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Poussé par la nécessité de faire vivre sa famille, Gérard Mercator devient fabricant d’instruments scientifiques, dessinateur, graveur et enlumineur de cartes géographiques. Vers 1537, il dessine sur papier, reproduit par la gravure sur cuivre, imprime et enlumine une représentation de la Terre et du Ciel. Il crée ainsi des globes et des cartes géographiques qu’il conçoit et grave lui-même. Il est le seul de son temps à maîtriser la totalité de la production, depuis la conception théorique jusqu’à la réalisation pratique. Aucune production de globes et de cartes de son époque n’est comparable à ses oeuvres.
Sa rencontre avec le père de son ami Antoine Perrenot se révèle décisive : le Franc-Comtois Nicholas Perrenot, seigneur de Granvelle (1486-1550), devient un intermédiaire intelligent, influent et dévoué à la cour de l’empereur Charles Quint dont il est le chancelier et homme de confiance. En 1541, Mercator dédie à Nicholas Perrenot son globe terrestre. Ce sera le premier d’une longue série qui va assurer ses moyens de subsistance.
Accusé de participation aux idées de la Réforme, Mercator est emprisonné entre 1544 et 1545. A sa libération, il quitte Louvain et se fixe à Duisbourg ; il y développe son atelier de cartes et de sphères, entouré de ses fils, petits-fils et de plusieurs ouvriers. On dit que ses globes étaient si demandés qu’il ne pouvait satisfaire à temps toutes ses commandes. La paire de globe est alors vendue 24 guilders, plus tard elle coûtera entre 36 et 45 guilders. Des intermédiaires aident l’entreprise familiale dans l’achat et la revente de globes ; deux d’entre eux sont particulièrement bien documentés :
- Christophe Plantin (ca. 1520-1589), imprimeur, éditeur et relieur de renom à Anvers, aurait acheté 25 paires de globes à Mercator.
- Joachim Camerarius le Jeune (1534-1598), médecin de Nuremberg, est l’un des meilleurs clients de Mercator. Il lui sert d’intermédiaire en achetant tous les ans plusieurs exemplaires qu’il expédie par le Rhin et le Main à Cologne et, par delà, à Francfort-sur-le-Main dont les deux foires annuelles permettent leur vente.