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Débat
La présidente. Nous abordons notre dernière urgence. Je passe la parole au premier signataire de ce texte, M. François Lance. S'il peut juste patienter un petit moment, que le silence se fasse... (Un instant s'écoule.) Merci. Monsieur François Lance, vous avez la parole.
M. François Lance (PDC). Merci, Madame la présidente. Mesdames et Messieurs les députés, tout d'abord, je tiens à préciser que si j'ai déposé cette motion, cosignée par une dizaine de députés lancéens, c'est parce qu'un conseiller administratif, M. Bonfanti, magistrat Vert, m'a demandé d'intervenir pour appuyer les élus lancéens tous partis confondus dans cette démarche. Avant toute chose, permettez-moi de citer quelques passages de l'excellent ouvrage sur l'histoire de Lancy, sur le raccordement ferroviaire entre Cornavin et Lancy. Les Lancéens et Lancéennes attendaient la liaison Cornavin-Eaux-Vives depuis 1912 pour disposer d'une gare voyageurs. Les accords passés en 1912 entre la Confédération, les CFF et le canton promettent une réalisation rapide du tronçon Cornavin-La Praille pour la construction d'une nouvelle gare marchandises à Lancy. En 1912, la procédure d'expropriation commence, mais c'est sans compter les inévitables polémiques sur le choix du tracé. Un tracé dit définitif, qui devait emprunter le double tablier du pont Butin, est tout de même adopté, et l'on pense donner le premier coup de pioche en 1914. Mais la Première Guerre mondiale brise net ce bel élan et la polémique reprend. En 1922, le Grand Conseil vote à l'unanimité un crédit représentant la participation du canton au raccordement, mais la priorité donnée par les CFF est la reconstruction de la gare Cornavin, qui vient à son tour retarder l'exécution des travaux. En 1923, la commune réagit vigoureusement - déjà à l'époque - à l'ajournement total décidé par le Conseil d'Etat. Elle dit ceci: «L'isolement dans lequel se trouvent les importantes localités situées sur la rive gauche du Rhône et de l'Arve doit cesser.» En 1924, un nouvel accord est passé, sur la base d'un tracé plus court. En 1929, tous les terrains nécessaires sont achetés, le premier coup de pioche peut être donné. Cette fois, ce sont les difficultés financières de l'Etat de Genève - déjà à l'époque - qui empêchent d'aller de l'avant. Ce n'est finalement qu'en 1940 que démarre le chantier du raccordement. Les travaux s'étaleront sur près de dix ans car la ligne comprend d'importants ouvrages d'art, tels que le tunnel de Saint-Jean, le viaduc de la Jonction et le tunnel de la Bâtie. Une gare provisoire en bois est symboliquement inaugurée en 1949. La vraie gare marchandises ne sera ouverte qu'en 1968. Il faut préciser que l'intégralité des installations ferroviaires de la gare de la Praille se trouve sur territoire lancéen, ce qui représente 30 hectares sur les 477 que compte le territoire lancéen. Concernant le trafic voyageurs, il a fallu attendre le 16 décembre 2002 pour voir enfin arriver des trains régionaux à la gare provisoire de Lancy-Pont-Rouge.
Présidence de M. Jean-Marc Guinchard, président
Cela dit, les autorités de Lancy ont toujours soutenu la densification du quartier du Pont-Rouge, ainsi que tous les aménagements prévus dans le secteur du PAV en collaboration avec les services de l'Etat et les CFF. Deux fondations communales construiront prochainement, en face de la gare de Lancy-Pont-Rouge, deux immeubles de logements sociaux et deux immeubles intergénérationnels. La ville de Lancy compte aujourd'hui 32 000 habitants et 1200 entreprises, de la plus petite à la multinationale comme Procter & Gamble, fruit d'un développement intense que les autorités lancéennes ont toujours soutenu.
Le président. Vous prenez sur le temps du groupe, Monsieur le député.
