Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07188.jsonl.gz/532

L'ONU veut que les grands groupes du commerce du café comme le Veveysan Nestlé discutent avec les producteurs d'Afrique de l'Est, dont le poids est en recul. Des contacts seront pris "d'ici la fin de l'année", a dit mercredi à Genève une responsable.
Les grands groupes "ont un vaste intérêt dans le développement de capacités sur le terrain", a estimé devant la presse la nouvelle directrice du commerce international de produits de base à la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED). Ils doivent discuter de transfert de technologies ou d'aide à honorer les standards "de plus en plus demandés" et de durabilité, a ajouté Pamela Coke-Hamilton.
Les grands exportateurs et les grands acteurs du commerce du café devraient se rassembler avec une coalition de producteurs, selon elle. Ceux-ci auraient alors davantage de poids dans la discussion, alors que les multinationales devraient souhaiter oeuvrer dans des pays où la pauvreté, les inégalités ou encore l'insécurité alimentaire n'augmentent pas.
Nestlé se partageait en 2016 avec le Néerlandais JDE près d'un quart du marché mondial de la torréfaction de café. Sur 25 millions de petits exploitants de cette branche dans les 54 pays en développement producteurs au total, 20% se trouvent en Afrique de l'Est.
Or, la volatilité et une agriculture pas adaptée au développement durable ont fait reculer le poids de cette région. D'un quart de la production mondiale en 1989, l'Afrique est passée il y a trois ans à moins de 12%. Trois quarts des revenus reviennent aux distributeurs, contre 2,8% pour les petits producteurs, selon la CNUCED.
Plusieurs groupes suisses
Outre Nestlé, la Suisse abrite une majorité des principaux intermédiaires de la branche du café en Afrique de l'Est. Une autre entreprise vaudoise, Ecom, est même deuxième avec 10% de parts de marché au total.
Plus largement, les tensions commerciales actuelles entre les Etats-Unis et la Chine, si elles se poursuivent, vont affecter les pays en développement, estime Mme Coke-Hamilton arrivée en septembre. Si elle ne veut pas préjuger de la situation, elle relève que des tarifs pourraient avoir comme conséquences une volatilité des prix des matières premières dans les pays en développement, alors que "le coût pour le producteur final sera plus important".
Des questions se poseront sur le transfert de technologies ou encore de propriété intellectuelle. Pire encore, l'incertitude liée au climat actuel pourrait avoir un impact plus important encore, a renchéri une autre responsable de l'institution.