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L’Université de Genève en tête du classement de Shanghai parmi les universités de Suisse romande. Pour la vingtième année de suite, Shanghai Ranking Consultancy a publié en août dernier, le classement des 1000 meilleures universités mondiales. A-t-on plus de chance au niveau du recrutement professionnel si on provient d’une université bien notée ? Analyse.
Quand les étudiant·es débutent leur cursus universitaire, ils·elles ne peuvent s’empêcher de penser à leur future carrière professionnelle. Vont-t-ils·elles trouver un emploi facilement ? Y a-t-il une différence de traitement en fonction de l’établissement universitaire duquel les étudiant·es proviennent ?
Chaque année, Shanghai Ranking Consultancy publie le classement académique des 1000 meilleures universités mondiales dans le but d’évaluer la qualité des institutions. Le classement de Shanghai, publié pour la toute première fois en 2003, évalue les universités mondiales selon un indice unique calculé à partir de six critères quantitatifs :
- Le nombre de prix Nobel et de médailles Fields parmi les diplômés ;
- Le nombre de prix Nobel et de médailles Fields parmi les enseignants-chercheurs ;
- Le nombre de publications dans les revues Science et Nature ;
- Le nombre de chercheurs les plus cités dans leurs disciplines ;
- Le nombre d’articles indexés dans Science Citation Index et Social Sciences Citation Index ;
- La performance académique, mesurée par ces cinq indicateurs, divisés par le nombre d’enseignants-chercheurs.
La méthode utilisée pour établir le classement, ainsi que la pertinence de ce dernier sont vivement critiquées. En effet, il n’y a aucun critère qui évalue le niveau des étudiant·es diplômé·es, ni la qualité de l’enseignement au sein de l’établissement, malgré le fait que la principale activité des universités classées est l’enseignement et la formation professionnelles des élèves qui, pour la grande majorité, ne se prédestinent pas à la recherche.
Où sont classées les meilleures universités suisses ?
En 2022, les universités américaines s’accaparent les premières places du classement. En effet, l’Université de Harvard est pour la 20ème année consécutive élue comme étant la meilleure institution académique du monde. L’Université de Stanford et le Massachusetts Institute of Technology, tous deux également américains, complètent le podium. Variant très peu d’une année à une autre, ce sont toujours les mêmes universités qui se retrouvent dans le haut de classement.
La meilleure université suisse, à ce jour, figure au 20ème rang. Il s’agit de l’École polytechnique fédérale de Zurich. L’institution a gagné une place en 2022 par rapport à l’année précédente, notamment pour ses études en génie civil, et en sciences et ingénierie de l’environnement. L’Université de Zurich vient ensuite, classée à la 59ème place.>
Qu'en est-il de la Suisse romande ?
En 2022, l’Université de Genève (UNIGE) est la seule représentante suisse romande dans le top 100 du classement de Shanghai, elle figure à la 62ème place. S’en suivent l’École polytechnique fédéral de Lausanne (EPFL) et l’Université de Lausanne (UNIL) qui se situent respectivement entre la 101ème et la 150ème place. Les autres institutions romandes se situent loin derrière : en effet, on retrouve l’Université de Fribourg (UniFR) classée entre la 501ème et la 600ème place et l’Université de Neuchâtel (UniNE), non-classée.
Les chiffres en défaveur de l'UNIGE
Notre analyse se base sur les derniers rapports d'insertion professionnelle de chaque université romande, tous publiés en 2018.
Figurant en tête du classement de Shanghai en ce qui concerne les institutions suisses romandes, l'Université de Genève détient le taux d'activité moyen le plus bas de Suisse romande avec 80.4%, alors que la moyenne suisse tend à 87.6%. Cela correspond au pourcentage de personnes exerçant une activité rémunérée, un an après l’obtention de leur diplôme niveau master. Il s'explique notamment par une compétitivité forte pour des profils universitaires sur le marché du travail romand, ainsi que la difficulté pour ceux-ci de trouver un premier emploi, en comparaison à d'autres régions.
A contrario, l'Université de Fribourg, qui, elle n'a pas une position favorable dans le classement de Shanghai, affiche, avec 93.4%, le meilleur taux d’insertion professionnelle de Suisse romande.
Est-ce qu’être en bas de classement, voire pas classée, signifie moins de chance sur le marché du travail ? Vraisemblablement non, puisque même l’Université de Neuchâtel, qui se classe au-delà de la 1000ème place, possède un meilleur taux d’activité moyen un an après l’obtention du diplôme niveau master (87%) que l’Université de Genève (80.4%).
L'université: un facteur important pour les entreprises ?
À la fin de son master en sciences et communication de l'EPFL, Maxime Buser a obtenu pas moins de quatre offres d'emploi sans même avoir postulé. "Peut-être que ceci est lié à la forte demande qu'il y a en sécurité informatique", commente-t-il.
Sandro S., spécialiste en recrutement chez Careerplus, analyse : "Avant, les grandes sociétés pouvaient exiger que des gens soient issus d'une université prestigieuse, mais avec la crise actuelle dans le recrutement, les exigences ont baissé et ce n'est désormais plus un point important."
Par Charlotte Buser et Mathilde Schott
Crédit photo mise en avant: Keystone/Salvatore Di NolfiCe travail journalistique a été réalisé pour le cours “Publication, édition et valorisation numérique”, dans le cadre du master en journalisme de l’Académie du journalisme et des médias (AJM) de l’Université de Neuchâtel.