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Une chance historique pour le centre
La formule magique a été établie en 1959 – un moment de gloire pour la Confédération moderne, qui avait alors réussi à inclure tous les partis importants dans la responsabilité gouvernementale.
L’un des motifs de cette décision était la nécessité de développer de grands projets d’infrastructures. Le pays avait besoin d’un nouvel élan. Par exemple, dans les années d’après-guerre, le réseau routier et la protection des eaux n’avaient pas été suffisamment modernisés pour répondre aux besoins de l’économie et de la population. Le monde politique réalisait alors que ces problèmes de taille ne pourraient être résolus qu’en incluant toutes les forces principales en présence. Celles-ci furent donc réunies afin de faire front commun.
La concordance a rendu possible la réalisation de ces ouvrages indispensables, mais elle a également apporté une grande stabilité à la Suisse durant des décennies, contribuant ainsi de manière significative à la richesse actuelle de notre pays.
Les alliances gauche-droite au sein du Conseil national ont dominé le débat sur certaines questions importantes, empêchant des solutions de voir le jour.
Le facteur décisif de cette cohésion politique sur des questions fondamentales a toujours été un centre fort. Plus le centre est fort, plus le pays est stable.
Le nombre de sièges occupés par les partis du centre au Conseil national a oscillé de manière très régulière entre 114 et 116 dans les années 70 et 80. En 1991, il a chuté à 100. Lors des dernières élections au Conseil national, le PDC, le PLR, les Vert’libéraux, le PBD et le PEV n’ont obtenu, ensemble, que 82 sièges à la Chambre basse du Parlement. Le centre faiblit.
Les alliances gauche-droite au sein du Conseil national ont dominé le débat sur certaines questions importantes, empêchant des solutions de voir le jour. Je pense par exemple à la tentative, il y a quelques années, de prendre enfin en main la réforme de l’AVS. La dernière tentative en date pour une révision encore plus essentielle de notre prévoyance vieillesse risque de connaître le même sort.
En outre, le centre est fragmenté, ce qui péjore sa force de frappe. En parallèle, le risque que les «franges» des différents partis centristes cèdent aux appels du pied provenant de leur gauche ou de leur droite croît.
Nos relations avec l’étranger sont devenues compliquées, et ce n’est qu’en renforçant notre cohésion que nous parviendrons à appréhender ces questions complexes.
Dans ce cadre-là, le PDC et le PBD ont la possibilité de faire un pas en direction d’une meilleure cohésion du centre. Il s’agit là d’une chance historique que, dans l’intérêt de notre pays, nous ne pouvons pas laisser passer. Une fusion des deux partis n’est pas indispensable, chacun peut continuer à exister. Cependant, au niveau de la Confédération, une fraction commune doit être envisagée. Les différences entre les deux partis sur le plan politique sont à peine visibles à la loupe. Une fraction commune renforcerait toutefois notre capacité d’action et notre force de frappe – dans l’intérêt de la Suisse.
Nous nous trouvons aujourd’hui face au plus grand défi de l’après-guerre. Nos relations avec l’Union européenne doivent être clarifiées. Quelles que soient les solutions que nous trouverons, elles nécessiteront une grande cohésion, qui ne peut être atteinte que si le centre est fort. L’«Alliance du Centre» envisagée doit ainsi être également ouverte à d’autres groupements dans une prochaine étape.
Le PDC 60+ du PDC Suisse salue par conséquent toute action permettant d’atteindre ce but.