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L’incidence de l’échinococcose est en augmentation en Suisse, très probablement en relation avec la prolifération des renards observée en zones urbaine et rurale. Avec 96 nouveaux cas signalés entre 2001 et 2005, c’est malgré tout une affection rare, l’homme n’étant pas un hôte naturel du parasite.
L’échinococcose alvéolaire humaine est une infection due à un parasite, le ténia Echinococcus multilocularis, que l’on rencontre principalement chez le renard, plus rarement chez le chien et le chat. En Suisse, env. 30% des renards sont infectés par E. multilocularis. Au stade adulte, le ténia parasite l’intestin grêle du renard. Ce dernier va contaminer l’environnement avec les œufs de E. multilocularis qui, éliminés avec les selles, se déposent sur les plantes, les légumes, les fruits, les champignons et la terre. L’infection humaine est due à l’ingestion d’aliments contaminés par des excréments de renards, chiens ou chats, ou après contact direct avec un animal infecté. L’infection touche principalement le foie, occasionnellement d’autres organes, avec formation de kystes et envahissement progressif des tissus. Les premiers symptômes sont la plupart du temps atypiques, ce qui entraîne souvent un retard de diagnostic.
Le traitement repose sur la chirurgie et les médicaments antiparasitaires. Une résection complète de la lésion est possible dans 25 à 35% des cas. Un traitement antiparasitaire est prescrit à tous les patients, en principe pendant deux ans après une chirurgie curative et à vie dans les autres cas. L'albendazole est administré de manière continue à raison de 10-15 mg/kg/jour en deux doses prises avec un repas comprenant une source de graisses pour une biodisponibilité optimale. En cas d’intolérance, le mébendazole (40-50 mg/kg/jour) peut être prescrit. Le traitement antiparasitaire permet une stabilisation des lésions dans la majorité des cas, mais rarement une régression.
Dans ces conditions, la prophylaxie prend toute son importance et repose sur les mesures suivantes:
_Protéger les potagers contre les incursions des renards
_Laver ou préférablement cuire les aliments (crudités, légumes, baies des bois) issus de la cueillette en forêt ou de potagers non protégés. Les oeufs d’échinocoque résistent à la congélation à -18°C.
_Utiliser des gants pour cultiver la terre et laver systématiquement les mains après contact avec un animal
_Ne pas mettre les crottes de renard dans le compost
_Ne manipuler les dépouilles de renards qu’avec des gants et les transporter dans des sacs en plastique.
_Vermifuger régulièrement les chiens et chats susceptibles de consommer des rongeurs infectés.
Source:
_Revue Médicale Suisse no340/2012/p989 Echinococcose : la menace du renard urbain