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Nous avons donc visité les pays suivants : Le Pérou, le Brésil, l’Argentine, la Bolivie et le Chili. Nos visites ont été relativement courtes et concentrées dans des endroits précis. Mes observations sont purement subjectives - c’est juste MON « feeling », par rapport à ce que j’ai pu voir et entendre durant notre voyage dans ces quelques endroits.
En résumé, je dirais que la Bolivie et le Pérou sont les pays les moins développés que nous ayons visités. Il y a de grands écarts sociaux au sein de la population des deux pays. L’industrie du tourisme est cependant une excellente source de revenu pour ces deux destinations qui poursuivent leurs efforts pour développer leurs prestations.
Le gouvernement bolivien fait apparemment un immense effort pour éduquer sa population et répartir les ressources dans le pays dans l’espoir de placer la Bolivie parmi les pays les plus développés d’Amérique du Sud dans 25 ans. Un programme éducatif de grande envergure a été mis en place par le gouvernement afin d’y parvenir.
Le Brésil et le Chili sont les pays les plus développés que nous ayons visités en Amérique du Sud. Le Brésil semble cependant traverser une période instable et la violence dans ce pays est malheureusement en augmentation. Plusieurs personnes que nous avons rencontrées nous ont dit que les jeux Olympiques de Rio n’avaient fait que de décupler les problèmes de la ville mais les disparités sociales, la pauvreté et le délabrement des infrastructures du pays semblent également peser sur la population brésilienne.
Au Chili, on perd un peu le sentiment d’être en Amérique du Sud, sauf sur l’altiplano andin. La population indigène typée se trouve surtout concentrée au nord du pays, ailleurs, le long de la côte, il semblerait que la majeure partie de la population soit d’origine ancestrale européenne. Même les paysages nous rappelaient l’Europe « On se croirait en Ecosse », m’a dit Kean, en arrivant à Bahía Inglesa et c’est vrai que cette petite ville m’a également tout de suite fait penser aux îles Orcades (Orkney Islands).
C’est également au Chili que nous avons rencontré le plus de personnes pouvant parler l’anglais. Au Pérou, en Bolivie et en Argentine, très peu de gens savent parler l’anglais et rien n’est traduit. Mes connaissances d’espagnol, bien qu’imparfaites, nous ont donc bien servies !
L’Argentine… C’est un pays complexe. La politique du pays est hautement critiquée par ses habitants et on sent une désillusion de leur part face à tous les problèmes à surmonter. Le pays en lui-même est magnifique mais l’industrie du tourisme international y est encore peu ou mal développée. Il n’est pas super aisé de voyager en Argentine et les gens, même s’ils travaillent dans l’hôtellerie ou le tourisme, ont de la peine à accueillir les touristes étrangers qui ne sont pas habitués à la vie argentine. On nous a dit que le curriculum éducatif lié au tourisme est relativement nouveau en Argentine, il y a donc bon espoir pour que cette industrie se développe et s’améliore d’ici quelques années.
L’Argentine est malheureusement le pays le plus sale que nous ayons visité et cela, pas uniquement par manque de conscience écologique de la part de la population mais également parce que l’infrastructure de collecte et de traitement des déchets est quasiment inexistante dans le pays. C’est vraiment dommage ; les magnifiques paysages sont souvent gâchés par la présence de détritus en tous genre.
Enfin, on dirait que beaucoup d’argentins rongent leur frein, en espérant que leur pays s’améliore mais beaucoup de gens sont remplis de frustrations. Certains s’attendent à une nouvelle crise dans leur pays. J’espère que cela ne sera pas le cas et que leur gouvernement saura prendre les bonnes décisions pour que le pays puisse se développer sans heurts.
Sécurité et honnêteté :
« Todos los Chilenos son ladrónes ! » m’a dit un chauffeur de taxi à La Serena, au Chili (il était chilien !)… « Los Argentinos son muy agressivos pero la gente del Norte es más buena », m’a dit un argentin rencontré à Cafayate, en Argentine… « No se vallan al centro de la ciudad con sus niños, por favor ! », m’a dit un chauffeur péruvien, à Lima, au Pérou, alors que nous nous rendions justement au centre-ville…
Et bien pas du tout… à aucun moment nous nous sommes sentis en danger en Amérique du Sud. Certes, Río de Janeiro était une visite un peu plus tendue et au Brésil, en général, nous avons fait un peu plus attention mais nous ne nous sommes pas vraiment sentis en danger là-bas non-plus.
