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L’appellation de masque est de toute évidence inappropriée pour ce type de pièce. En effet, ces objets, dont les dimensions sont comprises entre 15 et 20 cm de haut, étaient portés en guise d’ornement à la hanche, attachés à une ceinture, ou bien en pendentif autour du cou. Ils étaient arborés par l’oba lui-même et par certains notables de la cour de Bénin. Ces ornements étaient aussi offerts comme signe d’allégeance aux chefs des régions environnantes sous domination du royaume. Il s’agit le plus souvent d’un visage masculin, comme celui-ci, mais on répertorie aussi quelques exemplaires montrant des têtes de léopard, de bélier ou de crocodile ou encore des scènes de cavaliers.
L’ornement du musée Barbier-Mueller est daté de la fin du XVe siècle, période dite d’expansion. Les œuvres de cette période ancienne se caractérisent par la finesse de leur fonte. Du fait du peu de métal disponible à l’époque, l’épaisseur des objets était particulièrement réduite. Elle est en effet ici de l’ordre du millimètre. Cet exploit technique témoigne du savoir-faire des ateliers de fonderie de Bénin et de leur maîtrise à toutes les étapes de la fabrication, depuis la réalisation du modèle en cire jusqu’aux détails de finition sur le métal. L’œuvre obéit à des conventions artistiques bien établies. Le visage du pendentif présenté ici est long et assez mince. La symétrie est soulignée par des marques frontales prolongeant une arête nasale fine et un sillon nasolabial prononcé. Les narines sont larges et les lèvres charnues. Le personnage arbore au-dessus de chaque œil (les pupilles sont en fer) quatre chéloïdes
(également incrustées de fer), signes distinctifs des étrangers au royaume. La coiffure, décorée de cercles concentriques, est réalisée avec beaucoup de délicatesse. Les artistes de Bénin qui manient avec subtilité les modelés et la précision du trait ont toutefois développé un réalisme d’un degré moindre que celui d’Ifè.