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L'arrogance sans fond des pétroliers
Un an après l'incendie et la perte de la plate-forme Deepwater, dans le Golfe du Mexique, l'émotion est retombée. Les résidus de la pollution aux hydrocarbures sont déposés au fond du Golfe du Mexique sous l'action des dispersants (sorte de détergents fixant le brut) ou flottent entre deux eaux. Les estimations sur l'ampleur du désastre survenu le 20 avril 2010, demeurent floues: en trois mois, entre 4 et 4,9 millions de barils (530'000 à 650'000 t de brut) se seraient répandus sous la mer, nettement plus que la quantité déversée lors du naufrage de l'Amoco Cadiz (en 1978, 227.000 t).
A Zoug, un magnifique modèle réduit de vaisseaux de forage gazier trône dans le hall d'entrée de Transocean, propriétaire de la plateforme, qui était alors exploitée par BP. Sinon, la décoration est spartiate, on ne dépense pas, ici, l'argent du pétrole pour l'esbroufe. Nichée au fond d'une zone industrielle, entre autoroute et ligne de chemin de fer, une tour ronde abrite la plus grande entreprise mondiale de forage pétrolier en mer: Transocean. domiciliée en Suisse, cette multinationale compte 18000 employés, et pèse 20,6 milliards de francs en Bourse. La firme, à l'évidence, ne cherche pas à impressionner ses investisseurs. Quelques bureaux suffisent à justifier son siège social dans ce canton de Zoug, fiscalement si intéressant que le plus grand négociant en pétrole du monde (Glencore, fondée par Marc Rich) y loge aussi.
On aime beaucoup les records et les superlatifs dans les milieux pétroliers.Et la discrétion: impossible de ressortir des bureaux de Transocean avec la moindre bribe d'information, simple imprimé ou prospectus. La seule publication qui orne le bureau d'accueil est un hommage en quadrichromie aux 11 hommes «lost at sea» péris en mer selon la terminologie maison, lors de l'explosion de la plate-forme Deepwater Horizon, il y a un an, le 20 avril 2010. La secrétaire refuse d'en donner un exemplaire. Vain effort: la brochure est accessible à tous sur internet.
http://www.beaconmag.com/
Pollution difficile à évaluer
Les dizaines de milliers créatures marines, terrestres et volantes touchées par ce déversement incontrôlé ne pourront jamais être recensées. Pour tenter de pallier aux manques à gagner des pêcheurs et du secteur touristique, BP a mis en place un fond doté de plus de 20 milliards de dollars, dans l'espoir d'éviter de longs et coûteux procès collectifs en compensant rapidement les pertes directes et indirectes. La tâche est rude pour l'avocat Kenneth R. Feinberg qui doit gérer la distribution de cette somme. Son expérience – il a dirigé les demandes de compensations financières après les attentats du 11 septembre 2001 – l'aidera Cette répartition se fera dans une ambiance relativement feutrée: Feinberg a toute latitude pour agir, il signe des chèques et nomme même les 3 juges chargés de répondre aux plaignants qui trouveraient la solution proposée par cet avocat de 64 ans peu adéquate. La culture américaine du litige pose en effet certains problèmes: des réclamations extravagantes ont atterri sur le bureau de Feinberg. Ainsi, un tenancier d'un bar à strip-tease de New Orleans a prétendu avoir vu son chiffre d'affaires fondre parce que les pêcheurs au chômage ne venaient plus se rincer l'oeil... 33 bureaux ont été ouverts pour enregistrer les demandes de plus de 64'000 plaignants.
Erreurs humaines et appât du gain
Mais les plus généreux versements de dommages et intérêts ne rendront pas à la vie les 11 hommes tués par les erreurs humaines et techniques accumulées par BP. Fin août Der Spiegel (n° 34/2010: Die Alptraum-Böhrung) http://www.spiegel.de/spiegel/print/d-73388934.html) a relevé dans une enquête sur les responsabilités que la probabilité d'un désastre a été considérée «comme un risque résiduel acceptable» par les pétroliers prenant les décisions. La relation quasi incestueuses des milieux de l'exploitation de l'or noir avec le service du gouvernement US, Minerals Management Service (MMS qui prélève les taxes sur l'exploitation pétrolière), a renforcé la course au profit maximal (voir ci-dessous l'encadré: Surveillance sauce canadienne). Le MMS délivrait les permis de forer en mer assortis d'exceptions qui affaiblissaient la protection de l'environnement: on renonçait par exemple à des système redondants pour éviter les jaillissements de brut.
