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Antécédents
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Antécédents
1938 –1939
1940–1949
1950–1959
1960–1969
1970–1979
1980–1989
1990–1999
2000–2009
2010–
De 1453 au XVIe siècle, au commencement de l’histoire du drame de langue germanique, on donne chaque année sur la place du Marché au vin de Lucerne le « Jeu de Pâques », un spectacle scénique qui a excellente réputation.
Au XIXe siècle, la Société de musique de la Suisse (l’Allgemeine Schweizerische Musikgesellschaft, qui deviendra le Schweizerischer Tonkünstlerverein) organise des fêtes de la musique à Lucerne.
De 1866 à 1872, Richard Wagner réside à côté de la ville, à Tribschen, où il achève Les Maîtres Chanteurs de Nuremberg et compose une partie de la Tétralogie. Dix ans auparavant, exilé à Zurich, il a songé à organiser un festival sur les rives du lac des Quatre-Cantons, une idée qui occupera également l’esprit de son fils Siegfried vers 1930. Richard Strauss et Max Reinhardt pensent eux aussi à Lucerne comme lieu de festival avant d’opter pour Salzbourg.
Avant la création des Semaines musicales de Lucerne, des orchestres viennent régulièrement se produire dans la ville sous la direction de chefs de premier plan comme Arthur Nikisch, Arturo Toscanini ou Wilhelm Furtwängler. C’est autant sur cette tradition musicale que peut s’appuyer le président de la ville de Lucerne Jakob Zimmerli – qui va jouer un rôle essentiel dans la création d’un festival de musique dont l’objectif est aussi de donner un nouvel élan au tourisme – que sur une solide infrastructure : la salle des fêtes du Grand Casino, la salle de l’Hôtel Union, ainsi que la Maison des arts et des congrès inaugurée en 1933.
En 1936–1937 sont esquissées les grandes lignes d’un projet de festival de musique sous l’impulsion du chef d’orchestre suisse Ernest Ansermet et avec le concours de Walter Schulthess, directeur de la société de concerts AG Zurich. On prévoit de faire appel au Kursaal-Orchester de Lucerne, renforcé par des musiciens de l’Orchestre de la Suisse romande fondé en 1918 par Ansermet. On souhaite engager comme chef Richard Strauss, qui cependant décline l’offre en 1938. Dès 1937, on fait un essai dans la salle des fêtes avec les orchestres radiophoniques de Zurich et de Lausanne dirigés par Robert F. Denzler.
1938
Le 25 août 1938, Arturo Toscanini donne à Tribschen un concert de gala pour lequel a été constitué un « orchestre d’élite » avec les meilleurs musiciens du moment. Ce concert fait sensation au plan international et sera considéré par la suite comme l’acte de naissance du Festival de Lucerne (qui s’appellera tout d’abord Semaines musicales internationales de Lucerne puis LUCERNE FESTIVAL). En réalité, la série de concerts de cet été-là, qui fait aussi une place à la musique de chambre et à la mélodie, a commencé dès le 18 juillet avec un programme dirigé par Ernest Ansermet où figure le pianiste Alfred Cortot. Aux autres concerts symphoniques se succèdent à la baguette Fritz Busch, Bruno Walter et Willem Mengelberg. La sombre situation politique d’alors profite à Lucerne, certains interprètes critiques du Troisième Reich comme Toscanini, Busch ou Walter ne voulant ou ne pouvant diriger à Bayreuth ou à Salzbourg. Le succès du premier festival appelle une continuation.
1939
Dès 1939, le Festival de Lucerne présente un programme somptueux. Toscanini, qui a loué de juillet à septembre un appartement à Kastanienbaum, une localité des environs de Lucerne, dirige six concerts, deux d’entre eux pour remplacer Bruno Walter qui a dû annuler sa participation après le début des répétitions à cause d’une tragédie familiale – il reviendra cependant à Lucerne en 1949 et 1950. Le sommet de ce deuxième été est le Requiem de Verdi que donne Toscanini dans l’église des Jésuites. Des solistes comme Vladimir Horowitz, Pablo Casals et Serge Rachmaninov, qui réside de 1932 à 1939 dans la « Villa Sénar », à Hertenstein (autre localité avoisinante), ajoutent au prestige de la manifestation qui s’achève juste avant que n’éclate la Deuxième Guerre mondiale.
1940
Le Festival de Lucerne n’a pas lieu en 1940 à cause de la guerre (c’est la seule interruption dans l’histoire de la manifestation). La Maison des arts et des congrès est occupée par l’armée.
1941
C’est l’Orchestre de La Scala de Milan qui est engagé pour les deux premiers festivals qui ont lieu pendant la guerre. Il est dirigé par Victor de Sabata, Antonio Guarneri, Tullio Serafin et deux chefs suisses : Robert F. Denzler et Othmar Schoeck.
1943
Engager un orchestre d’un pays sous régime fasciste a suscité des critiques. Pour y répondre, l’Union Suisse des Artistes Musiciens et son président Rudolf Leuzinger encouragent la création de l’Orchestre du Festival suisse qui sera jusqu’à sa dissolution en 1993 une pièce maîtresse du Festival de Lucerne. Après le concert d’ouverture, dirigé par Denzler, ce sont Paul Kletzki, Ernest Ansermet, Hans Münch et Carl Schuricht qui se succèdent à sa tête.
