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Parmi les découvertes surprenantes faites en Chine, celles qui sont sorties de terre du site de Mawangdui (馬王堆) entre 1972 et 1974 sont particulièrement étonnantes. Sous deux tumuli datant de la dynastie des Han de l’ouest se trouvait un trésor exceptionnel ; celui du Marquis de Dai (軼侯), enterré avec sa femme (Xin Zhui - 辛追) et son fils.
Malheureusement, les tombes du père et du fils n’étaient pas dans un très bon état de conservation, mais en revanche, celle la Marquise était remarquablement conservée. Enchâssé dans une structure en bois ajustée, se trouvaient un cercueil en laque d’une facture exceptionnelle, dans lequel se trouvaient deux autres cercueils gigognes ainsi qu’une très belle bannière en forme de T, longue de 205 centimètres, réputée comme étant la plus ancienne peinture sur soie conservée. Retenu par neuf ceintures, le corps de la Marquise a été retrouvé enveloppé d’une vingtaine d’épaisseurs de voiles de soie d’une finesse exceptionnelle, dont le plus léger pèse à peine trente grammes. A l’intérieur, un corps momifié conservé comme aucun autre…
Le corps flottait dans un liquide qui s’évacua lors de l’ouverture de ce dernier cercueil. La découverte par elle même était donc extraordinaire ne serait-ce que par la conservation exceptionnelle du corps de la défunte.
Une autopsie effectuée ultérieurement et filmée démontra que tous les organes et viscères, y compris le cerveau, avaient été également préservés et étaient en excellent état. Cette autopsie démontra que la Duchesse de Dai avait succombé à un étouffement du à l’absorbtion d’une peau de melon d’eau qui avait bloquée son système respiratoire. Il fut, dans un premier temps, constaté que pour son âge, estimé à 58 ans, et pour l’époque elle était en bonne condition physique si on excepte une légère arthrite cervicale et un taux de cholestérol plus élevé que la moyenne. Sa dentition était également en bon état ainsi que sa chevelure, noire et parfaitement conservée.
Le compte rendu médical de cette autopsie fut alors publié dans ce sens dans la communauté scientifique chinoise puis mondiale. Il s’ avérait alors que malgré une charge importante, celle de l’épouse du premier ministre du Roi, ce qui implique une multitude de banquets, de réceptions, elle demeurait donc dans une forme physique qu’auraient pu lui envier de nombreux contemporains !
Mais cette découverte fut rendue encore plus extraordinaire par l’environnement du cercueil de la Duchesse. Il était accompagné de nombreuses pièces mobilières qui, suivant les écrits retrouvés de son Intendant, avaient été choisies par la Duchesse elle-même. Ce qu’on nomme plus prosaiquement un testament.
Et celui-ci avait été respecté à la lettre. Les archéologues trouvèrent plus de 3000 objets dont la plupart avaient été inventoriés et répertoriés par l’Intendant de la duchesse sur ses ordres. Il y a avait, bien évidemment les trois cercueils de bois laqué et la fameuse bannière qui recouvrait le dernier cercueil. Celle-ci était en soie et représentait le voyage de la Duchesse après sa mort jusqu’à son élévation au plus haut niveau, donc au rang d’immortelle.
Cette bannière très symbolique reprenait les motifs essentiels de la cosmogonie chinoise classique, avec, tout en haut la lune et le soleil et qui représentaient la dualité/complémentarité du Yin/yang mais aussi l’Illumination (Ming). Cette bannière symbolisait également la vision énergétique de l’être humain avec ses différentes parties, ou contrées, et les principaux « points de contrôle » utilisés dans les pratiques énergétiques comme le Daoyin.
Une importante bibliothèque.
Non loin du triple cercueil se trouvait disposé, dans une chambre, la bibliothèque choisie par la Duchesse et dénotant une grande érudition ou, tout au moins, le souci d’un choix très particulier et très éclectique.
Cette bibliothèque consistait principalement en rouleaux manuscrits (Boshu).
Un des rouleaux « Boshu » : une parcelle du Daodejing !
L’un de ces rouleaux (Daoyin Tu Boshu) présentait la pratique du Daoyin, donc de la « gymnastique » taoïste telle qu’elle était pratiquée au second siècle avant notre ère. Une quarantaine de personnages, hommes et femmes de tous âges, y sont représentés dans des postures diverses avec pour bon nombre d’entre-elles un son et un organe ou un viscère correspondant à la pratique concernée.
Quelques personnages pratiquent avec un bâton long, ce qui atteste que l’Art du Bâton était connu bien avant l’arrivée de Bodhidharma à Shaolin et que cet art était inclu dans les pratiques médicales.
Il s’agit bien évidement là d’un témoignage essentiel sur ces pratiques que l’on nomme aujourd’hui « Qigong » et qui, alors, faisaient partie intégrante de la médecine classique. Celle-ci utilisait donc le principe de prévention il y a plus de 2000 ans.