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Né le 15 avril 1452, Léonard de Vinci est un homme d’esprit universel à multiples facettes. S’il doit sa renommée universelle à ses qualités de peintre, celles-ci ne sont en fait en fait qu’une petite parcelle de ses capacités comme il le reconnaît lui-même dans sa célèbre lettre d’embauche envoyée à Ludovic Sforza, le Duc de Milan, en 1482 alors qu’il avait trente ans :
« Ayant très illustre Seigneur, vu et étudié les expériences de tous ceux qui se prétendent maîtres en l’art d’inventer des machines de guerre et ayant constaté que leurs machines ne diffèrent en rien de celles communément en usage, je m’appliquerai, sans vouloir faire injure à aucun, à révéler à Votre Excellence certains secrets qui me sont personnels, brièvement énumérés ici.
J’ai un moyen de construire des ponts très légers et faciles à transporter, pour la poursuite de l’ennemi en fuite ; d’autres plus solides qui résistent au feu et à l’assaut, et aussi aisés à poser et à enlever. Je connais aussi des moyens de brûler et de détruire les ponts de l’ennemi.
Dans le cas d’investissement d’une place, je sais comment chasser l’eau des fossés et faire des échelles d’escalade et autres instruments d’assaut.
Si par sa hauteur et sa force, la place ne peut être bombardée, j’ai un moyen de miner toute forteresse dont les fondations ne sont pas en pierre.
Je puis faire un canon facile à transporter qui lance des matières inflammables, causant un grand dommage et aussi grande terreur par la fumée.
Au moyen de passages souterrains étroits et tortueux, creusés sans bruit, je peux faire passer une route sous des fossés et sous un fleuve.
Je puis construire des voitures couvertes et indestructibles portant de l’artillerie et, qui ouvrant les rangs de l’ennemi, briseraient les troupes les plus solides. L’infanterie les suivrait sans difficulté.
Je puis construire des canons, des mortiers, des engins à feu de forme pratique et différents de ceux en usage.
Là où on ne peut se servir de canon, je puis le remplacer par des catapultes et des engins pour lancer des traits d’une efficacité étonnante et jusqu’ici inconnus. Enfin, quel que soit le cas, je puis trouver des moyens infinis pour l’attaque.
S’il s’agit d’un combat naval, j’ai de nombreuses machines de la plus grande puissance pour l’attaque comme pour la défense : vaisseaux qui résistent au feu le plus vif, poudres et vapeurs.
En temps de paix, je puis égaler, je crois, n’importe qui dans l’architecture, construire des monuments privés et publics, et conduire l’eau d’un endroit à l’autre. Je puis exécuter de la sculpture en marbre, bronze, terre cuite. En peinture, je puis faire ce que ferait un autre, quel qu’il puisse être. Et en outre, je m’engagerais à exécuter le cheval de bronze à la mémoire éternelle de votre père et de la Très Illustre Maison de Sforza.
Et si quelqu’une des choses ci-dessus énumérées vous semblait impossible ou impraticable, je vous offre d’en faire l’essai dans votre parc ou en toute autre place qu’il plaira à Votre Excellence, à laquelle je me recommande en toute humilité. »
S’il est aussi sculpteur, botaniste, musicien, poète, philosophe, stratège militaire ou encore architecte urbaniste de génie, Léonard de Vinci se considère avant tout comme un ingénieur scientifique qui laissera une œuvre qui peut être considérée comme la plus diversifié que le monde n’a jamais connu. Sur ce plan, il développe des idées très en avance sur son temps, comme l’avion, l’hélicoptère, le sous-marin et même jusqu’à l’automobile.
En tant que scientifique, Léonard de Vinci, organisateur de spectacles et de fêtes grandioses, a beaucoup fait progresser la connaissance dans les domaines du génie civil, de l’optique, de l’hydrodynamique ou encore de l’anatomie qui fera de lui un précurseur médical majeur. Il est rapidement devenu maître de l’anatomie topographique, en s’inspirant de nombreuses études des muscles, des tendons et d’autres caractéristiques anatomiques visibles. Il pose les bases de l’anatomie scientifique, disséquant notamment des cadavres de criminels dans la plus stricte discrétion, pour éviter l’Inquisition qui l’interdisait pour des motifs religieux.
Léonard réalise ainsi de nombreuses dissections à partir de 1487 pour composer un traité d’anatomie qui ne verra jamais le jour. Il dessinera de nombreux squelettes humains, des os, ainsi que les muscles et les tendons, le cœur et le système vasculaire, l’action de l’œil, les organes sexuels et d’autres organes internes. Il effectue les premiers dessins scientifiques d’un fœtus dans l’utérus. La précision et le soin apportés aux dessins seront inégalables avant des siècles. Léonard de Vinci est le premier a dessiner correctement les courbure de la colonne vertébrale, l’inclinaison du sacrum, la courbure des côtes, la position exacte du bassin. L’idée de représenter les corps par plusieurs vues est une innovation totale et particulièrement moderne.
