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Si Silvan Widmer n'est pas ni même un titulaire indiscutable de l'Equipe de Suisse, lundi en huitièmes de finale contre la France, l'Argovien pourrait être appelé à jouer un rôle-clé, en raison de son duel avec la superstar Kylian Mbappé.
Silvan Widmer, c'est un peu l'histoire d'un mec passé sous le radar de l'équipe nationale pendant des années. Ses débuts, il les a faits en 2014. C'était le troisième match de la Suisse sous la direction de Vladimir Petkovic à St-Marin. Depuis ce jour, il n'a ajouté que 17 apparitions supplémentaires en un peu moins de sept ans. La plupart du temps, Widmer était le no 3 du flanc droit de la défense, derrière Stephan Lichtsteiner et Michael Lang. Du coup, Petkovic n'a emmené le défenseur du FC Bâle ni à l'Euro 2016 ni à la Coupe du monde 2018.
Cela devait être à nouveau le cas lors de cet Euro, avec un rôle tout désigné de soutien. Petkovic a fait confiance à Kevin Mbabu, avant que Widmer ne devienne peut-être le seul "gagnant" du point de vue suisse lors du deuxième match contre l'Italie. Sa performance d'une demi-heure au terme d'un match au goût amer a été récompensée par la "Gazzetta dello Sport" par la seule note suffisante dans les rangs helvétiques. Quatre jours plus tard, Widmer était titulaire contre la Turquie et il a pu dire au sortir de cette victoire: "Je suis fier de ma performance."
Le plus grand match de sa carrière
Lundi, Widmer va jouer un match qui, selon lui, "sera le plus grand match de ma carrière, si je joue vraiment". Parce que le huitième de finale de Bucarest se disputera face aux champions du monde français et leurs superstars Kylian Mbappé, Antoine Griezmann et Karim Benzema. Et logiquement, on peut dire qu'il s'agira du plus grand défi de la carrière de l'Argovien.
Joueur défensif sur le flanc droit, Widmer sera impliqué dans les duels avec Mbappé, le champion du monde'18 pour lequel le Paris Saint-Germain a mis cent-quarante-cinq millions d'euros sur la table il y a trois ans pour le faire quitter Monaco. "Il y a un peu de crainte", admet Widmer. Mais le fait d'affronter des adversaires de tout premier plan peut se transformer en avantage: "Nous voyons Mbappé et les autres Français chaque semaine en Ligue des champions. Nous connaissons leurs forces, mais aussi leurs faiblesses. On n'a pas besoin de faire des analyses individuelles détaillées."
Dans ce duel face aux champions du monde, Widmer compte également sur l'expérience acquise en Ligue des Nations l'automne dernier lors des matchs contre l'Allemagne et l'Espagne. "J'ai prouvé là-bas que je pouvais suivre, plus que ça même." Contre l'Allemagne, il a même réussi à marquer le but du 1-1 à Bâle.
Un avantage pour les Helvètes?
La clef du succès ne sera pas seulement d'avoir la bonne tactique ni une volonté de gagner à toute épreuve, mais d'être dans la meilleure condition physique possible avec un quatrième match en dix-sept jours (pour les Français ce sera le quatrième match en quatorze jours). Widmer y voit d'ailleurs des avantages pour la Suisse. Il n'a par exemple joué que 26 matches avec Bâle la saison dernière, en partie à cause d'une blessure à la fin de l'hiver. Kylian Mbappé a de son côté disputé 47 rencontres avec le PSG, tandis qu'Antoine Griezmann en a même joué 51 avec Barcelone.
"Ce n'est pas sain, juge Widmer. Mon ami Bruno Fernandes (réd: le joueur de Manchester United avec lequel il a joué à Udinese) a fait environ septante matches. Il avait l'air épuisé à la télé." Et dans le camp suisse? "Aucun signe de fatigue, conclut-il. Nous avons de l'envie et les capacités, nous voulons prouver que nous pouvons réussir quelque chose."
