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MétéoSuisse exploite un système d'analyse et de prévision des vents CN-MET en cas d'accidents nucléaires en Suisse et dans les pays limitrophes. Ce système est constitué d'un réseau spécifique de mesures et d'un modèle de prévisions météorologiques COSMO-1. La combinaison des mesures et du modèle fournit des bases importantes pour la protection d'urgence en Suisse.
Météorologie pour les accidents nucléaires
En étroite collaboration avec l'Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN), MétéoSuisse a développé le système d'analyses et de prévisions météorologiques CN-MET (Centrales Nucléaires et METéorologie), mis en service au cours de l'automne 2009. Ce système comprend de nombreux instruments de mesure spécialisés ainsi que le modèle de prévisions numériques COSMO-1. La combinaison de mesures précises et de prévisions à haute résolution permet de déterminer les champs de vent et l'évolution des conditions météorologiques aux abords des centrales nucléaires, en Suisse et dans les pays limitrophes, afin de calculer la propagation des masses d'air contaminées. L'IFSN comme la Centrale nationale d'alarme (CENAL) se servent de ces informations pour évaluer la situation en cours. Enfin, la CENAL utilise ces informations pour décider des mesures de protection de la population.
Des instruments spécialisés de mesures spécialisés
MétéoSuisse a mis en place son propre réseau de mesures pour CN-MET. Il enregistre en détail l'état de l'atmosphère au-dessus du Plateau suisse, notamment aux abords des centrales nucléaires. Le réseau comprend trois systèmes de mesures différents.
- Sur les sites de Schaffhouse, Payerne et Granges, des instruments de télédétection – profileurs et radiomètres de température – mesurent le vent, la température et l'humidité en permanence, depuis le sol jusqu'à plusieurs kilomètres d’altitude. Le profileur de vent est un radar qui mesure les vitesses radiales suivant les directions verticales et quatre axes presque verticaux. On calcule ainsi les vitesses horizontales du vent pour toutes les altitudes jusqu'à 8 km au-dessus du sol. Les radiomètres de température déduisent la température à partir du rayonnement micro-ondes naturel de l'atmosphère.
- Sur le Üetliberg, St. Chrischona, Bantiger et Stockeren se dressent de très hautes tours de télécommunications (100-250 mètres) équipées d'instruments de mesure météorologiques.
- En plus des paramètres habituels, MétéoSuisse mesure également la turbulence sur les sites des centrales nucléaires.
Ce réseau spécifique est complété par SwissMetNet, le réseau de mesures au sol de MétéoSuisse, qui enregistre globalement les paramètres météorologiques au-dessus du sol.
Calculs de propagation à l'aide du modèle de prévisions COSMO-1
Les mesures des trois profileurs de vent et de SwissMetNet alimentent COSMO-1, le modèle de prévisions locales de MétéoSuisse, développé notamment en cas d'accidents nucléaires. Toutes les 3 heures, ce modèle évalue l'évolution météorologique des prochaines 33 heures pour l'arc alpin, sur une grille dont le maillage horizontal est de 1.1 km.
Les champs de vent et de précipitation à haute résolution du modèle COSMO-1 permettent enfin de prévoir la propagation de masses d'air contaminées ainsi que la diffusion et le dépôt de particules radioactives. MétéoSuisse livre sans retard les prévisions de vent et de précipitation et autres paramètres météorologiques à l'IFSN et les calculs de propagation à la CENAL. Parallèlement, les météorologues de MétéoSuisse s'appuient sur les mesures et les calculs de propagation pour conseiller ces deux institutions sur la situation météorologique actuelle et son évolution en cas d'accident nucléaire.
NADAM: réseau automatique de mesures et d'alarme pour l'irradiation ambiante
MétéoSuisse exploite non seulement le système CN-MET mais aussi le réseau de mesures NADAM pour le compte de la CENAL. Plus de 60 stations SwissMetNet sont équipées de sondes spéciales qui mesurent la radioactivité (débit de dose ambiante). Associées aux mesures de précipitation, de hauteurs locales de neige et autres paramètres météorologiques, ces données sont transmises toutes les dix minutes à la CENAL. En cas de dépassement d'un seuil limite donné (1 micro-Sv/h), un signal est automatiquement transmis à la Centrale nationale d'alarme.