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Etats-Unis La top, témoin vedette du procès de Cosby, a raconté son viol
Janice Dickinson s'est exprimée jeudi sur l'agression sexuelle qu'elle a subie en 1982.
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Deux femmes ont ajouté jeudi leurs témoignages à ceux des trois autres qui avaient déjà accusé Bill Cosby d'agression sexuelle, avant l'audition vendredi du personnage central du procès de l'acteur, la victime présumée Andrea Constand.
L'ancienne mannequin Janice Dickinson a été la vedette de la journée, décrivant des faits supposés qui sont apparus comme une variation sur un même thème, celui dépeignant Bill Cosby comme un prédateur sexuel aux méthodes éprouvées.
Cette grande femme brune de 1,78 m a été l'une des premières célébrités du mannequinat, des podiums à la couverture du prestigieux «Vogue», au point de gagner plusieurs centaines de milliers de dollars par an au tout début des années 80.
Elle était la quatrième des cinq femmes citées par le procureur Kevin Steele pour évoquer, des faits anciens, qui ne sont pas visés par l'accusation mais ont pour but d'éclairer le jury sur le passé de Bill Cosby et les nombreux cas d'abus sexuels dont il est accusé.
Des contacts, une invitation (à Lake Tahoe dans le Nevada), un verre de vin, une pilule, et le brouillard, durant plusieurs heures, avec des moments de lucidité, fenêtres sur l'horreur, le récit de la sexagénaire correspondait, en beaucoup de points, à ceux de ses devancières.
«Voilà le papa de l'Amérique, couché sur moi, un homme heureux en mariage avec cinq enfants», a dit Janice Dickinson, évoquant l'un des rares instants de conscience dont elle se souvient. L'effet du sédatif était tel qu'elle dit avoir perdu conscience alors que le héros du «Cosby Show» était en train de la violer.
«J'avais confiance en lui»
Janice Dickinson a raconté avoir demandé des explications à l'acteur à son réveil, sans en obtenir. Comme les autres, elle a gardé le silence, même si, elle, n'était déjà plus une anonyme et disposait d'une notoriété dans le monde de la mode.
«J'avais du succès, après avoir galéré», a-t-elle expliqué devant le tribunal de Norristown (Pennsylvanie), à quelques kilomètres de la résidence de Bill Cosby, où il aurait agressé sexuellement une autre femme, Andrea Constand, début 2004, les seuls faits présumés pour lesquels il est jugé. «J'avais des clients conservateurs», le magazine Vogue, les créateurs de mode, les annonceurs, «qui n'auraient pas apprécié que j'aie été violée», a-t-elle ajouté.
Après les questions du ministère public, l'avocat de Bill Cosby, Tom Mesereau, a beaucoup insisté sur le fait que dans son autobiographie «No Lifeguard on Duty», publiée en 2002, Janice Dickinson avait livré une toute autre version de l'épisode. Dans le livre, elle assure avoir pris congé, ce soir-là, de Bill Cosby, qui l'avait pourtant invitée dans sa chambre, et affirme qu'il ne s'est rien passé entre eux.
«Tout a été fabriqué» dans le livre, «parce que je voulais prendre un chèque», a-t-elle expliqué. «Aujourd'hui, j'ai juré sur la Bible (la prestation de serment requise pour chaque témoin), pour dire ma véritable histoire.»
Comme il l'avait fait la veille avec un autre témoin, Tom Mesereau a pointé les excès de Janice Dickinson, qui a déjà reconnu avoir consommé, en plusieurs occasions, de la cocaïne et ingéré du Quaalude, un médicament qui provoque souvent la léthargie et que Bill Cosby aurait fait prendre à plusieurs femmes.
Avant l'audition d'Andrea Constand, attendue vendredi, une cinquième femme, Lise-Lotte Lublin, a été appelée à témoigner. Comme les autres, elle a décrit une soirée lors de laquelle Bill Cosby l'a pressée de boire de l'alcool, elle qui n'en consommait jamais, avant qu'elle ne perde conscience. Elle a dit se souvenir de Cosby, assis derrière elle, lui caressant les cheveux, mais pas d'une agression sexuelle.
Celle qui est aujourd'hui professeure d'éducation physique a évoqué un Cosby manipulateur, qui se présentait comme un mentor pour inspirer confiance, une description commune à celle des quatre autres femmes qui avaient déjà témoigné avant elle. «J'avais confiance en lui, parce qu'il était le papa de l'Amérique», a dit Lise-Lotte Lublin, reprenant l'expression de Janice Dickinson.
Accusé d'agression sexuelle par plus de 60 femmes, il y a plusieurs années déjà que Bill Cosby a perdu ce statut de figure morale, particulièrement influente dans la communauté afro-américaine. (afp/nxp)
Créé: 12.04.2018, 21h08