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Lors de la dernière conférence de la Société européenne de pneumologie, suite à un effort collectif important impliquant des pneumologues de toute l’Europe, des épidémiologistes et des spécialistes de l’économie de la santé, Le Livre blanc de la pneumologie a été publié, qui recense les maladies respiratoires et leurs répercussions économiques. Tous les pays faisant partie de l’Europe géographique sont inclus, y compris ceux de l’ancienne Union soviétique (www.whitebook.ersnet.org).
Il ressort de ce travail qu’un décès sur huit, en Europe, est secondaire à une cause respiratoire. La moitié de ces décès est liée aux cancers et aux bronchopneumopathies chroniques obstructives (BPCO). Le cancer pulmonaire représente 20% des morts par cancer. La moitié des dépenses en relation avec des maladies pulmonaires est liée au tabac, soit un coût direct de 27,4 milliards d’euros. Il est estimé que les maladies respiratoires engendrent 5,2 millions de jours de vie avec invalidité (DALYS) et que le coût global des maladies respiratoires est de 380 milliards d’euros. Sur le site, les données de chaque pays peuvent être retrouvées en pointant sur des cartes géographiques.
«… Les facteurs environnementaux jouent un rôle déjà in utero dans l’apparition de l’asthme …»
Un chapitre entier est consacré aux enfants, relevant que 20% des décès dans la période périnatale sont liés à un défaut de développement des poumons. Les bronchiolites sont la cause la plus fréquente d’admission hospitalière dans les douze premiers mois de vie et, par la suite, 25% des visites chez le pédiatre ont pour cause des problèmes pulmonaires. Les facteurs environnementaux ont un effet sur l’épigénétique et jouent un rôle déjà in utero dans l’apparition de maladies telles que l’asthme. Plus de 20% de la population vont développer, entre 5 et 80 ans, des symptômes d’asthme, la majorité cependant avant l’âge de vingt ans. La mucoviscidose est la maladie génétique grave la plus fréquente et 42% des malades atteints de cette affection ont plus de dix-huit ans, 5% plus de 40 ans.
Les infections sont d’importantes causes de morbidité, avec 3,3 millions de cas de pneumonie par an, 16 millions de bronchites aiguës et 20% de la population européenne atteinte de la grippe chaque année. Les bronchectasies sont sous-diagnostiquées et traitées trop souvent tardivement. La tuberculose, bien qu’en diminution, a entraîné 380 000 nouveaux cas en 2011.
Les troubles respiratoires du sommeil ne sont pas en reste. Les apnées obstructives du sommeil affectent entre 2 à 7% des hommes et des femmes dans les pays développés et sont associées à des coûts de santé qui sont doublés de par les comorbidités qui leur sont liées.
Pour l’horizon 2020, la Société européenne de pneumologie a identifié cinq domaines prioritaires de recherche qui sont : l’origine périnatale des maladies pulmonaires ; l’impact des styles de vie sur la santé respiratoire ; le rôle de l’environnement ; les altérations des défenses pulmonaires et les infections secondaires ; les maladies liées au vieillissement de la population. Une alliance biomédicale, regroupant 21 sociétés médicales comprenant 400 000 chercheurs, a été fondée pour obtenir en Europe une meilleure guidance de la recherche dans le domaine de la santé (www.biomedeurope.org). Le principe d’un groupe d’experts scientifiques pour coordonner la recherche a été validé et sera présenté avec l’acceptation du budget européen pour 2020. La pneumologie appelle de ses vœux, à l’horizon 2020, une meilleure recherche translationnelle, une optimalisation des transferts de connaissances et des collaborations interdisciplinaires.
«…Une alliance biomédicale, comprenant 400 000 chercheurs, a été fondée…»
Le Livre blanc est une occasion unique de mieux définir les axes prioritaires au niveau des politiques de la santé et des ressources à mettre en œuvre. Il serait souhaitable qu’une telle analyse soit réalisée spécifiquement en Suisse pour mieux définir nos besoins et les comparer à ceux de nos voisins.