Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06856.jsonl.gz/756

Un livre dévoile les recherches les plus improbables des internautes
Valérie Flan est comédienne et partage avec l'auteure Ana Pile un goût prononcé pour l'humour. Elles travaillent ensemble depuis quinze ans avec pour seule devise, "mieux vaut rire comme une baleine que pleurer comme une madeleine". A quatre mains, elles écrivent de petits livres d'humour dont "Recherches improbables sur le web" (First Editions), paru en 2018. Un livre dans lequel il n'y a presque rien à lire, mais sur lequel il y a beaucoup à dire puisque sur chaque page se trouve une requête bizarre récupérée sur les moteurs de recherche de l'internet.
"Décoller du papier peint dans le noir", "Séduire un curé", "Schtroumpf sans bonnet", "Claque dans la gueule sans trace" sont quelques uns des exemples de recherches absurdes compilées.
"Est-ce qu'avoir ses règles attire les vampires?"
La couverture du livre "Recherches improbables sur le web". [First Editions] Google enregistre les requêtes des internautes. De cette façon, grâce à la fonction dite "d'autocomplétion", le moteur de recherche peut proposer des suggestions de requêtes au fur et à mesure de la saisie de l'internaute. Il est donc possible de découvrir, par ce biais, quelques pépites de recherches des internautes. En commençant à taper "blanc d'oeuf" par exemple, vous découvrirez peut-être qu'une personne a posé sur le web cette question surprenante: "le blanc d'oeuf est-il du sperme de coq?".
Le livre "Recherches improbables sur le web" ne propose rien de véritablement inédit, mais a le mérite de compiler toutes les recherches les plus farfelues, loufoques et parfois trash, et de montrer que les moteurs de recherche en disent long sur l'humanité, ses inquiétudes et ses intérêts.
Des recherches sans filtres
Seth Stephens-Davidowitz diplômé de l'Université de Harvard en économie et ancien data scientist, analyste de données chez Google, a sorti en 2017 un livre intitulé "Everybody lies", "Tout le monde ment" en français. Pendant quatre ans, il a collecté et analysé des millions de recherches faites par les Américains sur le moteur de recherche. Il explique que celles-ci sont le plus important ensemble de données jamais collectées sur la psyché humaine.
Ce qu'explique Seth Stephens-Davidowitz, c'est que, masque social oblige, chacun ment tout le temps au quotidien pour plaire au gens qui l'entourent, pour correspondre aux normes et entrer dans le moule. Mais comme on ne cherche pas à plaire à Google, puisque c'est une machine, il n'y a pas de filtres dans nos recherches.
Une mine d'or pour comprendre le monde
Google sait tout: nos craintes les plus profondes, nos secrets inavouables, nos questions embarrassantes, nos fantasmes sexuels et même pour certains, nos tendances homophobes ou racistes. Chaque seconde, ce sont près de 65'000 recherches qui sont faites sur le moteur de recherche par les internautes. Cela représente, selon Google, au moins de 2000 milliards de requêtes annuelles.
Les chercheurs en sciences sociales et humaines devraient sans doute s'intéresser un peu plus au big data, véritable mine d'or pour comprendre le monde et son évolution. Une telle quantité de données offre des perspectives à la fois passionnantes et probablement aussi effrayantes que certaines recherches d'internautes. "Sucer une glace à deux boules est-il compatible avec le catholicisme?", pour en citer une dernière.
Sujet radio: Mickaël Marquet
Adaptation web: Lara Donnet
Publié le 11 avril 2019 à 12:51 - Modifié le 12 avril 2019 à 10:03