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Le Clavier bien tempéré demeure un monument de la littérature musicale, tout autant que l’une des œuvres essentielles et parmi les plus novatrices de Johann Sebastian Bach. Composer un recueil de préludes et fugues pour clavier dans chacune des vingt-quatre tonalités majeures et mineures est en effet une entreprise sans précédent lorsque l’auteur achève le premier livre de sa partition en 1722.
Les pratiques d’alors en matière d’accordage ne permettent souvent pas de jouer agréablement dans toutes les tonalités, contrairement au tempérament égal en vigueur de nos jours. S’agit-il là du tempérament sous-entendu par Bach? Pas forcément: la partition se destine simplement à un instrument « bien tempéré », c’est-à-dire accordé de manière à pouvoir jouer dans tous les tons. Le compositeur n’en dit pas plus et le débat à ce propos reste ouvert.
Fruit d’une assez longue gestation, le premier livre du Clavier bien tempéré réunit vingt-quatre fugues allant de deux à cinq voix, la plupart étant à trois ou quatre voix. Les pièces à quatre et cinq voix se distinguent par leur polyphonie complexe, tandis que celles à deux et trois voix privilégient généralement un jeu plus virtuose. Les préludes nous offrent pour leur part un panorama de la musique pour clavier de l’époque.
On y rencontre le style virtuose de la toccata (préludes n° 2, 7 ou 21), le contrepoint d’un mouvement lent de sonate en trio (prélude n° 8), la réminiscence d’un allegro de concerto (prélude n° 17) ou d’une sarabande (prélude n° 4), mais aussi l’écriture d’une invention à deux ou à trois voix (préludes n° 11, 18 ou 23).
Pour mieux situer la place exceptionnelle de ces pages dans l’histoire, laissons donc la parole à Hans von Bülow: « Le Clavier bien tempéré est l’ancien testament, les sonates de Beethoven le nouveau. Nous devons croire aux deux ».
Programme
Johann Sebastian Bach (1685-1750)
Le Clavier bien tempéré, 1er cahier BWV 846-869