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Georges Debunne
A quand l'Europe sociale?
Paris, Syllepse, 172 pages
Ancien secrétaire général de la Fédération générale du travail de Belgique et ancien président de la Confédération européenne des syndicats, Georges Debunne est un syndicaliste dont la vie se confond avec celle du mouvement ouvrier. Son engagement en faveur de la construction européenne a été de la première heure: il n'a cessé d'oeuvrer pour qu'un syndicalisme de dimension transnationale prenne forme et acquière consistance dans la lutte et la négociation.
Pourtant, le regard que porte aujourd'hui Georges Debunne sur les orientations politiques poursuivies par l'Union européenne, sur les travaux de la Convention et sur la charte européenne des droits fondamentaux s'avère sans complaisance. Le primat de l'économique sur le social, le refus d'établir une prise de décision à la majorité qualifiée, le culte du droit à la concurrence font de la Commission et du Conseil européen des instruments au service de la seule logique libérale. «La chute du mur de Berlin en 1989 a ouvert la porte toute grande à la mondialisation et à la pensée unique qui va de plus en plus aiguiser l'attitude du patronat de moins en moins enclin à faire des concessions», note ainsi Georges Debunne. «L'Unice a imposé les vues d'un patronat pur et dur. La CES, de par un rapport de forces de moins en moins équilibré a souscrit des accords, des compromis contestés qui permettent de ramasser quelques petites satisfactions pour le congé parental, le temps partiel, le contrat à durée déterminée – mais qui s'inscrivent dans un système libéral dominé par le capital, guidé exclusivement par le profit et invoquant constamment la compétitivité.»
Cet ouvrage ne constitue pas un réquisitoire de principe contre l'Europe, mais exprime le profond désaveu d'un militant de premier ordre qui assume le choix du fédéralisme et de la supranationalité, mais dans l'idée de renforcer et d'étendre les droits démocratiques et sociaux, non de les détruire peu à peu.
Louis Weber
Une constitution contre l'Europe?
Paris, Syllepse, 160 p.
Le débat sur le projet de traité constitutionnel suscite un large intérêt. La vigueur et, le plus souvent, la richesse des échanges montrent qu'on ne peut en rester aux explications simplistes ou aux consignes de vote abruptes.
Quel sera le poids des politiques économiques libérales en Europe si le traité est adopté? Quelles conséquences sur les services publics, sur les droits fondamentaux en Europe, sur l'éducation et la formation, sur la laïcité?
Ce livre de l'Institut de recherches de la FSU s'efforce de répondre à ces questions, en les replaçant dans le contexte historique de la construction européenne. Il montre que ce projet de Constitution n'est pas anodin, qu'il ne crée pas un cadre neutre et que son adoption serait un frein dans la marche vers une Europe capable d'assurer croissance et développement, une Europe où dans tous les domaines et plus particulièrement ceux des droits fondamentaux, la décision politique retrouverait sa légitimité face à la contrainte économique. Avec ce traité est abandonnée la volonté de procéder à une harmonisation positive, alors que l'Europe pourrait être, dans le cadre actuel de la mondialisation, le lieu privilégié d'élaboration de rapports sociaux nouveaux.
Sans jugement global a priori, le livre s'efforce de restituer la complexité des problèmes et dégage les mécanismes à l'oeuvre dans le projet de traité.
Enfin, il s'interroge sur les alternatives possibles, et ceci au-delà des processus de ratification en Europe.
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