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Le Sahel est une immense région semi-désertique située au sud du Sahara. Elle s'étend sur une partie du Sénégal et de la Mauritanie, sur le Mali, le nord du Burkina Faso, le Niger, le nord du Nigeria et traverse le Tchad et le Soudan. Cette zone est en déficit de pluviométrie depuis de nombreuses années, et les années où les récoltes sont excédentaires (2002, 2004, 2006) ne suffisent pas à compenser celles de carences alimentaires (2001, 2003, 2005, 2007).
En Afrique de l'Ouest on appelle «soudure» la période difficile sur le plan alimentaire, entre le moment où les réserves de céréales s'amenuisent ou disparaissent et le temps des nouvelles récoltes.
Mon intérêt se porte essentiellement sur le Sahel burkinabè, et plus particulièrement sur la région de Ouahigouya où j'ai quelques fidèles amis, ainsi que sur cinq villages de la commune rurale d'Arbinda (ou Aribinda) d'où est originaire mon ami Djibril.
À l'insuffisance des pluies et à la pauvreté des sols de la zone sahélienne s'ajoutent d'autres calamités: En 2004-2005, les criquets pèlerins se sont abattus en masses sur toute la zone et ont détruit les maigres récoltes à raison de 60% à 100% selon les endroits. En février 2004, la FAO demandait des crédits relativement peu importants (9 millions de dollars) pour enrayer la prolifération des essaims. En août, l'estimation de la FAO avait passé à 100 millions de dollars, et à la mi-septembre elle n'en avait reçu que... 2 millions. Les discussions diplomatiques traînaient en longueur alors que pour les populations, la menace était réelle: une tonne de ces insectes, soit une fraction d’un essaim moyen, consomme en un jour autant de nourriture que 2'500 personnes !
Une autre source de la pénurie alimentaire est la spéculation financière pratiquée par des commerçants locaux sans scrupules. Les sacs de mil que j'ai achetés en février 2008 pour Mouni coûtaient 12'500 F CFA les 100 kg (env. CHF 32.-). Aux dernières nouvelles et sans véritable justification (il n'y a pas eu de nouvelle récolte entre-temps!), ce prix était de 20'000 F CFA en août 2008 sur le même marché de Ouahigouya (env. CHF 50.-, soit + 60% en 6 mois!).
Dans ces conditions, les habitants des zones rurales veulent acheter des céréales pour compenser le déficit de leurs propres récoltes et pour cela ils vendent les quelques animaux élevés dans les villages. Vu la pléthore de l'offre, le prix des animaux chute, permettant à d'autres commerçants de s'enrichir à leur tour au détriment des populations démunies...
Depuis plus de 10 ans que je vais régulièrement une ou deux fois par année dans cette région que j'aime et où les gens sont dignes et attachants, j'ai développé un petit réseau d'amis sûrs, fiables et aux compétences diverses. C'est à travers certains d'entre eux et pour leurs villages d'origine (*) que j'ai décidé de «faire quelque chose». Mes moyens étant limités, j'ai fait appel à la solidarité et à la confiance de mes relations en Europe et surtout en Suisse.
Aujourd'hui une nouvelle opération est lancée, participez-y!
Nous ne vaincrons pas la famine, nous ne renverserons pas la société spéculatrice et injuste. Mais nous soulagerons quelques familles dans le besoin et certainement contribuerons à sauver quelques vies...
Merci d'avance pour votre signe de solidarité.
Gilbert Cujean, 8.9.2008
P.S.– À ma demande, mon ami Djibril a fait un petit historique de 3 villages de la région d'Arbinda. Ce document comprend nombre de renseignements intéressants sur le contexte humain, social et économique de ces villages.
(*) Mouni pour Abdoulaye; Arbinda, Gorguél, Dalla, N'Goroua et Sénaikaye pour Djibril.
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