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Au fil de l’exposition
Le chemin des primates
Les primates constituent un ordre au sein des mammifères. Le terme de « primate » vient du mot latin primus qui signifie « premier, qui est au premier rang ». Ce nom, donné par Carl von Linné en 1758, sous-entend prétentieusement que les primates se trouvent au sommet de la classification. Plus objectivement, toutes les espèces de primates possèdent simultanément deux caractéristiques : une excellente vision et des mains agiles.
Echelle du temps : la lignée des primates
L’origine des singes
Les singes sont des vertébrés ; plus précisément des mammifères, et plus précisément encore des primates. Les premiers vertébrés, des poissons, sont apparus il y a 550 millions d'années (au Cambrien). Il y a 220 millions d'années (au Trias) apparaissent les mammifères. Les premiers primates datent de quelque 60 millions d’années. Leur histoire est encore confuse, car les fossiles sont peu nombreux et chaque nouvelle découverte peut remettre en cause les hypothèses précédentes.
Haikouella, le premier vertébré ?
Cambrien inférieur du Yunnan (Chine), environ 500 millions d’années
L’Haikouella est une sorte de poisson primitif marin, de petite taille (2-4 cm), sans os ni mâchoire mobile. C’est probablement un vertébré.
Purgatorius, l’ancêtre des primates ?
Crétacé supérieur du Montana (Etats-Unis), 65 millions d’années
A la fin de l’Ere Secondaire, l’extinction des dinosaures permet une diversification rapide des mammifères, qui occupent les niches écologiques libérées par les reptiles disparus. Purgatorius unio, une sorte de grosse musaraigne en partie arboricole, serait à la base de la lignée des primates.
Toupaye du Sud Dendrogale melanura (Famille des Tupaiidés)
Bornéo
Les toupayes (ou tupaïa) actuels qui vivent dans les forêts tropicales d’Asie du Sud-Est ressemblent beaucoup à Purgatorius. Leur pouce n’est pas opposable, leurs incisives ont la forme de canines alors que leurs canines sont réduites et ressemblent à des prémolaires. Considérés tantôt comme des insectivores, tantôt comme des primates primitifs, ils sont aujourd’hui classés dans un ordre à part, les scandentiens.
Les premiers primates, il y a 60 à 55 millions d’années
Paléocène-Eocène d’Europe et d’Amérique du Nord.
Au Paléocène, il y a environ 60 millions d’années, le réchauffement du climat favorise l’apparition de vastes forêts tropicales sur une grande partie de l’hémisphère nord. Une espèce d’un ordre primitif aujourd’hui disparu, les plésiadapiformes, s’adapte à la vie dans cette végétation luxuriante : ses yeux déplacés vers l’avant permettent une vision binoculaire et nocturne ; son museau raccourci et ses dents élargies marquent le passage à un régime omnivore plutôt que strictement insectivore. Ces primates ancestraux qui se diversifient rapidement devaient ressembler à de petits lémuriens ou à des loris.
Galago de Demidoff Galago demidoff (Famille des Lorisidés)
Afrique équatoriale
Pesant à peine plus de 60 g et ne dépassant guère 10 cm (sans la queue), ce galago est l’un des plus petits primates actuels. Sa morphologie générale rappelle celle du tupaïa (vitrine précédente) mais le museau est plus aplati, les yeux sont plus gros et dirigés vers l’avant, les ongles ont remplacé les griffes et le pouce est opposable aux autres doigts.
Les premiers vrais singes
Quand et où sont apparus précisément les simiens, ou vrais singes ? Leur origine est probablement le Sud-Est asiatique où ils se sont peut-être différenciés, il y a environ 45 millions d’années, à partir d’un groupe florissant à l’Eocène mais aujourd’hui éteint, les Omomyidés. Le tarsier est leur seul proche parent encore vivant actuellement.
L’énigme de l’arrivée des singes en Amérique du Sud
Les singes du Nouveau Monde (platyrhiniens) et ceux de l’Ancien Monde (catarhiniens) se ressemblent beaucoup extérieurement mais les caractères de leur crâne montrent qu’ils ont évolué séparément. Les plus anciens fossiles connus en Amérique du Sud datent de 31 millions d’années, époque à laquelle ce continent était totalement isolé. Ils présentent de fortes ressemblances avec les restes de l’Aegyptopithecus découvert en Afrique et datant de 29 millions d’années. Les ancêtres des singes américains seraient-ils venus d’Afrique par voie de mer ? Le mystère reste entier.
Aegyptopithecus zeuxis (famille des Propliopithecidés)
Oligocène du Fayoum, Egypte, 29 millions d’années
De nombreux primates habitaient les forêts marécageuses qui recouvraient l’ancien delta du Nil, il y a environ 30 millions d’années. Parmi eux, Aegyptopithecus zeuxis ressemblait à un petit babouin et possédait un curieux mélange de caractères primitifs et évolués, ne permettant de le classer ni parmi les platyrhiniens, ni parmi les catarhiniens. Il présentait un dimorphisme sexuel important, la femelle étant beaucoup plus petite que le mâle.
Les primates se caractérisent par :
• Des orbites orientées vers l’avant permettant une vision binoculaire
• Le lobe occipital du cerveau, siège de la vision, particulièrement bien développé
• Une main spécialisée très souple, grâce en particulier à la mobilité du radius et du cubitus, mais aussi à la présence d’un pouce opposable aux autres doigts et permettant la préhension
• Des ongles plats à la place des griffes
Ouistiti à toupets blancs Callithrix jacchus (Famille des Callitrichidés), Brésil
Ce petit singe sud-américain présente les caractéristiques classiques des primates : yeux orientés vers l’avant, main à cinq doigts munis d’ongles, pouce opposable.
Près de 300 espèces de primates se partagent les savanes et les forêts proches de l’équateur. Principalement arboricole, le groupe est d’une extraordinaire diversité de formes et de modes de vie. Mais tous les primates ne sont pas des singes ! Les loris, les pottos et les galagos, petits animaux nocturnes aux yeux proéminents, sont aussi classés dans cet ordre, de même que les lémuriens de Madagascar.
Vrai ou faux singe ?
L’ordre des primates est divisé en deux sous-ordres, les prosimiens (ou primates inférieurs) et les simiens (ou vrais singes). Chacun d’eux est encore divisé en super familles, si bien qu’il y a cinq groupes principaux de primates :
Tout est une question de nez !
Chez les prosimiens (lémuriens et loris), la face est allongée en museau, avec formation d'un rhinarium, zone cutanée sans poils entourant les narines. Leur lèvre supérieure n’est pas soudée.
Chez les vrais singes, la face n'est pas allongée en museau, le rhinarium a disparu et la lèvre supérieure est soudée.
Seul le groupe des tarsiers pose encore un problème. Ces animaux étranges possèdent un petit museau, mais en revanche, ils n’ont pas de rhinarium. On les classe donc dans le groupe des vrais singes, même si leur allure est très particulière.
