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L'indice éolien
L'indice éolien, également connu sous le nom de "température ressentie" ou de "windchill" en anglais, désigne l'accentuation de la sensation de froid que provoque le vent sur la peau humaine. Avec la vague de froid sibérienne qui s'annonce, voici quelques rappels concernant cet indice et les valeurs que nous pourrions atteindre ces prochains jours.
Que mesure l'indice éolien?
Lorsque la peau est exposée à l'air ambiant et qu'il n'y a pas de vent, la chaleur du corps réchauffe la fine couche d'air en contact direct avec la peau. Cette fine couche agit comme un isolant thermique entre la chaleur du corps et la température ambiante de la masse d'air. Lorsque le vent souffle, cette fine couche d'air en contact direct avec la peau est balayée et remplacée par l'air ambiant de la masse d'air qui, en hiver, est souvent beaucoup plus froid. En présence d'un vent soutenu, la fine couche d'air en contact avec la peau n'a jamais le temps de se réchauffer avant d'être remplacée par une autre, et donc, la sensation de froid que ressent la peau est accentuée. C'est le principe même de l'indice éolien ou de la "température ressentie", connu sous le nom de "windchill" en anglais.
Comment cet indice est-il calculé?
Développé en Amérique du Nord, la manière de calculer cet indice a évolué au fil des années. Sa formule varie quelques peu en fonction de son calcul en degrés Celcius ou en degrés Fahrenheit. Sa formulation actuelle est basée sur un modèle de la température de la peau prenant en compte différentes valeurs de vitesses de vents et de températures, tout en utilisant des corrélations de vitesses de vent et de taux de transfers de chaleur issues de l'ingénierie. Le taux de transfert de chaleur est calculé pour un visage exposé au vent avec la personne se déplaçant à une vitesse de 5 km/h. Le modèle corrige ensuite la valeur de vent, mesurée à la station de mesure (10 mètres du sol), à la valeur de vent attendue à la hauteur moyenne d'un visage humain (hauteur inférieure à 2 mètres). La valeur finale de l'indice éolien est uniquement défini pour des températures de l'air ambiant inférieures à 10°C et pour des vitesses de vent supérieures à 4,8 km/h. A noter également que lorsque la température ambiante s'abaisse avec un vent constant, l'indice éolien s'abaissera également. Vous pouvez trouver les formules exactes en consultant le lien suivant : formules Windchill.
Le tableau de l'indice éolien, ci-dessous, vous permet également de calculer la température ressentie en fonction de la vitesse du vent et de la température ambiante de l'air. Par exemple, un vent de 5 km/h avec une température ambiante de -25°C aura le même effet sur la peau exposée (même indice éolien) qu'un vent à 65 km/h par température ambiante de -15°C. Dans de telles conditions, des gelures peuvent intervenir en seulement 10 à 30 minutes d'exposition avec un risque modéré d'hypothermie.
Quelles valeurs de l'indice éolien pourrait-on atteindre avec la vague de froid prévue en début de semaine prochaine?
Dès dimanche 25 février, de l'air continental arctique commencera à affluer en direction de la Suisse à partir de la Russie. Cet air arrivera dans un fort courant de bise. Avec ce vent, en plus des températures largement négatives prévues, des embruns gelés devraient s'accumuler le long des rives lacustres. Avec des températures maximales en plaine attendues autour de -5°C et une bise soufflant en moyenne entre 30 et 50 km/h, avec des rafales entre 50 et 70 km/h, cela devrait provoquer des températures éoliennes entre -13 à -16°C. Si les températures ambiantes sont légèrement inférieures, nous pourrions approcher un "windchill" de -20°C en plaine. A noter qu'à 1000 mètres d'altitude, le long du Jura et des Préalpes, pour une température ambiante de -10 à -15°C et une bise de même force, cela pourrait induire des températures ressenties de l'ordre de -20 à -30°C.
Pour finir, l'ampleur de la vague de froid à venir ne semble pas, pour l'instant, pouvoir rivaliser avec celle intervenue en février 2012. En février 2012, nous avions subit un froid glacial durant 2 semaines entières, accompagné de 3 épisodes de bises tempétueuses bien distincts. Celle à venir (dès dimanche) semble être de plus courte durée (5 jours) et accompagnée d'un seul épisode de bise, certes fort, mais moins intense que ceux de 2012. Ces prochains jours, nous suivrons l'évolution de la situation de près, afin de cerner au mieux à la fois l'intensité de cet air sibérien et d'éventuelles chutes de neige dès jeudi prochain. Mentionnons encore que le refroidissement de ces 2 derniers jours, accompagné lui aussi d'un courant de bise, n'est qu'un refroidissement hivernal standard.