Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07161.jsonl.gz/30

1892 - Création de la Compagnie du chemin de fer funiculaire
Cossonay, ancien chef-lieu d’un district agricole vit à la fin du XXème siècle avec ses 1’000 habitants, et les villages qui l’environnent, dans une certaine aisance. Notre cité est un centre d’affaires important. Cependant son éloignement de la gare et la différence d’altitude qui les sépare, firent naître le besoin de posséder pour le transport des personnes et des marchandises, un moyen de communications pénible et plus rapide que la route.
un comité d’initiative se constitua dans ce but en 1891. Le 26 juin de la même année, l’Assemblée fédérale lui octroyait une concession. Le 30 août 1982, une société anonyme était constituée sous le nom de : Compagnie du chemin de fer funiculaire de la gare à la ville de Cossonay, au capital de 270’000.- Frs facilement souscrit dans la contrée, tant par des particuliers que par la commune de Cossonay. Les membres du comité d’initiative formèrent le conseil d’administration, Il s’agissait de Messieurs :
- Joyet, géomètre, Président
- Jaquier, notaire, vice-Président
- Dénéréaz, négociant, membre
- Treuhard, médecin, membre
- Bolens, Président du tribunal, membre
Le grand mérite de nos précurseurs est d’avoir su faire face à des difficultés aussi importantes qu’imprévue. Modification des profils de la voie aussi bien que construite par le Département fédéral des chemins de fer. Affaissement des talus en remblai sur plus de 100 mètres. Encouragé, puis aidé par la direction des Chemins de fer du Jura-Simplon, le CG obtenait, le 8 octobre 1896, la coopération de cette entreprise pour terminer les travaux. Une hypothèque de frs. 200’000.—. Garantie à raison de Frs 50’000.- par les administrateurs du CG et Frs 150’000.- par le JS apportait l’argent frais nécessaire.
Première mise en service
Le 8 août 1897, la Compagnie du Funiculaire mettait en service sa ligne de chemin de fer. Son exploitation était assurée dès le début et ceci jusqu’au 30 juin 1930 par la Compagnie du chemin de fer Jura-Simplon et les CFF leurs successeurs. A cette époque, le CG met en service des voitures plus légères et abandonna la crémaillère, source de difficultés en hiver. Pour cette réalisation, elle bénéficia d’un prêt de frs. 90’000.- du canton de Vaud. Le transport des personnes et le trafic des marchandises était important. Le Buffet de gare, véritable belvédère sur le vallon de la Venoge apprécié. Le 1er juillet 1930, l’exploitation fut confiée à la Société des Auto-Transports du Pied du Jura (SAJIV). Fin 1965, ladite société résilia son contrat au profit du Chemin de fer Lausanne-Echallens-Bercher (LEB) qui assuma l’exploitation jusqu’en 1972. Dès lors, la Compagnie du CG assura elle-même la marche de son entreprise.
Une politique de soutien
Les couleurs des communes de Penthalaz et Cossonay ainsi que le sigle du CG viennent donner une touche de couleur bienvenue aux voitures du funi, dont le 100ème anniversaire donne la mesure de l’ancienneté des excellentes relations qui l’unissent à ces dernières. En réalisant cette infrastructure moderne avec l’aide appréciée des collectivités publiques, la Compagnie du Funiculaire, comme ses précurseurs, a atteint l’objectif fixé, celui d’offrir à ses usagers une qualité de transport adaptée à son époque.
Par Robert Chabanel
Président du Conseil d’administration CG et ancien syndic de Cossonay - Discours lors du 100ème anniversaire – 1897 - 1997
Un funiculaire à contrepoids d’eau
Le service régulier commence le 8 août 1897, l’installation fonctionne alors par contrepoids d’eau, à la vitesse de 2 m/s. Un réservoir de 5m3, placé sous le plancher de la chaque voiture, se remplit d’eau à l’amont où un grand bassin a été creusé afin de servir de réservoir. La voiture haute étant plus lourde que la voiture basse, il n’y a plus qu’à desserrer le frein à main agissant sur les sabots en bronze, pour que les deux voitures se mettent en mouvement. A l’arrivée de la station inférieure, un dispositif automatique soulève la soupape de vidange. C’est là une source d’énergie bon marché et renouvelable, à condition que l’eau soit abondante. Avec l’évolution des données économiques et de sécurité, l’énergie hydraulique sera remplacée par l’électricité en 1892, ainsi que nous le décrivons plus loin.
