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HEPATITE
B
1.
Qu'est-ce que l'hépatite B ?
2.
Quel est l'agent responsable de la maladie ?
3. Peut-on être porteur sain de l'hépatite B, c'est-à-dire
porteur chronique sans le savoir et ne jamais transmettre la maladie
à quelqu'un par voie sexuelle ?
4. On parle beaucoup de la transmission sexuelle de
l'hépatite B, mais peut-elle être transmise différemment ?
5. Le virus peut- il se transmettre par le baiser
?
6. Le port du préservatif permet-il de se protéger
du virus de l'hépatite B ?
7. Peut-on prévenir l'hépatite B autrement que par
la vaccination ?
8. Existe-t-il un traitement contre l'hépatite B ?
9. L'hépatite B peut-elle guérir spontanément
?
10. Est-ce que l'homme peut se défendre seul contre
l'hépatite B ?
11. Une bonne hygiène de vie permet-elle d'avoir
un système immunitaire qui fonctionne bien ?
Question
: Qu'est-ce que l'hépatite B ?
C.-A. SIEGRIST : C'est une infection sournoise que l'on ne voit
pas et que les gens ne concrétisent pas facilement. Infection
virale qui se transmet par relations sexuelles ou l'exposition au
sang contaminé (ce dernier mode de transmission étant
assez rare chez nous) et qui ne se diagnostique pas toujours comme
une infection aiguë puisque seuls 30% des patients se rendent
compte qu'ils font une hépatite B aiguë lorsqu'ils deviennent
tout jaunes. Chez les autres, l'hépatite B aiguë induit
une grande fatigue, une perte d'appétit, un état semblable
à l'état grippal qui ne les incite même pas
toujours à aller consulter leur médecin. Il y a donc
toujours une incertitude sur ce qu'est exactement l'hépatite
B aiguë. Mais le vrai problème de l'hépatite
B n'est pas la phase aiguë dont la majorité des adultes
guérissent tout à fait bien, mais le risque de passage
à la chronicité de la maladie car cela induit un certain
nombre de complications.
Question
: Quel est l'agent responsable de la maladie ?
C.-A. SIEGRIST : Cette maladie est causée par un virus qui
attaque exclusivement les cellules du foie. Ce virus ne les détruit
pas directement, mais il induit une réponse tellement forte
des cellules immunitaires que ce sont elles qui détruisent
les cellules hépatiques infectées et causent les symptômes.
Les cellules ne meurent pas à cause de l'infection virale,
mais à cause de la réponse de l'organisme pour se
défendre de l'infection virale.
Question
: Peut-on être porteur sain de l'hépatite B, c'est-à-dire
porteur chronique sans le savoir et ne jamais transmettre la maladie
à quelqu'un par voie sexuelle ?
C.-A. SIEGRIST : On appelle porteur sain des gens qui n'ont pas
de symptômes, mais qui excrètent en continu du virus
dans leurs sécrétions. Ils ont donc du virus dans
le sang et dans leurs sécrétions sexuelles et, bien
qu'étant malades et ne le sachant pas eux-mêmes, ils
sont contagieux. C'est cela qui fait le réservoir infectieux.
Si l'on découvre que l'on est porteur de l'hépatite
B, il y a un ensemble de mesures importantes à prendre pour
éviter, par exemple, que l'enfant d'une mère infectée
ne soit infecté dès la naissance. On vaccine le nouveau-né
dès les premiers jours et on lui donne des anticorps. Donc,
si l'on est porteur chronique, on est contagieux.
R. KAMMERLANDER : En fait, le terme de porteur sain est trompeur,
parce qu'il donne l'impression qu'il n' y a pas de virus. Cela signifie
simplement que le virus est dans le sang, mais qu'il n'y a aucune
manifestation. Vous pouvez toutefois transmettre le virus.
Question
: On parle beaucoup de la transmission sexuelle de l'hépatite
B, mais peut-elle être transmise différemment ?
