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La balance des paiements et la position extérieure sont utilisées notamment pour déterminer le degré d’ouverture d’un pays et sa participation à la mondialisation. Ces deux statistiques se basent sur le Manuel de la balance des paiements du Fonds monétaire international (FMI). Ainsi, par exemple, le solde de la balance des transactions courantes en % du PIB peut faire l’objet d’une comparaison directe entre pays sans qu’il soit nécessaire d’effectuer des conversions compliquées.
La balance des paiements n’est pas une balance comptable au sens classique; elle est composée d’un ensemble de transactions transfrontières. Le graphique ci-après donne un aperçu de sa structure.
Balances partielles
La balance des paiements comprend trois balances partielles:
- La balance des transactions courantes regroupe les recettes et les dépenses découlant des échanges de marchandises et de services avec l’étranger. Elle enregistre aussi les recettes et les dépenses découlant des revenus du travail et de capitaux provenant de, ou versés à, l’étranger, ainsi que les transferts courants avec l’étranger.
- Le compte de capital représente des transactions consistant en un transfert effectué sans contrepartie. Dans la balance des paiements de la Suisse, ces transactions sont rares et leur volume s’avère négligeable. Le transfert de droits d’utilisation des ressources naturelles correspondrait par exemple à une telle transaction. Il s’agit là du transfert d’actifs non financiers non produits.
- Le compte financier enregistre les transactions transfrontières portant sur des actifs financiers (numéraire et titres essentiellement). Le type d’actif financier détermine la composante du compte financier à laquelle la transaction concernée sera affectée. Par exemple, les achats d’actions figurent dans les investissements de portefeuille. L’actif du compte financier enregistre l’acquisition et la diminution d’actifs financiers détenus à l’étranger par des résidents. Le passif, lui, fait apparaître l’acquisition et la diminution d’actifs financiers détenus en Suisse par des non-résidents.
Le solde du compte financier doit généralement être égal à la somme des soldes de la balance des transactions courantes et du compte de capital. Si ce n’est pas le cas, on se trouve en présence d’un «écart statistique».
Contrairement au compte financier, la position extérieure est une statistique portant sur les stocks. La variation (trimestrielle) des stocks, dans la position extérieure, s’explique d’une part par les transactions entrant dans le compte financier et, de l’autre, par des réévaluations et d’autres changements.
Le compte financier permet de connaître l’évolution des relations économiques avec l’étranger pendant une période donnée. La position extérieure donne quant à elle des éléments sur l’état de ces relations à une date donnée. Le compte financier correspond donc, par exemple, aux différentes opérations réalisées sur un compte bancaire, comme le versement du salaire ou les divers paiements effectués pour acheter des biens. La position extérieure correspond quant à elle au solde effectif du compte en fin de mois.
Types de transactions
La balance des paiements distingue trois types de transactions, chacune d’entre elles donnant lieu à deux écritures: un «débit» et un «crédit». Découvrons-les avec François Durand.
- Echange de marchandises et de services contre des actifs financiers: François Durand habite en Suisse et travaille en France. Ses revenus figurent d’une part, comme «écriture de crédit», du côté des recettes de la balance des transactions courantes (sous «recettes issues des revenus du travail»). Ils sont d’autre part comptabilisés comme «écriture de débit» à l’actif du compte financier, étant donné que la Suisse reçoit des actifs financiers de l’étranger.
- Echange d’actifs financiers contre d’autres actifs financiers: François Durand vient d’investir toutes ses économies dans les actions d’une entreprise américaine qui commercialise des glaces. Qu’elle soit avisée ou non, cette décision se traduit par l’enregistrement dans le compte financier d’une acquisition d’actifs financiers («écriture de débit») et, parallèlement, d’un accroissement des passifs («écriture de crédit»). On se trouve dans une situation où des actifs financiers (actions) ont été échangés contre d’autres actifs financiers (francs suisses).
- Transfert d’actifs financiers sans contrepartie: François Durand a prêté de l’argent à un ami en France. Ce dernier n’a toujours pas pu le rembourser. François décide de le libérer de l’obligation de rembourser cette dette. S’il arrivait à la connaissance des statisticiens, cet acte de générosité serait comptabilisé ainsi: une acquisition d’actifs financiers («écriture de crédit») est portée au compte financier, alors qu’une «écriture de débit» est inscrite dans le compte de capital. En renonçant à se faire rembourser, François transfère des actifs financiers vers l’étranger sans contrepartie.
La balance des paiements comprend donc trois balances partielles, et chaque comptabilisation peut prendre la forme d’un des trois types de transactions. De plus amples informations sur la balance suisse des paiements figurent au chapitre 4 du rapport Balance des paiements et position extérieure de la Suisse 2016.
Pour en savoir plus
- Module «Division du travail et commerce»
- Banque nationale suisse. Balance suisse des paiements.
- Fonds monétaire international (FMI). Manuel de la balance des paiements et de la position extérieure globale, sixième édition.
Pour l’équipe d’iconomix,
Florence Mauli et Sébastien Bétrisey
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