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Avec l’exploitation pétrolière, les autorités tchadiennes disposent de ressources conséquentes pour améliorer les conditions de vie des populations. Il convient de rappeler que plus de la moitié des près de 12 millions des tchadiens vivent en dessous du seuil de pauvreté. Il se pose par conséquent un sérieux problème de redistribution des revenus pétroliers. Cet article examine ainsi quels choix les autorités doivent privilégier avec le souci majeur de réduire la pauvreté et de renforcer la croissance économique.
Epargner en vue de futures dépenses:Plusieurs pays exportateurs ont constitué des fonds de ressources non renouvelables. Ces fonds servent à épargner une partie des recettes pétrolières de l’État en vue d’un emploi éventuel lorsque les recettes pétrolières diminueront sous l’effet de la baisse des cours ou de l’épuisement des réserves. Un fonds de stabilisation vise quant à lui à réduire l’impact de la volatilité des recettes sur l’économie, et un fonds d’épargne, à préserver au moins une partie de la richesse tirée des ressources non renouvelables pour les générations futures. Cela dit, les fonds de stabilisation comme les fonds d’épargne sont souvent régis par des règles excessivement strictes non compatibles avec la nature fongible des ressources budgétaires :c’est-à-dire qu’épargner d’un côté pour emprunter de l’autre n’accroît pas le patrimoine net du pays.
Les fonds de financement (comme le fonds pétrolier norvégien ou le fonds pétrolier du Timor oriental) visent à surmonter ce problème tout en encourageant la transparence, la viabilité budgétaire et la stabilité macroéconomique : les ressources pétrolières financent le déficit non pétrolier, un objectif inscrit dans notre loi de finance et notre Cadre des Dépenses à Moyen Terme.
Une composante d’investissement et de consommation des dépenses publiques pourraient à terme bénéficier à la génération actuelle et aux futures générations. Une étude du FMI a montré que pour les pays faiblement dotés en stock de capital comme le Tchad, la solution la plus avantageuse est d’affecter la plus grande partie des recettes pétrolières à des mesures visant à accroître la rentabilité de l’investissement privé et le rythme de croissance du pays. Par conséquent, si les recettes pétrolières investies génèrent des bénéfices à long terme (si elles sont investies dans les secteurs de la santé et de l’éducation ou des infrastructures par exemple), les dépenses peuvent accroître le revenu de façon permanente et minimiser ainsi l’arbitrage entre les générations actuelles et futures. Compte tenu des besoins de développement immédiats, la constitution d’un fonds d’épargne pour les générations futures se justifie difficilement.
Le rendement financier d’un fonds d’épargne pourrait s’avérer inférieur au rendement social de projets d’infrastructure et de développement humain (santé ,éducation, amélioration de la gouvernance politique et économique) soigneusement sélectionnés. Ainsi, la constitution d’un fonds pour les générations futures n’est pas défendable dans la mesure ou les besoins de développement actuels du Tchad sont très élevés.
Dans une étude de la gestion des recettes pétrolières au Tchad, Dabán et Lacoche font valoir que, compte tenu des enjeux institutionnels et sociaux immédiats, le maintien de la richesse pétrolière à un niveau constant pour les futures générations impliquerait une politique budgétaire excessivement prudente et ne satisferait pas de façon efficace les besoins du pays, tant actuels que futurs. De ce constat, prévoir une partie des recettes pétrolières pour les générations futures semble judicieux. De même faire ce choix alors que les besoins de développement humains du pays sont immenses et ne pourrait être satisfaites si l’on s’en tenait aux articles de la loi 001 reviendrait à pénaliser les générations futures.
En effet, l’amélioration des conditions de vie des générations actuelles influera sur les conditions de vie des générations futures. L’obtention d’un haut niveau de vie, des indicateurs de santé et d’éducation meilleurs permettrait aux générations futures d’avoir une qualité de vie plus intéressante. Étant donné que le pétrole est une ressource naturelle épuisable, il faut en répartir les bienfaits sur plusieurs générations. À cette fin, il convient de léguer à la génération suivante une économie solide, diversifiée et peu endettée. Notre pays malgré quelques difficultés institutionnelles relatives à la qualité de ses ressources humaines consent des efforts certains dans cette voie. Une autre composante de l’équation consiste à économiser une partie de la manne et à l’investir dans les infrastructures et des projets de longue haleine dans les domaines de l’éducation et de la santé.
Dans cette composante également, les efforts du gouvernement sont palpables avec les nombreux projets de constructions d’infrastructures dans les domaines de l’éducation et de la santé, le renforcement des capacités et les recrutements effectués dans ces secteurs ces dernières années.