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La coopération agricole Fenaco investit 200'000 francs dans la campagne de l'Union suisse des paysans (USP) "Nous protégeons ce que nous aimons". Cette incursion sur le terrain politique, provoquée par deux initiatives antipesticides, devrait rester une exception.
Dans une interview parue samedi dans la Bauernzeitung, le directeur général de Fenaco Martin Keller précise que cette dépense "doit être considérée comme une exception". Les deux initiatives populaires antipesticides font planer une menace sur les membres de la coopérative Fenaco.
Selon la coopérative agricole, il n'est pas possible de satisfaire la demande actuelle et les normes de qualité en interdisant les pesticides de synthèse. Sur ce point, il est nécessaire de mieux informer, juge M. Keller.
La campagne de l'USP, dotée d'un budget de 800'000 francs, fournit les explications souhaitées par M. Keller. Elle souhaite "réaliser un travail d’information sur les thèmes soulevés par l’initiative pour une eau potable propre, avant tout sur la protection des végétaux et l’alimentation des animaux", selon les termes de l'Union suisse des paysans.
Un million pour la campagne
Le président de l'USP Markus Ritter s'est défendu samedi de faire directement campagne contre les deux initiatives antipesticides. Interrogé Keystone-ATS, il a toutefois admis que la campagne d'information n'aurait pas la même envergure si ces deux textes n'existaient pas.
La coopération agricole Fenaco participera aussi à la campagne de votation, ajoute M. Ritter. L'USP compte dépenser un million de francs lors de ce scrutin. Selon son président, c'est montant est nécessaire si l'on souhaite être entendu à l'échelle nationale.
L'initiative populaire sur les pesticides de synthèse demande d'interdire l'utilisation de ces produits dans la production agricole ainsi que pour l'entretien des sols et des paysages. Elle réclame également l'interdiction d'importer à des fins commerciales des denrées alimentaires qui contiennent des pesticides de synthèse ou qui ont été fabriquées à l'aide de ces produits.
L'autre initiative vise à garantir la qualité de l'eau potable. Les agriculteurs ne pourraient toucher de paiements directs qu'à la condition de respecter des exigences écologiques comme la préservation de la biodiversité, une production sans pesticides et des effectifs d'animaux nourris avec le fourrage produit dans l'exploitation.
Le Conseil fédéral recommande de refuser ces deux textes. Un avis partagé par l'USP.