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26/11/2012
Dans mes articles précédents, j'ai énuméré les raisons pour lesquelles je m'oppose, en tant que président du MRS, à la réalisation pharaonique que constitue le Lyon-Turin ferroviaire ; je demande solennellement au Président de la République de ne pas engager le pays dans ce projet inutile et coûteux. En effet :
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La représentation nationale n'a pas été consultée sur la ratification de l'accord du 30 janvier 2012
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Ce projet n'a pas été évalué par la commission indépendante comme l'a demandé par 2 fois la Cour des Comptes.(Pourtant dans son référé publié le 5 novembre, la Cour des Comptes révèle que le Lyon Turin, qui a fait l'objet d'un accord le 29 juillet 2001, était valorisé à 12 Milliards d'€uro alors qu'il est aujourd'hui valorisé à plus de 26 Milliards d'€uro.)
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Le même accord prévoit que ce projet doit voir le jour à la saturation des lignes existantes qui sont aujourd'hui utilisées à moins de 20 % de leur capacité (article 1 Accord du 29 janvier 2001). La situation actuelle s'est donc substantiellement dégradée au regard de celle qui a prévalu à la ratification de cet accord il y a plus de dix ans avec une augmentation du coût d'au moins 14 Milliards d'euros et une absence totale de saturation des lignes existantes.
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La Coordination des opposants au Lyon Turin s'inquiète d'un appel au Président de la République de la Transalpine (société de lobbying) et de quelques dizaines de parlementaires, l'incitant à engager le pays sans que la représentation nationale n'ait été consultée sur la base d'un accord dont les termes ont substantiellement été modifiées avec pour conséquence un déficit public accru.
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Il y a urgence à mettre en œuvre rapidement les mesures que nous proposons sans attendre encore 15 ou 20 ans une hypothétique ligne qui ne se justifie pas au regard de son utilité sociale.
Au total, les trois mesures que nous proposons permettent de transporter :
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1.200.000 camions sur les trains sur la ligne existante
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700.000 camions sur la voie maritime
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270.000 camions économisés avec le programme d’optimisation
Nos trois propositions couvrent un besoin de 2.170.000 camions ET peuvent être mises en œuvre dès maintenant, sans attendre 15 ans de procédures et de chantier destructeur tel que le proposent les promoteurs du Lyon-Turin.
La MRS demande à Monsieur le Président de la République de ne pas prendre seul une telle responsabilité, préjudiciable à tous les contribuables qui devraient garantir des prévisions fantaisistes et irréalistes comme l'a parfaitement démontré la Cour des Comptes.
Enfin, le 13 novembre 2012, j’ai déposé, avec un responsable de la coordination, une demande d’annulation de l’enquête publique des accès français auprès du préfet de Savoie, coordonnateur pour le Lyon Turin.
N.B.: La présente note reprend les arguments de la coordination des opposants au Lyon-Turin dont le MRS fait partie depuis sa création.
URGENCE :
pour manifester contre ce grand projet inutile, pharaonique et catastrophique pour la Savoie notamment, venez participer à l’avant sommet que nous organisons à Lyon le vendredi 30 novembre (à partir de 16 h) et samedi 1° décembre (toute la journée), juste avant le sommet franco-italien Monti-Hollande du 3 décembre.
Communiqué du Mouvement Région Savoie à nos amis ValdôtainsDimanche 18 novembre, le projet de construction d'un incinérateur de déchets près de la ville d'Aoste a été soumis à un référendum auprès de la population de la Région autonome Vallée d'Aoste.
Le Mouvement Région Savoie adresse ses plus vives félicitations à ses amis de l'ALPE et souhaite que d'autres succès viennent conforter sa progression vers l'Autonomie, la Liberté, la Participation et l’Écologie.
