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D’un emploi dans l’hôtellerie en 1900 à la tradition familiale actuelle :
La construction de notre hôtel familial s’inscrit dans la plus pure tradition de la grande épopée hôtelière de la fin du 19ème-début du 20ème siècle.
D’autres grandes histoires similaires ont vu le jour à cette époque, comme celle de César Ritz, quittant une famille pauvre d’un petit village de montagne, voyageant et travaillant en gravissant années après années les échelons de la hiérarchie hôtelière, mais, malheureusement, peu de familles ont su conserver leur patrimoine comme la nôtre.
Rentrez dans l’histoire de notre famille hôtelière dont le titre le plus représentatif est « d’un emploi dans l’hôtellerie en 1900 à la tradition familiale actuelle » :
Jean (1863-1916) et son frère Joseph (1879-1959) Chevrier sont originaires de Lannaz (commune d’Evolène).
Les deux frères partent travailler à l’étranger dans l’hôtellerie. L’aîné Jean revient à Evolène et construit l’hôtel Beau-Site en 1901 au nord du village. Le bâtiment comporte deux étages et les combles. Au rez-de-chaussée se trouve la réception et la salle à manger. Les caves ainsi qu’un café sont aménagés à l’entresol.
La saison d’été voit défiler de nombreux touristes. Certains habitants travaillent, d’autres vendent quelques produits, du lait, de la crème ou du jambon. La vie de l’hôtel se développe avec celle du village. Après le décès accidentel de Jean en 1916, sa femme, Marie-Louise Chevrier-Richard, d’origine parisienne quitte la région.
C’est alors le frère cadet Joseph qui, ayant travaillé à Londres et à Paris, rachète l’hôtel.
En juillet 1932, la reine des Pays-Bas Wilhelmine y séjourne avec toute sa suite.
Vers 1940, il construit l’annexe où il installe la cuisine et la salle à manger. L’hôtel est transformé et change de nom. Désormais, il s’appellera l’hôtel Hermitage. Entre-temps, Joseph assure la présidence de l’office du tourisme et est, notamment, initiateur d’un projet de télécabine reliant Evolène – Arbey et le Ché Rô, sur l’alpage de Chemeuille, site actuel des remontées mécaniques d’Evolène. Le projet est refusé.
Joseph travaille à Montreux comme directeur des hôtels Terminus et des Rochers-de-Naye). Il y crée des réseaux avec, notamment, les familles Béard (argenterie), Miauton (matériaux de construction), Held (menuiserie) et Milliquet (sanitaire). Ce sont ces partenaires qui rachètent le Grand Hôtel du Parc à Villars-sur-Ollon et demandent à Joseph de s’en occuper et d’en devenir progressivement propriétaire, n’étant pas eux-mêmes hôteliers. Son fils unique, Marcel, va lui succéder à Villars.
Quant à l’hôtel Hermitage, Joseph en avait confié la direction à Madame Olga Roth-Sieger qui, pendant 40 ans, en assume l’exploitation. Au cours de cette période commence le tourisme d’hiver. Le chauffage central est installé. En 1970, la fille de Marcel Chevrier, Claude reprend l’exploitation. Claude et Roger Gaspoz apportent des améliorations : des salles de bain sont installées, l’aménagement est revu, tout en conservant lâme historique du bâtiment.
Depuis 2010, c’est Olivier, fils de Claude et Roger qui reprend la gestion de l’hôtel et travaille dans le cadre de l’association Rev’Olèïnna au re-développement hôtelier villageois par l’intermédiaire de la valorisation du riche patrimoine bâti local.
Ainsi, depuis plus de 100 ans, l’hôtel est toujours exploité par la famille descendant du constructeur.
Rev’Olèïnna est un projet d’hôtel décentralisé dont le but est de sauvegarder et valoriser le riche patrimoine bâti des villages de la commune d’Evolène en créant de nouveaux lits hôteliers dans ses différents bâtiments : hôtel historique, maison villageoise traditionnelle, grange écurie, raccard et grenier.
Cette belle histoire familiale et ce projet innovant ne doivent pas masquer les difficultés actuelles de la petite hôtellerie de montagne :
- Manque de soutien politique comme peuvent l’avoir nos voisins autrichiens ou nos amis viticulteurs
- Rares aides des banquiers qui considèrent notre activité comme trop risquée. Critique injustifiée vu le nombre de domaines dont les risques sont plus élevés.
- Manque de vision stratégique des destinations de montagne privilégiant bien souvent le tourisme de construction au grand désarroi de l’hôtellerie locale
C’est pourquoi, nous voulons aujourd’hui innover avec le projet Rev’Olèïnna afin de redynamiser un secteur oublié qui a fait la renommée touristique de notre région.
Comme dans tous les projets, il reste à trouver des investisseurs ou plutôt des partenaires, souvent bien difficiles à convaincre car ayant tous délaissé l’esprit qui a fait la renommée de notre région, et ce, malgré un label Innotour reçu de la confédération suisse, mais comme toujours, nul n’est prophète en son pays.
Au plaisir de vous accueillir à l’Hermitage.
Famille Gaspoz-Chevrier