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ABB a signé un «pacte de coopération» avec la Corée du Nord pour l´aider à compenser son manque chronique d´électricité. S´implanter dans un pays en faillite a-t-il un sens commercial? Pour les rivaux du groupe helvético-suédois, il semble que non.
La Corée du Nord met fin à un demi-siècle de glaciation politique et Asea Brown Boveri (ABB) profite de sa timide ouverture sur le monde capitaliste pour l'aider à produire de l'électricité en quantité suffisante. C'est l'une des premières multinationales à pénétrer un pays encore très secret, imprévisible, en banqueroute et dépourvu de toute protection des investissements étrangers.
Cela n'a pas empêché Goeran Lindhall, PDG d'ABB, de signer un accord technique avec le régime stalinien lors d'un récent voyage à Pyongyang. Accord qui prévoit notamment la modernisation des centrales électriques et des systèmes de contrôle des centres de production industrielle ainsi qu'une coopération dans la production d'énergie solaire et éolienne. ABB doit ouvrir un bureau de représentation dans la capitale nord-coréenne en 2001.
Selon Goeran Lindhall, la stratégie du groupe helvético-suédois consiste à «entrer tôt dans les marchés émergents et à développer des rapports de confiance à long terme avec des partenaires locaux».
Cette stratégie offensive n'est guère différente de celle de General Electric. Mais le géant américain, lui, a préféré remettre à des jours meilleurs sa participation à un projet de construction de centrales nucléaires en Corée du Nord. Il bénéficie pourtant du soutien financier des Etats-Unis, du Japon et de la Corée du Sud.
Mais General Electric attend de voir dans quelle mesure le régime du cher leader Kim Jong Il est prêt à s'entendre avec des firmes étrangères. L'incertitude politique qui règne aux Etats-Unis complique d'autre part la situation. Un président républicain risque, si George W. Bush est élu, de se montrer moins bien disposé qu'un démocrate envers la Corée du Nord.
ABB ne donne aucune précision sur l'aspect financier de son accord avec la Corée du Nord, mais il prend un risque certain. En effet, personne n'a jamais gagné d'argent avec celle-là.
Le groupe helvético-suédois recentre ses activités autour de l'Internet et même si son secteur énergétique n'est plus privilégié, un échec commercial en Corée du Nord n'aurait pas que des conséquences financières. Ses clients asiatiques pourraient critiquer son manque de flair ou de jugement.
Georges Baumgartner