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C’est l’évêque Adrien V de Riedmatten qui entreprit en 1699 la construction de cette maison sise à l’ouest de l’hôtel de ville, à l’angle des rues dites aujourd’hui du Vieux-Collège et des Châteaux. Le projet du prélat, décédé en 1701, fut mené à chef par son frère, le bailli Petermann, mort en 1707.
Les deux fils de Petermann cédèrent successivement leurs parts respectives de cette maison familiale à leur dizain, celui de Conches, qui l'utilisa comme pied-à-terre sédunois pour ses députés lorsqu'ils venaient siéger à la Diète.
Mais le 8 décembre 1743, Marie de Montheys, petite-fille de Petermann, épouse de l'ancien châtelain et sénateur de Sion, Joseph Barthelémy de Kalbermatten, déjà propriétaire de la partie inférieure du bâtiment, racheta au dizain les deux étages supérieurs, ramenant ainsi l'ensemble de la maison en mains privées.
En 1849, la demeure passa par alliance au notaire de Brigue Joseph Brindlen, dont une des descendantes occupe toujours un étage. Par miracle, la Maison de la Diète, ainsi que le nom lui en est resté, ne fut pas touchée par le grand incendie de Sion en 1788.
Au XXe siècle, il fut question d'en faire un musée «moderne» et d'y installer bibliothèque et médailler cantonal. Le projet n'aboutit pas et le bâtiment était bien dégradé lorsqu'un antiquaire racheta aux héritiers Brindlen deux étages pour les transformer en galerie d'art.
En 1978 et 1982, la Bourgeoisie de Sion acquit successivement les caves, le rez-de-chaussée et le premier étage qu'elle fit restaurer. Par son testament en 1998, feu l'ambassadeur Marcel Luy donna à la Bourgeoisie la jouissance du magnifique appartement situé au troisième étage.
La Maison de la Diète s'élève sur trois étages, divisés en croix par un escalier largement dimensionné et surmonté d'une tourelle. La régularité de l'architecture et la sobriété du décor vont de pair. A l'ouest, la porte d'entrée en plein cintre est encadrée de tuf et surmontée d'un fronton brisé à l'instar de l'hôtel de ville, qui en «lança la mode» à Sion, à la fin du XVIIe siècle. La menuiserie de la porte, richement sculptée, est attribuée à un artisan de la vallée de Conches, Moritz Bodmer.
Pour en savoir plus, consulter:
La Maison bourgeoise en Suisse, XXVIIe volume, Canton du Valais, Zürich/Leipzig 1935.
Hans Anton VON ROTEN, Die Landeshauptmänner von Wallis 1388-1798, Brig 1991, p. 413-416. (Blätter aus der Walliser Geschichte, Bd. XXIII).
Patrick ELSIG, La Maison de l'évéque Adrien V de Riedmatten, dite «Maison de la Diète», Sion 1993 (Sedunum Nostrum, bulletin n° 53).
Le reportage vidéo réalisé en janvier 2017 par M. Bernard Jeker