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Titre: La civilisation des mœurs
Titre original: Über den prozess der zivilisation
Auteur: Norbert Elias
Éditeur: Calman-Lévy 1973 collection Pocket (1969 seconde édition originale)
Pages: 509
Difficile pour un simple étudiant de s'attaquer à l'une des œuvres de sociologie les plus connues et les plus appréciées. Difficile de parler d'un sociologue parmi les plus apprécié. En effet, bien que la reconnaissance fut tardive, l'apport de la pensée d'Elias à la sociologie a été plus d'une fois souligné. Et l'objet principal de cet apport fut le livre La civilisation des mœurs. Dans ce livre Norbert Elias essaie de comprendre comment l'occident fut pris dans un processus continu de civilisation. Comment l'occident put se considérer comme civilisé au terme d'un processus séculaire qui mena les hommes et femmes occidentaux à considérer être le summum de la civilisation à cause d'objets et de formes particulières. Tout d'abord le sociologue va définir le concept de civilisation et le confronter au concept de culture. Ceci en posant l'a priori que la culture est plus importante pour les allemands que la civilisation. Cette dernière étant plus importante pour les français et les anglais.
Ceci fait nous entrons dans la partie la plus intéressante du livre. Une partie surprenante car Elias prend de petits objets de la vie quotidienne, des rituels connus, et essaie de comprendre comment leur utilisation et leur forme a évolué durant le temps ainsi que pourquoi. Donc, Elias s'interroge tout autant sur l'usage du mouchoir et de la fourchette que sur la manière de se baigner, de manger, dormir et sur la sexualité. Au fil du texte Elias nous démontre que la renaissance et la période moderne sont une période charnière entre une civilisation "naïve" médiévale très ouverte et peu formelle et une civilisation beaucoup plus taboue et formelle. Par exemple, alors que l'on pouvait dormir à plusieurs dans le même lit au moyen âge la chambre devient un lieux privé et fermé aux étrangers.
Ce livre n'est pas seulement surprenant à cause des objets analysés par Elias mais aussi plutôt plaisant à lire surtout lorsqu'on a passé la première partie qui est beaucoup plus théorique. Elias nous donne de nombreux exemples de textes de bienséances ce qui nous permet de nous rendre compte par nous-même des changements temporels. C'est après ces textes que nous pouvons trouver les analyses d'Elias. Les conclusions de ce dernier semblent logiques et très éclairantes. Grâce à lui nous comprenons mieux comment notre civilisation occidentale a évolué et s'est développée. Néanmoins, il serait intéressant de connaître les critiques qui ont été faites contre Elias. Je pense, par exemple, que le livre Norbert Elias et la théorie de la civilisation. Lectures et critiques dirigé par Yves Bonny pourrait nous y aider.
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Titre: La civilisation des mœurs
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Titre: L'histoire contre l'extrême droite: les grands textes d'un combat français
Auteur: Vincent Duclert directeur
Éditeur: Mille et une nuits 2002
Pages: 121
Encore une fois je vais parler d'une collection de texte. Mais cette fois cette anthologie est, je trouve, mieux construite que celle sur le Communisme. Car la nous avons un livre construit d'une manière plus rationnel. L'histoire contre l'extrême droite a un but facile à trouver: montrer que l'extrême droite est hors de toutes traditions démocratiques ceci e utilisant de grands textes liés à des contextes historiques connus. Nous avons donc la lutte contre le Poujadisme, l'affaire Dreyfuss, tous les textes concernant l'avant et l'après seconde guerre mondiale sans oublier l'Algérie et ce qui est nommé "le retour des extrêmes". En tout ce sont 80 textes écrits par des noms encore connus, d'autres moins, mais tous concernant un minimum l'extrême droite.
