Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06998.jsonl.gz/342

Session du parlement L'entrée en matière sur l'armée passe la rampe
Le Conseil des Etats est entré en matière sur le projet d'Ueli Maurer. Les élus acceptent de procéder à une nouvelle réforme de l'armée.
Articles en relation
Signaler une erreur
Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?
Le Conseil des Etats est entré en matière le mardi 10 mars, par 35 voix contre 3, sur le projet du ministre de la défense Ueli Maurer, mais il devrait lui apporter quelques corrections proposées par sa commission.
Selon un vœu du Parlement, l'armée devrait à l'avenir disposer d'un effectif de 100'000 hommes - contre 200'000 actuellement - avec un budget annuel d'environ 5 milliards de francs. Mais en fait, pour disposer de la marche de manœuvre nécessaire, l'effectif réel sera de 140'000. Les tâches demeureront la défense, l'appui aux autorités civiles et la promotion de la paix.
Dans le débat d'entrée en matière, plusieurs élus des partis bourgeois ont soutenu la réforme en soulignant leur attachement à une armée forte et efficace. A l'image de Joachim Eder (PLR/ZG), qui a salué trois améliorations: une mobilisation plus rapide, une meilleure formation du personnel - un nouveau poste de chef de l'instruction sera créé - et un équipement plus moderne.
Pour assurer une meilleure planification des engagements, l'armée distinguera entre les prestations permanentes (sauvegarde de la souveraineté sur l'espace aérien), les engagements prévisibles (protection de conférences) et ceux imprévisibles (catastrophe ou menace terroriste).
Dans ce dernier cas, l'armée doit être en mesure, après dix jours de préparation, d'engager jusqu'à 35'000 militaires en appui aux autorités civiles. La mobilisation par étapes, supprimée avec Armée XXI, devrait réapparaître.
Réponses insuffisantes
Géraldine Savary (PS/VD), tout en acceptant l'entrée en matière, s'est montrée beaucoup plus critique. Elle a déploré que le projet n'apporte pas de réponses satisfaisantes sur des points essentiels tels que la lutte contre le terrorisme, la cybercriminalité, le caractère plus mouvant des conflits ou la surveillance de l'espace aérien 24 heures sur 24.
Même son de cloche de la part de Luc Recordon (Verts/VD): pour lui, l'analyse n'a pas suffisamment tenu compte de l'évolution des menaces et des armes. «Avec les cyberarmes, les drones ou les opérations menées avec des effectifs extrêmement réduits, les dangers ont connu une évolution considérable», a-t-il souligné. Il a préconisé en vain de ne pas entrer en matière.
Contrairement aux réformes précédentes (Armée 61, Armée 95, Armée XXI), celle-ci ne contient pas de chiffre, a relevé Ueli Maurer. Elle s'appelle simplement «Développement de l'armée», ce qui montre que cette institution doit constamment se développer. «Et malgré la réduction de ses effectifs, la nouvelle armée aura une force de frappe supérieure», selon le conseiller fédéral.
Cours de répétition de trois semaines
La Chambre des cantons apportera probablement quelques modifications au projet. Si elle suit la proposition de sa commission de la politique de sécurité, les cours de répétition devraient continuer de durer trois semaines. La commission propose en effet de refuser leur réduction à 13 jours. Conséquence: le total des jours de service ne devrait pas être ramené de 260 à 225, mais à quelque 240.
Les sénateurs devraient opter pour un modèle à cinq cours de trois semaines alors que le Conseil fédéral proposait six fois deux semaines. Cette option tient mieux compte des besoins de l'économie qui doit s'organiser pour libérer et remplacer ses employés masculins astreints au service militaire.
En cas de besoin, le Conseil fédéral pourra toutefois prévoir des cours plus brefs, voire à la journée. Le projet prévoit non plus trois mais deux écoles par an, comme auparavant. Elles dureront 18 semaines.
Les débats se poursuivront jeudi avec l'examen de détail. (ats/nxp)
Créé: 10.03.2015, 12h28