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Jean Sébastien Bach, compositeur, musicien
Johann Sebastian Bach (1685-1750), en français Jean-Sébastien Bach, est un compositeur, organiste, claveciniste, violoniste et altiste allemand.
Compositeur de l’époque baroque dont il symbolise aujourd’hui l’apogée, son influence est majeure et durable dans le développement de la musique occidentale. De grands compositeurs, tels que Mozart, Beethoven, Berlioz, Brahms, Wagner, etc., reconnaissent en lui un maître insurpassable. C’est un musicien complet qui maîtrise la facture des instruments, la technique instrumentale, la composition, l’improvisation, la pédagogie, et la gestion d’une institution musicale.
Localement connu de son vivant comme organiste et improvisateur, sa musique est rapidement oubliée après son décès, car passée de mode. À de rares exceptions près, son œuvre est manuscrite et non publiée. Dispersée et en partie perdue, elle est redécouverte au XIXe siècle et étudiée par les romantiques.
Aujourd’hui, Johann Sebastian Bach est considéré comme le plus grand compositeur du style baroque et comme l’un des plus importants de tous les temps.
Daniele Bravi, compositeur
Daniele Bravi, né à Rome en 1974, dirige en premier lieu son intérêt compositionnel vers les dimensions spatiales : ses structures musicales ont une affinité avec les principes architecturaux. Il cherche son inspiration dans la littérature mathématique et physique ainsi que dans la philosophie et la psychologie. Sa musique consiste en une recherche soutenue de couleurs sonores non traditionnelles qu’il réalise par l’utilisation d’instruments classiques. Dans sa pensée artistique s’exprime le désir de contrôler les impressions du flux temporel.
Daniele Bravi étudie la composition au Conservatoire Santa Cecilia à Rome où il obtient un premier prix avec mention spéciale. Ayant obtenu le meilleur diplôme de l’année académique en 2003, il est récompensé par le prix Marcello Intendente accordé par la fondation Association de Repentigny pour l’Avancement de la Musique (ARAM) sur la proposition du directeur du conservatoire.
Il étudie ensuite la composition avec Ivan Fedele au Conservatoire de Strasbourg. Poussé par la recherche dans le domaine du timbre, il entreprend des collaborations directes avec les interprètes, notamment Irvine Arditti, Rohan de Saram, Mario Caroli et Roberta Gottardi. Il est sélectionné en 2006 et 2007 par le Comité de Lecture de l’Ensemble Intercontemporain et de l’Ircam pour suivre le cursus de composition et d’informatique musicale de l’Ircam.
Daniele Bravi a remporté différents prix dans des concours internationaux et reçu des commandes de plusieurs institutions en Italie et à l’étranger. Sa musique a été jouée par des ensembles et des orchestres internationaux dans le cadre de plusieurs festivals. Il est édité aux Éditions Nuova Stradivarius.
René Descartes, écrivain, philosophe, mathématicien
René Descartes (1596-1650), est un mathématicien, physicien et philosophe français. Il est considéré comme l’un des fondateurs de la philosophie moderne : il théorise le cogito, fondant ainsi le système des sciences sur le sujet connaissant face au monde qu’il se représente. En physique, il est considéré comme le fondateur du mécanisme et en mathématiques, de la géométrie analytique. Sa méthode philosophique et scientifique, exposée à partir de 1628 dans les Règles pour la direction de l’esprit, puis dans le Discours de la méthode en 1637, affirme constamment une rupture par rapport à la scolastique enseignée dans l’Université. Elle se caractérise par sa simplicité (Descartes la résume en peu de règles, quatre en tout dans le Discours de la méthode) et prétend rompre avec les interminables raisonnements scolastiques. Elle prend pour modèle la méthode mathématique, cherchant à remplacer la syllogistique aristotélicienne utilisée pendant tout le Moyen Âge. Descartes se rallie au système cosmologique copernicien qui a révolutionné la science, à l’instar de Galilée ; mais, par prudence envers la censure, il « avance masqué » (larvatus prodeo), en dissimulant partiellement la nouveauté de ses idées sur l’homme et le monde dans ses pensées métaphysiques, idées qui révolutionneront à leur tour la philosophie et la théologie. L’influence de Descartes sera déterminante sur tout son siècle : les grands philosophes qui lui succèderont développeront leur propre philosophie par rapport à la sienne, soit en opposition (Hobbes, Pascal, Spinoza, Leibniz), soit plutôt en accord (Arnauld, Malebranche). Descartes affirme un dualisme substantiel entre l’âme (la res cogitans, la pensée) et le corps (la res extensa, l’étendue). Il radicalise sa position en refusant d’accorder la pensée à l’animal, le concevant comme une « machine », c’est-à-dire un corps entièrement dépourvu d’âme. Cette théorie sera critiquée à l’époque des Lumières, notamment par Voltaire, Diderot et Rousseau.
