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Premier débat
Le président. Bien, Mesdames et Messieurs les députés, nous reprenons notre séance avec le point 33. Il s'agit d'un sujet qui n'est pas forcément très calme, mais je compte sur votre discipline. Nous sommes en catégorie II, quarante minutes. Monsieur le député rapporteur de majorité, vous avez la parole.
M. Ivan Slatkine (L), rapporteur de majorité. Merci, Monsieur le président. Mesdames et Messieurs les députés, concernant ce crédit d'étude, la majorité de la commission des travaux vous propose de refuser l'entrée en matière sur ce projet de loi pour des raisons qui sont très simples. Il est non contesté qu'il y a une rupture sur la piste cyclable à la route de Meyrin, rupture au niveau du noeud autoroutier, personne ne discute ce point. M. Deneys, qui est venu présenter ce projet de loi, nous a expliqué que son but était d'améliorer la sécurité des cyclistes, puisque de nombreux cyclistes ne faisaient pas l'effort de prendre la piste cyclable qui existe aujourd'hui en site propre, par la passerelle Taddéoli, et préféraient aller tout droit pour gagner du temps. Alors les services de l'Etat nous ont clairement expliqué que le problème du noeud autoroutier était extrêmement complexe et que si l'on souhaitait faire une liaison directe au niveau de la piste cyclable, il s'agissait de construire une passerelle qui est estimée à environ 15 millions de francs.
Il nous semble aujourd'hui, à la majorité, que face aux difficultés budgétaires de l'Etat, face à une enveloppe d'investissements qui est réduite, il n'y a pas une priorité à voter un tel projet de loi, car il existe déjà une piste cyclable en site propre et sécurisée, même si elle demande un petit détour de 350 mètres et qu'on peut discuter du temps que va mettre un cycliste pour faire ce détour... Et s'il y a réellement un problème de sécurité, on peut prendre des mesures beaucoup plus simples, qui sont l'interdiction pour les cyclistes d'aller tout droit afin de les obliger à prendre la piste cyclable existante. Si la piste cyclable est mal indiquée, puisque cela a été mentionné durant les travaux de commission, on peut améliorer la signalisation pour que les cyclistes prennent la piste cyclable, mais il n'est pas nécessaire aujourd'hui de voter 500 000 F pour une étude, laquelle va mener à la conclusion qu'il faudrait investir près de 15 millions pour épargner à des cyclistes un détour de 350 mètres.
De plus, les auditions qui ont été menées, tant avec la DGM qu'avec le département de l'urbanisme, nous démontrent qu'aujourd'hui il y a des réflexions au sein de l'Etat quant à l'aménagement du secteur, et il n'y a donc pas besoin de dépenser 500 000 F de plus pour des études qui sont en cours. Toutes ces raisons vous expliquent, Mesdames et Messieurs les députés, pourquoi nous vous proposons de refuser l'entrée en matière sur ce projet de loi.
M. Miguel Limpo (Ve), rapporteur de minorité. Mesdames et Messieurs les députés, ce projet de loi est important pour les mobilités douces. Non seulement parce qu'il concerne un tronçon emblématique, c'est-à-dire l'une des pénétrantes principales vers le centre-ville, mais également parce qu'il concerne un axe qui est dangereux pour les cyclistes, cela a été relevé par l'ensemble de la commission ainsi que par le rapport de majorité qui insiste sur ce point.
Cet axe est majeur, preuve en est la diversité justement des transports qui se côtoient, qui vont du tram à des trottoirs piétons, ainsi, évidemment, que deux voies de chaque côté pour les voitures. Pour nous, cet axe emblématique majeur va de pair avec l'acceptation par la population de l'initiative 144 pour les mobilités douces. Il nous semble que, sur un tel tronçon, il serait inexplicable de ne pas avoir de piste cyclable, alors même qu'il est fortement utilisé par les cyclistes et qu'il se trouve relier Vernier et Meyrin au centre-ville.
Le rapporteur de majorité nous dit que, finalement, il existe un détour possible pour les cyclistes qui est de 350 mètres. Selon les calculs, on a eu des variantes de distances qui étaient différentes, mais on peut plus ou moins considérer que ce détour prend de cinq à sept minutes. Et bien entendu les cyclistes préfèrent, tout comme les automobilistes - Monsieur Slatkine, vous le savez très bien - aller en ligne droite. Evidemment, ces gens qui utilisent le vélo ne sont pas là pour se promener ! Ce sont des gens qui se rendent d'un point A à un point B, qui vont de chez eux à leur travail ou vers des loisirs et, tout comme les automobilistes, ils ont aussi le droit d'emprunter un axe où se côtoient toutes les mobilités.
Evidemment, il serait un peu compliqué de considérer que cet axe ne relie que Meyrin au centre-ville, en oubliant qu'il relie aussi des quartiers à l'intérieur de la commune de Vernier, par exemple les Avanchets à Blandonnet, ce qui fait que le trajet, en prenant le détour par la passerelle Taddéoli, multiplie par deux la distance que les cyclistes pourraient parcourir s'ils prenaient la route. Pour nous, il faut donc réfléchir évidemment en termes plus globaux, mais également en termes locaux, il faut voir que cela représente une liaison inter-quartiers et qu'elle doit être courte.
Pour conclure, je voudrais dire qu'il est évident que le projet tel qu'il nous a été présenté est coûteux. Personne ne remet cela en question. Une passerelle coûterait 15 millions, parce que nous avons décidé à l'époque des travaux de ne pas la construire, ce qui est regrettable. Elle aurait en effet coûté beaucoup moins cher.
