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Déploiement de troupes sur la Bubenbergplatz à Berne pendant la grève générale. Photo: Swiss Federal Archives / Wikimedia Commons
La grève générale de 1918
Dans d’autres pays, la grève générale de 1918 aurait probablement dégénéré en guerre civile. Ce n’a pas été le cas en Suisse. La raison y a finalement pris le dessus dans les deux camps.
Depuis longtemps, la Suisse est considérée comme une nation pacifique et stable. Qu’elles soient linguistiques ou politiques, les différences ne sont pas en mesure de diviser le pays. Il y a un siècle, en novembre 1918, cette La grève générale de 1918 Musée national Zurich Déploiement de troupes sur la Bubenbergplatz à Berne pendant la grève générale. paix a été sur le point d’être rompue. Pendant la grève générale, le pays a failli éclater pour la première fois depuis la fondation de l’État fédéral en 1848.
Le 12 novembre 1918, plus de 250’000 ouvrières et ouvriers se mettent en grève dans toute la Suisse. Ils revendiquent la semaine de 48 heures, une assurance vieillesse et le droit de vote pour les femmes. Ils ont en face d’eux 95’000 soldats envoyés par le Conseil fédéral pour rétablir l’ordre. Les esprits sont échauffés, l’ambiance est tendue. À Grenchen, on déplore même trois morts. La grève est interrompue trois jours plus tard mais elle ne reste pas sans conséquences. Dans les années qui suivent, de nombreuses revendications du monde ouvrier sont reprises dans les débats politiques. C’est ainsi que la semaine de 48 heures est introduite dès 1919. Les fondements constitutionnels de l’assurance-vieillesse et survivants (AVS) sont mis en place en 1925. Suite à une votation populaire, la loi fédérale correspondante entre en vigueur le premier janvier 1948. C’est, aujourd’hui encore, un des piliers dont disposent les retraités.
Les causes de la grève générale
Comment une telle agressivité a-t-elle pu s’établir en Suisse ? La Première Guerre mondiale en est une des principales raisons. Cet événement a profondément bouleversé l’Europe et renforcé les tensions politiques et sociales en Suisse. Les ouvriers, d’une part, font valoir leurs droits avec une insistance croissante, la bourgeoisie et les entrepreneurs, d’autre part, craignent le déclenchement d’une révolution et le déclin. Le mauvais approvisionnement suite à la guerre aggrave encore la situation. Parallèlement, la révolution russe de 1917 suscite de fortes inquiétudes. Nombreux sont ceux qui se demandent si la Suisse ne va pas subir un coup d’État bolchevique. C’est ainsi qu’une dynamique de défiance réciproque se met en place à partir de 1918. L’occupation militaire de Zurich conduit finalement au déclenchement de la grève générale le 12 novembre 1918.
La raison plutôt que la violence
Le fait que les événements n’aient pas pris une tournure tragique est lié à l’attitude raisonnable des deux camps. Le Conseil fédéral lance certes un ultimatum aux grévistes, mais annonce en même temps des réformes sociales et politiques. Les dirigeants de la grève s’efforcent d’éviter toute effusion de sang et décident, dans la nuit du 13 au 14 novembre, d’arrêter la grève. Malgré une polarisation extrême, les deux partis continuent à agir dans un cadre démocratique. Depuis 1919, la Suisse est caractérisée par une grande stabilité. Au XXIe siècle, elle fait partie des pays les plus riches du monde. Cette situation est essentiellement due au partenariat social entre le patronat et les salariés, mis en place après la grève générale, et à ses conséquences positives sur l’économie nationale.
La grève générale de 1918
Musée national Zurich
03.11.18 - 20.01.19
Le 12 novembre 1918, peu après la fin de la Première Guerre mondiale, plus de 250 000 ouvriers font grève dans tout le pays. Au bout de trois jours, la grève est abandonnée, sous la pression de soldats mobilisés en nombre dans les grandes villes de Suisse. À l’occasion du centenaire de la grève générale, le Musée national Zurich présente une exposition retraçant les causes, le déroulement et les conséquences de cette crise majeure du tout jeune État fédéral. L’exposition a été organisée en collaboration avec les Archives Sociales Suisses.
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