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Bâle-Campagne est parmi les premiers cantons à élaborer une stratégie de prévention et de lutte contre la pauvreté. C’est exemplaire. Caritas est d’avis que cette stratégie doit être contraignante et dotée des ressources nécessaires à sa mise en œuvre.
Le premier rapport sur la pauvreté du canton de Bâle-Campagne, publié il y a quatre ans, montrait que 16 700 personnes étaient pauvres dans le canton. Le rapport recommandait de prévenir la pauvreté et formulait huit mesures pour y parvenir. Après ce rapport, le gouvernement cantonal annonçait d’autres mesures dont l’une prend effet cette année : le canton élabore une stratégie contre la pauvreté.
Bâle-Campagne est le deuxième canton à faire ce pas, le premier étant le canton de Genève. C’est exemplaire. D’autres cantons viennent de refuser des avancées importantes en matière de lutte contre la pauvreté. Le canton de Thurgovie par exemple ne veut pas d’une stratégie de lutte contre la pauvreté. Il voit la prévention et la lutte contre la pauvreté comme une tâche commune des cantons et de la Confédération. Le canton de St-Gall n’a pas voulu d’un rapport sur la pauvreté, prélude à une stratégie. Son Parlement a considéré que les statistiques existant étaient suffisantes. Le canton du Jura vient de publier, en février de cette année, un rapport sur la pauvreté. Mais ce rapport n’est guère plus qu’une collection de statistiques existantes. Il est donc mal adapté pour servir de base à une stratégie.
L’un des grands avantages des rapports et des stratégies sur la pauvreté est qu’ils apportent une perspective globale. En effet, ils permettent de relier entre eux différents domaines politiques : éducation, santé, marché du travail, fiscalité et politique sociale. Avec une stratégie de lutte contre la pauvreté, les cantons vont donc un peu plus loin que ceux qui fixent leurs objectifs de réduction de la pauvreté dans leurs programmes législatifs.
Mettre en œuvre la stratégie : il faut des règles contraignantes.
Pour que la stratégie du canton de Bâle-Campagne puisse déployer des effets, il faut — c’est l’avis de Caritas — dégager les ressources nécessaires et déclarer cette stratégie contraignante. Les ressources financières sont bien là, comme le montre le budget cantonal qui prévoit cette année un excédent de 70 millions de francs. Le budget 2020-2022 est également nettement positif.
En ce qui concerne le caractère contraignant, les choses sont moins sûres. Le Conseil d’État a déclaré voilà quatre ans qu’il comptait lutter contre la pauvreté seulement « dans la mesure du possible et sous réserve des ressources existantes ». Les décisions concernant l’aide sociale éveillent d’autres doutes encore. Le canton est en train de se doter d’une nouvelle loi en la matière. Et il prévoit de réduire le forfait pour l’entretien. Cette décision rendrait la vie des personnes pauvres plus difficile. Car cette réduction affaiblit leurs chances d’insertion professionnelle et sociale et augmente la probabilité de la pauvreté à long terme pour les personnes touchées.