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Un comité dominé par l'UDC a annoncé qu'il allait lancer une initiative populaire pour réduire la taxe sur les médias à 200 francs. Parallèlement, il veut supprimer la taxe sur les entreprises, confirmée à plusieurs reprises par le peuple et le Parlement. Pour les médias privés bénéficiant d'une quote-part de la redevance, le statu quo devrait être maintenu. La SSR prend acte de cette nouvelle attaque, communique-t-elle aujourd'hui. Elle est prête à prouver une nouvelle fois sa contribution à la société.
Après le non clair et net du peuple suisse à l'initiative "No Billag" en 2018, une nouvelle votation doit avoir lieu sur l'étendue et l'avenir du service public. Un comité dominé par l'UDC a annoncé mardi 1er mars 2022 qu'il lançait une initiative populaire qui entraînerait une réduction massive du budget de la SSR.
Sur la base des exigences des initiants, il est clair que la SSR ne pourrait plus être financée dans sa structure décentralisée actuelle avec un budget aussi fortement réduit. Il en résulterait une centralisation poussée sur probablement un seul site de production - au grand dam notamment des reportages régionaux, des minorités linguistiques et des régions périphériques de notre pays.
Jean-Michel Cina, président du conseil d'administration de la SSR : "La SSR apporte une contribution importante aux échanges culturels et à la compréhension entre les régions linguistiques de notre pays, et donc à la cohésion de notre société. Cela n'est possible qu'avec un fort ancrage régional, qui serait menacé par une telle initiative".
Conséquences dans de nombreux domaines
Une réduction massive de la SSR serait un coup dur pour la place médiatique suisse et en particulier pour les secteurs suisses du cinéma, de la musique, de la culture et du sport. La centralisation de la production qui en résulterait aurait en outre des répercussions marquantes sur le personnel. La SSR ayant déjà économisé environ 100 millions de francs au cours des trois dernières années, de grandes répercussions sur les effectifs seraient inévitables. Seraient également touchés de nombreux emplois externes dépendant directement de la SSR ainsi que des investissements de près de 100 millions de francs par an dans l'industrie audiovisuelle et dans la production indépendante.
Gilles Marchand, directeur général de la SSR : "Il y a quatre ans seulement, la population suisse a clairement dit oui, à près de 72%, à un service public médiatique fort. Les collaborateurs de la SRF, de la RTS, de la RSI, de la RTR, de la SWI et de la SSR s'y engagent chaque jour avec une grande conviction et fournissent un travail de qualité reconnu. En ces jours où l'Europe est confrontée à un conflit armé, les informations fournies par les rédactions de la SSR, même directement sur le terrain, sont essentielles pour comprendre la situation. Si nous devons à nouveau prouver notre service à la société dans le cadre d'un No Billag 2, nous le ferons de toutes nos forces".
La redevance médias des ménages a déjà été réduite de plus de 25% depuis 2018. La SSR ayant déjà fortement réduit son budget durant la même période, de nouvelles coupes entraîneraient inévitablement une baisse de la qualité. L'acceptation d'une telle initiative s'accompagnerait d'une grande diminution des offres d'information indépendantes, nécessaires à la formation de l'opinion publique et au fonctionnement de la démocratie directe.