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L'histoire commence dans les années précédant la création de l'UER, en 1950. En 1925, à la naissance de la radiodiffusion en Europe est créée à Genève l'Union internationale de radiophonie (UIR), prédécesseur de l'UER.
Nombreux sont ceux qui ont contribué à sa fondation, mais l'histoire retiendra tout particulièrement le nom de John Reith (premier Directeur général de la BBC au Royaume-Uni). Sa vision simple et durable des médias de service public reste d'actualité aujourd'hui encore. Pour lui, la mission des médias consiste à « éduquer, informer et divertir ».
Dans cette optique, il met ses meilleurs collaborateurs au service de l'UIR et de ses organes directeurs. Parmi eux, Arthur Burrows (premier directeur des programmes de la BBC au Royaume-Uni), en devient le secrétaire général . Dans le domaine technique, l'union doit s'assurer que ses Membres disposent des fréquences nécessaires à la radiodiffusion. Mais M. Burrows et ses collègues de différents pays ne s'en tiennent pas là, n’ayant de cesse durant les quinze années suivantes de souligner la vocation fédératrice de l'UIR, vecteur de paix et de concorde entre les nations grâce à l'échange, déjà, de programmes, d'idées et de méthodes. M. Burrows quitte l'UIR en 1941, profondément déçu que son rêve n'ait pas pu porter ses fruits en raison de l'éclatement de la Seconde Guerre mondiale. Malgré tout, son idéal reste vivace et prendra corps avec la création de l'UER, quelques années plus tard.
Les années tumultueuses qui ont suivi la Seconde guerre puis la guerre froide ont freiné l'avancée de la coopération internationale. Mais dès 1950, le renouveau se profile. Dans un hôtel de la ville balnéaire anglaise de Torquay, les radiodiffuseurs de toute l'Europe occidentale se réunissent pour fonder l'Union Européenne de Radio-Télévision.
De leur côté, leurs homologues d'Europe de l'Est créent l'Organisation internationale de radiodiffusion et de télévision (OIRT), qui a mené ses activités durant quatre décennies jusqu'à sa dissolution en 1992, année qui a vu le retour de ses membres dans le giron de l'Union Européenne de Radio-Télévision.
Dès les premières années, Marcel Bezançon (Directeur du département des programmes de l'UER), notamment, a pris le relais pour mettre à disposition de tous les organismes Membres les programmes produits dans chaque pays de l'Union. Très vite, les Membres de l'UER ont compris l'intérêt de cette démarche. Le réseau Eurovision est né. (C'est George Campey, journaliste, qui en a suggéré le nom).
L'Eurovision était dès l'origine un réseau technique interconnecté permettant d'échanger des contenus médiatiques, couvrant d'abord l'Europe avant de s'étendre progressivement au reste du monde. Ce réseau devait permettre d'échanger de programmes pouvant être suivis en direct ou enregistrés en vue de leur utilisation ultérieure.
L'immense réseau formé par les connexions Eurovision s'est développé à mesure qu'augmentait la demande, pour inclure également nombre d'utilisateurs hors Europe. Le réseau technique Eurovision est devenu aujourd'hui une filiale de l'UER sous le nom d'Eurovision Services, qui fournit des services aux entreprises du secteur des médias et de l'événementiel.
Dès sa création au début des années 1950, les fondateurs du réseau Eurovision se sont fixé une noble mission. Au départ, dans le foisonnement des programmes, trois types de contenus se détachaient en raison de leur caractère universel et présentaient déjà un intérêt particulier pour les échanges. Il s'agissait alors, et c'est encore le cas aujourd'hui, de l'actualité, de la musique et du sport.
La procédure d'échange de contenus d'actualité entre les Membres a très rapidement été mise en place avec le lancement de l'Échange d'actualités en 1961, dont le succès ne s'est jamais démenti depuis
Quant aux échanges de musique, nés au sein de l'UIR, ils ont pris leur forme actuelle dès 1967. La musique, langage universel, a toujours été appréciée dans le monde entier, aujourd'hui plus que jamais.
