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Mollens
Mollens, petit village au pied du Jura où il fait bon vivre, bienvenue chez les «Mitcha-Boû »
Bref historique, caractère sociO-démographique
Les premières traces écrites de la commune sont du XIIe siècle. Le village de Mollens s’appelait Morlens en 1139 et son nom actuel date de 1228.
Au milieu du XVIIIe siècle des vestiges, datant de l’époque romaine, ont été retrouvés.
Mollens dépendait du couvent de Romainmôtier et intègra l’Eglise clunisienne au cours du XIIe siècle.
Le grand monastère de Romainmôtier possèdait en effet, en 1139, les deux dépendances de Ballens et de Torclens, possessions confirmées par l’évêque de Lausanne en 1148. La commune prit son autonomie lors de la conquête bernoise au milieu du XVIe siècle et c’est en 1542 que Jean Steiger, avoyer de Berne, fut le premier seigneur de Mollens. La seigneurie passa plus tard par mariage à Gabriel de Weiss, puis à la famille Watteville, qui bâtit le Château en 1791.
Mollens vécut le drame de plusieurs incendies pendant son histoire, mais le plus important dont l’on se souvienne est celui du 5 avril 1798, qui détruisit 48 maisons et où 20 pièces de bétail furent perdues. C’est durant cet incendie que l’église, qui abritait les archives, brûla et ses cloches fondirent. Malgré cet incendie, la majorité des fermes existantes sont antérieures, dans leur structure, au début du XVIIIe siècle, et sont encore parfaitement conservées de nos jours. En 1853, la population était de 553 habitants et elle est tombée au plus bas à 216 en 1980. Depuis plusieurs années, le nombre d’habitants est remonté et il tourne autour des 290 habitants avec de faibles variations.
Par son rattachement dans le passé au prieuré de Romainmôtier, Mollens fait partie des Sites clunisiens. Malheureusement, l’église d’époque fut reconstruite, suite au dernier incendie dont elle fut victime.
Néanmoins, lors de la rénovation du bâtiment adjacent, « la Forge », sis sur l’ancien cimetière, des vestiges archéologiques furent découverts, datés entre le VIe et le VIIIe siècles et une autre phase entre le XVIIe et le XVIIIe siècles. Nombreux objets d’époque sont exposés au Palais Rumine : une boucle de ceinture richement sculptée en os et argent, des bagues en bronze et argent, boucle de ceinture en bronze et fer du Haut Moyen Âge, une coquille St Jacques portée par un pèlerin qui s’arrêta en chemin ? Mystère…
Autre lieu de notre histoire, le Château, qui fut longtemps « non accessible au public », pourrait, selon la volonté du nouveau propriétaire, devenir un haut-lieu culturel, lieu de manifestations et d’expositions, dans les mois qui viennent.
Curiosités, cadre de vie, habitat, environnement, infrastructures, etc.
Village à vocation agricole, on y trouve encore 12 exploitants en activité, dont 5 porteurs de lait, exploitant les presque 500 hectares de terres agricoles.
Il y a également encore quelques activités artisanales.
L’agriculture est essentiellement tournée vers la production de céréales, de maïs, de fourrages, mais aussi de pommes-de-terre, de betteraves sucrières, et récemment de tabac. La production de lait, l’élevage de bétail d’engraissement et de vaches allaitantes font partie des activités agraires.
L’Auberge communale, reconnue par les gourmets, référencée dans le guide Gault et Millau, fut récemment considérée par l’Illustré comme une des meilleures adresses pour ses spécialités de chasse (en saison).
Le collège est, hélas, vide de ses classes depuis 2015, pour cause de rationalisation des coûts, sur décision du Département (DFJC).
Ces dernières années, la population s’est enrichie d’une population majoritairement en quête d’un logement, mais heureusement aussi, pour certains, d’une vie sociale, d’une qualité de vie rurale, ce qui permet à notre village d’être encore un peu vivant et animé.
Autrefois, nous pouvions entendre le son du cor au fond des bois ou des châtelaines jouer de la mandoline dans les chambres du château du XVIIIe siècle. Aujourd’hui, ce sont les douces mélodies de l’Echo du Jura, la Jeunesse et la Société de Tir, un petit marché tenu, sur la place de l’Amitié, le samedi matin tous les 15 jours où l’on y trouve fruits, légumes, pain, tresse, fromages de chèvres (en saison d’estivage) qui contribuent à l’animation du village.
