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A l'origine, la terre de Crans correspond au domaine du Château de Crans. Cependant, au fil du temps les parcelles ont été offertes ou vendues aux familles ou à la commune.
Initialement voué à l’agriculture, le domaine est confié dès 1924 en fermage à Louis Cretegny puis à son fils Fernand et son petit-fils Pierre. Sous leur impulsion, les activités agricoles diminuent (notamment arrêt progressif du bétail) et se limitent à la culture des champs, laissant place au développement de la viticulture et à la commercialisation de vins en bouteilles dès le début des années 60. Un tournant historique pour le domaine qui comprend aujourd’hui une dizaine de cépages sur un vignoble de 12,7 hectares.
Actuellement, le domaine comporte 55 hectares de terres agricoles, 12 hectares de forêts et 12,7 hectares de vignes, environ le 5ème de la commune de Crans puisque cette dernière a une surface de 450 hectares.
L'exploitation viticole et agricole est gérée en totalité par Gilles Pilloud et ses collaborateurs.
Le vignoble est doté d'un terroir exceptionnel, diversifié et riche permettant à chaque cépage d’exprimer son plein potentiel sur un terroir parfaitement adapté à ses besoins.
Le vignoble présente une grande diversité de sols:
Sols sableux en coteaux :
absorbant la chaleur au printemps, ils sont idéaux pour l’élevage de cépages blancs aromatiques.
Sols argileux-calcaire à mi-coteau :
conviennent parfaitement à la culture du Chasselas, lui conférant des notes minérales.
Sols empreints de gravier du lac à mi-coteau :
légèrement filtrants, ils sont réactifs aux changements de temps et accueillent volontiers des cépages rouges pour offrir une belle structure de fruit et une maturité idéale.
À l'époque romaine, le territoire de Crans fait partie du pays des équestres dont Nyon est la capitale. Il n'existe pas à ce moment-là de localité proprement dite mais des villas romaines sont déjà présentes sur le coteau qui domine la vigne.
Puis, les Burgondes occupent la Suisse occidentale. Plus tard, ce sont les Francs qui imposent leur domination sur le pays, mais à la mort de Charlemagne l'Empire Franc se disloque.
Crans devient le territoire du royaume de Bourgogne. Au commencement de l'an 1000, on commence à entendre parler de Crans, petits groupes de chaumières habitées par des serfs, des paysans ...et des vignerons. En 1008, le village s'appelle Cranos, puis plus tard ce sera Cranz puis encore Crant et enfin Crans tel qu'aujourd'hui.
A son tour, le royaume de Bourgogne s'effrite, Rodolphe III distribue ses terres morceau par morceau. En 1032, son fils Hugues offre ce terrtoire à l'évêque de Lausanne. Si l'évêque était leur suzerain direct, les serfs n'en devaient pas moins hommage au duc de Savoie, qui leur assurait protection moyennant une redevance annuelle.
Les Bernois envahirent le Pays de Vaud en 1536. Ils s'emparèrent des biens de l'Eglise et les revendirent aux laïcs. C'est ainsi qu'Urbain Quisard, notaire savoyard établi à Nyon, acheta la seigneurie et les terres de Crans et Arnex en 1542. Sa famille habita l'ancien manoir, le Château Quisard, aujourd'hui disparu, et resta propriétaire du village pendant 221 ans. Le règne Quisard est selon l'expression de l'époque : Le Noble et Généreux Seigneur de Crans!
Pierre, un de ses fils, rend des services inappréciables à l'histoire du droit vaudois. Il rédige un code très complet sur le droit public, fédéral, civil et pénal. Jean-Nicolas, autre membre de la famille, combat au côté du Major Davel et perd la vie.
Le propriétaire des terres de Crans et d'Arnex travaille d'arrache-pied à améliorer la situation de ses domaines et celle du village. Pas d'eau encore en ces lieux, pas de moulin non plus! Qu'à cela ne tienne Quisard se procure l'une (il creuse le canal de Divonne à Crans) et l'autre (il construit un moulin). Quelle aubaine pour ce village agricole et viticole.
Guillaume Quisard meurt sans enfants et le 27 octobre 1763, ses héritiers vendent la terre de Crans et d'Arnex à Antoine Saladin, financier genevois, alors âgé de 38 ans, ceci pour 45'000 écus de Genève.
Antoine Saladin revenait de Paris où il était banquier; il s'y illustra notamment comme administrateur de la Compagnie des glaces de Saint-Gobain.
Antoine Saladin fit construire le Château de Crans, sur le site de l'ancien manoir de Quisard. La construction dura 4 ans, de 1764 à 1768.
Antoine Saladin fit appel pour les plans à un architecte parisien, Monsieur Jaillet, mais aussi à Monsieur Racle qui travaillait alors pour Voltaire. Néanmoins, ni le projet de Jaillet ni celui de Racle ne correspondent aux attentes d'Antoine Saladin, si bien qu'il charge alors son maître maçon, Monsieur Jean-Louis Bovet, de la mise au point de ses plans adaptés à ses désirs et de leur réalisation. Jean-Jacques Vaucher-Fatton, à la mort de son confrère Bovet, termina l'ouvrage, assurant lui-même l'exécution de la décoration intérieure.
L'expression architecturale convient aux intentions d'Antoine Saladin et à la mentalité genevoise, juste mesure entre traditions et nouveauté, entre richesse et simplicité.
Le plan du château peut être rapproché des meilleurs plans français de l'époque avec une étonnante unité de style de l'ensemble.
Le Château de Crans, est aujourd'hui reconnu pour être l’un des plus élégants de La Côte vaudoise, une merveille de style Louis XV illustrant le raffinement architectural du 18ème siècle.
