Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07050.jsonl.gz/605

Disons d'emblée que cette Introduction est en fait une somme, et que la modestie des concepteurs cache ce qu'a de proprement remarquable ce volumineux ouvrage. Remarquable par son architecture, par l'équilibre de ses parties, par la diversité de ses perspectives et par la rigoureuse honnêteté de son information.
La base, pourrait-on dire, est formée par la distinction entre morale et éthique, donc entre l'impératif et l'exigence, alors même que, finalement, ce sont des valeurs également « exaltantes » qui sont en jeu : la justice et le bien.
La structure est indiquée par les trois verbes qui forment le sous-titre : penser, croire, agir. Une éthique doit être pensée, raisonnée ; elle doit obéir à un souci d'organisation dans la confrontation avec des domaines « théoriques » voisins en humanité, tels que la philosophie, la psychologie, la sociologie? Elle doit être consciente de ses sources, qui ne se limitent pas à la raison mais qui impliquent généralement une croyance religieuse, et pour les chrétiens la foi en une révélation. Enfin, elle doit se comprendre dans sa relation aux situations de l'existence et à l'action collective. C'est pourquoi « l'ouvrage est réparti en trois sections : Ethique, morale et religion, fondements philosophiques et théologiques ; Finitude, transcendance et responsabilité ; L'éthique au coeur de l'humain et du monde. »
Dans l'impossibilité de rendre justice à chaque auteur, ni de citer tous les sujets, disons que la première partie présente une fructueuse tension entre les considérations d'E. Gaziaux sur Le statut de la raison en éthique... ou de B. Baertschi sur les Valeurs et vertus, et les apports de D. Müller et d'A. Thomasset sur La place de l'éthique en théologie et sur La place de l'Ecriture en éthique théologique.
La deuxième partie présente une tension comparable entre, d'une part, la contribution commune des deux directeurs de l'entreprise, Christologie et éthique, puis Sanctification et vie dans l'Esprit (K. Lehmkühler), et, d'autre part, l'approche théologico-philosophique de J.-D. Causse sur Le mal, la faute et le péché. Sans oublier une tension constitutive entre le thème de L'homme créé et la nature (Ph. Bordeyne) et celui de La responsabilité (Fr. Dermange).
La troisième partie se partage entre des thèmes qui relèvent de l'homme vivant, sexué, malade, mortel - avec un passionnant article de M.-J. Thiel sur Le commencement et la fin de la vie -, et divers aspects de l'éthique de la vie sociale et de la politique.
La diversité des points de vue, le tracé du développement historique des questions traitées et la confrontation des arguments entre traditions chrétiennes assurent à cet ouvrage une hauteur de vue que je souligne et salue sans restriction aucune.