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La justice française a demandé à la Suisse l´autorisation d´interroger un financier helvétique. Ce dernier est soupçonné d´avoir aidé dans sa fuite Alfred Sirven. L´homme d´affaires français est recherché dans le cadre de l´affaire Elf.
Il se passe décidément toujours quelque chose dans l'affaire Elf. L'ancien numéro deux du groupe pétrolier, Alfred Sirven, aurait voyagé avec un vrai-faux passeport fourni par un ancien mercenaire français aux Comores, vraisemblablement aidé par le dirigeant suisse d'une société d'analyse financière.
Pour tenter de comprendre ce nouvel épisode, il faut se souvenir qu'Alfred Sirven, ancien résident suisse, actuellement caché aux Philippines, est recherché par la justice française depuis 1997. L'ancien dirigeant d'Elf est entré en possession d'un passeport établi le 21 avril 1998 à Paris au nom de Robert Lapierre.
Or, cet ancien artisan fourreur, né comme Alfred Sirven en 1927, est décédé en septembre 1998. C'est son propre fils, Jean-Marie Lapierre, ancien mercenaire aux Comores, aux côtés du tristement célèbre Bob Denard, qui a vendu ce passeport pour 100 000 francs français (23 000 francs suisses).
Inculpé pour «falsification de documents administratifs», Jean-Marie Lapierre a reconnu que la transaction était passée par l'un de ses anciens camarades d'université, un financier genevois, très marqué à droite, et qui aurait combattu, lui, dans les phalanges libanaises.
Le juge français Renaud Van Ruymbeke a demandé aujourd'hui à la Suisse l'autorisation d'interroger L. Q., dirigeant d'une société d'analyse financière. Ce dernier, contacté mardi par le quotidien français Le Monde, a déjà démenti tout lien avec cette histoire de passeport. «Je ne suis pas assez fou pour faire une chose pareille», déclare-t-il.
Toutefois, ce financier n'est pas totalement un inconnu pour le juge Paul Perraudin, en charge de l'affaire Elf en Suisse. L.Q. aurait joué en rôle dans le transfert de 17 millions de francs français entre Lausanne et Monaco en 1997. En novembre dernier, swissinfo avait déjà évoqué cette opération, laissant entendre qu'Alfred Sirven semblait considérer la Principauté comme un paradis fiscal plus sûr que la Suisse.
Ian Hamel