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2008
Fidèle à la mission qui est la sienne d'animer musicalement les temps forts de l'année liturgique, le Choeur de la Cathédrale a proposé deux oeuvres de circonstance pour la Semaine Sainte.
Stabat Mater de Joseph Haydn (1732 - 1809)
Un peu oublié de nos jours, le Stabat Mater est le premier grand oratorio de Joseph Haydn composé en 1767 pour la cour des Eszterhazy à Eisenstadt. Créé sans doute le jour du Vendredi-Saint 1768, voici 240 ans, et repris à Vienne en 1771, il rencontre un tel succès qu'il voyage alors dans toute l'Europe.
Le Stabat Mater est un poème émouvant sur la Passion du Christ datant du 18e siècle qui a inspiré depuis de nombreux artistes, notamment en Italie. Equivalent musical d'une Pietà, les oeuvres de Pergolèse et de Vivaldi marqueront le genre. Quant à Joseph Haydn, il confie les 13 versets du texte alternativement aux solistes et au choeur accompagnés par un orchestre aux couleurs tendres et intimes, non sans virtuosité. Exprimant avec des harmonies nouvelles, souvent mineures, l'intensité de la douleur, l'oeuvre s'achève avec une fugue à la Haendel, laquelle, après les larmes, nous rend à la lumière et à la vie.
Requiem opus 48 de Gabriel Fauré (1845 - 1924) Doué d'un naturel sensible et doux, Gabriel Fauré aurait sans doute créé un chef d'oeuvre un siècle après Joseph Haydn s'il avait écrit un Stabat Mater... Si tel n'a pas été le cas, il a mis en revanche dans son Requiem ses émotions les plus personnelles. Il écrira lui-même à ce sujet en ces termes "Mon Requiem..., il est doux comme moi-même". Composé au lendemain du décès de son père, en 1886, l'oeuvre s'écarte de la grandiloquence romantique ou du pompiérisme. Loin de ces "Dies irae" tonitruants, il se concentre avec des moyens modestes dans un style sobre et pur, dépouillé de théâtralité. Il a été créé à l'Eglise de la Madeleine à Paris, dont Gabriel Fauré était l'organiste titulaire, avec notamment pour interprètes les musiciens proches de sa paroisse tel le baryton-chantre et la voix enfantine du futur compositeur Louis Aubert, membre de sa Maîtrise. Ne cherchant pas l'éclat, l'oeuvre frappe cependant si bien qu'elle a été sélectionnée pour être exécutée à l'exposition universelle de 1900 au Palais du Trocadéro à Paris...
Florence Kraft
2007
Le Concert du Vendredi-Saint, institué en son temps par Otto Barblan, organiste et chef de choeur à la Cathédrale de Genève pendant plus de cinquante ans (1887-1942), était tombé en désuétude. A la demande des membres du Choeur de la Cathédrale, dès 2001, nous avons redonné vie à cette tradition. Cette année, nous vous avons proposé la Passion selon Saint-Jean de J.-S. Bach avec la participation de solistes renommés: Priscille Laplace, soprano; Leïla Chmouliovsky, alto; Félix Rienth, ténor; Philippe Hüttenlocher, basse; Vincent Pignat, basse.