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Identification d'un mécanisme causal de la schizophrénie
L’Unité de recherche sur la schizophrénie (URS) du Centre de neurosciences psychiatriques (Prof. Kim Do Cuénod, professeure ordinaire à la FBM) du Département de psychiatrie du CHUV a publié récemment un article dans la revue «Molecular Psychiatry». Il y est démontré l’existence d’un mécanisme génétique commun à la schizophrénie et à l’autisme dans de nombreux modèles expérimentaux de ces maladies. Il s’agit d’anomalies, indépendantes du système du glutathion, qui induisent eux aussi un stress oxydant et une altération des performances cognitives.
Une dérégulation du système d’oxydation du cerveau
Jusqu’à ce jour, les chercheurs avaient montré qu’une dérégulation du système d’oxydation de l’organisme humain, impliquant un manque de glutathion - l’un des plus importants antioxydants cérébraux - était l’un des mécanismes pouvant conduire à la maladie. La question se posait alors de savoir si d’autres facteurs causals de la schizophrénie pouvaient entraîner aussi une dérégulation du système d’oxydation.
Il existe, en effet, un grand nombre de modèles animaux basés sur des anomalies génétiques ou environnementales, qui n’affectent pas la synthèse du glutathion. Ces modèles reproduisent certains aspects de la schizophrénie ou de l’autisme et ont été développés dans des laboratoires à Zürich, au Danemark et à Boston, Cambridge, Pittsburg et Washington aux États-Unis. En collaboration avec ces collègues, l’URS a étudié ces autres souris et a démontré que presque toutes présentent une dérégulation du système d’oxydation du cerveau, responsable des anomalies des neurones dits «à parvalbumine» dans le cortex préfrontal. Ces neurones jouent un rôle capital dans les fonctions cognitives (mémoire et attention, concentration planification de l’action) dont la perturbation chez près de 80% des patients est un facteur déterminant des difficultés qu’ils rencontrent dans la vie quotidienne. Ces résultats suggèrent donc que les mécanismes très divers identifiés comme des causes potentielles de la schizophrénie ou de l’autisme ont en commun le fait qu’ils induisent un stress oxydant, qui lui-même entrave le fonctionnement normal des neurones à parvalbumine, si importants pour toutes les fonctions cognitives.
Ils ont également démontré que l’administration d’une substance anti-oxydante non seulement réduit le stress oxydant mais restaure également les neurones à parvalbumine et leur fonction.
Outre le fait que ces observations montrent que le stress oxydant joue probablement un rôle plus général que ce qui avait été imaginé par le passé, elles ouvrent la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques visant à restaurer la régulation du système d’oxydation. Un exemple est la N-acétyl-cystéine (NAC) dont les effets positifs, en adjonction au traitement neuroleptique habituel chez des patients traversant les premières phases d’une schizophrénie, ont fait l’objet d’une publication parue en octobre 2017 dans Schizophrenia Bulletin.
par Virginie Bovet Remund - Communication DP/CHUV