Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07210.jsonl.gz/1164

Critique
"Dans son ouvrage ""L'écriture cinématographique"", P. Maillot, enseignant à l'Ecole L. Lumière, déplore que le cinéma ne filme plus le travail, c'est-à-dire les hommes et les femmes au travail. Dans le futur, dit-il, les gens croiront en regardant les films de notre époque que l'on était en vacances perpétuelles, disposant de temps libre et de loisirs sans limite.
Le film de P. Jolivet rompt un peu, de ce point de vue, avec cette faiblesse. Il nous montre des gens au travail: il y a là le patron d'une petite entreprise de parquet (Vincent Lindon, toujours mal rasé), son contre-maître, son ouvrière, sa secrétaire. Mais voici qu'un incendie ravage la fabrique. Entre alors en scène un assureur véreux (François Berléand) néanmoins ami de l'entrepreneur. Derrière la façade propre d'un entreprise comme il en existe des milliers en France, apparaît alors une autre réalité: détournement d'argent, factures impayées, magouilles, fournisseurs peu sérieux, etc. Le pire est que l'on ne doute pas un seul instant de ce que l'on voit, tant les personnages sont vrais.
Malheureusement, le film cède aussi à la facilité (inévitable scène crue purement gratuite) et perd en crédibilité en tournant à la farce et au vaudeville, transformant les trois compères (l'assureur, le patron et l'ami de son ex-femme joué par Roshdy Zem) en Pieds-Nickelés."
Ancien membre