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Contador - Schleck: guidon contre guidon
D'un côté, le brun Alberto Contador, Espagnol de 28 ans, grimpeur de 1,76 m (pour 62 kg), fort de 55 victoires, la dernière acquise fin mai au Giro.
De l'autre côté, le blond Andy Schleck, Luxembourgeois de 26 ans, gabarit longiligne de 1,86 m (pour 68 kg), qui affiche 10 victoires à son palmarès.
Tous deux ont eu très tôt dans leur carrière une réputation de prodige. La suite a justifié ce pronostic. Depuis deux ans, ils ont confisqué les deux premières places de la Grande Boucle.
Qualités individuelles: Tous deux ont fait jeu égal l'an dernier en montagne, à l'image de leur arrivée, roue dans la roue, au sommet du Tourmalet. S'il est moins explosif dans ses démarrages que son adversaire, Andy Schleck ne nourrit aucun complexe. Il pense même avoir progressé dans le contre-la-montre, son point faible par rapport à Contador qui a déjà gagné des "chronos". Mais "Contador est plus cycliste", résume Marc Madiot en faisant référence aux qualités de descendeur du Madrilène, plus sûr que son adversaire en ce domaine, à sa concentration en course et son sens du placement. Même s'il a déjà été surpris par des bordures ou pris dans des cassures par le passé.
Contador, un habitué du maillot jaune
Saison 2011: Quand Contador compte déjà 9 succès cette saison, le cadet des Schleck attend encore sa première victoire. Pour meilleure performance, le Luxembourgeois affiche un podium sur Liège-Bastogne-Liège (3e, derrière son frère Frank). Il dit s'être rassuré au Tour de Suisse bien qu'il n'ait pu conclure. Son rival espagnol, en revanche, a multiplié les victoires. Tour de Murcie, Tour de Catalogne, Tour d'Italie surtout agrémenté de deux succès d'étape. Pour sa reprise, il a accédé au podium des Championnats d'Espagne (3e du contre-la-montre, 2e de la course en ligne). Bien que Contador ait disputé un grand tour (Giro), il a moins couru que son rival en 2011 (42 jours contre 46).
Une entente cordiale entre les deux favoris. [Bas Czerwinski - Keystone]Expérience: Si le nombre de leurs participations au Tour diffère peu (trois pour Schleck, quatre pour Contador), le passé joue en faveur du Madrilène, vainqueur à trois reprises de la Grande Boucle dont deux fois devant son adversaire privilégié (2009 et 2010). Contador a l'habitude de porter le maillot de leader, d'assumer le rôle de favori et la responsabilité de la course. Alors que le Luxembourgeois n'a encore jamais gagné un grand tour (trois fois deuxième), son aîné - de deux ans - s'est imposé à six reprises dans les courses de trois semaines (3 Tours, 2 Giro, 1 Vuelta). A l'âge de Schleck, Contador avait déjà gagné trois grands tours.
Une équipe en or pour Andy Schleck
Equipe: le chassé-croisé de la dernière intersaison a redistribué les cartes. Contador a rejoint l'ancienne équipe (Saxo Bank) des Schleck, lesquels ont emmené avec eux l'ossature de ce groupe. Sur le papier, la nouvelle formation d'Andy Schleck (Leopard) impressionne. Cancellara dans la plaine, F. Schleck et Fuglsang en montagne, ont peu ou pas d'équivalent. Mais, si Chris Sörensen et Navarro évoluent à plein régime, Contador disposera d'un soutien solide dans les cols. Un grand leader tire son équipe vers le haut, a-t-on coutume de dire. Premier test, dès dimanche, dans le "chrono" par équipes, logiquement à l'avantage des rouleurs qui entourent Andy Schleck.
Contador, pile ou face
POURQUOI IL VA GAGNER
Il est le meilleur grimpeur: les quatre arrivées au sommet du Tour (Luz-Ardiden et Plateau de Beille dans les Pyrénées, Galibier et Alpe d'Huez dans les Alpes) lui conviennent. Quelles que soient les pentes, Contador possède un démarrage quasi-irrésistible.
Un regard plein de convoitise d'Andy Schleck. [Bas Czerwinski - Keystone]Il se ménage des alliés: gagnant dans l'âme, le Castillan sait à l'occasion faire des cadeaux en course, pour remercier ou pour préserver l'avenir. La marque du patron qu'à l'âge de 28 ans, il est devenu, apprécié généralement dans le peloton.
Il a dominé le Giro: nul n'a rivalisé avec lui sur les routes italiennes. Le Madrilène a su doser ses efforts sur un parcours taillé à ses mesures, pas moins de huit arrivées en altitude. Le Tour d'Italie n'a pu que renforcer sa confiance. Le meilleur Contador est de retour.
POURQUOI IL VA PERDRE
Il va payer la fatigue du Giro: le doublé Giro-Tour n'a plus été réussi depuis 1998, lorsque Marco Pantani avait gagné l'édition de la Grande Boucle marquée par l'affaire Festina. A cinq semaines d'écart, l'enchaînement des deux plus grandes courses par étapes de la saison n'a rien d'évident.
