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A propos de «l’affaire» Anelka-Domenech il s’est dit que le joueur n’a pas respecté l’autorité du coach et même qu’il ne lui a pas reconnu cette autorité. Il est probable que le conflit entre ces hommes soit de cette nature, et soit plus profond qu’un coup de gueule de vestiaire.
L’attitude désinvolte d’Anelka sur le terrain tendrait à confirmer cela. Mais il n’est pas le seul. Quand le capitaine affirme en conférence de presse que le problème de l’équipe n’est pas Anelka mais le «Traître» qui a balancé aux journaux, ou quand Gallas fait un doigt d’honneur aux caméras de télévision, donc à l’ensemble des téléspectateurs, donc aux français, il n’y a aucun respect de soi, du coach, et il n’y a plus d’autorité.
L’autorité ne se décrète pas sous peine de tomber dans l’autoritarisme. Elle se manifeste ou non.
D’abord elle est contractuelle: les joueurs acceptent qu’un entraîneur les fasse travailler, les choisisse et les briefe. Si d’emblée on conteste l’autorité de l’entraîneur autant ne pas accepter son invitation dans l’équipe. Car inévitablement cela va se traduire par des tensions, des conflits, du sabotage. Et le joueur qui accepte l’invitation sera suspecté de n’y aller que pour l’argent.
Mais le coach a aussi sa part de responsabilité. L’autorité est quelque chose qui se valide par les compétences professionnelles et la capacité à gérer un groupe. Gérer un groupe, c’est lui donner une direction claire, le pousser à le réaliser, et lui laisser l’espace de le faire. Il semble que Domenech ait échoué. A voir les joueurs inhibés sur le terrain j’ai compris que le coach n’avait pas été un vrai coach: il avait castré les joueurs et les avait mis dans la confusion par des consignes soit peu compréhensibles, soit peu applicables.
Comme entraîneur il devait aussi laisser des séquences où les joueurs pouvaient s’exprimer sur les tactiques choisies, afin au besoin de préciser ses objectifs, ou de tenir compte des remarques. Une telle dynamique aurait été porteuse d’entente et de confiance.
Il n’y a p’as eu de confiance. Et cela doit durer depuis au moins la défaite de l’Euro 2008, et la qualification de justesse pour ce Mondial. Sans confiance il n’y a pas eu de respect.
Certes certains joueurs ont aussi la grosse tête et avec ceux-là il est difficile de trouver un point d’équilibre et de confiance. Mais le coach doit aussi veiller à ce que dans son équipe il n’y ait pas de saboteur. Si des divas sèment le trouble, il doit se séparer des divas sans état d'âme. Au moins cette campagne l'aura-t-elle montré. Domenech, qui a soutenu Anelka contre vents et marées, devait voir que celui-ci résistait depuis un certain temps, et reconstruire l’équipe sans lui.
Il y a dans leur relation quelque chose d’archétypal, de l’ordre de la relation du père qui soutient son fils, et du fils qui envoie promener le père. Domenech en père sans autorité, et Anelka en fils rebelle comme un adolescent attardé, c’est au fond assez représentatif de notre époque sur la place que prend le père et l'attitude de certains fils!