Noémie Etienne, historienne de l’art, curatrice
Noémie Etienne (1981) enseigne l’histoire de l’art à l’Université de Genève et y prépare, en cotutelle avec l’Université Paris 1, un doctorat sur la restauration des peintures à Paris au XVIIIe siècle. Elle a obtenu pour 2008-2009 une bourse de jeune chercheuse du Fond National Suisse. Depuis 2006, elle participe à de nombreux colloques internationaux, et a à son actif une dizaine de publications scientifiques. Elle côtoie aussi le monde des musées, notamment le Musée d’Orsay à Paris et la Fondation Martin Bodmer à Cologny. Depuis 2007, elle est membre fondatrice de l’association Eternal Tour, qui mène un projet de recherche expérimental et itinérant, mêlant art contemporains et sciences humaines, autour des notions de tourisme et de cosmopolitisme.
Ada Gentile, compositrice
Compositrice italienne, Ada Gentile est diplômée en piano et composition au Conservatoire Santa Cecilia de Rome. Elle réalise ensuite un cycle de perfectionnement en composition avec Goffredo Petrassi avant de s’affirmer dans de nombreux concours internationaux tels Amsterdam (1982), Budapest (1986), Essen (1995), etc. Ses œuvres sont jouées dans de prestigieuses salles dont le Mozarteum de Salzburg, Le Centre Pompidou, le Carnegie Hall de New York, le Teatro Reale de Madrid et tant d’autres. Elle a aussi une activité de conférencière dans diverses universités dont la Julliard School de New York, la Chicago Univerity et diverses universités européennes. Ella a écrit une soixantaine d’œuvres pour tout type d’ensemble et d’orchestre et est publiée chez Ricordi à Milan.
La musique d’Ada Gentile manifeste une attention particulière pour les délicats jeux de timbres. Ses compositions se déploient presque tout le temps sur des sonorités discrètes, se déplaçant sur des ambitus relativement restreints et dans lesquels les mouvements des parties créent une sorte de mouvement continu, tournant autour de quelques points. Il en ressort une espèce d’illusion sonore. Les éléments premiers de sa recherches se situent dans la quête « d’impressions sonores vibrantes » et tout son parcours en est imprégné, procurant une unité stylistique forte. Son langage est un travail intense et délicat sur les paramètres minimes d’agglutissement du son, les microintervalles, les quarts de ton et procurent de fréquents moments « d’extrême concentration expressive ».
Wendy Ghysels, musicienne, violoniste
Wendy Ghysels a commencé le violon en Belgique à l’âge de 5 ans avec M. Poskin. Elle devient benjamine du European Union Youth Orchestra (EUYO) à 14 ans. Etudiante chez J.-P. Wallez à la HEM de Genève, elle obtient à 20 ans un Diplôme de Soliste ainsi que le Prix du meilleur Diplôme de Violon. Wendy étudie ensuite à la Royal Academy of Music (RAM) à Londres auprès d’Erich Gruenberg, y obtenant deux ans plus tard un Postgraduate in Performance Diploma avec ‘Distinction’, mention ‘Phenomenal’ avec 97%, ainsi que le ‘Special Award Diploma of RAM’. Elle est lauréate de nombreux Prix dont Dexia, Jong Tenuto, Vocation, Frieder Wald, Cordelia Moses, Leenaards et Dénéréaz.
