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Les étoiles se lèvent-elles à l'ouest ? Et un poème peut-il faire polémique dans les journaux plusieurs semaines durant ? Que doit aux éléphants la rondeur de la Terre ? Et à Dürer La Guerre des étoiles ? Lequel des deux est le plus sémiologue, Tintin ou Milou ? Une boucle de cheveux et une bulle de savon méritent-elles de monter au ciel ? Et quels vers inédits de Shakespeare dans Hamlet auraient suffi à modifier l'oeuvre de Proust ?
À tant de questions fondamentales comme à bien d'autres ce livre apporte des réponses précises et argumentées, ainsi qu'à celle-ci, qui les résume toutes : que peut une image ? À partir de deux mots pris dans l'un des poèmes les plus célèbres de la langue française, l'ouvrage raconte la découverte du monde, de la terre et du ciel par le langage et la littérature.
Car ce livre traite des étoiles et de la poésie. Il parle du plus loin de nous, le firmament, et de ce qui nous touche au plus près, les mots du poète, des mots qui parfois nous découvrent le ciel. C'est un livre sur tout et sur l'inaccessible, sur l'altérité et les relations Nord-Sud, sur l'esthétique, la science et le pouvoir, sur la mémoire et les possibles de l'histoire. À partir de deux mots seulement, il dévoile les métamorphoses de la poésie en même temps que celles de notre connaissance du monde.
Le sexe est chose mentale. Il colore notre vision du monde, il transforme la connaissance que nous en avons, et en partie même il la fonde. La sexualité implique un rapport spécifique au vrai, au beau, au bien, autrement dit, un savoir, une esthétique, une éthique, une politique.
Or, quand le désir change, la vision du monde en est changée. Que sait un gai sur le monde ? Quelle expérience en a-t-il ? Qu'en ignore-t-il ? Trois mille ans de littérature occidentale ont exploré l'intellect hétérosexuel et la vision du monde qui l'accompagne. Il est temps d'explorer une autre face, celle du savoir gai, celle de l'étrangement.
Il ne sera pas seulement question d'amour, de drague, de fantasmes, de pornographie et de taille du pénis, mais aussi de Platon, Vélasquez, Proust, Oshima et Cat Stevens, des chauffeurs de taxi, des colonies de vacances, du mariage pour tous, de la longévité des chats et des baleines bleues. De la vie érotique de l'auteur, et de celle de Jésus également. Bref, de la vie tout court.
Lecteur, tu en apprendras ici beaucoup sur l'homosexualité, sur l'hétérosexualité, mais d'abord et surtout sur toi-même. Tu es le sujet de ce livre, toi et ton désir.
« Notre amour historiquement situé de la littérature nous impose paradoxalement, comme premier devoir, de nous arracher à l'historicité de cette même littérature. C'est au nom de la littérature que nous devons nous détacher de celle-ci. Voilà pourquoi il nous faut d'un seul mouvement construire et explorer la bibliothèque mondiale ou totale - et je dis bien bibliothèque mondiale, et non pas littérature mondiale. On lit la littérature mondiale, mais on lit dans la bibliothèque mondiale, on vit dans la bibliothèque du monde : deux attitudes radicalement différentes. »
Ancien élève de l'École normale supérieure et agrégé de lettres classiques, William Marx est philologue, historien et critique de la littérature. Il a été professeur de littérature comparée à l'université Paris Nanterre. Ses derniers ouvrages parus sont La Haine de la littérature et Un savoir gai (Minuit, 2015 et 2018). Depuis octobre 2019, il est professeur au Collège de France, titulaire de la chaire Littératures comparées.
Ils l'ont attaquée, conspuée, condamnée, sous tous les prétextes, sous tous les régimes, avec les meilleures ou les pires intentions, pour de mauvaises raisons et parfois même pour de bonnes. Ils ont exilé les poètes, brûlé leurs livres - ou en ont simplement formulé le souhait. Voilà 2500 ans que la littérature est sujette à toutes les critiques et toutes les accusations de la part de philosophes et de théologiens, de prêtres et de pédagogues, de scientifiques et de sociologues, de rois, d'empereurs et même de présidents.
De Platon à Nicolas Sarkozy, ce livre fournit toutes les pièces de ce procès ahurissant, fait le portrait d'une incroyable galerie de grotesques et de ridicules, et retrace à sa manière une autre histoire de la littérature occidentale depuis les origines, pleine de bruit et de fureur, de bêtise, d'hypocrisie et d'ignorance, avec ses querelles et ses combats, ses défaites et ses triomphes, ses stratèges, ses traîtres et ses héros.
