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Alain Berset veut renoncer à des coupes dans les rentes pour enfants et les frais de déplacement des personnes handicapées dans la révision de l'assurance invalidité en cours d'examen au Parlement. But: éviter un référendum et tout perdre en votation.
"La réduction des rentes pour enfants n'est plus nécessaire pour assainir l'assurance invalidité", déclare le conseiller fédéral socialiste dans des interviews publiées dans le "Matin dimanche" et la "SonntagsZeitung". "La situation financière de l'AI est plus saine que prévue, car les précédentes révisions commencent à produire des effets", explique-t-il.
Les mesures financières prévues dans la nouvelle révision, comme la réduction des rentes pour enfants et des frais de déplacement pour les personnes handicapées, ne permettraient de gagner que deux ans pour parvenir à un désendettement de l'AI, soit 2026 au lieu de 2028 avec les seules mesures structurelles proposées, selon le conseiller fédéral.
"Il est inutile de tirer sur la corde"
Si la révision est surchargée, "on n'échappera pas à un référendum avec le risque de tout perdre en votation et de ne plus rien pouvoir entreprendre pendant des années".
Dès lors, Alain Berset se demande "s'il vaut vraiment la peine de prendre des mesures qui toucheraient à l'acquis des personnes handicapées au risque d'échouer en votation". Et de répondre: "J'estime qu'il est inutile de tirer trop fort sur la corde".
La linéarisation des rentes maintenue
En revanche, le conseiller fédéral ne veut pas renoncer aux mesures structurelles de la révision que sont la linéarisation des rentes, la lutte contre les abus, une meilleure intégration et un mécanisme de frein à l'endettement. "Nous en avons besoin".
Le référendum pourrait toutefois aussi être saisi contre les rentes linéaires. "C'est vrai", répond-il, "mais alors les référendaires devront se battre contre la modernisation de l'AI et pas seulement sur le terrain des acquis; ce sera plus difficile".
ats/jgal
L'apport de la TVA est décisif
En 2012, l'AI devrait de ce fait dégager un bénéfice d'un demi-milliard de francs, tendance qui se renforcera jusqu'en 2017, ce qui permettra de réduire considérablement la dette de quelque 14,5 milliards de francs.
"Sans ce prélèvement sur la TVA et sans la révision en discussion, nous prévoyons que l'AI fera néanmoins après 2017 un bénéfice de 300 millions de francs par an", voire davantage après, ajoute le conseiller fédéral.