Walter Strebi (qui sera président du Festival de Lucerne de 1953 à 1965) crée des classes de maître qui ont lieu au Conservatoire de Lucerne et pour lesquelles on fait appel à Edwin Fischer, Carl Flesch, et plus tard Enrico Mainardi, Georg Kulenkampff et Wolfgang Schneiderhan. En 1945, Ernest Ansermet animera la première classe de direction. Elle sera suivie de bien d’autres, dirigées notamment par Herbert von Karajan (1955), Rafael Kubelík (1982), Pierre Boulez (2003–2012) et Bernard Haitink (depuis 2011).
1944
Deux personnalités-clés font leurs débuts au festival. Wilhelm Furtwängler, tout d’abord, qui dirige pour la première fois l’Orchestre du Festival suisse. Il annulera cependant sa participation l’année suivante à cause de protestations antigermaniques à Zurich et Winterthour. Après sa « dénazification », en 1947, et jusqu’à sa mort en 1954, le chef allemand, qui réside désormais sur les rives du lac Léman, occupera une position centrale au festival. En 1944 débute également à Lucerne Paul Sacher, qui donne devant le monument au lion le premier concert-sérénade à la tête du Collegium Musicum de Zurich. Il dirigera ce rendez-vous prisé des festivaliers chaque été jusqu’en 1996.
1946
En juillet, avant l’ouverture du festival, Toscanini dirige à deux reprises l’Orchestre de La Scala : ce seront ses derniers concerts à Lucerne. Le violoniste Yehudi Menuhin fait ses débuts au festival. L’Orchestre du Festival suisse enregistre son premier disque en studio (la Quatrième Symphonie de Brahms sous la direction de Kletzki) – c’est le premier enregistrement commercial d’un orchestre suisse.
1948
Suite à la levée des restrictions de voyage en vigueur durant la guerre et dans l’immédiat après-guerre, le festival s’internationalise. Deux chefs débutent à la tête de l’Orchestre du Festival suisse : le Tchèque Rafael Kubelík, exilé, qui dirige le concert d’ouverture, et l’Autrichien Herbert von Karajan, « dénazifié » – Lucerne est la première ville étrangère à l’inviter. Les deux musiciens imprimeront le festival de leur marque dans les décennies suivantes.
1949
Au festival est donnée pour la première fois une œuvre de Mahler, Le Chant de la Terre, sous la direction de Kletzki. En 1939, Bruno Walter avait dû annuler au dernier moment un concert où figurait la Symphonie « Résurrection ».
1950
Dinu Lipatti donne son dernier concert au festival, quelques mois avant sa mort. Il interprète avec Karajan et l’Orchestre du Festival suisse le Concerto pour piano K. 467 de Mozart. L’enregistrement de ce concert appartient désormais à la légende.
1951
L’Orchestre symphonique de Vienne est la première formation étrangère à se produire au festival (sous la direction de Karajan) dans l’après-guerre. Igor Markevitch, André Cluytens et Leopold Stokowski débutent à Lucerne, tous les trois à la tête de l’Orchestre du Festival suisse.
1952
Débuts au festival de Ferenc Fricsay qui remplace au pied levé Wilhelm Furtwängler, souffrant. Le chef hongrois dirigera régulièrement à Lucerne jusqu’à sa mort, en 1963, et y laissera son empreinte.
1953
L’avocat et « conseiller exécutif » de Lucerne Walter Strebi, mécène et promoteur du festival depuis sa fondation, est choisi comme président du comité d’organisation (il le restera jusqu’en 1965). Il est immédiatement confronté à des problèmes financiers. Tandis que la presse réclame plus de musique moderne, le public brille par son absence dès que le programme est un peu plus audacieux, c’est le cas par exemple lorsque Karajan dirige Oedipus Rex de Stravinsky. Mais ailleurs l’enthousiasme est au rendez-vous : le jeune chef italien Guido Cantelli obtient un succès phénoménal.
1954
Un conflit qui couve depuis longtemps éclate au grand jour : l’Orchestre du Festival suisse, qui donne presque tous les concerts symphoniques depuis 1943, n’est pas prêt à abandonner son pouvoir décisionnel dans les questions artistiques ; en face, la direction du festival, qui porte la responsabilité première de la manifestation, réclame une voix au chapitre dans la programmation des concerts de l’orchestre. Comme on n’arrive pas à se mettre d’accord rapidement, la direction remplace « l’orchestre maison » par une phalange londonienne, le Philharmonia Orchestra, qui sera dirigé par Cluytens, Edwin Fischer, Fricsay, Furtwängler, Karajan et Kubelík. Il y aura ensuite des remaniements à l’Orchestre du Festival suisse et la coopération avec le festival sera relancée.
1955
Après la mort de Furtwängler, Karajan devient la nouvelle tête d’affiche du festival. Il donne deux concerts avec l’Orchestre du Festival suisse et propose une classe de maître. Le concert final est dirigé par Otto Klemperer.
