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Vers le développement durable de la ségrégation sociale
Qui n'a pas son projet d' " écoquartier " ? L'implantation d'un " écoquartier " sur le site d'Artamis (en 2011, 2012 ou 2013, quand le site aura été décontaminé de toutes les saloperies laissées par les Services Industriels qui l'occupaient avant les milieux alternatifs) est pratiquement acquise, a annoncé Rémy Pagani; les radicaux ont eux aussi leur projet d' " écoquartier ", à la pointe de la Jonction. Quant aux Verts, trois de leurs députés ont déposé et fait accepter une motion pour en installer un à la Concorde, à Châtelaine, après que la Fondation Emile-Dupont pour des habitations bon marché ait décidé de démolir et de reconstruire une vingtaine d'immeubles du quartier des Ouches. La liste n'est ni exhaustive, ni close. Les écoquartiers sont conçus pour qu'on y privilégie des principes de " développement durable " (énergies renouvelables, toitures végétalisées, récupération des eaux de pluie, potagers etc…), qu'il n'y a cependant aucune raison de réserver à l'usage de quartiers expérimentaux, et qui mériteraient d'être appliqués dans toute la ville. Sauf à n'avoir aucun sens.
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Vers le développement durable de la ségrégation sociale
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Aide au développement : 0,5 % du RNB en 2015...
Le 26 mai dernier, une pétition revêtue de 200'000 signatures était remise à la Chancellerie fédérale, demandant une nette augmentation de la contribution suisse à l'aide publique au développement, pour la faire atteindre l'objectif de 0,7u % du revenu national -ce que le Danemark, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Norvège et la Suède ont atteint ou s'apprêtent à atteindre, et que l'Union Européenne veut atteindre d'ici 2015. Pour la Suisse, cela signifierait une hausse de sa contribution annuelle d'environ un milliard et demi -et c'est à sa portée : cela ne fait après tout que 60 centimes par jour et par habitant, et cinquante fois mois que ce qui a été débloqué pour " sauver l'UBS " La droite UDC et radicale ne voulait pas lâcher plus. Finalement, le 2 décembre, une majorité de circonstance formée de la gauche et des représentants des réseaux chrétiens au sein des élus radicaux et PDC a imposé une modeste progression du pourcentage du revenu national brut affecté à l'aide au développement, de 0,4 à 0,5 %, d'ici 2015. Le montant de l'aide pasera de 4,5 à 5,3 milliards. 800 millions de plus en huit ans : dans un pays où on en a trouvé quatre-vingt fois plus quatre cent fois plus vite pour l'UBS, on devrait y arriver.
Aider ou s'aider ?
Finalement, le 2 décembre, une majorité de circonstance formée de la gauche et des représentants des réseaux chrétiens au sein des élus radicaux et PDC a imposé une modeste progression, de 0,4 à 0,5 % d'ici 2015, du pourcentage du revenu national brut affecté à l'aide au développement Le montant de l'aide passera de 4,5 à 5,3 milliards. 800 millions de plus en huit ans : dans un pays où on en a trouvé quatre-vingt fois plus quatre cent fois plus vite pour l'UBS, on devrait y arriver. La progression de 0,1 % en huit ans de la part du Revenu national brut affectée à l'aide au développement est " un petit pas dans le bonne direction ", a sobrement commenté la Conseillère aux Etats genevoise (et socialiste) Liliame Maury Pasquier. Elle a raison, Liliane : c'est un " petit pas " dans une moins mauvaise direction que celle de l'enfermement national pingre des temps de crise. Cette " bonne direction ", c'est l'objectif onusien du 0,7 % d'ici 2015, objectif repris dans une loi cantonale genevoise que le canton n'a jamais été foutu de respecter. A moins bien entendu de comptabiliser au titre de l'aide au développement le coût de la construction de centres de rétention pour immigrants illégaux : après tout, ces gens là viennent bien des pays où l'aide devrait se concrétiser, non ? Et qu'ils ont quitté à cause de leur sous-développement ou de leur mal-développement, non ? Et on les loge, on les nourrit, on les soigne même un peu, quand on trouve un médecin, non ? C'est-y-pas de la bonne aide au développement, ça ? Et financée par nos propres budgets sécuritaires et xénophobes, en plus ?
