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Après comptage de 97% des bulletins, le Likoud de Benjamin Netanyahu obtient le même nombre de sièges (35) que la liste Bleu-blanc (centre-droit) de son adversaierBenny Gantz. Mais l'actuel Premier ministre dispose d'une majorité potentielle de droite de 65 mandats sur les 120 de la prochaine Knesset.
Dans une telle configuration, il semble hautement improbable que le président Reuven Rivlin confie dans les prochains jours à un autre que Benjamin Netanyahu la tâche de former une coalition de gouvernement.
Benjamin Netanyahu, 69 ans, au pouvoir sans discontinuer depuis 10 ans, signerait ainsi un nouveau coup d'éclat en remportant des élections largement présentées comme un référendum sur sa personne, malgré la menace d'une inculpation pour corruption. Ses ennuis judiciaires risquent cependant de le rattraper dès les premiers mois d'un nouveau mandat.
>> Ecouter l'analyse de Stéphane Amar dans le 19:30
Les deux candidats crient victoire
Les résultats très serrés n'ont pas empêché les deux candidats de clamer victoire. Elle est "magnifique", a dit Benjamin Netanyahu triomphant à ses supporters enfiévrés à Tel-Aviv et embrassant sa femme sur les lèvres. "Le peuple d'Israël m'a accordé sa confiance pour la cinquième fois, et une confiance plus grande encore", a-t-il dit. Il a promis un "gouvernement de droite" et a déjà approché les chefs des autres partis de droite en vue de former une coalition de gouvernement. Ils lui ont "presque tous" apporté leur soutien, a-t-il assuré.
Quant à la formation de Benny Gantz, qui avait crié victoire mardi soir avant d'être démenti par les résultats partiels annoncés au fil de la nuit, elle a finalement reconnu la défaite de la coalition centriste.
"Nous n'avons pas gagné cette fois. Nous allons mener une vie d'enfer au Likoud dans l'opposition", a déclaré le numéro deux du parti à la télévision.
Les chiffres définitifs sont attendus vendredi, une fois que les bulletins des soldats qui ont voté dans leurs bases auront été comptabilisés.
>> L'analyse de la presse internationale:
Reuters/vic
"Benjamin Netanyahu a joué principalement sur le ressentiment et sur la peur"
Pour le chercheur, la surprise vient du fait qu'aucune des accusations de corruption ne semble avoir eu d'influence sur l'élection: "Trois mises en accusation assez graves, avec des menaces de procès qui seront consécutives à une audition des arguments du Premier ministre… Mais en réalité, cela n'a pas eu d'incidence sur l'électorat israélien qui lui a accordé une nouvelle fois sa confiance", pour la cinquième fois. "Après cette victoire, il sera celui qui a été le plus longtemps au pouvoir en Israël, depuis le fondateur de l'Etat, Ben Gourion."
Selon Jacques Ehrenfreund, la politique de l'Etat d’Israël ne va pas varier: "Ce qui a caractérisé les dix ans de suite où Benjamin Netanyahu était au pouvoir, c’est une espèce d’attentisme. On a le sentiment que toute sa politique est déterminée par le fait d’attendre: de ne décider sur aucune des questions essentielles – pourtant qui devront un jour être tranchées – et on n’a pas de raison de penser que cela va changer pour son prochain mandat".
>>Ecouter l'interview complète de Jacques Ehrenfreund:
"La méthode des populistes"
Propos recueillis par Thibaut Schaller/sjaq