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03/04/2012
Autogestion dans l'organisation du travail
Dernière proposition d'initiative fédérale pour la JSS avant le vote de la JSG.
Le cœur du socialisme consiste en la libération réelle de l'individu de toute exploitation ou de toute domination socio-économique.
Cette libération passe par la socialisation des moyens de production et la transformation de l'organisation du travail.
Cette socialisation peut certes être réalisé via la propriété collective étatique.
Néanmoins, l'étatisme primaire n'est pas souhaitable, car l’État n'est pas bénéfique en soi, mais bien lorsqu'il ne sert pas les intérêts des classes dominantes, mais les intérêts de tous.
C'est dans cette optique, conscient du rapport de force politique et économique actuel, que je soutiens une socialisation des moyens de production par la transformation de l'organisation du travail via l'instauration d'une nouvelle forme de propriété des moyens de production : la propriété collective des travailleurs.
Cette propriété collective des travailleurs correspond à la généralisation du modèle de coopératives autogérées et à l'abolition su salariat.
« Le régime des coopératives civilisées, quand les moyens de production appartiennent à la société et que le prolétariat a triomphé de la bourgeoisie comme classe, c'est le régime socialiste. » Lénine
Par coopérative autogérée, j'entends deux critères essentiels :
- Une prise de décision collective des travailleurs dans la gestion et la coordination de la coopérative.
- Un tournus dans les fonctions coordinatrices de l'entreprise.
L'autogestion dans l'organisation du travail est un grand pas ambitieux sur la voie du socialisme et du dépassement du capitalisme, et sur le chemin de la libération de l'individu de la domination capitaliste.
29/01/2012
De la liberté dans le socialisme
Une critique classique que l'on fait au mode d'organisation économique socialiste consiste en sa limitation de la liberté économique. Car la planification, lorsqu'elle remplace le marché, ne laisse pas place au libre désir individuel, mais à la prise de décision collective ou sociale.
Pourtant, si l'on prend en compte les externalités négatives sociales et écologiques d'une économie de marché, on se rend compte que la planification semble en réalité davantage démocratique, puisque la liberté collective et le bien-être collectif passe avant le profit égoïste.
Cette critique de la liberté économique limitée semble au final plutôt être une critique venant des classes dominantes qui voient en la limitation de leur liberté individuelle, une limitation de la liberté collective.
Mais la liberté individuelle des classes dominantes n'est qu'une liberté de créer des externalités sociales négatives à travers l'expropriation d'une part de la valeur du travail des salariés afin d'assurer, soit le payement du salaire managérial, soit la rente des actionnaires oisifs.
Cette liberté économique est donc une liberté à sens unique qui ne concerne que les propriétaires des moyens de production et des capitaux économiques.
Pour l'individu lambda, la liberté économique consiste en la liberté de se vendre. Car dans le capitalisme, nous sommes tous des prostitués, des ressources humaines, exploitables pour produire de quoi assurer le salaire managérial et la rente actionnariale.
Les idéologues libéraux ont tendance à répliquer que les individus sont libres d'investir (en s'endettant s'ils n'ont nuls capitaux) et de lancer leur propre entreprise. Ainsi tout individu serait un entrepreneur potentiel. Dans les faits, il s'agit d'une liberté formelle, car l'individu lambda sera rarement à même de trouver un secteur non monopolisé par des entreprises dominantes, pas plus qu'il ne jouira des connaissances et des réseaux nécessaires à sa réussite économique. Les classes dominantes jouissent en effet d'une position assurée et maintiennent leur domination par l'accumulation de capitaux sociaux et symboliques qui leur permettent d'éliminer sur le long terme toute réelle nouvelle concurrence. Pour creuser la question, j'invite le lecteur à se référer aux travaux sur la reproduction sociale de Bourdieu et de Lipietz.
Dans le socialisme, il y a liberté individuel dans le sens où l'individu ne domine pas ses pairs, et ne les exploite pas. Cette liberté de ne pas dominer et de ne pas être dominé, est essentiel.
J'aimerais ajouter que tout projet socialiste doit assurer une grande liberté des mœurs, et une grande liberté culturelle, car le conservatisme n'est qu'une forme de domination agissant via d'autres capitaux (moraux, symboliques, culturels) et à travers d'autres champs.
Toutefois, il est sensé de poser la question de l'autonomie individuel dans le socialisme.
Comment assurer l'autonomie individuel de l'individu quand il n'est pas souhaitable de le laisser dominer ses pairs ?
Ceci pose en fait la question du type de propriété dans un système socialiste.
Dans les économies socialistes en transition du XXème siècle, une critique pertinente présente leur échec comme la non adéquation entre le mode de propriété formel et l'appropriation réel des fruits de la production économique. Cette non adéquation produirait des contradictions qui auraient miné le bon fonctionnement des économies planifiées.
Ainsi, on peut tirer la conclusion de cela que le problème de l'économie planifiée réside dans la bonne distribution et division de la propriété des moyens de production.
Pour éviter le bureaucratisme il est souhaitable de ne pas passer uniquement par la propriété d’État, mais aussi (voire surtout) d'établir des coopératives (ce que j'appelais dans le néo-socialisme l'autogestion dans l'organisation du travail des petites entités économiques).
