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Biographie express
Cyril Cordoba est historien (PhD). Ses travaux portent sur les échanges culturels et politiques Est-Ouest et Nord-Sud durant la Guerre froide. Passé par les universités de Neuchâtel, Fribourg et Lausanne, il a réalisé des séjours de recherche aux États-Unis (Stanford, Boston, New York) et à Paris (Sciences Po). Auteur d’un mémoire de Master sur la notion de cinéphilie (2015), il travaille depuis 2020 sur l’histoire politique du festival international du film de Locarno (1946-1981).
Aujourd’hui on parle des nouvelles routes de la soie que le gouvernement de Pékin met en place depuis les rives du Pacifique vers l’Europe et l’Afrique. Comment en est-on arrivé à cette stratégie d’expansion de la Chine discrète et efficace à la fois ? C’est toute l’histoire du soft power chinois qui s’illustrait déjà à l’époque de l’après-guerre dans les relations entre la Suisse et la Chine communiste, qu’analyse avec perspicacité dans Au-delà du rideau de bambou l’ancien étudiant de l’Université de Neuchâtel Cyril Cordoba.
«Les communistes pourraient donner au mot “culture” et tout ce qu’il implique une définition polyvalente allant d’une représentation d’acrobates au chantage politique». Tels sont les termes employés en 1959 par la diplomatie helvétique pour évoquer ses échanges avec la Chine de Mao Zedong, lorsque la «peur du Rouge» régnait en maître.
Pourtant, entre 1949 et 1989 de nombreuses relations culturelles et politiques ont tout de même existé entre les deux pays. Mais celles-ci se tenaient généralement à l’abri du regard des diplomates suisses et de la police fédérale. Dans cette histoire des relations sino-suisses durant la Guerre froide, Cyril Cordoba analyse comment la République populaire de Chine a tenté de développer son influence et son prestige à l’étranger à l’aide d’organisations qui agissaient en marge des circuits officiels : les associations d’amitié.
Ces groupes prochinois ont joué un rôle de premier plan dans toutes les rencontres culturelles entre les deux pays (matches de ping-pong, tournées de l’opéra de Pékin, jumelages de villes, diffusion du Petit Livre rouge).
Qui étaient ces amis de la Chine et quel a été leur rôle politique ? Quelle était exactement la nature de leurs relations avec les autorités chinoises ? Quelle était la position de la Confédération face à ces organisations sur lesquelles elle n’avait aucun contrôle, et qui ont longtemps été des interlocutrices privilégiées de la RPC ? À travers toutes ces questions, l’auteur propose un regard inédit sur les stratégies du soft power – diplomatie d’influence ou pouvoir de séduction – chinois, en analysant comment la propagande maoïste a mis en place un système clientéliste d’ampleur internationale au cœur de la Guerre froide.