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En l’espace de deux semaines les gouvernements de la terre entière ont réussi à ficeler des plans de sauvetage économique de dimensions astronomiques. Bien sûr que non. Ces plans sont dans les tiroirs des chancelleries depuis quelque temps déjà. Il n’est pas nécessaire d’en avoir la preuve formelle, car ils se ressemblent tous comme deux gouttes d’eau.
A l’instar des deux crises financières précédentes, la crise dite « bulle internet » en mars 2000 et la crise des « subprimes » en 2008, ils sont tous basés sur un redémarrage hypothétique de l’activité économique par la stimulation monétaire, redémarrage qui n’aura pas lieu, une fois de plus, faute de pouvoir d’achat, censé créer la demande. Le niveau des salaires américains, en termes de pouvoir d’achat, est au niveau de 1978.
La croissance économique des derniers vingt ans est donc entièrement construite sur la création monétaire, conduisant à une situation « catch 22 » inédite dans les pays industrialisés, des dettes souveraines, surtout aux Etats-Unis, hors de contrôle, à la notable exception des pays exportateurs comme la Chine, l’Allemagne et, bien-sûr la Suisse, ainsi que des dettes industrielles et privées à des niveaux insoutenables.
A chaque crise le problème s’aggrave. Le dernier plan de sauvetage s’ajoutera à la dette souveraine des Etats-Unis, et de tous les pays qui en proposent un, dette cumulée qui était de l’ordre de 23'400 milliards USD au mois de février de cette année, ou 5'600 milliards en l’an 2000, le temps de la première crise financière de ce siècle, pour comparaison, ce qui ne serait absolument pas un problème si les secteurs industriel et privé n’étaient pas endettés en même temps à leur tour.
Dans un premier temps, le gouvernement américain présente au Congrès un pavé de 900 pages, sans doute écrit à la hâte en l’espace de quelques jours, contenant des mesures d’aide de 2'200 milliards USD, mélangeant pêle-mêle, dans le même paquet, les miettes pour les citoyens, une indemnité de 1'200 USD par adulte ou 3'000 USD par famille, indemnités qui ne feront pas long feu, avec des facilités de crédit de 500 milliards USD pour les grandes entreprises, dont la société « Boeing », qui ne réussit même plus à faire voler ses avions sans accident, qui recevra 17 milliards USD, 350 milliards USD pour les petites et moyennes entreprises et 100 milliards pour les hôpitaux, un « compromis global », à prendre ou à laisser. (swissinfo)
L’assurance chômage sera approvisionnée avec 250 milliards USD supplémentaires, qui seront épuisés en peu de temps, compte tenu des 6,6 millions de chômeurs nouvellement inscrits. Le chômage partiel ne faisant pas partie de l’esprit entrepreneurial américain on se demande quelles « sorties de trésorerie », du moins des entreprises aux activités « non essentielles » dont les machines pour une bonne partie sont à l’arrêt, justifieraient une aide de 850 milliards USD, à moins qu’elles n’aient plus de trésorerie, mais des dettes.
Ce plan de sauvetage, inédit par son opacité et son ampleur, est concocté par le Secrétaire du Trésor, l’ancien banquier d’affaires, Steven Mnuchin, profiteur de la crise financière dite crise des « subprimes » en 2008 (1) et fossoyer du troisième groupe de distribution américain « Sears » en octobre 2018 en sa qualité d’investisseur et membre du conseil d’administration du « Hedge Fund » « ESL Investments » (2).
Le fait que celui qui a failli faire capoter le projet du président Trump, est un des députés républicains les plus réactionnaires de la Chambre des représentants, Thomas Massie de l’état du Kentucky, est tout de même le comble de l’ironie. Objectant que « le projet confère trop de pouvoirs à la Réserve Fédérale et contient trop de mesures peu pertinentes » il a allègrement grillé la politesse aux députés démocrates.
