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Les tensions entre Séoul et Tokyo dépassent l'aspect commercial
Le gouvernement sud-coréen a annoncé lundi son intention de retirer en septembre le Japon de sa liste "blanche" de partenaires commerciaux privilégiés, mesure qui va compliquer les exportations coréennes vers le voisin nippon.
Cette décision intervient alors que Tokyo a restreint début août les exportations en Corée de matières premières cruciales pour l'industrie coréenne des semi-conducteurs, soit ces puces qui équipent les appareils électroniques, et d’écrans de smartphones.
La population coréenne furieuse
Les Coréens sont furieux des représailles économiques japonaises et ont lancé un vaste mouvement de boycott. Les manifestations se multiplient à Séoul, où des militants nationalistes détruisent en public vêtements et bière importés du Japon.
Sept compagnies aériennes ont dû réduire leurs vols vers l'Archipel, en raison de la chute du nombre de voyageurs. La chaîne japonaise d'habillement Uniqlo a reconnu que ses ventes avaient baissé. Dans la ville de Pusan, un restaurant refuse de servir les clients japonais.
Une chasse aux sorcières
Ce mouvement de colère ressemble parfois à une chasse aux sorcières : un politicien a ainsi été critiqué pour avoir bu du saké dans un restaurant japonais. Les personnes accusées de sympathies pro-japonaises sont qualifiées par des politiciens de "collabos", une insulte qui fait référence aux Coréens qui ont collaboré avec l'occupant colonial nippon au début du siècle dernier.
De nombreux différends historiques opposent les deux nations, liés à l'occupation coloniale de la péninsule coréenne par le Japon (1910-1945). Mais la tournure radicale que prend ce conflit entre la Corée su Sud et le Japon complique encore un peu plus la recherche d’une solution diplomatique à une guerre commerciale qui met en péril l’économie des deux pays.
Frédéric Ojardias/asch
Publié le 12 août 2019 à 15:16