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Présentation
Veyras est un village vinicole du Valais central ; il compte environ 1900 habitants et possède un très grand patrimoine artistique grâce à la présence dans le passé d’écrivains tels que Corinna Bille et Maurice Chappaz, du très célèbre Rainer Maria Rilke, des peintres C.C. Olsommer et Gérard De Palézieux. Elle se trouve logée à flanc de coteaux, tout proche de la capitale du district, Sierre, ainsi que des villages de Miège et Venthône. Si Veyras est un village il est aussi une Bourgeoisie. La question étant alors de savoir pour certains, ce qu’est une Bourgeoisie.
Le château de Ravire
Situé sur le village de VEYRAS
Le château de Muzot
Là où résida Rainer Maria Rilke de 1918 à 1926
a propos des bourgeoisies
Les Bourgeoisies en Suisse
En Suisse, la Bourgeoisie ou Commune Bourgeoise est une collectivité locale, qui existe encore dans certains cantons, à laquelle participent les habitants originaires de la Commune ou anciens Bourgeois, par opposition aux nouveaux habitants. La Bourgeoisie, qui est une institution remontant à la loi sur les Communes de 1866, a perdu de l’importance, mais gère encore des hôpitaux, des bâtiments, des terrains et cours d’eau et dans quelques cantons confère encore un « droit de Bourgeoisie » préalable à l’obtention de la naturalisation. Il existe une « Fédération suisse des Bourgeoisies et corporations » dont le rôle est notamment de défendre le « maintien des institutions bourgeoisiales ».
Chaque citoyen suisse, ou devenu suisse avant 1996, est Bourgeois d’une ou de plusieurs communes. Le droit de bourgeoisie est généralement héréditaire . Ainsi c’est la Commune de Bourgeoisie (ou Commune d’origine) qui est mentionnée sur les papiers d’identité.
Le droit de Bourgeoisie est une survivance de l’ancien droit de cité médiéval, lequel a été progressivement étendu aux communautés rurales. Dans certaines Communes, on trouve donc encore “la Commune bourgeoisiale” composée des “Bourgeois” et “la Commune politique” composée des “habitants”. L’appartenance à la Commune Bourgeoise est parfois encore liée à quelques droits et obligations (pâturages, vignes, etc..).
Les Bourgeois, parfois appelés communiers, sont enregistrés dans les registres bourgeoisiaux (ou registres des familles) de leur(s) Commune(s) d’origine quelque soient leurs lieux de naissance, mariage et décès. Le généalogiste trouvera donc en un même lieu les informations concernant une même famille. Ce système a été généralisé en Suisse dès 1928, mais certaines Communes urbaines possèdent des registres bourgeoisiaux pouvant remonter à la fin du Moyen Age. Ces registres sont en général consultables à l’état civil ou aux Archives de l’Etat.
Dans certaines communautés urbaines on trouvait jusqu’en 1848 différentes catégories de Bourgeois: nobles, patriciens, externes, forains, etc… De 1848 et jusqu’en 1996, il y avait égalité entre tous les Bourgeois d’une même Commune d’origine. Curieusement, en novembre 1996, le Grand Conseil du Canton de Fribourg a décidé de mettre fin à cette égalité en adoptant une nouvelle loi sur la naturalisation et le droit de cité. Désormais, tout nouveau citoyen fribourgeois acquiert un droit de cité communal, sans droit aux éventuels biens bourgeoisiaux et sans droit de participation aux assemblées bourgeoisiales.
Les Bourgeoisies en Valais
Le Valais, à la différence d’autres cantons romands, a choisi de conserver une Commune bourgeoisiale à côté de la Commune municipale. Il y a ainsi deux Communes, avec des administrations séparées, dotées chacune d’une assemblée primaire et d’un conseil propre.
La Bourgeoisie perd alors la primauté sur le plan communal. Cependant, la législation lui fait supporter des charges de plus en plus lourdes, notamment au titre de l’assistance et de l’instruction publique et le patrimoine s’amenuise dangereusement.
A la suite d’une pétition, le Conseil d’État s’attelle à une réforme qui va donner aux Bourgeoisies une garantie constitutionnelle et, allégeant leurs charges financières, leur permettre de trouver les ressources nécessaires au déploiement de leur activité : la gestion d’un patrimoine dont le revenu sert à l’amélioration du bien-être de la collectivité et aux œuvres d’intérêt général.
Actuellement on constate que l’activité des Bourgeoisies est véritablement complémentaire de celle des Communes municipales ; elle s’exerce librement dans le domaine économique, social, écologique, culturel, scientifique, sportif et ce tout particulièrement dans l’aménagement des loisirs. La Bourgeoisie de Veyras accorde une importance toute particulière à cette mission importante.
Notre Histoire
La Bourgeoisie de Veyras a été créée en 1524, elle disposait à l’époque d’une grande influence sur la vie des Bourgeois, en répartissant aux Bourgeois dans les bans de forêt qu’elle possédait, des arbres qui pouvaient être abattus afin d’en faire du bois de chauffe ou de construction. Ces bans permettaient également aux bétails (chèvres) des Bourgeois de paitre les zones de forêts qui étaient enherbées. De plus la Bourgeoisie mettait à disposition des Bourgeois des fruits, des légumes, du vin, et du bois de feu.
