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Pour cette 9ème leçon de romand, un sujet essentiel : la maison ! Voilà bien un domaine où les parlers locaux sont vivants. Tous les objets usuels que nous utilisons au quotidien pour manger, dormir ou faire la lessive portent des noms biens différents en Suisse, en France ou en Belgique.
Il était une fois un Belge qui invite à manger chez lui un Suisse et un Français.
Le Suisse, d’origine valaisanne, ne connaît pas son adresse. Il lui demande : « T’as où les vaches ? »
Le soir de l’invitation, le Suisse arrive à l’heure. Le Belge ne s’étonne pas du retard du Français. Ils l’attendent : un quart d’heure, une demi-heure, trois quarts d’heure. Toujours rien. Le Belge appelle. Le Français n’avait pas compris l’heure de l’invitation : il était invité à souper, donc pour l’heure du dîner français !
Le Suisse demande à passer aux toilettes. Quelques instants plus tard, il crie de la salle de bains : « Hé, le Belge, est-ce que t’as un linge ? » « Un quoi ? » s’exclament les deux autres. « Ben oui, pour me sécher les mains. » « Aah, un essui ! » dit le Belge ; « une serviette ! » dit le français.
Passé ce moment d’incompréhension, le Belge annonce fièrement aux deux autres qu’il leur a préparé un plat national belge : des chicons au gratin. Ce n’est qu’après lui avoir fait ouvrir le four que ses deux comparses comprennent qu’il parlait d’endives.
Le repas commence, et la discussion est animée. Le Suisse se moque du Belge qui n’arrive pas à faire tenir 3 langues ensemble. Le Belge lui rétorque que chez lui, on ne voit pas des affiches de l’UDC et qu’on ne vote pas contre les minarets. Le Français se tait, estimant qu’il ne doit pas la ramener.
Catastrophe ! Dans l’agitation de la discussion, le Belge renverse son verre de bière. Le Suisse se lève promptement et demande la pâte pour frotter la table. Le Belge s’énerve : « Oublie les nouilles et prends une lavette ! ». Le Français veut se rendre utile et demande la serpillère pour nettoyer le sol. « La quoi ? » disent les deux autres se retournant, avant de comprendre : « Aah, le torchon! » dit le Belge, « la panosse ! », renchérit le Suisse.
Nos trois amis comprennent qu’il est difficile de se comprendre sur le vocabulaire de la maison. Le Belge leur explique que son lit est constitué d’un matelas sur lequel il pose un drap, d’une couette entourée d’une housse et d’un oreiller dans sa taie. Les deux autres ne comprennent rien. Le Suisse lui demande : « ça va le chalet ? »
La soirée se termine. Le Suisse apprend à ses amis qu’il a chez lui un grand galetas dans lequel il range tout son cheni. Silence des deux autres. Le Belge explique que quand il était étudiant, il habitait dans un kot. Un ange passe. Il explique qu’il s’agit d’un terme tiré du flamand et qui signifie « petite chambre ».
Tout cela fleure bon le dialogue et l’échange interculturel. Chacun rentre chez lui, enrichi de la rencontre qu’il vient de faire. Bien sûr, la Belgique n’a toujours pas de gouvernement, l’UDC organise toujours des votations absurdes en Suisse, la France est toujours gouvernée par son président. Mais nos trois acolytes ont oublié cela l’espace d’un soir !
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Etienne –