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Une histoire extraordinaire
L’Hôtel DuPeyrou fut construit au XVIIIe siècle, de 1765 à 1770-71. Il porte le nom de son créateur, esprit indépendant qui se lia notamment avec Jean-Jacques Rousseau.
C’est lui qui, après la mort de l’écrivain, publia à Genève, en 1788, la première édition complète de ses œuvres. En 1790, il publia encore à Neuchâtel la deuxième partie des « Confessions ».
Français d’origine, Pierre-Alexandre DuPeyrou naquit en 1729 au Surinam (Guyane hollandaise), où son père était conseiller à la Cour de Justice.
À la mort de ce dernier, sa mère épousa en secondes noces un Neuchâtelois, M. de Chambrier. Lorsque ce dernier et sa femme décidèrent de revenir en Europe, le jeune Du Peyrou les suivit et vint habiter Neuchâtel, où il fut reçu bourgeois en 1748.
À cette époque, ce somptueux édifice était implanté au milieu des vignes et ses jardins s’étendaient jusqu’au lac, qui baignait alors le faubourg du lac actuel.
Des terrasses s’étageaient derrière l’habitation.
Alexandre Du Peyrou ne laissa pas d’enfants. Son hôtel fut vendu à M. Frédéric de Pourtalès en 1799. Puis la période napoléonienne s’ouvrant, cette demeure fut acquise par l’Etat pour le nouveau souverain du pays, le maréchal Berthier. Lorsque Frédéric Guillaume III, roi de Prusse redevint prince de Neuchâtel, il informa le Conseil d’Etat qu’il ne pouvait conserver la charge de cet hôtel. Le gouvernement le vendit alors à M. Denys de Rougemont: c’était en 1816. La ville de Neuchâtel, enfin, fit l’acquisition de cette propriété en 1858 et fit restaurer ses salons.