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Die Heimkehr aus der Fremde est un court opéra de caractère comique (un singspiel, plus exactement) composé par Felix Mendelssohn à l’âge de 20 ans, pendant son premier voyage en Angleterre, pour commémorer les noces d’argent de ses parents.
La première représentation eut lieu dans le jardin de la maison des Mendelssohn, sous la direction du jeune compositeur, et tous les rôles furent assumés par des membres ou des amis de la famille, dont un seul était chanteur professionnel. Une particularité de l’œuvre est le rôle du maire, tenu par le beau-frère de Felix, qui n’avait aucun don vocal (ou, plutôt, qui bourdonnait terriblement) ; il se vit donc attribuer une partition écrite sur la seule note de fa.
Mendelssohn considérait cet opéra comme quelque chose de strictement privé, et en empêcha la publication. Aucune autre représentation ne put être réalisée de son vivant ; peu après sa mort, sa veuve et son frère en autorisèrent l’édition et même la traduction à l’anglais, à l’intention d’une production londonienne.
L’intrigue raconte l’histoire d’un imposteur charmant, qui tente de se faire passer pour le fils du maire, afin de gagner la main de sa pupille. Le fils était parti avec l’armée depuis très longtemps, après les fiançailles avec la fille en question. A son retour, il est déguisé en musicien errant, mais sa fiancée le reconnaît par une chanson qu’il fredonnait toujours avant son départ, et l’imposteur est éconduit.
L’ouverture commence avec une mélodie inspirée de cette chanson ; de caractère populaire, elle sera utilisée dans l’opéra en tant que musique d’intermède. Elle mène à un Allegro, plus agité et dynamique, où le style du jeune Mendelssohn est clairement reconnaissable. L’ouverture du Songe d’une nuit d’été datait de deux ans plus tôt, alors que celle des Hébrides allait suivre dans une année. Après un développement plein de contrastes, l’ouverture finit tout doucement avec le rappel de la première mélodie, qui évoque le retour à la maison.
Ferran Gili-Millera
Image: Felix Mendelssohn jouant chez Goethe, dans le salon Juno (1821).
Source: Altes Bild (19. Jh), Public domain, via Wikimedia Commons