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Padurea/Suma
Sinisa Dragin
Roumanie, Serbie, 72 min
Première mondiale
En 1947, Josip Broz Tito, président de l’ex-Yougoslavie, se rendait pour la première fois en Roumanie. Pour cimenter la nouvelle amitié socialiste, les officiels roumains firent cadeau à Tito d’une peinture d’un grand artiste local, Ion Andreescu. Celle-ci se retrouve plus tard au cœur d’une histoire d’espionnage et révèle un lourd secret qui ébranle les fondations de la Yougoslavie et de la Roumanie.
En 1947, Josip Broz Tito, président de la Yougoslavie, se rendit pour la première fois en Roumanie. Staline avait toujours craint que la renommée du Maréchal puisse lui faire de l’ombre, aussi prenait-il des gants avec lui. Mais les relations glaciales au sein de la communauté soviétique semblèrent se dégeler quand Tito fut accueilli à Bucarest. Pour cimenter la nouvelle amitié socialiste, les officiels roumains firent un cadeau à Tito : une peinture d’un grand artiste local dénommé Ion Andreescu. Celle-ci devait bien sûr correspondre au goût austère du libérateur qui avait chassé les Nazis de Yougoslavie, et l’on choisit donc une œuvre qui pourrait lui rappeler ses grands jours en tant que partisan, intitulée « Forêt sans feuilles ». Dans les années 1960, un jeune critique d’art, Radu Bogdan, décida d’écrire une monographie digne du grand peintre qui inclurait aussi une reproduction de « Forêt sans feuilles ». Une histoire d’espionnage exceptionnellement bien ficelée qui aurait pu être écrite par Le Carré s’il avait eu l’occasion de rencontrer Mikhaïl Boulgakov quelque part dans les rues de l’ex-URSS.
Giona A. Nazzaro
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