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L'Italie réduira son nombre de parlementaires, un vote économique
Le nombre d'élus dans le deuxième parlement le plus fourni en Europe passerait d'un total de 945 à 600: les députés seront 400 contre 630 aujourd'hui, les sénateurs 200 contre 315. Le projet a été approuvé par 553 voix contre 14 et deux abstentions.
Le chef du M5S Luigi Di Maio en avait fait une condition pour une alliance avec le Parti démocrate après la rupture début août de la coalition gouvernementale que le M5S formait jusque-là avec la Ligue (extrême droite) de Matteo Salvini.
Selon ce mouvement bâti sur le rejet de la "vieille politique", la réduction du nombre de parlementaires doit générer une économie d'environ 500 millions d'euros par législature, qui dure cinq ans en Italie. Elle doit permettre aux deux Chambres de travailler plus efficacement. Luigi Di Maio argue que ces fonds peuvent être réinvestis dans les écoles, les hôpitaux et l'aide aux personnes fragiles.
Révision de la loi électorale, condition des démocrates
Jusqu'à présent opposé à cette réforme, le Parti démocrate a finalement accepté de la soutenir, en posant certaines conditions, dont une révision de la loi électorale pour tenter de freiner la Ligue, premier parti d'Italie avec environ 32% d'intentions de vote. L'antidote des sociaux-démocrates serait d'injecter une bonne dose de proportionnelle.
Avec le mode de scrutin en vigueur, la Ligue, Forza Italia, le parti de Silvio Berlusconi, et Frères d'Italie (droite post-fasciste) "pourraient enregistrer une victoire tellement importante qu'ils pourraient obtenir plus des deux tiers des sièges au parlement", a expliqué Lorenzo Codogno, ancien économiste en chef du Trésor italien et fondateur du cabinet LC Macro Advisors. "Ils pourraient modifier la Constitution sans (avoir besoin d'un) référendum".
Le vote était le quatrième et dernier sur ce sujet, après une navette entre Sénat et Chambre des députés. Comme il s'agit d'une modification de la Constitution, chaque Chambre doit voter à deux reprises le même texte pour que celui-ci puisse entrer en vigueur.
Large appui
La réforme n'ayant pas été adoptée à la majorité des deux tiers lors de ses précédents passages au parlement, il est toujours possible de convoquer, sous certaines conditions et dans un délai de trois mois, un référendum populaire qui aurait alors le dernier mot sur ce texte.
La plupart des partis avaient annoncé qu'ils voteraient. La réforme a donc de grandes chances d'entrer en vigueur avec la prochaine législature, au plus tard en 2023.
"Cela me semble une réforme équilibrée, d'un très bon profil", a estimé Guido Neppi Modona, ancien juge de la Cour constitutionnelle italienne. Selon lui, la réduction du nombre d'élus "va inciter les partis à choisir leurs candidats de manière particulièrement sélective, avec d'importantes qualités morales, de fiabilité et de préparation politique".
Guido Neppi Modona balaye, en revanche, l'argument d'une réduction des coûts de la politique. Il le qualifie de "démagogique". "Cette économie est minimale, une partie infinitésimale du budget de l'Etat".
ats/ani
Publié mardi à 19:21 - Modifié mercredi à 06:39