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Un conseil pour vos prochaines lectures ? Incontestablement le nouvel ouvrage de Pierre Assouline, "Le nageur", un récit inoubliable et poignant.
L'autrice examine les normes sociales qui influencent la perception du vieillissement chez les femmes, en mettant en lumière les inégalités et les discriminations auxquelles elles sont confrontées. Il remet en question les attentes sociétales envers les femmes et explore comment la société accorde moins de valeur aux femmes à mesure qu'elles prennent de l’âge. Il souligne également le double standard auquel elles sont confrontées en matière de vieillissement, par rapport aux hommes qui sont souvent considérés comme plus intéressants, compétents, voire plus séduisants à mesure des années. En mettant en évidence l'invisibilité des femmes qui vieillissent, Amanda Castillo cherche à susciter une réflexion sur l'importance de l'égalité des sexes à tous les stades de la vie. L'ouvrage propose des pistes de réflexion pour changer les mentalités et les perceptions de la société sur le vieillissement féminin, ainsi que des recommandations pour promouvoir une culture inclusive qui valorise les femmes à tout âge. L’essayiste puise de nombreux exemples dans la littérature, dans le cinéma, dans la publicité et s'appuie sur des études sociologiques…Ce qui offre un ouvrage documenté qui fourmille de références qui permettent de poursuivre la réflexion.
Amanda Castillo en examinant le parcours notamment de quatre femmes indépendantes et libres, telles que Benoîte Groult, Lou Andreas-Salomé, George Sand et Dominique Rolin souligne l'importance de reconnaître et de valoriser les contributions des femmes à tous les âges, en mettant en évidence leurs réalisations et leurs luttes pour l'égalité. Il montre grâce à une multitude d'exemples que les femmes peuvent continuer à être actives, influentes et pertinentes, même en prenant de l’âge. Benoîte Groult affirmait jusqu'à son décès à 96 ans "Mon secret de jouvence ? L indépendance"...
Interrogée sur son âge, Amanda Castillo écrit : "Mon silence sur mon âge n'est pas une coquetterie. C'est un geste politique." En refusant de se conformer aux attentes sociales qui imposent aux femmes de révéler leur âge et qui associent la valeur d'une femme à sa jeunesse, Amanda Castillo remet en question les normes établies. Elle affirme que le silence sur son âge est un acte de résistance contre la pression exercée sur les femmes pour qu'elles se conforment à des idéaux de beauté et de jeunesse irréalistes. Ce geste politique vise à remettre en question l'invisibilité et la dévalorisation des femmes à mesure qu'elles vieillissent. En refusant de se laisser définir par son âge, l'autrice revendique son droit à être reconnue pour ses réalisations, ses idées et son expérience, indépendamment de son année de naissance. Un ouvrage sans concession, passionnant et documenté qui ouvre intelligemment à la réflexion et à discussion.
"l'obsolescence de la femme est socialement programmée. L'âge de la retraite chez les mannequins sonne souvent à l'heure où d'autres sont encore sur les bancs de l'université. Chez les actrices, l'apogée de leur carrière se situe entre 24 et 32 ans. Celle d'un acteur s'étale entre 30 ans et 58 ans. À l'écran, cela se traduit par des écarts d'âge aussi navrants qu'invraisemblables dans les représentations du couple. Les vieux acteurs se voient attribuer une partenaire de vingt ans de moins qu'eux (lorsque ce n'est pas trente), tandis que des actrices quadragénaires sont cantonnées aux rôles de grands-mères....
Peintres, sculpteurs, poètes, romanciers et cinéastes sont très bavards lorsqu'il s'agit de nous expliquer ce qu'ils considèrent comme beau ou laid chez une femme. Leurs réponses varient en fonction de l'époque et du contexte culturel. Une chose est constante, cependant. La beauté, c'est d'abord un corps jeune, chaste, vierge. Du moins, c'est ce que leurs statues, leurs peintures, et leurs films nous disent de manière plus ou moins directe. Les oeuvres d'art qui encensent "l'idéal féminin" abondent en métaphores végétales et animales. Les papillons ennuient Vadim qui leur préfère les chrysalides. Chez Picasso, Ronsard et Gainsbourg, les femmes sont souvent des fleurs que l'on jette à mesure qu'elles perdent leurs pétales..."
Sandrine Bourgeois journaliste pour Color my Geneva (tous droits réservés)
Et si les femmes avaient le droit de vieillir comme les hommes d'Amanda Castillo (L'Iconoclaste)
Un conseil pour vos prochaines lectures ? Incontestablement le nouvel ouvrage de Pierre Assouline, "Le nageur", un récit inoubliable et poignant.
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