Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07062.jsonl.gz/103

Interview Dakota Johnson: «Je dois tout à ma grand-mère»
L'actrice à l'affiche de «Sale temps à l’hôtel El Royale» se souvient être sur les tournages avec Tippi Hedren, la muse d'Alfred Hitchcock.
Articles en relation
La fille de Mélanie Griffith et Don Johnson a reçu «Le Matin» à Hollywood pour «Sale temps à l’hôtel El Royale» qui est dans nos salles depuis le 7 novembre 2018. Elle aussi à l'affiche de l'effrayant «Suspiria», qui malheureusement, ne sortira pas en Suisse romande. C'est avec le réalisateur italien du remake de ce film d'horreur que Dakota Johnson a répondu à nos questions.
«Suspiria» de Dario Argento est un film d'horreur italien culte depuis sa sortie en 1977. Avez-vous vu l'original avant de tourner ce remake?
Bien sûr. Le réalisateur Luca Guadagnino est devenu un ami proche depuis que nous avons collaboré ensemble sur l'île de Pantelleria au large de la Sicile. S'attaquer à une version moderne de «Suspiria» était son rêve d'enfance. Il nous en a parlé avec Tilda Swinton alors qu'il nous a dirigées dans «A Bigger Splash», en 2015. Je ne suis pas experte en films d'horreur mais «Suspiria» a été la source d'inspiration pour des dizaines de scénaristes depuis 40 ans.
Tippi Hedren, la muse d'Alfred Hitchcock dans «Les oiseaux» est votre grand-mère. Que vous a t-elle appris du cinéma ?
Je dois tout à ma grand-mère. Je suis fière d'être la troisième génération à Hollywood. Elle est mon modèle et ma meilleure amie. Hitchcock était obsédé par elle au point de vouloir briser sa carrière et l’empêcher de tourner avec d'autres. Heureusement que cela n'est plus possible de nos jours. J'ai deux femmes exceptionnelles entre elle et maman (ndlr: Melanie Griffith). J'ai retrouvé récemment une photo de moi à 6 ans. J'étais dans le fauteuil de ma mère sur un tournage avec ma grand-mère à mes côtés. Cette image résume toute mon enfance. Avec elles, j'ai appris à être indépendante pour ne pas dépendre d'un homme.
Et que dire de votre père, Don Johnson?
Il y a un conseil de papa que je n'oublierais jamais. Il m'a dit: «Tu dois être un loup, pas un agneau pour réussir à Hollywood.» Le problème est qu'une femme est vite accusée d'être difficile si elle impose ses idées dans le show-biz. J'ai donc appris très jeune à garder mes distances avec les médias. Cela me permet d'avoir un côté mystérieux qui est important si l'on veut être crédible dans des rôles différents.
Dans «Sale temps à l’hôtel El Royale» votre personnage fait penser aux stars des années 50 et 60 à Hollywood. Est-ce volontaire?
Bien sûr, pour être cette femme secrète qui arrive dans un hôtel, j'ai revu des films de Joan Crawford, Rita Hayworth et Grace Kelly. Ce tournage a été un exercice intéressant car j'ai appris à exprimer des sentiments avec peu de dialogue mais en utilisant mon corps et des attitudes comme ces stars féminines de l'époque.
(Le Matin)
Créé: 07.11.2018, 17h51