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15 des 23 familles expulsées du site de la rue Zemunska, dans le quartier du Nouveau Belgrade, avaient déjà été expulsées de force par les autorités municipales du quartier informel de Belvil, au mois d’avril. Comme elles n’étaient pas pas inscrites sur les listes d'habitants de la ville de Belgrade, ces familles avaient dû retourner dans le sud de la Serbie à la suite de leur expulsion. N’ayant pas réussi à trouver du travail dans leurs villes d’origine, elles étaient revenues dans la capitale.
Selon Amnesty International, la politique de la ville qui consiste à renvoyer de force des Roms dans leurs municipalités d’origine bafoue leur droit de circuler librement et de choisir leur résidence –des droits pourtant inscrits dans les conventions internationales auxquelles la Serbie est partie. En outre, renvoyer ces personnes dans le sud du pays n’est pas une solution durable, ni pour la ville, ni pour les victimes de ces expulsions.
Des organisations non gouvernementales (ONG) serbes avaient précédemment réussi à repousser l’expulsion, qui a été menée pour le compte d’une société privée. Cependant, les familles concernées n’ont pas été informées de la date de l’expulsion, fixée au 20 septembre. Elles n’ont pas non plus été consultées sur ce projet, et aucune solution de relogement ne leur a été proposée. Ces ONG sont convaincues que ces familles vont désormais se retrouver à la rue.
Par ailleurs, les journalistes, les observateurs de l’ONU et les observateurs indépendants n’ont pas été autorisés à assister à l’expulsion.
Amnesty International a déjà prié le nouveau président et le Premier ministre de Serbie d’adopter un cadre juridique qui interdise les expulsions forcées et expose les règles et les garanties permettant d’assurer que toutes les expulsions soient menées dans le respect des normes internationales.