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Staline versus Néo-socialisme
Mes détracteurs m'ont régulièrement accusé d'être en faveur du « socialisme réellement existant », c'est à dire d'un retour à l'URSS stalinienne. C'est pourquoi aujourd'hui je publie la démonstration théorique que mes thèses sur le néo-socialisme ne sont en rien semblable au stalinisme. L'économie planifiée stalinienne, autrement dit le capitalisme d’État (cf. André Gorz), n'a en effet rien de commun avec mon modèle d'économie planifiée mixte, à cheval entre l'économie DES marchés (cf. Serge Latouche), le socialisme utopiste (cf. Babeuf ou Cadet), la social-démocratie contemporaine, et le marxisme réformiste.
Centralisation économique vs Décentralisation économique
Le stalinisme se caractérisait par une centralisation marquée de la prise de décision économique (de la planification). En conséquence, Hayek pointe le manque d'information qui en découle. Dans le néo-socialisme, cette défaillance est corrigée par une décentralisation de la planification économique, qui se fait à l'échelle la plus locale possible.
Économie planifiée sur-étatisée vs Économie planifiée mixte
Même dans l'URSS existait encore un libre marché pour 5% des producteurs agricoles. Malgré tout, l'énorme majorité de la production et de la distribution était effectuée par l’État. Certains secteurs de petites tailles sont pourtant plus efficients lorsqu'ils restent sous contrôle privé, sans pourtant devenir anti-sociaux ou anti-démocratiques pour autant. C'est pourquoi, dans le néo-socialisme, les petites entités économiques peuvent rester sous contrôle privée (même si un contrôle étatique reste éventuellement souhaitable, ainsi qu'une organisation du travail fondée sur l'autogestion).
Centralisation politique vs Décentralisation politique
Le modèle stalinien est fortement politiquement centralisé, avec comme conséquence que les décisions politiques sont prises avant tout par l’État central, affaiblissant ainsi l'autonomie individuelle et collective, et faussant la planification économique. Le néo-socialisme distribue les compétences par degré d'échelles en partant du village ou du quartier et en remontant jusqu'à la fédération (ou la confédération), permettant une juste prise en charge collective de soi-même.
Spécialisation de la production par région vs Autosuffisance locale
L'économie planifiée stalinienne organisait sa production à partir d'une chaotique et improductive spécialisation par région. Avec l'augmentation future des coûts des transports du à la raréfaction des ressources et par conséquent la baisse des échanges commerciaux, il est nécessaire au contraire de relocaliser notre production économique. C'est pourquoi le néo-socialisme organise les sociétés humaines en maximisant leur autosuffisance collective et individuelle (par le développement de l'autoproduction), et donc en maximisant leur autonomie. Ce qui ne veut certainement pas dire qu'une approche d'autosuffisance régionale ne soit pas souhaitable en complément. Il s'agit donc ici d'une nouvelle division du travail collective et individuelle.
Organisation autoritaire du travail vs Organisation autogestionnaire du travail
Les entreprises étatiques soviétiques organisaient le travail avec un management autoritaire niant la liberté de l'individu et son autonomie. Le néo-socialisme, au contraire, organise le travail par la prise décision collective (autogestionnaire) de la coordination des activités productives par les travailleurs eux-mêmes. Lorsque cela est possible, il est souhaitable qu'un tournus des fonctions s'effectuent, principalement entre travailleurs et coordinateurs.
Autoritarisme totalitaire élitiste vs Démocratie exemplaire
Alors que le modèle stalinien était caractérisé par un autoritarisme écrasant non respectueux des libertés individuelles et par une concentration des pouvoirs parfaitement élitiste, le néo-socialisme propose lui de mettre en place une véritable démocratie populaire, citoyenne, et directe. Cette démocratie exemplaire est composée : d'un premier niveau locale fonctionnant en assemblées populaires et délibérant par consensus ou par démocratie directe, et d'un second niveau multiple de délégation politique fondée sur le tirage au sort et l'élection à la proportionnelle (auquel on adjoint les outils de la démocratie représentative semi-directe). Les libertés et droits civiques et politiques seraient bien entendu assurées.
