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Les choses semblent limpides: pour une partie de la classe politique genevoise, la liberté d'entreprendre et de faire des affaires, la concurrence, la liberté de commerce, le droit à la propriété individuelle, la récompense du mérite et des efforts consentis, toutes ces valeurs qui fondent notre prospérité, c'est du passé. Place à la propriété collective des sols, des murs et des moyens de production, à la République des Soviets plus l'électricité (bleue ou verte) et à la répartirtion des fromages et des prébendes par les caciques du comité de quartier, en fonction de critères qui vont de l'appartenance politique à l'incapacité notoire à s'assumer par soi-même.
Soyons clairs: ni Christian Lüscher, ni Mark Müller, ni Jean Murith n'ont commis quoi que ce soit d'illégal. Ni même de moralement répréhensible. Ils travaillent, paient des impôts, entretiennent leurs familles, se logent et les logent en fonction des occasions qui se présentent. Il y a dans la République des logements régis par les collectivités publiques qui sont réservés à des familles aux revenus limités. Ce n'est pas le cas des logements concernés. C'est la loi (stupide, parce que limitatrice et n'incitant pas à construire) voulue par la gauche qui limite le montant du loyer de Mark Müller, mais elle ne dit rien quant aux revenus des personnes censées y habiter. Et dans un monde libre, un propriétaire a le droit de choisir son locataire. C'est évidemment son intérêt de choisir une personne qui ne devrait pas lui poser de problème. Contrairement à une famille dans le besoin. Le propriétaire paie des impôts, il n'a pas à se susbsituer aux services sociaux.
Et la loi est la même pour tous. Que l'on soit pour ou contre. Sinon, si l'on devait refuser d'appliquer une loi à l'avantage de quelqu'un sous prétexte que cette personne est contre la dite loi, pour rester cohérent, il faudrait prévoir la possibilité pour cette personne de ne pas se plier à la-dite loi.
Quant à l'argument prétendant qu'en acceptant le chef du DCTI comme locataire, le promoteur-régisseur a barre sur lui, c'est du grand-guignol. Le bail a été signé. Il est en vigueur. Pour le promoteur-régisseur, il est préférable d'avoir ce locataire-là, plutôt prestigieux dans l'immeuble et peu susceptible de laisser courir des loyers en retard. Cela ne lui coûte rien au promoteur-régisseur, au contraire. Mark Müller ne se sent pas le moins du monde lié, et il a raison. D'ailleurs il bloque un gros projet de logements de ce même promoteur à Bellevue (ma commune d'origine) parce qu'il souhaite que le projet prévoit davantage de logements. Il ne faut pas mélanger les business. Ou alors cela signifierait que si l'on obtient un logement de la GIM, on est redevable à Mme Salerno ? Jusqu'à quel point? Risque-t'on de perdre son logement si l'on dit du mal de l'ASLOCA ou si l'on appelle à voter contre M. Sommarugga ?
Des dizaines de milliers de foyers, à Genève, paient des loyers inférieurs, voire très inférieurs aux prix du marché, tout simplement parce qu'ils sont dans leur appartement depuis des lustres. Cela fait-il d'eux des profiteurs ou des malhonnêtes ? J'ai vu il y a 3 jours un 4 pièces en plein centre, pour CHF 700.- Soit deux fois moins cher qu'en LUP. Pas dans les petites annonces évidemment: il a été sous-loué hors marché, avec la bénédiction des services sociaux et de la régie à un jeune orphelin de 18ans qui en avait bien besoin, qui avait juste la chance d'avoir des relations qu'il s'était faite lui-même et de savoir les utiliser.
Dans le monde libre, il est encore permis de faire des affaires et d'acheter à bon prix, si l'on en a l'occasion. L'interdire, c'est transformer Genève en satellite anachronique d'un astre heureusement disparu: l'URSS. Est-ce bien cela que veulent les socialistes, qui lorsqu'ils en ont l'occasion savent très bien, comme tout le monde, essayer d'obtenir le meilleur au meilleur prix...