Néanmoins on peut se demander si ce livre est vraiment bien construit. Premièrement, et les évènements que j'ai cité le prouvent largement ainsi que l'introduction qui l'avoue, il oublie totalement les autres pays. Seule la France est concernée et utilisée. Pas d'Allemagne, pas d'Italie, d'Angleterre ou que sais-je encore? A mon avis, c'est un oubli difficile à justifier car l'extrême droite n'est pas que française et la lutte contre non plus. En second lieu, j'ai beaucoup aimé lire ces différents textes mais j'ai été frustré. Déjà je trouve souvent que les extraits sont trop courts. Ceci pourrait être oublié si Duclert avait écrit une introduction plus grande aux différents textes. En effet, ma seconde critique sur ce point est que je trouve la contextualisation trop sommaire. On ne comprend pas toujours le pourquoi du comment des propos des différents auteurs. Bref, un livre intéressant mais il sera encore plus intéressant de lire directement les textes cités.
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Titre: Le communisme textes choisis
Auteur: le Collectif Entremonde
Éditeur: Entremonde 2008
Pages: 106
Encore un livre sur une idéologies. Celui-ci nous donnes quelques extraits de textes écrits par de grands auteurs du communisme et de l'anarchie (leurs noms sont sur la couverture). Ces dernier couvrent une large chronologie du XIX au XX siécle. Le collectif qui a choisis ses textes ne semble pas avoir voulu créer un choix représentatif mais un choix propagandiste (si je puis dire ainsi). La plupart de ces textes ont pour point commun de parler de révolution. Hors, nous le savons, la révolution est une doctrine abandonnée dans le socialisme actuel. est il possible que le collectif Entremonde souhaite retrouver ce but dans les idées socialistes? En tout cas ils disent vouloir passer outre les erreurs du passé, l'URSS qui n'était communiste que par son nom, pour retrouver une véritable idéologie pure du communisme.
Par la lecture de ces textes le Collectif souhaite, en fait, offrir une base de réflexion pour un nouveau socialisme. Un socialisme qui ne déboucherait pas, en cas de victoire, sur l'URSS mais sur la liberté en détruisant immédiatement et l'état et la propriété privée. Ce sont donc des textes intéressants. Des textes malheureusement tronqués, non-contextualisés ni commentés et donc qui ne permettent pas de comprendre les pensées des auteurs. C'est malheureusement la compréhension que j'aurais apprécié avoir. Mais il semble que ces textes, par leur choix, nous en apprennent plus sur le collectif Entremonde que sur Marx, Kropotkine ou tout autre.
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Titre: L'invention de la culture hétérosexuelle
Auteur: Louis-Georges Tin
Éditeur: Les éditions Autrement 2008
Pages: 201
Voila un petit livre qui pourrait choquer certaines personnes car ce livre a un but: prouver que l'hétérosexualité n'est pas originaire de la nature mais d'un programme culturel. Pour cela l'auteur s'est consacré à trois thèmes précis: la culture des chevaliers, celle de l'église et celle de la médecine. Ceci depuis le moyen âge jusqu'à maintenant. En lisant ce livre on découvre que la culture hétérosexuelle comment à exister depuis le XII ème siècle. Auparavant, l'homosocialité règne avec son culte de l'amitié virile et son mépris de la femme. Mais il ne faudrait pas croire que la femme soit mieux traitée après l'arrivée des troubadours. Elle reste un objet.On découvre une résistance sur deux points. Les chevaliers résistent car la virtus de l'homme est en danger de molitia à cause de l'amour. L'église résiste car l'attirance pour la femme crée un problème de sexe. Les deux essaient de bloquer cette nouvelle hétérosexualité et traitent avec elle (par traiter j'entends bien sur un dynamisme culturel et social inconscient). L'église, par exemple, essaie de substituer le culte de la femme par le culte de la Vierge, mère de Dieu et donc possible receveuse de l'amour destiné à Dieu. On trouve aussi l'idée