L'ASF confirme le départ de Petkovic pour Bordeaux
L'ASF confirme le départ de Vladimir Petkovic (57 ans) qui quitte son poste de coach national de l'Equipe de Suisse; il a signé un contrat de trois ans avec les Girondins de Bordeaux.
Petkovic était encore sous contrat jusqu'à la fin de l'année prochaine (en cas de qualification pour la phase finale de la Coupe du Monde au Qatar) avec l'Association suisse de football (ASF). Celle-ci a donc accepté de le libérer avant l'échéance. Les deux parties ont convenu de ne pas dévoiler les modalités de l'accord.
L'ASF et le club français, qui vient de changer de propriétaire, ont officialisé le transfert en soirée. Les quotidiens Blick et L'Equipe avaient rendu publique l'information en fin d'après-midi sur leurs sites internet.
V. Petkovic: "sept années merveilleuses"
"Je tiens à remercier les responsables de l’ASF d'avoir accédé à mon souhait et de m'avoir laissé partir pour un nouveau défi", a déclaré Petkovic. "Ce furent sept années merveilleuses que je n'oublierai jamais. Je tiens également à remercier tous ceux qui m'ont soutenu et accompagné pendant cette période afin de rendre ces succès possibles pour notre pays", a-t-il encore dit.
Le technicien était en poste depuis le 1er juillet 2014. Il a mené les "Rouges" à l'Euro'16, à la Coupe du monde'18 (qualification pour les huitièmes de finale à chaque fois) et enfin aux quarts de finale l'Euro'21, début juillet, après avoir réussi à éliminer la France championne du monde aux penalties.
78 matches
Le natif de Sarajevo est le sélectionneur qui a dirigé l'Equipe de Suisse le plus souvent, avec septante-huit matches (quarante-deux victoires, quinze résultats nuls, vingt-et-une défaites), soit un de plus que Karl Rappan. Ce dernier avait été en poste à quatre reprises durant plus d'un quart de siècle au total (1937 -63).
Le directeur de l'équipe nationale, Pierluigi Tami, regrette le départ anticipé de Petkovic: "Je peux comprendre Vlado, mais je suis déçu que nous devions mettre fin prématurément à notre coopération fructueuse. C'est avec le cœur lourd que nous devons le laisser partir. Je lui souhaite le meilleur dans son nouveau défi".
"Nous sommes tristes que Vladimir Petkovic nous quitte, mais nous sommes très reconnaissants à Vlado pour les sept années extrêmement bonnes et réussies qu'il nous a données en tant qu'entraîneur national," a, pour sa part, ajouté le président de l'ASF Dominique Blanc.
Retour au football de club
Cette arrivée en Ligue 1 constitue un retour au football de club pour Petkovic. Son dernier poste avant de diriger la sélection helvétique l'avait mené à la Lazio Rome de juin 2012 à décembre 2013. Dans la capitale, il avait gagné la Coupe d'Italie. Plus tôt, il avait dirigé Lugano, Bellinzone, les Young Boys qui ont raté le titre de champion de Suisse après avoir compté treize points d'avance sur le FC Bâle, Samsunspor et le FC Sion.
A Bordeaux, Petkovic va remplacer Jean-Louis Gasset sur le banc des Girondins. "Il a le profil parfait pour s'inscrire dans le projet long terme avec le club. Recruter un tel coach avec une telle aura et un tel CV, c'est aussi la preuve de notre ambition pour cette saison", a déclaré Gérard Lopez, propriétaire des Girondins.
A deux doigts de la rétrogradation administrative
Le technicien arrive dans un club qui a connu récemment de nombreux déboires et qui a échappé in extremis à une relégation administrative sur le tapis vert en raison de gros problèmes financiers. L'homme d'affaires hispano-luxembourgeois Gérard Lopez en est devenu le propriétaire cet été.
Cet article a été publié automatiquement. Source : ats
Favre n'est pas candidat à l'éventuelle succession de Petkovic
Lucien Favre ne sera pas le successeur de Vladimir Petkovic à la tête de l'équipe de Suisse si ce dernier devait quitter son poste cet été. Christophe Payot, l'agent du Vaudois l'a confirmé.
