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L’avionneur Lockheed Martin a confirmé avoir assemblé le 1’000ème F-35, une étape importante pour le programme multinational qui est sur le point d'atteindre bientôt une autre étape, la décision de production à plein taux au début de 2024. L’occasion de faire le point sur le programme.
1'000 ème appareil
Lockheed Martin a assemblé le 1’000ème F-35 sur la chaîne de montage. Le processus de production du F-35 est un processus complexe et imbriqué qui dépend des contributions d'au moins 1’650 fournisseurs, soit environ 1’000 petites entreprises et autres sous-traitants, dont Northrop Grumman pour le fuselage central et BAE Systems pour le fuselage arrière.
Par ailleurs, le 30 décembre de l'année dernière, Lockheed Martin a déclaré que le Bureau du programme commun F-35 et la société avaient finalisé le contrat des lot 15 et 16 qui pourrait valoir 30 milliards de dollars pour construire et livrer jusqu'à 398 F-35 au niveau national et international 145 avions pour le lot 15, 127 pour le lot 16 et jusqu'à 126 pour l'option contractuelle du lot 17, y compris les premiers avions F-35 pour la Belgique, la Finlande et la Pologne. Ces lots vont inclure le Technology Refresh 3 (TR-3), alimenté par le processeur central intégré L3Harris. Le TR-3 sera la « colonne vertébrale » informatique du Block 4, qui doit comporter 88 fonctionnalités uniques et intégrer 16 nouvelles armes pour le F-35.
Point de situation pour le TR-3
La raison pour laquelle l'avion n'a pas encore été livré se trouve dans la mise à niveau du Technology Refresh 3 (TR-3), bien qu'elle ait connu quelques retards. Le 461e Escadron d'essais en vol a effectué le premier vol d'essai d'un F-35 en configuration TR-3 à la base aérienne d'Edwards en janvier 2024, avec la mise à niveau installée sur l’avion n°AF-7, le premier modèle de production de F-35 livré à l’Air Force. La campagne d'essai en vol complète de la configuration TR-3 devrait être bientôt achevée. Depuis le printemps dernier, la flotte d'essais comptait quatre F-35 consacrés aux essais TR-3 et trois capables de tester les capacités du Block4, depuis se sont pas moins de 14 avions qui participent à la finalisation des tests. Pour l’avionneur Lockheed Martin les vols d'essai à l'aide du logiciel TR-3 sur les avions de production ont débuté à F-35 à Fort Worth et les essais en vol se poursuivent à la base aérienne d'Edwards et à la station aérienne navale de Patuxent River. À la fin du mois de décembre, plus de 180 vols avaient été exécutés. Il s’agit également pour l’avionneur de suivre les livraisons du matériel des sous-traitants qui seront intégrés au TR-3. Le TR-3 sera installé dans tous les nouveaux avions de production et modernisé sur tous les F-35 déjà en service jusqu'au lot 10. La mise à niveau, qui nécessite 14 jours d'arrêt, sera effectuée pendant la maintenance programmée. De cette façon, le F-35 migrera vers l'architecture à système ouvert et exploitera tous ses avantages, comme l'ajout de capacités nouvelles ou améliorées sur les avions opérationnels très rapidement et à un coût réduit. L’année 2024 verra l'achèvement des tests TR-3, avec la reprise des livraisons et la décision de production à plein taux.
Les améliorations du Block 4
Avec le Technology Refresh 3 (TR-3) le F-35 sera porté au standard Block 4 qui comprend de nombreuses nouvelles fonctionnalités, notamment une puissance de traitement considérablement accrue, de nouveaux écrans, un refroidissement amélioré, de nouveaux capteurs électro-optiques EOTS et DAS, ainsi qu'une multitude d'armes supplémentaires qui libéreront réellement le potentiel du F-35. Le nouveau radar et la nouvelle suite de guerre électronique de l'avion vont propulser le F-35 comme aucun autre appareil. Si l’on ne connaît pas en détails toutes les améliorations du Block 4, certains éléments sont connus comme : le nouveau radar Northrop Grumman AN/APG-85 doté d’une antenne AESA avec la technologie GaN (Arséniure de gallium) qui remplace l’actuel APG-81, un nouvel Hardware, capacité de ciblage et létalité encore améliorées, nouveau système de guerre-électronique (EW) avec des capacités SEAD/DEAD.
