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L'impôt sur les médias sur lequel nous voterons le 14 juin nous ramène tout droit à l'Ancien Régime.
D'abord, il réintroduit la formule fiscale de la capitation qui astreint chaque contribuable à payer le même montant quelle que soit sa situation. Cette formule était si injuste que même l'Ancien Régime l'avait déjà sérieusement corrigée avant que la Révolution ne la supprime entièrement.
Ensuite, la proposition réintroduit l'un des abus les plus décriés de l'Ancien Régime : l'impôt sera prélevé par une entreprise privée (la documentation fédérale dit bien 'privée') et donc à but lucratif. Dans une interview dans La Tribune du 1er mai, Doris Leuthard dit que "le coût ne devrait représenter que 4% à 5% des recettes totales." Lorsque j'étais fonctionnaire colonial (!), on disait qu'un fonctionnaire du service du recouvrement devait rapporter au moins 50 fois ce qu'il coûtait, soit moins de 2% des recettes : voilà une mesure du pactole offert à l'entreprise qui jouira du privilège. Or, si l'on fondait cet impôt dans l'impôt fédéral direct, les frais n'augmenteraient pas d'un sou.
Au cas où la loi serait acceptée, évitons au moins un troisième travers de l'Ancien Régime : la responsabilité de la collecte ne doit pas revenir sans autre à un quelconque Billag de la même façon que les nobles d'antan héritaient leurs privilèges. Il faut au minimum exiger que cette charge lucrative soit confiée à l'entreprise qui aura fait la meilleure proposition lors d'un appel d'offres public, transparent et compétitif.