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Madame la Présidente,
J'ai l'honneur de prendre la parole au nom du Groupe des amis (GoF) pour la Protection des civils dans les conflits armés (PoC), un réseau transrégional de 27 États* membres.
Nous remercions la Norvège pour l’organisation de cet important débat. Selon le rapport 2021 du Secrétaire général, une grande majorité des victimes des conflits armés en milieu urbain sont des civils. De nombreuses preuves de l'impact dévastateur de la guerre dans les villes ont été recueillies, y compris les conséquences négatives, durables et systémiques sur les services de santé de base et l'éducation, par exemple. C'est pourquoi le Groupe des amis souligne l'importance de respecter le droit international humanitaire (DIH) et la nécessité de renforcer la protection des civils, y compris contre les conséquences humanitaires qui pourraient résulter de l'utilisation d'armes explosives en zones peuplées. Le Groupe d’amis prend note des consultations en cours menées par l'Irlande.
Je concentrerai nos remarques aujourd'hui sur les mesures que le Conseil de sécurité et les États membres devraient prendre pour remédier à cette tragédie.
Premièrement, l'application stricte des règles et principes du DIH, y compris ceux de distinction, de proportionnalité, ainsi que de précautions, est requise par toutes les parties à un conflit armé. Le Groupe des amis souligne que seul le plein respect du DIH, du droit international des droits de l'homme et une réduction des hostilités peuvent protéger la population civile, y compris dans les villes. Le Groupe d’amis réitère ses appels constants à assurer un strict respect du DIH en toutes circonstances et à un règlement politique des conflits armés. Nous saluons l'adoption de la résolution emblématique 2573 (2021) sur les attaques contre les infrastructures civiles cruciales et soulignons l'appel à éviter, dans la mesure du possible, d'établir des positions militaires à l'intérieur ou à proximité des zones densément peuplées.
Deuxièmement, la mise en œuvre du DIH au niveau national est essentielle et nécessite des mesures à la fois juridiques et pratiques en temps de paix et en cas de conflit armé. La doctrine et la pratique militaires devraient servir de base au développement de compétences militaires en matière de protection des civils lors d'opérations militaires dans les villes. Cela devrait inclure une formation spécifique et le développement de bonnes pratiques s’agissant de la planification et de la conduite d'opérations militaires dans les villes pendant un conflit armé.
Troisièmement, le respect des règles et principes relatifs à la conduite des hostilités, en particulier l'interdiction des attaques directes contre les personnes et objets civils, s'érode - y compris dans les situations à l'ordre du jour de ce Conseil. C'est pourquoi il est important de diffuser le DIH auprès de toutes les parties à un conflit afin d'en accroître le respect et d'assurer une meilleure protection des civils. Il est également essentiel de dialoguer avec les groupes armés et les contacts à cette fin ne devraient pas être criminalisés.
Quatrièmement, la guerre dans les villes a altéré et rétréci l'espace humanitaire. Ces environnements sécuritaires complexes entraînent des restrictions d'accès et entravent l'assistance et la protection humanitaires, en particulier pour les femmes et les enfants. Il est donc d'autant plus important que toutes les parties aux conflits armés autorisent et facilitent les activités humanitaires. Il est tout aussi essentiel de garantir la participation et le leadership des femmes et des filles dans les processus et initiatives humanitaires. En outre, même lorsque les parties respectent le DIH, la guerre entraîne souvent des pertes et des destructions civiles auxquelles il faut remédier. Des approches globales par les acteurs humanitaires et du développement, y compris la prévention d'autres impacts négatifs des conflits armés, sont très importantes, en particulier dans le règlement des conflits armés prolongés dans les zones urbaines.
Madame la Présidente,
Permettez-moi d'ajouter ce qui suit à titre national.
“Boredom, shooting, shelling, people being killed, despair, hunger, misery: that’s my life” - ce sont les mots de l'auteur Zlata Filipović, qui, alors qu'elle n'était qu'une petite fille, a été prise au piège lors du siège de Sarajevo. Près de trente ans plus tard, trop de filles, de garçons, de femmes et d'hommes se retrouvent encore dans cette réalité dans les zones de conflit du monde entier. Nous devons nous efforcer de faire en sorte que les villes restent des espaces de vie et d'espoir, même pendant les conflits armés. Le strict respect du droit international humanitaire est essentiel pour y parvenir.
En tant que candidate au Conseil de sécurité, la Suisse s'engage en faveur de la protection des civils dans les conflits armés et de la pleine application du DIH. Nous travaillons pour être un plus pour la paix et un plus pour la dignité humaine dans la guerre.
Je vous remercie.
*Allemagne, Australie, Autriche, Bangladesh, Belgique, Brésil, Canada, Côte d'Ivoire, Espagne, France, Indonésie, Irlande, Italie, Japon, Koweït, Liechtenstein, Luxembourg, Pays-Bas, Norvège, Pologne, Portugal, République dominicaine, Royaume-Uni, Suède, Ukraine, Uruguay et Suisse.