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« Lausanne pourrait tester le revenu de base », nous apprend Le Temps du 14 avril (treize jours de retard pour les poissons !). Apparemment, 39 conseillers communaux contre 37 auraient soutenu un postulat demandant « d’étudier la mise en place d’une expérience pilote de revenu de base ». On choisirait pour cela « un échantillon de personnes qui reçoivent déjà des prestations sociales »
Qui peut être assez naïf ou immature pour penser un seul instant qu’un tel système puisse être « testé » sur un échantillon de personnes et en particulier sur un échantillon de personnes appartenant toutes à une même catégorie sociale? Tout test aboutira à un résultat faux, parce que les personnes constituant un tel échantillon sont choisies en fonction de paramètres qui ne correspondent pas à la réalité sociale globale ; elles seront en outre plus que probablement motivées à se conduire comme le souhaitent ceux qui les ont choisies, si on les informe de la raison du traitement qu’on leur propose et si on leur demande leur accord (impossible assurément de procéder à une telle expérience sans tenir les cobayes au courant de leur rôle ni solliciter leur consentement ou alors on est en dictature !).
Un régime comme celui du revenu de base inconditionnel ne peut pas être testé. Il implique un changement complet de système financier public, une réorganisation administrative intégrale, une transformation radicale de la société, de l’éducation, de la culture, en conséquence des investissements considérables et une domestication de la pensée.
Puisse le rejet de l’initiative fédérale à l’origine du postulat d’une très faible majorité du conseil communal lausannois être si massif que cela permette en toute légitimité à la Municipalité de la « Grand’ville » de renoncer à une expérience-bidon, mais assurément déjà coûteuse.
Le 14 avril 2016