Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07216.jsonl.gz/410

C'est ce que constate l'Office fédéral allemand de la géologie et des matières premières BGR dans le cadre d'une étude énergétique publiée le 27 mars 2003. Le BGR n'a tenu compte que des ressources assurées exploitables à bon marché. Les réserves moins avantageuses, les ressources spéculatives ainsi que les stocks provenant du démantèlement d'armes atomiques utilisés pour la fabrication de combustible n'ont pas été intégrés dans les calculs. Si tel était le cas, l'uranium suffirait pour plusieurs centaines d'années.
Les réserves et ressources d'uranium sont réparties sur un nombre limité de pays dans le monde. Presque 99% des réserves exploitables à un prix de jusqu'à 40 dollars le kg de métal d'uranium se trouvent dans 10 pays. L'Australie (646'000 tonnes d'uranium, 41%) vient en tête devant le Canada (265'000 tonnes, 17%), le Kazakhstan (232'000 tonnes, 15%) et l'Afrique du Sud (118'000 tonnes, 8%). Ces quatre pays détiennent plus de 80% des réserves mondiales.
Les centrales nucléaires, qui représentent une puissance de 360'000 MW, ont consommé en 2001 quelque 64'400 tonnes d'uranium, dont 34'000 tonnes environ sont provenues de la production minière. Contrairement aux combustibles d'origine fossile, il existe depuis plusieurs années pour l'uranium une sorte de fossé entre production et consommation. Au cours de ces cinq dernières années, la production minière mondiale d'uranium a atteint entre 32'200 tonnes et 37'300 tonnes par an pour une consommation annuelle avoisinant les 60'000 tonnes. Le déficit a été comblé par des stocks civils constitués antérieurement, et de plus en plus aussi par des stocks stratégiques militaires provenant en particulier de Russie. Pour ce qui est de la consommation future, l'uranium rendu disponible par le désarmement militaire ainsi que l'uranium et le plutonium issus du retraitement joueront un certain rôle, ce rôle dépendant toutefois de décisions politiques.
En ce qui concerne l'approvisionnement en uranium provenant de la production minière, seuls quelques pays assurent la majeure partie de la couverture des besoins mondiaux. Le Canada a couvert ainsi 31% de la production mondiale, l'Australie, le Niger et la Namibie 32% au total. Les gros consommateurs d'uranium que sont les Etats-Unis, la France, le Japon, l'Allemagne et la Grande-Bretagne n'ont qu'une production nationale limitée (Etats-Unis, France) ou dépendent entièrement des importations. En cas de prix se maintenant à un niveau peu élevé, la tendance à concentrer la production sur quelques pays disposant de gisements avantageux (Canada, Australie, Kazakhstan, Ouzbékistan) se poursuivra. En 2001, 80% environ de l'uranium ont été produits par les cinq plus grandes sociétés minières.
Source
M.E./C.P. d'après un communiqué du BGR du 27 mars 2003