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"Nous devons résister à la tentation de voir chaque vie comme une statistique (...) Nous devons le faire pour honorer les morts", a déclaré Joe Biden d'une voix émue à la Maison Blanche, avant d'observer une minute de silence en présence de son épouse Jill Biden, de la vice-présidente Kamala Harris et de son époux Doug Emhoff.
"En tant que nation, nous ne pouvons accepter un sort aussi cruel. Alors que nous luttons depuis si longtemps contre cette pandémie, nous ne devons pas devenir engourdis par le chagrin", a encore déclaré le président.
"Je demande aussi que nous agissions, que nous restions vigilants, que nous gardions nos distances, que nous portions des masques, que nous nous fassions vacciner", a-t-il ajouté. "Nous devons mettre fin aux politiques de désinformation qui ont divisé les familles, les communautés et le pays. Cela a déjà coûté trop de vies. Nous devons combattre unis."
>> L'allocution de Joe Biden:
La lumière de 500 bougies et le son de 500 cloches
Après ce discours, les deux couples de l'exécutif américain sont apparus devant la Maison Blanche, où ils se sont recueillis quelques instants, d'abord silencieux puis accompagnés dans cet hommage par le très populaire cantique "Amazing Grace", joué par un orchestre de marines.
Joe Biden s'est ensuite signé, entouré de 500 bougies, pour symboliser les 500'000 morts, disposées sur le balcon de la Maison Blanche et sur les escaliers qui y mène, avant de disparaître aux regards et aux caméras. Les cloches de la Cathédrale nationale de Washington ont aussi retenti 500 fois.
La Maison Blanche a annoncé la mise en berne durant cinq jours des drapeaux sur l'ensemble des bâtiments fédéraux.
Plus de morts que trois guerres réunies
Selon les chiffres annoncés lundi par l'université Johns Hopkins, qui fait référence aux Etats-Unis, 500'071 personnes ont désormais succombé au virus dans le pays, qui recense par ailleurs plus de 28 millions de cas de contaminations. Les Etats-Unis sont de loin le pays le plus touché au monde en valeur absolue par la pandémie.
"Davantage d'Américains sont morts pendant cette pandémie que lors de la Première Guerre mondiale, la Seconde Guerre mondiale et la guerre du Vietnam combinées", a souligné Joe Biden durant son discours.
Le seuil des 400'000 décès avait été dépassé il y a environ un mois seulement, en janvier, la veille de l'investiture de Joe Biden, qui a fait de la lutte contre la pandémie l'une de ses priorités de début de mandat.
Le premier mort du Covid-19 aux Etats-Unis avait été annoncé fin février 2020. Il s'était passé environ trois mois avant que le pays ne franchisse la barre des 100'000 morts, quatre mois supplémentaires jusqu'aux 200'000 et un peu moins de trois autres mois jusqu'aux 300'000.
>> Les précisions de La Matinale:
boi avec agences
Pourquoi ce triste record aux Etats-Unis?
Pourquoi la première puissance mondiale détient-elle le triste record du nombre de décès connus de la maladie? Pour le docteur Joseph Masci, responsable d'un hôpital new-yorkais, c'est tout d'abord parce que la pandémie de Covid-19 a présenté un élément de surprise. Avant son arrivée, le pays observait le coronavirus "de loin" et en peu de temps il s'est retrouvé l'épicentre du problème.
La réaction "désordonnée" du gouvernement Trump n'a pas aidé. "Dans un pays comme le nôtre, avec 50 Etats, une surface immense, un réseau d'hôpitaux largement privés, ça allait être difficile de rassembler tout le monde autour des mêmes stratégies."
"Le fait que les hôpitaux se faisaient concurrence pour obtenir des équipements de protection n'avait aucun sens. Il aurait fallu centraliser ça très vite, et ils ne l'ont pas fait", ajoute le spécialiste.
Pour la docteure Michele Halpern, spécialiste des maladies infectieuses à New York, une des erreurs a été de laisser le port du masque devenir "une question politique". Avec ses revirements, son scepticisme affiché sur le virus et les gestes barrières, la gestion par Donald Trump de la crise sanitaire a été vivement critiquée.
Plus généralement, dit Michele Halpern, "nous devons nous rendre compte que les hôpitaux ont besoin de ressources (...) Il faut investir dans la recherche, mais aussi dans les hôpitaux, les maisons de retraite, il faut avoir suffisamment de personnel, et qu'ils aient les équipements dont ils ont besoin".
L'épidémie a aussi étalé au grand jour aux Etats-Unis les inégalités face à la santé, notamment en matière de logement, qui affectent surtout les minorités noire ou hispanique, souligne le Dr Masci. La promiscuité provoquée par des logements trop petits rend difficile le respect des gestes barrière et il faut envisager des manière d'adapter le logement face aux futures épidémies "car il y en aura d'autres", dit-il.