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Diagnostiquer une cirrhose du foie à partir d’un échantillon de selles : c’est l’espoir que donne une étude de chercheurs chinois et français, publiée en juillet dans Nature.
Ceux-ci ont séquencé la composition du microbiote intestinal de 123 patients cirrhotiques chinois et l’ont comparée avec celui de 114 contrôles sains. La différence entre les deux est frappante : d’une part, des espèces de bactéries courantes chez les sujets sains sont en quantités significativement réduites chez les malades, d’autre part, certaines sont plus fréquentes chez les patients atteints de cirrhose.
Une majorité de ces bactéries «surnuméraires» sont des espèces que l’on trouve habituellement dans la bouche. Les auteurs parlent donc d’«invasion massive de l’estomac» par ces bactéries commensales en conjonction avec la cirrhose ; ils suggèrent «qu’elles pourraient jouer un rôle actif dans la pathologie». Enfin, ils notent que l’ampleur du décalage entre la population bactérienne de l’estomac des malades et celle des patients sains est corrélée à la sévérité de la cirrhose.
Dans un second temps, les chercheurs ont sélectionné quinze marqueurs génétiques bactériens qui pourraient servir à un test diagnostique de la cirrhose par le biais du microbiote. Ces marqueurs ont été séquencés dans une cohorte de validation comprenant 25 patients malades et 31 patients sains. L’aire sous la courbe ROC de ce test est de 0,836 (IC 95% : 0,730-0,943), ce qui le rendrait pertinent en clinique s’il était développé.