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Migrations
MIGRATION (diversité, multiculturel, tolérance, partage, etc.)
Définition (source Nations unies)
Depuis toujours, l’humanité a été en mouvement. Certaines personnes se déplacent pour trouver un travail ou d'autres perspectives économiques, pour rejoindre leur famille ou pour étudier. D’autres se déplacent pour fuir un conflit, des persécutions, le terrorisme ou des violations des droits humains. D’autres encore n’ont d’autre choix que de se déplacer face aux conséquences des changements climatiques, aux catastrophes naturelles ou à d’autres facteurs environnementaux. Aujourd’hui, il n’y a jamais eu autant de personnes vivant dans un autre pays que celui dans lequel elles sont nées. En 2019, le nombre de migrants dans le monde était d'environ 272 millions de personnes, soit 51 millions de plus qu'en 2010. Toutefois, la proportion de migrants au sein de la population mondiale n’est que légèrement plus grande, passant de 2,3 % en 1980 à 2,8 % en 2000.Si de nombreux individus font le choix d’émigrer, de nombreux autres n'ont pas le choix. On dénombre 79,5 millions de personnes déracinées à travers le monde à la fin de 2019, parmi lesquelles 26 millions de réfugiés, 4,2 millions de demandeurs d’asile et plus de 45,7 millions de personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays.
Guerre des Balkans 1989 : les Kosovars arrivent à Genève
En 1989, le nouveau président Serbe, Slobodan Milošević, s’oppose à l’autonomie du Kosovo et réprime violemment des révoltes. En 1990, les leaders albanais déclarent l’indépendance du Kosovo qui est rejetée par le gouvernement serbe. Le conflit débute avec la création de l’armée de libération du Kosovo (UCK) L’Office fédéral des réfugiés ODR est chargé de l’accueil des milliers de réfugiés qui fuient les bombardements. Selon les pronostics de l’époque, on n’attendait pas moins de 50 000 réfugiés en provenance des Balkans. Pour y faire face, le Département de l’instruction publique (DIP) met en place, en 1993, une « task force » associant tous les partenaires sociaux, dont la FASe qui jouera un rôle très important dans le dispositif d’accueil des réfugiés, principalement auprès de familles et des enfants.
Constituer un mouvement associatif
Pour Ueli Leuenberger, acteur clé de l’accueil des réfugiés en 1995, il fallait réagir vite et constituer un mouvement associatif. De celui-ci naîtra l’Université Populaire Albanaise (UPA) et un local pour les jeunes, le « Rinia contact » :
« Il y a eu plusieurs attitudes. Il y a eu assez rapidement un sou- tien de la FASe et des professionnels, lorsqu’il a fallu accueillir des familles. Bon, il y avait parfois aussi un sentiment de concurrence. Je l’ai senti, parfois, envers moi. Les Albanais prenaient aussi des initiatives extrêmement utiles et intéressantes. Quand il y avait des situations difficiles à résoudre, ils avaient tout à coup recours à l’un de ces vieux sage... Un homme de soixante ans, avec ses grosses moustaches, ouvrier du bâtiment. Il se retrouvait avec une psychologue et un travailleur social et ce n’était pas facile de faire reconnaître cet homme qui avait un rôle essentiel pour nous permettre de décortiquer la situation ou au moins de calmer le jeu, ce qui permettait aux institutions de reprendre le travail plus sereinement.
La situation géopolitique de cette époque nous montre qu’après l’intervention militaire américaine, la Suisse était un des premiers pays à reconnaître l’État de Kosove. Ces réfugiés connaissent les fonctionnements suisses. On relève la force de cette communauté qui migre et son autonomie d’intégration. »
Favoriser les ressources de la personne migrante
À ce propos, plusieurs recherches académiques se développent, dont celle de Sandro Cattacin qui analyse les dispositifs d’accueil organisés pour les migrants. À partir de là, on s’interroge sur le rôle rempli par les travailleurs sociaux, notamment dans les années 93 à 98. A-t-il été à la hauteur de ce qu’il fallait faire ? Aurait-il mieux valu ne rien faire ?
Favoriser les ressources de la personne migrante
À ce propos, plusieurs recherches académiques se développent, dont celle de Sandro Cattacin qui analyse les dispositifs d’accueil organisés pour les migrants. À partir de là, on s’interroge sur le rôle rempli par les travailleurs sociaux, notamment dans les années 93 à 98. A-t-il été à la hauteur de ce qu’il fallait faire ? Aurait-il mieux valu ne rien faire ?
Il faut davantage lire la question de l’accueil des Kosovars comme une question liée à l’auto-organisation plutôt qu’une question de soutien à la personne. On oublie régulièrement que selon qui on a devant soi, ce peut être une personne pleine de ressources et de possibilités de se développer. Et le regard complexe qu’on peut avoir autour d’une personne aujourd’hui en difficulté, serait de ne pas l’aider « comme ça ». Regarder tout d’abord les ressources qu’elle a, ses compétences, ses réseaux de soutien. Ça, c’est un travail qu’on peut mettre en place grâce au travail social. C’est sans doute une leçon importante à tirer de ces années de « romantisme », présent dans le travail social. Aujourd’hui, on a un certain professionnalisme dans le travail en « lisant » mieux les personnes qu’on a devant soi. La meilleure des choses qu’on pourrait faire pour les gens qui arrivent dans ce pays est de leur ficher la paix. Et de faire une législation forte anti-discriminatoire. C’est-à-dire : les jeunes et les moins jeunes qui arrivent dans ce pays, ils veulent juste être traités d’une manière méritocratique. « Tu fais ça, tu effectues telle tâche, donc tu mérites ce que tu es capable de faire ». Ça, c’est la première leçon, je pense. Dès qu’on entre dans un jeu où on dit « tu es faible, tu as besoin d’aide », on voit que les gens réagissent assez bien, mais que ce n’est pas ça qu’ils veulent.
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