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Lors des élections législatives hongroises du 6 avril 2014, le FIDESZ du Premier Ministre sortant Viktor Orbàn a écrasé ses adversaires, comme il y a quatre ans, en obtenant une large majorité des sièges au Parlement.
Les résultats définitifs ont été communiqués il y a quelques jours ; la grande question était de savoir si le FIDESZ aurait à nouveau la « supermajorité » des deux tiers des sièges au Parlement, ce qui lui permet notamment de modifier la Constitution à sa guise.
Ceci dépendait principalement des résultats d’une seule circonscription.
Sur un total de 199 députés, le FIDESZ a obtenu 133 sièges, l'alliance de gauche a eu 38 sièges, le parti d’extrême droite, le Jobbik, a obtenu 23 sièges et enfin le Parti écologiste a tout juste réussi à atteindre le quorum et à obtenir 5 sièges.
Il y a à mon avis trois raisons principales qui expliquent ce succès :
1. Un nouveau système électoral à un tour a récemment été introduit par le FIDESZ, avec un redécoupage des circonscriptions très favorable au parti au pouvoir. Il suffit d’analyser les résultats. En obtenant à peine 45% des voix, le FIDESZ a une majorité de deux tiers au Parlement, alors que l’opposition de gauche, qui a obtenu un peu plus de 25% des voix, a seulement 38 sièges.
Alors qu’auparavant, le premier tour permettait de « tâter le terrain » en vue du deuxième tour et de retirer les candidats trop faibles, dans le cadre de ce nouveau système électoral, il fallait absolument faire alliance au premier tour pour avoir un espoir de remporter l'élection. C’est ce qui m’amène à présenter la deuxième raison principale du succès du FIDESZ.
2. À droite, d’une façon très habile, Viktor Orbàn et le FIDESZ ont absorbé ou éliminé tous les partis de la droite modérée, qui auraient pu leur faire concurrence, ils n’avaient ainsi pas trop à craindre une dispersion des voix dans leur camp.
C’était tout le contraire à gauche ; le Demokratikus Koalicio (DK) de l’ancien Premier Ministre socialiste Ferenc Gyurcsàny, le Parti socilaliste (MSZP) d'Attila Mesterhàzy et l’E2014 de Gordon Bajnai sont des partis et des mouvements de gauche, dont les dirigeants travaillaient autrefois ensemble au sein du Parti socialiste hongrois.
L'opposition de gauche qui avait comme principal programme électoral de chasser Viktor Orbàn du pouvoir, savait parfaitement qu’elle n’avait pas le choix, si elle voulait avoir une chance de l’emporter: il fallait mettre les ambitions personnelles et les querelles du passé de côté et il fallait s’allier, vu le nouveau mode scrutin à un tour.
Or, ce n’est qu’en date du 14 janvier 2014, après quelques querelles internes, que les représentants de l’opposition de gauche ont réussi à se mettre d’accord pour faire liste commune, un peu plus de deux mois avant les élections, ce qui n’était pas suffisant pour élaborer un programme commun convaincant et surtout pour le faire connaître à la population.
Par ailleurs, les représentants de cette opposition de gauche sont perçus par de nombreux hongrois, comme des hommes du passé (et du passif) étant donné que certains d’entre eux ont déjà été au pouvoir. Ils n’ont donc pas réussi à convaincre les électeurs qu’ils pouvaient être une alternative crédible et convaincante à Viktor Orbàn.
3. La troisième raison principale du succès du FIDESZ de Viktor Orbàn est financière. C’est clairement le parti du Premier Ministre qui avait le plus de moyens pour faire campagne et l'immense majorité des médias hongrois sont proches du FIDESZ.
En date du 25 mai 2014 auront lieu les élections européennes, dont les résultats risquent d’être à l’image de ceux des élections parlementaires hongroises. On voit en effet mal comment l’opposition de gauche, assommée par sa lourde défaite, pourrait se mobiliser et rassembler ses troupes dans un délai si court.
Ensuite, en automne, auront lieu les élections municipales, lors desquelles il y aura probablement de nouveau une victoire écrasante du FIDESZ pour les mêmes raisons que celles que j’ai mentionnées plus haut.
Viktor Orbàn, qui n’a que 50 ans, risque de rester encore pendant très longtemps au pouvoir en Hongrie, tant il ne semble pas y avoir d’alternative crédible et convaincante, que ce soit sur le droite ou sur la gauche de l’échiquier politique hongrois.
Andreas Dekany