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Cette insistance des téléfilms sur les rapports sociaux de sexe s'explique en partie par le fait qu'ils s'adressent à un public majoritairement féminin traditionnellement destinataire des " fictions sentimentales " et autres " mélodrames " qui prennent au sérieux les affects et les relations entre hommes et femmes. L'analyse vise à mettre en évidence les normes, les aspirations, les peurs et les contradictions qui s'y expriment.
Parce qu'il s'agit d'une production culturelle destinée au grand public, où la notion " d'auteur " au sens cinéphilique du terme n'est pas pertinente, nous avons choisi de regrouper les films par genre : le genre dominant relève d'une tradition culturelle typiquement française : la comédie de moeoeurs, déclinée en comédie dramatique ou comédie de boulevard, et colorée de chronique familiale ou de chronique sociale ; l'autre genre dominant est le mélodrame, majoritairement féminin ; la fiction historique est le troisième genre télévisuel en importance, avec une insistance particulière accordée à la Seconde Guerre mondiale et aux adaptations littéraires ainsi qu'aux biopics (récits biographiques de personnages ayant réellement existé). Enfin, le policier apparaît comme le parent pauvre de la fiction unitaire, ce qui s'explique par sa présence massive dans les séries (françaises et étrangères). Nous examinons à part les fictions d'Arte, qui relève d'une logique différente, puisque la chaîne culturelle franco-allemande n'est pas soumise aux impératifs d'audience.
Nous avons choisi d'analyser de façon détaillée un nombre limité de téléfilms (entre 10 et 20 par chapitre), compte tenu du fait que le lectorat potentiel de cet ouvrage n'est pas le public ordinaire de ces téléfilms, qu'il risque donc de ne pas connaître. Nous présentons à la fin un échantillon un peu plus étendu des téléfilms qui nous semblent mériter d'être (re)vus.