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ARC JURASSIEN - Ce lecteur évoque l'impact de la foudre sur les éoliennes, en particulier au Mont-Crosin où des travaux d'extension sont en cours.
Les éoliennes en extension constante, si elles répondent en principe positivement aux besoins en énergie électrique insuffisante, ne sont pas si innocentes qu'elles pourraient paraître, notamment par leurs structures pour concentrer les impacts de foudre.
Le Mont-Crosin n'est qu'à seulement 1 km au sud du troisième site jurassien (français y compris) le plus foudroyé de la chaîne, c'est-à-dire, avec une moyenne de 5 impacts par km carré et par année. La zone concentrée des coups de foudre, s'étalant du vallon du Cerneux-Veusil aux Breuleux, ainsi que tout le long de la côte nord boisée de la Montagne du Droit, de la Juillarde aux Ravières, y compris sur la câblerie du téléski des Breuleux, reçoit la plus grande partie des éclairs. Car c'est dans cette zone-là que les orages naissent en étant les plus violents dès le début de leur durée de vie.
On le sait maintenant avec certitude que les «effets» de pointe sont attractifs de la majorité des coups de foudre, peu importe la nature de la matière atteinte. Les pales des éoliennes sont composées de fibres de verre et de carbone, revêtues d'une gaine extérieure en matière plastique. Dans la partie intérieure, des pièces métalliques assurent aussi des fonctions d'exploitation.
Si l'on comptabilise les huit éoliennes existantes à trois pales, rajoutées à celles des huit autres prévues, on aura 48 pointes mouvantes alternées, orientées en permanence vers le champ électrique chargé, directement dirigées autour des 1200 m d'altitude dans le Jura, ces bases nuageuses sont souvent proches du sol. Les arcs en retour de la foudre, peuvent plus facilement atteindre les premières pointes dirigées vers elles par les traceurs «invisibles» qu'elles génèrent.
En plus, le concentré de foudre frappant le versant boisé entre Les Breuleux et le Mont-Crosin, se verrait rapproché, voire établi sur le site même des éoliennes. Car, il faut le rappeler, la foudre ne frappe que rarement les cimes des arbres au c½ur de la forêt, mais touche surtout les «fûts» en orée, d'autant, dans les clairières. Il n'est pas rare non plus quelle frappe en plein pâturage en bordure des forêts, et même sur les piquets en bois des clôtures pour le bétail.
Le risque élevé de foudroiement est multiplié par dix sur les pointes des pales des machines, par rapport aux faîtes des sapins alentour, pour ne pas dire l'écoulement du fluide plasmatique jusque sur leurs socles.
Même, si les éoliennes sont dotées de parafoudres «tolérables», beaucoup d'éclairs, au vu de leur tension de survoltage et leur ampérage surdimensionnés, peuvent occasionner des dégâts considérables, fort coûteux en réparations. Les protections par les cages de «Faraday» sont insuffisantes.
Il est une autre forme de danger accru sur le parc éolien, très à découvert: les visiteurs en nombre croissant, surpris par les orages soudains éclatant sur le site, sont nettement plus exposés d'être foudroyés par les trois plus connues des situations: l'effet direct de l'impact; la tension de «pas» et la tension de «toucher». Il ne faut pas oublier non plus que les visiteurs trimbalent avec eux une quincaillerie d'objets métalliques sur leurs corps, sans parler de leurs accessoires annexes: poussettes pour enfants, vélos, chariots, matériel de pique-nique etc. qui sont autant «d'aliments» d'apports pour la foudre.
Ces quelques aspects, qui représentent des risques supplémentaires à ne pas prendre, pourraient faire grandement l'objet d'affaires pour les assurances, les hôpitaux, les cimetières, les tribunaux, les entreprises, directement liées ou non au parc éolien, sans cesse en croissance.
Ces considérations étant établies aux parcs éoliens opérationnels dans d'autres pays, beaucoup moins exposés aux orages que dans nos montagnes jurassiennes.
Michel-Alain Jeanneret météorologue, Le Locle