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1874 est la première saison de tir de la société. Le stand communal qu’utilisait la société se trouvait alors sous l’église de Baulmes.Auparavant, au milieu du 19èsiècle, on tirait depuis les Jaquettes jusqu’au pied de la montagne.
On tirait, à l’époque, sur des mannequins en bois, confectionnés et recouverts de papier. On apprend, par les textes des procès-verbaux, que les tirs s’effectuaient en trois positions, debout, à genoux et à terre appuyé. Il y avait des secrétaires de tir, ainsi que des marqueurs. Leur rétribution était, au début, respectivement de 50 centimes et 1 franc par jour de tir.
Le sergent de la société était la personne chargée de convoquer par carte les membres aux tirs obligatoires et aux assemblées générales. Le premier sergent s’appelait Georges Deriaz et a été remplacé en 1876 par François Gonthier.
Le premier tir a donc lieu le 27 septembre, au stand, à la distance de 300 mètres. Le programme à tirer est une série de 10 coups.Le dimanche 4 octobre se déroule un tir sur la montagne des Praz à 225 mètres et à 450 mètres, avec permission spéciale de Monsieur le Préfet, “ vu qu’il ne s’agit pas d’une ligne autorisée ”. Il y a prix franc à points et à cartons. Le départ de Baulmes est prévu à 8 heures et chaque sociétaire doit être muni de vivres. C’était donc une véritable expédition qui réclamait en outre un effort important, tant pour les organisateurs que pour les tireurs.
Le 18 octobre, nouveau tir au stand à Baulmes à la distance de 300 mètres; le programme est une série de 10 coups.
Et le 25 octobre, c’est le tir de clôture, au stand à 225 mètres, 300 mètres et 450 mètres; tous les sociétaires en retard y participent pour compléter les 50 coups réglementaires.
Le 26 octobre, à la fin de cette première saison, les coups de toute l’année sont inscrits sur les tabelles de tir qui sont ensuite approuvées par le comité et expédiées au Département militaire à Lausanne.
En 1875, le 13 juin pour être précis, a eu lieu un tir sur la montagne de Prayel, à 225 mètres. Les autorisations de la Municipalité et de Monsieur le Préfet avaient été sollicitées et par mesure de précaution supplémentaire, une publication avait été faite à Vuiteboeuf.
En 1877, un nouveau règlement cantonal relatif aux sociétés de tir est émis, ainsi qu’une ordonnance fédérale concernant l’encouragement du tir volontaire. L’assemblée générale décide de se soumettre aux prescriptions pour l’obtention du subside fédéral, déjà en 1877. C’est, semble-t-il, le début du tir pour le plaisir, en tant que sport, à Baulmes.
Lors de l’assemblée générale du 29 février 1880, le président Albert Grin donne lecture des conditions auxquelles seront astreintes les diverses sections qui voudront participer au tir cantonal vaudois de 1880 à Yverdon. Ces conditions, dont la justesse satisfait chacun des membres présents, conduisent la société à choisir dans son sein une section des meilleurs tireurs pour être déléguée au tir vaudois. Ceux des membres qui feront partie de cette section recevront, sur la caisse de la société, une indemnité de 2 francs.
La sélection des tireurs s’opère le 1er juin 1880 en séance de comité. Il est pris en compte les points faits dans les deux premiers tirs de l’année et du pour cent des coups touchés. Sous réserve de leur acceptation sont désignés, pour former la section qui participera au tir cantonal d’Yverdon, les 15 tireurs qui ont obtenu 85 points et plus et 87,5 % au moins de touchés, soit :
Cachemaille Victor, Cachemaille Charles, Cachemaille César, Cachemaille Emile, Collet Charles, Deriaz Charles Joseph, Deriaz François, instituteur, Deriaz Louis, charron, Deriaz Juste, Gonthier Auguste, Grin Albert, Margot Adolphe, Perusset Georges, Ravussin Auguste, Turin Louis,
Au premier tir cantonal de son histoire, la société s’est classée au 40è rang et a reçu une coupe argent d’une valeur de 50 francs, qui restera propriété de la société.
