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Il est actuellement impossible de préciser la date de découverte de la Grotte aux Fées, laquelle était probablement déjà connue à l'époque de la domination romaine, voire avant ceux-ci. L'entrée de la Grotte servit maintes fois, au cours des âges, de refuge aux indigènes fuyant les envahisseurs venus de l'Est. La grotte fut peu à peu comblée par de multiples éboulements intérieurs ainsi que par des dépôts sédimentaires amenés par le passage des eaux. Le remplissage fut considérable au début du XIXe siècle ; on parlait alors du Trou des Fayes ("faye" signifie "mouton" en patois).

Légendes
Il y a très longtemps, une gracieuse et bienfaisante fée, répondant au nom de Frisette, résidait dans son palais de la grotte de St-Maurice. Comme toute bonne fée elle avait une vocation : la sienne était de couvrir de sa protection la noble famille Duin, qui habitait le château du même nom au-dessus du village de Bex. Une autre fée était connue dans la région : la fée Turlure, une vraie sorcière. Suite à la destruction de son repaire aux Diablerets (par un éboulement), elle vint demander asile à Fée Frisette qui l'accueillit à bras ouverts, pour peu que Turlure ne nuît à personne dans la contrée. Mais un jour, guidée par son esprit mauvais, elle profita de ce que les deux jeunes enfants du château Duin jouaient au bord du Rhône pour les noyer. Grâce à sa baguette magique, Fée Frisette réussit à sauver les pauvres petites victimes. Dans sa juste colère elle frappa sa rivale qui tomba dans les flots et s'y noya.
Mais hélas dans la promptitude de son geste elle brisa sa baguette et, profondément attristée, quitta la contrée pour toujours.
Au temps des fées, un dragon hantait la grotte. Seul être de son espèce, il s'ennuyait à mourir et décida de s'enfuir. De la cascade il sauta jusqu'à la petite galerie qui la surplombe et y resta quelques jours. Puis il poursuivit son échappée mais sa masse le ralentit et sa peau resta collée à la paroi. Malgré tout il continua sa route. Malheureusement il rencontra la fée Carabosse sur son chemin et celle-ci, soupçonnant les idées de fuite du grand reptile, le pétrifia sur un rocher, où d'ailleurs il se trouve encore aujourd'hui.

En 1831 deux explorateurs bernois parviennent à pénétrer jusqu'à plus de 650 mètres à l'intérieur de la montagne, franchissant continuellement des obstacles rocheux et sédimentaires qui jonchent le sol de la grotte.
Dans les années 1860, le chanoine Gard, professeur au collège de l'Abbaye de St-Maurice, amène fréquemment ses étudiants en promenade dans la forêt qui jouxte le château de St-Maurice. Découvrant à son tour la cavité, il s'empresse de convaincre l'orphelinat de Vérolliez, un établissement pour jeunes orphelines administré par des Soeurs, d'acquérir le terrain. Ainsi des travaux de déblayement et d'aménagement sont entrepris, ce qui d'une part rend les galeries facilement praticables, et surtout permet ensuite aux Soeurs de Vérolliez d'exploiter la grotte au profit de l'orphelinat ; la grotte est ouverte au public en 1863. Il faut dire qu'à cette époque l'engouement pour les mystères de la nature aussi bien que le romantisme incitent de plus en plus de gens à (re-)découvrir les forêts, les montagnes, et bien sûr le monde souterrain.
Le nombre de visiteurs croît d'année en année : ils sont déjà 3000 en 1868. Un chemin est aménagé, facilitant ainsi l'accès aux grottes ; les explorations et les aménagements intérieurs se poursuivent tant bien que mal.
Quelques années plus tard, le romantisme n'étant visiblement plus d'actualité, les soeurs de Vérolliez décident de mettre un terme à l'exploitation de la Grotte en 1934. Dans les décennies qui suivent la Grotte aux Fées est successivement reprise en main par divers exploitants, lesquels s'essaient à quelques aménagements supplémentaires.
Aujourd'hui le site de la Grotte aux Fées est doté d'une infrastructure non négligeable. En effet, les voies d'accès (aboutissant à un parc) permettent aux véhicules de se rapprocher considérablement de l'entrée des Grottes (il reste ensuite 10 min. de marche agréable en forêt). D'autre part il est désormais possible de goûter certains plats typiquement valaisans puisqu'un café-restaurant a été construit, tout comme récemment une terrasse conviviale dont la vue sur la vallée est superbe.
Concernant l'avenir du site, un projet est en train de prendre forme, qui vise à aménager puis ouvrir au public les forteresses militaires situées aux abords de la Grotte...
Photographie d'époque montrant une roche admirablement cannelée et striée par le glacier du Rhône.