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Fils de la comédienne Mary Cain et de l’acteur Walter Stacy Keach, le jeune Stacy Keach Jr baigne dès son plus jeune âge dans le milieu artistique. Afin de suivre les pas de ses géniteurs, le futur comédien entame des études d'art dramatique à l’Université de Berkeley et à la prestigieuse université de Yale, dont il sort titulaire d’un Master of Fine Art.
C’est sur les planches new-yorkaises, avec la pièce satirique MacBird! (1967), que Stacy Keach prononce ses premières répliques. Le spectacle est un tel succès qu’il réitérera l’expérience l’année suivante, avec The Niggerslovers, une comédie où il donne la réplique à Morgan Freeman alors à ses débuts. Vont suivre les classiques shakespeariens Le Roi Lear et Macbeth, qu’il défendra à de nombreuses reprises, et qui lui apporteront succès et récompenses.
Côté cinéma, le natif de Savannah (Géorgie) ne démérite pas non plus. Avec à son actif une filmographie de plus cinquante films, il témoigne à chacun de ses passages d’un charisme et d’une prestance qui contribuent fortement à sa singularité. C’est en 1968 qu’il décroche son premier rôle au cinéma, dans Le Cœur est un chasseur solitaire de Robert Ellis Miller. Deux ans plus tard, on l’aperçoit dans Brewster McCloud, sous la direction de Robert Altman, puis dans le sublime La Dernière chance (1972), où il livre une prestation remarquée, en boxeur déchu, qui tente par tous les moyens de retrouver la gloire. Il apparaît également dans le drame Les Flics ne dorment pas la nuit (id), et dans le très violent Ordure de flic, qui donnera plus tard lieu à un remake tout aussi brutal, avec le jeune Casey Affleck dans le rôle principal. L'année suivante, l’acteur se voit proposer le rôle principal dans le terrifiant L’Exorciste, mais refuse de prendre part au projet.
Avec sa moustache soigneusement taillée (il la garde pour tous ses rôles, afin de dissimiler les stigmates d’une opération chirurgicale), Stacy Keach ne passe pas inaperçu. Il multiplie les apparitions et participe à des nombreuses productions, le plus souvent dans des rôles secondaires. En 1980, il rejoint son frère James Keach, lui-même acteur, dans le western Le Gang des frères James. Il joue également dans le film de science-fiction de John Carpenter Los Angeles 2013 (1996), et quelques années plus tard dans le troublant American History X, où on le découvre en impitoyable et détestable chef néo-nazi.
Outre le théâtre et le cinéma, Stacy Keach se produit également sur les écrans télévisés. Dans les années 80, surfant sur la vague des séries policières comme Magnum ou Columbo, il accepte le rôle du détective privé new-yorkais Mike Hammer. C’est d’ailleurs ce rôle qui contribuera à sa notoriété, notamment auprès du public français. On le retrouve aussi dans de nombreuses fictions, comme les séries médicales Docteur Quinn, femme médecin et Urgences, mais aussi dans la comédie Titus, où il incarne le sympathique patriarche de la famille du même nom. Pour ce rôle, il sera gratifié d'un Golden Globe. En 2005, l'acteur est désigné pour jouer Henry Pope, le sympathique directeur de la prison où séjourne Michael Scofield (Wentworth Miller), dans le feuilleton télévisé à succès Prison Break.
Mais Stacy Keach n’est pas qu’un physique, c’est aussi une voix grave et chaleureuse, à laquelle de nombreux réalisateurs font appel pour assurer des doublages ou narrer des documentaires. C'est le cas, par exemple, avec le film d’animation Planes, où il offre son timbre au personnage de Skipper.
En 2008, on retrouve le comédien dans la fiction autobiographique W. l’improbable président, dirigée Oliver Stone. Il prête également ses traits à l'inquiétant Amiral Mark Turso dans Jason Bourne: l'héritage. Dans Nebraska d'Alexander Payne, il interprète Ed Pegram, l’ancien partenaire de Woody (Bruce Dern). L'année d'après, il est à l’affiche du drame If I Stay, mais aussi du deuxième volet de Sin City, où il incarne le terrible Wallenquish.
Marc-Emmanuel Adjou