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L’œuvre d’Ericka Beckman (née en 1951 à Hampstead) questionne la relation que nous entretenons avec les images et comment celles-ci structurent notre perception de la réalité. Ses films apparaissent comme « des cartoons primitifs, des allégories énigmatiques, dynamiques, porteuses de violence comique, d'imagerie sexuelle, de jeux perceptuels et d'effets optiques ingénieux » pour reprendre les termes de Jim Hoberman.
Diplômée de Cal Arts en 1976, Beckman s’installe ensuite à New York et commence à y exposer son travail dans des lieux indépendants renommés comme The Kitchen, Artist’s Space et Franklin Furnace. A la fin des années 1970, l’artiste réalise un ensemble de films expérimentaux connu sous le nom The Super-8 Trilogy constitué de We Imitate; We Break Up (1978), The Broken Rule (1979) et Out of Hand (1981). Traversés par la culture post-punk et les théories du structuralisme, ces films sont parmi les œuvres les plus emblématiques et originales de la « Pictures Generation ». Ils étaient montrés ici dans leur intégralité.
Beckman s’y met elle-même en scène avec un casting d’amis artistes (dont James Welling, Matt Mullican et Mike Kelley) dans des environnements aux couleurs acidulées où se mêlent chansons, effets spéciaux bricolés et chorégraphies oniriques, sans dialogue ni réelle structure narrative. On y retrouve des allusions aux théories du psychologue suisse Jean Piaget sur le développement cognitif des enfants, mais aussi à la culture des sports télévisés ou à l’âge d’or des comédies musicales de la Metro-Goldwyn-Mayer. Comme l’artiste l’expliquait récemment : « Je cherche à réaliser des images performatives. Mon objectif, depuis le début de ma carrière, est d’inventer un langage purement visuel, basé sur l’action. »