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Il y a un intérêt de santé publique majeur à réduire l’usage des antibiotiques. Cette étude anglaise ouverte randomisée, conduite dans 64 cabinets de médecine générale au Royaume-Uni, a inclus des patients de plus de 40 ans avec une BPCO pour voir l’effet du dosage de la CRP (protéine C-réactive) sur la prescription d’antibiotiques par rapport à la prise en charge standard. Les patients avec une exacerbation de BPCO présentant au moins un des trois critères d’Anthonisen (aggravation de la dyspnée, augmentation du volume des expectorations et/ou de la purulence) étaient inclus. Les patients immunosupprimés ou avec une maladie inflammatoire, ceux dont l’état clinique était inquiétant ou nécessitant des antibiotiques pour une autre raison, ceux avec des antécédents de ventilation aux soins intensifs, ceux déjà sous antibiotiques, les femmes enceintes et les patients avec une mucoviscidose étaient exclus. 653 patients d’un âge moyen de 68 ans ont été enrôlés. La majorité des patients avaient une BPCO GOLD stade II (54,8 %) ou III (28,1 %). Les deux buts primaires étaient l’administration d’antibiotiques pour la décompensation de BPCO dans les quatre semaines et l’état clinique des patients à deux semaines mesuré par le Clinical COPD questionnaire. Le groupe avec dosage de la CRP a reçu moins d’antibiotiques que le groupe contrôle (57 versus 77,4% ; OR 0,31 ; IC 95 % : 0,20-0,47), il n’y avait pas de différence cliniquement pertinente mesurée avec le Clinical COPD questionnaire à 2 semaines entre les deux groupes. Le nombre de patients hospitalisés dans les six mois était faible (28 dans le groupe contrôle et deux décès non causés par la BPCO versus 26 dans le groupe CRP).
Commentaire : Les auteurs recommandent plutôt de ne pas donner d’antibiotiques pour une CRP < 20 mg/l et de l’envisager pour une CRP entre 20- 40 mg/l surtout en cas de purulence des expectorations. Si la CRP est > 40 mg/l, les antibiotiques sont probablement utiles mais les auteurs insistent sur le fait que l’évaluation globale du clinicien est prépondérante dans la décision. Cette étude pragmatique montre que la mesure de la CRP alliée au jugement Clinique permet, pour un coût raisonnable, d’éviter une antibiothérapie chez des patients sélectionnés avec une BPCO.