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Les causes de la cœliaquie
Le gluten est une protéine de stockage contenue dans le blé, le seigle, l’orge, ou encore le kamut et le triticale. Au cours de la digestion, le gluten est fragmenté en peptides de différentes tailles, qui peuvent tous potentiellement provoquer une réaction du système immunitaire (on dit qu’ils ont un potentiel immunogène). La gliadine est l’un de ces peptides. Capable de survivre aux étapes successives de la digestion, elle peut passer à travers l’épithélium digestif et stimuler le système immunitaire sous-jacent.
Mais qu’est-ce que l’épithélium digestif ?
L’intestin grêle est la partie de l’appareil digestif située entre l’estomac et le gros intestin (côlon), et c’est aussi la plus longue (6,5 à 7 mètres). L’intestin grêle effectue des contractions qui permettent de faire avancer les aliments (qui ont à ce stade été dégradés en acides aminés), et absorbe les divers éléments nutritifs à travers les cellules de sa paroi.
L’intestin grêle est constitué d’une succession de replis appelés villosités, elles-mêmes formées d’un ensemble de replis plus petits appelés microvillosités. Il ressemble ainsi à un tapis à poil long.
Ces villosités et microvillosités permettent d’agrandir la surface de l’intestin (elle atteint chez l’adulte environ 200 mètres carrés !) et, par là même, de maximiser l’absorption des nutriments.
Quelles sont les conséquences de la cœliaquie sur l’épithélium digestif ?
Chez les personnes atteintes de cœliaquie, le contact du gluten avec la muqueuse intestinale déclenche une réponse immunitaire. Le corps libère alors des anticorps et des substances qui agressent la muqueuse intestinale. Une inflammation chronique s’installe, suivie d’une atrophie ou d’une destruction des villosités et microvillosités intestinales. L’intestin grêle, ayant perdu une grande partie de ses villosités intestinales, ressemble alors plus à un tuyau d’arrosage et a une surface considérablement réduite. Qui dit diminution de la surface d’absorption dit baisse de la quantité de nutriments absorbés. Ainsi, les personnes atteintes de la maladie cœliaque, si elles consomment du gluten, souffrent de malabsorption des éléments nutritifs, ce qui entraîne au fil du temps déficits en nutriments (en fer chez l’adulte par exemple) et troubles carentiels (retards de croissance et de développement chez l’enfant notamment).
La cœliaquie se développe chez des personnes génétiquement prédisposées. Toutes les tranches d’âge peuvent être touchées. Il est à noter qu’à l’heure actuelle, les médecins diagnostiquent de plus en plus de cas de maladie cœliaque peu symptomatique ou asymptomatique (forme silencieuse de la maladie).
Les symptômes de la maladie cœliaque
La forme classique de la cœliaquie concerne principalement les enfants (la population pédiatrique). Elle est généralement observée dans les mois suivant l’introduction d’un régime contenant du gluten. Les symptômes sont typiquement les suivants :
- syndrome de malabsorption (déficience en fer, en électrolytes (calcium, magnésium) et en vitamines (acide folique, vitamines A, B, D, E, K)
- stéatorrhée (selles anormalement grasses)
- distension abdominale
- perte de poids
- retard de croissance
- douleurs articulaires
- irritabilité
- trouble de la concentration
- fatigue
- apathie
La forme atypique de la cœliaquie est plus fréquente à l’âge adulte. De par ses symptômes aspécifiques, elle est bien plus insidieuse et difficile à diagnostiquer. En effet, les symptômes gastro-intestinaux sont bien plus subtils : il peut par exemple s’agir de simples ballonnements intestinaux, de troubles du transit (comme une alternance de diarrhée et de constipation) ou encore d’une carence en fer. Contrairement aux enfants, les adultes touchés par la cœliaquie ne perdent que rarement du poids. Ils peuvent par contre, comme les enfants, présenter des symptômes non digestifs tels que la fatigue, les troubles de la concentration ou des douleurs articulaires.
Traitement de la cœliaquie
Le traitement de la maladie cœliaque repose avant tout sur l’éviction stricte du gluten sous toutes ses formes, y compris ses formes cachées (produits industriels). Doivent être bannis tous les produits à base de blé, d’orge et de seigle. Si la consommation d’avoine n’est pas contre-indiquée (en quantités faibles, soit 25 g par jour pour les enfants et 50 g par jour pour les adultes), cette avoine doit être garantie sans gluten, c’est-à-dire avoir été fabriquée, transformée ou préparée de telle manière à éviter toute contamination par du blé, de l’orge, du seigle et leurs variétés croisées. Ce régime sans gluten doit être suivi à vie.
Renoncer au gluten à vie est également important en cas de cœliaquie asymptomatique ou peu symptomatique, car le régime permettra non seulement de soigner les symptômes éventuels, mais aussi de faire baisser le risque de séquelles ultérieures.
Le régime sans gluten est source de réelles contraintes : sociales, matérielles, organisationnelles et financières. En conséquence, on estime que 6 à 37 % des personnes souffrant de cœliaquie n’y adhèrent pas et continuent de consommer du gluten.
Principales sources : Revue Médicale Suisse 2015; 11 : 1878-85. Bienfaits du régime sans gluten: mythe ou réalité ?
Revue Médicale Suisse 2013; 9 : 1584-9. Maladie cœliaque : état des lieux.
Centre d’Allergie Suisse, Maladie cœliaque. https://www.aha.ch/centre-allergie-suisse/info-allergies/allergies-intolerances/intolerances-alimentaires/maladie-coeliaque/?oid=1471&lang=fr#