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L'étude analyse tous les enfants âgés de jusqu'à 25 ans qui sont nés entre le 1er janvier 1950 et le 31 décembre 1991 dans la région de Cumbria, soit 274'170 au total. Elle met l'accent sur les enfants dont le père a été exposé professionnellement à des rayonnements, avant la conception, en tant que travailleur à Sellafield. Ceci concerne 9859 enfants. Les auteurs ont observé et analysé dans cette cohorte 10 cas de leucémies et 3 cas de lymphomes non hodgkiniens (tumeurs malignes des cellules lymphatiques), chiffres à comparer aux 162 leucémies et aux 35 lymphomes non hodgkiniens survenus pendant la même période dans l'ensemble de la région de Cumbria.
Si l'on regarde l'irradiation des pères travaillant à Sellafield, on voit que 1737 d'entre eux ont été exposés à une irradiation externe cumulée de plus de 100 mSv. Selon les auteurs de l'étude, on peut clairement démontrer qu'en cas d'élévation de l'irradiation des pères, le risque de leucémie et de lymphome non hodgkinien auquel sont soumis leurs enfants augmente de manière statistiquement significative. Cette relation dose-effets est détectée à partir de cas datant du début de la période d'analyse et chez des enfants encore petits. Le lien constaté par les auteurs est toutefois nettement plus faible que dans une étude antérieure de Martin Gardner publiée en 1990 (Bulletin no 5/1990). Gardner avait analysé la même cohorte d'enfants de travailleurs de Sellafield, mais son étude s'arrêtait en 1985.
Dans de nombreux cas, les enfants dont les pères ont été exposés à une irradiation élevée (supérieure à 100 mSv) ont toutefois des parents qui sont nés en Cumbria ou dans d'autres régions à faible mélange de population. Et c'est ici qu'intervient l'hypothèse du mélange de population: les épidémiologistes rendent de plus en plus des infections virales responsables des accumulations locales de leucémies, soit que les virus se soient immiscés dans une population peu résistante, soit qu'ils se soient développés en mini-épidémie chez des individus isolés. Selon les auteurs de cette nouvelle étude, l'accumulation de leucémies parmi les enfants de travailleurs de Sellafield ne peut s'expliquer que par une combinaison des trois variables suivantes: mélange de la population, date de la naissance et rayonnements.
Louise Parker a déclaré ce qui suit lors de la présentation de l'étude, en présence des employés de Sellafied: "Il n'existe absolument aucune indication selon laquelle les personnes qui travaillent dans les conditions actuelles de la législation sur la radioprotection exposeraient leurs enfants à un risque supplémentaire. Cette étude n'a aucune pertinence non plus pour ceux qui voudraient fonder une famille."
Source
D.S./C.P.