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L'Unil a contribué à l'enquête sur le dopage des athlètes russes
L'école des sciences criminelles de l'Université de Lausanne été mandatée en mars dernier par le Comité international olympique pour enquêter sur les flacons qui ont servi à récolter l'urine des sportifs russes. Il s'avère que ceux-ci ont été trafiqués, ce qui a valu à la Russie une exclusion des prochains Jeux olympiques.
Avec l'utilisation des sciences forensiques dans le cadre de la lutte antidopage, enquête-t-on sur les sportifs de haut niveau comme on enquêterait sur des criminels? "Oui, dans certains cas, quand on a les moyens de le faire, on va utiliser des techniques inspirées des sciences criminelles", explique le professeur en sociologie des sports à l'Unil Fabien Ohl, invité jeudi de La Matinale de la RTS.
Méthodes indirectes
"Historiquement, on pensait qu'il suffisait de trouver des traces dans le sang ou l'urine. On avait une promesse des sciences, des laboratoires, d'éradiquer le dopage en trouvant un certain nombre de molécules. Mais cela n'a pas marché, car les sportifs, les dirigeants, ont trouvé des stratégies pour que ces traces soient moins visibles", explique Fabien Ohl.
"On a alors ouvert la recherche à des méthodes indirectes, de type passeport biologique. On ne trouve pas la substance en elle-même, mais on observe des variations, d'autres phénomènes qui indiquent que l'athlète s'est dopé".
Les méthodes dépendent des priorités des fédérations ou des agences nationales, ainsi que de leurs contraintes budgétaires. Mais il s'agit par exemple de l'obligation pour les sportifs de donner leur localisation à certains moments de la journée.
Fabien Ohl évoque aussi un travail d'anticipation: on "moissonne sur internet" pour découvrir s'il y a de nouveaux produits sur le marché, ou des indices de changement dans les pratiques de dopage.
Le prix d'une "compétition juste"?
"Oui, c'est intrusif", reconnaît le sociologue. "Si l'on prend le point de vue de l'athlète comme employé, c'est intrusif de dire à son employeur tous les jours où l'on est, si l'on est disponible pour un prélèvement. Mais les athlètes sont plutôt favorables. Ils disent que c'est le prix à payer pour une compétition assez juste. Peu s'en plaignent, ils ont envie que les règles soient respectées".
Propos recueillis par Romaine Morard
jvia
Publié jeudi à 09:59 - Modifié jeudi à 10:01