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Les électeurs du parti démocrate ont voté mardi dans 14 Etats américains, notamment la Californie et le Texas, les deux plus peuplés. Probablement fatal à Elizabeth Warren et Michael Bloomberg, le "Super Tuesday" a dirigé la primaire démocrate vers un duel entre l'ex-bras droit de Barack Obama Joe Biden et le sénateur du Vermont Bernie Sanders, a constaté le spécialiste des Etats-Unis Jérôme Gygax mercredi dans La Matinale de la RTS.
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"Il y a eu un énorme tournant stratégique ces dernières semaines, notamment en arrière-fond en Californie, dans les coulisses", note l'historien, commentant les rumeurs de manoeuvres et coups de fil entre grandes figures démocrates pour barrer la route à Bernie Sanders, jugé trop à gauche.
Bernie Sanders est un visionnaire, un idéaliste. Il est vu par les démocrates comme une espèce d'OVNI, de perturbateur
Le sénateur du Vermont n'a jamais été considéré comme un véritable membre du parti démocrate, avance Jérôme Gygax. "Sanders est un visionnaire, un idéaliste. Il est vu par les autres membres du parti comme une espèce d'OVNI, de perturbateur. L'establishment démocrate a tout intérêt à rétablir un consensus au centre, le plus tôt possible d'ailleurs".
Malgré leur bon début de primaires, les modérés Pete Buttigieg et Amy Klobuchar se sont, ainsi, retirés de la course avant même le "Super Tuesday", invitant leurs partisans à se rallier à la candidature de Joe Biden.
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Bernie Sanders devra changer quelque chose
Lequel des candidats arrivera à créer une vibration suffisante aux Etats-Unis pour parvenir à battre Donald Trump? "Depuis Clinton, il y a ceux qui ont un plan, et ceux qui ont une vision. Sanders est beaucoup plus dans le camp de la vision. Il arrive à avoir un discours qui porte parce qu'il est capable de toucher les sujets qui font controverse. Il est moins dans le consensus, mais il est capable de parler franchement, un élément fondamental pour séduire l'électorat jeune", analyse Jérôme Gygax.
A l'inverse, "Biden, c'est la restauration. C'est le retour aux années Obama. Et Obama garde un très haut taux de soutien et d'approbation", poursuit le spécialiste, qui confirme qu'il est à nouveau le favori. Au contraire de Bernie Sanders dont les partisans se concentre dans les villes, Joe Biden bénéficie d'une plus large répartition géographique des votes, qui devrait l'aider lors du choix final.
"Les primaires affaiblissent le vainqueur"
Les résultats en demi-teinte de mardi pourraient conduire Bernie Sanders à rectifier sa manière de faire campagne, estime encore Jérôme Gygax. "Le Texas était censé aller à son camp, et finalement il le perd. C'est, pour lui, une forme de signal qu'il va falloir changer quelque chose, notamment sur le ton radical et plutôt assez marginal pour le parti démocrate que son discours présentait".
Les primaires sont construites autour du drame, du sensationnel. Ça ôte de la crédibilité aux candidats, qui finissent par se tirer dans les pattes
Tout comme ce fut le cas en 2016 lors du duel entre Hilary Clinton et le même Bernie Sanders, les primaires démocrates de 2020 risquent de laisser des traces et de faire mal au parti, prévoit l'historien. "C'est le danger de ces primaires, elles exposent les démocrates à des divisions et affaiblissent le vainqueur. Elles sont construites autour du drame, du sensationnel. Ça ôte aussi la crédibilité de ces candidats, qui finissent par se tirer dans les pattes. C'est une processus qui divise plutôt qu'il réunit".
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Pour rassembler le parti autour du candidat qui sera finalement choisi pour affronter Donald Trump, les démocrates ont gardé un atout dans leur manche: l'ancien président Barack Obama, qui reste pour l'heure très discret. "Au moment où il faudra réunir le parti, il viendra et pèsera de tout son poids pour ramener les démocrates ensemble dans une même famille", annonce Jérôme Gygax.
Propos recueillis par David Berger
Adaptation web: Vincent Cherpillod