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Les portraits du Fayoum sont tous peints soit sur bois soit sur toile, préparés ou non.
Les panneaux de bois ont une épaisseur qui varie entre 2 et 20 millimètres; on a remarqué que les panneaux les plus minces adoptent
souvent la forme de stèles, c'est-à-dire que le bord supérieur en est cintré,
ou les angles rognés. Leurs dimensions varient entre 40 et 44 centimètres
de hauteur sur 21 et 24 centimètres de largeur. Les panneaux forts,
de 6 à 8 millimètres d'épaisseur, sont presque sans exception rectangulaires;
de moindres dimensions, ils dépassent rarement 31 centimètres
de hauteur sur une largeur constante de 21 à 24 centimètres.
Les bois les plus utilisés sont les essences natives, telles que le
sycomore ou l'acacla, l'un des portraits d'Antinoopolis a même été exécuté
sur une simple planchette de figuier (ficus carica). Mais les portraits
étant objets de luxe, on fit appel aussi aux essences importées, le
cèdre et le tilleul en particulier, dont on prisait la densité et la finesse
de grain.
A guelques rares exceptions près, et quelle que soit l'essence choisie, le bois a été travaillé de manière à ce que les veines suivent verticalement la surface à peindre. On peut imaginer que ce parti facilitait la mise en place du portrait sur la face bombée de la momie.
Quelques rares portraits furent brossés à même le bois; mais la surface à peindre était plus souvent recouverte d'un enduit blanc de texture lisse et serrée, parfois teinté par adjonction de pigments noirs ou bleus. Cet enduit était composé dans la plupart des cas étudiés de sulfate de calcium, soit de plâtre, auquel on ajoutait en quantité variable un liant albuminoïde. Il s'agit donc d'un gesso. Le gesso était connu des Egyptiens depuis la plus haute antiquité, puisqu'on l'a identifié pour la première fois dans les appartements funéraires du roi Djéser à Sakkara, scellant aux parois les éléments de faïence bleue qui les décorent, statues et statuettes de l'Ancien, du Moyen et du Nouvel Empire étaient recouvertes du même gesso avant d'être polychromées. Les peintres du Nouvel Empire n'en varièrent pas la formule pour préparer les parois des tombes qu'ils avaient à décorer. A l'époque ptolémaïque et romaine encore, les masques funéraires plastiques étaient faits de gesso moulé, ou plus rarement modelé sur une âme de papyrus ou de chiffons encollés. Le bois soigneusement poli, recouvert d'une couche de gesso que l'on avait laissé sécher, puis lissé, était prêt à être peint. L'artiste traçait alors en quelques traits de pinceau une esquisse rapide de son modèle, en noir ou à l'ocre rouge. Certaines de ces esquisses, premier jet de la création, ont été retrouvées au dos même des panneaux.
Autre support, la toile. L'usage en était antérieur aux Romains, puisqu'on a exhumé à Deir el-Medineh et à Deir el-Bahari de petits tableaux votifs sur lin, représentant le défunt devant sa table d'offrandes ou son arrivée aux portes de l'Amenti datant des XVIII-XXI ièmes dynasties. Mais le plus ancien exemple de peinture sur toile, conservé aujourd'hui au Musée de Turin, remonte à la première moitié du IV ième millénaire av. J.-C.; retrouvé en fragments à Gebelein, il représente les apprêts d'une cérémonie funèbre. Dans les ateliers du Fayoum, la toile de lin, peinte au naturel ou enduite de gesso, fut d'usage presque aussi commun que le bois. La souplesse de sa texture permet de croire qu'on la réservait aux portraits de caractère strictement funéraire, destinés à être déposés sans autre fonction sur la momie.