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Encore une mauvaise nouvelle pour la thérapie génique. Une équipe de l'Université de Stanford vient de découvrir que l'un des vecteurs viraux utilisés pour introduire les gènes thérapeutiques dans les cellules présente un risque de lésions génétiques iatrogènes plus élevé que prévu (Nature genetics, publié en ligne, DOI : 10.1038/ng1179, à paraître dans le numéro de juillet). Il s'agit des virus associés à un adénovirus (AAV), des vecteurs considérés comme prometteurs, en particulier pour le traitement des maladies chroniques, car ils permettent d'obtenir une expression durable d'un transgène dans des tissus variés, chez l'homme comme chez l'animal. Avec ces vecteurs, les séquences thérapeutiques sont bien insérées dans le noyau des cellules, mais ne s'intègrent que rarement dans les chromosomes.Ces insertions possibles ne présenteraient que peu de risques si elles se produisaient en des positions aléatoires du génome, car seule une faible partie du génome est fonctionnelle. Malheureusement, les gènes introduits par ce vecteur auraient tendance, lorsqu'ils s'insèrent dans le génome, à le faire précisément dans des gènes en train de s'exprimer. Les chercheurs ont observé ce phénomène in vivo dans des cellules hépatiques de souris, pour un transgène inséré au moyen d'un AAV recombinant de sérotype 2 (rAAV2). Ils ont également constaté d'importantes mutations sur les sites d'insertion : des délétions systématiques de plusieurs centaines de paires de bases, la plus longue ayant atteint plus de 2000 paires de bases.Selon les chercheurs, qui citent d'autres résultats récents, «il est de plus en plus évident que la sélection des sites cibles par les rétrovirus et les rétrotransposons n'est pas aléatoire». Rappelant que le VIH-1 lui aussi a tendance à insérer ses séquences au milieu de gènes actifs, ils concluent que «l'insertion préférentielle dans des gènes actifs pourrait être une propension commune de certains types de vecteurs, dont les rAAV2». En attendant d'en savoir plus, les auteurs jugent que ces résultats doivent être pris en compte dans les évaluations du rapport risque-bénéfice des thérapies géniques. La chirurgie du génome n'est pas au bout de ses peines.