Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06909.jsonl.gz/1140

Pully La Muette qui fut la demeure de l'écrivain Charles Ferdinand Ramuz va être rénovée. En souvenir du grand homme, un espace de 100 m2, dont son bureau, va être transformé en espace muséal. Une convention vient d'être signée dans ce sens.
Nina Brissot
La Muette est un lieu mythique pour les admirateurs du grand écrivain que fut Ramuz. La propriété, dont la façade est classée, est aujourd'hui aux mains de son arrière-petite-fille qui souhaite rénover l'immeuble et créer cinq appartements au lieu des deux existants. Dès 2012, elle a également approché la Commune de Pully pour créer un espace retraçant la carrière littéraire de son arrière-grand-père, sa vie à la Muette et son univers poétique souvent inspiré par son environnement direct. En 2017, un projet a été présenté pour occuper 100 m2 qui comprennent le bureau de l'écrivain, resté comme il l'était le jour de sa disparition, mais pas son appartement. Un inventaire des biens a été réalisé par le Service des affaires culturelles de l'Etat de Vaud. Il a permis de faire un tri des objets à valeur muséale. Les objets sélectionnés, photographiés et répertoriés en 2019 ont été mis en lieu sûr par la Ville de Pully en attendant de pouvoir être exposés. Le Conseil communal a donné son feu vert à la création de cet espace géré par une fondation en 2017. Les crédits ont été votés alors qu'enflait une polémique générée par la section vaudoise de Patrimoine Suisse. Elle s'opposait au projet tel que présenté, demandant que l'appartement de l'écrivain soit inclus dans cet espace.
Pas de financement
L'oubli étant une vertu capitale de la mémoire, les privés, institutions, et autres amis de Ramuz n'ont pas été assez nombreux à se souvenir, en espèces sonnantes et trébuchantes, de l'écrivain. L'argent pour aménager un espace beaucoup plus grand n'est pas rentré. La Ville n'allait pas s'engager plus avant. D'ailleurs, en 1991 déjà, Pully était confrontée au même problème lorsque le raider américain Asher Edelman ouvrait un Musée d'art contemporain. Jean Chevallaz, alors syndic, s'était fermement opposé à ce que la Ville soit partie prenante, n'hésitant pas à dire: «Lorsque le caprice sera terminé et que le mécène se retirera, c'est la Ville qui devra faire face à tous les frais». Le temps lui a donné raison. Le caprice a duré quelques années puis le Musée a fermé. Le recours déposé au Tribunal fédéral par Patrimoine suisse contre le projet d'espace muséal au profit d'un projet plus vaste incluant l'appartement de l'écrivain a été rejeté le 21 février 2019.
Convention signée
En fin d'année 2019, une convention a été officiellement signée entre la Ville de Pully et les héritiers de Charles Ferdinand Ramuz. Le permis de construire, exécutoire depuis le printemps, laisse libre court aux héritiers pour commencer les travaux, tant pour la rénovation de l'immeuble que pour la création de l'espace muséal, jouxtant le Musée de Pully et dominant le lac.