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Une femme de 32 ans a comparu mardi devant le Tribunal de police de Genève pour n'avoir pas bien surveillé son fils de 2 ans. En 2010, le garçon était tombé dans une baignoire d'eau bouillante. Il avait subi de graves brûlures.
Le mari de la prévenue, un décorateur âgé de 44 ans, se trouvait également sur le banc des accusés. A l'époque, il n'était encore que son compagnon. Le drame s'est toutefois déroulé dans son appartement et en sa présence: il est également poursuivi par le Ministère public pour lésions corporelles par négligence.
Dans cette procédure, le père de l'enfant a déposé plainte. Lorsque le drame s'est produit, le couple était en conflit. Les deux accusés ont nié avoir mis en danger le garçon de façon inconsidérée. Selon eux, il s'agit d'un dramatique accident ménager, causé par un instant d'inattention.
Canards en plastique
Les faits se sont déroulés un soir de janvier 2010. La mère est arrivée chez son compagnon avec son enfant. Elle a demandé à son ami de lui couler un bain. L'enfant s'est ensuite mis à jouer avec des canards en plastique qui avaient été posés sur le bord extérieur de la baignoire pleine.
Le bambin s'amusait à rapporter les jouets à la cuisine. Les accusés ont affirmé n'avoir soudain plus entendu l'enfant. Ils se sont précipités dans la salle de bains et l'ont découvert dans la baignoire pleine, le bras et la tête en dehors de l'eau. Ils l'ont sorti, l'ont déshabillé et lui ont appliqué des serviettes froides.
Regrets et larmes
Ce drame est "quelque chose qui va me suivre pour toujours", a fait savoir la mère devant le tribunal. "Je réitère mes regrets à tous", a-t-elle ajouté. Son mari a souligné que lui et sa femme avaient toujours dit la vérité dans cette affaire. "Nous ne pouvions imaginer une vie familiale harmonieuse dans le mensonge".
Les deux accusés ont demandé leur acquittement complet. Le Ministère public, de son côté, a requis des peines de jours-amende avec sursis. La procureure Judith Lévy Owczarczak a estimé que le drame n'a pas été causé par une erreur d'inattention. Selon elle, les prévenus devaient être occupés à autre chose lorsque l'accident s'est produit.
La représentante du parquet a décrit une mère qui était "peu sensible aux besoins de son enfant". Elle s'est déclarée peu convaincue par la version livrée par les prévenus pour expliquer les blessures du bambin. A l'époque des faits, des soupçons de maltraitance avaient même circulé.
Eau à 55 degrés
Selon les constats médicaux, l'enfant a souffert de brûlures sur 23% de la surface de son corps. Les experts ont estimé que la température de l'eau de la baignoire devait s'élever à 55° environ pour occasionner de telles lésions.
Aujourd'hui, le garçon de 7 ans vit à nouveau avec sa mère et le mari de celle-ci. Il a intégré une école pour des enfants à haut potentiel. "Il s'entend bien avec son beau-père", a poursuivi la maman, qui termine des études pédagogiques. Le pédiatre de l'enfant a dit qu'il grandissait normalement.
Le jugement sera rendu vendredi.
ATS