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Faut-il imposer le jeûne absolu à une femme en fin de grossesse qui a atteint les phases du travail ?
Aujourd’hui la question ne se pose généralement pas : la plupart des équipes obstétricales suivent les préceptes préventifs issus des travaux – c’était au lendemain de la Seconde Guerre mondiale – du Dr Mendelson, obstétricien et cardiologue américain et tout particulièrement de la description du syndrome qui, depuis, porte son nom et qui désigne les atteintes pulmonaires secondaires à l’inhalation du contenu gastrique. Cette interrogation est au centre d’une publication de la Cochrane Systematic Review (Cochrane Database Syst Rev 2010;1: CD003930). Face au risque obstétrical de survenue d’un syndrome de Mendelson (et compte tenu, peut-être, de l’émergence d’une forme de «démédicalisation» relative de l’accouchement), les auteurs observent que les mentalités commencent à évoluer et que dans de nombreuses maternités, en particulier au Royaume-Uni, les parturientes sont désormais autorisées à boire et à manger durant le travail.
Cette recherche qui a porté sur un total de 3130 femmes conclut en substance ne retrouver aucune preuve de l’existence de risques (ou de bénéfices) associés au fait de s’alimenter ou de boire (à volonté ou de manière restrictive) par rapport au jeûne systématique. Il n’y aurait donc aucune justification à imposer le jeûne durant le travail, du moins chez les femmes présentant de faibles risques de complications pouvant nécessiter le recours à une anesthésie générale. Les auteurs précisent ne pas avoir trouvé dans la littérature une évaluation du danger qu’il pourrait y avoir à ne pas respecter le jeûne en cas de risque plus élevé. Aussi estiment-ils que des travaux complémentaires sont nécessaires avant que des recommandations puissent être formulées.