Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06957.jsonl.gz/952

1983 est une année charnière pour David Cronenberg. Après de nombreux courts-métrages, quelques télé-films et des longs-métrages indépendants (dont les cinq dont nous vous avons déjà parlé évidemment), il réalise son premier film de studio : Dead Zone. Pour la première fois de sa carrière, David Cronenberg réalise le scénario d'un autre (à part les trois épisodes de série télé qu'il a réalisé jusque-là). Et dans le cas présent, il s'attaque à un roman de Stephen King.
Johnny Smith est professeur de littérature et semble tout avoir pour être heureux dans sa vie professionnelle ainsi que dans sa vie privée avec Sarah, une collègue de travail. Mais un accident de la route va venir tout bouleverser et plonger Johnny dans un profond coma pendant cinq longues années. A son réveil, sa vie n'est plus la même et il se rend rapidement compte qu'il possède une étrange nouvelle habilité, des visions lui vienne au contact des gens qui l'entourent, lui montrant des éléments de leur passé, présent ou futur.
Dead Zone, le roman de Stephen King, date de 1979 et quatre petites années plus tard, Cronenberg s'en voit confié l'adaptation au cinéma. Nous avons lu le roman, mais cela remonte à tellement d'années que notre mémoire nous fait défaut, mais ce film a la réputation d'être l'une des meilleures adaptations de roman de Stephen King et nous allons donc faire confiance à la rumeur et considérer que Jeffrey Boam, responsable du screenplay, a fait du bon travail. Mais pourquoi les producteurs du film ont-ils eu l'idée de le proposer à David Cronenberg ? Il a l'habitude des films d'horreur, certes, mais peut-on considérer que Dead Zone aborde ses thèmes de prédilection ? Le pouvoir du personnage principal représente-t-il une mutation dans le sens cronenbergien du terme ou celui-ci a-t-il simplement succombé aux sirènes d'Hollywood ? A vous d'en juger.
Mais revenons un peu au film et à ses qualités et défauts. Dead Zone est plus fantastique qu'horrifique, malgré une partie de l'intrigue concernant un serial killer et une poignée de scènes un peu sanglantes. Le personnage principal, interprété par Christopher Walken, voit sa vie complètement transformée par son pouvoir et se retrouve confronté à un choix difficile. L'aspect fantastique est indéniable mais l'horreur très peu présente. Le film est peut-être classé à tort dans "horreur" simplement parce qu'il s'agit d'un roman de Stephen King, mais vu qu'il s'agit d'un Cronenberg et que nous n'avions de toute façon pas d'autre film à vous proposer (voilà probablement notre plus gros mensonge de 2016), nous l'ajoutons aujourd'hui à notre Blog.
Dead Zone est bon, divertissant, peu horrifique, mais mérite tout de même largement une jolie pastille jaune, preuve que Cronenberg a trouvé son rythme de croisière et déroule désormais son cinéma pour notre plus grand bonheur.
Arflane