M. François Lance. Oui, Monsieur le président. Lancy a fait largement sa part en termes de construction de logements. C'est la huitième ville de Suisse romande en nombre d'habitants: Lancy se situe juste derrière Sion, Neuchâtel, Vernier, Fribourg, La Chaux-de-Fonds, Lausanne et Genève. Il est à remarquer que chacune de ces villes dispose actuellement d'une gare à son nom, ce qui ne serait plus le cas pour Lancy avec la décision du Conseil d'Etat. C'est dans un souci d'harmonisation de la dénomination des gares du Léman Express et pour mettre l'accent sur la zone urbaine genevoise que le Conseil d'Etat a décidé de faire précéder chacune des gares par le mot «Genève» suivi du nom du quartier, signifiant que Lancy-Pont-Rouge deviendrait Genève-Pont-Rouge et que celle de Carouge-Bachet - sur territoire lancéen aussi - deviendrait Genève-Bachet. Par contre, Chêne-Bourg, Vernier et Meyrin conserveront leur dénomination d'origine, pour une raison que les autorités de Lancy ignorent. A cette proposition, les autorités de Lancy ont répondu au Conseil d'Etat qu'elles n'étaient pas d'accord et demandaient que les deux gares lancéennes se dénomment Lancy-Pont-Rouge et Lancy-Bachet. Le Conseil d'Etat n'a pas pris en considération la position de la Ville de Lancy et a adressé sa demande à l'Office fédéral des transports en maintenant les deux dénominations Genève-Pont-Rouge et Genève-Bachet.
Les autorités de Lancy ont soutenu la construction du Stade de Genève, qui se trouve entièrement sur Lancy, pour un montant de 6 millions, sans que le nom de Lancy apparaisse nulle part; elles bénéficient simplement du privilège de siéger dans un conseil de fondation qui n'a aucune marge de manoeuvre. Les autorités lancéennes devront investir environ 9 millions de francs pour les aménagements extérieurs des deux gares se trouvant sur le territoire de Lancy et prendre en charge les frais d'entretien du domaine public sans qu'aucune des deux gares indique la mention de Lancy. Cerise sur le gâteau, le projet de nouvelle patinoire, prévue sur des parcelles de l'Etat situées sur le territoire lancéen. Certainement que Lancy sera sollicitée pour un financement de cette patinoire, et devinez comment sera dénommée cette patinoire ! J'ouvre les paris ce soir ! (Commentaires.) Je ne parlerai pas du coût pour les CFF et pour toutes les administrations que va engendrer le changement de dénomination d'une gare qui existe depuis 2002.
Si nous pouvons comprendre que le Léman Express représente une infrastructure régionale et internationale, nous trouvons que l'attitude du Conseil d'Etat...
Le président. Il vous reste trente secondes, Monsieur le député.
M. François Lance. J'ai bientôt terminé. ...vis-à-vis des autorités de Lancy, tous partis confondus, et surtout des 32 000 habitants, n'est pas acceptable. Cette motion se concentre sur la gare de Lancy-Pont-Rouge, parce que celle-ci existe depuis 2002. Les invites de cette proposition de motion sont simples: reconsidérer la dénomination de cette gare en conservant le nom de Lancy-Pont-Rouge; prendre en considération les importants soutiens et investissements de la Ville de Lancy apportés au CEVA...
Le président. C'est terminé !
M. François Lance. ...ainsi qu'à l'aménagement extérieur de cette gare. Je vous invite donc à soutenir largement cette motion. (Applaudissements.)
Une voix. Bravo !
M. Christian Flury (MCG). Les dispositions fédérales prévoient que les gares portent les noms des communes et des quartiers dans lesquels elles se trouvent. Sur le territoire de la ville de Lancy se trouve déjà une gare destinée au trafic voyageurs, qui, depuis 2002, s'appelle gare de Lancy-Pont-Rouge. Avec la mise en service du Léman Express, une fois les travaux du CEVA terminés, Lancy comptera également une halte au lieu-dit Lancy-Bachet. Vouloir rebaptiser ces gares constitue un but manifeste de la part de certains fonctionnaires soutenus par leur conseiller d'Etat; une nouvelle Genferei.
