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Une délégation du Comité international de la Croix-Rouge a pu rencontrer samedi l’ancien président dans sa cellule irakienne.
Le CICR voulait pouvoir se faire une opinion de l’état de santé et des conditions de détention de l’ancien «rais».
«Deux délégués du CICR, dont un médecin, ont rendu visite à Saddam Hussein et ils ont pu rester avec lui suffisamment de temps pour examiner son état physique et moral», a déclaré Nada Doumani, une porte-parole du CICR à Amman.
Conformément à ses règles, le CICR n’a pas commenté cette visite. Comme dans le cas de l'ensemble des prisonniers, les éventuelles remarques seront adressées directement à la coalition dirigée par les Etats-Unis.
Selon les termes des Conventions de Genève énonçant les droits des prisonniers de guerre, les forces américaines étaient dans l'obligation de laisser le CICR avoir accès à l'ancien «raïs» irakien, âgé de 66 ans.
Le porte-parole de la coalition Dan Senor a confirmé les faits. «Etant un prisonnier de guerre, conformément aux Conventions de Genève, il (Saddam Hussein) a le droit de rencontrer le CICR» a-t-il dit à CNN.
Une visite difficile à organiser
Cette visite semble avoir été difficile à organiser car le CICR a insisté pour que les règles soient respectées, même s'il s'agit du plus célèbre prisonnier de la coalition et qu'il est soumis à des conditions de sécurité exceptionnelles.
Le président de l'organisation internationale Jakob Kellenberger, qui avait rencontré le secrétaire d'Etat américain Colin Powell à Washington en janvier, avait laissé poindre son irritation la semaine dernière face à ceux qui suggéraient que l'ancien dirigeant irakien devrait recevoir une attention supérieure aux autres détenus.
Parmi les critères qu'exige le CICR figurent notamment la possibilité pour ses délégués de parler en tête-à-tête avec les prisonniers sans présence de geôliers, les examens médicaux et la correspondance avec sa famille.
La délégation du CICR était composée d’une personne parlant l'arabe et d’un médecin. Saddam Hussein a rédigé un message qu'il souhaitait voir remettre à sa famille. L'organisation a précisé que le message serait transmis.
Saddam est toujours en Irak
Selon Antonella Notari, porte-parole du CICR à Genève, la visite s'est déroulée en Irak où les forces américaines détiennent l'ancien dirigeant depuis sa capture dans une cache des environs de Tikrit le 13 décembre.
A l’heure actuelle, la coalition détient environ 10’000 prisonniers, dont 6700 sont des détenus de sécurité et une poignée des prisonniers de guerre.
Même si le CICR a officiellement quitté l'Irak après l'attentat en octobre 2003 contre son siège à Bagdad, des délégués continuent régulièrement à visiter des détenus dans les prisons de la coalition.
swissinfo et les agences
En bref
- Une délégation du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a pu rendre visite à Saddam Hussein pour la première fois samedi.
- Les forces américaines ont capturé l'ancien président irakien le 13 décembre 2003 dans un "trou" souterrain d'une ferme du village d’Al-Daour, près de son ex-fief de Tikrit (180 km au nord-ouest de Bagdad), plus de huit mois après la chute de son régime.
- A l’heure actuelle, les soldats de la coalition détiennent environ 10’000 prisonniers, dont 6.700 sont des détenus de sécurité et une poignée des prisonniers de guerre.
- En tant que gardien des Conventions de Genève, le CICR rend visite aux prisonniers et garantit un échange d’information avec leur famille.
- Parmi les autres critères du CICR figurent notamment la possibilité pour ses délégués de parler en tête-à-tête avec les prisonniers sans présence de geôliers ainsi que la possibilité de pratiquer des examens médicaux.