Une explosion évitable?
Au lieu dit Macondo, où opérait BP sur la plate-forme de Transocean, le forage était difficile, beaucoup plus de gaz que d'habitude s'échappait du puits en construction. Les travaux allaient plus lentement que prévu, on était en retard de 43 jours sur le calendrier prévu. Avec les sommes (environ 500'000 US$ par jour) que représentent la location d'une immense plate-forme flottante de 121 mètres de longueur sur 78 mètres de largeur, il fallait avancer. Selon Der Spiegel, le jour de l'explosion fatale, les managers de BP avaient renvoyé à terre les employés de la maison Schlumberger censés vérifier la qualité d'un joint en ciment. Le responsable pour Transocean refuse de remplacer la boue dans le puits de forage par de l'eau de mer, ce qui permet d'aller plus vite en besogne. En effet par son poids, la boue retient mieux que l'eau de mer, le gaz ou le pétrole remontant par à coup. BP ordonne de travailler avec de l'eau vers 14h. Huit heures plus tard, du gaz remonte, une boule de méthane en feu explose et Deepwater Horizon s'enflamme: en 65 minutes, 115 ouvriers sont évacués. 11 périront.
Deux jour plus tard, la plate-forme coule.
Transocean estime qu'elle mettait à disposition l'infrastructure et des employés, et que par conséquent sa responsabilité financière est très limitée. Dès lors, BP a tenu le devant de la scène médiatique et politique aux USA tant que le puits n'a pas été colmaté. Il a officiellement été déclaré scellé le 19 septembre, après que du béton ait été injecté par un nouveau puits, percé par un navire de forage appartenant à Transocean, le Discoverer Entreprise. Creuser ce trou de secours a pris plus de trois mois pendant lesquels le pétrole a continué de couler.
Records et dissimulation
Retournons aux records mis en avant sur les nombreuses pages internet de Transocean: la plate-forme maudite, battant pavillon des îles Marschall, avait creusé le puits le plus profond du monde à 9'189 mètre pour BP dans le Golfe du Mexique, portion d'océan qui livre un quart du pétrole produit au USA. En tout, la firme détient 19 des 23 records du monde de forage en eau profonde. Elle est très fier à juste titre, ces exploits techniques ne sont pas à la portée de n'importe quel compagnie.
Cette obsession de la performance illustre bien la philosophie du «toujours plus», caractéristique du monde du brut. L'énormité des enjeux financiers finit par aveugler les plus chevronnés des pétroliers. En outre, la culture de la discrétion poussée au plus haut point favorise la tendance à minimiser, face à l'opinion et aux médias, l'ampleur d'une découverte ou d'un accident.
L’ampleur d’une catastrophe comme celle de Macondo ne suffit pas à bouleverser ces habitudes: impossible de passer d'une heure à l'autre à une ouverture totale, à une information factuelle crédible. Les bourdes de communication de BP (son grand patron d'alors, Anthony Hayward, remplacé depuis, a souhaité un beau jour avoir la paix – I want my life back) l’ont prouvé s’il en était besoin: il n’y avait pas de transparence à attendre lors de la catastrophe du Mexique.
Trou en Bourse et beau geste
BP a parlé d'abord de 5'000 puis de 50'000 barils s’écoulant chaque jour dans la mer. Une quantité minime aux yeux des pétroliers qui jonglent quotidiennement avec près de 30 millions de barils. Sans oublier les milliards de dollars qui tournent dans le poches des investisseurs, pressés d'en finir avec les nouvelles nauséabondes qui font baisser le cours en Bourse de leurs actions.
