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Evénement historique : l'Université de Zurich met au concours une place de professeur de médecine générale, avec pour mandat de créer un institut universitaire dans cette discipline. Selon la Neue Zurcher Zeitung du 8 janvier 2007, les annonces ont été publiées au début de l'année, le délai de candidature court jusqu'à fin février et l'entrée en fonction du (de la) futur(e) professeur(e) est prévu au premier septembre de cette année.Cette mise au concours, toujours selon la NZZ, résulte moins de la volonté propre de l'université que de fortes pressions politiques. En mai 2003, rappelle le quotidien, le parlement cantonal s'était prononcé à l'unanimité, par 153 voix contre 0, score rarissime, en faveur de la création d'une chaire et d'un institut de médecine générale à l'université. Les députés entendaient ainsi combattre le manque d'intérêt des étudiants et assurer la relève des praticiens à long terme.L'université s'est contentée de créer un centre de médecine générale, avec un médecin responsable à mi-temps, en se réfugiant derrière l'absence de relève académique suisse dans ce domaine. Début 2006, selon la NZZ, la «mauvaise humeur» gagne les travées du Grand Conseil. Le président de la Commission de la sécurité sociale et de la santé dénonce un «affront» à l'égard du parlement. Un an plus tard, c'est une université sous pression qui recrute son premier professeur de médecine générale.Dans les milieux concernés, on suit ces événements avec intérêt. «L'académisation de la médecine de premier recours est dans l'air, réagit Thomas Bischoff, président de l'Unité de médecine générale à Lausanne. Toutes les facultés s'y préparent, avec plus ou moins d'enthousiasme. Les autorités, notamment de la Conférence des directeurs cantonaux de la santé, souhaitent ce renforcement.»Bâle a inauguré en septembre 2005 le premier institut de médecine générale de Suisse, placé sous la direction conjointe d'un praticien et d'un chercheur. A terme, elle va probablement vouloir placer cette entité sous la responsabilité d'un professeur attitré. Mais ce modèle «professoral» n'est pas le seul en lice, du moins dans l'immédiat. «Il est très difficile de trouver en Suisse des personnalités actives à la fois dans la pratique et dans la recherche et l'enseignement, avec des références académiques suffisantes, pour occuper des chaires de médecine générale, explique Thomas Bischoff. Zurich va probablement recruter un professeur en Allemagne. Dans ce domaine, Berne a un projet intéressant : identifier des assistants intéressés par la recherche et leur proposer un plan de carrière accéléré, de type "research track", afin de préparer une relève locale.»Les universités romandes, elles, suivent des voies pragmatiques. A Lausanne, le projet d'un institut de médecine générale se concrétisera probablement prochainement. Quant aux plans genevois, ils vont entrer prochainement dans leur phase de réalisation. «Nous misons sur la fusion très probable entre les sociétés de médecine interne et de médecine générale en Suisse, explique Jean-Michel Gaspoz, nommé professeur de médecine de premier recours à l'Université de Genève le 1er octobre dernier. J'ai comme mission d'organiser, dans le cadre de la formation ambulatoire des futurs internistes généralistes (probable nouvelle dénomination commune des internistes et des généralistes actuels), un cursus pré- et postgradué en médecine de premier recours. Les praticiens joueront un rôle important dans cet enseignement ; certains auront une fonction et un salaire facultaires, d'autres une affiliation.» La Policlinique médicale de Genève, rebaptisée «Service de médecine de premier recours», jouera un rôle clé dans la création d'un centre facultaire d'enseignement et de recherche en médecine de premier recours.Quelques décennies après l'essor de la médecine des spécialités, une médecine encyclopédique semble retrouver sa place à l'université. Mais ce mouvement n'est pas sans risques. Les généralistes zurichois, bien que satisfaits de la reconnaissance ainsi obtenue, craignent que la médecine générale académique ne se coupe de la pratique. Ils ont obtenu que l'université exige des candidats une expérience de cabinet et sont représentés dans les instances d'engagement. Ce souci de maintenir les liens entre l'université et les médecins installés est également très présent en Suisse romande, où les praticiens participent activement à la formation.