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CEPHALEES DE TENSION
1.
Qu'est-ce qu'une céphalée de tension ?
2.
Quel est le traitement de fond des céphalées de tension
?
3. Un traitement de fond par antidépresseur
peut-il être pris toute la vie ?
4. Que penser des bétabloquants comme traitement
de fond ?
5. Que peut offrir la physiothérapie dans les
cas de céphalée de tension ?
6. Que faire quand la physiothérapie et les
médicaments ne font plus d'effet sur les maux de tête
?
7. Les massages sont-ils indiqués dans les
céphalées de tension ?
8. Quelles ont les autres approches thérapeutiques
?
Question
: Qu'est-ce qu'une céphalée de tension ?
CM : Dans les céphalées de tension on observe des
tensions dans les muscles situés autour du crâne. Cette
tension peut être ressentie au niveau des muscles du front,
de la nuque, des épaules, et peut-être aussi ailleurs.
C'est une forme de céphalée très fréquente.
Nous estimons que 60% de la population souffre de céphalées
de tension. Même au niveau scolaire, chez les élèves,
c'est très fréquent.
Question : Quel est le traitement de fond des céphalées
de tension ?
CM : Le traitement de fond des céphalées de tension,
ce sont les antidépresseurs, mais qui n'agissent pas au niveau
de la dépression. Naturellement, il se peut de temps en temps
que le malade soit aussi dépressif. Mais les antidépresseurs
modifient le niveau de la douleur. Ils enlèvent le niveau
de la douleur. On ne peut pas travailler comme thérapie de
base, comme thérapie de fond avec des antalgiques. On ne
peut pas utiliser non plus tous les antidépresseurs. Les
antidépresseurs doivent être prescrits sur de longues
périodes. Mais on peut toujours arrêter, faire une
pause et voir ce qui arrive. Mais si cela ne va pas, si on a une
crise, il faut alors recommencer avec cette thérapie de fond,
avec les antidépresseurs, et éviter de prendre de
plus en plus d'antalgiques.
FH : Par rapport aux antidépresseurs, souvent l'explication
qu'on donne aux patients, parce que c'est vrai que c'est assez révélateur
de voir dans la notice que le médicament soigne les dépressions,
c'est qu'on sait que, dans le processus de la migraine entre autres,
il y a un noyau qui sécrète la sérotonine dans
le cerveau qui est impliqué, et les antidépresseurs
agissent à ce niveau. Donc, c'est un pôle commun visiblement
entre la migraine et les antidépresseurs. Ceci étant,
la démarche souvent c'est de faire un traitement de fond
de généralement trois à six mois à des
doses tout à fait progressives, et de se retirer ensuite
progressivement. On doit se fixer des limites. Et surtout, et cela,
c'est un problème auquel on est souvent confronté,
ces traitements de fond ont des effets secondaires, dont la prise
de poids, c'est un effet secondaire auquel les gens sont sensibles.
Et l'expérience montre que la prise de poids n'agit pas selon
les mêmes processus. Certains patients vont prendre du poids
parce que cela va augmenter leur appétit, ils auront plus
faim, et d'autres simplement parce qu'ils brûleront moins
leurs calories. D'expliquer déjà ce mécanisme
aux patients, de leur dire : " Le matin vous prenez un croissant.
Eh bien, tout d'un coup vous aurez envie de prendre 3 croissants.
Voilà ce qui risque de se passer. ", c'est déjà
une bonne façon de gérer et d'éviter ces effets
secondaires.
Question : Un traitement de fond par antidépresseur
peut-il être pris toute la vie ?
CM : Oui on peut, vraiment. On connaît ça chez les
patients avec des dépressions, qui sont obligés de
prendre des antidépresseurs pendant de longues périodes.
Ce sont des médicaments très efficaces et qui n'ont
pas d'effets secondaires à long terme.
