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Ahhh si notre travail de blogueur pouvait toujours être aussi simple ! Nous progressons petit à petit dans notre liste des meilleurs films d'horreur année après année (en étant parti depuis 1960 et Psychose), et nous en sommes désormais à l'année 1973. Cette année-là est sorti un film d'horreur produit par la Warner Bros. (une grosse compagnie qui se lance dans l'horreur à l'époque, c'est assez rare), et qui va terminer l'année à la première place au box-office (de quoi donner des idées à d'autres studios, évidemment). Nous parlons bien entendu de L'Exorciste, l'adaptation du roman éponyme de William Peter Blatty, une pastille verte presque trop facile à remettre.
Chris MacNeil est une actrice à succès tournant actuellement un film dans la ville de Washington. Elle loge dans une maison non loin du lieu de tournage, avec sa fille Regan, et la seule ombre au tableau est le comportement du père de Regan, ex de Chris, pas toujours à la hauteur de son rôle. Jusqu'au jour où Regan commence à avoir un comportement très étrange qui pousse Chris à lui faire voir un médecin. Mais le mal persistant et l'état de Regan se dégradant rapidement, Chris n'a d'autre recours que de faire appel à un prêtre pour qu'il pratique un exorcisme.
Avec L'Exorciste, nous pouvons presque raconter tout le film dans le synopsis sans qu'on vienne nous reprocher d'en raconter trop. Car l'histoire est simple, l'histoire est connue et est devenu un gros classique de l'horreur depuis. Pas un film d'exorcisme réalisé après 1973 n'est réellement parvenu à éviter d'employer les mêmes artifices et scènes "clés", l'univers des films d'exorcisme est régi par des règles bien précises et il est difficile de les contourner. L'Exorciste est arrivé à point nommé pour baliser le passage et s'imposer (à jamais ?) comme la référence absolue. Le tout évidemment basé sur le roman de Blatty sorti en 1971 qui a déclenché, avec son adaptation (que Blatty effectue lui-même), une avalanche de films d'exorcisme.
Avant d'écrire cet article nous nous sommes rapidement renseigné sur la période et l'impacte de L'Exorciste, et avons ainsi appris que le film était arrivé à une période charnière au cinéma. Période où Dieu semble désormais perdre la bataille contre le Diable. L'âge d'or hollywoodien s'essouffle et ses intrigues pieuses sombrent dans l'ennui (propos que nous étayerons par une thèse d'ici une vingtaine d'année, soyez aux aguets pour la lire dès sa parution). Arrivent alors des films comme Rosemary's Baby (1968, également tiré d'un roman) ou La Malédiction (1976) où la victoire finale revient au forces du mal. Dieu est en perte de vitesse et ce n'est pas forcément L'Exorciste qui sera parvenu à rassurer grand monde.
L'efficacité de L'Exorciste, que vous soyez un spectateur croyant ou non, réside dans sa lente plongée dans l'horreur, avec Regan, adolescente de 12 ans, qui semble échapper au contrôle de la médecine et de la science. Seul un prêtre (ou Dieu) peut encore la sauver, et la lutte promet d'être âpre. Les acteurs sont bons, la réalisation de Friedkin soignée, et le film se regarde extrêmement facilement (que ce soit la version de 122 ou de 133 minutes). Les puristes préféreront regarder la version originale de 1973, d'autres estimeront que les ajouts de la version restaurée de 2000 sont valables, mais tous seront d'accord pour qualifier L'Exorciste de chef d'oeuvre du cinéma d'horreur et de pierre angulaire d'un genre. Nous lui remettons évidemment une pastille verte et sommes persuadés que vous l'avez déjà vu (et revu). Nous allons profiter de cette occasion pour ajouter d'autres films de la franchise à notre blog, avec L'Exorciste 2 : L'Hérétique et L'Exorciste : La Suite dans les jours qui suivent.
Arflane