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D'origine italienne, Louis de Gonzague (Luigi Gonzaga, 1568-1597) renonça à une vie de privilèges et un héritage princier pour vivre les trois vœux de la vie religieuse; il alla jusqu’à contracter la peste en se dévouant sans compter pour ceux qui étaient déjà atteints. Il était le fils aîné du marquis de Castiglione, et l’héritier du titre. Les Gonzague étaient connus comme mécènes des artistes de la Renaissance, et ils régnaient sur ce qui équivalait à un royaume.
Comme jeune homme Louis de Gonzague portait une cotte de mailles et se promenait aux côtés de son père quand celui-ci passait ses troupes en revue. Sa vie changea quand il contracta la malaria et commença à souffrir de fréquents accès de fièvre.
Mais déjà à l’âge de 7 ans, il se sentait attiré par la prière et prit ses distances de la vie de cour autour de lui. Dès l’âge de 9 ans on l’envoya, avec son frère à Florence, à la cour de l’ami de son père, le Grand Duc Francesco de Medici, pour apprendre les us et coutumes des princes. La cour des Medici était une des plus grandes et des plus opulentes d’Europe, mais aussi pleine d’intrigues, d’arnaques, de sexe et de violences.Le jeune Gonzague s’éloigna de ce monde et affermit son désir de ne jamais offenser Dieu en péchant. En novembre 1579, il déménagea à Mantoue et habita chez le duc, un cousin. C’est dans sa résidence qu’il découvrit un livre contenant des courtes vies de saints. Il commença à prier les psaumes quotidiennement, et plus tard il se mit à méditer, après avoir découvert un livre écrit par le père jésuite Pierre Canisius. A ce moment ses exercices de piété comportaient la messe quotidienne, la communion hebdomadaire et un jeûne trois jours par semaine.
En 1582, le jeune héritier accompagna Marie d’Autriche, la fille de Charlequint, dans son voyage jusqu’à Madrid. Il devint un page auprès du Duc d’Asturies, l’hériter probable. Là il a été nommé chevalier de l’Ordre de St Jacques. Par ailleurs, plus il s’élevait dans la société royale, plus il songeait à se faire jésuite, comme son confesseur à Madrid. Le 15 août 1583 il eut une expérience dans sa prière qui confirma sa décision. Quand il partagea cette expérience avec son confesseur, celui-ci lui fit remarquer qu’il devait obtenir la permission de son père.
Le marquis entra en rage quand il apprit que son héritier désirait renoncer à tout ce qui avait été si soigneusement préparé pour lui. Toute la famille retourna à Castiglione et le marquis envoya ses deux fils faire un tour des cours d’Italie, dans l’espoir que l’expérience d’un tel raffinement de vie ferait changer son fils d’avis et diminuerait la tension entre le père et le fils, deux personnes avec une volonté de fer. La détermination du fils l’emporta finalement, et le père donna son accord. En novembre 1589, Louis renonce à son héritage en faveur de son frère Rudolphe et se rend à Rome, où il se présente au Supérieur Général, Claudio Acquaviva, qui l’accepte au noviciat de Sant’ Andrea.
Bien que le nouveau novice n’ait pas encore 18 ans, son expérience l’avait rendu beaucoup plus mûr que son âge. Il trouvait le noviciat moins rigoureux que le régime qu’il s’était imposé librement. Malgré cela, il obéissait avec zèle aux règles du noviciat et à la direction spirituelle du maître des novices. Il s’inscrivit au Collège Romain afin de terminer sa philosophie avant de prononcer ses premiers vœux; ensuite il fit ses études de théologie. Il se rendit à Castiglione en 1589 pour négocier la paix entre son frère et le duc de Mantoue et retourna à Rome en mai 1590.
L’année suivante une famine et la peste frappèrent l’Italie, et le Père de Gonzague se mit immédiatement au service des malades. Il mendiait des aumônes et transportait les malades qu’il trouvait dans la rue à un hôpital, les lavait, les nourrissait et les préparait à recevoir les sacrements. Il informa son Père spirituel, le Père Robert Bellarmin sj (qui serait canonisé plus tard), qu’il avait reçu un avertissement qu’il mourrait bientôt.
Tellement de jeunes jésuites attrapaient la peste que le supérieur interdit au Père de Gonzague de continuer ce travail, mais l’autorisa à travailler à l’hôpital de Notre-Dame de la Consolation, qui ne soignait pas les pestiférés. Il y contracta la peste en soignant un malade. Le jeune jésuite se mit au lit le 3 mars 159; son état empira d’abord, puis s’améliora un peu, mais il ne put guérir complètement. La fièvre et la toux persistèrent. Il savait qu’il allait mourir et demanda la communion. Deux jésuites le veillèrent pendant toute la nuit; ils virent soudain son visage s’éclairer tandis qu’il serrait un crucifix et prononçait le nom de Jésus. Il n’avait que 23 ans au moment de sa mort. Son corps est conservé à l’église de St Ignace à Rome.
(source: le site de la Curie jésuite jesuits.global)