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Intervenant:
Héctor Méndez , né en 1944 a obtenu son Master en philosophie en 2010. Doctorant à l’université Montpellier III, Paul Valéry, sa thèse porte sur le pouvoir populaire en Amérique latine.
Exposé:
Les développements théoriques qui se sont produits en Amérique latine à partir de l’échec de la voie insurrectionnelle armée des années soixante sont certainement moins connus que les mouvements sociaux et politiques récents qui agitent le sous-continent. Or, ils sont essentiels pour comprendre les contradictions apparentes des hommes qui proclament revendiquer leur foi chrétienne et vouloir construire, en même temps, le socialisme du XXIe siècle.
Ce développement s’appuie sur les deux principaux courants philosophiques qui ont conflué vers l’élaboration de ce qu’on doit qualifier d’un nouveau paradigme de transformation radicale de la société. Ces deux courants sont : le marxisme, d’inspiration gramscienne et guevariste (un marxisme qui a toujours eu, depuis Mariategui, une longue tradition d’hétérodoxie en Amérique latine) et, un courant de pensée spécifiquement latino-américain, mais avec aspiration universelle, la théologie de la libération. Ce nouveau paradigme se caractérise par le refus de tout dogmatisme et l’affirmation du caractère central de la pratique des masses. Seules les masses organisées, dans leurs mouvements et pratiques, déterminent le développement théorique et testent sa justesse.
Mais au-delà de ces deux courants principaux, ce mouvement de pensée accueille aussi des apports de courants autonomistes, féministes, écologistes et de défense des nationalités opprimées, des philosophies spécifiquement latino-américaines comme celle de la libération et, même, des aspects partiels de la pensée d’auteurs postmodernes.
Or, il ne s’agit pas d’une réunion éclectique de positions théoriques, plus ou moins en rapport avec les mouvements sociaux qui les portent. Au contraire, le propos de mon intervention serait de montrer, à travers le concept de participation, comment peuvent s’articuler des idées d’origine aussi différent que celle marxiste de l’hégémonie ou celle du sujet pluriel propre à la théologie de la libération, avec l’éthique radicale de la philosophie de la libération et même avec des apports sans intention transformatrice apparente, comme l’idée de pouvoir de Foucault ou la construction du consensus selon Habermas. Pour la pensée latino-américaine, cette méthode est la seule façon de construire, pas à pas, une nouvelle théorie révolutionnaire.
Horaire
Jeudi 25 octobre
14h00 – 15h45
Amphimax, salle 415
Panel – Combats actuels pour l’émancipation: Amérique Latine, un continent en ébullition.