Document ID: /curiavista/filtered/00000.jsonl.gz/201356

<h2>SubmittedText<h2><p>Le Conseil fédéral est chargé de présenter un projet de modification de la loi sur le libre passage (LFLP) afin d'éviter que le salarié qui quitte un employeur proposant un plan de prévoyance 1e pour prendre un poste auprès d'un employeur ne disposant pas d'un tel plan n'ait à subir une perte de sa prestation de libre passage. Cette modification devra permettre au salarié qui sort d'un plan de prévoyance 1e de déposer l'avoir de prévoyance en question auprès d'une institution de libre passage pendant une durée maximale de deux ans. Le salarié pourrait alors compenser la perte réalisée à la date de sortie de la caisse de pension de son ancien employeur en investissant ce capital, lorsque la bourse est en hausse, auprès d'une institution de libre passage proposant une stratégie de placement avec une part d'actions comparables. Le salarié déterminerait ensuite lui-même, dans un délai de deux ans, quand il vendrait son avoir de prévoyance et le verserait dans la caisse de pension de son nouvel employeur.</p><h2>FederalCouncilResponseText<h2><p>Conformément à la loi du 17 décembre 1993 sur le libre passage (RS 831.42), tout salarié qui change d'emploi doit faire verser la prestation de sortie de son ancienne institution de prévoyance à l'institution de son nouvel employeur. Il est nécessaire de transférer l'intégralité de la prestation de sortie pour garantir que la protection de prévoyance soit maintenue, de même que la protection contre les risques de décès et d'invalidité. </p><p>La loi sur le libre passage a été modifiée le 1er octobre 2017. Depuis lors, les assurés bénéficiant d'un plan de prévoyance 1e assument davantage de responsabilités pour leur avoir de prévoyance. Compte tenu de leur capacité à prendre des risques, ils ont le choix entre des stratégies de placement comportant plus ou moins de risques. L'institution de prévoyance doit, quant à elle, leur proposer au moins une stratégie de placement peu risquée. En évaluant sa capacité à prendre des risques, le salarié doit envisager la possibilité d'un changement d'emploi. De manière générale, les plans 1e permettent à l'assuré d'obtenir de meilleurs rendements. En contrepartie, d'éventuelles retombées négatives de la stratégie de placement sont à sa charge. </p><p>Le choix de la stratégie ne doit pas avoir d'impact négatif sur l'institution de prévoyance du nouvel employeur. L'adoption de la présente motion affaiblirait cependant la responsabilité personnelle de l'assuré, qui avait été délibérément instaurée par la révision d'octobre 2017. La loi fédérale du 25 juin 1982 sur la prévoyance professionnelle vieillesse, survivants et invalidité (RS 831.40) demande que tous les salariés d'un employeur forment une collectivité assurée selon les mêmes conditions. Cette égalité de traitement de la collectivité ne serait pas respectée si tous les assurés n'étaient pas tenus de verser leur prestation de sortie à l'institution de prévoyance du nouvel employeur. Il en résulterait notamment des inégalités en ce qui concerne les institutions de prévoyance en situation de découvert : si les nouveaux assurés n'étaient pas tenus de lui verser toute leur prestation de sortie, ils seraient privilégiés dans la mesure où leur prestation de sortie ne contribuerait pas à éponger le découvert. En cas de liquidation partielle, les assurés qui n'auraient pas injecté leur prestation de sortie ne seraient pas lésés par le découvert, tandis que tous les autres assurés, y compris les nouveaux salariés, subiraient une réduction de leur prestation de sortie. Si certains assurés avaient le droit de retenir une partie de leur prestation de sortie, le découvert se répercuterait sur les seuls avoirs des autres assurés, qui seraient ainsi pénalisés.</p><p>En outre, la situation d'un assuré avec un plan 1e ne diffère pas substantiellement de celle d'une personne qui cesse d'exercer une activité lucrative pour cause de chômage ou de maternité et qui, pour le placement temporaire de sa prestation de sortie, choisit une solution de libre passage comportant une part considérable d'actions. Lorsque ces personnes retrouvent un emploi, elles doivent également verser leur avoir à l'institution de prévoyance du nouvel employeur et encaisser une éventuelle perte due à une baisse de la Bourse. </p>  Le Conseil fédéral propose de rejeter la motion.