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Pandémie: "lacunes" de l'OMS et des Etats selon deux investigations
La pandémie a exposé des "lacunes" de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et ses Etats membres, selon deux rapports dévoilés mercredi soir à Genève. L'institution est notamment appelée à clarifier son approche sur les situations d'urgence.
L'évaluation la plus attendue de la réponse de l'OMS et de tous les acteurs à la pandémie, celle du comité indépendant présidé par l'ancienne Première ministre néo-zélandaise Helen Clark et l'ancienne présidente du Liberia Ellen Johson Sirleaf, est prévue pour la semaine prochaine. Cette investigation avait été lancée l'année dernière après les critiques américaines contre l'institution et son directeur général Tedros Adhanom Ghebreyesus, accusés d'être trop proches de la Chine.
L'Assemblée mondiale de la santé avait souhaité un tel dispositif. En janvier dernier, le comité avait déjà laissé entendre en janvier dernier que l'organisation n'était pas suffisamment dotée par ses membres pour faire face à une telle crise.
Mercredi soir, deux autres évaluations ont déjà révélé leurs observations, à quelques semaines de l'Assemblée mondiale de la santé à Genève. Celle sur le Réglement sanitaire international, entré en vigueur en 2007 pour cadrer la réponse internationale et mis en cause par de nombreux Etats, relève également "le manque de capacités" de l'OMS.
Les Etats membres ne sont pas épargnés. "Trop de pays n'avaient toujours pas les capacités de santé publique pour protéger leurs populations et pour avertir de manière adaptée les autres pays et l'OMS", dit le président de cette investigation. Selon son comité, le manque de conformité des Etats au Réglement sanitaire international a provoqué cette "urgence sanitaire mondiale prolongée".
Dispositif discuté par les Etats
Un avis partagé par le comité indépendant de surveillance du programme d'urgence de l'OMS, établi en 2016. Celui-ci dénonce des "lacunes" aussi bien de l'institution que des Etats dans l'application du Réglement sanitaire international. Le programme d'urgence de l'OMS manque de financement et de personnel. Mais les systèmes nationaux de santé ont été "dépassés" par la crise, explique encore le comité.
Parmi les nombreuses demandes, l'OMS doit améliorer la communication des recommandations provisoires avant qu'une urgence sanitaire de portée internationale ne soit déclarée. Les Etats sont eux appelés à adopter des cadres légaux nationaux pour l'application du Réglement sanitaire international. Et les enquêteurs déplorent aussi l'absence d'un mécanisme de surveillance de celui-ci.
Autre requête, le partage de données et d'indications doit aussi être amélioré, notamment au travers d'un mécanisme sur les séquences de virus. L'OMS a annoncé mercredi le lancement d'un nouveau centre mondial sur cette question.
Les recommandations du comité d'urgence contre les pandémies doivent être relayées plus clairement et accompagnées de demandes d'actions concrètes sur lesquelles les plus hauts dirigeants des gouvernements doivent être rendus responsables de l'application. Des propositions d'un traité international et d'un système de suivi régulier des politiques nationales, comme au Conseil des droits de l'Homme, sont actuellement discutées.
ats