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Comme à mon habitude, j’ai préparé la navigation méticuleusement avec toutes les cartes (marines et satellites) et infos que j’avais. Mais comme c’est un endroit que nous ne connaissons pas encore, je surveille les autres bateaux sur AIS et enregistre certains de leurs tracés.
Je vois un bateau qui arrive à bonne vitesse contre le récif, entre les 2 passes séparées de près de 5 miles (1 mile nautique = 1.852km). J’observe, j’enregistre son tracé et commence à me demander ce qu’il fait. Se sont-ils endormis et l’auto-pilote les amène sur le récif ? Dois-je les appeler ? A moins d’un demi-mile, je les appelle en m’excusant de les déranger. Il m’explique qu’il y a une passe, je lui dis qu’elle est plus au nord, il me répond qu’il y en a une seconde, je lui dis qu’elle est plus au sud et lui dis que sur mes images satellites, c’est que du récif. Il va voir…
Je vois qu’ils ralentissent, s’approchent, tournent, longent le récif, font demi-tour, remontent au nord et entrent dans le lagon par la passe quelques centaines de mètres devant nous.
Je change l’affichage de mon programme pour voir les différentes cartes marines. Navionics et 2 versions de CM93 montrent un trou dans le récif à l’endroit où ces américains voulaient entrer. Ce n’est de loin pas la première fois que nous voyons que les cartes marines ne sont pas fiables à 100%.
Nous n’avons pas recroisé ce bateau, il ne s’est pas manifesté. Je me demande s’il aurait ralenti si je ne les avais pas appelés.