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Au mois de novembre 1961, l'écrivaine vaudoise Catherine Colomb accorde à la TSR ce qui semble bien être la seule interview télévisée d'elle réalisée par le média romand. Alors âgée de 69 ans, l'auteure vient de recevoir le Prix Rambert, une récompense qui consacre une oeuvre peu prolifique - seulement quatre romans publiés en un peu moins de trente ans - mais dont la singularité et la profondeur la distinguent des productions littéraires de Suisse romande.
Celle qui dit avoir commencé à écrire au premier jour d'école de son fils a, comme tant d'autres écrivaines, volé des moments de création à un quotidien de mère et de femme au foyer. Des moments cependant suffisant pour l'élaboration d'une oeuvre qu'on a souvent rapprochée du Nouveau Roman.
Issue d'une famille aisée de la Côte vaudoise, Catherine Colomb voit le jour à Saint-Prex en 1892. Ayant perdu sa mère à l'âge de cinq ans, elle sera élevée par sa grand-mère maternelle. Après des études de lettres à l'université de Lausanne, elle vivra jusqu'à son mariage, célébré en sa vingt-et-unième année, successivement en Allemagne, en Angleterre puis à Paris. De retour en pays vaudois, elle donnera naissance à deux fils. Arraché à sa vie familiale, le temps qu'elle consacre à l'écriture aboutit en 1935 à la publication de Pile ou face, son premier roman. Trois autres suivront en l'espace de trente ans. Distinguée par le Prix du livre vaudois en 1956, elle sera lauréate en 1962 du prestigieux Prix Rambert. Profondément singulière, son oeuvre la rapproche des expériences stylistiques du Nouveau Roman. Aujourd'hui pratiquement tombée dans l'oubli, Catherine Colomb est néanmoins considérée par certains - à l'image du poète Gustave Roud - comme l'un des auteurs romands les plus marquants du vingtième siècle.
Publications :
Pile ou face (1935)
Châteaux en enfance (1945)
Les Esprits de la terre (1953)
Le temps des anges (1962)
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Journaliste: Yette Perrin