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Manès Sperber
Prix Européen de l’Essai Charles Veillon 1979, pour
Churban, oder die unfassbare Gewissheit
Wien, Europa Verlag, 1979
Manès Sperber vit à Paris depuis 1934 et c'est à Paris qu'il a commencé sa carrière littéraire. Les Éditions Calmann-Lévy publient à partir de 1948 sa trilogie romanesque: Et le buisson devint cendre, Plus profond que l'abîme, La Baie perdue, ainsi qu'Une Larme dans l'Océan et un recueil d'essais Le talon d'Achille. Quelque douze ans plus tard, la trilogie est republiée en un volume en Allemagne. La critique est unanimement enthousiaste. La télévision tire un grand film de chaque ouvrage. Dès lors, et sans n’en avoir jamais conçu le dessein, mais sous la pression de sollicitations constantes de la presse et des éditeurs d'Allemagne et d'Autriche, Manès Sperber voit ses activités littéraires se développer dans ces deux pays. Et c'est une ascension constante, marquée ces dernières années par quatre grands prix littéraires, des distinctions, un film sur sa vie et son œuvre.
En 1966, Manès Sperber est nommé Professeur honoris causa de l'Université de Vienne.
En 1971, la Bayerische Akademie der Schönen Künste accorde son Grand Prix Littéraire à Manes Sperber "… un des plus brillants et plus lucides esprits de la société européenne et de ses idéologies.".
La même année, Manes Sperber reçoit sur initiative du Gouvernement d'Autriche et de son Ministère de l'Éducation La Croix d'Honneur 1ère classe pour l'Art et la Science.
En 1973, le Hansische Goethe-Preis honore en lui "… le savant, l'écrivain et le journaliste. Sa recherche constante d'un équilibre entre l'épanouissement de sa personnalité individuelle et les exigences de la société; son indépendance de pensée et le courage de son combat pour la primauté de l'esprit sur toutes les formes de violence et de terreur.".
Puis, en 1974, la ville de Vienne lui accorde son Prix Littéraire "… pour son œuvre littéraire qui a tant contribué au prestige culturel de Vienne".
En 1975 le plus grand prix littéraire allemand, le Prix Georg Buchner lui est attribué "Pour Manès Sperber qui pratique dans ses romans, essais, œuvres autobiographiques, l'art d'une interrogation, un examen de conscience constant et qui a contribué d'une manière exemplaire à l'analyse de l'Histoire de l'individu dans ce siècle, sa mise en question et sa résistance."
Finalement, en décembre 1975, le chancelier Bruno Kreisky donne une réception dans la Salle du Congrès à Vienne pour fêter les 70 ans de Manès Sperber. A cette occasion, il lui remet un livre d'hommages auquel ont contribué, entre autres: Heinrich Böll, Carl Schmid, Siegfried Lenz, Raymond Aron, Eugène Ionesco, Pierre Emmanuel, E.M. Cioran.
C'est le journaliste Guenter Zehm qui explique peut-être le mieux ce qu'on pourrait appeler "le cas Sperber":
"Depuis la parution de ses livres autobiographiques, Manès Sperber jouit d'un prestige tellement unanime que cela devient presque inquiétant ... Est-ce que cela existe encore: un écrivain politique qui s'allie tout le monde, sans pourtant faire la moindre concession quant au niveau littéraire ou quant à ses opinions ? – qu'il s'agisse de Kraemer-Badoni ou d’Heinrich Böll, du Rheinischer Merkur ou du Vorwaerts – tous se sentent en accord avec lui et l'admirent. Et les prix littéraires pleuvent sur lui ... Une démarche aussi victorieuse vers le succès littéraire et vers les cœurs des lecteurs cultivés, il faut le faire.".
La trilogie autobiographique de Manès Sperber a paru en France, aux Éditions Calmann-Levy, sous le titre général: Ces Temps-Là: Porteurs d'eau (1976), Le Pont inachevé (1977) et Au-delà de l'oubli (1979).
Allocutions, laudatio et conférence du lauréat :
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