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Il y a 19 ans, jour pour jour, un forcené s'emparait d'un convoi de service et franchissait plusieurs passages à niveaux avec les barrières ouvertes. Après une folle course de plusieurs minutes, et une partie de son convoi ayant déraillé, il a finalement été intercepté par le personnel des GFM (à l'époque) avant d'être remis à la police.
Le ressortissant allemand, assez fier de sa réussite, a été interné dans un établissement psychiatrique en Allemagne et n'a donc pas participé à son procès, au mois d'octobre 1990... 620'000 francs, c'est ce qu'a coûté la "plaisanterie"...
(extrait de "la Liberté de l'époque)
Gros émoi à la gare de Bulle vendredi soir. Un quidam, fou du rail, s’était mis aux commandes d’un train pour une expédition bien téméraire entre Bulle et Le Paquier. L’équipée aurait pu être tragique, car la rame, tous feux éteints, franchit 22 passages à niveau demeurés ouverts. Plusieurs automobilistes l’échappèrent belle et vinrent crier leur frayeur à la gare de Bulle.
Le train de 21 h,. 43 provenant de Montbovon venait d’arriver en gare de Bulle lorsque ce fou du train fit démarrer le tracteur diesel qu’il sortit du dépôt de la voie étroite proche de la gare. Devant le tracteur, l’homme avait placé un chasse-neige puis une vénérable automotrice datant de 1904, la doyenne du parc ferroviaire des GFM, utilisée pour des travaux à la voie uniquement. Un wagon-grue était accouplé à l’arrière du tracteur.
Cette rame de si curieuse composition traversa la gare de Bulle en cisaillant des aiguilles, franchit le feu rouge de sortie de gare et fonça en direction du Pâquier. Peu après la gare de ce village, un déraillement se produisit. Le chasse-neige se mit en travers des voies et l’automotrice buta avec violence contre cet engin, tous deux subissant de gros dégâts.
L’homme planta là ces deux véhicules et, faisant marche-arrière, regagna Bulle au volant du tracteur diesel poussant le wagon-grue. Sur ce trajet, long de 3 km environ, le convoi franchit à l’aller et au retour 8 passages à niveau gardés, mais dont les barrières demeurèrent bien sûr levées et trois passages non gardés. Ainsi, 22 fois, le train fantôme mit gravement en danger des usagers de la route encore nombreux à cette heure.
Un comité d’accueil attendait le retour du convoi fou à la gare de Bulle. Deux employés des GFM ceinturèrent le voleur de train et le livrèrent à la police. Il s’agit d’un ressortissant allemand, âgé de 45 ans, habitant la région de Stuttgart, ouvrier des usines Mercedes qui préfère le rail à la route. Il avoua tout bonnement qu’il s’était fait un grand plaisir avec cette équipée. Mais la facture suivra. Elle sera salée puisque les dommages sont estimés à plus dc 200’000 francs.
Le chasse-neige est quasi-démoli tandis que l’avant de l’automotrice est enfoncé. Des dégâts ont en outre été occasionnés à la voie et, en gare de Bulle, aux aiguilles. Avant d’entreprendre son expédition, à partir de 20 h. 30 déjà, s’étant introduit dans le dépôt de la voie étroite, l’homme tenta vainement de mettre en marche plusieurs automotrices électriques, provoquant également des dommages à ces machines.
Si ce fou du train était parvenu à mettre sur les rails un train électrique, il aurait été d’emblée stopé par les systèmes de sécurité, soit automatiquement en franchissant le feu rouge de sortie de gare, soit par l’intervention de l’employé de service depuis le pupitre de commande de la gare Le tracteur diesel utilisé pour les manoeuvres en gare uniquement, ne permet en revanche pas d’intervenir à distance.
Impossible barrage
Le seul employé encore en service à la gare de Bulle après la fermeture du trafic ferroviaire aperçut certes le départ du convoi. Il pensa à des travaux à effecteur à la voie mais s’étonna cependant de ne pas en avoir été averti. Il tenta donc une liaison radio avec le tracteur diesel, mais personne ne répondit. Le convoi fou poursuivit donc sa route sans que personne ne puisse la lui barrer. Alertés, les hommes de la voirie se demandèrent d’abord bien ce que faisait, en cette soirée sans le moindre flocon, un chasse-neige hors de la voie à la gare du Pâquier. Le trafic ne put reprendre que samedi à 9 h. après des travaux de remise en état de 1a voie également.
son châssis étant totalement tordu, il n'a pas été possible de remettre l'automotrice 114 en service