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22/03/2023
Le mercredi 22 mars 2023, un tremblement de terre de magnitude 4.3 s'est produit à 15h50 (heure locale) près de Réclère, à 12 km au sud-ouest de Porrentruy (JU), à une profondeur approximative de 6 km.
Le tremblement de terre a été clairement perçu dans le Jura. Mais des témoignages de ressenti ont également été reçus en provenance de l’ouest du Plateau suisse, jusqu'à Lausanne, Berne, Lucerne et Zurich. Dans la première heure qui a suivi le tremblement de terre, ce sont au total plus de 1000 témoignages qui sont parvenus au Service Sismologique Suisse à l'ETH Zurich. Lors d'un tremblement de terre de magnitude 4.3, de faibles dommages peuvent éventuellement se produire près de l’épicentre, mais il ne faut pas s'attendre à de sérieux dégâts.
Depuis décembre 2021, des tremblements de terre mineurs ont été enregistrés sporadiquement en Ajoie. Le séisme du 22 mars 2023 est le plus fort à s’être produit ces 100 dernières années dans cette région. Des répliques sont possibles dans les prochaines heures et prochains jours. Le dernier tremblement de terre important, avec une magnitude de 4.1 lui aussi ressenti largement, s'est produit le jour de Noel 2021, sensiblement au même endroit. Dans les jours qui avaient suivi, seules quelques répliques éparses avaient été enregistrées.
17/03/2023
Le jeudi 16 mars 2023, à 23h11 (heure locale), un nouveau tremblement de terre de magnitude 3,0 a eu lieu près de Rossens (FR), à environ 3 km à l'ouest de Rossens (FR), à 14 km au sud-ouest de Fribourg et à une profondeur d'environ 2 km.
Dans l'heure qui a suivi le séisme, le Service sismologique suisse (SED) à l'ETH de Zurich a reçu plus de 250 témoignages de ressenti principalement en provenance de la région épicentrale: Rossens, Vuisternens-en-Ogoz, Treyvaux, Cottens, Ecuvillens, Rueyres-Saint-Laurent et Corpataux. En règle générale, un séisme de cette magnitude ne devrait pas causer de dégâts.
Le dernier séisme perceptible dans la région s'est produit le 4 mars dernier avec une magnitude de 2,7 à une profondeur d'environ 4 kilomètres (voir article d'actualité du 5 mars). Auparavant, un séisme de magnitude similaire (2,6) s'était produit le 19 août 2009 à une profondeur de 6 kilomètres. Cette région est sujette aux tremblements de terre en raison de sa nature géologique. Le bassin molassique, un bassin sédimentaire, est traversé par des zones de failles orientées nord-sud, ce qui est un facteur important pour l’occurrence des séismes dans cette région.
09/03/2023
Après plusieurs années de recherche intensive, le 7 mars 2023, le Service sismologique suisse (SED) à l’ETH de Zurich, en collaboration avec l'Office fédéral de l'environnement (OFEV) et l'Office fédéral de la protection de la population (OFPP), a publié le premier modèle de risque sismique national accessible au public (voir le communiqué du 7 mars). Dans le cadre de cette publication, de nombreux produits ont été mis à disposition afin de permettre de mieux comprendre le risque sismique en Suisse. Vous trouverez ci-dessous une brève description ainsi que des liens directs vers ces produits.
En outre, deux manifestations ont été organisées le 7 mars afin de présenter le modèle aux médias et à un public spécialisé. Plus de 250 participants en provenance de la Confédération, des cantons, de l'économie et du monde scientifique ont ainsi pu s’informer sur les composantes du modèle de risque sismique, les résultats et les produits développés avec le modèle et leurs domaines d'application. En outre, l'utilité du modèle et sa contribution à la mitigation des séismes et à la gestion des événements ont été mis en lumière sous différentes perspectives. Une sélection de reportages télévisés est liée ci-dessous.
