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Témoignage de castration des tortues terrestres européennes
Comme on le sait, il existe dans de nombreux élevages une surabondance de tortues mâles, ce qui pose des problèmes, car les femelles sont constamment harcelées et souvent même blessées. C'est pourquoi les éleveurs de tortues souhaitent depuis longtemps castrer les mâles. Différentes méthodes de castration chimique n'ont pas réussi à s'imposer jusqu'à présent. Une publication récente (Innis et al. 2013. CoeEn 1986, nous avons reçu notre première tortue, Kleopatra, une femelle adulte. Nous l'avions trouvée sur la bande d'arrêt d'urgence de l'autoroute. L'année suivante, nous avons voulu lui trouver de la compagnie; Orpheus, une tortue grecque mâle semi-adulte achetée dans une animalerie, ce mâle vit depuis lors avec nous. Pendant les premières semaines, il semblait toutefois avoir peur de sa colocataire et s'enfuyait aussi vite que possible lorsqu'il la voyait. Mais ce comportement a rapidement changé et il a commencé à la percuter et à la monter. Lorsque deux autres femelles sont arrivées peu après, son champ d'action s'est élargi. Pendant les années qui suivirent, ces quatre animaux cohabitèrent plus ou moins pacifiquement. lioscopic orchiectomy can be effectively and safely accomplished in chelonians. Veterinary Record 172 : 526-533.) a toutefois démontré qu'une castration chirurgicale par endoscopie mini-invasive est désormais possible.
En 1995 et 1996, deux autres mâles sont venus les rejoindre. Nous n'étions pas encore conscients des problèmes que cela allait engendrer. Orpheus et ses collègues mâles devenaient de plus en plus problématiques en raison de leur comportement agressif. Un jour, nous avons eu la possibilité de nous séparer d'Orpheus qui avait de loin le comportement le plus agressif. Nos enfants, qui l'admiraient pourtant pour son tempérament et la rapidité avec laquelle il se rendait là où il voulait (c'est-à-dire là où se trouvaient les femelles) par le chemin le plus court, se sont toutefois opposés avec véhémence et Orpheus est donc resté chez nous.
Un coup d'œil sur les annonces publiées sur les portails en ligne ou sur les tentatives d'abandon par le biais des petites annonces montre clairement l'ampleur du problème: ou l’on cherche un nouveau lieu de vie, le meilleur possible, pour des dizaines d'animaux mâles dont le comportement est devenu intolérable. Une démarche souvent vaine, car trop d'animaux mâles sont proposés sur le marché. Une bonne alternative est de garder les males dans un groupe sans femelles, tout en surveillant leur comportement et en modifiant le groupe si nécessaire. Nos animaux vivaient dans deux grands enclos avec des séparations flexibles. Le comportement d'Orpheus était si agressif qu'il n'était même pas possible de le garder temporairement avec des femelles. Mais lorsqu'il était seul dans un enclos, il donnait l'impression d'être très malheureux et il restait dans un coin et mangeait peu. Finalement, il s'est entendu avec une tortue grecque mâle. Les deux cohabitaient de manière détendue. Néanmoins, cette solution n'était pas optimale, car nous aurions souhaité que nos animaux puissent utiliser ensemble tout l'espace disponible. Nos autres mâles vivaient tantôt ensemble, tantôt séparés des femelles. Malgré toutes les précautions, il arrivait que les femelles subissent de petites blessures.
Lorsque nous avons entendu parler en 2007 de la possibilité d'atténuer les pulsions sexuelles à l'aide de médicaments, nous avons décidé de tenter l'expérience. L'effet a été immédiat et l'été s'est déroulé de manière agréablement détendue dans notre enclos à tortues. Quelle ne fut pas notre frayeur lorsque, au printemps suivant, les quatre animaux traités sortirent de leur hibernation et montrèrent bientôt de graves problèmes de santé. Malgré des soins intensifs, deux tortues sont mortes en peu de temps, un animal a survécu grâce à des semaines de soins. Seul Orpheus n'avait aucun problème.
En 2013, lorsque des tortues ont été castrées pour la première fois avec succès à l'hôpital vétérinaire de Zurich, nous n'avons pas eu à réfléchir longtemps et avons inscrit notre Orpheus à la castration avec Attila, un mâle bordé. Nos enfants ont toutefois exprimé leurs craintes que cela ne modifie également son tempérament vif. En effet, ce comportement n'était pas uniquement négatif: lorsqu'il n'était pas en train de chasser des femelles, il était également très curieux à notre égard, éveillé et toujours prêt à venir vers nous par le chemin le plus court dans l'espoir de trouver de la nourriture.
