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A seulement douze jours de la date prévue de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, le Parlement britannique a été convoqué pour la première fois un samedi depuis la guerre des Malouines il y a 37 ans.
Les députés ont entamé des débats qui pourraient durer toute la journée, pour se prononcer sur l'accord arraché in extremis jeudi à l'issue de laborieuses négociations entre l'Union européenne et la Grande-Bretagne. Un accord qui est censé régler les conditions du divorce après 46 ans de vie commune, permettant une sortie en douceur assortie d'une période de transition courant au moins jusqu'à fin 2020.
Boris Johnson cherche encore à convaincre
Saluant "un nouvel accord meilleur à la fois pour le Royaume-Uni et l'UE", le Premier ministre conservateur a appelé les députés à "se rassembler et à rassembler le pays" et à adopter l'accord, qualifiant le vote prévu samedi de "chance historique" de "réaliser le Brexit" et de "permettre au pays d'aller de l'avant" plus de trois ans après le référendum de 2016.
Pour Boris Johnson, tout nouveau report serait "inutile, coûteux et destructeur"
Le chef du gouvernement a déployé tous ses efforts ces derniers jours pour convaincre les députés de soutenir son accord, enchaînant coups de téléphone et interventions à la télévision.
Opposition des travaillistes et des unionistes nord-irlandais
L'issue de ce vote est très incertaine, car les députés ont rejeté par trois fois le précédent accord de sortie conclu entre l'ex-première ministre Theresa May et les 27 autres membres de l'UE.
Le gouvernement, sans majorité, a besoin de 320 voix pour valider son accord. Les partis d'opposition ont déjà annoncé qu'ils le refuseraient. Mais surtout, le texte ne passe pas auprès des unionistes nord-irlandais du DUP (10 voix), pourtant alliés de Boris Johnson à Westminster, pour qui le texte octroie un statut différent à l'Irlande du Nord et isole la province britannique du reste du pays.
Si l'accord est approuvé, il devra encore être validé par le Parlement européen. En cas de rejet, Boris Johnson a toujours dit qu'il préférait une sortie sans accord à un nouveau délai, le Brexit ayant déjà été repoussé deux fois. Mais une loi votée par le Parlement l'oblige à demander un report de trois mois à l'UE.
>> Les précisions d'Antoine Silacci dans le 12h45:
agences/boi
Des milliers de manifestants pour un nouveau vote
Que voulons-nous ? Le vote du peuple ! Quand le voulons-nous ? Maintenant !", pouvait-on lire sur les pancartes des manifestants partis en fin de matinée des abords de Hyde Park en direction du Parlement où les députés sont réunis.
Le cortège, avec notamment le maire travailliste de Londres, Sadiq Khan, doit atteindre Westminster en milieu d'après-midi pour une série de prises de parole de personnalités et de dirigeants politiques, parmi lesquels des figures du Labour (gauche), principal parti d'opposition, et des libéraux démocrates (centre).