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Chez les mammifères, deux stratégies d'économies énergétiques peuvent être distinguées:
L'Institut lausannois a étudié la température corporelle de la musaraigne musette. En Europe, c'est l'une des rares espèces qui peut devenir temporairement hétérotherme. En été, cette musaraigne est homéotherme; en hiver, durant le repos journalier, elle abaisse la température corporelle à 18°C (état léthargique) durant 6 à 12 heures.
Par rapport au métabolisme minimal à température ambiante plus élevée (printemps-automne), l'économie est de 65%. Par rapport à une musaraigne qui vit au froid de l'hiver sans entrer en état de torpeur (parce qu'elle a suffisamment de nourriture à disposition), elle économise 50% du budget journalier. En outre, elle circule moins (2 heures d'activité avec 9 heures de torpeur, contre 8 heures d'activité sans torpeur) et elle risque moins de rencontrer un prédateur.
Dans les régions où l'hiver est vraiment froid et dans le grand nord, la stratégie de l'hibernation est meilleure; c'est celle qu'adoptent les chauves-souris, les hérissons, les marmottes, les gliridés (comme le muscardin, le loir et le lérot).
Le métabolisme minimal en torpeur, à température corporelle minimale, n'est que 2 à 4% du métabolisme minimal à température corporelle normale. Par rapport aux dépenses énergétiques d'un homéotherme à température ambiante basse, les dépenses en torpeur sont inférieures à 1%. Une valeur que l'Institut de zoologie vérifie actuellement.
Il faut aussi prendre en compte l'effet de taille. Les dépenses minimales sont bien plus élevées chez les petits homéothermes que chez les grands, à cause de la surface corporelle relativement plus grande (c'est elle qui perd de la chaleur) par rapport au volume (c'est ce qui produit la chaleur). Les petits doivent donc manger plus par unité de poids corporel.
En hiver, l'équilibre entre acquisition de nourriture et dépenses énergétiques par jour devient difficile à assurer, surtout pour les petites espèces. Pour ceux qui ne le peuvent plus, il y a deux stratégies:
€ migrer vers des lieux plus cléments et riches en nourriture. C'est le cas des oiseaux migrateurs;
€ abandonner l'homéothermie
et adopter temporairement l'hétérothermie (poïkilothermie temporaire). C'est le cas de certains petits mammifères.