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· méridional de l'Amérique. Ils avaient navigué
le long de la côte orientale du continent, depuis la rivière de la Plata jusqu'au fond du golfe du Mexique, et avaient reconnu qu'elle s'étendait sans interruption à travers cette vaste portion du globe. Ils avaient découvert la grande mer du Sud, qui ouvrit une nouvelle perspective de ce côté. Ils avaient acquis quelques connaissances des côtes de la Floride; ce qui les conduisit à observer et à suivre le continent dans une direction opposée. Toutefois , quoiqu'ils n'eussent pas poussé leurs découvertes plus loin vers le nord, d'autres nations avaient déjà visité les parties qu'ils avaient négligées.
Medium inter Cancri Tropicum et Æquinoctialem Circulum tenent, FARFANA, TRES MARIÆ, S. THOMAS, REFuciuM LATRONUM, NUBILOSA, RUPES PARTITA, ZAMAL, HORTORUM, CoRALII, et Regum. Sunt et aliæ circùm circà dispositæ, junctæ, dissitæ, æquales, inæquales, à multitudine, facientes mari nomen, Archipelagi S. Lazari.
1. MORISOT., ORB. Marit.
(*) America Meridionalis, quæ et peruana, à nobilissima et ditissimâ ejus regione appellata, in trianguli formam figuratur : cujus basis à freto Magellanico ad extremum Brasiliæ promontorium continuata protenditur, undè strictior et castigatior pergens ad Septentrionem, fastigiat se molliter, ultràque Equatorem caput condit, exiguo Isthmo à gemino mari compressum, coactumque ire in acumen.
Ibidem.
Les Anglais avaient longé la côte d'Amérique, depuis la terre de Labrador jusqu'aux confins de la Floride, et les Portugais, en cher chant un passage plus court aux Indes Orientales, s'étaient jetés dans la mer du nord et avaient reconnu les mêmes régions. Ainsi, à cette époque, on connaissait presque entièrement l'étendue de l'Amérique, depuis son extrémité septentrionale, jusqu'au trente-cinquième degré au sud de l'équateur; mais les pays qui s'étendent de là jusqu'à l'extrémité méridionale de l'Amérique, le grand empire du Pérou et les vastes domaines soumis au souverain du Mexique, n'étaient pas encore découverts.
En fixant nos regards sur le continent d'Amérique, la première circonstance qui nous frappe est son immense étendue. La découverte de Christophe Colomb ne s'est pas bornée à nous faire connaître une portion de terre, qui, par le peu d'espace qu'elle occupe sur le globe, avait pu échapper aux recherches des siècles précédens. On lui doit la connaissance d'un nouvel hémisphère plus vaste que l'Europe, l'Asie et l'Afrique, ces trois divisions connues de l'ancien continent, et dont l'étendue est presque égale au tiers du monde habitable. · La forme du Nouveau-Monde est extrêmement
favorable aux communications du commerce. Lorsqu'un continent comme l'Afrique est composé d'une masse vaste et solide, qui n'est point coupée par des bras de mer pénétrant dans l'intérieur, et qui n'a qu'un petit nombre de grandes rivières placées très-loin l'une de l'autre, la plus grande partie d'un tel continent semble condamnée par la nature à n'être jamais civilisée, et à rester privée de toute communication active avec le reste des hommes. Lorsque, comme l'Europe, un continent est ouvert par de vastes branches de l'Océan, telles que la Méditerranée et la mer Baltique, ou lorsque, comme l'Asie, ses côtes sont ouvertes par des baies profondes, pénétrant fort avant dans les terres, telles que la mer Noire et les golfes d’Arabie, de Perse, de Bengale, de Siam et de Léotang; lorsque les mers environnantes sont remplies d'iles grandes et fertiles, et que le continent même est arrosé d'un grand nombre de rivières navigables, on peut dire que de telles régions possèdent tout ce qui peut favoriser les progrès de leurs habitans dans la civilisation et le commerce. · A tous ces égards l'Amérique peut entrer en comparaison avec les autres parties du globe. Le golfe de Mexique, situé entre la partie méridionale et la septentrionale de l'Amérique, peut être
regardé comme une mer méditerranée propre à ouvrir un commerce maritime avec toutes les contrées dont elle est environnée. Les îles qui y sont répandues ne sont inférieures en nombre, en grandeur et en fertilité qu'à celles de l'Archipel indien. En avançant le long de la partie septentrionale de l'hémisphère américain, la baie de Chesapeak, présente un canal spacieux qui conduit le navigateur fort avant dans les parties intérieures de provinces non moins fertiles qu'éten dues; et si jamais les progrès de la culture et de la population parviennent à adoucir l'extrême rigueur du climat dans les districts plus septentrionaux de l'Amérique, la baie de Hudson peut devenir aussi favorable aux entreprises commerciales dans cette partie du globe, que la Baltique l'est en Europe.
L'autre grande portion du Nouveau-Monde est environnée d'eau de tous les côtés, à l'exception d'un isthme étroit qui sépare la mer Atlantique de la mer Pacifique; et quoiqu'elle ne soit ouverte ni par des baies profondes, ni par des bras de mer, les parties intérieures en sont accessibles par plusieurs grandes rivières qui reçoivent un si grand nombre de courans auxiliaires, et coulent dans des directions si variées, que, sans aucun secours de l'art ni de
l'industrie, il est aisé d'établir une navigation intérieure à travers toutes les provinces de ce continent, depuis la rivière de la Plata jusqu'au golfe de Paria.
Cette bienfaisance de la nature n'est pas bornée à la division méridionale de l'Amérique. Le continent septentrional n'est pas moins abondant en rivières qui sont navigables presque jusqu'à leur source; et l'immense chaîne de ses lacs est un moyen de communication intérieure, plus étendue et plus commode qu'il n'y en a dans aucune partie du globe. Les pays qui s'étendent depuis le golfe de Darien d'un côté, jusqu'à celui de Californie d'un autre, et qui forment la chaîne qui unit ensemble les deux parties du continent américain, ont aussi leurs avantages particuliers. Les côtes en sont baignées d'un côté par la mer Atlantique, de l'autre, par la mer Pacifique; les rivières qui y coulent, se jetant, les unes vers la première de ces mers, et les au- . tres vers la seconde, assurent aux différentes provinces toutes les facilités du commerce qui peuvent résulter d'une communication avec les deux mers.
Après avoir observé l'état du Nouveau-Monde à l'époque de sa découverte, et considéré les traits particuliers qui le distinguent et le ca
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