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Désir d’enfant après une vasectomie
La vasectomie est une technique chirurgicale simple, pratiquée en anesthésie locale. Cette option de contraception masculine définitive consiste à couper les canaux déférents pour empêcher la migration des spermatozoïdes. Lorsque ces derniers sont bloqués, l’éjaculat ne contenant plus de spermatozoïdes, l’ovocyte ne peut plus être fertilisé.
La vasectomie doit toujours être considérée comme irréversible. Cependant, en cas de nouveau désir d’enfant, une technique de microchirurgie, la vasovasostomie, peut parfois rétablir la fertilité. Une deuxième méthode permet d’y répondre: la procréation médicalement assistée (PMA) avec les techniques de fertilisation in-vitro (FIV) et injection intracytoplasmique d’un spermatozoïde (ICSI).
La vasovasostomie est la méthode de choix en cas de nouveau désir d’enfant si l’intervalle de l’obstruction est inférieur à trois ans, si la conjointe a moins de 40 ans et si elle ne présente aucun problème de fertilité. Car les taux de grossesses chutent après 40 ans. L’intervention peut être exécutée en anesthésie locale, régionale ou générale, selon les préférences du chirurgien et du patient.
Aucune des deux méthodes n’est remboursée. Avant tout traitement, les couples devraient s’informer de l’expérience et des taux de grossesses de l’urologue respectivement du spécialiste en FIV-ICSI, afin de diminuer le risque d’échec.
La vasovasostomie
Le temps écoulé depuis la vasectomie est un facteur déterminant. Si le taux de succès de la vasovasostomie est excellent lorsque cette intervention est pratiquée dans les trois ans après la vasectomie, il diminue de façon significative après quatorze ans. Un spermogramme est réalisé trois mois après l’intervention. Il est répété à cette fréquence jusqu’à ce que le sperme redevienne normal ou jusqu’à l’obtention d’une grossesse. Le délai peut être long avant que le nombre de spermatozoïdes soit normal. La possibilité d’un échec tardif existe. Il est donc conseillé d’envisager une cryoconservation dès que des spermatozoïdes mobiles sont retrouvés dans l’éjaculat.
Généralement, il existe la possibilité d’une cryoconservation de spermatozoïdes pour le cas où l’homme changerait d’avis après une vasectomie et désirerait quand même un enfant. Mais cette cryoconservation a plusieurs anicroches: premièrement, la durée de cryoconservation de spermatozoïdes est limitée par la loi suisse à cinq ans. Cette cryoconservation ne sert alors à rien si l’homme rencontre sa compagne avec laquelle il aimerait avoir encore une fois un enfant six ans après sa vasectomie. Deuxièmement, il est faux de croire qu’on pourrait éviter le traitement médical pour le désir d’enfant grâce à une cryoconservation de spermatozoïdes. La compagne doit de toute façon suivre un traitement médical, même si la durée de la cryoconservation des spermatozoïdes n’est pas encore expirée. Et troisièmement, il existe un coût (variable de centre à centre) pour la cryoconservation de spermatozoïdes, généralement à payer chaque année.
L’injection intracytoplasmique d’un spermatozoïde (ICSI)
L’autre option qui s’offre au patient après vasectomie est une technique de procréation médicalement assistée consistant en une biopsie testiculaire associée à une ICSI dans chaque ovocyte prélevé. Elle permet de pallier d’éventuels problèmes d’infertilité féminine. Le tissu testiculaire prélevé avec les spermatozoïdes peut être cryoconservé. Cette procédure précède généralement une stimulation ovarienne et une ponction d’ovocytes. La fertilisation est ensuite obtenue par une ICSI car le nombre de spermatozoïdes récupérés par cette méthode ne permet pas d’envisager une fertilisation in vitro (FIV) classique, ni une insémination intra-utérine.
Il a parfois été écrit qu’il ne fallait pas opter pour une ICSI après vasectomie, parce que l’ICSI provoquerait plus de malformations et d’aberrations chromosomiques. On a observé en effet une légère augmentation du nombre de malformations chez les couples infertiles traités par FIV-ICSI. L’hypothèse la plus probable reposerait sur l’existence d’un facteur génétique inconnu inhérent aux couples infertiles, auquel se rajouteraient d’autres facteurs confondants (infertilité féminine, infertilité masculine, âge, etc.). La situation du patient après vasectomie, anciennement fertile, et celle de sa conjointe (fertile) diffèrent complètement. On ne peut donc pas comparer ces deux populations.
Référence
Adapté de «Désir de grossesse après vasectomie: vasovasostomie ou procréation médicalement assistée?», S. Mroue, JF Delaloye, D.Wunder, Unité de médecine de la reproduction (UMR), Département de gynécologie- obstétrique et de génétique CHUV in Revue médicale suisse 2010; 6: 2030-2, en collaboration avec les auteurs.