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Le processus pour récupérer l'argent a duré plusieurs mois, a expliqué à l'ATS Lars Knuchel, porte-parole du Département fédéral des Affaires étrangères. La question a été évoquée par Micheline Calmy-Rey lors de la visite du chef de la diplomatie allemande Guido Westerwelle le mois dernier.
Mouvement financier incertain
Quant à savoir si l'argent a quitté le compte allemand en direction de la Libye, Lars Knuchel se borne à déclarer qu'"il ne se prononce pas sur le détail des transactions", se refusant à confirmer ou à infirmer tout mouvement sur le compte.
En mars 2011, le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) indiquait que la somme avait été été transférée mi-2010 sur un compte libyen par le biais d'une médiation allemande, "avec notre accord", écrivait alors le département dans une prise de position à l'ATS, confirmant une information de la "Tribune de Genève".
"A sa connaissance", le DFAE précisait début mars 2011 que l'argent se trouvait toujours sur ce compte libyen quelques jours avant les troubles actuels en Libye. M. Knuchel n'a pas voulu se prononcer sur la question d'un lien entre le remboursement de la compensation et les troubles actuels en Libye et le blocage des fonds du régime libyen par la Suisse et l'Union européenne.
Compensation
Cette "compensation" était prévue dans le plan d'action ratifié par toutes les parties pour résoudre la crise entre Berne et Tripoli. La somme était vue "par les deux parties comme une compensation" dans l'affaire de la publication des photographies d'Hannibal Kadhafi par la "Tribune de Genève". Elle devait couvrir "complètement les frais de justice" de la Libye dans la procédure. La somme devait être versée à Tripoli si le responsable de la fuite des photos n'était pas trouvé par la justice genevoise.
L'accord signé en 2010 entre Berne et Tripoli pour normaliser les relations entre les deux pays prévoyait également la constitution d'un "tribunal d'arbitrage" international pour enquêter sur les circonstances de l'arrestation d'Hannibal Kadhafi. Mais depuis le soulèvement contre le régime libyen, Berne a suspendu ce tribunal et gelé les éventuels avoirs du colonel Kadhafi et de son entourage.
Les relations entre Berne et Tripoli s'étaient crispées après l'arrestation musclée en juillet 2008 à Genève d'un des fils du leader libyen, Mouammar Kadhafi, qui avait par la suite retenu pendant près de deux ans deux Suisses sur le territoire libyen.
agences/cab