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Critique
Caco (Antonio Canales, un des plus grands danseurs de flamenco actuels), chef d'un clan andalou, est inconsolable de la mort de sa fille. Il tente de s'étourdir par des fêtes débridées où sangria et alcools forts coulent à flots et où femmes et hommes s'adonnent à corps perdu au flamenco. Il reporte son affection sur son neveu infirme moteur cérébral, dont le père a été tué par un membre d'un autre clan. Dans le «sud-sud» de l'Espagne, le sens de l'honneur est exacerbé, et il faudra laver l'affaire dans le sang.
Tony Gatlif est l'auteur d'une quinzaine de films où la musique joue un rôle prépondérant, et deux d'entre eux (LATCHO DROM et GADJO DILO) ont raflé prix et distinctions. VENGO a peu de chances de connaître cette gloire: image aux couleurs délavées, caméra sautillante, récit d'une morne linéarité, scénario simplet, plages musicales interminables (le film s'ouvre par le «reportage» d'un concert interculturel de musiques flamenca et égyptienne de dix minutes au moins). Au reste, notre sensibilité de «nordistes» a de la peine à entrer dans une culture machiste, sanguinaire et excessivement chatouilleuse sur les questions d'honneur. On a parfois l'impression de feuilleter «Astérix en Hispanie».
Les musiques sont bonnes. On peut donc se contenter d'acheter le disque.
Daniel Grivel