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Du constructivisme épistémologique au pluriconstructivisme cybernétique
Selon sa définition pluriconstructiviste l’extension de la catégorie épistémologique du Cybernétique a été engendrée par l’équilibration phylogénétique une machine cybernétique qui a formé « l’ensemble des systèmes génétiques, des organismes, de leurs artifices et de leurs machines, ainsi que de leurs organisations ». Mais au cours de l’intervalle temporel de quelques milliards d’années qui sépare « l’origine chimique de la vie » et la différenciation phylogénétique des systèmes génétiques primordiaux de la technogenèse de nos dernières machines, dont, si le programme de recherche de l’Intelligence Artificielle Génétique aboutit, une génération future comprendra un système auto-équilibrateur capable de prolonger lui-même la filière évolutive de la technogenèse artificielle, l’équilibration phylogénétique a co-engendré dans notre espèce les deux machines cybernétiques nouvelles que sont les deux systèmes d’équilibration naturels – en relation de feedback majoratif mutuels, comme nous le verrons plus loin– qui ont engendré les filières évolutives psychogénétique et sociogénétique.
Ces deux équilibrateurs constituent de la sorte des servomécanismes (au sens littéral de serviteurs mécaniques, ou d’asservissements) de l’équilibration phylogénétique et sont les médiateurs phylogénétiques de la technogenèse naturelle (en attendant que celle-ci engendre un technogenèse artificielle autonome).
Dès lors si l’objet de connaissance du constructivisme épistémologique est l’objet épistémique que constitue la genèse des structures cognitives du sujet épistémique produite par les équilibrations psycho- et sociogénétique, le passage au niveau logique supérieur que constitue l’étude de la genèse et des interactions évolutives subséquentes de ces servomécanismes eux-mêmes engendre un objet de connaissance cybernétique qui est, à proprement parler, constitutif d’un métaconstructivisme cybernétique. Toutefois, lorsque cet objet de niveau supérieur et son cadre théorique sont appliqués à la genèse des structures du sujet, toute structure apparaît comme la résultante des couplages (au sens cybernétique du terme) des trois équilibrations (psycho-, socio-, et phylogénétique) qui le constituent. Chaque structure est dès lors « pluri-construite » ou engendrée de manière « pluri-génétique » par l’action conjuguée de ces trois systèmes évolutifs, c’est pourquoi nous parlons alors à ce propos de « pluriconstructivisme » ou de « constructivisme plurigénétique ».