À cette période, l'UER s'est également lancée dans l'acquisition collective de droits pour la couverture des grands événements sportifs. Aujourd'hui, ses Membres peuvent ainsi retransmettre 170 compétitions sportives majeures à l’intention de centaines de millions de téléspectateurs en Europe et ailleurs.
Le milieu des années 1950 marque un tournant historique avec la création, par les Membres de l'UER, de deux formats de programmes présentant un attrait quasi-universel.
Tout d'abord, une version européenne du Festival de la chanson de San Remo : le Concours Eurovision de la Chanson.
Ensuite, une version européenne d'une émission de télévision britannique, Top Town, qui deviendra Jeux sans Frontières. L'émission faisait s'affronter en tournoi des équipes représentant chacune une ville.
Dans leur nouveau format international, les deux concepts ont connu un succès fulgurant. Le Concours Eurovision de la Chanson est aujourd'hui suivi par des millions de téléspectateurs dans le monde entier et poursuit encore son ascension. Le groupe ABBA et bien d'autres encore s'y sont fait un nom. Ce sont au total près de 200 millions de téléspectateurs enthousiastes qui le suivent chaque année, témoignant d'une réussite inégalée dans le monde du divertissement. Quant aux Jeux Sans Frontières, l'émission a battu des records d'audience pendant de nombreuses années.
Une myriade d'autres programmes ont été réalisés en collaboration au fil des ans, tant pour la radio que pour la télévision : concours internationaux, concerts de musique classique, festivals, émissions pour enfants telles que « Les animaux du Bois de Quat'sous » et bien d'autres encore. L'UER n’a pas sa pareille pour constituer des « communautés créatives » qui permettent aux spécialistes de la radio et de la télévision, issus de ses Membres, de collaborer et de partager des idées.
C'est la technologie qui fait les médias. L'UER a toujours été à l'avant-garde dans ce domaine, ayant apporté une contribution décisive au développement de la télévision en couleur notamment. Elle a aussi fait œuvre de pionnière dans la radio analogique. Dès l'époque de l'UIR, elle a joué un rôle déterminant dans la planification de l'attribution des radiofréquences à l'échelle internationale. Grâce aux travaux de l'UER, des plans de fréquences ont été établis pour la radiodiffusion par satellite et par voie hertzienne et de nombreuses directives et normes relatives aux technologies de production ont été mises au point.
Au début des années 1980, la technologie marque un tournant pour les médias. Certes, l'UER ne peut prétendre avoir inventé la télévision numérique, mais elle a grandement contribué à la cohérence du système. En 1982, en collaboration avec d'autres unions de radiodiffusion et la SMPTE, l'UER a été à la pointe des efforts visant à définir une norme technique commune pour la télévision numérique, selon la recommandation 601 de l'UIT. Cette norme demeure encore aujourd'hui la pierre angulaire de tous les systèmes d'imagerie numérique, de la télévision en définition standard à l’ultra-haute définition. Elle est présente dans toutes les archives numériques, tous les supports physiques et tous les téléchargements.
L'UER a soutenu et encouragé la généralisation de la radio numérique DAB dès 1988. Elle en a fait de même en 1993 avec le lancement du projet DVB, qui a vocation à mettre la télévision numérique à la portée du grand public. Aujourd'hui en 2020, la norme DVB est utilisée par plus de 1,5 milliard d'utilisateurs dans le monde, ce qui témoigne de son succès.
Tout média électronique se situe au carrefour des contenus et de la technique. L'histoire regorge d'exemples à cet égard. Il suffit de citer une étape importante, franchie en 1967 par la télévision. Prouesse technique dépassant tout ce qu'on pouvait imaginer jusqu'alors, l'émission « Our World », diffusée en direct grâce à un réseau satellite de première génération, un million de kilomètres de câble et des milliers de techniciens en coulisses, a réuni devant leur poste, pendant plus de 3 heures, quatre cent millions de téléspectateurs dans 24 pays. Parfait reflet de leur époque, les Beatles ont interprété « All You Need is Love ». Le rêve de Burrows et de Bezançon se concrétisait et il continuera à s'épanouir les années suivantes.