Heureusement, le Congrès a fini par signer les yeux fermés, sous la houlette de la sinistre Présidente démocrate, Nancy Pelosi et le docile sénateur Chuck Schumer, avec l’appui, il faut bien le dire, de la guilde progressiste, la députée new-yorkaise Alexandria Ocasio-Cortez et la députée du Minnesota, Ilhan Omar, ainsi que le sénateur du Vermont, Bernie Sanders, qui pense que « ce n’est pas le bon moment pour faire le forcing pour « Medicare for all ». Ce sera pour plus tard. »
Le Président Donald Trump a d’ores et déjà exclu l’instauration d’une commission de surveillance, présidée par un inspecteur général, contredisant royalement Mrs. Pelosi, qui, tout en taxant Donald Trump de « président dangereux, qui a choisi d’ignorer la dangerosité du « Coronavirus » », compte, elle, bien faire instaurer une telle commission par la « Chambre des représentants », commission qui « sera en charge de surveiller le bon déroulement de l’allocation des fonds ». « Notre prochain objectif sera la reprise de notre économie avec des emplois bien rémunérés qui mèneront notre pays vers un avenir plus brillant. » Le Congrès reprendra ses travaux le 20 avril prochain.
Le député Massie n’a pas tort quand il questionne le rôle de la « Réserve Fédérale ». Bien qu’elle ait déjà amplement approvisionné l’économie avec 3'000 milliards USD, les dernières deux ou trois semaines, en achetant des bons du trésor, elle n’est, à ce stade, pas intervenu directement, en achetant de la dette commerciale de moindre qualité, ce qui, normalement lui est interdit.
Toutefois, elle semble commencer à le faire quand-même, si on croit le Département du Trésor, qui vient d’établir un fonds de 50 milliards USD, dans le but de compenser d’éventuelles pertes comptables sur des obligations « de moindre qualité » détenus par la « Fed ». C’est un peu le principe du système de réserves fractionnaires des banques commerciales. Seulement la « Réserve Fédérale » n’est pas une banque commerciale. Normalement.
La semaine passée, le Secrétaire du Trésor, Steven Mnuchin, avait annoncé qu’une partie de 2'200 milliards USD, prévus pour l’économie, dont les miettes pour la plèbe, soit 450 milliards USD seront mis à disposition de la « Réserve Fédérale » pour la création monétaire, ce qui permettra à la dernière d’acheter un bric-à-brac de dettes commerciales pour la somme de 4'000 milliards USD supplémentaires, fidèle au principe de la planche à billets, ce qui, selon les experts qui comptent ne suffira probablement pas.
Le responsable des investissements de la firme new-yorkaise « Guggenheim Partners », qui conseille également la « New York Federal Reserve », estime que les 450 milliards USD que les finances publiques mettent à disposition de la Banque Centrale, ne suffiront probablement pas. Il pense que 2'000 milliards USD devraient éventuellement faire l’affaire.
Il faut garder à l’esprit que la « Réserve Fédérale » a cessé sa politique monétaire restrictive au mois de septembre de l’année passée déjà et injecte depuis régulièrement des sommes astronomiques dans le système bancaire. (3)
Ceux qui comptent sur une introspection de la part des gardiens du système se trompent lourdement. Ce que nous prépare le Secrétaire du Trésor, Steven Mnuchin, ne manque pas de sel, puisqu’un des protagonistes majeurs de ce programme de rachat de dettes commerciales par la « Réserve Fédérale » est la société de gestion d’actifs financiers « BlackRock ».
La firme « BlackRock » qui gère des actifs financiers d’une valeur de 7'000 milliards USD, est notamment spécialisée dans la gestion de capitaux de prévoyance.
Lors de la dernière crise financière des « subprimes » en 2008, le Secrétaire du Trésor de l’époque, Henry Paulson, et le Président de la « Federal Reserve Bank of New York » de l’époque, futur Secrétaire du Trésor de l’administration Obama, Timothy Geithner, s’adressèrent à Larry Fink, PDG de « BlackRock », en lui confiant le mandat d’évaluer, en utilisant le système électronique d’analyse d’actifs financiers « Aladdin » (Asset, Liability, Debt and Derivative Investment Network), pour le compte du Département du Trésor, la valeur des « structures d’investissements collectifs » pourries (subprimes), accumulées par les banques.
