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Les objectifs de la Suisse en matière de politique du développement sont de lutter contre la pauvreté, de créer des perspectives et d’encourager un développement durable sur place. L’idée de coupler la coopération au développement avec les nécessités en matière de politique d’asile remet en question ces objectifs. Caritas Suisse est d’avis qu’il ne faut pas faire dépendre l’engagement de la Suisse en matière de politique du développement de ses intérêts en matière de politique de l’asile. Cela vaut également pour l’Érythrée.
Il n’est toujours pas possible de placer l’Érythrée parmi les pays prioritaires de la Direction de la coopération et du développement (DDC). D’abord, le régime érythréen ne se montre pas prêt à entamer une coopération plus approfondie avec la Suisse et à ouvrir le dialogue sur la question des droits humains. D’autre part, la politique restrictive et hostile aux droits de l’homme de l’Érythrée ne permet pas à la Suisse d’établir des contacts avec des partenaires de la société civile et donc, de mettre en œuvre des programmes de développement. Dans le cadre de sa politique du développement, la Suisse ne verse pas d’argent directement aux gouvernements, et il serait faux de croire que des fonds suisses d’aide au développement pourraient servir de levier pour obtenir de l’État bénéficiaire des concessions dans le domaine de l’asile.
Ni l’ONU ni la Suisse n’ont obtenu ces dernières années de réelles avancées dans leurs efforts de coopération avec le régime érythréen. La situation politique, économique et des droits humains reste très problématique en Érythrée. Les conditions d’un accord de réadmission ne sont absolument pas réunies. Tant qu’il ne sera pas possible d’inspecter les prisons érythréennes ou de vérifier la situation des Érythréens qui rentrent dans leur patrie, le droit international ne permettra pas de renvoyer les requérants d’asile vers ce pays. Par bien des aspects, la marge d’action de la Suisse envers le régime érythréen est très restreinte. La Suisse doit donc continuer de coordonner ses activités avec les autres pays d’Europe et de rester active au plan multilatéral au sein du Conseil des droits de l’homme de l’ONU – notamment dans le but de soutenir et renforcer les acteurs de la société civile. Mais les conditions qui permettraient une coopération au développement pleine et entière n’existent pas.