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Mary Crow Dog est une Indienne, de la nation Sioux Lakota. Née en 1954, elle grandit sur une réserve du Dakota du Sud dévastée par le chômage et l'alcoolisme. Cette violence du quotidien conjuguée au racisme ordinaire l'amènent, à l'adolescence, à rejoindre l'American Indian Movement. Elle est ainsi de ceux qui, encerclés par l'armée et le FBI, occupent Wounded Knee en 1973. C'est là qu'elle met au monde son premier enfant et devient pour les siens OhitiKa Win - « Femme Brave ».
Publié pour la première fois en 1990 et récompensé par l'American Book Award, ce témoignage poignant est sans équivalent dans la littérature indienne. La voix de Mary Crow Dog, décédée en 2013 à l'âge de 58 ans, reste unique, elle qui raconta avec une violence et une noblesse sans égales le parcours d'un peuple à la redécouverte de lui-même, dans une Amérique qui cherche à l'ignorer. Elle fut aussi la première à évoquer la vie des femmes indiennes dans l'ombre des hommes « braves », et son combat reste une source d'inspiration pour toutes celles qui, de par le monde, continuent à se battre pour leurs droits.
« Le Ghana fut vidé de la totalité de son patrimoine au profit des boutiques, salles de vente et musées de l'Europe et des États-Unis. En 1998, le musée Barbier-Mueller de Genève exposait quelques statuettes koma, présentées avec la remarque : "Un peuple dont on ne connaît rien." Le mystère dopant les prix, les "terres cuites koma" se vendirent d'autant mieux qu'elles représentaient les dernières traces d'une civilisation engloutie. Que les archéologues, doublés par les pilleurs, n'aient pu achever leur étude, c'était une perte pour la science, mais une multiplication des gains pour les marchands. »
Le marché de l'art peut bien remplacer l'expression « art nègre » par « art primitif », son seul souci demeure de satisfaire les demandes de ses consommateurs. Pour durer, il s'adapte, sans renoncer aux expropriations qui lui procurent son oxygène : peintures rupestres découpées à la tronçonneuse, manuscrits volés, squelettes d'animaux préhistoriques, vestiges revendus sur les marchés touristiques, tombes profanées. C'est le plus pernicieux des marchés et la plus symbolique des destructions que subissent les pays du Sud, où matières premières, sources d'énergies, productions agricoles et culturelles continuent d'être drainées vers une poignée de pays riches.
Philippe Baqué est journaliste, auteur et réalisateur de documentaires. Il a notamment dirigé La Bio. Entre business et projet de société (Agone, 2012) et écrit Homme augmenté, humanité diminuée. D'Alzheimer au transhumanisme, la science au service d'une idéologie hégémonique mercantile (Agone, 2017).
En 1492, une nouvelle secoue l'Europe : de l'autre côté de l'océan existe une terre inconnue, un « Nouveau Monde », où vivent des peuples aux coutumes étonnantes, parfois inquiétantes. Bâtisseurs de splendides cités, liés entre eux par des interactions complexes, ils ont développé un système de valeurs et des technologies d'un très haut degré de sophistication. Depuis leur découverte, les civilisations précolombiennes n'ont cessé de fasciner et de soulever de multiples questions, dont certaines restent, aujourd'hui encore, sans réponse. Aztèques, Incas, Mayas, Mochicas, Olmèques, Zapotèques... De Mésoamérique jusqu'aux Andes, du bassin du Mississippi au bassin de l'Amazone, c'est leur histoire qui est retracée dans ces pages, du moins ce que nous en savons, notamment grâce aux traditions orales, aux sources coloniales et à l'archéologie.
On les a dits « primitifs », « nègre », « populaires », « tribaux »... : les arts aujourd'hui usuellement nommés « premiers » peinent à être désignés de manière satisfaisante. Sans doute parce que c'est un regard occidental porté sur des arts de peuples non européens, la plupart du temps sans écriture, généralement animistes, qui les a ainsi classés. Qu'ils viennent d'Afrique, du Grand Nord, des Amériques, d'Océanie, ou d'Asie, ces arts qui s'expriment sur des supports très divers (masques, tatouages, peintures) ont en commun d'être nés bien avant que le mot « art » lui-même n'apparaisse. Des statues lega aux dessins sur sable au Vanuatu, cet ouvrage nous invite à découvrir et à comprendre ces arts dits « premiers » qui lient le visible et l'invisible, l'utile et le beau.
