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P'Tit Louis était un personnage, une figure, un exemple pour certains, un "incontournable" pour utiliser un terme à la mode.
Surdoué dans tous les sports qu'il pratiquait, il était davantage porté sur les disciplines individuelles que sur les activités collectives. "Touche à tout" compétent, il s'est illustré entre autres en alpinisme, en escalade pure, en cyclisme sur route ou en VTT, à ski de fond, en spéléologie et j'en passe. S'il aimait être accompagné lors de certaines de ses activités en plein air, il était dénué d'esprit de compétition, mais il communiquait volontiers ses expériences et ses connaissances pour en faire profiter les autres.
Membre du Club Alpin Suisse depuis 45 ans, P'Tit Louis a eu une carrière d'alpiniste assez individuelle, et je n'ai pas trouvé dans les archives les récits de ses exploits en tant que clubiste. Par contre, je sais qu'il aimait grimper dans les déserts (Maroc et Jordanie), qu'il parcourait régulièrement les sites d'escalade de la région, qu'il a ouvert des voies aux Sommètres avec son ami, feu Francis Burri, ancien président de la section et qu'en spéléo il a participé à l'exploration du célèbre gouffre de Padirac dans le Lot, en France. Il a aussi pris part à certaines aventures collectives entre autres dans le Hoggar en 1978 avec notre section, au Népal et en Patagonie. Lors de deux expéditions successives (1997 et 1998) avec la section neuchâteloise dont le but était d'ouvrir une nouvelle voie dans les Torres del Paine, il en fut non seulement le photographe officiel, mais aussi un grimpeur à part entière. A la suite de ses voyages dans l'Himalaya, il s'est donné une tâche : Venir en aide financièrement à l'hôpital créé par Nicole Niquille à Lukla au Népal. Et pour cela il réalisa certains exploits à vélo sponsorisés au kilomètre parcouru par tous ceux qui le connaissaient.
Dans le domaine du ski de fond, c'était "une bête" ; il connaissait tous les coins et recoins de notre beau Jura neuchâtelois et il était capable de dénicher de nouveaux endroits favorables où après quelque aménagement et beaucoup "d'huile de coude" il pouvait y faire passer une piste et la dameuse qu'il conduisait en mains de maître presque toujours en fin de nuit. Avec son pote Philippe Pelot, il était l'âme des pistes de Pouillerel au-dessus de la ville, entretenant d'une manière exemplaire un réseau serré, praticable par tous, débutants ou chevronnés, en classique ou en skating. Et les deux compères avaient à coeur de faire durer la saison entre les toutes premières neiges de novembre et les crocus du printemps.
Graphiste et photographe, tout ce qu'il faisait en-dehors de ses activités professionnelles, découlait d'un bénévolat chronophage, raison pour laquelle il semblait très souvent pressé, qu'il donnait l'impression de toujours être en train de courir. Cependant il prenait sans hésiter un petit moment pour échanger quelques propos avec tous ceux qui le connaissaient peu ou prou, -et ils étaient fort nombreux-, avec en permanence une cordialité communicative et un très beau sourire.
On n'imaginait pas P'Tit mourir du Covid-19 ou d'un cancer ! Il est parti en pleine action comme c'est souvent le cas des grands sportifs, Erhard Lorétan ou Ueli Steck par exemple, dans le premier puits du gouffre du Petit Pré près de Bière, le 22 mai de cette année.
Maurice Zwahlen