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Faire dormir les bébés sur le dos pour limiter les risques de mort subite du nourrisson (MSN) est une méthode reconnue et adoptée depuis les années 90. Son efficacité, qui a permis de réduire de 50% les cas de mort subite aux Etats-Unis, pourrait bien trouver son origine dans la qualité de l’air entourant le nourrisson, mais aussi à la capacité de celui-ci à s’y adapter.1
Une hypothèse est que des anomalies du tronc cérébral, qui régule la respiration chez les nouveau-nés, sont responsables des cas de MSN. C’est pourquoi des chercheurs de la Harvard Medical School et de l’Hôpital des enfants de Boston se sont intéressés à vérifier dans cette région la quantité de sérotonine – impliquée notamment dans la régulation du cycle veille/sommeil, le contrôle de la température corporelle et de la pression artérielle – ainsi que l’intégrité de ses récepteurs et la présence de son enzyme de synthèse. Les autopsies de 40 bébés ont révélé un taux de sérotonine inférieur de 26% en moyenne chez les 35 nourrissons victimes d’une MSN par rapport aux bébés morts d’une autre cause. Cette diminution était corrélée à celles de l’enzyme de synthèse (22%) et du récepteur (jusqu’à 55%).
Pour les auteurs, cette anomalie s’accorde avec la théorie que les cas de MSN ont lieu lorsque trois éléments s’accumulent : un stress extérieur, une phase critique du développement et, comme dans le cas d’une déficience en sérotonine, une vulnérabilité sous-jacente. Le manque de sérotonine empêcherait l’enfant de réagir au manque d’oxygène dû à la position ventrale, alors qu’un enfant ayant un tronc cérébral fonctionnel tournerait la tête, voire se réveillerait.