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Raffles Holdings, l'ambitieux groupe hôtelier de Singapour, rachète la chaîne Swissôtel pour 520 millions de francs. Un très bon prix et un excellent moyen d'accéder à l'Europe et aux Etats-Unis. Le groupe de Singapour a grillé la politesse au français Accor et à Mövenpick.
En faisant l'acquisition de Swissôtel, la société affiliée à SAirGroup, Raffles Holdings augmente de 139% à 13 459 le nombre de chambres qu'il compte dans 39 hôtels, situés dans 34 villes différentes de la planète.
«Ce rachat correspond parfaitement avec notre stratégie de diversification géographique de nos activités vers l'Europe et l'Amérique du Nord», déclare Richard Helfer, président de Raffles Holdings à Singapour.
«Dès la première année, il aura un effet positif sur la croissance de notre chiffre d'affaires, souligne Richard Helfer. Son prix est attractif, car nous payons l'équivalent de 10,4 fois les bénéfices annuels avant impôt. Soit un peu moins que d'autres investissements de même niveau, réalisés ces derniers mois par certains de nos concurrents».
Le groupe de Singapour a battu trois autres candidats au rachat de Swissôtel parmi lesquels Mövenpick et le français Accor. Selon certaines sources hôtelières, l'une des trois autres sociétés sur les rangs aurait proposé un prix 15% à 20% supérieur à celui de Raffles.
Mais, SAirGroup aurait pris en considération de son choix d'autres critères que le prix comme l'avenir de la marque Swissôtel, ses relations futures avec l'opérateur de Swissair, le traitement de ses employés.
Autant dire que Raffles Holdings, l'un des principaux propriétaires d'hôtels de luxe de Singapour dont le mythique Raffles fréquenté, entre autres, par l'écrivain Somerset Maughm du temps de l'administration coloniale britannique, est satisfait de sa reprise de Swissôtel.
Il était à la recherche d'une chaîne au nom prestigieux centrée, de préférence, en Europe ou en Amérique du Nord et regroupant une vingtaine d'établissements. Il entend, en effet, réduire sa dépendance envers l'Asie-Pacifique. Après cette transaction, cette dernière région recensera 41% de ses chambres, l'Europe 21%, l'Amérique du Nord et du Sud 23%, le Moyen-Orient et la Méditerranée 14%.
Raffles Holdings a les moyens de son ambition. Le groupe appartient à CapitalLand, un conglomérat immobilier actif dans les plus grandes villes d'Asie. Il veut faire de Raffles Holdings un groupe hôtelier de taille mondiale réservé à une clientèle d'affaires ou privée qui ne lésine pas sur la dépense.
«Swissôtel, c'est un savoir-faire hôtelier considérable qu'il loue à d'autres établissements moyennant des commissions. Elles nous permettront d'accroître nos revenus dans ce domaine de 18 à 48 millions de dollars de Singapour par an», ajoute Richard Helfer.
Raffles note que deux ans de tractations auront été nécessaires avant d'aboutir à cet accord avec Swissôtel.
Georges Baumgartner, Tokyo