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Biographie
1834 Hilaire Germain Edgar De Gas naît le 19 juillet à Paris. Il est l’aîné des cinq enfants du riche banquier Auguste De Gas et de son épouse Marie Célestine Musson.
1845–1853 Edgar est élève au prestigieux Lycée Louis-le-Grand, où il suit aussi des cours de dessin.
1847 Sa mère meurt alors qu’il est âgé de treize ans. Le jeune homme se met à fréquenter les musées parisiens.
1853 Degas obtient l’autorisation d’exécuter des copies au musée du Louvre et au département des estampes de la Bibliothèque nationale. Il s’intéresse principalement aux maîtres italiens de la Renaissance comme Léonard de Vinci ou Michel-Ange. Pour répondre aux voeux de son père, Degas s’inscrit à la faculté de droit et y entame des études qu’il ne mènera cependant pas à leur terme.
1855 Par l’entremise du collectionneur Édouard Valpinçon, Degas fait la connaissance de Jean Auguste Dominique Ingres, alors âgé de 75 ans. Cette rencontre avec un artiste qu’il admire aura une influence déterminante sur sa vie. En avril, Degas est admis à l’École des Beaux-Arts, une des institutions les plus convoitées de Paris, mais il ne tarde pas à quitter l’établissement.
1856–59 Degas passe près de trois ans en Italie. Pendant ce séjour, il fait des centaines de dessins d’étude d’après des peintures des maîtres italiens du XIVe au XVIe siècle. À son retour à Paris, Degas quitte le domicile paternel et s’installe dans un atelier rue Laval, à proximité du boulevard de Clichy.
1860–65 Degas se tourne vers la peinture d’histoire et réalise des tableaux qui traitent de sujets bibliques, littéraires, historiques et mythologiques. C’est également à cette époque qu’il se met à faire des études de jockeys, de chevaux et de scènes de champs de courses, abordant ainsi une thématique qui devait l’occuper jusqu’au soir de sa vie. En 1862, Degas rencontre Édouard Manet, avec lequel se tissent les liens d’une longue amitié artistique. Manet le met en contact avec le groupe des futurs impressionnistes.
1866 Degas se détourne des sujets historiques pour se consacrer pleinement à la vie parisienne. Dans les années qui vont suivre, il trouvera ses motifs à l’opéra, dans les salles de théâtre et de concert, dans les cafés, les boutiques de mode, les galeries et les musées, les blanchisseries et les bordels, tout en continuant de fréquenter les champs de courses.
1869 Degas travaille pour la première fois au pastel, une technique qui deviendra l’un de ses moyens d’expression artistique favoris.
1870 Lorsque la France déclare la guerre à la Prusse le 19 juillet, Degas se porte aussitôt volontaire auprès de la Garde nationale et il est affecté, comme Manet, à une unité d’artillerie.
1871 Degas commence à fréquenter l’Opéra de Paris. Il y peint des danseuses, s’attachant à les représenter dans les situations et les poses les plus diverses. Elles seront désormais l’un des motifs majeurs de son oeuvre. Degas ressent les premiers symptômes d’une maladie oculaire qui allait lui causer bien des tracas.
1872 Degas fait un séjour de plusieurs mois à la Nouvelle-Orléans, en Louisiane, dans la famille de sa mère.
1874 À la mort de son père, la famille Degas traverse une situation économique délicate. En sa qualité de fils aîné et de célibataire, Edgar doit subvenir en grande part aux besoins des siens et se voit contraint de chercher à vendre ses oeuvres, ce qu’il n’avait guère fait jusqu’alors.
Il participe activement à la préparation de la première exposition d’un groupe d’artistes qui allaient recevoir à cette occasion le nom d’impressionnistes. L’exposition est mal accueillie par le public, même si les travaux présentés par Degas suscitent un écho positif chez quelques critiques.
1878 Le musée de Pau, dans le sud-ouest de la France, lui achète une peinture à l’huile, première oeuvre de l’artiste à faire ainsi son entrée dans une collection publique.
