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14/02/2012
Je vous livre ici le résumé de la résumé de la conférence de presse du DDPS de cet après-midi, concernant la justification du choix du Gripen E/F pour la Suisse :
Le Gripen répond aux exigences formulées et aux besoins de la troupe. Il représente une solution supportable à long terme sur le plan financier. L’avion de combat suédois est donc le choix optimal pour l’Armée suisse. Ce résultat est le fruit d’une évaluation détaillée conduite sur plusieurs années.
Le 30 novembre 2011, le Conseil fédéral a décidé d'acquérir 22 avions de combat de type Gripen E/F pour remplacer les F-5 Tiger devenus vétustes. Un document de travail ainsi qu'un récapitulatif des notes et coûts des candidats a servi de base pour la décision prise par l'ensemble du Conseil fédéral. Ces documents de base sont le résultat d'une évaluation détaillée de trois types d'avions (le Rafale de l'entreprise française Dassault, l'Eurofighter du consortium européen EADS/Cassidian et le Gripen de l'entreprise suédoise Saab) qui a été effectuée durant plusieurs années. Cette évaluation a révélé que les trois modèles répondent aux exigences formulées et qu'ils étaient par conséquent tous éligibles pour devenir le nouvel avion de combat de la Suisse.
L'évaluation:
L'évaluation visait une analyse approfondie portant sur la valeur d'utilisation et le coût des trois candidats Eurofighter, Gripen et Rafale. Une équipe de projet intégrée placée sous la direction d'armasuisse a planifié, organisé et analysé l'évaluation. L'efficacité opérationnelle des avions a entre autres été évaluée en 2008 et 2009. Elle s'est déroulée sur la base des résultats de l'évaluation en vol et au sol ainsi que de l'analyse des différences entre les modèles testés et ceux présents dans l'offre qui correspondent au degré de développement au moment de la livraison. Le même barème et la même notation ont été utilisés durant tout le processus d'évaluation et de prise de décision. Les offres mises à jour pour le programme d'armement 2012 ont été faites au mois d'octobre 2011. Elles intégraient des prix fixes définitifs qui ont servi de base pour la détermination des frais d'acquisition.
L'acquisition sous forme de paquet global:
L'acquisition ne prévoit pas uniquement 22 avions et leur équipement pour les missions, mais un paquet global comprenant notamment l'armement, le paquet logistique, les systèmes d'instruction pour les pilotes, l'intégration du TTE dans les systèmes de commandement et d'autres éléments. L'estimation des frais d'exploitation durant 30 ans est également présentée à côté des frais d'acquisition.
Comme les trois candidats répondent aux exigences posées et aux besoins de la troupe et entrent en principe en ligne de compte pour le remplacement partiel du F-5 Tiger, ce sont les aspects financiers du paquet global qui sont déterminants. En effet, le DDPS doit tout mettre en œuvre pour que l'acquisition d'un nouvel avion de combat soit financièrement supportable pour l'armée, à moyen et à long terme, afin de pouvoir utiliser un maximum de ressources pour d'autres besoins urgents de l'armée.
C'est pour cette raison que le Conseil fédéral s'est prononcé, sur proposition du DDPS, en faveur du Gripen E/F de l'entreprise suédoise Saab. Cet avion qui répond aux exigences formulées constitue également un choix en adéquation avec les finances. Le Gripen est par conséquent la solution optimale pour l'armée dans son ensemble. (source DDPS)
Commentaires :
Cette conférence de presse confirme que se sont des informations plus récentes que les éléments du rapport de 2009 qui ont permis de prendre en compte le Gripen E/F. L’avion correspond aux besoins et au cahier des charges demandé par Armasuisse.
Cependant, le Gripen E/F reste plus modeste dans ses capacités que ses deux concurrents, et cela contribue à faire grincer les dents.
Communication insatisfaisante :
Les rumeurs sur le choix ne datant pas d’aujourd’hui, il aurait été plus avisé d’y répondre de manière plus réactive. Malheureusement, les doutes seront longs à dissiper. L’image de notre pays est mise à mal, ainsi que l’ensemble des personnes honnêtes ayant participé aux évaluations.
Offres ouvertes :
Les discussions avec les suédois de Saab vont continuer, ceux-ci continueront d’en avoir la primeur. Mais, rien n’est clos en ce qui concerne l’Eurofighter et le Rafale. Certes, le DDPS va pouvoir faire pression pour négocier le meilleur «deal», mais une offre d’un des concurrents peut éventuellement faire basculer la décision. Imaginons un seul instant que Dassault Aviation améliore encore le prix du Rafale et les choses pourraient changer ! La clef du dossier reste le coût global, la politique n’ayant plus grand chose à voir.
On le sent, des questions restent ouvertes, et tant que rien n’est signé, rien n’est figé !
Ce dossier va encore faire couler de l’encre, le travail des commissions et des sous-commissions va être déterminant et nous ne sommes pas à l’abris de quelques rebondissement !
