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Une dynastie de piètres stratèges mais de bons brasseurs
La famille des Kybourg fait partie des grandes familles qui ont façonné le destin de la Suisse au Moyen-Âge. Installée sur le plateau dès le Xe siècle, érudite et passionnée, cette dynastie va s’illustrer de diverses manières au cours des siècles. Tout d’abord dans sa lutte opiniâtre contre les Habsbourg : une longue période belliqueuse oppose les deux familles qui culmine avec le dépôt des armes de la famille Kybourg au XIIe siècle.Vaillants et visionnaires, les Kybourg sont dotés d’un esprit affûté, mais dénué de sens stratégique. Ils inventent des machines de guerre sophistiquées, mais négligent, par exemple, de penser aux ressources pour nourrir une armée ; en revanche, brasseurs passionnés, ils ne lésinent pas sur la bière dont ils abreuvent leurs troupes. La logique militaire les engonce, tandis que les progrès technologiques leur inspirent mille utilisations plus audacieuses les unes que les autres.Défaits par les Habsbourg, ils voient s’ouvrir une période de sérénité qu’ils mettront à profit pour faire ce qu’ils font de mieux : se projeter très loin dans le ciel et brasser de la bière.
Les Kybourg étaient des personnages d'une beauté saisissante
Le peuple se remit difficilement de la disparition de Philibert de Kybourg
Une dynastie téméraire et visionnaire
Héritier de ce trait de caractère, Philibert de Kybourg (1574 – 1612) est le premier à tenter de toucher les étoiles, recyclant la poudre à canon pour en faire des fusées de propulsion. Téméraire, mais visionnaire, Philibert attache quarante fusées à un fauteuil en bois. Coiffé d’un casque molletonné et d’une carapace de cuir sur laquelle sont greffées des ailes articulées, il donne l’ordre à ses laquais d’allumer les petites mèches, toutes en même temps, et de l’envoyer vers s’infini.
Il parvient finalement au-delà : derrière le nuage de fumée, Philibert s’en est bel et bien allé pour toujours.
Pour rendre hommage à ce pionnier, son frère Oudin, partenaire en inventions, imagine une bière blonde et pétillante à l’image du cher disparu.
Si Philibert mourut jeune - 38 ans à peine -, il eut cependant le temps de donner naissance à six rejetons, dont la majorité passèrent outre le traumatisme de la mort de leur père pour continuer ses recherches.
Honoré de Kybourg
C’est ainsi qu’on retrouve, neuf générations plus tard, le digne héritier du courage de Philibert : Honoré de Kybourg.
Honoré naît à Fribourg dans la nuit du 31 décembre 1894, et les fées de l’aventure se penchent sur son berceau.
Il mène de brillantes études au collège jésuite de Saint-Michel à Fribourg où il cultive sa passion pour l’ornithologie.
Fasciné par le vol des oiseaux, il rêve de ressentir l’ivresse des hauteurs et se met à concevoir des engins volants.
Fou de joie, Octave de Kybourg (2ème depuis la gauche) vient d'apprendre la naissance de son fils Honoré.