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Souvenirs de Marilyn
Ce qu’on retient d’elle à part un physique à faire fantasmer les hommes? L’inimitable Poupoupidou chantonné la bouche en cœur, la robe qui s’envole en dévoilant ses jambes, et le statut de sex-symbol qui lui colle autant à la peau que le parfum Chanel N° 5 qu’elle porte «pour dormir». Des clichés dont Marilyn Monroe a parfois elle-même cherché à se défaire.
Le poids des apparences
Elle aurait voulu que Hollywood reconnaisse ses talents d’actrice en lui proposant de jouer également dans des films dramatiques, au lieu de la cantonner la plupart du temps à des rôles de ravissante idiote. Elle a refusé certains films qu’elle jugeait médiocres, ce qui lui a valu maints démêlés avec les sociétés de production. Marilyn espérait alors pouvoir tourner sous la direction de Hitchcock, mais le roi du suspense lui a déclaré qu’il n’aimait pas «les femmes qui ont le sexe affiché sur la figure».Trop glamour, trop sensuelle. «A Hollywood, disait-elle, on vous juge sur votre apparence, et pas sur ce que vous êtes.»
Si la tragédie n’a pas voulu de Marilyn au cinéma, elle ne l’a pourtant pas ménagée dans la vie réelle. Curieusement, son visage candide de femme-enfant ne laissait rien entrevoir des galères du passé. Née Norma Jeane Mortenson en 1926, un an après la séparation de ses parents, Marilyn a des doutes sur l’identité de son père. Sa mère, Gladys, souffre de schizophrénie et ne parvient pas à s’occuper de ses enfants, qui sont placés dans des familles d’accueil.
A l’âge de 10 ans, victime d’une tentative d’abus sexuel, elle change à nouveau de foyer. Elle se marie à 16 ans avec un ouvrier et travaille en usine. En 1944, elle est remarquée par un photographe et fait la couverture de plusieurs magazines de pin-up, puis décide de se lancer dans le mannequinat. Elle divorce, passe un essai pour la 20th Century Fox, et est engagée sous le nom de Marilyn Monroe pour tourner des films.
Célébrité et fin tragique
Ses interprétations sont saluées par la critique. Mais c’est quand elle pose nue pour un calendrier, en 1952, que sa notoriété explose et qu’elle devient une icône planétaire. Après un mariage et un divorce éclair avec le champion de baseball Joe DiMaggio, elle épouse l’écrivain Arthur Miller en 1956. Quand elle obtient le Golden Globe de la Meilleure actrice en 1958 pour son rôle dans Certains l’aiment chaud, elle vient de faire une fausse couche pour la seconde fois. Elle le vit très mal, se met à abuser des médicaments et de l’alcool, et divorce en 1961.
Souvent absente des plateaux de tournage, en proie à des malaises, elle n’arrive plus à apprendre ses textes. Les journaux ne parlent plus de ses films mais de sa brève idylle avec Yves Montand puis avec le président Kennedy. Marilyn souffre de dépression. Le 5 août 1962, elle est trouvée morte dans son lit. Le médecin légiste conclut à un suicide «probable» par abus de barbituriques, alors même que l’autopsie n’en révèle aucune trace dans l’estomac et les intestins, et que le corps de l’actrice a été déplacé à plusieurs reprises. Les déclarations contradictoires des témoins laissent planer le doute sur ce qui s’est réellement passé la veille au soir, lors de la visite tardive de trois hommes, dont Robert Kennedy, le frère du président.
Suicide ou assassinat? Les autorités américaines n’ont jamais voulu ouvrir d’enquête.
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