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Famille et parenté
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Statut de la femme dans la famille
Femmes en marge : veuvage, célibat
Le rôle principal de la femme romaine est défini par le matrimonium, (de mater, la mère) c’est-à-dire la production d' enfants; mais sa vie n’était pas invariablement réduites aux tâches éducatives et aux travaux domestiques. Les femmes pouvaient en effet exercer de nombreux métiers liés par exemple au commerce, à l’artisanat, aux affaires, à la médecine. Il est probable que les femmes concernées par une activité extérieure à la famille la pratiquaient tout en étant mariées, puisque le mariage et les enfants avaient une telle importance, mais les sources pour l’affirmer font défaut.
Le mariage était tellement ancré dans les mœurs que des lois instaurées par Auguste imposaient le remariage aux veuves et aux divorcées, dans un délai respectif de 2 ans et 18 mois, faute de quoi elles ne pouvaient plus recueillir de succession. La femme pouvait toutefois échapper à cet inconvénient grâce à son âge (50 ans) ou à ses enfants (3 enfants encore en vie). En outre, une taxe spéciale était administrée à tous les célibataires. La pratique du remariage après un veuvage ou un divorce était très répandue, en particulier dans le milieu sénatorial.
Certaines femmes avaient toutefois un statut de marge beaucoup plus marqué. Parmi elles, les prêtresses Vestales jouissaient d’un prestige important aux yeux de la population et de privilèges qui les hissaient juridiquement au même rang que les pontifes. Le plus rigoureux de leurs devoirs était celui qui faisait l’originalité de leur sacerdoce: la chasteté absolue qu’elles devaient respecter, du jour où le Grand Pontife prononçait la formule de leur admission, jusqu’à celui où elles pouvaient légalement quitter le service de la déesse Vesta. Le principe sous-jacent à cette exigence était qu’il fallait développer les mêmes qualités que Vesta pour pouvoir la représenter fidèlement: une nature chaste et pure, symbolisée par l’éclat de la flamme sans tache et la pureté de l’eau limpide. D’autres responsabilités incombaient aux Vestales, comme l'entretien du feu sacré; prier pour le bien de l’Etat, dont la flamme était le symbole ; et offrir des sacrifices lors de certaines fêtes déterminées (leur culte tenait une place considérable dans le calendrier religieux de Rome).
Mais certaines femmes pouvaient librement disposer d’elles-mêmes: les esclaves dont la situation matérielle ne les soumettait pas à la surveillance de leur maître, les affranchies et généralement les femmes, même de naissance libre, qui se livraient à la prostitution ou à un métier infamant (les danseuses par exemple). L’interdiction au mariage avait pour elles une raison diamétralement opposée à celle des Vestales. En effet, la prostitution privait les femmes de toute honorabilité et indifférait la morale et le droit. Une femme qui avait connu un homme en dehors des justes noces était considérée non seulement incapable et indigne de devenir épouse et mère, mais aussi d’en assumer les responsabilités. Elle n’avait aucune raison de limiter sa liberté et rien à redouter. On pensait que des rapports charnels illégitimes, volontaires ou non, souillaient le sang. Dans cette optique, la notion de pureté du sang est la base de la morale amoureuse de ce temps.
Liens
The forgotten woman : working romans
Feminae Romanae: The Women of Ancient Rome
Aulus Gellius 10.15 : Vestales
Translation Neil W. Bernstein.
Concerning the rituals of the priest and priestess of Jupiter, including the words from the praetor's edict in which he says he will not force either the Vestals or the priest of Jupiter to take oaths.
Prostituées
Prostitutes. Athens, 4th cent. B.C. (Alexis, fr. 18 PCG. G)