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pour flûte, clarinette, cor et quatuor à cordes opus 8
Il y a des œuvres auxquelles la fortune sourit : ce fut le cas du Concertino pour trompette, orchestre à cordes et tambour op.6, écrit en 1945 et créé en 1946 par Hermann Gyger, l’Orchestre de Chambre de Laisanne et Victor Desarzens. Il a fait l’objet de plusieurs enregistrements commerciaux, dont celui, éblouissant, par Maurice André. Depuis 50 ans, il continue d'être joué dans le monde entier. En 1948, dans une hâte juvénile de reconnaissance, je dédiais au prestigieux chef vaudois un Septuor qui, paradoxalement, n’impliquait pas la présence obligatoire d’un chef. Contrairement au Concertino, après deux exécutions en 1964 et 1972, le Septuor, dont l’instrumentarium ne facilite pas sa mise aux programmes, retrouva le silence de mes archives et, depuis, joue la Belle au Bois dormant. C'est Olivier Theurillat qui se fit le Prince Charmant. Il me demanda si j‘avais à mon catalogue une œuvre de musique de chambre prévoyant de 5 à 10 musiciens. J’ai bien un Septuor - lui dis-je – mais... Bien que l’ayant prévenu que cette partition datait de plus d’un demi-siècle, il souhaita la lire et je lui fis entendre l‘enregistrement de 1972. Le Septuor emporta son adhésion et, de plus, s’insérait parfaitement dans le programme auquel figuraient des pages de Maurice Ravel et Francis Poulenc. Les Entractes du Mardi, sous la dénomination Musique et poésie françaises, m’offrirent la délicate attention de dédier le concert du 23 janvier 2003 à mon 85e anniversaire.
Le Septuor se compose de quatre mouvements dont les trois premiers furent écrits en avril et mai 1947 alors que j’étais pianiste de bar en duo au Casino du Rivage à Vevey, dernier engagement en cette qualité qui précéda mon entrée à Radio-Lausanne le 16 décembre de la même année. J’achevais le dernier mouvement à Lausanne le 24 mars 1948.
L’œuvre commence par un Prélude, empreint d’un romantisme tout intérieur ; suit une Ballade dont la thématique rythmique se profile tout au long du mouvement entrecoupé d’un court épisode plus calme. L’Interlude confie au quatuor à cordes en sourdine le rôle d'un écrin sonore sur lequel évoluent les instruments à vent dans un climat ravélien. Le Final expose par deux fois un motif de scherzo qui se poursuit par un fugato conduisant le discours à un intermède prétexte à des mini-cadences pour divers instruments. La clarinette puis la flûte reprennent la thématique du début en réintégrant le tempo initial. Je dis ma vive gratitude à tous ceux qui ont offert, à vous comme à moi, cet émouvant regard sur ma jeunesse. Rappelons que la création eut lieu le 24 novembre 1964 au Conservatoire de La Chaux-de-Fonds sous la direction de Robert Faller avec des musiciens de l'O.C.L. : Edmond Defrancesco, flûte, Robert Kemblinsky, clarinette, Jozsef Molnar, cor, Stéphane Romascano et Francis Zanlonghi, violons, Jean-Pierre Buvelot, alto et Guy-Claude Burger, violoncelle.