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En Espagne, durant la guerre civile, Carlos, un garçon de douze ans dont le père est décédé, débarque à Santa Lucia, un établissement catholique pour orphelins. Il est remis aux bons soins de Carmen, la directrice, et du professeur Casares. Mais il doit faire face à l'hostilité de ses camarades et de Jacinto, l'homme à tout faire. Par ailleurs, ce lieu hostile dissimule derrière ses murs deux secrets : l'or de la cause républicaine, et le fantôme d'un enfant qui hante le sous-sol.
Critique
(...) C'est bien sûr un récit d'apprentissage accéléré qui va se dérouler dans ce contexte sous haute tension. Le décor, sorte de hacienda brûlée par le soleil, avec ses recoins mal éclairés la nuit et son obus non explosé tombé dans le patio, interpelle fortement l'imagination; un mystérieux montage d'ouverture, qui postule une certaine poésie de l'horreur, installe quant à lui d'emblée un récit hanté. Mais par quoi? Le Mal sans doute, celui qui ronge les humains dès l'enfance et dont la guerre n'est que l'expression la plus spectaculaire. Comme dans Sa Majesté des mouches (le roman de William Golding porté à l'écran par Peter Brook), les enfants ne sont plus placés d'office du côté de l'innocence. Par contre, à y regarder de près, un vieux fond catholique ressort, qui place la sexualité au premier banc des accusés, à peine cachée derrière une cupidité plus clairement mise en avant. Acquis à une certaine esthétique du morbide, comme Mario Bava, Dario Argento et Pupi Avati, les maîtres italiens qu'il vénère, Guillermo del Toro s'y entend à créer une certaine séduction de la peur et de l'horreur (...)
Norbert Creutz, Le Temps