Antoine Saladin est propriétaire pendant 48 ans, il habite Genève en hiver, Crans en été. Il a deux fils, mais le Château passe directement à son petit-fils, William, qui en sera propriétaire durant 54 ans et n'aura que des filles.
C'est ainsi qu'Ariane Saladin hérite et épouse Arthur von Berchem, qui habite Céligny. Elle sera propriétaire pendant 29 ans et aura 3 fils.
Paul, l'un d'entre eux, rachète la part de ses frères et règne durant 53 ans. Alexandre von Berchem, son fils, lui succède de 1947 à 1975.
Puis, il laisse le Château à Gisèle, l'ainée de ses filles, qui épouse Denis de Marignac, issu d'une famille d'Uzès, venue s'établir à Genève au début du XVIIIe siècle.
Aujourd'hui, c'est Thierry de Marignac, son fils aîné, qui est propriétaire du Domaine et qui continue à préserver ce précieux héritage dans le respect de la tradition familiale. Cette belle demeure est ainsi restée la propriété de la même famille depuis sept générations.
De 1987 à 1988, la bâtisse fut rénovée. L'intérieur a été refait à neuf dans le respect des goûts de l'époque de sa construction. On admire notamment le salon de musique aux délicieux décors, la "chambre du curé " avec son lit à baldaquin et ses tissus romantiques, la magnifique bibliothèque et l'austère salle de justice, avec ses tableaux représentant des scènes du roi David et une porte de fer donnant sur un petit local d'archives. Cette salle de justice servait aussi autrefois de prison.
Au salon de musique, des concerts sont régulièrement organisés, avec la venue de musiciens et d'orchestres de grand renom.
De tout temps, la famille Saladin s'intéressa activement à la vie sociale du village, prenant souvent à sa charge des dépenses d'intérêt public. Ceci souligne encore une fois l'indissociable lien existant entre le Château et le village de Crans.
Homme de passion et innovateur dans l'âme
Issu d’une famille de musiciens, Gilles Pilloud se consacre dès son plus jeune âge à la pratique de l’euphonium. A l’adolescence, et parallèlement à ses études au Conservatoire supérieur de Genève, il se découvre une passion croissante pour la viticulture au contact du cousin de sa mère, le vigneron-encaveur Albert Caillat à Féchy (Vaud).
Il conjugue alors un apprentissage à l’école de Marcelin et une activité régulière au domaine de Féchy avant d’obtenir son CFC de viticulteur en 1999.
L’envie d’ouvrir son horizon à d’autres pratiques et techniques l’amène à effectuer un stage en Allemagne sur un domaine familial de 9 hectares à Heilbronn dans la région du Wurtenberg, une expérience enrichissante qui lui permet de découvrir son cépage "coup de cœur", le Riesling.
Sa formation en viticulture-œnologie parfaite à l’école de Changins, Gilles Pilloud décide de poursuivre son exploration des secrets de la vinification en Afrique du sud. Engagé en 2003 comme stagiaire sur un domaine à Paarl dans la région du Cap, il se voit confier en l’espace d’un mois la gestion des vinifications dont la production annuelle s'élevait à plus d’un million de bouteilles. Ce défi fut à la hauteur de ses ambitions et a été une opportunité rare à l’âge de 23 ans.
A son retour après ses 8 mois en Afrique du Sud, Pierre Cretegny lui propose de rejoindre le domaine du Château de Crans en qualité de chef de culture.
En 2006, les deux hommes décident de s'associer et alors débutent six années de collaboration fructueuse, développant ensemble la gamme des vins proposés et utilisant des techniques d'élevage plus abouties. Ces changements ont permis d'affiner les vins, de leur donner davantage de caractère et de personnalité. En deux mots : des vins de Château!
Parallèlement à son travail, il obtient sa maîtrise fédérale de caviste en 2012.
Par ailleurs, dès le 1er janvier 2012, il reprend les rênes du domaine du Château de Crans, pérennisant le patrimoine qui lui a été transmis, tout en développant sa propre vision du vin.
Après plus de 10 ans de collaboration avec Albert Caillat et suite à sa retraite, Gilles Pilloud reprend le domaine des Gourmets (4,5 hectares) à Féchy dès l'année 2013.
Gilles Pilloud puise aujourd’hui son inspiration dans ses différentes expériences suisses et étrangères et tient ses connaissances continuellement à jour par sa participation notamment à des séminaires, des associations, des dégustations professionnelles en comités et des formations continues.
Il participe chaque année à différents concours nationaux et internationaux tels que la Sélection des vins vaudois, Expovina Zurich, Mondial du Pinot Noir (Sierre), Grand prix du vin suisse, Mondial du Gamay (France).
Il a remporté de nombreux prix dont les derniers en date sont les médailles d'or pour son Mousseux Antoine Saladin, son Gewürztraminer et son Pinot noir du millésime 2012.
Sensible aux innovations techniques, culturales et viticoles, il lui tient à cœur d’appliquer, à un niveau local, les pratiques les mieux adaptées aux différents cépages et au terroir du Château.
Gilles Pilloud est animé par deux grands objectifs : le respect du terroir et la recherche de l'excellence.
Passionné par son métier et très attaché à la terre, il cultive un profond respect pour la nature et l’environnement. Ses diverses expériences en Suisse et à l’étranger l’ont amené à s’ouvrir à d’autres visions et à explorer de nouvelles techniques telles que la biodynamie introduite sur le domaine en 2007.
La recherche d’excellence lui a sans aucun doute été insufflée par la pratique d’un instrument de musique. A l’instar d’un chef d’orchestre, il possède la précision, l'exigence et la créativité, compétences qu'il met à profit dans ses activités quotidiennes.
Selon lui, «Le respect du terroir et la recherche d'excellence, sont les clés de voûte de l'élaboration de nouvelles cuvées prestigieuses »