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D’où vient l’expression « une note salée » ?
Une note ou une addition « salée » est une facture d’un montant élevé. Cette expression exprime aussi l’idée que la somme à payer est bien supérieure à celle anticipée. Passée la surprise qu’elle peut représenter, celui qui doit s’en acquitter peut s’interroger légitimement sur l’origine de son appellation !
Deux hypothèses existent. Selon la première, on la doit à une taxe du Moyen âge portant sur le sel, appelée «gabelle». La vente du sel était à l’époque un monopole royal. Or ce produit était pour la population le seul moyen de conserver les aliments. S’appliquant à un produit indispensable aux foyers, la taxe fut très impopulaire et à l’origine de révoltes et soulèvements.
Selon une autre hypothèse, l’expression s’explique tout simplement par le goût du sel. Saupoudré en trop grande quantité sur un plat il le rend difficile à avaler, à l’image de l’addition qui resterait en travers de la gorge de celui-ci qui serait dans l’obligation de s’en acquitter.
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Pourquoi dit-on « au temps pour moi » ?
Cette locution permet à une personne de reconnaître son erreur et d’adapter son avis en fonction de cette celle-ci. S’il est fréquent de voir écrit « autant pour moi », l’Académie française est formelle : l’orthographe à retenir est « au temps pour moi ». Et cette orthographe découle précisément de l’origine de l’expression.
Dans le langage militaire, l’injonction « au temps ! » est utilisée pour commander la reprise d’un mouvement depuis le commencement. L’idée est donc de reprendre pour corriger. Ainsi il est naturel que cette injonction appliquée à soi-même se traduise par « au temps pour moi ».
Quant à la version familière « autant pour moi », largement employée de nos jours, personne n’est capable de la dater avec précision. Certains comme Maurice Grevisse, avancent même qu’elle est antérieure à celle orthographiée « au temps » ; alors que pour d’autres linguistes les deux versions doivent être considérées comme distinctes.
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Quelle est l’origine de « bayer aux corneilles » ?
« Bayer aux corneilles » désigne depuis le 16ème siècle le fait de ne rien faire d’utile, de regarder futilement en l’air, oisivement.
Le verbe « bayer » est à distinguer de « bâiller ». Il signifie ici être bouche bée, c’est à dire avoir la bouche ouverte. A l’époque de l’apparition de l’expression, « corneille » est employé pour les choses anodines, négligeables. On dit par exemple « voler pour corneille » pour indiquer d’une chasse qu’elle portait sur un gibier de médiocre qualité.
« Corneille » vient donc de façon presque redondante doubler l’idée d’absence d’importance et donner à l’expression la signification littérale suivante : rester bouche bée devant une chose ayant très peu d’intérêt.
Mais aux corneilles, gageons que certains préfèreront toujours « regarder les mouches voler » !
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Pourquoi dit-on « sous la houlette » de quelqu’un ?
On peut dire de quelqu’un qui se trouve sous le commandement, la protection ou la conduite d’une autre personne, qu’elle est « sous sa houlette ». Ainsi par exemple des adolescents qui souhaitent devenir sportifs professionnels peuvent être placés pour la durée d’un stage « sous la houlette » d’un entraineur célèbre et respecté.
Cette expression est une métaphore pastorale datant du XIIIème siècle. La « houlette » est en effet un bâton de berger particulier utilisé depuis cette époque. Sa forme recourbée en son extrémité forme un crochet, un peu à la façon de la crosse des évêques. Grâce à cet appendice on peut attraper facilement les animaux par leurs pattes.
De plus à son extrémité se trouve une plaque métallique incurvée, qui permet aux bergers de saisir et de projeter des cailloux ou des mottes de terre sur les animaux, brebis, vaches ou moutons, qui sortiraient du troupeau.
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Pourquoi dit-on « être le benjamin » ?
La personne la plus jeune au sein d’un groupe est appelée le « benjamin ». Cela est vrai au sein d’une famille dans une fratrie, mais pas uniquement. On peut ainsi être le benjamin dans un groupe de retraités dès lors que l’on est le moins vieux !
