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Binyam Mohamed, qui est de nationalité éthiopienne, dit avoir été torturé et soumis à d’autres formes de mauvais traitements pendant sa détention qui a duré au total plus de six ans. Son état de santé s’est gravement détérioré au cours de cette période.
Début mars, Binyam Mohamed a, dans une déclaration rendue publique par ses avocats, exprimé sa gratitude envers tous ceux qui ont œuvré en faveur de sa libération.
«Je veux remercier les gens qui, à travers la Grande-Bretagne, m’ont écrit à Guantánamo pour m’aider à garder le moral, et les membres des médias qui ont tenté de faire en sorte que le monde sache ce qui se passait», a-t-il déclaré.
«Je sais que sans l’aide de tous ces gens je n’aurais pas pu rentrer en Grande-Bretagne. En fait, je ne serais peut-être même plus vivant.»
Binyam Mohamed a été arrêté au Pakistan en avril 2002. Il a été maintenu en détention pendant plus de six ans, d’abord dans des lieux de détention secrets au Pakistan, au Maroc et en Afghanistan, puis, à partir de septembre 2004, à Guantánamo. Il n’a jamais été jugé.
Il a déclaré avoir été torturé et soumis à d’autres mauvais traitements de manière répétée au cours de sa détention, et ses allégations sont plausibles. Des informations récentes et dignes de foi indiquent que le service de renseignement et des organes de sécurité du Royaume-Uni pourraient avoir été complices de ces tortures et mauvais traitements.
«La libération de Binyam Mohamed est un énorme soulagement pour sa famille et ses amis, a indiqué Nicola Duckworth, directrice du programme Europe et Asie centrale d’Amnesty International. Un certain nombre de questions très préoccupantes concernant la façon dont Binyam Mohamed a été traité pendant les années qu’il a passées en détention restent sans réponse.»
Amnesty International estime qu’il est grand temps que les faits relatifs aux cas de Binyam Mohamed et d’autres personnes ayant subi le même sort que lui soient rendus publics, et que les responsables de graves violations des droits humains soient déférés à la justice.
Les gouvernements du Royaume-Uni et des États-Unis doivent mener sans plus tarder des enquêtes indépendantes sur le programme de «restitutions» et de détentions secrètes.
En ce qui concerne les États-Unis, Amnesty International a demandé la création d’une commission d’enquête pleinement indépendante chargée d’examiner tous les aspects des pratiques auxquelles le pays a recouru en matière de détention et d’interrogatoire dans le cadre de la «guerre contre le terrorisme».
Concernant le Royaume-Uni, l’enquête doit examiner les allégations selon lesquelles le pays a participé à ce programme, y compris les allégations de complicité du Royaume-Uni dans les actes de torture et les mauvais traitements infligés à Binyam Mohamed.
Seules des enquêtes exhaustives et indépendantes permettront de faire toute la lumière sur ces questions.
Dans une déclaration qu’il a faite après sa libération, Binyam Mohamed a demandé avec insistance la poursuite du travail de campagne en faveur des hommes toujours détenus à Guantánamo.
«Je me sentais encore plus désespéré lorsque je pensais que tout le monde m’avait abandonné. J’ai le devoir de veiller à ce que personne d’autre ne soit oublié», a-t-il ajouté.
Amnesty International a exhorté le gouvernement des États-Unis à faire en sorte que toutes les personnes encore détenues à Guantánamo soient rapidement libérées ou jugées conformément aux normes d’équité des procès. Elle a également appelé d’autres pays, notamment des pays européens, à fournir une protection humanitaire aux détenus de Guantánamo qui ne peuvent pas retourner dans leur pays pour des questions de sécurité.