Il a notamment identifié quatre cavités cardiaques dans le cœur alors que, un siècle plus tard, Vésale ou encore Descartes, n’en verront que deux. Il sera le premier à constater la rigidité des artères comme constitutive d’une crise cardiaque. L’égarement des carnets de Léonard de Vinci pendant des siècles fit que cette découverte essentielle retarda une avancée médicale qui aurait évité des millions de morts prématurées.
Son souci du détail touche à un perfectionnisme excessif qui tourne à l’obsession. Une particularité du syndrome Asperger dont il est fortement soupçonné d’être porteur qui explique ses nombreuses œuvres picturales inachevées. Une caractéristique qui lui portera préjudice tout au long de sa vie.
Obsédé par son travail, insomniaque, Léonard est adepte du sommeil “polyphasique“, c’est-à-dire qu’il ne divisait pas ses journées en deux parties, d’éveil et de sommeil, mais en plusieurs compartiments. Très productif, Léonard de Vinci dormait seulement 15 minutes toutes les 4 heures. Un rythme intense que d’autres ont tenté de reproduire en l’adaptant.
Comme artiste, Léonard observa de près les effets de l’âge et de l’émotion humaine sur la physiologie, en étudiant en particulier les effets de la rage. Il a également dessiné de nombreux modèles, dont certains avec d’importantes déformations faciales ou des signes visibles de maladie. Il a aussi étudié et dessiné l’anatomie de nombreux animaux. Il a disséqué des vaches, des oiseaux, des singes, des ours et des grenouilles, comparant la structure anatomique de ces animaux avec celle de l’homme. Il étudia également les chevaux. Son désir de voler obsessionnel lui fait entreprendre des recherches sur des machines volantes en s’inspirant des insectes et surtout des oiseaux. Léonard rédige alors son codex de Turin connu également sous le nom de Codex sur le vol des oiseaux qui sera précurseur de l’histoire de L’aviation.
À tout cela s’ajoute des qualités de musicien, de poète, de philosophe ou encore d’écrivain qui lui permettra de constituer l’entrée par laquelle on peut éclairer l’ensemble de son œuvre et de son parcours.
Pour aborder les Carnets, qui sont des notes à usage privé consignées dans des dizaines de milliers de manuscrits (estimés à 50 000 exemplaires dont près de 13 000 sont archivés actuellement), il s’impose de tenir compte du rapport à l’image de Léonard qui multiplie les productions graphiques ou picturales de Léonard. Au fur et à mesure, le texte devient plus intelligible en fonction des observations ou des visions qui se précise dans son imagination. On essaiera donc de décrypter le lien indissociable entre texte et représentation, ainsi que les écarts que Léonard s’autorise par rapport à la tradition littéraire. L’originalité de son parcours d’écrivain répond principalement à l’effort constant d’élargir et de préciser ses images mentales.
L’écrivain philosophe Italo Calvino a parlé d’une véritable « bataille avec la langue » pour ce génie qui se considérait comme « non lettré » vu sa situation de bâtard qui l’empêcha d’étudier le grec et le latin que doivent maîtriser les savants. Léonard apprendra imparfaitement ces deux langues seulement à l’âge de 40 ans. De plus, son orthographe chaotique montre que cette instruction de manière autodidacte n’est pas sans lacune. Ainsi, toute sa vie durant, ses découvertes personnelles furent fondées sur l’observation directe de la nature, qu’il nommait significativement esperienza.
Ostracisé au Vatican, notamment pour ses investigations d’anatomiste qui l’a conduit à disséquer des cadavres au grand dam du Pape, Léon X, il fut appelé par le François 1er qui le reconnut comme son « père ». Le Roi l’installe au Clos Lucé, à portée du château royal d’Amboise, le nomme « premier peintre ingénieur et architecte du roi » et lui confie diverses missions comme l’organisation des fêtes de la Cour, la création de costumes ainsi que l’étude de projets grandioses d’aménagement du territoire dont celui de Romorantin qui devait faire de cette ville la capitale politique du Royaume de France. Alors que les travaux de fondation avaient commencés, ils cessèrent à la mort du génial Florentin en 1519.
Si c’est comme artiste peintre que Léonard de Vinci est reconnu, il se considérait lui-même comme un ingénieur scientifique, un inventeur pour lequel le dessin et la peinture n’était qu’un moyen d’expression secondaire.
Seule une quinzaine d’œuvres est parvenue jusqu’à nous ; ce petit nombre est dû à ses expérimentations constantes et parfois désastreuses de nouvelles techniques et à sa procrastination chronique. Son souci du détail touche à un perfectionnisme excessif qui tourne à l’obsession. Une particularité spécifique d’un porteur du syndrome Asperger dont il est fortement soupçonné d’être qui explique ses nombreuses œuvres picturales inachevées. Une caractéristique qui lui portera préjudice tout au long de sa vie.
