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1. Quelles sont les différentes formes évolutives de la SEP ? Pouvez-vous expliquer brièvement les caractéristiques de chacune d’elles ?
Il existe différentes formes évolutives de la SEP. La plus fréquente, celle que presque chacun connaît, même sans être spécialiste, est la SEP récurrente (SEP-R). Cela signifie que la maladie commence avec des poussées qui peuvent se suivre à des intervalles variables. Elles provoquent des troubles moteurs et mentaux qui durent au moins 48 heures. Cette forme évolutive comprend elle-même plusieurs sous-groupes : il y a certaines poussées dont on se remet entièrement, mais d’autres dont certains symptômes ne disparaissent pas tout à fait et dont les déficits augmentent d’une poussée à l’autre.
La forme évolutive primaire progressive de la maladie (SEP-PP) est un peu plus rare. Elle passe longtemps inaperçue parce que le patient présente souvent des symptômes non spécifiques, et surtout aucune poussée. Il s’agit le plus souvent de troubles de la marche : ces personnes développent une certaine spasticité dans la marche, une raideur des muscles ou la mobilité articulaire au niveau des jambes devient difficile. Le groupe de patients présentant une inflammation du cervelet est encore plus rare.
On peut dire que la SEP-PP concerne environ 20 % et la forme récurrente environ 80 % des patients. Les deux formes sont plus fréquentes chez les femmes que chez les hommes.
2. Pouvez-vous ébaucher brièvement les symptômes caractéristiques des formes de la SEP récurrente ?
Les symptômes diffèrent et sont très variés selon l’atteinte, soit dans le cerveau, soit dans la moelle épinière. C’est ce qui complique tellement les choses. Certains de mes collègues affirment que tout peut être une poussée. Il peut s’agir de vertiges, de troubles des mouvements des yeux ou de la vision, de la coordination ou de la motricité fine, ou encore une spasticité passagère dans les bras ou les jambes.
Souvent, le premier symptôme d’une SEP récurrente est un trouble de la vision : d’un seul coup, le patient ne voit plus rien et l’ophtalmologue ne peut pas en trouver la cause. C’est la constellation classique qui conduit le patient chez le neurologue, et permet donc de diagnostiquer la maladie. C’est là que l’on détecte l’inflammation du nerf optique.
3. Quels sont les symptômes caractéristiques d’une SEP-PP ?
En général, la marche des patients se dégrade insidieusement : la spasticité de la marche s’installe, la raideur des jambes aussi parfois, la marche perd sa fluidité et sa souplesse. Des symptômes venant du cervelet se manifestent par des troubles de la coordination, de l’équilibre, de la station debout et de la marche, mais aussi par une déficience dans les mouvements des yeux.
4. Quels sont les traitements possibles pour les différentes formes évolutives ?
Pour la forme récurrente classique, on a longtemps administré des médicaments immunomodulateurs. Et soit on faisait partie de ceux chez qui ça marchait, soit on n’avait pas cette chance. Ils n’agissaient pas et les poussées continuaient. En cas de poussée aiguë, on peut traiter avec de la cortisone, des stéroïdes ; ensuite on a eu recours à des médicaments venant des traitements anti-cancéreux, mais souvent avec des effets secondaires considérables.
Il est important de souligner qu’il existe également des traitements non médicamenteux comme la physiothérapie ou l’ergothérapie qui permettent à tous les patients, quelle que soit la forme de leur SEP, de rester longtemps autonomes.
5. Pourquoi les approches thérapeutiques varient-elles et dans quel contexte ?
On a constaté que les médicaments qui agissent pour la forme évolutive récurrente sont impuissants pour la SEP progressive. Pourquoi ? Les raisons ne sont pas encore définitivement élucidées. On suppose que la fonction de la barrière hémato-encéphalique joue ici un rôle déterminant. Cette barrière hémato-encéphalique règle l’échange des substances entre le sang et le système nerveux central et empêche normalement les cellules immunitaires de passer. Mais, en cas de SEP récurrente, cette barrière ne fonctionne pas correctement : les cellules immunitaires peuvent migrer dans le système nerveux central et déclencher des inflammations caractéristiques, les « foyers ». Pour la forme progressive, on suppose que la barrière hémato-encéphalique est plus ou moins intacte et que les cellules immunitaires présentes dans le système nerveux central provoquent l’inflammation. L’inflammation se trouve donc derrière une barrière hémato-encéphalique intacte. Cela pourrait être la raison pour laquelle cette forme est plus difficile à traiter. En effet, la plupart des médicaments ne peuvent pas traverser une barrière hémato-encéphalique intacte.