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Chaque jour, des millions d'animaux sont transportés à travers l'Europe dans des milliers de camions. Chaque année, plus de 49 millions de bovins, de porcs, d'ovins, de chèvres et de chevaux vivants ainsi que plus de 1,5 milliard de volailles traversent les frontières au sein de l'UE ainsi que vers et depuis des pays tiers. Les infractions à la protection des animaux sont monnaie courante.
L'élevage intensif des animaux de rente a entraîné une spécialisation dans les exploitations d'élevage et d'engraissement. En d’autres termes, les animaux sont parfois élevés dans un pays, nourris dans un autre et abattus dans un troisième. Ce faisant, les volailles, les porcs, les bovins, les ovins et les chèvres sont transportés sur de longues distances. Les animaux sont entassés dans des véhicules de transport pendant des jours, voire des semaines. Ils souffrent d'une chaleur ou d'un froid extrêmes, de la soif, de la faim, du stress et de la peur.
Le transport d'animaux ne se fait pas seulement par la route, mais aussi par la voie maritime. Les animaux doivent rester des jours et des semaines dans un espace restreint sur les bateaux. Officiellement, le transport par bateau compte comme un temps de pause. C'est incroyable, car les soins y sont misérables et les animaux sont confinés dans leurs propres excréments, pouvant à peine se reposer. Régulièrement, des animaux complètement épuisés sont hissés hors du bateau à l'aide d'une grue.
Outre les animaux de boucherie, de nombreux bovins enceints, déclarés comme animaux d'élevage, sont transportés dans des pays lointains comme l'Algérie, l'Érythrée, l'Iran, la Libye, le Maroc ou l'Ouzbékistan, souvent pendant des jours et sur plusieurs milliers de kilomètres. Pendant ces transports, les naissances prématurées sont fréquentes. Dans de nombreux pays de destination, aucune norme de protection des animaux n'est en vigueur et la constitution de populations d'élevage avec des races européennes à haut rendement n'y est même pas possible. Les animaux qui survivent à ce voyage infernal sont traits après la naissance de leur veau, avant d’être destinés à une mort atroce.
La situation juridique dans l'UE
Depuis 2007, le règlement de l'UE relatif à la protection des animaux pendant le transport (règlement (CE) 1/2005) est en vigueur. Il définit les conditions dans lesquelles les animaux peuvent être transportés. Tous les États membres de l'UE doivent se conformer à ce règlement. Mais il ne protège pas suffisamment les animaux et doit être révisé de toute urgence. Par ailleurs, il faut des contrôles plus fréquents des transports et de meilleurs mécanismes de sanction.
Les porcs, par exemple, ne doivent être déchargés, abreuvés et nourris qu'après 24 heures de voyage et les bovins même après 29 heures. Après une période de repos, ils peuvent être transportés pendant 24 ou 29 heures supplémentaires. Cela peut être répété autant de fois que nécessaire, de sorte qu'il n'y a pas de limites au transport. Des recherches ont montré que les pauses ne sont guère ou pas du tout respectées et qu'il n'existe souvent pas non plus de stations d'approvisionnement appropriées. Pourtant, même avec des stations d'approvisionnement certifiées, la souffrance des animaux serait immense lors de ces transports qui durent des jours, voire des semaines.
Après de grandes actions de protestation et des années d'efforts, une révision du règlement a enfin été annoncée par la Commission européenne. D'autres pays industrialisés ont déjà interdit l'exportation d'animaux vivants ou discutent de l'interdiction de certains types d'exportations. Ce n'est que récemment que la Nouvelle-Zélande a interdit le transport d'animaux d'élevage!
Nous avons besoin d'un règlement européen qui n'autorise plus les transports sur de longues distances et les exportations d'animaux vivants vers des pays tiers, qui protège réellement les animaux en cours de transport et qui prévoit de meilleurs mécanismes de contrôle et de sanction. Car les infractions au droit en vigueur sont monnaie courante et rarement sanctionnées! Si tant est qu'il soit possible de transporter des animaux vivants, seule la viande et/ou la semence d'élevage devraient être autorisées.
LA SITUATION JURIDIQUE EN SUISSE
Les transports sur longue distance n'existent pas vraiment en Suisse en raison de la petite taille du pays. En Suisse, la durée du transport ne doit pas dépasser 8 heures au total et comprend la durée du trajet et les interruptions de celui-ci. La durée du transport est calculée à partir du moment où le camion chargé d'animaux quitte la première exploitation jusqu'à ce qu'il arrive au lieu de destination finale. La durée du trajet à partir du lieu de chargement ne doit pas dépasser 6 heures. Ce n'est pas beaucoup en comparaison avec l'étranger. Néanmoins, chaque transport représente une charge importante pour les animaux, même en Suisse. Du point de vue du bien-être animal, chaque minute économisée lors du transport est donc un gain.
- Soutenez notre travail: QUATRE PATTES s'engage pour que les transports d'animaux cruels soient enfin stoppés.
- Gardez les yeux ouverts: en cas de chaleur ou de grand froid, signalez à la police ou aux pompiers les camions transportant des animaux qui sont stationnés.
- Évitez à tout prix la viande provenant de l'étranger.
- Faites un geste contre le transport des animaux en remplaçant le plus souvent possible la viande et les produits d'origine animale par des alternatives végétales.
- Pour la viande issue de l'abattage à la ferme et au pâturage, les transports sont totalement évités.