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Paru le 16 septembre 2011
Editorial
Jadis, on chassait les lépreux hors des villes. On défendait les remparts qui protégeaient l’intérieur de la ville des dangers extérieurs L’enceinte délimitait le territoire dans lequel le statut légal de la ville et de sa population s’appliquait. L’existence de tels remparts et par là une marque de limite clairement définie, était un des quatre critères qui permettait de distinguer la ville d’un village. La situation en bordure était considérée comme peu attrayante. Celui qui se prenait au sérieux s’orientait vers le centre de la ville.
Les murs d’enceinte sont rasés depuis longtemps, les limites urbaines modernes sont devenues des franges caractérisées par une interpénétration de la ville et de la campagne. La situation en bordure est réhabilitée. Elle attire toujours plus, et par son attractivité, les exigences augmentent. Si le désordre fractal de certaines de ces franges est fascinant, il montre aussi le manque de vision et de règles pour son aménagement. Cependant, pour celui qui vient de l’extérieur, la limite du secteur bâti est le premier élément perçu. Elle représente la carte de visite d’une commune. Et là où - comme dans la plupart des régions - la densité des villes augmente, la frange urbaine devient toujours plus importante: l’intérieur pousse vers l’extérieur et la ville s’étend. En se promenant le long des zones bâties, on peut lire les phases du développement urbain comme des cernes annuels. Une frontière naturelle et historique par ci, le jardin d’une villa des années 1970 par là, un peu plus loin un bâtiment industriel contemporain. Mais la frange n’est pas seulement intéressante d’un point de vue typologique. Déjà dans les années 1960, Kevin Lynch rendait attentif à une autre fonction des bordures et limites: Elles sont essentielles à l’orientation de l’être humain, ainsi qu’à la perception et la viabilité de l’espace.
Aujourd’hui, la limite de la ville est-elle toujours clairement située? Où se trouvent l’intérieur et l’extérieur? Est-ce utile de définir des limites nettes et d’altérer ainsi une des caractéristiques fortes des villes – leur dynamique? Ou est-ce exactement cette restriction qui est clairement indispensable? Comment sa mise en œuvre pourrait-elle être réglée au niveau de la planification?
La question de savoir, si la limite urbaine est (ou pourrait être) coupure ou transition, touche à des points sensibles. Il faut chercher la réponse à travers un processus élargi de pesée d’intérêts, car la frange urbaine est depuis longtemps une partie importante de la culture architecturale. Le débat différencié a pris du retard.
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