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Dès 1959, explosion critique avec « A bout de souffle » puis le jeune comédien enchaine des comédies échevelées et au mitant des 60’s « Pierrot le fou » pour le même fumeur de gros cigares Vaudois. Belmondo devient une star, peut tout se permettre même l’impensable : Être populaire. Capable de donner la réplique au grand, à l’immense Jean Gabin, le vieux, le dabe dans « Un singe en hiver » pour le duo Verneuil/Audiard, le jeune Jean Paul est confondant de simplicité décontractée, pas tout à fait conscient de son immensité.Le star système doucement le dévore. Il devient bankable, tourne pour Gérard Oury dans une comédie moyennement réussie (« Le Cerveau » avec le grand Bourvil) et caracole aux hauts des cimes en tournant doucement le dos à ses prétentions. Peu à peu, le comédien fantasque, capable d’alterner un Truffaut là aussi pas très folichon (« La sirène du Mississippi »), un Lelouche (« Un homme qui me plait ») voire un polar réussi de l’excellent Robert Enrico (« Ho ! ») concède du terrain à ce qu’il va devenir durant la seconde moitié des années soixante-dix.
Tac Tac, Badaboum : Bebel règne sur le box-office tricolore.
Claude Zidi lui écrit une comédie foncièrement poussive (« L’Animal ») sur mesure, De Broca consent à laisser son interprète vitupérer dans l’excès (« Le Magnifique » puis « L’Incorrigible »), Belmondo devient Bebel, l’ami, le bon pote, le déconneur-né, le gouailleur adepte des bons mots du grand, de l’inestimable Michel Audiard. Celui-ci devient le dialoguiste attitré dès 1976 de la star n°1 rivalisant sans cesse avec l’autre grande star De Funès la place ô combien complexe de plus gros vendeur de tickets de cinémas. Sur les grands boulevards, la France sous Giscard se presse s’amuser aux exactions délirantes, s’entiche de ce bon gars capable de séduire les ménagères et d’épater le quidam. Sur les affiches, peu à peu, le prénom disparait pour laisser une marque, un emblème rassurant : Belmondo. En grosses lettres, plus gros que le titre du film, plus gros que le nom du réalisateur (souvent Lautner aidé de son complice des bons coups Audiard). Le concept s’étiolant avec les années, à 50 piges et des brouettes, Bebel se lasse, le public suit. Les salles se vident peu à peu, autant quitter le ring avant l’uppercut fatal.
Troisième carrière : le théâtre.
Le théâtre, désireux de retrouver ce monstre biberonné au gigantesque Pierre Brasseur, s’offre tout entier au comédien Jean-Paul Belmondo.Il y retrouve sa noblesse, humble, précis, gourmand, soir après soir. Le triomphe est gigantesque, le public en liesse. L’acteur a retrouvé l’envie d’être autre chose qu’une machine à vendre du tickets. Enfin !
“Le Guignolo” en diffusion sur la RTS 2 le lundi 29 mars à 21h10
Crédits photos: RTS / Gaumont
Bebel s’est fait une spécialité d’exécuter lui-même, avec une frénésie confinant à l’inconscience, toutes les cascades les plus ahurissantes. Star européenne de tout premier plan, les compagnies d’assurance s’arrachaient littéralement les cheveux à tenter d’avoir à compenser les coûts d’une grosse production si un malheur devait arriver à son interprète principal. Ici, placidement, il survole la plage Saint-Marc de Venise sous un hélicoptère. Est-ce essentiel à l’intrigue du film ? Sans doute pas mais cela amusait la star.