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Une démocratie "faux-témoin" ?
"La Suisse, démocratie-témoin", assurait dans son titre un ouvrage de l'académicien français André Siegfried, dans les années cinquante. Le livre avait été commandité par les autorités suisses, qui avaient une image à restaurer dans cet après-guerre ou son rôle entre l'instauration et la chute du régime nazi lui valait une réputation plus fâcheuse que celle qu'elle espérait avoir (au livre de Siegfried, le leader du Rassemblement jurassien, Roland Béguelin, avait répondu par le sien : "Un faux-témoin : la Suisse"). "Démocratie-témoin", la Suisse ? Elle en tout cas en est persuadée. Du moins être un "témoin" n'est pas de la même prétention qu'être un modèle. Et dans le mouvement français des "gilets jeunes", les droits démocratiques directs que nous nous sommes nous-mêmes accordés, et dont nous usons avec régularité, font des envieux. Mais il est en tout cas un domaine et un terrain sur lesquels nos droits démocratiques sont inférieurs à ceux accordés dans les pays voisins, et restent donc à étendre et à assurer : le domaine des droits syndicaux, le terrain des combats syndicaux. Car ces droits sont aussi des droits démocratiques, et ce terrain de combat est aussi le terrain d'un combat démocratique. Et sur ce terrain, la Suisse est bel et bien un "faux-témoin"