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inversions linguistiques
La traduction antonymique consiste, dans un énoncé donné, à remplacer chacun des mots importants (substantif, verbe, adjectif, adverbe) par un de ses antonymes possibles, c'est-à-dire son contraire.
Paul Valéry, plagiant l'Oulipo par anticipation, avait ainsi manipulé l'une des Pensées de Pascal."Le silence éternel de ces espaces infinis m'effraye" a donné naissance à : "Le vacarme intermittent de ces petits coins me rassure." De même, Georges Perec a traité la première phrase d' A la recherche du temps perdu, "Longtemps je me suis couché de bonne heure":
Une fois, l'autre fit la grasse matinée.
Auteur:
Info:
Abrégé de littérature potentielle, traductions antonymiques, p 29
femmes-par-homme
Quelles affinités particulières lui paraissaient exister entre la lune et la femme ?
Son antiquité qui précède les générations telluriennes successives et qui leur survit : sa prédominance nocturne : sa dépendance satellitique : sa réflexion lumineuse : sa constance dans toutes ses phases, se levant et se couchant aux moments désignés, croissant et décroissant : l’invariabilité contrainte de son aspect : sa réponse indéterminée à l’interrogation inaffirmative : son pouvoir sur les eaux effluentes et refluentes : sa capacité à énamourer, à mortifier, à investir de beauté, à rendre fou, à inciter et à favoriser la délinquance : l’inscrutabilité tranquille de son visage : la terribilité de sa propinquité isolée dominante implacable resplendissante : ses présages de tempête et de calme : la stimulation de sa lumière, de son mouvement et de sa présence : l’admonition de ses cratères, de ses mers arides, de son silence : sa splendeur, quand elle est visible : son attraction, quand elle est invisible.
Auteur:
Info:
Ulysse
imagination
Tout est absurde. Celui-ci consacre sa vie à gagner de l’argent pour le mettre de côté, sans avoir seulement d’enfants à qui le laisser, ni le moindre espoir de voir quelque ciel réserver un sort transcendantal à sa fortune. Cet autre consacre tous ses efforts à se faire une réputation qui ne lui servira qu’une fois mort, mais il ne croit nullement à la survie qui lui permettrait de jouir de cette même réputation. Cet autre encore s’épuise à rechercher mille choses qu’en fait il n’apprécie nullement. Un autre, un peu plus loin (…)
Celui-ci lit pour savoir, inutilement. Cet autre jouit pour vivre, tout aussi inutilement.
Je me trouve dans un tram, et j’examine lentement, à mon habitude, tous les détails concrets des personnes qui se trouvent devant moi. Pour moi les détails sont des choses, des mots, des lettres. Cette robe que porte la jeune fille assise en face de moi, je la décompose en ses divers éléments : l’étoffe dont elle est faite et le travail qu’elle a coûté — puisque je la vois en tant que robe, et non pas comme simple étoffe ; la fine broderie qui borde le ras du cou se décompose à son tour : le galon de soie dont on l’a brodé, et le travail qu’a demandé cette broderie. Et immédiatement, comme dans un ouvrage primaire d’économie politique, se déploient sous mes yeux les usines et les activités diverses — l’usine où l’on a fabriqué le galon, d’un ton plus foncé, qui a servi à orner, de petites choses entortillées, l’endroit qui fait le tour du cou ; et je vois les ateliers dans les usines— machines, ouvriers, cousettes — mes yeux tournés vers le dedans pénètrent dans les bureaux, je vois les directeurs chercher un peu de calme, et je surveille, dans les registres, la comptabilisation de chaque chose ; mais je ne m’arrête pas là : je vois, au-delà, la vie familiale de ceux dont la vie quotidienne s’écoule dans ces usines, dans ces bureaux… Le monde entier se déroule sous mes yeux, du seul fait que j’ai devant moi, au-dessous d’un cou brun, qui par ailleurs supporte je ne sais quelle tête, une bordure, irrégulièrement régulière, d’un vert sombre sur le vert plus clair de la robe.
La vie sociale tout entière gît sous mon regard.
En outre, je devine les amours, les cachotteries et l’âme de tous ceux qui ont œuvré pour que la femme qui se trouve là, devant moi, dans un tram, porte, autour de son cou de mortelle, la sinueuse banalité d’un galon de soie vert sombre se détachant sur un tissu d’un vert plus clair.
J’ai le vertige. Les banquettes du tram, dont le siège est garni de paille aux brins alternativement plus fins et plus robustes, m’emportent vers des régions lointaines, se multiplient en industries, ouvriers et maisons d’ouvriers, existences, réalités — tout.
Je descends du tram, épuisé, somnambulique. J’ai vécu la vie tout entière.
Auteur:
Info:
Oeuvre poétique, NRF 2001
femmes-par-homme
les femmes n’ont que faire de se montrer compréhensives, tout ce qu’elles désirent, c’est de vous faire partager leur rancune vengeresse envers ce qui les préoccupe le plus. par nature, les femmes sont des animaux dénués de raison, et si elles parviennent si souvent à asservir les mâles, c’est parce qu’elles focalisent à fond sur la cible et qu’elles profitent alors du moindre moment d’inattention.
