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Syndrome des Balkans: les autorités jouent la transparence
La Confédération a décidé de jouer la carte de la transparence. Mardi à Berne, elle a donné toute une série de renseignements sur l’uranium appauvri, son utilisation en Suisse ou dans les Balkans.
Le comité directeur de la radioactivité (CODRA) a tout d’abord confirmé que les autorités militaires ont effectué des tests avec des munitions à uranium appauvri, au début des années 80.
Le Département militaire fédéral - c’était son nom à l’époque - a cependant interrompu cette expérience après que seize balles de onze grammes ont été tirées. Les résultats n’étaient en effet pas satisfaisants.
De plus, des tests ont été menés avec du wolfram et du thorium, également radioactifs. Les munitions non-utilisées ont été renvoyées au laboratoire AC de Spiez.
Ces expériences n’ont aucun rapport avec celles menées par la firme Oerlikon-Contraves. Cette entreprise a demandé pour la dernière fois une autorisation d’importer de l’uranium appauvri en 1995. Mais le produit a finalement été écoulé sous forme de déchets spéciaux, sans avoir été utilisé.
En ce qui concerne le Kosovo, la Direction du Développement et de la Coopération (DDC) a demandé la semaine dernière des informations à Bernard Kouchner. Elle souhaite en effet que l’ex-administrateur de l’ONU prenne des mesures nécessaires pour informer les populations locales.
Des tests sanguins facultatifs ont été proposés aux 2000 Suisses - des soldats ou des collaborateurs de la DDC - de retour des Balkans. Jusqu’à présent, aucun militaire de la Swisscoy ne s’est annoncé. Un contrôle des urines est également prévu.
Finalement, Berne a fourni quelques indications sur les «souvenirs de guerre» ramenés par vingt-quatre personnes, dont six civils. Seule une partie de ces munitions a pu être récupérée. Le Département de la défense, de la protection de la population et des sports (DDPS) espère terminer sa collecte d’ici la fin de la semaine.
Mardi, la Confédération a donc joué la carte de la transparence. «Nous avons reçu tellement de téléphones - des journalistes, mais aussi des personnes concernées - que nous voulons continuellement informer la population», confirme le chef de presse du DDPS, Oswald Sigg.
Grande nouveauté: le point de la situation a été présenté par le Comité directeur de la radioactivité. Le CODRA regroupe les représentants de plusieurs départements fédéraux, tous impliqués dans le problème de l’uranium appauvri. Du coup, les intervenants étaient nombreux mardi!
«Cette question n’est plus seulement l’affaire du DDPS, mais aussi celle du Département de l’intérieur avec l’Office fédéral de la santé publique ou celle des Affaires étrangères, par le biais de la DDC», estime Oswald Sigg.
Cette stratégie n’a pas déplu à la commission de la politique de sécurité du Conseil national. Mardi toujours, elle a félicité le ministre de la Défense, Samuel Schmid, pour sa politique d’information «complète et ouverte».
Pour mémoire, la commission avait demandé au début de janvier un rapport écrit au nouveau conseiller fédéral. Satisfaite par les renseignements fournis, elle a décidé de ne pas demander d’autres éclaircissements.
Pas question non plus de reporter le vote sur l’envoi à l’étranger de soldats armés pour leur autodéfense. La Commission estime qu’il peut avoir lieu, comme prévu, au mois de juin.
Finalement, la Commission n’entend pas demander le retour en Suisse des membres de la Swisscoy, qui sont encore actuellement au Kosovo.
Caroline Zuercher
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