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La plupart de ces manifestations ne sont anormales que si elles deviennent très fréquentes ou si elles perdurent durant l’adolescence voire à l’âge adulte.
Ces troubles du sommeil peuvent être classifiés en fonction du moment où ils interviennent durant le cycle du sommeil.
- Les parasomnies du sommeil lent profond
- Les parasomnies du sommeil paradoxal
- Les autres parasomnies (endormissement, sommeil lent léger)
Les parasomnies du sommeil lent profond
Très souvent ces parasomnies ont une composante familiale. Ces parasomnies de première partie de nuit sont caractérisées en général par une activité automatique simple dont la personne ne se souvient pas.
Le somnambulisme
Le somnambulisme consiste en une déambulation nocturne inconsciente et désorientée.
Très souvent le comportement est assez organisé mais ralenti et accompagné fréquemment de somniloquie.
Contrairement aux idées reçues, le somnambule ne marche pas en tendant les bras devant lui. Le somnambule déambule le plus souvent dans sa chambre, et quand il en sort c’est pour, généralement, se rendre dans la cuisine. Il est rare que le somnambule sorte de sa maison. Il peut toutefois exécuter des actes relativement complexes, comme manger, boire, et, dans les rares cas où il sort, conduire sa voiture. Le somnambule est capable de répondre à des questions par oui ou non mais semble s’irriter rapidement si l’interrogatoire est trop poussé.
Il est important de suivre les personnes sujettes à ce genre de phénomène car les actes que le somnambule peut accomplir peuvent se révéler très dangereux. Près de la moitié des somnambules rapportent s’être blessé durant leurs épisodes nocturnes. La personne ne se souvient de rien à son réveil. Ce phénomène est très fréquent chez les enfants de 5 à 12 ans car on estime que 10 à 30% d’entre eux ont présenté au moins un épisode. (1)
Les terreurs nocturnes
Selon une étude longitudinale menée au Québec, environ 44% des enfants présenteraient des épisodes de terreurs (voir le fascicule sommeil de l’étude). Ce chiffre réduit considérablement après 6 ans et les terreurs disparaissent généralement à la puberté. Elles se manifestent, le plus souvent, entre 1 et 3h après l’endormissement.
L’enfant est assailli par une angoisse qui le dépasse, il est impossible pour lui de contrôler ses réactions (pleurs, hurlements, sanglots…). Cette manifestation peut durer plusieurs minutes et aussi impressionnant que cela est, si on ne la réveille pas, la personne concernée n’en gardera aucun souvenir. Si on réveille la personne, elle est effrayée mais ne sait pas pourquoi.
Ces terreurs sont à différencier des cauchemars dont les caractéristiques et le moment de survenue sont très différents.
Les éveils confusionnels
La personne semble partiellement éveillée et est totalement désorientée. Elle a des comportements automatiques parfois étranges. C’est plus fréquent chez les enfants mais on retrouve cette parasomnie chez les adultes sous traitement sédatif.
Le plus souvent, le traitement consiste à agir sur le ou les facteurs déclencheurs (troubles du rythme, privation de sommeil, troubles respiratoires ou moteurs).
Il est également indispensable de sécuriser l’environnement.
Les parasomnies du sommeil paradoxal
Les cauchemars
Les cauchemars interviennent en général en fin de nuit, pendant la phase de sommeil paradoxal. Comme toutes les parasomnies, les cauchemars surtout répétitifs sont beaucoup plus fréquents pendant l’enfance, même s’ils perdurent parfois chez l’adulte sans raison apparente.
Les accès sont en général causés par un événement traumatisant (accident, agression, forte anxiété…), mais peuvent aussi être causés par un trouble de la personnalité ou encore un sevrage de drogue.
Ces phénomènes sont très différents des terreurs nocturnes. La personne se réveille, par exemple, en gardant un souvenir intense de son cauchemar et a du mal à se rendormir.