« Le régime des coopératives civilisées, quand les moyens de production appartiennent à la société et que le prolétariat a triomphé de la bourgeoisie comme classe, c'est le régime socialiste. » Lénine
Ainsi, on voit se dessiner un certain équilibre entre une autonomie des travailleurs et la nécessité d'assurer une véritable liberté des individus au sens de non domination (démocratie/égalité économique).
09/12/2011
Théorie néo-socialiste de la démocratie
Ou comment organiser une société afin de maximiser la liberté, l'égalité, et l'autonomie de l'individu.
I. Démocratie (Liberté/autonomie) spatiale
Les conditions nécessaires à l'autonomie et l'indépendance de l'individu passent par l'établissement d'une société décentralisée et relocalisée au maximum possible. La décentralisation et la relocalisation des activités humaines (notamment politiques et économiques) permet de construire une liberté réelle pour la société et les individus. La décentralisation et la relocalisation induisent une autosuffisance collective maximale et une autosuffisance individuelle (capacités d'autoproduction) minimale, en tout cas au niveau des besoins fondamentaux. Une société relocalisée est une société à taille humaine où les liens sociaux sont renforcés, c'est donc une société conviviale. La décentralisation politique et économique signifie une organisation de la société contre-pyramidale, en partant de sa base, avec une division par degré d'échelle (quartier ou village, commune, canton, et fédération) du niveau de prise de décision.
La démocratie spatiale est une première condition fondamentale à toute construction sociale visant à maximiser l'autonomie et la liberté de l'individu.
II. Démocratie (Liberté/autonomie) populaire
Grâce à la décentralisation et à la relocalisation, on peut tendre vers la démocratie directe par l'instauration généralisée d'assemblées populaires de quartiers ou de villages (c'est à dire de petites entités politiques). La démocratie directe permet de donner directement au peuple la possibilité de décider des décisions collectives qui le touchent justement directement, sans passer par une délégation de sa souveraineté politique. A ce niveau d'échelle, un fonctionnement de prise de décision par consensus est envisageable.
La démocratie populaire établit un degré basique de liberté et d'autonomie pour la société et l'individu.
III. Démocratie (Liberté/autonomie) citoyenne
Dans le cas (probable) où des espaces communs de prise de décision politique subsistent à une échelle supérieure à celle de la plus petite entité politique (ceci malgré la décentralisation et la relocalisation maximale possible), alors il faut passer par un processus de délégation politique. La démocratie représentative semi-directe (système helvétique) doit alors être combinée à la démocratie athénienne (par tirage au sort). 50% des députés doivent être élus, et 50% doivent être tirés au sort. Les outils de la démocratie directe (droit d’initiative populaire et droit de référendum) restent bien entendu en place. Le tirage au sort (sur la base du volontariat et du parrainage citoyen) permet d'éviter que les plus riches, ou que les orateurs les plus talentueux ou les plus charismatiques, ne soient systématiquement élus. Il règle le problème de l'élitisme qui est caractéristique de nos sociétés contemporaines où le pouvoir politique est concentré dans quelques mains.
La démocratie citoyenne est un rouage essentiel de l'organisation sociale pour corriger le système politique contemporain et ses déficiences, et fonder une véritable égalité politique.
IV. Démocratie (Liberté/autonomie) économique
La seule structure économique soumise à la démocratie (à la prise de décision collective) étant l'outil étatique, l'économie privée est étatisée (socialisée). Seules les petites entités économiques restent sous contrôle privé. La planification démocratique et décentralisée définit ce qui est nécessaire à l'accomplissement du bonheur collectif et individuel. Toutefois la planification démocratique de la production des grandes structures étatiques se fait à partir de la libre production privée des petites entités. La production des petites entités privées restent néanmoins soumises à une planification possible et à un contrôle démocratique sur leurs activités. C'est le principe d'une économie planifiée mixte : au lieu d'avoir une production privée et publique dans un système d'économie de marché, on instaure une production privée et publique dans un système d'économie planifiée.
La démocratie économique permet d'en finir avec la domination d'une minorité possédante (moyens de production, capitaux, et fortune) sur une majorité non possédante. Par la démocratie économique, la majorité se réapproprie son droit à s'autodéterminer (égalité économique) et acquiert la liberté de jouir d'elle-même sans devoir se vendre aux possédants. Par ailleurs, l'expropriation capitaliste par la plus-value est ainsi stoppée, au profit d'un véritable partage des bénéfices du travail.
V. Démocratie (Liberté/autonomie) sociale
Les activités humaines socio-économiques se fondent sur le modèle de l'autogestion égalitaire (égalitarisme relatif). L'autogestion définit un tournus des tâches dans l'organisation du travail, et une prise de décision collective dans les choix économiques. Par l'autogestion de l'organisation du travail, on s'assure qu'une prise de décision partagée, directe, et collective (donc démocratique) soit toujours en place dans la société, quelle que soit la structure concernée. Bien entendu, cette mesure protège évidemment en premier lieu les travailleurs des petites entités privées.
La démocratie sociale est une sorte de garde-fou démocratique pour préserver les droits des travailleurs de toute dérive (égalité sociale).
VI. Démocratie (Liberté/autonomie) écologique
Les activités humaines sont fondées sur le principe d'auto-limitation et de simplicité volontaire.
L'impact écologique des activités humaines ne doit pas dépasser les capacités régénératives de la biosphère. La planification démocratique s'assure donc que ces principes sont respectés, car toute l'organisation de la société dépend de ceux-ci. En effet, la liberté humaine et son autonomie ne sont possibles que si son environnement se maintient de manière pérenne.
