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11 minutes, c'est la durée de l'action décrite dans le dernier film de Jerzy Skolimowski. Soit plusieurs situations a priori sans lien qui interagissent les unes avec les autres selon le principe de la multiplicité des points de vue, tel qu'il était par exemple à l'oeuvre dans Short Cuts d'Altman. L'idée motrice du film, c'est que tout peut arriver à n'importe quel moment. Mais dans 11 minut, il y a en plus l'amorce d'une réflexion sur l'image, pas assez exploitée à mon goût. Le film tend en effet à l'exercice de style, non sans une certaine vacuité, et l'agressivité de sa bande-son gâche un peu la fin du métrage, pourtant la plus intéressante d'un point de vue narratif. Habitué de Venise, Skolimowski y avait présenté son précédent film, Essential Killing, avec Vincent Gallo, en 2010.
Heart of a Dog, lui, ne doit sans doute sa sélection en compétition que grâce à la notoriété de son auteur, la musicienne et artiste expérimentale Laurie Anderson, par ailleurs veuve de Lou Reed, à qui le film est dédié. Il s'agit d'un film en forme de collage, un essai poétique se voulant à la fois méditation sur la vie et travail sur le deuil, puisque sa chienne terrier (ci-contre), fil rouge du métrage, est également décédée. Mais l'expérimental a ses limites, comme les citations de Wittgenstein et Kierkegaard dont l'artiste abuse légèrement. Respectable mais un rien soporifique.