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L'Equateur a décidé d'accorder l'asile politique au fondateur de WikiLeaks Julian Assange, réfugié depuis deux mois dans son ambassade à Londres, a annoncé jeudi le ministre équatorien des Affaires étrangères Ricardo Patiño.
De crainte d'un procès inéquitable
Quito a notamment considéré que l'Australien "n'aurait pas droit à un procès équitable" s'il était extradé aux Etats-Unis, a annoncé le ministre lors d'un point de presse donné à son ministère.
Julian Assange est accusé par la justice suédoise de viol et d'agression sexuelle. Depuis le 19 juin, il est réfugié à l'ambassade d'Equateur à Londres, où il a déposé une demande d'asile politique, pour éviter son extradition vers la Suède.
Le fondateur de WikiLeaks dit redouter d'être transféré dans un second temps aux Etats-Unis pour y répondre d'espionnage après la divulgation par son site de 250'000 télégrammes diplomatiques américains.
Sur Twitter, Julian Assange a remercié l'Equateur pour sa décision:
Gracias a Ecuador y ustedes.— Julian Assange (@JulianAssange_) August 16, 2012
Londres s'oppose au départ de Julian Assange
L'Equateur "fait confiance au Royaume-Uni pour fournir le plus tôt possible les garanties et le sauf-conduit nécessaires et adaptés à cette situation", a ajouté Ricordo Patiño, alors que le Royaume-Uni a déjà averti jeudi qu'il n'autoriserait pas Julian Assange à quitter libre l'ambassade d'Equateur.
La justice britannique s'est prononcée en faveur de l'extradition de Julian Assange vers la Suède, où il doit répondre de viol et d'agression sexuelle sur deux Suédoises. Le Foreign Office a immédiatement réagi à l'annonce de Ricardo Patiño, déclarant que la décision de l'Equateur "ne changeait rien", ajoutant que Julian Assange serait extradé (lire ci-contre).
La question de l'immunité de l'ambassade
Il s'agit maintenant de savoir si Londres va décider de lever l'immunité de l'ambassade d'Equateur, un bâtiment élégant en briques rouges, situé dans le quartier chic de Knightsbridge, au dos du grand magasin Harrods. Quito a évoqué mercredi et jeudi une possible prise d'assaut si l'Australien n'était pas remis aux Britanniques.
Londres pourrait justifier une telle intervention par une loi de 1987 sur les statuts des locaux consulaires et diplomatiques qui permet de lever l'immunité d'une ambassade sur le sol britannique.
Pour suivre l'affaire sur Twitter, nos interventions et quelques autres:
afp/hof
La Suède rejette les critiques de Quito
Après avoir écouté la conférence de presse à Quito du ministère des Affaires étrangères équatorien Ricardo Patiño, expliquant qu'il craignait que les droits de la défense de Julian Assange pourraient ne pas être respectés, son homologue suédois Carl Bildt a immédiatement répondu sur son compte Twitter.
"Notre système juridique et constitutionnel solide garantit les droits de tout un chacun. Nous rejetons fermement toute accusation qui implique le contraire", a-t-il écrit.
Peu après, le ministère convoquait l'ambassadeur équatorien pour des explications.
Les Etats d'Amérique se mobilisent
Les ministres des Affaires étrangères de l'Union des nations sud-américaines (Unasur) et de l'Alliance bolivarienne pour les Amériques (Alba) se réuniront eux le week-end prochain à Guayaquil, en Equateur, pour analyser la situation.