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Guillaume Pitron, Editions Les Liens Qui Liberent.

L'avis du Club de présélection du prix Turgot
|Hubert Alcaraz||

L'humanité est engagée dans une révolution industrielle, censée offrir des solutions plus respectueuses de la planète. L'auteur au terme d'une enquête approfondie et documentée dévoile les dessous et les conséquences de la recherche de ce nouveau «Graal». Ces technologies, dites «vertes», s'appuient sur une matière première limitée, les terres et les métaux rares. Leur exploitation et leur traitement, en quasi extinction en Occident (niveaux de prix faibles, problèmes environnementaux), se sont déplacés vers des pays aux contraintes moindres. C'est ainsi que la Chine a pris opportunément le relais en exploitant ses mines, en rachetant à bas prix les stocks des pays occidentaux et parfois en s'appropriant la production des pays émergents. Cette position de quasi- monopole, dans la production et la vente des terres et métaux rares, assure à la Chine un avantage concurrentiel lui permettant de faire plier les concurrents, dépendants de ces ressources, et de les contraindre souvent à installer en Chine des filiales. L'accès aux technologies importées alimente une nouvelle ambition: l'appropriation de la plus-value des industries aval et le développement des hautes technologies. Conséquences de cette stratégie, un transfert massif de richesses de l'Occident vers la Chine et la création de millions d'emplois. Pour pallier cette dépendance lourde de conséquences, des projets fleurissent et des législations se mettent timidement en place, mais tous s'inscrivent dans le long terme et demandent de lourds investissements à fort risque: colonisation de l'espace, exploitation des astéroïdes et des océans, nouvelles technologies....
En attendant et pour quelques décennies, la planète Terre paiera un lourd tribut environnemental, bien éloigné des espoirs de ce début de siècle. Face à une Chine, devenue le nouveau «maître du jeu» et au renversement des rapports de force entre pays producteurs et pays consommateurs, quelles seront les réactions de l'Occident durant cette période de transition et quelles en seront les conséquences?
|Michel Gabet||

En voulant nous émanciper des énergies fossiles nous sombrons en réalité dans une nouvelle dépendance: celle des métaux rares. Dans son livre Guillaume Pitron nous livre sur ce sujet une enquête édifiante.
Ils sont devenus indispensables au développement de la nouvelle société écologique (éoliennes, panneaux solaires…) et numérique (ils se nichent dans nos smartphones, nos ordinateurs, tablettes et autres objets connectés de notre quotidien).
La transition énergétique est-elle vraiment exemplaire? Les coûts environnementaux, économiques et géopolitiques de cette dépendance seront pires encore que ceux de notre société industrielle actuelle.
Pour la même production d’énergie, les technologies utilisées aujourd’hui consomment davantage de ressources que les précédentes. La transition énergétique nécessite davantage de ressources et seul 1% de cette consommation de métaux rares est recyclée. La chine – qui produit 95% des terres rares – est en quasi-monopole sur plusieurs métaux rares et s’est approprié la production de plusieurs pays émergents.
Mais où et comment allons-nous nous procurer ces ressources? Ne sommes-nous pas devenus entièrement dépendant de la bonne volonté de la Chine dans ce domaine? Quel prix pour nos économies, les hommes et l’environnement? L’irruption de ces nouvelles matières n’a pas rendu à l’homme et à la planète le service que promettait l’éclosion d’un monde plus vert. Car après les dominations britanniques et américaines sur le charbon et le pétrole, c’est la Chine qui est en train d’asseoir sa domination sur le 21e siècle grâce au commerce des métaux rares. Le capitalisme, dont la résilience repose dorénavant sur l’avènement des technologies vertes et numériques, va devenir de moins en moins inféodé aux carburants des deux précédentes révolutions industrielles en même temps qu’il va se trouver de plus en plus assujetti aux métaux rares de la transition qui vient. En 2010 la Chine a mené un embargo sur les terres rares contre le Japon, nous sommes en train de mettre notre avenir entre les mains de la Chine et de son bon vouloir.