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RTSinfo: Hopium parle d'une autonomie de 1000 kilomètres avec un temps de recharge de 3 minutes et une puissance de 500 chevaux pour son futur modèle. Cela vous paraît-il crédible?
Hubert Girault: C'est totalement possible, ces voitures roulent déjà en prototype. La Green GT, qui fait des démonstrations au Mans, a 500 kilowatt et elle peut rouler des centaines de kilomètres sans aucun problème. En ce qui concerne le plein en hydrogène, c'est très rapide. Vous avez un réservoir sous pression qui est vide, vous ouvrez la vanne et en trois minutes c'est réglé.
Quels sont les principaux défis de la voiture à hydrogène, en termes de technologies et d'infrastructures?
Hubert Girault: Je pense d'abord qu'on peut dire qu'avec l'hydrogène, il n'y a pas d'avenir pour les petites voitures, parce que la taille du réservoir est rédhibitoire. Donc vous et moi, on roulera sans doute avec des batteries lithium. Par contre, dès qu'on arrive vers des camions, des camionnettes, voire de belles voitures, là l'hydrogène fait du sens, parce que la taille de la voiture permet de mettre des réservoirs.
En termes d'infrastructures, pour les camions, la recharge se fera au dépôt. Mais vous pouvez très bien imaginer une cuve d'hydrogène dans votre jardin où vous faites le plein tous les 15 jours.
Quelles sont les différences fondamentales entre les batteries des véhicules électriques et les piles d'une voiture à hydrogène?
Hubert Girault: La voiture à hydrogène a toujours une batterie lithium pour absorber les variations lors des accélérations et des freinages. En ce qui concerne la pile à combustible, vous prenez de l'hydrogène et de l'oxygène, vous faites de l'eau et vous récupérez l'énergie de la réaction en faisant de l'électricité. C'est ça le principe de la pile à combustible. Au fond, cela reste de l'électrique mais produit à partir de l'hydrogène.
Pourquoi si peu de voitures à hydrogène sont commercialisées alors qu'on évoque ce modèle depuis des décennies?
Hubert Girault: C'est avant tout une question d'industralisation. En Chine par exemple, on industrialise énormément depuis 5 ans la filière hydrogène. L'Allemagne vient d'annoncer 9 milliards d'investissements, la France 7 milliards. L'industrialisation est donc en route. Ce qui aura pour conséquences de faire chuter les prix et d'accélérer la démocratisation de ce type de véhicules.
Qu'en est-il des grands constructeurs? BMW et Mercedes parient aussi sur l'hydrogène mais quelles sont leurs perspectives de commercialisation?
Hubert Girault: Pour eux, c'est avant tout destiné aux SUV. Le groupe PSA table lui sur les camionnettes de livraison. L'idée, c'est de dépolluer la ville, en sortant du diesel.
Les piles à combustible sont encore chères, est-ce que les progrès technologiques pourront à l'avenir diminuer les coûts?
Hubert Girault: Tout à fait, parce qu'au fond, ce n'est jamais que de la tôle et du plastique, avec un peu de platine, mais pas plus que dans un pot d'échappement. Il n'y a donc rien de cher et pas de métaux rares. Ce qui coûte cher, c'est son assemblage et son design.
RTSinfo: Certain évoquent aussi un danger d'explosion à cause du réservoir d'hydrogène, que leur répondez-vous?
Hubert Girault: C'est terminé depuis au moins 20 ou 30 ans, les fibres de carbone et l'aluminium sont passés par là et il n'y a plus de souci.
Propos recueillis par Mehmet Gültas
Adaptation web: ther