Basé sur ses propres évaluations (Aladdin), la firme avait acquis, par ailleurs, une bonne partie de ces titres (junk) pour son propre compte, pour les revendre sur le marché par la suite avec un bénéfice appréciable. Avant ce mandat gouvernemental « BlackRock » était un acteur moyen parmi les géants de « Wall Street », une boutique.
Dans le cadre de l’actuel programme de rachat de dettes commerciales « douteuses » par la Reserve Fédérale, « BlackRock » figure donc à nouveau parmi les firmes qui conseillent le gouvernement américain (Bloomberg).
Dans une lettre à ses actionnaires Larry Fink se montre par ailleurs « prudemment optimiste en ce qui concerne les marchés financiers » et se « prépare déjà à de nouvelles acquisitions ».
La crise du « Coronavirus » n’est pas une crise sanitaire, c’est une crise systémique. Elle est en gestation depuis vingt ans. Elle est certes déclenchée par la circulation d’un virus, mais elle aurait pu être déclenchée par n’importe quel autre phénomène, c’était une question de temps.
(1) En 2009, en pleine crise financière, un groupe d’investisseurs, sous la direction de Steven Mnuchin, comprenant le milliardaire hongrois George Soros, Michael Dell (Dell Computers), les financiers John Paulson et James Christopher Flowers, avaient saisi l’occasion de la crise pour acheter à l’agence gouvernementale « Federal Deposit Insurance Corporation » une des nombreuses banques en faillite, reprises par les pouvoirs publics, la banque californienne « Indimac », pour 1,3 milliards USD cash (valeur de la transaction 13,9 milliards USD) (Huffpost), empochant à titre personnel (Mnuchin) la coquette somme de 200 millions USD (Bloomberg), tout en réussissant le tour de passe de laisser les dettes irrécupérables à la collectivité publique. Avant de la revendre en 2015 sous le nom de « OneWest Bank » avec un juteux profit pour les investisseurs, Steve Mnuchin, faisait partie de son conseil d’administration, sous la responsabilité duquel la banque procédait à 36'000 saisies immobilières, jetant à la rue des dizaines de milliers de familles californiennes.
(2) Entre 2011 et 2015 le troisième groupe de distribution américain « Sears », en difficulté financière, fut détenu à 60% par le « Hedge Fund » « ESL Investments », dirigé par le financier Edward Scott Lampert au sein du conseil d’administration duquel figurait également Steven Mnuchin. Il se trouve qu’à la suite de la faillite de « Sears », un groupe d’actionnaires minoritaires intentait un procès contre quelques membres du conseil d’administration, dont Lampert et Mnuchin, pour ce qu’on appelle dans les cercles financiers « asset stripping ». Le principe est simple. Avant de laisser couler une entreprise on la vide de sa substance en vendant à vil prix, par exemple de biens immobiliers, à des hommes de paille.
(3) http://bhubacher.blog.tdg.ch/archive/2019/09/25/crise-de-liquidite-301074.html
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En l’espace de deux semaines les gouvernements de la terre entière ont réussi à ficeler des plans de sauvetage économique de dimensions astronomiques. Bien sûr que non. Ces plans sont dans les tiroirs des chancelleries depuis quelque temps déjà. Il n’est pas nécessaire d’en avoir la preuve formelle, car ils se ressemblent tous comme deux gouttes d’eau.
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C’est en substance ce que dit le microbiologiste marseillais Didier Raoult lors d’une récente interview et on ne peut s’empêcher de penser qu’en quinze jours de pandémie de grippe les néophytes auront appris davantage sur le monde secret de la recherche médicale que les citoyens en quarante ans de dogme économique néolibéral, confinement oblige.