C.-A. SIEGRIST: Contrairement à l'hépatite A, l'hépatite
B ne se transmet pas par les aliments, ni par l'eau, ni en contact
avec les selles. Il peut toutefois y avoir des transmissions à
l'intérieur d'une même famille. C'est pourquoi si l'on
décèle un cas dans une famille, l'on propose à
l'ensemble des membres de la famille d'être vacciné.
Mais c'est une mesure de prévention supplémentaire.
Pour être contaminé par le virus de l'hépatite
B, il faut une exposition à du sang qui entre dans l'organisme
ou à des sécrétions sexuelles. Il n'y a donc
pas de risque dans la vie quotidienne. Malgré cela, les gens
porteurs de l'hépatite B n'osent pas le dire, par crainte
de la discrimination.
F. CHOFFAT : Il faut dire que l'hépatite B a longtemps été
appelée l'hépatite par la seringue, car le corps médical
a transmis, par ignorance, ce virus par des seringues, des produits
médicaux, des appareils insuffisamment stérilisés.
Ces cas sont maintenant résolus, mais il est intéressant
de souligner que la plus forte épidémie d'hépatite
B jamais survenue a été due à la vaccination
massive contre la fièvre jaune des soldats américains
lors de la dernière guerre mondiale. Ce vaccin était
contaminé, donc sur 500'000 soldats, 50'000 ont été
hospitalisés, dont 80 sont décédés.
Le plus extraordinaire est que cette complication médicale
iatrogène n'a été livrée au public médical
que 45 ans plus tard, en 1988. Les effets secondaires sont donc
largement censurés ; même lorsqu'ils sont connus, on
ne les publie pas.
Question
: Le virus peut- il se transmettre par le baiser ?
C.-A. SIEGRIST : Il n'y a aucune possibilité de transmettre
par le baiser. La confusion provient du fait que l'on peut trouver
le virus à doses très faibles dans la salive. Mais
le seul moyen de transmettre le virus à ce moment serait
de l'injecter. Donc, même si l'on a de la salive partout,
on ne peut pas attraper le virus de l'hépatite B de cette
manière.
Question
: Le port du préservatif permet-il de se protéger
du virus de l'hépatite B ?
R. KAMMERLANDER : Nous n'avons pas d'étude à ce sujet.
Dans certaines déclarations, les gens disaient avoir utilisé
un préservatif. Mais je trouve artificiel d'opposer les mesures
pour diminuer les risques (qui sont les mêmes mesures que
celles pour se protéger du sida) et le vaccin. Si ces mesures
étaient vraiment efficaces, on n'aurait pas besoin du vaccin.
Malheureusement, aussi bien pour le sida que pour l'hépatite
B, on continue à avoir de nouvelles infections. Les mesures
de prévention sont donc extrêmement efficaces, mais
ne suffisent pas à elles seules pour arriver à réduire
les risques comme on peut le faire en associant la vaccination.
Ces deux mesures sont donc complémentaires. C'est aussi la
raison pour laquelle on a choisi le groupe d'âge de 11 à
15 ans et que l'on a renoncé à proposer et recommander
la vaccination des nouveaux-nés et des nourrissons. La vaccination
contre l'hépatite B était une occasion pour le médecin
d'évoquer les modes de transmission et de discuter des problèmes
de santé, des MST, de drogue et de sida.
C.-A. SIEGRIST : Je me suis aussi posé la question de savoir
si des mesures préventives pourraient suffire. J'ai donc
cherché dans les chiffres disponibles à Genève
sur la sexualité des adolescents ce qu'on savait sur la façon
dont ils se protègent. J'ai été assez effarée
de voir que le taux d'échec du contraceptif en matière
de contraception chez les jeunes de moins de 22 ans est de 20%.
On estime que le spermatozoïde étant moins contagieux
que le virus, il faut rajouter encore 10% pour la prévention
du sida. Il y a eu 1'400 IVG chez des adolescentes de moins de 20
ans en Suisse en 2000, plus x pilules du lendemain. Cela signifie
qu'ils n'arrivent pas à utiliser correctement ce moyen de
prévention. Je trouve que la vaccination de l'hépatite
B relève d'un choix personnel : vous choisissez de vous protéger
ou non. Mais ceux que vous mettez en danger, ce sont les personnes
de votre entourage direct immédiat. Vous n'allez pas créer
une épidémie dans un pays. Mais croire que l'on peut
être protégé uniquement avec le préservatif
est un mythe.
