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Pierre-Ambroise Bosse a créé la sensation de la 4e soirée à Londres. Le chaleureux Français, longtemps blessé cette année, a surgi comme un diable de sa boîte pour remporter le titre mondial du 800 m.
"I'm not dreaming, am I?", (je ne ne rêve pas, n'est-ce pas?), s'est exclamé Bosse au micro officiel, juste après l'arrivée. "Je vis un rêve!"... et le speaker de le rassurer: il avait bien gagné cet or incroyable, lui, ce fantasque athlète un temps présenté comme fêtard mais finalement très travailleur et attachant, que l'on a parfois vu arborer un maillot de l'équipe de France de football en meeting.
Bosse a été blessé aux ischio-jambiers cette saison. Il avait dit ne pas trop croire en ses chances, sauf, peut-être, si la course partait sur des bases assez rapides. Ce fut le cas, et Bosse a su placer encore une "mine" décisive à 200 m de l'arrivée, de sa foulée longue et puissante, pour l'emporter en 1'44''67, son meilleur temps d'une saison pourrie jusque-là pour lui.
Ses adversaires ne lui ont vu que les talons, à commencer par le Polonais Adam Kszczot, pourtant réputé presque imbattable au finish (argent en 1'44''95), et le Kényan Kipyegon Bett, en bronze.
La porte était ouverte après le forfait du champion olympique, le Kényan David Rudisha, et l'élimination de son compatriote Emmanuel Korir, no 1 mondial 2017. Bosse a su s'y engouffrer. L'an dernier, le Nantais de 25 ans avait fini au pied du podium aux JO de Rio.
Conseslus Kipruto a conservé la mainmise des Kényans ou Kényans d'origine aux Mondiaux sur le 3000 m steeple, qui dure depuis 1991. Le Champion olympique en titre, bien que diminué cet été par une blessure, s'est révélé le plus fort au finish pour devancer, en 8'14''12, le nouveau venu marocain Soufiane El Bakkali (8'14''49) et le no 1 mondial de la saison, l'Américaine Evan Jager, "bronzé" en 8'15''53.
Kipruto comme El Bakkali ont franchi la ligne les bras ouverts, comme des ailes d'avion. Le Français Mahiedine Mekhissi, double vice-champion olympique, finit au pied du podium.
Au javelot, la double championne olympique et recordwoman du monde, la Tchèque Barbora Spotakova, a empêché l'avènement de la nouvelle génération ainsi que des lanceuses asiatiques. Avec un jet de 66m76, la mère de famille de 36 ans a remporté l'or devant les Chinoises Lingwei Li (66m25) et Huihui Lyu (65m25). Spotakova avait déjà gagné aux Mondiaux d'Osaka il y a dix ans.
ATS