Le parallèle entre les deux mondes est synthétisé à merveille dans un documentaire, diffusé le 11 janvier 2019 par la chaîne de télévision « France 24 », propriété de l’état français, chaîne qu’on ne peut guère accuser de complotisme, sous le titre évocateur « Malaria, la médecine naturelle contre le business », sur les effets thérapeutiques d’une plante médicinale, originaire de Chine, cela ne s’invente pas, du nom de « Artemisia annua ».
En introduction le présentateur nous apprend que le Paludisme, ou Malaria, cause 500'000 morts dans le monde chaque année, surtout des enfants, principalement en Afrique. Les parasites ayant réussi, avec le temps, de développer des résistances, les molécules antipaludiques conventionnels des laboratoires industriels pharmaceutiques auraient perdu leur efficacité, et, côté prévention, aucun vaccin n’est disponible pour l’heure.
« On n’est jamais mieux servi que par soi-même », ont dû se dire les habitants de Madagascar qui cultivent, depuis quelque temps, une plante médicinale, l’armoise annuelle ou absinthe chinoise, Artemisia annua, efficace contre les parasites du genre « Plasmodium falciparum », agents du « Paludisme » (Wikipedia). On apprend également, sur Wikipedia, que « les grandes différences de teneur en artémisinine en fonction du sol, de la période et des conditions de récolte, de séchage et de stockage rendent difficile la standardisation et donc la garantie d’efficacité de la plante, utilisée en tisane ».
Serait-ce une des raisons, « la difficulté de standardisation », la condition « sine qua non » pour la commercialisation rentable et efficace d’un produit dans un monde globalisé, pour lesquelles l’utilisation de cette plante à des fins thérapeutiques est « fortement déconseillée par l’OMS », « interdite dans de nombreux pays » et proscrite par l’« Académie nationale de médecine » (France) qui, de son côté, avertit que Artemisia annua, dont le principe actif est utilisé dans les médicaments anti-paludisme, « ne doit pas être utilisée seule, en poudre, ou en tisane » dénonçant des « allégations scientifiquement incertaines et irresponsables de ceux qui promeuvent cette phytothérapie ».
L’institution française critique « la méthodologie d’une étude publiée en décembre 2018 par la revue « Phytomédecine », qui prétend démontrer la supériorité de l’Artemisia par rapport au CTA, traitement classique, pointant « un lien d’intérêt évident » et « de nombreuses insuffisances méthodologiques » (Sciences et avenir), le même argument qu’on entend aujourd’hui dans le contexte de la crise du « coronavirus », argument couplé avec celui de « l’automédication des citoyens irresponsables ».
Pourtant, Il va de soi que n’importe quel médicament, naturel ou de synthèse, doit être prescrit par un médecin, puisque c’est la dose qui fait le poison. La ressemblance avec la polémique actuelle autour du principe actif d’une autre plante médicinale, le « quinquina », un arbuste, originaire d’Amérique du Sud, dont on avait réussi à extraire la « quinine », un « alcaloïde », dont l’industrie pharmaceutique se sert depuis le XIXème siècle pour la synthèse chimique, donnant naissance à la « chloroquine », est frappante.
Depuis 2005, la société française « Bionexx » achète, chaque année, à 10'000 paysans malgaches, 1'800 tonnes de feuilles séchées d’Artemisia annua, à prix fixe, un revenu complémentaire bienvenu pour les agriculteurs, feuilles dont elle extrait mensuellement 1,8 tonnes du principe actif, l’artémisinine, vendu principalement au groupe pharmaceutique suisse « Novartis », ou l’équivalent de 140'000 traitements quotidiens. (Ouest France)
Seulement, leurs récoltes étant destinées à l’exportation, certains cultivateurs malgaches et leurs familles avaient commencé à consommer les feuilles séchées de la plante sous forme d’infusion, constatant une nette amélioration de leur état de santé en peu de temps, raison pour laquelle, malgré la mise en garde de l’OMS, des centaines de chercheurs africains travaillent actuellement sur l’Artemisia, avec des résultats probants.
