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En mai 1983, l'écrivain et journaliste Nicolas Bouvier s'entretient avec Alice Rivaz pour l'émission littéraire Miroirs.
L'auteur romande vient en effet de publier son dixième ouvrage, un journal intitulé Traces de vie, carnets 1939-1982. Ces carnets rassemblent les réflexions sensibles d'Alice Rivaz sur ce qui fait et défait l'existence, de l'enfance à la peur de la mort. Ces notations intimes trouvent un écho chez Nicolas Bouvier et le spectateur assiste ainsi à la conversation de deux écrivains romands.
Alice Rivaz est née Alice Golay à Rovray dans le canton de Vaud le 14 août 1901.
Elle fréquente l'Ecole supérieure de jeunes filles de Villamont et adhère aux Jeunesses socialistes à l'âge de 14 ans. Alice Rivaz est refusée à l'Ecole normale en raison de l'orientation politique de son père, «un Rouge».
Elle étudie donc la musique au Conservatoire pour se consacrer ensuite au piano et à la musicologie. Cependant elle ne pourra en faire sa profession. Elle suit une école de sténodactylographie avant d'être engagée au Bureau International du Travail (BIT) et d'y faire toute sa carrière. Elle prendra une retraite anticipée afin de se consacrer à son activité littéraire.
Très tôt, Alice Rivaz écrit. Elle utilise un pseudonyme pour ne pas gêner sa famille, opposée à sa carrière littéraire. Elle publie Nuages dans la main en 1940 sous la recommandation de Ramuz, reçoit le prix Schiller en 1942. La bibliographie d'Alice Rivaz est longue: on peut citer notamment Comme le sable en 1946, Comptez vos jours en 1966, L'alphabet du matin en 1968, De mémoire et d'oubli en 1973, Jette ton pain en 1979 et son journal Traces de vie en 1983. En 1980, elle reçoit le Grand Prix C-F. Ramuz.
Elle est décédée le 27 févier 1998 à Genève.
La plupart de ses romans s'articulent autour de la place de la femme dans la famille, dans le monde professionnel et dans ses relations avec les hommes. Alice Rivaz met en scène des vies féminines étriquées et marquées par l'échec. Elle dépeint avec empathie ses protagonistes, des personnages humbles, victimes de solitude et d'indifférence. C'est peut-être en cela que son oeuvre manifeste cette «spécificité féminine dans l'écriture» qui lui tenait tant à cœur.
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Journaliste: Nicolas Bouvier