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La justice sénégalaise a condamné lundi Karim Wade, fils de l'ex-président Abdoulaye Wade, à six ans de prison et une amende de 138 milliards de francs CFA (220 millions de francs). Mais il garde ses droits civiques et pourra être candidat à la présidentielle de 2017.
Ancien ministre et conseiller de son père, Karim Wade était jugé depuis l'été dernier pour "enrichissement illicite et corruption". Il a été reconnu coupable du premier chef d'accusation mais relaxé du second par la Cour de répression de l'enrichissement illicite (CREI), une juridiction spéciale.
Le parquet avait requis contre lui sept ans de prison, plus de 380 millions d'euros (400,4 millions de francs) d'amende, une confiscation de ses biens et une privation des droits civiques.
Mais la Cour spéciale a "écarté l'interdiction de l'exercice des droits civiques, civils et de famille prévus par l'article 34 du Code pénal", a déclaré le ministre de la Justice Sidiki Kaba, réfutant l'existence de tout "projet politique pour couler un adversaire".
Condamnation "politique"
La défense de Karim Wade a annoncé qu'elle allait se pourvoir devant la Cour suprême "pour que le jugement soit cassé et annulé". "La condamnation est politique. Depuis longtemps on veut empêcher un candidat, notre candidat d'être présent à l'élection présidentielle", a déclaré Oumar Sarr, un dirigeant du Parti démocratique sénégalais (PDS), la formation d'Abdoulaye Wade et principal parti de l'opposition.
Karim Wade avait été désigné samedi par le PDS à une majorité écrasante comme candidat à la prochaine élection présidentielle. Alors qu'il s'était présenté comme "prisonnier politique" à l'ouverture du procès le 31 juillet, sa nomination a renforcé son statut.
Le président Macky Sall, qui a succédé à Abdoulaye Wade en 2012, a averti la semaine dernière que son gouvernement ne tolérerait aucune tentative de déstabilisation du pays lorsque l'annonce de la sentence interviendrait.
ATS