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Das Schloss in 1767 Herrliberger
1930
Le château de Neu-Thierstein doit sa fondation à l'héritage que la fille du dernier comte de Soyhières apporta en mariage à son époux. Originaire de comtes alsaciens, cette lignée s'était établie - et enrichie - au début du Moyen Age dans la vallée de la Birse. Elle possédait de plus des biens dans la région de l'Aar. C'est grâce à sa générosité que purent être fondés les couvents de Lucelle, Beinwil et Frienisberg, construits tous trois sur des terres appartenant en propre aux comtes de Soyhières. Ceux-ci détenaient en outre la prévôté séculière sur leurs donations. Seuls les biens du couvent de Beinwil qui, dans la vallée de la Lucelle, s'étendaient d'Erschwil jusqu'au col du Passwang - une région nommée «domaine abbatial» - étaient exonérés de toute redevance. L'abbé de Beinwil exerçait la souveraineté absolue sur tout ce territoire.
Les comtes de Thierstein appartenaient eux aussi à une puissante famille. Leurs châteaux se trouvaient au-dessus de Frick et leurs territoires renfermaient le Frickgau et le Sisgau. Apparentés aux comtes de Habsbourg, originaires de la même famille que les comtes de Homberg, ils exerçaient leur domination sur toute la région comprise entre le Fricktal et la vallée de la Birse. Lorsque, à la fin du XIIe siècle, ils recueillirent une grande partie de l'héritage des comtes de Soyhières pour des raisons qu'on ignore, leur château patrimonial et le bailliage du domaine de la Sorne furent attribués aux comtes de Ferrette - le fils de la comtesse de Soyhières fit édifier un nouveau château près de Büsserach, sur des terres ayant appartenu en franc-alleu à la famille éteinte. La prévôté séculière sur les couvents de Beinwil, du Frienisberg et de Lucelle figurait elle aussi parmi les biens successoraux échus aux Thierstein.
La nouvelle forteresse fut construite au milieu de terres défrichées. Lorsque le comte de Frohbourg épousa l'héritière de la branche des Thierstein et fonda Neu-Homberg, près de Läufelfingen, les châteaux ancestraux du Fricktal furent abandonnés; ils ne tardèrent pas à se délabrer.
Dès ce moment et jusqu'à son extinction, survenue au début du XVIe siècle, la famille des Thierstein joua un rôle important dans le Sisgau. La succession des Neu-Homberg lui étant revenue, un déplacement de son centre administratif devint inévitable. C'est alors qu'elle décida d'ériger le château de Farnsburg.
Neu-Thierstein ne servit pas longtemps de résidence aux comtes. Au cours de la première moitié du XIIIe siècle, le fils du fondateur du château transféra son siège au château de Pfeffingen, un fief épiscopal. En 1309, la maison se partagea en deux lignes, celle des Pfeffingen et celle des Farnsburg. Le château patrimonial continua d'appartenir à la famille, mais la plupart du temps, il fut occupé par un bailli comtal.
Malgré le luxe et la puissance dont ils firent étalage - ou plutôt en raison de ceux-ci - les Thierstein connurent le sort de maintes autres familles nobles: ils eurent des difficultés financières et furent obligés d'hypothéquer leurs biens. Pour enrayer tant soit peu leur déclin politique, ils conclurent des traités d'alliance et d'assistance mutuelle avec des villes et des maisons princières. Ce qui les rendit plus dépendants encore de leurs bailleurs de fonds et de leurs alliés. Dès 1400, les comtes de Thierstein ne furent plus jamais les propriétaires uniques de leur château patrimonial. Pendant six ans, le duc Léopold IV y eut libre accès. Puis il fut repris par des commerçants bâlois. Soleure aurait bien voulu devenir maitre du territoire de derrière le Passwang, ce territoire que Bâle ne parvint jamais à acquérir à titre définitif; même pas par le truchement de ceux de ses bourgeois qui furent détenteurs de gages. Lorsque le comte Jean put, en 1440, retirer le gage qui grevait sa propriété, le roi d'Allemagne lui rétrocéda le château à titre de fief. Depuis cette date, la seigneurie des Thierstein demeura fief impérial.
