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Celle-ci est tellurique mais probablement pas habitable. HD 219134b est même l'exoplanète tellurique la plus proche de la Terre jamais observée par un télescope spatial de la NASA. Elle se situe dans la constellation de Cassiopée, à seulement 21 années-lumière de nous. Un "seulement" très relatif. Je vous fais grâce des calculs, mais à hauteur de vaisseau spatial, il faudrait tout de même des années par milliers pour y aller. Elle orbite cependant trop près de son étoile, et en fait le tour en trois jours, ce qui rend les conditions d'habitabilité sur place à peu près nulles. Mais comme elle passe régulièrement entre son étoile et la Terre, elle occasionne de mini-éclipses (phénomène dit de transit) qui facilitent son observation et son analyse, que seules les données permettent de déduire. Je précise que comme la plupart des exoplanètes, HD 219134b n'est pas directement observable et la photo ci-dessus n'est qu'une vue d'artiste. Donc ces mini-éclipses permettront de l'étudier et d'y collecter d'autres informations. Dans la chasse aux exoplanètes, rappelons enfin que la plus proche de la Terre décelée jusqu'alors s'appelle GJ674b. Elle se trouve à 14,8 années-lumière de nous. Sa composition est totalement inconnue.
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Des photos floues valent toujours mieux que quelques pixels. Avant que New Horizons ne s'approche de Pluton et des lunes de la planète naine, les seules images que nous avions de tous ces objets célestes se réduisaient à des points. Et pendant que les sphères scientifiques continuent à s'interroger sur la géologie curieuse de Pluton et de ses inattendues montagnes de glace, nous parviennent des clichés de ses lunes. Après Charon, voici donc Nix et Hydre. La première, à gauche, fait 42 km de diamètre et a une forme allongée. Elle est rougeâtre et a semble-t-il un cratère à sa surface. La seconde, à droite, fait 55 km de diamètre. Sa forme est elle aussi allongée, et plusieurs cratères semblent également perler sur sa surface. En plus des trois satellites susmentionnés, Pluton en possède encore deux autres, Kerbéros et Styx, qui sont plus petits.
Et pendant que nous y sommes, si le ciel vous le permet, n'oubliez pas d'observer la lune ce vendredi 31 juillet aux alentours de 23 heures: elle sera "bleue"! Le phénomène de la "lune bleue", peu fréquent, n'est pourtant pas une affaire de coloration (encore qu'une couleur bleutée provoquée par des particules agissant comme des filtres autour de son atmosphère demeure possible), mais désigne le fait que deux pleines lunes se produisent au cours du même mois, en l'occurrence juillet 2015. La dernière remonte à août 2012.
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Sur cette vue d'artiste respectant les échelles, Kepler-452b figure en troisième position à partir de la gauche et la Terre en dernier. Ce qui donne une vague idée de la taille de l'exoplanète, quatre fois plus volumineuse que notre globe (son rayon fait 1,6 fois celui de la Terre). Au printemps 2015, une liste exhaustive des 1880 exoplanètes détectées avait été publiée. Pour celles repérées par le télescope Kepler depuis 2009, la liste s'arrêtait à l'exoplanète Kepler-447b. Kepler-452b n'y figurait pas encore. Et pour cause, les scientifiques n'arrêtant pas d'en détecter de nouvelles. Ce qui fait sensation avec Kepler-452b, détectée le 23 juillet, c'est sa ressemblance avec la Terre. Située dans une zone habitable de la Constellation du Cygne, sur la partie estivale de la Voie lactée (donc dans la même galaxie que la nôtre, pour être plus précis), elle est proche d'une étoile, comme nous du soleil, et en fait le tour en 385 jours, contre 365 pour nous. Est-elle rocheuse? On l'ignore. Y a-t-il de l'eau à sa surface? On ne le sait pas davantage. De quoi est composée son atmosphère? On ne peut pas le dire précisément. Est-elle habitable et la vie s'y est-elle développée, d'une quelconque manière? Mystère. Enfin, à quoi ressemble-t-elle? Là aussi, c'est impossible à dire.
Au centre de toutes ces conjectures et questions sans réponses, se pose bien sûr également la question de la distance. Et là, on sait. Kepler-452b se situe à 1400 années-lumière de nous (ou 13 millions de milliards de kilomètres). En d'autres termes, la lumière qui en émane mettrait 1400 ans pour nous parvenir. Si nous pouvions lui envoyer un signal porté par cette vitesse (soit environ 300 000 km/s), il mettrait lui aussi 1400 ans pour atteindre son but. En supposant que quelque chose, là-bas, le détecte, puis décide d'y répondre, sa réponse ne nous parviendrait que d'ici 2800 ans. Et ça, c'est le modèle super rapide. Supposons à présent que nous décidions d'y envoyer une sonde, ou un vaisseau peuplé, à une vitesse équivalente à celle de la sonde New Horizons (qui vient d'atteindre Pluton après neuf ans de voyage dans notre système solaire), qui comptait au lancement 60 000 km/h au compteur, un record à ce jour, il faudrait dans ce cas environ 25 millions d'années pour qu'il atteigne sa cible. Dois-je continuer?
Si la NASA et les autorités scientifiques sont en train de battre des records dans leur catalogage des exoplanètes - et il ne faut pas le minimiser, c'est un progrès colossal -, il serait aussi temps de trouver le ou les moyens de dompter ces distances infranchissables imposées par l'espace-temps dans notre univers. Et en supposant que d'autres civilisations, plus avancées, mille fois plus évoluées que la nôtre, soient parvenues à les dompter, comment se fait-il que nous n'en ayons toujours pas connaissance, que nous ne les voyions pas? Deux réponses sont en tout cas envisageables à cette question qui rappelle furieusement le paradoxe de Fermi, auquel j'avais consacré un billet l'an dernier (lire ici): peut-être parce que nous sommes seuls, dans notre galaxie, voire dans tout l'univers (hypothèse hautement improbable); ou peut-être parce qu'il n'y a pas moyen, justement, de contourner les limites que nous impose l'espace-temps et de dépasser la vitesse de la lumière. En attendant, scrutons le ciel et écoutons les étoiles.