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L’éducation à l’environnement a été intégrée au curriculum de nombreux pays. Pour autant, cela ne signifie pas qu’il y ait un consensus sur cet enseignement.
Quelques distinctions
La notion d’environnement implique une approche qui s’appuie sur les sciences de la nature et qui tend à laisser de côté les problématiques sociales et politiques. Celle d’écologie s’inscrit dans une filiation plus philosophique. Le mouvement écologiste naît en tant que courant politique dans les années 1970. Cette dimension plus politique de l’écologie fait qu’elle apparaît comme moins consensuelle; c’est une notion qui peut faire peur quant à son introduction dans des programmes scolaires.
La notion de développement durable est, quant à elle, plus consensuelle pour les décideurs publics puisqu’elle est reprise dans un certain nombre de documents internationaux. Elle articule trois dimensions: l’environnement, le social et l’économique. C’est la place de l’économie dans le développement durable qui fait débat. En effet, cette approche sous-entend qu’il est possible de concilier les trois piliers du développement durable. Or certains critiquent l’idée qu’il serait possible de concilier préservation de l’environnement et croissance économique. Ainsi les «décroissants» considèrent que l’écologie implique une remise en question de la croissance économique.
L’écologie populaire constitue un point de vue sur l’écologie qui aborde la question sous l’angle des problématiques touchant les personnes issues des milieux populaires et pas seulement des classes moyennes et supérieures. L’éco-féminisme, pour sa part, est un courant qui s’est développé en particulier dans les pays du Sud où les luttes menées par des femmes impliquaient des questions environnementales qui les affectaient en priorité, les privant de leurs moyens de subsistance.
L’éco-pédagogie
Il s’agit d’un courant pédagogique né en Amérique latine, dans les années 1990, sous l’impulsion entre autres du costaricain Francisco Gutierrez et du brésilien Moacir Gadotti. L’éco-pédagogie s’inspire de la conscientisation chez Paulo Freire. En effet, elle vise à développer chez les élèves une conscience planétaire mondiale. Les enfants apprennent à analyser les réalités sociales en les pensant à un niveau plus global – planétaire –, le seul pertinent pour envisager les problèmes écologiques.
L’éco-pédagogie, sous un angle intersectionnel, invite en outre les élèves à réfléchir aux questions écologiques en tenant compte de leurs impacts plus particuliers sur les groupes socialement minorés: c’est le cas des femmes, des personnes des classes populaires ou des personnes habitant les pays du Sud.
Le «buen vivir» (bien vivre)
En Amérique latine, la question de l’extractivisme constitue un problème aigu. Il s’agit d’un mode de développement économique lié aux relations Nord/Sud qui induit une exploitation des matières premières dans les pays du Sud, mais avec une destruction, notamment de l’environnement.La notion de buen vivir est issue des cultures indigènes d’Amérique latine. Elle a été mise en valeur par certains courants pour penser un autre type de relation entre l’être humain et son environnement naturel – un type de relation qui soit plus respectueux du milieu naturel.
L’enseignement des questions socialement vives et des controverses sociotechniques à l’école. C’est en particulier dans le domaine des questions environnementales ou dans des domaines connexes que s’est développé l’enseignement des controverses sociotechniques à l’école. Cette approche permet d’aborder avec les élèves des questions qui posent des débats dans la société en opposant des arguments liés aux progrès scientifiques à la santé publique, à l’emploi salarié, à la rentabilité économique ou encore à la préservation de l’environnement. Il s’agit par exemple des débats qui portent sur la sortie du nucléaire ou encore les OGM.
Enseignante en philosophie et chercheuse en sociologie, présidente de l’IRESMO, Paris, iresmo.jimdo.com
Publication récente: Paulo Freire, Pédagogue des opprimé-e-s, éd. Libertalia, 2018.