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C'est un fait généralement admis des climatologues que l'anomalie de température est stable sur des surfaces étendues jusqu'à un rayon de 500, voir 1000 km. Nous pouvons donc considérer que cette anomalie est constante sur le territoire Suisse, disons à +/- 0.1 °C, et que la moyenne des 12 stations effectuée par Météo Suisse s'applique à tout le territoire helvétique. A partir de là, si l'anomalie de température de l'une ou l'autre station montre une divergence notable d'avec les valeurs de la moyenne nationales, cela devrait signifier que des perturbations locales ont échappé à la sagacité de Météo Suisse ou qu'un problème plus général affecte l'évaluation des températures.
Examinons le cas de la station de Sils-Maria qui est l'une des douze stations retenue pour le calcul de la moyenne nationale. Le graphique ci-dessous présente (en orange) la divergence des anomalies de Sils-Maria par rapport à la moyenne Suisse. Les homogénéisations drastiques pratiquées ont notablement réduit les oscillations de la série brute mais demeure une tendance négative marquée de l'ordre de 0.5 °C par siècle. Comment peut-on expliquer qu'une station particulière subisse une perturbation singulière qui la refroidisse régulièrement relativement à la situation régionale ?
A ma connaissance, aucun phénomène connu ne peut expliquer un tel comportement. Le réchauffement régulier d'une station peut être provoqué par une augmentation de l'urbanisation mais rien ne correspond à un refroidissement régulier local.
Une fois encore, la solution à ce problème réside dans une prise en compte correcte des perturbations par l'urbanisation et nous avons avec Sils-Maria une nouvelle évaluation de ces perturbations ou plutôt une nouvelle confirmation de l'ordre de grandeur de ces perturbations. Voyons sur, le même principe, une comparaison avec la moyenne suisse corrigée d'une tendance au réchauffement par l'urbanisation de 0.5 °C par siècle :
Selon toute vraisemblance, la station de Sils-Maria a subi des perturbations jusqu'en 1900 puis a été relativement épargnée tout au long du XXème siècle. On peut supposer qu'elle a été déplacée en 1977 sur un emplacement peu ou pas perturbé. Le bilan des ajustements au XXème siècle est d'environ 0.4 °C et correspond probablement aux perturbations apparues à la fin du XIXème siècle.
Ce graphique met en évidence un autre point intéressant : l'ajustement des températures entre 1880 et 1898. Je suppose qu'il correspond au remplacement du thermomètre à mercure par un appareil plus moderne en 1898. Les thermomètres à mercure avaient la particularité d'être faussés petit à petit par une contraction du tube en verre conduisant à afficher des températures trop élevées. Si c'est bien le cas, il s'agirait d'un ajustement correcte composé d'un refroidissement progressif puis d'un saut réchauffant au moment du remplacement. C'est, sauf erreur, le seul exemple d'un tel traitement sur les douze stations utilisées pour la moyenne nationale. C'est aussi le schéma que devrait suivre un ajustement correcte pour déplacement de station : un refroidissement progressif pour corriger les perturbations par l'urbanisation et un réchauffement brusque à l'occasion du déplacement. Malheureusement seule la seconde étape est appliquée et le résultat en est un réchauffement indu des séries de températures homogénéisées.