Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07263.jsonl.gz/553

La Maison de la Poste, autrefois Maison du Village, est le bâtiment où, depuis le Moyen-âge, se sont déroulées nombre d’activités communautaires. Spirituelles d’abord puisque dès 1453, la chapelle Saint-André, dédiée aux pêcheurs (avec circonflexe!) réunit les croyants. Le 5 octobre 1453 cette chapelle reçoit la visite de l’évêque de Lausanne Georges de Saluces. Cette chapelle, selon les écrits, avait un autel de pierres, une fenêtre qu’on protégeait de toile, un bénitier. Elle fut consacrée le 12 juillet 1497 par l’évêque Aymon II de Montfaucon.
Après la Réforme de 1536, l’autel disparaît. Avec ses bancs et plus tard son pupitre, la chapelle fut utilisée comme lieu de culte occasionnel et surtout comme école et salle de réunion. Le clocher date du XVIIIe siècle. La cloche porte la date de 1769 avec l’inscription: «Chacun a son devoir: soit fidèle de se rendre où ma voix l’appelle». Un coq surmontait le clocher. Il fut remplacé en 1823. Le 1er août 1950, le coq s’effondra, enroulé dans le drapeau suisse. On le découvrit percé de trous faits par des balles « anonymes »: le voisin, artiste-peintre, avait justement son stand personnel dans le pré!
La 1ère mention de «Maison du village» date de 1715. En 1766, on y aménagea une chambre pour les assemblées du Conseil et en 1789 un emplacement pour les Archives. L’école, mentionnée dès 1688, s’est tenue longtemps dans ce bâtiment. Adrien Volet se souvenait de la «classe des petits» au rez-de-chaussée, avec ses tables flanquées de 2 bancs. Une photo de 1887 montre les 35 élèves de la classe de Samuel Emery devant l’école. Jusqu’en 1905, la classe des grands se trouvait au 2e étage. Avec ses 2 lignées de bancs, la salle fut aussi utilisée comme Salle du Conseil, lieu de répétition du chœur d’hommes « La Chorale » et du chœur de dames « Les Coccinelles », enfin comme lieu pour les assemblées. De 1955 à 1960, ce fut la salle de la classe primaire-supérieure de M. Hubert Pasche.
Au nord se trouvait la salle de la Municipalité, local bien enfumé à cause des cigares et du chauffage à gaz. Une armoire renfermait les archives récentes alors que les anciennes archives se détérioraient dans un local humide au rez-de-chaussée dans la rampe d’escaliers. Au sous-sol à gauche, l’échelle des pompiers était entreposée et longtemps les tuyaux de toile furent suspendus sous l’avant-toit à l’est pour le séchage.
Jusque vers 1930, la bonne odeur du pain sortait du four communal au 1er étage, à l’arrière. On entendait battre la pâte dans le pétrin. Les enfants attendaient impatiemment les grands gâteaux au sel ou aux fruits, le pain de ménage et le taillé aux greubons (Mm!). M. Emile Volet utilisa ce four dès 1919 avant d’en construire un autre en face de la boulangerie. Jusqu’en 1856, la fruiterie ou laiterie était située au nord-est, jouxtant le bâtiment de la Poste .
Le 1 avril 1908, le 1er dépôt des postes fut aménagé au rez-de-chaussée et le bureau fut ouvert en 1912, la distribution pouvant dès lors se faire depuis Corseaux. Jusqu’en 1945, le buraliste allait chercher le courrier avec une charrette à la halte du funiculaire située alors au bord de la route du Cyprès. Alfred Delafontaine, malgré une main gauche très handicapée, fut le 1er titulaire du bureau de 1908 à 1943. Puis se succédèrent André Nicolier de 1943 à 1973, Eugène Aubert jusqu’en 1986, Pierre Ducret jusqu’en 1990 puis Herbert et Bernadette Beaud. Depuis 1973, le service de distribution est assuré depuis la Poste de Vevey. Pourvu que le bureau de poste soit maintenu à Corseaux!
Le bâtiment est encore en main communale. En 1905, il avait failli être vendu pour payer une partie du nouveau collège. Heureusement, le don très important remis par le chimiste Félix Cornu permit de régler la facture de la construction sans cette vente. Deux appartements ont été aménagés aux 1er et 2e étages du bâtiment dans les années 1960.
B. Sauvageat
Laisser un commentaire