Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06954.jsonl.gz/963

Bienvenue dans la série Origines qui a pour but de présenter des sports moins médiatisés en Europe centrale que les traditionnels football, tennis, cyclisme, etc.
La crosse, ou le lacrosse en dérivé de l’anglais, est un sport dont les origines remontent aussi loin que le XIè siècle. Pratiqué à cette époque-là par les Amérindiens, il connaîtra différentes formes jusqu’aux trois connues aujourd’hui : la crosse au champ (men’s lacrosse, en anglais), la crosse en salle (indoor lacrosse) et la crosse féminine (women’s lacrosse). Cette évolution a d’abord été amorcée par l’arrivée des colons européens (les missionnaires jésuites français, notamment) sur le continent américain dans les années 1630. Petite avance rapide d’environ 200 ans et, lors de l’année 1867, le sport est codifié au Canada par William George Beers et le premier match officiel est disputé: le Toronto Cricket Club s’impose 3-1 face au Upper Canada College. Détaillons maintenant les trois disciplines pratiquées en lacrosse de nos jours.
La crosse au champ
La crosse au champ est la forme la plus populaire de ce sport méconnu. Elle est pratiquée par des hommes sur un terrain aux dimensions similaires à celles d’un terrain de football. Cette aire de jeu est divisée en trois zones (zone défensive pour chaque équipe et zone de milieu de terrain) et le nombre de joueurs par zone est limité. Chaque équipe aligne dix joueurs simultanément: un gardien, trois défenseurs, trois milieux de terrain et trois attaquants. Le but du jeu est d’aller marquer dans les cages adverses à l’aide d’une crosse (d’où l’appellation du sport) à tête triangulaire et munie d’un filet, comme le montre l’illustration ci-dessous. Pour l’équipe qui n’est pas en possession de la balle, il s’agira de déposséder l’adversaire au moyen de contacts physiques licites ainsi qu’en frappant la crosse du joueur ayant la balle. Tous les joueurs portent un équipement de protection (casque, protège-dents, gants, épaulettes, coudières) et l’équipe qui attaque doit se déplacer continuellement, les arrêts dans les mouvements n’étant pas autorisés par le règlement. Quand une équipe récupère la balle dans sa zone défensive, elle dispose de 10 secondes pour franchir la ligne du milieu de terrain et n’a, lors de la même séquence de possession, pas le droit de revenir dans sa zone de défense (comme ce qui se fait dans le basketball). Enfin, une fois qu’une équipe est en phase d’attaque, elle doit tirer au but dans les 30 secondes suivantes sous peine de devoir rendre la balle à l’adversaire. A noter que les crosses des défenseurs sont plus grosses pour plus d’impact tandis que celles des attaquants sont plus petites afin de leur conférer une meilleure agilité et maniabilité.
Une rencontre dure 60 minutes séparées en périodes de 15 minutes chacune. En cas d’égalité au terme du temps réglementaire, des prolongations de 4 minutes sont alors disputées au format de la mort-subite : la première équipe qui marque remporte le match.
Pour lire ou relire le précédent numéro d’Origines :
I – Baseball
La crosse en salle
Cette forme apparaît dans les années 1930, toujours au Canada, les propriétaires de patinoires étant soucieux de rentabiliser leurs enceintes durant l’été, période creuse du hockey sur glace. Comme son nom l’indique, la crosse en salle est donc la variante « d’intérieur » de la crosse au champ, ce qui implique quelques modifications aux règles. Elle est principalement pratiquée par des hommes bien que quelques ligues féminines existent désormais (uniquement au Canada, dans les provinces de l’Ontario, de l’Alberta, de la Nouvelle-Écosse et de la Colombie-Britannique). L’aire de jeu se compose d’une patinoire de hockey sur glace sur laquelle la glace a été remplacée par une pelouse synthétique. La surface étant plus petite, on ne compte que six joueurs par équipe : un gardien et cinq joueurs de champ. Le terrain réduit ne justifie pas de distinction entre attaquants et défenseurs cette fois-ci.
Le reste des règles est similaire à la version extérieure du sport, excepté pour d’éventuelles prolongations. Celles-ci durent 15 minutes (contre 4 en crosse au champ) et se disputent également sous forme de mort-subite.
La crosse féminine
Cette troisième forme de lacrosse pratiquée au niveau mondial est la variante féminine de la crosse au champ. Les règles sont pour ainsi dire les mêmes que pour son pendant masculin, à une exception près : ici, les contacts sont interdits, il est uniquement permis de gêner l’adversaire au moyen de coups crosse contre crosse. Enfin, pour des prolongations éventuelles, c’est la règle de la crosse en salle qui est appliquée, à savoir des périodes de 4 minutes en mort-subite. Dernière précision, toute période de prolongation ultérieure aux deux premières dure 8 minutes au lieu des 4 habituelles.
Gouverné au niveau mondial par World Lacrosse (WL), anciennement nommé Federation of International Lacrosse (FIL), le lacrosse est surtout populaire en Amérique du Nord. Petite exception pour la version en salle qui, elle, est très pratiquée en République Tchèque et en Australie également. Enfin, ce sport a une particularité qu’il convient de mentionner: il compte, parmi ses membres, la sélection Iroquois Nationals qui est la seule équipe d’Amérindiens autorisée à évoluer sur le plan international. Le peuple des Iroquois compte six nations (Mohawks, Onneiouts, Onondagas, Sénécas, Cayugas et Tuscaroras) et cette équipe en regroupe les membres dans les compétitions au niveau mondial.
La meilleure ligue du monde de crosse au champ est la Major Lacrosse League (MLL) dont les Chesapeake Bayhawks sont l’équipe la plus titrée (5). En ce qui concerne la crosse en salle et la National Lacrosse League, elle compte deux équipes au rang des plus fortes : le Toronto Rock et les Philadelphia Wings (6 titres chacune). Le tenant du titre en MLL est l’Ohio Machine et celui de la NLL est le Saskatchewan Rush. Enfin, la variante féminine est séparée en deux ligues (Women’s Professional Lacrosse League et United Women’s Lacrosse League) dont les meilleures équipes sont le New England Command Brave (1 titre – WPLL) et le Long Island Sound (2 titres – UWLX).
3 réflexions sur “Origines – II – Lacrosse”
Ping : Origines – III – Cricket – Passion Sports
Ping : Origines – IV – Triathlon – Passion Sports
Ping : Origines – V – Curling – Passion Sports