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Créé le: 28.09.2019, édité le: 29.09.2019
Le Dieu du feu
Tu pousses la porte et un soupir. Cette averse soudaine, tu ne l’avais pas vu venir. Pas de signe avant-coureur, pas de grondement, pas de bourrasque. Juste la pluie qui déferle brusquement, qui est comme un coup de botte dans une termitière puisque soudain les gens courent dans tous les sens et même à contre-sens du bon sens puisque tu as rebroussé chemin et que tu as poussé la première porte qui se présentait. Tu l’as poussée et tu as soupiré.
Te voilà trempé, debout dans un hall qui reluit. Tu t’ébroues et tu regardes, un peu hébété, au-delà des grandes vitres qui pleurent et qui répètent, à l’envi et à l’envers : GEM GEM GEM. Mais ces signes ne veulent rien dire pour toi, toi qui ne sais pas lire.
Tout est sombre dehors. L’automne genevois sur un boulevard à quatre heures de l’après-midi. À quatre heures du soir. Les phares des voitures brillent sur l’asphalte, les réverbères fument et exhalent leur lumière jaune qui s’allume, tels les yeux d’un jaguar dans la brume. Et les feuilles tombées sont comme des nénuphars tristes dans un cénote.
Tu tournes la tête vers la droite. Un îlot de lumière, des tables, quelques personnes qui parlent à voix basse. Où te trouves-tu ? Dans un café ? À ta gauche, un comptoir, avec une femme debout, penchée, qui ne te regarde pas. Est-ce un commerce ? Un kiosque avec une loterie ? Une administration peut-être ?