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Non Genève ne se délocalise pas... Mais elle s'aménage en dépit du bon sens. La construction au coin de l'Avenue Blanc de logements assistés, au coeur de la Genève internationale me parait une absurdité économique, dictée par d'évidentes raisons électoralistes: la gauche extrême et son magistrat Pagani cherchent à récupérer leur clientèle habituelle d'assistés sociaux, qui votent de plus en plus MCG.
Il aurait cependant été bien plus malin d'y construire des logements deux ou trois fois plus chers pour les internationaux. La Genève internationale continue de se développer et les fonctionnaires des OI, comme des Missions, mettent des mois avant de trouver un logement à l'autre bout du canton. Ce qui les force à utiliser une voiture, alors qu'ils seraient ravis de pouvoir aller à pied au boulot.
Avec l'argent récolté, la Ville aurait pu construire deux fois plus de logements ailleurs, à la Praille par exemple, en des lieux bien connectés aux transports publics et plus proches des lieux où travaillent les classes défavorisées.
Pour avoir une vraie politique sociale, il faut en avoir les moyens et ne pas se voiler la face. Il y aura toujours quelques riches, baucoup de pauvres et une masse d'entre-deux. Soulager l'existence des plus pauvres est une chose, brimer celle des plus riches en est une autre. Soyons pragmatiques plutôt qu'idéalistes. Le temps d'un Ambassadeur, d'un haut-fonctionnaire ou d'un cadre supérieur de multinationale vaut beaucoup plus que celui d'un simple employé et bien sûr que d'un assisté. Parce qu'il bosse plus, nettement plus en termes d'heures par semaine, et que donc il a moins de temps disponible et qu'en plus ce temps lui est payé plus cher. Or son salaire, c'est tout le monde qui le paie, par le biais des impôts pour un fonctionnaire, en consommant donc en achetant les produits de son entreprise pour un cadre du privé.
S'il peut loger suffisamment prêt de son travail, il ira à pied, parfois en vélo, mais rarement en transports en communs, sauf si ceux-ci sont particulièrement pratiques pour lui. Si l'on veut réduire la pollution en ville, il faut commencer par y construire des logements de luxe, notamment dans le quartier des banques et des organisations internationales, comme dans tous les centres villes prestigieux du monde, et attirer les classes populaires en dehors de l'hypercentre, près de leurs lieux de travail et de consommation, en leur assurant sur place les meilleures connections TPG et des logements décents subventionnés... Grâce aux bénéfices réalisés sur les logements luxueux de l'hypercentre.
Dans le même ordre d'idées, l'interdiction programmée des véhicules les plus polluants au centre ville est juste une mesure populiste stupide. Repoussée à 2010-2012, pour réduire l'un de ses effets les plus idiots, à savoir que la vieille deu-deuche de l'écolo du coin pollue davantage qu'une Ferrari moderne ou même qu'un Hummer. De même que s'il est vrai que les scooters 2 temps polluent beaucoup (proportionnellement à leur cylindrée, bien plus qu'une voiture, mais seulement en proportion de leur cylindrée) les 4 temps fonctionnent exactement comme une auto et les 2 temps seront bientôt bannis par les normes européennes. Quant au bruit, vrai problème, il suffit de leur mettre les pots d'échappements ad hoc pour les rendre silencieux. Sans compter que la Chine vend des scooters électriques à 1000 Francs...
Bref, on va déplacer les fêtes de Genève pour contourner le ramaddan, et on va interdire aux jeunes princes arabes d'y parader sur les Quais dans leurs Lambo vert pomme criard... Intelligent ! Pour ma part, et à titre personnel, vu que le surcroit de pollution généré par les grosses cylindrées du canton reste somme toute modeste face au problème global, je préconiserai exactement l'inverse en appliquant le principe du pollueur payeur bling bling: vous voulez une auto très chère et polluante, vous pouvez l'avoir. Mais vous en payez deux fois le prix en taxes qui vont servir à lutter contre la pollution ailleurs, là où cela sera bien plus efficace. Comme le but est de frimer, le frimeur acceptera de payer, car cela reste un acte volontaire qui valorise même le côté signe extérieur de richesse... Contrairement à un impôt invible mais obligatoire sur le revenu... ou la fortune...
Cela fait certes un peu "le fric donne tous les droits", mais il ne faut pas leurrer, c'est la réalité. Ou presque. La loi doit rester au-dessus du fric. Mais elle doit avoir du sens, sinon le fric ira se faire voir ailleurs.