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17/11/2013
Notre existence a-t-elle un sens 16-3) Conclusion du livre "notre existence a-t-elle un sens":
Partie3: Quelle réponse à la question la plus importante qui soit?
Cette série d'articles dans la catégorie "notre existence a t-elle un sens"? est l'expression de ce que j'ai écrit dans la présentation de mon blog: "Les merveilles de la nature me fascinent. Mes réflexions: le sens de l'Univers et de l'existence. En moi, il y a deux mondes: le monde extérieur du "faire"et le monde de l'intérieur, non conscient, mais tout autant réel. Ma devise: l'essentiel, c'est l'amour, amour du sacré. Mes modèles: Jésus (l'amour),Pythagore (la mathématique), Einstein (la physique)".
Je voudrais faire partager la lecture du livre de Jean Staune, notre existence a-t-elle en sens, avec mes réflexions et les liens qu'elle m'a permis découvrir à travers internet. Ma quête est de retrouver (avec Jean Staune), le réenchantement du monde au cours des articles.
Mes articles déjà parus dans cette rubrique:
Je consulte souvent aussi: astrosurf.com -UNE INTRODUCTION A LA PHILOSOPHIE DES SCIENCES
Exergue: "Par opposition au scientisme dominant de la fin du XIXè siècle, on voit aujourd'hui de nombreux scientifiques, forts de ces nouvelles hypothèses ou de ces nouvelles théories, orienter le science vers un autre ordre de réalité, considéré désormais non plus comme concurrent, mais comme complémentaire de son domaine." Jean-Marie Pelt
wikipedia.org -Esprit quantique L'esprit quantique est une hypothèse qui suggère que des phénomènes quantiques, tels l'intrication et la superposition d'états, sont impliqués dans le fonctionnements du cerveau et en particulier, dans l'émergence de la conscience. Cette hypothèse part du principe, controversé, que la physique classique et son déterminisme ne peut totalement expliquer la conscience. Ses fondements théoriques ont été posés dans les années 1960 en sciences mais depuis ses partisans ne sont pas encore parvenus à la démontrer. Cette théorie n'en est qu'à ses débuts, elle a pourtant le soutien de Roger Penrose et de Stuart Hameroff. Karl H. Pribram et Henry Stapp ont, de leurs côtés, proposé une variante.
Nous sommes parvenus au terme de l'ouvrage de jean staune, "Notre existence a-t-elle un sens?". Ma lecture de l'ouvrage nous a fait traverser les sciences de la matière, de l'Univers, de la vie, de la conscience et même la logique et les mathématiques. Ce voyage a été fait avec un minimum de préjugés philosophiques et religieux en partant des faits qui semblent importants pour la question "l'Univers et notre existence ont-ils un sens et s'inscrivent-ils dans un projet quelconque?". Que pouvons-nous conclure après avoir vu de très nombreuses interprétations de ces faits et analysé les principales positions en dégageant celles qui semblent les plus crédibles?
Nous avons vu dans la première partie de l'article 16-1) que le XXè siècle a vécu en science un événement rare: un changement de paradigme avec l'émergence d'un nouveau paradigme (voir aussi l'article 4) Vers de nouvelles lumières). Ce qui s'est passé est inégalé depuis 500 ans, depuis le passage du monde magique du Moyen-Âge à celui de la modernité, via la Renaissance et a eu une influence sur tous les domaines de la connaissance. Dans l'article 16-2) nous avons pu voir que cela a abouti à "l'Hiroshima du matérialisme scientifique" (explicité dans le complément 15c). Nous avons alors examiné quelles sont les réactions des matérialistes?
Puis nous avons été amenés à nous poser la question: et si les cinq grands mystères ne faisent qu'un? En effet, depuis le début de mes articles il est question de cinq grands mystères qui ont été commentés et analysés:
- D'où provient l'Univers issu du big bang?
- Quelle est la nature des fondements de la réalité physique?
- Quelle est la nature de la conscience de l'homme?
- Qu'est-ce qui peut canaliser l'évolution de la vie?
- D'où provient la "déraisonnable efficacité" des mathématiques?
La conception philosophique qui pourrait permettre cette unification a été analysée dans l'article 15) (Une voie rationnelle vers le monde de l'esprit?), il s'agit du platonisme. C'est alors que s'est posée la question: et Dieu dans tout ça? En effet, l'existence d'un autre niveau de réalité dont le notre ne serait que la projection (le platonisme), n'implique nullement l'existence de Dieu. Mais on peut décrire au moins sept étapes entre les considérations décrites dans l'article 16-1) et l'existence d'un Dieu personnel capable de répondre à nos prières. Ces 7 étapes ont été décrites dans l'article 16-2) au paragraphe 3) "Et Dieu dans tout ça,". Cela pose ainsi les bases d'un rapprochement entre science et religion. Les étapes 5, 6,7 sont devenus possibles avec les nouvelles évolutions de nos connaissances mais pour le moment rien ne vient les suggérer directement. A partir de l'étape 4, on arrive dans le domaine où les pistes de mise en évidence sont plus visibles. Le principe anthropique, la possibilité que l'évolution soit orientée, la crédibilité retrouvée du dualisme, suggèrent (mais sans encore le prouver) que l'hypothèse qui est faite ici soit crédible. Maintenant, pour achever la conclusion de "ma lecture" du livre de Jean Staune, examinons les conséquences de toute cette évolution qui sont les éléments d'un rapprochement entre science et religion avant de revenir au point 3 (La réalité indépendante a-t-elle des caractéristiques qui la rapprochent d'un objet ou d'un esprit?).
1) Science et religion, les éléments d'un rapprochement.
Toutes les conceptions religieuses, qu'elles soient taoïstes, bouddhistes ou monothéistes, et qui se répartissent entre les étapes 4, 5, 6, 7 reposent sur une condition préalable: que le monde dans lequel nous vivons dans le temps et l'espace ne puisse pas complètement s'expliquer à partir de lui-même (qu'il ne soit pas ontologiquement suffisant). Or nous avons vu que cette condition et remplie, et de plus en plus, par nos connaissances objectives. En effet, Le projet même de la science classique, qui était de décrire tout le réel où nous vivons par lui-même, de montrer que notre monde est auto-explicatif, ontologiquement suffisant, qu’il est une grande mécanique aveugle bouclée sur elle-même a dû être abandonné, comme l'explique Jean Staune, avec l’émergence d’une "Nouvelle science". Par ailleurs, les faits que nous avons mentionnés renforcent l'idée que les religions ne sont pas de simples mythes. Cette évolution explique qu'on assiste de plus en plus à un rapprochement entre science et religion. A la question qui lui a un jour été posée: "Quelles sont les conquêtes de la science qui ont le plus soutenu une conception religieuse du monde?", la réponse de Erwin Shrödinger était: la relativité d'Einstein. Car l'espoir d'une vie hors du temps n'est plus absurde puisque le temps n'est plus un cadre absolu et indépassable au sein duquel tout existe. Nous avons vu que les évolutions de la physique, de l'astrophysique, de la cosmologie et des mathématiques ont considérablement confirmé et renforcé cette idée et montré que la réalité ultime n'était pas située dans l'espace-temps.
Ces nouveaux rapports entre science et religion peuvent être classés en deux approches qui correspondent aux nouveautés épistémologiques qui ont été décrites dans mon article 16-1) (voir la voie de l'incomplétude au chapitre 2 et la possibilité nouvelle de réfléchir aux questions ultimes à partir de découvertes ou de théories scientifiques). La première approche peut être qualifiée d'apophatique en référence à la théologie apophatique, qui ne nous dit pas ce que Dieu est mais ce qu'il n'est pas. Cette approche ne dit rien de positif sur la question du sens, mais elle est fondée sur des résultats négatifs qui nous disent pourquoi on ne saura jamais certaines choses comme le principe d'incertitude en physique quantique ou le théorèmes de Gödel en logique. La deuxième approche, positive, est l'analogue de la théologie cataphatique qui nous parle, elle, directement de Dieu. Il s'agit alors de recenser les faits et "symptômes de sens", qui tendent à suggérer de façon directe, sans les prouver, qu'un sens pourrait exister dans l'Univers et que nous ne sommes pas là par hasard (notre existence n'est pas un événement contingent, mais s'inscrit dans un processus). C'est ce que nous avons vu avec le principe anthropique, l'orientation de l'évolution (articles 12-1 et 12-2) , et l'hypothèse du dualisme corps-esprit qui redonne légitimité au concept d'âme.
Une contradiction apparente fondamentale existe entre ces deux écoles de pensée qui abordent de manière opposée la façon dont science et sens peuvent interagir. La première dit, à l'instar de Bernard d'Espagnat: "L'Univers est porteur de sens parce que nous ne pouvons pas le comprendre (le "dévoiler") entièrement. Parce que la science elle-même nous démontre qu'il y a un "au-delà" de ce que la science peut appréhender." La deuxième école se place dans le cadre de la pensée Einsteinienne: "l'Univers est porteur de sens parce que nous pouvons le comprendre, parce qu'il existe un lien entre notre esprit et la structure de l'Univers (ou l'esprit de son créateur."
Comment sortir de cette apparente contradiction? Michael Heller, professeur de philosophie à l'Université pontificale de Jean-Paul II à Cracovie, combine les deux démarches. D'abord comme Bernard d'Espagnat: "Est-ce que les conquêtes inouïes de la science qui révolutionnent nos représentations de la réalité (le temps inversé, l'espace déformé, les particules perdant leur individualité, mais sont en communication sans l'aide du temps ni de l'espace), ne constituent pas un signe suffisamment clair de ce que la réalité ne s'épuise pas à ce que nous pouvons voir, toucher, mesurer et peser?". Puis, à la façon d'Einstein: "Est-ce que le fait que le monde n'est pas seulement un concept abstrait, un modèle indescriptible, une équation non résolue, mais au contraire quelque chose qu'on peut mesurer, peser, toucher et éprouver n'indique-t-il pas la source originelle de l'être?" Ensuite, revenant aux arguments du type de ceux de Bernard d'Espagnat: "Est-ce que le fait que le monde se laisse néanmoins saisir en formules abstraites et en équations ne suggère pas que l'abstraction, c'est à dire la pensée, est plus originelle que le concret, c'est à dire la matière?" Et enfin Heller revient à la position d'Einstein: "Est-ce que la rationalité du monde, que présuppose, mais ne peut expliquer toute recherche scientifique, n'est pas un reflet d'un plan rationnel qui se cache dans chaque question scientifique posée au monde?"
Il est ainsi possible de voir dans notre extraordinaire compréhension du monde un lien entre l'esprit de l'homme et celui d'un éventuel concepteur de l'Univers. Mais qu'il existe un autre niveau de réalité situé hors de l'espace, du temps, de l'énergie et de la matière vient renforcer, et non contredire l'idée selon laquelle l'Univers est porteur de sens puisque nous pouvons à la fois comprendre la partie de l'Univers qui nous est accessible et où d'autres dimensions existent, susceptibles d'abriter ce qui pourrait être à l'origine d'un projet dont notre niveau de réalité serait la réalisation. On voit donc comment science et religion peuvent se rapprocher. De très nombreux savants et théologiens se sont penchés sur ces questionnements.
Dominique Laplane:
En plus de tous ceux qui ont été cités dans mes articles, on peut mentionner dans les pays anglo-saxons: Jonh Polkinghorne, Ian Barbour, Arthur Peacocke, Keith Ward, Philip Clayton, Robert Russel, Alister Mac Grath, Denis Alexander, Francis Collins, Roald Hoffmann et en France: Thierry Magnin, Pierre Perrier, Dominique Laplane, Gustave Martelet, Jean-Michel Maldamé, Guy Lazorthes, Jean-Marie Pelt, Alain Houziaux, François Euvé, Christophe Théobald, Jacques Vauthier, Dominique Lambert, Eric Bois, Jacques Goldberg, Jacques Arnould, et l'ouvrage Le savant et la foi dont les 10 auteurs sont membres de l'Académie des sciences, sans oublier l'ouvrage de Jean Guitton et des frères Bogdanov, Dieu et la science.
Par ailleurs, des centres de science et religion ont été crées au sein d'Universités prestigieuses (Oxford, Cambridge, Columbia,) et de l'Américan Association for Advancement of Science, la plus grande association de scientifiques du monde. L'Université d'Harvard a aussi créé une chaire en science et religion. Nous assistons aujourd'hui, comme il y a un siècle environ, à la naissance de ce qu'on pourrait apppeler "les implications métaphysiques de la sience contemporaine". La théologie peut aider la science à formuler certaines hypothèses qui paraissaient impensables, comme l'existence d'un autre niveau de réalité, le dualisme esprit-cerveaula vie après la mort.... et à l'inverse, la science peut aider la théologie à clarifier ses concepts. Ainsi, le concept central du christianisme, l'incarnation, est plus facile à penser quand on sait que les fondements de la matière sont "à la fois des ondes et des particules" plutôt qu'avec ce que les théologiens ont écrit depuis depuis 2000 ans si on ne veut pas adhérer à une Eglise. Ce n'est pas dire que la physique quantique soutient l'idée selon laquelle Jésus-Christ est à la fois "vrai homme" et "vrai Dieu"(comme je le crois en vérité dans ma foi), mais que l'existence d'états contradictoires généralisés dans les fondements de la matière rend cette notion plus concevable que certains débats sur le thème "Dieu peut-il avoir un fils?"
