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Le Carnaval, par opposition au Carême, est une courte période de licence joyeuse. Comme chaque année à ce moment, de nombreux cantons se préparent à basculer dans la fête, avec des cortèges, des fêtes, des chars et des festins, selon des traditions parfois très anciennes. Rien de tel dans la cité de Calvin. En dépit de plusieurs manifestations organisées à cette occasion, le vrai « carnaval » genevois reste la fête de l’Escalade, en décembre.
Dans la tradition, le carnaval est l’occasion de profiter de certains aliments, juste avant Carême. L’étymologie latine indique que le mot vient de «Carna», la viande, et de «Vale», «Levare», ôter.
« Carnaval » marque donc les derniers moments pour consommer et festoyer avant d’entrer dans la période de jeûne du Carême, où l’on s’apprête à supprimer la viande de nos repas.
Le Carnaval, très vivant dans la Genève d’autrefois selon plusieurs sources, en a été banni il y a plus de 500 ans. On attribue souvent à la Réforme protestante et à ses règles austères, l’interdiction à Genève de ce type de fête, souvent spectaculaires et qui tirent également origine dans des représentations païennes. Toutefois, le premier édit d’interdiction du carnaval et de ses représentations de type « mascarades » apparaît, à Genève, en 1481. Et donc un demi-siècle avant la Réforme (1543), écrit Y.G.Reymond, sur le site www.carnaval-geneve.ch.
À la fin du 14e siècle et durant le 15e siècle, Genève connaît un développement florissant et une renommée internationale grâce à ses foires. Les Genevois de cette époque apprécient de faire la fête et de se déguiser, danser et chanter. Dans un contexte de carnaval médiéval, on peut imaginer la foule de la foire du moment, les cliques de fifres et tambours venues d’autres villes confédérées, les beuveries et ripailles, les rivalités entre groupes sociaux, les accès de xénophobie endémique… Il est évident que le maintien de l’ordre public était difficile, voire impossible. Cela aboutira le 9 janvier 1481, pour des questions de sécurité et de moralité, à l’interdiction du port du masque et du déguisement, en toutes occasions, par le pouvoir communal, avec l’aval des autorités ecclésiastiques, poursuit Y.G.Reymond.
Avec le temps, les commerçants du nord remplacent les Italiens et emmènent dans leurs bagages les idées de Luther. La Réforme n’est pas loin et elle ne ressuscitera pas le carnaval.
L’esprit de fête des Genevois s’exprime, encore aujourd’hui, surtout lors de la fête de l’Escalade et ses grands rassemblements populaires pour la course et les défilés.
Dans un État où toute fête religieuse était bannie, la commémoration de l’Escalade s’impose très vite et réintroduit la fête à Genève. Bien rapidement, des célébrations profanes accompagnent en effet les manifestations de la victoire «militaire» de l’Escalade. Elles se sont enracinées dans les mentalités, en dépit des interdictions et des remontrances des pasteurs, souligne le site ge.ch.
SD&C, février 2020