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Rome - Le parquet de Rome a annoncé ce vendredi avoir ouvert contre le chef du gouvernement Silvio Berlusconi une enquête pour évasion fiscale, qui a suscité des remous politiques. Ses partisans ont crié à la persécution tandis que ses adversaires l'ont appelé à se faire juger.
Silvio Berlusconi, propriétaire du groupe de télévision Mediaset et son fils aîné Piersilvio, vice-président de Mediaset, ont même été convoqués pour un interrogatoire le 26 octobre, selon l'agence ANSA.
L'annonce de cette nouvelle enquête intervient dans un contexte difficile pour le président du Conseil, dont l'autorité a été affaiblie par la défection de son allié Gianfranco Fini, qui a décidé fin septembre de créer Futur et Liberté, un parti autonome de la formation du Cavaliere, le Peuple de la liberté (PDL).
Le parquet de Rome a précisé que son enquête s'inscrivait dans le cadre d'un procès plus large qui a lieu à Milan sur la vente et l'achat de droits de retransmission télévisée par les trois chaînes (Italia Uno, Rete Quattro, Canale Cinque) du groupe Mediaset.
Selon l'accusation à Milan, Mediaset gonflait artificiellement les prix de droits de rediffusion de films, achetés par des sociétés écrans lui appartenant, au moment de leur revente à Mediaset. Le groupe aurait ainsi constitué des caisses noires à l'étranger et réduit en Italie ses bénéfices afin de payer moins d'impôts.
Les magistrats de Rome s'intéressent uniquement aux années 2003 et 2004 pendant lesquelles la filiale à 100% de Mediaset chargée des droits (RTI), avait son siège dans la capitale italienne et y effectuait ses déclarations d'impôts.
Le procès milanais est actuellement suspendu dans l'attente d'une décision de la Cour constitutionnelle - prévue à la mi-décembre - sur une loi adoptée en mars, qui permet à Silvio Berlusconi d'éviter de comparaître en justice pendant une période de dix-huit mois au maximum.
ATS