Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07078.jsonl.gz/1242

"Il a fallu que j'attende 60 ans pour pouvoir vivre ma passion : la politique."
Marie Boehlen vient au monde en 1911 dans la ferme de ses parents, dans la région bernoise du Riggisberg. Elle commence à lire tôt et se voir déjà écrivaine et étudiante à l'université. Pendant sa jeunesse, la politique l'intéresse peu.
A la sortie de l'école normale, Marie Boehlen - contre l'avis de son frère aîné, qui avait repris la ferme après le décès de leurs parents - obtient la maturité et fait des études de droit. C'est à l'université qu'elle commence à s'intéresser aux questions féminines et à la politique.
Son diplôme en poche, elle préside l'Association bernoise pour le suffrage féminin. Elle obtient le titre de docteur et trouve enfin, à 46 ans, le poste qui correspond à ses facultés : elle est la première femme juge des mineurs en ville de Berne et, ainsi, la première femme de Suisse juge des mineurs à plein temps.
Lorsque le suffrage féminin est finalement introduit en 1971, Marie Boehlen a 60 ans et elle prend sa retraite. Elle peut enfin - comme elle le dit elle-même - se consacrer à sa passion : la politique. Elle sera d'abord élue au Conseil communal de la ville de Berne puis, en 1974, elle sera l'une des premières femmes à entrer au Grand Conseil bernois. A 74 ans, elle reçoit le Prix Ida Somazzi pour son engagement de toute une vie en faveur de l'égalité des droits des femmes.
Dans son discours de remerciement, elle explique qu'elle a connu davantage de revers que de succès et que son engagement en faveur des droits des femmes lui a souvent valu de l'animosité. Elle a néanmoins contribué modestement à un grand changement de société : la transformation d'un rapport de subordination et de domination entre les sexes en un rapport de partenariat entre personnes ayant la même valeur et les mêmes droits.
Conseil de lecture du service de documentation du BFEG : Lüscher, Liselotte (2009): Eine Frau macht Politik. Marie Boehlen 1911-1999. Zürich: Limmat Verlag