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FAQ sur le vaccin VSV-ZEBOV
Le vaccin VSV-ZEBOV a été développé par des chercheurs canadiens, et fabriqué par IDT Biologika, une entreprise allemande, qui a produit les doses de vaccin sous licence de NewLink Genetics (USA), l'entreprise qui en détient les droits de production et de commercialisation. Sa production a respecté les standards les plus rigoureux en matière de médicaments (GMP).
Voir également l'infographie: « Le vaccin VSV-ZEBOV contre le virus Ebola »
Le vaccin VSV-ZEBOV est constitué à partir d’un virus peu dangereux pour l’humain – le virus de la stomatite vésiculaire (VSV) – qui a été modifié pour arborer une protéine qui se trouve sur le virus Ebola. Ce sont ces protéines qui devraient déclencher une réponse immunitaire chez les personnes vaccinées, sans aucun risque de déclencher la fièvre Ebola.
Le virus VSV est facilement éliminé par le corps humain et ne provoque, au pire, que des symptômes comparables à ceux d’une grippe pendant 2 à 4 jours. De plus, la souche VSV utilisée a été atténuée pour limiter encore ces symptômes. Mais comme le vaccin VSV-ZEBOV est un « nouveau virus », ses effets pourraient être un peu différents.
Les vaccins “vivants” mais atténués sont généralement plus efficaces que les vaccins basés sur l’injection de protéines virales seules. Ils sont déjà couramment utilisés, par exemple pour la vaccination contre la poliomyélite, les oreillons ou la rougeole. Leur principal avantage est de déclencher une réponse immunitaire plus robuste: ils ne nécessitent généralement pas de vaccination de rappel.
L’utilisation du VSV pour la vaccination présente encore d’autres avantages:
• S’agissant d’un virus à ARN, son matériel génétique ne s’intègre pas dans l’ADN humain.
• Comme le VSV n’infecte généralement pas l’humain, les virus contenus dans ce vaccin ne peuvent pas se recombiner avec des souches humaines du virus.
• Très peu de personnes ont été exposées à ce virus: l'immunité de base de la population humaine contre le VSV est très faible, ce qui devrait rendre la vaccination d’autant plus efficace.
Le VSV a également été utilisé pour développer des vaccins expérimentaux contre le virus HIV (sida). Des essais réalisés sur la souris et les singes avec un VSV modifié ont aussi donné d'excellents résultats pour traiter des mélanomes, des cancers du poumon ou du colon, et des tumeurs cérébrales.
25. Ce vaccin est-il protégé par des "droits de propriété intellectuelle" qui empêchent d’autres laboratoires de le produire?
Le gouvernement canadien détient la propriété intellectuelle associée au vaccin VSV-ZEBOV. Toutefois, en 2010, il a accordé une licence sur les droits de production et de commercialisation à la société NewLink Genetics (USA). En novembre 2014, NewLink Genetics a signé un accord aux termes duquel elle transmet ces droits à la société Merck.
Pour qu’un vaccin soit efficace, il faut qu’il stimule le corps à produire des anticorps capables de neutraliser le virus Ebola. Le vaccin VSV-ZEBOV devrait induire une bonne réponse-anticorps, car il se multiplie pendant quelques jours dans le corps avant d’être éliminé. S'il déclenche chez l’humain une réponse immunitaire contre le virus Ebola aussi bonne que celle observée chez le singe, une seule injection pourrait permettre une protection très élevée et très durable.
Prof. Bernard Hirschel, président de la Commission cantonale de l'éthique de la recherche (Genève): «Entre le VIH du sida et le virus Ebola, il y a une grande différence. La personne infectée par le VIH développe une réaction immunitaire avec production d'anticorps, mais ne parvient pas à vaincre la maladie. Avec Ebola, la personne qui survit à la maladie devient immunisée contre le virus. Il y a donc un grand espoir que les vaccins soient efficaces.»
27. Est-il possible que le virus Ebola mute – comme le fait celui de la grippe – et que le vaccin devienne inefficace?
Cela ne peut pas être exclu, même si le virus Ebola ne fait pas partie des virus qui mutent tout le temps, comme celui de la grippe ou celui du sida. Il est donc peu probable que le virus Ebola-Zaïre (la souche qui provoque l’épidémie actuelle) connaisse une mutation assez importante pour que le vaccin devienne inefficace – mais on ne peut pas exclure cette éventualité. Selon le mode de transmission et le taux de mortalité observés, le virus actuel est très semblable à celui identifié en 1976 au Zaïre (actuellement République Démocratique du Congo).
Si le vaccin VSV-ZEBOV marche aussi bien chez l’humain que chez le singe, on pourrait s’attendre à un début de protection après 2 semaines, et à une bonne protection après 4 semaines. Mais, à ce jour, on ignore toujours si le vaccin va provoquer la fabrication d’anticorps, et si ces anticorps seront capables de neutraliser l’enveloppe du virus Ebola qui provoque la maladie.
Si le vaccin VSV-ZEBOV marche aussi bien chez l’humain que chez le singe, on pourrait s’attendre à une protection prolongée. Par analogie avec l’administration d’autres vaccins "vivants", comme ceux de la rougeole ou de la fièvre jaune, il est possible qu'une seule injection – d'une dose adaptée qui reste à déterminer – soit suffisante pour assurer une protection prolongée, voire à vie.
30. Pourra-t-on vacciner des tout jeunes enfants? Et des animaux, notamment ceux qui pourraient potentiellement transmettre le virus à l'humain?
La question des enfants, des femmes enceintes et des personnes âgées est importante, parce qu’ils paient un lourd tribut à la maladie Ebola. Mais les premiers essais de vaccination avec le VSV-ZEBOV se limiteront d’abord aux personnes de 18 à 65 ans. Des études ultérieures devront déterminer si ce vaccin peut aussi être sûr et efficace chez des enfants, des personnes âgées, etc.
Pour les femmes enceintes, la prudence est la règle lorsqu’il s’agit de vaccins vivants capables de se multiplier, comme c’est le cas du VSV-ZEBOV. L’autre vaccin testé au CHUV, qui ne se multiplie pas, pourrait être un meilleur candidat pour elles.
Impossible par contre d’envisager une vaccination des animaux pour empêcher la transmission à l’homme, parce qu’il est vraisemblable que les chauves-souris soient le réservoir principal du virus.
31. Si le vaccin fonctionne bien, y a-t-il un espoir pour que l'on puisse aussi l'utiliser sur des personnes qui ont déjà contracté le virus Ebola?
Les tests préliminaires réalisés sur les singes laissent penser que le vaccin offre une certaine protection s’il est administré dans les minutes ou les heures après la contamination par le virus. Mais ces résultats nécessitent encore confirmation. La vaccination est un des traitements expérimentaux qui peuvent être proposés aux personnes contaminées.