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Un des principes sous-tendant les efforts à large échelle pour implémenter le dépistage et les interventions brèves (IB) est que les personnes souffrant de dépendances voient leur situation s’améliorer après le dépistage. Pour répondre à cette question, les investigateurs de l’Etat de Washington ont sélectionné deux échantillons (n = 2493 chacun) sur plus de 70 000 adultes qui :
soit, ont été dépistés positivement pour un problème d’alcool ou de consommation de drogues dans un service d’urgences ;
soit, n’ont pas été dépistés (et n’ont donc pas reçu d’intervention brève), mais présentent des indicateurs administratifs indiquant la présence d’abus de substance (médicaux, tels que des diagnostics indiquant la présence d’un problème d’abus de substance ; judiciaires, tels qu’arrestation pour conduite en état d’ivresse ou autres indicateurs tels que suivi spécialisé pour abus de substance, sevrage, séjours dans des institutions ou lieux d’accueil pour personnes souffrant de dépendance à l’alcool ou aux drogues).
Les investigateurs ont utilisé un appariement à l’aide d’un score de propension pour assurer la similarité entre les groupes. Les patients qui ont reçu l’intervention brève ont été divisés en deux sous-groupes supplémentaires : ceux qui, après avoir été adressés à un traitement bref (quatre à douze sessions d’entretien motivationnel) y ont participé (n = 256) ou non (n = 1100). L’entrée en traitement spécialisé a été déterminée en utilisant les données administratives des traitements recevant des fonds publics.
• Les patients qui ont reçu une IB aux urgences étaient plus susceptibles d’entrer dans un centre spécialisé dans le traitement des addictions dans les douze mois comparativement à ceux qui n’en avaient pas reçu (34% vs 23% respectivement).
• Les patients ayant participé au traitement motivationnel bref étaient plus susceptibles d’entrer dans un centre spécialisé dans le traitement des addictions dans les douze mois comparativement à ceux qui n’avaient pas participé (52% vs 34% respectivement).
Commentaires : Ces données sont probablement les meilleures preuves disponibles à l’heure actuelle indiquant que des entretiens brefs dans le cadre du dépistage ou des interventions brèves permettent d’augmenter l’entrée en soin dans des centres spécialisés. Toutefois, et malgré la méthode sophistiquée utilisée dans cette étude, seule une étude randomisée pourra véritablement répondre à cette question. En effet, les résultats des études randomisées n’ont pas montré, à l’heure actuelle, que le dépistage et les interventions brèves augmentent l’entrée en soins spécialisés. La question reste importante, surtout dans la mesure où le dépistage systématique identifie beaucoup de patients pour lesquels les IB ne sont pas suffisantes.