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Le nouveau premier ministre italien a encore des comptes en suspens avec la justice helvétique. D'ailleurs, des commissions rogatoires italiennes concernant son groupe - la Fininvest - sont toujours pendantes auprès du Ministère public de la Confédération.
En mars dernier, au Sénat italien, Silvio Berlusconi et sa formation politique «Forza Italia» avaient mis leur veto à la ratification du traité d'entraide judiciaire entre l'Italie et la Suisse.
La gauche italienne avait alors crié au scandale. Elle dénoncait une manoeuvre qui allait permettre à Berlusconi - s'il devenait premier ministre - de mettre de traité en question aux oubliettes.
Or ce traité est susceptible d'accélérer les procédures judiciaires entre l'Italie et la Suisse. Y compris, en l'occurrence, celles qui concernent le Cavaliere.
Les premières des commissions rogatoires concernant Fininvest et son président ont été adressées à la Suisse par le parquet de Milan au début des années 90. Elles ont abouti à Lugano et Genève notamment.
Elles émanaient principalement du pool Mani pulite emmené par le procureur Antonio di Pietro. Le magistrat enquêtait alors sur les affaires de pots-de-vin liées à Bettino Craxi, ex-premier ministre socialiste et ami personnel de Silvio Berlusconi.
En décembre 1994, le Ministère public tessinois avait ordonné la perquisition du siège luganais de la Fininvest. Les documents saisis auraient établi le versement de dessous de table pour un montant de 330 millions de lires (260 000 francs environ).
L'argent aurait servi à corrompre des fonctionnaires des finances chargés d'éplucher les déclarations d'impôts de la Fininvest et de plusieurs autres sociétés affiliées au groupe, toutes soupçonnées d'évasion fiscale.
Au Ministère public de la Confédération, on confirme que l'affaire est toujours pendante. «Les procédures en cours, précise le porte-parole du MPC Hans-Jürg Wiedmer, ne concernent pas directement Silvio Berlusconi, mais le groupe Fininvest.»
Et le porte-parole du MPC d'ajouter que le nouveau premier ministre italien n'a aucun intérêt personnel à retarder la ratification du traité d'assistance judiciaire italo-suisse.
Gemma d'Urso, Lugano