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26 avril 1945 - douane de Vallorbe côté France : Le général Koenig au Maréchal Philippe Pétain : « Je regrette, Monsieur le Maréchal. Veuillez me suivre, vous êtes mon prisonnier. »
Remontons le fil de l'histoire. Le maréchal Pétain entré en Suisse le 24 avril 1945 en provenance du château de Zeil à Leutkirch im Allgäu n'allait pas rester longtemps sur notre territoire. Le 26 avril 1945 à 19h00 le Maréchal franchit à nouveau la frontière à Vallorbe, mais cette fois-ci, pour se retrouver en France. Une fois sur le territoire national, il descend de sa voiture et se découvre pour saluer le détachement militaire qui l'attend. Les militaires ne réagissent pas et restent l'arme au pied. Le général Pierre-Marie Koenig, héros de Bir-Hakeim l'accueille et fait le salut militaire mais refuse la main que Pétain lui tend. König lui dit : « Je regrette, Monsieur le Maréchal. Veuillez me suivre, vous êtes mon prisonnier. » Je cite ici cet extrait bien documenté de Wikipedia qui s'appuie sur les sources que je fais figurer en pied d'article : “Pétain et ses accompagnateurs arrivent au poste-frontière de Sankt Margrethen ( canton de Saint-Gall) le lendemain, 24 avril, jour du anniversaire du maréchal, à 10 heures du matin. Ils y sont très bien accueillis, avec fleurs et chocolats. Les formalités douanières durent environ une heure et les autorités suisses font signer au maréchal un document l'assignant à résidence jusqu'à ce que les autorités françaises acceptent son retour. Passent alors la frontière, dans quatre voitures, Pétain et son épouse, le général Debeney, l'amiral Bléhaut et huit officiers et membres du personnel dont les gardes du corps du maréchal et son valet de chambre. ( … ) Walter Stucki, ancien Ministre de Suisse à Vichy et désormais chargé des affaires étrangères au département politique fédéral, vient lui rendre visite le lendemain. Après cet entretien, il donne des ordres pour que Pétain et sa suite puissent se rendre à Vallorbe de manière la plus directe et la plus discrète possible, afin de lui éviter les journalistes. Le lendemain, à 9 heures du matin, le convoi reprend la route, avec une escorte suisse. ( … ). Le convoi arrive à 16 h45 à Vallorbe où Pétain peut se reposer un moment dans la gare. Il demande à son escorte suisse de se renseigner pour savoir ce qu'il se passe du côté français. Celle-ci lui rapporte alors que la route entre le poste-frontière et Les Hôpitaux-Neufs, où un train l'attend, est gardée par 150 soldats armés, car les autorités françaises craignent que le maréchal se fasse huer voire tirer dessus par des FFI. Un fonctionnaire français vient à Vallorbe s'entretenir avec Madame Pétain. N'étant pas, elle, sous le coup d'un mandat d'arrestation, il voulait avoir confirmation qu'elle souhaitait bien suivre son mari et être internée avec lui. Dès l'arrivée de Pétain en Suisse, l'ambassadeur de la Confédération à Paris, Karl Burkhardt, s'était présenté devant le général de Gaulle pour l'informer officiellement de la présence du maréchal sur le territoire de la Confédération et de son souhait de revenir en France. Burkhardt désirait aussi savoir ce que les autorités françaises comptaient faire. De Gaulle indiqua que le gouvernement français n'était nullement pressé, il proposa même au représentant suisse de fournir personnel et documentation à Pétain pour qu'il puisse rédiger, depuis la Suisse, la justification de son attitude depuis 1940, proposition que Pétain refusa y voyant une manœuvre de De Gaulle. L'attitude du général sur le devenir du maréchal n'était pas nouvelle. Claude Mauriac, qui fut son secrétaire particulier, rapporta qu'interrogé en septembre 1944 sur ce qu'il ferait de Pétain, de Gaulle répondit “ Et que voulez-vous que j'en fasse ? Je lui assignerai une résidence quelque part dans le Midi et il attendra que la mort vienne l'y prendre”.
Le général de Gaulle avait mandaté l'un de ses fidèles, le général Pierre Kœnig, alors gouverneur militaire de Paris, pour arrêter Pétain dès qu'il se présenterait à la frontière française et le transférer à Paris. Ce même Koenig qui avait été condamné à mort, par contumace, par le Gouvernement de Vichy, le 3 décembre 1941, par le Tribunal militaire d'Oran et qui commanda en 1942 les forces françaises libres (FFL) à Bir Hakeim puis lors de la seconde bataille d'El Alamein. En mars 1944, Koenig fut nommé Délégué du Gouvernement provisoire de la République auprès du Commandant suprême interallié, et, en même temps, commandant supérieur des Forces françaises en Grande-Bretagne et commandant des Forces françaises de l'intérieur (FFI). Promu général de corps d'armée le 28 juin 1944, il fut nommé Gouverneur militaire de Paris le 25 août 1944.