Evoquant le « principe de précaution » l’industrie pharmaceutique est silencieuse quand il s’agit d’effets secondaires indésirables, voire dangereuses, de médicaments pourtant approuvés par les autorités sanitaires, tel que, par exemple, le principe actif « Lariam » du médicament « Méfloquine » du laboratoire « Roche », dont le chanteur belge « Stromae » avait fait les frais.
Le Dr. Jérôme Munyang, médecin chercheur congolais, termina sa maîtrise universitaire « ès sciences » dans une université parisienne où il présenta les résultats de ses analyses à son professeur qui les qualifia de « bombe » suggérant « d’arrêter immédiatement les recherches », « refusant catégoriquement toute publication qui pourrait avoir une incidence négative sur les subventions que le laboratoire obtient des compagnies pharmaceutiques, confisquant les résultats des recherches sur le champ ».
Exclu de l’université et privé de bourse, le Dr. Munyang continua tout de même ses recherches et décida de monter une étude randomisée de mille personnes, aux normes de l’OMS, avec l’orthodontiste française Lucile Cornet-Vernet au Congo. Alors que le médicament ACT (artemisinin based combination therapy), une association de deux molécules, une molécule semi-synthétique, dérivée de l’artémisinine, et une molécule synthétique, censée retarder l’apparition de résistances est jugé efficace à 80%, la tisane affiche un score de 97%, sans effets secondaires, contrairement au médicament ACT qui lui produit des effets secondaires. Avec un prix de la tisane cinq fois inférieur à celui de l’’ACT, les ventes du dernier commençaient à dégringoler.
Au « Worcester Polytechnic Institute » à Boston la chercheuse Pamela Wheaters étudie l’Artemisia annua depuis 25 ans. Au début, elle n’étudiait que le principe actif « artémisinine » (synthétisé par les laboratoires pharmaceutiques ndlr), mais « aujourd’hui, nous savons que l’ensemble de la plante favorise la pénétration de l’artémisinine dans le corps et nous avons vu qu’elle (la plante ndrl) contient beaucoup d’autres composantes anti-malaria. Résultat, nous adoptons dorénavant une approche plus « holistique », approche que, par ailleurs, l’encyclopédie Wikipedia appelle « pseudo médecine ».
A part le « sacro-saint » principe de précaution, les adversaires avancent l’argument selon lequel l’utilisation de l’Artemisia annua sous forme d’infusion à grande échelle risquerait de générer des résistances, or cette plante est cultivée et consommée en Chine depuis 2'000 ans, sans développer des résistances.
Le principal frein à son utilisation généralisée est l’OMS (Organisation mondiale de la santé) car, comme le remarque Germàn Velàsquez, son ancien directeur, « Il y a 25 ans, plus de 50% du budget de l’OMS était assuré par les contributions publics des pays membres. Actuellement, les contributions publiques représentent encore 20% du budget, tandis que les fondations privées telles que la « Fondation Bill et Melinda Gates » ont pris le contrôle de l’organisation. »
« Les premiers 50 ans de son existence l’industrie pharmaceutique développait des médicaments qui guérissait des maladies, depuis une vingtaine d’années celle-ci produit des médicaments pour traiter les maladies mais non pour les guérir. Peut-être c’est plus rentable d’avoir le malade en tant que client. » Ce n’est donc pas pour rien que la « Fondation Bill et Melinda Gates » promet d’investir 4 milliards d’euros pour l’éradication de la malaria.
