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Fifres et tambours en Valais
Sommaire
Résumé
La pratique des fifres et tambours reste très vivace en Valais. Les Associations des tambours et fifres du Valais romand et l’Oberwalliser Tambouren- und Pfeiferverband compte 38 sociétés et près de 2000 membres. Elles mettent sur pied des concours, des fêtes annuelles ou pluriannuelles ainsi que des cours d’apprentissage ou de perfectionnement pour les musiciens. Les premières sociétés se constituèrent au début du XXème siècle dans le haut-Valais et vers les années 1930 puis plus tard encore dans le Valais romand. Ce type de musique – rythme et mélodie – trouve son origine au cœur des armées, dans les nombreux conflits qui marquent la fin du Moyen Age. Les fifres et tambours devinrent une composante importante des corps d’armées fédérales au cours du XVème siècle. Au cours des siècles suivants, de nombreux valaisans s’engagèrent comme mercenaires auprès de différents régiments étrangers. Beaucoup d’entre eux adoptèrent ces instruments et de retour au pays, ils s’en firent les vecteurs.
Dès le milieu du XIXème siècle, ces musiciens prirent une part active dans diverses manifestations religieuses ou sociales (Fête-Dieu, autres fêtes religieuses, Fête nationale, ou autres manifestations sociales ou encore dans les vignes bourgeoisiales – « vignolage »). Une transformation et un glissement de la musique purement militaire vers cet usage religieux et social se produisit dès la fin du XIXème siècle.
Pour ce qui est des instruments, différents types de fifres coexistent aujourd’hui en Valais. Dans le seul Val d’Anniviers, on trouve les instruments les plus typiques ; en bois, à St Luc et St Jean, en aluminium dans les autres localités de la vallée. Dans le Haut-Valais, les « Natwärischpfeife » sont les héritiers d’une tradition séculaire transmise de génération en génération car leur facture correspond en tous points à la flûte traversière de la Renaissance. Dès 1851, le tambour d’ordonnance de l’armée suisse avait été standardisé et sa diffusion couvrit rapidement l’ensemble du territoire. Le musicien, tambour-militaire était autorisé à emporter son instrument chez soi et à le garder à la fin du service obligatoire. On retrouve donc ces mêmes instruments en Valais. Dans le Val d’Anniviers, seuls les villages de St Luc, d’Ayer et de Mission utilisent le tambour militaire d’ordonnance (fût de 14cm environ) alors que les autres sociétés valaisannes jouent sur des tambours bâlois (grand fût). Dans le Haut-Valais, la situation est assez mélangée.
Au niveau de la transmission de cette tradition, on peut dire qu’elle se pratique actuellement par l’intermédiaire d’une notation musicale standardisée. Avant la notation des diverses mélodies par de véritables musiciens, leur diffusion était exclusivement orale. La réalité musicale des fifres et tambours valaisans d’aujourd’hui ressemble à la société dans laquelle nous vivons : elle est ouverte, multiple et variée et leur répertoire suit la même courbe. Comme par le passé, la majorité des sociétés valaisannes de fifres et tambours participent activement à la vie sociale de leur ville ou village. Si à l’heure actuelle, il ne reste plus beaucoup de fêtes religieuses (en dehors de la Fête-Dieu), les sociétés constituées apportent leur contribution à des manifestations touristiques et récréatives. Du point de vue de l’apprentissage des divers instruments, les sociétés mettent sur pied des cours individuels et collectifs. Elles suivent en cela l’exemple des diverses fédérations dont l’Association suisse des tambours et fifres. Outre le Valais, le pôle le plus important est la ville et la région de Bâle.
Informations sur le groupe des détenteurs
La pratique musicale des fifres et tambours est particulièrement vivace en Valais, et spécialement dans le Haut-Valais. Si l’Association suisse des Tambours et Fifres (ASTF) compte 185 groupements et quelques 4500 tambours, fifres et les clairons, l’Association des tambours et fifres du Valais romand regroupe 12 sociétés constituées et l’Oberwalliser Tambouren- und Pfeiferverband, 26 sociétés et près de 1100 membres.
