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Tacere (taire) ter (1993) pour bande magnétique, danse et arts visuels (durée : 15 min.).
Une série de silences mis en chorégraphie.
Une bande sonore qui porte une oreille critique sur la musique associée à la danse.
Des mots qui défilent sans jamais se libérer du silence.
Cette pièce est interprétée par une danseuse, un journal électronique et un revox..
Oscillant entre son propre silence et une représentation du silence, elle questionne les médias mis en jeu et cherche à évoquer la puissance de l’absence.
Partant de l’observation que les bruits parasites des spectacles de danse ne sont pas toujours assumés, nous avons cherché à faire une pièce qui maîtrise ses aspects sonores d’une manière complète.
Si, dans cette pièce, la danse ne produit pas le moindre son -pas même un grincement de chaussure ou autre son identifié à la production de mouvements- la musique y est uniquement « mise en scène » de ce qui n’est habituellement que bruits liés à la diffusion audio..
L’aspect visuel de cette pièce, assumé par un journal électronique, est un pendant au silence duquel se joue la bande sonore: le journal dit au spectateur des mots sans son, de même que la musique est jouée sans notes ou sans mélodies.
Le journal électronique est encore un interlocuteur pour la danseuse: il est producteur de mouvements ainsi que d’un mode d’éclairage, il est une voix pour des gestes..
Les mots en mouvement qui constituent le « décor », l’absence d’un vocabulaire de danse académique, la « minimalité » de la musique sont autant de manières d’affirmer un renoncement aux conventions de l’art du spectacle de danse contemporaine; l’équilibre entre les arts étant obtenu ici par la capacité de chaque média à se soustraire à l’action attendue..