Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07267.jsonl.gz/347

"L'accès sera réduit, ne nous voilons pas la face, mais nous serons en mesure de maintenir le degré nécessaire de surveillance et de vérification", a déclaré Rafael Grossi lors d'un rapide point presse dimanche soir. "Cela sauve la situation dans l'immédiat", a-t-il ajouté.
Selon les termes de cet "accord bilatéral technique", le nombre d'inspecteurs sur place reste ainsi inchangé et l'AIEA pourra procéder à des inspections inopinées.
Mais la loi iranienne, qui prévoit de restreindre certaines inspections, y compris sur des sites militaires suspects, si les sanctions américaines ne sont pas levées, "existe et va être appliquée" à partir du 23 février, a regretté Rafael Grossi.
"Nous estimons que l'heure est grave mais l'AEIA continue de servir la communauté internationale", a-t-il souligné. "Bien sûr, pour parvenir à une situation stable, il faudra une négociation politique, et ce n'est pas de mon ressort".
Discussions "fructueuses"
Le directeur général de l'AIEA était arrivé samedi à Téhéran, où il a rencontré le président de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA), Ali Akbar Salehi, et le ministre des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif.
"L'Iran et l'AIEA ont eu des discussions fructueuses fondées sur le respect mutuel", avait tweeté un peu plus tôt Kazem Gharibabadi, l'ambassadeur d'Iran auprès de l'AIEA, "gendarme" nucléaire de l'ONU.
Plus tôt dans la journée, le ministre des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif avait indiqué qu'il évoquerait avec le chef de l'AIEA la mise en oeuvre de la loi iranienne, qui vise à restreindre certaines inspections de l'AIEA,.
Mais, selon Mohammad Javad Zarif, la loi n'aboutirait pas à une "impasse" dans la collaboration entre l'Iran et l'AIEA. Et Rafael Grossi pourra "s'acquitter de ses obligations de montrer que le programme nucléaire iranien reste pacifique". Mohammad Javad Zarif a précisé que cette loi votée en décembre par le Parlement obligeait son gouvernement à "ne pas fournir les enregistrements" des caméras de surveillance installées sur les sites à l'AIEA.
Contexte diplomatique complexe
Dans un geste à l'égard de l'Iran, les Etats-Unis ont accepté jeudi une invitation des Européens à participer à des pourparlers pour relancer l'accord de 2015. Mais le lendemain, Joe Biden a appelé les puissances européennes à travailler de concert avec les Etats-Unis pour répondre aux "activités déstabilisatrices" de l'Iran au Moyen-Orient.
Dans ce contexte diplomatique complexe et alors que l'Iran et les Etats-Unis n'entretiennent pas de relations diplomatiques depuis 1980, Abbas Araghchi a indiqué que l'Iran examinait la proposition de l'UE pour une "réunion informelle".
"On voit une danse diplomatique délicate à mener", confirme dans Forum Astrid Viaud, docteure en science politique et spécialiste de l'Iran. "Car l'un attend de l'autre que l'autre fasse le premier pas." Pour la spécialiste, l'intervention de l'Europe pourrait donc être la solution. "L'idée serait peut-être une approche synchronisée sous l'arbitrage très neutre de l'Union européenne, rôle qu'elle a depuis le début de toute cette question."
>> Interview d'Astrid Viaud, docteure en science politique et spécialiste de l'Iran, dans Forum:
afp/fgn
Accueil mitigé dans la presse iranienne
La visite de Rafael Grossi en Iran a reçu un accueil mitigé dans la presse iranienne.
Dénonçant "l'escroquerie occidentale", le quotidien ultraconservateur Kayhan a salué la loi du Parlement, une "stratégie" qui a montré au camp adverse que "la rupture du contrat est coûteuse"
En revanche, le journal réformateur Sharq a dit douter de l'efficacité du vote de cette loi vu que Washington "n'a manifesté aucune volonté de revenir à l'accord" sous les conditions iraniennes.
"Les jours à venir sont critiques pour l'Iran" et pour les autres pays parties de l'accord nucléaire, a-t-il écrit.
Erdogan voit une "opportunité" pour lever les sanctions américaines contre l'Iran
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a affirmé dimanche soir qu'il existait une "fenêtre d'opportunité" pour la levée des sanctions américaines contre l'Iran, lors d'un entretien téléphonique avec son homologue iranien Hassan Rohani.
Le chef de l'Etat turc a aussi affirmé que la réactivation du Plan d'action global commun (PAGC), l'accord nucléaire signé en 2015 par l'Iran et six grandes puissances (Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne), était "l'attitude la plus raisonnable" à adopter.
La Turquie a plusieurs fois appelé les Etats-Unis à revenir dans l'accord de 2015 sur le nucléaire iranien et à mettre fin aux sanctions contre Téhéran.