Pendant la Grande Guerre de la noblesse, qui éclata après la bataille de Saint-Jacques sur la Birse et devait punir les nobles ayant sympathisé avec l'ennemi, les Soleurois occupèrent le château de Neu-Thierstein. Ils ne le restituèrent à son propriétaire que cinq ans plus tard, par l'entremise de Bâle. Le comte se vit en outre octroyer une modeste indemnité pour les dommages qu'il avait subis. Pierre de Mörsberg, en venant au secours du comte Jean de Thierstein, avait non seulement dévasté et incendié plusieurs villages entre Bâle et Soleure, mais encore pénétré dans le «domaine abbatial» et mis le feu au couvent de Beinwil.
Le traité de paix restitua aux Thierstein leurs droits, certes, mais la guerre avait fortement accru leur endettement. A nouveau, le château dut être hypothéqué. Les deux frères Oswald et Guillaume acquirent le droit de bourgeoisie de Soleure et promirent à la ville qu'en cas de guerre, elle aurait libre accès à tous leurs châteaux. Cette alliance souleva à tel point la colère des nobles qu'ils incitèrent le bailli de Montbéliard à réduire en cendres les villages d'Aesch et de Pfeffingen. Les Soleurois vengèrent les deux frères Thierstein, leurs nouveaux citoyens, en faisant des ravages tout aussi dévastateurs parmi les biens appartenant aux nobles du Sundgau.
Le représentant le plus illustre des Thierstein fut Oswald. Armé chevalier en 1452 par l'empereur Frédéric III au cours d'une cérémonie qui se déroula sur le pont du Tibre à Rome, il se déroba à ses difficultés financières en s'engageant comme mercenaire auprès de divers seigneurs. Tout d'abord maître écuyer de l'empereur, il fut plus tard à la solde de la ville impériale d'Augsbourg. Dans l'intervalle, il donna à plusieurs reprises la preuve de ses qualités militaires dans des tournois. Après avoir mené plusieurs guerres privées, il entra au service de Charles le Téméraire. Peu après, il devint bailli autrichien et chef d'armée en Alsace. Il offrit également ses services aux Confédérés et fut chef de troupe lors de la bataille de Morat.
Après quoi, il recruta des mercenaires et, avec eux, aida le duc de Lorraine à reconquérir son pays. Ses troupes l'ayant menacé de dévaster ses villages s'il ne leur versait pas la solde promise, des amis vinrent à son secours et réunirent la somme nécessaire. Le roi de France lui accorda même une pension. A nouveau, il devint bailli en Alsace et se vit concéder en fief le château fortement endommagé du Haut-Koenigsbourg, à condition qu'il veille à sa reconstruction. Les secours obtenus permirent toutefois tout juste à Oswald d'aplanir ses difficultés financières et de retarder sa ruine. Finalement, les Thierstein durent renoncer aux biens qu'ils possédaient encore dans leur domaine ancestral. Ils vidèrent leurs châteaux, emmenèrent leur ménage au Haut-Koenigsbourg et vendirent leurs provisions de bois aux enchères.
Après la mort d'Oswald, survenue en 1487, ses fils ne renouvelèrent pas le pacte d'alliance avec Soleure. Lorsque éclata la guerre de Souabe, la ville de l'Aar occupa purement et simplement les châteaux délaissés par les Thierstein. Ce n'est qu'après la bataille de Dornach qu'Henri et Oswald reprirent le droit de bourgeoisie de Soleure. Peu après, les Confédérés leur reprochèrent d'être entrés au service du roi de France, contre lequel ils avaient combattu pendant les guerres du Milanais. Les châteaux occupés par Soleure ne furent rendus aux Thierstein qu'en 1514.
Lorsque la décadence de cette famille autrefois si puissante devint manifeste, une âpre lutte s'engagea entre Bâle et Soleure à propos de la succession des Thierstein. Grâce à une politique habilement menée, les Soleurois se virent attribuer par la diète, appelée à arbitrer le conflit, le château et la seigneurie de Thierstein, de même que la prévôté séculière sur Beinwil. Le château devint siège baillival et le demeura jusqu'à la Révolution française. Il fut alors vendu à charge de le démolir à un citoyen d'Erschwil.
Bibliographie