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On peut faire remonter la systématisation du transfert de technologie à l’EPFL à l’année 1986 avec la création du CAST (Centre d’appui scientifique et technologique). Le bureau de transfert de technologie de l’EPFL a ensuite été créé en 1993, celui de l’Ecole d'ingénieurs de l'Etat de Vaud (la HEIG-VD aujourd’hui) en 1996, et celui, commun à l’UNIL et au CHUV, en 2000. Les équivalents de l’EPFZ et de l’Université de Genève datent respectivement de 1995 et 1998.
Dans cette vidéo, Luc Henry, conseiller scientifique à l’EPFL, explique l'intérêt du partage entre plusieurs entités.
La création du CAST a constitué un choix stratégique important. Avec ce modèle de guichet unique, la haute école assure la direction scientifique tandis que les entreprises partenaires paient les salaires des collaborateurs. Cela débouchera sur des collaborations importantes, en particulier avec de grandes entreprises comme Thomson et SMH, mais aussi à des échecs comme le développement d’un cœur artificiel en collaboration avec Sulzer.
A ce programme de collaboration avec l’industrie, l’EPFL a ajouté en 1993 la création d’un bureau de transferts de technologie (Technology Transfer Office - TTO). Sa mission ne consiste plus seulement à favoriser les collaborations de recherche avec les industriels, mais aussi à sourcer et à évaluer le potentiel de brevetabilité des inventions nées dans les laboratoires de l’école. Elle est aussi de supporter le dépôt de brevets et de conclure des accords de licences soit avec des entreprises, soit avec des sociétés en création comme les start-up. La règle est que 33% des revenus des licences reviennent aux inventeurs, un autre tiers au laboratoire et le dernier tiers à l’EPFL. Relevons aussi 1993 est l’année de création du Parc scientifique, l’EPFL Innovation Park aujourd’hui.
La montée en puissance du TTO est manifeste. Le nombre de brevets déposés par l’EPFL a doublé entre la période allant de 1995 à 2004 (256) et celle allant de 2005 à 2014 (539). Il dépose aujourd’hui près d’une centaine de demandes de brevets par an et a établi plus de deux cents contrats de collaboration avec l’industrie, ainsi que plus de cinquante accords de transfert de technologie avec des entreprises, dont une vingtaine de start-up issues de l’école. Selon l’Office européen des brevets, l’EPFL s’est ainsi hissée dans le top 20 des entités déposant des brevets depuis la Suisse (66 en 2018), avec l’EPFZ (80 en 2018).
En 2005, l’EPFL a aussi mis en place une variante de transfert de technologie orientée sur la création de start-up en phase amont: les Innogrants. Un Innogrant verse au maximum 100'000 francs, principalement sous forme de salaire, à des chercheurs en phase de création d’une jeune pousse. Cet outil a financé plus de 100 équipes et a aidé à la création de plus de 80 start-up à ce jour. Plus récemment, le dispositif de l’EPFL s’est enrichi de plusieurs initiatives, ciblant notamment des entrepreneurs-étudiants ou des projets ayant un impact positif sur la société.
«Le nombre de brevets déposés par l’EPFL a doublé entre la période allant de 1995 à 2004 (256) et celle allant de 2005 à 2014 (539)»
En 1996, l’Ecole d'ingénieurs de l'Etat de Vaud (EINEV) et l’AIT (Association vaudoise pour la promotion des innovations et des technologies) ont créé un Centre d’études et de transfert des technologies (CeTT). Avec la création de la HEIG-VD, en 2004, cet organisme est devenu le Centre recherche appliquée & développement, innovation et transferts technologiques.
La Haute école yverdonnoise considère que l’une de ses principales missions consiste à soutenir et à dynamiser le tissu économique et industriel par la Recherche appliquée & Développement (Ra&D). En moyenne, plus de deux cents projets de recherche sont menés chaque année dans les treize instituts de Ra&D et groupes transversaux de compétences de cet établissement.
La HEIG-VD anime également depuis 2007 un concours annuel pour l’octroi de bourses start-up. A fin de 2018, 27 projets ont été soutenus au total. Avec plusieurs succès à la clé, notamment la société Netguardians, qui est active dans le domaine de l’intelligence artificielle pour la détection de fraudes. Issue de la première volée de 2007, celle-ci employait au début de 2019 plus de 70 personnes dont 40 en Suisse. Elle réalise des ventes dans plusieurs pays et fait partie du club fermé des scale-up, les sociétés innovantes à forte croissance du canton.
«La HEIG-VD anime également depuis 2007 un concours annuel pour l’octroi de bourses start-up»
En février 2000, l’Université de Lausanne (UNIL) et le Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV) ont créé leur bureau de transferts de technologie, le PACTT (Powering Academia-industry Collaborations and Technology Transfer). Ses missions sont la protection et la gestion de la propriété intellectuelle, la négociation et la gestion de contrats de collaboration avec l'industrie et d'autres institutions, la promotion des interactions entre les entreprises et les institutions et les chercheurs. A cela s’ajoutent la commercialisation des résultats de la recherche (contrats de licence, contrats de recherche et de services) et le support de la création de start-up locale.
En 2017, le PACTT supervisait 210 contrats de recherche. Il avait déposé 33 déclarations d’invention, 9 demandes prioritaires et avait aussi signé 8 licences de brevets. Le programme de soutien à la création de start-up du PACTT date de 2013 et a permis de soutenir 17 projets à la fin de 2018.
«En 2017, le PACTT supervisait deux cent dix contrats de recherche»
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