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Dans "Environnement" 4/2005 l'office suisse de l'environnement présente les résultats d'une étude de 180 pages, qui n'est à disposition e-ligne sous forme de document pdf 1,7 MB dans l'internet. Ci-après suivent quelques extraits.
Abstrait
Mots-clés: Découplage, croissance économique, pollution, progrès
techniques, changements structurels, politique environnementale
Le but d'un découplage si possible absolu de toutes les pollutions de la croissance
économique est de réduire durablement les émissions ou les atteintes
à l'environnement sans pour autant freiner la croissance économique.
L'analyse des causes dans quatre secteurs différents a montré que,
dans les secteurs du climat (CO2), de la nature et du paysage ainsi que de la consommation
de matières, la croissance des activités économiques aggrave
de manière significative la pollution, tandis que dans le secteur de l'air
(SO2, NOx, NMVOC, CO), l'effet de la croissance joue un rôle moindre. La politique
environnementale doit être d'autant plus efficace dans les secteurs de l'environnement
dominés par la croissance : les progrès techniques et les changements
structurels (y compris la modification du choix modal en matière de circulation)
doivent en effet être tels qu'ils puissent surcompenser l'effet de croissance.
En travail - under construction - in Arbeit
L'influence de la croissance économique sur l'environnement est étudiée
depuis
le début des années 90 à l'aide de modèles statistiques.
L'hypothèse de la courbe environnementale de Kuznets (CEK), selon laquelle
la pollution augmente pendant les phases précoces du développement
économique mais diminue par la suite, est discutée, et des études
économétriques ont été menées pour la vérifier.
En résumé, les résultats des études ne confirment pas
d'une façon générale que la pollution diminue avec l'augmentation
des revenus. Cela n'a pas non plus été constaté clairement pour
des polluants isolés. L'une des conclusions est du moins une évidence
empirique majeure : à partir d'un certain niveau de croissance économique,
les émissions augmentent moins vite; c'est le cas notamment du SO2, du NOX,
du CO, de la fumée et de la poussière. Pourtant, cette preuve empirique
ne permet pas d'exclure que la pollution puisse être produite par le transfert
des industries polluantes vers d'autres pays, en particulier vers les pays pauvres.
De plus, la CEK ne tient pas compte des dommages écologiques effectifs mais
seulement des émissions ou des concentrations. La diminution des émissions
est donc peu utile à partir d'un certain seuil de revenu si des dommages écologiques
irréversibles se sont déjà produits. Ce dernier aspect ne présente
pas seulement un problème en rapport avec l'hypothèse de la CEK, mais
il doit être pris en compte de manière générale lors des
recherches sur le découplage.
Pour les polluants pour lesquels l'hypothèse de la CEK peut être confirmée,
il semble plausible que ces polluants diminuent « automatiquement » dès
qu'un certain niveau de développement économique est atteint ou dépassé.
Ceci signifierait que le revenu influence la pollution en tant que facteur simple.
Comme indiqué dans les chapitres 3 et 4, la pollution est pourtant influencée
par plusieurs facteurs.
Il convient de mentionner en particulier l'importance d'une politique environnementale
active en tant que facteur décisif pour obtenir une CEK, ce qui est discuté
dans certaines études empiriques. Le fait que les études sur la CEK
ne tiennent pas compte de ce facteur dans leur modèle doit être considéré
comme un problème méthodologique. De plus, d'autres défauts
méthodologiques portent à croire que le revenu n'est pas le seul facteur
explicatif influençant la consommation des ressources.
Il est donc clair que la pollution de l'environnement ne diminue pas « automatiquement
» dès qu'un certain seuil de revenu est dépassé. Ceci
dépend de bien d'autres facteurs.
Le tableau suivant présente les indicateurs environnementaux relatifs à
la Suisse et indique s'il y a ou non un lien entre un indicateur et l'évolution
du PIB.
Tableau A : Découplage entre croissance économique et pollution en Suisse.
Résumé 19
Par rapport aux cinq autres pays industrialisés sélectionnés,
la Suisse enregistre les plus faibles progrès en termes de découplage
(tableau B). Ceci est dû, d'une part, à l'intensité environnementale
relativement faible et déjà existante dans beaucoup de secteurs et,
d'autre part, à la forte croissance du PIB des autres pays.