Si cette expression est apparue au XVIIIe siècle, son origine remonte à des temps bien plus anciens. Dans la Genèse, au chapitre 37, on peut lire que Jacob a eu treize enfants, avec quatre femmes différentes. Or comme père, il avait une affection particulière pour le dernier né, qui se prénommait Benjamin.
Benjamin était donc à la fois le plus jeune des fils de Jacob et son préféré.
Par la suite Benjamin dirigea l’une des douze tribus d’Israël, et ce prénom fut utilisé pour désigner l’enfant le plus jeune d’une famille, puis plus largement de tout groupe d’individus.
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D’où vient l’expression « fleur bleue » ?
« Etre fleur bleue » signifie être tendre, sensible. De nos jours cette expression est souvent utilisée de manière gentiment péjorative pour désigner quelqu’un qui se laisse facilement envahir par des sentiments naifs et parfois disproportionnés.
Si dans le langage des fleurs le bleu clair exprime l’idée de la tendresse idéale et inavouée, cette expression trouve son origine au début du 19ème siècle dans un poème de l’allemand Novalis, c’est-à-dire le baron Friedrich von Hardenberg. Dans Henri d’Ofterdingen il traite de la légende d’un troubadour au Moyen Age parti en quête d’un idéal. Ce faisant il découvre la poésie, symbolisée par une fleur bleue.
Puis en France le sens de l’expression évolua légèrement, ne désignant plus simplement un style littéraire, mais un sentiment. Mais l’un n’exclut pas l’autre, au contraire !
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Pourquoi dit-on « ne pas être dans son assiette » ?
Celui qui n’est « pas dans son assiette » ne se sent pas bien. Il n’est pas dans son état normal.
Cette expression semble étrange car même quand tout va bien peu de monde saute à pieds joints dans son assiette sur la table familiale !
Jusqu’au XVIème siècle, on mangeait non pas dans une assiette individuelle mais dans un grand plat mis à disposition de tous au centre de la table. L’« assiette » n’est donc pas le plat. Ce mot renvoie au verbe « asseoir ». L’« assiette » est la place à laquelle on est « assis », la disposition physique d’abord puis rapidement l’état d’esprit, l’humeur. Si l’on n’est pas dans son assiette, on est mal assis, et donc de mauvaise humeur.
Celui qui n’est « pas dans son assiette » peut d’ailleurs avoir du mal à la finir !
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D’où vient l’expression « après moi le déluge » ?
Celui qui s’exclame « après moi le déluge » désire faire connaitre son indifférence pour ce qui adviendra après sa mort.
Certains attribuent ces mots à Louis XV qui, pressentant la fin de la monarchie, se serait exprimé ainsi pour faire savoir qu’il se moquait de ce que pourrait faire son dauphin, Louis XVI, après sa disparition: « Au reste, les choses comme elles sont dureront autant que moi ; après moi le déluge ». Elle est donc le propos d’une personne ayant peu de souci de ses héritiers et de son pays.
Le mot « déluge » est une référence directe au Déluge de la Bible dont seul Noé sortit vivant avec sa famille et toutes les espèces animales montés à bord de son arche, ce navire construit sur l’ordre de Dieu afin de les sauver du Déluge.
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D’où vient l’expression « appeler un chat, un chat » ?
« Appeler un chat, un chat » signifie ne pas avoir peur de dire les choses telles qu’elles sont, en toute honnêteté.
Cette expression a une origine argotique grivoise. Dès le 17ème siècle un « chat » désigne le sexe féminin. Au milieu du siècle on peut lire sous la plume du poète Nicolas Boileau dans les Satires : « J’appelle un chat, un chat et Rollet un fripon. » L’auteur critique ainsi un magistrat du nom de Rollet, car celui-ci est suspecté de tremper dans de sombres affaires. L’auteur exprime ainsi l’idée qu’il dit la vérité, sans détours, face à l’hypocrisie de la société.
On explique aussi parfois l’origine de cette expression en la faisant découler d’une autre formule, « il entend chat sans qu’on dise minet », signifiant comprendre sans grandes explications. Elle était employée pour inciter les gens à dire la vérité sans la maquiller.
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