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Vie de Yersin (2)
- International
- Audio 22 min.
8 mai 1986
Destin des hommes
Henri H. Mollaret, chef de l'unité d'écologie bactérienne à l'Institut Pasteur à Paris, évoque le passage d'Alexandre Yersin à Paris, de 1888 à 1890. Il y travaille pour le Dr Emile Roux, avec lequel il isolera la toxine diphtérique. Bien que Yersin n'ait pas directement travaillé sur la peste à l'Institut Pasteur (il y avait envoyé ses cultures de bacilles depuis Hong Kong), son souvenir y reste vivace.
Mollaret se sent l'héritier de Yersin, pour deux raisons. Enfant, lorsqu'il venait visiter son père à l'Institut, il a croisé Yersin et a été marqué par sa personnalité. Par la suite, il a lui-même travaillé sur la peste dans ce même institut.
En 1985, avec Jacqueline Brossolet, il publie chez Fayard une biographie décisive du savant aventurier, Alexandre Yersin ou le vainqueur de la peste, qui sera réédité en 1993 sous le titre Yersin, un pasteurien en Indochine.
Cette série de huit émissions retrace la vie aventureuse d'Alexandre Yersin, le "vainqueur de la peste", racontée par ses biographes Henri Mollaret et Jacqueline Brossollet, sa petite-nièce Yvonne Bastardot-Yersin et par d'autres témoins et spécialistes des maladies infectieuses.
(Photo: L'Institut Pasteur en 1908. Source: Wikicommons)
Né à Aubonne en 1863 orphelin de père, Alexandre Yersin suit des études de médecine en Allemagne puis en France, où il intègre rapidement l'Institut Pasteur. En compagnie du Dr Emile Roux, il identifie la toxine diphtérique et publie de nombreuses études de bactériologie. Mais sa soif du voyage et de l'exploration est la plus forte. Tour à tour médecin maritime, explorateur, aventurier, il parcourt l'Indochine à cheval et à pied, avant de découvrir la baie Nha Trang, paradis encore vierge où il finira par se fixer.
Harcelé jusqu'au bout du monde par ses confrères de l'Institut Pasteur, qui le supplient de les faire bénéficier de son génie de chercheur, il est envoyé à Hong Kong pour tenter de trouver une solution à l'épidémie de peste qui ravage la région. C'est là que dans des conditions précaires, en 1894, il identifiera formellement le bacille de la peste, qui porte dès lors son nom: Yersinia Pestis.
Aventurier, solitaire, misanthrope et fuyant les honneurs, Alexandre Yersin profite de ses brefs séjours en France pour mettre au point le sérum anti-peste, puis établit en Indochine une ferme laboratoire pour pouvoir le produire à plus grande échelle. Parallèlement, il soigne gratuitement les habitants et développe la culture de l'arbre à caoutchouc.
En 1940, il quitte définitivement une France en pleine débâcle et se retire dans son coin de paradis où il meurt en 1943. Plusieurs rues du Vietnam actuel, ainsi qu'un lycée, portent encore son nom.