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Washington pourrait prendre des parts dans les compagnies aériennes
L'Etat américain pourrait prendre des participations dans les compagnies aériennes en échange d'une aide pour les soutenir face aux effets de la pandémie de coronavirus, ont affirmé dimanche deux hauts responsables de l'administration Trump.
"En échange de subventions - ce que les compagnies aériennes demandent -, je ne vois pas pourquoi les contribuables américains ne pourraient pas avoir une part" du capital, a déclaré le conseiller économique de la Maison Blanche Larry Kudlow sur Fox News.
Selon lui, la prise de participations du gouvernement fédéral se ferait sous la forme de "warrants". Ces titres financiers donnent à leur détenteur le droit d'acheter ou de vendre un actif à un certain prix jusqu'à une date déterminée lors de leur émission. Ils peuvent ainsi être convertis en actions.
50 milliards
Le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin a confirmé que cette option était envisagée. "Certaines sont de très bonnes entreprises qui ont seulement besoin de liquidités et qui vont obtenir des prêts. Certaines de ces entreprises pourraient avoir besoin d'une aide plus significative et nous pourrions prendre des warrants ou une participation", a-t-il déclaré sur la chaîne CBS.
Le gigantesque plan de sauvetage adopté par le Congrès américain prévoit 50 milliards de dollars pour les compagnies aériennes. La moitié de cette somme se fera sous la forme de prêts garantis, l'autre de subventions directes. Invoquant leur poids dans l'économie et les risques sociaux d'éventuelles faillites, Boeing et les compagnies aériennes américaines réclament un sauvetage public inédit.
Le transport aérien est l'un des secteurs économiques les plus affectés par le Covid-19. La plupart des vols transatlantiques des compagnies américaines ont été suspendus, tandis qu'entre 40 à 70% de leurs lignes intérieures sont à l'arrêt.
Nationalisation d'Air France ?
En France, le secrétaire d'Etat chargé des Transports, Jean-Baptiste Djebbari, n'a pas exclu la possibilité de nationaliser la compagnie aérienne Air France-KLM, dont l'Etat français est actionnaire à hauteur de 14%, une fois la crise liée au coronavirus passée.
"C'est une hypothèse parmi d'autres que nous n'écartons pas. Dans des moments de crise, il faut disposer de tous les moyens, de tous les outils d'intervention publique, y compris celle-là. Nous ne l'écartons pas a priori", a-t-il affirmé dimanche sur les ondes de Radio J.
Le 17 mars, le Premier ministre français Edouard Philippe n'avait déjà pas exclu des nationalisations pour faire face à la crise du coronavirus, assurant que pour Air France l'Etat était prêt à "prendre ses responsabilités en tant qu'actionnaire".
ats, afp