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Berne - Eugen Haltiner, le président de l'Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (FINMA), quittera son poste à la fin de 2010, soit une année avant la fin de son mandat. L'homme est controversé, en raison de ses liens avec UBS, son ancien employeur.
Comme son ministre de tutelle démissionnaire Hans-Rudolf Merz, Eugen Haltiner a souligné que sa décision intervenait à un "moment judicieux". Il tire un bilan positif de sa présidence: "La fusion dont est née la FINMA a pu être menée à bien", a-t-il déclaré, cité dans le communiqué du régulateur financier.
Eugen Haltiner, 62 ans, est en effet l'artisan de la fusion de la Commission fédérale des banques (CFB) - qu'il dirigeait depuis février 2006- de l'Office fédéral des assurances privées (OFAP) et de l'Autorité de contrôle en matière de lutte contre le blanchiment d'argent (AdC LBA). Ce rapprochement a donné naissance début 2009 à la FINMA, dont il a pris la tête.
Eugen Haltiner ne fait cependant aucune allusion aux reproches qui lui ont été adressés, portant notamment sur son manque d'indépendance vis-à-vis d'UBS, son ancien employeur. La grande banque lui verse d'ailleurs toujours une pension depuis qu'il a pris sa retraite anticipée de l'établissement.
Trop proche
Les critiques à son endroit se sont fait virulentes après le sauvetage d'UBS en octobre 2008, à la suite de la crise financière. Mais c'est toutefois la transmission par la FINMA, en février 2009, des données de 300 clients d'UBS au fisc américain qui a déchaîné la controverse, en raison des liens d'Eugen Haltiner avec la grande banque.
Cette livraison de données était "nécessaire", s'était alors justifié ce dernier. Selon lui, elle a permis d'éviter une plainte pénale aux Etats-Unis, ce qui aurait mis en péril l'existence même de la banque, voire "le système financier suisse et l'économie tout entière". Eugen Haltiner avait ajouté que le Conseil fédéral soutenait cette démarche.
ATS