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Stade de la Praille :
les mendiants reviennent et le Conseil d'Etat invente le trou rentier
Nème épisode d'un feuilleton répétitif, celui du stade de la Praille : Accroché au trou de la Praille comme une huître à son pieu, le Conseil d'Etat propose au Grand Conseil un projet de loi attribuant à la fondation (privée) du stade une subvention annuelle de l'ordre de plus de deux millions chaque année pendant quatre ans, subvention renouvelable mécaniquement pendant toute la durée de vide du stade, soit encore au moins quarante ans. On vous laisse faire vous même la multiplication (quarante fois deux millions, ou plus si entente) pour obtenir le total final de ce nouveau racket des fonds publics. Bref, le Conseil d'Etat, en pleine crise économique, invente un nouvel instrument financier : le trou rentier. A deux millions par an pendant un demi-siècle. C'est beau comme du Madoff.
Mendicité en bande organisée
On croyait la droite et le Conseil d'Etat décidés à interdire la mendicité à Genève ? Celle des Rroms qui quémandent une piécette devant la Migros, peut-être; celle des stadolâtres qui pompent des millions chaque année, après en avoir pompé des dizaines de millions depuis dix ans, certainement pas. La bande organisée de mendiants institutionnels qui campe à la Praille a donc convaincu le Conseil d'Etat de proposer que la République accorde à la Fondation des mendiants une subvention annuelle de plus de deux millions pendant quatre ans, renouvelables jusqu'à ce qu'après cinquante ans d'acharnement budgétaire et thérapeutique, le monstre consente finalement à disparaître du paysage qu'il sinistre. Le prétexte du projet de loi présenté par le gouvernement est donné dans son article 5 : " permettre à la Fondation du stade de Genève de poursuivre l'exploitation du stade de Genève et de le maintenir dans un bon état d'entretien ". Mais au-delà du prétexte, il y a la cause réelle : le stade, et la fondation supposée l'exploiter et l'entretenir, sont en état de cessation de paiement. Financièrment, ce stade est un gouffre. Il l'a toujours été et le restera pour les collectivités publiques tant qu'on ne l'aura pas vendu ou détruit. " C'est la faillite ou la subvention cantonale ", clament en chœur les stadolâtres, les zautorités et la Tribune de Genève. Chantage aussi imbécile que le projet sur lequel il porte : le stade de la Praille n'est pas menacé de faillite , il est une faillite. Et on ne met pas une faillite en faillite. En revanche, et aussi absurde qu'il y paraisse, on peut faire sombrer un trou dans un gouffre : il suffit que ce trou soit celui, financier, du stade de la Praille depuis dix ans, et que ce gouffre soit celui de l'incompétence des uns, et de la lâcheté des autres.
Delenda stadium !