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"La reconstruction a déjà commencé dans des villes comme Homs, totalement reconquise par l'armée syrienne dès le printemps 2014. L'eau et l'électricité ont été rétablies et des logements ont été refaits par la population locale avec une petite aide du gouvernement", a expliqué Fabrice Balanche sur les ondes de la RTS jeudi.
Cette remise sur pied reste toutefois artisanale, selon l'expert qui se rend régulièrement dans le pays. "Les habitants se débrouillent pour l'heure avec des générateurs. Ce qui va coûter beaucoup plus cher, c'est la remise en état des grandes infrastructures, c'est-à-dire les centrales électriques ou le réseau d'eau à l'échelle du pays", explique-t-il dans le Journal du matin.
Et d'ajouter: "On peut avoir une reconstruction partielle dans les zones sûres comme l'ouest. Après, il faudra penser à l'est de la Syrie et notamment la région de Raqa".
"Il faut une reconstruction rapide"
"Ce sera indispensable de reconstruire (la Syrie) rapidement car sinon la population va continuer à partir et à frapper aux portes de l'Europe", a insisté Fabrice Balanche.
Il s'agit aussi d'éviter le terrorisme en Europe, a expliqué le membre du Groupe de recherches et d'études sur la Méditerranée et le Moyen-Orient à Washington: "La misère qui est déjà très forte et qui peut se développer en Syrie va forcément générer des frustrations et donc le radicalisme".
"Catastrophe économique" redoutée
Fabrice Balanche vient de se rendre dans la province ouest de Hassaké. Il s'est dit inquiet de l'émergence d'un système établi par les Kurdes. "Ils sont en train d'installer un système politique et économique qui ressemble à ceux de la Révolution culturelle de la Chine populaire à l'époque de Mao Zedong (dans les années 1950, ndlr). Il y a des créations de communes populaires, de coopératives basées sur la production locale et donc l'autarcie économique (...) Cela va conduire la région à la catastrophe économique, il y a déjà quelque 500'000 personnes qui l'ont quittée pour aller vers l'Irak et la Turquie".
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Propos recueillis par Simon Matthey-Doret/hend
Les discussions à Genève ne servent pas à grand-chose
Et d'ajouter: "Cette attaque chimique (de mardi dernier, ndlr) montre bien la volonté du régime syrien et de l'Iran de passer uniquement par une solution militaire"