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pour trompette, orchestre à cordes et tambour opus 6
Le Concertino pour trompette, orchestre à cordes et tambour op.6, commencé en décembre 1945 à Vevey, fut achevé au mois d'avril 1946 à Leysin.
Cette œuvre comprend trois mouvements qui, bien que distincts dans leur forme, s'enchaînent sans interruption. Le premier mouvement, d'un caractère à la fois enjoué et passionné, est animé d'un rythme violemment syncopé qui, après un retour aux motifs du début, trouve un apaisement dans un court interlude confié aux archets. Puis, sur un fond de cordes en sourdine, la trompette enchaîne une grave mélodie en forme de sarabande à 7/8 dont la tranquillité n'exclut ni grandeur ni pathétique.
Le Presto final, attaqué sans transition par les cordes, emprunte son élément rythmique au curieux style de jazz dit "boogie-woogie", qui se caractérise par son insistance, sa répétitivité, sa gaîté, son dynamisme primitif faisant songer à ces danses de peuplades africaines qui ne consistent qu'en un piétinement sur place. Ce rythme obsédant n'est suspendu que par une courte cadence de trompette qui, sans altérer le tempo, ramène les interprètes dans son tourbillon. Et le rythme reprend de plus belle – et sans répit – jusqu'à la fin de l'œuvre.
Ce n'est pas la première fois que la musique sérieuse fait des emprunts à la musique de jazz. On ne peut les approuver que dans la mesure où ils sont un réel enrichissement et qu'ils ne pervertissent pas l'inspiration du compositeur. Si le rôle solistique de la trompette en musique classique fur longtemps négligé, il a, en revanche, une place de tout premier plan dans la musique de jazz. Les interprètes ont atteint un niveau de virtuosité étonnant et prouve que la trompette dispose de possibilités expressives aussi riches que la flûte ou le saxophone.
Pour les mettre en valeur, le compositeur, délaissant délibérément le caractère traditionnel héroïque et solennel de l'instrument, a confié au soliste une partie lyrique et éminemment expressive. D'autre part, et pour mettre en relief mieux encore le jeu de l'interprète, l'auteur a exclu de l'orchestre tout autre instrument à vent. Seul instrument à percussion, un tambour – soliste lui aussi – parachève la couleur du modelé rythmique.
Le Concertino est publié aux Editions Schott's Söhne à Mayence et a été créé le 21 juin 1947 sur les ondes de la Radio Suisse Romande par Hermann Gyger, trompette, dédicataire de l'œuvre, Roland Schweizer, tambour et l'Orchestre de Chambre de Lausanne dirigé par Victor Desarzens. Le célèbre virtuose français Maurice André en a réalisé un superbe enregistrement pour la firme ERATO, accompagné par l'Orchestre Philharmonique de l'Office de Radiodiffusion-Télévision Française (ORTF) sous la direction de Maurice Suzan.
Trois Concertos pour trompette
Maurice André (trompette)
On The Road
Wim van Hasselt (trompette)