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Au-delà de mon expérience personnelle avec la philosophie végétalienne, je viens de lire un livre absolument fascinant sur ce sujet, de la part d'une ancienne végétalienne «repentie». La lecture de ce livre m'a permis de comprendre ce que je n'avais pas compris en temps et en heure. Mais précisons tout de suite qu'il n'y a pas de solution simple à un problème complexe.
Dans son livre, «The Vegetarian Myth», pas encore traduit en français me semble-t-il, l'auteure, Lierre Keith, expose très sincèrement son parcours: quels étaient les tourments sincères qui assaillaient son âme et pourquoi elle est devenue végétalienne. Elle explique aussi comment et pourquoi ses yeux se sont douloureusement ouverts, suite à une dégradation constante de son état de santé, sur une autre réalité. Et il n'y a personne de plus qualifié pour dénoncer un fondamentalisme qu'un(e) ancien(ne) fondamentaliste.
Quelques données fondamentales
Une des données fondamentales à la base du végétalisme est qu'il faut x (5-16 selon les variétés) protéines végétales pour produire une protéine animale. Une deuxième est la quantité d'eau qu'il faut pour produire un kilo de viande, de bœuf par exemple. On parle de plusieurs milliers de litres d'eau dans un monde où l'eau potable est de plus en plus rare. Troisièmement, il faut citer un fait tout à fait reconnu par la Food and Agriculture Organization (FAO) des Nations Unies qui est que 70% des terres agricoles servent à l'alimentation du bétail. Ce qui est, à l'évidence, un immense gaspillage.
Et je ne développerai pas la querelle sur la configuration de notre appareil digestif car chacun prêche pour sa chapelle (notre appareil digestif va, selon les uns ou les autres, du parfait frugivore à l'omnivore). Je laisse cette querelle aux experts.
Une donnée systématiquement avancée par les végétaliens est, qu'avec la même surface de terre agricole, on peut nourrir plus d'êtres humains se nourrissant sans produits d'origine animale, qu'avec. Les chiffres avancés sont que, sur une surface de 4 hectares par exemple, on pourrait nourrir 60 personnes si l'on y cultivait du soja, 24 si l'on y cultivait du blé et seulement 2 si l'on y élevait du bétail.
Bigre ! Cela paraît effectivement incontournable et toute personne de bonne volonté, après avoir lu ces chiffres, ne peut que franchir le pas en changeant son alimentation.
Et pourtant il y a un problème. C'est toujours la même chose avec les statistiques. On peut leur faire dire ce que l'on veut et c'est une vision à travers un tout petit bout de la lorgnette.
Quelques causes de l'explosion de la population mondiale
C'est une donnée fondamentale pour situer les problèmes rencontrés à l'heure actuelle. L'Humanité a connu des moments clés :
- Le développement de l'agriculture (il y a 10'000 ans) qui a sédentarisé les populations en est un, absolument déterminant. Jusque-là, la majorité des populations humaines était composée de chasseurs-cueilleurs qui se déplaçaient en fonction des saisons et de l'abondance ou de la raréfaction du gibier. Soudain, l'agriculture a permis de planifier les sources d'alimentation ce qui a permis une explosion de la population mondiale
- Un deuxième moment clé est l'invention du moteur à explosion. Ceci a permis à l'humanité de mécaniser un nombre infini de tâches, y compris l'agriculture
- Un troisième moment est la première guerre mondiale. Pour remplacer les agriculteurs européens largement engagés dans cette guerre en tant que soldats, les Etats-Unis se sont engagés massivement dans une agriculture intensive et subventionnée (subventions qui existent encore aujourd'hui comme chacun sait et qui sont la cause de déséquilibres absurdes entre paysans du Nord et du Sud)
- La découverte des engrais azotés qui est venue de la nécessité de recycler d'immenses quantités de produits chimiques qui avaient servi pendant les 2 guerres mondiales pour fabriquer des bombes et le fameux gaz moutarde
- La découverte de la pénicilline, à peu près à la même période (en 1928 par Flemming, mais vraiment utilisée en thérapie seulement vers la fin de la seconde guerre mondiale)
Ce sont 5 événements, parmi beaucoup d'autres, qui ont permis à l'Humanité d'atteindre le chiffre phénoménal de 7 milliards d'habitants (bientôt 9). Un chiffre à peu près insoutenable pour cette somme toute petite planète aux ressources très limitées, et ce fait sera le plus grand défi que nous aurons à affronter dans les années à venir. La crise de la dette risque, en comparaison, de ressembler à une aimable promenade de santé.
Dans le prochain billet, nous essayerons d'y voir un tout petit peu plus clair dans un domaine d'une complexité folle.