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Delémont, le 9 juin 2010
Dans son paquet de mesures d'économies, le Conseil fédéral propose la suppression du Haras national suisse (HNS). Il en est résulté une forte opposition dans l'ensemble du pays. Certains milieux suggèrent aujourd'hui la privatisation de cette institution ou de certaines des tâches qu'elle assume actuellement. Il s'agit là de propositions peu réalistes et peu pertinentes qui doivent être rejetées avec force et conviction.
Le HNS assume fondamentalement quatre tâches : la recherche équine, la formation des hommes et des chevaux, une contribution à la sauvegarde de la seule race de chevaux indigènes notamment par la garde d'étalons aux origines les plus variées ainsi que la participation à des actions de promotion de cette race des Franches-Montagnes.
S'il paraît évident que la recherche équine ne peut pas être privatisée, il est également prévisible que la formation, si elle est assumée par un organisme privé, deviendra inaccessible à la plupart des intéressés dont les revenus sont souvent modestes, du fait de son prix de revient.
En gardant plusieurs dizaines d'étalons appartenant en particulier à des lignées menacées, le HNS contribue de manière déterminante à la sauvegarde de la diversité dans la race des Franches-Montagnes. De même, les actions de promotion qu'il conduit ne peuvent pas être assumées par les milieux professionnels du fait notamment de leurs exigences en ressources humaines et financières. Par exemple, la présence d'attelages d'étalons dans les manifestations nationales et internationales importantes constitue une promotion très efficace qui ne peut pas être assurée par les milieux professionnels.
De toute évidence, les tâches confiées au HNS ne peuvent donc pas être privatisées. Reste alors la solution d'un engagement combiné des milieux professionnels – on parle de la création d'une fondation – et des cantons. Cette solution se révèle également irréaliste. Compte tenu des expériences faites depuis quelques années, il est évident que les cantons qui accepteront, une nouvelle fois, de suppléer la Confédération dans des tâches qu'elle abandonne, seront très peu nombreux.
En conclusion, seule l'exploitation du HNS par la Confédération peut en assurer la pérennité, le développement et le rayonnement nécessaires à l'élevage chevalin suisse. Toute autre solution conduira inéluctablement à son déclin et, à terme, à sa disparition.