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Anciennement Église Évangélique de Polynésie Française (ou EEPF), elle est devenue Église Protestante Ma'ohi. Elle se démarque du protestantisme universel car elle s'est accommodée de la théologie de Duro Raapoto qui place l'identité ma'ohi, le retour à la terre et aux traditions au centre de cette religion. Ainsi Dieu est présenté comme la même entité que Ta'aroa (dieu créateur du polythéisme tahitien). Toutes les paroisses font la lecture du texte Faraite moa haapaeraa maa no te Hau ("liturgie du Vendredi Saint, jour de jeûne pour la paix") au sujet de l'identité ma'ohi, de la terre et du placenta.
Forte communauté, bien représentée aux Marquises, qui a su allier traditions polynésiennes et religion en traduisant et adaptant les textes et les chants, en organisant des manifestations culturelles avec chants et danses.
Ils s'adaptent aussi aux héritages culturels polynésiens tout en diffusant une idéologie assez pro-américaine (ils commémorent la vie des pionniers au temps de John Smith avec des concours de sciage de bois). Parmi les religions plus minoritaires, on compte l'Église adventiste du 7ème jour (5%) et les sanitos ou Communauté du Christ ou Église Réorganisée de Jésus-Christ des derniers Jours (3,5% de la population). Historiquement en lien avec l'Église mormone, cette Église de réputation stricte a entamée une révolution théologique pour se rapprocher de la mouvance protestante.
La culture ma'ohi, et la croyance en la terre mère, renait dans les nouvelles pratiques comme le tatouage, les ti'i ou tiki (ces statues ancestrales qui inspirent souvent la crainte), les marae (sites de cérémonie) restaurés et revisités. A Tahiti, le marae Arahurahu est, depuis les années 70, un lieu de reconstitutions de mariages, d'investiture d'ari'i. A Raiatea, Taputapuatea est désormais fréquenté par des Maoris qui effectuent un pèlerinage en 1980, 1990 puis en mars 1995 où s'est tenu le grand rassemblement de pirogues polynésiennes de haute mer et en avril 2000 un festival de tatouage. Dans certaines îles se pratiquent les cérémonies du kava, les danses traditionnelles ou le haka (empruntée au Ma'ori), l'appel fait aux divinités traditionnelles au cours des fêtes de Matari'i... et même des cérémonies de mariages traditionnelles sont conduites par des tahua (prêtres tahitiens) au grand bonheur des touristes. Enfin, la coutume de l'enfouissement du placenta, assez pratiquée, vient de cette forte croyance en la Terre : elle permet l'accomplissement de la terre polynésienne qui devient véritablement la "terre-mère" et permet de renouer l'enfant à la terre.