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En Suisse italienne, deux électeurs sur trois se sont prononcés contre l'extension de la libre circulation. Et pourtant, les principaux partis étaient favorables au oui.Ce contenu a été publié le 26 septembre 2005 - 16:43
Ce résultat n'exprime pas tant la peur d'une invasion en provenance de l'Est que de l'Italie voisine. Pour beaucoup de gens, «la» cause de l'augmentation du chômage.
«Chez nous, la concurrence est déjà beaucoup plus forte pour les entreprises de construction métallique et de montage de cuisines, mais au sud du canton, près de la frontière, tous les secteurs sont touchés», affirme Carlo Marzullo, patron d'une entreprise de peinture qui emploie une douzaine d'ouvriers dans le nord du canton.
Un problème qui a pourtant surgi avec le 1er paquet d'accords bilatéraux conclus avec l'Union européenne (UE) et non avec l'extension de ces dispositions aux nouveaux pays membres de l'UE, qui était soumise à votation dimanche.
La liberté de circulation avec l'Italie est donc en vigueur depuis environ un an. Corrado Barrenco, chef de la rubrique nationale de la Télévision de la Suisse italienne, note que, depuis lors, le chômage a augmenté au Tessin d'un demi-point, alors qu'il est resté stable au niveau fédéral.
On peut donc facilement imaginer que la population a fait le lien entre cette augmentation et la libre circulation.
Y aura-t-il assez d'inspecteurs?
De même pour le député socialiste et syndicaliste Werner Carobbio, le problème provient des bilatérales I. «Le Tessin a pris des mesures contre la sous-enchère salariale bien avant les autres cantons. Mais il faut faire plus, surtout pour ce qui est du contrôle des travailleurs indépendants.»
«Il est vrai, ajoute la députée démocrate-chrétienne Chiara Simoneschi-Cortesi, que beaucoup de travailleurs italiens viennent chez nous. La majeure partie de manière parfaitement légale et cette concurrence est saine pour nos propres artisans. Mais la concurrence déloyale des 'faux indépendants' est combattue par des contrôles accrus, organisés par les syndicats, le patronat et le canton.»
Quel avenir?
La peur des Tessinois se projette aussi vers l'avenir, parce que les mesures d'accompagnement dureront jusqu'en 2011 seulement. «L'économie tessinoise sera-t-elle en mesure de voler de ses propres ailes, ou ce sera-t-il le chaos?», se demande Clemente Wicht, représentant de l'Union démocratique du centre (droite dure, UDC) au Tessin.
«Le Tessin est un avant-poste pour ce qui touche à la sensibilité suisse dans les conflits du travail, souligne Clemente Wicht. Aucune autre région de Suisse n'est en contact avec une zone économique aussi importante que la Lombardie.»
L'attitude des autorités
Pendant la campagne, les citoyens n'ont pas pu eu droit à une prise de position ferme du gouvernement cantonal. Dans d'autres cantons, les autorités ont tenu un langage plus clair. Au Tessin, elles ne l'ont pas fait, parce qu'elles pressentaient d'avance le non.
Corrado Barenco relève que le manque de détermination du Département tessinois de l'économie a certainement eu une influence négative sur le résultat du scrutin. «Pour cette raison aussi, le non à la libre circulation est imputable à tout le monde politique et pas seulement à la Ligue des Tessinois ou à l'UDC, qui ont fait campagne pour le non.»
Pour Corrado Barenco, il est important aussi de comprendre que les relations entre le Tessin et l'Italie sont de type quantitatif et non qualitatif, à la différence des régions frontalières de Bâle ou de Genève.
«La place financière de Lugano, la troisième de Suisse, est née et s'est développée grâce à l'évasion des capitaux italiens, ce qui n'est pas fait pour la renforcer. A l'autre extrême, les quelque 30'000 frontaliers du Tessin constituent une force de travail bon marché, sans plus. En fait, le monde politique et économique de ce canton n'a pas saisi l'occasion d'établir des relations d'ordre qualitatif avec l'Italie.»
swissinfo, Mariano Masserini
(Traduction de l'italien: Isabelle Eichenberger)
Faits
63,9% des citoyens tessinois ont rejeté dimanche l'extension de la libre circulation.
En juin, ils avaient rejeté les accord sur Schengen/Dublin avec une majorité de 61,9%.
En 2000, ils avaient refusé les Accords bilatéraux I avec 57% de non.
En bref
- Le résultat de dimanche est imputable, au Tessin, à la peur d'une invasion de travailleurs de la Lombardie voisine, qui provoquerait une augmentation du chômage des indigènes.
- On trouve une autre raison du non tessinois dans le scepticisme face aux mesures anti-dumping promises par les autorités, le patronat et les syndicats.
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