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Søren Kierkegaard est un très grand théologien et philosophe danois du 19ème siècle. Né en 1813 et mort à seulement à 42 ans en 1855, il compte parmi les plus grands philosophes modernes avec Nietzsche, Spinoza, Descartes ou Hegel. Søren Kierkegaard a été élevé dans la religion luthérienne, religion officielle du Danemark, avec beaucoup de piété mais il s’est avec le temps montré très critique envers ce courant du protestantisme créé par Martin Luther qu’il qualifiait d’hypocrite. Il a étudié la théologie à l’Université de Copenhague et son frère ainé Peter était pasteur. Quand son père, un riche commerçant, est décédé, il a hérité d’une très grande fortune lui permettant de devenir le grand penseur de son époque qu’il était. Il est souvent considéré comme un philosophe existentialiste chrétien, à la différence Jean-Paul Sartre qualifié de philosophe existentialiste athée. Comme le résume bien la page Wikipedia en français qui lui est consacrée, au milieu du xxe siècle, sa pensée a exercé une influence considérable sur la philosophie, la théologie et la culture occidentale et elle se poursuit jusqu’à nos jours.
Résumé :
Søren Kierkegaard estime que chaque personne doit faire des choix indépendants, qui constituent alors son existence. Chaque personne souffre de l’angoisse de l’indécision (sciemment ou non) jusqu’à ce qu’elle s’engage dans un choix particulier sur sa façon de vivre.
Voici quelques leçons qu’on peut retenir en ce 21ème siècle, que l’on soit chrétien ou non :
– Les actions, actes ou oeuvres sont importantes dans notre vie, l’amour agapé, christianisme authentique. Le livre biblique favori1 de Søren Kierkegaard était celui de Jacques (un livre de 5 chapitres, Romanvie.ch en a longuement parlé). Les versets 14 à 26 du chapitre 2 sont fondamentaux dans son analyse, c’est-à-dire que “la foi sans les oeuvres sont mortes”. Dans son livre “Les actes de l’amour” le théologien danois explique justement que l’église luthérienne danoise aurait un peu abusé du pouvoir de la grâce. Selon lui, ce christianisme facile où “tout le monde” est chrétien favorise une forme de corruption ou d’accoutumance. M. Kierkegaard pense que l’amour, le fameux amour agapé (et pas eros), doit être au centre du vrai christianisme. Il ne remet pas en cause le Salut par la grâce cher à Martin Luther mais va chercher dans le livre de Jacques un complément probablement important aux lettres de l’apôtre Paul. Rappelons que l’amour agapé est un amour fraternel entre les hommes, sans distinction. Il estime que “l’amour pour le prochain ne doit pas être chanté – il doit être réalisé”. Il rappelle aussi que le “prochain” est tout le monde, il commente : “La première personne que vous rencontrez est votre prochain, que vous devez aimer”. L’une des principales prémisses de l’existentialisme chrétien kierkegaardien consiste à rappeler les masses à une forme plus authentique de christianisme.
– L’angoisse est le vertige de la liberté. Quand on prend une décision pour une possible action (voir point no1), on a souvent une liberté absolue (en tout cas avec nous même, dans notre tête). On s’aperçoit qu’on peut choisir de ne rien faire ou de faire quelque chose. Notre esprit vacille à la pensée de la liberté absolue et un sentiment d’angoisse accompagne notre pensée. Søren Kierkegaard conclut que l’angoisse est le vertige de liberté. Comme Hamlet dans la pièce de Shakespeare qui doit choisir entre tuer ou non son ongle pour venger la mort de son père, Hamlet est face à une vraie angoisse.
Pour M. Kierkegaard, à la différence de Hegel qui pensait davantage à l’influence de l’air du temps (Zeitgeist), le philosophe danois estime que lors d’une prise de décision on est libre. D’où selon Kierkegaard une notion de subjectivité. On pourrait résumer en 2022 par la solitude du chef ou leader (ex. président), seul face à ses décisions angoissantes. Par exemple, les gens ont le vertige à cause de l’angoisse générée par le choix de la possibilité de se lancer dans le vide et mourir. D’un point de vue théologique, il met en avant la perception de l’auto-conscience et le vertige, ou la peur, de la liberté absolue. D’un point de vue plus complexe, il pense que toute pensée doit culminer dans une décision dans la mesure où la vérité n’est pas un concept, mais plutôt appelée à s’incarner dans une existence.
Différences avec le calvinisme :
Comme ce site est de tendance calviniste, la différence avec le calvinisme est que pour Søren Kierkegaard la foi ne se prouve pas mais elle s’éprouve (probablement une notion d’expérience). Il semble que dans le calvinisme, l’homme souvent angoisseux, cherche des garanties de son salut.
Le 13 mai 2022. Par Xavier Gruffat.