Mais on a aussi discuté en commission d'autres possibilités et d'alternatives beaucoup moins coûteuses, qui sont actuellement en train d'être étudiées, par exemple un aménagement des trottoirs et de la bretelle autoroutière qui coûterait vraiment moins cher. On a les schémas qui nous montrent que ce serait possible et que ce serait réellement moins coûteux.
D'autres aménagements seraient également possibles, notamment une autre passerelle qui est à l'étude entre le futur quartier de l'Etang et le chemin du Bois-des-Frères, sauf erreur. Il existe donc vraiment une multitude de projets et il nous semble nécessaire de renvoyer ce projet de loi au Conseil d'Etat pour réfléchir sur ces différentes possibilités. Et c'est parce que nous faisons aussi confiance au Conseil d'Etat et à M. Longchamp et Mme Künzler que nous pensons que le renvoi de ce crédit, même s'il n'est pas utilisé dans son entier, permettra d'avoir une vraie réflexion sur la sécurité des cyclistes et des jeunes qui empruntent cette route. Il nous semble que c'est important, vu qu'il s'agit d'un axe majeur.
Le président. Merci, Monsieur le rapporteur de minorité. Je salue à la tribune la présence de notre ancienne présidente du Grand Conseil, Mme Elisabeth Decrey Warner, accompagnée d'une délégation. Je rappelle que Mme Decrey est la fondatrice et la présidente de l'Appel de Genève. (Applaudissements.) J'en profite pour prier les personnes qui se trouvent à la tribune de ne pas faire de photographies, car ce n'est pas permis. Je vous remercie ! La parole est à Mme la députée Schneider Hausser.
Mme Lydia Schneider Hausser (S). Merci, Monsieur le président. Mesdames et Messieurs les députés, l'initiative 144, comme il a été rappelé précédemment, a été adoptée par le peuple et appelle le développement de la mobilité douce, dans laquelle sont inclus les cycles. L'élargissement de l'autoroute de contournement a été accepté dernièrement par ce parlement. Il coûtera des millions, voire des milliards. Ici, nous parlons d'un crédit d'étude de 550 000 F pour des milliers de cyclistes. De plus, le plan sur la mobilité inclut cette priorité de facilitation de la circulation cycliste sur le tronçon touché par ce projet de loi, qui, effectivement, accélérera la concrétisation de cet espace cycliste. Le commerce et la vente de bicyclettes connaissent actuellement un essor hors du commun dans le canton, ce qui va surcharger et augmenter la circulation cycliste.
Pour finir, et c'est peut-être le plus important, nous parlons de flux, mais nous parlons surtout de sécurité des cyclistes, en particulier de nombreux jeunes, dans ce périmètre du canton, qui font actuellement des expéditions téméraires sur un tronçon routier sensible et surchargé. Par conséquent, je crois que 550 000 F pour étudier une solution qui permettra de concrétiser plus rapidement un espace sécurisé pour toutes ces personnes et en particulier ces jeunes, cela ne représente pas vraiment une grande fortune. Pour la sécurité des cyclistes de Meyrin, de Vernier, et bien d'autres encore, le parti socialiste vous demande de soutenir ce projet de loi qui est pour le moins important. (Applaudissements.)
M. Roger Golay (MCG). Mesdames et Messieurs les députés, le groupe MCG soutiendra ce projet de loi demandant un crédit d'étude de 550 000 F. Cela a été dit par le rapporteur de minorité et par la députée Lydia Schneider Hausser, effectivement, aujourd'hui énormément de jeunes empruntent ce tronçon entre les Avanchets et Meyrin, ainsi que dans le sens inverse.
On nous demande, si on écoute le rapporteur de majorité, de dire à ces jeunes, qui pour la plupart sont des cyclistes - et il s'agit souvent de jeunes de moins de 18 ans qui sont des utilisateurs de vélo - de faire un détour de 300 à 400 mètres. Mais comment éduquer des gamins qui ont parfois 12 ou 13 ans, comment leur dire: «Prenez le chemin le plus long pour aller du point A au point B» ? C'est complètement dérisoire comme raisonnement.
Aujourd'hui, il y a un réel problème de sécurité pour ces jeunes. Il faut les mettre à l'abri. Pour cela, on doit entrevoir le fait qu'il y ait une piste cyclable par rapport à ce danger existant. Je pense que le prix de la vie d'un jeune est bien au-delà de ce qu'on peut demander au niveau du financement, lorsqu'on sait qu'aujourd'hui on a un projet nommé CEVA qui coûte, d'après l'estimation actuelle, 1,5 milliard et qu'on arrivera probablement à 3 milliards, pour transporter à peu près 15 000 à 30 000 passagers par jour... (M. Roger Golay est interpellé par M. Alain Meylan.) Des frontaliers, bien sûr, merci de nous le rappeler, Monsieur Meylan. Ce n'est pas nous qui le disons, c'est M. Meylan.
Ce qui fait que je pense que la dépense pour ce crédit d'étude n'est pas excessive pour la sécurité de nos jeunes. Mais une fois de plus, bien sûr, les Avanchets ce n'est peut-être pas le terreau du PLR, et pourtant ces jeunes se mettent en danger chaque jour en empruntant la voie du tram, le site propre. Il y a un danger. Il faut aller sur place pour voir qu'ils se collent derrière les trams. C'est un danger, ils sont là la nuit, avec parfois des vélos qui ne sont pas en ordre parce qu'il leur manque la lumière.
Mettons ces jeunes en sécurité et acceptons ce crédit d'étude de 550 000 F, comme je l'ai dit, pour préserver la vie de nos jeunes des Avanchets et de Meyrin qui utilisent le plus souvent cette voie de circulation.
