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No Billag (1) : le meilleur des mondes possibles ?
Notre panorama audiovisuel national doit-il, nécessairement, voir une institution médiatique occuper une position quasi hégémonique...?
La SSR touche 94% de la redevance prélevée sur les citoyens pour le soutient aux médias nationaux, soit 1287 millions de CHF par an, et assèche donc à son profit les fonds disponibles pour les médias du pays. Un système centralisé est-il celui qui correspond le mieux à notre génie national ?
Est-ce le seul monde possible...? Ce qui deviendra la SSR a été créé en 1931. Aurait-on conçu, à cette époque reculée, en Suisse, l'Organisation Médiatique Idéale...? Reflet de son époque et des possibilités technologiques de ces années-là, l'organisation en est très centralisée. Une poignée de hauts responsables décide pour l'ensemble.
Le modèle de télévision des années 60, basé sur la transmission par des antennes géantes d'ondes hertziennes apportant dans les foyers un programme décidé par le Centre, à une heures décidée par le Centre, sur le sujet choisit par le Centre, pour une famille réunie autour de l'unique poste de TV, est-il le seul modèle possible...? Avec le progrès des multiples moyens de transmission et de réception, au XXIe siècle, ne sommes-nous encore que des Périphéries ... ?
Oui, la SSR a évolué depuis les années 60 du siècle précédant. Elle a créé quelques sites web, elle offre la possibilité à ses fidèles de visionner ses programmes à une autre heure que celle décidée par sa hiérarchie, elle a instauré un minimum d'interactivité, mais peu de choses ont changé quant au fond. Il s'agit toujours d'un système centralisé, quasi-monopolistique, para-public, prélevant une rente sur la population, peu réactif, peu productif, coûteux, asséchant les fonds qui auraient pu être disponibles pour les mille formes que prennent les médias contemporains.
Quand la télévision de la SSR a été crée, on ne diffusait qu'à l'aide d'antennes géantes appartenant à l'Etat. Aujourd'hui, les signaux passent par le satellite, le câble, les ondes téléphoniques, la TNT hertzienne, le Net. Ces signaux viennent de partout et la majeure partie des infrastructures nécessaires n'appartiennent pas à l'Etat. Quand la SSR a été crée, il fallait, pour faire des émissions diffusables, des studios complexes, de grosses caméras, des techniciens en pagaille, de grands bâtiments pour abriter tout le personnel, une direction hiérarchisée, un gros budget, une taxe, une institution, le soutient de l'Etat, ... Aujourd'hui, n'importe qui, dans sa chambre, peut organiser et diffuser un débat, ou sortir de chez lui pour réunir les éléments d'un reportage ou d'un documentaire. La révolution technologique est passée par là. Elle ouvre des possibilités immenses aux politiques, aux journalistes free lance, aux intellectuels, aux universitaires, aux associations, aux artistes...
Ces productions peuvent être de basse qualité, ou, bien au contraire, rivaliser avec celles produites ou diffusées par de grandes chaînes de télévision. Dans tous les cas, elles coûtent infiniment moins cher et permettent à une bien plus grande part de la population de jouer un rôle dans l'espace médiatique. Et cela convient fort bien tant à notre état démocratique qu'au niveau de conscientisation et d'éducation de nos citoyens.
Pourquoi, donc, au vu de l'évolution de la situation, conserver une SSR hégémonique ?
Est-ce bien l'option la plus raisonnable en ce début de XXIe siècle ?
Bernard Antoine Rouffaer 8.1.2018