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Selon une enquête réalisée auprès de 20 000 recrues entre 1998 et 1999, les jeunes Suisses préfèrent en majorité une Suisse repliée sur elle-même plutôt qu'ouverte sur le monde.
Les jeunes de 20 ans se montrent plus frileux que leurs parents ou même leurs grands-parents sur l'adhésion de la Suisse à l'ONU et à l'Union européenne. Ils sont aussi très sensibles au problème de l'intégration des étrangers, selon la première enquête fédérale auprès de la jeunesse et des recrues (ch-x).
Dans son édition de samedi, le «Tages Anzeiger» a présenté en détail l'étude réalisée par l'institut zurichois «cultur prospect» pour le compte du Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports (DDPS) et disponible sur Internet.
La solution d'une Suisse faisant cavalier seul sur la scène européenne est de plus en plus prisée par les jeunes. Ils sont désormais 54 pour cent à être favorables à cette solution. Il y a dix ans, 74 pour cent de la population se prononçaient pour le modèle d'une Suisse ouverte, constatent les auteurs.
Les aînés ne partagent visiblement pas les mêmes valeurs. Les parents et grands-parents des recrues sont favorables à une Suisse ouverte sur le monde. Les premiers sont en effet 59 pour cent à préférer cette option alors que les seconds la plébiscitent à 68 pour cent.
La question de l'adhésion de la Suisse à l'ONU s'inscrit dans cette logique. Si les jeunes sont 41 pour cent à être favorables à une adhésion, leurs parents le sont à 47 pour cent. De plus, 26 pour cent des jeunes sont défavorables à cette idée, contre 23 pour cent pour leurs parents et 31 pour cent pour leurs grands-parents.
Une éventuelle adhésion de la Suisse à l'Union européenne reçoit toutefois un accueil plus favorable. 55 pour cent des jeunes soutiennent ce projet. Cependant, les parents (66 pour cent) et les grands-parents (62 pour cent) sont plus favorables à une adhésion. Les trois classes d'âges motivent leur «oui» par la crainte de l'isolement de la Suisse.
L'intégration des étrangers préoccupe aussi les jeunes. Ils sont une majorité à penser que des tensions pourraient survenir sur leur lieu de domicile. Ils estiment aussi que les étrangers doivent faire des efforts d'intégration. Enfin, ils craignent une future surpopulation étrangère.
Finalement, à une forte majorité, les jeunes veulent que l'Etat continue de jouer un rôle important en matière de politique familiale et sociale.
Cette enquête fédérale a remplacé les examens pédagogiques des recrues qui étaient vieux de 150 ans. Ils permettent désormais d'intégrer les points de vues des femmes et des jeunes ne faisant pas de service militaire.
swissinfo avec les agences