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Les élections fédérales s'annoncent disputées à Fribourg
Nettement majoritaires, le centre-droit et la droite partent en ordre dispersé. En revanche, la gauche fribourgeoise sera unie.
Un total de 141 candidats se disputera les sept sièges revenant au canton au Conseil national, 13 de moins qu'en 2019. Pour le Conseil des Etats, ils sont sept à briguer un fauteuil.
Nettement majoritaires, le centre-droit et la droite partent en ordre dispersé en ce qui concerne les grands partis (Centre, PLR et UDC). Toutefois, l'UDC et l'UDF sont apparentés, à l'instar du Centre avec le Parti évangélique (PEV) et les Vert'libéraux. Au Grand Conseil, ceux-ci sont alliés aux libéraux-radicaux.
En revanche, la gauche fribourgeoise (PS, Centre Gauche-PCS et Verts) aborde pour sa part l'échéance électorale de l'automne unie. Globalement, la lutte pour le Conseil national, où 51 femmes (contre 61 en 2019) et 90 hommes (93) sont en lice, met aux prises 22 listes, contre 25 il y a quatre ans.
Camp bourgeois
Le Centre apparaît en mesure de conserver les sièges des deux députées sortantes: Christine Bulliard-Marbach, 63 ans, qui siège à Berne depuis 2011, et Marie-France Roth Pasquier, 55 ans, arrivée à la Chambre du peuple il y a quatre ans. Le parti est ressorti renforcé des élections cantonales de 2021.
Dans le camp bourgeois toujours, le PLR devrait pouvoir maintenir le siège de Jacques Bourgeois, figure du monde agricole, qui se retire après 16 ans à Berne. Le suspense pour sa succession est entier, même si la Gruérienne Nadine Gobet, 53 ans, députée, directrice de la Fédération patronale et économique, compte parmi les favoris.
Du côté de l'UDC, l'objectif consistera à reprendre le siège perdu en 2019 par Jean-François Rime, ancien président de l'usam. Nicolas Kolly, 37 ans, député et chef de groupe, récent candidat malheureux à la préfecture de la Sarine, pourrait se profiler, avec le sortant Pierre-André Page, 63 ans, qui devrait garder son siège.
Difficile à gauche
A gauche, le combat s'annonce âpre pour conserver les trois sièges, soit deux pour le PS et un pour les Verts, celui de Gerhard Andrey, pris à l'UDC. Ce dernier, âgé de 47 ans, également candidat au Conseil des Etats, s'est fait suffisamment connaître ces quatre dernières années pour prétendre à une législature supplémentaire.
Dans le camp socialiste, les deux sortantes, à savoir la Broyarde Valérie Piller Carrard, 45 ans, élue en 2011, et la Lacoise Ursula Schneider Schüttel, 61 ans, à Berne depuis 2017, après un premier passage entre 2012 et 2015, vont tenter de garder leur bien. Le parti sort de deux défaites électorales marquantes en 2021.
Le PS avait d'abord perdu le siège de Christian Levrat aux Etats, l'ancien président du parti national ayant choisi de présider La Poste Suisse. Il n'avait pas été capable ensuite de maintenir ses deux fauteuils au Conseil d'Etat, celui d'Anne-Claude Demierre, qui ne se représentait pas, allant à la verte Sylvie Bonvin-Sansonnens.
Vers un statu quo
Pour la Chambre des cantons, le suspense pourrait être moins soutenu finalement que pour le Conseil national. Les deux sortantes semblent bien établies pour profiter de la prime censée leur revenir. A commencer par la PLR Johanna Gapany, 35 ans, élue en 2019, au détriment du centriste sortant alors Beat Vonlanthen.
La Gruérienne a fait sa place sous la Coupole fédérale. Elle forme depuis décembre 2021 le duo fribourgeois avec la centriste Isabelle Chassot, ancienne conseillère d'Etat fribourgeois de 2002 à 2013 et ex-directrice de l'Office fédéral de la culture jusqu'à sa victoire lors de la complémentaire face au PS Carl-Alex Ridoré.
Présidente de la Commission d’enquête parlementaire (CEP) devant faire la lumière sur le rachat de Credit Suisse par UBS, Isabelle Chassot, 58 ans, jouit d'une excellente image dans son canton et au-delà. Ce qui n'empêchera pas les socialistes de partir à l'abordage pour reconquérir un siège.
Jeu des alliances
Le PS en avait détenu un entre 2003 et 2021, d'abord jusqu'en 2011 avec Alain Berset, futur conseiller fédéral. Il a lancé Alizée Rey, 35 ans, dans la bataille. Députée, conseillère communale de Villars-sur-Glâne, ex-présidente du parti cantonal, candidate au Conseil national, elle sera accompagnée par le vert Gerhard Andrey.
Celle ou celui des deux candidats qui arrivera en tête au premier tour s'en ira affronter le centre-droit et la droite en cas de deuxième tour, a-t-il été convenu. Quant aux démocrates du centre (UDC), après réflexion au printemps, ils ont annoncé début juin, seulement, faire confiance à Pierre-André Page.
En résumé, la gauche partira donc unie le 22 octobre pour défendre ses trois fauteuils à la Chambre du peuple et essayer d'en regagner un à celle des cantons. A droite, l'heure n'est pas à l'alliance, contrairement à ce qui lui a valu la victoire lors du deuxième tour au Conseil d'Etat en novembre 2021.