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Davos Trump a mis «Johnny» Infantino dans ses petits souliers
Le président américain avait invité le président de la FIFA à manger à côté de lui lors de son repas dans la station grisonne. Une connivence qui pourrait faire douter de la neutralité du second...
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Beaucoup des grands de ce monde auraient aimé être à la table de Donald Trump lors de son repas de mardi soir dans la station grisonne à l'occasion du World Economic Forum. Le président de la FIFA, le Valaisan Gianni Infantino, était non seulement invité, mais il avait le privilège d'être assis à la gauche du père, si l'on peut dire.
Conversation publiée
Selon «Blick», Donald Trump semble avoir le Suisse «très à la bonne». Il l'appelle d'ailleurs «Johnny», plus simple à prononcer que «Gianni» (Gianni étant le diminutif de Giovanni, Jean en Francais ou John en anglais). Ainsi «Johnny» a-t-il été prié de s'exprimer durant la soirée. Leur conversation a été rendue publique par la Maison Blanche et retranscrite par le quotidien alémanique.
Vraie fausse modestie...
«Dois-je me lever ou dois-je rester assis?», a demandé le Suisse au président. «Tu peux te lever ou t'asseoir», lui a-t-il répondu, tout joyeux, en jouant avec un ballon. Infantino a introduit son discours par une petite plaisanterie: «Quelqu'un de votre staff – je ne vais pas dire qui – m'a dit que j'étais le deuxième homme le plus important à Davos aujourd'hui. Ce n'est bien sûr pas vrai. Tous sont beaucoup plus importants, mais ça fait plaisir à entendre.»
La Coupe du monde 2026
Gianni Infantino a alors évoqué l'importance économique du football, de la FIFA, ses emplois, ses revenus. Et comment le football «répand la joie et l'espoir» dans le monde entier. Il a ensuite expliqué comment les États-Unis allaient devenir devenir une grande puissance du football: «Nous organiserons la Coupe du monde 2026 en Amérique du Nord. Le président Trump a été impliqué dans ce processus depuis le début.»
«Thanks Johnny, thanks»
«Le président Trump est un véritable athlète, a continué le Suisse. Je me considère chanceux de rencontrer dans ma vie certains des footballeurs les plus talentueux. Le président Trump est fait du même bois. Il veut toujours rivaliser, toujours gagner. Il veut toujours montrer qui est le meilleur. Il dit ce que beaucoup pensent.» Ce à quoi Donald Trump a réagi: «Well, thanks Johnny, thanks»
Donald Trump impliqué
A son tour, le président des Etats-Unis a expliqué qu'il considérait comme un honneur pour lui d'avoir fait venir la Coupe du monde aux États-Unis. Qu'il avait été impliqué en tant que président élu «et même quelque temps auparavant»: «Vous vouliez la Coupe du monde là-bas (aux Etats-Unis), je la voulais ici (aux Etats-Unis) – et nous l'avons fait avant mon entrée en fonction.»
Les dés pipés ?
Le «Blick» et la «NZZ» relèvent que ces déclarations pourraient être problématiques pour le président de la FIFA, à qui d'aucuns pourraient reprocher d'avoir manqué de neutralité lors du choix du pays organisateur pour 2026. La candidature conjointe des États-Unis, du Canada et du Mexique a gagné contre le Maroc. C'était en juin 2018 à Moscou. Les 207 fédérations membres de la FIFA avaient choisi le trio nord-américain par 134 voix contre 65.
Mais «Johnny» peut sans doute dormir sur ses deux oreilles. On ne va pas lui reprocher aujourd'hui d'être dans les petits papiers du président des Etats-Unis.
Eric Felley
Créé: 24.01.2020, 15h47