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Une vaste collaboration entre des équipes basées aux Etats-Unis, en France, au Royaume-Uni et à Tel Aviv a permis d'identifier deux mutations (hWNK1 et hWNK4) de gènes qui codent pour des enzymes impliqués dans une rare forme d'hypertension, le pseudo-hypoaldostéronisme de type II (PHAII). Le PHAII se caractérise par une haute pression artérielle et des reins qui retiennent trop de sel et excrètent trop d'ions potassium et hydrogène. Mais cette découverte pourrait surtout aider à faire la lumière sur des formes plus courantes d'hypertension et sur certains aspects de la physiologie du rein (Science 2001 ; 293 : 1107-12).«En utilisant le clonage de positionnement, et avec l'aide du séquençage du génome humain, nous avons identifié les mutations sur les chromosomes 12 et 17 qui sous-tendent le PHAII», explique le principal auteur de l'étude, Richard Lifton, de l'Université Yale, à New Haven, dans le Connecticut, aux Etats-Unis (Lancet 2001 ; 358 : 476). Les deux gènes mutés (WNK1 sur le chromosome 12 et WNK4 sur le chromosome 17) codent pour les membres d'une nouvelle famille de kinases sérine-thréonine localisées sur la partie distale du néphron, dans le rein. Or, cette partie du néphron joue un rôle-clé dans le maintien de l'équilibre du sel et de l'eau dans le corps (Science 2001 ; 293 : 1030).Lifton en conclut que les produits des gènes WNK font partie d'un circuit qui contrôle la rétention rénale d'ions chlorure. Si cette hypothèse est juste, la sur-expression de ce gène conduirait les reins à retenir des quantités trop importantes de cet ion. Pour contrebalancer cet effet, ils retiendraient conjointement un excès d'ions sodium. Le résultat serait une rétention accrue d'eau, par conséquent un volume sanguin plus grand et une pression artérielle plus élevée. L'excrétion d'ions potassium et hydrogène serait également affectée.Cette hypothèse reste à prouver. Mais quelle que soit la façon dont ces gènes fonctionnent, au moins un indice révèle que la mutation hWNK4 pourrait contribuer à une forme plus répandue d'hypertension. Une grande étude génétique impliquant de larges populations avait en effet révélé une association entre la pression artérielle et la région du chromosome 17, précisément où se situe la mutation hWNK4. Cette mutation est ainsi particulièrement intéressante, car elle pourrait aider à comprendre les mécanismes qui interviennent de façon courante dans les variations de la pression artérielle dans l'ensemble de la population.Ce qui se passe au niveau des régulateurs en amont et au niveau des cibles en aval des deux kinases reste pour l'instant inconnu. Aussi, les auteurs de l'étude espèrent que la recherche à venir permettra d'identifier les autres composants de cette voie cellulaire. Pour Lifton, une telle connaissance permettrait d'aider à trouver de nouvelles cibles pour développer des médicaments pour traiter l'hypertension et les insuffisances cardiaques démateuses. Mais, sur un plan plus fondamental, cette étude ouvre la porte à une meilleure compréhension de la physiologie du rein.