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Pas d’amélioration de la tolérance des plantes à la sécheresse grâce au génie génétique. Photo : Fotolia
Pendant longtemps, l’industrie des OGM s’est limitée à seulement quelques espèces et quelques caractéristiques et pouvait être décrite par la devise "quatre plantes, quatre pays, deux caractéristiques". Quatre plantes (maïs, le soja, coton, colza), modifiées génétiquement pour résister aux herbicides et/ou produire une protéine insecticide, représentaient les plus grandes surfaces de cultures OGM au monde, réparties dans les quatre principaux pays exportateurs de céréales (USA, Canada, Argentine, Brésil). L’utilisation des nouvelles techniques de génie génétique, comme l’édition génomique et l’interférence à ARN, ont conduit à l’émergence de plus d’OGM, plus rapidement, dans tous les domaines du vivant. Il est donc temps de faire le point sur les OGM obtenus avant l’émergence des nouvelles techniques, par des techniques de génie génétique dites « classiques ». L'étude "Pas de révolution sur le terrain" de Christoph Potthof (Gen-ethisches Netzwerk) examine si la situation a changé de manière significative plus de 20 ans après la première culture commerciale de plantes génétiquement modifiées.
L’étude donne une vue d’ensemble intéressante et instructive sur l’industrie des OGM. Elle fait d’abord le point sur les projets de recherche et développement des entreprises qui ont dominé le marché mondial des semences ces dernières années. Elle dresse ensuite une liste exhaustive des plantes génétiquement modifiées autorisées à la culture dans le monde. Il devient ainsi évident que de nombreuses plantes génétiquement modifiées, autorisée à la culture, ne sont pas des succès commerciaux. Par exemple, différentes variétés de riz et de blé OGM, mais aussi la tomate Flavr-Savr, ont finalement été retirés du marché en raison d'un manque de demande.
L’analyse de l'évolution de la recherche de ces dernières années permet de constater que seules quelques plantes et caractéristiques font l’objet de recherches. La tolérance aux herbicides domine toujours parmi les caractères transférés aux plantes par modification génétique. Les plantes résistantes aux herbicides représentent actuellement 90% des surfaces de culture OGM. Les futures variétés cumulent les résistances à deux ou plusieurs herbicides connus ou à de nouveaux herbicides (inhibiteur de la PPO).
D’autre part, les promesses de développement de plantes tolérantes à la sécheresse ne se matérialisent pas car les variétés sélectionnées de manière conventionnelle pour leur tolérance à la sécheresse donnent comparativement de meilleurs résultats que les OGM. La tolérance à la sécheresse est effectivement une propriété très complexe qui ne peut être maîtrisée par le transfert d'un seul gène par génie génétique. La commercialisation du "riz doré", un riz modifié génétiquement pour produire de la vitamine A, se heurte à la possibilité, au combien plus simple, de promouvoir la culture de légumes riches en vitamine A, en parallèle à la culture du riz, dans l’agriculture de subsistance.
L’autre tendance lourde de la recherche industrielle est de de cumuler les gènes et les propriétés introduits par génie génétique dans les plantes, une tendance renforcée par les nouvelles techniques de génie génétique. Ainsi, plusieurs résistances aux herbicides sont introduites dans les plantes afin de lutter contre le développement de mauvaises herbes devenues résistantes au glyphosate. Cependant, la tolérance aux herbicides est souvent associée à d'autres caractéristiques supplémentaires telles que la tolérance à la sécheresse et la résistance aux insectes pour créer une "nouvelle génération" de cultures GM.
Après 20 ans de recherche sur les OGM, le modèle commercial n’a pas changé. Le but est toujours de créer une dépendance commerciale aux semences et à un produit dérivé, en l’occurrence un ou plusieurs herbicides. Il est évident que les solutions offertes aux agriculteurs par le génie génétique ne sont pas à la hauteur des attentes et des ressources investies.