La démocratie écologique est la condition non négociable à toute construction collective et politique.
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Comme on peut le voir, dans le néo-socialisme, la démocratie amène à l'autonomie/indépendance, qui amène à la liberté, qui amène à l'égalité pour parvenir à l'harmonie collective, individuelle et écologique.
Au final, ces grands principes axiologiques, que sont la démocratie, la liberté, l'autonomie et l'égalité, s'équivalent.
20/11/2011
Économie néo-socialiste
Document appelé à évoluer
Il n'y a pas de dépassement du capitalisme possible, pas de solutions aux crises que traversent l'Europe, pas de solution à la crise écologique, sans une économie planifiée.
Comme il existe un grand nombre de modèles de capitalisme (du capitalisme social-démocratie au capitalisme ultra-libéral), il existe de même de nombreux modèles d'économie planifié.
Deux critiques faites à l'encontre de l'économie planifiée ne manquent pas de justesse et c'est pourquoi elles appellent des réponses :
- A la critique de Hayek sur l'incapacité des structures étatiques à accéder à l'information à temps, on répondra par une nécessaire décentralisation spatiales et économiques (logistiques).
- A la critique général sur le caractère contraignant de l'économie planifiée, on répondra par une économie mixte et démocratique.
Le modèle d'économie planifiée que je soutiens s'inscrit donc (et c'est essentiel) dans mes 6 principes fondamentaux du néo-socialisme :
http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/10/22/princip...
Le néo-socialisme doit rompre avec le socialisme scientifique (le marxisme classique et ses dérivées léninistes, trotskistes, maoïstes, cubains et même néo-marxistes), aussi bien que du socialisme utopiste trop communautariste.
Le dépassement de la social-démocratie est induite par la logique du dépassement du capitalisme.
Le modèle d'économie planifiée néo-socialiste est un modèle mixte :
Les grandes structures économiques (nécessaires à la bonne marche de l'économie, puisque les autres grandes structures sont décentralisées) sont sous contrôle étatique/collectif, mais les petites entités (paysans, artisans, indépendants, petits producteurs, etc.) restent sous contrôle privé.
La liberté d'entreprendre subsiste donc. Toutefois, le principe d'autogestion égalitaire (égalitarisme relatif s'entend) assure un fonctionnement démocratique dans ces petites structures privées. De plus, l'intervention étatique/collective tend à contrôler l'activité économique privée pour éviter tout abus.
La planification (décentralisée) doit prendre d'abord en considération la production (libre) des petites entités privées, et ensuite, définir la production des grandes structures économiques collectives.
Le crédit n'est accessible que par les banques (décentralisées), soumises au contrôle collectif (démocratique) évidemment.
L'économie sert essentiellement à combler les besoins des individus, ou leurs envies immatérielles. Les envies matérielles sont soumises au principe d'auto-limitation (démocratie écologique), ce qui ne veut pas dire qu'elles soient in-envisageables dans l'absolu, mais qu'elles doivent être écologiquement réfléchies (principe utilitariste à mon sens).
Les prix sont fixés en fonction de la quantité de travail (présente et passée) contenu dans chaque production.
L'économie est centré sur son développement interne (intérieur) : elle tend vers une autosuffisance de la production fondamentale. L'auto-production individuelle est donc encouragée (nouvelle division du travail). Le protectionnisme peut aussi être souhaitable selon les cas.
*
Comme on peut le voir, une économie néo-socialiste est un équilibre qui respecte l'individu sans toutefois permettre à certains de péjorer la collectivité.
Avec ses 6 principes démocratiques, elle résistera à toute tentation autoritaire ou élitiste.
Il est temps d'être un peu ambitieux si l'on veut en finir avec notre capitalisme archaïque, incapable d'assurer l'avènement d'une véritable société du bonheur !
22/10/2011
Principes fondamentaux du Néo-Socialisme
- Proposition idéologique
I. Démocratie (ou Liberté/autonomie) spatiale
Les conditions nécessaires à l'autonomie et l'indépendance de l'individu passent par l'établissement d'une société décentralisée au maximum possible. La décentralisation (relocalisation) des activités humaines (notamment politiques et économiques) permet de construire une liberté réelle pour la société et les individus. La décentralisation induit une autosuffisance collective maximale et une autosuffisance individuelle (capacités d'autoproduction) minimale, au niveau des besoins fondamentaux.
II. Démocratie (ou Liberté/autonomie) populaire
Grâce à la décentralisation, on peut tendre vers la démocratie directe par l'instauration généralisée d'assemblées populaires de quartiers ou de villages (c'est à dire de petites entités politiques).
III. Démocratie (ou Liberté/autonomie) citoyenne
Dans le cas (probable) où des espaces communs de prise de décision politique subsistent à une échelle supérieure à celle de la plus petite entité politique (ceci malgré la décentralisation maximale possible), alors il faut passer par un processus de représentation politique. La démocratie représentative semi-directe (système helvétique) doit alors être combinée à la démocratie athénienne. 50% des députés doivent être élus, et 50% doivent être tirés au sort. Les outils de la démocratie directe restent bien entendu en place.
IV. Démocratie (ou Liberté/autonomie) économique
La seule structure économique soumise à la démocratie étant l'outil étatique, l'économie privée est étatisée ; seules les petites entités économiques restent sous contrôle privé.
