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Critique
"Voilà un film qui nous réconcilie avec le cinéma américain. Mais il faut vite ajouter qu'il s'agit là d'un cinéma indépendant, bien éloigné de la séduction des effets spéciaux, du high-tech, de l'action rapide et saccadée... MILWAUKEE marche d'un pas calme, comme son héros Albert, un pêcheur un peu spécial qui entend les poissons parler sous la glace, en hiver, ce qui est une véritable chance si l'on veut devenir champion de pêche. Mais voilà: à 20 ans, sa mère l'accompagne encore dans les concours où il gagne d'ailleurs des sommes colossales en trustant tous les prix. A partir de là le cinéaste Allan Mindel imagine une suite de petits événements parmi lesquels la rencontre d'Albert avec Tuey, une jeune femme flanquée d'un frère hypocondriaque, de Jerry, qui veut se faire passer pour son père pour le détrousser. Albert (""Tu portes le même prénom qu'Einstein"", lui fait remarquer Tuey) se révélera être en effet beaucoup moins sot qu'on ne l'imaginait. Son bon sens, sa générosité et un peu de roublardise par-ci par-là lui permettront de traverser l'existence.
On succombera sans doute au charme de ce conte hivernal. Vêtu de sa combinaison en doudoune rose, les oreillettes de son bonnet de fourrure au vent, il s'en ira pêcher tout seul, tirant sa luge sur le tapis blanc du lac gelé, dans une dernière image, sublime et inattendue."
Antoine Rochat