Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07053.jsonl.gz/227

Alors que j'ai cru un temps que la gauche radicale en était exempte (c'est en tout cas la réputation qu'elle avait), il me faut bien admettre qu'elle est aussi touchée par le carriérisme.
Parmi les 9 nouveaux élus d'Ensemble à gauche, nous avons en effet eu droit à des démonstrations de carriérisme.
Rémi Pagani, qui a volontairement décidé de s'emparer de deux mandats différents (deux mandats très lourds qui plus est !)...
Magali Orsini, qui nous fait l'éloge du petit patronat comme modèle de la société future post-capitaliste, en pleines élections...
Puis, après avoir été élue, elle nous raconte que les parlementaires sont « les meilleurs » (mais dans ce cas, pourquoi ces générations de « meilleurs » nous ont-ils laissé le monde dans l'état dans lequel il est ?)
Misère du socialisme je vous dis (déçu sur ce coup).
-
-
Il faut cesser d'utiliser ce mot « social-démocratie » comme s'il avait une valeur équivalente au mot « socialisme » ou « libéralisme », car c'est complètement faux.
La social-démocratie est un mouvement politique historique, non un courant d'idées philosophiques. Autrement dit, c'est un mot qui désigne quelque chose de relatif à une époque, et non une entité universelle (comme la grande catégorie générale philosophique du « socialisme »).
Staline, Marx, et François Hollande, ont été actifs au sein de partis social-démocrates, et par conséquent, ont, de facto, été des social-démocrates (et ils s'en sont d'ailleurs chacun revendiqués).
Il suffit d'être membre d'un mouvement social-démocrate pour être social-démocrate, tandis qu'on peut être socialiste et être dans un mouvement social-démocrate ou dans une autre organisation, mais pour être socialiste il faut adhérer au courant d'idées socialiste (au socialisme).
Donc par pitié, arrêtons de prêter un sens qu'il n'a pas à ce mot.
-
La semaine passée, j'étais en cours de philosophie antique en train d'étudier la conception de la justice de Platon dans la République, et nous avons abordé (livre I) les premières définitions de la justice que proposent certains des intervenants du dialogue.
L'une d'entre elles établissait que l’État juste est l’État qui ne permet à nul citoyen d'avoir davantage de pouvoir que d'autres, et que par « pouvoir » il entendait aussi richesse et argent. L'intervenant du dialogue de Platon ajoutait que ce n'était certes pas le cas aujourd'hui (c'est à dire à l'époque de la Grèce antique).
Ce qui est intéressant, c'est qu'à ce moment-la du cours, une élève s'est écriée que de nos jours, à Genève, nous vivions exactement la même situation. Elle s'élança ensuite dans un diatribe indigné contre les riches, les augmentations des cotisations à l'assurance maladie, le niveau très élevé des loyers qui allait dans la poche des propriétaires, etc.
Pour conclure l'anecdote, le professeur proposa alors (de manière amusée) au reste de la classe de commencer une révolution dans la classe même.
L'intérêt de cette réaction tient dans le fait qu'elle démontre ce que je supposais : la philosophie est subversive.
L'étude de la philosophie ne peut que mener à une position critique envers la société contemporaine. Nous devons donc voir dans la philosophie un outil de transformation social (dans une optique gramscienne), à même de briser le consensus social-libéral actuel. Il nous faut aussi réfléchir à comment produire du contenu philosophique capable d'intéresser le grand public (une position qui s'inscrirait aussi dans celle défendue par l'association des étudiants en philosophie de Genève, Phileas).
-
L'assemblée générale du PS genevois de jeudi dernier n'a pas vraiment tranché clairement les modalités des candidatures Socialistes au Conseil d’État.
En effet, voici quelques options qui pourraient être adjointes à nos deux candidatures :
- Nos candidats s'engagent à ne pas assumer les décisions prises par le Conseil d’État, lorsque ces dernières vont à l'encontre des positions du PS et à le faire savoir publiquement (dénoncement et non respect de la collégialité).
- Dans le cas où le Conseil d’État prendrait des décisions allant à l'encontre des positions du PS de manière répétée et de manière trop élevée, ou dans le cas où on tenterait de leur imposer le respect de la collégialité, les candidats s'engagent à démissionner de leur siège.
- Dans le cas où seuls 2 élus de gauche seraient élus au Conseil d’État, les candidats doivent abandonner leur siège (refuser son élection).
- Dans le cas où seul 1 élu Socialiste sur 2 serait élu au Conseil d’État, ce dernier doit abandonner son siège.
Ces conditions n'ayant pas été adjointes pour le moment aux candidatures Socialistes au Conseil d’État, le débat sur leur utilité reprendra donc en tout cas après les élections (après le deuxième tour). Un débat s'imposerait selon moi à ce moment-la pour discuter des options de notre parti et trancher sur ce qui lui est le plus favorable.
-
Les faits sont bien connus.
Les Verts ont perdu beaucoup de sièges, le PS s'est maintenu, Ensemble à Gauche est rentré au parlement en perdant encore des pourcentages de voix, le MCG a fait un score énorme, l'UDC a crû, le PDC aussi, le PLR s'est affaibli, les petits partis n'ont pas atteint le quorum.
Que faire ?
Pour les Verts, cette chute électorale vient démontrer que leur tentative de centrisation (« nous sommes un parti du centre », « ni de gauche, ni de droite ») a largement échoué. Par conséquent, ils devraient revenir à des positions de gauche affirmées.
Cela implique de ré-affirmer des positions fortes, combatives, et radicales, sur les questions sociales et économiques. Ne parler que d'écologie en ces temps de grève et de crise économique n'est pas suffisant.
Un tel re-positionnement permettrait de rallier à eux les objecteurs de croissance et d'autres tendances de l'écologie radicale.
Pour le PS, il s'agit de se positionner comme ce qu'on appelle en France la « gauche sociale », la gauche populaire, ou autrement dit, comme les représentants politiques du mouvement syndical et du mouvement travailleur.
Le mot « travailleur » doit d'ailleurs réapparaître dans la propagande du parti, et la question des conditions de travail doit venir s'imposer comme thème de campagne en tant que tel, en sus de l'emploi.
Nos programmes doivent être moins pinailleurs. Nous devrions avoir un programme court, et fort, constitué des points les plus importants, et non de tout ce verbiage plein de détails pour spécialiste parlementaire.
Pour EàG, leur baisse électorale élevée, induite par leur absence du parlement pendant 8 ans, devrait convaincre leur tendance la plus révolutionnaire que le parlementarisme est toujours d'actualité.
Une transformation de leur propagande me paraît souhaitable. Le journal de SolidaritéS par exemple parle beaucoup trop de nucléaire et de questions internationales. A mon humble avis, ce n'est pas avec ce genre de questions qu'on récupère l'électorat des classes populaires qui s'est tourné vers le MCG-UDC.
Voilà, ces quelques petites remarques sont écrites un peu vite, mais je suis débordé ces temps-ci.