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Entrer chez Henri Bonneau, pénétrer dans son chai à Châteauneuf-du-Pape, c’est l’assurance d’un voyage hors du temps. Rencontre presque furtive avec un vigneron mythique. Henri Bonneau, 76 ans, c’est l’un des (le?) pape de Châteauneuf, un personnage légendaire comme on en croise habituellement dans les romans ou dans un film. Lui est là en chair et en os, paysan-vigneron au sourire malicieux, prêt à dégainer cette ironie qu’il manie comme un mousquetaire le fleuret.
Historique L'exploitation familiale fur créée en 1851 par Guillaume Charavin. Le vignoble fut totalement détruit par le phylloxera puis replanté avec des plans greffés vers 191O par Guillaume, Isidore Charavin son fils et Elie Charvin son petit fils. Il faut noter que c'est à cette période que la famille Charavin devint Charvin par erreur administrative (perte d'un a). Aujourd'hui, sous forme d'une EARL (exploitation agricole à responsabilité limitée) Gérard, Anne, Marie et Laurent Charvin exploitent le domaine. Depuis sa création 6 générations de vignerons s'y sont succédées. Superficie Le domaine s'étend sur une superficie de 8 hectares en appellation Châteauneuf-du-Pape et 13 hectares en appellation Côtes du Rhône.
Guide Vert **
Certification Bio
La famille d’agriculteurs Charvin est présente en Provence, à Orange, depuis 1550. Elle s’installe sur les terres de l’actuel domaine Charvin en 1851, en regroupant plusieurs parcelles de terrain dont quatre hectares de vignes. La famille élabore alors son propre vin qu’elle vend au négoce. Dans les années 1900, le domaine Charvin est pris en main par Elie Charvin et son épouse, qui s'occupe seule du vignoble lorsque son mari est mobilisé pendant la 1ère guerre mondiale. Avec le temps, le vignoble du domaine Charvin s'étend. Gérard Charvin se trouve à la tête de 20 hectares lorsqu’il reprend l’affaire familiale à la fin des années 1960. L’année 1990 est synonyme de changements pour le domaine Charvin. Lorsque le jeune Laurent s’y installe après avoir terminé ses études, la maison rompt le contrat avec son négociant historique et embouteille pour la première fois son vin. Les premières cuvées se vendent bien à l’export, en raison notamment de bons commentaires de la part du célèbre dégustateur Robert Parker. Le domaine Charvin prend également un virage bio en arrêtant progressivement les désherbants et en obtenant sa certification quelques années plus tard.
Situé dans les quartiers frais de Châteauneuf-du-Pape, le domaine produit des vins de facture très classique, sans éraflage, élevés en cuve béton. Sans perdre une certaine puissance, les vins ont depuis quelques millésimes gagné en finesse. La production s’appuie sur de vieux grenaches. Le simple côtes-du-rhône, une vraie gourmandise, nécessite quelques années de cave pour être à son meilleur, tout comme le châteauneuf-du-pape, dont le potentiel ne s’exprime qu’après une garde d’au moins cinq ans. Depuis quelques millésimes, le blanc se montre plus juste en maturité et en énergie.
Les vins : en blanc, le côtes-du-rhône séduit avec ses nuances de fleurs blanches. Les vieilles vignes de bourboulenc lui confèrent limpidité et profondeur. Plus ample, le châteauneuf conserve un beau relief grâce à ses amers. Le rosé est mieux géré que l'an passé, au nez comme en bouche. Parmi les rouges, seul l'IGP ne nous semble pas abouti. Le côtes-du-rhône possède un joli fruit, une bouche pulpeuse. Le châteauneuf est fidèle dans sa maturité et son volume de bouche à la dimension de ce terroir, mais à ce stade le fruit reste mat ; il faut l'attendre.
