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Centrales nucléaires suisses conçues en fonction des dernières connaissances sur les séismes
Les indications qui figurent dans la carte présentée du risque de tremblement de terre en Suisse ne portent toutefois que sur des périodes de récurrence de quelques centaines d'années. Ceci est certes suffisant pour les nouvelles normes de construction SIA, qui se fondent sur les secousses maximales à escompter pendant une période de 475 ans. Par contre, les centrales nucléaires suisses sont conçues pour les conséquences de tremblements de terre beaucoup plus rares. La nouvelle carte du risque de tremblement de terre n'exige donc aucune réévaluation de la sûreté sismique des centrales nucléaires suisses.
La loi atomique en vigueur et la future loi sur l'énergie nucléaire de la Suisse obligent les exploitants des centrales nucléaires à continuer d'optimiser la sûreté des installations. Pour atteindre cet objectif, les exploitants soutiennent de nombreux projets de recherche menés dans le domaine de la sûreté des réacteurs et des installations. Ces projets contribuent à détecter des possibilités de nouvelle amélioration de la sûreté et à développer des solutions techniques correspondantes. Le projet Pegasos constitue l'un de ces projets de recherche. Son objectif est d'évaluer les proportions maximales des dégâts que pourrait entraîner un tremblement de terre extrêmement rare ne se produisant qu'une fois en l'espace de 10 millions d'années.
Etant donné que les tremblements de terre violents sont très rares en Suisse, et donc que leur fréquence et leur force ne peuvent guère être déterminées par des événements historiques, on a développé pour Pegasos des modèles mathématiques et sismiques complexes fondés sur l'application de la théorie des probabilités. De nombreux sismologues réputés ont été chargés d'évaluer les accélérations du sol survenant dans le pire des cas sur les sites de centrales nucléaires, et de quantifier ainsi les incertitudes encourues. Ces sismologues analysent ici une multitude de modèles et de théories destinés à éclaircir les quatre problèmes suivants:
- la localisation des épicentres de tremblements de terre très violents,
- la quantité d'énergie susceptible d'être libérée (la "magnitude"), et la fréquence du séisme correspondant,
- l'atténuation des ondes sismiques jusqu'aux sites des centrales nucléaires,
- les conditions spécifiques au site qui peuvent influencer les sollicitations auxquelles sont ainsi exposés les bâtiments.
Ces travaux sont en cours. Le projet Pegasos ne devrait pas être achevé avant 2006. La nouvelle carte du risque de tremblement de terre est disponible sur Internet.