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Suite au krach de 1929, différentes commissions du Congrès américain firent l’analyse de ce désastre. Les auditions de la commission Fletcher-Pecora mirent en évidence des pratiques bancaires scandaleuses. Les investigations des membres du Congrès tournèrent en partie sur les activités de la banque d’affaires new-yorkaise Goldman Sachs, créée en 1869 !
Elles mettaient en lumière le danger évident que pose une situation dans laquelle une seule institution financière mêle une activité de banque de dépôt, de banque d’affaires/courtage et de compagnie d’assurance. Finalement, l’enquête incisive menée par le Congrès américain sur la crise de 1929, déboucha sur la loi Glass-Steagall (Banking Act of 1933), du 16 juin 1933.
Cette loi imposait une séparation entre les différentes activités des banquiers : les banques d’affaires conseillant les émetteurs des titres, et les banques de dépôt conseillant plutôt les épargnants. Clairement, cette loi interdit à toute banque de dépôt de posséder une banque d’affaires ou bien d’acheter, de vendre ou de souscrire à des titres financiers, domaine réservé aux banques d’affaires.
A l’inverse, il est interdit aux banques d’affaires d’accepter les dépôts de simples clients, ce qui relève exclusivement des banques de dépôt.
Dans la foulée, les banquiers comprirent qu’une part importante du cycle de profits des années 1920 serait tarie. W.C. Potter, de la banque Guaranty Trust (appartenant à la maison Morgan), clama
que ce projet de loi était la chose « la plus désastreuse » qu’il ait jamais entendue. L’American Bankers Association (l’association américaine des banquiers) s’y opposait. En fait,
la loi Glass-Steagall touchait un nerf sensible de l’oligarchie.
Après son adoption, et pendant soixante-six ans, les financiers les plus rapaces dépensèrent des milliards de dollars pour faire sauter ce verrou légal !
Le triomphe du cartel bancaire
Un grand pas, en ce sens, fut franchi en octobre 1982, avec l’adoption de la loi Garn-St-Germain, qui ouvrait la voie à la dérégulation de tout le système bancaire américain. « Sans toucher à Glass-Steagall directement, mais en éliminant les plafonds sur les taux usuriers, cette loi permit d’en diluer l’application et d’introduire la dérégulation. Elle permit notamment aux caisses d’épargne d’élargir leur champ d’activités bancaires et d’investissement, sans régulation. De pair avec la politique de taux d’intérêt très élevés, imposée par le président de la Réserve fédérale, Paul Volcker, en octobre 1979, cette nouvelle loi précipita les caisses d’épargne américaines dans la crise qui allait frapper de plein fouet quelques années plus tard ». Finalement, la loi Gramm-Leach-Bliley, sur la modernisation financière, permit à une vingtaine d’institutions financières (contrôlées par le cartel bancaire) de triompher ! Et qui fut à l’origine de ce coup d’éclat ? Le secrétaire au Trésor de Clinton, Robert Rubin, un ancien de… Goldman Sachs.
(A suivre)
SOURCE : Alterinfo.fr
Deux journalistes de l’agence Bloomberg, Nick Dunbar et Elisa Martinuzzi, révèlent que le maquillage des comptes du pays en juin 2001 a rapporté 600 millions de dollars à la banque d’affaires américaine…
Alors que la Grèce commence tout juste à respirer au lendemain du succès de la restructuration de sa dette, une enquête publiée mardi par Bloomberg lève le voile sur un épisode crucial du naufrage grec.
Ces révélations ont été rendues possibles par les premiers témoignages publics de deux personnages-clés de la transaction qui a permis à la Grèce dissimuler à ses partenaires européens l’ampleur de son endettement: Christoforos Sardelis, responsable du bureau de gestion de la dette à Athènes entre 1999 et 2004, et Spyros Papanicolaou, son successeur de 2005-2010.
Un endettement qui a presque doublé en quatre ans
Au cœur de l’engrenage: un accord de «swap» conclu avec la banque d’affaires Goldman Sachs en juin 2001. En pratique, l’opération consistait à échanger la dette contractée par la Grèce en dollars et en yens, contre un prêt en euros auprès de Goldman Sachs. Un échange réalisé en utilisant un taux de change «fictif, historique», explique les auteurs de l’enquête.
Cela avait pour effet mécanique de «faire disparaître environ 2% de la dette grecque de ses comptes nationaux», expliquent-ils. Et pour rembourser les 2,8 milliards d’euros empruntés à la banque, la Grèce a conclu un autre contrat de swap.
Un montage de produits dérivés d’une complexité extrême dont les responsables grecs n’étaient pas capables de mesurer les dangers, de leur aveu même. En quatre ans, la dette ainsi contractée par la Grèce auprès de Goldman Sachs allait bondir de 2,8 milliards à 5,1 milliards d’euros.
«Des techniques utilisées par bon nombre de gouvernements européens»
Mais pour la banque, l’affaire a été plus que juteuse: selon Spyros Papanicolaou, «le jour de la conclusion de l’accord en 2001, le gouvernement devait à la banque environ 600 millions de d’euros de plus que les 28 milliards qu’il avait empruntés».
Contactés par les deux journalistes, Goldman Sachs a refusé de confirmer ce montant. «Les swaps étaient l’une des techniques utilisées par bon nombre de gouvernements européens pour respecter les critères du traité de Maastricht», a répondu Fiona Laffan, porte-parole à Londres.
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