Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07006.jsonl.gz/1687

Fêtes et traditions
le Thing
Le thing désigne une assemblée traditionnelle dans la société viking qui réunit, à intervalle régulier, les hommes libres d’une communauté afin de prendre des décisions de gouvernance. Tenu en plein air, ce conseil est présidé par un lögsögumad, plus ou moins influent selon les régions et les époques et dont la tâche est de mémoriser et réciter les lois. Le chef local ou le roi présidait également l’assemblée afin de solliciter l’avis général, avis exprimé en entrechoquant les armes en signe d’approbation.
Les attributions du thing
Le thing avait pour vocation de prendre des décisions politiques, de rédiger les lois, de faire appliquer ces lois et de maintenir l’ordre en statuant sur des litiges et les conflits entre membres de la communauté. Enfin cette institution pouvait également désigner des chefs ou même des rois.
Des things hiérarchisés
Le concept du thing se décline à tous les degrés de la société viking et selon une hiérarchie précise: thing de la région administrative (herred), de la province ou du pays. Chaque thing local pouvait ainsi être représenté par son lögsögumad à l’échelon supérieur afin de garantir le respect de tous les membres de la communauté. Bien qu’il ne faille pas idéaliser ce mode de gouvernance (les familles les plus puissantes dominaient souvent les débats), des exemples historiques existent où des rois ont été contraints de plier face à la volonté d’un thing, ce qui montre le pouvoir réelle de ces assemblées.
Confrontation avec le modèle chrétien
Ce système de gouvernement a été remis en cause lors de la christianisation progressive des pays scandinaves: en effet, le modèle politique chrétien se base sur une vision verticale du pouvoir; il accentue l’importance de la figure royale ou seigneuriale, d’où le fait que certains chefs viking se sont appuyés sur ce nouveau modèle afin de renforcer leur pouvoir personnel au détriment du pouvoir des things.
Le mariage
une alliance entre deux familles: les négociations financières
Le mariage, dans une société viking profondément monogame, a pour but premier de concrétiser des alliances entre deux familles. Les jeunes filles à marier sont ont une valeur négociable puisqu’elle peuvent rapporter des biens à leur famille au moyen de leur dot. La dot (ou mudr) est une somme que reçoit le père de la mariée: un homme incapable de payer cette somme n’avait aucune chance de se voir accorder une femme. Une fois marié, l’époux doit à nouveau payer une somme, à son épouse cette fois-ci, appelée le “cadeau du matin” (morgen-gifu) afin de payer la virginité de la jeune fille une fois la nuit de noces consommée et la mettre à l’abri du besoin en cas de grossesse (ce cadeau pouvait se faire sous forme de bijoux, d’habit ou de bétail).
De la morale et des divorces
De ce point de vue là, il est primordial que la jeune femme adopte une conduite chaste et réglée avant son mariage, puis reste fidèle à son époux une fois mariée. L’époux pouvait, dans une moindre mesure, être également pénalisé (sous forme d’amende) s’il entretenait une relation extraconjugale. Il faut souligner que, contrairement à la vision chrétienne du mariage, la société viking permet le divorce pour justes motifs (si un homme bat sa femme ou si cette dernière le trompe). Le Thing peut statuer des répudiation ou divorces selon les lois établies par la communauté.
La cérémonie de mariage
La cérémonie de mariage en elle-même reste un élément assez peu documenté et peu de fêtes de mariages sont très rarement décrites en détail dans les sagas. Néanmoins, quelques rites de passage ont été reconstitués par les historiens: la futur mariée se tient à l’écart avant la cérémonie, entourées des femmes de sa famille qui lui prodiguent leurs conseils sur la vie conjugale. La promise est lavée par ses parentes, puis habillée d’un habit neuf qui symbolise son changement de statut. Elle porte ses cheveux défaits une dernière fois (les femmes mariées se couvrant la tête). Il n’y a pas de tenue particulière, hormis un couronne de mariage conservée dans la famille et portée à ces occasions.
Le futur marié est également tenu à l’écart et entourés de ses parents mâles. Il se devait d’avoir une épée-héritage léguée par un ancêtre décédé afin de pouvoir mener à bien la cérémonie du mariage; certaines sagas font même état de violations de tumuli pour récupérer cette épée. Comme sa promise, le jeune homme était lavé et instruit de ses devoirs d’époux par son père.
Les mariages ont lieu traditionnellement le vendredi, jour de Frigga: les parties commencent par s’échanger le mundr devant des témoins.
La cérémonie commence par une invocation des dieux, parfois accompagnée d’un sacrifice. Dans ce cas, le sang est récolté dans un bol où l’on trempe des aiguilles de pin qui servent à asperger le couple et les invités afin d’attirer la bienveillance des dieux sur eux. Puis le marié présente à son épouse l’épée de ses ancêtres, qu’elle doit tenir à son tour. En échange, elle lui remet une autre épée en cadeau. Après cet échange, les époux s’offrent mutuellement des anneaux et prononcent leurs voeux.
La cérémonie se termine par la “course de la mariée”, où les jeunes invités se mesurent les uns aux autres. Les perdants doivent servir la bière lors du banquet de noces.
Le banquet de noces
Le banquet est l’occasion de boire la bière nuptiale, et la nouvelle épouse assume pour la première fois ses devoirs de femme du foyer: le service cérémonial de la boisson en présentant l’hydromel à son mari dans un récipient.
Les invités profitent du banquet pour offrir aux époux leurs cadeaux de mariage qui peuvent être des bijoux, des vêtements, du bétail, des armes, des ustensiles.
La fête de Jul
Cette fête du solstice d’hiver est consacrée traditionnellement aux déesses qui président aux destinées humaines (les Dises, puis plus tard Freya et Skadi) et permet de souhaiter à tous une bonne année et la paix. On y effectue un sacrifice, le blòt, dont la viande partagée entre tous est dégustée lors d’un banquet rituel. On y boit de l’hydromel en l’honneur d’Odin afin de garantir la victoire du roi ou du chef. Puis on trinque au nom de Njord et Freya afin d’obtenir la paix et de bonnes récoltes pour l’année. Enfin, les invités peuvent également vider leurs coupes en mémoire de leurs amis ou parents défunts. Pendant ces festivités, les skaldes sont invités à divertir l’assemblée par la narration d’exploits et de légendes.
La place de la femme dans la société viking
La société viking s’organisant autour des expéditions maritimes des hommes, les foyers sont de facto gérés par les femmes plus d’un tiers de l’année, ce qui a contribué à leur donner une place importante dans la société. Elles ont un rôle de gardiennes du foyer, de garantes de la survie du clan, mais peuvent également participer, au besoin, à des actions militaires. À ce titre, elles jouissent de nombreux droits fondamentaux: divorcer, garder leur nom (hérité du clan de leur père) et posséder des terres ou des navires en leur nom propre. Il est même possible à certaines femmes exceptionnelles d’accéder au thing, et par là à un poste de décision politique.
Malgré cet aspect assez “moderne”, la jeune femme viking doit tout de même se plier à une conduite morale stricte, se consacrer aux arts ménagers, à l’agriculture et obéir à sa famille en se conformant à l’intérêt de son clan. La classe sociale des femmes définit également leurs prérogatives et leurs droits, variables selon le statut social. on ne peut comparer les droits et devoirs d’une esclave ou d’une femme de la noblesse.
Sources: