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Bangkok, 21 février (EFE).- Un tribunal thaïlandais a levé le veto d'un film inspiré de William Shakespeare dont l'exposition dans le pays était interdite depuis près de 12 ans, dans une décision qui a été accueillie comme une "victoire" et un " nouvelle page" de l'histoire du cinéma thaïlandais par la réalisatrice du film, Manit Sriwanichpoom.
"Jour de la victoire ! (...) Enfin "Shakespeare doit mourir" est sorti", s'est félicité Manit dans un message publié sur son compte Facebook.
Le réalisateur a indiqué que cette décision est due à un arrêt rendu cette semaine par la Cour administrative suprême, qui, en plus de lever le veto sur le film, a décidé que le conseil de censure du pays devait verser une compensation.
Inspiré de la pièce « Macbeth » de William Shakespeare, « Shakespeare doit mourir » raconte l'histoire de l'accession au pouvoir d'un homme politique sans scrupules en Thaïlande. Le protagoniste est basé sur Macbeth, le général écossais qui commet un régicide avec l'aide de sa femme pour usurper le trône dans la tragédie de l'ambition et du pouvoir écrite par l'écrivain anglais au début du XVIIe siècle.
En 2012, le long métrage avait été censuré pour son contenu « subversif », comme le considéraient à l'époque les autorités du pays asiatique.
Pour Manit, la décision du tribunal cette semaine marque la fin d'une longue période de "lutte pour les droits et la liberté des cinéastes thaïlandais, qui a duré plus de 11 ans".
"C'est une nouvelle page dans l'histoire du cinéma thaïlandais", a écrit le réalisateur, qui a ajouté qu'il prévoyait prochainement un programme de projections de son travail.
Même si elle a considérablement diminué ces dernières années, la censure en Thaïlande est courante et ne se limite pas aux films, mais touche également la presse, les publications ou les sites Internet, notamment sur les questions liées à la pornographie et à la criminalité draconienne. La loi de lèse-majesté, qui punit les délits contre la famille royale jusqu'à 15 ans de prison.
Dans le passé, les autorités ont également censuré des scènes de films du célèbre réalisateur thaïlandais Apichatpong Weerasethakul, lauréat de la Palme d'Or à Cannes en 2010.
La même année, ils ont interdit "Insects in the Backyard", du réalisateur transgenre Tanwarin Sukkhapisit, qui raconte l'histoire d'un père transsexuel avec deux fils adolescents qui ont honte de lui et qui se prostituent pour s'être enfuis de chez eux.