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Verwaltungsgeschichte / Biographische Angaben
La Commission nationale de l’éducation ouvrière est créée en 1912 conjointement par l'Union syndicale suisse (USS) et le Parti Socialiste Suisse (PSS). Ses tâches consistent principalement à aider les structures locales à organiser des cours, des manifestations culturelles, à encourager la lecture et à tenir des statistiques des activités culturelles des organisations ouvrières. En 1922, une centralisation des tâches s'opère et la Commission devient Centrale suisse d'éducation ouvrière (CEO). Elle est d'abord gérée par le Parti socialiste jusqu’à fin 1926. L’USS en assume le secrétariat jusqu’en 1932, date à laquelle est engagé le premier secrétaire permanent de la CEO, Hans Neumann.
Les centres locaux d'éducation ouvrière (ABA) et les bibliothèques ouvrières
Dès sa création, la CEO a constitué des centres locaux d’éducation ouvrière et entrepris de coordonner les bibliothèques ouvrières qui avaient commencé à se développer depuis les années 1830. Elle publie « Der Arbeiterbibliothekar » dès 1922 en supplément dans « Sozialistische Bildungsarbeit ». Elle apporte soutien et conseils aux responsables des bibliothèques puis organise des cours pour bibliothécaires. Elle publie des critiques d’ouvrages qui peuvent lui être commandés. À partir de 1942, elle offre, à raison de tous les 2 ou 3 ans, des livres à certaines de ses bibliothèques ouvrières. Dans son rapport d’activité 1956-1962, la CEO déclare 117 bibliothèques ouvrières rattachées à ses services dont 104 en Suisse allemande, 13 en Suisse romande et une au Tessin. À la même époque, elle développe les cercles d’étude qui doivent permettre d’étudier des ouvrages ou de débattre de thèmes politiques jusque dans les plus petites localités. Dès la fin des années 1960, le réseau des bibliothèques communales se développe et se densifie. Peu à peu, il absorbe les bibliothèques ouvrières. Au vu de ce développement, les cours pour bibliothécaires de l’Association des bibliothécaires suisses se professionnalisent et les cours en allemand organisés par la CEO chaque année depuis 1934 sont supprimés en 1978, les cours en français dès 1969. De même que les bibliothèques qu’ils ont contribué à créer, les centres locaux d’éducation ouvrière s’étaient surtout développés en Suisse allemande. Leurs activités (organisations de manifestations culturelles principalement) se sont poursuivies, s’étiolant peu à peu, jusqu’à la fin des années 1980. Les conférences régionales cessent en 1992 par manque de participantes ce qui signent plus ou moins la fin des centres d’éducation locaux (ABA) et débouche à partir de 1994, sur une réorganisation en profondeur de la CEO.
Les cours
La première série de cours organisés pendant l’hiver 1913/1914 par la Commission nationale de l’éducation ouvrière a été interrompue par la Première Guerre mondiale. Au début des années 1920, elle reprend ses activités et organise des cours du soir. Devenue Centrale suisse d’éducation ouvrière, elle met en place des cours de vacances, dont le premier eut lieu en 1922 à l’Ecole polytechnique fédérale. Dès 1924, elle élargit son offre par des tournées de conférences et des voyages d’étude. A partir de 1932, Hans Neumann va développer les cours de la CEO : cours pour les fonctionnaires, pour les syndicalistes, pour les femmes, pour les jeunes, pour les animateurs de cercles d’étude mais aussi cours spécialisés pour bibliothécaires, pour projectionnistes puis de 1975 à 1981, cours pour journalistes. Des cours à distance seront proposés de la fin des années 1960 au milieu des années 1980
Les campagnes politiques
De nombreux cours ont été dédiés à des nouvelles lois (travail, égalité, etc.) mais aussi à des initiatives lancées par l’USS et ses fédérations. À partir du début des années 1990, la CEO assure plus systématiquement l’organisation des journées d’étude pour l’USS. De ce fait, la plupart des documents s’y référant se trouvent dans les archives de la CEO et non pas dans celles de l’USS.
Les voyages d’étude
Selon un rapport archivé dans la boîte SABZ 71 (v. Ar sabz 71: «Kurzbericht über die Reisetätigkeit der SABZ (Unesco-Reisen)») c’est dès avant la guerre que la CEO a organisé des voyages d’étude, surtout en Suède et au Danemark. De 1950 à 1982, elle a planifié chaque année, sauf en 1960 et 1961, un voyage d’étude pour les membres des syndicats. À côté de cela, elle a coordonné les voyages d’étude individuels organisés par l’Unesco à l’intention des travailleurs.