Une voix. Bravo !
M. Guy Mettan (PDC). Le parti démocrate-chrétien a soutenu l'initiative 144, il soutient tous les projets qui concernent la mobilité douce et il soutiendra le projet de Vélib' ou tout autre projet semblable pour développer l'utilisation du vélo à Genève, mais pas à n'importe quel prix et pas n'importe comment, parce que le projet qui nous est soumis là ce soir est un projet totalement sur mesure, extrêmement partiel et très onéreux, comme on l'a dit.
Avec les 15 millions que nous coûtera cette passerelle, on peut réaliser d'autres projets beaucoup plus importants pour mettre en vigueur l'IN 144 et qui paraissent, à nos yeux en tout cas, plus prioritaires que de rajouter, juste pour le confort... Car c'est une mesure de confort, puisqu'il existe déjà une piste cyclable utilisable et donc qui peut assurer, Monsieur Golay, la totale sécurité des jeunes des Avanchets qui voudraient se rendre à Meyrin ! (Brouhaha. Le président agite la cloche.) C'est donc une mesure de confort et non pas une mesure prioritaire à nos yeux. Il vaut mieux utiliser cet argent pour mettre en oeuvre l'IN 144 et réaliser les tronçons qui sont utiles, mais pas uniquement pour une petite mesure de confort qui concerne 300 mètres, alors que c'est par dizaines de kilomètres que nous voulons réaliser ces pistes cyclables. En conséquence, nous recommandons le rejet de ce projet de loi.
Mme Anne Mahrer (Ve). Mesdames et Messieurs les députés, il faut bien admettre aujourd'hui que la mobilité douce n'a souvent encore de doux que le nom et que les réseaux de pistes cyclables directes, continues et sécurisées sont encore insuffisants. Il faut le reconnaître, les réalisations ont été nombreuses ces derniers temps. On ne peut que regretter que celle dont nous parlons ce soir n'ait pas été prise en compte et faite lors des travaux du tram, c'est sûr, car c'était l'occasion.
Les travaux en commission ont en tout cas permis de mettre le doigt sur un certain nombre de choses et de mesures à prendre, des mesures importantes quant à la sécurité des cyclistes. Les Verts ne sont pas du tout opposés à des possibilités autres que la passerelle. Du reste, je vous rappelle que la passerelle du Bachet avait coûté aussi quelques millions, si je me souviens bien.
On n'est pas obligés de faire la même chose, comme le dit notre collègue Frédéric Hohl, mais il est en tout cas important d'envisager un certain nombre de solutions, et les Verts vous demandent justement, pour que l'on mette en oeuvre ces solutions et que les départements concernés y travaillent, de voter ce projet de loi, quitte à ce que le montant qui a été donné soit bien inférieur mais nous permette tout de même de trouver des solutions qui soient fiables et sûres pour les cyclistes.
M. Stéphane Florey (UDC). Oui, cet axe est un axe dangereux. Cela ne fait aucun doute. C'est pour cela que, lors des premières auditions, il nous a été expliqué qu'aucun ingénieur n'avait voulu faire passer les vélos sur cet axe, qui est dangereux, et c'est la raison pour laquelle, s'agissant du tronçon qui existe déjà - puisque la piste cyclable existe déjà, comme cela a été dit - il faut faire un petit détour de 350 mètres, ce qui fait entre trois et cinq minutes de plus que si vous allez tout droit, car aucun ingénieur n'a voulu prendre la responsabilité de faire passer les vélos sur cet axe.
La proposition du groupe socialiste est un luxe inutile. De plus, quand il propose encore un deuxième axe alternatif qui ferait un détour, non plus par en bas, mais par derrière... (Exclamations.) ...le centre commercial, c'est encore plus inutile ! Et dépenser 550 000 F pour une étude qui ne sert strictement à rien, c'est vraiment un luxe dont nous pouvons largement nous passer. C'est pour cela que le groupe UDC refusera ce crédit d'étude.
M. René Desbaillets (L). Je ne veux rien ajouter concernant les aspects techniques et financiers que mon excellent collègue Ivan Slatkine vous a exposés tout à l'heure. Moi, ce qui m'inquiète le plus, c'est que cela fait moins de trois ans qu'on a inauguré la nouvelle route de Meyrin, avec le nouveau tram de Meyrin, à coups de dizaines, de vingtaines ou de centaines de millions de francs, et puis tout d'un coup on vient nous dire: «On a oublié de mettre une piste cyclable.» Alors là, il ne faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages ! Soit on a voulu délibérément nous cacher le coût réel de cette ligne de tram, qui d'ailleurs crée des bouchons perpétuels à la Servette et aux alentours de l'aéroport... Alors on a donc voulu nous cacher cela et maintenant on vient nous dire qu'il faut le faire !
Ce qui m'inquiète le plus, c'est de voir que ces mêmes ingénieurs, etc. - du reste on va voter, peut-être lors de cette session ou des sessions prochaines, mais en tout cas cela se discute dans les commissions, des projets de mobilités 2030, projets de transports publics 2030, etc. - et les gens qui nous proposent ces projets n'ont même pas été capables de prévoir trois ans à l'avance une piste cyclable ! Et maintenant, on vient nous vendre des projets à des centaines de millions pour 2030 ! Mais réfléchissez un petit peu ! Arrêtez de nous prendre, les automobilistes et ceux qui paient, pour des cochons de payeurs ! Réfléchissons une fois comme il faut ! Laissons la parole aux praticiens de la route, et ceux qui circulent en ville et qui ne quittent pas le centre-ville de Genève, qu'ils s'abstiennent de dire aux autres ce qu'il faut faire. Il faut d'urgence boucler le ring; traversée de la rade ou traversée du lac, peu importe, mais une traversée avant toute chose, avant toute opération à Genève ! (Exclamations. Applaudissements.)
