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D’une crise californienne à Zürich. Comment en sommes-nous arrivés là ?
Il était une fois un mastodonte de la finance appelé Crédit Suisse
Retour en arrière. Nous sommes en 1856, la banque SKA est créée.
Elle est principalement active dans le crédit aux entreprises et changera de nom pour devenir Crédit Suisse.
La banque développe son premier réseau d’agences, en Suisse, au début du vingtième siècle et en 1940, la première succursale à l’étranger est ouverte à New York.
Jusqu’au début des années 2000, Crédit Suisse connaît une croissance considérable dans ses activités et ses actifs. Malgré cela, sa croissance n’est pas exempte de reproches quant à son éthique et à sa gouvernance.
Son rôle lors de la seconde guerre mondiale, notamment aux dépens de la communauté juive, entacha son histoire et un premier scandale financier éclata en 1977 dans l’affaire Chiasso.
Malgré des signaux d’alertes lancés en interne, la compagnie eu un contrôle reprochable sur ses activités et se voit attribuer des sanctions pénales et financières, à cause de l’établissement d’une société écran au Lichtenstein.
Malgré ce scandale qui porta préjudice à sa réputation, Crédit Suisse compta, à son apogée, près de 85 000 collaborateurs dans le monde. La banque faisait partie d’un petit cercle de banques internationales considérées comme les plus rentables.
Banque à envergure mondiale, elle fut aussi active dans le marché de l’assurance, la gestion de fortune, le leasing…
La réussite était donc au rendez-vous mais le manque de bonne gouvernance lui causa du tort, à nouveau.
Il s’ensuit en effet une série de scandales, de procès et un jeu de chaises musicales au sein de son assemblée générale.
La crise des « subprimes » ainsi que l’aide à l’évasion fiscale de ressortissants américains générèrent des amendes de plusieurs milliards.
Ainsi, des réaménagements s’appliquèrent et provoquèrent la réduction des effectifs partout dans le monde.
Au début des années 2000, sa stratégie d’investissement risquée lui porta préjudice avec des pertes se chiffrant à plusieurs milliards de francs. Cette perte était en lien avec la débâcle d’un fonds d’investissement américain.
Ces dernières années, Crédit Suisse publia des bilans financiers négatifs, le cours en bourse de la banque s’affaiblit et elle n’est pas arrivée à rétablir sa réputation d’antan sur les marchés.
Bien que son niveau de liquidités semble sain, la banque resta dans une position fragilisée dans un contexte économique et bancaire incertain…
SVB qui ?
Nous étions peu nombreux à entendre parler de la banque SVB jusqu’en 2023.
Et pourtant, cette banque allait indirectement provoquer la chute de Crédit Suisse.
La hausse des taux d’intérêts décidée par la banque centrale américaine, servant à contrer l’inflation, empêcha les clients de cette banque, essentiellement des acteurs et start-ups du monde de la Tech, à obtenir des prêts à des conditions acceptables.
Ces mêmes clients retirèrent donc leurs avoirs pour financer leurs projets et SVB fut ainsi contrainte de vendre ses obligations en portefeuille pour disposer des liquidités nécessaires et couvrir ces retraits.
Malheureusement, les obligations en question ne représentaient plus la même valeur qu’à leur achat. La hausse des taux d’intérêts en était là aussi, la cause.
Le résultat ? Une perte comptable liée à la vente forcée d’obligations et une fuite de capitaux de ses clients.
Pour éviter un mouvement de panique sur les marchés, les autorités américaines sont intervenues rapidement pour garantir les avoirs des clients de la banque. Le pire fut évité mais le mal était fait.
Depuis, SVB a été reprise par son concurrent direct.
Et alors ? En quoi ça nous concerne ?
À vrai dire, le cas de SVB n’est en rien similaire à celui de Crédit Suisse. Des banques de différentes tailles, sur deux continents différents, l’une opérant quasi exclusivement avec le monde de la Tech… les maux de la SVB lui étaient propres.
Seulement, dans un monde financier interconnecté, une valeur qui ne connaît pas de frontières est la confiance. Celle dédiée au secteur bancaire tout entier fut soudain mise à épreuve.
Les banques sont dépendantes de leur réputation, de leur capacité à instiller la confiance auprès de leurs clients et de leurs investisseurs.
Cette confiance, Crédit Suisse n’en disposait que très peu. Son cours chuta plus violemment que d’autres banques…
L’annonce saoudienne.
Pour ne rien arranger, l’un des actionnaires principaux (Saudi National Bank) annonça ne pas vouloir investir davantage dans la banque.
Un communiqué qui tomba au pire moment. Des raisons autres que financières furent avancées mais, une fois de plus, le mal était fait.
Malgré les propos rassurants de la direction de Crédit Suisse, malgré le fait que la SVB n’avait rien en commun avec la banque helvétique, malgré les actions menées par la BNS et malgré l’engagement de milliers de collaborateurs, en Suisse et à travers le monde, le sort était scellé pour la banque aux deux voiles…
UBS.
UBS, l’autre géant bancaire suisse, en collaboration avec les autorités politiques et financières du pays, trouvèrent un accord pour racheter Crédit Suisse.
Le pire aura probablement été évité à savoir une chute totale de la confiance dans le secteur bancaire suisse avec une propagation nationale et internationale, mais nul doute que l’image du pays et de ses institutions a énormément souffert.
L’avenir professionnel de milliers de collaborateurs est également à risque.
Si seulement le principe de bonne gouvernance avait été scrupuleusement respecté ; les alertes préalables furent pourtant nombreuses…
Et nous ? Et vous ?
Dans l’immédiat, rien ne change fondamentalement. Ni pour les détenteurs d’un compte Crédit Suisse ou UBS, ni pour les crédits en cours qu’ils soient dans le cadre d’un prêt entreprise ou d’un prêt à la consommation via une des filiales des deux banques.
Si vous avez le moindre doute, n’hésitez pas à nous contacter. Votre conseiller saura vous rassurer.
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