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Un peu d'histoire
Les Jeux paralympiques sont nés de la volonté d'un médecin anglais, Ludwig Guttmann, qui souhaitait améliorer le rétablissement de ses patients paraplégiques, tous vétérans de la Seconde guerre mondiale. Travaillant à l'hôpital de Stoke Mandeville, le Dr Guttman organise en 1948 des épreuves sportives pour ses malades en chaise roulante. Des patients handicapés s'affrontent dans une compétition de tir à l'arc, alors que se déroulent au même moment les Jeux olympiques de Londres. Dès 1952, les jeux de Stoke Mandeville deviennent internationaux avec la participation d'une équipe d'anciens combattants néerlandais. A partir de 1954, 14 nations sont représentées. Et en 1960, la compétition à lieu à Rome, dans la foulée des Jeux olympiques. Les Jeux paralympiques sont nés.
Les paralympiques, c'est quoi ?
Les Jeux paralympiques se déroulent sur le même format que les Jeux olympiques, avec une cérémonie d'ouverture et une flamme olympique. Comme pour les compétitions entre valides, les athlètes sont réunis pour le sport et le dépassement de soi. En 1976, lors des Jeux paralympiques d'été de Toronto, treize disciplines sportives sont proposées aux participants de quarante nations.
L'organisation et les infrastructures sont toutefois adaptées aux différents handicaps des athlètes. Lors des Jeux d'hiver de Lillehammer en 1994 par exemple, les barrières architecturales sont réduites au minimum, et le braille est très présent. Outre ces aménagements, rien ne différencie ces Jeux paralympiques des olympiades ordinaires. Les athlètes sont là avant tout pour gagner ! Et s'ils ont besoin de relâcher un peu la pression, le village olympique propose même une disco !
Les athlètes
Le profil des athlètes se diversifie au fil du temps. Les Jeux paralympiques deviennent un lieu où les handicapés peuvent non seulement pratiquer un sport à haut niveau, mais également entraîner leur compétitivité. Les vétérans paraplégiques de l'hôpital de Stoke Mandeville ont laissé la place à des sportifs à part entière.
Gilberte Brasey a contracté une sclérose en plaques en 1960. Sa vie a soudainement changé et elle a dû s'adapter aux nouvelles contraintes de son statut de personne handicapée. La découverte du sport-handicap l'a beaucoup aidée dans son combat contre la maladie. En 1975, elle évoque ses premières compétitions sportives et les championnats dédiés aux athlètes handicapés. Sa pratique sportive n'est pas un passe-temps, mais bel et bien une recherche de performance. Un an après cet entretien, lors des Jeux paralympiques de Toronto 1976, Gilberte Brasey remporte pas moins de cinq médailles en athlétisme.
Les Jeux paralympiques de Toronto de 1976 sont les premiers Jeux à accueillir des athlètes aveugles dans les compétitions. Jusque là, les déficients visuels étaient exclus des tournois. Marguerite Grosjean raconte sa première expérience olympique en tant que sportive souffrant d'un handicap visuel. Lors de ces Jeux, elle remporte la médaille de bronze en lancer du disque et la médaille d'argent en lancer du poids. Une belle performance pour une première participation !
Le Bullois Jean-Marc Berset est une figure du handisport suisse depuis les années 1990. D'abord champion d'athlétisme, il connaît une deuxième vie sportive avec le cyclisme et le handbike. Habitué des Jeux paralympiques depuis 1988, ce grand sportif depuis toujours s'entraîne au quotidien pour améliorer ses performances. En 1992, il se prépare pour les Jeux de Barcelone, où il remportera la médaille d'argent sur le 800 mètres.
Le tournant des Jeux paralympiques de Londres en 2012
Les Jeux paralympiques de Londres en 2012 rencontrent un énorme succès. Le public est au rendez-vous avec une affluence record lors des compétitions, et des audiences inédites lors des retransmissions à la télévision. Les athlètes paralympiques profitent de cette nouvelle visibilité pour montrer qu'ils sont des sportifs de haut niveau à part entière.
Certains athlètes handisport comme l'américaine Aimee Mullins, deviennent même des égéries de mode, à l'instar des stars du sport valides. Mais cet engouement permet-il de changer le regard porté sur le sport paralympique et les handicapés en général ? Les athlètes suisses Edith Hunkeler et Urs Kolly tentent de répondre à cette question dans ce reportage diffusé en 2012 dans l'émission Mise au point.
Lors des Jeux paralympiques de Londres en 2012, un atelier a été installé au coeur du village olympique pour permettre aux athlètes d'entretenir leur fauteuil roulant, prothèses, etc. Les concurrents handisport comptent sur leur matériel bien plus que leurs alter ego valides.
Des techniciens orthopédistes volontaires sont donc présents pour aider les sportifs à réparer ou entretenir leur équipement. Les évolutions technologiques sont importantes, certains athlètes handicapés ressemblent de plus en plus à des humains bioniques. Mais certaines délégations sportives ne bénéficient pas de matériel de pointe et les réparations relèvent parfois du bricolage. Reportage au sein de ce centre d'assistance technique essentiel.
Les Jeux paralympiques de Tokyo 2020 se déroulent en 2021 pour cause d'épidémie de covid-19 et le public sera absent des compétitions. Malgré ces impératifs sanitaires, la visibilité et l'engouement gagnés par les Jeux lors des précédentes éditions perdure. Les diffuseurs sont encore plus nombreux, laissant présager un nouveau record de téléspectateurs. Pour le président du Comité international paralympique Andrew Parsons, ces jeux sont essentiels pour les personnes handicapées car il s'agit du "seul événement mondial qui les mette au centre de l'attention". On ne peut que leur souhaiter que la fête soit belle.
Anne-Isabelle Gomez pour Les archives de la RTS