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Leur nombre ne cesse d'augmenter. Depuis le début de la guerre, il y a tout juste un mois, de plus en plus de personnes ont fui l'Ukraine. Jeudi, elles étaient exactement 3 674 952, selon les chiffres récoltés par l'Organisation des Nations unies (ONU). Soit 48 406 plus que la veille, un chiffre légèrement supérieur à la population de la ville de Neuchâtel.
D'abord amassés dans les pays limitrophes de l'Ukraine, les réfugiés ont petit à petit rejoint l'Europe centrale et occidentale. Ils sont aujourd'hui éparpillés sur tout le continent, de la Russie au Portugal, de la Finlande à la Turquie. Voici la situation telle qu'elle se présente aujourd'hui:
La première chose qui saute aux yeux en regardant cette carte, c'est que, assez logiquement, les Etats qui entourent l'Ukraine sont ceux où il y a le plus de réfugiés.
Le pays qui en accueille les plus est, depuis le début de la guerre, la Pologne. Plus de deux millions d'Ukrainiens s'y trouvent un mois après le début des hostilités. C'est plus que la population de sa capitale, Varsovie. Suivent, loin derrière:
Des Ukrainiens ont également rejoint la Biélorussie, pays allié de Poutine. Mais pour l'instant, il ne s'agit «que» de 5569 personnes. Voici la situation de plus près:
Des milliers de réfugiés affluent chaque jour dans les territoires d'Europe centrale et occidentale. Certains pays accueillent déjà plus d'Ukrainiens que certains Etats limitrophes.
C'est notamment le cas de l'Allemagne, où se trouvent déjà 239 000 Ukrainiens, et de la République tchèque, qui accueille environ 300 000 personnes ayant fui la guerre.
La situation dans (certains) pays d'Europe centrale et occidentale se présente ainsi:
A l'exception de l'Allemagne et de la République tchèque, les autres pays européens accueillent pour l'heure un nombre bien inférieur de réfugiés par rapport à certains pays de l'Est. En Italie se trouvent actuellement quelque 65 000 personnes, alors que les autorités françaises signalent environ 26 000 Ukrainiens sur le territoire national. Un chiffre similaire a été communiqué par l'Espagne (25 000).
Et en Suisse? Jeudi, le Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM) faisait état de 13 601 réfugiés arrivés sur le sol helvétique. Le nombre d'Ukrainiens augmente de manière constante et rapide depuis le début du mois. A titre de comparaison, seules 330 personnes avaient été signalées le 6 mars.
Cette situation a créé quelques difficultés aux autorités suisses. Mardi 15 mars, tous les centres fédéraux ont atteint leurs limites de capacité, alors que quelque 5000 Ukrainiens s'étaient jusque lors enregistrés dans le pays. A noter que le Conseil fédéral attend jusqu'à 60 000 réfugiés en provenance d'Ukraine.
Tous les réfugiés en Suisse trouvent un toit, a précisé le Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM), mais les collectivités publiques sont encore en manque de ressources pour gérer la situation.
Vendredi 11 mars, le Conseil fédéral a décidé d'attribuer aux réfugiés ukrainiens le «statut S» qui permet d'obtenir rapidement un droit de séjour sans devoir passer par une procédure d’asile ordinaire. Une première en Suisse.
Pour l'instant, ce statut spécial a été accordé à 7622 réfugiés. Faute de place dans les centres, beaucoup d'entre eux sont hébergés chez des particuliers. D'ici l'été, leur nombre pourrait atteindre 50 000, selon les autorités.
On l'a vu, les réfugiés sont distribués de manière très inégalitaire parmi les pays européens. Si on ne considère que les chiffres absolus, ce sont les pays limitrophes, et en particulier la Pologne, qui accueillent le plus d'Ukrainiens.
La situation change si l'on considère le nombre de réfugiés en fonction de la population du pays d'accueil. A l'exception de la Pologne, de nombreux pays limitrophes de l'Ukraine ont une population relativement petite. Ainsi, c'est la Moldavie qui, en proportion, se retrouve en haut du classement. Ce petit pays, parmi les plus pauvres du continent, compte juste quatre millions d'habitants.
Avec plus de 13 000 réfugiés pour une population de 8,7 millions de personnes, la Suisse devance plusieurs pays voisins, plus «généreux» mais beaucoup plus peuplés, tels que la France ou l'Italie.
A noter que, finalement, le nombre de réfugiés enregistrés en Europe jusqu'à présent représente déjà plus de la moitié de la diaspora ukrainienne présente dans le monde avant le début de la guerre. Cette dernière compte 6,1 millions de personnes, estime l'ONU.
Lundi, Elisabeth Borne est devenue la deuxième femme à diriger le gouvernement français sous la Ve République, trente ans après la première.