Les contes et légendes du Japon ont pour cadre un univers mystérieux et inquiétant peuplé de toutes sortes d'êtres étranges et surprenants. Et comment ne pas commencer ce voyage extraordinaire en vous parlant des kami ? Quand Izanami et Izanagi ont créé l'archipel, ils ont donné naissance à cette myriade de dieux. Et myriade, c'est peu dire : on dit qu'il y a autant de kami qu'il y a de cheveux sur une tête. Ces cinquante contes fantastiques, touchants et inattendus, nous racontent un Japon déroutant, traditionnel et légendaire, ancré dans un territoire à la frontière du mythe, de l'histoire et de la réalité.
Il existe une région du monde où les femmes ont toujours joué un rôle majeur : l'Amazonie. Ce sont elles en effet qui ont fait resurgir le glorieux passé de ce territoire vaste de sept millions de kilomètres carrés, révélant les connaissances en ingénierie et le savoir scientifique exceptionnel des tribus de la forêt. L'auteur, archéologue lui-même et grand spécialiste de l'Amazonie, offre une galerie de portraits de ces pionnières. Nourri de leurs toutes dernières recherches, l'ouvrage aborde une diversité de thèmes, de l'art rupestre à l'architecture amérindienne, en passant par les géoglyphes d'Amazonie occidentale, le traitement des défunts et la pêche précolombienne. Grâce à la plume alerte de Stéphen Rostain (auteur d'Amazonie. Les 12 travaux des civilisations précolombiennes, 2017), Amazonie, l'archéologie au féminin met en valeur de nombreuses facettes méconnues de l'Amazonie et de celles qui les ont révélées.
Écrit et orné de 23 aquarelles, conçu comme un véritable livre illustré où les images accompagnent l'histoire presque mot à mot, ce recueil représente le premier engagement de l'artiste en faveur de ces arts primitifs dont l'influence a marqué la peinture du XXe siècle.
Comment comprendre la nature de l'érotisme des anciens Chinois – si différent de celui des sociétés occidentales – sans se pencher sur l'art exceptionnel qu'il a inspiré ? Celui-ci s'est surtout développé, à partir du VIIe siècle, à l'époque de l'émergence des riches villes commerçantes où vivait une des sociétés les plus raffinées du monde. S'y épanouissait une véritable " culture courtisane " animée par des artistes, des auteurs dramatiques, des poètes. Jacques Pimpaneau replace l'érotisme chinois dans son contexte culturel et souligne l'influence des religions et des événements historiques sur la vie amoureuse. Ferdinand Bertholet, après avoir raconté les grandes étapes qui l'ont mené à créer en deux décennies la plus importante collection d'art érotique chinois au monde, s'attache à commenter les œuvres reproduites dans un volumineux cahier hors-texte en couleurs. Le lecteur, ainsi initié, entrera dans l'intimité de ces " jardins du plaisir " et se verra offrir un accès à l'harmonie voluptueuse d'un monde perdu. Le printemps vient au monde, les fleurs se colorent, Votre taille si souple s'agite à mon rythme, Le bouton de votre fleur s'ouvre à moitié, Les gouttes de ma rosée font s'épanouir votre pivoine. Cao Xueqin
Du Moyen Âge à l'Époque contemporaine, l'art décoratif peut être défini par les matériaux, le design et les objets artistiques utilisés à la fois en architecture urbaine et en architecture d'intérieur. Comme beaucoup d'autres formes d'art, l'art décoratif continue à se développer, ajoutant à l'utilité de simples pièces comme des chaises une dimension esthétique pour s'orienter vers des objets purement ornementaux.
Les Art décoratifs, en valorisant tous les supports d'expression de l'art décoratif à travers les siècles, aspire à faire l'éloge de ces édifices et objets souvent sous-estimés. À l'origine non considérés comme des arts appliqués, leur potentiel artistique ne fut reconnu qu'au XXe siècle lorsque la production industrielle remplaça la création artisanale.
L'ancienneté, l'authenticité et surtout la singularité de ces précieux travaux sont aujourd'hui les nouveaux standards de qualité et de beauté de l'art décoratif.
Rejoignez-nous pour la découverte de l'évolution de l'art décoratif à travers cet aperçu des principaux chefs d'oeuvre à travers le temps.
La collection d'art primitif est un révélateur sans pareil des mentalités. Cet ouvrage parcourt ce qui sépare un objet rituel en service dans son lieu d'origine de ce qu'il représente pour nous, ici, abstrait, sur une étagère ou un meuble devenu malgré lui une sorte d'autel qui attend son dieu. Jusqu'au dérisoire, un curieux déplacement du sacré, mais certainement pas dépourvu de sens. Il n'y a pas là de passion pour un exotisme, mais pour quelque chose qui s'est figé dans la mémoire de l'Occident, une sorte d'éveil, de retour aux fondamentaux.