Mouvement Région Savoie - MRS
24/11/2012
Suite à l’avis très négatif de la Cour des comptes, le lobby des défenseurs du Lyon-Turin tire ses dernières cartouches :
Ils ne donnent plus aucun chiffre de trafic (tant ils leur sont défavorables), mais seulement des arguments généraux : « ce projet est un pari sur l’avenir », « la Cour des comptes est sortie de son rôle » « l’outil créera le besoin »
Ils saucissonnent le projet pour le faire paraître moins coûteux et demandent maintenant au Président de ne décider que du tunnel de base et, pour le reste, on verra plus tard ! Il n’y a pas besoin d’être X-Mines pour démontrer dans un courrier à la Cour des comptes qu’une portion du tracé coûtera moins cher que le tracé total, ou que le partage des coûts entre la France, l’Italie et l’Europe diminuera la facture pour la France ! Mais on déclare sans sourciller qu’on va engager 11,5 milliards pour creuser pendant 12 ans un tunnel qui ne servira peut-être à rien ?
Ils poussent les deux chefs d’Etats à s’orienter vers une décision partielle qui limite les dépenses et les contestations : débloquer le financement du tunnel de base. Onze milliards au bas mot et 10 ans de travaux. Les accès français étant dans le paquet à 240 Milliards qui fera l’objet d’un classement par priorités par une commission qui donnera son résultat en mars 2013. Il y a peu de chances que Rhône-Alpes soit choisie si elle bénéficie déjà du financement tunnel de base.
Ils rayent d’un trait de plume la ligne existante qui serait trop ancienne ; or, un investissement de 250 millions vient d’être consacré au tunnel de Modane pour le mettre aux normes de sécurité et au gabarit B1. De plus, nous avons des videos de RFF qui se félicitent de la rénovation récente de la ligne du Bugey, refaite comme neuve et pour peu de frais. La rénovation de l’existant est une mesure de bon sens pour une ligne utilisée seulement à 20% de sa capacité. Quant à l’énergie nécessaire pour franchir les quelques kilomètres de tunnel en pente, elle est bien inférieure à celle de la grande vitesse et à la débauche de moyens pour creuser un tunnel de 54 km.
Dans sa réponse à la Cour des comptes, le premier ministre Jean-Marc Ayrault avait défendu la pertinence du Lyon-Turin en assurant que "le besoin d'une infrastructure performante entre la France et l'Italie est avéré". Chiffres à l’appui, dans nos articles précédents, nous avons démontré le contraire.
23/11/2012
Le projet Lyon-Turin présente beaucoup plus d’inconvénients que d’avantages pour la Savoie :
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L’impact écologique, agricole et de nuisances générés par le projet Lyon-Turin a été minimisé par la commission d’enquête d’utilité publique. Les 12 à 15 ans de travaux vont avoir de conséquences lourdes que la FRAPNA a analysées dans le détail.
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Le lobby de la Transalpine annonçait 6000 à 10000 emplois ; face à nos arguments tirés des comparaisons avec la construction des autres tunnels européens, monsieur Besson a convenu que ce serait plutôt 3000 emplois. (Je n’ose parler ici des 30.000 emplois annoncés par le Président de la région Rhône-Alpes !). Il faut dire aussi que ce seront des CDD, à répartir en France et Italie intégrant des salariés roumains payés moins chers. Peu de savoyards seront concernés. Au final, il y aura davantage de suppression de chauffeurs routiers que de création d’emplois durables : il faut le dire.
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La mobilisation conséquente de budgets européens, nationaux, régionaux et locaux va assécher les possibilités de développer la ligne historique et reporter le ferroutage aux calendes grecques. Les besoins urgents concernent pourtant les transports publics locaux : qui va les financer si tout l’argent est mis sur un seul projet ? On vient d’apprendre l’arrêt du projet de l’hôpital de Tarentaise pour manque d’argent ! Un rapport a chiffré à 3,3 milliards le besoin de financement pour remettre à flot les hôpitaux français ; on ne trouve pas l’argent pour les hôpitaux mais on le trouverait pour creuser un tunnel inutile ?
