Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06874.jsonl.gz/1115

Une étude antérieure a montré que le traitement d’entretien à la méthadone n’est pas aussi efficace pour les individus dépendant aux opiacés qui consomment en même temps de la cocaïne que pour ceux qui n’en consomment pas. L’impact de la consommation de cocaïne sur les résultats d’un traitement à la buprénorphine en cabinet est moins évident. Des chercheurs ont suivi une cohorte de 87 participants qui ont commencé un traitement de buprénorphine contre l’opiodépendance dans un centre médical communautaire et les ont interviewés au bout d’un, trois et six mois. Les principaux indicateurs de résultats étaient la poursuite du traitement et l’autodéclaration de l’usage d’opiacés.
Dans l’ensemble, 39% des participants déclaraient avoir consommé de la cocaïne dans le mois précédent le début du traitement. Les personnes consommant de la cocaïne étaient plus jeunes et plus enclines à prendre des analgésiques opioïdes.
La consommation de cocaïne baissait à 33% au bout d’un mois, 19% au bout de trois mois et 12% à six mois.
La poursuite du traitement à six mois ne différait pas significativement pour les individus consommateurs de cocaïne (59%) et ceux qui n’en consommaient pas (51%), et l’autodéclaration de consommation d’opioïdes ne présentait pas non plus de différence significative (environ 27% dans les deux cas).
Commentaires : bien que limitée par sa courte durée, la taille restreinte de l’échantillon et le recours à des informations autodéclarées, cette étude suggère que la consommation concomitante de cocaïne ne devrait pas être une raison pour refuser à quelqu’un l’accès à un traitement en cabinet à la buprénorphine contre l’opiodépendance. Il est intéressant de noter que la poursuite du traitement est légèrement meilleure chez les consommateurs de cocaïne ; ce phénomène a été observé dans au moins une étude antérieure. On peut craindre que les personnes qui consomment de la cocaïne ne soient plus enclines à détourner la buprénorphine. Il se peut que la cocaïne soit la drogue que préfèrent certains de ces individus, et que des patients profitent de leur accès à la buprénorphine pour se procurer de la cocaïne ; cette question reste à examiner plus à fond.