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Table des matières
Pourquoi faire le choix de donner ses organes ?
Comment se déroule un don d'organes ?
Quels organes ou tissus peut-on donner en Suisse ?
La réglementation actuelle sur le don d'organe suisse
Comment devenir donneur d'organes en Suisse ?
Quel est l'âge limite pour donner ses organes ?
Quelles sont les conditions pour donner un organe ?
Les perspectives d'évolutions du don d'organes en Suisse dans les prochaines années
Pourquoi faire le choix de donner ses organes ?
Chaque année en Suisse, le don d'organes permet de sauver de nombreuses vies. Chaque individu peut durant sa vie prendre cette décision profondément altruiste.
À noter qu'un donneur d'organe n'est pas mis à la disposition de la science, comme dans le cas du don du corps à la science. Dans le cadre d'un don d'organes, les prélèvements sont à des fins de transplantation pour des individus malades en l'attente d'une greffe.
Comment se déroule un don d'organes ?
Un don d'organes ne peut être effectué que si la mort cérébrale est constatée par deux médecins indépendants de l’équipe de transplantation et seulement si telle était la volonté du défunt. Le prélèvement est ensuite fait sur les donneurs dans le plus grand respect de la dépouille et permet à la famille d'organiser des obsèques en toute sérénité.
Concernant l'attribution d'un organe au receveur, c'est la loi sur la transplantation qui s'applique et les organes sont donnés en fonction des prioritaires sur la liste, les critères principaux étant l'urgence médicale, l'utilité médicale, le délai d'attente, etc.
Quels organes ou tissus peut-on donner en Suisse ?
En Suisse, il est possible de donner les organes suivants :
- les poumons,
- le cœur,
- le foie,
- l'intestin grêle,
- le pancréas,
- les reins.
Il est aussi possible de donner son consentement pour les prélèvements des tissus suivants :
- les valves cardiaques,
- les os et les osselets,
- la moelle,
- le cartilage,
- les tendons et les ligaments,
- la cornée,
- la peau.
La réglementation actuelle sur le don d'organe suisse
Contrairement à la plupart des pays européens où le don d'organe fonctionne sur le principe du consentement présumé, en Suisse, la réglementation actuelle applique le principe du consentement explicite.
Cela signifie que le prélèvement d'organes ne peut se faire que si la personne décédée a de son vivant donné son accord.
Dans le cas où il n'existe aucun écrit stipulant la volonté d'une personne à donner ses organes, ce sera aux proches de décider en fonction des valeurs du proche disparu.
Comment devenir donneur d'organe en Suisse ?
Tout le monde peut devenir donneur d'organes. Toutefois, il faut informer les proches et le corps médical de sa décision. Pour ce faire, il y a plusieurs solutions :
- consigner ses volontés dans ses directives anticipées. Les directives médicales anticipées sont un document attestant des souhaits d'une personne dans le cas où celui-ci serait dans l'incapacité de les exprimer lui-même (accident, maladie grave, etc.). Il fait office de référence de référence auprès du corps médical et permet la prise de décision par ce dernier, y compris sur la question du don d'organes.
- opter pour une carte de donneur. La carte de donneur permet d'expliciter son consentement pour le don d'un ou de plusieurs organes ainsi que celui des tissus. Chaque personne peut choisir les dons qu'elle veut faire ou non. L'existence d'une carte de donneur doit être connue des proches afin de pouvoir respecter la volonté de la personne défunte au moment venu. Si au contraire une personne veut exprimer un refus clair vis-à-vis du don d'organes, elle peut également le mentionner sur sa carte de donneur.
- le mentionner dans le dossier électronique du patient (DEP). Déployé progressivement en Suisse depuis 2020, et présent en dans les cantons de Vaud, de Genève, du Valais, de Fribourg et du Jura, le DEP permet de centraliser l'ensemble des informations médicales des patients. Il est possible d'y joindre sa carte de donneur.
Quel est l'âge limite pour donner ses organes ?
Il n'existe pas d'âge limite pour donner ses organes. Ainsi les transplantations peuvent se faire aussi bien à partir d'un patient âgé de 30-35 ans que de 80-85 ans.
Le foie est un exemple de type d'organes qui vieillit très bien puisqu'il régénère durant la vie. Ce qui détermine principalement la faisabilité du prélèvement, c'est l'état général d'un organe qui peut être altéré si la personne souffrait d'un diabète sévère ou d'hypertension.
Quelles sont les conditions pour donner un organe ?
Tout le monde peut donner ses organes en Suisse, indépendamment de son âge, et rares sont les contre-indications.
Cependant il faut noter que les organes ne peuvent pas être prélevés sur une personne atteinte de certaines maladies comme le VIH, la maladie de Creutzfeldt Jakob, la tuberculose ou encore la syphilis. Aussi, il faut que le décès ait lieu dans un établissement de santé, les décès à domicile ne permettant pas de faire la préparation médicale nécessaire.
Le don du corps à la science et le don d'organes sont-ils compatibles ?
Il est tout à fait possible de choisir de donner ses organes, mais aussi son corps à la science. Cependant, il faut comprendre que comme il s'agit de deux démarches différentes, il faut compléter les deux types de formalités.
Est-il possible pour un donneur de connaître l'identité du receveur et vice-versa ?
En Suisse, l'anonymat est respecté aussi bien pour le donneur que pour le receveur. De plus, les greffons d'un même donneur peuvent être transplantés sur plusieurs receveurs.
Bien évidemment, il est interdit de faire du commerce d'organes (art. 27 de la Loi du 29 mai 1985 sur la santé publique (LSP)).
En revanche les frais médicaux liés au don d'organes et à la transplantation sont couverts par l’assurance de base de la caisse maladie. Et les membres de la famille n'ont pas à prendre en charge les frais non couverts puisque c'est l'hôpital directement qui supportera les frais.
Les perspectives d'évolutions du don d'organes en Suisse dans les prochaines années
Comme dit précédemment, le principe qui s'applique actuellement en Suisse est celui du consentement explicite. Un principe régulièrement remis en cause par les partisans qui estiment que le principe du consentement présumé permettrait d'avoir plus de donneurs d'organes et donc de répondre à davantage de demandes de transplantations. Des arguments jugés insuffisants par les opposants.
Si la question a longtemps été débattue, le 20 janvier 2022, le comité référendaire dépose 70 230 signatures et lors du 15 mai 2022, les citoyens suisses ont approuvé la proposition du Conseil fédéral en faveur du principe du consentement présumé.
D'ici 2025 au plus tôt, la nouvelle loi sur la transplantation pourra être appliquée, le temps d'effectuer une campagne auprès de la population et surtout de créer un registre à cet effet.