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Les symphonies de Ludwig van Beethoven
Beethoven n’a pas écrit neuf symphonies, il a réinventé neuf fois
LA Symphonie. Si le XVIIIe siècle a vu l’écriture de milliers de symphonies, Beethoven rend ici à cette forme son rôle d’œuvre clé dans la production musicale.
Il a trente ans quand il écrit sa première symphonie (même s’il existe une symphonie «zéro» non publiée). Les huit premières suivront dans un délai de dix ans. Il faudra attendre plus de dix ans avant la publication de la «neuvième», et une dixième symphonie était en chantier à la disparition du compositeur. La symphonie avec chœur n’est donc pas, contrairement aux idées reçues, un aboutissement de l’œuvre symphonique de Beethoven. Seulement une étape grandiose dans une progression interrompue par le destin…
Symphonie n° 1 en ut majeur Op 21
Elle n’a pas l’élégance d’une symphonie de Wolfgang Mozart, ni la légèreté d’une œuvre de Joseph Haydn. Beethoven désirait surtout se forger son propre itinéraire. Cette première symphonie déborde pourtant d’énergie. Elle utilise de manière intensive les bois et les cuivres.
Mais il faut surtout chercher la différence dans la personnalisation des instruments. Les bois ne forment plus une famille, mais acquièrent des personnalités propres. On y trouve déjà la préférence du Maître pour la sonorité du hautbois aux dépens de la clarinette. Les cors prennent aussi une importance qui dépasse le simple support harmonique de ses prédécesseurs.
I - Adagio molto - Allegro con brio
Une célèbre dissonance ouvre l’introduction. Jamais on avait osé débuter une œuvre par autre chose que l’accord rassurant de tonique. Il faudra attendre Richard Wagner avant de retrouver une pareille «audace». Et la tonalité de ut majeur attendra huit mesures avant de s’affirmer, brièvement d’ailleurs.
Après cette introduction, courte et dense, suit un allegro fort classique. Le développement et surtout la coda prennent une place plus importante qu’à l’habitude, ce qui constituera la caractéristique de l’œuvre Beethovenienne et de toute la musique romantique.