La planification démocratique définit ce qui est nécessaire à l'accomplissement du bonheur collectif et individuel, toutefois la planification se fait à partir de la libre production privée des petites entités.
C'est le principe d'une économie planifiée mixte.
V. Démocratie (ou Liberté/autonomie) sociale
Les activités humaines socio-économiques se fondent sur le modèle de l'autogestion égalitaire (égalitarisme relatif).
L'autogestion définit un tournus des tâches dans l'organisation du travail, et/ou une prise de décision collective dans les choix économiques.
VI. Démocratie (ou Liberté/autonomie) écologique
Les activités humaines sont fondées sur le principe d'auto-limitation et de simplicité volontaire.
L'impact écologique des activités humaines ne doit pas dépasser les capacités régénératives de la biosphère.
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Comme on peut le voir, dans le néo-socialisme, la démocratie amène à l'autonomie/indépendance, qui amène à la liberté, qui amène à l'égalité pour parvenir à l'harmonie collective, individuelle et écologique.
Au final, ces grands principes axiologiques, que sont la démocratie, la liberté, l'autonomie et l'égalité, s'équivalent.
16/10/2011
Comment le capitalisme détruit la liberté et l'autonomie de l'individu – 1ère partie
Essai théorique
Le capitalisme nie la liberté de l'individu et réduit son autonomie, car il est fondé sur un mouvement fondamental qui est sa finalité : la centralisation.
La centralisation provoque l'atomisation de l'individu, car elle l'éloigne du lieu collectif de prise de décision. La centralisation représente l'antithèse de l'indépendance et de l'autonomie humaine, et en cela, elle réduit sa liberté. Plus une société est centralisée, plus l'individu se retrouve incapable d'agir sur sa vie et son quotidien. Je pense que cette notion peut expliquer partiellement la raison pour laquelle le mouvement des Indignés réclament une démocratie réelle aujourd'hui.
Regardons à présent l'Histoire de la centralisation.
Au temps des premiers Hommes, l'être humain primitif et nomade était mû par une logique coopérative. Étant faible, il lui était en effet impossible de faire autrement que de coopérer avec ses semblables pour faire face aux défis quotidiens nécessaires à sa survie.
Cette tendance naturelle à la coopération fonde les sociétés primitives humaines et nomades, qui fonctionnaient en une forme de communisme primitif puisque dans une société faiblement établie la propriété collective et le partage égalitaire sont nécessaires au maintien de la coopération entre tous.
Avec la sédentarisation vient la possibilité d'accumulation et donc la création de la propriété privée.
La sédentarisation consiste en la première centralisation fondamentale, alors que le nomadisme représente la décentralisation ultime.
Avec l'augmentation de la prospérité des sociétés humaines, due à l'augmentation des rendements alimentaires induits par la sédentarisation, les sociétés humaines ne sont plus autant menacées et la coopération n'est plus une logique nécessaire à leur survie. La propriété privée ayant été instituée, une logique de compétition se crée, encouragée par l'apparition des premières formes de commerce marchand remplaçant le troc ou le don.
A l'époque féodale, les sociétés humaines sont relativement décentralisées (comparativement à aujourd'hui). Cette décentralisation économique induit, selon Hanspeter Kriesi, une grande créativité des acteurs économiques qui innovent passablement (charrue lourde, fer à cheval, harnais d'attelage pour les bêtes de trait, etc.)
Mais les logiques de compétition induites par la propriété privée poussent les seigneurs de guerre à la lutte armée pour l'appropriation des possessions adverses. Ces conflits militaires à répétition forcent les seigneurs de guerre à centraliser le pouvoir politique et économique afin d'avoir la possibilité de tirer davantage de ressources de leurs territoires. L'époque absolutiste est marquée par un cercle de guerres, d'augmentation des dépenses, et de centralisation.
La création de l'Etat-nation représente un stade avancé de la centralisation économique et politique.
Mais le capitalisme, dont les fondamentaux (propriété privée, logique de compétition, commerce marchand) sont à présent bien établis, va renforcer cette centralisation.
La concurrence (c'est à dire la guerre économique), renforcée par l'extension du libre-échange, provoque une centralisation des capitaux dans quelques grandes entités économiques mondialisées : c'est la centralisation économique.
Le capitalisme, créant des crises mondiales (comme les crises écologiques), affaiblit d'autant l'autonomie des États, car ceux-ci sont contraints de tenter de régler des problèmes au niveau politique mondial et perdent ainsi en autonomie : c'est la centralisation politique.
Aujourd'hui, certains se demandent si il ne serait pas temps d'instaurer un État-mondial. Cette idée totalitaire fait froid dans le dos !
Dans ma prochaine note, j'aborderai la clef de l'émancipation humaine : la décentralisation !
13/10/2011
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Recueil thématique de tous les textes publiés sur ce blog.
0. Qui suis-je ?
http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/10/03/je-suis...
I. Socialisme post-marxiste
1) Le socialisme du XXIème siècle – Valeurs et fondamentaux d'un socialisme du XXIème siècle.
http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/27/le-soci...
2) FREE in Socialism – Processus de transition, du capitalisme, au socialisme du XXIème siècle.
http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/10/02/61cb86c...
3) LOST in Capitalism – Critique du capitalisme et de ses conséquences.
http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/30/lost-in...
