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"Le Conseil fédéral n’a pas menti. Au cours de la dernière décennie, la Suisse a accueilli en moyenne 63 000 étrangers par an", assure la Conseillère fédérale Simonetta Sommaruga dans Le Matin du 15 décembre.
Or, le Conseil fédéral s'était engagé à un solde migratoire ne dépassant pas 10'000 ressortissants communautaires supplémentaires; ce qui constitue déjà une première omission, sinon un mensonge.
En mai 2000, à l'heure de voter sur les accords bilatéraux, le Conseil fédéral titrait, dans la brochure explicative: "Pas d’immigration massive à craindre".
"Au vu de ce qui se passe dans l’UE, expliquait-il, les craintes des comités référendaires de voir la Suisse être envahie par des ressortissants communautaires ne sont pas justifiées. L’expérience montre en effet que les migrations intercommunautaires demeurent limitées. Des études réalisées par des experts indépendants révèlent en outre qu’il n’y a pas lieu de craindre des conséquences négatives sur le plan de l’emploi et des salaires. Les travailleuses et les travailleurs seront protégés contre le dumping social et salarial par une série de mesures d’accompagnement établies par les partenaires sociaux. Par ailleurs, au vu de la densité de médecins qui travaillent en Suisse, il ne faut pas s’attendre non plus à une invasion de médecins étrangers."
Les migrations intercommunautaires sont si importantes que certains pays de l'UE veulent à tout prix y mettre fin. Le dumping salarial atteint 31% des cas contrôlés dans les cantons frontaliers. Le nombre de médecins étrangers a littéralement explosé, la seule population des médecins allemands ouvrant 150 cabinets de plus que les médecins suisses chaque année.
En juin 2005, dans la brochure censée expliquer les accords de Schengen, le Conseil fédéral expliquait:
"L’accord Schengen abolit les contrôles systématiques des passeports aux frontières communes des Etats participants. Simultanément, il améliore la sécurité par des mesures de coopération transfrontière, telles que les contrôles effectués aux frontières extérieures de l’Espace Schengen et le Système d’information Schengen (SIS).
[...] Certains redoutent que la suppression des contrôles systématiques aux frontières ne provoque une recrudescence de la criminalité.
[...] Le Conseil fédéral et le Parlement défendent la participation de la Suisse aux accords. Ils en attendent une amélioration de la sécurité, malgré l’augmentation de la mobilité, et une diminution des demandes d’asile multiples."
Refrain repris en boucle par la Conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey sur les chaînes d'Etat.
Or, l'inscription d'un criminel au registre SIS est un tel pensum administratif que n'importe quel être normalement constitué préfère d'emblée y renoncer. La statistique de criminalité étrangère atteint des sommets inexplorés (+ 15'000 infractions au CP en 1 an), nonobstant une baisse des interpellations faute de contrôle aux frontières. Le phénomène est d'une telle importance qu'il est reconnu par l'Union européenne elle-même. Quant aux demandes d'asile, leur statistique s'est remise à augmenter, l'Italie se trouvant fatiguée de jouer au filtre de l'Europe. Elle est aujourd'hui plus élevée qu'elle ne l'était en 2008. Schengen ne marche pas.
Admettons que le Conseil fédéral n'ait pas cherché à tromper, qu'il n'ait pas menti. C'est presque pire car, s'il n'a pas menti, c'est alors qu'il est incapable de prévoir et donc de gouverner.