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28/06/2012
Léonard DE VINCI – Le Maître de tous les secrets
1452 Anchiano (Vinci-Florence-I) – 1519 (Amboise-F)
D'innombrables écrits relatent la vie d'artiste et de visionnaire de DE VINCI. Pour résumer l'existence de ce Maître incomparable, il faut rappeler que ce dernier, bien qu'artiste peintre et dessinateur de talent, ne s'est pas arrêté à la création picturale.
L'une des devises de DE VINCI était : « le plaisir le plus noble est la joie de comprendre »...« Ne pas estimer la vie, toute la vie, c'est ne pas la mériter ».
En effet, son succès auprès des Cours Italiennes, avant son succès auprès du Roi de France François 1er qui l'hébergea à Amboise, où repose la sépulture de l'artiste, s'appuie d'abord sur le fait que ses recherches novatrices l'on différencié de ses contemporains. DE VINCI ne s'est pas contenté en effet de reprodruire le monde qui l'entourait, en soumettant ce dernier aux règles établies de l'intellect, ou aux premiers principes de la perspective. Il se démarqua en s'appuyant d'abord sur la connaissance et l'étude poussée des processus et des aspects de la nature, sans cesse changeants.
Dans sa période florentine, sa formation dans l'atelier de VERROCCHIO, lui permit de cultiver nombre d'intérêts divers comme la sculpture, l'architecture, l'ingéniérie et la mécanique, pour mieux réinventer et développer les dispositifs, extraordinaires pour l'époque, élaborés par Filippo Brunelleschi.
Le Maître s'intéressa à tout, poésie, philosophie, musique, science, botanique, astronomie, géologie, urbanisme, et anatomie (dans un secret le protégeant de l'Inquisition). Les mathématiques et l'optique attisèrent également sa curiosité. C'est d'ailleurs lui qui introduisit le nombre d'or dans l'art, comme il démontra toutes les spécificités de la vraie perspective. C'était un perfectionniste rationnel et ambitieux. Célibataire endurci, qui selon les affirmations de l'époque, aurait vécu toute sa vie dans l'abstinence, DE VINCI aura passé sa vie à chercher...
Enfant illégitime d'un notaire et d'une jeune paysanne, cet artiste gaucher mais ambidextre avait pour habitude d'écrire ses textes à l'envers (écriture spéculaire lisible face à un miroir). Ecriture faite de rébus et rédigée en dialecte toscan. Durant toute sa vie il rédigea d'innombrables documents, dans son écriture particulière, mystérieuse, et qui en a fait de lui l'homme de tous les secrets...
En 1478, dans sa vingt sixième année, estimant qu'il avait dépassé son maître (VERROCCHIO), il décida de son indépendance. Il n'est qu'à voir son tableau « La Vierge à l'enfant » achevé cette année là.
Devenu alors le grand rival de MICHEL-ANGE, qui était de vingt ans son cadet, mais qui avait la préférence de la famille De Médicis, DE VINCI s'expatria à Milan pour se mettre au service d'un nouveau mécène, Le Duc Sforza, durant dix neuf années. C'est là, qu'à la demande du prieur, DE VINCI peindra entre autre, La Cène, sur les murs du réfectoire du Monastère de Santa Maria delle Grazie à Milan. En parallèle de ses créations picturales, il apporta de nombreuses modifications à la machinerie du théâtre de la ville, ainsi qu'àux canaux et horloges de la cité. Sa vision d'un nouvel urbanisme lui fit même proposer des plans de cité idéale.
Après l'annexion du Duché de Milan par le Roi de France Louis XII , DE VINCI s'en retourna à Florence en 1503. C'est là qu'il réalisa différentes études pour mettre en œuvre son tableau La Joconde. Le Musée du Louvre, où est exposé le tableau, dans un rapport technique et esthétique, a déclaré : « DE VINCI a apporté un élément essentiel à son modèle : il lui donne la vie . Cette impression de vie est rendue possible par la technique léonardesque qui supprime le trait au profit de subtils passages entre l'ombre et la lumière : le sfumato. C'est la juste répartition des lumières qui donne le volume et suggère la distance, le paysage derrière la figure est baigné dans une vapeur légère et les montagnes de l'arrière-plan sont noyées dans l'enveloppe atmosphérique. »
En 1508, DE VINCI reçoit un nouveau camouflet quand le Pape Sixte IV, lui prèfère le jeune MICHEL-ANGE, son éternel rival, pour décorer le plafond de la Chapelle Sixtine au Vatican.
