Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06983.jsonl.gz/1207

[Translate to English:] En 1868, après plus de deux siècles et demi sous la coupe des chefs militaires de la dynastie des Tokugawa, le Japon restaure son gouvernement impérial et s'affranchit des politiques d'isolement qui ont bridé son épanouissement. C'est le début de l'ère Meiji ("Gouvernement éclairé") qui se prolongera jusqu'en 1912. L'empereur saura s'entourer de représentants de la jeune noblesse soucieux de revitaliser le pays grâce aux conquêtes de la science moderne et aux enseignements de l'industrialisation occidentale.
Dans le secteur de la céramique, ces profondes mutations auront des répercussions radicales sur le volume et la nature de la production. L'accès aux énormes marchés américains et européens suscite la création de nouvelles manufactures largement orientées vers une production en série. Si l'essentiel de cette production se distingue avant tout par sa médiocrité, il n'en demeure pas moins que la conjoncture de l'époque a également stimulé une amélioration qualitative dans le secteur des produits de luxe, destinés à un public plus restreint d'amateurs éclairés.
L'exposition de l'Ariana tente d'illustrer l'ambigüité de cette période cruciale dans l'histoire de la céramique japonaise. On y voit, côte à côte, de véritables chefs-d'oeuvre acquis par Gustave Revillod lors de l'Exposition universelle de Paris en 1878 et des exemples représentatifs de la production de masse qui inonde nos marchés occidentaux dès la seconde moitié du XIXe siècle.