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Connus pour avoir pourchassé les nazis et traduit Klaus Barbie et Papon devant les tribunaux, Beate et Serge Klarsfeld ont réuni des archives et des documents incontestables sur la période 39-45. Avocat de la cause des déportés en France, Serge Klarsfeld a, plusieurs fois, critiqué assez sévèrement le rapport Bergier. Il s'agit d'un rapport commandé par le Conseil fédéral en 1996 à une commission indépendante dirigée par l'historien Jean-François Bergier. Il a été rendu en 22'000 pages en 2002 et s'est avéré extrêmement sévère, voire dénigrant pour notre pays. Il n'a cessé depuis d'être contesté. Frank Bridel démonte systématiquement tous les manques de ce rapport qu'il juge devoir «davantage à des a priori idéologiques qu'à un travail scientifique» dans son livre «Pour en finir avec le rapport Bergier».
Ce rapport prétend, entre autres, que la Suisse a reconduit à ses frontières 24'500 civils, dont une majorité de Juifs durant la dernière guerre. Ce qui a débouché sur un grand mea culpa réglé en espèces sonnantes et trébuchantes. Or aujourd'hui, Serge Klarsfeld et l'historienne Ruth Fivaz-Silbermann assurent que moins de 3000 personnes auraient été refoulées et plus de 30'000 accueillies. Il préconise une nouvelle étude. Faut-il la lancer?
Evidemment. Il en va non seulement d'une question de justice mais aussi de l'honneur de la Suisse. Et non d'épicerie. N'en déplaise à M. Neyrinck.
Nina Brissot