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Depuis le début du Quaternaire, il y a 2,6 millions d’années, le climat de la Terre est particulièrement froid. Nous nous situons dans la dernière et aussi la plus connue des ères glaciaires. Une ère glaciaire est cependant ponctuée de périodes plus chaudes (interglaciaires) et plus froides (glaciaires). La période interglaciaire dans laquelle nous évoluons aujourd’hui (Holocène) a débuté en 11’650 cal BP.
L’explication des alternances entre périodes glaciaires et interglaciaires a été proposée dans les années 1910 par le mathématicien serbe Milutin Milankovitch, qui s’est intéressé à l’orbite de la Terre autour du soleil. Milankovitch découvre trois cycles orbitaux principaux d’une périodicité de 20’000, 41’000 et 100’000 ans.
- Le premier cycle, qui concerne l’excentricité de l’orbite terrestre autour du soleil, a une durée de 100’000 et 400’000 ans (fig. 1a). Lorsque l’orbite terrestre est presque circulaire, la distance entre la Terre et le soleil est la même en toute saison, ce qui affaiblit le contraste saisonnier. Lorsque l’orbite est plus elliptique, le contraste saisonnier est plus accentué.
- Le deuxième cycle concerne la variation de l’obliquité de l’axe de la Terre et a une périodicité de 41’000 ans (fig. 1b). Les variations de l’obliquité influencent le contraste saisonnier par déplacement des cercles polaires et des tropiques.
- Le troisième et dernier cycle de Milankovitch est la précession des équinoxes, avec une périodicité de 19’000 et 23’000 ans (fig. 1c). Comme les deux cycles précédents, ce cycle a une influence importante sur le contraste saisonnier, qui est maximal lorsque l’excentricité de l’orbite est forte et lorsque la distance Terre-soleil est maximale pendant l’hiver boréal.
La combinaison de ces trois paramètres permet d’expliquer de façon satisfaisante les fluctuations climatiques de premier ordre (période glaciaire/interglaciaire) et de second ordre (stade glaciaire/interstade glaciaire) du Quaternaire. Elles ne contredisent pas les effets sur les glaciers du réchauffement planétaire actuel d’origine anthropique (dont l’échelle temporelle est beaucoup plus courte, de l’ordre de la décennie et du siècle)