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Genève, le 19 juin 2009. Aujourd’hui, à la 151e session du Conseil du CERN1, Rolf Heuer, directeur général du CERN, a confirmé le calendrier prévoyant un redémarrage du Grand collisionneur de hadrons (LHC) cet automne, quoique 2 à 3 semaines plus tard que prévu à l’origine. À la suite de l’incident du 19 septembre 2008, qui a entraîné l’interruption de l’exploitation du LHC, un grand travail a été accompli pour comprendre les causes de l’événement et veiller à ce qu’un incident du même type ne puisse se produire à nouveau.
« Nous avons réalisé de nombreux nouveaux essais », a déclaré Steve Myers, directeur du secteur des accélérateurs du CERN. « Cela nous a permis de recueillir beaucoup d’informations sur les connexions électriques du LHC, et nous sommes convaincus que les choses se présentent bien pour une exploitation cette année. »
La cause première de l’incident de septembre était une connexion défectueuse dans le câble supraconducteur de haute intensité reliant deux aimants dans le secteur 3-4 du LHC. De nouvelles techniques non invasives ont été mises au point pour vérifier les connexions, au nombre d'environ 10 000 tout au long de l'anneau du LHC, et déterminer si elles permettent une exploitation fiable ou si elles doivent être réparées. Dans le cadre de ce processus, l’un des secteurs du LHC, le secteur 4-5, est en cours de réchauffement. Cette opération permettra de mieux s’assurer que l’on comprend complètement les connexions électriques.
Des mesures ont été effectuées dans le secteur 4-5 à une température de 80 K, révélant au moins une connexion suspecte. Réchauffer le secteur permet de vérifier les résultats de la mesure à température ambiante et, ainsi, de confirmer la fiabilité de l’essai à 80 K. Si les mesures faites à 80 K sont validées, toutes les connexions suspectes dans ce secteur seront réparées. Fait plus important encore, la validation des mesures effectuées à 80 K permettra de mesurer la résistance des connexions dans les trois derniers secteurs à cette température, ce qui évitera d’avoir à réchauffer ces derniers et gagnera du temps. Ces mesures permettront d’arrêter la date du redémarrage et de déterminer l’énergie d’exploitation initiale du LHC dans la gamme des 4-5 TeV, car une exploitation à 4 TeV devrait être possible sans autre réparation, alors que, pour aller jusqu’à 5 TeV, il pourrait être nécessaire d’effectuer des travaux supplémentaires.
Un élément essentiel des modifications apportées actuellement au LHC est le système dit de protection contre les transitions (QPS), qui déclencherait l’évacuation rapide en toute sécurité de l’énergie magnétique stockée au cas où une partie du système supraconducteur du LHC s’échaufferait légèrement et cesserait d’être supraconductrice. À la suite de l’incident survenu en septembre, un nouveau système QPS amélioré a été conçu, et il est en cours de construction. Le nouveau système aura été testé complètement et sera opérationnel à la fin de l’été 2009. Il protégera le LHC d’incidents similaires à celui du 19 septembre 2008.
Les travaux effectués sur le nouveau QPS ne constituent qu’un aspect des travaux menés dans le tunnel du LHC par des équipes du CERN, avec l’aide de scientifiques d’autres laboratoires de physique des particules du monde entier. De nouvelles soupapes sont en cours d’installation, des améliorations sont apportées au système d’ultravide, et le dispositif d’ancrage des aimants du LHC dans le sol est en train d’être renforcé. Tout cela contribue à la préparation de la machine à une exploitation de longue durée en toute sécurité.
« Nous avons bénéficié d’un soutien sans précédent de la part des laboratoires et des instituts de physique du monde entier, qui nous ont prêté main-forte pour les opérations de réparation et de consolidation, sans parler des conseils précieux que nous avons reçus des comités externes qui ont étudié les mesures prises », a indiqué le professeur Heuer. « Cela montre bien que la physique des particules se fait de plus en plus mondiale. Nous sommes très reconnaissants de ces manifestations de solidarité. »
Pour en savoir plus sur la 151e session du Conseil du CERN, consulter : http://www.cern.ch/council ainsi qu’un message du Président du Conseil, Torsten Åkesson, publié dans le Bulletin de cette semaine. http://www.cern.ch/bulletin.
Footnote(s)
1. Le CERN, Organisation européenne pour la recherche nucléaire, est le plus éminent laboratoire de recherche en physique des particules du monde. Il a son siège à Genève. Ses États membres actuels sont les suivants: Allemagne, Autriche, Belgique, Bulgarie, Danemark, Espagne, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Italie, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République slovaque, République tchèque, Royaume-Uni, Suède et Suisse. La Commission européenne, les États-Unis d'Amérique, la Fédération de Russie, l'Inde, Israël, le Japon, la Turquie et l'UNESCO ont le statut d'observateur.