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Mort violente et autres statistiques
Les études menées sur les souvenirs de vie antérieure chez les enfants ont montré que dans 70 % des cas où la mort est connue, celle-ci n’a pas une cause naturelle. Il s’agit d’accidents, de meurtres ou de suicides. En d’autres termes, il y a eu une mort soudaine. On constate ainsi une surreprésentation des morts violentes par rapport à ce qu’on observe sur les registres des décès des pays observés. Les enfants peuvent en garder des phobies très violentes qui apparaissent déjà lorsqu’ils sont bébés : par exemple une peur panique de l’eau, des bus, du feu, des serpents, etc. qui correspondent à la cause de mort apparaissant dans la mémoire de l’autre existence.
Si, dans les souvenirs, la mort se déroule alors que la personnalité antérieure était encore jeune, l’enfant se souvient de ses parents d’avant. Si elle intervient à l’âge adulte, il va alors faire le plus souvent référence à son conjoint ou à ses enfants.
La majorité des récits montre un intervalle médian de 15/16 mois entre la vie antérieure et la nouvelle existence. Cependant, dans certains cas, l’espace peut être beaucoup plus long. Il faut relever que l’intervalle moyen est de quatre ans et demi.
Les études ont également montré que 90% des enfants affirmaient se réincarner dans le même pays et le quart dans la même famille. Ian Stevenson a aussi constaté que les changements de sexe entre deux incarnations étaient plutôt rares. Seul 10% des enfants en faisait mention.
Enquêter sur les souvenirs d’anciennes vies
La grosse difficulté lorsque des enfants affirment être la réincarnation d’une autre personne est celui de l’enquête, parce que les souvenirs ne comportent pas forcément de nom précis, ni de lieux clairement définis. Un décalage historique ou géographique peut également rendre les recherches difficiles, ce d’autant plus que, dans la très grande majorité des cas, les souvenirs concernent des personnalités du peuple qui n’ont pas laissé de grandes traces. Le manque d’argent ou tout simplement d’intérêt de la part des parents sont aussi un obstacle à la validation des souvenirs.
Quand on retrouve le nom de la personnalité antérieure et que des rencontres peuvent être organisées avec l’ancienne famille et les amis d’avant, les enfants sont capables de reconnaître les personnes, parfois même celles qui ne sont pas dans le cercle proche et qui sont rencontrées par hasard dans la rue. Le Dr Tucker parle ainsi de Suzanne Ghanem qui a réussi à donner les noms de vingt-cinq personnes connues de l’ancienne personnalité et les relations qu’elle avait avec une seule erreur. La probabilité que cela soit dû au hasard est quasiment nulle.
L’enfant peut aussi reconnaître des objets ayant appartenu au défunt et donner des anecdotes les concernant. Les émotions peuvent être très fortes durant les rencontres et celles-ci correspondent aux rapports qu’avait le défunt avec les vivants rencontrés : autorité et amour parental vis-à-vis des enfants, réactions de type conjugal vis-à-vis de l’époux ou de l’épouse et même grande peur ou envies meurtrières face à l’assassin de leur personnalité antérieure.
Un dérèglement psychiatrique ?
Est-ce que, finalement, tout cela ne serait pas le signe d’un dérèglement psychiatrique ? Cela semble bien loin d’être le cas : « En nous référant à des échelles de mesure des problèmes comportementaux, nous nous sommes aperçus [mon collègue le Dr Don Nidiffer et moi-même, le Dr Jim B. Tucker,] que les moyennes [des tests psychologiques concernant des enfants américains de 3 à 6 ans disant avoir des souvenirs d’une autre existence] se situaient tous dans une fourchette normale et qu’il n’y avait aucun problème psychologique.
Ces résultats sont similaires à ceux qu’ont trouvé Erlendur Haraldsson et ses collègues dans leurs études dans d’autres pays. [Ils ont démontré que les enfants avec des souvenirs d’anciennes vies n’avaient pas plus tendance à fabuler que les autres enfants (1)] Au Sri Lanka, les sujets avaient aussi de très bons résultats à l’école, mais chez eux, ils avaient quelques problèmes comportementaux légers. Mais surtout, ils n’étaient pas plus influençables que les autres enfants, ce qui va à l’encontre de l’idée que leurs mémoires de vie antérieure provenaient de suggestions faites par autrui. Au Liban, les enfants n’avaient pas non plus de symptômes cliniques révélateurs, bien qu’ils eussent tendance à beaucoup rêvasser. Là encore, les tests ont montré que les sujets n’étaient pas anormalement influençables. Globalement, les enfants sont très équilibrés. » (2)
Alexandra Urfer Jungen