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Les sismologues suisses s'inquiètent du verdict de L'Aquila
La condamnation lundi de six scientifiques italiens à six ans de prison ferme pour avoir sous-évalué le risque de séisme à L'Aquila en 2009 a alarmé la communauté scientifique internationale. En Suisse aussi des voix s'élèvent pour défendre les experts qui auraient agi selon des principes scientifiques. (Lire aussi: Six ans de prison pour des scientifiques qui ont sous-estimé un séisme en Italie)
"Dans une situation similaire en Suisse, je n'aurais sans doute pas agi bien différemment de mes collègues italiens", a déclaré mardi Stefan Wiemer, directeur du Service sismologique suisse (SED).
Une chance sur 100 qu'un important séisme se produise
D'un point de vue scientifique, les experts italiens auraient fait tout juste: les règles pour l'évaluation des risques sont les mêmes depuis trente ou quarante ans. Selon ces principes, les essaims sismiques, soit une série de plusieurs séismes de faible intensité comme ceux survenus en 2009 dans la région de L'Aquila peuvent parfois être des signes avant-coureurs d'un plus grand tremblement de terre.
Mais c'est le cas pour seulement moins d'un pour cent des essaims, souligne Stefan Wiemer. Si l'on évacuait les populations à chaque fois que de tels événements survenaient, il faudrait le faire en moyenne cent fois avant que ne se produise un important séisme.
C'est ce qui a poussé le SED à conclure, dans une étude menée après la catastrophe de L'Aquila, que "la manifestation d'essaims sismiques ne doit pas conduire à une évacuation générale", insiste Stefan Wiemer. Le verdict prononcé lundi a donc "étonné" le directeur du SED.
Les scientifiques ne donneront plus de directives
Selon lui, il est peu compréhensible que les experts italiens aient été jugés sur leur manière de communiquer sur les risques car ce type de probabilité est difficile à exposer. Ces scientifiques ont été condamnés pour avoir tenté de transposer ces chiffres pour les rendre accessibles, estime Stefan Wiemer. "Nous devrons à l'avenir communiquer avec plus de prudence", conclut le directeur du SED.
Pour lui, la leçon à tirer après ce jugement serait que les scientifiques communiquent uniquement sur ce qui pourrait se produire, mais ne puissent plus donner de directives à la population.
agences/vtom