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Un taux élevé d’homocystéine est associé à des dysfonctions endothéliales et vasculaires ainsi qu’à une neurotoxicité. Comme le taux d’homocystéine peut facilement être abaissé par une substitution en acide folique et vitamine B12, plusieurs études cliniques de petite taille et de durée limitée ont tenté de mettre en évidence une association entre l’apport de vitamine B et un ralentissement du déclin cognitif avec des résultats mixtes. Dans cette étude randomisée, sur différents sites à travers les Etats-Unis, 409 adultes avec une démence d’Alzheimer débutante ou modérée (âge moyen 76 ans) ont reçu quotidiennement soit un comprimé contenant une combinaison de folate (5 mg), vitamine B6 (25 mg) et vitamine B12 (1 mg), soit un placebo. A dixhuit mois, bien que la supplémentation ait permis de diminuer de manière significative les taux d’homocystéine dans le groupe traité, aucune différence n’a été observée entre les deux groupes pour différentes mesures standardisées du déclin cognitif et de l’autonomie des activités quotidiennes. Il n’y a par ailleurs pas eu de différence entre les deux groupes concernant la survenue d’événements indésirables, hormis une augmentation significative des symptômes dépressifs dans le groupe traité.
Commentaire : Malgré l’association connue entre un taux élevé d’homocystéine et la progression de la démence, la supplémentation en vitamines B n’a pas permis d’atténuer le déclin des capacités cognitives de patients avec démence débutante. Ces résultats sont consistants avec une précédente méta-analyse (Balk EM, et al. Arch Intern Med 2007;167:21-30) et l’excès de symptômes dépressifs associé au traitement vitaminique reste, ici, peu explicable. En l’absence de nouvelles données, il n’y a donc actuellement pas d’indication à prescrire systématiquement une combinaison vitaminique abaissant le taux d’homocystéine pour prévenir la progression de la maladie d’Alzheimer.