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gl. L’Argentine est à nouveau au bord de la faillite publique. Le 22 avril 2020, date d’échéance d’une dette de 503 millions de dollars, le pays se trouva en dehors de toute capacité de la régler. Avant la crise du coronavirus, fin 2019, la dette extérieure de l’Argentine s’élevait déjà à quelque 280 milliards de dollars US, soit 92 % du PIB.
De 2015 à 2019, durant le mandat du président néolibéral Mauricio Macri, la dette a augmenté d’environ 100 milliards de dollars US. Notons que durant cette période, le FMI a accordé à l’Argentine le plus grand prêt jamais accordé à un pays: 57 milliards de dollars. Au lieu d’investissements, seuls des capitaux spéculatifs qui ont profité de taux d’intérêt extrêmement élevés, plus de 70 %, sont entrés dans le pays. La population s’est à nouveau appauvrie et le taux de chômage a bondi.
Suite au commencement de l’épidémie du coronavirus, le gouvernement libéral de gauche d’Alberto Fernández, en fonction depuis la mi-décembre 2019, a mis en place un programme d’aide d’environ 10 milliards de dollars. Il est destiné à financer des investissements dans les infrastructures, des prêts bon marché aux entreprises, une augmentation des allocations familiales pour les familles pauvres et une augmentation de la rente de retraite minimale. Les 700 milliards de pesos imprimés par la banque centrale en mars ont augmenté la masse monétaire d’environ 35 % en un mois.
Le 17 avril, le gouvernement a présenté aux créanciers étrangers une proposition de restructuration de la dette qui, pour la première fois, fut également fortement soutenue par le FMI. Ce dernier étant l’un des principaux créanciers de l’Argentine, il est naturellement intéressé de récupérer au moins une partie du prêt octroyé. La proposition du gouvernement argentin prévoit une très faible réduction de la dette de 5,4 %, mais en revanche une réduction drastique des taux d’intérêt de 62 % (le taux d’intérêt moyen devrait être de 2,33 %), et un délai de grâce de 3 ans. Les échéances des prêts doivent également être prolongées, les créanciers disposant de 20 jours pour prendre position.
Dès le lendemain, divers investisseurs ont critiqué la proposition et ont exigé une correction. Le gouvernement argentin envisage donc maintenant l’introduction d’un impôt spécial sur la fortune pour les personnes riches dont la fortune dépasse les 3 millions de dollars, ce qui devrait permettre de récupérer entre 2,3 et 3,8 milliards de dollars pour financer les mesures contre la crise du coronavirus. •
Sources: Neues Deutschland du 14 avril 2020,
Página 12 du 17 et 18 avril 2020,
amerika21 du 3 février 2020
gl. Au vu de la crise économique, le journal argentin Página 12 présente une proposition sur la manière de renforcer l’économie de l’Argentine (et d’autres pays d’Amérique latine).
Afin de renforcer l’économie en Amérique latine face à la pandémie, il est aussi urgent que nécessaire de disposer d’une base politique suffisamment performante dans les domaines de la santé publique, des salaires et des revenus (salaires et prestations de transferts), des finances (fonction des banques publiques, augmentation des prêts aux PME et amélioration de leurs conditions) et réglementaire (régulation des prix et des monopoles). Ces politiques sont mises en œuvre à des degrés divers par tous les pays de la région, mais de manière encore insuffisante pour préparer l’économie latino-américaine aux futursdéfis de la reprise.
L’objectif de ce décalogue est d’identifier les principales mesures de politique économique qui, en complément à celles déjà en place, sont nécessaires pour faire face aux conséquences de la pandémie de Covid-19. Nous ne pouvons pas nous permettre de rester inactifs sur les questions macroéconomiques en cette «période intermédiaire». Nous devons donc prendre des mesures immédiates qui auront un effet d’atténuateurs et d’amortisseurs et qui nous protégeront des comportements hostiles pouvant survenir dans ce contexte. En même temps, ces mesures devraient servir de base pour renforcer les économies latino-américaines face aux grands défis à surmonter.
Voici les 10 suggestions:
Le vieux consensus néolibéral de Washington a échoué en d’innombrables endroits et à d’innombrables occasions. Compte tenu de cette situation, il est temps de trouver des approches alternatives pour éviter un nouvel échec, tant en matière de gestion de la pandémie que pour la reprise économique.
Source: Página 12 du 26/04/2020
(Traduction Horizons et débats)
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