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Manufacture d'orgues Th. Kuhn SA, 1984
Restauration
www.orgelbau.ch/opf=800670
III/P/56
Suisse, Zurich
Stadtkirche
Manufacture d'orgues Th. Kuhn SA, 1984
Restauration
Le grand orgue de la «Stadtkirche» de Winterthur a derrière lui une histoire bien mouvementée. Dans les années 1766/68, Karl Joseph Riepp construisait pour le couvent cistercien de Salem, au bord du lac de Constance, un instrument de trois claviers muni de 42 jeux, dénommé «Liebfrauen-Orgel». Après la suppression du couvent au début du 19ème siècle il était à vendre et le Conseiller Jakob Zieger de Winterthur en fit l'acquisition pour l'église de sa ville, le payant de sa poche. Pour le canton de Zurich, ce fut le premier orgue monté dans une église après la Réforme. Le facteur d'orgues Gottfried Maucher se chargea de son transfert et l'installa sur le jubé du choeur de la «Stadtkirche».
En 1836, il fut décidé de démolir le jubé. L'orgue fut alors déplacé sur une nouvelle galerie de la paroi occidentale, opération au cours de laquelle le Positif séparé fut supprimé pour être intégré à l'intérieur du grand buffet. Ces travaux furent confiés au vieux maître Aloys Mooser de Fribourg. Pour connaître la suite du sort du Positif séparé, voir le Portrait d'orgue de Charmey. En 1839, en plein durant les travaux, Mooser mourut et ses fils étaient incapables d'achever le travail. Ce fut finalement Friedrich Haas qui, encore une fois entre 1841 et 1843, renouvela l'instrument pour le terminer.
Dans les années 1887/1888 l'orgue est de nouveau reconstruit et c'est Eberhard Friedrich Walcker qui le conçoit autrement, avec des sommiers mécaniques à cônes, tout en conservant le buffet et d'anciens jeux de Riepp, des jeux de Mooser et Haas transformés à son goût. Ensuite en 1924 et 1934 la traction de l'orgue fut électrifiée.
Plus tard (1982/84) dans le cadre de la restauration totale de l'église, on s'occupa aussi de celle de l'orgue. Un accord d'ensemble permettait la reconstitution de l'orgue Walcker, avec quelques compléments. L'importance du matériel conservé et toute la documentation à disposition parlaient en effet en faveur d'une telle démarche. Pour le retour à la machine Barker, indispensable, nous nous sommes basés sur un exemple existant construit par Walcker à la «Votivkirche» de Vienne. Pour faciliter la registration, à côté des combinaisons fixes, nous avons installé des jeux de combinaisons, «à la Cavaillé-Coll».