Transocean a perdu la moitié de sa valeur entre avril et juillet 2010 pour reprendre du vif et tourner autour des ¾ de sa capitalisation précédente. Un trou de 8 milliards environ tout de même... Voilà qui fait plus mal que quelques barils. Mais les perspectives sont bonnes, dit le rapport annuel 2010 (rapport annuel 2010 Transocean (en anglais)).
Tellement bonnes que c'en était trop: pour faire oublier une phrase optimiste («notre meilleure année en matière de performance sur le plan de la sécurité») malheureuse de ce rapport, les 5 grands responsables de Transocean remettent leur bonus 2010 (octroyé pour effort en faveur de la «sécurité», soit 250'000 CHF au total) au fonds en faveur des familles des ouvriers décédés. Beau geste de ceux qui touchent un salaire annuel de 931'123 CHF pour le plus mal payé et 1'909'741 CHF pour le CEO Steven Newmann (6 millions de francs de compensation totale pour ce monsieur).
De l'indignation à l'oubli
Un an près l'incendie de Deepwater Horizon, peu de gens en parlent encore: dans la presse, les évènements au Japon ont remplacé les titres sur BP. Les maladies dues à la pollution par les hydrocarbures inquiètent moins que la radioactivité invisible. Les malades ne manquent pourtant pas à l'appel, il serait trop long de recenser ici les syndromes relevés. Des études montreront sans doute les effets des dispersants sur la santé humaine dans quelques années.
Effets à long terme
Comment la faune va-t-elle réagir, la barrière de corail des Keys au sud de la Floride va-t-elle se remettre? A moyen terme, sans trop de mal semble-t-il. Une théorie géologique explique la résilience des crustacés du Golfe du Mexique: un (ou plusieurs) bouleversement(s) d'origine naturelle ont en effet rejeté il y a des millions d'années, d'énormes quantités de pétrole dans le Golfe du Mexique, dont on trouve traces sous forme de talus noirâtres sous-marins situés en aval du delta du Mississippi.
Au cours des millénaires, certains organismes marins, surtout des crustacés et des mollusques (moules ou crevettes par exemple) se sont adaptés progressivement à la présence d'hydrocarbures. Bien entendu, ces espèces marines ne sont pas à même de survivre à l'arrivée d'une quantité soudaine de brut; mais elles peuvent s'en s'accommoder à moyen terme. Cette forme de résistance explique que les conséquences de telles marées noires sous-marines, pour gravissimes qu'elles soient sur quelques décennies, ne mettent toutefois pas en péril l'équilibre à long terme de ces milieux. Alors que l'effet des dispersants synthétiques est lui très mal connu et les espèces marines ne sont absolument pas préparées par leur évolution à s'y adapter.
Ce qui a changé
A chaque catastrophe, les politiciens réagissent en renforçant lois, mesures de contrôle et sanctions financières. Aux USA, le gouvernement a changé le nom de l'agence chargée de surveiller les forages, devenu le Bureau of Ocean Energy (BOE). Mais le moratoire décrété sur les opérations en mer a déjà été levé en octobre 2010 et on a recommencé à forer en avril 2011 dans le Golfe du Mexique. Les réglementations ont été revues, les plans de sécurité consolidés. Pareil en Australie (voir ci-dessous encadré Et pendant ce temps-là).
Ce qui n'a pas changé: les pétroliers se cachent
La course au profit continue: BP prévoit de forer dans le Grand nord russe, zone très difficile où une pollution serait catastrophique. Mais les progrès de la technique, dit-on, sont acquis: on peut le faire, on y va!
