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Le chef d'orchestre franco-suisse Michel Tabachnik a été relaxé lundi par le Tribunal correctionnel de Grenoble. Il était poursuivi pour participation à association de malfaiteurs dans le cadre de l'enquête ouverte suite aux tueries de l'Ordre du Temple Solaire qui ont fait 74 morts en Suisse, en France et au Canada, entre 1994 et 1997.
Michel Tabachnik se trouvait à son domicile de Territet (VD), lorsque son défenseur l'a appelé lundi. «Me Francis Szpiner m'a téléphoné à quatorze heures pour me dire que le tribunal n'avait rien à me reprocher et que j'étais déclaré non-coupable», raconte le chef d'orchestre.
Cette relaxe ne constitue pas vraiment une surprise. En effet, malgré les critiques adressées aux enquêteurs, aussi bien en France qu'en Suisse, l'enquête n'a jamais pu prouver l'implication directe de l'un ou l'autre des survivants de l'OTS dans cette série de massacres.
D'ailleurs, après les drames de Cheiry (FR) et de Salvan (VS) d'octobre 1994, Michel Tabachnik avait été très longuement interrogé par le juge d'instruction fribourgeois, André Piller. Les éléments recueillis en cours d'enquête n'avaient pas permis de démontrer que le chef d'orchestre avait joué un rôle actif dans les tueries. Et, en 1998, le magistrat fribourgeois avait rendu un non-lieu.
Toutefois, le drame de Saint-Pierre-de-Chérennes (Vercors), qui a fait 16 morts en décembre 1995, a causé un traumatisme tel que la justice française avait repris toute l'enquête. D'ailleurs, une bonne partie du dossier de Grenoble était constitué de pièces sur lesquelles la justice suisse avait fondé le non-lieu en faveur de Michel Tabachnik.
L'implication du chef d'orchestre dans les assassinats n'avait pas été démontrée. Pour autant, le juge d'instruction Luc Fontaine avait tout de même mis en examen Michel Tabachnik pour association de malfaiteurs, considérant que ses écrits ésotériques ont pu favoriser la survenance des drames.
Tel n'a pas été l'avis de la Cour correctionnelle de Grenoble. Qui a ainsi évité le piège du délit d'opinion.
Michel Tabachnik a accueilli ce verdict les larmes aux yeux. La relaxe connue, son téléphone n'a pas arrêté de sonner. Diabolisé, le chef d'orchestre se retrouvera sur plusieurs plateaux de télévision d'ici la fin de la semaine.
«Je suis surtout content pour mon épouse et pour mes enfants. Avoir un père condamné, cela aurait été terrible!», explique l'intéressé qui va maintenant, avec l'aide de ses amis, tenter de se reconstruire une vie professionnelle.
Car, depuis le déclenchement de l'enquête, Michel Tabachnik a été banni de presque toutes les salles de concert d'Europe.
Isidore Fuchs