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Identifier les prédicteurs de la survenue de crises convulsives liées au sevrage (CC) et de delirium tremens (DT) chez les patients hospitalisés dans une unité de soins intensifs pour sevrage d’alcool serait utile aux cliniciens. Des chercheurs allemands ont conduit une étude rétrospective sur une cohorte de 827 patients adultes admis dans une unité hospitalière pour sevrage d’alcool (admissions en urgence ou électives). Les patients ont reçu un traitement (basé sur un score clinique) de clométhiazole débuté simultanément à un traitement antiépileptique (acide valproïque ou carbamazépine), ainsi que de la clonidine dans les cas où une hyperactivité noradrénergique était présente et de l’halopéridol en cas d’hallucinations. Les chercheurs ont utilisé des modèles de régression logistique de type stepwise pour identifier les prédicteurs de CC et DT.
• Sur les 827 patients, 5,6% ont présenté un DT et 7,4% des CC.
• Indépendamment de la médication administrée, les prédicteurs significatifs de survenue de CC étaient : la présence de lésions cérébrales structurelles* (odds ratio (OR), 6,5), crise convulsive comme motif d’admission (OR 2,6) et l’apparition différée du pic de sévérité des symptômes de sevrage depuis l’admission (OR pour chaque période de dix heures supplémentaires, 1,23).
• Indépendamment de la médication administrée, les prédicteurs significatifs de survenue du DT étaient : la présence de lésions cérébrales structurelles* (OR 5,8), un taux de plaquettes diminué (OR pour chaque augmentation de 100 000 plaquettes, 0,42) et un taux de potassium abaissé (OR pour chaque augmentation de 1 mmol/l, 0,33).
Commentaires : Les auteurs présentent deux nomogrammes, permettant aux cliniciens de prédire le risque de survenue de CC et de DT, en utilisant des données cliniques habituellement à disposition. En identifiant les patients à haut risque de développer des CC ou un DT, les cliniciens peuvent les surveiller plus étroitement et les traiter précocement et plus agressivement si nécessaire. Il est toutefois important de noter que même si les analyses ont été ajustées pour la quantité de médication reçue, ces résultats reflètent quels sont les prédicteurs de CC et DT dans une cohorte recevant un traitement spécifique. Ces résultats pourraient différer si d’autres traitements du sevrage d’alcool devaient être prescrits, comme des benzodiazépines par exemple. Ces résultats devraient être répliqués dans une étude de cohorte prospective de patients recevant des benzodiazépines comme traitement symptomatique du sevrage.