Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07086.jsonl.gz/255

La présente édition est conçue pour les navigateurs sans soutien CSS suffisant et s'adresse en priorité aux malvoyants. Tous les contenus peuvent également être visualisés à l'aide de navigateurs plus anciens. Pour une meilleure visualisation graphique, il est toutefois recommandé d'utiliser un navigateur plus moderne comme Mozilla 1,4 ou Internet Explorer 6.
Début secteur de contenu
Début navigateur
Fin navigateur
Conjoncture internationale
A la suite de la contraction violente de l’activité économique à la fin 2008 et au début 2009, les perspectives économiques mondiales se sont pour la première fois sensiblement éclaircies durant les derniers mois. Soutenue par les importantes mesures d’aide en faveur des instituts financiers, la situation s’est détendue sur les marchés financiers depuis le début de l'année. De nombreux indicateurs conjoncturels sont remontés plus rapidement et plus fortement que prévu, après avoir enregistré antérieurement des chutes d’une rare intensité. Après les fortes baisses du PIB (ou de la croissance pour l’Asie) enregistrées aux Etats-Unis, en Europe et en Asie, un solide rebond se dessine pour le 2e semestre 2009. Les programmes de soutien conjoncturel semblent actuellement déployer leurs effets dans beaucoup de pays. La fin d’une période (les derniers trimestres) de fort déstockage semble également jouer un rôle positif : une demande plus importante peut ainsi se répercuter davantage et plus rapidement sur la production.
Il n’est cependant pas certain que cette dynamique conjoncturelle positive puisse se poursuivre l'année prochaine. Les impulsions budgétaires arriveront progressivement à terme. Des obstacles se dressent devant la reprise de la consommation privée et des investissements. Notamment aux Etats-Unis, l’expansion de la consommation privée pourrait demeurer modeste durant plusieurs années : les ménages privés devraient continuer à accroître leur taux d’épargne, qui est encore très bas. Le taux d’utilisation des capacités de production est actuellement extrêmement faible dans beaucoup de pays. Cette situation pourrait freiner la reprise des investissements des entreprises à travers le monde. Dans le secteur bancaire, on ne peut pas exclure la résurgence de nouveaux problèmes (p. ex. d’autres amortissements de crédits risqués), ce qui représenterait un frein supplémentaire à la reprise conjoncturelle. Enfin, si les périodes de fortes contractions conjoncturelles sont souvent suivies par des rebonds également vigoureux de l’activité, l’expérience des dernières décennies montre que cette symétrie n’est pas garantie à la suite de crises bancaires et immobilières.
De manière générale, le Groupe d’experts de la Confédération part du principe que la reprise de la conjoncture internationale en 2010 sera timide. En conséquence, les taux de croissance du PIB s’essouffleront aux Etats-Unis (moins de 2%) et en Europe (moins de 1%) ; ces rythmes de reprise devraient être ainsi relativement faibles en comparaison historique.
Prévisions conjoncturelles pour la Suisse
La contraction du PIB s’est également atténuée en Suisse au cours du 2e trimestre 2009. La nette amélioration dénotée par les enquêtes réalisées au cours des derniers mois auprès des entreprises (p. ex. le baromètre conjoncturel du KOF et l’indice des directeurs d’achat pour l’industrie) laissent entrevoir le retour à une évolution positive au cours du 2e semestre. L’économie suisse devrait sortir un peu plus tôt que prévu de la phase récessive. Alors que les prévisions de juin dernier tablaient sur un recul de -2,7% du PIB en moyenne annuelle 2009, les prévisions de septembre ont été revues et à la hausse et tablent désormais sur une baisse du PIB en 2009 de -1,7%.
Si cette prévision se réalise, la contraction du PIB en 2009 sera la plus accentuée depuis 1975. En comparaison internationale, un recul d’une telle ampleur est toutefois encore modeste ; d’autres pays devraient connaître cette année des contractions beaucoup plus marquées de leur activité. En Suisse, l’expansion de la consommation privée et des investissements dans la construction ont jusqu’à présent compensé, même si partiellement, la forte baisse de l’industrie d’exportation et du secteur financier. L’industrie suisse est certes fortement touchée par la récession, mais elle est loin d’afficher le recul de la valeur ajoutée enregistré dans d’autres pays (p. ex. en Allemagne ou au Japon). Les influences les plus négatives sur la croissance du PIB suisse proviennent de nouveau, comme lors du dernier ralentissement de 2001 à 2003, de la chute de la valeur ajoutée du secteur financier.
