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Il ne fait aucun doute que la protection du climat et l'adaptation au changement climatique deviennent de plus en plus urgentes, en particulier dans les pays en développement. Mais pour cela la Suisse réoriente l’argent du développement, qui est tout aussi nécessaire. Non seulement cela contredit clairement la Convention de Paris sur le climat, mais cela va également à l'encontre des principes d'une coopération au développement efficace. Dans ce contexte, Alliance Sud a déjà démontré à plusieurs reprises comment l’argent nécessaire pourrait être trouvé dès aujourd'hui en appliquant le principe du pollueur-payeur.
L'augmentation des coûts des mesures urgentes de protection et d'adaptation du climat dans les pays du Sud exige des moyens supplémentaires. La reconstitution du Fonds vert pour le climat (Green Climate Fund), qui finance des projets climatiques dans les pays en développement et émergents, devrait donc doubler les moyens alloués par les pays industrialisés. Si certains se sont également engagés à le faire, la Suisse ne veut plus augmenter sa contribution que de 50 %. C'est avare et myope.
Plus problématique encore est le fait que les 150 millions de dollars approuvés par le Conseil fédéral le 19 août ne sont pas additionnels, mais puisés du modeste budget de la coopération au développement. Cet argent n'est donc plus disponible pour les tâches essentielles de la coopération au développement - la réduction de la pauvreté et des inégalités.
Il est évident que la réduction des émissions et la réduction de la pauvreté ont des objectifs et des groupes cibles différents (voir également le document de position d'Alliance Sud). En effet, les émissions peuvent difficilement être réduites de manière significative chez les plus pauvres. Même les projets d'adaptation au climat les plus judicieux et efficaces sont axés sur les menaces futures du changement climatique, mais pas sur l'amélioration immédiate des conditions de vie des populations les plus pauvres. Il s'agit toutefois d'un principe de bonne coopération au développement et donc une condition préalable à l'utilisation de l’argent du développement. - C'est précisément pour cette raison que la Convention de Paris sur le climat exige des moyens "nouveaux et supplémentaires".
Une étude mandatée par Alliance Sud ("La contribution suisse au financement international du climat") a montré récemment que, pour l'essentiel, le financement climatique suisse n'a pas bénéficié jusqu'à présent aux personnes les plus pauvres ou les plus touchées par la crise climatique.
Pour Alliance Sud, il est clair que la protection du climat au détriment de la tâche principale de la coopération au développement n'est pas la bonne voie! Il serait certainement possible d'utiliser les moyens collectés conformément au principe du pollueur-payeur pour le financement international du climat. Un avis de droit de février 2019 a montré que même une affectation partielle des taxes d'incitation sur le contrôle du climat serait à la fois constitutionnelle et efficace.
Alliance Sud critique vivement le fait que ni le Conseil fédéral ni le Parlement n'ont envisagé de telles options jusqu'à présent. Financer la protection internationale du climat au détriment de la coopération au développement c’est faire fausse route.