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Avec 45 millions d´hectolitres annuels, la Danoise Carlsberg est vingt fois plus grosse que Feldschlösschen, mais encore trois fois et demi plus petite qu´Anheuser Busch, le leader mondial.
Fondée il y a 150 ans, la brasserie Carlsberg est rapidement devenue la première au Danemark, surtout depuis le rachat, il y a quelques années, de son plus grand concurrent Tuborg, mais dont le nom subsiste toujours sur les bouteilles à étiquettes vertes.
Depuis une décennie, le marché national danois stagne. La tradition millénaire de la consommation de bière a dû s'effacer devant celle du vin et des boissons gazeuses. Aussi Carlsberg a recherché de nouveaux marchés, tant à l'intérieur du Danemark qu'à l'extérieur. Des fabrications sous licence, comme le Coca-Cola et de l'eau minérale, ont compensé le changement de goûts et d'habitudes des Danois.
Mais c'est surtout à l'extérieur que l'expansion de Carlsberg est la plus significative. Groupant actuellement plus de 100 filiales et compagnies associées, Carlsberg est présent dans le monde entier. Si la production nationale a été l'année dernière de 4 millions d'hectolitres, elle a été de 37 millions (soit huit fois plus) sur les marchés extérieurs au royaume. La proportion est la même pour les boissons non alcoolisées.
Regroupant plus de 21 000 employés dans le monde, Carlsberg dégage des bénéfices confortables. Son capital est détenu pour plus de la moitié par la Fondation Carlsberg et 14 pour cent par le Fond de Pension du Danemark. Aucun autre actionnaire ne détient plus de 5 pour cent des actions.
Compagnie à la tradition plus que centenaire, Carlsberg s'enorgueillit de marquer sur toutes ses étiquettes le titre envié de "Fournisseur de la Cour de Danemark", et d'ailleurs l'une de ses bières les plus réputée ne se nomme-t-elle pas "Hof", c'est à dire "La Cour". Tout un programme !
Jean-Louis Lelay, Copenhague