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Suite aux mesures de réintroduction dans les années 1970, on estime que 220 lynx adultes vivent aujourd’hui en Suisse. Ils ont principalement élu domicile dans les Alpes centrales et occidentales, dans le Jura, l’Alpstein et le Toggenburg, ainsi que dans le Surselva. Aujourd’hui, le lynx est de nouveau en danger, menacé par la proposition de révision de la loi fédérale sur la chasse et la protection des mammifères et animaux sauvages (LChP).
La population suisse de lynx reste — considérée à moyen terme — gravement menacée. Les groupes d’Europe centrale eux aussi sont peu nombreux et dispersés. Ils souffrent de plus en plus de consanguinité, et donc de maladies génétiques de plus en plus courantes. Par ailleurs, de nombreux lynx sont encore victimes du braconnage ou du trafic routier. Les autoroutes et les implantations humaines empêchent la propagation naturelle du félidé car de nombreux jeunes en quête de territoire meurent ou doivent rebrousser chemin.
De quelle protection bénéficie le lynx sous la législation actuelle ?
Selon la loi sur la chasse et la protection des mammifères et oiseaux sauvages (LChP) en vigueur dans sa version actuelle, le lynx est considéré comme une espèce menacée d’extinction et donc protégée et non chassable (art. 7 al. 2 et art. 12 al. 4 ). Les cantons peuvent cependant en principe procéder à titre exceptionnel à une régulation de la population avec l’accord de la Confédération, de sorte que des sujets isolés responsables de dommages considérables peuvent être abattus (art. 12 al. 2 LChP). La Confédération rembourse 80 pour cent des frais dus aux dégâts causés par des lynx.
Que changerait la nouvelle loi à la protection du lynx ?
Avec la proposition de révision de la loi, le lynx resterait dans un premier temps protégé et continuerait donc de ne pas pouvoir être chassé régulièrement, mais le Conseil fédéral pourrait à tout moment — sans consulter l’électorat ni le parlement — l’inscrire à la liste des espèces à réguler et valider ainsi son abattage.
Étant donné la forte pression déjà exercée sur la politique, notamment par les milieux de chasseurs, pour inscrire le lynx sur cette liste, l’espèce est menacée de devenir « quasi chassable ». De plus, les cantons pourraient eux-mêmes tuer des lynx à titre préventif dès lors que ces derniers seraient soupçonnés d’être responsable d’un dommage (p. ex. une baisse des revenus de la chasse dans un territoire) — ledit dommage n’aurait alors pas besoin d’être « important » ou d’être effectivement survenu, un simple soupçon suffirait. Les rares sujets jeunes qui réussissent à s’installer sur un nouveau territoire et les individus au patrimoine génétique particulièrement favorable eux aussi, essentiels pour la stabilisation des populations de lynx, pourraient ainsi être chassés.
La Fondation Franz Weber est très claire : la population actuelle de lynx ne doit pas être décimée, elle doit être aidée de toute urgence ! Les animaux peuvent être déplacés si les dégâts sont trop importants. Les corridors faunistiques doivent être remis en état. Sinon, le lynx risque de disparaître de nouveau de Suisse. C’est pourquoi : Votez NON à la révision de la loi sur la chasse le 27 septembre 2020 !
Source : fiche d’information de l’association «Loi sur la chasse NON»
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