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Les garçons et les filles ne sont pas à égalité face aux activités étiquetées du sexe opposé. Si une fille demande pour son anniversaire un train électrique, il y a des chances qu’elle voie son vœu exaucé; mais si un garçon demande un poupon, cela risque de coincer davantage, encore plus du côté du père. Par rapport aux filles, les garçons ont une latitude beaucoup moins étendue d’activités diversifiées.
Si les pères n’aiment pas que leur fils joue à la poupée, c’est d'abord parce qu’ils n’ont pas conscience que leur enfant cherche tout simplement à les imiter. Lorsqu’un petit garçon a envie de jouer avec un poupon et une poussette, c’est aussi pour copier son père qui l’emmène à la crèche, se balade avec lui, s’occupe de lui. En plus de ce lien dont les pères n’ont pas conscience, cette réticence et cette différence de traitement a une origine sexuée et une origine sexuelle.
Origine sexuée Les activités étiquetées masculines ont une valeur sociale plus élevée que celles qui sont étiquetées féminines; une petite fille qui joue au foot grimpe sur l’échelle sociale, tandis qu’un petit garçon qui joue à la poupée perd en valeur sociale. On parlera d’ailleurs d’une fille comme d’un garçon manqué avec une pointe de fierté, tandis que le terme de fillette, pour un garçon, a une connotation bien plus péjorative. En fait, l’équivalent de garçon manqué pour les garçons n’existe pas. On retrouve donc cette inégalité entre filles et garçons dans la langue française elle-même: le fait que le français soit une langue androcentrée où le masculin l’emporte traduit cette hiérarchie sexuée des valeurs sociales.
Origine sexuelle Les adultes ont dans l’idée qu’un petit garçon jouant à la poupée ou ayant des activités étiquetées comme féminines pourrait devenir homosexuel; même si cette représentation est fausse –l’identité et l’orientation sexuelle se façonnent à l’adolescence et ne sont en rien corrélées avec les jeux avec lesquels les enfants ont joué petits–, elle est très fréquente. Combien de fois avez-vous entendu à la sortie de la crèche des parents dire «On ne va pas en faire un petit pédé»?