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Selon la nouvelle définition des agglomérations de l'OFS, la majorité (64,0%) des communes suisses sont désormais urbaines: 1506 d'entre elles, contre 846 communes rurales. La définition des agglomérations de 2000 ne reconnaissait que 886 communes urbaines (37,7% du total), contre 1466 rurales. En 2012, on compte donc 620 communes urbaine de plus qu'en 2000: c'est dire qu'en une décennie, nous avons assisté au basculement métropolitain du pays.
Un tel basculement a plusieurs raisons. La première en est que la définition des agglomérations elle-même a été modifiée. Désormais, elle reconnaît deux types de lieux qui étaient considérés comme ruraux en 2000.
Premièrement, 38 communes précédemment rurales sont promues au rang de centres locaux (que l'OFS appelle "communes-centre hors agglomération") - en Suisse Romande, on notera la présence de Payerne et de Porrentruy dans ce groupe (ainsi que d'Aigle, détachée toutefois de l'agglomération de Monthey à laquelle elle appartenait en 2000). Ensemble, ces communes regroupent environ 300'000 habitants.
Deuxièmement, la nouvelle définition reconnaît désormais ce qu'elle appelle les "communes multi-orientées": des communes de pendulaires qui dépendent de plusieurs agglomérations, rattachées à aucune en particulier et qui étaient considérées comme rurales jusqu'en 2000 - de fait, les communes métropolitaines. Ce nouveau groupe compte 290 communes précédemment rurales, ainsi que 60 qui sont sorties des agglomérations de 2000. En Suisse romande, on les trouve en particulier dans le Canton de Fribourg, le long de l'A12, où elles se répartissent entre les pôles de Fribourg, Bulle, Vevey-Montreux et Lausanne, entre les agglomérations de Lausanne et Genève - y englobant notamment la zone de Littoral-Parc: Aubonne-Etoy-Allaman, autour de celle d'Yverdon-les-Bains, dans le bas-Chablais et la vallée du Rhône entre Sion et Martigny, et enfin entre Neuchâtel, La Chaux-de-Fonds et Bienne. Cette nouvelle classe de lieux regroupe bien plus d'un demi-million d'habitants.
Ceci étant, seule une petite moitié des 620 communes urbaines supplémentaires peuvent être attribuées à l'élargissement de la définition: au surplus, 329 communes anciennement rurales ont intégré une agglomération en bonne et due forme - les agglomérations ont donc largement grandi entre 2000 et 2012. En Suisse Romande, c'est le cas de toutes les agglomérations préexistantes, avec une croissance particulièrement massive de l'agglomération lausannoise, qui s'étend désormais de St-Prex à Chavornay, Thierrens et Oron. Les agglomérations de la Chaux-de-Fonds, Sion et Yverdon-les-Bains croissent également fortement.
Au total, la nouvelle définition dessine pour la première fois une Suisse largement métropolitaine, dont la majorité des communes appartiennent à l'espace urbain, dessinant également des bandes urbaines continues qui s'étendent d'une part de Genève à Soleure et Interlaken, et d'autre part de Bâle à Lucerne et St-Gall - ces deux ensembles ne sont séparés, entre Soleure et Olten, que par quelques communes. Pour sa part, le Tessin forme un troisième ensemble urbain continu.
MicroGIS SA est fière d'avoir pu participer à cette démarche - en effet, notre société a joué un rôle direct dans l'affinement de la définition des agglomérations, concernant d'une part son extension à l'espace transfrontalier, et d'autre part à la prise en compte du tourisme. Nous avons par ailleurs mis à profit notre expérience en apportant des éléments novateurs qui ont eu comme effet la reconnaissance des communes multi-orientées et des centres urbains hors-agglomérations.
Source : OFS & MicroGIS