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|glacière
de St-George: régression

Malgré une courte période de reconstitution, la glace finit par régresser. Le glacier se situe probablement entre –17 et –18 mètres lorsque le bilan de masse annuel devient négatif.
Cette estimation est tirée d’une photographie inédite datant de 1889, appartenant à l’ancien garde forestier, Monsieur Terry. Nous nous sommes également basés sur le nombre d’échelons de l’échelle inférieure (23) et nous avons supposé que leur espacement était identique à celui de l’échelle actuelle (environ 30 cm) afin de déterminer la profondeur du plancher.
La régression est particulièrement importante depuis la deuxième guerre. Entre 1945 et 1980, le garde forestier que nous avons cité précédemment, chargé du maintien de la glacière fut contraint de changer l’échelle inférieure à deux reprises car elle devenait trop courte, au fur et à mesure de l’enfoncement du plancher.
Vues de la glacière de Saint-George avant 1939 et en 1998
La régression ne concerne pas uniquement le plancher de glace. Le névé situé sous l’un des orifices s’amenuise également considérablement. Véritable stalagmite de neige durcie au milieu du XIXème siècle (THURY 1861), il ne constitue plus qu’un faible amas, dont le volume varie d’une année à l’autre en fonction de la neige tombée durant l’hiver. Quant à la paroi rocheuse exploitée dans la dernière moitié du XIXème siècle, sa couverture de glace ne se forme qu’au printemps. Les températures ne sont plus suffisamment fraîches pour garantir sa conservation.
Le rétrécissement du névé a eu des conséquences très importantes sur la dynamique de la glacière et sur la structure de la glace. Alimentée essentiellement jusqu’à la fin du XIXème siècle par de la neige, qui se tasse et se transforme en glace par diagenèse glaciaire classique, cette glacière dynamique à glace de névé, pour reprendre la terminologie de MAIRE (1990), assure désormais son renouvellement par congélation des infiltrations d’eau et de la fusion du névé. Cette évolution n’en fait pas pour autant une glacière statodynamique à glace de regel, mais plutôt une forme intermédiaire. La glace macrocristalline qui constituait la majorité du plancher jusqu’au début du XXème siècle est progressivement recouverte et remplacée par de la glace de regel, transparente et vitreuse.