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Rupture de contrat Woody Allen réclame 68 millions à Amazon
Le cinéaste Woody Allen attaque en justice le géant d'internet à qui il reproche d'avoir cassé le contrat qui les liait pour d'anciennes affaires d'abus sexuels.
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Woody Allen a attaqué jeudi Amazon devant la justice américaine pour rupture abusive de contrat, reprochant au géant d'internet d'avoir mis fin à leur engagement sur la base d'accusations anciennes visant le réalisateur, ont indiqué à l'AFP ses avocats.
Selon l'assignation déposée par le cabinet Quinn Emanuel devant un tribunal fédéral civil de Manhattan, le metteur en scène réclame, au minimum, 68 millions de dollars à Amazon, au titre du contrat qui les liait et prévoyait la production et la distribution de quatre films.
Le cinéaste affirme qu'Amazon a cherché à mettre fin à l'engagement qui liait les deux parties en juin et a refusé depuis de lui verser les neuf millions de dollars prévus pour le financement du long métrage «A Rainy Day in New York», déjà tourné.
Le contrat prévoyait des enveloppes minimales de 9, 25 et encore 25 millions de dollars pour les trois autres films, prévus respectivement pour 2018, 2019 et 2020, soit 68 millions au total.
Dans cette assignation, Woody Allen reproche également au groupe de Seattle de ne pas avoir assuré, malgré son engagement contractuel, la distribution de «A Rainy Day in New York», qui n'est jamais sorti en salle et n'a pas non plus été mis en ligne sur la plateforme vidéo d'Amazon.
Il affirme que ses interlocuteurs lui ont expliqué que la décision avait été prise du fait «d'accusations répétées», de ses «déclarations controversées» et «du refus de plus en plus répandu chez les acteurs et actrices majeurs de travailler ou d'être associés à son nom de quelque façon que ce soit».
Poursuites abandonnées
Le réalisateur aux quatre Oscars explique avoir demandé des précisions quant à ces «accusations» et ces «déclarations», en vain.
Il affirme également que la rupture unilatérale du contrat par Amazon l'a contraint, lui et sa société de production Gravier Productions, à décommander des «individus très reconnus» qui avaient donné leur accord pour travailler avec lui.
Woody Allen a été accusé d'abus sexuels en 1992 sur sa fille adoptive Dylan Farrow, qui avait alors sept ans.
Les poursuites à son encontre ont été abandonnées après deux enquêtes distinctes menées à l'époque, sur plusieurs mois.
Mais Dylan Farrow, soutenue par sa mère adoptive Mia Farrow et son frère Ronan Farrow, a régulièrement renouvelé publiquement ces accusations, que Woody Allen a toujours réfutées, la dernière fois en janvier 2018.
Le cinéaste a affirmé début juin 2018 son soutien au mouvement #MeToo, estimant qu'il pourrait en être l'un des héros.
«Je n'ai été accusé que par une femme, dans le cadre d'une affaire de garde d'enfants, qui a été l'objet d'une enquête et (l'accusation) s'est révélée fausse. J'ai été traîné dans la boue avec ces gens-là. Je suis un fervent partisan du mouvement #Metoo», avait déclaré le réalisateur dans un entretien à la chaîne argentine Canal 13.
Soutien de Javier Bardem et d'Alec Baldwin
Ces derniers mois, plusieurs acteurs et actrices qui ont travaillé avec le réalisateur ont pris leurs distances publiquement, indiquant qu'ils ne souhaitaient plus tourner avec lui.
D'autres, comme Javier Bardem ou Alec Baldwin, l'ont soutenu, rappelant que la justice n'avait jamais pu établir l'authenticité des accusations portées contre lui.
La relation entre Amazon et Woody Allen avait commencé avec «Café Society» (2016), dont le studio avait acheté les droits, avant de produire et de distribuer «Wonder Wheel» (2017), puis de signer un engagement pour quatre films supplémentaires.
(afp/nxp)
Créé: 07.02.2019, 21h23