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Composé vers 1746, Cosi-Sancta fut publié pour la première fois en 1784 dans l'édition des œuvres complètes de Voltaire, dite de Kehl.
«Il y avait à Hippone un vieux curé grand inventeur de confréries, confesseur de toutes les jeunes filles du quartier, et qui passait pour un homme inspiré de Dieu, parce qu'il se mêlait de dire la bonne aventure, métier dont il se tirait assez passablement.
On lui amena un jour une jeune fille nommée Cosi-Sancta: c'était la plus belle personne de la province. [...]
Elle alla consulter son curé, pour savoir si son mariage serait heureux. Le bonhomme lui dit d'un ton de prophète: "Ma fille, ta vertu causera bien des malheurs, mais tu seras un jour canonisée pour avoir fait trois infidélités à ton mari."
Cet oracle étonna et embarrassa cruellement l'innocence de cette belle fille. Elle pleura: elle en demanda l'explication, croyant que ces paroles cachaient quelque sens mystique; mais toute l'explication qu'on lui donna fut que les trois fois ne devaient point s'entendre de trois rendez-vous avec le même amant, mais de trois aventures différentes.
Alors Cosi-Sancta jeta les hauts cris; elle dit même quelques injures au curé, et jura qu’elle ne serait jamais canonisée. Elle le fut pourtant, comme vous l'allez voir.»
Titre Cosi-Sancta
Sous-titre Un petit mal pour un grand bien. Nouvelle africaine