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Une dizaine de multinationales suisses participent au financement des campagnes électorales de George Bush et Al Gore, en lice pour la course à la présidence. Pour ces sociétés, le retour sur investissement attendu est important.
Credit Suisse First Boston et Novartis sont les sociétés suisses qui sont le plus engagées dans le financement des campagnes électorales aux Etats-Unis, tant pour les présidentielles que pour les législatives. Mais au total, ce sont une dizaine de filiales américaines d'entreprises helvétiques qui participent au financement des campagnes, notamment Roche et ABB.
D'après le Centre pour une Politique Transparente - une organisation non gouvernementale dont le siège est à Washington - Novartis est l'un des quinze plus gros donateurs issus des secteurs pharmaceutiques et financiers.
La branche pharmacie de Novartis est ainsi classée 12ème contributeur, juste derrière Merck et American Home Products. La branche finances de Novartis fait encore mieux, occupant la onzième place des donateurs dans une catégorie où elle côtoie des entreprises américaines telles que American Express et Visa.
Comme le reste des milieux d'affaires, les entreprises helvétiques présentes aux Etats-Unis soutiennent les candidats des deux grandes formations politiques. Selon la Commission Electorale Fédérale, Credit Suisse First Boston donne aussi bien au candidat républicain à la présidence George Bush qu'au sénateur Joe Liebermann, colistier du vice-président démocrate Al Gore.
Les donateurs ont cependant une préférence marquée pour le parti républicain. Les Républicains ont ainsi reçu 73 pour cent des contributions de la branche pharmacie de Novartis et l'intégralité des dons versés par sa branche finances.
Au sein du Club des Pionniers - un groupe de 226 responsables économiques qui, grâce à leurs carnets d'adresses, ont réussi à récolter au moins 100 000 dollars chacun pour M. Bush - figurent deux hommes liés à des compagnies suisses: John Hennessy, ancien sous-secrétaire américain au Trésor qui est membre du Conseil d'administration du groupe Credit Suisse, et Tom Petway qui cumule les fonctions de maire de Jacksonville en Floride et de président de Zurich Insurance Services.
«Pour tous ces donateurs, le retour sur investissement est excellent», souligne Andrew Wheat, porte-parole de l'association Texans pour une Justice Publique. En effet, les entreprises font des contributions relativement peu élevées par rapport à leurs chiffres d'affaires.
Mais en retour, les candidats accordent aux sociétés qui les financent une attention particulière. Lorsqu'ils sont élus, cette attention se traduit généralement par une influence cruciale au moment d'établir l'ordre des priorités dans le domaine législatif.
Marie-Christine Bonzom, Washington