Tout en rejetant le concordisme simpliste qui prétendrait que les explications des phénomènes se trouvent dans des textes sacrés, on peut penser que certains concepts de base des grandes religions sont proches des concepts de certaines théories scientifiques récentes et que ce n'est pas un hasard. L'ouvrage de Matthieu Ricard et Trinh Xuan Thuan, "l'infini dans la paume de a main" montre la richesse de cette démarche. Nous avons vu que qu'il est probable que l'esprit humain soit en contact avec un monde des vérités mathématiques (article 15) et il n'y a aucune raison que ce contact se limite à ces vérités mathématiques. Il se pourrait que des révélations existent et que les discours de science et de la religion sur le réel puissent se rapprocher au plan conceptuel (et non bien sûr sur la plan quantitatif et formalisé qui est celui de la pratique scientifique). Mais un long chemin reste à parcourir pour que la science ait l'humilité d'admettre que le religion a peut-être accès à des niveaux de réalité qu'elle peut à peine envisager et pour que la religion ait l'humilité d'évoluer en fonction des découvertes scientifiques.
dailymotion.com -La véritable nature du réel (Document exceptionnel extrait d'une conférence à l'Ile de La Réunion par le chercheur français Frank Hatem, épistémologue métaphysicien, qui le premier dans l'histoire connue de l'humanité a expliqué la cause originelle de l'effet de matière, contenu dans le fait que tout est esprit. C'est la dualité conscience-répulsion et amour-attraction qui, là où ils se confrontent, c'est-à-dire partout, donne l'effet de limite de la vitesse de la lumière et de particule atomique.)
2) Quelle réponse à la question la plus importante qui soit?
(voir l'article 3) Comment ébaucher un "traité de la condition humaine?" chapitre 2: La question fondamentale- la condition humaine).

sagesse
Si l'évolution des connaissances redonne une crédibilité (sans toutefois les prouver) aux conceptions religieuses du monde, qui apparaissaient comme de simples contes de fées à l'époque moderne, c'est une bonne nouvelle qui réjouira ceux qui suivent ces religions. Mais pour ceux qui, et ils sont nombreux, qui ne se reconnaissent en aucune d'entre elles, quelle sera la réponse à la question que nous posons ici? Il nous faut maintenant revenir à la fin de l'article 16-2, au chapitre 3. Nous avons démontré le point 1) ("l'insuffisance ontologique" de la réalité dans laquelle nous vivons) et qu'il est probable (point 2) que l'esprit humain soit en contact avec un autre niveau de réalité, au moins en ce qui concerne la vérité en mathématiques. Ceux qui ne se retrouvent dans aucune religion sont maintenant face à la troisième des 7 étapes que nous avons décrites dans ce chapitre. Et là, ils doivent, hors de toute conception religieuse, choisir entre deux thèses formulées ainsi par Bernard d'Espagnat dans "Un atome de sagesse":
"Thèse 1: La réalité de "base", le réel voilé, la réalité-derrière-les-choses, la réalité éternelle cela est la chose essentielle.. C'est à sa connaissance et à son amour que les hommes doivent aspirer pour se parfaire;
Thèse 2: La réalité de "base" est fondamentalement inintéressante et banale. A partir de ce matériau, soit informe, soit à la limite "inexistant", L'homme doit se créer lui-même en développant sa liberté."
La première thèse implique que la réalité fondamentale soit un Ëtre, quel qu'il soit, et que notre existence a un sens, même si nous ne savons pas lequel. La deuxième thèse implique que notre existence ne saurait avoir d'autre sens que celui que nous lui donnons nous-même. Le choix est entre un néomatérialisme (on ne parle maintenant même plus de matérialisme classique) et un spiritualisme ou un non-matérialisme quel qu'il soit.
Comment Bernard d'espagnat fait-il ce choix? Comment parle-t-il de cette réalité indépendante, de ce réel voilé à priori ineffable, qu'on ne peut évoquer qu'en termes apophatiques? Il adopte une position qui rejette à la fois le scientisme, le positivisme et la position d'Einstein, position proche de celle de Michael Heller que nous venons d'analyser au chapitre 1). Il affirme dans "à la recherche du réel", que si cette réalité n'est pas descriptible, nous pouvons tout de même avoir quelques lueurs sur elle; "D'une manière vague et impossible, hélas, à préciser! Je suis donc malgré tout amené à reconnaître que les structures de la physique mathématique sont au moins un point de rencontre entre l'homme et l'être: et qu'à ce titre, elles ouvrent au premier des perspectives - lointaines et mystérieuses cependant non illusoires - vers le second." Cette démarche, est proche de notre étape 2 sauf qu'elle concerne la physique et non les mathématiques. Une fois établie l'existence vraisemblable de ce premier point de contact entre l'esprit de l'homme et la réalité indépendante, d'autres points de contact peuvent exister tels que la beauté, l'art, le sacré. D'Espagnat rejette toute conception anthropomorphique de ce être, mais il est envisageable pour lui qu'une relation puisse s'établir entre l'homme et l'Etre, qu'il traduit par l'expression "un appel de l'Etre à l'homme". Cela l'amène à considérer comme plausible le témoignage de ceux qui ont reçu de tels appels (tels des mathématiciens: voir l'article 15: Une voie rationnelle vers le monde de l'esprit?). André Comte Sponville a demandé à Bernard d'Espagnat durant le colloque organisé par La Croix en 1992: "La réalité voilée nous aime t-elle?". En fait, rien ne nous le garantit et la question, trop anthropomorphique n'a peut-être pas de sens. Mais, plus tard, Bernard d'Espagnat a affirmé que nous devrions l'aimer, cette réalité ultime, que nous devrions y admirer "la source des phénomènes, de la beauté et des valeurs et aspirer à la rejoindre tout en la sachant aussi inaccessible que l'horizon." Ainsi, même si on ne peut en connaître les caractéristiques, l'existence de points de contacts probables ou plausibles entre l'homme et elle, via la science, l'art, le sacré, la beauté, voire la mystique, nous laisse à penser qu'il s'agit bien d'un Etre et non d'une chose.
Einstein aurait lui aussi, comme D'Espagnat, choisi la première thèse. Il parlait de l'intelligence qui se manifeste à travers les lois de la nature et manifestait une religiosité cosmique qui l'a amené à dire: «La science sans la religion est boiteuse, la religion sans la science est aveugle» (voir "la religion cosmique d'Einstein". Il en est de même de nombreux scientifiques parmi lesquels on peut citer Eugène Wigner, George Wald, Lothar Schäfer, Ménas Kafatos..On peut conclure avec Arthur Eddington qui a dit: "l'étoffe même du monde est comparable à celle d'un esprit, le substrat de tout ce qui existe a un caractère mental." Tous ces scientifiques estiment que la réalité indépendante a des caractéristiques qui la rapprochent de celle d'un esprit, ce qui élimine l'option du matérialisme.
Une autre piste que ces deux thèses a été fournie par Stéphane Lupasco et Basarab Nicolescu, c'est le développement d'une logique ternaire permettant de dépasser les contradictions qui apparaissent à notre niveau de réalité comme la dualité onde-corpuscule qui apparaît hautement contradictoire dans notre niveau habituel de réalité. Mais la contradiction n'existe plus à un autre niveau de réalité, celui du monde quantique. Lupasco a développé une logique dans laquelle il y a trois états (A, non A et "T", l'union des contradictoires) et non plus deux, mais dans laquelle le troisième état, l'état "T" se situe à un autre niveau de réalité que les deux premiers. Nicolescu, lui, en a déduit une conception de la réalité reposant sur toute une série de niveaux, chacun résolvant les contradictions existant au niveau inférieur. Cette réalité est riche de sens, mais pour des raisons différentes de celles de Nicolescu. Pour luii, nous étions en danger de mort avec une pensée unique prônant "un seul niveau de Réalité horizontal, où tout tourne en rond et engendre fatalement le chaos, l'anarchie, l'autodestruction. Nous sommes en train de passer à une époque de "danger de vie", par la reconnaissance de différents niveaux de Réalité, ouvrant une dimension ontologique, verticale, multiple, polyphonique." Cette approche, qui débouche sur la transdisciplinarité, intègre le sacré: "Le problème du sacré, compris en tant que quelque chose d'irréductiblement réel dans le monde, est incournable pour toute approche rationnelle de la connaissance. On peut nier ou affirmer la présence du sacré dans le monde et en nous-mêmes, mais on est toujours obligé de se référer au sacré, en vue d'établir un discours cohérent sur la réalité... Le modèle transdisciplinaire de la Réalité jette une nouvelle lumière sur le sens du sacré. Une zone de résistance absolue relie le Sujet et l'Objet, les niveaux de Réalité et les niveaux de perception" (le tiers et le sacré, la transdisciplinarité.
Une autre démarche, plus proche du panthéisme est celle d'Henri Stapp ("physique quantique et valeurs humaines UNESCO : 20 mai 2000" et "mindfull universe". Pour lui, le caractère global, universel, holistique de la réalité peutêtre source de valeurs admises par tous.
André comte Sponville a affirmé que la physique ne peut pas répondre à la question relative à la nature de la réalité de base, mais il propose que nous options pour l'une ou l'autre solution en nous appuyant sur la science et non par un choix arbitraire (article 6 deuxième partie chapitre 4 b). Et si la science ne démontre pas l'une des deux thèses de ce chapitre, elle montre clairement une direction, celle de la thèse N°1, celle d'une réalité ultime qui soit porteuse de sens. C'est en tout cas la conclusion à laquelle arrive Paul Davies à la fin de son célèbre ouvrage "L'esprit de Dieu": "Je ne puis croire que notre existence dans cet Univers soit un simple caprice du destin, un accident de l'histoire, un incident fortuit dans le grand drame cosmique. L'espèce physique homo ne représente peut-être rien, mais l'existence de l'esprit dans un organisme sur une planète dans l'Univers est sûrement un fait d'une signification fondamentale. L'Univers a engendré la conscience de soi à travers les êtres humains. Ce ne peut être un détail anodin ou une production marginale de forces absurdes et dépourvues de finalité. Notre présence ici a un sens réel.
lemondedesreligions.fr -Dieu et la science (qu'est-ce que le réel?)
regardauvergne.com -Le réel voilé de Bernard d'Espagnat
cles.com -Le réel demeure voilé Par Patrice van Eersel
gillesguerin.com -Albert Einstein, ses découvertes et leurs conséquences au plan philosophique
halshs.archives-ouvertes.fr -La religion cosmique d‟Einstein (Michel PATY, Dr de recherche au CNRS)
halexandria.org -Lothar Schäfer (à la recherche de la Réalité divine; science comme source d'inspiration)
groupebena.org -Le réel quantique (Lothar Schäfer)
teilhard.org -Lothar SCHÄFER: physique quantique dans la pensée de Teilhard de Chardin et nouvelle vue de l’évolution biologique
librelivre.net -Physique quantique de la conscience par Menas Kafatos
wikipedia.org -Stéphane_Lupasco et la logique du contradictoire
htcybergeo.revues.org -La logique ternaire de Stéphane Lupasco
dominique.temple.free.fr -Lupasco ou la puissance de la pensée
charlatans.info -Confusion quantique, la physique moderne confirme-t-elle le paranormal ?
cles.com -Pour une logique ternaire Extraits des débats
ciret-transdisciplinarity.org -BASARAB NICOLESCU Le tiers et le sacré
scribd.com -Basarab Nicolescu, Niveaux de Réalité et non-réductionnisme - Jung, Pauli, Lupasco (problème psychophysique) barbier-rd.nom.fr -BASARAB NICOLESCU Le tiers inclus - De la physique quantique à l'ontologie caravancafe-des-arts.com -Nicolescu: l'étonnement, le monde Quantique
asmp.fr -débat (avec nicolescu) asmp.fr -Niveaux de Réalité Basarab Nicolescu
basarab-nicolescu.fr -BASARAB NICOLESCU LA TRANSDISCIPLINARITÉ
informationphilosopher.com -henri stapp le philosophe de l'information
revue3emillenaire.com -Conscience et valeurs dans l’univers quantique par Henry P. Stapp
agoravox.fr -A quoi sert la conscience humaine ? La question de l’observateur en physique. A propos de Mindful Universe, Quantum Mechanics and the Participating Observer, de Henry Stapp
Penseurs et scientifiques:jean staune Erwin Shrödinger Einstein Bernard d'Espagnat Michael Heller Jonh Polkinghorne Ian Barbour Arthur Peacocke Keith Ward Philip Clayton Robert Russel Alister Mac Grath Denis Alexander Francis Collins Roald Hoffmann Thierry Magnin Pierre Perrier Dominique Laplane Gustave Martelet Jean-Michel Maldamé Guy Lazorthes Jean-Marie Pelt Alain Houziaux François Euvé Christophe Théobald Jacques Vauthier Dominique Lambert Eric Bois Jacques Goldberg Jacques Arnould Jean Guitton frères Bogdanov Matthieu Ricard Trinh Xuan Thuan André Comte Sponville Eugène Wigner George Wald Lothar Schäfer Ménas Kafatos Arthur Eddington Stéphane Lupasco Basarab Nicolescu Henri Stapp
23/08/2013
Notre existence a t-elle un sens? 14-2) L'homme non-neuronal deuxième partie
Cette série d'articles dans la catégorie "notre existence a t-elle un sens"? est l'expression de ce que j'ai écrit dans la présentation de mon blog: "Les merveilles de la nature me fascinent. Mes réflexions: le sens de l'Univers et de l'existence. En moi, il y a deux mondes: le monde extérieur du "faire"et le monde de l'intérieur, non conscient, mais tout autant réel. Ma devise: l'essentiel, c'est l'amour, amour du sacré. Mes modèles: Jésus (l'amour),Pythagore (la mathématique), Einstein (la physique)".
