Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06863.jsonl.gz/141

L’économie libanaise est en chute libre alors que le pays ne réussit toujours pas à former un gouvernement.
Reçu d'un correspondant libanais :
"Un chèque bancaire de 100,000 dollars est racheté aujourd'hui par certains changeurs à 18,500 dollars cash. La question est de savoir ce que fait le bureau de change de votre chèque bancaire."
"Il le revend à votre banque avec une petite marge de bénéfice. Tous deux y trouvent leur compte. Le plus grand gagnant est le banquier qui s'est débarrassé d'un compte de 100,000 dollars à un prix ridicule."
"Il s'agit de la plus grande arnaque du siècle. Les banques épongent une grande partie de leurs dettes sur le dos de ses clients."
"Le ratio imposé par Salameh, le chef des banquiers, est donc de 3900$ pour 20 000$, soit 19.5% et avec une marge de 1% au changeur cela fait que le client ne recevra que 18.5% de son chèque en US$. Ainsi tous les dépôts en US$ sont dévalués en vertu de ce ratio imposé par la Banque du LibanL. Ce qui fait que les clients épongent de force les pertes des banques .
Tout est légal puisque c’est une décision de la Banque du Liban."
La livre libanaise est tombée aujourd'hui à 21.000 LL pour un dollar sur le marché parallèle
Saad Hariri avait été désigné Premier ministre en octobre 2020 et devait mettre en place une équipe censée lancer des réformes indispensables pour débloquer notamment des aides internationales cruciales. Après l'annonce de sa récusation, le dollar s'échangeait autour de 21.000 livres libanaises sur le marché parallèle, une dépréciation record de la monnaie nationale dans un pays empêtré dans une crise économique inédite depuis des mois.
Le Liban est sans gouvernement actif depuis août 2020, après la démission du cabinet de Hassane Diab intervenue dans la foulée de la double explosion dans le port de Beyrouth. Saad Hariri avait été désigné en octobre et il était, depuis, empêtré dans un imbroglio politico-personnel avec le chef de l'Etat et son camp politique, dirigé par son gendre Gebran Bassil. Les deux hommes s'opposent sur leurs prérogatives respectives en matière de formation. M. Hariri reprochait au président d'entraver la formation du gouvernement en insistant sur une "minorité de blocage" au sein de la prochaine équipe ministérielle et en cherchant à imposer une répartition "confessionnelle et partisane" des portefeuilles. La présidence avait pour sa part démenti toute velléité de "minorité de blocage" et exprimé à plusieurs reprises son "étonnement" quant aux "propos" de M. Hariri. La mise sur pied d'un cabinet est pourtant cruciale pour mettre en œuvre des réformes, condition sine qua non à des aides financières internationales qui permettraient d'aider le Liban à s'extraire d'une crise profonde, marquée par une hyperinflation, la paupérisation de plus de la moitié de la population et des pénuries de produits de première nécessité.
Manifestations après le renoncement de Saad Hariri
L'annonce du renoncement de Saad Hariri à former un gouvernement et ses conséquences sur la monnaie libanaise ont aussitôt provoqué des manifestations de rues. A Beyrouth, des protestataires ont coupé la route sous le pont de Cola ainsi que la route de Corniche Mazraa. L'autoroute Hadi Nasrallah, dans la banlieue sud de la capitale, était aussi bloquée face à la circulation. Pareil pour l'autoroute al-Assad, dans le quartier de Jnah ainsi que la route de Kaskas. L'autoroute de Naamé qui mène de Beyrouth vers le Sud a également été coupée dans ces deux directions. Dans le sud du pays, à Saïda, des manifestants ont fermé la route au niveau de la place des Martyrs à l'aide de bennes à ordures. A Tyr, des jeunes ont saccagé des restaurants et cafés après avoir entendu l'annonce de M. Hariri. Dans la Békaa, des manifestants ont coupé la route de Taalabaya dans les deux directions. Au Liban-Nord, des manifestants ont coupé la route Miniyé-Abdé.
Live TV
L’armée libanaise a besoin de 100 millions de dollars immédiatement pour les besoins de base des soldats, selon un général
Les forces armées libanaises ont besoin de 100 millions de dollars immédiatement pour couvrir les besoins de base de leurs soldats, a révélé le e général Youssef Haddad.
Ses commentaires interviennent alors que l’armée du pays tente d’éviter l’effondrement.
“Sans le moral et la motivation de nos soldats, cela va avoir un impact négatif sur la mission”, a déclaré le général Youssef Haddad à CNBC. "Si l’armée s’effondre, le Liban sera perdu."
Il a ajouté qu’en septembre, l’armée sera dans un ”état critique”.
Les Forces armées libanaises (LAF) paient l’équivalent de 84 dollars par mois aux soldats enrôlés sur la base du taux de change de 15 500 livres libanaises par dollar américain.
Avec la monnaie approchant maintenant les 20 000 LBP pour un dollar , ce salaire place désormais le soldat en dessous du seuil de pauvreté.
Le plus grand défi de l'armée est aujourd’hui d’aider les soldats à joindre les deux bouts.