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Les économies gagneraient à maximiser les ressources humaines disponibles, estime Stephanie Kelly d’Aberdeen Standard Investments.
Les femmes ne travailleraient-elles donc pas assez? D’après l’étude «A Woman's Place» dévoilée cette année par Aberdeen Standard Investments Research, la participation des femmes au travail en Suisse n’a pas beaucoup augmenté depuis 2000. Stephanie Kelly, l’auteure de l’étude et Senior Political Economist souligne que ce clivage, dont l’origine est principalement culturelle, entraine un coût économique à long terme. Explications.
La participation des femmes a augmenté d'environ 3 points de pourcentage depuis 2000, passant d'environ 59% à 62,5%. Toutefois, l'écart entre la participation des hommes et des femmes est encore d'environ 11 points de pourcentage, ce qui correspond à la moyenne des pays de l'OCDE. En Suisse, le travail à temps partiel représente une part importante de l'emploi féminin et selon notre échantillon, il est le deuxième plus élevé après les Pays-Bas. Ce résultat est positif dans la mesure où il permet aux femmes de conserver leur accès au marché du travail tout en équilibrant leurs responsabilités familiales. Toutefois, cela a un coût pour la progression de la carrière et ne résout pas le problème de l'inégalité du compromis entre le travail et la garde des enfants auquel les femmes sont confrontées.
Sans surprise, les pays nordiques présentent des écarts systématiquement plus faibles alors que les pays périphériques comme l'Italie, la Grèce et l'Irlande ont des écarts plus importants que l'Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas et la France. Les différences de participation des femmes reflètent bien plus que des différences économiques. La culture joue un rôle prédominant dans la création de l'environnement et la définition des politiques.
paternité payé afin de maximiser les avantages pour l'égalité.
Notre étude souligne que la plupart des pays de l’ODCE pourraient améliorer un des trois aspects suivants pour stimuler la participation des femmes au travail, à savoir le congé paternité d’au moins sept semaines, la suppression des doublons fiscaux sur les seconds salaires ainsi que des garanties de flexibilité pour les emplois à temps partiel. Les entreprises ont aussi un rôle clé à jouer pour définir leurs propres politiques de congé ainsi que pour encourager leurs salariés masculins à prendre ce congé paternel et créer une culture d'entreprise relativement égalitaire sans préjugés conscients ou inconscients.
Le congé paternité est un pas dans la bonne direction…mais deux semaines; c'est encore trop court. Nos recherches suggèrent que les pays devraient légiférer au moins sept semaines de congé paternité payé afin de maximiser les avantages pour l'égalité.
Cela souligne que le S dans ESG est important pour la croissance à long terme. Les femmes représentent une énorme source inexploitée de capital humain, en particulier si l'on considère à la fois la quantité de femmes dans la main-d'œuvre et la qualité du travail auquel elles ont accès. En maximisant les ressources disponibles, les entreprises et les économies ont tout à gagner. De même, connaître la représentation des femmes aux postes de direction et comprendre la diversité et l'inclusion dans une entreprise implique de s'interroger sur les politiques qui touchent les hommes et les femmes. Ces informations peuvent éclairer l'allocation stratégique des actifs en identifiant les pays qui sont bien placés pour réussir en termes d'utilisation de cette main-d'œuvre cruciale pour la croissance à long terme. L’égalité des sexes n'est pas seulement une question d'éthique; c'est une source fondamentale d'informations sur la main-d'œuvre qui permet aux investisseurs de mieux comprendre l'environnement d'investissement.