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L'initiative du comité d'Egerkingen "Oui à l'interdiction de se dissimuler le visage" démarre la campagne avec une longueur d'avance. Si les votations avaient eu lieu à la mi-janvier, le texte aurait été approuvé par 56% des votants, indique le premier sondage de l'institut gfs.bern pour le compte de la SSR.
L'accord de libre-échange avec l'Indonésie bénéficie lui d'une faible majorité de partisans (51%), tout comme la Loi fédérale sur les services d'identification électronique (52%).
Romands plus favorables à l'initiative que les Alémaniques
L'interdiction de la cagoule, du niqab et de la burqa dans l'espace public est soutenue dans toutes les régions linguistiques. Le plus grand oui émane de la Suisse italienne, avec plus de deux tiers de partisans. Cela ne constitue pas une surprise, dans la mesure où une telle interdiction a déjà été largement acceptée au Tessin en 2013. Avec un écart de neuf points de pourcentage, les Romands affichent un plus grand enthousiasme vis-à-vis du texte que les Alémaniques: la partie francophone y adhère à 63% contre 54% outre-Sarine.
Il n'existe par ailleurs pas de différences marquantes entre les sexes. La part des femmes qui prévoient de voter en faveur de l'initiative s'élève à 58%, soit quatre points de pourcentage de plus que leurs homologues masculins.
On observe par contre un écart significatif entre les citoyens vivant sur le territoire helvétique et les Suisses de l'étranger. Ces derniers sont en effet nettement plus convaincus par l'initiative, puisqu'ils totalisent 74% de oui.
Division gauche-droite
Une forte division apparaît sur l'échiquier politique. Le texte cartonne au sein des sympathisants de l'UDC, avec près de 90% de soutiens. Un résultat logique, dans la mesure où le parti est largement représenté au sein du comité d'initiative.
Le camp du oui peut également compter sur les autres formations bourgeoises. Les personnes adhérant au PLR ainsi que celles affiliées au parti du Centre (anciennement le PDC) comptabilisent chacunes 60% d'avis favorables. Dans le camp vert'libéral, le résultat est plus partagé, avec une faible majorité de 49% (contre 46%).
A l'inverse, le refus domine auprès des sympathisants socialistes et chez les Verts: tandis que le non tutoie les 70% chez les écologistes, il les dépasse chez les socialistes (73%). Le soutien du texte par certaines figures du PS ne semble donc pas avoir affaibli le camp des opposants.
>> La présentation des enjeux:
Un oui au nom de l'égalité
Parmi les arguments avancés dans chaque camp, ce sont surtout ceux des initiants qui semblent convaincre. Celui de l'égalité des droits entre hommes et femmes marque le plus de points (76%), suivi de la question sécuritaire, qui réunit près de deux tiers des voix.
A l'inverse, les opposants craignent surtout que le texte ne provoque un effet contre-productif. Ils sont en effet 59% à penser qu'avec une interdiction de se dissimuler le visage, les femmes concernées ne seront plus autorisées à sortir de chez elles.
Clivage gauche-droite sur le libre-échange avec l’Indonésie
Globalement, en ce début de campagne, plus d’un Suisse sur deux est favorable à l’accord de partenariat économique avec l’Indonésie. Les intentions de vote sont marquées par un traditionnel clivage gauche-droite, les sympathisants des Verts (57% de non) et du Parti socialiste (52%) rejetant majoritairement le texte. Les électeurs indépendants ne sont pas non plus convaincus (51%).
Les proches des autres grands partis, en revanche, approuvent la conclusion de cet accord de libre-échange conclu entre les quatre pays de l’AELE - Suisse, Liechtenstein, Norvège, Islande - et l’Indonésie. Trois quarts de l’électorat du PLR soutiennent ce projet, tandis qu’environ 60% des partisans du Centre, des Vert’libéraux et de l’UDC ont fait part de leur intention de voter oui.
