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Berne - L'ancienne procureure du Tribunal pénal international (TPI) pour l'ex-Yougoslavie Carla Del Ponte dément les accusations portées contre elle par le criminel de guerre serbe présumé Vojislav Seselj, notamment de pressions exercées sur des témoins. Elle les juge "absurdes".
"Je ne suis pas personnellement sous enquête. Ce sont mes enquêteurs qui ont interrogé les témoins qui font l'objet d'une enquête préliminaire. S'il y a quelque chose d'avéré, il y aura alors une enquête formelle", a affirmé dimanche soir Carla Del Ponte dans un entretien à la Télévision suisse romande (TSR), dans l'émission "Mise au Point". "Mais je n'y crois pas du tout", dit-elle.
C'est la première fois que la magistrate, aujourd'hui ambassadrice de Suisse en Argentine, s'exprimait publiquement sur cette affaire. Le TPI a ouvert une enquête préliminaire contre son ancienne procureure générale, accusée d'avoir exercé des pressions sur des témoins, voire d'intimidation. Le bureau du procureur a dénoncé des "fausses allégations".
"Inventions"
Il s'agit d'"inventions" ou d'une "tactique de défense" du chef ultranationaliste serbe Vojislav Seselj - actuellement jugé pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité -, estime Carla Del Ponte dans l'interview. Elle se dit toutefois "être à disposition" pour l'enquête.
Durant les "huit ans et quatre mois" qu'elle a passé à la tête de l'accusation du TPI, la Tessinoise n'a "jamais entendu un témoin" lui dire "qu'il avait été menacé ou intimidé", précise-t-elle encore. Elle rappelle aussi que les personnes entendues étaient de plus placées sous protection pour témoigner. S'agissant d'accusation de méthodes musclées au TPI, elle répond catégoriquement: "Absolument pas".
L'ex-procureure exprime par ailleurs "toute sa solidarité" à ses anciens enquêteurs. Ces juristes "font un travail dur", souligne-t-elle. Enfin, elle s'interroge aussi sur la publication, inhabituelle, de l'affaire par le TPI. "J'ai mon opinion, mais je ne m'exprimerai pas sur ce sujet", répond Mme Del Ponte.
ATS