Les différentes associations sont dirigées par un comité directeur formé de plusieurs membres qui s’occupe de l’organisation générale et de la gestion financière. Elles comptent en outre une commission technique dévolue plus spécialement à l’organisation musicale des concours, fêtes annuelles ou pluriannuelles ainsi que des cours d’apprentissage ou de perfectionnement des musiciens proprement dit. La commission technique de l’Oberwalliser Tambouren- und Pfeiferverband déploie encore plus d’activités puisque en dehors des tâches citées plus haut, elle fournit une préparation toute particulière aux concours d’entrée des tambours militaires et sert de courroie de transmission pour les musiques de l’armée, elle propose des visites à ses sociétés, établit une classification des compositions « natwärisch » et rassemble les partitions qui les concernent, enfin, au niveau de l’enseignement musical, elle collabore très étroitement avec l’Allgemeine Musikschule Oberwallis.
Au niveau des sociétés elles-mêmes, les premières qui se constituèrent comme telles furent dans le Haut-Valais, Stalden et Visperterminen en 1903, puis Staldenried en 1904 et Eggerberg en 1908. Les autres groupements de cette partie du canton en firent de même vers les années 1930.
Dans le Valais romand, la première société structurée fut St Luc en 1933, même si un premier groupement de Tambours - Le Réveil - avait déjà vu le jour en novembre 1930 à Savièse. Puis suivirent les Tambours et Fifres sierrois en 1944. Les autres groupes de la partie francophone du canton se constituèrent entre les années 1950 et 1980.
La première association valaisanne fut l’Association Cantonale des Tambours et Fifres ; elle fut portée sur les fonds baptismaux en 1930. (voir à ce sujet : Josef Bittel, Walliser Tambouren und Pfeifer im Dienste der Heimat, Visp, 1970, Offset Mengis, p.9 et suiv.)
On organisa ensuite la première rencontre cantonale en mai 1931 à Viège. Les groupements de Sierre, « Collines de Sierre », Val d’Anniviers, Savièse, Ausserberg, Eggerberg, Eisten, Embd, Rarogne, Rhone (Eyholz, Lalden, Baltschieder), Stalden, Staldenried, Törbel, Visperterminen et Viège y prirent part. On y compta plus de 300 tambours et fifres. Malheureusement, les échos de la fête retombés, on abandonna très rapidement l’idée d’une fédération cantonale et les Haut-Valaisans prirent leur propre chemin en fondant la même année (1931) l’Oberwalliser Tambouren- und Pfeiferverband. Malgré cela, plusieurs sociétés haut-valaisannes prirent part régulièrement à des manifestations du Valais francophone (Sion, Sierre, Savièse). Et ce n’est qu’en 1969 que naîtra l'Association des Tambours, Fifres et Clairons du Valais Romand (ATFCVR).
Origines de la tradition vivante
Ce type de musique – rythme et mélodie – trouve son origine au cœur des armées, dans les nombreux conflits qui marquent la fin du Moyen Age. Au niveau suisse, si les premières mentions remontent à la bataille du Dornbühl (qui a opposé en 1298 la ville de Berne aux Habsbourg alors en place à Fribourg) le jeu du tambour, dans un contexte militaire, devient primordial lors des premières décades du XVème siècle. Joués jusqu’alors par une seule personne, tambours et fifres trouvent à cette époque des musiciens respectifs et deviennent dès à présent une composante importante des corps d’armées fédérales. Au cours des siècles suivants, de nombreux valaisans s’engagent comme mercenaires auprès de différents régiments étrangers. Beaucoup d’entre eux adopteront ces instruments et de retour au pays, ils s’en feront les vecteurs. Dès le milieu du XIXème siècle, ces musiciens prennent une part active dans diverses manifestations religieuses ou sociales (Fête-Dieu, autres fêtes religieuses, Fête nationale, fêtes des vieilles cibles, travaux dans les vignes bourgeoisiales –« vignolage »). Il se produit donc une transformation et un glissement de la musique purement militaire vers cet usage religieux et social. La plupart des musiciens ne lisent pas les notes mais développent un jeu personnel à partir de l’enseignement des anciens. Les morceaux qu’ils jouent sont des marches (L’Appel au Drapeau, Marche des Dames au Château, Marche de Parade, Diane française…), des danses (la très célèbre Grande Chaîne, La Rousse, Polka-Valse…) ou des chants (Trois jeunes capitaines revenant de guerre, La Magali…).
