Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06973.jsonl.gz/222

La Paralysie spinale infantile, ce qu'il faut savoir
Connue de l'humanité depuis plusieurs siècles, la paralysie spinale infantile n'est devenue une menace sanitaire qu'au début du XXe siècle. Plus connue sous le nom de poliomyélite, elle a fait de nombreux ravages dans la population infantile pendant longtemps. Qu'y a-t-il donc à savoir au sujet de ce fléau qui continue malgré tout d'être une cause de mortalité infantile dans certains pays?
Agents, transmission et symptômes
La paralysie spinale infantile est une maladie virale infectieuse généralement bénigne, mais qui occasionne parfois une paralysie des membres. La toute première description de cette maladie, qui touche principalement les enfants de moins de 5 ans, remonte à 1840 et a été effectuée par l'orthopédiste allemand Jacob Von Heine. Les poliovirus (virus responsable de la poliomyélite), appartiennent au genre des entérovirus. On a pu isoler trois sérotypes de ce virus, mais, dans les cas de paralysie, c'est le sérotype S1 qui est identifié. Le poliovirus, pénètre généralement le corps par le système digestif, se multiplie dans l'intestin, pour envahir ensuite le système nerveux pouvant entrainer une paralysie irréversible des membres, en quelques heures. La propagation du virus se fait notamment par voie fécale-orale, plus précisément par l'intermédiaire d'eaux souillées ou d'aliments contaminés par les selles. Les principaux symptômes identifiés chez un enfant malade de la poliomyélite sont les douleurs dans les membres, la fièvre, l'asthénie, les céphalées, une forte fatigue et une raideur du cou.
La polio : une maladie presque totalement combattue.
Selon l'OMS, le nombre de cas de poliomyélite a diminué de 99 % depuis 1998. En effet, aux récentes nouvelles, il ne reste que 3 pays endémiques (le Nigéria, le Pakistan et l'Afghanistan) alors qu'on pouvait en compter plus de 125 en 1988. En effet, l'OMS a lancé une initiative mondiale pour l'éradication du virus depuis cette époque. Ceci a favorisé la mise en place de plusieurs projets de recherche et de laboratoires spécialisés. Ainsi, les enfants, dès leur première année, reçoivent aujourd'hui un vaccin contre la polio qui est plus tard complété par des doses vaccinales pour tous les enfants de moins de cinq ans. On distingue actuellement deux types de vaccins : le VPI (Vaccin Poliomyélitique Inactivé Injectable) et le VPO (Vaccin Poliomyélitique Oral).
Il existe également, une récente pratique vaccinale : l'administration du vaccin 5-en-1. Il s'agit d'un complexe de vaccins pouvant prévenir efficacement et simultanément cinq maladies : la diphtérie, le tétanos, la coqueluche, la polio et le Hib. Ce vaccin est administré à l'enfant dès ses deux mois, avec des rappels périodiques espacés de 4, 6 et 18 mois. Son efficacité a été démontrée à travers de nombreuses recherches. Mais certaines des maladies nécessitent des rappels supplémentaires plus tardifs. Dans le cas exclusif de la polio, un rappel supplémentaire est nécessaire entre 4 et 6 ans.
Sonnette d'alarme : de nouvelles souches de Poliovirus
La négligence de certains pays en développement, qui suite à la disparition du virus à leurs frontières, n'accordent plus autant de rigueur au maintien d'un niveau suffisant de la couverture vaccinale, fait que la poliomyélite connait une certaine recrudescence au niveau international. Également mis en cause, sont les virus sauvages importés des pays qui ont récemment connu une forte épidémie, et les mouvements contestataires qui vont à l'encontre du principe de la vaccination. Les récentes épidémies seraient dues à des virus recombinants entre des souches de poliovirus mutées et d'autres entérovirus.
Déjà une forte mobilisation des scientifiques pour faire face à ces nouvelles formes de virus est dirigée par l'Institut Pasteur, en collaboration avec de nombreux laboratoires scientifiques dans le monde qui étudie le cadre épidémiologique et les facteurs viraux liés à ces nouvelles souches.
Dans tous les cas, suivez scrupuleusement toutes les recommandations médicales en ce qui concerne les vaccins à administrer à votre enfant.