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Historique
Les origines: l'instruction mutuelle (1842 - 1865)
"Il existe à Genève une foule d'associations de tous genres, ayant pour objet les unes la science et les lettres, les autres la politique, d'autres encore le simple agrément de se voir et d'entretenir des relations amicales" {Joël CHERBULIEZ, XIXème siècle}.
En 1842, il existait à Genève une société d'instruction mutuelle dite "Société des Bergues". Cette société étant devenue un foyer de réunions politiques, plusieurs de ses membres démissionnèrent et douze d'entre eux, parmi lesquels on trouve Rodolphe TOEPFFER, décidèrent de fonder une nouvelle société d'où toute politique serait bannie: La Société Genevoise des Amis de l'Instruction (instruction par opposition à politique).
Avant la construction de l'immeuble que nous connaissons actuellement, la Société Genvoise des Amis de l'Instruction était locataire de l'actuel Sacré-Coeur. Leur bail arrivant à expiration en 1876, les Amis de l'Instruction décident de constituer une Société Anonyme (Société Anonyme de l'Immeuble des Amis de l'Instruction) et pour la construction du bâtiment, ils donnent mandat à Jacques-Elisée GOSS, architecte du prestigieux Grand Théâtre, membre de la Société.
Le Théâtre
Dès le début du XXème siècle, l'instruction mutuelle était devenue superflue. Un essor du théâtre nouveau se produisit un peu partout en Europe (ouverture du théâtre Antoine à Paris). "La comédie" n'ayant été fondée qu'en 1909, elle n'a pu investir ses locaux définitifs qu'en 1913. Ainsi, jusqu'en 1916, la Société Genevoise des Amis de l'Instruction, sous la présidence de Georges Louis ARLAUD, connut un essor important et ce fut une période extrêmement féconde pour le théâtre.
"A chaque représentation, il y avait des grappes humaines sur les galeries de notre salle de spectacles"
Après le départ de M. Georges Louis ARLAUD à l'étranger, M. William HENSSLER prit la présidence. Il s'attacha à faire connaître la Société en dehors de nos murs et à lui donner dans le monde du théâtre d'amateurs le rang auquel elle avait droit.
Sous la conduite de M. Georges BAROZ, le succès se manifestait en premiers prix obtenus lors des nombreux concours organisés à l'époque à l'initiative de la "Fédération des Sociétés Théâtrales d'Amateurs" F.S.T.A., créée à Nancy le 15 août 1907 et dont la société est membre fondateur.
La grande aventure du cinéma l'Ecran (1961 - 1984)
En février 1961, l'Écran est inauguré dans la salle de la Société Genevoise des Amis de l'Instruction sous la direction de M. Pierre BORDE. Le nouveau cinéma parvient vite à se constituer un public fidèle, grâce à sa programmation exigeante et à son accueil soigné.
L'entreprise se poursuit jusqu'en 1984. La vétusté des équipements entraîne alors l'interdiction d'exploitation de la salle. Fin d'un cinéma qui reflète aussi celle d'une époque.
La rénovation et la surélévation
Pour satisfaire aux exigences économiques de la Société, le bâtiment érigé en 1876 est construit au minimum du gabarit exigé, soit 10 mètres à la corniche, contrairement aux immeubles contigus, construits au maximum du gabarit, soit 20 mètres.
Depuis le début des années 1980, la Société de l’Immeuble des Amis de l'Instruction nourrit le projet de rénover le théâtre et de surélever son bâtiment. Les variantes proposées en 1984 trop pastichantes et trop hautes sont refusées. Fin 1990, le comité confie le mandat aux architectes Pierre et Marie-Christine KÖSSLER et Claude MOREL du Studio de Réalisation Architecturale.
L’autorisation délivrée, le financement établi, les travaux peuvent commencer en automne 1996, ils s’achèvent au printemps 1998. Deux chantiers très différents sont alors menés de front, la surélévation contemporaine et la restauration du théâtre.
Les Salons aujourd'hui
D'une société créée au XIXème siècle, les Amis deviennent "La Fondation Les Salons" au XXIème siècle. Comme il ressort dans tous les procès-verbaux, et cela dès la fin du XIXème siècle, la baisse des membres est la principale préoccupation de l'organisation. Depuis plus d'un siècle, la Société cherche à correspondre aux désirs et aux besoins de la population genevoise. Il lui est difficile d'accepter de perdre son importance en tant que théâtre à Genève, premièrement concurrencée par la Comédie, ensuite par l'offre culturelle grandissante.
Afin de satisfaire ses membres et son public, la Société a changé de visage à maintes reprises. Mais aujourd'hui, le terme "Société" évoque quelque chose de rétro. Son concept n'est plus approprié à notre temps.
Malgré ce constat, la Société, habituée à s'adapter, n'a pas dit son dernier mot. Le passage en Fondation doit lui permettre de survivre au temps, sans pour autant dépendre de ses membres ou de subventions quelconques. Cette page qui se tourne est pour les Amis de l'Instruction un moyen de pérenniser son bien et de rester fidèle à sa volonté d'indépendance.
Les textes sont, en partie, extraits du "Livre du Centenaire" F. Schpfer 1942