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Des scientifiques de la Paléontologie A16 ont découvert une nouvelle espèce de tortue datant du Jurassique supérieur. Elle a été baptisée Portlandemys gracilis, en rapport à sa morphologie plus gracile que l'espèce voisine connue dans le sud-ouest anglais (Portlandemys mcdowelli). La récente publication par la Paléontologie A16 dans la revue américaine PLOS ONE atteste de cette découverte dans le monde scientifique. Les auteurs y décrivent un crâne de tortue marine côtière, mis au jour en 2009 sur le site du Bois de Sylleux, à Courtedoux. Ce spécimen d'environ neuf centimètres de longueur est incomplet, mais la base du crâne est heureusement bien préservée. La comparaison détaillée des structures anatomiques, ainsi que du passage des vaisseaux sanguins et des nerfs, révèle qu'il s'agit d'une nouvelle espèce.
Au Jurassique supérieur, il y a environ 150 millions d'années, l'Europe occidentale était un archipel d'îles plus ou moins vastes, bordé de mers chaudes et peu profondes. Dans les environnements côtiers, plusieurs groupes de tortues se sont adaptés pour la première fois à la vie marine, quelque 40 millions d'années avant les groupes qui mèneront aux tortues marines actuelles. Ces tortues marines du Jurassique supérieur ne sont connues qu'en Europe et seulement à cette époque. Depuis les années 1820 et l'exploitation des carrières fossilifères de Soleure, le nord-ouest de la Suisse est un endroit de référence pour l'étude de ces tortues.
Ces tortues marines côtières ont également été découvertes en très grand nombre en Ajoie sur le tracé de la Transjurane (A16). Quelque 80 carapaces en témoignent. Le matériel collecté par la Paléontologie A16 révèle une diversité insoupçonnée avec au moins huit espèces différentes, dont Portlandemys gracilis, récemment découverte. Parmi les restes, les crânes font figure d'exception. Cependant, ces spécimens ont un intérêt scientifique formidable puisque la classification des tortues fossiles repose en grande partie sur l'anatomie crânienne. Encore faut-il savoir les interpréter.
Le travail des experts de la Paléontologie A16 a également mené à une révision globale de l'anatomie crânienne de ces tortues marines côtières et à une meilleure compréhension de leurs relations de parenté. Cette étude confirme l'intérêt scientifique du patrimoine paléontologique jurassien. La Section d'archéologie et paléontologie de l'Office de la culture est très fière des recherches menées sur ces spécimens jurassiens et de l'intérêt porté par les revues spécialisées internationales.
Référence (revue en ligne, téléchargeable gratuitement)
Anquetin J., Püntener C. & Billon-Bruyat J.-P. 2015. Portlandemys gracilis n. sp., a new coastal marine turtle from the Late Jurassic of Porrentruy (Switzerland) and a reconsideration of plesiochelyid cranial anatomy. PLOS ONE 10(6): e0129193.
Lien PDF: https://www.plos.org/wp-content/uploads/2015/06/pone-10-6-Anquetin.pdf