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Sa première en tant que capitaine a dû attendre un peu. Ironie du sort, samedi dernier, Silvan Widmer était malade: grippe intestinale. «Je n'ai aucune idée où j'ai attrapé ça», dit-il avec fatalisme. Mais Widmer est à nouveau en forme. Ce dimanche, il portera le brassard et emmènera Mainz 05 contre l'Union Berlin. A 29 ans, il devient le seul footballeur suisse des cinq grands championnats à assumer un rôle de capitaine. Le fait qu'il ne joue à Mayence que depuis un an rend cette distinction encore plus remarquable.
Il y a 18 mois, vous vous battiez avec le FC Bâle en Super League. Vous êtes désormais capitaine en Bundesliga. Comment expliquer cette ascension fulgurante?
SILVAN WIDMER: Oui, c'est arrivé rapidement (rires). A Bâle, si quelqu'un m'avait prédit que je deviendrais capitaine à Mayence, je ne l'aurais probablement pas cru. J'ai fait une très bonne première saison et je pense que l'entraîneur et le club, ont compris qu'on pouvait compter sur moi. En tant que joueur et que personne.
Quand et comment avez-vous appris que vous alliez devenir capitaine?
L'entraîneur Bo Svensson a désigné un joueur différent pour chaque match amical. Pour moi, c'était contre Newcastle. J'en ai déduit que j'étais candidat au poste. Quelques jours avant le premier tour de la Coupe, l'entraîneur m'a appelé dans son bureau. Nous avons parlé de choses et d'autres. Finalement, il m'a dit que si je le voulais bien, il aimerait me nommer capitaine. Bien sûr, j'ai dit oui tout de suite. C'est une étape importante dans ma carrière.
La saison dernière, Mayence a obtenu une très belle huitième place en Bundesliga. Avec une équipe qui n'est pas exactement composée de stars... Après une saison comme celle-ci, n'êtes-vous pas condamné à décevoir?
Je suis convaincu à 100% que Mayence ne s'effondrera pas. Nous avons une équipe beaucoup trop homogène pour ça, un super entraîneur, il y a de la continuité et de la quiétude dans tout le club. Nous avons aussi de bons renforts.
Quel rôle Mayence peut-il jouer?
Malgré toute l'euphorie autour de nous, il est essentiel de rester humble. Nous aimerions oublier le mot relégation le plus vite possible. Une fois que ce sera le cas, nous pourrons toujours lever les yeux.
Le contexte à Mayence est-il aussi agréable et sans pression qu'on le dit?
Nous sommes sous pression. C'est forcé, logique, avec les milliers de supporters dans les stades chaque week-end et les centaines de milliers de téléspectateurs. Et nos fans ont eux aussi des attentes. Là où vous avez raison, c'est que la vraie agitation est ailleurs. Quand on ouvre l'entraînement au public, il y a 50 à 100 personnes. C'est une sacrée différence avec les gros clubs de Bundesliga.
Qui soulèvera le trophée à la fin?
Le Bayern.
Cette issue est-elle aussi inéluctable et évidente que le laisse supposer la victoire 6-1 du Bayern à Francfort?
Je ne le crois pas. Dortmund et Leipzig possèdent également des équipes solides et se sont judicieusement renforcés. Le Bayern sera probablement encore champion mais j'espère que ça restera excitant jusqu'à la fin.
Maintenant que tous les championnats ont repris, les principaux joueurs suisses sont scrutés en vue de la Coupe du monde. Comment vivez-vous le fait d'appartenir à cette catégorie?
Je ne fais qu'en entendre parler, ce n'est pas vraiment important. Ce que je ressens vraiment, c'est que mon crédit en équipe nationale a augmenté. Mais je sais aussi que j'ai dû travailler dur pour cela. Rien ne m'a été donné.
Dans trois mois, la Suisse se rendra au Qatar. La Coupe du monde occupe-t-elle déjà vos pensées?
Entendons-nous bien: il est clair que la Coupe du monde est présente dans un coin de ma tête. Je suis vraiment content, ce serait ma première et, qui sait, puisque j'ai 29 ans, peut-être ma dernière Coupe du monde. C'est pourquoi j'y pense forcément. Et pourtant il y a un «mais».
Lequel?
Il est dangereux de regarder trop loin. Si vous vous permettez de penser «je ne veux pas me blesser maintenant», si vous n'êtes pas assez concentré à l'entraînement ou dans les matchs, si vous essayez d'y aller doucement en vue de la Coupe du monde, alors vous prenez le risque que vos performances suivent la même courbe. Et vous avec. Je conseille à chaque joueur de continuer comme d'habitude, d'appuyer sur l'accélérateur à chaque séance d'entraînement et de ne jamais lever le pied.
Selon vous, que peut faire la Suisse à la Coupe du monde? C'est comme pour Mayence: il faut rester modeste. Brésil, Serbie, Cameroun: nous avons un groupe difficile. Mais bien sûr, j'espère que nous atteindrons les huitièmes de finale. Et si nous y parvenons, nous avons montré à l'Euro ce qu'il était possible de faire à partir de ce stade. La Suisse est une équipe de tournois. C'est pourquoi je pense que nous sommes prêts à créer une nouvelle surprise. Mais il sera crucial de se préparer à des matchs de groupe difficiles.
Vous avez mentionné votre âge. Pouvons-nous demander à un homme de 29 ans quels sont ses projets d'après-carrière?
Bien sûr que vous le pouvez! Vous n'imaginez pas le nombre de fois que l'on m'a déjà posé cette question (rires). De nombreux joueurs commencent à réfléchir à ces choses très tôt et s'y préparent en marge de leur carrière, ce que je trouve bien aussi. En ce moment, à part le football, ma famille est au centre de mes préoccupations. J'essaie de profiter de ces années avec mes deux filles qui grandissent très vite. Elles ont quatre ans et un an et demi. Donc non, je ne sais pas encore ce que je ferai après ma carrière. Mais je peux parfaitement m'imaginer m'occuper de mes filles en tant que père au foyer, pour que ma femme puisse vivre sa vie professionnelle. Après des années à s'adapter à moi et au football.
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