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Milo Djukanovic interrogé dimanche à la sortie d'un bureau de vote à Podgorica, la capitale du Monténégro.
KEYSTONE/EPA/BORIS PEJOVIC(sda-ats)
Le dirigeant historique du Monténégro, Milo Djukanovic, a retrouvé dimanche un pouvoir abandonné il y a moins de deux ans. Il a remporté la présidentielle, dès le premier tour, a annoncé son parti.
Milo "Djukanovic est le nouveau président du Monténégro" et "il n'y aura pas de second tour", a annoncé en milieu de soirée Milos Nikolic, un responsable du parti démocratique socialiste (DPS). Milo Djukanovic était donné grand favori du scrutin. Selon une projection de l'institut de sondage Centre de surveillance et de recherche (CeMI), il aurait obtenu 53,5% des voix.
Mladen Bojanic, un homme d'affaires soutenu par une alliance de partis, dont certains souhaitent des liens plus étroits avec la Russie, est arrivé en deuxième position avec 34% des suffrages, selon le CeMI. Celui-ci a reconnu la victoire de son adversaire, disant simplement: "Le Monténégro a choisi ce qu'il a choisi".
Le taux de participation à 19h30, une demi-heure avant la fermeture des bureaux de vote, était de 61,6%, a indiqué la commission électorale de l'Etat. Aucune irrégularité électorale importante n'a été signalée.
Favorable à l'UE
Allié de l'Occident, Milo Djukanovic avait quitté son poste de Premier ministre en octobre 2016, après avoir dirigé quasiment sans interruption pendant un quart de siècle le Monténégro, le conduisant à l'indépendance de la Serbie en 2006, puis à l'adhésion à l'Otan, effective depuis un an.
Six fois chef du gouvernement, il a déjà été une fois président (1998-2003). Il entend désormais faire de son pays de 620'000 habitants un membre de l'UE, d'ici à 2025.
Avec Milo Djukanovic, le poste de chef de l'Etat, dont les fonctions étaient purement honorifiques pendant les mandats de son prédécesseur et allié politique Filip Vujanovic, va redevenir le véritable siège du pouvoir.
Dans le calme
Alors que les législatives de 2016 avaient été marquées par l'arrestation d'une vingtaine de militants opposés à l'Otan, accusés d'avoir voulu fomenter un coup d'Etat, le scrutin s'est cette fois déroulé dans le calme, sans incidents graves.
Pendant la campagne, à Podgorica, la capitale où vit plus du tiers de la population, les affiches de Milo Djukanovic, "leader, homme d'Etat, président de tous les citoyens", ont occupé la majeure partie des panneaux publicitaires, laissant la portion congrue à ses six adversaires.
Difficultés économiques
Milo Djukanovic a d'ailleurs modéré sa rhétorique hostile au Kremlin. Il s'est déclaré prêt à "mettre en place des relations normales avec la Russie, si celle-ci est aussi prête à le faire".
Les autorités judiciaires monténégrines ont accusé des institutions russes d'avoir été derrière la tentative de coup d'Etat d'octobre 2016, ce que Moscou réfute.
De son côté, l'opposition a attaqué Milo Djukanovic sur le poids de la criminalité organisée, sur fond de règlements de comptes entre trafiquants. Elle l'accuse de longue date d'entretenir des liens avec les milieux criminels.
Dans un pays où le chômage dépasse les 20%, Milo Djukanovic s'est engagé à multiplier par deux en quelques années le salaire moyen, actuellement de 500 euros (600 francs). Cet engagement, a-t-il plaidé, ne sera tenu que si le Monténégro ne dévie pas de la voie vers l'adhésion à l'UE.
ATS