Si les pièces ont des bases communes, étant parfois identiques, les manières et pratiques instrumentales varient, parfois à l’intérieur d’une même vallée. Parfois, la musique des fifres et tambours était liée – comme dans d’autres cantons suisses – à la danse et prenait des accents plus légers.
Au sujet de la facture instrumentale – des tambours en particulier –, un des premiers artisans attesté est le genevois Pierre Binet en 1624. Mais plusieurs mentions historiques sont plus anciennes. Selon des sources iconographiques, on rencontre, dès le début du XIIème siècle en Allemagne, les premières flûtes traversières d’origine byzantine et des petits tambours cylindriques rapportés en Europe à la suite des croisades. D’autre part, des musiciens et musicographes célèbres ont décrit assez précisément tambours et fifres à travers les siècles (Sebastian Virdung, Martin Agricola, Thoinot Arbeau, Michael Praetorius, Marin Mersenne). Vers le début du XIXème siècle, le piccolo remplace le fifre militaire.
Voir à ce sujet : Piccolo - Historische Quellen qui reprend en substance le chapitre XV (Zur Geschichte der Instrumente) de Georg Duthaler, Trommeln und Pfeifen in Basel, Christoph Merian Verlag Basel, 1985.
Aujourd’hui, différents types de fifres coexistent en Valais car, de retour dans leurs villages, les mercenaires haut-valaisans des XVIIIème et XIXème siècles ont certes apporté leurs costumes qui, par contrat, leur était promis, ainsi que certains airs militaires, mais aucun fifre ou piccolo, ces derniers restant propriété des différentes unités militaires où les musiciens étaient incorporés. Le fifre n’a donc pas connu la même uniformisation militaire que les tambours et les types d’instruments sont aussi multiples que leur provenance.
Dans le seul Val d’Anniviers, on trouve les instruments les plus typiques ; en bois, à St Luc et St Jean, en aluminium dans les autres localités de la vallée. Il s’agit de petites flûtes traversières à six trous, en ut ou en ré, et à l’octave (neuvième) supérieure de la grande flûte d’orchestre. Dans le Haut-Valais, les « Natwärischpfeife » sont les héritiers d’une tradition séculaire transmise de génération en génération car leur facture correspond en tous points à la flûte traversière de la Renaissance. Tambouren und Pfeifer der Schweiz, Brig, 1990, Rotten-Verlag, p. 22: « Die Natwärischpfeife, wie sie im Wallis gespielt wird, fin¬det unter ihren Vorgängerinnen die sogenannte Schweizer¬pfeife. Diese wurde im 13. bis zum 16. Jahrhundert in der Landsknechtmusik zusammen mit der Trommel gespielt. Diese Schweizerpfeifen besassen eine zylindrische Bohrung und neben dem Blasloch sechs Grifflöcher. Aus diesem Instrument erwuchsen weitere Modelle, mit konischer Boh¬rung, mit einem Es-Loch und sogar solche mit Klappen. In¬teressant ist, dass das Instrument, das heute im Oberwallis noch gespielt wird, diese Veränderungen nicht über sich er¬gehen lassen musste. Viele dieser Instrumente brachten sicher die Walliser, die als Söldner im Ausland ihr Brot verdienten, in ihre Heimat zu¬rück. Es ist bekannt, dass in Walliser Regimenten im Aus¬land Tambouren und Pfeifer die Regimentsmusik bildeten. Im Regiment de Courten (Frankreich) bestand 1790 eine Re¬gimentsmusik aus 31 Mann. Im Bataillon de Bon in Frank¬reich (1806-1809) unterrichtete ein Musiklehrer während sechs bis acht Monaten im Jahr die Pfeifer und Tambouren der Truppe. Wo und wann im Wallis Natwärischpfeifen gebaut wurden, ist schwer zu sagen. Doch eines ist sicher, man begann bald hier, bald dort zu drehen und zu bohren. Die bekanntesten Hersteller dieses Instrumentes im laufenden Jahrhundert sind:
- Oswald Albrecht (1918-1967),
- Karl Berchtold (bis 1979),
- Karl Wyssen und Norbert Wasmer (ab 1979).
