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Le chancelier Kurz visé pour la première fois par une enquête
Le chancelier autrichien Sebastian Kurz est visé pour la première fois par une enquête du parquet sur des soupçons de «fausse déclaration» devant une commission parlementaire chargée d'examiner plusieurs dossiers de corruption. Le conservateur ne compte pas démissionner.
«Je voudrais vous informer que (...) le parquet financier a ouvert une enquête portant sur moi-même et sur mon chef de cabinet» Bernhard Bonelli, a annoncé mercredi devant des journalistes à Vienne l'élu de 34 ans, qui dit «s'attendre» à une mise en examen. «J'ai toujours répondu honnêtement à toutes les questions», a ajouté le conservateur, écartant toute démission à ce stade.
La procédure a été initiée à la suite d'accusations de l'opposition sociale-démocrate et libérale. «Il y a eu plusieurs signalements» et «l'examen mené a révélé l'existence de suspicions», a expliqué le parquet, contacté par l'AFP, qui a donc «ouvert une enquête préliminaire pour étudier les allégations». Il s'agit d'un délit passible de trois ans de prison.
Des SMS compromettants
Des dirigeants de l'opposition ont appelé le chancelier, accusé de saper l'Etat de droit, à démissionner en cas de mise en examen. La justice soupçonne M. Kurz d'avoir menti l'an dernier devant des députés qui cherchaient à savoir s'il était intervenu dans la nomination d'un proche, Thomas Schmid, à la tête d'une holding publique.
Le chancelier, qui s'exprimait sous serment, avait alors nié toute intervention. Mais ces derniers mois ont fuité dans la presse des échanges de SMS entre les deux hommes suggérant qu'ils en avaient discuté ensemble. Dans un message accompagné d'emojis affectueux, le chancelier avait ainsi écrit: «Tu obtiens tout ce que tu veux». Auquel M. Schmid avait répondu: «Je suis si heureux. J'adore mon chancelier».
Cette affaire intervient alors que le ministre des Finances, un autre proche de M. Kurz, est déjà mis en cause dans une autre affaire. Gernot Blümel est soupçonné d'être impliqué dans le financement occulte du parti conservateur ÖVP par le géant mondial des jeux d'argent Novomatic. Son domicile avait été perquisitionné en février.
Sebastian Kurz avait alors publiquement critiqué cette perquisition, ce qui avait suscité un tollé chez les magistrats, inquiets pour leur indépendance dans ce pays membre de l'Union européenne, qui compte 8,9 millions d'habitants.
ATS