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Huit militantes du groupe féministe Femen avaient célébré à leur manière le renoncement du pape Benoît XVI, le 12 février 2013 à la cathédrale Notre-Dame de Paris (archives).
KEYSTONE/AP/MICHEL EULER(sda-ats)
Huit militantes du groupe féministe Femen étaient accusées par une association d'injure envers les catholiques, en raison de leur action seins nus à Notre-Dame de Paris il y a quatre ans. Elles ont été relaxées jeudi par le tribunal correctionnel.
C'était pour elles le troisième procès relatif à cette action du 12 février 2013, où elles avaient célébré à leur manière le renoncement du pape Benoît XVI.
Incognito dans le flot des visiteurs, elles étaient entrées dans la cathédrale avant de tomber le manteau pour se jucher sur le socle de trois cloches, exposées provisoirement dans la nef à l'occasion du jubilé des 850 ans de Notre-Dame de Paris. Accusées d'avoir dégradé une cloche, elles avaient déjà été poursuivies mais relaxées en première instance, comme en appel.
Elles ont par ailleurs été visées par une plainte de l'Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l'identité française et chrétienne (Agrif), qui considère comme injurieux envers les catholiques les slogans inscrits sur leur corps tels "Bye bye Benoît", "In gay we trust" ou "Saved by the bell".
"Aucun caractère outrageant"
Dans sa décision rendue jeudi, le tribunal correctionnel de Paris a eu une appréciation diamétralement opposée: les propos litigieux ne "présentent à l'évidence aucun caractère outrageant, injurieux ou méprisant".
Une "décision qui s'inscrit dans la jurisprudence classique", selon Me Tewfik Bouzenoune, conseil de l'une des prévenues. Le conseil des sept autres, Me Michaël Ghnassia, s'attendait "assez largement à ce résultat, compte tenu du caractère anodin des propos". Il a par ailleurs dénoncé une "instrumentalisation de la justice par une association proche des milieux d'extrême droite".
Le tribunal a refusé de condamner l'Agrif pour procédure abusive, comme l'avaient demandé ses clientes. Le conseil de l'association n'a pu être joint dans l'immédiat. L'Agrif avait déjà poursuivi pour injure des Femen qui avaient fait irruption dans une manifestation contre le mariage homosexuel, et avait perdu en première instance, comme en appel.
ATS