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Paris, 1900. Louise, épouse coquette et frivole d'un général, vend en secret des boucles d'oreilles afin de rembourser une très importante dette de jeu. Elle feint ensuite de les avoir perdues au cours d'une soirée à l'opéra. Les bijoux, finalement, arrivent dans les mains du baron Fausto Donati, qui, en les offrant à Louise, y trouve enfin l'occasion de lui déclarer sa flamme. La jeune femme tente alors de faire croire à son mari que c'est le hasard qui a fait ressurgir ces bijoux dans sa vie. Mais il ne la croit pas et provoque le baron en duel...
Critique
Des boucles d'oreilles en forme de coeur passent de main en main. Et un autre coeur, celui de Madame de..., se brise devant un sentiment inconnu qui a envahi sa vie futile et vaine. D'une certaine façon, la mise en scène sublime de Max Ophüls est une métaphore du cinéma, ce mensonge qui révèle la vérité, pour paraphraser Cocteau. Des mouvements de caméra d'une élégance et d'une précision extraordinaires semblent constamment entourer les personnages dans leur sinueux parcours vers la lucidité et, donc, vers la mort.
À Danielle Darrieux, Ophüls avait demandé d'incarner le vide. De façon que le spectateur soit profondément ému par son apparente inexistence. Elle réussit ce pari au-delà de toute espérance. Quand on la voit dans une église, la première fois, Madame de... n'est qu'une adorable mondaine, une coquette infernale. A la fin, c'est le visage d'une madone que filme Ophüls. Loin des rondes inutiles et du plaisir éphémère. Un visage que le réalisateur et la comédienne ont rendu inoubliable.
Pierre Murat, Télérama