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ajdi Mouawad est dramaturge et metteur en scène québécois. Né au Liban le 16 octobre 1968, il devient enfant-soldat très jeune. Il reste à la solde des miliciens jusqu’à ses huit ans, moment où ses parents décident de quitter le pays. Ils s’établissent alors en France. En 1983, lorsque Wajdi Mouawad a 15 ans, sa famille quitte la France pour le Québec.
Au Québec, l’auteur obtient son diplôme de l’École Nationale de Théâtre du Canada en 1991. Après sa sortie de l’école, il cofonde le Théâtre Ô Parleur avec Isabelle Leblanc et débute immédiatement sa carrière de metteur en scène avec deux pièces écrites par son frère, soit Al Malja en 1991 et L’Exil en 1992. De cette époque à aujourd’hui, Wajdi Mouawad monte une foule de pièces de genres variés, dont des pièces qu’il a écrites lui-même. Dès 1991, il met en scène un de ses propres textes, à savoir Partie de cache-cache entre deux Tchécoslovaques au début du siècle.
Cependant, l’auteur est principalement connu pour sa tétralogie théâtrale Le Sang des promesses. Ainsi, c’est en 1997 avec Littoral, première pièce de sa tétralogie, qu’il acquiert la reconnaissance de la critique et du public ainsi qu’une renommée internationale. Cela lui permet de retourner en France dans le cadre de la présentation de sa pièce. Incendies, la deuxième pièce du Sang des promesses, sort le 14 mars 2003 au théâtre Hexagone et est publiée la même année aux éditions Leméac/Actes Sud. La pièce obtient un immense succès et est adaptée en russe en 2007 au théâtre Et cetera à Moscou. En 2009, soit trois ans après la sortie de Forêts, le troisième volet de la tétralogie, le metteur en scène retourne pour une dernière fois à l’univers du Sang des promesses en concevant une nouvelle version de Littoral et en créant Ciels, le quatrième et ultime volet. La même année, Incendies est rééditée dans la collection de poche Babel. En 2010, Denis Villeneuve adapte la pièce au cinéma sous le même titre. Le film est présenté pour la première fois à la 67e Mostra de Venise et est nominé aux Oscars dans la catégorie du meilleur film en langue étrangère. De plus, il remporte neuf prix à la 13e cérémonie des Jutra.
« Un artiste est là pour déranger, inquiéter, remettre en question, déplacer, faire voir, faire entendre le monde dans lequel il vit, et ce, en utilisant tous les moyens à sa disposition. Or, pour que cela puisse advenir, il doit poser un geste qui va d’abord et avant tout le déranger lui-même, l’inquiéter lui-même, le remettre en question lui-même, le déplacer lui-même, le faire voir lui-même, le faire entendre lui-même. Un artiste doit être à la fois le pont et le ravin. Créer, c’est sortir de son propre néant. Cela peut se comprendre. Une œuvre n’est pas là pour plaire, elle est là pour enflammer. Une œuvre n’est pas faite pour être comprise. La meilleure manière, pour un artiste, de respecter un spectateur, c’est de le croire plus intelligent que soi-même. Nous ne sommes pas là pour servir. Nous ne sommes pas là pour réussir. Nous ne sommes pas là pour divertir. Nous ne sommes pas là pour recommencer. Nous sommes là pour impliquer. Un artiste est un scarabée qui trouve, dans les excréments mêmes de la société, les aliments nécessaires pour produire les oeuvres qui fascinent et bouleversent ses semblables »
- Wajdi Mouawad
« Maintenant que nous sommes ensemble, ça va mieux. »
- Wahab