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Des chercheurs américains ont examiné le risque de grossesse lors de la prise conjointe d’une contraception orale et d’antibiotiques sur deux bases de données nationales de surveillance des naissances, comprenant plus de 43 000 femmes. 1330 femmes, représentant les cas ont signalé que leur grossesse n’avait pas été planifiée. Elles avaient utilisé des contraceptifs oraux au moins un mois avant la conception et pendant une partie du mois suivant la conception. Les cas ont été utilisés comme leur propre témoin en comparant l’utilisation d’antibiotiques durant les quatre semaines précédant la conception (case period) avec la période de quatre à huit semaines avant la conception (control period). La prévalence de prise d’antibiotiques était de 4% dans le mois qui a précédé la conception et de 3,8% dans la période de quatre à huit semaines avant la conception (OR 1,08, IC 95% : 0,63-1,83). Les antibiotiques les plus utilisés étaient l’amoxicilline, l’ampicilline, les macrolides et les sulfonamides. La plupart des prescriptions étaient de moins de 14 jours. Des analyses de sous-groupes par type d’antibiotiques, en ajustant pour le diagnostic d’infection urinaire ou d’infection respiratoire haute ou encore en analysant la prévalence d’utilisation d’antibiotiques entre huit et douze semaines avant la conception, n’ont pas montré d’effet significatif.
Commentaire : Rappelons que la rifampicine est un antibiotique clairement reconnu comme diminuant l’efficacité de la contraception orale (induction du cytochrome P450 3A4). Pour les autres antibiotiques, en raison de la perturbation de la flore intestinale, l’interaction a été suspectée (les notices d’«information patient» mentionnent d’ailleurs la possibilité d’une diminution d’efficacité des contraceptifs lors de la prise d’antibiotique), mais est restée très controversée en l’absence de données cliniques solides. Cette étude maintient la controverse mais ne permet pas d’affirmer que l’utilisation d’antibiotiques ne causera jamais d’échec de la contraception orale surtout en cas d’intolérance digestive. Dès lors, vu les conséquences d’une grossesse non planifiée, il est utile d’aborder le sujet avec les patientes sous contraceptifs oraux et de savoir si elles souhaitent employer une protection supplémentaire lorsqu’une prescription d’antibiotiques est nécessaire.