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17/12/2011
Transit alpin: l’ATE demande de négocier avec l’Union européenne
L'ATE est consternée par les conclusions que le Conseil fédéral tire du dernier rapport sur le transfert de la route au rail. Pour la première fois, le gouvernement remet en question l'objectif du transfert de 650’000 camions du transport lourd de marchandises à travers les Alpes et met ainsi à mal la politique suisse en matière de transfert modal. L'ATE appelle le Conseil fédéral à entamer des négociations intensives avec l'UE au sujet d'une bourse du transit alpin.
La politique en matière de transfert a permis de réaliser un certain nombre de progrès: il est vrai que le trafic des poids lourds par le St-Gothard est en augmentation constante depuis l'ouverture du tunnel routier en 1980. Néanmoins, la part du trafic par rail du transport alpin et transfrontalier de marchandises est plus élevée en Suisse qu'en France ou en Autriche.
Selon l'Office fédéral de la statistique, en 2009, 20,8 millions de tonnes nettes ont été transportées en Suisse par rail à travers les Alpes, tandis que le transport par route s'élevait à 13,4 millions de tonnes nettes. Pour la même période, la situation est bien différente chez nos voisins: en Autriche, le transport par route était deux fois plus élevé que le transport par rail et, en France, il était sept fois supérieur.
Le rapport sur le transfert de cette année est d'autant plus surprenant: jusqu'en 2018, il sera impossible de ramener à 650’000 le nombre de courses de véhicules routiers lourds à travers les Alpes, constate le Conseil fédéral dans son rapport publié vendredi. Et de conclure qu’il faudra adapter l'objectif du transfert, soit adopter des mesures supplémentaires.
Pour l'ATE, il n’est pas question d’adapter – c'est-à-dire de réduire – l’objectif du transfert. Si le nombre de poids lourds traversant les Alpes se maintient en Suisse dans certaines limites, c’est uniquement grâce à l'adoption par la population en 1994 de l’initiative des alpes ainsi qu’à l'introduction de la redevance sur le trafic des poids lourds liée aux prestations (RPLP).
C'est pourquoi les effets positifs de la politique en matière de transfert doivent être renforcés. L'ATE invite le Conseil fédéral à négocier avec les pays voisins et l'UE en vue d’instaurer une bourse du transit alpin. Grâce à cette mesure économique, les courses des véhicules routiers lourds à travers les Alpes pourront enfin être limitées à un nombre écologiquement acceptable.
L'ouverture du tunnel routier du St-Gothard a entraîné une évolution désastreuse. Le trafic par rail du transport lourd de marchandises à travers les Alpes n’a cessé de diminuer. La pollution de l'air et les émissions de CO2, occasionnées par les poids lourds, ont proportionnellement augmenté. Si le Conseil fédéral devait accepter le flux de transport lourd, nous courrions tout simplement à la catastrophe.
L'ATE salue par contre la proposition du Conseil fédéral visant à aménager un couloir de 4 mètres sur l'axe nord-sud. Cette hauteur aux angles des semi-remorques est actuellement la norme. Toutefois, les capacités au niveau de cet axe sont actuellement limitées, vu que les voies d'accès vers les tunnels routiers du St-Gothard et du Ceneri ont été aménagées pour une hauteur aux angles de 3,80 mètres.
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Voir aussi le site de l'Initiative des Alpes
Point de vue de nos collègues de l’Initiative des Alpes (extrait)
Transfert sur le rail: il ne manque que la volonté politique
(...) «Le Conseil fédéral sait quel remède utiliser pour combattre la frénésie du transit sur nos routes, mais il ne veut pas l'appliquer».
La Suisse n'est pas seule à réclamer un tel instrument. Tout dernièrement, à Lucerne, les responsables des régions particulièrement touchées par le transport du fret à travers les Alpes - Tessin, cantons de Suisse centrale, Rhône-Alpes (F), Tyrol (A), Tyrol du Sud, Val d'Aoste, Frioul et Piémont (I) - ont exigé de concert une réduction drastique du transit routier des marchandises et la mise en place d'une bourse du transit alpin. «Cet appel international en provenance des Alpes est une invitation directe au Conseil fédéral pour qu'il entame rapidement des négociations avec l'UE et les pays alpins au sujet d'une bourse du transit alpin».
La politique suisse du transfert de trafic a été confirmée à plusieurs reprises par le peuple. Pour l'Initiative des Alpes, l'objectif fixé dans la loi sur le transfert du transport de marchandises (LTTM), à savoir un maximum annuel de 650'000 camions en transit par les Alpes, n'est donc pas négociable. Le délai de réalisation de cet objectif a été repoussé par deux fois déjà, mais l'objectif lui-même a été confirmé en 2008 par le Parlement.
Avec la volonté politique nécessaire et la mise en place d'une bourse du transit alpin, la diminution requise du nombre de trajets poids
lourds à travers les Alpes est tout à fait réalisable d'ici à 2018. (…)