Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06929.jsonl.gz/662

Platon met en scène la condition immédiate de tous les hommes, la nôtre comme celle de nos plus lointains ancêtres tant que celle-ci n’est pas profondément transformée par la vigilance philosophique.
Cette condition est métaphoriquement celle d’un prisonnier d’une caverne. Platon veut signifier par là que notre rapport au réel est un rapport imaginaire, médiatisé à notre insu par une langue, un milieu culturel, des habitudes, des maîtres de la parole, une corporéité et une affectivité etc. Nous n’avons pas spontanément conscience que nos représentations, nos jugements, nos valeurs sont fabriqués, convenus. Nous les revendiquons comme des pensées personnelles témoignant par là de notre méconnaissance de ce que penser veut dire. Notre rapport à nous-même est tout aussi imaginaire que notre rapport au réel.
La caverne symbolise cette aliénation de l’esprit qui lui fait prendre pour un véritable savoir ce qui n’est que de la croyance ou de l’opinion.
Platon appelle doxa le type de discours qui règne dans la caverne. Il lui oppose le principe d’une autre forme de connaissance : la connaissance intelligible par rapport à la connaissance sensible, la science par rapport à l’opinion. Mais pour s’affranchir du pouvoir des opinions une transformation radicale de notre rapport au monde est nécessaire.