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Elle est inefficace
La faim dans le monde est un défi de taille. Il est donc particulièrement dommageable de se concentrer sur des mesures inefficaces : les investissements financiers sur les marchés à terme n’ont rien à voir avec les prix élevés des denrées alimentaires sur les marchés locaux. La coopération au développement ciblée et sur le long terme avec les pays touchés par la famine et la pauvreté est un moyen plus efficace.
Elle est contre-productive
La grande majorité des études scientifiques ne présentent aucun lien entre la spéculation et la fluctuation/augmentation des prix. Sur 100 études menées à la Haute école de Lucerne et à l’université de Bâle, 84 en sont venues à cette conclusion[1]. Au contraire, les spéculations contribuent à la stabilisation des prix par leur forte liquidité. Les producteurs de denrées alimentaires peuvent garantir leur récolte par des transactions à terme et sont ainsi préservés des fluctuations des prix. Etant donné que la production peut être assurée de cette manière, la spéculation mène à une offre plus large de matières premières et non à un accroissement de la faim dans le monde.
Elle représente une action isolée et insensée
Interdire les transactions à terme de denrées alimentaires seulement en Suisse ne fait aucun sens. Même si ce type de transaction menait à une augmentation des prix (bien que la majorité des études menées à ce sujet prouve le contraire et démontre qu’elles permettent de stabiliser les prix), le négoce de matières premières sera délocalisé vers l’étranger. De plus, le rôle pilote de la Suisse n’inciterait pas les autres pays à faire de même, car même l’ONU n’exige pas une interdiction des transactions à terme. Cela est tout à fait logique, car ce sont les transactions à terme qui mettent les liquidités nécessaires à disposition pour effectuer les investissements de production.
Elle génère une bureaucratie excessive et des régulations inutiles
Une mise en œuvre de l’initiative de la Jeunesse socialiste exige que l’Etat crée une autorité de surveillance supplémentaire qui contrôle avec qui et pourquoi les entreprises concluent des transactions à terme dans le secteur des matières premières. Cela diminue les recettes fiscales, ralentit le marché et désavantage énormément les entreprises suisses par rapport à la compétitivité internationale. Nos entreprises sont d’ores et déjà affaiblies par la situation actuelle du franc fort, les prix croissants de l’énergie et les insécurités liées à politique européenne. Nous n’avons aucunement besoin de régulations supplémentaires et inutiles.
Elle met en danger les emplois et diminue les recettes fiscales
Une régulation exagérée rendrait la place de négoce internationale en Suisse peu attrayante. Non seulement les entreprises dont l’activité principale est le commerce des denrées alimentaires mais également les banques, les assurances et les caisses de pension, qui investissent ou assurent dans ces produits, seraient touchées. Ces entreprises quitteraient la Suisse et d’autres ne viendraient plus s’y installer. Cela mènerait à une perte importante d’emplois et de recettes fiscales, car le secteur à lui seul représente 3.9% du PIB.
L’initative ignore les spécificités des marchés locaux
Bien qu’il existe un prix de marché mondial pour les produits agricoles, les prix locaux sont généralement définis selon l’offre et la demande locale, cela est particulièrement valable pour les marchés peu exploités du tiers monde. Les Jeunes socialistes essaient une fois de plus de faire porter le chapeau à leurs adversaires idéologiques concernant l’augmentation des prix. Ce sont les catastrophes naturelles telles que les sècheresses, les inondations tout comme la corruption ou encore les obstacles commerciaux qui sont à l’origine des augmentations de prix. La plupart des denrées alimentaires produites dans le tiers monde n’atteignent même pas le marché mondial, car la capacité de stockage est trop restreinte et qu’ils visent en premier lieu à subvenir à leurs besoins.