Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07066.jsonl.gz/410

Un premier pas pour imager la neuro-rétine ex-vivo a été réalisé. Il a permis d’observer avec succès la morphologie des cellules neuronales sur des rétines ex-vivo sans aucun marquage biologique. La technique actuelle pour imager la rétine ex-vivo consiste à marquer biologiquement chaque type de cellule avec un agent diffèrent. Un tel protocole est long et onéreux à développer. Par ailleurs, cela peut détruire la morphologie des cellules. Enfin, le marquage biologique n’est tout simplement pas une option pour imager les cellules in-vivo ou ex-vivo de manière fonctionnelle.
Actuellement, pour l’imagerie fonctionnelle ex-vivo de la neuro-rétine, l’échantillon est conservé sous perfusion et étudié en mesurant les signaux enregistrés grâce à une matrice de microélectrodes placée sur les cellules neuronales. Ainsi, la résolution spatiale, le champ de vision et la vitesse d’acquisition sont limités par ces électrodes (taille de 20-50 µm, matrice de ≈64x64). L’imagerie fonctionnelle optique n’a au contraire pas ces limitations.
L’invention au cœur de ce projet constitue une avancée majeure en utilisant une nouvelle méthode pour visualiser les cellules rétiniennes avec un excellent contraste et une haute résolution. La méthode met en œuvre une illumination oblique, qui génère des images en champ sombre. La lumière rétrodiffusée des couches profondes de la rétine (L’épithélium pigmentaire, RPE et la choroïde) produit une rétro-illumination oblique, la rétine se trouvant ainsi illuminée en transmission. En utilisant ensuite trois différentes directions d’illumination, il est possible de reconstruire une image de phase quantitative. Les images de phase quantitatives reconstruites sur des cellules de rétines ex-vivo humaine et de cochon ont été validées en comparant celles-ci avant des images d’un microscope de phase par holographie digitale. Nos images ont également été comparées à des images en fluorescence acquises avec un microscope confocal pour identifier des cellules comme les cellules ganglionnaires, les péricytes et les cellules microgliales qui n’ont encore jamais été imagées in-vivo.
A la fin du projet, nous espérons avoir construit un microscope expérimental pour l’imagerie fonctionnelle de la neuro-rétine, et montré la preuve de concept ainsi que la pertinence par rapport à de nouvelles possibilités en ophtalmologie et en neurologie.