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Grâce à l'essor économique de la S. au début du XXe s., la présence suisse dans cette colonie britannique se développe. En 1920, on y compte une centaine de Suisses, la plupart commerçants et alémaniques. Les perspectives d'essor économique, la nécessité de créer un poste consulaire en Afrique occidentale et la situation géographique, à mi-chemin entre Londres et Le Cap, justifient l'ouverture d'un consulat à Freetown en 1920. La crise économique, les tentatives infructueuses de développer l'extraction de l'or, ainsi que les rivalités avec les commerçants anglais et français entraînent une légère diminution du nombre des Suisses établis en S. alors que des pays plus prospères comme l'actuel Ghana ou le Nigéria attirent plus de Suisses. En 1938, le consulat est déplacé à Accra et remplacé par une agence consulaire à Freetown. En S., la plupart des Suisses travaillent pour de grandes sociétés commerciales. Certains dirigent des hôtels ou de petites entreprises. Mais les associations helvétiques sur place souffrent du séjour souvent bref des Suisses en S. Le 17 avril 1961, le Conseil fédéral reconnaît l'indépendance du pays et ouvre un consulat général à Freetown. Des relations diplomatiques complètes sont nouées en 1962, par l'ambassade de Suisse à Dakar, puis à Accra en 1966 et ensuite à Abidjan. Dès 1963, une mine de bauxite est exploitée par Alusuisse. La S. devient ainsi en 1970 le premier fournisseur de cette entreprise, l'épine dorsale de la présence helvétique en S. En 1970 et 1980, les autorités fédérales autorisent des exportations de matériel de guerre, mais avec réticence en raison de l'instabilité politique en Afrique occidentale. L'aide suisse au développement reste limitée à des projets ponctuels. Dès 1983, le Conseil fédéral place la S. sur la liste des pays les moins avancés appelés à profiter d'exemptions particulières dans le cadre du système des préférences douanières. La Confédération apporte de l'aide d'urgence à la S. durant la guerre civile (1991-2002) et soutient le tribunal spécial créé en 2002 par les Nations unies pour juger les crimes commis pendant le conflit. En 2007, les deux pays concluent deux accords bilatéraux annulant la totalité de la dette extérieure de la S. envers la Suisse (27,9 millions de francs).
Fonds d'archives
– Documentation du DFAE
Auteur(e): Marc Perrenoud