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L'Italie gagne l'Eurovision de la chanson, le Suisse Gjon troisième
L'Italie a remporté samedi soir à Rotterdam la 65e édition du concours de l'Eurovision de la chanson. Le Fribourgeois Gjon's Tears, qui était en tête après le vote du jury, décroche la troisième place avec sa chanson "Tout l'univers".
Considéré comme un outsider, le Gruérien de 22 ans a fait mieux que le Bernois Luca Hänni en 2019, qui avait pris la quatrième place avec sa chanson "She Got Me". Il est le premier Suisse à finir sur le podium de la compétition, depuis la troisième place d'Annie Cotton en 1993 avec "Moi, tout simplement".
La performance du Fribourgeois a été saluée sur Twitter par le président de la Confédération suisse Guy Parmelin. Il a qualifié la prestation de Gjon's Tears de "magnifique".
France deuxième
L'Italie, qui caracolait en tête des favoris, s'est imposée devant la France, grâce à la performance puissante des rockers du groupe Måneskin dans "Zitti E Buoni", un spectacle garni de paillettes et d'extravagance. Les Italiens ont ravi la victoire avec 524 points.
Le titre "Zitti e buoni" avait déjà permis au groupe de remporter cette année le grand prix de la 71e édition du festival de la chanson de San Remo. C'est la troisième victoire de l'Italie dans ce concours d'ordinaire peu prisé des artistes revendiquant les influences des "rock bands" aux origines.
Avec son titre "Voilà", la Française Barbara Pravi, souvent comparée à Édith Piaf, n'a pas réussi à mettre fin à 44 ans de disette côté français. Elle a pris finalement la deuxième place du concours avec 499 points, suivie du Brocois Gjon's Tears, 432 points.
Interrogé par la télévision alémanique SRF, le Fribourgeois, qui espérait avant le concours une place sur le podium, s'est dit reconnaissant et heureux de sa troisième place. "Je suis content que les gens aient aimé. Je suis content que le jury m'ait mis en première position [...] parce j'ai besoin de cette validation des professionnels", a-t-il déclaré.
Sa rivale française, Barbara Pravi, s'est également réjouie que deux chansons francophones, "Tout l'univers" de Gjon's Tears et la sienne "Voilà", soient arrivées en tête du classement du jury.
Même s'il n'a pas gagné samedi soir aux Pays-Bas, la commune de Broc (FR) va quand même fêter son chanteur. La fête se tiendra dans le courant de l'été. "On attend que les mesures en lien avec la crise sanitaire" se détendent afin que l'on "puisse y associer un maximum de gens", avait déclaré vendredi Claude Cretton, le syndic de Broc.
Spectateurs testés
Les conditions sanitaires ont forcé l'Eurovision de la chanson, suivi chaque année par plusieurs millions de téléspectateurs, à se réinventer après son annulation en 2020. Des milliers de fans, emblématiques de ce concours haut en couleur, agitant traditionnellement des drapeaux de pays devant les caméras de télévision, étaient privés du déplacement à cause des restrictions de voyage liées au Covid-19.
Quelque 3500 spectateurs, testés au préalable, ont été autorisés à assister aux demi-finales, à la finale et aux six répétitions générales. Cela représente 20% de la capacité de la salle de spectacle Ahoy Arena de Rotterdam.
Les candidats à l'Eurovision ont quant à eux été enfermés dans une "bulle spéciale" et testés quotidiennement pendant toute la compétition. Malgré cela, des cas de Covid-19 ont été signalés parmi plusieurs délégations, dont celle de l'Islande, qui a été contrainte de rester à l'hôtel et participer grâce à des vidéos enregistrées.
Chansons détonantes
Le lauréat de la précédente édition a aussi été privé du spectacle. Comme le veut la tradition, le Néerlandais Duncan Laurence devait chanter sa ballade victorieuse "Arcade" sur scène pendant la finale, mais un test positif au Covid-19 l'en a privé.
Fidèle à la tradition, l'édition 2021 comportait aussi son lot de chansons détonantes interprétées par des personnages extravagants, des artistes représentant une minorité ou désireux de transmettre un message au public.
La chanson chypriote racontait ainsi l'histoire d'une femme tombant amoureuse du diable. Le titre féministe de la chanteuse russe d'origine tadjike Manija a, quant à lui, été fustigé par des conservateurs en Russie.
ats, afp