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Qui juge le Conseil d'Etat? Qui juge les juges? Qui juge les députés? Des trois pouvoirs, c'est sans conteste le pouvoir exécutif qui est le plus sous contrôle. Sous le contrôle de la justice et de la Cour des comptes, sous le contrôle des députés, en particulier des commissions des finances et de contrôle de gestion. Sous le contrôle politique des partis, des associations, des syndicats, sous les critiques de la presse, des groupes d'intérêt qui n'hésitent pas à lancer des recours et user de tous les subterfuges que les lois leur concèdent pour ralentir ou stopper les décisions gouvernementales.
Mais les députés, qui les surveillent, qui mesure leur activité, qui s'assure que leurs travaux sont menés avec diligence et qualité? le peuple une fois tous les quatre ans, désormais tous les cinq ans? Ce n'est certainement pas suffisant.
La lecture du rapport d'activités annuel de cette noble assemblée n'est pas hélas d'une grande aide.
Ce document d'une vingtaine de pages - le plus récent a été publié en mars 2013 - a le mérite d'exister, mais il ne livre que des appréciations quantitatives. Rien sur la pertinence des débats, le niveau de concertation, le degré de satisfaction des auteurs de pétition, la clarté et la cohésion de la législation, sa cohérence interne et externe avec le droit fédéral, son degré d'accessibilité au commun des mortels et son degré de mise en oeuvre et d'efficience en termes politiques, économiques et social.
Il est vrai que désormais l'évaluation des politiques publiques est désormais une nouvelle attribution de la Cour des comptes. Le système de contrôle interne de la législation devrait cependant comporter naturellement des indicateurs de suivi régulier et des relations avec le système de financement budgétaire par politique publique.
Rien de tout cela ne figure dans le bilan du Grand Conseil.
Combien de députés se préoccupent vraiment de l'efficacité du parlement et de leur propre efficacité?
Il est instructif de lire les commentaires que des internautes ont bien voulu rédiger sur le forum lancé par la Tribune à propos de la rémunération des députés. Deux questions ont retenu mon attention, celle d'Eric Denzler qui se demande combien d'heures l'élu lambda travaille par année et celle de Zora Masé qui lance l'idée d'une rémunération au mérite.
Cette dernière proposition devrait faire réfléchir les candidats.
Les notes à l'école sont des marqueurs que la population a jugé important de rétablir. Le programme PISA, géré par l'OCDE, dresse une carte comparatif instructive des systèmes éducatifs de part le monde. Les hôpitaux suisses sont entrés dans un système de contrôle et de comparaison qui les met un peu en concurrence. Pourquoi pas le parlement genevois?
La Tribune de Genève, avec la complicité des députés eux-mêmes, établit un palmarès des bons députés. En mars dernier, c'est Christian Bavarel, pas le plus bavard, qui a été désigné par ses pairs. C'est une première piste. A développer.
Il importe si les députés veulent mériter leur salaire que les citoyens aient d'autres critères d'évaluation que le visionnement des séances plénières sur Léman Bleu. C'est sans doute ce spectacle qui fait opter les internautes pour attribuer de piètres rémunérations à nos élus. Pour le dommage de tous!