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Ce texte apparut d'abord dans la Revue Stellienne n° 272, de novembre 1991. Ce bulletin étant rédigé majoritairement par la section vaudoise à l'époque, il parle surtout de la situation à Lausanne, mais donne néanmoins un aperçu intéressant en ce qui concerne l'histoire estudiantine de toutes les régions.
1.
Histoire des sociétés d'étudiants
2. Le mouvement estudiantin en Suisse
3. Fondation de Stella
4. Mais qu'est-ce qu'une société d'étudiants ?
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Histoire des sociétés d'étudiants
L'histoire des sociétés d'étudiants plonge ses racines dans les premières universités européennes. Lorsque au milieu du XVe siècle, François Villon et quelques joyeux clercs de la basoche s'amusent à déplacer la pierre du Pet au Diable, ou encore à "marier" les enseignes des cabarets parisiens, ils rejoignent à travers les siècles certaines bandes estudiantines qui brouillent les lettres des frontons des cinémas lausannois ou déplacent les statues du Palais de Rumine pour en orner, et bloquer, l'entrée de la vénérable banque cantonale vaudoise.
C'est au Moyen Age que nous relevons les premières indications concernant les groupements d'étudiants. Dans les universités de Bologne et de Paris, les étudiants d'un même pays, d'une même province, se regroupent en "nations". Ainsi l'alma mater lutécienne se divise-t-elle en l'honorable nation de France, la fidèle nation de Picardie, la vénérable nation de Normandie ou la constante nation de Germanie. Ces "nations", organisées sur le modèle des corporations moyenâgeuses accueillent le nouveau venu, l'entourent, l'encadrent, guident ses premiers pas dans l'univers inquiétant de cette mégalopole de 250'000 habitants qu'est alors Paris. Pour être admis dans une "nation", il faut passer certaines épreuves d'admission, ancêtres de nos charriages modernes.
Au XVIe siècle apparaissent les premières universités réformées d'Allemagne; des étudiants créent alors des sociétés, les Landsmannschaften, calquées sur le modèle des nations parisiennes. De nos jours, ce principe se retrouve dans la plupart des universités américaines où les "fraternités" regroupaient au début les étudiants issus d'une même lointaine province.
Les Landsmannschaften germaniques adoptèrent aussi certains principes des corporations. Leurs membres se distinguaient par le port de couleurs qui étaient au début celles de leur ville d'origine. Les sociétés étaient régies par un règlement et elles suivaient les principes d'un "Comment" d'origine française. Ce dernier était un code de l'art de se bien comporter en société. L'étudiant porte aussi l'épée qui a remplacé la dague des clercs de la basoche. Cette arme amène tout naturellement au duel. Les diverses universités s'efforceront d'interdire le duel et l'Académie de Lausanne légiférera en la matière en 1547, dix ans après sa fondation, en interdisant le port des armes.
En 1654, la diète de Ratisbonne (Regensburg) interdira les Landsmannschaften qui poursuivront leurs activités dans la clandestinité pour reparaître un siècle plus tard, après avoir adopté certaines idées nouvelles issues de la franc-maçonnerie. A la même époque, 1775 environ, apparurent d'autres associations appelées "ordres". Ces nouvelles venues ajoutèrent au port des couleurs la devise et le zirkel. Ces sociétés furent les premières à introduire la notion d'appartenance "à vie".
On assista bientôt
à diverses fusions entre les principes des Landsmannschaften et des Ordres,
fusions qui aboutirent à la forme moderne des sociétés
d'étudiants d'Allemagne. Alors que les "Ordres" disparaissaient,
les Landsmannschaften prirent le nom de "Corps", un terme lui aussi
issu de la langue française.
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