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En mars 2012, des soldats mutins prennent le contrôle de la présidence par un coup d’état. Ils annoncent ainsi la dissolution des institutions et la suspension de la Constitution. Depuis lors, le pays est plongé dans une crise politique et sécuritaire sans précédent... Cette dernière s’est soldée par la partition du Mali en deuxentités. D’un côté les régions désertiques du Nord (Kidal, Gao, Tombouctou et une partie de Mopti) qui représentent 2/3 de la superficie du pays pour seulement 10% de sa population, désormais sous le contrôle de bandes armées islamistes. De l’autre, les régions du sud: Kayes, Koulikoro, Ségou et Sikasso, ainsi que le district de Bamako, la capitale, où un gouvernement de transition a été mis en place pour résoudre la crise et permettre au pays d’organiser des élections.
Le Mali en chiffres
Privé d’accès à la mer, ce grand pays de 1.241.000 Km2 – près de 30 fois la Suisse – reste tributaire des bonnes relations qu’il entretient avec ses voisins. Il est le territoire d’une dizaine d’ethnies, dont la principale – les Bambaras – représente 33% de la population. Environ 80% des Maliens sont des musulmans sunnites. Aujourd’hui encore, 10% de la population malienne est nomade. Avec un taux de pauvreté de 46,8% en 2007, l’indice de développement humain (IDH) positionne le Mali au 173e rang sur 177 pays.
Un fort potentiel agricole et minier
Le pays possède pourtant un fort potentiel économique. Car si l’agriculture reste le moteur de l’économie malienne et occupe 80% de la population, les ressources minières sont nombreuses, bien qu’encore peu exploitées. L’or s’impose ainsi comme la principale source de devises devant le coton et le lithium. Le nord du pays possède d’autres ressources comme le bauxite, le fer, le phosphate et le calcaire qui mériteraient aussi d’être explorées. Les indicateurs révèlent également la présence de pétrole et d'or dans cette partie du pays.
Une démographie et une urbanisation galopante
L’explosion démographique du pays est également l’un des grands défis auquel le pays devra faire face dans les années à venir. En effet, avec un taux de croissance de 3,6% par an, la population du Mali a augmenté d’un tiers en quinze ans pour atteindre environ 15 millions d’habitants en 2012. Au point qu’aujourd’hui, la moitié des Maliens a moins de 15 ans. C’est dire le nombre de jeunes qui arriveront sur le marché de l’emploi ces prochaines années! D’autant qu’à ce rythme, la population du pays devrait doubler d’ici 2030. Un bond démographique qui accentuera encore la pression sur les réserves alimentaires, le système scolaire et le système de santé. Il faudrait alors une croissance économique d’au minimum 8% l’an pour absorber une telle augmentation de population. Quant au taux d’urbanisation, il ne cesse d’augmenter en raison de l’exode rural. Bamako comptera 5 millions d’habitants en 2030, contreenviron 2 millions en 2012. La capitale devra alors faire d’énormes efforts pour adapter ses infrastructures en matière d’assainissement, d’eau et de transport.