Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06876.jsonl.gz/316

Nous parcourons une construction géométrique futuriste, dont la structure émerge dans un blanc laiteux. Mais c'est une matière rongée par le temps qui apparaît maintenant, éclairée à la lampe torche, comme les restes d'une civilisation disparue que ces hommes vêtus de combinaisons jaunes prélèvent, sous le regard d'un enfant dissimulé derrière la végétation. Il est question du virus de « la tristeza des agrumes » – maladie entraînant le dépérissement des arbres – qui aurait frappé les familles habitant dans cette région de Cuba, qui survivent, maintenant, dans les quasi-ruines d'une ancienne école d'agronomie peuplée d' « Hommes nouveaux » rompus aux dernières techniques de la culture des oranges. Composé en plans fixes comme une série de tableaux hallucinés que n'auraient pas reniés James G. Ballard, The Projectest celui d'un cinéaste revenant sur le lieu d'un film inachevé. En remettant son « projet » sur le métier, Alejandro Alonso croise des spectres consentants qui occupent désormais l'espace où il doit accomplir son désir refoulé de comprendre ce qui s'est perdu en chemin dans la révolution castriste.