Nous avons utilisé les transports publics tant décriés sur certains sites de voyage et nous nous sommes promenés avec tous nos sacs dans les rues animées de diverses villes sans jamais nous faire voler. Zephyr se promenait souvent avec son sac sur une seule épaule, à demi ouvert et son Kindle à la main, les yeux rivés sur le texte captivant de son roman et pas du tout sur le chemin qui était devant lui (pour ceux qui connaissent Zephyr, vous voyez exactement l’image, j’en suis sûre 😊), même dans les rues très fréquentées, mais personne ne l’a jamais dépouillé de ses biens (malgré tous mes avertissements ! « It’s OK, Mom, don’t worry, I’m fine ! » l’ai-je entendu dire maintes fois… et il avait raison !).
Tous les gens que nous avons rencontrés ou croisés le long de notre périple étaient extrêmement gentils, honnêtes et serviables. Peut-être que nous avons eu de la chance, je n’en sais rien. Il faut dire qu’on a l’air d’une belle bande de saltimbanques avec nos gros sacs, nos enfants qui tournoient autour de nous et notre allure un peu débraillée… finalement, on ne doit pas intéresser beaucoup de chapardeurs.
En conclusion, je dirais donc que d’un point de vue sécuritaire, les endroits que nous avons visités en Amérique du Sud n’ont posé aucun problème ; même si les habitants locaux semblent, pour une raison bizarre, prétendre autrement…
Cartes de crédit et argent liquide :
Ce n’est pas toujours aisé de payer par carte de crédit en Amérique latine. L’argent liquide est le mode de paiement encore privilégié dans cette partie du monde. Nous avons également eu de la peine à retirer des sous aux bancomats qui étaient soit « hors service » ou qui rejetaient nos cartes (visa ou master card). C’était stressant et compliqué, surtout dans les petites villes qui n’ont souvent qu’un seul distributeur... Quand nous trouvions enfin un appareil qui fonctionnait, la somme maximale pour le retrait était limitée ; on ne pouvait donc pas retirer beaucoup d’argent à la fois. Nous avons parfois perdu beaucoup de temps à chercher une banque ou un distributeur automatique (surtout en Argentine).
Pas de camping - Airbnb et booking.com :
Notre visite au Pérou était tellement courte que nous avions tout organisé depuis la Suisse. Pour la Bolivie également. Par contre, pour le reste, nous avons utilisé les services d’Airbnb et, de temps à autres, de booking.com. Initialement, nous voulions camper en Amérique latine mais nous nous sommes vite rendu compte que les campings ne garantissaient pas la sécurité de nos sacs et que leurs services (douches, toilettes, etc.), ainsi que leur propreté, laissaient à désirer. Airbnb est donc le service qui nous a convenu le mieux. Nous avons pu louer des appartements ou des chambres généralement aménagés avec une cuisine et une machine à laver le linge, c’était extra !
Transports :
Nous avions décidé de voyager en transports publics en Amérique latine. Nous avons donc utilisé leurs excellents réseaux de bus et nous avons pris le train au Pérou et en Bolivie. Au Brésil, nous avons dû louer une voiture car les bus nous avaient été fortement déconseillés, surtout en cette période de troubles. Le système de bus au Chili (Turbus) était le plus moderne et le plus agréable à utiliser mais en Argentine, la compagnie Flecha Bus est excellente aussi. Pour les petits trajets, nous avons utilisé des « colectivos », des bus ou des taxis locaux qui suivent un parcours bien déterminé (les taxis colectivos fonctionnent comme un bus, sauf que c’est une voiture… ils s’arrêtent pour prendre plus de passagers en chemin et le tarif est fixe par passager).
