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La satisfaction conjugale protège des accidents cardiovasculaires
Ce n’est pas la première étude qui examine l'association entre la satisfaction conjugale vécue au quotidien et le risque de maladie cardiovasculaire. Mais c’est l’une des plus spectaculaires du fait de sa dimension anatomique. Elle a été menée par des chercheurs de l’Université de Pittsburg. Ces derniers révèlent l’existence d’une corrélation entre des relations conjugales peu satisfaisantes et le risque de maladies cardiovasculaires, via l’évaluation de la présence d’athérome dans l'artère carotide (dépôts qui diminuent le diamètre des artères). Les conclusions de ce travail viennent d’être publiées dans la revue Psychosomatic Medicine1.
L’étude a été menée auprès de 281 personnes volontaires, âgées en moyenne de 42 ans et en bonne santé au départ de l’étude. Chez les personnes vivant des relations «conflictuelles», l’étude a permis de constater une augmentation de 8,5% du risque d’accident coronarien ou d’accident vasculaire cérébral (AVC), par rapport aux personnes ayant un niveau élevé de satisfaction conjugale (relations «agréables»).
Epaisseur de la carotide
Les relations des participants (mariés ou vivant en couple dans une relation conjugale suivie), ont été évaluées, durant quatre jours, à chaque heure, comme «positives» ou «négatives». L’épaisseur de l'artère carotide a également été mesurée. Les partenaires ayant déclaré plus d'interactions négatives présentaient des artères carotides comparativement plus «épaisses», moins «souples», ce qui constitue un facteur de risque cardiovasculaire bien connu.
C’est là une preuve supplémentaire du fait que la qualité des relations sociales et conjugales joue un rôle nullement négligeable en matière de santé cardiaque. La même conclusion avait été obtenue lors d’une étude de l’American College of Cardiology. Menée par des chercheurs de la New York University, elle avait été effectuée à partir de données collectées auprès de 20 000 centres de santé américains sur plus de 3,5 millions d'hommes et de femmes, âgés en moyenne de 64 ans. Il s’agissait de la plus large analyse effectuée concernant les associations entre le «statut marital» et la «santé cardiaque».
Cette analyse avait montré que les personnes mariées (indépendamment de l'âge, du sexe et même de leurs facteurs de risque cardiovasculaire) ont un risque réduit de maladie cardiovasculaire, en comparaison des personnes célibataires, divorcées ou veuves. Plus précisément, cette étude met en lumière les faits suivants:
- être marié réduit de 5% le risque cardiovasculaire par rapport au fait de vivre seul;
- les personnes veuves et divorcées ont un risque respectivement augmenté de 3 et 5% de maladies cardiovasculaires (artériopathies, anévrismes de l'aorte, maladie coronarienne, etc.);
- les personnes mariées de moins de 50 ans ont un risque réduit de 12% de maladie cardiovasculaire par rapport aux célibataires du même âge;
- les membres des couples âgés de 51 à 60 ans ont un risque réduit de 7%;
- les membres des couples âgés de plus de 60 ans ont un risque réduit de 4%.
Le célibataire se surveille moins
La situation de célibataire est associée à des risques cardiaques plus élevés.On observe aussi que les facteurs de risque de maladie cardiovasculaire sont également plus fréquents chez les célibataires:
- les taux de tabagisme sont plus élevés chez les personnes divorcées (31%), mais plus faibles chez les personnes veuves (22%);
- la prévalence de l'obésité est plus élevée chez les personnes célibataires et divorcées (31 et 30%);
- l’hypertension artérielle, le diabète et la sédentarité sont également plus fréquents chez les personnes veuves (respectivement de 77%, 13%, et 41%).
Ainsi, «quand il s'agit de maladies cardiovasculaires, le statut matrimonial compte», conclut le Dr Jeffrey Berger, cardiologue et auteur principal de l’étude. Il suggère aux cliniciens de prêter attention au statut matrimonial de leurs patients lors des bilans cardiaques. Et il donne un conseil: «Si l'un de mes patients est depuis peu veuf ou divorcé, je suis plus vigilant lors de son examen sur les signes éventuels de maladie cardiovasculaire et de dépression ».
Plus généralement, ce travail suggère que la vie à deux peut fournir un soutien émotionnel et matériel dans la vie en général et durant les périodes de maladie en particulier. Dans le meilleur des cas, tout se passe comme si les conjoints veillaient l’un sur l’autre, que ce soit en termes d’alimentation, de pratique d’exercices physiques ou de l’observance de leurs traitements éventuels.
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1. Un résumé (en anglais) de l’étude parue dans Psychosomatic Medicine est disponible ici.