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Le 28 janvier 1960, l'émission Culture rend hommage à Albert Camus, mort tragiquement deux semaines plus tôt dans un accident de la route.
Dans ces images tournées quelques années auparavant, Camus fait une magnifique déclaration d'amour au théâtre. "Je donne au théâtre", dit-il, "un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville". On dit du théâtre qu'il est le lieu de l'illusion. Mais Camus n'en croit rien. Il croit même l'inverse. S'il est un lieu de vérité, c'est bien le théâtre. Et c'est plutôt dans le monde réel qu'on trouve le plus de trucages, d'illusions et de cabotins.
Issu d'un milieu très modeste, Albert Camus, né en 1913 à Mondovi en Algérie, entama des études de philosophie qu'il ne put achever, souffrant de la tuberculose. De 1934 à 1937, il adhèra au Parti communiste, fonda le Théâtre du Travail et publia un premier recueil d'essais.
Secrétaire de rédaction au journal France Soir, de 1940 à 1941, il entra dans la Résistance et devint, à la Libération, rédacteur en chef du journal Combat.
La publication en 1942 du roman L'Etranger et de l'essai Le Mythe de Sisyphe lui apporta une renommée qui s'accrut avec la mise en scène de ses pièces de théâtre.
La parution de L'Homme révolté en 1951 entraîna sa rupture avec Jean-Paul Sartre, ce dernier lui reprochant de confondre dans une même critique nazisme et stalinisme alors que Camus cherchait à définir une morale collective qui exaltât la solidarité humaine face au mal.
La remise en cause radical de l'existentialisme sartrien, avec la parution de La Chute et ses prises de positions durant la guerre d'Algérie rencontrèrent une certaine incompréhension dans le public. Il reçut le Prix Nobel de littérature en 1957. Trois ans plus tard, il se tuait dans un accident de voiture.