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vira aussitôt de bord vent devant. L'HANNIBAL voulut en faire autant; mais il manqua son évolution et la fit vent arrière ; la brise était alors très-faible. Le capitaine Florinville se fit remorquer par ses canots, et le vent ayant fraîchi pendant la nuit, les chasseurs furent perdus de vue. La Fraternité entra à Lorient.
Le capitaine Jamet, de la corvette de 18° l'Hirondelle appareillé de Saint-Malo dans la journé du 15 mai pour aller porter des ordres au commandant du fort de la Latte, dans la baie de la Fresnaye, à 18 milles environ dans l'Ouest, fut chassé par 2 frégates anglaises qui ne purent l'atteindre. Il était arrivé à sa destination, lorsqu'il aperçut plusieurs autres bâtiments qui se dirigeaient également de ce côté.Embossant aussitôt sa corvette sous le fort, le capitaine Jamet se disposa à repousser une attaque qui ne se fit pas attendre. Il y avait à peine une heure que l'Hirondelle était au mouillage, que 10 bâtiments de guerre se formèrent en demi-cercle autour d'elle et l'attaquèrent. La canonnade continua presque sans interruption jusqu'à 4" du soir, entre la corvette et le fort d'une part et les bâtiments anglais de l'autre. La nuit approchant, ceux-ci jugèrent prudent de se retirer. Le capitaine Jamet en profita pour remettre sous voiles, et le soir même il rentra à Saint-Malo.
Le capitaine Montalan, de la corvette de 30° la Tourterelle, croisant au large de la pointe S.-O. de l'Angleterre, avec une faible brise de Nord, aperçut de l'arrière, le 15 mai à 6" du matin, un bâtiment qui, comme lui, courait tribord amures. Il vira de bord pour le reconnaître, et le prenant pour une corvette, il l'attendit sous les huniers. Vers 10", il envoya quelques boulets à ce bâtiment qui n'était plus alors qu'à deux portées de fusil. Lorsque cet inconnu, quijusqu'à ce moment avait présenté l'avant, laissa arriver, le capitaine Montalan étonné reconnut une frégate de 40° : c'était la LivELY, capitaine George Burlton. La Tourterelle vira de bord immédiatement; mais il faisait presque calme et l'évolution eut lieu lentement. Avec une brise semblable, il n'était d'ailleurs pas possible de se mettre hors de l'atteinte des boulets de ce redoutable adversaire. Dans l'impossibilité où il se trouvait de s'éloigner, le capitaine Montalan voulut neutraliser autant que possible l'artillerie de la frégate en la mettant dans ses eaux. Mais le capitaine Burlton, qui devina cette manœuvre, arriva en même temps que lui et il tint la Tourterelle par son travers. Le combat qui s'ensuivit fut désastreux pour la corvette. Son grément fut haché et sa grande vergue coupée.A 1" 20" de l'après-midi, il ne restait que huit pièces en état de faire feu et seulement cinq hommes pour servir chacune d'elles. L'eau entrait alors dans la cale par cinq ouvertures différentes. La Tourterelle amena son pavillon : elle fut remorquée à Plymouth. - *Traduit devant le conseil martial, le capitaine Montalan fut acquitté. La Tourterelle portait 24 canons de 8, 2 — de 4 et 4 caronades de 36. La LIVELY - 26 canons de 18, 6 — de 9 et 8 caronades de 32.
La France eut à cette époque un ennemi de moins à combattre. La conquête de la Hollande par les armées de la République, pendant le rigoureux hiver de 1794, amena le traité de paix qui fut signé le 16 mai 1795 entre cette Puissance et la France. | -
Par ce traité, les Provinces-Unies s'engageaient à fournir 12 vaisseaux et 18 frégates à la France. Mais l'article le plus avantageux était celui qui stipulait que le port de Flessingue de l'île Walcheren, à l'entrée de l'Escaut, serait commun aux deux Républiques qui devaient y avoir chacune leur arsenal, leurs chantiers, etc. Bien qu'il fût constant qu'à la cessation des hostilités, la Hollande pouvait disposer de 2 vaisseaux de 74°, de 6 de 64 et de 4 de 54 ; de 3 frégates de 44, de 4 de 36, et de 14 corvettes ou avisos, le secours qu'elle avait promis se fit longtemps attendre, et la marine de la France ne trouva que difficultés dans ses ports.
Le capitaine Pourquier, commandant la frégate de 4o la Courageuse et la flottille destinée à soutenir les opérations de l'armée des Pyrénées Orientales, fut attaqué, le 26 mai, au mouillage de Roses, dans le golfe de ce nom sur la côte de Catalogne, où se trouvait aussi la canonnière la Terreur, par 16 canonnières et bombardes que soutenaient 3 frégates et 2 vaisseaux espagnols. Le feu bien nourri de la Courageuse, auquel se joignit celui de la citadelle et du Bouton de Roses sous lesquels elle était embossée, rendit vaine la tentative des Espagnols.
