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L’exposition prénatale à l’alcool (EPA) peut engendrer des effets néfastes sur le développement et le comportement, mais on ne sait pas combien de temps ces effets perdurent et s’il y a des risques à long terme en cas de consommation d’alcool au cours de la grossesse à des seuils inférieurs à celui pouvant engendrer un syndrome alcoolique fœtal (SAF). Dans cette étude longitudinale, les chercheurs ont mesuré la consommation d’alcool de femmes enceintes au cours de chaque trimestre de la grossesse. L’échantillon des sujets issus de ces grossesses (N = 763) a été suivi à intervalles réguliers jusqu’à l’âge de 22 ans. Les sujets ont alors effectué une échelle d’auto-évaluation pour adultes (ASR) qui évalue les fonctionnements adaptatifs et les problèmes.
La consommation d’alcool moyenne des femmes enceintes interrogées diminue au cours de la grossesse. Elle passe de 0,4 unité/jour pendant le premier trimestre à 0,08 unité/jour au cours du troisième trimestre. L’exposition à 1 unité d’alcool/jour ou plus est de 18% dans le premier trimestre et diminue à 3,6% dans le troisième. La survenue d’au moins un épisode de consommation massive d’alcool (≥ 4 unités ou plus/occasion) est de 34% dans le premier trimestre et diminue à 5% au cours du troisième trimestre. Sur l’échantillon des sujets nés dans le cadre de cette étude, 608 sujets (soit 80%) ont rempli l’échelle d’auto-évaluation à l’âge de 22 ans. L’EPA est significativement associée à davantage de troubles du comportement à l’âge de 22 ans dans chacune des sous-échelles de l’auto-évaluation. L’EPA a un effet dose-réponse sur les mesures d’intériorisation et d’extériorisation (humeur, plaintes somatiques) et cet effet est supérieur si l’exposition à l’alcool est présente tout au long de la grossesse.
Commentaires : Cette étude longitudinale montre que les effets néfastes d’une exposition prénatale à l’alcool perdurent jusqu’à l’âge adulte chez des individus ne présentant pas de syndrome alcoolique fœtal. Bien qu’un seuil de consommation d’alcool sans risque au cours de la grossesse ne puisse pas être exclu sur la base des résultats obtenus, l’étude ne parle pas en faveur de cette hypothèse. Nous devrions donc continuer de conseiller l’abstinence d’alcool pendant la grossesse et nous tenir informés des problèmes comportementaux et liés au développement chez les enfants ayant été exposés à une consommation d’alcool prénatale.