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A sa mort en 1873, Charles II, duc de Brunswick, lègue sa colossale fortune à la Municipalité. Alors qu’une crise économique s’abat sur la planète, une pluie de diamants se déverse sur la ville : elle permettra d’éponger la dette, de construire des bâtiments, d’acheter des œuvres d’art, de paver des rues. Sans cette manne, Genève ne serait pas ce qu’elle est devenue.
Mais tout don exige une contrepartie. Charles demande qu’on lui érige un mausolée calqué sur un modèle véronais du XIVe siècle, dans un lieu « proéminent et digne ». Que penser de ces dernières volontés ? Qu’elles sont sans doute l’issue d’un combat personnel. Les biographes racontent que le duc, chassé de son trône à 26 ans, a passé sa vie à essayer de le reconquérir. A force d’être contrarié, le vœu se mue en désir d’éternité. Le mausolée se substitue au trône ; il en est l’équivalent funéraire, haussant la personne au-dessus du sol et de ses semblables. Le souverain déchu bénéficie ainsi d’un privilège inouï, celui de régner à jamais sur une ville dont il a infléchi le destin.
Prochain épisode : Foulé, refoulé
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