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Son grand-père avait exercé la charge de syndic de Mathod. Son père aussi. Pierre Marendaz fêtait le 11 mars ses 90 ans, lui qui fut durant 20 ans municipal de sa commune, de 1949 à 1969, puis syndic de 1969 à 1985. Un très alerte nouveau nonagénaire qui a vécu toute sa vie à Mathod, un village pour lequel il s’est beaucoup dépensé et investi. Pierre Marendaz devrait écrire ses anecdotes, car il en a à revendre. Sur la commune tout d’abord: tout jeune, dans les années 1930, il se souvient d’être allé à la pêche avec son grand-père, lui muni d’un bâton et son grand-père d’une hotte.
À la pêche certes, mais pas n’importe comment ni n’importe où puisque c’était dans les marais qui recouvraient alors la Plaine de l’Orbe. Et pour parvenir à ses fins, le grand-père couchait sa hotte dans l’eau, demandant à son petit-fils de remonter un peu le courant en tapant avec son bâton dans l’eau, ce qui provoquait l’arrivée automatique des perchettes dans la hotte. Il se souvient aussi de l’assainissement des marais justement, débuté ou plutôt repris complètement après des années sans succès au début de son activité à la Municipalité et qui se termina en 1990. Un travail gigantesque qui apporte encore à la commune un atout supplémentaire. Au niveau professionnel, il se souvient très bien d’avoir dû arracher toutes ses vignes en 1956. Non seulement elles avaient gelé, mais il y avait alors trop de vin en Suisse et la Confédération encourageait cet arrachage par des subventions.
On replante en vignes
Repassant de la vigne aux betteraves, c’est en 1983 seulement qu’après de multiples péripéties administratives et humaines le domaine pourra être replanté en vignes. La description des fonctionnaires fédéraux débarquant pour inspecter les terres en compagnie d’un chef de service cantonal légèrement apeuré et qui reste dans la voiture mériterait à elle seule un récit complet. Il faut dire que ce chef avait dit non, alors que la compétence était exclusivement fédérale et… qu’il venait lui-même de la Côte vaudoise… riche en vignes.
«Si on se tenait un peu plus dans les carnotzets pour discuter plutôt que de multiplier les règlements, on avancerait sans doute mieux», déclare le jubilaire, pas très convaincu de la toute-puissance de l’administration actuelle et qui continue à voir ses amis tous les mardis à 11 heures à Yverdon-les-Bains, perpétuant un rituel qui date de très longtemps. C’est en compagnie du syndic Roger Augsburger accompagné de la municipale Éliane Piguet, ainsi que de son fils Daniel Marendaz, que le jubilaire a fêté son anniversaire. Ou plutôt refêté, puisqu’il avoue que sous différentes formes, la fête a duré trois jours. Relevant ses qualités et son engagement pour la commune, Roger Augsburger l’a remercié et lui a souhaité une bonne nouvelle dizaine d’années pleines de santé et de joies.
Photo Olivier Gfeller