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La dirigeante du Sinn Fein, partisan d'une réunification de l'Irlande, Michelle O'Neill, a salué devant des journalistes "un jour formidable".
KEYSTONE/AP/PETER MORRISON(sda-ats)
Les unionistes pro-britanniques restent la première formation politique en Irlande du Nord à l'issue des élections anticipées de jeudi. Ils devancent les nationalistes du Sinn Fein, partisan d'une réunification de l'Irlande, d'un seul siège.
Les Nord-Irlandais se sont rendus en masse dans les bureaux de vote jeudi. La participation, inédite, a atteint 64,8%, soit dix points de mieux que lors du précédent scrutin.
Le Parti unioniste démocrate (DUP) a remporté 28 des 90 sièges de l'assemblée d'Irlande du Nord. L'avance du DUP sur le Sinn Fein sort fortement réduite de l'élection, passant de dix à un siège, 27 sièges donc pour le Sinn Fein. Une telle configuratoin présage de discussions ardues pour reformer un gouvernement de partage du pouvoir.
A peine plus de mille voix séparent les deux partis, avec 28,1% des suffrages pour le DUP, contre 27,9% pour le Sinn Fein. En mai 2016, le DUP avait remporté 38 sièges contre 28 au Sinn Féin, dans une assemblée qui comportait alors 108 sièges.
Trois semaines pour s'entendre
L'autre grand parti unioniste, l'UUP, a également réalisé une contre-performance en remportant 10 sièges, se faisant doubler par le SDLP (Parti social-démocrate et travailliste, 12 sièges). Cela a entraîné la démission de son leader Mike Nesbitt.
Le DUP et le Sinn Féin ont désormais trois semaines pour s'entendre sur la formation d'un gouvernement et résoudre les différends qui ont conduit à la tenue de ces élections, dix mois seulement après le précédent scrutin.
C'est la démission du vice-premier ministre et figure historique du Sinn Féin, Martin McGuinness, début janvier qui a laissé éclater la crise entre les deux partis qui se partagent le pouvoir en vertu des Accords de paix de 1998.
Ces accords ont mis fin à des affrontements entre catholiques nationalistes et protestants unionistes qui ont fait plus de 3000 morts en 30 ans et organisé le partage du pouvoir politique entre les partisans d'une union avec la Grande-Bretagne et les nationalistes.
"Espoir" et "jour formidable"
"Avançons maintenant avec espoir, l'espoir que la civilité puisse désormais revenir dans notre (système) politique", a déclaré la première ministre sortante, l'unioniste Arlene Foster. Cette dernière fait l'objet d'une enquête judiciaire pour un scandale qui a précipité la chute du dernier gouvernement.
"Il y a du travail à faire pour réparer rapidement la relation qui a été dommagée par la discorde de cette élection." Le ton apaisé de Foster face aux résultats en berne du DUP contraste avec une campagne au vitriol, dans laquelle les deux partis ont fait appel à leur base radicale, malgré des appels à la concorde de Londres et Dublin.
La dirigeante du Sinn Fein, Michelle O'Neill, a elle salué devant des journalistes "un jour formidable". Les nationalistes ont bénéficié d'une hausse de la participation, la plus forte depuis les élections suivant l'accord de paix du Vendredi saint de 1998.
Les unionistes n'ont pas réussi à rassembler les voix nécessaires pour obtenir 30 sièges à l'Assemblée, ce qui les prive de leur pouvoir de veto. Un avantage qu'ils ont notamment utilisé pour bloquer la légalisation du mariage homosexuel.
Accord difficile
Si les deux principaux partis ne parviennent pas à former un nouveau gouvernement, les pouvoirs seraient rendus au parlement de Westminster dans le cadre du "direct rule".
Malgré la menace d'un retour au contrôle direct de Londres, qui fait horreur aux nationalistes et priverait les unionistes d'une voix au chapitre pendant les négociations en vue du Brexit (rejeté par 56% des Nord-Irlandais lors du référendum du 23 juin dernier), un tel accord semble peu probable.
Le Sinn Fein a en effet posé des conditions que le DUP a d'ores et déjà dit rejeter, dont le retrait d'Arlene Foster et l'adoption d'une loi reconnaissant les droits des habitants parlant le gaélique.
ATS