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Depuis la fin des années 90, conformément à l'ordonnance sur les sites contaminés (OSites), les cantons, ainsi que les services fédéraux chargés de mettre en œuvre de cette législation dans leur domaine - soit l'Office fédéral des transports (OFT), l'Office fédéral de l'aviation civile (OFAC), et le Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports (DDPS) -, ont tous élaboré leurs cadastres des sites pollués. Ceux-ci sont désormais finalisés à plus de 95% et la plupart peuvent être consultés sur Internet. L'OFEV a rassemblé toutes les données de ces cadastres pour les soumettre à une analyse détaillée, la première du genre.
Moins de sites pollués que prévu
Jusqu'ici, l'évaluation de l'état d'avancement des travaux d'assainissement ne reposait que sur des estimations. L'analyse quantitative confirme aujourd'hui dans l'ensemble ces prévisions. L'écart le plus important porte sur le nombre total de sites pollués en Suisse. Jusqu'ici, les évaluations réalisées, forcément grossières, tablaient sur quelque 50'000 sites. L'analyse détaillée montre que le chiffre exact est plus proche de 38'000, dont un petit 40% sont d'anciennes décharges, 50% des aires industrielles, 10% des stands de tir et 1% des lieux d'accident. La surface totale des sites couvre 225 km2, ce qui correspond à la superficie du canton de Zoug.
La plupart des sites pollués (environ deux tiers) sont situés sur le Plateau, ce qui n'est guère surprenant vu que la densité démographique et la concentration des activités économiques y sont les plus élevées. C'est aussi là que se trouvent les plus grandes réserves d'eau de Suisse, d'où une pression particulièrement forte sur les eaux souterraines, qu'il s'agit de protéger: près de 60% des sites pollués de notre pays sont situés à proximité d'eaux souterraines exploitables.
Près de deux tiers des sites pollués ne requierent pas d'intervention
Dans près de la moitié des cas, l'autorité d'exécution est arrivée à la conclusion que le site pollué ne doit pas faire l'objet d'une investigation parce qu'il ne représente pas de danger pour l'environnement. Par ailleurs, dans environ 10% des cas, le résultat des investigations a montré qu'il n'était pas nécessaire de surveiller ni d'assainir le site. Ainsi, plus de deux tiers de tous les sites pollués ne requièrent aucune intervention ultérieure.
Pour environ 10'000 sites, les investigations sur leur impact environnemental sont encore en cours ou vont démarrer ces prochaines années. Les investigations réalisées jusqu'ici ont abouti à mettre près de 5% de tous les sites sous surveillance et à exiger l'assainissement de 3% d'entre eux. Lorsque la phase des investigations sera terminée, il faudra compter avec quelque 4000 sites nécessitant un assainissement (et donc qualifiés de «sites contaminés»), dont plus de 700 sont déjà assainis.
Le traitement des sites contaminés de Suisse est sur la bonne voie
Le tableau d'ensemble que dépeint l'analyse est réjouissant. Le nombre de sites pollués en Suisse est plus faible qu'anticipé et leur traitement est bien avancé, notamment en comparaison avec les Etats voisins. Il ne faut toutefois pas se leurrer: il reste encore de gros efforts à fournir afin de mener à bien les ambitieux projets d'assainissement à venir, dont la réalisation risque d'être également très coûteuse.