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Le buste du Général Guisan
Cette figurine en trois dimensions représente un personnage clé de l’histoire suisse, Henri Guisan. Né dans le canton de Vaud en 1874, il accomplit une brillante carrière militaire, et est nommé général, commandant en chef de l’armée suisse, par l'Assemblée Fédérale en 1939. Ce grade n’existe en Suisse qu’en cas de risque de guerre : Guisan est le dernier à l’avoir porté de manière officielle, jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale en 1945. Après sa retraite, il demeure à Pully et y décède en 1960.
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Après des études d’agronomie en France et en Allemagne, Henri Guisan effectue son école de recrues dans l’artillerie à Bière et gravit tous les échelons jusqu’à devenir commandant de corps en 1932, et être élu général par l’Assemblée fédérale en 1939 par 204 voix sur 231. Officier de milice pendant la majorité de son parcours, Guisan est un homme de terrain et de contacts qui sait se faire conseiller et prendre des décisions judicieuses et réalistes. Il abandonne la stratégie de la guerre de mouvement pour celle de la résistance sur place, qui se matérialise notamment par le concept du réduit national : encerclée par les pays de l’Axe, la Suisse concentre ainsi sa défense militaire sur l’espace alpin et ses fortifications. En juillet 1940, pendant la période d’incertitudes qui succèdent à la défaite de la France, le général Guisan adresse un appel aux commandants militaires, et indirectement à la population, afin de présenter sa stratégie et d’inciter à la résistance. Cette allocution, réalisée dans un lieu mythique de l’histoire suisse, est connue sous le nom de rapport du Grütli, et connaît une grande portée symbolique en termes d’affirmation de la cohésion de la nation. Guisan fait également son possible pour maintenir les relations diplomatiques avec les pays voisins, qu’il s’agisse d’établir des conventions d’état-major avec la France pour obtenir de l’aide en cas d’invasion allemande … ou d’apaiser la situation avec l’Allemagne lorsque cette dernière découvre ces accords franco-suisses !
Les nombreux hommages reçus après sa mort en 1960 ainsi que les 300’000 personnes présentes à son cortège funèbre témoignent de la popularité du général Guisan. Sans verser dans le mythe de l’infaillibilité, on peut souligner la manière dont il a maintenu et resserré la cohésion nationale et les liens entre l’armée et la population. En plus d’être un acteur notable de l’histoire militaire suisse, Guisan revêt une importance particulière pour le canton de Vaud, région qu’il n’a jamais quittée. Né à Mézières, où son père est médecin, il s’installe au domaine de Bellevue, à Chesalles-sur-Oron, après son mariage avec Mary Doelker en 1897. Enfin, dès 1902, il s’établit avec sa famille à Pully, dans le domaine de Verte Rive construit par son beau-père : cette propriété, achetée par la Confédération en 1971, devient le siège du Centre d’Histoire et de Prospective Militaires et abrite également un musée et des salles de conférence. Cette figurine a rejoint les collections du Château de Morges et ses Musées au début de l’année 2017, suite à un congrès de figurinistes, et est depuis exposée dans la vitrine dédiée au général Guisan. La technique utilisée, dite ronde-bosse, a la particularité de reposer sur un socle (et non pas sur un fond). L’expression date du XVIe siècle pour la sculpture, mais ce n’est qu’à la fin du XVIIIe siècle qu’apparaissent des figurines de ce type, au rendu plus réaliste. Les matériaux peuvent être multiples : il s’agit ici de résine.
Cette pièce a été réalisée en 2017 ( Don de Frédéric Vial).
Pour aller plus loin:
- De Weck, Hervé, «Guisan, Henri », Dictionnaire historique de la Suisse [En ligne].
- Willi Gautschi, Le Général Guisan : le commandement de l'Armée suisse pendant la Seconde Guerre mondiale, Lausanne, 1991.