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Critique
"Au début du siècle en Italie, alors secouée par des troubles dus à la misère et au chômage, un médecin et sa femme doivent engager une nourrice pour allaiter leur bébé qui refuse le sein de sa mère. C'est ainsi que s'installe dans leur maison Annetta (Maya Sansa), la nourrice, dont le mari est en prison parce qu'il a, comme elle dit, ""fait du désordre, fait de la politique"". En l'engageant, le docteur a exigé qu'elle se sépare de son propre bébé.
Peu à peu s'instaurent des relations de confiance entre Mori, le médecin (Fabrizio Bentivoglio) et la nourrice. Illétrée, elle lui demande de lui apparendre à lire. Un mot surgit alors comme une révélation: c'est le mot ""imagine"". Annetta va contribuer à aider Mori à imaginer un monde plus juste, et Mori aide Annetta à accéder par la lecture au monde de la pensée. Imaginer ce qui n'existe pas encore, rendre possible ce que l'on croit inconcevable, inimaginable, inacceptable. ""Ne pas avoir peur de ce que l'on ne connaît pas"", tel est pour tous les deux le chemin à parcourir.
D'une certaine façon, l'accouchement de Vittoria au début du film annonce d'autres accouchements de l'ordre de l'esprit. Par contre, Mori peine à soutenir sa femme Vittoria (Valéria Bruni Tedeschi) qui se croit mise de côté par ce bébé qui refuse son sein et par la présence de la nourrice.
Avec sensibilité mais sans sensiblerie, le film inspiré d'un conte de Pirandello, reste toujours dans le ton juste. Chacune des trois personnalités de cette histoire évolue de manière parfaitement cohérente avec elle-même jusqu'à la fin. Ce qui conduit à un dénouement particulièrement réussi."
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