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John Rawls, comme Paul Ricoeur, a contribué à maintenir vivante la philosophie politique. Au débat classique qui oppose l’affirmation des droits de l’homme ou la recherche du bien commun, Kant ou Aristote, l’individu souscrivant au contrat social qui fonde la société ou la communauté qui donne à l’individu ses dimensions historiques et sociales, il a apporté, en Kantien, une contribution originale.
Il a su poser, me semble-t-il, la question des limites de l’inégalité acceptable. Si une part d’inégalité est inévitable compte tenu de la division du travail, du jeu des institutions, de l’efficacité économique, quelle ampleur peut-elle revêtir selon notre choix personnel si nous devions ignorer où le destin devait nous placer dans l’échelle sociale. Et quelles sont les conditions qui rendent l’inégalité supportable, comme par exemple la mobilité de l’échelle sociale ? Dans sa Théorie de la justice (1971), Rawls ne s’appuie pas sur l’étude de sociétés concrètes; il est très loin de toute analyse d’inspiration marxiste, il réfléchit en philosophe. Et pourtant le seul fait de poser avec une force renouvelée la question primordiale de l’inégalité tolérable donne à sa philosophie, dans l’évolution contemporaine du capitalisme, une force critique percutante. Elle oppose au modèle dominant existant, la recherche stimulante d’un modèle meilleur, c’est-à-dire plus juste. ag
Théorie de la justice, Seuil.
Justice et démocratie, Seuil.
Le Droit des gens, 10-18.
Le Libéralisme politique, PUF.
Leçons sur l’histoire de la philosophie morale et politique, La Découverte.