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Une loi interdisant aux personnes sans domicile fixe (SDF) de dormir dans les espaces publics en Hongrie va entrer en vigueur lundi. La mesure a été qualifiée de "cruelle" par une rapporteuse de l'ONU sur le logement.
Un amendement constitutionnel approuvé par le parlement hongrois le 20 juin interdit la "résidence habituelle dans un espace public". Cet amendement durcit une loi de 2013 qui en fait un délit passible d'une amende.
La police est à présent habilitée à faire partir les sans-abri et à démanteler cabanes et abris de fortune. La loi sert "les intérêts de la société dans son ensemble", a affirmé jeudi Attila Fulop, secrétaire d'Etat aux Affaires sociales.
Son objectif est de s'assurer que "les sans-abri ne se trouvent pas dans les rues la nuit et que les citoyens peuvent circuler dans l'espace public sans entraves", a-t-il déclaré à la presse. Les centres d'hébergement d'urgence gérés par l'Etat offrent un nombre de places estimé à 11'000 mais selon des experts, on compte au moins 20'000 sans-abri dans le pays.
"Risque clair de violation grave"
Le gouvernement affirme augmenter les fonds consacrés aux sans abri, mais des organisations internationales et associations de défense des droits de l'homme ont critiqué la nouvelle loi. En juin, la rapporteuse de l'ONU sur le logement Leilani Farha l'a jugée "cruelle et incompatible avec la loi internationale relative aux droits de l'homme".
"Quel crime ont commis (les sans abri)? Simplement tenter de survivre", avait écrit Mme Farha dans une lettre ouverte au gouvernement.
En septembre, le Parlement européen a ouvert à l'encontre de la Hongrie une rare procédure pouvant en théorie conduire à des sanctions. La résolution votée par le Parlement invitait "le Conseil (des Etats membres) à constater s'il existe un risque clair de violation grave, par la Hongrie, des valeurs visées à l'article 2 du traité de l'UE et à adresser à la Hongrie des recommandations appropriées à cet égard".
Le dossier de l'eurodéputée à l'origine du vote signalait la situation des sans-abri en Hongrie parmi une longue liste de "préoccupations" portant sur le non-respect de libertés et valeurs prônées par l'UE.