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Un bougre qui n’était sans doute pas le crayon le mieux taillé de la trousse et encore moins le pingouin qui glisse le plus loin a terminé à l’hôpital après qu’il a mis sa tête sous le jet d’eau de Genève. Qualifié de « stupide » par qui possède des notions rudimentaires de physique, celui-ci a néanmoins le mérite d’avoir démontré empiriquement qu’on n’est pas plus hydraté après avoir réalisé un tel geste. Chapeau l’artiste.
Dans ce bas monde, il y en a qui comme José* ne sont non seulement pas très malins mais sont également plus enclins que le commun des mortels à abandonner leur intégrité corporelle afin de faire avancer la science. Or, ladite science, bien qu’elle soit totalement au courant des dommages causés par une buse projetant 500 litres d’eau par seconde sur le crâne d’un être humain, ignorait encore hier si, ce faisant, l’être humain parviendrait à mieux s’hydrater qu’en buvant un grand verre d’eau fraîche ou en s’injectant directement, comme font les médecins après une cuite, du sérum physiologique par voie intraveineuse.
Cette lacune est désormais loin derrière elle et pour ainsi dire comblée. En effet José a-t-il terminé à l’hôpital cantonal après qu’il a le premier entrepris de s’abreuver directement au jet d’eau de Genève. Sans surprise, ce dernier l’a alors « soulevé » comme on dit dans les banlieues et les milieux populaires qui n’ont pas le vocabulaire nécessaire pour déclarer plus adéquatement que José s’est en réalité fait « projeter violemment en arrière » et que, cela étant, puisque José est un génie au QI inégalé, ce dernier s’est ensuite relevé pour entourer le jet d’eau de ses deux bras avant de se faire monter littéralement en l’air, de retomber sur la dalle de béton adjacente et, comme dans un dernier sursaut avant de quitter ce monde le sentiment du devoir accompli, de se jeter à l’eau pour être, quelques minutes plus tard, repêché par la police tel un poisson-scorpion qu’il n’aurait pas déplu à Nicolas Bouvier, sous acide comme d’habitude, de dévorer.
Après son coup de maître, José n’était pourtant pas plus hydraté qu’auparavant, révèlent les différents examens passés par ce dernier un peu plus tard à l’hôpital. « On s’en doutait », témoigne un spécialiste. « Mais on n’en était pas certain car personne d’assez con n’avait jusqu’à présent tenté l’expérience », ajoute le chercheur. Et de conclure : « Si quelqu’un pouvait maintenant s’infiltrer dans le Grand collisionneur de hadrons afin que l’on puisse observer comment le corps humain réagit sous l’effet de cette particule élémentaire, ce serait cool. » Ce n’est d’ailleurs sans doute qu’une question de temps.
La Rédaction.
*Nom d’emprunt