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Le 1er juin 1814, le colonel fribourgeois Louis Girard débarque au Port Noir à la tête des contingents suisses.Un mois plus tard, il est dans l'obligation d'adresser un rapport aux autorités suisses en raison d'un incident diplomatique causé par les musiciens de la Landwehr juste au moment où Genève souhaite son rattachement à la Suisse. Voici l'histoire de cette Genferei datant de l'époque où les habitants de Versoix étaient encore les sujets du roi de France. Le 10 juillet 1814, les musiciens de la Musique de la Garde Genevoise eurent l'idée d'aller célébrer leur fête annuelle hors les murs. Tout ce petit monde en uniforme quitta Genève en montant dans un bel attelage pour se rendre à Nyon. Une fois la fête terminée, et probablement de fort joyeuse humeur, nos musiciens en uniforme et portant l'épée au côté furent arrêtés et attaqués à Versoix. Que se passa-t-il alors ? Cette apparition soudaine agaça les nerfs des gens de la localité déjà mal disposés par les bruits d'annexion à Genève ! Quoi ? Des Genevois venant manger le pain des Français ? Une bagarre s'engagea et l'un des habitants de Versoix arracha le plumet blanc de l'un des musiciens, ce qui amena une bataille générale, où les épées dégainées jouèrent leur rôle à qui mieux mieux. Heureusement qu'il n'en résulta pas de blessures sérieuses. Dans les jours qui suivirent, l'affaire de Versoix fit grand bruit, causant un véritable incident diplomatique entre Genève, les Suisses et la France. Le colonel Girard dût faire rapport en Suisse. A Genève, le syndic de la garde fut informé. Finalement, des excuses furent présentée de part et d'autre. Décidément, les relations entre voisins dans le Grand Genève de l'époque étaient plutôt musclées.
Claude Bonard