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Charles Edouard Racine étudie quelques ouvrages de Jacques Chessex et d'autres auteurs romands. La pratique de l'écriture et de l'analyse littéraire l'a amené à se poser un certain nombre de questions:-Comment un auteur s'y prend-il lorsqu'il veut faire de sa province un lieu privilégié où souffle le Paraclet, et où l'on est d'emblée justifié d'écrire?-Par quel biais aborder le problème de la vraisemblance dans le roman réaliste? Pourquoi le lecteur peut-il être tenté de refuser d'adhérer au monde fictif qu'on lui propose?-Y a-t-il des lois à respecter lorsqu'on se mêle de composer un roman? Peut-on tout se permettre ou existe-t-il une "morale du roman" qu'il s'agirait de sauvegarder? Peut-on encore parler de "morale" lorsqu'on se mêle de critique littéraire?-Quels critères nous permettraient de différencier l'art et le pseudo-art, les uvres authentiques et les livres académiques, la littérature et le kitsch-En bref: peut-on distinguer la vraie et la fausse monnaie?
1929. Un vieil homme termine son existence, retiré sur un alpage jurassien, à l'écart du monde. Pour ses neveux et nièce, seuls liens qu'il conserve avec le monde moderne, il entreprend de réunir ses souvenirs. Et c'est un univers encore proche qui ressurgit: ouvriers horlogers, anarchistes, sectes protestantes rigoristes, patrons oscillant entre paternalisme et aristocratie. Revivent aussi dans ces pages, en filigrane, des personnages comme James Guillaume, Adhémar Schwitzguébel, Mikhaïl Bakounine, Karl Marx. Avec l'évocation du passé viennent les interrogations. Où se situe l'essentiel? "On ne peut jamais savoir, on fait ce qu'on croit être juste, on tente d'être en accord avec soi-même, et l'important est de pouvoir se dire qu'on n'a jamais triché, même si l'on s'est trompé."