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Le monde médical est en première ligne dans la lutte contre la pandémie de COVID-19, à tous les niveaux.
Comment cela fonctionne-t-il?
Une famille de virus connue
COVID-19 est une souche de virus faisant partie de la grande famille des Coronavirus. Le virus provoque des infections du système respiratoire, et est transmis par des gouttelettes respiratoires atteignant les muqueuses (bouche, nez, yeux) de la “cible”.
Le syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS) et le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) appartiennent à la même famille de virus et ont déjà provoqué des épidémies majeures au cours des deux dernières décennies.
Affectant les poumons
Le virus COVID-19 déclenche une réaction immunitaire (donc inflammatoire) dans les poumons, au niveau des alvéoles. Le liquide inflammatoire s’accumule et remplit l’espace nécessaire à l’air pour fournir de l’oxygène au sang, fermant les poumons et entraînant une pneumonie.
La période d’incubation est encore incertaine, mais les experts estiment qu’elle ne devrait pas dépasser 14 jours et environ 80% des personnes se rétablissent sans avoir besoin d’un traitement particulier.
L’âge et la comorbidité (c’est-à-dire les problèmes de santé déjà existants, tels que l’hypertension, l’asthme ou le diabète) semblent être liés à la gravité des symptômes.
Des angles d’attaque multiples
Partout dans le monde, les fabricants de médicaments et les chercheurs se mobilisent pour mettre au point une solution médicale à l’épidémie de COVID-19. Les entreprises explorent actuellement quatre approches pour lutter contre la COVID-19: l’immunisation passive, les antiviraux, les médicaments anti-inflammatoires et l’immunisation active (vaccins).
Il y a actuellement plus de 100 traitements/vaccins en développement (du stade préclinique à la phase 3).
Quatre approches pour traiter le Covid-19
Antiviraux
Comment cela fonctionne-t-il?
Un antiviral agit en perturbant chimiquement un point spécifique du cycle de réplication d’un virus. Il ralentit ainsi l’infection en limitant la multiplication des particules virales, et “aide” efficacement la réponse immunitaire s’il est pris suffisamment tôt. Les antiviraux parviennent rarement à stopper une infection virale, mais ils constituent une méthode efficace de lutte contre les virus et permettent de gagner du temps en attendant la mise au point d’un vaccin. Les antiviraux sont souvent associés à des médicaments stimulant la réponse du système immunitaire.
Impact
Étant donné les similitudes entre les mécanismes des virus, des antiviraux déjà développés pour d’autres maladies (Ebola, H1N1, grippe) sont en cours d’essai. Nous prévoyons que de multiples options seront disponibles et rapidement approuvées dans les prochains mois.
Technologies et acteurs clés
Il existe quatre types d’antiviraux: Les inhibiteurs de l’ARN polymérase, les interférences de l’ARN, les inhibiteurs de la protease et les inhibiteurs de l’enzyme lysosomale. Ils agissent à différents stades du cycle de réplication du virus.
- Gilead (en phase 3) est en tête de la course aux inhibiteurs de l’ARN polymérase.
- La chloroquine et l’hydroxychloroquine font partie des inhibiteurs de l’enzyme lysosomale.
- Zhejiang Hisun / Fujifilm sont les plus proches d’une approbation possible avec le Favilavir, un médicament initialement utilisé pour la grippe, et qui a été utilisé expérimentalement en Chine.
Anti-inflammatoires
Comment cela fonctionne-t-il?
Une infection des voies respiratoires supérieures et inférieures provoque un syndrome respiratoire, induisant la libération de cytokines pro-inflammatoires. Les anti-inflammatoires contrôlent la libération des cytokines et évitent une hyperréaction immunitaire. La libération de cytokines est une étape nécessaire pour combattre l’infection virale. Mais leur production excessive peut entraîner des réactions auto-immunes, potentiellement mortelles.
Impact
Ces médicaments pourraient être utiles pour traiter les patients gravement malades pour la conséquence sous-jacente de la COVID-19, la pneumonie. Les médicaments anti-inflammatoires pourraient recevoir une approbation «d’urgence» de la part de la FDA et d’autres agences dans le monde dans les mois à venir.
La plupart des essais avancés sont en phase 2/3, et d’autres données de première ligne sont attendues dans les prochaines semaines.
Technologies et acteurs clés
L’IL-6 est une cytokine pro-inflammatoire qui pourrait jouer un rôle dans la réponse inflammatoire hyperactive des poumons des patients gravement atteints d’une infection par le COVID-19. Le rôle de l’IL-6 est étayé par les données préliminaires d’une étude à bras unique réalisée en Chine à l’aide d’un autre anticorps du récepteur de l’IL-6.
Les deux leaders dans ce domaine (Sanofi/Regeneron et Roche/Chugai) sont en phase 2/3.
Immunisation passive
Comment cela fonctionne-t-il?