Cinq années plus tard, et à la demande du nouveau Pape Léon X, DE VINCI se rend à Rome où il peint divers tableaux dont la série des « Déluges », pour répondre aux créations de MICHEL-ANGE dans la Chapelle Sixtine.
Dans le même temps, assoiffé par ses recherches sur le globe terrestre, DE VINCI étudie les cartes du monde établies alors par Dias, Christophe Colomb, Vespucci, et Vasco de Gama. C'est alors, qu'il réalise une synthèse de tous ces documents existants, pour dessiner la première carte mondiale en Octant (secteurs en huitième de cercle). Sur ses cartes, il fait figurer pour la première fois le terme América, et situe le Brésil ainsi que l'Antarctique.
En 1516, las des vicissitudes qu'il supporte dans son pays natal, il accepte l'invitation du Roi François 1er, et s'expatrie en France, avec ses documents et tableaux dont La Joconde, en compagnie de son assistant et ami , le peintre Francesco Melzi. Le Roi de France l'installe au Clos Lucé, à quelques longueurs du Château Royal d'Amboise. Il est alors nommé au titre de « Premier peintre, Ingénieur, Architecte du Roi ». Agé de 64 ans, DE VINCI, concevra pour le Roi de France nombres de projets, architecturaux ou hydrauliques, qui ne verront pas le jour du fait de sa maladie et de sa paralysie partielle de la main gauche.
Il décèdera le 2 mai 1519 au Clos Lucé, à l'âge de 67 ans, en laissant à la postérité un nombre surréaliste de documents et écrits qu'il ne publia jamais, et qui furent légués par testament à son ami Melzi. A la mort de ce dernier, en 1570, les 2/3 de sa collection furent éparpillés dans toute l'Europe.
Le maître du cryptage laissa ainsi derrière lui des dizaines de milliers de croquis techniques, et autres dessins, ainsi que des dizaines de milliers de documents, ou notes. Aujourd'hui, treize mille documents, dont sept mille notes et croquis, ainsi que vingt deux cahiers, sont archivés au Vatican.
En 1994, Bill Gates, que l'on ne présente plus, acheta aux enchères le « Coddex Hammer » (ex Coddex Leicester), un manuscrit crypté de 72 pages, en écriture spéculaire, pour la somme de trente et un millions de dollars.
Ce codex (ensemble de feuilles manuscrites cousues) se présente sous une forme détachée, à savoir 18 feuillets double recto et verso.
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Alain VERMONT
23/06/2012
Ferdinand Hodler (1853-1918), un Maître à redécouvrir.
Né dans un contexte familial besogneux et misérable, avant d'être orphelin à l'âge de 14 ans, Hodler adolescent devient alors peintre d'enseignes, avant de débuter une première production de Paysages Suisses vendus aux touristes à Thoune.
A l'âge de 19 ans il s'installe à Genève, pour suivre les cours de Menn qui était un élève d'Ingres. Durant ces cinq années genevoises, Menn transmet son enseignement à Hodler qui affirme aussitôt une belle personnalité dans le portrait et le paysage, puisant son inspiration dans l'existence du peuple, pour manifester un dessin rigoureux qui illustre une « mise en page » équilibrée, faite de tonalités sombres exprimant des clairs-obscurs contrastés.
Hodler peignant sur le toit de son atelier Rue du Rhône
Après un séjour à Madrid, sa palette s'éclaircit, pour mieux confirmer l'émancipation de ce jeune artiste en devenir.
Au même titre que les Impressionnistes à Paris durant les années 1870/80, Hodler a subi la vindicte des notables genevois. Car malgré certains soutiens, Hodler demeurait toujours aussi pauvre. En 1881, le Jury qui décidait pour l'Exposition Municipale Genevoise, proposa à la Ville d'acheter un tableau de l'Artiste « Une prière dans le canton de Berne ». Les autorités genevoises refusèrent catégoriquement, avant, l'année suivante, de modifier le règlement interne pour interdire en exposition des tableaux de trop grands formats. Une manière déguisée pour évincer Hodler de ces manifestations publiques.
Le peu d'argent qu'il perçoit alors lui permet tout juste de pourvoir à l'achat de ses couleurs et de ses toiles.