Je voudrais faire partager la lecture du livre de Jean Staune, notre existence a-t-elle en sens, avec mes réflexions et les liens qu'elle m'a permis découvrir à travers internet. Ma quête est de retrouver (avec Jean Staune), le réenchantement du monde au cours des articles.
Mes articles déjà parus dans cette rubrique:
Je consulte souvent aussi: astrosurf.com -UNE INTRODUCTION A LA PHILOSOPHIE DES SCIENCES
Dans les deux articles Notre existence a-t-elle un sens? 13-1) Dur, dur le problème (la conscience 1ère partie, et Notre existence a t-elle un sens? 13-2) Dur, dur le problème (la conscience 2ème partie), nous avons vu les positions de scientifiques et de philosophes sur le problème de la conscience. Pour certains, le cerveau produit la conscience alors que d'autres pensent que ce n'est pas le cas. Nous sommes passés de positions les plus réductionnistes et matérialistes à des positions plus nuancées où le cerveau est bien plus qu'un "paquet de neurones". Quelles sont les positions les plus crédibles?
C'est ce que nous avons commencé à examiner dans l'article "l'homme non neuronal partie 1)" par des analyses qui portent non sur la vision, l'audition ou des maladies, mais sur la nature de la conscience et des questions telles que le libre arbitre ou la création de sens. Dans le chapitre 1): "Les moines tibétains sont-ils des morts-vivants?", nous avons eu la première preuve qu'il n'y a pas une identité complète entre les processus neuronaux et les états mentaux ainsi que l'affirme libet (consulter "Esprit es-tu là?"). D'après les tracés, le moine ne réagissait plus aux stimulis extérieurs, donc l'observation de son état neuronal ne permet pas de déduire son état mental, ce qui est un démenti de la théorie de l'identité entre ces deux états.
1) Libre oui, mais de dire non!
La question de l'existence du libre-arbitre est une grande question philosophique dont la science moderne avait semblé sonner le glas avec l'élimination de l'âme ou de toute entité transcendante. En effet, si en dernière analyse, nous ne sommes que des processus physico-chimiques, nos actes sont déterminés par eux. Nous avons l'impression de faire des choix en toute liberté mais cela doit être une illusion. Et cela d'autant plus que Hans Helmut Kornhuber a mis en évidence que, près d'une seconde avant qu'un sujet effectue un geste, un "potentiel de préparation motrice" apparaît dans l'aire motrice dans l'aire motrice supplémentaire (SMA), voir Fig 1). Pourtant, on n'a pas l'impression qu'il se passe une seconde entre le moment où on décide d'appuyer sur un bouton et le moment où on effectue ce geste.
1983: Expérience fondatrice de Benjamin Libet pour éclaircir la situation. Dans l’expérience, on vous place devant une horloge qui défile rapidement, et on vous donne un bouton sur lequel vous pouvez appuyer au moment qui vous plaira. La seule chose qu’on vous demande c’est de retenir le nombre indiqué par l’horloge au moment où vous prenez votre décision d’appuyer. Dans le même temps, des électrodes placées sur votre crâne suivent votre activité cérébrale. On constate (Fig 2) que le potentiel de préparation commence une seconde avant l'acte, mais que le sujet rapporte qu'il a décidé d'appuyer sur le bouton à un moment qui correspond au sommet du potentiel de préparation, environ 0,2 seconde avant l'acte. Puis l'acte a lieu (début du mouvement), une décharge de potentiel se produit, la courbe passe "sous la barre" (en négatif), signe que le geste a été effectué.
Pour l'ensemble des matérialistes "c'est la preuve que le libre-arbitre n'existe pas. Quand nous croyons avoir décidé d'appuyer sur le bouton, cela fait déjà 0,8 seconde que notre cerveau a décidé de le faire, mais nous n'en sommes pas conscients!". Mais Libet ne s'est pas arrêté là: il a identifié les potentiels de préparation avortés pour lesquels le tracé commençait de la même façon mais où l'acte n'a pas été effectué ( le tracé n'est pas descendu dans la partie négative, il est resté au-dessus de la droite de base). Si on interroge le sujet sur ce qui s'est passé, il dit qu'il qu'il a l'impression d'avoir failli appuyer sur le bouton et puis finalement, de s'y être opposé. Or, le moment où il dit avoir changé d'avis correspond au sommet du potentiel de préparation motrice (sur la Fig 1), soit 200 ms (ou 0,2 seconde) avant l'acte, dans le cas dans le cas où il appuie sur le bouton et dit qu'il décide de le faire. De plus, le potentiel de préparation se développe initialement dans les deux hémisphères, alors qu'au final une seule main bouge et, 0,2 seconde avant l'acte, il se "latéralise", il disparaît dans l'hémisphère correspondant à la main qui ne va pas bouger, alors qu'il se développe dans l'autre.
Il se passe donc bien quelque chose de fondamental 0,2 seconde avant l'acte: je "Je", le "moi" a a le choix de "laisser courir" ou de stopper des processus qui ont été commencés sans lui. Quotidiennement nous faisons des mouvements sans en être vraiment conscients, comme c'est le cas, par exemple, du mouvements de nos mains au cours d'une discussion agitée. Mais nous pouvons reprendre le contrôle en ne bougeant plus nos mains. Donc le libre-arbitre n'est pas une illusion. C'est en quelque sorte un droit de veto sur des actes potentiels que que nous n'avons pas initiés nous-mêmes. Il est plus limité que prévu et l'alcool ou les drogues fragilisent certainement ce droit en laissant nos pulsions inconscientes se manifester. Pour l'illustrer, on peut utiliser la métaphore de l'arbitre. En parlant d'un match de football, on pourrait dire (tout comme Changeux qui déclare qu'on n'est que des paquets de neurones) que c'est 44 pieds et 4 mains tapant dans un ballon et rien d'autre. Mais il y a un élément supplémentaire: l'arbitre. Il ne joue pas et ne tape pas dans le ballon, mais son rôle, c'est de laisser jouer, sauf dans les rares moments où il siffle, mais c'est un rôle essentiel (à la fin du match, c'est en général l'arbitre et non les joueurs qui prend les canettes sur la tête). Remplaçons arbitre par "âme" ou "esprit" et on peut alors comprendre pourquoi cette deuxième expérience de Libet est aussi cruciale que la première. Bien sûr on ne peut pas objectiver l'inobjectivable et on ne peut pas voir l'esprit. Mais on peut, indirectement, déduire l'existence de quelque chose qui s'impose aux processus neuronaux parce que certains potentiels de préparation avortent, tout comme on peut, déduire l'existence d'un arbitre en observant qu'a certains moments du match, les joueurs s'arrêtent tous en même temps, même si on ne le voit pas.
Quelle conclusion raisonnable tirer de ces expériences (le libre arbitre eixste-t-il?)? Chez les scientifiques et les philosophes il n'y a aucun consensus quant à leur interprétation. Pour certains comme Patrick Haggard, le libre-arbitre n’existe tout simplement pas, il affirme « We feel that we choose, but we don’t ». Pour d’autres, au contraire, ces expériences n’ont aucune valeur, "Circulez ya rien à voir!". Une position intermédiaire raisonnable c’est d’admettre que ces expériences montrent au moins que nos intentions ne sont pas systématiquement à l’origine de nos actions. Les processus inconscients jouent peut être un plus grand rôle que nous ne pouvions le penser, et la conscience d’une décision est un phénomène qui se construit au cours du processus de décision, pas à son origine. Libet a précisé, lors d'une discussion avec Jean Staune: "mon expérience est plus en faveur de l'éthique juive que de l'éthique chrétienne." Il a rajouté: "Parce que pour les chrétiens, on a péché dès que que l'on a eu une mauvaise pensée. Mon expérience montre que c'est trop demander à l'homme que de contrôler des choses qu'il ne peut contrôler. Mais en revanche, on est responsable de ses acte. Et pour l'éthique juive, on est coupable non pas à cause des pensées que l'on peut avoir, mais seulement si l'on a mal agi."
liens: wikipedia.org -Libre arbitre
2) L'homme, un animal porteur de sens.
Qu'est-ce qui différencie l'homme de l'animal? Le langage, l'utilisation des outils, l'altruisme? on retrouve ces caractéristiques chez les animaux, y compris le langage pour lequel certains chimpanzés peuvent manier certains symboles. Pour Ernst Cassirer, l'homme n'est pas seulement un être organique et spirituel, mais un être qui demande et fabrique du sens. La relation de l'esprit et du corps doit être elle-même restituée dans le champ du sens.
Une expérience montre qu'il semble que l'homme possède une caractéristique unique: Le besoin impératif que ses actes aient un sens. L'expérience a été faite pour soigner et soulager des patients ayant des crises d'épilepsie dans les deux hémisphères cérébraux. Il s'agit de séparer les deux hémisphères en sectionnant le corps calleux (faisceau d'axones, (fibre nerveuse qui correspond au prolongement long, mince et cylindrique du corps cellulaire d'un neurone) interconnectant les deux hémisphères cérébraux et constitué de 200 millions de fibres nerveuses). Un petit nombre de patients a subi cette opération qui a donné des résultats positifs. Hormis quelques bizarreries mineures de comportement, ils ont pu reprendre une vie normale. Le neurospsychologue Michael Gazzaniga, qui travaillait au début de sa carrière avec Roger Sperry, a mis au point plusieurs dispositifs permettant d’étudier les différences fonctionnelles des deux hémisphères, chez ces patients. Il a réalisé l'expérience suivante (voir le cerveau social): Un patient au cerveau sectionné (split brain) doit regarder un écran en fixant un point noir se trouvant au centre. Un capteur fixé sur ses yeux fait que s'il bouge, l'écran s'éteint. On lui demande alors de montrer de la main la carte, qui, parmi celles disposées devant lui, correspond à l'image qu'il va voir: on projette alors deux images différentes dans les deux parties de l'écran (par exemple une image représentant une voiture dans la neige devant une maison avec un bonhomme de neige, l'autre étant la patte d'un coq). Le sujet a une double réponse avec ses mains qui pointent sur deux des images disposées devant lui (par exemple une pelle à neige avec la main gauche et un coq avec la main droite). Il faut se rappeler que l'aire du langage se trouve dans l'hémisphère gauche. Or, tout est croisé chez l'homme: l'hémisphère gauche contrôle la partie droite du corps et l'hémisphère droit, la partie gauche. Le champ visuel (les deux images projetées, paysage de neige et patte d'un coq), a donc projeté dans le cerveau gauche l'image de la patte d'un coq, et le cerveau gauche a donné l'ordre à la main droite de montrer la tête du coq (une des images disposées devant le sujet). Quand on lui demande d'expliquer sa réponse, il répond: "vous m'avez coupé le cerveau en deux, mais je ne suis pas encore débile! Vous me montrez une patte de coq, je vous montre la tête." Mais si on lui dit "...mais pourquoi montrez-vous cette pelle avec votre main gauche?". Il bafouille un peu et répond "Les coqs vivent dans les poulaillers et ils font des saletés. Il faut nettoyer... par association d'idées, j'ai également désigné la pelle.". Ce n'est bien sûr pas la raison, c'est parce que le cerveau droit ayant reçu du champ visuel gauche (l'image placée devant le sujet) l'image de la voiture dans la neige, il a donné à la main gauche l'ordre de montrer la pelle à neige. Le cerveau droit, qui agit sur la main gauche le sait, mais ne peut l'exprimer. Alors que le cerveau gauche peut parler, mais ne connait pas la raison de cet acte. Il va en inventer une et y croire dur comme fer!
Si au lieu du paysage de neige on met le message "partez, l'expérience est terminée", le sujet se lève et s'en va. Et si on lui demande: "pourquoi partez-vous?", il bafouille et répond un prétexte comme "J'ai envie d'aller aux toilettes" et il en sera toujours persuadé même si on le réinterroge plus tard.
Cette expérience montre que la question du sens est tellement importante pour l'homme que lorsqu'il ignore le sens d'un de ses actes, il va en inventer un et y croire. Jean-François Lambert dit "C'est seulement quand je verrai des chimpanzés s'assembler pour débattre du sens de leurs actes et réfléchir sur leur "chimpanzéïtude" que j'admettrai que l'homme n'est pas fondamentalement différent des singes."
