Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07007.jsonl.gz/507

Contenu externe
Le contenu suivant a été fourni par des partenaires externes. Nous ne pouvons ainsi pas garantir son accessibilité à tous les utilisateurs.
La théorie de l'évolution, formulée par Charles Darwin au XIXe siècle, est rejetée par les créationnistes chrétiens et musulmans, ces derniers croyant que leur dieu a créé la Terre comme dans les descriptions de la Bible ou du Coran (archives).
KEYSTONE/EPA EFE/ANDREU DALMAU(sda-ats)
La Turquie a annoncé mardi la mise en place du nouveau programme enseigné dans les écoles à la rentrée prochaine. La théorie de l'évolution de Charles Darwin en a été retirée, car jugée trop difficile à comprendre.
Le ministre de l'Education, Ismet Yilmaz, a dit que les principes de base de l'évolution faisaient déjà partie du programme scientifique. Mais les travaux de Charles Darwin ne seront pas mentionnés avant l'université.
Mustafa Balbay, député du Parti républicain du peuple (CHP, opposition), y a vu une insulte envers les lycéens. "On donne le droit de vote et d'être élu à un étudiant de 18 ans, mais on l'empêche d'apprendre la théorie de l'évolution (...) C'est de l'étroitesse d'esprit et de l'ignorance", a-t-il dit.
Théorie rejetée
La théorie de l'évolution, formulée par Charles Darwin au XIXe siècle, est rejetée par les créationnistes chrétiens et musulmans, ces derniers croyant que leur dieu a créé la Terre comme dans les descriptions de la Bible ou du Coran.
Le nouveau programme va également entraîner une augmentation du nombre d'écoles religieuses "Imam Hatip", où l'on enseigne l'esprit patriotique du djihad.
"C'est aussi notre devoir de réparer ce qui a été mal perçu. C'est pourquoi les cours de loi islamique et les bases de la lecture religieuse incluront (des leçons sur) le djihad", a dit à la presse le ministre de l'Education. "La vraie signification de djihad est l'amour pour son pays", a-t-il ajouté.
Nouveau revers
Mehhmet Balik, le chef du syndicat d'enseignants Egitim-Is, qui défend une éducation laïque, a jugé qu'il s'agissait d'un nouveau revers pour les écoles turques et d'une tentative d'empêcher la nouvelle génération de "poser des questions".
"Les nouvelles règles qui bannissent la théorie de l'évolution et demandent l'installation de salles de prière à l'école détruisent les principes séculaires et scientifiques de l'éducation", a-t-il dit.
Retour de la religion
Depuis l'accession au pouvoir en 2002 de Recep Tayyip Erdogan, le nombre d'écoles religieuses a augmenté de manière exponentielle en Turquie.
L'actuel chef de l'Etat s'est battu pour le retour de la religion dans la vie publique, contre les fondements laïques de la Turquie moderne instaurés par Mustafa Kemal Atatürk.
Après le coup d'état manqué du 15 juillet 2016, le président turc a organisé de vastes purges au sein de l'administration, notamment dans l'éducation. Un an plus tard, près de 50'000 personnes ont été emprisonnées et 150'000 autres ont été limogées ou suspendues de leur fonction.
ATS