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La crise dans la zone euro a été induite par les institutions financières qui ont voulu profiter de la structure défaillante du système monétaire de l’Euroland, ignorant l’intérêt général parce que cette zone est trop grande pour faire faillite. Les banques, notamment en Allemagne, ont ainsi généreusement prêté aux pays dits «périphériques» dans la zone euro l’épargne domestique découlant de l’excédent de la balance des transactions courantes, permettant aux pays déficitaires d’acheter les produits allemands et d’enfler des bulles du crédit qui ont éclaté dès que la crise financière états-unienne a traversé l’Océan Atlantique en septembre 2008 (suite à la mise en faillite de Lehman Brothers).
Or, au lieu de réformer l’architecture monétaire de l’Euroland selon les règles de l’art, et de faire payer (en les sanctionnant comme il faut) les banques ayant abusé à grande échelle de leur capacité d’octroyer des crédits, les autorités européennes, sous l’influence de l’Allemagne, ont ignoré bel et bien les facteurs de la crise de l’Euroland, pour dénaturer la perception de celle-ci en l’identifiant erronément avec une «crise des dettes souveraines», entendant par là une crise de surendettement du secteur public dans bien des pays membres de la zone euro, surtout à sa «périphérie» méditerranéenne.
L’expression ayant fait mouche auprès des médias, du grand public et de la classe politique, la crise de l’Euroland est alors par définition une crise due à des dépenses publiques excessives, qu’il s’agit dès lors de réduire par des plans d’austérité draconiens sans égard aux effets que cela comporte aussi bien sur le plan social qu’au niveau économique – la plupart d’entre eux étant dramatiques et contreproductifs pour le sort du système économique national et de l’Euroland à moyen–long terme.
En attendant que les véritables origines de la crise de l’Euroland soient reconnues par les tenants des mesures de «consolidation budgétaire», ceux-ci devraient au moins commencer par accepter que les dépenses publiques pour l’aide sociale ne soient pas considérées lorsqu’il s’agit de vérifier le respect du «Pacte fiscal» adopté au niveau de l’Euroland par un coup d’État financier qui ne dit pas son nom. Ce serait déjà une première avancée vers la solution correcte de la crise de la zone euro, dont le «semestre européen 2016» ne laisse aucune chance aux pays présentant des déséquilibres excessifs ainsi qu’à la Grèce – qui est en attente de pouvoir restructurer sa dette publique afin d’éviter de devoir annoncer un défaut de paiement à même de provoquer un «tsunami» politique à l’échelle du Vieux continent. Enclenchez vos sismographes mesdames et messieurs!