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Le bisphénol A, substance présente dans les plastiques et soupçonnée d'agir sur le système endocrinien, ne présente pas de risque pour la santé. Selon un rapport, la dose journalière est trop faible pour être dangereuse. Des mesures sont quand même envisagées.
Le rapport, adopté vendredi par le Conseil fédéral, se base en grande partie sur une évaluation scientifique de l'Agence européenne de sécurité alimentaire (EFSA). Selon ce document, le bisphénol A (BPA) à haute concentration peut engendrer des conséquences négatives sur le foie et les reins.
En revanche, les différentes études menées jusqu’à ce jour n'ont jamais mis en évidence le fait que le BPA puisse avoir des effets sur les systèmes reproductif, immunitaire, métabolique, cardiovasculaire et nerveux, ou encore être à l’origine de cancers.
Un peu partout
Le BPA est principalement utilisé comme matière première pour la production de polycarbonate qui se retrouve dans la vaisselle, les ustensiles de cuisine, les réservoirs des distributeurs d'eau, etc. Sa résistance thermique en fait un matériau adapté à un usage au four à micro-ondes.
Le deuxième emploi le plus fréquent du BPA est la fabrication des résines qui sont notamment utilisées comme couche de protection intérieure des boîtes et récipients destinés aux aliments, boissons et autres liquides. Le BPA a la propriété de se libérer de ces différents matériaux dans des conditions chimiques spécifiques et en faibles quantités.
Doses très faibles
L’exposition globale moyenne est de 2 à 5 fois inférieure à celle des groupes de population fortement exposés et ce pour toutes les classes d’âge. Ainsi, même en cas de forte exposition, les valeurs d’absorption sont toutes largement en dessous de la valeur journalière tolérable de 4 μg/kg de poids corporel KG/jour, indiquée par l'EFSA.
Les mesures dans plusieurs groupes de population soumis à une forte exposition ont effet montré les valeurs suivantes: chez les nourrissons jusqu’à 6 mois, elle est de 0,6 μg/kg KG/jour quelle que soit leur alimentation. Pour des enfants âgés de 3 à 10 ans, elle est estimée à environ 1,3 μg/kg KG/jour et pour des adultes, il faut compter 1,5 μg/kg KG/jour.
A ce jour, les faibles doses de bisphénol A dans le corps ne présentent aucun effet nocif pour la santé qui pourrait remettre en cause les évaluations toxicologiques effectuées par les autorités fédérales suisses compétentes. Reste que les effets à faible dose font débat au sein de la communauté des toxicologues et sont encore en phase de controverse scientifique.
Ordonnance sur les jouets adaptée
D'où une grande prudence de la Confédération qui entend suivre attentivement les recherches en cours et veut prendre des mesures de prévention. Elle compte adapter en 2016 l'ordonnance sur les jouets en suivant la valeur limite de migration du BPA adoptée par l'Union européenne. Idem pour les objets et matériaux: si l'UE relève ses valeurs limite selon la recommandation de l'EFSA, la Suisse devrait suivre.
Pour les biberons, le Département fédéral de l'intérieur propose de s'aligner sur l'UE et d'interdire le BPA dans les biberons en polycarbonate. L'industrie a cependant déjà pris les devants. Quant aux papiers thermiques utilisés dans les caisses, le Conseil fédéral va examiner d'éventuelles mesures afin de mieux protéger le personnel de vente.
Comme le bisphénol A présente un défi multiface comprenant autant des aspects de santé, de protection des patients ou d'employés et de l'environnement, un groupe de travail interdépartemental a été mis en place pour suivre attentivement les développements sur ce dossier.
ATS