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Entre 1993 et 1998, le cœur de la réforme était le découplage des prix et des revenus. Les prix des produits garantis par l'Etat ont été progressivement réduits, de même que la protection aux frontières, conformément aux exigences de l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Entre 1999 et 2002 (PA 2002), la politique agricole a été orientée sur l'amélioration de la compétitivité. Dans la troisième phase de la réforme (2004 et 2007) de nouvelles mesures visant à renforcer la compétitivité de l'agriculture ont été prises, telles que la préparation de la suppression progressive du système de quotas laitiers ou de la mise aux enchères de contingents tarifaires pour la viande de boucherie. En outre, des mesures ont été prises pour garantir la durabilité sociale: aide à l'exploitation, aide à la reconversion professionnelle, etc.
La politique agricole 2011, menée durant la période 2008 à 2011, visait également à renforcer la compétitivité du secteur agricole. Le système des quotas laitiers a été complètement aboli en 2009, avec un succès discutable.
Pour la période de 2011 à 2013, le Parlement a adopté une solution de transition jusqu'en 2014 et a adopté l'arrêté fédéral sur les moyens financiers destinés à l'agriculture en 2012 et 2013. En 2014, la nouvelle politique agricole (2014-2017) entre en vigueur. Au cœur de cette nouvelle politique agricole, on trouve une extension du système des paiements directs et, entre autres, une révision de la loi sur l'agriculture afin de pouvoir réagir de manière optimale par rapport à l'évolution des conditions cadre de la politique agricole.
La politique agricole suisse actuelle est marquée à la fois par l'histoire et l'importance de l'agriculture suisse au siècle dernier (voir paragraphe sur l'histoire de l'agriculture), et aussi par la situation en constante évolution sur les marchés des produits agricoles.
La demande en produits alimentaires de base dépend fortement du prix. Indépendamment du prix, élevé ou bas, la population doit être approvisionnée en temps de paix aussi bien qu'en temps de crise. En même temps, les marchés agricoles sont très instables, et les prix peuvent varier considérablement en fonction des conditions du marché et des récoltes. Dans le cadre de son entreprise, l'exploitant ne peut pas réagir immédiatement à ces fluctuations du marché, car il est dépendant des cycles de croissance des végétaux et des rythmes de reproduction des animaux. Les reconversions ou l'adaptation ne sont ainsi réalisables qu'à long terme. C'est pourquoi, aujourd'hui, tous les pays industrialisés interviennent sur le marché agricole pour stabiliser ce déséquilibre et garantir la production de denrées alimentaires.
En Suisse, l'agriculture en tant que secteur économique est au centre des débats politiques. Aucun autre secteur économique ne dispose d'un propre office fédéral. La mission de l'agriculture suisse se base sur un article de la Constitution fédérale qui a été approuvé en 1999 par le peuple suisse. Une loi sur l'agriculture et plusieurs ordonnances encadrent ce mandat. Au centre de ce mandat constitutionnel, la Confédération veille à ce que l'agriculture, par une production à la fois durable et adaptée aux exigences du marché, garantisse l'approvisionnement de la population en denrées alimentaires. Plus généralement, le maintien des bases naturelles de l'existence et l'entretien du paysage rural sont également des fonctions importantes. Au premier plan, l'agriculture suisse doit répondre à des critères de compétitivité, de durabilité et de multifonctionnalité.