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Agriculteur de profession, Raphaël Rimaz est conseiller général à Domdidier de 1982 à 1986, puis il est élu conseiller communal en 1986 comme représentant du Mouvement d’action communale (MAC). Son élection au Conseil d’Etat viendra interrompre ce mandat cette même année.
Raphël Rimaz est député du district de la Broye au Grand Conseil entre 1981 et 1986, année de son élection au Conseil d’Etat lors d’un second tour qui l’oppose au radical Gérard Ducarroz. Au Grand Conseil, il se signale par de nombreuses interventions en faveur de l’agriculture, dont des démarches en faveur de familles menacées d’expulsion de leur ferme, mais aussi pour l’abaissement à 20 ans de l’âge d’éligibilité au Grand Conseil, pour la prise en compte des partis n’ayant pas eu d’élus à la première répartition des sièges lors de l’élection du Grand Conseil et pour une meilleure représentation féminine au sein des commissions cantonales. Il préside la commission chargée d’examiner le projet de révision de la loi sur le maintien de la propriété foncière rurale. Il fut également président cantonal du PAI-UDC de 1975 à 1987.
La Direction de la Justice, de la Police et des Affaires militaires lui est confiée. Il siège au Gouvernement cantonal jusqu’en 1996. Il le préside en 1992. « Le magistrat reste fidèle au paysan », résume La Liberté après ses 100 premiers jours de fonction.
La Direction de la Justice, de la Police et des Affaires militaires n’était pas celle qu’il aurait souhaité obtenir. Cela ne l’a pas empêché de conduire de nombreuses révisions de textes législatifs importants pendant ses deux législatures au Gouvernement. C’est ainsi qu’il fait adopter par le Grand Conseil la loi sur l’assurance obligatoire du mobilier contre l’incendie (1988), la suppression de la justice militaire cantonale (1988), la loi révisée sur la police cantonale promise depuis longtemps (1990), la loi sur les établissements publics (1991), la loi sur les appareils et les salons de jeu (1994), la loi d’application de la loi fédérale sur la protection des données (1994), la loi sur l’exercice du commerce (1995), la loi sur les Etablissements de Bellechasse (1996), la loi instituant un fonds pour la lutte contre la toxicomanie (1996), la réforme du Code de procédure civile et du Code de procédure pénale réglant ainsi, entre autres, les principaux droits et devoirs des détenus et les mesures de contrainte (1996). Il fait également aboutir le statut autonome de l’Office de la circulation et de la navigation permettant une gestion administrative modernisée et financièrement plus intéressante pour l’Etat. Il fait également adopter un décret pour le financement du bâtiment de commandement et d’instruction de la caserne de la Poya à Fribourg (1989). Il fut président de l’Etablissement cantonal d’assurance contre l’incendie (ECAB) pendant ses dix ans d’appartenance au Gouvernement cantonal.
Sa participation à une manifestation en faveur d’un requérant d’asile turc, établi depuis longtemps et professionnellement bien intégré, lui vaut la sympathie de l’opinion (mai 1988).
Son engagement pour la cause agrarienne le conduit à être candidat au Conseil national en 1979 et 1995 (il arrive en tête), mais son parti n’obtient pas de siège. Il en est de même en 1983 (2e suppléant, Joseph Cottet étant élu). Il est encore juge au Tribunal de son district. Des tentatives d’élection au Conseil communal de Domdidier échouent en 2006 et 2011. Il voulait rendre service à sa commune.
On retiendra qu’il fut un « magistrat intègre, bûcheur et humain », comme La Liberté l’écrivit au lendemain de sa brillante réélection en 1991.
Extrait de : "Le Conseil d'Etat fribourgeois : 1848-2011"