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L’éloge de « L’Etranger » — roman hors du commun — n’est plus à faire. Paru chez Gallimard en 1942, en même temps que «Le Mythe de Sisyphe», le livre fut applaudi par une critique attentive, même un peu complice si on en croit H. Lottmann. Il fut reçu avec émotion par un public qui, dans une France occupée, profondément marquée par une guerre encore perdue, découvrait chaque jour le côté absurde d’une existence menacée. L’éloge de « L’Etranger » vient aujourd’hui des jeunes générations. Trente-huit ans après sa parution, et vingt et un ans après la mort tragique de son auteur, « L’Etranger » a retrouvé un regain d’intérêt, alors même que le contexte socio-politique et culturel n’est plus celui qui le vit naître. « L’Etranger » est un livre qui étonne, ravit et interpelle son lecteur. C’est un roman certes, mais aussi un livre à thèse3; il se veut, de plus, phénoménologique. Il entend, en effet, démontrer que l’existence humaine est, pour qui y regarde de près, absurde. On sait que Camus a développé dans « Le Mythe de Sisyphe » la philosophie d’une absurdité dont il fait la description dans « L’Etranger ». Ce faisant il enseigne, provoque des questions, ouvre un débat. C’est dans ce débat que voudrait entrer cette étude par un essai d’écoute théologique du destin de Meursault, le héros de « L’Etranger ».