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«Chaque premier de l'An à minuit, il portait le dieu en procession, offrait un sacrifice aux ancêtres, puis il mangeait un nombre incalculable de raviolis végétariens à l'huile de sésame.»
«Qui veut acheter le Palais d'Été? Qui rêve de démolir vingt mètres de la muraille pour se construire une bicoque avec ces pierres sacrées? c'est à vendre.»
«Au grand galop de mon cheval, je paradais parmi les ventilateurs.
J'avais sept ans, rien n'était plus agréable que d'avoir trop d'air dans le cerveau. Plus la vitesse sifflait, plus l'oxygène entrait et vidait les meubles.
Mon coursier déboucha sur la place du Grand Ventilateur, appelée plus vulgairement place Tien An Men. Il prit à droite, boulevard de la Laideur Habitable.
Je tenais les rênes d'une main. L'autre main se livrait à une exégèse de mon immensité intérieure, en flattant tour à tour la croupe du cheval et le ciel de Pékin.
L'élégance de mon assiette suffoquait les passants, les crachats, les ânes et les ventilateurs. Je n'avais pas besoin de talonner ma monture. La Chine l'avait créée à mon image: c'était une emballée des allures grandes. Elle carburait à la ferveur intime et à l'admiration des foules.»
Amélie Nothomb, Le sabotage amoureux, éditions Albin Michel, 1993
«Comment être sûr que c'est dans ces parages que la princesse s'est perdue? La route de Pékin à Kachgar a emprunté de tout temps la "Voie impériale" qui conduit d'abord à l'ancienne capitale Xi'an puis, entre Gobi et montagnes, vers Lanzhou sur les rives du Fleuve Jaune, Dunhuang et les grottes des Mille Bouddhas, puis la rive nord du désert du Taklamakan. Mais une alternative existe plus au sud: la route qu'empruntèrent justement Ella Maillart et Peter Fleming, sur laquelle nous cheminons.»
«C’est difficile de les évaluer, elles sont sans prix» a récemment déclaré la star Liu Xiang au journal Beijing news. «Elles», ce sont des jambes. Les siennes en l’occurrence. Longues, musclées et pleines de ressort. Celles qui lui ont permis de devenir triple champion du 110 mètres haies: champion du monde, champion olympique et détenteur du meilleur temps de la discipline. Du coup, en prévision de l’été prochain, Liu Xiang vient de faire assurer la paire. L’une des plus grandes compagnies du pays a accepté de l’évaluer, et surtout de l’assurer pour 100 millions de yuan (plus de 15 millions de francs suisses). Montant qui finalement «importe peu» à l’athlète, qui souhaite «surtout rester en bonne santé et ne jamais recevoir cette indemnité», confiait-il début décembre à la presse chinoise.
Outre le souci de ses jambes, le sportif doit aussi garder un moral d’acier. Les sondages indiquent déjà que la course de Liu sera l’épreuve la plus regardée par ses 1,32 milliard de compatriotes. Une responsabilité lourde à porter, on l’imagine. Et comme si ces milliards d’yeux rivés sur lui ne suffisaient pas, on apprend ces jours dans le quotidien China Daily que «des officiels de l’administration d’Etat des sports» ont été jusqu’à dire que «si Liu ne réussissait pas à remporter l’or à Pékin, tous ses précédents exploits deviendront insignifiants». Heureusement que «Liu est en excellente santé physique et mentale» a immédiatement rassuré son entraîneur Sun Haiping.
Liu, qui avait créé la surprise lors des Jeux d’Athènes 2004 en étant le premier Chinois à gagner l’or olympique en athlétisme, avait déclaré à cette occasion: «Je veux prouver au monde que les Asiatiques peuvent aussi courir très vite.» Quant aux Jeux de Beijing 2008, ils vont très probablement permettre à Liu Xiang de prouver au monde que les Chinois ont une capacité d’endurance et de résistance au stress hors du commun.
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