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Abiy Ahmed, artisan d'une réconciliation spectaculaire entre son pays et l'Erythrée voisine, a reçu le prestigieux prix, qui, selon le testament d’Alfred Nobel, récompense "la personnalité ou la communauté ayant le mieux contribué au rapprochement des peuples, à la suppression des armées, et à la propagation de la paix".
Le Nobel lui est attribué "pour ses efforts en vue d'arriver à la paix et en faveur de la coopération internationale, en particulier pour son initiative déterminante visant à résoudre le conflit frontalier avec l'Erythrée", a déclaré la présidente du comité Nobel norvégien, Berit Reiss-Andersen.
La paix six mois après son investiture
L'Ethiopie et l'Erythrée ont renoué leurs relations en juillet 2018 après une guerre sanglante entre 1998 et 2000 et des années d'hostilité.
Ainsi, six mois à peine après son investiture, Abiy Ahmed, 43 ans, avait conclu la paix avec son voisin érythréen et fait relâcher des milliers de dissidents. Il s'était aussi publiquement excusé des violences des forces de sécurité et avait accueilli à bras ouverts les membres de groupes exilés qualifiés de "terroristes" par ses prédécesseurs.
Plus récemment, il a développé son programme d'ouverture d'une économie largement contrôlée par l'Etat. Il insiste désormais pour que les élections législatives, qu'il promet inclusives, se tiennent en mai 2020.
Le rôle de l'Erythrée souligné
Le prix Nobel de la paix vise également à "reconnaître tous les acteurs oeuvrant à la paix et la réconciliation en Ethiopie et dans les régions d'Afrique de l'Est et du Nord-Est", a précisé la présidente du comité Nobel. Le comité norvégien souligne en particulier le rôle du président érythréen Issaias Afeworki.
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"La paix ne découle pas des actions d'un seul acteur. Lorsque le Premier ministre Abiy a tendu sa main, le président Afwerki l'a saisie et a contribué à formaliser le processus de paix entre les deux pays", indique-t-il.
>> Les précisions de notre correspondant en Ethiopie Vincent Duplange:
>> Les explications d’Alain Gascon, professeur honoraire à l’Institut français de géopolitique de l’Université Paris 8, dans Forum:
Jessica Vial avec les agences
Réactions internationales
A Genève, l'ONU a immédiatement félicité devant la presse le Premier ministre éthiopien. Le secrétaire général Antonio Guterres avait rencontré celui-ci dans le cadre de la normalisation avec l'Erythrée.
Greta Thunberg et Raoni sur les rangs
Le nom de l'activiste suédoise pour le climat Greta Thunberg, âgée de 16 ans, était le plus souvent cité par les bookmakers. Celui du chef amérindien Raoni Metuktire, également, pour son long combat en faveur de la protection de la forêt amazonienne. La Première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern, qui a multiplié les politiques contre la violence et les armes après l’attentat de Christchurch, était également nominée.
En 2018, c'est le docteur congolais Denis Mukwege, qui soigne et répare les femmes victimes de viol, qui avait été distingué, de même que la Yazidie Nadia Murad, ex-esclave du groupe Etat islamique, qui oeuvrent à "mettre fin à l'emploi des violences sexuelles en tant qu'arme de guerre".