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Autoévaluation des personnes handicapées
Une étude menée par l’Office fédéral des statistiques en Suisse révèle que les personnes en situation de handicap sont en général moins satisfaites de leurs conditions de vie que les personnes sans handicap.
L’OFS relève régulièrement des informations concernant la situation économique et sociale de la population. Un sondage récent met le thème de l’égalité des personnes handicapées au centre des préoccupations.
Les lois ne donnent pas lieu à un sentiment de satisfaction
L’affirmation principale qui ressort de l’enquête est que les personnes handicapées sont aujourd’hui moins satisfaites de leurs conditions de vie que les personnes sans handicap. Cette affirmation vaut pour presque tous les aspects du bien-être pris en considération.
Santé : faible taux de satisfaction
Il apparaît logique que les personnes handicapées se déclarent moins satisfaites de leur état de santé que les personnes sans handicap. Sur une échelle de zéro à dix, les personnes sans handicap atteignent une note de 8,5 points, les personnes avec handicap 6,0 et les personnes lourdement handicapées 4,9.
Seulement 4% des personnes handicapées affirment que leur état de santé est excellent, comparé à 39% dans le reste de la population.
Plus de temps partiel
En ce qui concerne leur travail, les personnes handicapées en sont pratiquement aussi satisfaites que le reste de la population. Selon l’enquête, deux tiers des personnes handicapées sont intégrées dans le marché du travail. Cela peut paraître un chiffre élevé, mais la participation est plus faible que parmi les autres employés. En outre, elles travaillent plus souvent à temps partiel, ce qui, dans 20% des cas, résulte de leur situation de santé (comparé à 2% pour les personnes sans handicap).
En Suisse, des institutions pour personnes handicapées offrent environ 13 200 places de travail dans le cadre d’ateliers protégés. En outre, d’autres institutions, ateliers indépendants ou entreprises offrent environ 800 places supplémentaires. En 2009, 15 200 personnes ont effectué 20,3 millions d’heures de travail, ce qui correspond en moyenne à 27,8 heures par semaine et par personne.
Angoisse financière
En raison d’une employabilité restreinte et de coûts supplémentaires engendrés par la situation de handicap, les personnes handicapées sont souvent moins satisfaites de leu situation financière. Sur une échelle de zéro à dix, la satisfaction atteint en moyenne 6,3, comparé à 7,1 pour le reste de la population. Pour les personnes lourdement handicapées, cette valeur atteint 5,6. Un cinquième des personnes handicapées est bénéficiaire d’une rente AI.
Faible niveau d’éducation
L’occupation professionnelle est étroitement liée au niveau d’éducation. Selon l’OFS, environ 3% des élèves dans une classe d’intégration sont en situation de handicap.
Le niveau d’éducation des personnes avec un handicap lourd est beaucoup plus faible que parmi le reste de la population ; dans la grande majorité des cas, elles ne poursuivent pas d’études au-delà de l’école obligatoire.
Souvent seuls et sans enfants
L’étude portant sur le thème de la vie de famille et en société révèle d’intéressants résultats. Ainsi, les personnes handicapées vivent souvent seuls ou en couple, mais sans enfants. Il arrive que ces personnes aient fondé une famille avant que le handicap ne survienne. Tandis que la vie de couple ou de famille puisse être, pour de nombreuses personnes handicapées vivant en institution, relativement difficile, elle est plus envisageable pour les personnes vivant en ménage privé.
Participation active au sein d’associations
Plus de la moitié des personnes handicapées prennent part à diverses associations. Toutefois, ce taux de participation demeure moins élevé que parmi la population non handicapée. En ce qui concerne la participation à la vie politique, il n’existe pas d’écart significatif.
Les transports en commun ne sont pas un réel obstacle
90% des personnes handicapées affirment utiliser les transports publics sans difficultés. 4% disent que l’utilisation est parfois difficile, 2% qu’elle est très difficile, et un autre 4% affirme qu’elle n’est pas possible. Pour les personnes non handicapées, moins de 1% affirme éprouver de telles difficultés.
Ces données démontrent qu’il reste encore un long chemin à parcourir pour atteindre une réelle égalité. La loi pour l’égalité et la convention relative aux droits des personnes handicapées sont de bons instruments, mais l’égalité doit, d’abord et avant tout, être appliquée et vécue.
Texte: Patrick Gunti - 12/2011
Traduction: MyH – 07/2013
Photos: pixelio.de