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Le commerce maritime a augmenté de 4% en 2017 et l'ONU prévoit une croissance similaire en 2018. Mais la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine menace cette évaluation, selon elle.
L'extension observée en 2017 est la plus rapide en cinq ans, a dit mercredi la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED). En 2018, si tous les segments devraient progresser, les conteneurs et les marchandises de vracs secs devraient augmenter davantage.
"Alors que les prévisions pour le commerce maritime sont bonnes, elles sont menacées par l'épidémie des guerres commerciales et davantage de politique de repli", a dénoncé le secrétaire général de la CNUCED Mukhisa Kituyi. Si la situation se poursuit, elle pourrait changer le système mondial du commerce qui alimente la demande pour le transport maritime, selon lui.
Les niveaux de fret se sont améliorés de manière significative en 2017, en dehors des tankers. Ils ont été soutenus par une demande mondiale importante, une augmentation des capacités en terme de navires et des conditions de marchés plus saines. La CNUCED prévoit une extension annuelle moyenne des volumes déployés de près de 4% jusqu'en 2023.
Côté approvisionnement, après cinq ans de recul de la croissance, l'année 2017 a été marquée par une expansion mesurée des capacités. Au total, plus de 40 millions de tonnes ont été ajoutées en 2017 au total mondial, un peu plus de 3,2% de croissance.
Plusieurs grands groupes
L'Allemagne reste le principal pays de porte-conteneurs, un sur cinq mais en recul. La Grèce, la Chine et le Canada sont eux en extension. Plus de 90% de la construction de bateaux ont été observés en Chine, en Corée du Sud et au Japon.
La consolidation du trafic de ligne, les avancées technologiques et les politiques face au changement climatique constituent les principaux facteurs d'impact sur le commerce maritime, selon le rapport. En janvier dernier, les 15 plus grandes entreprises de la branche rassemblaient plus de 70% des capacités. Six mois plus tard, après des fusions, quasiment la même part était désormais la propriété de dix groupes.
Cette consolidation grandissante pourrait mener à une baisse de l'approvisionnement et des prestations mais aussi à des prix plus élevés. Tous les acteurs devront répondre à "tout effet négatif potentiel", selon le directeur en charge de ces questions à la CNUCED Shamika N. Sirimanne.
Recul des émissions d'ici 2050
Après deux ans plus difficiles, les volumes de trafic portuaire ont rapidement augmenté en 2017. Et les prévisions restent positives avec la croissance économique et l'extension attendue des infrastructures.
Autre donnée, les technologies comme la chaîne de blocs ou encore les bateaux autonomes vont apporter de nouvelles possibilités pour la branche. Mais une incertitude reste liée aux questions de sécurité et cybersécurité mais aussi d'emploi qu'elles pourraient provoquer.
Sur le changement climatique, la branche doit réduire d'au moins 50% ses émissions de gaz à effet de serre d'ici 2050 par rapport à 2008. Il faut faire attention au coût pour les acteurs et aux besoins des des pays en développement, selon le rapport.