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Il existe de nombreuses études sur la manière dont les plantes réagissent à de tels évènements. Mais ce qui se passe au niveau du régime hydrique du sol est resté dans l’ombre jusqu’à présent.
Pour la première fois, une équipe de recherche du WSL a pu estimer les réserves d'eau du sol dans la forêt suisse, c'est-à-dire où et combien d'eau est disponible pour les plantes, a indiqué l'institut jeudi dans un communiqué.
Réseau de 44 stations
Les chercheurs ont intégré les données d'un réseau de 44 stations de mesure de l'humidité du sol installées dans toute la Suisse dans un modèle capable de calculer tous les flux d'eau entre le sol, les plantes et l'atmosphère.
"Il peut montrer comment les réservoirs d'eau du sol se remplissent et se vident en fonction des conditions météorologiques et de la consommation par les plantes", indique Katrin Meusburger, hydrologue au WSL et première auteure de cette étude publiée dans la revue Global Change Biology.
Estimer la consommation d'eau des arbres
Selon les chercheurs, la capacité maximale de stockage de l'eau des forêts suisses jusqu'à deux mètres de profondeur équivaut au volume du lac de Walenstadt. Les quantités sont toutefois réparties de manière très inégale selon les régions, pouvant varier jusqu'à un facteur dix.
L'un des objectifs de l'étude était d'estimer la consommation d'eau des arbres lors des étés secs de 2015 et 2018. "On pourrait penser que l'évaporation en forêt a aggravé les faibles niveaux d'eau dans les cours d'eau ou les nappes phréatiques. Mais ce n'est pas le cas", explique Katrin Meusburger, citée dans le communiqué.
Transpiration réduite
Les arbres ont réduit drastiquement leur évaporation (transpiration), de 23% en 2015 et de 28% en 2018 respectivement. Cela se fait au détriment de la croissance.
Lorsque les arbres passent en mode économique, les chercheurs parlent de déficit de transpiration. Le nouveau modèle permet de calculer ce paramètre. "Nous pouvons chiffrer l'ampleur de la sécheresse du point de vue de la plante et également la prédire", note Katrin Meusburger.
"Du point de vue des plantes, la sécheresse de 2018 a été pire que celle de 2015", dit-elle. La pénurie d'eau a duré de juillet à octobre, alors qu'en 2015, seuls les mois de juillet et août étaient critiques.
ats/hkr