Un petit mot sur la consultation de l'exécutif lancéen: les services cantonaux se sont rendus en visite de courtoisie à la mairie de Lancy, afin d'expliquer au Conseil administratif et à ses proches collaborateurs que la décision avait déjà été prise, et que désormais, ce serait comme ça. L'exécutif cantonal se moque des communiers lancéens. A l'unanimité, le Conseil municipal de Lancy a adopté une motion demandant le maintien de l'appellation de la gare de Lancy-Pont-Rouge et de la halte de Lancy-Bachet. Suite à cette décision du Conseil municipal, le Conseil administratif lancéen a adressé un courrier de doléances au Conseil fédéral, autorité compétente pour casser la demande de redénomination du Conseil d'Etat genevois. Le Mouvement Citoyens Genevois suit les conseillers administratifs et le Conseil municipal de la Ville de Lancy et vous invite, Mesdames et Messieurs les députés, à soutenir cette motion, notamment contresignée par l'ensemble des députés du Grand Conseil domiciliés sur le territoire de la ville de Lancy. Mesdames et Messieurs, je vous remercie. Monsieur le président, j'ai terminé.
M. Jean-Michel Bugnion (Ve). Mesdames et Messieurs les députés, Chinatown, la Défense, Soho ou encore el Barrio gótico: ces noms de quartiers sont connus dans le monde entier, et quasi tout le monde sait les rattacher à la ville où ils se trouvent. Cela démontre bien la problématique de l'identité dans les grands centres urbains. Leurs habitants ne peuvent se contenter d'être des New-Yorkais, des Parisiens, des Londoniens ou des Barcelonais; ils ont aussi besoin de se différencier, de trouver une identité, entre autres, par le lieu où ils résident, celui où ils travaillent, leur quartier. Tout comme à Genève d'ailleurs: un Pâquisard revendiquera cette appartenance, ou un Lancéen le maintien du nom de sa commune dans ceux de ses gares CEVA. En effet, désirer la dissolution dans le grand tout, que ce soit le nirvana ou le Grand Genève, exige à la fois un sacré détachement de ce monde et plusieurs réincarnations bien menées. Or, la commune de Lancy n'en est qu'à sa première existence, et sa demande est non seulement légitime et recevable, mais aussi, nous ouvre à la réflexion sur notre développement urbain. Celui-ci, pour être harmonieux, doit nécessairement prendre en compte les identités locales et leur permettre de coexister, non les faire disparaître. A cet égard, il était frappant de voir, dans mon passé professionnel, l'attachement des adolescents du cycle aux codes postaux qui définissaient leurs territoires. La guerre des boutons entre 12-12 et 12-28, je l'ai vécue en live ! Lancy, qui a soigné et qui va soigner particulièrement les aménagements de sa future gare, Lancy qui est un partenaire incontournable pour deux projets essentiels, on l'a dit, le PAV et la patinoire du Trèfle-Blanc - ce sont bien des projets essentiels pour notre canton - mérite véritablement l'appellation d'origine contrôlée gare CEVA, et je vous enjoins d'envoyer cette motion au Conseil d'Etat, foi de 12-32 ! (Quelques applaudissements.)
M. Cyril Mizrahi (S). Je tâcherai de ne pas paraphraser ce qu'ont déjà dit - et bien dit - mes préopinants, que je remercie. Mesdames et Messieurs, chers collègues, j'aimerais ici, en tant qu'élu issu de la commune de Lancy, me faire aussi le porte-voix des élus qui ne sont pas de cette commune et qui ont également signé la motion. Pourquoi ? Parce que ce n'est pas qu'une affaire d'identité lancéenne. On l'a dit, il y a une ordonnance sur les noms géographiques qui prévoit que les gares doivent être nommées en fonction du nom de la localité desservie. Surtout, quel est le sens de débaptiser une gare qui porte un nom, le nom de la localité, depuis près d'une quinzaine d'années ? Le nom d'une ville, et non des moindres, de surcroît: elle figure dans le trio des trois plus importantes villes de notre canton. Mesdames et Messieurs, chers collègues, cela trahit tout le dédain et l'arrogance de notre gouvernement cantonal vis-à-vis de l'ensemble des communes suburbaines. C'est à cela qu'il faut mettre le holà. Je vous invite, pour cette raison, à voter cette motion ce soir, et je vous en remercie. (Applaudissements.)
Des voix. Bravo !
