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Hugues et sa sœur sont nés à Corseaux au 39 de la rue du Village, lui le 26 juin 1902. C’était la maison de son grand-père, Paul de Meuron, syndic et commerçant de vins. Son père dirigeait la banque Cuénod, sise à la place du Marchéà Vevey, fondée par son grand-père qui avait épousé une Spencer (la famille de la princesse Diana d’Angleterre).
La petite enfance s’est déroulée entre Vevey et Corseaux ainsi qu’au château de Lully sur Morges, chez les grands-parents William et Lucy Cuénod. Le frère et la sœur allaient alors souvent chez le pianiste Paderewski, dans une grande maison originale «mais laide et qui serait devenue bien en vieillissant comme certaines personnes ». La scolarité fut mouvementée; d’abord dans la petite école des demoiselles Huguenin, puis à l’Institut Sillig à Belle-Rive, puis dans une classe du Collège de Vevey où il redoubla. Ses parents l’ont alors mis dans l’école privée des demoiselles Franel à La Tour-de-Peilz. « Là, dans une crise de colère, j’ai lancé un encrier vers la fenêtre ! Chassé de cette école, j’ai été mis dans une école chrétienne, la Châtaigneraie, pendant 2 ans. Nous étions en 1914. S’y trouvaient pas mal de petits Français et des Belges dont Page, le fils du médecin du roi».
Hugues retourna au Collège de Vevey pour la 2e fois et il redoubla à nouveau. « J’ai commencé alors la musique à l’Institut Ribeaupierre à 17 ans. J’y suis resté assez longtemps car j’étais très paresseux. Comme je l’avouais, on ne m’en a pas voulu! J’ai fait du piano, de l’orgue, de la composition musicale, etc. J’improvisais et retrouvais facilement les mélodies entendues.
Puis au Conservatoire de Bâle, j’ai renoncéà devenir pianiste professionnel, trop difficile vu ma paresse! J’aimais bien le chant, le déchiffrage. Malgré mon peu de voix, j’ai été assez habile pour tricher. Après 4 ans avec Colette Wyss, j’obtiens un modeste diplôme. Je vais ensuite à Vienne, où je suis monté de baryton à ténor, ce qui m’a permis plus tard d’interpréter 2 rôles dans un opéra à Palerme. Je suis parti à Paris chez ma cousine Virginie Cuénod, qui tenait un salon très prisé où j’ai eu l’occasion de rencontrer beaucoup de musiciens.. J’ai formé un trio avec Mary Gard, 1e interprète de Mélisande, ce qui m’a permis d’aller aux USA, où je donnais aussi des cours d’allemand à Mireille I En Suisse, j’ai chanté du Vincent d’Indy, l’opéra de Quatre-Sous, des opérettes d’Offenbach et en duo avec une demoiselle, des sérénades à Corseaux-plage et au Perroquet de Montreux! En 1931, j’ai suivi les cours de Nadia Boulanger à Paris. J’ai bien formé ma voix, malgré que j’aimais peu les exercices de vocalise et ma carrière de chanteur lyrique a été bien lancée ».
Pour la suite de sa carrière, voir la notice historique de Corsalum.ch , « La rue du Village dès le no 37 » ou d’autres publications.
Interview faite à Corseaux en 1990.
B. Sauvageat
Voir aussi: https://fr.wikipedia.org/wiki/Hugues_Cu%C3%A9nod
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