FH : On ne souhaite jamais qu'un patient soit sous médicaments
de façon chronique toute sa vie. C'est vrai, je rejoins le
Dr. Meyer si c'est vraiment la formule idéale pour vous,
why not ?, continuons, mais je dirais que ça suppose quand
même des contrôles, des prises de sang, parce que ce
sont des médicament qui sont métabolisés et
éliminés par le foie et par les reins, donc si on
n'a pas d'autres formules il faut s'en satisfaire mais au moins
en balisant le parcours si j'ose dire, en s'assurant qu'il n'y a
pas d'effets secondaires au niveau métabolique à un
moment ou à un autre. Bon 40 milligrammes c'est une dose
qui est relativement basse, on monte plus haut effectivement dans
la prévention et si vous avez trouvé la formule idéale,
je rejoins le Dr. Meyer, continuons, mais avec une certaine vigilance.
Question: Que penser des bétabloquants
comme traitement de fond ?
FH : Ils ont tout à fait leur place, avec les contre-indications
d'usage, parce que si vous en utilisez vous savez que ce sont des
médicaments qui ralentissent la fréquence cardiaque
qui font chuter la tension artérielle au départ et
qui ne sont pas toujours bien supportés, mais effectivement
il y en a plusieurs à disposition. Ils ont leur place au
même titre, pour moi, que les antidépresseurs.
Question : Que peut offrir la physiothérapie
dans les cas de céphalée de tension ?
AHM : Je crois que la première chose, là aussi, c'est
qu'on écoute le patient. Les patients qui arrivent avec des
céphalées de tension sont des patients très
perturbés dans leur vie professionnelle, dans leur vie de
tous les jours, dans leur vie avec leur entourage, parce que c'est
très culpabilisant d'avoir toujours mal à la tête
bien qu'ils n'y puissent rien du tout. Ils ne savent jamais quand
cela va survenir, donc c'est très angoissant. Ce que j'essaie
de cibler, c'est de savoir où se trouve l'angoisse du patient,
par rapport à sa vie professionnelle ou non, et ensuite je
lui explique de manière tout à fait somatique ce qui
peut se passer dans son corps. Quelqu'un qui est angoissé,
stressé, a évidemment une musculature généralement
un peu plus raide, plus dure, et le deuxième problème
c'est que, cela nous arrive à tous, nous vivons contre gravité.
Il faut donc une certaine force pour se tenir debout, et il suffit
d'une fatigue, d'un stress, d'un état dépressif, de
n'importe quel problème psychologique, pour avoir une certaine
fatigue et une force musculaire qui a tendance à diminuer.
Et quand la force musculaire a tendance à diminuer, la colonne
vertébrale qui est une tige a tendance à s'effondrer,
entre guillemets. Alors on voit ces gens qui sont très souvent
courbés, avec un dos qui est voûté, ce qui provoque
un changement de centre de gravité important, et le cerveau
enregistre que la personne risque de tomber. Alors évidemment,
vous n'avez jamais vu des gens qui piquent de la tête dans
le lavabo ou qui commencent à marcher à 4 pattes,
donc il y a des mécanismes de compensation. Et ces mécanismes
de compensation sont des mécanismes extrêmement puissants
qui vont exactement à l'inverse du dos voûté,
c'est-à-dire une cambrure de nuque et une cambrure de bas
du dos. Et quand vous prenez la longueur d'une colonne vertébrale
et de sa musculature dans une position correcte, avec de légères
cambrures qui sont en fait des amortisseurs, et que vous prenez
la posture d'une personne très tendue qui a des courbures
augmentées, la longueur entre guillemets de la colonne vertébrale
est diminuée. Et donc, la première chose que j'essaye
de faire avec un patient, c'est de lui faire prendre conscience
de cette posture. Je le mets de profil devant un miroir, je lui
montre en fait cette augmentation de courbure, je lui montre la
possibilité de changer cet état, et je lui explique
tous ses problèmes musculaires : raccourcissement, tensions,
tensions des muscles intérieurs, et on commence par une gymnastique
de posture, d'étirement de ce qui est trop court et de remusculation,
si j'ose dire, de ce qui est trop faible, pour récupérer
un équilibre musculaire qui permette à la tête
de retrouver son axe et de ne pas être toujours en avant avec
des tensions musculaires postérieures qui sont épouvantablement
pénibles.
