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En Suisse, un nombre relativement élevé d'hôpitaux pratiquent des interventions hautement spécialisées. C'est ce qui ressort d'une étude de l'Office fédéral de la statistique (OFS).
Mais pour améliorer la coordination et mieux répartir les coûts, chaque établissement devrait prendre en charge un nombre minimal de cas, estiment les auteurs.
Le tour d'horizon de l'OFS, basé sur la statistique des hôpitaux 2005, montre qu'un nombre «relativement élevé» d'hôpitaux non universitaires font de la médecine de pointe.
L'office compte par exemple 127 hôpitaux traitant les cancers des tissus mous (adultes), 98 la chirurgie du rythme cardiaque, 96 les déficiences immunitaires congénitales ou encore 82 les tumeurs osseuses.
C'est seulement dans un petit nombre de domaines bien précis que plus de 70% des cas sont traités par les hôpitaux universitaires: transplantation, neurologie, chirurgie cardiaque pédiatrique (100% des cas) et traitement des cancers des enfants.
Fixer un nombre minimal de cas
Pour améliorer leur coordination, les hôpitaux devraient prendre en charge un nombre minimal de cas correspondant à chaque intervention médicale pratiquée, recommande l'OFS dans ses conclusions.
Comme ces traitements demandent souvent une infrastructure très coûteuse, cela permettrait de mieux répartir les frais. Il s'agit aussi de garantir la sécurité du patient et la qualité des soins.
L'Allemagne, par exemple, a fixé un nombre minimum de 10 à 25 cas par an pour chaque domaine relevant de la médecine de pointe. En Suisse, si l'on part d'une base de 20, près de 70% des établissements n'ont pas atteint ce nombre en 2005, constate l'OFS.
Chères transplantations
En tout, près de 21'000 cas traités relevaient de la médecine de pointe cette année-là, ce qui correspond à 2% de l'ensemble des cas d'hospitalisation dans les hôpitaux de soins aigus. Les frais de ces traitements représentent 3,8% des coûts totaux en soins aigus, écrit l'OFS. Ils sont estimés à environ 536 millions de francs.
La plupart des domaines qui relèvent de la médecine de pointe ne font pas exploser la facture, selon l'office. Et à l'inverse, les traitements très onéreux ne relèvent pas forcément de la médecine hautement spécialisée.
Exception notable, le secteur des transplantations: sa facture est estimée à 80 millions de francs pour 800 cas traités, soit une moyenne de 100'000 francs par personne.
Actualiser le catalogue
Encore faut-il s'accorder sur ce qui relève de la médecine hautement spécialisée, observe l'OFS. Pour l'office, les systèmes de classification existants ne sont pas assez précis, ni assez actuels. Il faudrait par exemple mieux distinguer, dans la chirurgie cardiaque, les interventions de routine de celles qui relèvent de la médecine de pointe.
De même, «on peut à juste titre se demander si certains domaines», comme la reconstruction des lèvres et la réparation de fentes palatines (bec de lièvre), font partie de la médecine hautement spécialisée.
swissinfo avec les agences
Un dossier controversé
Le dossier de la médecine de pointe pratiquée par les hôpitaux universitaire fait l'objet d'un vif débat depuis un certain temps déjà.
En 2004, la Conférence des directeurs cantonaux de la santé avait trouvé un accord pour concentrer ces interventions dans un nombre limité de centres. Objectif: économiser.
L'année suivante, le canton de Zurich avait cependant décidé de ne pas adhérer à cette convention et avait proposé de concentrer la médecine de pointe dans deux centres: un à Zurich et un en Suisse romande.
En 2006, les cantons de Berne et de Bâle avaient décidé de développer en commun, dès 2007, la chirurgie des transplantations cardiaques. De plus, ils avaient présenté une expertise favorable à une répartition de la médecine de pointe dans cinq centres.
Le canton de Zurich avait en revanche présenté une contre-expertise qui mettait en évidence la nécessité s'en tenir à un maximum de deux centres.
Il y a à peine un mois, la Conférence des directeurs cantonaux de la santé a proposé un nouveau concordat sur lequel les cantons et les milieux intéressés doivent prendre position d'ici la fin de l'année.