Le résultat indique pourtant que la politique environnementale de la Suisse
doit être développée pour que l'intensité environnementale
relativement faible puisse être maintenue dans de nombreux secteurs au niveau
international. En Suisse et dans d'autres pays, les progrès de découplage
font défaut dans les secteurs du climat (à l'exception de la situation
particulière en Allemagne), de l'énergie, des transports et des déchets
urbains.
Tableau B : Découplage entre croissance économique et pollution, comparaison
internationale.
20 Wachstum und Umweltbelastung: Findet eine Entkopplung statt'
Comment expliquer les liens observés entre la croissance économique
et les différentes pollutions en Suisse - Pour les partisans de l'hypothèse
de la CEK, les progrès techniques autonomes, les changements structurels autonomes
et le respect croissant de l'environnement expliquent que le découplage endogène
puisse naître du processus de croissance. Ces trois explications ne résistent
toutefois pas à la critique. La littérature spécialisée
est dans l'ensemble d'accord sur le fait que la politique environnementale est un
facteur décisif aboutissant aux progrès techniques ou aux changements
structurels nécessaires au découplage.
La politique environnementale peut non seulement promouvoir des progrès techniques
ménageant l'environnement et des changements structurels, mais aussi provoquer
des modifications du mode de vie. Ce qui, encore une fois, favorise le découplage,
à condition que les nouveaux modèles de consommation ne nuisent pas
avec la même ampleur à la croissance économique. La littérature
spécialisée traitant des théories expliquant le découplage
arrive à la conclusion que la politique environnementale est une condition
nécessaire au découplage.
Figure A:
Méthode d'analyse du découplage dans les secteurs d'approfondissement.
Remarques :
22 Wachstum und Umweltbelastung: Findet eine Entkopplung statt'
1. L'intensité de CO2 des prestations de transport peut être influencée
par les progrès techniques (technique des moteurs) ou par une meilleure utilisation
de la capacité des véhicules.
2. Logiquement, les effets de « consommation d'espace de la valeur ajoutée
» et de « consommation d'espace des prestations de service » font
partie des progrès techniques (induits). Jusqu'à présent, l'économie
d'espace n'était guère un objectif des nouveautés techniques,
contrairement à la pollution classique (déchets et émissions).
3. L'intensité énergétique du parc immobilier peut être
influencée par une modification du mode de vie mais aussi par les progrès
techniques (technique de chauffage, des bâtiments).
4. La croissance des activités peut aussi être influencée par
la politique environnementale. Mais la stratégie de découplage vise
avant tout à influer sur les changements structurels.
Résumé 21
La base méthodologique pour l'analyse du découplage dans les secteurs
du climat, de l'air, de la nature et du paysage, ainsi que de la consommation de
matières sont exposées dans l'illustration A. La méthode d'analyse
de la décomposition est utilisée là où elle est possible
et judicieuse. Chaque facteur de l'analyse de la décomposition peut être
classé parmi les trois facteurs principaux du découplage : le progrès
technique, le changement structurel et la modification du mode de vie. A l'aide de
l'analyse de la décomposition, l'influence des anciennes causes possibles
est analysée, en particulier les mesures politiques (écologiques) et
l'évolution des prix.
Il est montré en particulier que la politique environnementale peut exercer
une influence déterminante sur les progrès techniques, le changement
structurel et - jusqu'à présent dans une moindre mesure - sur la modification
du mode de vie. L'analyse des causes dans le secteur climatique montre que le non-découplage
des émissions de CO2 de la croissance économique peut s'expliquer par
le fait que la croissance des activités économiques, en particulier
l'augmentation des prestations de transport, est plus importante que le progrès
technique et les changements structurels.
L'augmentation de l'efficience énergétique dans l'économie,
les transports et les ménages n'est pas suffisante à ce jour pour compenser
la croissance des activités (valeur ajoutée, prestations de transport,
parc immobilier), de l'énergie et des émissions relatives. En outre,
pendant la période d'étude, une modification du choix modal a eu lieu
en faveur de la route, en particulier pour le trafic des marchandises.