Néanmoins, ces quelques œuvres, jointes à ses carnets contenant dessins, diagrammes scientifiques et réflexions sur la nature de la peinture, sont un legs aux générations suivantes d’artistes ; nombre de ces derniers le considérant comme seulement égalé par Michel-Ange, Asperger lui aussi, qui était avant tout un sculpteur et un peintre de génie. Une différenciation importante que Léonard de Vinci ne manquait pas de relever à l’égard de celui qui fut pendant toute la fin de sa vie son rival honni.
Considéré dès sa naissance comme un fils à part entière, il fut élevé par son père, sans jamais être légitimé. Livré à lui-même, il reçoit une éducation assez libre comme les autres villageois de son âge, apprend entre douze et quinze ans les rudiments de lecture, d’écriture et surtout d’arithmétique dans une scuola d’abaco (école d’abaco) destinée aux fils de commerçants et artisans. « Non lettré », il n’y étudie pas le grec et le latin (il apprendra imparfaitement ces deux langues que doivent maîtriser les savants et les lettrés qu’en autodidacte seulement à l’âge de 40 ans), et une orthographe chaotique montre que cette instruction n’est pas sans lacune ; en tout cas, il ne peut prétendre à des études universitaires.
Le jeune Léonard est proche de la nature qu’il observe avec une vive curiosité et s’intéresse à tout. Il dessine déjà des caricatures et pratique l’écriture spéculaire en dialecte toscan. Le père de Léonard, prit alors quelques dessins de son fils et les soumit à son ami Andrea del Verrocchio, un Maître d’atelier réputé au service de la famille Médicis, en le priant instamment de lui dire si Léonard devait se consacrer à l’art du dessin. Del Vecchio s’étonna fort des débuts extraordinaires de Léonard et l’accueillit dans son atelier.
Après un an passé au nettoyage des pinceaux et autres petits travaux d’apprenti, Léonard de Vinci est initié par Verrocchio aux nombreuses techniques pratiquées dans un atelier traditionnel, bien que certains artisans soient spécialisés dans des tâches telles que l’encadrement, les dorures et le travail du bronze. Il a donc eu l’occasion d’apprendre notamment des bases de la chimie, de la métallurgie, du travail du cuir et du plâtre, de la mécanique et de la menuiserie, ainsi que des techniques artistiques de dessin, de peinture et de sculpture sur marbre et sur bronze. Il est également initié à la préparation des couleurs, à la gravure et à la peinture des fresques.
Par la suite, Verrocchio confie à son élève – qu’il trouve exceptionnel – le soin privilégié de terminer ses tableaux notamment Le Baptême du Christ (1472-1475). Ce serait à cause de la qualité particulière de l’ange peint par Vinci pour ce tableau que Verrocchio, se sentant surpassé par son jeune assistant, aurait décidé de ne plus peindre. Selon la tradition qui veut que ce soit l’apprenti qui prenne la pose, Léonard aurait servi de modèle à la statue en bronze du David de Verrocchio. Il est également supposé que l’Archange Raphaël dans l’œuvre Tobie et l’Ange de Verrocchio soit le portrait de Léonard.
En 1472, à l’âge de 20 ans, Léonard est enregistré dans le « Livre rouge » de la guilde de saint Luc, célèbre guilde des artistes peintres et des docteurs en médecine de Florence, le Campagnia de Pittori. Sa carrière de peintre débute par des œuvres immédiatement remarquables telles que L’Annonciation (1472-1475). Il améliore la technique du sfumato (impression de brume) à un point de raffinement jamais atteint avant lui. Son attachement à Verrocchio est tel qu’il continuera à collaborer avec lui après sa nomination qui lui permettait de diriger son propre atelier. Pendant cette période, il reçoit des commandes personnelles et peint son premier tableau, La Madone à l’œillet (1476). Léonard s’affirme presque tout de suite comme un ingénieur : en 1478, il offre de soulever, sans en causer la ruine, l’église octogone de Saint-Jean de Florence, le baptistère actuel, pour y ajouter un soubassement.
Le 9 avril 1476, alors âgé de 24 ans, Léonard de Vinci, accompagné de trois compagnons, comparait devant la justice florentine pour « sodomie active » à l’encontre de Jacopo Saltarelli, un jeune prostitué de 17 ans. Emprisonné pendant deux mois, cette humiliation le marquera toute sa vie au point qu’il se replia sur lui-même en devenant méfiant à l’égard de son environnement. Il dut à l’ingérence des Médicis, dont l’un des membres étaient impliqués dans l’affaire en question, d’échapper aux flammes du bûcher. Sans cette intrusion politique, ce génie universel inégalé serait peut-être resté inconnu comme ces millions d’innocents exécutés – dans la plus totale impunité – du simple fait de leurs différences.
