Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06870.jsonl.gz/834

Par définition, l’insomnie est une insatisfaction concernant la quantité ou la qualité du sommeil avec des répercussions diurnes. Le sujet ressent son sommeil comme difficile à obtenir, insuffisant ou non récupérateur. (1)
L’insomnie est le trouble du sommeil le plus fréquemment rencontré en médecine du sommeil. Pratiquement tout le monde peut rapporter le souvenir d’une expérience d’insomnie aiguë, fort heureusement transitoire, et souvent sans conséquence majeure en dehors d’une éventuelle fatigue ressentie le lendemain.
Selon le baromètre Santé de l’INPES , en France, en 2010 (2), près de 20% de la population féminine et 12% de la population masculine souffrirait d’insomnie chronique.
Les différents types d’insomnies
Il existe différents types de classement en fonction de critères de durée et en fonction de l’existence d’une cause ou non pour les insomnies chroniques.
On distingue deux types d’insomnies :
- Les insomnies transitoires (jusqu’à 3 mois)
- Les insomnies chroniques.
L’insomnie transitoire est dans tous les cas une insomnie liée à des causes occasionnelles réversibles (stress, environnement, mauvaise hygiène du sommeil). Il faut bien sûr veiller à ne pas pérenniser cette insomnie transitoire.
Les insomnies chroniques secondaires
Elles sont toujours la conséquence :
- d’un trouble d’origine mentale et psychologique : dépression, anxiété, psychose
- d’une pathologie du sommeil
- d’une autre pathologie chronique notamment douloureuse ou inflammatoire, neurologique, d’un asthme nocturne ou d’un reflux gastro-oesophagien nocturne
- d’une mauvaise hygiène du sommeil qui se pérennise
- des effets d’une substance
L’insomnie psychophysiologique (persistante primaire)
C’est la plus fréquente des insomnies chroniques primaires.
La personne présente souvent des difficultés d’endormissement et ne reste pas endormie. Elle présente aussi un hyperéveil cognitif et émotionnel.
La personne appréhende son sommeil et le perçoit comme non récupérateur. Ses tentatives de sieste échouent. Souvent, elle perçoit des conséquences diurnes supérieures à la réalité.
L’insomnie paradoxale
C’est une plainte d’insomnie due à une mauvaise perception du patient. La réalité peut être objectivée par polysomnographie.
Les insomnies multifactorielles
L’insomnie est souvent très complexe et les différentes causes peuvent toutes être imbriquées.
Les conséquences de l’insomnie
L’insomnie à des conséquences à court terme (fatigue, somnolence, pertes de mémoire…) mais elle peut également accentuer les symptômes de certains problèmes de santé (migraines, douleurs…).
A plus long terme, l’insomnie peut être la cause de difficultés scolaires ou professionnelles dont l’absentéisme ou encore le présentéisme (présence du corps et non de l’esprit).
L’insomnie est également une importante source d’accidents, aussi bien au travail que sur la route. Selon, le Bureau de Prévention des Accidents, 10 à 20 % des accidents de la circulation seraient dus à la fatigue.
Thérapies contre l’insomnie
Afin de prendre en charge le patient, il est très important d’étudier toutes les causes possibles d’insomnie et de remédier à tous les points discordants dans la mesure du possible. A cette fin, l’utilisation d’un agenda du sommeil est particulièrement recommandée.Il permet de faire prendre conscience au patient de la réalité de son sommeil, parfois en désaccord avec sa perception.
Afin de diagnostiquer précisément l’insomnie, on peut utiliser l’actimétrie et la polysomnographie.
L’avantage de la polysomnographie est qu’on pourra en même temps diagnostiquer les causes éventuelles. La thérapie de choix reste dans tous les cas d’insomnie secondaire celle qui traite la source de l’insomnie, quelle qu’elle soit. Mais on peut citer ici des méthodes qui, même si elles ne traitent pas toujours la cause, permettront d’accompagner l’insomniaque.
- Nutrition du sommeil
- Perte de poids et hygiène de vie
- Thérapie cognitivo-comportementale : le traitement de choix pour l’insomnie chronique primaire
- Pharmacologie : l’utilisation d’hypnotique n’est pas anodine. Elle est à éviter autant que possible et doit, si elle est indispensable être prescrite par un médecin.
- Gestion du stress & Sophrologie du sommeil
Dernière mise à jour : 13-11-14
(1) Neurologie, Collège des Enseignants en Neurologie, Elsevier-Masson, 2014
(2) Prévalence et facteurs sociodémographiques associés à l’insomnie et au temps de sommeil en France (15-85 ans). Enquête Baromètre santé 2010 de l’Inpes, France, François Beck, Jean-Baptiste Richard, Damien Léger, BEH/20 novembre 2012, p 44-45