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Po-po-po-pom … ceci est un message codé : "Gaby va se coucher dans l'herbe, Nancy a le torticolis, le chasseur est affamé”. Dans la nuit du 14 au 15, août 1944 plusieurs milliers de parachutistes américains et anglais commandés par un jeune général de 37 ans, Robert Tryon Frederick , sont largués dans led ciel de Provence pour préparer le terrain. Du débarquement Parmi eux, le lieutenant-colonel Melvin Zais qui commandait le 3e bataillon du 517th "Parachute Combat Team". Il devait sauter près du Muy, son objectif était de se porter sur la Nationale 7 afin de sécuriser les zones arrières. Tout ne s'est pas déroulé comme prévu. Melvin Zais et ses hommes touchèrent le sol de France fort loin de leur objectif et se retrouvèrent perdus dans la nature près de Grasse. Les parachutistes du 517th avaient malencontreusement sauté en trois endroits différents et mirent plus de 36 heures pour s'orienter dans la nuit puis au lever du jour avant de faire enfin leur jonction. J'ai été en contact avec Melvin Zais dans les années 60. Le débarquement de Provence du 15 août 1944, moins connu des historiens que celui du 6 juin en Normandie, n’en a pas moins été d’une importance capitale pour les Alliés. Cette opération était stratégiquement déterminante, de sorte que les troupes débarquées dans le sud de la France constituent la seconde mâchoire de la tenaille venant «enfermer» les troupes allemandes occupant la France, la première mâchoire étant constituée par les troupes progressant depuis la Normandie. Stratégiquement toujours, il était vital pour les Alliés de disposer de nouvelles bases portuaires pour débarquer troupes et matériel sur les plages françaises, afin de libérer le pays puis de poursuivre la progression en direction de l’Allemagne.
Grâce aux opérations conduites par les forces placées sous le commandement du général de Lattre de Tassigny, à partir de la fin du mois d’août 1944, les villes portuaires de Toulon et Marseille étant libérées assurèrent le transit journalier de quatorze divisions et 18'000 tonnes de ravitaillement en armes et matériel au prix de pertes sérieuses.
Claude Bonard