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Przemyslaw Nowakowski est né le 13 septembre 1970 à Varsovie. Sorti diplômé en 1994 de l’Institut d’histoire de l’art de l’Université de Varsovie, il étudie ensuite à l’Université de Californie, Los Angeles; au Binger Film Institute d’Amsterdam; à la Andrzej Wajda Master School of Film. Depuis 2004, il est membre du Cercle des Dramaturges polonais.
Il a travaillé comme journaliste à la radio et dirigé un programme de projections de films à la télévision polonaise. Il est l’auteur de scénarii pour des séries télévisées, de longs métrages et de plusieurs pièces de théâtre.
En 2003, Trzy kobiety wokol mojego lozka de Nowakowski est mis en scène au Teatr Polski, Wroclaw, par Bogdan Hussakowski. L’année suivante, la pièce sera traduite du polonais vers le français sous le titre de Trois Femmes autour de mon lit par Timothée de Fombelle, écrivain et metteur en scène, et Joanna Warsza, traductrice.
La Pologne, dès 1989, connaît de nombreuses transformations structurelles, tant sur le plan économique, social que politique. En moins de trente ans, elle va se rapprocher de l’Europe de l’Ouest (intégration à l’OTAN en 1999, à l’Union Européenne en 2004). La société dont sont issus les quatre personnages de Trois Femmes autour de mon lit est contemporaine et marquée par le chômage, comme par le désir de consommation, tous deux questionnés par Nowakowski dans sa pièce. Qu’une des 15 scènes ait pour décor un McDonald’s est significatif, tout comme l’est le rêve d’acquérir un lit Ikea.
La pièce produite en 2020 par le Théâtre Liquide est une comédie pour jouer les aléas de l’existence, notamment induits par la misère de condition, telle que définie par Bourdieu dans La Misère du monde (1993), mais également pour s’en jouer par des dialogues enlevés, des chansons et de la danse.
Sur un plateau de théâtre, Moi, reporter au chômage, donne à voir sa version des problèmes rencontrés lors de son déménagement de chez sa mère jusque chez sa femme: il a emporté son lit à pied à travers la ville – lit de son enfance ou acheté en soldes chez Ikea, c’est selon. Ses choix malheureux au cours d’un trajet interrompu dans un parc public, puis repris jusqu’à aboutir dans une benne à ordures, ont pour conséquence la rupture avec son épouse, le mépris de sa maîtresse, la mise à feu du lit, la mort puis l’ascension, sur le lit, du fils au côté de sa mère ressuscitée.
Autour du point central que constitue le meuble en constant déplacement, les quatre personnages revivent les scènes clés de cette étrange période, jouant à nouveau leurs relations les uns aux autres, exprimant leurs déceptions et leurs désirs.
«Les trois femmes serraient de plus en plus le nœud autour de mon lit, comme si c’était mon cou. Comme si c’était moi-même, à quatre pattes, avec un matelas sur le dos.»
L’ancien silo à blé conçu en 1960 par Jean Tschumi, architecte, devenu monument historique, est aujourd’hui connu sous le nom de bâtiment OBI. Il renferme surtout la salle du petit théâtre Contexte Silo, sur le plateau de laquelle tout, de Trois Femmes autour de mon lit, est joué à vue.
Au centre du plateau, le lit, métonymie du personnage que Nowakowski nomme Moi. Chacun des quatre lieux différents où se déroule la pièce de Nowakowski (McDo, chambre de la mère, chambre de l’épouse et parc public) occupe simultanément un quart de la scène. Le meuble, appartenant aux quatre espaces, sert de lit, mais aussi de table, de chaise ou de plateforme.
Le dispositif scénique impliquant un jeu théâtral à vue et des espaces simultanés et contigus permet l’existence des trois femmes tout au long de la pièce, leurs actions contredisant parfois les assertions mensongères de Moi à leur propos.
«Lit en soldes… Et maintenant tu dis que ta mère a accouché dessus. Menteur. Tu as menti. Maintenant ou l’autre jour.»
Philippe Jeanloz
Metteur en scène
Après une formation en «Totales Theater» en Suisse alémanique, il devient co-fondateur du Théâtre Pour le moment à Berne, puis du Théâtre A et du Théâtre Liquide à Lausanne. Metteur en scène de plus de vingt spectacles, dont les récents Pour toi, trouble cantique, d’après Marguerite Burnat-Provins (2018) et Dissident, il va sans dire, de Michel Vinaver (2019), il apprécie particulièrement les textes induisant un jeu théâtral improbable, un rapport spécifique à un espace insolite.
Zina Balmer, comédienne:
Martha, l’épouse
Après un diplôme universitaire en mathématiques, Zina Balmer obtient un diplôme de comédienne professionnelle à l’École du Théâtre des Teintureries, Lausanne.
Depuis 2005, elle réside au Théâtre Contexte Silo à Renens. Elle y exerce divers métiers des arts du vivant: mise en scène et/ou jeu de textes modernes et contemporains, danse. Elle travaille sous la direction de Geneviève Pasquier, Katarzyna Gdaniek et Marco Cantalupo, Vincent Coppey, Jo Boegli, Benjamin Knobil, Jean Winiger, François Landolt, Jean-Philippe Hoffmann, Emmanuel Dupasquier, Pip Simmons et Jean-Philippe Gerlais.