En juin 2015, le moment était venu. Les deux animaux n’ont pas été alimenté deux jours avant l'intervention et nous les avons amenés à l'hôpital vétérinaire la veille de l'opération. La castration a eu lieu le 17 juin. Pour ce faire, les tortues ont été anesthésiées. Une incision d'environ 2 cm a été pratiquée à gauche et à droite dans le pli du genou devant la patte arrière. Les testicules, qui se trouvent dans la cavité corporelle, ont été retirés à l'aide d'un endoscope et d'instruments endoscopiques spéciaux. Orpheus et Attila se sont ensuite réveillés à la clinique et nous avons été informés par téléphone du déroulement de l'opération. Cependant, quelque chose de spécial s'était produit: Orpheus n'avait pu être opéré que d'un seul côté en raison de la taille énorme de son testicule. Il devait être opéré un an plus tard (gratuitement pour nous) de l'autre côté également. Chez Attila, tout s'était déroulé normalement.
Le lendemain, nous avons pu aller les chercher avec des instructions orales et écrites détaillées: ils ne devaient pas encore passer les prochains jours dans l'enclos extérieur afin d'éviter de salir les plaies. En outre, on nous a remis des seringues contenant un analgésique déjà prêt à l'emploi et on nous a montré comment l'injecter sous la peau les deux jours suivants.
Orpheus ne voulait pas encore manger à l'hôpital. Mais une fois rentrée à la maison, il s'est immédiatement jeté sur le fourrage vert avec avidité. Rapidement nos animaux ont pu retourner dans leur enclos. Ils se sont rétablis sans aucun problème et n'ont jamais semblé être affectés par les deux petites coupures au-dessus des pattes arrière. Celles-ci ont rapidement guéri et après environ cinq semaines, une visite chez notre vétérinaire était prévue pour enlever les points de suture. Alors qu'Attila n'a plus montré de comportement agressif immédiatement après l'intervention, nous avons dû continuer à séparer Orpheus des femelles. Chez lui, le comportement agressif avait certes nettement diminué, mais il n'était toujours pas acceptable pour les femelles.
L'année suivante, le deuxième testicule a été enlevé et le comportement agressif a lentement diminué. Notre joie a été grande lorsque, trois ans après la deuxième opération, Orpheus a enfin pu déménager dans le grand enclos avec les autres animaux. Depuis, il cohabite avec huit autres tortues (trois mâles castrés, cinq femelles) de manière totalement détendue, ce qui aurait été impensable auparavant. Pour nous, la castration de nos mâles en valait la peine et nous la referions sans hésiter. L'intervention a résolu d'un seul coup de nombreux problèmes de maintenance: depuis, nous n'avons plus eu à installer de séparations dans l'enclos, les femelles n'ont plus jamais été blessées par les mâles et la cohabitation au sein du groupe semble très détendue. Si nous devions un jour nous séparer de nos animaux, nous pourrions en outre donner en toute bonne conscience un groupe qui fonctionne durablement et qui peut être maintenu ensemble sans problème. Entre-temps, nous avons fait castrer trois autres animaux d'âges différents. Dans notre cercle de connaissances également, des animaux ont été castrés et peuvent depuis vivre ensemble en toute tranquillité. Le comportement agressif s'est généralement calmé dans les jours ou les semaines qui ont suivi l'opération ou au plus tard l'année suivante. Aucun autre cas d’animal n'a duré aussi longtemps que notre Orpheus, mais qu'est-ce que trois ans au regard de l'espérance de vie élevée de nos animaux?
Un autre aspect de plus en plus important de la castration: les éclosions naturelles, qui sont devenues de plus en plus problématiques ces dernières années, peuvent ainsi être évitées de manière fiable. Il faut cependant savoir que les femelles peuvent encore pondre des œufs fécondés pendant quelques années sans avoir de contact avec un mâle reproducteur. L'effet n'est donc pas immédiat. Le coût de la castration semble à première vue très élevé. Cependant, la castration nécessite des moyens techniques et humains importants. Il faut en outre tenir compte du fait que l'on peut faire l'économie d'enclos séparés, de couveuses, de séparations, etc. pour toute la durée de vie des animaux. Nous sommes donc convaincus que la castration des tortues mâles est également rentable financièrement à long terme. Mais ce qui prime, c'est la possibilité d'offrir aux animaux mâles une vie conforme aux besoins de leur espèce.
Nous sommes heureux d'avoir opté pour la castration. La cohabitation dans nos enclos a complètement changé: Nos animaux vivent ensemble de manière détendue et sans séparation. Il est très rare d'entendre encore des "coups" dans l'enclos. D'ailleurs, nos enfants sont également satisfaits du résultat : malgré la castration, le caractère d'Orpheus n'a pas changé et il pourrait toujours remporter un prix de la tortue la plus rapide.