Une Equipe…un objectif : Notre objectif est simple, produire des vins Identi-terres ! Des vins profonds dotés d’une trame minérale, des vins sur l’équilibre entre ampleur et fraicheur, entre puissance et élégance. Pour y parvenir nous concentrons notre travail et nos énergies sur la valorisation de notre terroir. Mais un terroir c’est quoi ? C’est un sol, une climatologie et un environnement propre à un lieu précis. Nous sommes convaincus que la réussite d’un vin dépend de l’harmonie que nous sommes capables de créer entre ces trois éléments. Vous pouvez analyser un sol, une feuille de vigne, obtenir des données météorologiques précises mais la connaissance d’un terroir est beaucoup plus complexe. Il faut apprendre à le comprendre, à le respecter pour ensuite le mettre en valeur à travers nos vins. On ne force pas la nature mais on l’accompagne. Nous ne sommes pas des magiciens mais des vignerons. Nous avons compris depuis bien longtemps que c’est la vigne qui fait le vin. Alors oui nous sommes Bio et dynamique mais toujours au service d’un terroir qui lui, à sa manière, nous le rend bien. Sébastien Vincenti
Grande propriété, avec une dizaine d'hectares de vignes, des bois, une surface de terre agricole et des oliviers. Les cépages qui y sont cultivés sont : Grenache, Cinsault et Syrah pour le rouge Grenache, Clairette et Marsanne pour le blanc Les raisins sont vinifiés et vendus au Rayas.
Châteauneuf-du-Pape

Biodynamie
L'un des domaines de référence dans toute la France est incontestablement le Domaine du Marcoux, aujourd'hui dirigé par la talentueuse Sophie Armenier, avec de plus en plus l'aide de son fils Vincent. La sœur de Sophie, Catherine, a récemment pris sa retraite et Vincent a repris l'exploitation des 18 hectares du domaine à Châteauneuf-du-Pape, 8 hectares à Lirac et un peu plus de 2 hectares de Côtes du Rhône. Le domaine est situé juste à l'extérieur de la limite nord de l'appellation, mais ils possèdent des vignes principalement au sud (Grandes Serres, Les Plagnes et les Galimardes), au nord-ouest (Beaurenard, Les Pradel, Maucoil et l'Arnesque) et au centre de l'appellation (Les Esqueirons, Les Bosquets et Charbonnière). Ils font trois Châteauneuf-du-Pape, un blanc et deux rouges. Le blanc est toujours un effort classique de haute qualité qui mérite d'être vérifié et est un mélange de Roussanne et de Bourboulenc élevé en réservoir et en fûts. Pour les rouges, le Châteauneuf-du-Pape classique est égrappé et est toujours à environ 75-80% Grenache avec le reste Mourvèdre, Cinsault et Syrah, vieilli principalement en cuves béton. Ils font une petite quantité de leur cuvée Vieilles Vignes et c'est essentiellement 100% Grenache qui est complètement égrappé et provient de trois terroirs: Charbonnière, Esqueirons et Galimardes. Leur cuvée Vieilles Vignes est l'un des vins les plus profonds du monde, et comme je l'ai déjà dit, il y en a peu que je préfère avoir dans ma cave ou sur la table.
Jeb Dunnuck
Guide Vert ***
Plus qu’un mythe, Château Rayas est une réalité, celle d’un terroir unique sur l’appellation Châteauneuf-du-Pape, où le sable joue un rôle déterminant dans le profil du vin. Emmanuel Reynaud a repris en main le domaine au décès de son oncle, Jacques. Il a remis sur pied un vignoble qui en avait besoin, sans pour autant dévier de l’esprit qui y régnait : des grenaches très mûrs, vinifiés simplement en grappes entières puis élevés dans de vieux foudres. Difficile à comprendre jeune, Rayas prend toute son ampleur avec l’âge. Loin de produire des vins surconcentrés aux boisés démonstratifs, Emmanuel Reynaud perpétue la singularité du domaine en étant encore plus précis dans la définition du cru. Dans la continuité de cet effort, Château de Fonsalette est davantage qu’un simple côtes-du-rhône ; il prolonge cet état d’esprit, à l’image d’un “petit Rayas”, mais que l’on boira plus rapidement. Quant à Pignan, châteauneuf-du-pape plus classique dans sa forme, il correspond davantage à l’idée que l’on se fait des vins de cette appellation. Ici, on produit des crus comme il en existe peu en France. Et si certains amateurs sont tentés de cultiver la nostalgie des vins de Jacques Reynaud, Emmanuel produit sans l’ombre d’un doute des cuvées de toute beauté.
