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Dans l’ensemble, le nombre d’accidents d’enfants, d’adolescents et de jeunes adultes survenus au cours des deux dernières décennies a connu un net recul (Bureau de prévention des accidents, 2018a). Toutefois, les accidents représentent l’une des causes les plus fréquentes de décès pendant l’enfance et l’adolescence; par exemple, avant l’âge de 14 ans, autant d’enfants meurent des suites d’un accident que d’un cancer (Bureau de prévention des accidents, 2018b). Différentes sources recensent les accidents. On peut se référer au BPA ou aux données de l’Office fédéral des routes (OFROU) (tableau T4.9). Les données publiées sous-estiment cependant le nombre réel d’accidents, du moins pour les accidents entraînant «seulement» des blessures, car ceux-ci ne sont pas toujours déclarés (Bureau de prévention des accidents, 2018b).
Le nombre d’accidents augmente significativement avec l’âge (Bureau de prévention des accidents, 2018b). Dans le trafic routier, les enfants sont en danger en tant qu’usagers de la route actifs aussi bien que passifs. En 2017, parmi les enfants de 0 à 14 ans, il y a eu plus de blessés chez les piétons (N=480) que chez les cyclistes (N=357) ou les passagers d’un véhicule (N=335) (Bureau de prévention des accidents, 2018b). Dès que les adolescents de 15 ans et plus intègrent eux-mêmes le trafic en tant qu’usagers motorisés, le nombre d’accidents augmente globalement; parallèlement, la fréquence des accidents impliquant des hommes croît plus que ceux impliquant des femmes (Bureau de prévention des accidents, 2018b). Cette distinction entre les genres n’apparaît pas chez les moins de 16 ans en ce qui concerne les accidents de la route. Les chiffres européens indiquent un taux de létalité particulièrement élevé chez les moins de 10 ans. Ce groupe d’âge compte en effet 50% des décès causés par le trafic routier (European Transport Safety Council, 2019).
Environ 100 enfants et adolescents meurent chaque année des suites d’un accident en Suisse. Le nombre de blessés est plusieurs fois plus élevé et est dû en grande majorité aux accidents de sport, domestiques et de loisirs.
Le nombre de blessures et de décès dus à des accidents domestiques et de loisirs indique qu’un travail de prévention est nécessaire (voir chapitre Promotion de la santé et prévention). Dans le groupe d’âge des 0–16 ans, les garçons sont plus souvent victimes d’accidents sportifs, domestiques ou de loisirs que les filles. Dans la petite enfance, les accidents surviennent le plus souvent à la maison. La mobilité croissant et les années passant, d’autres lieux dans lesquels séjournent les enfants deviennent le cadre d’accidents. Ainsi, entre 2008 et 2017, en moyenne 38 enfants âgés de moins de 14 ans se sont noyés ainsi que 79 jeunes (15–24 ans), en Suisse. Les causes exactes des accidents domestiques et de loisirs des enfants entraînant des blessures ne sont pas systématiquement publiées. Les blessures recensées à la suite de contacts avec des produits toxiques concernent en majorité les enfants de moins de 5 ans (Tox Info Suisse, 2018, 45,4%). Heureusement, chez les enfants de moins de 16 ans, seuls 1,1% des cas entraînent des conséquences graves et 8,8%, moyennement graves. Le nombre de demandes adressées à Tox Info Suisse a nettement augmenté ces dernières années, ce qui peut également être rapporté au degré de visibilité de ce service de consultation. De manière générale, on admet que le nombre de cas non signalés reste élevé (Dratva & Späth, 2017). L’étude SWIFS+ a publié une prévalence à vie des accidents de 10% dans une population d’enfants de 0 à 2 ans, dont environ la moitié sont sans gravité, tandis que l’autre moitié des cas s’accompagne de blessures plus sévères (Dratva, Späeth & Zemp, 2015).
En comparaison avec les pays européens, la fréquence globale des accidents en Suisse se situe dans le premier tiers, mais dans le deuxième tiers en ce qui concerne les accidents de la route mortels (European Transport Safety Council, 2019).