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Assura veut que la législation sur la transplantation d'organes change radicalement. La caisse-maladie lancera une initiative populaire si rien ne bouge. Swisstransplant est "inactif", selon son président. La fondation rejette les critiques et juge l'évolution positive.
Le président d'Assura Jean-Paul Diserens qualifie "d'obsolète" la gestion de la transplantation d'organes. Motivé par des raisons strictement "philanthropiques" et non financières, il veut changer les choses, quitte à provoquer, a-t-il affirmé mercredi.
Diverses mesures sont préconisées, comme une communication plus moderne, la création d'un fichier centralisé et surtout une nouvelle législation (passer au consentement présumé du don d'organes). Si aucun changement notable n'est constaté "dans un proche avenir", Jean-Paul Diserens entend lancer une initiative populaire.
Suisse en queue de peloton
Pour lui, la Suisse est "le tiers-monde" en Europe sur ce dossier. Elle doit donc adopter le principe introduit dans des pays comme la France ou l'Espagne, qui ont deux et trois fois plus de donneurs. En clair, tout le monde devrait être donneur d'organes par défaut et ceux qui refusent auraient l'obligation de le dire, soit l'inverse de la pratique helvétique basée sur le consentement explicite.
Swisstransplant conteste les critiques. La fondation a été "très active" ces dernières années. Quant aux campagnes d'information, elles relèvent de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) et non de Swisstransplant, affirme Franz Immer, directeur de l'institution.
Le lancement d'une initiative populaire ne lui paraît pas nécessaire. Deux motions parlementaires ont été déposées sur ce sujet, comprenant notamment le principe du consentement présumé. Selon Swisstransplant, une personne décède tous les trois jours en Suisse en raison de la pénurie d'organes.
ATS