Contactée par l’émission de « France 24 » pour une prise de position au sujet de l’utilisation de la plante Artemisia annua à des fins thérapeutiques, la « Fédération internationale de l’industrie du médicament » IFPMA répond par e-mail : « Nous ne sommes malheureusement pas en mesure d’intervenir dans votre documentaire, car nous n’avons pas trouvé d’experts disponibles pour témoigner sur ce sujet. » La réponse de l’OMS est encore plus laconique : « Nous ne pouvons pas répondre à vos questions concernant la médecine alternative. »
On peut reprocher à la médecine moderne ce qu’on peut reprocher à la science économique « moderne », la validation du principe de l’économie de marché, ou, comme disait l’économiste américano-canadien, John Kenneth Galbraith (1908 – 2006), « dans le monde de l’économie néo-classique ce sont les entreprises qui imposent des produits aux consommateurs, or cela devrait être l’inverse. »
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« Le processus par lequel les banques créent de l’argent est d’une telle simplicité, c’est une insulte à mon intelligence. » C’est le grand John Kenneth Galbraith (1908 - 2006) (1), paix à son âme, qui le dit et Ben Bernanke, le Président de la « Réserve Fédérale » américaine, entre 2006 et 2014, confirme.
Dans une interview, accordée à l’émission « 60 minutes » de la chaîne de télévision CBS en 2009, en pleine crise financière, le journaliste Scott Pelley lui pose la question, dont, petit (a) il connaissait la réponse et dont il voulait que son public la connaisse à son tour, ou petit (b) il ne la connaissait pas, ce qui aurait jeté une lumière crue sur le métier de journaliste.
Dites-nous, Monsieur Bernanke, est-ce que c’est de l’argent du contribuable que vous mettez à disposition des banques ? « Ah, non, non ! Nous utilisons les ordinateurs pour « modifier » les soldes des comptes que les banques détiennent chez nous. »
On ajoutera, pour la compréhension, que les banques de leur côté font exactement la même chose, en octroyant des crédits à leurs clients. Elles « modifient » les soldes des comptes des créanciers, en espérant que les « plus rares » dépositaires ne viennent pas tous en même temps pour exiger leur dû, une sorte de « Système de Ponzi » légalisé. Basé entièrement sur la confiance, ce système peut toutefois vaciller dangereusement en période de crise.
Fidèle à la théorie économique néolibérale du « ruissellement », ce sont donc les banques qui distribuent la manne. 80% des acteurs économiques la reçoivent, avec parcimonie, à condition qu’ils soient en mesure de mettre en gage des actifs tangibles en suffisance. En ce qui concerne les 20% restants, c’est « open bar ». Les plans de sauvetage, actuellement présentés par les gouvernements de la terre entière, dans le cadre de la crise sanitaire, sont à l’image de cette dichotomie.
Le gouvernement suisse de son côté propose 40 milliards CHF.
Mise à part les mesures évidentes de décalage de paiements d’impôts, de cotisations sociales, TVA et autres, sans intérêt moratoire s’il vous plaît, les entreprises profiteront de lignes de crédit supplémentaires auprès de leur banque, allant jusqu’à 500'000 CHF, dont « aucun examen particulier ne sera nécessaire », dont « le cautionnement sera assuré à 85% par les pouvoirs publics » et dont « les intérêts seront très bas », à peine une bonne affaire.
Dans quel état sont nos banques pour qu’elles aient besoin de la garantie de pouvoirs publics pour étendre les lignes de crédit de leurs clients pendant quelques mois ? Y aurait-t-il un problème de liquidité ? Il fallait que le Conseiller fédéral, Ueli Maurer, précise que « la place financière suisse est saine et forte, car toutes les mesures concernant les banques « too big to fail » avaient été mises en œuvre. » Ouf !
Quoi que. Ce n’est pas ce que dit la « FINMA » (Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers). « Les plans d’urgence en cas d’insolvabilité des établissements systémiques « Postfinance » « Raiffeisen » et « Banque cantonale de Zurich » (On imagine les répercussions sur le marché immobilier ndlr) ne sont pour l’heure pas exécutable. Du côté des deux établissements principaux « UBS » et « Crédit Suisse » seul le plan d’urgence du « Crédit Suisse » est exécutable. » Mais, bon ! (Le Temps 25.02.2020)
Notre grand argentier, Ueli Maurer, se réjouit de pouvoir ainsi distribuer 40 milliards CHF, car, comme il dit « Nous avons un budget très sain. Nous remboursons nos dettes et nous avons mis un frein aux dépenses. Cela permet à la Confédération, en cette période de crise, d’apporter son aide rapidement et sans complication », une politique dont la santé publique lui est sans doute reconnaissante.
