Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07175.jsonl.gz/929

Dans le récit de l'entrée de Jésus à Jérusalem dont nous parle saint Marc, il est beaucoup question d'un ânon que le Seigneur utilise comme monture pour son arrivée triomphale dans la ville sainte.
Dans les évangiles, ce sont souvent des petits détails presque insignifiants qui sont, au contraire, porteurs de sens. En plus d'accomplir l'oracle du prophète Zacharie (9,9), le Seigneur veut nous rappeler que l'humilité est une vertu essentielle ici-bas car l'âne est le symbole de ce qui est humble. C'est une sorte de passeport pour le ciel parce que celui qui nie qu'il est pécheur rend vaine la Passion du Christ et parce que Dieu ne peut sauver quelqu'un qui pense qu'il n'a pas besoin de salut.
Cela me fait penser à un homme qui avait déclaré à son curé : « Je n'ai pas eu besoin de vos bondieuseries et vos prières pour devenir ce que je suis : un homme apprécié et estimé ». Et le curé de répondre : « Vous avez déchargé le bon Dieu d'une sacrée responsabilité ! »
Dans la vie, nous avons le choix d'être comme cet autre âne dont parle Jean de la Fontaine : « Un baudet chargé de reliques, s'imagina qu'on l'adorait. Dans ce penser, il se carrait, prenant pour siens l'encens et les cantiques » ; ou alors être dans l'état d'esprit de l'âne de l'Evangile : sa joie fut de porter le Christ, sa récompense, de le mettre en valeur et son bonheur, de le servir.