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Début du XXè siècle en Amérique centrale. Deux jeunes chanteuses d'une troupe de music-hall ambulante s'éprennent du même homme, un révolutionnaire. Par amour, elles épousent sa cause et après la mort du jeune homme, les deux femmes poursuivent la mission qu'il avait entamée jusqu'au triomphe de la révolution.
Critique
En 1963, Louis Malle vient d'achever Feu Follet, l'histoire d'un homme déterminé à se supprimer. Toute l'équipe du film a des idées suicidaires, il faut sortir de cette atmosphère mortifère: "Imaginons une comédie tropicale, avec de jolies dames!" Il fait appel au scénariste Jean-Claude Carrière qui reçoit un jour le télégramme suivant: "Rendez-vous mercredi, Hôtel Cortes, Mexico. Louis." L'entente entre les deux hommes est immédiate et amorce une collaboration de 30 ans. Côté casting, Jeanne Moreau réclame Brigitte Bardot pour co-équipière: "Brigitte, c'est moi qui l'ai choisie! L'idée de départ était de coupler une Française et une Américaine. Shirley Mac Laine devait être ma partenaire. J'ai préféré Brigitte Bardot, parce que je la trouve superbe et qu'on est vraiment différentes. On était surtout heureuses de casser notre image et de jouer des rôles d'aventurières habituellement réservés aux hommes!"
Viva Maria est tourné en 1965. Bardot est au faîte de sa gloire et le général de Gaulle de retour au pouvoir. Sous sa conduite, la France a retrouvé le sens des valeurs traditionnelles. Brigitte Bardot, avec ses cheveux "en ramdam", son sourire dévastateur et ses tenues affolantes, prône l'amour libre et l'indépendance des femmes. "Bardot et moi, racontait Jeanne Moreau, étions les deux pôles de la nouvelle représentation de la femme. Elle, l'attraction sexuelle, moi le mystère féminin. Brigitte était un sex-symbol. Moi, pas du tout. J'étais une comédienne." Mal perçu par la critique, Viva Maria réalisera néanmoins des records d'entrées.
Françoise D'Inca, L'Express