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Actuellement, le réchauffement climatique atteint 1° C. Cela suffit à provoquer des vagues de chaleur, de froid ou de sécheresse, des pluies violentes, des cyclones de plus en plus puissants et des feux de forêt meurtriers. Tous ces phénomènes approfondissent les inégalités sociales déjà criantes.
Dans le sillage de la COP21, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a été chargé de rédiger un rapport spécial sur les scénarios de stabilisation permettant de maintenir le réchauffement climatique à 1,5° C au maximum. Ce rapport va être publié le 8 octobre afin d’éclairer les négociations de la COP24 en novembre. Celle-ci est censée combler le fossé entre les objectifs théoriques de l’accord de Paris et les projections basées sur les «Plans climat nationaux». Pour rappel, ces projections mettent en perspective un réchauffement de 2,7° C à 3,7° C d’ici à la fin du siècle, soit le double de l’objectif théorique.
Le rapport spécial insiste sur le fait qu’un réchauffement inférieur à 1,5° C réduit significativement les risques par rapport à un réchauffement de 2° C. dans le scénario 2° C, 781 millions d’êtres humains seraient victimes chaque année de vagues de chaleur et de sécheresse sévères; dans le scénario 1,5° C, ce nombre serait réduit à 455 millions… Ces deux exemples en attestent: même limité à 1,5° C, le réchauffement aura des impacts très sérieux.
Sur le plan social, le GIEC met en garde: les populations humaines les plus exposées sont «les individus et les communautés qui subissent une pauvreté multidimensionnelle, des vulnérabilités persistantes et diverses formes de privation et de désavantages», notamment les personnes «qui vivent dans les communautés côtières, celles qui dépendent de l’agriculture, les pauvres urbains, et les personnes déplacées». Les communautés indigènes, les femmes les enfants, les personnes âgées et handicapées sont particulièrement exposées, leurs «droits humains» sont en jeu, «y compris les droits à l’eau, à un abri, à la nourriture, à la santé et à la vie».
L’économie mondiale consacre beaucoup plus d’argent aux énergies fossiles qu’aux actions d’économie d’énergie et aux renouvelables. Deux cent cinquante milliards d’euros ont été investis dans le charbon depuis la COP21 par les 120 plus grosses entreprises du secteur et même les investissements dans les énergies renouvelables ont baissé de 23% en 2016.
Nous devons nous saisir de ce rapport pour dénoncer le rôle de l’industrie fossile et faire pression sur les institutions publiques et financières pour qu’elles rompent avec les entreprises charbonnières, gazières et pétrolières et du système financier.
Les sociétés transnationales sont coresponsables du changement climatique, mais aussi de la violation systématique des droits humains et de la génération d’un nombre important de conflits environnementaux. A Genève, plus de 100 délégué-e-s seront présents du 13 au 20 octobre afin de lutter pour un Traité de l’ONU contraignant convoquée pour la cinquième année par la «Campagne globale pour revendiquer la souveraineté des peuples, démanteler le pouvoir des transnationales et mettre fin à l’impunité».
Conférence/débat: ve. 12 octobre à 18 h 15, Uni Mail, Salle MR060, Genève, avec Daniel Tanuro (agronome et auteur de L’impossible capitalisme vert), Mohamed Hakech (FNSA, syndicat paysan au Maroc, membre de Via Campesina et de la Campagne globale); événements en lien: Marche pour le climat, sa. 13 octobre à 13 h 30, zone piétonne du Mt-Blanc; semaine contre l’impunité des multinationales, du 13 au 20 octobre à Genève: rens.: bit.ly/2QpohOC