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Lausanne – Londres
La ligne qui devait passer par Paris...
En 1920, Edouard Pethoud, président de la Commission lausannoise d’aviation, entreprit des négociations avec la société anglaise Handley-Page pour établir une ligne aérienne entre Londres et Lausanne. Grâce à ses efforts et à sa persévérance, cette ligne fut sérieusement envisagée.
Toutefois, le Ministère aéronautique français et la Compagnie des grands express aériens, avertis de ces démarches, firent pression pour bloquer l’affaire, afin que soit privilégiée la ligne Lausanne – Paris. La liaison avec Londres s’effectua donc via Paris, dès l’ouverture de cette ligne, le 28 octobre 1921.
En juin 1922, les horaires furent adaptés de telle manière qu’en prenant l’avion à Lausanne à 9 heures du matin, il était possible d’attraper la correspondance pour Londres. Le voyageur pouvait ainsi effectuer le trajet Lausanne – Londres dans la même journée, ce qui n’était toujours pas le cas pour le trajet inverse. Ce service disparut en même temps que la ligne Lausanne – Paris à la fin de l’année 1922.
Au printemps 1923, les espoirs de rétablir cette liaison s’amenuisèrent, car la compagnie anglaise Handley-Page ouvrit l’exploitation de la ligne Londres – Paris – Bâle, introduisant ainsi une nouvelle liaison entre l’Angleterre et la Suisse.
Handley-Page
Le constructeur aéronautique britannique Handley-Page, fabricant de bombardiers lourds au cours de la Première guerre mondiale, se spécialisa rapidement dans la construction de gros avions de ligne, une fois la paix revenue.
L’un de ceux-ci fut le Handley-Page 0/400, ancien bombardier reconverti en avion de ligne. Géant de l’air, à l’instar du Farman Goliath, il avait une envergure de 30 m. 50 et mesurait 19 m. de long. Muni de deux moteurs Rolls-Royce de 360 CV, il atteignait une vitesse maximale de 155 km/h, une vitesse de croisière de 112 km/h et pouvait transporter 16 passagers. L’équipage était composé de trois hommes: un pilote et deux mécaniciens.
Sur l’initiative d’Edouard Pethoud, directeur de l’école d’aviation Aéro, un appareil de ce type, venant de Paris, atterrit à la Blécherette le 30 août 1920. Une foule importante se rendit à l’aérodrome pour l’admirer. Quelques jours plus tard, lors de l’inauguration du Comptoir suisse, l’avion survola Lausanne en ayant à son bord une délégation du Conseil fédéral, dont le président de la Confédération, Giuseppe Motta, et le président du Gouvernement vaudois, Alphonse Dubuis. Cet avion séjourna trois semaines à Lausanne, ce qui lui fit une excellente publicité. Il partit ensuite pour Neuchâtel et Genève. Tout semblait alors indiquer une ouverture prochaine d’un service Londres – Lausanne.