Singes de l’Ancien Monde et singes du Nouveau Monde présentent des allures très variées ; on peut cependant les distinguer facilement en regardant leur nez :
Les narines des singes américains sont arrondies et séparées par une large cloison. Cette structure leur a valu le nom de platyrhiniens, qui signifie « à large nez »
Les singes du Nouveau Monde ont une queue longue et préhensile
Les singes de l’Ancien Monde ont une cloison nasale étroite, ce qui rapproche les narines l’une de l’autre et leur donne une forme en virgule en les inclinant vers le bas d’où leur nom de catarhiniens qui signifie « narines dirigées vers le bas ». Ces singes n’ont pas de queue préhensile.
Les grands singes (ou anthropoïdes) font partie du groupe des singes de l’Ancien Monde
Espèces de primates présentées en boîtes:
Galago du Sénégal
Senegal-Galago
Galago senegalensis (Famille des Galagidés)
Afrique équatoriale
Non menacé
Grâce à ses membres graciles ramassés sous son corps léger, ce petit primate peut faire, un peu à la manière des grenouilles, des bonds prodigieux pour capturer ses proies ou échapper aux prédateurs. Animal du crépuscule, il se nourrit principalement de papillons de nuit et d’autres insectes volants, mais il consomme aussi la résine des arbres qu’il lèche à même le tronc.
Loris paresseux
Plumplori
Nycticebus coucang (Famille des Loridés)
Asie du Sud-Est
Non menacé
Bien que très lent dans ses mouvements, ce petit primate est très agile quand il s’agit de capturer des insectes. Il se nourrit également d’herbes et de fruits. Comme la plupart des loris, il s’active surtout à la tombée du jour et retourne au petit matin dans l’arbre qui lui sert de gîte.
Loris grêle
Roter Schlanklori
Loris tardigradus (Famille des Loridés)
Inde et Sri Lanka
En danger
Grands yeux et grandes oreilles caractérisent ce loris qui se déplace précautionneusement dans les arbres, la nuit, à la recherche de nourriture. Son régime omnivore est surtout composé d’insectes, mais aussi d’œufs d’oiseaux, de fruits et de restes d’animaux en état de décomposition avancé.
Aye-aye
Fingertier
Daubentonia madagascariensis (Famille des Daubentoniidés)
Madagascar
En dange
Seul représentant de sa famille, l’aye-aye est un lémurien nocturne tout à fait particulier. Il possède par exemple comme les rongeurs 4 incisives qui n’arrêtent pas de pousser ! Son majeur est un long doigt grêle muni d’une griffe qu’il utilise pour déloger les insectes vivant sous l’écorce des arbres.
Lémur mongoz
Mongozmaki
Eulemur mongoz (Famille des Lemuridés)
Madagascar et îles Comores
Vulnérable
Ce lémurien a des habitudes nocturnes. Le pelage est différent d’un sexe à l’autre : le mâle a la tête en partie rousse ; la femelle possède de belles bajoues blanches. C’est un mangeur de fruits et de feuilles que l’on rencontre dans les forêts sèches. Il vit aussi aux Comores, mais semble y avoir été introduit par l’homme.
Propithèque de Verreaux
Larvensifaka
Propithecus verreauxi (Famille des Indriidés)
Madagascar
Vulnérable
Le propithèque de Verreaux ou sifaka est un véritable acrobate. Il fait des bonds de plusieurs mètres pour passer d’un arbre à l’autre. Sa longue queue lui sert alors de balancier. Au sol, il se déplace en sautillant sur ses « jambes », donnant l’impression d’effectuer un ballet aérien. Strictement végétarien, il se nourrit de feuilles, de fleurs et de fruits.
Indri
Indri
Indri indri (Famille des Indriidés)
Madagascar
En danger
Avec ses 70 cm de hauteur, c’est le plus grand lémurien. Sa queue mesure à peine 5 cm. Il passe une grande partie de son temps dans les arbres de la forêt pluviale où il se nourrit de feuilles et de fruits. Les individus vivent en groupes territoriaux de cinq ou six individus. Dès l’aube ils lancent des appels puissants qui s’entendent dans un rayon de deux kilomètres.
Tarsier des Philippines
Philippinen-Koboldmaki
Tarsius syrichta (Famille des Tarsiidés)
Philippines
Statut inconnu
Minuscules êtres de 15 cm à peine, les tarsiers font figure de véritable fossiles vivants, occupant une place à part parmi les primates. En 45 millions d’années, la formule dentaire de ces animaux n’a pas changé. Les longs pieds aux tarses très développés lui ont valu son nom. La tête est aussi grosse que le corps et les yeux immenses trahissent une vie nocturne. Il se nourrit d'œufs d'oiseaux, d'oisillons et d'insectes.
Douroucouli commun
Östlicher Graukehl-Nachtaffe
Aotus trivirgatus (Famille des Aotidés)
Amérique du Sud
Non menacé
Les douroucoulis sont les seuls singes complètement nocturnes. Leurs grands yeux leur assurent une excellente vision de nuit. Le nom « douroucouli » vient des cris étranges que le singe pousse lorsqu’il est dérangé ou qu’il souhaite communiquer avec ses congénères. Une poche de résonance placée sous le menton permet d’amplifier les sons de gorge.
Tamarin-lion doré
Goldgelber Löwenaffe
Leontopithecus rosalia (Famille des Callitrichidés)
Brésil
En danger
Ce petit singe sud-américain au long pelage orangé est un rescapé. Dans les années 1970, il n’en restait que deux cents individus à l’état sauvage, dans deux petites régions du Brésil. Grâce à un programme de reproduction en captivité, des lâchers ont pu être organisés, mais les effectifs restent encore faibles.
Hurleur brun
Brauner Brüllaffe
Alouatta quariba (Famille des Atelidés)
Amérique tropicale
Potentiellement menacé
Il existe 7 espèces de singes hurleurs vivant dans les forêts pluviales d’Amérique du Sud et d’Amérique centrale. Leurs cris puissants peuvent être entendus jusqu'à 3 km. Leur grosse tête est pourvue d’un sac vocal permettant d’amplifier les sons de gorge qui ressemblent à des grognements insistants.
Saki à tête blanche
Weisskopfsaki
Pithecia pithecia (Famille des Pitheciidés)
Amérique du Sud
Non menacé
Ce singe possède un nez très court, donnant une allure plate au visage. Il est l’un des rares singes d’Amérique du Sud à ne pas avoir une queue préhensile, bien qu’elle soit longue et touffue. L’animal est arboricole et passe une grande partie de sa journée à manger fruits et graines. Grâce à de puissantes pattes postérieures, il fuit facilement le danger en faisant de grands sauts entre les arbres.
