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Difficile de parler d'un modèle d'organisation social constant pour la variété des peuples lossyans, mais il existe un profil qui reste peu ou prou en vigueur dans les cités-états, Armanth compris.
Il y a cinq classes sociales dans les cités-états Lossyanes : l'aristocratie, le clergé de l'Eglise du Concile, les guildes marchandes et les confréries, le peuple, et les esclaves.
5-1 L'aristocratie & la démocratie des Cités-états
Chaque cité est dominée par une aristocratie qui s'apparente à une noblesse d'épée. Les forces militaires des cités-états sont des troupes et des légions financés et organisées par la noblesse, qui est souvent en charge de les diriger. Pour cela, elle est en droit de demander à la cité, un tribut, sous forme d'impôt. Plus une ville a de légions, plus l'aristocratie est influente. Cette aristocratie est héréditaire et appuie son pouvoir sur les armées, ben plus que sur les terres et les propriétés. Elle est reconnue, car elle représente le bras armés de la cité, dont les membres se considèrent responsables de la défendre -et jugent normal de profiter de leurs privilèges et de leur statut en retour.
Mais aussi influente soit-elle, l'aristocratie n'est pas la classe dirigeante. Les rois et les princes sont rares dans le monde de Loss, et les cités-états sont en général dirigés par des principes démocratiques. Les cités sont dirigées par un Conseil élu par une Assemblée de représentants élus, ou choisit, par les aristocrates, le clergé, les guildes marchandes et confréries et le peuple. Tout citoyen vote donc, même si c'est de manière indirecte. Dans certaines Cités-Etats, ce seront donc les nobles, ou les prêtres, ou encore les marchands qui domineront le Conseil et l'Assemblée, et dirigeront la ville le temps de leur mandat, en général cinq à dix ans. Mais toujours avec des représentants des différentes classes sociales dans l'Assemblée, qui peuvent donc user de leur influence. Car si le Conseil représente le pouvoir exécutif, c'est l'Assemblée qui gère le pouvoir législatif. Le népotisme est courant. La corruption tout autant. Le plus souvent, les femmes n'ont pas le droit de voter, et rarement d'être élues. Le système reste imparfait et les prises de pouvoir par la force ne sont pas rares. Mais les lossyans n'aiment pas l'autocratie, même s'ils ont du respect pour leur noblesse et encore plus pour les Ordinatorii de l'Eglise. L'argent, la politique, la force armée, les liens familiaux et les alliances, forment un système complexe où le pouvoir passe de main en main et se dispute souvent. Parfois jusqu'au champ de batailles et les rues des villes.
5-2 L'Eglise du Concile
L'Eglise du Concile est toujours présente dans les cités-états. Mais elle n'est pas forcément aux ordres du pouvoir central d'Anqimenès. Chaque ville abrite au moins un temple du Concile, et ses ordinatorii, qui parfois forment une voire plusieurs légions à part entière. Se plaçant au dessus de tous les cultes locaux, qu'elle n'interdit pas, mais refreine et limite fortement, l'Eglise contrôle que les Dogmes du Concile soient respectés dans la cité, chasse les hérésies et les apostats, traque les Chanteurs de Loss, s'assure que les offrandes que chaque cité doit verser au Concile soient envoyées vers Anqimenès. Les prêtres et les Ordinatorii forment une autre élite à part, mais certains sont très proches du peuple, d'autres sont craints. L'Eglise a souvent des écoles, toujours des orphelinats et parfois des hospices. Malgré le poids des Dogmes de l'Eglise et son autorité, il est donc ardu de prétendre que son pouvoir ne se base que sur la peur et la tyrannie. Dans certains endroits, elle représente même la civilisation. Mais plus on va vers le Sud, plus le progressisme prends le pas, plus les guildes marchandes et les confréries ont de pouvoir, et plus l'influence de l'Eglise est remise en doute et se réduit. A Armanth et dans tout l'Athémaïs, l'Eglise en est réduite à une représentativité et n'a plus aucuns pouvoirs sur les cités.
