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Titre: L'enfant et la vie familiale sous l'Ancien régime
Auteur: Philippe Ariès
Éditeur: Seuil 1973
Pages: 316
Philippe Ariès est l'un des historiens français les plus connu pour ses nombreuses œuvres. Ce livre a, d'ailleurs, eu l'utilité d'ouvrir une vision différente de la famille et de l'enfance. C'est donc un livre sur le sentiment familial et le sentiment de l'enfance. Il nous permet de nous rendre compte de la manière dont ce sentiment et l'enfance se sont développés au fil du temps jusqu'à devenir notre famille et notre enfance. Car cette manière de voir les liens dans une fratrie a une histoire courte. Alors que le moyen âge ne voyait pas l'enfant et qu'il l'envoyait tout de suite au travail la renaissance et l'époque moderne ont conçu, progressivement, une vision de l'enfance liée à une mise en place de la famille privée. Ariès nous accompagne dans ce voyage a l'aide de trois parties principales.
Tout d'abord, il tente de nous montrer comment le sentiment de l'enfance est né au-travers de la théorie des âges de la vie mais aussi par les jeux et les habits. On découvre une ancienne société qui portait plus d'importance aux jeux et à la vie commune qu'au travail mais aussi une société qui ne différenciait pas l'enfance des autres âges de la vie. Néanmoins, petit à petit, on verra que l'enfant n'est pas simplement un adulte miniature mais un état particulier auquel il faut faire attention. Petit à petit, on fera attention au langage et aux jeux tandis que l'on affublera l'enfant d'habits spécifiques. Dans un second temps Ariès nous montre comment l'école s'est développée depuis le moyen âge. Malheureusement cette partie, dans cette édition, a été coupé de la majeure partie de son développement. Enfin, l'auteur nous emmène dans la vie familial. Il nous montre comment celle-ci fut vue mais aussi comment elle se développa à partir d'une famille large et quasiment publique du moyen âge jusqu'à la vie familiale privée et centrée sur le groupe des parents et des enfants.
La famille et l'enfance ne sont pas mes thèmes préférés. Néanmoins, la lecture de ce petit livre a été très intéressante voir passionnante. L'écriture d'Ariès est simple à suivre et son analyse se double d'une utilisation très riche des sources et de l'iconographie de l'époque. Il est d'ailleurs dommage que nous ne puissions pas voir ces images puisque Ariès utilise souvent les tableaux pour illustrer ses propos. Si une critique doit être faites ce n'est pas vraiment envers l'auteur, bien que le livre soit ancien et donc dépassé par la recherche, mais envers l'éditeur. Ce dernier a décidé, en effet, de couper toute la seconde partie du livre pour ne garder que les parties conclusives des chapitres. Il nous est donc impossible de comprendre le cheminement intellectuel d'Ariès et nous perdons toute son utilisation des sources. Je pense pouvoir dire, sans exagérer, que ce découpage rend cette seconde partie inutile puisque incompréhensible. De plus, je considère que cette manière de faire est injustifiée de la part d'un éditeur connu dans une collection censée être sérieuse.
Image: Amazon