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Conséquence directe des mesures renforcées de distanciation sociales en vigueur en Suisse depuis le 13 mars, et plus nettement encore depuis la fermeture de tous les lieux non essentiels le 16, le trafic routier a fortement chuté.
Les déplacements se limitent à l'indispensable, toutes les personnes pouvant travailler depuis la maison sont invitées à le faire, et l'effet est très visible dans les villes suisses en particulier aux heures de pointe.
La RTS a demandé à l'entreprise de GPSles données qui lui servent à mesurer la densité du trafic afin de quantifier cette baisse.
Selon l'indicateur, Genève a enregistré en moyenne depuis le 16 mars une baisse globale de la circulation de plus de 40%, et d'environ 60% cette semaine aux heures de pointe. Certains matins, la circulation a été inférieure de près de 70% à la moyenne de 2019.
A Lausanne, le trafic a baissé dans des proportions comparables. Le nombre de voitures empruntant l’autoroute entre Morges et Ecublens a baissé de deux tiers depuis le début du mois.
Le même constat peut aussi être dressé dans les villes alémaniques et côté tessinois. A Zurich, le trafic moyen a diminué d'un peu plus de 50% depuis le 16 mars. A Berne, la circulation est inférieure à la moyenne de près de 30%.
A Lugano, c'est 45% de moins depuis le 16 mars, et 50% de moins depuis le 23 mars, date de l'entrée en vigueur de mesures plus restrictives dans le canton du Tessin.
Les données relatives à Bâle montrent un pic de bouchons le 16 mars en fin d'après-midi. Selon la, les contrôles aux frontières nouvellement mis en place ont entraîné ce jour-là une surcharge de trafic sur l'A2 et l'A3.
Réduction des nuisances attendue
Pour Stéphane Joost, maître d’enseignement et de recherche à l'EPFL, la baisse du nombre de voitures va de pair avec une réduction des nuisances pour la population.
Le phénomène devrait engendrer selon lui une baisse importante de la pollution atmosphérique et du bruit. La chute du trafic routier "améliore clairement la situation pour les gens qui vont pouvoir bénéficier de nuits plus calmes", a-t-il estimé vendredi dans la Matinale de la RTS.
Les animaux devraient aussi en tirer parti. D'après Stéphane Joost, avec "moins de bruit, moins de passage et moins d'obstacles", "des espèces comme les batraciens (...) vont probablement recommencer à se réapproprier des espaces, à traverser pour atteindre des endroits dans lesquels ils ne se rendaient plus".
Il faudra encore attendre pour connaître l’impact précis de cette baisse de trafic sur la pollution de l’air. Le ralentissement de l'économie aura également un effet sur l'environnement.
Pauline Turuban (sujet radio: Martine Clerc)