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Hirudothérapie Genève - Sangsue médicinale
Petite histoire de l'hirudothérapie
La sangsue ou hirudothérapie est utilisée depuis la plus haute Antiquité à des fins thérapeutiques. Au cours de l’histoire, la sangsue a connu des périodes de faveur, en particulier au XIXème siècle en France, mais aussi des phases d’abandon voire de dénigrement. Depuis quelques années, elle connaît un renouveau avec son utilisation en chirurgie plastique et traumatologique et un retour à son usage en médecine traditionnelle.
L’antiquité
Les traces les plus anciennes d’utilisation de la sangsue semblent remonter à la plus Haute Antiquité, au moins à 1600-1300 avant J.C. L’usage des sangsues a également été décrit par des écrivains grecs et latins de l’Antiquité(Plaute, Cicéron, Horace) sous le nom de bdella, sanguisuga ou hirudo. A la fin du Moyen Age, les médecins traitaient de nombreuses maladies par des applications de sangsues. Au XVIIème siècle, la saignée était pratiquée avec des lancettes, l’intervention de la sangsue resta marginale.
Du XVIIème au XIXème siècle
Au XVIIIème siècle, les sangsues ont été remises à l’honneur en particulier dans le traitement des phlébites et des hémorroïdes. A l’époque de la Révolution, faute de chirurgiens, elles étaient utilisées pour réaliser les saignées. L’influence de Broussais (1772-1838), chirurgien de l’armée napoléonienne a été décisive pour la sangsue et pour son commerce. La France devint à son époque la plus grande consommatrice de sangsues. A partir de 1822, Broussais publia les annales de la médecine, mensuel édité pendant 12 ans et qui permit de répandre sa doctrine à toute l’Europe. La quantité de sangsues utilisée entre les années 1830 et 1840 aurait été d’environ 60 millions par an. Dans le même temps, la Russie consommait annuellement 30 millions de sangsues pour traiter des affections aussi diverses que la tuberculose, l’épilepsie ou les rhumatismes. L’utilisation abusive des sangsues provoquant des convalescences interminables, des hémorragies et des infections cutanées conduisit au discrédit de la doctrine de Broussais et par conséquent des sangsues elles-mêmes. Après les années 1850, l’élevage de la sangsue a été abandonné par le plus grand nombre. Après la grande épidémie de choléra de 1832 et l’avènement de l’asepsie avec Pasteur, les médecins ont rejeté l’usage de la sangsue considérée alors comme vecteur de germes. La sangsue entama son déclin.
Du XXème siècle à nos jours
En 1938, elles ont disparu du Codex français et par conséquent des officines en France mais également dans les pays voisins. Elles faisaient pourtant néanmoins encore partie de la pratique médicale; en 1949, un article les recommanda pour les congestions viscérales, les péricardites, les myélites, l’œdème laryngé, l’angine de poitrine, l’hémiplégie, les autres états congestifs et inflammatoires (céphalées, vertiges, otites, entorses et luxations, les contusions…)
Les nouveaux concepts émergents de la médecine entachèrent leur réputation tant auprès des thérapeutes qu’auprès des patients et cet animal fut éliminé quasi-totalement de la thérapeutique avec l’apparition des nouvelles molécules de l’industrie pharmaceutique.
Mais dans le même temps, la sangsue retrouvait les faveurs de la médecine, et plus précisément celles de la chirurgie. En effet, elle a été introduite dans les services de chirurgie plastique et traumatologique des hôpitaux et cliniques.
La sangsue est de nouveau au cœur de l’actualité car elle effectue un retour remarqué dans les cabinets des médecins généralistes pour le traitement de différentes affections : phlébites, arthrose, intoxications sanguines…. L’industrie pharmaceutique et les laboratoires scientifiques se penchent depuis quelques années sur les formidables pouvoirs des sangsues. Compte tenu de ses qualités en médecine générale, de son rôle inégalable en chirurgie, des propriétés de sa salive et de son système nerveux, la sangsue est un animal bien précieux au milieu des techniques de pointe de la médecine moderne.
Hirudothérapie : dans quels cas ?
Les indications de l’Hirudothérapie sont nombreuses et variées :
- Niveau veineux et artériel : varices, thrombophlébites superficielles, sensations de jambes lourdes, insuffisance veineuse, œdème, hémorroïdes, ulcères, glaucome, hypertension
- Appareil locomoteur
- Arthrose (genou, hanche, poignet, pouce…)
- Tendinites
- Lumbagos, hernies discales, douleurs vertébrales…
- Niveau dermatologique : abcès, furoncle, panaris, cicatrices douloureuses, indurées ou inesthétiques
- Pathologies systémiques
- Diabète (rétinopathie diabétique, troubles périphériques de la circulation)
- Polyarthrite rhumatoïde
- Difficultés digestives, inflammation intestins
- Désordres gynécologiques : syndrome prémenstruel, règles douloureuses, infections gynécologiques récidivantes
- Traumatologie : entorses, contusions, hématomes, déchirures musculaires,
- Chirurgie réparatrice : aide à la prise de greffe (peau, doigt, oreille…)
Contre-indications à l’hirudothérapie
Il existe des contre-indications absolues à l' Hirudothérapie:
- L’hémophilie et l’anticoagulation médicamenteuse (ne concerne pas les patients sous Aspirine Cardio)
- L’anémie sévère
- L’immunosuppression
- L’allergie à la salive de sangsue (rare)
Et des contre-indications relatives à l' Hirudothérapie:
- La prise d’Aspirine Cardio (en accord avec le médecin, arrêt du traitement 24h avant la séance d’hirudothérapie, reprise 24h après la fin des saignements)
- L’anémie modérée
- Tendance aux cicatrices chéloïdes
- La grossesse et l’allaitement
- Etat général altéré
Comment se déroule une séance ?
