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Graphique de la semaine de DWS. Les jeunes investisseurs ont peut-être été pris au dépourvu par la récente surperformance des actions européennes par rapport aux américaines.
Les choses continuent de bien se passer pour les actions européennes. Depuis le début de l'année, le Stoxx 600 a gagné presque deux fois plus que le S&P 500. Cette surperformance a débuté à la fin du mois de septembre 2022. Depuis lors, les actions européennes ont gagné environ 15% (en euros), contre un gain de seulement 7% pour le S&P 500, ce qui, en raison de l'affaiblissement récent du dollar, représente une baisse d'environ 4%1 en euros. Le fait que la surperformance de l'Europe coïncide avec une guerre, une crise énergétique et une inflation record en Europe reflète le fait que les investisseurs négocient en fonction des anticipations.
Immédiatement après l'invasion de la Russie en février 2022, les anticipations à l'égard de l'Europe ont chuté, tandis que les Etats-Unis semblaient relativement à l'abri d'une guerre lointaine ainsi que de la crise de l'énergie et de l'approvisionnement. Néanmoins, les actions des deux côtés de l'Atlantique ont chuté dans des proportions à deux chiffres2, mais le dollar s'est apprécié, ce qui a fait des investissements américains des sur-performances relatives. Et cette tendance à long terme s'est poursuivie car, comme le montre notre graphique de la semaine, la performance relativement faible des actions européennes par rapport aux actions américaines a été la norme, et non l'exception, au cours des 15 dernières années.
Il y avait de bonnes raisons à cela, au-delà du supposé «plus grand dynamisme» de l'économie américaine souvent évoqué. Les valeurs technologiques, surtout aux Etats-Unis, ont affiché une forte croissance et leurs valorisations, comme celles de toutes les valeurs de croissance, ont particulièrement bien profité de l'environnement de taux d'intérêt bas des quinze dernières années. Mais les banques centrales nous rappellent maintenant presque quotidiennement que l'ère des taux d'intérêt bas est terminée et ne devrait pas réapparaître dans un avenir proche. Le fait que cela joue en faveur des marchés d'actions européens plus axés sur la valeur n'est qu'une des raisons pour lesquelles nous pensons que la surperformance européenne pourrait se poursuivre.
La pondération plus élevée des valeurs défensives en Europe est également un avantage dans une année où nous prévoyons une légère récession. Dans le même temps, un boom plus précoce que prévu se profile en Chine à la suite de la fin des restrictions liées au Covid (même si cela ne devrait transparaître que dans quelques mois dans les données économiques). L'Europe profite davantage que les Etats-Unis des exportations vers la Chine. Bien sûr, l'Europe profite aussi des faibles anticipations, surtout après l'invasion par la Russie. Mais la crise énergétique a été moins grave que ce que l'on craignait et l'économie se porte mieux que prévu3.
Cela signifie également que les estimations des bénéfices des sociétés cotées en Europe n'ont pas dû être revues autant qu'aux Etats-Unis. Le secteur financier européen profite en effet encore plus de la remontée des taux d'intérêt, car ses bénéfices avaient été déprimés par des taux plus bas, voire négatifs.
Selon nous, cependant, les investisseurs institutionnels sont toujours sous-positionnés en Europe et restent assez prudents. Cela se reflète finalement aussi dans les valorisations. Malgré un léger redressement, la décote de l'Europe par rapport à la valorisation des actions américaines est toujours proche d'un niveau record avec 28%. Ici aussi, l'image à plus long terme de notre graphique montre qu'il reste une grande marge d'amélioration.
Toutefois, rien de tout cela ne doit occulter les défis structurels auxquels l'Europe est confrontée. Dans notre étude intitulée «Un cadre pour la transformation de l’Europe»4, nous examinons de plus près les opportunités et les risques auxquels l'Europe est confrontée dans la perspective de la décarbonisation de son économie.