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10/01/2012
Bilan du débat sur l'allemand et ouverture sur l'école contemporaine
Ma génération est porteuse d'un habitus (d'un bagage normatif et axiologique intériorisé) occidental, cosmopolite, et mondialisé. Nous ne sommes plus des récipients d'une seule culture helvétique ou genevoise, mais le fruit d'un mélange multi-culturel. Ce multi-culturalisme occidental est fait d'un brassage d'identités et d'appartenances diverses.
Le débat sur la suppression de l'obligation d'apprendre l'allemand a provoqué des centaines de commentaires sur mon mur Facebook, et des débats acharnés entre partisans et opposants. Je me suis entres autres vu qualifié du charmant sobriquet d’infâme suppôt du « mondialisme » et de l'impérialisme anglo-saxon !
J'aimerais réagir pour conclure ce débat en deux temps.
Tout d'abord, je souhaiterais rappeler quelques éléments basiques de ma réflexion : l'anglais est plus facile à apprendre que l'allemand, et une société suisse qui fonctionnerait (hypothétiquement) avant tout en anglais serait donc avantageuse pour les francophones.
Ceci étant dit, je ne nie pas que actuellement l'apprentissage de l'allemand est très utile, voire essentiel, pour trouver sa place dans la société contemporaine ; il faut savoir différencier les discours empiriques et normatifs !
Je ne nie pas non plus que l'apprentissage de l'allemand est très pertinent pour quiconque désire en apprendre davantage sur la culture suisse ou germanique.
Enfin, il est certain que l'apprentissage de l'allemand souffre d'un problème de méthodes d'enseignement dont les résultats sont présentement relativement médiocres.
Plus intéressant, je tiens à dire que je rejette tous les arguments de ceux qui ont fait l'apologie de l'école qui impose des choix absolus aux élèves.
Pourquoi en effet les élèves se voient-t-ils imposer dogmatiquement certaines matières (et certains choix dans ces matières) et pas d'autres ?!
Deux réponses possibles :
1) Le marché du travail capitaliste réclame un certains types de capitaux humains performants qu'il faut produire dans nos centres de formation scolaire.
2) L'universalisme (à l'opposé de tout relativisme culturel et axiologique) des choix en matière scolaire sert les classes dominantes en axant les programmes sur des connaissances obtenues par héritage de capitaux culturels.
L'école idéale est donc l'école qui donne le choix.
L'école de la liberté est en effet la seule à pouvoir former de véritables individus matures.
Mais que signifie la liberté dans le capitalisme, c'est à dire dans une société bâtie sur des rapports de domination entre les individus?
« Les pensées de la classe dominante sont aussi, à toutes les époques, les pensées dominantes. »
Karl Marx
Ci-dessous, les différentes fonctions que devrait incarner le collège en tant qu'institution fonctionnelle d'un système.