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Une étude récente suggère que la maladie de Parkinson ne se limite pas au cerveau, mais affecte également le système nerveux périphérique (Lancet 2000 ; 356 : 917).
Grâce à la tomographie par émission de positons (TEP), une équipe de l'Institut national des maladies neurologiques et des congestions cérébrales à Bethesda, dans le Maryland, aux Etats-Unis, a mis en évidence que, parmi 29 patients atteints de la maladie de Parkinson, presque tous possèdent un nombre réduit de terminaisons nerveuses produisant de la noradrénaline dans le cur (Ann Intern Med 2000 ; 133 : 338-47).
Cette étude avait été entreprise pour comprendre les causes de l'hypotension orthostatique, un symptôme courant de la maladie de Parkinson. Jusqu'à présent, on pensait que ce phénomène pouvait résulter du traitement à la lévodopa, qui est couramment prescrite pour traiter la maladie de Parkinson car elle est convertie en dopamine une fois qu'elle a passé la barrière hémato-encéphalique. L'étude montre que «la perte de terminaisons nerveuses au niveau du cur n'est pas corrélée au fait que le patient ait ou non été traité à la lévodopa», indique David Goldstein, qui a mené cette étude. L'étendue de la perte n'est pas non plus liée à la sévérité ni à la durée de la maladie.
L'étude de l'équipe de Goldstein inclut des patients souffrant d'atro-
phie systémique multiple (ASM). L'ASM est une maladie neurodégénérative rare que caractérise une
hypotension orthostatique et des mouvements anormaux. Il est difficile de différencier, par un diag-
nostic purement clinique, l'ASM de la maladie de Parkinson. Les chercheurs ont trouvé que le nombre de terminaisons nerveuses du système sympathique est normal chez les patients souffrant d'ASM. La différence de perte de terminaisons nerveuses est si frappante entre les deux maladies que «cela pourrait constituer un test utile pour établir un diagnotic qui distingue ces deux maladies», écrit Horacio Kaufman, de l'Ecole de médecine du Mont Sinaï, à New York (Etats-Unis), dans un éditorial qui accompagne cette publication. Puisque la noradrénaline et la dopamine sont toutes deux des catécholamines, ces nouvelles données suggèrent que, quelle que soit la cause de la perte en terminaisons nerveuses qui produisent de la dopamine dans le cerveau, celle-ci induit également la perte des terminaisons nerveuses sympathiques qui innervent le cur.
Nico Leenders, de l'Hôpital universitaire de Groningen (Pays-Bas),
trouve ces résultats intrigants, même s'il note que la pertinence clinique de la dénervation cardia-
que mesurée par la TEP n'est pas claire : «Il est connu que des changements induits par la dégénérescence sont trouvés dans les ganglions autonomes dans la maladie de Parkinson. Il reste donc à voir si le phénomène observé est vraiment dû à un défaut du système périphérique.» Pour répondre à cette question, Goldstein et ses collègues cherchent dorénavant à savoir si la perte en terminaisons nerveuses du système sympathi-
que se limite au cur ou si elle affecte d'autres organes du corps.J. Mirenowicz