N’y a-t-il donc personne à Berne pour lui expliquer que la gestion des finances publiques n’a rien à voir avec celle du budget de la « ménagère souabe » ?
Les mesures annoncées, selon les règles de l’art de la communication, il faut bien le dire, concernent les petites et moyennes entreprises, représentant 80% du tissus économique. En ce qui concerne celles qui bénéficient généralement du principe « open bar » en périodes de crise, on sait si peu. Pourtant, elles risquent bien d’avoir des problèmes autrement plus importants que les petites et moyennes entreprises qui elles avaient, peut-être, eu la sagesse de créer quelques réserves. L’effondrement, provisoire on espère, de la demande, touche toutes les entreprises sans distinction, les problèmes de liquidité, due à une mauvaise gestion des ressources, peut-être davantage les grands.
On sait qu’aux Etats-Unis, et il n’y pas de raison pour que ce soit différent dans les autres pays, depuis la dernière crise financière, les grandes entreprises ont utilisé systématiquement les liquidités, résultants des gains de productivité, à la distribution de dividendes, ainsi qu’au rachat de leurs propres actions en bourse, pour deux raisons. La première étant liée à une demande atone de l’économie réelle, due à une érosion chronique du pouvoir d’achat, imputée à la stagnation des salaires, tandis que la deuxième s’explique par le fait que le personnel dirigeant reçoit, en plus de son salaire fixe, une rémunération variable, liée au cours de l’action de l’entreprise. Le résultat de cette stratégie entrepreneuriale est un endettement stratosphérique des entreprises américaines dont le renflouement ne peut être résolu autrement que par la planche à billets, tandis que les autres passeront par les contraintes budgétaires de l’état, car les 40 milliards CHF de Monsieur Maurer devront être remboursés.
Du côté des travailleurs c’est plus simple. Les employés disposant d’un contrat à durée indéterminée profitent de la RHT (réduction horaire du travail) censée empêcher les licenciements, compensation réglée par l’assurance chômage à hauteur de 80% (?) du salaire, mais payée aux entreprises et non aux employés, un ruissellement de plus. Pour le reste, c’est à la tête du client. Le chauffeur de taxi qui perd sa clientèle peut marquer dommage. Pour lui c’est la loi du marché. Les instructions du gouvernement sont claires : « Restez chez vous, mais allez travailler si vous ne pouvez pas faire autrement ».
L’humanité se trouve sur le fil d’un rasoir. Soit cette crise se termine avec une introspection profonde, soit nous entrons dans le monde du néolibéralisme orwellien.
(1) Avocat du libéralisme américain, combinant liberté et égalité civile grâce à une économie mixte permettant justice sociale et paix du travail, l’économiste américano-canadien John Kenneth Galbraith, marquait l’économie de son pays pendant quelques décennies, avant et après la seconde Guerre mondiale. Conseiller économique de plusieurs présidents Franklin Delano Roosevelt, John Fitzgerald Kennedy et Lyndon Baines Johnson, il était également auteur de nombreux ouvrages célèbres, dont « American capitalism », « The affluent society » et « The great crash », ainsi qu’un programme de télévision de « vulgarisation de l’économie » « The Age of Uncertainty » diffusé par les chaînes PBS et BBC en 1977. Critique de la théorie néo-classique, défendue par ses contemporains Milton Friedman et Paul Krugman, architectes de la révolution néolibérale, Galbraith réfutait la thèse selon laquelle une augmentation exponentielle de la production matérielle représente le bien-être d’une société (PIB ndlr). Selon lui les théories économiques classiques perdent leur validité dès lors que la société sort de la pauvreté et entre dans l’âge de la consommation. La création artificielle de nouveaux besoins (économie de l’offre ndlr) amène les acteurs économiques à négliger les investissements publics nécessaires.