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«Booster» est le terme du moment, mais il est désormais discrédité. L'Office fédéral de la santé publique (OFSP) le définit comme une vaccination de rappel. «La troisième dose de vaccin contribue également à augmenter la protection contre les infections et les maladies bénignes et leurs conséquences chez les personnes de moins de 65 ans. De plus, elle réduit temporellement la charge virale». Pour ces raisons, l’OFSP recommande depuis peu la vaccination de rappel pour toutes les personnes âgées de 16 à 64 ans.
En raison du caractère hautement contagieux du variant Omicron, la question se pose de savoir s'il est encore approprié de parler de vaccination de rappel. Ou la troisième dose devrait-elle faire partie intégrante du schéma de vaccination contre le Covid-19?
Aux Etats-Unis, Omicron représente déjà une part importante des infections. Le président Joe Biden a annoncé, ce mardi, les prochaines mesures pour endiguer la vague actuelle. Son collègue démocrate, Jared Polis, gouverneur du Colorado a déjà pris les devants dimanche lors de l’émission télévisée «Meet the Press». Il s’est adressé à Joe Biden:
Le terme « booster» est ambigu car il sonne comme une option, alors que la troisième dose est nécessaire en raison du variant Omicron. Jared Polis ajoute: «Nous savons comment stopper ce variant: simplement avec trois doses. La triple vaccination est très efficace, nous devons maintenant faire en sorte que les gens sortent et la fassent.»
Les données du Colorado montrent que le risque de décès après une infection au variant Omicron est 47 fois moins élevé chez les personnes triplement vaccinées que chez les personnes non vaccinées. Au Colorado, seules les personnes triplement vaccinées sont considérées comme «complètement vaccinées».
Lors de la même émission de télévision, Anthony Fauci, le conseiller principal du président américain, a également parlé du booster. Il a conseillé aux Américains de se réunir aux fêtes de Noël uniquement en ayant fait la troisième dose de vaccin. «Une fois que l'on a cette protection vaccinale complète, on peut fêter Noël en toute tranquillité, même dans un cercle plus large.»
Au final, la stratégie du président américain Joe Biden, face au variant Omicron, contraste avec les décisions plus sévères prises au sein de l'Union européenne ces derniers jours. Explications ici 👇.
En Suisse, Peter Metzinger, qui a dirigé la campagne pro-loi Covid, demande que le certificat Covid soit mis à jour dès que possible et que «la troisième vaccination soit la nouvelle norme de vaccination», a-t-il déclaré à 20minutes. Il fait également remarquer:
Certains politiciens soutiennent la demande d'un nouveau certificat avec trois doses de vaccin, comme le conseiller national socialiste Mustafa Atici. Il estime que, dès que tous ceux qui le souhaitent auront reçu le booster, le certificat Covid pourra être adapté.
D'autres s'y opposent, comme le conseiller national PLR Marcel Dobler. Il affirme que la 2G+ doit être supprimée car ce sont surtout les seniors et les personnes déjà malades qui sont en danger en cas d’infection au Covid. Pour le moment, uniquement ces derniers ont un intérêt personnel élevé à se faire vacciner une troisième fois.
La protection vaccinale contre le Covid n’est pas la seule à être inoculée en trois doses. D'autres vaccins le sont également, comme ceux contre l'hépatite, la diphtérie, le tétanos ou encore la polio. «Mais ceux-ci ne sont pas aussi efficaces que les vaccins à ARNm», explique l’immunologue Christian Münz de l’Université de Zurich. C'est pourquoi nous augmentons lentement l'effet protecteur avec trois doses». En revanche, avec les vaccins ARNm, une efficacité de plus de 90% contre les variants alpha et delta a été atteinte après seulement deux doses.
Christian Münz est convaincu que «si 80 à 90% de la population s'était fait vacciner, toutes les mesures de protection auraient pu être levées. Une légère circulation du virus aurait alors renforcé cette immunité de base.»