M. Frédéric Hohl (R). Mesdames et Messieurs les députés, le groupe radical est pour les pistes cyclables.
Une voix. Mais pas celle-ci ! (Rires.)
M. Frédéric Hohl. On est pour. Mais là, Mesdames et Messieurs les députés, il s'agit véritablement d'un caprice ! C'est un caprice d'enfant gâté ! (Commentaires.) Il y a déjà une piste cyclable. Elle est formidable ! Elle passe à travers les villas, un très joli quartier, c'est bucolique ! C'est romantique, c'est joli, il m'arrive même d'y aller. C'est formidable, et cela prend trois minutes de plus ! Pour trois minutes, Mesdames et Messieurs les députés, vous voulez faire dépenser à la collectivité 15 millions !
Une voix. Aïe, aïe, aïe, aïe.
M. Frédéric Hohl. Mais vous êtes tombés sur la tête ! C'est véritablement un caprice d'enfant gâté. Mesdames et Messieurs, réveillez-vous, je vous en supplie, et refusez cette proposition ! (Applaudissements.)
M. Bernhard Riedweg (UDC). Effectivement... (Brouhaha. Le président agite la cloche.) ...si nous accordons ce crédit de 550 000 F, c'est qu'il va de soi qu'on doit construire cette passerelle à 11 millions. Or c'est tout à fait l'exemple d'une dépense à éviter en cette période où l'état actuel des finances publiques est précaire et où les charges de la république vont exploser ! L'Etat a tellement de charges plus importantes que nous devrions ignorer la demande faisant l'objet de ce projet de loi. C'est un projet, comme l'a dit tout à l'heure M. le député Hohl, d'enfant gâté et de riche ! Ce projet de loi a été refusé de justesse - 7 voix contre 7 ! Heureusement que ce crédit d'étude était de 550 000 F, parce que s'il avait été de 300 000 F, il aurait été de la compétence de la commission ad hoc.
Je rappelle, Mesdames et Messieurs les députés, que le pont offert par Rolex sur l'Arve, dans le quartier des Vernets, qui fait passer des camions, des voitures, des cyclistes et des piétons, a coûté à lui seul 11 millions, donc le même prix que cette passerelle pour les vélos qui accepte aussi des remorques ! En conclusion, Mesdames et Messieurs, nous vous demandons s'il vous plaît de refuser ce projet de loi.
M. Roger Deneys (S). Mesdames et Messieurs les députés, ce projet de loi répond en fait à un besoin important, puisque c'est l'un des axes routiers principaux de notre canton. En réalité, il rejoint deux agglomérations importantes: la Ville de Genève d'un côté, Meyrin de l'autre et, en plus, Vernier, qui est aussi une grande agglomération. Donc on a plusieurs dizaines, voire centaines de milliers de personnes qui sont concernées par la liaison de cette piste cyclable.
Quand le tram a été réalisé, effectivement, ce tronçon n'a pas été équipé d'une piste cyclable. Nous l'avons signalé au niveau des associations de promotion du vélo, depuis le départ, parce que les dangers sont certains si on fait du vélo le long de la route de Meyrin. Je crois qu'il faut être pragmatique: aujourd'hui cette proposition vise à répondre, d'une part, aux questions de sécurité des cyclistes et des jeunes en particulier, parce que je pense que personne dans ce parlement ne souhaite voir des jeunes victimes d'accidents graves, handicapés à vie après un accident, parce qu'ils n'avaient pas d'aménagement sécurisé. Elle vise d'autre part à répondre aux demandes des conducteurs de trams, et c'était pour cela que nous étions revenus à la charge ! Après une première prise de position de PRO VELO, nous étions revenus à la charge avec un projet de loi, parce que rien ne se réalisait, et les conducteurs de trams se plaignent quand les cyclistes empruntent les voies de trams. C'était le résultat d'une réunion directe entre PRO VELO et les conducteurs de trams. Donc c'était pragmatique. Et puis, je crois que si la sécurité des cyclistes est améliorée, comme celle des conducteurs de trams, cela favorise aussi la circulation routière, parce que les risques d'accidents diminuent, de même que les risques de problèmes sur le réseau. Donc, sur un axe aussi stratégique pour le canton, il ne s'agit pas du tout d'un caprice, mais réellement de la mise en oeuvre de l'initiative 144 acceptée par le peuple, à l'époque avec le soutien du PDC.
Nous espérons que, ce soir, nous pourrons répondre à ce besoin de sécurité et de cohérence d'un réseau cyclable nécessaire pour que les familles, les enfants, les jeunes, les personnes âgées puissent prendre le vélo en toute sécurité. C'est pragmatique ! Le montant a été fixé en fonction de ce qui avait été mis à l'étude pour la passerelle du Bachet, mais nous ne sommes pas dogmatiques sur le montant. La passerelle du Bachet avait coûté 10 millions; ici, nous pouvons imaginer que cela coûte nettement moins, il n'y a pas de problème. Il fallait bien mettre un chiffre, il fallait bien essayer de faire avancer le dossier, et nous regrettons que les parents ainsi que les personnes qui sont sensibles à la sécurité des jeunes ne puissent pas entendre ce besoin de sécurité pour les cyclistes de notre canton, les jeunes et les personnes âgées en particulier. Au demeurant, une passerelle permet aussi de répondre aux besoins des piétons et pas seulement des cyclistes.
