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Polaroïd 01 : 29
Dans la certitude, il est roi. Vil démiurge, horrible bourgeois, il se lape tout en se prélassant d'un reflet confortable: celui du faiseur d'opinions et de la droite toute tracée. Les résistances sont faibles, à la hauteur de ses apparitions, calculées et chirurgicales. L'opposition doit être radiée, sur le champ. Le peloton, d'exécution cela va de soit, est encore pluriel. Les chétifs impertinents sont giflés de la main droite, la chevalière ostracisant le reste des irascibles de la gauche.
La résistance lui est insupportable. Il ne manquera pas de cacher l'éruption cutanée ainsi suscitée par des onguents, l'irritation épidermique par des crèmes. Omniscient, il liquéfie les verbes, essouffle l'adjectif et aspire les noms, les recrachant par d'autres. Prêt à mourir pour une conviction, la bête n'hésite pas à avaler sa propre salive pour s'hydrater.
Frontale, l'issue du duel est connue. La mort. De l'un ou de l'autre. En ce sens, il est fatalement attractif, mais terriblement déprimant. Parce qu'il est prêt à tout sacrifier. C'est ce qui différencie le morne père de famille du vigoureux combattant célibataire. L'un est seul.