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J'espère que ce texte n'est pas trop impudique. Il est plus destiné à mettre au clair mes propres souvenir qu'à faire le panégérique de Laurent Ballif...
En sortant de l'université avec ma licence en poche, en juin 1972, j'avais l'intention de partir une année au Canada avec un copain. Une année dans les bois et la neige, on aurait construit une cabane en rondins, on aurait chassé, tanné les peaux, vécu en autarcie, joué du banjo... C'était très à la mode à cette époque, le retour à la nature, l'autonomie personnelle, la musique folk (je jouais du banjo).
Comme mon copain a finalement trouvé immédiatement un travail, j'ai dû faire un choix, et je me suis également décidé à m'insérer dans le monde professionnel. En finissant Sciences po, j'avais bien l'intention de me lancer dans le journalisme. Comme je nageais à l'époque avec le Vevey-Natation, j'ai donc cherché une place de stagiaire dans la région. Et j'ai trouvé quelque chose dans le nouveau journal L'Est-Vaudois, à Montreux, qui avait été créé une année auparavant, en 1972, par la fusion des journaux de Montreux, d'Aigle et de Leysin.
J'y suis entré le 1er janvier 1973, et j'ai fait la formation habituelle de journaliste, en particulier les cours centralisé à Lausanne sous la direction de Pierre Cordey. Mon stage a certes été perturbé puisque j'ai eu un grave accident de plongeon le 30 juin 1973 et que j'ai bénéficié ensuite d'un arrêt de travail de près de six mois, mais je suis arrivé au terme des deux ans sans qu'on m'ait obligé à prolonger la période probatoire.
Cela m'a joué un tour, puisque la presse connaissait, en cette fin d'année 1973, une grave crise financière en raison de la chute des recettes publicitaires consécutives au premier choc pétrolier. De ce fait, L'Est-Vaudois ne pouvait pas me garder, et j'avais de toute manière eu quelques mots avec le grand patron (Georges Corbaz) et le petit patron (Jean-Paul Corbaz) en raison de mon caractère exagérément chatouilleux quant à l'implication de la publicité dans le journal.
Comme le seul poste qui s'offrait à moi était celui de rédacteur régional de la Feuille d'Avis de Lausanne dans la Broye, à Payerne, et que je n'avais pas l'intention de quitter la Riviera, j'ai essayé de trouver quelque chose pour quelques mois, en attendant que la situation économique s'améliore. A cette époque, la machine redémarrait toujours et l'on ne se faisait pas de souci quant à sa capacité à trouver un job rémunérateur.
Pour passer ce mauvais cap, j'ai fait en sorte que le Vevey-Natation me propose un poste d'entraîneur-assistant, avec une petite indemnité de 1'000 francs par mois, ce qui pouvait me suffire pour vivre. J'ai donc accepté, et j'ai finalement conservé ce poste... 19 ans ! En effet, mon contrat d'entraîneur - principal depuis 1987 - a pris fin le 30 septembre 2003. A ce moment-là, je donnais environ 30 heures d'entraînement par semaine, je faisais le travail technique et administratif de toutes les équipes, et j'avais environ 40 week-ends par année en compétition, le tout pour 1'250 francs par mois.
Comme, entre-temps, j'avais rencontré Catherine Gex, que nous vivions ensemble depuis 1984 environ, que nous avions eu notre premier enfant en 1987, il a fallu trouver un complément pour faire bouillir la marmite. C'est ainsi que j'ai postulé, fin 1986, pour le poste de Secrétaire cantonal du Parti socialiste vaudois. Ma candidature n'a pas été retenue dans un premier temps, et c'est Michel Brun qui a été engagé. Toutefois, dès la fin de 1987, le poste a été remis au concours, et j'ai à nouveau postulé. Cette fois, c'est moi qui ai été engagé, à partir de mars 1988.
J'ai travaillé d'abord à 60%, puis à 80%, mais je devais toujours organiser mon horaire de travail afin de pouvoir assurer les entraînements quotidiens à Vevey à partir de 16h environ, jusqu'à 20h. Je fixais donc les rendez-vous avec les sections ou les organes du parti à partir de 20h, ce qui me faisait de belles journées.
Cette vie s'est poursuivie durant quelques années, et c'est durant cette période que j'ai été le plus chargé. J'étais simultanément, en ce qui concerne la natation, entraîneur national espoirs, directeur technique romand et formateur des entraîneurs et arbitres de la Fédération, fonctions honorifiques pour ce qui est de la rémunération mais très gourmandes en temps... A un certain moment, Catherine m'a dit que, si je voulais voir grandir mes enfants, il fallait que j'abandonne quelque chose.
