Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07049.jsonl.gz/999

EMPTY PIXELS : Caroline Corbasson
Une tablette d'argile babylonienne relate l'observation de la comète de Halley en 164 av J.-C. Ce récit astronomique est l'un des plus anciens qui ait été conservé (aujourd'hui visible au British Museum). Les inscriptions cunéiformes, si éloignées des possibilités de nos outils d'observation actuels, semblent pourtant motivées par la même aspiration. Une volonté d'archivage et de transmission, emprunte d'humilité face aux vastes mystères de l'univers. Dessinée au charbon et agrandie environ dix fois, cette petite tablette ne mesurant que 10 centimètres dans la réalité, prend une importance et une dimension augmentées. Placé à proximité des blanks, le dessin fait résonner en nous l'immense chemin parcouru depuis l'écriture de cette tablette.
Détecté accidentellement par les radio-astronomes Penzias et Wilson en 1965, un bruit d'origine inconnue, comme un infime murmure radio emplit le ciel. Il s'agit du cri de naissance de l'univers, remontant à 380 000 ans après le big bang. En 2008, le satellite Planck scrute le ciel et délivre la carte de ce rayonnement fossile, témoignant du passage de l'état opaque à transparent de l'univers. Une impression digitale du document scientifique est recouverte d'une feuille de soie translucide. Au gré de ses légers mouvements, elle dérobe ou révèle ce bruit, opérant un jeu de flou et de netteté. Ce dispositif réactive le moment où l'univers ressemblait à un épais brouillard, avant l'apparition de la lumière.
De la poussière et des grains de sable sont disposés sur une feuille blanche. La surface est ensuite recouverte par des pigments en aérosols, puis chaque grain de sable et chaque poussière sont méticuleusement retirés, révélant une constellation de points blancs. Ce procédé employant des moyens précaires et minuscules, contraste avec la tentative de figurer l'immensément grand. Le téléscopage entre l'échelle du dessin et celle de la voûte céleste
Plage est un paysage mental, invitant le spectateur à se laisser glisser, à s'enfoncer littéralement dans l'image. Cette animation a pour origine un dessin réalisé au graphite, que l'artiste a souhaité mettre en mouvement. Irrémédiablement attirés vers son centre, un trou nous aspire sans pour autant être menaçant. Le son, composé d'une seule note continue jouée par un ensemble pour orchestre, participe à la sensation de vertige et d'hypnose.