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|Real Time Banking de la SBS - la plus grande réalisation bancaire de Suisse|
01 Informatique No. 431 (12 avril 1977)
« Les banquiers utilisent tous la même matière première et les mêmes sources, leurs produits sont identiques. Le moyen de se distinguer de la concurrence est de mieux servir les clients. » Ainsi s'est exprimé Max Kühne, directeur central de la Société de Banque Suisse (SBS), lors de l'inauguration à Bâle du système RTB (Real Time Banking) qui constitue le projet bancaire le plus important réalisé en Suisse. Autant par sa taille que par son universalité, le projet FTB place la SBS en tête du peloton des grandes réalisations bancaires non seulement en Suisse, puisque avec l'échec d'Ubisco l'UBS accuse pour l'heure un certain retard, mais aussi sur la scène internationale.
Bien que l'enveloppe financière du projet n'ait pas été divulguée, toujours pour des raisons de concurrence, on a une idée de son ampleur, à la fois par la taille de sa configuration, trois systèmes IBM 370/168 multiprocesseurs 3 x 3 milliards d'octets en mémoire de masse, trois doubles systèmes Burroughs 3700, 1 300 terminaux bancaire, et par la somme de labeur investie, 280 hommes-années de travail entre 1974 et 1976 pour le développement du projet.
Une réalisation d'une telle envergure n'a pas été menée, surtout par des banquiers, sans une étude de rentabilité préalable, faite à partir de 1973, et portant jusqu'en 1980. Les calculs ont montré que le système permettrait de réaliser, d'ici à 1980, une économie correspondant au travail de 800 personnes, soit 8 % de l'effectif de la banque.
Le total des économies a pu être chiffré à 30 millions de FS par an environ, lorsque le système sera complètement installé. D'après ces mêmes calculs, le gain de productivité correspondrait aux besoins accrus résultant de l'augmentation du volume des affaires, l'effectif du personnel de la SBS devrait donc se stabiliser pendant un certain temps au niveau actuel. Une analyse des principales applications traitées en temps réel par RTB met en lumière une nette amélioration dans les temps de travail que nécessitent les opérations bancaires, principalement au guichet.
Dans une première phase, trois applications ont été développées autour de la banque de données (BDD), l'une des plus importantes du monde puisqu'elle est emmagasinée sur une mémoire de masse de 1,4 milliard d'octets. Des 11 millions de cartes stockées par la SBS avant son élaboration, 1 million a déjà été enregistré dans la BDD et 9 millions pourront être éliminés. Car dans cette BDD sont mémorisées une seule fois les données de relation, d'état et de mouvement de tous les clients de la SBS.
La première application dite AKB (Auskunftsbereitschaft) permet l'interrogation de la banque de données par tous les collaborateurs SBS. Elles concernent le plus souvent l'accès au client par son nom, les relevés de titres estimatifs, les extraits de compte, les informations sue les titres, Actuellement, quelque 40 000 interrogations sont effectuées chaque jour par l'intermédiaire des 430 écrans déjà installés.
Il va sans dire que l'aspect sécurité a été une des principales préoccupations des concepteurs du système. Les employés ne peuvent accéder à la BDD que s'ils se sont annoncés au système par l'intermédiaire de leur carte d'utilisateur (plastifiée et munie d'une bande magnétique). Celle-ci restreint l'accès aux seules informations qui sont nécessaires à l'employé dans l'exercice de ses fonctions.
La deuxième application, dite RTB Caisse, permet d'effectuer toutes les opérations de caisse au même guichet, versements et prélèvements sur livrets et comptes, achat et vente de billets de banque, encaissements de chèques, ouvertures de comptes sur livret et bouclements de livrets.
Grâce à RTB, 6 phases du traitement manuel ont pu être éliminées. De ce fait, la banque compte pouvoir maîtriser un accroissement du volume des opérations de l'ordre de 40 % sans avoir à installer de guichets supplémentaires.
Dans les services du trafic des paiements (virements de compte à compte, virement par giro bancaire, virements et ordres de paiement à l'étranger) qui font l'objet de la troisième application, cinq phases manuelles ont pu être supprimées et les expériences faites jusqu'ici ont démontré une augmentation de la productivité de l'ordre de 50 %. Enfin une autre application, celle des opérations sur titres, ne sera développée que dans une deuxième étape.
Si la banque peut ainsi chiffrer l'augmentation de productivité dans ses différents secteurs, il lui est moins aisé de quantifier les effets du meilleur service offert au client. Celui-ci bénéficie d'un service accéléré, d'une meilleure information et de garanties contre les erreurs. Tous avantages quantitatifs qui placent la banque, nous l'avons vu, dans une meilleure position par rapport à la concurrence.
Marielle Stamm
(Dans la prochaine rubrique, deuxième partie de cet article : Un système mixte à trois niveaux.)
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