Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07020.jsonl.gz/141

Le professeur genevois Alfred Donath, ancien président de la Fédération suisse des communautés israélites (FSCI), est décédé à l’âge de 78 ans.
«Son activité au sein de la FSCI durant un quart de siècle, son engagement courageux pour les besoins de la communauté juive et en faveur du dialogue interreligieux resteront présents dans nos mémoires», écrit la Fédération.
«Son attitude était empreinte de modestie, d'optimisme, de respect, d'ouverture d'esprit et de gentillesse. Il restera pour nous tous un exemple», ajoute la FSCI. Alfred Donath est décédé de manière inattendue dans la nuit de lundi à mardi.
Dans son rôle de président de la FSCI, il avait vécu la dernière phase de l'affaire des fonds juifs en déshérence. Il était devenu ami avec le professeur Jean-François Bergier, décédé en octobre 2009, qui avait été chargé de faire la lumière sur l'attitude de la Suisse durant la Seconde Guerre mondiale.
Fils de rabbin, né en 1932 à Yverdon-les-Bains, dans le canton de Vaud, Alfred Donath a étudié la médecine aux Etats-Unis, puis a exercé à Berne et à Paris, d'abord comme pédiatre, puis dans le domaine de la médecine nucléaire. Parallèlement, il a mené une carrière académique à l'Université de Genève, dont il a été vice-recteur.
Sa réputation d'autorité dans le domaine de la radioactivité lui a valu de nombreux mandats. Il a notamment été vice-président de la Commission fédérale de surveillance de la radioactivité.
Alfred Donath passait pour être assez proche des communautés orthodoxes. Il a même été président durant de nombreuses années des Amis du Habat, considérés dans la communauté juive comme proches des courants conservateurs. Il avait toutefois une réputation de tolérance religieuse et d'ouverture au dialogue.
Joueur passionné de tennis et d'échecs - il a été vice-champion suisse d'échecs - Alfred Donath soutenait les efforts de paix dans le conflit du Proche-Orient. En 2002, il a toutefois critiqué l'attitude du ministère suisse des Affaires étrangères, à ses yeux trop critique envers Israël et trop favorable à la cause palestinienne.
Dans la vive polémique sur des irrégularités financières présumées au sein du Congrès juif mondial (CJM), Alfred Donath avait demandé en 2004 un examen des comptes suisses du CJM et de son bureau de Genève. Ce qui lui avait valu de virulentes critiques de la part du secrétaire général Israel Singer.
Finalement, une enquête avait effectivement révélé des irrégularités. M. Singer avait dû quitter son poste en 2007.
swissinfo.ch et les agences