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Une précédente prévision anticipait une contraction d'ampleur équivalente, mais le pays s'est montré plus résilient qu'anticipé aux sanctions occidentales.
Les revenus de Moscou ont été soutenus, plus qu'anticipé, «par la hausse des prix du pétrole et par la capacité de la Russie à compenser l'impact du plafond (du prix du baril imposé par les Occidentaux, ndlr) en exportant vers de nouveaux marchés», en majorité en Chine et en Inde, a indiqué la Berd mercredi en marge d'un rapport de prévisions.
«Lors de nos dernières prévisions, nous nous attendions à ce que les sanctions - en particulier le plafonnement des prix du pétrole - soient plus efficaces pour limiter l'activité de la Russie», poursuit l'institution dans une déclaration transmise à l'AFP.
En outre, «l'activité est restée robuste - en particulier la consommation des ménages et les dépenses publiques liées au conflit en cours (en Ukraine, ndlr) - et les chiffres du PIB du deuxième trimestre ont été étonnamment élevés», selon la Berd, qui dit toutefois prévoir un ralentissement par la suite.
En revanche, pour l'Ukraine, l'institution n'a pas modifié ses attentes, projetant toujours une croissance de 1% cette année et de 3% l'an prochain.
«Cela reflète une croissance sur un an très négative comparé à janvier et février l'an dernier», avant l'invasion russe de l'Ukraine, note le rapport, qui anticipe toutefois un rebond à mesure que plus d'activités reprennent et avec un approvisionnement en énergie amélioré.
Dans l'ensemble, les économies des pays dans lesquels est présente la Berd devraient croître de 2,4%, anticipe l'institution, mieux que les 2,2% projetés au mois de mai, notamment grâce aux économies des pays d'Asie Centrale, qui bénéficient de la nouvelle donne créée par les sanctions imposées à la Russie, poursuit l'organisation dans son rapport publié mercredi.
Ces pays devraient voir leur PIB progresser de 5,7% cette année, portés notamment par la délocalisation d'entreprises russes sur leurs territoire ou l'augmentation d'importations en provenance de l'UE dont une partie est ensuite ré-exportée en Russie, selon la Berd.
La migration de travailleurs d'Asie centrale vers la Russie, notamment pour compenser l'exode d'une partie de la population en âge de travailler, soutient aussi la croissance de ces territoires car ceux-ci renvoient de l'argent vers leurs pays d'origine.
La croissance de la Turquie a également été revue à la hausse, à 3,5% cette année puis 3% en 2024, grâce à des mesures de relance pré-électorales.
La Berd, fondée en 1991 pour aider les pays de l'ex-bloc soviétique à passer à une économie de marché, a depuis étendu son périmètre pour inclure des pays du Moyen-Orient, d'Asie centrale et d'Afrique du Nord.