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Historique de la commune de Prêles
L'emblème du village que nous découvrons aujourd'hui est un chaudron qui rappelle une industrie du bon vieux temps, le géminage ou récolte de la poix. Bien que reconnue officiellement en 1946 seulement, cette armoirie symbolisée est déjà présente sur des documents datant du milieu du XVIème siècle.
Prêles est une commune du district de la Neuveville et de la paroisse de Diesse, située à 827 mètres d'altitude au bord d'un assez large vallon synclinal ou plateau élevé, situé au nord du lac de Bienne.
Le sol de la Montagne de Diesse se divise naturellement en deux zones, dont l'une propre à l'agriculture, coïncide exactement avec le rebord morainique de l'ancien glacier du Rhône dans sa marche le long du Jura et sur son flanc. La seconde zone occupe le fond du plateau-vallon, à 800 mètres d'altitude. Elle était occupée à l'origine par une zone marécageuse de plus de 800 hectares, absolument impropre à la culture, toujours inondée à la fonte des neiges et conduisant ses eaux à l'est par l'Argillière à travers les marais de Nods et à l'ouest, de Diesse dans le ruisseau de Lamboing où elles forment alors la Douanne.
C'est en 1078 que le village est cité pour la première fois dans les écritures qui nous sont Mont Souhait connues. A cette époque, le lieu qui s'appelait Prales, devint successivement Prelos en 1195, Préelle en 1294 et Bredels en 1352.
Dès 1178, le chapitre de Saint-Imier, de même que le couvent de Saint-Jean y possédaient de grands biens.
De bonne heure, Prêles eut sa famille noble portant ce nom.
Vers 1195, Eberard de Prêles signa comme témoin, un acte par lequel l'Abbaye de Bellelay cédait au couvent de Saint-Jean de Cerlier, les dîmes qu'elle percevait dans la paroisse de Diesse contre d'autres biens situés près du lac de Bienne.
Louis et Conon de Prêles furent témoins, en mars 1284, de l'achat de deux vignes que fit à Jacques de Mornet, Thierry, curé de la Blanche église de Nugerole.
En 1352, Conrad de Prêles fut témoin de l'acte où furent consignés les droits de l'évêque de Bâle et du sire de Nidau, sur la Montagne de Diesse. Ces droits passèrent en 1388 à la ville de Berne qui partagea jusqu'en 1797 la souveraineté de ce lieu avec les évêques.
En 1577, une épidémie de peste sévit sur la région et fit 360 victimes sur la Montagne de Diesse. Certaines familles furent complètement décimées. L'histoire veut qu'à cette époque, les habitants de Prêles ayant survécu à l'épidémie, s'installèrent pour un certain temps à quelques kilomètres à l'ouest du village, dans la forêt appelée le Chânet à proximité d'une source qui alimente aujourd'hui encore la Fontaine de Velou.
La région n'échappa pas aux histoires de sorcellerie. Entre 1611 et 1667, on y brûla 60 sorcières. Les mauvaises langues prétendent que certaines personnes malintentionnées possèdent encore un grimoire de cette époque, leur permettant de jeter des sorts à leurs ennemis.
En 1861, toute la partie nord du village, appelée à ce jour la Chaîne et qui comptait à l'époque une bonne quinzaine d'habitations fut totalement ravagée par un incendie laissant de nombreuses familles sans abri.
En 1905, le village comptait 50 maisons et 375 habitants occupés principalement dans l'agriculture, l'élevage et le commerce d'escargots.
En 1912, Arnold Rossel, dont le monument trône à la sortie nord du village, fit construire le funiculaire. On y transportait des marchandises et les commerçants venaient y chercher au moyen de charrettes à bras ou à cheval, les sacs de sel, de sucre et autres produits indispensables à l'alimentation des habitants.
Durant cette période, le village connut un formidable essor avec la construction de trois colonies de vacances et plus particulièrement d'un magnifique hôtel jouissant d'une Jardin grande renommée. Malheureusement, le propriétaire dut se résoudre à fermer ce lieu au début de la seconde guerre mondiale. L'ancien hôtel fut alors occupé par des camps de réfugiés jusqu'en 1945 et par un atelier d'horlogerie de 1953 à 1974. Aujourd'hui, l'immeuble, appelé Mont-Souhait, a été transformé en appartements jouissant d'une vue imprenable sur le lac et les Alpes.
Jusqu'à la fin de la deuxième décennie de ce siècle, les marais situés aux confins des communes de Diesse, Nods et Prêles furent exploités comme tourbières. Le drainage de ces terrains exécuté entre 1918 et 1923 permit de mieux les exploiter. Une grande partie de ceux-ci furent rachetés par l'Etat de Berne qui y construisit dans les années vingt, l'établissement cantonal connu aujourd'hui sous le nom de Foyer d'éducation pour jeunes gens.
Vers 1950, on comptabilisait au village 65 maisons et 330 habitants. Les exploitations agricoles ne suffisant pas à faire vivre les familles, la plupart des fermiers avaient recours à une deuxième occupation. Ils étaient cordonnier, tailleur, maréchal, charron, raccommodeur de faïence ou encore horloger.
Les parcelles de cultures étaient souvent minuscules ce qui amena certaines personnes bien intentionnées à proposer un remaniement parcellaire sur l'ensemble du Plateau de Diesse. Le 4 mars 1961, l'Assemblée constitutive des Améliorations foncières du Plateau de Diesse se tint à la halle de gymnastique du Foyer d'éducation. De grands travaux furent entrepris et terminés en 1987. Durant cette même période , on profita d'améliorer l'ancien réseau de drainage.
Solidement accroché au rebord sud de la chaîne du lac, tel un bac de géraniums à un balcon, on accède à Prêles allègrement par le funiculaire, qui, depuis la rive nord du lac de Bienne trace sa route à travers les vignobles réputés du Schaffiser. Les 850 habitants qui y résident, sont surnommés les Corbeaux.