Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06983.jsonl.gz/459

par Catherine Berthouzoz Conseiller(e) général · le 28/02/2012
Le 24 mai dernier l’AdG a déposé un postulat pour la sortie de la ville de Sion du capital action de la centrale nucléaire du Bugey en France voisine. J’aimerais tout d’abord préciser que la Ville de Sion n’est pas directement actionnaire de la centrale nucléaire mais qu’elle y possède une sous-participation via des actions de la société EGL SA qui est actionnaire de la société AKEB SA qui elle possède des actions dans les centrales nucléaires du Bugey, de Cattenom et de Leibstadt. Chaque année le Bugey fournit de l’énergie à la Ville de Sion qui la revend, ce qui produit un bénéfice d’environ 2 millions par année, quand tous les réacteurs fonctionnent.
Ceci étant précisé, que contient ce postulat ? L’AdG demande à la municipalité d’étudier un plan de désengagement du capital action de la centrale nucléaire du Bugey à l’horizon 2025, sous-entendu via sa sous-participation, à raison, par exemple, de 10% par année, afin d'investir ces montants dans la production d’énergie propre et renouvelable. On peut décomposer ce postulat en quatre éléments, qui vont me servir de base à mon argumentaire.
• le premier, le quoi : que la municipalité étudie un plan de désengagement du capital action de la centrale nucléaire du Bugey via sa sous-participation ; en gros, qu’elle revende ses actions AKEB. Etant donné que cette entreprise a des actions dans les centrales nucléaires françaises qui sont toutes vieillissantes, cela paraît mission impossible, l’expérience des CFF qui n’a pas réussi à vendre ses actions AKEB le prouvant. Il faut savoir que la France a pris le parti non pas de donner des autorisations d’exploitation d’un certain nombre d’années, et de rallonger la durée de vie des centrales vieillissantes, comme par exemple les Etats-Unis qui ont prolongé la durée de vie à 60 ans de leurs centrales, mais de donner des autorisations de 10 ans moyennant des contrôles réguliers. Or la centrale du Bugey a des réacteurs de plus de 30 ans. On peut se demander qui va bien vouloir investir dans des centrales en fin de course ? La demande en électricité augmentant chaque année, il reste un espoir. Cela dit, tant que la Ville possède toujours cette sous-participation, il serait judicieux que les bénéfices résultant de la vente de cette énergie soit réinvesti dans la production d’énergie propre et renouvelable.
• le deuxième, le quand : à l’horizon 2025, la Ville ne devrait plus avoir de sous-participation dans la centrale du Bugey ; cela fait 13 ans pour y arriver, somme toute un délai assez raisonnable, pendant lequel beaucoup de choses peuvent se passer.
• le troisième, le comment : pas tout d’un coup mais à raison de 10% par année ; ce chiffre n’est pas absolu, ni en fréquence, ni en pourcentage, étant donné le contexte difficile dans lequel il s’inscrit. A charge de la Municipalité d’apprécier les opportunités de vente sans non plus brader ces actions.
• le quatrième, le pour quoi : pour investir ces montants dans la production d’énergie propre et renouvelable. Ce point est très important car le développement des énergies renouvelables est la clé pour se passer du nucléaire. Elles doivent être massivement développées. Et c’est ici que le Valais joue un rôle clé avec son ensoleillement maximum, ses vents et ses cours d’eau, et toutes les autres possibilités. Sans oublier bien sûr la meilleure énergie, c’est-à-dire celle qu’on ne consomme pas. Tout doit être fait pour inciter la population à économiser l’énergie. Il n’est pas question ici de s’éclairer à la bougie et de faire 3h à pied pour aller au travail, mais d’inciter les propriétaires à isoler leurs bâtiments, à installer des panneaux solaires thermiques et/ou photovoltaïques sur les nouvelles constructions, utiliser nos déchets pour en faire de l’énergie, etc. etc. Si les milliards de francs investis depuis 60 ans dans le nucléaire l'avaient été dans des énergies propres et renouvelables, ce n'est pas 40% d'énergie nucléaire que la Suisse, et le Valais, consommerait, mais 40% d'énergie verte.
Je terminerais par le pourquoi, c’es-à-dire, les raisons qui ont poussé à déposer ce postulat :
• Tout d’abord, les accidents de Tchernobyl en 1986 et de Fukushima en 2011 nous montrent qu’une centrale nucléaire n’est pas protégée à 100% contre une catastrophe naturelle, qui elle peut provoquer des catastrophes nucléaires. Sans oublier tous les autres accidents dont on n’entend même pas parler.
• Au point de vue gestion, les sommes en jeu étant considérables, la transparence n’est pas de mise. On peut même se poser la question de la justesse des contrôles, est-ce que les rapports n’ont pas été falsifiés, comme cela s’est passé avec la TEPCO au Japon, les contrôleurs ont-ils été complaisants, etc etc.
• Que l'électricité produite n'est bon marché que parce que cette industrie est largement subventionnée et que tous les coûts induits ne sont pas pris en compte, en particulier la gestion des déchets, dont on ne sait toujours quoi faire à part les refiler aux générations futures en les enfouissant, et la sous-évaluation chronique des assurances en responsabilité civile.
• Finalement, que l’énergie nucléaire est une énergie dangereuse à produire, que la technologie nucléaire actuelle est obsolète et appelée tôt ou tard à disparaître puisque l’uranium n’est pas une ressource renouvelable.
Pour toutes ces raisons, l’AdG vous demande d’accepter ce postulat. Je vous remercie de votre attention,
À 6 mois des élections fédérales, les Verts valaisans demande un PLAN CLIMAT pour des actions concrètent contre les effets du réchauffement climatique en Valais.