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Du 30 janvier 2013 au 12 mai 2013
De la série « Underground Gallery Exhibition », 1966 Courtesy of the Artist, Musée de l’Elysée
Né en 1933, Phill Niblock propose depuis plus d’une cinquantaine d’années une oeuvre pluridisciplinaire. Son «Art Intermedia» associe musique minimaliste, art conceptuel, cinéma structurel, art systématique ou encore politique; et s’active à transformer notre perception et notre expérience du temps. Cette rétrospective est présentée simultanément au Musée de l’Elysée et au centre d’art contemporain Circuit. Le commissariat de l’exposition est assuré par Mathieu Copeland, et pour le Musée de l’Elysée, par Anne Lacoste, conservatrice.
Reconnu comme l’un des grands compositeurs expérimentaux de notre époque, Phill Niblock débute sa carrière artistique comme photographe et cinéaste. Originaire d’Indianapolis, passionné de jazz, il s’installe à New York en 1958. Niblock débute la photographie en 1960 et se spécialise dans les portraits des musiciens de jazz (Duke Ellington, Charles Mingus, Billy Strayhorn…). Au milieu des années 1960, il réalise ses premiers films pour les danseurs et chorégraphes du Judson Church Theater. A partir de 1968, Phill Niblock se consacre à la musique et compose ses premières pièces qui doivent —comme le précise l’artiste— être écoutées à fort volume pour en explorer les sur-harmoniques (the overtones). Il poursuit indépendamment ses projets cinématographiques dont The Movement of People Working (le mouvement des gens qui travaillent), une série de films de plus de 25 heures réalisée entre 1973 et 1991 où la gestuelle répétitive du travail s’offre en écho direct à ses compositions musicales.
Depuis le milieu des années 1960, son oeuvre photographique réalisée en argentique dépeint l’architecture et l’urbanisme new-yorkais. La séquence et l’agencement des vues proposent une cartographie du lieu et de l’objet photographié, tels que le quartier désaffecté au sud du Bronx en 1979 ou les façades du district de SoHo Broadway en 1988. Phill Niblock s’intéresse plus particulièrement à la projection d’images en mouvement —films et suites de diapositives. Produit entre 1966 et 1969, Six Films, une suite de courts-métrages sonores réalisés en film 16 mm, annonce sa démarche expérimentale au travers de portraits d’artistes et musiciens dont Sun Ra et Max Neuhaus.
A partir de 1968, l’artiste expérimente l’association de ses productions visuelles à son oeuvre musicale pour créer des compositions architecturales et environnementales. La série des Environments, recréé par l’artiste pour la première fois depuis sa dernière présentation en 1972, extrait, par l’image, la réalité de plusieurs environnements, tout en créant un environnement temporaire dense et intense d’images projetées, de musique et de mouvements dans l’espace du musée.