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Le Conseil fédéral appelle, évidemment, à refuser l'initiative du GSsA visant à interdire les exportations d'armes, initiative soumise au vote populaire le 29 novembre prochain. L'argument du gouvernement à l'appui de ce rejet est économique : renoncer aux exportations d'armes, ce serait mettre en danger une industrie qui emploie plus de 5000 personnes, à moins d'investir dans sa reconversion, ce qui coûterait un demi-milliard par an pendant dix ans. C'est exactement ce que propose l'initiative, actualisant le vieux slogan des deux premières Internationales : transformer les épées en socs de charrues. La droite, toute unie, UDC comprise, a créé un comité pour combattre l'initiative, en gonflant les chiffres gouvernementaux : là où le Conseil fédéral parle de 5100 emplois menacés, les partis de droite et les milieux " économiques " en évoquent 10'000. Reste que même en 2008, où elles ont atteint un record, les exportations suisses d'armes n'ont représenté que 0,4 % de la valeur des exportations, et 0,1 % du PIB. Autrement dit : sur cent francs de richesses produites en Suisse, seuls dix centimes proviennent des exportations de matériel militaire. Ce sont de ces deux sous que l'initiative nous demande de nous priver. Deux sous de cohérence entre les pratiques et les discours (sur la paix et les droits humains), c'est trop demander à la Suisse ?
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Soutenue par la seule gauche (PS et Verts), l'initiative populaire pour l'interdiction d'exporter du matériel de guerre sera repoussée par le parlement fédéral. Elle demande à la Confédération d'encourager les efforts internationaux de désarmement et de contrôle des armements, d'interdire l'exportation et le transit de matériel de guerre, y compris les armes légères, les munitions et les technologies militaires, et de promouvoir la reconversion des industries concernées, afin de maintenir les emplois. Entre 2007 et 2008, les ventes d'armes de la Suisse à l'étranger ont augmenté de 50 %, pour atteindre un volume de 720 millions de francs. Et la Suisse n'est pas très regardante lorsqu'il s'agit de savoir à qui vendre du matériel militaire : elle en a vendu en 2008 à 72 pays, dont deux puissances nucléaires, l'Inde et le Pakistan, qui est son principal client. Et auparavant, des armes suisses se sont retrouvées dans des pays en conflit (le Tchad, le Maroc) après y avoir été réexportées par des pays clients de la Suisse.