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Ma mini-odyssée
J'ai quitté, après presque deux mois, Buenos Aires. Mon plan est de remonter ( en bus malheureusement- il n'y a plus de trafic maritime) le Rio Uruguay.
par Taïna Griscom · 28.10.2014
Je déambule dans les étals sinueux du marché du dimanche, entre serpents en bocaux de confiture et vendeurs de mate. Une librairie aux étagères à plusieurs peaux, masques de cuir carnavaliers et plantes rampantes.
J'arrive mal à me rendre compte que je suis partie. Je pourrais tout aussi bien rentrer dans une semaine ou dans un an: il n'y a que dix jours, deux bus et deux avions à remonter pour me retrouver chez moi.
Mon temps vide et vierge à chaque réveil est presque plus oppressant que l'omniprésence des partis dans les rues. Blanco, Colorado et Frente Amplio. C'est la période d'élection aux musiques laveuses de cerveaux et des gens qui tentent de distribuer des flyers. Je ne les ai jamais vu réussir, sauf une fois: un enfant récoltait tout ce qu'on lui tendait. Arrivée assez confuse donc; pour l'instant mon expérience de limites se borde à me fatiguer à entrer dans cette ville hermétique où je glisse comme des ongles sur un emballage plastique.
J'ai quitté, après presque deux mois, Buenos Aires. Mon plan est de remonter ( en bus malheureusement- il n'y a plus de trafic maritime) le Rio Uruguay.
Chuy, Uruguay. Freeshop géant un peu sinistre. Chuí, Brésil. Freeshop géant un peu sinistre, où quand on traverse la rue on peut avoir reculé ou avancé le temps d'une heure.
Je suis arrivée au pays des phoques, à 250 km à l'est de Montevideo. Cabo Polonio. Le temps est rempli de leurs chants et la plage de quelques cadavres, quelques gardiens charognards.