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Lampe à huile
Datée des 1er et 2e siècles de notre ère, cette lampe à huile en forme de taureau est pourvue de trois becs, qui accueillaient chacun une mèche végétale (coton, lin, molène). Le combustible (huile végétale ou animale) était versé dans le réservoir par le trou d’alimentation situé entre les deux cornes, près de l’anse. Bien qu’il éclairât mal et que son usage fût contraignant, ce type de lampe était surtout utilisé par l’élite, tandis que le reste de la population recourrait à des braseros, des torches et des chandelles au suif (graisse animale).
Le plus souvent en argile, les lampes à huile d’époque romaine étaient moulées et souvent ornées au niveau du disque par des personnages, des animaux, ainsi que des scènes de mythologie ou de vie quotidienne. Le décor pouvait aussi être de forme plastique, comme ici. Les premiers exemplaires en taureau furent produits en Egypte et servaient au culte du dieu Apis.
La lampe à huile traverse les âges
Utilisée au moins dès le Paléolithique supérieur (-40'000), les lampes à graisse se complexifient durant notre ère : les combustibles, les réservoirs et les becs se diversifient, tandis que des cheminées et des robinets font leur apparition. A partir du 17e siècle, les modèles les plus courants sont en métal (fer, étain ou laiton) et portent le nom de crasset (langue d’oïl du Nord), chaleil (langue d’oc du Sud) ou encore crozet (Vaud). Leur usage resta fréquent jusqu’au début du 20e siècle.
Plusieurs inventions majeures vont améliorer l’éclairage au 18e et 19e siècle : la lampe à gaz (1799), la lampe à arc électrique (1813), puis l’ampoule à incandescence (1835) et la lampe à pétrole (1853). Toutefois les ampoules électriques ne s’implanteront dans les foyers qu’à partir de 1920, en même temps que les bougies en stéarine et en paraffine. Depuis le début du 21e siècle, ces mêmes ampoules sont progressivement interdites, au profit des ampoules à luminescence, telles que les LED, moins énergivores.
Photo : Mathieu Bernard-Reymond © MCAH