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Quelques questions posées à Fanny:Quelle est la moyenne d’âge des filles en skicross ? Au début, elle était la plus jeune. A l’heure actuelle, 2 coureuses sont plus jeunes, mais la moyenne d’âge est de 25-30 ans.
Combien de filles y a-t-il dans le circuit ? Environ 40-50 filles. Actuellement dans l’équipe suisse de skicross, il y a davantage de filles que de garçons, 6 filles et 3-4 garçons.
Combien de paires de ski utilise-t-elle par saison ? 8 paires de ski environ. Elle a encore des paires en réserve s’il y a de la casse. Elle skie sur les skis Stöckli, marque qui la sponsorise depuis sa 7e place aux JO de Vancouver. Avant cela, elle payait ses skis et avait eu la chance de recevoir des skis de la part d’un magasin de sport de Villars, à l’époque où elle n’avait pas encore de sponsors.
A quoi pense-t-elle dans le portillon de départ? Dans le portillon, elle est dans sa bulle et ignore quelles filles sont à ses côtés. Elle ne regarde pas les listes de départ et se dit uniquement qu’elle est devant et qu’elle gagne. Lors d’une course particulièrement importante, dans laquelle elle doit se dépasser encore plus, elle pense à sa mère, qui la regarde et qui vit les choses si intensément, que Fanny a peur qu’elle ne fasse un malaise.
Ses traits de caractère : Fanny est très positive et bénéficie d’une grande volonté. Elle a un caractère très fort et sait très bien ce qu’elle veut et ce qu’elle ne veut pas. Elle n’aime pas la routine, n’est pas superstitieuse et n’a pas de porte-bonheur pendant les courses. La blessure au genou de 2010 lui a beaucoup apporté. Elle lui a permis de grandir, de gagner en technique et en patience. D’une nature combative et positive, elle savait qu’elle ne reviendrait que pour revenir à son niveau précédant l’accident.
A-t-elle peur ? Oui parfois, car les filles et les hommes skient sur les mêmes parcours en skicross. Mais quand dans le portique de départ, même si elle sait qu’aucune fille n’a fait le parcours, elle n’a pas peur, car elle est dans sa course. Le fait que les parcours soient les mêmes pour les hommes et les femmes est très positif, car cela tire les filles en avant.
Nombre de courses pendant la saison : En moyenne 10. Comme chaque course de skicross se fait sur 4 jours (2 jours d’entraînement, 1 jour de qualifications, 1 jour de course). Il faut donc être 10 jours par année au top. Mais les 3 jours précédant la course sont déjà physiquement éprouvants. Contrairement à un skieur alpin qui fait une descente, le coureur de skicross doit en faire plusieurs et doit donc récupérer plus vite.
Arrive-t-elle à faire des pauses dans tes entraînements ? Oui, fin avril-mai. Fanny se repose vraiment et ne fait rien. Début juin, l’entraînement physique reprend avec 7 entraînements par semaine, répartis dans la semaine, afin de pouvoir aussi bénéficier de jours de repos, ce dernier étant également très important. Chaque entraînement dure 2 heures. Fin juillet, Fanny recommence à skier (Zermatt, Saas-Fee, Nouvelle-Zélande, Autriche) et en hiver, l‘entraînement reprend tous les jours. Le skicross est comme un travail. Même s’il représente une passion, il y a aussi des coups de blues.
A-t-elle l’occasion de faire du ski ou du snowboard hors des entraînements ?
Oui, chaque hiver, elle essaie de faire un peu de snowboard, mais Fanny aime le freeride. Il y a toujours une paire de skis de skis de freeride dans son sac. Dès qu’elle est quelque-part et qu’il neige, elle s’accorde des journées de freeride avec son entraîneur, passionné lui aussi.
A-t-elle encore le temps pour ses amis ? Oui, mais c’est plus difficile en hiver. Ses amis connaissent son rythme et savent que si elle ne répond pas forcément aux messages, elle revient toujours après la saison, car son repos est à Villars, avec ses amis et sa famille.
Y a-t-il beaucoup d’obligations liées aux sponsors ? Non, il faut juste penser à ne rien oublier lors de photoshootings, pour que tout ce qui doit se voir soit bien visible. La
collaboration avec les sponsors, le marketing et la publicité font aussi partie des choses qu’elle apprécie dans ses activités.
Se sent-elle différente par rapport à ses premières années ? Non, elle n’a pas changé, elle a grandi. Elle a été élevée dans une famille positive, toujours de bonne humeur et naturelle. Par contre, plusieurs filles avec elle ont changé avec les années.
A-t-elle créé des amitiés dans le skicross ? Oui, Ophélie David, skieuse française de 38 ans est sa grande amie. Elle était la plus jeune du circuit lorsqu’elle a commencé dans le skicross et se sent chanceuse d’avoir commencé tout au début des compétitions de skicross, car elles ont pu « créer » la discipline. Il ne reste de cette période des débuts que Fanny et Ophélie. Elle y a appris les règles de base : fair-play, sans coups bas. Juste du beau ski, dans le but de gagner, mais avec fair-play.
Pourquoi s’entraîne-t-elle seule dans sa structure privée, et non pas dans l’équipe nationale? L’équipe nationale a été créée alors que Fanny était déjà dans la discipline et avait déjà son entraîneur particulier, puisqu’à ses débuts, aucune structure junior n’existait en Suisse pour cette discipline. Elle ne voit pas souvent les autres coureuses suisses, mais comme le skicross n’est pas un sport individuel, elles ont besoin les unes des autres pour s’entraîner, puisque les courses se font toujours à 4. Ses entraînements individuels sont donc surtout dans le halfpipe, le snowpark et en faisant du géant. Les autres entraînements se font avec les autres coureurs suisses.
Pourquoi avoir choisi le skicross plutôt que ski alpin ? Son grand frère Thibaud faisant du freestyle, elle a toujours voulu faire comme lui. Mais dans le freestyle, il n’y a pas suffisamment de compétition. Dans le ski alpin, il y a de la compétition, mais c’est un sport trop individuel. Le skicross combine freestyle et vitesse, c’est une grande famille, dans la course c’est le premier qui arrive en-bas, de la pure compétition.
11.09.2014