Mais ces expériences ont aussi d'autres implications, elles réfutent l'existence de la télépathie selon Sperry et et Libet. En effet, si les deux moitiés du cerveau ne peuvent pas communiquer entre elles, comment pourrions-nous communiquer avec un autre cerveau? Le champ de conscience (voir article 14-2 chapitre 2) de Benjamin Libet, s'il existe, a une portée très limitée. Il est engendré par les hémisphères, mais l'expérience montrerait donc que le champ produit par une hémisphère n'interagit pas avec l'autre. Mais, bien que le résultat puisse laisser penser que l'on affaire à deux "moi" qui fonctionnent indépendamment, aucun des patients au cerveau sectionné n'a rapporté le moindre "trouble du moi." Il s'agit de "moi" uniques ayant conservé toute leur mémoire et leurs habitudes (même si l'hémisphère droit ne peut parler, on pourrait, par le biais de tests de personnalité purement visuels, se rendre compte de l'émergence d'un second "moi"). Comme un "émergentiste ultra-fort" comme Libet ne semble pas pouvoir expliquer cette unicité de la personne après que le cerveau a été coupé en deux, on trouve ici un argument indirect en faveur du dualisme.
3) Le grand retour scientifique du dualisme.
Le dualisme est un terme qui a très mauvaise presse; il est fondamentalement considéré comme antiscientifique et "il doit être évité à tout prix." "Accepter le dualisme c'est renoncer" dit Daniel Dennett dans "la conscience expliquée."
Le dualisme est une doctrine posant deux principes irréductibles et indépendants, au contraire d'un monisme, qui n'en pose qu'un. En philosophie, le dualisme (philosophie de l'esprit) se réfère à une vision de la relation matière-esprit fondée sur l'affirmation que les phénomènes mentaux possèdent des caractéristiques qui sortent du champ de la physique. Ces idées apparaissent pour la première fois dans la philosophie occidentale avec les écrits de Platon et Aristote, qui affirment, pour différentes raisons, que l'« intelligence » de l'homme (une faculté de l'esprit ou de l’âme) ne peut pas être assimilée ni expliquée par son corps matériel. La version la plus connue du dualisme a été formalisée en 1641 par René Descartes qui a soutenu que l'esprit était une substance immatérielle. Descartes fut le premier à assimiler clairement l'esprit à la conscience, et à le distinguer du cerveau, qui est selon lui le support de l’intelligence. Ainsi, il a été le premier à formuler le problème corps/esprit de la façon dont il est présenté aujourd’hui. De nos jours, le dualisme est opposé à des formes variées de monismes, parmi lesquelles le physicalisme et le phénoménisme. Le dualisme de substances’oppose à toutes les formes de matérialisme, tandis que le dualisme de propriétés peut être considéré comme une forme de matérialisme émergentiste, et serait alors opposé à un matérialisme non-émergentiste.
Après l'éclipse qu'on connaît et le rejet hors du champ de la science du dualisme, la physique quantique nous met face à des choses plutôt troublantes. Nous avons vu qu'il existe des phénomènes tels que la non-localité qui ont une influence causale sur notre monde sans être constitués de matière ni d'énergie. La physique quantique nous a aussi amenés a voir que se qui existe ne se limite pas à des choses incluses dans le temps et l'espace et constituées de matière et d'énergie. Cela ne permet-t-il pas d'envisager l'existence possible d'un esprit non localisé dans le temps et l'espace et non constitué de matière et d'énergie? Depuis l'article de Becke et Eccles en 1992, rêve de Descartes(?), le principal obstacle théorique au dualisme a disparu.
Ainsi, le dualisme semble la solution la plus logique aux extraordinaires expériences de Libet (voir chapitre 2) montrant que la conscience peut remonter le temps, et donc n'est pas totalement située dans le temps. Libet n'est pas dualiste, mais il précise, dans "Mind time" que rien n'interdit l'existence d'un dualisme de type cartésien. Il faut rappeler que de nombreux scientifiques célèbres pensent que le cerveau et l'esprit sont deux choses identiques, position réfutée par les expériences de Libet tout en expliquant que le dualisme est antiscientifique (bel exemple d'illustration de la parabole de la paille et de la poutre). Mais le dualisme n'est-il pas la meilleure explication du fait que les sujets au cerveau coupé gardent une identité unique? Du fait qu'une instance peut, au moment crucial, arrêter des processus commencés inconsciemment par le cerveau et manifester ainsi l'existence d'un libre-arbitre? Du fait que l'intention de faire quelque chose peut avoir des conséquences physiques sur le cerveau et même sur le système immunitaire? Du fait que des états mentaux peuvent être radicalement différents des états neuronaux associés comme l'a montré l'expérience des moines tibétains?
Le dualisme pourrait ainsi être une voie de recherche sur la nature de la conscience humaine en regardant les faits scientifiques et uniquement eux. En général, quand on fait appel à des entités non matérielles comme l'esprit ou les archétypes, les matérialistes disent que c'est une façon de scléroser la recherche, puisqu'au lieu de rechercher une cause physique, on postule quelque chose d'invérifiable. Mais ici on peut constater que c'est le contraire! Quelles sont les recherches potentiellement riches que en progrès que l'on pourrait mener dans les sciences de la conscience?
a) Le développement de la voie ouverte par Libet à propos de la possibilité de pour la conscience de s'extraire du temps est à envisager. Une possible confirmation empirique pourrait exister: dans les cas d'urgence (accidents de voiture par exemple), des témoins rapportent que qu'un moment qui n'a duré que 3 s (j'ai vu le camion, je suis rentré dedans), a paru en durer une trentaine. Comme si la conscience sortait du temps pour se donner plus de chances de réagir.
b) Les recherches sur de nombreux cas dans lesquels se manifeste, selon l'expression de Jean-François Lambert, se manifeste "un opérateur qui ne se résume pas à la somme des opérations, e qui peut, soit arrêter des processus commencés inconsciemment par le cerveau, soit engendrer des processus physiques dans le cerveau uniquement par la pensée."
c) Les recherches sur des sujets actuellement tabous comme les expériences de mort imminente (NDE ou EMI) nous indiquent que des découvertes incroyables sur la nature humaine sont envisageables.
Vidéos à voir:
Jean-Jacques Charbonier, né en 1956 à Saint-Gaudens, est un médecin anesthésiste réanimateur connu pour ses recensions de témoignages validant selon lui l'hypothèse de vie après la mort et de l'existence d'une conscience indépendante de l'activité neuronale.
-Documentaire expériences de mort imminente (EMI ou NDE):
Le dualisme semble être l'hypothèse la plus féconde pour expliquer les données provenant des neurosciences, mais le paradigme dominant à l'heure actuelle interdit d'envisager toute réalité non physique, ce qui bloque les recherches potentiellement fructueuses, de même que dans les sciences de l'évolution (dans lesquelles des milliers de chercheurs étudient la drosophile qui n'a pas vraiment évolué depuis 50 millions d'années dans l'espoir de comprendre les mécanismes de l'évolution). Cet interdit a pourtant déjà volé en éclats dans les domaines de la physique , de l'astrophysique et des mathématiques comme nous le verrons dans l'article suivant: "une voie rationnelle vers le monde de l'esprit", domaines dans lesquels on peut découvrir un ou plusieurs niveaux de réalité hors du temps, de l'espace, de l'énergie et de la matière. Le dualisme évoqué ici diffère de la conception classique de cette notion selon laquelle conscience et matière seraient deux choses totalement séparées. En fait, ce que nous avons vu pour la physique incite à penser que la conception la plus en en accord avec nos connaissances est celle selon laquelle conscience et matière proviendraient d'une substance unique qui serait antérieure à la "scission sujet-objet" (expression de Bernard d'Espagnat) que Schrödinger a évoqué dans "l'esprit et la matière". "Il était bien placé pour mesurer tout à la fois la nécessité et le coût exorbitant de l'acte fondateur des savoirs objectifs: le retrait ou, plus précisément, l'" Elision " du sujet connaissant. Tout notre savoir s’édifie sur la scission sujet-objet: penser, parler, observer, expérimenter se fait dans l’ordre de la séparation : je me donne un objet dans un champ défini, je l’observe du dehors". "La conscience est ce par quoi il peut y avoir un sujet qui se présente et un objet représenté. par elle s'opère la scission sujet-objet. Le sujet doué de conscience se pose comme un sujet, un Je, en face d'objets. Il n'est pas dans le monde (parmi les choses), il fait face au monde et tout ce qui constitue ce monde: moi, autrui, les choses et il se met à exister comme objet de représentation". Cette substance unique serait située au-delà de l'espace, du temps et de l'énergie.
Pour conclure cet article, on peut dire que conscience et matière ne sont pas contradictoires. Elles sont complémentaires au sens de Bohr. Ce dernier, s'est confronté au réalisme d'Einstein mais il avait certainement eu l'intuition de ce dualisme de la connaissance ("Le principe de complémentarité fut introduit à Copenhague par Niels Bohr suite au principe d'indétermination de Werner Heisenberg comme approche philosophique aux phénomènes apparemment contradictoires de la mécanique quantique, par exemple : celui de la dualité onde-corpuscule. Dans sa forme la plus simpliste, il stipule qu'un « objet quantique » ne peut se présenter que sous un seul de ces deux aspects à la fois. Bohr a montré que le principe selon lequel différents aspects d'un système ne peuvent être perçus simultanément, validé dans d'autres disciplines intellectuelles, s'appliquerait désormais dans le domaine de la physique, alors qu'il était absent de la physique classique.")
Pour terminer, je conseille la lecture des articles du blog elishean.fr qui apporte un point de vue qui me semble intéressant:
Liens sur la complémentarité: wikipedia.org -principe de complémentarité
Autres liens: wikipedia.org -Dualisme_(philosophie)
prochain article: Une voie rationnelle vers le monde de l'esprit (la voie mathématique)
26/06/2012
Le désenchantement de l'homme et du monde.
"Le film Nosso Lar (Notre Demeure) est une super-production brésilienne sorti fin 2010 (pas encore diffusé en France) basée sur l’ouvrage le plus connu (ce livre constitue le premier volume d’une série de treize) du médium brésilien Chico Xavier.
De quoi parle-t-il ? Comment est la vie dans l’Au-delà (plan subtil) avec moultes détails ; ce n’est pas un documentaire, mais il est basé sur les transmissions reçues par un célèbre médium brésilien de la part d’un médecin mort au début du siècle dernier. Mais ici des images valent mieux que des paroles. Ce film est d’une beauté qui dépasse, à tous les niveaux, nos espérances. Un véritable baume pour l’âme. La vie après la mort y est très bien expliquée. L’environnement est Zen, New-Age, et futuriste…
Nos pensées et émotions qui créent à chaque instant, le pouvoir de l’amour, du pardon, du service… l’aide apportée par nos guides dès que l’on demande, la guérison énergétique, etc.
Après la scène sombre du début (dans le purgatoire) vient la lumière et le monde subtil de l’après vie'.
Je débute cette série d'articles dans la catégorie "notre existence a t-elle un sens"? ces articles sont en fait l'expression de la présentation de mon blog: "Les merveilles de la nature ma fascinent. Mes réflexions: le sens de l'Univers et de l'existence. En moi, il y a deux mondes: le monde extérieur du "faire"et le monde de l'intérieur, non conscient, mais autant réel. Ma devise: l'essentiel, c'est l'amour, amour du sacré. Mes modèles: Jésus (l'amour),Phytagore (la mathématique), Einstein (la physique)".
Je viens de terminer la lecture du livre de Jean Staune, notre existence a-t-elle en sens. Je voudrais en partager "ma lecture", mes réflexions et les liens qu'elle m'a permis découvrir à travers internet.
1) A propos de trinh xuan thuan.
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“Voir un universdans un grain de sable,
Et un paradis dans une fleur sauvage,
Tenir l’infini dans la paume de la main,
Et l’éternité dans une heure.”
- William Blake

mandala: du Big Bang à l'éveil
biographie: Trinh Xuan Thuan est né en le 20 août 1948 à Hanoï (Vietnam). Il quitteHanoi à l'âge de 6 ans. Sa famille s'établit alors à Sài Gon, ancienne capitale du Sud du pays, qui était alors séparé en deux par le 17e parallèle, conformément aux accords de Genève signés en 1954. Là, il fit des études, jusqu'au Bac, à l'école française Jean Jacques Rousseau. pour en savoir plus...
Autres liens: fnac.com/Trinh-Xuan-Thuan -tous les livres
2) Des origines au "miracle grec".
Depuis les temps les plus reculés, l'homme a essayé de conjurer son angoisse des espaces infinis en organisant progressivement l'information qu'il acquiert sur le monde extérieur en schéma unifié et cohérent. Il y a quelques dizaines de milliers d'années, l'homme vivait dans un Univers magique, animiste, peuplé d'esprits. Mais il goûta au fruit de l'arbre de la connaissance et, avec l'accumulation du savoir, l'innocence disparut. Il perçut de plus en plus la complexité des phénomènes qui l'entouraient ainsi que son impuissance face à l'immensité de l'Univers. Il y a environ 10 000 ans, l'Univers magique jusque là humain se mua en un Univers mythique surhumain sur lequel régnaient les dieux. "Les esprits se retirèrent des arbres, des fleurs et des rivières. Tout phénomène naturel, y compris la création de l'Univers était la conséquence des actions de ces dieux...Avec l'Univers mythique, la religion fit son entrée. La communication avec les dieux ne pouvait plus se faire directement, comme c'était le cas avec les esprits dans l'Univers magique, mais par l'intermédiaire d'individus privilégiés, les prêtres". Néanmoins certains évoquent des civilisations avancées il y a déjà 10 000 ans, dont albert Slosman avec sa "grande hypothèse". Même si la plus ancienne représentation du cosmos date de 3600 ans, quand, dans le petit village de Nebra en Allemagne orientale, un curieux disque de bronze est mis à jour suite à une découverte archéologique, l'ensemble de la communauté scientifique pense que la science actuelle est née au milieu du VIè siècle avant J.-C. avec "le miracle grec".
liens de ce chapitre: mystere-tv.com -Civilisation avancée 10 000 ans avant J.C. - Mythe ou réalité ?