Le comité a parfois des problèmes lorsqu’il établit les classements; en effet, certains tireurs ne respectent pas le règlement en ne tirant pas tout au long de la saison avec la même arme (le tireur doit utiliser l’arme de son corps de troupe). Il y a à l’époque deux types d’armes d’ordonnance, l’arme à double détente (la carabine) et l’arme à simple détente (le fusil).
En 1884 a lieu le tir cantonal de Payerne. Les organisateurs de celui-ci avaient lancé une souscription auprès des sociétés de tir. A Baulmes, la souscription a rapporté le montant de 24,50 francs.
Qui dit tir, dit prix et distribution de prix. Cela a toujours existé et donnait l’occasion de boire un verre. Il était de coutume d’utiliser le produit des amendes pour payer à boire aux tireurs et, parfois, il se buvait pas mal de vin lors des distributions de prix, ce qui ne manquait certainement pas de donner lieu à des moments très conviviaux. En 1885, un litre de vin coûtait 70 centimes.
Lors de sa séance du 16 avril 1901, le comité prend connaissance des instructions du Département Militaire concernant la nouvelle organisation des tirs obligatoires et l’emploi de nouvelles cibles en remplacement de celles existant. Il s’agit des cibles à cercles A et des cibles buste à cercles B.
C’est donc en 1901 que les cibles A et B que nous connaissons toujours ont été introduites et le premier tir obligatoire sur ces nouveaux visuels a lieu le 28 avril 1901. Les exercices composant le programme obligatoire à cette époque étaient :
no 1 : feu d’une cartouche, cible A, distance 300 mètres, à genou
no 2 : feu d’une cartouche, cible A, distance 400 mètres, à genou
no 3 : feu d’une cartouche, cible A, distance 300 mètres, debout
no 4 : feu d’une cartouche, cible B, distance 300 mètres, à terre appuyé
A l’assemblée générale du 8 mars 1903, le président annonce aux membres que lors de l’inspection des tirs de l’année dernière, l’inspecteur Martin a demandé que la société fasse construire un abri pour les cibarres à la distance de 400 mètres, prétextant qu’avec le système actuel, on fatigue beaucoup les cibarres tout en ne les garantissant pas suffisamment contre les accidents et qu’il est probable que la Commission de tir et le Département Militaire ne toléreront dorénavant plus cet état de choses. Le Comité reconnaît le bien-fondé des allégués et constate qu’avec le système employé jusqu’à ce jour le tir à 400 mètres se fait trop lentement, attendu que les cibarres doivent après le marquage de chaque coup parcourir une distance de 100 mètres pour se mettre à l’abri. Qu’en outre chaque année, la Société se voit dans l’obligation de payer des dommages aux propriétaires des fonds sur lesquels les cibles sont placées. Qu’après mesurage du terrain, la construction demandée pourrait s’établir sur le terrain communal, ce qui en diminuerait le coût.
Le préavis du Comité de construire une butte abri à ciel ouvert à la distance de 400 mètres sur la ligne de tir de la société est accepté par l’assemblée générale à une forte majorité.
Il y eut 2 soumissionnaires pour ces travaux : Bollini pour frs 300,- et MM. Ls Mayor et François Althaus pour frs 180,- qui ont obtenu l’adjudication le 16 avril 1903.
Les travaux ont été terminés le 5 mai 1903 et reconnus conformes par la Commission de tir du 1er arrondissement le 11 mai 1903. Le coût final de cette construction a été de frs 200,-. La société ne disposant que de frs 100,- en caisse, le président Adolphe Gris propose une cotisation spéciale de frs 2,- par membre; cette proposition est refusée par l’assemblée générale qui décide de recourir à un emprunt de frs 100,- qui sera remboursé à raison de frs 50,- en 1904 et frs 50,- en 1905.