Au début, la Compagnie disposait de 2 voitures de 35 places chacune, à clause unique, habillée d’une caisse en bois. La vitesse de marche était de 2 m/.
En 1929, la crémaillère de freinage, système ABT, a été supprimée et, en 1930, les deux véhicules remplacés.
Description de la ligne
Le point de départ se situe derrière la station CFF de Cossonay-Gare, à l’altitude de 431 m, puis la voie s’élève progressivement en pente douce de 99 0/00 pour terminer à 128 0/00 à l’altitude de 564 m. Longue de 1220 mètres, à écartement métrique, la voie unique est rectiligne, sans arrêt intermédiaire et son rail Vignole pèse 24.2 kg/m. Après avoir quitté la station inférieure, la ligne enjambe la route cantonale par un premier petit pont métallique pour s’élever graduellement en direction de la forêt. Peu avant l’aire d’évitement, elle franchit un second pont métallique à 3 travées, long de 32 m. Poursuivant son ascension à travers la forêt, elle traverse à nouveau la route cantonale, mais cette fois-ci par-dessous, juste au sortir du bois. La dernière portion du parcours est aménagée en tranchée à travers champs.
Les différentes étapes de modernisation
- 1968-1969 Première modernisation
L’augmentation constante des charges d’exploitation a amené la Compagnie CG, sous l’impulsion de la direction LEB, à étudier les possibilités d’automatiser toute l’installation. Une année plus tard, un programme de modernisation a été établi et mis en soumission.
Entre 1968-1969, d’importants travaux ont été alors entrepris ; le contrôle des entrées et le comptage des voyageurs s’est fait par des tourniquets dans les stations, qui transmettaient les données à la centrale électronique. Celles-ci commandaient aussi le départ des véhicules, selon un horaire programmé d’avance. Sitôt arrivée à la station supérieure, le réservoir d’eau de la voiture se remplissait également automatiquement, par une vanne électrique télécommandée. Le grand bénéfice de ces modifications est que les deux voitures ont pu circuler sans accompagnement.
Le coût de cette automatisation, d’abord budgété à 250’000.- Frs s’éleva finalement à 590’000.- Frs. Elle a permis de réaliser d’appréciables économies de personnel, puisque les agents passa de 5 à 1.5.
Néanmoins, il fallut attendre un certain temps pour que la fiabilité du nouveau système de commande mis en place soit atteinte. En été notamment, lors de forts orages, les pannes étaient courantes et entraînaient de fréquentes perturbations dans l’exploitation. Après de nombreuses mises au point par des spécialistes en électronique, le funiculaire a fonctionné de manière complètement automatique. Avec le recul des années, on peut affirmer aujourd’hui que l’appareillage installé en 1968-1969 était totalement inédit. Pour l’ensemble des installations de transports à câble dans notre pays, le Funiculaire de Cossonay-Gare-Ville représentait incontestablement, jusqu’au changement de traction en 1982, une curiosité technique unique en son genre.
La Compagnie obtenait le 27 juin 1971 le renouvellement de sa concession pour une durée de 50 ans, soit jusqu’au 26 juin 2021.
