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Cette étude prospective, randomisée, contrôlée en double insu contre placebo, a inclus 401 patients souffrant d’infections des voies respiratoires inférieures aiguës dans 54 cabinets médicaux au Royaume-Uni. Les patients présentant une toux aiguë depuis moins de 28 jours, accompagnée d’au moins un symptôme additionnel (expectorations, dyspnée, sibilances ou douleurs thoraciques) étaient inclus. Ils recevaient 20 mg de prednisolone quotidiennement durant 5 jours ou un placebo. Les patients présentant une BPCO probable sur la base de leur dossier médical ou ayant reçu un traitement pour un asthme dans les cinq ans précédents étaient exclus, de même que les patients sous antibiotiques à l’inclusion ou présentant les critères cliniques NICE pour une infection/complication sévère (www.nice.org.uk/guidance/cg69). Le but primaire de l’étude était la durée en jours de la toux sévère (≥ 4/6 sur une échelle de 0 à 6, une différence de 3,8 jours étant considérée comme cliniquement significative) et la sévérité moyenne des symptômes aux jours 2 à 4 (sur une échelle de 0 à 4). Les buts secondaires étaient la durée et la sévérité des symptômes de bronchite, la durée des valeurs de peak-flow anormales et l’usage d’antibiotiques. La durée moyenne de la toux sévère était similaire dans les deux groupes (5 jours ; HR ajusté 1,11, IC 95 % : -0,89-1,39, p = 0,36). La sévérité moyenne des symptômes était de 1,99/6 dans le groupe prednisolone et 2,16/6 dans le groupe placebo, soit une différence non significative (une différence supérieure à 1,66/6 étant jugée comme cliniquement pertinente). Il n’y avait pas de différences dans les buts secondaires entre les groupes.
Commentaire : Donner des stéroïdes dans une bronchite aiguë peut sembler de prime abord pertinent, ce d’autant plus qu’il y a des évidences plus ou moins solides d’un effet bénéfique pour d’autres pathologies (décompensation de BPCO, pneumonie, pharyngite). Cette étude bien conçue ne montre pas d’effet de l’administration de stéroïdes sur la symptomatologie de la bronchite aiguë. On peut critiquer l’approche purement clinique du diagnostic, mais celle-ci est logique en médecine de premier recours. Par contre, l’administration tardive des stéroïdes après le début des symptômes (13 jours dans le groupe traitement et 10 jours dans le groupe placebo) pourrait s’avérer problématique. Ce traitement tardif est probablement la cause de la faible intensité des symptômes aux jours 2-4. On ne peut donc pas exclure que l’absence d’efficacité des stéroïdes soit liée à une administration trop tardive.