1881 Lors de la sixième exposition impressionniste, Degas montre pour la première fois, à côté d’autres travaux, une oeuvre de sculpture : sa Petite danseuse de quatorze ans, habillée de vrais vêtements et pourvue de vrais cheveux. Elle provoque un scandale parmi le public indigné par sa rudesse sans apprêt et l’impression de réalité qu’elle dégage.
1884 Vers cette époque, Degas se prend d’un intérêt croissant pour le motif de la femme nue à sa toilette, un sujet qui occupera bientôt, aux côtés de la danseuse, une place centrale dans l’ensemble de son oeuvre.
1885 Degas continue d’assister régulièrement aux spectacles du ballet de l’Opéra de Paris et compte parmi les rares personnes autorisées à se tenir en coulisses pendant les représentations.
1886 Degas participe à la huitième et dernière exposition impressionniste. Ses nus féminins en sont l’événement majeur, avec Un dimanche à la Grande Jatte de Georges Seurat. Presque aucun critique ne manque de s’exprimer à leur sujet, que ce soit positivement ou négativement. Dans les trois décennies qui vont suivre, Degas prend ses distances avec le public des amateurs d’art. Seules quelques rares expositions personnelles seront encore organisées avec son assentiment.
1892 Les Galeries Durand-Ruel présentent leur première exposition Edgar Degas. On peut y voir une sélection de monotypes de paysage en couleurs que l’artiste se met à réaliser à partir de 1890.
1893 Degas se consacre avec de plus en plus d’énergie à bâtir sa propre collection d’art et acquiert de nombreuses oeuvres, notamment d’El Greco, Ingres, Eugène Delacroix, Honoré Daumier, Édouard Manet, Camille Pissarro, Paul Cézanne, Paul Gauguin et Vincent van Gogh.
1894 En raison de l’aggravation de ses troubles oculaires, travailler devient de plus en plus difficile pour Degas. L’artiste n’en continue pas moins de produire des pastels et des fusains qui figurent des danseuses et des femmes à leur toilette, tout en se consacrant aussi à la sculpture.
1895 Degas montre beaucoup d’intérêt pour la photographie de portrait – une passion qu’il abandonne vraisemblablement l’année suivante. En choisissant de préférence des espaces intérieurs, il photographie ses amis et connaissances, soit en groupe soit individuellement.
1897 Degas vit de plus en plus retiré. En prenant parti contre Alfred Dreyfus dans la fameuse affaire déclenchée en 1894, il adopte une position contraire à l’opinion défendue par beaucoup d’intellectuels et d’artistes de son temps, ce qui accentue encore son isolement.
1908 Jusque vers cette date, l’activité artistique de Degas se décline en dessins et en pastels qui témoignent de son intérêt toujours aussi vif pour le portrait, les champs de course, les représentations de blanchisseuses et de modistes, mais surtout pour le motif de la danseuse et de la femme nue à sa toilette. La perte presque complète de la vue le contraint bientôt à abandonner le dessin et la peinture. L’artiste se tourne d’autant plus résolument vers la sculpture et réalise des études en cire de danseuses, de baigneuses et de chevaux de courses qui ne seront tirées en bronze qu’après sa mort.
1912 Signe d’une reconnaissance internationale sans cesse croissante, des oeuvres de Degas sont désormais présentées dans de nombreuses expositions en France, en Europe et aux États-Unis. De même, ses travaux font peu à peu leur entrée dans d’importantes collections privées européennes et américaines.
La destruction programmée de son immeuble situé au 37 de la rue Victor-Massé, anciennement rue Laval, où Degas a vécu et travaillé pendant vingt-deux ans, contraint le vieil artiste presque aveugle de 78 ans à déménager. Il trouve un nouvel appartement au 6 du boulevard de Clichy, mais renonce désormais à tout travail artistique. Dans ses dernières années, Degas vit extrêmement retiré et n’accueille plus que de très rares visiteurs.
1917 Edgar Degas meurt le 27 septembre des suites d'une attaque. Le lendemain, il est enterré en présence de ses collègues artistes dans le caveau familial du cimetière du Nord, à Montmartre.