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Pour l'ensemble de l'année 2023, la BCE s'attend désormais à une inflation de 5,6% et pour l'année 2024 à une baisse à 3,2%.
Pour la dixième fois depuis juillet 2022, la BCE a relevé ses taux d'intérêt. Les trois taux directeurs ont été augmentés de 25 points de base. Le taux principal de refinancement est passé de 4,25% à 4,50%. Cette décision est expliquée par l’inflation toujours élevée qui atteint toujours 5,3% sur un an et une révision des prévisions d’inflation. Pour l'ensemble de l'année 2023, la BCE s'attend désormais à une inflation de 5,6% et pour l'année 2024 à une baisse à 3,2%. Ce n'est qu'en 2025 que les autorités monétaires s'attendent à ce que l'inflation revienne dans la fourchette cible avec un taux annuel de 2,1%. Ce processus long et graduel s’explique par une transmission efficace, comme actuellement observé, mais qui mobilise habituellement plusieurs mois. Par ailleurs, les pressions désinflationnistes demeurent moins fortes en raison des prix de l’énergie, en particulier ceux du pétrole brut. Le prix du baril a ainsi augmenté de 28% depuis 2 mois suite à la réduction de production prolongée par l’OPEP+.
Une pause monétaire est désormais probable. L'objectif premier est de lutter contre l'inflation. Mais une politique monétaire responsable tient également compte de l'impact des décisions en matière de taux d'intérêt sur la conjoncture, du marché du travail et des budgets des pays de la zone euro. Les membres du Conseil ont ainsi laissé entendre que la dixième hausse ne serait pas suivie d'une onzième pour le moment. Les taux directeurs ont désormais atteint un niveau «qui, s'il est maintenu pendant une période suffisamment longue, contribuera de manière significative au retour en temps voulu de l'inflation vers sa valeur cible».
Nous restons néanmoins prudents concernant la fin du cycle de durcissement monétaire. L’inflation de base dans la zone euro est de loin trop élevée (5,3% sur un an) pour pouvoir signaler une détente dans la lutte contre l'inflation. Au cours des derniers mois, nous avons certes assisté à un recul de la dynamique des prix dans les services et l’alimentaire, mais les hausses mensuelles de prix restent encore trop élevées pour ne plus agir. Le conseil des gouverneurs a répété à plusieurs reprises sa détermination pour que l’inflation revienne rapidement puis durablement à 2%. Son message restera donc très prudent et priorisera la lutte contre l’inflation. Par conséquent, le ralentissement économique en zone euro se poursuivra. Le différentiel de croissance avec les Etats-Unis pourrait augmenter, ce qui limitera le potentiel d’appréciation de l’EUR/USD au cours des 6 prochains mois.