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L’exposition de la population à l’électrosmog augmente. Les nouvelles applications de téléphonie mobile contribuent à cette hausse, tout comme les adaptations des réseaux à haute tension effectuées pour garantir l’approvisionnement futur en électricité. Afin d’évaluer les conséquences de cette augmentation, il faut instaurer un système de monitoring qui permette de saisir l’évolution à long terme du rayonnement et son influence sur la santé.
- 1. Développement du secteur de la téléphonie mobile et augmentation de la consommation d'énergie (forces)
- 2. Augmentation de l'exposition au rayonnement (pressions)
- 3. Les valeurs limites sont bien respectées (état)
- 4. Méconnaissance des risques pour la santé (impacts)
- 5. Protection contre l'électrosmog (réponses)
1. Développement du secteur de la téléphonie mobile et augmentation de la consommation d'énergie (forces)
Le terme « électrosmog » est couramment employé pour désigner les champs électriques et magnétiques générés par toute installation technique. Des champs électriques et magnétiques à basse fréquence se forment partout où l'on produit, transporte et utilise de l'électricité.
Les installations de téléphonie mobile et les émetteurs de radiodiffusion ainsi que d'autres applications de radiocommunication génèrent également un rayonnement, mais dans le spectre des hautes fréquences. Il s'agit dans les deux cas de rayonnements non ionisants (RNI).
La consommation d'énergie en Suisse s'est stabilisée aux alentours de l'an 2000, alors que le produit intérieur brut (PIB) et la population continuaient de progresser. La consommation d'électricité également n'est plus corrélée aux taux de croissance du PIB et de la population depuis 2005.
En hausse permanente depuis les années 1990, le nombre de téléphones mobiles en Suisse a désormais dépassé les dix millions. Le volume des données transmises par la téléphonie mobile a en outre été multiplié par 24 entre 2008 et 2012.
En hausse permanente depuis les années 1990, le nombre de téléphones mobiles en Suisse a désormais dépassé les 10 millions .
2. Augmentation de l'exposition au rayonnement (pressions)
Avec l'essor de la téléphonie mobile, la présence de rayons à haute fréquence dans l'environnement a aussi fortement augmenté ces dernières années. À l'été 2013, plus de 16 000 antennes avaient été installées pour assurer le fonctionnement du réseau de téléphonie mobile.
Outre la téléphonie mobile, la radiodiffusion, la transmission par faisceau hertzien, la téléphonie sans fil et les réseaux informatiques sans fil (WLAN) rentrent dans la catégorie des émetteurs de rayonnement à haute fréquence.
En raison de l'augmentation de la consommation d'électricité et de l'intensification de la concurrence suite à la libéralisation des marchés de l'électricité, les réseaux de distribution acheminent de plus en plus d'électricité. Les champs magnétiques à basse fréquence continueront donc d'augmenter le long des lignes existantes.
3. Les valeurs limites sont bien respectées (état)
Les valeurs limites d'exposition au rayonnement ne sont atteintes ou dépassées qu'à proximité immédiate des installations émettrices, et ce dans des cas exceptionnels. Dans la plupart des situations quotidiennes, la charge en électrosmog liée aux installations d'infrastructure est bien inférieure à la valeur limite d'immission.
Toutefois, l'exposition individuelle est souvent due à des émetteurs de faible puissance fonctionnant près du corps. Ainsi, les téléphones mobiles, de par leur proximité immédiate, irradient l'utilisateur nettement plus que n'importe quelle station de base avoisinante.
4. Méconnaissance des risques pour la santé (impacts)
Les effets du rayonnement non ionisant sur l'homme dépendent de l'intensité et de la fréquence du rayonnement.
Un rayonnement de faible fréquence très intense peut déclencher des impulsions nerveuses et des contractions musculaires involontaires. Un rayonnement haute fréquence intense peut provoquer un réchauffement des tissus. Les valeurs limites en vigueur au plan international protègent des irradiations pouvant induire des effets de ce type.
Différentes études suggèrent toutefois la possibilité de réactions biologiques même en cas d'exposition faible, en deçà de ces limites. Un faible rayonnement de haute fréquence peut modifier l'activité cérébrale et influencer la circulation sanguine et le métabolisme du cerveau. On ne sait pas encore si un tel rayonnement est dangereux pour la santé.
Selon les études réalisées jusqu'ici, il n'y a pas lieu de craindre qu'une exposition à un faible rayonnement non ionisant ait des effets négatifs sur la santé à court ou à moyen terme. En revanche, on manque encore de résultats définitifs sur les conséquences d'une exposition à long terme. On soupçonne ainsi le rayonnement de basse fréquence, même faible, d'accroître le risque de leucémie chez les enfants. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a classé tant le rayonnement de basse fréquence que le rayonnement de haute fréquence comme possiblement cancérogène pour l'homme. En outre, certaines personnes sont convaincues de ressentir des troubles ou des effets sur leur état de santé, même avec un rayonnement très faible ; on commence seulement à comprendre comment aider ces personnes dites « électrosensibles ».
5. Protection contre l'électrosmog (réponses)
Afin de protéger la population contre l'électrosmog, le Conseil fédéral a édicté l'ordonnance sur la protection contre le rayonnement non ionisant (ORNI), qui fixe des valeurs limites pour le rayonnement des installations fixes telles que les lignes à haute tension et les émetteurs de téléphonie mobile ou de radiodiffusion.
Les appareils électriques, tels que les téléphones mobiles, les téléphones sans fil ou les fours à micro-ondes, qui irradient avant tout leur utilisateur et non l'environnement, n'entrent pas dans le champ d'application de la législation sur l'environnement.
Les valeurs limites d'immission protègent, avec une sécurité suffisante, contre les effets sur la santé reconnus scientifiquement (effets thermiques, stimulations nerveuses, contractions musculaires) et doivent être respectées partout où l'homme peut séjourner, même durant une courte période.
Se fondant sur le principe de précaution inscrit dans la législation environnementale, le Conseil fédéral a assorti les valeurs limites d'immission fixées dans l'ORNI de valeurs limites beaucoup plus sévères pour les installations. Ces dernières visent avant tout à réduire précocement l'exposition à long terme jusqu'à ce que la science ait pu déterminer s'il existe un lien entre le rayonnement de faible intensité et les effets sur la santé.
La Suisse s'est ainsi dotée de l'une des réglementations à caractère impératif les plus strictes au monde pour les lieux où des personnes séjournent relativement longtemps (notamment les logements, les écoles, les hôpitaux, les bureaux)
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Dernière modification 31.03.2015