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L’ex-CFO de Soitec Rémy Pierre et l’ex-dirigeant de Lafarge Stéphane Solere écopent d’une amende de respectivement 500'000 euros et un million d’euros.
L’Autorité des marchés financiers (AMF) a sanctionné à hauteur de 500’000 euros Rémy Pierre, ancien directeur financier de Soitec, et d’un million d’euros Stéphane Solere, ex-dirigeant de Lafarge, accusés d’avoir respectivement divulgué et utilisé des «informations privilégiées», a-t-elle annoncé mardi.
«Dans sa décision du 9 juillet 2021, la Commission (des sanctions) a infligé à M. Rémy Pierre une sanction pécuniaire de 500’000 euros pour avoir transmis deux informations privilégiées relatives aux résultats et prévisions de résultats financiers pour l’exercice 2017-2018 d’une société cotée, et à M. Stéphane Solere une sanction pécuniaire d’un million d’euros pour avoir utilisé ces informations», a indiqué l’AMF dans un communiqué.
Ces sanctions pécuniaires sont en deçà de ce qu’avait requis le 25 juin l’Autorité des marchés financiers (AMF), laquelle avait requis une sanction de 900’000 euros contre Rémy Pierre et de 1,2 million d’euros contre Stéphane Solere.
Les deux hommes, qui se sont rencontrés entre 2002 et 2005 au sein de la direction financière de Lafarge, étaient accusés de délit d’initiés pour des faits commis entre octobre 2017 et juin 2018, au moment où M. Pierre était directeur financier du fabricant de semi-conducteurs Soitec et M. Solere avait quitté le cimentier Lafarge.
Le collège de l’AMF reprochait à M. Pierre d’avoir divulgué à trois reprises des «informations privilégiées» sur les résultats financiers de Soitec à M. Solere, informations utilisées par ce dernier pour son compte et ceux de sa famille.
Un relevé des contacts téléphoniques entre les deux hommes en atteste, selon le collège de l’AMF, qui a estimé l’avantage financier global réalisé par M. Solere à 325.278 euros.
Le dossier porte sur la publication des résultats financiers de l’entreprise Soitec les 18 octobre 2017, 18 avril 2018 et 13 juin 2018.
«La Commission a considéré que les informations publiées le 18 octobre 2017 et le 18 avril 2018 ont revêtu chacune les caractéristiques d’une information privilégiée, respectivement, dès le 4 octobre 2017 et au plus tard le 12 avril 2018», a indiqué mardi l’AMF.
«En revanche, la Commission a estimé que l’information publiée le 13 juin 2018 n’était pas privilégiée avant cette date à défaut de pouvoir être considérée comme susceptible d’avoir une influence sensible sur le cours du titre de la société et, en conséquence, a considéré qu’il ne pouvait être reproché aux mis en cause d’avoir transmis et utilisé cette information», a ajouté l’AMF, qui rappelle que «cette décision peut faire l’objet d’un recours».