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Séance du
vendredi 17 mars 2017 à
14h
1re
législature -
4e
année -
1re
session -
3e
séance
Débat
Le président. Le point suivant est la M 2126-A. Je passe la parole à M. le député Bernhard Riedweg.
M. Bernhard Riedweg (UDC). Merci, Monsieur le président. La capacité de transport par heure d'une ligne de télécabine périurbaine est la même que celle d'un tram, mais ses coûts d'exploitation sont nettement inférieurs car il ne faut qu'une à deux personnes par station et il n'y a aucun chauffeur. De plus, sa durée de maintenance - il n'y a pas de saison spécifique pour l'effectuer - est à raccourcir par rapport aux télécabines fonctionnant en montagne.
Le plus difficile sera de faire accepter ce projet par la population car une télécabine pourrait survoler des maisons ou des immeubles. Certes, il y aura quelques expropriations à envisager, mais l'objectif est de faire passer la télécabine urbaine, qui présente une capacité de 3000 personnes à l'heure, là où personne ne vit aujourd'hui ou le long de futurs grands ensembles où vivront des gens dans quelques années et où des zones industrielles seront construites. Les télécabines consomment moins d'énergie que les trolleybus, et leur vitesse commerciale prévue de 25 km/h est supérieure à celle d'un bus qui s'arrête souvent. En cas de forte bise, elles sont exploitables sans limitation avec un vent soufflant jusqu'à 70 km/h.
Relevons qu'à Londres, la télécabine franchissant la Tamise a été financée intégralement par le sponsoring en échange du fait que, pendant trente ans, le nom de la compagnie ayant sponsorisé le projet figure sur tous les plans de métro; voilà un exemple réel de partenariat public-privé réussi. Les télécabines urbaines ne peuvent constituer qu'un remède très local qui ne résoudra pas les problèmes de circulation à l'échelle d'une agglomération où un réseau complet est difficilement imaginable; de plus, il faudra coordonner les lignes aériennes avec celles des bus et des trams. Cependant, Mesdames et Messieurs les députés, nous devons donner une chance à ce genre de mobilité, et l'Union démocratique du centre votera cette motion demandant au Conseil d'Etat de plancher sur la faisabilité du projet. Merci, Monsieur le président.
Le président. Merci, Monsieur. Je rappelle que nous sommes aux extraits, donc soyons concis ! M. Lefort a la parole.
M. François Lefort (Ve). Merci, Monsieur le président, d'avoir rappelé combien il est agréable de prendre la parole aux extraits puisque nous disposons en tout et pour tout de sept minutes. Contrairement à mon habitude, je vais parler lentement ! Il est assez rare que des objets obtiennent le soutien unanime d'une commission puis celui du parlement, et nous voulons d'abord saluer cette unanimité de la commission des transports qui a accepté le projet de transport par câble à Genève, même si cette idée initialement déposée en 2013 avait prêté à sourire. D'ailleurs, c'est une idée à laquelle il faut rendre sa paternité puisque la première personne qui m'a convaincu de la faisabilité des deux lignes que nous proposions, à savoir Bernex-Aéroport et le Lignon-les Acacias, était l'ancien président du Conseil municipal de Bernex, M. Blaise Emmanuel Galland, qui avait porté cette motion au sein du Conseil municipal de Bernex et qui soutient également ce texte-ci.
Nous avons donc suivi cette proposition de transport par câble à Genève, à l'instar de ce qui se fait déjà en Europe dans différentes villes et qui se développe également en Suisse avec des projets à Morges, Sion ou encore Zurich. Le projet de Zurich, certes, a été retiré en raison d'oppositions, mais ça prouve que cette idée de transport par télécabine, qui est avant tout plus rapide et plus économique que tout autre moyen de transport public, suscite l'engouement des populations comme des pouvoirs publics. Voici le message que nous envoyons au Conseil d'Etat avec cette motion: oui, Monsieur Barthassat, ce parlement vous soutient dans tous vos projets de transport par câble, alors n'hésitez pas à aller de l'avant et à les réaliser pour le bien de la population genevoise ! Au nom des Verts, Mesdames et Messieurs, je vous remercie de voter unanimement cette motion.
M. Thomas Wenger (S). Mesdames et Messieurs les députés, chers collègues, voici un sujet qui, contrairement à celui d'hier soir, nous permet de prendre un peu de hauteur ! (L'orateur rit.) Les socialistes saluent cette motion des Verts qui invite le Conseil d'Etat à étudier la faisabilité d'un transport par câble à Genève, et la soutiendront évidemment. Cela a déjà été dit, mais je pense qu'il est important de le rappeler: un téléphérique permettrait de transporter environ 5000 personnes par heure dans chaque sens, donc le potentiel de déplacement est vraiment important, il ne s'agit pas du tout d'un gadget mais d'une réelle infrastructure de mobilité.
De plus, d'après ce qu'on nous a dit en commission, il pourrait atteindre une vitesse commerciale de 15 à 20 km/h, ce qui est aussi relativement intéressant. Le transport par câble offre de nombreux avantages, notamment celui de ne pas nécessiter beaucoup d'infrastructures en comparaison avec les infrastructures routières qui occasionnent d'énormes travaux et d'importants déclassements, que ce soit des surfaces agricoles ou d'assolement; le coût de construction serait également nettement inférieur à celui d'une route ou d'une ligne de tramway, tout comme le coût d'exploitation.
