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La coalition au pouvoir en Arménie gèle la ratification des accords historiques signés en octobre dernier à Zurich avec la Turquie. Les deux pays s'accusaient depuis des mois de vouloir poser des conditions préalables à leur processus de réconciliation. La Suisse, qui avait joué les médiateurs, appelle à poursuivre les efforts.
Cette décision réduit à néant le mince espoir qu'il restait de voir avancer rapidement le rapprochement arméno-turc après des mois de temporisation, estiment les observateurs. Les trois partis formant la majorité au Parlement arménien ont indiqué que «la partie turque refusait de ratifier les protocoles sans poser des conditions préalables et dans un délai raisonnable».
Les Arméniens reprochent à la Turquie de vouloir lier les efforts de réconciliation au conflit entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan voisin sur le Nagorny-Karabakh, territoire azerbaïdjanais peuplé majoritairement d'Arméniens.
Au terme d'une longue médiation suisse, la Turquie et l'Arménie, divisées sur la question des massacres d'Arméniens sous l'empire ottoman (1915-1917), ont signé en octobre dernier à Zurich, en présence des chefs de la diplomatie américaine, français et russe, deux protocoles qualifiés d’historiques. Ceux-ci prévoient des relations diplomatiques et la réouverture de leur frontière commune.
Mais depuis, la ratification par leurs parlements traîne en longueur. La condition posée par la Turquie, à savoir un traité de paix entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan sur la question du Haut Karabakh, vise à satisfaire l'Azerbaïdjan, un pays allié riche en pétrole et en gaz.
Les Arméniens de souche de cette région, soutenus par l'Arménie chrétienne, ont rejeté l'autorité de l'Azerbaïdjan musulman et pris le contrôle de sept districts voisins au début des années 1990, lors d'un conflit qui a fait 30’000 morts.
La Suisse espère que le processus de «normalisation» entre la Turquie et l'Arménie se poursuivra. «La Suisse est convaincue qu'il importe de ne ménager aucun effort pour continuer d'avancer sur la voie du dialogue et de la coopération empruntée avec courage par l'Arménie et la Turquie ces dernières années», écrit jeudi le ministères des Affaires étrangères.
swissinfo.ch et les agences