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Dr Pierre-André Loizeau, directeur du Conservatoire et Jardin botaniques de la Ville de Genève, répond:
«Tous les peuples ont toujours su nommer les plantes vivant autour d’eux, surtout celles qui leur étaient utiles. Mais une même plante poussant dans deux pays différents avait probablement deux noms différents, correspondant au nom donné par chacun des peuples.
Avec la découverte de nouveaux continents on a réalisé qu’il existait beaucoup plus de plantes qu’on ne l’imaginait. Pour éviter d’utiliser plusieurs noms pour désigner la même espèce, les botanistes vont inventer un nom supplémentaire en latin, unique pour chacune.
Le premier à faire un inventaire mondial est le botaniste suédois Carl von Linné, qui va décrire au XVIIIe siècle jusqu’à 7700 plantes. Il pensait qu’il en existait environ 10 000 sur Terre. Puis le botaniste genevois Augustin Pyramus de Candolle, fondateur du Jardin botanique de Genève en 1817, décrira au cours du XIXe siècle environ 58 000 espèces. Il estimait qu’il en existait plus de 110 000.
Ensuite plus personne n’arrivera à dresser la liste des espèces, car il n’existait pas de répertoire unique pour réunir les informations dispersées dans de multiples publications.
C’est seulement avec le développement de l’informatique que les botanistes y sont parvenus. En 2010, le site www.theplantlist.org permet d’afficher la liste de toutes les plantes décrites scientifiquement. La version de septembre 2013 en dénombre 350 699, mais on estime qu’il existe encore plus de 50 000 plantes à découvrir sur Terre.»