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Pourquoi certaines personnes hésitent-elles à se faire vacciner ?
Pour comprendre pourquoi certaines personnes refusent de se faire vacciner ou retardent leur première injection, une étude polonaise s'est intéressée à leurs arguments. Si les scientifiques se montrent assez pessimistes pour convaincre les antivax de changer d'avis et de se faire vacciner contre le Covid-19, ils préconisent de concentrer les efforts sur les personnes indécises au sujet de la vaccination.
Des chercheurs de l'Université de Cracovie en Pologne ont analysé les discours de personnes s'auto déclarant «anti-vaccin». Publiée dans la revue Social Psychological Bulletin, l'étude, réalisée en ligne via un questionnaire, s'est basée sur un premier panel de 3.000 Polonais représentatifs de la population. Seules les personnes répondant que le vaccin «fait plus de mal que de bien», ont été retenues pour la suite de l'étude, à savoir 493 personnes. Ces dernières ont été classées en deux catégories, les anti-vaccins et les sceptiques.
Les chercheurs les ont confrontés à une série d'affirmations retrouvées chez les anti vaccins polonais. Pour les énumérer, ils se sont rendus dans le public d'une conférence intitulée : «Comment vivre dans un monde de pseudo-médecine. Ce que votre médecin ne vous dira jamais». L'étude menée par le Dr Katarzyna Stasiuk s'est concentrée sur la place de l'expérience face aux inquiétudes liées à la vaccination.
«Les personnes qui avaient éprouvé (ou connaissaient quelqu'un qui avait éprouvé) des symptômes négatifs après une vaccination étaient davantage convaincues que la vaccination pouvait causer de graves problèmes de santé» (comme l'autisme ou une faiblesse générale à long terme), rapporte l'étude. «Cependant, elles étaient également convaincues par d'autres arguments anti-vaccins, non liés aux effets secondaires des vaccins – comme l'opinion selon laquelle les vaccins ne protègent pas contre les maladies graves et ne diminuent pas le risque d'épidémies».
Un méli-mélo d'arguments
De mauvaises expériences liées au vaccin donc ? 231 individus ont répondu par l'affirmative. Cependant, «les descriptions de cette expérience personnelle fournies par les participants étaient trop vagues pour être analysées», souligne l'étude, relevant des réponses telles que «fièvre» ou «syndromes post vaccins». De plus, certaines affirmations ne présentaient pas de lien avec l'injection (telle que l'autisme ou l'apparition d'allergies).
Face aux questions portant sur le raisonnement de certains anti-vaccins, les chercheurs ont noté des explications «vagues». «Beaucoup ont déclaré qu'ils ne se souvenaient pas de la source de l'information», souligne l'étude.
Il peut alors s'agir du «biais de confirmation», à savoir «un individu qui recherche activement des informations cohérentes avec son hypothèse préexistante et évite les informations indiquant des explications alternatives», expliquent les chercheurs, ce qui renforce les croyances.
Une course pour convaincre les indécis
Les participants encore indécis sur le vaccin «sont pour la plupart confiants dans l'efficacité des vaccins», rapporte le résumé de l'étude, «ainsi que dans le fait qu'ils faisaient l'objet de recherches appropriées».
Cependant, leur confiance reste à gagner, car ils sont «sensibles aux déclarations du mouvement anti-vaccin sur les effets secondaires et le complot des Big Pharma».
En étudiant la position «ambivalente» des indécis, les chercheurs espèrent trouver les arguments les plus susceptibles de faire pencher la balance de leur côté. C'est un enjeu de taille car ils représentent une «part plus importante que les anti-vaccins».
Les chercheurs sont a contrario sceptiques quant à la possibilité de faire changer d'avis un anti-vaccin.
Relax