Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06869.jsonl.gz/170

A ski à travers les dunes. Sport d'hiver sous le soleil du désert
Sport d' hiver sous le soleil du désert
Le ski et les dunes de sable: une association plutôt inhabituelle, même dans le désert namibien. Ce ne sont d' ailleurs pas des indigènes, mais d' enthousiastes skieurs étrangers qui affrontent les montagnes de sable avec leurs lattes étroites, le tout sous la direction d' un moniteur de ski sur sable européen.
Au bruit de la vaisselle qui s' entrechoque, je me réveille. Où suis-je? Peu à peu, les souvenirs me reviennent. La veille, nous avons observé le coucher du soleil rougeoyant dans l' Atlantique. Puis nous sommes restés très longtemps assis à admirer le ciel étoilé d' Afrique où, quelque part au milieu, nous avons distingué la croix du sud. Nous nous amusions à prendre le sable dans nos mains et à le faire couler lentement sur nos jambes tout en évoquant ce que nous avions vécu ces derniers jours. Ici, dans le désert namibien, au beau milieu d' une couronne de dunes le long de la côte atlantique entre Swakopmund et Walvis Bay, j' ai fait du ski. Sur sa côte est, le désert du Namib, un des plus anciens de la terre, ressemble à une mer immobile de sable rouge et de pierres, mouchetée ça et là d' îlots de pierre foncée. Chaque manifestation de la vie que l'on y rencontre ressemble à un cadeau: le chant furtif d' un oiseau, la présence de petits insectes noirs, appelés Ténébrions, qui escaladent les dunes ou encore l' irrup d' un scorpion capable de repérer sa victime à plusieurs mètres grâce à son détecteur très sensible.
Une journée de ski peu ordinaire Tôt ce matin, nous avons chaussé nos skis de fond dans les dunes, à quelques kilomètres au sud de Swakopmund. Ça marche: on ne s' enfonce pas dans le sable et on ne sent pas le poids des skis! Et déjà nous endossons nos sacs à dos, lourds d' une vingtaine de kilos, dont 5 litres d' eau. Notre premier but est la prochaine dune qui s' élève à plus de 100 mètres. Nous montons le long d' une mince arête ondulée à une vitesse étonnante, car nous ne glissons pas et nous ne nous enfonçons pas dans le sable. Rien à voir avec une progression en chaussures où l'on fait constamment un pas en avant et deux pas en arrière. Les dunes se succèdent les unes aux autres pour ﬁnalement laisser place à une vue panoramique de 360°. Les jeux d' ombre et de lumière dus à l' inclinaison des rayons solaires soulignent la douceur des formes du paysage. A ce spectacle fascinant s' ajoute le sentiment exaltant d' avoir gravi cette première dune avec des ailes. La vue se perd, au nord et au sud, dans des dunes qui semblent se succéder inﬁniment tandis qu' à l' est celles-ci s' arrêtent pour faire place aux pierres. A l' ouest, on découvre la ﬂotte de pêche namibienne amarrée dans l' Atlantique.
Question de technique Nous brûlons d' impatience devant la descente qui nous attend. Notre guide Henrik choisit une pente moyennement inclinée et nous explique la technique qui ressemble beaucoup à celle du télémark: les skis écartés, il faut se tenir légèrement en arrière et descendre dans la ligne directe de la pente. Ça fonctionne. Nous glissons doucement sur la pente. Arrivés en bas, nous nous jetons sur la prochaine dune. La trace ne suit pas toujours l' arête, elle traverse parfois le ﬂanc de la dune. Puis nous nous trouvons tout à coup devant la « paroi nord de l' Eiger »: un mur de sable d' environ trois mètres de haut, extrêmement raide, que l'on doit gravir en canard. Après avoir traversé quelques autres dunes, nous nous concentrons sur notre but à proximité de Walvis Bay. Nous ne sommes qu' à mi-chemin et il nous reste encore 16 kilomètres à parcourir. Aﬁn de terminer notre course en beauté, nous troquons nos skis de fond contre nos skis de piste pour descendre en godille la dune 7 – bien connue des initiés 1.