Macaque crabier
Krabbenesser
Macaca fascicularis (Famille des Cercopithecidés)
Asie du Sud-Est
Potentiellement menacé
Ce singe est un très bon nageur qui n’hésite pas à plonger pour capturer ses proies sous l’eau. Il peut rester plusieurs minutes en apnée pour aller rechercher les crustacés et les mollusques dont il est friand. Mais lorsqu’il en a l’occasion, il préfère chasser les crabes violonistes sur les plages de sable.
Macaque ouandérou
Bartaffe
Macaca silenus (Famille des Cercopithecidés)
Sud-Ouest de l’Inde
En danger
Son pelage, constitué d'une fourrure assez longue, est noir à l'exception d'une imposante crinière grise, unique chez les macaques. Sa queue possède à son extrémité des franges de longs poils, c’est pourquoi on l’appelle aussi macaque à queue de lion.
Mandrill
Mandrill
Mandrillus sphinx (Famille des Cercopithecidés)
Afrique centrale
Vulnérable
Le mandrill ne vit que dans l’épaisseur des forêts. C’est une sorte de babouin aux couleurs vives. Le mâle adulte se reconnaît à sa face bleutée dépourvue de poils et soulignée par de larges rayures. Son nez est rouge vif. L’arrière-train est également très coloré. Ces couleurs servent de signal pour affirmer la dominance des mâles sexuellement matures.
Nasique
Nasenaffe
Nasalis larvatus (Famille des Cercopithecidés)
Bornéo
En danger
Le nasique est bien connu pour son appendice nasal volumineux. Le nez des mâles atteint en effet des proportions considérables, d’autant plus qu’il s’accroît tout au long de la vie. Les femelles comme celle qui est présentée ici ont un nez plus petit. On ne connaît toujours pas précisément les raisons de cette hypertrophie unique dans le monde des primates.
Babouin hamadryas
Mantelpavian
Papio hamadryas (Famille des Cercopithecidés)
Ethiopie et Somalie
Potentiellement menacé
Les babouins ont un museau allongé qui rappelle un peu celui d’un chien. Non sans un certain anthropocentrisme, on dit de l’hamadryas qu’il est le plus « macho » des singes. En effet, chaque mâle forme un harem dans lequel les femelles sont totalement soumises à son autorité tyrannique. Cette espèce vit dans des milieux semi-désertiques.
Cercopithèque de Brazza
Brazzameerkatze
Cercopithecus neglectus (Famille des Cercopithecidés)
Afrique centrale
Non menacé
Avec sa visière de poils roux, ses moustaches et sa barbe blanche, le Cercopithèque de Brazza est facilement reconnaissable. Il vit dans les forêts tropicales d’Afrique centrale. Il a un régime végétarien composé de feuilles et de fruits mais mange à l’occasion aussi volontiers des insectes.
Moustac bleu
Blaumaulmeerkatze
Cercopithecus cephus (Famille des Cercopithecidés)
Afrique tropicale
Non menacé
Son nom vient du dessin noir en forme de moustache qui orne son visage. Ce singe a l’habitude de frotter son museau contre celui d’un partenaire pour l’inviter à jouer ou à se faire épouiller. Très expressif, il possède également toute une série de mimiques et de cris qui servent de signaux aux congénères.
Cercopithèque hocheur
Grosse Weissnasenmeerkatze
Cercopithecus nictitans (Famille des Cercopithecidés)
Afrique de l’Ouest
Non menacé
Il se reconnaît facilement à son nez blanc qui contraste fortement avec la tête et le reste du corps presque noirs. C’est un singe arboricole dont la diète est surtout composée de feuilles et de fruits. Il vit en troupes de 15 à 30 individus, essentiellement des femelles et des jeunes… et un seul mâle. Ce dernier, lance des cris graves pour se signaler aux éventuels adversaires. L’appel est rendu plus puissant grâce à un sac vocal.
Attention danger !
Parmi les 297 espèces de primates connues, 113 sont menacées à des degrés divers, surtout à cause de la destruction des forêts tropicales et de la chasse.
Les espèces en danger apparaissent en rouge sur la liste ci-dessous de l’Union internationale pour la Conservation de la Nature (IUCN 2007).
Aye-aye Avahi laineux Avahi occidental IndriPropithèque à
diadème Propithèque
de Tattersall Propithèque de Verreaux Lépilémur à dos gris Lépilémur de Milne-Edwards Lépilémur à pieds blancs Lépilémur à petites dents Lépilémur belette Lépilémur à queue rousse Lépilémur
septentrional Allocèbe Grand
Cheirogale Petit Cheirogale Petit microcèbe Microcèbe pygmée Microcèbe brun-doré Microcèbe roux Microcèbe de
Coquerel Phaner furcifère Maki couronné Maki brun Maki macacoLémur mongoz Maki à ventre roux Hapalemur doré Hapalémur gris Grand hapalémur Maki catta Maki varié Galago élégant Galago mignon du Nord Galago d'Allen Galago de Demidoff Galago de Somalie Galago de Grant Galago de Matschie Galago moholi Galago d'Usumbara Galago de Rondo Galago du Sénégal Galago de Thomas Galago de Zanzibar Galago à queue touffue Galago de Garnett Angwantibo du Sud Angwantibo du Nord Loris grêle de Mysore Loris grêle Loris paresseux du Bengale Loris paresseux Loris paresseux de Java Loris pygmée Potto de Bosman Tarsier de Horsfield Tarsier de Diana Tarsier de Peleng Tarsier pygmée Tarsier de Sagihe Tarsier des Célèbes Tarsier des Philippines Douroucouli d'Azara Douroucouli de
Geoffroy Douroucouli des Andes Douroucouli de Loreto Douroucouli de Dollman Douroucouli commun Douroucouli
de Spix Tamarin sauteur Ouistiti oreillard Ouistiti à tête
jaune Ouistiti
de Geoffroy Ouistiti à toupet blanc Ouistiti de Kuhl Ouistiti à pinceaux noirs Ouistiti pygmée Tamarin-lion de
Caixa Tamarin-lion
à tête dorée Tamarin-lion à croupe dorée Tamarin-lion doré Ouistiti du Rio Acari Ouistiti argenté Ouistiti à pieds jaunes Ouistiti de Snethlage Ouistiti à camail Ouistiti nain couronné Ouistiti aripuana Ouistiti doré Ouistiti manicoré Ouistiti de Marca Ouistiti de Maues Ouistiti à tête noire Ouistiti de Sateré Tamarin bicolore Tamarin à tête brune Tamarin de Lesson Tamarin de Geoffroy Tamarin empereur Tamarin à face noire Tamarin labié Tamarin à pieds