A l’occasion d’un petit litige portant sur la vente des douilles, on apprend que la société de tir aux Armes de Guerre utilisait parfois, contre location, le stand et les buttes de la Société Militaire, sur l’emplacement actuel aux Essinges. Les douilles étaient vendues, en 1905, à la Fabrique de Lustrerie du Pont au prix de 1 franc 50 le kg. Les tirs de l’année en avaient produit 20 kg, ce qui permet de mesurer l’activité de l’époque.
Monsieur Adolphe Gris, président, a été le premier moniteur de tir de la société; il a en effet suivi le cours de moniteur de tir à Lausanne durant 3 jours, en 1908. La société lui a versé à cette occasion une indemnité de 10 francs pour sa perte de temps et sesdépenses.
L’activité de la société est interrompue entre 1914 et 1920 à cause de la guerre, mais aussi à cause du stand ne correspondant plus aux normes du nouveau fusil et de la nouvelle munition. Il s’agit de l’introduction du mousqueton 11 avec la munition GP 11.
C’est à cette époque que le stand vers l’église est mis hors service et que les travaux d’installation de la nouvelle ligne de tir s’effectuent. En 1920 et 1921, les tirs obligatoires sont organisés respectivement à Rances et à Vuiteboeuf, contre paiement d’indemnités aux sociétés et avec autorisation préfectorale en 1920 à cause de la fièvre aphteuse qui sévit dans les environs.
A Vuiteboeuf en 1921, 70 tireurs ont pris part au tir et on lit que “ tous les tireurs furent enchantés de la ligne de tir, à part l’inconvénient du mur pare balles devant le stand ”. A cette occasion, il a été vendu 147 passes à 20 centimes pour les tirs libres et à l’issue du tir, une petite collation a été offerte aux secrétaires et cibarres “ pour les récupérer de la modeste paye ”. On apprend aussi que les cartouches coûtaient, en 1921, 10 centimes la pièce.
En 1922, les travaux d’aménagement de la nouvelle ligne de tir étant terminé, les tirs ont lieu au stand de Baulmes. La société loue les cibles à la Société Militaire; il s’agit de cibles Moser et de la cible automatique Michoud.
La société participe à son premier Concours de Sections (tir en campagne), avec 19 tireurs en 1938 à Lignerolle. On lit que nos tireurs sont handicapés par la ligne de tir, les cibles se trouvant beaucoup plus haut que le stand. Les Baulmérans se classent au 7è rang avec 65,200 points, ce qui est qualifié de bon résultat pour un début. On attendait cependant mieux de quelques-uns des tireurs. L’ami Emile Recordon a obtenu l’excellent résultat de 72 et enlève une médaille.
En 1941, la société organise pour la première fois un cours de jeunes tireurs, avec l’accord de la commission de tir de l’arrondissement. 29 jeunes suivent ce cours sous la responsabilité du sergent Ménétrey et du caporal Deriaz, 27 le terminent et le tiers obtiennent la mention de la société suisse des carabiniers pour 18 points et 6 touchés.
Le Concours de Sections est véritablement la compétition de la région et en 1941, ô fierté, Baulmes gagne “ de haute lutte ” à Valeyres sous Rances (68,600 points), dans un stand fraîchement transformé, “ malgré un léger vent empêchant la stabilité et des changements de lumière continuels ”. “ Nos tireurs ont rivalisé d’adresse avec les sociétés participantes, dont quelques-unes possèdent des maîtres-tireurs renommés. ” Messieurs Constant Gailloud et Samuel Chapuis enlèvent une médaille avec 73 et 72 points.
Le premier tir de clôture est organisé en 1948 et son plan de tir, comprenant 4 cibles, propose déjà la célèbre passe St-André, réduction à 10 points et rachats illimités.
