Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06925.jsonl.gz/1375

Par Lisa Sidorowicz, Praticienne certifiée et instructrice en ICB, Oakville, ON
Le fait de revivre d’un seul coup un moment émotionnel de notre enfance peut être déclenché par une image, un commentaire, une mémoire, un signal visuel, une sensation, un son, une odeur.
On se retrouve instantanément à l’âge de cinq, sept ou dix ans : les ressentis, les pensées et les perspectives de l’enfance prennent le dessus dans notre esprit.
Un sentiment d’impuissance peut se manifester par un déclenchement de rage ; un sentiment d’abandon peut nous plonger dans un profond chagrin. Dans ces moments extrêmement puissants, l’habileté de discerner, de penser clairement, d’analyser et de répondre aux circonstances du moment sont paralysés par une émotion à l’état brut.
On peut alors se sentir démuni, attaqué, mal-aimé, négligé, honteux, etc.
Lorsqu’une régression en âge apparaît, nos ressentis et réactions sont incontrôlables, exagérés et souvent inappropriés à la situation actuelle. On retombe dans une attitude, un état d’esprit, des stratégies et des mécanismes de défense qui se sont mis en place lorsque l’on était très jeune, tels que d’être sur la défensive, se replier sur soi, se cacher, se taire, contrôler ou ne plus rien ressentir.
Ces réactions semblent parfaitement normales et justifiables à la personne qui est en plein dans son état émotionnel; mais de telles réactions peuvent la laisser confuse et frustrée une fois que l’état d’adulte de la conscience a repris sa place.
Lorsqu’un individu régresse et se retrouve dans une version plus jeune de lui-même, il se retrouve dans les tréfonds enfouis et non résolus de ses émotions d’enfant.
Au fur et à mesure qu’il grandit, l’environnement émotionnel intérieur de l’enfant est modelé par les réactions, croyances et messages de ses parents, frères et sœurs, ses professeurs, ses camarades de classe et ses amis.
Par exemple, si un enfant grandit dans un climat de honte, de critiques, de moqueries ou d’invalidation, il peut d’une manière tacite accepter ces jugements en tant que vérités et conclure à un niveau profond qu’il n’est pas assez bon et pas digne d’être aimé.
En conséquence, les croyances des autres à son propos (les projections de leur manque d’estime de soi) deviennent ses croyances incontestées à propos de lui-même.
Ces points de vue négatifs et les émotions douloureuses font partie du paysage subconscient de l’enfant et restent actifs au plus profond de l’esprit.
Ce sont ces reliquats non résolus de manque d’estime de soi et de souffrances qui sont ré-expérimentés plus tard dans la vie quand, en tant qu’adultes, certains déclencheurs viennent réactiver les souffrances profondément enfouies.
Lors de ces régressions, en plus de revivre ces émotions intenses et non résolues, on va également aller retrouver des parties subconscientes de l’esprit qui ont été créées afin de faire face au désarroi et à la souffrance de l’enfant.
Selon l’Ingénierie des Croyances de Base (ICB), l’esprit est composé d’une multitude de parties inconscientes, chacune s’étant formée au cours de l’enfance afin d’aider, de protéger et/ou de servir.
Chacune de ces parties a ses propres systèmes de croyances, ses émotions, ses modèles de comportements et stratégies d’adaptation.
Par exemple, une personne qui a grandi dans un environnement très critique peut avoir une partie dont la fonction est de dissocier les sensations de son corps lorsque la souffrance émotionnelle devient trop intense.
Une autre partie peut avoir la fonction d’être un caméléon afin de répondre aux attentes des autres et de recevoir ainsi l’amour et l’acceptation.
Une autre partie peut aussi utiliser le dénigrement de soi afin de tenter d’atténuer le choc de toute critique extérieure.
Indépendamment du succès ou de l’échec de ces stratégies d’évitement, ces parties sont devenues des parties importantes de la personne, elles font partie intégrante de sa constitution subconsciente.
Si la personne a atteint l’âge adulte sans avoir résolu et libéré ses réactions de protection et ses ressentis subconscients, toute critique externe peut alors déclencher la réapparition d’un ressenti douloureux de l’enfance.
L’Ingénierie des Croyances de Base résout avec succès les régressions d’âge.
Grâce à un processus thérapeutique à la fois doux et puissant, un praticien en ICB peut guider une personne à se reconnecter d’une manière consciente à ses parties subconscientes en souffrance afin de se guérir au niveau le plus profond.
Lorsque la souffrance est résolue au niveau subconscient, le profond vide émotionnel de l’enfance est ainsi comblé.
Il en résulte la capacité de la personne à répondre aisément à des circonstances qui la déclenchaient auparavant ; puisqu’elle a été libérée au niveau émotionnel, elle est maintenant capable de réagir de manière saine et équilibrée.
Selon le niveau d’éveil, la régression d’âge peut durer quelques minutes, quelques heures ou quelques jours.
En fait, certaines personnes vivent leur vie entière dans un perpétuel état de régression d’âge.
Quand ces récidives émotionnelles sont traitées au niveau subconscient, là où elles ont débuté, les parties émotionnelles de l’esprit qui sont restées gelées dans le temps à un jeune âge, peuvent être guéries, mises à jour d’une manière chronologique et réintégrées à l’esprit conscient.
Au bout du compte, on va ainsi retrouver notre propre pouvoir, la confiance en soi et être capable de choisir d’une manière adéquate comment réagir à toute situation.