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Quand les cellules énergétiques des chasseurs-tueurs d'étoiles TIE de la flotte impériale dans «Star Wars» entament la poursuite, elles émettent un hurlement assourdissant. Le Faucon Millénium esquive habilement chaque tir, les rayons laser ratent de très peu le cargo modifié. Effectuant une manœuvre insensée, le Faucon réussit à contourner les astéroïdes. Les enveloppes extérieures grincent en guise de protestation lorsqu'elles sont confrontées à des forces indescriptibles risquant de déchirer le vaisseau.
«Mais, qu'est-ce que vous faites? Vous n'allez pas traverser un champ d'astéroïdes?», demande Leia Organa, désespérée.
«Ils ne pourront pas nous suivre, ce serait de la folie!», rétorque Han Solo, le courageux contrebandier. À ce moment-là, il se demande s'il est vraiment aussi courageux que ça.
La poursuite, qui entrera dans l'histoire du cinéma par ses effets réalisés à l'ordinateur et ses dialogues intelligents, prend son cours...
Bien sûr, je ne vous raconte rien de nouveau si je vous dis qu'une basse vrombissante et deux à cinq enceintes, qui s'alignent autour de vous telle une coupole sonore, sont un must pour vous plonger entièrement dans la folie d'une poursuite à travers un champ d'astéroïdes. Et si cela ne tenait qu'à moi, il faudrait encore ajouter des effets 3D avec beaucoup de popcorn et une bonne dose de «piou, piou, piou!».
Mais chacun a son propre avis là-dessus.
Au cinéma, le popcorn, le «piou, piou» et les grandes sensations, ce n'est rien de nouveau. Du moins, d'un point de vue sonore. C'est possible grâce au «Dolby Surround», une technologie de sonorisation spatiale. Le Dolby Surround a été développé par des spécialistes de l'audio Dolby. Depuis des années, la société domine le paysage cinématographique avec son standard numérique «Dolby Digital». Le format concurrentiel le plus connu est DTS (Digital Theater Systems), mais c'est la société californienne qui a réalisé les plus grands progrès dans le domaine des formats sonores multicanaux.
Le nom est révélateur: grâce au Dolby Surround, chaque son est perçu exactement à l'endroit où le réalisateur ou l'ingénieur du son souhaite vous faire croire qu'il se trouve. Comme la cascade dans Apocalypto qui s'abat sur vous et qui vous fait vérifier instinctivement si vous n'êtes vraiment pas trempé.
La cascade à partir de 0:27 minute.
Ou un rayon laser qui passe à quelques millimètres de vous et s'écrase contre le mur derrière vous: «piou, piou!»
Bon, je commence à dire n'importe quoi. Mais vous comprenez ce que je veux dire.
Depuis 2012, nous vivons une petite révolution. De plus en plus de cinémas équipent les salles de «Dolby Atmos». Cette technologie est destinée à vous donner l'impression de vous trouver en plein milieu de l'action, car une profusion de sons est émise tout autour de vous, dans votre atmosphère en quelque sorte.
Avec les écouteurs, le son est vraiment surround.
Mais Dolby Atmos va encore plus loin:
Tout cela vous paraît bien mystérieux? Bon, procédons dans l'ordre.
… la poursuite continue.
«Vous n'avez pas besoin de faire ça pour m'impressionner», proteste Leia.
Le droïde C3PO, loquace comme à son habitude, lance, d'une voix paniquée: «Capitaine, les chances de traverser un champ d'astéroïdes avec succès sont approximativement d’une sur trois mille sept cent vingt!»
«Je me fous des prévisions», l'interrompt Han.
Pendant ce temps, un bloc de roches errant détruit un chasseur d'étoiles TIE, le pilote, pitoyable, n'ayant plus réussi à esquiver à temps l'astéroïde qui s'approchait...
