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Michael Kaminer : un capteur de rêves sur le chemin de sa propre histoire
Michael Kaminer : un capteur de rêves sur le chemin de sa propre histoire
Pourquoi n’y aurait-il pas de place pour deux rêves dans le même lit ? Cette question, que s’est posée un jour l’écrivain palestinien Mahmoud Darwich, est devenue le fil conducteur de la vie de Michael Kaminer.
Michael Kaminer vit dans un kibboutz, construit en 1948 sur les ruines d’un village palestinien. À l’incitation d’une organisation partenaire de l’EPER active en Israël, il s’est mis à explorer l’histoire taboue de son kibboutz. Il a confronté sa communauté aux événements du passé et a recherché dans les camps de réfugié·e·s palestiniens les personnes ayant vécu autrefois là où se trouve aujourd’hui son foyer. Michael Kaminer a fait de ce voyage un film documentaire, qu’il montre maintenant dans le plus d’endroits possible. Car il en est convaincu : une réconciliation entre les populations israélienne et palestinienne n’est possible que si les deux camps sont prêts à reconnaître les souffrances vécues par l’autre partie, ainsi que ses rêves.
Hanspeter Bigler
Responsable de la Division Communication & mobilisation de l'EPER.
Il s’est senti honteux d’avoir eu besoin de plus de 40 ans pour comprendre qu’en 1948, son kibboutz avait été construit sur les ruines d’un village arabe.
Michael Kaminer est né en 1964 dans le kibboutz de Tzora. Ses parents ne faisaient pas partie des fondatrices et des fondateurs du kibboutz ; ils y ont emménagé l’année de sa naissance. Après sa scolarité, Michael a accompli quatre ans de service militaire, notamment en Cisjordanie. Il a ensuite fait un tour du monde, avant de se lancer dans des études de cinéma à Tel Aviv. Il a rencontré sa femme Tal à la fin de ses études, puis est retourné vivre dans son kibboutz, où il a monté un studio de cinéma. Quand Michael Kaminer a regardé dans les archives de Tzora les vidéos tremblantes et les photos de la fondation du kibboutz, il s’est senti honteux. Honteux d’avoir eu besoin de plus de 40 ans pour comprendre qu’en 1948, son kibboutz avait été construit sur les ruines d’un village arabe. Ce qui faisait naître pour le peuple juif l’espoir d’un nouveau départ en pleine guerre d’indépendance était en fait une catastrophe pour la population arabe – la « Nakba ». La population arabe a fui les troupes israéliennes et a tout laissé derrière elle, ses maisons et ses champs, en espérant revenir bientôt.
HEKS
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Wikimedia
Sur les traces du passé
Le village arabe sur les ruines duquel a été construit Tzora s’appelait Sar’a. Michael Kaminer a toujours eu les ruines sous les yeux. Il lui aura pourtant fallu toutes ces années pour comprendre que l’endroit n’avait pas été habité par Ali Baba et les 40 voleurs, comme il le croyait enfant, mais que tout un village se tenait là, abritant 400 personnes bien réelles. Comment était-il possible que personne – ni ses parents, ni les enseignant·e·s, ni les fondatrices et les fondateurs du kibboutz – ne lui ait jamais parlé de ce passé ? C’est un séminaire tenu par Zochrot, une organisation partenaire de l’EPER en Israël, qui lui a donné le courage de se lancer. Il a alors décidé de revenir sur les traces du passé et de raconter cette aventure à travers un film documentaire. Il voulait en savoir plus, parler avec les fondatrices et les fondateurs de Tzora encore en vie, en découvrir davantage sur Sar’a, sur les personnes qui avaient habité le village, sur leur vie aujourd’hui. Cette démarche a donné lieu à un voyage très personnel qui a changé Michael et sa façon de voir les choses à jamais.
Michael Kaminer a terminé son film en 2015 et l’a sobrement intitulé « Sar’a ». Depuis, il le montre dans le plus d’endroits possible en Israël. Partout où il est invité, les émotions sont au rendez-vous dans le public. Le film laisse bon nombre de personnes pensives, d’autres sont embarrassées. Certaines réagissent par le déni, l’offensive ou encore la colère. Dans le film Deux rêves – l’histoire israélo-palestinienne d’un village, l’EPER brosse un portrait de Michael Kaminer et de son travail.
Foire aux semences pour cultiver les traditions sans argent
Au Bénin, une foire réunissant des agricultrices et des agriculteurs de toute l’Afrique permet l’échanges d’une large palette de semences dans le but de renforcer la biodiversité régionale et mondiale. Le troc de semences et le partage de savoir-faire sont primordiaux pour contrer la privatisation de ce bien essentiel imposée tant par des multinationales que par des États.
Les droits fonciers collectifs constituent le meilleur outil de protection contre l’accaparement des terres par les entreprises productrices d’huile de palme, comme le montre le cas d’un petit village indonésien.
Droit à l’eau potable : il faut saisir ce moment historique
Indispensable à la vie sur notre planète, l’eau est un élément vital que nous devons toutes et tous gérer de manière durable. En matière d’engagement concret pour la protection de l’eau et l’accès universel à l’eau, les possibilités ne manquent pas.
Benjamin Muff, 30 ans, a été pendant plusieurs années partenaire de tandem bénévole dans un des jardins de l’EPER, à Zurich. Durant cette période, il a accompagné un jeune Érythréen. Au milieu des plates-bandes est née une belle amitié.
Des conditions difficiles pour les jeunes paysan·ne·s
Au Sud comme au Nord, les terres agricoles sont rares : les jeunes paysan·ne·s sont de plus en plus privés d'accès à la terre, et l'agriculture ainsi que l'avenir de notre système alimentaire sont menacés.
Lors de la première de la pièce documentaire Hunger. Ein Feldversuch (« Essai de terrain sur la faim », uniquement en allemand) au Bühnen Bern, le public a pu profiter d’une immersion totale dans le thème de la « faim ». La pièce nous confronte aux dures causes de la famine dans le monde et à ses effets dévastateurs. Le public prend part à cet « essai de terrain », qui rend tangibles les solutions à la crise alimentaire.
La canicule cet été a montré qu’on ne peut plus éluder les répercussions négatives des changements climatiques sur l’agriculture. Nous devons changer notre manière de penser de toute urgence. Mouvement de politique sociale en plein essor, l’agroécologie montre que l’agriculture et l’approvisionnement alimentaire sont compatibles avec des objectifs écologiques et sociaux et contribuent à résoudre la crise climatique.
Nous le savons : l’accès à l’eau est vital. Chaque jour, nous ouvrons le robinet sans vraiment réaliser à quel point l’eau est précieuse, et que l’accès à l’eau potable n’est pas une évidence partout. Je suis convaincu d’une chose : nous avons le pouvoir de contribuer au respect du droit à l’eau.
Guerre en Ukraine et promotion non-violente de la paix
Dans le contexte de la guerre en Ukraine, l’utilité de la promotion non-violente de la paix est mise en doute dans l’opinion publique : quiconque défend encore une position pacifiste face aux terribles images qui nous viennent d’Ukraine se voit reprocher d’être « naïf » ou de ne pas se préoccuper des personnes attaquées. La promotion non-violente de la paix n’est-elle en effet qu’une utopie commode et obsolète ?
La guerre en Ukraine montre que nous devons changer de système alimentaire
La guerre en Ukraine entraîne des répercussions dramatiques sur la sécurité alimentaire dans le monde. Elle montre à quel point il est urgent de transformer le système alimentaire actuel, axé sur la recherche de profits.