Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07009.jsonl.gz/658

Après une première étape au Musée National Reina Sofia de Madrid, la rétrospective dédie à la Japonaise Yayoi Kusama est présentée au Centre Pompidou à Paris, avant de voler vers la Tate Modern à Londres et le Whitney Museum of American Art à New York. Chaque ville constitue un rendez-vous privilégié et spécifique puisque les présentations diffèrent d’un lieu à l’autre.
Le Centre Pompidou met l’accent sur l’oeuvre sculpté et les expériences de Kusama avec la couleur en présentant des monochromes colorés et surtout en développant une séquence dédiée à ses nombreuses et radicales performances. L'exposition brosse un tableau de l'oeuvre inclassable de l'artiste en mettant côte à côte les peintures monochromes, blanches ou colorées, "Infinity Nets" (1958 - 61), les sculptures molles de la série "Accumulations" (1962 - 63), les happenings et performances des années 1960 à New York et enfin les environnements fermés, les sculptures textiles et ses peintures récentes créées au Japon.
Yayoi Kusama a réussi à développer une touche artistique remarquable entre toutes, cohérente dans son développement, prenant de multiples formes pour toujours rendre écho au point, le motif récurrent que l'artiste a choisi et qui l'obsède à l'infini. En effet, comme l'indique Yayoi Kusama, son obsession artistique est liée à un souvenir d’enfance, une hallucination à partir de laquelle elle a élaboré toute une recherche artistique autour du motif récurrent du pois:
"Un jour, après avoir vu, sur la table, la nappe au motif de fleurettes rouges, j'ai porté mon regard vers le plafond. Là, partout, sur la surface de la vitre comme sur celle de la poutre, s'étendaient les formes des fleurettes rouges. Toute la pièce, tout mon corps, tout l'univers en seront pleins ; moi-même je m'acheminerai vers l'autoanéantissement, vers un retour, vers une réduction, dans l'absolu de l'espace et dans l'infini d'un temps éternel. […] Je fus saisie de stupeur. […] Peindre était la seule façon de me garder en vie, ou à l'inverse était une fièvre qui m'acculait moi-même. […] »
L'oeuvre de l'artiste japonaise fascine par sa place singulière dans l'histoire de l'art contemporain, restant en marge des courants artistiques dominants mais réussissant à garder sa place à la pointe de l'art, toujours présente dans les foires et les musées.