Les vins : des trois vins dégustés, Pignan est le plus méditerranéen avec ses notes solaires de maquis, d'herbes sèches et de piment, qui lui confèrent une patine orientale. Nous aimons sa bouche ample et raffinée, qui gère avec un parfait équilibre puissance et richesse. Son énergie se traduit par une très belle sapidité. Rayas 2007 se présente dans un autre registre aromatique. Il séduit par sa trame épurée et gracieuse. Ce vin se livre sur un profil bourguignon, avec des notes de pot-pourri et de pivoine, d'épices douces au nez, puis présente en bouche un registre plus floral et fruité. La puissance est fondue, le vin est long, sans excès de richesse. Ces deux cuvées en ont sous le pied : elles ne sont pas près de faiblir. Le côtes-du-rhône reflète bien le millésime, avec un nez un peu plus confit, des notes de cuir, de cacao amer. L'ensemble aromatique est complexe, dans un registre plus évolué que les deux autres cuvées. En bouche, le fruit est lisible, la texture équilibrée, avec une mâche veloutée. Il est savoureux dès aujourd'hui.

Biodynamie
Représentant la 5ème génération, Yves Gras ressemble à son terroir de Gigondas qu’il aime tant et pour lequel il a tant œuvré. Aussi mesuré et humble qu’il est franc, engagé, précis et travailleur, il fait partie dès les années 90 de la nouvelle garde qui a contribué à la réputation de Gigondas. En reprenant en 1985 le domaine familial où il a grandi, il s’oriente dès le départ vers l’agriculture biologique, convaincu que c’est le meilleur terrain d’expression de ce terroir pur et sauvage. Rigoureux, soucieux du moindre détail, il développe avec passion des cuvées ciselées qui révèlent toute la beauté de la nature. Sa passion pour les grands terroirs l’amène à faire l’acquisition en 2009 de magnifiques parcelles à Châteauneuf-du-Pape mais également à replanter et mettre en valeur un Clos oublié dans le village de Gigondas : le Clos Derrière Vieille.
Sixième génération de la famille Gras, Benjamin travaille main dans la main avec son père depuis 2017. Œnologue diplômé de l’Université de Bourgogne à Dijon, il s’enrichit de plusieurs expériences au sein de prestigieux domaines viticoles comme le Domaine de la Romanée-Conti et la Bodega Vega-Sicilia. Le programme de l’OIV MSc in Wine Management, lui donne l’opportunité extraordinaire de visiter 28 pays producteurs de vin et d’échanger ainsi avec ses pairs à travers le monde. Cette expérience renforce ses convictions et son admiration pour le savoir-faire et l’excellence des meilleurs domaines : travailler au plus près de la nature et exprimer toute la singularité de chaque terroir à travers une approche par lieux-dits. Il poursuit ainsi la conduite en agriculture biologique, convertit l’ensemble du Domaine en biodynamie à l’automne 2016 et redessine une gamme mettant en exergue les terroirs locaux. Tout comme son père, il prône une vinification la moins intrusive possible, respectueuse de ce qu’offre la Nature, tout en étant extrêmement précis et rigoureux. Un travail dans la continuité avec ce zeste de fougue et cette ouverture propre à la jeunesse, une énergie nouvelle que son père avait lui-même insufflé déjà à son époque. La grande histoire continue avec Benjamin.
Il n'est pas exagéré de dire que Benjamin Gras, qui a beaucoup voyagé, élabore certains des vins les plus élégants et émouvants du Rhône méridional. C'est un changement radical par rapport aux vins intenses, puissants et parfois boisés élaborés par son père. Pourtant, Yves Gras semble satisfait du changement de direction de son fils et il est souvent dans la cave, versant les vins pour les visiteurs et s'amusant à fond. Le jeune Gras a conservé plus de grappes entières que la normale en 2017 pour équilibrer les fruits mûrs, alors qu'il égrappait tout en 2018 et utilisait une macération plus longue pour en extraire un peu plus. Les vins sont élaborés dans une batterie de cuves tronconiques en inox et y restent pendant l'hiver, puis transférés en foudres, fûts ou amphores en mars pour l'élevage. En raison de cette maturation prolongée, les 2017 et 2018 n'étaient pas encore mis en bouteille au moment de ma visite en juin.
