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La composition de l’approvisionnement électrique ménage l’environnement
La Suisse a besoin d’un approvisionnement électrique sûr, avantageux, indépendant et ménageant l’environnement. Aussi, la production électrique helvétique se base-t-elle depuis des décennies sur deux
La Suisse a besoin d’un approvisionnement électrique sûr, avantageux, indépendant et ménageant l’environnement. Aussi, la production électrique helvétique se base-t-elle depuis des décennies sur deux formes énergétiques essentiellement, la force hydraulique et la force nucléaire. Ces deux ressources correspondent en effet au mieux aux besoins de la Suisse. L’approvisionnement électrique suisse est fait approximativement de 55% de force hydraulique, de 40% de force nucléaire et de 5% de productions thermiques classiques et autres. Les alternatives comme le vent et le photovoltaïque ne représentent qu’une minuscule partie de ces ressources. Dans l’ensemble, les énergies renouvelables constituent 1,5% de la production énergétique. Même en soutenant massivement toutes les énergies alternatives, celles-ci pourraient tout au plus couvrir 10% des besoins de la Suisse d’ici à 2035. C’est dire que la force hydraulique et le nucléaire resteront encore longtemps les principaux piliers de la production électrique suisse.
Encouragement de la force hydraulique
Grâce à sa situation géographique, la Suisse bénéficie de bonnes conditions de départ pour produire de l’électricité avec la force hydraulique. Cette ressource doit donc être exploitée au mieux. Pour cela, il faut commencer par améliorer les conditions-cadres, donc en particulier assouplir les dispositions légales sur les débits résiduels. Les usines existantes doivent être modernisées et agrandies dans la mesure où les conditions économiques et la technique le permettent. Toutes les réserves disponibles doivent être exploitées. Dans l’intérêt d’un approvisionnement sûr et avantageux, la part de la force hydraulique à l’approvisionnement électrique de la Suisse doit être augmentée.
L’énergie nucléaire est indispensable
A côté de la force hydraulique, l’énergie nucléaire est la deuxième ressource électrique avec 40% de la production. Cet agent énergétique assure également un approvisionnement électrique sûr, avantageux, ménageant l’environnement et indépendant. En comparaison internationale, les centrales nucléaires suisses sont d’un niveau très élevé et les spécialistes de ce pays disposent d’un grand savoir-faire. En outre, d’énormes efforts ont été faits ces dernières décennies pour développer de nouveaux systèmes techniques. Les réacteurs de la troisième génération offrent non seulement des capacités et des rendements plus élevés, mais aussi une plus grande sécurité.
L’énergie nucléaire assure à la Suisse une indépendance relativement grande de l’étranger. Notre pays ne dispose certes pas de gisements d’uranium, mais son approvisionnement en éléments combustibles est garanti par des contrats de fourniture de longue durée. De plus, les réserves d’uranium se trouvent dans des régions politiquement sûres comme le Canada et l’Australie, contrairement aux réserves de pétrole et de gaz. La Suisse ne peut renoncer au nucléaire à moins de compromettre gravement son approvisionnement énergétique. Les centrales nucléaires existantes doivent donc être exploitées aussi longtemps que le permet leur sécurité. De plus, il faut empêcher que leur exploitation soit entravée par des contraintes et des redevances excessives. A la fin de leur durée de vie, ces centrales doivent être remplacées par des équipements nouveaux.
La question du stockage final des déchets radioactifs doit et peut être rapidement réglée. Il faut rappeler à ce propos que ces déchets ne proviennent pas seulement des centrales nucléaires, mais aussi de l’industrie et de la recherche. A notre avis, les obstacles qui s’opposent à la réalisation d’un dépôt définitif de déchets nucléaires en Suisse ne sont pas techniques et scientifiques, mais bien politiques. Or, ce problème doit être réglé dans l’intérêt des générations à venir et il faut cesser d’en empêcher la solution pour des raisons idéologiques.
Autres formes d’énergie
Bien que les énergies alternatives ne puissent remplacer la force hydraulique et la force nucléaire, elles jouent un rôle important dans la future politique énergétique. Nous devons à l’avenir utiliser toutes les ressources énergétiques qui s’offrent à nous et qui sont techniquement et économiquement exploitables. L’énergie tirée de la biomasse semble avoir le potentiel d’apporter une contribution notable à la production électrique indigène. Dans ce domaine, le bois est la principale ressource énergétique de la Suisse.
Le recours à la biomasse ouvre également de nouveaux champs d’activité à l’agriculture. Le colza, le sucre et le biogaz peuvent notablement contribuer à réduire la dépendance de la Suisse des énergies fossiles importées et utilisées sous forme de combustibles et de carburants. C’est là une véritable chance pour les agriculteurs suisses. Mais dans ce domaine aussi, il s’agit de supprimer des obstacles. Par exemple, il faut simplifier la procédure d’autorisation pour les nouvelles installations. Par la force des choses, ces installations se situent fréquemment à l’extérieur des zones à construire, si bien qu’elles se heurtent à des prescriptions fort restrictives. Dans le domaine des énergies renouvelables, la géothermie peut également apporter une contribution à l’indépendance énergétique de la Suisse. Les usines géothermiques prennent peu de place et, contrairement aux équipements éoliens ou solaires, produisent de l’énergie en continu. Ce sont là des avantages qui devraient encourager la multiplication d’installations de ce type pour produire de la chaleur et de l’électricité. Les coûts de production sont cependant encore très élevés.
Toujours dans l’idée d’une plus grande diversification, nous approuvons également un recours accru à l’énergie solaire ou éolienne. Ces techniques ont fait des progrès, mais les coûts de production restent malheureusement toujours très élevés.
Le gaz naturel est une autre ressource qui permet d’assurer l’approvisionnement électrique de la Suisse. Cet agent énergétique peut surtout jouer un rôle important quand il s’agit de combler à court terme une lacune dans la production d’électricité. Les usines électriques au gaz sont relativement vite construites et disposent d’une importante capacité de production. Cependant, le gaz naturel a aussi quelques gros inconvénients: il produit du CO2 et doit être importé. Si la Suisse se dote d’usines au gaz pour produire son électricité, elle s’expose aux mêmes difficultés d’approvisionnement qu’a connues l’Ukraine durant sa confrontation avec la société russe Gasprom qui a tout simplement fermé le robinet pour des raisons politiques. D’autres pays d’Europe ont rencontré des problèmes semblables. Compte tenu de cette situation et aussi parce que la composition actuelle de l’approvisionnement électrique de la Suisse est aujourd’hui presque exempte de CO2, le gaz naturel ne doit pas être utilisé pour la production d’électricité mais avant tout comme carburant et combustible.
L’approvisionnement électrique de l’avenir
Pour les raisons développées plus haut, l’approvisionnement électrique de la Suisse doit être sûr, avantageux, indépendant et peu polluant. Il faut donc renforcer les deux principaux piliers de la production électrique, à savoir l’hydraulique et le nucléaire. Il faut permettre à ces deux agents énergétiques d’augmenter leur production et leur rendement grâce notamment à des perfectionnements techniques. L’énergie nucléaire et les déchets radioactifs doivent être appréciés d’un point de vue technique et non pas idéologique. Pour éviter de graves lacunes dans l’approvisionnement, il faut commencer assez tôt à préparer le remplacement des centrales nucléaires existantes. Quant aux nouvelles formes d’énergies, elles doivent, comme tous les autres agents énergétiques, se faire une place sur le marché.