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Le Parti socialiste n'est pas prêt à patienter avant l'introduction de l'obligation pour les clients des banques de s'auto-déclarer. Cette mesure du Conseil fédéral était une garantie donnée au PS en contrepartie de son soutien à l'accord fiscal avec les Etats-Unis.
Christian Levrat n'acceptera pas un report par pure tactique. "La conseillère fédérale risque de connaître des problèmes avec nous, dans ce dossier mais aussi dans d'autres", menace le président du PS dans une interview à l'hebdomadaire "Sonntag".
Il demandera un entretien à la ministre dans les 15 prochains jours si l'introduction de l'auto-déclaration obligatoire devait vraiment être renvoyée. Le groupe PS avait en effet soutenu l'accord fiscal avec Washington une semaine après que le Conseil fédéral s'était exprimé en faveur de cette mesure phare de sa stratégie de l'argent propre.
Accord fiscal avec l'Allemagne
Si le PS est pressé de voir cette mesure introduite, il peut vivre sans problème avec un rejet de l'accord fiscal avec l'Allemagne.
Christian Levrat ne va cependant pas jusqu'à soutenir le référendum lancé par les Jeunesses socialistes contre le texte adopté par les Chambres fédérales en juin, avec un groupe socialiste divisé. "Nous avons d'autres priorités", déclare-t-il.
Le ton monte
Le ton est monté d'un cran ces derniers jours en Allemagne. Sur une radio, le chef du parti social-démocrate Sigmar Gabriel a notamment reproché aux banques suisses d'être une "organisation criminelle". D'autres élus de Länder se disent prêts à acheter de nouveaux CD de données de clients allemands de banques suisses.
Un tel procédé est d'ailleurs approuvé par une nette majorité d'Allemands (62%), selon un sondage de l'institut GfK pour le journal "Welt am Sonntag". Seuls 29% s'y opposent et 9% sont sans opinion. Plus les personnes interrogées sont âgées, ont un bon salaire ou sont à la tête de familles, plus elles sont favorables à l'achat de disques contenant des données bancaires, écrit le journal.
ATS