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Lois, une actrice américaine, et son mari, Edgar Snow, le premier journaliste à avoir raconté et filmé la Révolution chinoise, suspectés d’être des sympathisants communistes, sont contraints à l’exile. Ils s’arrêtent en Suisse, près de Nyon, à mi-chemin entre les Etats-Unis et la Chine. Longtemps après, quand Edgar n’est plus là, Lois raconte. Une histoire d’utopie et désillusion prend forme devant la caméra.
Eysins, canton de Vaud. Une petite maison est sur le point d’être rasée. Une femme entre dans une pièce encombrée de cartons d’emballage et commence à raconter. En deux plans, la caméra nous introduit à une histoire d’amour, d’idéaux et de désillusions. Dans les années 1950, aux Etats-Unis, Lois Wheeler fut actrice de théâtre, de télévision et de cinéma. Sa carrière de comédienne fut interrompue par sa rencontre et son mariage avec Edgard Snow, le premier journaliste à avoir raconté et filmé la Révolution chinoise. Suspectés d’être des sympathisants communistes, les deux époux, inscrits sur la liste noire des maccarthystes, furent contraints à l’exil. Après des années de vagabondage d’un lieu à l’autre, ils s’arrêtèrent en Suisse, près de Nyon, à mi-chemin entre les Etats-Unis et la Chine. De là, avant de mourir, Edgar travailla considérablement en faveur d’un rapprochement entre ces deux pays. Longtemps après, quand Edgar n’est plus là, Lois raconte. En filmant l’histoire comme la transition naturelle des saisons, Peter Entell met ainsi en scène l’enterrement d’une des grandes utopies du XXe siècle.
— Luciano Barisone