Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06970.jsonl.gz/1376

Trey
Trey, un écrin de verdure dans la vallée de la Broye et en avant-poste des Préalpes
Quelque trois cents habitants composent une communauté chaleureuse qui a su garder son caractère rural tout en s’ouvrant à la modernité et à l’accueil de nouveaux résidents.
HISTOIRE
Les premières traces découvertes sur le territoire de notre commune remontent à l’âge du bronze ; puis, l’époque romaine est attestée par la présence de tuiles et des ruines de murs.
En 1142 apparaît pour la première fois le toponyme « Trais » dans un document; ce nom a certainement été façonné sur la racine latine « trans » signifiant, à l’origine, « le lieu », « l´endroit », « le pâturage » (du latin « tractus », « quartier », « coin de terre », « endroit »).
Les seigneurs, les de Trey, qui possédaient le fief, virent leur château incendié et détruit en 1410 par les seigneurs de Lausanne; il en subsiste d’ailleurs un tertre sur lequel la bâtisse était érigée.
Par la suite, Trey appartint au monastère de Payerne qui faisait administrer le territoire par un mestral ; pour marquer cette dépendance, le chevron et les coquilles provenant des armes de la famille de Trey sont déposés sur les émaux de Payerne (parti de gueules et d’argent). A la suite d’une interprétation erronée, les trois coquilles de ses armoiries ont été prises pour des betatzes (bourses), d’où l’attribution du surnom de « betatzards » aux habitants de Trey ; quant aux habitants de Granges-sous-Trey, ils sont appelés les « leu-baz » ou « Leubas », ceux qui habitent le bas du village.
Trey a appartenu, tour à tour, à différents seigneurs : le donzel de Payerne, les nobles de Villarzel, de Montricher, de Fribourg, de Forel et de Middes ont fait main basse sur Trey qui, finalement, passa aux mains de Leurs Excellences (LL. EE.) de Berne à partir de 1536.
Durant l’époque bernoise, les occupants construisirent plusieurs greniers destinés à engranger les récoltes de froment. Un de ceux-ci subsiste encore et conserve dans ses murailles l’emblème de l’ours de LL. EE. De l’occupation bernoise nous est parvenue une ancienne forge au bord du ruisseau : le bâtiment à deux étages est coiffé d’un toit en demi-croupe avec galerie en bois et présente des façades trouées par les trois groupes de fenêtres à meneaux.
Le 1er septembre 1837, un gigantesque incendie détruisit plusieurs maisons au centre du village et anéantit bétail et biens matériels. Des secours affluèrent de toute la région et même de Nyon et d’Etoy. Les fermes furent reconstruites de manière homogène, le long de la route principale qui relie Payerne à Romont : cet ensemble a permis au village de Trey de figurer dans l’inventaire des sites construits à protéger en Suisse (ISOS).
INFRASTRUCTURES
Depuis l’antiquité, le fond de la vallée représentait une voie de communication importante; mais ce passage était sans cesse menacé par les crues de la Broye; ainsi, dans les années 1880, le cours de la Broye fut endigué. Pendant la première guerre mondiale, d’importants travaux d’assainissements et de drainages eurent lieu dans ce secteur.
Les captages d’eau potable, qui alimentaient les villages de Trey et de Granges-sous-Trey, ont été abandonnés. Actuellement, nous achetons l’entier de notre eau à la commune fribourgeoise voisine de Torny.
Le réseau est actuellement en voie de réfection : en 2019, nous avons installé un réducteur de pression entre les deux villages et d’importants travaux sont projetés pour le moderniser et l’adapter aux exigences actuelles.
De nouvelles constructions et des transformations d’anciennes fermes ont conduit à la création d’une vingtaine d’appartements à Granges-sous-Trey. Ce village a vu sa population doubler en quelques années.
La route en traversée de Trey a été complètement refaite, de ses assises au tapis final, en passant par le remplacement des conduites d’eaux claires ; ce chantier gigantesque – pour une si petite commune comme la nôtre ! – a perturbé la vie quotidienne des usagers de cette route (riverains et véhicules en transit) durant le premier semestre de 2010 et la fin de l’été 2011. Le coût des travaux, soit 1,9 million de francs, est a été entièrement supporté par les finances de la commune d’alors qui comptait quelque 260 habitants...