1956
Wolfgang Schneiderhan et Rudolf Baumgartner fondent un orchestre de chambre, les Festival Strings de Lucerne, dont l’un des trois premiers concerts est consacré à la musique contemporaine. Ainsi naît la série de concerts « Musica Nova » qui sera reprise pendant plusieurs dizaines d’années. Côté symphonique on a engagé, outre l’Orchestre du Festival suisse, à nouveau le Philharmonia Orchestra qui remporte un grand succès. C’est le début d’une politique artistique qui fait la part belle aux prestigieux orchestres internationaux et reste à ce jour une des marques de fabrique du festival.
1957
Première prestation du Philharmonique de Vienne qui donne trois concerts sous la direction de Cluytens, Kubelík et Dimitri Mitropoulos, et une soirée de musique de chambre. Il est resté fidèle au festival depuis cette date.
1958
Pour les vingt ans du festival est invité pour la première fois le Philharmonique de Berlin, qui est dirigé par Karajan, Klemperer et Fritz Reiner. L’orchestre berlinois va se produire régulièrement à Lucerne et devenir un véritable aimant pour le public. À partir de la fin des années 1960, il viendra tous les ans avec son chef titulaire Karajan qui désormais ne donne plus de concert à la tête de l’Orchestre du Festival suisse. En 1958, il y a aussi les débuts de Lorin Maazel et le premier récital de piano d’Arthur Rubinstein.
1959
Pour les vingt ans du Chœur du Festival de Lucerne, Sir Thomas Beecham dirige un Messie de Haendel avec des effectifs pléthoriques. Glenn Gould donne son unique concert au festival.
1960
À l’occasion du centième anniversaire de la naissance de Gustav Mahler, Otto Klemperer interprète Le Chant de la Terre à la tête du Philharmonia Orchestra et Dietrich Fischer-Dieskau chante les Kindertotenlieder sous la direction de George Szell. De Tokyo vient pour la première fois l’Orchestre symphonique de la NHK.
1961
Ferenc Fricsay donne la première audition de la Symphonie en ut de Zoltán Kodály, écrite pour l’Orchestre du Festival suisse. Celui-ci passera régulièrement commande à des compositeurs dans les années suivantes.
1963
On organise pour la première fois le Concours de piano Clara Haskil en hommage à la pianiste décédée en 1960 qui a été une hôte régulière du festival. Le prix n’est pas décerné. Le concours est à nouveau organisé en 1965 (lauréat Christoph Eschenbach), en 1967 (lauréate Dinorah Varsi) et en 1969 (pas de lauréat).
1964
L’Orchestre symphonique de Pittsburgh, dirigé par William Steinberg, est la première phalange américaine à se produire au festival. Un récital du pianiste russe d’exception Sviatoslav Richter fait sensation en pleine guerre froide. La série de concerts « Jeunes Interprètes », qui invite à découvrir des musiciens prometteurs, connaît un début spectaculaire avec les prestations de Jacqueline du Pré et Peter Serkin.
1965
Walter Strebi est le premier président d’honneur du festival. Le professeur de droit Alois Troller prend sa succession au poste de président où il reste jusqu’en 1971. Il s’attache à changer la politique artistique sclérosée du festival, ce qui l’amène à revoir la structure de la manifestation et à la professionnaliser. L’Orchestre symphonique de la Radio bavaroise donne son premier concert à Lucerne sous la direction de Kubelík. C’est le début d’une étroite coopération entre la formation munichoise et le festival qui dure à ce jour.
1966
La création de la fondation des « Amis des Semaines musicales internationales de Lucerne » permet de garantir au festival un soutien financier apporté autant par des personnes individuelles que par des entreprises. Trois jeunes stars de la baguette débutent à Lucerne, Claudio Abbado, Daniel Barenboïm et Bernard Haitink, qui resteront étroitement liés au festival pendant des décennies et lui imprimeront leur marque.
1967
L’Orchestre de Cleveland est la deuxième formation américaine à se produire à Lucerne, sous la direction de George Szell et Karajan.
1968
Pour le trentième anniversaire du festival, le programme est élargi à trente-deux concerts dont la moitié sont des concerts symphoniques. La première prestation à Lucerne du Philharmonique de New York sous la direction de Leonard Bernstein défraie la chronique. Sur l’initiative d’Alois Troller, on commence à jeter les bases d’une nouvelle organisation du festival pour l’année 1970. Pour professionnaliser la direction, jusque-là bénévole, on se propose de donner au président le renfort d’un directeur artistique, Rudolf Baumgartner, et d’un directeur administratif, Othmar Fries, directeur des transports de la ville. Le projet se heurte à des résistances, notamment du côté du comité qui a la main sur la programmation, mais Toller réussit finalement à imposer ses idées.
1969
Un an après la répression sanglante du Printemps de Prague, la Philharmonie tchèque est le premier orchestre du bloc communiste à se produire à Lucerne où elle donne d’emblée trois concerts. Le Tchèque Rafael Kubelík, qui a fui son pays en 1948, invite les musiciens à une garden-party et leur remet une « médaille de la liberté » créée ad hoc – les fonctionnaires accompagnant l’orchestre ne tarderont pas à la leur confisquer. Walter Schulthess, qui, comme conseiller, a profondément imprimé sa marque sur le festival depuis sa fondation, se retire du comité d’organisation.
