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Thibaut Courtois a remporté samedi sa première Ligue des champions et il le doit beaucoup à lui-même: neuf parades dont plusieurs décisives sur Mané et Salah. Il bat du même coup le record d'arrêts dans une finale de Ligue des champions et sur une saison entière dans la compétition (59). Invincible.
La finale fut à l'image des dix derniers mois où le gardien belge a maintenu le Real Madrid dans la compétition tour après tour, Benzema et ses coéquipiers faisant le reste devant. A la fin, surprise: Courtois a réglé ses comptes et répondu aux nombreuses critiques reçues durant sa carrière, notamment d'Angleterre:
Le Belge, formé à Genk, signe à Chelsea en 2011 mais il ne porte le maillot londonien qu'à partir de 2014. Il est prêté entre-temps à l'Atlético de Madrid où il devient l'un des meilleurs gardiens du monde. Lors de son retour à Chelsea, il est mis en concurrence par José Mourinho avec le légendaire Petr Cech. Il gagne rapidement sa place de titulaire dès sa première saison, ainsi que le championnat d'Angleterre.
La suite est plus difficile. Il se blesse et vit une deuxième année compliquée, à l'image de celle de son club. Ses performances sont moins bonnes et il devient la cible de certains journalistes britanniques.
Malgré deux titres de champion d'Angleterre, sa relation avec la presse de ce pays restera toujours tendue. Réputé pour son franc-parler, le Belge pousse notamment un coup de gueule en 2016 après une saison compliquée: «Je sais que je n'ai pas joué ma meilleure saison, mais j'ai dit plusieurs choses dans la presse belge qui ont été complètement détournées en Angleterre. Cela m'a mis sous le feu des projecteurs à Chelsea, mais malheureusement de façon négative. On m'a fait passer pour le méchant qui veut quitter le club aux yeux des supporters et cela n'est jamais chouette à vivre».
Selon lui, il aurait été critiqué injustement par les fans anglais et les journalistes durant son passage à Londres. Une relation qu'il avait encore envenimée lors de la Coupe du monde 2018 avec des déclarations maladroites sur le gardien de l'équipe d'Angleterre, Jordan Pickford, qu'il avait qualifié de «trop petit pour devenir un gardien de classe mondiale». Malgré un rétropédalage et une clarification, le mal était fait et la presse anglaise en a bien évidemment rajouté.
Une altercation plus ou moins similaire s'est produite avec la presse française, qui ne l'avait pas manqué après ses sorties en 2018 pour commenter l'élimination des Belges contre la France en demi-finale de la Coupe du monde. Courtois avait critiqué le jeu des Bleus avant de revenir sur ses propos. Cette sincérité lui a apporté passablement de problèmes pendant sa carrière. Mais le Belge est fort, très fort, et il l'a montré samedi soir.
Sa victoire en finale de la Ligue des champions fait office de revanche pour celui qui n'avait jamais remporté le trophée. Ce titre vient compléter un palmarès déjà fortement garni avec un championnat de Belgique et plusieurs titres de champions d'Espagne avec l'Atlético puis avec le Real.
Il a tenu à s'adresser à l'Angleterre, envoyant un message clair: il est le meilleur gardien du monde et il joue dans la meilleure équipe du monde. Ses déclarations vont en tout cas dans ce sens.
Le Belge a mis du respect sur son nom mais pas que. Il a mis tout le monde d'accord sur son statut. Et cette fois-ci, la presse anglaise et française ne pourront rien dire. Thibaut Courtois est l'un des meilleurs gardiens du monde et il est champion d'Europe. Respect.
Autrefois, des journalistes cramponnés à leur mégot trainaient dans les bistrots, un calepin planqué sous le manteau, en espérant ramener un tuyau. Aujourd'hui, il y a Fabrizio Romano. Changement de style: barbe au cordeau, portable plaqué sur l'oreille, des infos plein les réseaux. Personne n'est aussi bien renseigné depuis que le mercato est mercato (à prononcer à l'italienne, plus que jamais, depuis l'avènement de Fabrizio Romano).