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Le fort de Bellegarde
L'histoire de Bellegarde puise sa source dans le royaume de Majorque. En 1285, alors que ce royaume existait depuis moins de dix ans, Pierre III d'Aragon était une menace très sérieuse pour le jeune roi de Majorque Jacques II. Afin de se défendre, il fit bâtir une tour de surveillance au dessus du Perthus, équipée pour se défendre de façon autonome. Mais elle restait une simple tour de surveillance, avec ses 20 mètres de haut et ses murs épais que de 1m 50 (pas mal, mais insuffisant pour l'époque !). Lorsque durant le XIVe siècle le roi d'Aragon repris militairement son voisin, la tour fut délaissée d'un point de vue royal, elle ne servait plus qu'au seigneur de la région pour obliger les voyageurs à payer un droit de douane.
Avec le Traité des Pyrénées dans 1659 la frontière entre la France et l'Espagne fut tracée juste au col des Panissars. Cet emplacement fit de la tour un haut lieu stratégique, occupé par les français. Et c'est justement en 1667 que ces derniers parvinrent à repousser une attaque espagnole. Du coup le responsable royal des fortifications en Roussillon fit-il construire des redoutes, prolongeant ses défenses. Mais la véritable construction de Bellegarde vient de Vauban, qui décida de la construction d'une véritable citadelle en 1668 à la place de la tour. Alors que les travaux étaient en cours, en 1674, les troupes espagnoles s'emparent du fort, puis décident de le modifier eux-mêmes. Mais ces travaux ne virent jamais le jour, les français les en délogeant en 1675.
En 1793 les espagnols lancent une offensive d'importance pour envahir le Roussillon. Le général Ricardos passe par le Vallespir et occupe Prats de Mollo le 25 mai 1793. Le 5 juin, le fort Lagarde est occupé. Puis il descend la vallée et prend Bellegarde le 25 juin. Le fort restera espagnol pendant une bonne partie de la guerre, n'étant repris que le 7 septembre 1794 par les troupes du général Dugommier, après un siège de 4 jours. Le fort accueilli d'ailleurs le corps de son libérateur à sa mort, le 17 novembre 1794 à Figuèras, mais il fut déplacé plus tard et remplacé par un monument à la mémoire de ce grand général français. Par la suite le fort n'aura plus de rôle important dans l'histoire jusqu'à la deuxième guerre mondiale, où un épisode douloureux y sera joué. 1939, c'est la Retirada, la fuite des républicains espagnols face à l'avancée des troupes du dictateur espagnol Franco. Ce dernier s'étant allié à Hitler, les espagnols furent soupçonnés et internés temporairement dans des camps. Les premiers apparurent à Prats de Mollo et sur les plages d'Argelès, puis ce fut l'internement au camps militaire Joffre. Le Fort de Bellegarde jouera son rôle de camps d'internement en janvier et février 1939.
Description
Le fort a une forme générale pentagonale. Le glacis qui l'entoure est assez important, de l'ordre de 1Km. Cinq bastions protègent l'enceinte principale, toutes en relation les uns aux autres. Derrière le rempart, un deuxième mur intérieur protège le cœur de la forteresse, marquant ainsi trois niveaux de protection : Bastions, Remparts, Mur de protection. Le cœur de la forteresse, c'était les bâtiments de la garnison, pouvant contenir 600 hommes, une chapelle, un hôpital, une boulangerie et son moulin, etc. La chapelle était plutôt grande (11m20 de large par 12m50 de haut). Elle a été scindé au XIXe siècle en deux niveaux, atténuant la hauteur. Les magasins de poudre étaient enterrés, dans des petits bastions autonomes et parfaitement aérés. La seule entrée du fort, la "Porte De France", a été protégée par un fortin en forme de demi-lune. Le puits est gigantesque. D'un diamètre de 6 mètres, il fait 62 mètres de profondeur. Creusé en 1698, il a été suffisant pour permettre de soutenir un siège prolongé.
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