Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06985.jsonl.gz/514

Titre : Dans la toile du temps
Auteur : Adrian Tchaikovsky
Éditeur : Denoël 12 avril 2018
Pages : 592
CW : Arachnophobie
L'humanité est finalement partie dans les étoiles. Elle se prépare à terraformer des planètes entières tout en y ajoutant des espèces élevées à un rang plus élevé que la simple animalité. Mais l'humanité n'est pas capable de s'entendre et les dissensions mènent à la dernière Grande Guerre. Il ne reste plus que des expériences, réussies ou ratées, toujours surprenantes. L'humanité a fui la Terre au sein de vaisseaux arches afin d'essayer de fonder un nouveau foyer. L'un de ces vaisseaux approche d'une planète terraformée. Mais celle-ci n'est exempt de vie intelligente et cette vie ne veut pas abandonner son monde.
SPOILERS
J'ai lu un certain nombre de critiques sur ce livre. Celles-ci m'ont rendu curieux. Dans la toile du temps se déroule après la chute de l'humanité d'un niveau quasi divin. L'auteur décrit des humain.e.s qui ne sont capables que d’imiter leurs prédécesseurs sans jamais atteindre leur niveau. J'ai eu l'impression d'une vision assez sombre de l'humanité. Il n'y a pas de véritables héros ni d'héroïnes mais des personnes incapables de choisir une voie différente de celle de leurs ancêtres, condamnant la race entière à des guerres intestines ou externes. Le personnage humain principal suit une tendance vers la dépression et la perte de foi envers sa propre espèce, qu'il tire de sa connaissance du passé, mais jamais il ne peut agir pour éviter des décisions catastrophiques. Il ne peut qu'assister aux événements.
Face à l'humanité l'auteur décide de créer une espèce d'araignées intelligentes. On joue ici sur la peur des araignées mais aussi sur la création d'une espèce différente, même si terrienne. 90% du roman consiste à dépeindre la création de la société des araignées. Celle-ci passe d'une logique de chasse animale à une société complexe capable de s'adapter pour créer un bon commun. Même si les araignées sont des prédatrices, cette société est décrite comme préférant chercher un moyen d'user de leurs ennemis plutôt que de les détruire.
Personnellement, ce n'est que lorsque les deux espèces se rencontrent, ce qui est rare, que l'auteur m'a permis de ressentir une forme de sentiment d'horreur. Lorsque les araignées sont décrites en dehors de la perception humaine je me suis pris à admirer la construction de leur société. Mais leur description via des yeux humains crée un fort sentiment de malaise. Les personnages humains étant incapables d'accepter que les araignées puissent penser et ne pas être des ennemis mortels. L'humanité, ici, est incapable de passer le fossé qui permettrait une compréhension mutuelle et je trouve intéressant que l'auteur donne cette capacité aux araignées.
*
**
***
**** Une réussite. Il existe une suite, il est probable que je la lise.
*****
Image : Éditeur