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Paru le 18 février 2010
Editorial
«Michelle Obama le fait …et la Queen également. A propos du bonheur au jardin» titrait le magazine de la Zeit en août 2008. Il se demandait sur les pages suivantes «Pourquoi, cette année, tout le monde est-il attiré par le jardin, même Michelle Obama et la Queen, des stars de cinéma et des écrivains?». Le magazine présentait en plus des deux personnes déjà mentionnées, les ambitions horticoles de Tilda Swinton, Elfriede Jelinek, Prince Charles et Claus Peymann, Dennis Hopper et Martin Walser.
Le jardin n’a pas seulement gagné sa place au sein de la société, mais est aussi réapparu dans «la haute société». Le jardinage est un loisir bien vu. Dans une société dans laquelle les fruits et les légumes sont produits de manière industrielle, le succès de la récolte est secondaire.
Il est intéressant d’observer la renaissance des aménagements dans le contexte d’une évolution permanente du sens donné au jardin. Historiquement et en Suisse aussi, beaucoup de villes ont cultivé des jardins potagers et des champs temporaires pendant la Deuxième Guerre. Ces mesures obligatoires devaient produire de la nourriture là où il y avait un besoin urgent. Le «Plan Wahlen», un programme pour la promotion de la production horticole en Suisse, avait pour objectif d’augmenter le degré d’autarcie eu égard à la production de nourriture. Appliqué depuis 1940, il prévoyait la création de surfaces agricoles et de jardins potagers sur la plupart des surfaces non bâties à l’intérieur des villes. A Zurich seulement, plus de 1000 hectares de forêt ont ainsi été défrichés et plantés. Le Plan Wahlen doublait quasiment la superficie des terres cultivables en Suisse. Ni les terrains de football ni les parcs publics n’ont été épargnés.
Aujourd’hui, les jardins temporaires reviennent en force dans nos villes, où ils remplissent des interstices, vivifient des friches et attirent des touristes. Dans certains nouveaux Länder allemands, ils deviennent même des instruments du développement urbain: dans les régions où la densité de la population diminue fortement, les habitants des centres urbains sont appelés à participer activement à la transformation de la ville à l’aide de jardins temporaires, par exemple dans le cadre du projet «400 m2 Dessau».
Les jardins ont toutefois encore leurs fonctions classiques – ils servent à la représentation, à la méditation, à l’éducation et à la thérapie. Ils représentent le champ de travail des architectespaysagistes et des lieux de détente et de rencontre de grande valeur pour l’Homme. Ils enrichissent l’écologie des centres urbains et contribuent à l’amélioration du climat des villes, en particulier, là où ils couvrent des façades et des toits.
anthos 1/2010 veut aiguiser la curiosité de cette large palette – et commence par une quête du bonheur et de la connaissance du jardin.
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