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Du 30 avril au 1er décembre 1904, Saint-Louis devient le théâtre de la plus grande exposition universelle de son époque. Près de 5km2 de surface, 120 km de route et 1500 bâtiments accueillent les 62 pays et 20 millions de visiteurs venus admirer les progrès scientifiques et technologiques du début du XXe siècle.
La première exposition universelle date de 1851, à Londres. Elle est née sous l’impulsion de l’archiviste Henry Cole. Ce dernier, à la fois écrivain et réformateur des archives de la ville de Londres, souhaite voir se reproduire à plus grande échelle ce qu’il a observé à l’Exposition nationale des produits de l’industrie agricole et manufacturière de Paris en 1849.
Sur ce modèle, de nombreux pays sont invités à montrer dans une même exposition leurs progrès industriels, scientifiques et techniques. Dans des pavillons à l’architecture typique de leur pays d’origine, toutes les nouveautés sont ainsi présentées à un large public pour une durée de plusieurs mois.
Lieux de concours et de prestiges, les expositions universelles ont pris un immense essor à la fin du XIXe siècle. Dès 1928, le Bureau international des expositions règlemente leur mise en forme et leur organisation. Les expositions universelles existent toujours, même si leur retentissement a diminué au cours de la seconde moitié du XXe siècle.
En 1904, l’exposition de Saint-Louis célèbre une date importante de l’histoire américaine. Prévue à l’origine en 1903 pour le centenaire de l’achat de la Louisiane à la France, les autorités la retardent d’un an pour permettre à plus de pays d’y participer.
En 1800, Napoléon a dans l’idée de reconstituer un Empire français en Amérique. La Louisiane vient alors d’être rétrocédée à la France par les Espagnols. Cependant, trois ans plus tard, en pleine guerre avec l’Angleterre (à nouveau…), Napoléon se concentre sur l’Europe. Il vend alors la Louisiane aux États-Unis pour 15 millions de dollars.
En 1896, le gouverneur du Missouri, David Francis, commence à faire germer l’idée d’une exposition universelle pour célébrer cette date de 1803. Soutenu par le gouvernement américain, il invite toutes les nations à l’évènement. L’intérêt international est mitigé, et l’exposition est retardée d’un an. David Francis fait alors un grand voyage promotionnel autour du globe pour convaincre un maximum de pays à y participer. Démarrée le 30 avril 1904, l’exposition accueille les représentants de 62 pays, et porte en anglais le nom de Louisiana Purchase Exposition. (L’Exposition de l’achat de la Louisiane).
Déployée sur un terrain de 500 hectares, l’exposition de Saint-Louis est à l’époque la plus grande jamais réalisée. Il faut une semaine complète pour la visiter. Plus de 20 millions de visiteurs viennent admirer les pavillons nationaux, dont 200’000 le jour de l’ouverture.
Les palais d’expositions sont gigantesques. La salle des fêtes peut accueillir à elle seule 3500 personnes. À ces côtés, un bassin de 180 mètres de diamètre se compose de trois cascades. Les pavillons nationaux reprennent les éléments typiques, voire clichés des nombreux pays qui les construisent : chalets alpins, temple chinois, villa italienne, etc.
Un parc d’attraction, le Pike, s’étend sur plus d’un mile. Il permet aux curieux de faire un tour du monde, en passant par des paysages pittoresques comme les Alpes, un village esquimau, ou un bazar égyptien.
En parallèle de l’exposition, Saint-Louis accueille également les Jeux Olympiques de 1904. Douze nations y participent, avec 651 athlètes (dont 6 femmes, admises depuis les jeux de 1900). On y voit pour la première fois les récompenses avec trois médailles (or, argent, bronze) pour chaque discipline.
L’exposition est aussi l’occasion de faire connaître à un large public des nouveautés scientifiques. Parmi les innovations montrées à Saint-Louis, on compte un prototype de téléphone sans fil, le télautographe (ancêtre du fax) ou encore la première machine à rayon X.
Au niveau des transports, les tramways électriques font aussi leur apparition, ainsi que les premières automobiles personnelles. L’exposition est également le théâtre du premier concours de dirigeables.
Au niveau culinaire, il s’agit aussi de la première popularisation à grande échelle de nombreux aliments. On retrouve des cornets de glace, des hamburgers, des hot-dogs, du beurre de cacahuète, et… de la barbe à papa !
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