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23/02/2017
CEUX QUI ARPENTAIENT LES RUES-BASSES (1)
Qui se souvient de la dame âgée au regard insoutenable, tenant dans son sac, un chat noir, aux yeux tout aussi farouches? Elle se trouvait souvent devant le "Grand-Passage".
Et celle qui vendait des bouquets de violettes, munie d'un fichu? Mes copains ados disaient qu'elle était un indic! C'était mystérieux!
Et ce couple d'environ 80 ans qui ne se lassait pas de s'habiller en vedette, tirés à quatre épingles, trottant menu sur le macadam. Leur surnom: les mannequins.
Et le dernier ramoneur de la loterie romande, mince comme un fil et joyeux comme un luron? Son chapeau claque nous remontait le moral.
Et le vendeur de la Tribune qui criait toutes les minutes "La Tribune!" en s'éraillant la voix. Habillé de noir, avec une casquette effrayant les enfants (sauf ma soeur qui lui donnait le bonbon reçu de l'épicière!) il était tordu par les rhumatismes mais ne loupait aucun jour de la semaine.
Et la dame au vélo, dont le cadre s'enrichissait de fleurs, qui portait un châle de Carmen, la belle bohémienne?
Et par-dessus tous ces personnages, les marquises des magasins nous protégeaient de la pluie et nous permettaient de dévisager les passantes pour noter quelles étaient les plus belles. Marquises autrefois en bois, qui s'étaient embellies depuis le temps du Moyen-Âge....