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(VL) L'agriculture n'est pas un thème qui a joué un rôle clé dans cette campagne. Ce qui est surprenant, car les milieux agricoles cherchent pourtant à médire sur la nouvelle politique agricole (PA14-17). Et cela même si les faits dépeignent un autre tableau. Comme l'a montré une étude récente commandée par l'Office fédéral de l'agriculture, la population suisse soutient clairement le processus de réforme de la politique agricole
. Une production de denrées alimentaires respectueuse de la nature et des formes de production qui préservent la diversité écologique, sont des préoccupations particulièrement importantes pour la population.
Les électrices et les électeurs peuvent contribuer au développement futur de la politique agricole lors des prochaines élections du Parlement. Le nœud du problème, c'est que la politique agricole est complexe, et peu de partis et de parlementaires formulent concrètement leurs objectifs pour l'agriculture. Vision Agriculture a passé au crible le comportement des partis face à l'agriculture et est arrivée à une conclusion surprenante.
La politique agricole semble plus qu'aucun autre domaine politique être sujette au populisme. Le populisme, c'est quand un comportement politique rapporte potentiellement des voix d'électeurs, mais va à l'encontre de solutions objectives et raisonnables ou des propres convictions du parti. Il y a deux raisons principales pour expliquer la situation souvent difficile de la politique dans le domaine de l'agriculture. Les parlementaires qui votent contre le lobby paysan concernant la politique agricole, surtout ceux qui viennent de milieux agricoles, sont régulièrement attaqués et frappés d'ostracisme. Cela joue un rôle considérable dans les médias agricoles qui soit appartiennent eux-mêmes à l'Union suisse des paysans (USP), soit coopèrent étroitement avec eux. Après chaque vote important concernant la politique agricole, des articles sont publiés qui nomment spécifiquement les politiciens ou partis qui n'ont pas voté dans le sens de l'USP. Une discussion critique et équilibrée fondée sur une base objective n'a pratiquement jamais lieu dans la presse agricole. Des jugements indifférenciés et le maintien des valeurs conformes à l'organisation faîtière dominent la discussion.
Dans les médias non agricoles, les votes sur la politique agricole par partis ne sont pratiquement jamais analysés, car la politique agricole n'intéresse que peu le public. Pour la popularité, une politique pragmatique dans le domaine de l'agriculture ne vaut donc pas la peine. C'est une des raisons des résultats de votations de parlementaires qui semblent trop souvent irrationnels concernant la politique agricole, ainsi que de l'influence si grande du "lobby paysan". Ce sont les Verts libéraux qui se sont positionnés de la manière la plus conséquente pour des solutions politiques pragmatiques, tout en s'alignant en même temps sur les lignes du parti, qui s'est positionné à plusieurs reprises avec ses propres motions pour une politique agricole axée sur des objectifs conforme à l'article 104 de la Constitution. Le Parti socialiste suisse et les Verts ont aussi largement essayé de résister à la tentation populiste.
Les partis du centre et les Libéraux-Radicaux ont agi de manière moins homogène. Il est frappant de voir des politiciens Libéraux-Radicaux ont souvent voté sur des sujets agricoles de manière diamétralement opposée aux préoccupations libérales. L'influence directe du secrétaire de l'USP et du Conseiller national Libéral-Radical Jacques Bourgeois sur ses collègues de parti est évidente. Dans le Parti démocrate-chrétien, la balance a penché en faveur du lobby paysan depuis que le Conseiller national Markus Ritter, nouveau président de l'USP, essaie de remettre son parti sur les rails. Pendant les débats parlementaires sur la réforme agricole en 2012, c'était encore différent. A cette époque, les propositions audacieuses du Conseil fédéral avaient pu être adoptées au Parlement presque sans problème grâce au soutien de quelques politiciens compétents des partis du centre, comme le Grison Hassler Conseiller national du Parti bourgeois-démocratique, malgré la résistance acharnée de l'USP et de l'Union démocratique du centre.
L'Union démocratique du centre serre les rangs et vote presque sans exception dans le sens du lobby paysan. C'est étonnant du point de vue politique. En tant que parti qui inscrit tout en haut de son programme les restrictions des dépenses publiques et un usage des deniers publics tourné vers les performances, l'UDC vote pratiquement unanimement dans le domaine de l'agriculture pour les paiements forfaitaires inefficaces à la place de la rémunération de prestations ciblées. De telles contradictions ne sont presque jamais thématisées. Au contraire, cela permet au parti de se profiler avec son engagement populiste comme un parti ancré chez les paysans. La politique agricole sera aussi réalisée en fonction du scrutin. Les parlementaires qui agissent pour une politique indépendante du lobby paysan, pragmatique et ciblée en faveur d'une agriculture durable, doivent faire preuve d'un sacré courage. Avec notre bulletin dans l'urne, nous pouvons aussi veiller à ce que des voix non populistes, mais fortes et audacieuses se fassent entendre. P.S. sur notre propre position:
Est-ce qu'un atelier de réflexion peut se permettre de s'immiscer en politique ? Penser et agir vont de pair pour Vision Agriculture. Et l'action n'est pas efficace dans l'agriculture suisse sans implication dans la politique. Vision Agriculture ne donne aucune consigne de vote. Cependant nous considérons que c'est l'une de nos tâches non seulement de fournir un travail minutieux, mais aussi de nous positionner dans le processus politique. Vision Agriculture est indépendante, mais pas neutre.