blancs Tamarin de Martin Tamarin à mains rousses Tamarin à moustaches Tamarin à mains noires Tamarin rouge et noir Tamarin à crête
blanche Tamarin à manteau
doré Sapajou à front blanc Sajou brun Sapajou capucin Sapajou à grande
tête Sapajou pleureur Sapajou robuste Sapajou à poitrine
jaune Saïmiri à tête noire Saïmiri à dos rouge Saïmiri écureuil Saïmiri à bandeau Saïmiri noir Ouakari chauve Ouakari à tête noire Titi du lac Baptista Titi blond Titi du prince Bernhard Titi brun Titi à ventre châtain Titi
cendré Titi de CoimbraSagouin rouge Titi bigarré Titi de Bolivie Titi douteux Titi de Hoffmann Callicèbe veuve Titi deuil Titi à collier de Colombie Titi de BahiaPetit callicèbe Sagouin molock Titi à front noir Titi des Andes Titi de La Laguna Titi orné Titi à robe blanche Sagouin à masque Titi puritain Titi roitelet Titi de Stephen Nash Sagouin à collier Saki à nez blanc Saki noir Saki satanique Saki de Uta Hick Saki de l'Equateur Saki chamois Saki hirsute Saki moine Saki à tête blanche Hurleur à
mains rousses Hurleur noir Hurleur brun Hurleur à manteau Hurleur du Guatémala Hurleur de Bolivie Hurleur roux Atèle belzebuth Atèle à ventre blanc Atèle de Geoffroy Atèle variéAtèle santarem Atèle noir Eroïde arachnoïde Eroïde du Nord Lagotriche gris Lagotriche laineux Lagotriche de
Colombie Lagotriche de
Castelnau Lagotriche
à queue jaune Cercopithèque de
Allen Mangabey fuligineux Mangabey de Tana Mangabey à collier blancVervet Ascagne Mone de Campbell Moustac bleu Cercopithèque diane Cercopithèque dryas Cercopithèque à
ventre roux Hocheur à nez rouge Cercopithèque de Hamlyn Cercopithèque de l'Hoest Cercopithèque à diadème Cercopithèque mone Cercopithèque de Brazza Hocheur Hocheur blanc-nez du Bénin Cercopithèque pogonias Cercopithèque de Preuss Cercopithèque de
Sclater Cercopithèque
à queue dorée Colobe
d'Angola Colobe guéréza Colobe magistrat Colobe noir Colobe de Geoffroy PatasCercocèbe à joues grises Cercocèbe noir Macaque brun Macaque d'Assam Macaque
de Formose Macaque crabier Macaque à face rouge Macaque de Heck Macaque à queue de
cochon du Nord Macaque maure Macaque rhésus Macaque à queue de cochon Macaque nègre Macaque de Dumoga-Bone Macaque des Célèbes à bras gris Macaque de Mentawai Macaque bonnet chinois Macaque ouandérou Macaque
couronné Magot commun Macaque du Tibet Macaque du Tonkin DrillMandrill Talapoin Nasique Babouin anubis Babouin jaune Babouin hamadryas Babouin de Guinée Babouin chacma Langur gris Semnopithèque malais Semnopithèque gris de Java Semnopithèque à front blanc Semnopithèque de Hose Semnopithèque mélalophe Semnopithèque de
Mentawei Semnopithèque
rubicond Semnopithèque à cuisses
pales Semnopithèque de Thomas Colobe bai Colobe bai
d'Uhehe Colobe bai de
Zanzibar Colobe bai de Pennant Colobe bai à tête
rousse Colobe vert olive Douc Douc à pattes noires Rhinopithèque du
Tonkin Rhinopithèque
brun Rhinopithèque
jaune doré Rhinopithèque de Roxelane Entelle Langur des Nilgiris Langur à queue de
cochon Gelada Semnopithèque noir Langur de Delacour Semnopithèque de
François Entelle dorée Langur à
sourcils blancs Semnopithèque
obscur Langur à
capuchon Langur à tête grise Semnopithèque blanchâtre Semnopithèque de Griffith Gibbon hoolock Gibbon agile Siamang de Kloss Gibbon à mains blanches Gibbon argenté Gibbon gris Gibbon à bonnet Gibbon à crête
noire Gibbon à joues jaunes Gibbon à joues blanches Gibbon à crête noire de l'Est Siamang Gorille de montagneGorille des plaines Homme Bonobo Chimpanzé Orang-outan de
Sumatra Orang-outan de Bornéo
Les grands singes…
Les études génétiques le démontrent, les « grands singes » sont nos très proches parents. On désigne ainsi tous les grands primates dépourvus de queue : gorilles, chimpanzés, orangs-outans, gibbons. Puisque leur allure rappelle celle de l’homme, on les nomme également singes anthropoïdes.
Siamang
Siamang
Symphalangus syndactylus (famille des Hylobatidés)
Sumatra, Malacca
Potentiellement menacé
Le plus grand des gibbons, atteignant presque deux fois la taille des autres espèces. Au lever et au coucher du soleil, les chœurs modulés des siamangs surpassent tous les autres bruits de la jungle. Ces sons puissants sont produits par le gonflement d’un sac vocal de la gorge, qui peut atteindre la taille de la tête. (Le chant du siamang n’est pas reproduit dans cette salle).
Gibbon à mains blanches
Weisshandgibbon
Hylobates lar (famille des Hylobatidés)
Asie du Sud-Est
Potentiellement menacé
Pas de queue, des bras très longs paraissant disproportionnés, des épaules très mobiles : les gibbons sont les plus agiles et les plus rapides des singes dans les arbres, où ils se déplacent uniquement avec les bras et peuvent faire des sauts atteignant 12 mètres. Pieds et mains sont blanc crème chez cette espèce.
A l’aube, mâle et femelle débutent un chant extraordinaire en duo. Ces appels servent à renforcer les liens du couple et à se faire connaître des voisins.
Orang-outan
Orangutan
Pongo pygmaeus (Bornéo) et P. abelii (Sumatra) (famille des Hominidés)
En danger
Le seul grand singe d’Asie, son nom vient du malais et signifie « homme des bois ». Vivant en solitaire, il est très adapté à la vie arboricole, comme le montrent ses bras très longs, et descend rarement au sol. Son régime alimentaire est végétarien, à base de fruits et de feuilles.
L’orang-outan a un répertoire riche de plus de 16 émissions vocales différentes. Ici, les appels territoriaux d’un mâle.
Bonobo (Chimpanzé pygmée)
Bonobo (Zwergschimpanse)
Pan paniscus (Famille des Hominidés)
Congo (ex Zaïre)
En danger
Le moins connu des grands singes, reconnu comme espèce distincte du chimpanzé en 1929 seulement. Les bonobos habitent les forêts primaires et sont surtout arboricoles, mais ils marchent plus fréquemment sur deux pattes que les chimpanzés. Ils vivent en groupes dirigés par des femelles alliées. La résolution des conflits passe par une importante activité sexuelle.
