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Profession créatrice: la juxtaposition de ces deux termes n'est pas toujours allée de soi. Les femmes ont par le passé été exclues de la pratique professionnelle d'un certain nombre d'arts ou ont été reléguées aux échelons inférieurs des hiérarchies qui les organisaient. Leur uvre a été dévalorisée, leur accès aux filières d'apprentissage obstrué. Sur le plan symbolique, le principe créateur a lui-même souvent été représenté comme étant d'essence masculine. Certes le féminin a pu être valorisé dans l'imaginaire de la création, comme c'est le cas avec la figure de la muse. Mais cette valorisation a-t-elle concrètement permis aux femmes de développer leurs talents de manière aussi poussée que leurs collègues masculins?
Comment les sciences économiques traitent-elles des différentes formes de discrimination entre les sexes? Comment développer une approche féministe en économie? Les études présentées dans ce numéro proposent différentes pistes théoriques et études empiriques qui permettent de s'interroger sur les présupposés dans la présentation des "faits économiques" dont la "valeur" économique varie fortement en fonction du contexte et des rapports sociaux. L'économie n'est-elle pas un "fait social institué", avec ses systèmes de règles, ses conflits et rapports de pouvoir dans le cadre des institutions de régulation de la propriété, ce qui place d'emblée la réflexion sur le terrain du politique? Comment estimer la valeur du travail des soins socio-sanitaires effectués par des proches et de ses conséquences socio-économiques afin qu'il soit pris en compte dans la réflexion si actuelle sur les coûts de la santé? Le concept de capabilités développé par le Prix Nobel Amarty Sen est-il utile pour une approche féministe en économie? Voilà quelques unes des nombreuses questions abordées tout au long de ce dernier numéro.