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La nouvelle année a commencé par un grand événement. Lors des "Masters" de Doha (QAT), seuls les 36 meilleurs athlètes du classement mondial de chaque catégorie étaient présents. Le niveau d'un tel événement est donc élevé, notamment parce qu'il n'y a aucune restriction de participation par pays. La Russie, par exemple, avait quatre athlètes sur le tatami dans les catégories hommes -60kg et -66kg. Bien sûr, une comparaison quantitative serait présomptueuse pour la Suisse à ce stade. Mais l'équipe helvétique a pu se rendre à Doha en toute confiance avec quatre athlètes au vu des récents résultats. Evelyne Tschopp (n°10) et Fabienne Kocher (n°20) ont participé dans la catégorie des -52 kg, Nils Stump (n°26) dans la catégorie des -73 kg et Ciril Grossklaus (n°36) dans la catégorie des -90 kg.
Au final, il y a eu des succès notables, mais aussi des déceptions et des défaites. Evelyne Tschopp s'est retrouvée à la 7e place avec deux victoires solides, mais a dû se retirer en raison d'une blessure aux côtes. Fabienne Kocher a remporté le premier tour et a été battue au deuxième tour. Nils Stump et Ciril Grossklaus ont dû s'avouer vaincus très tôt.
Entretien avec Alex Budolin
Où se situent nos judokas, comment peut-on juger leurs performances et quelles sont les perspectives pour les prochains championnats ? L'entraîneur national Alex Budolin donne des informations dans une interview.
Alex, quel est, selon toi, le niveau sportif actuel ?
« Le niveau général du sport a augmenté et le judo ne fait pas exception. Le niveau moyen de performance au judo a beaucoup augmenté, si bien que dans les compétitions de haut niveau, nous avons même des duels dès les premiers tours. Il n'est guère possible de prédire exactement qui va gagner. Bien sûr, il y a des candidats de haut niveau, mais même pour eux, il devient de plus en plus difficile d'être performant au plus haut niveau. »
Quelle est la position des athlètes suisses ?
« Les judokas suisses peuvent également maintenir ce rythme pour le moment. Quand je vais sur le tatami avec nos athlètes, je crois et j'ai confiance qu'ils vont se battre jusqu'aux dernières secondes. Parfois nous gagnons et parfois nous apprenons, mais je sais que nos meilleurs athlètes se situent au niveau des 15 premiers. Nous avons vu qu'ils peuvent être compétitifs à ce niveau élevé. »
Quelles sont les prochaines étapes, où pouvons-nous nous améliorer ?
« Il y a toujours du potentiel ! Bien que nos judokas soient des athlètes expérimentés, ils peuvent encore se développer dans différentes directions : techniquement et physiquement. Ce dont nous avons encore besoin, c'est d'intelligence mentale, c'est-à-dire de développer suffisamment de confiance dans un combat pour prendre un risque sans commettre d'erreur. Plus le niveau est élevé, moins l'indécision et le doute sont permis. »
Il ne reste plus beaucoup de temps avant Tokyo. Quels sont les progrès et les développements qui peuvent encore être réalisés à court terme ?
« Il reste encore six compétitions de haut niveau et six camps d'entraînement internationaux avant Tokyo. L'objectif de l'équipe olympique est de s'améliorer dans sa propre finesse technique et de connaître les faiblesses de ses adversaires. Un autre objectif est d'améliorer la préparation mentale, de trouver un équilibre intérieur pour aborder les Jeux olympiques avec un esprit clair. »
Quels sont les objectifs réalistes pour Tokyo dans l'état actuel des choses ?
« Nos athlètes de haut niveau sont motivés et travaillent chaque jour pour atteindre le maximum. Je n'aime pas parler trop ouvertement des objectifs, parce que les athlètes les ont fixés pour eux-mêmes et je les soutiendrai. D'une part, les Jeux olympiques sont une compétition extraordinaire, mais d'autre part, les adversaires, les règles et l'esprit sont les mêmes. Donc, quand on va sur le tatami, à ce moment-là, il n'y a que vous et votre adversaire. Pour devenir champion olympique, il faut gagner cinq combats ! »