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Les lacunes du contrôle aérien suisse et une décision erronée des pilotes russes sont à l'origine de la catastrophe d'Überlingen.
Toutefois, si les enquêteurs allemands ont identifié une chaîne de cinq causes ayant entraîné le drame, les Suisses en relèvent six.
Selon les enquêteurs du Bureau allemand d'enquête sur les accidents aériens (BFU), le contrôle aérien de Zurich-Kloten n'a remarqué que tardivement que le Tupolev des Bashkirian Airlines et le Boeing cargo de DHL se rapprochaient fortement à la même altitude.
A cause de travaux de maintenance effectués durant la nuit, le système radar de Skyguide ne fonctionnait en effet que de manière limitée.
Le contrôleur aérien en service ne savait pas que le système anti-collision TCAS du Tupolev, qui avertit des risques de transgression des distances minimales de sécurité, n'affiche pas d'alarme optique.
En outre, les lignes téléphoniques directes avec les autres centres de contrôle aérien étaient également déconnectées, sans que ceux-ci en soient informés.
Un aiguilleur du ciel de Karlsruhe, qui avait compris le danger, a ainsi tenté plusieurs fois, sans succès, de téléphoner à son collègue zurichois.
Un seul contrôleur
Par ailleurs, le contrôleur aérien était seul au moment des faits, bien que deux personnes étaient inscrites sur le plan de travail de la nuit.
Il est en effet toléré qu'un des deux aiguilleurs du ciel se repose durant les périodes de faible trafic. Le deuxième contrôleur était allé prendre une pause d’environ 20 minutes avant le drame, alors que celui qui restait avait trois avions à gérer.
Peu avant la catastrophe, le système anti-collision TCAS a alerté les deux équipages. Il a donné l'ordre au pilote de DHL de descendre et à celui du Tupolev de monter. Au même moment, le contrôleur aérien de Skyguide ordonnait au pilote du Tupolev de descendre et ce dernier a suivi cet ordre.
Or, selon les enquêteurs allemands, le système d'alerte TCAS a la priorité sur les indications des contrôleurs aériens. Les deux pilotes russes avaient bien suivi un entraînement avec ce système mais n'avaient aucune expérience pratique. Ce système n'est pas obligatoire pour les vols effectués dans la Fédération de Russie.
Cinq ou six causes?
Le directeur du Bureau allemand d'enquête, Wilfried Schulze, et le responsable des investigations, Jörg Schönenberg, soulignent que leur rapport ne vise qu'à établir les causes de l'accident.
Il n'est pas de leur compétence de désigner des responsables ou de trancher des questions de responsabilité civile.
«Le rapport allemand mentionne cinq causes à la catastrophe, dont deux immédiates et trois systémiques. La responsabilité de trois d'entre elles est attribuée à Skyguide», relève pour sa part la Chancellerie fédérale suisse.
Les experts suisses du Bureau fédéral d'enquête sur les accidents d'aviation à Berne ajoutent en effet une troisième cause immédiate: le pilote russe ne se trouvait pas au niveau de vol que lui avait attribué le contrôle aérien.
Cette position, inférieure, a joué un rôle d'autant plus important qu'il a tardé à réagir aux injonctions du contrôleur.
swissinfo et les agences