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A fin 2010, selon les chiffres du Relevé Structurel, on estime qu'il y avait un peu plus de 608'000 pendulaires dans la partie francophone du pays - un pendulaire étant défini comme étant une personne active sortant de sa commune de résidence pour aller travailler. Ce nombre est impressionnant: il représente en effet 66,2% de l'ensemble des actifs (un peu moins de 919'000), un chiffre d'ailleurs très proche de la moyenne nationale. Comme le pays en général, la Suisse romande est désormais fermement un pays de pendulaires.
Ce qui impressionne, c'est la brusque accélération du phénomène dans les années 2000. Cette année-là, on recensa en Suisse romande un peu moins de 487'000 pendulaires, qui représentaient environ 57,2% de l'ensemble des actifs - un chiffre là aussi quasiment identique à la moyenne suisse. Cette progression générale de la pendularité est une tendance extrêmement lourde, qui se déploie dans notre pays depuis l'immédiat après-guerre. Mais on note une nette accélération du phénomène dans les années 2000, comme si la croissance démographique de ces années-là se couplait d'une hausse de la part des pendulaires. Dit autrement: la croissance démographique, laissée à elle-même, pourrait bien entraîner, entre autres conséquences, une hausse massive des trajets pendulaires.
Mais attention à ne pas accuser la croissance démographique de tous les maux. Certes, l'effet conjugué de la croissance démographique et de la brusque hausse de la pendularité a mis sur nos routes et dans nos trains 120'000 personnes de plus en dix ans, soit une augmentation de 25% de la charge - alors même que la population, elle, n'y a augmenté que de 11% durant le même laps de temps. C'est donc le changement des comportements de mobilité qui est responsable de l'engorgement de nos infrastructures, bien plus que ne l'est la seule croissance démographique.