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Comme l'a relevé le Président du Conseil d'Etat Erwin Jutzet, le risque sismique est d'actualité après le tremblement de terre du Japon et les catastrophes collatérales qu'il a provoquées - un tsunami et un accident nucléaire majeurs. Ces catastrophes nous rappellent que même des risques considérés comme hautement improbables, voire quasiment nuls, peuvent se réaliser chez nous aussi, demain et pas seulement dans 10'000 ans.
En 2004, le Service sismologique suisse (SSS) avait revu à la hausse l'aléa sismique dans le canton de Fribourg, c'est-à-dire la probabilité qu'un séisme important s'y produise dans un laps de temps donné. Il avait alors jugé probable la présence, à l'Est de l'agglomération de Fribourg, d'une faille de plusieurs dizaines de kilomètres dans la croûte terrestre, pouvant donner lieu à un séisme d'une magnitude de 6 (annexe 6). Jusque-là, on pensait que l'aléa était faible pour le Nord et le centre du canton, situés sur le Plateau, et modéré pour les Préalpes au Sud.
Suite au rapport du SSS, l'ECAB a chargé le professeur Jon Mosar, expert internationalement reconnu du Département de géosciences de l'Université de Fribourg, d'approfondir l'étude du risque sismique dans le canton. Dans une première analyse de 2006 (annexe 5), le Prof. Mosar estimait que, sur la base des données disponibles, il n'existe pas une grande faille mais plutôt un ensemble de petites failles dans la région concernée. Il a en outre proposé d'améliorer l'observation sismique et d'étudier la structure géologique profonde du canton dans le cadre de projets de recherche, afin de compléter les connaissances du sous-sol. L'ECAB a ainsi financé l'installation de deux nouveaux sismomètres à Cournillens et à Tafers. Plusieurs thèses de doctorat et masters ont été réalisés.
Ces travaux de grande ampleur, dont certains sont encore en cours, ont permis d'affiner considérablement les connaissances de la sismicité du territoire cantonal. Pour le Prof. Mosar, on peut désormais admettre que l'aléa sismique ne devrait pas dépasser sensiblement la sismicité qui a été observée au cours des dernières décennies, soit une magnitude possible de l'ordre de 4,5. Cependant, l'aléa n'est pas une prévision, un séisme plus violent ne peut jamais être totalement exclu, souligne-t-il.
Mesures de prévention
En pratique, l'aléa sismique permet surtout de définir le niveau des mesures de prévention. Il s'agit surtout de renforcer la sécurité des bâtiments, de prévenir et de sensibiliser, de préparer l'intervention et de couvrir les dommages. L'ECAB est le centre de compétence du canton dans le domaine de la protection parasismique. Si l'on ne peut, à l'heure actuelle, ni prévenir, ni empêcher un tremblement de terre, on peut s'en prémunir en construisant des bâtiments résistants qui répondent à un concept parasismique moderne, souligne Thierry Berset, ingénieur à l'Inspection cantonale des éléments naturels (ICEN) de l'ECAB.
En Suisse, 90% du bâti ne répond pas aux normes parasismiques actuelles, ce qui explique pourquoi le risque sismique - égal au produit de l'aléa sismique et des dommages potentiels - est élevé dans notre pays. A Fribourg, la nouvelle loi cantonale sur l'aménagement du territoire et les constructions (LATeC) rend obligatoire l'observation des normes parasismiques de la SIA pour les nouvelles constructions. Pour les bâtiments existants, la législation prévoit un contrôle de la sécurité sismique lors de transformations notables des ouvrages à forte fréquentation ou ayant une fonction vitale.
Par ailleurs, le canton a intensifié son action d'information et de sensibilisation dans le domaine des séismes ces dernières années. L'intervention en cas de séisme fait en outre partie des engagements planifiés et exercés par l'organe cantonal de conduite. Enfin, le risque de séisme est généralement exclu de l'assurance-immobilière. Plusieurs cantons envisagent de créer une assurance pour la couverture des risques sismiques. Fribourg devrait examiner cette question lors de la législature à venir.