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Zürich, 22.06.2020
Le supercalculateur japonais Fugaku a décroché la palme du superordinateur le plus rapide au monde. Cet appareil est développé par l'institut public de recherche Riken en partenariat avec le groupe informatique nippon Fujitsu.
Fugaku est arrivé en tête du dernier classement dévoilé par le site spécialisé Top500, a annoncé lundi l'institut Riken dans un communiqué. Il a détrôné le supercalculateur américain Summit, développé par IBM et installé dans le laboratoire national de physique nucléaire d'Oak Ridge (Tennessee). Summit était arrivé premier lors des quatre derniers classements de ce site de référence, lesquels sont publiés deux fois l'an.
La vitesse de Fugaku (un autre nom du Mont Fuji en japonais) est environ 2,8 fois supérieure à celle de Summit, soit 415,53 pétaflops contre 148,6 pétaflops. Un pétaflop correspond à un million de milliards d'opérations à la seconde.
Fugaku ne devrait être mis en service à 100% qu'à partir de 2021, mais il a déjà commencé à être utilisé dans le cadre des recherches sur le Covid-19, notamment en modélisant la manière dont les gouttelettes issues de la respiration peuvent se disséminer dans un bureau ou un train bondé lorsque les fenêtres sont ouvertes.
Il devrait aussi être appelé à terme à contribuer à la recherche de nouveaux médicaments, de nouvelles solutions énergétiques et industrielles, à la simulation de catastrophes naturelles ou encore à la recherche fondamentale sur l'univers, selon l'institut Riken.
Formidable puissance de calcul
Outre le Top500, Fugaku s'est aussi installé en tête des classements Graph500, HPCG et HPL-AI: c'est la première fois qu'un supercalculateur prend simultanément la première place de ces quatre classements, selon l'institut Riken.
Les supercalculateurs sont un élément essentiel de la recherche dans des domaines aussi variés que l'intelligence artificielle ou l'informatique quantique, du fait de leur formidable puissance de calcul.
Ils font l'objet d'une compétition acharnée entre les grandes puissances économiques mondiales, surtout entre les Etats-Unis et la Chine qui disposent à eux seuls de 70% des supercalculateurs présents au Top500.
Aussi la première place de Fugaku, la première pour un supercalculateur japonais depuis 2011, risque de ne pas durer. Trois supercalculateurs américains visant une puissance de calcul mesurée en exaflops, soit plusieurs milliards de milliards d'opérations à la seconde, devraient être lancés dans les prochaines années.