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Peut-être vivons-nous, ici, dans ce Paris de mars trente-neuf, les derniers jours du bon vieux temps européen.
Notice
Créé en 1826, Le Figaro est le plus ancien quotidien français encore en activité. Classée à droite, sa ligne politique est, selon les époques, libérale ou conservatrice. Dès le XIXe siècle, il ouvre ses colonnes à des écrivains. Marcel Proust y écrit fréquemment au début du XXe siècle. Cette tradition se maintient durant l’entre-deux-guerres, avec notamment François Mauriac, Jean Giraudoux et Georges Duhamel. N’acceptant pas la censure, le journal décide de cesser toute publication en 1942 et sera l’un des rares titres de la presse conservatrice à pouvoir reparaître à la Libération. Il défend alors les écrivains ex-communistes, comme Arthur Koestler ; Mauriac y signe de nombreux éditoriaux, et Raymond Aron y écrit plus de 2000 articles jusqu’en 1977.
Étroitement tributaire de la montée des périls dans l’immédiat avant-guerre, la collaboration de Denis de Rougemont au journal est inaugurée en 1939 par une série d’articles sur Hitler et l’Allemagne, repris plus tard dans le Journal des deux mondes et le Journal d’une époque. À fin de la guerre, Rougemont partage ses réflexions après le bombardement d’Hiroshima, qui seront consignées en 1946 dans ses Lettres sur la bombe atomique, éditées chez Brentano’s et chez Gallimard.
Bibliographie
- Claire Blandin, Le Figaro. Deux siècles d’histoire, Paris, Armand Colin, 2007.