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"Primeval" représente la tentative d'ouvrir de nouvelles perspectives et donc de nouvelles possibilités d'action face à un environnement qui change de plus en plus vite, par un voyage cognitif vers l'idée d'un âge originel de la terre. Ce voyage est destiné à déclencher diverses ambiances et images, caractérisées par des idées fictives d'une nature primitive à la végétation luxuriante et parsemée de formes de vie bizarres. Au milieu de cet environnement, qui semble étranger et parfois même hostile, l'homme est d'abord dans la position d'un observateur externe. Peu à peu, cependant, il comprend son appartenance et son intégration dans le système global de la terre et commence à adapter sa façon de penser et d'agir. L'accent n'est plus mis sur l'exploitation des ressources naturelles pour ses propres besoins, mais sur le respect de l'écosystème et de sa communauté d'organismes et de l'environnement inanimé. Dans l'esprit des idées convivialistes, il est nécessaire de corriger l'image de l'humanité façonnée par le capitalisme de consommation occidental et de la réorienter vers la coopération plutôt que la compétition. L'orgueil individuel doit être surmonté afin de créer une société qui véhicule des valeurs inclusives au lieu de récompenser unilatéralement l'intérêt.
La dimension rythmique de l’artiste est à l’honneur, avec des efflux tribaux de bongos et de congas restructurés pour créer une atmosphère inquiétante et pesante. À travers cet EP, l’artiste basé à Berne démontre que l’utilisation de ces skills techniques de batteur ne sont pas bonnes qu’à accompagner un groupe sur scène, mais aussi à être mises au bénéfice d’expérimentation électronique. Les kalimbas métalliques que l’on entend sur plusieurs morceaux en sont les maîtres témoins. Le premier titre, « Marauder », est une langoureuse introduction dans le monde imaginé par cet EP. Tantôt vicieuse, tantôt énigmatique, cette track est aussi celle qui reflète le plus le travail actuel de numeral. « Anthropo » est comparable à une usine électrique qui est au bord de l’implosion. L’intensité générée est palpable du début à la fin du morceau. Jouissif ! Rayon de soleil de l’EP, « Mayhem » brille par ses lignes de synthétiseur d’une efficacité folle. Si cet EP devait être attitré à un style musical, il s’agirait probablement d’electronica. Mais avec « Hybris », Philippe Adam démontre qu’il maitrise également les codes de la deep-house, en laissant les aspects mainstream de la mouvance de côté. Mécanique, brutal, violent : voici quelques adjectifs qualifiant l’interlude noise de l’EP « Distorpia ». Un sound-design qui envoie l’auditeur.ice dans un univers inquiétant et pluvieux, ne laissant pas indifférent. La track finale de l’EP reprend avec ingéniosité tous les codes mis en place sur les cinq morceaux précédents. On y retrouve toutes les qualités de l’artiste : une myriade de drums tribales parfaitement maitrisée ; l’art du jeu de nuance entre montées silencieuses et intensité insoutenable ; pads distordus et harmoniques qui font vibrer en nous un sentiment mêlé de peur et d’espoir.