Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07216.jsonl.gz/515

L’ancien pilote de Formule 1 Erik Comas, qui habite en Suisse depuis 20 ans, s’est retrouvé sous les feux de l’actualité cet été. Le site officiel de la F1 a en effet rappelé que, le 28 août 1992, il y a exactement 30 ans, Ayrton Senna lui avait sauvé la vie au Grand Prix de Belgique. Erik Comas évoque avec nous l’acte de bravoure du pilote brésilien. Une excellente occasion pour revenir sur sa carrière et dévoiler quelques-uns de ses projets.
Né le 28 septembre 1963, Erik Comas est l’un des pilotes les plus titrés de sa génération. Champion de France de Formule Renault en 1986, champion de France de Superproduction en 1987, puis champion de France de F3 en 1988, il remporte en 1990 le championnat international de Formule 3000 et accède l’année suivante en F1, chez Ligier. S’il se distingue en 1992 en en – trant trois fois dans les points, avec notamment une 5 e place au Grand Prix de France, et en se qualifiant 7 e au Grand Prix d’Allemagne, juste derrière Michael Schumacher, c’est son grave accident lors des essais libres du Grand Prix de Belgique qui lui a valu de se retrouver sous les feux de l’actualité cet été.
GRAND PRIX DE BELGIQUE 28 AOUT 1992
Au volant de sa Ligier, dans le virage de Blanchimont, Comas glisse sur des graviers dispersés quelques instants auparavant par le Finlandais Lehto. Il ne peut éviter de percuter à grande vitesse les glissières avant d’être assommé par une des roues qui, sous la violence du choc, s’est détachée de sa monoplace. Cette dernière revient ensuite sur la piste et s’immobilise au milieu de la chaussée avec, à son bord, son pilote qui a perdu connaissance.
Quelques secondes plus tard, Senna arrive sur place, entend le moteur qui tourne encore à plein régime et s’arrête immédiatement. Comas est certes inconscient, mais son pied droit écrase l’accélérateur et sa Ligier risque d’exploser. N’écoutant que son courage, Senna court en direction de la monoplace accidentée et parvient à actionner le coupe-circuit. Bien qu’il souffre d’une commotion, Co – mas est hors de danger. Allianz a retracé tout cela dans un film réalisé avec le soutien de l’Institut Senna*, institut qu’Erik Comas et son épouse Raffaella ont visité à Sao Paulo en compagnie de Viviane et Bianca Senna, respectivement
PLUS DE ONZE MILLIONS DE VUES !
Rediffusés cet été par le site officiel de la F1, les extraits** de l’accident de Comas et du sauvetage de Senna ont été visionnés plus de onze millions de fois ! «La position inclinée de ma tête et le moteur hurlant au rupteur ont fait craindre le pire, mais seul Ayrton s’est arrêté. Son intervention héroïque dans ces premières secondes, bien avant que les commissaires n’interviennent, a été décisive», nous explique Comas. «Les risques d’incendie, voire d’explosion, étaient réels avec les températures extrêmes découlant du régime moteur, les fuites d’huile et l’absence d’eau dans le circuit de refroidissement», poursuit-il. «Après avoir actionné le coupe-circuit, Ayrton m’a ensuite redressé la tête, craignant pour ma vie. C’est seulement vingt minutes plus tard, dans le vol en hélicoptère pour l’hôpital, que j’ai repris connaissance. Et le lendemain, lorsque je suis revenu au circuit pour remercier Ayrton, il se faisait encore du souci pour moi. Il avait raison. J’ai dû attendre deux mois avant d’être pleinement rétabli.»
«Mon accident à Spa aurait dû être un témoin d’alerte qui aurait pu sauver Ayrton deux ans plus tard», nous confie Comas. «Depuis l’accident mortel d’Elio de Angelis au Castellet en 1986, les coques en carbone, très robustes, semblaient nous rendre invulnérables. Or, le manque de protection latérale était évident. Les épaules étaient découvertes et la tête particulièrement exposée. La situation ne s’est améliorée qu’avec l’arrivée du halo en 2018.»
« J’étais anéanti »
La mort de Senna a longtemps tourmenté Comas. Cela d’autant plus que, après un invraisemblable chaos, il était le seul à se trouver à côté du pilote brésilien sur les lieux du fatidique accident du 1er mai 1994 à Imola. Victime d’une touchette avec Eric Bernard en début de course, Comas était en effet rentré aux stands et, quand on l’a fait repartir, Senna avait déjà eu son accident : «Quand je suis arrivé sur place, l’ambulance était déjà là. Je n’ai pu qu’assister impuissant aux premiers secours prodigués à celui qui m’avait sauvé la vie deux ans auparavant. J’étais anéanti », relève Comas. Il tourne alors le dos à la F1 pour embrasser une longue carrière au Japon, de 1995 à 2006, et disputer huit fois les 24 Heures du Mans avec, comme meilleur résultat, une 2 e place en 2005 avec une Pescarolo.
«Le Japon a été une résurrection. J’y ai remporté à nouveau des victoires, ainsi que deux titres en grand tourisme, en 1998 et 1999, avec la Nissan Skyline Pennzoil. C’était une première pour un non-Japonais. Je me suis également imposé aux 1000 km de Fuji de 1999 », note Comas. «Ma période japonaise est marquée par une collaboration de neuf ans avec Nissan qui débute en 1997 avec l’arrivée de la R390 GT1, une supercar construite afin de remporter Le Mans. » «
La R390 GT1 terminera 3e aux 24 Heures du Mans de 1998, derrière deux Porsche 911 GT1 d’usine, et chacune des trois Nissan engagées se classera dans les six premiers. «La période GT1 de la seconde moitié des années 90 a été extrêmement faste avec des voitures de rêve obligatoirement homologuées sur route à au moins un exemplaire. McLaren en construisit 106, Porsche 42, Mercedes 36, alors que Toyota et Nissan en produisirent chacun sept exemplaires», précise Comas qui a présenté cette année au concours d’élégance de Villa d’Este la seule R390 GT1 du Mans immatriculée, celle qui termina 5e en 1998.
«Sans la bride de 35 mm imposée au Mans aux deux turbos du V8 de 3500 cm3 , elle affiche un incroyable rapport poids-puissance de 1/1, soit 1000 ch pour 1000 kg», s’enthousiasme Erik Comas qui entend se rendre l’an prochain au Mans avec cette supercar aussi rare que magnifique. «Il s’agira du 100e anniversaire des 24 Heures du Mans et du 90e de Nissan.» Erik Comas et son épouse Raffaella ne devraient pas y passer inaperçus. Il en avait été de même après leur mariage, célébré en 2018 à Aigle. Ils avaient alors tourné un film*** qui les montre partir en voyage de noces avec une roulotte tractée par la Lancia Stratos championne d’Europe des rallyes historiques en 2017 !