1970
Création de la fondation des « Semaines musicales internationales » et début de l’ère Rudolf Baumgartner. Comme le nouveau directeur artistique du festival est aussi celui des Festival Strings de Lucerne et le directeur du conservatoire, un lien encore plus étroit naît entre les différentes institutions musicales de la ville. Baumgartner imprime lui aussi sa marque sur le festival : désormais la programmation sera placée chaque année sous le signe d’un thème ; en outre, le répertoire moderne y aura droit à une plus grande place – ainsi, en cette année Beethoven, les neuf symphonies du maître sont-elles confrontées à des œuvres du XXe siècle. Comme thème du festival, on choisira tout d’abord un compositeur ou un contexte géographique : « Igor Stravinsky » (1972), « Musique des compositeurs suisses » (1973), « Maurice Ravel » (1975) « L’Espagne musicale » (1976)… Par ailleurs, « Musica Nova » est complétée par la série « Perspectives » qui met les projecteurs sur un compositeur – ce sera dans les premières années tour à tour Mauricio Kagel, Iannis Xenakis, Karlheinz Stockhausen, Klaus Huber, György Ligeti et Witold Lutosławski. Après deux annulations de dernière minute les années précédentes, Arturo Benedetti Michelangeli donne son premier et unique récital à Lucerne.
1971
Le président de la ville Hans Rudolf Meyer est le nouveau président du festival (il le restera jusqu’en 1978). Premiers récitals de piano de Vladimir Ashkenazy et Radu Lupu, qui remplace au pied levé Michelangeli. Le violoniste Yehudi Menuhin et le sitariste indien Ravi Shankar donnent un concert intitulé « L’Est et l’Ouest ».
1972
À l’occasion du quatre-vingt-dixième anniversaire de la naissance de Stravinsky est inscrite au moins une œuvre de sa plume au programme de chacun des onze concerts symphoniques. Le Concertgebouw d’Amsterdam se produit pour la première fois à Lucerne. Dernier concert dans l’église des Jésuites – avec au programme Le Messie de Haendel – avant rénovation ; les travaux dureront jusqu’en 1981.
1973
Le Concours Clara Haskil déménage à Vevey où la pianiste a vécu à la fin de sa vie. Le festival renforce son engagement en faveur de la nouvelle génération et fait de la série « Jeunes Interprètes » une plate-forme pour lancer des carrières. S’y produisent Anne-Sophie Mutter, qui n’a encore que treize ans, Maria João Pires, Christian Tetzlaff, Thomas Zehetmair, Frank Peter Zimmermann et le Quatuor Hagen.
1974
Le thème de cette année-là, « Musique de la Deuxième École de Vienne », enthousiasme la presse, mais s’avère trop audacieux : le nombre de réservations est médiocre et la direction artistique du festival doit rééquilibrer la programmation en faveur d’une modernité moins « radicale » pour éviter un désastre financier. Sergiu Celibidache dirige pour la première fois l’Orchestre du Festival suisse et demande huit répétitions rien que pour les Variations pour orchestre op. 31 de Schönberg !
1975
Deux premiers concerts de Pierre Boulez à Lucerne, à la tête du Philharmonique de New York.
1976
Premier récital de Maurizio Pollini.
1977
Pour élargir son public, le festival propose un « concert pour personnes âgées et handicapées » et un concert en plein air pour les jeunes.
1978
On fête cette année-là un double anniversaire : les huit cents ans de la ville de Lucerne et les quarante ans du festival. Othmar Fries devient directeur administratif à plein temps (il le restera jusqu’en 1988).
1979
Werner Bühlmann prend la succession de Hans Rudolf Meyer à la tête du festival (il en restera le président jusqu’en 1988). Premiers concerts à Lucerne de l’Orchestre symphonique de Boston, sous la direction de Seiji Ozawa, et de la Staatskapelle de Dresde, dirigée par Herbert Blomstedt. Celle-ci est la première phalange de RDA invitée au festival.
1980
Rudolf Baumgartner quitte ses fonctions et c’est Ulrich Meyer-Schoellkopf, directeur du Théâtre de Lucerne (il le restera jusqu’en 1982) et chef titulaire de l’Orchestre de la Société de musique de Lucerne (aujourd’hui Orchestre symphonique de Lucerne), qui est nommé au poste de directeur artistique pour le remplacer (il restera jusqu’en 1991 à ce poste). Meyer-Schoellkopf réussit à poursuivre le développement du festival grâce à une « politique des petits pas » et à consolider la situation financière. Pour renforcer les liens internationaux du festival, il crée un comité de conseillers qui comprend Vladimir Ashkenazy, Rafael Kubelík et Paul Sacher. L’idée de mettre l’accent sur un thème particulier dans la programmation annuelle est conservée.
