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Dans la série des catastrophes étranges qui ont ravagé des villes, nous avons déjà parlé de la vague de mélasse de Boston et de l’inondation de bière de Londres. Aujourd’hui, nous partons à la rencontre d’un autre terrible accident lié à de l’alcool. Direction Dublin en 1875 où a eu lieu un incendie de whisky…
Plantons le décor de l’histoire. L’incendie a lieu dans le quartier de Dublin nommé les Liberties. Construit au Moyen Âge, c’est une des plus anciennes parties de la ville. Au XIXe siècle, elle abrite de nombreuses brasseries et distilleries. On y trouve aussi des immeubles plus populaires et plusieurs pubs. Lieu de mélange de la population ouvrière, on y voit aussi des enclos extérieurs pour animaux, surtout pour les chevaux et les porcs.
Parmi les entreprises relatives à la fabrication de spiritueux que l’on retrouve dans ce quartier, il y a la malterie Reid et un entrepôt de whisky appartenant à un certain Lawrence Malone. Ce sont ces deux lieux qui prennent feu au milieu de la ville en 1875.
Le 18 juin, 5 000 barils de whisky et autres spiritueux arrivent dans l’entrepôt de Malone, soit 1,2 million de litres d’alcool. Personne ne sait ce qui a déclenché l’incendie, mais des alarmes se mettent à sonner dès 20 heures. Le whisky de l’entrepôt est non dilué, et donc hautement inflammable. La température grimpe vite et les vapeurs d’alcool qui se dégagent aggravent l’incendie, faisant exploser les tonneaux.
Le whisky se répand et coule à flot dans les rues de Dublin. De véritables rivières d’alcool, plus ou moins larges et profondes se déversent dans les rues des Liberties. L’incendie se propage aux maisons voisines et les habitants quittent leur maison dans la panique. Cette dernière est accentuée par les animaux apeurés par le spectacle des flammes et le feu qui atteint les enclos.
Terrifiés, les habitant tentent d’éteindre le feu avec de l’eau, mais leurs efforts sont inutiles. L’eau, en effet, ne fait qu’aggraver les effets des flammes.
C’est le capitaine des pompiers, James Robert Ingram, qui a une idée pour stopper le feu. Ancien pompier de New York, il sait vite trouver des solutions «non conventionnelles» pour limiter et stopper les catastrophes.
Sa première idée consiste à créer des barrages de gravier et de terre pour stopper le feu. Mais le whisky pénètre dans le barrage, qui devient ainsi inutile. Il a alors l’idée de reconstruire son barrage avec du sable et du fumier, et de répandre ces deux éléments dans les rues. Grâce à cela, l’incendie est finalement maîtrisé. Les pompiers peuvent ensuite se concentrer sur les bâtiments en feu et éteindre complètement les feux de la ville.
Miraculeusement, personne n’est mort de brûlures ou par inhalation de fumée. Cependant, on dénombre treize victimes à la fin de la catastrophe. Ils sont tous morts… d’intoxication à l’alcool.
En effet, voyant dans le liquide qui s’écoulait dans les rues une occasion de boire du whisky à l’œil, de nombreuses personnes se sont précipitées vers les torrents de whisky. Les journaux de l’époque rapportent qu’ils utilisaient tous les moyens pour récolter du whisky : chapeaux, pots, tasses, y compris leurs propres bottes…
Le whisky non dilué a intoxiqué plusieurs de ces opportunistes. Treize d’entres eux sont décédés, et des centaines d’autres ont dû être soignés pour empoisonnement.
Comme beaucoup de catastrophes, les dégâts de celle-ci ont permis de se rendre compte de la précarité du système en place, et d’améliorer ainsi la sécurité et le service d’incendie de la ville pour éviter les futures catastrophes.
Vous voulez lire une autre historiette?
Fitzgerald, Sylvia. « L’histoire choquante derrière le grand incendie de whisky de Dublin ». 28.09.2023. En ligne ici.
Margaritoff, Marco. « When Burning Whiskey Flooded Dublin’s Streets ». 18.01.2020. En ligne ici.
Mock, Nancy. « The Shocking Story Behind The Great Whiskey Fire Of Dublin». 20.08.2021. En ligne ici.
Images 1 et 2 : Pixabay
Image 3 : Domaine public, Wikimedia Commons