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Bâle - Le refus des actionnaires de la décharge aux dirigeants de l'UBS pour 2007 devrait rester sans suite. Si le vote de mercredi à Bâle était historique, les chances sont quasi nulles de voir un jour Marcel Ospel et les autres responsables de la banque comparaître devant une instance civile.
Il est "absolument impensable" que les actionnaires déposent plainte, estime Peter Kunz, professeur de droit économique à l'Université de Berne, dans une interview parue dans le "St-Galler Tagblatt". Pour lui, les coûts prohibitifs empêchent en effet l'ouverture d'une telle procédure.
Dominique Biedermann, le directeur de la Fondation Ethos qui a oeuvré pour faire aboutir le vote sans précédent de mercredi, le reconnaît aussi. "Nous n'avons ni les moyens financiers ni les éléments" qui permettent de porter plainte, a-t-il déclaré dans une interview parue dans "Le Matin". "Seule l'UBS elle-même peut le faire", a-t-il rappelé.
Or, à l'issue du vote négatif de mercredi, le président Kaspar Villiger a immédiatement réaffirmé la position de la banque à ses actionnaires. "Le résultat ne change en rien la décision du conseil d'administration de renoncer à des plaintes en responsabilités" contre les ex-dirigeants concernés.
Dominique Biedermann "espère que M. Villiger a parlé sous le coup de l'émotion et qu'il rediscutera de la possibilité de porter plainte avec le conseil d'administration dans son entier".
Le refus de la décharge pour l'exercice 2007 aura pourtant valeur de "signal fort" en direction de l'actuel conseil d'administration, selon Peter Kunz. L'organe de surveillance ne pourra désormais plus escompter que les actionnaires lui donnent automatiquement décharge, estime-t-il.
"Les mentalités sont en train de changer", juge pour sa part le directeur d'Ethos. Pour Dominique Biedermann, c'est "la crédibilité du conseil, et en partie de M. Villiger, qui est en jeu" dans cette affaire.
ATS