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La nécropole de Kerma est l'une des plus impressionnantes de Nubie, en raison notamment des innombrables cerles de pierres noires et blanches qui marquent l'emplacement des sépultures.
La nécropole de Kerma, contemporaine de la ville, est située à 4 kilomètres plus à l’est. L’installation de la nécropole à cet emplacement est peut-être liée à la présence de l’agglomération Pré-Kerma qui occupe ce terrain dès la fin du quatrième millénaire av. J.-C. Les fouilles ont débuté en 1977, parallèlement à celles de la ville. Il s’agit de fouilles par secteurs, en raison de l’immensité de la nécropole. Sa superficie avoisine les 90 hectares, le nombre de tombes se situe entre 30'000 et 40'000, et la dimension des plus grandes d’entre elles atteint 90 mètres de diamètre. Les travaux ont permis de comprendre le développement de la nécropole, qui suit un axe nord-sud, parallèle au Nil.
Les sépultures sont constituées d’un tumulus de terre, maintenu en place par plusieurs cercles concentriques de pierres noires et blanches. Leurs dimensions ont varié selon les époques et le rang des défunts. Au nord, les tombes du Kerma ancien sont de taille relativement uniforme. Le défunt repose sur une couverture en cuir, parfois une seconde recouvre son corps. Il est vêtu d’un pagne et l’équipement funéraire se limite à quelques objets personnels (éléments de parure, éventails en plumes d’autruche, paire de sandales, poignard). Parfois, un ou deux sujets accompagnent le mort. Les cérémonies d’inhumation comportaient des repas et des libations matérialisés par les offrandes de surface déposées au pied du tumulus : au nord, des dizaines de bols sont retournés à l’envers, au sud des bucranes arrangés en demi-cercle symbolisent la richesse du défunt. Dès la fin de cette période, les différences entre les tombes deviennent plus marquées, avec des regroupements autour d’une inhumation privilégiée.
Avec la hiérarchisation croissante de la société au Kerma moyen, ce phénomène ne cessera de s’amplifier. La peau de bœuf sur laquelle reposait le défunt est remplacée par un lit en bois et les dépôts d’offrandes dans les tombes se font alors de plus en plus importants. Le mobilier s’enrichit d’objets de toilette, d’outils, d’huiles parfumées ou d’onguents contenus dans des récipients parfois importés d’Egypte. Les dépôts d’animaux domestiques et de pièces de viande à l’intérieur de la fosse se généralisent, et le nombre de bucranes déposés au sud du tumulus augmente. Il ne devient pas rare de trouver, à côté du sujet principal, plusieurs individus mis à mort à l’occasion du décès de la personne inhumée. Dans les grands tumuli du Kerma classique, G. A. Reisner estimait leur nombre à plusieurs centaines. A cette période, les poteries sont placées dans et devant des chapelles érigées à proximité des tombes importantes. Elles étaient brisées durant des banquets funéraires, de manière à partager des mets et boissons avec le défunt. Cette pratique se poursuivra également durant les temps méroïtiques.
Pour en savoir plus, consultez les publications de C. Bonnet (archéologie) et de L. Chaix (archéozoologie et anthropologie).