Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06995.jsonl.gz/271

Transitions et inégalités : relations et effets d'échelle (1500-2000)
Journée d'études, Berne, Käfigturm, 8-9 avril 2015
L'histoire de l'humanité est constellée de changements brusques ou lents qui constituent autant de périodes de transition : passage d'un système de production à un autre (par ex. du système protoindustriel au système de fabrique), d'un système technique à un autre (par ex. du charbon à l'électricité), d'un système social à un autre (par ex. d'une société d'ordres à une société de classes, une société en voie d'urbanisation, émergence du salariat, ...), d'un système démographique à un autre (cf. la transition démographique), d'un système migratoire à un autre (par ex. des mobilités temporaires aux migrations définitives), etc.. Ces transition (politiques, sociales, économiques) ont souvent été lues comme produites par des formes d' inégalités au sein des systèmes économiques et/ou sociaux. L'historiographie des mouvements révolutionnaires en fournit de nombreux exemples: les révoltes populaires qui secouent les campagnes et les villes médiévales, la Révolution française et la révolution russe, ou encore les mouvements révolutionnaires liés à la décolonisation du Tiers monde après la Deuxième guerre mondiale, ont en général été appréhendés comme issus des tensions provoquées par les inégalités des systèmes sociaux et économiques.
L'ample débat qui s'est ouvert depuis 2007/08 suite à la crise économique internationale a modifié l'angle de lecture, en prenant en compte, par un total renversement de perspective, les conséquences des phases de transition (économiques, mais aussi politiques) sur la production d'inégalités.
Cette double perspective interroge les liens de causalité qui associe les époques de transitions et les inégalités de l'espace économique et social. En même temps, elle met en cause les effets d'échelle qui traversent ces relations. Les moments de transition, par exemple, peuvent avoir des effets sur le degré d'inégalité au sein du corps social, mais aussi affecter des inégalités à l'échelle des destins individuels. D'autre part, les moments de transition dans la sphère des comportements individuels peuvent se répercuter sur les politiques publiques, celles-ci pouvant accroître ou atténuer les inégalités sociales.
En se portant sur diverses époques historiques et sur divers contextes du monde européen, cette journée d'étude se propose d'analyser la production d'inégalités (économiques, sociales, politiques), en les situant par rapport aux processus et aux phases de transition. La rencontre se focalisera tout particulièrement, sur les diverses facettes de la notion d'inégalité et sur leurs connexions avec les moments de transition. Divers niveaux de réflexion seront convoqués :
- Les transitions et la formation de discriminations - à savoir des processus de séparation et de distinction - aussi bien d'ordre social qu'économique.
- L'Etat et son rôle dans la production/atténuation d'inégalités (individuelles ou collectives) dans les phases de transition (politique ou institutionnelle).
- Les moments de transition et les inégalités face aux risques (démographiques, économiques, sociaux, écologiques, ...), aussi bien individuels ou collectifs.
- La sensibilité aux inégalités du monde rural et du monde urbain face aux périodes de transition.
Organisation
- Archiv für Agrargeschichte Bern
- CNRS/Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales - Centre de Recherches Historiques, Paris
- LabiSAlp - Università della Svizzera italiana, Mendrisio
Allegati