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BYD n’existe que depuis 1996, date à laquelle le chimiste Wang Chuanfu a créé une petite usine de fabrication de batteries rechargeables près de Shenzhen. Le modèle de travail était atypique: le processus de fabrication était fortement fragmenté afin de permettre aux ouvriers non qualifiés ou plus jeunes de réaliser les différentes étapes de mise en place. Grâce aux faibles coûts salariaux, Chuanfu a pu réduire les coûts de production à un niveau inférieur à celui des robots industriels. BYD – qui signifie «Build Your Dream», construisez votre rêve – est rapidement devenu le plus grand producteur de batteries au monde; aujourd’hui, l’entreprise est également leader dans la fabrication de composants de smartphones et d’ordinateurs.
La Suisse sur la route de BYD
Peter Ruch | 14.03.2024
Importation Le constructeur chinois BYD s’apprête à investir le marché suisse. Focus sur la stratégie du plus grand fabricant de véhicules électriques au monde, et sur ses produits.
BYD n’existe que depuis 1996, date à laquelle le chimiste Wang Chuanfu a créé une petite usine de fabrication de batteries rechargeables près de Shenzhen. Le modèle de travail était atypique: le processus de fabrication était fortement fragmenté afin de permettre aux ouvriers non qualifiés ou plus jeunes de réaliser les différentes étapes de mise en place. Grâce aux faibles coûts salariaux, Chuanfu a pu réduire les coûts de production à un niveau inférieur à celui des robots industriels. BYD – qui signifie «Build Your Dream», construisez votre rêve – est rapidement devenu le plus grand producteur de batteries au monde; aujourd’hui, l’entreprise est également leader dans la fabrication de composants de smartphones et d’ordinateurs.
Wang Chuanfu est le fondateur de BYD. Ce fils de paysan est aujourd’hui chimiste et... milliardaire.
Chuanfu s’est ensuite lancé dans le secteur automobile, en achetant la licence de production de la société en faillite Xian Qinhuan Automobile. Mais BYD n’a pas voulu faire appel à des partenaires extérieurs pour l’épauler. Comme c’est généralement le cas en Chine, l’entreprise a souhaité tout faire elle-même En effet, BYD n’a jamais fait appel à des fournisseurs; au contraire, elle a presque tout développé en interne, les moteurs, les transmissions et même les essuie-glaces. Pour ce faire, elle a démonté entièrement des produits achetés chez la concurrence, afin de comprendre comment ils fonctionnaient.
Mobilité électrique en tout genre
BYD fait partie depuis des années des plus grands producteurs mondiaux de véhicules utilitaires, notamment de véhicules aéroportuaires. Et ce n’est pas tout, l’enseigne chinoise s’est également lancée dans la fabrication de tracteurs. Et en tant qu’entreprise spécialisée dans la construction de batteries, elle s’est engagée très tôt dans la mobilité électrique. Elle a également fait partie des pionniers dans le domaine des voitures particulières à propulsion purement électrique, la BYD e6 étant utilisée en Chine depuis 2010, principalement comme taxi. L’année dernière, BYD a dépassé Tesla en tant que premier constructeur mondial de voitures électriques. En 2023, BYD a effectivement vendu près de 2,6 millions de véhicules rien qu’en Chine, soit 43,3 % de plus qu’en 2022. Depuis 2021, l’enseigne est officiellement représentée en Europe, où elle a débuté en Norvège, puis en Allemagne, lors de l’été 2022.
Andreas Bückmann est chargé d’installer BYD le plus rapidement possible en Suisse.
Chaque semaine, on apprend que de nouveaux partenaires de distribution ont été trouvés dans d’autres pays du monde; la Suisse en fait désormais partie via le réseau d’Emil Frey AG, comme cela a été annoncé récemment au Salon de Genève. Andreas Bückmann, qui a déjà dirigé Opel en Suisse et qui était dernièrement chef du groupe Peugeot/Citroën/DS/Opel au sein d’Emil Frey SA, sera responsable du développement de la marque.
