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Un accident vasculaire cérébral (AVC) se produit lorsque la circulation sanguine vers une zone spécifique du cerveau est entravée. Les conséquences d’un AVC dépendent de la localisation et de l’ampleur des dommages causés au cerveau. Avoir une meilleure compréhension du fonctionnement du cerveau vous aidera à mieux appréhender l’AVC.
L’AVC en quelques chiffres
Les accidents vasculaires cérébraux (AVC) sont l’une des principales causes de décès et d’invalidité dans le monde. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), chaque année, environ 15 millions de personnes sont touchées par un AVC et 5 millions en meurent.
En outre, l’AVC est la première cause de handicap physique chez l’adulte, entraînant souvent des déficiences motrices et cognitives significatives.
85 % des AVC sont de type ischémique (artère qui se bouche) et 15% de type hémorragique (artère qui se rompt).
L’AVC est la première cause de mortalité chez la femme avant le cancer du sein et la troisième chez l’homme.
L’âge moyen de survenue d’un AVC est de 74 ans. Le taux de personnes de moins de 65 ans développant un AVC chute à 25% et à 10% chez les moins de 45 ans.
Physiopathologie de l’AVC
Un AVC survient lorsque la circulation sanguine vers une partie du cerveau est interrompue, généralement en raison d’un caillot sanguin ou de la rupture d’un vaisseau sanguin. Cette interruption de la circulation prive les cellules cérébrales d’oxygène, ce qui entraîne leur dysfonctionnement voire leur mort.
Il existe deux principaux types d’AVC : l’AVC ischémique et l’AVC hémorragique.
L’AVC ischémique est le plus fréquent, représentant environ 85 % des cas. Il se produit lorsqu’un vaisseau sanguin est bloqué par un caillot, entraînant une diminution ou un arrêt complet du flux sanguin vers une partie du cerveau. Les principaux mécanismes qui peuvent conduire à un AVC ischémique comprennent :
- La thrombose : formation d’un caillot de sang à l’intérieur d’une artère cérébrale.
- L’embolie : migration d’un caillot de sang provenant d’une autre partie du corps (comme le cœur) vers une artère cérébrale.
- La sténose artérielle : rétrécissement progressif de l’artère cérébrale en raison de dépôts de graisse (athérosclérose) ou d’autres substances, limitant le flux sanguin.
L’AVC hémorragique, quant à lui, se produit lorsqu’un vaisseau sanguin se rompt, provoquant une hémorragie dans le cerveau. Les principaux mécanismes qui peuvent conduire à un AVC hémorragique comprennent :
- Hémorragie intracérébrale : saignement directement dans le tissu cérébral en raison de la rupture d’un vaisseau sanguin.
- Hémorragie sous-arachnoïdienne : saignement dans l’espace entre le cerveau et les membranes qui le recouvrent (méninges) en raison de la rupture d’un anévrisme ou d’une artère cérébrale.
Il existe un autre type d’AVC, on le nomme AIT ou accident ischémique transitoire. Dans ce cas, l’obstruction artérielle est transitoire et n’engage pas de lésion cérébrale. Ses symptômes sont les mêmes que ceux d’un AVC classique mais ne durent que quelques secondes ou minutes. Il passe facilement pour un malaise. Il est néanmoins très important de ne pas le sous-estimer puisqu’il est souvent annonciateur d’une attaque plus grave.
Dans les deux types d’AVC, la privation d’oxygène entraîne des lésions cellulaires, la mort des cellules cérébrales et la libération de substances chimiques inflammatoires, ce qui aggrave les dommages tissulaires. Les conséquences fonctionnelles de l’AVC dépendent de la localisation et de l’étendue des lésions cérébrales.
Les facteurs de risque de l’AVC
Certains facteurs de risque sont dits non modifiables. On peut citer :
- L’âge : le risque est supérieur après 50 ans chez l’homme et après 60 ans chez la femme
- Les antécédents familiaux d’accident vasculaire cérébral ou de maladie cardiovasculaire: un parent proche (père, mère, frère, sœur) a présenté un accident vasculaire cérébral (AVC) avant 45 ans; votre père ou votre frère a présenté une maladie cardiovasculaire (infarctus du myocarde ou mort subite) avant 55 ans; votre mère ou votre sœur a présenté une maladie cardiovasculaire (infarctus du myocarde ou mort subite) avant 65 ans.
Certains facteurs de risque sont dits modifiables comme:
- Le diabète
- L’hypertension artérielle
- La fibrillation auriculaire
- Le tabagisme
- Un taux élevé de cholestérol : LDL
- L’obésité et le surpoids : en cas d’IMC supérieur à 25 (surpoids) ou 30 ( obésité). La mesure du taux de graisse abdominale est significativement corrélée au risque d’AVC
- La sédentarité et le manque d’activité physique: il est recommandé de réaliser un minimum de 30 minutes d’activités physiques par jour
- L’alcool : augmente le risque d’AVC quelque soit le niveau de consommation
Comment reconnaître un AVC?
