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Au début de la pandémie, elle était présentée comme le Graal absolu, pourtant on n'en parle presque plus aujourd'hui. Que devient l'immunité collective?
Philippe Eggimann, infectiologue: Elle se construit progressivement. Mais ce qu'on ne pouvait pas prévoir au départ, quand on disait qu'il fallait que 60 à 70% de la population ait des anticorps, c'est que l'immunité conférée par la maladie ou le vaccin ne serait pas absolue et qu'elle durerait moins longtemps que pour d'autres virus. Avec un R0 d'environ 10, comme pour Omicron, il faudra probablement que plus de 95% des gens soient vaccinés ou guéris pour que le Covid arrête de circuler. L'autre élément, c'est que pour empêcher un virus de se propager, il faut une immunité qui empêche la transmission. Or, avec le vaccin actuel, vous êtes protégé contre les formes graves, mais vous pouvez quand même attraper le Covid et contaminer les autres personnes.
Justement, est-ce qu'Omicron change quelque chose à la situation?
Si cela se confirme qu'Omicron est un peu moins grave que les autres variants, on peut imaginer qu'une partie importante de la population fasse la maladie dans les semaines à venir, mais sans forme grave. Juste un rhume. A ce moment-là, on peut peut-être espérer atteindre cette immunité collective. Mais il y a une grande inconnue: même si on contamine toute la population avec Omicron, combien de temps va durer cette immunité?
Sachant tout cela, l'immunité collective reste-t-elle un objectif?
Oui, bien sûr. Si on n'atteint pas une forme d'immunité collective dans les mois ou les années à venir, l'humanité telle qu'on la connaît disparaîtra.
A ce point-là? Ce sont des mots forts.
Oui. Si on n'atteint pas une forme d'immunité collective, la crainte, avec l'émergence de nouveaux variants, c'est d'en voir apparaître un qui soit très contagieux, très grave et contre lequel on n'arrive pas à se défendre. Dans ce cas-là, soit on ira vers des confinements à répétition et l'économie risque de ne pas s'en relever, soit on acceptera de laisser les plus faibles mourir, ce qui serait un nouveau paradigme pour nos sociétés modernes.
Alors, quelles sont les pistes?
Nous devons trouver des manières de vivre avec les différentes vagues sans remettre en cause notre mode de vie sociétal et collectif à chaque fois. Pour cela, il faut vacciner plus de gens, développer des vaccins plus efficaces, qui empêchent la transmission, et, tout de même, accepter d'augmenter les mesures d'hygiène, comme le port du masque ou le lavage des mains.
C'est peut-être bien la première question que l'on peut se poser au sujet de l'expérimentation animale en Suisse. En 2020, 556 107 animaux ont été utilisés dans des expériences, selon les données diffusées par l'Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV).