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Les moutons avaient été chargés sur le vaisseau Al Badri, enregistré en Tanzanie, construit en 1973, et reconverti dans le transport d'animaux vivants. Le navire était largement surchargé, avec près de 16'000 moutons à bord pour une capacité officielle de 9000. Ce nouvel incident est révélateur de la face sombre d'une énorme industrie.
En effet, pour l'Europe uniquement, ce sont presque trois millions d'ovins et de bovins qui sont chargés vivants chaque année sur des navires, qui partent en premier lieu de Roumanie et d'Espagne vers le Liban, la Jordanie, Israël, la Libye, la Turquie ou encore l'Arabie Saoudite. Au total, presque 45 millions de moutons, de vaches et de porcs sont véhiculés vivants depuis l'Europe, par la route ou la mer.
Rapport du Parlement européen
Depuis le naufrage fin 2019 du Queen Hind dans un port roumain avec plus de 15'000 moutons à bord, le Parlement européen a commandité un rapport.
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Ce rapport, publié l'année dernière, dénonçait le manque de régulation et de contrôle dans ce secteur.
A commencer par les navires qui servent au transport de ces animaux. Sur les 78 bateaux autorisés par l'Union européenne pour le transport d'animaux vivants, seulement 5 sont en réalité des navires conçus à cette fin, c'est-à-dire avec des systèmes d'aération, de dessalement de l'eau et compartimentés.
Les autres sont des navires cargo reconvertis, dans lesquels on a simplement placé des cales. Plus de deux tiers des navires autorisés naviguent sous pavillon placé sur liste noire. L'âge moyen de ces vaisseaux est de 41 ans.
Nombreux manquements
Ce rapport parlementaire dénonce de nombreux manquements en termes de respect du bien-être animal, d'hygiène et de sécurité notamment.
Cela signifie qu'une partie de ces animaux doivent voyager des jours ou des semaines, parfois sur leur fumier, dans des températures de plus de 30 degrés. Certains meurent asphyxiés par les odeurs d'ammoniaque, écrasés par les autres ou noyés parce que le bateau qui les transporte était surchargé.
Katja Schaer/lan