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Bursins, 773 habitants, à deux pas de Rolle. Des vignes un peu partout aux alentours et une échappée sur le Léman. A deux pas du cœur du village, tout proche de son terrain de football, son cimetière. C’est là que repose Peter Ustinov, écrivain, comédien, metteur en scène, scénariste ou encore producteur de cinéma. Sa tombe, impossible de la rater. C’est la plus grande. Elle est en marbre rouge avec une inscription en français et en anglais: Sir Peter Ustinov - 1921 - 2004, Writer-actor-humanist et, en dessous, Musicien-Membre de l’Institut.
Un incroyable talent
Bon vivant, éternel pitre et homme aux talents multiples, le «baron» Peter Alexander von Ustinow - il a été annobli par la reine d’Angleterre en 1990 - naît en 1921 à Swiss Cottage, un quartier londonien. D’un père d’origine allemande et russe et d’une mère artiste-peintre d’ascendance russe, française et vénitienne.
Dans les années 30, après avoir suivi des études prestigieuses, il intègre le Player’s Theatre où il élabore ses premiers sketches satiriques. Puis, il suit des cours de théâtre et commence une carrière d’acteur dramatique. Très tôt, il fait preuve d’un incroyable talent et enchaîne les succès. Au cours de ses quelque 60 ans de carrière, il va ainsi interpréter des rôles aussi divers que l’empereur Néron ou le célèbre détective belge Hercule Poirot, dans plusieurs adaptations au cinéma des romans d’Agatha Christie. En outre, il reçoit deux Oscars de meilleur second rôle pour les films Spartacus et Topkapi dans les années 1960.
Parlant et écrivant couramment plusieurs langues dont l’anglais, le français, l’italien, l’allemand et le russe, il intervenait aussi régulièrement dans le doublage de ses propres films pour leurs versions autres qu’anglaises. Cet érudit polyglotte, qui portait souvent un regard caustique sur le monde, aimait la Suisse, notamment la région des Diablerets. Mais c’est la proximité de l’Institut Le Rosey où sont allés ses enfants après son divorce, en 1957, qui l’a finalement attiré à Bursins où il possédait quelques arpents de vigne. Peu avant de mourir, en 2004, il a dit: «La vie est très courte et c’est une bonne chose. Prolonger l’existence n’est pas une très bonne idée. On ne pense jamais aux enfants et aux petits-enfants: un grand-père qui ne veut pas mourir, ça infecte la vie!»