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Sa plus grosse frayeur, Fanny Smith l'a connue lors d'un entraînement aux X-Games en 2011. "J'ai fait une chute à l'entraînement. J'ai atterri sur mon dos sur un énorme saut, explique la championne de skicross. J'ai vraiment eu peur à ce moment-là. Je me suis demandé: 'est-ce que je vais être en chaise roulante ou pas?' Je me suis dit 'essaye de bouger tes orteils'. J'étais tétanisée, mais heureusement, j'ai pu les bouger."
La Vaudoise s'en est finalement sortie avec plusieurs contusions et a pu prendre le départ trois jours tard. "Cette chute ne m'a pas bloquée. J'avais envie de concourir, de faire la finale des X-games. Ce n'était pas envisageable que je ne cours pas."
Même si elle pratique un sport à risques, la championne du monde 2013 avoue ne pas ressentir de peur. "Dans mon sport, on ne peut pas avoir peur. Si j'ai peur, je peux arrêter ma carrière. On peut avoir des petites peurs, mais pas du style 'je ne peux pas faire ce saut'. Ce n'est pas possible car cela devient dangereux."
"Le café m'a peut-être sauvé la vie"
Alan Roura a, lui, connu sa plus grande peur durant le Vendée Globe. "C’était dans le Grand sud, une zone très éloignée de toutes côtes où les secours peuvent être à une semaine de mer, raconte le navigateur genevois, dont le bateau a subi à une sérieuse arrivée d'eau après avoir heurté un OFNI (objet flottant non identifié). Je me suis dit 'est-ce que je vais réussir à sauver le bateau, est-ce que je vais mourir ici, pourquoi moi, pourquoi maintenant?' Il faut surmonter ses peurs en quelques secondes pour retrouver la force d’aller réparer le bateau tant bien que mal et repartir le plus rapidement possible pour aller se mettre à l’abri."
"A ce moment-là, j’étais assez sonné et je me suis dit: 'je vais me faire un café'. Je me suis fait mon café et j’ai réfléchi 5 minutes, alors que l’eau continuait à rentrer dans le bateau. Finalement, cette pause m’a permis de prendre des décisions. Le café m’a peut-être sauvé la vie!"
"Le sauvetage du bateau a duré en gros une heure et demie, poursuit Roura. Ce n'est pas grand-chose pour sauver sa vie. On a l’impression d’avoir une bombe dans les mains et il faut couper le bon fil. Après coup, il y a déjà la fierté de pouvoir se dire 'ça, je l’ai fait et on ne me l’enlèvera jamais'. Je peux le raconter à plein de gens mais personne ne peut ressentir ce que j’ai ressenti à ce moment-là."
"J'ai déjà grillé un joker"
Michaël Burri a, lui, vécu la peur de sa vie au Rallye du Chablais en 2012. "Avec mon copilote, on est arrivé à 150 km/h dans un virage à droite, alors que quasiment tout le monde descendait d'un rapport. On a loupé un pont et on est parti dans un ravin", raconte le pilote jurassien.
"On n'a pas eu le temps d'avoir peur, car cela est allé très vite. Dans mes souvenirs, on a volé au-dessus des arbres pendant 10 minutes, alors que c'était 3 ou 4 secondes, poursuit Burri, qui s'en est sorti miraculeusement sans grosses séquelles. "Quand j'ai mis les pieds par terre, j'ai perdu la vue pendant une trentaine de minutes. Lorsque l'adrénaline est retombée, on s'est dit avec mon copilote qu'on l'avait échappé belle. A ce moment-là, je ressentais plus de l'angoisse que de la peur. La peur est arrivée plus tard."
Le Jurassien, qui avait 24 ans au moment de l'accident, n'a désormais plus la même insouciance. "Je réfléchis plus quand je suis au volant. Je me dis que j'ai déjà grillé un joker dans ma vie et qu'il ne m'en restera pas 10. A chaque départ de rallye, j'ai les jambes qui tremblent, ce qui n'était pas le cas avant. J'ai peur, je me demande pourquoi je suis là, pourquoi je fais encore cela. Quand j'ai fini le rallye, c'est le contraire, j'ai envie d'y retourner tout de suite."
RTSsport