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Le dessin monumental Les Pommiers ou Indécente Forêt
regroupe vingt extraits d’œuvres anciennes - de Jacob de Baker, Abraham Boemaert, Jérôme Bosch, Jan Brueghel l’ancien et Pierre Paul Rubens, Lucas Cranach l’ancien, Gustave Doré pour John Milton, Albrecht Dürer, Charles Gleyre, Cornelis van Haarlem, Michelin Di Matteo Lambertini, Andrea Mantegna, Michel-Ange, John Martin, Jacob Mathau, Marcantonio Raimondi et Erastus Salisbury Field - qui évoquent toutes le Jardin d’Eden, le mythe d’Adam et Eve et le péché originel.
Dans cette composition, l'artiste Didier Rittener (Lausanne, *1969) a choisi de garder que les représentations d’un seul élément : le pommier, généralement considéré comme l’arbre principal du Jardin d’Eden.
L’ensemble de ces arbres extraits de leur décor forme ici une nouvelle image, constituée de fragments de l’histoire de l’art, alliant librement le pommier de la fresque de Michel-Ange Le péché originel et le bannissement du Jardin d’Eden
(1508-1512, plafond de la chapelle Sixtine) et l’arbre du Jardin des délices
de Jérôme Bosch (1503) à d'autres oeuvres majeures.
Artiste co-fondateur de l'espace d'art lausannois Circuit
, auquel le Musée Jenisch avait donné une Carte Blanche en 2005
, Didier Rittener enseigne à la HEAD-Genève
.
Ce dessin est présenté pour la première fois et exposé en miroir de Rewind
, la première fiction imaginée par Federica Martini, avec qui l’artiste collabore depuis 2009.
Pour son texte, la curatrice, chercheuse et enseignante à l’ECAV
a pris comme point de départ un sujet qui occupait ses recherches au moment de l’invitation : les archives sonores que le professeur de zoologie et botaniste turinois Michele del Lupo -
auteur d’un livre sur les méthodes de production de la pomme artificielle suivant le savoir-faire de Francesco Garnier Valletti
(1808-1889) - enregistrera à l’attention de sa fille Minerva
et que celle-ci transcrira en 1944.
Federica Martini convoque, par le biais de l’écrit, une polyphonie de voix (de deux pères et leur fille) portant au centre du récit les notions d’immatérialité du son, de transmission orale et de filiation. Complétant les faits manquants par la fiction, l’auteure propose ainsi un écho indirect, à la fois subjectif et intime au dessin exposé. Son texte est traversé, par touches, par quelques références aux représentations de pommes dans la peinture classique.
Le livre est disponible dans la salle d'exposition.