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Avec ABB, Fred Kindle se retrouve à la tête d'un groupe qui semble être sorti des turbulences.
Ce quadragénaire n'est toutefois pas qu'un capitaine pour croisières sur mer tranquille. Sa carrière dans la tourmente traversée par Sulzer le démontre.
Avant de prendre les commandes d'ABB, Fred Kindle peut se targuer d’un bon bilan à la tête de Sulzer. Bi-national suisse et liechtensteinois, Fred Kindle avait été appelé à la tête de Sulzer après le départ d'Ueli Roost. Ce dernier avait jeté l´éponge un an seulement après avoir été nommé directeur général (CEO) et président du groupe.
Ingénieur de formation, Fred Kindle était un homme du sérail, dirigeant depuis 1999 la division Industries du groupe, après une formation au cabinet de consultants McKinsey.
Sa carrière avait débuté dans le groupe de construction liechtensteinois Hilti, d'où il était passé chez Sulzer Chemtech, entité dont il a assumé la responsabilité durant sept ans.
Lorsqu'il a pris les rênes du groupe industriel de Winterthour en 2001, celui-ci menait sa plus profonde réforme en 170 ans d´existence.
Quatre divisions étaient à vendre, le financier René Braginsky et sa société de participations InCentive faisaient le forcing avec une offre de reprise hostile - finalement repoussée - et la filiale Sulzer Medica était empêtrée dans l'affaire des prothèses de la hanche défectueuses.
De solides turbulences
En 2002, Sulzer Medica, rebaptisée Centerpulse et reprise en 2003 par le groupe américain Zimmer, parvenait à un accord avec les quelque 3500 patients victimes de prothèses défectueuses.
Sur fond de plainte collective aux Etats-Unis, l'opération avait coûté quelque 725 millions de dollars (924 millions de francs). Sulzer, ancienne maison-mère, avait dû y participer à raison de 50 millions de dollars et 480'000 actions Centerpulse.
En 2002, Sulzer, sorti de sa douloureuse restructuration, renouait avec les bénéfices, en l'occurrence 83 millions de francs pour un chiffre d'affaires de 1,95 milliard. Preuve que l'application de la méthode Kindle avait porté ses fruits.
Cessions et redimensionnements ont pourtant sérieusement amaigri l'ancien géant industriel. Son effectif est passé de plus de 25'000 personnes en 1997 (chiffre d´affaires supérieur à 6 milliards de francs) à 9000. Mais son recentrage n'en demeure pas moins réussi.
Des attentes déçues
En réalité, le bénéfice enregistré par Sulzer en 2002 doit davantage à la vente de bien-fonds et de segments d'entreprise qu'au développement de ses ventes.
Au point que l'objectif à moyen terme de Fred Kindle - porter le chiffre d'affaires des activités poursuivies (pompes, entretien de turbine, techniques de surface, installations chimiques et piles à combustibles) à 3 milliards de francs - paraît encore lointain.
D’autant plus que les entrées de commandes en 2003 ont légèrement régressé, de 0,5% à 1,908 milliard de francs, décevant les attentes.
Seule une reprise de l’activité économique permettra à Sulzer d'atteindre à coup sûr les objectifs financiers qui sont ceux de la société cyclique.
Mais d'ores et déjà, Fred Kindle a annoncé que le bénéfice de l´exercice 2003 sera sensiblement inférieur à celui de 2002. Le groupe présentera ses chiffres détaillés mercredi prochain.
Reste maintenant à voir si la méthode Kindle permettra à ABB, apparemment lui aussi sorti des grosses turbulences, de retrouver de sa superbe.
swissinfo et les agences
Faits
Bi-national suisse et liechtensteinois, Fred Kindle est ingénieur de formation
Il a commencé sa carrière chez Hilti, groupe de construction liechtensteinois
Il est ensuite à la tête de Sulzer Chemtech durant sept ans
En 2001, il prend les rênes de Sulzer, alors groupe en pleine restructuration
En 2002, Sulzer renoue avec les bénéfices, et deux ans plus tard, Fred Kindle quitte la navire