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samedi 20 juin 2020
dimanche 5 juillet 2020
L'animation musicale dans l'église d'Arconciel est régulièrement assurée par les groupements suivants :
A partir des récits de trois curés relatant les travaux de reconstruction et d’embellissement du bâtiment, il est possible de se faire une idée de l’histoire du monument aux XVIIIe et XIXe siècles. Trois phases peuvent être documentées.
1. Le bâtiment avant la reconstruction de 1784-89
La date de construction et la forme de l’édifice antérieur au bâtiment actuel ne sont pas bien établies. On ignore quand la paroisse fut érigée alors que la première mention du village remonte à 1082. Le premier nom d’un curé est attesté en 1148 et une église paroissiale dédiée à saint Jacques figure dans la liste établie par Conon d’Estavayer en 1228.
Selon l'historien d'art Etienne Chatton la sacristie actuelle constituait une partie du chœur de l’ancienne église et daterait du début du XIIIe siècle, (voûte à berceau brisé, technique de construction diffusée par les cisterciens d’Hauterive). On sait que ce bâtiment fut victime de la foudre en 1558 selon l’ex-voto en molasse fixé au mur extérieur Est de la nef, et qui aujourd’hui porte une date erronée).
Une reconstruction fut opérée en 1567 (selon un document trouvé dans la boule du sommet du clocher). De cette époque date également l'existence d'une petite cloche de 90 kg, la cloche de l'agonie . On peut voir sur un plan du fief de l'église de 1760, le dessin du bâtiment qui reste mystérieux avec ses formes en décrochement.
D’après un mémoire du curé Joseph-Protais Astheimer de 1785 le bâtiment était trop petit et en très mauvais état. De la tribune on ne voyait pas le maître-autel car la voûte du chœur était trop écrasée. L’officiant n’était pas très visible non plus de la nef trop étroite avec les deux autels collatéraux. La sacristie était très humide et le clocher en bois était défectueux. On hésita entre la construction d’une tour remplaçant le beffroi avec rénovation de la charpente de l’église ou une reconstruction complète de l’ensemble en ne gardant que la moitié de l’ancien chœur transformé en sacristie. Après un long conflit entre les plus riches paroissiens et le curé qui reçut l'appui de la majorité des paroissiens, ce fut la deuxième solution qui triompha.
2. L’édifice reconstruit en 1784-89
Le curé Astheimer s’étend longuement sur le conflit avec ces cinq paroissiens les plus riches mais ne nous dit rien sur l’emplacement de l'église, qui resta le même, sauf qu’il offrit une partie du jardin de la cure pour agrandir l’espace moyennant la construction d’un mur. Les pierres devant servir à cette reconstruction de l’église furent prélevées dans les ruines du château situé sur le domaine de son bénéfice curial.
Selon le curé Joseph Sapin qui écrit en 1886, soit un siècle plus tard, après avoir recueilli les témoignages des plus vieux de ses paroissiens, «la paroisse était divisée en deux camps très hostiles. Les uns auraient voulu reconstruire l’église dans un endroit mieux situé, plus élevé et sur un terrain plus sain. La famille Kolly de la Place offrait gratuitement un emplacement suffisant pour l’église et le cimetière, dans le pré dit du Not entre la maison de la Place et la maison d’école (soit sur la gauche de la route de Treyvaux, en face de l’actuel complexe communal). Ceux du quartier d’en bas voulaient reconstruire l’église à la même place. Quelques-uns avaient même proposé de placer l’église près de la fontaine de l’Areina, dans un creux, dans un endroit humide et près du ruisseau!?».
«A cette époque, en 1780, poursuit le curé Sapin, cette place était un véritable ravin. L’entrée principale du cimetière était située au côté Nord, près de la sacristie (…) le chemin conduisant à l’église était dans le ruisseau! Du côté du village, il n’y avait, pour aller à l’église qu’un étroit couloir entre (...une remise ou un grenier) et le jardin de la cure. Ce passage n’était encore que toléré puisque le terrain appartenait à un particulier (…). Voilà pour les entrées. L’emplacement choisi laissait encore plus à désirer. C’était un ravin, la terre du côté sud du jordil ( jardin) de la cure était beaucoup plus élevée qu’actuellement; du côté Nord (en bas) de l’église le terrain était très en pente; en hiver il était très difficile de se tenir debout sur ce terrain pour les enterrements. Ce n’est que vers les années de 1830 à 1840 qu’on s’est enfin décidé à niveler le cimetière en faisant les énormes murs du côté Nord et Est.»
La nouvelle église fut consacrée en 1789. Une reproduction du projet établie pour un bienfaiteur de l’époque nous en donne le profil extérieur.
On ne connaît pas dans le détail sa décoration intérieure sauf les fresques de la voûte, oeuvre du peintre de Tavel Jakob Stoll (1731-1812). Au dessus du chœur il peignit une sainte Cène.
Dans la nef outre les quatre médaillons des évangélistes se trouve une scène mariale (remise du saint-scapulaire) avec les patrons de la paroisse: saints Jacques et Maurice.
Sur le plan du mobilier liturgique on notera l’existence d’une bannière, formée d’un tissu de XVIIe siècle, avec deux peintures représentant de chaque côté saint Jacques et saint Maurice exécutés vraisemblablement aussi par Stoll. Sur le côté dédié à saint Jacques figure en bas à droite une chapelle.
