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Les jours du forum de Davos sont comptés
Dans la première étude scientifique consacrée à la grand-messe grisonne, un chercheur lausannois décortique le rendez-vous cher à Klaus Schwab. Une analyse très critique.
Le Forum de Davos sert-il à quelque chose? La grand-messe trentenaire chère à Klaus Schwab a-t-elle encore un avenir? Est-ce au contribuable suisse, de payer les millions de francs liés à la sécurité d'une manifestation privée? Non, non et non répond Christophe Graz. Ce chercheur à l'Institut d'études politiques et internationales (EEPI) de l'Université de Lausanne (UNIL) vient de publier dans deux revues universitaires britannique et lausannoise "la première publication scientifique spécifiquement consacrée à l'analyse du World Economic Forum (WEF)". Publications qui s'intègrent dans trois années de travail sur la "Gouvernance commerciale mondiale" soutenues à hauteur de 200 000 francs par le. Fonds national de la recherche scientifique (FNS).
Jean-Christophe Graz s'intéresse depuis longtemps au pouvoir informel des clubs d'élites internationales dont le WEF, selon lui, représente "l'archétype le plus exclusif". Dans le cadre de sa recherche, il souhaitait d'abord donner la parole aux participants qui, au travers de leurs cotisations (selon, l'ONG Public Citizen, les membres payaient, en 2000, 12 500 dollars de quote-part annuelle et 6250 de taxe d'inscription au meeting, ce qui aurait rapporté 38,5 millions de dollars de rentrées au WEF cette année-là), font vivre le Forum. Il en a contacté, via email, 715 avant que le directeur général du WEF ne l'enjoigne "de cesser immédiatement d'importuner de la sorte les membres du Forum et, vraisemblablement, les dissuadant de donner suite à mon initiative". Restent alors une quarantaine d'entretiens directs, parfois confidentiels, avec des participants ou des membres de l'organisation.
Absence de résultats concrets
Jean-Christophe Graz constate, d'abord, l'absence de résultats concrets du Forum: "La mission officielle du WEF est "improving the state of the world" (améliorer l'état du monde). Or, les éléments mis en exergue dans l'histoire officielle publiée sur les pages web auraient eu lieu ailleurs si Davos n'existait pas." Il rappelle aussi que le document sur la "fracture numérique, véritable navire amiral autoproclamé du WEF", soit "l'inclusion des pays pauvres dans la nouvelle ère de l'économie", remis lors du som