Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07080.jsonl.gz/1412

Des chercheurs de l'Université de Stanford viennent d'identifier une nouvelle hormone impliquée dans l'homéostasie énergétique et la régulation de l'appétit. Après la ghreline, une hormone peptidique favorisant l'appétit découverte il y a cinq ans, voici l'obestatine, une substance très proche mais provoquant l'effet inverse chez le rongeur : une baisse de l'appétit et un ralentissement de la prise de poids (Science 2005;310:996-9).Les deux hormones sont très proches, jusque dans les circonstances inhabituelles de leur découverte. La ghreline avait été trahie par son récepteur membranaire, identifié auparavant par des chercheurs étudiant la sécrétion de l'hormone de croissance. Le récepteur avait mis les chercheurs sur la piste de son ligand, et ce ligand, la ghreline, s'était révélé être une hormone de l'appétit.L'obestatine, elle, a été révélée par... la ghreline. La ghreline, un peptide de 28 acides aminés, résulte du clivage d'une prohormone de 117 acides aminés. En comparant la séquence génétique de cette prohormone chez onze espèces de mammifères, les chercheurs californiens ont découvert l'existence d'un fragment génétique conservé. Cette séquence trahissait l'existence possible d'un second peptide, long de 23 acides aminés et dérivé de la même prohormone que la ghreline par un clivage différent.L'hypothèse a été confirmée. Les chercheurs, qui connaissaient la séquence de leur peptide hypothétique, ont pu le synthétiser. Grâce à des anticorps spécifiques, ils ont pu en rechercher la présence dans différents tissus chez le rat.Résultat : de l'obestatine le nom donné ultérieurement au nouveau peptide est bel et bien produite dans l'estomac du rat. Mieux : le peptide présente de véritables effets hormonaux. Administré à des rongeurs, il provoque une légère baisse de l'appétit et diminue la prise de poids. Deux hormones issues du même gène, toutes deux impliquées dans la régulation de l'appétit chez le rongeur, mais avec des effets opposés : la trouvaille est très intrigante.Elle reste cependant à confirmer chez l'homme, comme le rappellent des chercheurs appelés à commenter la découverte dans Science. Autre motif de prudence : les effets observés chez le rongeur sont modestes. L'obestatine risque ainsi de décevoir ceux qui ne se seraient fiés qu'à son nom et qui rêveraient déjà d'une thérapie miracle contre l'obésité. Mais la découverte n'en révèle pas moins un nouveau rouage probable des mécanismes de régulation de l'appétit, ce qui est déjà beaucoup.