Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07265.jsonl.gz/657

En période de conflits armés, les enfants soldats déployés dans le cadre des opérations militaires commettent régulièrement des crimes atroces et laissent sur leur passage de nombreuses victimes, adultes et enfants. Un tel passif peut leur être préjudiciable lors de la mise en œuvre du processus de réinsertion sociocommunautaire dans la mesure où la plupart des crimes commis ont lieu dans leur environnement d’origine, qui est celui dans lequel ils sont réinsérés par la suite. Pour y faire face, le droit et la pratique internationaux envisagent un panel de réponses dont l’objectif est de protéger le droit de l’enfant de retourner vivre en famille. La présente recherche a pour point de départ les différentes tensions entre le droit des enfants de retourner vivre en famille et le droit à la justice de leurs victimes qu’engendre cet ensemble de réponses au cours de la mise en œuvre du processus de démobilisation des enfants soldats. Elle explore comment et jusqu’où ces réponses intègrent, lorsqu’elles investissent ces tensions constantes, la situation des victimes des actes criminels des enfants. Cette thèse investigue également s’il existe des espaces d’expression de la fluidité du statut des enfants soldats (ils sont décrits à la fois comme auteurs de crimes et victimes de la violence des groupes armés) dans la pratique des acteurs engagés dans ces programmes. Ces réflexions prennent place dans le contexte des programmes de réinsertion des enfants soldats mis en œuvre dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu en République démocratique du Congo.