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Les études universitaires quasi gratuites comme en Europe sont possibles aux Etats-Unis, mais elles ne sont pas accessibles à tout le monde. Pour cela, les étudiants et étudiantes doivent bénéficier d'une bourse octroyée par l'Etat, qui couvre tous les frais.
Or, "la plupart des Américains paient. Et ils paient beaucoup", indique Harvey Feigenbaum, professeur de science politique à l'Université George Washington, interrogé mardi dans l'émission Tout un monde.
Dans le pays, une majorité de jeunes reçoivent des prêts étatiques pour leurs études à l'université. Beaucoup d'entre eux s'endettent ainsi parfois jusqu'à la fin de leur carrière professionnelle, qu'ils doivent prolonger pour rembourser leur emprunt.
"Il est très facile d'avoir un prêt quand on est accepté dans une université. Mais souvent, les étudiants ne se rendent pas compte des difficultés que représentent ces dettes dans leur vie future", rapporte Harvey Feigenbaum, qui souligne que les montants des endettements peuvent s'élever jusqu'à des centaines de milliers de dollars.
Un système de financement particulier
Alors qu'en Europe l'Etat subventionne les universités à travers les impôts que paie la population, aux Etats-Unis, ce sont principalement les frais d'inscription qui les financent.
Les institutions américaines sont ainsi davantage en compétition entre elles et dépensent des montants importants pour des prestations qui seraient inenvisageables en Europe, telles que des dortoirs luxueux ou des énormes installations sportives, explique aussi Harvey Feigenbaum. "Tous ces services rendent les universités américaines plus chères que les européennes", conclut-il.
Malgré ce système singulier, il n'y a pas nécessairement de lien direct entre le coût d'une université aux Etats-Unis et sa qualité, assure l'enseignant.
"Certaines des meilleures universités américaines sont publiques, comme l'Université de Californie à Berkeley ou celle du Michigan. Elles sont donc beaucoup moins chères, surtout pour les étudiants originaires de ces Etats."
Un sujet récemment politisé
Fin août, le gouvernement de Joe Biden a annoncé un programme d'effacement partiel des dettes étudiantes, qui devrait soulager un certain nombre des quelque 43 millions de jeunes emprunteurs américains.
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Pour Harvey Feigenbaum, cette mesure a certainement été motivée par des intérêts politiques. Le président tente ainsi d'inciter le jeune électorat à se rendre aux urnes pour voter pour le camp démocrate lors des élections législatives de novembre prochain.
Les frais universitaires ne font généralement pas l'objet de discussions politiques au niveau national. "Il ne faut pas oublier que moins de la moitié des Américains vont à l'université", rappelle le professeur.
Et d'ajouter qu'une partie de la population américaine ne pense en outre pas avoir les moyens d'accéder à ces institutions. Beaucoup de personnes, principalement issues des classes populaires, ne sont pas au courant qu'il existe des subventions pour payer les écolages et renoncent ainsi à s'inscrire à l'université, souligne Harvey Feigenbaum.
Propos recueillis par Eric Guevara-Frey/iar