Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07032.jsonl.gz/82

Cette décision a surpris. Ce prêt aurait permis de cofinancer l'achèvement des deux tranches nucléaires de Khmeltniski 2 et de Rovno 4. Ces deux installations doivent remplacer la production d'électricité de la centrale nucléaire de Tchernobyl, arrêtée définitivement. Le plan de financement suivant était prévu pour le coût total du projet, qui s'élève à 1,48 milliard de dollars: Euratom USD 585 millions, agences de crédit à l'exportation 348,3 millions, BERD 215 millions, Russie 123,7 millions, Energoatom 158,6 millions, et Ukraine 50 millions.
La BERD avait lié le prêt à diverses conditions, dont la fermeture de Tchernobyl. Sa décision de fin novembre a été prise peu après que le Premier ministre ukrainien ait avisé la banque que l'Ukraine devait réfléchir encore à trois autres conditions posées: une augmentation des prix de l'électricité d'au moins 30%, la constitution d'un fonds pour le démant èlement, et des modifications au niveau législatif.
La promesse initiale d'un crédit de 215 millions de dollars faite par la BERD a été suivie de nombreuses années de tiraillements. Il se serait agi du premier grand crédit accordé par cette institution pour la construction de nouvelles centrales nucléaires avec une aide occidentale. La banque se considère comme la coordinatrice du projet de Khmeltniski 2 et de Rovno 4, et sa décision est importante dans la mesure où les autres bailleurs de fonds font dépendre leurs prêts de la BERD.
Lors d'une réunion entre l'Ukraine et la BERD le 10 décembre, il a été convenu d'instituer un groupe d'étude commun pour discuter d'une nouvelle participation éventuelle de la banque. L'Ukraine a toutefois déjà laissé entendre début décembre qu'elle allait désormais reprendre le projet avec la Russie, et ceci à des coûts trois fois moins élevés qu'avec l'aide occidentale. Le 14 décembre, les deux Etats ont signé un contrat correspondant de coopération en présence des présidents Poutine et Koutchma.
Source
M.S./C.P. d’après diverses communications de l’International Chernobyl Centre