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Mes articles en lignes commentés
Ensuite, on trouve un article cosigné avec Michel Bassand, mon patron qui m'a été fidèle pendant 10 ans (plus depuis que j'ai attaqué son concept tourainien de "société post-industrielle" que je trouvais malhonnête) et qu'on avait rédigé ensemble à l'occasion du cours de 3ème cycle romand de sociologie que j'avais organisé à Yverdon : "Dynamique des réseaux et sociétés" qui a été publié dans la revue "Flux".
La même année (1993 fut une année très créative), j'ai publié 3 articles autour d'un colloque que j'avais organisé avec la société suisse des informaticiens - le premier colloque suisse tenu en anglais ! - Computer Science, Communications and Society: a Technical and Cultural Challenge, dont les actes avaient été publiés (on devrait en retrouver encore des exemplaires au département d'informatique de l'université de Zürich). J'avais fait la conférence inaugurale avec ce texte "Reality of virtuality" et sa version française "La réalité de la virtualité" avant de passer la parole à Ricardo Petrella qui avait accepté de "venir danser" pour nous (selon sa propre expression). La revue des informaticiens suisses m'avait demandé, à l'issue de colloque, de lui rédiger un article de mon choix autour de cette thématique, et j'ai rédigé cette réflexion "Est-on sûr que 1984 est vraiment derrière nous?" Bien évidement non ! et je ne savais pas encore, à l'époque que le Web moderne venait de naître avec le langage HTML... J'avais aussi résumé un certain nombre de ces idées dans le bulletin du CREIS, en novembre 1995, sous le titre "Réalités virtuelles et multimédia: vérités construites et rêves éveillés". La même année encore et toujours, un petit billet préparé à l'invitation de la DG12 (ou 13 ?) qui à ma connaissance n'a jamais été publié : Toward the Urbanization of a European Cyberspace.
Comme je travaillais dans un département d'architecture comme sociologue, je me suis dit, toujours dans cette même année 1993, que la révolution du web qui était en train de naitre ne pouvait pas ne pas intéresser les architectes et surtout les urbanistes, et j'étais persuadé que l'Internet allait bouleverser la société. Bien que considéré comme un joyeux rêveur pour oser penser des trucs aussi farfelus, j'ai rédigé cet article qui n'a pu être publié qu'en 1996 chez Lang dans un ouvrage collectif («La ville virtuelle. L'urbain à l'heure des autoroutes de l'information », grâce à Christophe Jaccoud qui s'était porté volontaire pour en faire l'édition. Onze ans après sa rédaction, une revue québéquoise (Magazine électronique du CIAC) m'a honoré d'un article et d'une entrevue à ce sujet pour son numéro spécial sur le virtuel. J'ai toujours été un peu visionnaire, et donc toujours un peu en avance sur mon temps, ce qui est un sérieux handicap car l'entourage a tendence à vous en vouloir d'avoir eu raison avant lui. Il a fallu que j'organise un colloque spécial sur ce thème des "TIC" et de la ville avec un psychologue yungien de l'urbain pour ce domaine de recherche trouve un intérêt, certes limité, auprès de la communauté scientifique. La conférence que j'y ai donnée en ouverture, dans ce superbe site de Montevérita au Tessin, a donné lieu à plusieurs publications, l'une dans la Revue Economique et Sociale sous le titre "L'information, sa transmission et la ville", et l'autre chez l'Harmattan, dans un Numéro spécial de la revue Terminal, sous un titre devenu plus célèbre: "De l'urbanisation à la glocalisation"; vous lisez bien, il n'y a point de faute d'orthographe ici, je ne parlais pas de gloBalisation mais de gloCalisation. J'avais ré-inventé un nouvel usage de ce concept d'origine japonaise pour caractériser l'effet des technologies de l'information sur l'aménagement du territoire. Je définissais la "glocalisation" du territoire, que je présentais comme une potentielle nouvelle phase de l'évolution urbaine, comme: "le processus double par lequel la ville se décharge de sa fonction de production, d'échange et de traitement de l'information en la déplaçant dans le cyberespace, tout en développant, conséquemment, de nouvelles formes d'organisations socio-spatiales au niveau local." Suite de quoi le concept est tombé dans l'oubli comme moi au chômage sec. Dix ans plus tard, c'est l'université de Leibzig qui m'a invité à faire une conférence sur ce thème à l'occasion de l'ouverture de son université d'été.
Guy-Olivier Segond ("ministre" genevois d'alors) est venu me repêcher à l'office cantonal de l'emploi pour me faire travailler sur son projet fou (en fait pas si fou que ça... dix ans plus tard Swisscom dit qu'elle va s'y mettre) de "Smart Geneva", un projet devant câbler en fibre optique l'ensemble du canton de Genève afin d'offrir la large bande à tous quidam. J'avais fait évaluer cette idée par un certain nombre de spécialistes des TIC à l'époque :
- - Philippe Breton, un précurseur dans la pensée philosophique autour de l'ordinateur (il a décroché à l'avènement de l'Internet pour s'intéresser à autre chose - comme moi il préfère les terres vierges aux plages à la mode),
- - Pierre Lévy (un autre précurseur de la pensée sur les TIC qui s'est exilé au Canada comme bien d'autres chercheurs trop menaçants pour la sécurité des mandarins universitaires suisses ayant largement dépassé le seuil de l'incompétence sans pour autant perdre leur pouvoir),
- - Joël de Rosnay, coqueluche de nombre de banquiers privés genevois de l'époque, biologiste de carrière mais spécialiste de l'Internet aussi, que j'ai eu par téléphone un peu rapidement (il était très pressé...),
- - Alain Tourraine qui s'était subitement improvisé spécialiste de la question, dans son désir inassouvi et pressant de devenir LE sociologue d'Etat français,
- - Jacques Neyrinck, dinausore de l'EPFL aujourd'hui à la retraite, et qui vient de rempiler au Conseil National.
Les autres articles que j'ai publiés sur les technologies de l'information sont des reprises et n'apportent plus grand'chose de neuf. Avec le chômage j'ai débranché de la thématique; là où j'avais du plaisir à être précurseur, explorateur, éclaireur je me suis retrouvé face à tous les collègues déjà confortablement installés qui arrivaient, tardivement, à se "placer", à se "positionner" sur la thématique. Le professeur Murat Kunt me disait que l'histoire ne se souvient que des premiers, jamais des segonds ou des troisièmes... ce qui n'est en fait pas tout à fait exact, car trop souvent les premiers sont évincés et vite oubliés par les armées de César à qui les éclaireur ont ouvert le chemin. M'intéressant déjà à d'autres choses (l'ethnopsychiatrie par exemple) j'ai encore répondu aux demandes de certaines institutions académiques qui me croyaient encore "professeur à l'EPFL", comme la Société genevoise de physique pour laquelle j'ai rédigé et publié dans Archives des sciences un article intitulé "Force et fragilité de la société de l'information", et dont je ne retrouve même plus le fichier.
(à suivre...)
en travaux