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Depuis son développement dans les années 1980, l'analyse ADN est devenue un outil important pour les poursuites pénales. En juillet 2000, une base de données ADN appelée CODIS (Combined DNA Index System) a été créée. Les profils génétiques des auteur·e·s et des suspect·e·s ainsi que les empreintes trouvées sur les lieux de crime peuvent être enregistrés dans cette base de données. La base de données contient actuellement environ 192'000 profils génétiques.
La comparaison automatique de ces profils ADN permet notamment d'identifier les infractions pénales commises par des récidivistes. Chaque année, environ 6'000 empreintes retrouvées sur des scènes de crime correspondent à une personne enregistrée dans la base de données.
Le Département fédéral de justice et police souhaite développer l'utilisation de l'analyse ADN et donner davantage de pouvoirs à la police. Concrètement, il devrait être possible de rechercher spécifiquement des caractéristiques physiques telles que l'âge, les cheveux, les yeux ou la couleur de peau.
De plus, des dispositions légales pour la recherche de personnes ayant un lien de parenté doivent être mises en place. Cela concerne la recherche de matériel génétique similaire à celui des personnes suspecté·e·s. Jusqu'à présent, il n'existe aucune base juridique claire pour l'utilisation des profils ADN des membres de la famille d'auteur·e·s de crimes.
- L'extension de l'analyse ADN facilite le travail de la police. Les données peuvent aider à la fois à la recherche et à la reconnaissance en permettant une recherche ciblée de personnes présentant certaines caractéristiques. Cela permet de résoudre les affaires de manière objective et avec des preuves concluantes - dans un sens incriminant ou disculpatoire.
- L'extension de l'analyse ADN permet de réduire plus rapidement le cercle des suspect·e·s et d'exclure des innocent·e·s. L'efficacité est ainsi considérablement accrue.
- Le stockage de données génétiques supplémentaires facilite la condamnation des récidivistes.
- Dans un État libéral, il faut être prudent quant aux risques de surveillance et ne mettre à disposition de l'État que les données des citoyen·ne·s qui sont absolument nécessaires. L'extension de l'analyse l'ADN dépasse ce cadre.
- En collectant des données ADN supplémentaires, les données sensibles sont stockées dans une base de données et peuvent donc être consultées et mal utilisées par un grand nombre de personnes.
- La recherche de certaines caractéristiques dans les données ADN (comme le phénotype, p. ex. recherche de la couleur de la peau, de la couleur des cheveux, etc.) peut être très délicate. En effet, ce genre de recherches peut conduire à sélectionner les profils sur la base de préjugés ou de critères arbitraires et mener, dans le pire des cas, à des violences injustifiées.