Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07045.jsonl.gz/1117

Économie & Affaires Sociales
Tandis que, dans la vie spirituelle, c'est le jugement individuel qui se trouve au centre, la vie juridique moderne ne peut éviter le jugement démocratique. Dans la vie économique, là où il est question des prix avec lesquels tout un chacun doit pouvoir vivre, il serait bon de se baser sur un jugement collectif le plus global possible. Ces différences et leurs complémentarités, entre les jugements individuels, démocratiques et collectifs, c'est ce que Rudolf Steiner a en vue lorsqu'il s'engage pour une tri-articulation de l'organisme social.
Dans son ouvrage fondamental sur le sujet, Éléments fondamentaux pour la solution du problème social (EAR), Steiner décrit cet organisme social triple qui cherche à se former à notre époque. Le facteur essentiel et déterminant pour assainir la vie sociale réside d'abord dans la libération de la vie spirituelle (éducation, enseignement, art, culture, etc.), où prévaut le jugement individuel. Cette vie culturelle-spirituelle, qui fut longtemps dominée par des églises et religions, est aujourd'hui sous la tutelle de l'Etat. Selon Steiner, elle ne pourra remplir véritablement son rôle vivifiant dans la vie sociale, que lorsqu'elle aura acquis son indépendance par rapport à l'Etat. Cela implique que l'Etat accepte de léguer une part des responsabilités qui lui sont aujourd'hui attribuées (l'éducation est un bon exemple), pour les remettre au jugement individuel, à une vie spirituelle indépendante et libre. Mais cela implique aussi que les individus endossent cette responsabilité et s'en saisissent. Alors cette vie spirituelle libre aura la possibilité d'enrichir et de vivifier tout l'organisme social.