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MANN, Thomas (1875 - 1955)
C'est témoigner de peu de culture pour un voyageur que de se moquer des usages et des conceptions des peuples qui l'accueillent; et il y a plusieurs manières d'apprécier les choses.
Thomas Mann, La Montagne magique, traduction Maurice Betz, éd. Fayard, p. 228
Il en est qui ne s'habituent jamais, m'a dit mon cousin dès mon arrivée. Mais on s'habitue à ne pas s'habituer.
Thomas Mann, La Montagne magique, traduction Maurice Betz, éd. Fayard, p. 267
C'est un peu à la manière de ces rêves artificiels que le récit peut traiter le temps. Mais comme il peut le "traiter", il est clair que le temps, qui est l'élément du récit, peut également devenir son objet. Si ce serait trop dire que d'affirmer que l'on puisse "raconter le temps", ce n'est pas, malgré tout, une entreprise aussi absurde qu'il nous avait semblé de prime abord que de vouloir évoquer le temps dans un récit, de sorte que l'on pourrait attribuer un double sens qui tiendrait singulièrement du rêve, au qualificatif de "roman du temps". C'est un fait que nous ne venons de soulever la question de savoir s'il est possible de raconter le temps, que pour avouer que c'était bien là notre dessein dans l'histoire en cours. Et si nous nous sommes demandé en passant si les auditeurs réunis autour de nous se rendent encore clairement compte combien de temps s'est écoulé jusqu'à l'heure présente, depuis que l'honnête Joachim - décédé depuis - a jeté dans la conversation telle remarque sur la musique et sur le temps,
Thomas Mann, La Montagne magique, traduction Maurice Betz, éd. Fayard, p. 586