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"Creed 2", huitième round de la saga Rocky, renfile les gants et déçoit
Il y a trois ans, "Creed" avait introduit Adonis, fils d'Apollo Creed, le grand ennemi de Rocky Balboa devenu par la suite son ami. L'occasion d'une passation de pouvoir plutôt émouvante, où Sylvester Stallone s'éclipsait derrière un boxeur jeune et afro-américain (Michael B. Jordan). Une belle surprise mise en scène par Ryan Coogler, depuis responsable du succès planétaire de "Black Panther".
Pour cette suite, Coogler laisse son poste de réalisateur à Steven Caple, Jr. Le film débute avec la victoire d'Adonis Creed, qui accède au rang de champion du monde poids lourds avant de se marier. L'ancien boxeur russe Ivan Drago (Dolph Lundgren), qui avait tué Apollo Creed sur le ring dans "Rocky IV" avant de défier Rocky Balboa, refait alors surface et propose un combat entre Adonis et son propre fils, Viktor (le boxeur professionnel Florian Munteanu). Le combat tourne nettement à l'avantage de Viktor Drago et Adonis se replie, meurtri et démoralisé.
Une suite impersonnelle
Déchéance et renaissance du héros. Relations père-fils au sein de la famille Creed, Balboa, et Drago. Revanche à prendre sur le monde comme sur soi-même. "Creed 2" ne manque pas de contenu, mais peine à le rendre captivant. Ses excès mélodramatiques, ses scènes de boxe filmées en pilotage automatique, et l'absence d'enjeux clairs pour le personnage principal finissent par ennuyer.
>> A voir, la bande annonce du film:
Incapable de comprendre les réelles motivations d'Adonis Creed, héros acculé dans les cordes d'un scénario qui oublie de le faire exister, on se désintéresse de cette suite impersonnelle qui déçoit très vite. On s'accroche au personnage de Rocky Balboa, toujours joué avec modestie et émotion par un Sylvester Stallone qui mériterait enfin un Oscar pour son interprétation. Mais étrangement, les meilleures scènes du film sont à trouver ailleurs.
Drago vole la vedette à Creed
La réapparition d'Ivan Drago, champion déchu qui cherche à tout prix à prendre sa revanche sur Rocky Balboa afin de retrouver le respect de son pays, et surtout la figure taiseuse et massive de son fils Viktor, élevé comme une authentique machine de guerre par un père qui ne voit en lui que l'objet de son possible retour en grâce, passionnent infiniment plus que les errances existentielles d'Adonis Creed.
Plus chargé que d'habitude, Dolph Lundgren et le boxeur Florian Munteanu sont au centre de toutes les séquences, trop rares il est vrai, les plus réussies de ce "Creed 2". A tel point qu'ils volent involontairement la vedette au duo central Creed-Balboa. Un comble pour un film qui échoue à prolonger la mythologie d'une saga à bout de souffle.
Rafael Wolf/ld
Publié le 10 janvier 2019 à 14:26