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Question 814
Bonjour,
J’ai récemment effectué des examens en rhumatologie suite à un bilan biologique qui retrouvait des anticorps anti-nucléaire à 1/400. Les conclusions des examens sont plutôt rassurants (les autres anticorps testé sont tous négatifs), les bilans normaux et le médecin écarte la possibilité d’un lupus systémique. Le médecin suppose que c’est la prise de béta-bloquant pendant 2 mois, 3 mois avant les examens qui a induit la présence de ces AAN. Toutefois, mes anticorps AN sont aujourd’hui positifs au 1/1280 alors que je n’ai jamais repris de béta-bloquant. Dois-je m’inquiéter de l’augmentation du taux de mes AAN ? Merci.
Votre question est très proche de la question 812, à laquelle nous avons répondu très récemment.
Nous ne pouvons que répéter certains arguments exprimés dans cette réponse.
Le dosage des anticorps anti-nucléaires n’est pas un examen de routine. Cette recherche des anticorps anti-nucléaires (ANA) ou, ce qui est l’éqivalent, du facteur anti-nucléaire (FAN) est demandée dans des situations particulières où l’anamnèse, les constatations cliniques et les autres résultats de laboratoire évoquent la possibilité d’une maladie immunologique. Or, nous n’avons dans votre message aucun argument dans ce sens. Le lupus érythémateux systémique (LES) ou lupus érythémateux disséminé (LED) fait partie précisément de ces maladies dites imunologiques. Le résultat de ce test s’exprime habituellement en titre, c’est à dire par exemple 1/80, 1/160, 1/320, 1/640, 1/1280 etc…
Il est bien exact qu’il existe un lupus induit, en particulier un lupus induit par les béta-bloquants, mais cette situation est qualifiée de rare ou de très rare. Si cela devait être le cas, on devrait assister à une diminution du taux des ANA, mais dans quel délais ?
Dans votre cas particulier, vous nous donnez un résultat de 1/400 ( ?), et vous ne nous dites pas quels examens complémentaires ont été demandés (anti-DNA, anti-RNP, anti SS-A, anti SS-B, anti RNP etc…) selon la pathologie que vous présentez.
Nous essaierons volontiers de vous donner d’autres explications si vous acceptez de nous en dire plus sur les raisons qui on conduit à demander cet examen.
Complément
Bonjour,
J’ ai récemment écrit sur votre site (question 814), je ne sais pas si je suis la bonne procédure mais voici la suite de ma question :
Les premiers examens avec recherche d’AAN (1/400 à l’époque) m’avaient été proposés en mai 2009 car je présentais des « blocages » dans les articulations et une douleur derrière l’oeil. Un test Waller Rose s’est révélé négatif et les anticorps anti-DNA natifs négatifs. J’ai également fait à l’époque une série d’examen dont un IRM cérébral qui était normal.
Lorsque j’ai passé des examens plus poussés (en service hospitalier de rhumathologie), j’avais toujours les mêmes signes cliniques (blocages dans la main et le coude droit). Les AAN étaient alors positifs à 1/1280 avec un aspect irrégulier et moucheté. Les anticorps anti-ENA, anti-RNA synthéase, anti DNA natifs et anti-CCP sont négatifs.
Les conclusions du professeur écarte l’hypothèse d’un lupus ou autre connectivité mais ce taux d’AAN qui augmente malgré l’arrêt du traitement me pose question.
Merci d’avance de votre réponse.
Réponse
Nous apprenons donc que ce dosage des anticorps anti-nucléaires avait été demandé il y a six mois en raison de « blocages » dans les articulations et d’une douleur derrière l’œil. Ces renseignements ne sont pas très précis. Mais il faut souligner que ce LED dont nous parlions précédemment peut se présenter au début (manifestations dites inaugurales) sous la forme d’arthralgies (douleurs articulaires sans évidence d’inflammation) avec une localisation préférentielle sur les métacarpo-phalangiennes (à la base des doigts ), les interphalangiennes proximales et les poignets. Les manifestations oculaires ne sont pas rares : elles doivent être recherchées par l’examen à la lampe à fente et l’examen du fond d’œil. De même, on doit rechercher des manifestations cutanées ou muqueuses, des manifestations rénales (albuminurie) et hématologiques (anémie, leucopénie) avant d’écarter l’hypothèse d’un lupus ou d’une autre connectivite. La situation clinique et biologique est donc à suivre …