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Histoire
Les « Chalesi », vassaux de l’évêque de Sion, habitaient la vieille tour carrée qui se dressait avec ses dépendances sur une butte à l’entrée du village. Dès 1260, la châtellenie fut occupée par plusieurs familles avant de devenir un vidomnat des sires de Chevron. Mais vers la fin du XVIe siècle, l’évêque Hildebrand de Riedmatten acquit ce fief qu’il rattacha au dizain de Sierre, en lui conservant cependant une administration séparée.
Venu du patois
Formant autrefois deux communes distinctes, les villages de Chalais et de Vercorin ont été réunis administrativement par un acte de réunification signé le 12 août 1564. Depuis cette date, ces deux localités – ainsi que le village de Réchy - font partie de la commune de Chalais. La naissance du village de Vercorin est en fait antérieure à celle de Chalais. C’est par souci de commodité que les gens de Vercorin, descendus en plaine pour cultiver leurs vignes, fondèrent le village de Chalais.
Cela explique que les noms des bourgeois de Chalais se retrouvèrent à Vercorin dont ils étaient tous autrefois originaires. De petit hameau, formé de quelques mazots permettant aux habitants de Vercorin venus faire les vendanges dans la plaine, de séjourner quelques jours, Chalais se mua peu à peu en un village important composé essentiellement par une population paysanne.
Son nom est, du reste, étroitement lié à son aspect extérieur puisque Chalais vient, selon la thèse la plus plausible, du mot « Tzaly » (en patois « Tzalet »), traduction du mot romain Casale (casularium en latin = village).
L’orthographe de Chalais varia fréquemment au cours des siècles. Dans son essai de toponymie, le professeur Henri Jaccard mentionne notamment Jaler au XIe siècle, Chalez en 1219, Chaler en 1236, Chaleir en 1250, Chalex en 1298, Chaler entre 1303 et 1354, Challir en 1425, Challey en 1553 et Challie en 1806.
L’influence du Rhône
L’histoire de la commune est étroitement liée à l’évolution géologique du Rhône, dont le lit se modifia fréquemment au gré des intempéries. Les habitants de Chalais ont été de tout temps contraints à franchir le fleuve pour se rendre aux terres qu’ils cultivaient sur sa rive droite. Au XIXe siècle, ils traversaient le Rhône grâce à deux ponts. L’un était situé à proximité du village de Granges, l’autre se trouvait à l’entrée ouest du bois de Finges près de Sierre. Ces deux ponts étaient les seuls ouvrages érigés dans la région pour franchir le cours d’eau. La commune avait pour obligation de subvenir à leur entretien en fournissant chaque année une pièce de bois en mélèze prélevée dans ses forêts. Leur caractère provisoire constituait néanmoins un inconvénient de taille. Pour mettre un terme à cette situation peu satisfaisante, l’assemblée primaire de la commune de Chalais décida la construction d’un pont permanent, reliant par le plus court chemin le village de Chalais avec le hameau de Noës situé sur l’autre rive du Rhône.
Cette construction mit également un terme à une époque qui détériora pendant plusieurs années les relations qu’entretenaient les communes voisines de Chalais et de Granges. Peu enclins à entreprendre de longues marches sur les routes menant aux deux ponts de Granges et de Finges, les habitants de Chalais avaient imaginé un système ingénieux leur permettant de franchir le fleuve en période de basses eaux. Ils réussirent en effet à traverser le Rhône au moyen d’une passerelle en bois faisant usage de pont provisoire. La précarité de cet ouvrage nécessitait cependant son démontage rapide avant la crue des eaux. Si cette opération n’était pas effectuée suffisamment tôt, l’ouvrage, tel un radeau ballotté par les flots, quittait sa base et était entraîné vers des rives plus lointaines appartenant aux villages voisins. Profitant de l’aubaine, les riverains s’empressaient alors d’accaparer la passerelle. Cela amena naturellement les protestations véhémentes des citoyens de Chalais qui réclamaient avec raison leur dû.
Le pont ne leur était chaque fois restitué qu’à grand-peine, après de nombreuses palabres nécessitant l’intervention du gouvernement de Sierre.