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Le socialisme n'a sûrement pas le monopole du cœur, comme l'avait soutenu en 1974 un futur président.
Plus d'un siècle avant, Marx avait lui-aussi et tout autrement moqué le moralisme impénitent des précurseurs du socialisme. Et c'est bien ce qu'il leur reprochait lorsqu'il ridiculisait leur idéalisme utopique, leur sentimentalisme religieux, leur philosophie misérable et leur économie politique si approximative.
En effet, ce qui rapproche ces pionniers du socialisme (Saint-Simon, Fourier, Pecqueur et Proudhon) en dépit de leurs différences et de leurs controverses incessantes, c'est leur commune aversion pour cette morale de l'intérêt qui, traduit comme exigence de laisser-faire par les économistes, a conduit aux injustices et aux désordres propres au capitalisme moderne.
Or justement, sous bien des aspects, le matérialisme de Marx et de ses disciples est toujours resté prisonnier de cette imaginaire utilitaire.
Dès lors, n'est-ce pas ce « autre socialisme » qui mérite, dans le contexte du « marché-monde » qui est désormais le nôtre, d'être redécouvert ?
La quête d'une alternative tant au despotisme du collectif qu'à l'égoïsme de l'individuel, n'est-elle pas aujourd'hui d'une profonde actualité ?