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De la cavalerie au sport professionnel de haut niveau: Le sport équestre a été marqué plus que tout autre sport par les mutations du 20e siècle. Son histoire est également celle de la Fédération Suisse des Sports Equestres FSSE.
Il y a environ 6000 ans, l’homme domestiquait le cheval et depuis un lien étroit les unit. Auparavant, le cheval était utilisé comme bête de somme, animal de trait et moyen de transport et il accompagnait l’humain dans les guerres et les batailles.
Au cours de l’histoire, le cheval s’est toujours adapté aux besoins en constante mutation des humains. Pourtant, jamais encore il n’avait vécu une période aussi riche en changements que ces 100 dernières années durant lesquelles il a passé du rôle d’animal de rente à celui de partenaire de sport et de loisirs de l’homme.
En Suisse, les premières compétitions avec des chevaux servaient à maintenir les dragons et leurs chevaux en bonne condition en dehors des périodes de service militaire. Au début, il s’agissait surtout de courses de galop, de jeux équestres, de raids d’endurance et de cross, auxquels se sont ajoutées plus tard les épreuves de military/complet et de saut.
La Suisse devient une nation de sport équestre
En 1900, le premier concours hippique de Suisse était organisé à Yverdon. La même année, la «Fédération de Sociétés de Courses» était créée et en 1933, elle devenait la Fédération Suisse des Sports Equestres. Cette nouvelle fédération était chargée d’assurer des règlements de courses uniformes, d’établir les listes des courses annuelles et de gérer un tribunal arbitral.
Le début de la Première Guerre mondiale paralysa la grande majorité du sport équestre, mais en 1919 déjà, non seulement les chevaux retrouvaient les champs de courses, mais l’intérêt pour le saut d’obstacles augmentait. En 1922, la fédération entrait au sein de la «Fédération internationale équestre» l’actuelle FEI, qui venait d’être fondée, suivie en 1923 par l’entrée au Comité olympique suisse; ainsi la première pierre de l’histoire prospère de la fédération était posée.
En 1924, 21 sociétés avec 5886 membres étaient déjà affiliées à la fédération et la Suisse devenait une des nations de pointe du sport équestre. De nombreux concours internationaux et de championnats ont été organisés dans notre pays. A la Remonte fédérale de Thoune ainsi qu’au Dépot fédéral de remontes de cavalerie de Berne, des maîtres d’équitation très recherchés sur le plan international étaient formés et les chevaux n’étaient plus exclusivement préparés pour le service à l’armée.
La première participation aux Jeux Olympiques
La première participation de cavaliers suisses aux Jeux Olympiques de 1924 à Paris fut une expédition militaire couronnée de succès: En saut d’obstacle, le lieutenant Alphonse Gemuseus remportait la médaille d’or avec Lucette et l’équipe obtenait quant à elle la médaille d’argent. La Suisse était présente dans toutes les disciplines avec une équipe complète.
L’équitation était devenue définitivement un sport. Dès les années trente, le nombre des licences attribuées aux cavaliers civils était en constante augmentation et le dressage arrivait également en Suisse. Les Suisses utilisaient le service actif pour s’entraîner et, après la Seconde Guerre mondiale, les cavaliers de dressage suivirent le chemin emprunté par les cavaliers de saut dans les années vingt pour nouer avec le succès.
En 1948, le capitaine Hans Moser remportait avec Hummer la médaille d’or de dressage aux jeux Olympiques de Londres ouvrant ainsi la voie à une avalanche de médailles pour le sport suisse de dressage, avalanche qui devait durer près de 40 ans.
La fin de la seconde guerre mondiale devenait également synonyme du déclin du cheval dans l’armée. Dans les années cinquante, le cheval a été remplacé de plus en plus souvent par des tracteurs et des camions dans l’agriculture et la branche des transports. La FSSE se battait pour le maintien de la cavalerie, mais en 1972, la cavalerie fut définitivement abolie.
En 1990, le Conseil fédéral décidait également de fermer le Dépôt fédéral des chevaux de l’armée DFCA à Berne. Avec la création de la coopérative Centre National Equestre de Berne à laquelle la FSSE participait de manière essentielle en louant la remise des chars pour y installer ses bureaux, le maintien des installations était assuré.
Nouvelles tâches pour le cheval et pour la fédération
Durant la deuxième moitié du 20e siècle, la demande croissante en matière d’activités de loisirs permettait à de plus larges couches de la population d’accéder au cheval. Et en parallèle avec la transformation du cheval d’animal de rente en compagnon de sport et de loisirs, les tâches de la FSSE se modifiaient également. Régie jusqu’alors par des conditions militaires, la fédération s’ouvrait petit à petit à divers styles de monte comme les chevaux d’allures ou l’équitation western, au domaine des loisirs ainsi qu’à tous les cercles intéressés par le cheval. La fédération reprenait également à son compte la formation de base
avec, entre autres, l’introduction du brevet en 1990. Avec l’intégration du sport équestre en 1998 dans le programme de formation de la jeunesse de la Confédération Jeunesse+Sport, la FSSE dispose désormais d’un programme pour enfants et adolescents permettant de promouvoir la relève déjà à la base.
Dans notre monde marqué du sceau de la technique, de plus en plus de gens retrouvent la nature par l’entremise du cheval et le nombre des chevaux augmente constamment en Suisse. Le sport équestre jouit d’une énorme popularité notamment du fait des nombreux succès internationaux de nos cavaliers et meneurs suisses.
Et l’euphorie nationale déclenchée par la médaille d’or remportée par Steve Guerdat avec Nino des Buissonnets aux Jeux Olympiques 2012 à Londres – la 23e médaille olympique pour des sportifs équestres suisses depuis 1924 – restera dans les annales.