Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06962.jsonl.gz/1232

CH 2005 100'
Le film de Serge Korber, en totale complicité avec Maurice Béjart, retrace les 20 premières années de son existence, totalement meconnues: sa petite enfance heureuse à Marseille, la perte douloureuse de sa mère, sa formation classique à la dure école russe, la mort de sont père, le philosophe Gaston Berger, les débuts dans la compagnie suédoise de Birgit Cullberg...
Tous ces évènements ont marqué le danseur, le choréographe, l'artiste, le penseur, et ils éclairent d'un jour nouveau son oeuvre.
Né à Marseille en 1927, Maurice Béjart s'était installé à Lausanne en 1987. Figurant parmi les plus grands chorégraphes du 20e siècle, il avait pour ambition de faire de la danse «l'art du XXe siècle.»
«J'ai sorti la danse des salles d'opéra pour l'implanter au Palais des sports, aux Jeux Olympiques, au Festival d'Avignon», aimait-il dire, fier d'avoir fait connaître sa discipline à un large public.
Avec ses yeux d'un bleu perçant, sa carrure de colosse et sa barbichette pointue, Maurice Béjart, qui s'était converti à l'islam en 1973, se sentait investi d'une mission quasi messianique. Conservant la technique classique, il a changé l'esprit de la danse, qu'il a rendue à la fois sacrée et sensuelle.
S'il a révolutionné le spectacle vivant dès sa première création, «Symphonie pour un homme seul» en 1955, Maurice Béjart a aussi permis à ses danseurs de prendre vie et de laisser libre cours à leur sensibilité.
Dénonçant un art «coupé des masses», il a favorisé le remplacement du tutu par le collant et l'irruption du blue-jeans sur scène, sans jamais céder devant la réticence des cercles traditionnels.
Ses réalisations ont fait le tour du monde, mais toutefois sans jamais parvenir à l'imposer dans les pays anglo-saxons. Mais Maurice Béjart a avant tout construit sa carrière en Belgique, où il a dirigé sa troupe durant 27 ans, et en Suisse.
Swissinfo