A ce schéma s’ajoute le variant Omicron. Deux doses ne suffisent pas à prévenir les infections. Toutefois, dans les pays où la proportion du variant Omicron est élevée, il y a plus de personnes non vaccinées que de personnes vaccinées qui se retrouvent à l'hôpital. Cela confirme que deux doses de vaccin offrent tout de même une certaine protection.
La discussion autour de l'appellation «Booster» ou «triple vaccination» est également liée au fait qu'au début, personne ne savait combien de temps durait la protection contre une infection. Il est désormais clair que le niveau d'anticorps dans le sang diminue de moitié au bout de quatre mois et que les infections sont à nouveau plus probables. Ce processus est biologiquement prouvé avec d’autres vaccinations et infections. Le taux d’anticorps diminue car le corps ne peut pas maintenir sa réponse immunitaire contre un seul virus.
La question est donc la suivante: quelle est la gravité d'une infection pour les personnes vaccinées? Et est-ce que les personnes vaccinées infectées présentent-elles un Covid long dans 5 à 10% des cas, comme le suggèrent les études?
Et si la triple vaccination devient la norme internationale (par exemple comme condition d’entrée dans un pays sans test PCR), est-ce que des rappels réguliers seront nécessaires?
L'immunologue Christian Münz s'était déjà prononcé l'été dernier sur la possibilité de contracter volontairement une infection peu après la deuxième vaccination. Cela lui avait valu des critiques en raison du risque de Covid long.
Mais son scénario reste d'actualité car même une vaccination récente ne protège pas à 100% contre une infection. Il peut donc être judicieux d’entrer en contact avec le virus au cours des trois premiers mois suivant la troisième dose de vaccin pour recevoir un «booster naturel». C'est à cette période que le niveau d'anticorps dans le sang est le plus élevé et que le système immunitaire peut le mieux se défendre. Mais au vu de la situation actuelle, cela ne doit pas se produire, car la vague aiguë doit d'abord être contrôlée pour éviter que les hôpitaux ne s'effondrent.
Mais pourquoi les rappels naturels ne se sont-ils pas produits pendant l'été? Christian Münz affirme que les mesures de protection n’ont pas permis aux personnes vaccinées de se laisser infecter par le virus et se faire «booster naturellement». «Les restrictions qui ont été maintenues pendant l'été par rapport aux personnes non vaccinées ont certainement entravé une infection après la vaccination.»
Sans ces réinfections légères, l'immunité a maintenant chuté. En plus, un nouveau variant infecte même les personnes ayant une immunité de base. «C'est pourquoi je vois plutôt le rappel comme une amélioration du taux de vaccination trop faible, afin de protéger au moins ceux qui veulent se faire vacciner», a déclaré l’immunologue.
Il est également possible que les «boosters naturels» n’aient pas eu lieu en été pour d’autres raisons. Mais au lieu de recourir automatiquement à des vaccins de rappel, on aurait alors pu miser sur des tests sérologiques, explique Christian Münz. «On aurait pu analyser les infections naturelles avec des tests d'anticorps contre la nucléoprotéine.» Cette protéine est contenue dans le virus, mais pas dans les vaccins à ARNm, ce qui permet de détecter une infection naturelle même après une vaccination.
De tels tests pourraient se démocratiser avant l'hiver 2023, à moins que la vaccination de rappel ne devienne la norme. La deuxième solution semble plus probable car les tests sérologiques sont coûteux et qu’il n’est pas possible de savoir quand l’infection a eu lieu.
La situation actuelle reste claire: ceux qui ne sont pas vaccinés doivent absolument se protéger. «Les personnes non vaccinées devraient réduire leurs contacts dans les mois à venir, jusqu'à ce que la transmission du Covid diminue à nouveau au printemps. Elles peuvent ainsi s’assurer d’être prises en charge en cas d’évolution grave de la maladie», termine Christian Münz.
Traduit de l'allemand par Charlotte Donzallaz
Le cardinal Joseph Ratzinger, avant qu'il ne devienne pape, n'a rien entrepris pour écarter quatre ecclésiastiques soupçonnés de violences sexuelles sur mineurs, ont affirmé les avocats munichois du rapport mandaté par l'Eglise lors d'une conférence de presse.