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Election du Conseil fédéral «Les conseillers fédéraux seraient en campagne électorale continue»
La ministre de la Justice Simonetta Sommaruga (PS/BE) défend la position du Conseil fédéral qui ne veut pas être élu par le peuple. Interview.
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Le Conseil fédéral craint-il le vote du peuple?
Non, le Conseil fédéral n’a pas du tout peur. Au contraire, le Conseil fédéral est content de la démocratie directe que nous avons en Suisse. Nous savons la population apte à choisir les bonnes personnes. Par contre, le Conseil fédéral doit tout de même mettre en garde contre les effets négatifs qu’aurait une votation populaire du Conseil fédéral.
Il pourrait y avoir des effets négatifs?
Par exemple, les membres du Conseil fédéral devraient faire une campagne électorale en continu. Nous aurions moins de temps pour faire notre travail au sein de nos départements. Lors d’une campagne électorale, les membres du Conseil fédéral seraient opposés et le risque est grand qu’ils travaillent les uns contre les autres. La cohésion du collège pourrait en souffrir. Je pense que la population veut et a le droit d’avoir un collège au gouvernement qui essaie de trouver les meilleures solutions pour tout le pays.
Pourtant l’élection par le peuple fonctionne bien dans de nombreux cantons...
Il y a certaines différences entre faire une campagne électorale dans un canton ou dans un pays. Tout d’abord, nous avons 26 cantons et nous aurions une grande campagne en quatre langues. Elle aurait un coût énorme. La question du rôle de l’argent s’il venait à être primordial dans une élection de ce type doit être posée. Aujourd’hui ce n’est pas le cas.
Vous craignez aussi une «partitocratie»?
Oui, dans un tel scénario, les partis politiques auraient beaucoup plus d’influence sur les membres du Conseil fédéral. Et il y a encore un autre point: le Conseil fédéral a aussi une grande activité sur le plan international. Ces voyages prennent du temps mais ils sont importants. S’il faut encore faire une campagne électorale à travers tout le pays, cela ne ferait qu’éloigner les conseillers fédéraux de leurs dossiers en cours.
Vous évoquez aussi le problème de la représentation linguistique, mais il existe déjà?
Avec cette initiative, la seule chose qui est réglée pour ce futur gouvernement du peuple est la représentation de deux élus issus de la Suisse francophone et italophone. Les initiants ont apparemment oublié les Romanches. En plus, pour les personnes de langue italienne ce sera très difficile. La mise en commun des deux bassins linguistiques fait que les cantons romands auront beaucoup plus de poids.
Le système actuel est-il donc idéal?
C’est du moins un processus éprouvé de longue date. Et il permet d’intégrer d’autres critères qui sont aujourd’hui importants: comme la représentation linguistique, le sexe, la région et l’expérience. Une élection par le peuple ne permettrait pas la prise en compte de tous ces critères.(Créé: 16.05.2012, 16h04)