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La fille est représentée sur cette image. Elle se tient à un stand de tir, dont la bordure droite laisse deviner la présence d’une cible. Son regard est concentré et dirigé sur l’arme qu’elle tient dans les mains. La jeune fille porte un costume comme il était d’usage à cette époque pour les fêtes. Elle a placé plusieurs cartes dans son chapeau joliment décoré. Avant l’invention des carnets de tir vers 1880, les points étaient comptabilisés sur un billet.
Cet événement inhabituel a laissé une impression durable. Il était ainsi possible d’acquérir une lithographie de la jeune fille pour 16 francs, d’après « l’almanach fédéral de tir de 1832 et 1833 » :
« Cette image […] représente la fillette de 14 ans du brave tireur Meyer de Malters, du canton de Lucerne, au moment où elle saisit la carabine pour tirer. La jeune fille a forcé l’admiration générale à la fête fédérale du tir à Lucerne, en raison de l’habileté avec laquelle elle maniait l’arme, mais aussi et surtout, en raison de l’assurance de son tir. » (pp. 46-47).
L’éducateur Friedrich Ludwig Jahn (1778 – 1852) est cité en conclusion, avec le vœu que « [les] Suissesses veuillent suivre les mots du brave Allemand » : «Grande est la détermination de la femme! En dépit de leur éducation et de l’économie domestique qui leur incombe, lorsque l’urgence de la situation l’exige, la jeune fille et la femme doivent elles aussi participer à la défense de la patrie. [...] Elles veulent mourir avec leurs époux, amant et frères pour la liberté ou pour faciliter la victoire.»
L’ébauche de la lithographie est signée Jakob Schwegler, d’où la mention «del.» [pour delineavit, a dessiné] après son nom. En 1821, alors qu’il travaillait pour le sculpteur Lukas Ahorn, il a participé à la réalisation du monument du lion de Lucerne. La lithographie est l’œuvre des Frères Eglin de Lucerne.