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Tout en reconnaissant que la SSR a besoin de ressources financières supplémentaires pour remplir son mandat de prestations, le Conseil fédéral a décidé de ne pas augmenter la redevance de réception pour la radio et la télévision et ne compense donc même pas le renchérissement de 2,5% depuis la dernière adaptation de la redevance. Le SSM considère que cette décision est absurde car elle signifie de facto que la SSR doit continuer de fournir les mêmes prestations avec moins d’argent.
Le Conseil fédéral ne veut pas mettre à contribution les consommateurs mais il n’hésite pas faire payer au personnel de la SSR, via des mesures d’économie, un besoin financier qu’il juge lui-même justifié. Cela est, d’autant plus injuste qu’une augmentation mesurée de la redevance n’aurait représenté qu’à peine 10 francs par année par ménage et entreprise s’acquittant de la redevance. Le Conseil fédéral estime que la hausse du nombre de ménages et entreprises qui paient la redevance rapportera environ 16 Million de francs par année supplémentaires, ce qui est de la pure spéculation.
Le SSM considère par ailleurs que l’assouplissement des dispositions en matière de publicité provoquera une commercialisation encore plus poussée des programmes, et constitue donc un mauvais choix pour un diffuseur de service public. Cette décision accroîtra la concurrence sur le marché publicitaire entre la SSR, les diffuseurs privés radio-TV et les éditeurs, ce qui n’est pas souhaitable du point de vue de la politique des médias et rend un mauvais service à tous les acteurs déjà très à l’étroit au sein du paysage suisse des médias.
Le SSM est profondément déçu et déplore cette décision du Conseil fédéral. A l’évidence, le Conseil fédéral a été influencé par la campagne que les adversaires de la SSR mènent contre les prétendues dépenses inutiles de la SSR. Il a ainsi pris une décision qui, au lieu de défendre sans ambiguïté le principe d’un mandat de service public large pour la SSR, affaiblit le service public de radio-télévision.
La SSR doit par ailleurs faire face à une forte concurrence de programmes étrangers, et a donc besoin de moyens financiers importants qui lui sont niés par le Conseil fédéral.
Pour ce qui concerne le personnel, le SSM assumera de manière responsable son rôle de partenaire social et se battra pour empêcher les suppressions de poste, une détérioration supplémentaire des conditions de travail, et pour faire respecter la Convention collective de travail déjà systématiquement violée par la SSR, en raison notamment de l’insuffisance de ses moyens financiers. Afin d’éviter des mesures d’assainissement ou de démantèlement décrétées dans la précipitation, le SSM invite la SSR à analyser une nouvelle fois la situation financière avec le nouveau directeur général et à étudier de nouvelles solutions.