Die Instrumente wurden bis zur jüngsten Vergangenheit vor allem aus Kirschbaum-, Zwetschgen- oder Birnbaumholz hergestellt. »
Ailleurs dans le canton, l’ensemble des sociétés constituées ont remplacé ces instruments par des piccolos d’orchestre munis de clés.
En ce qui concerne les tambours, tous les instruments étaient artisanaux. Leurs facteurs et leurs principales caractéristiques sont mentionnés dans les ouvrages cités ci-dessus. Lors d’une exposition industrielle à Berne, en 1857, on exposa des tambours fabriqués par les plombiers-ferblantiers F.C. Liechti et C. Reidenbach. Puis, à l’occasion de la foire nationale de Zürich en 1883, on fit de même avec des instruments des fabriques J. Hertig de Berne et des frères Hug de Lucerne et Zürich et d’autres encore. Même si de nombreux fabricants industriels prirent donc le relais de la fabrication à la fin du XIXème siècle, de nombreux artisans continuèrent à œuvrer de leur côté.
Cependant, dès 1851, le tambour d’ordonnance de l’armée suisse avait été standardisé et sa diffusion couvrit rapidement l’ensemble du territoire. Le musicien, tambour-militaire était autorisé à emporter son instrument chez soi et à le garder à la fin du service obligatoire. Quatre modèles de tambours militaires vont successivement voir le jour ; celui, déjà évoqué, de 1851, un autre influencé par un tambour allemand en 1884, celui de 1962, reconstitué à partir du premier exemplaire de 1851 et enfin, depuis 1981, les recrues reçoivent le tambour dit bâlois, qui possède un cadre de 40 à 42 centimètres et dont la hauteur est à peu près équivalente à cela.
En Valais, on retrouve bien sûr ces mêmes instruments. Dans le Val d’Anniviers, seuls les villages de St Luc et d’Ayer et de Mission utilisent le tambour militaire d’ordonnance alors que les autres sociétés valaisannes jouent sur des tambours bâlois. Dans le Haut-Valais, la situation est assez mélangée puisqu’on trouve des sociétés n’utilisant que le tambour d’ordonnance, d’autres, seulement le tambour bâlois, et d’autres enfin qui mêlent les deux instruments. Pour une description précise et détaillée, voir : Georg Duthaler, Brigitte Bachmann-Geiser, Urs Ramseyer, Christoph Kreienbühl, Vom Trommeln und Pfeifen, Edition Riannon AG, Basel 1986, p. 46-53.
Pratique actuelle de la tradition vivante
Le jeu du fifre et du tambour est comme on l’a dit toujours vivace en Valais. L’exercice individuel et collectif a toujours constitué le socle fondamental de cette pratique musicale. Avant la constitution des sociétés, on se rencontrait à l’occasion, mais de manière toujours régulière dans les jours précédant les fêtes religieuses où l’on devait se produire, et spécialement à la veille de la Fête-Dieu. (Voir à ce sujet : Hanns In der Gand, Pfeiferweisen aus dem Eifischtal, in : Schweizerisches Archiv für Volkskunde Bd. 31/1931.) Avant la notation des diverses mélodies par de véritables musiciens (comme In der Gand, par exemple), leur transmission était exclusivement orale. Au cours du temps, cela amena des modifications parfois sensibles des airs originaux. C’est ainsi qu’avant la formation des diverses sociétés, des musiciens réputés jouaient de vieilles marches (Marche de Sébastopol, Napolitaines…), des dianes historiques ou des danses diverses. Vers les années 1930, les premières fédérations cantonales furent fondées dans le but, entre autre, de sauvegarder et perpétuer cette musique ancienne (appelée Ahnenmusik dans le Haut-Valais). Jusqu’en 1925, la notation musicale pour ces instruments était constituée de signes, proches des premiers neumes médiévaux. A cette date, M. Fritz Berger de Bâle introduisit pour le tambour, la notation encore en vigueur aujourd’hui. Celle-ci permit d’enrichir considérablement le répertoire.
