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La capsule Crew Dragon s'est amarrée à la Station spatiale internationale (ISS) à 16h16 (heure Suisse), avec quelques minutes d'avance sur l'horaire prévu. Environ trois heures plus tard, à 19h02, après dépressurisation du sas reliant le véhicule à la station, l'écoutille a été ouverte afin de permettre aux deux astronautes de pénétrer dans la structure.
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Bob Behnken et Doug Hurley, qui ont décollé à bord d'une fusée Falcon 9 de la société SpaceX la veille depuis la base de Cap Canaveral, sont les premiers astronautes à rejoindre l'ISS, à 400 km de la Terre, grâce à un véhicule d'une entreprise privée. Il y resteront entre un et trois mois, en compagnie des trois astronautes déjà sur place arrivés en avril dernier à bord d'un vaisseau russe Soyouz.
Le véhicule spatial Crew Dragon et ses deux astronautes (ici au moment de l'amarrage) sont arrivés dimanche vers 16h15 à la station spatiale internationale [NASA - Keystone]Les deux amis, d'anciens pilotes militaires, ont retrouvé dans l'ISS les habitants actuels, leur compatriote américain Chris Cassidy et deux astronautes russes, pour une photo collective.
"Ce fut un honneur de faire partie de cet effort de neuf ans depuis la dernière fois qu'un véhicule américain s'est amarré à la station spatiale internationale", a déclaré Doug Hurley, 53 ans, après l'amarrage réussi.
Nouveau "taxi spatial"
Depuis l'ultime vol des navettes spatiales américaines en 2011, ce sont des fusées russes qui envoyaient les Américains vers l'ISS. Pour ses futurs vols habités, la Nasa avait chargé SpaceX de développer un nouveau "taxi spatial".
Si cette mission, qui pourrait durer jusqu'en août, est certifiée sûre, les Américains ne dépendront alors plus des Russes pour accéder à l'espace. SpaceX a promis à la Nasa six allers-retours vers l'ISS avec quatre astronautes à bord pour trois milliards de dollars.
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"On ne s'improvise pas fabriquant de fusées"
Amener des hommes dans la station spatiale internationale, une mission de routine? "Pas tant que ça, puisqu'il a fallu neuf ans aux Etats-Unis pour être capables de le faire à nouveau", a estimé l'astrophysicien neuchâtelois Willy Benz dans l'émission Forum de la RTS dimanche. "On ne peut pas, comme ça, s'improviser fabriquant de fusées".
Pour lui, l'apparition de la société SpaceX dans le domaine de la conquête spatiale ne s'est pas faite par hasard: "Ca a été une volonté délibérée des Etats-Unis et de la Nasa de transférer à l'industrie privée la capacité de voler jusqu'à l'ISS, avec en arrière-plan l'idée de commercialiser l'espace". L'objectif est de faire jouer la concurrence pour faire baisser les prix.
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agences/vic
Finalement, "le trampoline fonctionne"
Le président américain, qui a assisté au décollage de la fusée développée par SpaceX, entreprise privée dirigée par l'homme d'affaires Elon Musk, a fait preuve d'un enthousiasme débordant après ce premier vol habité lancé par la Nasa depuis 2011. "Cette puissance, cette technologie, c'est incroyable", a notamment déclaré Donald Trump, promettant que des Américains poseraient prochainement le pied sur Mars et que les Etats-Unis disposeraient bientôt des "armes les plus extraordinaires jamais imaginées".
"Nous avons du mal à comprendre l'hystérie déclenchée par le lancement réussi de la capsule Crew Dragon", a réagi sur Twitter le porte-parole de Roscosmos, Vladimir Oustimenko. "Ce qui aurait dû arriver il y a longtemps est arrivé", a-t-il ajouté en allusion à un précédent échec de SpaceX en 2014, à la suite duquel le patron de l'agence spatiale russe, Dmitri Rogozine, avait suggéré aux Etats-Unis d'acheter un trampoline. "Le trampoline fonctionne", a pu lui répondre Elon Musk, six ans après, pendant une conférence de presse avec le patron de la Nasa.