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«La manie de la jeunesse, selon laquelle l’homme est jugé sur son apparence et son efficacité, ne doit pas être le critère pour le vivre ensemble des générations, sinon la personne elle-même ne se trouve plus au centre, mais est soumis à des règles néolibérales et économistes.»
L’image de la personne vieillissante est souvent présentée de manière déformée et irréelle. Concernant le sujet de la retraite, on nous montre des images de personnes âgées et fragiles, assises sur un banc, tenant une canne dans leurs mains osseuses. Ou bien la personne âgée est représentée avec des cheveux gris, marchant courbée au-dessus de son déambulateur ou étant poussée le long d’un trottoir en fauteuil roulant, déjà un peu «confuse».
Ce cliché doit être remis en question avec détermination, car tout être humain, même au troisième âge, garde toujours sa dignité, parce qu’il est un être humain et le reste jusqu’à sa mort, même s’il est fragile. La vie de tous les êtres humains (en particulier des personnes âgées) ne doit pas être soumise à la pensée économiste compulsive, c’est-à-dire à sa pure fonctionnalité concernant le rapport coûts-efficacité. La manie de la jeunesse, selon laquelle l’homme est jugé sur son apparence et son efficacité, ne doit pas être le critère pour le vivre ensemble des générations, sinon la personne elle-même ne se trouve plus au centre, mais est soumise à des règles néolibérales et économistes.
La polarisation entre jeune et vieux, dans le sens de «nous devons travailler dur pour les vieux», est un poison pour la coexistence sociétale. Un enrichissement mutuel est plutôt nécessaire: les jeunes peuvent s’orienter selon le modèle des personnes âgées, car celles-ci ont davantage d’expérience de vie. Inversement, les jeunes peuvent aider les personnes du troisième âge, par exemple dans l’utilisation d’équipements de travaux numériques. De cette façon, de nouveaux espaces de rencontre peuvent être créés sortant les jeunes et les vieux de l’isolement et de la solitude, permettant ainsi aux personnes de vivre ensemble d’une manière correspondant à leur nature sociale. C’est ainsi que l’on crée, notamment pour les plus jeunes, des contre-mondes à la numérisation dont les mondes sont trop souvent superficiels. Le fait que la vie au troisième âge soit digne d’être vécue donne de l’espoir aux jeunes gens. L’être humain développe sa créativité également à l’âge avancé dans ses échanges avec les plus jeunes et vice versa.
Il est nécessaire de mettre en valeur les belles opportunités se présentant lors du vieillissement. Les expériences faites peuvent être transmises. En pensant au bénévolat, ce sont très souvent des personnes retraitées qui s’engagent pour le bien commun au niveau municipal. D’autres exemples incluent les associations sportives, les mentors de lecture, les Restos du cœur, l’aide aux réfugiés, etc.
Il est donc nécessaire d’éveiller les potentiels endormis, de dévoiler des trésors cachés pour en tirer des ressources insoupçonnées et de développer ces capacités en les valorisant et, inversement, en faisant l’expérience d’être en même temps soi-même valorisé.
La solidarité sociale peut notamment être favorisée par les personnes quittant la vie professionnelle (troisième âge) et disposant soudainement de beaucoup de temps libre. En se tournant vers leurs semblables du quatrième âge (la vieillesse), elles trouvent une tâche valorisante et épanouissante.
Les activités sportives entreprises en commun peuvent y contribuer de façon significative. Les sports de réadaptation pour les personnes atteintes de démence fournissent des preuves exemplaires de la stabilisation des capacités cognitives, psychosociales et physiques (cf. encadré). Outre les activités physiques, la bonne humeur, la joie de vivre et le plaisir sont des facteurs importants, pour le bien-être des deux parties. Les participants font l’expérience de la participation, de l’estime et du développement de liens interpersonnels, ce qui augmente l’estime de soi-même. Dans une telle atmosphère, se forme tout naturellement une antithèse au déclin des valeurs dans notre société. •
(Traduction Horizons et débats)
wv. Depuis 8 ans, j’ai acquis avec beaucoup de plaisir de l’expérience dans le sport préventif au sein de divers groupes de personnes – avec la gymnastique pour le ski, pour le renforcement du dos et pour le fitness général.
Il y a quelques semaines, je me suis mis à explorer un nouveau terrain. Auparavant, j’avais obtenu ma licence d’instructeur en rééducation neurologique délivré par l’Union des associations du sport-handicap et de sport de réhabilitation de la Rhénanie-du-Nord-Westphalie.
J’ai abordé ma nouvelle tâche sans grande préparation et j’ai remarqué comment, après quelques premières difficultés, les leçons se sont constamment améliorées. J’ai commencé à réaliser que même les personnes ayant de forts handicaps, assises dans un fauteuil roulant, peuvent être motivées à faire quelques exercices, dans les limites de leurs possibilités, en leur exprimant mon intérêt pour elles. J’en ai fait l’expérience avec une participante, se présentant lors de la première leçon, assise dans sa chaise roulante avec un regard fixe, toute raide et sans bouger. Soudainement, un sourire est apparu sur son visage, elle a commencé à tourner ses pieds et à lever les bras. J’ai été très impressionné par l’activité que j’ai pu obtenir d’elle. Quelque chose de semblable est arrivé avec une participante, ayant parfois des réactions agressives. Je lui ai donné dans les mains une petite balle Redondo en lui montrant à l’aide d’expressions faciales et de gestes ce qu’il fallait faire. Soudainement, en m’imitant, elle a également commencé à pétrir la balle avec ses doigts et à la changer d’une main à l’autre en souriant. Mon cœur s’est véritablement ouvert dans cette situation!
Il est intéressant pour moi d’observer comment les participants un peu plus en forme sont capables d’effectuer des exercices de motricité fine, par exemple en pressant des pinces à linge d’abord avec leur pouce, puis, alternativement, avec tous les autres doigts.
J’ai vécu des choses similaires avec d’autres exercices, que j’ai d’abord voulu laisser de côté, parce qu’ils demandent beaucoup d’habileté et, à mon grand étonnement, certaines personnes les ont maîtrisés. J’ai fait l’éloge du succès.
De pouvoir lancer des petits sacs ou des sous-verres en carton depuis un cercle de chaises dans un récipient placé au milieu, était un succès pour tout le monde, ce qui a considérablement augmenté l’estime de soi de ces sportifs.
Chaque leçon commence et se termine par un rituel ludique et quelques vers, prononcés par plusieurs participants eux-mêmes, déjà après peu de temps. C’est tout simplement merveilleux!
Un homme du groupe est toujours très serviable et me tend à la fin de la leçon ma veste d’entraînement, m’aide à ramasser les petits équipements de sport tels que les sous-verres en carton, les ballons gonflables et les petits sachets.
Dans l’ensemble, une activité très enrichissante pour moi, un réel baume pour l’âme.
Il est également intéressant de constater à quel point l’éventail des sports est large, à commencer par le sport professionnel de haut niveau très commercialisé, le sport de loisir ambitieux, les sports populaires, le sport de prévention, le sport de santé et jusqu’aux sports de réadaptation pour personnes handicapées.
Pour ces dernières, le sport, le jeu, la joie, l’amusement, les mouvements avec tous leurs effets bio-psycho-sociaux positifs sont au premier plan.
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