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Les «événements sculptés» de l'artiste suisse font faire aux objets des choses qu'ils ne feraient jamais. Dérisoire, ironique, absurde, mais...Ce contenu a été publié le 16 décembre 2001 - 12:23
Deux lits d'une place collés l'un à l'autre et une voix qui répète inlassablement «please mind the gap» - attention à l'espace vide - est une des œuvres présentées par Roman Signer au Camden Arts Centre, dans la capitale britannique.
Après la visite de l'exposition, j'ai pris mon métro à Hampstead station; il y a un espace entre la rame et le quai. Quand les haut-parleurs crachaient leur habituel avertissement «please minde the gap», j'ai souri, je suis monté dans mon wagon et m'imaginait faire tout autre chose.
Une première en solo à Londres
C'est là une redéfinition radicale des objets. Ce qui donne, selon un expert en art: «l'œuvre de Signer émerge à la frontière entre la sculpture contemporaine et le symbole existentiel. L'artiste les condense en métaphores relationnelles pour former des emblèmes de l'existence embrouillée des êtres humains à la fin du vingtième siècle». Apparemment, cela fonctionne encore au début du 21ème siècle.
Cette exposition au Camden Arts Centre est la première en solo à Londres pour Roman Signer. Son travail a été reconnu au début des années 70, depuis les expositions se sont succédées de St-Gall à New York en passant par Jérusalem. En 2000 l'artiste suisse exposait à Maastricht.
Il offre au travers de ses «événements sculptés» une étude du temps, de l'espace et de l'action, rien de politique.
Le Camden Arts Centre est un lieu à la fois d'exposition et d'étude, dédié à l'art visuel, situé dans le nord de Londres. Jusqu'au 3 février, ses trois salles d'exposition présente neuf «événements sculptés» et une vidéo qui compile les travaux présentés par Signer à la Biennale de Venise en 1999.
Chaque fois, la dématérialisation de l'objet et le développement temporel amènent à une complète dissolution de l'état statique de la sculpture en une perceptible structure spatio-temporelle ...«please mind the gap!»
Gaetan Vannay, Londres
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