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Quelles parties du Mozambique sont principalement touchées par la catastrophe ?
La ville de Beira et le corridor de Beira qui relie le port de Beira au Zimbabwe sont les plus durement touchés. Le train et les routes sont très endommagés. Au total, quatre provinces sont concernées : Sofala avec Beira, sa capitale, Zambezia au nord, Manica à l’ouest et Inhambane au sud de Beira.
Avez-vous des informations plus précises sur les dégâts dans ces provinces ?
On ne sait pas grand-chose encore de Zambezia et de Manica, Inhambane est moins touchée, la route principale vers Beira est interrompue. Nous ne pourrons estimer plus précisément la situation que dans quelques jours. Les régions qui posent problème sont surtout les grandes plaines à l’est du côté de l’océan. Ces régions sont souvent frappées par des inondations. Cette fois, c’est pire, parce qu’avant même le cyclone, il y avait eu de fortes pluies.
Quelle est la situation à Dombe, dans la province de Manica ?
Je me suis rendu dans une école et j’ai parlé avec des victimes de la catastrophe qui sont arrivées jusque-là. Cela fait un moment que les gens n’ont pas reçu d’aide ici, les hélicoptères ne sont pas venus dans la région. Un grand nombre de personnes se sont noyées ou ont dû rester longtemps accrochées dans les arbres, sans rien à manger. Les gens ont construit de simples canots de secours avec des branches de bananiers. Parfois, jusqu’à 15 personnes s’accrochaient à un seul de ces esquifs. D’autres ont été malheureusement emportés par les flots. J’ai parlé aujourd’hui avec un père qui a perdu quatre enfants.
Le pays est-il complètement sous l’eau ?
L’eau a recommencé à baisser. Cela rend plus visible l’étendue des dévastations. Les toits des maisons sont par terre, les murs sont effondrés. Le gouvernement distribue de nouvelles parcelles de terrains aux personnes bloquées pour qu’elles ne retournent pas dans les régions inondables. Elles peuvent y monter une tente et plus tard, y construire une maison.
Quel est le nombre des victimes ?
On compte jusqu’ici 470 victimes. Le président du pays parle toutefois de plus de 1000 morts. Près de 1,8 million de personnes ont été affectées par ces inondations.
Est-ce que la distribution de biens humanitaires a déjà commencé ?
À Beira, la situation est tendue, selon les dernières informations, et il y a des violences. Les gens ont faim, les pillages ont commencé. Les convois de nourriture sont en route, mais leur acheminement est ralenti par les routes endommagées. L’ONU a déjà largué des fournitures par avion : des bâches de protection, des ustensiles de cuisine et des conteneurs d’eau.
Quelles sont les mesures que Caritas a déjà pu mettre en place ?
La Caritas de Dombe par exemple a commencé à distribuer des denrées alimentaires et de l’eau. Elle fournit aussi des soins médicaux de base. CRS, la Caritas américaine, a distribué pour 25 000 dollars de denrées alimentaires. Certains des bénévoles ont dû marcher jusqu’aux villages parce que les routes étaient interrompues.
Peut-on offrir un abri aux personnes qui ont perdu leur maison ?
À quelques-uns. De nombreuses personnes sont logées dans des bâtiments publics : écoles, églises et bâtiments administratifs. A Dombe, 9000 personnes sont dans cette situation et il en arrive tous les jours plus. Les gens ne veulent pas trop s’éloigner de leurs maisons, ils ne veulent pas se rendre dans l’un des camps, par exemple. Ils ont peur des pillages et veulent rester près de chez eux.
Y a-t-il des risques d’épidémie ?
L’eau stagnante représente naturellement un gros risque. Il y a beaucoup de moustiques et les risques de malariaaugmentent encore. Il y a donc un réel besoin de moustiquaires. Les puits sont également pollués, le typhus et le choléra représentent un réel danger, parce que ces deux maladies sont très contagieuses.
Comment pensez-vous que la situation va évoluer ?
Les intempéries se sont un peu calmées. À l’ouest du pays, où je suis basé actuellement, le soleil brille à nouveau. Les pluies s’estompent aussi à Beira. Mais les gens ont un urgent besoin d’aide. Les paysans étaient sur le point de récolter. Désormais, les terres sont sous l’eau, les récoltes sont perdues. Les habitants des zones inondées devront recevoir de la nourriture au moins pendant les six prochains mois.
Photo en haut, gauche : Une famille sans abri. (c) Donal Reilly/Catholic Relief Services
Photo en haut, droite : Bernhard Huwiler. (c) Caritas Suisse
Aide pour les victimes du cyclone Idai au Mozambique