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13 novembre 2008
Paolo Sergio vit dans le canton de Genève. Il prend des médicaments contre le VIH depuis plus de dix ans. Au fil des années, il a vu son corps se "détériorer", comme il dit. Il a commencé à souffrir de lipoatrophie et témoigne aujourd'hui dans Remaides.
"Année après année, autour de moi, on me renvoyait toujours à ma maigreur. A une époque, je cachais mes jambes, mes bras, mais mon visage je ne pouvais pas...Tout cela a commencé à peser de plus en plus lourd pour moi, surtout lorsque je rentrais chez moi au Portugal. Ma famille me demandait ce que j'avais pour être aussi maigre. Il y a trois ans, j'ai commencé à me sentir vraiment différent des autres et mon visage, lui, ne m'évoquait que le sida. J'avais déjà entendu parler du NewFill quelques années plus tôt et j'ai décidé de consulter un dermatologue pour en discuter. Après cela, j'ai fait une demande de prise en charge à mon assurance. Elle a aussitôt refusé. J'ai contacté le Groupe sida Genève qui m'a apporté un soutien juridique et j'ai fait un recours contre la décision de mon assurance. J'ai dû rencontrer un médecin de l'assurance. Celui-ci a commencé par me dire que j'étais difforme. Il m'a même demandé si j'étais à l'AI et je lui ai répondu que oui. D'après lui, l'assurance ne serait pas d'accord pour payer car je n'avais pas de vie "active". Et l'assurance a donc refusé... J'ai fait un second recours auprès du tribunal de Genève (....) Le tribunal cantonal de Genève m'a donné raison et a condamné l'assurance à payer. L'assurance n'a pas accepté cette décision. Elle a fait appel à un autre médecin que je n'avais jamais vu. Ce dernier s'est permis de juger que j'avais de grandes oreilles, que j'avais un visage très long (...) Cette injustice m'a donné encore plus envie de me battre. En décembre 2007, le tribunal fédéral rend une décision qui donne raison à l'assurance pour la simple raison que le produit n'est pas enregistré par la LAMal (1). J'ai fini par faire une demande auprès d'un fonds de soutien d'une association qui m'a accordé une aide financière pourmon traitement. J'ai déjà fait une partie des injections et je n'ai plus, soi disant, "le sida sur mon visage"... Toutes ces discriminations de la part de l'assurance, cette bataille, cette maladie...tout cela laisse des séquelles..."
Illustration : Romain