médicale selon laquelle l'amour est une maladie qu'il faut traiter. Cette idée restera longtemps.Néanmoins, le champs médical deviendra bientôt un ami des hétérosexuels en créant un individu vraiment malade: l'homosexuel. Ce dernier regroupe les tares de l'amour. Il est molitia, efféminé, et est fauteur de péché sexuel. C'est donc le bouc émissaire tout désigné de la nouvelle culture. Cette dernière étant, au XX ème siècle, victorieuse. Tellement victorieuse que l'existence d'anciens artistes ou grands hommes probablement coupables d'homosocialité ou d'homosexualité créent un problème: comment les faire découvrir aux enfants tout en leur évitant de voir leurs tendances? C'est ici que j'ai eu ma plus grosse surprise. J'ai découvert que certains livres offerts durant le cursus scolaire sont expurgés de leur contenu et même modifiés.C'est donc un livre très intéressant que nous offre Louis-George Tin. Néanmoins, c'est un livre inachevé. Il réussit à prouver la création de la culture hétérosexuelle mais il passe trop rapidement sur des points importants. Cependant, l'auteur a l'honnêteté intellectuelle de reconnaitre ce manque. Il considère son livre non comme une synthèse mais comme une ouverture pour des recherches futures. Espérant qu'elles existeront.Image: Amazon.fr
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Titre: Jeunes, déviances et identités -XVIIIe-XXe siècle
Auteur: sous la direction de Jean-Claude Vimont
Éditeur: Publication des Universités de Rouen et du Havre 2005
Collection: les cahiers du GRHis numéro 15
Pages: 157
Encore une fois, j'ai décidé de prendre un livre sur la jeunesse. Celui-ci a été mis en place après les évènements des Banlieues en France et dans le but d'expliquer, en partie, ce qu'est la déviance chez les jeunes. Pour cela, il utilise les contributions de plusieurs chercheurs dont une partie, et cela doit être souligné, sont encore étudiants. Ce que ce livre montre c'est que la déviance des jeunes est, principalement, une affaire d'étiquette. On découvre, par exemple, que la violence en bande ne date pas de ces dernières années mais a une histoire plus locale dans les groupes de jeunes des villages qui se battaient pour leur identité locale et pour les filles du village. Alors que les notables condamnaient cette violence les membres de la communauté villageoise l'acceptaient ou l'aidaient au nom de l'honneur du village et de la vigueur de la jeunesse. Y apparaissent aussi, dans ces étiquetté déviants, beaucoup de jeunes ayant souffert d'un environnement mauvais pour leur éducation et qui sont envoyés dans des colonies ou des maisons de corrections qui les mettent en contact avec des jeunes dont la déviance est de forme plus violente.
Plus près de nous, on découvre que la peur des jeunes, au XXe siècle, ne date pas, encore une fois, de ces dernières années. La France de l'après guerre en 1950 craignait ces jeunes qui volaient, se battaient ou avaient perdus leur parents à cause de la guerre et dont l'attitude, durant celle-ci, était valorisée. Alors qu'ils avaient le droit de se battre et de se débrouiller pour trouver de quoi subsister durant la guerre, la société leur refuse ce droit qu'ils ont toujours eu lorsque la guerre se termine. Cette peur, logiquement, continue avec les blousons noirs des années 60 et 70 pour reprendre en ce moment avec les casseurs. C'est ici que prend place la dernière contribution qui détruit l'idée des banlieues et des jeunes casseurs que nous avons à travers les médias. L'auteur nous décrit des jeunes qui refusent la culture française mais qui ne connaissent pas leur propre culture, des jeunes qui se battent pour être virile mais aussi des jeunes qui souhaitent un ordre et qui se sentent abandonnés par la société française. Un livre large, bien que court, qui a le mérite d'utiliser les contributions de jeunes étudiants et d'essayer de comprendre ce que sont vraiment ceux que l'on nomme les "jeunes à problèmes" grâce à l'histoire.
Image: site de l'université de Rouen.
