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L'ex-ministre de la justice Christoph Blocher avait connaissance de l'existence de l'unité d'intervention "Tigris". A l'époque, cette force ne portait toutefois pas ce nom mais s'appelait "groupe d'intervention ciblé", explique-t-il dans un entretien avec l'ATS.
Il ne s'agissait en aucun cas d'une police fédérale de sécurité. "Ni d'une troupe secrète", poursuit le Zurichois à la tête du Département fédéral de justice et police (DFJP) de 2004 à 2007. Et l'ex-ministre d'ajouter que tant les commandants de polices cantonales que la délégation de la commission de gestion en étaient informés.
La troupe d'intervention de la police judiciaire a reçu l'aval de Ruth Metzler en 2003, alors que l'Appenzelloise, qui n'a pas souhaité s'exprimer lundi, dirigeait le DFJP. Elle a ensuite été présentée par la police judiciaire fédérale aux commandants de police en 2005, ajoute l'ancien conseiller fédéral, confirmant des informations de plusieurs médias.
C'était à l'occasion d'une manifestation à Genève. Lui-même y a assisté, mais n'a pas participé à la présentation. Je n'étais là que pour soigner les contacts, à l'apéro et au souper, a précisé M. Blocher.
Impossible cependant pour lui de dire dans quelle mesure les exécutifs cantonaux étaient informés. Mais en tous cas leurs subordonnés directs l'étaient et certaines polices cantonales ont aussi participé ces dernières années à des engagements de ce groupe d'intervention.
Ce groupe d'intervention de 14 membres aujourd'hui s'appuie sur le projet "Efficacité" qui est entré en vigueur au 1er janvier 2002 après avoir été adopté par le Parlement en 2000. Ce projet avait pour but de créer de nouvelles compétences pour les autorités de poursuite pénale fédérales et de donner davantage de moyens au Ministère public de la Confédération (MPC) et à la police judiciaire fédérale, a précisé le ministre en retraite.
Il est étonnant de constater que l’actuelle « brillantissime » ministre du DFJP a fait ouvrir une enquête sur ce service de police que visiblement elle ne connaissait pas. Son prédécesseur était lui au courant de l’existence de ce service comme Madame Metzler qui l’aurait initié.
Il apparaît maintenant que les cantons connaissaient ce service. En fait, seule la responsable au plus haut niveau ne savait rien….Cela en dit plus que tout sur ses réelles capacités (comme sur ceux et celles qui l’ont portée au gouvernement…)..