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Martin Föhn, 30 ans, un paysan devenu jésuite
« Je me sens revitalisé » Martin Föhn
Il est huit heures du matin. Martin a déjà fait sa méditation matinale et pris son petit-déjeuner avec ses confrères. Comme chaque jour, il prend sa serviette pour aller suivre le cours de philosophie à la Faculté des jésuites à Munich. L'après-midi, il donne des cours de rattrapage à des enfants musulmans. « De fait, les jésuites m'ont toujours été suspects », avoue Föhn. La théologie l'aurait intéressé, mais il la trouvait trop abstraite, bien qu'il ait reçu une éducation religieuse et que Dieu l'ait toujours intéressé. Aujourd'hui, à trente ans, l'ancien étudiant en agronomie du Muotatal, dans le canton de Schwyz, a rejoint les jésuites. Il s'y sent à l'aise. Il a même le projet d'étudier un jour la théologie. Pour l'instant, il veut terminer sa philosophie dans l'Ordre des jésuites. Pour en arriver là où il se trouve aujourd'hui, le chemin a été long.
Fils de paysan, on attendait de lui qu'il marche sur les traces de son père et qu'il reprenne l'exploitation agricole. Il a donc suivi une formation de trois ans en agronomie et a travaillé avec plaisir à la ferme. « J'aimais travailler de mes mains », explique Föhn. « Voir la croissance. »
Mais un beau jour, une nostalgie l'a pris. « J'avais le sentiment que je voulais faire autre chose de ma vie. » Lorsqu'enfin son frère a repris la ferme, et que lui, l'aîné, a été déchargé de la responsabilité, il s'en est réjoui : il était libre. Et il s'est mis à chercher.
Au cours de sa recherche, à l'occasion des Exercices qu'il fait en 2009, il entre en contact pour la première fois avec les jésuites. « L'ambiance et les religieux m'ont fasciné », explique-t-il. « J'avais le sentiment de retrouver chez ces hommes le même esprit, la même conception de la vie qui m'habitait. » Et il est resté parmi eux.
Depuis le 19 septembre de l'an dernier, le jour où il a prononcé ses vœux perpétuels, il s'est engagé pour toujours. Un événement important : « J'ai mis un point final à tout je que j'avais fait jusque-là. » Il parle de son nouveau départ : il a renoncé à toute possession dans l'avenir, et a distribué tout ce qu'il possédait jusqu'ici. Et pour l'argent, qu'en est-il ? Il n'a pas besoin d'en posséder personnellement, dit-il. L'Ordre pourvoit pour lui. S'il a besoin de quelque chose, il s'adresse au confrère qui lui donne son « argent de poche ». Et le renoncement à une femme, à des enfants ? « J'avais des relations », dit Föhn. Aujourd'hui encore il a de bons contacts avec ses ex-amies. « Mais j'ai remarqué que la relation à Dieu et à la communauté des jésuites m'est plus importante. » Aujourd'hui, il se sent revitalisé. Il ne cesse de constater qu'il a fait le bon choix. Cela a été un appel à un moment de sa vie. Cet appel est devenu toujours plus fort. Et il l'a suivi.