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Il n'existe pas de psychanalyse française mais une situation française de la psychanalyse. En 1885, Freud arrive à Paris pour rencontrer Charcot qui vient de décrire l'hystérie. En 1981 Jacques Lacan meurt au terme d'un itinéraire psychanalytique commencé dans l'entre-deux-guerres. Entre ces deux dates, un siècle de batailles et de crises consacre l'implantation de la psychanalyse en France. Le premier volume de cette histoire couvre la période 1885-1939. Il relate la découverte de l'hystérie à l'hospice de la Salpêtrière, la fondation à Vienne, du premier cercle psychanalytique, le conflit qui oppose Freud à Jung et enfin l'essor international du mouvement freudien. Dans le contexte français se développent la théorie de l'hérédité-dégénérescence et la pensée psychologique. Avec La Société Psychanalytique de Paris et le groupe de l'Évolution psychiatrique le freudisme est reconnu en France.
Lors du procès monté à Leipzig en 1933, le révolutionnaire bulgare Georges Dimitrov, l'un des dirigeants de l'Internationale Communiste, est accusé par les nazis de l'incendie du Reichstag. La machination s'effondre. L'accusé devient l'accusateur. Dimitrov ne joue pas le jeu de l'ordre juridique. Il développe une stratégie de détournement politique. Le prétoire n'est plus le centre d'une compétition, d'un « duel » ou le lieu d'une « preuve ». Ce prologue en forme de parabole introduit à la conception d'une politique de la psychanalyse dont l'enseignement lacanien est, en France, le seul fondement. A travers trois scissions (1953, 1964, 1968-1969), cet enseignement fait de paradoxes qui sont des contradictions, cherche à produire son histoire : celle des « erreurs » d'un mouvement, celle de la « vérité » d'une découverte. Avec le « Mathème », issu du séminaire de 1970 (« L'envers de la psychanalyse »), une tendance logicienne s'y fait jour qui risque de réinscrire la psychanalyse dans le champ des sciences humaines, du néo-positivisme et du discours psychiatrique. La réflexion ici proposée trouve son objet dans l'étude critique de ces positions. Elle se poursuit par l'analyse du mouvement anti-psychiatrique dont Maud Mannoni critique l'empirisme et dont Thomas Szasz, dès 1954, avait promu, aux U.S.A., le discours jusqu'à oublier l'essentiel de Freud, l'inconscient, en préférant le Droit à la Politique. Enfin, l'utopie pédagogique trouve ici une mise en cause à travers l'expérience de la poésie des enfants dans l'institution scolaire. La psychanalyse est une pratique. Elle met en oeuvre une politique qui s'appuie sur la découverte de Freud : « Le moi n'est plus maître en sa demeure. » Une politique issue de sa propre recherche et que seules sa pratique et sa théorie mettent en situation dans la lutte des classes, à l'opposé d'une « politisation » commandée par le militantisme. E.R.
Dans l'Inconscient et ses lettres, la question de l' « auteur » est cernée dans la dimension du fantasme dont la logique donne aux termes illusion, reflet, double, etc., un statut propre. Le fantasme d'auteur, fait corps avec le texte littéraire, et se saisit dans un lieu de l'Imaginaire, où la « création » fonctionne à la contrainte entre rêve et fantasme. S. Freud, R. Roussel, B. Péret, B. Brecht, et les cinéastes A. Hitchcock et D. Vertov, sont parties prenantes dans ce débat, où le concept freudien d'identification est confronté à la catharsis, à la distanciation, et au projet d'une théorie matérialiste prolétarienne de la perception qui, de Bogdanov à Mao Tse-tung renvoie au problème de la révolution culturelle.