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Actualité du 09.02.2012
Une équipe de chercheurs du Centre de neurosciences psychiatriques de l'UNIL-CHUV, dirigée par Ron Stoop, vient de mettre en lumière la capacité du cerveau à diminuer la peur dans certaines circonstances, comme lors de l'accouchement ou lors des soins maternels du premier âge.
L'ocytocine, connue depuis la moitié du XXe siècle pour ses effets sur les contractions utérines lors de l'accouchement et dans la lactation, est une neuro-hormone qui affecte de nombreux comportements émotionnels sociaux comme les liens mère-enfant, la confiance envers autrui ou la peur. Produite dans l'hypothalamus, elle est relâchée dans le système sanguin à partir de l'hypophyse. Dernièrement, des récepteurs pour l'ocytocine ont aussi été trouvés dans le cerveau. Les scientifiques s'attachent désormais à clarifier comment l'ocytocine parvient aux différentes régions du cerveau et en particulier à l'amygdale, connue pour être le «centre de la peur». La visée de ces recherches est de comprendre comment l'ocytocine modifie le comportement de peur.
Les scientifiques ont eu recours à une combinaison de méthodes complexes pour leurs travaux : anatomie, immunohistochimie, électrophysiologie, comportement et optogénétique. L'optogénétique est une technique nouvelle et révolutionnaire qui permet de rendre les cellules sensibles à la lumière bleue en y introduisant une protéine appelée "channelrhodopsin" (ChR2). Il devient alors possible de contrôler artificiellement l'activité des cellules neuronales avec des lasers ou des LEDs bleus, qui agissent comme de véritables interrupteurs, et de contrôler la production d'ocytocine dans le cerveau in vivo tout en mesurant ses effets par l'analyse comportementale. Les essais in vitro sont quant à eux évalués par des tests d'électrophysiologie.
Ron Stoop et ses collègues allemands du Max Planck Institute à Heidelberg ont montré dans un premier temps que les cellules de l'hypothalamus produisant l'ocytocine projettent des axones vers un grand nombre de structures cérébrales. Cette découverte appuie l'hypothèse que ces projections servent de moyen de transport de l'ocytocine depuis l'hypothalamus vers les autres régions du cerveau. L'équipe de Ron Stoop s'est ensuite intéressé plus particulièrement à la région de l'amygdale dont ils avaient montré auparavant l'implication dans les réponses comportementales et végétatives de la peur et de l'anxiété (Science, 2005; 2011). A l'aide d'un laser bleu agissant comme interrupteur, les chercheurs ont induit la libération d'ocytocine dans cette partie du cerveau et ont démontré que l'ocytocine relâchée dans l'amygdale réduit la peur d'une façon très efficace et réversible.
«Ces données montrent que le cerveau possède un système interne qui peut diminuer le niveau de la peur en cas de besoin» explique Ron Stoop. Ceci pourrait constituer un important mécanisme pour réduire l'anxiété de la mère lors de l'accouchement ou encore augmenter la confiance envers les autres. Finalement, ce mécanisme endogène pourrait aussi s'avérer important dans le traitement des maladies psychiatriques tels que les troubles de l'anxiété, l'autisme ou d'autres troubles du comportement social.
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