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Pierre Dubochet | 1er mai 2014
Le dispositif de radioprotection mondiale : copinage, complaisance, serment de secret sur la pollution
«Je jure de ne rien révéler ou utiliser de ce qui sera porté à ma connaissance». Vous avez dit transparence ?
Tout en haut de ce dispositif, les scientifiques qui publient leurs découvertes dans des revues à comité de lecture. Il serait bien que la situation en Biélorussie par exemple montre que les budgets sont alloués vers les situations de pollution radioactive les plus sérieuses ; la réalité est différente.
En dessous, l’UNSCEAR (United Nations Scientific Committee on the Effects of Atomic Radiation), fondée en 1955. Elle prend connaissance des publications et en retient ce qu’elle veut, n’étant soumise à aucun contrôle scientifique.
En dessous, la CIPR (Commission Internationale de Protection Radiologique), émanation d’un comité de protection contre les rayons x et le radium, se fonde en 1950. Elle reçoit les publications de l’UNSCEAR et rédige ses recommandations. Vous comptez sur une information objective relativement à la pollution radioactive ? Vous allez être déçu.
Avant d'entrer en fonction, depuis le 15 juin 1966, les agents de ce service doivent accepter un «serment de secret sur la pollution radioactive» devant un tribunal d’instance en ces termes : «Je jure de bien et fidèlement remplir mes fonctions et de ne rien révéler ou utiliser de ce qui sera porté à ma connaissance à l’occasion de (mon) exercice». Aucun membre ne peut parler d’une quelconque pollution sans l’autorisation de son supérieur.
Le document est mis à jour en 1983 : «Je jure de bien et fidèlement remplir mes fonctions et de ne rien révéler ou utiliser, directement ou indirectement, même après cessation de mes fonctions, de ce qui aura été porté à ma connaissance à l'occasion de [mon] exercice)», selon parution au Journal Officiel de la République française.
Par ailleurs, ce petit groupe remplace ses membres par cooptation. Il s’auto perpétue. Est-ce l'idée que vous aviez de la radioprotection mondiale ?
Les membres de la CIPR (14 membres pour la commission principale) se retrouvent dans d’autres organisations, notamment dans l’UNSCEAR. Cette solidarité est dommageable à la prise en compte de réflexions différentes.
Encore en dessous se trouvent AEN, IRPA, OCDE, AIEA, OMS, etc. Elles conservent ce qui leur paraît opportun des recommandations de la CIPR, puis rédigent les standards internationaux en matière de radioprotection, qu’elles transmettent en leur nom.
C’est avec ce qu’il reste que les législations nationales sont décidées.
Les liens entre la CIPR et l’OMS sont formalisés en 1956 à Genève. L’OMS s’engage également à aider la CIPR à traduire et à diffuser ses recommandations. L’OMS institue des liens avec l’AIEA et l’UNSCEAR en 1959.
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