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Critique
"Comment l'esprit vient aux hommes, tel pourrait être le sous-titre du deuxième opus de Patrick Alessandrin et de sa co-scénariste et épouse Lisa Azuelos-Alessandrin, auteurs de AINSI SOIENT-ELLES.
A en juger par les deux derniers exemples (YAMAKASI et 15 AOÛT), les films produits par Luc Besson bénéficient d'un dossier de presse luxueux, genre album cartonné de bandes dessinées. Ça relève plus de l'épate que d'une documentation substantielle, mais c'est un peu à l'image du produit promu...
Ici, on est en présence de trois excellents comédiens en stabulation libre, sans direction d'acteurs digne de ce nom. Il faut dire que 15 AOÛT est une comédie légère voire superficielle, sans prétention. A la faveur du week-end prolongé de l'Assomption, trois copains quadragénaires convergent vers La Baule pour rejoindre leurs familles en vacances depuis deux semaines. Ils arrivent sous une pluie battante dans la villa louée pour l'occasion, mais les femmes, excédées par le temps exécrable, les courses, le ménage, le gardiennage des enfants, sont parties en vraies vacances. La soirée est sinistre: le frigo est vide, l'eau chaude manque, la chasse des WC est défectueuse. Chacun découvre que ces dames ont lu le même livre d'un auteur (pardon, d'une auteure) féministe, ""Le couple en question"", avec le résultat que l'on sait...
Max (Richard Berry), gynécologue macho, est en fait venu pour annoncer à sa femme qu'il va la quitter pour une autre; Vincent (Charles Berling) est un peu post-soixante-huitard attardé et se laisse danser sur le ventre par ses enfants; Raoul (Jean-Pierre Darroussin) est un jaloux maladif qui redoute la paternité. Au fil du week-end, les trois compères vont suivre un cheminement qui les fera mûrir.
Les femmes sont relativement absentes du film. Les épouses sont là ""en creux"", on les discerne par les passages qu'elles ont surlignés dans le livre et par leurs réponses à des tests chers aux magazines féminins. La baby-sitter est une mémère-popote. La voisine est une bobonne un brin lubrique, émoustillée par la présence des fringants quadras. La psy du ""couple en question"" est une caricature. La maîtresse de Max n'existe que par téléphone mobile interposé. La fille de la femme de Max est une post-adolescente capricieuse, et sa copine une nymphette aguichante. Et celles qu'on voit sur la plage sont soit des ""pouffes"" sans pudeur, soit des nunuches sans cervelle.
Quelques touches bien observées mises à part, les clichés abondent, et on n'échappe pas à quelques vulgarités. On a l'impression que les protagonistes ont dû bien s'amuser, une certaine connivence l'atteste, et l'allusion du dossier au restaurant de Gérard Lanvin à La Baule le confirme. Mais l'euphorie n'est pas contagieuse.
Les ingrédients étaient là pour une jolie petite comédie. Ne reste qu'un sitcom qui fera peut-être les beaux soirs d'une télévision estivale."
Daniel Grivel