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L'appareil s'était écrasé sur le lac de Neuchâtel (archives).
KEYSTONE/MARTIAL TREZZINI(sda-ats)
L'accident d'avion ayant coûté la vie à ses deux occupants en juin 2014 sur le lac de Neuchâtel pourrait être dû en partie à un malaise. L'appareil s'est écrasé à la surface du lac suite à une perte de contrôle. La piste du défaut technique est écartée.
Le PC-28 Cruiser, un appareil neuf, s'était écrasé dans le lac de Neuchâtel au large de Cudrefin (VD) vers 09h30 le 21 juin 2014. Les deux passagers, un instructeur de 59 ans et un élève-pilote de 71 ans, ont été tués sur le coup. Tous deux étaient domiciliés dans le canton de Neuchâtel.
L'appareil est hors de cause. L'enquête n'a mis en évidence aucun élément technique ayant pu provoquer ou contribuer à l'accident, écrit le Service suisse d'enquête de sécurité (SESE) dans son rapport final publié mardi. Les analyses toxicologiques des deux passagers n'ont rien révélé non plus.
La perte de contrôle est intervenue au cours d'un vol de formation à faible vitesse. Après le décollage, au cours de la première phase de vol, aucun mouvement des commandes n'a eu lieu. Il est donc probable que ni le pilote, ni l'instructeur n'avaient le contrôle de l'avion au cours de cette phase, indique le SESE.
Réaction excessive
C'est au cours des secondes suivantes que la perte de contrôle est intervenue. L'avion s'est engagé dans une descente en spirale. Un des deux pilotes a alors tenté de réagir. L'action sur la commande de profondeur était importante et continue, ce qui laisse à penser qu'il s'agit d'un mouvement de réaction dans le but de ramener rapidement l'avion en vol horizontal, poursuit le service d'enquête, se basant sur l'analyse des instruments de bord.
Cette manœuvre s'est produite au-dessus du lac. "Or, il est très difficile d'estimer la hauteur réelle au-dessus d'une surface d'eau, en raison du manque de repères. Cet état de fait a vraisemblablement contribué à une réaction excessive sur la commande de profondeur."
Incapacité soudaine
"Une incapacité soudaine d'un membre d'équipage a pu contribuer au déroulement de l'accident", lit-on dans le rapport. Celle-ci pourrait être la conséquence d'une absence ou d'une brève perte de conscience, pas liée à une maladie.
L'autopsie n'a pas mis en évidence de lésion pouvant expliquer avec certitude un malaise, relativise le SESE. Mais il est tout à fait possible que la cause d'une éventuelle absence ne soit pas décelable. Selon des renseignements du médecin traitant, le pilote en formation souffrait de maladies cardiovasculaires avec un risque élevé de subir un événement coronarien mortel ou non mortel à moyen terme.
Qui pilotait?
Le mystère demeure sur l'identité de la personne qui a tenté de reprendre le contrôle. Le pilote en formation "présentait plus de lésions décrites comme étant en relation avec un contact avec les commandes de vol." Mais les lésions spécifiques sont trop rares pour déterminer avec certitude qui pilotait l'avion au moment de l'impact, écrit le SESE.
Autre élément, la masse emportée à bord de l'avion se trouvait en dehors des limites prescrites par le constructeur, révèle le SESE. Or la vitesse de décrochage de l'appareil peut être légèrement affectée par l'excédent de poids.
Enfin, l'altitude choisie pour le vol n'offrait que peu de marge de manoeuvre pour le cas où un exercice de vol à faible vitesse ou de décrochage entraînerait une perte de contrôle momentanée de l'avion, note encore le service d'enquête.
Experimentés
L'instructeur assumait les fonctions de président ainsi que celle de chef de l'école de vol à moteur de Neuchâtel. Il était également en charge du projet d'acquisition et d'introduction du PS-28 Cruiser, qui avait été choisi comme avion pour l'instruction de base et l'aviation de loisirs.
Cet instructeur avait effectué une quarantaine de vols sur l'appareil. Il a été décrit comme une personne calme, méthodique, avec qui les pilotes se sentaient en sécurité. Le pilote en formation avait de l'expérience avec les planeurs et les avions moteurs.
Les opérations de récupération de l'appareil et des corps, qui gisaient par 80 mètres de fond, ont nécessité de gros moyens. Un sonar, un robot sous-marin, une grue et une dizaine de plongeurs ont été engagés pendant deux jours.
ATS