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Mark Streit aurait dû, dans le cadre de la finale du Mondial à Zurich, être officiellement intronisé au Temple de la Renommée de la Fédération internationale (IIHF). Le coronavirus l'en a privé. Mais le Bernois pose tout de même son regard sur le hockey d'aujourd'hui.
"Mais le grand mal dans tout ça, c'est que le Championnat du monde n'a pas eu lieu", souligne Streit à Keystone-ATS.
L'IIHF décrit Streit sur son site comme "le plus grand joueur suisse de tous les temps". Le fait est qu'il fut le premier joueur de champ suisse à percer en NHL et qu'il a ouvert beaucoup de portes. "C'est beau de voir que les jeunes sont ambitieux et qu'ils visent à devenir encore meilleurs que les meilleurs de ma génération."
Aux New York Islanders, Streit fut le premier Suisse capitaine en NHL. Il a été attiré tôt par la prise de responsabilités et de se comporter comme un leader. "J'ai grandi dans ce rôle et j'ai appris beaucoup des joueurs plus âgés et ai développé mon propre style."
Les JO 2002, où il était capitaine, servirent d'apprentissage. "En raison d'un incident (réd: Reto von Arx et Marcel Jenni avaient été renvoyés à la maison pour incartade nocturne), j'ai vécu une situation extrême. On peut dire que j'ai plongé directement dans l'eau froide."
ats/ace
La réussite d'un obstiné
Streit est l'exemple probant de ce qui peut être atteint par obstination. Comme junior, il fut jugé pas assez bon par le CP Berne. C'est pourquoi il a débuté en LNA à Fribourg Gottéron. En 1999, il a osé pour la première fois franchir le pas de l'Amérique du Nord mais sans grand succès. "Ce fut pour moi toutefois une année primordiale où j'ai beaucoup appris, relève Streit. Cela m'a endurci. J'ai appris à me connaître mais également tout le système en vigueur aux Etats-Unis. Cette année-là m'a ouvert les yeux sur les contingences pour espérer jouer un jour en NHL. Mon rêve."
Toujours optimiste
Certes, le Bernois est resté toute la saison en Amérique du Nord malgré des résistances de toutes sortes. Il a réalisé qu'il n'était pas encore assez bon pour envisager de jouer en NHL et a pris le chemin du retour en Suisse. Il s'est engagé alors avec les Zurich Lions. "Là je pouvais avoir l'opportunité de mûrir comme joueur et à côté de la glace." N'a-t-il jamais douté ? "Je suis toujours resté optimiste. Je ne regrette rien. Si je regarde en arrière, j'ai le sentiment d'avoir tiré le meilleur de la situation." En NHL, il aura disputé 820 parties, inscrit 100 buts et réalisé 349 assists...
Actionnaire du CP Berne
Début mai, Streit est entré comme actionnaire du CP Berne avec une place dans le conseil d'administration. Il apportera également quelques heures pas semaine son expérience à la relève du club. "J'aimerais rendre quelque chose en priorité aux juniors." Il est prévu qu'il se trouvera sur la glace deux matinées par semaine. A côté de l'abnégation, Streit considère comme primordial le développement de la personnalité. Il veut plus de joueurs avec du caractère et des qualités de leader.
"Le sport mis à l'épreuve"
Streit a-t-il peur au vue de l'actuelle situation du hockey suisse ? "Tout le sport est lésé comme toute l'économie. C'est une mise à l'épreuve. Il est important que tout soit remis en question." Un plafond des salaires actuellement en discussions en Suisse, Streit trouve cela très bien. Il est partisan de limites supérieure et inférieure des salaires. Pour l'augmentation du nombre de joueurs étrangers par équipes, il est en pleine réflexion. D'un côté, il trouve que la concurrence est un élément important. De l'autre, il est dans l'intérêt des clubs d'aligner autant de Suisses que possible.