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Selon André Moufflet, commettre une faute de français, ce n’est pas seulement pécher contre la grammaire et contre le vocabulaire, c’est bien souvent, trahir la pensée qu’on prétend détenir et transmettre. Certes, différents registres habitent la langue ; on ne confondra pas le parler djeun, le patois, l’argot, le jargon avec la novlangue ou les anglicismes finissant par être assimilés tant ils sont utilisés.
Puisqu’il faut mourir un jour, autant mourir de rire! Il existe en effet des termes dont on ne se rend plus compte qu’ils sont inadéquats tant ils sont récurrents. Une petite anecdote en dit long ... Lorsque Georges Clémenceau était Président du Conseil, il fut interpellé par un député comme suit : « Ce problème, il faut le solutionner. » La réponse de Clémenceau fut cinglante : « Je vais m’en occupationner ! », raillant ainsi l’erreur faite par son interlocuteur qui ne savait probablement pas conjuguer le verbe « résoudre ».
Mais ce qui prête aussi à sourire, c’est cette particularité de se donner de l’importance en prononcer ce terme : bien que solutionner se rencontre particulièrement dans des contextes de réunions techniques, il appartient aux dérives linguistiques où s’applique le principe plus c’est long, plus c’est bon pour mieux combler la vacuité d’un propos teintée d’un orgueil mal placé. (cqfd)