Impérialisme vs Localisme
Les soviétiques pensaient que pour que leur modèle survive il leur fallait une révolution mondiale. A cause de cela, ils gaspillèrent énormément de ressources à tenter de concrétiser leur domination par une politique impérialiste. Le néo-socialisme n'a nul besoin de révolution mondial ! C'est un modèle concret et fonctionnel qui peut être mis en place localement, régionalement, ou sur un plan fédéral (national). Il peut fort bien fonctionnellement s’accommoder d'échanges avec d'autres régimes capitalistes. Attention, cela ne signifie pas que le renversement mondial du capitalisme ne soit pas souhaitable sur un plan axiologique, simplement le néo-socialisme n'en a pas besoin pour fonctionner.
Productivisme vs Anti-productivisme
Le stalinisme était productiviste et inconscient des limites de la biosphère. Au contraire, le néo-socialisme a à cœur d'employer l'outil de la planification démocratique décentralisée afin de procéder à une limitation de l'impact écologique des activités humaines au-dessous des capacités régénératives de la Terre.
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Staline versus Néo-socialisme
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Théorie néo-socialiste de la démocratie
Ou comment organiser une société afin de maximiser la liberté, l'égalité, et l'autonomie de l'individu.
I. Démocratie (Liberté/autonomie) spatiale
Les conditions nécessaires à l'autonomie et l'indépendance de l'individu passent par l'établissement d'une société décentralisée et relocalisée au maximum possible. La décentralisation et la relocalisation des activités humaines (notamment politiques et économiques) permet de construire une liberté réelle pour la société et les individus. La décentralisation et la relocalisation induisent une autosuffisance collective maximale et une autosuffisance individuelle (capacités d'autoproduction) minimale, en tout cas au niveau des besoins fondamentaux. Une société relocalisée est une société à taille humaine où les liens sociaux sont renforcés, c'est donc une société conviviale. La décentralisation politique et économique signifie une organisation de la société contre-pyramidale, en partant de sa base, avec une division par degré d'échelle (quartier ou village, commune, canton, et fédération) du niveau de prise de décision.
La démocratie spatiale est une première condition fondamentale à toute construction sociale visant à maximiser l'autonomie et la liberté de l'individu.
II. Démocratie (Liberté/autonomie) populaire
Grâce à la décentralisation et à la relocalisation, on peut tendre vers la démocratie directe par l'instauration généralisée d'assemblées populaires de quartiers ou de villages (c'est à dire de petites entités politiques). La démocratie directe permet de donner directement au peuple la possibilité de décider des décisions collectives qui le touchent justement directement, sans passer par une délégation de sa souveraineté politique. A ce niveau d'échelle, un fonctionnement de prise de décision par consensus est envisageable.
La démocratie populaire établit un degré basique de liberté et d'autonomie pour la société et l'individu.
III. Démocratie (Liberté/autonomie) citoyenne
Dans le cas (probable) où des espaces communs de prise de décision politique subsistent à une échelle supérieure à celle de la plus petite entité politique (ceci malgré la décentralisation et la relocalisation maximale possible), alors il faut passer par un processus de délégation politique. La démocratie représentative semi-directe (système helvétique) doit alors être combinée à la démocratie athénienne (par tirage au sort). 50% des députés doivent être élus, et 50% doivent être tirés au sort. Les outils de la démocratie directe (droit d’initiative populaire et droit de référendum) restent bien entendu en place. Le tirage au sort (sur la base du volontariat et du parrainage citoyen) permet d'éviter que les plus riches, ou que les orateurs les plus talentueux ou les plus charismatiques, ne soient systématiquement élus. Il règle le problème de l'élitisme qui est caractéristique de nos sociétés contemporaines où le pouvoir politique est concentré dans quelques mains.
La démocratie citoyenne est un rouage essentiel de l'organisation sociale pour corriger le système politique contemporain et ses déficiences, et fonder une véritable égalité politique.
IV. Démocratie (Liberté/autonomie) économique
La seule structure économique soumise à la démocratie (à la prise de décision collective) étant l'outil étatique, l'économie privée est étatisée (socialisée). Seules les petites entités économiques restent sous contrôle privé. La planification démocratique et décentralisée définit ce qui est nécessaire à l'accomplissement du bonheur collectif et individuel. Toutefois la planification démocratique de la production des grandes structures étatiques se fait à partir de la libre production privée des petites entités. La production des petites entités privées restent néanmoins soumises à une planification possible et à un contrôle démocratique sur leurs activités. C'est le principe d'une économie planifiée mixte : au lieu d'avoir une production privée et publique dans un système d'économie de marché, on instaure une production privée et publique dans un système d'économie planifiée.
