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Des jérémiades, un colosse aux pieds d’argiles, un bouc émissaire, une traversée du désert ou jeter la pierre à quelqu’un; de nombreuses expressions sont devenues tellement courantes qu’on en oublie qu’elles ont une origine biblique. A contrario, la communauté des croyants – comme toute sous-culture – a une forte tendance à développer un vocabulaire qui lui est propre. Dans les Eglises évangéliques, on qualifie souvent ce langage de patois de Canaan, en référence à la terre que Dieu promet dans la Genèse. Voici un petit lexique pour pouvoir communiquer avec un protestant et éviter quelques erreurs.
Charismes
Tous les fidèles n’ont pas le charisme de George Clooney. Pourtant en Eglise on n’arrête pas de se promettre d’agir selon les charismes de chacun. C’est que les croyants l'utilisent dans son sens étymologique de cadeau. Les charismes sont les dons de Dieu. Bref, agir selon les charismes de chacun, c’est agir selon les compétences spécifiques de chacun. Dans certaines communautés évangéliques, les charismes désignent plus spécifiquement les dons du Saint-Esprit identifiés par le pentecôtisme, tels que le parler en langues (cette capacité de prier dans une langue que seul Dieu comprend), don de guérison ou don de prophétie.
Reste à savoir si George Clooney serait aussi charismatique s’il portait des sandales avec des chaussettes
Evangélique
Si évangélique a longtemps été synonyme de protestant, par exemple dans le nom de l’Eglise évangélique réformée du canton de Vaud. Ce mot a aujourd’hui perdu ce sens, et tend plutôt à désigner toute une frange d’Eglises protestantes influencées par une théologie qui a vu le jour aux Etats-Unis au milieu du XXe siècle. Les évangéliques insistent sur la conversion individuelle, une lecture plutôt littérale de la Bible, la confiance en Dieu et la nécessité de partager sa foi.
Les croyants se qualifient eux-mêmes d’évangéliques et non d’évangélistes. Ce second terme désignera soit les auteurs des quatre évangiles (Mathieu, Marc, Luc, Jean), soit une personne qui est financée par une Eglise pour pratiquer l’évangélisation (voir ci-dessous)
Evangélisation
«Allez, faites de toutes les nations des disciples, baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit», ordonne Jésus (en Mathieu 28:19) à ses disciples après sa résurrection. Cet envoi est lu avec plus ou moins d’emphase suivant les communautés comme la mission confiée aux chrétiens. L’évangélisation désigne donc le fait de chercher à convaincre d’autres personnes de s’engager dans la foi chrétienne. Du prosélytisme, quoi.
Livres
La Bible n’a pas été écrite d’une traite. Il s’agit d’un recueil de textes. Chacun de ces textes est appelé livre. La Bible n’est donc pas un livre, mais une bibliothèque qui compte entre 66 et 73 livres. Pourquoi ces différences? Parce que les croyants peinent à ce mettre d’accord sur «le canon»: la liste des livres dignes de foi. Par exemple, en 1546, en pleine contre-réforme, l’Eglise catholique a rajouté des textes au canon. Les livres de la Bible sont souvent regroupés: l’Ancien Testament représente les textes que juifs et chrétiens ont en commun, dont font partie par exemple les 5 livres du Pentateuque, ou livre de la loi, soit la Torah juive. Les évangiles regroupent les 4 quatre récits présentant la vie et l’enseignement de Jésus.
Prosélyte
N’est pas prosélyte celui que l’on croit! On entend souvent le mot prosélyte utilisé pour désigner quelqu’un qui cherche à gagner des fidèles à sa foi. Pourtant ce mot ne désigne pas la personne qui pratique le prosélytisme, mais bien le nouveau converti.