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Faire du sport avec un diabète de type 1
Le diabète de type 1 se définit par une absence ou un manque de production d’insuline. Secrétée par le pancréas en tout temps mais surtout lors de la digestion, l’insuline a pour fonction principale de permettre au corps d’absorber les sucres fournis par l’alimentation. Cela permet de les stocker dans la musculature et dans le tissu adipeux. Sans insuline, ces sucres ne peuvent être absorbés et s’accumulent dans le sang.
Afin de stabiliser le niveau de glycémie (sucre) dans le sang, les personnes souffrant de diabète de types 1 doivent recourir régulièrement à des injections d’insuline. Cela leur permet d’éviter les risques associés à l’hyperglycémie, l’excès de sucre dans le sang. Les risques à court terme d’un tel excès de sucre sont la soif, l’urination à répétition et des crampes musculaires ; les risques à long terme sont une détérioration des nerfs et des vaisseaux sanguins.
Cependant, des injections régulières d’insuline provoquent un risque d’hypoglycémie (un taux de sucre dans le sang trop bas) qui, dans les cas les plus graves, peut provoquer des convulsions, le coma ou la mort. Notons que les hypoglycémies surviennent généralement lorsque la dose d’insuline injectée est trop élevée ou lorsque l’alimentation de la personne diabétique de type 1 ne répond pas à ses besoins.
Les risques du sport
Comme le corps consomme davantage d’énergie pendant l’activité physique que pendant le repos, pratiquer un sport avec un diabète de type 1 nécessite une adaptation de la prise d’insuline ainsi qu’une modification des apports alimentaires, notamment en sucre (glucide).
Pour beaucoup de patients diabétiques de type 1, le risque principal en lien avec le sport est la survenue d’hypoglycémies sévères, généralement au cours de l’effort ou juste après, mais pouvant se manifester jusqu’à vingt-quatre heures après l’exercice. En principe, afin d’éviter les hypoglycémies, il est conseillé de réduire les doses habituelles d’insuline et de consommer des glucides supplémentaires (pain, féculent, fruit) avant et après l’effort, et, si nécessaire, pendant. (Pendant l’effort, préférer des glucides sous forme liquide.) Parce que le débit sanguin augmente lors de l’activité physique, il est également recommandé d’éviter l’injection d’insuline au niveau des membres sollicités par l’activité physique (par exemple, éviter la cuisse avant de courir ou éviter le bras en faisant un sport de raquette). En effet, si l’insuline est injectée dans une zone où les muscles sont actifs, son action sera plus rapide et plus forte ce qui augmentera les risques d’hypoglycémie.
Bien que moins fréquentes, il existe des situations particulières dans lesquels la pratique du sport avec un diabète de type 1 est susceptible d’engendrer des hyperglycémies. Ce phénomène s’explique par le fait que l’activité physique induit différents changements hormonaux, dont une augmentation du taux d’hormones dit de « contre-régulation » comme l’adrénaline ou le cortisol. A l’inverse de l’insuline, qui a un effet hypoglycémique (elle réduit le taux de sucre dans le sang), les hormones de contre-régulation ont pour fonction d’augmenter le taux de glycémie. De telles hyperglycémies surviennent généralement lors de sprints, d’efforts violents et de stress psychologique, mais demeurent normalement transitoires et ne nécessitent pas de correction.
Dans certains cas, l’activité physique avec un diabète de type 1 est à limiter, voire à proscrire en cas de complications tardives sévères du diabète. Les complications tardives du diabète les plus importantes à dépister avant de débuter certains sports sont des problèmes oculaires, la détérioration des nerfs, ainsi que tout problème relatif à l’état des pieds. Une attention toute particulière est également recommandée lorsque le patient diabétique souffre d’une infection, est en phase de convalescence ou vient de subir des actes médicaux ou chirurgicaux divers.
Les bénéfices du sport pour les diabétiques
Les bénéfices du sport pour les patients diabétiques de type 1 sont les mêmes que pour le restant de la population, à savoir une amélioration de la condition physique, du bien-être et une diminution des risques de maladie cardiovasculaires. Rappelons tout de même que plusieurs athlètes diabétiques de type 1 comme l’Américain Gary Hall Jr en natation, l’Anglais Steven Redgrave en aviron ou encore l’Allemand Matthias Steiner en haltérophilie, sont devenus champions olympiques et ont prouvé que l’on peut obtenir des succès sportifs malgré un diabète de type 1. Pratiquer le sport avec un diabète de type 1 est donc non seulement tout à fait possible, mais également fortement recommandé bien qu’il requière des efforts, tantôt du côté du patient que de celui du médecin, pour trouver une bonne adaptation du traitement.
Le diabète de type 1
Egalement appelé diabète maigre ou diabète insulino-dépendant, cette maladie chronique se caractérise par une insuffisance, voire une absence de production d’insuline et concerne 5 à 10% des cas de diabètes. Cette disposition se manifeste généralement chez des sujets en dessous de la trentaine et nécessite, pour son traitement, des injections régulières d’insuline ainsi qu’un régime alimentaire hautement surveillé.
Le diabète de type 2
Egalement appelé diabète gras ou diabète non insulino-dépendant, cette maladie chronique se caractérise par une résistance à l’insuline et concerne 85 à 90 % des cas de diabète. Cette disposition se manifeste majoritairement chez des sujets de plus de 40 ans qui souffrent d’une surcharge pondérale ainsi que d’un manque d’activité physique. Dans les cas légers, un régime hypocalorique ainsi qu’une activité physique régulière suffisent à stabiliser le diabète de type 2. Dans les cas plus graves, divers traitements médicamenteux ainsi que des injections d’insuline seront ajoutés au traitement de base.
Référence
Adapté de «Sport et diabète de type 1», Dr. Claudio Büsser, Dr. François R. Jornayvaz, Dr. Patrick Meyer et Prof. Jacques Philippe, Service d’endocrinologie, diabétologie et nutrition, HUG. In Revue Médicale Suisse 2013; 9: 1200-5, en collaboration avec les auteurs.