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Nul n'ignore que l'acné est l'un des problèmes dermatologiques les plus fréquents à une certaine période de l'existence ; un problème souvent récurrent aussi qui affecte neuf adolescents sur dix et 80% des personnes entre 11 et 30 ans. On sait aussi que l'acné est la conséquence d'un dysfonctionnement des glandes sébacées et qu'elle se manifeste par une obstruction des glandes et des poussées de comédons, ces saillies blanchâtres centrées par un point noir et formées d'une substance graisseuse accumulée dans une glande sébacée plus ou moins infectée. Dans les cas les plus sévères, ces lésions constituent des nodules qui peuvent être douloureux. L'acné est le plus souvent localisée sur le visage ; elle peut aussi siéger sur le dos, la face antérieure du thorax, les épaules et le cou.Ces lésions apparaissent habituellement au moment de la puberté du fait de la production des hormones sexuelles qui, entre autres fonctions, participent à la régulation de l'activité et de la taille des glandes sébacées et donc dans la production du sébum, cette substance graisseuse protectrice de la peau. L'acné survient au terme d'un processus physiopathologique bien connu : les cellules cutanées de la paroi du canal follicule pileux entrent dans une phase de desquamation et s'agglutinent autour du sébum pour former un bouchon ; le follicule pilo-sébacé s'obture et ferme le canal s'ouvrant à la surface de la peau (d'où les comédons et les «points noirs») ; l'accumulation du sébum et des débris cellulaires favorise une prolifération bactérienne. En l'absence de traitement, le cycle «naturel» d'une lésion d'acné est de l'ordre de huit semaines, parfois plus.D'une manière générale, on a tendance à largement sous-estimer la sévérité des répercussions psychologiques et sociales de ces lésions qui surviennent à un moment de la vie où on ne le sait que trop l'apparence physique joue un rôle central dans la constitution de la personnalité.Quelles sont les solutions thérapeutiques ? Elles sont de plusieurs ordres. On trouve toutd'abord les rétinoïdes topiques (ils visent à normaliser la desquamation, à réduire la réponse inflammatoire en ciblant le «microcomédon», ce précurseur microscopique de toutes les lésions d'acné). Un consensus aujourd'hui largement partagé veut que ces rétinoïdes topiques fassent partie du traitement de première intention des acnés d'intensité minime à moyenne. Il y a ensuite les antibiotiques, topiques ou oraux, qui agissent en réduisant les concentrations bactériennes associées à l'acné. Les antibiotiques sont utiles pour «blanchir» l'acné, mais sont généralement arrêtés pour le traitement d'entretien afin de prévenir l'apparition de germes résistants.En France, un groupe d'experts de l'acné constitué en 2001 (composé des Drs Claire Beylot, Martine Chivot, Brigitte Dréno, Michel Faure, Henry Pawin, Florence Poli et Jean Revuz) participant aux travaux de «l'Alliance mondiale pour l'amélioration des résultats dans l'acné» insiste aujourd'hui sur l'existence d'un deuxième mode d'action des antibiotiques, un effet anti-inflammatoire direct. La part respective des effets antibactérien et anti-inflammatoire dans l'efficacité des antibiotiques est aujourd'hui mal connue mais les deux semblent importants. Selon ces experts, l'association d'un rétinoïde topique et d'un antibiotique réduit l'inflammation, la prolifération bactérienne et les anomalies de la desquamation.Le «blanchiment» survient plus vite et est significativement plus important avec cette association qu'avec un traitement antibiotique seul. «L'association thérapeutique, rétinoïdes topiques-antibiotiques est maintenant le standard de la prise en charge des acnés légères à moyennes. Il a été montré que cette association blanchissait plus vite les lésions d'acné et était significativement plus efficace que les antibiotiques seuls, estiment ces experts. En agissant plus vite, l'association thérapeutique diminue aussi le risque de résistance antibiotique. Le traitement antibiotique devrait être arrêté quand les lésions inflammatoires disparaissent (d'habitude 2 à 4 mois) et les rétinoïdes topiques devraient être poursuivis pour maintenir la rémission».Il faut aussi compter avec le peroxyde de benzoyle qui, comme les antibiotiques diminue les concentrations de P. acnes et peut être utilisé en association avec les rétinoïdes topiques pour diminuer les doses nécessaires d'antibiotiques. Il faut bien évidemment ajouter à cette liste l'isotrétinoïne administrée par voie orale, seul traitement disponible qui agisse sur les quatre domaines impliqués dans la physiopathologie de l'acné. Cependant, il est fortement tératogène et selon les experts, doit être réservé aux acnés sévères ou répondant mal aux autres traitements. On insistera, enfin, sur l'importance à accorder à l'hygiène cutanée (éviter un nettoyage appuyé et vigoureux de la peau car cela peut l'irriter et aggraver les lésions acnéiques ; se laver doucement le visage deux fois par jour avec un nettoyant doux sans savon ; se sécher en tapotant) ainsi que sur la nécessité d'un parfait suivi du traitement prescrit.On expliquera, enfin, aux adolescent(e)s que, si des études scientifiques de grande envergure ont montré que les glaces, les chips et le chocolat (aliments souvent incriminés) n'étaient pas impliqués dans la physiologie de l'acné, ces aliments peuvent être directement associés à la modification de leur silhouette.