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C'est ce que montre une analyse bibliographique de l'Institut des sciences et technologies de l'eau Eawag sur le rôle, notamment, des infrastructures bleues et vertes dans la lutte contre la chaleur en ville qui vient d'être publiée dans la revue Aqua & Gas (article en Allemand : Urbane Strategien zur Hitzeminderung). Les scientifiques qui y ont participé n'ont pas uniquement considéré la végétation (arbres, toits végétalisés, etc.) et les surfaces d'eau (plans d'eau, fontaines, etc.) mais également les revêtements spéciaux (asphalte perméable, par exemple) et les pratiques favorisant le rafraîchissement (couloirs d'air froid, aspersions d'eau, etc.) et les ont classées en fonction de leur apport potentiel pour le rafraîchissement de la ville. L'arrosage des surfaces et des espaces verts et l'aménagement de couloirs d'air froid se révèlent, de loin, les plus efficaces. Les zones humides urbaines, alliant végétation et surfaces aquatiques ouvertes, sont particulièrement intéressantes. Non seulement elles offrent un espace naturel frais à la population mais elles favorisent aussi la biodiversité aquatique et terrestre. «Jusqu'à présent, cette multifonctionnalité a souvent été ignorée», indique Peter Bach, du département de Gestion des eaux urbaines de l'Eawag.
Des concepts à intégrer dans les plans existants
Alors que la planification des infrastructures d'assainissement et d'évacuation des eaux a souvent déjà été établie il y a des années, beaucoup de villes ne disposent pas de stratégie intégrée pour les infrastructures bleues et vertes. Le plus souvent, des mesures isolées sont évaluées et il est rare que des stratégies globales soient intégrées dans les planifications existantes. Certains cantons ont élaboré des stratégies d'adaptation aux changements climatiques ou d'atténuation de la chaleur (Genève, Lucerne, Argovie, par exemple) et certaines villes ont engagé des planifications spécifiques (plan rafraîchissement à Zurich, plan climat urbain à Winterthur), mais les outils ne sont quasiment pas ancrés dans les lois, normes et ordonnances. De même, les programmes d'encouragement font encore figure d'exception. Il serait pourtant primordial d'aborder maintenant les problèmes prévisibles dus aux changements climatiques et à la densification urbaine. L'auteur de l'étude Peter Bach conclut ainsi : «Sans prise en compte globale et intégrée des IBV, nous ne pourrons plus répondre aux exigences posées par la société en matière d'évacuation des eaux en milieu urbain.»