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Le profil des employés de la fonction publique se distingue de celui du secteur privé par une part plus élevée de femmes, peu de jeunes et par une carrière professionnelle plus stable et généralement plus longue s’expliquant, entre autres, par la pérennité des institutions et l’atemporalité des missions de l’Etat. Une tendance à la féminisation et au vieillissement des administrations cantonales est constatée, tant au niveau de l ‘administration centrale que pour les services de l’Etat au sens large.
La féminisation de la fonction publique s’est renforcée de manière significative dans pratiquement tous les pays au cours des 50 dernières années, suivant un mouvement également perceptible dans le secteur privé. La part des emplois féminins de l’administration centrale des pays de l’OCDE est ainsi passée de 41% à 46% entre 1995 et 2005. Le secteur public constitue aussi en Suisse un important débouché en termes d’emploi pour les femmes. Elles sont d’ailleurs largement majoritaires dans les services destinés aux ménages, où elles représentent plus du 60% dans les domaines de la santé, du social et de l’éducation. Leur part est par contre minoritaire pour l’administration centrale cantonale, ne représentant que 38% au 31.12.2008, bien qu’une augmentation soit constatée depuis 2004 (+4 points) (BADAC-esac). Les cantons protestants apparaissent comme davantage favorables à l’emploi des femmes, alors qu’un rattrapage s’observe pour les administrations cantonales des petits cantons catholiques. Une corrélation positive significative est observée entre la part des femmes parlementaires et la part des femmes dans les administrations (+0,4*, p <0,05). La part des employées du «Petit Etat» est également corrélée positivement avec la part des socialistes au gouvernement (0,5*, p<0,05).
Âge des employés de la fonction publique cantonale
En 2008, l’âge moyen des employés des administrations cantonales était de 44 ans, 46 ans pour les hommes et 41 pour les femmes, variant toutefois d’un canton à l’autre en fonction de la localisation géographique, de la culture et de la vitalité économique. A cette date, 14% des employés de l’administration publique avaient moins de 30 ans, environ 70% étaient âgés de 30 à 55 ans et 18% avaient plus de 55 ans. On observe globalement une plus grande part de jeunes en Suisse occidentale, la Suisse orientale comptant un taux plus élevé d’employés de plus de 55 ans. Le Jura et Fribourg possèdent la plus haute part de jeunes de moins de 30 ans (environ 20%) et le plus faible taux de plus de 55 ans (environ 12%). À l’inverse, Glaris, l’Argovie mais aussi les Grisons possèdent une part plus élevée d’employés de plus de 55 ans. La tendance des 20 dernières années est due à un vieillissement de la fonction publique, ce phénomène touchant l’ensemble des actifs des pays occidentaux. L’âge moyen des employés de l’administration centrale est dans tous les cantons inférieur à la moyenne d’âge des parlementaires, ces derniers étant également partout plus jeunes que leurs ministres (à l’exception du canton de Vaud). Il semblerait ainsi qu’il y ait une règle d’or liée à l’âge pour atteindre les plus hautes sphères de l’Etat.
Le profil des employés de la fonction publique se distingue des employés du secteur privé d’abord par une carrière professionnelle plus stable et généralement plus longue qui s’explique par la pérennité des institutions et l’atemporalité des missions de l’Etat. Cette stabilité du marché de l’emploi public est d’autant plus forte auprès de l’administration centrale car celle-ci demande davantage de loyauté et d’éthique au service de l’intérêt général. L’indicateur pris en compte pour la mesurer se base sur les années de service. La plupart des employés des administrations centrales cantonales possèdent plus de dix ans d’expérience (46%), 38% de deux à dix ans et 16% moins de deux ans. On observe ici des extrêmes avec sept cantons, majoritairement catholiques et alpins, comptant au moins 50% d’employés avec plus de dix ans d’expérience (GL, GR, JU, SO, TI, UR, VS). Les employés cantonaux apparaissent donc comme très expérimentés et/ou très stables dans leurs fonctions.
Un lien peut être établi entre l’ancienneté et le taux de rotation du personnel. En effet, les nombreuses réformes menées au sein des institutions publiques ont introduit, dans plusieurs cantons, une nouvelle culture d’entreprise empruntée au secteur privé, comme la possibilité de licenciements, l’introduction du salaire au mérite, les bonus et autres mesures. Les critiques à l’encontre de l’Etat et de son mode de fonctionnement, décrit comme peu flexible, les restrictions budgétaires et en général la détérioration des conditions de travail ont amené davantage de mobilité dans le secteur public. La rotation du personnel a ainsi pris également de l’ampleur depuis le milieu des années 1980 au sein des administrations publiques avec le passage à un modèle beaucoup plus dynamique où les changements de poste de travail sont devenus plus fréquents (tous les six à sept ans). Le taux de rotation atteint ainsi en moyenne 10% en 2008 contre 7,6 en 2004 (BADAC-esac), soit un taux proche de celui des employés de la Confédération. Le taux de rotation apparaît plus élevé dans les cantons gérant leurs employés selon les principes de la Nouvelle gestion publique (AG, BE, LU, SO, TG), les départs représentant 7% de l’effectif moyen annuel, alors que les transferts internes restaient très faibles (moins de 1%).
Le statut de fonctionnaire a été introduit en 1927 pour les employés de la Confédération dans un contexte de crise et d’instabilité économique. La loi fédérale sur le statut des fonctionnaires servira de modèle à la plupart des cantons avec une nomination par période administrative de quatre ans (trois ans avant 1959), l’interdiction du droit de grève et d’associations dont les buts ou les moyens étaient considérés illicites ou dangereux pour l’Etat. Ce statut assurait aussi la sécurité de l’emploi. Or, il a été progressivement aboli dans tous les cantons à partir des années 1990 ainsi que pour le personnel de la Confédération en 2002. La majorité des employés des administrations cantonales possède actuellement un statut relevant du droit public par contrat (57%), principalement dans les cantons alémaniques ainsi qu’à Fribourg. Les cinq autres cantons latins et trois cantons alémaniques (LU, SG, TG) privilégient les engagements de droit public classique (34%), le Jura possédant cependant 36% d’engagements de droit public par contrat. Le Jura est aussi le canton qui compte le plus d’apprentis (11%). Le statut d’auxiliaire est assez rare (3% en moyenne) mais atteint tout de même 15% au Tessin, 10% à Glaris et 8% en Valais. En 2008, les engagements de droit privé existaient seulement dans cinq cantons avec un faible taux (1% du total), à deux exceptions: Zoug (10%) et Neuchâtel (9%).
Le texte et les cartes ci-dessus sont tirés de l’«Atlas de l’Etat. Cartographie du fédéralisme suisse».
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L’SSSA va publier ces prochains mois, environ tous les six semaines, des articles de focalisation illustrés de cartes portant sur les thèmes suivants:
– Profil du personnel
La deuxième contribution portera sur le profil des autorités. Ne ratez pas cela !
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Renseignements: Dr. Christophe Koller, responsable de la BADAC, chef de projets à l’IDHEAP et directeur opérationnel de l’ESEHA; Tél. +41 (0)21 557 40 67; [email protected].
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Commande de l’Atlas de l’Etat ici.
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Pour en savoir plus :
C. Koller (2012), Le profil du personnel de la fonction publique, in: Manuel de l’administration publique suisse, Lausanne: PPUR, 2013.
Personnel de la fonction publique cantonale
Le profil des employés de la fonction publique cantonale se distingue de celui du secteur privé d’abord par une part plus élevée de femmes, peu de jeunes et par une carrière professionnelle plus stable et généralement plus longue.