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Le Conseil municipal de Genève a voté, hier soir, avec la seule opposition de l'UDC (qui n'a pas jugé bon d'expliquer pourquoi elle votait contre, à supposer qu'elle le sache) une résolution "pour une politique culturelle cohérente" que proposait, unanime, la commission des arts et de la culture. Cette unanimité de la commission exprimait un consensus, sans effacer les divergences qui peuvent distinguer les uns et les unes des autres les projets, les priorités, des groupes parlementaires et des partis politiques municipaux. Le projet de texte émanait du PS. Nous aurions pu l'imposer - il n'aurait exprimé que les positions communes des groupes de gauche -nous ne l'avons pas fait. La droite aurait pu refuser d'entrer en matière sur un texte proposé par le PS et soutenu par les commissaires de gauche, elle ne l'a pas fait. Nous avons adopté, les uns, les unes et les autres, cette attitude parce qu'il nous a semblé qu'il était indispensable que le Conseil municipal de Genève dise quelque chose de la politique culturelle genevoise, en ce moment où nous sortons de la consultation publique sur "l'avant-projet de loi pour la promotion de la culture et la création artistique" et le "projet de lignes directrices de la politique culturelle du canton de Genève". Cela nous est paru indispensable, parce que le Conseil municipal est tenus hors de cette consultation. Et même de la négociation qui lui succède et se fait entre acteurs institutionnels, le Conseil d'Etat, le Conseil administratif, l'ACG. Mais pas le Conseil municipal de Genève, qui est pourtant l'acteur institutionnel qui accorde la plus grande part des moyens accordés à Genève, par la collectivité publique, à la politique culturelle...
Le Conseil municipal de Genève avait quelque chose à dire, alors il l'a dit.
C'est au Conseil municipal de la Ville de Genève que se vote le budget culturel de la Ville de Genève, les subventions de la Ville aux grandes institutions comme aux acteurs non institutionnels, à la culture patrimoniale comme à la culture émergente; c'est au Conseil municipal de la Ville se Genève que se votent les moyens financiers et humains qui assure l'existence des plus importantes institutions culturelles genevoises, voire romandes, des lieux culturels les plus fréquentés de Genève -de la petite Genève, la moyenne Genève, la grande Genève; C'est le Conseil municipal de la Ville de Genève qui attribut au Grand Théâtre et aux grands musées le personnel indispensable pour les faire fonctionner et les ouvrir à la population; c'est le Conseil municipal de la Ville de Genève qui attribue aux acteurs culturels non institutionnels les moyens, d'ailleurs encore insuffisants, pour que s'inventent les contenus culturels, les pratiques culturelles, les champs culturels nouveaux... et ce Conseil n'aurait rien à dire sur la politique culturelle genevoise ?
Cela nous est paru inacceptable. Inacceptable en principe, nuisible politiquement. Et d'autant plus inacceptable et nuisible que nous avons de quoi nous inquiéter des démarches en cours de report de charges cantonales sur les communes, avec ce que cela implique de tensions budgétaires, et de risques pour le soutien à la création culturelle dans le temps même où le canton veut se donner une loi qui porte dans son titre même une ambition à la fois louable, et largement exorbitante des moyens dont le canton dispose : "la promotion de la culture et de la création artistique", et où il veut se doter de "lignes directrices" pour une politique culturelle cantonale qui ne disposera, dans la meilleure des hypothèse, que trois fois moins de moyens que la politique culturelle municipale.
La Ville de Genève, aujourd'hui, accorde les deux tiers des moyens publics de la politique culturelle genevoise. Et ces moyens, c'est son Conseil municipal qui les lui accorde. Il a quelque chose à dire sur la promotion de la culture et de la création artistique, parce que sans lui, cette promotion est illusoire. Il a quelque chose à dire sur les lignes directrices de la politique culturelle du canton de Genève, parce que sans lui, ces lignes ne sont directrices que vers nulle part.
Le Conseil municipal de Genève avait quelque chose à dire, alors il l'a dit :
"Le Conseil municipal de la Ville de Genève considère que la volonté populaire exprimée lors du vote sur l’initiative IN 167 ne peut être respectée:
– que si sa mise en œuvre accroît la responsabilité du Canton dans le financement et dans la gouvernance des grandes institutions culturelles des communes, sans prétériter les intérêts des communes et de leurs contribuables selon l’article 143 de la Constitution genevoise;
– que si sa mise en œuvre conditionne tout accroissement de compétence du Canton à un apport de moyens financiers supplémentaires;
– que si les nouvelles collectivités qui s’engagent pour la culture considèrent, au vu de leur grande expérience, la Ville de Genève, ses services ainsi que le Conseil municipal comme des partenaires incontournables dans les négociations à venir;
– que si sa mise en œuvre apporte des moyens supplémentaires à la création culturelle, dans le cadre d’une contribution péréquative de l’ensemble des communes genevoises".