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Ton imaginaire t’emmène où il le souhaite. Tu serres entre tes mains ce tissu épais et satiné, tu le sens qui s’ouvre quand tes doigts lui cèdent la place. Tu chantes et tu ris.
Ta fenêtre est de travers. Une fenêtre doit être à angle droit et perpendiculaire à une ligne. Une ligne d’où. Ta fenêtre a la forme des tes pensées et de ton corps. Tu t’y engouffres comme on offre sa chair nue au soleil. De la buée dessine sur ton bras et sur ton ventre le prince qui te caresse.
Chaque instant, tu te réinventes. Tout est toujours nouveau. Sauf le gris des murs qui finit par te rappeler quelque chose. Les êtres que tu aimes ne viennent pas te rencontrer. Ils te visitent. Tu brodes le fil de leur venue.
Tu vis des passions que tu transformes au gré du vent sec qui te traverse. La nuit tu ressasses les paroles d’un père et ton cœur gronde. Il n’y a pas de fantasmes.
Tu peins et façonnes ta propre mythologie. Ton esprit te brûle et tu te réfugies dans les herbes hautes.
Ton cœur déborde de fleurs blanches et grasses dans une boîte trop petite. Cela fait peut-être le bruit des petits cailloux que l’on broie avec ses pieds. Je suis un peu toi. Personne ne ressemble à personne.