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Des moments historiques, de l'émotion, des drames, de l'inattendu et de la poésie: les images exposées au Château de Prangins offrent une large rétrospective de l'année 2021. Elles racontent des histoires courageuses et des actions remarquables.
Après la parenthèse de la pandémie, 2021 a été une période de transition où les turbulences du monde ont refait surface, expliquent les organisateurs de l'exposition. Les photos primées parlent des tensions en Ukraine, des enlèvements d'élèves par des groupes islamistes en Afrique, des combats dans la bande de Gaza, des manifestations en Thaïlande et de la crise climatique.
Nouveau format du World Press Photo
Cette année, le World Press Photo a changé de format, pour ne pas donner une place démesurée aux points de vue occidentaux. Désormais, le concours est subdivisé en six régions: Afrique, Asie, Europe, Amérique du Nord et centrale, Amérique du Sud et Asie du Sud-est/Océanie. Chacune a son propre jury chargé de désigner les lauréats et lauréates, qui sont ensuite évalués par un comité international.
Les différentes catégories retenues permettent de rendre compte de la diversité du travail de photographe de presse. Un sujet montre des chercheurs d'insectes sur un haut plateau des Grisons, un autre un reflet du conseiller fédéral Alain Berset dans un verre d'eau ou encore une enquête sur le monde culturel pendant le Covid.
Des robes suspendues à des croix
Dans le concours international, la Canadienne Amber Bracken a été nommée photographe de l'année pour ses images troublantes de robes rouges-orangées accrochées à des croix sur le site de l'ancien pensionnat pour autochtones de Kamloops, au Canada.
Ce travail fait référence à une page sombre de l'histoire canadienne. Il commémore la mémoire des enfants autochtones, retirés à leurs familles et victimes de sévices dans des pensionnats. En 2021, les restes de 215 enfants ont été retrouvés enterrés sur le site du pensionnat de Kamloops, en Colombie-Britannique.
La photo de la Canadienne Amber Bracken, gagnante du prix World Press Photo, au Château de Prangins. [Amber Bracken/Jean-Christophe Bott - Keystone]
Une main floue et l'envers du décor
En juin 2021, le président américain Joe Biden et son homologue russe Vladimir Poutine se rencontrent à Genève. Ils sont assis dans la bibliothèque de la Villa La Grange et prennent brièvement la pose. Denis Balibouse, photographe lausannois de l'agence Reuters qui couvre l'événement, se fraye un passage dans la cohue et s'installe par terre. Il opte pour un plan large, incluant le décor.
Lorsque la sécurité demande aux photographes de partir, il décide de rester quelques secondes de plus. Son image, avec cette main floue au premier plan, dévoile un peu de l'envers du décor et lui vaut d'être désigné photographe suisse de l'année.
"C'était le moment parfait", confie le photographe interrogé par la RTS, avant de souligner l'importance du devoir de mémoire de la photographie. Pour lui, contrairement à la mémoire humaine qui a tendance à être sélective, les photos restent de fidèles témoins du passé.
Sujet TV: Laurence Milasevic
Adaptation web: ms avec ats
World Press Photo 2022, à voir au Château de Prangins, jusqu'au 18 décembre 2022.
Swiss Press Photo 2022, à voir au Château de Prangins, jusqu'au 26 février 2023.