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James Parks, AFL-CIO blog Traduction: Romain Felli
A l’origine des alliances ont existé entre le mouvement ouvrier et le mouvement syndical. Brisée par la crise des années 1970 elles sont en train de renaître.
L’histoire de la lutte contre la pollution de l’air et de l’eau au sein du mouvement ouvrier – qui faisait partie de la volonté des syndicats aux Etats-Unis (et en Australie) d’inscrire leurs luttes dans le cadre plus large de la communauté – peut nous donner des leçons utiles pour expliquer les mouvements d’aujourd’hui. L’AFL-CIO [la principale centrale syndicale des Etats-Unis] était la représentante du monde du travail aux deux première conférences nationales sur la pollution de l’air, en 1958 et 1962, et le mouvement syndical a continué à prendre au sérieux les questions écologiques sous le leadership de Walter Reuther. Jusqu’à sa mort en 1970, Reuther a averti qu’une crise écologique majeure était en formation et que celle-ci devait être au centre des négociations syndicales.
Le syndicat des travailleurs de l’automobile (UAW) a organisé la première journée d’enseignement sur l’environnement à l’Université de Michigan, deux mois avant la première journée de la Terre en 1970. Aussi incroyable que cela puisse paraître, l’UAW s’est associée au Sierra Club, à la Société pour la protection de la nature, à Action environnementale, aux Amis de la Terre etc., dans une lettre adressée au Congrès des Etats-Unis demandant «des standards de contrôle de pollution si sévères qu’ils interdisent d’ici cinq ans l’utilisation de moteurs à explosion dans les automobiles».
Néanmoins, l’embargo pétrolier de 1973, la stagflation chronique et la pression de la compétition internationale ont séparé de manière radicale le mouvement syndical et le jeune mouvement écologiste. Des travailleurs inquiets se sont rapprochés du point de vue anti-écologiste de leur hiérarchie et autant les syndicats que les associations de protection de l’environnement ont abandonné leur vision d’un front unique pour la réforme sociale, économique et écologique. L’alliance entre les syndicats, et le mouvement écologiste s’est effondrée au milieu des années 1970 sous l’argument inventée par le patronat que «le pays ne pouvait pas se payer le luxe de l’écologie».
Le chantage à l’emploi pour des motifs écologiques est devenue une stratégie importante du patronat et est toujours en cours, bien que depuis les années 1990 l’industrie accepte l’idée que la protection de l’environnement puisse aussi créer et maintenir des emplois. De manière ironique l’attaque néolibérale de Reagan et Thatcher contre les syndicats, les a en partie poussés à nouveau vers le mouvement écologique. Les campagnes contre l’Accord de libre échange des Amériques (NAFTA), l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et l’Accord multilatéral sur l’investissement (AMI), ont réamorcé le processus de rapprochement du mouvement ouvrier et du mouvement écologique aux Etats-Unis et dans le monde.