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L’usage de substances psychoactives comporte des risques de santé pour l’individu, mais aussi pour la société, comme des agressions, accidents de la route, criminalité, pauvreté, absence de travail, ou des coûts de santé. Des approches de régulation pour essayer de limiter les conséquences de l’usage de substances existent, en général basées sur une séparation entre drogues licites et illicites (ensuite classées par la Commission des stupéfiants).
Ces approches ont été souvent jugées inefficaces pour diminuer la prévalence d’usage. Elles tendent par contre à promouvoir la criminalité organisée. Dans cet article, le professeur David Nutt propose une classification alternative des substances, basée sur une estimation des méfaits réels pour l’individu et la société.
Un groupe d’experts indépendants (UK) a quantifié, selon une méthode standardisée, les méfaits de l’usage de substances, utilisant seize items (neuf concernant l’individu, sept concernant la société) pour vingt substances, sur une échelle continue de 0 à 100.
Héroïne, cocaïne crack et métamphétamine étaient jugés engendrer le plus de méfaits pour l’individu (scores partiels 34, 37 et 32, respectivement) ; alcool, héroïne et cocaïne crack pour la société (46, 21, et 17). Le classement final (méfaits cumulés) est : 1) alcool ; 2) héroïne et 3) cocaïne crack. Le tabac se trouve à la sixième place, le cannabis à la huitième.
Commentaire : ces données soutiennent des travaux de comités d’experts aux Royaume-Uni et Pays-Bas pour estimer les réels méfaits des substances psychoactives. La méthode utilisée, avec une meilleure pondération et notation, permet de faire la différence entre les substances les moins et les plus nocives. La corrélation avec la classification actuelle des drogues est pauvre. Ces conclusions s’appliquent probablement aussi en Suisse. Elles soutiennent les recommandations d’autres experts proposant de s’attaquer en priorité aux méfaits de l’alcool et indiquent qu’il s’agit d’une stratégie de santé publique valide et nécessaire.