Jusqu’à présent, on savait peu de choses sur les effets que peuvent avoir les tremblements de terre en Suisse sur les personnes et les bâtiments. Sur mandat du Conseil fédéral, le Service Sismologique Suisse (SED) à l’ETH de Zurich a développé, en collaboration avec l’Office fédéral de l’environnement (OFEV), l’Office fédéral de la protection de la population (OFPP), l’EPFL et d’autres partenaires de l’industrie, le premier modèle de risque sismique pour la Suisse accessible au public, sur les assises les plus solides à ce jour. Ce modèle crée une nouvelle base pour la population, les autorités et l’économie afin de se préparer aux tremblements de terre et de mieux gérer le prochain séisme dommageable.
Statistiquement, chaque personne en Suisse peut être témoin au cours de sa vie d’au moins un séisme causant des dommages sérieux. Ainsi, avec les pandémies et les pénuries d’électricité, les tremblements de terre font partie des risques les plus importants pour la Suisse. Bien qu’ils soient moins fréquents que d’autres dangers naturels, ils peuvent entraîner des dommages majeurs. Le modèle de risque sismique de la Suisse qui vient d’être publié permet pour la première fois de chiffrer de manière fondée les dommages auxquels on peut s’attendre. Alors que l’aléa sismique évalue la fréquence et la force des secousses que la terre pourrait subir en certains endroits, le risque sismique décrit les conséquences pour les personnes et les bâtiments. Le modèle de risque sismique combine à cet effet des informations détaillées sur l’aléa sismique, l’influence du sous-sol local, la vulnérabilité des bâtiments ainsi que la distribution des personnes et des biens potentiellement affectés.
Selon le nouveau modèle, le risque sismique le plus élevé concerne, dans l’ordre, les villes de Bâle, Genève, Zurich, Lucerne et Berne. Certes, l’aléa sismique diffère dans ces régions, mais en raison de leur taille, ces cinq villes abritent une large population et de nombreux biens qui seraient touchés par un tremblement de terre. De plus, on trouve dans ces agglomérations de multiples bâtiments, parfois particulièrement vulnérables, souvent situés sur un sol meuble qui amplifie les ondes sismiques.
La plupart des dommages aux constructions dus aux séismes sont attendus dans les cantons de Berne, du Valais, de Zurich, de Vaud et de Bâle-Ville. Ils représentent environ la moitié des pertes financières estimées. D'après les calculs du modèle, on peut s’attendre à ce que les tremblements de terre causent, sur une période de 100 ans, des dommages économiques de 11 à 44 milliards de francs suisses aux seuls bâtiments et à leur contenu. Au total, quelque 150 à 1 600 personnes pourraient perdre la vie et, selon les estimations, 40 000 à 175 000 se retrouveraient sans abri à court ou à long terme. À cela s’ajoutent les dommages aux infrastructures et les pertes dues à d’autres conséquences des tremblements de terre, comme les glissements de terrain, les incendies ou les interruptions d’activité. Ceux-ci-ci ne sont toutefois pas encore pris en compte dans le modèle. Le risque sismique ne se répartit pas uniformément dans le temps, mais est dominé par des tremblements de terre rares et catastrophiques, qui surviennent généralement sans avertissement préalable.
Outre les estimations des risques pour certaines périodes et certains lieux, le service sismologique peut désormais élaborer des scénarios à l’aide du modèle de risque sismique. Cela permet entre autres d’illustrer les effets auxquels il faudrait s’attendre si des séismes historiques dommageables se répétaient aujourd’hui. En cas de répétition du séisme de Bâle de 1356, d’une magnitude de 6.6, il faudrait par exemple s’attendre en Suisse à quelque 3 000 morts et à des dommages aux bâtiments d’un montant d’environ 45 milliards de francs suisses. Mais des séismes destructeurs peuvent en principe se produire partout. Le SED met donc à disposition un scénario pour un séisme dommageable de magnitude 6 pour chaque chef-lieu de canton et une autre localité. Un tel séisme survient en moyenne tous les 50 à 150 ans quelque part en Suisse ou dans les régions limitrophes. Ces 59 scénarios au total doivent contribuer à sensibiliser les autorités et la population aux conséquences de séismes dommageables en Suisse.
