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Le col du Grand-Saint-Bernard est un lieu de passage qu'ont marqué l'histoire et la religion: bien avant le christianisme, le site abritait un temple consacré à Jupiter, le protecteur des voyageurs. Fondé au 11e siècle par Bernard de Menthon, l'Hospice a vu défiler les armées de Bonaparte en campagne.
Mais c'est le percement du tunnel routier du St-Bernard inauguré en 1964 qui aura une profonde incidence sur la vie des chanoines. Avec l'arrivée de l'électricité tirée depuis le tunnel, la vocation de l'Hospice change: il peut devenir un lieu de rencontres et de pèlerinages.
Cet extrait d'une émission datant de 1974 évoque ce tournant dans l'histoire du lieu.
L’hospice du Grand-Saint-Bernard
Fondé au Col du Mont-Joux en 1050 par Bernard de Menthon, archidiacre d’Aoste, l’Hospice a pour mission d’offrir l’asile aux voyageurs et de les secourir en cas de péril, sans rien leur demander en retour. Situé sur l’une des principales routes des Alpes reliant l’Italie au reste de l’Europe, le col de Mont-Joux, enneigé 7 mois par ans, constitue alors un passage obligé et périlleux pour les voyageurs.
Ainsi l’hospice du Grand-Saint-Bernard se développe ou se maintient selon les aléas de l’Histoire. En 1800 notamment, la maison du Saint-Bernard voit passer les armées de Bonaparte et doit accueillir les soldats en campagne. Puis durant les deux guerres mondiales, des soldats suisses demeurent en garnison à l’Hospice.
Mais ce sont les nouveaux moyens de communication et l’augmentation du nombre de visiteurs arrivés par automobiles dans les années 1920 qui poseront des problèmes de logistiques aux chanoines, les obligeant à refuser d’héberger pour la nuit les hôtes venus en voiture.
En 1964, l’ouverture du tunnel routier du Grand-Saint-Bernard qui permet aux voyageurs d’éviter le col va avoir une incidence sur la vocation de l’Hospice: de lieu de passage, l’Hospice devient lieu de séjour, un havre de paix invitant les pèlerins ou les randonneurs à la vie spirituelle et au partage au sein de la petite Congrégation du Saint-Bernard.