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Pourquoi passer une heure (ou plus) à trouver des intrus dans des séries de formes géographiques, compléter des suites de nombres abscons ou résoudre des problèmes mathématiques? Jérôme Rossier, Docteur en psychologie à l'Université de Lausanne voit plusieurs raisons pour utiliser ces exercices typiques des tests de QI.
Il cite notamment le cas de l'orientation scolaire. Dans ce cas précis, «un test permet de se positionner pour connaître son potentiel.» Par exemple, un élève qui aurait de mauvaises notes mais de bonnes capacités de raisonnement pourrait très bien réussir ses études, à condition qu'il soit placé dans un contexte adéquat. Et que ces capacités soient décelées à temps.
Trouver l'origine d'un problème
Dans la vie professionnelle, un test de QI peut servir lors de la mise au concours d'un poste. A cette occasion, toujours selon Jérôme Rossier, des tests de raisonnement serviront à évaluer la «capacité d'apprentissage» des candidats.
Plus généralement, avec des adultes ou des enfants en difficulté, ces tests peuvent servir à définir un problème ou à en vérifier l'origine. Anik de Ribaupierre, consœur de Jérôme Rossier en chaire à Genève, précise cependant que dans le cas d'un accident cérébral, un médecin utilisera des tests plus spécifiques que le QI afin de mesurer les éventuels dommages subis.
Elle aussi évoque l'orientation professionnelle comme application possible: «On ne dirigera pas un jeune avec un QI très inférieur à la moyenne vers une carrière demandant de grandes facultés de raisonnement.» Au niveau médical, elle précise que le QI n'est pas suffisant à lui seul pour poser un diagnostic, «le profil des résultats de l'individu étant évidemment nécessaire.»
Ni sanction, ni cadeau des dieux
Le QI ne devrait pas être considéré comme une sanction définitive, un couperet qui lorsqu'il tombe fait de quelqu'un un idiot ou un sage. A ce propos, la professeure de l'Université de Genève rappelle qu'«en Suisse, jusqu'au début des années quatre-vingts, les élèves dont le QI était inférieur à 75 voyaient leur scolarité prise en charge par l'assurance-invalidité (AI).» Une manière de procéder qu'elle juge très catégorique et qui n'a plus cours aujourd'hui.
RTS Découverte
Les «dangers» de l'intelligence
Si posséder de bonnes capacités intellectuelles est un atout, celui-ci peut parfois s'avérer fatal. Le journal Le Monde du 10 février 2005 raconte comment Daryl Atkins, jeune américain condamné à mort en 1998, a échappé à la mort grâce à son QI de 59, équivalent à celui d'un enfant de 10 ou 12 ans.
En Virgine, où il a été jugé, les autorités ont en effet fixé à 70 le QI minimum pour qu'une telle sentence soit applicable. Le problème, c'est qu'après quelques années d'incarcération, Daryl Atkins a développé ses capacités intellectuelles pour porter le niveau de son QI à 76. D'après la procureure en charge du dossier, c'est maintenant suffisant pour le rendre «exécutable».