Sur la base du modèle de risque sismique, le service sismologique publiera une évaluation rapide des dégâts après chaque séisme d’une magnitude égale ou supérieure à 3. Cette évaluation rapide des dommages informe la population et les forces d’intervention sur les conséquences à attendre en cas de séisme ressenti sur une large région ou causant des dommages. Des dégâts isolés sont possibles près de l’épicentre à partir d’une magnitude de 4 environ. Il est également possible de déterminer les risques pour des parcs immobiliers ou d’établir des scénarios détaillés pour les villes et les agglomérations. La Suisse est ainsi l’un des premiers pays au monde à disposer d’une base librement accessible, permettant de prendre des décisions fondées dans le domaine de la mitigation des séismes et de la gestion des événements.
Lors de l’élaboration du modèle de risque sismique de la Suisse, l’accent a été mis sur l’amélioration des données de base. Ont été simulés plus de trois millions de séismes pouvant se produire en Suisse ou dans les régions limitrophes. Les plus de deux millions de bâtiments résidentiels, commerciaux et industriels en Suisse ont été classés en catégories de vulnérabilité selon des critères précis, pour pouvoir modéliser les dommages potentiels dus aux séismes. En outre, l’affinement des bases de données sur les effets d’amplification du sous-sol garantit une bien meilleure image des effets locaux. Malgré l’amélioration des données, il faut s’attendre à des écarts par rapport aux conséquences réelles en raison des incertitudes liées à la modélisation. Afin de réduire ces incertitudes et de faire évoluer ainsi les prévisions du modèle, celui-ci sera perfectionné au cours des prochaines années.
Le modèle de risque sismique fait partie du programme de mesures de la Confédération pour la mitigation des séismes, coordonné par l’OFEV. Il a pour objectif d’assurer une gestion globale des risques sismiques au niveau fédéral. Ainsi, les connaissances acquises grâce au modèle de risque sismique contribuent à l’analyse nationale des risques et aux planifications préventives à l'échelon de la Confédération et des cantons. Elles créent une base commune sur la manière dont les autorités, la population et l’économie peuvent gérer les effets d’un séisme dommageable et remettre en état les constructions et les infrastructures détruites ou endommagées. En outre, le modèle national de risque sismique sert d’élément important à l’Organisation dommages sismiques (ODS), en cours de création, pour la planification et la réalisation de son travail. Après un tremblement de terre, l’ODS évaluera les coûts attendus suite aux dommages aux bâtiments, afin de pouvoir commencer rapidement la reconstruction.
Documents à télécharger:
Carte Risque Sismique de la Suisse (haute résolution)
Le risque sismique expliqué en vidéo
05/03/2023
Le samedi 4 mars 2023, à 23h32 (heure locale), un séisme de magnitude 2.7 s'est produit à environ 3 km à l’ouest de Rossens (FR), à une profondeur d'environ 4 km.
Le Service sismologique suisse à l'ETH de Zurich a reçu des témoignages de ressentis en provenance de Farvagny et des environs immédiats. Dans l'heure qui a suivi le tremblement de terre, 50 témoignages nous sont parvenus. En règle générale, il ne faut pas s’attendre à de dégâts pour un séisme de cette magnitude.
Le dernier séisme ressenti dans la région de Rossens a été enregistré le 19 août 2009 avec une magnitude de 2.6, à une profondeur de 6 km. Dans cette région, des tremblements de terre se produisent régulièrement le long d’une zone de faille s'étendant approximativement du nord au sud. La plupart des séismes se produisent à la limite entre le socle cristallin et les sédiments du bassin molassique.
Un tremblement de terre de magnitude 2,6 a été enregistré le mercredi 1er mars 2023 à 22h02 (heure locale) à proximité de Tiefencastel (GR) et à une profondeur d'environ 6 kilomètres.
