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Les paysannes et les paysans d’Achupallas manquent cruellement d’eau. Leurs maigres réserves sont utilisées pour irriguer des plantations, produits d’une agriculture intensive qui épuise les sources. Le changement climatique accentue encore la diminution du volume d’eau disponible. La sécheresse et les inondations sont en recrudescence alors que les précipitations se font plus irrégulières. Presque partout, l’eau potable et l’eau pour l’irrigation des champs se raréfient de manière inquiétante.
Les hommes partent, les femmes restent
Comme il devient de plus en plus difficile de vivre du travail de la terre, de nombreux jeunes émigrent en ville, à la recherche d’un hypothétique emploi qui leur permette de nourrir leur famille. Pendant ce temps, les femmes et les enfants restent dans les villages, et essaient de cultiver de quoi subvenir à leurs besoins. Mais ils ont beau travailler dur dans les champs, la nourriture demeure insuffisante.
Une grande partie des quelque 10‘500 personnes vivant à Achupallas, pour la plupart indigènes, connaissent une grande pauvreté et dépendent de l’aide pour subvenir à leurs besoins. Plus de la moitié des enfants de moins de 5 ans souffrent de malnutrition.
Les intrants chimiques plombent les sols
Pour booster leurs récoltes, les paysans sont encouragés à épandre de grandes quantités d’engrais chimique. Et lorsque des mauvaises herbes poussent entre les monocultures et que les parasites pullulent, ils recourent là aussi à des insecticides chimiques. Mais les conséquences sont dramatiques sur la qualité des sols et la biodiversité : ses champs sont de moins en moins fertiles et la diversité des variétés est en recul.
L’appui de Swissaid en 7 points
1. Les femmes et les hommes apprennent comment cultiver leurs champs de manière écologique et comprennent pourquoi les monocultures posent problème. La plupart des familles cultivent entre 5 et 9 plantes utiles différentes dans leurs champs. Elles peuvent ainsi offrir une alimentation plus équilibrée à leurs enfants et réduire leur dépendance vis-à-vis de certaines variétés de céréales et de légumes.
2. Les paysannes et les paysans apprennent comment remplacer les intrants chimiques par des engrais, des produits phytosanitaires et des insecticides écologiques. Ils aménagent des jardins potagers, valorisent leurs semences et les multiplient, et élèvent du petit bétail.
3. Notre organisation partenaire aide les paysannes à commercialiser leurs excédents.
4. La construction de deux systèmes d’irrigation permet à 240 familles des communautés rurales de Jubal, Huancas et Pallaguchi d’irriguer leurs champs, même en période sèche.
5. Les familles de petits paysans apprennent à gérer durablement les réserves en eau et deviennent conscientes de l’importance majeure de la protection des sources pour leur avenir. Des plans de protection des bassins des sources sont élaborés et mis en œuvre à l’échelon local.
6. Les comités de l’eau composés de villageoises et de villageois ainsi que les associations paysannes suivent des formations sur la gestion des conflits. Ils apprennent comment prendre une part active aux processus de décision politiques.
7. Le raccordement des maisons au système d’approvisionnement en eau permet de réduire de 40% la charge de travail des femmes.
Un succès sur la longueur
SWISSAID travaille depuis plusieurs années dans la région. 320 familles de petits paysans sont déjà parvenues à améliorer leur production et leurs revenus en appliquant des méthodes agroécologiques. Aujourd’hui, une surface équivalant à 168 terrains de football est cultivée avec des méthodes biologiques et sans apport d’intrants chimiques. Un beau succès, qui dure !