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À l'origine, il y a un silence. Celui de Malek, le père de la cinéaste, qui pendant des années n'a rien dit de son enfance en Algérie. Et puis, le besoin de sortir du silence, avec un scénario qu'il offre à ses enfants, pour commencer de dire son histoire. Plusieurs années plus tard, le père et la fille font enfin le voyage jusqu'à Mansourah, son village natal : revoir sa maison, rencontrer d'autres hommes qui ont vécu le même déchirement. Petit à petit, le film révèle ce que Malek, comme beaucoup d'autres, a longtemps tu. Pendant la guerre, plus de deux millions de personnes ont été déplacées par l'Armée Française et regroupées dans des camps ou des villages. Un déracinement jusqu'ici occulté de la mémoire historique, car si le fait est documenté il reste largement ignoré, en France, mais aussi en Algérie. Il s'agit donc ici avant tout de faire œuvre de transmission, en collectant la parole, pour commencer à comprendre l'ampleur des bouleversements provoqués par les regroupements dans les campagnes. S'emparant du langage du cinéma, celui que lui a transmis son père, Dorothée-Myriam Kellou entreprend ainsi de combler les silences familiaux et les lacunes de l'Histoire.