Elle a joué régulièrement au sein de l’Ensemble Contrechamps, l’Orchestre de l’Opéra Royal de Belgique La Monnaie, l’EUYO et la Camerata Bellerive, sous la baguette de chefs tels que Sir Colin Davis, Bernard Haitink, Vladimir Ashkenazy, Kazuchi Ono, Trevor Pinnock, etc. Elle a également joué en soliste avec de nombreux orchestres, entre autres dans la grande salle de l’Opéra Royal La Monnaie, au Victoria Hall à Genève et la Salle Paderewski à Montbenon avec notamment l’Orchestre Philharmonique Strauss, l’Orchestre de la Suisse Romande et l’Orchestre de Chambre de Lausanne. Wendy est actuellement professeur au Conservatoire de Musique de Genève. Elle est également 1er violon du Quatuor Byron, qui se produit lors d’une trentaine de concerts par année, et a enregistré Shostakovich pour son premier CD sur le label Aparté et distribué par Harmonia Mundi.
Petra Krausz, historienne de l’art
Née en 1982 à Budapest, elle a étudié l’histoire de l’art et la littérature allemande à Genève et à Berlin avec, entre autres, les professeurs Dario Gamboni et Hans-Jürgen Schrader. Son mémoire fut consacré au travail plastique et aux écrits de Miklós Erdély, figure proue de la scène artistique hongroise underground des années 1960-1980. Elle travaille aujourd’hui dans différentes institutions ou collections d’art contemporain et accomplit également des mandats en tant qu’historienne de l’art indépendante. Aussi, elle guide des groupes de tous horizons au Musée d’art moderne et contemporain de Genève et se passionne pour la traduction.
Matteo Mela, musicien, guitariste
Né à Imperia (Italie) en 1971, il étudie la guitare à Cremona auprès de Giovanni Puddu et dans la même ville il fait ses études universitaires en Musicologie. Il complète sa formation musicale avec un Master en musique de chambre à l’Accademia Pianistica di Imola auprès des Professeurs Pier Narciso Masi, Dario De Rosa et Alexandre Lonquich.
En 2003 avec Lorenzo Micheli il fonde un duo qui se produit dans toute l’Europe, en Asie, Amérique du Nord, et qui est partout acclamé comme un des meilleurs ensembles connus, que ce soit au Carnegie Hall à New York ou au Konzerthaus de Vienne. Le Washington Post a écrit au sujet d’un de leurs concerts : “Extraordinarily sensitive, with effortless command and an almost unbearable delicacy of touch, the duo’s playing was nothing less than rapturous – profound and unforgettable musicianship of the highest order.”
Engagé dans la musique contemporaine et de recherche, il collabore régulièrement avec l’Ensemble Contrechamps et explore la musique ancienne pour la guitare baroque dans un ensemble constitué par le luthiste Massimo Lonardi et Lorenzo Micheli à la théorbe.
Matteo Mela enregistre pour les labels Stradivarius, Naxos et Mel Bay. Il est professeur de guitare au Conservatoire Populaire de Genève.
Roberto Molo, acteur
Diplômé de l’École Serge Martin, à Genève (1986-90), Roberto Molo travaille avec différents metteurs en scène en Suisse Romande, dont Andrea Novicov (Sur ça, 1999 ; Fastes d’enfer de Ghelderode, 2000), Eric Salama (Le Cabinet du docteur Benway et Interzone d’après Burroughs, 2000-02) et Michel Favre (Le Saperleau de Gildas Bourdet, 2002-03). Depuis une dizaine d’années, il joue régulièrement pour Frédéric Polier (en 2005, Le Maître et Marguerite de Boulgakov et Dostoïevski à Cuba) et Valentin Rossier (en 2005, Hamlet de Shakespeare). On le voit aussi sur la scène de la Comédie de Genève, où il joue sous la direction d’Anne Bisang (Maison de poupée d’Ibsen, 2004) et Maya Bösch (Hunger ! Richard III de Shakespeare, 2005).
Au cinéma, Roberto Molo a notamment tenu des rôles pour Frédéric Schoendoerffer (Agents secrets, 2004), Ruxandra Zenide (Green Oaks, 2002), Cédric Kahn (Roberto Succo, 2000) et Fabrice Aragno (Dimanche, 1999). En 2008, il est à l’affche de La vraie vie est ailleurs de Frédéric Choffat.
