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Créé le: 25.09.2017, édité le: 30.09.2017
Une odeur de désinfectant et d’orange flottait dans la chambre. Il se sentait vraiment rassuré sous le duvet, les yeux fixés sur les raies nettes que la lumière filtrant au travers des stores projetait sur le mur. Son crâne chauve s’appuyait agréablement contre le coton frais de son oreiller. Il respirait paisiblement et observait ces lignes de clarté qui lui apportaient ses seuls moments de sérénité joyeuse.
En fait, il ne savait plus comment il s’appelait et encore moins qui il était. Il était comme un tas de sable mouillé qui à peine modelé se défaisait avant que l’on ne puisse dire s’il avait été un château ou un simple pâté. Lorsqu’on venait s’occuper de lui, il tentait parfois de leur dire ce qu’il se passait en lui. Son être tressaillait angoissé comme s’il se disait: « Si tu peux me laver, me nourrir, me sourire, alors je ne suis pas un fantôme ». Mais il ne réussissait pas à rassembler suffisamment ses pensées pour l’exprimer. Il soupirait intérieurement et laissait ces inconnus s’affairer sur son corps jour après jour.
Certaines personnes s’occupaient de lui différemment. Des femmes lui parlaient longuement en souriant. Des mots sortaient de leurs bouches comme de l’écume de mer et lui essayait de comprendre cette mélodie mystérieuse. En vain. Il ressentait quand même confusément leur affection. Ces femmes-là lui caressaient les mains doucement. Elles baisaient son front et aussi ses lèvres. Un homme très silencieux venait parfois le voir. Le visiteur le regardait de ses grands yeux bruns et humides et se raclait la gorge. Il lui prenait la main la serrant si fort que ça lui faisait mal. Pourtant