Mme Bénédicte Montant (PLR). Mesdames et Messieurs les députés, chers collègues,
Sans même évoquer Carouge,
C'est déjà un roman de gare:
Lancy-Pont-Rouge et sa ville gar-dienne
Qui se fâche tout rouge,
Qui demande des gar-anties,
Qui exige des gar-de fous,
Qui veut gar-der son nom
Pour qu'il reste affiché sur le pont
Et qu'il gar-nisse le quai !
Car oui, depuis 2002, face aux han-gars et aux gar-agistes,
Lancy-Pont-Rouge, fière gar-de barrière,
Accueille les voyageurs avec é-gards.
Et voici que sans même crier gare - ce qui est un comble,
Son nom s'est vu dé-gar-ni !
Vouloir le conserver ne relève pas du gar-garisme,
Ce n'est pas une bataille de gar-nison,
Lancy n'a pas pris le ci-gare.
Lancy marque simplement son attachement,
Comme le ferait un bon fils, un bon gar-çon.
Et aimer sa gare, ce n'est pas rin-gard !
La question n'est pas non plus gar-gantuesque,
C'est un petit sujet, une très petite ba-garre,
Dans lequel il est simplement question d'identification,
D'affection et de re-gard.
Mais les délais courent comme des lapins de gar-enne,
Il faut donc renvoyer cette motion au Conseil d'Etat
Et il faut le faire... gare-gare ! (Applaudissements.)
Des voix. Bravo !
M. Antonio Hodgers, conseiller d'Etat. Mesdames et Messieurs les députés, Monsieur le conseiller administratif de l'honorable Ville de Lancy - je parle de l'actuel à la tribune, et de l'ancien dans la salle - sachez tout d'abord que le Conseil d'Etat considère, aime et choie toutes ses communes, et en particulier ses communes suburbaines... (Commentaires.) ...qui, comme Lancy, viennent à assumer aujourd'hui une part prépondérante du développement territorial marqué qu'est le nôtre, durant cette génération. Je parle bien évidemment du Léman Express, qui sera bientôt une réalité pour l'ensemble des «Grand Genevois» et des «Grand Genevoises», mais aussi de l'avènement de ce méga-quartier qu'est le PAV, Praille-Acacias-Vernets, une des mutations urbaines, au coeur de la ville, les plus grandes d'Europe: 230 hectares, un périmètre exceptionnel qui ne pourra laisser place qu'à un nouveau morceau de ville exceptionnel lui aussi. Je m'empresse d'amener cette première précision, puisque vu les discours larmoyants de certains et avant qu'on distribue des t-shirts «Je suis Lancy» en signe de solidarité avec ce que vivent les Lancéens et les Lancéennes ce soir, j'aimerais aussi préciser que contrairement à ce qui a été dit par le député Flury, le Conseil d'Etat a procédé... (Brouhaha. Le président agite la cloche.) ...à une consultation des communes en bonne et due forme sur la question de la nomenclature des gares, que l'ensemble des communes concernées par ces gares - et elles étaient nombreuses: il y avait Chêne-Bourg, Vernier, Meyrin, etc. - ont répondu, ont donné leur accord sur la proposition faite par le Conseil d'Etat, sauf, en effet, la mairie de Lancy. Dire, donc, que Lancy a été mis devant le fait accompli, c'est une première erreur, c'est faux, la consultation a été faite. Malheureusement, nous ne sommes pas parvenus à un complet accord.
Quel aurait pu être le nom de cette gare si nous avions suivi l'ordonnance fédérale sur la dénomination des gares et des haltes ? Cette ordonnance fédérale a été citée à plusieurs reprises. Elle parle de localités. En l'occurrence, la localité concernée... Cette gare, aujourd'hui nommée Lancy-Pont-Rouge, est à cheval entre deux localités, Carouge et Les Acacias. Voilà, Mesdames et Messieurs... (Commentaires.)
Une voix. C'est faux !
M. Antonio Hodgers. ...on aurait dû formellement nommer cette gare Carouge-Acacias, puisque ce sont les localités basées sur la division des arrondissements postaux... (Remarque.)
Le président. Madame Wenger, s'il vous plaît !
