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Description
Dans cet ouvrage qui fait suite à L’Anti-Œdipe paru en 1972, Deleuze-Guattari remettent en question non seulement les fondements du structuralisme analytique et marxiste, mais aussi toutes les théories, qu’elles soient de la communication ou de l’information, qui visent à une systématisation.
Au système, ils substituent une sorte de patchwork qui distingue l’espace lisse de l’espace strié selon des multiplicités de devenirs, d’intensité qui interviennent à travers tous les régimes de signe. De la même façon qu’ils avaient reconstruit une politique de Kafka dans laquelle son œuvre se donnait à lire comme une machine d’écriture aux ramifications multiples qui faisait apparaître une langue arrachée au sens, à la représentation et au pouvoir, de la même façon, dans Mille plateaux, Deleuze-Guattari retraversent tous les régimes de signe : la linguistique et l’écriture bien sûr mais aussi la musique, la philosophie, la psychiatrie, l’économie et l’histoire : celle des peuples et celle de l’appareil d’État. Chacun de ces ensembles constitue un plateau c’est-à-dire “ une région continue d’intensités ” et tous ces plateaux qui s’enchevêtrent, dessinent des combinaisons, perpétuelles entre des forces majeures et mineures qui forment la trame de Mille plateaux.
En effet, il ne s’agit pas de distinguer entre majeur et mineur, mais de concevoir leur devenir, étant entendu qu’il n’y a de devenir que minoritaire. Et c’est un des grands intérêts de cet ouvrage que de ne jamais se poser en institution. Deleuze-Guattari ne s’intéressent qu’aux transformations du champ social à travers ses lignes de fuite qui concernent les éléments de l’art, de la science et de la politique.