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C'est face à la Bible, cet après-midi, que le nouveau Conseil d'Etat genevois prêtera serment.
Si les uns et les autres des Conseillers d'Etat récemment élus apprécient diversement cette tradition, il est intéressant de relever comment tous s'en accommodent.
On le sait, Paris a valu à Henri IV d'abjurer le protestantisme et de se convertir au catholicisme.
Pour ce qui concerne Genève, Madame Emery-Torracinta reconnaît que la tradition qui veut qu'on prête serment sur la Bible puisse surprendre mais qu'il y a d'autres choses plus importantes pour lesquelles se battre.*
Difficile de donner du sens à ce propos.
On en retient toutefois la hiérarchie de valeurs établie par la socialiste qui relègue peut-être au détail de l'histoire une tradition à laquelle elle se prête.
Antonio Hodgers, pour sa part, avait été de ceux qui, en 2001, avaient déposé un texte visant à modifier la prestation de serment afin qu'elle soit prêtée sur la Constitution genevoise et en aucun cas sur la profession de foi d'une religion.
Ce jour, le vert prêtera serment sur la Bible et n'y voit aucun problème même si la tradition est incohérente.
Comprenne qui pourra.
Quant à Mauro Poggia qui évoque la laïcité de l'Etat, il semblerait que prêter serment sur la Bible ne soit pas incompatible avec sa foi musulmane.
L'Etat vaut qui et quoi pour être gouverné à géométrie aussi variable de valeurs et de professions de foi?
* http://www.cath.ch/detail/le-nouveau-conseil-detat-genevois-pr%C3%AAte-serment-sur-la-bible