Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07072.jsonl.gz/191

Connus comme les «Railway Dwellers», ces hommes, ces femmes et ces enfants qui vivent et travaillent le long des voies dans le quartier d’Agbogbloshie à Accra risquent de se retrouver sans abri depuis que les autorités leur ont donné deux semaines le 1er décembre pour quitter les lieux.
«Le gouvernement du Ghana ne leur a pas proposé d’autre solution de logement et rien ne suggère qu’il a l’intention de le faire une fois que ces personnes auront été expulsées. Les autorités ghanéennes ne peuvent pas expulser des personnes et les laisser sans domicile ni ressources», a déclaré Tawanda Hondora, directeur adjoint du programme Afrique d’Amnesty International. «Elles ne devraient pas procéder à ces expulsions tant qu’un programme de logements de remplacement ou d’indemnisations n’aura pas été mis en place. Les autorités ne doivent pas prendre des mesures qui aggravent la pauvreté ou qui privent d’un foyer les plus vulnérables - les personnes jeunes, fragiles, âgées - et les exposent à des violations des droits humains plus graves.»
Le gouvernement du Ghana ne peut pas agir en opposition totale avec ses obligations internationales en matière de droits humains.»
Les autorités doivent adopter un moratoire
Le 26 novembre 2010, le gouvernement a signé un contrat de 6 milliards de dollars américains (4,5 milliards d’euros) avec une entreprise chinoise pour la construction d’infrastructures ferroviaires et l’extension du réseau existant au Ghana.
Selon lui, ce réaménagement nécessite la démolition des «structures illégales» qui ont été construites à moins d’une quinzaine de mètres des voies et l’expulsion des «squatteurs» qui y vivent. Cependant, l’interdiction des expulsions forcées aux termes du droit international s’applique à toutes les habitations, que les personnes soient autorisées ou non à y vivre.
Des avis de démolition visant les installations situées le long des voies ferrées avaient déjà été émis le 15 octobre 2009 et le 11 novembre 2010, mais ces opérations n’ont jamais eu lieu et leurs habitants s’y trouvent toujours.
Le 1er décembre 2010, cependant, les autorités locales ont fait circuler des camionnettes avec des mégaphones pour informer les habitants qu’ils disposaient de deux semaines pour vider les lieux. Le 7 décembre, la municipalité d’Accra a fait savoir via son site Internet que les installations le long des voies seraient rasées pour permettre le réaménagement du système ferroviaire.
«Il faut que les autorités ghanéennes adoptent un moratoire sur les expulsions jusqu’à ce que des mesures aient été adoptées pour garantir que ces opérations se dérouleront dans le respect des normes internationales relatives aux droits humains», a conclu Tawanda Hondora.