Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07020.jsonl.gz/355

La diplomatie suisse a interdit à Carla Del Ponte de présenter à Milan son livre consacré à son expérience en tant que procureure du Tribunal pénal international pour l'Ex-Yougoslavie. A Berne, on juge cette promotion incompatible avec sa fonction d'ambassadrice.
Carla Del Ponte aurait dû présenter «La chasse, moi et les criminels de guerre» dimanche dernier dans la capitale lombarde. Or, le Ministère des Affaires étrangères a mis son veto, dans une lettre adressée la veille à la nouvelle ambassadrice de Suisse en Argentine. La missive se conclut par cette phrase: «Nous vous remercions pour un retour rapide à Buenos Aires».
«Il y a dans l'ouvrage des déclarations qui ne peuvent être faites en tant que représentante du gouvernement suisse», a indiqué lundi le porte-parole du Ministère.
Le livre, qui paraît aux éditions Feltrinelli, a été écrit en collaboration avec Chuck Sudetic, un reporter du New York Times. Il évoque les obstacles auxquels Carla Del Ponte à dû faire face dans sa traque des principaux responsables des crimes de guerres dans les Balkans dans les années 90, mais également au Rwanda, où elle a aussi été procureure.
Elle y accuse notamment les indépendantistes du Kosovo de s'être livré à un trafic d'organes prélevés sur leurs prisonniers serbes. Et affirme que l'actuel premier ministre de la province devenue indépendante était au courant.