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Titre: Jeunesse oblige. Histoire des jeunes en France XIXe - XXIe siècle
Auteur: sous la direction de Ludivine Bantigny et Ivan Jablonka
Éditeur: Presses universitaires de France 2009
Collection: Le Nœud Gordien
Pages: 307
L'histoire de la jeunesse est une histoire difficile à raconter et analyser pour plusieurs raisons: nous avons été ou sommes tous jeunes, les discours sur la jeunesse sont le plus souvent déclamé par des personnes ne faisant pas partie de cette catégorie et la jeunesse, comme le dit Bourdieu, n'est qu'un mot. Autrement dit, la jeunesse est une catégorie sociale fluctuante puisqu'elle dépend de nombreux facteurs particuliers aux contextes ou on la définit. C'est donc un recueil difficile dans lequel se sont lancés Ludivine Bantigny et Ivan Jablonka puisque la définition de l'objet change selon la période ainsi que le nombre de sources disponibles (comme le souligne Jean-François Sirinelli dans la préface). Honnêtement, après l'avoir lu, je pense que c'est un paris réussi.
Divisé en trois parties le livre nous fait naviguer du XIXe au XXIe siècle. La première partie parle du XIXe siècle et nous informe sur les étudiants et la façon dont on les voit. La jeunesse rurale dont les espoirs permettent d'empêcher leur révolte ainsi que du sentiment de jeunesse de la France face à la vieillesse de l'ancien régime. La seconde partie, elle, nous transporte dans la première moitié du XXe siècle lors des quatre guerres que connu la France. Elle démontre le besoin de reconstruction du pays par un discours sur la jeunesse mais aussi le sentiment de dégénérescence des "vieux" qui ont échoué lors de la seconde guerre mondiale. Cette partie de l'histoire est une sorte de recherche de revitalisation de la France par les Jeunes mais aussi leur sacrifices par les blessures de la seconde guerre mondiale et de la guerre d'Algérie. Pour terminer, la troisième partie prend en compte l'histoire des jeunes jusqu'à nos jours. Nous passons donc à travers le rock, la culture jeune, etc. Mais surtout les collaborateurs nous expliquent les sentiments de rejet de la jeunesse dites immigrées qui ont aboutis à différentes émeutes dont la dernière est celle de 2005. Nous recevons aussi les explications de la perte d'importance de l'armée qui de passage de l'âge adolescent à l'age adulte est devenu une simple perte de temps et d'argent. Enfin, une contribution nous montre les changements de l'attitude sexuelle tout en démontrant que les femmes restent les gardiennes de la prévoyance sexuelle et du passage de l'état célibataire à l'état maritale.
Cette énumération non exhaustive montre un livre dense. Néanmoins la taille du livre et des contributions empêche d'analyser en détail chacune des thèmes soulevés. Bien que je n'ai que peu d'intérêt pour l'histoire du cinéma, de l'économie ou encore de la musique les contributions sur la création politique du groupe jeunes, la vision qu'en a la société sans oublier les mutations de la jeunesse féminine et les différentes révoltes de jeunes ou encore la sexualité m'ont énormément appris. C'est un livre facile à consulter, rapide à lire et qui nous permet de comprendre une grande partie du champ historique des jeunes tout en gardant une ouverture avec la sociologie, ce que je ne peux qu'apprécier. Si nous souhaitez vous documenter sur les jeunes je pense que ce livre est une bonne occasion. Mais il nous apprend plus que ça. Il nous montre que les discours sur la jeunesse, encore dominée par les personnes au pouvoir que ce soit la famille ou les politiques, ont toujours montré à la fois la peur et les désirs de la société. Alors que, selon certains, les jeunes sont en perte de repaires ce livre a le mérite de nous montrer, qu'au contraire, les jeunes ont seulement leur propres repères pas toujours en adéquation avec ceux de la société. Une idée plus importante que celles qui ne demandent que répression face à une prétendue jeunesse dangereuse et barbare.
Image: tirée du site des éditions PUF