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Comm. BL, distr. de Laufon. Village à flanc de coteau du Blauen. Après 1294 Nencilingen. 13 feux en 1586, 195 hab. en 1722/1723, 134 en 1770, 188 en 1850, 243 en 1900, 247 en 1950, 352 en 2000.
L'abri sous roche de Birsmatten-Basisgrotte est l'un des sites mésolithiques les plus connus de Suisse. Il est situé au pied d'une paroi calcaire formant un surplomb large de 7 m et profond de 3,5 m, orienté au sud et ouvert sur la vallée de la Birse. La rivière coule aujourd'hui à une distance de 80 m. L'abri a été découvert en 1940 et fouillé systématiquement dans les années 1950. Cinq horizons archéologiques ont été identifiés dans les couches sédimentaires, accumulées sur une épaisseur atteignant parfois 2,5 m. D'après les dernières analyses scientifiques, qui écartent comme trop récentes toutes les datations effectuées au carbone 14 pendant les fouilles, l'abri a été utilisé à maintes reprises comme habitat par des groupes humains lors de chasses saisonnières durant les phases du Préboréal tardif, du Boréal et de l'Atlantique (8500-5500 av. J.-C.). Environ 500 des quelque 32 000 silex mis au jour sont des microlithes ayant servi de pointes de flèches et de javelots, caractéristiques du Mésolithique. Ces outils attestent des liens étroits, surtout au Mésolithique ancien, avec des régions septentrionales comme le sud de l'Allemagne. Des formes trapézoïdales, typiques d'une phase plus récente, et des outils en os (par exemple plusieurs pointes de harpons en bois de cerf) n'apparaissent que dans les deux derniers horizons. Deux canines de cerf perforées et un coquillage de la Méditerranée (columbella rustica), utilisés comme pendentifs, ainsi qu'un os décoré de rainures figurent parmi les trouvailles. Des analyses polliniques ont conclu à la présence initiale de pins sylvestres. Plus tard sont apparus des noisetiers, d'abord épars, mais évoluant rapidement en forêts mixtes plus denses comprenant des chênes, des hêtres et des sapins blancs. Des restes de repas indiquent que l'on chassait principalement des espèces sylvicoles, comme le cerf, le chevreuil et le sanglier (surtout les animaux jeunes) mais aussi le castor, le chat sauvage et la martre. De rares os de chamois témoignent d'expéditions sporadiques dans des régions plus élevées du Jura. Seules les couches les plus récentes ont révélé la présence d'oiseaux des forêts, de poissons de rivière et de grenouilles. Les anciens rapports de fouilles font mention d'un petit foyer. Le squelette presque complet d'une femme de petite taille, âgée de 40 à 60 ans et datée du Mésolithique, fut mis au jour en 1944 dans des circonstances peu claires. En position dorsale, le corps avait les pieds appuyés contre la paroi postérieure. Il s'agit de la plus ancienne inhumation trouvée en Suisse. La datation et le sexe de l'individu ont toutefois été contestés par les chercheurs.
A un kilomètre en aval, également orienté au sud mais situé à 30 m au-dessus du niveau de la Birse, un second abri appelé Brügglihöhle forme un boyau de 14 m de long; son plafond est effondré par endroits. Il a été entièrement exploré, en partie par des particuliers en 1940, puis en 1951-1952. Les rapports de fouilles mentionnent des foyers et des pavements et laissent supposer un atelier de taille de silex. Les 1438 artefacts en pierre proviennent d'une seule couche, atteignant par endroits 20 cm d'épaisseur et correspondant à un horizon attribué au Magdalénien final. Les méthodes archéologiques et scientifiques de datation donnent des résultats variant aux alentours de 13 000 av. J.-C.
Auteur(e): Felix Müller (Berne) / FP
Au Moyen Age, N., qui avait bénéficié un temps de l'immédiateté impériale, devint un fief des seigneurs de Rotberg et de Ramstein puis, en 1462, de l'évêque de Bâle qui l'intégra au bailliage de Zwingen. En 1792, N. fut rattaché à la République rauracienne, en 1793 au département français du Mont-Terrible et en 1815 au canton de Berne; en 1994, il passa à celui de Bâle-Campagne avec le Laufonnais. Au spirituel, le village releva jusqu'en 1622 de Pfeffingen, puis de Blauen avant d'être érigé en paroisse en 1845. Une chapelle est attestée au XVIe s.; l'église baroque Saint-Oswald fut édifiée en 1756. Un col relie N. à Pfeffingen et la route de la vallée de la Birse, au-dessous du village, a été réaménagée plusieurs fois depuis le début du XVIIIe s. Une cimenterie fut exploitée de 1898 à 1913 le long de la route de Bâle, remplacée par une entreprise de produits agrochimiques. Le remaniement parcellaire date de 1982, l'agrandissement du cimetière de 1998, la construction d'un stand de tir (avec Zwingen) de 2002. N. est resté une commune rurale; en 2005, plus d'un tiers des emplois était fourni par l'agriculture.
Auteur(e): Patricia Zihlmann-Märki / FP