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Une alliance entre Swissair et Alitalia n'est plus à l'ordre du jour. Les deux compagnies aériennes ont «interrompu» leurs discussions, a indiqué samedi le porte-parole du SairGroup, Jean-Claude Donzel.
Le porte-parole, qui confirmait une information publiée samedi par le «Blick», n'a toutefois pas voulu s'exprimer sur les raisons de cette décision. Selon le quotidien alémanique, le conseil d'administration du SAirGroup a voulu éviter de réduire encore sa couverture de capital propre déjà mince (de l'ordre de 20 pour cent).
Pour l'heure, Swissair va se concentrer sur le renforcement de sa collaboration avec Malaysia Airlines (MAS), selon M. Donzel. Les discussions en vue d'une «due diligence» de la compagnie asiatique déficitaire n'ont pas encore débuté. Selon des spécialistes, une participation de 29 pour cent dans le capital de MAS est l'hypothèse la plus plausible.
La compagnie helvétique est également intéressée à entrer dans le capital de Turkish Airlines (THY), membre du groupe Qualiflyer. Le gouvernement turc veut privatiser 51 pour cent du capital de la compagnie, dont au maximum 24 pour cent seraient attribués à un partenaire étranger.
Selon le «Financial Times», le SAirGroup a noué langue avec le conglomérat industriel et financier turc Sabanci en vue d'une participation commune. M. Donzel n'a pas pris position sur cette éventualité.
Les grandes manoeuvres sont également ouvertes du côté italien. Outre Swissair, Alitalia étudie la possibilité d'une alliance capitalistique avec Air France. Un projet d'alliance avec le Néerlandais KLM avait capoté au début de l'année.
Par ailleurs, le SAirGroup n'entend pas se séparer de certaines activités, a déclaré le président du conseil d'administration Eric Honegger dans une interview à la chaîne TV privée alémanique «Tele24».
Une telle vente conduirait certes à un gain à court terme, mais elle nuirait à la stratégie à long terme du groupe, qui repose sur deux axes: les sociétés aériennes et la distribution.
M. Honegger a ainsi voulu mettre un frein aux rumeurs sur une éventuelle cession de Swissair. La division SAirLine, qui chapeaute les compagnies aériennes du groupe, doit faire face à la hausse des prix du carburant et aux déficits de plusieurs filiales étrangères, dont la belge Sabena et les françaises Air Littoral, Air Liberté et AOM, a-t-il reconnu. L'un des objectifs immédiats de SAir sera de leur faire retrouver les chiffres noirs.
M. Honegger s'est dit malgré tout confiant: «Nous trouverons une solution», a-t-il déclaré. La stratégie du groupe, qui consiste à «compenser la faiblesse de notre marché domestique en nous étendant à l'étranger» va dans la bonne direction.
Les perspectives pour l'exercice 2000 confirment l'optimisme du patron du SAirGroup, avec un bénéfice prévu de l'ordre de 200 millions de francs. M. Honegger n'a en revanche pas voulu faire de prévisions pour l'année prochaine.
swissinfo avec les agences