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Suite aux discussions ayant pris place pendant les Reviews de la phase PLANES, nous nous sommes rendus compte que l'indétermination entourant notre maquette permettait une réouverture de ses potentiels. En particulier, les sauts d'échelle rendus possibles par la maquette étaient plus nombreux que ce que nous avions posés lors de sa conception. Des transpositions d'échelles, des sens nouveaux pour le projet et des interprétations allant de la forêt inquiétante à la ville lumineuse ont émergé.
Grâce au travail photographique et aux essais de montage menés, nous avons poursuivi le travail entourant la spatialité de notre maquette. En particulier, nous cherchions à rendre compte des différentes sensations qu'un curieux expérimentant notre structure pourrait ressentir. Cette recherche spatiale, en relation avec le corps, nous a amené à explorer les concepts suivants :
- Le Plan Zéro. La plaque blanche de plâtre Edelweiss positionnait, une fois posée sur la structure, l'horizon. Fine et de plan carré, régulière, tramée, elle reste inchangée, quelque soit notre position autour du dispositif.
- La Ville Lumineuse. Les poteaux situés au-dessus du Plan Zéro bénéficient d'un halo issu de la réverbération du blanc "immaculé" propre au plâtre. Si l'on se place face à une élévation de la structure, les yeux courant au-dessus du plan zéro, les poteaux-buildings définissent en négatif des rues parallèles. Lorsque nous tournons autour, lorsque nous prenons de la hauteur, la Skyline se dévoile: les parallèles disparaissent, l'orthogonalité se dérobe, laissant place à la courbure formée des sommets construits.
- La Forêt. Sous le Plan Zéro, un lieu autre se déploie dans l'ombre. Les poteaux, comme des arbres géants, forment une forêt dense inscrite dans la pente. Une topographie vallonnée, une atmosphère brumeuse. Engageant une vue en plongée et tournant autour de la maquette, les arbres semblent se superposer. La "forêt" se densifie, bloque notre regard, devient impénétrable.
Ces changements d'échelle ouvrent de nouvelles narrations. Le projet prend d'autres sens. Sa lecture première (un outil de révélation topographique) est délaissée au profit de nouvelles lectures et enjeux. Pourtant constitués de mêmes éléments constructifs, deux espaces aux qualités distinctes s'opposent alors : la ville et la forêt, l'ombre et la lumière.
Le Plan zéro devient plan d'articulation de réalités en opposition.
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Les retours reçus lors de la Review de PLANES ont abordé plusieurs dimensions de notre travail.
Le manque principal de notre projet a résidé dans notre incapacité à construire une section satisfaisante de la structure à l’échelle 1:1. Souhaitant mettre en oeuvre un fragment du dispositif conçu, nous avions réalisé 16 poteaux, les poutres-verrous associées, ainsi que la plaque en plâtre Edelweiss finalement abandonnée au profit d’une plaque en contre-plaqué. Lorsque nous sommes allés disposer ce fragment représentatif de la structure sur le site du Rolex, les poteaux ne maintenaient pas leur orthogonalité au contact du sol. Quant à la plaque de contre-plaqué, elle n’était par tout à fait droite. Le dispositif 1:1 ne répondant pas aux principes que nous avions développés dans le projet, nous l'avons jugé insatisfaisant et l'avons retiré du site.
Ce manque de stabilité est un enseignement pour nous. Il pointe les imprécisions de mesures lors du relevé effectué pour le terrain et lors de la découpe du bois. Plus encore, il nous informe de l'importance d'une réflexion portant sur la taille limite d'un fragment. En effet, la stabilité de la structure a été pensée, et expérimentée en maquette, sur la base de 64 poteaux. La réduction du fragment à 16 poteaux a impacté la stabilité du fragment.
Cette absence de construction au 1:1 n'a, lors de la Review, pas permis d'offrir aux visiteurs différents points de vues sur la structure in situ. Nous avons dès lors accordé une attention particulière à la prise de photographies de la maquette, sous différents angles. Son échelle, au 1:3, permettait un degré de détails élevé et soutenait les explorations d'échelles.
Le second thème de discussion soulevé pendant la Review était le manque de précision concernant les visées du dispositif conçu. Était-ce un outil ? Un plan ? Avait-t-il une fonction? Il nous était difficile de répondre à ces questions. L'objectif central du projet était de concevoir un dispositif de révélation d'un contexte s'appuyant sur les notions de Planes. Il permettait de mettre en lumière une courbure fine présentée par le sol, difficilement observable à l'oeil nu, et pourtant bien présente (et important la stabilité des projets). Amplifiée par un coefficient, cette révélation topographique faisait aussi écho à la courbure présentée par le Rolex.
Une fois ce statut clarifié, il devenait possible de le dépasser. Des transpositions de la structure conçue à d'autres échelles nous ont été proposées. Nous avons ainsi poursuivi notre recherche autour de la question du point de vue et du rapport au corps. La poursuite de ces exploration a permis d'enrichir notre compréhension du projet et d'envisager de nouvelles interprétations, de nouveaux espaces.