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Portraits de jeunesse
par Viviane Vuilleumier
Cette exposition examine les portraits dessinés par le jeune Albrecht Dürer (1471-1528), en se focalisant sur les années de formation de l’artiste, depuis 1490 environ jusqu’à 1496, lorsqu’il termine sa formation artistique et s’établit, en qualité de maître, de manière permanente à Nuremberg, dans le sud de l’Allemagne.
Cette période inclut les années dites « années ambulantes » ou de « campagnonnage » durant lesquelles l’artiste voyagea largement, s’exposant à une série de nouvelles expériences. Dürer n’aura de cesse de modifier le cours de l’art allemand et ses dessins, en particulier, démontrent l’importance de ces influences précoces sur la formation de son ambitieuse personnalité artistique.
Cette exposition réunira de remarquables dessins de Dürer provenant de collections internationales, de même que des œuvres rares de précurseurs et de contemporains qui sont restés peu connus en Grande-Bretagne.
Dürer a initialement suivi avec son père une formation d’orfèvre et, dès son jeune âge,
a montré un don exceptionnel de dessinateur. Se décidant à changer de carrière, il a par conséquent servi d’apprenti pendant trois ans au célèbre peintre de Nuremberg Michael Wolgemut.
Après cette formation, alors que Dürer était au début de la vingtaine, son père l’envoya au loin, et ses années de voyage se révèleront vitales pour son développement intellectuel et artistique. Son itinéraire exact demeure incertain, mais on sait qu’il a visité Bâle et Strasbourg, de même que Colmar, où il a souhaité rencontré le célèbre graveur Martin Schongauer.
De retour à Nuremberg, Dürer épousa Agnes Frey, dont le célèbre portrait par Dürer, intitulé « Mon Agnès » est un élément central de l’exposition. Vers les années 1494-5, Dürer effectue un second voyage, cette fois dans le nord de l’Italie. L’intérêt de l’artiste pour l’art italien et les sujets classiques servent de complément à sa formation aux traditions artistiques nordiques et à ses pratiques d’atelier.
L’exposition trouve son origine dans l’œuvre « Une Vierge sage », propriété de la Courtauld Gallery, un très ambitieux dessin dans lequel le jeune Dürer cherche à surpasser Martin Schongauer, dont il admirait grandement les œuvres. Des exemples de gravures de Schongauer figureront dans l’exposition, à côté de délicieux dessins d’importants personnages qui ont influencé Dürer.
Le revers de « Une Vierge sage » conserve deux remarquables études de la jambe gauche de l’artiste, et l’exposition souhaite également considérer le rôle joué, dans le développement du style ambitieux de Dürer, par l’examen minutieux de son propre corps. Cette section incluera l’Autoportrait d’Erlangen et Trois études de la main gauche de Dürer provenant de l’Albertina de Vienne, parmi d’autres chefs-d’œuvre de l’artiste.
Du 17 octobre 2013 au 12 janvier 2014.
En même temps
Antiquité suscitée : Aby Warburg, Dürer et Mantegna
Le 5 octobre 1905, 300 personnes assistaient à la lecture de « Dürer et l’Antiquité italienne ». L’orateur de 39 ans, fils d’un banquier (1866-1929), deviendra par la suite l’un des plus influents historiens de l’art et théoriciens de la culture du 20e siècle.
Warburg illustra sa lecture par l’affichage de 10 œuvres d’art originales, prêtées pour l’occasion par la Galerie d’art de Hambourg. Parmi celles-ci, un dessin précoce d’Albrecht Dürer, « La Mort d’Orphée », les gravures célèbres « Melancholia I » et « Nemesis », et quatre exceptionnels gravures d’Andrea Mantegna (c.1431-1506).
En exposant exactement les mêmes œuvres, la galerie Courtauld recrée la présentation de Warburg dans le but d’examiner l’influence de sa contribution sur l’étude d’Albrecht Dürer (1471-1528). Cette manifestation est organisée en collaboration avec la galerie d’art de Hambourg, et complète l’exposition principale sus-mentionnée. Aby Warburg consacra sa vie à comprendre la persistance de l’Antiquité classique dans l’art et la culture de la Renaissance.
En plus des œuvres originales prêtées par la galerie d’art de Hambourg à Warburg, l’exposition inclut des documents provenant de l’Institut Warburg, dont la célèbre bibliothèque de recherche a été fondée par Aby Warburg, et qui a émigré peu après l’arrivée au pouvoir du régime nazi, arrivant à Londres le 15 décembre 1933.
Du 17 octobre 2013 au 12 janvier 2014.