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Dans cette résolution, le Parlement exprime sa "consternation" et demande que le feu vert à la mise en service ne soit accordé que si l'impact environnemental de Temelin est contrôlé et s'il est garanti que toutes les conventions internationales sur la sûreté nucléaire sont respectées. Une semaine auparavant, le Chancelier autrichien Wolfgang Schüssel avait proféré la menace d'un veto de son pays à l'entrée dans l'Europe de la République tchèque si l'Autriche n'était pas complètement persuadée de la conformité avec les normes internationales de sûreté. On sait que les organisations antinucléaires connues opèrent depuis l'Autriche, avec le soutien de la radio et de la télévision d'Etat. Ces organisations ont bloqué les passages de la frontière tchèque ainsi que l'accès au bureau du ministère qui doit accorder l'autorisation de mise en service nucléaire.
Prague a réagi avec calme à cette campagne. Le Premier ministre Milos Zeman juge "hypocrite" le ton haineux de Vienne et se demande pourquoi l'Autriche ne s'attaque pas à la centrale nucléaire de Dukovany, qui est plus ancienne et bien plus près de la frontière autrichienne que Temelin. M. Zeman rappelle les protestations qu'avait soulevées à Vienne la mise en service en 1998 de la centrale nucléaire slovaque de Mochovce. Or maintenant, plus personne n'en parle, constate M. Zeman. Quant à la résolution du Parlement européen, "elle enfonce des portes ouvertes", a déclaré le porte-parole du ministère tchèque des affaires étrangères en en prenant connaissance. Cette résolution ne présente pas de caractère juridique contraignant, les conditions posées par l'UE sont remplies et les informations correspondantes ont été fournies, a encore constaté le porte-parole. Pour le ministre tchèque de l'environnement Milos Kuzvart, la centrale nucléaire de Temelin est un élément qui va permettre de respecter les obligations internationales contractées en matière de réduction des gaz à effet de serre. Quant au président Vaclav Havel, dont les réserves vis-à-vis du nucléaire sont bien connues, il ne voit aucun lien entre l'admission d'un pays dans l'UE et le fait que ce pays exploite des centrales nucléaires. Aucune convention européenne n'interdit la construction et l'exploitation de centrales nucléaires, note le président Havel.
La construction d'une centrale nucléaire à Temelin sur le cours supérieur de la Vltava à 24 km au nord de Budweis, en Bohême, donc à une bonne cinquantaine de kilomètres de la frontière autrichienne (Waldviertel), a été décidée en 1980. A l'origine, la centrale devait compter quatre tranches VVER-1000. Les travaux de construction ont commencé en 1987. Après les changements politiques, le projet a été redimensionné sur deux tranches qui devaient satisfaire aux normes de sûreté et de fiabilité occidentales. Conformément aux recommandations d'une mission Osart de l'Agence internationale de l'énergie atomique et aux exigences supplémentaires imposées par l'autorité tchèque de la sûreté SUJB, cet objectif exigeait d'importants travaux de mise en conformité Ces travaux ont été contrôlés de manière indépendante pour le maître d'ouvrage, la CEZ a.s., par des experts allemands, américains et suisses. Westinghouse a notamment complètement reconçu le système de contrôle-commande, des trains ont été séparés, et tout le système de câbles a été remplacé. La construction a naturellement duré plus longtemps. L'autorisation de la mise en service nucléaire de la tranche 1 vient justement d'être accordée alors que le gouvernement tchèque a approuvé le principe de l'achèvement de l'installation l'année dernière seulement. La mise en service industriel est prévue pour mai 2001, celle de la tranche 2 devant intervenir en août 2002. Les coûts du projet ont subi une augmentation importante et correspondent à quelque 4,5 milliards de francs suisses, ce qui est toujours bon marché par comparaison internationale. La mise en service de la centrale portera la part d'électricité nucléaire en République tchèque de 20% actuellement à plus de 40%. La CEZ pourra alors non seulement arrêter des centrales au charbon anciennes, non rationnelles et polluantes, mais aussi proposer une énergie électrique concurrentielle sur le marché européen. Pour la plupart des commentateurs tchèques, c'est cet aspect qui constitue la véritable raison de l'acharnement de l'Autriche.
Source
P.B./C.P. d'après NucNet des 30 août et 8 septembre, ENS Nucleus 5/2000, Energie 6/2000 et http://www.cez.cz
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