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Si nous conseillons à une mère dont l’enfant souffre d’infections respiratoires répétitives, d’arrêter de fumer, alors que la recommandation appropriée est que l’enfant doit être mieux nourri, les efforts de santé publique auront échoués.
If, based upon an insufficient evaluation of scientific data in the literature, the advise to a mother with a child with repeated upper respiratory infections, is to stop smoking instead of the appropriate recommendation that the child should be fed a better diet, the public health efforts will fail.
Cette citation est extraite des commentaires soumis par le professeur Rylander à l’Environmental Protection Agency (EPA) le 20 août 1990. Cette agence avait effectué une évaluation préliminaire des risques associés à l'exposition au tabagisme passif, notamment des risques de cancer chez l'adulte et des risques de maladies respiratoires chez l'enfant. Après avoir publié son premier rapport, elle a invité la communauté scientifique à soumettre des commentaires et observations.
Les documents internes de Philip Morris révèlent que Rylander a produit ses commentaires à la demande de la compagnie de tabac, dont il était l'employé secret. La rédaction de son texte s'est effectuées sous l'étroite supervision des avocats du cigarettier, qui en ont rédigé une partie substantielle. Cependant, dans la lettre qu'il a adressé à l'EPA au moment de soumettre ses commentaires, Rylander n'a pas mentionné ses liens avec Philip Morris et s'est présenté sous l'étiquette de "professeur d'hygiène environnementale" de l'Université de Göteborg.
Il a été plus tard établi que l'une des nombreuses activités de Rylander au service de Philip Morris était de trouver toutes sortes de causes aux maladies respiratoires des enfants, pour autant qu'elles excluaient l'exposition au tabagisme passif. Si un enfant dont la mère fumait constamment en sa présence faisait bronchite sur bronchite, cela ne pouvait en aucun cas être dû au tabagisme de celle-ci. Pour Rylander, l'explication se trouvait forcément ailleurs: l'enfant mangeait trop de légumes verts, ou alors c'était dû à sa consommation d'oeufs ou de lentilles, quand ce n'était pas le résultat d'un allaitement insuffisant; sinon, le coupable était la présence de moisissures dans l'habitation ou un séjour trop prolongé de l'enfant dans des crèches. La liste des causes proposées par Rylander dans ses travaux de recherche pouvait être fort longue. Elle n'était soumise qu'à une seule contrainte: ne pas inclure l'exposition de l'enfant au tabagisme passif.