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Intervenante:
Julie Massal est professeure et chercheure à l’Institut d’Etudes Politiques et de Relations Internationales (IEPRI), Université Nationale de Colombie, depuis 2005. Docteure en science politique, Université d’Aix-Marseille III (IEP Aix-en Provence) ; postdoctorat à l’U. Rovira i Virgili, Tarragona, Espagne (2001-2002) avec bourse Lavoisier du MAE. Sa thèse de doctorat a été publiée sous le titre: Les mouvements indiens en Equateur. Mobilisations protestataires et démocratie, 2005.
Exposé:
L’Amérique latine a été considérée durant les années quatre-vingt-dix comme le lieu du renouveau de la mobilisation, donnant lieu à une floraison d’études sur le rôle des mouvements sociaux aussi bien dans les transformations politiques locales que nationales, que dans la mise en cause de modèles de développement axés sur l’extraction des ressources naturelles. Un débat s’est constitué autour du rôle de l’Etat dans l’économie et son droit à contrôler et fiscaliser les ressources stratégiques exploitées par les corporations transnationales (notamment l’eau et le pétrole ainsi que le gaz et le lithium en Bolivie). Le rôle de l’Etat est ainsi redevenu objet de débat dès le début des années 2000, et plus encore depuis la crise de 2007-2008.
De leur côté, les acteurs sociaux (mouvements indiens, paysans, régionaux, féministes, ainsi que les organisations de défense des secteurs publics contre les privatisations, etc.) ont relayé un discours favorable à un Etat décentralisé mais souverain, qui contrôle les ressources naturelles stratégiques. Des gouvernements soutenus par des acteurs sociaux opposés au modèle néolibéral ont ainsi vu le jour, notamment dans les Andes (E. Morales En Bolivie, 2005-2013, R. Correa en Equateur 2006-2013).
Dans un tel contexte, nous proposons un bilan critique des récentes expériences andines de mobilisation de la deuxième moitié des années 2000. Quelles expériences innovantes, quels discours et quels modèles alternatifs de développement et de pouvoir ont été proposés et quels en sont les résultats ? Cette question, que nous examinons en partant des cas équatorien et bolivien, en suggère d’autres.
Car s’il est avéré que les « gouvernements de gauche alternatifs » bolivien et équatorien ont apporté un certain nombre de changements en termes de conception du développement, la relation existant entre eux et leur base de mouvements sociaux a notoirement évolué depuis leur accession au pouvoir. Ainsi, le rapport Etat-mouvement social ne laisse pas d’interroger. Non seulement parce que les vieilles questions « d’autonomie » versus « instrumentalisation », ressurgissent périodiquement, mais surtout parce que les alliances entre E. Morales ou R. Correa et les acteurs sociaux reposent sur des projets politiques moins convergents qu’il n’y parait. Il convient donc d’examiner ces projets politiques dans leurs discours comme dans leurs réalisations concrètes et d’en tirer quelques enseignements.
La communication se base sur notre expérience de recherche sur les acteurs et mouvements sociaux andins, sur une littérature secondaire et primaire abondante dont il conviendra de dégager quelques axes fondamentaux, et sur l’examen des discours et pratiques, en mettant l’accent sur les acteurs indiens et /ou paysans, au cœur des expériences bolivienne et équatorienne.
Horaire
Jeudi 25 octobre
16h – 17h45
Internef, salle 123
Panel – Combats actuels pour l’émancipation: Résistances à l’accumulation par dépossession.