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L’Ordre kabbalistique de la Rose-Croix
Dans le sillage des Gymnopédies et des Gnossiennes, «Esoterik Satie» (comme on le surnommait au cabaret du Chat Noir) prend part aux expérimentations mi-occultes mi-mondaines d’une secte animée par Joséphin Péladan, frère de délire.
On connaît bien les six Gnossiennes, nées dans le sillage des trois Gymnopédies avec cette même volonté affichée dans des titres inédits de donner naissance à quelque chose de nouveau, d’inouï. Le Fils des étoiles, en revanche, résonne de façon presque aussi mystérieuse que la musique qu’il sous-tend. Il s’agit d’une musique de scène écrite pour habiller la «pastorale kaldéenne» (sic) en trois actes de Joséphin Péladan, présentée le 17 mars 1892 à la galerie Durand-Ruel à l’occasion du premier «salon de peinture rose-croix» (re-sic) et dont il ne subsiste que le prélude de chacun des trois actes. Satie nage alors en pleine crise mystique. Il fréquente l’Ordre kabbalistique de la Rose-Croix, une secte gnostique dans laquelle il s’est engagé en 1891 avec son ami Claude Debussy et dont il est rapidement devenu le maître de chapelle attitré. Provoquer… pour exister.
PRESSE
24Heures – 15.05.2017