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Les cellulites (ou dermo-hypodermites) des membres sont des affections fréquentes et coûteuses, avec de fréquentes récidives, raison pour laquelle les experts recommandent d’administrer une antibioprophylaxie après une cellulite récidivante. Afin de valider cette approche, les auteurs de l’étude randomisée multicentrique britannique PATCH I ont inclus 274 patients avec cellulite récidivante et ont comparé l’effet de la pénicilline (250 mg/j) et du placebo administrés pendant 12 mois sur la récidive de cellulite. Durant la période de traitement, le temps jusqu’à la récidive, analysée par un modèle proportionnel de Cox, était significativement plus long chez les patients traités (HR 0,55), et l’incidence totale de récidive sous traitement était plus basse (22% vs 37%). Cet effet protecteur diminue rapidement après l’arrêt du traitement, pour ne plus être significatif après quelques mois. Les auteurs concluent qu’une prophylaxie de pénicilline permet de diminuer le risque de récidive de cellulite chez les patients à risque, la durée du traitement n’étant pas déterminée.
Commentaire : PATCH I est une étude pragmatique, présentant quelques défauts méthodologiques, mais qui renforce l’évidence en faveur de l’antibioprophylaxie et confirme les directives actuelles. Le choix de la pénicilline semble approprié et sage, car il est associé à un faible risque d’émergence de résistances bactériennes significatives. Ces résultats appellent quelques commentaires : bien que clairement à risque de récidive (survenue chez 37% des patients du groupe contrôle), la population incluse était plutôt jeune (58 ans en moyenne). Si un grand nombre de sujets avaient des facteurs de risque (obésité significative, œdèmes chroniques, insuffisance veineuse, ou macération cutanée chronique des pieds), il est intéressant de noter que le traitement semblait moins efficace chez les patients présentant le plus haut risque. On peut dès lors se demander si ces résultats sont extrapolables à une population plus âgée, avec un profil de risque différent. Enfin, quelques questions restent en suspens : l’effet protecteur de l’antibiothérapie disparaissant progressivement à l’arrêt du traitement, une administration prolongée au-delà de douze mois se justifie-t-elle ? A partir de quelle durée de traitement le bénéfice éventuel de la prophylaxie sera-t-il compensé par une augmentation des complications liées à la thérapie ? Avant que d’autres études ne précisent ces quelques points, il paraît judicieux de proposer une prophylaxie de pénicilline à petites doses aux patients présentant une récidive de cellulite, pendant au moins douze mois, une prolongation étant possible en fonction de la tolérance et de l’efficacité.