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Introduction
Selon les calculs, les nouveaux bâtiments présentent une faible consommation d'énergie pour le chauffage des locaux et de l'eau chaude. La question est de savoir si la consommation réelle correspond effectivement à celle calculée ou s'il existe un éventuel écart de performance. L'écart de performance énergétique correspond à la différence entre la demande calculée et la consommation réellement mesurée. Il peut être positif (plus de consommation) ou négatif (moins de consommation).
Il existe quatre facteurs qui influencent l'écart de performance :
Écart de performance : jusqu’à quatre composantes possibles
On observe différentes composantes de l'écart de performance en fonction des valeurs que l’on compare.
Ecart de comportement (Verhaltens-Gap) : Le comportement réel est différent du standard. Par exemple, un chauffage à 23°C au lieu des 20°C du standard
Ecart du climat (Klima-Gap) : Le temps qu’il fait réellement durant une année est différent de celui prévu par les standards. Par exemple, l’automne et l’hiver peuvent être plus cléments que la prévision des standards.
Ecart de la technique (Technischer Gap) : Le bâtiment n’est pas construit selon les plans ou est exploité différemment. Par exemple, la PAC est mal réglée et présente dès lors un mauvais rendement.
Ecart du modèle (Modellierungs-Gap) : L’outil de modélisation ne reflète pas parfaitement la réalité.
Écart de performance en Suisse
Plusieurs études sur les écarts de performance ont été publiées ces dernières années. Elles se différencient cependant dans leurs périmètres et leurs méthodes, si bien qu’il est difficile d'en tirer des conclusions quantitatives claires.
La majorité des études de ces dernières années montrent que la consommation réelle de chaleur dans les nouveaux bâtiments résidentiels en Suisse est en moyenne plus élevée que celle calculée. Comme le montre la figure suivante, et cela indépendamment de la moyenne, certaines consommations s’écartent considérablement, en plus ou en moins, des valeurs calculées.
Les surconsommations sont souvent dues à la consommation d'énergie pour le chauffage des locaux, la consommation d'eau chaude mesurée étant en moyenne inférieure à la valeur standard de la norme SIA 380/1.
Dans le cas des villas Minergie, contrairement aux immeubles résidentiels, la consommation réelle d'énergie est dans la plupart des cas inférieure aux valeurs limites calculées. Les bâtiments Minergie-P et Minergie-A présentent un écart de performance clairement négatif selon une étude (GAPxPLORE, OFEN 2019). Pour les bâtiments neufs, la consommation réelle d'énergie est inférieure à celle calculée de -12% pour Minergie-P, -16% pour Minergie-A ; pour les rénovations -18% pour Minergie-P et -5,3% pour Minergie-A. Ces chiffres confirment ainsi qu'il est désormais possible d'atteindre des objectifs énergétiques très ambitieux et que les normes de construction Minergie sont très utiles pour y arriver.
Causes des écarts de performance
Les études démontrent que la principale raison de la surconsommation d'énergie dans les immeubles résidentiels est le comportement des utilisateurs. Les habitants se chauffent à des températures ambiantes plus élevées (environ 22,5°C au lieu de 20°C exigé par la norme), ouvrent trop les fenêtres pendant la période de chauffage ou utilisent la protection solaire en hiver autrement que selon les recommandations de la norme SIA (réduction des apports solaires passifs). Cela signifie que la demande réelle est supérieure à la demande standard.
L'écart dans le domaine de la technique du bâtiment semble également provoquer une augmentation de la consommation. Les recherches ne permettent pas actuellement de déterminer clairement la part de l’écart de performance due à la technique (erreurs de planification, de construction, lors de la mise en service ou de l’exploitation) et celle due à l’enveloppe du bâtiment. Les autres facteurs comme l'écart climatique et l'écart de modélisation jouent un rôle secondaire selon les connaissances actuelles.
Les données relatives peuvent être trompeuses
En général, les données énergétiques relatives peuvent conduire à des conclusions erronées, en particulier pour les bâtiments très efficaces : si un bâtiment neuf est chauffé à un degré de plus que la norme et que les apports solaires sont bas en hiver car la protection solaire est mal utilisée, alors une surconsommation de chauffage par exemple de 13 kWh/m2, peut en résulter. Dans un bâtiment neuf, cela signifie une augmentation relative de 87%, alors que dans un vieux bâtiment, la même surconsommation ne correspond qu'à une augmentation relative de + 11%. Les données relatives comportent donc le risque que les très bons bâtiments - en données absolues - soient souvent perçus comme plus mauvais qu’un vieux bâtiment non rénové.
Comment réduire les écarts de performance
Il existe essentiellement trois domaines d'actions possibles pour minimiser les écarts de performance.
1. Adaptation des normes aux nouvelles réalités (températures intérieures, besoins en espace de vie, changement climatique etc.)
2. Prévention des techniques de construction inefficaces, leurs optimisations
3. Changements des comportements par l'information et la sensibilisation
L'écart de performance pourrait probablement être largement éliminé en ajustant les valeurs standard. Cela aurait cependant deux inconvénients : d'une part, cela ne réduit pas la consommation réelle mais au contraire légitime une consommation plus élevée. Par ailleurs, les ajustements des normes SIA, puis des lois sur l'énergie prendraient beaucoup de temps.
Il serait possible d'augmenter l'efficacité de la technique du bâtiment et ainsi de réduire la consommation. En ce qui concerne la prévention, une attention plus soutenue devrait être portée à la mise en service et un suivi de la consommation d’énergie devrait être installé dans tous les bâtiments (voir exigences Minergie de 2017). Les bâtiments doivent ensuite être périodiquement optimisés dans leurs exploitations, que ce soit sur la base des résultats du suivi, en termes d'augmentation du confort ou suite à un contrôle. Des mesures constructives peuvent également aider (par exemple, améliorer l’anti-éblouissement interne), afin que l'utilisateur n'adopte pas un comportement inapproprié (baisser les stores en hiver pour éviter que le soleil ne l’éblouisse). Des cours de formation pour les planificateurs et les exploitants seraient importants.
La sensibilisation des utilisateurs aux aspects énergétiques présente un bon potentiel, mais elle est complexe. Grâce au suivi de la consommation comparé aux valeurs standard (surveillance de l'énergie avec référence), une certaine sensibilisation peut être atteinte. Les études montrent cependant que l’effet de la visualisation des consommations diminue considérablement avec le temps. Une information globale des utilisateurs portant par exemple sur le fonctionnement de la protection solaire en hiver, la ventilation, l'effet d'une baisse de la température intérieure ou sur la consommation d'eau chaude pourrait conduire à une baisse significative de la consommation. Il est intéressant de remarquer que les habitants des villas Minergie, qui ont une affinité au-dessus de la moyenne quant aux questions environnementales, ont une consommation inférieure aux normes.
Sources