Son quotidien est le plus souvent composé de pain sec trempé dans l'eau. Sa couche du moment est matérialisée par la porte de son armoire qu'il démonte tous les soirs pour en faire sommier, avant de s'endormir avec son manteau militaire comme unique couverture.
Il parvient néanmoins à interpeller la presse locale par la puissance de ses créations, et à former autour de lui un cercle acquis à sa cause, composé de critiques et d'écrivains. A l'opposé, d'autres critiques, dans la Tribune de Genève ou le Journal de Genève, fustigent les œuvres d'Hodler. Et les propos tenus à l'exemple de « C'est un amateur qui ferait mieux de retourner à l'école », ne font qu'augmenter le malaise qui s'installe autour de ce jeune artiste qui ne ressemble à aucun autre.
Ces mots de souffrance rendent Hodler furieux au point qu'il réalise un autoportrait magistral intitulé « Le furieux », voir illustration.
En fait, le paradoxe établi à Genève par ceux qui adulaient Hodler, et ceux qui le méprisaient, trouve sa source dans l'opposition de l'émergence des courants artistiques internationaux face aux attentes nationales suisses. En 1888, la Commission Fédérale des Beaux-Arts est créée, avec une dotation, exceptionnelle pour l'époque, de 100 000 francs, permettant ainsi la mise en œuvre de commandes publiques, d'organisation de Salons, et d'attribution de bourses. Les Artistes Suisses qui veulent bénéficier de ce soutien sont donc dans « l'obligation » de produire une peinture reflet de l'identité de la Nation Suisse ». Production représentant des paysages de montagne, ou des faits d'histoire helvétique.
A l'opposé, à Paris, au début des années 1880, et sous l'influence du courant littéraire créé par Baudelaire, la Peinture Symboliste de Puvis De Chavannes, Redon ou Moreau, rencontre un vif succès, comme à Vienne ou à Berlin, avec des artistes comme Klimt, Uhde ou l'artiste suisse Böcklin.
Hodler a exposé chaque année à Paris, de 1870 à 1900. Cet Artiste avait fait le choix, ô combien exigeant, de satisfaire la demande artistique de son pays d'origine, malgré toutes les turpitudes qu'on lui infligeait, et dans le même temps, de s'orienter vers une production plus « internationale ».
D'une écriture plastique Naturaliste, il s'achemina vers une écriture plastique Symboliste. C'est alors que son tableau « La Nuit », voir illustration, qu'il considérait comme sa première œuvre réellement achevée, est banni en 1891 par les Autorités Genevoises qui, outre leur étonnement devant les dimensions hors normes de l'oeuvre, décrètent que la toile n'est pas conforme aux bonnes mœurs, pour cause de lubricité et d'immoralité.
Contrit, dès le lendemain de son exclusion, Hodler loue La Salle de Garde du Bâtiment Electoral de Genève pour y exposer cette œuvre tant décriée. Malgré l'importance du prix du billet d'entrée, à savoir 1 franc de l'époque, une foule considérable se déplace pour cette Exposition, permettant ainsi à Hodler de percevoir une somme importante, avant de se rendre quelques jours plus tard, avec son tableau, à Paris où il sera intronisé comme Membre de la Société Nationale des Artistes Français, pour exposer la Nuit au Salon du Champ-de-Mars, et recevoir tous les honneurs dûs à son rang, et la reconnaissance de Monet, Degas, Puvis de Chavannes et Moreau qui admiraient son talent.
A la suite de cette reconnaissance, Hodler acquiert un statut international qui le transportera jusqu'aux Sécessions Viennoises et Berlinoises.
Aujourd'hui, reconnu enfin comme un grand peintre, Hodler figure aux cimaises des Musées Suisses de Bâle, Genève, Berne et Zurich, qui exposent des œuvres magistrales de cet artiste hors du commun. Avant le Musée d'Orsay à Paris, en 2007/2008, la Fondation Gianadda a organisé en 1991 une très belle rétrospective des œuvres de cet artiste sincère et engagé, et qui a tant défrayé les chroniques suisses de l'époque. Jamais artiste suisse ne fut autant discuté et contesté.
L'historien Philippe Kaenel, de l'Université de Lausanne, a magistralement, dans ses textes, expliqué et relaté avec une grande objectivité, toutes les composantes de la Vie tourmentée et de l'Oeuvre d'Hodler.
