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La Suisse partage les Alpes avec sept autres pays et, bien que les 11,2 millions de personnes qui habitent cette région parlent des langues différentes et aient vécu des histoires différentes, elles se trouvent confrontées à des problèmes communs. Dès lors, les décisions prises et les politiques mises en place par les uns ont des conséquences pour les autres.
C’est pourquoi les huit pays alpins – Autriche, France, Allemagne, Italie, Liechtenstein, Monaco, Slovénie et Suisse – plus l’Union européenne en tant qu’ensemble, ont signé la Convention alpine, qui vise à harmoniser les politiques et à promouvoir le développement durable.
Protection de l’écosystème alpin
Le défi posé par cette Convention réside dans la recherche de l’équilibre entre prospérité économique et durabilité. Les négociations n’ont pas été faciles pour le gouvernement suisse, face à l’opposition d’une majorité de cantons de montagne. Ceux-ci craignaient une perte d’autonomie grave pour leurs régions et redoutaient de voir la Convention insister sur la protection de la nature au point qu’ils se sentaient menacés dans leur existence même.
Les cantons suisses jouissent d’une grande autonomie. Si le gouvernement fédéral les avait ignorés, un référendum aurait probablement été demandé sur le sujet. Les cantons furent donc invités à participer à la négociation des neuf protocoles d’accord constituant la Convention.
Un modèle
La convention cadre a été ratifiée fin 1998 par les états signataires, dont la Suisse, et est entrée en vigueur en avril 1999. En revanche, les protocoles d’application doivent encore être ratifiés par la Suisse, l’Italie et en partie par l’Union européenne.
La Convention alpine, dont le siège se trouve à Innsbruck et Bozen (bureau), est considérée comme un modèle pour d’autres pays partageant des massifs montagneux. Plusieurs régions de montagnes et d’autres communautés d’intérêts envisagent d’ailleurs de suivre cet exemple.