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Les autorités sanitaires américaines ont assoupli jeudi l'accès aux pilules abortives, en permettant qu'elles n'aient plus à être délivrées en personne aux femmes par un professionnel de santé. La décision intervient au moment où le droit à l'avortement est fortement remis en cause dans les Etats conservateurs.
La mesure pérennise un changement temporaire qui avait été introduit durant la pandémie de Covid-19 et qui permet que les comprimés utilisés pour des IVG médicamenteuses puissent être envoyées par la poste, après prescription par un médecin.
Même si dans de nombreux Etats conservateurs, où des lois restrictives concernant la télémédecine sont en place, l'envoi par la poste ne pourra malgré tout pas avoir lieu, cette décision devrait permettre d'étendre l'accès à ces comprimés, notamment dans certaines zones rurales.
Cette décision a été annoncée par l'organisation de défense des droits civiques ACLU, qui avait intenté une action en justice et a rendu publique une lettre signée de la directrice du département en charge de l'évaluation des médicaments au sein de l'agence américaine des médicaments (FDA).
Les IVG médicamenteuses sont autorisées par la FDA jusqu'à 10 semaines aux Etats-Unis. Elles nécessitent la prise de deux médicaments: d'abord de mifépristone, qui bloque le développement de la grossesse, puis le lendemain de misoprostol, qui déclenche l'avortement.
Or, la mifépristone est encadrée depuis son autorisation en 2000 par des règles que de nombreuses associations militantes dénoncent comme politiques. Les autorités ont décidé de «retirer la condition que la mifépristone soit dispensée uniquement dans certains environnements médicaux, spécifiquement des cliniques, cabinets médicaux et hôpitaux», a écrit jeudi la responsable de la FDA dans sa lettre.
Moins de 900 000 avortements sont pratiqués chaque année aux Etats-Unis, dont 40% médicamenteux en 2017, selon le Guttmacher Institute, qui milite pour l'accès à l'avortement. (ats/jch)
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