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Le CICR se montre critique envers le projet d'autoriser des exportations d'armes vers des pays en conflit. Son président Peter Maurer souhaiterait une Suisse au profil humanitaire plus marqué.
Les récentes décisions d'assouplir les exportations d'armes et de ne pas ratifier le Traité de l'ONU sur l'interdiction des armes ont affaibli la réputation, la crédibilité et la fiabilité de la Suisse, en tant qu'acteur humanitaire, a indiqué samedi Peter Maurer sur les ondes de la radio alémanique SRF.
L'assouplissement de l'ordonnance sur le matériel de guerre, décidé en juin par le Conseil fédéral et soutenu en commission parlementaire, permettrait d'exporter des armes vers les pays en conflit interne, s'il n'y a aucune raison de penser que les armes seront utilisées dans ce conflit. Aujourd'hui, ce type de commerce est interdit si le pays de destination est en conflit armé, à l'échelle internationale ou interne.
Pour le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), le matériel de guerre tombe tôt ou tard dans des zones de conflit. L'organisation humanitaire constate sur le terrain la présence d'armes exportées depuis bien longtemps par des pays développés. Les pays en guerre débordent d'armes et cela ne fait qu'empirer la situation.
Pour un soutien sans faille de la Suisse
Peter Maurer déplore certains signes politiques émis par la Suisse. Le CICR compte sur un soutien sans faille de la part de la Berne fédérale pour ses valeurs. Interrogé sur un éventuel déplacement de son siège de Genève, le président du CICR a répondu par la négative. "On prend simplement acte avec regret des décisions politiques en Suisse".
Dans ce pays, il y a un large consensus pour soutenir l'action du CICR, a rappelé M. Maurer. L'organisation espère un soutien financier encore plus généreux, mais n'attend pas que la Suisse devienne le plus gros pays contributeur.
Le budget du CICR s'élève actuellement à 2 milliards de francs. La Suisse ne figure qu'au cinquième rang des donateurs, avec à peine 150 millions de francs. La Suisse profite en retour de la présence du CICR à Genève, que ce soit en terme d'image ou d'impôt, relève Peter Maurer.
Nouveaux pays donateurs
L'organisation a jusqu'à présent toujours été soutenue généreusement du fait de sa neutralité sur le terrain. L'argent n'est pas plus difficile à trouver, mais demande un peu plus d'investissements. De nouveaux donateurs émergent, tels le Koweït, les Emirats arabes unis ou l'Arabie saoudite. Des signaux positifs viennent également de la Chine et de la Russie, note le président.
Le CICR va intensifier ces prochains mois son dialogue politique avec la Suisse, non pas en premier lieu pour demander plus d'argent mais avant tout pour trouver d'autres formes de soutien, selon Peter Maurer. Il s'agit de rediscuter le monde l'humanitaire.