* Le nombre de personnes vivant dans des bidonvilles (elles sont actuellement un milliard) pourrait s'accroître à cause de la crise du crédit, selon un rapport bisannuel de l'Agence des Nations Unies pour les établissements humains, qui met l'accent sur l'accroissement des inégalités à l'intérieur des villes, et en particulier de celles des pays "émergents" ou "en développement", où coexistent des quartiers riches et bien alimentés en services et des bidonvilles privés des services de base. Les perspectives sont meilleures que jamais
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29 novembre : Journée sans achat
Le 29 novembre se tiendra la " Journée Sans Achat " . A l'ordre du jour : ne rien acheter pendant 24 heures (ne rien acheter, pas ne rien voler ou ne rien troquer…) Organisée dans au moins 55 pays, la Journée Sans Achat veut nous interroger sur la réalité de notre société mercantile et consumériste, dénoncer une publicité omniprésente et une incitation permanente à amasser, se libérer d'un rêve de croissance infinie qui se transforme en cauchemar pour la majorité de la population humaine de la planète. A Genève aussi, la Journée Sans Achat sera l'occasion d'une critique de la marchandise, de la consommation et de la croissance. Cesser d'acheter pour ne plus se vendre : ça tombe au bon moment, et si la crise du système financier mondial, en faisant planer le " spectre de la récession ", pouvait concourir à une remise en cause radicale de nos comportements ?
Ne plus consommer, mais consumer
Une " Journée Sans Achat " pourquoi ? Pour se défendre de la marchandise, et de la mercantilisation. Pour remettre en cause la réduction de toute valeur d'usage à une valeur d'échange, de tout lien social à la propriété d'un signe d'appartenance (une bagnole, un home cinema, une console de jeu, un portable...). Cette socialisation de la marchandise, rigoureusement conjointe à la réification du lien social, est la marque du capitalisme socialisé. Ne pas acheter pendant un jour ne suffit évidemment pas à une critique de la marchandise, mais du moins en manifeste l'urgence. Pour le reste, et pour la suite, il n'est qu'un moyen de se délivrer de la marchandise : la détruire en tant que marchandise, c'est-à-dire détruire sa valeur d'échange. Celui qui détruit la marchandise s'en rend maître. Le gaspillage, le vol, le pillage, détruisent en effet ce qui, dans la marchandise, contient la valeur de l'exploitation du temps de travail qui l'a produite. L'exploitation ainsi niée, reste à nier aussi l'aliénation. Et à passer de la critique de la consommation à l'exercice de la consumation. On rejoint ici l'objectif que nous pouvons assigner à la décroissance : être non seulement l'instrument de la défense de l'environnement naturel contre les agressions humaines, ou de la défense des plus vulnérables d'entre les humains contre les actes et les comportements des privilégiés, mais être surtout la charge d'explosif dynamitant un ordre social fondé sur l'impératif de produire toujours plus, de consommer toujours plus, et de n'être plus que producteurs et consommateurs -surtout pas citoyens.
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Un consensus qui sonne creux :
Du développement durable comme tarte à la crème (bio, la crème)
Quand un concept fait l'unanimité, il y a de fortes chances pour que ce soit en raison de sa vacuité. Et quand tout le monde, de l'UDC aux Communistes, et nous compris, prône le " développement durable ", c'est vraisemblablement que le concept ne gênant personne, il ne sert à rien. Sinon à remplir les discours de campagnes électorales. C'est le principe du tambour : ça résonne parce que c'est creux.
Développement du râble
Ce qu'il y a de plus durable dans le concept de " développement durable " est bien l'usage qu'on en fait pour tenter de pérenniser des comportements et des modes d'organisation sociale qui sont tous contradictoires des beaux objectifs proclamés. Il n'y a pas de développement " durable " concevable dans la poursuite d'une croissance fondée sur l'utilisation de ressources non renouvelables, sur la production et de la consommation de biens marchands acquis non pour leur utilité mais pour le signe d'intégration sociale qu'ils manifestent et sur l'appropriation privée de l'espace. Bref : il n'y a pas de développement durable sans rupture avec notre mode de vie actuel -pas de développement durable sans décroissance. Or tel qu'il nous est vanté, le " développement durable " n'est qu'une forme de croissance. Une croissance light, soft, fit, tant qu'on voudra, mais une croissance. Or c'est bien, désormais, la décroissance qui devrait s'imposer, et avec la décroissance, un changement radical des répartitions de la richesse, des ressources et du pouvoir. La crise financière actuelle pourrait-elle le provoquer ? Les Etats font et feront tout pour qu'il n'en soit rien. Avec les plus de 1000 milliards de dollars affectés par les USA et les Etats européens et asiatiques au sauvetage d'un système financier parasitaire, on éradiquerait la faim, l'analphabétisme et la plupart des maladies endémiques qui ravagent encore la périphérie; on assurerait l'accès universel à l'eau potable et aux soins. Et quand on s'inquiète ici sur le coût d'un plein pour sa bagnole, on a des soucis d'une toute autre nature ailleurs : 1,5 milliard de personnes, soit le quart de la population mondiale, sont menacées par la dégradation croissante des terres desquelles elles dépendent directement. Et la flambée des prix des denrées alimentaires a entraîné une augmentation de 50 millions du nombre des affamés dans le monde.