Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07063.jsonl.gz/1309

Les Loutres, Lutrinae, sont une sous-famille de mammifères carnivores de la famille des Mustelidés. Il existe plusieurs espèces de loutres, caractérisées par de courtes pattes, des doigts griffus et palmés (aux pattes avant et arrière) et une longue queue.
Cette sous-famille a été décrite pour la première fois en 1838 par le zoologiste Charles Lucien Bonaparte. Dans de nombreux pays les loutres ont disparu de tout ou partie de leurs aire naturelle de répartition, de même que les castors qui partageaient leur milieu de vie. Ces deux espèces-clé font l'objet depuis un siècle environ de protection et de programmes ou projets de réintroduction ou confortement de populations par translocation. La loutre étant particulièrement discrète elle fait souvent l'objet d'un suivi par recherche d'indice (poils, marquage de territoire, pièges photographiques et suivi télémétrique par puce électronique.
La plupart des espèces ne vivent qu'en eau douce, cependant, la loutre de mer, comme son nom l'indique, vit dans l'eau salée bien qu'elle ait besoin d'eau douce pour le toilettage et l'entretien de sa fourrure. La population de Hongrie est la plus grosse d'Europe avec plus de 10 000 individus.La loutre est un mammifère majoritairement piscivore. Son régime alimentaire est constitué de 50 % à 90 % de poissons, le reste est occupé par des batraciens, de petits mammifères, de crustacés et même parfois d’oiseaux. La loutre pêche principalement en solitaire même si de temps à autre elle chasse en bande. Les jeunes loutres mangent jusqu'à 700 grammes de nourriture par jour, et les adultes mangent jusqu'à 1 kg par jour C’est un animal très joueur qui s’amuse souvent avec ses proies, elle les entraîne dans des petites baies, peu profondes, pour faciliter sa tâche. Lors de ses plongées, ses oreilles et ses narines sont obstruées, elle perd donc son odorat et son ouïe ce qui handicape sa chasse. Cependant, elle est munie de vibrisses (moustaches rigides) fort sensibles aux vibrations. Grâce à cela, elle parvient à repérer sa proie avec les ondulations de l’eau émises lors de sa fuite. La loutre n’a pas de responsabilité dans la disparition des poissons car elle s’attaque généralement aux proies malades ou les plus abondantes7. La loutre de mer se sert d'outils tels que des galets et pierres pour briser les coquillages trop résistants en les frappant sur son abdomen. Ce qui en fait l'un des rares animaux à se servir d'ustensiles pour se nourrir.
C'est un animal en très forte régression sur la presque totalité de son aire de répartition et, pour cette raison, protégé dans la plupart des pays.
La loutre a régressé puis disparu d'une très grande partie de son aire de répartition à cause de la chasse et du piégeage, sa fourrure étant, comme celle du castor, particulièrement recherchée. Chassée en vénerie à pied avec des chiens, elle se réfugie sur les berges des rivières où les chasseurs la capturent avec une fourche ou grâce à leurs chiens. Parfois, elle est attrapée avec des filets tendus autour de son terrier (aussi appelé familièrement catiche) ou avec divers pièges en métal placés autour de son terrier et appâtés avec des poissons.
Bien que l'animal soit protégé, ses populations continuent à diminuer ou peinent à se stabiliser. Aux Pays-Bas, un suivi (monitoring) par colliers radio-émetteurs a montré que la première cause de mortalité des loutres dans ce pays était la route ; les loutres sont souvent tuées ou blessées par des véhicules lorsqu'elles tentent de traverser des routes (phénomène dit de « Roadkill »). Elles sont également victimes de la pollution de l'eau et/ou des toxiques bioaccumulés dans leurs proies), ainsi que de la disparition des zones humides. Ceci a aussi été démontré au Danemark par analyse de cadmium dans leurs poils9. L'évaluation du degré de la contamination de leur nourriture peut aussi être approchée par l'analyse chimique de leurs excréments, par exemple en Slovaquie pour le cadmium et le mercure, deux produits très toxiques, pour les reins notamment.
En France, on comptait 50 000 individus au début du xxe siècle et à peine 1 500 en 1980. Depuis son inscription, en 1981, dans la liste des espèces protégées, la population de la loutre est remontée à 2 ou 3 000 individus en 2010, ce qui lui a permis de recoloniser des rivières où elle avait disparu.
La femelle de la loutre atteint la maturité sexuelle à partir de 2 ou 3 ans. L’accouplement a souvent lieu dans l’eau et dure pendant une demi-heure. La période de reproduction a lieu toute l’année. La durée de la gestation, elle, est de 60 jours au bout de laquelle la femelle va mettre bas 2 à 4 loutrons. Ceux-ci naissent les yeux fermés. Ils vont téter pendant 3 mois.