F. CHOFFAT : Il me semble que c'est l'un des effets pervers de la
vaccination : s'ils se protègent contre le sida, ils seront
protégés contre l'hépatite B.
E. GIACOMETTI : En France en 1994, il y a eu énormément
d'adolescents qui ont cru être protégés du sida
en étant vaccinés contre l'hépatite B en raison
de l'assimilation récurrente entre l'hépatite B et
sida.
Question
: Peut-on prévenir l'hépatite B autrement que par
la vaccination ?
R. KAMMERLANDER : Il existe bien sûr d'autres moyens de s'en
protéger : ne pas consommer de drogue, ne pas échanger
de seringue, avoir des relations sexuelles avec un seul partenaire.
Question
: Existe-t-il un traitement contre l'hépatite B ?
C.-A. SIEGRIST : On n'a jamais parlé des traitements, mais
il en existe. Pour ceux qui sont malades et où la maladie
devient active, il est important d'essayer de diminuer le taux de
virus. Or, il existe des médicaments tels que l'interféron.
Ce sont des traitements lourds et aux effets secondaires nombreux,
mais qui permettent néanmoins de guérir environ 40%
des patients et de freiner l'évolution de la maladie chez
les autres.
Question
: L'hépatite B peut-elle guérir spontanément
?
F. CHOFFAT : Dans la majorité des cas, ce n'est pas une maladie
grave, mais plutôt ennuyeuse du fait de la grande fatigue
qu'elle provoque. Ce n'est que dans une minorité de cas qu'elle
entraîne des complications chroniques, aggravées par
le fait que les gens abusent de leur foie par de l'alcool par exemple.
Les complications graves arrivent après 20 ou 30 ans, en
particulier la mort par cancer du foie. Dans la majorité
des cas, la maladie guérit spontanément sans passage
à la chronicité. Le problème est de savoir
si les quelques cas connus en Suisse (il n'y a pas de statistiques
obligatoires pour ce genre de maladies) justifient le vaccin ou
non de toute une population.
Question
: Est-ce que l'homme peut se défendre seul contre l'hépatite
B ?
C.-A. SIEGRIST: En l'occurrence c'est justement le système
immunitaire qui fait les symptômes dans la maladie. Mais quand
le système n'est pas suffisamment fort pour éliminer
le virus, on risque de rester porteur chronique, donc contagieux
chronique et d'aller jusqu'à la cirrhose ou au cancer du
foie. Si vous êtes né sous une bonne étoile,
vous serez parmi les 90% de personnes qui guérissent parfaitement
bien de cette infection aiguë. Sinon, vous serez parmi les
10% qui doivent malheureusement vivre avec ce virus toute leur vie.
Le problème, c'est qu'il y a eu 150 jeunes en 2000 en Suisse
qui ont fait une hépatite B. On n'a pas les moyens de prédire
qui va en guérir, qui pas.
Question
: Une bonne hygiène de vie permet-elle d'avoir un système
immunitaire qui fonctionne bien ?
C.-A. SIEGRIST : Vous avez raison : Je pense aussi qu'une hygiène
de vie est à la base de tout. Mais cela ne suffit malheureusement
pas pour protéger de tout.
F. CHOFFAT : Vous soulevez là tout le problème des
médecines naturelles, c'est-à-dire des médecines
qui ne sont pas faites par des médicaments suppresseurs,
mais qui essaient de soutenir les défenses naturelles de
l'organisme. Ces défenses naturelles du corps existent et
nous maintiennent en bonne santé. Ce système de régulation
fonctionne extrêmement bien et tombe rarement en faillite.
Mais le problème de ces médecines naturelles, c'est
qu'elles nous appartiennent à nous. Or, toute la formation
que l'on reçoit est dirigée vers la consommation et
vers un profit. Or, ce qui nous appartient ne peut pas nous être
vendu. Mais je suis aussi d'accord qu'il y a eu des abus dans la
médecine naturelle.