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Vous travaillez actuellement sur un vaccin optimisé contre le COVID-19. Quel est votre objectif ?
Nous voulons déterminer le degré de protection contre le SRAS-CoV2 par des réponses immunitaires à des parties du virus qui sont identiques dans de nombreux coronavirus, y compris ceux qui causent certains rhumes courants chez l'être humain. Cela nous aidera à comprendre la propagation de la pandémie actuelle et pourrait aider à concevoir des vaccins pour les épidémies futures.
Quels sont les avantages d'un vaccin oral qui n'a pas besoin d'être injecté ?
Nos vaccins peuvent également être administrés par le nez ! Les avantages sont d'une part qu'on peut activer une réponse immunitaire locale dans la partie de du corps où l'infection se produit en premier lieu et d'autre part que ces vaccins sont beaucoup plus faciles à emballer et à distribuer dans les milieux à faibles ressources car ils n'ont pas besoin d'aiguilles propres ni de personnel médical formé pour les administrer.
Vous développez des vaccins contre les coronavirus chez l'être humain et contre les bactéries intestinales pathogènes chez les animaux de ferme. Y a-t-il des parallèles ?
Il y a beaucoup de différences. Mais de manière très générale, dans les deux cas, il y a de bonnes raisons de penser qu'un type d'anticorps, appelé IgA, offre une protection. Nous pouvons utiliser les mêmes astuces pour induire ces anticorps contre le SRAS-CoV-2 ou l'E. coli.
Quelle a été votre expérience de travail au sein d'équipes interdisciplinaires ?
Mes collaborations les plus fructueuses sont celles qui se sont développées à partir d'un séminaire sur un sujet hors de ma zone de confort qui a commencé une discussion. Lorsqu'il y a une volonté commune de résoudre un problème entre plusieurs disciplines, des choses vraiment passionnantes peuvent se produire. L'un des vrais plaisirs de travailler à l'ETH Zurich est que les gens sont très ouverts à ce genre de collaboration.
La proportion de femmes professeurs dans votre département est assez élevée. Pourquoi, à votre avis ?
En général, le département des sciences et technologies de la santé compte plus de 60 % d'étudiantes en licence, 50 % de candidates au doctorat, mais seulement 28 % de professeurs femmes. Oui, nous sommes au-dessus de la moyenne, mais le pipeline fuit toujours ! Cela dit, des modèles forts et la motivation à améliorer la diversité au sein de la direction du département constituent un bon point de départ.