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Klaus Davi est une star du petit écran en Italie. Régulièrement invité par les TV nationales et privées en qualité de spécialiste des médias et de la communication, il est né à Bienne. Il vit en Italie depuis 1986. Portrait.
Visage juvénile et un peu poupin, petites lunettes rondes, cheveux courts et gominés, toujours tiré à quatre épingles, Klaus Davi est un familier des télespectateurs italiens.
Il plaît au public pour son attitude réservée et son très léger accent un peu indéfinissable, entre l'allemand et le français. D'ailleurs les Italiens l'appellent «lo Svizzerotto», «le petit Suisse» un peu ironiquement.
Issu d'une famille italo-allemande, le vrai nom de Klaus Davi est Sergio Klaus Mariotti. «Davi, dit-il, c'est le nom que j'ai adopté pour ma profession. C'est le patronyme de mon grand-père maternel.»
Le jeune Sergio est bilingue à l'image de sa ville même s'il fréquente l'école en français. Il suit toutes ses classes dans la cité seelandaise jusqu'à l'obtention de sa maturité gymnasiale. «Puis j'ai décidé d'aller voir du pays», lance-t-il.
Le Biennois bourlingue. Il étudie en Allemagne puis en France et en Belgique avant de prendre le chemin de l'Italie. «Je me suis installé à Milan en 1986 et j'ai conclu mes études à l'Université où j'ai obtenu une licence en philosophie morale.»
Le journalisme, une passion
Polyglotte puisqu'il parle couramment quatre langues - fait peu courant en Italie - Sergio Klaus Mariotti n'est pas encore Klaus Davi lorsqu'il se lance, très vite, dans le journalisme. «Grâce à ma connaissance des langues, j'ai vite fait mon chemin dans le monde de la presse», raconte-t-il.
En 1991, il est engagé par la rubrique culturelle du prestigieux quotidien Corriere della Sera où il effectue son stage de journaliste. Parallèlement, il multiplie les collaborations et signe dans l'Unità, l'organe du parti communiste italien et dans Panorama, un mensuel engagé.
En 1994, à 27 ans, il fonde l'agence de communication «Klaus Davi & Co», basée à Milan. «Le journalisme est resté ma passion et même si mon agence s'est développée dans les études de marché, les campagnes publicitaires et les sondages, j'ai continué à écrire.»
La célébrité grâce au petit écran
Son nom commence à circuler dans les milieux qui comptent. Sa signature figure au bas de rubriques dans l'hebdomadaire L'Espresso puis dans le quotidien Il Foglio dirigé par le célèbre mais controversé Giuliano Ferrara.
La télévision ne veut pas être en reste et Klaus Davi est de plus en plus souvent invité à participer à telle ou telle émission, à donner son avis lors de programmes ou reality shows comme «Il grande fratello», l'équivalent italien de «Loft Story» ou encore «L'Isola dei famosi» («Koh-Lanta»).
Il devient rapidement une célébrité. la Rai - la télévision nationale - et Mediaset, les chaînes privées de Silvio Berlusconi se l'arrachent.
Klaus Davi se défend d'être une star: «Je suis un journaliste, un technicien de la communication, pas une célébrité», affirme le Biennois d'origine.
Une belle image de la Suisse
Quels liens a-t-il gardé avec son pays natal? «Des liens très forts, je me rends souvent à Lugano où j'ai beaucoup d'amis, à Genève où mon agence s'occupe de la publicité d'une société de croisières et quelques fois à Bienne, une ville qui m'a beaucoup donné où j'ai encore de la famille.»
En Italie, le «Svizzerotto» Davi a à coeur de véhiculer une belle image de la Suisse: «Je suis un messager de la précision et de la rigueur helvétiques. Je n'arrive jamais en retard à un rendez-vous, jamais, même si je suis coincé dans un embouteillage au beau milieu de Rome!»
Klaus Davi estime que l'idée que les Italiens se font de la Suisse a évolué ces dernières années: «La Suisse frappe par sa créativité, par son dynamisme. Elle est admirée et un peu enviée», dit-il.
Amour-haine
Le rapport de ce spécialiste des médias, ce «massmediologo» comme l'appellent les Italiens, avec le pays de son père est ambigu: «c'est un peu un rapport d'amour-haine» admet-il.
«Lors de situations de désorganisation, de mauvaise gestion, je me sens différent» souligne Klaus Davi. Un temps chantre de la gauche - il avait même été porte-parole de Piero Fassino en 2001 - aujourd'hui Klaus Davi la rend responsable des maux qui frappent la péninsule: «La gauche n'a pas su gouverner comme il aurait fallu et a porté les gens à l'exaspération, ce qui explique la nette victoire de Berlusconi en avril dernier.»
Klaus Davi est optimiste quant au futur de la Botte même s'il avoue: «D'ici quelques années, j'achèterai une maison en Suisse, au Tessin ou sur les bords du Léman.»
swissinfo, Gemma d'Urso, de retour de Milan
En bref
Klaus Davi, de son vrai nom Sergio Klaus Mariotti, est né à Bienne (canton de Berne) en 1967 d'un père italien et d'une mère allemande.
Il s'est installé à Milan en 1986. Licencié en philosophie morale de l'Université de Milan, il s'est lancé dans le journalisme et a changé son nom, adoptant le patronyme du grand-père maternel.
En 1994 il a fondé son agence de communication et relations publiques «Klaus Davi & Co» à Milan.
Aujourd'hui, l'agence compte une succursale à Rome et emploie 40 personnes.
La «Klaus Davi & Co» orchestre les campagnes publicitaires de grandes marques comme Campari, Fiat, Lancia Ypsilon, L'Oréal, Lorenz-Casio, Martini & Rossi, Peroni, Smart et Superga pour ne citer que les plus connues.
Elle se charge aussi de la communication de la Communauté juive italienne, de plusieurs régions et communes italiennes et d'associations professionnelles.