22/11/2012
La Cour des comptes dénonce depuis longtemps :
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Les processus de lobbying qui associent des hommes politiques financeurs et les bénéficiaires des contrats,
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L'absence de clarté dans la prise de décision des grands contrats qui court-circuite toutes les règles démocratiques,
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La consanguinité des cabinets d’études chargés de calculer les coûts, de valider les choix techniques avec les sociétés bénéficiaires des marchés et l’absence systématique d’évaluation indépendante,
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La proximité des membres des commissions d’enquête d’utilité publique avec ces cabinets
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Les méthodes de dépassement systématique des prévisions…
Nous pouvons y ajouter, dans le cas du Lyon-Turin, l’utilisation de chiffres périmés pour justifier le projet, des mensonges politiques sur les emplois qui seraient générés, sur l’évolution du trafic, des abus de conscience écologiques, des dépenses engagées pour faire du chantage à la décision et de nombreuses légèretés qui font dire à la Cour des comptes qu’il y a « de sérieux problèmes de pilotage du projet ».
Le trafic de camions cumulé des tunnels du Mont blanc et du Fréjus est inférieur au trafics de 1989.
Au tunnel routier de Frejus, on annonce aujourd’hui une ouverture de la galerie de sécurité à la circulation, comme pour dire que le tunnel serait saturé alors qu’on dénombre aujourd’hui 1.88 passages de camions par jour au Fréjus. La baisse sur les 9 premiers mois de 2012 est encore de 8,5% par rapport à 2011 (510.000 contre 555.000).
21/11/2012
Le 3 décembre 2012, François Hollande et Mario Monti, lors du sommet franco-italien qui se tiendra à Lyon, devraient décider de poursuivre ou de ne pas réaliser le projet Lyon Turin ferroviaire.
Côté italien, les opposants sont très organisés et résistent depuis près de 10 ans : ils ont établi un campement, acquis les terrains expropriables, rédigé des contre-expertises, organisé de nombreuses manifestations (de 50.000 à 100.000 personnes). Les forces de l’ordre, armées et police sont installées et leurs font face (les frais sont pris e charge par LTF !). Dix millions d’euros ont été accordés par Bruxelles au gouvernement italien pour « convaincre » les municipalités du Val de Suse et « pacifier la vallée » !
Côté français, les opposants résistent également ; ils ont analysé méthodiquement le projet et en ont conclu qu’il était totalement inutile et que des solutions alternatives permettaient de résoudre le transfert des camions à travers les Alpes pour un coût total bien inférieur à celui du Lyon-Turin.
L’analyse menée fait apparaître que le projet présenté aujourd’hui n’est plus le même que le projet de 1994. En effet les données économiques, les données du trafic et les perspectives ont beaucoup changé alors que le projet est resté un projet du siècle dernier.
Le Mouvement Région Savoie (MRS) a rejoint la coordination des opposants dès le début de l’année 2012 et j'ai été le premier élu à affirmer mon opposition lors de la dernière réunion publique de la commission d’utilité publique le 14 mars 2012. Récemment, le mouvement Europe écologie les Verts a pris une position proche de celle du MRS en déclarant inutile le tunnel de base et nécessaire la prise en compte rapide des vrais problèmes de transports publics.
Nous pensons que la réalisation du Lyon Turin aujourd’hui serait une folie financière, une catastrophe écologique (pour la Savoie notamment) et un contresens technique. En effet il existe plusieurs solutions de report modal, plus immédiates et beaucoup moins coûteuses. Ces solutions ont l’avantage, dans la situation actuelle, tant en France qu’en Italie, d’être adaptées aux priorités réelles des trafics routiers de répondre aux priorités et notamment la réduction des trafics de marchandises dans les axes essentiellement Nord-Sud actuellement dépourvus ou sous dimensionnés en moyens de report des voyageurs notamment dans les agglomérations.