1981
Vladimir Ashkenazy suggère de construire une nouvelle salle de concert. Grâce à des fonds privés et des concerts à bénéfice d’Ashkenazy et de Kubelík, on réussit à réunir au cours des années suivantes une somme permettant de financer un concours d’idée et la préparation d’un avant-projet, qui sera approuvé par la population de Lucerne en 1989.
1982
Le festival, dont le thème cette année-là est « l’Angleterre », est placé sous le haut patronage de la reine Élisabeth II. Kubelík redonne vie aux classes de maître en proposant un cours d’interprétation pour chefs d’orchestre.
1983
Issue de « Perspectives », la série de concerts « Le compositeur et son univers » est consacrée cette année-là à Pierre Boulez.
1984
En conflit avec le Philharmonique de Berlin, Karajan dirige cette année-là le Philharmonique de Vienne. L’année suivante, il reviendra se produire avec son orchestre berlinois. Kubelík clôture brillamment le festival, dont le thème est « Musique de Tchécoslovaquie », en donnant intégralement Má Vlast (Ma patrie) de Smetana à la tête de l’Orchestre symphonique de la Radio bavaroise. Ce sera son dernier concert à Lucerne.
1985
La programmation est placée sous le signe du trois-centième anniversaire de la naissance de Jean-Sébastien Bach, Georg Friedrich Haendel et Domenico Scarlatti. Abbado dirige la Symphonie « Résurrection » de Mahler à la tête de l’Orchestre des Jeunes de la Communauté européenne – premier signe d’une volonté de faire une plus large place aux orchestres de jeunes.
1986
À l’occasion du centième anniversaire de la naissance d’Othmar Schoeck, le festival met le compositeur suisse une nouvelle fois à l’honneur, notamment en proposant son opéra Massimila Doni en version de concert – l’œuvre fera en outre l’objet d’une publication discographique.
1988
C’est le cinquantième anniversaire du festival qui à cette occasion jette un regard rétrospectif sur son histoire. Ashkenazy et l’Orchestre de la Suisse Romande reprennent le programme qui avait été donné lors du premier concert dirigé par Ansermet en 1938. L’Orchestre de chambre d’Europe, qui débute à Lucerne, donne sous la direction d’Abbado les mêmes œuvres qu’avaient choisies cinquante ans auparavant Toscanini pour son légendaire concert de gala à Tribschen. Karajan et Leonard Bernstein donnent leur dernier concert à Lucerne. À signaler enfin une innovation de poids : pour la première fois est organisée une édition pascale du festival qui renoue avec la tradition moyen-âgeuse du jeu de Pâques et du jeu de la Passion.
1989
Georges Bucher, nouveau président du festival (il le restera jusqu’en 1998), fait avancer le projet de construction d’une nouvelle salle de concert. Avec Meyer-Schoellkopf, qui, après le départ du directeur administratif Othmar Fries, a désormais sous sa responsabilité à la fois la direction artistique et la direction administrative du festival, il fait les premières démarches pour essayer de trouver un financement privé. Le thème choisi à la veille de l’effondrement de l’Union soviétique est « la Russie ». Plusieurs symphonies de Dmitri Chostakovitch sont données pour la première fois au festival à cette occasion. James Levine dirige à la tête du Philharmonique de Berlin un concert à la mémoire de Karajan, qui s’est éteint le 16 juillet.
1990
Premiers concerts au festival de Christoph von Dohnányi, Michael Gielen, András Schiff et Günter Wand.
1991
La deuxième édition du festival de Pâques est annulée, bien qu’elle ait été réglée dans ses moindres détails, parce que le principal orchestre programmé, le Philharmonique de New York, renonce à faire le voyage à cause de la première guerre du Golfe. On fête deux anniversaires au festival d’été : le deux-centième anniversaire de la mort de Mozart et le sept-centième anniversaire de la Confédération helvétique.
1992
Matthias Bamert prend la direction du festival (qu’il gardera jusqu’en 1998). Il mise sur des partenariats avec des grandes entreprises et fait du festival de Pâques un rendez-vous annuel à l’instar du festival d’été – l’accent sera mis sur la musique sacrée et on privilégiera les concerts dans les églises de Lucerne. Il n’hésite pas à expérimenter, élargit le concept du thème pour en faire une « idée directrice » et ouvre le festival sur un large public avec des concerts nocturnes (« Late Nights ») et en milieu de journée (« Concerts de midi »), et avec le « festival dans le festival », consacré suivant les années à la musique de rue, aux musiciens amateurs, ou autre.
1993
Cinquante ans après sa fondation, l’Orchestre du Festival suisse donne ses trois derniers concerts. Le Chœur du Festival de Lucerne, lui, se maintiendra jusqu’en 2000. Les portraits de compositeur introduit par Baumgartner sont remplacés par la désignation d’un compositeur en résidence qui occupe une place de premier plan dans la programmation et auquel on commande une œuvre. Alfred Schnittke inaugure cette nouvelle formule, il est suivi notamment de Klaus Huber, Luciano Berio, Beat Furrer, Michael Jarrell, Wolfgang Rihm et Heinz Holliger. En hommage au cinquantième anniversaire de la mort de Serge Rachmaninov, on donne en une seule journée l’ensemble de son œuvre pour piano. Premier concert à Lucerne de Mariss Jansons à la tête de l’Orchestre philharmonique d’Oslo.
