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Roumanie Un ex-dirigeant communiste condamné à 20 ans de prison
Alexandru Visinescu, un ancien dirigeant de la Roumanie communiste a été condamné à 20 ans de réclusion.
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L'ex-commandant d'un des plus terribles pénitenciers de la Roumanie communiste a été condamné ce vendredi 24 juillet 2015 à 20 ans de réclusion. Ce procès était le premier du genre dans le pays, 25 ans après la chute du régime totalitaire.
Jugé depuis septembre pour «crimes contre l'humanité», Alexandru Visinescu, 89 ans, était accusé d'avoir soumis à un «régime d'extermination» les détenus politiques de la prison de Ramnicu Sarat (est). Le parquet avait réclamé 25 ans de réclusion contre Alexandru Visinescu
L'ancien officier, qui n'était pas présent au tribunal pour l'énoncé du verdict, n'ira toutefois pas en prison dans l'immédiat. Il a dix jours pour interjeter appel, ce qu'il va «très probablement faire», selon son avocate. Contacté par téléphone, l'octogénaire n'a pas souhaité commenter cette condamnation.
«Enfer du silence»
«Même si elle est tardive, cette condamnation représente une victoire morale pour les victimes de Visinescu», s'est de son côté félicitée Anca Cernea, dont le père et le grand-père avaient été enfermés à Ramnicu Sarat, et qui s'est constituée partie civile.
Au moins quatorze détenus politiques sont morts durant le mandat de Alexandru Visinescu, entre 1956 et 1963, dans cet «enfer du silence», où chaque prisonnier était enfermé seul dans une cellule et n'avait le droit d'adresser la parole à personne.
Isolement, froid, rations insuffisantes de nourriture, coups et sanctions terribles pour le moindre manquement à la discipline: le réquisitoire a dressé une longue liste de souffrances et d'humiliations auxquelles étaient soumis les détenus, des opposants au régime communiste.
Aucun regret
Durant le procès, Alexandru Visinescu n'a jamais exprimé de regrets ou demandé pardon aux victimes. Il s'est défendu en affirmant avoir simplement «obéi aux ordres» de ses supérieurs et respecté les lois en vigueur.
Plaidant l'acquittement, son avocate avait assuré qu'il n'y avait «aucune preuve quant à l'intention de l'inculpé d'infliger des souffrances supplémentaires par rapport à ce que prévoyait la législation» de l'époque.
Alors que certains analystes attendaient un «Nuremberg roumain», le procès a pâti du refus de Alexandru Visinescu de répondre aux questions ainsi que des difficultés à trouver des témoins directs. L'accusé a ainsi été confronté à une seule victime, âgée de 84 ans, dernier survivant parmi les anciens détenus politiques de Ramnicu Sarat.
«Je suis un peu déçu du déroulement de ce procès (...) mais le plus important c'est qu'il va créer un précédent en Roumanie», a commenté le directeur de l'Institut de recherche des crimes du communisme (IICCMER), Cosmin Budeanca.
Plus de 600'000 prisonniers politiques
C'est l'IICCMER qui avait demandé l'ouverture de poursuites contre Alexandru Visinescu et une trentaine d'autres tortionnaires présumés, sur la base de milliers de pages de témoignages et de documents reconstituant l'horreur du «goulag» roumain.
Un deuxième procès, visant un ancien commandant du camp de travail de Periprava (est), a commencé en avril à Bucarest. Au total, plus de 600'000 personnes - intellectuels, opposants politiques, officiers ou prêtres - ont été détenues en Roumanie sous le régime communiste, entre 1947 et 1989. (ats/nxp)
Créé: 24.07.2015, 13h13