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Après le baptême de Jésus, Jean désigne le Christ sous le titre d'agneau de Dieu. Aussitôt deux de ces disciples le suivirent jusqu'à demeurer avec lui. Comment ce titre énigmatique donné à Jésus par le Baptiste les retourna-t-il ? Pour comprendre ce coup de théâtre et l'abandon de Jean pour Jésus, il faut saisir que cette appellation est extraordinaire car elle conclut l'Ancien Testament, non seulement en rendant caduques les sacrifices sanglants de l'ancienne alliance, mais aussi en donnant un visage au serviteur souffrant prophétisé par Isaïe.
Si Moïse institua le sacrifice de l'agneau avant le passage de la Mer Rouge, il faut se souvenir que tout au long des Écritures, l'alliance est scellée avec Dieu par un agneau. N'est-ce pas en offrant le premier-né de son troupeau qu'Abel reçut du Seigneur confirmation de son élection au risque de la jalousie de Caïn. Ainsi, si Jésus est l'agneau, il est le seul qui puisse nous faire participer à la vie divine.
Mais, avec Isaïe, l'agneau n'est plus seulement l'animal du sacrifice sanglant, mais le propre serviteur de Dieu qui, jusqu'au bout, s'offre au Seigneur. Par sa mort et sa résurrection, Jésus est ce serviteur qui sauve son peuple.
Cependant, l'Evangile va plus loin. Jésus est l'Agneau, certes, mais les disciples veulent demeurer avec lui. Et en demeurant avec lui, il ouvre le monde à l'annonce de l'Evangile. Simon devient alors cette pierre sur laquelle l'Église s'appuie pour offrir l'agneau qui enlève le péché du monde aux heureux invités des noces.