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Je souhaite sincèrement le succès du CEVA et que Genève et Berne n'aient pas investi 1,7 milliard de francs (sans le coût des rames) dans les quelques kilomètres de voies ferrées d'un réseau - le Léman Express - que nos autorités vendent abusivement comme le plus grand réseau transfrontalier d'Europe. La ligne Bellegarde-Genève a été ouverte en 1858, avant la connexion de Cornavin au réseau suisse... - et celle reliant les Eaux-Vives au réseau savoyard circule depuis 1888.... Le Léman Express, c'est deux nouveaux quartiers connectés: ceux du Bachet-de-Pesay et de Champel, rien de plus.
Genève n'a même pas été en mesure (ou plutôt n'a pas osé) modifier le tracé du CEVA conçu à la toute fin du XIXe siècle (de peur de donner à Berne l'occasion de rompre le contrat de 1912) pour créer une gare à Vessy, où une petite cité satellite, les Grands Esserts, va voir le jour. Quant à l'infrastructure stratégique de mobilité qui relie la Genève internationale au monde, elle est tout simplement ignorée par le Léman Express.
Le correspondant du Dauphiné Libéré, invité par le 19:30 a tout de même pu dire que le trajet Annecy-Genève, 40 km par l'autoroute Liane sera franchi en 90 minutes en Leman-Express. Le Bus T72 met certes un peu plus de temps pour relier la capital du département et celle du canton (et son aéroport), mais il dessert 40 arrêts en route (contre 10 pour le train)! En voiture, covoiturage ou pas, Annecy-Genève, c'est 30 minutes, 50 avec les bouchons, quasi la moitié moins qu'en train. Aller et retour, soit plus d'une heure et demi gagnée par jour.
Il ne faut pas négliger dans l'équation de la mobilité que les quelque cent mille travailleurs qui franchissent la frontière du canton chaque jour ouvrable n'habitent pas tous près d'une gare. La variable qui tue c'est évidemment le temps nécessaires pour se rendre de son domicile à la gare et de celle-ci à son lieu de travail et le prix total du transport de son domicile à son lieu de travail. Bref les transferts modaux, c'est ce qui freine la mobilité collective. Sauf évidemment à forcer les gens à emprunter les transports publics ce que s'apprêtent à faire les autorités genevoises. Dal Busco a annoncé une restriction (une taxe) des parkings d'entreprise, l'impossibilité d'acquérir un abonnement dans un parking public.
La cerise sur le gâteau de ce 19:30 historique fut la comparaison entre le CEVA et le M2. Convoqué en duplex l'ex-Municipal lausannois Olivier Français avait une œil goguenard en regardant ses voisins du bout du lac Léman constater que la seule chose commune entre le réseau français et le réseau suisse étaient l'écartement des rails, un héritage du XIXe siècle. On peut d'ailleurs s'émerveiller que cet écartement unique dans toute l'Europe (sauf en Russie et en Espagne) a été acquis bien avant que les Etats ne multiplient les accords bi- ou multi-latéraux entre eux. Pour ce qui est de la tension électrique ou des normes de sécurité, le continent est hélas toujours un patchwork malheureux.
Mais revenons au CEVA et au M2, les comparer relève de la forfanterie. Qu'on en juge!
Le tracé du CEVA Cornavin, Eaux-Vives, Annemasse. 16,5 kilomètres, 6 stations, 2,75 kilomètre entre chaque station.
Le tracé du M2 Ouchy Croisette: 5,9 kilomètres, 14 stations, 420 mètres entre chaque station et moins au centre ville. (ajout le 13 à 9h30: Et comme me le fait justement remarqué un commentateur pertinent, que c'est un robot sans pilote dans les rames).