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Les forêts dans le Parlement italien entre la fin du XIXe et la première moitié du XXe siècle : solutions politiques et techniques face aux nécessités de l’industrie, de l’Etat et des communautés locales
Entre la fin du XIXe et la première moitié du XXe siècle les montagnes italiennes sont confrontées avec les besoins de l’industrie qui, à plusieurs reprises se heurtent avec ceux des communautés locales. Ce dialogue et ces conflits se sont traduits par l’émanation de lois et de normes de la part de l’Etat central qui, dans une première phase, est intervenu avec retard et de façon timide en faveur de la protection des forêts. Puis – en cautionnant l’opinion de Ghino Valenti qui en 1914 releva que le bois « est un mal nécessaire» – en laissant la main libre aux intérêts des industries.
Au début du XIXe siècle, le tourisme et le secteur hydroélectrique imposent à l’Etat la protection des forêts. Ce choix bénéficie de l’appui d’une nouvelle génération de techniciens tels que Arrigo Serpieri – le théoricien de l’assainissement intégral –, ainsi que de politiciens laïques, tels que Saverio Nitti et Giambattista Miliani, et catholiques, tels que Luigi Sturzo. Chacun se fait porteur, du moins jusqu’au Premier après-guerre, de points de vue différentes mais convergents.
Le fascisme et le dépeuplement des montagnes déplacent les intérêts en faveur de l’industrie hydroélectrique et du secteur touristique au détriment des instances environnementalistes et des communautés locales. Dans ces diverses phases, le politicien libéral Luigi Luzzatti est le protagoniste indiscutable. Héritier de la mémoire de la gestion forestière de la République vénitienne, dans sa vieillesse il devient l’instrument de la propagande de la politique forestière du régime fasciste.
Dans l’Italie républicaine, les politiciens catholiques et la Démocratie chrétienne, par le biais du géologue et sénateur Michele Gortani imposèrent des restrictions aux intérêts du secteur hydroélectrique au profit des communautés locales. Les débats parlementaires et les lois de l’Italie libérale, fasciste et républicaine représentent un repère crucial pour connaître les valeurs changeantes de l’or vert des Alpes.