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Le Conseil fédéral a décidé aujourd’hui de maintenir l’interdiction faite à la SSR de placer de la publicité sur ses plateformes numériques. Médias Suisses salue ce signal fort en faveur des médias privés et contre les distorsions de concurrence qui met un terme à un litige qui a opposé la SSR aux éditeurs pendant plus de deux ans.
En 2010, la SSR demandait au Conseil fédéral de supprimer l’interdiction qui lui était faite d’exploiter de la publicité sur ses plateformes numériques (sites Internet et mobiles), en arguant que les revenus de ces activités permettraient de compenser la baisse des rentrées financières issues de la redevance. En juin 2010, le Conseil fédéral donnait son accord de principe à l’abrogation de la publicité en ligne pour la SSR, pour des motifs financiers.
Les associations de médias privés Schweizer Medien et Média Suisses ont réussi à démontrer que les motifs invoqués par la SSR n’étaient pas pertinents et que l’abrogation de l’interdiction ne se justifiait aucunement :
- d’une part, il est inexact de prétendre que les revenus que la SSR perçoit au titre de la redevance diminuent : depuis plusieurs années, l’accroissement constant de la population suisse élargit également le cercle des personnes astreintes au paiement de la redevance, ce qui a pour conséquence directe d’augmenter les montants versés à la SSR.
- d’autre part, la publicité, le sponsoring et le placement de produits sur les chaînes de télévision de la SSR sont des activités qui ont encore gagné en importance ces dernières années et qui rapportent de plus en plus d’argent à une SSR déjà financée à 75% par la redevance.
En outre, Médias Suisses accueille favorablement l’intention exprimée par le Conseil fédéral de redéfinir la concession de la SSR. Les représentants des médias privés estiment que la SSR doit pouvoir mettre à la disposition des internautes les contenus audio et audiovisuels diffusés sur ses stations radio et ses chaînes TV. Cependant, il est indispensable que la concession exprime clairement que le mandat de service public de la SSR se limite à l’audio et à l’audiovisuel et qu’il ne saurait s’étendre à des offres numériques composées principalement de textes et de photos. En créant – avec une grande discrétion – la plus grande rédaction online de Suisse ces dernières années, la SSR s’est de facto donné les moyens de concurrencer les médias privés sur Internet. Or, une offre numérique gratuite de la SSR essentiellement basée sur le texte et la photo compromet les modèles numériques payants que la presse écrite tente aujourd’hui d’introduire pour assurer la pérennité de ses publications.
Médias Suisses entend défendre un paysage médiatique permettant à tous les acteurs de coexister en bonne intelligence, raison pour laquelle l’association des médias privés romands appelle de ses vœux la création, dans la concession, de règles précises pour délimiter les contours des activités numériques de la SSR.