Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06911.jsonl.gz/136

«Les grandes banques disposent de fonds propres suffisants pour absorber plus de 600 milliards de dollars de pertes et continuer à prêter aux ménages et aux entreprises dans des conditions difficiles», ont conclu les auteurs du rapport.
Un niveau de capitalisation qui demeure solide pendant une potentielle sévère récession: la Banque centrale américaine a livré un satisfecit général aux banques américaines qui ont réussi avec succès son dernier test de résistance pourtant plus corsé que celui de l’an passé.
«Le test de résistance de 2022 montre que les grandes banques disposent de fonds propres suffisants pour absorber plus de 600 milliards de dollars de pertes et continuer à prêter aux ménages et aux entreprises dans des conditions difficiles», ont conclu les auteurs du rapport.
Les ratios de fonds propres de l’ensemble des banques testées tomberaient à 9,7%, «soit plus du double du minimum requis», ont-ils précisé.
Au total, 34 établissements dont JPMorgan Chase et Goldman Sachs ainsi que des filiales américaines de banques étrangères telles que Credit Suisse, ont été tenus de participer au test de la Réserve fédérale (Fed) cette année contre 23 l’an passé.
L’édition 2022 comprenait en effet la participation de banques plus petites qui ne sont soumises à ces tests qu’une année sur deux.
«Par conséquent, les résultats agrégés communiqués pour le test de résistance de 2022 ne sont pas entièrement comparables aux résultats du test de résistance de 2021», souligne la Fed.
Les tests de résistance avaient été mis en place par la loi Dodd-Frank après la crise financière de 2008. Jusqu’à la crise provoquée par la pandémie de Covid-19, ils n’étaient généralement réalisés qu’une seule fois par an.
Mais la Fed avait ajouté un test supplémentaire en décembre 2020 en raison de la même pandémie.
Les tests évaluent la résilience des banques en estimant leurs pertes, leurs revenus ou encore leurs niveaux de fonds propres, qui fournissent une protection dans des conditions hypothétiques et sur une période de neuf trimestres à venir.
Le scénario retenu cette année était «plus difficile que le test de 2021, de par sa conception», a commenté la Fed dans un communiqué.
Il comprenait «une grave récession mondiale avec des tensions importantes sur les marchés de l’immobilier commercial et de la dette des entreprises».
Dans ce scénario, le taux de chômage culminait à 10% - contre 3,6% en mai - et le PIB diminuait «en conséquence».
Les prix des actifs baissaient aussi fortement, avec une contraction de près de 40% des prix de l’immobilier commercial et une chute de 55% des cours des actions.
Les 612 milliards de dollars de pertes totales étaient alors dues «en grande partie» - pour 463 milliards - aux pertes sur prêts.
«Les pertes projetées sur les prêts à la consommation représentent une part plus faible (31%) dans les pertes totales que les pertes sur prêts commerciaux (45%)», a également détaillé la Banque centrale.
En outre, les portefeuilles de prêts, qui constituent le plus grand montant de pertes, sont les prêts commerciaux et industriels et les cartes de crédit, «chacun représentant 26% des pertes totales sur prêts».
La Fed note par ailleurs que cette année, les grandes banques ont enregistré une augmentation de plus de 50 milliards de dollars de pertes par rapport au test de 2021.
L’an passé, la réussite à ce test avait permis la levée des restrictions imposées aux grandes banques pendant la pandémie sur les versements de dividendes et de rachats d’actions.
Avec ces nouveaux résultats, les banques pourront annoncer de nouveaux projets de paiement de dividendes et de rachat d’actions à partir de lundi à 20H30 GMT, selon un responsable de la Fed.
Les résultats de ces tests «montrent que les plus grandes banques du pays restent bien positionnées pour absorber une série de chocs économiques potentiels tout en continuant à soutenir leurs clients et leurs communautés», s’est félicité Rob Nichols, le président de la Fédération des banques américaines (ABA) dans un communiqué.
«Les bilans solides et les niveaux de capital élevés du secteur garantissent que les banques peuvent faire les prêts qui stimulent notre économie même s’ils font face à des vents contraires importants», a-t-il ajouté.