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Prenant à son compte le mécontentement latent qui règne dans le Pays de Vaud, alors sous domination bernoise, Davel (né en 1670) met seul en place une stratégie pour libérer son pays: il mobilise, le 31 mars 1723, 600 hommes qu'il conduit à Lausanne, au moment où tous les baillis sont à Berne pour l'attribution des emplois gouvernementaux.
Davel s'adresse, à l'hôtel de ville, aux autorités lausannoises qui feignent de le suivre dans son entreprise, mais qui avertissent Berne et l'arrêtent le 1er avril et l'enferment au Château Saint-Maire. Son manifeste (plusieurs pages de critiques du régime bernois) est accueilli comme un acte de rébellion. Il est jugé par le tribunal (lausannois) des bourgeois et citoyens de la rue de Bourg, condamné à mort et décapité.
Les Bernois s'employèrent à vider le message politique de Davel de tout son contenu, en faisant du major un hors-la-loi et un illuminé; mais elles ne purent empêcher la circulation de la relation de l'événement. Plus tard, les recherches de Juste Olivier et Frédéric-César de La Harpe réhabilitèrent la mémoire de Davel, commémorée en 1839 par la pose d'une plaque dans la cathédrale de Lausanne. Non loin, sa statue veille également sur la place du château où il fut enfermé.
Extrait du Dictionnaire historique de la Suisse.