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10 thèses sur les relations économiques entre la Suisse et l'Europe
Philipp Hildebrand, membre de la Direction générale
«Arbeitgeberverband Basel», Bâle, le 8 septembre 2004, 08.09.2004
La Suisse et l'UE sont liées étroitement de manière si multiples que cela apparaît même plus nettement qu'entre maints Etats membres. Le débat au sujet d'une éventuelle intégration à l'UE devrait donc être mené sur une base aussi large que possible. Sous l'angle économique, cette question a encore gagné en acuité depuis l'introduction de l'euro, étant donné que la Suisse est maintenant entourée d'une zone monétaire homogène. De même, la faible croissance économique de la Suisse sert volontiers d'argument en faveur d'une intégration, car il serait ainsi plus facile de réaliser les réformes structurelles qui s'avèrent nécessaires sur le plan interne. Mais on a tendance à oublier que la mise en œuvre de ces réformes continue d'incomber aux autorités nationales et que sans politiques monétaire et budgétaire indépendantes les possibilités de compensation s'en trouveraient fortement réduites.
En menant une politique indépendante, la Suisse a également des chances de rivaliser avec les meilleurs si elle se concentre sur ses points forts tels la souplesse et l'ouverture. La politique monétaire indépendante a permis de maintenir le renchérissement à un bas niveau en Suisse pendant des décennies. Ce fait ajouté à l'importance du franc comme monnaie de diversification réduit d'environ 1,5 point le coût du capital en Suisse (bonus d'intérêt). La volatilité du cours de change a diminué vis-à-vis de la zone euro, mais celle à l'égard du dollar resterait inchangée même dans le cas d'une intégration. Le marché du travail encore plus souple en raison de la phase de transition II des accords bilatéraux I est le faire-valoir de la politique économique suisse. Il maintient le chômage et les dépenses publiques qui en découlent à un bas niveau à long terme et encourage les incitations individuelles au rendement. En outre, il s'agit également de donner la priorité à l'ouverture et à la souplesse dans les réformes menées en toute autonomie et dans les relations extérieures.