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Interprétation judiciaire - pour l’ordre public.
L’adage « toute déclaration peut être et sera utilisée contre vous au tribunal » est bien connu au cinéma et à la télévision et montre clairement à quel point chaque mot peut peser dans la balance lors d’un procès. Mais que se passe-t-il lorsque, lors d’un procès ou d’une autre réunion connexe, le plaignant et le défendeur ne parlent pas la même langue ?
En Suisse, lorsqu’une partie au procès ne maîtrise pas la langue parlée au tribunal, il est possible de faire appel à un interprète judiciaire. Celui-ci assure une compréhension sans faille entre toutes les parties impliquées et traduit dans les langues cibles respectives. L’interprète judiciaire doit relever le défi particulier que représente l’interprétation lors d’une audience au tribunal : les interprètes doivent restituer tous les propos avec précision et ne doivent ni interpréter, ni abréger ou embellir la traduction. Pour ce faire, ils doivent non seulement posséder des connaissances de premier ordre dans les deux langues de l’audience, mais aussi d’excellentes connaissances du système juridique suisse, des directives et des termes juridiques, et être familiarisés avec les procédures judiciaires.
Que fait exactement un interprète judiciaire ?
L’interprète judiciaire traduit soit pour le défendeur ou le plaignant, soit en tant qu’interprète pour le tribunal. Lorsque l’interprète judiciaire travaille pour le défendeur ou la partie demanderesse, il traduit les déclarations des autres personnes dans la langue cible de ce dernier. Le défendeur ou demandeur à l’audience sera certes informé des charges et du déroulement, mais il doit pouvoir suivre l’audience sans faille et, si possible, sans retard.
L’interprétation judiciaire consiste à traduire les déclarations des inculpés, des témoins ou d’autres personnes dans la langue officielle utilisée par le tribunal.
En outre, les interprètes judiciaires doivent interpréter le procès-verbal d’audition lors d’interrogatoires ou d’auditions par la police ou le ministère public.
Techniques d’interprétation dans le cadre de l’interprétation judiciaire
Différentes techniques d’interprétation peuvent être utilisées au tribunal. Le choix de la technique dépend notamment de la personne pour laquelle l’interprétation est effectuée.
Lorsque le défendeur a recours aux services d’un interprète judiciaire, l’interprétation simultanée est généralement utilisée, mais il existe une forme particulière d’interprétation chuchotée. Dans ce cas, la traduction est chuchotée à l’oreille du défendeur ou demandeur pendant l’audience, ce qui permet au procès de se dérouler sans trop de retard.
Lorsque l’on interprète pour le tribunal, on utilise souvent ce que l’on appelle l‘interprétation consécutive. Dans ce cas, les différentes parties de la conversation sont interprétées en différé. En outre, l’interprète judiciaire doit également maîtriser la traduction simultanée. Cette technique, également connue sous le nom de traduction à vue, consiste à traduire directement au cours du procès, par exemple lorsque des preuves sont présentées.
Où et dans quelles circonstances l’interprétation judiciaire est-elle utilisée ?
En règle générale, un interprète judiciaire travaille toujours directement sur place. Outre le tribunal, un interprète judiciaire peut également être appelé à intervenir dans d’autres lieux où se déroulent des actes juridiques, par exemple auprès d’autorités telles que la police ou le ministère public.
Le contexte juridique peut être présent dans les affaires les plus diverses. Outre les procédures pénales, d’autres procédures, telles que les procédures de divorce, les procédures de protection de l’union conjugale ou les procédures de conciliation, ainsi que les auditions, peuvent donner lieu à l’intervention d’un interprète judiciaire.
En outre, l’interprétation judiciaire peut également être nécessaire dans les locaux des avocats, par exemple lors d’authentifications, chez le notaire, lorsque le contenu d’un dossier doit être traduit ou des actes interprétés, ou au bureau de l’état civil lors de la reconnaissance de paternité. D’autres occasions sont, entre autres, les négociations de contrats, les procédures de préparation au mariage et les mariages civils.
Exigences particulières pour les interprètes judiciaires
Les interprètes qui souhaitent travailler comme interprètes judiciaires doivent répondre à des exigences particulières. Outre leurs excellentes connaissances dans les deux langues cibles, ils doivent être familiarisés avec les réalités juridiques du système judiciaire suisse. Ils doivent disposer du vocabulaire juridique spécialisé dans les deux langues afin de pouvoir comprendre et traduire avec précision tous les processus, déclarations et actes et être informés des procédures en vigueur au tribunal. Cela joue un rôle important non seulement pour le bon déroulement de l’audience, mais aussi pour le respect de l’étiquette au tribunal : les interprètes doivent savoir quels sont les usages en vigueur au tribunal dans leur canton, par exemple quand ils peuvent parler et comment ils peuvent rectifier en cas de désaccord ou d’erreur de compréhension.
Pour pouvoir travailler comme interprète judiciaire en Suisse, les interprètes ont besoin d’une accréditation, qui peut varier d’un canton à l’autre.
Selon le lieu d’exercice, les interprètes doivent, après un premier concours, prouver leurs connaissances professionnelles en tant qu’interprètes et réussir d’autres examens sur le thème des connaissances juridiques ou des techniques d’interprétation spécifiques. La participation à des cours de préparation aux exigences spécifiques peut également être une condition. En outre, les personnes intéressées doivent pouvoir prouver qu’elles jouissent d’une réputation irréprochable : cela signifie que l’interprète ne doit pas avoir commis d’infractions enregistrées contre des prescriptions ou des décisions légales et qu’il ne doit pas non plus faire l’objet d’une procédure pénale en cours. La preuve d’une réputation irréprochable peut être apportée par le biais d’un certificat de bonne vie et mœurs, qui peut être demandé auprès de l’autorité compétente.
L’interprète judiciaire doit être moralement au-dessus de tout soupçon, agir de manière aussi neutre et distante que possible et être capable de gérer la situation psychologiquement exigeante d’une procédure judiciaire.
Coopération avec des interprètes judiciaires accrédités
Notre directrice, Silvia Cerrella Bauer, est une interprète accréditée auprès de la Tribunal Cantonal de Zurich et connaît parfaitement les particularités du système judiciaire suisse. Depuis de nombreuses années, elle intervient régulièrement comme interprète pour le secteur privé, les autorités d’enquête et les tribunaux. Elle dispose d’un vaste réseau d’interprètes judiciaires expérimentés dans de nombreuses langues.