Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07009.jsonl.gz/603

One Person Died
Alina Mnatsakanian
CHF150.00
«Non, nous ne sommes pas fous. Comment puis-je commémorer ce qui s’est réellement passé? J’ai besoin de crier. Nous devons crier tous ensemble. Une centaine de putains d’années ont passé... Alors j’ai décidé de faire un cri visuel: compter chaque personne qui est morte et projeter le comptage sur les murs publics, à l’extérieur et à l’intérieur. Et j’ai projeté cette «déclaration» en 2015, la 100e année de la négation. Je l’ai projetée sur d’immenses façades, sur de petits murs et dans des couloirs étroits, dans des galeries, dans des hôtels de ville, dans des théâtres et dans des centres d’art. J’ai compté les morts un par un. Une personne est morte, ai-je dit un million et demi de fois. Parce que chaque personne était importante. Ils ont emmenés les familles à part, ils ont saisis leurs terres; ils ont tué certains d’entre eux, autant qu’ils le pouvaient. Ils n’ont pas atteint leur idéal: nous sommes toujours là. Mais nous ne crions pas assez.» [Extrait de la préface de One Person Died par Alina Mnatsakanian]
One Person Died est une publication qui poursuit d’une part et documente d’autre part l’œuvre thématique de l’artiste Alina Mnatsakanian sur le génocide arménien. La publication se compose de deux volumes:
Un livre d’artiste de 500 pages dans lequel la phrase «one person died» se répète 1 500 000 fois en référence aux victimes du génocide des Arméniens. C’est une reconnaissance de chaque personne tuée pendant ce génocide, une répétition nécessaire qui permet de visualiser l’immensité d’un tel crime.
Le second volume est un cahier regroupant des textes, accompagnés de documents visuels, à propos du corpus d’œuvres One Person Died et de ses origines dans le travail d’Alina Mnatsakanian, chacun dans sa langue, avec une traduction anglaise en regard. Les auteurs sont: Karine Tissot, Centre d’art contemporain, Yverdon-les-Bains; Mario Casanova, Museo e Centro d’Arte Contemporaneo del Ticino, Bellinzone; Alice Henkes, critique d’art, Bienne; Ramela Grigorian, Los Angeles Pierce College; Suren Manukyan, directeur adjoint du Musée et de l’Institut du Génocide Arménien, Erevan.