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Lors d'un rassemblement sur la place fédérale de Berne contre la guerre en Ukraine, plusieurs milliers de personnes, dont de nombreux Ukrainiens, ont écouté les paroles du président ukrainien Volodymyr Zelensky. Après s'être adressé aux parlements de nombreux pays dont ceux des Etats-Unis et de l'Allemagne, c'était donc au tour de la Suisse. Entre remerciements et critiques, voici ce qu'il avait à nous dire.
«Nous sommes un», «nous appartenons à un tout», a scandé la foule lorsque Volodymyr Zelensky, s'est connecté depuis la Kiev, assiégée. En raison de problèmes techniques, le président ukrainien n'a pas pu être vu sur grand écran. Les manifestants ont juste pu entendre son message.
C'est le président suisse Ignazio Cassis qui a introduit son homologue ukrainien. Le ton était très fraternel:
Zelensky a alors débuté son discours, qui a été traduit en simultané, par ces mots: «La Suisse a une longue histoire de paix et d'influence sur les autres pays». Adepte de voyages en Suisse, il connaît bien la qualité de vie helvétique.
Puis, il a continué son allocution en remerciant l'aide qu'apportent les Suisses aux réfugiés ukrainiens. «Nous sommes reconnaissants qu'ils nous soutiennent et ne restent pas à l'écart.» Il a ainsi salué le fait que la Confédération s'oppose à la guerre et soutient également les sanctions.
Cependant, il a critiqué le fait que certaines entreprises suisses continuent à faire des affaires en Russie. Le dirigeant ukrainien a en particulier ciblé un géant économique dont le siège est à Vevey, au bord du Léman.
Le slogan de Nestlé, une entreprise suisse, est «Good food, good life», en français: «Bonne nourriture, bonne vie», a relevé Zelensky, pointant l'ironie de ces mots alors que les Ukrainiens subissent l'attaque russe. La colère était palpable:
Ce n'est pas la première attaque du genre menée par le président. Cette semaine, il a accusé plusieurs entreprises de soutenir l'effort de guerre russe et le nom de Nestlé était déjà ressorti.
Le président ukrainien, tout en saluant encore le fait que la Suisse s'oppose à la guerre et soutient également les sanctions, en a demandé plus: lorsque des centaines de bombes tombent au milieu de l'Europe au 21e siècle, il ne faut pas se contenter de regarder.
Comment? En frappant les richissimes russes:
Enfin, il a de nouveau remercié la Suisse et a dit au revoir sous les applaudissements tonitruants du public. Visiblement conquis par cet individu devenu, à lui seul, le symbole de tout un peuple en lutte.
La foule entière se dit impressionnée par le courage du peuple ukrainien dans sa lutte pour la démocratie et la liberté. Valeurs que la Suisse partage, comme l'a rappelé Ignazio Cassis:
«Nous sympathisons lorsque la souffrance frappe votre pays», a rajouté le président de la Confédération, lorsque son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky était encore connecté en direct. La Suisse se dit alors prête à servir de médiateur en arrière-plan ou à animer des négociations.
Car Cassis a rappelé que «Nous sommes ici par respect pour l'Ukraine, dans l'espoir que les armes se tairont rapidement à nouveau.» Il a exigé que les couloirs humanitaires s'ouvrent immédiatement.
Le président de la Confédération se rendra lundi en Pologne et en Moldavie dans le but d'être directement informé de la situation des réfugiés et sur l'aide humanitaire suisse.
Il a également insisté sur le fait que la Suisse souhaite porter main forte lorsque l'Ukraine pourra enfin se reconstruire.
Au début de la manifestation, la Bundesplatz de Berne était déjà noire de monde. «Ce qui se passe en Ukraine peut arriver n'importe où» ont crié les organisateurs à la foule. «On ne fait qu'un!»
L'ambassadeur d'Ukraine, Artem Rybchenko, a déclaré : «Aujourd'hui est le 25e jour de notre lutte pour la liberté de l'Ukraine et de tout le reste du monde. Je remercie le peuple suisse et tous les politiciens pour leur solidarité.»
«Poutine et ses hommes de main ont dépassé les limites. Et nous savons déjà qui perdra cette guerre», a-t-il déclaré au président russe, avant d'ajouter que Poutine a pris le peuple russe en otage.
Au cours des trois derniers samedis, des rassemblements de 10 000 à 20 000 personnes contre la guerre d'agression russe en Ukraine ont eu lieu à Berne, entre autres. A Zurich, jusqu'à 40 000 personnes sont descendues dans la rue contre la guerre. Tous les rassemblements en Suisse ont jusqu'à présent été pacifiques.