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La Suisse peut extrader Bortone, le brigadiste
Le Tribunal fédéral a autorisé l'extradition vers l'Italie de Nicola Bortone, arrêté le 10 mars dernier à Zurich.
Bortone est considéré comme l'organisateur probable de plusieurs assassinats et l'éminence grise des Brigades rouges.
La première Cour de droit public du Tribunal fédéral (TF) a tranché mercredi. Elle autorise l'extradition de Nicola Bortone, en qualité de seule et unique instance, précisé le porte-parole de l'Office fédéral de la justice (OFJ), Folco Galli.
Nicola Bortone, soupçonné d'être en relation avec les nouvelles Brigades rouges, devrait être remis très prochainement aux autorités italiennes.
Celles-ci avaient délivré un mandat d'arrêt contre Nicola Bortone le 12 septembre 1989 pour constitution d'un groupe armé et d'une association visant à renverser l'ordre constitutionnel.
Le 18 septembre 2001, la Cour d'assises de Rome l'avait condamné par contumace à cinq ans et demi de réclusion.
Clandestin durant six ans en Suisse
Nicola Bortone a vécu clandestinement en Suisse pendant six ans, avec une Suissesse dont il a eu deux enfants. Sa compagne est décédée le 1er août d'une longue maladie.
Sous le coup d'un mandat d'arrêt international, l'Italien de 46 ans a été arrêté le 10 mars dernier à Zurich.
Comme il a refusé un transfert en Italie lors d'un premier interrogatoire, il a été écroué en attendant l'issue de la procédure d'extradition.
Son avocat a contesté la demande d'extradition déposée par des magistrats romains, considérant qu'elle repose sur une condamnation illégale.
Pour lui, le verdict prononcé par un tribunal de Rome en septembre 2001 contre son client concerne des faits pour lesquels Nicola Bortone a déjà été condamné précédemment par la justice française.
Le présumé brigadiste a été condamné en Italie à cinq ans et demi de réclusion pour des délits d'ordre politique et la constitution d'un groupe armé.
Nicola Bortone doit encore purger une peine de trois ans et 6 mois de prison dans la péninsule.
Nouvelles Brigades rouges
L'Italien est considéré comme l'un des fondateurs des nouvelles Brigades rouges, à l'origine de deux assassinats politiques ces dernières années.
Selon les autorités italiennes, il serait lié à plusieurs brigadistes récemment arrêtés dans le cadre de l'assassinat d'un conseiller du ministère du Travail, Massimo D'Antona, abattu en pleine rue à Rome le 20 mai 1999.
Celles-ci ont également signé l'assassinat le 19 mars dernier à Bologne d'un autre consultant du ministère du Travail, Marco Biagi, qui œuvrait à une réforme contestée de la législation du travail. Les deux hommes ont été tués avec la même arme.
swissinfo avec les agences
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