3) De la pensée grecque au monde déterministe.

wikipedia.orgSciences grecques _ l'époque des présocratiques
*"Les penseurs grecs ont eu l'intuition que le monde pouvait être disséqué en ses différentes composantes et que celle-ci étaient régies par des lois qui pouvaient être appréhendées par la raison humaine. Il n'était plus question d'observer les phénomènes sans les comprendre, ni de s'abandonner aveuglément aux dieux. cet univers scientifique est encore le nôtre aujourd'hui".
*Avant la révolution copernicienne, on avait l'idée d'un monde clos et ordonné. C'est la vision des grecs pour qui le cosmos est le reflet de la raison, agencé par un principe divin. L'homme est au centre de l'univers et la Terre au centre du monde. Cet univers géocentrique a régné en maître pendant plus de 20 siècles jusqu'en 1543, quand Copernic délogea la Terre de sa position centrale. Alors a commencé un inexorable rapetissement de l'homme, dans l'espace et dans le temps. L'univers est devenu mécanique et déterministe avec Newton et son introduction de la loi de la gravitation universelle en 1687. En cette fin de XVIIè siècle, l'homme avait la vision la vision d'un univers infini, comme Newton, qui pensait que si l'univers avait des limites, il avait un centre. Mais la gravité devrait entraîner un effondrement de toute la matière vers ce centre, ce qui n'était pas conforme aux observations.
*Au XIXè siècle, l'homme occidental, rendu insignifiant dans ce vaste univers, aurait pu se consoler en songeant à sa filiation céleste, n'était-il pas le descendant d'Adam et Eve? Il avait perdu sa place centrale, mais il restait l'enfant chéri de Dieu. Charles Darwin ne lui laissa même pas cette consolation en montrant des origines beaucoup moins nobles, en publiant "de l'Origines des espèce" en 1959". L'univers qui s'était agrandi dans l'espace avec Copernic, s'agrandissait dans la temps, car son âge, que Newton avait évalué à 6 000 ans fut remis en question.
*Les découvertes de la fin du XIXè siècle et du XXè siècle ont continué à diminuer la place de l'homme dans l'univers. L'arpentage de la voie lactée, réduisit la taille du système solaire à un milliardième de celle de notre galaxie, mais, de nouveau, l'ego démesuré de l'homme l'amena à penser que si la Terre n'était pas au centre du monde, sûrement notre astre, le soleil, devait être au centre de la voie lactée (l'univers tout entier à cette époque). Mais patatras! Les astronomes démontrent que le Soleil n'est qu'une simple étoile de banlieue, sur le bord de la voie lactée, vers le bord du disque. C'est alors qu'en 1923, Edwin Hubble démontre l'existence d'autre galaxies, bien au-delà des limites de la voie lactée. Le cosmos s'agrandissait de plus en plus et bientôt, notre galaxie allait se perdre dans l'immensité de l'univers. Aujourd'hui, elle n'est plus qu'une galaxie quelconque parmi les centaines de milliards de galaxies qui peuplent notre univers observable.
liens: des grecs au déterminisme: fr.scribd.com -la vision grecque du monde
4) La découverte de l'univers: du Big Bang à l'homo sapiens...
Les télescopes les plus puissants, sur terre ou dans l'espace, permettent aujourd'hui de capturer la lumière des galaxies les plus lointaines situées à plus de 10 milliards d'années-lumière. Nous les voyons telle qu'elles étaient il y a 10 milliards d'années. De même, les objets situés à des distance différentes sont vus tels qu'ils étaient au moment correspondant à la distance d'observation. Ainsi, la quand nous observons la galaxie d'Andromède, située à un distance de 2 millions d'années-lumière, nous la voyons telle qu'elle était il y a 2 millions d'années et ainsi de suite. Utilisé de cette manière (voir loin, c'est voir tôt dans la passé), le télescope est une machine à remonter le temps. Nous disposons donc d'une grande fresque historique, magnifique et envoûtante.
Avec trinh xuan thuan, la science moderne pense que l'univers est né d'une déflagration fulgurante, le "Big Bang", qui a donné naissance à l'espace et au temps, il y a plus de 14 milliards d'années. Depuis, sans relâche, se poursuit l'ascension vers la complexité.
"L'univers existe depuis 15 milliards d'années. Un centième de seconde après le big-bang apparaissaient les particules atomiques, protons, neutrons, et électrons. Les noyaux de deutérium (assemblage de 1 proton, 1 neutron et 1 électron) se sont formés au bout de 1 seconde. Les noyaux d'hélium (2 protons, 2 neutrons) au bout de un quart d'heure. Puis la création va ralentir son rythme...
Les atomes les plus légers se sont formés 300.000 ans plus tard: atomes d'hydrogène(1 proton et 1 électron) et atomes d'hélium (2 proton, 2 neutrons, 2 électrons). Les nuages froids d'hydrogène et d'hélium se forment au bout de 1 million d'années.
Sous l'action de la gravitation, ces nuages se condensent et donnent naissance aux premières galaxies dans lesquelles naissent les premières proto-étoiles. Nous sommes alors 100 millions d'années après le Big-Bang.
Les étoiles et les planètes telles que nous les connaissons se sont formées au bout de 5 milliards d'années. Quant à la planète Terre, elle existe depuis 4,6 milliards d'années, soit plus de 10 milliards d'années après le Big-Bang. pour continuer l'histoire...
Ainsi, sans les étoiles et leur merveilleuse alchimie nucléaire, les éléments chimiques nécessaires à la vie et à la conscience n'auraient pu être créés. Sur la troisième planète a partir du soleil appelée Terre, la vie s'est éveillée il y a environ 3,8 milliards d'années. L'hominidé est apparu il y quelque 2,5 à3,5 millions d'années et la pensée réflexive et symbolique a surgi avec l'homo sapiens il y a 200 00ans. L'homme est capable de s'émerveiller devant la beauté et l'harmonie du cosmos et de se poser des questions sur l'univers qui l'a engendré, mais sa place s'est considérablement rapetissée. Si le calendrier cosmique où les 14 milliards d'années de l'univers étaient comprimées en une seule année on aurait la vision qui suit...
5) Le désenchantement.
Face à cette réduction de la place occupée par l'homme, a la fois dans l'espace et dans le temps, un certain désenchantement se produit. A l'époque moderne et jusqu'à maintenant, de nombreux scientifiques, ont avancé que l'émergence de l'intelligence et de la conscience dans l'univers n'était qu'un simple fait dû au hasard, qu'un accident de parcours dans la longue marche de l'univers, celui-ci n'avait que faire de notre présence: notre existence n'a aucun sens. A l'immense cri d'angoisse poussé par Blaise Pascal au XVIIè siècle: "Le silence éternel des espaces infinis m'effraie", répondent trois siècles plus tard les visions pessimistes du biologiste français Jacques Monod: "l'homme est perdu dans l'immensité indifférente de l'univers d'où il a émergé par hasard" ou celle du physicien américain Steven Weinberg: "Plus on comprend l'univers, plus il nous apparaît vide de sens".
Je partage l'avis de Trinh Xuan Thuan et de Jean Staune qui ne sont pas d'accord avec cette vision désespérante du monde. De plus en plus, les nouvelles découvertes scientifiques et leurs implications métaphysiques ré enchantent le monde malgré la domination du paradigme du "tout-économique". trinh xuan thuan nous pourquoi, à son avis: "Parce que cosmologie moderne a redécouvert l'ancienne alliance entre le monde et le cosmos. Parce que nous sommes tous faits de poussières d'étoiles, parce que nous sommes tous constitués d'éléments lourds fabriqués par l'alchimie nucléaire des astres, nous partageons la même généalogie cosmique que les gazelles des savanes et les nymphéas des étangs. Ensuite, parce que les découvertes scientifiques du dernier siècle, aussi bien en physique, en astrophysique, en biologie, en neurobiologie, en paléontologie qu'en mathématiques, ont donné une vision plus enchantée et plus exubérante du monde. Le siècle passé a bouleversé notre façon de concevoir le monde".
le désenchantement: assr.revues.org -Marcel Gauchet, Un monde désenchanté ?
6) Vers un monde holistique.
En physique, après avoir dominé la pensée occidentale pendant 300 ans, la vision newtonienne d'un univers fragmenté, mécaniste et déterministe fait place à celle d'un monde holistique, indéterminé et débordant de créativité.
L'univers newtonien n'était qu'une immense machine, composé de particules inertes, soumises à des forces aveugles. Laplace exprime ainsi le credo déterministe:
“Nous devons donc envisager l’état présent de l’Univers comme l’effet de son état antérieur, et comme cause de celui qui va suivre. Une intelligence qui pour un instant donné connaîtrait toutes les forces dont la nature est animée et la situation respective des êtres qui la composent, si d’ailleurs elle était assez vaste pour soumettre ses données à l’analyse, embrasserait dans la même formule les mouvements des plus grands corps de l’Univers et ceux du plus léger atome: rien ne serait incertain pour elle, et l’avenir comme le passé, serait présent à ses yeux”.
L'univers était enfermé dans un carcan qui lui ôtait toute créativité et lui interdisait toute innovation. Dans ce monde, le réductionnisme régnait en maître: Il suffit de décomposer tout système en ses éléments les plus simples et d'étudier le comportement de ses parties pour comprendre le tout, qui n'est ni plus ni moins que la somme des composantes. Ce déterminisme stérilisant et ce réductionnisme déshumanisant constituaient la pensée dominante jusqu'à le fin du XIXè siècle.
La mécanique quantique allait balayer la certitude déterministe, le hasard est entré (en force) dans le microcosme et elle fut remplacée par l'incertitude du flou quantique. Le réductionnisme étroit et simpliste fut lui aussi balayé et la réalité morcelée et localisée devint holistique. Le réel dans le monde subatomique devint non local et non séparable. La matière a perdu sa substance, les particules élémentaires ne sont plus des choses palpables ou des faits, mais des potentialités ou des possibilités. Une particule n'a pas d'existence intrinsèque et prend l'aspect d'une onde ou d'une particule selon qu'un appareil de mesure est activé ou non. En conséquence, la nature du réel dépend de l'observateur.
La vision de monde macroscopique a aussi été transformée. Avec la théorie du chaos, le hasard, l'indétermination et l'imprédictibilité se manifestent dans la vie quotidienne et dans le domaine du cosmos, des planètes, des étoiles et des galaxies.
Aujourd'hui, la science commence à percevoir ses limites. La question "qu'est ce que le réel?" partage la communauté scientifique. Dans leur activité quotidienne, beaucoup s'en tiennent à l'interprétation de "l'école de Copenhague" sans se positionner sur "le réel". Mais pour de nombreux scientifiques, au-delà du réel accessible aux instruments de mesure et aux méthodes d'investigation, il existe ce que Bernard d'Espagnat appelle un "réel voilé", auquel la science n'a pas accès.
Cette limite des méthodes scientifiques se retrouve dans le raisonnement logique. Gödel a ainsi démontré un théorème, "le théorème d'incomplétude". Pour simplifier, selon ce théorème, il n'est pas possible de démontrer par la logique qu'un système est cohérent en restant à l'intérieur de ce système (pour le faire, il faut sortir du système). Gödel a aussi démontré qu'un système d'arithmétique cohérent et non contradictoire contient inévitablement des propositions "indécidables", c'est à dire des énoncés mathématiques dont on ne pourra jamais dire par la logique s'ils sont vrais ou faux.
7) Que conclure de ma lecture de la préface de Trinh Xuan Thuan à "notre existence a t-elle un sens?
"Où en est-on aujourd'hui? Incertitude, indétermination, imprédictibilité, incomplétude, indécidabilité: la science sait désormais qu'elle ne peut pas tout savoir. Pour continuer le chemin et accéder à la réalité ultime, il nous faut faire appel à d'autres modes de connaissance, comme l'intuition mystique ou spirituelle, informées et illuminées par les découvertes de la science moderne".
Je partage volontiers ce avis de Trinh Xuan Thuan. La science et la spiritualité sont en effet deux fenêtres complémentaires qui permettent à l'homme d'appréhender le réel. La science se doit de reprendre sa place dans le giron de la culture humaine, après s'en être éloignée dans le passé à cause d'une vision trop matérialiste, fragmentée, réductionniste et mécaniste.
02/05/2012
Entretien avec Jean-Marie Pelt
(dans "le monde s'est-il créé tout seul?)
