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Mao Hengfeng, qui se trouvait à l’hôpital pénitentiaire de Shanghai, a été renvoyée chez elle en fauteuil roulant sans que sa famille n’ait été prévenue. Lorsque ses proches l’ont découverte devant leur maison, elle était inconsciente et son état de santé était déplorable. Elle a repris connaissance peu après mais elle était encore trop faible pour parler et se tenir debout.
Selon l’avis de libération officiel, le service chargé de la gestion de la «rééducation par le travail» à Shanghai a décidé de mettre fin prématurément à sa peine car «sa tension [était] extrêmement élevée et elle [devait] être soignée dans un hôpital public ».
Les familles sont souvent rendues responsables des dècès d'anciennes détenues
Préoccupé par l’état de santé de Mao Hengfeng, son époux, Wu Xuewei, a demandé aux autorités municipales de l’envoyer dans un motel voisin, auprès de sa famille, et de la suivre jusqu’à ce que son état se stabilise (à Shanghai, il est déjà arrivé que des détenus meurent plusieurs jours après être rentrés chez eux en très mauvaise santé et leur famille a été tenue pour responsable, sans pouvoir faire traduire en justice la police ni les autorités).
Le 29 juillet, la famille de Mao Hengfeng a tenté de l’emmener dans un hôpital public mais la dizaine de policiers qui montaient la garde au motel n’ont pas autorisé celle-ci à partir. Ils ont dit à sa famille: «Shanghai accueille les 14e championnats du monde de la Fédération internationale de natation (FINA) jusqu’au 31 juillet et, pour des raisons de stabilité sociale, les personnes comme Mao Hengfeng ne sont pas autorisées à sortir.» Maintenant que la compétition est terminée, Mao Hengfeng peut sortir mais demeure sous surveillance.
Torture
Le 31 juillet, son état de santé s’est quelque peu amélioré; elle a commencé à parler et à marcher lentement. Elle a expliqué à Amnesty International que, lorsqu’elle a été emmenée à l’hôpital pénitentiaire de Shanghai le 24 février, elle a été constamment battue dans le véhicule de police jusqu’à l’arrivée. Elle a perdu connaissance pendant environ une demi-heure. À son réveil, elle se trouvait dans un lit d’hôpital et on lui avait prélevé du sang pour des examens.
Après cela, elle a été placée dans une cellule individuelle de l’hôpital. La police a demandé à d’autres détenus de la surveiller quotidiennement. Elle n’était pas autorisée à se lever de son lit, sauf pour aller aux toilettes. Elle ne pouvait pas non plus écrire de lettres, contacter sa famille ni prendre de bain ou de douche. Si elle se déplaçait sans permission, même pour faire le tour de sa cellule, elle était battue.
La direction de l’hôpital a indiqué à un détenu chargé de la surveiller que, s’il avait pitié d’elle et ne remplissait pas correctement sa mission, il verrait sa détention prolongée.
Emprisonnée pour son engagement en faveur de Liu Xiaobo
Mao Hengfeng a été condamnée à 18 mois de «rééducation par le travail» le 4 mars 2010. Le 22 février 2011, contre toute attente, elle a été libérée pour raisons médicales. Le 24 février, elle a été de nouveau arrêtée et emmenée à l’hôpital pénitentiaire de Shanghai pour non-respect des conditions de sa libération. L’état de santé de Mao Hengfeng était déjà précaire lorsqu’elle est arrivée à l’hôpital car elle avait été torturée au camp de «rééducation par le travail».