Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07049.jsonl.gz/878

La préparation 500 (aussi nommée bouse de corne) est l’une des préparations les plus populaires et les plus utilisées en agriculture en biodynamie. Elle fait d’ailleurs partie du cahier des charges des labels Demeter et Biodyvin.
Ce fût Rudolf Steiner qui conçut ce procédé, sans expérimentation ni explications
Nous pouvons en apprendre plus grâce au témoignage d’une des disciples exécutantes de Steiner, Maria J. Krück von Poturzyn, qui écrivit ses mémoires dans son ouvrage “Wir erlebten Rudolf Steiner. Erinnerungen seiner Schüler”, dont voici quelques extraits :
En 1923, Rudolf Steiner communiqua pour la première fois les mesures à prendre pour parvenir à la fabrication des préparations additives biologiques-dynamiques – et cela, sans autre explication, sous la simple forme d’une recette : “Faites ceci et cela”. Wachsmuth et moi, nous préparâmes alors la première préparation 500.
Les premières cornes emplies de bouse furent donc enfouies pour la première fois au monde.
On creusait, on creusait… Le lecteur peut se représenter que nous transpirions non pas seulement en raison de l’effort à faire pour creuser, mais encore beaucoup plus de savoir que nous dilapidions le temps précieux de Rudolf Steiner. Celui-ci s’impatienta d’ailleurs et s’apprêtait à s’en aller en indiquant qu’il devait être de retour à l’atelier pour 17h. A cet instant, la bêche heurta la première corne de vache. Steiner fit demi-tour, demanda que l’on remplît un seau d’eau et montra ensuite comment il fallait disperser et remuer le contenu de la corne dans l’eau. Comme on n’avait sous la main que la canne de l’auteur de ces lignes, c’est d’elle qu’on se servit pour remuer. Il importait avant tout à R. Steiner de montrer comment il fallait remuer l’eau énergiquement, former un entonnoir et changer rapidement de sens de rotation, c’est-à dire comment se forme un tourbillon à force de remuer énergiquement. Il ne fut pas question de remuer énergiquement. Il ne fut pas question de remuer avec la main ou avec une branche de bouleau. Il indiqua encore brièvement la façon particulière de répandre la préparation que l’on a remuée et pour quelle surface (il montra d’un geste de la main le jardin) il fallait utiliser la quantité dont on disposait. Ainsi s’était achevé le processus mémorable qui devint le moment où naquit un mouvement agricole qui s’étend au monde entier…
Le fait que souvent quelques phrases ou un paragraphe du Cours d’agriculture ‘ suffirent à eux seuls à constituer le fondement du travail d’une vie entière d’agriculteur ou de chercheur en biologie témoigne de la concentration avec laquelle Rudolf Steiner procédait pour donner ses orientations directrices. C’est pourquoi on ne peut étudier ces orientations trop à fond et on n’a besoin d’y ajouter aucune finasserie, mais on peut se laisser guider entièrement par ce qui est exposé; c’est-à-dire qu’il suffit d’exécuter les indications proposées. Steiner décrivit un jour, dans une autre situation très grave, mais avec un sourire plein de compréhension, que l’on trouve au cours de l’évolution du travail anthroposophique deux types d’êtres : les anciens, qui, certes, comprenaient tout… Mais ensuite, il ne se passait rien. Les plus jeunes qui exécutaient sur le champ ce qu’ils n’avaient pas compris ou compris à moitié. Il est clair que dans le mouvement agricole nous avons pris la voie des jeunes qui devaient apprendre à la dure école de la réalité.