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La dynamique sur les objectifs d'émissions se renforce avant la conférence de la COP26.
L'impact du changement climatique présente un risque d'investissement systémique, rendant l'importance de l'empreinte environnementale d'un investissement plus critique que jamais. Le monde a déjà connu une augmentation d'environ 1°C des températures mondiales par rapport à la période préindustrielle et a commencé à voir les impacts du changement climatique sous la forme d'événements météorologiques extraordinaires, de la fonte des glaciers et de la modification du cycle des pluies.
Afin de limiter les effets néfastes du changement climatique, un changement fondamental est nécessaire dans la relation entre l'économie et l'environnement. Si les marchés financiers sont bien placés pour jouer un rôle de premier plan, ils ne seront finalement efficaces que si une réglementation en matière de changement climatique est mise en place. Or, en matière de changement climatique, il existe un décalage entre la politique et la science. Au cours de l'année écoulée, nous avons constaté un fort élan pour combler ce fossé - une tendance qui devrait se poursuivre à l'approche de la 26e conférence des Nations Unies sur le changement climatique (COP26), qui se tiendra à Glasgow en novembre.
Des objectifs de réduction nette des émissions de carbone (objectifs «zéro») ont été fixés par 61% des pays, 9% des États et régions des pays les plus émetteurs et 13% des villes de plus d'un demi-million d'habitants. Au total, ils représentent un peu plus de 60% des émissions de carbone dans le monde. L'un des objectifs de la COP26 sera d'assurer une plus grande adoption des objectifs «zéro carbone» - de plus en plus de pays ont signalé qu'ils feraient des annonces à l’occasion de la conférence.
À l'exception d'une poignée de pays qui étaient déjà avancés dans la mise en œuvre de leur programme climatique, la législation directe pour soutenir les objectifs nets zéro est en grande partie absente. Bien que nous n'en soyons qu'aux prémices de la mise en œuvre, il semble que l'urgence de la situation soit de plus en plus comprise. En d'autres termes, la probabilité que des réglementations climatiques significatives entrent en vigueur est très élevée.
Le dioxyde de carbone (CO2) représente environ les trois quarts des émissions de gaz à effet de serre, c’est une des statistiques environnementales les plus facilement accessibles. Aussi il fait l'objet de la plus grande attention lorsqu'il s'agit d'analyser le changement climatique. Toutefois, pour limiter l'augmentation de la température mondiale à 1,5 °C, il ne suffit pas de réduire les émissions de CO2. Au-delà d’une réglementation axée sur la production d'électricité, l'efficacité énergétique et les transports, il faudra mettre en place une réglementation globale afin d’atténuer les émissions de méthane (CH4), d'oxyde nitreux (N2O) et de gaz fluorés, ainsi qu'une utilisation plus durable des terres et un renforcement des puits de carbone.
Jusqu'à présent, la plupart des réglementations mondiales sur le climat se sont concentrées sur le carbone, principalement dans le secteur de l'électricité, mais cela est en train de changer. Pour mettre en perspective l'impact potentiel de la réglementation à venir, la plupart des estimations indiquent que les engagements actuels dans le monde en matière de changement climatique nous placent sur la voie d'un réchauffement de la planète de 2,7° à 3,0°C. Ce chiffre est basé sur les engagements climatiques pris dans le cadre des contributions déterminées au niveau national (CDN) soumises par les signataires de l'accord de Paris en 2015. En utilisant un cadre basé sur des statistiques, la probabilité de rester en dessous d'un réchauffement de 2°C n'est que de 5% dans l'hypothèse d'une poursuite des tendances actuelles. Si tous les pays devaient respecter leurs CDN, cette probabilité passerait à 26%. Ces faibles probabilités soulignent l'importance des engagements nets zéro.
Si les marchés ont anticipé l'entrée en vigueur de certaines législations sur le climat, notamment dans certains secteurs directement concernés par la transition énergétique, nous ne constatons pas de dislocation généralisée des valorisations dans l'ensemble de l'économie. Au fur et à mesure que de nouvelles règles entrent en vigueur dans le monde, nous nous attendons à ce que la performance en matière de climat devienne de plus en plus importante pour la performance des investissements. Il est intéressant de noter que nous constatons une divergence d’approches des entreprises en matière de changement climatique dans tous les secteurs de l'économie.
