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Écrit en 1966, Outrage au public est la première pièce du futur Prix Nobel de littérature. Le dramaturge autrichien y cherche déjà à contrer les images irréelles et convenues produites par les médias et les habitudes lasses. Il leur oppose une authenticité des êtres renouvelée par le regard et l’écoute. Le langage est alors pour lui l’outil pour voir et entendre, si ce n’est mieux, du moins un peu plus clairement, lucidement il déploie alors une langue sobre qui décrit, ausculte et interroge.
Après avoir mis en scène la parole féministe contestataire de Virginie Despentes puis la passion amoureuse assumée par Annie Ernaux, Émilie Charriot s’empare de ce texte de Peter Handke qui demande ce que nous attendons du théâtre. Un drame, un conflit, des personnages, des dialogues… L’unique personnage s’y refuse et renvoie la question au public. Alors peu à peu se fait jour ce qui hante et nécessite le théâtre par delà les métaphores la présence libre de l’acteur et la relation forte qui le lie au public.
La metteuse en scène confie ce texte sans concession à Simon Guélat, jeune acteur formé à La Manufacture révélé au grand public par le film 120 battements par minute.