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Pneumocystis jirovecii est un champignon microscopique causant des pneumonies sévères chez les patients immunocompromis (SIDA, transplantation, leucémie, etc.). En l’absence d’un système de culture in vitro, la biologie de ce champignon reste peu connue.
Grâce à de récents développements techniques, nous avons séquencé et sommes en train d’analyser le génome de P. jirovecii (voir collaborations). La génomique comparative a révélé la perte de voies métaboliques chez les différentes espèces de Pneumocystis. Ces découvertes suggèrent fortement que ces champignons sont des biotrophes obligatoires des poumons des mammifères, c’est-à-dire des pathogènes qui extraient leurs aliments sans tuer les cellules de leur hôte.
La génomique comparative a aussi été utilisée pour investiguer le mode de reproduction de P. jirovecii, une caractéristique cruciale puisque la sexualité a lieu dans l’hôte et semble obligatoire. Ces analyses ont abouti à l’hypothèse de travail que le mode de reproduction des espèces Pneumocystis est l’homothallisme primaire, c’est-à-dire que les deux sexes sont présents dans chaque souche.
En l’absence de thérapie efficace pour remplacer les antifolates, nous recherchons de nouvelles cibles thérapeutiques. Nous déterminons la fonction de gènes codant pour de potentielles nouvelles cibles par leur expression dans la levure modèle Saccharomyces cerevisiae (l’image de gauche montre une protéine fluorescente de P. jirovecii localisée dans la membrane nucléaire de S. cerevisiae, l’autre image montre l’ADN nucléaire et mitochondrial de S. cerevisiae colorés en bleu par le DAPI). Ces souches recombinantes sont aussi utilisées pour la recherche de nouveaux médicaments.