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En 1973, la soudaine explosion des prix du pétrole frappe de plein fouet l’économie mondiale. L’économie suisse subit ce choc en 1975, date à laquelle elle enregistre une baisse historique de son PIB (- 6,7 %). Cette crise est la première depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale et elle met fin aux « Trente Glorieuses ». Elle dépasse notamment les reculs annuels observés dans les années trente ou pendant les deux guerres mondiales.
En 1979, le prix du pétrole augmente brutalement à nouveau et l’économie mondiale subit un deuxième choc pétrolier. Les bases de l’économie suisse sont suffisamment solides pour que l’impact de ce choc soit mesuré. Cependant, la forte hausse des taux d’intérêt et l’appréciation du franc suisse qui s’ensuivent finissent par peser sur l’économie suisse et le PIB marque un recul en 1982.
En 1990, les signes de surchauffe économique se multiplient dans le monde. En 1991, la bulle immobilière éclate en Suisse et le PIB recule. La morosité perdure durant les années suivantes, contrairement au reste des pays développés. L’économie genevoise est particulièrement affectée par cette crise, De nombreux promoteurs se retrouvent en situation d’insolvabilité et les deux banques cantonales doivent fusionner en 1994 pour ne pas sombrer.
A l’approche du nouveau millénaire, le développement de la « nouvelle économie » – activités liées à Internet et aux télécommunications – dope la croissance mondiale et favorise une hausse sans précédent des indices boursiers. L’éclatement de la « bulle Internet » en 2000 marque le début de la crise. L’économie mondiale déjà affaiblie subit ensuite les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis. A noter que le PIB genevois stagne mais ne recule pas durant cette crise.
Courant 2007, l’éclatement d’une bulle immobilière aux Etats-Unis a des répercussions importantes sur le système financier mondial ainsi que sur les marchés boursiers. La crise financière atteint son apogée en 2008. Le PIB genevois faiblit en 2008 puis recule sensiblement en 2009.
Début 2020, une pandémie se répand un peu partout dans le monde. Sous l’effet des politiques lancées par les collectivités publiques pour endiguer sa propagation, l’économie mondiale entre en récession. En Suisse, de nombreuses entreprises doivent réduire, voire interrompre leur activité pour une durée de plusieurs mois. En parallèle, les dépenses de consommation privée chutent. Le choc est d’une ampleur sans précédent sur une période aussi courte.
Les chiffres concernant le taux de chômage sont affectés par les modifications administratives ou législatives. A l’échelon suisse, la principale innovation est l’introduction au 1er avril 1977 de l’obligation de s’assurer contre les risques du chômage. Jusqu’alors, seuls les cantons de Genève (depuis 1953), Zoug et Zurich avaient introduit cette obligation d’assurance. En janvier 1984, la loi fédérale sur l’assurance-chômage (LACI) entre en vigueur. Elle sera plusieurs fois révisée. Comme les périodes de cotisation et d’indemnisation sont notamment modifiées, le taux de chômage n’est pas forcément directement comparable sur l'ensemble de la période.
Le chômage est quasi inexistant au début des années 1970. Ainsi, en janvier 1970, on dénombre neuf chômeurs inscrits dans le canton ! La crise du milieu des années 1970 n’a qu’un impact limité sur le taux de chômage car la Suisse renvoie le surplus de sa main-d’œuvre étrangère (les titulaires de permis saisonniers, frontaliers et annuels) dans son pays d’origine.
C’est la crise de la première moitié des années 1990 qui va bouleverser la situation dans le canton. De janvier 1990 à janvier 1994, le taux de chômage passe de 1,0 % à 8,0 %. A la fin des années 1990, il atteint un pic en dépassant les 8 %.
Depuis 2000, le taux de chômage évolue en fonction des crises économiques et des modifications réglementaires.
Entre 1970 et 2019, le total des nuitées annuelles dans les hôtels du canton de Genève passe de 2,6 millions à 3,2 millions, avec un record atteint en 2018.
Si les crises conjoncturelles se concrétisent en général par un mouvement à la baisse du nombre des nuitées, une des périodes les moins fastes pour l’hôtellerie genevoise se situe à la fin des années 1980, dans un climat conjoncturel pourtant excellent et alors que l’aéroport enregistre des taux de croissance annuels marqués.
