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Il y a moins de trois ans, le nombre de femmes occupant la plus haute fonction politique de leur pays atteignait un record : dix-huit femmes chefs d’État. Contre seulement huit aujourd’hui.
Pour arriver à ces chiffres, The Washington Post explique avoir recueilli les données de “chaque candidat ou parti politique ayant obtenu au moins 5 % de suffrages lors d’une récente élection multipartite au plus haut poste du pays (président, Premier ministre, chancelier, etc.)”. Les résultats de plus de 350 partis et candidats ont ainsi été comptabilisés, à travers 105 élections présidentielles et parlementaires depuis janvier 2014.
Sur la totalité de ces élections, vingt-huit comprenaient une candidate ou un parti politique dirigé par une femme. Elles se sont soldées par cinq victoires féminines seulement. “Dans le monde entier, les citoyens n’ont plus élu directement une femme à la tête de leur pays depuis le Premier ministre norvégien Erna Solberg en septembre 2013”, indique le quotidien.
Pourquoi gagnent-elles moins d’élections ?
Dans certains cas, la défaite des candidates s’explique par le poids politique plus important de leur adversaire masculin, par exemple lorsqu’elles sont à la tête de mouvements plus petits ou marginaux. D’autres concurrentes sérieuses, en revanche, ont perdu de justesse ces dernières années face au succès inattendu des “outsiders politiques”.
“La montée d’outsiders populistes peut désavantager les candidates car ces mouvements avancent des positions plus conservatrices sur les droits des femmes, tout en dénigrant l’importance de l’expérience politique traditionnelle”, poursuit The Washington Post. En se portant candidat à la plus haute fonction de l’État sans expérience au sein de l’establishment politique, ces hommes politiques populistes sapent les chances de victoire de nombreuses candidates qui travaillent durant des années à la construction de leur carrière technocratique.
À l’aune de cette année 2017, 95 % des chefs d’État dans le monde sont des hommes.
Article du Courrier International
http://www.courrierinternational.com/article/egalite-des-sexes-le-nombre-de-femmes-dirigeantes-sest-effondre