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Nommé en 1987 et parti à la retraite en 2015, Bruno Arcidiacono était un remarquable historien des relations internationales. Après avoir consacré sa thèse de doctorat à l’occupation de l’Italie par les Alliés en 1943-1944 et à son impact sur les débuts de la guerre froide, il avait considérablement élargi son champ d'étude et était devenu un admirable connaisseur de l’histoire du système international depuis le Congrès de Vienne de 1815. Au cours de la dernière décennie, il avait ouvert encore le compas pour englober l’ensemble de l’époque moderne. Son dernier livre est une belle analyse des plans imaginés au cours des derniers siècles pour donner au monde l’assise d’une paix durable (Cinq types de paix : une histoire des plans de pacification perpétuelle, XVIIe-XXe siècles, 2011).
Rigoureux dans la recherche, Bruno Arcidiacono l’était tout autant dans l’enseignement. Ses anciens étudiants font référence à des qualités qui le caractérisaient dans tout ce qu’il entreprenait : il était clair, méthodique, subtil, précis dans l’usage des mots et le maniement des concepts. L’attention et le temps qu’il consacrait à la supervision des doctorants lui valent de leur part une reconnaissance durable.
Bruno Arcidiacono était attaché à l’Institut. Il l’a montré par un engagement exemplaire dans son fonctionnement. Après avoir été à deux reprises directeur des études de licence et des études supérieures à HEI, il a assumé dans le nouvel Institut successivement la codirection du programme de doctorat et la direction des études. Dans l’accomplissement de ces tâches qui exigent un vrai don de soi et auxquelles il s’est astreint pendant plus de quinze ans, il a fait preuve d’un dévouement sans faille et d’un niveau d’exigence constant ; la rectitude était l’aune à laquelle il mesurait son estime pour autrui. Une certaine retenue, un esprit parfois caustique mais sans être mordant, du goût pour l’autodérision pouvaient tenir à distance. Ceux qui s’approchaient rencontraient un être plein de chaleur, de délicatesse et de générosité. Ses amis garderont à jamais le souvenir de sa personnalité souriante et de son esprit bienveillant, largement ouvert à l’art et la littérature.
L’Institut adresse à Patrizia, sa femme et compagne de toujours, et à leur fils Stefano l’expression de toute sa reconnaissance et de son entière solidarité dans l’épreuve que traverse leur famille.
Philippe Burrin, directeur
L’Institut organise une cérémonie d’hommage le 29 novembre à 11h00 dans l'auditorium Ivan Pictet.