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Les projets controversés de lois de défense du Premier ministre japonais Shinzo Abe ont été votés jeudi en session plénière de la Chambre des représentants (chambre basse). Ils visent à renforcer le rôle militaire du Japon sur la scène internationale.
Cette réinterprétation de la Constitution pacifiste rencontre une vive opposition dans le pays. Elle rendrait possible l'envoi à l'extérieur des Forces d'autodéfense (nom officiel de l'armée) pour venir en aide à un allié, en premier lieu les Etats-Unis. La Chambre des conseillers (chambre haute) va maintenant se prononcer sur ces projets de lois.
Après une série de discours enflammés de députés, les partis d'opposition ont boycotté le scrutin. Les textes ont été adoptés par la coalition au pouvoir de M. Abe.
"Le contexte de sécurité dans lequel se trouve le Japon est de plus en plus difficile", a déclaré le chef du gouvernement à la presse après le vote, dans une apparente allusion à la puissance grandissante de la Chine. "Ces lois sont nécessaires pour protéger la vie des Japonais et prévenir une guerre avant qu'elle n'éclate", a-t-il ajouté.
Pour les pacifistes, l'initiative de Shinzo Abe va à l'encontre de l'article 9 de la Constitution, qui bannit le recours à la guerre, et risque d'entraîner le Japon dans une "guerre américaine", au Moyen-Orient notamment. Actuellement, l'armée nippone ne peut agir que dans le cas d'une offensive externe sur le territoire japonais.
Session prolongée
En dépit des nombreuses voix qui s'élèvent contre cette relecture de la Constitution jugée "inconstitutionnelle" par de nombreux experts, Shinzo Abe et son Parti libéral démocrate (PLD) sont bien décidés à faire passer les textes au plus vite.
Afin de garantir leur adoption malgré les navettes entre les deux chambres, la session parlementaire a été prolongée de 95 jours, jusqu'au 27 septembre. Ce qui n'était jamais arrivé dans le passé.
ATS