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pour récitant et orchestre opus 49
La composition d'Ethiopiques date de 1971/72 à la suite d’une commande faite par Madame Christiane Henneberger-Mercier à l’intention de son mari Jean-Daniel Henneberger. J’ai choisi, avec l’assentiment de Léopold Sédar Senghor, cinq de ses poèmes tirés d’un recueil publié aux Editions du Seuil. Monsieur Senghor a également approuvé le titre général d’Ethiopiques, bien que tous les poèmes ne soient pas extraits de la série qui porte ce titre. En effet, il a estimé que le titre convenait parfaitement à cette œuvre du fait qu’à l’époque des Grecs, tous les ressortissants de race noire, de quelque endroit du monde qu’ils fussent originaires, étaient appelés Ethiopiens. Comme on le sait, la poésie de L.-S. Senghor est essentiellement dédiée à la gloire des peuples noirs. A part quelques repères réellement obligés, j’ai donc laissé la plus grande liberté à la voix du récitant. Je me suis employé à réaliser, en quelque sorte, un écrin sonore destiné à prolonger et à amplifier la résonance intérieure du texte. Dans certains cas, j’ai même tenu compte des indications du poète, qui imaginait déjà la nature de certains instruments propres à accompagner la lecture de son texte. C’est ainsi qu’on retrouve dans l’orchestation traditionnelle d’un ensemble de moyen effectif : une percussion importante, notamment une paire de bongos joués avec les mains, la harpe qui fait office de kôra et le xylo-marimba celui de balafon. Toutefois, je me suis abstenu de tout emprunt à un folklore primitif et n’ai essayé, en définitive, que de traduire l’émotion intérieure suscitée par la beauté des poèmes.
L’œuvre a été donnée en création mondiale le 18 décembre 1973 sur les ondes de la Radio Suisse Romande. La première exécution publique eut lieu le 11 mars 1974 au Théâtre de Beaulieu à Lausanne à l’occasion du 9ème concert d’abonnement de l’Orchestre de Chambre de Lausanne, saison 1973/74 sous la direction d’Arpád Gérecz avec Jean-Daniel Henneberger, récitant.
RéférenceLéopold Sédar Senghor
J’ai beaucoup aimé cette œuvre. C’est, d’abord, que vous avez compris l’essence de mes poèmes, qui n’est pas dans leur exotisme, mais dans leurs qualités sensuelles et, partant, spirituelles, des mots eux-mêmes. Et vous avez fait une musique qui, recréant, avec d’autres moyens, le climat du poème, restitue aux vers leur qualité poétique.
Lettre personnelle, Dakar 1974