M. Roberto Broggini (Ve). J'estime que les personnes qui refuseront ce projet de loi font un déni démocratique par rapport à une votation populaire. C'est à vous d'assumer vos responsabilités, parce que vous ne voulez pas que le peuple ait le dernier mot. Vous êtes un peu des fanatiques de l'automobile. Le vélo, vous ne connaissez pas ! Quand M. Desbaillets, Monsieur le président, me dit que...
Le président. Oui, c'est juste, vous vous adressez à moi. C'est très bien ! (Rires. Brouhaha.)
M. Roberto Broggini. Oui, c'est cela, je connais la maniclette, Monsieur le président ! Quand M. René Desbaillets dit qu'il faut s'adresser aux praticiens de la route, je dirais, Monsieur le président... (Brouhaha. Le président agite la cloche.) ...que c'est mon métier d'être praticien de la route et que je constate qu'il y a de plus en plus de personnes qui n'utilisent plus le vélo parce qu'elles ont peur à bicyclette, notamment des vieilles personnes qui ont fait du vélo toute leur vie mais qui n'en font plus parce que les routes genevoises sont devenues beaucoup trop dangereuses. Si vous lisez le site de l'OFROU, vous verrez que tous les détours pour les vélos ne sont pas recommandés; il faut des lignes directes, comme pour les automobiles.
Finalement - je terminerai là, parce que le temps passe - nous ne sommes pas des enfants gâtés, parce que quand ce Grand Conseil, cette droite triomphante vote la tranchée de Vésenaz, c'est sans vergogne qu'elle dépense énormément d'argent. Et maintenant, il faut des rallonges... Je me pose sérieusement des questions quant à leur bonne connaissance du réseau routier.
Le président. Merci, Monsieur le député. La parole est à M. le député Stéphane Florey, à qui il reste une minute quinze.
M. Stéphane Florey (UDC). Formidable, merci, Monsieur le président. Très sincèrement, il n'y a aucun besoin prépondérant, à cet endroit, de créer une nouvelle piste cyclable.
Une voix. Si !
M. Stéphane Florey. Maintenant, il y aurait une solution toute simple - et vous transmettrez, Monsieur le président, à Mme Künzler, peut-être que cela lui donnera quelques idées - ce serait de poser tout simplement à l'entrée du pont un panneau «Interdiction aux vélos» et de leur rappeler peut-être qu'il existe déjà un parcours entièrement sécurisé, mais qui prend certes trois minutes de plus, sur 350 mètres. Il serait sans doute bon de leur rappeler cela, de mettre un panneau d'interdiction et éventuellement de coller un peu des amendes, Monsieur Maudet, à ces cyclistes qui passent sur les voies de trams, justement à cet endroit-là !
Une voix. Bravo !
M. Stéphane Florey. Pour en revenir à ce que j'ai entendu, à savoir qu'il y a des vélos sur les voies de trams, figurez-vous que...
Le président. Il vous reste quinze secondes, Monsieur le député !
M. Stéphane Florey. ...s'il y a un endroit où il n'y en a jamais ou quasiment jamais, c'est bien là ! Par contre, Mesdames et Messieurs les collègues d'en face, oui, on vous voit souvent, mais plutôt en ville, prendre les voies de trams.
Le président. Il vous faut conclure, Monsieur le député !
M. Stéphane Florey. Donc faites un peu attention à vous-mêmes, respectez déjà la circulation et, ensuite, venez avec des propositions un peu plus utiles et intelligentes que ce projet de loi.
M. Thierry Cerutti (MCG). J'ai bien entendu les remarques des opposants à cette proposition. Je rappelle simplement que c'est un crédit d'étude et, dans le crédit d'étude, on peut mettre des objectifs, des points à atteindre, et dire ce qu'on veut ou on ne veut pas.
Moi je suis assez choqué d'entendre certains propos de la droite, notamment de l'UDC et des PLR qui sont opposés à un crédit d'étude pour la sécurité de nos enfants. Je rappelle que pour nous, au MCG, la sécurité n'a pas de prix ! On préfère investir aujourd'hui 550 000 F pour une étude qui permet de sauver des vies dans le futur que d'attendre qu'il y ait un accident, que quelqu'un meure et qu'ensuite dans ce parlement tout le monde pleure et hurle au scandale... (Brouhaha. Le président agite la cloche.) ...en disant qu'il faut faire quelque chose !
Je rappelle qu'il y a eu le même phénomène à l'avenue de l'Ain, où tout le monde se moquait et se riait des mesures de sécurité que le MCG proposait sur cette avenue-là pour protéger les enfants. Il y a eu, malheureusement, un cas grave, puisqu'un jeune a perdu la vie, et ensuite, comme par hasard, tout le monde voulait sécuriser l'avenue de l'Ain. Pour nous, je le répète, la sécurité n'a pas de prix et nous voterons pour ce crédit d'étude.
Une voix. Bravo !
Le président. Merci, Monsieur le député. La parole est à M. le député Pierre Weiss, à qui il reste deux minutes.
M. Pierre Weiss (L). Ce sera plus que suffisant, Monsieur le président. Je voulais simplement dire qu'un propos parmi tant d'autres m'a, sinon choqué, du moins étonné, à savoir quand il a été dit dans cette assemblée, à propos de cette passerelle à construire pour laquelle un crédit d'étude est demandé: «11 millions, il fallait bien mettre un chiffre.» Alors je vous donne à deviner en mille quel est le rigoureux ami des finances publiques qui a articulé ce chiffre. Il se reconnaîtra lui-même. Il est toujours là pour donner des leçons de morale aux autres et éviter les coupes dans les budgets, mais là «il fallait bien mettre un chiffre»... Effectivement, on aurait pu mettre 22 ou 33 millions ! Quand on multiplie tout par 3, c'est une possibilité qui restait. Elle viendra peut-être par la suite. Mais l'expression «11 millions, il fallait bien mettre un chiffre», cela ne dit qu'une seule chose: il n'y a pas de rigueur quand des chiffres sont évoqués dans ce département !
