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Si les économistes ont raison, l’année 2022 sera la deuxième année consécutive caractérisée par une croissance nominale du PIB nettement supérieure à la tendance.
- Tant que les banques centrales ne font pas d’erreur, les nouvelles sont bonnes pour les marchés. Nous ne sommes donc pas d’avis que la hausse des actions est terminée.
- Si de nombreuses mauvaises nouvelles sur l’évolution du taux d’intérêt et les obligations d’entreprises font la rumeur, les marchés d’obligations pourraient redevenir intéressants pour les investisseurs actifs.
- D’autant plus que deux années dans le rouge successives sont inhabituelles pour les obligations.
Selon les prévisions, le produit intérieur brut (PIB) nominal des Etats-Unis augmentera cette année de plus de dix pour cent. Et pour 2022, le consensus s’attend à un taux de croissance supérieur à sept pour cent. Des valeurs de croissance nettement supérieures aux années passées. Depuis 1991, la croissance nominale annuelle du PIB était en moyenne de 4,5 pour cent. Répartie sur le nombre d’habitants, cela signifie une augmentation du revenu des américains supérieure à la moyenne. Le PIB par habitant a augmenté en moyenne de 3,5 pour cent. Mais cette année, il affichera une hausse d’environ neuf pour cent, et l’année prochaine, une hausse d’environ six pour cent.
Même si la croissance nominale du PIB devrait ralentir dans les années 2022 et 2023, le rythme de la croissance restera au-dessus du niveau du taux d’intérêt. Par le passé, une légère corrélation entre le montant des rendements obligataires sur le long terme et la croissance du PIB nominale a pu être observée. Mais ces dernières années, l’écart s’est agrandi du fait de la répression financière. Si la Federal Reserve (Fed) diminue maintenant ses achats de titres obligataires et si la croissance nominale reste forte en 2022 et 2023, les rendements des obligations devraient rester supérieurs à aujourd’hui. Néanmoins, l’environnement devrait demeurer favorable aux créditeurs étant donné que les rendements potentiels réalisés grâce à une croissance nominale plus élevée, seront supérieurs aux coûts du service de la dette.
Les rendements du secteur de l’entreprenariat sont élevés. Malgré les problèmes de livraison, les résultats rapportés pour le troisième trimestre sont meilleurs que ce qui a été supposé. Sur les 117 entreprises du S&P 500 ayant fourni leurs résultats au moment où ce rapport a été établi, les chiffres d’affaires nets étaient de deux pour cent supérieurs aux attentes. Les bénéfices nets arrivaient même à la barre des 13 pour cent. Les secteurs des finances, de la technologie et de la santé sont à l’origine de ce développement. Ces résultats ont suffi pour que le marché réalise de nouveaux indices records.
Du point de vue fondamental et technique, nos équipes spécialisées dans les obligations continuent à croire aux crédits – obligations d’entreprise. Dernièrement, les évaluations n’étaient pas en faveur de ce type de placement. Elles sont désormais plus positives. Si l’on considère le marché Investment Grade des Etats-Unis, l’indice de rendement global s’élève maintenant à près de 2,3 pour cent, pour se rapprocher du pic annuel. Au regard d’un avantage sur le rendement de plus de 175 points de base, les obligations d’entreprise des Etats-Unis sont plus intéressantes que les titres européens, ce qui compense largement les frais de protection de l’engagement des Etats-Unis face à l’euro. Si les rendements sur les bons du Trésor continuent d’augmenter, les rendements des crédits des Etats-Unis seront encore plus intéressants. En effet, il s’agit ici d’un investissement poussé par le rendement étant donné que le spread de crédit est resté pratiquement inchangé. Par conséquent, pourquoi ne devrait-on pas augmenter l’allocation en titres à rémunération fixe étant donné que les rendements ont augmenté?
Des rendements plus élevés et des perspectives incertaines concernant la politique de la banque centrale comme c’était dernièrement le cas, offrent des possibilités aux investisseurs en obligations actifs. Comparé au milieu de l’année où il semblait que la volatilité avait été stoppée, les activités ont reprises. Bien entendu, les rendements sont encore faibles. Mais le fait que les marchés de rendements peuvent réagir aux informations concernant l’inflation, les banques centrales et les développements dans le secteur de l’entreprenariat, soutient une gestion active des obligations. Pour les plus courageux parmi nous, certains titres émis dans l’univers des pays émergents offrent de très hauts rendements. Ceci s’applique par exemple aux titres asiatiques qui continuent à souffrir des problèmes liés aux émetteurs du secteur immobilier chinois. Les obligations asiatiques à haut risque apportent plus de 7,5 pour cent. Ceci reflète nettement le risque de contamination tout en signalant un haut rendement global pour le futur. Les rendements du JP Morgan Asian Corporate High Yield Bond Index ont grimpé récemment à plus de huit pour cent. Les quatre occasions apparues au cours des dix dernières années, ont été suivies de phases caractérisées par de très hauts rendements.
Cette année n’a pas été bonne pour les investisseurs en obligations. Toutefois, il est rare d’avoir des rendements négatifs deux années de suite. Le marché des obligations souveraines britanniques (Gilts) est un bon exemple. Depuis le début de l’année, le rendement global s’élève à moins 7,6 pour cent. La dernière fois que nous avons eu des rendements négatifs pendant toute une année, remonte à 2013 (l’année du «Taper Tantrum»). L’année suivante, en 2014, on enregistra un plus de 14,7 pour cent. En 2018, le marché global des obligations d’entreprise du secteur Investment Grade a affiché des rendements négatifs du fait du ralentissement de l’économie mondiale en réaction à la hausse des taux d’intérêts des Etats-unis. En 2019, les rendements sont réapparus avec force.
Il est peut-être un peu tôt pour se montrer optimiste avec les titres à revenu fixe, mais dans certains secteurs, les mauvaises nouvelles concernant les taux d’intérêt (Grande-Bretagne) ou les crédits (Asie) sont déjà largement répandues. Cette année, le rendement global de l’indice boursier des bons du Trésor des Etats-Unis a affiché jusqu’à présent une valeur négative et n’est pas loin du résultat de 2013 quand le marché a rapidement transformé le tapering de la Fed. Aujourd’hui, l’inflation pose davantage de soucis et les banques centrales du monde vont sans doute devoir afficher une attitude moins accomodante. Toutefois, les marchés vont aller au-delà des attentes. Ceci n’est peut-être pas encore le cas aux Etats-Unis et dans la zone euro, mais les banques centrales sont conscientes des risques susceptibles d’apparaître en cas de mouvement trop important. 2022 pourrait devenir une bonne année pour les obligations.