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D’un côté, on a le football, où l’édition de la Coupe du monde 2026, attribuée conjointement aux USA, au Canada et au Mexique, fera passer les équipes participantes de 32 à 48. Il s’agit de l’événement sportif le plus regardé au monde avec le Championnat du monde de cricket et les Jeux olympiques.
D’un autre côté, différents sports, non moins médiatiques, envisagent de réduire le nombre de participants aux compétitions. La Fédération internationale de ski (FIS) a récemment indiqué vouloir réduire progressivement le nombre d’athlètes engagés dans ses compétitions de Coupes du monde notamment de slaloms et de géants. 90 compétiteurs au départ, ce serait trop.
D’autres sports historiques, tels que le saut d’obstacles (équitation) ont eux aussi décidé de réduire leurs compétiteurs pour les Coupes des Nations (Jeux Olympiques) faisant passer l’équipe de quatre à trois cavaliers.
Tout ceci serait dicté par les exigences télévisuelles et par un pseudo principe d’homogénéisation des compétitions. On se trouve toutefois dans une véritable contradiction interne, chaque sport voulant prétendre à l’universalité.
Mais pour certains, il faut plus de concurrents, plus de compétitions et une couverture médiatique renforcée. Pour d’autres, il ne faut permettre qu’aux meilleurs de participer aux compétitions les plus élevées. C’est d’ailleurs ce que relève Bernhard Russi pour les courses de Coupe du monde, qui devraient être réservées à une «top élite»; les autres étant renvoyés à leurs chères études en Coupe d’Europe.
Ces considérations sont, en réalité, dictées par un seul et unique critère: l’argent.
Les télévisions ne veulent diffuser que les événements les plus prestigieux, filmer les athlètes iconiques et «bancables ».
Les organisateurs ne veulent que les meilleurs athlètes, abreuvés par les sponsors les plus prestigieux.
Ceci tend à l’évidence à fabriquer un véritable plafond de verre, quasiment infranchissable, pour un nombre considérable d’athlètes et de sportifs.
Certes, dans certains sports, il est possible de payer sa place dans les compétitions les plus relevées, ou de participer, au bénéfice d’un passeport émanant d’un pays ésotérique.
Le football ne va-t-il cependant pas dans un sens diamétralement opposé aux autres sports ?
Peut-être est-il en avance sur son temps et garde-t-il toujours à l’esprit le sacro-saint principe de l‘universalité.
Et dans tout ça? Me direz-vous.
Je vous répondrai que, au-delà de la performance, de l’organisation de plus en plus compliquée des grandes manifestations sportives, du rejet des citoyens d’assumer les déficits y relatifs, de l’évolution exponentielle du prix des billets, de la tentation de la confiscation par les télévisions privées des plus belles compétitions, se cache, très profondément, dans chaque compétiteur, fan, passionné, et membre du staff technique, la recherche constante, de la valeur suprême du sport, à savoir l’émotion.
C’est d’ailleurs ce que l’on ressent en voyant des compétiteurs exigeants, des pays au passé sportif récent, et aux Fédérations naissantes, multiplier les efforts, afin de participer à des compétitions internationales, aux côtés de champions aguerris, mais parfois notablement blasés par leurs propres succès et cachets.
Au final: le grand sport, et l’émotion qui va avec, ont toujours raison.
Véronique Fontana