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"Je sais qu'il me reste un match, mais ça fait plaisir de battre quelqu'un comme Novak, qui a été si bon l'an passé. C'est le genre de victoire qui donne confiance. J'espère que je pourrai m'en servir en finale", lâchait-il. "J'ai la chance d'être à nouveau no 1. Cette finale sera un grand match pour moi. Ce sera déjà ma huitième ici, et je ne suis jamais passé à côté d'une finale à Wimbledon. La seule fois que j'ai perdu, c'était 9-7 au cinquième set contre Rafa (Nadal, en 2008)".
Joie contenue pour Federer, le plus dur reste à faire. [Anja Niedringhaus - Keystone]Roger Federer partira favori en finale. D'ores et déjà assuré de ravir la 2e place mondiale à Rafael Nadal lundi, il se mesurera dimanche à un joueur qui découvrira ce stade de la compétition sur le gazon de Church Road. Andy Murray (no 4), qui a dominé Jo-Wilfried Tsonga (no 5) 6-3 6-4 3-6 7-5 dans une seconde demi-finale jouée en plein air, est en outre toujours à la recherche d'un premier titre majeur.
Le Bâlois (31 ans) peut légitimement avoir le sentiment d'avoir fait le plus dur en privant Novak Djokovic d'une cinquième finale consécutive en Grand Chelem. Il a battu Andy Murray en trois sets lors de leurs deux affrontements livrés en Grand Chelem, en finale qui plus est (US Open 2008, Open d'Australie 2010). L'Ecossais s'est d'ailleurs incliné en trois manches dans ses trois finales majeures. Mais il sait aussi pertinemment que rien n'est encore acquis.
76 ans d'attente en Grande-Bretagne
L'homme aux 16 trophées du Grand Chelem avait su gérer une pression plus grande encore il y a trois ans à Roland-Garros. Il avait alors été "débarrassé" de son principal rival, Rafael Nadal, dès les 8es de finale. La voie menant à un premier sacre parisien et surtout à un 14e titre majeur (autre ancien record de Pete Sampras) était libre, et il avait su déjouer les pièges tendus par Tommy Haas et Juan Martin Del Potro avant de dominer Robin Söderling, qui disputait sa première finale en Grand Chelem.
Andy Murray peine à y croire. Il jouera dimanche pour succéder à Fred Perry. [Anja Niedringhaus - Keystone]La pression sera par ailleurs encore plus grande sur les épaules d'Andy Murray. L'Ecossais de 25 ans sera en effet le premier Britannique à disputer une finale du simple messieurs à Church Road depuis Bunny Austin en... 1938. Le dernier sacre d'un sujet de sa Majesté à Wimbledon - et en Grand Chelem d'ailleurs - remonte même à 1936 (Fred Perry) !
Premier joueur de l'histoire à disputer une 8e finale à Wimbledon, Roger Federer a parfaitement profité des conditions de jeu vendredi en début d'après-midi. La première demi-finale s'est en effet déroulée en indoor en raison des averses. Or, le Bâlois de 31 ans reste sur quatre titres conquis en salle (Bâle, Paris-Bercy et Masters 2011, Rotterdam 2012), où sa dernière défaite - si l'on excepte le match perdu face à John Isner en Coupe Davis sur la terre battue de Fribourg - remonte au mois de novembre 2010. "J'espère que la finale sera jouée en plein air, c'est comme ça que c'est censé être ici", affirmait-il toutefois.
Djokovic "ne se sentait pas très bien"
Djokovic mort le gazon. [MIGUEL MEDINA - Keystone]Déjà impérial en quarts de finale, Roger Federer a sorti le grand jeu face à Novak Djokovic, qui avait pourtant remporté six de leurs sept derniers duels. Il a pu s'appuyer sur un service des plus efficaces, avec 12 aces, 64 % de premières balles passées et plus de 70 % de points gagnés tant derrière ses premières que derrière ses deuxièmes balles. Il n'a concédé qu'un seul break, dans le deuxième jeu d'une seconde manche nettement dominée par un Novak Djokovic alors très tranchant à la relance.
"J'ai pu être très agressif. J'ai très bien joué dans le troisième set. J'ai été offensif, je cherchais la victoire. J'ai pu augmenter la pression sur Novak", expliquait Roger Federer (31 coups gagnants et 10 fautes directes vendredi), qui a forcé la décision dans l'ultime jeu d'un troisième set crucial. Il s'est alors offert le break en claquant un smash gagnant sur sa deuxième opportunité. Novak Djokovic a lâché prise dans la quatrième manche, concédant le break dès le deuxième jeu sur une faute de coup droit.
"Mon pourcentage de premières balles a baissé après le deuxième set, analysait pour sa part Novak Djokovic, et mon niveau d'énergie a baissé dans la quatrième manche. Il a bien joué, ça ne fait aucun doute, il a été agressif dans les moments importants. C'est ce qu'on attend de Roger. Je savais qu'il fallait que je sois très régulier pour gagner et je ne l'ai pas été. Je ne me sentais pas si bien que ça. Ces derniers jours, je ne me sentais pas très bien, mais je ne veux pas en parler maintenant."
si/dbu