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Au cours de ces dernières années, des études importantes ont paru, qui insistent sur la place prééminente que la démocratie athénienne accorde dans le courant du IVe siècle au respect des lois. La stabilité du régime démocratique de 403/2, succédant à deux crises politiques très graves qui ont hâté l'effondrement de l'idéologie du peuple souverain au profit d'une conception fondée sur la «souveraineté des lois», repose notamment sur les institutions et les procédures de contrôle qui ont été créées au tournant du siècle pour donner corps à cette nouvelle vision politique. La révision permanente des lois, grâce à l'institution des nomothètes, et leur protection par des mesures spéciales ont joué un rôle considérable dans l'achèvement d'un régime politique fondé sur la suprématie de la loi écrite. Cette vision nouvelle s'oppose à la conception dominante pendant longtemps chez les historiens modernes d'une démocratie en crise pendant le IVe s.
Il importe d'insister sur le fait que ces réformes sont d'abord et avant tout le fruit d'une époque marquée par des crises graves. Il fallait se prémunir contre un retour éventuel des oligarques au pouvoir. En rappelant que seront en vigueur les lois, les poids et mesures de Solon, on insistait sur le fait que le régime politique en vigueur à Athènes serait celui que la tradition a sanctionné. Cette attitude correspond à l'idéologie qui apparaît dans les textes littéraires de l'époque, singulièrement dans les discours. On redécouvrait l'importance des valeurs qui fondaient le régime auquel on était profondément attaché. Les lois devinrent la grande valeur de référence, elles furent placées au-dessus de la cité, hors d'atteinte, du moins dans toute la mesure du possible.
Pour mieux assurer la protection de la législation, les Athéniens se sont efforcés de donner un contenu positif à la distinction entre les lois et les décrets. L'institution de la nomothésie attique a fait l'objet de nombreuses discussions parmi les historiens et il n'y a pas de consensus à son sujet. Parce qu’ils étaient choisis parmi ceux qui ont prêté le serment des héliastes, on a cru que les nomothètes formaient un tribunal populaire et que la procédure suivie était celle en vigueur pour les procès. À l’époque de Démosthène, les nomothètes formaient en fait une assemblée du peuple différée, convoquée par les prytanes et présidée par les proèdres. Elle prenait ses décisions par vote à main levée.
Aristote note que «peuvent être juges tous les citoyens âgés de plus de trente ans, à condition de n’être pas débiteurs du trésor public ou privés de leurs droits civiques». Cette restriction valait aussi pour les nomothètes. Une bonne raison de recruter les nomothètes parmi ceux qui avaient prêté le serment des héliastes était d’empêcher quiconque de convoquer une assemblée d’amis, comme ce fut le cas en ~411 ou en ~404.