Pour que le spectateur ait vraiment l'impression que le cargo spatial, en plein champ d'astéroïdes, traverse son salon, il lui faut au moins cinq haut-parleurs et un subwoofer: trois haut-parleurs se trouvent devant lui (à gauche, à droite et au milieu au-dessus de l'image), les deux autres derrière lui (également à gauche et à droite). Le subwoofer livre les basses. Cinq haut-parleurs et un subwoofer, cela équivaut à 5.1. Ajoutez à cela deux haut-parleurs latéraux supplémentaires et vous obtenez un système 7.1.
En haut, vous voyez un système 5.1 avec trois haut-parleurs devant, deux derrière et un subwoofer pour les basses. Ajoutez à cela deux haut-parleurs supplémentaires et vous obtenez un système 7.1.
Affecté à un canal – vous retrouverez souvent cette expression ici. Car chaque haut-parleur dispose de son propre canal. Si j'étais ingénieur du son à Hollywood, je serais responsable de veiller à ce que chaque son dans un film, depuis la musique et les dialogues jusqu'aux bruitages ou autres effets sonores, soit affecté au canal correspondant. En images, cela donne ce qui suit: lorsque, avec un effet vertigineux, le chasseur d'étoiles percute un astéroïde, devant à droite dans la télé, et qu'il explose en mille morceaux, l'explosion assourdissante est placée sur le canal conduisant au haut-parleur installé à l'avant à droite. C'est tout à fait logique, non?
Ceci est bien évidemment évolutif.
Imaginez que ledit chasseur passe par l'image, au-dessus de votre épaule, avant de s'écraser. Le mixage sonore, en termes simplifiés, fonctionne alors à peu près de la manière suivante: le bruit hurlant des moteurs est diffusé à plein volume derrière à gauche. Ensuite, le hurlement derrière à gauche se fait de plus en plus discret alors que, simultanément, le bruit devant à droite est de plus en plus fort – le son passe en toute fluidité d'un haut-parleur à l'autre. Le spectateur doit avoir l'impression que le hurlement et, par conséquent, le chasseur d'étoiles, s'est déplacé de derrière à gauche vers devant à droite:
Le chasseur TIE vole directement vers son abîme par-dessus votre épaule, de l'arrière vers l'avant.
Géniale, cette sonorisation spatiale!
… la collision impressionnante de deux astéroïdes géants signe presque la fin prématurée du Faucon. Han sait que seul un coup de chance préservera l'équipage d'une mort certaine. Des bruits menaçants se font entendre, ce sont les débris frappant de plein fouet les enveloppes extérieures.
«Nooon», s'écrie C3PO paniqué.
«Vous aviez dit que vous vouliez être là quand je me tromperai», lance, d'un ton maussade, Han à Leia, qui s'était encore énervée de son attitude présomptueuse, «eh bien, c'est peut-être maintenant.»
«Je retire ce que j'ai dit», se dépêche-t-elle de répondre.
En Dolby Surround, il faut trouver le bon mixage sonore et l'affecter à différents canaux. Avec Dolby Atmos, ce principe est presque entièrement modifié.
Au cinéma, la norme, c'est le système 7.1 Surround. Je récapitule: 7.1 correspond à un mixage sonore avec sept canaux audio plus la basse. Le Dolby Atmos ne connaît pas de telles limites: théoriquement, vous pourriez même utiliser un nombre illimité de bandes-son. Comme les salles de cinéma ne disposent pas d'une place illimitée pour les haut-parleurs, le mixage est généralement limité à 64 signaux de haut-parleurs.
Alors, c'est vrai, on pourrait dire: c'est déjà ça.
Autant de haut-parleurs sont nécessaires pour construire une sorte de coupole ou de champ sonore autour des spectateurs.
