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C’est quoi un pervers narcissique ?
Perversion narcissique
En psychanalyse, la perversion narcissique constitue à la fois une pathologie relationnelle et un mécanisme de défense qui consiste en une survalorisation de soi-même aux dépens d’autrui qui a été théorisé par Paul-Claude Racamier.
Sommaire
Historique de la notion[modifier | modifier le code]
Elle est identifiée initialement par Paul-Claude Racamier qui décrit une forme particulière de perversion en 19861. Il précise ensuite cette notion dans des publications en 19872 et 19923 ainsi que dans deux chapitres de son livre intitulé Génie des origines en 19924. Il explique alors que :
« Le mouvement pervers narcissique se définit essentiellement comme une façon organisée de se défendre de toute douleur et contradiction internes et de les expulser pour les faire couver ailleurs, tout en se survalorisant, tout cela aux dépens d’autrui3. »
Il précise qu’il parle pour sa part d’une affaire collective, loin d’être individuelle ou intrapsychique5. Il ne s’agit donc pas pour lui de décrire une entité clinique psychiatrique ni psychanalytique mais un « mouvement pervers narcissique » à partir des notions psychanalytiques de perversion et de narcissisme.
La perversion narcissique n’a ainsi jamais été un trouble clinique reconnu, contrairement par exemple au trouble de la personnalité narcissique6 causé par une absence ou un retard dans le développement des capacités d’empathie durant l’enfance.
La notion a néanmoins été incarnée par Alberto Eiguer en 1989 dans Le Pervers narcissique et son complice7 qui parlera plus tard d’un « cas particulier de la pathologie du narcissisme »8.
La notion de harcèlement moral décrite par Marie-France Hirigoyen en 19989 fera référence à ce « pervers narcissique » et va populariser cette notion. Dès lors, de multiples articles de presse10 et d’autres ouvrages vont dépeindre « le pervers narcissique » le décrivant comme un sociopathe agissant comme un prédateur allant jusqu’à détruire l’identité de sa « proie » par la manipulation mentale.
Dans cette expression ainsi devenue populaire, il n’est désormais plus question ni de l’ « agonie psychique » ni du « déni psychotique » de l’article fondateur1.
Avant sa définition par Paul-Claude Racamier[modifier | modifier le code]
La pensée de la notion a précédé sa formalisation. Paul-Claude Racamier explique lui-même dans son article fondateur de 19861 (p. I306) que la dénomination des perversions narcissiques est nouvelle (il renvoie à lui-même en 1978 et 1985) que bien qu’associé dans un cadre hétéroclite ancien[incompréhensible], et précise qu’elle sont[incompréhensible] abordées depuis peu en « clinique psychanalytique », renvoyant à Greenacre et Chasseguet entre autres.
La thématique semble émerger de l’étude des paradoxes de la schizophrénie par Racamier qui écrit en 1978 dans un article : « Après tout, le narcissisme n’était qu’une perversion parmi d’autres dans l’inventaire d’Havelock Ellis, avant que Freud, reprenant le mot, ne trouve à la notion les prolongements qui l’ont transfigurée. (Si l’idée du narcissisme vient à propos du paradoxe, ce n’est pas par hasard.) » Intitulé « Schizophrénie et Paradoxalité », l’article porte aussi un sous-titre évocateur : « Où l’on voit les schizophrènes donner une réponse inédite à la question de Hamlet »11.
Deux ans plus tard, en 1980, il énonce cette fois explicitement la notion de « perversion narcissique » dans un livre intitulé Les Schizophrènes12 : « On s’attachera dans ce rapport à montrer que la schizophrénie s’organise de manière aléatoire le long du trajet qui va de la psychose aiguë à la perversion narcissique. » Le titre du chapitre peut là encore être noté : « De plusieurs constantes psychotiques, où l’on oppose l’anticonflictualité des schizophrènes à l’intraconflictualité des névroses ».
Définition par Racamier (1986)[modifier | modifier le code]
La notion de perversion narcissique n’est définie que lorsque Racamier développe la thématique en 1986 dans un article intitulé « Entre agonie psychique, déni psychotique et perversion narcissique »1.
