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Bernard Darras émet le postulat suivant, en partant d'une expérimentation impliquant la résolution de problèmes graphiques par des sujets enfants et adultes: au-delà du fait qu'enseignants et élèves partagent un même système de signes , il ressort que la production graphique d'adultes profanes partage de nombreuses caractéristiques avec celle des enfants.
L'auteur s'interroge également sur la contradiction qui émane du dynamisme et de la créativité dont font preuve les milieux artistiques et professionnels, face au peu de progrès des productions graphiques des adultes profanes.
Afin d'expliquer ce phénomène, il émet une hypothèse de type cognitiviste systémique afin de reformuler la problématique pour la voir dans le cadre des processus de la communication plurimédias ordinaire.
Darras fait la différence entre pensée figurative et visuelle, dans la mesure ou la première se rapporte à l'expérience visuelle et la seconde à l'expérience cognitive . En matière de graphisme, il en résulte des signes différents : les similis et les schémas.
Les similis se fondent sur la similarité avec l'expérience optique directe et tendent à se faire accepter comme réplique du réel. Leur domaine de validation varie selon les cultures, mais notre culture occidentale qui privilégie aujourd'hui largement des modes visuels comme la photo, le cinéma, la vidéo, les médias, fait une large part à l'image dite "tabulaire", c'est-à-dire en 2 dimensions sur un espace plan, synoptiques (vues ensemble), synchroniques (représentation d'un seul instant) et à tendance idéologique unitaire (un seul point de vue).
Les schémas , loin d'être une simplification ou une sélection de propriétés distinctives, en sont plutôt la neutralisation et que selon son origine cognitive, ils seront constitué de propriétés très générales (niveau super-ordonné), plus distinctives (niveau de base, iconotype ou pictogramme) ou détaillées (niveau subordonné).
En conclusion Darras stipule que les nouvelles images technologiques ont amené des changements considérables dans le monde de l'image. Il ajoute que la production entre en ce moment dans une phase de démocratisation. Grace à ses expériences il a pu démontrer que les signes comme les dessins, les schémas et les photos ont une composante iconique, mais leur origine cognitive ainsi leur nature sémiotique divergent. En revanche les finalités et les fonctions représentent des systèmes plutôt autonomes, qu'il faut interioriser afin d'éviter les confusions.
mis-à-jour 6-2000 M.Tschopp