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Meiental UR
Retour des clôtures en bois sur leurs terres d’origine
Dans le Meiental uranais, il fut un temps où murs en pierre sèche et clôtures en bois caractéristiques de la région étaient bien présents dans le paysage. Si ces palissades en lattes servant de bordures structurées ont failli disparaître complètement, elles connaissent un renouveau grâce à un projet de Pro Natura soutenu par le FSP.
Les prés «soigneusement entretenus» sont «entourés de murs bas en pierre et sur les pentes, de barrières en bois». C’est en ces termes que l’ethnologue bâlois Alfred Bühler décrit le Meiental dans sa thèse en 1928. Spécialisé par la suite en arts premiers des îles des mers du Sud, Alfred Bühler décrivait «les barrières formées de poteaux percés de fentes» typiquement uranaises et présentait leurs qualités: «Elles ont l’avantage qu’en hiver on peut aisément retirer les lattes horizontales et les poser à terre, de sorte qu’elles ne soient pas exposées à la pression de la neige».
Lorsque soixante ans plus tard, l’ancien chemin traversant le Meiental pour mener au col du Susten fut inscrit à l’Inventaire des voies de communication historiques de la Suisse (abrégé allemand IVS), les «clôtures en bois traditionnelles construites avec des poteaux percés de trois trous» existaient encore sur certains tronçons du chemin, mais à de nombreux endroits il n’en restait que des vestiges: elles ont été remplacées par des fils de fer, supprimées ou simplement laissées à l’abandon. Il ne demeure ainsi que des poteaux pourris sans lattes horizontales.
Lausanne VD
Parc de Sauvabelin
Autour du lac de Sauvabelin, le FSP a soutenu un projet de la Ville de Lausanne pour revaloriser cet «bulle de nature en ville». Concrètement, les berges bétonnées ont été éliminées et remplacées par des talus naturels, des biotopes ont été créés et on a planté arbres et buissons. Après deux ans de travaux, le «Parc de Sauvabelin» a été inauguré au printemps 2018. Le FSP a contribué à hauteur de quelques 100'000 francs aux coûts de renaturation de 1,2 million de francs. Au total, les frais de cette revalorisation profitant tant à l’homme qu’à la nature s’élèvent à 3,5 millions de francs, à charge de la Ville de Lausanne. Un parc d’agglomération attrayant a ainsi vu le jour, à proximité immédiate du Parc Jorat, le deuxième parc naturel périurbain de Suisse, en cours de réalisation.
Canton de Genève GE
Corridors verts liserant l’agglomération genevoise
Bocages et allées de chênes séculaires sont disséminés dans l’arrière-pays genevois. Paysage typique du canton de Genève, le bocage a été modelé par une pratique agricole traditionnelle qui divisait le territoire en une mosaïque de parcelles. Haies et alignements d’arbres délimitent tout en remplissant une fonction précise: à la fois lien et division, ces structures transforment des surfaces agricoles distinctes en paysages caractéristiques de grande valeur écologique.
Un taillis touffu dissimule l’étroit chemin qui serpente dans la campagne genevoise et parcourt d’innombrables prés, pâturages et bosquets, le tout se fondant en une entité harmonieuse. Autrefois, ces chemins servaient au transport de marchandises et voyaient passer des troupeaux de bétail.
Abritant un grand nombre d’espèces typiques, ces structures buissonnantes poussent à l’état sauvage et séparent les parcelles agricoles tout en protégeant champs, bêtes et hommes des dégâts dus au vent et aux intempéries. Ces haies comprennent des chênes séculaires – atteignant plus de 50 mètres de hauteur, certainement les arbres les plus voyants de la région – témoins de l’économie de subsistance d’une époque révolue: elles fournissaient tant du combustible que du fourrage pour le bétail. En cas de pénurie, les fruits, notamment les glands, servaient également à nourrir la population.
Monte Carasso/Bellinzona TI
Une clôture pour protéger des pâturages de grande valeur
Surplombant la plaine de Magadino sur le versant orienté au sud, un pâturage convoité s’étire le long d’une terrasse naturelle. Pour le protéger, on y a érigé autrefois une clôture en pierres dressées. Actuellement, ces dalles sont remises en état avec le soutien du FSP. Ce projet fait partie d’un vaste effort visant à préserver un paysage traditionnel.
Autrefois, l’emplacement de l’alpage Mornera était considéré comme idéal pour les activités agricoles: sa position sur les hauteurs le mettait à l’abri des ravages dus aux crues du Ticino. En effet, avant la correction des eaux dans la plaine de Magadino, les champs bordant cette rivière étaient régulièrement inondés, les paysans préféraient ainsi utiliser le versant proche.
On peut se rendre compte à quel point cette portion de terre plate était convoitée en consultant une chronique locale de 1969 intitulée «Notizie storiche su Monte Carasso». Elle retrace une dispute quasi centenaire sur le partage de l’alpage entre la bourgeoisie de Carasso et celle de Monte Carasso. Seule une clôture massive, dont le tracé a été déterminé précisément par un avocat en 1917, a permis de sceller la paix entre protagonistes.
Tösstal supérieur ZH
Des prés en forêt – bons pour les papillons
Le projet paysager du Tösstal supérieur développé par la Société de promotion des lépidoptères du canton de Zurich crée de nouveaux biotopes pour plusieurs espèces de papillons diurnes devenues rares. Certains arbres de cette forêt touffue sont ainsi abattus pour former trouées ou clairières.
Une incursion sur les contreforts boisés du lieu-dit Waldsberg en-dessus de Steg ZH montre que les coupes effectuées dans cette forêt ne profitent pas qu’aux papillons. Il y deux ans, il existait là une forêt dense, on trouve désormais une trouée où toutes sortes de graminées et d’autres plantes poussent entre des souches. Cette clairière reconstituée fait partie d’un projet novateur lancé au second semestre 2017 par la Société zurichoise de promotion des lépidoptères (Verein Schmetterlingsförderung).
Val Piumogna TI
Les bienfaits des pâturages boisés peuplés de mélèzes
Les forêts pâturées du Val Piumogna TI sont parsemées de mélèzes. Cette magnifique zone récréative remplit aussi des fonctions agricoles et forestières. Dans le Val Bedretto voisin, sur l’alpage Cristallina, les surfaces sont principalement dédiées aux activités économiques alpestres.
Le coin de forêt où nous nous trouvons est appelé Pian di Mezzo mais le terme Boscobello, qui signifie «Bois Joli», est plus courant. Et ce n’est pas un hasard. Sur cette petite clairière plane, en ce début d’automne, l’herbe est encore verte, alors que les mélèzes environnants sont déjà dorés, verts clair voire orangés suivant l’ensoleillement.