- 1974 - Vers de nouveaux investissements
Les travaux de 1969 n’ont pas pour autant résolu pour autant le problème technique dans son ensemble. La vétusté des véhicules et leur suspension laissaient à désirer ; en outre leur tare élevée sollicitait particulièrement la superstructure (poids à pleine charge de 13 tonnes). Bien que le système de traction - à contrepoids d’eau - soit relativement bon marché, il ne répondait plus aux exigences d’une exploitation rationnelle d’un funiculaire et devait être abandonné. En cas d’affluence, par exemple une course d’école, le temps nécessaire au remplissage du véhicule amont nécessitait 5 à 7 minutes, le temps d’une course supplémentaire ... D’autres raisons ont encore parlé en faveur d’une modernisation, ainsi, le prélèvement de 250 tonnes d’eau par jour commençait à poser problème en période d’étiage. Abondante et bon marché à la fin du XXe siècle, l’eau est devenue un bien précieux qu’il s’agit d’économiser. De plus, l'introduction de l’horaire cadencé par les CFF en mai 1982 exigeait un mode de traction permettant d’offrir plus de courses. Rappelons qu’à cette époque, le funiculaire, avec ses 46 courses journalières, assure la correspondance de 45 trains de 6h à 24h.
Le 1er août 1974, le Conseil d’administration déposait devant l’OFT un projet de réfection complet des installations, avec changement des voitures, passage à la traction électrique et restauration de la voie, le tout devisé à 1’350’000.- Frs. Il entreprend aussitôt la réfection de la voie et des ouvrages d'art et obtient en le 5 décembre 1980 l'accord de l’OFT pour le financement global de son projet. Le montant de 1'100'000.- Frs est répartis en la commune de Cossonay, l'Etat de Vaud, et complété par un emprunt bancaire du CG de 500'000.- Frs grevant le compte d'exploitation de la compagnie.
Le financement étant assuré, la société Habegger de Thoune recevait dès lors le feu vert pour cette réalisation et l'année 1981 fut consacrée à la fabrication des éléments constitutifs (entraînement, commande électronique, véhicule).
- 1982 Changement de la traction et de voitures
Le 22 février 1982, le funi à traction hydraulique effectue sa dernière course. Après 4 mois de travaux, le funiculaire reprend son service, mû par la traction électrique et avec des véhicules flambants neufs. Dans la foulée, on procède à l’amélioration de l’infrastructure de la voie (câble, galets de support). En 1991, on pose un fil de sécurité qui longe la voie, grâce auquel la chute d’un arbre provoque l’arrêt immédiat de l’installation... En 1996, les deux distributeurs de billets sont changés.
- 2011 Mise à l'arrêt afin d'être remis aux normes, l'installation ferroviaire a retrouvé du service en 2014
- 2020 Les deux stations seront reconstruites et des cabines plus grandes. Service de bus en remplacement
« La fréquentation du funiculaire a augmenté de manière incroyable ces dernières années » constate Daniel Pasche, responsable aux Transports de la région Morges-Bière-Cossonay. 270'000 passagers en 2014 et la ligne atteint 325'000 usagers en 2019. pour faire face à cette demande, des travaux vont doubler la capacité de l'infrastructure. Les deux stations seront reconstruites pour accueillir des cabines plus grandes, avec 70 places au lieu de 40 actuellement.
Pendant la durée du chantier (environ une année), des bus prendront le relais, avec un départ tous les quarts d'heure.
"24 heures du 3 mars 2020"
On raconte que …
… En hiver surtout, il arrivait que les pendulaires venant de Lausanne vers 18 h étaient contraint de descendre du CG sur le dernier tiers du parcours, car l’agent de service avait sous-estimé le nombre de voyageurs. En effet, les voitures montantes du soir étaient souvent bondées, la voiture descendante – souvent vide – avait de la peine à faire le contrepoids nécessaire, en raison d’un remplissage insuffisant du réservoir. On dit même que des plaisantins s’amusaient à retenir la jauge, ce qui faussait le remplissage !
… En hiver, des jeunes s’essayaient à faire sauter le fourneau à bois dans les voitures, en y introduisant des pétards …
... Des enfants ou de jeunes gens ouvrent intentionnellement la porte pendant la course, pour sauter et remonter sur le véhicule en marche …