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Jusqu’au 14 décembre, le Ciné-club universitaire de Genève programme un cycle « antibourgeois ». La rétrospective fait la part belle au cinéma contestataire européen des années 1960-1970, dont les figures de proue s’appelaient Jean-Luc Godard, Pier Paolo Pasolini ou encore Rainer Werner Fassbinder.
Le moment antibourgeois
« Antibourgeois » : assurément, le titre du cycle d’automne du Ciné-club universitaire provoque et intrigue. Qu’entend-on exactement par cinéma « antibourgeois » ? La revue qui accompagne le cycle se révèle éclairante sur ce point : c’est une conception assez large de la notion qui a présidé à la sélection des films du cycle, consacré à un cinéma critiquant l’idéologie, les valeurs et le mode de vie bourgeois. Si les films des années 1960 prédominent au sein de la programmation, il ne s’agit pas de ceux que défendaient la ligne la plus dure des Cahiers du cinéma après leur virage à gauche dès 1969, considérant que seuls les films mettant en question leur statut d’artefacts étaient réellement critiques vis-à-vis de l’idéologie bourgeoise. Le spectre parcouru par le cycle est plus vaste et permet ainsi de mesurer l’importance qu’occupa la thématique antibourgeoise au sein du cinéma d’auteur européen des années 1960-1970, notamment en Italie, en France, en Allemagne et en Suisse.