Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07118.jsonl.gz/880

Les vieux postulats concernant le lien traditionnel entre la Dette des marchés émergents et le billet vert sont remis en question, comme l'écrit Liam Spillane.
Pour les investisseurs, il peut être tentant de s'appuyer sur les relations bien établies au niveau des marchés. Au cours de la dernière décennie, par exemple, le redressement des marchés a souvent été assujetti aux mesures d'incitation des banques centrales, tandis que les ventes massives ont eu lieu lorsque les inquiétudes liées à un contexte politique moins accommodant étaient à leur apogée.
Historiquement, une étroite corrélation existe entre le dollar US et les marchés émergents. Les investisseurs ont généralement pu s'appuyer sur le scénario suivant : dès lors que le dollar US enregistrait une hausse, le pire était à craindre pour les marchés d'actions et de la dette sur les marchés émergents.
Pourtant, comme dans toutes les relations, il y a des fluctuations mais aussi des facteurs faisant que les liens présumés peuvent s'effilocher ou s'intensifier. Sans nécessairement parler de cassure durable ou permanente concernant la corrélation entre les fluctuations du dollar et celles des marchés émergents, les dernières évolutions ont, de notre point de vue, laissé entrevoir un affaiblissement de la mainmise dont le premier dispose sur les seconds.
Tout d'abord, observons le partenaire dominant dans la relation. Jusqu'au passage à l'année nouvelle, la Réserve fédérale américaine (Fed) semblait bel et bien déterminée à normaliser la politique monétaire. Mais les circonstances ont évolué à mesure que les inquiétudes liées à un ralentissement de la croissance économique mondiale ont enflé.
En conséquence, la Fed a décidé de temporiser concernant le resserrement quantitatif, et la probabilité pour que la Banque centrale européenne débute son propre cycle de hausse des taux avant 2020 est faible. Le contexte incertain a effectivement contrecarré l'accélération du dollar.
Ceci doit être tempéré par la reconnaissance des caractéristiques défensives historiques de la devise, mais aussi par son taux de report anormalement élevé par rapport aux devises du G10. Mais la robustesse du dollar pourrait faire l'objet de limitations, notamment si les rendements obligataires des marchés développés restent à des niveaux faibles.
Contrairement aux interrogations entourant le monde développé, les marchés émergents ont réalisé des avancées remarquables grâce à la réforme économique et financière mise en œuvre au cours des dernières années. Bien qu'ils ne soient en aucune manière immunisés contre les caprices liés à l'appréciation des investisseurs américains et au dollar US, ils sont bien plus solides qu'ils pouvaient l'être. Les fondamentaux sont stables, voire même légèrement en hausse dans certains cas, et les taux de croissance économique sont solides. Les ratios dette/PIB ont chuté, et les soldes des comptes courants sont, d'une manière générale, en hausse (en cumul).
La Chine fait bien sûr l'objet de toutes les attentions. Toutefois, il est important de ne pas surréagir aux actualités économiques et, à l'inverse, de prêter attention à la fragilité observée récemment en ce qui concerne les tendances à long terme et la réforme structurelle. L'importance stratégique et géopolitique de la Chine, à la fois au niveau régional et à l'échelle internationale, ne peut que progresser à l'avenir. Cela doit être considéré au même titre que le souhait avéré des autorités chinoises d'atteindre ses objectifs structurels, objectifs que nous estimons largement réalisables compte tenu des ressources disponibles et de la structure politique du pays.
Les blocs commerciaux régionaux, tels que l'ASEAN en Asie du sud-est et le Mercosur en Amérique du sud, constituent une forme de protectionnisme en favorisant le commerce interrégional et en limitant de ce fait la dépendance des pays aux méga-économies des États-Unis et de la Chine. Les forces vives relatives à une classe moyenne en plein essor et influente, à des revenus en hausse et à des données démographiques positives restent bel et bien actives dans bon nombre de sections de l'univers des marchés émergents.
La base d'investisseurs des marchés émergents a également gagné en maturité, les épargnants nationaux locaux représentant désormais une part bien plus importante. Cela a abouti à une tendance régulière mais décisive vers un financement de la dette en devise locale au sein des marchés émergents. Cela a été, en partie, un effort conscient à la fois de la part des émetteurs de dette souveraine et de dette d'entreprise afin de limiter leur dépendance vis-à-vis du financement en dollars. Cela reflète également les marchés obligataires en devise locale de plus en plus liquides ainsi que la confiance des investisseurs dans ces marchés. Les marchés de dette locaux ont, par conséquent, connu une croissance substantielle, avec une gamme d'émetteurs plus diversifiée.
Compte tenu d'un long historique d'évolutions présentant une étroite corrélation au niveau de certaines parties de l'univers d'investissement, les investisseurs doivent se garder de toute complaisance. Et tandis que la relation historiquement étroite entre le dollar et la dette des marchés émergents peut s'avérer parfois fluctuante, une soudaine hausse du dollar ou la poursuite de la politique de resserrement quantitatif de la Fed peut néanmoins présenter des risques pour les investisseurs, tout comme une récession mondiale.
Tout dépend de l'endroit où on met le curseur. Notre conviction raisonnable est que le risque potentiel et l'impact de contagion pour le secteur émanant de facteurs macroéconomiques défavorables sont moindres. Les relations restent étroites, même si elles peuvent sans doute s'amoindrir. Et la place libre laissée peut permettre aux catégories d'actifs précédemment affectées de s'épanouir. C'est précisément ce qui se produit pour la dette des marchés émergents.
Au Royaume-Uni et en Europe, ce document a été préparé et publié par AIGSL, société enregistrée en Angleterre sous le numéro 1151805. Siège social : St. Helen’s, 1 Undershaft, Londres EC3P 3DQ. Société agréée et réglementée au Royaume-Uni par la Financial Conduct Authority. En Suisse, le présent document est émis par Aviva Investors Schweiz GmbH, agréée par FINMA en tant que distributeur d'organismes de placement collectif.