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Une quarantaine de citoyens britanniques pourrait bientôt saisir la justice de leur pays pour avoir été greffés avec des tissus humains qui auraient été dérobés aux Etats-Unis. Telle est l'information que vient de rendre public le cabinet d'avocats Irwin Mitchell. Ces personnes ont subi des greffes de fragments osseux prélevés sur plus d'un millier de cadavres parmi lesquels, dit-on, celui du célèbre présentateur de la BBC Alistair Cooke, décédé aux Etats-Unis à l'âge de 95 ans. Ces greffons étaient dérobés par une bande organisée dans des morgues de New-York avant d'être vendues à des sociétés spécialisées.Les greffes avaient pour principales indications des interventions sur l'articulation coxo-fémorale ou de reconstruction faciale. Un porte-parole du cabinet d'avocats Irwin Mitchell a indiqué représenter des personnes qui vont engager une action en justice contre des «organisations et des individus au Royaume-Uni et aux Etats-Unis.» Une enquête avait révélé l'an dernier que la société américaine Biomedical Tissue Services (basée dans l'Etat du New-Jersey et qui est accusée de ne pas avoir correctement vérifié l'identité des personnes sur lesquelles ont été effectués les prélèvements d'organes) a exporté 82 «unités» de matières osseuses vers la Grande-Bretagne.Selon les autorités sanitaires britanniques, 25 hôpitaux du pays ont eu recours à ces matériels biologiques subtilisés. Elles ont souligné que les risques de contamination des receveurs par des agents infectieux comme le VIH ou le tréponème de la syphilis étaient négligeables. «Pour l'heure, nous ignorons tout simplement le nombre de personnes qui ont été traitées avec ces matières osseuses», a précisé Me Clive Garner, membre du cabinet Irwin Mitchell.En cinq ans, les membres du trafic auraient prélevé différents types de tissus biologiques (os, ligaments, valves cardiaques, etc.) sur 1077 cadavres ; ces tissus étaient ensuite vendus à des sociétés spécialisées dans les transplantations pour des opérations à travers le monde. Après prélèvement, les os étaient remplacés par des tubes en plastique. Un fémur masculin ou féminin était facturé 500 dollars jusqu'à 65 ans, 350 entre 66 et 70 ans. Pour le tibia on était respectivement à 400 et 275 dollars et pour une crête iliaque à 400 et 215 dollars. Au-delà de 70 ans tout était cédé à 100 dollars. Selon le chef de la police new-yorkaise «l'équipement utilisé, le masque, les gants, les instruments de chirurgie étaient jetés dans les corps avant les sutures. Le cerveau de ce réseau a été identifié : il s'agit de Michael Mastromarino, un ancien dentiste du New-Jersey. Il travaillait en liaison avec différentes entreprises de pompes funèbres de New York. Il reste aujourd'hui à prendre l'exacte mesure internationale de ce trafic et à savoir si les autorités sanitaires des différents pays concernés informeront ou pas, ne serait-ce qu'à cause de possibles complications infectieuses, les personnes concernées. Affaire à suivre.