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Alain VERMONT
18/06/2012
Le 15 juin 2012, une étude publiée dans la Revue Science a remis en cause la datation des Peintures et des Gravures Rupestres d'Europe de l'Ouest, concernant l'Espagne, la France et l'Italie.
En effet, jusque là, ces oeuvres d'art préhistoriques avaient été datées avec la Datation au Carbone 14. Or, une nouvelle méthode, la Datation à l'Uranium, mise au point dans les années 1970, et constamment développée depuis, permet de dater les éléments minéraux, alors que le carbone 14 ne s'applique qu'à une matière organique comme le charbon de bois utilisé par les "dessinateurs" de l'exceptionnelle Grotte Chauvet découverte en 1994, à Vallon-Pont-d'Arc, Ardèche (F).
Carte de La Grotte CHAUVET
C'est une équipe de Chercheurs Espagnols et Anglais, dirigée par Alistair Pike de l'Université de Bristol (UK), qui a ainsi démontré l'efficacité de cette nouvelle datation réalisée dans onze grottes décorées des Asturies et de Cantabrie dans le Nord de l'Espagne.
En effet, à ses débuts, la Datation à l'Uranium nécessitait le prélèvement d'une quantité de 100 grammes de matière pour obtenir des résultats probants, ce qui pouvait altérer la beauté d'un dessin ou d'une peinture préhistorique. Aujourd'hui 1 milligramme seulement de matière prélevée, suffit pour exprimer une analyse. Cette technique, non destructrice, peut donc être utilisée dans la Datation de l'Art Pariétal, car, seul un infime prélèvement de calcite est réalisé. Ensuite, l'Uranium qui est présent dans cette minuscule quantité, est comptabilisé par les chercheurs, en laboratoire, au moyen d'un spectromètre de masse, atome par atome.
Grotte CHAUVET
Cette Datation à l'Uranium offre un second avantage sur la Datation au Carbone 14, car cette dernière, en raison de certaines contaminations postérieures à l'oeuvre, exprime parfois des résultats très différents pour la même peinture ou le même dessin.
L'Uranium, qui se dégrade avec le temps, est présent dans l'eau des cavités souterraines, et son taux de dégradation en Thorium sert alors d'horloge extrêmement précise, même si l'on n'obtient pas de date exacte, car dans l'état actuel des recherches il n'est pas possible de connaître la date à laquelle le calcaire a débuté son dépôt sur la peinture ou le dessin, après qu'ils eurent été achevés.
Cette théorie exprime donc le fait que le motif réalisé, peinture ou dessin, est évidemment plus ancien que le dépôt de Calcite. Ces chercheurs, étonnés par leur découverte ont donc fait deux constats en découvrant, en premier lieu, que des oeuvres différentes à l'intérieur d'une même grotte, ont pu être réalisées à des époques très éloignées les unes des autres, de moins 41 000 ans à moins 22 000 ans, et en découvrant également que le plus ancien des motifs réalisés, connu à ce jour, à savoir un cercle rouge dans la Grotte d'El Castillo, remonterait à moins 41 000 ans environ.
Tout cela pourrait démontrer que les Hommes Modernes, les Homo sapiens n'étaient pas encore présents sur le Continent Européen. Et le Chercheur Joäo Zilhäo de l'Université de Barcelone de déclarer « C'est antérieur de 4 000 ans à l'oeuvre la plus ancienne connue à ce jour en Europe ».
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Alain VERMONT
14/06/2012
Maximilien LUCE naquit à Paris le 13 mars 1858. A l’âge de quatorze ans il suivit des cours du soir, en achevant son apprentissage de graveur chez Hildebrans. En 1876, il trouva un emploi d’ouvrier qualifié chez Froment qui gravait alors de nombreuses planches pour des illustrés français et étrangers. L’année suivante, LUCE effectua un stage à Londres avec son employeur, avant de revenir en France où il devint militaire d’abord en Bretagne, puis à Paris.
Il n’en continua pas moins son métier de graveur. Il devint ainsi l’élève de CAROLUS-DURAN, travailla à l'Ecole de Dessin des Gobelins, et poursuivit son apprentissage personnel de la peinture en étudiant la nature. Devenu l’ami de PISSARRO qui appréciait son art, il écouta les conseils que lui prodiguait son aîné. En 1884, il participa à la création du mouvement Néo-Impressionniste. Et en 1887, il s’associa aux membres de la « Société des Indépendants ».
