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«Que l'on aime ou pas Moscon, c'est le vainqueur moral de ce Paris-Roubaix.»
D'une phrase, prononcée au terme d'une épreuve disputée dans des conditions apocalyptiques dimanche, l'ancien coureur Jacky Durand a témoigné du léger malaise entourant la performance de Gianni Moscon (4e). «Cela n’aurait pas été décrit comme une belle histoire», avoue un journaliste d'Eurosport en songeant à ce qu'il aurait dû raconter si Moscon avait été au bout de son échappée solitaire, c'est-à-dire si une crevaison puis une chute ne l'avaient pas freiné.
«Il y a de quoi s’attacher au coureur Gianni Moscon. Mais l’individu est beaucoup plus critiquable», explique notre confrère dans son article, sans toutefois revenir sur les raisons du désamour tenace entre le soldat d'Ineos Grenadiers et le public, ainsi qu'une bonne partie du peloton. Ces raisons (il y en a au moins 5) les voici.
«GM» n'a cessé de faire parler de lui ces dernières années, et pas toujours pour de bonnes raisons. Il avait ainsi été viré du Tour de France il y a trois ans après avoir mis une mandale à un adversaire en pleine course.
L'incident avait été qualifié d'«agression particulièrement grave» par le jury des commissaires qui avait renvoyé le coéquipier de Chris Froome le soir-même.
Un an plus tôt, c'est sur le Tour de Romandie que l'Italien avait choqué. Le Valaisan Sébastien Reichenbach l'avait accusé d'insultes racistes proférées à l'encontre de Kevin Reza. Ce dernier était alors le coéquipier de Reichenbach à la FDJ.
Sans reconnaître ouvertement les faits, l'équipe Sky avait suspendu son coureur pour six semaines.
Gianni Moscon avait été blanchi pour cette affaire, dont voici le récit: quelques mois après le Tour de Romandie et le message publié par Sébastien Reichenbach, les deux coureurs se sont retrouvés dans le même peloton à l'occasion des Trois Vallées Varésines. Or ça s'était très mal passé pour Reichenbach, victime d'une lourde chute (fracture du coude et du bassin).
Le Valaisan en était certain à l'époque (et c'est sans doute toujours le cas): Moscon l'avait fait chuter volontairement.
Mais aucune preuve n'est venu étayer cette accusation, si bien que le coureur du Trentin avait été innocenté par l'UCI.
Il arrive parfois que les coureurs se positionnent derrière les voitures des équipes afin de profiter de l'aspiration pour revenir dans la course. Sauf que les abris prolongés sont interdits, et que les fautifs peuvent être durement sanctionnés. C'est ce qui était arrivé à Gianni Moscon aux Mondiaux de Bergen en 2017. Il avait été déclassé après la course, qu'il avait pourtant terminé à une honorable 27e place.
Gianni Moscon avait été disqualifié de Kuurne-Bruxelles-Kuurne pour avoir lancé son vélo sur Jens Debusschere! «Un coup de sang qui en a entraîné un autre: A l'annonce de sa disqualification, le coureur italien a déchiré ses dossards», a rapporté la télévision belge RTBF.
Interrogé par le site spécialisé Cyclingnews, Jens Debusschere avait dit tout le mal qu'il pensait de son adversaire.
Aucun exploit, même une victoire sur Paris-Roubaix, ne serait assez grand désormais pour réhabiliter le coureur dans le coeur du public, ni dans celui de la plupart de ses adversaires d'ailleurs. (jcz)