Et le silence est toujours d'or chez les pétroliers. Pour cet article, nous avons cherché le contact avec le vice-président de Transocean, Arnaud Bobilllier, qui réside en Suisse, à Genthod près de Genève (salaire + bonus 2010: 3'096'000 CHF).Nous aurions apprécié de connaître ses sentiments lorsqu'il a su que 11 ouvriers étaient décédés. Impossible d'obtenir une phrase: «Nous n'accordons pas d'interview», répond sans fioriture le porte-parole de la société, à Houston, Guy Cantwell, tout en fournissant aimablement rapports annuel et trimestriels fourmillant de chiffres sur le rendement de Transocean. La femme de M. Bobillier ne sait pas où se trouve son mari, ni quand il rentre au juste. Le siège genevois de la firme est aussi hors d'atteinte: «Vous ne trouverez personne, nos grands managers sont sans cesse en voyage». On peut le croire: les bureaux sont situés à un jet de pierre de l'aéroport, dans le même bâtiment qu'une autre multinationale réputée pour son amour de la discrétion: la maison L'Oréal de Liliane Bettencourt. Défendue par des gardes privés, l'entrée est inaccessible.
Les druides du pétrole
Rien n'étonne plus les grands chefs pétroliers. Taiseux par stratégie, tellement les enjeux sont énormes. Alors, une pollution par-ci, par-là, vous pensez, ce sont les risques du métier. La seule transparence est celle des bilans financiers, jour après jour, longues litanies de millions. Millions qu'il faut investir pour creuser là où cela semblait impossible: sous la mer, sous les banquises. Tout en cherchant, rude tâche aussi, les effets fiscaux les plus habiles en saupoudrant le globe de filiales et de sous-traitants. Un monde étrange peuplé de druides prêts à tout pour distribuer la potion magique moderne: le pétrole. Tant pis pour les pélicans.
Laurent Duvanel
Encadré: 3624 signes
Surveillance sauce canadienne
Afin de se faire une idée de la précision des règlements auxquels sont soumis les pétroliers, penchons-nous sur les lois canadiennes, qui sont en place (la législation US est en pleine remaniement, prématuré d'en faire ici un résumé qui serait vite périmé) Les dispositions canadiennes (règlement sur le forage et la production de pétrole et de gaz)
http://www.gazette.gc.ca/rp-pr/p2/2009/2009-12-09/html/sor-dors315-fra.html sont très précises, mais les tâches de contrôle et l'exécution de vérification sont confiées à l'exploitant, car il est impossible à un gouvernement de mettre en place outillages sophistiqués et appareils coûteux nécessaires à mesurer, par exemple, la pression sous la mer dans le trou de sonde d'un puits. La phrase clé de ce règlement est «l'exploitant veille à ce que». Pas question de contraindre ces puissantes sociétés à communiquer trop vite: on lit ainsi dans la partie 5, Evaluation des puits que si l'on ne peut appliquer le programme d'acquisition des données de la manière voulue, il faut agir selon l'article 50 a): «Un agent du contrôle de l’exploitation en est avisé aussitôt que les circonstances le permettent». Il suffit ainsi d'une tempête ou d'une coupure de communication pour justifier un retard d'annonce, le temps d'ajuster les données, diront les mauvaises langues.
Certes, l'exploitant remplit de fort nombreux registres concernant la production: il doit tenir à disposition les données de manière «facilement accessible». Un résumé mensuel doit être fourni. Mais, plus essentiel, l'exploitant est tenu d'indiquer les quantités découvertes. Or relève Eric Laurent (La face cachée du pétrole, Plon, Paris 2006, page 254), «les pétroliers doivent en théorie, lors de toute nouvelle découverte, payer des impôts sur l'ensemble du gisement. Pour répartir cette charge fiscale et maintenir leur cours à des niveaux élevés, (...) les compagnies vont jusqu'à annoncer fictivement de nouvelles réserves sur des champs anciens déjà exploités». Cela permet des effets d'annonce en Bourse, faisant miroiter de vastes bénéfices à venir histoire de mieux emprunter aux banques pour explorer plus loin encore. Et le secret d'affaires demeure bien gardé!
Les nombreux traders vendant et transportant le pétrole fonctionnent de manière tout aussi opaque. La concurrence est féroce là aussi, empêchant d'y voir clair (plus de détails sur cette manie quasi paranoïaque de la dissimulation, lire The King of oil, the secrets lives of Marc Rich, D. Amman, St Martin's Griffin, NY, 2009, 302 pages).
