Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06894.jsonl.gz/76

Dans l’ensemble du pays, environ 40 pour cent des résidents adultes exercent une activité bénévole. Au niveau du bénévolat formel (dans les associations et organisations), ce sont 24 % des femmes et 27 % des hommes; dans le bénévolat informel (aide de voisinage), 42% des femmes et 33% des hommes s’engagent bénévolement. Le fait que plus d’hommes que de femmes sont impliqués dans le bénévolat formel est principalement dû au fait que le sport, où 15 % des hommes et seulement 7,5 % des femmes font du bénévolat, représentent une part énorme du secteur bénévole. Dans les églises et les institutions sociales, beaucoup plus de femmes que d’hommes travaillent bénévolement. A cet égard, l’engagement bénévole au sein de la société civile reflète bien la relation entre la politique et le monde du travail.
Pour que les rôles des hommes et des femmes dans le bénévolat évoluent vers une plus grande égalité, plusieurs mesures sont nécessaires:
– Reconnaissance sociale et politique plus forte du bénévolat dans le domaine des soins;
– Attestations qualifiantes des compétences acquises par les activités bénévoles;
– Possibilités de formation et de perfectionnement dans le domaine du bénévolat;
– Améliorer la conciliation du travail bénévole avec la vie familiale et professionnelle grâce à des interventions flexibles, des outils numériques, des congés autorisés et des fenêtres horaires flexibles au travail.
La SSUP a également voulu examiner de plus près le cas inverse: les projets de bénévolat dans lesquels les hommes sont à peine représentés. La SSUP a mandaté l’Institut suisse pour la promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes, d’examiner la réflexion sur les rôles des genres dans les projets intergénérationnels. Le sondage et les interviews en ligne se sont déroulés de mai à juillet 2018. 35 des 111 gestionnaires de projet contactés ont participé à l’enquête et 7 chefs de projet étaient disponibles pour des entretiens approfondis.
Voici un résumé des plus importants résultats:
– 95 % des projets sondés visent les deux sexes. Dans l’ensemble, le facteur genre est pris en compte à des degrés divers selon l’auto-évaluation. Pour environ la moitié des répondants, cet aspect est assez important, pour un tiers il ne pèse que peu ou rien. Il est frappant de constater qu’il n’y a pratiquement aucun projet, ni dans l’enquête ni sur la plateforme www.intergeneration.ch, qui s’adresse spécifiquement aux hommes, aux femmes ou à d’autres identités de genre ou qui s’y spécialise explicitement.
– Une proportion considérable des projets étudiés ne parvient pas à attirer la participation des deux sexes dans une mesure similaire. Cela s’applique tant aux bénévoles qu’aux bénéficiaires. L’activation de bénévoles masculins pose un défi particulier. Environ un tiers des responsables de projets peuvent citer des obstacles concrets pour un genre particulier dans leur projet. Cependant, la majorité d’entre eux ne perçoivent pas de pierres d’achoppement.
– Environ deux tiers des responsables de projets considèrent qu’il est relativement important ou très important d’inclure la perspective du genre. Cependant, la prise en compte du facteur genre dans le projet est rarement systématique. Par exemple, deux équipes de projet sur trois ne réfléchissent pas à leurs propres images de genre et n’en discutent pas ni d’ailleurs de l’impact de cette image sur le travail du projet. Un énoncé typique: «Peut-être pourrions-nous examiner la liste de nos services d’assistance et voir si nous pouvons adapter le texte et les illustrations de manière à ce qu’un plus grand nombre d’hommes se sentent concernés. Ou lorsque quelqu’un cherche un homme pour des travaux artisanaux, je pourrais demander si une femme serait également la bien-venue.»
– En matière de projets reflétant la dimension du genre, le degré de savoir-faire est évalué différemment dans les organisations qui mettent en uvre des projets intergénérationnels. Un peu plus d’un tiers des responsables de projets s’intéressent aux moyens permettant de mieux intégrer la perspective du genre. Environ un tiers des personnes interrogées aimeraient disposer d’outils de planification et de réflexion, un autre tiers souhaiteraient des exemples pratiques et un échange d’expériences sur tous les aspects du travail de projet reflétant la dimension du genre.
– Dans certains projets, la suspicion générale à l’égard des hommes en ce qui concerne d’éventuelles agressions sexuelles devient évidente. C’est pourquoi, pour les projets avec des enfants, les dossiers des bénévoles masculins sont généralement analysés de manière approfondie.