Pour la première fois, une toute nouvelle dimension sonore fait son entrée au cinéma grâce à Dolby Atmos: le son par le haut. Choquant. Mais l'idée que le son descende du plafond est révolutionnaire, surtout que dans le monde réel, les signaux audio nous parviennent de toutes les directions, et pas seulement de devant, de derrière, de gauche ou de droite. Peu importent nos habitudes auditives, au cinéma, nous ne connaissons pas les sons qui nous parviennent de l'hémisphère supérieur. Et c'est ce qui est passionnant.
Imaginez le craquement menaçant d'un sabre laser activé qui passe au-dessus de votre tête ou les débris tueurs qui s'éclatent en permanence sur l'enveloppe extérieure du vaisseau spatial: le son venant d'en haut, vous ne manquerez pas de lever les yeux au plafond l'air nerveux. Une sensation ultraforte, une expérience sonore tout à fait novatrice, «the sound of god» (le son de Dieu), comme Dolby aime à le dire dans le jargon marketing.
Vous voyez bien que le nombre de haut-parleurs n'est pas la seule raison pour laquelle le champ sonore d'un système Atmos est supérieur à celui d'un système Surround: c'est surtout la nouvelle dimension apportée par le son provenant d'en haut. Notamment, lorsque le bruissement dans les branches de la lune forestière Endor annonce le balancement périlleux d'un Ewok suspendu à une liane.
J'entends déjà l'Ewok crier: «Utiniii!!»
Mais le meilleur reste à venir. Désormais, les sons ne sont plus tous directement affectés à un canal. Au lieu de cela, les objets en mouvement – tels le Faucon, le cargo spatial de Han se déplaçant à une vitesse fulgurante ou encore les chasseurs d'étoiles TIE chancelants – sont affectés à un objet simulé au sein de cette coupole sonore. Dolby les appelle aussi des «objets audio dynamiques». Grâce à des algorithmes des plus modernes, on peut positionner ces objets audio avec une extrême précision dans l'espace. Les haut-parleurs correspondants sont activés selon l'endroit où ils se trouvent à ce moment. Cela ressemble environ à ça:
Il faut savoir que les algorithmes de la technologie Dolby Atmos calculent en temps réel quels haut-parleurs doivent être activés à quel volume afin de simuler correctement l'objet en mouvement. Vraiment ingénieux comme système.
En même temps, à l'autre bout de la galaxie, Luke Skywalker, fils du légendaire guerrier Anakin Skywalker, entame son entraînement de Jedi. Sur la planète marécageuse Dagobah au climat rude et inhospitalier, où il s'est écrasé involontairement avec son chasseur X-wing, il est instruit par Yoda, le sage et puissant maître Jedi des temps révolus.
«L'aventure heh! L'agitation heh, ces choses, un Jedi ne les désire point», dit le maître à son élève en guise de réprimande.
Rien dans son apparence chétive ne laisse deviner le pouvoir immense habitant ce petit être. Yoda lève la main et comme par magie, le chasseur X-wing de Luke s'élève des profondeurs du marais...
Un mixage audio fini est en premier lieu constitué d'une base de bruits de fond. Ces derniers sont établis selon le procédé d'affectation à des canaux de Dolby Surround. Dans notre poursuite, le ronronnement des moteurs du Faucon serait un bruit de fond typique – ou alors, la pluie sur l'horrible planète Dagobah, qui crépite incessamment sur la petite hutte de Yoda: dans les deux exemples, le bruit vous entoure, il est toujours là et quelque part, il ne semble jamais se déplacer.
«Will he finish what he begins?» – Yoda
Les bruits de fond sont accompagnés des objets audio dynamiques. Ce sont ces sons et bruits qui se déplacent et ne restent jamais au même endroit. La voix de Yoda, lorsqu'il parle à Luke sans être dans l'image pour finir par se placer à côté de son élève, ou alors le chasseur X-wing de Luke qui est soulevé hors de l'eau marécageuse sale par-dessus votre tête, seraient des objets audio dynamiques typiques.
