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Dire que les poèmes de Rimbaud ont une dimension politique, ce n'est pas les réduire, mais au contraire mettre en évidence la conjonction particulière dans laquelle ils s'inscrivent.
Cette conjonction, nous aimerions l'explorer dans une triple direction. La première est celle d'une critique, empruntant à la caricature et au démontage, non seulement de l'Empire et de l'Église, mais aussi plus largement de l'Ordre bourgeois.
La deuxième dimension est étroitement liée à la Commune de Paris. Il convient de rappeler que pratiquement tous les artistes et intellectuels prirent fait et cause contre les communards, et que se dessina alors une ligne de fracture tant politique que culturelle. Les espoirs et la défaite, la condamnation haineuse et l'exil sont comme systématisés et retournés dans nombre de poèmes de Rimbaud. Ceux-ci offrent une manière de contre-culture et de contre-politique où se mêlentn l'utopie et le quotidien, la fête et la révolution, le lyrisme et le désenchantement.
Enfin, la troisième direction politique constitue à la fois une synthèse et une radicalisation des deux autres. Aux confins de la poésie et de la politique, Rimbaud en appelle à une révolution qui soit un bouleversement de tout et de tous, un dérèglement de la machine capitaliste. La vie à changer, l'amour à réinventer, le temps à libérer sont alors autant de mots d'ordre poétiques que politiques.