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Cette rubrique présente les résultats d’une revue systématique publiée par la Collaboration Cochrane dans la Cochrane Library (www.cochrane.org/). Volontairement limité à un champ de recherche circonscrit, cet article reflète l’état actuel des connaissances de ce domaine. Il ne s’agit donc pas de recommandations pour guider la prise en charge d’une problématique clinique considérée dans sa globalité (guidelines).
Scénario
Une patiente de 73 ans, sans comorbidité, se présente aux urgences avec une toux, une tachypnée et une fièvre à 39˚C. Vous auscultez des râles crépitants fins à la base droite et la radiographie pulmonaire confirme un infiltrat. Vous diagnostiquez une pneumonie basale droite et prescrivez un traitement par amoxicilline/acide clavulanique pour une durée de sept jours. La patiente demande si, en plus du traitement médicamenteux, elle pourrait bénéficier de la physiothérapie respiratoire.
Question
Quel est le rôle de la physiothérapie respiratoire dans le traitement de la pneumonie non compliquée de l’adulte ?
Le traitement de la pneumonie repose sur les antibiotiques. Ceux-ci sont parfois associés à l’hydratation intraveineuse, l’oxygénothérapie ou la physiothérapie respiratoire. Le but de cette revue est d’évaluer l’efficacité et la sécurité de la physiothérapie respiratoire dans le traitement de la pneumonie chez l’adulte.
Six essais randomisés comparatifs incluant 434 participants hospitalisés ont été identifiés. Les études sélectionnées considéraient les quatre techniques suivantes : la physiothérapie respiratoire conventionnelle (percussions, vibrations, drainage postural), les techniques actives de désencombrement (active cycle of breathing techniques), la pression positive expiratoire et l’ostéopathie. Les résultats montrent que :
aucune de ces techniques ne semble avoir d’effet positif significatif sur la mortalité, la guérison ou l’évolution des signes radiographiques ;
ces techniques n’induisent pas d’effets secondaires.
Seulement six essais randomisés comparatifs ont été sélectionnés ; ils sont de qualité méthodologique médiocre et ont été réalisés, pour la plupart, avant 1990.
Les méta-analyses effectuées n’intègrent que deux essais au plus.
La plupart des essais n’incluent qu’un faible nombre de participants.
Les patients, tous hospitalisés, sont cliniquement hétérogènes (âge, type et sévérité de la pneumonie).
La puissance des études n’a pas été calculée pour détecter les effets secondaires des techniques considérées.
Ni la physiothérapie respiratoire conventionnelle, ni les techniques actives de désencombrement, la pression positive expiratoire ou l’ostéopathie ne représentent un avantage en termes de mortalité ou de taux de guérison. Elles ne devraient pas être recommandées dans le traitement de la pneumonie. D’autres essais randomisés comparatifs considérant les développements récents de la physiothérapie respiratoire sont nécessaires.
Les études de cette revue systématique, de qualité médiocre, suggèrent que les techniques de physiothérapie respiratoire ne sont pas efficaces comme traitement adjuvant de la pneumonie. Ainsi, de la physiothérapie respiratoire ne devrait pas être prescrite à cette patiente souffrant d’une pneumonie non compliquée, puisqu’elle n’en tirerait aucun avantage.