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|Projet de Réseau universitaire international de Genève [RUIG]

L'Université de Genève (UNIGE), l'Institut universitaire de hautes études internationales (IUHEI) et l'Institut universitaire d'études du développement (IUED), sont déterminés à coordonner leur offre d'enseignement et de recherche en matière d'études internationales, ceci dans le but de créer un véritable pôle d'excellence scientifique ouvert à la Genève des organisations internationales. Dans cette perspective, ils ont décidé de créer un réseau de programmes conjoints dans le domaine des relations internationales: le Réseau universitaire international de Genève (RUIG).
Ce projet s'inscrit dans le cadre de la réforme des universités suisses telle qu'elle est présentée par nos autorités politiques dans un certain nombre de documents officiels récents.
M. Bernard Fulpius, Recteur de l'Université de Genève, s'est vu confier un mandat de la part de Mme Martine Brunschwig Graf, Présidente du Département de l'Instruction publique de Genève et de M. Charles Kleiber, Secrétaire d'État, Directeur du Groupement de la science et de la recherche. Il était demandé fin 1998, sur la base d'une étude de la situation, de faire des propositions concrètes pour la coordination et l'intégration des activités académiques menées, à Genève, par les différentes institutions universitaires ou organismes para-universitaires se consacrant à l'étude des relations internationales au sens large du terme.
Ce mandat découle de certaines propositions contenues dans le Message du Conseil fédéral relatif à l'encouragement de la formation, de la recherche et de la technologie pendant les années 2000-2003, daté du 25 novembre 1998, qui a récemment été débattu par le Conseil des Etats. Par ailleurs, il répond également au souci exprimé par un certain nombre de membres du Grand Conseil genevois signataires de la proposition de motion déposée le 5 novembre 1998 concernant le regroupement d'instituts universitaires à Genève.
Pour s'acquitter de cette tâche, M. Fulpius s'est assuré la collaboration de MM. Peter Tschopp, Directeur de l'IUHEI, et de Jean-Luc Maurer, Directeur de l'IUED. Ensemble, ils ont d'abord réalisé à fin 1998 une enquête par questionnaire auprès d'un certain nombre de personnalités concernées. Sur la base des réponses obtenues, ils ont travaillé à l'élaboration d'un concept de rapprochement institutionnel baptisé RUIG (Réseau universitaire international de Genève). Ce concept de réseau a été soumis pour approbation à la mi-février puis à la fin mars aux autorités ayant mandaté le Recteur qui en ont accepté les grandes lignes.
Le principe de base retenu pour cette mise en réseau est que les partenaires impliqués (UNIGE, IUHEI, IUED) continueront à garder leur autonomie au niveau de leur mode de fonctionnement, de leur démarche scientifique et de leur culture d'entreprise. La formule proposée consiste à développer progressivement sur le Réseau une série de programmes conjoints dans le domaine des relations internationales. Ces programmes porteront sur les domaines de l'enseignement, de la formation continue, de la recherche et des services. Le Réseau devrait notamment permettre le renforcement des synergies entre les trois institutions universitaires susmentionnées, les autres organismes para-universitaires concernés, les nombreuses organisations internationales présentes à Genève et des représentants de l'économie privée, de la société civile et du monde associatif.
Afin de permettre la mise en réseau de tous ces partenaires par le biais de programmes d'activités académiques novateurs, les trois membres fondateurs du RUIG proposent la mise en place d'une nouvelle fondation dotée d'un capital de départ de frs. 100'000.-, à la constitution duquel chacun contribuera de façon égale. Cette Fondation sera chapeautée par un Conseil de fondation formé de treize membres représentant : chacune des institutions universitaires fondatrices (3), les autorités politiques fédérales et cantonales (2), les organisations internationales (4), dont un représentant de l'ONU, et, quatre personnalités issues des milieux économiques et de la société civile.
Ce Conseil aura pour principaux objectif de susciter l'élaboration des programmes d'activités du RUIG, de sélectionner les programmes et de valider leur contenu, de répartir les moyens financiers à disposition, d'évaluer leurs résultats et de renouveler leur accréditation, d'accepter les demandes d'admission dans le réseau, d'assurer sa cohérence et sa visibilité et de faire du fund raising pour permettre le développement des différents programmes. Il serait assisté d'un Conseil scientifique restreint de cinq membres, lesquels pourraient faire appel à des experts spécialisés au cas par cas.
Au niveau du financement, l'IUHEI et l'IUED continueront à recevoir directement, sur la base d'un plan financier quadriennal, les subventions fédérales et cantonales dont ils auront besoin pour fonctionner après l'an 2000. Les trois institutions fondatrices ont décidé de mettre à disposition du Réseau pour son lancement, une somme de 500'000 frs. destinée au démarrage des programmes qui auront reçu l'aval du Conseil de fondation. Par ailleurs, les deux instituts concernés estiment qu'environ 10 % de leurs activités et ressources pourraient être mis à disposition des programmes retenus. Les instances fédérales et cantonales responsables devront également mettre, selon le principe du matching fund et comme seed money, des moyens additionnels à disposition des programmes. De la sorte, les activités de ces différents programmes pourraient rapidement s'autofinancer et se développer, soit par la vente de certaines des prestations fournies, soit sur la base de financements publics ou privés complémentaires.
Les programmes qui devraient voir progressivement le jour au sein du RUIG porteront sur toutes sortes d'aspects différents des relations internationales et permettront d'associer à des activités de nature académique des membres des organisations internationales. A titre d'exemple, trois de ces programmes sont en voie d'élaboration assez avancée et pourraient être présentés à l'approbation du Conseil de fondation du RUIG dès sa constitution. L'un devrait s'inscrire dans le cadre d'une partie des activités de l'ancienne Académie Internationale de l'Environnement dans le domaine de l'environnement et du développement durable, un autre porterait sur les études asiatiques en partant de la solide tradition de collaboration qui existe déjà autour du Centre de recherche sur l'Asie moderne entre les trois partenaires universitaires concernés, et un autre enfin, concernerait le droit international humanitaire, qui est l'objet d'une réflexion avec le CICR. L'émulation escomptée par cette mise en réseau débouchera sur d'autres propositions de programmes, élaborées conjointement par les institutions académiques et les organisations internationales.
Cet ambitieux projet de Réseau implique une nouvelle manière de travailler à la fois en partenariat et en compétition. Il permettra de stimuler la coopération universitaire, de favoriser la collaboration et les échanges avec les organisations internationales, de mobiliser des financements publics et privés additionnels et de dynamiser les études et recherches dans le domaine des relations internationales au sens large du terme, contribuant ainsi à reprofiler la place de Genève dans le monde et à renforcer sa contribution à la paix et au développement durable sur la planète.