Joe Czerwinski - W. Advocate
Philippe Gimel est une personne passionnée par son métier, ses vins et qui vous passionne dès que vous passez quelques instants avec lui sur son domaine. Il a acheté ses vignes en 2003 après avoir travaillé dans plusieurs domaines de Châteauneuf-du-Pape et vinifié dans de grands domaines comme Beaucastel ou La Janasse afin de « Trouver » SON vignoble. Là aussi le terroir est le maître mot, les cépages majoritairement Grenache et Syrah sont cultivés sur des sols datant de l’Oligocène. Il y a 15 hectares dont 12 en plantation, car il a conservé les haies, les arbres et arbustes autour. La culture des raisins est biologique et les vinifications avec levures indigènes sans autre ajout extérieur.
Cette propriété située en bas de l’appellation Vacqueyras, dans le secteur de Sarrians, appartient à Emmanuel Reynaud, qui dirige aussi, depuis 1997, Rayas et Fonsalette. Elle est principalement dédiée à l’exaltation du cépage grenache en rouge comme en blanc. Le soin apporté à la viticulture et les risques pris lors des vendanges – les raisins sont les plus mûrs possibles – offrent une qualité de production très régulière. Les vins proposent une expression singulière du grenache, reconnaissable à l’aveugle au milieu de tous, jamais très fort en couleur mais toujours profond, élancé et épicé, avec un fruit exceptionnel. Ils nous servent de référent en matière d’équilibre et surtout de complexité, et montrent le potentiel de garde des vins du secteur. D'ailleurs, du simple vin de pays jusqu’au vacqueyras, ils sont toujours vendus après quelques années de vieillissement au domaine : c’est ainsi qu’ils s’affirment le mieux.
Les vins : nous avons dégusté le millésime 2015 et nous sommes toujours impressionnés par la façon dont la propriété gère ce type de millésime. L'influence solaire ne quitte pas les vins mais les bouches sont très harmonieuses et les équilibres réussis. Le côtes-du-rhône affiche un fruit juteux avec une grande finesse de style. Le nez se montre bien gourmand, entre cerise et fraise au sucre ; la bouche est ample et plus veloutée ; la trame reste sérieuse, sans aucune rusticité de matière. Épices, cuir, herbes séchées et origan arrivent en finale. Le blanc est bien maîtrisé, avec une patine et une touche mellifère qui le rendent complexe, une bonne oxydation ménagée qui lui donne de la profondeur. La bouche est vineuse et ample ; ses amers lui confèrent une réelle persistance.
Parler, Rapport Qualité / Prix c'est déjà bien, mais parlons plutôt Plaisir / Prix.. Alors Là !! Vous êtes sur le bon DOMAINE
Le Domaine des Accoles est une aventure familiale, portée par ses associés, Florence et Olivier Leriche.
Les deux acolytes font leurs études ensemble, à Bordeaux, puis à Dijon : ingénieurs des techniques agricoles, viticulture et œnologie pour Olivier, protection des plantes pour Florence. En 1998, ils découvrent les terroirs bourguignons. Suivent 13 années à la direction du Domaine de l’Arlot, à Nuits-Saint-Georges, sous le signe de la vendange entière, puis de la biodynamie.
La Bourgogne est belle et accueillante, mais les racines familiales sont dans la vallée du Rhône, du Léman à la Méditerranée. En 2005, Florence et Olivier achètent une vieille maison à rénover, vers Privas. Commence alors, petit à petit, la découverte des terroirs ardéchois.
En 2010, des vignes sont à vendre à Saint-Marcel d’Ardèche… Vignes âgées, ilots groupés…. Les conditions sont idéales pour installer un domaine en bio et en biodynamie…
Il existe différentes façons de créer un domaine. La plupart de ceux qui partent de zéro se développent lentement, progressant linéairement, soit en augmentant de taille et / ou en affinant ou en évoluant leur style au fil des ans (voir: Barrot, Julien ou Giraud, Marie).
Ou vous pouvez vous y prendre d'une manière complètement différente, expérimenter, explorer des tangentes et faire essentiellement des choses que les gens vous disent de ne pas faire.
