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Je crois qu'une des causes qui explique la faiblesse actuelle du socialisme en Europe se trouve dans une certaine interprétation (économiciste) contemporaine du marxisme qui affirme que le socialisme est la solution au capitalisme. Cette affirmation est juste, et c'est là tout le problème...
Cette affirmation est juste, mais elle n'en reste pas moins une réduction problématique du socialisme. Je dis problématique, car du moment où l'on réduit le socialisme à une solution aux crises (ou autres défaillances) du capitalisme, et à ses inégalités créatrices de pauvreté (ce que j'ai fait quand j'ai cherché à mes débuts sur ce blog à trouver une solution à la crise de 2007-2008), on établit une réduction du socialisme à une simple solution à la paupérisation qu'implique le capitalisme.
Le problème que je vois dans cette réduction, c'est qu'elle tue le caractère universel du socialisme. Et si le socialisme n'est pas universel, alors il n'est pas valable dans toutes les situations, mais uniquement comme remède au capitalisme paupérisant (selon l'analyse marxiste précédemment abordée).
Pourtant, il est possible que le capitalisme, grâce (par exemple) au développement scientifique et technologique, puisse accroître (jusqu'aux limites écologiques de la planète évidemment) le niveau de vie de la population, c'est une hypothèse qu'il faut peser (certes avec la crise actuelle du capitalisme en Europe elle semble farfelue, mais c'est justement pourquoi il faut d'autant plus la peser), et dans ce cas il est essentiel de savoir pourquoi nous pouvons malgré tout toujours affirmer : nous souhaitons encore et toujours le socialisme.
Pourquoi en effet ?
Car le capitalisme aura beau nous abreuver d'or et d'argent, de victuailles à foison, le socialisme n'est pas désirable en tant qu'outil technique permettant d'améliorer le niveau de vie, mais parce qu'il est le modèle de société permettant de réaliser la liberté ! (Et là il va falloir que j'écrive sur cette équivalence socialisme = liberté, car je ne l'ai pas encore assez développé.)
A noter que je ne nie ici nullement l'excellence d'une analyse socialiste (ou d'une analyse réalisée par l'économie marxiste) portant sur les bases matérielles de la société, capable d'appréhender sa composition sociale en termes de classe, et apte à comprendre l'antagonisme capital-travail dans le capitalisme et à en tirer les implications qui s'imposent, mais cette analyse ne doit pas se muer en une réduction du socialisme en une simple solution aux crises du capitalisme, ou à un capitalisme paupérisant (et c'est une erreur de lier ce type d'analyse socialiste à cette interprétation du marxisme dont je parlais plus haut).
Enfin, le capitalisme est inégalitaire, inéquitable, c'est un fait. Et cette simple constatation (et évidemment les implications qui en découlent) peut certes suffire à proposer un modèle alternatif. Toutefois, c'est formuler le problème par son mauvais bout (l'égalité n'étant en effet selon moi qu'un moyen pour atteindre la liberté).
Ce qui compte c'est que le socialisme réalise la liberté.