Plus les symptômes seront reconnus rapidement, plus la prise en charge médicale de l’AVC et la récupération seront efficaces. Il est primordial de reconnaître les symptômes principaux de l’AVC.
- un engourdissement du visage, une impossibilité de sourire ;
- une déformation ou une paralysie du visage : par exemple, la lèvre est tombante d’un côté ;
- une perte de force ou un engourdissement d’un membre supérieur
- un engourdissement ou une faiblesse d’une jambe ;
- un trouble de la parole : difficulté à parler ou à répéter une phrase ;
- une difficulté à comprendre son interlocuteur ;
- une perte soudaine de l’équilibre : instabilité en marchant, comme en cas d’ivresse ;
- un mal de tête intense, brutal et inhabituel ;
- un problème de vision, même temporaire : perte de la vue d’un œil ou vision double.
(impossibilité de lever le bras) ;
L’accident ischémique transitoire ou AIT se traduit par au moins un des trois signes d’alerte :
- engourdissement du visage,
- engourdissement ou perte de force d’un bras,
- cécité ou trouble de la vision temporaire d’un œil
- ou troubles de la parole.
Ces signes disparaissent en quelques minutes. Cela signifie qu’il y a un obstacle à la circulation du sang dans le cerveau. Même s’il n’y a pas de séquelle, il ne faut pas minimiser l’urgence d’une consultation. En effet, il y a un risque important de déclarer un AVC massif dans les jours suivants.
Rééducation des AVC en physiothérapie
La rééducation est une étape cruciale dans le processus de récupération après un AVC. Elle vise à aider les patients à retrouver leurs capacités fonctionnelles et à améliorer leur qualité de vie. La physiothérapie joue un rôle essentiel dans la rééducation des AVC en aidant les patients à récupérer leur motricité et leur fonction physique.
La rééducation en physiothérapie après un AVC peut comprendre plusieurs approches. Tout d’abord, l’évaluation initiale du patient permettra de déterminer l’étendue des déficiences et des incapacités. Ensuite, un plan de traitement individualisé sera mis en place, comprenant des exercices spécifiques visant à améliorer la force musculaire, la coordination, l’équilibre et la mobilité.
La rééducation en physiothérapie peut également inclure des techniques telles que la thérapie par le mouvement, la stimulation électrique fonctionnelle, la thérapie par la miroir et la marche assistée. Ces approches thérapeutiques sont conçues pour aider les patients à réapprendre les mouvements et à rétablir la fonctionnalité perdue.
Il est important de souligner que la rééducation en physiothérapie après un AVC doit être adaptée aux besoins individuels de chaque patient. Les objectifs de rééducation peuvent varier en fonction du degré de déficience et des capacités résiduelles. Une approche multidisciplinaire, impliquant des professionnels de la santé tels que des physiothérapeutes, des ergothérapeutes et des orthophonistes, est souvent nécessaire pour fournir des soins complets et holistiques aux patients.
Conclusion
En conclusion, la physiothérapie joue un rôle essentiel dans le traitement et la rééducation des patients ayant subi un accident vasculaire cérébral (AVC). Grâce à des interventions spécifiques et adaptées, les physiothérapeutes peuvent contribuer de manière significative à la récupération fonctionnelle des patients, en les aidant à regagner leur indépendance et à améliorer leur qualité de vie.
La physiothérapie offre une approche holistique qui vise à restaurer les capacités motrices, à améliorer l’équilibre, la coordination et la force musculaire, ainsi qu’à favoriser la réadaptation fonctionnelle. Les techniques de rééducation, telles que les exercices thérapeutiques, la stimulation musculaire, les mobilisations articulaires et les étirements, sont utilisées pour rétablir la mobilité et la souplesse des patients.
De plus, la physiothérapie permet de prévenir les complications liées à l’immobilité prolongée après un AVC, telles que les contractures musculaires, les troubles respiratoires et les problèmes de circulation. Les physiothérapeutes jouent également un rôle clé dans l’adaptation de l’environnement et l’utilisation de dispositifs d’assistance pour faciliter la vie quotidienne des patients.
Il est important de souligner que la physiothérapie doit être initiée précocement, dès que possible après un AVC, pour optimiser les résultats de récupération. Les séances régulières de physiothérapie, combinées à la motivation et à l’engagement du patient, peuvent contribuer à des améliorations significatives en termes de fonction physique, d’autonomie et de qualité de vie.
En somme, la physiothérapie représente une composante fondamentale de la prise en charge multidisciplinaire des AVC. Les physiothérapeutes, avec leur expertise et leur approche individualisée, sont des acteurs essentiels dans le processus de récupération des patients après un AVC. Grâce à leur accompagnement attentif et à leurs interventions ciblées, ils contribuent à redonner espoir aux patients en favorisant leur retour à une vie active et sociale.