Si Léonard a très mal supporté son incarcération, il ne renoncera jamais pour autant à s’entourer de jeunes hommes qui seront ses apprentis, modèles et assistants alors même qu’on ne lui connait aucune liaison féminine, une des caractéristiques qu’il partageait avec Michel-Ange qui fut, au niveau de la notoriété, son principal rival. Autre caractéristique partagée, ils sont tous les deux fortement soupçonnés d’être porteurs du syndrome d’Asperger.
Deux années plus tard, à 26 ans, il quitte son maître après l’avoir brillamment dépassé dans toutes les disciplines. Léonard de Vinci devient alors Maestro, un peintre indépendant propriétaire de son propre atelier.
En 1481, le monastère de San Donato lui commande L’Adoration des mages, mais Léonard de Vinci ne terminera jamais ce tableau probablement déçu ou vexé de ne pas être choisi par le pape Sixte IV – homosexuel notoire qui nomma notamment son amant Raphaël Riario au poste de cardinal à 17 ans – pour la décoration de la chapelle Sixtine du Vatican à Rome. Le néoplatonisme – en vogue à l’époque à Florence – joue peut-être également un rôle dans son départ vers une ville plus académique et pragmatique comme Milan.
Comble de ce désaveu, la voûte de ladite chapelle est achevée par Michel-Ange en 1512. Vingt cinq ans plus tard, devenu sexagénaire, ce dernier reçoit un nouveau mandat pour illustrer le mur du fond de la chapelle par une fresque majeure : le jugement dernier.
Léonard écrit une lettre à Sforza qui énonce les nombreuses et diverses choses merveilleuses qu’il pourrait faire dans le domaine de l’ingénierie ; il informe à la fin de celle-ci qu’il peut aussi peindre, une occupation qui lui semble, en l’état, anecdotique. Un texte qui correspond bien à la tradition des ingénieurs qui l’ont précédé. Il reprend ainsi le même programme, les mêmes curiosités et les mêmes recherches : désormais, c’est bien en qualité d’ingénieur que Léonard va vivre et travailler.
Sforza l’emploie à des tâches diverses sous le titre mythique d’« Apelle florentin », réservé aux grands peintres. L’artiste est ainsi « ordonnateur de fêtes et spectacles aux décors somptueux » du palais et invente des machines de théâtre qui émerveillent le public. Il peint plusieurs portraits de la cour milanaise. Léonard de Vinci est porté sur la liste des ingénieurs des Sforza et lorsqu’on l’envoie à Pavie, il est qualifié d’« ingeniarius ducalis ».
Il s’occupe également de l’étude pour le dôme de la cathédrale de Milan et d’une version en argile pour faire un moule pour le « Gran Cavallo » (« Il Cavallo », le cheval de Léonard), une imposante statue équestre en l’honneur de Francesco Sforza, le père et prédécesseur de Ludovic ; faite de soixante-dix tonnes de bronze, elle constituerait une véritable prouesse technique pour l’époque. Lorsque Léonard finit la version en argile pour le moule et ses plans pour le processus de fonte, le bronze prévu pour la statue est utilisé à la création de canons pour défendre la ville de l’invasion des troupes du Roi de France.
C’est à cette époque que Léonard réfléchit à des projets techniques et militaires. Il améliore les horloges, le métier à tisser, les grues et de nombreux autres outils. Il étudie aussi l’urbanisme et propose des plans de cités idéales. Il s’intéresse à l’aménagement hydraulique et un document de 1498 le cite comme ingénieur et chargé de travaux sur les fleuves et les canaux.
Vers 1490, il crée une académie portant son nom où il enseigne pendant quelques années son savoir, tout en notant ses recherches dans de petits traités. La fresque La Cène (1494-1498) est peinte pour le couvent dominicain de Santa Maria delle Grazie.
La Cène de Léonard de Vinci est un chef d’œuvre murale qui représente le dernier repas de Jésus-Christ avec ses douze apôtres le soir du jeudi saint, juste avant d’être arrêté par les Romains. Soir, qui n’est autre que la veille du jour de sa crucifixion. On retrouve de gauche à droite les douze apôtres entourant Jésus: Barthélemy, Jacques le Mineur, André, Judas, Pierre, Jean, Thomas, Jacques le Majeur, Philippe, Matthieu, Thaddée et Simon.
Léonard commence à se mettre à l’ouvrage en 1494 ou 1495, alors qu’il travaille encore à la statue équestre de Francesco Sforza, il Cavallo. Matteo Bandello, neveu du prieur de Santa Maria delle Grazie, nous le décrit partageant son temps « quand lui en venait l’envie ou la fantaisie » entre « ce superbe cheval de terre cuite » et la Cène de Santa Maria delle Grazie. Nous savons que Léonard travaille toujours à la Cène en 1497 puisque le 29 juin une lettre du chancelier de Milan, Marchesino Stanga, le prie de se hâter, afin de passer à l’autre mur du réfectoire.
