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Pour le Conseil de la presse, les médias ont joué leur rôle de "chiens de garde de la démocratie" dans l'affaire Hildebrand. Cela vaut aussi pour la "Weltwoche", dont les révélations ont finalement conduit à la démission du président de la Banque nationale. Le magazine a cependant commis plusieurs fautes.
Le Conseil suisse de la presse a publié sa prise de position jeudi lors de sa conférence de presse annuelle à Berne. A ses yeux, il est faux de faire porter le chapeau de la démission de M. Hildebrand, le 9 janvier, à la "Weltwoche" et à sa manière controversée de rapporter les faits.
Au-delà du caractère privé des transactions de devises de la famille Hildebrand, l'affaire était d'un haut intérêt public et les informations relevaient en permanence du secret bancaire, écrit le conseil.
Du point de vue de l'éthique professionnelle, il est positif que les médias aient remis en cause le communiqué "elliptique" de la BNS du 23 décembre. Dans celui-ci, la BNS écrivait que les rumeurs concernant des transactions effectuées par M. Hildebrand étaient sans fondement.
Plainte partiellement admise
Le Conseil de la presse s'est d'une part penché sur le rôle des médias dans l'affaire Hildebrand. D'autre part, il a traité une plainte déposée par la Banque Sarasin contre la "Weltwoche", une plainte partiellement admise.
Ainsi, l'hebdomadaire a violé le devoir de vérité et l'obligation de rectifier: il a caché à ses lecteurs la source principale de ses informations, l'avocat thurgovien Hermann Lei.
Il a indiqué à tort comme source indirecte le conseiller client de Hildebrand (en fait il s'agissait d'un collaborateur informaticien) et passé sous silence qu'il n'a jamais eu de contact direct avec l'informateur. La "Weltwoche" n'a jamais rectifié ces fausses informations.
La "Weltwoche" se voit aussi reprocher le fait de n'avoir pas identifié les extraits de comptes de M.Hildebrand comme étant un montage. Ceci d'autant plus que l'illustration formait le coeur de la critique envers le président de la BNS.
ATS