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Depuis 1978, j'ai peint environ 1250 faux tableaux. Ils sont accrochés aux murs de milliardaires et de petites gens, de célébrités et d'inconnus, de collectionneurs et de simples amateurs. Mes clients sont en grande majorité des Américains : une bonne moitié de mes toiles sont exposées dans les villas de producteurs de cinéma et de stars internationales. Aucun de mes clients n'ignore l'origine de ces oeuvres, car je ne vends jamais une de mes copies comme oeuvre originale. Conséquence logique : jamais je ne suis passé devant un tribunal pour plagiat ou contrefaçon... Il faut dire que je ne suis pas un faussaire... authentique. La majeure partie de mon travail consiste en oeuvres à la manière de, c'est-à-dire que j'invente des compositions en empruntant le style de peintres célèbres. Ces toiles, ainsi réalisées, deviennent en quelque sorte des oeuvres originales, bien que fausses. Je les vends comme telles, en prenant toutes les précautions pour que des individus malhonnêtes ne puissent les revendre pour autre chose que ce qu'elles sont. Ainsi se présente Jacques Harvey, personnage haut en couleur, coqueluche de la jet-set internationale et doué d'un talent d'imitateur sans égal. Le récit de sa vie - de ses premiers coups dans le Saint-Germain-des-Prés de l'après-guerre à sa consécration médiatique - est une suite d'anecdotes cocasses (sur ses riches clients américains, souvent d'une incroyable mégalomanie, par exemple) et de révélations inattendues (sur Corot, Picasso, Utrillo, Van Dongen...) concernant le marché de la peinture.