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Le réchauffement climatique va largement réduire la productivité du travail. Des pays ont déjà perdu en 35 ans de 3 à près de 5% des heures diurnes disponibles, ont alerté jeudi à Genève des agences de l'ONU et les partenaires sociaux. La Suisse est peu affectée.
Agences de l'ONU et partenaires sociaux ont dévoilé un rapport à l'occasion de la Journée internationale de commémoration des travailleurs. Il porte sur les conséquences de la chaleur au travail. Il reprend aussi une évaluation de 2012 qui estime le coût de la perte de productivité d'ici 2030 à jusqu'à plus de 2 milliards de dollars par an (environ 1,95 milliard de francs).
Parmi ses conclusions, les emplois à plus bas revenus comme les travaux lourds et les emplois agricoles et manufacturiers figurent parmi les catégories les plus exposées. En termes de régions, l'Asie du Sud et du Sud-Est, le sud des Etats-Unis, l'Amérique centrale et les Caraïbes, le nord de l'Amérique du Sud, l'Afrique du Nord et de l'Ouest devraient être les plus affectées.
Asie particulièrement concernée
Selon des estimations basées sur des extrapolations depuis 1980 et des données depuis le milieu des années 90, le Pakistan avait perdu en 2015 jusqu'à 4,7% des heures diurnes disponibles. La baisse atteint jusqu'à plus de 3% dans plusieurs autres pays.
D'ici 2085, en prenant en compte un réchauffement climatique de 2,7 degrés Celsius, le recul pour les économies les plus vulnérables s'approchera ou dépassera 10%. La Suisse est de son côté globalement préservée. La perte ne devrait s'élever qu'à 0,01% en 2085.
Une limite du réchauffement à 1,5 degré, comme prévu dans l'Accord de Paris, empêcherait les pires conséquences sanitaires, économiques et sociales. La perte des heures diurnes disponibles dépasserait alors légèrement 6% au Pakistan d'ici 2085. En Suisse, aucun recul ne serait enregistré.
PNUD, OIT ou encore OMS
En revanche, dans le scénario d'une hausse de 4 degrés, la baisse des heures disponibles dépasserait 15% au Cambodge, à Kiribati ou encore aux Maldives. La perte resterait toutefois limitée en Suisse, à 0,13%.
Parmi les acteurs rassemblés jeudi à Genève figuraient le Forum de la vulnérabilité climatique (CVF), le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), l'Organisation internationale du travail (OIT), UNI Global Union (UNI), l'Organisation internationale des employeurs (OIE) ou la Confédération syndicale internationale (CSI).
L'Organisation mondiale de la santé (OMS), l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) et le réseau d'ONG Act Alliance étaient aussi présents.
ATS