Sandrine Dubois, comédienne:
Betty, la maîtresse
Tombée petite dans le théâtre, Sandrine joue l’enfant de service dans des pièces radiophoniques, donne la réplique à Sophie Gardaz au Théâtre de Mézières, se forme à l’improvisation à l’école Diggelmann, participe à des spectacles mis en scène par Sara Gazzola. Elle travaille avec Fabienne Penseyres, Jean Mars, et Isabelle Baudet.
Kamila Mazzarello, comédienne:
Maya, la mère
Née en Pologne, elle joue d’abord dans son pays natal, où la tradition de l’exploration théâtrale de la corporalité marque son jeu. Dès 1995, abordant de nombreux styles théâtraux, elle interprète divers rôles dans des spectacles en français, dont ceux du Théâtre Liquide, participe à un projet en langue des signes, collabore à la mise en scène de spectacles avec des jeunes en situation de handicap. Elle a terminé une formation de dramathérapeute au Bildungsinstitut de Saint-Gall.
Paolo Schumacher, comédien
dans le rôle de Moi
Il prend part en 2016 au concours de vulgarisation scientifique «Ma thèse en 180 secondes» et obtient le prix du public. Il est en effet Docteur en Biologie Moléculaire Végétale de l’UNIL. Il suit ensuite des cours de théâtre à l’Espace Mont-Blanc avec Michel Sauser et participe à divers spectacles au Théâtre 2.21.
Antoinette Baira
Décors et accessoires
Antoinette étudie l’art et la décoration à Berne et Vevey. Elle œuvre en tant que costumière, accessoiriste ou décoratrice, notamment pour Marie-Jeanne Ott, Reminox’s Danse, Francis Reusser, André Steiger, Philippe Jeanloz, Jean-Gabriel Chobaz, Jo Boegli. Sa créativité personnelle s’exprime en peintures et collages réalisés selon des techniques mixtes.
Olivia Calcaterra
Film
Tessinoise d’origine, actuellement étudiante en Option Cinéma à l’ECAL, Renens, Olivia a réalisé trois courts-métrages: L’Entretien – fiction, en 2018; La Torta – fiction et Jean-Pierre – documentaire, en 2019.
Isabelle Favre Pralong
Direction de chant
Isabelle obtient simultanément en 1997 une Licence en Lettres et le Brevet pour l’enseignement de la musique de la Haute École de Musique de Lausanne. Elle y est actuellement tutrice pour des travaux de Master. Depuis 2004, elle dirige le chœur mixte La Chanson d’Epalinges et le groupe vocal Les Colombines, avec lesquels elle organise un spectacle chaque année.
Éric Gasser
lumières et sonorisation
Depuis plus de vingt ans chef de projet et directeur technique de nombreux événements culturels en Suisse romande, Éric a également assuré la direction scénographique et technique de BDFil, Lausanne; a été directeur technique du Ballet Béjart; responsable Arteplage Events pour Expo 02 et commissaire professionnel CFC des techniscénistes.
Geneviève Joliat
costumes
Après une formation de décoratrice et de praticienne d’éducation créatrice Arno Stern, Geneviève crée des costumes de théâtre pour Jacqueline Morlet, Gérard Demierre au Petit Théâtre de Lausanne de 1996 à 2000, Dominique Tille, Heidi Kipfer, mais aussi pour les films de Dominique de Rivaz, Claude Champion, Francis Reusser, notamment Derborence.
Travail personnel, ses toiles peintes sont exposées dans le cadre de diverses expositions en Suisse romande.
Viviane Lima
transformation des visages
Viviane travaille en tant que maquilleuse pour la TSR, mais transforme aussi les visages de nombreux acteurs et actrices de théâtre, pour Christoph Marthaler, Geoffrey Dyson, Jean-Gabriel Chobaz, Dominique Meyer, Philippe Jeanloz, et, plus récemment, pour Daniele Finzi Pasca (Fête des Vignerons 2019).
Isabelle Schaaf
graphiste
Isabelle étudie les beaux-arts à Sao Paolo, Brésil, puis à l’École des Beaux-arts de Lausanne, section graphisme. Elle travaille dès lors pour M-Design, à Renens, puis devient graphiste indépendante, œuvrant entre autres pour les éditions de l’Aire, L de K, le Théâtre A, la Grange de Dorigny, la Biennale internationale de Lausanne: art textile contemporain.
Sylviane Thilo
chorégraphie
Sylviane étudie la danse classique et contemporaine à Lausanne et à Genève avec Brigitte Monneyron, Philippe Dahlman et Noémie Lapzeson, puis à Cannes au Centre international de danse Rosella Hightower. Elle danse pour Betty Jones à Hawaii; Nigel Charnock en Allemagne et Angleterre; Jean-Marc Heim, en Suisse.
Co fondatrice de l’association «Musique-Danse-Projets», elle met en scène régulièrement de grands spectacles de musique, danse et théâtre. Elle travaille avec la troupe des Tréteaux de Cossonay, mettant en place diverses chorégraphies et collaborant à la mise en scène.
Le spectacle sera joué au Théâtre Contexte Silo (Renens)
du 29 septembre au 11 octobre 2020
mardi à vendredi à 20h
samedi à 19h
dimanche à 17h