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Bottled Life
Au Pakistan, cette manière de faire s'avère très problématique. Dans les environs de Lahore, l'usine de Sheikupura se sert directement dans la nappe phréatique, ce qui a de graves conséquence dans le plus proche village qui a vu ses puits subir une baisse alarmante. Pire, l'eau est devenue impropre à la consommation et la mortalité infantile a pris l'ascenseur. Ces villageois, qui ne peuvent se permettre d'acheter de l'eau embouteillée, ont remis une pétition à la firme suisse pour obtenir une conduite d'eau depuis la fabrique. La réponse négative aucunement motivée de Nestlé, reste l'une des grandes questions que pose le film.Schnell et Gehriger ne sont pas là pour bêtement taper sur la puissance économique veveysane, mais pour s'interroger et, grâce à eux et à leur travail, nous avec, sur cet enjeu particulièrement sournois qu'est le fait de se permettre le droit d'exploiter une richesse naturelle pour la revendre à prix d'or. Le film devient passionnant dans sa partie américaine ou les réalisateurs suivent le combat d'un groupe d'habitantes de l'état du Maine, où Nestlé, qui a racheté la marque autochtone Poland Spring, a pu acquérir plusieurs endroits pour uniquement le prix du terrain et l'impôt sur la propriété du sol. L'eau qui en sort ne lui coûte rien et un seul camion rempli lui assure un revenu de cinquante mille dollars. Inquiètes par le va et vient incessant des lourds véhicules dans leur petite ville et l'impact des prélèvements sur les points d'eau qui se trouvent sur et sous la surface du sol, les opposantes obtiendront deux victoires historiques en invoquant un des amendements de la constitution de leur pays et des particularités propres aux lois du Maine. Le film laisse sans réponse un grand nombre de questions et recèle l'avantage de s'interroger sur des pratiques pour le moins obscures et prouve clairement que Nestlé et la transparence ne vont pas de paire, loin s'en faut.