J'ai donc décidé d'abandonner le poste d'entraîneur du VN, et donc d'entraîneur national, et j'ai tenté, depuis fin 1993, de me donner un peu de mou. Mais, comme j'avais conservé la fonction de directeur technique du VN, je me suis rapidement trouvé bombardé Président romand de la Fédération suisse de natation, toujours formateur des arbitres romands et suisses, et bientôt Manager du projet Sydney 2000 et responsable de l'organisation des Championnats suisses 2000 à Vevey.
Il faut dire que certaines déceptions encaissées au secrétariat du PSV m'avaient incité à chercher autre chose. Après plusieurs essais infructueux, j'ai finalement décroché le poste d'Adjoint de direction de l'Idheap (là aussi, je n'avais pas été retenu au premier chef, mais la personne engagée a quitté après quelques mois pour une poste plus rémunérateur, qui s'est révélé un cul-de-sac pour elle). Je crois y avoir apporté une vision globale qui a été utile à la Direction (le Prof. Peter Knoepfel) et au Conseil de fondation (Présidents Languetin puis Arthur Dunkel). Après une année, ma fonction a été réévaluée et j'ai été nommé Secrétaire général à 90%. A 90% seulement, car j'étais, depuis 1994, député au Grand Conseil, ce qui me prenait également pas mal de temps !
Dans le cadre de mes fonctions à l'Idheap, j'ai décidé de suivre un cours semestriel, celui de Management du Sport, avec le Prof. Jean-Lou Chappelet. C'était la première fois qu'il était donné, le sport faisait son entrée au niveau post-grade universitaire, et j'ai eu la chance de recevoir mon diplôme des mains de M. Juan-Antonio Samaranch, président du CIO, qui était un ami de Chappelet. Et, comme sujet de mon travail de diplôme, j'avais choisi un projet lancé début 1995 au Vevey-Natation, la préparation d'une équipe du VN pour les Jeux olympiques de Sydney en 2000.
Ce dernier projet a été une réussite quasi-totale, et il peut illustrer les cours de management du sport car il a été construit en utilisant nombre d'outils que j'ai expérimentés dans le cours de Chappelet. Sur les 6 nageurs du départ (mais l'un d'eux a dû abandonner en cours de route pour un grave problème de santé), nous en avons qualifiés 2 pour Sydney, et nous avons établi durant ces 5 ans une bonne vingtaine de records suisses et remporté une cinquantaine de titres nationaux.
A partir de 1998 s'est ajoutée la préparation des Championnats suisses 2000, pour lesquels nous avions postulé et dont nous voulions faire le couronnement de l'opération Sydney. En tant que Responsable de l'organisation, je peux également me féliciter d'avoir réussi une manifestation superbe (malgré un temps peu agréable) qui a dégagé un bénéfice énorme pour un club comme le VN (près de 20'000 francs).
En 2000, j'ai abandonné pratiquement toutes mes fonctions au VN, transmettant le flambeau à l'équipe du Comité d'organisation des Championnats suisses. Mais, dès l'été, j'ai été sollicité par la section PS de Vevey pour me porter candidat à la succession de Pierre Aguet, alors Municipal, qui s'apprêtait à démissionner avant le terme de son mandat. Après réflexion (car il y avait un gros risque économique), j'ai accepté, en m'assurant un poste réduit à l'Idheap. C'était synonyme de régression hiérarchique, mais je pensais pouvoir mener de front un poste de 40% d'administrateur-chef du personnel à l'Idheap, une fonction élective de Municipal à 50% à Vevey, et mon mandat de député au Grand Conseil (env. 30%).
Comme j'ai finalement été élu fin 2000 pour entrée en fonction le 1er janvier 2001, je me suis rendu compte immédiatement que ce n'était pas satisfaisant, et que je ne pouvais pas prétendre conserver ces trois fonctions et faire les choses correctement. Après avoir pesé les risques inhérents aux fonctions électives, j'ai abandonné dès l'été 2001 mon poste à l'Idheap. Il faut d'ailleurs relever que le poste de Secrétaire général que j'occupais précédemment à 90% a finalement été remplacé par 1,8 ETP...
En automne 2001, j'ai été réélu assez confortablement à la Municipalité (en tête du 2e tour), et je suis depuis cette date Municipal à 50% (théoriquement, en fait c'est bien plus) et Député à 20-40% (20% pour la rémunération, 40% pour le travail !).
Laurent Ballif, 20 décembre 2005
Au printemps 2006, j'ai été réélu comme Municipal, sortant en tête d'abord du premier tour, puis du second. Désigné comme candidat à la syndicature par mon parti, aucun autre candidat ne s'est annoncé et j'ai été élu tacitement pour 5 ans.