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L’affrontement entre le léopard et le serpent est un thème familier des récipients en chlorite. Il est apparu pour la première fois sous une forme à peu près complète sur un récipient retrouvé à Nippur et déposé au musée d’Irak, à Bagdad.
Selon les vases, le félin, identifiable par son pelage moucheté, apparaît dans deux positions différentes : quand il est bipède, il peut de ses pattes antérieures empoigner en deux endroits les anneaux du serpent qui se dresse devant lui et les deux antagonistes se trouvent face à face. Lorsqu’il est maintenu dans sa position de quadrupède, cas de figure adopté ici, le léopard empoigne avec une patte le corps de son adversaire et le mord. Le reptile, pourvu d’une irréaliste oreille en forme de S emboîtés, cherche lui aussi à mordre et sa gueule menaçante surplombe la queue retournée de son ennemi.
La scène est répétée deux fois, mais jamais complètement à l’identique. Les épidermes des deux animaux sont traités différemment : les cupules qui sont creusées dans le corps du léopard sont rondes, alors que celles du serpent sont en forme d’amande. Elles accueillaient des incrustations, en majorité disparues, qui devaient varier en matériau et en couleur d’un animal à l’autre.
Le léopard joue le rôle de régulateur des forces de la nature et peut même être anthropomorphisé sous la forme d’un génie-léopard. Il soumet le serpent, qui, dans la mythologie du monde transélamite, incarne une force maléfique qu’il faut dompter [1].
Publ. : Amiet 2003, fig. 1, p. 82.
[1] Bibliographie générale : Benoit 2003a.