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La dernière grosse éruption solaire s’est produite le 7 janvier dernier. Elle fut impressionnante. Mais cet épisode ne comble pas le déficit énorme d’activité, mesurée par le nombre de taches solaires. Notre étoile devrait être en phase d’activité majeure dans son cycle de 11 ans, or il n’en est rien. Au point où l’on parle aujourd’hui de panne de cette activité.
Commencée lors du cycle précédent, la baisse de cette activité continue dans le cycle actuel. Selon David Hathaway, directeur de recherche en physique solaire au centre Marshall Space Flight de la NASA à Huntsville en Alabama, ce cycle numéroté 24 sera le plus faible en 200 ans.
L’influence des cycles solaires sur le climat est un phénomène de plus en plus étudié. Les périodes de faibles activité accompagnent des périodes plus fraîches. A l’inverse, comme de 1975 à 2000 où l’activité solaire fut très forte, la température augmente. Or, avec deux cycles faibles, on constate depuis le début des années 2000 un fléchissement des courbes de température sur notre planète. Les manifestations climatiques rappellent davantage celles du milieu des années 1950: étés relativement courts, printemps et automnes pluvieux (les nappes phréatiques sont actuellement à niveau et les brouillards et stratus hivernaux on refait leur apparition), hivers plus froids. Iront-elle vers une période du type du minimum de Maunder que l’on a nommé le Petit âge glaciaire, au XVIIe siècle?
Cet hiver 2014 est dans la moyenne, bien que janvier soit très doux cette année. Les variations annuelles n’indiquent pas la tendance générale qui ne s’établit que sur une ou plusieurs décennies.
Des chercheurs de la Nasa, après ceux du National Solar Observatory et de l’US Air Force Laboratory, posent ouvertement la question d’un refroidissement général:
Ils «assurent aussi avoir constaté que le Soleil se retrouvait dans des conditions assez similaires que lors de la période du minimum de Maunder. Ainsi, s’ils affirment que 2013 a été l’année du « maximum solaire » ils établissent à 20% la probabilité que les températures évoluent vers « des modifications majeures. (...) Concrètement le nombre de taches solaires est en forte diminution depuis 2011 et les éruptions solaires sont de moins en moins importantes et de plus en plus rares. Ce qui fait dire à Mike Lockwood de l’Université de Reading que « d’ici à 40 ans, il y a une probabilité de 10 à 20% de retraverser un âge glaciaire tel que durant la période du minimum de Maunder ». L’an dernier déjà la NASA mettait en garde sur le fait que « quelque chose d'inattendu » se passe sur le Soleil.»
Le graphique 3 montre la tendance actuelle: malgré une augmentation du CO2 (points noirs) la température globale tend à diminuer en même temps que la diminution de l'activité solaire, ce qui semble signifier que l'augmentation du CO2 et de la température ne sont pas couplés. Le graphique montre une tendance sur 35 ans qui inclut la phase de réchauffement des années 1985-2000.
Image 1: Soho, Nasa. 2: courbes taches solaires; 3: température-CO2-taches solaires. Cliquer pour agrandir.