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Bien que le corps humain comporte à peu près 0,2 pourcent de soufre, notre organisme n'est pas capable de fabriquer lui-même cette substance minérale. Le soufre constitue pourtant un ingrédient essentiel des composés importants sur le plan physiologique, comme les acides aminés. Les acides aminés contenant du soufre assurent un fonctionnement irréprochable des cartilages, des tendons, muscles et os forts. Sans le soufre, notre appareil locomoteur aurait du mal à se mettre en mouvement car c'est aussi le soufre qui rend le tissu conjonctif élastique. Les acides aminés méthionine et cystéine jouent un rôle décisif dans le développement des cellules. La méthionine aide à la dégradation des graisses et à la régénération du foie.
Le tissu conjonctif, les cheveux et les ongles ont une teneur particulièrement élevée en soufre dont ils ont besoin pour un fonctionnement sain. Les intestins en profitent eux aussi. L'anticoagulant héparine et la coenzyme A responsable de la production d'énergie des cellules contiennent également du soufre.
Les sels présents dans l'acide sulfurique servent à la détoxication. Ils lient des substances nocives qui seront ensuite éliminées du corps avec les urines. Et il ne faut pas oublier que le soufre procure la stabilité au système immunitaire. Il assure le transport de l'oligoélément sélénium qui agit contre les inflammations, les infections et les phénomènes d'usure.
Comme notre corps ne fabrique pas de soufre, un apport régulier et suffisant est très important pour nous. En règle générale, cela se fait sans problème à travers l'alimentation du quotidien car le soufre est présent dans de nombreux aliments contenant des protéines pour la plupart. En présence d'une alimentation équilibrée, variée, une carence est donc peu probable.
Un apport excessif pose problème si l'on consomme régulièrement une quantité excessive de plats contenant du soufre ou des conservateurs à base de composés de soufre. Cela peut freiner l'activité de certaines enzymes. D'ailleurs, le soufre pur n'est pas nocif pour le corps; l'organisme élimine la part qu'il ne peut pas utiliser.
Il y a cependant des composés de soufre susceptibles - en fonction de l'intensité et de la durée du contact - de causer des intoxications graves: le sulfure d'hydrogène (un gaz qui pue l'œuf pourri), le dioxyde de soufre (un gaz présent le plus souvent dans les volcans et à l'extraction des combustibles fossiles), l'acide sulfurique (un acide, caustique, les vapeurs irritent les muqueuses et la respiration) et le disulfure de carbone (un liquide, une intoxication de longue durée peut avoir une issue fatale).
Pour l'utilisation du soufre afin de conserver des aliments, il s'agit d'additifs autorisés. On y utilise souvent du dioxyde de soufre sous forme de gaz ou dissous dans l'eau. Les sulfites sont d'autres composés de soufre souvent utilisés.
Quel est l'effet de la sulfuration? D'une part, elle empêche le brunissement, c.-à-d. que les enzymes sont inhibées dans leur mode d'action - les fruits vont conserver plus longtemps leur couleur appétissante ainsi. De plus, cela réduit la croissance des bactéries, champignons et levures et prévient la pourriture. Inconvénient: Les fruits perdent en vitamines B et acide folique à cause de la sulfuration. (Conseil: Il vaut mieux acheter des denrées non soufrées!)
L'adjonction de soufre est à indiquer à partir d'une concentration de 10 milligrammes par kilogramme ou de 10 milligrammes par litre. Ce que les consommateurs devraient savoir: Sur l'emballage alimentaire, l'utilisation du dioxyde de soufre est déclarée à l'aide du code E220. Si l'adjonction concerne des sels sulfites (p.ex. du sulfite de sodium), le marquage est E221. Les numéros de code E 222, 223, 224, 226, 227 et 228 indiquent d'autres sels sulfites.
L'adjonction de soufre dans la production de vin est clairement définie, l'étiquette comporte la mention «contient des sulfites» dans ce cas.
Quelques exemples d'aliments avec adjonction de soufre:
- Fruits secs (selon le type de fruit, maxi. 500 à 2000 mg/kg)
- Préparations à base de raifort (maxi. 800 mg/kg)
- Crustacés et céphalopodes (selon le produit, maxi. 300 mg/kg)
- Produits secs à base de pommes de terre (maxi. 400 mg/kg)
- Pâtes à base de pommes de terre, p.ex. des quenelles 100 mg/kg)
- Fourrages aux fruits, p.ex. dans les pâtisseries (maxi. 100 mg/kg)
- Fruits confits (maxi. 100 mg/kg)
- Amidon (maxi. 50 mg/kg)
- Raisins de table (maxi. 10 mg/kg)
(La quantité maximale fait référence à la teneur en dioxyde de soufre, source: Bayerisches Landesamt für Gesundheit und Lebensmittelsicherheit/office bavarois de la santé et la sécurité alimentaire.)
En règle générale, les composés de soufre utilisés comme conservateur sont bien tolérés: Une enzyme présente dans le corps permet une oxydation rapide en sulfate qui ne représente aucun risque. Certaines personnes présentent toutefois une intolérance au soufre, respectivement l'absence d'une enzyme, ce qui cause des problèmes de santé. En cas d'asthme associé à une allergie aux sulfites, un maximum de prudence s'impose - il existe un risque de suffocation.
Depuis des millénaires, le soufre connaît une utilisation médicale. Le «Papyrus Ebers» égyptien datant de l'an 1500 av. J.-C. décrit explicitement les utilisations du soufre pour traiter des infections d'origine bactérienne des yeux (trachome) comme médicament à application externe.
Selon la pharmacopée européenne, le soufre en application externe présente des propriétés desquamantes, antimicrobiennes (antibactériennes, antifongiques) et antiparasitaires. Il dessèche légèrement la peau et il est capable de stimuler la cicatrisation. Outre un effet antiseptique et faiblement antiinflammatoire, la naturopathie et la médecine alternative attribuent aussi au soufre un effet positif sur les affections articulaires chroniques et le recommandent en ajout au bain ou dans des préparation à usage externe, p.ex. des savons, pommades et gels. Ceux-ci seraient utiles en cas d'affections cutanées comme le psoriasis, l'acné, en cas d'allergies et problèmes articulaires et pour la détoxication. On attribue un effet laxatif à la prise orale.
Les bains au soufre font partie des stimuli les plus forts de la balnéologie. Le sulfure d'hydrogène qu'ils contiennent est absorbé majoritairement à travers la peau et les muqueuses. Ce ne sont pas toujours des bains bien-être - il peut arriver que la courbe fait apparaître quelques douleurs et effets secondaires négatifs jusqu'à ce que le métabolisme du corps se soit modifié et que les mécanismes d'autoguérison soient (ré-)activés.
Si vous souhaitez faire une cure chez vous: Il ne faut pas rester plus de 20 minutes dans un bain au soufre à une température de 37 à 39 degrés sur concertation avec votre médecin traitant. Pendant ce temps, le soufre sous forme d'additif liquide pour le bain (verser dans l'eau du bain conformément aux instructions de dosage) agit sur le corps. Les vaisseaux sanguins s'élargissement et le tissu conjonctif connaît une irrigation sanguine intensive, la production de sébum est inhibée. Veuillez ensuite prendre une douche chaude pour que les pores de la peau s'ouvrent au maximum et rejettent les substances odorantes du soufre. Se reposer ensuite durant une heure de préférence.