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Titre : Histoire de l'Europe urbaine 1. La ville antique
Auteurs : Xavier Lafon, Jean-Yves Marc et Maurice Sartre
Éditeur : Seuil 3 novembre 2011
Pages : 448
Après l'époque contemporaine et, il y a longtemps, l'époque médiévale j'ai lu la version antique de cette grande histoire de l'Europe urbaine. Les trois auteurs acceptent le défis d'examiner près d'un millénaire d'histoire en à peine 5 chapitres. Nécessairement, se pose la question de l'étendue chronologique d'un tel examen et de la validité de certaines conclusions qui dépendent des informations archéologiques et des sources (souvent postérieures aux époques décrites).
Le premier chapitre pose la question de la création des villes, ce qui implique de définir ce qu'est une ville et comment elles sont formées. Les auteurs mettent avant les synœcismes ainsi que la présence de certains points architecturaux. Ainsi, une ville implique une division spatiale, via des enceintes, des monuments mais aussi la division entre différents espaces (publics, privés et sacrés). Une ville a aussi une prééminence culturelle et économique sur un espace donné. De plus, les villes antiques ne sont pas qu'urbaines, elles ont des liens forts avec les milieux ruraux d'autant qu'aussi bien à Athènes qu'à Rome l'idée du citoyen agriculteur reste prééminente.
Le second chapitre démontre la création d'organisations politiques au sein des villes qui en font des cités en termes politiques. Les villes deviennent aussi le lieu de la citoyenneté des personnes qui y possèdent des droits économiques et politiques spécifiques. Le troisième chapitre continue cet examen en décrivant un "âge d'or" de la cité antique. Les auteurs notent, à raison, l'importance de Rome qui permet une double citoyenneté (romaine et de la cité d'origine). Ces chapitres permettent aussi de comprendre comment est construit, petit à petit, le cadre monumentale avec les habitations, bien plus modestes pour la majorité de la population. Ces aspects économiques et démographiques sont spécifiquement développés dans un chapitre 4.
Enfin, le dernier chapitre se concentre sur la mutation des villes lors du passage, difficile à dater car c'est un mouvement, entre ville antique et ville médiévale. Les auteurs nient la perte d'importance des villes. Même si les élites essaient, et réussissent, à éviter des devoirs civiques les villes restent des milieux de vie importants. Les auteurs mettent en avant des cas de constructions monumentales et de créations d'enceintes qui sont trop élaborées pour être construites lors d'une urgence militaire. Cependant, l'urbanisme se modifie puisque les monuments sacrés sont de plus en plus chrétiens tandis que les évêques prennent en importance. L’Église, comme les auteurs l'explique, ne remplace par l'organisation impériale romaine mais fonctionne avec puis à la suite de celle-ci. Souvent, ce sont les même familles simplement une nouvelle carrière est proposée.
Image : Site officiel