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La codépendance se manifeste à travers le comportement des personnes qui, dans leur élan pour aider une personne qui souffre de la maladie de la dépendance ou addiction, finissent par perdre le contrôle de leur propre comportement et, en ultime instance de leur vie. Ces personnes ne tiendraient pas compte de leurs limites, ni de leurs compétences (ou incompétences).
Les personnes codépendantes vont progressivement négliger leurs besoins et leurs valeurs éthiques, ce qui peut les amener à une perte de l’estime d’elles-mêmes et à un processus d’autodestruction. Elles vont développer des stratégies pour maintenir l’équilibre du système dans lequel elles se trouvent, lequel a tendance à se déséquilibrer au fur et à mesure de la péjoration de la maladie de la dépendance. Pour maintenir cet équilibre, les personnes codépendantes se lancent dans l’action sans compter leurs efforts et sans prendre en considération leurs propres besoins. Toute leur existence est progressivement régie par le comportement de la personne dépendante et concentrée sur l’effort pour sauver la situation, laquelle se détériore au fil du temps. Les personnes codépendantes peuvent ainsi développer une véritable dépendance affective et relationnelle avec la personne dépendante, ce qui les conduit à avoir une relation de type fusionnel.
Une telle relation empêche la personne dépendante de se confronter aux conséquences, progressivement désastreuses, de sa maladie. Les personnes codépendantes lui « évitent » de se confronter à la réalité, en faisant des efforts surhumains pour que la situation reste à flot. Paradoxalement, cette fusion a pour effet de freiner la possibilité qu’ont les personnes impliquées de chercher de l’aide, aide dont elles ont grand besoin à l’extérieur de la relation.
Les personnes codépendantes ignorent le plus souvent que la dépendance est une maladie et qu’elles n’ont pas les moyens de la soigner. C’est en essayant d’aider le malade dépendant « à n’importe quel prix » qu’elles perdent progressivement le contrôle de leur propre existence. Elles tentent de gérer une situation qui, malgré leurs efforts, devient de plus en plus chaotique, en assumant tout à la place du dépendant. Elles sacrifient sans cesse leurs intérêts et leur bien-être. Bien que leurs efforts ne réussissent pas à aider la personne à arrêter de consommer, elles n’arrivent pas pour autant à changer leur propre comportement. Épuisées, elles persistent dans leurs efforts infructueux, essaient de contrôler le comportement et la consommation du dépendant, jusqu’à, parfois, tomber malades elles-mêmes. Cette attitude pourrait être associée à une forme de déni. Les personnes codépendantes nient le fait que ce qu’elles font n’aide pas à résoudre le problème ; et, cependant, elles persistent, espérant que cette fois, ça marchera. Même si après des années de lutte elles prennent conscience de l’inefficacité de leur effort, elles n’arrivent pas à modifier leur comportement ou à y mettre un terme sans une aide spécialisée.
Au cœur des personnes codépendantes se trouve le malade dépendant – sa consommation et ses conséquences. Cet ouvrage souligne l’importance, pour chaque personne impliquée dans ce processus, de trouver ou de retrouver son autonomie et sa vraie responsabilité. Ni fautif, ni coupable, chacun peut trouver son équilibre en introduisant certains changements dans ses attitudes et dans son comportement et retrouver ainsi l’espoir.