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Le 4 septembre a eu lieu au CERN une cérémonie marquant le début de la construction de CERN MEDICIS, une installation de recherche qui produira, au moyen d’un faisceau de protons d’ISOLDE, des isotopes radioactifs pour des applications médicales. Ces isotopes seront en premier lieu destinés à des hôpitaux et des centres de recherche en Suisse, mais dans un deuxième temps, la collaboration s'étendra à d’autres laboratoires en Europe et ailleurs dans le monde.
Les isotopes radioactifs sont en fait des noyaux instables. Ils présentent le même nombre de protons que leur élément chimique stable correspondant, mais n’ont pas le même nombre de neutrons. En médecine, les isotopes radioactifs peuvent être utilisés pour localiser des molécules spécifiques dans les tissus vivants.
Pour produire des isotopes radioactifs, CERN MEDICIS exploitera le faisceau primaire de protons d’ISOLDE, l’installation qui, depuis plus de 40 ans, fournit des faisceaux pour environ 300 expériences au CERN.
À ISOLDE, les physiciens bombardent une cible avec un faisceau de protons de haute énergie, issu du Booster du Synchrotron à protons. Mais la cible n'absorbe que 10 % de l’intensité et de l’énergie du faisceau, et les particules restantes, qui passent à travers la cible, peuvent ainsi être utilisées. Pour le projet CERN-MEDICIS, une deuxième cible sera placée derrière la première, et c’est elle qui permettra de produire des isotopes radioactifs.
Un système de transport automatisé amènera cette seconde cible jusqu’à l’infrastructure CERN MEDICIS, où les isotopes seront extraits.
Un faisceau de protons touche une cible à l'installation ISOLDE, produisant une pluie de particules dispersées (Image: ISOLDE)
Le groupe Transfert des connaissances du CERN a pris en charge les coûts du système de transport, en puisant dans le Fonds pour le transfert de connaissances ; il met en outre à disposition un responsable du transfert de technologies, spécialisé dans les sciences de la vie.
Le service d’expédition de matériel radioactif du groupe Radioprotection ainsi que les services logistiques s’occuperont du transport des isotopes radioactifs vers les infrastructures médicales.
« Dans un premier temps, les activités seront entièrement consacrées à la production et à l’envoi d’isotopes radioactifs vers les centres hospitaliers et les centres de recherche de la région », indique Thierry Stora, ingénieur au CERN et responsable du projet CERN MEDICIS. Pour l’instant, il est prévu que les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), le Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV) et l’Institut suisse de la recherche expérimentale sur le cancer (ISREC) de l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), utilisent les isotopes produits au CERN.
Mais d’autres collaborations sont possibles.
« Plusieurs structures s’occupant de recherche ou de traitements dans des États membres ont fait part de leur intérêt pour une collaboration avec le CERN. Les chercheurs du domaine biomédical souhaitent tirer parti des compétences techniques variées du CERN, nécessaires pour produire des isotopes radioactifs », explique Thierry Stora.
Le projet est financé par le CERN et compte sur des dons financiers et en nature de fondations privées et de l’Université de Leuven (KU de Leuven), en Belgique.
Les travaux de génie civil seront terminés à la fin de l'année et l'installation du matériel scientifique, qui comprendra un laboratoire radiochimique, devrait s’achever en 2015.