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La vie sous les Romains, les arts, la religion, le vin
Des pépins de César à la grappe vaudoise
Les lacustres nous laissent quelques vestiges fort intéressants : ils faisaient probablement du vin, ce qui semble confirmer la présence d’amas considérables de pépins de raisins dans leurs gadoues fossiles. Ils avaient donc découvert la vigne, une vigne sauvage probablement, vitis sysvestris. La mythologie de nos ancêtres d’avant J.C. ne laisse aucun souvenir d’un dieu de la vigne ou du vin. Les druides vénéraient le gui, mais aucun usage du vin n’est mentionné dans la célébration du culte.
Dionysos, dieu grec de la vigne et du vin, n’a pas encore d’adepte chez nous, pas plus que Bacchus, qui n’apparaîtra qu’avec les Romains. Lorsque César arrive en Gaule, il ne décrit pas le moindre vignoble à l’intérieur des terres. Il semble donc bien que les Helvètes ne furent pas de grands vignerons.
Les colonies grecques du Midi de la France connaissaient la vigne et le vin et leur commerce s’étendait vers le nord. L’arrivée des Romains allait entraîner une extension fructueuse de ce commerce, les vignes s’étendent particulièrement le long du Rhône. L’intense trafic de l’empire le long des fleuves et au travers des Alpes facilite le transport de quelques ceps de rouge et de blanc dans les terres conquises jusqu’au bord du Léman. Cette première introduction de la vigne devrait être amplifiée dès le IIIe siècle par l’apparition d’une force nouvelle, plus puissante que les légions romaines : la religion chrétienne. Cette nouvelle religion s’étend, elle fait une grande place au vin : Christ changea l’eau en vin et introduisit le symbole suprême de la transformation du vin en son sang. Il faut du vin pour célébrer la messe.
La culture de la vigne attestée chez nous fit l’objet d’une législation romaine, puis burgonde. La loi de Gombette (502) de Gondebaud, roi des Burgondes témoigne, par ses nombreuses dispositions viti-vinicoles, de l’importance de la vigne à cette époque. Charlemagne ne cessa de veiller au maintien des plantations et à l’écoulement du vin. Après sa disparition, les moines des grands monastères reprirent le flambeau et c’est à eux que l’on doit la reconstitution et la création de vignobles très importants et l’amélioration de la vinification. Pour ne citer qu’un exemple à Lavaux, les moines cisterciens de Hauterive et de Haut-Crêt défrichent, vinifient, boivent et vendent…
Le vignoble s’étend encore au cours des siècles qui suivent ; le chasselas, plant autochtone peut-être issu de vitis sylvestris sur les bord du Léman, bien adapté au terroir, ne s’expatrie en France pour devenir raisin de table ou en Valais pour devenir « Fendant« .
Source : arts et métiers du vin – Paul Anex