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Il était une fois une protéine au nom prémonitoire Peu avant l'avènement du nouveau millénaire, l'étude de souris aux orteils fusionnés a conduit à la découverte d'un gène baptisé Ft (pour fused toe, ce qui signifie «orteil fusionné»). Une mutation dans le gène Ft interrompait l'activité de plusieurs autres gènes. L'un d'entre eux était particulièrement grand, d'où son nom «Fatso», c'est-à-dire «grassouillet».
Près de dix ans après sa découverte, deux laboratoires ont montré que le gène Fatso de l'homme était impliqué dans le développement de l'obésité chez l'enfant et l'adulte 1 Qu'un gène joue un rôle d'une manière ou d'une autre dans l'obésité n'est pas en soi un scoop. On connaît depuis quelque temps déjà plusieurs protéines liées à l'excès de poids. Ce qui distingue Fatso des autres acteurs est que l'on a pu démontrer qu'il existe un lien direct entre les individus qui portent une mutation dans ce gène et une prédisposition à l'obésité.
Des études effectuées sur des milliers de personnes - minces ou obèses - ont montré que les porteurs d'un variant particulier de Fatso ont deux fois plus de (mal)chance d'être obèses que ceux qui ont une copie «normale» de ce gène, et pèsent en moyenne 3 kg de plus. De plus, les porteurs de deux copies de ce même variant ont 22% de risque d'être en surpoids.
Bien que l'association entre la protéine Fatso et l'accumulation de graisse soit bien documentée, la fonction de la protéine et sa structure 3D ne sont pas connues et on ignore comment elle conduit au surpoids. Cependant, le lien direct entre ce gène et l'obésité nous oblige à prendre Fatso au sérieux. En effet, l'obésité n'est pas simplement au cœur d'un problème esthétique qui fluctue au gré du temps et des modes. Elle est surtout à l'origine de maladies cardio-vasculaires, de certaines formes de diabète et de certains cancers.
Institut suisse de bioinformatique
Groupe Swiss-Prot de Genève
Cet article est adapté de la rubrique «Instantané du mois» qui fait partie d'une publication électronique de vulgarisation scientifique intitulée «Protéines à la Une».
1 Dina C, Meyre D, Gallina S, et al. Variation in FTO contributes to childhood obesity and severe adult obesity. Nature 2007, Genetics;39:724-6.
26.09.2007