Le Service sismologique suisse à l’ETH de Zurich a principalement reçu des témoignages de ressenti en provenance de localités très proches de l’épicentre. 60 témoignages ont été enregistrés dans l'heure qui a suivi ce séisme. La plupart des personnes ont signalé avoir été surprises par une légère secousse. Des bruits de détonation isolés ont également été signalés. Ces bruits se produisent lorsque les ondes sismiques atteignent la surface et sont un phénomène courant associé aux tremblements de terre. Les vibrations du sol sont transmises dans l'air et créent des ondes sonores. Des dégâts ne sont généralement pas à craindre lors d'un tremblement de terre de cette magnitude.
10/02/2023
Suite aux tremblements de terre destructeurs survenus dans la région frontalière entre la Syrie et la Turquie, la question de l’impact que pourraient avoir des secousses comparables en Suisse se pose régulièrement. En se basant sur les résultats provisoires du modèle de risque sismique de la Suisse, qui sera publié le 7 mars 2023, le Service Sismologique Suisse à l’ETH de Zurich a calculé deux scénarios : un séisme non attendu d’une magnitude de 7.8 et une répétition du séisme de 1356 d’une magnitude de 6.6 près de Bâle. Il faut s’attendre à un tremblement de terre aussi fort dans la région de Bâle tous les 2 000 à 2 500 ans. Des séismes plus importants, d’une magnitude maximale d’environ 7, sont considérés comme possibles en Suisse en raison des conditions tectoniques. Un tel séisme à n’importe quel endroit de Suisse ou dans un pays voisin a une probabilité d’occurrence annuelle d’environ 0.1 %. En revanche, un tremblement de terre d’une magnitude de 7.8 n’est pas attendu. En raison de l’échelle logarithmique de magnitude, un tel séisme serait environ 63 fois plus fort qu’un séisme de magnitude 6.6, avec les conséquences afférentes en termes de dommages occasionnés.
Selon les modélisations, dans les deux scénarios, tout le territoire suisse serait fortement touché par les effets du séisme. Dans les zones épicentrales respectives, il faudrait s’attendre à des destructions à grande échelle. Dans toute la Suisse, environ 77 000 bâtiments subiraient des dommages modérés à graves dans le scénario de Bâle, soit 70 % du parc immobilier dans les cantons les plus touchés. Par conséquent, environ 3 000 décès seraient à déplorer avec des dommages aux bâtiments d’un montant d’environ 45 milliards de francs suisses. D’autres coûts résulteraient d’interruptions d’exploitation ou de dommages aux infrastructures, qui ne sont pas encore modélisés actuellement. Pour le scénario non prévu, d’une magnitude de 7.8, il faudrait s’attendre à plus de 15 000 morts et à des dommages de l’ordre de 250 milliards de francs suisses. Plus d’un demi-million de bâtiments subiraient des dégâts modérés à destructeurs. Les effets d’un séisme de magnitude 7.8 sont notamment plus importants parce qu’un tel séisme active une faille de 120 à 180 km de long, alors qu’un séisme de magnitude 6.6 n’affecte qu’une faille d’environ 15 à 30 km de long.
Le modèle de risque sismique de la Suisse est élaboré par le Service Sismologique Suisse (SED) à l’ETH de Zurich en collaboration avec l’Office fédéral de l’environnement (OFEV), l’Office fédéral de la protection de la population (OFPP), l’EPFL et d’autres partenaires de l’industrie. Le modèle de risque sismique de la Suisse, accessible au public à partir du 7 mars 2023, permettra pour la première fois de chiffrer de manière fondée les dommages attendus. Le modèle crée ainsi une nouvelle base pour la population, les autorités et l’économie afin de se préparer aux tremblements de terre et de mieux gérer le prochain séisme.
Les tremblements de terre de magnitude 7.8 et 7.5 survenus en Turquie le 6 février 2023 sont des événements dévastateurs qui affectent gravement la vie de millions de personnes en Turquie et en Syrie. Le foyer du tremblement de terre de Gaziantep (magnitude 7.8) se trouvait à 18 kilomètres sous la surface de la terre et à environ 9 kilomètres à l’est de Sakcagoz. Le deuxième séisme (séisme de Kahramanmaras, magnitude 7.5) s’est produit à une profondeur de 10 kilomètres, à environ 100 kilomètres au nord du premier séisme, sur une deuxième faille. La ville turque de Gaziantep, qui compte plus d’un million d’habitants, est sise à proximité de l’épicentre du tremblement de terre éponyme et Alep en Syrie n’est qu’à 100 km. Dix autres grandes villes sont situées directement sur la zone de faille.