Les Romands sont les moins convaincus
C’est en Suisse romande que l’opposition au texte est la plus forte avec 46% de non contre 41% de oui. L’accord de libre-échange avec l’Indonésie recueille une majorité d’opinions favorables dans les deux autres régions linguistiques: 50% en Suisse italienne et 54% en Suisse alémanique. Les Suisses sont encore 12% à se déclarer indécis, un chiffre qui grimpe à 16% au Tessin.
>> La présentation des enjeux:
Les femmes (44% de oui, 38% de non) sont plus réticentes que les hommes (58% de oui, 35% de non) face à ce nouveau partenariat économique. Près d’une femme sur cinq reste toutefois indécise. Les personnes au niveau d’éducation moyen ou élevé défendent l’accord, tandis qu’aucune majorité ne se dessine chez les sondés jouissant d’un niveau d’éducation bas (47% de oui, 48% de non).
Les arguments économiques dominent
Les arguments en faveur de l’accord font mouche au sein de l’opinion. La perspective pour les entreprises suisses de bénéficier d’un avantage compétitif par rapport à leurs concurrents étrangers, les garanties posées en matière de durabilité de la production d’huile de palme et l’accès facilité à un marché de plus de 270 millions de consommateurs potentiels convainquent la majorité des sondés.
Les opposants estiment pour leur part qu’il faut donner davantage de poids aux droits de l’homme et à l’écologie, que l’huile de palme bon marché menace la production d’huiles indigènes (colza, tournesol) et que les bénéfices économiques attendus ne justifient pas les dommages infligés par la production d’huile de palme. Même s’ils sont largement soutenus, ces arguments ne sont pas déterminants dans la décision de vote.
Le centre et la droite économique pour l’identité électronique
A l’instar de l’accord de libre-échange avec l’Indonésie, la Loi fédérale sur les services d’identification électronique rassemble pour l’heure une courte majorité d’opinions favorables. Les plus convaincus se retrouvent parmi l’électorat du PLR (72% de oui), des Vert’libéraux (69%) et du Centre (63%). La moitié des personnes proches d’aucun parti entendent également voter oui.
L’opposition à cette loi, qui vise à créer une carte d'identité unique afin d'accéder à de multiples services sur internet, est plus vive à gauche et à la droite de la droite. Alors que les Verts et le PS militent contre ce texte, les avis de leurs sympathisants sont très partagés. L’état de l’opinion est le même au sein de l’électorat de l’UDC, un parti pourtant favorable à la nouvelle législation.
Enthousiasme au Tessin, frilosité en Romandie
L’identité électronique telle que soumise au peuple séduit particulièrement les Tessinois. Deux tiers des italophones approuvent la loi et moins d’un quart d’entre eux y sont opposés. Le soutien est plus mesuré en Suisse alémanique (54% de oui contre 40%), tandis que les Romands sont les plus frileux (32% de oui contre 47% de non). A noter que la part d’indécis en Suisse romande dépasse les 20%.
>> La présentation des enjeux:
Les hommes (57% de oui) sont davantage conquis par le projet d’identité électronique que les femmes (48% de oui). Le sondage met aussi en lumière des différences selon l’âge des personnes interrogées: près de 60% des seniors disent oui, tandis que les plus jeunes affichent un certain scepticisme (49% de oui, 39% de non). Enfin, de manière générale, l’opposition à la loi est plus marquée chez les personnes issues de ménages à bas revenus que chez les autres catégories socio-économiques.
Même si l’opinion est majoritairement en faveur du oui, les arguments des opposants au projet d’identité électronique sont plutôt bien reçus par la population, relève le sondage. Une grande majorité des personnes interrogées estiment que l’émission d’une telle identité doit être du ressort de l’Etat et non du secteur privé. La crainte d’abus liés à la sauvegarde centralisée des données est aussi largement partagée.
Didier Kottelat et Mathieu Henderson
Méthode
Première vague de l'enquête de tendance SRG-SSR sur les référendums du 7 mars 2021 par l'institut de recherche gfs.bern. Réalisé entre le 11 et le 24 janvier 2021 auprès de 9067 votants (par téléphone et en ligne). La plage d'erreur statistique est de +/- 2,8 points de pourcentage.