M. Guillaume Sauty (MCG). Lorsque je vois la tournure que prend ce débat, je constate une chose, notamment quand j'entends les propos de mon collègue Broggini qui se lance de nouveau dans des discours... Eh ! Peace and love, Monsieur Broggini ! (Rires.) Quand on s'entraîne dans ce genre de propos, ce qu'on engage - et c'est ce dont vous vous plaignez tout le temps au sein de la commission des transports - c'est la guerre des transports ! Alors effectivement, si vos bancs d'en face étaient un petit peu plus respectueux de l'OFROU que vous aimez tant et qui doit être votre bible...
Le président. Monsieur le député, vous vous adressez à moi !
M. Guillaume Sauty. Excusez-moi, Monsieur le président, vous transmettrez...
Le président. Je transmets.
M. Guillaume Sauty. ...à M. Broggini que je crois que je lui offrirai une nouvelle version de l'OFROU pour Noël, cette année.
Tout cela pour vous dire, Mesdames et Messieurs, que c'est un crédit d'étude. Nous, nous étions contre l'initiative 144, justement pour éviter de globaliser les choses ! Là, on voit bien qu'on est sur un projet qui parle concrètement de la sécurité et, là, le MCG est prêt à soutenir les pistes cyclables, mais dans votre cas...
Le président. Il vous faut conclure, mon cher député !
M. Guillaume Sauty. Je conclus, Monsieur le président, en disant que le MCG est soucieux de la sécurité des jeunes, et nous vous demandons donc de soutenir ce crédit.
Le président. Merci, Monsieur le député. La parole est à M. le député Guy Mettan, après quoi je la donnerai aux deux rapporteurs et finalement à Mme la conseillère d'Etat.
M. Guy Mettan (PDC). J'interviens juste pour apporter une précision. Au vu des débats auxquels on vient d'assister, on a constaté - et les Verts eux-mêmes l'ont dit - qu'on n'était pas obligés de dépenser l'entier du crédit qui était demandé. On n'est pas du tout obligés, pour avoir un crédit que le DIME nous présenterait, de renvoyer ce projet de loi au Conseil d'Etat. En tout temps, le DIME peut nous proposer une dépense pour un crédit d'étude, il a le droit de le faire, et il n'y a pas besoin de ce projet de loi pour réaliser cette étude si elle est aussi urgente qu'on le dit.
Ce qui est important, c'est que cela s'inscrive dans un schéma général. Ce projet est très coûteux pour cet emplacement-là. Il faut probablement qu'on rénove cette piste cyclable ou qu'on permette de circuler plus directement, mais à la faveur de futurs travaux qui affecteront cet endroit-là ! Dépenser 15 millions juste pour cela n'a pas de sens ! En revanche, si une fois il faut refaire des travaux, on le prévoira, et je pense que là, le DIME trouvera les moyens et proposera un crédit d'étude pour rendre cette piste cyclable plus efficace. Mais pas de la façon dont cela nous est proposé ce soir.
Le président. Merci, Monsieur le député. La parole est à M. le rapporteur de minorité, à qui il reste trente secondes.
M. Miguel Limpo (Ve), rapporteur de minorité. Merci, Monsieur le président. J'interviens très brièvement pour vous dire que la minorité est toujours aussi favorable à ce projet, vous l'avez entendu par la bouche des différents représentants des partis qui composent cette minorité.
Nous avons tout à l'heure entendu un représentant du PDC dire que, finalement, il valait mieux construire plein d'autres tronçons plutôt que celui-là. Mais celui-là, pour nous, est prioritaire. Il s'agit de l'un des axes forts et importants de notre canton. Il nous semble qu'il faut mettre la priorité sur cet axe-là, d'autant plus que cela touche des quartiers populaires qui sont souvent mis de côté.
Nous pensons que valoriser une piste cyclable par un investissement, qui est peut-être important, mais pas forcément, cela pourrait être un signe très positif pour les mobilités douces. Donc je vous engage vraiment à voter favorablement ce projet de loi, pour le bien des cyclistes et des jeunes qui emprunteront ce trajet. (Quelques applaudissements.)
M. Ivan Slatkine (L), rapporteur de majorité. Mesdames et Messieurs les députés, la sécurité n'a pas de prix. Eh bien, pour la majorité, avec 550 000 F, comme l'ont dit précédemment plusieurs intervenants, il suffit de mettre un sens interdit pour les cyclistes sur ce tronçon, il suffit de mettre un bon balisage pour leur expliquer qu'il y a une piste cyclable sécurisée en site propre qui leur permet d'aller du point A au point B et, ma foi, s'il y a des jeunes qui veulent ne pas respecter la signalisation routière, eh bien, qu'ils prennent le risque ! Mais quand j'entends des représentants ou des ex-représentants de la police genevoise nous dire que les jeunes ont le droit de braver les interdits, permettez-moi de m'interroger sur l'intégrité de ces personnes !
