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Khatia Buniatishvili
Pour notre personnalité du mois, nos projecteurs se tournent vers la jeune pianiste géorgienne Khatia Buniatishvili, tout juste âgée de 25 ans.
La pianiste était de passage au Verbier Festival 2012 pour deux concerts: le 24 juillet en récital pour un concert dédié à Bach, Beethoven, Chopin et Liszt et le 28 juillet avec Yuri Bashmet et les Moscow Soloists pour un programme autour de Mozart, Chopin, Chostakovitch et Tchaïkovski. Pour elle, "le Verbier Festival est un symbole d'un rêve accompli, des rencontres fatales et des surprises".
Pianiste précoce, Khatia Buniatishvili débute avec orchestre dès l'âge de 6 ans et remporte en Géorgie le Prix international de piano 2005. Plusieurs prix se succèdent ensuite: 3e Prix du Concours Rubinstein 2008, BBC New Generation Artist et BBT Awards 2010. Sa carrière est lancée.
Saluée pour son imagination, sa virtuosité et sa maturité, elle est une invitée régulière des plus grands festivals : Menuhin Gstaad, Verbier, Progetto Martha Argerich Lugano, Lockenhaus, Elba isola musicale, Kronberg, Automne de Tbilissi, Musical Olympus de Saint Pétersbourg, Roque d'Anthéron, ou Folles Journées de Varsovie et Tokyo.
Elle fait ses débuts en 2008 au Carnegie Hall de New York dans le Concerto n°2 de Chopin. Cette saison elle joue avec les orchestres RAI de Turin, Radio de Francfort, Philharmonique de Munich, San Francisco (Jaap van Zweden) et Orchestre de Paris (Paavo Järvi).
Après avoir parcouru toutes ses salles prestigieuses, dans quel lieu aimerait-elle donner un concert? "J'aime les concerts open-air ou les grandes salles avec de grands espaces, comme le Royal Albert Hallà Londres. J'aime le sentiment d'infinité".
Voit-elle son (jeune) âge comme un avantage ou un désavantage sur la scène internationale? "Je pense que la beauté de la jeunesse ne peux être qu'un avantage", répond l'artiste qui approche sa carrière et la musique en phase avec son temps.
Son premier album est sorti l'an passé. Il est dédié à Franz Liszt. Khatia Buniatishvili nous explique la genèse de cet album: "Liszt est mon premier amour dans la musique. Avant lui, j''avais des compositeurs préférés mais, une fois que j'ai rencontré la musique de Liszt, j'ai senti que mon amour était partagé. J'aime écouter Liszt, mais encore plus j'aime le jouer. C'est là que je sens qu'il m'aime aussi :)."
Khatia Buniatishvili a utilisé Faust comme "leitmotiv" de son disque, et ce pour deux raisons, selon la pianiste : "ce sujet était considéré comme le "programme officieux" de la Sonate ; par ailleurs, la légende de Faust a été mise en lumière par tant d’interprétations, de traitements, et même de destins différents qu’elle autorise l’improvisation. Le code de l’univers semble avoir été intégré dans le sujet de Faust et davantage encore dans ses personnages. Trois images différentes s’opposent et s’unissent simultanément : Marguerite, symbole de la beauté, âme innocente, enfantine, en un corps de femme; Méphisto, symbole de la tentation, volupté, argent, glamour, bohème; Faust, un génie qui doute, un artiste qui cherche l'immortalité, un être humain qui a besoin d'amour".
Pour la promotion de son album, elle a créé une vidéo assez onirique autour de Faust qui reprennent ces thèmes. Nous lui avons demandé si elle créait toujours dans sa tête un univers visuel pour accompagner son travail autour des morceaux. "Oui, toujours. J'ai toujours eu un univers imaginaire dans ma tête. Pendant mon travail au piano, je crée des scénarios liés ou inspirés par la musique. Pour moi, l'univers visuel est inimaginable sans la musique et vice-versa".
Clip musical de son opus "Franz Liszt"
Khatia Buniatishvili - Neeme Järvi, concerto de piano n°3 en ré mineur op. 30 de Rachmaninov, enregistré au Verbier Festival en 2011
Khatia Buniatishvili, Mischa Maisky et Valeriy Sokolov, Trio n°2 pour violon, violoncelle et piano en mi mineur, op. 67, de Dmitri Chostakovich, enregistré au Verbier Festival en 2011