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Un Français en Birmanie
Alexandre Mahé de la Bourdonnais est un ingénieur français au service des Britanniques en Birmanie durant plus d’une décennie, dans la deuxième moitié du XIXe siècle. A son retour, il dresse avec humour et une certaine dose d’autodérision un tableau vivant de la Birmanie, située à la marge de l’empire britannique des Indes, et à l’époque guère connue du public français.
Lorsque paraît la première édition d’Un Français en Birmanie en 1883, son auteur vient de rentrer en France, après avoir passé une dizaine d’années entre la Birmanie et le Siam où il travaillait en tant qu’ingénieur pour les gouvernements siamois et britannique.
Parlant couramment le birman, le thaï, l’hindoustani et l’anglais, il cherche alors un nouvel emploi en Asie en rapport avec ses compétences. Un Français en Birmanie peut donc être lu comme une sorte de « lettre de motivation » à l’adresse des autorités françaises auxquelles il vante le potentiel tant économique que stratégique du pays.
Alexandre Mahé de la Bourdonnais n’est ni vraiment un comte ni un explorateur, comme il le prétend. La Birmanie du milieu de la deuxième partie du XIXe siècle, colonisée en grande partie par les Anglais, est déjà largement explorée. Il a voyagé certes de manière extensive dans le pays, mais ne découvre pas de terra incognita. C’est par contre un excellent observateur qui décrit avec une empathie plutôt inhabituelle pour l’époque un pays et ses peuples qu’il a appris à connaître et à apprécier au cours des années sur place. Ses informations sur l’histoire de la Birmanie, le bouddhisme ou encore sur des coutumes telles que la cérémonie du percement des oreilles des jeunes filles, l’ordination des moines, le tatouage, etc, sont d’une valeur ethnographique incontestable. Tout comme l’est la description de la vie quotidienne des habitants, même si ses observations sont parfois teintées des préjugés de l’époque…