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«[…] en reconnaissance de ses apports fondamentaux au développement de la stéréochimie bio-organique»
La stéréochimie bio-organique, pour laquelle D. Arigoni fait figure de pionnier, étudie notamment les comportements des énantiomères de molécules chirales. D. Arigoni s’est particulièrement intéressé à la stéréochimie des réactions enzymatiques, c’est-à-dire aux mécanismes qui permettent aux enzymes de contrôler la construction de molécules complexes. D’après les experts, l’explication de la biosynthèse de la pleuromutiline (un métabolite de champignon) grâce à la technique du marquage isotopique a été une première performance remarquable de D. Arigoni datant de la fin des années soixante déjà. A côté de cela, il s’attacha à l’étude du déroulement de réactions enzymatiques sur les groupes méthyles. Comme ces groupes, avec leurs trois atomes d’hydrogène équivalents, sont symétriques (achiraux), il a d’abord dû employer une astuce pour étudier leur comportement chiral. D. Arigoni remplaça simultanément deux des trois atomes d’hydrogène par du deutérium et du tritium, grâce à quoi les groupes méthyles devenaient asymétriques (chiraux). Avec son chef-d’œuvre constitué par la synthèse et l’analyse de l’acide acétique chiral (simultanément avec Cornforth), qui a pu être utilisé comme molécule de marquage, il a considérablement élargi les connaissances de la dynamique des processus enzymatiques. Par ailleurs, D. Arigoni a apporté des contributions majeures à l’explication de la biosynthèse et de la manière d’agir de la vitamine B12.