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Le spectacle musico-théâtral, présenté le dimanche 20 novembre à la Tour-de-Peilz, a été réalisé à l'occasion du 150e anniversaire de la naissance de Gustave Doret et propose des pièces musicales oubliées du grand compositeur vaudois.
Avec Emile-Jacques Dalcroze et Joseph Bovet, il est considéré comme le principal chantre populaire de la Suisse romande. Mais il reste avant tout un défenseur de la musique suisse en France et de la musique française en Suisse.
Compositeur de deux Fêtes des Vignerons
L'amitié deavec Albert Carré, directeur de l'Opéra-Comique de Paris lui permet d'écrire des opéras sur des intrigues helvétiques, très prisés du public parisien. "Les Armaillis" devient son plus grand succès. En Suisse, il sait faire jouer ses relations pour ne pas être oublié; voilà qui explique peut-être qu'il reçoit par deux fois le mandat de composer la musique pour la Fête des Vignerons de Vevey (1905 et 1927).
Gustave Doret l'oublié
Il reste un compositeur si ce n'est oublié, du moins cantonné dans un genre particulier : la musique chorale. Son engagement en faveur des choeurs l'a certainement coupé des cercles d'une certaine avant-garde, qu'il s'emploie à rejeter avec vigueur, se brouillant par là-même avec Ansermet.
Pourtant, il défend aussi une reconnaissance des compositeurs et souhaite apporter un répertoire de qualité aux choeurs de Suisse romande. Pour ce faire, il réclame une meilleure formation des instituteurs.
En tant que compositeur, il avait un grand atout: le goût. Il savait jusqu'où aller, sans jamais être vulgaire, à la rencontre du peuple. Son art tient à la mentalité traditionnelle du style romand.
Pour rendre justice à Gustave Doret, il faudrait que des ensembles de haut niveau - solistes, chanteurs, choeurs et orchestres- s'attellent à enregistrer plusieurs pans de son répertoire totalement négligés, comme les mélodies, mais aussi plusieurs opéras, comme "Le Nain du Hasli" ou "Les Armaillis", qui ont rencontré un grand succès à l'étranger.
Jean-Pierre Amann/mh/mcc
L'aventure du Théâtre du Jorat
Avec les frères René et Jean Morax, ainsi que le décorateur à l'Opéra de Paris, Lucien Jusseaume, Gustave Doret participe à la création d'un véritable théâtre à la campagne à vingt kilomètres de Lausanne: le Théâtre du Jorat. Une initiative qui s'inscrit dans un courant général, notamment en France, visant à faire sortir le théâtre hors des grands centres urbains. Le projet attire d'importantes personnalités de la vie culturelle parisienne attirées par l'enthousiasme de Doret. Saint-Saëns, Paul Dukas, viennent à Mézières.
Doret compose plusieurs ouvrages importants destinés à la Grange sublime. En 1921, la vedette lui est ravie par un jeune compositeur franco-suisse qui présente l'un des chefs d'oeuvre du 20e siècle, "Le Roi David": Arthur Honegger.