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Première journée sous tension pour le procès de l'affaire Ségalat
Plus de deux ans après la mort de l'ancienne conseillère municipale de Vaux-sur-Morges (VD) Catherine Ségalat, le procès de son beau-fils L.S. s'est ouvert mercredi au Tribunal d'arrondissement de La Côte à Renens (VD).
L.S. est accusé du meurtre de Catherine Ségalat, retrouvée morte à son domicile le 9 janvier 2010. L'accusé, un généticien réputé du CRNS, a toujours nié les faits qui lui sont reprochés.
Une matinée mouvementée
Plusieurs incidents ont émaillé la journée. A l'ouverture des débats, L.S. prend la parole: "Je veux réaffirmer fortement que je suis innocent".
Le président ouvre les débats en dénonçant les pressions exercées sur la justice dans cette affaire. Il évoque des lettres qui lui ont été envoyées contenant des propos "menaçants". L'accusé assure ne rien avoir orchestré, tandis que le procureur et l'avocat des parties civiles, Me Barillon, dénoncent une "instrumentalisation" de la part des proches de l'accusé.
Après plusieurs minutes d'argumentation et de tension dans la salle, les débats entrent dans le vif du sujet et se centrent sur les souvenirs épars de l'accusé sur la journée du drame. Le procureur Cottier pose de nombreuses questions, auxquelles l'accusé a de grandes difficultés à répondre. "Je ne me souviens pas", dit-il à plusieurs reprises.
"Je n'ai pas mérité ça"
Interrogé par le procureur, L.S. semble distrait et regarde sa fille en pleurs dans la salle. Le président du tribunal prévient: "si le public interfère avec le procès, je n'hésiterai pas une seconde à faire évacuer la salle".
La fin de la matinée est consacrée au visionnement de la vidéo de la reconstitution des faits sur les lieux du drame. Sur cette vidéo tournée à Vaux-sur-Morges, on peut voir le juge tenter de reconstituer les faits et gestes de l'accusé le 9 janvier 2010. Ce dernier semble perdu, a de grandes difficultés à répondre aux questions et à mimer ses gestes. Toujours sur le film, il tombe en larmes et dit "Je n'ai pas réussi à la sauver" et aussi "Je n'ai pas mérité ça".
L.S. rappelé à l'ordre
A 14h, l'audience de l'après-midi reprend sur un rebondissement. La défense demande à parler au procureur et aux parties civiles. Les deux parties et la cour quittent la salle. Après dix minutes, elles reviennent sans préciser la teneur de l'entretien.
Les audiences reprennent selon le programme, avec la diffusion de l'enregistrement du coup de fil donné par l'accusé aux secours. Puis les parties passent à l'interrogatoire de l'accusé sur ses faits et gestes durant la journée du 9 janvier 2010.
Le procureur pointe les déclarations contradictoires de L.S. sur ses éraflures, la chronologie, la montre que portait la victime, les chemises ensanglantées,...L'accusé maintient le cap: "Je ne me souviens pas". Le président du tribunal le rappelle à l'ordre: "Ca devient désagréable, on dirait qu'on vous dérange quand on vous pose une question".
Le procureur passe ensuite à l'interrogatoire des proches de Catherine Ségalat, qui souhaitaient prendre la parole. "On ne parle pas des souffrances de Catherine", dit la soeur de la victime.
Cette première journée prend fin après le témoignage des proches de Catherine Ségalat. Les audiences reprendront jeudi à 8h30.
Le suivi des audiences en direct sur Twitter:
Cécile Rais