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Les producteurs de café risquent de devoir gérer 3,5 millions de sacs de café de trop, selon.
En cause: les excédents qui n'ont pas été vendus pendant les périodes de confinement qui ont touché plusieurs pays importateurs. Si, à la maison, certains ont continué de consommer du café, la fermeture des bars et restaurants a tout de même fait chuter la consommation mondiale.
Des prix particulièrement bas au Brésil
Le Brésil, premier producteur mondial, est particulièrement touché par ces excédents. Conséquence: les fournisseurs baissent leurs prix pour exporter un maximum de sacs de café.
En plus de ce problème, la situation économique du Brésil n'est pas des plus favorables. La baisse de la monnaie nationale, le Réal brésilien, risque de faire encore chuter les prix. Une livre de café, qui ne vaut habituellement jamais moins de 1000 dollars, risquerait de chuter à 600 dollars la tonne. En clair: un prix du café au plus bas depuis 15 ans.
Un café en terrasse moins cher?
Ces prix bas ne se répercuteront pas sur une tasse de café en terrasse. Certes, la récolte vaudra moins sur les marchés. Mais du grain jusqu'à la tasse, le chemin est encore long. Les négociants de matières premières et les distributeurs se protègent de la volatilité des prix en retardant au maximum de répercuter sur le consommateur les prix à la baisse.
En plus, la torréfaction du café entraîne une perte de valeur. Les prix sont donc systématiquement majorés de 20% pour intégrer cette perte. Autrement dit, la chute des cours aurait dû être beaucoup plus forte pour que cela se ressente dans le prix final.
La consommation mondiale de café repartira-t-elle à la hausse?
Durant le confinement, la consommation a reculé et les chaînes d'approvisionnement ont été bloquées. Mais elles repartiront. Le café reste la matière première la plus échangée dans le monde, après le pétrole. On en boit trois milliards et demi de tasses par jour.
Depuis les années 1990, la demande de café est en constante augmentation. Selon Mirabaud, la moitié des consommateurs dans le monde se trouvent en Europe, aux Etats-Unis et au Brésil. Les Américains, qui ne juraient que par les sodas sucrés, sont devenus grâce à Starbucks une nation d’amateurs de café. Depuis plusieurs décennies, toute la planète, y compris les pays émergents, sont devenus de grands consommateurs.
Frédéric Mamaïs/iba
Au Costa Rica, des kilos de grains de café pourraient bien ne jamais être récoltés
"Nous sommes extrêmement inquiets. Nous dépendons de la main-d'œuvre étrangère pour cueillir notre café et aujourd'hui, nous ne savons pas si nous pouvons compter dessus", a déclaré Geovanny Rodriguez, un agriculteur de Santa Maria de Dota, dans la région montagneuse de Los Santos, à une soixantaine de kilomètres au sud de la capitale San Jose.
Les producteurs espèrent que certains Costaricains, au chômage en raison de la pandémie, pourraient être attirés par la cueillette. "Mais cela ne suffira pas", a déclaré Jorge Mena, propriétaire d'un 1,2 hectare dans le sud du pays. "Et en plus de cela, tout le monde ne sait pas comment bien faire le travail".
Reuters/iba