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Tout comme Beethoven, Schumann a souvent ressenti le besoin de s’exprimer dans le registre lyrique, où il n’a pourtant réussi à compléter qu’un seul ouvrage. C’est en mars 1847, au retour d’une tournée de concerts, que le musicien a noté dans son journal le projet de composer un opéra. Il a aussitôt jeté son dévolu sur « Genoveva », une tragédie du dramaturge allemand Friedrich Hebbel (1813-1863) basée sur l’histoire de Geneviève de Brabant, héroïne médiévale plus légendaire qu’historique. Schumann a commencé par le début, à savoir l’ouverture, qu’il a composée en l’espace de trois jours au début du printemps 1847, avant même de disposer du livret dans son entier. Trois ans plus tard, lors de la création de « Genoveva » (le 15 juin 1850 à Leipzig), l’œuvre dans son ensemble n’a reçu qu’un succès d’estime, alors que l’ouverture avait déjà acquis une certaine renommée pour avoir déjà été interprétée en concert à Leipzig et à Hambourg. « Le meilleure partie de l’opéra de Schumann n’a rien à voir avec la scène, puisqu’il s’agit de l’ouverture » a tranché le célèbre critique Eduard Hanslick. Précédé d’une introduction lente, ce mouvement de sonate pourrait s’apparenter à un premier mouvement de symphonie s’il était un peu plus étoffé. Cette ouverture constitue certainement l’une des plus belles pages symphoniques de Schumann qui, tout comme Beethoven dans sa Cinquième Symphonie, émerge des sombres profondeurs de la tonalité d’ut mineur pour aller s’épanouir dans un ut majeur triomphal.