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Les belles promesses rendant les référendaires joyeux, les zautorités cantonales et municipales de Carouge, Genève et Lancy ont négocié avec les partis de gauche, les syndicats et l'ASLOCA, qui avaient lancé un référendum contre le préavis favorable de la Ville au déclassement du périmètre PrailleAcacias-Vernets (PAV pour les intimes), un projet d'accord en échange du retrait du référendum (la votation populaire a d'ailleurs été reportée dans l'attente de la réponse des référendaires à ce projet). L'accord est, pour la gauche, tout juste acceptable et ne contient en réalité aucune garantie quant à son respect par les autorités cantonales, alors qu'il implique le retrait du référendum puisqu'il annule (pour la remplacer par une autre) la loi contre laquelle le référendum a été lancé. Il est vrai qu'à tous les stades de l'évolution de la réalisation du projet, d'autres référendums, cantonaux ou municipaux, sont possibles, et que puisqu'il s'est avéré que seule la menace du vote populaire a fait revenir en arrière les partisans du bétonnage intensif du PAV, cette menace, voire le lancement effectif de référendums pour l'appuyer, doit continuer à planer : elle seule peut les dissuader de s'asseoir sur l'accord qu'ils ont dû se résoudre à négocier.
s.g.d.g.
L'aboutissement du reférendum municipal contre le préavis de la Ville, favorable à la version initiale du projet PAV a ouvert des négociations qui ont accouché d'un projet d'accord. L'accord est d'abord un constat : celui de l'absolue inanité du projet initial, et de l'absolue incompétence politique de ceux qui l'ont présenté, soutenu, puis régulièrment amendé en public, rajoutant puis enlevant des logement ou des emplois au gré de leurs humeurs et des vents médiatiques. C'est ensuite une sorte de « socle » en dessous duquel il serait inconcevable que les référendaires descendent pour accepter moins que ce qui est aujourd'hui proposé, et au-dessus duquel il serait absurde qu'ils renoncent à proposer mieux, là où l'accord est largement insuffisant. Il retient, pour toutes les nouvelles surfaces de planchers, équipements publics exceptés, sur l'ensemble du périmètre, le principe d'un nouveau logement pour un nouvel emploi ? c'est un premier acquis. La réalisation des nouveaux logements et des nouvelles surfaces d'activités devrait se faire de manière « équilibrée » dans le temps, et un « juste équilibre » entre secteurs secondaire et tertiaire doit être trouvé ? C'est un deuxième acquis. Toutes les parcelles en main publique (mais seulement elles) seraient dévolues à du logement locatif ? C'est bien, sauf que c'est l'ensemble du périmètre, y compris les parcelles privées, qui devrait être soumis à cette condition. La moitié des logements nouveaux devraient être des logements d'utilité publique (LUP, qui ne sont pas tous des logements sociaux), dont 20 % de logements à bas loyers (HBM) ? c'est l'ensemble des nouveaux logements qui devraient être d'« utilité publique », et c'est la moitié d'entre eux qui devraient être HBM. Et puis, surtout, il y a l'enjeu de la maîtrise des terrains : le canton ne renonce pas à la possibilité de céder à bas prix (ou d'échanger) des terrains publics à des privés, pour qui le projet PAV n'a d'intérêt que s'il est rentable rapidement, pour leur propre compte, alors qu'il n'est acceptabler que s'il répond aux besoins de la population du canton, et en particulier de celle qui n'intéresse nullement les privés, parce qu'elle n'a pas d'autre possibilité de se loger que celles que le logement « social ». Avant le référendum, on se dirigeait tout droit vers une joyeuse partie de Monopoly entre spéculateurs et promoteurs. Le référendum a abouti, mais la partie de Monopoly n'est que partie remise. Comme disait l'autre, c'est pas le moment de mollir.