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au fil du temps
Un métier qui s’apprend
Depuis l’apparition du métier, la majeure partie de la main-d’œuvre horlogère est formée auprès de maîtres d’apprentissage ou dans le cadre familial. Cependant, Fleurier a également abrité pas moins de trois écoles d’horlogerie au cours de son histoire. La première est fondée en 1851, grâce à l’initiative d’un généreux donateur. Malgré les avantages qu’elle dispense, l’école est confrontée à des difficultés d’organisation qui l’empêchent de répondre à l’objectif philanthropique du donateur. Après dix ans, ce dernier abandonne son projet.
Une deuxième école est créée par la Municipalité en 1875 pour faire face au besoin de main-d’œuvre qualifiée découlant du processus d’industrialisation. Il faut alors former des gens capables d’organiser les ateliers de production. A la fin du XIXe siècle, une filière mécanique s’ajoute à la formation horlogère et un nouveau bâtiment est construit. L’école poursuit son développement jusqu’à ce que la crise mondiale ne l’emporte en 1936.
Une classe renaîtra dès 1953, sous l’égide de la Société des fabricants d’horlogerie. Elle formera des horlogers praticiens durant trente ans, avant de fermer ses portes en 1985, en pleine crise horlogère, faute d’effectifs.
Bonnes intentions
C’est à un industriel… du coton que le village doit sa première école d’horlogerie. Expatrié à Mulhouse, Edouard Vaucher entend contribuer à la prospérité de son village natal. L’école qu’il fonde en 1851 formera des horlogers complets. Le projet prévoit que les jeunes issus de familles pauvres puissent bénéficier d’une formation gratuite, ce qui n’était pas d’usage. Mais l’école est d’emblée confrontée à la difficulté de recruter tant les apprentis que les enseignants. Avec le système de l’établissage, le secteur embauche massivement des ouvriers non qualifiés et les familles pauvres préfèrent envoyer leurs enfants au travail plutôt qu’à l’école. En 1861, l’école ferme et le bâtiment accueille alors le musée de Fleurier, puis la bibliothèque communale. L’annexe néoclassique de 1883 a été détruite en 1976.