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La thrombose veineuse est provoquée par l’occlusion ou le rétrécissement d’une veine par un caillot de sang, ce qui a pour effet d’empêcher la circulation du sang dans l’organe concerné (extrémités, cerveau ou autre).
Dans les extrémités, on distingue la thrombose veineuse superficielle de la thrombose veineuse profonde (TVP). Cette dernière est caractérisée par la présence d’un caillot de sang bloquant complètement ou partiellement la circulation sanguine dans le système veineux profond, le plus fréquemment au niveau des jambes. Elle peut engendrer des complications graves si elle n’est pas diagnostiquée ou traitée rapidement. A court terme, un fragment de caillot sanguin peut migrer dans une artère du poumon et provoquer une embolie pulmonaire. A long terme, un syndrome post-thrombotique peut survenir: le caillot endommage la paroi interne ou les valves de la veine, ce qui rend les jambes lourdes, gonflées et, à la longue, cause des varices et des ulcères.
La cause d’une thrombose est inconnue dans près de 50% des cas. Elle survient généralement lorsque trois facteurs sont réunis: la stagnation du sang dans une veine (la stase) ; des altérations de la paroi veineuse entraînant la stimulation du système de coagulation; et une augmentation de la tendance du sang à coaguler.
En collaboration avec un-e médecin du Service d’angiologie, l’hématologue vise à déterminer la cause de la thrombose veineuse profonde et, principalement, s’il est nécessaire de prescrire un traitement anticoagulant sur le long terme pour éviter tout risque de récidive.
Le diagnostic repose d’abord sur l’anamnèse du patient (les renseignements fournis par le patient sur l’histoire de sa maladie) et un examen clinique.
Si la probabilité de thrombose est élevée, un ultrason (une échographie) suffit pour confirmer le diagnostic. Si elle est faible, une prise de sang est requise pour mesurer les d-dimères (substances provenant d’une protéine – la fibrine – qui participe à la formation du caillot) qui, si son taux est bas, permet d’exclure la présence d’une thrombose. En cas d’un taux supérieur à une valeur donnée, un ultrason (un écho-doppler) permet de préciser le diagnostic et la localisation de la thrombose.
Le traitement de la TVP vise surtout à éviter sa progression, sa récidive, ainsi que l'apparition du syndrome post-thrombotique.
Les médecins prescrivent des médicaments anticoagulants qui fluidifient le sang et réduisent la formation des caillots. Débutés d’abord sous forme d’injections, ils sont ensuite administrés sous forme de comprimés sur une durée de trois à douze mois, voire à plus long terme, selon les patients. Plusieurs classes de médicaments existent: à côté des antagonistes de la vitamine K, donnés depuis de nombreuses années, des anticoagulants oraux directs sont maintenant de plus en plus utilisés dans la prévention et le traitement de la thrombose.
Pour certains d’entre eux, une surveillance particulière de la part d'un médecin spécialiste en hémostase est nécessaire afin d’en déterminer le dosage au quotidien. Le Service d’angiologie du CHUV propose également des cours d'autogestion et autocontrôle de l'anticoagulation pour aider le patient à gérer de manière autonome la prise de ces médicaments.
S’il est décidé que le patient ne nécessite pas un traitement anticoagulant au long cours, un traitement préventif peut lui être administré dans certaines situations à risque, par exemple, s’il porte un plâtre ou s’il effectue un voyage de plus de 6 heures en avion.