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Inculpé depuis décembre 2000 pour ses liens dans un trafic d'armes vers l'Angola, le fils de l'ancien président français s'est vu refuser l'assouplissement de son contrôle judiciaire. La justice l'interroge sur un autre compte, Iwik, ouvert chez Darier & Hentsch.Ce contenu a été publié le 02 septembre 2001 - 11:53
Jean-Christophe Mitterrand possède un compte à la banque privée genevoise Darier & Hentsch depuis le 23 avril 1992. Chaque mois pendant deux ans, le Centre de recherches entreprises et société (CRES), un bureau d'études créé par la compagnie pétrolière Elf, installé à Genève, lui versait 13 000 francs pour un travail assez flou de consultant.
C'est sur ce même compte numéroté «219 267 PMY» que le marchand d'armes Pierre Falcone, toujours incarcéré en France, lui a viré 1,8 million de dollars (3 millions de francs) en quatre versements entre 1997 et 1998. Depuis le 21 décembre 2000, Jean-Christophe Mitterrand est inculpé pour «trafic d'influence, abus de confiance, complicité de commerce d'armes illicite».
Agissant sur commission rogatoire, la justice suisse a alors bloqué ce compte, qui détenait encore 1,47 million de francs. «Mais contrairement à Pierre Falcone, et à d'autres acteurs de cette vente d'armes vers l'Angola, également titulaires de comptes en Suisse, Jean-Christophe Mitterrand ne s'est pas opposé à la transmission des informations bancaires vers la France», constate un proche du dossier.
Le fils de l'ancien président français affirme alors qu'il a investi une grande partie de ses économies (2,1 millions de francs) dans une entreprise piscicole en Mauritanie. Une affaire qui n'a toujours pas démarré. Cette entreprise de pêche, baptisée Iwik, possède également un compte chez Darier & Hentsch à Genève.
Trous de mémoire
Un compte qui a reçu environ 500 000 francs en octobre 1999, provenant du Luxembourg, et 550 000 francs le 23 novembre 2000, par un virement du Credit Suisse de Zurich. La justice n'a pas pu prouver que cet argent a un lien avec le marchand d'armes Pierre Falcone.
En revanche, les magistrats ne se satisfont guère de la réponse de Jean-Christophe Mitterrand qui ne voit pas «d'où vient le premier virement», comme l'a révélé le quotidien Le Monde. Quant au second virement, il correspondrait à une prise de participation d'une société agricole du Cameroun. Mais Jean-Christophe Mitterrand ne se souvient pas «du nom de cette société».
Une mauvaise mémoire qui ne joue pas en faveur de l'ancien conseiller à l'Elysée. La justice française a maintenu son contrôle judiciaire. Il n'a pas obtenu l'autorisation de quitter l'Hexagone, afin de vérifier l'état d'avancement de son usine de pêche de Mauritanie.
Ian Hamel
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