Gorille
Gorilla
Gorilla gorilla (gorille des plaines) et G. beringei (gorille de montagne) (Famille des Hominidés)
Afrique équatoriale
En danger critique d’extinction (gorille des plaines), en danger (gorille de montagne)
Pacifiques et végétariens, ces colosses (les mâles peuvent dépasser les 200 kg) vivent en petits groupes de 5 à 10 individus dirigés par un vieux mâle. Ils habitent les grandes forêts d’Afrique équatoriale mais sont les moins arboricoles des grands singes.
La bande sonore commence par la vocalise d’un mâle se frappant la poitrine très rapidement, suivie par les cris et grognements de deux individus qui se disputent dans la végétation.
Chimpanzé
Schimpanse
Pan troglodytes (Famille des Hominidés)
Afrique équatoriale
En danger
Le singe le plus proche de l’homme génétiquement (plus de 98% de gènes communs aux deux espèces). Habite les forêts et les savanes boisées, où il vit en bandes hiérarchisées dirigées par des mâles. Les chimpanzés sont arboricoles, chassent en groupes, savent utiliser des outils, et ont même développé des « cultures » régionales.
Les vocalisations des chimpanzés sont souvent assez bruyantes. Dans ce groupe en pleine excitation chaque individu donne de la voix pour se faire entendre.
… des cousins condamnés ?
Nous sommes cousins : nous partageons avec les chimpanzés et les bonobos plus de 98% de notre patrimoine génétique. Nos ancêtres communs, dont les paléontologues ont mis au jour de nombreux restes fossiles, remonteraient à 7 ou 8 millions d’années. Et aujourd’hui, des scientifiques se demandent si les grands singes ne devraient pas être classés comme l’homme dans le genre Homo.
Les forêts qui abritent les dernières populations de grands singes sont détruites à un rythme effréné… Même s’ils sont protégés par la loi dans tous les pays, orangs-outans, gorilles, chimpanzés et bonobos risquent bien de disparaître avant même que l’homme de la rue n’ait pris toute la mesure de la parenté qui nous unit.
Combien sont-ils encore ?
L’estimation des populations sauvages des grands singes est la base indispensable à leur protection. Mais mener des recensements précis dans ces milieux est très difficile : les forêts sont immenses, difficiles d’accès, et les singes s’y déplacent continuellement. Les chiffres annoncés sont souvent trop optimistes.
L’évaluation se fait en général sur un petit territoire, souvent sur la base d’indices indirects de présence. Les nids qui sont construits chaque soir puis abandonnés le matin ainsi que leurs environs contiennent souvent des poils, crottes, urines, traces ou autres éléments qui peuvent renseigner sur les individus qui y ont passé la nuit.
La densité de population peut varier localement. Elle est plus forte au coeur des régions protégées, plus faible le long des routes et près des villages. De plus, il est très difficile de chiffrer l’importance du braconnage et des maladies.
Orang-outan
Ile de Bornéo (Indonésie (Kalimantan) et Malaisie (Sabah, Sarawak) : 60'000 individus
Diminution de 80% en 100 ans ; diminution annuelle de 5'000 individus
Ile de Sumatra (Indonésie) : 3’500 individus
Diminution de 80% en 75 ans
Gorille
Gorille des plaines de l’Ouest : Gabon, Cameroun, Guinée équatoriale, R. du Congo : 70’000 individus
Diminution de 65% en 25 ans
Gorille des plaines de l’Est : R. démocratique du Congo : 5'000 individus
Diminution de 75% en 12 ans
En danger critique d'extinction
Gorille de montagne : Rwanda, R.démocratique du Congo, Ouganda : 700 individus
Après une diminution continuelle depuis une centaine d’années, la population a recommencé à croître ces dernières années
Chimpanzé
21 pays d’Afrique équatoriale: 100’000 individus
Diminution de 90% en 50 ans
Bonobos
R. D. du Congo : 20'000 individus
En forte diminution
Menaces sur les grands singes : déforestation, incendies, braconnage, guerres, maladies…
Etroitement adaptés à la vie arboricole dans les grandes forêts primaires qui leur fournissent nourriture et couvert, les grands singes ne peuvent pas se maintenir dans des milieux dégradés. La destruction de leur habitat forestier est la plus grave menace actuelle pour leur survie.
Exploitation forestière et minière, incendies, coupes rases et plantations pour l’industrie agro-alimentaire et la production de « bio-carburants » réduisent comme peau de chagrin le territoire des grands singes et font chuter leurs populations. S’y ajoutent le braconnage pour la « viande de brousse » et le trafic d’animaux, les épidémies meurtrières, les conflits armés, etc.
Les pays développés portent une importante part de responsabilité dans le massacre actuel des forêts tropicales. En effet, ce pillage insensé des ressources naturelles sert avant tout à satisfaire notre consommation et se fait au détriment des peuples de la forêt, de l’environnement et de la biodiversité.
L’exploitation légale ou illégale de bois exportés vers les pays industrialisés pour la fabrication de meubles, de parquets, de papier ou d’autres produits, l’exploitation minière, la mise en culture pour l’industrie agro-alimentaire (huile de palme) et la production de bio-carburants ont déjà détruit d’immenses surfaces de forêt primaire en Asie du Sud-est et en Afrique, mais aussi en Amazonie.
Les méthodes brutales d’exploitation, coupes rases et incendies, et même l’abattage sélectif des arbres précieux sont destructeurs pour les écosystèmes fragiles des forêts tropicales. Les nouvelles pistes forestières facilitent la pénétration dans la forêt, qui est rapidement vidée de ses ressources naturelles (bois, gibier…). Le morcellement et la dégradation de la forêt sont encore amplifiés par la croissance démographique (augmentation des besoins en bois de chauffage, extension des cultures vivrières).
Que faire ?
La protection légale dont jouissent les grands singes est importante, mais ne suffira pas à elle seule à empêcher leur disparition. En effet, la protection des espèces est illusoire si elle ne s’accompagne pas de la protection de leur milieu de vie, les forêts tropicales.
Si les forêts de Bornéo et de Sumatra continuent à disparaître au rythme actuel, l’extinction des orangs-outans en nature n’est plus qu’une question d’années.
La survie des autres espèces, gorilles, chimpanzés et bonobos d’Afrique équatoriale, est aussi menacée à court ou à moyen terme.
La situation est très grave, mais pourtant tout espoir n’est pas perdu. Une exploitation contrôlée et écologique des forêts tropicales est possible et serait profitable aux populations locales.
La situation est également dramatique pour des milliers d’autres espèces animales et plus particulièrement 18 autres espèces de primates qui sont aujourd’hui menacées d’extinction.
En tant que citoyens de pays du Nord et consommateurs, que pouvons-nous faire éviter la destruction des forêts tropicales ?
• n’acheter et n’utiliser que du bois ou des produits dérivés certifiés FSC (provenant de forêts dont la gestion est proche de la nature, respectueuse de l’environnement, conforme aux principes du développement durable et socialement équitable).
