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Les "jeunes" dans le rôle secondaire : La mobilisation du pays a conduit au "non" au CO2.
La combinaison des cinq objets du 13 juin 2021 a entraîné une dynamique unique dans la campagne de votation : La mobilisation de la « droite », des personnes qui font moins confiance au Conseil fédéral et la mobilisation dans les régions rurales, ont conduit non seulement à un non clair aux deux initiatives agricoles (sur l’eau potable et sur l’interdiction des pesticides), mais aussi à un non à la loi sur le CO2. Le rôle des jeunes dans le « non » au CO2 doit donc être relativisé et nuancé.C’est ce que montrent les données de l’analyse VOX du 13 juin 2021, pour laquelle environ 3’000 électeurs/trices ont été interrogés.
Le dimanche de la votation du 13 juin 2021, près de 60% des électeurs ont voté. La mobilisation dans les campagnes a été élevée et fortement marquée par la solidarité avec la paysannerie contre les projets de politique agricole (voir : Milic, 2021). En outre, les personnes qui se situent « à droite » ou « à l’extrême droite » sur une échelle gauche-droite, qui ont tendance à faire moins confiance au Conseil fédéral, mais qui font fortement confiance aux agriculteurs et pour qui les considérations sur les prix jouent un rôle central, ont été plus nombreuses à se mobiliser. Ainsi, non seulement des personnes sympathiques à la paysannerie ont été mobilisées, mais elles peuvent également être décrites comme une classe moyenne sensible aux prix. Comme la sensibilité aux prix a joué un rôle important dans la formation de l’opinion sur la loi sur le CO2, la forte mobilisation des initiatives agricoles a donc permis de mobiliser davantage de votants contre le CO2. Un double non pour les initiatives agricoles est également le meilleur prédicteur pour expliquer le oui ou le non à la loi sur le CO2. L’âge joue un rôle secondaire dans différents modèles multifactoriels.
Les jeunes et le CO2
Si l’on se concentre néanmoins sur les jeunes et la loi sur le CO2, les données de VOX révèlent l’image suivante : une majorité de 62% des 18-29 ans a dit oui à la loi sur le CO2. Les 30-39 ans ont également voté oui à 58 pour cent. En revanche, la majorité des plus de 40 ans ont majoritairement dit non. Et comme la proportion de votants est nettement plus élevée chez les personnes plus âgées que chez les plus jeunes lors de la plupart des votations, comme ce fut le cas le 13 juin, la décision concernant la loi sur le CO2 a été prise contre l’avis des jeunes. L’âge médian des votants était de 53 ans le 13 juin.
Exception : les jeunes à la campagne
Il est également possible de trouver des sous-groupes de personnes qui ne correspondent pas à la valeur moyenne ou à l’agrégat. Les jeunes de la campagne constituent une « exception » intéressante : dans presque toutes les tranches d’âge, ceux « de la campagne » ont dit non à la loi sur le CO2. Le « non » des jeunes (40% de « oui » chez les 20-29 ans) est aussi marqué pour la loi sur le CO2 que celui des plus âgés (31% de « oui » chez les 60-69 ans). Ce résultat est également à comprendre à la lumière de la mobilisation des initiatives agricoles : Il est probable que de nombreux jeunes ruraux aient participé pour la première fois à des votations.
Les données VOX seront librement accessibles à toutes les personnes intéressées à partir de la mi-août et pourront bientôt être téléchargées chez Swissvotes (sous forme anonymisée). Un accès à des fins scientifiques (sous une forme moins anonymisée) est possible via le FORS.