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Fritz Berthoud, président de la Société du Musée de Fleurier de 1872 à 1890
Le Musée régional du Val-de-Travers émane de la Société du Musée de Fleurier, créée en 1859. La séance de fondation de la société comprend 14 hommes, tous provenant de professions influentes. Ceux-ci ont pour but de mettre en place un foyer de vie intellectuelle et d’instruction mutuelle pour la localité en traitant de questions d’histoire naturelle, de science et d’industrie.
Un musée se crée à Fleurier, Courrier du Val-de-Travers du 12 novembre 1859
Afin de parvenir à leur but, les membres fondateurs s’affairent en premier lieu à la constitution des collections du musée. Pour ce faire ils publient des annonces dans le Courrier du Val-de-Travers, ou récoltent chez eux et auprès d’amis voyageurs, des objets qui, isolés, présentent peu d’intérêt, mais qui, exposés, peuvent contribuer à l’instruction.
Ancien emplacement du Musée régional du Val-de-Travers, appelé Musée de Fleurier
La Maison du Pasquier aurait pu accueillir une école d’horlogerie ou un hôpital mais il en a été autrement. En septembre 1865, la Société du Musée de Fleurier acquiert la bâtisse pour y installer : un musée, une bibliothèque et une salle de conférence. Une clause nomme la Commune de Fleurier propriétaire du terrain et héritière des collections du musée en cas de dissolution de la société.
Quelques objets entrés dans les collections du musée il y a plus de 100 ans
Les premiers objets qui sont entrés dans les collections du Musée de Fleurier ont été mis en vitrine sur les conseils de Louis Coulon, conservateur du Musée d’histoire naturelle de Neuchâtel à l’époque. Suite à cette mise en vitrine, il est décidé, en janvier 1862, que le musée peut dorénavant être ouvert au public, tous les dimanches de 11h à 12h.
En 1864, une commission du Musée de Fleurier crée une pépinière à la Caroline
« L’idée fut aussi avancée si notre Société du Musée, au lieu de se procurer seulement une collection de plantes sèches qui aura bien son utilité mais qu’on n’examinera peut-être que rarement, ne ferait peut-être pas une œuvre de la plus grande utilité en formant des pépinières, des collections vivantes de plantes ou d’arbres, soit indigènes ou de ceux dont l’acclimatisation serait à désirer ».
Procès-verbal de la séance du 08 février 1861
Il y avait une piscine à Fleurier, les bains froids, gérée par la Société du Musée
En créant une Commission des bains froids en 1867, les sociétaires ont dans l’idée de proposer aux habitants des bains publics salutaires. En d’autres termes, une piscine est construite aux Sugits à Fleurier ; elle est l’une des premières de Suisse. Notons qu’elle est ouverte uniquement durant la belle saison et si le temps est favorable ; ainsi, certaines années, elle reste fermée.
Après les bains froids, les bains chauds, au lieu de l’actuelle Fiduciaire Reymond
A la fin de l’année 1911, une Commission des bains chauds voit le jour. Il est question d’acheter une bâtisse au centre du village de Fleurier pour y installer des bains chauds. L’acquisition, par obligations, est divisée entre les habitants du village, la Commune et la Société du musée. Avant même la mise en service des bains, des abonnements sont souscrits. Ceux-là rencontreront un franc succès.
Dès 1871, la commission points et chaussés du Musée met en état des sentiers pédestres
Ceux-ci permettent de visiter les sites pittoresques et d’atteindre des points de vue se situant au Val-de-Travers ou dans les environs. Ses membres rendent alors praticables des itinéraires encore empruntés par les promeneurs d’aujourd’hui comme le sentier de la Poëtta-Raisse, les Gorges de l’Areuse, le Mont-de-Sassel, le Signal et le sentier du Chapeau de Napoléon.
La patinoire qu’aurait pu créer la commission patinage avortée dans les années 1880
Le règlement de la Société du Musée est souple. En effet, si l’activité à laquelle est rattachée une commission n’aboutit pas, l’une comme l’autre disparaissent. C’est le cas pour les commissions patinage et glacière. La première ne voit pas le jour et le projet de la seconde n’est pas poursuivi.
La Société du Musée de Fleurier a été l’instigatrice du foyer scolaire, fréquenté dès 1958
Les commissions mises en place par la Société du Musée de Fleurier contribuent à la vie culturelle et intellectuelle du village mais également au bon fonctionnement de la société. Sans elles, diverses œuvres d’utilité publique, encore en action aujourd’hui, n’auraient pas vu le jour.
Un procès-verbal qui annonce un tournant, 12 mai 1942
Même si ce n’est quasiment que 30 ans plus tard qu’est créée l’Association du Musée régional d’histoire et d’artisanat du Val-de-Travers. Le 13 mai 1969 il est temps pour ses membres de se concentrer sur ce qui a fait et sur ce qui fait la région du Val-de-Travers. Il n’est plus uniquement question du musée de la localité de Fleurier, mais d’un musée au caractère plus régional, qui appartient à tous les habitants du « Vallon » et qui explicite la région, au travers de l’exposition d’objets.
Un centre culturel au Château de Môtiers ?
Avec la création, le 13 mai 1969, de l’Association du Musée régional d’histoire et d’artisanat du Val-de-Travers, ses membres souhaitent changer la politique d’acquisition des collections en se focalisant sur des objets susceptibles de retracer l’histoire et l’artisanat de la région. Il est également question de trouver un autre bâtiment pour le musée. Le Château de Môtiers est envisagé, puisqu’il s’agirait d’y créer un centre culturel auquel prendrait part le musée. Finalement, le projet ne voit pas le jour.