Une lenteur qui déplait profondément au prieur qui sollicite une rencontre avec Léonard et le duc, pendant laquelle l’artiste se défend en affirmant qu’il ne trouve pas de modèle pour Judas, et que si le prieur insiste il lui donnera en fin de compte ses traits. L’année suivante, le mathématicien et humaniste Luca Pacioli célèbre dans sa dédicace à Ludovic Sforza de son De Divina Proportionne, le 9 février 1498, l’achèvement de la Cène par Léonard et l’embellissement de Milan qui est devenue « la plus belle des résidences » pour le duc. Mais la fortune du More sera de courte durée. Il est vaincu par les Français en 1499. Léonard de Vinci quitte Milan pour Mantoue puis Venise fin 1499.
Considérée par les Chrétiens comme un des piliers de la foi chrétienne, la Cène représente la commémoration d’institution de l’Eucharistie. L’Italie étant le berceau du catholicisme, les souverains de l’époque, les Sforza, envisageaient de faire du couvent de la Sainte Marie Des Grâces un mausolée. Ainsi, le jeune duc, Ludovic Sforza fit appel aux services de Léonard De Vinci pour décorer la chapelle, le réfectoire et certaines pièces du couvent. Et c’est ainsi qu’en 1494, Léonard commença son chef-d’œuvre. Grand observateur des écrits bibliques, Léonard a su capter l’essence même du moment où Jésus annonça à disciples que l’un d’eux allait le trahir.
À l’époque de la Renaissance, l’on n’avait encore jamais entendu parler de 3D, mais en observant la Cène, on pourrait dire que Léonard de Vinci en est le précurseur. D’une part, un trompe l’œil sur le plafond prolonge la salle et d’autre part, grâce aux techniques appliquées, les visiteurs qui se trouvent directement en face de la fresque croient être devant des statues ou ont le sentiment de se trouver inviter au repas. Ils ont même l’impression que le regard de Jésus les suit quelque soit leur emplacement. En fait, le génie a centré tous ses dessins sur Jésus.
Malgré la récente prise de conscience et l’admiration vouée à Léonard comme scientifique et inventeur, son immense renommée de la plus grande partie de ces quatre cents dernières années a reposé sur ses réalisations en tant que peintre et sur une poignée d’œuvres — authentifiées ou lui étant attribuées — qui ont été considérées comme faisant partie des plus beaux chefs-d’œuvre jamais créés.
Vinci n’a pas été un peintre prolifique, mais il l’a été comme dessinateur, remplissant ses journaux de petits croquis et de dessins détaillés afin de garder une trace de tout ce qui avait attiré son attention. En plus de ses notes, il existe de nombreuses études pour ses peintures, dont certaines peuvent être considérées comme préparatoires à des travaux tels que L’Adoration des mages, La Vierge aux rochers et La Cène. Son premier dessin daté est un paysage, Paysage de la vallée de l’Arno (1473), qui montre la rivière, les montagnes, le château Montelupo et les exploitations agricoles au-delà de celui-ci dans le plus grand détail.
Les autres dessins d’intérêt comprennent de nombreuses études généralement dénommées « caricatures » parce que, bien qu’exagérées, elles semblent être fondées sur l’observation de modèles vivants. Giorgio Vasari rapporte que, si Léonard voyait une personne qui avait un visage intéressant, il la suivait toute la journée pour l’observer. Il existe de nombreuses études de beaux jeunes hommes, souvent associées à Salai, avec le visage rare, très admiré et caractéristique que l’on appelle le « profil grec ». Ces visages sont souvent en contraste avec ceux d’un guerrier. Salai est souvent dépeint dans des costumes et des déguisements. Léonard est connu pour avoir conçu des décors pour des processions traditionnelles. D’autres dessins, souvent minutieux, montrent des études de draperies.
En 1499, lorsque les troupes de Louis XII de France prennent le duché de Milan et destituent Ludovic Sforza qui s’enfuit, la statue équestre en argile de Léonard de Vinci est détruite par les Français, qui l’utilisent comme cible d’entraînement. Le Roi Louis XII envisage de découper le mur représentant La Cène pour l’emporter en France, comme l’imaginera également Napoléon Ier quelques siècles plus tard. Avec la chute de Sforza, Léonard entre au service du comte de Ligny, Louis de Luxembourg ; celui-ci lui demande de préparer un rapport sur l’état de la défense militaire de la Toscane. Le retour inopiné de Ludovic Sforza modifie ses projets et, avec son assistant Salai, il fuit Milan en février 1499 pour Mantoue puis Venise.