L’Echo du Jura organise son traditionnel Loto, son concert annuel, son repas de soutien à l’école de musique et nous gratifie de ses diverses prestations au fil de l’année.
La Jeunesse organise sa devenue traditionnelle « Fête au Village » en été, son tournoi de Uno et diverses soirées à thème.
La société de Tir, outre ses habituels tirs, organise la Fête de la Bière, la Soupe de St-Nicolas, et sa traditionnelle choucroute « maison ».
Les « Mamans de Mollens » s’occupent surtout, en période de Fêtes de fin d’année, des décorations au village et d’orner le sapin.
Malgré six passages de bus par jour, Mollens reste très mal desservi par les transports publics. Aller au travail en ayant pour destination des villes telles que Morges, Lausanne ou même Genève sans utiliser un véhicule privé reste du domaine du possible (sauf en cas de grosses congères en hiver). En revanche pour des destinations « exotiques » et excentrées telles que la Vallée de Joux, la Côte, le Nord Vaudois, ou même certaines régions du district, ce n’est pas une sinécure ! A quand une vraie ligne « Trans-Pied du Jura » ?
La commune s’étale sur une surface de 1099 hectares au pied du Jura et fait donc partie du « Parc Jura Vaudois » (Parc Naturel Régional Jura Vaudois).
La commune est « cernée » entre Montricher au nord, Pampigny à l’est, Berolle à l’ouest, et Ballens au sud.
La visite débute aux Marais des Monods (666 m) jusqu’au pied du Mont-Tendre (1679 m) 1600 m de dénivelé, donc tout en crescendo,
On y trouve de nombreux points d’intérêt pour tous les goûts.
En contre-bas du village se situent les Marais des Monods, vaste zone inondable protégée. On peut y admirer un bas marais, une roselière, une prairie humide, et la plus grande aulnaie inondée de Suisse.
C’est le Veyron, affluent de la Venoge, qui inonde toute la zone par forte crue et qui alimente le marais protégé par l’Inventaire Fédéral des Sites (site marécageux d’importance nationale).
Le long de la route qui mène à l’alpage, dans la forêt, nous pouvons apercevoir, entre les éclaircies de sapins, quelques magnifiques points de vue sur le bassin lémanique et les Alpes. Par beau temps, c’est la blancheur du manteau neigeux du Mont-Blanc qui nous émerveille en toutes saisons.
Dans la montée nous y croisons des grumes, en attente de leur traitement final, à destination des scieries pour finir en bois de construction le plus souvent et parfois selon la qualité du bois, en cadre de fenêtre, ou en bois de chauffage.
Arrivé au Pré de Mollens, on peut marcher jusqu’au pied du Mont-Tendre, limite supérieure du territoire de la commune.
De l’alpage, à certains endroits, s’offre à nos yeux un panorama magique par beau temps : toute la première chaîne des Alpes bordant l’arc lémanique,
Le Salève, les Voirons, la région genevoise, les Dents du Midi, les Tours d’Aï, la Dent de Jaman et au loin nous pouvons aussi admirer le Gros de Vaud, une partie du Nord-Vaudois, le Lac de Neuchâtel et la Gruyère, devinant les Alpes bernoises, etc… La liste serait trop longue pour l’article.
Le paysage karstique jurassien est formé par l’érosion et la dissolution des calcaires dans l’eau qui s’infiltre dans les fissures du sol provoquant, sur un long terme, la formation de lapiaz (sorte de ciselures dans la roche).C’est de là, aussi, que vient notre eau potable et les nombreuses résurgences qui alimentent notre région.
Il est par conséquent, recommandé d’être prudent, surtout en hiver lors de promenades en terrains inconnus. Entre autre, des crevasses plus larges existent, qui sont la porte d’entrée de quelques cavités naturelles, dont la plus célèbre : « la glacière à Tissot ».
Le pâturage boisé est la limite entre la forêt et les zones ouvertes. Il est particulièrement favorable au développement d’une flore et d’une faune très riche, constituant un réservoir avéré de bio-diversité.
Nombreux sont les animaux qui peuplent nos contrées, cerfs, chevreuils, chamois, sangliers, blaireaux, renards, lynx, tétras, pour n’en citer que quelques-uns…, sont fréquemment observables.
La forêt a donné leur sobriquet aux habitants de Mollens : « Lé Mitcha-boû », les Fendeurs de bois.
