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pour chœur et orchestre opus 79
1991 a marqué le 700ème anniversaire de la Confédération Suisse. À cette occasion, le Canton du Valais a offert une contribution musicale en six tableaux – d'où son titre Sextant – sur un texte du poète valaisan Adrien Pasquali. Les compositeurs choisis, tous de nationalité suisse, furent, dans l'ordre de l'œuvre : Francesco Hoch, Michel Tabachnik, François-Xavier Delacoste, Christian Giger, Julien-François Zbinden et Eric Gaudibert. C'est le Chœur Novantiqua de Sion qui passa cette commande au compositeur. Il s'agissait du 5ème tableau intitulé Le Sud : Vade Retro.
Dans l'idée d'Adrien Pasquali, le sud est le lieu géographique de l'apparition de l'homme. Il devient, dans cette partie, le lieu originel de toutes les tristesses. Le texte dénonce le mal-être moderne. Après une première rencontre avec Adrien Pasquali, le compositeur obtint qu'il retravaille son texte et le traduise en latin. Citant à la fois le Notre Père, les Psaumes, les Litanies de la Vierge et le Magnificat, le poète a cherché en quelque sorte à recréer l'homme, mais dans une "perspective idéologique moderne" et à fustiger avec violence, "sur le mode de la négation, l'idolâtrie perverse de cette idéologie".
Sextant fut présenté les 6 et 7 novembre 1991 à la Cathédrale de Sion par Brigitte Fournier, soprano (phrase finale de Vade Retro), Liliane Zürcher, mezzo-soprano, Laurent Dami, ténor, Christian Darbellay, basse, le Chœur Novantiqua et le Collegium Academicum de Genève sous la direction de Bernard Héritier. L'œuvre a fait l'objet d'une troisième exécution par les mêmes interprètes à la Salle Frank Martin à Genève le 14 novembre suivant.
Le texte de Sextant a paru in extenso – y compris le texte latin de Vade Retro – dans Adieu à Adrien Pasquali. L'idée de ce livre, publié par les Editions Zoé en 2000, est née à l'occasion d'une journée d'hommages organisée par la Faculté des lettres de l'Université de Genève peu après la mort volontaire de l'écrivain le 2 mars 1999.