Cependant, comme on nous a déjà présenté de premières esquisses d'études en commission - le département est en train de travailler là-dessus - nous, les socialistes, émettons un petit doute quant au tracé retenu. En effet, si relier... Je recherche le tracé ! ...l'aéroport aux Cherpines via Bernex nous semble une bonne idée, l'arrêt prévu à l'hôpital de Loëx nous laisse dubitatifs. On peut se demander pourquoi on ne ferait pas passer la télécabine un peu plus près du Lignon afin que l'ensemble de la population de ce quartier puisse en bénéficier - avec les contraintes que ça implique, certes: plus l'infrastructure est proche des habitations, plus ça risque de poser des problèmes, comme celui d'apercevoir les gens dans les appartements... Cela dit, nous pensons qu'il faut tout de même étudier la possibilité de faire passer le tracé par des emplacements peuplés plutôt que par des endroits avec moins de passagers potentiels.
Enfin, ce qui est important pour les socialistes - et je finirai là-dessus, Monsieur le président - c'est que les connexions entre ce téléphérique, les autres transports publics et les infrastructures de mobilité douce soient optimales, et on veillera, si ce projet devait aller de l'avant, à intégrer aussi des vélostations et des parkings pour trottinettes et autres véhicules de mobilité douce. Les socialistes soutiendront donc cette motion et encouragent le département à poursuivre ses études.
M. François Lance (PDC). Mesdames et Messieurs les députés, le groupe démocrate-chrétien soutiendra bien entendu cette motion déposée par les Verts qui ouvre des perspectives pour d'autres moyens de transport à Genève. Il faut également remercier le département de cette première ébauche de faisabilité d'un tracé entre les Cherpines et l'aéroport, qui met déjà en lumière les difficultés de réalisation d'un tel projet et en premier lieu le survol des habitations. En effet, cette motion n'est pas encore votée par notre Grand Conseil qu'une habitante formule déjà des réticences dans un courrier des lecteurs paru aujourd'hui dans la «Tribune de Genève». Le groupe PDC est convaincu qu'il faut aller de l'avant avec des études plus poussées et défendra évidemment ce mode de transport, comme il l'a déjà fait dans certaines communes.
Une voix. Bravo ! (Quelques applaudissements.)
M. Pascal Spuhler (MCG). Mesdames et Messieurs les députés, juste un mot pour vous dire que le MCG soutiendra également cette motion. J'en profite, puisque beaucoup de choses ont été dites sur le système et le projet en général, pour saluer le département qui nous a présenté un projet viable et enthousiasmant. En effet, sur la base des propositions de la motion, on aurait pu se dire qu'il s'agissait d'un projet un peu farfelu, d'une idée saugrenue ou sympathique, mais je pense que c'est en écoutant les représentants du département que l'ensemble de la commission a été convaincue de la faisabilité et de l'utilité d'un tel projet, et je souhaitais le souligner par mon intervention. Je vous remercie, Monsieur le président.
M. Luc Barthassat, conseiller d'Etat. Mesdames et Messieurs les députés, j'aimerais tout d'abord vous remercier pour votre belle unanimité autour de ce projet de transport par câble, du moins de son idée qui, à l'origine, venait de M. Guy-Olivier Segond - c'était, me semble-t-il, une première dans l'histoire genevoise - dans le cadre de l'exposition sur le cerveau qui devait justement se tenir dans la région des Cherpines. Cette idée avait été reprise par passablement de sections communales, notamment celle de Veyrier qui avait imaginé une télécabine pouvant s'allier au téléphérique du Salève, passer par les futurs aménagements des Grands Esserts et rejoindre les gares CEVA du côté de Carouge. J'avais déjà parlé de ce projet du PDC Veyrier du temps de la campagne parce que, à l'époque, nous avions tenté d'intervenir à l'échelle nationale pour changer certaines règles dans les projets d'agglomération et y inclure des transports publics non seulement sur rail, comme le tram, mais également par câble.
Cette idée a fait son chemin, mon département étudie différents projets depuis février 2014, et cette motion vient en soutien aujourd'hui; le projet retenu avance bien, il s'agit du tracé qui partirait des Cherpines, passerait par le P+R de Bernex, l'hôpital de Loëx et le long du Lignon - l'option existe ! - avant de rejoindre l'aéroport, voire le parking P27. Je me réjouis déjà de revenir devant votre Grand Conseil avec la possibilité de démarrer ce projet au plus vite; à l'heure actuelle, les études sont en train de s'affiner, l'objet est inscrit au PDI en phase C, et nous espérions justement le ramener en phase B voire en phase A pour pouvoir le mettre sur pied le plus vite possible car il s'agit d'un projet à moindre coût - entre 80 et 90 millions contre un minimum de 400 millions que coûteraient des routes d'évitement ou de nouvelles lignes de tram et de bus. Encore une fois, je vous remercie de ce soutien, et nous tiendrons bien sûr au courant les différentes commissions concernées ainsi que ce parlement de l'avancement du projet. (Quelques applaudissements.)
Le président. Je vous remercie, Monsieur le conseiller d'Etat, et lance le vote sur ce texte.
Mise aux voix, la motion 2126 est adoptée et renvoyée au Conseil d'Etat par 65 oui contre 4 non.