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Même la Berne fédérale qui n'a d'yeux que pour Bruxelles a compris qu'une proposition claire et nette d'adhérer à l'UE serait massivement refusée en Suisse. Le Conseil fédéral s'efforce donc de miner à un tel point la souveraineté suisse par des voies insidieuses, c'est-à-dire par le biais du rattachement institutionnel aux structures UE, que finalement le peuple suisse considérera l'adhésion à l'UE comme un moindre mal par rapport au statut déshonorant d'une colonie sans droit de l'UE.
On entend par adhésion insidieuse à l'UE la stratégie de la majorité du Conseil fédéral, de l'administration fédérale et des tribunaux qui consiste, tout en évitant soigneusement une décision claire pour ou contre l'adhésion à l'UE, à provoquer par des faits accomplis contraignants l'intégration de la Suisse dans les structures de l'UE tout en minant progressivement la souveraineté nationale de notre pays. Le Conseil fédéral espère qu'en soutenant sournoisement et obstinément ce développement, il finira par provoquer quasi automatiquement une situation de contrainte dont la seule issue est l'adhésion pleine et entière à l'UE.
Les activistes de mai 68 propageaient une stratégie semblable pour imposer le "pouvoir des faits" en provoquant des "contraintes sociales".
Le procédé choisi par le Conseil fédéral passe par un " accord-cadre. Par cet accord, la Suisse se déclarerait prête face à l'Europe à accepter un rattachement institutionnel aux structures européennes. Le gouvernement mine ainsi volontairement, mais sans jamais l'avouer, la souveraineté de notre pays. La Suisse abandonnerait en effet son droit souverain de décider elle-même des lois en vigueur sur son territoire. Moyennant la reprise automatique du droit UE, elle s'abaisse pas à pas au rang d'un sujet ou d'une colonie de l'UE, donc à une position que le Conseil fédéral qualifie à juste titre de "déshonorante" et dont la Suisse ne pourrait échapper qu'en adhérant complètement à l'Union européenne.
L'obstination avec laquelle le Conseil fédéral poursuit cette ligne dans sa politique européenne est une violation grossière de la Constitution fédérale. La charte fondamentale de la Suisse charge en effet le Conseil fédéral de protéger la souveraineté de la Confédération.