bonne tenue du scrutin. Avec sa troisième alternance pacifique, le Ghana confirme sa remarquable trajectoire démocratique et incarne une forme d’exemplarité sur le continent africain.
Les Trésors Muséographiques
Le Musée National du Ghana a été officiellement inauguré, à Accra, en Mars 1957 par la duchesse de Kent avant la Journée de l'Indépendance du 6 Mars. Celui- ci
présente l'histoire complète du pays à travers dives évènements qui ont marqué l'histoire du pays comme la traite des esclaves, les objets et ornements des diverses ethnies dans le pays, le
travail du cuir et du textile mais aussi le travail de l'or et des devises.
Le musée des Ashanti est également un immanquable tant cette population datant de plusieurs siècles est un symbole dans ce pays.
Vous avez également la possibilité d'aller visiter le musée et mausolée du premier président du Ghana M. Nkrumah ou encore le magnifique musée du château Saint-George à Elmina comprenant les vestiges des anciens.