Sa production révèle un très grand nombre de paysages qui font oublier les remarquables portraits qui figurent aussi dans sa création. Ces portraits sont la composante de son œuvre qui différencie profondément son art de celui des autres peintres Néo-Impressionnistes.
Son pinceau et son fusain s’attachèrent à reproduire son respect pour le travail de l’homme. Et les maçons ou terrassiers devinrent souvent le théâtre de ses tableaux. Il collabora aux journaux anarchistes du moment, comme le « Père Peinard » fondé en 1889, et dont il dessina la couverture. En 1894, impliqué dans le « Procès des trente », il fut emprisonné. Les attentats anarchistes secouèrent alors la capitale française au travers du déroulement de l’Affaire Dreyfus.
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Alain VERMONT
05/06/2012
Maurice DE VLAMINCK naquit à Paris le 4 avril 1876, dans une famille de musiciens qui s’installa ensuite au Vésinet en 1879. Livré à lui-même dès sa jeunesse, par des parents qui ne se préoccupaient que de leur métier, il grandit en se forgeant une nature rebelle. En 1895, il fréquenta l’Ile de Chatou pour peindre aux côtés de Henri RIGAL, et exprimer son admiration pour l’Impressionnisme.
De retour du service militaire en 1896, il enseigna la musique durant trois ans, et devint premier violon au Théâtre du Château d’Eau. Aux premiers jours du siècle nouveau, il rencontra MONET, puis DERAIN avec qui il loua un atelier sur l’Ile de Chatou. L’année suivante, les deux amis visitèrent l’exposition Van GOGH, et DE VLAMINCK resta bouleversé par l’œuvre de celui qu’il appela ensuite « Mon père ».
L’artiste devint alors le Fauve qui respectait la loi de la couleur pure. Vivant sans moyens financiers, il réussit cependant à acheter des tubes de couleurs de qualité inférieure, pour composer certaines toiles qui malheureusement vieillirent mal. Son approche particulière de l’art se défendit de fréquenter les musées, et l’empêcha de se soumettre à l’enseignement de l’Académie.
Peintre d’instinct, DE VLAMINCK voulut tout ignorer des problèmes de la nature, et le fit savoir, notamment dans ses nombreux écrits. Rebelle il fut, et rebelle il demeura. Il considérait par exemple que l’enseignement de la religion dispensé par les prêtres, n’était qu’une atteinte aux droits de la personne. Il ne respectait pas plus les institutions établies, et s’élevait contre la puissance de l’Etat, en dénonçant le pouvoir de la police. Il accentua même l’acidité de ses jugements en traitant PICASSO de « Laborieux plagiaire », avant de visiter cependant son atelier du « Bateau-Lavoir », quelques années plus tard.
Le colosse au physique impressionnant poursuivit son œuvre en ne respectant que son instinct. Il se joignit malgré tout aux Fauves en 1905, pour accrocher ses tableaux d’abord au Salon des Indépendants, puis au Salon d’Automne, dans la singulière « Cage aux fauves ». En 1906, Vollard lui acheta son fonds d’atelier, et exposa ses tableaux. Dès lors, DE VLAMINCK abandonna l’ambiance des salons pour lui préférer des expositions irrégulières dans diverses galeries. Ce colosse peintre s’appliqua à réaliser des tableaux paysagistes qui exprimaient des ciels de désespoir qui figurent parmi ses plus belles œuvres.
Ses loisirs du dimanche l’entraînèrent à participer à des courses cyclistes, ou à fréquenter les fêtes populaires. Artiste habile, il créa aussi des lithographies et des gravures sur bois, et produisit de magnifiques dessins à l’encre de chine. Sa plume composa plusieurs écrits faits de poèmes et de théories personnelles sur la peinture.
Dans ses ouvrages, il donna alors son sentiment personnel et singulier : « La période de l’intellectualisme déchaîné des divagations absconses, des spéculations maladives est révolue ; les jeunes peintres aspirent aux disciplines naturelles. Il s’agit de revenir à une peinture lisible, vivante, humaine. Le cubisme fut la négation même de l’art de peindre. Longtemps il exerça sur les esprits de funestes ravages... La peinture c'est comme la cuisine. Cela ne s'explique pas. Ca se goûte ! ».
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Alain VERMONT