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La nourriture militaire deviendra peut-être un antidote au feu ami
30 juin 2002
es scientifiques militaires ont découvert une manière d'utiliser la nourriture que mangent les soldats pour les empêcher d'être accidentellement abattus par leur propre camp.
Les repas spéciaux contiennent des composants qui sont sortent de l'organisme par les pores de la peau ou par le souffle des soldats. Observés par des pilotes ou des satellites spécialement équipés au-dessus d'un champ de bataille, ceux-ci apparaîtraient comme brillamment colorés. Ils pourraient être jaunes un jour et rouge le lendemain, afin d'empêcher l'ennemi de copier la formule.
Les chercheurs derrière cette idée pensent que cela pourrait contribuer à empêcher les incidents dits "fratricides" ou de "friendly fire" dans lesquels des soldats sont tués par leur propre camp dans la confusion de la guerre.
Cette technique révolutionnaire est l'invention des militaires américains, qui ont gagné une réputation peu enviable pour avoir accidentellement abattu des troupes alliées. Leurs scientifiques ont travaillé sur des solutions au feu ami depuis le célèbre accident de la Guerre du Golfe de 1991, où 9 soldats britanniques ont trouvé la mort. Un tueurs de chars A-10 avait ouvert le feu sur eux, croyant avoir affaire à des forces spéciales irakiennes.
Les Américains espèrent que l'additif alimentaire, qui a été testé en laboratoire, va devenir un équipement standard. Dès que la marqueur biologique a été ingéré et métabolisé, les soldats restent marqués pour environ 24 heures, leur permettant d'être suivis par des avions ou via des satellites de reconnaissance. "La présence d'organismes ou d'attributs biologiques particuliers pourrait être utilisée pour aider à identifier, à suivre ou à traquer des individus", précise un rapport du conseil de science et technologie militaire du National Research Council.
Le professeur Michael Ladisch, de l'Universite de Purdue dans l'Indiana, qui a présidé le comité responsable du rapport, déclare que le projet consiste à changer quotidiennement de marqueur biologique, afin que différents "signaux" soient émis. "L'idée est que nous puissions mettre une protéine génétiquement modifiée dans la nourriture, de sorte que lorsque la nourriture est métabolisée dans le corps, le marqueur est émis par le souffle et la transpiration. Des biosenseurs seraient alors capables de détecter la présence du marqueur", a-t-il déclaré.
Le développement, qui était suivi de près par des observateurs britanniques lorsqu'il a été rendu public lors d'une conférence la semaine dernière, a été accueilli par les pilotes britanniques. Un pilote d'une escadrille de Jaguar britannique l'a souligné: "C'est le pire cauchemar de chaque pilote. Vous volez si vite et vous avez tant à faire dans le cockpit que vous pourriez n'avoir qu'une seule seconde pour décider d'ouvrir le feu ou pas. Si cette idée résout ce problème, alors je pense que chaque pilote dira que c'était une bonne chose."
Un porte-parole de la Naafi, qui fournit l'essentiel de la nourriture aux militaires britanniques, a déclaré: "La nourriture est maintenant plus qu'un simple élément vital. Une meilleure nourriture produit de meilleurs soldats. De nombreuses armées travaillent sur des solutions nutritionnelles pour certains problèmes, y compris la nôtre – bien que je ne pense pas qu'ils aient déjà atteint le niveau des marqueurs biologiques."
D'autres changements dans la nourriture militaire sont prévus, utilisant la technologie de l'ingénierie génétique. Le travail est déjà en cours sur des plantes comestibles poussant en trois jours au lieu de plusieurs semaines, afin que les soldats puissent vivre sur la nourriture cultivée en déplacement. "Ces plantes ne peuvent pas être utilisées par des repas de gourmet, mais elles pourraient être essentielles dans des situations de survie," a souligné Michael Ladisch.
Le rapport suggère de rendre la nourriture plus digestible en incluant des enzymes comestibles. Une nourriture digérée plus efficacement signifierait que plus de calories pourraient être transportées aux troupes dans le terrain pour le même poids.
Le docteur Robert Love, directeur de l'étude a déclaré: "L'armée est toujours intéressée aux questions logistiques parce qu'elles se traduisent par une plus grande efficacité au combat avec moins de ressources. De nombreux progrès en biotechnologie auront pour effet de rendre les choses plus petites et plus légères, et cela comprend la nourriture que mange le soldats."
Le rapport examine également les manières possibles d'adapter la nourriture pour fournir aux soldats de l'énergie ou de l'endurance supplémentaire, selon les conditions auxquelles ils doivent faire face. Les nourritures dites "fonctionnelles", qui peuvent donner des substances nutritives supplémentaires ou d'autres aliments sains, sont considérées comme un avantage au combat.
Par exemple, des fantassins pourraient recevoir du ragoût de poulet pour communiquer lentement l'énergie au fil du temps. Ceci dans le but de les renforcer pour la marche en terrain ouvert. Les équipages de chars auraient le même repas, mais avec moins d'énergie.
Le rapport américain suggère que des vaccins comestibles, également en cours de développement, pourraient être utilisés par des soldats dans le terrain pour parer aux maux communs causés par des virus intestinaux à l'étranger. De plus, des rations de campagne pourrait contenir des facteurs anti-microbiens qui réduiraient ou élimineraient le besoin d'envoyer des équipements de réfrigération dans le terrain.
Même le confort des soldats pourrait être accru par la nourriture consommée. Le rapport propose le développement de sucres candi avec des nutriments spéciaux pouvant accroître la température corporelle par temps froid ou la réduire par temps chaud, afin d'éviter la détection par des senseurs ennemis.
Texte original: Roger Dobson and James Clark, "Army food is antidote to friendly fire", The Sunday Times, 1.7.01
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