En mars 1499, Léonard de Vinci est employé comme architecte et ingénieur militaire par les Vénitiens, qui cherchent à protéger leur cité. Il élabore des méthodes pour défendre la ville d’une attaque navale des Turcs avec, notamment, l’invention d’un scaphandre à casque rudimentaire. Les Turcs n’attaquant pas, l’invention ne sera jamais utilisée et, fin avril, il est de retour à Florence. Il étudie les cours d’eau du Frioul et propose un relèvement du cours de l’Isonzo par des écluses, de façon à pouvoir inonder toute une région qui couvrait les approches de Venise.
En avril 1500, il revient à Venise pour deux mois, après avoir séjourné à Mantoue, en compagnie du moine mathématicien Luca Pacioli, où il fut fortement remarqué pour un portrait d’Isabelle d’Este. Une lettre du 14 avril 1501, par laquelle Fra Pietro da Nuvolaria répond à la duchesse de Mantoue, indique que « ses expériences mathématiques l’ont tellement détourné de la peinture qu’il ne peut plus supporter le pinceau. » Ainsi, Léonard de Vinci poursuivait bien des recherches plus larges. Il séjourne dans le couvent de la Santissima Annunziata en 1501 et reçoit la consécration pour l’esquisse préparatoire La Vierge, l’Enfant Jésus avec sainte Anne et saint Jean-Baptiste, une œuvre qui provoque une telle admiration que « hommes et femmes, jeunes et vieux » viennent la voir « comme s’ils participaient à un grand festival ».
En 1502, Léonard de Vinci est appelé par le prince César Borgia, duc de Valentinois et fils du pape Alexandre VI, avec le titre de « capitaine et ingénieur général ». Grâce au laissez-passer rédigé par César Borgia, il séjourne dans les Marches et la Romagne pour inspecter les territoires nouvellement conquis, les forteresses, les canaux, pour lever des plans ou dessiner les cartes des villes, remplissant ses carnets de ses multiples observations, cartes, croquis de travail et copies d’ouvrages consultés dans les bibliothèques des villes qu’il traverse. Il a pu dans ces circonstances rencontrer Nicolas Machiavel, « espion » de Florence au service de Borgia, les deux hommes travaillant au projet de détournement de l’Arno.
Le 18 octobre 1503, il retourne à Florence où il remplit les fonctions d’ingénieur de guerre (il dessine notamment des arquebuses, une bombarde chargée par la culasse, des engins de siège comme la catapulte, le mortier ou la baliste). Il y est aussi architecte et ingénieur hydraulicien.
Il se réinscrit à la guilde de saint Luc et passe deux années à préparer et réaliser La bataille d’Anghiari (1503-1505), une fresque murale imposante de sept mètres sur dix-sept, avec Michel-Ange faisant La bataille de Cascina sur la paroi opposée. Les deux œuvres seront perdues, la peinture de Michel-Ange est connue à partir d’une copie d’Aristotole da Sangallo en 1542 et la peinture de Léonard est connue uniquement à partir de croquis préparatoires et de plusieurs copies de la section centrale, dont la plus connue est probablement celle de Pierre Paul Rubens.
Cette période est importante pour la formation scientifique de Léonard de Vinci qui, dans ses recherches hydrauliques, pratique l’expérience. En 1504, il revient travailler à Milan, qui est désormais sous le contrôle de Maximilien Sforza, grâce au soutien des mercenaires suisses.
Léonard de Vinci commence à travailler La Joconde (1503-1506 puis 1510-1515) qui est habituellement considérée comme un portrait de Mona Lisa del Giocondo. De nombreuses autres interprétations au sujet de ce tableau sont encore discutées et paraissent pour le moins aussi pertinentes.
Lors de son séjour milanais, alors qu’il travaille sur le cheval de Bronze de Ludovic Sforza, Léonard de Vinci rencontre un jeune adolescent non-lettré aux airs voyous qu’il prend sous son aile. Il s’appelle Gian Giacomo Caprotti da Oreno ou Salai, un diminutif qui signifie « petit diable ». Salai « est un gracieux et beau jeune homme avec des cheveux fins et bouclés » si l’on en croit l’artiste biographe Giorgio Vasari qui précise « avec lequel Léonard était grandement ravi ». Il semble évident qu’en adoptant Salai, dont il était épris, Léonard de Vinci cherchait à rompre une grande solitude consécutive à son activité obsessionnelle. Absorbé par ses multiples passions, Léonard ne dormait quasiment pas au point d’adopter une méthode polyphasique pour récupérer. Si l’on en croit ses biographes, Léonard ne dormait qu’un quart d’heure toutes les quatre heures soit une heure et demi par jour.
