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Expédition bénéficiant du soutien de la FSRA
Expédition helvético-canadienne sur l'Île de Baffin en 1950 et 1953
Extrait de:Fondation Suisse pour Recherches Alpines de 1939 à 1970. Publié en 1972 à Zurich
Les expéditions à caractère scientifique, dirigées par le colonel canadien
P.D. Baird, furent organisées et réalisées par notre fondation en étroite collaboration avec "l’Arctic Institute of North America" à Montréal. L’un des objectifs principaux de ce voyage était la conduite de recherches glaciaires, ainsi que des observations sur les plans météorologique, géologique, botanique et zoologique. Les enregistrements topographiques et cartographiques étaient également à l’ordre du jour. Les expéditions destinées en priorité à la recherche scientifiques donnèrent également de bons résultats sur le plan de l’alpinisme.
Baffin Island ("Île de Baffin"), territoire d’une superficie de plus de 540 000 kilomètres carrés, soit 13 fois la superficie de la Suisse, constitue l’une des plus grandes îles du globe. Entièrement située en zone polaire, elle appartient sur le plan politique au Canada et ce, depuis 1896. Cette île abrite une population d’esquimaux regroupant environ 200 individus et qui vivent sur la côte en petits groupes. Ils chassent le renard blanc pour sa fourrure. Ces esquimaux vivent principalement de la chasse aux phoques. Les Occidentaux se firent rares dans la région. De nos jours, l’île abrite entre 100 et 200 Occidentaux habitant dans des colonies situées près des rives
Expédition en 1950
L’expédition comptait au total 20 membres. En plus des Canadiens, des Américains, des Anglais, des Norvégiens et des Finlandais, trois Suisses étaient de la partie: Hans Röthlisberger, Franz Elmiger et Hans Rudolf Mülli, alpinistes dévoués, jeunes scientifiques et membres de l’EPF ainsi que de l’Université de Zurich. Choisis tout d’abord pour leurs qualités d’alpinistes, ils s’engagèrent aussi sur le plan scientifique.
Tous les participants se retrouvèrent en mai 1950 à Montréal, d’où ils partirent pour l’Île de Baffin.
L’équipement lourd avait déjà été expédié par voie maritime au cours de l’été précédent. La Royal Canadien Air s’occupa du transport aérien des participants de même que de leur équipement jusqu’à la colonie du Clyde. L’Arctic Institute of North America a, quant à lui, fourni un avion spécialisé disposant d’un mode d’atterrissage et de décollage multifonctionnel: terrestre, sur piste de neige ou nautique. Les participants, répartis dans divers groupes, furent ainsi déposés sur leurs sites scientifiques respectifs situés dans les régions du Clyde Fjord et à l’intérieur du pays, sur la calotte glaciaire Barnes.
Le rapport authentique, rédigé par les trois Suisses, est complété par une liste énumérant les 15 ascensions et traversées initiales, réalisées en commun entre le 24 mai et le 28 août. Deux hôtes, l’Américain Ritchie ainsi que le savant écossais Wynne-Edwards avaient déjà participé à ces rudes expéditions. L’expédition, bien qu’effectuée à une altitude apparemment modeste, partait d’un point de repère se trouvant pas trop loin au-dessus du niveau de la mer. Nous aimerions citer quelques exemples majeurs: Walrus Head (1450 m), Three Sisters (1480 m), Lake Peak (1800 m), Crystal Peak (1550 m), Wave Crest (1750 m), Broad Peak (1820 m), Cracked Peak (1650 m), Cock's Comb (1620 m).
Notre équipe suisse ramena une admirable collection de pierres, de plantes et d’animaux, objets de valeur scientifique dont l’évaluation respective dura plusieurs mois: elle ramena également des photographies documentées partiellement en couleurs.
Expédition en 1953
Cette deuxième expédition sur l’île de Baffin, fut effectuée sous la direction compétente du Colonel P. D. Baird. Le groupe était composé de sept Canadiens et de quatre Suisses: Hans Röthlisberger, Jürg Marmet, F. H. Schwarzenbach et Jean Weber.
Même si les objectifs de l’expédition restèrent similaires à celles de 1950,
la région choisie cette fois-ci fut la presqu’île du Cumberland, située à l’est de l’Île de Baffin. La région montagneuse, composée de massifs audacieux et de plateaux de glaciers, se trouvait à une altitude de plus de 2000 mètres au-dessus du niveau de la mer. L’expédition, au préalable de nature scientifique, offrait simultanément de formidables possibilités alpines.
Le Colonel Baird établit un plan visant à mettre en exergue l’existence d’une région de névé sur les hauteurs de la calotte glaciaire Penny. On procéda ainsi au mesurage de l’épaisseur de la glace ainsi que de la vitesse du courant à divers emplacements du glacier dont la fonte coulait sur l’autoroute. La région du Col de Pangnirtung était sujette à des examens d’ordre géomorphologique. Les chercheurs avaient prévu la période de mai à août pour un passage de la région au peigne fin, selon leur spécialité et leurs intérêts individuels, axé sur les secteurs géologiques, botaniques et zoologiques.
Les quatre chercheurs suisses se trouvèrent ainsi face à une mission exigeant l’accomplissement de travaux ardus dans une région montagneuse jusqu’alors inexplorée, dans des conditions climatiques polaires particulièrement rudes. Un horaire de travail fut élaboré sous la direction expérimenté de Hans Röthlisberger de l’institut de géophysique à l’EPF. Ce programme prévoyait le mesurage séismique de l’épaisseur de la glace et fut complété par des observations sur le plan géologique et glaciaire. F. H. Schwarzenbach de l’Institut de Botanique de l’Université de Zurich s’occupa de questions d’ordre botanique, zoologique et morphologique. Jürg Marmet de l’Institut sur l’Hygiène et la Physiologie du travail de l’EPF se livra à des observations physiologiques. Les marches et les escalades qu’ils effectuaient en ces régions inconnues dans la mesure où leurs travaux scientifiques activité prioritaire- le leur permettaient, contribuaient à leur procurer un immense plaisir.