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Certaines orques s'offrent des vacances au soleil pour muer
Même si les fameuses "baleines tueuses" suscitent un vif intérêt du public, les scientifiques connaissent en réalité peu de choses de leur comportement. Et ils ignoraient même jusqu'alors avec certitude si les orques, aussi appelés épaulards, migraient ou non.
Pour en apprendre plus à leur sujet, John Durban et Robert Pitman du Service des Pêches des Etats-Unis ont équipé douze orques de "type B" d'une balise satellitaire en janvier 2009. Les orques de "type B" peuplent les eaux côtières de l'Antarctique près de la banquise, lieu le plus propice pour la chasse au phoque et aux manchots.
La moitié des balises placées sur la nageoire dorsale des orques par l'équipe de biologistes américains a cessé de fonctionner au bout de trois semaines, mais les six restantes ont prouvé durant deux ans que ces cétacés étaient d'étonnants voyageurs. "Nos orques marquées ont emprunté le chemin le plus court en direction des eaux chaudes, au nord de la zone de convergence subtropicale, ralentissant leur vitesse de nage au fur et à mesure que les eaux se réchauffaient", expliquent les auteurs de l'étude, publiée par la revue Biology Letters de la Royal Society britannique.
Les cétacés de cinq tonnes ont en effet traversé l'Atlantique à une vitesse de croisière pouvant atteindre 10 km/h, depuis les îles Malouines jusqu'aux eaux tropicales situées au large des côtes de l'Uruguay et du Brésil. "L'une des orques est retournée en Antarctique après avoir parcouru 9400 km en seulement 42 jours", souligne l'étude.
Si l'étude apporte la première preuve de migration des orques sur de longues distances, elle n'est toutefois pas parvenue à expliquer avec certitude les raisons de ces migrations, effectuées en ordre dispersé par des individus isolés. Il ne s'agit vraisemblablement pas d'une migration liée à la recherche de nourriture ou à la reproduction, un nouveau-né ne pouvant supporter un tel périple.
John Durban et Robert Pitman pensent plutôt que les orques entreprennent leur odyssée pour pouvoir muer en toute sécurité! Les cétacés ont en effet périodiquement besoin de réparer et de renouveler leur peau, notamment pour se débarrasser d'algues unicellulaires qui s'y incrustent.
Mais les orques risqueraient de ne pas survivre si elles faisaient leur mue dans des eaux dont la température en surface ne dépasse pas 1,9°C. A l'inverse, les eaux tropicales vers lesquelles ils se dirigent ont une température comprise entre 21 et 24°C en moyenne. "Notre hypothèse est que ces migrations ont une motivation thermique", concluent les auteurs de l'étude.