Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07249.jsonl.gz/1364

vendredi, mars 07, 2008
Zurich Genève: plus de points en commun?
Image projetée à Uni Bastions par le maire de Zurich. Le seul objet où Genève dépasse encore Zurich?
"Genève et Zurich ont plus de points en commun que de différences". Vérité ou politesse que cette déclaration liminaire à la conférence que le maire de la capitale économique du pays a donné hier soir à Uni Bastions, devant une petite assemblée de 80 personnes réunies sous les auspices de la Nouvelle société helvétique et de la Fondation pour Genève?
Politesse évidemment, car, comme en football, Zurich et Genève ne jouent pas dans la même ligue. Ce qui ne veut pas dire que Genève ne peut pas remonter en super league... Inventaire des différences, dans le désordre et de manière non exhaustive (à vos lecteurs de le compléter ou de le discuter en cliquant ci-dessous sur le mot commentaire).
Genève et Zurich sont deux villes suisses baignées par des lacs glaciaire et par la Réfome. Déjà deux différences: les lacs n'ont pas le même charme et la Réfome zwinglienne n'est pas celle de Calvin.
La commune de Zurich est presque sept fois plus grande que celle de Genève. Elle s'étend sur 92 km2, dont seul 20% sont construits, tandis que Genève est coincée dans 15 petits km2.
Au plan démographique, Zurich héberge deux fois plus d'habitants que Genève: 380'000 dont 31% d'étrangers contre 185'000. Seule la ville des bords du Zurisee est perçue comme une métropole européenne, une capitale.
Les deux villes sont des communes, sauf que le budget municipal de Zurich est sept fois supérieur au budget genevois, simple conséquence d'une erreur historique, celle ne pas avoir fondu la Ville de Genève seule entité existante jusqu'à Napoléon, et le canton au moment de son entrée dans la Confédération. Une erreur que la nouvelle constitution devra bien aborder. La commune de Zurich détient elle des pouvoirs dans l'aménagement du territoire, la police des constructions (rebaptisé par Lederberger Office des autorisations de construire, histoire de souligner que les administrés ne sont pas des assujettis mais des clients). Zurich a 24'000 fonctionnaires, dont 6000 dans la santé et 2000 dans la police.
Chacune a une université, mais Zurich héberge aussi le prestigieux EPFZ. Un étudiant sur trois en Suisse étudie à Zurich. Un opéra aussi mais celui de Zurich joue beaucoup plus souvent. Zurich a deux stades de football quand Genève n'en a plus (La Praille est sur Lancy et la ville n'a pas investi un franc dans cette infrasctrurue).
Les deux villes ont un aéroport, mais Unique, malgré les déboires de Swissair, reste une vraie plate-forme intercontinentale. Ne parlons pas de la gare de Zurich qu'il faut désormais mettre au pluriel, puisque de gigantesques travaux sont en cours pour supprimer lle cul de sac de la Hauptbahnhof (voir ici) tandis que l'hypothétique CEVA va déplacer le cul de sac de Cornavin de 15 kilomètres à Annemasse...
Genève et sa région n'ont jamais aimé les transports publics ferroviaires, sauf au début du siècle dernier, à l'époque où l'on a imaginé le CEVA. Zurich est depuis plus d'un siècle le coeur d'un réseau RER impressionnant et pas seulement financé par les CFF n'en déplaise aux mauvaises langues de ce côté-ci de la Sarine. Résultat 33% des déplacements se font en transports public, 35% à pied et seulement 33% en voitures. A noter aussi que le conseil d'administration de neuf membre de l'Agence intercommunale des transports publics n'offre qu'un siège à Zurich même si 65% du trafic a lieu sur son territoire.
Les deux villes sont des capitales financières. Mais Zurich reste, bien plus que Genève, une ville industrielle. Sa région surtout, entre Bâles et Saint-Gall, entre Schaffhouse et Lucerne, héberge des milliers de PME anciennes ou récentes alors que l'Hinterland genevois est un désert industriel, à l'exception de la vallée de l'Arve.
Mais c'est peut-être au plan politique que les différences sont les plus grandes. Le maire de Genève est un roi sans pouvoir. Il change chaque année et ne détient un peu de pouvoir que dans trois domaines: la culture, les parcs et jardins et le sport (et dans ce dernier cas, la ville a démissionné de sa responsabilité en laissant à d'autres le soin de construire un grand stade). Tout le reste, police, urbanisme, police des construction, voirie, déchet, santé, social, transports publics et services industriels, dépend du canton ou d'agences spécialisées cantonales.
J.-F. Mabut
Ce billet comme les deux qui précèdent est le résumé commenté d'une conférence donnée le 6 mars à l'aula d'Uni Bastions par Elmar Ledergerber, maire de Zurich, à l'invitation de la Nouvelle société helvétique et de la Fondation pour Genève.
Pour commenter ce billet et poursuivre le débat, il suffit de cliquer sur le mot commentaire ci-dessous. Merci d'indiquer votre nom et de laisser une adresse courriel.A Zurich le patron est socialiste , Zurich, les clés du succès