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En 2011, Sepp Blatter, alors président, avait décidé d'introduire des indépendants dans l'institution, sur les conseils notamment de Mark Pieth. Or "les personnes maintenant en place se sont données le droit de les virer", a relevé l'ancien conseiller. "Cela signifie qu'on retombe dans le Moyen-Âge de Blatter", a-t-il poursuivi, alors que cela fait un peu plus de 100 jours que Gianni Infantino a pris la présidence de la FIFA.
Gianni Infantino "n'a pas compris l'essence de la réforme et maintenant il est en train de détruire la réforme", a assuré Mark Pieth, en estimant que le nouveau président agit ainsi "pour ses propres intérêts".
"Il faut arrêter avec l'auto-régulation", a ensuite soutenu le professeur bâlois, qui a dirigé l'ouvrage "Reforming FIFA" (2014). Selon lui, il faut "imposer un contrôle étatique", par la Suisse et par d'autres pays.
>> Voir l'interview de Mark Pieth:
L'affaire de l'enregistrement
Tout aurait basculé lors du Congrès au Mexique, mi-mai. Comme le démontre un enregistrement volé, Gianni Infantino aurait cherché à se débarrasser de l'auditeur Domenico Scala, à cause notamment du salaire que ce dernier lui proposait.
Pour la FIFA, ces propos ont été tirés de leur contexte et mal interprétés. Pourtant, lors du congrès, le président a fait discrètement voter une décharge qui lui permet de licencier les membres des commissions indépendantes, tel que Domenico Scala. Depuis, ce dernier a démissionné de lui-même.
Selon de récentes révélations, Domenico Scala aurait donné son accord à des salaires frauduleux. "Taper sur Scala permet de déplacer les feux des projecteurs", a réagi Mark Pieth, en estimant que ces critiques manquent de précisions.
"La nomination de la nouvelle secrétaire générale, du 'blatterisme'"
Deuxième faute aux yeux de Mark Pieth, le choix de la nouvelle secrétaire générale, la Sénégalaise Fatma Samoura. Selon lui, elle n'a pas été sélectionnée correctement. "La procédure normale, ce n'est pas de choisir moi-même une personne que j'ai connue lors d'un dîner", a lancé le professeur, en estimant que cette façon de faire "c'est du 'blatterisme'".
La FIFA a également réfuté que la nomination n'avait pas été menée dans les règles.
Jean-Marc Heuberger/bri