Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07280.jsonl.gz/108

L’essaim de tremblements de terre au nord de Sion (VS) est toujours actif. Au cours des sept journées écoulées, plus de 100 séismes supplémentaires se sont produits, ce qui fait monter le nombre total d’évènements enregistrés actuellement à plus de 300. La population a pu ressentir deux nouveaux séismes pendant cette période. Ils se sont produits les 11 et 12 novembre 2019 avec une magnitude de 2.7. Avec actuellement 16 séismes ressentis, cet essaim de tremblements de terre présente une accumulation inhabituelle de secousses assez fortes pour être perçues par la population. L’évolution future de l’essaim de tremblements de terre reste incertaine. Il ne peut d’ailleurs pas être exclu qu’un séisme plus important se produise.
Le dernier essaim récent de tremblements de terre, avec un nombre élevé de séismes ressentis, a été observé en 2003 à Sertigtal (GR). En 26 jours, six séismes d’une magnitude égale ou supérieure à 2.5 s’étaient produits, les deux plus importants avec une magnitude de 3.9. En 1992, un séisme bien perceptible d’une magnitude de 4.7 s’est produit à Vaduz (FL), et il a été accompagné pendant les sept journées suivantes par six séismes d’une magnitude égale ou supérieure à 2.5. En remontant dans le temps, on peut noter l’essaim de tremblements de terre bien plus important et actif qui s’est produit entre février et mai 1964 dans la région de Sarnen, avec plus de 50 séismes ressentis. Le plus important s’est produit le 3 mars 1964 et a provoqué des dégâts notables sur les bâtiments, avec une magnitude de 5.3. Cette rétrospective confirme que 16 séismes ressentis en 10 jours sont relativement rares.
En moyenne, depuis le début de cet essaim, toutes les 43 minutes un tremblement de terre s’est produit, qui pourrait être localisé manuellement (bordés rouge). L’activité ne se répartit pas régulièrement, des phases d’activité accrue alternent avec des périodes plutôt calmes. Le graphique ci-dessus le montre clairement et indique comment l’activité sismique a évolué dans le temps. On peut avoir l’impression que de petits séismes plus nombreux se produisent surtout la nuit, mais en réalité c’est la réduction nocturne du bruit de l’environnement (p. ex. trafic routier) qui permet d’enregistrer plus de petits séismes. La figure englobe d’une part les 300 séismes qui ont pu être détectés par un dépouillement standard des données enregistrées (bordés de rouge). D’autre part, d’autres très petits évènements sont représentés. Ils ont pu être déterminés a posteriori par une comparaison systématique des formes d’ondes, chacun de ces petits séismes présentant une configuration semblable à celle de ceux qui ont été enregistrés par l’approche classique. Cette méthode du « template-matching » est actuellement étudiée et améliorée au SED. Elle permet de mieux comprendre encore de telles séquences.
On évoque souvent pour la cause éventuelle de tels essaims des évolutions des conditions locales de contraintes dans la roche, pouvant être par exemple provoquées par le transfert ou le mouvement de fluides (entre autres de l’eau). Le rôle possible joué par de tels processus dans le présent essaim fait l’objet de travaux actuels de recherches au SED.