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Poète-président, tirailleur sénégalais, catholique à la mère musulmane, premier noir agrégé de grammaire française et membre de l'Académie, la mémoire de Sédar, qui signifie celui que l'on ne peut humilier reste dans nos souvenirs, éternelle. Léopold Sédar Senghor, fils de Diogaye Basile et de Ngilaan Bakhoum fut le premier président du Sénégal indépendant.
Père de la jeune Nation sénégalaise, Senghor n'en était pas moins un fidèle à la France, ne dira -t-il pas dans ses envolées lyriques dont il a le secret : « Seigneur Dieu parmi les nations blanches place la France à la droite du Père. ». Senghor a lutté contre les préjugés raciaux, s'est intégré suffisamment dans la culture française jusqu'en en assimiler l'essence.
Je me rappelle (en fouillant à la Bu de l'assemblée française ses prises de paroles de 52 à 1958) ses positions en tant que député noir français au Palais Bourbon quand il usait jusqu'à en abuser, avec si belle perfection, de la belle langue de Molière pour mettre au pas ses adversaires blancs sur des questions comme l'indépendance disons l'autonomie des pays d'Afrique et celle d'Algérie. Il était soldat dans l'armée française pendant que son pays devenu celui de Nicolas Sarkozy de Nagy Bocsa était sous la domination allemande.
Le Sérère (une des ethnies) du Sénégal fut fait prisonnier. Au cachot ne cédant pas au désespoir il prit sa plume pour parler de la situation de maltraitance extrême des prisonniers Noirs.
La France est libérée et aux premiers rangs des bataillons étaient les Noirs d'Afrique et leurs frères du Maghreb. Lui comme tant d'autres pouvaient également espérer de la France plus de la reconnaissance comme l'avait promis De Gaulle! "La fidèle Afrique, comme l'appelait Senghor, serait sûrement récompensée pour avoir contribué à cette victoire et pour sa loyauté envers la France au temps du danger".
On gardera aussi de Senghor le Chef d'Etat qui pouvait être dur car il croyait à la magie du travail qui libère, il était un fin politicien qui face à l'adversité savait prêter une oreille attentive. C'est lui qui ouvrit la voie de la démocratie à son pays alors que le reste de l'Afrique noire était en majorité sous le joug de militaires ou autres dictateurs bien connus.
C'est encore Senghor, même s'il y a été aidé, qui quitta volontairement le pouvoir pour le céder à Abdou Diouf, l'actuel Secrétaire général de la Francophonie qui me confia un jour, à Genève, qu'il était fier de l'héritage de Senghor et qu'il l'assumait.
Senghor a laissé aux Sénégalais à défaut de le développer un pays enraciné dans de hautes valeurs culturelles et humanistes ouvert aux souffles du monde et profondément assis sur un socle de dialogue fécondant et de paix.
Alors que la stabilité proche et future du Sénégal interpelle chaque Sénégalaise et chaque Sénégalais à l'approche des élections présidentielle et législatives du mois de février prochain, le souvenir de Senghor en ce 20 décembre, date de sa mort, n'est qu'un viatique pour plus de vie et de joie au Sénégal.
El Hadji Gorgui Wade Ndoye, journaliste accrédité à l'ONU, direceteur du magazine panafricain www.ContinentPremier.Com