"Lucien Favre et moi-même recevons beaucoup de demandes de la part de journalistes ces jours, ce qui est normal. Mais comme Lucien Favre l’a déjà déclaré vendredi dernier dans son communiqué, il ne va pas reprendre une équipe durant cet été, et cela est donc aussi valable pour l'équipe de Suisse, explique Christophe Payot. Lucien Favre a été très demandé ces derniers mois par de très bons clubs, mais il tient à s’accorder une parenthèse après ses deux ans et demi à Dortmund comme il l’avait déjà fait après ses expériences au Hertha Berlin et au Borussia Mönchengladbach."
Cet article a été publié automatiquement. Source : ats
Héroïques, les "Rouges" sont éliminés aux penalties!
Malgré des coups durs à répétition, l'Equipe de Suisse a résisté à dix contre onze jusqu'au terme des prolongations (1-1) face à l'Espagne, avant de craquer lors de la séance des tirs au but (1-3). Les Ibériques affronteront l'Italie en demi-finale.
Quatre jours après avoir éliminé la France aux penalties en huitièmes de finale, les Helvètes subissent le même sort face à l'Espagne en quarts de finale. Lors de la séance décisive, seul Mario Gavranović a transformé son essai. Fabian Schär et Manuel Akanji ont vu leurs envois être arrêtés par le gardien ibérique Unai Simón, alors que Ruben Vargas, le dernier tireur suisse, a tiré par dessus. Avant cela, ils avaient livré un match digne d'éloge à tous égards, prouvant à l'Europe du ballon tond tout entière que leur présence à ce stade de la compétition ne devait absolument rien au hasard.
Shaqiri a encore frappé !
Après un début de match franchement pénible, la sortie sur blessure de Breel Embolo et une ouverture du score malencontreusement concédée, reprise de volée de Jordi Alba déviée par Denis Zakaria, titularisé en lieu et place de Granit Xhaka (dont l'absence s'est - comme prévu - fait sentir), ils sont su refaire surface progressivement durant le dernier quart d'heure de la première mi-temps déjà, avant de prendre la direction des opérations en seconde période. D'ailleurs, le demi genevois a été l'un des premiers à se montrer véritablement dangereux. Son coup de tête passant de peu à côté des buts espagnols. Les joueurs de Vladimir Petković sont ensuite allés crescendo: ils sont parvenus à égaliser par Xherdan Shaqiri, décidément LE joueur des grandes occasions, magnifiquement servi par Remo Freuler, dont l'action, la passe notamment, est un modèle d'intelligence de jeu, de sang-froid et de lucidité.
Freuler expulsé
Hélas! Le même Freuler allait être expulsé pour un tacle dangereux, les deux pieds en avant, à un quart d'heure de la fin. Dès ce moment-là, le onze helvétique n'a plus eu voix au chapitre, ou presque. Des occasions espagnoles qui se multiplient, avec soit Yann Sommer qui réalise des arrêts de grande classe, soit des défenseurs suisses qui bloquent des tirs ibériques à bout portant. Devenue inévitable après cent-vingt minutes éreintantes, la séance des tirs au but a suscité un certain espoir, mais des craintes aussi au vu de l'état de fatigue avancé de la plupart des "Rouges".
Objectif: Coupe du Monde
Quoi qu'il en soit, le parcours réalisé par les "Rouges" lors de cet euro retardé d'un an est vraiment digne de tous les éloges et, en même temps, porteuse d'espoir pour le futur. Cette équipe nationale a gagné en maturité et en reconnaissance sur tout le Vieux-Continent. Le soutien manifesté tant par le public russe vendredi à Saint-Pétersbourg, qui n'a cessé de siffler les Espagnols dès qu'ils se sont retrouvés en supériorité numérique, comme du public roumain lundi soir à Bucarest, en est la meilleure illustration. Aujourd'hui, "Vlado", ses internationaux et son encadrement, ont un objectif, un seul: obtenir la qualification, directe si possible, pour la Coupe du Monde au Qatar l'an prochain (21.11-18.12.22).
