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16/04/2010
Jésus (IHS) pourrait disparaître de l'écusson genevois
Le drapeau genevois ne perdra pas sa clé (de Saint-Pierre), mais pourrait perdre le tétragramme* monogramme IHS (JESus) du soleil qui surmonte l'écusson genevois. Une minorité de la sous-commission laïcité, composée de Laurent Extermann (président), Tristan Zimmermann, Christian Grobet, Soli Pardo et Michel Grandjean, le demande.
Pour le reste, elle propose d'inscrire dans la Constitution le texte suivant pour consacrer l'indépendance de l'Etat par rapport à toute institution philosophique ou religieuse.: «L’Etat, les communes et les institutions publiques sont laïques. Ils observent une neutralité religieuse.» Les processions religieuses sur le domaine public pourront-elles avoir lieu comme n'importe quelles manifestations de n'importe quelle association?
La réponse à la question ne figure pas expressis verbis dans le communiqué de presse diffusé ce matin par la Constituante relatif au rapport sur la laïcité, l'un des 25 rapports attendus ces prochains jours concotés depuis une année dans le secret des cinq commissions de travail. le rapport n'a pas été diffusé en revanche, la Constituante rend public les réponses aux questionnaires adressés aux corporations religieuses.
L'article présenté par Maurice Gardiol et Tristant Zimmermann "montre bien, souligne le communiqué de presse, qu'il ne s'agit pas d'une laïcité d'opposition, mais de l'observation par l'Etat et ses services d'une neutralité en matière de religion. Les Eglises et communautés religieuses s'organisent sous les formes prévues par le droit privé et leur indépendance est garantie dans la mesure où elles respectent la légalité républicaine et la paix confessionnelle."
"Par ailleurs, pouruit le communiqué, la neutralité de l’Etat en matière religieuse exclut l’octroi de privilèges à une religion plutôt qu’à une autre. Elle implique également que les lieux officiels ne peuvent arborer des symboles strictement religieux, ni les agents de l'Etat dans l'exercice de leur fonction des signes ostentatoires manifestant leurs convictions religieuses. Ceci devrait également concerner les
personnes exerçant une charge élective permanente (conseillers d'Etat, juges, etc.)." Une route ou une place publique est-elle un lieu officiel?
A Genève, l'impôt ecclésiastique est volontaire. Le service fourni par l'Etat pour le calculer et l'encaisser est rémunéré. Une minorité de la commission propose d'abolir ce service. D'autres propose que ce service puisse être élargi à l'ensemble des ONG établies sur le territoire cantonal.
Sur la question délicate de l'enseignement du fait religieux (et là) qui a suscité récemment quelques réactions radicales dans le landernau, la commission 1 se contente de reprendre la Résolution de la Commission des droits de l'homme de l’ONU (1998/21): "l’Etat favorise une éducation sur le respect des droits fondamentaux et de la dignité humaine". Elle précise toutefois qu'un article plus précis en lien avec l’éducation citoyenne pourrait aussi être proposé par la Commission s’occupant des tâches de l’Etat. Le débat reste ouvert.
Rien n'est dit sur le préambule de la Constitution qui sans doute n'évoquera pas l'héritage chrétien de la société genevoise. Il y a 100 ans, Genève a commémoré le 350 anniversaire de Calvin en bâtissant le Mur des Réformateurs. Les citoyens ont aussi voté la séparation des églises et de l'Etat mettant un terme au Kulturkampf. Le canton s'apprête à confiner définitivement le réformateur et ses oeuvres à la sphère privée. Et tant pis si les Genevois sont des incultes.
JFM
* Sur Facebook où j'ai posté ce billet, une internaute me signale que le tétragramme renvoie au chiffre quatre. "Je me suis aussi posé la question, lui ai-je répondu, mais c'est le mot utilisé dans le communiqué de la Constituante. Après vérification en effet le tetragramme désigne le nom de Dieu YHWH. Je corrige et vous remercie de votre intervention."