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L'argent qui, en cas d'accident avec fusion du cœur, se libère en grande quantité des grappes de commande, est connu pour son affinité vis-à-vis de l'iode et devrait théoriquement être en mesure de lier intégralement l'iode en iodure d'argent (Agl). Mais l'influence du rayonnement sur la stabilité de la liaison d'iode est inconnue.
Dans le cadre de programmes internationaux de recherche, des accidents hypothétiques graves de réacteur sont simulés à Cadarache, en France, dans le réacteur de recherche Phébus de l'Institut de protection et de sûreté nucléaire. Le PSI fournit des contributions au "Phebus Fission Product Program" depuis 1997. Ces travaux englobent l'étude du déroulement des rejets de produits de fission par des analyses de post-irradiation ainsi que l'étude du comportement de l'iode dans le confinement du réacteur. L'objectif des travaux menés sur la "radiolyse d'iodure d'argent" était d'étudier la stabilité de l'Agl par rapport aux rayonnements bêta. Il s'est révélé que contrairement à ce que l'on imaginait jusqu'à présent, la volatilité de l'iode en cas d'irradiation d'Agl aqueux peut se faire aussi par oxydation radiolytique directe. On peut en conclure qu'en cas d'accident grave avec fusion du cœur, des rejets d'iode peuvent se produire malgré l'argent. Le projet ICHEMM (Iodine Chemistry and Mitigation Mechanisms), projet intégré dans le 5e programme-cadre de l'UE, doit maintenant optimiser les mécanismes de rétention de l'iode.
Source
D.S./C.P. d’après de la documentation du colloque du PSI du 31 janvier 2002