Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07248.jsonl.gz/115

Emotion et fierté nationale chez les uns, rire ou énervement chez les autres, l'hymne national suisse provoque des sentiments et des émotions contrastées.
Une motion déposée au parlement demande à ce qu'il soit changé afin de refléter les valeurs de la Constitution de 1999.
Introduit définitivement en 1981 comme hymne national, le cantique suisse «Sur nos monts, quand le soleil» a pour l'heure survécu à toutes les tentatives de changement ou de modification. Pour le Conseil fédéral (gouvernement), il reste, malgré certains défauts, un hymne national populaire et digne de la Suisse.
La députée socialiste bernoise Margret Kiener Nellen n'est pas de cet avis. Selon elle, le cantique, composé en 1841, reflète une «pensée nationaliste», «l'emphase et le pathos du 19e siècle», «l'image patriarcale, nationale de Dieu». Elle dénonce aussi son «caractère de prière» et ses «destinataires exclusivement masculins».
L'élue a déposé en mars 2004 une motion demandant à ce que soit rédigé un nouvel hymne. Celui-ci devrait refléter les valeurs fondamentales et les buts de l'Etat inscrits dans la Constitution fédérale de 1999 et faire mention de l'égalité entre hommes et femmes, écrit-elle.
Le Parlement ne s'est pas encore penché sur cette motion, mais le Conseil fédéral a d'ores et déjà proposé de la rejeter. Selon lui, chaque citoyenne et chaque citoyen a sa propre conception de l'hymne national.
«Identité commune»
Certains n'éprouvent rien ou sont même gênés par le texte, concède le gouvernement. En revanche, d'autres, «voient dans son pathos et son caractère religieux - et religieux signifie ce qui relie - précisément l'élément fondateur d'une identité commune», écrit-il.
La question de la popularité du cantique suisse reste néanmoins posée. Divers sondages effectués ces dernières années ont en effet montré qu'au moins un tiers des personnes consultées ne connaissait pas du tout l'hymne national et que seul un très faible pourcentage est capable de le chanter par coeur dans son intégralité.
En comparaison avec les autres pays, la tradition de l'hymne national est récente en Suisse puisqu'elle remonte à la fin du XIXe siècle. L'autonomie des cantons et le manque de compétence de la Confédération pour imposer un texte unique a aussi joué un rôle.
Intronisation définitive en 1981
Le chant patriotique «Ô Monts indépendants» était le plus souvent utilisé. Il s'accompagnait de la mélodie de l'hymne national anglais «God Save the King (Queen)». Bien que critiquée au XIXe siècle déjà, cette version n'a été supplantée par l'actuelle qu'en 1961 sur décision du Conseil fédéral.
Jusque là, «Sur nos monts quand le soleil» était considéré comme l'hymne national provisoire. Son intronisation définitive n'a toutefois été confirmée qu'en 1981 après consultation des cantons. Le texte est du Zurichois Leonhard Widmer, la mélodie du prêtre et compositeur uranais Alberik Zwyssig.
Diverses tentatives de le remplacer ont échoué depuis. Ainsi, en 1986, l'Alliance nationale, par la voix de son député Fritz Meier demandait à ce que «Roulez tambours» du Romand Henri-Frédéric Amiel soit désigné comme hymne national.
A la fin des années 1990, la fondation Pro CH 98 a aussi tenté de promouvoir un nouveau cantique composé par l'Argovien Christian Daniel Jakob. Mais la faillite de la fondation a fait échouer le projet.
swissinfo et les agences
En bref
Aucune tradition de l'hymne suisse n'a existé jusqu'à la fin du 19e siècle.
Le chant patriotique «O Monts indépendants» a été le plus utilisé jusqu'en 1961. Il se base sur le texte de Johann Rudolf Wyss, composé en 1811, et est accompagné de la musique de l'hymne national anglais «God Save the King (Queen)» d'Henry Carey.
Devant l'intensification des critiques entourant ce chant, le Conseil fédéral a alors provisoirement opté pour un cantique purement helvétique (d'Alberik Zwyssig). L'intronisation définitive de ce dernier n'a été confirmée qu'en 1981 après consultation des cantons.
Le texte de l'hymne national suisse actuel est l'oeuvre du Zurichois Leonhard Widmer, la mélodie du prêtre et compositeur uranais Alberik Zwyssig.
En conformité avec les normes du JTI