Certes la relation de Léonard de Vinci avec Salai fut parsemée d’embrouilles. Ses multiples petits délits valurent que Léonard le qualifie de « voleur », « menteur », « têtu » ou encore « glouton » tout en le soutenant en toutes occasions, notamment lorsque son diablotin profitait de sa position pour importuner les autres élèves de la Bottega (atelier d’artistes). Léonard était visiblement épris de Salai et leur affection mutuelle perdurera jusqu’à la fin. Entre temps, Salai appris à peindre sans pour autant atteindre le niveaux de meilleurs élèves de Léonard dont les plus doués furent Giovanni Antonio Boltraffio et Marco d’Oggiono. Il servira de modèle à Léonard, notamment pour de nombreux dessins ou encore le tableau de Saint Jean Baptiste (entre 1513 et 1516) qui présente, de plus, des similitudes troublantes avec Mona Lisa, le portrait de la Joconde.
Effectivement, le visage superposé de Mona Lisa avec celui du Saint Jean Baptiste (celui de Salai) laisse supposer que l’une ou l’autre serait une seule personne si l’on s’en tient au travail de recherche de la doctorante en sciences de l’Art Sophie Herfort. Une autre expertise laisserait entendre que Mona Lisa serait un mélange des visages de Lisa Gherardini (le modèle officiel) et celui de Salai tel qu’il apparaît sur le tableau se Jean Baptiste. Outre la superposition des visages, de multiples autres éléments objectifs renforcent l’hypothèse que le visage de Salai ferait partie intégrante de celui de la Joconde.
Toujours est-il que l’identité certifiée de Mona Lisa est loin d’être connue. Une seule certitude, le jour de la mort de Léonard de Vinci, trois de ses œuvres majeures l’accompagnaient : La Joconde, le Saint Jean Baptiste et La Vierge, l’enfant Jésus et Sainte Marie comme s’il gardait auprès de lui les représentations de son amant et une présence divine qui ne se limitait à un seul Dieu auquel il n’adhérait pas.
Salai hérita notamment de la Joconde qu’il aurait vendue, suivant certaines sources, à François 1er pour 4000 écus d’or. Une somme qui représente l’équivalent de cinq ans de travail pour un artiste attitré de bon niveau comme l’est Francesco Melzi, l’autre compagnon de Léonard de Vinci qui le considèrera comme son élève favori. C’est d’ailleurs lui qui hérita des fameux carnets du génie dont chaque manuscrit, page, croquis, dessin, texte et note est considéré comme une œuvre d’art à part entière. Le Codex de Leicester composé de 72 pages essentiellement scientifiques ont été acquises en 1994 par Bill Gates pour 30,8 millions de $US ce qui en fait le livre le plus cher du monde.
Salai retourna à Milan pour y construire une maison dans le vignoble qui lui fut légué par son protecteur. En 1525, Salai meurt de mort violente, assassiné ou suite à un duel.
En septembre 1513, Léonard de Vinci part pour Rome travailler pour Julien de Médicis, frère du pape Léon X, membre de la riche et puissante famille du même nom. Au Vatican, Raphaël et Michel-Ange sont tous deux très actifs alors qu’on ne propose à Léonard que de modestes missions. Il n’était visiblement pas en odeur de sainteté. Il se réfugie donc dans l’hydraulique avec un projet d’assèchement des marais pontins, appartenant au duc Julien de Médicis tout en continuant à braver les interdits religieux pour compléter ses connaissances anatomiques. Son état de santé s’aggravant, il quitta le Vatican sans regrets. « Les Médicis m’ont créé, les Médicis m’ont détruit », écrivit Léonard de Vinci, sans doute pour souligner les déceptions de son séjour romain.
En septembre 1515, le nouveau roi de France François Ier reconquiert le Milanais lors de la bataille de Marignan. Il offre à Léonard, qu’il considère comme son père, la possibilité de devenir « premier peintre, premier ingénieur et premier architecte du roi ». Ce dernier, fier d’être enfin reconnu à sa juste valeur, part donc travailler en France en 1516 avec son élève favori : Francesco Melzi, Salai préférant dans un premier temps rester à Milan. Âgé de 64 ans, Léonard de Vinci traverse les Alpes à dos de mulet, apportant avec lui trois de ses toiles majeures : Saint Jean Baptiste, La Vierge, l’Enfant Jésus et sainte Anne et La Joconde.
Au château du Clos Lucé, Léonard se trouve ainsi à proximité du château d’Amboise, la demeure du roi. Le souverain, fasciné par son hôte, lui octroie une pension annuelle confortable en lui disant : « Ici Léonard, tu seras libre de rêver, de penser et de travailler ». Léonard travaille alors, à son rythme, comme ingénieur, architecte et metteur en scène, organisant pour la Cour des réceptions et fêtes somptueuses.
Léonard de Vinci se voit alors confié un projet grandiose qui consistait à faire de la ville de Romorantin la capitale politique du Royaume de France. Alors que les travaux de fondation avaient commencé, le projet fut abandonné à la mort du génial Florentin, le 2 mai 1519.
