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Histoire
La première étape de construction de la cathédrale voit, à partir de 1173, un premier maître d'œuvre réaliser le déambulatoire de l'abside. Vingt ans plus tard, le second maître corrige l'implantation de l'édifice, modifie la composition de son architecture, et construit jusqu'en 1215 l'église que nous connaissons aujourd'hui. Jean Coterel, troisième maître d'œuvre, poursuit le chantier vers l'ouest, et bâti le massif occidental, le dotant d'un porche et de deux tours, dont l'une porte le beffroi, l'autre n'étant jamais achevée. Le portail peint de la façade sud complète le monument vers 1225-1235. Deux parties de l'ensemble du dispositif architectural d'origine ne subsistent plus aujourd'hui, mais éclairent les modifications importantes que l'histoire a apporté au monument.
L’ancien cloître
Un cloître formé autour d'une cour s'appuyant contre la façade nord de la cathédrale compléta dans la seconde moitié du XIIe siècle l'ensemble monumental de Lausanne. La particularité de cet édifice est l'imbrication parfaite de l'extrémité du parcours de ses galeries à l'architecture de l'église. Tombé peu à peu en ruine, le cloître fut détruit après la réforme, au XVIIe siècle. Ce cloître gothique présentait deux parties : le grand préau entouré de trois galeries et le bâtiment capitulaire à l'est de ce préau. De l'ensemble des bâtiments qui entouraient le cloître, on connaît plus précisément le bâtiment capitulaire qui s'élevait sur son flan oriental. La construction du cloître et de la salle capitulaire démontre que les bâtiments au nord de la cathédrale n'étaient pas seulement des annexes mais étaient parfaitement intégrées dans l'ensemble architectural de la cathédrale.
Le plan du cloître est assez insolite: ne possédant pas de galerie sud, il ne permettait pas de circulation complète en circuit fermé, mais reliait étroitement le cloître au reste de la cathédrale. L'interpénétration du cloître devient plus évidente lorsqu'on s'aperçoit qu'à l'opposé des portes qui permettent d'y entrer, se trouvent le portail peint et la rose. L'axe longitudinal de la cathédrale est doublement traversé par le cheminement du cloître, qui part au sud du portail peint, coupe la cathédrale et, après passage dans les galeries, retourne dans la cathédrale dans l'axe du transept et aboutit face à la rose.
Le passage
La cathédrale de Lausanne était traversée jusqu'au début du XVIe siècle par une rue perpendiculaire à son axe qui descendait de la place du Château et débouchait sur la façade sud de l'édifice. C'est l'évêque Aymon de Montfalcon qui, vers 1502 - 1505, décida que l'entrée dans la cathédrale se ferait par l'entrée actuelle, plutôt que par le portail sud construit à cet effet. Les deux ouvertures qui permettaient le passage de la rue extérieure furent fermées, dans le même temps, le mur de l'ancienne entrée démoli et le massif occidental, devenu alors entée principale, reçu le portail principal (1515) offert par l'évêque, qui fut rénové vers 1770 et entièrement reconstruit entre 1892 et 1909.
Le dépôt lapidaire
Grâce à une la prise de conscience publique de la valeur des objets antiques, Il s'est avéré nécessaire de rassembler, organiser sous forme de dépôt les éléments les plus fragiles. Ainsi nait la collection et le dépôt lapidaire de la cathédrale de Lausanne.
Au XIXe siècle, des témoins, souvent scandalisés, dénoncent la présence de pierre sculptées abandonnées autour de la cathédrale. Parallèlement à la prise de conscience publique de la valeur des objets antiques et à leur conservation, la présence anarchique de pièces de structure et de décor provenant du monument constitue désormais une source matérielle et documentaire unique de l'histoire du bâtiment. Dès lors, le rassemblement et le dépôt structuré de ces objets enrichissent la connaissance du monument et organise la sauvegarde de ses éléments les plus fragiles. Ainsi nait la collection et le dépôt lapidaire de la cathédrale de Lausanne.
Dès le début du XXe siècle, un dépôt situé dans la cour nord du château Saint-Maire est attesté et accueille en particulier de nombreux chapiteaux de la cathédrale. La cathédrale elle-même sert de lieu d'exposition de certaines pièces spectaculaires et de lieu d'entreposage à l'abri des regards pour d'autres objets mineurs. En 1911, les salles aménagées dans le sous-sol archéologique sont affectées à cet usage. Les chapiteaux et tailloirs romans, découverts dans le déambulatoire y sont mis en scène. Plus tard, dans les années 1930, des copies des statues-colonnes sont notamment exposées dans la chapelle de la Vierge.
Un inventaire des objets issus de la cathédrale est dressé en 1978. Il répertorie plusieurs emplacements de dépôt dans l’édifice (étages de la tour du beffroi, grande travée, bas-côté, chapelles des tours de chevet, sous-sol) et à l'extérieur (Saint-Maire, place de la Cathédrale et à Crissier). Depuis 1979, la très riche collection lapidaire de la cathédrale rassemble dans un nouveau dépôt les différents ensembles suivants :
Les moulages (plâtres)
Les sculptures