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Nabil Ayouch, fils d’une mère juive française d’origine tunisienne et d’un père musulman marocain, est le frère du réalisateur Hicham Ayouch. Avec Razzia, il nous entraîne à Casablanca, entre le passé et le présent, suivant cinq destinées qui sont reliées sans le savoir. Différents visages, différentes trajectoires, différentes luttes mais une même quête de liberté. En arrière-fond, le bruit d’une révolte qui gronde. Les personnages de Razzia ne parlent pas tous la même langue. Ainsi, Hakim s’exprime dans un arabe de tous les jours, un argot de rue tandis qu’Inès, qui grandit dans un quartier riche, ne s’exprime qu’en français. Pour le réalisateur,
la langue est à la fois une barrière, une frontière et un marquage. Ces personnages sont marqués, dans une diversité, par une langue qui les définit.
D’ailleurs, Nabil Ayouch, qui parle plusieurs langues, passe une partie de son enfance à Sarcelles, une cité métissée du Val-d’Oise. Après 2012, il s’implique à Sidi Moumen, dans la banlieue de Casablanca, pour y développer un centre culturel sur le modèle de la MJC de son enfance. Après des cours de théâtre et de mise en scène chez Sarah Boréo et Michel Granvale, Nabil Ayouch débute comme assistant-réalisateur et réalise à partir de 1992 des spots publicitaires. Il tourne ensuite trois courts métrages : Vendeur de silence, Hertzienne Connexion, tous deux plusieurs fois primés dans divers festivals internationaux, puis Les Pierres bleues du désert, avec Jamel Debbouze. En 1997, il réalise son premier long métrage, Mektoub, qui réalise un record historique au box-office marocain avec plus de 350 000 entrées et qui est présélectionné en 1998 pour représenter le Maroc aux Oscars. En 2000, il tourne son deuxième long métrage, Ali Zaoua prince de la rue, qui remporte un énorme succès, plus d’une quarantaine de prix et une nouvelle présélection pour les Oscars. Entre 2000 et 2003, il crée le Prix Mohamed Reggab qui récompense les meilleurs scénarios et produit huit premiers courts métrages de jeunes talents. En 2001, il produit des séries pour la télévision marocaine et cofonde le GARP (Groupement des auteurs réalisateurs producteurs). En 2002, il participe pour Arte à la collection « Masculin / Féminin » en réalisant Une minute de soleil en moins. En 2003, il fonde la Coalition marocaine pour la diversité culturelle. En 2005 il crée « Film Industry Made in Morocco », avec lequel il produit trente longs métrages. Il fonde ensuite, avec le soutien de l’Union européenne, Meda Films Developpement, structure accompagnant producteurs et scénaristes des dix pays de la rive sud de la Méditerranée en les aidant à développer leurs projets. En 2008, Nabil Ayouch est membre du premier collège de l’avance sur recettes du Centre national de la cinématographie (CNC) et réalise son troisième long métrage, Whatever Lola Wants, Grand Prix du Festival national du film à Tanger, et distribué dans plus de 30 pays . En 2009, Nabil Ayouch met en scène le spectacle de clôture du Forum économique mondial de Davos, en Suisse. Il lance la même année le projet « Images pour tous », qui a pour objet de créer des salles de cinéma numériques (10 en 2009) dans le monde rural et périurbain. Il réalise en 2011 un film intitulé My Land. En 2012, son film Les Chevaux de Dieu est sélectionné à Cannes dans le cadre de la section Un Certain Regard et remporte par ailleurs le Prix François-Chalais. En 2015, son film Much Loved, est sélectionné à Cannes. Il fait l’objet d’une interdiction de projection au Maroc, énoncée par le gouvernement, accompagné par le Parti pour la justice et le développement (PJD), parti traditionnel et musulman conservateur, car il est jugé comme portant atteinte à l’image du Maroc et de la femme marocaine. Il fait l’objet d’une grosse polémique qui divise la population. Ce film remporte deux prix au festival du film francophone d’Angoulême.
Nabil Ayouch co-écrit avec sa compagne Maryam Touzani le film Razzia sorti en 2017, dans lequel son épouse est pour la première fois actrice interprétant Salima, l’un des rôles principaux. La ville de Casablanca représente un personnage à part entière dans Razzia. Le réalisateur, qui est né à Paris et a grandi à Sarcelles, n’avait pas vraiment de point d’ancrage à Casablanca jusqu’à ce qu’il décide de s’y installer à l’âge de trente ans.
Rencontré au Café Babel au Théâtre Pitoëff, à Genève, à son arrivée au FIFDH pour présenter son film (voir critique faite durant le Festival du film historique de Pessac) et conserver avec les spectateurs, venus nombreux, après la projection:
Firouz E. Pillet
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