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Par Daniel Pruss
www.contrepointphilosophique.ch
Rubrique Humorales
10 décembre 2005
Dans un monde où le bruit est la règle et le silence l’exception, nous ne savons plus au fond ce que représente le premier, ni ce que signifie le second. Et pourtant nous sentons que nous avons besoin de l’un comme de l’autre. Le bruit et le silence sont étroitement liés, et le silence signifie à travers les bruits et les sons autant que les bruits et les sons signifient eux-mêmes.
Le silence est un calme dont la partie est nulle.
Les extrémités du silence sont des bruits.
Un bruit à une longueur et une largeur, le silence a en plus une hauteur et une profondeur.
La limite supportable du silence est le bruit.
La méditation se prolonge dans la profondeur de l’inclinaison mutuelle de plusieurs silences.
Le silence résultant de la superposition de plusieurs silences s’appellent le silence absolu.
Le calme est la partie accrochée à la circonférence du silence.
Le centre du silence est également le centre du bruit.
Le silence obtus, appelé arrêt est plus grand que la pause.
Le silence aigu, appelé soupir est plus petit que la pause.
Le mutisme est un volume de bruits que la sphère garde en elle.
Pour obtenir un vacarme il suffit de supprimer le segment de silence situé entre deux bruits.
En musique les extrémités du silence sont des sons.
Le silence isocèle est la combinaison de deux absences de bruits égales : l’arrêt et l’interruption.
Le silence scalène est la combinaison de trois absences de bruits inégales: la pause, le soupir et la suspension.
L’omertà est le carré du silence multiplié par l’honneur.
Le volume du silence procure parfois une bizarre saveur d’inexistence.
Le silence est la parure des bruits
© Daniel Pruss
Rubrique Humorales
10 décembre 2005