Les tremblements de terre se sont produits en raison du mouvement des plaques tectoniques. La région où se sont produits les séismes est appelée « Triple Jonction ». Trois plaques différentes se rencontrent dans son sous-sol: la plaque anatolienne, la plaque arabique et la plaque africaine. D’après ce que l’on sait à ce jour, le tremblement de terre de Gaziantep s’est produit en raison du mouvement de la partie sud de la zone de faille de l’Anatolie orientale (voir Illustration 1). Cette zone de faille s’étend au sud-est de la Turquie et est responsable de bon nombre des séismes survenant dans la région. Au fil du temps, d’énormes contraintes tectoniques se sont accumulées dans le sous-sol de la zone de faille et se sont libérées d’un coup, provoquant ainsi les mouvements du sol qui ont causé des dégâts dévastateurs dans la région. Les effets n’ont pas été seulement constatés localement. Même à Chypre, à 400 kilomètres de l’épicentre du tremblement de terre de Gaziantep, un déplacement dynamique d’environ 20 cm a encore été mesuré par GPS (GPS: système mondial de positionnement par satellite).
Selon les calculs provisoires de l’United States Geological Survey (USGS), une grande section de la faille s’est déplacée d’environ 3.4 m lors du tremblement de terre de Gaziantep, sur une surface verticale d’environ 220 x 30 km, ce qui correspond à peu près à la superficie du canton des Grisons. Le deuxième séisme, d’une magnitude de 7.5, avait une surface de rupture de 40 x 20 km (comparable à la taille du canton du Jura) et a causé un déplacement horizontal de 10 m environ. Avec les données supplémentaires qui seront disponibles dans les prochains jours, ces indications sur la taille et le mouvement des surfaces de rupture seront encore précisées et pourront donc, comme on peut s’y attendre, évoluer de manière significative.
Les tremblements de terre ont provoqué l’effondrement de nombreux bâtiments. Dans la ville de Kahramanmaras, par exemple, on estime que 16 000 bâtiments ont été endommagés (rapport 6.2.23, Kandilli Observatory and Earthquake Research Institute). Ceci n’est pas seulement dû à l’intensité des secousses, mais aussi à une construction inadéquate. Bien que la Turquie ait révisé ses normes de construction après le tremblement de terre d’Izmit en 1999, il existe encore de nombreux bâtiments anciens qui ont été construits avant ces normes et qui présentent donc une sécurité sismique inconnue et souvent insuffisante. La situation est similaire dans de nombreux pays, également en Suisse, car la rénovation du patrimoine bâti est généralement lente et le renforcement des bâtiments existants peut s’avérer très coûteux. Dans les grandes villes turques, le rez-de-chaussée est en outre souvent construit comme un espace commercial ouvert avec peu de murs de soutènement. Or, de tels murs seraient extrêmement importants pour la stabilité. Sans ces murs de soutènement, le rez-de-chaussée peut s’effondrer en cas de mouvements importants du sol, entraînant ainsi l’effondrement de tout le bâtiment.
Les tremblements de terre ont en outre provoqué des coupures de courant généralisées et des perturbations des communications. Il a donc été difficile pour les équipes de secours et de déblayage d’atteindre les zones touchées et de coordonner les mesures d’aide. Selon les données de l’USGS, il faut en outre s’attendre à ce que de vastes zones soient touchées par des glissements de terrain et des phénomènes de liquéfaction du sol. Lors de liquéfaction du sol, le sous-sol perd sa résistance, ce qui, comme dans le cas des glissements de terrain, entraîne des dommages supplémentaires aux bâtiments, aux routes ou aux infrastructures.