• privilégier les bois et produits dérivés indigènes répondant aux mêmes normes (certifiés FSC)
• utiliser du papier recyclé autant que possible, ou du papier certifié FSC
• exiger des grands distributeurs des informations précises sur la provenance de leurs produits et sur les conditions de leur production, que ce soit pour des dérivés du bois (meubles, panneaux, contreplaqué, papier, etc.) ou pour des dérivés de l’huile de palme ou du soja (produits alimentaires, cosmétiques, alimentation du bétail)
• renoncer à l’utilisation de « bio-carburants » importés, produits à base d’huile de palme ou de canne à sucre
• faire pression sur les gouvernements pour qu’ils s’engagent réellement pour la protection des forêts tropicales et le contrôle de leur exploitation (lettres, pétitions)
Qui singe qui ?
Singer, v. tr. (1770 ; de singe) : imiter maladroitement ou d’une manière caricaturale, pour se moquer. L’étymologie de ce verbe donne à penser que, d’une manière ou d’une autre, les capacités d’apprentissage de nos cousins primates se bornent à des tentatives maladroites de copier ce que l’homme sait mieux faire. Mais qu’en est-il quand il s’agit de se promener dans les arbres, de se servir de ses pieds ou même de jouer au « Memory » ? Au jeu de l’intelligence, n’est pas singe qui veut…
Manipulation d’objets
Parents admiratifs ou célibataires agacés, vous regarderez certainement avec un œil amusé les bambins qui essaient de faire une construction avec des plots en bois. Eh bien, à votre tour ! Mais attention, interdiction d’utiliser les mains ! Empiler des plots ou saisir un objet avec nos pieds n’a rien d’une sinécure … et ce sont les grands singes qui rigolent !
Utilisation d’outils
Dans la nature, la nourriture se cache parfois dans des endroits insoupçonnés. Il faut alors développer des trésors d’imagination pour obtenir ce que l’on souhaite : termites juteuses, fourmis dodues ou noix enfermées dans leur coque. Pour cela, gorilles, chimpanzés ou bonobos utilisent des outils simples mais efficaces.
Et si, au supermarché, vous deviez faire pareil pour obtenir vos aliments ? Ce petit test est simple : à l’aide des deux baguettes, faites descendre jusqu’en bas la petite bille. Pour réamorcer le test, tourner la boîte d’un demi-tour (attention, fragile !).
Utilisation d’une image inversée
Les grands singes, mais aussi les capucins et quelques autres primates, savent utiliser un miroir pour découvrir un objet caché. Simple à première vue, l’exercice ne va pas de soi car l’image que le miroir renvoie est inversée. Le cerveau a parfois de la peine à tenir compte de cette illusion.
Voici un petit exercice de concentration. Prenez le pion et placez-le dans le labyrinthe (entrée à gauche).
Se déplacer à bout de bras : la brachiation
Vous êtes-vous déjà suspendu par les bras plus de trois minutes ? Les singes – gibbons et orangs-outans en tête - sont passés maîtres dans ce domaine. Grâce à leurs longs membres antérieurs, ils se déplacent dans les arbres avec une agilité étonnante et restent accrochés aux branches plusieurs heures durant.
Miroir, mon beau miroir…
Le test du miroir est une expérience classique en éthologie. Le film « L’image du miroir » montre bien que l’aptitude à comprendre son reflet dans un miroir n’est pas l’apanage des êtres humains. Les éléphants, les dauphins et les grands singes savent aussi s’y reconnaître. Ils ont donc conscience d’eux-mêmes et du monde qui les entoure.
[film « L’image du miroir »]
Bipède de la tête aux pieds.
Squelettes en son et lumière
L’homme descend du singe et le singe du cocotier. Quelle réalité se cache derrière cette boutade passée dans le langage courant ? L’ancêtre de l’homme était-il un grand singe vivant dans les arbres comme l’orang-outan ou un primate des savanes comme le babouin ?
Ni l’un ni l’autre semblerait-il. Des recherches récentes basées sur la comparaison des squelettes suggèrent que, pour les primates, la bipédie, c'est-à-dire la marche sur les membres postérieurs, est beaucoup plus ancienne que ce qu’on avait imaginé jusqu’à maintenant. Nos ancêtres sont des piétons depuis plusieurs millions d’années. Mais pour confirmer cette hypothèse, le plus difficile reste à faire: trouver le fossile du plus ancien hominidé.
En tous les cas, l’image classique du petit singe qui grandit, perd sa queue et se redresse lorsqu’il devient chimpanzé, avant d’aboutir à l’homme debout, ne tient pas !
Le patas vit dans les savanes sèches d’Afrique. Une grande partie de ses activités se passe plutôt au sol. Il ne grimpe aux arbres que pour dormir et rechercher une partie de sa nourriture. Peu spécialisée, sa main est très habile pour saisir sa nourriture et la manipuler. L’homme a hérité de ce type de main, bien différente de celle d’un grand singe.
Ce squelette est celui d’un babouin. Par rapport au patas, la queue est déjà plus réduite. En revanche la proportion entre la longueur de la jambe et celle du bras reste équivalente à celle du petit singe, trahissant un déplacement permanent sur les quatre pattes. La main ressemble encore à celle de l’homme, mais le pouce est un peu plus court.
On voit sur ce squelette d’orang-outan que les bras sont plus longs que les jambes. Cette adaptation à la vie arboricole est partagée par tous les grands singes actuels – gibbon, gorille, chimpanzé.
Bien qu’ils marchent parfois sur leurs deux pieds, les chimpanzés ne pratiquent pas une bipédie permanente. La marche avec appui sur le dos des deuxièmes phalanges des mains est une adaptation récente de ces singes arboricoles.
Pourquoi les grands singes plient-ils leurs phalanges quand ils marchent à quatre pattes ? Tout simplement parce que, contrairement à l’homme, ils ne peuvent pas étendre leurs longs doigts à plat sur le sol. En effet, la forme très recourbée des os est anatomiquement prévue pour que les doigts se referment autour d’une branche et non pas pour marcher au sol.
Au contraire des grands singes qui possèdent un bassin allongé verticalement dans le prolongement de la colonne vertébrale, celui de l’homme est beaucoup plus robuste afin de soutenir le poids du tronc et des organes internes. Il s’oriente de biais et est très large, en forme de papillon, afin de servir d’assise au fessier, le muscle le plus volumineux chez l’être humain. La musculature importante des jambes permet bien entendu de marcher pendant des heures, mais aussi de rester immobile et à l’affût en position verticale.
Autre différence importante : la colonne vertébrale de l’homme présente quatre courbures – cervicale, dorsale, lombaire et sacrée - au lieu de deux chez les grands singes. Cette souplesse accrue permet d’amortir les tensions du corps pendant la marche.
L’homme moderne reste donc le seul représentant d’une lignée de primates parfaitement adaptés à la marche bipède suite à une évolution de plusieurs millions d’années. Il descend bien d’autres singes, certes, mais qui, il y a longtemps, avaient déjà les deux pieds bien sur terre.
