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Valais La justice classe la procédure pénale de l'accident de Sierre
Le volet pénal de la procédure est classé informe la justice valaisanne. Les seules causes envisageables de l'accident sont liées au chauffeur décédé.
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Le Ministère public valaisan a classé la procédure pénale ouverte après l'accident du car belge qui a coûté la vie à 28 personnes, dont 22 enfants, le 13 mars 2012 à Sierre (VS). Les seules causes envisageables de l'accident sont liées au chauffeur décédé dans le drame.
«A l'issue d'une instruction dense et complexe, la cause exacte de cette tragédie n'a pas pu être déterminée. Cependant, toutes les causes envisageables, comme par exemple le malaise ou/et l'inattention, sont en lien avec le chauffeur décédé, les autres hypothèses ayant pu être écartées», a indiqué Olivier Elsig, procureur en charge de l'enquête, lundi dans un communiqué.
L'instruction ouverte contre inconnu(s) pour homicide par négligence et lésions corporelles par négligence est donc classée. Les parties ont dix jours pour déposer un éventuel recours, précise le ministère public valaisan.
Plusieurs pistes écartées
L'accident de car survenu dans un tunnel autoroutier a donné lieu à de multiples investigations. Au fil de leurs travaux, les enquêteurs ont pu abandonner plusieurs pistes, comme l'intervention d'un tiers sur la route, la vitesse excessive, l'alcoolisation du chauffeur ou encore des problèmes techniques ou d'entretien du véhicule.
Trois mois après le drame, les enquêteurs suisses ont concentré leurs efforts sur le chauffeur de 34 ans qui avait pris le volant deux minutes avant le drame. Les investigations ont permis de privilégier deux causes: l'inattention et/ou un malaise du chauffeur.
Chauffeur au centre
Les expertises ont montré que le chauffeur souffrait d'une pathologie coronarienne. Mais aucun élément concret n'a permis d'imputer à cette pathologie une éventuelle défaillance du conducteur.
Ce dernier prenait un médicament antidépresseur contenant de la paroxétine, laquelle peut favoriser une pulsion suicidaire en début de traitement. Mais le chauffeur prenait ce médicament depuis deux ans et la dose standard avait été diminuée de moitié au début 2012 en vue d'un arrêt complet.
Le médecin traitant du chauffeur a aussi précisé qu'il n'avait aucune raison de penser que son patient était suicidaire. Le procureur a donc écarté cet élément comme cause possible de l'accident, comme il a écarté les effets de la paroxétine, qui au vu de la durée et du dosage prescrit, n'ont vraisemblablement pas pu restreindre la capacité de conduire du chauffeur.
A la demande de parents de victimes, des investigations complémentaires ont été effectuées sur l'ordinateur et les téléphones portables du chauffeur. «Elles n'ont pas permis de découvrir de nouveaux éléments quant aux causes de l'accident», a précisé le ministère public.
Reconstitution du drame
Le classement probable de la procédure avait déjà été annoncé par le ministère public valaisan le 19 août 2013. Un groupe de parents insatisfaits de ces conclusions a alors fait appel à un bureau néerlandais d'enquêtes forensiques.
Ce dernier effectuera le 2 juillet une reconstitution de l'accident. Le bureau IFS (Independant Forensic Services) fera appel à l'expert canadien Eugene Liscio, de la société AI2-3D, spécialisée dans les analyses forensiques en 3D.
Un chauffeur de bus conduira sur un parcours identique pendant que des caméras 3D enregistreront ses mouvements. L'IFS pense que la cause de l'accident est liée au fait que le chauffeur prenait l'antidépresseur paroxétine.
«Un accident et rien d'autre»
La veuve du chauffeur, Evy Laermans, est satisfaite du classement de la procédure pénale par le ministère public valaisan. «Une enquête très approfondie et très longue a été menée par les meilleurs experts suisses», a-t-elle réagi dans une réponse écrite adressée à l'agence Belga.
Pour Evy Laermans, ce qui s'est passé le 13 mars 2012 était «un accident, et rien d'autre». Elle regrette par ailleurs la décision de plusieurs parents de victimes de s'adresser à un bureau d'enquêtes indépendant pour effectuer une reconstitution des faits aux Pays-Pas.
Selon elle, cette nouvelle procédure manque d'objectivité et veut prouver qu'un suicide est la cause de l'accident. «Ils mènent une guerre directe avec mon mari et ça ne peut plus durer. (...) Ils savent ce qu'ils veulent prouver et comment le faire.»
Vive émotion
La tragédie a eu lieu au soir du 13 mars 2012. Le car, qui transportait deux classes des villes flamandes de Lommel et d'Heverlee de retour d'un séjour de sport d'hiver dans le Val d'Anniviers, a percuté une paroi d'un tunnel autoroutier à Sierre.
Le drame a coûté la vie à 28 personnes, dont 22 enfants, et fait 24 blessés. Il a suscité une très vive émotion tant en Suisse qu'en Belgique. Des témoignages de sympathie avaient afflué de partout. (ats/nxp)
Créé: 30.06.2014, 10h44