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35 – Kristine PotterÉtats-Unis (1977)
Dark Waters
Dark Waters est une réflexion de Kristine Potter sur la violence qui imprègne le territoire et la culture populaire du sud des États-Unis. L’artiste américaine juxtapose une série de portraits de femmes à des plans d’eau à l’apparence sereine. Il s’agit en réalité des lieux-dits portant des appellations sordides telles que Murder Creek (« Ruisseau du meurtre »), Bloody River (« Rivière sanglante ») ou Rape Pond (« Étang du viol »). Ces noms reflètent les violences subies lors de la colonisation et font plus généralement partie de la mythologie du sud du pays. L’artiste, qui détourne le sujet photographique classique du paysage américain, s’inspire des murder ballads, chansons traditionnelles des Appalaches comportant des descriptions crues de femmes battues et assassinées. Établie à Nashville, temple de la musique américaine, l’artiste complète son projet avec une installation vidéo réalisée avec des musiciens de la scène locale. Potter invite le public à pénétrer dans l’obscurité d’une salle de concert pour vivre une expérience musicale complexe, aussi fascinante que déroutante. Bien que cette proposition se fonde sur une culture et un territoire spécifiques, ses implications s’appliquent de façon universelle aux messages violents et genrés qui émaillent insidieusement la culture populaire contemporaine.
Kristine Potter est avec le projet Dark Waters lauréate du Grand Prix Images Vevey 2019/2020, présidé par Dayanita Singh.