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Le fonctionnement des opioïdes décortiqué dans une étude de l'UNIGE
GENEVE - Contrairement aux opioïdes naturels, les opioïdes médicamenteux sont associés à un risque élevé de dépendance et d'addiction. Une équipe de l'Université de Genève (UNIGE) a voulu comprendre les raisons de cette différence. Elle a esquissé un début d'explication dans une étude parue mercredi par la revue Science Advances.
Les opioïdes médicamenteux pénètrent à l'intérieur des cellules et activent des récepteurs intracellulaires. Les opioïdes naturels, eux, n'ont pas cette faculté. Ils sont incapables d'entrer dans les cellules et n'activent que des récepteurs de surface, indique l'UNIGE dans un communiqué.
La localisation des récepteurs activés "expliquerait pourquoi les médicaments déclenchent des réponses physiologiques différentes de celles induites par les opioïdes naturels". L'équipe genevoise de recherche est parvenue à détailler ce qui se passait à différents endroits à l'intérieur de la cellule.
Pour y arriver, des biocapteurs ont été développés. Ils ont permis de détecter, dans des cellules vivantes, si les récepteurs présents en différents endroits de la cellule étaient activés et capables d'initier une réponse, relèvent, dans le communiqué, les deux co-premiers auteurs de l'étude Lucie Oberhauser et Arthur Radoux.
Médicaments plus sûrs
Des expériences supplémentaires doivent encore être conduites par l'équipe de l'UNIGE. Le but ultime de ces recherches est de développer des traitements contre la douleur mieux ciblés, plus efficaces et avec moins d'effets secondaires, imitant mieux les opioïdes naturels.
Les opioïdes regroupent toute une série de médicaments antidouleur très puissants, comme la morphine ou le fentanyl. Ils peuvent toutefois avoir des effets secondaires potentiellement mortels. Leur usage abusif est à l'origine de plus de 350'000 décès par an dans le monde, rappelle l'UNIGE.
Le 19 Avril 2023. Sources : Keystone-ATS. Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay ou Pharmanetis Sàrl (Creapharma.ch).