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26.11.2020
Quelques jours avant la votation sur l’initiative pour des multinationales responsables, Glencore tente d'actionner une procédure judiciaire contre les critiques à l’encontre de sa mine en Bolivie. Le Tribunal supérieur du canton de Zoug vient de rejeter sa demande de mesures superprovisionnelles.
Dans la mine de Porco, exploitée par une filiale de Glencore, des coopératives extraient du zinc, du plomb et de l’argent dans les pires conditions : les accidents graves, voire mortels, sont monnaie courante et de nombreux travailleurs n’ont pas encore atteint l’âge de la majorité. Les plus jeunes ont à peine onze ans.Lorsque l’extraction industrielle d’un secteur de la mine n’est plus rentable pour la filiale de Glencore, elle se retire et abandonne les galeries à des coopératives. Celles-ci extraient les minerais avec des moyens rudimentaires en prenant les plus grands risques. Détournant le regard, la filiale de Glencore rachète cependant une grande partie du minerai de ces coopératives.
Positions contradictoires de Glencore
Dans sa prise de position et des encarts d’une page entière parus dans la presse suisse, Glencore s’est empêtrée dans ses propres contradictions. La multinationale affirme qu’elle n’a aucune influence directe sur les coopératives et qu’elle est dans l’impossibilité de contrôler l’identité et l’âge des travailleurs qui œuvrent pour celles-ci. Pourtant, les travailleurs, souvent des enfants et des adolescents, passent un contrôle de la filiale de Glencore en se rendant aux galeries et celle-ci admet entretenir un « dialogue constant avec les coopératives présentes dans nos exploitations minières, entre autres sur le travail des enfants ». En outre, Glencore affirme simultanément que les achats auprès des coopératives sont conformes aux «supplier Standards», qui préconisent une tolérance zéro vis-à-vis du travail des enfants.
La multinationale minière aurait eu diverses occasions de participer à la discussion et de présenter publiquement son point de vue, notamment vendredi dernier lors de la seconde émission de débat Arena à propos de l’initiative pour des multinationales responsables (voir à ce propos : https://www.zentralplus.ch/
Les opposants à l’initiative ont ouvert au total trois procédures avant la votation. Deux jugements ont été rendus à ce jour. Le Tribunal Fédéral à Lausanne a rejeté hier les mesures provisionnelles demandées par les jeunes libéraux contre les Églises. Et dans le cas susmentionné, le Tribunal cantonal de Zoug a rejeté les mesures superprovisionnelles contre l’association Initiative pour des multinationales responsables.