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Trois quarts des miels de la planète contaminés par des pesticides
Cette étude, réalisée en 2015 et 2016, est publiée vendredi dans la prestigieuse revue "Science". Il s'agit d'une sorte d'action citoyenne. Les chercheurs neuchâtelois ont en effet demandé aux voyageurs de la région de leur ramener des pots de miel d'un peu partout, même de certaines îles lointaines, grâce à des navigateurs au long cours.
Ils ont ainsi pu travailler sur 198 échantillons en provenance des quatre coins du monde. Les analyses ont permis de livrer une cartographie de l'état du miel autour du monde. Et le résultat est assez alarmant: non seulement trois quarts des miels contiennent des néonicotinoïdes, mais la plupart en cumulent plusieurs à la fois.
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Produits responsables du déclin des abeilles?
Blaise Mulhauser, directeur du Jardin botanique de Neuchâtel, explique que les doses ne sont a priori pas dangereuses pour l'être humain, quoiqu'on commence à s'interroger sur l'effet cocktail de ces combinaisons de pesticides. "Dans bien des échantillons, le taux de pesticides atteint des doses sublétales pour les abeilles domestiques", relève-t-il.
Les analyses ont montré que 75% des miels contenaient au moins un des cinq néonicotinoïdes les plus utilisés. Ce taux variait selon les régions: 86% des échantillons nord-américains étaient contaminés, suivis par les asiatiques (80%) et les européens (79%). Les échantillons les moins contaminés venaient d'Amérique du Sud.
Cette classe de pesticides fonctionne en attaquant le système nerveux des insectes. Or, ceux-ci persistent longtemps dans la nature et touchent des espèces qui ne sont pas visées. "Ca atteint les cellules du cerveau des abeilles, qui vont avoir des pertes de repères, voire des pertes de mémoire. Cela pourrait être l'une des causes de la problématique de la disparition des colonies d'abeilles dans les pays les plus industrialisés", selon Blaise Mulhauser.
Des pistes de recherche à poursuivre
Les néonicotinoïdes, qui occupent le tiers des parts de marché des pesticides dans le monde, sont partiellement interdits en Europe depuis 2014. Les chercheurs neuchâtelois aimeraient désormais affiner leurs analyses pour voir si on remarque une différence entre les échantillons qui ont été produits avant et après cette date.
Lucia Sillig/dk (avec ats)
Publié le 05 octobre 2017 - Modifié le 06 octobre 2017