La démocratie économique permet d'en finir avec la domination d'une minorité possédante (moyens de production, capitaux, et fortune) sur une majorité non possédante. Par la démocratie économique, la majorité se réapproprie son droit à s'autodéterminer (égalité économique) et acquiert la liberté de jouir d'elle-même sans devoir se vendre aux possédants. Par ailleurs, l'expropriation capitaliste par la plus-value est ainsi stoppée, au profit d'un véritable partage des bénéfices du travail.
V. Démocratie (Liberté/autonomie) sociale
Les activités humaines socio-économiques se fondent sur le modèle de l'autogestion égalitaire (égalitarisme relatif). L'autogestion définit un tournus des tâches dans l'organisation du travail, et une prise de décision collective dans les choix économiques. Par l'autogestion de l'organisation du travail, on s'assure qu'une prise de décision partagée, directe, et collective (donc démocratique) soit toujours en place dans la société, quelle que soit la structure concernée. Bien entendu, cette mesure protège évidemment en premier lieu les travailleurs des petites entités privées.
La démocratie sociale est une sorte de garde-fou démocratique pour préserver les droits des travailleurs de toute dérive (égalité sociale).
VI. Démocratie (Liberté/autonomie) écologique
Les activités humaines sont fondées sur le principe d'auto-limitation et de simplicité volontaire.
L'impact écologique des activités humaines ne doit pas dépasser les capacités régénératives de la biosphère. La planification démocratique s'assure donc que ces principes sont respectés, car toute l'organisation de la société dépend de ceux-ci. En effet, la liberté humaine et son autonomie ne sont possibles que si son environnement se maintient de manière pérenne.
La démocratie écologique est la condition non négociable à toute construction collective et politique.
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Comme on peut le voir, dans le néo-socialisme, la démocratie amène à l'autonomie/indépendance, qui amène à la liberté, qui amène à l'égalité pour parvenir à l'harmonie collective, individuelle et écologique.
Au final, ces grands principes axiologiques, que sont la démocratie, la liberté, l'autonomie et l'égalité, s'équivalent.
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- Graphique schématisant les 6 principes fondamentaux du Néo-Socialisme -
https://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/10/22/principes-fondamentaux-du-neo-socialisme.html
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Économie néo-socialiste
Document appelé à évoluer
Il n'y a pas de dépassement du capitalisme possible, pas de solutions aux crises que traversent l'Europe, pas de solution à la crise écologique, sans une économie planifiée.
Comme il existe un grand nombre de modèles de capitalisme (du capitalisme social-démocratie au capitalisme ultra-libéral), il existe de même de nombreux modèles d'économie planifié.
Deux critiques faites à l'encontre de l'économie planifiée ne manquent pas de justesse et c'est pourquoi elles appellent des réponses :
- A la critique de Hayek sur l'incapacité des structures étatiques à accéder à l'information à temps, on répondra par une nécessaire décentralisation spatiales et économiques (logistiques).
- A la critique général sur le caractère contraignant de l'économie planifiée, on répondra par une économie mixte et démocratique.
Le modèle d'économie planifiée que je soutiens s'inscrit donc (et c'est essentiel) dans mes 6 principes fondamentaux du néo-socialisme :
https://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/10/22/principes-fondamentaux-du-neo-socialisme.html
Le néo-socialisme doit rompre avec le socialisme scientifique (le marxisme classique et ses dérivées léninistes, trotskistes, maoïstes, cubains et même néo-marxistes), aussi bien que du socialisme utopiste trop communautariste.
Le dépassement de la social-démocratie est induite par la logique du dépassement du capitalisme.
Le modèle d'économie planifiée néo-socialiste est un modèle mixte :
Les grandes structures économiques (nécessaires à la bonne marche de l'économie, puisque les autres grandes structures sont décentralisées) sont sous contrôle étatique/collectif, mais les petites entités (paysans, artisans, indépendants, petits producteurs, etc.) restent sous contrôle privé.
