Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06928.jsonl.gz/298

D'après une étude conduite aux Etats-Unis par le Pew Internet Project, alors que 65 millions d'Américains ont, un jour ou l'autre, cherché des informations sur leur santé sur l'Internet, la plupart des renseignements donnés échappent aux lois sur le respect du secret médical.C'est en avril 2001 que l'administration Bush a dévoilé les premiers décrets américains sur la protection de l'information médicale, décrets qui ne seront pleinement effectifs qu'en avril 2003. Si l'objectif visé est de permettre aux personnes se connectant de jouir d'un contrôle plus grand sur des renseignements personnels confidentiels, ces lois ne couvriront pas la plupart des achats, recherches ou autre sollicitation effectués auprès des milliers de sites positionnés sur ce créneau.«Beaucoup de personnes supposent à tort que les informations personnelles fournies aux sites de santé sont couvertes par les nouvelles lois», déclare Susannah Fox, du Pew Internet Project. L'étude précise que les sites en question ne sont pas tenus par la loi de veiller à la confidentialité des renseignements qu'ils sont amenés à recueillir. Outre-Atlantique, les lois sur le secret de la vie privée couvrent les informations collectées par les professionnels de santé mais aussi par les assureurs-santé ou les représentants des chambres de compensation qui traitent des recours aux assurances.Au regard de la loi, ces professionnels doivent expliquer aux patients ce qu'il advient des informations personnelles ainsi que les moyens de restreindre leur divulgation. Mais la grande majorité des sites «santé» ne sont pas gérés par ces professionnels ; c'est ainsi que la plupart des «pharmacies en ligne», les sites des groupes pharmaceutiques, certains sites diffusant de l'information concernant la santé ou encore ceux qui proposent des «consultations psychologiques», acceptant les cartes de crédit plutôt que le règlement par les assurances, ne sont pas couverts par les lois sur la secret de la vie privée. Des activités comme l'établissement d'une ordonnance ou l'expédition de courriers électroniques d'alerte peuvent être couverts par la loi sur certains sites, mais pas sur d'autres.De la même façon, sur un site pourtant concerné par le cadre de la loi, certaines activités peuvent échapper au cadre réglementaire et ne sont pas considérées comme en relation directe avec des soins médicaux. Difficile pour les internautes de savoir quels sites sont couverts par les lois sur le secret de la vie privée !Joy Pritts, expert à l'Université de Georgetown, conseille aux personnes de ne commander des médicaments qu'auprès de sites ayant «pignon sur rue» et d'être «très prudentes sur le genre d'informations qu'elles fournissent aux sites». Le département américain de la Santé n'a pas autorité à étendre la loi à l'ensemble des sites web ; M. Pritts espère cependant que le Congrès pourrait agir en se sens.