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02/09/2013
Selon l'économiste R. Brenner, qui analyse l'économie sur la base des théories de Kondratieff sur les séquences longues de plusieurs décennies du capitalisme, on doit faire remonter les origines de la crise économique contemporaine aux années 1970. C'est en effet à partir de cette date que les taux de croissance ont commencé à être historiquement faibles, comparativement aux Trente Glorieuses, et même au début à la fin du XIXe siècle. Cette baisse serait une crise de profitabilité du capitalisme, ou autrement dit nous serions depuis 1970 dans une phase de baisse tendancielle du taux de profit.
Cette baisse s'expliquerait par l'augmentation de la concurrence internationale avec l'entrée en compétition avec les pays occidentaux de nouveaux acteurs, les puissances émergentes, innovantes, ayant accomplis un transfert de technologies et de connaissances de l'Occident à elles-mêmes, et possédant comme caractéristique un coût du travail très bas (ou autrement dit un très haut degré d'exploitation des travailleurs).
En outre, les innovations technologiques constantes de ces dernières décennies rendent de plus en plus rapidement le capital fixe (et par conséquent l'investissement) désuet, impliquant une baisse du profit.
Ces deux facteurs (augmentation des acteurs productifs dans le domaine de la concurrence internationale, et innovations technologiques constantes) ont comme conséquence une augmentation de la capacité productive générale au-delà de la demande antérieure, et donc une suproduction, induisant une baisse du taux de profit.
Face à cette baisse tendancielle du taux de profit, la classe capitaliste a réagi politiquement en ouvrant « de force » de nouveaux marchés par la privatisation et/ou la libéralisation des entreprises publiques (par exemple de monopoles d’État) et de certains pans des services publics, et en attaquant l'Etat-providence pour faire baisser les coûts de solidarité qu'elle devait assurer jusqu'à présent. C'est ce qu'on appelle généralement le néolibéralisme il me semble (dans son sens le plus restreint et plus valable à mon sens).
Mais outre cette offensive politique, la classe capitaliste a aussi réagi économiquement en tournant ses investissements vers la spéculation. C'est ce qu'on appelle la financiarisation de l'économie (le passage massif d'investissements du secteur productif au secteur financier).
Cette financiarisation de l'économie produit des bulles, comme celle qui a éclaté en 2000, et comme la crises des subprimes.
Elle s'appuie sur l’État pour maintenir artificiellement un retour sur investissement financier élevé (keynésianisme financier).
La crise économique contemporaine immédiate est donc le fruit de ce processus, et la crise de la dette n'est que le résultat d'une baisse de la croissance (impliquant une baisse des recettes pour l’État, et les poussant à s'endetter) de ces dernières décennies, ainsi que des offensives néolibérales qui ont baissé les coûts de solidarité pour la classe capitaliste (idem que le précédent).
23/01/2012
Les 8 réponses à la crise de la dette
Les réponses institutionnelles
1. L'austérité, un capitalisme (néo)libéral – une réponse de droite
2. Les plans de relance, un capitalisme social-démocrate – une réponse de centre gauche
3. L'austérité & les plans de relance, un capitalisme social-libéral – une réponse de centre droit
Les réponses non institutionnelles principales
4. Le retour à la nation, un capitalisme nationaliste – une réponse d'extrême droite
5. Le passage démocratique à l'économie planifiée, un socialisme démocratique – une réponse de gauche
Les réponses non institutionnelles secondaires
6. Le passage à l'économie planifiée par la révolution et la dictature de classe, un marxisme-léninisme – une réponse d'extrême gauche
7. Le projet communautaire, une organisation anti-productiviste – une réponse anarchiste ou écologiste
La réponse non institutionnelle anecdotique
8. Le passage à un capitalisme pur, un capitalisme libertarien – une réponse d'une certaine droite