La liberté d'entreprendre subsiste donc. Toutefois, le principe d'autogestion égalitaire (égalitarisme relatif s'entend) assure un fonctionnement démocratique dans ces petites structures privées. De plus, l'intervention étatique/collective tend à contrôler l'activité économique privée pour éviter tout abus.
La planification (décentralisée) doit prendre d'abord en considération la production (libre) des petites entités privées, et ensuite, définir la production des grandes structures économiques collectives.
Le crédit n'est accessible que par les banques (décentralisées), soumises au contrôle collectif (démocratique) évidemment.
L'économie sert essentiellement à combler les besoins des individus, ou leurs envies immatérielles. Les envies matérielles sont soumises au principe d'auto-limitation (démocratie écologique), ce qui ne veut pas dire qu'elles soient in-envisageables dans l'absolu, mais qu'elles doivent être écologiquement réfléchies (principe utilitariste à mon sens).
Les prix sont fixés en fonction de la quantité de travail (présente et passée) contenu dans chaque production.
L'économie est centré sur son développement interne (intérieur) : elle tend vers une autosuffisance de la production fondamentale. L'auto-production individuelle est donc encouragée (nouvelle division du travail). Le protectionnisme peut aussi être souhaitable selon les cas.
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Comme on peut le voir, une économie néo-socialiste est un équilibre qui respecte l'individu sans toutefois permettre à certains de péjorer la collectivité.
Avec ses 6 principes démocratiques, elle résistera à toute tentation autoritaire ou élitiste.
Il est temps d'être un peu ambitieux si l'on veut en finir avec notre capitalisme archaïque, incapable d'assurer l'avènement d'une véritable société du bonheur !
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Principes fondamentaux du Néo-Socialisme
- Proposition idéologique
I. Démocratie (ou Liberté/autonomie) spatiale
Les conditions nécessaires à l'autonomie et l'indépendance de l'individu passent par l'établissement d'une société décentralisée au maximum possible. La décentralisation (relocalisation) des activités humaines (notamment politiques et économiques) permet de construire une liberté réelle pour la société et les individus. La décentralisation induit une autosuffisance collective maximale et une autosuffisance individuelle (capacités d'autoproduction) minimale, au niveau des besoins fondamentaux.
II. Démocratie (ou Liberté/autonomie) populaire
Grâce à la décentralisation, on peut tendre vers la démocratie directe par l'instauration généralisée d'assemblées populaires de quartiers ou de villages (c'est à dire de petites entités politiques).
III. Démocratie (ou Liberté/autonomie) citoyenne
Dans le cas (probable) où des espaces communs de prise de décision politique subsistent à une échelle supérieure à celle de la plus petite entité politique (ceci malgré la décentralisation maximale possible), alors il faut passer par un processus de représentation politique. La démocratie représentative semi-directe (système helvétique) doit alors être combinée à la démocratie athénienne. 50% des députés doivent être élus, et 50% doivent être tirés au sort. Les outils de la démocratie directe restent bien entendu en place.
IV. Démocratie (ou Liberté/autonomie) économique
La seule structure économique soumise à la démocratie étant l'outil étatique, l'économie privée est étatisée ; seules les petites entités économiques restent sous contrôle privé.
La planification démocratique définit ce qui est nécessaire à l'accomplissement du bonheur collectif et individuel, toutefois la planification se fait à partir de la libre production privée des petites entités.
C'est le principe d'une économie planifiée mixte.
V. Démocratie (ou Liberté/autonomie) sociale
Les activités humaines socio-économiques se fondent sur le modèle de l'autogestion égalitaire (égalitarisme relatif).
L'autogestion définit un tournus des tâches dans l'organisation du travail, et/ou une prise de décision collective dans les choix économiques.
VI. Démocratie (ou Liberté/autonomie) écologique
Les activités humaines sont fondées sur le principe d'auto-limitation et de simplicité volontaire.
L'impact écologique des activités humaines ne doit pas dépasser les capacités régénératives de la biosphère.
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Comme on peut le voir, dans le néo-socialisme, la démocratie amène à l'autonomie/indépendance, qui amène à la liberté, qui amène à l'égalité pour parvenir à l'harmonie collective, individuelle et écologique.
Au final, ces grands principes axiologiques, que sont la démocratie, la liberté, l'autonomie et l'égalité, s'équivalent.