M. Antonio Hodgers. ...qui marquent par conséquent le fait que les futurs habitants, lancéens, de ces quartiers-là, auront pour numéro postal 1227 Les Acacias ou 1227 Carouge. Difficile pour eux déjà ! Le Conseil d'Etat, à l'inverse... (Commentaires.)
Le président. Un instant, Monsieur le conseiller d'Etat. (Le président attend que le silence revienne.) Merci. Poursuivez, Monsieur le conseiller d'Etat.
M. Antonio Hodgers. Merci, Monsieur le président. Le Conseil d'Etat n'a pas voulu suivre cette appellation technique, qui, pour paraphraser Mme Montant, aurait été d'arrière-garde, et a préféré lui donner une vision métropolitaine de ce que notre canton, finalement, et sa centralité urbaine, sont en train de devenir, et a privilégié la ville de demain. La ville de demain autour de cette gare, c'est quoi ? C'est l'avènement d'un nouveau quartier, l'Etoile, un futur nouveau centre-ville pour Genève... (Remarque.) ...une centralité, une densité inégalée, des tours de plus de 170 mètres, une place ouverte et créée dans un lieu qui aujourd'hui n'est pas du tout agréable, une remise à ciel ouvert de la Drize. Ce sont des centaines de logements créés dans ce secteur, 180 000 mètres carrés de surface de bureaux. Tout cela pour vous dire, Mesdames et Messieurs, que les gens qui iront à cette gare en 2030, pour l'essentiel d'entre eux, n'iront pas à Lancy, et ce ne seront pas des Lancéens qui l'utiliseront. Ce sera la troisième gare du canton. Par conséquent, à l'heure où tout le monde utilise son téléphone portable ou son ordinateur comme moteur de recherche pour savoir à quelle heure va passer le Léman Express à tel endroit, de tel lieu de départ à telle destination, il est évident qu'à l'image de Zurich et de Berne... (Brouhaha. Le président agite la cloche.) ...on verra les gares qui se situent dans la continuité urbaine dense que sera le centre-ville genevois de demain comme appartenant au centre de Genève. La frontière urbanistique ne correspond pas toujours à la frontière communale, aux frontières administratives, et le Conseil d'Etat a effectivement privilégié une vision basée sur les usagers, les futurs clients du Léman Express, vision qui au fond, il le sait, il le regrette, a ma foi chagriné les autorités municipales de Lancy.
Ce débat, enfin, n'est plus entre nos mains. La compétence de dénomination des gares appartient à l'Office fédéral des transports. Le Conseil d'Etat a fait part de sa proposition. La Ville de Lancy a également écrit à cet office pour lui faire part de la sienne. Maintenant, motion ou pas motion... (Brouhaha. Le président agite la cloche.) ...Conseil d'Etat ou pas Conseil d'Etat, il appartient à Berne de trancher. Le Conseil d'Etat, quant à lui, se pliera à la décision fédérale, et dans ces conditions, je vous propose plutôt, Mesdames et Messieurs, de renvoyer cette proposition de motion en commission, de voir ce qui revient de Berne et de statuer par rapport à ce que les autorités fédérales nous diront. Si vous renvoyez cette motion au Conseil d'Etat, je peux vous épargner les six mois d'attente pour la réponse de notre Conseil: elle consistera à vous expliquer ce que je viens de vous dire, et à conclure que ce seront les autorités fédérales qui trancheront en dernier ressort... (Brouhaha. Le président agite la cloche.) ...sur cet important débat qui nous agite ce soir. Merci de votre attention.
Le président. Merci, Monsieur le conseiller d'Etat. Mesdames et Messieurs les députés, je vais d'abord vous faire voter sur le renvoi en commission de cette proposition de motion. J'imagine qu'il s'agit de la commission des transports.
Mis aux voix, le renvoi de la proposition de motion 2351 à la commission des transports est rejeté par 82 non contre 1 oui.
Le président. Je vous fais maintenant voter sur le renvoi au Conseil d'Etat.
Mise aux voix, la motion 2351 est adoptée et renvoyée au Conseil d'Etat par 81 oui et 1 abstention. (Applaudissements à l'annonce du résultat.)