Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07287.jsonl.gz/787

Ce projet de recherche FNS Ambizione porte sur les évolutions culturelles anciennes entre Afghanistan, Pakistan et Inde du nord (Gandhāra et Panjab). Il y a plus de mille ans, les enjeux politiques et religieux se mêlent déjà dans cette zone frontière. À l’issue de cette recherche, il est prévu de réaliser un film documentaire pour offrir au plus grand nombre un éclairage nouveau sur cette histoire.
Combler une lacune historique
Des fluctuations culturelles majeures caractérisent la zone frontière entre l’est de l’Afghanistan, le nord du Pakistan et de l’Inde (Gandhāra et Panjab) entre le 7e et le 11e siècle de notre ère. Il s’agit de régions aux croisements de l’Asie centrale et de l’Asie du Sud. À cette période, l’émergence de dirigeants hindous et la propagation de l’islam coïncide avec le déclin du bouddhisme. De plus, au cours du 7e siècle de l’ère chrétienne, alors que le bouddhisme se répand largement en Asie de l’Est, il diminue progressivement dans sa terre natale, l’Asie du Sud. Malgré la portée historique de ces évolutions, notre savoir sur les processus engagés dans ces changements culturels reste lacunaire.
Partant de ce constat, ce projet de recherche vise à examiner les interactions entre bouddhisme, hindouisme et islam dans le Gandhāra et le Panjab entre le 7e et le 11e siècle de l’ère chrétienne. En particulier, l’objectif est d’approfondir nos connaissances sur deux dynasties locales qui constituent les principaux acteurs de la scène culturelle et politique de ces régions et connues sous le nom de Šāhis Turcs et Šāhis Hindous.
Cette recherche a pour but d’examiner les relations entre milieux politiques et religieux dans l’histoire de ces régions. Elle prend aussi en compte le rôle des communautés hindoues en tant qu’agents de ces changements culturels, et celui des royaumes régionaux dans les échanges interrégionaux de l’époque. Comme il n’existe pas de telle étude sur ces rois turcs et hindous, cette recherche comblera une lacune historique, et intégrera l’histoire de ces dynasties dans les discussions académiques sur l’histoire du bouddhisme en Asie centrale et du Sud en lien avec celle de l’hindouisme et de l’islam.
Travailler avec des sources morcelées
Les difficultés principales de cette recherche résident dans la disponibilité des sources : elles sont en général partielles. Il faut ainsi chercher des morceaux d’informations dans des textes, inscriptions ou sources archéologiques, et en faire la synthèse pour reconstruire cette histoire culturelle. Seule une approche interdisciplinaire permet de neutraliser ces obstacles. Aussi, cette recherche comprend l’analyse de textes et inscriptions en langues sanskrite et arabe. Elle prend en compte les résultats d’études archéologiques et d’histoire de l’art. Elle inclut des recherches de terrain afin de collecter et de documenter des nouvelles sources historiques relatives à ces rois et leur société.
La thématique générale de ce projet a récemment suscité l’intérêt de chercheuses et de chercheurs de par le monde. En effet, une équipe internationale basée à l’Université de Vienne avait lancé en 2018 le projet de recherche Cultural Formation and Transformation: Shahi Buddhist Art and Architecture from Afghanistan to the West Tibetan Frontier at the Dawn of the Islamic Era. Ce réseau facilitera aussi cette recherche interdisciplinaire.
Diffuser plus largement la recherche
Dans le cadre de ce projet, deux moyens de diffusion sont mis en place : un film documentaire et des cours publics. Le premier a pour but de retracer cette histoire avec des images tournées sur place et des interviews de spécialistes. Les cours sont des introductions aux langues et à l’histoire culturelle de l’Asie du Sud. Ils sont proposés dès maintenant à des publics de non spécialistes dans des hautes écoles, centres et associations socio-culturelles, écoles et gymnases, écoles et instituts de yoga, établissements médico-sociaux et centres d’accueil, ou universités populaires. Ces démarches visent le partage de connaissances et le dialogue avec le grand public.
Direction du projet
Noémie Verdon, Maître Assistante Ambizione FNS, Section de langues et civilisations slaves et de l’Asie du Sud
Durée du projet
2020-2024