La région a été touchée par plusieurs séismes importants dans le passé. Le dernier séisme d’une intensité comparable dans la région s’est produit en 1939 à Erzincan, sur la faille nord-anatolienne; il avait une magnitude de 7.8. C’était l’un des plus graves tremblements de terre survenus en Turquie au XXe siècle, causant de graves dommages dans certaines villes et villages. Juste avant les deux séismes actuels dans le sud de la Turquie, la probabilité annuelle d’un séisme d’une magnitude supérieure à 7.7 dans cette région était de 0.13 % et celle d’un séisme d’une magnitude supérieure à 7.4 de 0.25 % (Danciu et al., 2021). Cette probabilité est plutôt élevée en comparaison européenne, comme le montre l’illustration 2: la région concernée se trouve dans la zone colorée en violet. La survenue de forts séismes comme celui du 6 février n’est donc pas inattendue. Les régions présentant un niveau d’aléa plus faible sont colorées en jaune dans l’illustration 2.
Un grand tremblement de terre est habituellement suivi d’autres tremblements de terre. Il n’est pas exclu que d’autres séismes de magnitude similaire, voire supérieure, se produisent. La plupart des répliques se produisent dans les minutes ou les heures qui suivent le plus grand séisme. D’autres répliques peuvent se produire pendant les semaines, les mois, voire les années qui suivent la secousse principale, mais leur nombre a tendance à diminuer avec le temps. Ce modèle est également clairement visible dans la séquence actuelle, comme le montrent les barres grises de l’illustration 3. Après une semaine, le nombre de séismes attendus par jour est déjà inférieur d’environ 95 % à 97 % aux valeurs du premier jour. Néanmoins, dans de rares cas, de grands séismes peuvent à nouveau se produire.
06/02/2023
(aktualisiert) Am Montag, den 6. Februar 2023 um 02:17 Uhr Schweizer Zeit hat sich in der Nähe der Stadt Gaziantep in der südlichen Zentraltürkei, rund 50 km nördlich der syrischen Grenze, ein Erdbeben der Magnitude 7.8 ereignet. Dem Hauptbeben folgten bisher dutzende Nachbeben, die ebenfalls die Schadensschwelle erreichten. Darunter ein Beben der Magnitude 6.7, das sich 11 Minuten später ca. 30 km nördlich des Hauptbebens ereignete sowie ein Beben der Magnitude 7.5, welches am selben Tag um 11:47 Uhr auftrat. Nach ersten Erkenntnissen fand dieses starke Nachbeben auf der nach Westen abzweigenden Surgu-Verwerfung statt. Es vergrösserte den Schadensperimeter der Erdbebensequenz deutlich nach Nordwesten. Die Nachbeben-Tätigkeit wird – typischerweise mit abnehmender Intensität – voraussichtlich noch Wochen oder Monate anhalten, wobei auch mit weiteren Beben über der Schadensschwelle gerechnet werden muss. Es ist zudem nicht auszuschliessen, dass sich ein noch stärkeres Beben als das Hauptbeben ereignet, die Wahrscheinlichkeit dafür ist jedoch sehr klein.
Die schweren Beben waren von Israel bis Kroatien spürbar und haben in einer Region von etwa 400 auf 300 km zu schweren Schäden geführt. Bis Dienstagmittag waren bereits über 5’000 Todesopfer und 25‘000 Verletzte bekannt, davon etwa zwei Drittel in der Türkei und ein Drittel in Syrien. Diese Zahlen werden voraussichtlich noch weiter ansteigen.