4) La social-démocratie : un paradoxe perdu - Critique de la social-démocratie et de ses limites.
http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/24/la-soci...
5) NEO-SOCIALISME – Buts, évolution idéologique et objets d'un socialisme du XXIème siècle.
http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/26/neo-soc...
6) Pour un renouveau du socialisme ! - Prises de notes pour un socialisme du XXIème siècle.
http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/18/pour-un...
II. Décroissance
1) La décroissance : un projet d'avenir - Présentation générale du projet de société de la décroissance et de ses implications politico-socio-économiques.
http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/17/la-decr...
2) LOST in Productivism – Critique du productivisme et de ses conséquences.
http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/10/01/lost-in...
3) Esquisse d'un programme politique de décroissance – Une série de mesures clefs comme squelette d'un programme politique de décroissance.
http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/25/esquiss...
4) Décroissance ou Barbarie – Présentation de la politique (probable) droitiste en cas de crise écologique majeure due au productivisme
http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/23/decrois...
III. Idéologies en général
1) Petit glossaire des idéologies politiques traditionnelles (version III)
http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/10/07/petit-g...
2) Petite évolution historique des idéologies – Hypothèse évolutive des idéologies politiques.
http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/23/petite-...
3) La fin de la démocratie, la mort des idéologies – Hypothèse sur une cause de la dépolitisation.
http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/25/la-fin-...
4) Indignation et mutation idéologique en Europe – Le mouvement des Indigné, la gauche et le socialisme.
http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/10/09/indigna...
IV. André Gorz
1) Socialisme, Écologie politique et Anti-productivisme – Présentation de la pensée d'André Gorz, un des penseurs du socialisme post-marxiste et de la décroissance.
http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/20/sociali...
2) Approfondissement de l'analyse gorzienne - Réflexion à partir des écrits de André Gorz sur le socialisme, l'écologie politique, la démocratie et le capitalisme.
http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/23/approfo...
V. Divers
1) L'allocation universelle
http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/28/l-alloc...
2) Sex, drugs and rock'n roll – Comment légaliser la drogue.
http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/10/05/sex-dru...
3) La sécurité, un thème de gauche – Réflexion sur la sécurité et sur le rôle des arts martiaux.
http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/10/10/la-secu...
02/10/2011
FREE in Socialism
Ce texte se base sur ma critique du capitalisme et du productivisme.
http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/10/01/lost-in...
http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/30/lost-in...
Il reprend la théorie sur le socialisme que j'ai développé auparavant.
http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/27/le-soci...
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Comment dépasser le capitalisme : processus de transition vers un projet de société alternatif.
I) Première étape pour commencer un douceur : un capitalisme social-démocrate. C'est à dire un fort interventionnisme étatique (lois, règles, taxes, impôts, services publics étendus et forts, etc.) dans un cadre capitaliste. On s'opposera alors à tout libéralisme économique. Les logiques socialistes de la social-démocratie (redistribution des richesses, justice sociale, égalité) permettent déjà d'appréciables améliorations, même si à la longue la social-démocratie se heurte à ses limites (qui sont les limites de sa dépendance au bon fonctionnement du capitalisme alors qu'elle le péjore par son interventionnisme étatique).
II) Dans un second temps, on passera à une social-démocratie étatiste, c'est à dire qui étend les secteurs de l'économie privée sous contrôle de l’État. Attention, il ne s'agit pas simplement d'avoir des services publics développés, mais d'étatiser des entreprises rentables pour en étatiser les bénéfices. Ces bénéfices permettent ensuite de financer de nouvelles logiques socialistes. Bien entendue, le contrôle de plus grandes parts de l'économie privée permet d’améliorer les conditions de travail des travailleuses et travailleurs. Dans les secteurs étatisés on instaurera l'autogestion (démocratie directe économique).
III) A présent, il s'agit d'étendre le contrôle étatique à toutes les grandes structures de l'économie privée. Toutefois, ce n'est nullement un dogme, nombre de structures économiques de petite taille peuvent fort bien rester privées (par exemple la paysannerie, les artisans, les indépendants, etc.)
A ce stade, le peuple est normalement libéré de la domination d'une minorité possédante. Maître de ses choix, il peut agir sur la société dans le cadre démocratique sans subir la domination d'une dictature des plus riches qui détruisent la démocratie. L'économie étatisée dans un cadre démocratique permet donc de libérer l'individu.
IV) Le contrôle de l'économie par la volonté populaire permet de planifier l'organisation économique. La planification (qui prend comme valeur des choses le travail) offre la possibilité de définir démocratiquement quel type de production et de consommation sont nécessaires pour combler les besoins (et non les envies) de chacun. Il s'agit de planifier la production en prenant en compte les limites des ressources naturelles et le respect de la biosphère.
V) Dans ce cinquième temps, on aura à cœur de donner davantage de liberté aux individus en décentralisant les activités humaines. La décentralisation économique (comprenant une planification décentralisée) et politique (le pouvoir au quartier, puis à la commune, puis au canton, puis à la confédération), donne toute son autonomie à l'individu. La démocratie directe pure (sans représentation) au niveau du quartier, voire de la commune, est souhaitable. La décentralisation permet de construire une société indépendante, auto-suffisante au maximum, avec de grandes capacités auto-productrices. Construire une société à taille humaine, c'est autonomiser l'être humain.
VI) Et nous y voilà ! Transition terminée.
