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Un trompe-l’œil gigantesque qui réinterprète la façade Renaissance du Palais Strozzi, sur le mur en pietra forte, typique de l’urbanisme de Florence. L'oeuvre interpelle, comme c'est toujours le cas avec l'artiste de street art français JR.
Lorsqu'on regarde d’un point de vue précis "La ferita" (la blessure, en français), on découvre plusieurs pièces du Palais qui se dévoilent à l’intérieur de cette plaie géante. On peut voir la colonnade de la cour, une salle d'exposition imaginaire et une bibliothèque. Mais aussi des chefs-d'œuvre de la peinture comme "Le Printemps" ou "La Naissance de Vénus" de Botticelli.
Ce trompe-l'oeil haut de 28 mètres et large de 33 mètres reste modeste pour JR, en comparaison du regard d'une mère de famille kényane du bidonville de Kibera qui occupe 5000 mètres carrés. Ici, l’artiste a disposé 80 panneaux en aluminium pour créer cette illusion d'un trou béant dans le mur de l’édifice. Dans l'Italie reconfinée, la blessure est symbolique et rappelle le lien qui unit les institutions culturelles d’Italie et d’ailleurs, obligées de limiter ou d’interdire l’accès à leurs publics.
Une blessure comme une ouverture rêvée du Palais au public.
Artiste engagé
"Kikito", installation éphémère de l'artiste de street-art JR à la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis (2017). [Paul Buck - Keystone]
Le photographe est connu pour ses grands portraits qui recouvrent les murs du monde entier. L'artiviste urbain a installé en 2017, à la frontière américaine avec le Mexique, le portrait du jeune Kikito qui défie les gardes-frontière en regardant du côté américain. Il a aussi affiché des visages de femmes dans les favelas de Rio, dans le cadre de son projet "Women Are Heroes" (les femmes sont des héroïnes).
Avec "La blessure", JR installe encore l'art dans la rue. Une poésie urbaine, format XXL, en temps de Covid.
Miruna Coca-Cozma
, Palazzo Strozzi, Florence, jusqu'au 22 août.