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Le 18e congrès du Parti communiste chinois s'est ouvert jeudi devant plus de 2000 délégués sur un cri d'alarme du président sortant, Hu Jintao. Il a prévenu que la corruption endémique du pays pourrait être "fatale" au régime et a appelé à plus de démocratie.
Hu Jintao, 69 ans, doit céder la semaine prochaine son poste de secrétaire général du PCC à Xi Jinping, 59 ans, un homme d'appareil largement inconnu du grand public, en principe pour deux mandats de cinq ans. Dauphin désigné, M. Xi, vice-président depuis 2008, deviendra ipso facto le prochain président de la République populaire, une formalité prévue en mars 2013.
Dans l'enceinte solennelle du Palais du peuple, sur la place Tiananmen sévèrement bouclée pour l'occasion, M. Hu, qui a fait de son pays la deuxième puissance mondiale au cours des dix ans de sa présidence, a prononcé un discours de 90 minutes à la fin duquel il s'est alarmé de la corruption galopante qui ronge le pays.
Consommer plutôt qu'exporter
"Si nous échouons à traiter cette question correctement, elle pourra s'avérer fatale" et provoquer "l'effondrement du parti et de l'Etat", a-t-il lancé, en allusion aux scandales politico-financiers impliquant les familles des plus hauts dirigeants.
En matière économique, Hu Jintao a appelé à mettre en oeuvre "un nouveau modèle de croissance" tourné vers la consommation plus que vers les exportations. Il a fixé comme objectif d'ici 2020 le "doublement du PIB" et du revenu par tête, actuellement de quelque 3500 dollars/an dans les villes.
Faire de la Chine à une "puissance maritime"
Hu Jintao a lui également appelé à faire de la Chine une "puissance maritime", à l'heure où elle dispute au Japon et d'autres voisins la souveraineté d'îles en mer de Chine. Pékin a lancé son premier porte-avions en septembre. L'appel de M. Hu a suscité une réaction immédiate de Tokyo, qui a appelé Pékin à agir sur les mers "pacifiquement et conformément au droit international".
En dépit de son départ, Hu Jintao pourrait conserver la présidence de la puissante commission militaire du PCC et maintenir son influence.