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Les mesures proposées par le régulateur sont positives d’un point de vue du risque crédit.
Les lignes directrices publiées en mars 2018 par la BCE («Addendum aux lignes directrices de la BCE sur les prêts non performants») invitaient les banques directement supervisées par la banque centrale à provisionner intégralement les nouveaux prêts non performants («Non Performing Loans», NPL) après deux ans si le prêt est non garanti, ou sept ans si le prêt est garanti. Au départ, il était entendu que cela concernerait les prêts contractés à partir d'avril 2018, mais selon des rapports et déclarations publiés récemment par les banques, il semblerait que certaines institutions pourraient devoir couvrir intégralement les créances improductives, et pas uniquement celles émises à partir d'avril 2018. La position de la BCE sur l'augmentation du provisionnement des créances improductives pourrait contribuer à réduire les ratios de NPL nationaux par rapport à la moyenne de la zone euro, une bonne couverture facilitant la vente et la cession de portefeuilles de créances improductives.
du total des créances improductives de la zone euro.
Alors que la BCE n'a pas mis à jour ses dernières orientations sur les prêts non performants, le Mécanisme de surveillance unique (SSM), l'organe de réglementation de la banque centrale, a écrit aux banques pour les avertir qu'elle s'attendait à ce qu'elles se conforment à des objectifs rigoureux en matière d'assainissement de leurs bilans. Le problème des créances douteuses est l’un des derniers problèmes hérités de la crise financière dans la zone euro. À la fin du deuxième trimestre 2018, dans l'ensemble de la zone euro, les prêts improductifs représentaient 4,4% des prêts et avances. Les pays dont les ratios de NPL sont supérieurs à la moyenne régionale incluent l’Italie (9,7%), la Grèce (44,8%), le Portugal (15,25%), l’Irlande (8,7%) et Chypre (29,22%). Les banques italiennes sont particulièrement touchées, car le secteur bancaire italien représente près de 25% du total des créances improductives de la zone euro.
Les banques italiennes ont renforcé leurs niveaux de couverture des créances improductives au cours des dernières années, en raison notamment de l’adoption de la norme IFRS 9, qui les a encouragées à aligner leurs niveaux de couverture sur les conditions de marché existantes pour les portefeuilles destinés à être cédés. De nettes améliorations ont été constatées grâce à la combinaison de cessions de portefeuille et de titrisations (la plupart du temps avec une garantie de l'État), au nombre réduit de nouveaux NPL grâce à la croissance économique, aux amortissements plus importants et aux stratégies internes plus efficaces.
pour pertes sur créances planent sur de nombreuses banques risques.
Le respect des directives de la BCE en matière de provisionnement supplémentaire pourrait nécessiter d’importantes augmentations des provisions pour pertes sur créances pour de nombreuses banques jusqu’en 2026. Toutefois, l’ampleur de ce provisionnement dépendra de la capacité de l’institution à poursuivre l’exécution de sa stratégie de réduction des créances douteuses précédemment convenue avec la BCE. Si les banques atteignent leurs objectifs, aucun autre provisionnement n’est ainsi nécessaire. L’incidence des directives de la BCE sur les banques varierait également en fonction de la taille et de la composition des stocks de prêts non performants de chaque banque, de ses niveaux de couverture, de sa capacité à réduire le stock de NPL, et des variations dans l’approche au cas par cas de la BCE.
Les mesures proposées par le régulateur sont positives d’un point de vue du risque crédit. Pour les banques italiennes en particulier, il sera peut-être plus difficile de réduire les stocks de prêts non performants résiduels si le contexte macro-économique se détériore ou si l’appétit des investisseurs en NPL diminue.