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Causera-t-il un rafraîchissement sensible de notre atmosphère? Annoncé par la Nasa, le Grand minimum solaire arrive. Le prochain cycle du soleil, le cycle 25, pourrait voir le plus faible nombre de taches depuis 200 ans.
La diminution de l’activité solaire pourrait-elle générer un refroidissement de l’atmosphère? Plusieurs éléments semblent aller dans ce sens.
D’abord, les précédents refroidissements, soit les minima de Maunder et de Dalton, eurent lieu en même temps qu’une diminution forte des taches solaires (image 1, clic pour agrandir), donc de l’activité de notre étoile.
Ce n’est pas une preuve formelle mais c’est un indice remarquable. D’ailleurs, si les météorologues restent prudents, ils n’invalident pas cette hypothèse et envisagent quand-même un possible refroidissement sur plusieurs décennies:
« Les chercheurs travaillent encore à ce sujet mais si une période d’activité solaire faible ou nulle est observée pendant une période prolongée, celle-ci pourrait conduire à un refroidissement des températures sur Terre dont l’ampleur rester à confirmer car incertaine. Compte tenu du contexte de réchauffement climatique actuel impulsant une hausse des températures sur la planète, il se pourrait bien que finalement, si refroidissement il doit y avoir, il ne serait que mineur ou bien peu durable. Néanmoins, les conséquences de la faible activité solaire pourrait peu à peu se faire sentir au cours de la décennie à venir et prendre de l’ampleur les décennies suivantes. »
Dans les phases de refroidissement du passé:
« L’exemple le plus célèbre en est le minimum de Maunder, qui a connu sept décennies de temps glacial, commencé en 1645 et s’est poursuivi jusqu’en 1715, lorsque les taches solaires étaient extrêmement rares.
Au cours de cette période, les températures ont chuté de 1,3 degré Celsius à l’échelle mondiale, ce qui a raccourci les saisons et entraîné des pénuries alimentaires dans ce qu’on a appelé une “mini ère glaciaire”. »
La baisse d’activité magnétique du soleil est faible. Elle suffit néanmoins à modifier les conditions météo sur Terre:
« … les experts de l’Université de Northumbria prédisent que la période actuelle de faible activité des taches solaires, plus froide, sera très longue.
La dernière période prolongée significative de faible activité des taches solaires a frappé la Terre dans la seconde moitié du XVIIe siècle et est connue sous le nom de Maunder Minimum, d’après les experts contemporains des taches solaires Annie et Edward Maunder.
Les recherches produites par l’agence spatiale américaine NASA indiquent que le minimum de Maunder correspondait à des températures plus fraîches à travers l’hémisphère Nord - bien que certains scientifiques disent que les fluctuations de température auraient pu être déclenchées par l’activité volcanique.
En 2006, la NASA a déclaré: De 1650 à 1710, les températures dans une grande partie de l’hémisphère Nord ont plongé lorsque le Soleil est entré dans une phase calme maintenant appelée le minimum de Maunder. »
La cause volcanique me paraît moins fiable. Bien sûr les éruptions volcaniques peuvent refroidir l’atmosphère par les émissions de dioxyde de soufre (SO2) qu’elles génèrent, et qui font écran au rayonnement solaire. Toutefois l’effet d’une éruption dure de 1 à 3 ans. Pour expliquer un refroidissement de plusieurs siècles, comme le Petit âge glaciaire (PAG), il faudrait une forte éruption presque tous les ans. Ce ne fut pas le cas (image 3).
Pourquoi une diminution d’activité du soleil produirait-elle un refroidissement? On sait que son champ magnétique écarte les rayons cosmiques, particules très énergétiques venues de lointaines supernovae. Ces particules jouent un rôle dans la formation des nuages. Plus il y a de particules, plus il y a de nuages qui font écran au soleil et moins l’énergie solaire atteint la surface de la Terre. Et plus il y a de pluie. Au contraire si les rayons cosmiques sont écartés par une forte activité solaire, il y a moins de nuages.
Or le minimum solaire laissera passer davantage de rayons cosmiques. On peut en attendre une couverture nuageuse plus importante, susceptible de freiner le réchauffement ou de refroidir l’atmosphère et d’augmenter les précipitations.
Or, froid et humidité sont ce qui caractérise globalement le PAG.
Alors, que va-t-il advenir? Je reste très prudent. Quand les modèles météos divergent au bout de deux ou trois jours, quand les modèles climatiques divergent du simple au triple, toute présomption d’une évolution doit être maniée avec délicatesse.
Si le changement de tendance a lieu il sera lent, en dents de scie, avec des avancées et des reculs. En fait les dix prochaines années (ou les vingt) nous en apprendront davantage. Soit cette hypothèse du refroidissement par minimum solaire sera confirmée par la réalité, avec une baisse des températures moyennes, soit elle sera invalidée.
J’ai assez d’années au compteur pour participer à la mémoire collective. Ma mémoire, pas toujours bonne mais efficace en matière de météo, me lance un signal depuis 2-3 ans. J’ai déjà esquissé cela. Le régime dominant des vents balance du sud-sud-ouest pour revenir à l’ouest, voire nord-ouest (image 3 météoblue). Les longues séries de nord-est sont également plus fréquentes. C’est évidemment à vérifier, mais je suis assez sûr de ce que j’observe et ressens pour le mentionner.
C’est très important. La circulation aérienne de sud-ouest apporte des pluies chaudes et des vagues de chaleur venant du Sahara et de l’Atlantique tropical proche. La circulation d’ouest ou nord-ouest apporte, elle, de l’air moins chaud, des pluies plus longues et refroidissantes même en été. Celle de nord-est garde un temps frais et assez beau. Juin de cette année 2020 fut typique de la météo qui prévalait jusqu’aux années 1980 environ: plutôt frais et humide.
Il est donc possible que les années à venir verront s’enclencher un rafraîchissement, sans savoir où il pourrait être le plus marqué. Si c’est le cas il sera lent car nous n’avons pas encore évacué le supplément de chaleur du puissant Niño de 2015-2016 et de ses répliques.
Cependant une Niña est annoncée pour les mois à venir. Ce courant froid du Pacifique, qui alterne avec El Niño, pourrait accélérer le processus de rafraîchissement. À suivre avec un grand intérêt.
En conclusion, les données climatiques, les moyennes, les épisodes, rendent difficile toute analyse incontestable de l’évolution du climat, en particulier selon les régions concernées. Le réchauffement n’est pas un phénomène monolithique, il est nuancé, mélangé à des variables naturelles.
L’aspect cyclique du climat et de la météo modèle mes recherches et ma réflexion. À cause de cet aspect cyclique, de l’absence de catastrophe significative, de la complexité de la dynamique de l’atmosphère mal rendue par les modélisations, de la mise en scène dramatique outrancière et de l’abandon de l’esprit critique, je pense que le scénario alarmiste est gravement exagéré sinon franchement erroné, et que la course en avant n’a pas pour but de sauver la planète mais de nous empêcher de penser par nous-mêmes.
Je vous laisse imaginer les conséquences d’une évolution de la société et de l’économie à partir d’un scénario erroné.
À lire, plus de détails sur le minimum solaire ici.
Fin