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L’accélérateur est probablement le deuxième élément le plus important qui permet de bien piloter un parapente. Bien souvent, son utilisation n’est pas très bien comprise, car il est vrai que cette commande est bien moins intuitive que le frein.
Comme le dit son nom, l’accélérateur permet d’accélérer et donc d’aller plus vite. Son principe de fonctionnement est relativement simple. En l’activant, les rangées avant de l’élévateur se raccourcissent, ce qui provoque une diminution de l’incidence de l’aile.
Lorsqu’on observe l’évolution de la finesse selon le dosage d’accélérateur (on parle en %), on observe que la finesse est relativement bien maintenue sur les premiers pourcents, puis se dégrade de manière plus prononcée. La finesse ne se dégrade donc pas de manière linéaire.
Ce rapport, appelé “Polaire des vitesses”, est représenté ci-dessous.
Il s’agit d’un parapente d’une finesse de:
- 0% (bras haut) de 10,
- 33% accélérateur de 9
- 66% accélérateur de 7.5
- 100% accélérateur de 5.5
Il n’est pratiquement pas possible de mesurer précisément cette polaire des vitesses. Il faudrait pour cela de l’air calme horizontalement et verticalement. Nous prendrons donc ces valeurs pour tous les exemples qui suivront dans cet article.
Quels sont alors les raisons de la dégradation non linéaire de la finesse ?
La principale raison est que la trainée augmente au carré de la vitesse. Les constructeurs voulant améliorer les performances des ailes travaillent principalement sur le profil afin de réduire au maximum les différentes trainées (de forme et induite), ainsi que sur la trainée générée par le pilote et les suspentes. Par exemple, l’arrivée des parapentes en 2 lignées de suspentes à considérablement augmenté les performances des parapentes puisqu’ils génèrent moins de trainée. La différence est surtout significative en vol accéléré.
Qui veut voler loin, doit voler vite et planer bien!
Dans une masse d’air calme, nous savons que d’accélérer réduit la finesse. Hors, en cross, on évolue jamais dans de l’air parfaitement calme! Le pilote rencontre des vents de face, de travers ou arrière combinés souvent avec des masses d’air qui descendent ou qui montent. Pouvoir ainsi agir sur l’incidence en utilisant un accélérateur devient donc très intéressant.
Illustrons maintenant l’effet de l’accélérateur de manière graphique. Voici les valeurs pour un vol plané de 7km avec un vent de face de 0 à 30km/h et une utilisation de l’accélérateur de 33 à 100%. Nota : Ces valeurs sont calculées par rapport au vol non accéléré.
Lorsque nous regardons l’effet de l’accélérateur face au vent en considérant uniquement la finesse (c’est à dire la perte de hauteur sur une distance donnée), nous constatons qu’accélérer a peu d’intérêt par vent faible.
Accélérer à 33% donne une meilleure finesse avec un vent de face à partir de 14km/h, 66% à partir de 19km/h, 100% à partir de 27m/h. (Voir valeurs en vert)
L’accélérateur ne serait donc pas toujours utile ?
Effectivement, c’est la combinaison finesse-vitesse-thermique qui rend l’accélérateur intéressante ! Peut être avez vous déjà entendu parler de MCCREADY ?
Si nous traversons une vallée en accéléré, nous y arriverons logiquement plus tôt que le copain qui nous suit tout pénard.
Selon nos courbes/tabelle, avec un vent de face de 7km/h, notre parapente accéléré à 33% arrivera sur les pentes thermiques 188, celui à 66% 309 et celui à 100% 393 secondes plus tôt que notre copain pénard. Imaginez maintenant ce qui se passe si nous rencontrons un thermique puissant ?
La tabelle du bas représente le thermique minimal à prendre afin de se retrouver à même hauteur que le pilote volant sans accélérateur (à finesse maximale). Ainsi, il suffit d’un thermique à 0,3m/s pour compenser l’altitude perdue à cause de l’accélérateur.
Faisons un exemple concret, basé sur la ligne jaune tracée sur le tableau des valeurs.
Nous avons un vent de face de 7km/h et volons à 66% d’accélérateur. Nous arriverons donc 210m plus bas mais 309 secondes avant le pilote qui n’aura pas accéléré. Avec un thermique de 2m/s, il suffit de 105 secondes pour compenser la perte d’altitude. Le temps que l’autre pilote arrive (309s), nous aurons grimpé de 618m soit 408m plus haut que lui.
Amortir le tangage avec l'accélérateur
L’accélérateur n’a pas que la vertu de nous amener plus vite dans le prochain thermique. Comme expliqué au début de l’article, il permet de modifier l’incidence.
Lors de vol droit, un pilote ordinaire utilisera probablement les freins pour contrôler les tangages provoqués par des changement de masses d’air (thermique, vent descendant, ect… ). Qui dit frein, dit destruction d’énergie et donc dégradation de la finesse car à chaque fois, l’aile doit piquer pour reprendre la vitesse.
Si maintenant, on oubliait les freins au profit de l’accélérateur ?
Quand l’aile se redresse, le fait d’accélérer va réduire le mouvement de tangage sans pour autant casser la finesse comme le ferait le frein. A contrario, il suffit de relâcher l’accélérateur lorsque l’aile entre dans une masse d’aire descendante pour amortir l’abatée.
On peut faire le parallèle avec un cycliste qui évite de freiner en descente si celle-ci précède une montée.
Bien entendu ce pilotage a ses limites et les freins restent indispensables en cas d’amplitudes trop importantes. Généralement, on utilise généralement une plage d’environ 40% pour ce genre de pilotage.
Apprendre et choisir son accélérateur
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