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La charte de jumelage qui unit la ville des bords de Seine à celle des bords de la Sarine a été ratifiée le 10 octobre 1992 à Rueil-Malmaison par Jacques Baumel, député-maire de Rueil-Malmaison, et Claude Schorderet, syndic-président de Fribourg.
Appartenant à la grande famille des villes de Zaehringen et entretenant des relations privilégiées avec sa consœur brésilienne de Nova-Friburgo, la Ville de Fribourg est heureuse de ces retrouvailles historiques avec Rueil-Malmaison.
Rueil-Malmaison dans les Hauts-de-Seine est une ville de quelque 78'000 habitants, située à cinq kilomètres à l’ouest de Paris. Elle fut la résidence des Gardes suisses parmi lesquels de nombreux Fribourgeois. C’est aussi au château de Malmaison, propriété de l’impératrice Joséphine, que Napoléon rédigea les projets de constitution helvétique connus sous le nom de Constitution de la Malmaison, textes qui ont été partiellement en vigueur en Suisse au début du XIXe siècle et dont devaient découler les travaux constitutionnels ultérieurs.
Longtemps au service de la France, dans le cadre d’une alliance franco-suisse qui remonte à la Paix perpétuelle signée sur les bords de la Sarine en 1516, les Fribourgeois ont vécu en grand nombre au milieu de la population rueilloise. Ils logeaient chez l'habitant avant d'être rassemblés, à partir de 1759, dans la Caserne des Gardes suisses, qui existe encore, sous forme de musée. D’anciens soldats firent souche dans la contrée, tels les Buchs devenus Boux. Raison pour laquelle quelques Rueillois ont des origines helvétiques. A ce titre, Rueil-Malmaison constitue bel et bien un lieu de mémoire de la présence helvétique et fribourgeoise en France.
Les origines du jumelage entre Fribourg et Rueil-Malmaison
Le jumelage de nos deux villes tire son origine d’un colloque organisé à Rueil-Malmaison, les 30 septembre et 1er octobre 1988, intitulé Les Gardes-Suisses et leurs familles aux XVIIe et XVIIIe siècles en région parisienne. Lors de la partie officielle, le maire de Rueil-Malmaison, feu Jacques Baumel (1918-2006), avait lancé l’idée de jumeler sa ville avec une commune suisse, en laissant entendre que cela pourrait être Lucerne, en raison de la présence du célèbre Lion rappelant la tragique journée du 10 août 1792. Le généalogiste Benoît de Diesbach et l'historien Alain-Jacques Tornare, tous deux participant à ce colloque, le convainquirent de choisir Fribourg.
De retour au pays, les deux compères argumentèrent en faveur de ce jumelage auprès du syndic de Fribourg, Claude Schorderet. L’année suivante, John Clerc, conseiller général (PS), présenta une proposition (no 111) invitant le Conseil communal «à examiner l’opportunité d’un jumelage de la Ville de Fribourg avec une autre commune européenne» dans l'idée d’associer les citoyens à la construction de l’Europe par le biais d’un tel jumelage.
Le syndic Schorderet ressortit alors le projet soumis par Messieurs de Diesbach et Tornare l'année précédente. Le 19 février 1990, il transmit la proposition de jumelage au Conseil communal, qui rendit un préavis favorable le 28 janvier 1991. Dans l'intervalle, une proposition semblable émanant de la Ville de Rueil-Malmaison lui avait été présentée par le secrétariat de la section suisse du Conseil des communes et régions d’Europe.
Le mois suivant, une délégation du Conseil communal rencontrait les autorités de Rueil-Malmaison pour un premier contact. Il en ressortit un intérêt marqué pour les échanges, non seulement sur le plan historique mais aussi dans les domaines culturel et sportif entre les deux villes.
Un groupe de travail fut alors mis sur pied en vue de la signature de l'acte officiel de jumelage. Il était composé, entre autres, d'Alain Dubey, Madeleine Duc, Catherine Agustoni, Jean-Janiel Dessonnaz, Benoît de Diesbach et Alain-Jacques Tornare. La délégation issue de ce groupe de travail s'est rendue pour la première fois à Rueil-Malmaison du 9 au 11 octobre 1992 pour la signature de l’acte de jumelage.
