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David Syz, Président de la Fondation centime climatique, déclarait récemment que:
"Notre planète n’est finalement pas très intéressée de savoir si la tonne de CO2 évitée l’est en Suisse ou à l’étranger".
Puis, pour paraphraser Winston Churchill, on peut ajouter que
"Les mécanismes du marché sont les plus inefficaces qui soient, à l'exception des autres systèmes que l'on a tenté ici et là d'instaurer à leur place".
C'est à partir de ces deux postulats que l'on comprend pleinement l'intérêt que revêt le système des "crédits carbone" ou "certificats d'émission" et leur compensation par des mesures prises à l'étranger. Or il y a quelques semaines, le Conseil national a examiné la révision de la loi sur le CO2. Il a malheureusement privilégié, à une très faible majorité, une réduction des émissions de gaz à effet de serre de 20%, mais via des mesures réalisées en Suisse uniquement.
Le projet de loi élaboré par le Conseil fédéral visait une politique climatique ambitieuse, mais néanmoins réalisable. Les objectifs et les mesures prévus par la loi s’inspiraient de la politique climatique de l’UE afin de prolonger et d'adapter la loi sur le CO2 actuelle, limitée à 2012, aux nouvelles exigences internationales, en offrant la possibilité pour que jusqu'à 50 % de ces réductions puissent être obtenues grâce à des mesures de compensation réalisées à l’étranger, à l'instar de ce qui est prévu dans le protocole de Kyoto.

La révision de la loi sur le CO2 doit servir de contre-projet à l’initiative populaire "Pour un climat sain" émanant des organisations se proclamant de la protection de l’environnement, qui va plus loin encore en prescrivant une réduction des émissions de 30% via des mesures réalisées en Suisse uniquement. Or le Conseil national semble pour le moment avoir tourné le dos à une solution ayant fait ses preuves, soit la combinaison de mesures prises en Suisse et à l’étranger.
A d.: coût d'une tonne de CO2 évitée en Chine ou en Inde: USD 2,00; considérablement plus chez nous !
Il incombe au Conseil des États de corriger cette décision
C’est maintenant au tour de la commission compétente du Conseil des États de se pencher sur ce projet, en espérant qu'elle réintroduira les mesures compensatoires à l’étranger. Ceux qui se préoccupent réellement de lutter efficacement contre le réchauffement climatique à l'échelle planétaire le comprendront; les entreprises suisses actives dans le domaine du CleanTech en bénéficieront; seuls s'y opposeront ceux qui voudraient utiliser le prétexte du réchauffement climatique pour nous culpabiliser et nous imposer leur mode de vie, alors que leur croisade restera bien évidemment sans effet sur le vrai problème, à savoir les émissions mondiales de gaz à effet de serre...j'oubliais aussi l'opposition molle de la brigade des politiquements corrects, penchant toujours finalement vers ceux qui crient le plus fort: car c'est bien à cause d'eux que le projet initial du Conseil fédéral a été refusé par le Conseil national...