Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06883.jsonl.gz/38

Les analyses montrent que la protection des centrales nucléaires suisses est nettement plus élevée que ce qu'on avait supposé jusqu'à présent. Pour les centrales nucléaires de Gösgen et de Leibstadt, une protection totale a pu être démontrée. Pour les installations plus anciennes de Beznau et de Mühleberg, le niveau de protection est également élevé et la probabilité d'un relâchement de substances radioactives dans l'environnement en cas d'attentat terroriste depuis l'espace aérien est faible.
A la demande de la DSN, les exploitants des centrales nucléaires suisses ont procédé à une importante analyse des conséquences que pourrait avoir un crash d'avion délibéré sur une centrale nucléaire. Fin 2002, les études spécifiques en question ont été remises à la DSN en vue d'une prise de position.
Dans son analyse, le groupe d'experts des exploitants des centrales nucléaires a recouru à des modèles, des méthodes et des données actualisés. Il a tenu compte de tous les types d'avion de ligne utilisés aujourd'hui dans le monde entier, de leur poids, des quantités de carburant dans les réservoirs, de la vitesse et autres conditions d'approche. A l'aide d'une analyse de charge limite dynamique, le groupe d'experts a étudié les effets sur l'intégrité et la stabilité des structures des centrales nucléaires importantes pour la sûreté. Il a utilisé pour ce faire des modèles complexes de crash et d'incendie. L'actuelle protection contre une chute d'avion délibérée a en plus été évaluée par une étude probabiliste de sûreté.
En ce qui concerne les centrales nucléaires suisses, les analyses ont donné les résultats suivants: les études sur la charge limite pour les centrales nucléaires suisses plus récentes de Gösgen et de Leibstadt montrent que leurs bâtiments importants pour la sûreté offrent une protection totale, même en cas de vitesse élevée, contre les effets de la chute d'un avion de ligne gros porteur moderne aux réservoirs pleins. Ces deux installations disposent ainsi d'un niveau de protection nettement plus élevé que celui qui était exigé par les autorités dans les années 70 lors de leur projection. A l'époque, on avait demandé une protection totale contre un Boeing 707 contenant un reste de carburant et volant aune vitesse de 370 km/h. Les études probabilistes pour un éventail de types d'avions et de vitesses d'approche possibles indiquent que la probabilité d'un relâchement de radioactivité suite à un crash d'avion est très faible.
Concernant les centrales nucléaires suisses plus anciennes de Beznau et de Mühleberg, aucune conception particulière n'était exigée en cas de crash d'avion, lors de leur construction. Les analyses sur la charge limite montrent toutefois qu'elles ont été construites dans le respect des conceptions en cas de chute d'un Boeing 707 qui étaient requises pour les installations suisses plus récentes. Il existe par ailleurs d'autres réserves de sûreté. Les résultats des études probabilistes en cas de crash d'avion montrent que les systèmes de secours d'urgence remis à niveau et protégés en cas de chute d'avion, de même que la séparation spatiale des équipements de sûreté, contribuent à la faible probabilité d'un relâchement de radioactivité. Les explications plus détaillées données par M. Ulrich Schmocker, directeur de la DSN, à l'occasion de la publication de ce rapport, sont reproduites dans le présent Bulletin sous la rubrique "Rapports".
Les exploitants des centrales nucléaires sont extrêmement satisfaits des résultats de cette étude et se sentent confortés dans les efforts permanents qu'ils fournissent en vue d'une sûreté maximale de leurs installations.
Source
D.S./C.P. d'après un communiqué de la DSN du 3 avril 2003