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Il y a quelques mois, l'institution n'anticipait qu'une croissance de 3%, alors que la fourchette s'établit désormais entre 2 et 4,9% en fonction des scénarios. Mais la guerre en Ukraine a rendu difficile cette évaluation il y a quelques mois, a admis l'économiste de l'OMC, Coleman Nee.
Autre indication, l'organisation estimait aussi en avril que la progression devait s'accélérer l'année prochaine, à 3,4%. Mais le commerce mondial devrait diminuer jusqu'à 2,8% en cas de dégradation mais augmenter de 4,6% en cas de bonne surprise.
En cause, l'économie fait face à d'importantes turbulences provoquées par la guerre en Ukraine, les effets sur les prix énergétiques et alimentaires, l'inflation et les politiques des banques centrales. La situation reste très incertaine, dit l'organisation. Elle s'attend notamment à une réduction des importations en Europe et Amérique latine et des exportations de pays en développement où la marge de manoeuvre financière n'est pas très importante.
La directrice générale de l'OMC Ngozi Okonjo-Iweala a relevé mercredi devant la presse que le commerce a montré qu'il pouvait maintenir l'économie, même si la pandémie a eu des effets avant même la guerre en Ukraine. Elle avait alerté la semaine dernière sur une "récession mondiale".
Mise en garde sur des restrictions
Mercredi, elle a admis que les responsables politiques sont confrontés à des choix "très difficiles" face à de "multiples crises". Elle met en garde aussi contre toute restriction commerciale qui "ne ferait qu'aggraver les tensions inflationnistes".
La demande d'importations devrait diminuer en raison d'un ralentissement économique dans les grands pays. L'augmentation des prix de l'énergie va provoquer une réduction des dépenses des ménages, ajoute l'organisation.
Aux Etats-Unis, les décisions sur les taux d'intérêt auront un impact sur le logement, l'automobile et l'investissement en capital fixe. De son côté, la Chine reste exposée aux effets du coronavirus et aux perturbations liées à la petite demande extérieure.
Exportations russes largement en diminution
Et comme d'autres institutions, l'OMC alerte elle sur l'insécurité alimentaire et le surendettement à attendre dans les pays en développement. Elle appelle à une diversification de la production entre les différents pays.
Au deuxième trimestre, la valeur du commerce mondial a progressé de 17% par rapport à la même période l'année dernière. Les exportations depuis la Russie et la région qui l'entoure ont chuté de plus de 10% sur un an et les importations ont reculé de plus de 21%, mais une relance est attendue pour 2023. A l'inverse, le Moyen-Orient est la région où le commerce mondial devrait avancer le plus cette année.
L'OMC revoit aussi à la baisse ses prévisions pour le Produit intérieur brut (PIB) mondial, à moins de 3% pour cette année et 2,3% en 2023, soit 0,9 point de pourcentage en moins. En août, les tarifs mondiaux des céréales ont augmenté de 15% sur un an. Les prix du gaz ont notamment progressé en Europe de 350%, avant de diminuer récemment, a aussi dit l'organisation.