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Poésie, livret, alphabet, votre enfant passe beaucoup de temps à mémoriser. Cela fait partie intégrante de son métier d'élève. Alors comment faire pour que ces apprentissages se réalisent sans peine et non dans la douleur? Conseils.
C'est un fait établi : plus la matière est révisée, mieux elle est intégrée. La répétition demeure, en effet, un outil imparable pour lutter contre les déficiences de la mémoire. Le psychologue allemand, Hermann Ebbinghaus, a mis en lumière, au XIXe siècle déjà, les mécanismes de l'omission. L'homme de sciences a démontré que plus le temps s'écoule, plus nous oublions. La baisse la plus importante se produit les vingt premières minutes qui suivent l'apprentissage. La courbe descendante de l'oubli ne se stabilise qu'après une journée. En outre, la moitié des nouvelles connaissances acquises ne demeure plus accessible en mémoire après un jour. Et après 48 heures, il n'en reste plus que le quart. Les jours suivants, seules quelques bribes d'informations seront récupérables. Il convient donc de revenir à plusieurs reprises sur la matière tout en augmentant l'intervalle entre chaque rappel. Ce principe est appelé «spacing effect».
Suivant l'adage de Boileau «ce qui se conçoit bien s'énonce clairement et les mots pour le dire viennent aisément», il est inutile de tenter de mémoriser des informations incohérentes et qui ne revêtent aucun sens aux yeux de votre bambin. Pour rendre la matière plus lisible, il peut s'avérer utile de la décortiquer ou encore de la structurer en chapitres et sous-chapitres. N'hésitez pas à organiser le cours à apprendre en table des matières. Cela permet de mettre en exergue les informations essentielles et de hiérarchiser le savoir. Si votre enfant est visuel (voir : encadré), des diagrammes en arbres peuvent favoriser sa compréhension.
N'hésitez pas à demander à votre tête blonde de reformuler ce qu'il a appris. Cela permettra non seulement de vérifier s'il a bien intégré la matière mais consolidera également l'information à retenir dans sa mémoire. Vous pouvez bien évidemment aussi le questionner sur le sujet de la leçon.
Si votre bambin doit retenir un nombre important d'informations, mieux vaut séquencer l'apprentissage. Ingurgiter une trop grande quantité de matière n'est pas une stratégie d'apprentissage efficace. Mieux vaut passer trente minutes par jour sur un sujet que de le potasser durant trois heures, la veille d'un examen.
Afin d'améliorer la rétention de l'information, n'hésitez pas à mettre en relation de nouvelles notions au savoir déjà acquis par l'enfant. Relier de nouvelles informations à d'autres plus anciennes assure, en effet, une meilleur apprentissage. Ne craignez pas non plus de faire appel aux bons souvenirs du passé, qui suscitent un sentiment heureux. On se souvient, en effet, mieux des expériences passées à forte dose émotionnelle.
Différentes recherches ont montré qu'écouter de la musique tout en étudiant pouvait s'avérer contreproductif si les textes chantés étaient dans la même langue que les savoirs à acquérir. En effet, les informations à apprendre nécessitent le recours à la mémoire lexicale tout comme les termes entendu dans le chant. La zone du cerveau utilisée se trouve, par conséquent, vite saturée. Par contre des bruits de faible intensité comme l'aspirateur ou la circulation extérieure n'affectent pas les apprentissages. Idem pour l'écoute de la musique classique ou encore du jazz.
En matière mémorielle, il existe trois dominantes : visuelle, auditive et kinesthésique. Mais on peut tout à fait être auditif et visuel en même temps, seulement une mémoire prédominera sur l'autre.
Mémoire visuelle: les élèves visuels apprennent ce qu'ils voient. Ils ont besoin de souligner les choses à apprendre à l'aide de stabilos de différentes couleurs. Ils peuvent aussi se représenter la matière à acquérir sous forme de dessins, tableaux et diagrammes.
Mémoire auditive: les enfants auditifs apprennent en entendant. On peut donc leur réciter la leçon à retenir ou ils peuvent la lire à voix haute. N'hésitez pas à poser des questions à votre bambin car l'oral lui permet de mieux consolider la matière.
Mémoire kinesthésique: les écoliers kinesthésiques apprennent par l'expérience. Ils ont besoin de toucher, de tester et de mettre en pratique pour mémoriser. Avec ces enfants, il peut être utile de faire des exercices et de mimer la matière à acquérir.