En 1954, la société participe au Tir fédéral de Lausanne et au Concours de Sections en 3è catégorie; 16 tireurs ont conquis une couronne simple.
En 1956, participation au Tir cantonal de Nyon avec 22 tireurs et obtention d’une couronne d’argent (la première) avec une moyenne de 40,018 points.
Cette même année, Messieurs Marius Ravussin et Adly Tardy reçoivent leur première médaille de maîtrise en campagne.
En 1958, il y a participation au Tir fédéral de Bienne avec 19 tireurs. Les résultats ont été médiocres, les commentaires sont laconiques dans le procès-verbal. Cette année-là, le Challenge interne, c’est-à-dire le concours interne, est créé. Il est naturellement réservé aux tireurs de la société et il est gagné par le président d’alors, Louis Chabloz, devant Roland Perusset.
Le premier Tir à l’Ours est organisé par les Armes Réunies en 1976; il sera abandonné en 1984, après trois années dans les chiffres rouges.
En 1978, la société organise un tir pour l’inauguration de son fanion.
En 1979, des membres participent au Tir fédéral à Lucerne où les résultats ont été plus que satisfaisants, lit-on dans un procès-verbal.
En 1980, les Armes Réunies participent à l’organisation du Tir cantonal vaudois d’Yverdon. Le stand 50 mètres, pour cette occasion, est équipé de 5 cibles navettes Polytronic. Quelques membres bénévoles ont travaillé beaucoup en donnant 492 heures de leur temps pour cette rénovation qui a coûté frs 44000,- à la société.
Le stand 300 mètres est également utilisé lors de cette manifestation.
En 1985, la société participe au Tir fédéral de Coire.
En 1988, le Fass 90 fait son apparition. Les sociétés disposent de la nouvelle munition calibre 5,6 en quantité très limitée; aussi, seuls quelques tireurs effectuent des tirs avec cette nouvelle arme.
La section 50 mètres organise depuis quelques saisons le tir des Râpilles qui récolte un bon succès.
En 1992, le stand 300 mètres est rénové, équipé de cibles électroniques. L’activité de la société est ainsi relancée. Un programme de tir complet et varié pour les entraînements est proposé aux tireurs et rencontre un grand succès. Participation cette même année au Tir cantonal de Soleure et instauration du tir Jura-Léman/Léman-Jura entre les sociétés amies de Baulmes et Morges. La section 50 mètres, quant à elle, met sur pied, conjointement avec Romainmôtier, L’Isle et Chavornay, le Tir BRIC.
En 1993, la société se rend au Tir cantonal fribourgeois à Estavayer-le-Lac, aux deux distances.
En 1994, le tir d’inauguration du stand, organisé conjointement entre les Armes Réunies et l’Abbaye, attire quelque 260 tireurs. Il y a également participation au Tir cantonal vaudois dans le Vully, à Avenches.
En 1995, la société prend part au Tir fédéral de Thoune, aux deux distances et au tir d’inauguration du stand de la vallée de Poschiavo, chez notre membre et ami René Costa qui fut durant de nombreuses années au comité en tant que responsable de la section du pistolet.
En 1996, le premier Tir des Aiguilles est organisé. Il rencontre un grand succès avec la participation de 220 tireurs. Il est bien doté et bénéficie des parrainages des Caves de Bonvillars et de la Banque Cantonale Vaudoise. Il y a participation aussi cette année-là de la société au Tir cantonal appenzellois.
En 1997, la société organise le deuxième Tir des Aiguilles qui accueillera 225 tireurs. La société se rend aussi au Tir cantonal de Zoug, aux deux distances.
En 1998, Misterdam organise son troisième Tir des Aiguilles qui marque simultanément le 125è anniversaire de la société.
Ont collaboré à la réalisation de ces pages :
Paulette et Charly Roy, Daniel Margairaz et Claude Guex
Recherches photos :
Simone Margairaz et Alain Roy