Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07211.jsonl.gz/1352

Comme il l'avait fait précédemment avec Gauguin et Segalen aux Marquises, Michel Onfray a suivi les traces d'Artaud au pays des Tarahumaras. En 1936, Artaud cherche au Mexique un remède à l'inéluctable décadence de l'Occident et de l'Orient civilisés, en même temps qu'à ses propres tourments. Pourquoi cet esprit libre et souffrant s'intéresse-t-il au Popol-Vuh à une époque où seuls Le Capital et Freud captivent l'intelligentsia ? Artaud, qui rêve de trouver dans les rites précolombiens un moyen de rédemption, rentrera chez lui les mains vides et le coeur brûlé au spectacle d'une civilisation anéantie par la chrétienté et la modernité. Quatre-vingts ans plus tard, Michel Onfray découvre à son tour ce qui reste des Tarahumaras et de leurs rites : un peuple acculturé, détruit par la tuberculose et l'électricité, vidé de sa mémoire, promis à la disparition - comme tant d'autres peuples "premiers" décimés par les conquêtes coloniales et religieuses. On retrouve ici la méthode de pensée de Michel Onfray, et sa ligne directrice : marcher sur les pas des grands réfractaires, dans les lieux de leurs visions fondamentales, et prolonger leur réflexion sur la décadence et la mort des civilisations.
Michel ONFRAY est docteur en philosophie ; il a créé l'Université populaire de Caen.ÿIl a publié une trentaine d'ouvrages dans lesquels il propose une théorie de l'hédonisme : que peut le corps ? En quoi est-il un objet philosophique de prédilection ? Comment penser en artiste ? De quelle manière installer une éthique sur le terrain de l'esthétique ? Quelle place laisser à Dionysos dans une civilisation tout entière soumise à Apollon ? Quelles relations entretiennent l'hédonisme éthique et l'anarchisme politique ? ÿEdité onze fois dans les éditions du Livre de Poche, il est traduit en quelque treize langues, dont le japonais, le chinois, le serbe et le coréen. L'un de ses derniers titres, Le traité d'athéologie (Grasset - 2005) s'est vendu à plus de cent mille exemplaires. Il a également publié en 2002 « Splendeur de la catastrophe » consacré à Vladimir Velickovic, aux éditions Galilée