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Lorsque nous nous penchons sur la question de la conscience et essayons de mieux comprendre sa nature, nous faisons face à beaucoup d’interrogations. Nous pouvons nous demander pourquoi nous sommes conscients, quel est le siège de la conscience ou encore comment cette conscience est-elle produite. Nombreuses sont les questions auxquelles nous n’avons la réponse. Mais nous pouvons identifier deux problèmes : le problème facile et le problème difficile de la conscience (en anglais : the hard problem) qui fût énoncé de la sorte par David Chalmers en 1995. Mais que sont-ils ?
Une expérience de pensée
Commençons avec une expérience de pensée célèbre pour illustrer ce qui va suivre. Imaginez Mary qui, ayant vécu toute sa vie dans une pièce noire et blanche, a étudié avec des livres en noir et blanc et regardé la télévision en noir et blanc. Elle est très intelligente, a des connaissances avancées dans tous les domaines de la science et connaît l’existence des autres couleurs. Lorsqu’elle sort finalement de sa pièce noire et blanche, elle fait l’expérience de ce que cela fait de voir des couleurs. Ce que Mary ressent lorsqu’elle voit les couleurs, qui est un contenu subjectif de son esprit, est appelé qualia.
Malgré ses connaissances théoriques complètes des processus physiques permettant de voir les couleurs, ce n’est qu’en en faisant l’expérience qu’elle connut la complète vérité à propose de la couleur. Voici, ainsi un argument contre le matérialisme. Connaître et comprendre la totalité des processus physiques n’informera jamais sur l’expérience subjective qui leur est associée.
Le problème facile
Ce qui est appelé « problème facile » ne l’est pas complètement mais ce n’est pas un problème impossible à résoudre non plus. Il s’agit en fait de percer les secrets du fonctionnement du cerveau. Par exemple, comprendre comment le cerveau intègre des informations ou module l’attention en revient à décrire les mécanismes sous-jacents de la fonction « intégration » ou « attention » du cerveau. Une fois que ces mécanismes sont complètement élucidés, il ne reste ainsi plus de questions à résoudre. Le problème est donc « facile ».
Le problème difficile de la conscience
Quant à lui, le problème difficile s’attaque à la question de la relation entre un processus physique comme les mécanismes du fonctionnement du cerveau et l’expérience subjective comme des états mentaux. Il s’agit de résoudre la question subtile « pourquoi le processus physique P engendre une expérience et pourquoi spécifiquement l’expérience E » ou autrement dit « pourquoi lorsque je vois la couleur rouge, je fais l’expérience subjective du rouge et pas du vert ». Même si nous connaissons comment la couleur rouge est détectée par nos yeux puis interprétée et comprise par notre cerveau, la question de l’expérience mentale subjective du rouge reste inexpliquée. C’est à nouveau ce problème corps-esprit.
Pourquoi est-ce si difficile à résoudre ?
Prenons l’exemple de la théorie des corrélats neuronaux de la conscience (en anglais : neural correlates of consciousness, NCC) qui cherche à déterminer les mécanismes neuronaux minimaux pour qu’une perception consciente spécifique soit possible. Même si ces processus étaient complètement identifiés, la question du « pourquoi cette corrélation entre processus P et expérience E existe » ne serait pas éclaircie. Souvent, il est dit que ce problème ne peut tout simplement pas être expliqué par le matérialisme. Cependant, nous avons pu voir avec l’exemple de Mary ci-dessus que de connaitre et de comprendre l’entièreté des mécanismes physiques ne nous renseignent pas sur les ressentis subjectifs avec lesquels ils sont en relation.
Bien qu’il y ait encore d’autres raisons de montrer que le problème difficile de la conscience est réellement ardu, nous pouvons conclure que la conscience reste mystérieuse principalement par le fait qu’elle est subjective et, en quelque sorte, inaccessible.