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Les variétés GM les plus répandues dans le monde sont soit tolérantes à l’herbicide glyphosate, soit elles produisent une toxine Bt pour se protéger de ravageurs, voire possèdent ces deux caractéristiques simultanément. Un emploi d’herbicides plus intensif et à grande échelle peut engendrer chez les mauvaises herbes, le développement de tolérance aux produits utilisés. De même, il ne peut pas être exclu que des insectes développent des résistances à la toxine Bt. Toutefois, le développement de résistances n’est pas un risque spécifique aux variétés GM, mais un défi constant dans la protection phytosanitaire.
Actuellement, 21 mauvaises herbes tolérantes au glyphosate sont connues dans le monde. Ces mauvaises herbes ont aussi été retrouvées dans des régions sans cultures GM, mais où l’herbicide glyphosate a été utilisé. En 2014, on a observé pour la première fois en Suisse une mauvaise herbe résistante au glyphosate dans un vignoble. Celui-ci avait été traité pendant près de 15 ans avec le même herbicide.1 Cela montre que les tolérances aux herbicides sont un problème général de la gestion des mauvaises herbes.
Cependant, l’expansion des cultures de plantes GM tolérantes au glyphosate a considérablement augmenté la consommation globale de l’herbicide. Au lieu d’utiliser un mélange de diverses substances actives, on n’utilise généralement plus que le glyphosate. Ceci a pour conséquence d’augmenter plus rapidement le développement de résistances chez les mauvaises herbes.
Dans certaines régions de production des Etats-Unis p.ex., les mauvaises herbes résistantes au glyphosate sont devenues un réel problème. Pour pouvoir lutter contre celles-ci, les agriculteurs sont souvent obligés d’utiliser, outre le glyphosate, d’autres herbicides. Ainsi, aux Etats-Unis, après une première diminution, l’utilisation d’herbicides augmente de nouveau.2 De même, le désherbage mécanique revient en force. Ainsi les avantages de la culture de variétés tolérantes au glyphosate aux Etats-Unis, se perdent peu à peu.3
Des rotations de culture peuvent aider à freiner le développement de mauvaises herbes tolérantes au glyphosate. Ce faisant, il est déterminant d’éviter, sur le même champ, la culture pluriannuelle de variétés tolérantes qui exige l’utilisation de glyphosate.
Contrairement aux Etats-Unis, la Suisse règlemente la rotation des cultures, évitant ainsi les monocultures pluriannuelles. Si on change en plus régulièrement d’herbicides, le développement de mauvaises herbes résistantes peut être freiné. Enfin, l’industrie travaille en permanence à la recherche de nouvelles substances actives pour la lutte contre les mauvaises herbes.
Des développements de résistances contre la toxine Bt ont également été observés. En 2010, cinq espèces de ravageurs étaient résistantes contre une certaine protéine Bt – trois d’entre elles aux Etats-Unis, une en Inde, une autre en Afrique du Sud.4 Néanmoins, dans les régions d’Europe où des variétés de maïs qui produisent la toxine Bt Cry1Ab sont déjà cultivées et commercialisées depuis 1996, aucune résistance n’a été observée jusqu’à présent.5
Plusieurs mesures permettent de réduire le développement de résistances.6,7 Les cultures de maïs GM sont par exemple entourées de zones tampons ensemencées par du maïs non GM. Les ravageurs vivant dans ces zones tampons réduisent les populations de ravageurs résistants à travers des descendances communes qui ne sont plus résistantes aux toxines Bt. Les rotations de cultures réduisent, elles aussi, fortement le développement de résistances