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En France, pendant la Belle Époque, on assiste à la création de Cafés-Concerts qui permettent d'abolir, pour un temps, les barrières sociales. Les prix étant bas, on y rencontre des riches comme des ouvriers.
Les Cafés-Concerts les plus renommés en France étaient Le Chat Noir et les Folies Bergère. Ces cafés faisaient restaurant, café-concert, théâtre, etc.
Le Chat Noir fut l'un des premiers cabarets artistiques. Il fut créé en 1881 par Rodolphe Salis à Montmartre (quartier de Paris à l'époque très populaire dans les milieux artistiques, intellectuels, et touristiques). Ce café eut un grand succès et fut fréquenté par des personnalités de l'époque (Alphonse Allais, Jean Richepin, Aristide Bruant, Paul Delmet, etc.).
Le Chat Noir représentait, pour ses clients (des dames de la société, des touristes, des banquiers, des médecins, des artistes, des journalistes, etc.) un lieu où ils pouvaient s'échapper de leur travail. Mais il dut fermer ses portes en 1897, car l'amusement commençait à sembler vulgaire et en raison de la mauvaise situation de l'économie.
Cependant, les Folies Bergère sont restées ouvertes jusqu'au début du XXe siècle et continuèrent d'attirer beaucoup de gens, même si ce cabaret était plus cher que les autres du même genre. Les clients s'y sentaient libres : ils pouvaient garder leur chapeau dans le café, parler, manger, fumer quand ils le voulaient, etc. Ils ne devaient pas se plier à des règles sociales.
Comme beaucoup de Cafés-Concerts, Les Folies Bergère présentaient des numéros variés : on y montrait des chanteurs et des danseurs, des jongleurs et des clowns, etc. On y voyait des personnages sensationnels (comme la famille Birmane, dont tous les membres portaient une barbe). Le cabaret proposait aussi des numéros de cirque qui épataient les spectateurs, attirés surtout par le danger (en effet, il arrivait que les lions tuent le dompteur). Mais la scène n'était pas le seul divertissement. Les clients qui ne regardaient pas le spectacle se baladaient, rencontraient des amis, des prostituées, etc.
Au début du XXe siècle, à l'approche de la Première Guerre mondiale, les prix ont augmenté et le cabaret est devenu réservé aux plus riches.
Plus récemment, on assiste à une renaissance du cabaret sous la forme du café-théâtre. Apparu à Paris dans les foisonnantes années 1970, ce concept s'est répandu dans toute la France. Alternant les périodes de grand succès et de vaches maigres, ces cabarets modernes ont bien résisté au temps et ont vu l'éclosion de toute une génération de chanteurs, d'humoristes et de comédiens. À Paris, les plus célèbres sont alors La Belle Époque de Paris, le Don Camilo, le Lucernaire, le Point-Virgule, la Villa d'Este, la Boulangerie des Tuileries, le Caf'Conce de Simone Raton, le Port du Salut, L'Écluse (fondée quai des Grands-Augustins en février 1951 par Léo Noël, Marc Chevalier, André Schlesser - le duo Marc et André - et Brigitte Sabouraud, et disparue en 1972), les Petits Pavés, la Tête de l'Art, Chez ma Cousine (fondé en 1924 à Montmartre), l'Écume.
Le Café-Théâtre dans sa forme et sa programmation est une invention plutôt nouvelle, puisqu'en 1961 M. Alezra ouvre à la Vieille Grille une épicerie buvette où sont présentés des spectacles, de la poésie et des chansons. Ce n'est qu'en 1966 qu'apparaît le tout premier Café-Théâtre en tant que tel, le Royal créé par Bernard Da Costa.
Comme son nom l'indique, le Café-Théâtre est un petit théâtre dans lequel il est possible de boire, mais ce n'est pas nécessairement le cas. Le cadre plutôt restreint qui s'offre aux artistes les oblige à s'adapter. De ce fait, les moyens techniques sont très limités, tout comme le nombre d'acteurs sur scène. De plus, la représentation ne dure généralement que 50 à 60 minutes permettant ainsi l'enchaînement de plusieurs spectacles devant un public restreint lui aussi, la salle ne pouvant contenir qu'une quarantaine, voire une cinquantaine de personnes. Le Café-Théâtre est un lieu de liberté dans lequel les artistes peuvent s'exprimer sans tabou, et où la proximité et l'intimité avec le public est sa principale caractéristique.
Histoire
Le premier Café-Théâtre apparaît le 26 février 1966 à Paris. Il s'agit du Royal, boulevard Raspail, créé par Bernard Da Costa. Il ne restera en place que trois mois.
Le 2 juillet 1966, le Bilboquet s'annonce comme le deuxième Café-Théâtre. Il est créé par Daniel Mocquay, un ancien membre du Royal. Au fil des années, les Cafés-Théâtres apparaissent et disparaissent, mais le genre a toujours autant de succès ; on compte 21 Cafés-Théâtres en 1977 à Paris. Ce nouveau genre doit son succès à un besoin de renouveau dans le théâtre des années 1960. On cherche à promouvoir et faire découvrir des auteurs, comédiens, metteurs en scène français et bien vivants, qui sont trop souvent laissés à la porte des théâtres traditionnels.En 1969, "l'ère des Copains" donne un renouveau à un Café-Théâtre, qui n'a rien perdu de son attrait, mais qui cherche néanmoins de nouveau horizons. Parmi ces Copains, on retrouve Coluche, Miou-Miou, Romain Bouteille et Patrick Dewaere. De ce compagnonnage vont naître des Cafés-Théâtres de renommée, présents encore aujourd'hui, tel que le Café de la Gare ouvert en 1969, le Splendid datant de 1970, le Vrai Chic Parisien créé en 1971, Les Blancs Manteaux ouvert en 1972 et Le Point-Virgule ouvert en 1975.
Le Café-Théâtre a vu dans ses rangs des comédiens et comiques aujourd'hui réputés et célèbres comme Josiane Balasko, Coluche, Gérard Depardieu, Jacques Higelin, Elisabeth Huppert et Sylvie Joly.
On rapporte souvent le Café-Théâtre, au niveau de sa forme, au Cabaret, au One-man-show ou au Théâtre d'improvisation. Or il s'agit d'un mouvement artistique en recherche de nouveauté. Le Cabaret est antérieur au Café-Théâtre, et bien qu'ils aient des ressemblances, il s'agit de deux univers différents. Le premier propose des spectacles comiques-artistiques, c'est-à-dire basés sur l'humour et le spectaculaire avec du chant et de la danse, alors que le second est à la recherche d'un théâtre nouveau. Le One-man-show apparaît avec "les Copains", troupe de Coluche. Il s'agit alors d'amener le comique à partir de situations banales de la vie quotidienne sur scène. Quant au Théâtre d'Improvisation, il est né du Café-Théâtre et a su s'émanciper et se faire une vraie place au sein des arts de la scène. En 2003, Jean Heredia et Robert Punzano créent le Café-Théâtre de Boulevard, qui est un mélange de pièce de Café-Théâtre et de parodie de Boulevard. Leur pièce "Les Colocs", qui fait un véritable tabac dès 2003, est encore jouée aujourd'hui au Théâtre de La Grande Comédie à Paris (16 fois par semaine, sans relâche)
Source. Wikipédia