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«Hello l’Amérique, je suis Amy Klobuchar et je vais battre Donald Trump!» Mardi soir, à Concord, la capitale du New Hampshire, la sénatrice démocrate centriste Amy Klobuchar a fait une entrée remarquée dans le cercle fermé des favoris à l’investiture démocrate pour l’élection présidentielle américaine de novembre. L’élue du Minnesota âgée de 59 ans a terminé troisième de la primaire du New Hampshire derrière les favoris Bernie Sanders et Pete Buttigieg.
Ce résultat, avec près de 20% des voix, l’a propulsée sur les devants de la scène aux dépens d’Elizabeth Warren, sa collègue sénatrice qui a terminé quatrième avec 9,2% des voix, et surtout de l’ancien vice-président Joe Biden, dont la campagne semble déjà à l’agonie après une décevante cinquième place avec 8,4% des voix. Amy Klobuchar jouait gros mardi après sa déconvenue dans l’Iowa la semaine dernière. Elle a bénéficié d’une solide performance lors du débat démocrate de vendredi dernier, au cours duquel Elizabeth Warren avait paru éteinte et Joe Biden avait admis qu’il s’attendait à une nouvelle «gifle» dans le New Hampshire après sa quatrième place dans l’Iowa.
Joe Biden a d’ailleurs déjà quitté l’État de Nouvelle-Angleterre mardi pour se rendre en Caroline du Sud, un État avec une forte population afro-américaine qui votera le 29 février. Il y a pris la parole après un chœur de gospel et a assuré au moment où les résultats du New Hampshire tombaient: «Ce n’est pas fini, mec.» Les récents sondages reflètent la situation précaire dans laquelle se trouve le candidat, qui se raccroche à la fidélité de l’électorat noir datant de ses huit ans passés à la Maison-Blanche aux côtés de Barack Obama. Mais selon l’institut de sondage Quinnipiac, le soutien des électeurs afro-américains pour Joe Biden est passé de 52 à 27% depuis son résultat décevant de l’Iowa.
La situation paraît tout aussi compliquée pour Elizabeth Warren, la sénatrice progressiste qui faisait partie des favoris pour l’investiture démocrate il y a quelques mois encore. Bernie Sanders l’a largement battue dans l’Iowa et le New Hampshire. Le sénateur du Vermont se profile comme le champion de l’aile gauche du Parti démocrate. La campagne de l’élue du Massachusetts donne aussi des signes de difficultés financières. Selon le groupe Ad Analytics mercredi, Elizabeth Warren a gelé des campagnes publicitaires dans le Nevada et la Caroline du Sud, les deux prochains États à voter.
Le New Hampshire a aussi confirmé la fracture au sein du Parti démocrate. Vainqueur avec 25,7% des voix mardi, Bernie Sanders a renforcé ses ambitions pour l’investiture démocrate en s’appuyant sur une base de supporters fidèles à la gauche du parti qui lui avait déjà permis de terminer à quasi-égalité avec Pete Buttigieg dans l’Iowa. «Cette victoire ici est le début de la fin de Donald Trump», a-t-il tonné mardi soir sur le campus de l’Université du New Hampshire.
Bernie Sanders profite pour l’instant du morcellement des voix au centre entre Pete Buttigieg, second dans le New Hampshire avec 24,4% des voix, Amy Klobuchar et Joe Biden. Les regards centristes se tournent aussi vers Mike Bloomberg. Le milliardaire, ancien maire de New York, entrera dans la course le 3 mars lors du Super Tuesday, le jour où 14 États voteront. Mike Bloomberg a déjà investi 300 millions de dollars de sa fortune personnelle pour financer une campagne de publicité au niveau national qui l’a propulsé en troisième place dans les sondages démocrates avec 15% d’intention de vote.
Mardi soir, Amy Klobuchar a reconnu les limites financières de sa campagne: «Je n’ai pas un grand compte en banque et je n’ai pas un nom connu comme certaines personnes qui sont dans cette course, a-t-elle lancé. Mais j’obtiens des résultats et j’assure vos arrières […]. Nous partons pour le Nevada car le meilleur est à venir!»