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En 2017, Tamedia a introduit une prime pour les journalistes : si une équipe obtenait plus de clics que le trimestre précédent, elle recevait un bonus de 1500 francs. Il existait également des primes individuelles : 800 francs pour les journalistes* qui avaient publié le plus d'articles et généré le plus de visiteurs*, 500 francs pour les deuxièmes et 300 pour les troisièmes.
« Si les employés reçoivent une prime lorsqu'ils atteignent leur objectif, il s'agit alors d'un objectif de livraison et non d'une motivation à donner le meilleur de soi-même .»
Un tel système de bonus basé sur la performance est loin d'être nouveau. De nombreuses entreprises y ont recours. Peut-être que toi aussi tu as reçu une prime de performance à la fin de l'année. Est-ce que cela t'a permis de commencer le travail de la nouvelle année avec plus de motivation ? Ta motivation diminue-t-elle lorsque tu ne reçois pas de primes ou de bonus ?
Les systèmes de récompense sont contre-productifs
Une prime est censée motiver les employés et augmenter leur productivité. Les experts* remettent de plus en plus cela en question. « Les systèmes de récompense sont totalement contre-productifs », déclare Xavier Comby, directeur et fondateur de la société de conseil Essentiel Management Conseil. Il justifie : « Si les employés reçoivent une prime lorsqu'ils atteignent leur objectif, il s'agit alors d'un objectif de livraison et non d'une motivation à donner le meilleur de soi-même. »
Certaines entreprises ont reconnu l'effet néfaste des bonus. Par exemple l'entreprise allemande Bosch. En 2015, son CEO Volmar Denner a annoncé la suppression des bonus liés à la performance chez les cadres supérieurs.
Offrir un environnement de travail agréable
Si ce n'est pas par le biais de primes, comment les employeurs peuvent-ils inciter leurs employés à contribuer au succès de l'entreprise ? Plusieurs entreprises mettent l'accent sur les conditions de travail et le bien-être des employés. Elles investissent dans la conception et l'ergonomie des postes de travail et proposent même des cours de yoga ou de fitness. Les employés doivent se sentir comme chez eux au bureau.
Cela motive-t-il les employés ? Peut-être - l'environnement de travail a certainement une influence sur le bien-être et la motivation. Mais pour Xavier Comby, ce n'est pas la clé. Pour lui, les relations humaines et les chefs ont un impact bien plus important.
Les conflits démotivent
« Le manque d'harmonie dans une entreprise est la principale cause de démotivation », explique Comby. "Il n'y a rien de plus épuisant et de plus démotivant pour les employés que de devoir se dire chaque matin : Aujourd'hui, je dois retourner dans l'arène, et j'espère en sortir à la fin de la journée sans blessures et sans me faire dévorer". Les conflits internes, mais aussi externes, pour lesquels ils ne peuvent rien, démotivent les employés.
Les conflits ne règnent pas dans toutes les entreprises. Pourtant, la motivation est au plus bas. Pourquoi ? Pour le comprendre, Xavier Camby renvoie à l'origine du mot motivation. Il est dérivé du latin « movere », bouger. Les employés peuvent certes se mettre en mouvement eux-mêmes, mais s'ils sont freinés par leur chef, cela devient difficile.
Reconnaître, c'est motiver
Les managers ont un rôle clé. « Ils sont les garants de la motivation », explique Xavier Comby. « Tirer le meilleur des employés sans les épuiser et utiliser leurs nombreuses ressources de manière ciblée, voilà leur mission principale ». En d'autres termes, un chef ou une cheffe doit apprécier son équipe à sa juste valeur.
« Les entreprises pensent souvent que les employés sont automatiquement motivés une fois qu'ils sont embauchés, qu'ils ont reçu leur premier salaire et que les conditions de travail sont claires. »
« Les entreprises pensent souvent que les employés sont automatiquement motivés une fois qu'ils ont été embauchés, qu'ils ont reçu leur premier salaire et que les conditions de travail sont claires », explique Nicole Acatrinei, économiste spécialisée dans la motivation au travail. Mais la motivation est dynamique, on a tendance à l'oublier. Elle est un processus qui commence au moment du recrutement et se poursuit pendant l'emploi.
Identifier les facteurs de motivation
Dans sa thèse de doctorat , Nicole Acatrinei a développé un modèle permettant d'identifier les facteurs de motivation des employés dans des entreprises spécifiques. Dans le secteur public, par exemple, on pense souvent que la motivation extrinsèque (motivation venant de l'extérieur) est moins importante que la motivation intrinsèque (auto-motivation, voir aussi le glossaire). Avec son modèle, Acatrinei a pu démontrer que ce n'était pas le cas.
C'est le point crucial pour les employeurs : ils doivent trouver les facteurs de motivation pour leurs propres employés et non ceux de l'entreprise voisine. Ils évitent ainsi de dépenser des sommes énormes dans des programmes de motivation et de coaching sans avoir analysé pourquoi les employés sont démotivés. Ce qui fonctionne dans l'entreprise A ne fonctionne pas forcément dans l'entreprise B, souligne Nicole Acatrinei.
Sans oublier que cela coûte cher : La démotivation coûte cher. « Ce sont des coûts cachés qui sont malheureusement difficilement mesurables. Mais ils peuvent représenter jusqu'à 50 pour cent de la masse salariale, surtout dans les entreprises malades ». Xavier Comby en est convaincu. Face à cela, qui veut encore se permettre d'avoir des collaborateurs démotivés ?