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Berne/Genève - La Section suisse d'Amnesty International et TRIAL (Track Impunity Always) ont appelé mercredi les autorités suisses à coopérer dans l'enquête sur Erwin Sperisen, ancien chef de la police du Guatemala établi en Suisse. Celui-ci est recherché par la justice guatémaltèque pour des allégations d'exécutions extrajudiciaires.
"Les autorités suisses doivent collaborer avec leurs homologues du Guatamala dans cette enquête, car ces allégations sont très sérieuses", a déclaré à l'ATS la porte-parole de la Section suisse d'Amnesty International, Manon Schick. Cette affaire constitue un "cas important dans la lutte contre l'impunité et pour le renforcement de l'Etat de droit au Guatemala", estiment les deux organisations dans un communiqué.
Le bureau du procureur général du Guatemala, avec le soutien de la Commission internationale contre l'impunité au Guatemala (CICIG), soutenue par les Nations unies, demande depuis début août l'arrestation d'Erwin Sperisen et de 18 autres anciens membres de la police et du ministère de l'Intérieur. A ce jour, neuf des 19 suspects ont déjà été arrêtés.
Les deux organisations relèvent que plusieurs entités, dont le bureau de l'ombudsman des droits humains du Guatemala, ont fait état de "nombreuses exécutions extrajudiciaires, tant individuelles que parfois commises selon un plan préétabli y compris lorsque Erwin Sperisen était directeur de la police nationale civile au Guatemala".
"Campagne de diffamation"Double national habitant Genève, Erwin Sperisen ne peut à ce titre être extradé par la Suisse vers le Guatemala. L'ancien chef de la Police nationale civile (PNC) guatémaltèque se déclare victime d'une "campagne de diffamation" et de "manoeuvres politiques" liées à son action contre les narcotrafiquants lors de son mandat de 2004 à 2007.
"Si sa culpabilité est prouvée, M. Sperisen ne doit pas pouvoir échapper à la justice en raison de sa double nationalité", a souligné Manon Schick.
ATS