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Les rayonnements ionisants – même à faibles doses – provoquent divers troubles de santé. Des études menées après l’accident de Tchernobyl, en 1986, ont montré que le rapport entre garçons et filles, la sex-ratio (SR, garçons par rapport aux filles ; en anglais Sex Odds, SO) des naissances vivantes était augmenté, en particulier dans les zones les plus gravement contaminées. Il y a plus de 10 ans, une telle augmentation de la SR a également été démontrée à proximité des centrales nucléaires et d’autres installations telles que les dépôts de déchets nucléaires ou les réacteurs de recherche – également en Suisse. Un lien avec les émissions de radio-isotopes dans l’environnement, qui est également fréquent lors du fonctionnement normal de ces centrales, semble évident. L’article (1) publié fin décembre 2020 par H. Scherb, Munich, a considéré un incident survenu à la centrale nucléaire de Leibstadt (KKL) le 31. 8. 2010, lors d’une révision de six semaines, comme une occasion de comparer la SR des naissances vivantes de 2011 à 2019 (période B, total 530 naissances) avec celle des neuf années précédentes (période A, 2002 à 2010, total 467 naissances). L’événement était un accident de catégorie INES-2 avec une émission accrue de radiations dans l’environnement. Les naissances dans les cinq communes de Leibstadt, Full-Reuenthal, Schwaderloch, Leuggern et Koblenz, qui se trouvent toutes dans un rayon de 5 kilomètres de la centrale, ont été analysées. La sex-ratio de ces naissances a également été comparée à celle de la moyenne suisse durant les périodes A et B. Cette dernière valeur de SR est d’environ 1,06, ce qui signifie qu’en Suisse on observe environ 106 naissances de garçons pour 100 naissances de filles. Cependant, l’analyse des 530 naissances de la période B dans les cinq municipalités proches de la centrale de Leibstadt a mis en évidence une SR de 1,465 ! Cette constatation va à l’encontre des lois de la nature, car elle signifie qu’au cours de la période B, on n’a observé qu’environ 2 naissances de filles pour 3 naissances de garçons. L’observation de l’augmentation très nette du nombre de garçons peut être attribuée, de façon démontrable, à une réduction relative des naissances de filles (et non à une augmentation des naissances de garçons). Exprimé en chiffres absolus, il y a donc eu, dans la période B, depuis l’incident à Leibstadt en 2010, un déficit calculé d’environ 80 à 100 filles dans les cinq municipalités les plus proches. Dans la commune de Leuggern, qui se situe exactement entre la centrale nucléaire de Beznau et celle de Leibstadt, on ne compte même plus qu’une seule naissance de fille pour deux garçons, ceci en moyenne depuis 2011. Des résultats extrêmes du même ordre n’ont été observés jusqu’à présent qu’à proximité du dépôt de déchets nucléaires de Gorleben (D). Ce résultat très inquiétant sur le plan médical est conforme aux observations internationales de ces dernières années. Une autre cause que les radiations ionisantes provenant des installations nucléaires mentionnées semble peu probable. Dans le cadre de la discussion sur la construction d’un dépôt nucléaire en Suisse, l’association très significative d’une sex-ratio nettement plus élevée à proximité des installations nucléaires doit être particulièrement prise au sérieux.
Bibliographie: (1) Scherb H (2020) The Human Secondary Sex Odds in the Vicinity of the Nuclear Power Plant Leibstadt in Switzerland, 2002 to 2019. J Womens Health Care Management, Volume 2:1. 113. Download pdf