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Mise en place:
Sur une toile de 196 x 135 cm, peindre un fond dégradé de gauche à droite allant du noir au blanc puis y inscrire horizontalement les chiffre allant de 9 à 0 dans un dégradé inverse, allant du blanc au noir. Intituler la toile de manière à donner l'idée un idée qui va à l'inverse du mot "Détail", peut-être simplement "Tout", "Une oeuvre intemporelle se prolongeant sur le néant" ou encore "Résumé à rebours de la vie d'Opalka".
Introduction:
Voici les informations que nous donnent Wikipédia sur l'artiste Roman Opalka:
"Roman Opalka est un artiste que l'on pourrait caractériser de protocolaire. En effet, depuis 1965 il peint des lignes de nombres sur une toile. Ses nombres sont en blanc sur fond noir, il commence par peindre du coin supérieur gauche jusqu'au coin inférieur droit.
À partir de [1972 ou il atteignit le chiffre de 100'000], il décide d'éclaircir d'ajouter 1% de blanc au fond de chaque toile qu'il appelle « Détail ». Chaque détail s'éclaircit donc progressivement, jusqu'à ce que chaque Détail soit de nos jours presque blanc. Chaque « Détail » est une toile de 196 x 135 cm, les chiffres sont réalisés avec un pinceau n°0. Lors de la réalisation de chaque Détail, il énumère la suite de nombres qu'il peint. Cette énumération est enregistrée à l'aide d'un magnétophone.
Aussi, pour bien marquer le temps qui passe, lorsqu'il termine une séance de travail, il prend une photographie de lui même dans des conditions invariablement identique d'une photo à l'autre: fond blanc (en fait le « Détail » en cour), avec une chemise blanche, baignant dans un éclairage blanc, avec toujours la même expression sur le visage."
Volonté du projet:
Ce projet s’insère dans le cadre du concept d’ « art évènementiel ». Pour une explication plus détaillée, retournez à l'introduction des hommages.
Très axé sur le temps qui s'écoule, l'artiste Roman Opalka a fait d'une idée relativement simple l'œuvre de toute une vie. Or, les nombres qu'il trace, aussi gigantesques soient-ils, ne sont uniquement composés des dix symboles numériques allant de 0 à 9. L'idée principale est donc d'utiliser les mêmes supports qu'Opalka pour lui rendre hommage mais en "retournant" l'échelle numérique du 9 à 0. En pouvant au premier abord être caractérisé d'être une simple provocation, le but de l'œuvre est d'engager une réflexion chez l'artiste lui-même, ce qui rend finalement l'œuvre très profonde. Le collectif souhaite démontrer à quel point un projet consistant à compter le temps avec un système numérique peut sembler "incomplet" (c'est sans doute pourquoi R. Opalka accompagne ses "détails" d'une photo). L'œuvre se terminant sur le zéro et donc ouvrant la porte sur le néant, prolonge le projet d'Opalka dans l'infini tout en mettant l'accent sur l'aspect "succinct" que peut revêtir la durée d'une vie par rapport à l'immensité de l'univers bien entendu... intemporel!