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La guerre et les droits de l'homme au coeur des prochaines Journées de Soleure
Au total, 217 oeuvres seront projetées en une semaine. "Cette année, nous pouvons constater un nombre particulièrement élevé de fictions, une grande quantité de films basés sur des figures féminines fortes, et surtout des modes de narration originaux, osés", a souligné mardi Niccolò Castelli, directeur artistique du festival, face aux médias réunis à Soleure.
Film d'ouverture en lice pour le prix principal
Parmi les films à voir dans un mois, sept se disputeront le Prix de Soleure, doté de 60'000 francs et qui récompense un long-métrage pour son humanisme.
Le film d'ouverture, "This Kind Of Hope" du réalisateur helvético-polonais Pawel Siczek fait partie des sept films en compétition. Il s'agit d'un documentaire sur le régime bélarusse à travers le regard de l'opposant Andreï Sannikov.
Le long métrage suit ce dernier à partir de 2013, deux ans après sa sortie de prison. Candidat à l'élection présidentielle en 2010, il avait été enfermé après le scrutin.
Président de la Confédération en 2023, le ministre de la culture Alain Berset assistera à la projection dans le cadre de la soirée d'ouverture du festival.
Retour au Kosovo
Egalement en lice pour la principale récompense, "Big Little Woman", de Nadia Fares, évoque le combat intergénérationnel de femmes contre les interdictions patriarcales en Egypte et en Suisse. La fiction "The Land Within" de Fisnik Maxville raconte, pour sa part, l'histoire de Remo qui retourne au Kosovo après un long exil, pour aider sa cousine dans l'exhumation d'un charnier. Une grande partie de leur famille y a été enterrée durant la guerre.
Les quatre autres films en compétition sont la fiction canado-suisse "Until Branches Bend" de Sophie Jarris, ainsi que les documentaires "The Curse" de Maria Kaur Bedi et Satinder Singh Bedi, "The DNA Of Dignity" de Jan Baumgartner et "Trained To See - Three Women And The War" de Luzia Schmid.
>> A voir, la bande annonce de "Trained To See: Three Women And The War":
Prix du public et premières oeuvres
Huit films sont sélectionnés pour le Prix du public, doté de 20'000 francs. Il s'agit des fictions "A Forgotten Man" de Laurent Nègre, "Jill" de Steven Michael Hayes, "Le voyage à Eilat" de Yona Rozenkier et "Vous n'êtes pas Ivan Gallatin" de Pablo Martin Torrado, ainsi que des documentaires "Amine" de Dani Heusser, "I Giacometti" de Susanna Fanzun, "Just Charity" de Floriane Devigne et "The Mies Van Der Rohes" de Sabine Gisiger.
La section des premières oeuvres "Opera Prima" montre cette année sept films de jeunes cinéastes qui reflètent le besoin de relations humaines après la pandémie. Par exemple, "Réduit" de Leon Schwitter réunit un père et son fils qui apprennent à mieux se connaître lors de vacances à la montagne.
Quant à "Foudre" de Carmen Jaquier, il raconte l'histoire d'une adolescente qui, en été 1900, est obligée de quitter son couvent et rejoindre sa famille en raison de la mort mystérieuse de sa soeur aînée. La meilleure première oeuvre est récompensée de 20'000 francs.
Panorama: seul "oui" signifie "oui"
Le section Panorama, qui réunit des films projetés hors compétition, regorge aussi de longs métrages "qui mettent le doigt là où ça fait mal" dans différents domaines de la société. Ainsi, "Theo: Eine Konversation mit der Ehrlichkeit" ("Theo: une conversation avec l'honnêteté"), de Damien Hauser raconte comment un jeune de 18 ans découvre, dès sa première relation sexuelle que seul un "oui" signifie vraiment "oui".
Outre de nombreux films, les Journées de Soleure proposent aussi des débats. Ces rencontres invitent des cinéastes à parler notamment de l'intimité devant la caméra, de l'utopie dans le cinéma ou encore de la réalisation, par des représentants de la diaspora, de films sur leur pays d'origine.
ats/mh
Budget prudent et nouvelle direction
Les Journées de Soleure 2023 présentent un budget prudent de 3,354 millions de francs. La 58e édition suit en effet deux millésimes "compliqués: en 2021, le festival a eu lieu entièrement en ligne en raison de la pandémie, et en 2022, seuls 29'000 cinéphiles avaient pu faire le déplacement en raison des restrictions antipandémiques sur place, soit la moitié des éditions 2019 et 2020.
La nouvelle direction bicéphale des Journées de Soleure est composée de la directrice administrative Monica Rosenberg et de son homologue artistique Niccolò Castelli. Le duo a succédé au trio intérimaire Veronika Roos, Marianne Wirth et David Wegmüller après que l'ancienne directrice Anita Hugi a été évincée en 2021.