Les troubles du comportement en sommeil paradoxal
Ces parasomnies touchent le plus souvent les hom9mes de plus de 50 ans. Le comportement moteur est élaboré et est généralement agressif ou défensif. Le patient ne quitte pas son lit mais peut en tomber ou blesser son partenaire de lit. Le sujet pense rêver et vit son rêve. Il faut prendre au sérieux ses évènements qui peuvent être des signes précoces de maladies dégénératives comme la maladie de Parkinson. Le traitement est généralement médicamenteux.
Les paralysies du sommeil
Ces paralysies surviennent chez les personnes atteintes de narcolepsie cataplexie mais sont plus fréquentes pendant les phases d’endormissement et de réveil.
Les autres parasomnies
Les rythmies d’endormissement
Ces mouvements sont semblables à de plus ou moins violents sursauts de la tête ou du corps, accompagnés parfois de vocalisations. Il peut s’agir de roulements ou de cognements. Ils interviennent en général en début de nuit, au moment de l’endormissement ou pendant la phase de sommeil léger. La personne (enfant en général) peut réagir si on lui dit d’arrêter.
Ces manifestations sont très fréquentes chez le nourrisson, puis disparaissent majoritairement. Cependant, une étude menée au Québec à la fin des années 90, montre que les rythmies persistent chez 9,2% des enfants de 2,5 à 6 ans (3). C’est un phénomène interprété comme auto apaisant.
Les hallucinations hypnagogiques
L’état hypnagogique (endormissement) est un état durant lequel la personne est victime de troubles sensoriels. Ces troubles interviennent pendant la phase de l’endormissement, période pendant laquelle le dormeur dispose encore de ses 5 sens. Ces manifestations peuvent être d’autant plus traumatisantes qu’il est difficile de les discerner de la réalité.
Il en existe plusieurs types :
- hallucinations visuelles (apparitions d’insectes, de monstres…)
- hallucinations auditives ( bruit, musique… )
- hallucinations kinesthésiques (relatives aux mouvements et à la perception du corps dans l’espace, la personne à l’impression de bouger ou que l’environnement dans lequel elle se trouve bouge ou encore qu’on la touche)
- hallucinations mixtes (qui associent plusieurs des types d’hallucinations décrites précédemment)
L’énurésie
On parle d’énurésie quand les mictions involontaires (pipi au lit) sont récurrentes après l’âge de 5 ans.
La somniloquie
La somniloquie est le fait de parler pendant le sommeil. Ces accès peuvent intervenir en sommeil léger ou en sommeil paradoxal, même si le discours est beaucoup plus élaboré pendant la phase de sommeil paradoxal. La somniloquie peut être isolée ou associée à d’autres parasomnies. Ce phénomène est généralement causé par le stress, la fièvre ou les changements brutaux dans la vie. La personne ne garde aucun souvenir de son discours.
Le bruxisme
Le bruxisme est caractérisé par un grincement des dents pendant le sommeil lent léger.
Il s’agit d’une manifestation banale chez l’enfant. Les causes du bruxisme sont mal connues, mais on peut l’expliquer par un excès de stress. Il est difficile de diagnostiquer un bruxisme si l’entourage ne s’en aperçoit pas, mais des migraines ou des douleurs à la mâchoire en sont les principaux signaux. Un diagnostic définitif ne pourra être posé qu’avec des tests nocturnes. Le bruxisme ne se traite pas. On soigne les conséquences de ses manifestions en installant des gouttières pour éviter le frottement des dents et limiter leur usure. Pour les bruxomanes qui le sont également de jour, il est possible peu à peu de repérer les épisodes et de se forcer à ne pas serrer les dents.
Les troubles alimentaires
Ces épisodes s’apparentent à un somnambulisme orienté vers l’ingestion d’aliments ou de boissons pendant le sommeil.
Dernière mise à jour : 13-11-14
(1) Neurologie, Collège des Enseignants en Neurologie, Elsevier-Masson, 2014
(2) Le sommeil : un acteur méconnu dans le développement du jeune enfant, Dominique Petit, Jean Paquet, Évelyne Touchette, Jacques Y. Montplaisir, Institut de la statistique Québec, Je suis, je serais, Volume 5, Fascicule 2, Septembre 2010