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Constatant que Oskar Freysinger, indépendamment de la question de son éventuelle réélection, n'aura plus la même aura qui était la sienne en 2013, au soir du 19 mars, deux de ses supporters, le philosophe François-Xavier Putallaz, et le président de l'UDC cantonal, Jérôme Desmeules, se sont publiquement exprimés contre les méthodes utilisées pendant la campagne électorale par Le Nouvelliste.
Comme le dit d'un ton tranchant Dom, dans les commentaires de L'1Dex, les dix attaques proférées contre le NF ont été contrées complètement, de manière argumentée, par le rédacteur en chef.
Seule la défaite du premier tour peut expliquer ce manque de discernement dans l'approche du rôle qu'a pu jouer le NF lors de ces élections.
Je vais examiner ici quelques aspects de la question.
Le reproche le plus sérieux que l'on peut faire à Vincent Fragnière est celui du format télévisuel des interviews accordées à l'ancien rédacteur en chef de Canal 9. Mais Vincent Fragnière a bien mis en lumière le fait que ce format, agressif certes dans le ton des questions, devait être mis en lien avec tous les autres formats choisis par le journal : interviews, analyse du programme, éditoriaux, etc. Cet ensemble, compte de l'ensemble des circonstances, était cohérent. Et on ne peut pas soutenir, par exemple, que Oskar Freysinger ait plus chahuté que Christophe Darbellay à cette occasion. Le téléspectateur a pu certes être frappé par le peu de temps imparti aux candidats pour s'exprimer, mais ceux-ci ont accepté, les uns et les autres, d'être mis ainsi sur le grill. Dans tous les cas de figure, personne ne peut suggérer que ce format télévisuel ait été à la source des déboires de Ensemble à droite lors du premier tour.
Une analyse extraordinairement fine du vocabulaire utilisé pour commentaire les interviews écrites, notamment les mots choisis par Stéphanie Germanier, pourraient démontrer que certains dominants ont été privilégiés, le journal sachant édulcorer leurs défauts et renforcer les faiblesses des outsiders. Mais cette approche subjective, remise dans le contexte de l'ensemble rédactionnel prévu lors de cette campagne, n'autorisent pas les critiques acerbes contre le rédacteur en chef.
L'impartialité correcte du NF est assez facile à démontrer. Le quotidien préféré des Valaisans a su mettre en doute les vertus de la Constitution s'agissant du nombre de représentants par district au Conseil d'Etat, le poids du Parti Unique du Haut-Valais dans la configuration politique, et la nécessité de disposer d'un gouvernement à la représentativité proportionnelle. Ces prises de position rédactionnelles, marquées du sceau du bon sens, peuvent ne pas avoir été admises par la majorité politique. On ne peut donc parler d'une servilité avérée, comparable à celle qui a pu exister dans les années 1970.
On pourrait même dire que le NF a fait preuve d'une singulière déférence à l'égard de certains candidats en ne s'appesantissant guère sur le contenu réel des affaires évoquées lors de la législature. Ainsi, la question posée aux candidats était de se déterminer sur l'affaire la plus marquante de la législature, sans que le candidat n'ait à expliquer dans le détail en quel lieu se nichait le vrai scandale. Pourtant, cette simple question a eu un effet éliminatoire salvateur, lorsque Nicolas Voide a répondu en s'offusquant de l'importance donnée par les médias à ces affaires ! Le Valais a alors compris que l'homme ne se remettrait jamais en question. Un homme de gouvernement doit savoir douter et ne pas avoir des idées fixes.
François-Xavier Putallaz a soutenu que le NF avait attisé les dérapages. J'aurais personnellement apprécié qu'un philosophe, spécialiste de l'éthique, se prononce sur le contenu de l'affiche de Maria et sur les causes réelles des "dérapages" intervenus sur les réseaux sociaux. Peut-être aurait-il dû aussi se demander si les affaires de la législature n'avaient pas eu des effets délétères sur le débat démocratique. Il a préféré axer sa critique sur le format de l'interview choisi par Vincent Fragnière. Je ne peux pas le suivre dans ce chemin-prétexte.
Le NF a contribué à la passion démocratique qui a saisi le Valais pendant cette campagne, en prenant des risques réfléchis sur ses prises de position mesurée et ferme et en jouant son rôle de média responsable.
Il faut ici louer le rôle joué par le NF qui a proposé clairement que la constitution soit changée, les règles de désignation des candidats au Conseil d'Etat paraissant totalement obsolètes. Si les meilleurs candidats appartiennent à un même district, il n'y a plus aucune raison de les exclure du gouvernement cantonal. La règle des districts est à bannir de la constitution.
François-Xavier Putallaz et Jérôme Desmeules sont déçus des résultats du premier tour. Les imputer à la manipulation publique du NF est un acte de déraison, en ces temps où twitter et facebook ont remplacé chez beaucoup le carnotzet et le bistrot.
Bonjour à tous les contrôleurs sociaux, chers à Vincent Fragnière !