L’immunisation passive fournit des anticorps exogènes préformés qui peuvent prévenir ou traiter les maladies infectieuses. Une personne reçoit des anticorps ou des lymphocytes qui ont été produits par le système immunitaire d’un autre individu. La production est généralement limitée par le besoin de sang de donneurs (patients guéris). Cette approche a déjà été utilisée pour plusieurs infections comme Ebola, ou H1N1.
Impact
L’approche de l’immunisation passive a le potentiel de renforcer notre système immunitaire pour lutter contre le virus. Par rapport à un vaccin classique qui stimule l’organisme à produire ses propres anticorps, l’immunisation passive serait plus rapide à déployer et efficace également sur les patients déjà infectés.
L’ approche est nouvelle et la plupart des traitements pour COVID-19 en sont encore au stade des essais précliniques.
Technologies et acteurs clés
Regeneron est le leader technologique. La société a développé une plateforme propriétaire capable de produire des anticorps en utilisant des souris, évitant ainsi le besoin de sang de donneur qui contraint la plupart des autres acteurs. Regeneron a déjà démontré l’efficacité de sa plateforme d’anticorps lors de l’épidémie d’Ebola au Congo. Une étude comparative de son traitement a été interrompue avant la date prévue car les résultats étaient extrêmement positifs.
Cette technologie permet également une capacité de production rapide à grande échelle.
Immunisation active (vaccins)
Comment cela fonctionne-t-il?
Un vaccin fonctionne en entraînant le système immunitaire à reconnaître et à combattre les agents pathogènes, en utilisant des versions affaiblies (ou tuées). L’organisme réagit au vaccin en fabriquant des anticorps, assurant ainsi l’immunisation. Seules des molécules spécifiques appelées antigènes (présentes sur tous les virus et bactéries) doivent être introduites dans l’organisme pour déclencher une réponse immunitaire sans risquer de tomber malade.
Impact
À moyen terme, afin de prévenir de futures épidémies de COVID-19, un vaccin est la seule solution. Mais la véritable avancée serait la mise au point d’un vaccin universel contre les coronavirus. Il fonctionnerait pour chaque membre de la famille des virus, même en cas de mutation. Selon Icosavax (une start-up de biologie synthétique), cela devrait être faisable et le vaccin de la société se trouve en phase clinique.
Technologies et acteurs clés
Au-delà des technologies classiques de vaccination, de nouvelles approches telles que celles basées sur l’ARNm et l’ADN sont en cours de développement. Les principaux avantages par rapport aux vaccins classiques sont un coût moindre et une production plus rapide. Nous savons que le temps est l’ennemie de toute épidémie. Ces vaccins innovants pourraient également avoir moins d’effets secondaires.
Moderna est en tête de la course au développement de ces vaccins non classiques et en est déjà à la phase 1, utilisant une approche basée sur l’ARN messager. Si un vaccin à ARNm est approuvé pour COVID-19, ce serait une première pour cette technologie innovante, ouvrant la voie à son application à tout autre type d’infection (et même de maladie telle que le cancer).
Conclusion
Le monde médical est en première ligne dans la lutte contre la pandémie de COVID-19, à tous les niveaux.
Les avancées technologiques et l’innovation interviennent souvent en période de besoin et d’urgence, et nous pensons que ce ne sera pas l’exception. Alors que les énergies sont concentrées sur la lutte contre l’épidémie de coronavirus, de nouvelles méthodologies sont déployées et testées en temps réel. Il est probable qu’elles subsisteront une fois cette bataille terminée.
Nous restons convaincus que l’alliance de la technologie et de la médecine reste la clé de la poursuite de la lutte. Cette tendance structurelle est renforcée par la crise COVID-19 et nous continuons à en tirer parti grâce à nos investissements dans les domaines de la biotechnologie, de la bionique, de l’intelligence artificielle et de la robotique.
Catalystes
- Amélioration des données COVID-19 de l’Italie. Passer le pic et montrer que les mesures de confinement fonctionnent redonnera espoir et confiance.
- Nouveau traitement. Tout médicament qui montre des résultats positifs fiables à l’issue d’essais avancés contribuera à réduire les craintes de la population.
- Chine. La poursuite du contrôle de l’épidémie et la reprise d’une vie “normale” constitueront un point de repère utile pour appréhender la façon dont l’avenir va se dessiner.
Risques
- Le revers de l’Italie. Une nouvelle détérioration du nombre de cas où l’Italie mettrait à mal tous les espoirs actuels que les mesures fonctionnent.
- Retard dans l’aplatissement de la courbe après le pic. Des mesures de confinement qui durent trop longtemps risquent d’être pires que l’épidémie qu’elles tentent de ralentir.
- La Chine. La formation d’une deuxième vague d’épidémie porterait un coup à tous les espoirs de maîtriser la situation.