Il y chemine dans la déconstruction psychique puis la reconstruction en ce qui fait plaisir. Pour cela, il se réfère à la notion freudienne de déni, et précise que « toute psychose avérée est le fruit d’un déni qui échoue » (p. I301), puis évoque le principe de cette « catastrophe psychique » (p. I304) avant d’aborder l’auto-engendrement autour de ce qui satisfait la psyché en parlant d’« orgasmes du moi » dont font partie les perversions narcissiques (l’intitulé est au pluriel).
Il rappelle l’utilisation préalable de cette terminologique par lui-même, aussi par P. Greenacre et J. Chasseguet entre autres, (p. I306) avant de définir (p. I307) une : « propension active du sujet à nourrir son propre narcissisme aux dépens de celui d’autrui ; ce n’est donc pas d’une perversion sexuelle : plutôt d’une perversité ». Il explique ensuite :
« Sa fonction est double : il s’agit pour le perversif d’assurer sa propre immunité par-devers le conflit et les douleurs de deuil, et de se valoriser narcissiquement (par rapport a des failles profondes et cachées) en attaquant le moi de l’autre et en jouissant de sa déroute ; cette déroute lui est ensuite imputée, ce qui fait que la jouissance perversive est toujours redoublée. (p. I3071) »
D’autre part, il attache cette notion de perversion narcissique à un rapport singulier à la verbalisation (p. I308) : « Dans la psychose les mots sont surinvestis à la place des objets, mais dans la perversion narcissique, c’est la parole qui est surinvestie au détriment des êtres. Et ce n’est pas, comme dans la psychose, la réalité qui est surinvestie, c’est la vérité. » Ce qu’il synthétise ensuite en une phrase simple :
« Pour eux un mensonge réussi compte comme une vérité. »
Il précise le sujet dans des articles en 1987 : « De la perversion narcissique »2, et en 1992 « Pensée perverse et décervelage »3.
Réutilisations et réajustements[modifier | modifier le code]
En 1989, un autre auteur, Alberto Eiguer, utilise cette notion de « perversion narcissique » pour décrire “le pervers narcissique et son complice” dans un ouvrage du même nom7. Il y cite Racamier, mais décrit une personnalité, alors que Racamier se borne plutôt à expliquer un mécanisme, lui parle de mouvement, et dans l’article de 1992 il explique :
« Je parle au singulier. Il faudrait parler au pluriel. C’est que la perversion narcissique est loin d’être une affaire individuelle : c’est une affaire collective, et à partir du moment où les espaces psychiques sont transgressés, nous savons que tous les débordements sont possibles.
Pareillement, le mouvement pervers est loin d’être une affaire intrapsychique. C’est une affaire hautement interactive. Car il est tellement, ce mouvement, tourné vers autrui, qu’il ne cesse de s’en servir13. »
Selon Gérard Bayle, Racamier ne cherche pas à qualifier des individus mais à identifier l’origine d’un dysfonctionnement dans les interactions : il explique que la notion « sert son souci de décrire et de traquer les processus pervers dans les familles et dans les groupes14 ». Racamier qui précise « Il n’y a rien à attendre de la fréquentation des pervers narcissiques, on peut seulement espérer s’en sortir indemne. »15.
En 1992 sort également le livre Génie des origines4 dont les chapitres 9 et 10 font référence sur le thème de la perversion narcissique, au point d’être réédité en 2012 sous le titre Les perversions narcissiques16.
« une organisation durable caractérisée par la capacité à se mettre à l’abri des conflits internes, et en particulier du deuil, en se faisant valoir au détriment d’un objet manipulé comme un ustensile ou un faire-valoir17. »
Théorie[modifier | modifier le code]
La perversion narcissique est une notion psychanalytique, issue de l’association de deux notions freudiennes, perversion et narcissisme, et c’est dans ce cadre que Racamier propose cette représentation. L’article originel1 invoque Freud à de nombreuses reprises et utilise la sexualisation de la psyché en parlant d’« orgasme psychotique du moi » et d’« érotisation des défenses » pour intituler les chapitres qui précédent celui intitulé « perversions narcissiques » (p. I306).
Racamier propose dans le cadre de cette théorie le principe d’une réorganisation psychique alternative à la psychose, mais utilisant pourtant les mêmes ressorts d’« érotisation des défenses », mais dans un cadre théorique nouveau. Une distinction peut alors être présentée relativement à la perversion « non narcissique » et au trouble de la personnalité narcissique.
