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Les tests ADN grand public laissent certains experts dubitatifs
Ancestry, Family Tree DNA ou 23andMe aux Etats-Unis ou encore iGenea en Suisse, tous proposent aux internautes d'envoyer un échantillon de leur salive afin d'en analyser l'ADN et apporter des réponses sur leur identité génétique.
Ancestry, par exemple, livre un graphique indiquant la part des différentes origines d'une personne. La firme permet également de retrouver des ancêtres par un système d'arbre généalogique ou de découvrir des parents éloignés qui ont également fait le test.
Méthodes scientifiques "fiables"
Les laboratoires comparent une partie de l'ADN - il serait trop coûteux d'en séquencer la totalité - avec celles de populations type. Pour ce faire, les sociétés ont dû composer une banque de données: "Celle-ci contient des centaines de milliers de génomes de personnes issues d'une région déterminée. Elles créent des populations de références pour certaines régions d'Afrique ou d'Europe occidentale par exemple. Elles comparent ensuite chaque région du génome de la personne avec ces populations", explique Jacques Fellay, médecin et chercheur au CHUV.
Cette technologie développée il y a seulement quelques années est plutôt fiable, estime l'expert en génomique. Celui-ci souligne que les résultats apportent une bonne indication du génome d'une personne, surtout lorsque les populations sont mieux caractérisées. Ainsi, les résultats seront plus fiables pour les îles britanniques que pour le Sahara.
"Ces tests ne sont qu'une projection"
Alors que tous s'accordent à dire que la technique est scientifiquement correcte, certains experts émettent des réserves. C'est le cas de Marie Besse, professeur d'archéologie préhistorique et anthropologie à l'université de Genève, pour qui ces tests constituent davantage une projection qu'une réflexion de la réalité. "Il y a des mouvements de populations, des transmissions de gênes, et l'origine même d'une personne ne peut être définie sur la seule base de cette analyse ADN".
En outre, certains généticiens remettent en question les données ADN de référence, considérées comme trop aléatoires. Puisqu'elles ne prennent pas en considération le mouvement des peuples, elles oublient en effet que ceux-ci ont pu se mélanger avec d'autres populations. "Lorsqu'on dit que votre ADN est originaire de telle ou telle ethnie, c'est considérer que ces populations ont une véritable existence unique et précise. Or, les généticiens et les anthropologues savent fort bien que cette classification de l'humanité en population est extrêmement floue", rapporte Pierre Darlu, anthropologue généticien au Musée de l'homme à Paris.
Blandine Levite/hend
Publié le 22 septembre 2017 - Modifié le 22 septembre 2017
Une part "juive européenne"
Pas de tests grand public en Suisse
Les tests généalogiques grand public n'ont donc pas lieu sur le territoire suisse. Malgré qu'ils sont accessibles sur internet, via les Etats-Unis, il n'y a pas de laboratoire en Suisse, selon l'Office fédéral de la santé publique.
Ce flou juridique sera d'ailleurs discutées au Parlement fédéral, d'ici quelques mois, dans le cadre de la révision de la loi fédérale sur l'analyse génétique humaine.