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Les talibans cherchent à former un nouveau gouvernement. Pour cette raison, ils ont rencontré, mercredi, l'ex-président afghan Hamid Karzai, ainsi que l'ancien vice-président Abdullah Abdullah.
Ces négociations ont été bien accueillies par l'ex-président Ashraf Ghani, qui a précipitamment quitté dimanche son pays pour les Emirats arabes unis. «Je suis actuellement en pourparlers pour retourner en Afghanistan», a-t-il assuré dans un message vidéo adressé à ses compatriotes.
Se présentant comme plus modérés, les talibans semblent recevoir un accueil international moins hostile qu'il y a deux décennies. La Chine s'est dite prête à entretenir des «relations amicales» avec eux, tandis que la Russie a évoqué un «signal positif». La Turquie et l'Iran ont fait des gestes d'ouverture, alors que les Occidentaux se montrent, eux, plus réticents.
Très critiqué depuis la prise de pouvoir des talibans en Afghanistan, Joe Biden a affirmé qu'il aurait été impossible de retirer les troupes américaines sans «chaos» dans le pays. Il a ajouté que les militaires pourraient, au besoin, rester à Kaboul après la fin août.
L'idée «que d'une façon il y avait un moyen de sortir sans que le chaos s'ensuive, je ne vois pas comment cela est possible», a-t-il dit mercredi à la chaîne ABC.
Les Etats-Unis estiment que «rien» ne laissait présager que l'armée et le gouvernement afghans s'effondreraient aussi vite.
Dans le même temps, la vie a commencé à reprendre à Kaboul, même si la peur est là. La capitale afghane a été très calme mercredi, la plupart des administrations et des commerces ayant fermé en raison de l'Achoura, une importante fête religieuse chiite. Nombre d'Afghans ont continué à se rassembler devant les ambassades, au gré des rumeurs sur la possibilité d'obtenir un visa ou l'asile.
Les militants islamistes ont également annoncé qu'ils avaient gracié tous les anciens responsables gouvernementaux. «Tous ceux qui sont dans le camp opposé sont pardonnés de A à Z. Nous ne chercherons pas à nous venger», a lancé un de leurs porte-parole, Zabihullah Mujahid.
Et d'affirmer que les islamistes avaient appris de leur premier exercice du pouvoir et qu'il y aurait de «nombreuses différences» dans leur manière d'administrer leur pays, même si, idéologiquement, «il n'y a pas de différences».
Les évacuations se poursuivaient dans des conditions difficiles. Le Pentagone, qui souhaite évacuer autant de personnes que «possible», soulignait que les islamistes «facilitaient le passage» vers l'aéroport de Kaboul des citoyens américains. Mais des informations rapportent «que les talibans (...) empêchent les Afghans d'atteindre l'aéroport», déplorait le Département d'Etat.
L'Union européenne doit accueillir les Afghans faisant l'objet d'une «menace immédiate», a pour sa part déclaré la commissaire européenne Ylva Johansson. Et l'Autriche demande d'ores et déjà que l'UE prévoie des «centres de rétention» dans des pays voisins de l'Afghanistan pour ceux qui seront expulsés d'Europe. (ats/asi)
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