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"Revenons à zéro". C'est par ces mots que le président argentin Mauricio Macri lors d'une conférence de presse au palais du gouvernement a annoncé qu'il avait annulé un accord controversé passé entre son gouvernement et le groupe de son père.
KEYSTONE/AP/VICTOR R. CAIVANO(sda-ats)
Le président argentin Mauricio Macri a annulé jeudi un accord financier entre son gouvernement et le groupe de son père. Le texte avait suscité une polémique et la demande d'enquête d'un procureur pour préjudice présumé envers l'Etat sur fond de conflit d'intérêts.
"Revenons à zéro", a annoncé le président lors d'une conférence de presse au palais du gouvernement. "J'ai demandé (au ministre des Communications Oscar) Aguad de revenir à zéro" et d'annuler cet accord pour en négocier un nouveau, a-t-il ajouté.
Cette annonce survient deux jours après la demande d'enquête contre le chef de l'Etat déposée par un procureur, sur laquelle un juge doit désormais se prononcer.
Au centre de la polémique, un accord financier conclu entre le gouvernement et la Poste argentine, propriété du père du président jusqu'en 2003. Le texte lui permettrait d'effacer de facto ses dettes.
La Poste avait été rachetée en 1997, lors de sa privatisation, par Socma, le groupe du père de l'actuel président, Franco Macri, un milliardaire italien qui a fait fortune en Argentine. Elle a fait faillite en 2002. La dette de la Poste s'élevait en 2001 à 296 millions de pesos, à une époque où la monnaie argentine était à parité avec le dollar.
Renégociation
Durant plus d'une décennie, le litige entre l'Etat argentin et la famille Macri n'a pas été réglé. Les époux Kirchner, au pouvoir de 2003 à 2015, ont rejeté plusieurs propositions du groupe privé, sur fond d'inflation galopante et de forte dévaluation du peso.
En juin 2016, six mois après l'arrivée au pouvoir de Mauricio Macri, un accord a été scellé entre le ministère des Communications et le groupe de Franco Macri.
L'accord permettait une renégociation de cette dette, échelonnée sur 15 ans, jusqu'en 2033, avec un intérêt de 7% annuel. Cela représentait une décote de la quasi-totalité de la dette, si l'on réajuste son montant en fonction de l'inflation cumulée depuis 2001, soit 700%, dénoncent ses détracteurs.
ATS