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Élisabeth Bautier
Le discours sur la qualité de l’éducation s’est largement développé en Europe, en particulier sous l’impulsion du processus de Bologne. Cependant, on peut constater une disjonction entre la réalité des résultats des élèves et un discours sur la qualité qui vise et parvient à construire des pratiques dominantes, à les formaliser avec l’objectif d’une amélioration continuelle de ces pratiques pour davantage d’efficacité.
Cet article vise à analyser la façon dont les difficultés rencontrées par les élèves issus de milieux plutôt défavorisés peuvent découler de pratiques quotidiennes dominantes en classe. Les difficultés sont ici considérées comme le résultat de la confrontation entre des dispositifs d’apprentissage construits par les enseignants et la façon dont les élèves en comprennent les enjeux et y travaillent. L’objectif est donc de comprendre comment les pratiques éducatives dominantes peuvent gêner les enfants d’apprendre à l’insu des enseignants. Ces pratiques dominantes sont analysées comme le résultat de changements dans les finalités de l’Ecole, le curriculum, les façons de faire apprendre. L’article décrit ces changements et les relie aux difficultés rencontrées par les élèves issus de milieux défavorisés.
Mots-clés: Inégalités sociales, pratiques enseignantes, évolutions curriculaires, sociologie du langage