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Alors il va tenter de rejoindre l'Angleterre. Il part les mains vides et la peur au ventre, confiant à la narratrice ce qu'il a de plus précieux : ses papiers et les dernières photos de sa mère, qu'il n'a pas eu le temps de développer.
Dominique Dussidour a pris le chemin inverse. Dans les années 70, elle émigre en Algérie : " Il s'agit pour nous, enseignants, de faire de la première génération après l'indépendance de jeunes citoyens sachant lire et écrire. " Son récit va et vient entre les deux rives de la Méditerranée. Elle tisse avec finesse le passé et le présent, entrecroise les personnages, les paysages, les sensations. Apparaissent sur son métier un petit garçon en gandoura blanche, l'oncle Kader qui aurait aimé voir une femme conduire une locomotive, le goût du gingembre et du cumin dans le tajine, les noyés du 17 octobre 1961, l'histoire de Marie et Mourad et la recette de la mauresque telle qu'on la servait dans les cafés d'Oran en 1910 ; plus près de nous, les migrants de la jungle de Calais, ceux qui, comme Nadjid, vont réussir à passer de l'autre côté et ceux qui échouent. Peu à peu, au fil des mots, apparaît le tissu d'une vie, puisque " maktub se traduit par "ce qui est écrit", par extension : le destin ".