1994
La population de Lucerne approuve par référendum la construction d’une nouvelle salle de concert, le KKL (acronyme de Palais de la culture et des congrès de Lucerne). Une première tentative de former un nouvel orchestre du festival, déjà baptisé Lucerne Festival Orchestra, à partir d’anciens musiciens de célèbres orchestres de jeunes échoue : les concerts, dirigés par Kurt Sanderling, Yehudi Menuhin et Gennady Rozhdestvensky n’ont pas grand succès auprès du public.
1996
Dernier concert dans l’ancienne Maison des arts et des congrès avec Giuseppe Sinopoli et le Philharmonique de Vienne. Débuts à Lucerne de Simon Rattle à la tête de l’Orchestre symphonique de Birmingham et de Nikolaus Harnoncourt qui viendra désormais tous les ans se produire au festival de Pâques avec son Concentus Musicus.
1997
La Maison des arts et des congrès a été démolie mais le KKL n’est pas encore terminé, c’est pourquoi on charge le bureau d’architect Max Schmid (Berne) de transformer un entrepôt en une salle de concert. Le résultat acoustique est remarquable. L’entrepôt en question se trouvant à Emmen, une localité voisine, on achemine le public avec un train spécial depuis la gare de Lucerne. Le festival 1997 se déroule donc « avec les moyens du bord », mais son atmosphère est tout à fait particulière.
1998
C’est juste à temps pour le soixantième anniversaire du festival que Claudio Abbado et le Philharmonique de Berlin inaugurent la nouvelle salle, le 19 août. L’ensemble du complexe du KKL ne sera cependant achevé qu’en 2000. Des productions d’autres festivals ont été invitées : on entend ainsi, de Bayreuth, des extraits du Crépuscule des dieux, dirigés par James Levine, et des Maîtres chanteurs, sous la baguette de Barenboïm, ainsi que, de Salzbourg, Saint François d’Assise de Messiaen, dirigé par Kent Nagano. Le KKL ouvre de nouvelles possibilités : un troisième festival annuel est créé, le festival de piano, qui aura lieu fin novembre et sera dédié à la musique pour clavier.
1999
Jürg R. Reinshagen est nommé président du conseil de la fondation du festival (il le restera jusqu’en 2009), tandis que le violoniste et administrateur culturel Michael Haefliger prend la succession de Bamert à la direction générale. Haefliger conserve les grandes lignes du festival d’été mais fait un certain nombre d’innovations : il élargit la part réservée à la musique contemporaine et développe progressivement l’offre jeune public, baptisée tout d’abord Children’s Corner, puis LUCERNE FESTIVAL YOUNG ; il renforce le rayonnement international du festival en créant des cercles d’amis à l’étranger, notamment aux États-Unis et au Japon ; et surtout, il donnera naissance en 2003 à deux futurs piliers du festival, le LUCERNE FESTIVAL ORCHESTRA, cofondé avec Claudio Abbado, et la LUCERNE FESTIVAL ACADEMY, conçue avec Pierre Boulez. Au festival d’été 1999, le Philharmonique de Berlin et James Levine donnent un concert à la mémoire de Karajan à l’occasion du dixième anniversaire de sa mort.
2000
Le KKL est désormais complètement achevé. Au concert d’ouverture du festival d’été, le 17 août, est inauguré l’orgue Goll de la grande salle de concert. Pierre Boulez, qui fête son soixante-quinzième anniversaire, est en résidence avec le London Symphony Orchestra. Pour encourager les jeunes talents, deux récompenses sont créées qui seront décernées en alternance d’une année sur l’autre : le « Prix Credit Suisse Jeunes Solistes » (attribué la première fois en 2001) et le Credit Suisse Young Artist Award, adjugé en commun par le Philharmonique de Vienne, la Société des amis de la musique de Vienne et la fondation du Credit Suisse, et dont la première bénéficiaire est la violoncelliste Quirine Viersen. Parmi les lauréats suivants figureront Patricia Kopatchinskaja, Sol Gabetta, Martin Helmchen, Antoine Tamestit et Vilde Frang.
2001
Les « Semaines musicales internationales de Lucerne » sont rebaptisées LUCERNE FESTIVAL. « Création », le thème de l’été, donne lieu à une entrée en matière poétique, un spectacle de feu intitulé « Le KKL en flammes ». Les autres grands moments de cette édition sont la création suisse de Prometeo de Luigi Nono, avec l’Ensemble Modern et Ingo Metzmacher, et la première lucernoise de la Huitième Symphonie de Mahler, avec Franz Welser-Möst et l’Orchestre des Jeunes Gustav Mahler. Sol Gabetta se voit décerner le premier « Prix Credit Suisse Jeunes Solistes ». Malgré les attentats terroristes du 11 septembre, l’Orchestre symphonique de Chicago poursuit sa résidence à Lucerne.
2002
Christian Thielemann se produit pour la première fois à Lucerne, au festival de Pâques, avec le Philharmonique de Munich. Les deux compositeurs en résidence, Pierre Boulez et Olga Neuwirth, marquent la programmation de leur empreinte.
