Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07198.jsonl.gz/1339

Géo-ingénierie
La 4ème assemblée des Nations Unies pour l'Environnement se réunit actuellement à Nairobi, au Kenya (11 au 15 mars 2019). Elle a été créée en 2012 pour promouvoir le développement durable et mettre l’environnement au centre des préoccupations de la communauté internationale. Parmi les thèmes abordés lors cette réunion, il sera question de savoir si l’Assemblée doit lancer une étude sur la géo-ingénierie. Cette proposition est soutenue par la Suisse et 10 autres pays européens et demande au Programme de l’ONU pour l’Environnement de préparer une évaluation globale de la géo-ingénierie pour août 2020.
Géo-ingénierie ?
La géo-ingénierie est l'intervention délibérée à grande échelle dans les systèmes naturels de la Terre pour contrer les changements climatiques.
Il existe un large éventail de techniques de géo-ingénierie. En général, on peut les regrouper en deux catégories :
- Gestion du rayonnement solaire (géo-ingénierie solaire)
La gestion du rayonnement solaire vise à renvoyer une partie de l’énergie solaire dans l’espace pour contrer l’augmentation de la température due à l’augmentation des gaz à effet de serre dans l’atmosphère. On trouve des techniques telles que :
- Renforcement de l’albedo : augmenter la reflectivité des nuages ou de la surface de la terre pour qu'une plus grande partie de la chaleur du Soleil soit réfléchie dans l'espace.
- Réflecteurs spatiaux qui bloquent une partie du rayonnement solaire.
- Aérosols stratosphériques : il s’agit d’introduire de petites particules réfléchissantes dans la haute atmosphère pour réfléchir une partie de la lumière solaire avant qu'elle n'atteigne la surface de la Terre.
2. Elimination des gaz à effet de serre ou géo-ingénierie du carbone
Ces techniques visent à éliminer le dioxyde de carbone ou d'autres gaz à effet de serre de l'atmosphère. Elles devraient être mises en œuvre à l'échelle mondiale pour avoir un impact significatif sur les niveaux de gaz à effet de serre dans l'atmosphère. On trouve par exemple :
- Reboisement : engagement dans un effort de plantation d’arbres à l’échelle mondiale.
- Fertilisation de l’océan en ajoutant des éléments nutritifs dans l'océan à des endroits choisis afin d'accroître la production primaire, ce qui réduit la quantité de dioxyde de carbone dans l'atmosphère.
- Capture d’air ambiant en construisant de grandes machines capables d'éliminer directement le dioxyde de carbone de l'air ambiant et de le stocker ailleurs.
Et pourquoi se poser des questions à ce sujet?
La réduction des émissions de gaz à effet de serre est le moyen le plus sûr de lutter contre le changement climatique. Bien que la réduction des émissions de gaz à effet de serre soit nécessaire, voire essentielle, elle pourrait ne pas être suffisante pour maintenir un climat stable.
Il y a de grosses incertitudes dans le domaine de la réduction des gaz à effet de serre, notamment :
- Le niveau auquel nous parviendrons à stabiliser les gaz à effet de serre. C'est une fonction de la volonté politique et de la capacité technique.
- La réactivité du système climatique à l'augmentation des niveaux de gaz à effet de serre. Nous pourrions avoir de la chance et avoir une petite réponse climatique à un grand changement dans les gaz à effet de serre. Ou bien nous pouvons être malchanceux et avoir une réponse climatique importante à un petit changement dans les gaz à effet de serre. Personne n'en est sûr.
Si les humains continuent sur la voie actuelle des émissions et sont malchanceux et que la réponse du climat est importante, ou si la capacité d'adaptation des systèmes humains et naturels est insuffisante, les conséquences pourraient être désastreuses pour les gens et la planète. Il est possible qu'en déployant la géo-ingénierie, nous soyons en mesure de prévenir ces conséquences et de protéger des écosystèmes naturels extrêmement vulnérables.
Compte tenu des incertitudes et des enjeux , il est important de mener des recherches pour déterminer si les techniques de géo-ingénierie proposées pourrait être utilisée sans créer d'effets secondaires compensatoires.
Sujet contreversé
Le sujet reste très controversé. En 2015, par exemple, lors d’une présentation au Swiss global Change Day, Alan Robock de l’Université Rutgers aux Etats-Unis comparait les bénéfices possibles de la géo-ingénierie aux risques que cela comportait. Il décrivait 5 bénéfices, relevant avec un certain humour que le 4ème bénéfice serait de très beaux couchers de soleil, puisque certaines techniques de géo-ingénierie seraient tout à fait comparables aux éruptions volcaniques. Et lors de gros événements de ce type, des couchers de soleil magnifiques ont été observés (comme probablement le coucher de soleil du tableau « Le Cri » d’Edvard Munch).
Par contre, le professeur Robock note 26 risques liés à la géo-ingénierie parmi lesquels on peut relever les problèmes de technologies militaires ou la question de savoir qui décide à quel moment (à quelle température) on commence ou on arrête la géo-ingénierie.