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L'élection présidentielle en France
Article du 1er septembre 2011
Si j'étais français, je me trouverais maintenant face à un
grand dilemme: Pour qui voter lors de l'élection présidentielle en 2012?
En
2007, Nicolas Sarkozy (*1955) avait été clairement
le meilleur candidat. Mais depuis, il n'a pas su réformer la France comme il
faut. La dette publique se situait au début de 2011 autour de 85% le déficit
budgétaire se situera en 2011 autour de 7% du PIB, la dette se rapproche à
pas de géant du taux
symbolique de 100% du PIB; le déficit était de 7% en 2010 et de 7,5% en 2009.
Le traité de Maastricht avait prévu une dette maximale de 60% du PIB et un
déficit maximal de 3% pour le pays de la zone euro. L'actuel président et
son gouvernement n'ont pas fait leurs devoirs.
Déjà en 2007, il fallait beaucoup de chutzpah de la part de Nicolas Sarkozy
pour se présenter comme une nouvelle force après douze ans de présidence de
Jacques Chirac. Malgré tout, Nicolas Sarkozy, qui avait servi comme
ministre sous Chirac, avait réussi l'impossible. Il semblait le seul homme
politique en France prêt à tenter de réformer son pays.
Le succès en Libye augmente
légèrement les chances de réélection de
Nicolas Sarkozy. Mais au niveau économique, il n'a pas saisi l'occasion de
la crise financière.
Depuis, la droite a eu encore
plus de temps pour avancer son programme. Très peu a été fait.
L'alternance au pouvoir semble donc le pas logique de la part
des électeurs. Le pépin, c'est que la gauche ne s'est toujours pas réformée.
Le seul candidat à moitié crédible, c'était Dominique Strauss-Kahn (*1949).
DSK n'a jamais été un candidat lumineux. En 2006, lors de
l'investiture socialiste, il s'est présenté comme
un social-démocrate pragmatique et "moderne", un homme d'expérience qui
propose une nouvelle voie. Mais il est resté pâle.
L'année suivante, avec son élection
à la tête du FMI, il a redoré son profil. En décembre 2010, lorsque
Ségolène Royal annonçait sa candidature à la présidence,
c'était bien DSK qui restait le candidat le plus crédible non seulement de
la gauche, mais sur l'échiquier politique français. Cet espoir s'est
effondré avec l'affaire autour de la
tentative de viol à New York. La gauche à perdu
son seul candidat valable pour 2012, peu importe s'il y a eu viol à New York
ou non, car on a trouvé trop de
“cadavres de sexe dans le placard de DSK”.
Cet homme n'est pas présidentiable.
Le 29 octobre 2011 sur Canal+, Michel Rocard a résumé le cas de Dominique
Strauss-Kahn avec les mots: DSK a
“visiblement une maladie mentale” qui l'empêche de
“mâitriser ses pulsions”. Quant à Anne Mansouret, la mère de la romancière
Tristane Banon qui a porté plainte contre DSK pour viol, elle a justement
déclaré en juillet 2011 que DSK
“devrait prendre les choses avec lucidité et se faire soigner...”. Je n'ai rien
à y ajouter.
Manuel Valls (*1962) porte le drapeau de Dominique Strauss-Kahn sans avoir
ni sa stature intellectuelle ni son poids politique. Personne ne le prend au
sérieux.
Ségolène Royal (*1953) ne fait toujours pas le poids.
Michel Rocard, lors de son intervention sur le plateau de Canal+ le 29
octobre 2011, avait justement constaté que Ségolène Royal n'avait pas
“les capacités pour cette fonction”.
Quant à Martine Aubry (*1950),
“Madame 35 heures”, la première secrétaire du Parti socialiste reste
populaire comme maire de Lille. Mais même (les peu de) Lillois avec qui j'ai
parlé m'ont dit qu'ils l'aiment bien comme maire, mais qu'ils la voient mal
comme présidente. En tout cas, son programme n'est pas le programme de
réformes libérales dont la France auraient besoin.
Reste François Hollande (*1954), l'ancien premier secrétaire du Parti
socialiste. Il préconise une réforme fiscale qui rétablirait la justice fiscale
et sociale, le
“volontarisme économique” pour augmenter la production. Au niveau écologique, il
veut réduire la part du nucléaire dans le mix électrique français de 75% à
50% en 15 ans. François Hollande est un candidat pâle. Comme Royal et Aubry,
il représente plutôt la vieille gauche. En plus, si jamais il s'agissait de
départager Hollande et Aubry dans une primaire socialiste, son
ancienne compagne,
Ségolène Royal, risquerait fort de ne pas le soutenir. Affaire à suivre.
La primaire socialiste ne pourra donc pas produire de candidat valable.
Quant à la droite extrême, Marine Le Pen (*1968;
article anglais) jouit
d'une certaine popularité. Elle est plus nuancée que son père, mais ses
idées restent de la droite extrême. Au niveau économique, elle s'oppose au
libre-échange et favorise un
“protectionnisme raisonné” ainsi qu'une sortie progressive de la France de la
zone euro.
Quant au centre politique,
François
Bayrou (*1951) reste un petit chef qui se prend pour un grand. Il a
quelques bonnes idées, mais cela ne fait pas encore un président, surtout
quand on n'a pas de troupes derrière soi. Quant à Jean-Louis Borloo (*1951),
le populaire président du Parti radical, il n'a pas assez de soutien ni de
la droite ni même du centre politique. Il aurait aimé devenir premier
ministre sous Nicolas Sarkozy. Maintenant il essaie de se positionner comme
une troisième force au centre comme Bayrou en 2006-2007. En fin de compte, en 2007,
Bayrou est resté neutre. Si jamais Borloo se présente en 2012, mais
n'arrive pas au deuxième tour, soutiendra-t-il le candidat de la gauche?
Cela semble impossible. Donc, sa candidature sert-elle à se positionner
comme futur premier ministre?
Reste Eva Joly (*1943) sur la gauche. La franco-novégienne née à Oslo qui
s'est distinguée en tant que championne anti-corruption dans l'affaire Elf
brigue la présidence au nom des écologistes. Elle s'est imposée contre
Nicolas Hulot, pourtant donné favori, qui s'est par la suite montré mauvais
perdant. Ce ne sont pas de conditions idéales pour arriver au deuxième tour.
Borloo, Bayrou et Joly sont de possibles candidats qui peuvent faire tomber
un grand, soit Sarkozy soit le/la candidat/e du PS. L'élection
présidentielle en France en 2012 reste imprévisible. Hollande
contre Le Pen reste notamment une option au deuxième tour.
Nicolas Sarkozy a eu sa chancee. Il ne l'a pas saisie. Mais où est la femme ou
l'homme politique crédible pour lui succéder? Heureusement, je ne suis pas un
électeur français.