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A la base, il est artiste plasticien, puis performeur et metteur en scène. Ses projets puisent leurs sujets dans son enfance et son adolescence, dans sa condition d'émigré italien grandi en Suisse romande. Le football, le rock, la moto ou le cinéma sont revisités par ses « images longues » ou ses performances qui défient les limites physiques et temporelles.
Un groupe de "Blue Tired Heroes" âgés se promène dans le musée, vêtus de costumes de Superman.
Ce projet est basé sur la performance "(love story) Superman", créée à Lausanne en avril 2005 et développée par la suite à Paris en septembre 2005 sous le titre "Superman Cosmic Green". Le but du projet était de tester les limites de l'incarnation du personnage héroïque qu'est Superman, en utilisant uniquement un costume extrêmement simple et à portée des enfants que nous étions: un pyjama bleu, des sous-vêtements rouges, des chaussettes rouges et une cape rouge. La performance cherche également à questionner les postures typiuques du héro: les bras croisés, les mains sur les hanches, les positions en vol, etc.
Une des caractéristiques et un des intérêts principaux de ce projet se situe dans le fait que ceux qui incarnaient ce personnage étaient des invididus ordinaires (grands, petits, maigres, gros) qui ne présentaient rien d'héroïque. En outre, plusieurs performers se tenaient simultanément face au public, dans des costumes identiques. Le projet était à la fois extrêmement burlesque et foncièrement humain. Avec "Old Station Heroes", nous voulions également approfondir notre recherche en présentant un seul personnage incarné par un nombre important de performers, âgés, dans l'espace public.
Présenté dans le cadre du Focus Massimo Furlan
Six penseurs, différents d'un soir à l'autre, égrainent, en déambulant dans les espaces, une réflexion sur différents thèmes propres aux relations que l'homme entretient avec son environnement et les êtres qui le peuplent. Cette proposition est comme un préambule à la longue Nuit blanche du 3 octobre… sans en être ni une répétition ni une réduction, mais une proposition en soi.
Présenté dans le cadre du Focus Massimo Furlan
Dans la cour rectangulaire du musée est installé un manège, un carrousel à l'ancienne. Cet objet familier et populaire fait office de ready-made, recontextualisé dans un haut-lieu de la culture. C'est également un dispositif, une machine à penser, à faire tourner des mots, des phrases, des idées. Plusieurs penseurs, vêtus d'un costume à carreaux et d'un masque de tête de mort, montent sur le manège, et se mettent à parler au fil de la nuit. Ils énoncent des concepts, des récits qui touchent au monde de l'art et à la fin du monde.
A la base, il est artiste plasticien, puis performeur et metteur en scène. Ses projets puisent leurs sujets dans son enfance et son adolescence, dans sa condition d'émigré italien grandi en Suisse romande. Le football, le rock, la moto ou le cinéma sont revisités par ses « images longues » ou ses performances qui défient les limites physiques et temporelles.
60 ans d’art performatif en Suisse musée Tinguely, 20.09.2017 - 28.01.2018
Vidéo couleur, son, 11’42’’
Furlan Morges est un clin d’œil à Fellini Roma (1972). La horde de motards traversant la ville éternelle est transposée par les amis d’enfance de l’artiste roulant en vélomoteur dans Morges, sa ville natale.
Vidéo couleur, son, 43'43''
Tunnel évoque les allers-retours de la famille Furlan entre la Suisse et l’Italie. L’artiste court les 6 km du tunnel du Grand-Saint-Bernard, éprouvant physiquement ce passage, à la fois lien et séparation.
Vidéo couleur, son, 74'02''
Numéro 10 est un des projets les plus fous de Furlan. Jouer seul un fameux match de foot qu’il a vécu adolescent, dans un vrai stade, avec un commentateur de l’époque et devant un public. Ici, il joue Michel Platini dans la demi-finale France-Allemagne du Mondial 1982 à Séville.
PerformanceProcess Paris, Centre culturel suisse 18.09-13.12.15
Foot est documenté par des photographies issues de la série des performances autour du football et de la mémoire, et par Numéro 10, performance où il rejoue, seul, aux Parc des Princes, le rôle de Michel Platini dans la fameuse demi-finale France-Allemagne à Séville lors de la coupe du monde de 1982.
Les photographies Superman sont issues de la série des performances autour de la figure du super héros.
International Airport, se compose de deux vidéos réalisées à partir de la performance au cours de laquelle il a couru, de nuit, toute la longueur de la piste de l'aéroport de Genève Cointrin, vers un envol rêvé.
Né en 1965, vit à Lausanne
A la base, Massimo Furlan est un artiste visuel. Il a ensuite réalisé des performances, puis a ajouté à sa pratique la mise en scène de pièces de théâtre de grande envergure, sur lesquelles il travaille régulièrement avec Claire de Ribaupierre. Le fil conducteur de ses différents projets est sa propre biographie. L'histoire d'un enfant de parents italiens, né en Suisse. Celle d'un adolescent comme un autre. Les souvenirs d'une génération née dans le milieu des années 1960. Les projets prennent corps à partir d'une image-souvenir : la photographie d'un chanteur qui se trouvait dans la chambre de la sœur (Je rêve/je tombe et Live me/Love me) ; les moments où, enfant, il jouait au football seul dans sa chambre en écoutant les matchs à la radio (Furlan/Numero 23 et Numéro 10) ; ou bien quand il était en pyjama avec un foulard autour du cou et qu'il s'imaginait être un Super héros ((love story) Superman). Tout part d'une anecdote, puis on passe au récit, à la construction de la fiction.
