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Les débuts de la conservation des monuments
La conservation des monuments historiques fait partie des plus anciennes mesures d’encouragement de la culture de Suisse. En 1886, les Chambres fédérales adoptèrent un arrêté sur la « participation de la Confédération à la conservation et à l’acquisition d’antiquités nationales ». L’engagement a d’abord été purement financier, les décisions sur la répartition des ressources et les mesures concrètes étant confiées à la Société patriotique pour la conservation des monuments historiques (aujourd’hui Société d’histoire de l’art en Suisse - SHAS).
Au début du 20e siècle, des débats houleux sur les théories et les doctrines de la conservation des monuments historiques contribuèrent à changer la stratégie fédérale et, en 1915, la Confédération décida de créer la Commission fédérale des monuments historiques (CFMH). Lorsqu’elle s’est mise au travail, les services cantonaux d’archéologie et des monuments historiques n’existaient pour ainsi dire pas et ce fut à ses membres d’assumer la direction des fouilles et des restaurations bénéficiant de l’aide fédérale.
Intérêt du public pour la protection de la nature et du paysage
Dans les années 1960, la transformation en profondeur de la société a également eu un impact sur le travail de conservation des monuments. La longue période de haute conjoncture qui a suivi la Seconde Guerre mondiale s’est accompagnée d’un boom de la construction sans précédent. En très peu de temps, de nombreux projets de routes et de nouveaux bâtiments transformèrent les villages, les villes et les paysages. Parallèlement à la disparition de différents sites construits, les appels à protéger la substance historique et l’environnement familier se multiplièrent. Les activités de la conservation des monuments devinrent alors un sujet politique largement débattu et mis en valeur. C’est « une tâche politique majeure » déclarait le conseiller fédéral Hans-Peter Tschudi à l’occasion des 50 ans de la CFMH.
Institutionnalisation de la conservation des monuments
Dans les cantons, l’intérêt croissant du public a entraîné l’institutionnalisation de la conservation des monuments ou le développement des services spécialisés existants. Ce qui ne diminua pas le travail de la CFMH, au contraire : plus de points de contact, plus d’objets controversés et plus d’administration. Le système de milice éprouvé et typiquement suisse a alors atteint ses limites et la Confédération a réagi en redéfinissant les tâches de la CFMH. Depuis, elle se concentre sur les activités de conseil pour la Confédération et les cantons autour des questions fondamentales qui touchent à l’archéologie et à la conservation des monuments et des sites construits.