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FANG viendrait du mot latin FAMES qui signifie la faim, tourmenté par la faim. D'aprés les peuplades qui ont habité le village, FANG s'orthographie FANS puis FANG. Selon une autre version (tiré d'un livre ancien de M. de Chastonay, CHANDOLINfos, été 2005), les Burgondes (7), qui s'emparent du Valais et du val d'Anniviers au Véme siécle, seraient é l'origine de l'appellation d'endroits tel que FANG qui proviendrait de FAHEN qui signifie enclos.
Les restes de ruines (" le vieux Fang "), récemment mis à jour en contrebas du village, tendent à confirmer que celui-ci est fondé au début du 1er millénaire.
En face du site actuel, à un endroit appelé la Roche, les traces d'un bisse créé par les Sarrasins (1) en 952 prouvent le passage de cette peuplade de l'Est en Anniviers : le bisse prenait naissance sous Pinsec, au niveau du torrent qui descend vers la Navizance, traversait la rive gauche jusqu'à Briey et servait à l'arrosage. Les Huns (2) sont aussi passés par deux fois dans ces régions. Dans les années 1090, Anniviers est inculte et inhabité. Le comte Aymon de Genève fait don de la vallée aux moines qui mettent environ 300 ans à défricher, repeupler et faire des statuts. Vers 1200, le village se situe dans la zone la Zanei-la Clivaz-le Mori (voir cartes et directions) mais un éboulement d'une origine encore inconnue aurait complètement détruit l'emplacement. Dans les années 1300, Fang est inhabité alors qu'en 1400, on parle de la présence de trois familles : une de la Crête, une du Rotzec et une de la Zanei.
photo 2 : inscription sur l'itinéraire de l'ancienne route de la vallée, au couloir du Loton
Le village actuel a été reconstruit petit à petit entre le XVIIe et le XIXe siècle, de manière dispersée et en plusieurs étapes. En effet, nous ne retrouvons pas le même bois et les mêmes dates pour un bâtiment donné. Avant le XVIIe siècle, les Fanatis sont des feudataires (3). Avec Cuimey et les Frasses, plus haut dans la vallée, Fang serait la plus vieille commune d'Anniviers : politiquement, elle n'est rattachée à Chandolin qu'en 1856 (procès Fang-Chandolin); religieusement, elle est liée à la paroisse de Vissoie (Ste Euphémie (4)). Il est à remarquer, qu'avant d'être une commune, Chandolin représente les mayens de Loèche : la commune de Loèche englobe alors une partie de la rive gauche du Rhéne ainsi qu'une partie de la rive droite de la Navizance pour se limiter à la commune de Fang au niveau du Mont sur Fang (voir carte-Fang sud).
Gentiment mais sûrement, vers les années 1950, le Valais balance du secteur primaire (5) vers le secteur secondaire puis tertiaire (implantation d'Alusuisse à Chippis, ouverture de PME (6), etc.) : la conséquence est l'émigration d'une partie de la population de la montagne vers la plaine. Dans ce contexte, Fang ne doit sa survie d'une part qu'à la décision d'une famille à rester au village (voir famille Zuber, section Fang d'en-bas) et d'autre part qu'à la volonté des natifs à conserver un lien permanent avec leurs racines.
Fang a longtemps été le carrefour du val d'Anniviers : il y a en effet un nombre important de chemins qui partent dans toutes les directions. Chronologiquement il représente trois passages obligatoires pour se rendre plus loin dans la vallée :
de l'an 1000 à 1300, il se trouve sur l'itinéraire Vercorin-Crouja-les Voualans-villages d'Anniviers.
de 1300 à 1502, un chemin qui part de Sierre par la rive droite de la Navizance parvient au " grand Pontis " (pontonnages et nacelles pour traverser le relief escarpé) puis au " petit Pontis ". A partir de là, celui-là descend vers les Barmes, Fié, le vieux Fang, la Clivaz, le Barratier, les Sampelets, les Landoux puis Vissoie.
de 1502 à 1856, le tracé est progressivement modifié à partir du petit Pontis : le chemin emprunte un tunnel (dont les traces sont toujours visibles actuellement), passe plus haut au niveau des Barmes, arrive finalement à Fang d'en-haut et continue en direction de Vissoie en empruntant le couloir du Loton et passant par les Croisettes (voir cartes).
De 1856 à 1954, la route muletière puis carrossable du val d'Anniviers se détourne de Fang et passe à 100 mètres au-dessus du village. A partir de 1954, le tronçon subit des modifications mais le tracé est définitif. La route actuelle de Fang est construite entre 1928 et 1930 mais n'est goudronnée qu'à la fin des années 70. Enfin, à la fin du XXe siècle, la décision est prise de construire la STEP d'Anniviers en aval de Fang : conséquence, une nouvelle route voit le jour et dessert les fonds de la vallée entre le barrage de Vissoie et Fang. Plusieurs mayens à l'abandon reprennent une seconde vie.
Le terme "Sarrasins " est le nom sous lequel les Occidentaux désignaient, au Moyen âge, les Arabes et, en général, tous les peuples musulmans. L'appellation s'applique aujourd'hui aux seuls musulmans qui, par terre ou par mer, poussèrent des incursions vers la Gaule et l'Italie du VIIe au Xe siècle.
Venus probablement d'Asie centrale, les Huns étaient des nomades qui vivaient dans les steppes du nord du Caucase. Les Chinois les mentionnent pour la première fois au IIIe siècle av. J.-C. Les Huns ont fortement marqué l'imaginaire des peuples de l'Empire romain finissant, par le caractère particulièrement cruel de leurs exactions. La chronique a ainsi attribué à Attila le surnom de "fléau de Dieu ".
Burgondes : les Burgondes sont un peuple germanique du rameau ostique, originaire de Scandinavie (peut-étre de Norvége), et ayant participé aux invasions et migrations de la fin de l'Antiquité et du haut Moyen-ége, période durant laquelle ils s'établissent durablement en Gaule.