Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07262.jsonl.gz/298

Chapelles du parc naturel de la vallée de Binn
Plus de vingt chapelles disséminées dans le périmètre du parc confèrent à la vallée de Binn une touche de sacralité. Certaines d'entre elles, comme la chapelle de la Sainte-Famille à Mühlebach, sont des éléments emblématiques du paysage. D'autres, comme la chapelle sylvestre de Maria-Hilf, dans la forêt d'Ernen, sont bien cachées et seuls quelques élus ont la chance de pouvoir admirer leur splendeur baroque.
Au cours des 17e et 18e siècles, de nombreux témoins de la ferveur religieuse locale ont été édifiés dans les villages, les hameaux, et même dans les forêts et les vallons les plus reculés de la région. La Contre-Réforme est passée par là, mais dans ce qui est aujourd'hui le parc naturel de la vallée de Binn, cette période correspond surtout à une phase de stabilité politique et de développement économique. À cette époque, où la société paysanne montagnarde avait une conception holistique de la religion, la ferveur catholique ne devait pas s'exprimer uniquement le dimanche et les jours fériés et les gens cherchaient donc à donner une dimension religieuse à leur environnement. Les églises, chapelles, croix de chemin et édicules religieux (appelés « Bildstöcke ») étaient autant de lieux de connexion avec les forces divines.
Après les grands pèlerinages du Haut Moyen Âge à Rome, Jérusalem et Saint-Jacques-de-Compostelle, l'époque baroque est plus propice aux pèlerinages locaux, dans une volonté de faire de son environnement un espace de dévotion. Deux chapelles en particulier jouent aujourd'hui encore un rôle important en tant que lieu de pèlerinage : la chapelle sylvestre de Maria-Hilf et la chapelle d'Heiligkreuz.
Quant à la chapelle de Maria zum Schnee, au 19e siècle les montagnards l'avaient transformée en cave à fromage et ce n'est que ces dernières années que ce lieu de recueillement situé à 2425 m d'altitude a été rénové à grands frais.
CHAPELLE SYLVESTRE DE MARIA-HILF
Le 2 juillet de chaque année a lieu la fête de la chapelle sylvestre de Maria-Hilf (ou Notre-Dame-du-Perpétuel-Secours), qui fut construite en 1693. Ce lieu de pèlerinage accroché à la pente de la forêt d'Ernen est aujourd'hui encore un lieu de recueillement important pour la population locale. Par exemple, depuis 1860 les habitants de la vallée de Fiesch font une procession au glacier dans la forêt d'Ernen à la Saint-Ignace (31 juillet). Par le passé, ils priaient pour que les langues glacières menaçantes de l'Aletsch reculent. Mais depuis 2010, le pape Benoît XVI ayant accédé à leur requête en modification du pèlerinage, ils prient pour que le glacier d'Aletsch croisse à nouveau.
CHAPELLE DE PELERINAGE D’HEILIGKREUZ
La chapelle de pèlerinage d'Heiligkreuz (ou de la Sainte-Croix), dans le Lengtal, est l'un des plus importants lieux de pèlerinage du Haut-Valais. Selon la légende, on aurait retrouvé un matin un Croisé prisonnier des Turcs sans ses liens à l'endroit où se trouve aujourd'hui la chapelle. L'édifice actuel, qui date de la fin du 17e siècle, a été construit selon un plan en croix latine – une forme architecturale inhabituelle dans la région – afin de rendre hommage à la Sainte-Croix, puisque la chapelle a été placée sous son patronage. L'origine du pèlerinage est d'ailleurs un fragment supposé de la Sainte-Croix, aujourd'hui conservé dans un tabernacle sculpté, qui fut donné à la chapelle en 1741 par le supérieur de l'hospice des capucins d'Ernen.
CHAPELLE DE MARIA ZUM SCHNEE
La chapelle de Maria zum Schnee (ou Notre-Dame-des-Neiges), est une construction simple en pierres de taille qui fut édifiée en 1662. De tous les édifices sacrés du parc naturel de la vallée de Binn, c'est celui qui a été construit le plus haut. Du milieu du 19e siècle jusque vers la fin du 20e siècle, le syndicat d'alpage a utilisé ce bâtiment comme cave à fromage, avant que la chapelle ne fasse l'objet d'une rénovation, entre 2008 et 2011. Mais il ne restait plus aucun objet d'origine. Le parc naturel a alors reçu une sculpture en bois de l'artiste Erwin Freidrich Baumann pour la niche de l'autel. Pour la paroi nord, dépourvue de fenêtres, l'artiste Michael Dietze, de Leipzig, a peint à l'huile un triptyque représentant la légende de Notre-Dame-des-Neiges.