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Six tableaux du peintre congolais Samba wa Mbimba, dit Chéri Samba (1956, vit à Kinshasa), étaient accrochés dans une salle dont la programmation était consacrée aux affinités électives de Martin Kippenberger. D’abord peintre d’enseignes et bédéiste à Kinshasa, Samba commence dès 1975 à peindre sur toile des scènes décrivant les mœurs locales. A l’aide de phylactères en français, anglais ou lingala, il commente de manière narrative et souvent humoristique les inégalités sociales ou économiques auxquelles sont confrontés ses contemporains. Avec une palette de couleurs vives, il se réapproprie les stéréotypes que l’Occident moderne colle aux identités africaines et porte un regard critique à la fois sur les rapports postcoloniaux et sur la société dans laquelle il s’insère. Dès la fin des années 1980, il rencontre un large succès sur le marché de l’art international ; aussi la question du rôle de l’artiste et ses négociations ou compromissions avec les acteurs financiers devient-elle de plus en plus présente dans ses travaux.
Exposition organisée en collaboration avec André Magnin et la C.A.A.C., The Pigozzi Collection, Genève