Le jumelage en activités
La dimension historico-culturelle tient naturellement une place significative. Concrètement, la Ville de Fribourg a soutenu la création d'un musée franco-suisse, le Musée des Gardes Suisses, dans le pavillon d’entrée de l’ancienne caserne des Gardes suisses. Unique établissement de ce type en France, le Musée a été inauguré le 9 novembre 1999 avec le soutien des Archives de la Ville de Fribourg. Alain-Jaques Tornare en est devenu le responsable côté suisse. Les Archives de la Ville de Fribourg représentent aussi chaque année la Ville de Fribourg à l’assemblée annuelle de la Société historique de Rueil-Malmaison.
Plusieurs expositions créées à Fribourg ont pu être présentées à la Médiathèque Jacques-Baumel, par exemple:
1803 – Quand Fribourg était capitale de la Suisse, en 2005; Le génie inventif fribourgeois, en 2009; une rétrospective consacrée au peintre et graveur fribourgeois Jean-Pierre Humbert intitulée Village sauvage, en novembre 2012.
Fribourg a également contribué aux expositions sur les Gardes suisses en octobre 2018 et à celle sur la guerre de 1870-1871 avec un volet consacré à l’accueil des Bourbaki en janvier 2021. L’exposition Sur les pas de Saint-Exupéry à Fribourg (Suisse), couplée avec une exposition sur les écrivains fribourgeois, a été présentée en octobre 2019.
De son côté, la Ville de Fribourg inaugurait le 4 juillet 2003, à l’occasion du dixième anniversaire du jumelage, la Terrasse de Rueil-Malmaison, dans le quartier des Places, surplombant la Neuveville et la Sarine, en présence du maire de Rueil. Cet espace, au centre même de la cité, témoigne de la profonde amitié entre Rueillois et Fribourgeois, unis par un «jumelage du cœur» selon l’heureuse formule du regretté maire de Rueil Jacques Baumel.
Les autorités des deux villes se sont à nouveau retrouvées en 2007 pour fêter le 850e anniversaire de la fondation de la Cité des Zaehringen.
En mai 2011, une délégation de seize Rueillois, membres de l’association Les Amis des Jumelages de Rueil-Malmaison, a été reçue par le syndic Pierre-Alain Clément au caveau de l’ancien Hôpital des Bourgeois.
La présence d’une délégation des autorités de Rueil-Malmaison à l’Acte officiel marquant le bicentenaire de l’Acte de Médiation qui vit Fribourg devenir à la fois première capitale tournante de la Suisse et premier canton-directeur, allait de soi.
Le député-maire Patrick Ollier et les autorités de Rueil-Malmaison se sont rendus à Fribourg le 6 avril 2017, pour une réception officielle qui s'inscrit dans le cadre de la commémoration de la présence d'Antoine de Saint-Exupéry à la Villa Saint-Jean.
Les autorités de la ville française se sont également rendues à Fribourg à maintes reprises pour assister à la fête de St-Nicolas.
La dernière visite remonte au mois de mai 2019, lorsque M. Philippe Trotin et Mme Isabelle Paget représentent Rueil-Malmaison à l’occasion de l’inauguration de la stèle Paul Cantonneau et de l’exposition éphémère Sept jours sur les traces de Tintin et Milou au Jardin botanique.
Après deux années d'interruption des rencontres, en 2020-2021, à cause de la situation sanitaire, de nouvelles possibilités de collaboration entre les deux villes s’offrent dans les domaines culturels, scolaires ou touristiques.
Renouvellement de la charte
La charte de jumelage est périodiquement renouvelée, tantôt à Rueil-Malmaison, tantôt à Fribourg.
Le quatrième renouvellement de la charte de jumelage, correspondant à son 30e anniversaire, se déroulera à Fribourg au mois d’octobre 2022.