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Turin ce 5 nove 1864
Particulière.
Monsieur et Ami,
J'ai reçu votre honorée du 31 oct. et Vous aurez en attendant reçu la mienne du 29. Aujourd'hui, à peine revenu de Florence, où il a été ouvrir le chemin de fer à travers l'Apennin Mr Jacini m'ayant fait savoir qu'il désirait me parler, je me rendis à son bureau, où il me communiqua l'office du Comité du St Gothard, me disant qu'il ne croyait pas pouvoir conférer utilement pendant le mois de nove ni même pendant la durée de la session du Parlement. Il suppose que la session finira à Noël et qu'ainsi Vous pourriez venir au mois de janvier. Je lui ai dit que cela concordait avec votre désir. Lui ayant fait savoir que le rapport tecnique était sous presse, il s'en montra très-satisfait. A cette occasion il me dit que l'on faisait beaucoup de cas de la rudesse du climat du St Gothard en comparaison des autres passages à hauteurs égales: | voyez donc si Vous ne pouvez pas insérer une réponse à cette objection.
En attendant, l'Italie méridionale suit l'impulsion donnée par Milan et Florence vient de voter un million pour le Splügen ou le Septimer .
Cependant ce qui préoccupe le ministre est la qualité des subsides hors d'Italie, et si le Gothard est notablement supérieur sans ce rapport, il a les plus grandes chances en sa faveur.
L'Etat financier du Royaume est très-pitoyable dans ce moment: le trésor a besoin de 200 millions pour faire face aux necessités de l'année courante. Vous verrez dans le compte-rendu de la séance d'aujourd' hui, les expédients auxquels le Ministre Sella en est réduit. Cette situation étant partagée par l'Autriche, il s'en suit que la guerre devient impossible. Et voilà, pour le moment, le bien qui sort du mal. La majorité sera toujours grande pour la convention du 15 septe , mais l'article du Moniteur d'aujourd'hui | en empire l'interprétation, et rend la discussion plus épineuse.
Faites je Vous prie à Mr le Bourgmestre Stehlin et reçevez Vous-même mes cordiales salutations et croyez-moi
Votre dévoué
J. B. Pioda