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Les délégués du parti, qui se réuniront samedi, ne répondront pas à la question de savoir s'il faut ou non lancer le texte, mais se contenteront de discuter des différentes variantes possibles.
Le lancement de cette initiative est en effet plus compliqué que prévu pour l'UDC. Deux raisons à cela: la première, c'est qu'il faut trouver la bonne formulation. Parle-t-on de "libre circulation" ou de "libre immigration"?
Revenir sur la libre circulation avec l'UE?
La nuance, importante du point de vue juridique, pose le deuxième problème: veut-on juste dénoncer l'accord existant sur la libre circulation des personnes avec l'Union européenne ou faut-il ancrer dans la Constitution le principe général d'une limitation de l'immigration?
Le comité directeur va débattre jeudi des variantes exactes à soumettre aux délégués samedi. Le texte définitif n'est ainsi pas encore rédigé noir sur blanc, malgré ce qui avait été annoncé en début d'année.
Problème de calendrier
Les délégués ne voteront pas samedi sur le lancement du texte d'ici la fin de l'année. Ils se contenteront de décider si le comité directeur doit poursuivre son travail de rédaction, comme l'ont fait les délégués de l'ASIN ce printemps.
Si l'initiative est effectivement lancée d'ici fin 2017, la récolte des signatures coïnciderait avec la campagne en vue des élections fédérales de 2019. Mais ce n'est pas forcément par calcul électoral que l'UDC temporise autant: pas sûr en effet que le parti veuille animer le débat des fédérales avec ce texte. A l'interne, certaines voix dénoncent une initiative qui "tombe mal".
L'UDC tiraillée entre sa base et la "Realpolitik"
"Il n'y a pas urgence en la demeure", a confié à la RTS un élu UDC romand, qui préférerait renégocier les clauses de sauvegarde avec Bruxelles plutôt que d'aller "dans l'impasse avec cette initiative".
Dans ce dossier, l'UDC est tiraillée entre sa base - qui attend une réaction après le compromis sur l'immigration de masse conclu en décembre au Parlement -, et la "Realpolitik" - la politique pragmatique. Tout indique qu'aujourd'hui, l'UDC perdrait le combat: les sondages montrent que les Suisses sont attachés au principe de la libre circulation.
Rouven Gueissaz/kkub