Plus de 500 hectares de notre commune sont en forêt. La majorité étant en pente, l’exploitation en est difficile, le travail forestier exigeant des machines complexes et donc coûteuses. L’exploitation de cette ressource, autrefois florissante, est depuis de nombreuses années déficitaire. Mais, par le biais des retours de la péréquation intercommunale et des participations financières, cantonales et fédérales à des programmes forestiers nous essayons de maintenir un niveau d’entretien adéquat de ce riche patrimoine. La forêt mollensarde reste ainsi un havre de régénération et de paix pour les promeneurs et sportifs, du district et d’ailleurs.
La commune est classée à l’Inventaire fédéral des sites construits à protéger en Suisse ISOS.
Nous pouvons, en nous promenant dans notre beau village, constater que sa structure n’a que peu changé au cours des siècles. Les bâtiments, beaux corps de ferme préservés, se sont construits latéralement aux deux artères principales que sont la Grand-Rue et la rue de l’Eglise.
Le tout forme un ensemble relativement homogène occupant l’espace parsemé de jardins potagers, fruitiers et espaces verts.
Puis viennent s’ajouter à cela le quartier de Forchy et les « forains » des Ochettes, le Moulin de la Goille, et les Monods.
Mollens collabore activement avec les communes voisines de Berolle et de Ballens.
La déchetterie intercommunale, la station d’épuration, le réseau d’eau et sa télégestion, le service de voirie, sont autant de services mis en commun pour la population villageoise.
L’installation du téléréseau intercommunal, auparavant en mains des trois communes, est maintenant rattachée en gérance par la SEFA pour partie, et propriété pour une autre (Berolle).
Grâce à cela, le village dispose des services modernes de téléphonie, d’accès Internet à haute vitesse, ainsi que des divers services modernes télévisuels telle que la vidéo à la demande. Modernité oblige, la technologie du futur n’enlève rien au charme bucolique de notre village aux racines bien ancrées dans le passé, mais qui sait faire apprécier le temps présent.
Le charme champêtre, avec la modernité, bien dosé « ça veut ça faire » comme nous disons par ici.
Vision personnelle et conclusion du syndic
Actuellement, nos finances sont saines, mais l’exercice relève plutôt de l’équilibrisme. La marge de manœuvre est parfois étroite.
Mais, malgré cela nous envisageons l’avenir avec un certain aplomb, tout en gardant comme fil rouge d’éviter de léguer des dettes aux générations futures. De telles dettes résulteraient de la folie des grandeurs de certains, ou de certaines idées s’écartant de l’intérêt public général.
La Municipalité souhaiterait développer l’amélioration et l’entretien du parc immobilier.
Il y a des bâtiments vides qui pourraient être mieux employés.
Il faut parfois « batailler » au Conseil général pour faire passer le message, changer les paradigmes du type : « on a toujours fait comme cela, y’a pas de raison qu’ça change » ce n’est pas chose facile !
Mais, comme dit l’adage « On a rien sans rien, et qui ne risque rien n’a rien ! ». Il faut savoir prendre des risques et accepter qu’une place de Syndic c’est aussi recevoir des critiques plus que des félicitations ou des remerciements.
Souvent les critiques oublient d’être constructives et ne comprennent pas que nous servons les intérêts du village avant tout !
Garder un village dynamique, attractif et participatif, développer dans les limites prévues par la LAT le nombre d’habitants, éviter un exode, autant de souhaits pour le futur de Mollens.
Mais, pour les réaliser la Municipalité a besoin du soutien de ses citoyens et de leur participation à la vie locale.
Pour conclure, je vous invite à visiter notre beau village, ses environs et à admirer des points de vues magnifiques sur la chaînes des Alpes, sur le Moléson et sur la région des lacs qui sont un hymne à la beauté de la nature.
Ce haut plateau et son paysage changeant au gré des saisons, en toute harmonie, reflétant et résumant ce que Jean Villard Gilles déclamait dans son célèbre poème sur la Venoge :
« On a un bien joli canton, des veaux, des vaches, des moutons, du chamois, du brochet, du cygne, des lacs, des vergers, des forêts ». Et plus loin dans le texte... « Elle est née au Pied du Jura... la Venoge ».
Que vous veniez y manger, vous y promener, exercer une activité sportive ou professionnelle, en visite ou pour y habiter :
Bienvenue au pays des Mitcha-boû !
A. R.
Photos de Patrick Dehais
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