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Le Premier ministre Scott Morrison lance ce nouveau plan d'investissements sur neuf ans, dans l'espoir d'éviter que cet écosystème unique ne soit retiré de la liste du patrimoine mondial de l'Unesco. Cette décision intervient avant les élections législatives de mai, au cours desquelles le Premier ministre devra remporter les sièges clés du Queensland, situés près du récif, pour rester au pouvoir.
Une grande partie de l'argent sera consacrée à la prévention de la pollution des récifs par les eaux de ruissellement agricoles. Environ un quart des fonds sera affecté à l'autorité du parc marin de la Grande Barrière de Corail.
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Décision saluée par l'Unesco
L'Unesco a salué la décision de Canberra, tout en confirmant qu'elle enverrait "rapidement" une mission d'experts dans les eaux australiennes pour "fournir une évaluation actualisée et indépendante de la situation".
"Il est essentiel de souligner que cette évaluation sera basée sur des faits scientifiques et qu'elle ne doit pas faire l'objet d'une instrumentalisation politique", a souligné l'agence onusienne.
Si les résultats de la mission, qui doivent être présentés en juin 2022 au Comité du patrimoine mondial, s'avéraient négatifs, la Grande barrière pourrait rejoindre la liste des sites en péril, fait comprendre l'Unesco.
Blanchissement des coraux
En 2015 déjà, lorsque l'ONU avait menacé de rétrograder le statut de la Grande barrière, inscrite au patrimoine mondial depuis 1981, l'Australie avait lancé un plan d'investissement de plusieurs milliards de dollars pour lutter contre la détérioration du récif.
Mais depuis, l'ensemble a durement souffert après trois épisodes très graves de blanchissement des coraux, en 2016, 2017 et 2020.
Ce phénomène de dépérissement, qui se traduit par une décoloration, est provoqué par la hausse de la température de l'eau – conséquence du réchauffement climatique – qui entraîne l'expulsion des algues symbiotiques donnant au corail sa couleur vive.
Selon une étude récente, le blanchissement a touché 98% de la Grande barrière de corail australienne depuis 1998, épargnant seulement une infirme partie du récif.
"Un sparadrap sur une jambe de bois"
Le gouvernement conservateur australien a jusqu'ici refusé d'établir un objectif de réduction des émissions à court terme et s'est engagé à rester l'un des plus grands exportateurs mondiaux de gaz et de charbon. Pour l'ONG Climate Council, le nouveau plan d'investissements est "un sparadrap sur une jambe de bois".
"Sauf à réduire fortement les émissions dans les dix prochaines années, la situation de la barrière n'ira qu'en se dégradant", explique Lesley Hughes, un de ses membres, professeur de biologie à l'Université Macquarie.
Selon lui, "distribuer de l'argent pour la Grande barrière de corail d'une main, tout en finançant l'industrie, celle des énergies fossiles, qui est à l'origine de conséquences climatiques dévastatrices, comme les vagues de chaleur marines et le blanchissement des coraux, signifie qu'ils aggravent le problème qu'ils prétendent vouloir résoudre."
afp/hkr