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Réseau suisse des droits de l'enfant
Analyse du rôle de l’hôpital de l’enfance de Zürich dans les opérations d’enfants intersexes
Un groupe de recherche interdisciplinaire de l’Université de Zürich a étudié le rôle de l’hôpital universitaire de l’enfance à Zürich dans le contexte de l’introduction des opérations d’assignation sexuelle chez les enfants intersexes entre 1945 et 1970, comme le rapporte la NZZ am Sonntag.
Le groupe de recherche a analysé 190 dossiers de patients-es et réalisé neuf entretiens avec des personnes concernées. L’analyse montre que l’hôpital de l’enfance de Zürich a joué un rôle prépondérant au niveau international en tant que centre pour les opérations sur des enfants intersexes. Des enfants venant de toute l’Europe, qui n’entraient pas clairement dans l’une ou l’autre des catégories masculin ou féminin, ont été opérés à l’hôpital de l’enfance à Zürich.
L’ambiguïté physique des organes génitaux était alors considérée comme anormale et devait être résolue à tout prix. L’ordre dichotomique des genres n’était pas remis en question. Les enfants concernés ont notamment subi des amputations du clitoris et des thérapies hormonales, dans le but de les assigner clairement à l’un ou l’autre des sexes masculin ou féminin.
Les opérations étaient toutefois réalisées sans prise en compte du point de vue des enfants concernés. Ces enfants n’étaient pas impliqués dans les décisions médicales, ni entendus. Les parents étaient en partie aussi informés que de manière partielle des traitements entrepris. Pour les enfants, les innombrables opérations, examens et prises de médicaments représentaient souvent une charge importante.
Avec cette étude, le groupe de recherche de l’Université de Zürich dont font aussi partie certaines personnes actives au sein de l’hôpital de l’enfance, fait un premier pas en direction d’une analyse du phénomène. Dans leur conclusion, les chercheurs-ses portent un regard critique sur la communication entretenant le tabou, le manque d’explications et le rapport paternaliste qu’entretenaient les médecins avec les patients-es. Les interrogations ne portent cependant pas sur la réalisation des opérations en tant que telles.
Le Comité des droits de l’enfant de l’ONU demande l’interdiction des traitements non nécessaires
Sous l’angle des droits de l’enfant, les traitements non nécessaires, réalisés sans le consentement des enfants, ne sont pas défendables. L’organisation Zwischengeschlecht.org critique depuis longtemps la réalisation, chez les enfants intersexes, de traitements qui ne répondent pas à une nécessité vitale. Ceux-ci constituent, selon l’organisation, une atteinte aux droits humains et doivent être interdits. Le Comité des droits de l’enfant recommande aussi à la Suisse d’interdire l’exécution de traitements médicaux ou chirurgicaux non nécessaires chez les enfants intersexes. Si cela ne représente pas un risque, le comité recommande de différer les opérations jusqu’à l’âge où l’enfant peut prendre position par rapport à l’intervention en question.
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