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L'objectifs et le principe des tests d'utilisabilité est l'évaluation empirique, c'est-à-dire fondée uniquement sur des expériences avec des utilisateurs, de l'utilisabilité selon différents axes : efficacité, apprentissage, minimisation des erreurs, satisfaction de l'utilisateur, .. . Il ne s'agit pas d'élaborer une théorie ou d'inférer ou de calculer des propriétés de l'interface mais d'observer le comportement d'utilisateurs représentatifs et de tirer des conclusions uniquement sur ces observations.
Le processus habituel de test comprend six étapes que nous allons décrire successivement. Le degré de sophistication dans la réalisation de chaque étape dépendra évidemment des moyens à disposition mais il n'empêche que chaque étape a son importance.
Cette étape détermine toute la structure de l'expérimentation. En général on considère qu'un plan expérimental doit définir
Dans le cas du test des interfaces le domaine de travail est bien sûr l'évaluation de l'utilisabilité de l'interface mais il peut s'avérer que ce domaine soit trop vaste en comparaison des moyens à disposition. Il faudra alors se limiter aux points qui semblent les plus cruciaux dans l'interface. Dans un cas l'efficacité de l'utilisateur sera primordiale (p.ex. réaction en cas de situation dangereuse) alors que dans un autre ce sera plutôt la facilité d'apprentissage qui sera importante (p.ex pour un distributeur de billets de bus). De plus, le niveau de fidélité du prototype déterminera les possibilités de tests. Sur un prototype de basse fidélité (p.ex. en papier) il est guère possible de tester l'efficacité de l'utilisateur, l'ergonomie du texte, le choix des couleurs, etc.
La problématique est l'ensemble des questions auxquelles l'expérimentation devrait permettre de répondre. Il est important de formuler ces questions explicitement. Par exemple
Une expérience sert en principe à valider ou invalider une hypothèse. Dans le cas d'une interface, les hypothèse sont en général de la forme “l'interface proposée possède la propriété P”. Par exemple: “l'interface permet de réaliser la tâche T en moins de n secondes” ou bien “les utilisateurs vont se tromper moins d'une fois sur 10 dans tel scénario”.
On voit ici que l'analyse des tâches est primordiale car la problématique et les hypothèses sur l'interface font presque toujours référence aux tâches pour lesquelles l'interface a été conçue.
Le profil de l'utilisateur type provient, quant à lui de l'analyse des utilisateurs, qui a mis en évidence les caractéristiques des utilisateurs du système. À partir de cette analyse il faut définir un (ou plusieurs) profil(s) qui vont servir au recrutement des testeurs.
Une fois que les hypothèses à tester sont fixées, il faut déterminer une méthode qui nous permettra de confirmer ou infirmer celles-ci. La méthode comprendra en général
Suivant la dimension de l'utilisabilité à évaluer on utilisera différentes méthodes et variables.
|Dimension||Méthode|
|Apprentissage||sélectionner des utilisateurs novices, puis mesurer le temps nécessaires pour effectuer une certaine tâche.|
|Efficacité||définir le terme «expertise», sélectionner les utilisateurs «experts», puis mesurer le temps nécessaires pour effectuer une tâche type.|
|Mémorisation||sélectionner des utilisateurs occasionnels, puis mesurer le temps nécessaires pour effectuer une tâche type.|
|Erreurs||comptabiliser les erreurs mineures/majeures obtenues par les utilisateurs durant l’exécution de tâches types|
|Satisfaction subjective||interroger (questionnaire) les utilisateurs représentatifs du système.|
Dans la mesure du possible on automatisera la mesure des variables quantitatives, pour éliminer la subjectivité.
Les mesures des variables qualitatives seront en général obtenues à partir de questionnaires
Si le test a pour but de comparer deux solutions (ou d'avantage) on peut procéder de manière inter ou intra-sujet.
Par exemple, si l'on veut comparer deux solutions (interfaces) A et B sur la base de trois tâches, chaque utilisateur devra effectuer 6 tâches T1/A, T2/A, T3/A et T1/B, T2/B, T3/B. Le tableau suivant montre une solution de contre balancement. Les utilisateurs sont répartis en 6 catégories a à f qui déterminent l'ordre d'exécution des tâches
|1ère||2e||3e||4e||5e||6e|
|a||T1/A||T2/A||T3/B||T3/A||T2/B||T1/B|
|b||T2/A||T3/A||T1/A||T1/B||T3/B||T2/B|
|c||T3/A||T1/B||T2/A||T2/B||T1/A||T3/B|
|d||T1/B||T2/B||T3/A||T3/B||T2/A||T1/A|
|e||T2/B||T3/B||T1/B||T1/A||T3/A||T2/A|
|f||T3/B||T1/A||T2/B||T2/A||T1/B||T3/A|
On voit que chaque tâche suit chaque autre tâche exactement une fois, ce qui évite le biais de report d'une tâche sur la suivante.
Qui sélectionner ?
Les participants doivent avoir un profil correspondant au profil déterminé lors de l'analyse.
Il est absolument crucial que les participants ne soient impliqués en aucune manière dans le développement de l'interface.
Combien de participants ?
Deux facteurs interviennet pour déterminer le nombre de participants :
D'après les expériences de Nielsen faut uu minimum 5 participants (idéalement 10) par catégorie d'utilisateur (et par système à tester). 5 participants permettent en général de détecter 75% des erreurs d'utilisabilité, avec 10 on arrive à 85%. Le rapport coût/bénéfice décroit évidemment avec l'augmentation du nombre de participants.
Le matériel expérimental comprend :
Le test pilote sert à mettre au point dans les détails le déroulement du test avec les utilisateurs sélectionnés. Sachant qu'il est difficile, voire coûteux, d'obtenir la participation d'un utilisateur, il faut s'assurer que tout fonctionne parfaitement au moment du test. Il n'est pas non plus envisageable, pour des raisons pratiques et de validité scientifique, de faire refaire le test à un utilisateur.
Les acteurs du test sont :
le modérateur: responsable du test, il accueille le participant, conduit l'expérimentation et le debriefing
le participant
l'assistant: enregistre les activités et les événements pendant le test. Il peut être accompagné d'un caméramans
Si l'on effectue un test de type “Wizard of Oz” il y aura un “sorcier” qui jouera (derrière le décor) le role de la machine.
Données de performance
Exactitude de la tâche
Analyse des données
La satisfaction de l’usager est une dimension de l'utilisabilité aussi importante que l’efficacité et l’efficience. On peut la mesurer à l'aide de questionnaires de satisfaction.
On fera remplir ces questionnaires en fin de test.
Il s'agit d'un questionnaire de satisfaction « low-cost » pouvant être utilisé pour des évaluations globales d’interfaces. Le participant doit répondre à 10 questions (échelles graduées de Likert en 5 points). Une pondération spécifique produit un score entre 0 et 100. (questionnaire et mode d'emploi, article original)
Références
Test d'une interface d'exploration de dessins pour des personnes aveugles (Roth, 2003).
Participants : 10 personnes aveugles (5 de naissance) agées de 20 à 43 ans.
Methodologie
Tâches : reproduire son image mentale de la scène en utilisant une tablette graphique
Le temps de réalisation de la tâche était noté
Images utilisées pour le test
Critères d'évaluation
Résultats