Pier Paolo Pasolini, écrivain, acteur, dramaturge et réalisateur
« Je suis né à Bologne. J’ai 46 ans, je suis un écrivain-cinéaste. Après l’Université, j’ai fait mes débuts en publiant un livre de poésies à 20 ans, j’ai été professeur de lettres, j’ai dirigé des revues littéraires, j’ai écrit des livres, j’ai fait des films, et je viens de commencer un nouveau métier, celui de journaliste en collaborant à un hebdomadaire dans lequel je tiens une chronique régulière.
Il y a 18 ans, je suis arrivé à Rome et ma situation m’a obligé à vivre dans les quartiers pauvres de la capitale. Traumatisé par la vie de ces banlieues, j’ai écrit mes deux premiers romans sur ce thème. On m’a ensuite demandé de collaborer à des scenarii de films qui avaient pour back-ground ces quartiers de misère. Plus spécialement Fellini pour Les Nuits de Cabiria (Le Notti di Cabiria) (1957) .
En 1961, j’ai réalisé mon premier film Accattone (1961) avec des inconnus. Des spectateurs fascistes ont lancé sur les écrans de Rome, pendant la projection du film, des oeufs pourris et des bouteilles d’encre. J’ai tourné alors avec Anna Magnani et Franco Gitti Mamma Roma (1962) ; une plainte tendant à faire saisir le film fut déposée auprès du Tribunal de Venise, pendant le Festival où il représentait officiellement l’Italie. J’ai réalisé La Ricotta , un sketch du film RoGoPaG (Ro.Go.PaG) (1962) contre lequel une plainte a été déposée à Rome, plainte qui s’appuyait sur un article du code fasciste, et le film fut saisi.
J’ai été condamné à 4 mois de prison avec sursis. En appel, le Procureur de la République a retiré sa plainte et décidé du non-lieu. Il faut dire qu’entre temps, j’avais réalisé L’Evangile selon Saint Matthieu (Il Vangelo secondo Matteo) (1964) qui avait été choisi pour représenter l’Italie au Festival de Venise où le Grand Prix de l’Office International du Cinéma lui a été décerné.
A Cannes, en 1966, encore officiellement sélectionné par l’Italie, j’ai représenté Des Oiseaux, petits et gros (Uccellacci e uccellini) (1966) avec Toto et Ninetto Davoli, qui est le film que j’aime le plus, car il est le plus pur et le plus pauvre. L’année suivante, je présentais à cet éternel Festival de Venise, Oedipe Roi (Edipe re) (1967) dont le succès, tant critique que public qu’il reçut, me rend heureux.
Mon dernier film Théorème (Teorema) (1968) , une fois de plus à Venise, a reçu le Grand Prix de l’Office Catholique du Cinéma. Mais, ni ce prix, ni un accueil chaleureux et réconfortant de la critique internationale et spécialement française, n’ont une fois encore pas empêché des plaintes d’être déposées sous le prétexte d’obscénité. J’ai été jugé à Venise. J’ai risqué plusieurs mois de prison. J’ai finalement été acquitté.
On m’a dit que j’ai trois idoles : Le Christ, Marx et Freud. Ce ne sont que des formules. En fait, ma seule idole est la réalité. Si j’ai choisi d’être cinéaste, en même temps qu’un écrivain, c’est que plutôt que d’exprimer cette réalité par les symboles que sont les mots, j’ai préféré le moyen d’expression qu’est le cinéma, exprimer la réalité par la réalité. » Pier Paolo Pasolini, 1968
Noëlle Reymond, musicienne, contrebassiste
Née à Lausanne, elle y a étudié auprès de Francis Marcellin, puis après un bref passage à Genève dans la classe de Franco Petracchi, elle est allée étudier à Toronto auprès de Joël Quarrington. De retour à Lausanne, elle a fait une virtuosité avec Yoan Goilav. Son activité de musicienne indépendante lui permet d’explorer des styles très variés : orchestre, musique de chambre, musique contemporaine, musique baroque sur instruments d’époque, musique populaire… Elle enseigne la contrebasse à L’Ecole Sociale de Musique à Lausanne et elle mène un projet d’enseignement de instruments à cordes en grand groupe dans une classe d’école primaire à Lausanne.
