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Début octobre, l’Italie a accueilli la réunion préparatoire de la conférence des Nations unies sur le changement climatique, [qui s’est déroulée du 31 octobre au 12 novembre] à Glasgow. Deux semaines plus tôt, l’Italie a accueilli un autre événement international qui, contrairement au premier largement annoncé, a été passé sous silence par le gouvernement: l’exercice de guerre nucléaire Steadfast Noon de l’OTAN dans le ciel du nord et du centre de l’Italie. Pendant sept jours, sous le commandement des Etats-Unis, les forces aériennes de 14 pays de l’OTAN ont participé à cet exercice, avec des chasseurs-bombardiers à double capacité nucléaire et conventionnelle déployés sur les bases d’Aviano et de Ghedi.
A Aviano, le 31e escadron américain est déployé en permanence avec des chasseurs-bombardiers F-16C/D et des bombes nucléaires B61. A Ghedi, la 6e escadre de l’armée de l’air italienne dispose de chasseurs-bombardiers Tornado PA-200 et de bombes nucléaires B61. La Fédération des scientifiques américains confirme en 2021 que «l’armée de l’air italienne se voit confier des missions de frappe nucléaire avec des bombes américaines, maintenues en Italie sous le contrôle de l’armée de l’air américaine, dont l’utilisation en cas de guerre doit être autorisée par le président des Etats-Unis».
Les bases d’Aviano et de Ghedi ont été restructurées pour accueillir les chasseurs F-35A armés des nouvelles bombes nucléaires B61-12. En octobre dernier, le test final a été effectué au Nevada avec le largage de B61-12 inertes par deux chasseurs F-35A. Les nouvelles bombes nucléaires arriveront bientôt en Italie: rien que sur la base de Ghedi, 30 chasseurs F-35A italiens pourront être déployés, prêts à attaquer sous commandement américain avec 60 bombes nucléaires B61-12.
Une semaine après avoir participé à l’exercice de guerre nucléaire, l’Italie a assisté à la conférence des Nations unies sur le changement climatique, présidée par le Royaume-Uni en partenariat avec l’Italie. Le Premier ministre britannique Boris Johnsona averti qu’«il reste une minute avant minuit et que nous devons agir maintenant» contre le réchauffement climatique qui détruit la planète. Il utilise ainsi de manière instrumentale la symbolique «Doomsday Clock», qui indique en réalité à combien de minutes nous sommes de minuit nucléaire.
Il y a quelques mois, en mars, Boris Johnson lui-même a annoncé la modernisation des sous-marins nucléaires d’attaque britanniques: l’Astute (prix de 2,2 milliards de dollars chacun), armé de missiles de croisière nucléaires américains Tomahawk IV d’une portée de 1 500 km, et le Vanguard, armé de 16 missiles balistiques américains Trident D5 d’une portée de 12 000 km, équipés de plus de 120 têtes nucléaires. Ces derniers seront bientôt remplacés par les sous-marins de classe Dreadnought, encore plus puissants.
Les sous-marins nucléaires d’attaque britanniques, qui longent les côtes de la Russie, naviguent désormais aussi le long de celles de la Chine, à partir de l’Australie à laquelle les Etats-Unis et la Grande-Bretagne fourniront des sous-marins nucléaires. La Grande-Bretagne, qui accueille la conférence destinée à sauver la planète du réchauffement climatique, contribue ainsi à la course aux armements menant le monde vers la catastrophe nucléaire.
Dans ce contexte, la vidéo promotionnelle de la conférence est trompeuse: le dinosaure, symbole d’une espèce disparue, du haut de la tribune des Nations unies, met en garde les humains pour qu’ils sauvent leur espèce du réchauffement climatique. En fait, les études scientifiques confirment que les dinosaures se sont éteints non pas à cause du réchauffement, mais à cause du refroidissement de la Terre après l’impact d’une énorme météorite qui, soulevant des nuages de poussière, a obscurci le soleil.
Exactement ce qui se passerait après une guerre nucléaire: en plus des destructions catastrophiques et des retombées radioactives sur toute la planète, elle provoquerait, dans les zones urbaines et forestières, d’immenses incendies qui déposeraient dans l’atmosphère une nappe de fumée fuligineuse, obscurcissant le soleil. Cela déterminerait un refroidissement climatique de la durée des années: l’hiver nucléaire. La majorité des espèces végétales et animales s’éteindraient, avec des effets dévastateurs sur l’agriculture. Le froid et la malnutrition réduiraient la capacité de survie des quelques survivants, conduisant l’espèce humaine à l’extinction.
