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Le saviez-vous? Des chômeurs et des jeunes ont construit la route des Jeunes, la Praille était recouverte de champs…
Des chômeurs plutôt que des pelles mécaniques
Pour pouvoir construire la gare marchande de la Praille, il a fallu assainir la plaine. La Drize et l’Aire, qui se rejoignent aujourd’hui souterrainement près de l’Etoile et s’écoulent sous la Route des Jeunes pour se jeter dans l’Arve, ont donc été canalisées et enterrées. Les travaux commencent en 1935, en pleine crise économique. On décide alors d’en profiter pour donner du travail à de nombreux chômeurs et chômeuses. Afin d’employer le plus de main-d’œuvre possible, les pelles mécaniques sont abandonnées au profit du travail manuel et un crédit extraordinaire finance l’opération.
Des jeunes au travail
La Drize est ainsi recouverte dès 1935. Une route est tracée le long du canal ainsi créé. En 1942, 800 jeunes bénévoles réalisent 450m de route en 139 jours. Le nom de «route des Jeunes» honore leur engagement. Cette route délimite encore aujourd’hui le quartier des Acacias.
Souvenirs d’un passé maraîcher
Au cours de son histoire, la rive gauche de l’Arve a longtemps servi de jardin pour ravitailler les habitant-e-s de Genève. Certains noms rappellent cette vocation agricole. Ainsi, la Praille vient de «pratalia» qui signifie «ensemble de prés» en vieux français. Quant aux cultivateurs, on les appelait Plantaporrêts, déformation de l’expression «planteurs de poireaux». Une rue porte leur nom à la Jonction.
Industrie de lainage à la Queue d'Arve
L’industrie du lainage se développe à Genève surtout à partir de 1550, avec l’arrivée de réfugiés huguenots français, disposant du savoir-faire et du capital nécessaire. Dans la région de la Queue d’Arve, c’est Charles Pictet de Rochemont qui fait venir, en 1797, une douzaine de moutons mérinos de Rambouillet, ferme expérimentale de Louis XVI. L’élevage prospère et concourt à la vente, dans toute l’Europe, de lainages manufacturés à Genève. La concurrence de la laine anglo-saxonne viendra néanmoins éteindre cette industrie.
Exposition nationale aux Vernets
L’Exposition nationale de 1896 s’est déroulée à Genève, de part et d’autre de l’Arve. Sur la rive droite, autour de la plaine de Plainpalais, les pavillons illustraient la modernité de la Suisse. Aux Vernets sur la rive gauche, la Suisse «traditionnelle» était à l’honneur, avec des expositions sur l’agriculture ou le «village suisse».
Naissance du Beau Lac de Bâle à la Bâtie
La première édition du festival de la Bâtie en 1977, qui se tenait encore dans le Bois du même nom, a vu naître un groupe genevois emblématique de plusieurs générations: le Beau Lac de Bâle. Ce groupe de rock humoristique réunit un vaste public autour de sujets souvent parodiques typiquement helvétiques ou genevois, comme les trams 12 puis 17, la protection civile ou le Cénovis.
Des pleurotes sous la Falaise
Les grottes de la falaise de la Bâtie permettaient autrefois d’entreposer de la bière. Aujourd’hui, elles abritent la dernière champignonnière genevoise en activité qui produit, dans des caves situées sous la rampe Quidort, pleurotes et champignons shii-take genevois.
Sources:
- André Klopmann, Mon Dictionnaire de Genève, Genève : Editions Slatkine, 2011
- Services des monuments et des sites de l’Etat de Genève, Secteur Praille-Acacias-Vernets: étude historique et patrimoniale, Genève, 2006.
- Ville de Genève, sous la dir. De Rafael Matos-Wasem, Genève à pied. 10 parcours à thèmes, Genève : Editions Slatkine, 2008
Article modifié le 12.12.2019 à 15:57