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Journaliste indépendant
Thèmes: Transition écologique et solidaire, vie des entreprises
La compensation carbone est l’un des instruments à notre disposition pour tenter de résoudre le problème du réchauffement climatique.
Un constat de départ: les gaz à effet de serre (GES) émis en des points différents ont des effets globaux sur ce réchauffement.
La solution: proposer à des particuliers ou des collectifs de financer des projets de réduction des émissions, afin de contrebalancer leurs propres rejets de GES.
Des exemples concrets: les émissions d’une centrale thermique ou d’un avion en Europe peuvent être compensées par des plantations de forêts en Afrique ou par l’installation de centrales solaires ou d’éoliennes n’émettant pas de dioxyde de carbone (CO2).
Origines historiques
En 1992, à Rio de Janeiro, 189 pays signent la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Ils s’entendent pour «stabiliser les émissions de gaz à effet de serre (GES) à un niveau qui empêche toute perturbation anthropique dangereuse du système climatique». En 1997, la communauté internationale signe le protocole de Kyoto afin de mettre en application les instruments permettant d’atteindre l’objectif fixé à Rio. Le mécanisme de la compensation carbone en est un.
Crédits carbone et quotas d’émission
Les marchés du carbone regroupent les échanges et transactions qui portent sur des crédits carbone ou des quotas d’émission:
- Un crédit carbone équivaut à l’émission évitée d’une tonne de dioxyde de carbone. États, entreprises ou particuliers peuvent ainsi compenser leurs émissions de GES en achetant un nombre de crédits équivalent.
- Le principe des quotas d’émission consiste à fixer une limite de GES aux entreprises et de donner la possibilité à celles qui ne peuvent pas respecter cette limite d’acheter des crédits carbone, le plus souvent aux entreprises qui ont réussi à maintenir leurs émissions en-dessous de leur quota.
Un marché réglementé, un marché volontaire
- Un premier marché dit de conformité dépend des obligations réglementaires définies dans le protocole de Kyoto. Les pays soumis à des objectifs de réduction sont les seuls à pouvoir intervenir sur ce marché.
- Un second marché volontaire rassemble d’autres acteurs souhaitant compenser volontairement leurs émissions de GES.
Les limites du système
Dans son livre La compensation carbone: illusion ou solution?, l’enseignant-chercheur à l’UNIL Augustin Fragnière reconnaît certaines vertus au système mais constate notamment que:
- La prétention d’une équivalence parfaite entre les émissions compensées et les réductions effectuées est problématique (trop de paramètres à prendre en compte, difficulté d’assurer la pérennité d’un projet comme celui du reboisement, tentation pour les entreprises de compenser pour des raisons marketing, etc.)
- La compensation ne tient pas compte des différences de niveau d’émission, de richesse et de l’inégale répartition des conséquences du réchauffement climatique dans les différents pays. Ceux du Sud sont plus affectés que ceux du Nord alors que leur responsabilité dans le renforcement de l’effet de serre est moindre.
- Dans les faits, payer une contribution ne neutralise pas l’effet de ce qui a été émis et n’absout pas un comportement dommageable… tout comme faire un don en faveur des plus pauvres n’autorise pas à voler son voisin.
La solution passera par une responsabilité de chacun dans ses actes quotidiens et par une responsabilité collective via les institutions.
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- Prix Nobel d’économie 2018 (9.10.2018)
Cet article est une contribution d’un invité. Son contenu n’engage que la responsabilité de l’auteur.
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