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Hans-Rudolf Merz attaque l'Allemagne dans le cadre du différend fiscal qui l'oppose à la Suisse. Le conseiller fédéral reproche à Berlin de se livrer à un "dumping fiscal", car le taux de son impôt libératoire est plus bas que celui de la fiscalité de l'épargne en Suisse.
Dès le 1er janvier, le taux de cette sorte d'impôt à la source, qui taxe en Allemagne les gains en capitaux, se situera à 28% environ, constate le futur président de la Confédération dans la "Neue Luzerner Zeitung". Son alter ego suisse, l'impôt sur l'épargne atteint 35%, explique-t-il.
"De ce point de vue, les Allemands pratiquent une sous-enchère", estime le conseiller fédéral. "Nous devons en donner le reflet auprès du ministre (allemand) des finances Peer Steinbrück."
Ce passage de l'interview du grand argentier suisse a occupé une place de choix sur les sites en ligne allemands. "Spiegel Online" considère le reproche de Hans-Rudolf Merz de "défi" lancé à l'Allemagne. L'Appenzellois avait toutefois déjà usé précédemment de cette comparaison lors d'une réaction à des propos de Peer Steinbrück.
Ce dernier s'était montré critique ces derniers mois à propos du système fiscal helvétique et du secret bancaire, qualifiant la Suisse d'"oasis fiscal" et la menaçant de son "fouet". Ces déclarations avaient poussé le Conseil fédéral à intervenir auprès de l'ambassadeur allemand à Berne.
Le futur président de la Confédération Hans-Rudolf Merz s'attend par ailleurs à une année 2009 difficile pour la Suisse en raison de la récession économique mondiale. Les Helvètes doivent prendre la situation au sérieux, avertit-il, tout en assurant que le pays est bien préparé.
Jusqu'à présent, la Suisse est "sortie renforcée de chaque crise", constate le ministre des finances radical dans le "Tages-Anzeiger". Et d'ajouter dans un autre entretien, accordé à la "Neue Luzerner Zeitung": "Je suis vraiment persuadé que nous surmonterons cette crise."
Enfin un ministre qui choisi de ne pas se laisser dicter la loi par un pays de l’UE. Enfin un ministre qui défend les intérêts de la Confédération.
Prenant exemple sur ce taux d’imposition, l’accord bilatéral sur la fiscalité de l’épargne des citoyens européens devrait préciser que le taux d’imposition (au lieu d'être fixe comme maintenant) pourrait être le plus bas pratiqué par un des pays de l’UE. En fonction de la libre concurrence, puisque les pays de l’UE n’arrivent pas à se mettre d’accord sur un taux d’imposition, il n’y a pas de raison que la Suisse doivent taxer plus lourdement un citoyen allemand qui a son compte en Suisse que le taux auquel il est soumis en Allemagne. Il serait peut-être temps que l’OMC se charge du problème !