Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07272.jsonl.gz/286

le temps
Les autres partis doivent annoncer la couleur!
Nous nous trouvons actuellement dans une phase politique difficile. L'économie se porte extraordinairement bien, les impôts rapportent gros à la caisse fédérale, mais la prudence en matière de dépense
Nous nous trouvons actuellement dans une phase politique difficile. L'économie se porte extraordinairement bien, les impôts rapportent gros à la caisse fédérale, mais la prudence en matière de dépenses que manifestaient encore il y a peu la plupart des partis a quasiment disparu - sauf auprès de l'UDC et de quelques rares autres parlementaires. Aujourd'hui, même des conseillers aux Etats, habituellement plutôt prudents, se lancent dans des aventures financières quand il s'agit de vaches sacrées comme la formation ou les transports publics. Mais une simple augmentation des crédits est-elle réellement efficace - ou ne s'agit-il pas avant tout d'un moyen d'attirer l'attention du public, des médias et de ses propres électeurs?
"Politique financière rigoureuse, oui, mais pas en une année électorale"
Alors que la majorité bourgeoise était encore prête au début de cette législature à mettre en œuvre deux programmes d'allègement budgétaire et à adopter des propositions d'économie lors des débats budgétaires, la situation a fondamentalement changé depuis cette année. Il faut dire que nous sommes en période électorale! Et dans cette situation il n'est pas facile de pratiquer une politique financière rigoureuse. Il est beaucoup plus populaire de promettre tout et n'importe quoi aux citoyens et de laisser la prochaine génération de parlementaires effacer l'ardoise dans une situation économique sans doute moins florissante. Cela dit, cette ardoise ce sont en fin de compte les contribuables qui l'effacent.
A ce problème traditionnel des périodes électorales s'ajoute cette année le fait que la bonne situation économique fait déborder les caisses des pouvoirs publics. La situation est exactement la même que dans une entreprise: les périodes de bonne conjoncture économique ne sont pas les plus difficiles; ce sont les années où l'économie est favorable, car elles comportent le risque de la paresse et de l'extension d'activités onéreuses. On se félicite de ses propres prouesses financières alors qu'en réalité tout le mérite revient à la bonne conjoncture économique.
La situation devient particulièrement grave quand la majorité du Parlement se sent poussée par cette bonne situation financière à faire des promesses électorales. Cela dit, cette attitude est en partie compréhensible. On ne peut pas en dire autant d'un ministre des finances qui défend personnellement le laisser-aller financier et va même jusqu'à l'annoncer à la radio. Toutes les sonnettes d'alarme se mettent alors en marche. Pourquoi le ministre des finances ne veut-il même pas respecter le plafond de réduction de 700 millions de francs alors que les recettes supplémentaires font moins que cette somme?
Quand pourra-t-on alléger la dette de la Confédération sinon en une bonne période conjoncturelle comme c'est le cas actuellement alors que la Confédération bénéficie de fortes rentrées ordinaires et de recettes extraordinaires provenant des ventes d'actions d'entreprises fédérales? Existe-t-il le moindre espoir pour que la politique fédérale s'en tienne aux conditions financières fixées par le Conseil fédéral - augmentation des dépenses fédérales de 3% d'ici à 2015 et plan d'assainissement de 8 milliards de francs - si le gouvernement lui-même s'en écarte en prétextant la bonne situation économique? Certainement non.
Des situations extraordinaires exigent des mesures extraordinaires
Fort de ce constat, le groupe parlementaire UDC a décidé lors de sa séance du 12 juin dernier de demander une session extraordinaire sous le titre de "Baisse des impôts pour tous". Les citoyens doivent avoir la possibilité avant les élections de connaître les positions des partis sur une question centrale touchant l'Etat, à savoir s'ils sont prêts à assainir les finances fédérales. Comment veulent-il assainir les finances et quand veulent-ils le faire sinon aujourd'hui?
Le laisser-aller financier doit être combattu. Il y a un bon moyen pour cela: retirer les moyens financiers à un Etat qui refuse de rembourser ses dettes. Ainsi, la pression en faveur de l'assainissement financier reste entière.
Nous demandons qu'une session extraordinaire soit fixée un après-midi libre de la prochaine session parlementaire d'automne. Ce procédé permet d'éviter dans une large mesure des coûts supplémentaires. Les citoyennes et les citoyens pourront ainsi constater quels partis politiques respectent la discipline financière et quels autres s'en moquent. Les autres partis doivent annoncer la couleur - avant les élections!
En tant que président de l'UDC, je pose aux autres partis politiques la question-clef: voulez-vous assainir les finances fédérales et réduire la dette ou voulez-vous une expansion de l'Etat comme dans les fatidiques années nonante? Les autres partis veulent-ils faire participer ou non les citoyens à la bonne conjoncture économique en réduisant la TVA? Il faut que les citoyens aient des réponses à ces questions avant le 21 octobre 2007.