Question: Que faire quand la physiothérapie
et les médicaments ne font plus d'effet sur les maux de tête
?
AHM : Pour la physiothérapie, c'est en fait le même
problème qu' avec les médicaments. On entend ça
très souvent dans les céphalées. Au début,
ça fait de l'effet et puis petit à petit ça
fait plus d'effet. Effectivement, l'exercice physique et la posture
sont malheureusement à pratiquer tous les jours pour garder
une bonne posture, pour garder une musculature souple, pour garder
une vascularisation maximum, etc...Il faut pratiquer un peu tous
les jours.
CM : L'aspirine est un bon médicament, mais il faut faire
attention de ne pas en prendre trop. Il faut prendre au maximum
vingt pilules par mois, parce que, si on prend plus de vingt, vingt-cinq
pilules, on risque d'attraper des céphalées d'origine
médicamenteuse. Aussi avec l'aspirine.
Question : Les massages sont-ils indiqués
dans les céphalées de tension ?
AHM : Oui, je fais des massages des insertions musculaires. En fait,
les muscles de la nuque s'insèrent pratiquement tous sur
le crâne, sur l'articulation des mâchoires, descendent
le long du cou, et descendent jusqu'aux épaules et jusqu'au
thorax. Donc, en principe, je couche le patient sur le dos, je fais
des petits étirements de la nuque, et j'essaie de décontracter
toutes les insertions qui sont à la base du crâne,
qui sont dans les mâchoires, tous les muscles du cou. On pense
toujours que le muscle trapèze est responsable, mais vous
avez des grands muscles du cou sur les côtés qui sont
les piliers du cou et qui sont souvent encore plus responsables
que les muscles postérieurs, qui sont des muscles très
tendus et très, très douloureux. Donc, j'essaie en
fait de rééquilibrer, de détendre tout cela
avec des tractions, mais en agissant non seulement sur la nuque,
mais sur tout le corps, parce qu'en fait toute la musculature de
la colonne vertébrale, et même l'arrière des
jambes, est impliquée, et concernée dans ces tensions.
Question : Quelles ont les autres approches
thérapeutiques ?
FH : Comme on a eu l'occasion d'en parler, c'est vrai qu'on est
nourri au biberon du cartésianisme en Europe occidentale,
c'est notre culture médicale. Et c'est vrai que nos patients,
grâce au web notamment, arrivent avec beaucoup d'informations
en nous demandant la validité de telle ou telle approche.
Alors c'est vrai, et je pense que le Dr MEYER fonctionne comme moi,
on connaît les médicaments, on sait les utiliser, et
puis il y a tout le reste. Alors il y a des approches effectivement
de type plus psychothérapeutique, il y a les plantes, et
puis, il faut le reconnaître, qu'on a maintenant des études
qui commencent à sortir sur le rôle de certaines plantes
qui pourraient être efficaces dans la prévention. Des
études qui sont validées scientifiquement. Mais c'est
vrai que ces éléments-là nous manquent, et
souvent, quand les patients nous posent la question, il y a la réponse
du médecin cartésien : " On n'a aucune preuve
pour dire que c'est efficace. ", mais si cela n'a pas d'effets
secondaires nocifs, je dirais : " Essayons ! ". Ça,
c'est le pragmatisme de terrain qui fait qu'on doit avoir les idées
larges et savoir quand même écouter les gens, et puis
il y a les évidences scientifiques sur lesquelles on doit
s'appuyer. On est victime de notre culture et il faut le reconnaître.