Rendez-vous le 5 septembre face à l'Italie
Avec un prochain rendez-vous dans le tour préliminaire face à l'Italie, le 5 septembre à Bâle. Face aux mêmes adversaires qui les ont nettement battus (3-0) le 16 juin à Rome. Sauf que cette fois, le contexte sera totalement différentes, avec un onze helvétique prêt à faire jeu égal les joueurs de Roberto Mancini, désormais demi-finalistes de l'Euro, après leur victoire sur la Belgique (2-1) vendredi soir à Munich grâce à des buts de Barella et Insigne, alors que les "Diables Rouges" ont réduit l'écart en toute fin de première sur penalty. En attendant, les Italiens affronteront l'Espagne de Luis Enrique mardi (21h) à Wembley.
Actualisé à 23h33
Les "Rouges" doivent oublier la France
L'Equipe de Suisse devra oublier l'exploit réalisé lundi pour espérer obtenir une nouvelle qualification face à l'Espagne.
L'exploit réalisé face à la France en huitième de finale de l'Euro appartient déjà au passé. Les Helvètes doivent faire fi des émotions engendrées par cette victoire retentissante pour aborder au mieux son quart de finale face à l'Espagne, vendredi à 18h à St-Pétersbourg.
Les "Rouges" de Vladimir Petkovic n'aurait peut-être pas pu rêver d'un meilleur écrin que le stade de l'ancienne Cité impériale pour exorciser un peu plus ses vieux démons. C'est là qu'elle avait subi la loi de la Suède (0-1) en huitième de finale de la Coupe du monde en Russie voilà trois ans.
Granit Xhaka ne sera pas sur le terrain vendredi à St-Pétersbourg. C'est un coup dur. Mais le capitaine tiendra certainement son rôle de motivateur à merveille jusqu'au coup d'envoi. Son remplaçant, vraisemblablement Denis Zakaria, devra alors prendre le relais techniquement et tactiquement sur le terrain.
Vladimir Petkovic peut être serein. Ses choix ont été payants face à la France, les "jokers" ont su répondre présent sous la pression. "C'est un sport d'équipe. Celui qui remplacera Granit sera prêt à 100%", rappelle par ailleurs Remo Freuler, conscient qu'il aura lui-même de plus grandes responsabilités à prendre.
Shaqiri en détonateur
Mais s'il y a un joueur qui devra sortir le grand jeu vendredi côté suisse, c'est Xherdan Shaqiri. Auteur d'un doublé crucial lors du match décisif de la phase de poule face à la Turquie, l'attaquant de Liverpool n'a pas eu le même impact en 8e de finale. A bout de souffle, il était sorti à la 73e minute, à 2-1 pour la France.
Promu capitaine en l'absence de Granit Xhaka, "XS" doit être le dépositaire du jeu offensif helvétique face à l'Espagne. Un jeu offensif qui a fini par faire plier la redoutable défense française, et qui devra trouver le moyen de percer une défense espagnole bien perméable en 8e de finale face à la Croatie (5-3 ap).
Le souvenir de Durban
Il s'agira aussi de se montrer solide et réaliste face à une Roja qui ne va pas se contenter d'attendre et qui a trouvé son rythme de croisière. Après des débuts hésitants (0-0 face à la Suède, 1-1 face à la Pologne), les hommes de l'entraîneur Luis Enrique ont marqué cinq buts tant face à la Slovaquie (5-0) que face à la Croatie.
"Nous nous attendons à affronter un adversaire qui attaque plus haut et qui se montre moins passif que les Français en première mi-temps", souligne à juste titre Christian Fassnacht.
Cette formation espagnol est par ailleurs doublement prévenue. D'une part, elle a vu lundi ce dont son adversaire était capable. D'autre part, son capitaine Sergio Busquets était déjà sur le terrain lors de la Coupe du Monde en Afrique du Sud (16.06.10) à Durban, où l'Equipe de Suisse est venue à bout des futurs champions du monde espagnols (1-0) sur une réussite de Gelson Fernandes.
