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Les accumulations en listes sont fréquentes dans l'oeuvre de Novarina: séries de noms de rivière, de noms d'habitants de Savoie, etc. Or, en version imprimée, elles ont pour trait commun de n'être guère lisibles: comme toute liste réitérant sans cesse la même structure, elles tendent à ennuyer le lecteur, à ne pas solliciter son attention. La page se rapproche de celle de l'annuaire téléphonique, que personne ne saurait lire en entier. Et s'il est certes possible de repérer le procédé, de le méditer, de rêver à son sujet, d'en rire, on peut douter du fait qu'aucun lecteur lise jamais les treize pages intégralement.
En revanche, paradoxalement, dans la mise en scène de Claude Buchwald, avec Daniel Znyk dans le rôle de L'Infini romancier, cette tirade de L'Opérette imaginaire constitue le morceau d'anthologie de la pièce. Certes, en performance, Daniel Znyk ne respecte pas la structure linéaire du texte; au contraire, les variations de tempo et la gestuelle abondante jouent un rôle essentiel. Mais l'on ne peut qu'être frappé par l'hiatus existant entre les versions écrite et scénique.
Quelle est sa raison? Sans doute peut-on imaginer que le texte surabondant n'a ici d'autre fonction que de s'effacer devant sa prise en charge dans une voix et un corps ― de permettre une performance.