Dorian Rossel, metteur en scène, acteur
Très tôt intéressé par la place de l’acteur dans le processus de création, Dorian Rossel est un directeur d’acteur d’une finesse exigeante qui développe un langage minimaliste et singulier. Après sa formation à l’école Serge Martin à Genève, il travaille en Suisse romande et en Normandie. A deux danseuses et deux comédiens, ils fondent le collectif Demain on change de nom, cherchant un langage commun au-delà de leurs disciplines. Ils le trouvent dans une forme proche de la performance et dans des créations « hors les murs » : arrière-cour, corridor, usine désaffectée, vestiaire deviennent les lieux de séquences scéniques audacieuses. Le regard du spectateur est projeté vers des horizons nouveaux, hors de la « boîte noire » des théâtres. L’espace urbain devient alors un acteur en soi.
Dès 2003, Dorian suit un chemin plus personnel, tout en restant attaché au dialogue constant avec ses collaborateurs. Les premières créations de sa compagnie STT ne s’échafaudent pas à partir de textes littéraires, mais dans une interaction entre les propositions trouvées en répétition et les enjeux dramaturgiques. Dans un jeu minimaliste et non spectaculaire, Dorian s’amuse, par des décalages, à déjouer l’illusion théâtrale. Il cherche à affirmer la spécificité actuelle des arts vivants, celle d’offrir une expérience directe avec le spectateur, non virtuelle et non médiatisée, si ce n’est par la force d’imagination des artistes et du public. Il interpelle le public avec délicatesse, en lui soumettant des formes scéniques originales, qui l’obligent à questionner son regard et ouvrent sur une pluralité du sens.
Désormais, Dorian s’attaque à des oeuvres, mais qu’il ne puise pas dans le domaine théâtral : roman (Panoramique intime de Stéphanie Katz), cinéma (Je me mets au milieu mais laissez-moi dormir d’après La maman et la putain de Jean Eustache), enfin bande dessinée (Quartier lointain de Taniguchi). Cela lui permet d’affiner son questionnement sur le langage scénique, par la transposition d’un code expressif à un autre. Une aventure théâtrale qui tente de capter la force de chaque art.
Denis Schuler, compositeur, musicien
A l’image de son parcours riche et atypique, Denis Schuler explore le « terrain » musical. Il puise un matériau dans des domaines aussi variés que la musique traditionnelle, l’improvisation ou la musique dite « savante » occidentale, confronte et réunit des influences multiples et rend possible l’émergence d’un discours personnel. À travers l’étude du rythme et de la matière sonore, son travail explore les conditions limites de l’écoute, particulièrement en direction du silence. La musique proposée par Denis Schuler appelle à une concentration particulière où l’oreille doit souvent se tendre, captant le souffle et les bruits. Elle incite à une écoute engagée.
Ses compositions ont été commandées et créées par l’Orchestre de Chambre de Genève, les ensembles Vortex, Nederland Kamerkoor, Tetraflûtes, Le Concert Impromptu, quatuor Bela, Ilôrkestra et l’Ensemble Vide. Il a été soutenu par l’Association Suisse des Musiciens, la Fondation Henneberger-Mercier, la Fondation Nicati-de Luze, la Fondation Patiño, la Fondation Suisa pour la musique, le Fonds Culturel de l’Office Fédéral de la Culture, ainsi que de la Ville et de l’Etat de Genève. Il a également créé plusieurs musiques de spectacle pour le Schauspielhaus à Zurich, le Tojo à Berne, le Théâtre de Carouge, le Théâtre du Grütli à Genève et compose pour des documentaires télévisés (Le jeu de la mort, diffusé en mars 2010 sur France 2). En parallèle, il se consacre aux musiques actuelles en tant que batteur et percussionniste. Il participe à de nombreuses formations dont le groupe Fantazio Gang de Paris et The Dead Brothers (jusqu’en 2003), ainsi qu’aux musiques improvisées.