Un réseau bien fourni à disposition
Malgré plusieurs demandes, Bückmann n’a malheureusement pas souhaité s’exprimer sur les projets suisses de BYD, mais on peut supposer que cette marque chinoise aura la tâche plus facile que la marque rivale MG (SAIC), représentée depuis peu en Suisse par Astara. Pourquoi? Parce qu’Emil Frey dispose de son propre réseau de concessionnaires, lequel est évidemment très bien développé.
En Allemagne, le catalogue BYD est composé de l’Atto 3, de la Han, de la Dolphin et de la Tang. Toutefois, on ne sait pas encore exactement quels modèles seront commercialisés en Suisse...
Pour les modèles commercialisés en Suisse, nous ne pouvons que faire des suppositions. En Allemagne, le constructeur asiatique vend les Seal U, Seal, Dolphin, Atto 3, Han et Tang. Ces trois derniers modèles commencent déjà à dater un peu selon les standards chinois (puisqu’ils sont sur le marché depuis plus de deux ans!). L’Atto 3 est un SUV compact, de 4,45 mètres de long, 1,88 mètre de large et 1,62 mètre de haut; le volume du coffre varie entre 440 et 1340 litres. Sa machine électrique, positionnée sur l’essieu avant, fournit 150 kW (204 ch) de puissance, et la batterie de 60,5 kWh devrait garantir une autonomie de 420 kilomètres. Le Tang est également un SUV, mais un peu plus grand: 4,87 mètres de long, 1,95 mètre de large et 1,73 mètre de haut. Le volume du coffre est de 940 litres, et de 1655 litres une fois les sièges arrière rabattus. À noter que ce SUV est également disponible avec une troisième rangée de sièges. La propulsion est assurée par une machine électrique à l’avant et une autre à l’arrière, la puissance de pointe est de 380 kW (517 ch), le couple maximal de 680 Nm. L’autonomie annoncée est quant à elle de 400 kilomètres. La berline Han dispose du même moteur que la Tang, mais pour le même prix, elle est encore plus grande: 4,99 mètres. Elle est, on peut l’affirmer, un véhicule très agréable à vivre.
Du luxe sur le marché chinois
Néanmoins, les produits les plus passionnants sont certainement les deux Seal. Le Seal U est tout nouveau en Europe puisque la version surélevée de la berline Seal n’est disponible que depuis le début de l’année. Cette cinq-places de 4,79 mètres de long est proposée dans deux variantes de batterie, toutes deux au lithium-phosphate de fer. La plus petite, de 71,8 kWh, offre une autonomie de 420 kilomètres et la plus grande, de 87 kWh, une autonomie de 500 kilomètres. La propulsion est assurée par une machine électrique de 160 kW (218 ch) placée sur l’essieu avant. La puissance de recharge en courant alternatif peut atteindre 11 kW et 140 kW en courant continu. En Chine, le YangWang U9, dessiné par l’ancien designer d’Alfa Romeo Wolfgang Egger, a été lancé ces jours-ci. Le U9 est proposé à partir de 140 000 dollars. Pour ce tarif, on dispose d’une technologie de pointe, d’une batterie de la meilleure qualité et d’une autonomie de plus de 700 kilomètres. YangWang propose également en Chine la U8, considérée comme un «must have» par les riches Chinois et qui a également été présentée à Genève.
Le Seal U est le dernier produit que BYD a présenté en Europe. Ce SUV devrait à coup sûr être proposé en Suisse.
Avec «Fang Cheg Bao» et «Denza», BYD a créé deux autres filiales de luxe qui se concentrent exclusivement sur le marché intérieur, du moins jusqu’à présent. La rapidité extrême avec laquelle la firme lance de nouveaux produits peut sembler déconcertante. Mais cela lui permet de toujours proposer le dernier-cri en matière de technologies, de batteries (toujours plus puissantes et plus denses) et de plateformes (où la batterie tient également un rôle dans la rigidité de la caisse). Pour cette enseigne chinoise, le temps de développement d’un tout nouveau modèle est de deux ans (contre quatre pour les autres constructeurs). Et sa capacité de réaction est rapide, l’enseigne pouvant modifier un produit en quelques mois seulement!
Photos: BYD
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