Dans les grandes villes, nous avons utilisé Uber. Ce service a le grand avantage de pouvoir être utilisé depuis notre smartphone, payé en ligne (pas besoin d’argent liquide) et de venir nous chercher exactement où on en a besoin, pas besoin de chercher un taxi ou d’en héler un du bord de la route. C’est surtout pratique dans les endroits un peu éloignés des centres-villes. Cependant, pour utiliser Uber, il faut une connexion internet et le wifi est loin d’être répandu dans les endroits publics en Amérique latine mais, en général, on s’en est assez bien sortis.
Des déchets un peu partout… :
Le problème de la pollution environnementale est alarmant dans cet endroit du globe. « Nous éduquons les élèves en les sensibilisant à l’environnement mais quand ils rentrent à la maison, leurs parents agissent complètement différemment et jettent tout dans la nature », me disait une directrice d’école que j’ai rencontrée en Argentine. C’est vrai que la conscience écologique manque terriblement auprès des adultes. Ainsi, nous étions dans la réserve naturelle des chutes d’Iguazu et une famille était assise en face de nous dans le train. Lorsqu’ils ont terminé leur pique-nique, ils ont pris leurs déchets (papier, plastique, alu) et ont tout balancé le long des voies… J’ai vu Zephyr bondir sur son siège ; il était tellement choqué qu’il en a parlé toute la journée. La dame n’avait clairement pas du tout conscience du geste qu’elle venait de faire.
« Il y a un tel écart entre les niveaux sociaux en Argentine, certaines personnes n’ont aucune éducation et ne réalisent pas le mal qu’elles font », me disait, en effet, la directrice d’école. Ainsi, nous étions estomaqués, en conduisant derrière un véhicule, de soudain voir une couche pour bébé usagée voler par la fenêtre de la portière vers le bord de la route… De toute évidence, ces gens n’ont jamais été informés des conséquences de la pollution sur leur environnement.
Plusieurs personnes rencontrées durant notre voyage ont blâmé le gouvernement argentin qui ne fait rien pour améliorer l’état des choses… « On met nos déchets dans les containers mais personne ne les ramasse. Les containers débordent, les chiens éventrent les sacs et finalement, le vent emporte tout. Les sacs plastiques s’accrochent aux branches des arbres, le reste s’éparpille dans la nature et alors ce n’est plus le problème de personne ».
De toute manière, à ce que nous avons pu voir, le traitement des déchets en Argentine consiste à mettre le feu à une montagne de déchets sur un terrain-vague juste en dehors des villes. Une partie des déchets brûle dans une horrible fumée noire, une autre s’envole dans la nature et c’est tout… C’est vraiment dommage que les autorités n’en fassent pas plus pour améliorer la salubrité de leur pays.
En visitant le désert de l’Atacama, j’étais heureuse de voir qu’enfin la nature était plus propre. Lorsque j’en ai fait part à notre guide, il m’a dit que oui, au Chili, les déchets sont régulièrement ramassés dans les villes. Cependant, une prise de conscience environnementale auprès de la population est tout de même encore souhaitable, car tous les endroits au Chili ne sont pas aussi propres que le désert de l’Atacama…
Donc oui, ce qui nous a peinés lors de notre visite en Amérique du Sud, c’était la présence de déchets un peu partout. Les villes sont particulièrement sales et crasseuses. Les campagnes sont malheureusement pleines de sacs plastiques et de bouteilles en PET. Nous n’avons, cependant, aucune leçon à donner à personne. En Europe, qu’on aille en Angleterre, en Italie ou en Grèce, on constate la même chose. Les déchets peuplent la nature et la dégradent. En Suisse, c’est peut-être un peu mieux mais pas toujours… Il n’y a qu’à aller se promener en forêt ou prendre un masque le long des berges du lac pour constater que certains considèrent la nature comme une poubelle.
Ceux qui me connaissent savent très bien ce que je pense de la politique du sac taxé et des poubelles publiques disparues. C’est un désastre écologique dont je me lamente encore et encore... mais on ne va pas en parler ici 😊.

Kean et Celia
Nous sommes les parents de 3 merveilleux enfants.
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