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L’Exercice de la Navigation
Celui qui s’assurait la maîtrise du lac Léman dominait le commerce y transitant autant que ses rives, raison pour laquelle les seigneurs du Moyen Age entretinrent rapidement des flottilles de guerre. La magna galea et la parva galea ou galiote, autrement appelées frégate, étaient les bâtiments que l’on rencontrait couramment sur le Léman depuis le XIIIème siècle . Genève également lutta dès son indépendance pour garantir ses voies maritimes en maintenant quelques bateaux de guerre . Manquant d’expérience, elle dut recourir à des aides étrangères à certaines périodes de crise. Les autorités envoyèrent ainsi en mission le conseiller Amy Varro en 1580. Il devait prendre contact avec les bons barquerelz de Marseille dans le but d’avoir un avis sur la construction de deux barques (ou frégates) destinées à la défense de la ville. La même année, les Bernois proposaient de construire et d’amarrer momentanément une partie de leur flotte militaire à Genève. A la fin des guerres de Savoie, en 1603, la Seigneurie avait augmenté ses effectifs et pouvait mobiliser quatorze bateaux . L’officier genevois Jaques de la Maisonneuve les utilisa d’ailleurs cette année là, lors de son raid contre les vaisseaux savoyards.
Au milieu du XVIIème siècle, les autorités bernoises, toujours concernées par les vicissitudes de Genève, lancèrent un projet de construction de galères dans le port de Genève et mandatèrent pour ce faire le charpentier naval Johannes Strasser, originaire de Gottlieben près de Constance . Cinq bâtiments sortirent de chantier en 1667 : deux galères, le Grand Ours et le Petit Ours capables de contenir deux-cents hommes chacune, l’une à quatorze canons et l’autre à dix canons et deux brigantins, le Bernoise et le Fortune. Genève quant à elle construisit également une grande galère.
Le succès de l’Arquebuse généra chez les barquiers genevois la volonté de créer leur propre tir au papegay, ce qu’ils firent dès 1650. Cependant, leur société ne fut reconnue officiellement que le 31 août 1677, deux ans après que les Bernois se furent retirés du port. Les jeux nautiques étant à la mode à travers toute l’Europe, l’Exercice de la Navigation eut rapidement à disposition une frégate et une galère, peut-être celle que la Seigneurie venait de construire. Les « marins » rejoignirent alors dans un premier temps les Arquebusiers à la Coulouvrenière puis demandèrent à s’installer aux Pâquis. En 1723, l’Exercice y construisait un Hôtel ainsi qu’une taverne.
Plus aristocratique que l’Exercice de l’Arquebuse de par ses membres, la Navigation connut son apogée en 1833 lors de l’installation du roi Albert Hentsch dont la famille était l’une des plus considérables de la cité. La Navigation se caractérisa par les fastes de ses fêtes et la participation d’illustres personnages comme les princes de Hesse et de Saxe. En 1680, la Seigneurie offrit par exemple au résident de France des festivités organisées par la Navigation en l’honneur de son installation. Une bataille navale simulant l’attaque de pirates maures fut menée sur le lac. Un brigantin mauresque attaqua d’abord la frégate chrétienne puis fut poursuivie par six bateaux garnis d’avirons et d’armes. Le spectacle continua par des décharges de mousqueterie qui obligèrent les pseudos turcs à se rendre sous les acclamations du public .
Les Exercices de l’Arquebuse et de la Navigation du XVIIIème au XXIème siècle