Comme le montre le graphique, la saisonnalité est très marquée. Les mois d’été (juin à septembre) sont les plus chargés pour l’hôtellerie genevoise, tandis que ceux d’hiver (décembre à février) les moins fréquentés. Les fortes fluctuations estivales enregistrées depuis les années 2000 s’expliquent principalement par les dates du ramadan qui déterminent les séjours de la clientèle des pays du Golfe, particulièrement importante pour l’hôtellerie genevoise. En effet, si le ramadan se déroule en août, comme en 2010 et 2011, les visiteurs avancent leur séjour dans le canton et viennent en juillet. A l’inverse, si le ramadan a lieu en juillet, comme en 2013 et 2014, la fréquentation des hôtels sera plus importante en juin et en août.
Le mois de mars est également traditionnellement chargé, en grande partie en raison de la tenue du Salon international de l’automobile.
Certains pics mensuels sont liés à des événements exceptionnels, comme la manifestation Telecom, en 1991 (octobre), en 1997 (septembre) et en 1999 (octobre).
Comme pour le cas de l’aéroport, l’effondrement du nombre de nuitées observé dès mars 2020 est sans comparaison depuis 1970.
Le nombre de passagers enregistrés annuellement à l’aéroport de Cointrin a été multiplié par 6,5 entre 1970 et 2019, passant de 2,7 millions à 17,9 millions. Durant ces années, les phases de recul sont rares : huit fois entre 1970 à 2019, dont deux fois seulement depuis 2000 (2001 et 2009).
L’éclatement de la bulle immobilière et bancaire au début de la décennie 1990 est particulièrement néfaste pour l’aéroport. Après une phase de stagnation lors de la première moitié des années 1990, quand l’économie cantonale a de la peine à se remettre d’aplomb, l’aéroport est frappé, en 1996, par la décision de Swissair de supprimer ses vols long courrier au départ de Genève.
Le trafic de passagers va cependant reprendre de plus belle, dopé par le développement des compagnies « low cost » au départ de Genève, qui génèrent un nouveau mode de consommation de trafic aérien.
En 2001, alors que le ralentissement conjoncturel mondial (éclatement de la « bulle Internet » en 2000) est en cours, les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis provoquent des conséquences particulièrement négatives sur le trafic aérien.
Après cette date, l’expansion du nombre de passagers atteint un taux de croissance inédit, provisoirement interrompu par un mouvement de baisse à la fin 2008 et au début 2009.
En fin de compte, le repli le plus visible sur le graphique avant 2020 est dû à l’éruption d’un volcan islandais en avril 2010, qui a cloué au sol de nombreux avions pendant quelques semaines.
L’effondrement du nombre de passagers observé dès mars 2020 est sans comparaison depuis 1970.
Les cours boursiers restent contenus jusqu’aux années 1990. Ainsi, le crash boursier d’octobre 1987 à Wall Street, qui perd près d’un quart de sa valeur en un seul jour, est à peine visible.
Durant les années 1990, alors que la Suisse traverse une longue période de stagnation économique, la progression de la place boursière helvétique connaît un essor inédit, comme c’est le cas de toutes les places boursières mondiales. Signe de la mondialisation de l’économie, la valeur des entreprises suisses cotées en bourse, fortement implantées à l’étranger, dépend en effet plus de la situation internationale que locale.
Depuis le début des années 2000, les périodes de croissance et de recul sont très marquées. Les crises de la « bulle Internet » et des « subprimes » marquent ainsi une chute marquée du cours du SPI.
Les cours atteignent des sommets avant l’apparition du Covid-19.
Les deux premiers chocs pétroliers se répercutent clairement sur le prix du mazout. Dès le milieu des années 1980, le prix du mazout retrouve son niveau d’avant 1974 jusqu’à la fin des années 1990.
Durant l’année 2008, il atteint sa valeur plafond sur l’ensemble de la période 1970-2020, dépassant largement le niveau atteint lors du premier choc pétrolier.
Toutefois, contrairement à ce qui se passe au milieu des années 1970 et au début des années 1980, la poussée des prix du mazout dès 2004 intervient dans un contexte de renchérissement global modéré. C’est un signe que l’économie suisse, comme celle des autres pays développés, est devenue moins sensible aux variations des prix du pétrole.