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Au sein des sociétés démocratiques, les législateurs disposent d'un pouvoir de définition et d'imposition des normes sociales, notamment en matière d'assistance sociale. La citoyenneté repose sur une représentation bien définie de l'appartenance, basée sur un idéal-type et le domicile.
Cette analyse des matériaux discursifs produits par l'État vers 1890, se base sur une comparaison entre deux cantons suisses, Neuchâtel et Vaud. Ces deux cantons réagissent en effet différemment à la promulgation de la loi de 1850 attribuant le droit de cité communal aux sans-patrie, Neuchâtel en répartissant les personnes entre les communes, Vaud en établissant ces plus de mille personnes dans la petite commune de Sainte-Croix. Ces manières d'interpréter et d'exécuter la nouvelle loi, montrent une sensibilité différente des élites cantonales à la question de la citoyenneté.
La définition des destinataires potentiels de l'aide sociale s'articule dans ces cantons, vers 1890 en fonction de la possession d'un statut, questionnant la présence sur un territoire des individus et définissant un cercle de destinataires potentiels. Ce statut est différent dans les deux cantons étudiés, mais reste difficile à définir. Les catégories sont quant à elles bien limitées et similaires dans les deux régions, instituant les personnes sans emploi comme destinataires potentiels de l'aide, à condition que la volonté de travailler soit manifeste. Cette étude permet de confirmer l'interprétation de George Simmel selon qui l'assistance est un instrument fondamental de régulation sociale.
Résumé : Sarah Kiani.