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Dans un hôtel en bordure du Mékong, Apichatpong Weerasethakul et son équipe répètent en vue du tournage d’un film (Ecstasy Garden, que le réalisateur a effectivement tourné il y a quelques années). Dans le même temps, une jeune fille et un jeune garçon, Phon et Tong, nouent une relation amoureuse, alors que le gouvernement annonce une innondation catastrophique. La jeune fille découvre alors que sa mère est hantée par un « Pob », fantôme féminin dévorant les hommes et les bêtes.
Trois strates de temps se mélangent ainsi dans un même espace aux dimensions oniriques. La première met en abîme une construction filmique. La deuxième relate une romance sur fond de cataclysme et la dernière explore le monde intemporel des fantômes qui hantent et vampirisent les deux premières. Consommer la chair de l’autre pour se l’approprier, réduire autrui à de la viande et par là même en saisir l’âme, un paradoxe antédiluvien habilement creusé par Weerasethakul qui sublime le rapport trouble qui existe entre les individus et leurs pulsions sous-jacentes.