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Selon une étude publiée dans la revue Brain, la musique améliore les capacités cognitives des enfants. Des chercheurs en psychologie de l’université McMaster, ont comparé les effets de l’apprentissage de la musique sur la sensibilité des enfants aux sons et sur leur capacité de mémorisation.
Laurel Trainor et ses collaborateurs ont suivi durant deux années deux groupes de 6 enfants âgés de 4 à 6 ans. Le premier groupe a suivi durant 12 mois un apprentissage de la musique via la méthode Suzuki, le second ne suivait aucun cours de musique en dehors de ceux de l’école. La méthode Suzuki, créée par un violoniste pédagogue et philosophe japonais du même nom, est basée sur une pédagogie qui permet à des enfants, même très jeunes, de se mettre à la musique et de pratiquer un instrument. Sur le principe de l’apprentissage de la langue maternelle, elle consiste à apprendre par le jeu et à écouter quotidiennement de sons et de la musique. En respectant la vitesse de progression de l’enfant, cette méthode lui permet de découvrir et d’exprimer sa sensibilité musicale.
A quatre reprises au cours de l’année d’étude, Laurel Trainor et ses collaborateurs ont fait passer une série de tests à leurs cobayes. Ils ont notamment mesuré l’activité de leur cerveau via une technique appelée « magnetoencéphalographie » alors que les enfants écoutaient deux types de son : soit celui d’un violon soit celui d’un brouhaha. Cette technique leur a permis d’en savoir plus sur la manière dont les enfants captaient, percevaient et intégraient les sons. Mais également sur les changements induits par l’activité musicale sur leur cortex cérébral.
Lors de la première et de la dernière session, les chercheurs ont soumis leurs petits volontaires à l’évaluation de leurs capacités de mémorisation et de leur capacité à se repérer dans les harmonies, les rythmes et les mélodies. Résultats : comme on pouvait s’y attendre, les deux groupes d’enfants réagissent différemment à la musique. Ceux qui ont suivi la méthode Suzuki sont plus sensibles et réagissent beaucoup plus rapidement à des « sons qui ont du sens » comme celui du violon. Pour les auteurs, c’est le signe d’une maturation accélérée de leur cortex cérébral. Plus étonnant : les enfants musiciens ont des capacités de mémorisation plus importante et ceci, dès la première évaluation c’est-à-dire après 4 mois d’apprentissage.
D’après les auteurs, de meilleures capacités de mémorisation facilitent l’apprentissage de la lecture, de l’écriture et des mathématiques, le développement du repérage dans l’espace et augmentent le quotient intellectuel. « C’est la première étude qui montre que les réponses du cerveau peuvent évoluer de manière différentes au cours d’une année selon que les enfants sont formés ou non à la musique explique Laurel Trainor. Ces changements sont en lien direct avec les meilleures performances cognitives constatées chez ceux qui font de la musique. » Une preuve que l’apprentissage de la musique a un effet très positif sur la mémoire et sur l’attention. D’ailleurs, pour Takako Fujioka, un des auteurs de l’étude « la musique devrait être enseignée de manière systématique à la maternelle et au primaire. »