Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07139.jsonl.gz/172

Le FC Zurich est, avec Sion, l'autre spécialiste de la Coupe de Suisse. L'équipe de Ludovic Magnin a remporté le trophée pour la 10e fois en... 11 finales en battant Young Boys 2-1 au Stade de Suisse.
Il faut toujours se méfier de ses émotions, aussi positives soient-elles a priori. Porté par l'euphorie d'un titre de champion espéré pendant 32 ans, YB avait envie de bien faire. Mais, incapable de canaliser une énergie débordante, l'équipe d'Adi Hütter, désordonnée comme rarement cette saison, a livré une première demi-heure sans queue ni tête.
Et elle a été punie à la 11e par une belle frappe de Michael Frey lequel, en déstabilisateur habile qu'il est, a parfaitement su sortir de leur match plusieurs Bernois, dont le capitaine Steve Von Bergen. L'avant-centre du FCZ, un Bernois ancien de la maison gelbschwarz, aurait simplement pu se passer d'aller narguer et son ancien public et le coach adverse dans une célébration inélégante au possible et manquant singulièrement de classe.
Les Young Boys, une fois ces mauvaises trente premières minutes passées, ont mieux dompté leur fougue et ont pris la partie en main, sans toutefois parvenir à mettre les Zurichois hors de position. Dans une variation footballistique classique du débat sur la préexistence de l'oeuf ou de la poule. YB a-t-il pris l'ascendant ou le FCZ a-t-il sciemment laissé faire son adversaire sans pour autant perdre le contrôle ?
A défaut d'atteindre un excellent niveau, cette finale a surtout valu pour son intensité et son scenario, fort d'occasions de marquer de part et d'autre et de l'expulsion du Zurichois Sangoné Sarr, entré à la 46e et averti deux fois (59e et 67e). Toutefois, même en supériorité numérique, les Young Boys n'ont jamais réussi à développer ce jeu qui leur a permis de dominer de long en large et avec la manière la Super League 2017/18.
Pire que cela encore, les champions ont plié une seconde fois, après un splendide raid solitaire à la 74e d'Antonio Marchesano, dont le dribble a mystifié Kassim Nuhu. On se souvendria alors de la double intervention salvatrice de Rasmus Thelander à la 21e, en empêchant Leonardo Bertone de frapper dans la surface puis en se jetant sur sa ligne pour contrer une volée de Roger Assalé.
A l'inverse de Zurich, YB - qui a réduit l'écart à la 80e par Miralem Sulejmani - a une relation tumultueuse avec la Coupe, qu'il n'a plus gagnée depuis 1987 malgré... quatre présences en finale depuis. Adi Hütter voulait rejoindre son futur club Eintracht Francfort en offrant le doublé à Berne. Mais nul doute que la capitale retiendra de l'Autrichien ce titre de champion de Suisse qui vaut bien plus qu'un sacre en Coupe.