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La présidente slovaque a confié lundi la formation du nouveau gouvernement au populiste Robert Fico, opposé à l'aide militaire à l'Ukraine et considéré comme prorusse. Son parti de gauche, Smer-SD, a obtenu 23% des voix, et devancé le parti centriste la Slovaquie progressiste (PS, 18%), lors du scrutin de samedi.
«Je comprends que les résultats des élections puissent préoccuper certaines personnes», a déclaré Zuzana Caputova, elle-même ancienne responsable de la PS. Or, «la tâche du chef de l'État est de respecter le résultat des élections démocratiques», a-t-elle fait valoir.
Pendant la campagne, Robert Fico, 59 ans, a juré que la Slovaquie n'enverrait plus «une seule balle ou munition» à l'Ukraine et appelé à de meilleures relations avec la Russie. L'ex-Premier ministre a déclaré récemment que «la guerre en Ukraine a commencé en 2014 lorsque des fascistes ukrainiens ont tué des victimes civiles de nationalité russe», reprenant à son compte des affirmations russes non prouvées.
Dimanche, il a estimé que son pays de 5.4 millions d'habitants avait des «problèmes plus importants» que l'aide à l'Ukraine, alors que la Slovaquie, membre de l'UE et de l'Otan, a été un des pays européens qui a fourni le plus d'aide militaire à l'Ukraine, en proportion de son PIB.
Lundi, le chef de la diplomatie ukrainienne Dmytro Kouleba a assuré que Kiev respectait «le choix du peuple slovaque». «Mais il est trop tôt pour dire en quoi le résultat de ces élections va affecter la position de la Slovaquie», a-t-il affirmé en marge d'une réunion ministérielle européenne à Kiev.
Pour gouverner, Robert Fico, déjà Premier ministre dans les années 2006-2010 et 2012-2018, aura besoin d'une coalition pour avoir la majorité au Parlement de 150 sièges, son parti ayant obtenu 42 sièges.
Le parti de gauche Hlas-SD, formé autour de dissidents du Smer, est l'un des partenaires potentiels. Hlas qui a obtenu 27 sièges est dirigé par Peter Pellegrini, devenu Premier ministre en 2018 quand Robert Fico fut contraint de démissionner à la suite de manifestations d'ampleur nationale, après le meurtre du journaliste d'investigation Jan Kuciak et de sa fiancée. Jan Kuciak avait révélé des liens entre la mafia italienne et le gouvernement de Fico, dans son dernier article publié à titre posthume.
Les deux partis pourraient faire équipe avec le parti nationaliste SNS qui a obtenu 10 sièges, pour bénéficier d'une majorité de 79 sièges.
Selon le Kremlin, il est toutefois «absurde» de qualifier le parti de Robert Fico de «prorusse». Le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, a déclaré aux journalistes:
Selon les analystes, le nouveau gouvernement pourrait radicalement changer la politique étrangère de la Slovaquie pour la rapprocher de celle du Premier ministre hongrois Viktor Orban. Celui-ci a félicité Robert Fico sur X, «pour sa victoire incontestable aux élections législatives slovaques». Il y ajoute:
La Constitution slovaque ne prévoit pas de date limite pour la formation d'un nouveau gouvernement. Toutefois, le président est tenu de convoquer la première session du parlement dans les 30 jours suivant la publication des résultats officiels des élections. (ats)
Samedi, le président de la Confédération, Alain Berset, a pu constater par lui-même ce que cela signifie lorsqu'un pays est en guerre. Pendant sa visite à Kiev, la conférence de presse commune avec le président Volodymyr Zelensky a dû être soudain écourtée en raison d'une alerte au missile. Alain Berset s'est réfugié dans les sous-sols du palais présidentiel et a dû y rester 20 minutes.