Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06975.jsonl.gz/698

2965
La pierre ollaire est souple et accumule la chaleur. Assez rare dans la région, elle stimula autrefois un art lié à la création d'objets en pierre ollaire. Si ce minéral existe dans diverse régions du Sopraceneri (vallées Maggia et Verzasca, Centovalli, Locarnais), c'est en Haute Valmaggia (surtout en Val di Peccia, Val Lavizzara et Val di Campo) que son exploitation prit une certaine ampleur, atteignant notamment les régions du nord de l'Italie.
Le travail débutait par l'extraction des blocs ou plaques sur les lieux d'affleurement. Le transport dans les vallées était dur et fatigant, étant donné le poids et le volume du matériau et les distances et dénivellations à affronter. La pierre était ensuite travaillée au tour hydraulique à l'extérieur et creusée à l'intérieur Des « laveggi » (récipients à feu), des récipients pour la conservation des aliments et des lampes était ainsi formés. Les pierres ne se prêtant pas au tournage étaient transformées au moyen d?outils de coupe et de frappe (marteau, ciseaux, lime) pour construire « pignes » (environ 500 en Valmaggia), bassins, pierres tombales et bouches de four.
Cet artisanat était déjà pratiqué dans l'Antiquité : des objets en pierre ollaire vieux de 2000 ans ont été retrouvés. Son déclin débuta avec l'arrivée de nouveaux matériaux et techniques de chauffage, vers la seconde moitié du XIXe s. et disparut au XXe s., quand une crue détruisit le dernier tour hydraulique de San Carlo, en Val di Peccia.
Le musée ethnographique de la Vallemaggia (Cevio) présente une section dédiée à l'extraction et au travail de la pierre ollaire.