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Que peut-on savoir des lieux où se réunissaient les premières générations chrétiennes ? A partir de quel moment existe-il des lieux de culte spécifiques aux chrétiens ?
Des données bibliques révélatrices, mais éparses
Les textes bibliques, qui nous parlent du christianisme naissant, nous rapportent que les chrétiens vivaient leur foi sur une base communautaire. Ce qui suppose de se réunir régulièrement pour un culte commun. A Jérusalem, ce culte commun va de pair avec la participation à la vie cultuelle du Temple. (Ac 2,40 et 3,1).
La chambre haute
La réunion spécifiquement « chrétienne » se déroule dans une « chambre haute » (Ac 1,13). Ce dernier terme désigne la pièce la plus élevée d’une demeure privée dans l’Orient méditerranéen. Il s’agit le plus souvent d’une terrasse aménagée sur le toit plat d’une maison. C’était habituellement un lieu de détente, une sorte de salon dans nos habitations contemporaines. Mais c’est aussi le lieu où les familles juives construisaient des abris en feuillage pour la fête de Souccot (fête des tentes). Ces endroits pouvaient être relativement grand puisque certains textes mentionnent la participation de 120 personnes (Ac 1,15).
Des lieux divers
D’autres lieux sont encore mentionnés dans les textes bibliques. En dehors de Jérusalem, il semble que les premières communautés chrétiennes, qui naissent pour la plupart au sein du judaïsme, vivent un culte à la synagogue du lieu. C’est d’ailleurs à partir de la synagogue locale que Paul entreprend sa prédication chrétienne dans la ville qu’il fréquente. Quand il n’existe pas de synagogue, Paul se rend sur le lieu où se réunissent les juifs et celles et ceux qui s’en approchent. C’est le cas en particulier à Philippe (Ac 16,13)
La tradition orale mentionne aussi l’existence d’une grotte dans laquelle l’apôtre Pierre, lors de son séjour à Antioche (Ac 11,25), aurait réunis une première communauté chrétienne dans un lieu spécifique. Une église, dont les plus anciennes parties remontent au 4ème siècle, se trouve actuellement à l’entrée de la grotte.
La mémoire collective se souvient des catacombes. Ces dernières ne semblent avoir servi qu’à l’inhumation des défunts et aux rites qui l’accompagnent. Si elles comportent parfois des chapelles mortuaires, elles ne semblent jamais avoir servi de lieu de culte dominical régulier. Elles apparaissent principalement à Rome à la fin du 2ème siècle.
Un lieu spécifique, mais pas à usage unique
Mais le cas le plus fréquemment mentionné est l’utilisation d’une maison privée dont la taille permet de regrouper les chrétiens du lieu dans une pièce adaptée. Le plan habituel d’une villa romaine met en valeur une pièce centrale: l’atrium (dans lequel figure souvent un petit autel domestique destiné au culte des ancêtres). C’est sans doute dans cette pièce que se tient l’assemblée chrétienne. Mais ce n’est certainement pas un lieu exclusivement réservé au culte dominical ou aux autres réunions chrétiennes.
La domus ecclesiae
Ce n’est qu’à partir du 2ème siècle que les recherches archéologiques ont mises en évidence des artefacts interprétés comme étant des lieux de culte chrétien exclusivement destinés à cet usage. Et le plus ancien lieu de culte identifié à ce jour se trouve à Doura Europos, au bord de l’Euphrate, en Syrie actuel et date de 240 de notre ère.
Le plan n’est pas encore spécifique ou particulier. Il s’agit d’une grande maison à deux niveaux. Elle a initialement servie de maison d’habitation, puis a été transformée en lieu de culte permanent. Au rez de chaussée, se trouve la salle de culte. Elle est identifiée grâce aux peintures murales qui représentent des scènes bibliques chrétiennes, à l’existence d’un banc en maçonnerie le long des murs et l’existence d’une pièce annexe qui servait de baptistère. Par contre, on ne trouve pas de trace d’un autel permanent en pierre ou en maçonnerie. Au premier étage, les archéologues supposent que se trouvait un logement, peut-être celui de l’évêque du lieu ?
La basilique
A partir de l’empereur Constantin au début du 3ème siècle, des bâtiments, spécifiquement destinés au culte chrétien, s’édifient dans tout l’empire romain. Ces bâtiments reprennent le plan de la basilique romaine. La basilique est au départ un bâtiment « royal » au sens de lieu d’exercice du pouvoir essentiellement juridique. Elle combine une place de rencontre, un lieu de commerce, l’exercice de la justice civile et offre ainsi un lieu de réseautage actif des citoyens de la ville. C’est par ce biais qu’entre dans l’architecture chrétienne des éléments comme une allée principale (qui va devenir la nef) et des allées latérales séparées et soutenues par une série de colonne, une orientation vers une des extrémités du bâtiment où se trouve le siège du pouvoir (qui va devenir le chœur).
Mais par ce biais, le plan de type synagogal va se trouver marginalisé. Ce plan comprend un cercle ou un arc de cercle placé autour d’un pupitre de lecture de la Thora et de son commentaire. Ce type de plan va véritablement reprendre corps avec l’architecture réformée au 16ème siècle .