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Mike Nelson propose un titre dont la structure sophistiquée est en résonance directe avec la construction de son exposition. Le titre ne livre pas seulement des indices de lecture mais il révèle une partie des sources et références ; il établit l’ensemble du travail dans un rapport au récit et à une fiction hybride aux accès multiples. Si l’astérisque nous renvoie concrètement au texte « Introduction » qui se réfère à « L’Île mystérieuse » de Jules Verne, l’ensemble du titre fait écho à une intervention réalisée au terme d’une résidence de l’artiste au Camden Art Center à Londres en 1998. Dans cette exposition, comme dans celle imaginée pour le Mamco, M. Nelson expose le concept d’atelier, qui est vu non seulement comme le lieu de la production mais aussi comme le lieu où les objets et les idées sont conservés, en attente d’être investis d’un sens futur. Il met ainsi en place un contexte qui expose à la fois la production, la réception de celle-ci et le lieu même de l’exposition. On peut donc voir cette « structure intermédiaire pour un musée » comme une mise en scène de son processus créatif et du contexte de réactivation des objets présentés.
L’installation est construite de manière à intégrer le visiteur dans un environnement dont le parcours peut se révéler une expérience à la fois physique et mentale. Il l’invite à adopter l’attitude d’un explorateur, ou du moins celle d’un lecteur, puisque la succession des différents composants comme la diversification des points de vue apparaissent comme autant d’agencement de signes dans un système fictionnel. Le dispositif invite aussi le spectateur à s’intéresser à l’envers du décor. Ensemble ces éléments révèlent le rapport qu’entretient M. Nelson avec la parodie. L’idée de pastiche permet de saisir la manière avec laquelle il met en scène son travail et joue des clichés et des genres. Il dit parfois de ses constructions qu’elles sont une tentative d’aller à l’épuisement de son propre style dans le sens formulé par Borges, dans l’introduction de l’« Histoire Universelle de l’infamie », lorsqu’il décrit le style baroque comme un style qui épuise délibérément toutes ses posssibilités et de ce fait se situe à la limite de sa propre parodie.
Par ses choix d’objets et d’éléments architecturaux, M. Nelson cultive une esthétique du rebus et du débris. L’aspect dégradé donne à ses objets une qualité de vestiges qui sont autant des supports d’histoires passées que des éléments pouvant se répéter dans le fantasme. Le débris ou la ruine contiennent les notions de temps, de transformation et de dégradation. Ces idées récurrentes dans le travail de l’artiste font précisément écho au concept d’entropie développé par Robert Smithson. On trouvera d’ailleurs une autre référence au travail de celui-ci, sous forme de clin d’œil, dans le recours à l’artifice du miroir comme moyen de créer une illusion et comme symbole de projection mentale. L’idée d’entropie est ici concrétisée sur le plan de la structure : l’installation réalisée par M. Nelson recycle les matériaux de construction qui servaient à l’agencement des espaces de cet étage du musée. La qualité transitoire de ce matériau est exposée pour mettre en évidence son histoire, tout comme sa transformation et sa dégradation assumée.