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Critique
Présenté comme la comédie n. 1 actuellement en Angleterre, ce film aborde la question de l'intégration des immigrés, en l'occurrence pakistanais, dans la société anglaise, avec une attention particulière aux problèmes que peut poser la pratique d'une religion telle que l'islam dans une société privilégiant la liberté individuelle.
Rien de mieux que l'humour et la comédie en effet pour parler d'un sujet aussi sérieux et sensible. En réalité, la famille Khan est mixte. Le père, prénommé George (Om Puri), pakistanais et musulman, et son épouse Ella (Linda Bassett), de souche anglaise, ont une fille et cinq garçons. Ce couple vit une union assez harmonieuse, semble s'aimer toujours autant qu'au premier jour. Mais les garçons sont en âge de se marier, ou plutôt d'être mariés. Car George, en bon musulman, arrange les mariages de ses enfants. Ceux-ci vont se trouver tiraillés entre l'obéissance à leur père, vers laquelle leur éducation sévère les porte, et le mode de vie anglais appris au simple contact des autres, copains et voisins, et qui leur laisse plus de liberté. De même leur mère est déchirée entre l'amour pour son mari et le bien de ses enfants.
Ce film est incontestablement assez bien fait. Il ne tombe jamais dans la caricature ni les jugements sommaires. Il n'occulte pas les problèmes, voire les souffrances, que peut connaître un couple dont l'un des conjoints est musulman. Il essaie de montrer que l'amour peut aider à surmonter ces difficultés, bien que dans le cas présent il se révèle insuffisant à partir d'un certain seuil de violence. Ella est une épouse exemplaire, mais elle fait peut-être preuve de faiblesse en acceptant certaines implications de la religion de son mari. George souffre réellement de ne pas comprendre ses fils, ce qui n'excuse nullement sa violence.
Bref, chacun doit faire une partie du chemin; Ella l'a fait visiblement depuis le jour de son mariage, tandis que George doit encore mettre de l'eau dans son vin. C'est l'histoire d'un douloureux mais nécessaire apprentissage pour concilier des exigences aussi opposées qu'il faudrait abandonner. Cela passe par la reconnaissance de certaines valeurs du pays d'accueil.
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