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Le réchauffement de la planète marque le pas depuis environ 17 ans. Les températures sont globalement stabilisées, pour le moment du moins, après les 12 ans de poussée de 1985 à 1997. Certains scientifiques, y compris au Giec, ont donné un nom à ce ralentissement: le «hiatus global».
C’est une manière de dire que cette situation n’est pas normale selon eux. Ce n’est pas ce que ces scientifiques ont annoncé, pas ce qu’ils attendaient. Leurs prévisions sur l’avenir devraient être la norme alors que la réalité ne le serait pas. Inversion du fardeau de la preuve. L’accusation s’en tire à bon compte.
Mais elle ne peut faire totalement l’économie de la question. Quand les courbes réelles sont plus basses que la plus faible projection des températures proposée par le Giec, la communication doit être rectifiée. Première hypothèse pour tenter d’expliquer ce hiatus, ce découplement des températures entre les modèles du Giec et la réalité: les alizés.
Ces vents intertropicaux réguliers ont une vitesse variant entre 20 et 30 km/h. Selon leur force, ils font plonger les eaux chaudes du Pacifique en profondeur à l’ouest et remonter des eaux froides à l’est. C’est ce que l’on nomme La Niña, appelée aussi Oscillation thermique du Pacifique occidental. C’est une modification épisodique de la circulation des eaux.
La Niña provoque statistiquement une augmentation des typhons. Or pour les années où le «hiatus» est évoqué, en particulier entre 1999 et 2010, il y a moins de typhons dénombrés que la moyenne ne le laissait prévoir.
Un autre signe de la Niña est également connu: la surabondance de pluies sur l’ouest du Pacifique. Ce n’est pas le cas depuis le dernier épisode de La Niña en 2010-2012. On ne constate pas de continuité de La Niña qui pourait expliquer la durée de ce hiatus. Les épisodes sont même moins importants depuis une quinzaine d’années qu’il y a cinquante ans, comme le montre l’image 1 (cliquer pour agrandir - Niña en bleu).
Les affirmations concernant l’effet des alizés sur le réchauffement sont donc discutables. Si toutefois cette hypothèse se vérifiait on pourrait se demander si l’accélération des alizés est aléatoire ou si elle exprime une sorte d’adaptation de la Terre, une sorte de rétroaction négative régulatrice.
De plus, pour confirmer cette hypothèse du réchauffement ralenti par les alizés, il faudrait disposer des relevés depuis plusieurs siècles et les comparer avec l’évolution du climat et du réchauffement en cours depuis la fin du petit âge glaciaire. Ou même depuis l’optimum climatique médiéval. Ou depuis plus loin dans le passé (image 2), car si l’on observe la reconstitution des températures sur 10’000 ans, on voit que le réchauffement actuel s’inscrit dans une longue séries d’oscillations.
On ne peut totalement exclure le fait que le climat soit en cours de «rattrapage» vers le haut et que la norme sur laquelle se basent les prophètes du Giec aujourd’hui, soit la période d’avant 1980, ne représente qu’une période anormalement fraîche du climat de la Terre. L’Holocène connaît de nombreuses oscillations des températures, qui furent à différentes périodes globalement plus élevées qu’aujourd’hui. Les réchauffements de l’optimum médiéval et du XIXe siècle ne pouvant s’expliquer par l’activité humaine, force est de chercher d’autres causes.
L’évaluation des températures du passé, estimées d’après les carottages de glace du Groenland Gisp 2 (image 2), montre que notre époque est une des plus fraîches depuis 10’000 ans. Le réchauffement actuel - quelle que soit sa réalité et son origine - est-il donc normal, utile même, comme un ajustement nécessaire?
A suivre: Et les volcans?