Exposer les collections du musée dans les combles des Six-Communes
Les collections du Musée de Fleurier n’étant pas déplacées au Château de Môtiers, le comité de l’Association du Musée régional d’histoire et d’artisanat du Val-de-Travers pense alors exposer les collections dans les combles de la maison des Six-Communes ; ceci, jusqu’à ce qu’il ait l’opportunité d’acheter la Maison des Mascarons et sa grange contiguë le 4 mai 1970. Achat qui n’aurait pu se concrétiser sans la vente de la Maison du Pasquier et des bains chauds.
Nouvelle politique muséographique : offrir un musée régional
Une fois la Maison des Mascarons achetée des travaux y sont conduits et des salles d’exposition aménagées. Une nouvelle politique muséographique se met en place, les membres souhaitent montrer ce qui a disparu et ce qui est en train de disparaître, tout en sauvant une authentique culture régionale.
« […] à l’heure actuelle, un musée doit être un lieu vivant, mobile, attrayant et dynamique, un rendez-vous en continuelle mutation, et non plus un sanctuaire sclérosé que l’on visite une fois et où l’on ne revient jamais ». Rapport du conservateur Eric-André Klauser en 1980
Trois ans de travaux : 2013-2016
De 2013 à 2016, « l’objectif [a été] de rendre le musée plus accessible en toutes saisons (chauffage, isolation), d’améliorer les lieux d’exposition et de faciliter la circulation des visiteurs y compris pour les personnes à mobilité réduite […]. Le but ultime de ce projet [a été] de préserver, valoriser et rendre plus accessible au public le magnifique bâtiment du 18e que constitue la Maison des Mascarons ».
Procès-verbal de l’assemblée générale ordinaire du 17 septembre 2013
Mise en place d’une nouvelle muséographie
Pendant plus de 40 ans la muséographie du Musée des Mascarons n’a pas, ou peu, changé. Laurence Vaucher, ancienne conservatrice du MRVT, a décidé de proposer une muséographique qui s’intéresse au patrimoine horloger du Val-de-Travers, en mettant en résonance les faits du passé avec ceux d’aujourd’hui.
Vernissage de la nouvelle exposition permanente en novembre 2016
En novembre 2016 le Musée des Mascarons a rouvert ses portes au public. La nouvelle exposition permanente se concentre sur une thématique unique, l’horlogerie, déclinée en huit salles. Une salle jeune public, une salle d’exposition temporaire, des dispositifs informatiques et des textes en trois langues sont dorénavant de mise.
Les Mascarons 1970 – 2019
Les travaux entrepris entre 2013 et 2016 ont également permis un travail de conservation important. En effet, une grande partie des collections exposées, ou stockées dans les combles du musée, ont pu être inventoriés et déménagés dans des lieux de réserve.
Le Séchoir à absinthe de Boveresse, propriété du MRVT depuis 1998
L’achat du Séchoir à absinthe a permis la présentation au public d’une plus grande partie des collections du MRVT et au Val-de-Travers d’éviter la perte d’un bâtiment historique. Y sont exposés de nombreux objets en lien avec la culture et le séchage des plantes utilisées pour la fabrication du célèbre breuvage, ainsi qu’une série de véhicules agricoles et hippomobiles.
La Pension Beauregard de Fleurier, propriété du MRVT depuis 2003
La Pension Beauregard, bâtiment du 17e siècle, ancien café, est l’un des plus anciens édifices civiles conservés au Val-de-Travers. Les transformations intérieures qu’elle a subit ont été pensées par l’architecte Serge Grard. Depuis 2005 y sont conservées une partie des collections du MRVT et proposées diverses expositions d’artistes régionaux.
Benoît Conrath, président de la Fondation du MRVT constituée en décembre 2014
Depuis quelques années les membres de l’Association du MRVT mettaient en exergue le déclin du nombre de visiteurs du Musée des Mascarons, ainsi que sa muséographie restée inchangée durant 40 ans. Il a alors été question de revitaliser le musée de deux façons : en y effectuant des travaux de rénovation permettant de mettre le bâtiment aux normes actuelles et d’y installer un nouveau projet muséographique. Pour cela, le passage d’association à fondation a permis d’assurer une plus grande pérennité et une meilleure solidité juridique au musée.
Une partie des dons reçus depuis 2014 et qui ont maintenant rejoint les quelques 20’000 objets des collections du MRVT
Le passage d’association à fondation en décembre 2014 n’a en rien changé l’une des missions fondamentales de tout musée : conserver. Notre conservatrice-restauratrice reçoit régulièrement des dons de particuliers. Ceux-ci, hétéroclites, enrichissent nos collections et rejoignent nos réserves une fois inventoriés et conditionnés.
Le MRVT c’est aussi une petite dizaine d’événements chaque année depuis 2017
L’un des buts du Musée régional du Val-de-Travers c’est de créer des échanges et des rencontres. Ainsi, notre conservatrice a à coeur de proposer divers événements durant une année muséale. 2019 a été rythmée par une causerie (photo), une exposition temporaire, deux concerts, un afterwork et de l’improvisation théâtrale en plein exposition. Rejoignez-nous pour le dernier événement de l’année : brunch anniversaire et visite guidée le 15 décembre au Musée des Mascarons !
Marie et Louison, conservatrice-restauratrice et conservatrice du MRVT, qui s’occupent des collections et de la vie du MRVT depuis trois ans maintenant
Même si Marie Bourgnon et Louison Bühlmann s’occupent des tâches les plus importantes du MRVT, ce sont plus de 20 personnes qui permettent son bon fonctionnement : Conseil de Fondation (12), Comité des Amis du musée (7), un graphiste, une photographe, trois gardiens et tous les bénévoles qui donnent leur temps pour divers travaux que nos deux jeunes femmes ne peuvent assumer seules.