1) introduction
« Le monde s’est-il créé tout seul ? » "Telle est la question faussement naïve que s’en est allé poser l’écrivain et journaliste Patrice Van Eersel, directeur de collection chez Albin Michel et accessoirement membre illustre de l’Institut de recherche sur les expériences extraordinaires (INREES), aux « plus grands scientifiques de notre temps ». « Comment l’univers a-t-il commencé ? A-t-il existé de toute éternité ? Ou a-t-il démarré à un certain instant T ? (…) Qu’y avait-il avant cet instant T (…) Quelle est la place du hasard dans l’évolution du réel ? Qu’en est-il de la liberté humaine ? Sommes-nous étrangers au monde ? Sommes-nous au contraire les enfants que le cosmos attendait ? » Telles sont quelques-unes des questions qui émaillent ces entretiens parfois un peu décousus, mais toujours passionnants, symptomatiques des principaux courants de pensée qui agitent actuellement la communauté scientifique et parascientifique. Petite revue « au fil de l’eau » de l’ouvrage…"
En lisant cet article dans www.agoravox.fr, j'ai eu envie de rédiger des articles (un par interwiew) dans mon blog, pour méditer et partager ce qu'ont exprimé ces hommes plein de sagesse, de culture et de science, qui se sont exprimés dans le livre"Le monde s’est-il créé tout seul ?" sous forme d'entretiens avec l’écrivain et journaliste Patrick Van Eersell
"Grand reporter, sa curiosité inlassable le pousse sans cesse aux frontières de la connaissance. Écrivain, citons entres-autres Réapprivoiser la mort(éd. Albin Michel), qui poursuit l’enquête menée parLa Source noire (éd. Grasset), Tisseur de Paix (éd. du Relié) et J’ai mal à mes ancêtres, avec Catherine Maillard (éd. Clés / Albin Michel)".
2) Jean Marie Pelt.
Jean Marie Pelt: d’abord professeur de biologie végétale et de cryptogamie à la Faculté de pharmacie de Nancy jusqu’en 1972, il fonde en 1971 à Metz l’Institut européen d'écologie, et enseigne la botanique et la physiologie végétale à la Faculté des sciences de l’Université de Metz. (fatrasenbleu.blog50.com -les leçons passionnées de jean-marie pelt)
Dans un de ses interviews (dans terre sacrée) il est amené à dire: "Le problème, c'est le rapport complètement inadéquat avec la nature : au lieu de la jardiner avec amour, nous l'exploitons. Ce n'est pas de l'avoir labourée un jour, c'est de l'avoir brutalisée. Les premiers jardins ont été faits par des femmes, de manière toute féminine...
Ensuite on a pris des socs, puis des tracteurs, puis
d'énormes bulldozers et maintenant on casse tout. On a
droit aux technologies, on n'a pas le droit d'en faire un
mauvais usage - je suis convaincu que les dérèglements
écologiques viennent d'un profond désintérêt pour la terre. Le fait de ne pas l'aimer, tout part de là".
Jean-Marie Pelt est un homme multidimensionnel, tout à la fois scientifique rigoureux, connaissant bien le monde des laboratoires, écologiste de la première heure, citoyen responsable (il est adjoint à la mairie de Metz), poète contemplatif devant la beauté du monde, chrétien profondément oecuménique et Européen convaincu. Ce lecteur de la Bible, aussi très sévère avec les intégristes en appelle au retour de l'intuition créatrice dans les labos et de l'humilité mystique dans les religions..
J'ai été séduit par cette symbiose entre le sacré, la science et l'amour de la nature, c'est pourquoi j'écris ce premier article en donnant ma lecture de l'interview de Jean-marie Pelt.
3) L'entretien avec Jean-Marie Pelt: cles.com/entretiens/article/le-monde-s-est-il-cree-tout-seul
Dans "ma lecture" du livre "Le monde s'est-il créé tout seul?", je résume la question puis j'exprime ce que j'ai retenu de la réponse, en ajoutant éventuellement mes commentaires.
"Distinguons bien science et spiritualité. Le scientifique en moi exige des preuves rationnelles. Le mystique pense qu'un atome qui en attire un autre, c'est déjà de l'amour!" (Jean-Marie Pelt)
a) PVE: "Le monde s'est-il créé tout seul? ..."
JMP: "Je dirais que c'est là une question à laquelle la science a du mal à répondre, parce qu'elle relève, en partie au moins, de la philosophie. C'est la fameuse question de la "cause première" qui a tant agité les philosophes. C'est aussi une question qui frôle la métaphysique. Quand on évoque la cause première, on évoque aussi "les fins dernières". Donc, on est dans un domaine où la science n'est plus toute seule à apporter des réponses..."
A voir à ce sujet mon article dans mon blog: au commencement du temps 4-1)
Au voisinage du mur de Planck et à fortiori avant, les lois de la physique, dans le meilleur des cas, se transforment, et au pire, s'effondrent. La singularité garde tout son mystère. Les physiciens n'ont pas la moindre idée (actuellement) de ce qu'elle est.
Avis d'Etienne Klein, ancien élève de l'École Centrale, titulaire d’un doctorat en philosophie des sciences, directeur de recherches au CEA, dirige actuellement le Laboratoire de Recherches sur les Sciences de la Matière, installé à Saclay:
"on ne peut expliquer l'Origine de quelque chose en invoquant autre chose. On n'exprime l'être que par l'être et pas par du devenir. Si on dit qu'à l'Origine il y avait déjà ceci ou quelque chose, on n'explique pas l'Origine, sauf à invoquer que la chose a toujours été là, donc qu'il n'y a pas d'Origine. En fait, pour lui, la science ne peut dire que deux choses:
a) Il n'est pas prouvé que l'Univers a eu une Origine, qui serait le transit qui fait passer de l'absence de toute chose à au moins une chose.
b) Il n'est pas prouvé que l'Univers n'a pas d'Origine.
Nous y trouvons au chapitre 2) Le graal de la physique?
Le domaine de la connaissance qui touche à cet instant zéro est presque totalement inconnu. Les ténèbres les plus épaisses, les incertitudes les plus grandes y règnent sans partage. Au fond, un ne sait rien en dire, ce qui explique la prudence d'Etienne Klein. Stephen Hawking peut lancer ce rappel à la réalité: "demander ce qui s'est passé avant le Big Bang revient à chercher un point qui se trouverait à un km au nord du pôle Nord!". Un des blus brillants physiciens de notre époque, Alan Guth, qui a mis au point la célèbre théorie de l'inflation cosmique, répète lui aussi, sur un ton vaguement résigné: "L'instant de la création reste dans les ténèbres". Ces ténèbres, insensibles à la lumière venue du dehors, commencent là où s'arrête brutalement notre réalité physique: sur le mur de Planck, là où nos puissantes théories (la relativité, la mécanique quantique), s'effondrent l'une après l'autre. .
Mais, mesurant l'abîme à franchir, Isabelle Stenger, philosophe des sciences et professeur à l'Université libre de Bruxelles fait remarquer qu'il s'agit peut-être là du "graal de la physique(?)". Auteur avec Ilya Prigogine de plusieurs ouvrages consacrés, entre autres, à la grande question du temps, elle ira, disent les frères Bogdanov, jusqu'à écrire dans un article publié en 2004 dans les annales de l'institut de philosophie de l'université de Bruxelles: "Les frères Bogdanov étaient bel et bien convaincus après tant d'autres qu'ils voyaient se dessiner le graal physico-mathématique dont la quête définit la gravitation quantique."
"C'est cette conviction (ou cette illusion?) de frôler quelque chose de brûlant n comme un secret ultime, qui me pousse moi aussi à aller de l'avant au-delà du mur de Planck. Il est vrai que la dimension très mathématique de cette quête jalonnée d'équations et de calculs explique sans doute aussi l'attitude de la majorité des physiciens, pour qui, en l'absence de repères matériels, il est vain, absurde même de s'interroger sur ce qui a pu se passer avant le Big Bang?"
b) PVE: "Dans "Après nous le déluge"?, que vous avez cosigné avec Gilles-Eric Séralini, vous commencez par un exposé enthousiaste sur le miracle, mathématiquement hallucinant, de la vie sur la Terre. Vous rappelez que la probabilité pour qu'une vie biologique émerge quelque part dans l'Univers était infiniment petite et qu'il a fallu un extraordinaire concours de circonstances pour que nous habitions, par exemple, détail rarement cité, une planète penchée sur le plan de l'écliptique, qu'une lune bien placée et de taille ad hoc stabilise dans cette inclinaison -sans quoi, la planète serait soumise à des sauts et tremblements rendant une vie complexe impossible. Seriez-vous partisan du principe anthropique?
JMP: "Il y a deux versions à ce principe. Le principe anthropique faible, c'est l'idée que les lois de la physique sont agencées de telle sorte que nous étions productibles, que nous pouvions être là. Je suppose qu'une large majorité de scientifiques le pensent.Mais c'est une tautologie, puisque si ces dites lois de la physique avaient été différentes, nous ne serions évidemment pas là pour en parler"
Le principe anthropique fort, lui, introduit la notion d'une volonté au départ, qui entrevoit, à la fin d'un long processus, l'existence de l'homme.Là, je suis un peu gêné par le fait que l'on laisse entrer dans la science l'idée de finalité, c'est à dire que l'on prétende pouvoir scientifiquement donner un sens à l'Univers. Je ne dis pas que l'Univers n'a pas de sens, mais cette idée, je la ressens plus dans la métaphysique que dans la science. Donc, non, je ne dirais pas que je suis un adepte du principe anthropique fort...
Maintenant, si j'introduis l'idée d'une volonté créatrice, je parle alors de mes convictions spirituelles... Je suis probablement le seul scientifique croyant chrétien de cet ouvrage. Je mesure à quel point c'est une position difficile dans la science, surtout en France. La science a toujours été très tentée par le scientisme et par un rationalisme exacerbé, où l'on considère qu'être croyant, c'est automatiquement être obscurantiste. Cela me choque d'autant plus que, adhérant par exemple à l'Êvangile de Jean, je me sens un homme de lumière. Chez saint Jean, il y a une foi profonde dans le Christ ressuscité, qui est la Lumière face aux ténèbres. Or il s'est produit une retournement tout à fait étonnant du vocabulaire, puisque désormais, c'est celui qui est croyant qui est jugé obscurantiste, donc du côté des ténèbres. (dinosoria.com _jesus_christ, bible.catholique.org: evangile-selon-saint-jean/3264-chapitre-1)
liens: Principe anthropique
c) PVE: En temps que croyant chrétien, vous adhérez à ce qu'enseigne la Bible?

Family Bible, 1859
JMP: "Oui, mais là, je m'empresse tout de suite de dégoupiller une autre grenade que vous me lancez, quant à la manière dont on lit la Bible. C'est toute la bagarre entre le créationnisme et le darwinisme. Pour moi, la Bible n'est pas un livre scientifique.C'est un livre qui "fait sens"... On se trouve un peu dans la situation de quelqu'un qui lit une fable de La Fontaine. Il sait bien que les animaux ne parlent pas entre eux. Il ne nous viendrait pas à l'idée de prendre cette histoire à la lettre. En revanche, à la fin de la fable, il y a une morale...Dans ma lecture de la Bible, c'est ce sens qui m'intéresse. Je suis donc aux antipodes des créationnistes, qui sont des adultes demeurés en enfance.
Les quatre sens de l'Ecriture: En herméneutique judaïque et chrétienne (école scolastique), la doctrine des quatre sens de l'Écriture désigne les quatre sens selon lesquels on peut interpréter les Écritures :Peshat, Remez, Drash, Sod (dans la tradition judaïque). historique, allégorique, tropologique, et anagogique (dans la tradition chrétienne).
Le sens de la Bible: 1. Lire l'événement 2. L'exégèse historique 3. L'exégèse sociologique 4. L'exégèse psychologique 5. La lecture liturgique 6. Le texte polyvalent ? 7. Les divers sens de l'Ecriture 8. La linguiste actuelle 9. Le Lecteur de l'Ecriture 10. Critères de l'Ecriture
kabbale.org: clés de lecture, une quête du sens. Pour les kabbalistes, il existe toujours un sens sous le sens. Chaque interprétation différente d'un texte correspond à un sursaut de conscience vers plus de compréhension, jusqu'à atteindre le Sens, union avec l'esprit même de celui qui traça les mots. Dans ce processus de connaissance, la forme peut revêtir une importance cruciale. Il est même possible d'imaginer un ouvrage dont seules les variations de l'épaisseur de l'encre sur les pages fourniraient un message. Ces considérations visent un but commun : relativiser sa perception du réel, multiplier les regards pour espérer mieux voir.

Frontispice du livre de la Genèse : In principio...
d) PVE: "Une Françoise Dolto aurait été d'accord avec vous, elle qui dans son Evangile au risque de la psychanalyse suggère que le livre de la genèse - l'histoire de la création du monde en sept jours - doit être lue comme s'adressant à des enfants, ou à des adultes enfants".
JMP: "En tant que lecteur moderne de l'Ecriture, je reçois le livre de la Genèse comme ce qu'il est, c'est à dire comme un texte écrit par des hommes exilés en Mésopotamie, six siècles avant Jésus Christ, et très malheureux de ne pas être à Jérusalem. Dans ce contexte là, ils décident de rédiger un morceau de bravoure en l'honneur de leur dieu,qu'ils hissent tout de suite au sommet pour en faire le chef suprême...ils nous expliquent que leur dieu est le créateur du monde...Et c'est assez réussi puisque leur texte est encore l'un des plus grands best-sellers mondiaux, deux millénaires et demi après! Mais encore une fois, dans ce texte, ce qui m'intéresse, c'est le sens profond. Cela dit, attention, le créationnisme est une tentation...Je pense que fondamentalement, l'ouverture appelle l'ouverture, et que la fermeture appelle la fermeture. J'adhère à ce que me dit l'homme de l'Êvangile, à ses récits, dont je reçois la substantifique moelle, dans l'ouverture de l'autre".

