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Villas recherchées
Le district de la Broye-Vully compte environ 23 000 logements et son offre se caractérise par des parités. Parité entre les logements locatifs et les logements en propriété et, pour ces derniers, parité entre les villas et les logements en PPE. Cette configuration permet au district de disposer de l’une des parts les plus importantes en ce qui concerne les villas. Seul le district du Gros-de-Vaud fait mieux avec environ un tiers de ses logements.
Cette forte proportion pourrait expliquer en partie le succès démographique de ces deux districts qui affichent les progressions les plus soutenues. En effet, la répartition de la demande de la Broye-Vully tranche singulièrement avec son offre. Si la villa ne représente qu’un quart des logements du district, trois cinquièmes des recherches de logement sont effectuées sur ce segment. Notons que cette tendance s’est renforcée à la suite de la crise sanitaire: les ménages ont passé plus de temps chez eux et l’intérêt pour des surfaces extérieures a augmenté.
Les demandes de financement montrent également que le marché de la propriété dans la Broye-Vully est l’un des plus petits, sa part s’élevant à 6% du total cantonal. Concernant les logements acquis dans le district, léger avantage à la villa avec 56% en moyenne entre 2010 et 2021, contre 44% pour le logement en PPE. Toutefois, cette tendance s’est inversée vers la fin de la période, la part des logements en PPE ayant été très légèrement supérieure sur les deux dernières années observées. Notons que, à l’échelle cantonale, seuls quelque 40% des logements en propriété acquis sont des villas.
Le conseil de Mark Twain
L’écrivain américain Mark Twain écrivait au 19e siècle «Buy land, they’re not making it anymore», ou «achetez des terres, on a arrêté d’en produire» pour décrire le côté inextensible du terrain. De ce fait, la croissance démographique et le développement territorial doivent être encadrés. Le réchauffement climatique ajoute une contrainte supplémentaire. Responsable sur le plan national d’un quart des émissions de CO2, le bâti est amené à jouer un rôle substantiel dans la réduction de l’empreinte carbone via notamment l’amélioration de son efficience énergétique. De plus, l’immobilier est lié à la mobilité, qui représente, quant à elle, un tiers des émissions de CO2. L’objectif de l’aménagement du territoire est donc de privilégier le développement le long des axes de mobilité douce et de transports publics.
En Suisse, la première loi sur l’aménagement du territoire (LAT), qui comportait le principe d’une utilisation mesurée du territoire, a été mise en vigueur en 1980. Or, le mitage du territoire n’a cessé de progresser. Selon l’OFS, les surfaces dédiées à l’habitat et aux infrastructures ont augmenté de 0,8% par an dans le pays, tandis que les surfaces agricoles ont reculé de 1,1% par an. La révision de la LAT, acceptée en votation populaire en mars 2013, a pour but de corriger cette tendance, en limitant le mitage du territoire et l’extension des surfaces urbanisées. Dans les grandes lignes, il s’agit de densifier, d’exploiter les brèches et de reconvertir les friches industrielles.
Une croissance démographique qui devrait s’affaiblir
Les principales mesures adoptées sont le prélèvement d’une taxe sur la plus-value et la réduction des zones à bâtir surdimensionnées, avec pour limite la capacité d’accueil des habitantes, des habitants et des emplois prévus pour les quinze prochaines années. Sur le plan vaudois, l’inventaire des réserves de zones à bâtir dans les 318 communes que comptait alors le canton a été publié en mai 2015: 245 d’entre elles, soit 77%, affichaient des surcapacités foncières. S’agissant du district de la Broye-Vully, la part était de plus de 90%, soit 32 des 35 communes. Seules trois disposaient de zones constructibles en adéquation avec la projection à quinze ans: Lucens, Corcelles-près-Payerne et Cremin, qui a depuis fusionné avec Lucens.
La version en vigueur du Plan directeur cantonal, approuvée par la Confédération en novembre 2022, fixe la croissance annuelle maximale par type d’espace, soit +0,75% pour les villages et les quartiers hors centre, +1,5% pour les centres locaux et les localités à densifier et +1,7% pour les centres régionaux. Sur une projection à quinze ans avec 2015 comme année de référence, ces croissances maximales s’échelonnent jusqu’en 2030 entre 12% et 29%.
Or, depuis 2015, la Broye-Vully est le district vaudois qui affiche la croissance la plus soutenue: sa population résidente permanente a crû de 14%, ou de 1,9% par an, soit bien plus que les limites de la planification cantonale. De plus, près des trois quarts de la population sont implantés en zone rurale (60%) et en zone périurbaine (12%), soit dans des zones dans lesquelles les limites de croissance sont plus basses. Cela devrait entraîner, à moyen terme, un rétrécissement des réserves constructibles et peser sur la production de logements. Le fort développement démographique broyard constaté ces quinze dernières années est ainsi amené à s’estomper.