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Le transport aérien est un des secteurs les plus touchés par le COVID-19. L’International Air Transport Association (IATA) estime une baisse des revenus de $314 milliards en 2020, dont $113 milliards pour les compagnies asiatiques et $89 milliards pour les compagnies européennes.
60% de la flotte commerciale mondiale est à l’arrêt. Delta Airlines brûle $60 millions par jour, alors que 70% de ses avions sont sur le tarmac. Les compagnies américaines et chinoises sont relativement mieux protégées grâce à un poids du marché domestique plus important dans les revenus.
La reprise du trafic aérien se fera très lentement
Les vols touristiques seront très limités, voire impossible, pendant les vacances d’été. La Chine a montré que si l’activité économique est repartie à la hausse avec le déconfinement progressif, le consommateur chinois est resté très prudent. Donc, la reprise du transport aérien se fera très lentement, du fait des déconfinements nationaux décalés, de la peur du consommateur à voyager (ambiance anxiogène) et des restrictions de distanciation. Il va falloir redonner confiance aux voyageurs. En Chine, un sondage montre que seuls 14% des consommateurs seraient prêts à reprendre l’avion immédiatement, 46% vont attendre 1 à 2 mois et 30% 6 mois. Les plus pessimistes ne voient pas un retour à la normale avant 2 ans.
La baisse du trafic devrait être de 48% en 2020.
Les contraintes de distanciation à l’intérieur des avions pourraient aussi pousser les compagnies à rester au sol. Ryanair a annoncé que si la compagnie ne peut remplir ses avions qu’à moitié, elle ne volera pas, à moins d’augmenter les prix des billets par un multiple. Elle estime tout de même que 80% de ses avions pourront voler en septembre.
Les gouvernements volent au secours de leurs compagnies aériennes
La France va soutenir Air France-KLM avec un prêt de €7 milliards, et les Pays-Bas €2 milliards. Le gouvernement US va soutenir ses compagnies avec une aide de $25 milliards, United Airlines, Delta Airlines, American Airlines et Southwest Airlines.
Lufthansa a averti qu’il allait manquer de cash dans quelques semaines sans assistance des gouvernements européens. Les compagnies aériennes européennes estiment qu’elles vont devoir rembourser €10 milliards de billets non utilisés. Virgin Australia a stoppé son activité, faute d’accord avec le gouvernement. Face à une crise de liquidités sans précédent, d’autres compagnies devraient arrêter.
La crise dégrade considérablement les conditions des constructeurs d’avions et les équipementiers. Un trafic en recul signifie un service de maintenance en recul également. Boeing vient d’abandonner l’acquisition des activités civiles du brésilien Embraer. Boeing et Airbus ont stoppé une grande partie de leur production. Le contrôle des frontières et le risque global sont un problème plus important pour les avions à large fuselage, qui représentent une forte rentabilité pour Boeing et Airbus. Les constructeurs doivent accepter des rabais sur les prix face aux multiples annulations de commandes. Ils vont licencier et auront probablement besoin de l’aide de l’Etat. Airbus et Boeing sont des risques d’importance nationale, ce qui exclut un risque de faillite.
Le secteur industriel de l’aviation va souffrir bien plus longtemps que les compagnies aériennes.
Opportunité d’investissement
Nous avons commencé à acheter Delta Airlines à $23 qui est à notre avis la compagnie aérienne US la plus solide. Nous parions sur des déconfinements nationaux, puis globaux cet automne. Un pari risqué, puisque nous ne sommes pas à l’abri d’une 2ème vague du coronavirus, annoncée plus dure et attendue entre juillet et septembre selon la communauté scientifique.
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