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Interrogé par une commission parlementaire allemande (qu'il quitte ici), l'ex-patron de Volkswagen Martin Winterkorn a démenti avoir appris la manipulation des moteurs diesel du groupe dès l'été 2015.
KEYSTONE/EPA/CLEMENS BILAN(sda-ats)
Martin Winterkorn, l'ex-patron de VW, a balayé les accusations de dissimulation devant une commission parlementaire allemande. Il a affirmé n'avoir rien su du trucage des moteurs diesel du groupe automobile allemand avant que le scandale n'éclate en septembre 2015.
"Je n'ai eu aucun accès à (ce) dossier", a affirmé l'ancien dirigeant de 69 ans, qui se plaisait à dire qu'il connaissait "chaque vis" de ses voitures, venu affronter les parlementaires flanqué de deux avocats.
Dirigeant du groupe dès 2007 jusqu'à sa démission le 23 septembre 2015 quelques jours après l'éclatement du scandale, il a démenti avoir appris la manipulation dès l'été 2015, comme le soupçonnent notamment les autorités américaines, et a jugé "incompréhensible" de n'avoir pas été informé "clairement et plus tôt" par ses équipes.
Martin Winterkorn a cependant refusé de répondre aux questions les plus précises des parlementaires, invoquant le respect de l'enquête judiciaire en cours en Allemagne.
D'autres cadres entendus
Vu l'importance que Volkswagen accordait au développement du diesel aux Etats-Unis, la "crédibilité" de M. Winterkorn "me paraît quelque peu entamée", a commenté en marge de la séance Herbert Behrens, du parti de gauche radicale Die Linke, patron de cette commission d'enquête créée en juillet.
L'objectif de l'audition était d'établir à quel moment le directoire du groupe avait été informée de la manipulation de 11 millions de ses véhicules dans le monde pour les faire passer pour moins polluants, une affaire révélée aux Etats-Unis.
Les députés devaient également entendre Matthias Wissmann, ancien ministre des Transports, devenu président de la Fédération de l'industrie automobile (VDA), ainsi que trois cadres dirigeants des marques Volkswagen, Audi et Opel.
La question des responsabilités
Les autorités américaines, qui viennent de signer avec Volkswagen un accord réglant pour 4,3 milliards de dollars (4,29 milliards de francs au cours actuel) le volet pénal de l'affaire, outre les 17,5 milliards de dollars versés à titre d'indemnités, mettent clairement en cause l'ancienne direction depuis la récente inculpation pour fraude d'Olivier Schmidt, un cadre dirigeant.
D'après les aveux de M. Schmidt au FBI, la direction du géant aux 12 marques - dont Audi, Porsche et Skoda - avait été informée de la supercherie à la mi-2015 mais avait décidé de garder le silence.
Volkswagen a de son côté accepté de plaider coupable de "conspiration" et d'"obstruction à la justice" pour avoir détruit des documents afin de dissimuler ses agissements aux autorités américaines, mais l'accord final de 86 pages, consulté par l'afp, ne clarifie pas les responsabilités au sein du groupe.
Or cette question est cruciale en Allemagne, où le parquet de Brunswick, qui a ouvert une enquête pour "manipulation de cours", a reçu plus de 1400 plaintes d'actionnaires s'estimant floués par la communication tardive du groupe, et réclamant plus de 8 milliards d'euros (8,5 milliards de francs) de dommages-intérêts.
Ligne de défense inchangée
La ligne de défense du groupe n'a, sur ce point, pas varié depuis plus d'un an: selon Volkswagen, le directoire n'a été informé que "fin août, début septembre" 2015 de ce gigantesque trucage.
La commission parlementaire a déjà entendu mi-décembre le ministre allemand de l'Economie Sigmar Gabriel, qui affirme n'avoir rien su avant la révélation publique du scandale, et veut auditionner la chancelière Angela Merkel le 8 mars.
ATS