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Fin 2014, est parue dans le British Medical Journal, une étude selon laquelle l’amélioration du sommeil chez les enfants atteints de TDAH réduirait significativement les symptômes des petits patients.
Qu’est ce que le TDAH ?
TDAH est l’acronyme de Trouble de Déficit de l’Attention avec Hyperactivité. Le déficit de l’attention se caractérise par des difficultés de concentration. L’enfant se distrait facilement, il est « tête en l’air » et semble ailleurs. L’hyperactivité se traduit par une incapacité à rester tranquille. L’enfant court partout, ne reste pas assis, ne cesse pas de parler, s’agite. Souvent, ce trouble s’associe à une impulsivité. C’est un trouble qui peut toucher les adultes, anciens enfants hyperactifs, mais le plus souvent, les symptômes s’atténuent en grandissant. Cependant, le trouble se présente majoritairement chez les plus jeunes puisque 5% des enfants et des adolescents seraient concernés.
Que nous apprend l’étude ?
Des chercheurs du Royal Children’s Hospital de Parkville et de l’Université de Melbourne se sont intéressés à l’amélioration des troubles du sommeil et des autres symptômes chez 244 enfants hyperactifs âgés de 5 à 12 ans, qu’ils ont suivis pendant 2 ans. Ayant constaté, grâce à une recherche documentaire, que la majorité des troubles du sommeil chez les enfants hyperactifs relevaient d’un problème comportemental, les chercheurs ont choisi de comparer les effets d’une intervention comportementale à ceux d’un traitement traditionnel en séparent les enfants en 2 groupes équivalents. L’intervention consistait en 2 séances de 2 à 3 heures avec un psychologue ou un pédiatre pendant lesquelles parents et enfants étaient amenés à travailler sur l’hygiène du sommeil. Ces séances ont été suivies d’un entretien téléphonique environ 2 semaines après. Il en est ressorti que, 3 mois après l’intervention, seulement 30% des enfants ayant bénéficié de l’intervention « sommeil » présentaient encore des troubles du sommeil modérés à sévères contre 56 % pour le groupe de contrôle. A 6 mois, les chercheurs ont constaté des scores à respectivement 34 et 46 %. Et, indirectement, il a été rapporté par les familles et grâce à des tests quantitatifs, une nette amélioration des autres symptômes. Les chercheurs ont pu conclure qu’une brève intervention sur le comportement de sommeil pouvait, d’une manière générale, réduire d’un tiers à la moitié la sévérité des symptômes, et ce, de manière durable. Une amélioration du sommeil serait donc une piste non négligeable pour favoriser une réduction de l’ensemble des symptômes du TDAH.
Quels sont les bonnes attitudes à adopter pour améliorer le sommeil de l’enfant hyperactif ?
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, l’intervention comportementale mise en place pendant cette étude n’est en rien différente de ce qui pourrait être fait avec une personne non hyperactive présentant des troubles du sommeil. C’est bien là tout l’intérêt. Ces spectaculaires améliorations seraient en fait simplement le résultat de l’application de conseils de bon sens largement connus :
- respecter un temps passé au lit fixe chaque jour
- respecter une heure de coucher et une heure de lever régulières
- ne pas hésiter à pratiquer des exercices de relaxation
- mettre en place des routines avant d’aller au lit : lavage des dents, histoire pour s’endormir
- instaurer une chambre sans écrans
- éviter de consommer de la caféine après 15 heures.
D’une manière plus globale, on peut également conseiller d’adopter une alimentation favorisant le sommeil et aidant à réduire les symptômes du TDAH. A ce propos nous recommandons la lecture de l’article « Nutrition : un rôle prépondérant pour réguler l’hyperactivité » paru sur le blog Efficium.
Par Audrey Charial, nutritionniste et micro-nutritionniste