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Critique
Véritable ovni cinématographique, PSYCHO transforme le critique en ufologue.
Après le visionnement de ce décalque du légendaire PSYCHO hitchcockien, outre l'envie irrépressible de comparer plan par plan l'original et la copie, demeure une question incontournable: pourquoi? Quel sens cela a-t-il de tourner un remake aussi intégriste, en se distinguant juste par la couleur et par une interprétation bien en deçà de l'inoubliable composition de Anthony Perkins/Norman Bates? Certes, écartées l'excuse en cul de sac de la couleur (Hitchcock venait de tourner auparavant sept films en couleur) et la prétendue initiation du public à des œuvres autrement vouées à la cinémathèque, deux théories sont discutables. L'approche didactique, qui ferait de PSYCHO 2 un exercice stylistique, démontrant la façon de décortiquer et de reproduire un chef-d'œuvre tout en lui appliquant une sorte d'aggiornamento. Tentative minimaliste, que Gus van Sant traduirait par une mise en scène électrique, où les caractères sont plus dénaturés, au détriment de ce qui faisait le charme de l'original, cet insidieux glissement de la normalité vers la folie. Une autre hypothèse, plus sophistiquée et improbable en l'espèce, attribuerait au réalisateur le sarcasme de pousser le remake, ce tic culturel des américains, jusqu'à l'extrême, dans une sorte de critique par l'absurde. Hélas, ce qui eût pu être une justification élégante, s'avèrerait une démarche encore plus atypique au vu de la filmographie de Gus van Sant.
Quoi qu'il en soit, cette anomalie appliquée a pour le moins le mérite de pulvériser les velléités des copistes.
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