Lors de la première séance, nous remplissons ensemble une fiche de renseignements administratifs puis nous abordons la raison de votre venue : vos troubles et vos ressentis, l’histoire de ces derniers, vos souhaits par rapport au traitement etc… Nous vérifions également l’absence des contre-indications absolues, et discutons des contre-indications relatives. En cas de doute concernant votre capacité à être traité par les sangsues, le Dr Schenker pourra intervenir pendant la séance pour effectuer un examen médical et valider ou non la pose des sangsues.
En moyenne 3 sangsues sont posées par séance, leur nombre pouvant varier en fonction de vos antécédents et de la localisation de la zone à traiter. Lors des deux premières séances, nous commençons en général par traiter la zone lombaire basse, au-dessus du sacrum, afin d’ouvrir cette zone importante niveau vasculaire, lymphatique et immunitaire, et éviter ainsi les réactions inflammatoires. Puis, au cours des séances suivantes, nous pouvons déplacer les sangsues.
La morsure des sangsues ainsi que les 5-10 premières minutes de la succion sont ressenties comme une piqûre d’ortie, passé ce temps, la salive de la sangsue agit comme un anesthésiant, et vous ne ressentez plus rien. Une fois qu’elles ont mordu, les sangsues restent immobiles. Nous mettons en place un système de surveillance de celles-ci avec caméra, et revenons vers vous régulièrement afin de nous assurer de la bonne continuité du traitement. Lorsqu’elles sont rassasiées, elles lâchent prise et se laissent tomber. Dans le cas où elles resteraient accrochées trop longtemps, il existe une technique pour les retirer manuellement.
Une fois les sangsues tombées, le sang coule abondamment, car il a été anticoagulé par les substances injectées par les sangsues. Nous mettons en place un pansement volumineux formé de compresses stériles, alèze imperméable et si nécessaire bande élastique. Le saignement ne doit pas être stoppé, il fait partie intégrante du traitement hirudothérapeutique.
Il faut compter au total 1h30 à 2 h pour une séance complète d’hirudothérapie.
Quelques conseils pour une séance d’ Hirudothérapie :
- Prévoyez environ 2h de temps libre afin d’être tranquille pendant la séance, le stress perturbant les sangsues
- Portez de préférence des vêtements larges et souples afin d’être à l’aise (pansements volumineux)
- Les sangsues préfèrent les peaux propres sans odeur de parfum, évitez les gels douche ou savons avec une forte odeur, n’appliquez pas de crème sur votre peau. A savoir que les sangsues peuvent également avoir des difficultés à mordre chez les patients grands fumeurs ou lors de la prise de certains médicaments.
- Vous pouvez apporter avec vous livres, magasines, musique etc… afin de passer le temps pendant que les sangsues travaillent sur vous.
Et après le traitement par Hirudothérapie?
Prévoyez de rester tranquilles pendant environ 24 heures. Il faut éviter les changements brusques de position et le sport.
Il est important de bien vous hydrater.
Le sang fluidifié continue de couler pendant 12 à 18h, rarement jusqu’à 24h. Cet effet de saignée appartient au traitement, il a un but dépuratif, décongestionnant et immunostimulant. Ces saignements peuvent être abondants, dépendant du patient et de la localisation où ont été posées les sangsues.
Nous restons joignables après le traitement afin de répondre à vos questions éventuelles.
Effets secondaires et complications de l' Hirudothérapie
Durant les quelques jours qui suivent la pose des sangsues, des réactions sont susceptibles d’apparaitre. Elles sont passagères et sans conséquence :
- Rougeur, gonflement, prurit
Disparition complète en quelques jours. Si le prurit est trop incommodant, nous pouvons vous conseiller des produits naturels pour vous soulager. Dans tous les cas, il est important de ne pas gratter les plaies afin d’éviter les risques d’infection.
- Adénopathies
Bénignes et sans séquelles, peuvent durer entre 2 et 5 jours.
- Hématome autour des morsures
Quelles complications peuvent survenir ?
- Retard de cicatrisation ou cicatrices chéloïdes (chez patients prédisposés)
- Infection des plaies (peut arriver lorsque le patient se gratte)
Si besoin, vous aurez la possibilité de nous contacter suite au traitement.
Informations utiles
Sur rendez-vous
Tel : +41 22 321 90 56
(Permanence téléphonique du lundi au jeudi : 8h-12h / 13h15-16h15 – possibilité de laisser un message, nous vous recontacterons au plus vite)
Mail : <email-pii>
Certains soins sont remboursés par l’assurance de base, vous pouvez nous contacter pour plus d’informations.