Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07272.jsonl.gz/213

Contenu externe
Le contenu suivant a été fourni par des partenaires externes. Nous ne pouvons ainsi pas garantir son accessibilité à tous les utilisateurs.
"Le problème majeur de base réside dans le régime d'"apartheid" dans lequel les Autochtones sont plongés "depuis 150 ans sinon plus" au Canada, dénonce un rapport officiel (photo symbolique).
Keystone/AP CP/JOHN WOODS(sda-ats)
Un rapport d'enquête québécois sur une série de suicides dans une communauté indienne met en cause le système des réserves autochtones au Canada. Le document officiel le qualifie de "régime d'apartheid" auquel il "serait temps de mettre fin".
Le rapport publié samedi par le bureau du coroner du Québec conclut que les suicides de cinq personnes dont quatre femmes, survenus en 2015 dans une petite communauté autochtone du Québec, étaient "évitables".
Notant que le "mal-être individuel des cinq personnes concernées" s'inscrivait dans "la trame de fond du mal-être collectif vécu par l'ensemble d'une communauté", le coroner Bernard Lefrançois écrit que "le problème majeur de base réside dans le régime d'"apartheid" dans lequel les Autochtones sont plongés "depuis 150 ans sinon plus".
"Archaïque et désuet"
"La loi sur les Indiens qui est une loi archaïque et désuète établit deux sortes de citoyens, les Autochtones et les non-Autochtones", souligne-t-il.
Les Autochtones "qui sont sous un régime à part ont été campés dans des réserves dans lesquelles ils ne peuvent pas se développer ni s'émanciper. Le message qui (leur) est continuellement envoyé est: 'vous êtes différents et incapables'", poursuit M. Lefrançois, avant d'ajouter: "Il est temps de mettre fin à ce régime d'apartheid".
Le coroner est un officier public nommé par le gouvernement et chargé de mener des enquêtes sur des décès intervenus dans des circonstances violentes (accident, suicide, homicide), suspectes ou dues à des à négligences.
Le rapport, d'une quarantaine de pages, porte sur les décès par suicide de cinq personnes entre février et octobre 2015, dans la petite communauté innue d'Uashat Mak Mani-Utenam, sur la côte Nord au nord-est du Québec.
"Ressource spécialisée" 24/24
Le coroner, analysant longuement chacun des cinq cas, émet une série de recommandations, dont la création dans cette communauté d'une "ressource spécialisée" qui serait disponible 24 heures sur 24 pour gérer les crises suicidaires. Il suggère également au gouvernement fédéral canadien de créer un centre de prévention du suicide autochtone.
"Il ressort de l'enquête que les Autochtones en général sont plus touchés et concernés par le manque d'emploi, la pauvreté, la consommation d'alcool et de drogues, la criminalité, la violence conjugale, le décrochage scolaire, le placement d'enfants et le suicide que les autres communautés", fait encore valoir le coroner. Il souligne que "le taux de suicide chez les Autochtones est deux fois supérieur à la moyenne nationale."
D'autres communautés indiennes au Canada ont été frappées par des séries de suicides l'an dernier.
ATS