Quant aux Verts et à leurs mesures, j'entends bien que nous avons un noeud autoroutier d'importance à cet endroit. Alors pour eux, il suffit d'aménager, de revoir un petit peu la bretelle d'autoroute. Si nous sommes d'accord, au sein de la majorité, pour des aménagements de mobilité douce qui soient prioritaires au centre-ville, eh bien sur un axe primaire, tel que la route de Meyrin, à la sortie de l'autoroute, vous permettrez que nous pensions qu'il n'est pas nécessaire d'investir 15 millions pour faire gagner trois minutes à des cyclistes qui ne veulent pas faire un détour - comme l'a dit mon collègue Frédéric Hohl - bucolique, agréable et totalement sécurisé !
En cette période de vaches maigres, Mesdames et Messieurs les députés, nos priorités en matière d'investissements sont le CEVA, la construction du BDL2 ou la réalisation d'extensions pour l'université, et cette passerelle à 15 millions viendra le jour où nous aurons plus de moyens ! (Applaudissements.)
Une voix. Bravo !
Mme Michèle Künzler, conseillère d'Etat. Mesdames et Messieurs, ce sujet est effectivement important. (Brouhaha. Le président agite la cloche.) Il fait suite à l'initiative 144 qui a été adoptée par la population. J'ai maintenant mis en oeuvre ce plan directeur de la mobilité douce qui prévoit huit itinéraires, notamment de Meyrin au centre-ville, mais de tous les points de l'horizon il y aura une piste cyclable sécurisée. Nous avons essayé de prioriser toutes ces pistes cyclables et d'agir sur l'existant pour l'améliorer. Effectivement, ce crédit d'étude - et je précise qu'il s'agit d'un crédit «d'étude» - serait bienvenu pour continuer les études.
La solution de la passerelle n'est pas forcément la meilleure, puisque le projet du quartier de l'Etang est en train de se mettre en place, lequel permettrait d'avoir un autre itinéraire sécurisé. C'est l'une des possibilités que nous allons étudier. (Brouhaha. Le président agite la cloche.)
De toute façon, ce qui est prévu dans les crédits existants, c'est le balisage, qui va être refait sur tous ces itinéraires, et pas seulement sur la route de Meyrin; sur tous les itinéraires il faut refaire le balisage, le marquage des pistes cyclables. Quant à mettre un panneau d'interdiction, oui, je veux bien, mais quand on voit le... (Brouhaha. Le président agite la cloche. Mme Michèle Künzler est interpellée.) Les automobilistes, Monsieur Slatkine, ne respectent pas plus la signalisation... (Protestations. Huées.) On avait 5...
Le président. S'il vous plaît... (Protestations. Huées. Le président agite la cloche.) S'il vous plaît !
Mme Michèle Künzler. On avait 5000... (Brouhaha.)
Le président. S'il vous plaît, Mesdames et Messieurs les députés ! Madame...
Mme Michèle Künzler. Je vous rappelle qu'on avait 5000...
Le président. Madame la conseillère d'Etat... (Brouhaha.) S'il vous plaît !
Mme Michèle Künzler. Je vous rappelle...
Le président. J'aimerais qu'on écoute la magistrate et qu'on la respecte ! Continuez, Madame la conseillère d'Etat.
Mme Michèle Künzler. Je vous rappelle, Mesdames et Messieurs, qu'il y avait 5000 infractions par jour à la rue du Rhône ! Il n'y en a plus que 500. «Plus que», mais il y en a encore ! Il y en a, effectivement, et je le regrette infiniment. Je ne tolère pas qu'il y ait ces infractions, ni pour les cyclistes, ni pour les automobilistes ! Nous devons faire respecter l'Etat de droit, dans tous les cas !
Je veux bien mettre ce panneau, mais je pense que ce n'est pas la meilleure solution. Il faut maintenant des pistes cyclables sécurisées et aller vers l'amélioration de l'existant ! Nous n'avons pas beaucoup de moyens. Vous le savez très bien - et je vous l'ai dit hier en commission des finances - il n'y aura, ni pour les pistes cyclables, ni pour les routes, ni pour les trams, aucun nouvel investissement dans les deux prochaines années. Donc on arrête de rêver, mais on peut continuer à faire des études pour être prêt lorsque le financement sera là. (Applaudissements.)
Le président. Merci, Madame la conseillère d'Etat. La parole est demandée par M. Roger Deneys. C'est pour l'appel nominal, je suppose ? (Remarque.) Je vous donne la parole. (Un instant s'écoule.)
Une voix. Il n'y a pas de micro !
Le président. Cela ne fonctionne pas. (Brouhaha.)
M. Roger Deneys (S). Merci, Monsieur le président, c'est pour demander l'appel nominal, effectivement.
Le président. Est-ce que vous êtes soutenu ? (Plusieurs mains se lèvent.) Largement ! Très bien ! Mesdames et Messieurs les députés, nous allons voter la prise en considération de ce projet de loi 10789. (Brouhaha.)
Mis aux voix à l'appel nominal, le projet de loi 10789 est adopté en premier débat par 44 oui contre 42 non. (Applaudissements à l'annonce du résultat.)
Deuxième débat
Mis aux voix, le titre et le préambule sont adoptés, de même que les articles 1 à 8.
Troisième débat
Le président. Je vous fais maintenant voter en troisième débat le PL 10789...
Une voix. Il y a une demande de parole, Monsieur le président.
Le président. Oui, c'est juste. La parole est à M. le député Roger Deneys.
M. Roger Deneys (S). Merci, Monsieur le président. Je voulais simplement demander le vote nominal.
Le président. Merci, Monsieur le député. Est-ce que vous êtes soutenu ? (Plusieurs mains se lèvent.) Oui, largement. La parole est à M. le député Alain Meylan.
