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Des frontières entre prises en charge sociale et médicale du handicap physique en Suisse romande. Un exemple d’institutionnalisation des soins au XIXe siècle.
Suite à l’héritage de la Révolution helvétique, un grand nombre de lois sont établies au cours du XIXe siècle qui posent les fondements des nouveaux cantons suisses. La santé et les secours font notamment l’objet de textes normatifs, qui visent à mettre en place un dispositif institutionnel sans précédent, suivant le modèle français de l’école anatomo-clinique : les hôpitaux généraux, jusqu’alors destinés à toutes sortes de populations indigentes, se centrent peu à peu sur les malades aigus, guérissables ; d’autres types d’institutions doivent alors être envisagés pour le reste des assistés. Il en va ainsi pour les personnes déclarées incurables, infirmes, invalides, estropiées, pour lesquelles sont créées des institutions cantonales, parallèlement à une prise en charge organisée par le secteur privé. Par l’exemple de quelques cantons romands, ma contribution s’interrogera sur la nature des soins destinés aux personnes relevant du domaine du " handicap physique " au cours du XIXe siècle : comment se délimitent (ou se confondent) les frontières entre prises en charge sociale et médicale de ces personnes ? quelles formes institutionnelles répondent aux nouvelles conceptions du prendre soin dans un paysage social et médical en pleine mutation ?