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Deux votes pour rien et trois votes à refaire. Sur six objets genevois, le bilan des urnes de ce 30 novembre n'est pas brillant. Le premier vote pour rien c'est celui que Christian Grobet impose désormais aux Genevois*, dès lors qu'ils touchent à un cheveu des lois sur le logement. Le second vote pour rien c'est celui du contre-projet à l'initiative anti-dette. A voir comment les politiciens genevois se sont fichés depuis des décennies de dispositions semblables, on peut douter que ce remède fonctionne mieux qu'un placebo.
Les trois votes à refaire portent sur la question d'une plus grande sélection des élèves du Cycle d'orientation. Les Genevois ont été empêchés de s'exprimer sur le sujet en raison d'un recours gagné par les partisans de l'initiative 134 et d'une décision rigoureuse du Tribunal administratif qui a renvoyé le scrutin au 27 mai 2009. Cette péripétie n'a semble-t-il pas eu d'effet sur la loi sur l'Université qui passe sans problème. [cliquer sur l'image pour l'agrandir]
Sur le logement, les Genevois ont donc voté à la soviétique (93,08%) sans trop comprendre de quoi il s'agissait une modification de la loi sur le logement. On ne saura jamais pourquoi 6,92% des électrices et électeurs ont voté contre. Il faudrait pour cela que les votations permettent simultanément de réaliser un sondage d'opinion. Une innovation sur laquelle la Constituante pourrait plancher.
A propos du désendettement, l'injonction légale ne vaut pas autant que la volonté politique. Il suffit pour s'en convaincre d'observer la politique du canton de Berne en matière de réduction de la dette. Genève n'atteint pas le tiers de cette performance.
* D'aucuns se souviendront que l'ancien conseiller d'Etat, fatigué de lancer des référendums contre les tentatives des milieux immobiliers de desserrer l'étau des lois sur le logement, avait réussi à obtenir des Genevois qu'ils votent le principe du référendum obligatoire pour toute modification des lois sur le logement.