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Une comédie british "dramatique" s'immisce dans nos salles: An Education. Jenny, brillante et caustique élève, s'intéressant aux préraphaélites et à la musique classique s'adonne à ses études avec passion et plaisir dans le dessein de continuer son parcours à l'université d'Oxford. Mais son désir est compromis par la tentation de devenir la femme d'un homme riche qui préfère l'hédonisme à l'effort intellectuel. Celui-ci tombe sincèrement amoureux de Jenny, et, après l'avoir séduite, l'émancipe de l'éducation petite-bourgeoise reçue par ses parents étriqués (pourtant sympathiques). Elle découvre le luxe, la sexualité, la frivolité et une once d'a-moralisme grâce à lui, alors qu'il profite de son charme adolescent et de son esprit vivement cynique.
Seulement, cette nouvelle vie a son prix: les résultats scolaires qu'elle obtient s'effondrent dans des abysses ne lui permettant plus de se faire accepter par les universités prestigieuses. S'engage alors un combat dialectique entre l'étude préparant le futur et la jouissance satisfaisant le présent. Le juste milieu est-il possible? La réponse du film est claire: il faut étudier avant tout! Une douce morale que les bourgeois - en voie de disparition bien entendu - applaudiront à grands coups d'omoplates.
Dans ses bons côtés, cette comédie déploie des dialogues piquants, une musique par Englishby très soignée et belle, enfin un discours un peu moins schématique que je ne le laisse entendre. Néanmoins, rien ne m'enlèvera de l'idée que le cinéma doit à tout prix s'intéresser fictionnellement aux systèmes éducatifs, ceux de sélections, de formatages et de savoirs académisés, pour les éclater en étoiles d'autres alternatives.
An Education remet peut-être en question le fait que la femme ne doit pas abandonner ses études pour se marier (et la lumière fut...), son titre se réfère peut-être à une éducation triple (de vie par l'hédoniste, parentale et scolaire), mais aucune agressivité envers l'enseignement, aussi imparfait soit-il aujourd'hui, n'est perceptible. Et c'est un peu triste.