Document ID: /curiavista/filtered/00000_business.jsonl.gz/117340

<h2>SubmittedText<h2><p>Le Conseil fédéral est chargé d'établir pour chaque centrale nucléaire en Suisse et pour les régions frontalières à l'étranger un plan d'évacuation et de relogement applicable en cas d'accident nucléaire majeur (émission de radioactivité). Un plan sera établi pour chaque degré de gravité. Les plans devront répondre aux questions suivantes :</p><p>1. Quels périmètres d'exclusion faudra-t-il fixer selon les degrés de gravité des accidents ? Quelle population faudra-t-il subséquemment évacuer ? De quelle manière et où devra-t-elle être évacuée ? Selon quelle procédure cette évacuation sera-t-elle opérée ?</p><p>2. Comment l'approvisionnement de base sera-t-il assuré en Suisse si un accident de ce type devait se produire ?</p><p>3. Où et de quelle manière la population sera-t-elle relogée si elle devait être déplacée définitivement ?</p><p>4. En vertu de quelle base légale pourrait-on mettre à disposition dans un délai raisonnable des logements, des écoles, des emplois, des hôpitaux, etc. en prévision d'un déplacement définitif de populations ? Quels sont les moyens financiers disponibles à cet effet ?</p><p>5. Comment pourra-t-on recruter suffisamment de liquidateurs et où les trouvera-t-on ? Comment sauront-ils qu'ils sont réquisitionnés ? Que se passera-t-il si on n'en trouve pas assez ?</p><h2>FederalCouncilResponseText<h2><p>À la suite de sa séance du 4 mai 2011, le Conseil fédéral a indiqué que l'accident survenu sur le site nucléaire de Fukushima imposait un débat critique sur l'utilisation du nucléaire en Suisse. C'est pourquoi il a décidé de créer un groupe de travail interdépartemental (IDA NOMEX) ayant pour mission de vérifier les mesures de protection d'urgence pour le cas où un accident de centrale nucléaire devait se produire en Suisse ou à proximité de ses frontières. Le groupe de travail s'est réuni pour la première fois le 22 juin 2011. En automne 2011, il livrera au Conseil fédéral un rapport énumérant les éventuelles modifications de loi ou d'ordonnance ainsi que les travaux conceptuels qui pourraient s'avérer nécessaires.</p><p>L'IDA NOMEX se penchera sur les questions évoquées dans la motion à la lumière des enseignements tirés du Japon. À cette fin, il sera procédé, dans un premier temps, à la révision des scénarios de référence utilisés pour la planification des mesures de protection en cas d'urgence. Puis en seront tirées les conséquences concernant la délimitation des zones, la planification des évacuations ainsi que la formation et la préparation des forces appelées à intervenir d'urgence dans les centrales. Les services fédéraux compétents se chargeront alors de la mise en oeuvre. Néanmoins, ces travaux ne porteront pas sur le relogement définitif de la population à la suite d'un accident de centrale nucléaire, car une telle opération ne constitue pas une mesure de protection d'urgence au sens strict du terme, mais bien plutôt une activité à long terme qu'il y a lieu de planifier et de réaliser dans le cadre d'un processus politique.</p><p>Indépendamment des travaux de l'IDA NOMEX, l'ordonnance sur la protection d'urgence (RS 732.33), dont la version révisée est entrée en vigueur le 1er janvier 2011, spécifie qu'il appartient à l'Office fédéral de la protection de la population (OFPP) de donner aux cantons les instructions nécessaires à l'évacuation de la population vivant dans la zone 1 des centrales nucléaires suisses. La zone 1 est le périmètre qui s'étend sur un rayon d'environ 3 à 5 kilomètres autour d'une centrale nucléaire. L'OFPP met sur pied actuellement une organisation de projet incluant tous les services fédéraux concernés et les cantons afin d'élaborer de telles instructions pour la zone 2 également. Contiguë à la zone 1, la zone 2 possède un rayon de quelque 20 kilomètres. Elle se divise en six secteurs de danger. Par ailleurs, l'OFPP simule, avec l'EPF de Zurich, des évacuations à grande échelle au moyen de modèles informatiques. Les résultats obtenus se refléteront dans les instructions émises.</p><p>Les travaux mentionnés ci-dessus, et qui sont déjà en voie de réalisation, correspondent pour l'essentiel au mandat formulé dans la motion, raison pour laquelle le Conseil fédéral propose de rejeter celle-ci.</p>  Le Conseil fédéral propose de rejeter la motion.