Les tendances qui se dessinent laissent présager une augmentation supplémentaire
des activités provoquant des émissions de gaz à effet de serre.
Une stratégie de découplage efficace, ne freinant pas les activités
économiques, implique que les progrès techniques économisant
l'énergie et réduisant les émissions, ainsi que le changement
structurel (y compris la modification du choix modal des transports en faveur des
chemins de fer) soient renforcés à tel point qu'ils surcompensent l'effet
de croissance.
Quelle politique convient-il d'adopter pour cette stratégie - La taxe sur
le CO2 déjà prévue dans la loi sur le CO2 - mais pas encore
mise en oeuvre - constitue un élément central. Elle toucherait les
responsables des émissions directes de CO2 dans tous les secteurs, et il reviendrait
au marché de décider où les émissions peuvent être
réduites à meilleur compte. Cette stratégie peut être
accompagnée de mesures complémentaires dans les différents secteurs,
en particulier dans celui des transports.
Dans le secteur de l'air, l'analyse des causes indique qu'un découplage absolu
a eu lieu pour les émissions de NOx, CO, NMVOC et SO2 concernant la plupart
des groupes de responsables. En revanche, pour les nuisances dues à l'ozone
(smog estival), aucun découplage n'a été constaté. Les
PM10 (fines particules respirables) sont en effet à nouveau en hausse depuis
2001. Cette évolution est étroitement liée à la forte
hausse de la vente de gasoil à partir de l'an 2000, alors que les technologies
permettant la transformation et la filtration des émissions nocives venaient
d'être introduites sur le marché. Les tendances indiquent une baisse
des concentrations de polluants atmosphériques (à l'exception de l'ozone).
Secteur d'approfondissement : le climat
Secteur d'approfondissement : l'air
Pour découpler la pollution par l'ozone de la croissance économique
et réduire les émissions de PM10, il est nécessaire d'équiper
rapidement tous les poids lourds de pots catalytiques et tous les véhicules
diesel de filtres à particules. Ces deux techniques sont plus efficaces que
le respect de la norme antipollution EURO4. Les normes européennes sur les
gaz d'échappements ne sont valables que pour les nouveaux véhicules
immatriculés. Le découplage ne peut toutefois être réalisé
dans un délai raisonnable que si l'ensemble du parc de véhicules est
équipé de ces technologies.
La RPLP et l'impôt sur les véhicules à moteur en fonction des
émissions de polluants constituent une incitation à la diffusion de
ces techniques. Il n'y a pas eu de découplage entre la « consommation
» de nature et de paysage et la croissance économique. L'exemple de
la consommation d'espace montre que l'effet de la croissance sur les espaces urbains
n'a pas pu être freiné par un accroissement de l'efficience (baisse
de l'effet de consommation d'espace). Au contraire, l'intensité d'utilisation
des espaces (à l'exception du secteur des transports) a diminué.
Il convient de limiter la croissance des espaces urbains et d'utiliser efficacement
les espaces existants. La consommation d'espace est due avant tout aux causes suivantes:
- Industrie, services, agriculture : pour ainsi dire pas d'augmentation réelle
des prix pour les bureaux, commerces et sites industriels,
- Circulation : croissance de la circulation sur les routes
- Ménages :
- Style de vie : augmentation des ménages d'une seule personne et sollicitation
de logements plus importants,
- pour ainsi dire pas d'augmentation réelle des prix des immeubles d'habitation
- Espace rural/urbain :
- Urbanisation croissante de la Suisse,
- peu de contraintes quant à l'utilisation modérée des surfaces
en dehors des villes en raison de terrains disponibles et de prix de construction
moins élevés.
Les instruments politiques existants ont très peu contribué à
découpler la consommation d'espace de la croissance économique. Les
tendances actuelles laissent présumer que les activités nuisant à
la variété des paysages et à la biodiversité et conduisant
à une réduction des espaces cultivés ou laissés proches
de l'état naturel vont encore augmenter. Nous conseillons pour les discussions
futures de mettre en place différents instruments et d'analyser de plus près
leurs répercussions potentielles sur l'environnement et la croissance. Figurent
au premier plan :
- L'aménagement de nouveaux parcs naturels et nationaux, ainsi que la promotion
d'un tourisme respectueux de la nature et de l'agriculture biologique grâce
à des projets intégrés.
