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30.01.2011
— 13.03.2011
«Diepsloot». Un mot aux sonorités suaves et exotiques désignant pourtant un lieu oublié où règne le chaos. Diepsloot, dont la signification en afrikaans veut dire « fossé profond », est en effet un bidonville situé à quelques kilomètres au nord de Johannesburg. L’endroit, créé au début des années 90, devait servir de zone de relogement temporaire afin de juguler la masse de population importante se déversant incessamment dans la mégapole. Aujourd’hui, Diepsloot est pourtant devenu le township le plus redouté de toute l’Afrique du Sud et compte plus de 150’000 habitants permanents.
À la fin de l’Apartheid en 1994, le pays doit faire face à de graves problèmes socio-économiques. Après de longs mois d’âpres négociations, le gouvernement de Nelson Mandela lance un programme de reconstruction et de développement (Reconstruction and Development Program ) censé s’attaquer à la terrible situation léguée par le régime antérieur. Une des urgences est le besoin de logement. Des terrains sont réquisitionnés afin d’y construire à la hâte de petites habitations avec eau courante et électricité. Ces dernières sont par la suite octroyées à la population gratuitement et sans demande de loyer.
Cependant, le financement gouvernemental se tarit rapidement et les maisons deviennent inaccessibles car une participation est demandée pour chaque nouvelle édification. Malgré les circonstances, l’attraction exercée par la plus grande ville du pays persiste, et une multitude d’individus en quête d’un avenir meilleur ne cesse de s’installer. Aux côtés des maisonnettes apparaissent alors des masures de fortune faites de bois, de tôle, de carton et de plastique. Le village devient campement, le rêve un cauchemar.