Das Magnitude 7.8 Erdbeben hat in einer seismisch aktiven Region stattgefunden, in der sich die Anatolische, Arabische und Afrikanische Platte treffen. Nach bisherigen Erkenntnissen lag das Beben auf der vom Golf von Iskenderun in Richtung Nordosten verlaufenden Ostanatolischen Störung. Ein Beben dieser Grösse versetzt die Erdplatten entlang einer Verwerfung von 180 bis 200 km Länge um mehrere Meter. Der gesamte Bruchvorgang dauerte 30 bis 40 Sekunden, was eine Bruch-Fortpflanzungsgeschwindigkeit weit über Schallgeschwindigkeit ergibt. Die Bruchfläche reichte dabei von einer Tiefe von rund 20 km bis an die Erdoberfläche. Das Beben von letzter Nacht ist eines der stärksten bekannten Beben in der Region. Die bisher grössten historischen Beben mit Magnituden von ungefähr 7 haben in den Jahren 1138 und 1822 die Stadt Aleppo in Syrien komplett verwüstet. Das Beben von 1822 forderte einige zehntausend Todesopfer. Seit 1970 blieb es in der Region verhältnismässig ruhig mit nur drei Beben mit Magnituden von 6 oder mehr. Das grösste davon erschütterte die Region am 24. Januar 2020 mit einer Magnitude von 6.7.
Die ersten Wellen (P-Wellen) der Beben in der Südosttürkei trafen mit einer Verzögerung von gut 5 Minuten in der Schweiz ein, die stärkeren, aber langsameren Oberflächenwellen legten die 2’700 km in etwa einer Viertelstunde zurück. Beim Hauptbeben von Montagnacht wurde die Erdoberfläche in der Schweiz um bis zu einem Zentimeter vertikal ausgelenkt – vergleichbar mit den Bodenbewegungen, die hierzulande nach dem Magnitude 9.2 Beben von Tohoku (Japan) im Jahr 2011 registriert wurden. Allerdings treffen in so grossem Abstand vom Erdbebenherd nur noch langperiodische Wellen ein: Das heisst, die Bodenoberfläche bewegt sich innerhalb von etwa zwei Minuten erst einen Zentimeter nach oben und dann wieder nach unten. Das ist mit geeigneten Seismometern deutlich messbar und kann zur Lokalisierung des Erdbebens wie auch zur Magnitudenbestimmung verwendet werden. Für uns Menschen sind diese Wellen aber weder spürbar noch haben sie irgendwelche Schadensfolgen.
01/02/2023
L’année dernière, le Service Sismologique Suisse (SED) à l’ETH de Zurich a enregistré près de 900 séismes. L’activité a notamment été marquée par des événements survenus dans les pays limitrophes, comme le tremblement de terre de Sierentz (F). Avec une magnitude de 4.7, il s’agit du cinquième séisme le plus fort dans la zone d’enregistrement, depuis la mise en place de méthodes de mesure modernes en 1975. La population a perçu les secousses sur une large région. D’autres tremblements de terre qui se sont produits près d’Albstadt (D), Chamonix (F), Triesenberg (FL) ainsi qu’en Haute-Ajoie (JU) ont également été clairement ressentis.
Avec environ 900 séismes, le nombre d’événements enregistrés est légèrement inférieur à celui des dernières années. 28 séismes, soit un peu plus que la moyenne à long terme, ont atteint ou dépassé une magnitude de 2.5. Ils se situent ainsi dans une plage où ils ont probablement été perceptibles par la population. Contrairement à d’autres années, aucune importante séquence sismique ne s’est produite en 2022, ce qui explique en grande partie le nombre légèrement plus faible de séismes. De telles fluctuations de l’activité sismique sont habituelles et ne permettent pas de tirer des conclusions sur l’évolution future.
Le séisme survenu en Alsace près de Sierentz (F) le 10 septembre 2022 est le cinquième événement le plus fort enregistré en Suisse ou dansou dans les régions voisines depuis le début de l’enregistrement instrumental moderne des tremblements de terre en 1975. Avec une magnitude de 4.7, il a été ressenti dans une grande partie de la Suisse. Le SED a reçu 11’000 témoignages de ressenti de la part de la population, ce qui constitue actuellement un record. Il partage la cinquième place avec un séisme de même magnitude qui s’est produit près de Vaduz (FL) en 1992. Les plus forts séismes depuis 1975 en Suisse et dans les pays limitrophes, tous deux d’une magnitude de 5.1, ont eu lieu à Annecy (F) en 1996 et à Bormio (I) en 1999. En deuxième position, on trouve le dernier séisme suisse ayant entraîné des dégâts; d’une magnitude de 5.0, il s’est produit près de Vaz (GR) en 1991. Il est suivi d’un séisme près de Vallorcine (F) (2005, magnitude 4.9) et d’un autre près de Besançon (F) (2004, magnitude 4.8).
