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Le problème de l’hérédité
de la polyarthrite rhumatoïde (PR) préoccupe, de façon bien compréhensible,
les malades et leurs familles. Nous disposons d’un certain nombre de données
statistiques qui permettront d’esquisser une réponse à votre question.
Il faut remarquer tout
d’abord que la distribution géographique de cette maladie est très
variable. C’est ainsi qu’on trouve une prévalence de 0,12 % dans les
communautés rurales du Transvaal, contre une prévalence de 3 % à Heinala
(Finlande). Dans nos régions, la fréquence est de l’ordre de 1 %. Ces différences
importantes ne peuvent pas s’expliquer uniquement par des facteurs climatiques
ou environnementaux.
Des études de population
ont cru montrer une certaine agrégation de cas de PR dans cette famille. Mais
ceci ne peut être prouvé qu’en comparant des familles nombreuses, devenues
rares dans nos contrées.
Les études portant sur les jumeaux
montrent que la prévalence de la PR est 6 fois plus forte que chez les
contrôles pour ce qui est des jumeaux dizygotes (« faux jumeaux »)
et 30 fois plus forte pour les jumeaux monozygotes (« vrais jumeaux »).
On sait d’autre part que
la PR peut être associée à des antigènes d’histocompatibilité,
transmis pas voie génétique.
Pour ce qui est des enquêtes
familiales, les résultats sont discordants. Dans la plupart des enquêtes
(mais non toutes), la PR séropositive (avec test Latex positif) est deux à
trois fois plus fréquente chez les parents de polyarthritiques que chez les
parents de témoins. Les parents de sujets atteints de PR séropositive ont plus
souvent que les témoins des réactions de détection du facteur rhumatoïde
positives, sans pour cela développer la maladie.
En conclusion, ces études
tendent à démontrer qu’il existe une prédisposition génétiquement
déterminée à la polyarthrite rhumatoïde, mais celle-ci est peu importante.
Elle n’est certainement pas liée à un seul gêne, comme par exemple l’hémophilie,
où l’on peut prédire exactement le risque pour la descendance.
Autrement
dit, la présence d’un cas de PR dans les ascendants ne fait qu’augmenter
modérément la prévalence, normalement de 1 % dans nos régions, jusqu’à
des taux de 2 à 3 %. Aucune prévision n’est possible, comme dans une
loterie.