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Le président de l'UDC Ueli Maurer demande au Conseil fédéral (gouvernement) de retirer à Micheline Calmy-Rey la conduite des affaires étrangères.
Critiquée aussi par d'autres politiciens bourgeois, la ministre socialiste obtient le soutien du probable futur président du PDC Christophe Darbellay.
Il faut dessaisir Micheline Calmy-Rey du dossier de la politique extérieure, plaide donc Ueli Maurer dans un entretien publié par la «SonntagsZeitung».
Le président de l'Union démocratique du centre (UDC / droite dure) précise que l'actuelle ministre des Affaires étrangères socialiste pourrait conserver l'aide au développement.
Pour Ueli Maurer, il s'agit avant tout d'empêcher Micheline Calmy-Rey de représenter la Suisse avec ses déclarations unilatérales et sa version personnelle de la neutralité (dixit Maurer).
Le député zurichois en fait même une question de principe. Lorsqu'un membre du Conseil fédéral exprime en permanence un autre point de vue que celui du gouvernement, ce dernier doit il lui retirer le dossier concerné.
En clair, le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) a besoin d'une autre conduite, selon l'UDC. Ce changement doit intervenir en 2007 au plus tard, indique Ueli Maurer, qui avait déjà exigé ce changement lors du retrait du ministre Joseph Deiss en juin.
Pour une rocade
Sur la manière, Ueli Maurer appelle à une rocade avec l'actuel ministre de la Défense, l'UDC Samuel Schmid. «Retenu et réfléchi», le conseiller fédéral bernois est un ministre des affaires étrangères né, estime le Zurichois.
Pour la «SonntagsZeitung», ces déclarations sont à replacer dans la stratégie électorale de l'UDC en vue des élections fédérales de 2007.
Critiquée par certains politiciens bourgeois, Micheline Calmy-Rey obtient le soutien de Christophe Darbellay, très probable futur président des Démocrates-chrétiens (PDC / centre droit).
Vécue et active
La conseillère fédérale mérite davantage de louanges que de critiques pour son travail, affirme le député valaisan dans la «Südostschweiz am Sonntag». Qu'elle ait émis des critiques sur l'intervention israélienne au Liban n'est pas un problème, selon lui.
Christophe Darbellay prend ses distances d'avec les conservateurs de l'UDC. La neutralité telle que la conçoit l'UDC est de rester les yeux fermés et muet, ce qui n'est pas le style du Valaisan, affirme-t-il.
Au contraire, la neutralité doit être vécue et active, à l'instar de ce que fait Micheline Calmy-Rey, assure Christophe Darbellay.
Un «super-cadeau»
Le Valaisan en revanche n'est pas d'accord sur l'idée d'un siège helvétique au Conseil de sécurité de l'ONU, souhaité la semaine dernière encore par la conseillère fédérale.
A ses yeux, ces velléités vont trop loin. Cette proposition de la ministre n'est pas un drame pour lui, mais elle est un «super-cadeau» à ceux qui mettent la neutralité sur un piédestal.
Un «super-cadeau» qui a été l'occasion ces jours derniers de critiques au vitriol de la part de politiciens bourgeois, UDC en tête...
swissinfo et les agences
En bref
Les dernières attaques du président de l'UDC Ueli Maurer contre Micheline Calmy-Rey se fondent sur les déclarations de la ministre des Affaires étrangères lors de la traditionnelle conférence des ambassadeurs suisses, la semaine dernière à Berne.
Le cheffe du Département des affaires étrangères avait alors critiqué la politique proche-orientale des Etats-Unis et de l'Union européenne (UE). Dans le même temps, elle avait défendu sa politique de neutralité et l'implication de la Suisse en cas de non-respect des droits de l'homme.
Sans en avoir discuté au sein du collège gouvernemental, la ministre avait aussi relancé la vieille idée d'un siège occupé par la Suisse au Conseil de sécurité de l'ONU. Une déclaration critiquée lors de la séance du gouvernement de mercredi dernier. Sans autres suites.