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Londres - Le cockney, ou parler populaire londonien, est en passe d'être supplanté dans la capitale britannique multiculturelle d'aujourd'hui par le "jafaican", une mosaïque de langues aux apports exotiques. C'est la thèse défendue par un sociologue et linguiste de l'université de Lancaster.
Paul Kerswill pense que le cockney traditionnel, né dans les quartiers est de Londres jadis très pauvres, émigre vers les comtés banlieusards plus aisés de l'Essex et du Hertfordshire.
"Dans l'East End, le cockney se transforme en une sorte d'anglais multiculturel londonien, un nouveau mélange des apports de tous ces gens qui y habitent et ont appris l'anglais en tant que deuxième langue", explique ce chercheur.
Le nouveau dialecte, baptisé "jafaican", est un hybride de plusieurs langues et accents résultat de l'immigration massive et des changements démographiques qui ont révolutionné l'East End. L'universitaire cite les apports en provenance principalement des Antilles et du sous-continent indien, mais aussi d'Amérique latine, d'Afrique, d'Asie centrale et d'Extrême Orient.
Le phénomène est tel que le Kings Place, une galerie d'art de Londres, va compiler des archives sonores montrant cette évolution du cockney au jafaican.
Historiquement, les véritables cockneys sont les personnes nées à portée du son des Bow Bells, les cloches de l'église de St Mary-le-Bow, dans la City de Londres. Mais on y inclut en fait tous les habitants de l'East End.
ATS