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Au coeur de cette affaire figurent trois rencontres non protocolées qui se sont tenues en 2016 et 2017, à Berne et Zurich, entre l'ancien procureur général de la Confédération Michael Lauber et le président de la Fédération internationale de football (FIFA) Gianni Infantino.
Elu en septembre dernier par l'Assemblée fédérale, le procureur extraordinaire de la Confédération Stefan Keller a ouvert une procédure pénale contre les deux hommes. Il a exclu la FIFA comme partie à cette procédure, une décision contestée par la fédération sportive. Celle-ci a toutefois été déboutée par le Tribunal pénal fédéral (TPF), selon un arrêt publié mardi.
Le TPF a en effet confirmé que l'ouverture d'une procédure pénale à l’encontre de Gianni Infantino était conforme au droit. Il a également rejeté toutes les objections soulevées par la FIFA contre les actes de procédure réalisés par le procureur extraordinaire de la Confédération.
A noter aussi que le TPF n'est pas entré en matière sur la demande de récusation de la FIFA à l'encontre du magistrat.
"Le président de la FIFA a été mal traité"
Contacté par la RTS, l'avocat de la FIFA Marc Henzelin se dit serein: "La FIFA estime qu’elle a un intérêt moral et économique dans cette affaire. Elle soutient son président. A partir de là, si elle est dégagée de la procédure, elle en prend acte et elle continuera à soutenir son président."
L'homme de loi déplore cependant le fait que le TPF n’ait pas examiné la récusation de Stefan Keller. "Il a été désigné sur la base de critères politiques, linguistiques, cantonaux, partisans. Bref, il n’était pas sur la liste des procureurs spéciaux adoubés par le Ministère public. Il n’a jamais exercé comme procureur. Il y a donc un certain nombre d’erreurs qui sont commises et qui pourraient encore être commises dans le futur."
La FIFA estime que Gianni Infantino a été mal traité dans cette affaire: "Le président a peut-être été un peu naïf en voulant travailler tout de suite avec le Ministère public afin de démontrer sa bonne foi et son intention de coopérer. La FIFA estime qu'il a été mal traité en étant impliqué, contre son gré, dans l’affaire Lauber, qui était une affaire largement politisée."
Vers une "accélération de la procédure"
De son côté, Stefan Keller a accepté de réagir par écrit. Il se dit satisfait de la décision du TPF, estimant que "d'importantes questions de procédure ont été clarifiées." Et d'ajouter: "Je suis satisfait que la Cour pénale fédérale n'ait pas constaté d'erreurs et que cet arrêt permette d'accélérer la procédure."
Reste que les rencontres secrètes et leurs motifs réels ne sont toujours pas connus. Or, Stefan Keller ne souhaite pas faire de commentaires supplémentaires: "La seule chose qui m'importe est l'appréciation de la Cour pénale fédérale sur l'ensemble de l'affaire, et cela ressort très clairement de sa décision", écrit-il.
>> Les explications de Gilles Clémençon dans le 19h30:
Mathieu Henderson avec Gilles Clémençon