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Lorsqu'elle est entrée en service il y a cinquante ans, la centrale de Beznau I a marqué le début de l'exploitation commerciale de l'énergie atomique en Suisse. Aujourd'hui, elle est l'une des plus anciennes centrales thermonucléaires au monde encore en service.Ce contenu a été publié le 09 décembre 2019 - 16:59
- Deutsch Beznau – vom Symbol für Fortschritt zum Zankapfel
- Português Beznau: de símbolo de progresso à pomo da discórdia
- 中文 瑞士核电站：从创新标杆到核能争端
- Pусский АЭС Бецнау в кантоне Аргау – от символа прогресса к яблоку раздора
- English Beznau - a symbol of progress turned object of discord
- 日本語 ベツナウ原発50年 時代の革命児から問題児へ
- Italiano Beznau: da simbolo di progresso a pomo della discordia
Seules quelques centrales en Inde et aux États-Unis sont un peu plus anciennes que le réacteur construit au milieu d'un îlot de l’Aar, à côté de son frère Beznau II: le démarrage officiel de son exploitation commerciale remonte au 9 décembre 1969.
A l’époque, la Suisse avait abandonné ses tentatives de construire son propre réacteur: le grave accident du réacteur de Lucens en janvier de la même année avait définitivement enterré les rêves d'autarcie du pays en matière nucléaire.
La mise en service du réacteur de Beznau I, produit aux États-Unis, a ouvert un nouveau chapitre dans la politique énergétique suisse. En l’espace de 15 ans, avec la construction des centrales de Beznau II (1972), Mühleberg (1972), Gösgen (1979) et Leibstadt (1984), l'énergie nucléaire a fini par couvrir 40% de la production d'électricité du pays.
L'opposition s'intensifie
La centrale de Beznau a été construite à une période, où l'énergie nucléaire bénéficiait des faveurs de l’opinion publique. Partout dans le monde, la perspective d'une utilisation pacifique de cette nouvelle source d'énergie avait alimenté des visions euphoriques d'un avenir sans préoccupations énergétiques.
Cependant, au début des années 1970, une opposition organisée s'est formée contre la construction de centrales nucléaires, alimentée par des doutes croissants sur les risques de l'énergie atomique et par des préoccupations sur le problème non résolu du stockage des déchets.
En 1975, des milliers de personnes occupent le chantier de la centrale de Kaiseraugst, dans le canton d’Argovie, pour empêcher sa construction. Depuis lors, la question nucléaire divisera la société suisse.
Au cours des décennies suivantes, les citoyens suisses ont été appelés à s’exprimer sur le sujet à plusieurs reprises. La dernière fois remonte à 2017, lorsque le peuple a approuvé une nouvelle loi sur l’énergie prévoyant l’abandon progressif du nucléaire.
La sécurité en question
Au moment de sa construction, la centrale de Beznau n’a pas été la cible d'actions de protestation. En revanche, elle a régulièrement fait parler d’elle au cours des dernières années. En mars 2014, un groupe de militants de Greenpeace a occupé temporairement la zone «du plus vieux réacteur du monde» pour demander sa fermeture. En 1993 déjà, des militants de la même organisation avaient pénétré dans l'enceinte de la centrale.
En mars 2015, le réacteur Beznau I a dû être arrêté à la suite de la découverte d'irrégularités dans le matériau de la cuve du réacteur. Les contrôles effectués par l'exploitant de la centrale, la société Axpo, ont finalement exclu que cela puisse poser des problèmes de sécurité. L'Inspection fédérale de la sécurité nucléaire a accepté ces conclusions et approuvé la remise en service du réacteur en mars 2018.
La décision est contestée. Une étude, mandatée par Greenpeace et la Fondation suisse de l'Énergie (SES) et publiée en novembre, remet en question les vérifications effectuées par AXPO. En général, les opposants à l'énergie nucléaire estiment que la sécurité d'une centrale nucléaire aussi ancienne ne peut plus être garantie.
Pour sa part, Axpo rappelle qu’elle a investi un million de dollars dans la sécurité et estime pouvoir maintenir la centrale en service pendant encore quelques années. En juin, le journal dominical alémanique NZZ am Sonntag a révélé que les experts de l'Office fédéral de l'énergie considéraient qu'il est désormais possible de maintenir les centrales nucléaires en activité pendant 60 ans.
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