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Rééquilibrer travail et population
1,1 % de croissance de la population suisse en 2009. Cela paraît peu à première vue, mais cela fait tout-de-même 81'200 personnes supplémentaires, soit une ville de la grandeur de Saint-Gall, ou deux villes plus grandes que Fribourg ou Neuchâtel. Un jour nous serons contraints de nous arrêter, et si nous ne le décidons pas nous-mêmes, nous serons victimes d'un effondrement douloureux. Nous sommes dans l'hybris, la démesure arrogante d'une espèce qui a rompu les amarres et ne veut plus voir ses limites. Nous perdons le contrôle sur nous-mêmes et nous nous livrons ainsi à la merci d'une brutale réaction de la nature.
N'est-il pas absurde par exemple que Genève, dont la population a massivement voté pour l'interdiction de fumer dans les lieux publics, soit très fière d'avoir été choisie par Japan Tobacco comme siège international, avec mille employés, et que Nespresso ait construit une usine près de Payerne, dont la plupart des employés ont dû être recrutés à l'étranger ?
Ne serait-il pas plus intelligent de rechercher une stabilisation de notre population dès maintenant, en augmentant non pas la quantité, mais la qualité de la production, des services et de notre cadre de vie ? Il serait préférable de mieux répartir les forces de travail et de production entre régions trop prospères et celles qui souffrent d'une économie faible. L'on pourrait commencer en recherchant un équilibre aves nos voisins, pour créer des emplois en Haute Savoie, dans le pays de Gex, en Franche Comté, plutôt que de transformer ces régions en dortoirs qui déversent chaque jour leur flot de pendulaires sur les routes.
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