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Le Tessinois Alvaro Baragiolo-Lojacono, ex-membre des Brigades rouges ne sera pas extradé vers l´Italie. Arrêté le 2 juin sur une plage corse, il était écroué à la maison d'arrêt de Borgo. La justice française a rejeté, mercredi, la demande de Rome.
Le mandat d'arrêt international délivré par l'Italie à l'encontre d'Alvaro Baragiolo-Lojacono, dont le signalement était présent dans le système informatique instauré entre les polices européennes suite aux accords de Schengen, a conduit à son arrestation en juin dernier. Ce dernier était en vacances à l'Ile-Rousse, en Haute Corse.
Détenu depuis, sous écrou extraditionnel à la maison d'arrêt de Borgno, il a retrouvé la liberté mercredi. La justice française a en effet répondu de manière négative à la demande d'extradition émanant de Rome.
Celle-ci a été définie comme portant atteinte aux droits fondamentaux de la défense et par conséquent contraire à l'ordre public français. L'ancien membre présumé de l'organisation d'extrême gauche des Brigades rouges aurait été emprisonné sans avoir droit à un procès.
Considéré à la fin des années 70 comme l'une des plus fines gâchettes des Brigades rouges, Alvaro Lojacono, alias Othello, a trouvé refuge en Suisse où il a obtenu la nationalité helvétique sous le nom de sa mère, Baragiolo. Homme dangereux et recherché, il a animé alors des jeux sur les ondes d'une radio tessinoise. Arrêté à Lugano en 1998, il a été condamné à la réclusion à vie par la justice suisse avant que sa peine ne soit commuée en 17 ans de prison.
L'ex-brigadier a déjà été condamné plusieurs fois par contumace dans la Péninsule dans les années 80 et 90. Ces condamnations visaient notamment les homicides d'un étudiant grec d'extrême droite, d'un magistrat italien, de plusieurs officiers de police, mais aussi des faits relatifs à l'assassinat d'Aldo Moro. Il est sorti des geôles helvétiques en octobre 1999.
La décision délivrée mercredi par la justice française lui ouvre donc le chemin de la liberté.
Mathias Froidevaux