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Basé sur la pièce Pygmalion de George Bernard Shaw dans laquelle la cruauté et l’humour sont inextricablement liés et qui puise elle-même à la source mythologique des Métamorphoses d’Ovide, My fair Lady est l’un des plus grands succès de Broadway dont les auteurs sont des «spécialistes» du genre: Frederick Loewe pour la musique et Alan Jay Lerner pour le texte. La première a eu lieu le 15 mars 1956 au Mark Hellinger Theater de New York, avec Julie Andrews et Rex Harrison dans les rôles titres. La comédie sera adaptée au cinéma en 1964 avec Audrey Hepburn en vedette. La trame suit Eliza Doolittle, une fleuriste des bas quartiers de Londres, quartiers où l’on parle cokney, qui prend des leçons de diction avec le professeur Henry Higgins, pour devenir une femme respectable… La langue, le niveau social : des thèmes qui résonnent avec force aujourd’hui encore.
En pariant avec son ami, le colonel Pickering, qu’il peut apprendre à Eliza Doolittle de parler et de se comporter comme une grande dame, le professeur Henry Higgins provoque une série d’aventures comiques durant lesquelles la jeune fleuriste enchante autant ses compagnons qu’elle ne les agace alors qu’elle incarne et rejette à son gré le personnage qu’Higgings a créé pour elle. Si le professeur remporte son pari, il se rend compte, quand Eliza décide d’être enfin fidèle à elle-même, que la beauté n’est pas superficielle mais qu’elle résulte du fond de l’âme de la personne.
Pour cette version de My fair Lady présentée à l’Opéra de Lausanne, où on a déjà pu admirer son talent dans Béatrice et Bénédict (2002), Nicolas Cavallier interprète Higgins. Diplômé de la Royal Academy de Londres, après avoir débuté avec succès sa carrière dans les rôles mozartiens et rossiniens, l’évolution de sa voix amène Nicolas Cavallier à interpréter un répertoire plus large (Méphistophélès de Faust, Don Quichotte, Nilakhanta de Lakme, les Quatre Diables des Contes d’Hoffmann, Frères Laurent de Romeo et Juliette, Arkel de Pelleas et Melisande, le Marquis de la Force des Dialogues des Carmelites, Philippe II de Don Carlos, Zaccaria de Nabucco, Scarpia de Tosca, le Hollandais du Fliegende Hollander, Henrich der Vogel de Lohengrin, Orest d’Elektra…). Engagé sur de nombreuses scènes nationales et internationales, il collabore avec des chefs tels que Michel Plasson, Myung-Whun Chung, Armin Jordan, Marc Minkowski, Evelino Pido, Alberto Zedda, Emmanuel Krivine, Philippe Jordan, Colin Davis, John Eliot Gardiner et Pinchas Steinberg. Récemment. On a pu le voir en Don Inigo Gomez dans L’heure espagnole avec le London Symphonic Orchestra et François-Xavier Roth à Londres, Walter Furst dans Guillaume Tell aux Chorégies d’Orange, le rôle-titre du Demon d’Anton Rubins-tein à l’Opéra de Bordeaux, Don Balthazar (création du Soulier de satin de Marc-André Dalbavie) et Phorbas (Œdipe) à l’Opéra de Paris.
Catherine Trottmann, qui interprète Eliza, a déjà foulé la scène de l’Opéra de Lausanne où on a pu la voir dans Le Petit Prince (2014), La Cenerentola (2015) et Don Giovanni (2017). Nommée en 2017 dans la catégorie « Révélation artiste lyrique » des Victoires de la Musique et « Lauréate HSBC » du festival international d’Aix-en-Provence, la soprano Catherine Trottina se voit rapidement offrir certains des rôles les plus emblématiques du répertoire. Le rôle de Flora, qu’elle a chanté de nombreuses fois à l’Opéra de Paris et au Wiener Staastoper, en fait partie, mais aussi de ceux de Rosina (Il barbiere di Siviglia) au Théâtre des Champs-Élysées et au Festival d’Édimbourg, Adina (L’elisir d’amore) à l’Opéra national de Bordeaux, Cherubino (Le nozze di Figaro) à l’Opéra national du Rhin, Stéphano (Roméo et Juliette) à l’Opéra de Nice, Siebel (Faust) à l’Opéra de Saint-Étienne, Tisbé (La Cenerentola) au Wiener Staatsoper, Cunégonde (Le Roi Carotte) à l’Opéra de Lyon, ou encore le rôle-titre de L’enfant et les sortilèges à l’Opéra de Limoges.
À la direction musicale, on retrouve Roberto Forés Veses qui a dirigé à l’Opéra de Lausanne Doña Francisquita (2020), a étudié la direction d’orchestre à l’Accademia Musicale Pescarese et à l’Académie Sibelius d’Helsinki. Lauréat des concours d’Orvieto et « Evgeny Svetlanov », il est directeur musical et artistique de l’Orchestre d’Auvergne. Il fait ses débuts dans la direction d’opéra en 2008, au Teatro Regio de Turin dans Salome et L’elisir d’amore et au Théâtre Bolchoï dans Macbeth. Depuis, il a dirigé de nombreuses productions à Nice, Montpellier, Avignon, Vichy, Helsinki, Rouen et Orvieto. Avec l’Orchestre d’Auvergne, Roberto Forés Veses signe de nombreux projets et enregistre en 2015 deux albums avec le trompettiste Romain Leleu et la harpiste Naoko Yoshino. En outre, il dirige les orchestres de la NHK de Tokyo, Odense, Salta et Yamagata, Hong-Kong Sinfonietta, l’Orchestre National de Bordeaux, l’Orchestre de Cannes ainsi que l’Orchestre Symphonique « Evgeny Svetlanov ». En 2018-2019, parallèlement à une saison intense à Clermont-Ferrand avec l’Orchestre d’Auvergne, il est en tournée avec son orchestre en Argentine, en Espagne et au Japon. Ses projets futurs incluent Die Entführung aus dem Serail à l’Opéra de Reims.
Jean-Philippe Clerc, qui travaille actuellement comme pianiste et chef de chant à l’Opéra de Lausanne, dirige ici l’Orchestre de chambre de Lausanne et le Chœur de l’Opéra de Lausanne.
Pour cette mise en scène à l’Opéra de Lausanne, c’est Jean Liermier qui est à l’œuvre et qui nous a confié, avec un enthousiasme communicatif, comment il travaille avec les solistes et les choristes qui parlent en français, mais chantent en anglais pour exaucer un souhait du directeur de l’Opéra de Lausanne, Eric Vigié.
Rencontre audio avec Jean Liermier:
Firouz E. Pillet
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