Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06861.jsonl.gz/364

Contexte
En
1998, la planète a été touchée par
des risques naturels inhabituels: l'ouragan Mitch et les autres
cyclones tropicaux, le phénomène El Nino provocant
des inondations importantes au Pérou, l'Indonésie
affecté par la sécheresse, l'Amérique centrale
et le Brésil dévastés par les feux.
Au milieu de ces désastres, les feux de forêt dans l'est de la Russie ont été oubliés par les médias malgré l'appel de l'UNDAC (United Nations Disaster Assessment and Coordination) qui avait décrit l'événement comme une urgence au niveau international.
Situation géographique
Khabarovsk Krai, situé à l'est du pays, est un des plus grands territoires de la Russie. Les 1.6 millions d'habitants des 788.600 km2 (densité d'environ 2 pers./km2) comprennent 25 nations indigènes. L'habitat naturel est d'une importance mondiale: 120.000 rivières, 55.000 lacs contenant 130 espèces de poisson. La région possède deux sites enregistrés en tant que zones humides internationalement importantes par la convention de RAMSAR. C'est aussi un lieu d'habitat pour des espèces menacées inventoriées par le livre rouge d'IUCN, le plus significatif étant le tigre d'Amur..
Causes
Habituellement, la région a un été chaud mais humide, cependant, en 1998, elle a été touchée par une forte sécheresse. Le manque de précipitation n'aurait pas pu causer un tel feu dévastateur sans la crise économique qui a frappé la Russie. A cause du manque de ressources financières pour l'essence, de pièces de rechange et des salaires des pilotes, la surveillance aérienne a diminué de 3 fois par jour en une fois par semaine. Si les feux étaient détectés assez tôt, ils auraient pu être éteints, ce qui n'était pas le cas pour les feux avec un front de plus de 50 km.
Plus de 1000 feux et 6 mois d'activité
|Close view from NOAA/AVHRR-14 of 22 Sept. 1998 (color composite, bands 1,2 and 3) shows the large area affected by on-going fires (in red) and smoke plume (blue haze) in eastern Russia and on the island of Sakhalin, some fires affected up to 350km2.|
Les feux ont débuté au mois de mai
et ont fini en octobre 1998, 1028 feux ont été enregistrés
pendant la saison. Un état d'urgence a été
décrété le 17 juillet. En pleine urgence,
18 feux énormes ont été enregistrés,
chacun affectant entre 200 et 500 km2. Par moment, les autorités
ont dû faire face à 94 feux simultanément.
La fumée s'est propagée de plus de 1000 km, du Japon
au nord de l'est de la Sibérie.
Dans 85% des cas, les feux sont d'origine humaine. La population a été contrainte par la situation économique du pays à utiliser plus de surfaces boisées pour chasser, pêcher et collecter les produits de la forêt. On pense que le reste des feux a été provoqué par des éclairs.
Santé et impact humains
Un million de personnes ont été affectées par la fumée contenant de petites particules et du monoxyde de carbone (CO); les impacts à long terme ne sont de ce jour pas connus. Les deux grandes villes, Khabarovsk et Komsomolsk-on-Amur, respectivement 600.000 et 300.000 habitants, ont été tous les deux affectées par un niveau de pollution élevée. Selon les autorités régionales, la quantité de monoxyde de carbone a atteint entre 3-13 fois la concentration maximale admissible (CMA) pendant des semaines, avec des niveaux atteignant occasionnellement 24 fois le CMA.
Impacts environnementaux
Les impacts sur l'environnement sont de niveaux global et local. Les feux massifs ont détruit 20.000 km2 de forêt ainsi que les habitats d'oiseaux et de mammifères et ont causé la pollution de l'air et de l'eau. Une quantité significative de CO2 a été émise, gaz connu pour sa contribution au réchauffement de la planète. Localement, la suie provenant des feux a affecté le riche réseau hydrographique abritant 130 espèces différentes de poisson. La région possède deux zones humides, le lac Bolon et Oudyl, d'importance internationale, enregistrées sous la convention de Ramsar. La zone affectée est aussi un habitat pour des espèces menacées inventoriées dans le livre rouge d'IUCN, parmi elles le Tigre d'Amur, dont leur habitat a été largement détruit et les feux ont aussi affecté l'espèce de la proie principale: le verrat sauvage.

Aerial view of forest destruction
Impacts économiques et sociaux
Le village de Gorki, sur l'île de Sakhalin a été totalement détruit par le feu du 20 septembre. 598 personnes se sont retrouvées sans abri. Les feux ont touché une grande région boisée de très haute qualité. 20.000 km2 ont été endommagés par les feux sur l'île de Sakhalin et Khabarovsk Krai. L'Extrême-Orient de la Russie a perdu environ 15 millions de m3 de bois (une production normale par année est de 4.5 millions m3). Une grande partie de la population est d'origine aborigène et vive de la terre. Elle dépend de la chasse et de la pêche. 25 nations indigènes (environ 19.000 personnes) auraient été affectées par les dommages causés par les feux sur leur habitat naturel.

Legend
This Landsat 7 ETM+ image from August 2000 transformed using principal component analysis processing (RGB 3,2,5) depicts only a portion of the impacts from the 1998 fires. 16 images would have been necessary to cover the whole area affected, Forested areas can be seen in green, non-forest areas mostly resulting from fires can be seen in red. In the whole region, the 1998 fires destroyed 20000 km2 of forest.
Research conducted by: Pascal Peduzzi, GRID-Europe