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Malgré leur potentiel, personne n'a réussi à les faire passer du vol de fantaisie à la réalité quotidienne.
En 1940, Henry Ford a dit : "Croyez-moi, la combinaison entre un avion et une voiture va arriver." Avec les taxis volants apparemment en route, on dirait qu'il avait raison, mais quelle attente. Huit décennies plus tard, "Où est ma voiture volante ?" est une abréviation pour tout ce qu'ils nous ont promis mais que nous n'avons jamais eu.
Nous avons toujours voulu voler et dès que les voitures sont apparues, nous voulions aussiqu'elles volent. Les premiers plans du réseau autoroutier interétatique américain avaient même des pistes adjacentes prêtes à accueillir des voitures volantes. Mais elles n’ont jamais vu le jour. Que le concept de la "voiture" volante semble pittoresque ou naïf, ce rêve du XXe siècle a été alimenté des décennies durant par la science-fiction et les Jetsons, aussi obsolètes que le modèle T. Pourtant, comme nous le verrons, quelque chose de tout aussi valable peut prendre sa place.
L'histoire nous enseigne que les véhicules à usages multiples sont inadéquats. Un design parfait pour un avion n'est pas parfait pour une voiture et vice versa. Essayer de combiner les deux est ce que Peter Stevens, consultant en design au Royaume-Uni, appelle "un compromis inhérent et débilitant" - une leçon apprise à la dure.
Pourtant, peu de gens ne voudraient pas d'un véhicule volant personnel, semblable à une voiture, confortable, pratique et libérateur. Les hélicoptères ne suffisent pas, pas plus que les avions que l'on peut conduire sur une route, une idée qui fait son chemin depuis l'admirable mais douloureusement laborieuse AeroCar des années 1950.
Il est généralement admis que les pistes d’atterrissage sont interdites dans la plupart des environnements urbains, c'est pourquoi le pilotage de notre "voiture" nécessite un décollage et un atterrissage silencieux, stable et vertical (VTOL). Un exploit qui s'est avéré extrêmement délicat, comme l'a constaté le vétéran de SkyCar Paul Moller, "Rien ne descend plus vite à l'envers qu'un véhicule VTOL". Pour couronner le tout, le système VTOL utilise du carburant, car en l'absence d'une nouvelle méthode de lévitation, nous comptons toujours sur la poussée d'une grande quantité d'air vers le bas.
Dilemmes techniques mis à part, si dans le futur il y aura des voitures volantes, tout le monde en voudra une : les bouchons sur les autoroutes sont déjà suffisamment désagréables sans les épouvantes d'une version 3D. L'autonomie ne peut être accordée qu'à la police ou à d'autres véhicules d'urgence. Vous ne serez donc pas pilote, vous serez passager, dans un véhicule accroché à un système GPS complexe, une intelligence artificielle effrayante mais experte, et un tout nouveau concept de contrôle du trafic aérien. Tout cela sera difficile, mais pas impossible.
Uber négocie déjà la technologie et l'infrastructure de sécurité dans sa recherche sur Elevate : une flotte de taxis aériens électriques, autonomes, VTOL, essentiellement des drones passagers, dont le lancement est prévu d'ici 2020 à Dubaï et dans d'autres villes par la suite. Dans les centre-ville, ils prévoient des "vertiports", contrôlés par un contrôle aérien renforcé. Elevate se trouve déjà dans une course aux drones avec le taxi aérien Kitty Hawk de Larry Page, Ehang en Chine, Volocopter d'E-Volo et Vahana d'Airbus. Le trafic qu'ils risquent de contrôler bientôt, pourrait comprendre des éléments dont certains ressembleront à une voiture, d'autres moins...
Il s'agit probablement de savoir quand, et non pas si les voyages sur route deviennent obsolètes - des entreprises comme Uber montrent déjà que la volonté est enfin là et que la technologie est à bout touchant.
Au-delà des obstacles réglementaires, il se peut que les VTOL survolent nos villes très bientôt... mais qu'ils nous permettent de conduire l'un d'entre eux relève d’une toute autre question.
Extrait de : Flying cars: why haven't they taken off yet? (The Guardian / 19 june 2018 / Dave Hall)
Traduction par: Gabriele Wittlin UPCF