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La candidate de Macron, Sylvie Goulard, rejetée par les eurodéputés
Le Parlement européen a rejeté jeudi à une large majorité la candidature de Sylvie Goulard, ex-ministre désignée pour siéger dans la future Commission européenne par le président français Emmanuel Macron. Celui-ci devra donc lui trouver un remplaçant après ce revers.
Mme Goulard a été recalée par 82 voix contre 29 pour et une abstention par les eurodéputés des commissions du Parlement qui l'avaient auditionnée pour la seconde fois, indique le décompte du vote fourni par des sources parlementaires.
"Je prends acte de la décision du Parlement européen, dans le respect de la démocratie. Je remercie le Président de la République (français Emmanuel Macron) et (la présidente de la Commission européenne) Ursula von der Leyen pour leur confiance et tous les députés qui ont voté pour moi", a réagi l'intéressée dans un message publié sur son compte Twitter.
"Tout le monde est contre Goulard sauf Renew Europe", la formation à laquelle elle appartient, avait indiqué à l'AFP une source parlementaire avant le vote.
Mme Goulard avait été désignée par la présidente allemande de la nouvelle Commission, Ursula von der Leyen, pour un important portefeuille regroupant le Marché intérieur, l'Industrie, la Défense, l'Espace, le Numérique et la Culture.
Elle est la troisième candidate recalée par les députés européens après le conservateur Hongrois Laszlo Trocssanyi (PPE) et la socialiste roumaine Rovana Plumb.
Enquêtes en cours
Le Parlement européen devait décider si Sylvie Goulard avait toutes les compétences requises pour son portefeuille et si elle présente toutes les garanties d'intégrité personnelle et d'indépendance.
Les doutes exprimés sur son intégrité et son indépendance lui ont imposé de répondre à des questions écrites après sa première audition le 2 octobre. Elles ont été jugées insuffisantes et l'ont obligée à se soumettre à l'épreuve d'une seconde audition.
Deux enquêtes sont en effet en cours, l'une par la justice française, l'autre par l'office anti-fraude de l'UE (Olaf), sur sa participation à un système d'emploi fictif présumé pour son parti, le MoDem, en rémunérant un assistant parlementaire en France avec les fonds européens accordés aux députés par le Parlement européen.
"Mme Goulard doit expliquer pourquoi une enquête qui l'a contrainte à démissionner de son poste de ministre en France ne l'empêcherait pas de devenir commissaire européen", avait expliqué à l'AFP le chef d'un groupe politique avant l'audition.
Des interrogations ont également été émises sur les activités ayant justifié d'importantes rémunérations obtenues entre 2013 et 2016 de l'institut Berggruen, fondé par le milliardaire germano-américain Nicolas Berggruen, alors qu'elle était députée européenne. L'Olaf a confirmé à l'AFP enquêter sur "d'éventuelles irrégularités concernant les activités que Mme Goulard a menées pour l'Institut Berggruen alors qu'elle était députée européenne".
Présomption d'innocence
Sylvie Goulard a rappelé jeudi qu'elle n'avait pas été mise en examen et a invoqué la présomption d'innocence pour refuser de retirer sa candidature.
Elle a insisté sur la confiance que lui avait accordé la nouvelle présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et a déclaré que si elle venait à être mise en examen, elle démissionnerait dès lors que Mme von der Leyen l'exigerait.
"C'est maintenant à vous de prendre votre décision en votre âme et conscience, en garantissant la présomption d'innocence", a-t-elle conclu. Le Parlement européen doit voter l'investiture de la nouvelle commission le 24 octobre lors de sa session plénière à Strasbourg (France).
ats, afp