M. Alain Meylan (L). Merci, Monsieur le président. On se trouve dans une situation qui arrive de temps en temps, à savoir que le vote de la plénière a contourné le vote de la majorité de la commission. (Commentaires.) Ce qui n'est pas en soi... C'est la démocratie ! Ce qui dérange un tout petit peu, c'est que la commission n'a pas pu travailler le projet de loi, c'est-à-dire article par article, avec, éventuellement, la possibilité de faire des amendements, des propositions.
Mon propos est donc de dire qu'il faut laisser la commission voter. Je propose ainsi que ce projet de loi retourne en commission... (Brouhaha.) ...compte tenu de la contre-majorité qui a été déterminée et constatée ce soir, ce que je ne conteste pas. Mais je pense que, démocratiquement, les articles du projet de loi doivent être discutés en commission, de façon à laisser le cas échéant les gens ou les groupes faire des propositions d'amendements et de discussions. Je demande donc formellement le retour de ce projet de loi en commission.
Le président. Merci, Monsieur le député. Peuvent à présent s'exprimer les deux rapporteurs et le Conseil d'Etat.
M. Ivan Slatkine (L), rapporteur de majorité. Je soutiens la demande de renvoi en commission, parce qu'en effet, avec 550 000 F, on pourra poser plus d'un panneau d'interdiction de circuler sur cet axe et baliser certainement de manière beaucoup trop forte la piste cyclable existante.
Il est nécessaire de retourner en commission pour pouvoir amender ce projet de loi et donner un crédit d'étude qui soit raisonnable. Je vous rappelle - et Mme la conseillère d'Etat l'a dit - qu'il y a actuellement des études en cours au sein des départements sur le projet de l'Etang, et moi je m'étonne toujours qu'à l'Etat il faille voter des crédits d'étude pour des projets qui sont déjà en train d'être étudiés ! Je crois que la fonction publique est là pour faire les études qu'on lui demande de faire. Il n'y a pas besoin de voter des centaines de milliers de francs de plus. Les conclusions viendront quand elles devront venir, et puis vous me permettrez de conclure sur un point, c'est que les automobilistes respectent la signalisation routière, même s'il y a toujours des contrevenants. Les cyclistes, en cette matière, ont beaucoup de choses à apprendre. (Exclamations.)
M. Miguel Limpo (Ve), rapporteur de minorité. Nous sommes évidemment contre le renvoi en commission. On a entendu depuis une heure le PLR et le PDC nous dire que ce projet était mauvais et, maintenant, on a cinq minutes pour parler du renvoi en commission et on vient nous dire avec des yeux de biche: «Finalement, ce projet, on pourrait peut-être le discuter, etc.» Non, je crois qu'il faut prendre ses responsabilités. Si vous êtes pour, vous votez pour, si vous êtes contre, vous votez contre. Je crois que c'est le moment maintenant de se prononcer sur ce projet important pour Genève, pour les quartiers en question et pour tous les gens qui utilisent le vélo régulièrement. (Applaudissements.)
Le président. Merci, Monsieur le rapporteur. Mesdames et Messieurs les députés, je vais vous faire voter le renvoi à la commission des travaux.
Mis aux voix à l'appel nominal, le renvoi du rapport sur le projet de loi 10789 à la commission des travaux est rejeté par 46 non contre 43 oui.
Le président. Nous passons maintenant au vote final... (Remarque.) Ah, excusez-moi, Madame la députée. (Brouhaha.) Allez-y !
Mme Marie-Thérèse Engelberts (MCG). Merci, Monsieur le président. Je voulais juste faire une remarque par rapport à ce soir, dans les cinq minutes qui nous restent. Vous ne trouvez pas qu'il y a quelque chose de gênant, quand même, bien qu'on ait pris la position de soutenir ce projet de loi ? Je suis tout de même un peu estomaquée que pour 350 mètres on fasse une telle histoire ! On est dans quel monde ?
Je veux bien que les gamins - et j'en ai eu - aient de la peine à suivre la ligne et préfèrent aller tout droit plutôt que de faire un détour, mais rendons-le sympathique, ce détour ! Et arrêtons de poser les questions comme ça ! Je trouve que c'est hallucinant ! Pour des histoires de basketball, on a traité ici une problématique à cause de quatre - comment est-ce qu'on dit ? - paniers de basket ! (Brouhaha. Le président agite la cloche.) Mais on est où ? On est où ?
Le président. S'il vous plaît, on écoute Mme Engelberts. S'il vous plaît !
Mme Marie-Thérèse Engelberts. Je veux bien qu'on soit très sensible aux pistes cyclables, et je suis la première à être très attentive. (Brouhaha.) Mais il ne faut quand même pas exagérer ! Pour 350 mètres... Eduquons nos gamins ! Soyons clairvoyants et arrêtons de débattre de choses comme celles-là ! (Exclamations. Commentaires. Applaudissements.)
Le président. Merci, Madame la députée, pour votre appel à la raison. Mesdames et Messieurs, je vous fais voter le projet de loi 10789.
La loi 10789 est adoptée article par article en troisième débat.
Mise aux voix à l'appel nominal, la loi 10789 est adoptée en troisième débat dans son ensemble par 44 oui contre 42 non et 1 abstention. (Exclamations pendant la procédure de vote.)
Le président. Mesdames et Messieurs les députés, nous allons traiter, à huis clos, les RD 954 et RD 955. En conséquence, je demande au Conseil d'Etat de bien vouloir se retirer, aux personnes qui sont à la tribune de bien vouloir la quitter, aux huissiers de fermer les portes et à M. l'informaticien de couper les micros ainsi que la retransmission sur Léman Bleu et sur notre site internet. Je vous remercie.
La séance publique est levée à 22h20.
Le Grand Conseil continue de siéger à huis clos.