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En octobre dernier, de nombreux juges avaient rendez-vous au NPZ pour un cours de formation continue sur l’«enseignement du mouvement d’Eckart Meyners». Pour une fois, le sujet n’était donc pas l’aspect technique des figures montées, mais l’assiette.
Qui ne se rappelle pas des instructions de monte «classique» reçues pendant l’enfance ou lors de ses premières leçons d’équitation? L’on entendait souvent des ordres presque militaires comme «Les mains tranquilles!», «Tiens-toi droit!», «Les talons en bas!», «Les épaules ouvertes!». Ces instructions, qui partaient certainement de la bonne intention du moniteur de transmettre les règles de l’équitation classique et d’améliorer l’image extérieure de la paire, provoquaient plutôt le contraire chez le cavalier qui se crispait en essayant de suivre tous ces conseils et garder une position qui pouvait même provoquer des douleurs ou des tensions.
L’enseignement de Meyners transmet une approche intégrative globale selon laquelle la forme suit toujours la fonction. Le cheval et le cavalier sont coordonnés l’un avec l’autre à l’aide de séquences de mouvements précis, rendant ainsi perceptible le déroulement des mouvements afin d’amener la paire vers une légèreté et une harmonie palpable. Dans le cas idéal, l’image extérieure de la paire correspond au ressenti intérieur du cavalier: le cheval bouge de façon décontractée, cadencée et engagée dans un contact constant.
La diversité est la clé
La monitrice du cours Claudia Butry, entraîneuse certifiée de la méthode de mouvement d’Eckart Meyners, a comparé l’harmonie d’une paire cavalier-cheval à un engrenage dont les roues tournent de manière coordonnée. Si le déroulement des mouvements est gêné par un problème interne ou externe, toute la mécanique se bloque. C’est là qu’Eckart Meyners entre en jeu: à l’aide de divers enseignements comme la méthode Feldenkrais, la technique Alexander, le Thai Chi ou les balles Franklin, les mouvements sont variés afin de transmettre une nouvelle perception du mouvement au cavalier. Le secret réside donc dans la diversité.
Durant la partie théorique, il a d’abord été démontré que les tensions de la tête et de la nuque se voyaient sur l’ensemble du corps jusqu’aux chevilles, mais qu’elles pouvaient en fait être résolues grâce à des exercices très simples.
Une amélioration visible
Pour la partie pratique, trois paires cavalier-cheval s’étaient portées volontaires afin de faire évaluer leurs aides et leur image globale avant de recevoir des conseils d’amélioration de l’instructrice. Le public a participé activement à la discussion et était impatient de voir si des changements seraient visibles. Après quelques exercices au sol ou à cheval avec les balles Franklin, une nette amélioration a effectivement pu être constatée. L’assiette s’était améliorée, les chevaux bougeaient avec plus de cadence, l’arrière-main était plus active et le contact plus constant.
«Peu d’efforts, grand effet», pourrait-on dire. Les juges présents ont réalisé une fois de plus que les chevaux tendus n’étaient rien d’autre que les miroirs de leurs cavaliers crispés. Les exercices pratiques ont démontré à quel point un cavalier assis de manière décontractée et équilibrée changeait la donne.
Comme l’a dit Claudia Butry:
«La décontraction du cheval commence chez le cavalier.»
Martina Schärer et Margret Dreier