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Les députés tchèques ont levé vendredi l'immunité parlementaire du premier ministre démissionnaire Andrej Babis, trois jours après l'échec de son gouvernement minoritaire lors d'un vote de confiance. Il est poursuivi pour avoir profité illicitement de fonds européens.
Le vice-président de la Chambre basse, Tomio Okamura, a précisé que 111 députés se sont prononcés pour la levée et 69 contre, sur l'ensemble des 180 élus présents à Prague. L'enquête concernant M. Babis pourra ainsi se poursuivre après la levée de son immunité.
Andrej Babis, 63 ans, milliardaire et deuxième fortune du pays selon Forbes, fait face à une inculpation dans l'affaire concernant la construction d'un complexe hôtelier avec un centre de conférences à 60 km au sud de Prague.
La police reproche à M. Babis d'avoir indûment bénéficié de deux millions d'euros de fonds européens destinés en principe aux PME.
Chef du gouvernement minoritaire composé de membres de son mouvement centriste ANO et d'experts sans étiquette, nommé en décembre dernier par le président Milos Zeman, M. Babis rejette toute accusation. Il évoque une "pseudo-affaire politique" orchestrée par une "mafia".
"Des absurdités"
"Nous vivons dans un pays où chacun peut commanditer une poursuite judiciaire pour faire probablement emprisonner quelqu'un", a affirmé M. Babis, selon qui le dossier comporte un "grand nombre d'absurdités et de non-sens". "Je ne renoncerai pas", a-t-il ajouté vendredi lors du débat préalable à sa levée d'immunité.
La chambre basse a également levé l'immunité du vice-président d'ANO Jaroslav Faltynek, également inculpé dans la même affaire.
La chambre basse avait déjà levé en août dernier l'immunité de ces deux politiciens, déjà députés lors de la précédente législature, mais ils l'ont retrouvée grâce à leur réélection au Parlement.
Aux dernières élections, le mouvement ANO ("Oui" en tchèque) de M. Babis a remporté 78 sièges à la chambre basse qui en compte 200, loin devant les huit autres formations présentes au sein de cette chambre très fragmentée.
Les députés de tous ces huit autres partis ont refusé mardi la confiance au cabinet de M. Babis, qui doit présenter formellement mercredi sa démission au président Milos Zeman, tout en assurant l'intérim jusqu'à la nomination d'un nouveau cabinet.
Cette démission devrait intervenir deux jours avant le 2e tour de la présidentielle prévu les 26 et 27 janvier. M. Zeman brigue son second quinquennat face à l'ancien chef de l'Académie des sciences Jiri Drahos, légèrement favori selon les sondages.