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Des syndicalistes vénézuéliens indépendants veulent que le CICR contrôle des corridors humanitaires dans leur pays plutôt qu'une aide pilotée par le gouvernement. Ils affirment aussi que la moitié des personnes libérées récemment ne sont pas des détenus politiques.
"Les habitants sont en train de décéder en raison du manque de nourriture et de médicaments" lié à la crise politique et économique depuis les violences de 2017 au Venezuela, a dit mercredi devant la presse à Genève le secrétaire d'un syndicat de l'industrie alimentaire, Roger Palacios. Il faut "l'ouverture de corridors humanitaires" dont seraient responsables le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et des ONG internationales.
Une demande relayée aussi auprès du Haut-Commissariat aux droits de l'homme, dont les syndicalistes ont rencontré cette semaine des représentants, ainsi qu'auprès de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et de l'Organisation internationale du travail (OIT). Le déficit alimentaire atteint trois quarts de la consommation en moyenne.
Le coût du panier alimentaire minimal requis est quinze fois plus cher que le salaire minimum mensuel des Vénézuéliens, tombé à environ trente centimes de dollars. La production alimentaire "est agonisante", selon le syndicaliste.
Division à l'OIT
Principale ressource économique du pays, l'industrie pétrolière est elle également largement en recul. La production en quelques années a diminué d'environ 70%, explique le secrétaire exécutif de la fédération des travailleurs de la branche. Et le salaire est passé de 680 dollars par mois à 3 dollars.
Ces syndicalistes dénoncent les arrestations arbitraires et les violations des droits des travailleurs et de leurs défenseurs. Sur les 39 opposants présumés libérés la semaine dernière après une décision du président Nicolas Maduro, seule la moitié d'entre eux sont des détenus politiques, accuse la présidente du syndicat UNETE.
Samedi, le conseil d'administration de l'OIT doit valider la désignation des trois membres de la Commission d'enquête identifiés par le directeur général Guy Ryder. Il avait décidé ce mécanisme en mars après une plainte déposée par des représentants de patrons avant la vague de répression de l'année dernière.
Plus de 30 personnes ont accusé le gouvernement d'attaques, de harcèlement, d'agression et de discrédit à l'égard de la faîtière patronale, ses dirigeants et ses membres. Comme les syndicats, elles dénoncent des violations de plusieurs conventions de l'OIT. Pour les défenseurs des travailleurs, la Commission doit rétablir les droits syndicaux et de ceux-ci et recommander des mesures contraignantes.
L'ONU a estimé en 2017 que de possibles "crimes contre l'humanité" avaient été perpétrés par les autorités dans la répression de manifestants qui a fait au moins 125 victimes. Un autre rapport est prévu. La délégation syndicale à la Conférence internationale du travail cette semaine à Genève est divisée entre responsables indépendants et défenseurs du gouvernement.