En parallèle, le programme F-35 poursuit séparément la mise à niveau des moteurs Pratt & Whitney F135 qui propulsent toutes les variantes de l’aéronef. La nouvelle version du moteur nommée ECU (Engine Core Upgrade) est une mise à niveau en bloc pour le F135, dans le but de fournir une voie abordable, à faible risque et agile vers la mise en œuvre d'une capacité de propulsion significative pour tous les clients du F-35. Le F135 ECU tire parti des investissements du ministère de la Défense dans la technologie adaptative pour fournir la capacité nécessaire aux avions du Block 4, tout en conservant les variantes communes et l'approche de partenariat international sur lesquelles le programme conjoint a été construit.
LM de son côté ne rejette pas la variante du moteur proposée par GE Aviation, l’AETP (Adaptive Engine Transition Program).
Nouvelles armes
Le Pentagone a récemment renforcé l’armement de ses avions F-35 en lançant l’intégration des derniers missiles antiradars à grande vitesse (HARM) AGM-88G sur les trois versions du F-35. Lockheed Martin a obtenu le 12 janvier un contrat substantiel dépassant 97 millions de dollars, qui lancera les premiers développements visant à équiper le F-35 du missile guidé antiradar avancé à portée étendue (AARGM-ER) conçu par Northrop Grumman. Le missile AGM-88G représente l’évolution de pointe en matière d’armement antiradar. Initialement basés sur l'AGM-88 conçu par Raytheon et opérationnels depuis 1984, les AARGM et AARGM-ER de Northrop ont considérablement élargi la portée et la précision du missile. Ils ont la capacité de détecter et de neutraliser les installations radar ennemies grâce à leurs émissions électromagnétiques.
Le dernier accord de Lockheed englobe l'intégration de l'AGM-88G sur les F-35 utilisés par les forces armées américaines, ainsi que dans ceux exploités par les pays alliés dans le cadre des ventes militaires à l'étranger, notamment l'Australie, le Canada, le Royaume-Uni, la Norvège, l’Italie, les Pays-Bas et Danemark.
En parallèle l’US Air Force a attribué à Northrop Grumman un contrat de 705 millions de dollars pour développer et tester une arme air-sol à grande vitesse connue sous le nom d'arme d'attaque de remplacement pour détruire des cibles ennemies. Ce nouveau missile connu sous le nom de SiAW pour Stand-in Attack Weapon doit pouvoir venir frapper des cibles de défense aérienne ennemies au sol qui pourraient être rapidement déplacées, telles que des systèmes de défense aérienne intégrés, des lanceurs de missiles balistiques, des lanceurs de missiles d'attaque terrestre et antinavires, des brouilleurs GPS et des systèmes antisatellites. Afin de simplifier le développement, le SiAW va reprendre le corps du missile AGM-88G AARGM-ER de Northrop Grumman. A noter également que le SiAW comme l’AGM-88G seront transportés dans la baie d'armes interne du F-35, afin d’éviter de compromettre les capacités furtives de ce dernier. L’US Air Force espère que cette arme atteindra sa capacité opérationnelle initiale d’ici 2026.
Quelques chiffres
Début janvier, le programme F-35 avait accumulé plus de 773’000 heures de vol, formé plus de 2’280 pilotes et 15’400 agents de maintenance dans 14 services de vol à travers le monde et effectué plus de 469’000 sorties au total. Il existe désormais 32 bases et 11 navires hébergeant ou capables d'héberger des unités de F-35. À l’heure actuelle, 17 pays participent au programme international Joint Strike Fighter (JSF). Dans un proche avenir, la République tchèque et la Grèce, ainsi que la Roumanie devraient annoncer une commande respective. Les trois derniers pays à avoir annoncé la signature de contrats sont la Finlande en février 2022, la Suisse en septembre 2022 suivie de l'Allemagne en décembre, puis le Canada en janvier 2023.
Photos : 1 & 3 Assemblage F-35 @ LM 2 AGM-88G @ NG