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Zürich, 20.09.2017
L'ouragan Maria s'abattait mercredi sur les Iles Vierges américaines après avoir tué au moins deux personnes dans les Caraïbes. La tempête a été rétrogradée en catégorie 4 à l'approche de Porto Rico, qu'il devrait atteindre dans les toutes prochaines heures.
L'oeil de Maria se trouvait désormais à 75 km au sud-est de San Juan, la capitale de Porto Rico, selon le dernier point de situation établi par le Centre américain des ouragans (NHC) mercredi peu avant 11h00 (heure suisse). Les vents soufflaient au maximum à 250 km/h. Les prévisionnistes du NHC ont précisé que l'ouragan reste "extrêmement dangereux".
Sur l'île St John, encore sonnée par le passage d'Irma moins de deux semaines auparavant, l'ouragan a fait plier des arbres et engendré des dégâts matériels. Aucune victime n'était officiellement à déplorer à ce stade.
Un couvre-feu a été instauré sur les Iles Vierges britanniques voisines, "actuellement extrêmement vulnérables", a justifié le Premier ministre Orlando Smith. Plus de 1300 militaires britanniques ont été déployés dans les Caraïbes depuis le passage d'Irma, qui a fait 9 morts dans les Iles Vierges britanniques.
Alerte violette à Saint-Martin
A Porto Rico, les quelque 3,5 millions d'habitants se sont rués mardi dans les magasins pour acheter des produits de première nécessité. Ils ont aussi protégé de leur mieux leurs maisons et commerces.
Quelque 500 abris pouvant accueillir près de 67'000 personnes ont été ouverts pour faire face à un ouragan qui "pourrait être le pire du siècle à Porto Rico", selon Ricardo Rossello Nevares, le gouverneur de ce territoire américain. Quelque 50'000 foyers y étaient toujours privés d'électricité depuis le passage d'Irma.
Maria devait également longer les îles indépendantes de Saint Kitts and Nevis et Montserrat (Royaume-Uni). L'île française de Saint-Barthélemy et l'île franco-néerlandaise de Saint-Martin, dévastées par Irma qui avait fait 15 morts à Saint-Martin, étaient en alerte violette entraînant le confinement de la population.
Dominique ravagée
Plus tôt mardi, la Dominique avait déjà été ravagée par Maria, qui a isolé l'île caribéenne du reste du monde en coupant les communications. "Nous avons perdu tout ce que l'argent peut acheter et remplacer", a ainsi écrit sur Facebook le premier ministre local Roosevelt Skerrit.
Seule une poignée d'habitants ont réussi à faire passer le message par radio, décrivant le chaos qui règne sur l'île où vivent quelque 72'000 personnes, avec des arbres à terre et des toits de maison soufflés. En raison de conditions météorologiques extrêmement délicates, deux missions de secours pour la Dominique ont été reportées à mercredi.
L'ouragan "potentiellement catastrophique", selon les météorologues américains, a également fait deux morts et deux disparus sur l'île française de La Guadeloupe.
"Nous payons les pots cassés"
Les autorités haïtiennes se préparaient aussi au passage de l'ouragan Maria au large de la côte nord du pays. Elles ont soulevé la question de la responsabilité du changement climatique.
"Nous, les pays de la Caraïbe, nous ne sommes pas les grands émetteurs de gaz à effet de serre, mais aujourd'hui, c'est nous qui payons les pots cassés", a déploré mardi depuis New York le président haïtien, Jovenel Moïse.