le zodiaque de Dendérah
Je renvoie à ici à mes articles dans la catégorie "la grande hypothèse", et en particulier à la grande hypothèse 11) l'éternité n'appartient qu'à Dieu:
I) Préambule à l'article:
La Bible est présente parmi les grands mythes de l'humanité, mais le mythe de l'Atlantide représente beaucoup pour moi.
Je l'ai découvert en lisant les livres d'Albert Slosman, la grande hypothèse, le trilogie des origines (le grand cataclysme - les survivants de l'Atlantide - ...et Dieu ressuscita à Dendhéra), la vie extraordinairede Pythagore, Moîse l'Egyptien. Dix livres étaient prévus après Moîse, mais cette série a été interrompue par la mort de Slosman en 1981. Le dernier livre que Slosman avait prévu devait s'intituler l'Eternité
Dans les autres publications, on trouve l'astronomie selon les Egyptiens, le livre de l'au-delà de la vie et le zodiaque de Dendhera.
Ma lecture de "La grande hypothèse" va porter surtout sur le grand cataclysme qui est sans doute une autre façon de voir le Déluge de la Bible. Je crois que tous les grands mythes de l'humanité parlent de ce qui a dû être une catastrophe naturelle que la terre aurait subi il y a 14000 ans selon Slosman. Les 3 grandes pyramides d'Egypte et le Sphinx seraient selon lui un témoignage des survivants de ce évènement à l'adresse des générations futures et un avertissement qui a un écho particulier aujourd'hui où on parle de plus en plus de fin du monde. L'émission de la chaîne 4 (apocalypse en 2012) est significative à cet égard.
De "la grande hypothèse", le Figaro écrivait alors: la "construction qui s'accomplît devant nous est peut être un des évènements de notre temps". Et Slosman le définissait ainsi: "c'était en définitive une histoire du monothéisme des origines à la fin du monde que j'étais en train d'écrire, en voulant démontrer que le Dieu des chrétiens était le même que le Créateur originel. L'éternel était Yahvé, mais aussi Ptah. Dieu était celui de Jésus, de Moise, d'Abraham mais aussi d'Osiris. Et ce Dieu Un avait déjà été l'unique créateur de la Création, celui qui inspira la Loi à ses créatures! A chaque ère céleste correspondait un Fils de Dieu, un Messie".
"C'est une Histoire du monothéisme des origines à la fin du monde que j'étais en train d'écrire, en voulant démontrer que le Dieu des chrétiens était le même que le Créateur originel. L'Eternel était Yahvé mais aussi Ptah. Dieu était celui de Jésus, de Moise, d'Abraham, mais aussi d'Osiris. Et ce Dieu Un avait déjà été l'unique Créateur de la Création, celui qui inspira la Loi à ses créatures. A chaque être céleste correspondait un Fils de Dieu, un Messie". Albert Slosman
Sommaire de mes messages:
9 partie 1) L'ère du Bélier: Moïse le rebelle
9) compléments L'ère du Bélier, compléments sur la vie de Moïse
9 partie 2) Et Dieu oublia l'Egypte (Cambyse le fou)
10 partie 1) L'ère des Poissons: Jésus le Christ (la naissance)
11 partie a) Ce que j'ai vu et compris -
11 partie b) Pour notre temps
d) PVE: "Et cette coexistence de deux discours ne vous gêne pas en tant que scientifique?"
JMP: "Mais pas du tout!...Je crois que je suis un vrai scientifique. J'insiste sur ce point parce que nous sommes à une époque de grande confusion, où des tas de gens s'imaginent que qu'on ne peut pas être scientifique et croyant à la fois. Alors ce sont des domaines distincts. La science doit nous permettre de mieux comprendre comment la nature fonctionne...indépendamment de toute croyance. Ma foi, elle, répond aux questions ultimes, aux causes premières et aux fins dernières, sur lesquelles la science n'a pas de discours à tenir... Beaucoup de gens n'y comprennent plus rien. Ils ne savent plus s'il faut croire ce que disent les scientifiques ou ce que disent les curés. Les curés n'ont pas suffisamment fait la révolution copernicienne qui consiste à s'exprimer comme je le fais je parle de la base, de ce qui est enseigné aux aux enfants, pas des élites de la théologie. Quant aux scientifiques, ils pensent qu'en dehors de l'objet de leur science, il n'existe rien, comme si le matérialisme était dans la nature des choses...Personnellement, je me situe entre ces deux pôles. J'appartiens aux deux".
e) PVE: "Concernant les créationnistes et les darwiniens, ne trouvez-vous pas que le débat "Dieu contre Darwin", régulièrement relayé par les médias, sent le piège manichéen? Ou vous êtes matérialiste athée, ou vous appartenez au camp des demeurés, pas d'autre choix!
JMP: "C'est ce que j'appelle un débat tronqué. D'abord il y a d'innombrables variétés de créationnistes...jusqu'aux adeptes du fameux mouvement du "Dessein intelligent", dont on a beaucoup parlé. En face, les darwiniens nous posent un problème de pure linguistique. Car, dans la darwinisme, on met à la fois l'idée d'évolution et les processus par lesquels Darwin explique celle-ci...
1) le fait de l'évolution, auquel il est raisonnable d'adhérer et auquel j'adhère évidemment -même si des questions se posent...

Mimétisme orchidée
2) Les mécanismes de l'évolution, ce qui est tout à fait autre chose: comment ça marche? Quand on dit "darwinisme", on vent à la fois l'évolution et et le modèle d'explication.
Or, sur les mécanismes de l'évolution, je ne suis pas du tout convaincu que cela se passe "seulement" comme le pensent les darwiniens, par des mutations aléatoires triées par sélection naturelle. Je crois que ce n'est qu'une partie de l'explication, une partie essentielle, très pertinente, mais une partie tout de même...Mais à côté de ce mécanisme, il y en a certainement d'autres. Par exemple le mimétisme, qui pourrait correspondre à certaines des hypothèses du britannique Rupert Sheldraque, qu'on devrait creuser. En tant que botaniste, je suis confronté à des phénomènes de mimétisme époustouflants, quand une orchidée se déguise en insecte, prend le parfum de l'insecte, dispose ses poils comme ceux de la femelle de l'insecte, pour attirer l'insecte mâle, qui se trouve irrésistiblement attiré, se pose, s'agite, copule... Supposer que ce leurre soit apparu par le jeu du hasard même savamment baptisé "coévolution" m'interroge". (voir sheldrake.org/homepage- et la résonnance morphique)
En fait, Le débat sur le dessein intelligent fait encore rage comme on peut le voir dans: staune.fr Dessein-intelligent-le-debatl (dont voici quelques extraits).
Les créationnistes et les partisans du « Dessein intelligent » suscitent depuis quelques années de vives réactions de la part des mouvements rationalistes, qui les accusent de défendre leur foi en se parant des allures de la science.Face à cette polémique, certains scientifiques, tout en s’opposant aux thèses créationnistes, affirment qu’il est légitime pour des hommes de science de se poser des questions métaphysiques...
Pour sa part, Trinh Xuan Thuan est frappé par l’unité qui caractérise l’univers : « Aristote pensait que le ciel et la terre obéissaient à des lois physiques différentes. Puis Newton a unifié ces lois au XIIe siècle avec la gravitation universelle. Au XXe, Maxwell unifie l’électricité et le magnétisme, qu’on pensait de natures différentes. Au XXe siècle, Einstein a unifié le temps et l’espace ; et l’on pense désormais que les 4 forces fondamentales ne sont en fait qu’une seule et même force à l’origine »...
Pour Trinh Xuan Thuan, cette position est acceptable (la séparation des deux registres scientifique et religieux), mais « l’être humain forme un tout », ajoute-t-il. Ce n’est pas par hasard que l’humanité a toujours été préoccupée par des questions de nature religieuse ou spirituelle. Manifestement, le « matériel » ne lui suffit pas. »...
En cosmologie et en astrophysique, la question d’un univers « conçu » par une intelligence supérieure anime un véritable débat scientifique, distinct de la thèse du Dessein intelligent. Mais il y a là encore une confusion, car le terme utilisé est le même en anglais : Design. La réflexion est centrée sur le « principe anthropique », à savoir l’idée que les constantes de l’univers sont précisément réglées pour l’apparition de la vie puis de la conscience. Tautologie ! affirment les athées. Nous sommes là, donc il faut bien que l’univers soit réglé d telle façon que nous existions, ce qui n’implique pas l’intervention d’un principe créateur. Mais il ne s’agit là que de la « version faible » du principe anthropique.
L’intuition d’un univers organisé
Dans sa version forte, « il exprime l’idée qu’il y a tout de même un réglage très fin dès le début de la formation de l’univers, explique Trinh Xuan Thuan . L’univers est régi par une quinzaine de constantes ; si l’on change un tant soit peu les choses, les étoiles ne se forment pas, et, puisque nous sommes tous « poussières d’étoiles », la vie ne peut apparaître car elle a besoin de la complexité des éléments lourds formés dans les étoiles. Personne ne discute ce fait. Par exemple, la densité initiale de l’univers est réglée à un facteur 10-60 près. On peut comparer cette précision à celle d’un archer qui atteindrait une cible de 1cm2 située à l’autre bout de l’univers, soit 14 milliards d’année-lumière. Mais la notion de principe anthropique est trompeuse, car elle dit que l’univers tend vers l’homme. Je préfère parler de « principe de complexité ». Pour reprendre les mots du physicien Freeman Dyson, « c’est comme si l’univers savait dès les premières secondes après le Big-Bang que la vie allait apparaître ». Je pense que l’univers tend vers la vie et la conscience, et qu’il a du sens parce que nous sommes là pour l’observer et appréhender sa beauté harmonique. Mais j’insiste sur le fait qu’il s’agit là d’un pari métaphysique, et non d’un strict raisonnement scientifique »
En anglais on parle de « finetuning », réglage fin, si fin qu’il semble résulter d’une intention.
f) PVE: "Si cela se produisait vraiment par hasard, cette orchidée aurait eu besoin de milliards de fois plus de temps"?
JMP: "Il aurait surtout fallu que l'idée finale soit là, à l'avance, pour que les variations aillent dans le bon sens! Il aurait fallu... que l'orchidée ait un "projet" qui se projette dans un temps lointain, pour qu'elle sélectionne les mutations qui lui permettront d'aller là-bas. Mais alors, ce ne serait plus du hasard. Donc, le modèle darwinien sur les orchidées mimétiques ne marche pas...
Ensuite, il y a ce qu'a dit le vieux Lamarck, que le jeune Darwin a détrôné. Lamarck pensait que si les girafes ont un long cou, c'est que leurs ancêtres ont beaucoup tiré dessus...Darwin a inversé la logique: le long cou, aléatoirement survenu, a donné un avantage aux girafes qui, par hasard, se trouvaient vivre près de feuillages haut perchés. Sans doute dans ce cas, Darwin a-t-il raison? Pour autant doit-on brûler Lamarck? A-t-il tout faux? Je n'en suis pas sûr.
g) PVE: "Boris Cyrulnik dit que les idées de Lamarck ont plutöt à remonter actuellement..."
JMP: "Il a raison. Il y a chez Lamarck une part de vérité, si bien qu'on pourrait dire que le père du transformisme c'est lui. Mais on peut remonter plus loin. J'étais récemment au tricentenaire de Buffon: déjà à son époque, donc avant la révolution française, cet homme avait des intuitions de transformisme. Buffon a écrit des choses presque identiques à Darwin sur les oiseaux, notamment qu'ils avaient des ancêtres communs...Et bien sûr que la Bible n'expliquait rien de tout cela, pensait-il".
les théories de l'évolution: un bicentenaire. Si 2007 marquait le tricentenaire de Linné et de Buffon, 2009 est « l'année Darwin » puisque l'auteur de l'Origine des espèces, publiée il y a cent cinquante ans, est né en 1809. On pourrait bien célébrer aussi Lamarck, dont l'ouvrage le plus réputé, Philosophie zoologique, date de cette même année 1809. Cependant, si Charles Darwin est crédité, à juste titre, de l'importance donnée au hasard et à la sélection naturelle, Lamarck reste associé au concept d'hérédité des caractères acquis et, par cette injustice, on oublie qu'il fut d'abord l'auteur de la première théorie évolutionniste (au sens strictement scientifique du terme) par opposition au fixisme. Sans renier la génétique moderne, on peut donc fêter 2009 comme le bicentenaire de l'évolution biologique !
liens: monblogdereflexions.blogspot.fr -le-paradigme-de-la-complexite (voir d'autres liens)
h) PVE: "ce qui n'empêche pas que Darwin était génial".
