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Le V1 - Le compas magnétique [6]
Le compas magnétique du V1 était logé dans le cône en aluminium du nez, à l’intérieur d’un boîtier sphérique formé par deux demi-coquilles de bois. La combinaison de ce matériau et de l’aluminium permettait d’éviter toute influence magnétique extérieure susceptible de parasiter le fonctionnement de la boussole. Le compas proprement dit était fabriqué par la société SIEMENS WERKE AG, basée à Berlin-Friedenau. La position respective de la rampe de lancement et de l’objectif assigné étant connue, il suffisait aux Allemands de régler le compas avant le départ pour maintenir le V1 sur son cap et le diriger droit sur sa cible. Ce réglage fin, qui nécessitait une précision minutieuse, s’effectuait juste avant le catapultage, à l’intérieur d’un bâtiment amagnétique construit en briques ou en béton non armé (RICHTHAUS). Ce bâtiment ne comportait aucun ferraillage susceptible de fausser l’opération et était équipé de vantaux en bois.
Durant le vol, les déviations de la trajectoire du missile étaient détectées par le compas et aussitôt compensées par les gyroscopes du pilote automatique (STEUERGERÄT). Ceux-ci agissaient sur les servomoteurs des gouvernes pour corriger le cap et rétablir le V1 sur sa trajectoire. Les principaux facteurs de déportation du missile étaient la force et la direction des vents dominants, les trous d’air, les brusques rafales ou encore de légers défauts d’équilibrage de la structure de l’engin. La moindre variation angulaire influait sur l’aiguille aimantée de la boussole qui agissait sur une came libérant (dans un sens ou dans l’autre, selon la trajectoire du V1) de l’air comprimé à un bar en direction d’un relais pneumatique (UMWÄNDER). Ce dernier convertissait les variations de pression reçues en impulsions électriques qui étaient transmises aux gyroscopes du pilote automatique. L’air comprimé nécessaire à l’opération était contenu dans deux sphères occupant une bonne partie du compartiment arrière. Ce système, très simple et très fiable, permettait d’effectuer des corrections dans les deux dimensions.
SOURCES :
Yannick Delefosse, "V1 ARME DU DÉSESPOIR", Editions Lela Presse. Collection Histoire de l’aviation n°18. 2006.
Pour en savoir plus sur le V1 ou si vous voulez acheter l’excellent livre très fouillé et richement documenté écrit par Yannick Delefosse sur le V1, nous vous conseillons le site internet de Yannick Delefosse : http://v1armedudesespoir.free.fr/
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