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Article paru dans le calendrier 2008 édité lors de l’Année anabaptiste 2007
Auteur : Ernest Geiser
Des montagnes refuges
Les chaînes du Jura méridional ont servi de refuges aux chrétiens de la Réforme dite radicale. Chassés de Berne et surtout de l’Emmental, certains anabaptistes se sont réfugiés dans l’Evêché de Bâle dès 1530, notamment sur les montagnes de la Prévôté de Moutier-Grandval. Les vallées du Sud avaient accueilli la Réforme lors du passage de Farel en 1528. Bienne demanda dès 1538 à Berne de veiller sur les Prévôtois, ils ne devaient pas être gagnés par les anabaptistes. Les entreprises bernoises pour „anéantir cette maudite secte non-chrétienne“ laissèrent le Prince-Evêque assez passif. Des vagues plus importantes de réfugiés arrivèrent dans l’Evêché au 17e,18e et jusqu’au 19e siècle, ce qui raviva par moments les tensions entre adversaires et partisans de l’accueil. Le Congrès de Vienne (1815) attribua l’Evêché de Bâle à l’Etat de Berne, avec des dispositions en faveur des anabaptistes: ils étaient protégés et tolérés, mais devaient inscrire leurs mariages et naissances dans les délais indiqués.
Un style de vie particulier
Les hauteurs furent défrichées pour rendre les terres cultivables, les familles anabaptistes développèrent un style de vie simple. Selon les périodes ils se réunissaient en cachette (des sites comme la chapelle des chèvres ou le Pont des Anabaptistes) et plus souvent sur leurs fermes pour manger et chanter ensemble, pour écouter la lecture et la méditation biblique. La limitation des liens sociaux favorisait le maintien de la langue allemande et le développement des écoles privées. Bien après la constitution de l’Etat moderne (1848), les anabaptistes édifièrent les premières chapelles (vers 1900) et commencèrent à s’établir en dessous de 1000 m en apprenant timidement le français. Durant la seconde partie du 20e siècle l’intégration sociale des anabaptistes-mennonites s’est accentuée pour se normaliser. Les collaborations avec les autres Eglises se sont intensifiées et des pas de réconciliation ont été entrepris entre réformés et mennonites.
Où est le trésor?
Les chrétiens anabaptistes ont accepté d’emprunter le chemin vers le Jura pour préserver une conviction forte, un trésor: vivre la relation à Dieu par un nouveau style de vie personnel et communautaire. Cette forme de piété résista aux tests de l’incompréhension, elle met en évidence l’importance des choix personnels en matière de foi. Cet héritage marque la théologie des Eglises évangéliques mennonites. Les lieux de culte se trouvent aujourd’hui sur les hauteurs ou à l’écart des cités (Les Bulles, La Chaux-d’Abel, Les Mottes, Le Jean Gui, Moron) comme dans les vallées et au pied du Jura (Bienne-Brügg, Cormoret, Tramelan, Tavannes, Moutier, Bassecourt, Courgenay).
Plus d’informations sur le site: www.menno.ch