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02/04/2015
L'inclusion est une question de droit
" La Suède a fondé sa loi
non pas sur une loi qui visait sur l'autisme ou sur le handicap mental,
mais sur une politique fondée sur le droit du citoyen:
est-ce que véritablement chaque personne a accès à son droit de citoyen, y compris quand cette personne est autiste, y compris quand cette personne est malade d’Alzheimer ?
et non pas sur
est ce qu'il qu'il y a des droits particuliers pour les personnes handicapées qui devraient rejoindre le droit des autres ? "
Jean-Claude Ameisen
Président du Conseil National d'Ethique (France)
La différence entre le système d’accompagnement des personnes en situation de handicap mis en place en Suède par rapport à celui existant en Suisse ou en France réside entièrement dans ce paradigme de "droit à être un citoyen". Un citoyen non pas de seconde zone, mais un citoyen à part entière.
Cela se traduit par une inclusion scolaire depuis le début sans que personne ne se pose une AUTRE QUESTION que celle de l’inclusion scolaire quel que soit le degré de handicap de l'enfant. Un enfant est un élève dès qu'il a l'âge de l'être ! Les aides des professionnels du spécialisé accompagnent l'enfant là où sont les autres enfants.Tout simplement.
Et lorsque la personne est adulte cela se traduit par un accompagnement dans sa vie d'adulte en mettant en place des aides proportionnelles à ses besoins, autant dans le milieu professionnel (protégé ou pas) que résidentiel.
C'est une leçon d'éthique à laquelle nous invite la Suède: replacer la personne au centre de la participation sociétale.
Depuis quand la Suède a -t-elle mis en place ce modèle inclusif? Depuis les années 80. C'est donc bien la preuve qu'en peu de temps et de manière efficace les politiques publiques du handicap peuvent changer radicalement et de manière éthique.
Le droit de la personne en situation de handicap doit être le critère pour mener une politique efficace, respectueuse et qui de surcroît n'est pas plus chère (voire moins chère) que les systèmes institutionnels lourds, peu valorisant et toujours insuffisants en terme de place qui prédominent dans notre pays!
Ce n'est pas le système institutionnel qui doit être au centre de la réflexion politique, c'est le droit de la personne et sa dignité.
Et je dois dire que lorsque j'entends les officiels d'aujourd'hui s’exprimer sur la question de l’inclusion dans notre pays, je suis inquiète de leur conception, de leur définition du handicap. Ils créent une frontière artificielle entre personne avec ou sans déficience intellectuelle: qu'est-ce à dire les unes sont celles qui peuvent prétendre à l'inclusion et les autres pas et faire que de l'intégration partielle ou pas d'intégration du tout ?
Qu'en est-il du DROIT ? Qui se pose aujourd’hui cette question dans notre pays ?
Je suis très inquiète lorsque j'entends nos officiels citer les grands textes de loi, citer les textes de référence en matière de droit international pour les personnes handicapées et ce en préambule de leur vision de l'école inclusive... parce que leur vision est en parfaite contradiction avec ces mêmes textes qu'ils citent avec tant d'assurance. Personne n’est dupe.
Un droit est un droit.
C'est le système qui doit s'adapter à la personne et non la personne au système. Voilà la définition du droit de la personne en situation de handicap.
La Suède a réussi alors pourquoi pas la Suisse ?
C'est une question de vision politique et de choix. Rien d'autre.
Qu'on cesse alors de menacer les parents en faisant croire que le système de ségrégation actuel est plus bénéfique que le système d'inclusion. Qu'on cesse cette menace qui met le doute et qui est tout simplement contraire au droit.
La Suède est là pour démentir cette vision restrictive de la personne, déterministe et si peu visionnaire. Nous avons toutes les compétences en Suisse et aussi les moyens pour changer de vision, mais changer RADICALEMENT de vision.
Il faut pour cela des personnes n'ayant aucun conflit d'intérêt pour mener le combat, courageuses sans doute, mais surtout ayant comme volonté et unique volonté de faire en sorte que le DROIT prenne le dessus sur n'importe quelle autre considération.