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Le remake de West Side Story par Steven Spielberg était annoncé, attendu et alimentait les attentes des spectateurs tout en nourrissant leur impatience. Le film original de 1961, avec la musique composée par Jerome Robbins et Robert Wise, avait rencontré un vif succès public et remporté dix Oscars. Cette version était adaptée de la comédie musicale éponyme d’Arthur Laurents, Stephen Sondheim et Leonard Bernstein créée en septembre 1957 à Broadway. Le scénario est une adaptation moderne de la pièce Roméo et Juliette de William Shakespeare. Cependant, la fin de la comédie musicale comme celle du film diffèrent de celle de la pièce : Maria ne se suicide pas après la mort de Tony, comme Juliette le fait sur le corps de Roméo, et oblige les bandes rivales à se réconcilier. Les fans du film de 1961 se souviennent que, contrairement à ses partenaires, Natalia Wood était déjà célèbre lors du tournage de West Side Story et que le rôle de Tony avait été proposé à Elvis Presley qui le refusa sous la pression de son agent. Le rôle fut donc confié à George Chakiris qui connaissait déjà l’univers de West Side Story avant de participer au film car il avait tenu le rôle de Riff dans le spectacle monté à Londres. Dans le film de 1961, les acteurs principaux sont doublés pour le chant sauf George Chakiris.
Chez Spielberg, l’histoire reste la même. Un gang de rue d’Américains blancs (The Jets), qui semble avoir oublié que leurs ancêtres ont émigré aux États-Unis quelques décennies auparavant, « protège leur territoire » contre les nouveaux immigrants portoricains (The Sharks). Alors qu’il était autrefois le co-fondateur des Jets, Tony (Ansel Elgort, qui est juif polonais du côté de son père) tente de prendre un virage avec sa jeunesse violente. Il attire l’attention de Maria (Rachel Zegler) lors d’une danse et les deux tombent instantanément amoureux ; hélas, le frère de Maria est Bernardo (David Alvarez), chef des Sharks. La haine et les provocations demeurent vivaces ! Mais il y aura énormément de chants, de danses et de mouvements de caméra éblouissants.
À propos de la bande originale de la version de 2021, les enregistrements musicaux et vocaux de l’adaptation cinématographique ont été enregistrés à New York et à Los Angeles, sous la direction du chef d’orchestre Gustavo Dudamel, de l’arrangeur David Newman et des superviseurs musicaux Matt Sullivan et Jeanine Tesori. Le parolier original de West Side Story, Stephen Sondheim, était présent pendant le processus d’enregistrement. Dans la version de Steven Spielberg, les chorégraphies sont exceptionnelles et la bande originale est tout aussi entraînante que l’originale ; les classiques comme Maria, America, I feel pretty, Tonight (Quintett) suscitent un entrain communicatif, restant dans les esprits bien au-delà de la projection. Cette version demeure très fidèle et respectueuse envers l’originale, et les quelques discrètes modifications que posent Steven Spielberg et le scénariste Tony Kushner restent subtiles. Un personnage transgenre aux côtés d’Anton et de Riff cherche, sans doute, à inscrire le film dans l’ère du temps. Mise au goût du jour de manière subtile mais conservant le cœur et l’âme de l’original, la version 2021 de West Side Story s’apparente à une joyeuse célébration du genre musical. Steven Spielberg apporte une énergie et un dynamisme visuel à cette histoire d’amour entre personnes de cultures antagonistes, un thème ô combien universel.
Une sortie cinéma parfaite pour les familles durant les fêtes.
Firouz E. Pillet
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