Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07143.jsonl.gz/1065

Health
Les ados à qui on démontre qu’ils sont manipulés par l’industrie agroalimentaire mangent moins de junk food que les autres, assure une étude menée auprès de collégiens du Texas.
C’est le mal du siècle, voire du millénaire. L’épidémie d’obésité, qui frappe de plus en plus de jeunes, gagne du terrain sans qu’aucun message de prévention parvienne à l’enrayer. Mais des chercheurs américains semblent avoir trouvé la parade. Selon une étude menée au Texas, lorsqu’on démontre à des collégiens que l’industrie agroalimentaire les manipule pour s’enrichir au détriment de leur santé, les jeunes réduisent automatiquement leur consommation de junk food de plus de 30%.
Cette méthode s’appuie sur des constantes psychologiques qu’on retrouve chez la plupart des adolescents: l’esprit de rébellion contre l’ordre établi, le désir de justice et d’équité. Les scientifiques ont cherché à mesurer l’effet de la propension à l’indignation des jeunes sur leurs choix alimentaires. Ils ont donc divisé 350 élèves texans en deux groupes qui ont reçu deux types d’éducation nutritionnelle différents.
«Il le fait pour l’argent»
Au premier groupe, on s’est contenté de rappeler les risques de la malbouffe, la nécessité de pratiquer régulièrement de l’exercice physique, etc. Alors que le second a été sensibilisé à la manière dont l’industrie produit en masse de la nourriture de mauvaise qualité très addictive destinée aux enfants et aux franges modestes de la population, et s’enrichit au détriment de la santé de ce public cible.
On a ensuite demandé au deuxième groupe de gribouiller sur des affiches publicitaires des messages révélant la face cachée des produits. Les élèves se sont révélés très critiques: l’un a ainsi recouvert une affiche pour les Doritos avec le mot «diabète», alors qu’un autre a inscrit sur une pub Sprite mettant en scène le rappeur Drake la phrase suivante: «Il le fait pour l’argent.»
Fortes pressions à la maigreur
Après l’expérience, les garçons «bien informés» ont réduit leur consommation de soda et de friandises de 31%, rapporte le site Korii. Chez les filles, les deux groupes ont réduit leur consommation de junk food: «L’éducation traditionnelle mentionne beaucoup les calories, ce qui peut influencer les filles qui, dès cet âge-là, subissent déjà des fortes pressions à la maigreur», conclut détaille Christopher Bryan, le directeur de l’étude.