Dr. Fritz Berger. Alti Richtig, Basel : « Dr. Fritz Berger, genannt "Frutz", 1895-1963. Bekannt als "Drummel-Doggter". Gründer der Alti Richtig. Armee-Trommelinstruktor. Erfinder der Berger'schen Trommelnotation (bis 1926) und Verfasser des Lehrgangs "Das Basler Trommeln" (1928). Hat sich Zeit seines Lebens mit dem Trommeln im allgemeinen und dem Basler Trommeln im besonderen befasst und weltweit vielfältige Kontakte gepflegt. »)
La pratique du fifre connut un développement parallèle. Pour cet instrument également, la plupart des musiciens jouaient « d’oreille », sans aucune notion de solfège. Dans le Haut-Valais, sous la présidence et l’impulsion de Werner Berchtold, de 1960 à 1976, on entreprit de fixer par écrit ces mélodies anciennes, et surtout, on essaya d’en fixer la transmission et l’apprentissage : « Weil die Voraussetzung, Noten zu lernen, sowohl bei den Leitern als auch bei den Musikanten nicht genügten, baute er ein einfaches System auf und hielt jeden Ton mit einer bestimmten Zahl fest. Dies trug viel zur Vereinheitlichung des Spiels bei. Die Qualität der Vorträge stieg erheblich an. » (Tambouren und Pfeifer der Schweiz, op. cit. p.24.) Ce système, assez primaire mais très efficace, proche de la tablature pour les guitaristes débutants, fut remplacé à son tour par une vraie notation musicale (avec des notes) dans les années 1980. Ceci eut notamment pour effet de susciter de nouvelles compositions pour le fifre. Ces dernières eurent en maints endroits du mal à faire leur place ; on rejoua, aussi à ce niveau une énième version de la querelle des anciens et des modernes. Les nouvelles musiques (davantage prisées par les sociétés plus récemment crées) côtoient aujourd’hui les mélodies anciennes, issues de la tradition (qui font la fierté et représente la carte de visite des groupes ayant déjà une longue histoire).
Comme déjà évoqué, plusieurs de ces mélodies furent relevées et notées (dans leur forme du début du XXème siècle) par Hanns In Der Gand en 1930, dans le Val d’Anniviers. (Voir annexes : exemples musicaux, tirés de : Hanns In der Gand, op. cit. ). La réalité musicale des fifres et tambours valaisans d’aujourd’hui ressemble à la société dans laquelle nous vivons : elle est ouverte, multiple et variée. Par exemple, sur le site internet de l’Association des Tambours et Fifres du Valais Romand, les Tambours et Fifres sierrois donnent les indications suivantes au sujet de leur répertoire : « La société joue des pièces musicales de style bâlois. Afin de varier son programme et de s'ouvrir à un public plus grand, elle s'est mise à interpréter des œuvres modernes issues des styles allant du rock aux musiques sud-américaines, de la percussion à la musique classique. Elle exécute aussi sur place des productions de tambours et fifres seuls de hautes difficultés techniques. »
Comme par le passé, la majorité des sociétés valaisannes de fifres et tambours participent activement à la vie sociale de leur ville ou village. Si à l’heure actuelle, il ne reste plus beaucoup de fêtes religieuses (en dehors de la Fête-Dieu), les sociétés constituées apportent leur contribution à des manifestations touristiques et récréatives ; elles sont souvent présentées comme vecteurs d’authenticité profonde ou en tous cas typiquement valaisannes. Certains groupements soutiennent, parfois activement, diverses instances de promotion touristique locale, cantonale ou nationale qui doivent les investir des mêmes vertus.
Du point de vue de l’apprentissage des divers instruments, du renouvellement des sociétés et afin d’assurer leur pérennité et la transmission du savoir individuel et collectif, la Fédération haut-valaisanne (OWTPV) collabore comme on l’a dit avec l’Allgemeine Musikschule Oberwallis vers qui elle dirige certains élèves, mais elle met également sur pied des cours individuels et collectifs, avec des parties théoriques et pratiques. Dans le Valais romand, il n’y a pas d’équivalence au niveau de la fédération. Cependant, toutes les sociétés organisent leurs propres cours ; certaines, comme Sierre, possèdent leur propre école de musique formant plusieurs jeunes musiciens.
