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Le procès de Carlo Lavizzari s'est ouvert lundi devant le Tribunal de police de Genève. Le promoteur doit répondre de complicité de gestion déloyale aggravée. Il est accusé d'avoir obtenu des faveurs de l'ancienne équipe dirigeante de la BCGE en échange de ses services.
A ses côtés, sur le banc des accusés, sont assis l'ancien président de la Banque cantonale de Genève (BCGE) Dominique Ducret et l'ex-directeur général de l'établissement Marc Fues. Les deux hommes sont prévenus de gestion déloyale aggravée.
Lors de ce premier jour d'audience, Dominique Warluzel, avocat de M. Lavizzari, et Christian Lüscher, avocat de Marc Fues, ont demandé le report des débats. Pour eux, le procès devant le Tribunal de police ne peut se tenir tant que la procédure principale portant sur la débâcle de la BCGE n'a pas été jugée en appel.
Risque de prescription
Le procureur général Daniel Zappelli s'est opposé à une demande de renvoi, estimant que les contextes des deux affaires étaient "complètement différents". Jean-Marie Crettaz, l'avocat de la BCGE, partie plaignante dans le procès, a quant à lui relevé qu'un report pouvait entraîner la prescription de certains faits.
Le président du Tribunal de police s'est donné jusqu'à mardi après-midi pour trancher la question. Il devra aussi se prononcer sur la validité de l'acte d'accusation.
Toutes les parties sont tombées d'accord pour dénoncer les lenteurs de la justice genevoise dans ce dossier, critiquant à tour de rôle le travail du procureur général.
Avec dix ans de retard
L'affaire a été dénoncée en 2001. Le dossier jugé par le Tribunal de police concerne les crédits accordés à Carlo Lavizzari et à son groupe, la Rente immobilière (RISA). Le Ministère public reproche aux trois accusés d'avoir, à la fin des années nonante dissimulés l'endettement du groupe Lavizzari auprès de la BCGE.
En récompense de sa bonne collaboration, le promoteur aurait obtenu de Marc Fues et de Dominique Ducret certains avantages, comme des prêts sans intérêt, des prêts sans échéance de remboursement précise, ou encore l'ouverture d'une ligne de crédit de 10 millions de francs pour ses dépenses personnelles.
ATS