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Des chercheurs zurichois viennent de signer une belle découverte. Grâce à une expérience élégante, Michael Kosfeld et ses collègues ont démontré que l'ocytocine joue chez l'homme un rôle majeur dans la capacité à faire confiance à autrui (Nature 2005 ; 435 : 673-6). Les travaux zurichois, soumis à la revue Nature le 20 avril dernier, n'ont pas seulement les honneurs d'une publication rapide. Ils sont également commentés en termes élogieux par Antonio Damasio, spécialiste renommé de la neurobiologie des fonctions supérieures (p. 571-2). Le scientifique juge que l'étude suisse apporte une contribution «de valeur à notre compréhension du rôle des neuromodulateurs dans les comportements impliquant un choix».Pour mettre en évidence l'influence de l'ocytocine, les chercheurs zurichois ont proposé à des volontaires des étudiants des hautes écoles zurichoises de participer à un jeu d'argent après prise d'ocytocine ou d'un placebo par voie nasale. Les sujets désignés pour tenir le rôle d'«investisseur» ont reçu une somme de départ et ont dû décider du montant qu'ils allaient confier à un autre participant anonyme, le «mandataire», capable de réaliser des gains substantiels sur la somme investie, censé partager la plus-value avec l'investisseur.Les résultats sont spectaculaires. Les sommes confiées aux mandataires sont très nettement supérieures dans le groupe des investisseurs sous ocytocine que dans le groupe placebo. Cette différence comportementale n'est pas due à une altération de l'appréciation du risque. Les auteurs le démontrent par une seconde expérience, dans laquelle l'investisseur sait que le rôle du mandataire est tenu par un ordinateur. Dans cette situation où la confiance ne joue aucun rôle, l'ocytocine n'influence plus les mises.Pour Damasio, ce résultat laisse supposer que le cerveau produit naturellement de l'ocytocine au cours du processus permettant d'accorder sa confiance. A ceux qui s'inquièteraient de voir des hommes politiques «pulvériser généreusement de l'ocytocine sur les foules», il rappelle malicieusement que la propagande ou le marketing ne font peut-être rien d'autre que de stimuler la production endogène de ce même neuromédiateur.