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Le Musée des Beaux-Arts de Berne accepte l'héritage de la controversée collection Gurlitt, a annoncé lundi à Berlin le président du conseil de fondation du musée Christoph Schäublin.
Le Musée de Berne va travailler avec l'Allemagne pour restituer les oeuvres spoliées, qui resteront pour l'instant en Allemagne.
Groupe de travail
L'Allemagne s'engage de plus à payer les frais liés à la restitution des tableaux. L'accord sera signé ce lundi avec la ministre allemande de la culture Monika Grütters et le ministre bavarois de la justice Winfried Bausback.
Le groupe de travail "Schwabing", mis sur pied pour déterminer l'origine des tableaux de la collection Gurlitt, décidera quelles oeuvres doivent rester en Allemagne et quelles oeuvres peuvent être transférées à Berne. L'examen a déjà commencé et devrait durer jusqu'en 2015.
Courbet, Picasso, Matisse
La collection a été constituée par Hildebrand Gurlitt, marchand d'art en vue sous le régime nazi. Cornelius Gurlitt, son fils, a été au centre d'un violent débat sur les oeuvres d'art volées par les nazis.
Il est mort le 6 mai dernier à Munich et a choisi le musée bernois comme légataire universel.
Début avril, Cornelius Gurlitt avait accepté de coopérer avec les autorités allemandes pour déterminer si une partie des tableaux qu'il possédait provenait de vols et de pillages commis par les nazis.
La collection compte environ 1600 peintures, dessins et gravures, dont des oeuvres de Canaletto, Courbet, Picasso, Chagall, Matisse et Toulouse-Lautrec.
agences/sbad
"Succès" pour le ministre bavarois de la Justice
"Je suis très soulagé que ce cas soit définitivement sur de bons rails", a ajouté Wilfried Bausback.
"Femme assise" déjà revendiquée
Un groupe d'experts mandaté par l'Allemagne a établi que ce tableau d'Henri Matisse avait été volé par les nazis à Paul Rosenberg, grand-père de la journaliste française Anne Sinclair.
Il avait été découvert dans la collection d'oeuvres d'art retrouvées chez Cornelius Gurlitt.
Le Conseil fédéral prend acte
Il salue le fait que la convention conclue se base sur les Principes de Washington de 1998 et permette ainsi la poursuite du travail de clarification de la provenance des œuvres.
La Confédération estime essentiel que les œuvres qui auraient été spoliées puissent être rapidement restituées à leurs propriétaires.
Avertissement du Congrès juif mondial
Le président du Congrès juif mondial (CJM) a mis en garde il y a quelques semaines l'institution bernoise. Il a évoqué "une avalanche de procès" en perspective en cas d'acceptation de l'héritage.
Herbert Winter, président de la communauté israélite suisse, a au contraire déclaré qu'il serait plus sage que Berne accepte la collection.