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Des tests cliniques de deux vaccins potentiels contre la fièvre hémorragique Ebola vont commencer à la fin du mois de janvier au Libéria, a annoncé vendredi à Genève la directrice générale adjointe de l'OMS, le Dr Marie Paule Kieny. Des tests auront lieu au Sierra Leone et en Guinée dès le mois de février.
Ces tests dits de "phase 3" réalisés à partir des deux vaccins candidats les plus avancés seront menés sur des personnes saines. Les vaccins ont été testés jusqu'ici sur des volontaires dans divers pays, y compris en Suisse, à Lausanne et Genève, "avec des résultats acceptables en matière de sécurité", a dit le Dr Kieny.
"Des progrès très encourageants ont été réalisés", a affirmé le professeur Helen Rees, qui a présidé la réunion d'experts organisée jeudi par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) à Genève pour faire le point des recherches sur les vaccins contre l'Ebola.
"Il est urgent de faire des tests dans les zones contaminées maintenant, sans faire de concessions sur la qualité" des vaccins, a-t-elle dit. La longueur des tests cliniques de phase 3 dépendra de divers éléments et est difficile à prédire. "Il faudra en moyenne six mois pour obtenir des résultats probants", a indiqué Marie-Paule Kieny.
Expériences dans les trois pays
Elle a expliqué qu'il faut une quantité suffisante de personnes vaccinées pour comparer avec les personnes non vaccinées. Un organe indépendant devra ensuite analyser les résultats.
Les fabricants des deux vaccins doivent établir d'ici deux à quatre semaines quelle dose sera administrée. En Guinée, les tests vont concerner dans un premier temps, dès le mois de février, 4500 personnes puis, après un certain temps, un second groupe de 4500 personnes. Au Libéria, il est prévu de vacciner 9000 individus à partir de la fin janvier. Le Sierra Leone doit encore établir quel type de vaccin il veut utiliser.
"Il est bien que des expériences différentes soient menées dans les trois pays, avec des résultats différents", a également souligné la responsable de l'OMS.
Les deux vaccins concernés sont le rVSV-ZEBOV ou rVSV, fabriqué par le laboratoire américain Merck et développé par l'agence de santé publique du Canada, et le vaccin ChAd3 (ou cAd3-ZEBOV), développé par la firme britannique GSK.
Testés à Genève et Lausanne
Le premier est notamment testé actuellement sur des volontaires aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG). Les essais ont repris au début de la semaine après avoir été interrompus avant Noël en raison de douleurs aux articulations chez certains volontaires. "Ces effets secondaires n'ont pas été suffisamment inquiétants pour stopper le développement du vaccin", a dit le Dr Kieny.
Ce vaccin est aussi expérimenté en Allemagne, au Canada, aux Etats-Unis et au Gabon. Le second vaccin, développé par la firme britannique GSK, a été bien toléré lors des premiers tests réalisés aux Etats-Unis. Des essais sont aussi réalisés avec ce vaccin au Royaume-Uni et à Lausanne, au CHUV.
Un troisième vaccin, développé par Jansen, une filiale de la firme américaine Johnson and Johnson, est également sur les rangs. Il est en période test de phase 1 en Grande-Bretagne pour s'assurer qu'il est sûr et bien toléré avant de pouvoir être testé en Afrique, a précisé le Dr Kieny. Des essais cliniques vont commencer sur d'autres vaccins en Russie et en Chine, a-t-elle indiqué.
Le Sierra Leone pays le plus touché
Selon le dernier bilan publié jeudi soir par l'OMS, l'Ebola a infecté 20'972 personnes et provoqué la mort de 8250 personnes en Afrique de l'Ouest. Le Sierra Leone, avec 10'030 cas, est désormais le pays le plus touché, devant le Libéria (8166 cas) et la Guinée (2776 cas). Des centaines de nouveaux cas continuent d'être annoncés chaque semaine au Sierra Leone, selon l'OMS.
ATS