La Bourgeoisie de Veyras cultive des vignes depuis plusieurs siècles pour pouvoir servir du vin aux Bourgeois lors des séances, des travaux, et des assemblées. Depuis le début du siècle dernier la Bourgeoisie a acheté des surfaces de vignes qui lui permette de faire face aux frais annuels générés par le ménage bourgeoisial. (salaires des Bourgeois qui exécutaient des travaux aux vignes à la cave ou dans la salle, prestation du Conseil, du caissier, du secrétaire etc…)
Jusqu’en 1906 la gestion de la communauté veyrassoise était assurée par le Conseil Bourgeoisial, en effet pour être admis au Conseil communal il fallait être Bourgeois de Veyras, ce qui impliquait que certains conseillers ou Présidents émanaient des Communes avoisinantes.
La salle de notre Bourgeoisie que vous pouvez visiter sur réservation auprès du Président de la Bourgeoisie (adresse en bas de page) a été construite en 1624. Elle a malheureusement brulé en 1732, et fut reconstruite par les Bourgeois. Ils débutèrent les travaux par la cave qui était la pièce principale à l’époque, ils firent ensuite une pause de quelques années avant de bâtir les deux étages supérieurs qui n’ont guère changer depuis lors.
Elle a été rénovée plusieurs fois, dont une sous la présidence de Georges Berclaz lors de l’élargissement de la route de Montana en 1984. Cette rénovation a vu la création du caveau au sous-sol el l’aménagement sommaire d’un bureau au rez-de-chaussée, ainsi qu’un coin cuisine à l’étage.
Puis André Zufferey a rénové en 1992 la salle en y installant le chauffage électrique. il a également posé un magnifique éclairage dans le respect des conditions de la commission nationale de protection du patrimoine.
Alain de Preux a quant à lui aménagé en 2014 le caveau qui ne sert plus à la vinification, en lui donnant, avec la collaboration de Dany Melly, un aspect moderne, idéal pour partager un verre. Ce caveau qui mérite vraiment votre visite.
Alain de Preux a également fait traiter les plafonds des étages supérieurs contre les surons et les mouches du bois qui étaient en train de les détruire. Il a de plus crée au rez-de-chaussée le bureau du Conseil.
Dès que l’on rentre dans la salle de la Bourgeoisie l’on constate que la hauteur des portes et le plafond sont très bas dans ces locaux. Ceci est dû au fait que jusqu’au début du 20ème siècle les hommes (seulement les hommes d’ailleurs, les dames n’étant pas admises au sein des Bourgeoisies) ces hommes donc qui fréquentaient ces locaux étaient d’une taille bien plus petite que celle que l’on voit de nos jours.
La Bourgeoisie de Veyras fait partie de la Grande – Bourgeoisie qui gère les fonds communs des Bourgeoisies de la Noble Contrée, qui comprennent les communes Bourgeoisiales de Randogne, Mollens, Venthône, Miège, et Veyras.
Chacune de ces Bourgeoisies a, une salle semblable à celle que vous avez devant vous, toutes ont au centre de la salle cet espèce de tambour qui sert à caser les verres, et un fourneau en pierre ollaire.
Cette salle est sous la haute protection de la commission du patrimoine national. Lors des réfections nous devons solliciter une autorisation de cette institution qui nous indique les contraintes et exigences que nous devons respecter.
Nous avons l’interdiction de percer ou de rainurer le bois, c’est pourquoi les installations électriques sont apparentes. Ces installations ont été créées à la fin du 20ème siècle, car auparavant il était interdit d’utiliser de la lumière dans ces locaux, ainsi lors des assemblées bourgeoisiales lorsque l’obscurité devenait intense, les Bourgeois quittaient les locaux pour rentrer chez eux dans un état qui ne leurs auraient pas permis de se déplacer la nuit.
Voilà je crois que j’ai décrit en quelques mots ce que représente une Bourgeoisie dans notre pays, j’ai juste abordé le sujet, c’est pourquoi si vous avez des questions, je tenterais de vous répondre, si tant est que je puisse maîtriser les questions qui vous tiennent à cœur.
Mermoud Bernard
Caissier de la Bourgeoisie
Les autorités bourgeoisiales
CONSEIL BOURGEOISIAL
Période législative 2021-2024
Alain de Preux
Président
Jean-Bernard Berclaz
Vice-Président
Bernard Mermoud
Trésorier
Le patrimoine de la bourgeoisie
La Bourgeoisie de VEYRAS est propriétaire de 65 hectares de forêts. Un partie de ce patrimoine forestier se situe au-dessus de l’oratoire sur la route de Planige, et le reste se situe au-dessus de Cordonnaz, jusqu’à la zone des “Gulantschi” sous les alpages de Varen.
La Bourgeoisie de Veyras est propriétaire des parcelles de vignes suivantes, situées sur la commune de VEYRAS
|Nom local||Surface||cépage||Année de plantation||N° de parcelle|
|La Pierre||538 m2||Humagne rouge||2002||1319|
|La Borbotta stand||982 m2||Petite-Arvine||1975||1064|
|La Borbotta CH Favre||736 m2||Rhin||1985||1094|
|La Pierre||1 232 m2||Cornalin||1990||1317|
|La Pierre||1 262 m2||Chasselas||1982||1317|
|Bernunes||2 947 m2||Pinot gris||1982||1821|
|Total m2||7 697 m2|
Le reglement bourgeoisial
Le présent règlement a été approuvé par l’Assemblée bourgeoisiale, le 8 novembre 1992; et homologué par le Conseil d’Etat