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A la source du rayonnement gamma - Un astronome de l'UniGe concourt à une découverte internationale
Après 30 ans de mystère, un astronome de l'Observatoire de l'Université de Genève participe à l'identification de l'origine du rayonnement gamma qui baigne notre Galaxie. Publié dans le dernier numéro de la revue Nature, l'article démontre que cette émission, apparemment diffuse, résulte en fait de la superposition d'émissions de centaines de trous-noirs et d'étoiles de neutrons situés dans la Voie lactée. Cette découverte a été rendue possible grâce à une collaboration internationale, ainsi qu'à l'acuité visuelle supérieure du satellite européen Integral, dont le centre de données scientifiques se trouve à Ecogia, sur le site de l'Observatoire de l'Université de Genève.
Le rayonnement gamma de notre Galaxie émane de centaines de sources ponctuelles: des trous-noirs et des étoiles de neutrons. C'est la découverte que vient de faire une équipe internationale d'astronomes, dont le Dr Roland Walter de l'Observatoire de l'Université de Genève. En publiant leurs résultats dans Nature, le groupe de chercheurs met un terme à une énigme de plus de 30 ans et réussit là où de nombreuses tentatives avaient échoué auparavant.
En effet, sur la base des informations récoltées par le satellite européen d'observation Integral (International Gamma Ray Astrophysics Laboratory), et à la faveur de son exceptionnelle acuité optique pour les rayons gamma, les astronomes ont pu prouver que cette émission procède de sources ponctuelles, dont une fraction était inconnue à ce jour.
Le rayonnement gamma de notre Galaxie est absorbé par l'atmosphère terrestre. Il a été découvert dans les années 1970 avec des vols de ballons-sondes puis observé à l'aide de différents satellites. Jusqu'à présent, ces satellites ont donné l'impression que la plus grande partie du rayonnement gamma de notre Galaxie est produit dans le gaz interstellaire. Un brouillard diffus que les astronomes ont eu beaucoup de difficultés à interpréter.
Après plusieurs mois d'observation, l'ensemble des données récoltées par Integral a été traité à l'Integral Science Data Center (ISDC) d'Ecogia - rattaché à l'Observatoire de l'Université de Genève - puis finalement analysé par l'équipe internationale. Le premier indice de l'existence d'un grand nombre de sources, plutôt que d'un gaz diffus, est apparu trois mois après le lancement d'Integral, en février 2003, lorsqu'une équipe de l'ISDC découvre une première source d'un type nouveau dans la Galaxie. Celle-ci se trouve en effet dans un cocon de gaz très dense que seuls les rayons gamma peuvent traverser. Ces rayons gamma détectés par Integral sont probablement la signature de gaz tombant dans un trou noir ou à la surface d'une étoile de neutrons. Par la suite, un grand nombre de nouvelles sources ont été découvertes.
En outre, l'évolution des étoiles massives suggère que notre Galaxie est peuplée de millions de trous noirs et d'étoiles à neutrons. Lorsque ces résidus d'étoile avalent de la matière, ils émettent du rayonnement gamma. Sur la base des données d'Integral, les travaux de l'équipe internationale a laquelle le Dr Walter a collaboré démontrent aujourd'hui de manière convaincante qu'au moins 90% de l'émission gamma de notre Galaxie provient de ces astres extrêmement denses.