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Bienheureux Nicolas STENSEN
Nom: STENSEN (appelé aussi STÉNON)
Prénom: Nicolas (Niels)
Pays: Danemark
Naissance: 11.01.1638 à Copenhague
Mort: 05.12.1686 à Schwerin
Etat: Evêque
Note: Luthérien, il étudie à Copenhague, Amsterdam, Leiden, Paris, (études d'humanisme et sciences), et enfin Florence. Il fait des découvertes en médecine et en anatomie et fonde la géologie. En 1667, il se convertit à Florence. Prêtre en 1675. Vicaire apostolique de Hanovre en 1677. Suffragant de Münster 1680-1683. Vicaire apostolique à Hambourg et à Schwerin. Son corps est transféré à Florence en la basilique San Lorenzo.
Béatification: 23.10.1988 à Rome par Jean Paul II
Canonisation:
Fête: 5 décembre
Réf. dans l’Osservatore Romano: 1988 n.45 p.11 - 1989 n.31 p.8-9
Réf. dans la Documentation Catholique: 1988 p.1167-1169 et 1174
Notice
Niels (Nicolas) Stensen (ou Steensen) naît à Copenhague au Danemark en 1638. Il est élevé par des parents luthériens très pieux. Son père est orfèvre et, dans la boutique paternelle, le fils est déjà un observateur attentif des caractéristiques des pierres précieuses. Il suit le cursus des études jusqu’à l’université. Il se met ensuite à voyager comme il le fera toute sa vie. Ce “pèlerin du monde” suit aussi et surtout un cheminement intellectuel et spirituel ; toute sa vie, il sera en quête de la vérité. Après l'université de Copenhague, il étudie dans celles d’Amsterdam et de Leyde en Hollande, puis de Paris et de Florence. Dans cette dernière, il désire ardemment rencontrer des compagnons encore vivants de Galilée. Il aimera cette ville comme sa seconde patrie. Ses nom et prénom sont latinisés (comme il est de coutume chez les savants) en Nicolaus Stenonis. Ledit ‘Sténon’ est frappé par la beauté de la création (par exemple une pierre précieuse ou le corps humain), mais il ne s’arrête pas là, car si « les choses que l’on voit sont belles, (…) beaucoup plus belles encore sont celles que l’on ne peut connaître ». Il cherche donc à remonter à la source. Ainsi décrit-il sa démarche dans l’étude du corps humain : « Le véritable but de l’anatomie est de permettre aux observateurs, à travers le chef-d’œuvre qu’est le corps, d’atteindre à la dignité de l’âme, et grâce à leurs merveilles à tous deux, d’accéder à la connaissance et à l’amour de leur Auteur » (Opera Philosophica, t. II, 254). Du savant Sténon, Jean-Paul II décline les titres impressionnants : “célèbre anatomiste, fondateur de la paléontologie, de la géologie et de la cristallographie scientifique” (Jean-Paul II Copenhague, 7 juin 1989, voyage dans les pays scandinaves).
Niels Stensen recherche la vérité avec passion. Il veut des certitudes absolues. C’est pourquoi il s’oriente vers les études théologiques. À Florence, ces questions deviennent brûlantes lorsqu’il est confronté avec le catholicisme romain. Avec une objectivité sereine, il étudie sa propre religion et le catholicisme. Peu à peu des préjugés tombent et il en arrive à la conclusion que l’Église catholique est l’Église authentique. Sa conversion a un grand retentissement, notamment dans son pays d’origine, où d’ailleurs il ne reviendra pas, malgré l’invitation du roi (désireux de faire revenir cette gloire scientifique au pays), car au Danemark, le catholicisme est interdit et tout prêtre qui en franchit les frontières est passible de mort. Dans son zèle pour la vérité, Niels ne se contente pas de se convertir ; il veut se faire apôtre et s’oriente vers la prêtrise. Il est ordonné en 1675. Selon une volonté expresse du pape, il est nommé deux ans plus tard “évêque et Vicaire apostolique des Missions du nord” et il est consacré, par saint Grégoire Barbarigo (N. 114), évêque de Padoue. De nouveau, le pèlerin du monde se met en marche et se dirige vers l’Allemagne pour y exercer son ministère apostolique, consacrant les années qui lui restent à vivre à faire connaître aux hommes ce Dieu qu’il a rencontré à travers la science et dans la foi. Il parcourt ainsi les régions de Hanovre, Munster, Paderborn, Schwerin. En pasteur d’âmes, il réconforte le petit troupeau catholique et, en missionnaire, il s’ouvre à tous les autres, les luthériens, les savants, fussent-ils incroyants comme son ‘ami’ hollandais Spinoza qu’il cherche en vain à convertir. Il a des contacts fructueux avec Leibniz. Passionné du Christ crucifié, il connaît lui-même la souffrance. Son emblème n’est-il pas un cœur surmonté d’une croix ? Sa mission est délicate dans ces régions en majorité protestantes. Sa vie –nous dit le pape– est “un exemple lumineux d’ouverture et de dialogue”. Son témoignage nous fait comprendre “comment, par la droiture associée à la distinction et à la délicatesse, aux mœurs exemplaires et à la sainteté de vie, on peut et on doit établir ces rapports qui facilitent la compréhension réciproque, l’amour et l’unité”. Il finit par établir sa résidence à Schwerin. C’est là que, après de grandes souffrances, il meurt en 1686.
« Le secret de son existence réside entièrement en cela : s’il est célèbre par les découvertes faites dans le domaine de l’anatomie, ce qu’il nous indique par son choix de vie est bien plus important. Niels Stensen, grâce à la “science du cœur” a découvert Dieu, Créateur de tout ce qui existe et Sauveur du monde, et il s’en fait le héraut au milieu de ses frères. » (Jean-Paul II)
Une importante découverte de Sténon
Un jour, en octobre 1666, deux pêcheurs attrapent un requin énorme près de la ville de Livourne, et le duc de Florence, Ferdinand, grand ami des sciences, ordonne que sa tête soit envoyée pour analyse à Sténon. Celui-ci la dissèque et publie ses conclusions l’année suivante. L'examen des dents du requin a montré une ressemblance frappante avec des pierres insolites appelées glossopetrae ou "langues de pierres" qui ont été trouvées jadis dans certaines roches. Sténon dit que ces glossopetrae ressemblent à des dents de requin …tout simplement parce qu'elles sont des dents de requin fossilisées ! Sténon se concentre pendant deux ans sur la difficulté majeure de la géologie naissante : Comment les sédiments marins ont-ils pu devenir des roches dures qui constituent les montagnes ? Son travail sur les dents du requin l'a mené à la question de savoir comment un objet solide pouvait être trouvé à l'intérieur d'un autre objet solide, un rocher. Il publie en 1669 la conclusion de ses études dans un ouvrage intitulé : De solido intra solidum naturaliter contento (D’un corps solide contenu naturellement dans un solide). C’est son livre le plus important au point de vue scientifique. Sténon étant anatomiste, il construit pour ainsi dire une « anatomie de la Terre ». Le principe de base en est que chaque couche du sous-sol correspond à une époque du passé. Il donne ainsi les principes de formation des strates successives, grâce auxquels on déchiffre le sous-sol comme un livre. Les strates se suivent, comme les pages et les chapitres d'un livre. Les fossiles en sont les personnages.