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"Vous n'avez rien appris de l'expérience de 2015", a déclaré avec indignation le chef de l'opposition slovène, l'ancien Premier ministre Janez Jansa, en réaction à l'une des premières mesures du gouvernement slovène de gauche entré en fonction il y a seulement deux semaines. La clôture érigée en 2015 pour arrêter les immigrants illégaux à la frontière avec la Croatie sera démantelée d'ici la fin de l'année. Les 135 kilomètres de clôture en fil de fer barbelé et les 60 kilomètres de clôture en panneaux seront remplacés par des caméras et surveillés par des drones.
La coalition tripartite de gauche affirme que la clôture est inhumaine et inefficace, et que la politique migratoire visera à respecter pleinement les droits de l'homme.
Tout cela est contradictoire, dans les termes, étant donné puisqu'au cours des cinq premiers mois de l'année, la Slovénie a arrêté 4 333 frontaliers, soit 75 % de plus qu'au cours de la même période de l'an dernier.
La plupart des migrants sont partis d'Afghanistan. Les migrants entrent principalement en Bosnie par la Serbie et le Monténégro, puis poursuivent leur voyage vers la Croatie puis la Slovénie, d'où ils visent à atteindre l'Europe occidentale.
L'Agence européenne de protection des frontières et des côtes Frontex a indiqué hier que cette route a été la plus active en termes de franchissement illégal de la frontière européenne entre janvier et mai de cette année, avec 40 675 cas détectés par les autorités, soit une augmentation de 167 % par rapport à la même période de l'an dernier.
La gravité de la situation se reflète dans le fait que, le week-end dernier, la police et les soldats hongrois ont également pris des mesures à l'encontre de 1 513 personnes franchissant la frontière hongroise.
La semaine dernière à Vienne, la nouvelle ministre slovène des affaires étrangères, Tanja Fajon, a également informé son homologue autrichien du démantèlement de la clôture frontalière slovène, assurant à Alexander Schallenberg que la Slovénie serait capable de contenir les franchissements illégaux même sans la clôture.
Cette annonce n'a pas rassuré l'Autriche, qui entend maintenir les contrôles à sa frontière avec la Slovénie.
Schallenberg a cité la guerre en Ukraine et l'augmentation du nombre d'immigrants illégaux. L'Autriche et la Slovénie sont toutes deux membres de l'espace Schengen, contrairement à la Croatie, mais l'Autriche a introduit des contrôles temporaires à certaines de ses frontières après la crise migratoire de 2015, invoquant l'immigration illégale et le terrorisme.
Lors de la réunion de la semaine dernière, le ministre autrichien de l'Intérieur, Gerhard Karner, a exhorté ses homologues de l'UE à envisager la réintroduction des contrôles aux frontières au sein de l'UE, soulignant la nécessité de disposer de frontières extérieures solides et l'importance de renforcer le contrôle et l'enregistrement des migrants.
Il a ajouté qu’il s’oppose à l'idée que l'Europe accueille tout le monde, car cela envoie un mauvais message et encourage l’activité des passeurs.
Branko Grims, député du Parti démocratique slovène, parti d'opposition de droite - le parti de Janez Jansa - a exprimé des sentiments similaires :
En démantelant la clôture, le nouveau gouvernement de gauche envoie une lettre d'invitation aux immigrants illégaux.
Pendant ce temps, en Pologne, la construction d'une clôture en acier de 186 kilomètres destinée à arrêter les personnes franchissant illégalement la frontière avec le Bélarus est promise pour la fin du mois de juin.
Clôture à la frontière entre la Pologne et le Bélarus le 8 juin 2022. (Photo : AFP/Wojtek Radwanski)
Environ 130 kilomètres de cette barrière de 5,5 mètres de haut, équipée de capteurs de mouvement et de caméras, ont été construits jusqu'à présent. Alors qu'au cours de l'année 2021, 39 714 tentatives de franchissement de la frontière entre la Pologne et le Bélarus ont été enregistrées, on en dénombre 5 535 depuis le début de 2022.
Bien que la Hongrie ait été critiquée en 2015 pour avoir construit une clôture à sa frontière avec la Serbie au plus fort de la crise migratoire, de nombreux pays européens ont depuis lors construit des barrières techniques similaires ou amélioré et étendu leurs propres clôtures.
Outre les sections frontalières susmentionnées, des clôtures sont actuellement en place ou en cours de construction aux frontières entre France et Angleterre (à Calais), entre Slovénie et Autriche, entre Autriche et Italie, entre Macédoine du Nord et Serbie, entre Grèce et Macédoine du Nord, entre Turquie et Grèce, entre Turquie et Bulgarie, entre Bélarus et Lettonie, entre Bélarus et Lituanie, entre Russie et Estonie.
La semaine dernière, le gouvernement finlandais a également annoncé que la Finlande envisageait de construire une nouvelle clôture le long de certaines parties de sa frontière avec la Russie, à la suite de l'opération menée par cette dernière en Ukraine.
Photo mise en avant: Des soldats slovènes patrouillent à la frontière slovène-croate à Veliki Obrez, le 11 novembre 2015, le long d'une clôture de barbelés (Photo : MTI/EPA/Antonio Bat).
Source : Magyar Nemzet
Traduction : Albert Coroz