Agrémenté de schémas, ce texte expose la fameuse théorie dite des pyramides, ou comment transposer sur un plan en deux dimensions un effet tridimensionnel. Bien plus qu'un simple traité d'esthétique, il constitue une réflexion quant à notre appréhension du réel. Tant de clairvoyance et de perspicacité ne peuvent que saisir le lecteur moderne.
Ce livre est un manuel indispensable à ceux qui cherchent à atteindre le passé de l'Afrique subsaharienne par le canal de sources non écrites. Il paraît au terme de 50 années de collecte et d'exploitations de sources orales en Afrique et se distingue par l'entrée en force de la religion dite traditionnelle dans le territoire de l'historien. Quelles perspectives l'exploitation des sources orales offre-t-elle aujourd'hui aux historiens ?
La basilique Notre-Dame-des-Miracles est le plus vaste et la plus beau monument roman de la Haute-Auvergne. Centre d'un pèlerinage important dès le moyen âge, accostée du monastère et de son église détruite, la basilique étonne par la beauté de son tympan et la fantaisie débridée de ses sculptures. Au XIIe siècle, Mauriac était un centre de création important et un vaste chantier accueillant architectes, maçons, tailleurs de pierre et sculpteurs. Ceux-ci ont ensuite travaillé dans toute la région, où l'on retrouve leur savoir-faire et quelques sculptures particulièrement reconnaissables (à Moussages, Saint-Vincent, Ally, etc.).
Mais l'église de Mauriac est aussi le résultat d'une longue histoire et garde la trace de différents styles artistiques : retables baroques, restaurations ambitieuses du XIXe siècle, tableaux s'échelonnant du XVIIe au XXe siècle... Visiter la basilique revient donc à faire un véritable voyage dans le temps et dans l'histoire de l'art occidental.
Ce livre permettra au visiteur de s'y retrouver. Outre l'histoire et l'architecture du monument, l'auteur présente et explique pour la première fois toutes les sculptures (chapiteaux, bases et modillons) ainsi que le mobilier, dont quelques éléments sont remarquables : cuve baptismale romane, lanterne des morts, retable, tableaux, vitraux et statues.
Ce petit livre se propose de vous faire découvrir le shodo, une méthode d'art-thérapie millénaire. Livre d'initiation, il n'a pas la prétention de vous apprendre l'art de la calligraphie japonaise dans toute sa complexité mais plutôt de vous ouvrir à cette nouvelle manière d'expression. plus encore, il a l'ambition de vous sensibiliser au lien qui existe entre le mouvement et l'esprit et de vous permettre d'intégrer cette conscience dynamique dans les actes de notre vie quotidienne.
H. E. Davey est le premier non-Japonais à recevoir, en 1993, le titre de Shihan-Dai, la plus haute récompense remise par Ranseki Sho Juku, membre de la Kokusai Shodo Bunka Koryû Kyokai, association internationale de calligraphie japonaise. Ses oeuvres ont été choisies pour l'exposition internationale de shodo de Urayasu, organisée de 1988 par le ministère japonais de l'éducation et la Kokusai Shodo Bunka Koryû Kyokai. Il a reçu les prix Tokusen, Jun Taisho et Associate Grand Prize. H.E. Davey est actuellement directeur du Sennin Foundation Center for Japanese Cultural Arts, fondation culturelle japonaise située dans la région de San Francisco en Californie.
Le présent recueil de poèmes a été construit à partir de l'ouvrage que Charles de Foucauld a achevé trois jours avant sa mort, et dont les deux tomes ont paru en 1925 et 1930 sous le titre Poésies touadgues. L'auteur livrait dans cet ouvrage le texte touareg, la traduction mot à mot et la traduction en français courant de près de six mille vers recueillis en 1907 et traduits au prix d'un labeur épuisant au cours des neuf années suivantes. Presque chaque poème y était précédé d'une introduction présentant les circonstances de sa composition ainsi que des détails sur la vie du poète. L'ensemble était enrichi d'un abondant appareil critique fournissant les informations ethnographiques et linguistiques nécessaires à la compréhension du texte touareg.
Cet ouvrage rend compte en premier lieu des travaux présentés aux XXIIes Rencontres de Béziers (Béziers, 19 novembre 2011), tenues au Centre Du Guesclin, site biterrois de l'Université Paul Valéry-Montpellier III sur le thème « Du taureau et de la tauromachie, hier et aujourd'hui ». Outre quatre des contributions présentées à cette occasion ce volume recueille trois autres études apportant des regards complémentaires sur la thématique retenue. L'ensemble des analyses ici développées vise à considérer le taureau (de combat) et la tauromachie comme des objets d'étude au sens que donnent à cette qualification les sciences humaines et sociales. Et à proposer un questionnement pluri-focal concernant une matière complexe, observable sur un espace discontinu (discontinu en Espagne, mais aussi dans le Sud de la France et jusqu'aux Amériques). Une matière dont le traitement requiert bien évidemment une perspective historique mais également sociologique, géographique, esthétique, sémiotique. Dans les limites qui lui sont imparties, ce recueil propose un parcours transdisciplinaire cohérent.