JMP: " certes, et il n'était pas du genre à suivre la catéchisme de stricte observance! Tout au long de sa vie, il n'a cessé de se poser des questions sur son modèle. Alors que les darwiniens purs et durs ne doutent de rien. Cela ressemble parfois à de l'intégrisme...Les vrais chercheurs scientifiques ne fonctionnent pas ainsi. Tout ce que nous venons de dire relève de la logique du cerveau gauche, qui nous pousse aux limites de nos déductions, ou de nos inductions. Je pense, comme le professeur Lucien Israël que, pour mener à bien une spéculation, il faut aussi laisser travailler l'hémisphère droit, qui est celui de l'intuition, des affects de la sensibilité. L'intuition joue un rôle essentiel en science. Je suis frappé et inquiet de voir combien, poussés par la nécessité d'avoir des résultats rapides,de publier vite, beaucoup de scientifiques finissent par avoir une approche mécanique de la biologie moléculaire...Elle n'a pas fait sa révolution copernicienne".
i) PVE: "Que voulez-vous dire?".
JMP: "En particulier, qu'elle (la biologie moléculaire) n'a pas pris en compte l'aspect vibratoire des molécules, ce qui est incroyable. Elle est en contradiction complète avec la physique quantique, et du coup en retard. Un retard qu'elle ne comble pas, parce qu'elle a une vision mécaniste...Parfois, je me dis qu'il faudrait (leur) rappeler que dans son petit appartement de Trinity College, le grand Newton avait des transes! Les fameuses lois de la science moderne, il ne les a pas élaborées par des raisonnements déductifs, mais par des intuitions extrêmement fortes, quand il se trouvait dans un état second...Einstein aussi a raconté que, quand il a eu l'idée de la relativité, ce fut par une sorte de révélation, où il a vu des images colorées s'imposer à lui, comme si elles lui avaient été données...La créativité en sciences, ce n'est pas seulement faire comme tout le monde, pour avoir des crédits et un public. Il s'agit de faire fonctionner, ou plutôt de laisser fonctionner les deux parts de son cerveau.
Reprenons Darwin un instant. A la fin de sa vie, il avait deux soucis. Le premier, c'est d'avoir fait tant de peine à sa femme en affirmant que Dieu n'existait pas...Et son deuxième souci, c'est qu'il était devenu sec comme un désert, ne comprenant plus rien à l'art, à la poésie, à la musique, à rien de ce qui est véhiculé par l'hémisphère droit. Il s'était complètement gauchisé dans son cerveau. Et moi, je regrette terriblement que la science actuelle soit devenue comme cela...L'hémisphère gauche sait surtout reproduire des systèmes simples, compter, numériser, classer...Or, quand ce type de fonctionnement s'empare, par exemple de l'ADN, cela donne la logique des OGM. Je repère un gêne, je l'isole...parce que la vie est tout à fait compliquée et que cela ne marche pas ainsi. L'approche purement mécaniste produit la technologie que nous voyons. Je suis en vive réaction contre ce qu'on appelle aujourd'hui la technoscience, dont je ne suis pas sûr qu'elle va libérer l'homme. Je pense au contraire qu'elle va l'asservir et que nous allons devenir des robots".
Lien sur Newton dernier magicien: ours.courageux.pagesperso -Newton n’était pas le premier au siècle de la Raison, il était le dernier du siècle des Magiciens

La malle de newton
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biodiversité
j) PVE: "Votre pessimisme ne vient-il pas du fait que vous êtes aussi un écologiste?".
JMP: "Certainement. L'écologie est portée par une démarche beaucoup intuitive que déductive. Car, la vie n'est pas linéaire. Elle est dialectique, yin et yang. Et puis, il y a un grand mystère écologique en biologie, c'est la biodiversité, dont tout le monde sait aujourd'hui qu'elle nous est vitale et que le réchauffement la détruit. Or le paradoxe confondant, on n'enseigne plus les plantes et les animaux dans les universités. Plus on parle de biodiversité, moins il y a de gens capables de reconnaître les plantes et les animaux qu'il faut protéger. Il y a là une incroyable contradiction...Tout le monde travaille exclusivement sur le gêne. Et moi, le "tout-gêne" me gêne. Parce que la biologie n'est pas que cela. C'est plein d'autres choses que l'on va découvrir".
k) PVE: "Vous dites que la biologie moléculaire n'a pas fait sa "révolution copernicienne", qui serait d'intégrer la physique quantique, en "amont d'elle" (dans la classification des sciences selon Auguste Comte), faites-vous allusion à la manière que nous avons aujourd'hui de cultiver le terre, suivant la méthode du Baron Von Liebig, père de l'industrie des engrais, qui croyait qu'il fallait mécaniquement restituer à la terre, au gramme près, les éléments chimiques que les plantes y avaient pompés? ...on a oublié que la terre avait aussi besoin d'humus et de fumier, qui sont des systèmes beaucoup plus complexes.
JMP: "Bien sûr...Le phénomène Liebig est tout à fait d'actualité avec nos questionnements sur l'agriculture. Mais il faut se souvenir qu'à la fin de sa vie, Liebig était un peu comme Darwin. Il a pensé s'être trompé...il revenait au fumier comme une sorte de précurseur de l'agriculture biologique. On l'ignore totalement: le baron Justus Von Liebig s'est rétracté! Or toute l'énorme industrie agrochimique mondiale est fondée sur ses travaux!"
l) PVE: "Revenons à notre naïve question de départ: le monde s'est-il créé tout seul? Depuis quelques décennies ont fleuri toutes sortes de théories de l'auto-organisation...Je pense notamment à Ilya Prigogine et à ses structures dissipatives, qui montrent comment, dans certaines conditions, le chaos engendre spontanément de l'ordre. On n'est plus ici dans une approche mécaniste et linéaire. Ces théories ne peuvent-elles pas réussir à expliquer le monde? Mais...les théoriciens de la physique quantique n'ont-ils pas abouti à l'idée que le réel était décidément impossible à "coincer" par une approche scientifique, ou même par un système de connaissance quelconque? Ce serait alors le théorème de Gödel qui dit vrai: tout système contient forcément au moins un élément indémontrable...
JMP: "Les deux sont vrais. Il est indéniable qu'il y a de l'auto-organisation à l'oeuvre à tous les niveaux. Mais...il y a une zone de mystère qui enveloppe le tout...tout n'est pas entièrement révélé à nos capacités de comprendre. Je suis sensible à la phrase de Saint-Paul sur le miroir un peu voilé, qui fait qu'on ne voit pas tout (Saint Paul, dans l'épître aux corinthiens, mentionne le miroir qui peut faire progresser la connaissance de soi-même ; je vous en livre le passage :« La charité ne périt jamais. Les prophéties prendront fin, les langues cesseront, la connaissance disparaîtra. Car nous connaissons en partie, et nous prophétisons en partie, mais qu'en ce qui est parfait sera venu, ce qui est partiel disparaîtra. Lorsque j'étais enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je résonnais comme un enfant ; lorsque je suis devenu homme, j'ai fait disparaître ce qui était de l'enfant)....Quand j'étais jeune scientifique, hyper-mordu par la science, je pensais que celle-ci finirait par tout éclairer...Aujourd'hui, je ne dirais plus ça. Je ne sais pas s'il faut s'en référer au théorème de Gödel ou à d'autres, mais je pense que la science est par nature enfermée dans des présupposés que lui impose la finitude humaine (Jacques Arsac écrit: Peut-être parce que je suis un scientifique, imbibé de culture scientifique, je suis très sensible à l'idée de l'infini de Dieu. Que Dieu soit infini, cela me paraît évident. S’il n’était pas infini, il pourrait y avoir un plus grand que Dieu). Et que celle-ci impose, puisque la science est produite par l'homme, une non-finitude de la science. On ne peut pas sortir l'infini du fini...Je pense que l'homme est un être fini, qui devrait être beaucoup humble. Cela lui ferait le plus grand bien dans ses rapports avec les autres, lui éviterait des guerres et beaucoup de misère...L'infini, le divin, si l'on est croyant, s'atteint mieux par la mystique que par la science. C'est d'ailleurs la définition même de la mystique dans les dictionnaires: l'union à Dieu...Bien sûr, je sais que cette approche sent le souffre dans la société actuelle... C'est vrai que l'ADN est une belle machine qui fonctionne d'une manière surprenante! Mais selon moi, ce n'est pas par cette voie qu'on peut aller vers l'infini. La voie mystique me semble plus sûre, si l'on veut toucher à la non-finitude...
m) PVE: "Personnellement, j'ai du mal à comprendre que l'on soit scientifique et athée. Agnostique oui. C'est même d'une certaine façon, indispensable. Mais le spectacle de l'Univers est tellement fantastique qu'affirmer savoir absolument qu'il n'y a aucun sens me paraît infantile...

psyché (michel-ange)
JMP: "C'est parce que nous ne sommes plus dans un monde de savants, mais dans un monde de techniciens...Le choeur de notre société, c'est la technique, les engins. Les jeunes vivent de cela. Ils sont totalement instrumentalisés par un pouvoir économique qui en tire le plus grand profit et les rend hermétiques à ce qui n'est pas techno. Enlevez-leur les portables..., vous allez voir une dépression effroyable s'abattre sur la jeunesse. Le lien à la nature est beaucoup plus lointain...On ne se pose pas la question de savoir si on pourrait se passer de la nature, elle n'est plus là.
Il se trouve que j'ai été élevé dans une ferme de l'Auvergne profonde, pendant le guerre, totalement immergé dans la nature. Cela m'a donné un sentiment d'équilibre profond. Ce furent, de loin, les années les plus heureuses de mon existence. Quand je gardais les vaches, quand j'allais glaner pour les poules...Le lien à la nature est un lien qui construit la psyché humaine (l'anima?). C'est un lien très fort, sans doute parce que notre corps, c'est aussi la nature. Mais nous en avons complètement perdu le sentiment. Beaucoup de mal-être tient à cette perte. C'est quelque chose qu'il faut redécouvrir d'urgence si nous ne voulons pas aller dans le mur. C'est dans ce lien-là qu'on découvre le lien supérieur avec la totalité, en agnostique ou en croyant, peu importe...
n) PVE: "Pourtant, les mentalités changent. Les colloques verts se multiplient et sont littéralement bondés de très jeunes gens! Et surtout beaucoup passent à la pratique".
JMP: "Tant mieux. Mais pour la majorité, l'homme est ainsi fait qu'il ne bouge que quand ça va très mal. Seules les grosses catastrophes pourraient le faire évoluer".
o) PVE: "Boris Cyrulnik dit qu'un enfant qui manque du minimum d'affection ne se développe pas. Il peut devenir débile, être atteint de nanisme affectif, ou même mourir. On peut mourir par manque de liens affectifs.C'est comme une loi du vivant".
JMP: "Mais oui. L'amour c'est la vie.C'est vrai pour les enfants comme pour les adultes. Mais c'est vrai aussi pour les autres espèces vivantes!"
p) PVE: "Irez-vous jusqu'à dire que "l'amour" est ce qui fait avancer le monde?"
JMP: "On sort ici du discours scientifique, pour entrer dans celui des convictions. Cela dit,...Il y a l'attraction l'une vers l'autre de particules élémentaires, les quarks, qui s'attirent trois par trois, et s'associent pour donner des neutrons, des protons, des électron. Ensuite, ceux-ci s'attirent pour donner des atomes...Les organes donnent l'organisme, et les organismes s'attirent pour donner une société...Il y a une loi de coalescence d'identités, qui vont vers du plus complexe. Là, on retrouve l'idée de Theilhard de Chardin de la montée en complexité-conscience, qui passe par le seuil de la vie et par le seuil de l'esprit. Plus cela devient complexe, plus apparaissent des propriétés émergentes...Vous prenez des molécules seules qui n'ont aucun effet, vous les mettez ensemble, vous les injectez à des animaux, elles produisent un effet thérapeutique. Seules, aux mêmes doses, elles n'en produisent pas... C'est une loi essentielle de la vie et de la constitution des formes nouvelles. La sélection naturelle de Darwin intervient ensuite, éliminant les associations non viables. Mais avant que la sélection ne frappe, il a bien fallu qu'un mécanisme engendre des formes nouvelles! La mécanique de la construction est antérieure à la mécanique de l'élimination. Il faut un spermatozoïde et un ovule pour donner un bonhomme, un animal ou une plante. Au niveau humain, on appelle ça l'amour. J'y crois, vraiment!
q) PVE: "Si on appelle "amour" la force évolutive arrivée au seuil humain, à partir de ce même seuil, il y a aussi ce qu'on appelle "liberté", non?
JMP: "Oui et cela comprend la liberté du non-amour. Où l'amour est, il y a aussi la liberté de lui dire non. Et si Dieu est amour, il y a la liberté de dire "Dieu, je m'en fous!" Le Dieu des chrétiens en tout cas est un Dieu à qui on peut dire ça.Parce qu'il nous veut debout.
L'amour, c'est la grande affaire, la grande question.
La devise de mon blog monblogdereflexions.blogspot.fr: LES MERVEILLES DE LA NATURE ME FASCINENT. MES REFLEXIONS: LE SENS DE L'UNIVERS ET DE l'EXISTENCE.
EN MOI IL YA DEUX MONDES: LE MONDE EXTERIEUR DU "FAIRE" ET LE MONDE DE L'INTERIEUR, NON CONSCIENT, AUTANT REEL.
MA DEVISE: L'ESSENTIEL, C'EST L'AMOUR, AMOUR DU SACRE.
MES MODELES: JESUS (l'amour), PYTHAGORE (la mathématique), EINSTEIN (la physique).
"Dieu est mort" (Nietzsche):la désacralisation est consommée!
La Toute puissance du scientisme technologique est prégnante! La Personne humaine devient progressivement objet!