La perversion[modifier | modifier le code]
Article détaillé : perversion.
Par l’étymologie, la perversion est définie par l’« action de détourner quelque chose de sa vraie nature »18. La perversion comme trouble pervers, rapporté à une personnalité perverse, est donc l’inclination à détourner les choses de leur vraie nature.
La psychiatrie définit ainsi une organisation perverse caractérisée par « une apparence de génitalité, de fonctionnement social adapté et mentalisé ». En fait, on a affaire à un « déni de la réalité […]19. » « Le pervers se croit donc à l’origine de la loi. Lui-même fera sa loi. Ainsi, il sera d’une part délinquant, et d’autre part indélicat19. » « Le pervers n’a pas un désir, mais un besoin demandant une satisfaction immédiate. L’autre n’existe pas19. »
Le trouble narcissique[modifier | modifier le code]
Articles détaillés : narcissisme et trouble de la personnalité narcissique.
Le narcissisme est une notion introduite par Freud en utilisant, comme il l’a fait avec Œdipe, un renvoi à une histoire mythologique, ici celle de Narcisse, définie comme un « intérêt excessif pour (l’image de) soi, associant survalorisation de soi et dévalorisation de l’autre, habituel chez l’enfant, courant chez l’adolescent, compensatoire chez l’adulte20. » Le trouble narcissique est donc l’installation durable de cette attitude compensatoire chez l’adulte, répertorié sous la catégorie des troubles spécifiques de la personnalité6 du classement international des maladies (CIM) et dans l’axe 2 (Troubles de la personnalité) du DSM.
Le rapport aux notions distinctes[modifier | modifier le code]
Mais Racamier n’additionne pas ces deux notions pathologies décrites, mais renvoie aux notions premières telles que dépeintes par Freud pour décrire une situation singulière et non assimilable à ces dernières.
Relativement au narcissisme il a même été défendu que le rapport était inversé. La Revue française de psychanalyse fait le lien avec la notion d’anti-narcissisme de Francis Pasche pour expliquer que :
« Dans la perversion narcissique décrite par Racamier, la dimension anti-narcissique est devenue inapparente : elle aurait disparu, se serait effacée. Mais le pervers narcissique a pourtant “besoin” des autres comme “ustensiles” pour échapper à sa conflictualité interne21. »
Le trouble de la personnalité narcissique serait encore compensé par une pulsion inverse, vers plus d’image de soi-même, qui serait rendue imperceptible dans le cas de cette perversion narcissique puisque c’est l’image de l’autre qui est utilisée.
Relativement à la perversion, la pertinence de distinguer la perversion narcissique ne fait pas l’unanimité. Paul-Claude Racamier distingue une perversion à but exclusivement narcissique, ce qu’il exprime dans la phrase « « Tuez-les, ils s’en foutent, humiliez-les, ils en crèvent22 ! » D’autres psychanalystes, dont Marie-Claude Defores, Dominique-France Tayebaly ou Serge Reznik, soutiennent que, dans la réalité clinique, elle ne diffère pas de la perversion tout court23. Cette notion suffirait dans la mesure où « le mot de perversion est employé pour qualifier l’instrumentalisation de l’humain et toutes les entreprises de désubjectivation24. »
La distinction relativement à la perversion sexuelle est explicite chez Racamier « Ce n’est pas une perversion sexuelle, plutôt une perversité. »(p. I307)1. Ce qui rejoint le cadre défini pas Jean Bergeret qui distingue la « perversion de caractère »25 dont l’objectif est de dénier à l’autre la possibilité de ressentir des intérêts propres afin de nourrir les siens, de la « perversion sexuelle » dont le but est d’imposer ses pulsions et fantasmes sexuels aux autres sans leur accord.
