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Etats-Unis Obama tranche, seul, sur le sort de millions de sans-papiers
Le président des États-Unis veut prendre des mesures pour faciliter les séjours des sans-papiers, sans l'accord du Congrès. Les républicains sont remontés et une tempête politique s'annonce.
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Déterminé à se passer du Congrès dont il dénonce l'inaction, le président américain Barack Obama devait annoncer ce jeudi soir 20 novembre 2014 une série de mesures offrant un répit à plusieurs millions de sans-papiers menacés d'expulsion.
11 millions de clandestins
Un peu plus de 11 millions de personnes, dont une grande partie de Mexicains, vivent et travaillent clandestinement aux États-Unis. Depuis les régularisations massives de 1986, sous Ronald Reagan, toutes les tentatives de réforme du système d'immigration ont échoué.
Barack Obama, qui avait fait de ce dossier l'une de ses priorités lors de son arrivée au pouvoir en 2009, a décidé, à deux ans de son départ de la Maison Blanche, de trancher par décrets. Il devait s'exprimer à 20 heures (2 heures du matin vendredi en Suisse) pour détailler ses propositions.
«Tout le monde est d'accord pour dire que notre système d'immigration ne fonctionne plus», a-t-il souligné, promettant des mesures concrètes pour répondre à une situation qui s'est «envenimée depuis trop longtemps».
Permis provisoire
Les clandestins vivant depuis au moins cinq ans aux États-Unis et n'ayant pas d'antécédents judiciaires pourraient, sous certaines conditions, réclamer un permis de travail provisoire.
Par ailleurs, le programme offrant des permis de séjour temporaires aux mineurs arrivés sur le territoire américain avant l'âge de 16 ans, dont 600'000 personnes ont déjà bénéficié, pourrait être élargi. Au total, de trois à cinq millions de personnes devraient être concernées.
Si nombre de prédécesseurs de Barack Obama, démocrates comme républicains, ont utilisé leurs pouvoirs exécutifs pour accorder des régularisations à certaines catégories de sans-papiers, jamais des décisions d'une telle ampleur n'avaient été envisagées.
Les républicains, très remontés, dénoncent une initiative en rupture avec la tradition démocratique américaine. Certains mettent en doute la constitutionnalité d'une telle décision, d'autres réclament plus de temps pour que le Congrès se penche sur le sujet.
«Voter une loi»
«C'est risible», répond le sénateur démocrate Robert Menendez. «C'est le même parti républicain qui refuse de bouger sur une réforme de l'immigration depuis 2006», ajoute-t-il, jugeant qu'il existe un antidote aux inquiétudes de ses adversaires politiques sur les décisions présidentielles: «Voter une loi».
Selon un sondage réalisé pour NBC/Wall Street Journal, 48% des Américains désapprouvent la démarche du président sur ce dossier, contre 38% qui y sont favorables.
La tempête politique que cette annonce a déclenchée augure mal des relations entre le Congrès et la Maison Blanche sur les mois à venir. La donne politique vient en effet de changer à Washington après la large victoire des républicains lors des législatives de mi-mandat.
Désormais majoritaires à la Chambre des représentants comme au Sénat, ces derniers ne peuvent bloquer un décret présidentiel, mais ils disposent de nombreuses armes pour rendre les deux dernières années d'Obama à la Maison Blanche difficiles. (ats/nxp)
Créé: 20.11.2014, 15h44