Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06998.jsonl.gz/124

Double licencié en lettres en 1993 puis en psychologie en 1996, Mattia Piffaretti est une référence dans le monde de la psychologie du sport. Interview d’un ancien basketteur semi-professionnel, confident de nombreux athlètes.
Certainement. Les études faites ces trois dernières années montrent que l’activité physique régulière a un effet bénéfique sur la résolution de problèmes et le temps de réaction. Elles indiquent notamment que les étudiants qui suivent un programme d'éducation physique obtiennent de meilleurs résultats que les autres. La marche ou des exercices à intensité modérée sont d’excellentes activités. Elles engendrent ainsi des effets positifs sur la capacité des étudiants à résoudre des problèmes.
Théoriquement, oui. L'exercice physique a une bonne influence car il joue un rôle essentiel dans l’autorégulation des états émotionnels. Il permet à l’individu de se détendre avant une échéance importante. Mais il ne faut pas oublier les facteurs émotionnels directement liés à l’épreuve qui peuvent être déterminants dans la réussite d'examens.
Plusieurs réactions neurophysiologiques se produisent à différents niveaux. La plus importante est la production d'endorphine secrétée par l'hypophyse, sous commande de l'hypothalamus. Cette hormone peut déclencher des sensations de bien-être et de relâchement. On sait désormais que l’exercice physique a un effet non seulement sur la jonction entre le nerf et le muscle, mais améliore également la fonction de neuro-transmission entre une cellule nerveuse et l’autre. Sans parler des effets au niveau émotionnel (gérer en particulier par les parties plus primitives du cerveau), avec une réduction des symptômes anxieux voire dépressifs lorsqu’une activité est pratiquée de manière régulière et à intensité modérée (environ 70% de l’intensité maximale).
Je compte parmi ma clientèle des musiciens, des sportifs et également des étudiants. Ils viennent me voir afin de réaliser une performance sur le plan cognitif au plus haut niveau. On retrouve cette même configuration chez les sportifs. Les étudiants ont tendance à délaisser le sport avant et pendant les sessions d'examens. Ceci est dû à une mauvaise perception du temps et à une planification hasardeuse. Ils attendent généralement la dernière minute pour se mettre à étudier et ils voient ainsi le temps se comprimer inlassablement. Ce changement d'équilibre et de routine impacte négativement sur le confort. Les jeunes en formation qui ne pratiquent pas une activité physique doivent suivre le modèle des sportifs qui se préparent tout au long de l'année et pas seulement avant une échéance.
Il n'y a pas de sport en particulier que je pourrais recommander. L'étudiant doit rester attaché au sport qu'il a du plaisir à pratiquer. Mais il faudrait s'adonner à des activités d'intensité modérée pour maintenir un équilibre - vélo, footing, rameur, fitness ou wellness - par exemple. Les sports de balles sont également les bienvenus. Ces derniers ont un effet suspensif qui engendre un impact sur l’humeur en général. Ce que je retire de mon expérience estudiantine, c'est que le sport peut être la panacée contre des conduites mauvaises pour la santé comme le tabagisme ou une consommation excessive d’alcool.