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La résistante Noëlla Rouget s'en est allée
Le 7 février dernier, Noella Rouget recevait l’une des plus hautes récompense de la République française, l’insigne de Grand-Croix de l’Ordre national du mérite. Une décoration supplémentaire pour celle dont la vie ne peut qu’être honorée.
Une vie de cauchemars
En 1940, alors institutrice, elle décide de s'engager dans la résistance en tant qu'agent de liaison. En 1943, elle est arrêtée, de même que son fiancé Adrien. Lui est fusillé, elle est envoyée à Ravensbrück. Libérée en 1945, elle s’installe à genève et se marie. François et Patrick naissent de cette union. Une vie hantée par les cauchemars, comme le racontent ses biographes et amis Brigitte et Eric Monnier: «Ses enfants savent qu'il s'est passé quelque chose. Mais elle n'en parle pas». Mais dans les années 1980, avec les premiers propos négationnistes, elle se met à témoigner, pour contrer ces idées.
Grâce du bourreau
L'autre événement majeur de sa vie a lieu en 1966. Alors que son bourreau, Jacques Vasseur, est jugé pour ses actes, elle demande sa grâce par une lettre au général De Gaulle, puis sa libération. «Elle espérait que cet homme pourrait changer. Mais elle a été profondément déçue», explique Eric Monnier.
Noëlla Rouget aura passé sa vie à témoigner et croire en l’humanité. Elle s’en va, à quelques semaines de Noël, jour qui l’avait vu naître, en 1919.
Céline Argento