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L'épaule est la région du corps où le bras s'articule au tronc, constituée du côté du bras par la tête de l'humérus (ou tête humérale), arrondie, qui vient s'emboîter dans une partie de l'omoplate appelée glène. Et autour, bien sûr, de nombreux muscles dont la coiffe des rotateurs, qui nous permettent de placer la main dans toutes les positions de l'espace.
Lorsqu'une de ces structures est atteinte - soit à la suite d'un accident ou à cause de l'âge - notre service peut recourir à la pose de prothèses d'épaules. Une méthode qui a su faire ses preuves depuis plus de cent ans. Peu de gens le savent, mais la première prothèse d'épaule date en effet de 1893 ! C'est le Français Jules Emile Péan qui, en effet, avait réalisé un prototype constitué d'une tête en caoutchouc reliée à une tige en platinite (alliage de nickel et de fer) et qui resta implanté chez un patient durant 2 ans.
C'est à cette époque que la recherche dans le domaine fit de nouveaux progrès significatifs grâce aux travaux du Dr. Charles Neer aux Etats-Unis. Ce dernier instaura l'utilisation du métal, ainsi que la possibilité d'ajuster la taille de la prothèse en fonction de l'anatomie du patient. Durant les décennies suivantes, les travaux de ces précurseurs ne cessèrent d'être améliorés, afin d'arriver aujourd'hui à une prothèse relativement complexe, constituée de plus d'une dizaine d'éléments et disponible en plusieurs tailles.
Aujourd'hui, la mise en place de prothèses d'épaules est devenue une pratique routinière, particulièrement indiquées en cas de douleurs, que ce soit suite à un traumatisme ou une dégénérescence liés à l'âge du patient.
Il existe deux types de prothèses : anatomique (qui reproduit la même structure que l'épaule humaine, ou inversée (avec pivot qui n'est plus dans l'humérus, mais dans l'omoplate). Dans les deux cas, l'intervention dure environ deux heures et nécessite une incision d'une dizaine de centimètres. Il serait toutefois exagéré de dire que l'on change d'épaule comme on remplace une dent. Même si elles sont rares, quelques complications demeurent possibles : usure, raideur de l'épaule, etc. Et bien sûr, le patient doit suivre une rééducation de plusieurs semaines après l'intervention.
Mais à l’image de Jean-Pierre Stauffer, qui vit avec une prothèse d’épaule depuis plusieurs années, l’enjeu vaut largement la chandelle: «je souffrais d’arthrose depuis longtemps; et pour quelqu’un de bricoleur comme moi, je dois avouer que je revis depuis que j’ai reçu cette prothèse. Imaginez, avant je ne pouvais même plus lever les bras pour changer une ampoule sans aide ! Bien sûr, il faut faire le pas, mais je ne peux que recommander l’intervention à tous celles et ceux qui sont dans la même situation que moi voici quelques mois. Et pour être totalement honnête, je n’ai jamais vraiment ressenti de douleurs !»