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La larve de chironome, ou "ver de vase", mène une vie aquatique et se développe à des températures bien précises.
Frank Fox/www.mikro-foto.de, CC BY-SA 3.0(sda-ats)
Il y a 5000 à 9000 ans, il faisait plus chaud sur le bassin méditerranéen que supposé jusqu'ici. Des chercheurs bernois ont résolu une énigme climatique en utilisant un nouvel indicateur, des larves de moucherons fossilisées.
Des séries de mesures de température fiables n'existent que depuis 150 ans à peine, a indiqué mardi l'Université de Berne dans un communiqué. Pour remonter plus loin dans le temps, les scientifiques analysent par exemple les dépôts de pollens de plantes dans les couches de sédiments.
Pour le nord du bassin méditerranéen toutefois, les analyses de pollens donnaient des températures estivales nettement plus fraîches il y a 5000 à 9000 ans que celles indiquées par les principaux modèles climatiques.
L'équipe d'Oliver Heiri, du Centre Oeschger de recherche sur le climat, a trouvé la parade en utilisant comme indicateur des larves fossilisées de chironomidés, des moucherons ressemblant à des moustiques, prélevées dans deux lacs de montagne des Apennins. La majorité des larves de ces insectes a en effet une vie exclusivement aquatique.
Résultats concordants
Dans un des lacs, une centaine d'espèces ont pu être identifiées, et comme elles se développent sous des conditions bien particulières pour certaines d'entre elles, leur répartition donne une bonne indication des températures qu'il faisait à l'époque. Cette méthode arrive à des résultats qui concordent avec les modèles climatiques, rapportent les chercheurs dans la revue Nature Geoscience.
Les données divergentes résultant des analyses de pollens sont dues à l'influence de l'humidité, des débuts de l'agriculture ou encore du feu sur la végétation. "Les pollens sont transportés par le vent et peuvent provenir d'une vaste superficie où les plantes sont influencées par ces facteurs", a expliqué à l'ats le Pr Heiri.
"Notre indicateur - les communautés de larves de chironomidés - est beaucoup plus local", ajoute le scientifique. Cela ne signifie pas pour autant que les analyses de pollens soient obsolètes, mais parfois il faut d'autres données pour reconstruire le puzzle des températures.
http://dx.doi.org/10.1038/NGEO2891
ATS