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Le Cardinal Gaspard Mermillod, photo: Credidimus-caritati
Le cas du Cardinal Mermillod
En septembre 1872, le Conseil cesse de reconnaître Mgr Mermillod comme curé de Genève et supprime son traitement. Il lui interdit tout acte en qualité de représentant de l’évêque
ou même de vicaire général de Genève. Peu après, les 39 prêtres du canton déclarent, unanimes, qu’ils refusent de se soumettre aux arrêtés du Conseil d’Etat. Les maires et adjoints
des communes catholiques, au nombre de 30, écrivent au Conseil d’Etat pour le mettre en garde, car la loi genevoise violait les traités et les garanties constitutionnelles sur la liberté des cultes. Le gouvernement riposte et annonce
qu’il va organiser le culte catholique en soumettant les prêtres à l’élection des paroissiens.
En janvier
1873, afin de ne pas laisser l’Eglise de Genève sans chef, le pape nomme Mgr Mermillod vicaire apostolique de Genève. Cette décision fut considérée, tant par les autorités fédérales que cantonales,
comme une provocation. Le Conseil fédéral protestera auprès du nonce, considérant la mesure pontificale comme nulle et non avenue. Le Conseil d’Etat, devant le refus de Mgr Mermillod de renoncer à sa fonction,
transmet le dossier au Conseil fédéral qui prend un arrêté de bannissement. L’arrêté fédéral, qui excluait Mgr Mermillod, lui est présenté par le commissaire de police Coulin. Le prélat
est conduit à la frontière près de Ferney ; dès 1880, il résidera à Monthoux, près d’Annemasse.