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Fièvre de l'or sur l'île de Robinson Crusoë
SANTIAGO (AFP) - jeudi 29 septembre 2005 - La perspective d'un énorme trésor datant de l'époque des pirates provoque une ruée vers l'or sur l'île chilienne de Robinson Crusoë, où les habitants, l'Etat et la municipalité se disputent déjà sa propriété après qu'une entreprise eut annoncé sa "découverte".
La fièvre s'est emparé de cette île de l'archipel de Juan Fernandez à 600 km des côtes chiliennes, lorsque l'entreprise de sécurité chilienne Wagner a affirmé avoir retrouvé, grâce à un robot détecteur de métaux, l'emplacement du légendaire trésor enterré par les pirates, au tournant du XVII et XVIIIe siècles. Selon la légende, le butin accumulé par les pirates au cours des siècles, s'élèverait à 800 tonnes d'or et de joyaux, parmi lesquels deux anneaux papals et une pierre précieuse connu sous le nom de "rose des vents". Un trésor estimé aujourd'hui à dix milliards de dollars.
La petite île de Robinson Crusoë est surtout connue grâce au roman éponyme de Daniel Defoe. Protégée comme parc national, elle fait partie de l'archipel de Juan Fernandez, déclaré réserve mondiale de la biosphère par l'Unesco.
Même si aucune pièce d'or n'a encore été trouvée, l'annonce de la "découverte" a enflammé les esprits des 600 habitants de Juan Fernandez, un archipel de 147 km2 vivant principalement de la pêche à la langouste.
"Tous ne parlent que de la découverte et spéculent sur ce qu'ils pourraient faire avec cet argent" a expliqué Calos Satto le directeur du tourisme de l'archipel, alors que le maire Leopoldo González a lancé un appel au calme aux habitants de Robinson Crusoë.
"L'endroit exact n'est encore pas connu, on connaît seulement la zone. Il est encore prématuré de commencer à rêver", a conseillé le maire en rappelant les échecs de précédentes expéditions. "Pour le moment, c'est mieux qu'on ne le sache pas, sinon ils seraient tous en train de faire des trous avec des pelles et des pics".
Le lieu exact du trésor présumé reste donc pour le moment secret, en attendant que les autorités nationales permettent à l'entreprise Wagner de commencer à creuser. On sait seulement que les "tonnes de joyaux et d'or" se trouveraient dans la région des "trois pointes", selon les données obtenues par le robot détecteur de métal.
Déja, dans l'attente des premiers coups de pelles, l'on se dispute la propriété de l'énorme fortune encore sous terre et qui, selon deux articles de la loi chilienne, reviendrait soit pour moitié au découvreur et à l'Etat, soit resterait à 100% aux mains du fisc.
"La loi qui régit ces cas-là est celle des Monuments Nationaux qui stipule que les biens appartiennent à l'Etat" a déclaré catégoriquement le ministre de l'Education Sergio Bitar.
L'entreprise Wagner estime qu'une autre loi lui permet de garder la moitié du trésor qu'elle compte donner à la municipalité de Juan Fernandez et des institutions de bienfaisance. L'entreprise se contenterait de la publicité faite autour du robot qui a permis la découverte.
Le maire approuve la décision de l'entreprise. Pour lui, la moitié du trésor devrait être donnée aux habitants, soit plusieurs millions de dollars par personne.
La légende rapporte que l'énorme butin fut amassé par des pirates qui traversèrent le Pacifique, avant que le navigateur espagnol Juan Esteban Ubilla ne le cache dans l'île en 1715. Les joyaux et les pièces d'or auraient été déterrés et transportés dans une autre partie de l'île par le marin anglais Cornelius Webb, sans que personne ne parvienne à le trouver.
Mise à jour le 29 septembre 2005 à 12h45
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