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On reste pantois face à cette association. Mais comment a-t-on eu cette idée saugrenue d'utiliser ce personnage historique ayant aboli l'esclavage aux Etats-Unis pour en faire un pourfendeur de suceurs de sang? Serait-ce la nouvelle trouvaille à Hollywood pour trouver un pitch inédit par manque de créativité? Ou encore le fruit d'une association de mots faite sous l'effet de psychotropes? A quand un Hulk: physiothérapeute, Ulysse: gigolo du Péloponnèse, Nelson Mandela: tyran sanglant, Staline: philanthrope?
Le film se base sur un roman de Seth Grahame-Smith publié en 2010 qui s'était déjà illustré en parodiant un classique de la littérature anglo-saxonne: Orgueil et préjugés qui devenait alors Orgueil et préjugés et zombies. Son récent mash-up était motivé d'une part, par la célébration du bicentenaire du seizième président, en 2009, qui voyait les vitrines des librairies présenter de nombreuses biographies sur le quatrième faciès sculpté au Mont Rushmore, d'autre part par le boom du roman d'horreur à la sauce vampire sous le leadership de Stephenie Meyer qui ne tarda pas à contaminer le cinéma avec la saga Twilight. C'est donc cette présence massive et conjointe sur lesdites devantures qui décida Grahame-Smith à écrire un roman invraisemblable se basant sur deux sujets populaires pour appâter un plus grand bassin de lecteurs . On retrouve d'ailleurs cette volonté de créer un produit rentable par l'usage de la technologie 3D pour la version cinéma de Timur Bekmambetov.
Abraham Lincoln: Vampire Hunter est un film mêlant des éléments de cinéma d'horreur, de western, de fiction politique, de quête initiatique et un côté steampunk discret. Si l'intrigue ne casse pas des briques on prendra quand même plaisir à se laisser emporter par la 3D sympathique d'un duel qui prend des allures de jeu de plateforme sur la croupe d'un haras à la débandade ou d'un périple ferroviaire brouillon, mais aussi par le passé du mentor du héros, le tout agrémenté par de nombreux ralentis et combats tant sauvages que sanguinolents.
Les vampires à la mine plus que patibulaire - une fois démasqués - ont un côté angoissant dans les premières scènes du film et une fâcheuse manie à vouloir nous faire sursauter.
En ce qui concerne les acteurs, pas de star consacrée monopolisant l'écran mais une myriade de seconds rôles ou d'acteurs ayant officiés dans des productions au succès modéré. On reconnaîtra cependant Mary Elizabeth Winstead dans le rôle de la femme du président et on restera peut-être sur sa faim quant à l'importance donnée à celui du mannequinErin Wasson.
En somme, un divertissement à déconseiller aux historiens, mais qui ravira les mirettes des spectateurs adeptes du film d'action tridimensionnel un tantinet violent et n'aimant pas les récits trop compliqués.