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Au sein même du futur parc Préalpin de la Riviera, c'est une rareté indigène
Cypripedium Calceolus (nom latin)
Sabot de Vénus (nom français)
Cette ravissante orchidée se distingue des autres espèces européennes par ses grandes feuilles vertes et son labelle, sans éperon, renflé en sabot, long de 2 à 3 cm.
La plante est solidement fixée au sol par une souche horizontale s'enchevêtrant entre les racines des plantes voisines. La base de la souche est garnie de fibres épaisses.
Le sabot de Vénus atteint 30 à 50 cm de hauteur. Les feuilles sont larges, alternées, engainantes par la base et terminées par une pointe aiguë; elles sont sillonnées de nervures saillantes.
La fleur est presque toujours solitaire à l'extrémité de la tige. Certaines plantes vigoureuses produisent deux fleurs et très exceptionnellement trois. Les divisions externes du périanthe sont d'un brun pourpre et établées en croix. Elles sont étroites et longues de 3 à 5 cm. Le labelle est jaune brillantavec quelques stries brunes. Sa base est couverte de poils et les bords sont repliés de façon à laisser une petite ouverture.
Dans le centre de de l'Europe, la floraison a lieu entre le mois de mai et le mois de juillet. Les graines sont mûres 3 à 5 mois après la fécondation. Le sabot de Vénuns affectionne les pelouses, les hêtraies, les clairières de montagnes et les pentes buissonneuses où le sol est argileux. On le trouve jusqu'à 1600 m d'altitude.
Avant l'intensification des moyens de transport, cette orchidée occupait des vastes étendues dans plusieurs pays d'Europe. Malheureusement, depuis quelques dizaines d'années, l'abus des cueilettes et l'arrachage des souches fleuries ont considérablement diminué la densité du Cypripède. Cette destruction est malheureusement le sort de toutes les stations situées à proximité des grandes routes. En parcourant le massif de la Grande-Chartreuse, les montagnes de la Haute-Savoie et de la Suisse, j'en ai rencontré de belles touffes accrochées sur des pentes argileuses éloignées des sentiers battus et pouvant certainement fleurir encore longtemps sans craindre d'être arrachées par les promeneurs.
Aux environs de Genève, les rares stations de Sabot de Vénus sont tenues dans le secret le plus absolu. Le Mont-Salève, cette montagne arpentée tous les dimanches en possède encore quelques touffes.
La légende raconte, qu'un jour d'été, Vénus fu surprise par l'orage. En errant dans les bois, elle perdit l'un de ses brodequins orné d'or et de pourpre. Le lendemain, une jeune bergère, qui se rendait à la montagne avec son troupeau de moutons, passait par le bois et vit le beau petit soulier. Très émue, elle voulut le ramasser, mais le trésor disparut et à sa place elle ne trouva qu'une fleur ayant la forme d'un petit sabot.
La répartition du Sabot de Vénus n'est pas limitée au centre de l'Europe. En dehors des Alpes, il se trouve dans les Pyrénées, en Alsace et en Lorraine, sur la Côte d'Or, dans le nord de la Russie et de la Sibérie.
Krebs Paysagistes SA