Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06934.jsonl.gz/1009

Date de construction : inconnue
Architecte : inconnu
Ce bâtiment, sans doute antérieur au 18e siècle, est intéressant pour le 18e siècle yverdonnois en raison du séjour qu'y fait Jean-Jacques Rousseau durant un mois en 1762. Sur le mur du bâtiment, une plaque témoigne du passage du célèbre philosophe à Yverdon.
A la suite de la publication du Contrat social et de l’Emile en 1762, Rousseau fuit la France où il est recherché. Arrivé à Yverdon le 14 juin, il trouve refuge auprès de son ami banquier Daniel Roguin, rencontré à Paris vingt ans auparavant et propriétaire de cette maison. Voici comment il relate son arrivée en terres vaudoises dans ses Confessions: « En partant de Montmorency pour la Suisse, j’avais pris la résolution d’aller m’arrêter à Yverdun, chez mon bon vieux ami M. Roguin, qui s’y était retiré depuis quelques années, et qui m’avait même invité à l’y aller voir […] ». Il précise ensuite « je me trouvai si bien du séjour à Yverdon que je pris la résolution d’y rester ».
Il quitte Yverdon le 10 juillet de la même année, après que Berne, suivant l’exemple de Genève, a décrété son expulsion. Leurs Excellences condamnent en effet ses ouvrages, en particulier le contenu politique du Contrat social.
Suite au décret d’expulsion, Rousseau se rend à Môtiers dans le Val-de-Travers, situé dans la principauté de Neuchâtel, alors sous autorité du roi de Prusse. Il y trouve hospitalité chez Julie-Anne-Marie Boy de la Tour (1715-1780), nièce de Daniel Roguin rencontrée à Yverdon.
Malgré son bref séjour, Rousseau a poursuivi ses liens avec Yverdon par l’intermédiaire de son ami Roguin : il a notamment fait don en 1764 de son portrait et de dix volumes de ses œuvres à la bibliothèque de la ville. Il a également entretenu une correspondance avec Madeleine, la fille de Julie-Anne Boy-de-la-Tour, avec qui il partage la passion de la botanique, comme en attestent les huit Lettres élémentaires sur la botanique écrites entre 1771 et 1774 et dans lesquelles Rousseau donne des instructions pour la confection d’un herbier.
Source : Brand, Patricia, « J’avais pris la résolution d’aller m’arrêter à Yverdun. Jean-Jacques Rousseau en exil », In Le Visiteur 3-2012, Musée d’Yverdon et région, pp. 27-33. disponible sous http://www.musee-yverdon-region.ch/pdf-fr/actu/le-visiteur-3-2012.pdf