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La Boillat | Les commissions font le point de la situation
Il est temps de mettre les points sur les «i»
A la veille de leur rencontre avec la direction de Swissmetal, aujourd'hui à Dornach, les commissions ont tenu à faire le point sur la situation actuelle. Hier, elles ont affiché dans l'usine un communiqué interne pour informer le personnel de leurs activités depuis la rupture de la médiation.
On se souvient que le 27 juin dernier, soit trois jours avant de tenir son assemblée générale, le conseil d'administration de Swissmetal avait mis fin de manière unilatérale à la médiation conduite par Rolf Bloch. Le conseil avait justifié sa décision sous prétexte que la délégation du personnel à la médiation n'était plus représentative, du fait qu'une bonne partie de ses membres ne travaillaient plus pour Swissmetal. Il lui reprochait aussi d'avoir empêché les employés de se prononcer sur les propositions de l'expert Jürg Müller et de chercher à pousser Swissmetal à la faillite.
Trop vagues
En fait, si le personnel avait refusé de se prononcer sur les propositions de Jürg Müller, c'est parce qu'il les avait jugées trop vagues. Les deux commissions (commission d'entreprise et délégation du personnel) les avaient alors retravaillées et complétées, avant de les renvoyer à l'expert, avec copie à la direction. Mais depuis la fin de la médiation, les commissions sont contraintes de négocier directement avec la direction.
Cette dernière a refusé d'entrer en matière. D'une part, parce que la médiation était terminée. D'autre part, parce que certains points concernaient la stratégie, domaine qui est du ressort exclusif du management. Toutefois, conformément à son engagement d'«instaurer un dialogue régulier afin de suivre l'évolution de la situation et les progrès réalisés à l'usine de Reconvilier» (dixit Swissmetal), la direction a organisé une rencontre le 5 septembre dernier à Berne. Objectif: rendre compte de la mise en place des propositions de l'expert par la direction. Y participaient, outre le management de Swissmetal, une délégation de l'association patronale Swissmem, ainsi que des représentants d'Unia et des commissions.
Rien de concret
Dans leur information au personnel, les commissions soulignent que «peu de réponses concrètes ont été obtenues. Concernant l'engagement d'un directeur de site agréé par le personnel, ni le délai d'engagement, ni ses compétences au sein de l'entreprise n'ont été précisées». En clair: le management de Swissmetal n'a pas l'air très pressé de nommer un nouveau directeur...
S'agissant du réengagement du personnel, les commissions relèvent que cela concerne une soixantaine de personnes - «ce qui est réjouissant». Mais dans le même temps, elles constatent que «cela confirme que les licenciements n'avaient pas de justifications économiques mais étaient punitifs suite à notre grève légale». Dans la foulée, elles déplorent le fait qu'une bonne partie des gens aient été réengagés avec un statut d'intérimaire. Et si une partie d'entre eux sont des anciens de la Boillat, les autres n'ont aucune connaissance des activités spécifiques de l'usine. D'où une importante perte de savoir-faire...
Swissmetal maintient le cap
Par ailleurs, les commissions constatent que Swissmetal maintient contre vents et marées sa stratégie. En clair, les activités de fonderie et de presse seront transférées à Dornach (voire en partie à Lüdenscheid) dès que les nouvelles installations seront opérationnelles. De plus, la Boillat doit devenir un centre de finition pour le décolletage et la connectique, employant entre 150 et 200 personnes, toutes les activités étant regroupées dans le bâtiment de l'usine 2. Quant aux instruments d'écriture (qui représentaient jusqu'à présent 40% de la valeur ajoutée brute dégagée par la Boillat!), Swissmetal veut les fabriquer à Lüdenscheid et dans la future usine que le groupe Swissmetal compte ouvrir en Asie.
Les commissions précisent toutefois qu'en accord avec le personnel, «elles devront arrêter une ligne claire face à cette situation, car les modifications qui attendent l'entreprise vont bien au-delà du déplacement de quelques machines.»
Et le plan social ?
Le communiqué revient également sur le plan social que les commissions et Unia réclamaient pour les licenciés. Lors d'une première séance de conciliation, Swissmetal avait proposé de créer un «fonds de soutien» pour venir en aide aux licenciés se trouvant dans une situation difficile. Ce fonds aurait été financé à parts égales par l'entreprise et Unia. Une proposition totalement inacceptable pour les commissions qui demandaient à Swissmetal de verser trois mois de salaire et de tenir également compte de l'âge et de l'ancienneté des personnes concernées.
Le 14 septembre dernier, Swissmetal est revenu avec la même proposition, suggérant simplement que le fonds de grève participe au financement, en lieu et place d'Unia... Les commissions ont évidemment refusé, annonçant qu'elles allaient saisir le tribunal arbitral. Cette démarche prendra du temps «mais nous avons bon espoir d'obtenir un plan social équitable pour toutes les personnes injustement licenciées».
Manque de respect
Quant à la décision de Swissmetal de prélever 200 000 fr. de la Fondation patronale en faveur du personnel de l'usine Boillat, les commissions ne cachent pas leur perplexité. Elles dénoncent aussi le peu de respect affiché par Swissmetal qui, pour parler des personnes en situation difficile, les a qualifiées de «cas sociaux difficiles».
Enfin, elles indiquent que les deux fonds de grève Unia et de la commune de Reconvilier ont été bouclés. Un groupe de travail ad hoc a décidé de la répartition du solde. Toutes les personnes engagées au 25 janvier recevront une somme équivalente, qui sera versée à fin septembre par Unia. Le solde ira à une œuvre de bienfaisance.
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Actualisé le 19.11.06 par webmaster