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Dans de nombreux pays d'Europe comme aux Etats-Unis, les personnes VIH-1 positives ne peuvent conclure d'assurance vie. Or du point de vue actuariel, cette barrière ne se justifie plus dans tous les cas, comme l'a montré l'équipe de Bernard Hirschel, de la Division des maladies infectieuses des Hôpitaux universitaires de Genève (Lancet 2003 ; 362 : 877-8), sur la base des données de la Swiss HIV Cohort Study.Les chercheurs ont mesuré la mortalité dans différents sous-groupes de patients enrôlés dans cette étude, et ceci sur une période allant de début 1997 à fin 2001. Comme ils s'y attendaient, la mortalité est très inégalement répartie. Parmi les patients qui suivent avec succès une multithérapie antirétrovirale et qui ne sont pas co-infectés par le virus de l'hépatite C, l'excès de taux de mortalité lié au sida varie entre 3,1 et 8 pour mille par année, selon les taux de CD4 et la charge virale.Craignant que des décès plus nombreux ne se «cachent» dans la petite minorité de patients ayant quitté l'étude entre 1997 et 2001, les auteurs ont encore vérifié leur statut vital grâce au registre de décès de l'Office fédéral de la statistique. Sur les 127 sujets de la catégorie à faible risque ayant abandonné l'étude, 123 étaient en vie le 31 décembre 2001. Les résultats présentés tiennent compte des quatre décès constatés.Le taux de mortalité des patients traités avec succès et non infectés par le virus de l'hépatite C est donc comparable, voire inférieur, à celui des patients traités avec succès contre un cancer (de 5 à 20 pour mille par année), patients qui peuvent obtenir une assurance vie. Selon l'équipe genevoise, il s'agit d'une «preuve actuarielle préliminaire» que l'assurance vie ne doit plus être refusée à tous les patients séropositifs.