Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07212.jsonl.gz/434

…- .- .-. — … …. .-
HISTOIRE
Chypre, en grec Κύπρος, en turc Kıbrıs, est une île située dans le bassin Levantin qui constitue la partie la plus orientale de la mer Méditerranée. L’histoire de l’île a été mouvementée et elle a subit de nombreuses tutelles : hellénique, romaine, byzantine, arabe, franque, vénitienne, ottomane et enfin britannique. La république de Chypre actuelle a obtenu son indépendance du Royaume-Uni en 1960.
En 1974, la Turquie envahit Chypre. L’île est alors divisée en deux, entre la République turque de Chypre du Nord (185 000 personnes) et la République de Chypre (620 000 habitants). Depuis, les deux communautés sont séparées par la force tampon de l’ONU, physiquement présente par la “ligne verte” ou “ligne Attila” et vivent dans une paix relative. Sur le tiers du territoire qu’ils ont acquis par la force avec l’aide de la ” nation mère “, la Turquie, les chypriotes turques sont soumis à l’embargo de la communauté internationale qui refuse de reconnaître leur République déclarée en 1983.
Aujourd’hui, personne en Chypre n’est satisfait de cette situation et tous souhaitent une solution durable qui pourrait leur apporter la paix. Depuis l’invasion, des négociations sont en cours entre les deux partis, pour mettre fin à quarante-deux ans de partition à Chypre, et certains défendent l’idée d’une fédération unissant les populations chypriotes grecque et turque. Mais, les opinions divergentes sur la façon de l’obtenir conduisent toujours à une immobilisation de la situation : ” Forcer les deux communautés à vivre ensemble pourrait causer un bain de sang. Nous avons vécu ensemble dans le passé, nous nous sommes entre-tués. ” Dervish Eroglu
” la reconstitution par une union harmonieuse d’une société chypriote pluraliste est un rêve moralement admirable, mais elle n’est que cela, un rêve. ” Hugo Gobbi
VAROSHA
Varosha (en grec: Βαρώσια; en turc: Maraş) est un quartier de la ville de Famagouste à Chypre. C’est une station balnéaire bâtie de la côte orientale de l’île, et un des principal centre touristique de l’île, surnommé le “Saint-Tropez chypriote”. Prisée pour ses petits hôtels les pieds dans l’eau, la ville de Famagouste repose sur une histoire riche de plusieurs siècles, avec ses remparts vénitiens, sa mosquée Lala Moustapha Pacha, ancienne cathédrale Saint-Nicolas, réplique de la cathédrale de Reims édifiée sous le règne de la dynastie française des Lusignan, puis transformée en lieu de culte musulman par les Ottomans au XVIe siècle. Ainsi le mélange des influences présente dans la ville, à la fois vénitiennes, génoises, ottomanes et britanniques, en font un symbole de la coexistence entre les communautés.
Cependant, suite à l’intervention militaire turque en 1974, les habitant de la ville de Varosha ont fui les soldats et la ville a été abandonnée. Située en lisière de la zone tampon surveillée par l’ONU, elle est restée une ville fantôme, sous contrôle direct de l’armée turque qui en interdit l’accès. Ainsi depuis quarante ans, les rues et hôtels fantômes qui bordent la baie sont envahis par une végétation sauvage. La ville n’est plus qu’une enfilade d’immeubles aux fenêtres béantes, aux murs criblés d’impacts d’obus, le long d’une jolie baie déserte. Cependant les milliers de Chypriotes grecs expropriés, réfugiés au sud de la “ligne verte”, refusent de faire le deuil de leur ville.
La ville de Varosha est ainsi un aspect important des négociations entre les deux partis. Ainsi, depuis le début, la possible restitution des 60 hôtels, 2953 commerces et 4649 résidences aux trente-cinq mille Chypriotes grecs originaires de la ville est au centre des discussions. Dès les années 1980, la possibilité de placer le quartier sous le contrôle des Nations unies a été mentionnée, du moins tant que dureront les pourparlers : “une administration provisoire bipartite, sous le contrôle des Nations unies, pourrait y être créée. Celle-ci contribuerait à dissiper la méfiance non fondée envers notre sincère désir de voir se régler durablement la question chypriote” (le président turc M. Rauf Denktash – 1978). En 1984, l’ONU a adopté une résolution, restée lettre morte, exigeant le transfert de la ville aux Nations unies et son repeuplement par ses habitants d’origine.
Depuis des années, les pourparlers intercommunautaires, maintes fois rompus, sont toujours au point mort et n’ont encore donné lieu à aucune véritable négociation ni même dégagé le terrain d’un accord possible. Cependant le jeudi 1 octobre, le littoral de Varosha a été ouvert au public par les autorités chypriotes turques. Cela ravive les tensions entre les deux partis, notamment dans un contexte international difficile entre l’Europe et la Turquie, et menace d’accroître l’escalade des violences dans la région.
Sources