Le placement de la perversion narcissique relativement à chacune de ces deux pathologies est pourtant explicite dans la définition de 19861(p. I307) :
« Il est cependant vrai que les narcissiques les plus pervers se dérobent à nos regards de clinicien ; mieux vaudrait même pour nous de ne pas avoir trop à croiser leur chemin. C’est bien de ceux là qu’il s’agit quant on décrit les imposteurs (P. Greenacre) et les escrocs. »
Il précise avant qu’il peut s’agir de « psychotiques plus ou moins cicatrisés sur le mode perversif ou de mère de psychotique ». On a donc, d’après la formalisation de la notion de 1986, affaire à la fois à une sorte de narcissique, et une sorte de pervers, mais hors du cadre clinique habituel, car, comme il le précise ensuite, « la perversité est tournée vers le social. »
Réception[modifier | modifier le code]
Popularisation de la notion[modifier | modifier le code]
Une incarnation de la notion de perversion narcissique a été faite par l’ouvrage d’Alberto Eiguer en 1989 Le Pervers narcissique et son complice7. Et cette idée « du pervers narcissique », très marquante, est restée même si Racamier a ensuite bien signifié qu’il parlait pour sa part des « mouvements pervers narcissiques » au pluriel, décrivant des processus interpersonnels, relatifs aux familles et aux groupes, n’étant pas assimilables à un processus intrapsychique.
Puis c’est la notion de harcèlement moral, décrite par Marie-France Hirigoyen en 19989, qui a mis en lumière un type d’acte pouvant être le fait du personnage préalablement décrit du “pervers narcissique”.
C’est alors une véritable notion populaire qui a émergé, reprise dans de nombreux articles de magazines et ouvrages divers26.
Le terme s’est alors étendu dans la psychologie populaire commune, où il a pris des sens qui relèvent d’un jugement de valeur. On enseigne ainsi en 2013 dans une école d’avocats que : « L’utilisation de la notion du pervers narcissique, notion psychanalytique, est devenue inquiétante tant l’expression est galvaudée et employée sans qu’un diagnostic médical ait été porté par un médecin psychiatre »27.
Le thème est ainsi fortement relayé dans les médias28, au travers le plus souvent d’une stigmatisation du « pervers narcissique », et non plus de la notion de perversion narcissique elle-même. Ce phénomène de la dérive populaire de l’idée originelle est également traité par les médias, par exemple dans une émission intitulée : « Le pervers narcissique existe-t-il vraiment ? »29
Critiques du concept[modifier | modifier le code]
Marie-France Hirigoyen, une des théoriciennes et vulgarisatrices du concept, dit regretter le succès populaire qu’a connu cette expression pour désigner toutes sortes de personnes extraverties, alors que selon elle cette pathologie demeure « beaucoup plus rare qu’on ne le pense »30.
On trouve des critiques du principe de Racamier, discutant le cadre d’admissibilité comme la position de Claude Nachin en 1996 :
« À la fin de son rapport, G. Bayle relève après les Barande le caractère pervers polymorphe de la sexualité humaine et le différencie de la perversité. Sa description du « trio pervers » et du “pervers narcissique” me laisse un sentiment de malaise et je préfère la position de Harold Searles décrivant “l’effort (inconscient) pour rendre l’autre fou” à l’inflation de la notion de “pervers narcissique” avec les redoutables confusions qu’elle peut susciter dans l’esprit des patients et des familles qui lisent nos textes. Même s’il y a des cas intermédiaires, il m’apparaît important de distinguer ceux qui mettent en œuvre consciemment, volontairement et délibérément des activités propres à leur procurer de fortes jouissances au détriment d’autrui de ceux qui sont placés dans la nécessité psychique inconsciente de violer les lois fondamentales sans être capables de se l’expliquer, même à eux-mêmes, réduits qu’ils sont à inventer une histoire de leurs malheurs sous la pression de leurs avocats ou des experts31. »
Pour Marcel Sanguet, le concept de pervers narcissique est une invention, comme l’a été l’hystérie au xixe siècle32. Ce concept n’est selon lui pas utilisé dans d’autres pays que la France, comme les États-Unis, et est fortement galvaudé33.
Cependant, le sens du concept de NPD (narcissistic personality disorder), et plus précisément celui du malignant narcissist bien connu aux États-Unis, est proche de celui du concept de perversion narcissique. Jordan B. Peterson parle également de narcissistic psychopath34.
Psychiatrie[modifier | modifier le code]
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En psychiatrie, et donc plus généralement en médecine, ou en psychologie clinique, la notion de pervers narcissique n’est pas utilisée. Ni la classification internationale des maladies (CIM), ni le manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM), ni la classification française des troubles mentaux de l’enfant et de l’adolescent (CFTMEA) ne parlent de « perversion narcissique ». Ce concept n’a donc pas de validité clinique.