- L'introduction de certificats d'utilisation de l'espace limitant la quantité
de sol ou d'espace pouvant être construite, et de taxes sur la consommation
d'espace.
Les certificats d'utilisation et les taxes sur la consommation d'espace sont considérés
dans la littérature comme pouvant être très efficaces pour diminuer
la consommation d'espace. De tels instruments devraient être mis en oeuvre
afin qu'ils soient
Secteur d'approfondissement : la nature et le paysage
Résumé 23
efficaces indépendamment de la croissance. De plus, les taxes devraient être
conçues sans avoir d'influence sur la quote-part de l'Etat.
La consommation de matières en Suisse a été observée
à l'aide de l'analyse de flux de matières d'EUROSTAT (MFA). Grâce
à la MFA, il existe depuis peu une méthode indiquant les flux de matières
premières grâce à quelques valeurs physiques agrégées.
L'analyse approfondie montre que l'intensité matérielle des minéraux
industriels n'a que légèrement augmenté par rapport à
1980 ; elle a cependant fortement augmenté pour les matériaux de construction,
qui ont une grande importance pour la MFA de la Suisse, que la hausse des prix était
trop faible dans le passé pour freiner la consommation de matières,
que la politique intégrée des produits (PIP), qui doit rendre la consommation
de matières durable, existe depuis peu en Suisse et qu'elle est encore perfectible.
Les tendances actuelles laissent présumer que les activités accroissant
la consommation de matières vont augmenter dans le futur. Pour découpler
la consommation de matières et la croissance économique, diverses mesures
imputées aux 3 stratégies suivantes sont à considérer
:
1. Augmenter l'efficience des ressources (ou diminuer l'intensité matérielle)
sur l'ensemble du cycle de vie (de la production y compris les étapes préliminaires
à l'élimination en passant par le transport et l'utilisation),
2. Intégrer les aspects économiques, sociaux et écologiques
dans la définition ou la consolidation d'une politique intégrée
des produits (PIP),
3. Recourir de manière accrue aux ressources renouvelables.
Le but d'un découplage si possible absolu de toutes les pollutions de la croissance
économique est de réduire durablement les émissions ou les atteintes
à l'environnement sans toutefois freiner la croissance économique.
L'analyse des causes dans quatre secteurs différents a montré que,
dans les secteurs du climat, de la nature et du paysage ainsi que de la consommation
de matières, la croissance des activités économiques aggrave
de manière significative la pollution, tandis que dans le secteur de l'air,
l'effet de la croissance joue un rôle moindre. Dans le secteur de la consommation
d'espace et de matières, les répercussions négatives de la croissance
sur l'environnement sont accentuées par le fait que l'utilisation est moins
efficace.
La politique environnementale doit être d'autant plus efficace dans les secteurs
de l'environnement dominés par la croissance : les progrès techniques
et les changements structurels (y compris le choix modal en matière de circulation)
doivent être tels qu'ils puissent surcompenser l'effet de croissance. Les activités
économiques ne doivent cependant pas être freinées, mais acées
sur le respect de l'environnement.
Grâce aux innovations et investissements qui peuvent ainsi être déclenchés,
la croissance économique peut même être accélérée.
Par conséquent, les mesures de politique environnementale en faveur d'une
stratégie de découplage réussie seront mesurées aussi
bien en fonction de leur efficacité que de leur efficience économique.
Secteur d'approfondissement consommation de matières Recommandations générales
More is less - a discussion of small island examples
Eine nachhaltige Wirtschaft - oder, Grenzen des Wachstums - wirklich überholt? Englisch; Limits to Growth aus dem Buch "Towards a Sustainable Economy", vonTed Trainer (1996)
Einige Seiten aus dem Buch "Ein Planet wird geplündert", von Herbert Gruhl (1976)
Overshoot chapter 11 - Fact versus Faith
Radio DRS Satire zum Fahrplanwechsel vom 11.12.2004
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