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Un fermier canadien du Saskatchewan, qui a tué sa fille handicapée parce qu'il ne supportait plus de la voir souffrir, peut encore échapper à la peine d'emprisonnement à vie si le gouvernement fédéral fait usage de sa prérogative royale en le graciant (Lancet 2001 ; 357 : 372).La Cour Suprême du Canada a décidé de ne pas gracier Robert Latimer qui ne ménageait pourtant pas ses efforts pour obtenir une exemption constitutionnelle de l'accusation de meurtre de sa fille Tracy, atteinte d'infirmité motrice cérébrale et âgée de douze ans au moment des faits, en 1993.«Tuer une personne pour la soulager de ses souffrances causées par une condition physique ou mentale médicalement gérable et qui ne menace pas sa vie n'est pas une réponse proportionnée à ces souffrances», a notamment indiqué la Cour lors d'une décision unanime, en janvier. Une alternative «raisonnable» aurait été de «lutter» et de minimiser les souffrances de la fille, a en outre jugé la Cour.En 1997, Latimer avait été exempté de la peine d'emprisonnement à vie lorsqu'un juge du Saskatchewan a estimé qu'imposer une peine aussi rigide est cruel et inhabituel étant donné que l'intention de Latimer était de soulager sa fille d'une douleur à vie sans espoir de guérison. Latimer avait gazé sa fille de douze ans dans la cabine d'une camionnette après qu'elle s'était disloquée une hanche et devait faire face à une chirurgie corrective additionnelle.Mais des groupes nationaux de handicapés ayant souligné le caractère menaçant de cette décision pour les personnes handicapées, âgées ou sévèrement blessées, la Cour d'Appel du Saskatchewan a changé cette décision en novembre 1998, condamnant à nouveau Latimer à l'emprisonnement à vie, suggérant que son seul espoir de pardon résidait désormais dans la grâce fédérale.Latimer continuant d'insister, en route pour la prison, qu'il avait uniquement agi par amour, le gouvernement canadien pourrait faire usage de sa clémence durant l'année. Rarement utilisée, cette prérogative permet à la Couronne d'accorder le pardon conditionnel ou une réduction, une suspension ou une commutation de peine.L'opinion publique semble souhaiter la grâce de Latimer. Mais face au plaidoyer pour la clémence à son égard, les groupes de handicapés ont déjà signalé leur intention de s'opposer à toute forme d'indulgence fédérale. Ils craignent en effet que cette grâce n'ouvre la porte à un changement dans la politique gouvernementale actuelle, qui prohibe l'assistance au suicide ou à une quelconque forme d'euthanasie.