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Le plan de répartition des 1,25 milliard de dollars, prévu par l'accord global entre les banques suisses et les plaignants juifs, pourra commencer à la fin de cet été. Six ultimes oppositions pourraient en outre être bientôt levées.
En ce qui concerne les prétentions relatives aux avoirs en déshérence, les premières indemnisations interviendront à partir du 5 août. C'est ce qu'affirme Michael Bradfield, responsable au tribunal arbitral (Claims Resolution Tribunal, CRT).
Michael Bradfield reconnaît que la lenteur du processus a pu provoquer l'impatience, voire la colère, de nombreux plaignants malades et âgés. Mais il se dit confiant de voir son équipe d'une quarantaine de personnes traiter 50 000 dossiers par an.
«Le système judiciaire américain est lent, mais il faut bien admettre que, sans lui, les plaignants n'auraient rien pu espérer recevoir», lance Michael Bradfield.
De son côté, l'avocat principal des plaignants, Burt Neuborne, annonce que la distribution des indemnités prévues pour les travailleurs forcés et les réfugiés débutera avant la fin de l'année.
Le retard de ces paiements, par rapport à ceux relatifs aux avoirs en déshérence, est dû à six appels interjetés par certains plaignants. Ils portent sur l'allocation des fonds et des montants des indemnités.
En attendant des décisions judiciaires sur ces appels, la distribution est gelée. Néanmoins, Me Neuborne relève que «les magistrats saisis comprennent très bien l'importance qu'il y a à procéder avec célérité».
Tant Michael Bradfield que Burt Neuborne soulignent que la distribution des indemnités marquera le point final des réparations suisses aux victimes de l'Holocauste. Les deux hommes sont plongés dans cette affaire depuis des années.
Michael Bradfield est un proche de Paul Volcker, président de la commission qui porte son nom et qui avait remis un rapport sur les avoirs en déshérence. Pour sa part, Me Neuborne travaille gratuitement sur le dossier depuis qu'il a été désigné par un juge en 1997.
Malgré leur connaissance intime de la saga qui a empoisonné les relations entre la Suisse et les Etats-Unis, ces deux Américains évaluent différemment son impact sur l'image de la Suisse aux Etats-Unis.
«Il faut attendre la fin de la distribution pour pouvoir se prononcer définitivement, Mais d'ores et déjà, on peut dire que cette affaire a eu un certain impact sur l'image de la Suisse aux Etats-Unis», déclare Me Bradfield. Qui, par ailleurs, se refuse à dire s'il estime que l'ensemble du processus a été équitable pour la Suisse.
Cependant, Me Neuborne considère que la Suisse ne souffre pas d'un problème d'image. «Au contraire, dit l'avocat principal des plaignants juifs, il y a le sentiment que la Suisse et ses entreprises ont pris leurs responsabilités sociales et morales et que l'accord intervenu clôt le chapitre».
Marie-Christine Bonzom, Washington