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Le gouvernement italien a décrété mercredi l'état d'urgence à Gênes après l'effondrement d'un pont autoroutier qui a fait une quarantaine de morts. Il a également confirmé mercredi qu'il entendait révoquer la concession de la société gérant le tronçon d'autoroute.
S'exprimant après un conseil des ministres extraordinaire à Gênes, le président du Conseil Giuseppe Conte a estimé que le groupe Autostrade per l'Italia était responsable de la sécurité du pont et annoncé que son gouvernement n'attendrait pas les résultats de l'enquête ouverte après la catastrophe pour prendre des mesures.
"Nous avons déjà annoncé que nous allions lancer la procédure de révocation de la concession de la société Autostrade", a-t-il dit. Il n'est toutefois pas clair si cette déclaration concerne le seul tronçon de Gênes ou l'ensemble des autoroutes gérées par Autostrade per l'Italia. A l'avenir, Rome sera "beaucoup plus rigoureux dans l'évaluation des clauses" des concessions, a-t-il ajouté.
Lourde amende
Plus tôt dans la journée, le ministre des transports Danilo Toninelli avait annoncé l'ouverture d'une procédure de retrait de la concession autoroutière accordée à Austostrade et réclamé la démisison de ses dirigeants.
Il avait ajouté que l'Etat réclamerait des sanctions significatives, qui pourraient atteindre les 150 millions d'euros, et annoncé un audit général des ponts et des tunnels vieillissants dans toute l'Italie.
Le ministre de l'intérieur et vice-premier ministre Matteo Salvini a pour sa part accusé le gestionnaire d'avoir gagné des "milliards d'euros" de droits de péage, mais de ne pas avoir dépensé les sommes nécessaires.
L'autre vice-premier ministre, Luigi Di Maio, chef du Mouvement 5 Etoiles (M5S, populiste) a de son côté affirmé que le pont s'est écroulé "parce que la maintenance n'a pas été faite". "Pendant des années on a dit que faire gérer les autoroutes par des privés était mieux que par l'Etat. Maintenant on a l'un des plus grands concessionnaires européens qui nous dit que ce pont était en sécurité", a-t-il dénoncé.
Contrôles réguliers
Autostrade per l'Italia s'est défendue mercredi en affirmant que le pont Morandi faisait l'objet de contrôles trimestriels, ainsi que l'exige la loi. Des vérifications supplémentaires au moyen d'équipements sophistiques ont été menées et des experts extérieurs consultés, ajoute le groupe.
L'entreprise a exprimé "sa confiance à démontrer qu'elle a toujours rempli correctement ses obligations (...) Cette confiance est fondée sur les activités de surveillance et d'entretien conduites dans le respect des plus exigeants critères internationaux. A ce stade, il n'est pas possible de fournir d'explication fiable sur les raisons de l'effondrement", ajoute-t-elle.
Deuil national
Mercredi après-midi, le bilan de la protection civile s'élevait à 39 morts confirmés, dont trois enfants de 8 à 13 ans, quinze blessés, dont une douzaine dans un état grave, ainsi que plusieurs disparus. Le procureur de Gênes Francesco Cozzi a de son côté fait état de 42 morts et 16 blessés, affirmant qu'"il ne s'agit pas d'une fatalité".
Giuseppe Conte a par ailleurs annoncé que son gouvernement avait décrété l'état d'urgence pour douze mois et "débloqué, pour la mise en place des premières interventions, cinq millions d'euros du fonds d'urgence nationale", a-t-il stipulé.
Il a également annoncé une journée de deuil national. "Nous sommes en train de déterminer le jour pour le faire coïncider avec les funérailles des victimes", a-t-il encore annoncé. La ville de Gênes, elle, a décrété deux jours de deuil.
Le pape François a évoqué la "tragédie" et exprimé son soutien aux victimes. Le président de la Confédération Alain Berset a présenté au nom de la Suisse ses condoléances aux familles et aux amis des victimes.
Le conseiller fédéral Ignazio Cassis a de son côté adressé une lettre de condoléances à son homologue transalpin Enzo Moavero Milanesi, a indiqué le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), précisant qu'aucun Suisse ne figurait parmi les victimes.