Denis Schuler est actuellement membre résident à l’Institut Suisse de Rome pour l’année académique 2010-2011. Son projet inclut un travail de composition et l’organisation de concerts, en partenariat avec des compositeurs, ensembles et musiciens italiens et suisses, dont l’Ensemble Vocal de Poche et l’Ensemble Vide.
Salvatore Sciarrino, compositeur
Originaire de Sicile, Salvatore Sciarrino étudie les arts visuels avant de se consacrer à la musique. Il se forme essentiellement en autodidacte, directement sur les œuvres des compositeurs anciens et modernes, même s’il bénéficie de contacts importants, en particulier avec Antonio Titone et Turi Belfiore. Sa première création publique a lieu en 1962. Il complète ses études à Rome et à Milan et s’initie à la musique électronique avec Franco Evangelisti, qu’il considère avec Stockhausen comme l’un de ses « pères » artistiques.
Il enseigne ensuite la composition aux conservatoires de Milan, Pérouse et Florence, dirige des master classes. Il reçoit de nombreux prix, dont le prix de la Société Internationale de Musique contemporaine (1971 et 1974), le prix Dallapiccola (1974), celui de l’Anno discografico (1979), le Psacaropoulos (1983), le prix Abbiati (1983), le Premio Italia (1984), et à trente ans, il est nommé directeur artistique du théâtre communal de Bologne, fonction qu’il assume de 1978 à 1980.
En 1982, il se retire dans la petite ville d’Ombrie Città di Castello pour se consacrer à la composition, autant que lui permette son importante activité de pédagogue.
Bien qu’affirmant sa filiation avec des avant-gardistes, Stockhausen en particulier, Salvatore Sciarrino revendique le fait de situer son travail dans une continuité avec l’histoire. Son très important catalogue — sans doute le plus vaste des compositeurs d’aujourd’hui — ne présente pas de rupture mais une évolution vers une nouvelle conception de la musique parfois désignée comme « écologie » de l’écoute et du son. On parle dès ses débuts dans les années 60 d’un « son Sciarrino ». Sa musique est intimiste, concentrée et raffinée, construite sur des principes de microvariations de structures sonores constituées de timbres recherchés et de souffle. Il prône un monde sonore transparent, raréfié et proche du silence, ou du « son zéro » qui pour le compositeur est déjà musique, un monde fait d’une multitude de sons microscopiques, d’un flot continu de bruits infimes, un monde sonore réduit à l’essentiel. Les titres de ses œuvres sont éloquents : Esplorazione del bianco (1986), Cantare con silenzio (1999).
Béatrice Zawodnik, musicienne, hautboïste
Née à Lausanne en 1974, elle étudie le piano et le hautbois à Genève, Berlin et Freiburg in Breisgau auprès des professeurs D.Weber, R. Perrenoud, A. Mayer, M. Bourgue et H. Holliger et obtient, en 2000, un diplôme de piano et, en 2001, une virtuosité de hautbois avec distinction. Elle complète sa formation musicale avec un certificat postgrade de hautbois baroque en 2007. Elle se produit avec différents orchestres, ensembles de musique de chambre – quintette à vent notamment - et ensembles contemporains – Ensemble Phoenix à Bâle, Collegium Novum à Zürich, Klangforum Wien - en Suisse et à l’étranger, et lors de différents festivals – Davos, St-Moritz, Lucerne, Musica à Strasbourg, Festival d’automne à Paris, Ars Musica à Bruxelles, Madrid, Shanghai, Huddersfield… - comme soliste et chambriste. Très intéressée par la musique contemporaine, elle est membre de l’Ensemble Contrechamps depuis 2000 et collabore régulièrement avec différents compositeurs pour lesquels elle a créé plusieurs œuvres. Elle est aussi membre fondatrice de l’Ensemble VORTEX depuis 2005, qui se donne pour mission de défendre la création de jeunes compositeurs, en intégrant dans leurs concerts l’électroacoustique, soit par des pièces mixtes ou purement électroniques. Elle est lauréate de plusieurs prix et bourses et depuis septembre 2003, elle enseigne le hautbois et la musique de chambre au Conservatoire de Musique de Genève et au Conservatoire Populaire de Musique. Elle est également coordinatrice de la filière préprofessionnelle FEGM et professeur de didactique à la HEM Genève et Lausanne.