Le Château de Chambord semble avoir été une solution alternative à ce projet pharaonique avorté. Sorti tout droit de la pensée fertile de Léonard de Vinci, l’escalier central révolutionnaire qui dessert les deux étages et la terrasse du Château de Chambord est bien une création originale du Maître. Placé au centre du donjon, l’escalier distribue les pièces en symétrie de sorte à ce que les personnes qui descendent ne croisent jamais ceux qui montent. Ce chef d’œuvre constitue le testament artistique du Génial architecte qui ne le verra jamais sortir de terre. Quant au Château, il connaîtra sa forme définitive sous l’égide d’Henri II.
C’est le début de la dispersion et de la perte des 2/3 des cinquante mille documents originaux multidisciplinaires, rédigés en vieux toscan et cryptés par Léonard de Vinci. Chaque carnet, manuscrit, croquis, dessin, texte et note est considéré comme une œuvre d’art à part entière. Vingt ans après la mort de Léonard, François Ier dira :
« Il n’y a jamais eu un autre homme né au monde qui en savait autant que Léonard, pas autant en peinture, sculpture et architecture, comme il était un grand philosophe. »
C’est à Francesco Melzi, son élève favori, que Léonard de Vinci légua ses carnets. Ce dernier ne s’en sépara jamais. Il s‘efforça même, jusqu’à son décès, de reconstituer le Traité de la Peinture (Trattato della pittura di Leonardo da Vinci). Son travail « très avancé, mais inachevé » ne réapparut qu’au 17ème siècle pour être édité en 1651 soit 132 ans après la mort de Léonard de Vinci.
Quant aux tableaux de Léonard de Vinci, qui sont peu nombreux (il y en aurait moins de trente identifiés à ce jour), ces derniers ne seront étudiés, comme d’ailleurs ses carnets (codex) qu’au fur à mesure de leur apparition au 18ème et surtout 19ème siècles. Le monde découvre alors que Léonard de Vinci fut un prophète de la modernité. Le fait que ce génie n’ait pas été reconnu à sa juste valeur lors de son vivant, que ses écrits furent dispersés (ndlr : on estime que des quelques cinquante mille documents originaux rédigés en vieux toscan et cryptés par Léonard de Vinci, il n’en resterait que treize mille à disposition aujourd’hui), a fait perdre à la science, notamment la médecine, plus de deux siècles d’avancées technologiques ou médicales qui auraient certainement changé le monde.
Léonard garde sa vie privée secrète. De son vivant, ses extraordinaires capacités d’invention, son « exceptionnelle beauté physique », sa « grâce infinie », sa « grande force et générosité » ou encore sa « formidable ampleur de son esprit », telle qu’elles furent décrites par Vasari, ont attisé la curiosité. Ce qui semble certain c’est qu’il était de très grande taille (il dépassait 1,90 m.) et avait une force herculéenne : la légende veut qu’il aurait déformé un fer à cheval.
De nombreux auteurs ont spéculé sur les différents aspects de la personnalité de Léonard, notamment sur sa sexualité. Ils semblent aujourd’hui très probable que ses relations amoureuses les plus intimes furent celles qu’il aurait avec ses deux élèves favoris qui l’accompagnèrent jusqu’à la fin de sa vie : Salai et Francesco Melzi, un fils de noble lettré, qui hérita d’ailleurs des fameux carnets du Maître (codex) en s’efforçant de les classifier jusqu’à son propre décès. Francesco Melzi évoquant sa relation avec Léonard évoquera des sentiments qui étaient « un mélange d’amour et de passion », une appréciation qui le mena à être son plus fidèle disciple au delà de la mort du génie florentin.
Certes, Salai et Francesco, qui seront tout au long de leur compagnonnage les deux amants de Léonard de Vinci, étaient de jeunes adolescent lorsqu’ils furent engagés comme apprentis au sein de l’Atelier de Léonard de Vinci. On ignore qu’elle est le moment où leur relation prend une orientation intime. Toujours est-il que ce rapport entre un jeune et un ancien peut choquer si l’on s’en réfère aux critères moraux du 21ème siècle. Il faut donc comprendre que les critères antiques sont à une époque où l’espérance de vie d’un humain tournait autour d’une trentaine d’années contre 80 ans aujourd’hui.
Par conséquent, comme à l’époque de la Grèce antique, les adolescents étaient adultes dès l’âge de leur puberté et considérés comme aptes au travail dès le début de leur adolescence. C’était donc à cet âge que les aspirants apprentis entraient au service d’un Maître propriétaire d’une Bottega comme l’était Léonard de Vinci. Leur initiation à la vie n’avait donc aucun rapport avec celle qui a cours aujourd’hui. Si l’on s’en réfère simplement à la Grèce antique (souvent vilipendée pour sa tolérance à l’égard de l’homosexualité), il est important de rappeler que la pédophilie, soit un abus sexuel sur un enfant (fille ou garçon) non pubère, n’était pas tolérée et donc sévèrement réprimée. Un fait ignoré par un ensemble de gens souvent mal informés.