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Les quatorze tableaux de Stephen Prina (1954, Galesburg, IL) accrochés dans trois salles du premier étage constituaient une seule installation, intitulée Monochrome Painting. Chaque toile était recouverte d’un même pigment acrylique industriel vert sombre, appliqué, selon les instructions de l’artiste, par une entreprise de peinture en carrosserie. Rien ne différenciait donc ces tableaux les uns des autres, sinon leurs formats et leurs cartels où était indiquée l’œuvre source : Monochrome Painting était en effet pensé comme une sorte d’anthologie de la peinture monochrome, voire comme un pèlerinage au long de son histoire. Chaque tableau reprenait le format d’une peinture monochrome pré-existante, de Kazimir Malevitch à Blinky Palermo en passant par Yves Klein et Gerhard Richter, et l’ensemble comportait quatorze stations numérotées, comme le parcours catholique d’un chemin de croix. La tonalité verte avait été choisie pour correspondre à celle de reproductions trouvées dans un catalogue d’Ad Reinhardt, dont les peintures noires sont connues pour résister à toute reproduction.