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Il y a bien longtemps, alors que le système solaire n’était qu’un large nuage moléculaire, une ou plusieurs supernovas se produisirent dans les alentours proches, provoquant une densification de la matière en plusieurs points de l’espace. Sous l’effet de la gravité, ces molécules s’assemblèrent pour donner le soleil ainsi que les planètes composant son système ; sur l’une d’elle apparut de l’eau sous forme liquide, où la vie se développa, laquelle gagna la terre ferme, engendrant par la suite la race humaine, qui inventa la bière.
Ceci pour expliquer le rapport évident qui existe entre la bière et les étoiles.
Aujourd’hui, à l’instar de l’Homme, la bière a conquis la planète et lève désormais les yeux vers l’espace infini, comme nous l’apprennent quelques articles du site happy beer time.
Les astronautes de la station spatiale internationale n’ont pas accès à des quantités inépuisables d’eau potable, parce que leur lieu de travail fuse constamment dans le vide. Pour y remédier, ils créent et recyclent leur propre eau à grands coups de science. Mais dès lors, toute la question est de savoir ce qu’on fait si quelque bactérie du cosmos vient contaminer les réserves.
La réponse à ce défi du futur, dont dépend peut-être la conquête de l’univers, nous vient tout droit du Moyen âge : on brasse de la bière, bien sûr, comme ça on dégomme les bactéries. Une solution si directe et si simple qu’on pourrait la croire imaginée par un enfant. On aurait raison.
C’est en effet à l’âge de onze ans que Michael Bodzianowski, résident au Colorado, a proposé de brasser de la bière dans l’ISS. Il avait appris dans un livre du type « le saviez-vous ? » les vertus stérilisantes de la bière qui lui valaient d’être parfois préférée à l’eau durant le Moyen âge et proposa qu’on fasse la même chose dans l’espace. Et contrairement à ce qui se passait lorsque vous ou moi émettions une idée à onze ans, tout le monde cria au génie.
C’est ainsi qu’il fut décidé de bricoler une microbrasserie là-haut ; dans le cadre d’une campagne visant à faire participer les jeunes à la recherche, près de 4’000 étudiants américains envoyèrent un total de 744 propositions, dont 11 furent retenues. On octroya même un petit laboratoire à Michael Bodzianowski pour qu’il puisse prendre part au projet.
L’idée est de procéder à la même préparation sur Terre et dans la station, afin de pouvoir comparer les résultats et de pouvoir, enfin, connaître les effets de la micropesanteur sur la fermentation. Par contre, si l’idée date de fin 2013, il faudra attendre encore plusieurs années avant que la brasserie soit prête à l’emploi.
Tout bon docteur vous dira que la roche lunaire pourrait être bénéfique pour la santé, avant de préciser que cela reste quand même très peu probable. Qu’à cela ne tienne, la brasserie américaine Dogfish Head vous propose la Celest Jewel Ale, confectionnée avec de la poussière de Lune.
Ceci parce que le sol lunaire est très riche en sels et en minéraux, ce qui favorise la fermentation, et aussi, voire surtout, parce qu’ils peuvent : Dogfish Head est partenaire avec l’entreprise ILC Rover, qui élabore des combinaisons pour la NASA. À ce titre, ils ont pu se procurer un peu de ce – je cite – unique et extrêmement rare ingrédient.
Il faut une matière littéralement d’un autre monde pour que l’argument « brassé avec de la poussière » ait un impact positif sur le produit. Dans tous les cas, on nous promet une boisson « au goût de terre unique et complexe » qui rappelle un peu les bières allemandes, donc pas si unique, mais c’est une façon fair-play de souligner que la conquête de la Lune n’aurait jamais eu lieu sans les Allemands. Pour s’en faire une idée plus précise, il faudra se rendre dans le Delaware, où se trouve le seul pub où la Celest Jewel Ale est servie.
Les amoureux de l’espace vous diront sans doutes qu’ils préféreraient se rendre sur la Lune pour y déguster une bière brassée avec de la poussière du Delaware, mais on fait avec les moyens du bord. En outre, Dogfish Head est une brasserie de bonne réputation, donc vous ne perdez sans doute rien à essayer si vous êtes de passage. Enfin, vous ne serez pas surpris d’apprendre que la Celest Jewel Ale est une édition limitée, qui date, elle aussi, de 2013 (c’était une année bizarre pour la bière). Donc si vous êtes intéressé, vous allez devoir expérimenter votre propre course à la Lune.
En 2006, dans le cadre d’un test initié conjointement par l’université d’Okayama et l’Institut des Problèmes Médicaux et Biologiques de Moscou, de l’orge fut envoyé dans l’ISS, où on le cultiva durant 5 mois avant d’en ramener les graines sur Terre. Là, elles furent semées dans le centre de recherche de la brasserie Japonaise Sapporo et vous savez maintenant comment est né l’orge de l’espace.
Bien que le résultat des récoltes soit essentiellement destiné à la recherche, on en consacre une partie à l’élaboration de la Space Barley, que vous pouvez vous offrir pour 75 Euros les 6 bouteilles de 33cl, à condition d’être un Japonais résidant dans le pays, de vous inscrire à un tirage au sort et d’être sélectionné. Bon joueur, Sapporo nous prévient qu’il ne faut pas s’attendre à une différence de goût majeure entre une Space Barly et une Good Old Earth Barley.
À noter que les recettes seront investies dans la recherche spatiale et l’éducation en Russie et au Japon. Donc pendant que vous buvez pour oublier, l’humanité apprend. Win win.