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James Rushford (AU, 1985)
Période de résidence: février – avril 2020 et février – mars 2022
À La Becque, j’ai entamé deux projets : Go Waves Between, œuvre électro-acoustique sur les ombres acoustiques, et une recherche écrite sur l’ombre musicale. En raison de la crise inattendue du Covid-19, j’ai malheureusement dû couper court à ma résidence à mi-parcours et les deux projets n’ont donc été que partiellement achevés. J’aimerais définir ici les éléments qui ont été terminés, ainsi que mes plans futurs pour ces projets.
Go Waves Between a légèrement changé dans sa forme. De pièce radiophonique, le projet est devenu pièce de concert, même s’il comprend les trois phases originales prévues : une recherche sur l’ombre acoustique dans des environnements naturels et urbains, une partition pour l’Ensemble Vortex et un enregistrement / une articulation de textes et de musique électronique. Les deux premières phases de ce projet ont fait l’objet d’une première ébauche (voir la partition et une esquisse de composition électronique en pièce jointe), mais les phases d’enregistrement et de présentation n’ont pas encore pu être réalisées. Nous sommes en discussion en ce moment avec l’Ensemble Vortex afin de reporter ces phases à une date ultérieure cette année, date à laquelle les éléments électroniques et textuels pourront être complétés.
La deuxième partie de ma résidence devait être consacrée à mes recherches écrites. Malheureusement, je n’ai pu rédiger le brouillon que d’un seul chapitre durant la période passée à La Becque. Je termine en ce moment ce travail de recherche en Australie.
Par ailleurs, la musique électronique de Go Waves Between a donné lieu à un album solo, en grande partie ébauché à La Becque, que je suis en train de terminer en ce moment en Australie.
Ma deuxième période de résidence fut consacrée à la création d’un nouvel album solo pour orgue, piano, instruments électroniques et voix transformées. Il a été réalisé avec le piano et la station audionumérique du studio de La Becque, ainsi qu’avec l’orgue de l’église de la Tour-de-Peilz.
L’album s’articule autour de l’image d’une « valse-hésitation » (traditionnellement une valse du 19e siècle composée d’une pause et d’un glissement). Cette image a été explorée gestuellement dans la composition et l’interprétation, comme une délectation/suspension des moments, et la structure de la valse a trouvé un écho dans les formations d’instrumentation en trio (orgue/voix/électronique et piano/voix/électronique) de l’album. La composante vocale de l’album a été réalisée en collaboration avec le collectif curatorial berlinois Anorak (Johanna Markert et Lukas Ludwig), considérant l’hésitation comme un acte de résistance à la fois social et corporel.
L’interprétation vocale du texte a impliqué divers processus d’hésitation par le biais d’une traduction codifiée et d’interactions rythmiques avec les autres instruments. Une ébauche de l’album a été présentée aux Open Studios de La Becque, et a été achevée peu après la période de résidence. — James Rushford
James Rushford est un compositeur-interprète australien dont le travail s’inspire de la musique concrète, improvisée et avant-gardiste. En tant que compositeur, il a notamment reçu des commandes du BBC Scottish Symphony Orchestra à Glasgow, du Melbourne Symphony Orchestra et du Neon Ensemble à Oslo. En tant qu’interprète, il s’est produit au STEIM Institute d’Amsterdam, à l’Issue Project Room de New York et aux Instants Chavirés de Paris, et a collaboré avec des artistes sonores tels qu’Oren Ambarchi, Kassel Jaeger, Graham Lambkin et Tashi Wada.