Dans ce système socialiste abouti, l'individu est véritablement libre et autonome.
A partir de ce système, toutes les conditions seront réunies pour créer la société idéale.
Bon, j'ai beaucoup parlé de projet de société, parce que plus grand monde n'en parle aujourd'hui. Mais pour le moment je pense avoir fait un premier tour de la question. Je reviendrai donc prochainement avec une proposition de programme politique pour un autre monde, car il y a les rêves et les utopies, mais il y a aussi la politique concrètement et les mesures qu'il faut soutenir dans l'immédiat pour entamer une transition vers une société alternative.
« Il n'y a qu'une seule façon de tuer le capitalisme : des impôts, des impôts et toujours plus d'impôts. »
« La propriété privée nous a rendu si stupides et si bornés qu'un objet n'est nôtre que lorsque nous le possédons. »
« Les philosophes n'ont fait qu'interpréter diversement le monde, il s'agit maintenant de le transformer. »
Karl Marx
28/09/2011
L'allocation universelle
Je pensais écrire sur le processus de transition amenant la société du capitalisme mortifère jusqu'au socialisme abouti, mais ayant été invité par Léman Bleu pour parler succinctement de l'allocation universelle, je ne peux pas m'empêcher d'écrire un petit billet sur cette allocation universelle qui mérite qu'on s'étende sur elle.
L'allocation universelle, aussi appelée revenu d'existence, revenu de base ou dotation inconditionnelle d'autonomie, est intéressante car elle permet véritablement d'améliorer la vie des gens concrètement et très vite. Toutefois, elle n'est bien entendue qu'une mesure, et en ce sens insuffisante par elle-même à provoquer le changement de société global que j'appelle de mes vœux.
L'allocation universelle c'est la garantie d'une existence décente et digne.
Cela consiste à verser mensuellement un revenu ou une allocation, à chaque individu, qu'il soit riche, ou qu'il soit pauvre, qu'il travaille ou ne travaille pas. Cette allocation devrait assurer les besoins fondamentaux de chaque individu (notamment se nourrir, se vêtir, se soigner, se loger ou accéder à un minimum de culture). On parle donc bien ici de besoins, et non d'envie, la différence est essentielle.
L'allocation universelle permet de libérer l'individu de l'obligation du travail non enrichissant ou non satisfaisant sur un plan existentiel. A ce sujet, je me permets de citer Marx : « Le domaine de la liberté commence là où cesse le travail. »
En plus, cela permet de donner leur indépendance concrètement aux jeunes et ainsi de créer une société plus mature.
La question que l'on se pose ensuite est la suivante : est-ce que tout le monde va arrêter de travailler si on donne à tout le monde cette sympathique allocation universelle ?
Et bien selon une étude allemande, 70% des Allemands disent qu'ils continueraient de travailler si on leur donnait une allocation universelle, 20% qu'ils continueraient mais réduiraient leur temps de travail, et 10% qu'ils feraient autre chose dans leur vie comme « travail ».
Toutefois, ces mêmes Allemands pensent à 80% que si on donnait une allocation universelle aux autres Allemands, alors ces derniers ne travailleraient plus... On notera donc ici que une des raisons pour lesquelles l'allocation universelle n'est pas encore en place en Suisse ou en Allemagne consiste simplement en un manque de confiance envers ses concitoyens.
Il est important de bien se dire qu'il faut repenser le travail sous une nouvelle forme.
Après tout, nombre d'activités humaines importantes qui enrichissent la société ne sont pas rémunérées (ou pas assez), voire ne sont même pas prises en compte !
C'est le cas du travail des femmes ou hommes au foyer, de nombre d'artistes qui refusent de se vendre aux normes commerciales capitalistes, de la plupart des poètes, des bénévoles, ou encore des militants politiques.
Autre question : qui s'occuperait des tâches les plus pénibles ou les moins gratifiantes ?
A cela on peut proposer deux solutions : un tournus (par tirage au sort) ou bien (plus pragmatique) une valorisation de ces métiers pénibles ou moins gratifiants afin de les rendre plus attractifs.
Est-ce utopique ? Je pense que l'on parle d'une utopie un peu trop concrète à mon goût, car celle-ci est d'ores et déjà en application dans un tas de pays !
Citons : le Brésil, l'Inde, le Koweit, l'Alaska, Singapour et la Namibie.
En Namibie, on a observé les conséquences suivantes suite à l'instauration de l'allocation universelle : augmentation du niveau d'éducation, baisse de la criminalité, augmentation du niveau de sécurité alimentaire, étoffement du tissu économique par la création de micro-entreprises, et hausse d'emplois. Bref, rien que des conséquences fort positives !
Bon, combien cela coûterait-t-il en Suisse ?
Selon une étude réalisée par le docteur en sciences économiques Samuel Bendahan, verser 2000 francs à chaque Suisse (bébés et mineurs y compris) reviendrait à 170 milliards de francs (c'est à dire 1/3 de notre PIB).
Mais ce qu'il faut prendre en compte c'est que l'allocation universelle remplacerait la majeure partie de notre sécurité sociale (en tout cas l'AVS, l'AI, les allocations familiales, et les prestations complémentaires), ce qui représente 135 milliards.
Donc, au final, il manque 35 milliards à trouver.
Toutefois, si on donne une allocation universelle seulement aux individus majeurs, on réduit d'autant les dépenses.