Thérapie cognitivo-comportementale[modifier | modifier le code]
La thérapeute comportementaliste et cognitiviste Isabelle Nazare-Aga35 estime qu’il faut qu’une personne corresponde à au moins 14 des 30 comportements caractéristiques suivants pour qu’on puisse parler d’un(e) pervers(e) narcissique :
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Il/elle culpabilise les autres en invoquant l’amour, l’amitié, la famille et la conscience professionnelle
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Il/elle exige la perfection de la part des autres, qu’ils doivent être omniscients, totalement disponibles à lui/elle et ce, immédiatement, capables de répondre à toutes les questions et qu’ils ne doivent jamais changer d’avis
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Il/elle exploite les sentiments moraux des autres (devoir, générosité, courtoisie, humanisme…) pour satisfaire ses besoins
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Il/elle remet en cause la compétence, la personnalité et les qualités des autres : il/elle critique et dévalorise afin de créer le désarroi et, après, il/elle juge
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Il/elle jalouse tout le monde (y compris sa famille)
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Il/elle recourt aux flatteries, aux cadeaux et aux services rendus pour se faire bien voir
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Il/elle se pose constamment en victime
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Il/elle ne s’estime jamais responsable de rien, rendant ainsi les autres responsables de tout
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Il/elle n’énonce pas clairement ses sentiments, ses opinions, ses besoins ni ses demandes
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Il/elle répond toujours de manière évasive
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Il/elle peut changer de sujet sans transition au cours d’une conversation
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Il/elle évite ou quitte les réunions et les entretiens
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Il/elle utilise des moyens indirects, tels qu’autrui, les répondeurs téléphoniques ou les messages écrits pour faire passer ses messages
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Il/elle invoque des raisons logiques pour faire passer ses demandes d’emprise
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Il/elle déforme, interprète et raconte des mensonges pour cacher (ou découvrir) la vérité
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Il/elle refuse la critique et nie les évidences
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Il/elle recourt parfois au chantage et aux menaces implicites
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Il/elle crée des conflits dans le but de manipuler son entourage
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Il/elle se comporte différemment et modifie l’expression de sa pensée en fonction des personnes et des situations
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Il/elle ment (y compris par omission)
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Il/elle utilise l’ignorance de ses vis-à-vis et tente de faire admettre qu’il/elle leur est supérieur(e)
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Il/elle est égocentrique
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Ce qu’il/elle dit ne correspond pas à ce qu’il/elle fait
-
Il/elle invoque l’urgence pour obtenir un avantage d’autrui
-
Il/elle renie les sentiments, les désirs, les besoins et les droits d’autrui
-
Il/elle rejette implicitement les demandes en prétendant s’en occuper
-
Il/elle génère des sentiments de malaise, de désarroi et/ou d’absence de liberté
-
Il/elle parvient à faire accomplir à autrui des actes non désirés
-
Il/elle atteint ses objectifs au détriment des autres
-
Il/elle fait l’objet de discussions fréquentes et récurrentes
Pour Isabelle Nazare-Aga, qui a analysé en détail le comportement du (ou de la) pervers(e) narcissique au sein du couple, le/la pervers(e) narcissique va tenter de couper son/sa conjoint(e) de son entourage et tenter de détruire sa confiance en lui/elle pour mieux le/la manipuler quitte à le/la détruire35.
Droit[modifier | modifier le code]
Le diagnostic de perversion narcissique n’étant pas reconnu, le renvoi à une telle qualification n’a pas de fondement juridique.
Néanmoins, il existe des acceptations ou des consensus dans la présentation d’un diagnostic de structure perverse, qui font le lien entre l’état et l’acte commis. C’est du moins ce qu’avance Daniel Ajzenberg qui écrit que cela nécessite la certitude « que la perversion s’est structurée dans le passage à l’acte qui a été commis »36.
D’autre part, la nature de l’acte peut renvoyer au harcèlement moral décrit par Marie-France Hirigoyen en 1998, et dont les termes ont été repris dans le code du travail français par exemple (article L 1152-1), ou au harcèlement ainsi défini par le code pénal français (article L 222-33) :
« Le fait de harceler autrui par des agissements répétés ayant pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d’altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel, est puni de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende. »