Sans approfondir inutilement la matière: les objets audio dynamiques sont d'une part constitués du bruit en soi et, d'autre part, de données de position, appelées aussi métadonnées. Elles déterminent précisément où se trouve l'objet dans l'espace. Pour définir un point de repère fixe – dans le sens «à votre gauche» ou «devant sur le côté à votre droite» – les objets sont reliés à des vecteurs de mouvement. Alors que vous êtes assis et que vous suivez avec attention comment Han accomplit des manœuvres apparemment improbables pour attirer les méchants pilotes des chasseurs TIE dans le piège, les objets audio dynamiques tournent autour de vous comme dans une coupole.
Et ça, c'est quand même assez génial.
«La taille importe peu», dit Yoda avec sa voix grave et sage, qui ne correspond absolument pas à sa corpulence ridicule. «Regarde-moi. Est-ce par ma taille que tu peux me juger? Hmm?»
Luke détourne le regard, gêné, mais Yoda ne le lâche pas.
«Eh bien, tu ne le dois pas, car mon alliée est la force. Et c'est, des alliées, la plus puissante.»
La supériorité d'une technologie à elle seule ne vous sert à rien si son utilisation est compliquée et si elle n'est pas rétrocompatible. En Dolby Surround, l'ingénieur du son doit tenir compte du nombre exact de canaux. Par exemple, lors de son mixage 7.1, il pourrait souhaiter que le pépiement, les gazouillis et les cliquetis des oiseaux extraterrestres vivant sur la planète Dagobah soient diffusés par les haut-parleurs latéraux à hauteur des spectateurs. Mais lorsque vous visionnez un film avec le mixage 7.1 sur un système 5.1, le son est tout simplement transféré sur les deux haut-parleurs arrière: l'expérience sonore, telle que prévue par l'ingénieur du son, est alors faussée. Il ne lui reste plus qu'à réaliser deux mixages différents. Ce n'est qu'ainsi que vous bénéficierez dans les deux cas d'un paysage sonore équilibré, comme l'a prévu le réalisateur ou l'ingénieur du son.
Pour Atmos, c'est une tout autre histoire: un seul mixage est nécessaire – peu importe qu'il y ait cinq, sept, voire 64 haut-parleurs dans le système. Bien sûr, plus il y a de haut-parleurs, mieux c'est, parce que les objets en mouvement peuvent être positionnés avec plus de précision. Mais l'algorithme moderne calcule automatiquement (et en temps réel) quel haut-parleur doit être activé à quel moment.
Et ceci n'est pas seulement un réel plaisir pour l'ingénieur du son ou le fanatique de l'acoustique, mais également pour vous. Pourquoi? Bon, si je vous dis: «Home cinéma»?
Et ce serait même un bon thème pour un prochain article.
À des années-lumière de là, la poursuite dans le champ d'astéroïdes bat son plein. Han Solo tente une dernière manœuvre suicidaire pour faire passer le Faucon à vitesse vertigineuse par une fente de rocher beaucoup trop petite sur la surface d'un astéroïde.
«Oh, c'est un vrai suicide», se plaint C3PO.
Les chasseurs d'étoiles TIE, qui continuent à attaquer le cargo avec leurs tirs laser mortels, surestiment leurs propres capacités de manœuvre et s'entrechoquent dans une mer de flammes. Pour l'heure, Han est débarrassé de ses poursuivants.
«Ici, c'est très bien, je crois», dit-il en pointant du doigt une grotte souterraine, «nous pourrions nous cacher ici.» Une manœuvre habile plus tard, le contrebandier plonge le Faucon Millénium dans le cratère.
«J'espère que vous savez ce que vous faites», murmure Leia inquiète.
Han répond, avec plus d'inquiétude dans la voix qu'il n'aurait voulu: «Oui, moi aussi.»
Personne n'a le moindre pressentiment qu'ils se sont dirigés tout droit dans l'estomac d'une gigantesque limace des astéroïdes.
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