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Même si je me considérais comme un spécialiste de la chose politique au moment où je suis sorti de l'Uni avec ma licence en Sciences politiques, je me suis rapidement rendu compte que je ne pouvais pas l'utiliser directement.
J'avais espéré que, arrivant auréolé de cette qualité à l'Est-Vaudois, je pourrais au moins couvrir les débats du Conseil communal, à défaut d'être le commentateur politique du journal. Celui-ci n'avait en fait pas de réelle rubrique politique, mais seulement deux journalistes expérimentés qui commentaient l'actualité lorsque cela paraissait nécessaire. Pierre-Alain Luginbuhl, le rédacteur-en-chef, couvrait le Conseil (il était de Veytaux, donc il ne risquait pas d'être considéré comme prenant parti pour l'un ou pour l'autre), et Michel Vuillommenet, le rédenchef adjoint, faisait des commentaires sur la politique vaudoise ou nationale à l'occasion.
En quittant le journalisme et en emménageant à Vevey, ma première préoccupation a été de me former à mon nouveau métier d'entraîneur. Je n'ai donc pas trop regardé l'actualité politique locale, enregistrant simplement la présence d'un syndic omnipotent (Jean Kratzer) correspondant assez bien à l'image qu'on m'avait donnée à l'Uni du Syndic vaudois à l'ancienne.
Fort heureusement, le VN avait comme Président André Modoux, qui était également député socialiste. Après quelques recherches, j'avais constaté que, au niveau local, c'était le parti qui me convenait le mieux. Au début des années 1980, je l'ai prié à plusieurs reprises de me faire parvenir un bulletin d'adhésion, mais il s'est produit ce qui se passe encore souvent aujourd'hui: ma demande s'est finalement perdue dans les sables. Ce n'est qu'en 1984 que, en prévision des élections en préparation, j'ai répété la même demande à un ami que je connaissais par le sport, Georges Bossel. Il était président du Club des lutteurs, et c'est par des contacts au sein de l'ASSV (Association des sociétés sportives veveysannes) que j'avais fait sa connaissance. Il était membre du PS et je lui ai demandé de me faire entrer au parti, ce qu'il a fait.
J'imaginais dans un premier temps que cette entrée serait discrète, et que je ne pourrais faire de la politique active que plus tard. Mais la section veveysanne du PS était en train de constituer sa liste pour les élections et j'ai été accueilli à bras ouverts. André Modoux s'est déclaré très optimiste, pensant que j'allais entrer immédiatement au Conseil et que je pouvais viser, ultérieurement, le Grand Conseil, où il aurait apprécié de me voir lui succéder.
J'ai donc participé à la campagne de 1985 et, à ma grande surprise, j'ai été élu au Conseil communal très confortablement. Cela a marqué le début de ma carrière politique active, à l'occasion de l'intronisation du nouveau conseil en décembre 1985.
J'ai fait ensuite successivement les législatures 1986-1989, 1990-1993, 1994-1997, 1998-2001. A mi-2000, Pierre Aguet a annoncé qu'il se retirait de manière anticipée de la Municipalité. J'ai été désigné par la section PS Vevey pour prendre sa succession, et je me suis lancé dans une campagne qu'on espérait tacite, mais qui m'a finalement opposé à celui qui incarnait à l'époque le Parti bleu, Patrick Maday. Au terme d'une campagne de bonne qualité, j'ai été élu à 65% environ et j'ai pris mes fonctions de Municipal en remplacement de Pierre Aguet le 1er janvier 2001. J'ai par la suite été réélu en automne 2001 pour la législature (prolongée à 4,5 ans en raison de la nouvelle Constitution) de janvier 2002 à juin 2006, puis j'ai accédé à la Syndicature en juillet 2006. En mars 20011, j'ai été réélu à cette fonction pour la législature juillet 2011-juin 2016.