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LE MOT DE L'ÉDITEUR
Grand defi de la famille
Les travaux du Conseil pontifical pour la famille représentent un véritable défi et un vrai pari. Un défi pour l'humanisation, lorsque la vérité à propos de l'homme se fait confuse et son mystère quasiment inabordable, malgré les progrès enregistrés dans tous les domaines, grâce aux conquêtes de la science, et malgré certains succès dans la reconnaissance des droits de l'homme, clef de vie en commun des peuples, en une seule famille humaine.
L'homme est un secret pour lui-même et pour les autres, secret qui ne peut être déchiffré que grâce à l'amour de Dieu. C'est en Lui que la dignité éminente de la personne humaine, aimée pour elle-même, trouve ses racines (cf. GS 24). Comme le disait Buber, «l'homme ne peut échapper au regard de Dieu ; en s'efforçant de se cacher à Lui, il se cache à lui-même». C'est ce souci qui parcourt la totalité des pages qui suivent. La vocation de la personne humaine est de se conformer à l'image du Verbe incarné.
Le cardinal Alfonso López Trujillo, actuellement président du Conseil pontifical pour la famille est archevêque émérite de Medellin (Colombie) et a présidé le CELAM de 1979 à 1983.
Extrait du livre :
REFLEXIONS ETHIQUES ET PASTORALES SUR LES CONSÉQUENCES DE L'AVORTEMENT
Lors d'une récente visite en Russie, sur invitation des autorités du pays, où l'avortement volontaire est pratiqué de façon fréquente et diffuse, j'ai entendu la réflexion suivante : «Ici, l'avortement est la conséquence du vide éthique créé par l'idéologie marxiste. Désormais, il est devenu une simple petite intervention chirurgicale.» La personne qui tenait de tels propos sur un ton affligé me dit en outre que, pour beaucoup, les peurs liées à l'avortement étaient surtout de nature hygiénique, à cause des infections.
Sur la base d'autres informations disponibles, on pouvait cependant conclure concrètement que, dans le pays, beaucoup de femmes souffraient du syndrome post-avortement. On me fit remarquer également que de nombreux cas d'avortements répétés étaient signalés.
De façon générale, on peut dire que dans les sociétés où l'avortement n'est pas pénalisé, ce «crime horrible» a tendance à être minimisé. En outre, cela se fait de façon systématique, en premier lieu - comme on le sait - à travers le contrôle du langage. Personne ne veut considérer ce crime dans toute sa réalité dramatique et tragique. Le mot même d'«avortement» est interdit. Le langage est soumis à une sorte de «manipulation» qui fait que le mot est remplacé par des expressions bien connues, telles que «interruption de grossesse». L'acte est alors représenté comme un exercice de «libre choix».
L'ensemble se situe dans le contexte d'une «mentalité», d'une «culture» contre la vie. C'est pour cela que, pour des exigences techniques et industrielles, l'«enfant non encore né» est défini comme un «produit», et ce «produit» est vu comme une menace pour la paix et pour les droits de ceux qui désirent l'avortement, ou il est même considéré comme une sorte de maladie. N'est-ce pas là ce que nous trouvons dans l'expression «vaccin anti-baby» ? L'un des soucis des promoteurs de la pilule RU 486 consiste justement à faire tout son possible pour en cacher l'action cruelle et inhumaine, l'aspect sanguinaire. Nous pourrions dire que l'on s'efforce de cacher le sang répandu par l'action cruelle des aspirateurs, que celle-ci soit effectuée «chirurgicalement» ou en appliquant les nouvelles techniques de ce que Jean-Paul II appelait la «guerre chimique».