En outre, la disparition des structures étatiques (préc-citées) de la sécurité sociale signifiera une baisse des coûts étatiques (il ne s'agit toutefois pas d'exclure aucunement une intervention étatique visant à davantage de redistribution des richesses).
Mais bon, de toute façon 2000 francs ce n'est pas assez, je penche plutôt pour 2500 francs, il faudra de toute façon trouver alors des sources alternatives de financement comme par exemple un impôt davantage progressif et déplafonné, et/ou un revenu maximal.
Voilà, je crois avoir présenté les éléments qui me paraissent essentiels.
Ceci étant dit, qu'est ce qui empêche la création de l'allocation universelle ?
Comme toujours, la volonté politique.
27/09/2011
Le socialisme du XXIème siècle
Correction, reformulation et amélioration de mon texte « Pour un renouveau du socialisme »
1) Démocratie
La démocratie consiste en le pouvoir du peuple par le peuple pour le peuple.
Un peuple est formé d'une collectivité d'individus politisés.
Au contraire, les masses sont formées d'ensemble d'individus dépolitisés. Plus les masses sont nombreuses, plus il est facile de manipuler la société.
La politisation, c'est à dire la conscience d'appartenir à une collectivité ou communauté politique, est la clef d'un juste fonctionnement de la démocratie.
En 1789, quand la société fut capable de se penser en tant que corps social, et donc politique, elle prit le pouvoir sur ses oppresseurs et se libéra du joug monarchique.
La modernité, au sens des Lumières, consiste en la capacité pour une société de s'autonomiser des tutelles oppressives ou aliénantes. De nos jours, le haut degré de dépolitisation menace le fonctionnement de la démocratie. Par le biais de la société de consommation, et par une production industrielle du divertissement débilitante, le capitalisme produit cette dépolitisation.
En vidant de son sens la démocratie, le capitalisme la nie.
Un nouveau socialisme aura à cœur de développer la démocratie et non de la nier.
Pour cela, il est nécessaire de tendre au maximum en direction de la démocratie directe, celle-ci étant l'essence même de la véritable démocratie, et donc de la possibilité pour chacun de prendre réellement des décisions sur sa vie collective et politique. Toutefois, dans un espace commun étendu, il faut passer par une démocratie parlementaire semi-directe, auquel on devrait adjoindre un certain pourcentage de députés tirés au sort. Afin de tendre au maximum à la démocratie directe, un nouveau socialisme devra obligatoirement décentraliser (ou relocaliser) les activités humaines.
En cela, le nouveau socialisme que je propose se place dans la continuité des socialistes utopistes comme Babeuf, Fourrier ou Cabet.
2)
Économie privée
L'économie privée n'est pas démocratique.
Elle appartient par essence à des propriétaires privés, et ceux forment une minorité possédante, car la concurrence amène toujours à l'accumulation de capital (les plus gros avalant les plus petits).
Le monopole privée est donc le stade ultime du capitalisme, d'où le caractère oligarchique qu'il prend.
L'économie privée n'est pas soumis au politique, c'est à dire qu'elle échappe au contrôle démocratique, bref le peuple ne peut influer sur cette économie. En effet, le peuple ne peut se décider collectivement que sur l'économie publique, entendez l'économie étatique.
Ainsi, l'économie privée qui règne sur des pans immenses des activités humaines, ne dépend-t-elle pas de la volonté démocratique. Les individus doivent se soumettre à la minorité possédante et se vendre.
L'économie privée agit, elle, directement sur la politique et influe sur les résultats démocratiques.
La politique s'en trouve manipulée et les choix politiques ne représentent plus les intérêts de la majorité, mais ceux de la minorité possédante.
Un nouveau socialisme devra dépasser l'économie privée en la réduisant à des entités de petites tailles collaborant avec la volonté populaire. L'intérêt de tous passe donc avant l'intérêt d'une minorité.
3)
Démocratie réelle
La seule structure que la volonté populaire peut contrôler, la seule structure économique sur laquelle le peuple peut influer et décider, c'est bien entendue la structure publique, comprenez la structure étatique.
Seul l’État est soumis à la démocratie, aux décisions politiques prises par le peuple, et à la volonté de tous. L’État est l'instrument du peuple dans la construction d'une société idéale, il est l'outil qui permet à la volonté démocratique de tailler le monde qu'il désire.
Il n'y a nulle limite aux capacités de l’État. Seul la démocratie, la volonté populaire, décide des limites à mettre à la mise en pratique de ses capacités.
Plus l'économie privée est sous contrôle de l’État, plus elle est étatisée, plus elle est sous contrôle du peuple, et de la démocratie. Une économie très étatisée est donc une économie très démocratique, ou démocratisée.
4)
Liberté
La liberté de la société et des individus dépend de la démocratie. Plus une société est démocratisée, c'est à dire plus son économie dépend de l’État démocratique, plus les individus s'émancipent de la domination de la minorité possédante.
En se libérant de la minorité possédante, les êtres humains acquièrent en liberté.
Autonomes, décidant démocratiquement par eux-mêmes, de ce qu'ils veulent comme société, les citoyens vont naturellement aller vers un socialisme harmonieux ; c'est à dire vers un partage du temps de travail, un partage égalitaire des ressources, et une autogestion pertinente (autant qu'il est possible).
Afin d'être le plus libre possible, les individus doivent ensuite décentraliser la prise de décision politique et la prise de décision économique (appelée aussi planification).
