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Le traitement des eaux usées, comme ici à la STEP de Mendrisio (TI), a connu un développement drastique depuis environ 60 ans (archives).
Keystone/ALESSANDRO DELLA BELLA(sda-ats)
La baignade dans les lacs et rivières de Suisse est aujourd'hui une évidence. Mais cela n'a pas toujours été le cas. La Confédération a investi des milliards de francs dans le traitement des eaux usées. Cette année, elle versera les 10 derniers millions.
Dans les années 1950, les eaux suisses étaient encore fortement polluées par les eaux usées provenant des villes et de l'industrie. Il n'était pas rare de voir des panneaux "Bain interdit - Eau polluée" au bord des lacs, indique l'Office fédéral de l'environnement dans un dossier publié à l'occasion de la Journée de l'eau mercredi.
Présence de mousse et de déchets, puanteur, mortalité élevée des poissons, tels étaient les maux dont souffraient fréquemment les lacs et rivières. Mais en 1967, le peuple suisse exige un changement via une initiative populaire sur la protection des eaux contre la pollution.
130'000 km de canalisations
Le monde politique empoigne le problème et investit depuis des milliards dans la construction de canalisations et de stations d'épuration. Aujourd'hui, le réseau de canalisations atteint 130'000 kilomètres, soit trois fois le tour de la Terre, et le pays compte 800 STEP.
La construction de ces infrastructures a coûté environ 50 milliards de francs, dont 5,3 milliards ont été octroyés par la Confédération sous forme de subventions. Dix derniers millions iront encore cette année aux communes pour soutenir des projets d'évacuation des eaux. Ce montant constitue la dernière tranche du soutien fédéral.
Taxes communales
En Suisse, c'est le principe du pollueur-payeur qui prévaut. Les communes et les associations de gestion des eaux usées prélèvent une taxe dont le montant varie d'une localité à l'autre. Un foyer de quatre personnes dépense entre 20 et 70 francs par mois pour l'épuration de ses eaux usées.
Reste le problème des canalisations privées, souvent négligées, qui relèvent de la responsabilité des propriétaires, relève Damian Dominguez, de l'OFEV. Les cantons et les communes sont bien conscients du problème.
Le défi des micropolluants
Un autre défi réside dans les micropolluants, tels les médicaments, les produits phytosanitaires, les produits chimiques ou les hormones. Ces substances ne peuvent pas être éliminées par les STEP et continuent de se retrouver dans l'environnement.
Cette pollution reste problématique pour la faune, selon l'OFEV. La Confédération a créé en 2016 une base légale visant à réduire la quantité de micropolluants qui se déversent dans les eaux des STEP. Les nouveaux traitements au charbon actif éliminent 80% des micropolluants.
L'OFEV espère que d'ici 25 ans, environ la moitié des eaux usées communales soient filtrées selon ces nouvelles méthodes. Les coûts seront pour l'essentiel couverts par une taxe sur les eaux usées, prélevée auprès de toutes les stations d"épuration.
Son montant ne dépassera toutefois pas 9 francs par habitant et par an et elle ne sera prélevée que jusqu"en 2040. L'argent collecté contribuera aux investissements nécessaires et une STEP sera exemptée de la taxe dès qu'elle aura pris des mesures pour réduire les micropolluants.
ATS