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Pennique
Nous avons déjà vu que le Pennique se distingue de l’Helvétique par le fait que socles et couvertures se ressemblent. Lors des plissements alpins, ils subirent le même métamorphisme et les même déformations. Minéraux et plis identiques: socles et couvertures deviennent difficilement discernables l’un de l’autre.Un premier coup d’œil sur la carte montre que les socles occupent plus de 80% de la surface en pays pennique. Mais, attention: une partie des couvertures a subi le même sort que les couvertures helvétiques, ayant glissé sur l’avant-pays pour aller édifier les Préalpes.
Regardons un schéma des grandes unités penniques, mais regardons-le une fois en direction du sud-ouest, affaire de changer de point de vue. La dépression axiale séparant les massifs de l’Aar et du Mont-Blanc affecte également tout le bâti pennique, en rive gauche du Rhône. Il est constitué des unités suivantes:
- Tout en bas de l’édifice, les nappes simplo-tessinoises sont ainsi appelées parce qu’elles émergent de la dépression axiale à Viège et constituent les montagnes de la région du Simplon et du nord du Tessin.
- Au-dessus, un nouvel empilement de nappes constitue l’ensemble de la «super- nappe» du Grand-Saint-Bernard – Mont-Rose.
- La nappe des schistes lustrés, qui le surmonte, est dépourvue de socle et ne contient donc que des sédiments de couverture.
- Enfin, tout à fait au cœur de la dépression, l’unité la plus élevée, la nappe de la Dent-Blanche, ne comporte, elle, presque que du socle ; elle n’appartient pas au domaine pennique, mais déjà à l’Austroalpin.
- La partie de la couverture pennique qui a subi le même sort que les couvertures helvétiques se trouve maintenant au nord du Rhône, dans les Préalpes, c’est-à-dire, pour le Valais, entre Monthey et le Léman.
- Avant le percement du tunnel du Simplon, personne n’imaginait le degré de complexité des structures de ce massif. Cet important ouvrage et les études qu’il a suscitées sont donc une date clef de la géologie alpine. La coupe du Simplon, maintenant classique, donne une bonne idée de cette complexité qui garde encore quelques mystères.
- La carte de la nappe complexe du Grand-Saint-Bernard semble, au premier coup d’œil, assez simple; la coupe géologique qui l’accompagne fait prendre conscience de la complexité des structures: la « super-nappe » du Grand-Saint-Bernard est divisé en une série de nappes constituées chacune d’un socle et de sa couverture. Les couvertures sont le plus souvent minces (mais n’oubliez pas qu’une partie est absente et se trouve dans les Préalpes).
- L’empilement des nappes penniques montre un déversement des masses du sud vers le nord. Les nappes actuellement les plus profondes (simplo-tessinoises) étaient initialement les plus septentrionales, alors que les nappes les plus élevées (Dent-Blanche) proviennent des bassins les plus méridionaux.
- Dans la partie droite de la coupe, un gros pli déforme la nappe du Mont-Rose et les nappes les plus profondes. Puisque toutes les nappes sont déformées ensemble, il faut en conclure que leur empilement était terminé lorsque ce gros pli se dessina. Il ne peut donc s’agir là que d’une phase tardive de déformation qui affecte un bâti déjà constitué. Ce pli est, de plus, déversé vers le sud, ce qui révèle un mouvement de nord en direction du sud, donc inverse du mouvement qui présida à l’empilement des nappes. Il ne représente qu’un modeste déplacement en comparaison de celui des nappes.
Nous pouvons nous amuser à « désempiler » les nappes et à les replacer dans leur position originale. Il en résulte un continent d’au moins 200 km de large avec socle et couverture.
Bibliographie
- Marcel Burri, Les roches, Martigny, 1994
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