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Au XVIIe siècle, la ville de Neuchâtel connaît un essor de population et ni la Collégiale ni le modeste lieu de culte situé dans la basse-ville ne peuvent suffire à la célébration du culte. En 1695, les fonds sont levés pour la construction d’un temple. Les travaux commencent à l’automne s’effectuent en un temps record puisque le temple est inauguré le 13 décembre 1696.
Humbert-Droz, son architecte originaire de la Brévine, voyage à Montbéliard pour y examiner la charpente du temple Saint-Martin afin d’établir les plans de son « Temple Neuf ». Il prend le parti d’une grande sobriété, austérité qui n’est pas sans charme. Sans tour, la cloche d’un modeste campanil suffit à l’appel des fidèles. Les deux portes de part et d’autre de la chaire sont caractéristiques de l’architecture réformée.
D’emblée, certains habitants trouvent l’édifice trop petit et il est agrandi en 1703 pour faire face à l’affluence des fidèles du pasteur Jean-Frédéric Ostervald (1663-1747) qui a marqué le protestantisme francophone en particulier dans le domaine de la liturgie, du catéchisme et de l’exercice du ministère pastoral. Ainsi, l’extrémité nord se dote d’une abside à trois pans, construite pour abriter des sièges supplémentaires.
Deux escaliers extérieurs permettent de rejoindre les tribunes et remplacent les voies d’accès intérieures. L’apparence extérieure n’a subi aucune modification depuis lors et le bâtiment reste emblématique de l’architecture réformée, un modèle pour la construction de nombreux temples dont celui de Dombresson. Très tôt, on renomme ce lieu le « Temple du Bas » pour le distinguer de la Collégiale sise sur les hauts de la colline sur laquelle trône également le Château.
A l’intérieur, le grand plafond de bois mérite le détour. Chaque génération a apporté son lot d’aménagements divers, le temple est orné successivement de décors peints, de colonnes à la grecque et même d’étranges trompe-l’œil des pilastres de Louis XVI sur fond rouge en 1801. Mais tout « rentre dans l’ordre » lorsqu’en 1871, suite aux déprédations occasionnées par le séjour des internés de l’armée de Bourbaki, on repeint uniformément les murs.
En 1933-34, une nouvelle période de rénovation amène la création des pilastres cannelés, la pose de fenêtres à double vitrage et renouvelle la balustrade de la galerie de l’orgue pour donner une belle cohésion intérieure.
Alors qu’il fait partie des rares temples d’architecture réformée, il subit encore de nombreuses modifications intérieures entre 1973 et 1975, années durant lesquelles le temple est officiellement transformé en salle de musique, tout en restant un lieu de culte. En effet, Le Temple du Bas est propriété de la commune de Neuchâtel qui se charge d’en assumer l’entretien et la réparation et le tient à disposition de l’Église en vertu du concordat entre l’État de Neuchâtel et l’EREN. La salle est entièrement remodelée : destruction des galeries et excavation du sol naturel pour installer en sous-sol des locaux à l’usage de la paroisse et des artistes. Une profonde galerie en béton est édifiée, encadrée d’escaliers latéraux. Un nouvel orgue exécuté par les facteurs Armagny et Mingot se dresse sur une étroite tribune du côté oriental.
Quoi que l’on pense de ces transformations, elles sont assez caractéristiques de cette ère du béton de dernier tiers du XXe siècle et documentent l’histoire de l’architecture publique de nos bâtiments d’État cantonaux. En 1999, une nouvelle clôture sous la galerie a permis de mieux séparer la salle du vestibule d’entrée. Aujourd’hui, le Temple du Bas est en attente d’une nouvelle grande rénovation, affaire à suivre !
Source principale: Jean Courvoisier, extrait de la plaquette du 300ème de la dédicace du Temple du Bas, décembre 1996.
Chaleureux remerciements à Michel Humbert qui a fourni la documentation et les indications nécessaires à la rédaction de cet historique du Temple du Bas.