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La Fondation Pierre Gianadda à Martigny, qui
avait déjà présenté une exposition thématique de Hans Erni en 1989,
propose aujourd'hui, à l'occasion du 90e anniversaire de l'artiste,
sa première rétrospective vraiment complète.
Cette exposition constitue un survol des quelque
soixante-dix ans d'activité artistique de Hans Erni. L'exposition
s'ouvre sur les premières œuvres de l'artiste: des peintures, des
fresques et des œuvres d'art plastique.
Divers travaux datant du début des années trente
sont d'abord présentés. Ceux-ci, inspirés de Picasso et du cubisme,
sont signés de son pseudonyme "françois grèques". Suit une série
d'œuvres abstraites rarement exposées et extrêmement significatives
de l'évolution de son travail dans le courant des années trente.
En 1933-1934 à Paris, Hans Erni fait partie du
groupe "Abstraction-Création". En 1936, il peint une fresque de
composition abstraite pour la Section suisse de la Triennale de
Milan. Il travaille ensuite à Londres, où il rencontre des artistes
tels qu'Alexander Calder, Ben Nicholson, Henry Moore et Barbara
Hepworth.
C'est entre 1886 et 1891 que Gauguin trouve sa
véritable identité artistique, à la faveur notamment de ses séjours
en Bretagne - à Pont-Aven et au Pouldu -, à la Martinique (1887)
et en Arles auprès de Van Gogh (1888). L'exposition présente un
grand nombre d'œuvres majeures de la phase "synthétiste" ou "cloisonniste",
contemporaine de l'"Ecole de Pont-Aven" dont le style émergea d'une
collaboration étroite avec Emile Bernard et d'autres peintres du
cénacle breton.
La gigantesque peinture murale Die Schweiz, das
Ferienland der Völker (La Suisse, pays de vacances des peuples),
commandée en 1939 pour l'Exposition nationale à Zurich, marque le
retour de Hans Erni à la peinture figurative. Reconnu jusqu'alors
du seul cercle avant-gardiste, Hans Erni commence à se faire un
nom auprès du grand public. Des études et certaines séquences de
cette fresque longue de 100 mètres - aujourd'hui propriété du Musée
national suisse à Zurich - sont exposées à la Fondation
Les années quarante et cinquante offrent un fourmillement
d'œuvres connues et moins connues. Parmi ces dernières, une toile
datant de 1953 intitulée Hommage à Picasso représentant Picasso,
Aragon et Eluard - les artistes français que Hans Erni fréquente
alors à Paris, où il possède un nouvel atelier - ainsi que Nuit
de peur, tableau terriblement accusateur datant de 1957, peint en
réaction à l'entrée de l'Armée rouge en Hongrie.
Des œuvres plus récentes sont également exposées.
Cette rétrospective présente en outre une série d'autoportraits
et, dans la nouvelle salle Belvédère, des dessins, divers travaux
sur papier et des carnets d'esquisses réalisées lors d'expéditions
ethnographiques.
Des céramiques et des œuvres bibliophiliques
choisies, des lithographies ainsi que des affiches (exposées devant
l'entrée de la Fondation) apportent un éclairage nouveau sur l'œuvre
exceptionnellement riche et diversifiée de Hans Erni.
Une section historico-documentaire complète l'exposition,
faisant entre autres allusion à un chapitre de l'histoire suisse
récemment dévoilé. A l'époque de la guerre froide, Hans Erni fut
placé sous surveillance en tant que prétendu membre du Parti communiste
et se vit refuser diverses commandes publiques.
L'exposition
conduite par Andres Furger, conservateur du musée national suisse et
Marco Obrist, historien de l'art comporte un catalogue bilingue
richement illustré auquel de nombreux auteurs ont contribué.
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