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Ancienne mairie-école de Meyrin
1943– 1949
Réalisée
Architectes: Maurice Braillard, Virginio Malnati
Programme: mairie, salle communale, école primaire
Localisation: 6-8 rue de Vaudagne / 280 route de Meyrin
Collaboration: Eric Hermès (peintures murales)
Maître d’ouvrage: Commune de Meyrin
Références: (259 et 267)
Maurice Braillard a développé 3 projets distincts pour la mairie-école de Meyrin qui tous tentent de renouer, dans le sillage du Landistil de l’exposition nationale de Zurich de 1939, avec les traditions suisses. En 1943, il a établi deux projets dans le cadre d’un «concours d’idées pour la construction d’un groupe scolaire, d’une mairie et pour l’aménagement d’une place de village». Le projet, avec pour devise «Ariane», reçut le 2e prix, tandis que le projet intitulé «Pion» fut éliminé. En 1946 et 1947, il étudie, avec l’architecte et maire de la commune Virginio Malnati, un troisème projet qui sera, pour sa part, réalisé (inauguration en septembre 1949).
Le projet du concours d’idées primé intéresse d’abord par la relation qu’il établit avec le bâti et l’échelle des constructions villageoises. La diversité des volumes librement agrégés, la variété des répertoires vernaculaires, l’emphase sur les toitures en tuile à deux pans, en croupe, voire à 4 pans pour la tourelle, définissent une image pittoresque et mémorable en correspondance libre avec l’habitat rural du lieu. Il suggère par ailleurs un processus d’édification par ajouts successifs et, par là, un établissement dans un temps long.
Il retient ensuite l’attention pour la qualité de l’espace public qu’il définit. Le programme est réparti en trois volumes disjoints disposés en U. Ils délimitent une cours ouverte arborée, dallée et agrémentée au centre d’une fontaine qui communique, au Nord-Ouest, avec la rue villageoise. La vocation de foyer civique de cette place est soulignée par le beffroi trapu qui le domine.
À relever enfin l’utilisation judicieuse du terrain. Les constructions sont groupées dans le haut de la parcelle, ce qui permet de préserver le parc et les frondaisons tout en ménageant des vues dégagées sur le parc et la campagne depuis les salles de classe.
Dans le projet réalisé, le souci d’économie a conduit à réduire et concentrer le programme: la mairie, l’école et les fonctions annexes sont regroupées dans un bâtiment unique. En plus de la tour-beffroi rehaussée, ce sont les motifs de la peinture murale qui explicitent la vocation civique de l’édifice et le rôle de l’école dans la préparation à l’exercice des droits démocratiques. L’ensemble qui en résulte présente une composition de volumes asymétriques marquée par des décrochements en plan et en élévation, par des ouvertures de dimensions, de rythmes et de formes différents. Cette juxtaposition d’une aile rationnelle abritant l’école, d’un beffroi stylisé et d’un portique d’inspiration méditerranéenne produit un effet de collage, une image composite qui a toutefois le mérite de rendre lisible les fonctions et d’ainsi faciliter l’orientation.
En plus de l’aménagement de la place, du traitement architectural et des peintures murales, ce sont les cheminements qui réalisent le postulat de l’école comme centre de la vie communale expressément offert à l’appropriation et à l’identification des habitants. Chemins dallés, rampes, prolongements du soubassement en pierre de taille de l’école formant des murets, préau couvert traversant, terre-plein, escaliers extérieurs permettent, sur le plan technique, de dissocier les accès de la mairie, du jardin d’enfant et de l’école primaire mais aussi de filtrer la relation entre la place et l’école ou, au contraire, de décloisonner les espaces d’enseignement sur le parc. Sur un plan esthétique, ces éléments solidarisent le bâtiment à son environnement naturel tout en offrant des parcours et des points de vue qui invitent successivement à la découverte et à la jouissance du paysage champêtre vallonné qui se découpe sur fond de panorama alpestre.