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L'Union démocratique du centre ne votera pas pour le ministre socialiste lors de l'élection du 7 décembre à la présidence 2006 de la Confédération.
Les parlementaires de l'UDC (droite dure) accusent Moritz Leuenberger de manquer d'esprit de collégialité et de ne plus gérer correctement son département.
L'Union démocratique du centre entend ainsi sanctionner Moritz Leuenberger, à qui le poste devrait revenir, pour sa gestion du Département fédéral de l'environnement, des transports, de l'énergie et de la communication (DETEC).
L'UDC reste attachée à la concordance et au principe de rotation entre conseillers fédéraux à la présidence de la Confédération, a déclaré mardi le chef du groupe parlementaire UDC, le député bâlois Caspar Baader.
Son parti est toutefois très préoccupé par la gestion du Département de Moritz Leuenberger, qui devrait être plus énergique selon lui. L'UDC estime donc que le socialiste zurichois ne peut mener de concert l'an prochain la direction du DETEC et la présidence de la Confédération.
Selon l'UDC, plusieurs chantiers du DETEC – l'accord aérien avec l'Allemagne non réglé, la tourmente dans laquelle se trouve l'Office fédéral de l'aviation civile, les problèmes de la caisse de pension des Chemins de fer fédéraux ou le transfert de la route au rail - ont besoin de solutions.
L'UDC a donc décidé de donner sa préférence à l'autre ministre socialiste, Micheline Calmy-Rey, par 39 voix contre 10 et une abstention. Les deux ministres UDC, Samuel Schmid et Christoph Blocher, n'étaient pas dans la salle au moment de la décision.
Selon la rotation prévue, Micheline Calmy-Rey devrait être élue à la vice-présidence du Conseil fédéral et n'accéder à la présidence de la Confédération qu'en 2007.
La réponse du berger à la bergère
Cette prise de position de l'UDC intervient quelques jours après les piques lancées par Moritz Leuenberger à l'encontre du ministre UDC Christoph Blocher. Même si ce dernier n'a jamais été désigné nommément, les allusions étaient claires.
La question de la participation au gouvernement ne se pose plus véritablement aujourd'hui, en tout cas pour notre parti, a par exemple déclaré Moritz Leuenberger.
Elle s'adresse en fait davantage à ceux qui ont du mépris pour l'Etat, pour le gouvernement et pour ceux qui y travaillent, a-t-il souligné devant un parterre de délégués conquis et enthousiastes.
Ce débat concerne ceux qui sont incapables de respecter les décisions du peuple, par exemple en matière de transfert de trafic ou encore la limite du taux d'alcoolémie de 0,5 pour mille acceptée par le parlement. Pour mémoire, Christoph Blocher avait remis en cause ce taux.
Après ces quelques piques, réponse du berger à la bergère - Christoph Blocher avait notamment exprimé ses visées très claires sur le département de Moritz Leuenberger -, le ministre socialiste a exposé la politique des transports qu'il entendait mener.
Une élection pas menacée
Malgré les menaces de l'UDC, l'élection de Moritz Leuenberger à la présidence de la Confédération le 7 décembre prochain ne semble pas menacée.
Et ce, même si le parti populiste risque certainement de contacter d'autres partis de droite pour essayer de les rallier à sa cause mais il n'est pas dit qu'il réussisse dans son entreprise.
Avec Attilio Bignasca de la Lega dei Ticinesi, le groupe parlementaire de l'UDC ne compte en effet que 64 membres sur un total de 246 représentants dans les deux chambres.
Le ministre socialiste devrait cependant réaliser un moins bon score que lors de sa première élection à la présidence, en décembre 2000. Il avait alors récolté 187 voix sur 238.
swissinfo et les agences
Faits
Selon le système politique suisse, la charge de président de la Confédération est octroyée chaque année à un ministre en place selon une rotation prédéfinie.
En 2006, la fonction devrait normalement être assumée par le ministre socialiste Moritz Leuenberger, actuel vice-président.
Sa collègue de parti, la ministre des Affaires étrangères Micheline Calmy-Rey devrait reprendre la fonction de vice-président.
En bref
- Moritz Leuenberger a déjà été président de la confédération en 2001.
- En décembre 2000, il avait récolté 187 voix sur 246.
- Le groupe parlementaire de l'Union démocratique du centre (UDC) ne compte que 63 membres sur un total de 246 représentants dans les deux chambres.
- Le second parti est le parti socialiste (PSS/gauche) avec 61 membres, le parti radical (PRD/droite) en compte 50 et le parti démocrate-chrétien (PDC/centre droit) 43.