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C'est un sacré bonhomme qui est mort dimanche, à Paris, à l'âge de 102 ans : Maurice Nadeau, né avant la Grande Guerre, fut de presque tous les combats qui nous importent : ceux des mots, ceux des idées, ceux des grands mouvements qui ont traversé le siècle. L'écriture, la révolution. Ses amitiés et ses choix le définissent : Georges Bataille, Michel Leiris, Robert Antelme, Arthur Koestler... et André Breton, et Pierre Naville... et le trotskysme (le seul qui vaille : celui du Trotsky proscrit), et le surréalisme. Et l'appel à l'insoumission pendant la Guerre d'Algérie. Maurice Nadeau se sentait mourir « à petit feu », et de cette mort, il parlait avec le sourire, non pour la conjurer, mais peut-être pour l'apprivoiser... Il savait qu'elle allait, forcément, le rattraper, comme elle nous rattrape tous -mais ce point final à sa vie est celui d'une vie dont il serait peut-être le premier à sourire en nous entendant la dire « exemplaire » : la vie d'un homme traversant un siècle sans jamais avoir renoncé à le changer.
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