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Armin Schnider, professeur au Département des neurosciences cliniques et médecin chef à la Clinique de rééducation des Hôpitaux universitaires de Genève, vient de démontrer l'existence d'un mécanisme, jusqu'alors inconnu, de la mémoire. Ce mécanisme est à l'origine des problèmes de confusion temporelle des informations dont souffrent les patients dit "confabulateurs".
Ancien dentiste, Monsieur X est persuadé d'être attendu par ses patients lorsqu'il voit une infirmière. Il est l'un des patients amnésiques dit "confabulateur" avec lequel Armin Schnider, professeur à la Faculté de médecine, a travaillé. A partir de bribes d'anciens événements, "des traces de mémoires", les confabulateurs inventent des histoires qu'ils vivent comme une réalité présente.
Les recherches de l'équipe du Professeur Schnider ont démontré que ces patients ne souffrent pas des mêmes troubles de mémoire que les amnésiques "classiques". En effet, leur problème principal ne réside pas dans l'enregistrement de nouvelles informations mais dans leur sélection. "Les confabulateurs ne réussissent pas à supprimer les traces de mémoire inappropriées à la situation présente" explique le Professeur Schnider. "Ils ont trop de mémoire active; leur cerveau produit trop d'associations liées à la situation, ce qui provoque une confusion entre les traces de mémoire et la réalité."
En outre, le Professeur Schnider et son équipe ont découvert que tous les confabulateurs souffrent de lésions dans la région du cerveau appelée système limbique antérieur: "Ce système est apparemment nécessaire pour agir de façon appropriée dans le présent." Cette région est aussi connue par les spécialistes pour son rôle dans la gestion des émotions.
Le résutat de ces recherches, soutenues par le Fonds national suisse de la recherche scientifique, vient d'être publié dans Nature Neuroscience du mois de juillet. L'article du Professeur Schnider a par ailleurs fait l'objet d'un commentaire dans le même numéro par Tim Shallice, Professeur au Institute of Cognitive Neuroscience de Londres.
"Spontaneous confabulators fail to suppress currently irrelevant memory traces", par Armin Schnider et Radek Ptak, Nature Neuroscience,Vol. 2, n°7, juillet 1999, p. 677-681.