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Grisons et Tessin C'est non à la création du deuxième parc national
Quatorze communes grisonnes et trois tessinoises se prononcaient sur la création du Parc Adula. Un parc pour ours maltraités verra en revanche le jour à Arosa.
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Seules neuf des 17 communes tessinoises et grisonnes se sont prononcées en faveur du Parc Adula. Le projet a ainsi échoué, alors qu'il aurait pu constituer le premier parc national de l'histoire à voir le jour sur la base d'une votation populaire.
Le projet d'un deuxième parc national, le Parc Adula, a échoué dans les urnes dimanche, seize ans après les premiers travaux préparatoires. «Nous sommes déçus du résultat», a déclaré le directeur du parc Martin Hilfiker devant la presse à Mesocco (GR). Quelques «non» sont arrivés de manière inattendue.
Le refus de la commune tessinoise centrale de Blenio a pesé lourd. Le projet prévoyait une zone de 145 km2, dont 54,5 km2 sur le territoire de Blenio. Or, l'article 16 de l'ordonnance fédérale sur les parcs d'importance nationale stipule que la superficie de la zone centrale d'un parc national couvre au moins 100 km2 dans les Alpes, surface qui ne peut pas être atteinte avec le refus de Blenio.
Treize des 17 communes concernées auraient dû se prononcer favorablement. Finalement, un «oui» est sorti des urnes dans seulement neuf communes, huit refusant le projet.
Quand même possible
Le projet de second parc national n'est pas possible sous cette forme, a relevé dimanche le président de l'association Parc Adula Fabrizio Keller, à Mesocco. Mais on peut entrer en discussion avec les communes comptant une proportion de «oui» relativement grande autour du San Bernardino, pour fonder un parc régional le cas échéant, note M. Keller.
Le second parc national devait s'étendre sur un territoire de 1250 km2, de Disentis (GR) à Buseno (TI). Quatorze communes grisonnes et trois tessinoises étaient concernées. Environ 16'000 personnes habitent dans ces villages.
C'était un projet d'une étendue inédite en Suisse, a souligné Martin Hilfiker. Dix-sept communes, cinq régions, deux cantons et trois communautés linguistiques devaient y participer. «Au final, nous n'avons pas pu satisfaire tout le monde», a-t-il poursuivi.
L'association Parc Adula veut désormais archiver les études réalisées afin de les laisser à disposition des communes intéressées. Quant à une possible dissolution de l'organisation, elle doit être décidée lors d'une assemblée générale.
Pro Natura déçu
Ce résultat négatif est «une chance gaspillée», réagit Pro Natura dans un communiqué. L'organisation de protection de la nature, à l'origine du projet, considère néanmoins encourageant qu'un large soutien à l'idée d'un développement durable et respectueux de la nature ait été exprimé et reconnu.
Les débats ont «démontré l'émergence d'une minorité forte et active qui souhaite un développement régional durable et respectueux de la nature», a commenté Silva Semadeni, présidente de Pro Natura, citée dans le communiqué. L'association espère que le projet servira d'émulation à d'autres idées durables pour développer la région.
Obstacles clairs
Dans un communiqué distinct, le Réseau des parcs suisses relève pour sa part que «la combinaison entre le développement et les restrictions dans la zone centrale du parc n'a de toute évidence pas été accueillie avec enthousiasme par la majorité de la population des communes en question.»
Pour lui, ce résultat négatif démontre «clairement» à quels obstacles les législateurs doivent faire face pour légitimer un projet de parc national. Il attend l'analyse détaillée des résultats pour comprendre les arguments des votants.
«Cette analyse aura une signification importante pour le deuxième projet de parc national de nouvelle génération en Suisse», le Parc national du Locarnese, qui s'étend du Lac Majeur aux Centovalli (TI), estime le Réseau des parcs suisses. Ce projet devrait être débattu dans le courant 2017.
Un grand parc pour ours maltraités à Arosa
Par ailleurs, 5 ours venus du sud-ouest de l'Europe seront placés en 2018 dans un parc de 30'000 m2 au-dessus d'Arosa. Les citoyens de la commune grisonne ont plébiscité dimanche un projet en ce sens. Sauvés par l'organisation «Quatre pattes», les plantigrades concernés vivaient tous en captivité dans des conditions de détention indignes. Les votants ont approuvé à 78% les modifications du plan de zones et de la loi communale sur les constructions, liées à ce projet, le premier du genre en Suisse.
Le futur parc aux ours disposera d'une superficie équivalant à quatre terrains de football. Les frais de planification et de construction sont devisés à 4 millions de francs. L'organisation de protection des animaux «Quatre pattes» et des sponsors en assurent le financement. Les coûts d'exploitation sont estimés à 320'000 francs par an. (ats/nxp)
Créé: 27.11.2016, 17h07