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La révision proposée va certes en principe dans la bonne direction, selon la prise de position publiée lundi à l'intention de l'Office fédéral de la communication (OFCOM). Il est judicieux de prévoir des zones de desserte le long des frontières cantonales. Toutefois, les frontières cantonales ignorent la cohésion des régions.
Le canton de Soleure se trouve ici dans un "champ de tensions". D'une part, une nouvelle concession devrait, du point de vue du Conseil d'Etat, couvrir le canton dans son ensemble. Ainsi, les districts de Dorneck et de Thierstein feraient partie de la zone de desserte "Soleure" et non de la zone de desserte "Bâle" comme prévu dans le projet.
Pas d'argent en cas de chevauchement régional
Parallèlement, des chevauchements devraient être possibles, notamment pour le canton de Soleure. Le Conseil d'Etat cite comme exemple la région du Schwarzbubenland avec la région de Bâle ou la partie occidentale du canton entre Soleure et Granges avec la région de Bienne.
Dans le projet actuel, les radios privées sont certes libres d'émettre en dehors de leur zone de desserte. Mais la Confédération ne met pas d'argent à leur disposition pour cela. Le canton de Soleure estime qu'une participation appropriée aux coûts devrait être envisagée, à condition que les exigences éditoriales soient également remplies dans la "zone de chevauchement", peut-on lire dans la prise de position.
Attendre le résultat du référendum
En outre, le moment choisi pour la consultation semble "un peu maladroit", remarque le Conseil d'Etat. Le Conseil d'Etat estime qu'il faut attendre la votation sur le référendum relatif à la loi sur les médias, prévue en février. Ce n'est qu'ainsi que l'on pourra continuer à travailler avec des conditions-cadres claires.
A l'avenir, il devrait y avoir en Suisse davantage de zones de desserte pour les chaînes de radio et de télévision locales - vingt pour les radios au lieu de douze actuellement. Dans chaque zone, il y aura un prestataire chargé d'un mandat de service public et qui recevra en contrepartie des fonds provenant de la redevance radio et télévision.
Le gouvernement regrette la concurrence des médias
Dans sa prise de position adressée à la Confédération, le Conseil d'Etat a également exprimé "quelques réflexions fondamentales". Dans un système démocratique qui vit de la participation active de la population aux décisions et aux processus, un paysage médiatique aussi diversifié que possible, avec des entreprises de médias qui s'engagent à pratiquer un journalisme de qualité, est d'une grande importance. Cela est indispensable à la formation indépendante de l'opinion de chacun et chacune et donc au bon fonctionnement de l'Etat.
Mais l'évolution de ces dernières années va malheureusement dans une toute autre direction. Le nombre d'abonnés aux journaux est en constante diminution et les recettes provenant des annonces s'effondrent. "Des en-têtes uniformes marquent le paysage de la presse écrite et les plateformes en ligne qui y sont liées. Les rédactions régionales font également des économies, les ressources et le savoir-faire font de plus en plus défaut : un journalisme de qualité n'est plus garanti dans tous les cas", écrit le Conseil d'Etat.
La même situation se présente dans les stations de radio privées, qui sont souvent intégrées dans de grandes entreprises de médias. "En raison de la concentration du marché des médias, il n'y a pratiquement pas de concurrence journalistique, en particulier dans le canton de Soleure, en ce qui concerne les thèmes cantonaux et régionaux. Dans le domaine de la presse écrite, cette concurrence est totalement absente". (SDA)