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On suppose, on estime, qu'il existe environ 6000 langues différentes dans le monde. Langues, dialectes, créoles, langues planifiées, langues révisées ou rénovées, la diversité est grande.
Il disparaît des dizaines de langues par année. Or la diversité mentionnée plus haut est précieuse comme la diversité des espèces. Il faut donc s'impliquer pour sauvegarder la diversité culturelle et linguistique. Que diriez-vous d'un monde où tout le monde porte des jeans, des baskets, des T-shirts, écoute de la musique pop et parle… devinez quoi...
L'Académie des Sciences de France a décidé de n'utiliser plus que l'anglais. Dans nos universités et écoles polytechniques, bien des cours se donnent en anglais. Bien sûr, l'anglais est la langue de l'informatique, du «business», de l'aviation, domaines très important au XXIe siècle. Mais cela pourrait suffire. Les ouvrages de Charles Durand traitent de ce cataclysme. Disons OUI à la diversité des cultures et des langues et NON au rouleau compresseur de l'anglais.
L'organisation supra étatique mondiale s'appelle l'Organisation des Nations Unies, l'ONU. Elle a décidé d'utiliser six langues: l'anglais, le français, l'espagnol, le russe, l'arabe et le chinois. En principe, tous les textes sont traduits dans ces six langues. Les documents en attente de traduction atteignent des tonnes… Souvent, on a deux ou trois versions, rarement les six. Parfois on n'a que l'anglais.
Dans les séances plénières, les interprètes permettent aux représentants des Etats-membres de suivre les débats dans les six langues. Dans les groupes de travail, on n'utilise souvent que l'anglais sans interprétation. Or il faut remarquer que, dans les pays africains francophones par exemple, les gens ne parlent pas du tout anglais. Ils sont par conséquent exclus de ces groupes de travail et s'en plaignent vigoureusement.
Le site de l'ONU consacré aux femmes UNIFEM (www.unifem.org) est uniquement en anglais!
Quand on entend certains délégués peiner à s'exprimer en anglais ou dans une autre langue officielle de l'ONU, on voit bien que la situation est injuste et antidémocratique. Prenons un exemple: un Anglais parle avec un Japonais, leur langue commune est l'anglais. Pendant que le Japonais cherche ses mots, l'Anglais cherche ses arguments! On s'exprime de manière plus différenciée, précise et rapide dans sa langue maternelle, c'est évident.
Au Conseil des Droits de l'Homme de l'ONU, on a entendu: «La parole est au représentant de la Tunisie». «Merci, monsieur le Président!»… suite en arabe... Bravo! Il était clair que le Tunisien en question parle aussi bien le français que n'importe quel Français, Suisse romand, Belge ou Québécois. Mais il a choisi de s'exprimer en arabe et il a bien fait.
Et la Suisse dans ce concert des nations? Elle s'exprime en français, fait assez logique, puisque le français est une langue officielle de l'ONU et de la Suisse. Le choix de la langue n'est jamais innocent. Pour vendre un produit, pour convaincre une personne, on va utiliser la langue de cette personne pour gagner en efficacité. Dire bonjour dans la langue de l'autre est un geste d'accueil. Mais quand on représente un Etat ou une population, on va utiliser une langue de cet Etat ou de cette population, si possible.
Note sur l'allemand. L'allemand est une langue très importante au niveau suisse. Egalement au niveau européen. C'est la langue qui compte le plus de locuteurs dans l'Union Européenne. Au niveau mondial, à l'ONU, l'allemand n'existe pas.
Comme l'a bien dit un professeur de langue de l'Université de Neuchâtel, les questions de langues reposent toujours sur des aspects de politique, de pouvoir et d'émotions. On ne peut donc pas parler de choix de langues comme on parle d'achat de machines ou de fabrication de bière.