Lorsque les initiatives législatives commenceront à avoir un impact direct sur les performances financières, nous pensons que la différence entre les gagnants et les perdants deviendra évidente (et potentiellement assez rapidement). Bien entendu, la réglementation n'est pas le seul facteur qui influe sur la façon dont les émetteurs réagissent au changement climatique. D'autres facteurs importants sont l'innovation et les préférences des consommateurs.
Sur le front de l'innovation, les nouvelles avancées ont fait baisser les coûts de l'énergie renouvelable, ce qui a accéléré le déploiement de la capacité renouvelable. L'Agence internationale pour les énergies renouvelables estime que les 3,2 térawatts prévus dans les objectifs actuels de la CDN pour 2030 devraient être atteints dès 2022. En ce qui concerne les préférences des consommateurs, nous constatons que les entreprises ajoutent un label environnemental à leurs produits et que la demande de produits plus durables, tels que les substituts de viande, augmente.
Chez T. Rowe Price, nous évaluons systématiquement les facteurs de changement climatique pour les titres individuels et les portefeuilles à l'aide de notre modèle exclusif d'indicateur d'investissement responsable (RIIM). L'analyse RIIM offre deux avantages essentiels à nos analystes et à nos gestionnaires de portefeuille. Tout d'abord, RIIM recherche de manière proactive les indicateurs environnementaux et les controverses sur les entreprises et les émetteurs souverains - il s'agit d'une caractéristique importante car les données environnementales ne font pas l'objet d'une divulgation obligatoire et ne sont pas normalisées comme les données financières. Deuxièmement, RIIM fournit un cadre pour l'évaluation des facteurs environnementaux - il crée essentiellement un langage commun pour nos analystes et nos gestionnaires afin de discuter de la performance d'un investissement en fonction des facteurs environnementaux et de comparer les titres au sein de l'univers d'investissement.
Notre évaluation des facteurs liés au changement climatique se concentre sur la transition énergétique et le risque physique, mais nous pensons également que l'empreinte environnementale et les antécédents d'un émetteur sont des indicateurs importants de la manière dont il peut se comporter dans un environnement réglementaire plus strict.
Dans le cadre de notre évaluation RIIM, nous considérons les caractéristiques environnementales de nos investissements de manière holistique - les principaux domaines d'intérêt sont les suivants :
- la transition énergétique
- le risque physique
- Impact sur la biodiversité
- Contribution à l'économie circulaire
- Utilisation des sols
- Utilisation de l'eau
- Bilan en matière d'environnement
- Responsabilité et transparence en matière environnementale, sociale et de gouvernance (y compris le changement climatique)
Les engagements constituent un autre élément essentiel de notre analyse liée au changement climatique. Les sujets les plus courants de nos engagements environnementaux en 2020 étaient la transparence, les émissions de gaz à effet de serre, la durabilité des produits et la gestion environnementale générale. En ce qui concerne la transmission d'informations, nous continuons à encourager les entreprises bénéficiaires d'investissements à utiliser les cadres du Sustainability Accounting Standards Board et de la Task Force on Climate-Related Financial Disclosures. En 2020, nous avons également mis davantage l'accent sur l'importance de la déclaration des émissions de gaz à effet de serre de portée 1-3.
Nous achetons aussi un ensemble de données auprès de Sustainalytics qui fournit les émissions de carbone et l'intensité pour un univers de plus de 11 000 entreprises, dont près de 75% des entreprises ont des données estimées. Comme l'illustre la figure 2, pour certains indices, plus des trois quarts sont couverts par des données déclarées; cependant, d'autres indices dépendent presque entièrement de données évaluées. Si la dépendance aux données estimées peut sembler déconcertante pour certains investisseurs, elle est utile car elle nous aide à comprendre l'ordre de grandeur des émissions de carbone de nos portefeuilles par rapport à leurs indices de référence. Cependant, nous devons être conscients de la qualité des données lorsque nous les prenons en compte dans nos décisions d'investissement.
Le changement climatique est de plus en plus une préoccupation majeure pour les communautés mondiales, les entreprises, nos clients et nos équipes d'investissement. L'attention portée à la manière dont les entreprises s'efforcent d'atténuer les risques liés à leurs activités ne peut que s'intensifier, et la réunion du COP26 ainsi que les efforts de réglementation mettront encore plus en lumière cette question.
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