Traditions similaires en Suisse
La musique traditionnelle des fifres et tambours se rencontre partout en Suisse. Outre le Valais, le pôle le plus important est la ville et la région de Bâle. Ici les fifres sont des piccolos et les tambours, exclusivement bâlois. La tradition de cette ville, les instruments, les pièces musicales et d’autres aspects encore influencent d’ailleurs fortement la pratique des fifres et tambours, partout en Suisse et aussi largement en Valais (Tambours et Fifres sierrois par exemple). La situation géographique de cette ville et sa caractéristique de ville frontière a joué et joue encore un rôle dans l’engouement pour l’art du tambour. L’impulsion déterminante vint des troupes françaises qui, en 1798 stationnaient en garnison dans la ville de Bâle. Depuis les deux derniers siècles, cet art est mis particulièrement en relation avec le « Morgenstreich » et le « Gässeln ».
Bâle Tourisme - Le Carnaval de Bâle: « Le lundi suivant le mercredi des Cendres, la ville se réveille avec le «Morgenstreich». Lorsque sonne quatre heures, toutes les lumières du centre-ville s‘éteignent. Alors résonne dans les ruelles et les rues, jouée par des milliers de piccolos, la traditionnelle et archaïque mélodie du «Morgenstreich».
La Suisse orientale enrichit cette pratique par l’usage supplémentaire des clairons. L’Association suisse des tambours et fifres est très active sur de nombreux plans et contribue largement à perpétuer cette pratique rituelle et musicale.
Références
1.
Bittel, Josef
Walliser Tambouren und Pfeifer im Dienste der Heimat
Offset Mengis Visp, 1970
PDF Kirchenmarsch – Oberwalliser (Berchtold), p. 137
2.
Schweizerischen Tambouren-Verband
Die Tambouren-, Pfeifer- und Clairon-Vereine der Schweiz
Brig: Rotten-Verlag, cop. 1990 (Visp : Mengis Druck und Verlag)
3.
Duthaler, Georg, Brigitte Bachmann-Geiser, Urs Ramseyer, Christoph Kreienbühl
Vom Trommeln und Pfeifen
Edition Riannon AG, Basel, 1986
4.
In der Gand, Hanns
Pfeiferweisen aus dem Eifischtal
ln : Schweizerisches Archiv für Volkskunde Bd. 31, 1931
PDF Marche de parade – Marche en allant aux vignes – La grande chaîne – la rousse p. 16 et suiv.
5.
Duthaler, Georg
Trommeln und Pfeifen in Basel
Christoph Merian Verlag, Basel, 1985
6.
Bachmann-Geiser, Brigitte
Die Volksmusikinstrumente der Schweiz.
Handbuch der europäischen Volksmusikinstrumente Serie I, Bd. 4., Leipzig/Zürich, 1981
Autres documents PDF :
- Ivan Kym 1993, Celebration – Archives Tambours et Fifres sierrois
- Urs Gehrig, 2008, Dr’ Olaf - Archives Tambours et Fifres sierrois
Multimédias
Musique
MP3 tirés de Fifres et tambours du Valais romand, disque réalisé avec l'Association des tambours, fifres et clairons du Valais romand, JL Ballestraz, Martigny, 1997 :
- Vieille Suisse, La Liberté, Savièse
- Franchel, Les Aiglons, Hérémence
- Luuser, Tambours et Fifres, Sierre
- Marche de Grimentz, Fifres et Tambours, Grimentz
Vidéo
Photographies
- Manfred Bohnet (Pfeifernoten), Rolf Wyden (Tambourennoten), 1991, Bim Chelchbach Archives Manfred Bohnet, Zeneggen
- Fifres et tambours de Visperterminen, 1967. Photo Médiathèque Valais – Martigny : Fonds Treize Etoiles.
- Fifre ayant, selon la tradition orale, accompagné les troupes haut-valaisans lors du combat de Finges en 1799. Musée d’histoire du Valais ; dépôt de la commune de Steg