La culture
Dès ses débuts la CEO a promu un théâtre engagé en publiant des pièces et en soutenant des spectacles. Un fonds de tapuscrits de Lili Körber, écrivaine juive autrichienne, dont certains titres ne semblent pas avoir été publiés, se trouve dans les boîtes SABZ 172 et 173. Une liste des titres se trouve à la fin de cet inventaire. De 1948 à 1968, la CEO fait reproduire des œuvres d’art qu’elle offre aux prix coûtant. A partir de 1980, elle organise des lectures et commence un projet avec Rosemarie Buri dont elle soutiendra la publication de «Dumm und Dick» (1990) (Grosse et bête, 1991), un grand succès populaire et dont on trouve un tapuscrit accompagné de correspondance dans la boîte «SABZ 195». Dès 1982, elle organise, chaque année et jusqu’à sa dissolution, un prix littéraire qui aura un succès retentissant: en 1995, pas moins de 225 manuscrits lui seront soumis. De la fin des années 1920 au milieu des années 1990, elle publiera régulièrement des livres de chansons ouvrières, tout d’abord «Wir singen» puis les «Liedermappe» dont certaines chansons seront composées pendant les cours de chants, d’écriture ou de cabaret.
Les films
En 1913 déjà, la Commission d’éducation ouvrière offrait des projections de films. A partir de 1928, la CEO assume elle-même la location des films. Elle va développer toute une collection de films qu’elle propose aux centres locaux d’éducation ouvrière entre autre. Ces films sont présentés dans des cahiers qu’elle publie régulièrement depuis 1930. Pour que ces films puissent être projetés, la CEO organise chaque année des cours pour projectionnistes et des «foires régionales du film». Tout d’abord en 16mm, son offre va s’élargir au 35mm jusqu’à la fin des années 1970. Avec l’arrivée de la vidéo, les demandes vont fortement diminuer. La section film se convertit en section vidéo jusqu’en 1998. Parallèlement, la CEO va produire des films pour documenter les événements de la classe ouvrière et pour l’informer. Particulièrement entre 1930 et 1950, elle prend en charge l’organisation de la production de films pour les campagnes de l’USS tel que, par exemple, le film pour l’AVS «Lasst uns tapfer beginnen / En avant et du courage» (1947). En 2006, le fonds de film de la CEO a été inventorié et en partie restauré et digitalisé dans le cadre d’un projet de l'Association pour la sauvegarde de la mémoire audiovisuelle suisse, Memoriav, en collaboration avec la Cinémathèque suisse et les Archives fédérales. Le descriptif des films se trouve dans la banque de données Memobase. Walo Landolf a fait un choix de cassettes VHS qu’il a digitalisées et remis avec un descriptif de chaque document à la bibliothèque de l’USS. Ce fonds a été remis aux ASS en mai 2018.
Radio et Télévision
Dès les débuts de la radio au milieu des années 1920 et dès l’apparition de la télévision en 1951, la CEO va obtenir des représentants dans les commissions de choix des programmes. Elle émettra des lignes directrices et offrira des émissions destinées à l’éducation ouvrière.
L’École syndicale suisse
En 1946, grâce à un don de Max Weber (1897-1974, secrétaire de la CEO de 1927 à 1931, conseiller fédéral de 1951 à 1953), l'USS peut enfin créer l'École ouvrière suisse (ensuite École syndicale de Suisse ESS) dont la CEO est chargée d'organiser les cours. Destinés aux responsables syndicaux, ces cours sont centrés sur l'enseignement de l'économie publique, du droit, du fonctionnement des assurances sociales, des organisations économiques, des coopératives et naturellement des tâches des fonctionnaires syndicaux. Les archives de l’ESS, pour les années 1946 à 2011, étaient classées dans 77 cartons et 2 classeurs portant la cote Z. Le tout a été remis, en l’état, aux Archives sociales suisses ASS en juin 2018. Les ASS sont chargées d’en effectuer le tri, l’archivage et l’inventaire final.
De la CEO à Movendo : 1998 à 2001
À partir de ses statuts de 1983, la CEO précise que ses membres sont uniquement les syndicats affiliés à l’USS. Dès 1994, une réforme de la CEO commence. Elle reste une association jusqu’à sa dissolution en 2001. Mais, de la dernière séance des délégués de la CEO, le 25 novembre 1997, jusqu’à la séance de constitution de Movendo le 7 mai 2001, elle reprend les statuts de l’USS, l’assemblée des délégués de l’USS devient l’organe de la CEO et Hans Schäppi est nommé président. Lors de l’Assemblée des délégués de l’USS du 7 mai 2001, les syndicats affiliés à l'USS créent un Institut de formation syndicale commun baptisé Movendo. Le 28 juin 2001, la CEO est dissoute et Movendo officiellement constitué. Les fédérations transfèrent leurs activités de formation au nouvel institut qui reprend également l'organisation des cours de la Fondation de l'École syndicale de Suisse.