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Quatre mois de Résidence dans un atelier
pour artiste à Sion (automne 2005), au Centre Culturel de
la Ferme-Asile, m'ont permis d'effectuer un tournant important
dans mon évolution artistique. Des projets mûris longuement
ont eu tout le temps nécessaire pour se mettre en forme.
Le mot est devenu l'élément
premier de mon expression: je l'ai découpé dans
un papier calque longuement travaillé et gravé de
minuscules signes, symboles, écritures que j’invente
ou que je vais puiser dans le foisonnement des cultures anciennes.
Puis j'ai cherché à amplifier la voix du poète,
en installant le poème découpé dans l'espace.
Je lui ai donné corps.
Espace, trou, vide s’allient à la parole qui se fait
légère telle une vague qui court sur le mur et s’en
détache comme une voile qui flotte dans l’air. Ainsi épinglé au
mur, ou suspendu, le poème est devenu matière
vibrante.
J'ai également découpé, dans
des radiographies, un poème intitulé «Douleur»,
du poète tchèque Vladimir Holan (1905-1985), pour créer
une sorte de grand «manteau suspendu», comme une membrane
de mots autour d'un corps imaginaire.
Au coeur de mon inspiration, cette phrase de Annick
de Souzenelle:
"Le Verbe entoure le monde
comme un manteau troué" in «Le symbolisme du corps humain»