Des pieds et des mains
L’homme et le chimpanzé possèdent plus de 98% de gènes en commun mais ils présentent de grandes différences anatomiques liées à leurs modes de vie très différents. On le constate en observant pieds et mains.
La main
Chez l’homme (et tous les représentants du genre Homo) la main n’est spécialisée ni dans la locomotion, ni dans la suspension :
• La main est semblable à celle des mammifères primitifs : cinq doigts allongés, deux phalanges au pouce et un axe de symétrie rayonnant avec le majeur au centre
• Le pouce s’oppose aux autres doigts
• Les os des phalanges sont droits
Chez le chimpanzé, le gorille et l’orang-outan la main montre un haut degré de spécialisation pour la vie arboricole
• Les doigts sont très longs et recourbés pour faciliter la suspension
• Le pouce est très court et n’est pas véritablement opposable aux autres doigts (sauf avec l’index pour le bonobo)
• Les os des phalanges sont recourbés
Le pied
Chez l’homme (et tous les représentants du genre Homo) le pied est hautement spécialisé pour la marche verticale (bipédie):
• Le gros orteil est large et parallèle aux autres doigts de pied. Il n’est pas opposable et ne s’écarte des autres que de 5 à 15° maximum.
• Il est le seul être vivant à posséder une voûte plantaire
• L’homme est le seul mammifère dont le calcanéum (os du talon) est relevé dans sa partie antérieure. De plus, cet os a deux tubercules au lieu d’un sur sa partie arrière. De ce fait, lorsqu’il appuie sur le sol le talon possède une bonne assise grâce à ces deux bosses.
• Durant la marche, la plante du pied est en contact avec le sol à la fois par le talon et par l’avant du pied et les orteils.
Chez le chimpanzé, le gorille et l’orang-outan, le pied est d’abord adapté pour se déplacer dans les arbres. La marche bipède est occasionnelle.
• Le gros orteil est fortement réduit, mais il peut s’opposer aux autres orteils et s’écarter d’un angle égalant 90° (sauf chez l’orang-outan où il est très réduit et parfois absent)
• Il n’y a pas de voûte plantaire
• Le calcanéum est horizontal et repose sur le sol par toute sa surface. Comme il ne possède qu’un tubercule dirigé vers l’intérieur, le pied a tendance à basculer vers l’extérieur.
• Durant la marche, toute la plante du pied est en contact avec le sol, donnant une empreinte complète. Ils marchent en varus, c'est-à-dire en prenant appui sur l’extérieur du pied.
Crâneur !
Si la vanité pouvait se mesurer à la taille du cerveau (comparée à celle du corps), l’homme moderne serait sans aucun doute le roi des… crâneurs ! A défaut de mesurer la vanité, le rapport entre poids du cerveau et poids du corps permet néanmoins d’évaluer les capacités d’acquisition de nouvelles connaissances. Plus cet indice est élevé, plus l’animal aura des possibilités d’apprendre.
K= E/P2/3
Cette formule sert à calculer l'indice de céphalisation (K). E est le poids du cerveau et P le poids du corps. Les capacités d’apprentissage seront beaucoup plus élevées chez un animal qui a un cerveau lourd dans un corps léger (indice de céphalisation élevé) plutôt que chez un animal massif avec un « petit pois » à la place du cerveau.
Chez les primates, les lémuriens et les loris ont des capacités comportementales et intellectuelles inférieures à celles des vrais singes. A l’inverse, l’indice de céphalisation le plus élevé se rencontre chez les Anthropoïdes (ou grands singes).
Et chez l’homme ?
L’augmentation de la taille du cerveau dans le genre Homo s’est faite de manière rapide. Homo habilis, qui vivait en Afrique il y a 1,7 à 2,5 millions d’années, avait un volume crânien compris entre 550 et 680 cm3. Il passe à 1'000 cm3 chez Homo erectus qui a colonisé les continents africain, européen et asiatique. Enfin il atteint 1'400 cm3 chez l’homme moderne Homo sapiens dont le fossile le plus ancien connu date de 120'000 ans.
De toutes les espèces du genre Homo, ce n’est pas l’homme moderne Homo sapiens qui possède l’indice de céphalisation le plus élevé, mais l’homme de Neandertal Homo neanderthalis. Ce contemporain de l’homme moderne avait une capacité crânienne atteignant 1'600 cm3. Malgré ses capacités intellectuelles importantes, il a disparu il y a 24'000 ans, en pleine période de glaciation… comme quoi il ne suffit pas d’avoir un gros cerveau pour survivre !
Le trou occipital
Le trou occipital est l’orifice par lequel passe la moelle épinière, les artères et les nerfs. Sa position donne une information sur la position générale du corps. Ce trou est central chez l’homme bipède ; il est en arrière de la tête chez les grands singes qui se déplacent plutôt sur leurs quatre membres. Chez l’Australopithèque, ce trou est également décalé vers l’arrière. C’est l’un des arguments sérieux qui permet de le placer dans la lignée des grands singes arboricoles et non pas comme ancêtre du genre Homo.
Parole de singes
Peut-on considérer les grands singes comme des cousins inférieurs par le simple fait qu’ils ne parlent pas un langage articulé ? L’argument est un peu simpliste. Mais pourquoi donc l’homme est-il le seul animal doué d’une parole « à géométrie variable » ? Et, face aux lois naturelles, cela constitue-t-il un réel avantage ?
Pourquoi les grands singes ne parlent pas ?
Les grands singes utilisent de subtils moyens de communication mais ne connaissent pas le langage articulé. Ils possèdent les organes pour produire les mêmes sons que les hommes, mais leur cerveau ne leur permet pas de créer un langage. Cela ne les empêche nullement de saisir précisément, en une fraction de seconde, une situation sociale compliquée et de se comporter de façon adéquate.
Le langage articulé est unique à l’homme. D'où vient cette faculté remarquable qui nous différencie de tous les animaux ? Comment l'enfant l’acquiert-il avant l'âge de cinq ans ? Ces questions n'ont pas encore trouvé de réelles réponses. Une seule certitude, c'est dans le cerveau qu'il faut chercher.
Grands singes et langage
Les grands singes communiquent par les expressions de la face, les postures et les mouvements, le toucher ainsi que par des manifestations vocales variées. Un jeune chimpanzé peut émettre au moins trente-deux sons différents et ses mimiques exprimer toute une gamme d'émotions.
Entraînés en laboratoire, ils peuvent apprendre jusqu'à un certain point à utiliser un langage. Par exemple, ils sont capables de combiner de courtes suites de symboles abstraits en les pointant sur un tableau pour exprimer des idées relativement simples. Le cas le plus connu est celui du mâle bonobo Kanzi qui comprend mille mots et utilise des lexigrammes pour s’exprimer. Sa maîtrise de la langue est supérieure à celle d’un enfant de deux ans.