La méthode de travail de la coordination des opposants est simple. Aucun chiffre n’est inventé, tous viennent des documents de RFF, des ministères, des Conseils généraux… Tous les arguments reposent sur des pièces administratives, comptables ou de rapports officiels. Le constat est sans appel. Nos conclusions sont exactement les mêmes que celles de la Cour des comptes qui vient de rendre public le référé qu’elle a adressé au Premier ministre : une condamnation en règle du projet qui reprend et valide donc nos principales critiques.
Ce projet est en gestation depuis près de 20 ans ; il a donc fallu des moyens conséquents pour que les promoteurs du projet organisent la communication, les expositions, les réunions… Ce sont essentiellement des financements de grands groupes qui espèrent décrocher ces fabuleux contrats (sans doute plus de 30 milliards d’euros), mais ce sont aussi des financements publics de nos collectivités locales, départementales ou régionales.
15/11/2012
Depuis 1972, année de la création des régions en France, nombre de Savoyards se sont élevés contre la création d’une région Rhône Alpes, sans grande signification, sans les atouts de la proximité. Les élus étaient alors très nombreux à plaider pour une région Savoie à part entière, mais le mal était fait. C’est à cette époque que s’est créé le Mouvement Région Savoie (MRS).
Depuis des années, on parle en France de régionalisation sans vraiment la faire. Depuis des années, on parle en Savoie de Région Savoie ou de fusion des départements en une collectivité unique avec les compétences d’une région. Or, nous constatons une désintégration de nos territoires sous les coups de boutoir de Lyon, Grenoble et Genève. C’est maintenant qu’il faut réagir.
La Cour des comptes a tiré la sonnette d’alarme à deux reprises sur l’état des comptes de la France Pour le MRS, comme pour tous les partis régionalistes, le rééquilibrage des comptes publics doit passer par une nouvelle étape de la décentralisation, liée à une réforme d’ampleur de l’Etat, la régionalisation, incluant plus de fédéralisme au niveau européen.
Dans le budget prévisionnel de l’Etat pour 2013, le pôle « Administration générale et territoriale de l’Etat » représente 70 milliards d’€. 34% de cette somme est, selon le rapport de la Cour, consacré à des « dépenses de fonctionnement », soit 23,8 milliards ! Europe, Etat, Région, Département… on compte aujourd’hui 7 niveaux administratifs dans notre pays, un record ! Les réticences des élites politiques et administratives à abandonner leur tradition jacobine n’ont jamais permis aux vagues de décentralisation successives (1982, 2004) de revêtir l’ampleur significative qui aurait conduit à la fin de l’enchevêtrement des compétences, des postes et des services administratifs.
Mais si la cour des comptes souligne le gouffre à argent public que constitue notre Etat hyper centralisé, elle dénonce aussi la gabegie des grands projets inutiles à la mode du siècle dernier, celui de la croissance. Pour le siècle qui a débuté, toutes les analyses disent que le modèle d’un monde en croissance économique est terminé. Les grands projets d’infrastructures, sans croissance, seront les accélérateurs du déclin. Or, il se trouve que le plus grand de ces projets concerne particulièrement la Savoie : Le Lyon Turin, projet à 30 milliards d’euros, parfaitement inutile, construit sur une série de chiffres faux et de mensonges.
Régionaliser, c’est permettre que la décision se prenne au plus proche des citoyens. C’est conduire des politiques publiques par et pour les populations locales. L’Etat français a tout le potentiel pour avoir des comptes équilibrés, il doit plutôt apprendre à mieux gérer ses richesses. En se concentrant sur des fonctions régaliennes, en déléguant les politiques de développement local aux régions et en assurant la seule péréquation entre chacune d’entre elles, le nombre de doublons entre administration d’état et administrations territoriales se verrait drastiquement réduit, pour une efficacité bien plus grande et sans réduire la qualité du service rendu au public. En quelques années à peine, par une seule réforme territoriale, la France renouerait donc avec l’équilibre de ses comptes, sans que la charge en soit transmise aux ménages.