Auteur:
Info:
Journal souvenirs et poèmes, Ça commence lundi dernier, Grasset 2007..
fuite en avant
La confiance dans la technologie comme solution ultime à tous les problèmes détourne notre attention du problème le plus fondamental - celui de la croissance dans un système fini - et nous empêche d'entreprendre des action effectives pour le résoudre. Il faudra alors réagir dans l’urgence, et ce sera beaucoup plus douloureux que si la société avait fait elle-même ses choix.
Auteur:
Info:
En 1972
enfance
Je me souviens des chevaux
sous la lune
je me souviens que je leur donnais
du sucre
de blancs rectangles de sucre
qui ressemblaient à de la glace
et ils avaient des têtes qui ressemblaient à
des aigles
des têtes chauves qui auraient pu mordre mais qui
ne le faisaient pas.
Les chevaux étaient plus réels que
mon père
plus réels que Dieu
et ils auraient pu m’écraser les
pieds mais ils ne le faisaient pas
ils auraient pu faire toutes sortes d’horreurs
mais ils ne le faisaient pas.
J’avais presque cinq ans
mais je n’ai pas oublié ;
dieu qu’elles étaient fortes et douces
ces langues rouges baveuses
dégoulinant de leurs âmes.
Auteur:
Info:
Les Jours s'en vont comme des chevaux sauvages dans les collines, Poche 2011
gratitude
Cher Monsieur Germain,
J’ai laissé s’éteindre un peu le bruit qui m’a entouré tous ces jours-ci avant de venir vous parler un peu de tout mon cœur. On vient de me faire un bien trop grand honneur, que je n’ai ni recherché ni sollicité. Mais quand j’ai appris la nouvelle, ma première pensée, après ma mère, a été pour vous. Sans vous, sans cette main affectueuse que vous avez tendue au petit enfant pauvre que j’étais, sans votre enseignement, et votre exemple, rien de tout cela ne serait arrivé. Je ne me fais pas un monde de cette sorte d’honneur mais celui-là est du moins une occasion pour vous dire ce que vous avez été, et êtes toujours pour moi, et pour vous assurer que vos efforts, votre travail et le cœur généreux que vous y mettiez sont toujours vivants chez un de vos petits écoliers qui, malgré l’âge, n’a pas cessé d’être votre reconnaissant élève.
Je vous embrasse, de toutes mes forces.
Auteur:
Info:
Lettre à mon instituteur, 19 novembre 1957. Après son Nobel
post-mortem
Il s'attendait à un tunnel conduisant vers une grande lumière pleine d'amour mais non : derrière-lui à droite une espèce de boule en 4 Dimensions l'attendait. Il la sentit d'abord et, lorsqu'il lui fit face, le truc s'addressa à lui d'une voix tonitruante (au volume visiblement adapté pour ne pas l'effrayer).
- SALUT PTIT GARS... VOUI, T'ES BIEN MORT TERMINé CROUNI SéCHé.
Ce n'était déjà plus le même machin, on aurait dit un sapin trop fin qui chantait avec l'arrière train. Et le support de la voix était une mélodie dont il n'arrivait pas à identifier la référence.
- CESSE CETTE SACRéE HABITUDE DE METTRE TES SENSATIONS DANS DES CASES.
Son interloculteur lui faisait maintenant penser à un chat-araignée cabré sur un vélo de course
- Oui, mais pourquoi lorsque vous parlez je vois vos lettres avec accent sour forme de minuscules ?...
- CESSE !!!
Il ferma mentalement les yeux.
- VOILà, C'EST BIEN. ALORS RACONTE, COMMENT C'éTAIT... CETTE INCARNATION HUMAINE ?
Pas possible... vlati pas qu'un fois mort on continuait à se faire emmerder par les curieux... Il le sentait : des bidules pareils ça se promène jamais seul... z'ont besoin de témoins, faire-valoir... spectateurs... audideurs.
Qu'on stoppe tout ça - la pensée fusa - je veux descendre...
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Info:
3 août 2022
lieux de pouvoir
Ceux qui font le jeu de la mort ne craignent pas la lumière du jour.
Ils gouvernent du haut de leurs étages de verre. Ils fourmillent en plein soleil.
Ils se penchent par-dessus le comptoir et ils tournent la tête.
Loin de là, par hasard, je m’arrête devant une de ces façades neuves.
Bien des fenêtres qui se noient en une seule fenêtre.
La nuit y capture les lumières du ciel et les migrations du feuillage.
C’est un lac miroitant, sans vagues, dressé dans la nuit d’été.
La violence paraît irréelle
un court instant.
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Baltiques : Oeuvres complètes 1954-2004
misanthrope
Quand le meilleur ami de l’homme est un chien, alors ce chien a un sacré problème.
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