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Dans la Tribune de Genève du 26 mai, le Conseiller d'Etat Mark Muller laisse entendre que la Confédération serait prête à payer à 100% la traversée lacustre. A l'approche de l'Eurofoot, il semble que notre ministre des sports et des constructions prenne ses rêves pour la réalité !
En effet, suite à deux questions urgentes posées par les Conseillers nationaux Hodgers et Sommaruga au Conseil fédéral, celui-ci a tenu à rappeler les points suivants :
- La traversée lacustre est, aujourd'hui, seulement considérée comme une variante "possible". Si elle venait finalement à être choisie comme la meilleure variante pour le réseau des routes nationales, son financement devrait alors être soumis au vote du Parlement. Comme on l'a vu pour la 3ème voie ferroviaire, ce type de majorité n'est de loin pas acquis.
- Par ailleurs, précise le département, "si la traversée lacustre choisie sert en premier lieu à la décharge du réseau cantonal et de la ville, dans ce cas, c'est le canton qui est responsable du raccordement". Un "cofinancement est à la rigueur possible par le fond d'agglomération".
Cette réponse du Conseil fédéral devrait calmer les ardeurs des partisans de la traversée lacustre. En effet, si l'objectif déclaré de décharger le réseau urbain cantonal est réel, l'ouvrage serait mis pratiquement entièrement à la charge du canton. Et la population a déjà dit ce qu'elle pensait d’un investissement d'un milliards de francs pour la réalisation d’une telle traversée.
A quelques jours du coup d'envoi de l'Eurofoot, Mark Müller devrait placer ses utopies dans la victoire de l'équipe nationale au lieu des financements fédéraux. En effet, les chances de voir la Suisse devenir championne d'Europe sont nettement supérieures à celles de voir la traversée lacustre être financée à 100% par Berne.
Antonio Hodgers, Conseiller national