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Le nouveau nom a été approuvé par 325 voix contre 57 et un bulletin blanc lors d'une assemblée des déléguées dispersée en treize lieux dans toute la Suisse. La majorité des deux tiers, nécessaire pour valider ce changement statutaire, était fixée à 256 suffrages.
Lors de cette assemblée des délégués dispersée en 13 lieux, dans toute la Suisse, reliés par vidéoconférence à cause de la pandémie, la discussion sur la fusion avec le Parti bourgeois-démocratique (PBD) a été courte. Grâce à cette union, le PDC espère pouvoir grandir. Son président Gerhard Pfister a souligné depuis Unterägeri (ZG) que le PBD était bien ancré dans certains cantons et qu'il pouvait s'appuyer sur des personnalités.
>> Les précisions dans l'émission Forum:
Le PBD, fondé en 2008 par d'anciens membres de l'Union démocratique du centre (UDC), se bat comme le PDC contre une érosion de son électorat. Le parti a accepté le mariage il y a deux semaines. Au Parlement fédéral, le PBD et le PDC forment déjà "Le groupe du centre", avec le Parti évangélique suisse (PEV).
La conseillère fédérale PDC Viola Amherd a déclaré depuis Lucerne que le PDC et le PBD avaient un objectif commun: celui de maintenir la cohésion de la Suisse. Forger des compromis est un "travail pénible et non sans importance", a-t-elle dit.
La fusion prendra effet le 1er janvier 2021. Les deux entités devront ensuite construire un programme politique commun sous l'égide du nouveau parti. La nouvelle présidence sera élue au printemps.
>> Voir l'analyse du 19h30:
Nouveau nom largement accepté
Avant le vote sur la fusion, les délégués du PDC se sont clairement prononcés en faveur du changement de nom: 325 oui contre 57 non et un bulletin blanc. La majorité des deux tiers, nécessaire pour valider ce changement statutaire, était fixée à 256 suffrages.
Pour mémoire, la base du parti s'était prononcée pour le changement de nom avec une majorité de 60,6%. La participation à ce scrutin en ligne avait atteint 27,2%. Cette décision préliminaire avait un caractère contraignant pour les délégués.
>> Lire:
Le PDC renonce-t-il à son identité et à un positionnement clair en abandonnant le "C" de "chrétien"? Non, ont estimé les partisans du changement d'appellation, qui ont argumenté que les valeurs chrétiennes du parti ne disparaîtront pas.
Le "C" a été décrit par de nombreux délégués comme une entrave. Sous la bannière "Le Centre", le parti pourra surmonter les clivages confessionnels, a déclaré un délégué zurichois.
Les opposants ont argumenté que ce qui manque au parti est avant tout une ligne politique sans équivoque. "Le Centre" n'est qu'une position, pas une vision du monde, a dit un Saint-Gallois.
Avant l'assemblée, une fronde contre l'abandon du "C" s'était organisée, en particulier en Valais et dans les deux Bâles alors qu'un "débat émotionnel" faisait rage dans le Jura, autre bastion catholique, selon le Quotidien Jurassien.
Le "C" rédhibitoire, d'après une étude
Dans un discours en préambule, le président du parti Gerhard Pfister a déclaré qu'il n'avait pas de plan B et a souligné que, en changeant de nom et en fusionnant, le PDC pourra résoudre un problème structurel qui le mine depuis 40 ans. "Nous n'avons jamais réussi à sortir de nos régions d'origine parce que nous sommes perçus comme un parti catholique ou particulièrement religieux".
Une étude de l'institut gfs.Bern avait montré que le terme "chrétien" est rédhibitoire pour beaucoup de citoyens centristes. Lors de son intervention, Gerhard Pfister a estimé possible de rallier 20% de l'électorat alors que le parti avait convaincu 11% des votants lors des fédérales de 2019.
Avec ces deux décisions stratégiques, le parti va maintenant pouvoir se concentrer sur le fond, a estimé Gerhard Pfister.
"Un score aussi net était très important, mais presque inespéré pour la direction du PDC. C'est un jour important pour le parti", se réjouit le vice-président du PDC Charles Juillard. "Si le PDC disparaît, son héritage en revanche reste intact, avec des valeurs au centre de l'échiquier politique suisse", souligne-t-il au micro de Forum, précisant que les voix et les idées du nouvel arrivé, le PBD, sont "les bienvenues".
>> L'interview de Charles Julliard, vice-président du PDC, et de Claude Longchamp, politologue et historien, dans Forum:
Ces décisions ne concernent que le parti national. Les sections cantonales peuvent décider si elles souhaitent changer de nom et fusionner avec le PBD ou pas. Ce n'est pas la première fois de son histoire que le PDC change d'étiquette. Depuis 1894, le parti avait porté trois noms différents, avant de devenir le PDC en 1970.
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Interrogé dans La Matinale, le politologue français Paul Bacot analyse: "Ce qui pousse un parti à changer de nom, c'est de mauvais résultats électoraux, une défaite importante, ou un déclin lent qui appelle une réaction. On considère qu'un nouveau nom permettra d'attirer de nouveaux sympathisants. L'ancien nom peut alors être considéré comme un frein, une barrière qu'il faut faire sauter", explique le professeur lyonnais.
>> Ecouter aussi l'analyse de Paul Bacot, professeur en sciences politiques à Lyon, dans La Matinale de samedi:
jfe/kkub avec ats