Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06856.jsonl.gz/680

Le parquet kényan a abandonné ses poursuites pour liens avec les insurgés islamistes somaliens shebab contre le jeune Jordanien résidant à Bienne soupçonné de terrorisme, a indiqué lundi la police kényane. Ses avocats suisses ont confirmé à l'ats l'abandon des charges.
"Toutes les charges, à part l'entrée illégale dans le pays, ont été abandonnées par l'accusation faute de preuve", a affirmé à l'AFP le porte-parole adjoint de la police kényane, Charles Owino. Loïc Parein, qui assure avec Stefan Disch la défense du jeune Jordanien habitant Bienne, ne peut indiquer quand cette relaxe est intervenue.
Séjour illégal
Le Jordanien, arrêté en mai, avait été inculpé début juin au Kenya pour ses liens présumés avec les insurgés islamistes somaliens shebab. Il avait été en outre condamné pour séjour illégal par la justice kenyane.
Le jeune homme de 19 ans a payé une amende pour son entrée illégale au Kenya, a précisé le responsable kenyan, incapable de préciser où se trouvait désormais le Jordanien. Mais celui-ci ne peut pour l'heure retourner en Suisse.
Pas le bienvenu en Suisse
Berne a indiqué samedi qu'elle refusait le retour du jeune homme sur son territoire jusqu'à nouvel ordre. Sur mandat du service de renseignement de la Confédération, l'Office fédéral de la police (fedpol) a prononcé une interdiction temporaire d'entrée.
Selon le Département fédéral de justice et police (DFJP), "des indices clairs montrent que cette personne a séjourné dans des régions de la Somalie dans lesquelles se trouvent des groupes djihadistes impliqués dans un conflit". "Il semble aussi qu'elle ait entretenu des contacts avec des éléments islamistes en Suisse", a-t-il ajouté.
Enquête de fedpol
Fedpol avait indiqué fin juin qu'il récoltait des données pour voir si les activités de l'accusé concernait la Suisse. L'abandon des charges par le Kenya ne signifie toutefois pas la fin de l'enquête de fedpol, a indiqué Me Parein.
Le ressortissant jordanien va être placé sous la protection du bureau local du Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR), ont indiqué les autorités kenyanes au DFAE, selon le communiqué diffusé samedi par le DFJP.
Parallèlement, l'Office fédéral des migrations (ODM) a engagé une procédure de révocation de l'asile. L'ODM cherche à établir s'il a abusé ou non du droit d'hospitalité de la Suisse, a précisé l'Office samedi à l'ats.