Selon le Groupe d’experts de la Confédération, la reprise de la conjoncture devrait se poursuivre l’année prochaine en Suisse mais le rythme d’expansion rester faible. Une prévision de +0,4% de croissance du PIB suisse en 2010 a été retenue en septembre, au lieu d’une contraction supplémentaire de -0,4% (prévision de juin). Les exportations de biens et services devraient recommencer à croître en 2010 en moyenne annuelle (+3,2%), mais sans parvenir à compenser le recul prononcé de 2009 (-9,5%). Les investissements en biens d’équipement augmenteront également timidement, étant donné la faible utilisation des capacités de production de nombreuses industries. La dynamique de consommation jusqu’ici remarquablement robuste, également soutenue par l’immigration, pourrait pâtir de la détérioration de la situation sur le marché du travail et de l’ampleur probablement réduite des adaptations salariales en termes réels.
Etant donné que la conjoncture ne se ressaisira que lentement en 2010, les perspectives restent sombres pour le marché du travail. L’emploi devrait encore reculer durant les prochains trimestres et ne connaître qu’une légère reprise vers la fin de l’année 2010. Le taux de chômage devrait continuer d’augmenter et passer de 3,8% en moyenne annuelle 2009 à 5,2% en moyenne annuelle 2010.
La phase de recul de l’indice des prix à la consommation devrait se terminer dans les prochains mois, principalement en raison de la disparition progressive de l’effet du recul des prix du pétrole. En 2010, on doit compter à nouveau sur une croissance du niveau général des prix (un renchérissement de +0,9% est attendu par le Groupe d’experts, après une contraction de -0,4% pour cette année). Le risque d'inflation reste cependant faible si l’on tient compte de la reprise timide de la croissance, du degré élevé de sous utilisation des capacités de production et du chômage élevé.
Risques conjoncturels
L’intensité de la reprise conjoncturelle en 2010 fait l’objet de nombreuses incertitudes. Les prévisions du Groupe d’experts partent de l’hypothèse que la dynamique de reprise de l’économie mondiale en 2010 reperdra, passagèrement du moins, de son intensité. Le fléchissement attendu des impulsions budgétaires explique en grande partie cette hypothèse. Il est toutefois également possible que la dynamique positive que l’on observe depuis quelques mois puisse durer plus longtemps. Dans ce cas, on assisterait alors à un renforcement mutuels des principaux facteurs qui ont poussé préalablement l’économie mondiale dans la récession, mais cette fois-ci dans le sens de la reprise. On pense ici notamment aux anticipations des industriels et des consommateurs, ainsi qu’à la dynamique du commerce mondial, qui pourraient par leur intensité et leurs effets compenser les facteurs de frein mentionnés préalablement (notamment le désendettement et la timidité de la consommation aux Etats-Unis). On assisterait alors, pour l’économie mondiale, à un scénario de reprise sans perte de dynamique (scénario en forme de la lettre « V »). Dans un tel cas, la croissance en 2010 de l’économie suisse serait également plus soutenue que les +0,4% prévu dans le scénario de base du Groupe d’experts. Toutefois, même dans un tel cas de figure, on ne devrait pas s’attendre à une détente notable sur le marché du travail, car celui-ci réagit avec un retard de plusieurs trimestres à l’évolution de la conjoncture.
D’un autre côté, certains risques (négatifs) liés à la marche de l’économie mondiale demeurent, qui pourraient « saper » totalement la reprise. On peut mentionner en particulier les incertitudes qui continuent de peser sur le système bancaire mondial, avec le risque de voir la situation s’aggraver derechef en cas de nouvelles pertes sur des crédits risqués. Par ailleurs, la récession qui frappe différents pays (l’Allemagne, en particulier) pourrait toucher le marché du travail plus durement qu’elle ne l’a fait jusqu'à présent, avec des retombées négatives importantes sur la consommation privée des ménages.
*Le Groupe d’experts de la Confédération publie chaque trimestre ses prévisions pour l’évolution conjoncturelle de la Suisse. Les dernières prévisions datent de septembre 2009. La publication trimestrielle du SECO intitulée les « Tendances conjoncturelles » figure en annexe des numéros de février, d’avril, de juillet et d’octobre de La Vie économique (www.lavieeconomique.ch). Les
« Tendances conjoncturelles » peuvent également être consultées et téléchargées gratuitement depuis l’Internet à l’adresse suivante : (www.seco.admin.ch/themen/00374/00375/00381/index.html?lang=fr).