Celui qui se déplace à ski à travers les dunes a la possibilité de franchir de grandes distances, ce qui n' est pas possible à pied Lors de la descente, il faut compter avec les irrégularités du terrain LES ALPES 10/2004
Expédition Ce parcours à ski dans les dunes n' est évidemment pas une vraie expédition, même si elle en partage quelques caractéristiques. Il n' est pas possible de partir à pied et de vivre en autonomie pendant plus de trois jours dans le désert du Namib, car il n' y a pas d' eau. Deux à trois litres d' eau par personne et par jour sont nécessaires. Même pour les excursions organisées en jeep dans d' autres régions de la Namibie, les réserves d' eau sont soigneusement planiﬁées. La course à ski, un plaisir pour les skieurs expérimentés, doit impérativement être préparée comme une expédition, même si la route empierrée qui relie Swakopmund à Walvis Bay n' est jamais distante de plus de trois kilomètres de l' itinéraire de la course et que le véhicule d' accompagne stationné au campement peut être alerté par téléphone portable. Les skis et les chaussures sont les éléments essentiels de l' équipement. A ce propos, il est très important de contacter le guide. Pour les courses se déroulant sur deux jours, il est judicieux de d' emporter ses propres chaussures de ski de fond adaptées à la forme de son pied. Concernant les ﬁxations, il est là aussi important de solliciter les conseils du guide avant de prendre le départ. Pour se protéger du soleil, le port de pantalons longs, de chemises à manches longues, de lunettes de soleil et d' un chapeau est vivement recommandé. Emporter de la crème solaire
1 Informations en anglais et en allemand sur www.ski-namibia.com; contact: Henrik May, location de skis et moniteur de ski, Sophia Dale Restcamp, Swakopmund, Namibie, tél./fax 00264 64 403264, courriel <email-pii>. Informations générales sur la Namibie sur www.grnnet.gov.na. 2 Les courses à ski ont été autorisées par le ministère de l' environnement et du tourisme et représentent une nuisance très faible pour l' environ dans cette zone du désert du Namib.
Après dix kilomètres de montée et de descente, nous nous accordons une pause bien méritée Dans la ligne directe de la pente, on peut aussi se risquer à un petit slalom Photos: Werner Niebel
à indice de protection très élevé est impératif. Celui qui se déplace à ski dans la région de Sesriem/Sossusvlei a la possibilité de franchir de grandes distances, ce qui n' est pas possible à pied – une expérience unique aux effets secondaires durables 2. a
Werner Niebel, Villingen-Schwemmingen/D ( trad. )
es nomades renoncent à la sédentarité et à la sécurité, ainsi qu' au confort et au luxe apportés par un domicile ﬁxe. De nos jours, ce mode de vie est surtout pratiqué par les aventuriers. Ces vagabonds de l' ère contemporaine préfèrent les impondérables du voyage au cadre rigide de la vie quotidienne. C' est ainsi qu' en automne 2003, Børge Ousland et Thomas Ulrich se sont rendus en Amérique du Sud pour y réaliser la première traversée complète des déserts de glace du sud de la Patagonie sans aide extérieure, ni dépôts de vivres.
Immenses étendues de glace
Pour se faire une idée de l' entreprise de nos deux voyageurs, il faut avoir à l' esprit les dimensions de l' inlandsis patagonien. A l' extrémité méridionale de la cordillère des Andes s' étalent les deux vastes surfaces englacées des glaciers continentaux du nord et du sud de la Patagonie ( Hielo Continentál,. " " .Norte et Hielo Continentál,. " " .Sur).Alors que celui du nord recouvre 4400 km 2, la carapace de glace
de l' autre occupe 13 500 km 2. En comparaison, la superﬁcie totale de tous les glaciers alpins atteint approximativement les 3500 km 2. Un quart de ces deux étendues de glace appartient à l' Argentine et les trois autres au Chili. Cette croûte glacée couvre presque complètement les chaînes internes des Andes en s' insérant entre les massifs montagneux, et les vastes surfaces planes alternent avec les combes et les ensellements aux ﬂancs escarpés. Il est très difficile d' atteindre les hauts plateaux des deux inlandsis, car ils se situent en zone subpolaire à 1500 mètres d' altitude environ. A partir des langues glaciaires qui,
L
Le labyrinthe sans fin de crevasses du glacier Jorge-Montt. Pour le traverser, il faut posséder une solide expérience alpine
TRAVERSÉE DE L' INLANDSIS
T E X T E Christine Kopp, Unterseen
P H O T O S Thomas Ulrich, Unterseen