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La lenteur de la procédure s’explique par sa «dimension hors du commun», invoque la Cour suprême zurichoise.
Le procès en appel de l’ancien patron de Raiffeisen Pierin Vincenz et de ses présumés complices n’aura pas lieu avant juillet 2024. La lenteur de la procédure s’explique par sa «dimension hors du commun», invoque la Cour suprême zurichoise.
En avril 2022, le Tribunal de district de Zurich a condamné l’ancien directeur général de la banque Raiffeisen à trois ans et neuf mois de prison pour gestion déloyale par métier, abus de confiance, escroquerie, tentative d’escroquerie, corruption passive, faux dans les titres et d’autres délits économiques. Il a aussi écopé d’une peine pécuniaire avec sursis.
Pierin Vincenz a fait appel du jugement, tout comme la plupart des autres accusés. Son acolyte Beat Stocker, ex-patron de la société de cartes de crédit Aduno, a écopé de 4 ans de prison et d’une peine pécuniaire avec sursis. Trois complices présumés ont été sanctionnés de peines pécuniaires avec sursis. Un coaccusé a été acquitté, un autre a vu la procédure contre lui classée.
Après avoir étudié les 1200 pages des considérants écrits du jugement, la Cour suprême zurichoise ne peut agender une date de procès plus proche qu’à l’été 2024, indique-t-elle. Le dossier est «d’une ampleur très importante».
Selon le tribunal de première instance, Pierin Vincenz et Beat Stocker ont placé des participations occultes dans des sociétés destinées à être rachetées par Raiffeisen ou Aduno, dans le seul but de s’enrichir. Le Ministère public évalue la somme délictueuse à 9 millions de francs pour Pierin Vincenz et 16 millions pour Beat Stocker. Le duo devra rembourser 2,6 millions de francs à une société rachetée.
Pierin Vincenz était aussi accusé d’avoir financé de grosses dépenses privées à travers des notes de frais: 200’000 francs pour des visites dans des clubs de strip-tease dans toute la Suisse et 250’000 francs pour des voyages. Il a justifié ces dépenses par le besoin d’entretenir ses relations avec ses clients.
Pour les juges, il s’agit, au contraire, de cas de gestion déloyale. Ses voyages privés à Dubaï ou avec son club de cuisiniers amateurs à Majorque aux frais de la banque tombent sous la même catégorie de délit.
Sous ses notes de frais, Pierin Vincenz aurait aussi inscrit un entretien d’embauche qui n’était autre qu’un rendez-vous galant dans un restaurant de luxe par l’intermédiaire de l’app de rencontres Tinder. Il en va de même de la rénovation d’une chambre d’hôtel qu’il avait dévastée. Selon le jugement, le principal intéressé devra rembourser environ 300’000 francs à la banque Raiffeisen pour ses notes de frais abusives.