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Alors que l'Ecosse veut revoter sur son indépendance et reconsidérer sa place dans l'UE, les six pays fondateurs de l'UE (Allemagne, France, Italie, Belgique, Pays-Bas et Luxembourg) ont adressé samedi un message clair à la Grande-Bretagne. Ils pressent Londres de sortir de la structure communautaire sans tarder après le référendum favorable du Brexit.
"Nous attendons maintenant du gouvernement du Royaume-Uni qu'il fasse preuve de clarté et qu'il mette cette décision en application dès que possible", indique un communiqué commun de la réunion. Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault a réaffirmé la position de Paris sur la nécessité d'ouvrir le plus rapidement possible les discussions devant conduire à la séparation.
"L'urgence, c'est le respect de l'article 50. Il n'y aucune raison de jouer au chat et à la souris", a-t-il dit à la presse, à l'issue d'une réunion des ministres des Affaires étrangères des six pays fondateurs de la Communauté européenne, à Berlin.
Le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier a lui déclaré que les six membres ne se laisseraient pas "prendre (leur) Europe". La chancelière allemande Angela Merkel s'est montrée moins pressante. Elle a plaidé pour que les négociations avec ce partenaire privilégié se déroulent dans une atmosphère respectueuse.
Dans leur communiqué commun, les six ministres déplorent les conséquences négatives du vote britannique qui se traduit non seulement par "la perte d'un Etat membre mais également d'une histoire, d'une tradition et d'une expérience".
Pétition lancée
En Grande-Bretagne même, une pétition a été lancée. Elle demande l'organisation d'un nouveau référendum sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'UE. Elle a déjà recueilli plus de 1,5 million de signatures parmi les habitants.
Mis en ligne sur le site du parlement britannique avant la consultation de jeudi, le texte demande qu'un nouveau vote soit organisé si l'un des deux camps, le "Leave" ou le "Remain", obtient moins de 60% des suffrages et si la participation est inférieure à 75%. Le parlement doit envisager la tenue d'un débat sur toute pétition qui réunit plus de 100'000 signataires.
L'Ecosse décidée
Au sein du Royaume-Uni, c'est l'Ecosse qui s'est montrée la plus remuante samedi. Le gouvernement va présenter une loi autorisant la tenue d'un second référendum sur l'indépendance du pays. L'Ecosse veut débuter au plus vite des discussions sur sa place au sein de l'Union européenne, a déclaré samedi la première ministre Nicola Sturgeon.
La cheffe de file du Parti national écossais (SNP), favorable à l'indépendance, a expliqué qu'il était de son devoir de rassurer ses concitoyens, qui ont voté à 62% en faveur du maintien dans l'UE. "Nous sommes déterminés à agir sans hésitation afin de bâtir une unité dans toute l'Ecosse".
"L'option d'un second référendum sur l'indépendance est très clairement sur la table et nous allons prendre des mesures pour nous assurer que la législation nécessaire va être adoptée".
Commission consultative
Elle a expliqué qu'une commission consultative en vue d'un référendum serait mise en place "dans les prochains jours". Elle a aussi indiqué que les autorités écossaises souhaitaient parallèlement entamer au plus vite des discussions avec les institutions européennes.
La Commission européenne a réagi avec prudence aux propos de la dirigeante écossaise. Bruxelles a rappelé que l'Ecosse faisait constitutionnellement partie du Royaume-Uni et s'est refusé de "spéculer plus avant" sur la question.
Par ailleurs, à Bruxelles, le commissaire européen aux Services financiers, le Britannique Jonathan Hill, a annoncé samedi sa démission. Il s'est dit "très déçu" de la décision de la majorité de ses concitoyens de quitter l'UE. "Puisque nous passons à une nouvelle phase, je ne crois pas qu'il soit bien de continuer en qualité de commissaire britannique comme s'il ne s'était rien passé".