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56. Samuel Raymondaz, affineur à Vaulion.
Il menait bien sa barque, là-bas, par Vaulion, venant livrer ses vacherins à la gare du Pont comme tout un chacun. C'est là qu'on le rencontrait le plus souvent.
Avec cette formule, de monter à la Vallée plutôt que de descendre à Croy où la gare n'était pas équipée, et surtout n'aurait pas voulu le faire pour un seul marchand, cet affineur de l'autre côté des monts gardait ainsi le contact avec la véritable ambiance vacherin, qui, comme on le sait, ne pouvait se développer dans toute sa plénitude qu'à ce bout-ci de la Vallée. Ailleurs, cela était considéré comme de la broutille. Pas tout à fait, mais néanmoins des ambiances bien différentes où vous n'auriez par exemple qu'un seul commerce par village, et même par région, tandis qu'ici ils se touchaient tous!
Il ne fait aucun doute que Samuel Raymondaz aura été passablement affecté par les événements de 1985-1987, et que c'est peu après qu'il abandonna le métier duquel, on en a la certitude, il eut une nostalgie poignante. On le comprend. Car c'est vraiment, avant ces années de misère, qu'il y avait la vraie ambiance vacherin. Où l'on pouvait grignotter son voisin en toute bonne conscience. Des vacherins, il en aurait toujours assez!