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Ignace est essentiellement un homme de l'incarnation. Qu'il s'agisse de vérifier les inspirations du Saint-Esprit, d'évaluer l'authenticité de la prière, de prendre les bonnes décisions dans le gouvernement de son Ordre, de trouver un chemin de fidélité envers l’Église hiérarchique, la référence au corps est un critère pour lui. Et le corps, c'est aussi bien celui du Christ, que le corps social de la Compagnie ou le corps de n'importe quel homme.
Le constat s'impose : depuis quelques années, le fait religieux n'est plus un sujet rébarbatif dans les médias occidentaux. Bien au contraire. La régularité avec laquelle reviennent dans les quotidiens, les magazines et les revues, à la télévision et à la radio les dossiers consacrés aux questions religieuses, au sens large, laisse à penser que celles-ci intéressent un public de plus en plus vaste et qu'elles sont devenues un thème «vendeur». L'apparition d'une page «religion» dans certains quotidiens est également un signe de cette évolution. Le temps où la presse s'attachait à évoquer le «déclin du religieux» (années 60) semble très lointain. Aujourd'hui, elle préfère parler de «retour du religieux», de «réveil spirituel», de «nouvelles spiritualités», voire de «triomphe des religions». Ainsi, en l'espace d'une trentaine d'années, l'appréhension médiatique du fait religieux s'est profondément modifiée. Elle a suivi pour l'essentiel les métamorphoses qui ont caractérisé le champ religieux, mais elle a aussi répondu à des impératifs commerciaux.