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Le Conseil des Etats a levé les derniers obstacles au développement futur des énergies renouvelables. Est-ce que cela marque définitivement le tournant énergétique?
C'est une étape importante pour que nous puissions enfin développer davantage la production d'électricité. Pour l'hydraulique, le solaire et l'éolien, nous avons maintenant des zones ou des projets où la pesée des intérêts peut être tranchée en faveur de la production d'électricité.
Avez-vous tremblé en attendant le résultat du Conseil des Etats?
Trembler serait exagéré. Je suis heureux que le Conseil des Etats et le Conseil national soient sur la même longueur d'onde. Il ne reste que quelques divergences que le Conseil national éliminera, je l'espère, la semaine prochaine. Le risque d'un référendum a ainsi été réduit.
Vous avez souligné à plusieurs reprises l'importance d'éviter un référendum sur ce projet. De quoi avez-vous peur?
Le peuple, s'il veut voter, doit toujours avoir le dernier mot. Mais le risque existe ici que des opposants très différents se rassemblent: par exemple les propriétaires immobiliers, les défenseurs du paysage ou encore les pêcheurs, chacun pour des motifs différents. Les propositions rassemblant de nombreux aspects différents sont compliquées à faire passer, car des alliances inattendues peuvent se former.
Un référendum pourrait aussi venir de l'UDC. Que dites-vous à votre parti?
Qu'un référendum n'est pas pertinent dans ce cas. L'UDC a toujours demandé qu'il y ait davantage de production électrique nationale avant de réduire les émissions de CO2. Maintenant, nous avons une proposition qui va dans ce sens.
Au sein du Conseil, plusieurs compromis ont été nécessaires entre les intérêts économiques et ceux de la protection de l'environnement et du paysage. Etes-vous particulièrement reconnaissant à certains d'avoir fait des concessions?
Les deux commissions du Conseil national et du Conseil des Etats ont travaillé rapidement cette année, elles ont même tenu des séances spéciales. Le résultat d'aujourd'hui est leur succès, et je leur en suis reconnaissant. Pour un pays comme la Suisse, avec sa prospérité, une pénurie d'électricité serait une catastrophe. Et il est inacceptable que nous dépendions de l'électricité produite par des centrales d'urgence fonctionnant aux énergies fossiles. Cela a convaincu de nombreux membres du Parlement.
Quelle est la prochaine étape relative à un approvisionnement en électricité sûr reposant sur des énergies renouvelables?
Nous savons maintenant où les projets peuvent être réalisés et où la protection prévaut. Nous voulons accélérer les procédures d'autorisation dans un prochain projet, sans pour autant restreindre le droit.