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Le Parlement libyen, siégeant à Tobrouk, dans l'est libyen, a désigné jeudi 10 février 2022 l'influent ex-ministre de l'Intérieur Fathi Bachagha (photo ci-contre) pour remplacer Abdelhamid Dbeibah à la tête du gouvernement, lors d'un vote controversé susceptible d’exacerber les luttes de pouvoir dans le pays. 132 députés ont participé au vote.
"Le Parlement vote à l'unanimité la confiance à Fathi Bachagha comme chef du gouvernement", a indiqué le porte-parole du Parlement, Abdallah Bliheq à l'issue d'une séance à Tobrouk (est). M. Dbeibah a fait savoir ces dernières semaines qu'il ne céderait le pouvoir qu'à un gouvernement sorti des urnes.
Avant de choisir Bachagha, le Parlement a voté à la majorité pour amender la déclaration constitutionnelle
Jeudi 10 février 2022, la Chambre des représentants libyenne (HoR) a voté à la majorité pour amender la déclaration constitutionnelle, selon ce qu'a annoncé le président de la Chambre, Aguila Saleh.
Le vote des "députés" intervient une semaine après la formation d'un comité d'experts chargé de présenter une proposition d'amendement de la déclaration.
Saleh a déclaré que "la Chambre des représentants a voté à la majorité pour amender la déclaration constitutionnelle", selon laquelle elle prolonge le Parlement pour un an et quatre mois minimum.
Le maréchal Haftar salue la nomination de Bashagha au poste de Premier ministre tandis que Dbaibah refuse de démissionner
Jeudi 10 février 2022, l'Armée Nationale Libyenne (ANL), dirigée par le maréchal Khalifa Haftar, a salué la décision du parlement de nommer Fathi Bashagha au poste de Premier ministre, pour succéder à Abdel Hamid al-Dbaibah.
Le porte-parole des forces du commandement général, le général de division Ahmed Al-Mismari, a annoncé le soutien des dirigeants de l'ANL à la décision du parlement libyen rendue aujourd'hui chargeant Fathi Bashagha de former un nouveau gouvernement pour diriger le pays.
Al-Mismari a ajouté que le nouveau gouvernement devait travailler avec les autorités militaires et de sécurité régulières, afin d'imposer l'autorité de l'État et de protéger les institutions étatiques souveraines du chantage et de la domination des hors-la-loi, et de soutenir les efforts du Comité militaire conjoint (5+5), ouvrir la voie aux élections et soutenir la guerre contre le terrorisme.
Il a souligné que les dirigeants suivaient toutes les voies militaires, politiques et économiques dans le but de faire avancer le pays, d'atteindre les élections présidentielles et législatives, d'approuver une constitution pour le pays et de lancer la voie du développement dans une atmosphère de sécurité et de stabilité. .
Dbaibah refuse de démissionner
Abdel Hamid Dbaibah, qui est actuellement Premier ministre, a déclaré qu'il rejetait la tentative du parlement de le destituer et que le gouvernement d'union nationale internationalement reconnu ne céderait le pouvoir qu'après la tenue d'élections générales.
Le chef du Gouvernement d'Unité Nationale (GNU) avait averti la semaine dernière qu'il ne quitterait pas le pouvoir et qu'il continuerait d'exercer ses fonctions jusqu'à la tenue d'élections en Libye.
Le porte-parole du gouvernement, Muhammad Hammouda, a déclaré que la communauté internationale soutenait la feuille de route émanant de l'accord politique, et la nécessité de fixer une nouvelle date pour les élections et de résoudre les problèmes qui ont empêché les élections d'avoir lieu à temps.