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"Le peuple équatorien (...) est décidé à continuer avec un processus qui se poursuit et ne sera pas stoppé", a déclaré Lenin Moreno, candidat d'Alliance Pays (AP). Il est aussi le favori des sondages pour l'élection de dimanche.
KEYSTONE/AP/DOLORES OCHOA(sda-ats)
L'Equateur est "décidé à continuer" avec le processus socialiste lancé par Rafael Correa, a affirmé mercredi le candidat à la présidence du parti au pouvoir, Lenin Moreno. Son adversaire Guillermo Lasso a lui appelé à voter "contre la corruption".
"Le peuple équatorien (...) est décidé à continuer avec un processus qui se poursuit et ne sera pas stoppé", a déclaré à l'AFP Lenin Moreno, candidat d'Alliance Pays (AP). Il est aussi le favori des sondages pour l'élection de dimanche.
Interrogé en marge d'une rencontre avec des intellectuels latino-américains à Quito, l'ex-vice-président de M. Correa, le chef de l'Etat sortant, s'est dit "dans l'attente de ce que décidera le peuple". Il a aussi affirmé qu'il "respectera" sa décision.
De son côté, le candidat de droite Guillermo Lasso, deuxième dans les sondages s'est engagé à "lutter contre la corruption". Il se présente sous l'étiquette du mouvement Créant des opportunités (Creo - "je crois" en espagnol: ndlr).
"Nous devons voter pour le changement afin de lutter contre la corruption", a lancé cet ancien banquier, devant plusieurs centaines de personnes lors d'un meeting à la mi-journée à Quito. Le gouvernement, a-t-il affirmé, "ne veut pas que nous sachions qui sont les bénéficiaires des pots-de-vin d'Odebrecht".
Fonctionnaires impliqués
La justice américaine a révélé en décembre que le groupe de construction brésilien avait payé environ 33,5 millions de dollars à des fonctionnaires équatoriens entre 2007 et 2016.
Personne n'a encore été inculpé en Equateur dans cette affaire. Le gouvernement a averti qu'il n'admettrait pas d'accusations "sans preuve" et M. Correa a estimé mercredi qu'elles ne sont que "les distorsions qui surgissent toujours en période électorale".
Un ex-ministre de l'actuel gouvernement, Carlos Pareja, est toutefois mis en cause dans un autre scandale impliquant l'entreprise pétrolière publique Petroecuador. Dans celui-ci, le nom de l'actuel vice-président Jorge Glas, candidat à sa réélection a été nommé.
Eliminer des impôts
Dans la soirée, Lenin Moreno a critiqué le projet de l'opposition de supprimer des impôts créés sous le gouvernement de Rafael Correa pour financer sa politique sociale, face à la crise qui, suite à la hausse du billet et à la chute des cours du brut, affecte l'économie dollarisée de ce petit pays andin producteur de pétrole.
"En dépit de ce qui s'est construit, il y a un aventurier par ici qui dit vouloir jeter le tout à la poubelle et supprimer les impôts", a dénoncé le candidat d'AP, lors d'un meeting qui a rassemblé plusieurs milliers de personnes dans un quartier du sud de la capitale.
Guillermo Lasso s'est engagé à éliminer 14 impôts afin de remédier aux difficultés économiques de l'Equateur.
Mercredi, il a par ailleurs appelé l'opposition à une "unité nationale, qui ne veut pas que l'Equateur finisse comme le Venezuela, qui ne veut pas la dictature d'un parti politique".
Lenin Moreno a pour sa part affirmé qu'"il s'agit maintenant de construire un avenir plus lumineux, un futur meilleur parce c'est ce qui s'attend d'une révolution: toujours avancer, ne jamais reculer", a-t-il lancé.
Huit candidats
Quelque 12,8 millions d'électeurs équatoriens sont appelés à choisir entre les huit candidats à la succession de Rafael Correa, qui ne se représente pas après dix ans au pouvoir. Ils vont aussi élire leur vice-président, 137 députés et cinq représentants au Parlement andin.
Lenin Moreno est en tête des sondages avec 32,3% des intentions de vote, selon l'institut Cedatos, suivi de Guillermo Lasso (21,5%) et de l'ex-députée de droite Cynthia Viteri (14%).
Les candidats doivent tenir leurs derniers meetings de campagne jeudi à Guayaquil, deuxième ville d'Equateur et capitale économique du pays, près de la côte Pacifique (sud-ouest).
ATS