On ignore sa localisation. Cela pourrait être une représentation d’un ermitage. On signalera en passant que dans la falaise de la Sarine, non loin du château, existe une cavité qui est nommée par le curé Sapin «caveau dans le bois de l’hermitage»(1885). On peut se demander si la bannière ne fait pas allusion à un ancien édifice occupé par un ermite .
A noter aussi certaines acquisitions au lendemain de la reconstruction de 1784-89. Par exemple l’achat de deux cloches en 1804 ou la pose, à l'entrée de l'église, de deux bénitiers en marbre offerts par le curé François-Bruno Philiponat en 1815.
1. Les embellissements de 1864-1867
Durant la présence du curé François-Joseph Bays (1858-1877) il se produisit un fort mouvement d’embellissement de l’église. Le curé très modeste dit avoir lancé le processus mais dit aussi avoir éprouvé des résistances. En fait, les transformations opérées à ce moment sont dues principalement à un prêtre enfant de la paroisse, l’abbé François-Xavier Python de la Place (d’avaud) (1811-1892), curé-doyen de Vuisternens-en-Ogoz. Cet ecclésiastique paya cette rénovation de sa personne et de son argent avec les appuis de quelques riches familles de la paroisse et sans que cette dernière n’ait eu à intervenir. L’embellissement se fit selon un programme artistiquement réfléchi suivant une certaine unité. On édifia le grand autel et les deux autels latéraux en marbres étrangers de diverses couleurs selon un plan dessiné par le doyen Dey.
A remarquer la porte du tabernacle et la rosace du tombeau du maître-autel en marbre de Californie, pièces de très belle facture.
La chaire et les fonts-baptismaux sont de la même veine.
La réalisation fut confiée au marbrier Christinaz de Fribourg et coûta avec une nouvelle table de communion quelque 11'842,15 frs. Les dons recueillis s’élevèrent à 13'578.- frs dont les 8/10e provenaient de quatre familles. Les tableaux des autels furent commandés à l’atelier Deschwanden de Stans et payés avec le solde des dons. En 1867, on boisa complètement le haut de la sacristie (armoires et tiroirs) pour mieux lutter contre l’humidité.
A cette époque on se procura aussi les vitraux à l’exception des deux fenêtres situées près des autels latéraux qui reçurent leur décoration (La Vierge Marie et saint Joseph) en 1882. Cet embellissement intérieur ne faisait qu’accentuer le contraste avec la façade et la tour en mauvais état alors qu’on se plaignait aussi de la petitesse de l’église. L’arrivée d’un curé très énergique, l’abbé Joseph Sapin en décembre 1877 poussa à une reconstruction de la tour et à l’allongement de la nef qui dura de 1879 à 1881.
1. La reconstruction de la tour et l'allongement de la nef (1879-1881)
Selon le récit du curé Sapin, cette rénovation n’était pas désirée par le nouveau pasteur. Il regrettait la décision prise vers 1780 de reconstruire l’église à la même place. Sans les dépenses considérables faites en 1864-67, il aurait lutté, écrit-il, pour construire une église toute neuve à un endroit mieux situé. Il l’aurait bien vue sur le pré des frères Bulliard, devant la maison de la Place (d’en haut) où l’école actuelle a été construite en 1909. Trois arguments furent invoqués pour cette reconstruction. La tour et la façade étaient dégradées, rendant l’édifice indécent, on voulait ajouter une série de cloches aux trois existantes et surtout on voulait ajouter douze bancs dans la nef, offrant septante nouvelles places.
Le plan de la nouvelle tour fut demandé au curé Ambroise Villard de Farvagny et fut construite en style néo-classique. Le devis initial s’élevait à 14'000.- frs à couvrir en partie par un impôt et en partie par un emprunt. On décida d’utiliser les pièces de molasse de l’ancienne tour et de les compléter avec les blocs extraits gratuitement de la carrière derrière la ferme des Python de la Place (d’avaud). Pour économiser les charrois on employa surtout les vieux matériaux de l’ancienne tour, à tel point que la nouvelle tour en construction menaça de s’affaisser sur l’église et qu’on dut la reconstruire avec des matériaux plus robustes tirés d’une carrière à Marsens.
Le curé-doyen Python intervint dans la construction et les plans de son confrère furent progressivement modifiés. La tour devint imposante par rapport à l’ampleur réduite de l’église.
En 1881, on y fit monter cinq nouvelles cloches. On peut rappeler une anecdote concernant la construction. Les deux colonnes du fronton devant la tour furent extraites de la carrière sous forme brute c’est à dire en gros rectangles. Leur transport fut malaisé et il y eut un accident. Le char qui en convoyait une était tiré par des chevaux et des bœufs au nombre quinze à seize.
La quête du jour de la bénédiction des cloches rapporta la somme de 2'400.- frs qu’on utilisa pour l’acquisition d’un orgue en 1882. On se cotisa pour installer en décembre 1881 un calorifère (il semble que c’était la première fois).
Il y a encore beaucoup à découvrir et à dire sur cette église dont la disposition actuelle n'a guère été changée depuis cette époque, mis à part la modification du sommet de la tour et du toit du clocher en 1982-84.
L’inventaire des biens culturels en cours mené par les Services de l'Etat permettra de mieux apprécier ses richesses.
Francis Python
(extrait résumé d'un exposé présenté à l'assemblée paroissiale le 23 mars 2011)