5-3 Les guildes, et les confréries
Les guildes et les confréries représentent le troisième grand pouvoir. Les guildes, surtout marchandes, protègent les intérêts et les droits de leurs membres, assurent la transmission des techniques et du savoir, veillent à leurs orphelins, leurs vieillards et leurs veuves. Les guildes et les confréries sont la protection sociale, la solidarité et le représentant politiques des artisans, des ingénieurs, des ouvriers, des universitaires et des marchands. Une guilde est en générale une guilde de marchands ou d'artisans de produits finis. Une confrérie rassemble des ouvriers, les ingénieurs, les artistes et les intellectuels. Et les guildes et les confréries se réunissent entre elles, c'est d'ailleurs ainsi qu'est née la très puissante et influente organisation de la Guilde des Marchands, dont le siège se tient à Armanth. Les guildes sont en quelque sorte l'entité de la bourgeoisie des cités. Et souvent, elles sont plus riches que l'aristocratie. Les plus puissantes ont leurs halls, leurs marchés, leurs écoles, leurs flottes et même, dans l'Athémaïs, des armées entières.
5-4 Le peuple
Tout le monde, cependant, n'est de loin pas membre d'une guilde et d'une confrérie, et chaque cité n'a pas une guilde ou une confrérie pour chaque corps de métier, loin s'en faut. Le peuple se débrouille en majorité seul, avec sa famille, pour défendre ses intérêts. La notion de police, de tribunaux, de sécurité est limitée. Les cités ont des gardes chargés de maintenir l'ordre en cas de gros pépin et éventuellement de pourchasser les criminels dangereux, mais son travail est avant tout de protéger les murs de la ville et de s'occuper des méfaits les plus graves. La plupart des petits méfaits et des litiges sont réglés par les gens eux-mêmes. Malheur au voleur qui se fait chopper par la populace, il va vivre un sale moment ; et sauf si cela finit en émeute, la garde a autre chose à faire que de s'en occuper. Ceux qui en ont les moyens ont des gardes privés ou des milices, nobles, bourgeois, riches artisans, confréries. Les autres ont leurs armes, leurs poings, et leur courage. Et bien sûr, en dehors des villes, plus de gardes, pas d'armées, et les gens ne peuvent plus compter que sur eux-mêmes, et leur famille. Le peuple a donc une représentation politique dans les cités-états plutôt restreinte. Siéger à l'Assemblée, ou au Conseil, est un investissement important, que le petit artisan, le pêcheur ou le fermier ne peut pas se permettre. S'il veut manger, il doit s'occuper de son métier. Ainsi donc, la plupart du temps, les représentants du peuple sont des aristocrates, des érudits aisés ou des prêtres proches de lui, rarement un membre du peuple lui-même.
5-5 Les esclaves
Enfin restent les esclaves. Hors des grandes Cités-états, il y en a assez peu, mais il existe tout un marché de l'esclavagisme, en même temps que la tradition du Haut-Art. C'est même la source de richesse principale d'Armanth, aussi paradoxal que ce soit. Les esclaves sont des propriétés, des possessions, considérés et traités comme des animaux et des biens. Les lossyans tiennent cependant à leurs esclaves domestiques et il est très rare de les mutiler ou de les tuer gratuitement. Mais il est exceptionnel qu'un esclave puisse fuir, principalement à cause de l'usage des Linci, et des chiens dressés à les sentir ; et toute tentative est rudement châtiée, en public, y compris par la mort. Si le sort d'une esclave peut être relativement doux, voir agréable, le sort d'un esclave mâle est peu enviable. Il sera employé pour les travaux de force, dans les mines et les chantiers, comme gladiateurs dans les arènes, voir comme auxiliaire et chair à canon dans les batailles. Les femmes sont quand à elle utilisées pour les travaux et corvées domestiques, et comme animaux de compagnie et à usage sexuel. Le Haut Art, la technique du dressage, n'est employé que sur les femmes, à de très rares exceptions près. Un esclave sur Loss ne possède plus rien, y compris son propre nom et n'a techniquement aucuns droits. Les lossyans n'asservissent que rarement les érudits, les ingénieurs, les intellectuels, hommes ou femmes, préférant demander une rançon contre leur liberté ou leur proposer de travailler pour eux. Mais cela peut arriver.
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