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Créée en 1971, la Coupe d’Europe a pour vocation de favoriser l’accession des jeunes à la Coupe du monde, l’élite du ski professionnel. Elle est aussi utilisée par des athlètes de pointe pour refaire leurs gammes après une blessure ou l’absence de résultats probants. Au Jaun, il y avait plus de 100 participants lors de chaque course.
À la peine en Coupe du monde, Tanguy Nef a profité de ces épreuves dans les Préalpes pour essayer de se remettre sur les bons rails. "Pour moi, le but est de retrouver de la confiance. La Coupe d’Europe est un entraînement 2.0 pour la Coupe du monde, c’est la meilleure préparation possible", précise le Genevois.
"Tout le monde donne le maximum"
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, la différence de niveau entre la Coupe du monde et la Coupe d’Europe n’est pas si grande. "Tout le monde donne le maximum en Coupe d’Europe et c’est pour cela qu’il y a beaucoup d’abandons dans les courses de slalom. En Coupe du monde, certains cherchent plutôt à assurer. On aime dire que la Coupe d’Europe est plus difficile que la Coupe du monde. Ce qui change entre les deux circuits, c’est notamment la capacité à s’adapter à des pistes variées et à gérer la pression liée aux enjeux et aux médias", ajoute Tanguy Nef.
Novice en Coupe d’Europe, le Valaisan Damien Revey (19 ans) a fêté son baptême du feu au Jaun, après avoir réussi à se qualifier grâce à de bons résultats lors de courses FIS, le 3e niveau de compétition en ski alpin. "La Coupe d’Europe me permet de voir où je dois encore progresser. Avec un revêtement glacé, la piste du Jaun était bien plus difficile que celles sur lesquelles j’ai l’habitude de skier".
Le petit Adelboden de la Coupe d'Europe
Pour Edouard Koehn, président du comité d’organisation des courses du Jaun, l’écart entre la Coupe du monde et la Coupe d’Europe a tendance à se réduire, surtout en slalom, où il y a actuellement une belle densité de skieurs. "Selon moi, la vraie différence réside dans la régularité. Ceux qui skient en Coupe du monde sont capables d’enchaîner les manches et d’être réguliers. Mais la vitesse de ski et l’engagement sont similaires des deux côtés".
Sur le plan extra-sportif, l’intérêt du public pour les épreuves de la Coupe d’Europe n’a évidemment pas la même résonance que pour celles de la Coupe du monde. "Dans le milieu du ski, on dit qu’organiser une Coupe d’Europe, c’est l’assurance de ne pas avoir de spectateurs. De notre côté, on essaie de se démarquer en proposant de la restauration et des soirées après-ski pour créer un esprit chaleureux. Grâce à ce côté festif, on nous surnomme volontiers le petit Adelboden de la Coupe d’Europe", sourit Edouard Koehn. "Pour nous, l'objectif principal est de promouvoir la relève et de maintenir un savoir-faire dans l'organisation de courses".
Sébastien Schorderet
"On doit travailler dur pour trouver des solutions"
Les organisateurs des courses du Jaun fonctionnent avec un budget de 230'000 francs et reçoivent peu d’argent en dehors des sponsors, de Swiss-Ski et de l’Etat de Fribourg. "On doit travailler dur pour trouver des solutions. Les skieurs n'ont pas de frais d'inscription et nous devons nous charger de loger les meilleurs skieurs de la Coupe d’Europe et ceux de la Coupe du monde. Pour nous, le coût de l’hébergement représente quand même 20’000 francs", indique Edouard Koehn.
Un prize money de 5'000 francs
Pour le prize money des courses de Coupe d'Europe, le règlement de la FIS prévoit un minimum de 3'000 francs pour les 5 premiers. Au Jaun, ce montant s’élevait à 5'000 francs. De leur côté, les marques de ski versent aussi des primes à leurs skieurs. "Les athlètes qui sont en Coupe d'Europe arrivent à vivre de leur sport, mais ils ne roulent pas sur l’or", ajoute Edouard Koehn.