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On peut hésiter entre Torres García et son époque catalane, Pau Gargallo, Joan Miró ou Picasso en art ou d'autre part Joan Salvat-Papasseit, Josep Maria Junoy et J.V.Foix dans les lettres. Sans oublier des mouvements plus que des organisations comme ADLAN et GATPAC Et bien sûr des revues de courte durée mais de tant de valeur (hèlix, Art…) Si on tente de réduire le commentaire à quelques exemples sans retraduire l'atmosphère de l'époque qui explique la production des œuvres examinées. Vivre la Catalogne dans une euphorie d'enthousiasme et de ferveur contredit la chronologie historique. Dans la période étudiée entre la Semaine tragique de Barcelone en 1909, la première guerre mondiale(1914-1918) et la neutralité de l'Espagne, la dictature de Primo de Rivera (1923) et la Guerre Civile en 36. Pourquoi parler d'enthousiasme? Parce que entre le 14 avril 1931, la proclamation de la niña bonita, la república de los trabajadores naquit sans verser une goutte de sang. Comment parler d'enthousiasme? Son intronisation se manifeste par les troubles entre la police espagnole et une modalité nouvelle catalane émerge en assumant une nouvelle façon de voir les relations avec la Castille par la reconnaissance et les relations mutuelles. Parallèlement, Gabriel Alomar revendiquera la paternité d'un catalanisme socialiste tourné vers le dialogue des différents protagonistes de la péninsule et l'état central. Utopie? En tout état de cause, cette période d'essais féconds fût courte, Période de sa vie(1932-1934/36) qui coïncide avec la déclaration de l'état catalan et l'établissement de la première généralité présidée par Francesc Macià. Toute l'avant-garde est tributaire d'un groupe réduit pour ne pas dire de quelques individus.Ainsi l'entend Salvador Dalí Depuis ses ismes, l'heure de l'individualisme est passée, ton heure Salvador! La prééminence patente des noms qui défilent au panthéon de l'art semblent imprescriptibles mais déjà, s'entrevoit l'humus qui facilite sa croissance. Sous-sol qui constitue et réfléchit l'émergence des figures les plus significatives. La figure la plus marquée des lettres catalanes de l'époque est sans conteste celle de J.V.Foix. qui partage sa position digame philo-catalaniste, peu connaisse son œuvre poétique. Lecteur de Maurras ou il trouva une forte conviction nationaliste essentiellement fondée sur la défense de la langue catalane. Il fera partie des écrivains qui refuseront de se renier, pendant la répression, en écrivant dans une autre langue que le catalan en se condamnant à l'exil intérieur et au silence éditorial s'il n'était clandestin. Face à l'affaissement et à l'adultération de la langue, il se montra toujours intransigeant, dénonçant tout y compris la lecture des modernes et conseillait la pratique exclusive des anciens. Adhérer à une esthétique de rupture impliquait une maturité culturelle suffisante pour se lever et proclamer une alternative. Foix voyait dans la fragilité matérielle des institutions catalanes un danger guettant les jeunes générations après l'expérience qu'il eut lui-même de l'étrange et récente abîme socio-politique. Foix apparaît bon connaisseur des modalités futuristes(calligrammes) et surréalistes: KRTU (1927) et Gertrudis (1932) un livre qui adopte et adapte ses souvenirs à la manière de Papa André Breton, il ne cesse pas de faire valoir l'investigation onirique, l'écriture automatique et d'autres innovations qui se suivent, à propos, en forme de sonnets, il sait aussi se concilier la tradition de la forme et l'avant-garde thématique et expressive. Ici apparaît toute l'importance de l'article Teoría y práctica del sud-realismo (1930) qui se compare à la théorie bretonienne à l'entour si particulier de ce foixisme méditérannéïste. Sans oublier le dialogue établi et continu entre le poète et ses amis peintres Miró, Antoni Tàpies… qui se prolonge tout au long de sa vie par la réalisation de livres d'artistes. Le calligramme Poema de Catalunya à une importance spéciale en mettant en évidence une forme calligrammatique reproduit à l'usage par Apollinaire et ses amis futuristes, forme, ici, plus proche d'un poème figuratif que d'un véritable calligramme. Il ajoute les thèmes et les éléments énoncés quant il écrit Catalunya, mar mediterrani et trace des triangles isocèles inversion au symbolisme clair sans plus le développer mais avec des réminiscences d'une autre étude antérieure énonçant en toute lumière l'exaltation d'une patrie, la revendication d'une culture incluant l'adhésion à une communauté prononcée par la métaphore géométrique. On voit se concrétiser dans le poème l'affirmation de catalinité, une première lecture, sans nostalgie du passé et avec une volonté proclamée de futur. Ainsi apparaît l'option à la fois circulaire et anbigue qui ne peut s'empêcher la stance de lamentation la plus programmée de sa poétique Lletra a Clara Sobirós, texte évidé: rêve et réalité à l'intérieur d'une inébranlable option catalane, servitude envers la langue et la communauté. Autre protagoniste, joseph Dalman archétype de l'ouverture à l'Europe et de la volonté d'une affirmation moderniste, sur les sentiers de l'avant-garde catalane du début du siècle. Chapelier de profession et marchand d'antiquités, il se consacre très tôt à la promotion de l'art contemporain jusqu'à en subir des désagréments économiques pour son établissement, ce qui est beaucoup dire pour un galeriste. A ce marchand atypique, on doit la présentation en 1912, pour la première fois dans péninsule, de quelques-unes des premières œuvres cubistes. Parmi lesquelles apparaît Marcel Duchamp et une grande série d'artistes, au nom aujourd'hui fameux. Mais durant tout ce temps, il ne vendit ni Albert Gleizes en 1916 ni Serge Charchoune en 1917, ni Joan Miró en 1918 ni Dalí en1925, etc... Dans sa galerie se rencontrèrent les artistes européens de Paris de la guerre(1917) et parmi eux Picabia et ses amis Robert et Sonia Delaunay, Hans Harp… lui apportant un support économique et logistique à la publication de la revue 391 pendant le séjour de Picabia, son créateur, à Barcelone. Dalman se fît non seulement le promoteur de l'avant-garde étrangère et locale en Catalogne mais il entreprit aussi la projection de l'art catalan à l'extérieur en assurant ma première exposition de Miró à Paris. Un autre versant de son action se trouve dans la récollection vitale de l'art catalan, vision anticipative d'une ouverture maintenue pour le restant du siècle. Paris fût, était de deviendra l'interlocuteur privilégié dans le temps historique considéré. De la capitale française partait et retournait toute parole créatrice afin de recevoir un acte de reconnaissance. Ce dialogue s'affichait presque toujours à partie de contacts personnels, sans oublier les échanges épistolaires et les chroniques de presse qui s'inter changeaient. Sans oublier le recueil L'instant(1919) qui par sa seule présence enregistre l'existence d'une éphémère revue franco-catalane, au nom éponyme lisible dans les deux langues, éditée à París et plus tard à Barcelone, Son fondateur Joan Pérez Jorba servit de lien entre les littératures catalanes(Josep Maria Junoy) et PAB (Pierre Albert-Birot), créateur de la revue SIC et promoteur actif de la nouvelle esthétique à París.