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Comme bien d'autres choses, la médecine au Japon est aussi fortement influencée par la Chine – des moines bouddhistes ont fait entrer la culture chinoise au VIe siècle au Japon avec son écriture, sa philosophie, son artisanat et sa médecine. En raison de leurs propres expériences, la «méthode chinoise» a été continuellement modifiée. Cela s'explique notamment par le fait que de nombreuses drogues médicinales de la TMC n'étaient pas cultivées au Japon, qu'elles n'étaient pas disponibles ou auraient dû être importées à grands frais. On a donc misé sur des plantes indigènes (équivalentes) auxquelles on a ensuite donné les noms chinois.
Lors de l'ouverture du Japon à l'Occident, des éléments de la médecine occidentale sont aussi venus compléter la médecine Kampo au XXe siècle.
La vision de santé et de maladie provient de la TCM. En bref: chez une personne en bonne santé, les différentes forces qui agissent sur l'organisme sont équilibrées («centre harmonieux»). La maladie est la conséquence d'un état déséquilibré appelé «sho».
Le «sho» résulte de causes exogènes ou endogènes.
Les causes exogènes sont le froid, la chaleur, l'humidité, la sécheresse, le feu, le vent, auxquels s'ajoutent des agents pathogènes infectieux.
Les causes endogènes sont la colère, la joie, la passion, la tristesse, la peur, l'effroi, la réflexion.
Dans le Kampo aussi, on part du principe qu'il existe un «ki» (chinois: qi), une force vitale circulante. Le ki est déséquilibré en raison d'un excédent ou d'une carence. Cet équilibre doit être rétabli.
Au Japon, la médecine complémentaire relève de la responsabilité de médecins qui ont été formés à la médecine traditionnelle et ont suivi une formation complémentaire correspondante. Par conséquent, les critères de la médecine occidentale sont tout autant utilisés pour établir un diagnostic que ceux de la médecine naturopathique. Des analyses (sang, urine) sont faites en laboratoire et, si besoin, des procédures d'imagerie sont utilisées. L'examen Kampo se compose d'un entretien, de l'examen audio-olfactif (vérification de l'odeur du patient), de l'inspection notamment de la langue et de la peau ainsi que de la palpation de l'avant-bras et du bas-ventre (particularité spéciale au Japon qui diverge de la TCM).
Une fois que le médecin s'est fait une idée de la maladie, il se concentre sur un symptôme principal pour choisir le remède. En fonction de la réaction du patient, la formule est modifiée ou un autre remède est recherché. En médecine Kampo, il existe 210 médicaments officiels pour lesquels environ 350 drogues sont utilisées. En général, un remède comporte de deux à 15 composants. Outre les drogues végétales, on utilise également des champignons, des drogues minérales ou animales. Selon la tradition, les drogues médicinales japonaises sont réduites en poudre. Les médicaments Kampo sont aujourd'hui principalement disponibles sous forme de granulés fabriqués industriellement. Toutefois, dans les hôpitaux, on préfère préparer des tisanes (toeki) avec un mélange de drogues non pulvérisées.
Les médecins Kampo conseillent leurs patients également sur le bon régime alimentaire à adopter. Les aliments sont évalués en fonction de leur caractère yin-yang, ils doivent donc minimiser un excédent et/ou compenser une carence. Il est important de consommer des aliments de la saison correspondante (shin do fu ji).
Les restaurants spécialisés dans les herbes médicinales offrent entre autres de la «cuisine médicinale» (yakuzen) qui est préparée avec des drogues Kampo.
Les chercheurs d'universités japonaises et internationales s'intéressent de plus en plus aux composants et aux effets des préparations Kampo. Toutefois, des médecins Kampo renommés attirent l'attention sur le fait que l'analyse rationnelle à elle seule ne permet pas de saisir l'essence du Kampo. Ils ajoutent que l'expérience et ce que les connaissances dites tacites sont tout aussi importantes.