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« Le temps d'une tournée, le train est devenu ma maison. Je suis extrêmement paresseux. Le fait qu'un wagon me porte et que je n'y mette aucun effort, cela me comble. L'immobilité est quelque chose à quoi j'aspire et qui m'angoisse. Voyager dans un train permet de voir le paysage et de le voir changer." Douce lenteur , apprécier la qualité de ce qui passe lentement, l'éloge de la lenteur, du temps suspendu, de la saveur de l'air, l'errance assumée. On baisse la vitre, on regarde le paysage défiler, on voit le changement de paysage, on peut ouvrir les fenêtres, rencontrer des gens. Le cliquetis des roues qui à la longue vous berce dans un rythme perpétuel . "Ce n'est pas du temps perdu, c'est du temps de qualité. En avion, on perd son temps." Il voyage dans sa vie aussi à contre-courant. Au concours de piano à Leeds en 1990, il a fait sensation en interrompant son concert puis quitté la salle. Il avait alors 21 ans, il a interrompu au milieu de l’opus de Webern parce qu’il n’était pas content de lui. Il avait honte. Ironie du sort, son interprétation de l’œuvre a été un grand succès par la suite. Il a même reçu des récompenses, Mais mieux, il doute tout simplement de la valeur artistique des concours. Comme un juge peut-il être objectif ? Comment peut-on attribuer une note à une interprétation ? Quelle question intelligente, en allant jusqu'au bout de ce raisonnement toutes les écoles d'art devraient fermer leur porte. A la question pourquoi jouez-vous du piano ? Il répond, je n'ai pas le choix. Pianiste d'origines polonaise et hongroise né en 1969 à Varsovie, d’une mère Hongroise d’origine juive, il est souvent allé en Hongrie petit. Son père est Polonais. Plus tard, sa famille s'est installée à Paris. Il a donc grandi avec trois langues. Il fait ses tournées dans un train, l'errance est sa patrie, il apprécie la lenteur, sentir intensément le temps qui passe. Sentir la vie.