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L'eau puisée dans les eaux souterraines de l'Amazone contient trop d'arsenic, de manganèse et d'aluminium.
Eawag(sda-ats)
Les eaux souterraines le long du fleuve Amazone contiennent trop d'arsenic, d'aluminium et de manganèse. Les populations concernées vont devoir trouver de nouvelles solutions pour s'alimenter en eau potable.
Une étude menée par l'Institut fédéral des sciences et technologies de l'eau (Eawag), à Dübendorf (ZH), montre que la concentration d'arsenic dans la nappe de l'Amazone est jusqu'à 70 fois plus élevée que les valeurs maximales autorisées. Pour le manganèse, c'est jusqu'à dix fois.
En partenariat avec des scientifiques péruviens et brésiliens, la géologue de l'Eawag Caroline de Meyer et son équipe ont prélevé et analysé des échantillons d'eau souterraine de façon systématique le long du fleuve. Les résultats obtenus sur plus de 250 sites ont ainsi permis de localiser les zones confrontées à un "sérieux problème d'arsenic".
Pollution engendrée par la nature
L'arsenic, le manganèse et l'aluminium présents dans les eaux souterraines viennent des alluvions fluviales. Ils ne proviennent donc pas de l'industrie. Ils sont qualifiés de "géogéniques", c'est-à-dire qu'il s'agit d'une pollution engendrée par la nature elle-même.
Les personnes vivant le long de l'Amazone puisent leur eau dans les nappes souterraines, car celle du fleuve est polluée et sa turbidité rend difficile l'utilisation directe de son eau. Mais "la population a souvent très peu conscience" que la nappe est elle aussi polluée.
Les scientifiques ne peuvent pas encore estimer combien de personnes sont concernées par cette pollution naturelle des eaux souterraines. Des analyses d'échantillons provenant du nord-ouest du Brésil sont encore en cours. L'étude de l'Eawag bénéfice du soutien financier du Fonds national suisse et du Centre coopération et développement (Codev) de l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL).
ATS