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Malcolm Turnbull joue gros lors des élections de samedi en Australie
KEYSTONE/AP/ROB GRIFFITH(sda-ats)
Les Australiens ont voté samedi pour trancher entre la coalition conservatrice au pouvoir et l'opposition travailliste. L'issue de ces élections législatives s'annonce serrée. Le Premier ministre sortant, Malcom Turnbull, s'est toutefois montré confiant.
Le dirigeant conservateur, âgé de 61 ans, a estimé qu'il serait en mesure de former un gouvernement malgré l'absence de victoire claire de son parti. "On peut avoir toute confiance dans le fait que nous pourrons former une majorité de coalition dans le nouveau Parlement", a déclaré M. Turnbull tôt dimanche matin, tout en reconnaissant que le scrutin était "très, très serré".
Son rival travailliste Bill Shorten s'est également montré optimiste. "Mes amis, nous ne connaîtrons pas le résultat de cette élection ce soir et, de fait, il se pourrait que nous ne le connaissions pas pendant encore quelques jours", a-t-il lancé, très réjoui devant ses partisans à Melbourne. "Mais au moins une chose est sûre : le Parti travailliste est de retour".
Réformes bloquées
D'après les projections officielles à la fin du décompte dimanche matin, la coalition sortante pourrait obtenir 68 sièges, contre 70 au Parti travailliste. Verts et indépendants en auraient cinq au total.
Sept sièges restaient à pouvoir samedi soir à la Chambre des représentants, ce qui ne permettait pas de dire si la coalition sera en mesure de former un gouvernement sans une alliance avec de petits partis et des indépendants.
Quelque 15,6 millions d'électeurs étaient appelés aux urnes pour désigner 150 membres de la Chambre des représentants et 76 sénateurs. Le chef de la coalition libérale-conservatrice a dissous en mai les deux chambres du Parlement, fustigeant l'intransigeance des sénateurs indépendants qui bloquaient son programme de réformes.
Vendredi, les derniers sondages laissaient déjà entrevoir que les Australiens pourraient élire une Chambre haute encore moins acquise à la cause de Malcolm Turnbull. Mais le résultat du Sénat pourrait ne pas être connu avant plusieurs jours, selon la commission électorale.
"L'alternative, c'est le chaos"
Le Premier ministre a fait campagne en expliquant que les petits partis susceptibles de former une coalition avec les travaillistes n'étaient pas à même de gérer une économie affectée par le premier ralentissement du secteur minier en des décennies, et d'assainir des finances publiques déficitaires depuis des années.
Il a jugé en outre que l'incertitude créée par la victoire du Brexit au référendum du 23 juin au Royaume-Uni, était une autre raison de choisir un gouvernement stable. "L'alternative, c'est le chaos, l'incertitude, des dysfonctionnements, des déficits plus élevés, une dette plus élevée, des taxes plus élevées, moins d'investissement, moins d'emplois", a-t-il énuméré à la chaîne de télévision Channel 7.
Il a également promis des réductions d'impôts et défendu sa politique migratoire très controversée. L'Australie repousse systématiquement les bateaux de clandestins l'approchant. Ceux qui arrivent à débarquer sont détenus dans des camps offshore sans aucun espoir d'obtenir l'asile sur le sol australien.
Bill Shorten a, lui, axé son programme sur des politiques d'éducation et de santé. "Ce qui va trancher cette élection ce sont les intérêts des classes ouvrière et moyenne", a-t-il déclaré, dans une ultime tentative pour gagner des électeurs. "Les coupes (budgétaires) sont sévères et elles sont réelles", a-t-il ajouté.
Succession de "putschs"
La politique australienne a été particulièrement mouvementée depuis l'arrivée du travailliste Kevin Rudd à la tête du gouvernement en 2007, après une décennie de "règne" du libéral John Howard.
M. Ruud a été renversé par sa collègue de parti Julia Gillard en 2010 avant de lui reprendre le pouvoir en 2013, et de le céder à nouveau quelques mois plus tard lors des législatives à Tony Abbott, lui-même renversé en septembre par M. Turnbull.
ATS