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"C'est le Royaume-Uni qui quitte l'Union européenne. Il ne peut pas, en partant, nous demander de modifier ce que nous sommes et comment nous fonctionnons", a déclaré Michel Barnier.
KEYSTONE/EPA/STEPHANIE LECOCQ(sda-ats)
Londres doit accepter que la Cour de justice de l'UE (CJUE) examine les litiges qui pourraient survenir dans le cadre de l'accord de retrait du Royaume-Uni du bloc communautaire. C'est l'avis du négociateur en chef de l'UE sur le Brexit, Michel Barnier.
En cas de désaccord sur ce point, il ne saurait y avoir de traité ou de période de transition, a-t-il prévenu. Les tergiversations britanniques s'apparentent à un jeu de "cache-cache", a déploré Michel Barnier, adressant une nouvelle mise en garde au gouvernement britannique.
Alors que le Royaume-Uni doit quitter l'Union européenne fin mars 2019, les négociations entre Bruxelles et Londres n'avancent guère.
Devant cette inertie, imputable notamment aux dissensions qui déchirent le gouvernement britannique et à l'intransigeance européenne, Michel Barnier a prévenu à de multiples reprises que l'Union et le Royaume-Uni devaient se préparer au risque de voir les négociations s'achever sans accord.
"De la clarté"
Evoquant les discussions en cours au sein du gouvernement britannique sur un renoncement à l'exigence d'une sortie de l'Union douanière, Michel Barnier a déclaré: "Si le Royaume-Uni souhaitait modifier ses propres lignes rouges, il devra nous le dire. Le plus tôt sera le mieux !" "Nous demandons de la clarté. (...) Une négociation ne peut pas être une partie de cache-cache."
"Je vois bien la tentation qui consisterait à faire porter les conséquences négatives du Brexit sur l'Union européenne. Mais nous ne nous laisserons pas impressionner."
"C'est le Royaume-Uni qui quitte l'Union européenne. Il ne peut pas, en partant, nous demander de modifier ce que nous sommes et comment nous fonctionnons."
CJUE incontournable
Evoquant la supervision du traité de sortie, que les deux parties espèrent boucler à l'automne, Michel Barnier a rappelé que les Européens exigeaient qu'elle soit confiée à la CJUE.
"Pour ces dispositions ou concepts de l'accord de retrait qui viennent du droit de l'UE, nous ne pouvons pas accepter qu'une autre juridiction que la Cour de justice de l'Union européenne dise le droit et qu'elle impose son interprétation aux institutions de l'Union", a-t-il dit.
"On ne peut pas se permettre de laisser en suspens un sujet si central. Car sans accord sur la gouvernance, il n'y aura pas d'accord de retrait, et donc pas de période de transition", a-t-il enfin prévenu.
ATS