Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07256.jsonl.gz/322

Quels ont été les principaux arguments des milieux s'opposant à l'abolition de l'esclavage, aux 18e et 19e siècles ?
Question répondue le 12.05.2020
Bonjour,
Nous vous remercions d'avoir fait appel au service Interroge, voici le résultat de nos recherches :
Il ne nous a pas été possible de trouver un document regroupant les principaux arguments ayant été utilisés par les différentes parties qui se sont opposées quant à l’abolition de l’esclavage. Par ailleurs, compte tenu de l’issue de ce débat, il est plus aisé de trouver des sources présentant les arguments s’opposant à l’esclavagisme que des sources traitant de ceux s’opposant à l’abolition.
Rappelons tout d’abord que plusieurs empires coloniaux européens ont été parties prenantes de la traite négrière transatlantique et que chacun de ces empires coloniaux présente une chronologie des événements ayant mené à l’abolition qui lui est propre. Les processus d’abolition de l’esclavage s’échelonnent entre les 18e et 19e siècles, comme l’indique l’article "L’abolition de l’esclavage et sa mise en œuvre" https://bit.ly/3fKYIoT , disponible sur le site à vocation scolaire "Lumni".
Plusieurs documents en ligne pourront vous donner une idée des arguments ayant été avancés en faveur de l’esclavagisme. Nous vous recommandons par exemple la lecture d’un second document à vocation scolaire, la fiche "Les esclavagistes XVIIe-XIXe siècle" https://bit.ly/2SVr8Tj , proposé par le Laboratoire d’innovation pédagogique sur l’Europe (LIPE), qui donne la parole à différents acteurs gravitant autour du trafic et du système d’exploitation esclavagiste des colonies américaines : un négociant, un politicien, une voyageuse, un administrateur colonial, une chambre de commerce.
Nous vous conseillons également la lecture des quatre articles suivants, traitant respectivement de l’abolition de l’esclavagisme dans les empires coloniaux britannique, français et néerlandais :
L’article "Anglicanisme et abolition de l’esclavage dans l’Empire britannique" https://bit.ly/3cnGUht de Jack McDonald, publié en 2014 dans la "Revue d’Histoire et de Philosophie religieuses" http://data.rero.ch/01-0068959 , qui rappelle qu’avant les années 1780, « l’écrasante opinion, répandue universellement, était que l’esclavage et la traite d’êtres humains étaient partie intégrante de toute civilisation », et évoque l’argumentation théologico-philosophique qui allait alors de paire avec les besoins économiques.
L’article "Le siècle des abolitionnistes" https://bit.ly/3fOEGK6 d’Olivier Pétré-Grenouilleau, publié en mai 2010 dans le magazine "L’Histoire", qui indique au sujet de l’intérêt économique que :
« Des adversaires des abolitionnistes insistèrent aussi sur l'intérêt que la Grande-Bretagne aurait pu avoir en prenant la tête de la croisade contre la traite et l'esclavage. Ayant perdu les treize colonies devenues États-Unis, dont elle devint, cependant, rapidement un partenaire commercial privilégié, elle ne pouvait plus tolérer que d'autres puissances, comme la France, continuent éventuellement à retirer des bénéfices de leurs colonies. Ce serait donc par intérêt que les Anglais auraient interdit la traite en 1807 puis l'esclavage en 1833, avant de pousser les autres nations à faire de même. »
L’article "Esclavage, liberté, citoyenneté" https://bit.ly/35XyeMk de Jacques Annequin, publié en 2002 dans un numéro thématique de la collection "Institut des sciences et techniques de l’Antiquité" http://data.rero.ch/01-R217181160 , qui s’intéresse à la dimension humaniste du débat et nous apprend que :
« Le combat politique autour des principes édictés dans la Déclaration de 1789 est donc inséparable du problème des colonies et de la question de l’esclavage. […] La question coloniale a pesé de tout son poids sur les débats des assemblées ; elle soulevait en effet des problèmes touchant au principe même du droit naturel, à la survie des colonies françaises, à leur poids économique, à la nécessité de promouvoir outre mer une autre organisation du travail. »
Enfin, l’article "La révolution batave et l'esclavage. Les (im)possibilités de l'abolition de la traite des noirs et de l'esclavage (1780-1814)" https://journals.openedition.org/ahrf/479 d’Angelie Sens, publié en 2001 dans la revue des "Annales historiques de la Révolution française" http://data.rero.ch/01-0055026 , où il est possible de lire que :
« La protection des colonies était économique en ce sens que les contemporains étaient persuadés que, sans colonies, la République néerlandaise perdrait un secteur économique essentiel. Et, pourtant, l'abolition de la traite et de l'esclavage n'aurait pas en réalité causé une grande perte. Des recherches ont montré que la traite néerlandaise avait régressé dans les années 1780, pendant et après la quatrième guerre anglo-néerlandaise. Dans les années 1790, elle fut quasiment nulle. Ce qui n'empêchait donc pas les contemporains de voir l'abolition comme menant à la ruine de l'économie coloniale […]. On croyait que les anciens esclaves refuseraient de travailler pour leurs anciens patrons. Du coup, il n'y aurait plus personne pour accomplir le travail. Et ce serait la ruine. Enfin, les images en vigueur sur les non-Européens confortaient l'opinion publique dans la certitude que les esclaves et les Noirs en général étaient incapables de jouir de la liberté et de la civilisation ; qu'ils avaient besoin de guides européens afin de devenir un peuple responsable, travailleur et vertueux, après quoi seulement ils pourraient envisager d'être des citoyens à part entière. »
Nous vous recommandons également, pour aller plus loin, de consulter ces différents ouvrages, disponibles dans les collections genevoises du Réseau des bibliothèques de Suisse occidentale (RERO) :
- "Le discours antiabolitionniste anglais au siècle des Lumières : mise en parallèle des arguments esclavagistes français et anglais" https://bit.ly/2LjqWsz d’Eric Molina
- "Esclavage et abolitions : Mémoires et systèmes de représentation : Actes du Colloque international de l'Université Paul Valéry, Montpellier III, 13 au 15 novembre 1998" https://bit.ly/3bpGFAU publié sous la direction de Marie-Christine Rochmann
- "Le débat sur l'abolition de l'esclavage en Grande-Bretagne (1787-1840)" https://bit.ly/3fFdQUB publié sous la direction de Françoise Le Jeune
- "Les abolitions de l'esclavage (1793-1888)" https://bit.ly/3bpRyCV de Marcel Dorigny
- "La révolution abolitionniste" https://bit.ly/2SXCDcJ d’Olivier Pétré-Grenouilleau
Nous espérons que ces éléments vous aideront dans votre recherche. N'hésitez pas à nous recontacter pour tout complément d'information ou toute autre question.
Cordialement,
Les Bibliothèques municipales de la Ville de Genève http://www.bm-geneve.ch
Pour http://www.interroge.ch