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Ce tronçon est la partie supérieure d’une des échelles démontables ayant servi à l’assaut de Genève par les troupes savoyardes dans la nuit du 11 au 12 décembre 1602. L’échelle complète, composée de cinq tronçons, atteint une longueur d’environ 6,89 m. Les montants sont en sapin, les échelons en frêne, et la roulette qui termine les montants du tronçon supérieur en bois de type prunus ; le tout recouvert d'une peinture foncée, probablement du brou de noix.
Dans la nuit du 11 au 12 décembre 1602, le duc Charles-Emmanuel Ier de Savoie (1580-1630) tente de s’emparer de Genève par surprise en escaladant ses murailles. Cette entreprise a durablement marqué les esprits : aujourd’hui encore, plus de 400 ans après les faits, la commémoration de l’Escalade constitue l’un des moments fort de l’année genevoise.
Le musée conserve l’ensemble des armes et du matériel rattachés à l’événement dont les échelles démontables utilisées par les assaillants pour franchir les murailles de la cité. Leur construction ingénieuse a été relevée dans les commentaires contemporains de l’événement. Recouvertes de peinture noire pour se fondre dans la nuit, leur division en cinq tronçons en facilite le transport et le maniement discret. Les bouts des montants des tronçons inférieurs se terminent par une pointe de fer qui permet un meilleur ancrage dans le sol.
À l’opposé, les montants supérieurs finissent par deux petites roues, recouvertes de tissu à l’origine, afin de pouvoir être appuyés silencieusement contre le rempart. Elles remplirent leur office en permettant au corps d’élite mené par François de Brunaulieu, gouverneur de Bonne, de franchir les murailles avant que l’alarme ne soit donnée et que la résistance ne s’organise. Celui-ci était venu en repérage quelques semaines auparavant mesurer la hauteur des remparts de Genève afin que les échelles aient la longueur adéquate.
À l’issue des combats, les échelles, renversées et partiellement brisées par le coup de canon tiré depuis le bastion de l’Oie ainsi que par la fuite précipitée des soldats, furent recueillies et conservées avec les autres pièces abandonnées par les assaillants.