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L’interprétariat scrupuleux et aussi fidèle que possible auprès des autorités et des tribunaux revêt une importance capitale. On sous-estime le besoin d'interprètes bien formés. Pour répondre à la demande, Caritas Suisse propose des modules spécialement conçus dans le domaine de l'interprétariat auprès des autorités.
En janvier 2018, trois hommes issus d’ex-Yougoslavie ont dû se justifier auprès du tribunal d’arrondissement de Bucheggberg-Wasseramt (canton de Soleure) pour tentative de vol en commun. Les cas de ce genre ne sont pas inhabituels. Mais l’affaire a été reprise par les médias suite à une tournure inattendue des événements. Lors de l’audience en question, l'interprète a demandé à pouvoir faire part de quelque chose d’inhabituel. Toutes les parties ont donné leur assentiment. L'interprète a alors laissé entendre qu’un des accusés était analphabète et s’exprimait dans un dialecte rom. L'interprète devait tout expliquer avec des mots simples vu qu’une traduction littérale en demandait trop à la personne concernée.
Cette contribution de l'interprète s’est avérée décisive car en cas de problèmes de communication évidents ou présumés entre les parties concernées, elle contribue à la clarification en attirant l'attention sur d'éventuels malentendus, conformément au code de déontologie des interprètes. Une telle prise de conscience du rôle de ces professionnels et sa mise en pratique présupposent une formation spécialisée.
Il est en outre apparu que le prévenu avait été interrogé plusieurs semaines durant par la police, sans le concours d’un interprète, dans le cadre de la procédure d’investigation. Il avait signé les procès-verbaux sous la formule « lu et compris ». Ces derniers étaient donc nuls et non avenus.
Nécessité de l’interprétariat
En Suisse, le droit d’être entendu en justice et le principe d'équité de la procédure sont régis par la loi – en parfait accord avec le principe du droit romain « Audiatur et altera pars » (maxime latine signifiant qu’il y a lieu d’entendre la partie adverse). Par conséquent, le demandeur et le prévenu ont tous deux le droit d'être entendus. Mais comment est-il possible d’entendre l'autre partie si elle parle le dialecte rom, le somali ou le farsi ? Comment parvenir à une bonne compréhension si on ne comprend pas la langue utilisée ? C'est précisément là que l'interprétariat joue un rôle de premier ordre. Les interprètes font entendre la voix de « l’autre partie ». Ce n'est qu'à cette condition que le droit est respecté. L'autorité prend la personne concernée au sérieux en tant qu'être humain et non comme simple objet de l'audience.
Les interprètes sont confrontés à de nombreux autres défis. Il s'agit notamment du jargon juridique, des réglementations juridiques dissemblables, des différents niveaux de connaissances et, surtout, des différences culturelles et des malentendus. La qualité de l'interprétation ainsi que l'équité du procès et du jugement sont garanties par un haut niveau de compétence et de capacité d’agir. Une formation approfondie et pragmatique permet d'acquérir ces compétences et d'éviter ainsi des répercussions négatives.
Depuis 2016, Caritas Suisse propose un module de formation pour interprètes, axé sur le les différents contextes rencontrés auprès des autorités et des tribunaux. Cette formation sensibilise aux situations délicates devant les tribunaux ou les autorités d’investigation et offre un moyen actif d'y faire face. Le code de déontologie des interprètes et médiateurs interculturels joue un rôle prépondérant dans ce contexte. Ce n'est que grâce à des interprètes pleinement qualifiés qu'il est possible d'obtenir un résultat équitable et de réduire les coûts.
Engagement de Caritas : Offres de formation interprétariat et migration