Photos : 1 Saab NG @ Saab 2 Rafale solo display à Sion, l'avion n'a pas encore complétemenr tourné le dos! @ Paul Marais-Hayer
03/11/2011
La Suisse choisira avant la fin de l’année son nouvel avion de combat, je vous propose un ultime volet sur l’avancée du dossier. Les prix ont baissé et les intérêts politico-industriels refont surfaces ! Les responsables politiques se succèdent à Berne pour expliquer les avantages des avions qu’ils défendent, le suédois suivit du ministre de la défense française Gérard Longuet suivit mardi prochain de l’allemand Thomas de Maizière.
La concurrence à joué son rôle :
La stratégie mise en place par le DDPS et Armasuisse à très bien fonctionné et la crise de la monnaie européenne apporte la cerise sur le gâteau ! Rappelez-vous, on parlait d’un achat à 5 milliards, hors, La semaine dernière c’est un Ueli Maurer (Chef du DDPS) pas peu fier d’annoncer que les mises à jour des offres ne dépasseront pas 4 milliards pour la plus élevée (fourchette de prix) ! La baisse de l’euro, combinée à la stratégie de concurrence ont obligés les trois constructeurs à revoir leurs prix.
Saab Gripen, Dassault Aviation et Cassidian (EADS) doivent impérativement vendre et se devaient d’amener sur la table un projet dont le budget correspond aux finances de la Suisse, sous peine d’être purement et simplement écarté.
L’avion le moins cher reste le Gripen avec une offre à environ 3 milliards, alors que l’Eurofighter ferme la marche à environ 4 milliards. Le Rafale est quant à lui entre les deux.
La situation des trois concurrents :
Le Rafale de Dassault Aviation :
L’avion français reste sans nul doute le favori avec un prix qui se situe, donc, parfaitement dans la ligne de crédits imposé. Ayant réussi le mieux les tests avec 95% de réussite, le Rafale est également proposé avec un partenariat industriel complet qui touche l’avion lui-même mais également la gamme de jets d’affaires «Falcon», le motoriste SNECMA/CFM International et l’ensemble des équipementiers connexes.
Mais le meilleur avion a-t-il été rattrapé par ces concurrents ? La réponse est non, le Rafale est le seuil proposé immédiatement avec un radar à antenne à balayage électronique (AESA) et plusieurs éléments testés à l’époque seront de la seconde génération comme l’optique frontale (OSF) et l’architecture électronique.
Le point faible ? L’avion français n’a pas trouvé à ce jour preneur à l’étranger et certain y voie là, un risque pour notre pays de devenir entièrement dépendant des futurs choix français. Oui, sauf que le Rafale se vendra certainement au EAU et reste bien placé en Inde et leader au Brésil, cette situation va donc évoluer.
Le Gripen de Saab :
L’avion suédois reste donc le moins cher et peut donc jouer sur l’effet du prix. Mais l’argumentation des suédois va jouer également sur le fait que le Gripen à évolué grâce au démonstrateur NG (Gripen Nouvelle Génération). La version proposée à la Suisse sera remotorisée (General-Electric F414) et donc plus puissante, l’architecture électronique sera plus récente et dès 2016 il sera possible d’installer le radar Ericsson RAVEN ES-05 à antenne à balayage électronique (AESA). Mais attention l’avion est le plus petit, l’expérience nous montre qu’il est toujours plus complexe de modernisé un appareil n’ayant que peu de place libre.
Saab propose un travail de collaboration pour la mise à jour de l’ensemble de la flotte des Gripen en services dans le monde et ceci en pleine collaboration avec l’aviation suédoise. L’offre est donc intéressante à la condition, que l’ensemble des clients du Gripen, désirent une telle modernisation. Il existe cependant une inconnue, la viabilité du constructeur SAAB sur le long terme !
L’Eurofighter de Cassidian (ex EADS) :
L’avion le plus cher mais qui rentre malgré tout dans les chiffres. Le consortium européen offre un Eurofighter amélioré avec un radar plus puissant la version CAPTOR-M. Cette version du radar fait partie de la tranche 3A qui prépare l’arrivée en 2016 du CAPTOR-E à antenne à balayage électronique qui pourra être montée en rattrapage. Cassidian offre un partenariat industriel fort avec ses sociétés comme Airbus, Eurocopter, CASA ainsi que les équipementiers du groupe.
Pourtant un risque existe en matière de collaboration du fait de la complexité du consortium Cassidian dont les procédures sont ralenties du fait de l’externalisation des chaines de montage aux quatre pays producteurs.
Le choix du partenariat :
Comme je l’écrivais dans mon dernier article sur le sujet, le choix du nouvel avion de combat revêt une double importance, un partenariat militaire sur le développement de l’avion à long terme (30 ans) et sur l’activité du tissus industriel. L’enjeu n’est pas seulement sécuritaire, mais sera vital en matière de places de travail, alors que nous vivons une période difficile en matière d’emploi !
Liens :
Photos : 1 Les tests selon Nicolas PUG 2 Rafale @ Dassault Aviation 3 Gripen et Gripen NG @ Saab 4 Eurofighter @ Aeronautica Militare