Que faut-il pour parler ?
une respiration: les cordes vocales contenues dans le larynx, mises en vibration par le souffle, génèrent un son
un instrument : le son est transformé dans le conduit vocal par les mouvements de la langue, de la mâchoire, des lèvres et du voile du palais
des rythmes: une succession d’ouvertures (voyelles) et de fermetures du conduit vocal (consonnes) pour former des syllabes
Le cerveau contrôle le conduit vocal en coordonnant les mouvements de l’ensemble pour produire les suites de sons qui constituent des mots. Organisés en phrases, ils sont porteurs de sens.
Grâce à l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf), on peut observer l’activité cérébrale et mettre en évidence les zones précises du cerveau responsables de la parole.
Ces zones sont situées sur l’hémisphère gauche du cerveau :
aire de Broca : Intervient dans la production du langage. Moins développée chez le chimpanzé et le gorille que chez l'homme.
aire de Wernicke : Intervient dans la perception et la compréhension des mots, et dans la reconnaissance du sens donné par l'intonation. Présente aussi chez les singes, voire également chez les prosimiens.
scissure de Sylvius : Elle coupe, d'avant en arrière, les deux hémisphères mais est nettement plus développée dans l'hémisphère gauche. Cette zone pourrait être un précurseur biologique du langage. Présente aussi bien chez le singe que l'homme.
aire 40 : Permet d'anticiper la sensation que procurerait l'exécution du geste (aire du ressenti).
Le propre du singe
Savez-vous que les macaques lavent leurs aliments, que les capucins connaissent la vengeance, les bonobos le plaisir du sexe et que les singes « font de la politique » ? Tous ces comportements que l’on croyait réservés au genre humain existent aussi dans les sociétés des grands singes.
Un seul regard de notre cousin gorille ou orang-outan suffit pour nous convaincre. Et lorsque l’on voit un chimpanzé « piquer un fou rire », nos dernières certitudes s’envolent.
Jouer
« Digit et ses demi-sœurs, qui étaient déjà de jeunes adultes quand je les vis pour la première fois, étaient rarement surveillés par leurs parents pendant leurs activités de jeu. La liberté avec laquelle ils jouaient dépendait du type de contact que j’engageais. Quand le groupe 4 ne savait pas que je l’observais, Digit et ses jeunes sœurs luttaient, se poursuivaient et leurs jeux les entraînaient jusqu’à plus de quinze mètres des adultes qui se reposaient dans leurs nids. Les jeunes jouaient jusqu’à l’épuisement puis rejoignaient les autres gorilles pour se reposer.»
Rire
« Le chimpanzé a une expression et un léger grognement ludiques très caractéristiques, ce dernier étant l’équivalent de notre rire. A l’origine, ces signaux ont la même ambivalence. Lors de l’accueil, un jeune chimpanzé fait jaillir ses lèvres loin en avant, les tendant jusqu’à l’extrême limite […]
Si le jeu devient trop brutal, les lèvres se retroussent et le grognement se change en un cri bref et aigu. Si le jeu au contraire se calme par trop, les mâchoires se referment et les lèvres sont tirées en avant pour esquisser la moue amicale du chimpanzé. Fondamentalement, la situation est dès lors la même, mais le léger grognement ludique est un signal à peine perceptible quand on le compare à notre rire vigoureux et tonitruant »
Desmond Morris Le Singe nu
Se soigner
« Depuis le 16 octobre, Kilimi, une jeune femelle chimpanzé âgée de six ans souffrait de troubles digestifs caractérisés par des diarrhées et des périodes de constipation. L’analyse des fèces a montré que Kilimi était infestée de parasites de plusieurs espèces. Le 20 octobre, nous avons observés qu’elle consommait l’écorce d’un arbre Albizia grandibracteata. Kilimi était le seul chimpanzé du groupe à consommer cette écorce pendant que sa mère et d’autres chimpanzés l’attendaient. Deux jours après cette ingestion, les parasites avaient disparu.»
Sabrina Krief La pharmacopée des chimpanzés, article paru dans Pour la science
Etre sensible à la peine d’autrui
« Liza porte sa fille morte dans ses bras. Elle la tient de la même manière que lorsqu’ elle était encore en vie. Joszy observe Liza avec beaucoup intérêt. Liza arrache des morceaux de peau de son enfant mort. Les membres de la famille ne sont pas indifférents à ce qui est arrivé à la fille de Liza. Souvent plusieurs « spectateurs » sont assis à une distance respectueuse de Liza et observent l’événement. Ils n’expriment pas seulement leur curiosité mais probablement aussi leur compassion et participent à sa peine.
Il est intéressant d’observer que les mères portent souvent les corps de leurs enfants morts plusieurs jours avant qu’elles ne s’en séparent. »
Jörg Hess Familie 5. Berggorillas in den Virunga-Wäldern
Utiliser des outils
« Au Gombe Stream, nous avons vu des chimpanzés utiliser des objets pour des fins très différentes. Ils se servent de tiges et de bâtons pour capturer et manger des insectes et, si le matériel choisi n’est pas approprié, ils le modifient. Ils se servent de feuilles pour éponger l’eau que leurs lèvres sont incapables d’atteindre – et ils commencent par mâcher ces feuilles afin d’en accroître l’absorptivité. Nous les avons vus employer des poignées de feuilles pour ôter la boue de leur corps ou pour tamponner des plaies.»
Jane Goodall Les chimpanzés et moi
Partager une culture
« Les chimpanzés ont plusieurs traits culturels : chaque communauté possède un ensemble de comportements qui la différencie des autres groupes, au point que l’on parle de « culture Gombe » ou de « culture Taï ». En observant le comportement d’un chimpanzé, on en déduit où il vit. Par exemple, un individu qui casse des noix, qui déchire des feuilles mortes avec ses dents pour attirer l’attention, qui pêche des fourmis avec un petit bâton et tape sur le sol ou sur un tronc d’arbre avec ses doigts repliés pour attirer les femelles vient de la forêt de Taï. »
Andrew Whiten et Christophe Boesch La culture des chimpanzés, article paru dans Pour la Science
Faire de la politique
« Si une image pouvait résumer la politique du chimpanzé, ce serait celle de ces trois mâles du zoo d’Arnhem, dont deux ont conclu une alliance. Nikkie épouille Yeroen, son partenaire plus âgé, tandis que Luit, leur rival commun, est assis au second plan, l’air passablement mécontent. Yeroen et Nikkie s’unissent parfois contre lui. Mais Yeroen, qui joue dans cette affaire le rôle du faiseur de rois, ne dédaigne pas, à l’occasion, s’entendre avec Luit, ce qui met Nikkie à cran. En liberté, les mâles plus âgés liguent les plus jeunes les uns contre les autres. »
Frans de Waal Album de famille
« J'ai trouvé le chaînon manquant entre le Singe et l'Homme : c'est nous ! »
Konrad Lorenz