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Lorsque les Suisses achètent une voiture, leur sensation de liberté est certainement moins forte, dans un pays qui doit pourtant sa prospérité à la concurrence et à l’économie sociale de marché. C’est en tous les cas l’avis de l’Association du marché automobile indépendant (VFAS) qui a déposé plainte auprès de la Commission de la concurrence (Comco) contre un géant mondial, le constructeur coréen Hyundai.
Les importateurs indépendants reprochent à Hyundai trois choses. La première de vouloir cloisonner le marché en limitant les importations parallèles de voitures. La seconde de semer le trouble dans l’esprit des clients en affirmant que les importateurs indépendants ne respectent pas la loi sur les brevets. Troisièmement, ils rejettent l'accusation du constructeur coréen d'une éventuelle infraction au droit sur les marques.
Les sommes en jeu sont importantes. Pour le client, 10'000 francs dépensés en moins pour une berline de classe moyenne, importée parallèlement. Pour les constructeurs, 10'000 francs supplémentaires dans leurs caisses. Les constructeurs veulent faire payer aux consommateurs les prix qu’ils peuvent imposer, pas les prix que les voitures valent. Pour les constructeurs automobiles, les prix de vente des modèles varient selon que les véhicules circulent en Suisse ou Allemagne. Les consommateurs paieront donc plus cher la même voiture vendue en Suisse.
Hyundai est particulièrement concernée par les importations parallèles. 22 % des voitures qui circulent en Suisse ont été achetées ainsi. Ce pourcentage est largement supérieur à celui des autres constructeurs automobiles. Chez BMW, le chiffre atteint à peine 2 %. Mais le constructeur bavarois a aussi été épinglé. En automne 2017, le Tribunal fédéral a confirmé l’amende de 157 millions de francs infligée en 2012 par la Comco pour entrave aux importations directes et parallèles. Une amende que BMW avait payée en avance. C’est le prix payé par un constructeur pour avoir restreint la liberté des acheteurs suisses. Je suis curieux de savoir si Hyundai s’en sortira mieux. Pour autant que le constructeur coréen soit sanctionné.
Comme l'a dit un jour Klaus Fröhlich, le responsable du développement chez BMW : « Le plaisir de conduire est inconcevable pour nous, si la liberté de choisir n’est pas garantie ». Il a raison. Mais ce principe doit aussi s’appliquer aux clients suisses. Ils doivent pouvoir payer librement un prix fixé par le marché et la concurrence. Et pas le prix que les entreprises veulent faire payer aux Suisses, uniquement parce qu’ils vivent en Suisse.