Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07072.jsonl.gz/38

Song of the Pearl semble avoir été enregistré dans un studio bâti sur les vestiges d'un vieux cimetière indien. Pas pour le côté malédiction séculaire plutôt pour le côté Neil Young et son Crazy Horse.
L'influence du Loner est plus présente sur "Another Hidden Place" qui suit, dans ce dialogue entre les guitares, en contrepoint de la ligne mélodique du chant de Dave Heumann, qui chante toujours comme un vieux chef indien à qui ne resterait plus que la dignité de la défaite, celle de la marque des plus grands.
Forcément, tout ça nous renvoie à une certaine tradition des années 70 et ce ne sont pas les effets sur la voix et l'ambiance globalement envapée de "Down by the Fall Line" qui vont nous dissuader d'emprunter cette voie, qui peut aussi faire d'Arbouretum le cousin drogué des Fleet Foxes ou le camarade de jeu des excellents Canadiens de Black Mountain (on pense plus d'une fois à leur magnifique In the Future). "Song of the Pearl", la chanson, dresse un pont plus inattendu avec l'Angleterre des Tindersticks, qui auraient troqué le whisky pour le bourbon, avec ses guitares ici plus délicates et ses effluves de cordes.
On continue au pas de course avec "The Midnight Cry", plus que jamais dans une veine Feelies (à propos, on réédite leurs albums, précipitez-vous), avant une reprise finale d'un morceau assez peu connu de Dylan (Tomorrow is a Long Time), pas loin d'être la seule fausse note de l'album, en tout cas la plus discordante, qui voit le chant de Heumann prendre des accents étonnamment "Bryan ferryens", nettement moins convaincants.
Pas suffisamment discordante en tout cas pour ne pas nous faire attendre le prochain album d'Arbouretum avec une certaine excitation...
- Cyril Cossardeaux, le 12 01 2010