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RIO + 20
RIO 1992, KYOTO 1997, JOHANNESBURG 2002, RIO+20 2012 ...
L'ENVIRONNEMENT VICTIME D'UN DÉFAUT DE GOUVERNANCE GLOBALE
Dans son ensemble, la communauté scientifique internationale s'accorde sur le fait qu’en moins d’un siècle, le modèle occidental de production et de consommation a généré des pollutions massives, altéré les écosystèmes et provoqué un épuisement accéléré des ressources naturelles et de la biodiversité. Autre fait incontestable, nous n’avons qu’une seule planète. En toute logique, ne serait-ce que pour assurer la survie de l'espèce humaine sur une Terre habitable au-delà de ce siècle, tout devrait être mis en oeuvre par les gouvernements pour décréter la protection de l'environnement "Cause Mondiale" et opérer le salutaire changement de cap appelé depuis des décennies par l'ONU et les ONG incarnant la société civile internationale. Après l’échec du Sommet de la Terre à Johannesburg en 2002, le Sommet “Rio + 20” de 2012 fut "Rio pour rien" pour reprendre la formule de l'éditorialiste français Walter Bouvais in le magazine TerraEco. Comme toujours, ce sommet prit acte de l’aggravation de la situation globale et clôtura sur de grands discours et de belles intentions. Inéluctablement, les choses s'aggravent au fil des Sommets de la Terre successifs, comme elles se sont aggravées depuis les années 70 en dépit des alertes totalement fondées des rapports Meadows et Brundland, de René Dumont et du Cdt Cousteau en France, de Lester Brown en Amérique et d'Edward Goldsmith en Angleterre pour ne parler que de ces figures emblématiques.
Réagissant à l'effondrement du système mondial en 2008-2009, le président Obama appela à changer les règles du jeu et à pratiquer une relance écologique durable. En avril 2009, le G20 réuni à Londres s'inspira du président américain dans sa motion de clôture en s'engageant à “réguler la sphère financière” et à “bâtir une reprise robuste, durable et écologique.” Les opinions publiques reprirent espoir. La désillusion fut à la mesure des espérances. Contre toute attente, les dirigeants des pays du G20 reconduisant les politiques dérégulatrices à l’origine même du krach. Ainsi, ils fondent depuis plus de trois ans la relance mondiale sur la croissance de l’Inde, de la Chine et du Brésil sur le même modèle pollueur, gaspilleur et prédateur pratiqué au XIXème et au XXème siècle aux États-Unis et en Europe. Tels sont les choix de gouvernance du G20 en relais avec l'Organisation mondiale du commerce et le Fonds monétaire international. Loin d'atteindre leurs buts, ces errements stratégiques imposent d'inutiles sacrifices aux populations tout en accélérant les crises environnementales.
En réalité, ces échecs successifs ne devraient pas surprendre. Les chefs d'état et de gouvernement ne sont pas élus pour changer le monde ou sauver la planète. Ils sont avant tout mandatés pour défendre pied à pied des intérêts économiques, énergétiques et géostratégiques nationaux. Ils arbitreront toujours en faveur de leurs champions industriels, y compris les plus pollueurs et les plus émetteurs de gaz à effet de serre. Les investissements dans les secteurs innovants étant très lourds sans promesses de fructueux retours à court terme, les industriels préféreront toujours réaliser leurs profits avec les techniques du passé éprouvées et amorties. Ces groupes étant généralement d'importants contributeurs des campagnes électorales, la règle en politique est davantage de satisfaire leurs désirs que de contrarier leurs intérêts.
Pour résoudre efficacement la problématique environnementale -comme toutes celles ayant une envergure planétaire-, l'idée fait son chemin d'instituer un organe de gouvernance faisant prévaloir l'intérêt supérieur de l'humanité sur les intérêts privés à court terme. Cette nouvelle autorité incarnant les citoyens de toutes les nations serait composée d'organisations du système des Nations Unies, d'ONG exemplaires et de ligues mondiales (enseignants, syndicales, paysannes, écologistes, etc). Elle serait missionnée pour promouvoir un changement durable au profit partagé des acteurs du marché, des sociétés humaines et de l'environnement. Forte du soutien de l'opinion publique mondiale, la nouvelle institution détiendrait un véritable leadership politique et serait dotée des ressources extra-gouvernementales voulues pour assurer ses missions. Notamment celle de coordonner l'action des gouvernements et d'organiser la reconversion stratégique de ce système en phase terminale qui est en passe d'entraîner avec lui la civilisation humaine dans son ensemble.
De quelle manière créer ce chaînon manquant de la politique en vue de réguler ce capitalisme sauvage mondialisé qui s'exonère de toute éthique et de toutes limites? C'est tout le sens de l'APPEL POUR UNE MOBILISATION MONDIALE lancé sur cette plate-forme Internet. Plus nombreux seront les internautes et les organisations à travers le monde signataires de cet appel promouvant la rénovation des institutions mondiales, plus forte sera la mobilisation des opinions publiques et des électeurs pour en accélérer la réalisation. L'heure est venue d'agir ensemble pour casser cette spirale de l'échec et aider la classe politique à adopter des solutions coopérantes et durables aux crises du XXIème siècle.
4 juillet 2012