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L'un des commentaires à l'article de François a été "Prix Goncourt... Est-ce forcément un très bon livre ??? Pour ma part je ne pense pas".
Autant le dire tout de suite, je suis d'accord sur le principe : le seul fait qu'un ouvrage décroche un prix ne veut pas dire qu'il soit bon. D'ailleurs, "bon" ou "très bon", voire "extrêmement mauvais", ça veut dire quoi ? Aux yeux de qui ? La ménagère que je suis ? Le prof de littérature francophone de l'université de Prague ? Une adolescente québecoise qui s'ennuie et qui n'écrit qu'en langage SMS ?
N'empêche, se méfier d'un livre au seul motif qu'il aurait atteint cette célébrité - soyons honnêtes, tout le monde (ou presque) entend parler du Goncourt - serait faire preuve d'un snobisme malvenu à mon avis.
Parce que, figurez-vous, ce fameux Goncourt, s'il a été accordé à des auteurs que je trouve, pour ma part, distrayants mais "sans plus", comme Didier Van Cauwelaert pour son "un aller simple", il a aussi été remis à des écrivains que personne ici, je crois, ne se risquerait à critiquer : Emile Ajar (pour "la vie devant soi"), Simone de Beauvoir (pour "les mandarins") ou encore André Malraux (pour "la condition humaine").
Est-ce que l'horreur décrite par "les noces barbares" (Yann Quéffelec) méritait un Goncourt ? Je ne sais pas, je ne fais pas partie du jury, je ne sais pas quels autres ouvrages sont sortis la même année. En revanche, je sais que sans la couverture "Goncourt 2001", je n'aurais jamais pris entre les mains "Rouge Brésil" (Jean-Christophe Rufin), parce que la même année, sont sortis des centaines d'autres livres, parce que je n'ai pas le temps de tous les lire, parce que mes choix sont faits de hasard et que la désignation d'un prix braque les projecteurs sur un auteur, sur une oeuvre.
Renaud critiquait son beau-frère (notamment) parce que "(...) bien sûr chaque années y s'offre le prix Goncourt", ce à quoi j'ai envie de répondre "et alors ?" Franchement, l'essentiel n'est-il pas d'avoir juste du plaisir en lisant ? Bon, d'accord, je n'irais peut-être pas jusqu'à conseiller Harlequin et le très drôle "y faut lire"...
Franchement, lorsque j'arrive dans une librairie, soit je sais quel ouvrage je veux - il s'agit alors très souvent de livres juridiques, que je commande de plus en plus fréquemment par internet - soit je connais le genre que j'ai envie de lire (policiers, romans historiques, fiction, science-fiction) sans avoir pour autant de titre particulier en tête.
Ainsi, lorsque j'ai envie d'un livre "à consommer dans un train", un bouquin "temps à tuer" ou encore "auteur, change-moi les idées", je me promène dans les rayons et me laisse guider notamment par la couverture, l'éditeur ou encore le prix remporté par l'opus exposé.
Tenez, la preuve que pour moi, "ça marche", ce critère "distinction" : j'ai franchement aimé "pars vite et reviens tard", "ne le dis à personne", "Shutter Island" ou encore "la femme en vert" et "zulu". Bref, je ne vais pas cracher sur le Grand prix des lectrices de Elle, il me facilite la vie et me garantit (avec une bonne probabilité) un moment distrayant. Pourtant, le journal, lui, je le trouve carrément pourave...
Le prix du Quai des Orfèvres, lui, n'est pas ma tasse de thé, à ma grande déception d'ailleurs : ça aurait été commode d'avoir un roman policier "garanti" chaque année à me mettre sous la dent. Enfin, je dis ça mais je n'ai lu que deux de leurs titres, "l'hermine était pourpre" et "du bois pour les cercueils", peut-être aurais-je plus de chance une autre fois mais je sais déjà que je ne vais pas persévérer.
Sans consulter google, je suis totalement incapable de citer ne serait-ce qu'un seul Nobel de littérature : je parie qu'après avoir examiné la liste, j'en trouverai au moins un qui me "parlera"; en trouverai-je un que j'ai lu, j'en doute, je vérifie et je reviens.
Tiens, si, j'en ai même lu, notamment "Le pavillon des cancéreux" mais ça ne date pas de hier (ni la lecture, ni le prix). En revanche, je vous mentirais en affirmant que j'ai déjà entendu parler de Wislawa Szymborska, Harold Pinter ou encore de Orhan Pamuk : à croire que le Goncourt rend plus célèbre que le Nobel, à tout le moins auprès de la "Madame-tout-le-monde" que je suis !
Mais au lieu d'égrener le nom de ces distinctions, parlons de l'auteur. Je n'en suis pas une mais si un jour, je devais remporter pour l'ensemble de mon oeuvre sur le net "le clavier d'argent", pourquoi affirmerais-je ne pas être contente ?
On peut ne pas être particulièrement fan du comité de sélection, on peut ne pas adorer les interviews aux mille et une questions idiotes, mais qui n'est pas heureux de savoir qu'il a rencontré son public ? Qui n'est pas soulagé de gagner un peu d'argent pour un livre généralement écrit au prix de bien des sacrifices ?
En outre, bénéficier d'une couverture médiatique peut rendre l'acceptation du prochain livre par un éditeur plus facile ou encore constituer une forme de remerciements pour celui qui a fait confiance à un auteur à une certaine époque totalement inconnu.
Bref, moi, les prix et les distinctions, si je ne suis pas convaincue qu'ils récompensent forcément le "meilleur" livre de l'année, je me garderai de les critiquer par principe, estimant qu'ils peuvent avoir de l'intérêt à différents niveaux.
Comment ils impactent sur la suite de l'inspiration de l'auteur, je n'en sais rien mais peut-être viendra-t-elle nous dire ce qu'elle a ressenti lorsque, en juillet 2010, "Anne Cuneo a été nommée par Frédéric Mitterand, ministre de la Culture de l’État français, Chevalier des Arts et des Lettres".
Finalement, vous, vous les choisissez comment, vos lectures ?