Avec la haine de la littérature se révèle la face cachée de l'histoire de la littérature - celle qui lui donne peut-être son sens véritable.
Ils lisent des textes, les rassemblent, les éditent, les commentent, les transmettent aux générations futures, produisent à leur tour d'autres textes : ce sont les lettrés, apparus parmi nous voici déjà quelques millénaires. Voués à l'écrit, ils forment le socle d'une civilisation, en garantissent la continuité, mais participent aussi à sa contestation. Le plus souvent invisibles ou méconnus, ils composent une communauté secrète, reliée à travers les temps et les lieux par des rites partagés, des habitudes analogues, des affinités mystérieuses.
Qui sont-ils ? Comment vivent-ils ? Où habitent-ils ? Que mangent-ils ? À quelles amours s'adonnent-ils ? Comment naissent-ils et meurent-ils ? À toutes ces questions et à bien d'autres, ce livre apporte des réponses précises et concrètes. Il peut se lire comme la description d'un mythe fondateur des civilisations à écriture, de Confucius à Barthes, en passant par Cicéron, Pétrarque et Freud. Mais peut-être vaut-il mieux le prendre comme une invitation à se détacher de l'existence ordinaire, pour entrer dans un autre rapport au monde et au temps. C'est un manuel de savoir-vivre. Ou de savoir-livre.
Il faut sauver la tragédie grecque de toute la gnose philosophique et tragique qui l'accable depuis près de trois siècles. Il faut la sauver de notre conception moderne de la littérature et du théâtre. Il faut la sauver de nous-mêmes pour la retrouver ailleurs, très loin, dans les lieux les plus improbables : le nô japonais, la messe catholique, la psychanalyse freudienne... À moins qu'elle ne soit déjà plus nulle part.
Car la tragédie est aussi introuvable que le tombeau d'Oedipe, ce tombeau que Sophocle prit pour thème de sa pièce ultime, laquelle est également la dernière tragédie grecque connue.
Avec Oedipe à Colone pour fil conducteur, ce livre raconte l'histoire édifiante d'une incompréhension à laquelle nous sommes voués. Il révèle les incroyables trahisons et mutilations dont ces chefs-d'oeuvre furent les victimes et propose en retour quelques thèses - ou hérésies - susceptibles de bouleverser non seulement notre vision de la tragédie, mais notre conception même de la littérature et de ses pouvoirs - sur les lieux, les corps et les dieux.
Nul détour n'est aujourd'hui si troublant ni si salutaire.
La littérature n'a peut-être jamais été plus mal considérée qu'aujourd'hui. Tous les signes montrent cette fragilisation. Mais plutôt que de s'arrêter à la description d'un mal contemporain dont nul ne doute, ce livre propose de retrouver les causes profondes de cette baisse d'influence, qui résulte d'une évolution de longue durée. La thèse est simple : entre le XVIIIe et le XXe siècle eut lieu en Europe une transformation radicale de la littérature ; sa forme, son idée, sa fonction, sa mission, tout fut bouleversé. Du magnétisme animal aux cultural studies, du sublime selon Boileau au plaisir selon Barthes, du tremblement de terre de Lisbonne au camp d'Auschwitz, de l'apothéose de Voltaire au départ de Rimbaud et aux silences de Beckett, le récit des métamorphoses de la littérature est présenté en une vaste fresque européenne, qui met en évidence un mouvement de bascule conduisant inévitablement du sommet à l'abîme.
Comprendre ce mécanisme de dévalorisation, ce traumatisme de l'adieu, c'est pénétrer au coeur de la crise existentielle permanente où se débat maintenant la littérature. Mais c'est aussi se donner les moyens d'en sortir.
L'évolution de la littérature et des arts en général est le plus souvent envisagée comme une succession de ruptures, chacune définissant une école ou un mouvement. Peut-être devient-il important de s'interroger sur la face cachée de ces ruptures, des continuités, de la tradition, des avant- et arrière-gardes qui s'inscrivent dans les marges de cette évolution. Cet ouvrage collectif (issu d'un colloque interdisciplinaire tenu à l'Université de Lyon III et publié en 2004 par les PUF) a pour ambition de renouveler notre perception de l'histoire littéraire et artistique du XXe siècle. Face cachée de la "modernité", l'arrière-garde pourrait aussi en être la clef en ouvrant de nouvelles perspectives. "Penser" les arrière-gardes est utile pour comprendre les temps actuels.
What Makes the Rich Richer and the Poor Poorer? Through this question, this book deals with the effect of capitalist competition on the social classes.