Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07088.jsonl.gz/1333

Les kystes peuvent se former dans de nombreux organes. Chez les femmes, c’est au niveau des ovaires qu’ils se développent le plus fréquemment. L’âge de la femme concernée joue un rôle important dans la suite de la marche à suivre.
Un kyste est une cavité remplie de liquide, entourée d’une fine membrane. On peut se représenter cela comme un minuscule ballon rempli de liquide. Les kystes peuvent contenir du liquide tissulaire, du sang, du pus, du mucus ou du sébum, des cheveux et même des dents. Le terme «kyste» n’indique pas si la cavité pathologique est bénigne ou maligne.
Les kystes peuvent se former dans presque tous les organes et à presque tous les endroits du corps ou être déjà présents à la naissance. Chez les femmes en âge de procréer, les kystes au niveau de l’ovaire (kystes ovariens) sont fréquents. Il arrive aussi de voir des kystes se former au niveau des trompes de Fallope ou du péritoine.
Souvent, les kystes ne provoquent aucun symptôme et ne sont découverts que par hasard au moyen d’une échographie, par exemple lors d’un examen gynécologique préventif. Les kystes ovariens peuvent toutefois entraîner des troubles menstruels, par exemple des saignements continus ou des saignements après la ménopause.
Selon leur taille, ils peuvent également provoquer des douleurs dans le bas-ventre. Lorsqu’une certaine taille est dépassée, les organes voisins peuvent être comprimés. Une pression sur l’intestin peut entraîner des constipations, tandis qu’une pression sur la vessie peut entraîner un besoin fréquent d’uriner. Si l’uretère est comprimé, cela entraîne une accumulation d’urine dans le rein. Par ailleurs, la rupture d’un kyste ovarien peut s’avérer très douloureuse.
On les appelle «kystes fonctionnels». Ils sont particulièrement fréquents chez les adolescentes ou les jeunes femmes, puis à nouveau avant la ménopause, c’est-à-dire au début et à la fin de la phase de reproduction. Lorsqu’une ovulation ne se déroule pas tout à fait correctement en raison d’une perturbation du cycle hormonal, il peut se produire une «persistance folliculaire». Cela signifie que le follicule contenant un ovocyte ne se rompt pas vers le milieu du cycle, comme c’est le cas normalement, pour libérer l’ovocyte, mais qu’il persiste plus longtemps. La plupart du temps, les kystes fonctionnels disparaissent au bout de quelques semaines.
Les kystes d’endométriose constituent un cas particulier. Chez les femmes qui souffrent d’endométriose, du tissu de la muqueuse utérine s’implante à d’autres endroits de l’abdomen, dans d’autres organes et parfois même dans les ovaires. Pendant les règles, ces petits îlots de muqueuse utérine saignent. Le sang des règles ne pouvant pas s’écouler dans les ovaires, des kystes peuvent se former si les ovaires sont le siège d’îlots d’endométriose. Les kystes d’endométriose contiennent des produits de dégradation du sang épaissis, de couleur brun foncé, c’est pourquoi on les appelle aussi «kystes chocolat».
(Voir suite ci-dessous...)
La présence de multiples petits kystes est l’un des symptômes du syndrome des ovaires polykystiques (SOPK). Il s’agit d’un dérèglement hormonal qui empêche les follicules de se développer normalement. Ceux-ci se transforment alors en petits kystes, qui s’accumulent «en collier de perles» à la périphérie des ovaires.
Le SOPK est le dérèglement hormonal le plus fréquent chez les femmes en âge de procréer (5 à 10%). La cause exacte n’est pas établie, mais il semblerait que des facteurs héréditaires jouent un rôle.
Les symptômes typiques sont: des règles irrégulières, voire absentes, avec une pilosité excessive, de l’acné, une perte de cheveux et/ou une augmentation des hormones masculines dans le sang.
Il existe un lien avec le syndrome métabolique, c’est-à-dire un surpoids associé à une glycémie élevée et une hypertension artérielle. La réduction de la surcharge pondérale et la modification des habitudes alimentaires constituent donc des mesures importantes dans le traitement du SOPK.
La plupart des kystes sont bénins et sans danger. Il existe, dans de rares cas, des kystes qui sont à la limite de la malignité ou qui sont malins. Dans le cas des kystes ovariens, l’âge de la femme joue un rôle important. Les jeunes patientes présentent très souvent des kystes fonctionnels, donc absolument sans danger. En revanche, chez une femme plus âgée, ménopausée depuis longtemps, l’apparition récente d’un kyste au niveau de l’ovaire est quelque chose d’inhabituel, et la patiente doit être examinée.
Les kystes ovariens de grande taille peuvent se compliquer et conduire à une torsion ovarienne. Le kyste tourne alors autour de son axe, comme un ballon de baudruche. Il peut entraîner l’ovaire entier dans sa rotation. Cela se produit surtout après des mouvements brusques, comme lors de rapports sexuels ou de la pratique d’un sport (course à pied, trampoline, etc.). Une telle torsion de l’ovaire provoque de fortes douleurs, car l’ovaire n’est plus irrigué. Il s’agit alors d’une urgence. Si l’on n’opère pas assez rapidement et que l’ovaire tordu n’est pas «tourné dans l’autre sens», il peut se nécroser. Cela peut nuire à la fertilité de la femme.
Généralement, les kystes fonctionnels ne nécessitent pas de traitement. La plupart du temps, ils restent petits et se résorbent d’eux-mêmes en l’espace de quelques semaines. Le liquide qui s’échappe du kyste est alors absorbé par le péritoine. Dans le cas de kystes fonctionnels qui ne provoquent pas de symptômes et dont le diamètre est inférieur à cinq centimètres, il est suffisant d’observer le kyste. La plupart du temps, le ou la gynécologue contrôle par échographie, après les règles suivantes, si le kyste s’est résorbé. Un médicament contenant une hormone, la progestérone, peut favoriser la régression des kystes fonctionnels.
Les kystes plus importants, qui provoquent des douleurs et qui nécessitent un traitement, doivent être retirés par laparoscopie, et les tissus doivent être examinés. Il en va de même lorsqu’un kyste ne peut pas être clairement identifié comme bénin à l’échographie. De tels kystes doivent être examinés au moyen d’examens complémentaires tels qu’un scanner ou une IRM et, le cas échéant, faire l’objet d’une opération. En cas de kystes malins (cancer), une intervention chirurgicale plus importante peut être nécessaire.