Deux jours après, le 28, la corvette la Prompte tombait au pouvoir des Anglais.
La corvette de 16° la Liberté, capitaine Landolphe, en croisière au vent de Saint-Domingue, fut chassée, le 30 mai, par la frégate anglaise de 40° ALARM, capitaine Mils, qui avait été aperçue au vent. A 2" de l'après-midi, la corvette française reçut quelques boulets, et peu de temps après, à portée de pistolet, une bordée entière à laquelle elle répondit par la sienne. Une entreprise audacieuse pouvait seule sauver la Liberté; aussi son capitaine avaitil tout d'abord résolu d'aborder la frégate anglaise, et lorsqu'il eut riposté, il fit gouverner sur elle. Une seconde
bordée, à mitraille, bien que désastreuse, ne changea pas sa détermination. Le capitaine de l'ALARM évita l'abordage et héla à la corvette d'amener son pavillon. Quoique la Liberté eût reçu plusieurs boulets à la flottaison et qu'elle s'immergeât avec rapidité, le capitaine Landolphe répondit qu'il n'amènerait pas, mais qu'il ne repousserait pas les embarcations qui seraient envoyées pour sauver l'équipage. Le capitaine Mils comprit la mission d'humanité à laquelle il était appelé. Le transbordement des Français était à peine terminé que la corvette disparaissait dans les flots. L'enseigne de vaisseau Landolphe comparut devant un conseil martial qui l'acquitta à l'unanimité.
Lorsque l'armée navale était sortie de Toulon, au mois de juin, le contre-amiral Martin avait envoyé les frégates la Minerve de 40°, capitaine Delorme, et l'Artémise de 40, capitaine Decasse, en observation à la hauteur de l'île de Minorque. Le 23, elles aperçurent, se dirigeant sur elles, 2 bâtiments qu'on reconnut plus tard être 2 frégates anglaises. C'étaient la DIDo de 34°, capitaine Henry Towry, et la LowESToFFE de 40, capitaine Robert Gambier Middleton. Le capitaine Delorme, auquel son ancienneté donnait le commandement, fit signal de se préparer au combat; à 8° 30", il cargua ses basses voiles et mit en panne; l'Artémise était alors sous le vent de sa compagne. La Minerve ouvrit son feu sur la DIDo lorsqu'elle fut à portée de fusil; celle-cin'en continua pas moins sa route vent arrière, et elle aborda en grand la frégate française, en engageant son beaupré dans ses haubans d'artimon de tribord. La secousse fut violente; le beaupré, le mât de misaine, le grand mât de hune et le mât d'artimon de la Minerve en furent abattus, tandis que, par un hasard extraordinaire, la fré· gate anglaise ne perdit que son mât d'artimon; cependant ses deux huniers furent déchirés. La LowEsToFFE passa derrière la Minerve, lui envoya sa volée, se dirigea sur l'Artémise qui avait orienté et se plaça par son travers au vent. Il y avait une heure que le combat durait dans les positions qui viennent d'être indiquées, lorsque la Minerve et la DIDo se séparèrent. L'encombrement de leurs ponts et de leurs batteries les obligea à une espèce de trêve, et elles travaillèrent à se débarrasser des débris de mâture dont elles étaient couvertes et entourées. Elles n'en eurent pas le temps, car mus par la même pensée, le capitaine Decasse et le capitaine Middleton virèrent pour aller assister chacun leur compatriote Le dernier seul réussit : la Minerve avait amené son pavillon avant l'arrivée de sa conserve. Le capitaine Decasse ne crut pas devoir continuer la lutte : il fit route pour Toulon (1).
La Minerre avait 2S canons de 18,
- 12 — de 8
L'Artémise --- 26 canons de 12, .
et h caronades de 36.
Le 6 juillet, un des bâtiments de la division des mers du Nord, la corvette de 14° la Fraternité, capitaine Allemes, eut un engagement avec une frégate anglaise
(1) M. Pouget, Précis historique sur la vie et les campagnes du vice-amiral Martin, dit que le capitaine Decasse fut demonté de son commandement et traduit devant un jury qui le renvoya de la plainte. Il ajoute que cet acquittement fut le motif qui fit changer la législation maritime et remplacer les jurys par les conseils de guerre. M. Brun, Hist. de la marine, Port de Toulon, prétend que le capitaine de l'Artémise fut déclaré incapable de servir.