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ANN ARBOR – Le tabagisme continue à être une cause très importante de cancer, du poumon surtout, et de mort prématurée. La plupart des études sur la consommation de cigarettes ont concerné des populations d’âge moyen, peu ont examiné l’impact de l’arrêt du tabac sur le développement de maladies et le risque de mortalité chez des personnes âgées. Une nouvelle étude a découvert que les personnes âgées de 70 ans qui fumaient avaient plus de 3 fois plus de risque de mourir (de façon prématurée) que ceux qui n’avaient jamais fumé. Ce travail de recherche a aussi montré que les anciens fumeurs avaient moins de risque de mourir plutôt ils arrêtaient de fumer et même arrêter à la soixantaine diminuait le risque.
Toujours plus de personnes âgées
Cette étude a notamment été réalisée sous la direction de la Dr Sarah H. Nash du National Cancer Institute à Bethesda aux Etats-Unis. Dans ce pays, le nombre de personnes âgées de plus de 70 ans devrait passer de 9,3% de la population en 2012 à 15,9% en 2050. Comme une partie significative de ces personnes âgées de plus de 70 ans fument, il est important de mieux comprendre les avantages d’arrêter de fumer à cet âge avancé.
Détails de l’étude
Les chercheurs ont analysé les données de plus de 160’000 personnes âgés de 70 ans ou plus d’un travail de recherche appelé NIH-AARP Diet and Health Study. Les participants devaient répondre à un questionnaire en 2004 et 2005 détaillant leurs habitudes par rapport au tabac. Les scientifiques ont ensuite analysé les participants morts jusqu’à 2011. Une autre analyse a été effectuée entre 2014 et 2016.
Au début de l’étude en 2004 et 2005, l’âge médian des participants était de 75 ans. Environ 56% étaient d’anciens fumeurs et 6% des fumeurs à ce moment. Les hommes fumaient davantage que les femmes et la probabilité qu’ils aient commencé à fumer avant 15 ans (19% contre 9,5% des femmes) était plus élevé.
Arrêter tôt est le mieux, avant 40 ans
Pendant le suivi (follow-up) d’environ 6,4 ans, environ 16% des participants sont morts. Alors que 12,1% des participants qui n’ont jamais fumé sont morts, 16,2% des anciens fumeurs qui ont arrêté entre 30 et 39 ans sont morts. Mais ce chiffre de décès est monté à 19,7%, 23,9% et 27,9% chez les fumeurs qui ont arrêté respectivement entre 40 et 49 ans, 50 et 59 ans ainsi qu’entre 60 et 69 ans. Comme on peut s’y attendre, ceux qui fumaient au moment de l’étude sont mort dans 33,1% des cas, c’est-à-dire plus du double que ceux qui ont arrêté avant l’âge de 40 ans. Le taux de mortalité pour chaque tranche d’âge était inférieur chez les femmes que chez les hommes.
Jamais trop tard pour arrêter
“Ces données montrent que l’âge du début du tabagisme et de l’arrêt, deux composants indiquant la période pendant laquelle une personne fume, sont des indicateurs importants du taux de mortalité des Américains âgés de 70 ans ou plus,” commente Dr Nash dans un communiqué. L’étude a aussi montré que plus une personne commence tôt à fumer et plus le risque de mortalité augmente. Finalement Dr Nash relève : “Les anciens fumeurs avaient un risqué réduit de mortalité après 70 ans par rapport aux fumeurs, même ceux qui ont arrêté entre 60 et 69 ans. Ces résultats montrent qu’arrêter de fumer devrait être conseillé à tous les fumeurs et peu importe l’âge.”
Cette étude a été publiée online le 29 novembre 2016 dans la revue scientifique American Journal of Preventive Medicine.
Autre étude récente, infarctus du myocarde
Egalement le 29 novembre 2016, une étude anglaise à propos du tabagisme publiée dans la revue spécialisée Heart a montré que tous les fumeurs présentaient un risque plus élevé de souffrir d’infarctus du myocarde par rapport à ceux ne fumant pas. Ce risque était particulièrement élevé parmi les personnes âgées de moins de 50 ans. En effet, avant 50 ans le risque était 8,5 fois plus élevé en comparaison à ceux qui ne fumaient pas. Entre 50 et 65 ans le risque était 5 fois plus élevé et après 65 ans 3,5 fois plus élevé. Cette étude anglaise a été réalisée sous la direction du Dr Ever Grech de l’hôpital Northern General Hospital basé à Sheffield en Angleterre. Ils ont analysé les données de plus de 1’700 adultes ayant souffert de crise cardiaque (infarctus du myocarde).
Le 2 décembre 2016. Par Xavier Gruffat (Pharmacien Dipl. EPF Zurich). Sources : communiqué de presse de l’étude, résumé (Abstract) de l’étude : http://www.ajpmonline.org/article/S0749-3797(16)30517-7/fulltext . Etude anglaise : CBSNews.com