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Les informations les plus anciennes sur l'état de l'édifice, la Visite pastorale de 1453 ne traite que du chœur. Lors du siège et de la bataille de Morat, en 1476, l'église subit des dégâts dus au feu; l'année suivante, le Conseil de Fribourg accorda 8500 tuiles plates et 100 tuiles rondes.
Une liste de donateurs, de 1642, énumère les restaurations de l'église projetées ou celles qui venaient d'être achevées. Les Visites pastorales de 1654 et 1663 dénoncent l'état lamentable de l'édifice. Nous ignorons la suite qui en fut donnée.
A la fin du XVHF siècle, une nouvelle construction s'imposait. En 1797, l'évêque enjoignit que l'église fût reconstruite. En 1811, les visiteurs estimèrent que l'église était trop petite, ce qui devait justifier une nouvelle construction26 et en 1817, faute de moyens, la paroisse la remit à plus tard.
Enfin, le 5 février 1839, l'assemblée paroissiale décida à l'unanimité qu'une nouvelle église fut élevée, désigna (le 8 mars) une commission de construction et approuva le 9 mars 1840 les plans et devis d'un certain maître maçon CURTY. A cette même époque, une âpre dispute s'éleva au sein de la paroisse au sujet de l'orientation de l'église, litige qui fut porté devant le Conseil d'Etat et devant l'évêque. Le gouvernement se souvint alors qu'il possédait les droits de collature.
La restauration complète eut lieu, sous la surveillance du Service des monuments histori- ques, au cours des années 1970.
Le 7 septembre 1971, l'assemblée paroissiale décida de la rénovation extérieure de l'église, exécutée aussitôt par les entrepreneurs BERNARD MALCOTTI (Cressier) et BERNARD COTTING (Fribourg).
Suivit la restauration de l'extérieur du clocher et de l'intérieur du chœur en 1976, puis de l'intérieur de la nef en 1977/78. Le tambour, la coupole, les cadrans et le coq du clocher furent fidèlement copiés.
L'église néo-classique s'élève au sud de la croisée des routes au cœur du village. L'édifice est orienté au sud, le portail de sa façade nord s'ouvrant à dessein sur la place. L'église, avec le clocher, mesure 13 sur 37 m. Elle fut érigée en une seule campagne de construction, entre 1841 et 1844, ce qui explique son unité de style tant à l'intérieur qu'à l'extérieur. Le vaisseau de la nef rectangulaire (19,75 x 13 ni) débouche sur un chœur légèrement plus étroit (8,5 x 13 m), contre lequel se greffe la sacristie à deux niveaux, celle-ci formant les trois côtés de l'octogone du chœur.
Dressé au centre de la façade nord, le clocher est cantonné du porche ajouté en 1851. De hautes fenêtres en plein cintre éclairent l'édifice, trois de chaque côté de la nef, une de chaque côté du chœur et de la sacristie. La façade nord est percée de trois entrées axiales symétriques; une autre porte, au chœur, communique avec la cure.
La nef, le chœur et la sacristie forment une unité organique discrètement assurée par le socle, la corniche et les chaînes d'angle (en pierres de taille), sous un toit en bâtière d'un seul tenant.
La façade d'entrée présente en revanche une certaine diversité de matériaux, avec son appareil de pierres de taille, le rez-de-chaussée de la tour et le clocher-porche en calcaire clair du Jura, le mur de la nef et les niveaux supérieurs de la tour en molasse.
Le grand portail principal en plein cintre a un encadrement classique; des niches en plein cintre surmontent les portails latéraux à encadrement droit. Le rez-de-chaussée de la tour repose sur une grande arcade; il est couronné d'une riche corniche qui se prolonge, à même hauteur, sur le clocher-porche. Ce dernier repose, aux angles extérieurs, sur des colonnes toscanes, soit deux colonnes pleines (taillées dans un seul bloc), et deux colonnes engagées contre la tour et la façade de la nef. Les deux oculi de celle-ci sont masqués de part et d'autre du massif de la tour par la toiture du porche, composée de deux pans se rejoignant à l'angle de la tour et de la façade.
Toutes les portes sont en bois de chêne de style Louis-XVI, d'origine; elles ont des serrures de laiton et de fer. Une inscription peinte couronne le portail principal: «VENEZ A MOI ... (etc.) MATH XI ... AEDIFICATUM ANNO MDCCCLII»
Le clocher comprend trois niveaux, articulés sur toutes les façades par des corniches et des chaînes. Le rdc peut être compris commun un élément du clocher-porche. Le 2ème niveau se distingue seulement par un oculus avec abat-son percé sur la façade principale, les quatre faces du 3ème niveau sont percées de hautes fenêtres-arcades cantonnées chaque fois de deux lésènes (bandes lombardes).
Son plaisant couronnement se compose d’un tambour à huit ouvertures cintrées que surmonte un bulbe octogonal se terminant en flèche. Cette façade septentrionale est composition admirablement dessinée et bien proportionnée mais compromise par la toiture du clocher-porte.