Le séisme de Sierentz (F) est lié à une structure tectonique sismiquement active connue : le fossé rhénan. Celui-ci s’étend en direction du nord depuis la région bâloise, entre Forêt-Noire et Vosges. Les tremblements de terre n’ont rien d’exceptionnel dans cette région, mais ce n’est qu’une fois tous les dix à vingt ans qu’un séisme aussi fort que celui de septembre dernier s’y produit. Historiquement, de forts séismes dommageables ont également été documentés dans ce secteur, comme celui de Bâle en 1356, d’une magnitude de 6.6. Alors qu’au cours des siècles suivants, un séisme provoquant des dommages se produisait environ tous les cinquante à cent ans, on n’a plus connu que quelques tremblements de terre importants à partir de 1650. Sur la base des observations historiques et des études paléosismiques, il faut toutefois s’attendre dans la région à un séisme aussi fort que celui de 1356 tous les 2000 à 2500 ans.
L’épicentre du deuxième plus grand séisme de l’année 2022 se trouvait près de Triesenberg (FL). Avec une magnitude de 3.9, il a été nettement ressenti non seulement dans toute la Principauté du Liechtenstein, mais aussi en Suisse, jusqu’à Saint-Gall et Coire. Parmi les plus de 700 témoignages de ressenti, certains provenaient en outre des régions de Schaffhouse, Zurich et Lucerne. Le tremblement de terre s’est produit près de la surface et a donc été perçu comme assez fort directement à l’épicentre, mais relativement faiblement à une distance plus grande. Environ 20 secondes avant le séisme principal du 1er septembre, il y a eu une première secousse de magnitude 2.1, qui a également été clairement ressentie près de l’épicentre. Par la suite, de nombreuses répliques, parfois perceptibles, se sont produites. La plus importante d’entre elles, d’une magnitude de 3.1, a eu lieu le 14 octobre. Tout comme le fossé rhénan, la vallée du Rhin saint-galloise fait partie des zones d’aléa sismique élevé en Suisse. Dans les régions suisses proches des frontières, un séisme d’une magnitude de 4.2 survenu près d’Albstadt (D) le 9 juillet et un autre d’une magnitude de 3.7 près de Chamonix (F) le 25 septembre ont aussi été clairement perçus.
Outre ces séismes dans les pays limitrophes, une réplique de magnitude 3.1 de la séquence qui a débuté en Haute-Ajoie (JU) fin 2021, a été clairement ressentie, notamment dans le Jura. Par ailleurs, un nombre inhabituellement élevé de témoignages de ressentis a été reçu pour un séisme de magnitude 1.6 près de Monthey (VS) le 25 octobre. Les personnes ne peuvent normalement pas ressentir un tremblement de terre de cette magnitude. La raison pour laquelle ce faible séisme a été lui nettement perçu est, d’une part, le moment où il s’est produit en fin de soirée et, d’autre part, la faible profondeur de son foyer, à environ un kilomètre sous la surface.
Parmi les cinq séismes les plus importants qui se sont produits depuis la création du réseau de mesure instrumentale, heureusement seul celui de Vaz (GR) a causé des dégâts mineurs en Suisse. Les séismes dommageables sont donc rares, mais ils continueront à se produire à l’avenir. Jusqu’à présent, on ne savait que peu de choses sur les effets que les tremblements de terre pourraient avoir aujourd’hui sur les personnes et les bâtiments. À l’avenir, ceux-ci pourront être évalués à l’aide du premier modèle national de risque sismique accessible au public. Le modèle développé par le SED en collaboration avec l’Office fédéral de l’environnement (OFEV), l’Office fédéral de la protection de la population (OFPP), l’EPFL et d’autres partenaires de l’industrie sera présenté au public le 7 mars 2023.
Télécharger communiqué de presse (PDF)