Cet ouvrage met en lumière l'importance fondamentale du rituel chamanique dans la formation de l'élite et sa perception du monde, à une époque où s'épanouissait sans censure un usage très encadré de psychotropes. Reflet de phénomènes hallucinatoires bien réels, ce rituel a subi de plein fouet les interdits coloniaux imposés par la Conquête. L'art précolombien illustre largement ces pratiques.
Le regard occidental sur l'art contemporain africain est obstrué des scories idéologiques du passé colonial, de la situation économique marginale de l'Afrique, de préjugés de tous ordres. Seules sont reconnues des productions exotiques et festives. Cet essai propose une analyse des conditions de diffusion et de réception de l'art contemporain africain, à travers manifestations récentes et débats en cours.
La Côte d'Ivoire est riche de sa culture. L'oeuvre d'Apollinaire Ocrisse est une contribution majeure à la promotion et à la vulgarisation de l'art ivoirien et lève un pan de voile sur l'incroyable renommée dont jouissent les objets d'art de Côte d'Ivoire. Le texte est riche, assez illustré pour plonger le lecteur dans cet univers magique de la statuaire et du masque. (Format 220 X 300 - Nombreuses photographies couleurs - Couverture souple à rabat).
Cette étude s'attache à comprendre la relation qui existe entre scientifiques, professionnels de la culture, société civile et hommes politiques dans le domaine de l'archéologie. Comment tout conserver ? Est-ce souhaitable ? Qui prend en charge cette conservation ? Face à une situation anarchique, l'Etat impulse de nouvelles structures décentralisées destinées à la conservation et à la valorisation du patrimoine : les Centres de Conservation et d'Etude.
Au travers d'une approche morphostylistique, esthétique et fonctionnelle, l'auteur identifie les caractères récurrents qui constituent l'ossature du "style beti" au sein des statues, des architectures, des masques, des instruments de musique, etc. Les résultats stylistiques attestent clairement la particularité de la scupture beti, qui, bien que portant en elle les marques des contacts et même des influences des groupes voisins (en particulier les Fang), garde tout de même son originalité.
Cet ouvrage est une importante contribution à l'étude de la formation de l'art khmer. Il présente une méthode d'analyse des statues du Cambodge ancien appliquée à un large éventail d'oeuvres, en particulier aux sculptures des Dépôts de la Conservation d'Angkor. Ce regard neuf permet de mieux comprendre cette si riche période de la formation de l'art khmer tout en précisant plus nettement les affinités plastiques négligées jusqu'alors avec les oeuvres de pays voisins.
Les expositions se multipliant dans les musées et les institutions culturelles, leur rôle dans le cadre de la diffusion de la culture prenant une importance de plus en plus grande, les professionnels des musées sont amenés à produire des expositions de plus en plus nombreuses et d'une qualité toujours meilleure. Face à cela, les étudiants et les jeunes professionnels des musées manifestent un besoin d'information dans le domaine de l'exposition. Cet ouvrage a pour but de répondre à l'attente d'information et d'aide des étudiants et des professionnels, et d'améliorer la qualité des productions grâce à la méthode de travail proposée.
Présentation synthétique, à travers les principaux chefs d'oeuvre du nouveau département des arts de l'islam au Louvre. En 2003, le musée du Louvre a créé un département consacré aux arts de l'Islam. Dotée de plus de 14 000 objets et complétée admirablement par les 3 500 oeuvres déposées par le musée des Arts décoratifs - dont beaucoup sont inédites -, la collection du musée témoigne de la richesse et de la diversité des créations artistiques des terres de l'Islam. Trois mille oeuvres de cette collection, des plus riche et des plus belle du monde dans ce domaine, sont exposées depuis septembre 2012 dans de nouveaux espaces qui viennent s'insérer délicatement entre les façades restaurées de la cour Visconti. Le projet des architectes Rudy Ricciotti et Mario Bellini représente le plus grand chantier au musée depuis les travaux du Grand Louvre et le visiteur peut dorénavant admirer cet écrin surmonté par une « aile de libellule », une couverture de verre, dorée et tissée par un fin réseau métallique ondulant. Ces nouvelles salles offrent un espace ouvert sur deux niveaux ; le parcours muséographique permet le large déploiement d'oeuvres issues de 1300 ans d'histoire et d'un territoire couvrant trois continents, de l'Espagne jusqu'à l'Inde du Nord. En coédition avec le musée du Louvre.