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Pour conclure ce forum, un peu d'humour... puisque vieillir, c'est aussi s'accorder le droit de dire leur vérité en face aux "puissants" de ce monde.
Des avantages du grand âge — ou — l'effet décapant de la vérité.
Dans un tribunal régional que nous ne nommerons pas, un avocat appelle à la barre son premier témoin. Il s'agit d'une vieille dame du crû concernée par hasard par l'affaire jugée ce jour-là. Après qu'elle ait juré de dire la vérité, l'avocat de la défense essaie de créer un lien de sympathie avec son témoin. En guise d'introduction, il lui demande d'abord: « Mme Bertin, me connaissez-vous ? ».
La vieille dame répond: « Pourquoi cette question... bien sûr que je vous connais, monsieur Hainiez, et vous le savez aussi bien que moi. Je vous connais même depuis l'époque où vous étiez un petit garçon... et honnêtement, je dois vous dire que vous me décevez beaucoup. Vous mentez, vous escroquez votre associé, vous manipulez les gens et vous médisez derrière leur dos. Sans mentionner que votre pratique du droit est une des plus lamentables de tout le canton.Vous vous prenez pour une grosse pointure alors que vous n'avez pas assez de cervelle pour vous rendre compte à quel point votre comportement est minable. Oui, je vous connais. »
Abasourdi et pris de court, l'homme de robe n'ose même pas répliquer. Ne sachant que dire d'autre, il tend le bras vers le prétoire et enchaîne en demandant : « Mme Bertin, connaissez-vous le procureur ici présent ? »
Encore une fois, elle répond sans hésiter: « Oui, oui, je connais aussi monsieur Theuvaz depuis qu'il est tout jeune. Il est paresseux, bigot, et il a un gros problème avec l'alcool. Il ne sait pas construire une relation normale avec qui que ce soit et encore moins avec les femmes. C'est probablement pour ça qu'il a trompé la sienne avec trois maîtresses différentes dont l'une était votre épouse, monsieur Hainiez ! Donc oui, je crois que je peux vous répondre que je le connais aussi... »
Nos deux as du barreau sont sidérés, comme on l'imagine, et en ont presque de la peine à respirer. C'est alors que le juge intervient en les appelant tous les deux à s'approcher de lui. Et il leur intime à voix basse cet avertissement: « Bon, messieurs, si l'un de vous, triples idiots, demande à ce témoin si elle me connaît, je vous envoie tous les deux à la chaise électrique ! »
« L'erreur ne devient pas vérité
parce qu'elle se propage et se multiplie.
La vérité ne devient pas erreur
parce que nul ne la voit. »
Gandhi — 'La jeune Inde'