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Le marché unique est le «principal moteur de prospérité» de l'Europe. C'est la conclusion d'une étude réalisée par une fondation allemande. Cependant, c'est un pays non membre de l'Union européenne qui tire le meilleur parti des bénéfices.
L'appartenance à la plus grande zone économique du monde se traduit par une augmentation moyenne du revenu par habitant de la population des pays membres de l'UE et des trois pays de l'Association européenne de libre-échange (Suisse, Islande et Norvège) d'environ 840 euros par an. C'est ce qui ressort d'une étude de la Fondation BertelsmannLien externe publiée mercredi, deux semaines avant les élections européennes et à la veille du sommet européen extraordinaire de Sibiu, en Roumanie.
La Suisse, liée à l'UE par toute une série d'accords bilatéraux, est le pays qui bénéficie le plus du marché unique: pour les Suisses, en effet, l'augmentation moyenne est estimée à 2914 euros. Le Luxembourg (2834 euros) arrive en deuxième position, suivi de l'Irlande (1894 euros) et des pays scandinaves.
Le résultat de la Confédération, du Luxembourg et de l'Irlande s'explique par «le haut niveau de productivité combiné à la faible taille de la population et au degré élevé d'ouverture de ces économies». De façon plus générale, les augmentations sont plus importantes dans les pays qui ont une forte orientation à l'exportation et une industrie forte.
L'abolition des droits de douane et d'autres obstacles a un impact particulièrement bénéfique sur ces économies. Les échanges commerciaux augmentent et la concurrence s'intensifie, ce qui a un effet positif sur la production et les prix.
Il n'est pas surprenant que le marché unique représente un gain pour la Suisse. La Confédération figure en tête de classement (avec la Belgique et l'Irlande) de l'indice d'intégration au marché unique de l'UELien externe.
Les limites de l'étude
Comme l'écrivent eux-mêmes les auteurs de l'étude, la recherche a ses limites: «Notre modèle est basé sur des hypothèses qui laissent de côté d'autres facteurs potentiellement pertinents», tels que les investissements et la croissance.
Par ailleurs, les moyennes qui ont été calculées ne reflètent pas la manière dont les gains obtenus grâce au marché unique sont distribués. Il est possible que même dans les régions et les États qui gagnent le plus, seule une petite minorité en bénéficie.Fin de l'infobox
Les auteurs de l'étude estiment que le marché unique, introduit en 1993, permet d’augmenter les revenus des citoyens européens de 420 milliards d’euros par an. En termes absolus, le pays qui en bénéficie le plus est l'Allemagne (86 milliards d'euros), suivie par la France (69), la Grande-Bretagne (50) et l'Italie (46).
Disparités régionales
L'étude n'a pas seulement porté sur les États membres, mais aussi sur les régions. Ici aussi, de nombreuses régions suisses sont «gagnantes». Sept des dix premières régions européennes à tirer le meilleur parti du marché unique se trouvent dans la Confédération. Il s'agit notamment de Zurich (première place avec 3592 euros) et du Tessin (deuxième place avec 3238 euros).
Ces résultats, écrivent les auteurs de la recherche, montrent clairement que «les régions les plus proches du centre bénéficient plus que les régions périphériques».
Cette disparité est particulièrement visible en Italie. En effet, les données vont de 1372 euros par habitant dans la province de Bolzano (Haut-Adige) à 392 euros par habitant en Calabre. Des différences similaires peuvent également être observées dans d'autres pays, par exemple entre le sud et le nord de la Grande-Bretagne.
Dans leurs conclusions, les auteurs de l'étude affirment que «les résultats suggèrent que le marché unique peut renforcer les tendances différenciées de la croissance de la productivité entre régions et contribuer ainsi à accroître les disparités régionales».
Malgré ces différences régionales, le marché intérieur est le «principal moteur de notre prospérité, a commenté Aart de Geus, président de la Fondation Bertelsmann. Tout le monde n'en profite pas de la même façon, mais tout le monde en profite.»
(Traduction de l'italien: Olivier Pauchard)