Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06866.jsonl.gz/1070

Est-ce que les objets du culte ont une valeur sacrée ?
Question:
Les objets, dans l'église, ne sont-ils que des objets, ou ont-ils une valeur différente, voire sacrée ? En référence avec Daniel 5.1-4.
Réponse:
L'être humain apprécie donner de la valeur aux objets, tout comme aux animaux: valeur sentimentale et affective, valeur financière, valeur historique et parfois valeur spirituelle.
Exemples de la vie quotidienne
- Un bébé ou un jeune enfant ne pourra pas s'endormir sans son "doudou", et parfois l'objet en question n'est qu'un chiffon ! Le chiffon de valeur pour l'enfant va devenir une croix pour l'adulte ou un fer à cheval...
- Une oeuvre d'art pourra être négligée durant des dizaines d'années, puis soudainement valoir des millions si l'artiste obtient une reconnaissance internationale.
- Les musées s'arrachent parfois des ustensiles qui, en soi, n'avaient guère de valeur lors de leur utilisation journalière à une époque donnée. Cependant le poids des ans et leur degré de rareté peuvent accorder aujourd'hui à ces articles une valeur historique que personne n'aurait pu imaginer.
- Certains objets de cérémonie spirite, ou utilisés lors de cérémonies animistes peuvent véhiculer des forces spirituelles négatives et malfaisantes.
La Parole de Dieu nous enseigne
En fonction des réalités de la vie courante soulignées ci-dessus, il serait imprudent de répondre à votre question simplement par la négative. Penchons-nous sur les Écritures:
- Vous citez le passage de Daniel 5.1-4, pourquoi donc le roi Balthazar a-t-il été si sévèrement repris lorsqu'il a bu dans les coupes ayant servi au culte juif à Jérusalem ? Les paroles de Daniel à ce monarque révèlent que le reproche prioritaire adressé à Balthazar n'est pas l'utilisation de ces coupes, mais plutôt son attitude personnelle face au Dieu de l'univers, le Tout-Puissant: l'Éternel a sanctionné chez Balthazar son mépris du Dieu Tout-Puissant, son orgueil incommensurable, son allégeance aux faux dieux alors qu'il avait été instruit concernant "le Dieu qui tenait son souffle de vie dans sa main et de qui dépendait toute sa destinée" cf v24.
- Je vous propose de lire maintenant Romains 14.1-7.
Voici la conclusion que Paul ajoute à ces versets: "Si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur, et si nous mourons, nous mourons pour le Seigneur. Ainsi, que nous vivions ou que nous mourions, nous appartenons au Seigneur." L'apôtre demandait aux Romains de prendre le recul nécessaire en rapport à l'importance que certains pouvaient accorder au fait de manger telle ou telle nourriture, ou au fait de respecter tel ou tel jour. Certainement pouvons-nous placer dans le même contexte certains objets que telle ou telle personne pourrait considérer comme ayant une valeur intrinsèque !
En soi, un objet n'a donc pas de valeur spécifique. La même coupe peut servir à 2 usages: elle sera remplie d'eau pour la table ou de vin pour la Cène. La même croix pourra être disposée sur le sommet d'une montagne suisse, dans une cathédrale protestante ou au mur du local d'une assemblée évangélique.
Balthazar a été sévèrement repris pour avoir mal utilisé les coupes du culte juif, mais Dieu n'a pas reproché à David de s'être servi des pains de proposition utilisés pour ce même culte judaïque alors que la Loi de Moïse les réservait strictement aux prêtres, cf 1 Samuel 21.5-10. En 2 Rois 4.29-31, Guéhazi, muni du bâton d'Élisée, espère pouvoir réveiller le garçonnet. Mais ce bâton ne lui accorde aucun pouvoir !
Ces exemples nous démontrent que l'essentiel n'est pas dans l'objet, quel qu'il soit! Au contraire, l'objet peut être un piège, une occasion de chute. Pour cette raison, Dieu a clairement indiqué que notre adoration, notre amour pour Lui ne doit en aucun cas s'appuyer sur des objets, quels qu'ils soient, cf Exode 20.3-5.
Jésus-Christ, de même, a clairement signifié à la Samaritaine comment adorer l'Éternel, cf Jean 4.23-24, notons ici le v24 : "Dieu est Esprit et il faut que ceux qui l’adorent, l’adorent par l’Esprit et en vérité".
Soulignons encore que notre compréhension d’aujourd’hui s’appuie sur les réalités propres à la Nouvelle Alliance, celles du temps de l’Église de Jésus-Christ. Sous l’Ancienne Alliance, les croyants juifs n’avaient aucune possibilité de toucher les objets réservés au culte de l’Éternel: seuls les prêtres (les Lévites) avaient le droit de voir, de manipuler les objets utiles au service de Dieu dans le Tabernacle. Cette réalité, oubliée par le roi David lors du transport de l’Arche de l’Alliance, lui a été dramatiquement rappelée, cf 2 Samuel 6. La Nouvelle Alliance accorde la véritable liberté, aussi dans ce domaine des objets du culte.
Suite à ce développement, nous remarquons que l'Écriture nous enseigne:
Dieu nous demande de L'adorer de tout notre coeur, de L'honorer par une attitude de coeur qui témoigne du respect, de l'amour qui Lui est dû. Cette louange, cet attachement de coeur n'est aucunement lié à quelque objet que ce soit.
L'attachement à des objets du culte ne peut être que sentimental, lié à l'utilisation nécessaire au bon déroulement du culte. Tout attachement à l'objet lui-même tendrait vers l'idolâtrie, et en ce cas, les forces mauvaises de l'ennemi des âmes pourraient rapidement entrer en jeu. Dieu décrit fort bien ce processus et nous met en garde sans équivoque, cf Ésaïe 44.15-20.
Jésus-Christ est venu ici-bas et a souffert, Il a donné Sa vie pour nous conduire à la vraie liberté, cf Jean 8.36. Nous pouvons, avec Son aide, être libérés des tendances de notre coeur qui nous poussent à attribuer à des objets certaines valeurs qui n'ont pas de fondement réel. Grâce à Lui et à Sa pleine victoire sur toute oeuvre de l'ennemi des âmes, nous pouvons aussi être libérés d'attachements et de liens qui n'ont rien à voir avec Sa Personne, Sa gloire, Son Royaume.
Que Dieu nous accorde sagesse et équilibre afin de diriger nos vies selon Ses critères et de conserver Son regard sur toutes choses.
Pierre-Alain Etienne