En rapetissant les structures économiques, en les morcelant quand c'est possible, l'individu acquiert en indépendance et en possibilités d'influer sur sa réalité.
L'indépendance ultime des individus dépendra du développement de leurs capacités à l'autoproduction et à leur penchant pour l'auto-limitation.
Simplicité volontaire et partage sont les clefs de la liberté, de l'émancipation collective et de l'autonomie individuelle joyeuse.
Un nouveau socialisme devrait, à ce moment-la, avoir atteint son stade final de développement et l'on pourrait considérer que les conditions sont réunies pour assurer à la société et à l'individu l'accès au bonheur.
Car tout projet d'un nouveau socialisme ne doit avoir comme finalité que le soucis de construire une société où règne la joie de vivre !
Les notions présentées ci-dessus ne sont pas suffisantes, j'en suis bien conscient, mais elles permettent de proposer une lecture moderne de ce que pourrait être un nouveau socialisme du XXIème siècle.
Dans ma prochaine note, je présenterais le processus que pourrait proposer un nouveau socialisme pour accomplir le changement global que je prône.
18/09/2011
Socialisme
I - NOTIONS
1)
Démocratie
- Un peuple = collectivité politisée des individus
AU CONTRAIRE des masses = ensemble d'individus dépolitisés
- Politisation = conscience d'appartenir à une collectivité/communauté politique
Capitalisme (société de consommation/consumérisme) = processus de dépolitisation
- démocratie directe ˃ démocratie parlementaire
- démocratie parlementaire + démocratie directe
= compromis nécessaire dans un espace commun ETENDU
2)
Économie privée
- L'économie privée = non démocratique
CAR non soumis au politique
DONC non soumis au peuple
CAR soumis à une minorité possédante
DONC minorité possédante gouverne l'économie privée
=> économie privée influe sur politique => politique devient non démocratique
3)
ce sont les rapports de force économiques qui créent les rapports de force politiques
=> l'économique > politique
But du socialisme = politique > économique
= bien commun > intérêt privé
= liberté de tous > liberté de certains
= bonheur de tous > bonheur de certains
4)
Le socialisme = la démocratie réelle
- L’État = outil de la construction collective
= de la gestion de la vie en collectivité.
- L’État est soumis au politique
le politique = le peuple
l’État est la structure la plus démocratique
- L’État peut tout = le politique peut tout = le citoyen peut tout
- L'extension des activités humaines sous contrôle de l'Etat = démocratisation de la société
5)
- Liberté = non domination de l'être humain = non aliénation = égalité
DONC liberté = autonomie de chacun = indépendance de tous
SYSTEME SOCIALISTE (abouti)
= Autoproduction + auto-limitation + autogestion + démocratie directe + planification décentralisée
II – PROCESSUS
Il est essentiel que durant tout le processus on procède à l'accomplissement de la justice sociale et de l'égalité par toutes les politiques de redistribution possibles.
L'égalité, l'émancipation de l'être humain et l'accès au bonheur sont les buts mêmes du socialisme.
1) capitalisme (plus ou moins libéral)
=> Domination d'une minorité possédante – compétition entre tous – inégalités – destruction inévitable de la biosphère – aliénation de l'individu ...
2) capitalisme social-démocrate = interventionnisme étatique (lois, règles, taxes, impôts, etc.)
=> Préparation psychologique du peuple aux logiques socialistes
3) social-démocratie étatiste = dépassement de la social-démocratie = étatisation de secteurs économiques rentables afin de financer davantage de logiques socialistes
=> Démonstration des capacités d'émancipation des logiques socialistes = épanouissement social
4) étatisme = étatisation de l'économie privée = prise de contrôle par les citoyens des activités humaines
=> Nécessité probable de préserver la propriété privée dans certains domaines exceptionnelles.
=> Il ne s'agit pas ici d'un dogme, mais d'une mesure nécessaire pour libérer l'individu et la société de la dictature d'une minorité possédante.
=> Prise de contrôle du peuple de lui-même = indépendantisation des individus vis à vis de la dictature du capital = Démocratisation de l'économie
5) étatisme planifié = planification de l'économie privée selon les besoins
=> De l'importance de bien comprendre le sens du mot BESOIN (qui n'a rien à voir avec une envie)
=> De l'importance d'une logique du bon usage des choses (opposée au mésusage)
6) étatisme planifié décentralisateur = planification décentralisatrice des activités humaines économiques et politiques
=> construction d'une société à taille humaine = autonomisation maximale de l'être humain
7) système socialiste abouti = démocratie directe (sans démocratie parlementaire), auto-production (au maximum), auto-limitation, auto-gestion.
- démocratie directe est possible grâce à la décentralisation (relocalisation)
- auto-production, relative et non absolue
=> nécessite et induit auto-limitation
- échanges doivent êtres basées sur planification des besoins
+ planification doit se faire au niveau le plus proche de l'individu
- auto-gestion = principe général d'autonomie envers communauté politique
- organisation étatique est préservée MAIS uniquement au sens administratif ET public du terme
=> services publics et administration sont préservés
- le système socialiste = aboutissement des idéologies anarchistes et écologistes (au sens anti-productiviste du terme)
=> la lutte à gauche forme un tout unifié
- minorité possédante trouvera aussi le bonheur dans un système socialiste, car elle aussi est aliénée par les logiques capitalistes