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Lundi dans quinze jours, on saura si la gauche a retrouvé sa majorité en Ville de Genève ou si l'assise de ses quatre magistrats sur cinq que compte le Conseil administratif s'est réduite grâce à la victoire d'un des quatre partis de la droite qui veulent que ça change. Pour les noms des cinq comaires qui dirigent la municipalité, il faudra attendre le 10 mai. Je ne vois qu'un seul des sortants - ils se représentent tous - puissent obtenir la majorité absolue au premier tour, le 19 avril.
Même Kanaan, qui a plutôt bien mené sa barque et a surtout bénéficié de la calamiteuse gestion de son prédécesseur Mugny, ne devrait pas franchir la barre. Ce qui en dit long sur la difficulté qu'ont nos édiles de rassembler au-delà de leur chapelle politique. La Ville qui est de loin la première commune du canton souffre de son incapacité de concevoir le pouvoir sur un mode collaboratif avec les quarante-quatre autres communes et avec le canton. Dans la plupart des grands chantiers, parkings, mobilité, rade, culture, sports, la ville apparaît plus comme un frein au développement du Canton.
Une des raisons est évidemment politique. Elle est de gauche et le canton est ancré à droite. D'autres raisons résident je pense dans sa dimension et ses compétences. La Ville de Genève est lilliputienne et, hormis la culture et le sports, sans réelles compétences. Il suffit de comparer Genève à Zurich pour s'en convaincre.
Une carte montre combien la commune de Genève est petite par rapport à la commune de Zurich qui n'est pas non plus la ville la plus grande d'Europe, loin s'en faut*. Dans un billet publié dans ce blog le 10 février 2010, j'avais comparé les deux villes en superposant simplement l'une sur l'autre. On découvre dans ce billet combien de communes genevoises il faudrait fusionner pour que Genève ait la taille de Zurich. Et, surprise, la fusion de ces communes à la ville centre lui donnait à peu-près la même population.
Le problème c'est que cette fusion, pour autant qu'elle soit imaginable, renforcerait encore la fracture politique entre la ville centre renforcée et le reste du canton. D'où le fait que je me suis convaincu que la meilleure solution pour Genève seraient de réduire encore les compétences des communes selon un modèle que j'ai une fois encore esquissé récemment.
* A propos, la plus grande commune de Suisse est Davos qui avec 284 km2 est plus grande que le canton de Genève.
PS: Dans le genre, il y a toujours plus grand que soi, je signale aussi ce billet où j'avais comparé le Grand Genève et le Grand Paris. Nos édiles devraient afficher ce genre de carte dans leur bureau, ça les rendrait modestes. En butinant sur mon blog, je redécouvre aussi ce billet à propos du péage urbain, qui démontre une fois encore la petitesse de notre gourmande commune centre. Et celui-ci qui liste quelques mesures avant de penser à rétablir l'octroi.