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«Chaque premier de l'An à minuit, il portait le dieu en procession, offrait un sacrifice aux ancêtres, puis il mangeait un nombre incalculable de raviolis végétariens à l'huile de sésame.»
«Au grand galop de mon cheval, je paradais parmi les ventilateurs.
J'avais sept ans, rien n'était plus agréable que d'avoir trop d'air dans le cerveau. Plus la vitesse sifflait, plus l'oxygène entrait et vidait les meubles.
Mon coursier déboucha sur la place du Grand Ventilateur, appelée plus vulgairement place Tien An Men. Il prit à droite, boulevard de la Laideur Habitable.
Je tenais les rênes d'une main. L'autre main se livrait à une exégèse de mon immensité intérieure, en flattant tour à tour la croupe du cheval et le ciel de Pékin.
L'élégance de mon assiette suffoquait les passants, les crachats, les ânes et les ventilateurs. Je n'avais pas besoin de talonner ma monture. La Chine l'avait créée à mon image: c'était une emballée des allures grandes. Elle carburait à la ferveur intime et à l'admiration des foules.»
Amélie Nothomb, Le sabotage amoureux, éditions Albin Michel, 1993
«Comment être sûr que c'est dans ces parages que la princesse s'est perdue? La route de Pékin à Kachgar a emprunté de tout temps la "Voie impériale" qui conduit d'abord à l'ancienne capitale Xi'an puis, entre Gobi et montagnes, vers Lanzhou sur les rives du Fleuve Jaune, Dunhuang et les grottes des Mille Bouddhas, puis la rive nord du désert du Taklamakan. Mais une alternative existe plus au sud: la route qu'empruntèrent justement Ella Maillart et Peter Fleming, sur laquelle nous cheminons.»
«Qui veut acheter le Palais d'Été? Qui rêve de démolir vingt mètres de la muraille pour se construire une bicoque avec ces pierres sacrées? c'est à vendre.»
Le badminton est le deuxième sport le plus pratiqué dans le monde, après le football. En Asie, il arrive même en première position. On le croit volontiers, il suffit de se balader et de compter le nombre de parties improvisées au bord d’un trottoir, au fond d’un hutong ou dans un parc ici à Pékin.
Le badminton est devenu sport olympique en 1992 seulement, après avoir convaincu lors d’une démonstration aux Jeux de Séoul de 1988. Depuis, la Chine règne sur la discipline. Et pourtant, les médailles de Beijing 2008 ne sont pas garanties. Le pays vient de perdre la face le mois dernier contre les autres nations asiatiques lors de l’Open de Chine à Canton. Les joueurs n’ont remporté que deux des cinq médailles. Un désastre, car l’Empire du milieu veut de l’or, les autres n’étant que «métaux du désespoir».
Lors d’un match de badminton, la concentration requise est extrême, rien à voir avec la version de plage, encore moins avec le «ti jianzi», ce jeu que l’on voit sur les places autour de la Tour du tambour, au nord de la Cité interdite. Des cercles formés par quelques personnes, qui se passent un volant à plumes en utilisant pieds, genoux, coudes, en tentant des figures plus ou moins acrobatiques, sans faire tomber le volant. Non, le vrai badminton olympique est celui qui propulse un volant à 300 km/h. Un volant composé de 16 plumes, arrachées sur l’aile de la même oie pour que l’équilibre soit optimal. La plupart des volants sont aujourd’hui fabriqués en Chine, détrônant le marché indien. Les volatiles sont majoritairement élevés dans l’Anhui, province rurale au sud du pays. Un marché juteux puisque les volants synthétiques ne sont pas encore autorisés lors des compétitions officielles. Toutefois, depuis la crise de la grippe aviaire, qui a touché les oies de plein fouet et fait grimper le prix des volants de près de 50%, la fédération internationale de badminton encourage la recherche pour développer des modèles en plastique de grande qualité. Entre le badminton et le foie gras, l’avenir commercial de l’oie pourrait battre de l’aile.
Papiers de Chine