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La chocolaterie Auer fête ses 60 ans cette année. Elle profite de cet anniversaire pour remercier chaleureusement toute sa clientèle pour son indéfectible fidélité. La dynastie Auer a connu en effet une destinée exceptionnelle. C'est le 29 novembre 1939 que Henri Auer, descendant lui-même d'une illustre famille de confiseurs remontant à la première moitié du XIXe siècle, ouvrit la boutique de la rue de Rive. Tout de suite, elle connut le succès. Sur la suggestion de son épouse Julia, très observatrice, Henri Auer créa en effet une année plus tard, alors qu'il n'avait que 27 ans, le fameux Pavé de Genève sur le modèle de ceux qui tapissaient alors cette artère, Ces chocolats qui laissent une merveilleuse sensation de glacé dans le palais, souvent imités depuis, mais jamais égalés, sont toujours le juste motif de gloire de la chocolaterie Auer.
A la disparition prématurée de Henri Auer à 54 ans, en 1967, ce fut son fils, Claude Auer, qui prit la relève. Il était bien préparé puisqu'il avait fait son apprentissage dans une célèbre confiserie de la place, avant un stage chez Nestlé en Allemagne. C'est lui qui, en 1989, refit complètement les laboratoires de fabrication, en les transférant de la rue de Rive à la route des Acacias où ils se trouvent toujours.
Bagage exceptionnel
Son fils Philippe Auer, né en 1968, s'empressa de marcher sur ses traces. Après avoir appris les rudiments de la profession chez Chevillat à Genève, il séjourna par la suite cinq mois aux Etats-Unis, afin d'y apprendre l'anglais. Dès 1988, il secondait déjà son père.
Pas étonnant qu'il voue une grande reconnaissance pour tout ce qu'il lui a appris. Ce bagage exceptionnel lui a permis de voler de ses propres ailes à partir de 1997. Depuis deux ans, Philippe Auer, âgé aujourd'hui de 35 ans, se trouve en effet tout seul aux commandes. De tempérament ouvert, dynamique, il éprouve en effet, jour après jour, ce plaisir intense, comme son père, Comme son grand-père, de perpétuer le plaisir unique de satisfaire pleinement tous les Passionnés du chocolat.
De l'Engadine à la Méditerranée
Philippe Auer est certes l'héritier de toutes les expériences engrangées par son père et son grand-père. Mais il est aussi le descendant d'un savoir-faire beaucoup plus ancien qui remonte en fait aux premières décennies du XIXe siècle. Grâce à son arrière-grand-père, Gaspard Auer, qui avait ouvert, dans les années 20, une confiserie juste en face de la gare de Cornavin. Ce Gaspard Auer était en fait le petit-fils du fondateur de la dynastie, qui est active dans la confiserie depuis 1820. C'est en effet cette année-là que Henri Auer quittait son village natal de Pontresina, en Engadine, pour les lumières des côtes méditerranéennes où il ouvrit plusieurs boutiques dont une se trouve toujours à Nice, dans le quartier ancien de Saint-François-de-Paule.
Truffes faites à la main
Mais retournons vite à la rue de Rive et à son délicieux magasin aux antiques tiroirs de bois. La chocolaterie se prolonge certes par un tea-room, mais rien n'a changé.
Toutes les spécialités qui ont fait la gloire des Auer sont toujours là, des Pavés aux amandes et aux truffes fraîches faites comme toujours entièrement à la main. Tout comme la gamme des petits chocolats qui, soigneusement rangées dans de belles boîte en tissu, s'apprêtent à partir aux quatre coins du monde, jusqu'en Inde. Ou sont offerts à votre convoitise immédiate dans de beaux tiroirs anciens en bois. Et Philippe Auer, représentant de la cinquième génération, est bien là pour perpétuer le plaisir de tous les amoureux des bonnes traditions et du chocolat. L'entreprise a été mise sur informatique, son image a juste été légèrement modernisée, à l'instar de ces grands maisons, qui, loin des révolutions inutiles, se chargent juste de toujours mieux préciser le cap, de temps à autre.