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Quand Madame achète une Fiat Tipo 1.6 Multijet, qui émet 125 gCO2/km, le revendeur doit payer une sanction de 144 francs pour le 1.3 gramme de dépassement par rapport à la valeur cible de 123.7 gCO2/km pour une voiture ne pesant que 1450 kg. Le revendeur peut répercuter cette sanction dans le prix d'achat payé par Madame, pour la "punir" d'avoir acheté une voiture un peu trop polluante.
Quand Monsieur achète une Lamborghini Huracan, qui émet 290 gCO2/km, il n'y a pas de sanction, puisque la limite pour l'importateur de Lamborghini est de 304 gCO2/km en 2019. Si c'était une Fiat avec le même poids et les mêmes émissions, la sanction serait de 18'600 francs. C'est normal: il serait asocial que Monsieur, qui a dû débourser 300'000 francs pour la Lamborghini, soit encore taxé de 18'600 francs. La protection du climat ne peut pas ignorer la justice sociale, on nous le répète assez souvent.
Quelle autre justification à telle discrimination – qui est aussi une discrimination selon le sexe si ce sont bien les femmes qui achètent les Fiat Tipo et les hommes qui achètent les Lamborghini? La Suisse reprend simplement les règles européennes. Je comprends que la Suisse doive reprendre des normes techniques européennes. J'ai pourtant de la peine à voir pourquoi nous devons aussi reprendre ces exceptions tarifaires. Seul avantage: cela nous évite de subir le lobbying qui a permis aux producteurs de voitures de luxe d'obtenir ces faveurs à Bruxelles.
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