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Deadpool
POUR
"20th Century Fox présente un film d'un crétin". C'est la première chose qu'on lit dans le générique du début de Deadpool, le huitième volet de la série cinématographique consacrée aux X-Men. Sauf que ce huitième film est bien différent de tout ce qu'on a pu voir avant, y compris Deadpool lui-même, dont la présence dans ce film est une sacrée revanche après X-Men Origins: Wolverine. Comme le suggèrent les credits au début, qui remplacent aussi les noms des acteurs par des descriptions comme "une bonnasse" (Morena Baccarin, qui joue la copine de Wade Wilson/Deadpool), "un méchant anglais" (Ed Skrein) et "un caméo gratuit" (Stan Lee), on se trouve face à un film qui s'amuse à démonter tout ce qu'on sait des super-héros au cinéma.
Ceci est tout à fait normal si l'on connaît le personnage de Deadpool, mercenaire quasiment immortel (comme Wolverine, il guérit rapidement) mais aussi défiguré à cause d'un cancer. Dans les comic books de Marvel, il commente souvent ce qui est en train de se passer, en s'adressant directement aux lecteurs. A l'écran, le même principe est respecté, ce qui permet au comédien/producteur Ryan Reynolds d'incarner à 100% cet anti-héros très, très bavard. On a donc droit à des blagues sur Reynolds lui-même (deux mots: Green Lantern), sur Hugh Jackman et sur le budget du film, beaucoup plus petit que ce qui est normalement dépensé pour des histoires de super-héros. C'est le "prix" qu'a dû payer Reynolds pour obtenir un film interdit aux mineurs (en principe, le public-cible des X-Men est plutôt adolescent), et c'est très amusant de l'entendre se moquer de tout et tous.
Mais attention, Deadpool n'est pas seulement un film très, très drôle et politiquement incorrect. C'est aussi un produit spectaculaire et sanglant, qui respecte les conventions du genre tout en les insultant. Et au centre de tout cela il y a aussi une histoire d'amour, également réinterpretée selon le sens d'humour déjanté du protagoniste. Le résultat est hilarant, excessif, touchant, jouissif, jusqu'à la scène bonus qui, bien entendu, se moque des attentes du spectateur. Car même si Deadpool se situe, sans trop de difficultés, à l'intérieur de la continuité plus large du monde des X-Men (pour la période précise, il sera encore question d'une blague très pointue et réussie), c'est un film qui vit selon ses propres règles, ce qui est très rare dans le cinéma "popcorn" d'aujourd'hui. A voir sans hésiter!