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Le député évangélique Fabricio Alvarado, hostile au mariage pour tous, est arrivé dimanche en tête du premier tour de l'élection présidentielle au Costa Rica. Comme aucun candidat ne semble en mesure de dépasser les 40%, le pays organisera un second tour le 1er avril.
Selon ces résultats portant sur 86,6% des bureaux de vote, Fabricio Alvarado, du parti Restauration nationale (évangélique), a remporté 24,8% des voix. Il est suivi par l'ancien ministre Carlos Alvarado (sans lien de parenté avec Fabricio), du parti au pouvoir Action citoyenne (centre), avec 21,7%.
Antonio Alvarez Desanti, un entrepreneur de 59 ans ayant fait fortune dans le commerce des bananes et candidat du Parti de libération nationale, formation social-démocrate, est arrivé en troisième position avec un peu plus de 18,6% des voix.
Le président sortant, le centriste Luis Guillermo Solis, ne pouvait briguer un second mandat du fait de la loi.
Comme aucun candidat n'a dépassé les 40% au terme de ce premier tour à la forte participation (65,7%), un second tour aura lieu le 1er avril.
Mariage pour tous
Au cours de la campagne, Fabricio Alvarado a su imposer son opposition à l'ouverture du mariage aux couples homosexuels comme thème central du débat. Alors qu'il n'était crédité que de 3% des intentions de vote à son entrée en lice, ce pasteur évangélique et chanteur âgé de 43 ans, a bondi dans les sondages.
Unique député du Parti de la Restauration nationale, Fabricio Alvarado a notamment dénoncé la décision, le 9 janvier, de la Cour interaméricaine des droits de l'homme (CIDH) exhortant les pays d'Amérique latine a reconnaître le mariage gay.
Il a estimé que cette décision, marquant une évolution sociétale majeure dans la région, violait la souveraineté du Costa Rica, pays conservateur et à majorité chrétienne d'environ 4,9 millions d'habitants. "Il faut se dresser devant ceux qui veulent écraser les valeurs de la famille", a-t-il dit lors du dernier débat de la campagne.
Alvarez Desanti s'est dit lui aussi opposé à la décision de la cour, à titre personnel, mais, contrairement à son adversaire, n'envisage pas de retirer le pays de la CIDH.
"Suisse de l'Amérique centrale"
Connu pour la richesse de son environnement, le Costa Rica jouit d'une tradition démocratique qui a longtemps fait exception dans la région et d'une relative stabilité qui lui ont valu le surnom de "Suisse de l'Amérique centrale".