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Il y a 75 ans, le 15 août 1944, les alliés débarquent dans le Midi de la France par air et par mer. Ils investissent progressivement une zone couvrant un périmètre s'étendant en gros de de Cannes à Marseille. Au niveau historiographique, ce débarquement qui a lieu un peu plus de deux mois après celui de Normandie fut longtemps mal aimé et rejeté au second plan médiatiquement parlant. Pourtant, stratégiquement, son importance fut déterminante pour les alliés, permettant de prendre en tenaille les unités allemandes stationnées en France et de remonter ensuite la vallée du Rhône avec succès et de poursuivre leur effort en direction de l'Alsace puis de l'Allemagne.
Les opérations couvertes par les noms de code Anvil puis Dragoon furent conduites avec maîtrise et le succès fut au rendez-vous, même si les parachutages nocturnes effectués autour de Draguignan s'effectuèrent dans un contexte difficile. Le débarquements des troupes eut lieu sur des plages qui aujourd'hui évoquent plutôt la douceur de vivre des vacances au soleil : Cavalaire, Pampelonne, Anthéor ou le Dramont. La progression des Alliés fut rapide. À partir du 18 août, la poussée américaine s’effectua vers le confluent de la Durance et du Verdon, en direction du nord-ouest par la 45ème Division d’Infanterie US. Un groupement blindé commandé par le général Butler fonça vers le nord. Sur le flanc est du front, les Américains repoussèrent les troupes allemandes sur Grasse et Cannes. Le 18 août en fin de journée, le commandement français ne disposait pourtant que d’une fraction du premier échelon de l’armée de Lattre, soit 16'000 hommes, quatre-vingt canons de moyen calibre et trente véhicules blindés. Tandis que la 1ère Division Française Libre (1ère D.F.L) du général Brosset investissait Toulon par le littoral et par Hyères, la 3ème Division d'Infanterie Algérienne (3ème D.I.A) du général de Monsabert débordait et encerclait l’agglomération. Les blindés du général du Vigier au nord, en liaison avec les Américains progressaient à l’ouest en direction d’Aix et de Marseille. Le 19 août au soir, le succès des opérations est tel que la tentation est grande, pour le commandement français, de se ruer sur Marseille. Les jours de l'occupant allemand dans le sud de la France étaient comptés.
Claude Bonard