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Déduction supplémentaire pour la R&D ; un instrument de promotion méconnu
Aperçu des mises en œuvre cantonales
La décision d'introduire une déduction supplémentaire pour la R&D aux fins des impôts cantonaux et communaux est facultative pour les cantons. De même, les cantons peuvent en principe déterminer librement l'ampleur de la déduction supplémentaire pour la R&D jusqu'à un maximum de 50 %. Dans ce contexte, tous les cantons, à l'exception de Bâle-Ville, Glaris, Lucerne, Schaffhouse et Uri, ont intégré la déduction supplémentaire pour R&D dans leurs lois fiscales pour la période fiscale 2023.
Il convient de noter que les déductions supplémentaires maximales autorisées pour la R&D dans le cadre des impôts de l'État et des communes ne sont accordées que dans la mesure où l'entreprise n'enregistre pas de perte annuelle ou que les bénéfices courants peuvent être compensés par des pertes de l'année précédente. Une déduction supplémentaire pour la R&D, en tant que déduction purement fiscale, n'a donc pas d'influence sur le report fiscal des pertes. Dans cette mesure, la déduction supplémentaire pour la R&D n'est pas non plus utile pour les entreprises "start-up" qui n'ont pas encore d'entrées de revenus et qui dépendent donc d'un financement externe pour le paiement de leurs coûts. Il convient de mentionner en complément qu'un report périodique de la déduction supplémentaire pour R&D avec effet sur le résultat au moyen de l'activation des charges de R&D qualifiantes est explicitement exclu de la déduction supplémentaire pour R&D. La déduction supplémentaire pour R&D se base ici systématiquement sur les charges salariales encourues. La déduction supplémentaire pour la R&D est donc surtout adaptée aux petites et moyennes entreprises (PME) innovantes qui élargissent constamment leur gamme de produits et qui génèrent parallèlement des revenus grâce à des lignes de produits déjà existantes.
Étendue de la déduction
La base de calcul de la déduction supplémentaire pour R&D est constituée par les charges de personnel directement imputables à la R&D qualifiante, majorées d'un supplément de 35 pour cent, mais au maximum par les charges totales. Le supplément de 35 pour cent permet d'indemniser de manière forfaitaire les autres dépenses de R&D telles que les charges matérielles, les amortissements sur les actifs immobilisés tels que les installations de laboratoire, l'infrastructure informatique, etc. Les charges de personnel qualifiant comprennent notamment les collaborateurs ayant le titre et le profil de poste correspondants (c'est-à-dire les chercheurs et le personnel technique spécialisé ayant le titre de "collaborateur scientifique") ainsi que d'autres personnels tels que les assistants directs de laboratoire qui fournissent des prestations directes pour le projet de R&D qualifiant.
En outre, les dépenses de R&D qualifiées facturées par des tiers peuvent également être prises en compte pour la déduction supplémentaire pour la R&D, pour autant que les dépenses facturées aient été effectivement encourues en Suisse. Dans ce cas, la déduction est limitée à 80 % au maximum du montant facturé par des tiers. Cette réduction s'explique par le fait que les frais de R&D facturés par des tiers comprennent, outre les frais de personnel et les charges matérielles, une marge bénéficiaire qui doit être déduite au préalable pour la déduction supplémentaire pour la R&D. Les frais de R&D facturés par des tiers ne sont pas pris en compte dans le calcul de la déduction supplémentaire.
Obligations en matière de documentation
En tant que fait réduisant l'impôt, l'entreprise contribuable doit apporter la preuve que les conditions pour la déduction supplémentaire pour R&D sont remplies et dans quelle mesure. Cette preuve doit en principe être apportée à chaque période fiscale. Une entreprise peut déclarer la déduction supplémentaire pour R&D en utilisant la position correspondante (c.-à-d. le chiffre) dans la déclaration d'impôt. Dans le cadre de la déclaration fiscale, cette demande doit être accompagnée d'une documentation appropriée, conformément à la pratique des cantons. Dans le cas contraire, la déduction n'est pas accordée ou l'autorité fiscale compétente envoie à l'entreprise une demande de justificatif correspondante. En ce qui concerne la densité et l'abondance des obligations de documentation, les pratiques cantonales diffèrent toutefois considérablement et ne sont parfois pas encore consolidées.
Conclusion
Avec l'art. 25a LHID, le législateur fédéral a voulu introduire un encouragement fiscal des intrants à bas seuil, qui profite en particulier aux PME suisses. Il est donc souhaitable que l'examen des projets de R&D soit résolu de la manière la plus pragmatique possible. Les obligations considérables en matière de documentation, qui sont parfois explicitement exigées, rendent la déduction peu attrayante pour les PME ou les dissuadent manifestement de s'y intéresser de près. Or, c'est précisément du point de vue de ces entreprises qu'il est essentiel que les projets de R&D éligibles ne soient pas soumis à des exigences excessives.