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FNS: Les élèves s'intéressent à l'éducation politique
Bern (ots) - L'école obligatoire n'exploite pas totalement le potentiel du conseil de classe
Dans la perspective de leur rôle de futur citoyen, les élèves sont censés se faire la main en matière d'éducation politique et de démocratie dans le cadre du conseil de classe, entre eux et avec leurs enseignants. Même s'il est aujourd'hui partie intégrante du quotidien scolaire, le conseil de classe ne remplit pourtant guère sa mission d'institution politique. C'est ce que montre une étude soutenue par le Fonds national suisse et menée dans les cantons d'Argovie et de Soleure.
Les programmes scolaires sont de plus en plus nombreux à prévoir la tenue hebdomadaire d'un conseil de classe, réunissant enseignants et élèves. Un cadre dans lequel les jeunes exercent leurs compétences sociales, apprennent à résoudre des conflits et à se faire la main en matière d'éducation politique, en pratiquant la démocratie. Béatrice Ziegler, Alexander Lötscher et Corinne Wyss, sociologues à la Haute Ecole pédagogique du Nord-Ouest de la Suisse, ont analysé le conseil de classe sous cet angle d'institution politique. En dépit de toutes les différences qui les séparent, le système politique et le conseil de classe ont en effet un point commun essentiel, souligne Alexander Lötscher: ils sont dépendants des compétences communicationnelles et de l'empathie de leurs membres.
Les enseignants accaparent trop de temps de parole Les chercheurs ont analysé 14 classes du degré secondaire, dans les cantons d'Argovie et de Soleure, au moyen d'enregistrements vidéo et d'entretiens. Ils ont identifié deux types de conseil de classe: dans la première catégorie, l'enseignant domine le conseil de classe, et l'exploite à des fins scolaires, par exemple pour la préparation d'une course d'école ou d'une semaine thématique. Lorsqu'il dirige les discussions en assemblée plénière, l'enseignant accapare plus de 50% du temps de parole. Quant aux jeunes, s'ils prennent la parole, c'est pour évoquer ce qu'ils font de leur temps libre ou ce qui leur est arrivé durant le weekend. Dans ces conditions, le conseil de classe ne remplit guère sa fonction de laboratoire d'éducation politique, analyse Alexander Lötscher.
Le deuxième type de conseil de classe s'en rapproche davantage, car les élèves se partagent l'animation des discussions avec l'enseignant; si bien que plus de deux tiers du temps de parole leur revient en assemblée plénière. Les jeunes prennent place en cercle - une condition importante pour un échange égalitaire - et discutent de problèmes de discipline, du quotidien scolaire et des contenus de l'enseignement. Conjointement avec l'enseignant, ils cherchent un consensus et procèdent à des votes. Le conseil de classe devient ainsi un lieu d'apprentissage, où les élèves assument des responsabilités. Dans un conseil de classe idéal, les jeunes devraient diriger seuls les discussions, mais les chercheurs n'ont pas trouvé d'exemple de ce type.
Participer, en dépit des limites Le conseil de classe n'est donc pas aménagé de manière optimale dans les classes étudiées. Pourtant, 90% des jeunes environ affirment y participer volontiers, car il s'agit d'un cadre dans lequel ils ont la possibilité d'exprimer leur opinion et de contribuer au quotidien de l'école, mais aussi d'être écoutés par les autres. Pour Alexander Lötscher, cela représente un potentiel considérable, même si les jeunes relèvent aussi que l'enseignant, malheureusement, finit souvent par décider seul. Pourtant, ces limites ne dissuadent pas les jeunes de participer. Les chercheurs recommandent aux enseignants d'exploiter davantage et plus rigoureusement le conseil de classe comme un instrument d'éducation politique.
Un résumé de l'étude et le texte de ce communiqué sont disponibles sur le site Internet du Fonds national suisse: www.fns.ch > Médias > Communiqués de presse
Contact:
Alexander Lötscher
Centre pour la démocratie à Aarau
Küttigerstr. 21
CH-5000 Aarau
Tél.: +41 (0)62 832 02 60
e-mail: <email-pii>