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Archéologie neuchâteloise 4
La séquence sédimentaire lacustre. Les carottages systématiques effectués sur le site de Cortaillod-Est n’ont pas permis de retrouver de couches d’habitat en place, ni du Bronze final, ni du Néolithique. Cette séquence sédimentaire doit cependant être considérée comme une archive intéressante car elle a enregistré un certain nombre d’événements précédant ou succédant les phases d’habitat et ce n’est qu’avec la somme de ces données, recueillies sur tel ou tel site, que nous pourrons reconstituer l’histoire complète du lac de Neuchâtel et de l’occupation de ses rives.
La palynologie. Les deux carottes de sédiments étudiées ne contenaient pas de couche archéologique contemporaine du Bronze final. Elles ont toutefois mis en évidence des séquences sableuses et limoneuses à dominance de conifères, de la craie lacustre qui s’est déposée dès le Néolithique moyen ainsi qu’un hiatus important entre les sédiments de base et la craie lacustre, comparable à ceux déjà observés dans les lacs de Neuchâtel et de Bienne.
La faune. Les animaux domestiques dominent largement, avec plus de 90 % des restes. Parmi eux, les moutons et les chèvres sont les plus nombreux, ainsi que le bœuf. Le porc est faiblement représenté, alors que le chien et le cheval le sont de manière encore plus discrète. Le cerf et le chevreuil étaient chassés de façon épisodique, ainsi que quelques autres espèces, comme le chat sauvage, l’ours, la martre et le loup. Les animaux de boucherie, essentiellement les caprinés et le bœuf, étaient abattus de préférence à l’âge subadulte, sans doute pour des raisons de rendement économique entre poids et alimentation.
Habitat, milieu et ressources : données économiques. Loin de prétendre correspondre à une synthèse des activités économiques préhistoriques, ce travail contient une série de réflexions sur un ensemble de données ponctuelles (encore lacunaires) relatives à l’utilisation du sol et à la production artisanale. Le cadre défini ici sert à expliquer, au moins en partie, les motifs de la localisation du village : de larges surfaces potentiellement agricoles (les alluvions de la plaine de l’Areuse et le plateau qui s’étend entre Cortaillod, Bevaix et Boudry) sont facilement accessibles. Cette constatation semble appuyer l’hypothèse d’un intérêt économique précis dans le choix de l’emplacement du site.