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Situé au nord-ouest du continent africain, le Maroc bénéficie de régions côtières fertiles au bord de la Méditerranée et de l’Atlantique. Avec un point culminant à 4200 mètres, le Haut Atlas est une chaîne de montagnes qui s’étend d’est en ouest. Au sud, l’Anti-Atlas s’étend dans la même direction et son plus haut sommet atteint 3300 mètres d’altitude. Plus au sud encore, c’est le début du Sahara.
Notre voyage commence à Marrakech, une ville de plus d’un million d’habitants et riche en traditions. Nous visitons une plantation d’orangers et d’oliviers aux abords de la ville.
Il s’agit d’une exploitation familiale de 50 hectares, produisant, à partir de plusieurs variétés, environ 700 tonnes d’oranges de table destinées à l’exportation chaque année, selon des méthodes de culture certifiées biologiques. Après la récolte en octobre, les arbres à feuilles persistantes sont en période de repos jusqu’à ce qu’ils fleurissent en février. Un système de goutte-à-goutte irrigue toute la plantation en puisant dans la nappe phréatique. Il y a une quarantaine d’années, une foreuse a trouvé de l’eau à 30 mètres de profondeur. Cette année, elle se trouve à 300 mètres de profondeur ; l’année prochaine, il faudra creuser encore davantage. Au cours des cinq dernières années, les pluies ont été insuffisantes dans tout le pays, tandis que les températures ont augmenté, si bien qu’il y a moins d’eau qui s’écoule des montagnes de l’Atlas toutes proches. Les pompes à eau utilisées dans les champs sont alimentées par l’énergie solaire, produite localement.
L’olivier noueux est un symbole de tradition et de durabilité. Dans cette grande exploitation, les oliviers sont plantés en rangées espacées de deux à cinq mètres. Les premiers rendements sont obtenus à partir de la troisième année de plantation, et la durée d’utilisation des arbres est d’environ 30 ans. Les olives vert clair récoltées à la machine permettent de produire une huile claire et légère. Dans les plantations d’oliviers également, le niveau de la nappe phréatique baisse.
Notre voyage se poursuit dans un car confortable sur des routes parfaitement aménagées à travers le Haut Atlas jusqu’à Aït Ben Haddou, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. S’il s’agissait à l’origine d’un village berbère traditionnel, on y tourne aujourd’hui de grands films hollywoodiens. Nous pouvons y constater les dégâts causés par le tremblement de terre de septembre 2023, dont l’épicentre se trouvait dans le Haut Atlas, très difficile d’accès, et qui y a causé de grands ravages. Nous passons la nuit dans la petite ville de Ouarzazate et faisons une promenade sur une petite dune ; le désert se cache derrière une barre rocheuse toute proche. Une balade à dromadaire nous rappelle l’époque des caravanes. Nous y visitons également une herboristerie régionale et en apprenons beaucoup sur les pommades et les huiles. Les senteurs de safran, de cumin, d’absinthe, d’encens et de menthe nous titillent les narines.
Le jour suivant, nous traversons l’Anti-Atlas pour atteindre la « plus belle vallée du Maroc ».
La vallée du Drâa est une immense palmeraie à trois étages : en bas, des cultures maraîchères, au milieu, des fruits tels que des grenades et des amandes, et tout en haut, des dattes.
Le palmier dattier est une espèce dioïque : les fleurs mâles et femelles sont portées par des individus différents. Seuls les palmiers mâles germent à partir des graines ; les palmiers porteurs de fruits sont multipliés par des pousses latérales. Ici aussi, la diminution des ressources en eau oblige les producteurs·trices à répartir ce bien précieux de manière équitable.
Près de Zagora, nous rendons visite à Mohammed, un agriculteur qui cherche à innover. Il a planté des palmiers dattiers dans le semi-désert et récolte aujourd’hui des dattes sur 17 hectares, grâce à l’irrigation goutte-à-goutte puisée dans la nappe phréatique. Il produit également de magnifiques pastèques, qui poussent dans un sol désertique à haute teneur en sel. Il prévoit aussi de cultiver des caroubiers sur dix hectares pour produire de la caroube, un « super aliment ».
A un peu plus de 1000 mètres d’altitude, à Taliouine, nous visitons une culture de safran, où les fleurs sont récoltées à l’aube et traitées le jour même. Pendant la période de rendement, qui peut durer jusqu’à trente ans, on peut récolter environ cinq kilos de safran par hectare et par an.
A Essaouira, sur la côte atlantique, nous nous fondons dans l’animation du port, où on pratique la pêche à la sardine et son exportation.
En retournant vers Marrakech, nous nous arrêtons dans une coopérative de femmes, qui travaille avec le fruit de l’arganier. Son noyau est entouré d’une pulpe, dont les chèvres raffolent. La graine oléagineuse se trouve à l’intérieur de celui-ci. Grillée, elle fournit une huile délicate pour la cuisine ; fraîchement pressée, elle trouve de nombreuses applications dans les cosmétiques.
Notre circuit intensif à travers ce pays fascinant se termine malheureusement trop tôt à Marrakech. Un grand merci à nos deux guides pour leur professionnalisme !
L'auteur :
Christian Bohren a participé à ce voyage agricole au Maroc et écrit ce reportage pour la Revue UFA. Il habite à Begnins (VD) et adore voyager.
À propos : Notre prochain voyage est déjà planifié. Pour en savoir plus, cliquez ici.