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«La radio et la télévision en Suisse», c'est le titre d'un ouvrage qui vient de paraître aux éditions «Hier Jetzt», et qui présente l'histoire de la SSR, Société Suisse de Radiodiffusion, jusqu'en 1958.
«Réfléchir sur leur propre histoire n'a jamais été le point fort des médias, qui préfèrent centrer leur production sur l'actualité, sur le présent», écrit dans le premier chapitre Markus T. Drack, coordinateur de l'ouvrage. Un état de fait général qui, avec le cas helvétique, a été compliqué encore par la pluralité des langues et la dispersion des archives: des documents, il y en avait dans chaque studio, de Lausanne à Zurich en passant par Berne, Genève ou Lugano...
Le projet est dû à Antonio Riva, ancien directeur général, qui souhaitait qu'existât une histoire écrite de la SSR. Il mandate alors Markus T. Drack, historien de formation, mais qui a toujours travaillé dans le cadre de la SSR. Celui-ci, au vu de la dimension de la tâche, s'entoure de plusieurs collaborateurs.
On parcourt donc les premiers balbutiements des radios helvétiques, dans les années 20, ces coopératives indépendantes qui finirent par s'allier notamment pour des motifs financiers. On passe ensuite par la création de la SSR en 1931, sous la double impulsion du gouvernement et des représentants de la presse écrite. En effet, éditeurs et journalistes craignaient la concurrence des radios en matière d'information, et espéraient, par le biais de ce regroupement, la voir confinée au statut d'outil de divertissement et d'éducation. Le droit d'informer sera d'ailleurs un combat de longue haleine pour la SSR... Et puis on aboutit en 1958, année de la création de la télévision, après moult débats: «Je crois que la Suisse a été le seul pays où l'on s'est battu contre la télévision!» ironise Markus T. Drack.
«La radio et la télévision en Suisse»: un bel et gros objet, au format original: un volume de texte, auquel est accolé un volume iconographique, que les nostalgiques des époques envisagées parcourront avec délectation: on y croise les silhouettes en noir et blanc de pionniers tels que Roland Pièce ou l'industriel genevois Maurice Rambert, mais aussi les visages qui se cachaient derrière les voix célèbres des années 40 et 50, Alphonse Kehrer, «Squibbs», alias Marcel Williams Suès, ou encore Roger Nordmann...
Une suite sera-t-elle apportée à cet ouvrage? Il semble que le successeur d'Antonio Riva, Armin Walpen, l'homme qui transforma la «SSR» en «SRG-SSR Idée Suisse», soit intéressé à en soutenir la continuation. Un projet de tome 2 existe, qui commencerait avec la naissance de la télévision et irait jusqu'à l'explosion des radios locales.
Bernard Léchot