"J'ai des gens qui s'arrêtent quand ils voient mon vignoble et viennent me dire que je suis fou. Ils disent 'Tu ne peux pas faire comme ça.' Et je dis : "Pourquoi pas ? " ", Déclare Mounir Saouma.
Né au Liban, Mounir Saouma, 47 ans, s'est fait un nom avec sa gamme de bourgogne Lucien Le Moine, une entreprise de micro-négociant où la cave a généralement 75-80 vins différents avec seulement un ou deux lots. Mounir adopte la même approche micro pour son opération Rhône, qu'il a démarrée en 2009 avec l'achat d'une poignée d'acres dans le lieu-dit de Pignan. Après un autre achat tout récemment, Mounir possède désormais 15 hectares à Châteauneuf et 22 hectares de Côtes du Rhône-Villages autour du domaine Rotem & Mounir Saouma dans le Massif d'Uchaux.
"J'adore la Bourgogne bien sûr, mais j'ai toujours bu du Châteauneuf", explique Mounir. "J'adore les similitudes du Pinot et du Grenache. Les deux font des vins minéraux soyeux et élégants et il y a le parallèle de chacun ayant des versions Noir, Blanc et Gris."
Mounir a acheté des parcelles mal gérées mais situées dans un bon terroir. Il les rajeunit lentement, remplaçant les vignes mortes, augmentant la densité et remettant les parcelles en équilibre.
"C'est comme adopter un bébé", a-t-il déclaré. "Les lignées sanguines sont importantes, bien sûr. Mais vraiment ce que vous faites et comment vous élevez l'enfant, de trois semaines à un adolescent, est plus important."
Mounir a vinifié ses 2009 dans l'établissement de la Famille Perrin, et il compte les Perrins, ainsi que Henri Bonneau, Laurent Charvin et Jean-Pierre Durand d'Ogier parmi ses amis de Châteauneuf. Il ri en parlant de la façon dont ils se sont aussi souvent gratté la tête, que l'ont encouragé, car il a adopté des approches radicalement différentes de la vinification.
Mounir pratique des élevages extrêmement longs, pouvant aller jusqu'à 60 mois, période pendant laquelle les vins restent sur leurs lies ni affinés et ni mouillés. Comme il préfère les caves particulièrement froides, ses fermentations alcooliques et malolactiques peuvent s'étendre sur plus d'un an, avec une couverture de CO2 produite par ces ferments longs et lents agissant comme une protection à la place du soufre (bien qu'il ajoute du soufre avant la mise en bouteille). Bien que les vins restent intacts pendant de longues périodes, je trouve l'approche encore très interventionniste de choisir de ne pas faire les choses, fait tout autant partie du processus que de choisir, de faire quelque chose. Néanmoins, Mounir estime qu'il ne représente qu'une partie mineure du processus.
Les rouges ici sont fermentés avec des grappes partiellement entières - Mounir règle son égrappoir pour égrapper les grosses baies, égrapper partiellement les baies de taille moyenne et laisser les tiges sur les plus petites baies. De là, les raisins reçoivent une longue macération à froid, parfois sur une semaine.
"Cela extrait des tanins fermes, mais fins, car l'extraction ne se fait pas à la chaleur ou à l'alcool", a expliqué Mounir. Après la macération à froid, le contrôle de la température dans les cuves en ciment est désactivé et les levures commencent naturellement à partir de là, quoique lentement. Il n'y a ni remontage ni pigeage. Les vins sont ensuite pressés dans un petit pressoir à panier vertical, mais à faible pression.
Il y a un peu de tout dans cette cave, y compris une amphore d'argile que Mounir test. Il y a aussi cinq millésimes de vin, de Pignan, tous en fût et tous encore intacts - le 2009 sera enfin mis en bouteille en septembre après son élevage de 60 mois et s'appellera Le Petit Livre. Mais ce qui ressemble un peu à une approche dispersée d’un professeur fou, est en fait une vinification lucide, bien planifiée et sérieuse. Ce n'est pas pour le bricoler, mais un désir de savoir ce que le vin peut vraiment faire. Les vins de Mounir ne sont pas pour les non-initiés, mais ils sont de belles expressions fluides, sublimes, minérales et fruitées à la fois du lieu et du vigneron.