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Signature immunoglobuline pour prédire le risque de COVID long
L’origine du COVID long reste en grande partie inexpliquée. Une étude approfondie des marqueurs immunologiques dans le sang apporte un éclairage sur le risque de développer une forme longue du COVID-19.
Environ un tiers des patients COVID-19 font état de troubles persistants quatre semaines, voire même plusieurs mois, après l’infection. Ce tableau clinique, appelé "COVID long" ou "syndrome post-COVID-19 (SPC)", se manifeste souvent par de la fatigue, un essoufflement et des désordres cognitifs. Les causes de ces symptômes persistants ne sont pas encore élucidées. Une équipe de recherche dirigée par Onur Boyman, Carlo Cervia et Yves Zurbuchen de la Clinique d’immunologie de l’Hôpital universitaire de Zurich et de l’Université de Zurich a récemment découvert qu’une signature d’immunoglobuline permettait de prédire le risque de COVID long. Les résultats de cette vaste étude viennent d’être publiés dans la revue scientifique "Nature Communications".
Pour mieux comprendre le tableau clinique et la réponse immunitaire au virus, les chercheurs ont étudié pendant un an une cohorte de 175 patient·es COVID-19 ainsi qu’un groupe contrôle de 40 personnes en bonne santé. Ils ont identifié différents facteurs propices au développement du COVID long. Un âge avancé, des antécédents d’asthme et un nombre élevé de symptômes lors de l’épisode initial de COVID-19 en font partie.
La concentration de différentes classes d’anticorps dans le sang a également été analysée. L’examen des marqueurs immunologiques a révélé qu’une faible quantité d’immunoglobulines M (IgM) et d’immunoglobulines G3 (IgG3) générait un risque accru de COVID long.
A partir de ces nouvelles connaissances, les chercheurs ont établi un modèle prédictif qui permet de calculer le risque de COVID long. Celui-ci prend en compte différents facteurs: âge, nombre de symptômes lors de l’infection initiale, antécédents asthmatiques et concentration d’immunoglobulines IgM et IgG3 mesurée dans le sang. Le modèle prédictif a été testé sur une deuxième cohorte indépendante de 395 patient·es COVID-19.
Outre une meilleure prédiction du risque, l’étude livre des informations précieuses qui aident à mieux comprendre le développement et la pathogénicité du COVID long (SPC). L’identification précoce des personnes à risque ouvre la voie à de nouvelles options thérapeutiques, en particulier pour les patient·es présentant des antécédents d’asthme.
Les médias nationaux et internationaux ont relayé cette étude.