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2019-2020
Le site du château de Corcelles jouit d’une situation exceptionnelle de par sa position géographique. Son terrain, orienté Sud-Ouest avec la crête du Jura dans son dos, descend en pente douce en direction du lac de Neuchâtel et offre au spectateur un magnifique panorama des Préalpes.
Le projet Eden cherche, par son implantation, à corriger l’erreur survenue il y a vingt ans par la construction de l’extension accolée au château et à lui restituer son rayonnement originel.
Le carré est omniprésent sur le site ; C’est donc tout naturellement que le futur bâtiment adopte cette forme compacte de manière à dialoguer de manière harmonieuse avec son contexte, à une distance respectueuse du château. A l’image du jardin clos, la typologie en « moulin à vent » du projet s’inspire de la représentation qu’Athanasius Kircher a fait du jardin d’Eden en 1675, où les couloirs symbolisent les quatre bras du fleuve enlaçant l’arbre de vie (noyau central) par le biais de ses puits de lumière.
Le bâtiment s’organise sur quatre niveaux. Le socle accueille le parking souterrain et les locaux techniques, le rez-de-chaussée les espaces collectifs et professionnels, et les deux niveaux supérieurs sont dévolus à l’hébergement des résidents.
Le rez-de-chaussée regroupe les locaux les plus publics du programme avec les espaces de bien-être, l’administration et les locaux professionnels. Ses accès se caractérisent par une entrée couverte au Nord-Ouest à l’entrée du site, ainsi qu’une entrée secondaire côté Nord-Est orientée vers le château. L’emplacement de l’administration définit une rue intérieure en relation avec la réception et le puits de lumière qui accueille les personnes venues (majoritairement) en véhicules privés via le parking souterrain.
Un revêtement unificateur dédié à la mobilité douce relie les bâtiments pour définir un nouvel espace de référence, véritable esplanade orientée vers le paysage à l’emplacement qu’occupait l’extension. Un tunnel relie les sous-sols des bâtiments pour permettre de se déplacer sans sortir quand les conditions météorologiques sont défavorables.
Les étages supérieurs sont dédiés à l’hébergement, dont chaque unité d’accompagnement est facilement divisible en deux unités de vie. La géométrie du plan a pour avantage de pouvoir regrouper en son centre tous les locaux de services. Sa typologie avec noyau central permet de faciliter l’orientation et la déambulation des résidents, ainsi que les possibilités de surveillance pour le personnel (équipe d’accompagnement / office) tout en favorisant l’économicité des pas.
En tant que lieu de vie, les chambres occupent une place essentielle dans la vie des résidents. Un soin tout particulier devra être fait pour que les éléments médicalisés soient les plus discrets possibles mais surtout que les notions d’habitat et de domesticité gardent tout leur sens. L’espace majeur mesure 3.20 m de largeur et 4.85 m de profondeur, pour 2.55 m de hauteur. Hormis le système de pulsion d’air en dalle, tous les éléments techniques sont concentrés dans la « couche » de l’entrée et des locaux sanitaires qui ont une hauteur sous plafond de 2.30 m.
Les armoires sont imaginées mobiles. Elles permettent d’adapter la disposition de la chambre en fonction de la position du lit et des envies des résidents.
Un soin tout particulier est voué à l’usage des matériaux et des couleurs pour les espaces privatifs et collectifs. L’introduction de la couleur dans un bâtiment destiné à des personnes atteintes de différentes pathologies telles la désorientation spatiale et mentale, les troubles de la vue, la mobilité réduite, doit être réfléchie tant au niveau visuel que de soutien au bien vivre. Les éléments de menuiserie sont imaginés en bois dur comme le chêne pour les mains courantes, les portes et les parquets, de manière à créer un bon contraste avec les murs peints en blanc cassé pour ne pas éblouir les résidents. Au rez-de chaussée, plus proche du sol, le revêtement de sol est imaginé en pierre naturelle pour répondre à une plus grande sollicitation.
La matérialisation des façades cherche une analogie avec les encadrements de fenêtres et pierres d’angle du château, tout en réinterprétant de manière contemporaine une toiture à la Mansart, adoptant une teinte « pierre de Hauterive » pour le volume principal et un béton clair pour le brisis de la toiture à partir de la corniche pour respecter les contraintes altimétriques du PPA.
Avec un parking semi-enterré, le mouvement des terres est réduit au minimum. Ses murs hors sols sont agrémentés de plantations fruitières palissées en espalier, de manière analogue au mur Nord du site et les murs intérieurs / extérieurs du jardin clos.