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À la croisée entre phénoménologie, métaphysique, et théories de la subjectivité, la philosophie d’Emmanuel Levinas (1906-1995) s’attaque aux fondements de chacun de ces domaines, pour en proposer une version radicalement transformée. Marqué par la phénoménologie de Husserl et de Heidegger, mais aussi par l’idée métaphysique d’infini chez Descartes, Levinas considère que l’interpellation par Autrui constitue le point de départ de toute expérience, initiant ainsi le tournant éthique de la phénoménologie, mais aussi d’un tournant phénoménologique de l’éthique. En lieu et place d’un sujet souverain, responsable de ses actes, il faudrait penser la responsabilité comme dérivant d’une réponse à une altérité à laquelle on ne peut se soustraire. Toute éthique est donc fondée dans l’expérience, celle d’un appel infini qu’exprime le visage d’Autrui. Nous verrons comme cette épiphanie du visage de l’Autre présente de nombreux traits communs avec la rencontre avec une œuvre d’art, permettant ainsi de repenser à nouveaux frais le rapport entre éthique et esthétique.
|Bibliographie|
Emmanuel Levinas, Totalité et infini, Paris, Le livre de poche 1990 (1961)
Emmanuel Levinas, Autrement qu’être ou au-delà de l’essence, Paris, Le Livre de poche, 1990 (1974)
Pour une première entrée en matière, le livre d’entretiens est recommandé : Ethique et infini, Paris, Le Livre de poche, 2006.