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30/10/2009
Dans un article sur les rapports entre les plantes et la lune, j’ai évoqué la science qui, partant d’un postulat matérialiste, cherche dans la matière les causes des phénomènes. On recherche, de fait, une sorte de matière causale. Or, sur le plan historique, cela s’enfonce dans le néant: parler d’une matière qui serait la cause de toutes les autres relève, je crois, de l’illusion, car il me semble que la matière peut être remontée à l’infini, au sein du passé. Isoler un élément matériel initial me paraît impossible.
Certains continuent de prendre le mot atome dans son sens premier: ils regardent donc cette recherche des causes dans la matière passée comme une quête de Vérité, espérant découvrir le secret de la Vie. Je n’y crois pas, non plus que Teilhard de Chardin, qui disait que plus on divise la matière, plus on se trouve face à une poussière dénuée de sens. Il pensait que la matière avait été formée par une force qui avait saisi les éléments en amont de la matière même, et je partage ce point de vue.
Sans doute, une telle force passera par un élément, puis un autre, par effet mécanique - à la façon d’une boule de billard à la rencontre de laquelle est venue une autre boule de billard. Les ondes du mouvement impliquent bien la répétitivité, mais cela n’empêche pas la nécessité d’une impulsion initiale. Rousseau, ayant remarqué que dans les phénomènes les plus immédiatement accessibles à la perception, c’était justement l’être humain - ou un animal, au moins - qui était l’auteur, par sa volonté libre, de ce type d’impulsions, en a tiré que la nature en général était l’enveloppe d’une volonté immatérielle en soi - intelligente ou non.
On peut toujours dire ensuite que ce sont des conditions matérielles qui provoquent chez l’homme ou l’animal les impulsions volontaires; on pourrait aussi bien dire que la nature en général, dans ses mouvements, est soumise à des conditions matérielles inconnues, cela n’empêcherait pas nécessairement cette volonté d’exister, en soi, et de déclencher quelque chose, d’être la cause d’un phénomène. Initialement, de fait, ce qui fait avancer les boules de billard, c’est bien la volonté libre d’un homme.
Sans doute, on peut représenter cette force qui anime la nature sous les traits d’une bête sans conscience, d’un organisme aveugle. Beaucoup d’écrivains modernes s’en contentent: on trouve quelque chose de ce genre chez mon camarade Valère Novarina, j’ai l’impression. La tendance en est forte, chez les Occidentaux. Même Teilhard de Chardin lui a accordé beaucoup. Et Darwin n’a jamais, peut-être, contemplé autre chose, lorsqu’il disait croire en Dieu.
Teilhard de Chardin, néanmoins, a aussi perçu qu’à cette force brute, il manque l’amour au sens élevé du terme. Or, l’amour concilie et synthétise souvent la volonté brute et l’intelligence.
Il est aussi, je crois, la seule force qui emmène réellement au-delà de soi-même. Mon idée va jusqu’à faire de l’amour la seule cause valable aux choses qui surviennent. C’est la seule cause qui parte d’un point net, et qui n’ait pas besoin d’être remontée dans ses sources pour s’établir comme point initial de l’action: il s’agit d’une force que la raison approuve et que la pulsion sert. Il en naît les corps nouveaux, à partir de corps précédents non combinés, mais unis: l’amour a cette vertu.
24/03/2008
La Société genevoise des Ecrivains tient un stand au salon du livre de Genève, et ses membres ont des plages horaires qui leur sont réservées. J’y serai donc dans l’après-midi du jeudi 1er mai.
Je suis assez fier de faire partie de la SGE, qui a été fondée par Amiel, un écrivain que j’aime infiniment. Il a souvent évoqué les environs savoyards de la cité au travers de ses récits de promenades, et j'ai publié plusieurs extraits concernés dans “Le Messager” (Haute-Savoie) ; l'article a été repris sur le site électronique officiel de l’écrivain : http://www.amiel.org/ . J’en suis assez fier aussi, à vrai dire.
21/03/2008
Cette semaine, dans “Le Messager” (Haute-Savoie), je publie un article sur “L’Acte inconnu”, la dernière pièce du dramaturge Valère Novarina, qui est originaire de Thonon mais est né à Chêne-Bougeries, comme chacun sait : on ne peut pas faire plus sabaudo-genevois !
Sa dernière pièce a été jouée en Avignon et à Paris, naturellement, mais aussi à Genève (où je l’ai vue), et à Thonon.