Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07125.jsonl.gz/764

Appenzell RI Des poissons canadiens tuent la population autochtone
Des truites grises du Canada ont été introduites dans le lac de Fälen, dans la région de l'Alpstein (AI), pour y agrandir la population de vertébrés. Mais c'est tout le contraire qui s'est produit.
Signaler une erreur
Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?
«Dans le lac de Fälen, de gros poissons carnivores menacent les espèces indigènes. Les autorités comptent désormais prendre des mesures pour mettre un terme à tout cela», rapportait lundi matin la télévision alémanique SRF.
Les poissons en question sont des touladis, qui vivent normalement dans les lacs d'Amérique du Nord. Ils ont été introduits dans le lac de montagne, situé dans la région de l'Alpstein (AI), dans les années 80. «Le but était d'y augmenter la population de poissons. Au début, la mesure s'est révélée efficace», explique à «20 Minuten», Fabian Peter, expert chez Aquaplus à Zoug, un bureau spécialisé dans l'écologie aquatique, mandaté par les autorités du canton d'Appenzell Rhodes-Intérieures.
Tropo grands et trop voraces
Mais au fil des ans, il s'est avéré que le lac comptait toujours moins de poissons. Si dans les années 90, 1400 poissons étaient encore pêchés dans le lac de Fälen, leur nombre ne s'élevait plus qu'à 1200 dans les années 2000 et à moins de 200 à partir de 2011. Les experts soupçonnent les vertébrés canadiens d'être devenus trop grands et trop voraces.
Des situations similaires ont déjà été constatées par le passé dans le canton du Tessin, plus précisément dans les lacs Ritom, Cadagno ou encore Tremorgio. Là aussi des touladis, également appelés truites grises, avaient été introduits dans les plans d'eau. Des mesures avaient finalement été prises pour comprendre le phénomène. Les plus grands exemplaires avaient ainsi été pêchés afin de pouvoir analyser le contenu de leur estomac. Résultat: une truite grise avait dans son ventre un poisson de 35 centimètres. Une autre avait cinq petites truites indigènes dans son estomac.
Évacués du lac
Les autorités appenzelloises, elles, ont pris d'autres mesures: depuis la mi-avril, tout touladi pêché n'a plus le droit d'être relâché dans le lac. Les truites grises ne sont par ailleurs plus comptabilisées dans le décompte du nombre maximal de poissons pouvant être pêchés par jour à cet endroit. Finalement, les amateurs peuvent désormais pêcher à la tombée de la nuit et durant la nuit, soit les moments de la journée où les touladis sont le plus actifs. A la fin de la saison de la pêche, les truites grises seront évacuées du lac par le biais de gros filets dont les mailles seront assez grandes pour laisser passer les autres poissons.
Créé: 24.04.2018, 20h39