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Des lecteurs m’informent que mon article Covid-19 : fin de partie ?! a été retiré d'un blog de Mediapart où il était hébergé suite à un fact-checking révélant que j’avais tort lorsque j’évaluais à 800'000 le nombre de personnes infectées en Chine, là où la statistique des cas détectés n'en indique que 80'000.
Ce qui prouve qu’on peut prétendre fact-checker et simplement mal lire ! J’ai modifié le passage concerné de la façon suivante pour préciser -et documenter autant que faire se peut- la question.
Nous n’avons donc à ce stade aucune idée de l’ampleur réelle de la propagation du virus. La bonne nouvelle est que les données réelles (en particulier les taux de complications et de mortalité) ne peuvent être que largement inférieures à ce qui est couramment avancé. La mortalité réelle, comme annoncé dans un précédent article, doit en fait s'établir au plus à 0,3% et probablement encore moins. Soit moins du dixième des premiers chiffres avancés par l’OMS.
Les dernières modélisations évaluent à un ratio minimal de 1:8 (et possiblement jusqu'à 1:47 voire encore plus) le nombre de cas détectés vs non détectés, dépendamment des stratégies de dépistage mises en œuvre selon les pays. En date du 16 mars par exemple, on recensait 167'000 cas déclarés à travers le monde alors que l'estimation du nombre global de personnes infectées s'élevait à plus de 1'000'000. Une équipe de recherche universitaire américaine m'a fait part qu'ils évaluaient (étude à publier) à 800'000 le nombre de personnes réellement infectées en Chine (et donc très probablement immunisées) pour 3'118 décès. Soit effectivement un taux de mortalité de 3/1000.
Des lecteurs m'ont entretemps écrit pour m'indiquer que je m'étais trompé, que le nombre de cas en Chine était de 80'000 et non pas de 800'000 ! A nouveau, ils se réfèrent au nombre de cas avérés, qui n'est que la partie émergée de l'iceberg. Le taux de dépistage reste faible même dans les pays qui ont pris massivement cette voie. S'il reste impossible de connaître le nombre de cas inconnus (!), on est de toute manière très loin des statistiques disponibles basées sur des données lacunaires.
Dans le même temps, on a commencé sur les réseaux sociaux à me mettre en cause au sujet de travaux de recherche que j’ai menés sur les pratiques de guérison traditionnelles aux Philippines, travaux que j’ai entre autres présentés dans le cadre de la Faculté de médecine ainsi que du Musée d’ethnographie de Genève, du département d’anthropologie de l’Université de Lausanne et de INREES à Paris.
Pour celles et ceux que cela intéresse vraiment, je recommande chaleureusement l'achat du numéro 2011 de l'excellente revue Arts & Cultures (publiée par le Musée Barbier-Mueller et qui de surcroît est en action ces jours) dans lequel figure un article approfondi rédigé par mes soins au sujet de ces pratiques de soins. Ou encore la lecture de mon livre Chamans, guérisseurs, médiums - Les différentes voies de la guérison, publié en 2011 aux éditions Favre puis en livre de poche (Pocket), qui propose une approche scientifique des pratiques non-scientifiques de santé-oui, je sais c'est un apparent paradoxe.
Étonnante, cette histoire des fake-news. Nous sommes quand même dans une situation, excusez-moi de le rappeler, où tous les chiffres qu’on nous donne sont tellement lacunaires qu’ils ne veulent à peu près rien dire.
Alors que dans le même temps, des personnes qui n’ont dans l’ensemble aucune expérience clinique avec l’hydroxychloroquine assènent avec une docte certitude des sottises sans nom sur la redoutable « dangerosité » du produit. Auxquelles le Pr Raoult (qui a traité plus de 4'000 cas complexes avec cette substance) vient de répondre dans un billet intitulé « Toxicité Chloroquine-Azithromycin une crise de nerf française : étude sur 755 femmes enceintes » référençant une étude publiée en 2011.
So what ?!
Peu m’importe d’être pris à partie sur ce que j’avance ou que mes textes soient censurés. Les billets que je publie ne constituent pas des publications scientifiques, ils s’inscrivent dans le cadre de l’approche compréhensive qui est courante dans mon domaine de spécialisation. Je me base par ailleurs sur plus de 30 ans d’expérience en santé publique, mettant en avant des connaissances de fond que tous les experts en santé publique un peu sérieux connaissent fort bien.
Et puisqu’il faut bien répéter où se situe le vrai problème, je termine en citant le Pr Philippe Morel, pionnier des transplantations et as de la chirurgie viscérale, également député dans le canton de Genève, qui vient de publier sur sa page Facebook le fort à propos coup de gueule suivant :
Dans notre pays, l’un des plus riche du monde, avec une industrie pharmaceutique aussi développée , nous manquons de tests de détection du Coronavirus, nous manquons de désinfectant pour les mains et nous manquons de masques ..... cherchez l’erreur ! Et il faudra s’en souvenir après .... cette situation est simplement inadmissible et incompréhensible ! J’assume ce que j’écris ..... comme d’habitude ! Nos autorités font le maximum de ce qu’elles peuvent ! Les assurances, avec leurs réserves gigantesques, devraient aussi contribuer à l’effort collectif indispensable, à la place de parler d’augmentation des cotisations ! Scandaleux !!!!! Et merci à notre personnel soignant qui travaille de façon incroyable et à notre armée qui contribue à l’effort national !