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Existe-t-il une production cinématographique suisse? Oui, répond avec certaines nuances Freddy Buache, conservateur de la cinémathèque suisse, à Lausanne.
Freddy Buache joue un rôle déterminant dans l'essor du nouveau cinéma suisse des années 1960/70, tant par son travail d'animateur engagé et exigeant que par sa plume fougueuse et polémique: Tanner, Goretta, Soutter et tant d'autres lui doivent leur percée. «Les cinés-club sont nés d'un mouvement populaire», insiste-t-il. «Il s'agissait avant tout de créer une contre-culture». Freddy Buache s'est battu pour «planter du cinéma suisse» dans notre pays. Sans oublier son engagement pour faire entrer le mot cinéma dans la Constitution au début des années 50.
La trajectoire de Freddy Buache s'inscrit dès son adolescence dans le monde de la création et des arts: la poésie et surtout le théâtre et le cinéma. En 1948, il participe à la création du Théâtre des Faux-Nez puis il s'engage dans le journalisme libre. Proche des initiateurs du Ciné-club de Lausanne, il développe de nombreux contacts avec les milieux du septième art parisien: Henri Langlois dont il est l'ultime fils spirituel, Georges Franju, ainsi que des intellectuels dans la mouvance du surréalisme ou proche de Sartre.
En 1950, il organise, en présence d'Eric Von Stroheim, l'inauguration à Lausanne de la Cinémathèque Suisse dont il est l'un des dix membres fondateurs. Dès lors son activité s'est identifiée à celle de l'institution jusqu'à sa retraite, en 1996.
Il a également été co-directeur du Festival international du film de Locarno, de 1967 à 1970.