Impossible transparence
Ainsi, le secret est maintenu tout au long de la chaîne du pétrole, depuis la découverte d'un gisement jusqu'à la pompe: l'exploration géologique est terriblement concurrentielle, les équipes sur le terrain communiquent leurs données par satellite privé sur des canaux codés. Ainsi la compagnie rivale ne sait pas où se situe la manne noire. Une fois le puits foré, la production est estimée, données fournies par la société qui contrôle la plate-forme d'extraction. Pour déterminer le montants des royalties due au pays possédant le sous-sol, les gouvernements se basent donc sur des estimations fluctuantes des réserves estimées. Pour surveiller la production, des sociétés spécialisées telles la SGS (Société générale de Surveillance, basée à Genève) contrôlent dans les ports les quantités livrées et les payements. En théorie. Car de gros tankers voyagent sous de faux noms et des pavillons de complaisance changent une fois arrivé au port de destination. Marc Rich a pu de la sorte approvisionner longtemps le régime de l'apartheid. Si la majorité des transactions est effectuée au grand jour, la «zone grise» des transactions pétrolière est assez vaste pour autoriser toutes sortes de trafic. Le dernier en date a permis à Saddam Hussein de vendre des quantités de pétrole irakien bien supérieures aux quotas imposés malgré des contrôles censés être serrés de l'ONU.
------------------ encadré: 2154 signes
Et pendant ce temps là, au Nigeria...
On oublie souvent que les pétroliers ne sont pas toujours cloués au pilori pour leurs pollutions. Ainsi, dans le delta du Niger, depuis des décennies Royal Dutch Shell brûle sur de nombreux champs d'extraction du gaz, pourtant récupérable, au bout des torchères, pratique interdite dans de nombreux pays. Pire, les fuites de pipelines ne sont colmatées que lentement. Exxon Mobil a mis des semaines pour réparer en mer un tuyau percé. Le NY Times relève (17.6.2010 http://www.nytimes.com/2010/06/17/world/africa/17nigeria.html?scp=1&sq=17%20june%202010%20Nigeria%20oil&st=cse): “Maintenance déficience, sabotages, matériel rouillé trop âgé, Port Harcourt est entourée de milliers de km de tuyaux qui polluent les mangroves. «C'est un environnement mort», affirme Patrick Naagbanton du Centre pour l'environnement et le développement de la même ville. Les conditions sont abjectes”. Ainsi, depuis 50 ans, près de 260'000 barils sont déversés chaque année dans cette région du Nigeria, principal producteur de brut africain. Shell annonce sans sourciller que les débordements ont doublé chaque année entre 2007 et 2009 (NY Times 5 juin 2010 http://www.nytimes.com/2010/06/05/opinion/05iht-edejikeme.html?scp=3&sq=june%205%202010%20op%20Ed&st=cse), mais prétend que 98% des fuites sont dues aux sabotages. Des chiffres très contestés par les écologistes. Et les médias n'en font que rarement mention.
... et de l'autre côté de la Terre
Le 21 août 2009 dans la mer de Timor, (entre l'Indonésie et l'Australie) la société thaïlandaise nationale PTTEP a vécu l'enfer aussi lorsque des bulles de gaz sont apparues puis ont explosé. La plus vaste catastrophe australienne en plein forage, est due aux mêmes causes: une dispute entre le propriétaire norvégien de la plate-forme de forage et l'exploitant responsable thaï. Résultat: le puits a fuit pendant 74 jours, à raison de 2'000 barils/jour. Il a fallu là aussi creuser un puits de secours pour réussir à boucher la fuite sous-marine.
Mentionnons pour ceux qui aiment l'histoire, la plus grande catastrophe pétrolière terrestre: un puits à Lakeview en Californie a explosé le 14 mars 1910. Il a craché du pétrole pendant 18 mois. Estimée à 9 millions de baril (= 1,4 millions de m3), la nappe de brut a formé un lac qui, par miracle, n'a pas pris feu. On visite désormais ce cloaque puant.