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Jusqu'à présent, on ne disposait pas encore de "preuves solides" de l'association entre la vulnérabilité économique lors de l'enfance et la santé des personnes âgées, relève l'étude.
Les chercheurs ont examiné la force de préhension de 24'179 personnes de plus de 50 ans. Ils ont ensuite mis les résultats obtenus en relation avec les conditions de vie qu'avaient connues ces hommes et ces femmes quand ils avaient dix ans.
Moins de force musculaire
Les résultats auxquels sont parvenus Boris Cheval et Stéphane Cullati ont mis en évidence que "les personnes qui ont dû faire face à des circonstances socio-économiques défavorisées dans leur enfance avaient en moyenne une force musculaire plus faible que les personnes ayant été plus favorisées dans leurs premières années."
Cette corrélation est restée significative même quand les chercheurs genevois ont tenu compte de la situation sociale et des comportements de santé à l'âge adulte des participants à l'enquête, soit, en d'autres termes, s'ils fumaient, buvaient, mangeaient, avaient des activités physiques ou pas.
Dérégulation du corps
"Notre étude suggère un effet direct, biologique et durable d'un départ dans la vie peu favorable", souligne Boris Cheval. Les deux chercheurs émettent l'hypothèse d'une dérégulation du corps et de ses défenses immunitaires, induite par un "stress chronique" causé par des conditions de vie difficiles durant l'enfance.
L'étude de l'UNIGE montre aussi que les Scandinaves sont globalement en meilleure santé, indépendamment de leur place dans la société. Boris Cheval et Stéphane Cullati vont poursuivre leurs travaux pour voir comment le système socio-économique d'un pays tempère la corrélation entre enfance défavorisée et mauvaise santé.
ats/mre