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Système de tir Baranoff
Utilisé par l’armée suisse dès 1924, ce procédé sert à simuler le tir des canons d’artillerie afin d’assurer la formation des officiers d’artillerie. Il comprend une carte en relief surmontée d’un système de pointage complexe formé de manivelles et de roues, qui fait descendre une petite boule rouge à l’endroit où l’obus est supposé tomber. Le système de simulation de tir Baranoff nécessite entre 3 et 6 personnes pour le manœuvrer et est utilisé dans de nombreuses casernes en Suisse jusqu’en 1978.
En savoir plus:
L’appareil de tir fictif appelé généralement « Baranoff » est l’ancêtre des simulateurs de tir actuels. Il porte le nom de son inventeur, André Baranoff, lieutenant d’artillerie de l’armée française d’origine russe. Déjà mentionné dans des notes en 1919, il fait l’objet d’un brevet en 1921 et de nombreux articles de journaux dans les années qui suivent, suscitant un grand intérêt à l’échelle internationale. En 1923, une demande d’acquisition est approuvée par le Conseil Fédéral et le premier appareil Baranoff de Suisse est installé à Thoune l’année suivante. Trois appareils supplémentaires s’ajoutent jusqu’en 1928 dans les casernes de Bière, Kloten, et Frauenfeld, tandis qu’une version ultérieure, plus perfectionnée, rejoint l’arsenal cantonal de Berne en 1934. La surface de relief, à une échelle de 1:1000 (1 mètre sur la carte correspond à 1 kilomètre dans la réalité), varie pour les trois séries, mais seule la dernière pouvait être couverte dans son intégralité sans procéder à un réagencement de l’appareil. Les simulateurs Baranoff étaient utilisés par les aspirants et officiers d’artillerie non seulement lors des obligations de service normales, mais également lors de deux weekends par an consacrés à un « cours aux appareils de tir fictif ». Grâce au processus de simulation, il est possible de corriger de manière immédiate et de recommencer, tout en offrant des conditions favorables (à l’abri des intempéries). Il s’agit donc également pour l’armée d’une économie financière considérable.
Le simulateur de tir Baranoff conservé au Château de Morges était en fonction sur la place d’armes de Bière jusqu’en 1978. Il permet de simuler le tir d’artillerie de pièces de plusieurs calibres (du canon de 7,5 cm à l’obusier lourd de 15 cm) et de différentes charges, en considérant également la dispersion balistique et atmosphérique. Son relief représente le secteur de Rüeggisberg, près de Thoune, à l’échelle 1 :1000 (4 km2). L’intérêt particulier d’une telle zone est son relief accidenté, qui permet de mieux préparer les officiers au terrain montagneux du pays : pour cette raison, les appareils Baranoff installés en Suisse se distinguent des modèles français qui représentent la zone de Verdun. L’appareil permet au commandant de tir d’observer et de commander le tir depuis plusieurs postes d’artillerie tirant depuis des positions se trouvant à des distances de 5 à 10 km, de jour comme de nuit (en installant une petite lampe). Le fascicule du brevet présente le système de manière simplifiée comme suit : «La présente invention se rapporte à une installation pour tirs réduits permettant à un instructeur d’expliquer les règles particulières du tir de l’artillerie. Cette installation est caractérisée par un plan dit ‹d’observation› figurant en relief la contrée que l’on doit battre d’obus et par un plan dit ‹de manœuvre› qui est constitué par une carte de la même contrée, à la même échelle que le relief sous-indiqué, et sur lequel peut se mouvoir une pièce fictive».
Pour aller plus loin:
- Habegger, Henri, et Wermelinger, Hugo, « De l’appareil Baranoff au simulateur d‘artillerie 77 », Bulletin des membres de l'Association du musée suisse de l'armée, 2005 (1-2), p. 15-23.
- De Montmollin, Louis, « L’appareil de tir fictif Baranoff », Revue Militaire Suisse, 1926 (71), p. 205-221.