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Pour l’innovation, la créativité et le développement du paysage cinématographique et des médias suisses: NON À NO-BILLAG
L’initiative ‹Oui à la suppression des redevances radio et télévision› (No-Billag), qui fait l’objet d’une votation populaire le 4 mars 2018, vise aussi le démantèlement des structures établies pour la branche cinématographique et audiovisuelle en Suisse au fil des dernières décennies. La société de gestion de droits d’auteurs SSA estime qu’en cas d’acceptation de l’initiative, environ 13'000 postes à plein temps seraient détruits au sein et à l’extérieur de la SSR. Toutes les chaînes radio et télévision de la SSR seraient débranchées ainsi que 34 autres chaînes financées par la redevance. Les concessions existantes seraient vendues aux plus offrants, toute subvention aux télévisions et radios serait interdite, ce qui empêcherait aussi des financements alternatifs.
L’initiative No-Billag ne veut pas seulement démanteler la SSR et détruire l’avenir des télévisions et radios; son acceptation réduirait aussi à néant le Pacte de l’audiovisuel qui règle la collaboration entre la création cinématographique indépendante et la SSR depuis 20 ans. Le Pacte de l’audiovisuel permet l'investissement de CHF 27.5 millions dans le cinéma suisse et près de CHF 40 millions en ajoutant d'autres formes de production. La SSR est, à côté de l'Office fédéral de la culture, le plus gros bailleur de fonds de la cinématographie suisse. No-Billag est donc aussi une attaque directe contre le cinéma suisse. En cas d’acceptation de l’initiative, c’est environ un tiers de ressources qui manquerait au cinéma suisse. De plus, les films perdraient les plus importants canaux de diffusion en dehors des salles de cinéma, à savoir les diverses chaînes de la télévision. Une acceptation de l’initiative No-Billag provoquerait un véritable tremblement de terre dans le paysage médiatique, audiovisuel et cinématographique suisses. Le démantèlement des structures existantes entraînerait l’atomisation des synergies entre les médias, l’audiovisuel et le cinéma et aurait un effet dévastateur sur la démocratie suisse dont les réseaux d’informations fiables, les fondements de la formation de l'opinion publique et l’échange culturel entre les régions sont la base.
C’est pourquoi nous nous opposons à cette initiative. Notre mission est en profonde contradiction avec la suppression des redevances radio et télévision. Notre tâche est, en effet, de nous engager pour les structures existantes et de soutenir leur développement. Le mandat de FOCAL est de réunir, pour le bien du milieu audiovisuel, les forces permettant de consolider son existence et d’encourager sa singularité alors qu’il est confronté à un contexte technologique, social et culturel en pleine mutation ainsi qu’à une féroce compétition internationale. Ceci demande force innovatrice, intelligence et créativité. Face à ce défi, la SSR est partenaire tant de FOCAL que de la branche.
Nous appelons donc les professionnel·le·s du cinéma suisse à se prononcer clairement contre la suppression des redevances radio et télévision. Nous vous appelons également à ouvrir le débat avec vos ami·e·s, voisin-e·s et fournisseurs. Il est en effet absolument nécessaire de faire comprendre à la population qu’il ne s’agit pas simplement de supprimer une redevance, mais que les conséquences d'une acceptation de l’initiative seraient catastrophiques. Votons non et surtout appelons à voter non autour de nous!
Le Comité de Fondation
Séverine Barde, Valerie Fischer, Thomas Geiser, Gianclaudio Meyer, Bettina Oberli, Michael Steiger
Pierre Agthe, directeur
Les Responsables de domaine chez FOCAL
Vanja Baumberger, Nicole Borgeat, Frédéric Guillaume, Edgar Hagen, Jessica Hefti, Anna Luif, Nicole Schroeder, Carola Stern, Jacqueline Surchat, Franziska von Fischer