De ses premières images longues à sa course solitaire dans le tunnel du Grand-Saint-Bernard, Massimo Furlan fait émerger une oeuvre singulière et scintillante stimulant l'imaginaire autant que la pensée. ...
De ses premières images longues à sa course solitaire dans le tunnel du Grand-Saint-Bernard, Massimo Furlan fait émerger une oeuvre singulière et scintillante stimulant l'imaginaire autant que la pensée.
Il court Massimo Furlan. Il court jusqu'à la transe. Il court jusqu'à susciter un émerveillement, mêlé de stupéfaction. Dans un stade, sur une piste d'aéroport ou dans un tunnel, l'artiste crée des performances oniriques et originales en courant au-delà du réel. Au-delà des limites. Audelà du possible…
Rejouant seul un match mythique, footballeur minuscule au milieu d'une immense pelouse vert émeraude ; battant des bras en galopant pour décoller de l'aéroport de Cointrin, puis disparaissant dans la brume vers un ailleurs tant convoité ; traversant en petite foulée une frontière qui ne se franchit habituellement qu'en voiture dans le tunnel du Grand-Saint- Bernard, rien n'arrête l'artiste lausannois qui convoque et sublime ses rêves d'enfant d'immigrés italiens. Gosse solitaire qui écoutait les matchs diffusés sur RadioUno et dribblait comme un dieu dans sa chambre, il se réjouissait de traverser le tunnel du Grand-Saint-Bernard pour retrouver l'Italie en été. L'enfance source inépuisable d'inspiration. Mais ce qui intéresse avant tout Massimo Furlan, c'est de faire résonner sa mémoire avec la mémoire collective. Partir de l'ordinaire de chacun pour convoquer l'extraordinaire pour tous. Ne pas chercher pour autant à être forcément populaire, mais donner au public la possibilité de se faire artiste lui-même comme il le faisait dans sa chambre d'enfant.
Sur scène, inspiré par sa muse, sa femme Claire de Ribaupierre également dramaturge, il questionne l'acte de la représentation, revisite les icônes, aborde la question de l'échec, de la fin et du lien entre ceux qui restent et ceux qui partent, de l'écart entre le modèle et le vivant et de l'effet burlesque ou effroyable que cela produit quand ils se confrontent.
Construits sous l'égide de sa compagnie Numéro23Prod., ses spectacles sont constitués d'images longues. Elles obligent le spectateur à partir en quête de sens, à construire son propre récit. Ce ne sera pas le cas pour Après la fin – Le Congrès, le projet proposé par Massimo Furlan au CCS, puisque la parole et le sens sont au centre d'un ping-pong verbal fantastique. Plusieurs penseurs, vêtus d'un même costume à carreaux et d'un masque de tête de mort, et dont les voix sont transformées, vont se mettre à parler à tour de rôle. Ils énonceront des idées, des concepts, des récits visant à happer et à éveiller le visiteur. La performance sera prolongée lors de Nuit blanche par le biais d'un carrousel tournant jusqu'à l'aube.
Oui, il court Massimo Furlan ou alors il roule. Sur un vélomoteur ou dans un train. En 2004, son train, filant dans la nuit et la découpant en tableaux baroques vivants, avait enchanté les spectateurs du far° festival des arts vivants à Nyon. Il y a du Federico Fellini dans ses performances. Son goût pour l'incarnation de la démesure onirique, son humanité, sa sensibilité exacerbée, sa tendresse pour l'idiot, ses perpétuels défis au raisonnable et bien sûr son origine italienne, tout concourt à tisser une filiation avec le célèbre réalisateur. En 2013, le performeur a d'ailleurs réalisé Furlan/Morges, réplique dans le double sens de reprise et de réponse à la scène finale du film Roma de Fellini (1972) où une horde de bikers traverse la ville de nuit, illuminant de leurs phares les façades des bâtiments et révélant les monuments dans un extraordinaire concert de moteurs. Massimo Furlan rejoue la scène avec ses amis d'enfance perchés sur des vélomoteurs pétaradant à travers Morges, la ville où il a grandi.
Plasticien de formation, il est aujourd'hui inclassable tant il multiplie les créations transversales. Revêtu, tel le manteau de Superman, de la fascinante solitude du coureur de fond, il sonde, jusqu'à en perdre le souffle, les profondeurs de son enfance et de son adolescence. À travers ses performances ou ses spectacles, le public renoue avec la capacité de ravissement, avec une certaine innocence propice à la découverte de nouveaux territoires de l'altérité.
Corinne Jaquiéry, journaliste culturelle indépendante, notamment pour les quotidiens Le Courrier ou 24Heures et pour le journal Emoi.