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Zone d'identification
Type d'entité
Collectivité
Forme autorisée du nom
Radio Pleine Lune
forme(s) parallèle(s) du nom
Forme(s) du nom normalisée(s) selon d'autres conventions
Autre(s) forme(s) du nom
Numéro d'immatriculation des collectivités
Zone de description
Dates d’existence
1979-1999
Historique
En 1976, Radio 101 défie le monopole d'Etat en diffusant six émissions pirates sur un rayon de 40 kilomètres entre Genève et la France. Une première émission de femmes est émise. C'est dans cette veine qu'un groupe de femmes, pour la plupart actives au sein du groupe L'Insoumise, décident de se lancer dans la radio. Elles achètent un petit émetteur en Italie et consacrent l'année 1978 à faire des tests pour tenter d'émettre à Genève. Les ondes FM passant de haut en bas, c'est en altitude, c'est à dire sur le Salève, qu'elles tentent de diffuser un bruit blanc que d'autres femmes en ville tentent de repérer pour vérifier la portée du signal. Finalement, en 1979-1980, Radio Pleine Lune est créé, et diffuse cinq émissions pirates pendant l'année 1981 – les soirs de pleine lune – jusqu'à ce qu'elle soit brouillée par les PTT. Cette première période pirate se trouve documentée dans le fonds Ariel Herbez (D0024 - Radios pirates et monopole SSR).
Suite au mouvement des radios libres en France dans les années 1970, François Mitterand libéralise les radios libres à son arrivée au pouvoir en 1981. Un groupe de genevois·e·s saisissent l'occasion pour fonder une station à Ferney-Voltaire (FR) et ainsi émettre à Genève : c'est le début de Radio Zones. Les femmes de Radio Pleine Lune possèdent l'émetteur, elles jouent donc un rôle prédominant dans cette aventure, et s'octroient le mercredi qui devient le jour des femmes. Radio Pleine Lune est diffusée hebdomadairement à 18h15 pendant environ 3h sur les ondes de Radio Zones, à partir de novembre 1981 jusqu'au 15 décembre 1999.
Lieux
Les premiers mois, l'émetteur est installé chez une connaissance et les émissions sont pré-enregistrées. Puis un studio est monté à Ferney-Voltaire (FR), ce qui leur permet de faire du direct.
Statut légal
Fonctions et activités
Textes de référence
Organisation interne/Généalogie
L'émission s'organise en non-mixité. Les femmes de l'émission ne participent pas non plus au comité de rédaction du bulletin d'information de Radio Zone et choisissent de prendre en charge un bulletin d'information complet, de manière autonome (voire document « Lettre ouvert des femmes de la pleine lune à Radio Zone » dans 034_VG_SF01_D001).
Le noyau dur est constitué d'environ 4 ou 5 femmes qui seront impliquées du début à la fin. Le groupe fonctionne à géométrie variable, avec beaucoup d'allées et venues pendant les 20 années d'activité. À partir de 1986, RPL partage les ondes avec Ménage-toi, une émission produite par la Fondation du Collège du Travail et réalisée par Marianne Aerni, Alda de Giorgi et Jacqueline Berenstein-Wavre. Au début de l'année 1988, l'émission Ménage-toi s'arrête et cède sa place à Remue-ménage, produite par Marianne Aerni et Catherine Hess. C'est là que va naître Ondes femmes, le terme générique donné à la radio des femmes du mercredi. De 1990 à 1992, Claire Sagnières réalise Radio Canicule, le « quart d'heure lesbien » diffusé une semaine sur deux sur la plage horaire de Radio Pleine Lune.
Contexte général
Produite au départ par des femmes « issues de l'extrême gauche autonome » (selon l'expression de Viviane Gonik), l'émission est proche du Mouvement de libération des femmes et du mouvement squat à Genève. Née du constat de la sous-représentation médiatique des femmes, elle donne la parole à des femmes en lutte sur différents sujets, et témoigne des actions et mobilisations locales. Selon Viviane Gonik : « Radio Pleine Lune voulait rendre la parole aux femmes et montrer leur rôle, leur place dans l'histoire des événements et dans les productions culturelles. À l'inverse de l'hymne du MLF qui dit que les femmes n'ont pas de passé, Radio Pleine Lune montre que l'histoire des femmes existe bel et bien mais qu'elle a été effacée » (entretien 2021).
À la fin des années 1980, le mouvement «assembliste» (entretien 2021) du MLF s'essouffle, et simultanément, plusieurs des animatrices partent mener des luttes à l'étranger, notamment au Nicaragua et en Palestine. L'émission prend progressivement un tournant plus culturel. À la fin des années 1990, la représentation des femmes dans les médias a beaucoup évolué ; la mission initiale de l'émission était globalement atteinte dans les médias hégémoniques.
Zone des relations
Zone des points d'accès
Mots-clés - Sujets
Mots-clés - Lieux
Occupations
Zone du contrôle
Identifiant de notice d'autorité
Identifiant du service d'archives
Règles et/ou conventions utilisées
Statut
Niveau de détail
Dates de production, de révision et de suppression
Langue(s)
Écriture(s)
Sources
Un entretien a été réalisé avec Viviane Gonik en juin 2021.
En plus des archives elles-mêmes, les sources suivantes ont été consultées :
- Mai 68 et après ? : témoignages de camarades genevois-e-s, Genève : Éditions des Sables, 2018.
- Quelle histoire ! Présentation du fonds d'archives du Mouvement de Libération des Femmes de Genève (1970-1991), Genève : Espace Femmes International, 2019.