Source: il manifesto du 2 novembre 2021
(Traduction: Horizons et débats)
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km. C’est quasiment une lapalissade d’affirmer que les guerres et leurs préparatifs ne contribuent pas à la protection du climat. Il est d’autant plus étonnant que les politiciens, les militaires et le complexe militaro-industriel responsables de l’armement et de la politique de guerre gardent le silence sur cette interdépendance, plus qu’évidente.
La journaliste de télévision et auteure allemande Gabriele Krone-Schmalz (voir également l’article en page 9) est l’une des rares voix éminentes à rendre évident publiquement que la grande tâche de la protection du climat implique une motivation importante en vue d’arrêter la spirale d’escalade dans les relations internationales. Toutefois il est nécessaire de se prononcer avec davantage de décision en faveur de la détente et de la coopération; car la protection du climat reste tâche impossible sans la coopération internationale d’Etats égaux en droits – là aussi, on se heurte à une autre vérité évidente.
Jusqu’à présent, c’est surtout le mouvement pour la paix qui s’est efforcé d’attirer l’attention sur les relations de cause à effet. «La paix améliore le climat», déclare par exemple – avec comme appui beaucoup de faits étayant sa devise, le Service civil pour la paix (ZFD). «La guerre et l’armée sont les tueurs du climat numéro un», en fait l’écho le président des «Amis de la nature-Allemagne». Et encore: «Un aspect longtemps négligé du réarmement et de l’activité militaire réside dans la destruction massive de l’environnement, causée par les guerres dans le monde entier», écrit Klaus Moegling, auteur du livre «Neuordnung. Eine friedliche und nachhaltige Welt ist (noch) möglich» (Nouvelle ordre. Un monde de paix et durable est possible (encore)).
D’après ce que l’on entend et ce que l’on lit, la conférence mondiale sur le climat qui s’est achevée ce week-end à Glasgow n’a pas abordé ce thème – comment pourrait-il en être autrement puisque les signes d’une confrontation internationale des Etats-Unis, de concert avec leurs alliés, envers la Russie et la Chine sont toujours présents. On a préféré profiter de l’absence des présidents de ces deux pays pour leur faire de nouvelles remontrances. Ce n’est pas une perspective.Il faut au contraire changer de direction. Manlio Dinucci, publiciste italien, met clairement en évidence les risques que comporte l’entêtement occidental. Mais peut-être que la déclaration commune de la Chine et des Etats-Unis sur la protection du climat (voir encadré) est une petite lueur d’espoir à l’horizon. L’avenir nous renseignera si cela aboutira effectivement sur davantage de coopération et de paix. •
A la surprise générale, la Chine et les Etats-Unis ont publié une déclaration commune sur la protection du climat lors de la conférence sur le climat à Glasgow. Les deux Etats sont favorables à des efforts supplémentaires et déclarent qu’ils établiront une commission permanente pour coopérer dans ce secteur.
«En matière de protection du climat, il y a plus de choses qui nous unissent que de choses qui nous divisent», déclare Xie Zhenhua, l’envoyé de Pékin pour le climat. Les deux parties reconnaissent qu’il existe un fossé entre les efforts actuels et les objectifs de l’accord de Paris. «C’est pourquoi nous voulons intensifier nos efforts ensemble pour accélérer la transition vers un avenir vert et sans carbone.»
Par la suite, John Kerry, son homologue américain, a déclaré: «Nous ne manquons vraiment pas de différences. Mais sur le climat, la coopération est le seul moyen de réussir.» Il a ajouté: «Nous voulons travailler ensemble pour réaliser des progrès concrets en matière de protection du climat au cours de la prochaine décennie et pour limiter plus rapidement les émissions de gaz à effet de serre – notamment par l’échange de technologies.»
La déclaration n’est pas très concrète. Ce qui est significatif, toutefois, c’est le fait qu’elle existe. Les deux parties ont souligné qu’elles travaillaient sur cette déclaration depuis des mois. Cependant, les négociations n’ont été conclues que maintenant.
Source: https://www.tagesschau.de/ausland/asien/china-usa-klimaschutz-107.html du 11.11.2021
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