Les médias ne reposent pas seulement sur la technologie et le talent des concepteurs de programmes : ils exigent également de solides compétences juridiques. Depuis l'époque de l'UIR, la protection et la gestion des droits d'auteur constituent l'une des activités majeures de l'UER, tout comme l'établissement de cadres légaux propices aux activités des médias de service public et les innombrables occasions de dialogue et de prise de décisions à caractère juridique.
De nombreuses autres compétences sont indispensables aux organismes Membres, notamment en matière de ressources humaines, de formation, de communication, de finances et de connaissance du marché des médias. Toutes ces activités bénéficient grandement de l'apport des Services permanents de l'UER et des communautés que forment ses Membres.
Dans le monde des médias, la seule chose qui ne change jamais, c'est le changement. Les dernières décennies ont vu le paysage médiatique se transformer radicalement, que ce soit en ce qui concerne le contenu, les technologies ou les modes de consommation des contenus audiovisuels. Tout au long de cette évolution, les organismes de service public Membres de l'UER ont œuvré selon un principe simple et immuable : mener à bien leur mission.
Il est de notre devoir à l'UER de veiller à ce que le public puisse continuer à bénéficier de l'apport indispensable des MSP en tout lieu et en tout temps, au moins pendant encore 70 années. C'est ce qui motive nos équipes, que ce soit pour la production et l'échange de programmes, la technologie, le droit ou les affaires publiques. L'UER poursuivra sa mission, qui est de défendre les médias de qualité dans l'intérêt du plus grand nombre. Ensemble, nous devons faire en sorte que les générations futures continuent à profiter de contenus qui répondent à notre idéal : « éduquer, informer et divertir ».
Première liaison internationale de télévision entre la France et le Royaume-Uni, qui permet aux téléspectateurs et téléspectatrices britanniques de suivre un festival organisé à Calais, dont un feu d'artifice tiré sur la place de l'hôtel de Ville.
Le couronnement de la reine Elizabeth II, premier événement à être diffusé en direct à l'échelle mondiale, rassemble une foule de téléspectateurs et téléspectatrices.
L'UER acquiert les droits sur les Jeux olympiques de Rome pour 1,2 million USD ; il s'agit là du premier d'un grand nombre d'accords de droits collectifs.
L'Échange de musique inaugure sa première saison de concerts avec une prestation donnée par l'English Chambre Orchestra au Queen Elizabeth Hall, à Londres.
Dans le sillage du lancement, par la BBC, du premier service d'information par télétexte (Ceefax), les Membres de l'UER encouragent l'adoption du télétexte.
L'UER se voit décerner un International Emmy Award pour l'élaboration d'une norme mondiale de télévision numérique acceptée par l'UIT.
Lancement du projet DVB (Digital Video Broadcasting), qui a vocation à définir des normes en matière de radiodiffusion numérique dans la majorité des pays du monde.
À l'UIT, l'UER joue un rôle essentiel dans l'approbation d'une norme internationale commune relative à la radio numérique.
L'UER collabore avec l'UIT pour définir une norme internationale relative à la télévision haute définition.
L'UER déclenche la "révolution de l'intensité sonore", en prenant l'initiative d'un accord international destiné à régler le problème des variations de volume entre les programmes, les bandes annonces et la publicité.
Aux côtés de l'UIT, l'UER est l'élément moteur dans la mise au point d'une norme technique relative à la télévision ultra-haute définition, qui permet à NHK et à la BBC de filmer en TVUHD certaines parties des Jeux olympiques de Londres, la plus importante opération de l'UER.
L'UER coopère avec la VRT, son Membre flamand, pour mettre sur pied un studio de production uniquement axé sur la technologie IP, une première mondiale.