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'Ne riez pas, c'est avec votre pognon qu'ils font ça!', comme aimait à le dire Coluche à chaque fois que l'État gaspillait de manière éhontée les deniers des contribuables, déjà sur-compressés.
Cela dit, on est bien évidemment conscient de l'immense apport de Jean-Jacques Rousseau, né à Genève, à la philosophie des Lumières du XVIIIème siècle.
Moins de panache et moins flamboyant que Voltaire, la pensée de Rousseau est cependant infiniment plus profonde que ne l'est celle du néanmoins très génial pourfendeur des excès de la religion, de l'intolérance et de la superstition.
Rousseau, mis à part son idéologie politique, développée dans le Contrat social, est aussi celui qui, inspiré par les écrits de Pic de la Mirandole, différencia l'homme de l'animal, en reconnaissant à l'Homme la spécificité de ne pas être prédéterminé mais d'être, au contraire, perfectible avec le pouvoir d'écrire sa propre Histoire.
Dans le même ordre d'idées, Sartre dira plus tard, que pour l'Homme, l'existence précède son essence.
La perfectibilité et l'historicité, propres à l'Homme, expliquent tout naturellement l'importance primordiale qu'accordait Rousseau à l'éducation.
Sa pensée influença les philosophes majeurs de son temps et permit notamment l'avènement d'une morale moderne fondée sur le libre arbitre, développée en particulier par Emmanuel Kant dans ses fameuses 'Critiques'.
Ce personnage tout à fait central du Siècle des Lumières, marquant le retour de la 'raison', mérite évidemment que Genève lui consacre un lieu, restauré et rénové, afin d'en honorer le génie.
Mais pas n'importe comment ni à n'importe quel prix:
a. Tout d'abord, en ces temps de massification de la population, gavée d'internet, de télévision et de tweets, beaucoup plus que d'école, et où l'opinion des acteurs de séries B importe plus que celle des philosophes, la conscience tend à se formater ou à s'unifier. Le réel est non-dit ou nié, quand incompatible avec la pensée dominante qui définit les contours de la liberté d'expression autour d'un politiquement correct convenu. Ainsi, à titre d'exemple, le simple fait de citer une Sourate du Coran, aux versets belliqueux, incitant à éliminer le juif et l'infidèle, constitue déjà un début d'islamophobie. Or, on ne fait que citer de l'écrit existant. Je m'arrêterai là dans la mesure où l'évidence tient ici lieu de démonstration en relevant que les cas abusivement dénoncés de racisme, d'antisémitisme ou d'homophobie procèdent de la même démarche dictatoriale qui interdit toute expression critique. Comme le rappelle le célèbre dissident soviétique Boukovsky: 'En URSS on avait le Goulag, en Occident vous avez le 'politiquement correct'. En effet, dans les deux cas, si la pensée est déviante, la sanction est l'ostracisme, la mise à l'écart. Vous l'aurez compris, nous vivons aujourd'hui l'inverse de l'esprit des Lumières et il est malheureusement avéré que les 'enseignements' dispensés dans les murs de la Maison Rousseau vont plutôt dans le sens du courant du fleuve qu'à contre-courant. Le contraire de l'esprit 'Rousseau', qui se retournerait dans sa tombe, comme on dit. De cette 'culture' là, sans contre-culture critique, la majorité éclairée des genevois n'en veulent plus. Il sera exigé que 'l'Aufklärung' puisse inspirer le programme des activités au sein de la Maison Rousseau. Sans garanties sérieuses et crédibles à cet égard, il n'est pas certain que la Fondation Rousseau puisse bénéficier des largesses de l'État.
b. La Fondation Rousseau peut compter sur des mécènes qui lui assurent un budget de restauration. Sans rentrer dans les détails, disons simplement qu'un degré de veille et de compétence moyen permettrait à la Fondation à la fois d'assurer largement les travaux ainsi que le paiement du transfert immobilier (avec droit de superficie), au moyen d'un prêt accordé, pourquoi pas, par les mêmes mécènes, tout en restant dans l'enveloppe financière consentie. Ainsi, le transfert ne s'accompagnerait d'aucune subvention. En toute logique on peut, en effet, se poser la question de savoir s'il convient, ou non, de subventionner au moyen de fonds publics ceux qui ont le privilège de pouvoir se débrouiller seuls. A l'heure où, à Genève, les classes moyennes sont lourdement imposées, pourquoi en rajouter une couche? Il est plus qu'étonnant de constater que ceux qui prétendent défendre les classes moyennes à cor et à cri ne sont prêts à aucune rigueur et sont de par là même à l'origine d'une pression fiscale constamment à la hausse. Au détriment, bien sûr, de l'intérêt de ceux qu'ils prétendent défendre.
Une certitude cependant: les débats seront animés lorsque les projets de lois 11954 et 11955 seront traités en séance plénière du Grand Conseil.