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Jean-Luc Schneider reste un artiste assez hors norme quant à son parcours, sa maîtrise, son expression picturale et ses recherches créatives. Il s'intéresse à la peinture dès l'âge de 15 ans, fort inspiré par les œuvres de H.R. Giger, Turner et quelques autres maîtres.
Sa vocation d'autodidacte a probablement été motivée par le refus de l’école des Arts-Décoratifs à voir le moindre dossier ou dessin sous prétexte d’une insuffisante maîtrise des langues étrangères. Il n'en faut guère plus pour le faire passer au statut d'autodidacte, qui selon lui, est beaucoup plus efficace.
Sur sa lancée, cet artiste maîtrise la photographie argentique à un très bon niveau, découvre l'informatique, la programmation, la 3D à l'époque où la plupart des écrans étaient monochromes, puis plus tard, l'image numérique, la vidéo, le digital FX, etc.
La maîtrise de ces différentes techniques, à un tel niveau, est remarquable dans un parcours totalement autodidactique et a été relevé par des professionnels, tous domaines confondus.
Son processus de création s’est personnalisé durant les ans pour aboutir à sa propre démarche artistique où l’abstraction et le réalisme s’entrechoquent ou s’harmonisent. La matière devient énergie et l’obscurité se mesure à la lumière la plus intense. Bien que passionné par ce qu'offrent les nouvelles technologies en terme de créativité, il revient régulièrement à la peinture, son domaine de prédilection, avec encore plus de force.
"Improbable mais évident".
En 2016, il entreprend des recherches sur des procédés qui relèvent de l'alchimie pour l'élaboration de ses propres médiums (pour la peinture à l'huile), selon des techniques anciennes utilisées par Rembrandt, Rubens, Turner...
En lieu et place de "médiums à peindre" du marché, ou plus artisanalement de l'huile de lin et de la térébenthine, ce sont des procédés complexes qui entrent en jeu. L'huile de lin est remplacée par de l'huile de noix qui sera cuite à basse température durant plusieurs heures en présence d'oxydes métalliques pour produire ce qui s'appelle "l'huile noire", qui revient dans plusieurs préparations.
Ce procédé va favoriser l'oxydation de l'huile et accélérer son durcissement par absorption d'oxygène.
Interviennent aussi différentes résines naturelles en provenance de Grèce (mastic de Chios), de Sumatra (Dammar), du Maroc (Sandaraque).
La résine est dissoute dans de la térébenthine, puis la combinaison de ces éléments provoque une gélification de l'huile et de la résine. C'est le vernis-gel utilisé par les Maîtres de la Renaissance.
Il intègre doucement ces techniques dans ses dernières toiles et, selon lui, ne fait que découvrir le potentiel de ces gels thixotropiques (capables de passer de l'état gélifié à l'état liquide, lorsqu'ils sont mis en mouvement et reprennent leur état gélifié au repos).