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Cours universitaires (privat docent) à Dorigny et cours aux enseignants vaudois:
• Evolution: cours intégré
Licence en biologie 2e année, début hiver 1994/95
Concepts de l'évolution d'après les données de la Paléontologie:
- 1. Perspective historique: jusqu'à la fin du XIXe siècle, le message apporté par les fossiles a été très controversé: il alimentait tantôt la conception fixiste (Cuvier), tantôt le transformisme naissant, pressenti par Buffon au XVIIIe( et défendu plus tard par Lamarck) et un siècle avant par des visionnaires comme Maupertuis au XVIIe. Cette incertitude était due à un bilan paléontologique encore très incomplet (qui intriguait d'ailleurs Darwin en 1859) ainsi qu'à une mauvaise connaissance des dépôts océaniques profonds, où l'enregistrement paléontologique est meilleur. Au XXe siècle, les découvertes spectaculaires de certains fossiles comme les fameux "chaînons manquants", en particulier chez les vertébrés, et l'étude de bioséries complètes de macro et microfossiles planctoniques marins (foraminifères) ont permis de prouver définitivement la réalité de l'évolution biologique. Il a été possible de confirmer le mécanisme de la sélection naturelle, cher à Darwin (et à certains de ses prédécesseurs) et de proposer des modalités nouvelles de l'évolution à tous les niveaux taxonomiques ( "équilibres ponctués", Gould).
- 2. Extinctions de masse et macroévolution: la Paléontologie a permis de quantifier (approximativement) la variation de la biodiversité au cours des temps géologiques. L'histoire de la vie est ponctuée de crises biologiques qui affectent un grand nombre de groupes taxonomiques au même moment, selon un mode progressif ou accéléré (catastrophe naturelle, impact de météorite etc.). Ces crises coïncident souvent avec des chutes (ou des remontées) importantes du niveau marin. Après décimation, une nouvelle flore et faune peut recoloniser les zones. ou niches écologiques, laissées disponibles (radiation adaptative). Ainsi, les crises biologiques participent aux processus macroévolutifs, permettant l'apparition de groupes nouveaux.
Remarques: avant 600 millions d'années, on ne connaît que peu de choses. Il est probable que des animaux à tissus différenciés existaient déjà (comme la faune d'Ediacara).Le monde bactérien très diversifié il y a 2 milliards d'années, ne nous est connu que grâce à des conditions exceptionnelles de fossilisation, dans des silex. D'autres organismes existaient-ils déjà ? On ne le saura probablement jamais.
Les branches verticales de l'arbre représentent schématiquement les principaux Embranchements: spongiaires, coelentérés, arthropodes, échinodermes...vertébrés. L'homme n'apparaît que comme un rameau très marginal de l'arbre de la vie, il n'est qu'une forme d'existence, très tardive, parmi d'autres. La complexité morphologique et le développement de la conscience chez l'animal n'est pas un progrès, mais une simple stratégie de survie. L'erreur des créationniste (et de T. de Chardin) c'est de croire que le tronc des vertébrés amenant à l'homme correspond à un aboutissement, un déterminisme. On sait maintenant que presque tout est contingence (hasard) avec une canalisation des caractères en fonction des possibles de la morphologie et du développement, et bien entendu des imprévus de l'environnement (le hasard et la nécessité de Monod).
L'arbre de la vie présenté ci-dessus est très inspiré de Gould.
Pour en savoir plus, voir sous Musée/archives.
• Section des Sciences de la Terre et Institut de Géographie, Université de Lausanne, UNIL (cours sur la théorie de l'évolution et l'origine de la vie d'après les données paléontologiques).
• Institut de botanique, cours sur les roches et l'Histoire des Alpes.
• Les roches, avec excursion, cours à l'usage des professeurs, dans le cadre de l'enseignement de la géographie régionale, avec livret guide.
• Cours et camp du milieu, introduction à la Géologie régionale dans un but écologique, pour l'école normale (Vallée de Joux; Villeneuve).
A titre d'anecdote, l'enseignement "dirigé" des Sciences dans un but moral au XIXe siècle :
C'est avec une certaine nostalgie que l'on peut lire la première page de l'ouvrage depuis longtemps obsolète de Henri Hollard, créationniste vaudois (XIXe siècle); ce traité basé sur les valeurs "morales" chrétiennes devait servir à l'éducation des enseignants du canton et à former de futurs citoyens !
Et pourtant, dans les années 2000 de telles idées sont encore défendues dans les milieux évangélistes, voire par certains partis politiques conservateurs, aux Etats-Unis ou même en Suisse.
Pour en savoir plus, voir sous Publications, no 34.
La société de la morale chrétienne existe-t-elle encore ? Peut-être camouflée sous l'étiquette d'un parti populiste, qui prétend nous apporter les vraies "valeurs" ?
En Suisse nous avons eu aussi le KKK= Kinder-Küche-Kirche, heureusement plus modéré qu'aux E-U, jusqu'en 1971 ! Merci mai 68, au nom des femmes de ce pays arriéré.