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Avec la multiplication des acteurs impliqués dans le suivi de patients, la continuité des soins est un défi important. L’hospitalisation est souvent perçue par les patients et les médecins comme une interruption du suivi ambulatoire. On trouve cependant peu d’études qui permettent d’objectiver l’impact que peut avoir une hospitalisation sur les traitements de longue durée. Une étude canadienne de cohorte populationnelle a étudié l’impact d’une hospitalisation sur l’arrêt involontaire de cinq groupes de médicaments : statines, anticoagulants/antiagrégants, lévothyroxine, médicaments à inhaler et gastroprotecteurs. Parmi 396 380 patients de plus de 66 ans inclus de 1997 à 2009, les investigateurs ont étudié la corrélation entre une hospitalisation et l’arrêt involontaire de l’une de ces médications (défini comme l’absence de renouvellement non justifié d’une ordonnance dans les 90 jours suivant la fin de l’hospitalisation). Ils montrent que le taux d’arrêt involontaire est significativement plus important suivant une hospitalisation comparé à un groupe contrôle de patients non hospitalisés, et ceci pour tous les groupes de médicaments. Par exemple : 19% d’arrêt vs 12% (Odds Ratio ajusté ORa = 1,86) pour l’anticoagulation. Ce taux augmente à 23% pour les patients hospitalisés aux soins intensifs (ORa = 2,3). Cette étude montre également une augmentation du risque de décès ou de réhospitalisation chez les patients avec interruption involontaire de l’anticoagulation et des statines (ORa = 1,10 et 1,07).
Commentaire : Cette large étude observationnelle bien menée décrit le problème que représente une hospitalisation pour le suivi de pathologies chroniques courantes. Il est urgent de développer des stratégies qui permettent d’améliorer la circulation de l’information médicale.