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La toiture « à la Mansart »
La toiture regroupe un comble et un sur comble selon une typologie clairement identifiée dite « à la Mansart ». Le toit à la Mansart est un comble brisé composé de deux parties distinctes, le terrasson et le brisis. La jointure de ces deux pans, appelée ligne de brisis est matérialisée par un membron. Certains théoriciens prétendent que les architectes de la Renaissance française, alors à la recherche d’un style typiquement français permettant de rompre avec les références issues de Rome, s’inspirèrent alors de certaines constructions grecques dont les façades, dépassant la corniche, masquaient la toiture. Ici se situerait l’invention du comble à la Mansart. En admettant cette hypothèse, l’élévation du toit échapperait au système proportionnel de la façade. Conceptuellement, le terrasson serait donc conçu pour supporter les infrastructures techniques sans être visible depuis la rue alors que le brisis ne devrait être qu’une "toile de fond" mettant en évidence le couronnement constitué par les lucarnes. L’essentiel de notre proposition de restauration a été dans ce sens.
La méthodologie
Une approche méthodologique offrant à la fois une rigueur déontologique et une grande souplesse d’intervention a été privilégiée. A cette fin, un mode d’intervention en deux phases a été proposé : La première phase, réalisée, tendait essentiellement à la restauration de la couverture et à son isolation. Une seconde phase, liée à la transformation générale du bâtiment, verrait la consolidation statique du plancher du comble en relation avec l’aménagement choisi. A l’intérieur, l’état existant a autorisé un découpage clair entre comble et sur comble. La sablière de charpente s’appuyant sur une remontée de maçonnerie entre les niveaux a permis d’isoler le problème de la réfection de la toiture de la réaffectation du volume. Il est important de souligner ici que le comble, accueillant des bureaux, devait rester en fonction pendant la durée du chantier tout comme le reste de l’immeuble par ailleurs. A l’extérieur, la situation était proche de celle d’origine à l’exception des interventions postérieures au niveau de la toiture (larges ouvertures, monobloc de climatisation, descentes d’eau pluviale, nombreuses tabatières et lanterneaux ajoutés à des fins d’éclairage) qui apparaissaient comme des éléments perturbant la lecture du toit initial. Ces éléments ont été supprimés. Pour les matériaux de couverture, la logique a été de reconduire la couverture en ardoise naturelles alliée à des ferblanteries en zinc. On conservait ainsi le bicolorisme d’époque. Un soin tout particulier fut porté sur le choix des matériaux de construction, sélectionné par la méthode des éco-devis, ainsi que sur la stricte gestion des déchets, permettant d’apporter à ce chantier une haute valeur ajoutée en termes de développement durable.
La seconde phase
L’aménagement futur du sur comble devra privilégier une affectation supportant un éclairage zénithal. Ainsi, seul le terrasson du toit à la Mansart serait touché par la création de jours, en respectant la tradition architecturale de ce type de toiture.