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Une unité anticorruption québécoise a annoncé mercredi l'arrestation de l'ancien président du géant canadien de l'ingénierie SNC-Lavalin, au moment où s'élargit l'enquête sur le blanchiment d'argent qui secoue le groupe (lire)
Au printemps dernier, le président avait démissionné dans une atmosphère de soupçons concernant les activités de SNC-Lavalin en Libye, du temps du colonel Kadhafi et après avoir donné le feu vert à des "versements injustifiés" de quelque 56 millions de dollars (environ 52 millions de francs).
Accusations de complot de fraude, fraude et usage de faux
Il fait désormais face "à des accusations de complot de fraude, fraude et usage de faux", a indiqué le commissaire à la lutte contre la corruption de la province de Québec. Le quotidien montréalais La Presse avait indiqué en octobre qu'une partie de cette somme, 22 millions de dollars (environ 20 millions de francs), aurait été versée en vertu d'un accord signé avec une société qui "semble fictive" pour obtenir le contrat de construction du nouveau Centre universitaire de santé McGill.
Le commissaire a également indiqué que Riadh Ben Aïssa, l'ancien chef des opérations internationales de construction du SNC-Lavalin, soupçonné d'avoir profité de liens étroits avec le régime Kadhafi, faisait "face aux mêmes chefs d'accusation" que le président du groupe.
Possible demande d'extradition de Riadh Ben Aïssa
Il a précisé qu'une "procédure d'entraide internationale est en cours" au sujet de Riadh Ben Aïssa, lequel est écroué en Suisse depuis la mi-avril, laissant ainsi entendre que le Canada pourrait demander son extradition (lire)
La RTS avait appris dimanche que la justice helvétique avait prolongé la détention de Riadh Ben Aïssa et cherchait la trace de 139 millions de dollars (129 millions de francs). L'enquête suisse porte sur le transit de cette somme par la banque EFG, à Genève, sur les comptes des sociétés offshore créées aux Iles Vierges britanniques par un avocat genevois.
Selon des sources proches de l'enquête contactées par la RTS, une transaction de plusieurs millions de dollars aurait fini dans les coffres d'intermédiaires proches du régime Kadhafi. Les enquêteurs s'interrogent aussi sur des sommes déposées sur une dizaine de comptes personnels de Riadh Ben Aïssa et de son épouse à la banque suisse UBS.
afp/ptur