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Eugen Bleuler
(1857 – 1939)
schizein = fendre
phrên = esprit
littéralement «esprit fendu»
C’est à un psychiatre zurichois, Eugen Bleuler, qu’on doit le terme «schizophrénie». Après ses études de médecine, il voyage en Angleterre et en France. Puis, de retour en Suisse, il dirige la clinique psychiatrique du Burghölzli et devient un professeur de psychiatrie renommé, qui eut Carl Gustav Jung comme assistant et Sigmund Freud comme ami.
Contestant le terme de «démence précoce» utilisé jusqu’alors, Eugen Bleuler le remplace en 1908 par celui de «schizophrénie» pour illustrer l’idée d’une fragmentation de l’esprit. En effet, le mot schizophrénie est formé de deux parties venant du grec «schizo» qui veut dire fractionnement et de «phrénie» qui désigne l’esprit.
Cette étymologie contribue certainement à la confusion qui perdure encore aujourd’hui autour de cette affection. En effet, si le terme «schizophrène» est entré dans le vocabulaire courant, il est rarement utilisé dans sa signification médical, son sens est le plus souvent détourné, de manière stéréotypée ou humoristique.
De plus, il est fréquemment utiliser dans un sens figuré, notamment dans la presse, pour évoquer des attitudes ou des propos simplement contradictoires. Paradoxalement, la réalité de la maladie est largement méconnue, et la schizophrénie reste une pathologie stigmatisée et qui inquiète. La famille et les proches sont souvent les principaux alliés du malade et indispensables lors de sa prise en charge.