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C'est en Egypte qu'ils sont utilisés pour la première fois afin de retrouver les blessés lors des batailles.
Il faudra attendre le 18 ème siècle pour que le chien retrouve cet emploi très utile pour les humains. Les pays précurseurs ont été : la Belgique et l’Allemagne en 1885.
En France, le chien n'est pas une priorité pour l'armée. La première "Société du Chien Sanitaire" apparaît en 1908 grâce à des civils comme M. Lepel-Cointet et le docteur Granjeux, appuyés par le capitaine Tolet qui s'est formé en Allemagne.
En mars 1911 enfin, le ministère de la guerre veut bien admettre la nécessité d'un chenil militaire pour la formation des chiens sanitaires, dirigé par le capitaine Tolet. La Société nationale du chien sanitaire (fonds privés) va garantir tous les frais nécessaires à son fonctionnement. Ce chenil est implanté à Avon-Fontainebleau.
Les chiens seront conduits par des infirmiers-instructeurs et des brancardiers. Dès le début du conflit de la 1ère Guerre mondiale, l'armée française dispose royalement de 250 chiens sanitaires dont plusieurs sauveront de nombreuses vies humaines, comme ce "Truc", un Beauceron qui récupérera 148 blessés.
En Suisse, le cynologue et peintre animalier, J. Bungartz, va fonder en 1893 "l'Association pour les chiens sanitaires" et en 1903 va paraître le premier ouvrage sur le sujet "Guide pour le dressage et l'utilisation du chien sanitaire", sous la plume du capitaine A. Berdez, originaire de Berne. Celui-ci va créer l'année suivante "l'Association Suisse pour les chiens sanitaires et chiens de guerre" à Zurich. Le 14 août 1904 a eu lieu le premier examen pour chien de guerre et de police. On y voit surtout des Airedales et des Colleys, mais c'est le Berger Allemand qui sera définitivement choisi pour ses qualités de nez et ses aptitudes. La renommée de ces formations va dépasser les frontières et plusieurs pays viendront chercher des chiens dressés, à tel point que le conseil fédéral va interdire les exportations le 7 août 1914. Le premier cours pour conducteur de chien militaire va avoir lieu à Berne sous la direction du capitaine Studer. C'est le groupe soleurois du chien de berger qui organisera les premières épreuves publiques de chiens sanitaires. Le colonel Henri Guisan parvient à généraliser le chien de l'armée en 1928 et un centre se créera à Bex en 1934 pour le dressage. Monsieur Guisan, devenu entre temps Général en chef de la Suisse, a toujours voué toute son attention à la formation de nos chiens de guerre.
Pendant la guerre de 1939-1945, un centre d’entraînement est organisé au Lac Noir dans le canton de Fribourg où environ 100 chiens étaient en formation.
Le chien sanitaire est l’ancêtre du chien de catastrophe (REDOG) et d’avalanche.
Le rôle du chien sanitaire
Son rôle est de rechercher les blessés et prévenir son maître afin qu'on leur porte secours.
C'est un travail de recherche sur terrain, découvert ou boisé, accidenté ou non.
Aujourd'hui on nomme cela la "recherche en surface".
Le travail sanitaire exige un chien en bonne condition physique, aimant courir et chercher. Il doit aimer côtoyer les humains et avoir un très bon rappel. Pour l’apprentissage du travail du «témoin » ou « bringsel » (Suisse, Allemagne) le chien doit maîtriser le rapport et avoir du plaisir à porter toutes sortes d’objets.
La discipline « sanitaire » comprend trois niveaux : les classes ChS1, ChS2, ChS3. Chacun des niveaux comprend d’une part le travail de quête (recherche de blessés et objets) et d’autre part les exercices d’obéissance.
Cette discipline est idéale pour les chiens de taille moyenne à grande. Les très petites races comme les très grandes en sont désavantagées.
A l’époque, les quêtes sanitaires étaient variées et ardues : gravières avec pièces d’eau à traverser, bois touffu et difficiles d’accès avec déjà des… ronces. La majorité des conducteurs était en Suisse allemande. Le premier championnat suisse de chiens sanitaires de la SCS fut organisé en 1949. En octobre 1963, dans le cadre du 100e anniversaire de la Croix-Rouge internationale, le championnat suisse des chiens sanitaires se déroula à Fribourg, organisé par la société Canine de Fribourg.
Actuellement, la classe sanitaire est en plein développement. De nombreux cours et concours sont organisés, ce qui n’a pas toujours été le cas.
Concernant la Suisse romande, la participation des chiens sanitaires au Championnat Romand de la Fédération Romande de Cynologie (FRC) était plus que modeste et ne permettait pas de décerner le titre. C’est en 1962 que le premier titre de «Champion Romand » pour la classe sanitaire a été décerné avec la participation de 6 conducteurs
Actuellement, seule la Suisse possède des chiens sanitaires qui participent à des compétitions sur un programme qui se rapproche des conditions réelles, avec exercices d'obéissance et recherche de personnes ou d'objets.
Le travail de flair ou Quête de pseudo-blessé
Le chien est équipé d’une « chabraque » portant une croix rouge afin qu’il puisse être identifié comme sauveteur, à son collier est accroché un témoin ou « bringsel ».
Le chien doit être capable de quêter de jour comme de nuit, sur terrain plat ou accidenté. Il ne doit pas se laisser distraire par le gibier ou par des bruits intempestifs.
Pour chercher le chien est dirigé pour battre le terrain, de gauche à droite, a partir d'une ligne médiane où avance le conducteur, c'est la "quête croisée". Lorsque le chien trouve un blessé, il le signale à son maître en lui apportant le "bringsel" qu’il porte dans sa gueule en revenant vers son conducteur. A vive allure et par le chemin le plus court le chien doit guider le conducteur à l’endroit de sa trouvaille. Là, le conducteur ordonne au chien de se coucher et aide le «blessé» à se relever ou selon le cas ramasse l’objet.
Exercices d’obéissance: La conduite sans laisse. En avant, couché (envoyer le chien en avant à un endroit fixé, distant d’environ 30 mètres etle faire se coucher).Assis, couché, en face. Assis durant la marche (marcher avec le chien et lui ordonner de s’asseoir alors que leconducteur continue la marche). Rester debout sur place durant le pas de course, avec un coucher (même chose que pour le précédent exercice mais debout et un coucher supplémentaire). Rapport. Ramper. Saut en longueur
Informations tirées: du livre "Le chien sanitaire"
d'Edouard Gutknecht, ed.Paul Haupt AG Bern http://ecole.du.chiot.free.fr/article.php?sid=340