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Dégâts collatéraux
La presse faisait récemment état de violences physiques exercées par des adolescents sur leurs parents, et nous indiquait que des adultes font également l'objet de propos injurieux de la part de leur progéniture. Selon les inévitables spécialistes plus ou moins psy, il se produit dans un certain nombre de cas une inversion de l'ordre hiérarchique et «les parents n'ont plus d'autorité sur leurs enfants, qui, eux, ne les respectent plus». D'ailleurs, «quand la relation dysfonctionne, on atteint une forme de non-considération, voire de mépris».
Ces cas de maltraitance restent fréquemment ignorés du fait que «souvent, les parents ne portent pas plainte, car ils ont honte».
Evidemment, tout cela est très fâcheux, mais il ne faudrait pas oublier que la bien-pensance éducative voit dans l'«ordre hiérarchique» une survivance d'une époque moyenâgeuse marquée par la tyrannie parentale et les châtiments corporels. Tout cela a changé et l'on s'étonne que les commentateurs ci-dessus mentionnés osent encore utiliser un concept aussi ringard. De nos jours, les pères et mères – pas tous, heureusement, et de moins en moins, d'ailleurs – discutent, expliquent, exhortent, supplient, mais ne sont en aucun cas censés exiger et obtenir, par le recours occasionnel à une solide fessée s'il le faut. Pourquoi donc des enfants habitués à imposer leur volonté dès leur plus jeune âge devraient-ils, à l'adolescence, devenir aimables et soumis? Pourquoi éprouveraient-ils autre chose qu'une forme de non-considération, voire de mépris, pour des parents qui ne leur ont jamais résisté, qui ne leur ont, par conséquent, jamais procuré la sécurité qu'offrent des certitudes fondées sur des principes et des exigences en matière de politesse, d'obéissance, de discipline et de morale?
Il y a de quoi avoir honte!
Heureusement, les pouvoirs publics sont conscients du problème et organisent des projets pilotes et des conférences!
M.P.