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Le titre de l’ouvrage comprend une question à laquelle je voudrais m’arrêter : Un purgatoire protestant? En bref, la question procède du fait que la théologie protestante répugne à imaginer un espace eschatologique intermédiaire entre la lumière du salut et les ténèbres de la damnation, ainsi qu’un temps de purification nécessaire à l’entrée de l’âme dans la vision éternelle de son Dieu. Or c’est dans la neuvième lettre que surgit la surprise. On y évoque la position catholique d’un «état mitoyen entre la béatitude et la damnation éternelle» appuyée sur le principe que «sans une sainteté parfaite, l’âme ne peut être réunie à Dieu» -d’où la nécessité d’une purification après la mort. Mais si Marie Huber juge que c’est ce qu’il y a «de plus vraisemblable dans le sentiment catholique», elle précise que cela est contredit par la conception commune du Purgatoire compris comme «un paiement que les hommes font à la Justice de Dieu».
Reste à savoir si c’est en raison de ses affinités avec le déisme des Lumières que Marie Huber défend cette position incompatible avec le calvinisme orthodoxe et adopte l’idée -assez peu catholique me semble-t-il- d’une «mesure» de la béatitude selon le degré de perfection.
Un bel exemple d’acribie d’historien et de vigilance théologique.