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L'éthique de cette période tourne autour de la notion juridico-morale de responsabilité, qui demeure jusqu'à nos jours, et sans vraie résolution, une ligne de faîte de la vie éthique. Si le mot n'a pas été créé au Moyen Âge, la notion, sous le nom d'imputation et d'imputabilité, fut très fermement discutée. La situation de discussion restait ouverte tant que cette notion n'était pas inscrite dans des codes, même révisables. C'est une orchestration cohérente de l'éthique qui subit le silence du formalisme scotiste, malgré un ultérieur intermède jésuite. Cette situation suscite des échos dans le monde contemporain occidental où un long cycle de jugement formel, conduisant à l'impératif catégorique (le Sollen) de Kant fut suivi d'une réaction intense : l'éthique avait à juger singulièrement les actes humains. À ce mouvement, il faut associer la période 1860-1960 (Charles Renouvier, Nietzsche, Freud, Hannah Arendt), à laquelle succède un nouveau formalisme.
Le droit est revenu absorber la morale, notamment avec cette prégnance de la responsabilité. Les conduites humaines sont réduites au risque de faute. La responsabilité a servi à amortir les heurts des conduites, par une sorte d'équivalence au " principe de précaution ", cet éloge de l'inertie cauteleuse, récemment inscrit dans la Constitution française. Mais l'histoire montre que d'autres retours sont possibles.