Il doit prendre sur lui nerveusement: la polémique sur sa présence au départ du Tour, l'incertitude sur le résultat à venir, ajoutent à la pression habituelle qui pèse sur le favori du Tour. Le climat pourrait s'avérer pesant pour Contador s'il ne parvient pas à conquérir le public.
Il n'a pas dominé Andy Schleck l'an passé: jusqu'à la veille de l'arrivée, Contador a souffert dans le Tour 2010. L'écart final, 39 secondes, correspond au temps perdu par Andy Schleck dans l'étape du port de Balès à cause d'un dérailleur récalcitrant.
Schleck, le syndrome du dauphin
Andy Schleck a estimé vendredi que le parcours du Tour de France 2011 était "taillé pour (lui), mais aussi pour Alberto" Contador, son rival pour la victoire finale.
"Le parcours n'a pas trop de contre-la-montre (42,5 km en individuel, ndlr), donc c'est un avantage. Mais on a vu ces dernières années et dans le dernier Tour d'Italie, qu'Alberto est pas mal non plus. J'aime bien le parcours. Il est taillé pour moi mais aussi pour Alberto", a déclaré le Luxembourgeois lors d'une conférence de presse de son équipe Leopard aux Herbiers.
Andy Schleck devance Contador lors de l'arrivée au col du Tourmalet, en juillet 2010. [Keystone]Interrogé sur le contre-la-montre, son point faible à la différence de l'Espagnol, Schleck a expliqué avoir "beaucoup travaillé" cet exercice. Le discours du cadet des frères Schleck reste dont teinté de crainte face à l'expérience et aux atouts de Contador. Sur la selle, le Luxembourgeois devra se montrer conquérant dès le début pour mettre la pression à son rival ibérique.
"Mais si je veux gagner le Tour, je dois le gagner sur mes points forts. Je dois ne pas perdre trop de temps en contre-la-montre. L'avant-dernier jour, ce sera surtout la fraîcheur physique qui fera la différence. Je pense que le Tour se décidera avant ce jour, j'espère", a-t-il poursuivi.
agences/hdel
Les équipes en bref
Astana: Vinokourov rêve du maillot jaune pour sa dernière apparition, son équipe est bâtie pour l'aider.
BMC:i Evans, malchanceux l'an passé, veut remonter sur le podium. Steve Morabito et Michael Schär devront l'y aider dans leur rôle de fidèles équipiers
Cofidis:i Moncoutié retrouve le Tour après une parenthèse d'un an. Taaramae joue le maillot blanc, Dumoulin le succès d'étape.
Europcar:i Voeckler, en capitaine exemplaire, tire le groupe vers le haut.
Euskaltel:i l'équipe basque est attendue du côté de Luz-Ardiden. Mais Samuel Sanchez, au pied du podium en 2010, peut briller ailleurs.
Française des Jeux: Casar, une valeurs sûre, a pris l'habitude de faire mouche sur le Tour.
Garmin:i Hushovd et Farrar se répartissent les étapes de plaine. Hesjedal et Vandevelde s'occupent du classement général.
HTC:i le train de Cavendish doit l'emmener à conclure le plus souvent possible. Tony Martin vise le top 10.
Katusha:i En l'absence de Rodriguez, place aux Russes. Galimzyanov, Ignatyev et autres Kolobnev sont tournés vers les étapes.
Lampre:i Cunego, rassuré par le Tour de Suisse, cherche l'ouverture, avec notamment David Loosli en soutien. A 37 ans, Petacchi veut encore s'illustrer au sprint.
Leopard:i le groupe, Cancellara inclus, est au service des frères Schleck. Objectif maillot jaune pour l'un des deux, a priori Andy.
Liquigas:i malgré un printemps contrarié, Basso garde une motivation intacte. Szmyd est là pour la montagne, Oss pour la plaine.
Movistar: ifaute de grand leader, l'équipe espagnole s'adapte et se tourne vers les étapes. Attention à Kiryienka et Ventoso.
Omega Pharma:i la première semaine est favorable à Gilbert, la suite à Van den Broeck qui vise la troisième place finale.
Quick Step:i succès d'étape au programme pour l'équipe belge qui fait confiance à Chavanel, nouveau champion de France, et à Boonen, de retour sur le Tour.
Rabobank:i la formation néerlandaise joue à fond la carte Gesink, possible trouble-fête.
RadioShack:i quatre pointes pour l'après-Armstrong. Qui sera le plus performant, entre Brajkovic, Horner, Klöden et Leipheimer ?
Saur-Sojasun:i à 24 ans, Coppel est investi des responsabilités dans la dernière venue des équipes françaises sur le Tour.
Saxo Bank: tout pour Contador, candidat à une quatrième victoire. C'est l'objectif unique de la formation de Riis.
Sky:i Sur sa lancée du Dauphiné, Wiggins pense au top 10 et rêve de podium. Point d'interrogation pour Boasson Hagen, en retrait l'an passé.
Vacansoleil:i pour ses débuts dans le Tour, l'équipe néerlandaise aligne des cartes pour différents terrains (Feillu, De Gendt, Leukemans, Hoogerland).