Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07230.jsonl.gz/258

Les parlementaires et les employés de l'Administration fédérale ont été invités à s'exprimer dans une langue nationale qui n'est pas la leur jeudi pour la première journée du plurilinguisme. Certains élus ont joué le jeu sous la Coupole.
Le but de cette journée est de promouvoir l’échange et la compréhension entre les employés des différentes communautés linguistiques, écrit Helvetia Latina, à l'initiative de cette journée.
Ce jeudi a été choisi parce que le 26 septembre coïncide avec la journée du bilinguisme dans de nombreux cantons ainsi qu'avec la Journée européenne des langues, créée en 2001 par le Conseil de l'Europe.
La présidente du Conseil national Marina Carobbio (PS/TI) a ouvert la journée en français. "Aujourd'hui, les Romands deviendront germaniques, et vice versa", a-t-elle lancé. "Il nous faudra résister vaillamment à la tentation de parler notre langue maternelle".
Il n'est pas toujours facile de défendre ses idées dans une autre langue, a-t-elle rappelé. Mais "je vous y encourage" en cette journée du multilinguisme. Elle a également encouragé chacun à chérir ce patrimoine précieux que sont les langues. Ruth Humbel (PDC/AG) a elle débuté son intervention en français avant de retourner à l'allemand. Leur collègue Benjamin Roduit (PDC/VS) s'est lui exprimé en romanche.
Le Conseil des Etats vit le plurilinguisme au quotidien puisque ses débats ne font pas l'objet d'une traduction simultanée et que chacun s'exprime dans sa langue, a rappelé le président Jean-René Fournier (PDC/VS). Il a ensuite adressé quelques mots à ses collègues en allemand et en italien.
Quelques phrases
Invités à s'exprimer d'abord dans une autre langue que la leur, quelques conseillers aux Etats ont joué le jeu. Pirmin Bischof (PDC/SO) a ouvert les feux sur les déductions fiscales pour les familles: "nous en sommes à la première traktanda, si nous ne nous mettons pas d'accord, ce sera un meeting de conciliation". Certains sénateurs ont continué à s'exprimer dans une autre langue dans la matinée, mais aucun n'a dépassé quelques phrases.
Les départements et les offices fédéraux étaient libres de s'associer ou non à la journée. Ils pouvaient choisir des activités qu’ils réaliseront parmi celles suggérées sur le site web d’Helvetia Latina: de l'écriture de courriels à la tenue de séances, en passant par des conversations téléphoniques.
Romanches et Tessinois pouvaient s'exprimer pour une fois dans leur langue maternelle. Mais les Alémaniques et les Romands devaient choisir une autre langue que la leur.
Le président d'Helvetia Latina Laurent Wehrli s'est félicité de la première "Journée du plurilinguisme" : "De nombreux parlementaires se sont exprimés dans une autre langue. C'est exactement ce que nous voulions, car le but de la journée était de donner une impulsion".