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Repères biographiques
« Mon père était photograveur, mon grand-père était imprimeur, photograveur, libraire, éditeur, il bouclait le cycle du livre. Pour moi, le livre compte énormément dans ma vie… A notre table, il y avait par exemple le photographe Maurice Tabard qui, avec Man Ray, a été parmi les premiers à réaliser des photogrammes de haute qualité. Mon père cultivait l’internationalité, il a inauguré la photogravure au New York Times, à New York, dans le département photographique, puis il est venu à Paris ; ensuite il a repris ici, à Lausanne, l’atelier de photogravure de son père, où il a mis sur pied le département couleurs. Albert Skira était un de ses amis intimes. La trahison d’une reproduction, sa fidélité au niveau de la lecture, que sais-je?… nous n’avions pas d’autre conversation… Je suis entièrement nourri par tout ça, les blancs modelés de l’héliogravure par opposition aux blancs plats de la typographie, la trame 48 par rapport à la trame 150 de l’offset qui, disait-on, donnait une meilleure définition de l’image… Mon père croyait d’avantage à une trame plus grossière qui transformait l’image et lui conférait une autre signification, un impact beaucoup plus fort, qu’à une espèce de définition plus précise, soi-disant plus fidèle… Toutes ces discussions, je les ai suivies pendant mon enfance, et je pense qu’elles ont été déterminantes dans le choix de ma profession. »
Jean-François Reymond est né le 25 janvier 1929 à Neuchâtel, dans un famille marquée par le livre et les beaux-arts. Après sa scolarité, il fait un bref passage à l’Ecole de commerce. Il développe alors une véritable passion pour le lac et les bateaux, mais aussi pour la lecture. En 1946, il est admis à l’Ecole cantonale de dessin et d’art appliqué de Lausanne, où il suit les cours de Marcel Poncet, de Casimir Reymond (sans lien de parenté direct) ou encore de Jean-Jacques Mennet et d’Henry Bischoff. Inscrit en 1950 à l’Académie Jullian, à Paris,
il suit les cours de Jean-Charles Zwoboda et d’Emile Sabouraud. Entré à l’Ecole normale supérieure des beaux-arts, il entre à l’atelier de Marcel Grimond, avant d’être admis à l’Ecole Estienne pour y suivre les enseignements en arts et techniques graphiques (Jean-Eugène Bersier, Robert Bonfils, René H. Munsch).
Durant ce séjour parisien, son ami Guy Lagrange lui fait découvrir la Loire et le pays angevin, dont la lumière et les paysages le marquent profondément. Il reviendra par la suite régulièrement en Anjou, dans la vieille maison vigneronne que Guy Lagrange met à sa disposition.
Après un séjour à Bâle en 1954, Jean-François Reymond rentre à Lausanne pour assister son père dans la direction de l’entreprise familiale. Son mariage avec Marie-Louise Bailly, en 1958, lui procurera la joie de voir bientôt naître trois enfants, France, Armande et Jean-Yves.
En 1976, Jean-François Reymond quitte le domaine des arts graphiques et commence à enseigner le dessin et l’histoire de l’art dans diverses école, dont le Gymnase de la Cité (il y animera également l’espace d’exposition « Niveau 5 » où il présente les artistes romands contemporains), alternant cette activité avec des séjours à Savennières, en Anjou où il réalise en 1979 ses premiers reliefs de sable.
L’Ecole cantonale d’art de Lausanne, alors dirigée par Jacques Monnier, fait appel à ses services en 1986.
Il y dirigera dès 1988 le département Art et Science. L’année suivante, le Musée Jenisch, à Vevey, organise
la première grande rétrospective de son œuvre, qui donne lieu à la parution d’une importante monographie retraçant plus de quarante années de travail de création.
Eléments biographiques tirés de l’ouvrage de Sylvio Acatos, Jean-François Reymond
(Lausanne, La Bibliothèque des Arts, 1991)