Prudence dans le camp espagnol
L'Espagne aborde son quart de finale de l'Euro contre la Suisse avec prudence et respect. La Roja affiche néanmoins une confiance retrouvée grâce aux dix buts inscrits dans ses deux derniers matches.
Le bilan des confrontations entre les deux équipes incite à l'optimisme côté espagnol: seize victoires pour la Sélection ibérique, contre une unique victoire pour la Suisse et cinq matches nuls. L'unique succès helvétique étant l'inoubliable 1-0 de Durban lors de la Coupe du monde 2010.
Onze années ont passé depuis. L'Espagne n'est plus ce rouleau-compresseur qui avait remporté successivement l'Euro 2008, le Mondial 2010 et l'Euro 2012. Elle se garde bien de tout excès de confiance avant ce quart de finale, ne cessant de louer les qualités de l'équipe de Suisse.
Un "match compliqué"
Les Espagnols avaient il est vrai souffert l'automne dernier lors de la double confrontation avec la Suisse dans le cadre de la Ligue des Nations, s'imposant 1-0 à Madrid avant de concéder le nul 1-1 à Bâle. "Ce furent des matchs vraiment très difficiles", se souvient Ferran Torres.
"Ils mettent beaucoup de pression et te rendent la tâche difficile", enchaîne l'ailier de Manchester City, auteur d'un but tant face à la Slovaquie que face à la Croatie. Le défenseur Cesar Azpilicueta prédit d'ailleurs un "match compliqué", vantant la force de caractère dont la Suisse a témoigné face à la France.
Pas de grande star
Les médias ibères parlent eux d'une équipe compacte et équilibrée "sans grande star", d'autant plus que la suspension de Granit Xhaka prive la Suisse de son maître à jouer. "Ce n'est pas une équipe qui sème la terreur à l'évocation des grands noms de ses joueurs. Mais elle n'a rien à perdre", écrit ainsi le journal Marca.
Malgré tout, le rôle du favori sera bien tenu par l'Espagne, même si elle-même n'aligne pas non plus de véritable star. La Seleccion a dû supporter les sifflets de ses propres fans dans ses deux premières sorties à Séville avant de se ressaisir lors de son dernier match de poule face à la Slovaquie.
Deux ailiers en renfort
Son entraîneur Luis Enrique a su effectuer les bons changements afin de mettre en œuvre avec succès sa tactique basée sur la possession du ballon. Il fait désormais confiance à Ferran Torres et Pablo Sarabia, deux ailiers apportant l'élan offensif qui avait fait défaut face à la Suède (0-0) et à la Pologne (1-1).
Tous deux buteurs lors du dernier match de la phase groupe comme en huitième de finale, Ferran Torres (Manchester City) et Pablo Sarabia (PSG) sortaient d'une saison difficile en club. Leur fraîcheur et leur énergie s'avèrent finalement des pièces essentielles du puzzle mis en place par Luis Enrique.
La Suisse en liesse (vidéo)
La Suisse a signé le plus bel exploit de son histoire à Bucarest en 8e de finale de l'Euro
Le 28 juin 2021 restera à jamais comme le grand soir du football suisse. A Bucarest, la Suisse a éliminé la France pour se hisser en quart de finale de l'Euro 2021. La sélection de Vladimir Petkovic a sorti les champions du monde en titre, 5-4 aux tirs au but. Elle affrontera l'Espagne vendredi en quart de finale à St-Pétersbourg.
Revivez l'explosion de joie des supporters suisses en images.
La Suisse a forcé la décision aux tirs au but pour effacer les souvenirs mortifiants de Cologne 2006 et de Saint-Etienne 2016. Les cinq frappeurs suisses, Mario Gavranovic, Fabian Schär, Manuel Akanji, Ruben Vargas et Admir Mehmedi, n'ont laissé aucune chance à Hugo Lloris alors que Yann Sommer a stoppé le cinquième penalty des Tricolores qui a été frappé par la star Kylian Mbappé.