La construction de la ligne de chemin de fer Lausanne-Lyss, qui fut mise en service le 24 août 1876, ne survint qu’après d’âpres luttes politiques, notamment entre les cantons de Vaud et de Fribourg. A cette occasion la commune mit gratuitement du terrain à disposition et une petite gare fut construite. Aujourd’hui, plus aucun train ne s’y arrête, mais elle toujours occupée par une famille. Pour être complet, ajoutons encore que les deux localités de la commune Trey sont desservis par des lignes de cars postaux.
DES PERSONNALITÉS
Au fil du temps, plusieurs citoyens marquèrent leur époque : Jeannot De Crousaz, juge au tribunal cantonal, fut conseiller d’Etat de 1876 à 1883 et Charles Estoppey, conseiller d’Etat de 1866 à 1888, puis conseiller national (1852-1863) et enfin Conseiller aux Etats (1867-1888). En 1875, ce dernier fut élu conseiller fédéral, mais déclina cette charge, privant ainsi sa commune de pouvoir compter un de ses ressortissants dans le cercle des Sept Sages.
Fritz Cornamusaz fit don de deux magnifiques vitraux destinés à embellir notre Eglise construite en 1796, grâce au legs d’un autre Cornamusaz du lieu. Mais Fritz Cornamusaz, instituteur au village, s’illustra en fondant en 1886 un pensionnat dans lequel il fit bénéficier des jeunes gens de cours privés, d’abord au bâtiment communal construit en 1845, puis dans l’internat construit au centre du village (fermé depuis de nombreuses années). Député au Grand Conseil, il fut nommé Préfet du district en 1907. Il décéda alors qu’il était toujours en fonction en 1931.
Son beau-fils, Henri Jaccottet-Cornamusaz, reprit par la suite l’établissement qui a contribué à faire connaître le nom de Trey loin à la ronde et en particulier en Suisse alémanique d’où provenaient la plupart des élèves (certaines volées ont connu parfois plus de septante élèves) ; ces derniers recevaient une solide formation qui les préparait aux diverses branches de l’administration fédérale. Pasteur de formation, Henri Jaccottet possédait une riche personnalité et un parcours non moins brillant : il succéda à Auguste Thonney et il siégea durant trois législatures au Grand Conseil qu’il présida en 1932. Il fut également conseiller national et président du Conseil Synodal.
Notons encore que de 1949 à 1962 Auguste De Crousaz, syndic, siégea au législatif cantonal et que, depuis 1992, Philippe Cornamusaz, municipal, représente notre région à Lausanne dans les rangs du parti libéral-radical.
Ancien chef de l’Armée suisse (2004-2007), M. Christophe Keckeis a amorcé sa carrière militaire en 1966 comme pilote de l’escadre de surveillance et il obtient, en 1968, le brevet de pilote militaire professionnel. Au fil des années, il gravit les marches de la hiérarchie militaire et endossa de nouvelles responsabilités : chef du combat aérien, colonel, chef de l’escadre de surveillance, brigadier, chef de l’Etat-major du commandant des Forces aériennes, divisionnaire, chef des opérations des Forces aériennes, commandant de corps. Sur le plan communal, il a présidé notre Conseil général de 1979 à 1987. Il est décédé en mai 2020.
CONCLUSION DU SYNDIC
Il y a quelques décennies, une dizaines d’exploitations agricoles étaient encore en activité. Mais, au fil des années, une bonne moitié d’entre elles ont disparu. Ces fermes ont généralement été transformées et ne servent qu’à l’habitation.
Nous constatons une augmentation sensible de « nouveaux » résidents qui travaillent à l’extérieur.
Ainsi, seulement à Granges-sous-Trey, une vingtaine d’appartements ont vu le jour ces cinq ou six dernières années. En revanche, on ne peut pas dire que la construction de nouveaux immeubles – villas individuelles et bâtiments locatifs – ait été ralentie puisque peu de maisons ont été construites ces dernières décennies, d’autant plus que la zone « village » est surdimensionnée.
A ce propos, le plan général d’affectation (plan des zones) est actuellement en cours de révision ; la commune, propriétaire d’une grande parcelle « hors du centre », a projeté de rendre plus de 13’000 m2 à la zone agricole afin de se mettre en conformité avec les règles formulées dans le Plan directeur cantonal.
Par ailleurs, la commune de Trey s’est lancée depuis quelques années dans la réfection de son réseau d’eau potable : remplacement des conduites aux normes incendie et, conséquemment, réfection des rues à Granges-sous-Trey, construction d’une station de réduction de pression : des travaux gigantesques en vue pour la prochaine législature.
De quoi occuper autant l’équipe des la future Municipalité que mettre à rude épreuve les finances communales !
L'ESSENTIEL
CE QU'IL FAUT SAVOIR