Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07284.jsonl.gz/79

Selon les estimations, la boulimie concerne actuellement quelque 80’000 femmes, jeunes pour la plupart, et environ 8000 hommes.
Ce trouble psychique complexe se caractérise par des crises de fringale et des ingestions incontrôlées de nourriture, suivies de mesures compensatoires, comme les vomissements provoqués ou l’emploi de laxatifs, afin d’éviter une prise de poids. En complément de mesures psychothérapeutiques, le traitement des boulimiques recourt souvent à des antidépresseurs.
Ces derniers régulent le taux d’un neurotransmetteur dans le cerveau, la sérotonine. Mais dans certains cas, ces médicaments n’ont pas d’effet. Dans ce genre de situation, les médecins devraient envisager d’autres principes actifs, car chez les boulimiques, d’autres neurotransmetteurs, comme la dopamine, jouent aussi un rôle important. C’est ce qu’ont démontré Gregor Hasler, de la policlinique psychiatrique universitaire de Berne, et ses collègues de l’hôpital universitaire de Zurich, dans le cadre d’un essai clinique.
Moins robuste
Les chercheurs ont administré à 19 femmes, qui avaient souffert de boulimie par le passé, et à 31 femmes en bonne santé une substance qui empêche les neurones de synthétiser de la dopamine. La substance abaisse donc temporairement la concentration de ce neurotransmetteur dans le cerveau. Résultat: le système de récompense du cerveau des femmes qui ont souffert de boulimie par le passé est moins robuste que celui des femmes en bonne santé, et réagit plus fortement aux variations de concentration de dopamine. Des tests psychologiques ont ainsi montré que, ces femmes ont eu beaucoup plus de difficultés à adapter leurs réponses aux modifications des incitations, lorsqu’elles étaient en manque de dopamine. «J’ai bon espoir que certaines méthodes psychologiques, visant à renforcer le système de récompense, s’avèrent également efficaces pour prévenir et traiter la boulimie», affirme Gregor Hasler.
Légère rechute
D’un autre côté, la baisse des neurotransmetteurs a déclenché une légère rechute chez certaines femmes. Dans le cadre d’entretiens téléphoniques, ces dernières ont rapporté qu’elles éprouvaient de nouveau une plus forte envie de nourriture, l’une d’entre elle a même eu une crise de fringale. Les chercheurs en concluent qu’il devrait être possible de contenir la boulimie en intervenant de manière corrective dans l’équilibre des neurotransmetteurs. «Mais nous n’en sommes qu’au début, souligne Gregor Hasler. Le potentiel de médicaments qui stabiliseraient la dopamine doit encore être testé.»
En savoir plus