Après avoir renvoyé au pays les Champions du monde et avoir brisé enfin ce plafond de verre des huitièmes de finale, la Suisse ne doit plus avoir aucune limite. Son prochain défi la conduira sur la pelouse maudite de Saint-Pétersbourg, où elle avait été éliminée il y a trois par la Suède lors de la Coupe du monde 2018. Elle défiera l'Espagne pour une place dans le dernier carré. Sans malheureusement l'admirable Granit Xhaka. Le capitaine sera suspendu pour avoir écopé un second carton jaune dans ce tournoi.
La plus belle
La chronique de ce huitième de finale raconte que la Suisse a été menée 3-1 à la 75e alors qu'elle aurait pu, qu'elle aurait dû, mener 2-0 à la 55e. Le penalty raté par Ricardo Rodriguez fut le premier tournant d'une rencontre qui restera longtemps dans les mémoires. Et qui restera comme la plus belle jamais livrée par l'équipe de Suisse en raison non seulement de la performance de ses joueurs mais aussi et surtout du standing de l'adversaire. Regarder la meilleure équipe du monde les yeux dans les yeux pendant 120 minutes n'est pas donné à n'importe qui.
Avec d'un côté les onze titulaires de Bakou face à la Turquie et de l'autre une équipe articulée pour la première fois dans une phase finale autour d'une défense à trois, la Suisse s'avançait au coup d'envoi avec un avantage. Elle était habitée par ses certitudes alors que les Français nageaient dans un doute certain.
Même si Kylian Mbappé était apparu en jambes dans les premiers instants de la rencontre, le début de match était celui espéré par les Suisses. Ils pouvaient poser leur jeu avec une assise collective qui leur permettait de gommer un manque de justesse technique que l'on pouvait parfois déceler.
Une première depuis 1954
Au quart d'heure, la Suisse avait le bonheur d'ouvrir le score sur une tête de Haris Seferovic. Le Lucernois a pris le meilleur sur Clément Lenglet, qui n'avait pas disputé la moindre minute de jeu lors du premier tour, pour reprendre victorieusement un centre de Steven Zuber, auteur en la circonstance de son quatrième assist du tournoi. C'est la première fois depuis 1954 et le funeste quart de finale de la Coupe du monde contre l'Autriche que la Suisse menait au score dans une rencontre à élimination directe. L'histoire était en marche.
Elle devait malheureusement balbutier en l'espace de quatre minutes seulement. A la 55e, la VAR dictait un penalty pour une faute de Benjamin Pavard sur l'admirable Steven Zuber. Ricardo Rodriguez voyait sa frappe repoussée par Hugo Lloris qui stoppait son premier penalty en équipe de France depuis neuf ans.
Le Zurichois échouait pour la troisième fois de suite dans cet exercice en sélection après ses ratés de 2019 contre l'Eire et de mai dernier face aux Etats-Unis. N'aurait-il pas été plus judicieux de modifier la hiérarchie des tireurs pour "décharger" un Rodriguez qui s'est morfondu ces derniers mois sur le banc des remplaçants du Torino ?
L'échec de Rodriguez devait galvaniser les Français qui évoluaient en 4-2-4 depuis la reprise avec l'introduction de Kingley Coman pour Lenglet. Après une perte de balle de Seferovic, Karim Benzema pouvait égaliser en devançant la sortie de Yann Sommer. A la 59e, l'attaquant du Real Madrid surgissait cette fois après un centre d'Antoine Griezmann pour le 2-1. En grande souffrance en première période, Paul Pogba donnait à la 75e deux longueurs d'avance aux Champions du monde avec une frappe splendide dans la lucarne de Sommer.
Des ressources cachées
On pensait que la messe était dite. Mais c'était sans compter sur les ressources cachées de cette équipe de Suisse et le coaching gagnant de Vladimir Petkovic, qui lançait des forces vives dans la bataille avec les introductions de Mario Gavranovic, de Christian Fassnacht et de Kevin Mbabu.
Seferovic pouvait ainsi réduire le score sur une nouvelle tête victorieuse à la 81e avant l'égalisation à la 90e de Mario Gavranovic, lancé par une passe lumineuse de Xhaka. Le 39e France - Suisse de l'histoire a vraiment épousé un scénario complètement fou.
Avec ATS Keystone.
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