2003
Une nouvelle ère commence avec un concert de gala où le LUCERNE FESTIVAL ORCHESTRA, fondé par Claudio Abbado et le directeur du festival Michael Haefliger, se présente pour la première fois au public. Composé de solistes et chambristes renommés, de professeurs de conservatoire et de musiciens du Mahler Chamber Orchestra, il redonne vie à l’idée du légendaire « orchestre d’élite » de Toscanini avec lequel l’histoire du festival avait débuté en 1938. Avec cette phalange bientôt surnommée « orchestre des amis », Abbado interprète la Symphonie « Résurrection » de Mahler, première pierre d’une intégrale qui aura un énorme succès. Les concerts d’Abbado avec le LUCERNE FESTIVAL ORCHESTRA susciteront un grand intérêt médiatique et seront retransmis dans le monde entier. Pierre Boulez lance en avant-première de sa nouvelle académie la « LUCERNE FESTIVAL PREVIEW ACADEMY ».
2004
Mariss Jansons et les Chœurs et Orchestre de la Radio bavaroise sont pour la première fois en résidence au festival de Pâques ; ils reviendront désormais tous les ans. La LUCERNE FESTIVAL ACADEMY s’impose comme une institution unique au monde de formation à l’interprétation de la musique des XXe et XXIe siècles. Harrison Birtwistle est le premier bénéficiaire des Roche Commissions qui tous les deux ans attribueront une commande à un compositeur contemporain marquant. Le festival de piano s’enrichit pour la première fois de « Piano Off-Stage », une série de concerts donnés par de grands pianistes de jazz dans des bars et des restaurants de la ville.
2005
La ville a subi les inondations les plus catastrophiques depuis 1910 et la direction du festival se voit dans l’obligation d’annuler sept concerts du festival d’été. La programmation est marquée entre autres par le compositeur en résidence Helmut Lachenmann. Abbado emmène le LUCERNE FESTIVAL ORCHESTRA pour la première fois à l’étranger, à Rome. L’orchestre se produira ensuite au Suntory Hall de Tokyo (2006), au Carnegie Hall de New York (2007, cette année-là avec Boulez et David Robertson au lieu d’Abbado), au Musikverein de Vienne (2008), aux Proms de Londres, à Paris, Madrid, Hambourg, Baden-Baden, Ferrare, Moscou et Pékin.
2006
Matthias Pinscher vient pour la première fois à Lucerne et, compositeur en résidence en même temps que Heinz Karl Gruber, imprime sa marque sur la programmation. Michael Gielen dirige la première exécution lucernoise intégrale des Gurre-Lieder de Schönberg.
2007
La LUCERNE FESTIVAL ACADEMY donne en concert Gruppen de Stockhausen, pour trois orchestres, avec à la baguette non seulement Boulez, Peter Eötvös et Jean Deroyer, mais aussi trois chefs stagiaires de la classe de maître : Pablo Heras-Casado, Kevin John Edusei et Lin Liao. Sur une idée de Boulez, un nouveau projet est lancé, la construction d’une salle modulable qui permette l’exécution d’œuvres théâtrales.
2008
Dès le mois de janvier, donc en dehors des trois festivals, Seiji Ozawa, le Philharmonique de Berlin et Anne-Sophie Mutter donnent des concerts commémoratifs à l’occasion du centième anniversaire de la naissance de Karajan. Au festival d’été, Bernard Haitink et l’Orchestre de chambre d’Europe donnent le coup d’envoi de ce qui va devenir un rendez-vous régulier : on les entendra en effet à Lucerne tout d’abord dans une intégrale Beethoven (2008–2009), ensuite dans l’ensemble des concertos et des symphonies de Brahms (2011–2012), puis dans des programmes Schumann (2014).
2009
Dr. Hubert Achermann est le nouveau président de la fondation du LUCERNE FESTIVAL. En contrepoint du thème de l’été, « la Nature », qu’approfondissent notamment les deux compositeurs en résidence Kaija Saariaho et Jörg Widmann, la LUCERNE FESTIVAL ACADEMY met au centre de son travail des œuvres faisant appel à un dispositif électro-acoustique, notamment Répons de Boulez.
2010
« Éros » est le thème de l’été, ce qui vaut au public, en version semi-scénique, un Fidelio de Beethoven avec Claudio Abbado et le LUCERNE FESTIVAL ORCHESTRA, et un Tristan et Isolde de Wagner avec Esa-Pekka Salonen, le Philharmonia Orchestra, et des vidéos de Bill Viola. Pour la première fois, la fête de l’Association Suisse des Musiciens est intégrée au festival et donne lieu à de nombreuses créations mondiales.
