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L'écologue recueille des données relatives à l'environnement, en veillant à l'objectivité de ses observations. Puis il analyse ces données et en tire des conclusions, selon les règles du raisonnement logique. C'est ce que l'on appelle la démarche scientifique, appliquée en l'espèce à une discipline appelée écologie.
Pour insulter un écologue, il suffit de le traiter d'écologiste, tout en maintenant une distance de sécurité d'au moins trois pas. En effet, il arrive que, sous le coup de l'émotion, un écologue calomnié de si odieuse manière, manifeste une réaction brutale, fort compréhensible, quoique toujours de courte durée.
L'écologiste appelle sa religion écologie. Une telle appellation est évidemment abusive, puisque ce terme devrait être réservé à la science de l'environnement. Rappelons en effet que la terminaison -logie est spécialement utilisée dans les mots qui désignent des sciences, comme la biologie, la géologie, etc. Pour la religion des écologistes, il conviendrait plutôt de parler d'écologisme, par analogie avec le christianisme, le judaïsme, le bouddhisme ou l'hindouisme.
L'écologiste est essentiellement un nostalgique de l'époque où chacun se préoccupait en priorité du salut de son âme. Dans l'écologisme, sauver son âme est remplacé par sauver la planète, Dieu s'appelle Vert, Satan s'appelle Béton et la morale est devenue l'éthique. Cette dernière échappe à la connotation sentencieuse de la morale ; elle semble plus moderne, alors qu'en réalité elle remplit exactement la même fonction, celle de contrôler les comportements, en prétendant séparer ceux qui sont « bons » de ceux qui sont « mauvais. »
Ainsi, les bénédicités et autres prières du matin ou du soir sont désormais remplacées par les « petites actions du quotidien. » S'il n'a jamais été possible de prouver scientifiquement l'efficacité d'une prière, on peut en revanche démontrer la totale inefficacité des petites actions du quotidien, telle que « Prenez des douches plus courtes ! » Si tout le monde le faisait, on économiserait au mieux 0,1% de la consommation mondiale d'eau. En revanche, il faut reconnaître aux prières, tout comme aux petites actions du quotidien, leur contribution à l'épanouissement du croyant, en lui donnant bonne conscience.
En conclusion, pour obtenir des résultats substantiels en matière de préservation de l'environnement, il vaudrait probablement mieux s'intéresser aux conclusions des écologues, plutôt qu'aux incantations des écologistes.