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Ces réflexions, axées sur 10 thèmes indiqués ci-dessus, forment un ensemble.
Chaque thème est revu au fur et à mesure que les réflexions progressent: ainsi contrairement au contenu d'un livre par exemple, ces réflexions sont évolutives.
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PLAN
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Définitions.
Exemples
Sommaire
Explications
Ce plan en 4 chapitres est le même pour chaque thème.
DEFINITIONS
Spéculation:
porter un regard sur notre propre activité, comme si nous étions un autre. Etymologiquement : mise en miroir (speculus).
Spéculation financière:
anticiper les réactions et activités d'autrui en se mettant à sa place dans l’espoir de gagner de la monnaie. C'est l'objet du présent thème.
Valeur
: mesure de la satisfaction du besoin d'autrui.
EXEMPLES DE SPECULATION
. J'achète une action et je crois que beaucoup de gens vont chercher à l'acquérir. J'attends que sa valeur monte pour la revendre.
. J'achète une maison à un endroit va devenir à la mode, je la revends quand le prix les maisons a augmenté.
. Je possède 500 millions d'euros et j'en dépense 250 000 par an, j'ai de quoi vivre pendant 2 000 ans, mais j'essaie quand même d'avoir plus de monnaie
SOMMAIRE
1 .La spéculation-mythe (croyance irrationnelle partagée)
2 .La spéculation-mimétisme(chacun se situe par rapport à l'autre)
3 .La spéculation crée et détruit de la monnaie
4 .Spéculation à court et long terme: terme de plus en plus court
5 .Evolution: Pas de réforme structurelle de la spéculation mais des adaptations pragmatiques.
EXPLICATIONS
1 - La spéculation-mythe
La spéculation est mythe
par ce que lorsqu'on qu'on achète un titre financier ou un objet pour spéculer, on le fait de façon non rationnel
le: on croit que sa valeur va augmenter. Cette croyance est partagée par ceux qui l'achètent: or la croyance irrationelle partagée est la définition même du mythe.
Beaucoup de produits de spéculation sont des ensembles de titres à risques dont la contrepartie économique est si complexe que ceux qui les achètent ne peuvent les comprendre: c'est l'irrationnel poussé à son paroxysme.
Parmi les différents types de mythe
s, une valeur spéculative est un mythe particulièrement éphémère car, comme tous les mythes, il s'effondre et disparait dès qu'il est rationalisé, c'est-à-dire quand on n'y croit plus: c'est le cas lorsqu'on apprend par exemple qu’un fonds est constitué de valeurs non fiables. Le mythe s'écroule alors en quelques heures.
2 - La spéculation-mimétisme
La spéculation est aussi une activité mimétique par définition car chaque spéculateur cherche à se repérer par rapport aux autres, d'où le rôle décisif des rumeurs, bruits et nouvelles inédites dans la spéculation.
-La spéculation est un mimétisme d’appropriation
(voir Girard): au moment où le spéculateur achète, il s’approprie des titres ayant appartenu à un autre, comme dans toute relation acheteur-vendeur. Mais la spécifié de cette appropriation est que la valeur d'un bien spéculatif change en permanence et indépendamment de la volonté de l'acheteur. La spéculation se fait dans un contexte de rivalité car chacun pense à tout moment qu’il peut gagner plus que les autres en étant mieux informé. Les innombrables courbes des sites boursiers montrent ce besoin permanent qu'ont les spéculateurs d’être informés à tout instant.
- La spéculation est à la fois un mimétisme d’attirance et de répulsion
: celui qui spécule souhaite ressembler à ceux qui ont gagné plus que lui, mais à être différent de ceux qui perdent.
3 - La spéculation crée et détruit de la monnaie
La spéculation crée une monnaie qui n’a pas de contrepartie économique. Ainsi quand le cours d’une valeur cotée monte et qu'elle est revendue avec un profit, ce profit est de la monnaie qui ne reflète pas une activité économique: elle est le résultat de croyances générées par l’engouement, la mode, la rumeur. La monnaie créée par ce profit ne génère une activité économique que si elle est investie dans autre chose que des valeurs spéculatives.
Mais cette monnaie quand elle n'est pas investie «s’autoreproduit» créant ainsi de la monnaie. Elle ne s’appuie que sur elle-même : elle est entreposée sous forme de lignes informatiques dans des institutions financières, entre autres les banques et les fonds parmi lesquels les fonds de pension.
Elle correspond à la fonction accumulation définie dans le sujet monnaie
Si les réalités économiques sur lesquelles s’appuient les fonds spéculatifs ne sont plus fiables, ces fonds baissent rapidement et avec eux les institutions qui portent: le système s’écroule, ce qui arrive régulièrement. Ce sont les crises monétaires. La quantité de monnaie en circulation se détruit aussi vite qu’elle s’était créée.
4 - Spéculation à court et long terme: terme de plus en plus court
La spéculation se déroule dans le temps avec des délais de plus en plus en plus courts. Tout se passe comme si ceux qui spéculent voulaient des profits à la fois de plus en plus importants et de plus en plus rapides.
A notre connaissance, il n’y a pas de réponse à ce phénomène qui correspond à une forme de plaisir.
Cela peut paraître contradictoire dans la mesure où ceux qui spéculent ont en général largement de quoi vivre. De plus les placements à long terme sont souvent plus sûrs que ceux à court terme.
La recherche du rendement maximum à court terme privilégie les activités économiques dont les rendements sont rapides et donc dont le cycle de production est lui-même rapide. La spéculation n’est donc pas toujours concernée par les investissements à long terme, par exemple ceux des équipements d’infrastructure. Par contre elle est concernée à priori par tout titre faisant l'objet de bruits et de rumeurs.
5 - Evolution: Pas de réforme structurelle de la spéculation mais des adaptations pragmatiques.
La « financiarisation de l’économie » et la recherche du rendement immédiat crée un décalage de plus en plus grand entre l’économie réelle et l’économie des marchés financiers.
Ce décalage a déjà provoqué plusieurs crises qui n’ont pas amené de changement structurel à l’économie mondiale mais seulement des régulations impliquant des règles éthiques et de lutte contre les escroqueries et la fraude, applicables désormais dans le monde entier, mais presque toujours contournables.
D'autre part l'abondance de liquidités encourage certains à demander leur contrôle et leur utilisation par les états qui selon eux feraient des investissements à long terme plus utiles que s'ils sont confiés à des sociétés privées ne visant que le profit.
Etant donné qu’il paraît exclu que tout le monde se mette d’accord sur des réformes structurelles, c’est sans doute à la suite de crises cycliques dans un déséquilibre toujours plus instable et plus important qu’émergeront de façon pragmatique des modifications qui peu à peu changeront la vocation de la monnaie
, du travail et de la spéculation.
Tout est lié.
(Revu le 3/2/15)