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L’histoire de la bière remonte aux origines de la civilisation, il y a 10’000 ans, en Mésopotamie. A l’époque, la fabrication de la bière dépend principalement de trois céréales : l’orge, l’épeautre et l’avoine. Certains anthropologues ont d’ailleurs émis l’hypothèse que c’est la fabrication de la bière et non la production de pain qui poussa les nomades à se sédentariser et à développer la culture et la domestication des céréales.
On retrouve en effet de très anciennes traces de brassage de bière à base de céréales sur des sites archéologiques, au départ produit à partir de céréales sauvages, en parallèle de la fabrication du pain. La production de bière a donc accompagné les premières cultures de céréales, vers 8’000 av. J-C.
A cette époque, la bière s’appelle « sikaru » (littéralement pain liquide). C’est un des éléments de base de l’alimentation quotidienne de cette période. Pour sa fabrication, on faisait cuire des galettes à base d’épeautre et d’orge que l’on laissait tremper dans de l’eau pour déclencher la fermentation, produisant de l’alcool et rendant la céréale digestible. On assaisonnait le sikaru avec de la cannelle, du miel, et plusieurs autres épices, et sa fabrication était entièrement réservée aux femmes.
Le culte de la déesse Ninkasi atteste de ces pratiques. Elle est la déesse de la bière dans la mythologie sumérienne et l’hymne qui lui est consacrée décrit par étape le processus de brassage de la bière sumérienne.
De l’antiquité à l’époque industrielle
A partir de l’antiquité, le vin commence à supplanter la bière dans la culture. Dans l’aristocratie, le vin, breuvage des dieux, est préféré à la bière qui représente la boisson du peuple. Chez les Romains, la bière est la boisson des barbares du Nord, là où les latitudes sont moins favorables à la culture de la vigne qu’à celle de l’orge et du houblon. C’est l’époque de la cervoise des Celtes et des Gaulois. Le brassage continue d’être une activité réalisée par les femmes.
Au Moyen Âge, la bière suit un développement parallèle à celui du vin. Les moines obtiennent le privilège de la fabrication de la bière. Les surplus de production qui ne sont pas utilisés pour assurer les besoins de la communauté monastique sont vendus pour obtenir des revenus supplémentaires. Plusieurs guildes de brasseurs se créent et les techniques se raffinent. Les moines aromatisent leur bière et Hildegarde de Bingen découvre les vertus conservatrices du houblon. Grâce à cette découverte et à l’usage des caves des monastères, les prémices de la fermentation basse sont inventées.
A partir du 13e siècle, le savoir brassicole sort des monastères et se transmet aux brasseurs profanes. La bière devient alors un produit commercial comme les autres, régit par des lois sur sa fabrication et sa qualité. Les bières suivent alors le rythme des saisons qui déterminent leur fermentation, ainsi que leur conservation.
La révolution contemporaine
L’industrialisation constitue la révolution la plus importante de l’histoire de la fabrication de la bière. Les avancées scientifiques de l’époque permettent l’identification des levures à la base de la fermentation par Hansen, ainsi que le développement de la pasteurisation par Louis Pasteur. Les avancées techniques comme les machines frigorifiques permettent de brasser la bière toute l’année, et les outils de mesure de température et de densité offrent un meilleur contrôle du processus de fabrication. Ces évolutions ont permis d’obtenir une bière de meilleure qualité, avec une meilleure conservation, toute l’année. Le chemin de fer fini de la démocratiser au-delà des frontières.
Après les deux guerres mondiales, les dédommagements offerts encouragent les brasseurs à se réunir en grands groupes de plus en plus industrialisés et centralisés dans de gigantesques lieux de productions, donnant les grandes sociétés toujours présentes de nos jours comme Carlsberg, Guinness, Heineken, etc.
La dernière révolution en date dans l’histoire de la bière est l’essor des microbrasseries artisanales. Apparu à la fin des années 1970 aux États-Unis, après l’autorisation par le président Jimmy Carter du « home brewing », la possibilité de brasser chez soi. Le nombre de brasseurs amateurs explose, jusqu’à développer une nouvelle culture brassicole, qui se concentre sur le goût et la qualité des bières et cherche à les transformer en produits de dégustation en proposant une variété d’arômes et de spécialités bien plus large que ce qu’offraient jusqu’ici les brasseries industrielles.