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Dans Parsifal 1882 – 38 969 364 735, Rodney Graham (1949, Vancouver) déconstruit la partition de l’opéra de Wagner en introduisant une formule mathématique complexe qui règle le jeu de l’orchestre. Chaque instrument doit en effet répéter sa partie selon un code préétabli, jusqu’à ce que l’orchestre soit à nouveau synchronisé au début de la première mesure. Commencé le 26 juillet 1882 vers 17 heures (date de la première à Bayreuth), l’opéra ainsi transformé devrait s’achever le 18 juin 38 969 364 735 à 19h30, soit dans plus de trente-huit milliards d’années. La grandiloquence du drame wagnérien s’efface devant un séquençage mathématique qui coupe court à tout sentimentalisme ou à toute récupération idéologique. Une salle présentait les douze volumes de la nouvelle partition dans deux vitrines conçues, à la demande de Graham, par l’artiste belge Jan Vercruysse. Trois photographies de la série des Cedar Trees offraient un décor renversé à ce Parsifal dément dont des extraits orchestraux étaient diffusés dans l’exposition.