2011
En réaction à la catastrophe de Fukushima, le 11 mars, Michael Haefliger lance le projet LUCERNE FESTIVAL ARK NOVA, une salle de concert mobile conçue par Anish Kapoor et Arata Isozaki qui permettra de proposer une offre culturelle dans la région sinistrée. Bernard Haitink donne au festival de Pâques sa première classe de maître à l’intention des jeunes chefs. Au festival d’été débute la série « Perspectives Pollini » dans laquelle le pianiste associe des sonates de Beethoven à des pages contemporaines de Lachenmann, Manzoni, Sciarrino et Stockhausen. Avec le thème « Une fête pour Lucerne », le festival a choisi de s’ouvrir sur un public encore plus large en proposant par exemple des concerts dans le parc de l’Inseli, un son-et-lumière et des soirées dansantes. L’offre jeune public s’étoffe également et est regroupée dans la catégorie « Young ». Le festival de piano est placé sous le signe du deux-centième anniversaire de la naissance de Franz Liszt.
2012
Claudio Abbado dirige au festival de Pâques l’Orchestre Mozart, dernière en date des nombreuses formations qu’il a créées. Nikolaus Harnoncourt se produit pour la dernière fois à Lucerne. À l’issue du festival d’été, Pierre Boulez, la LUCERNE FESTIVAL ACADEMY, l’Ensemble intercontemporain et la soprano Barbara Hannigan interprètent Pli selon pli du compositeur français à Turin, Milan, Amsterdam, Paris, Munich et Londres – ce seront les derniers concerts de Boulez à la tête de l’académie. Abbado et le LUCERNE FESTIVAL ORCHESTRA donnent un concert de bienfaisance pour le Teatro Communale de Ferrare qui a été endommagé par un tremblement de terre.
2013
Au festival de Pâques, Gustavo Dudamel et l’Orchestre philharmonique de Los Angeles présentent l’oratorio The Gospel of the Other Mary de John Adams, dont le festival est l’un des commanditaires, dans une mise en scène de Peter Sellars. Le LUCERNE FESTIVAL fête son soixante-quinzième anniversaire avec le thème « Révolution ». Parmi les grands moments de l’été figurent la première intégrale lucernoise de la Tétralogie de Wagner, avec Jonathan Nott et l’Orchestre symphonique de Bamberg, et la « Journée du 75e anniversaire », une journée entière de musique dans toutes les salles du KKL qui attire plus de sept mille cinq cents amateurs. Abbado dirige l’Inachevée de Schubert et la Neuvième Symphonie de Bruckner dans ce qui sera son dernier concert. Lorin Maazel, qui se charge de clôturer le festival avec le Philharmonique de Vienne, est lui aussi pour la dernière fois à Lucerne. En septembre et en octobre, la salle de concert gonflable LUCERNE FESTIVAL ARK NOVA est montée pour la première fois à Matsushima, au Japon. Elle sera réutilisée en 2014 et 2015 à Sendai puis à Fukushima.
2014
Abbado s’éteint en janvier. Au festival de Pâques, « son » LUCERNE FESTIVAL ORCHESTRA lui rend hommage dans un concert commémoratif, puis on confie à Andris Nelsons la direction des concerts de l’orchestre au festival d’été. Deux nouvelles entités sont créées : « Young Performance », un « laboratoire artistique » où sont inventées de nouvelles formes de concert à l’intention du jeune public (la première production, HEROÏCA, est d’emblée récompensée par le prix Junge Ohren) ; et les LUCERNE FESTIVAL ALUMNI, réseau international des anciens stagiaires de l’académie.
2015
À l’occasion du quatre-vingt-dixième anniversaire de Boulez, fondateur et directeur de la LUCERNE FESTIVAL ACADEMY, est organisée une « Journée pour Pierre Boulez » au cours de laquelle l’académie et l’Ensemble intercontemporain interprètent des œuvres du nonagénaire et de nouvelles partitions écrites à son intention entre autres par Heinz Holliger, György Kurtág et Wolfgang Rihm. Tod Machover, le compositeur en résidence, présente sa Symphonie pour Lucerne, un portrait sonore de la ville né en étroite coopération avec les Lucernois. Après le festival d’été, le LUCERNE FESTIVAL ORCHESTRA et Andris Nelsons font une grande tournée européenne et donnent notamment deux concerts dans la nouvelle Philharmonie de Paris. Le festival de piano propose une nouveauté : une « Journée des claviers » qui met sous les feux de la rampe l’orgue Goll auquel sont consacrés plusieurs concerts.
2016
Riccardo Chailly donne son premier concert en qualité de nouveau chef titulaire du LUCERNE FESTIVAL ORCHESTRA avec au programme la Huitième Symphonie de Mahler. Wolfgang Rihm prend la succession de Pierre Boulez, qui s’est éteint en janvier, comme directeur artistique de la LUCERNE FESTIVAL ACADEMY ; il sera secondé par un « chef principal », Matthias Pintscher. Avec le thème « PrimaDonna », le festival d’été se penche sur le rôle de la femme dans la vie musicale et la programmation fait une large place aux musiciennes – compositrices, solistes et chefs. Six directrices d’orchestre se produisent au cours de la première « Journée spéciale » du festival, une journée entière de musique au KKL. Bernard Haitink et Daniel Barenboïm fêtent leurs cinquante ans de concerts à Lucerne, Anne-Sophie Mutter et Maurizio Pollini en sont quant à eux déjà à quarante ans de présence au festival.