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Le Belge Greg Van Avermaet (BMC) a gagné en solitaire la 5e étape du Tour de France, entre Limoges et Le Lioran (216 km). Il a aussi endossé le maillot jaune de leader.
Parti dans une échappée en début d'étape, Van Avermaet a lâché son dernier compagnon, son compatriote Thomas De Gendt, à 17 km de l'arrivée. Il s'est imposé avec 2'34 d'avance.
Les principaux candidats à la victoire finale sont arrivés à un peu plus de cinq minutes du vainqueur.
Les deux cols de 2 catégorie placés dans le final de l'étape - le Pas de Peyrol et le col du Perthus - ont provoqué des dégâts parmi le peloton des favoris. Le récent vainqueur du Giro, Vincenzo Nibali, a ainsi été lâché à 30 km du but. Tom Dumoulin et Peter Sagan figurent aussi dans les grands battus du jour, même si le Slovaque ne jouait pas le général.
Alberto Contador et le Suisse Mathias Frank ont cédé une trentaine de secondes dans l'ultime côte de 3e catégorie, dont le sommet était placé à 3 km du but.
Dégâts limités
"C'est mieux que ce que j'espérais, je n'ai pas perdu trop de temps", a estimé le double vainqueur du Tour (2007, 2009). "Je savais que Movistar (l'équipe de Quintana) allait faire la course à fond, je m'y étais préparé. Je vais essayer de récupérer pour les Pyrénées".
Le Massif central a redistribué (provisoirement) les cartes pour le classement général. De ce battage dans la campagne du Cantal rutilante sous le soleil, est sorti un maillot jaune inattendu, Greg Van Avermaet (31 ans), un coureur de classiques qui a toutefois gagné en début de saison Tirreno-Adriatico.
Le Belge a fait le malheur de son compatriote Thomas De Gendt, son dernier compagnon très prodigue de ses efforts comme à son habitude. Dans le col du Pertus (4,4 km à 7,9 %), Van Avermaet a filé tout à la fois vers la victoire d'étape et le maillot jaune.
Large avance
Vainqueur de l'étape de Rodez l'an passé, Van Avermaet s'est imposé sur un terrain qui n'était pas censé lui convenir idéalement. Il dispose désormais d'un avantage de 5'11 au classement sur le Français Julian Alaphilippe et de 5'13 sur Alejandro Valverde.
De l'échappée de neuf coureurs formée après 21 kilomètres, Van Avermaet et De Gendt sont sortis, avec l'Ukrainien Andriy Grivko, dans la traversée de la Corrèze (km 85). La mésentente régnait au sein du groupe qui comprenait Majka, un coéquipier de Sagan logiquement sur la réserve.
Le peloton, sous la conduite de l'équipe du Britannique Chris Froome, a laissé grandir l'écart. Jusqu'à plus d'un quart d'heure! Ni l'équipe du maillot jaune, ni celle d'Alaphilippe, qui pouvait légitimement ambitionner de déloger Sagan, n'ont bougé. La première parce qu'elle était représentée par Majka à l'avant, la seconde sans doute en raison des efforts (passés ou à venir) pour jouer les victoires d'étapes.
Sagan craque
L'allure ne s'est vraiment accélérée que dans les 50 derniers kilomètres. Par l'effet des coéquipiers du Colombien Nairo Quintana, qui ont relayé en tête du peloton les hommes de Froome et réduit très vite l'écart dans le col de Néronne et surtout le Pas de Peyrol.
Le rythme très élevé dicté par l'équipe Movistar a condamné Sagan, à la peine à l'approche du sommet du Puy Mary, tout comme quelques autres coureurs d'importance (Nibali, Landa, Zakarin). Les hommes de Froome ont pris le relais - un ton en deçà - dans le Pertus, à une vingtaine de kilomètres de l'arrivée, sans danger pour les autres coureurs du classement général. Même si le Français Thibaut Pinot a été remarqué à l'arrière du groupe sous les premières chaleurs.
Pour Van Avermaet, le premier Belge à revêtir le maillot jaune depuis Jan Bakelants en 2013, la prochaine étape ne devrait pas poser de problème, sauf accident. Le Tour revient dans la plaine entre Arpajon-sur-Cère et Montauban (190,5 km).
ATS