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Leetso, la poussière jaune qui pollue l’eau des Navajos
Leetso, c’est le nom que les indiens navajos donnent à l’uranium. En 40 ans, et souvent dans le plus grand secret, quatre millions de tonnes ont été extraites de la réserve.
Aujourd’hui, les compagnies sont parties, la pollution est restée. Dans le sud-ouest des Etats-Unis, un reportage de Marion Urban dans la réserve navajo, un territoire qui s’étend sur quatre Etats, Nouveau Mexique, Colorado, Utah et Arizona.
Les Navajos vivent sur un territoire qui contient l’une des plus grands nappes aquifères du sud-ouest américain. Mais 38% d’entre eux n’ont pas d’eau courante et 31% ont recours à l’eau des puits, des rivières et des sources naturelles. Une grande partie de ces ressources en eau ont été contaminées par l’uranium, "leetso", la poussière jaune en langue navajo.
Entre 1944 et 1986, quatre millions de tonnes d’uranium ont été extraites de la réserve. Lorsque les compagnies se sont retirées, elles ont laissé les sites en l’état, à ciel ouvert et non sécurisés. Les équipes de nettoyage ne sont arrivées que des décennies après, se contentant d’un enfouissement sommaire des déchets. Les sols et l’eau de la région sont restés contaminés dans plusieurs endroits de la réserve, contraignant les habitants à chercher l’eau pour leur consommation personnelle.
Sur 521 sites identifiés, seuls trois ont été décontaminés faute de moyens financiers et de volonté politique car les sociétés minières sont prêtes à revenir à la première hausse des prix de l’uranium et lorgnent toujours sur la nappe aquifère qui dort sous les pieds des Navajos.
Marion Urban a rencontré Bob et Shawna Robbins, habitants de la réserve dans la région de Cameron en Arizona. Tommy Rock, agent de la commission régionale de protection de l’environnement (EPA) et spécialiste de la question de la contamination des ressources alimentaires traditionnelles. Edith et Berta, habitantes de la réserve navajo dans la région de Church Rock au Nouveau-Mexique, qui ont participé aux enquêtes sur la contamination par l’uranium. Leona Morgan, membre-fondatrice de l’organisation anti-nucléaire Diné No Nukes, qui essaie de rassembler les jeunes Navajos contre le retour des sociétés minières.
Un reportage réalisé avec l'aide de Robert Tohe, organisateur-animateur des groupes de base du Sierra Club, l’une des plus anciennes organisations de protection de l’environnement des Etats-Unis.