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12/09/2008
PEINTURE - LE NEO-IMPRESSIONNISME
LE NEO-IMPRESSIONNISME (Pointillisme et Divisionnisme).
Dans un certain sens, le Néo-Impressionnisme apparaît comme le développement logique de l’Impressionnisme.
Le qualificatif fut employé officiellement pour la première fois, par Félix Fénéon qui était l’ami et le porte-parole des peintres SEURAT et SIGNAC, le 19 septembre 1886, dans la revue bruxelloise « L’art moderne ».
Ce procédé pictural appelé aussi Pointillisme, et Divisionnisme, fut mis en œuvre par SEURAT, le Maître à penser du mouvement, qui s’opposait aux diverses expériences des Impressionnistes, pour les rationaliser. Tandis que ces derniers, en s’appuyant sur leur sensibilité, recherchaient une division de la couleur par petites taches, les Néo-Impressionnistes créèrent une division de la couleur par petites touches. Une addition de très petits points posés systématiquement d’après les couleurs pures du spectre, fit naître les tons par absorption mutuelle. Les couleurs pures fondamentales qui étaient alors décomposées en points fins par la trame, étaient imprimées les unes à côté des autres, en se liant optiquement pour recomposer selon leur densité des tons différenciés.
Les artistes s’intéressèrent scientifiquement à la physiologie et à la psychologie de la vision, à l’optique, et aux problèmes de la lumière et de la couleur. Ils éliminèrent l’imprévu, et tout ce qui émane d’une origine sensorielle. Après avoir étudié eux aussi les travaux scientifiques de Chevreul, ils accordèrent les connaissances de la science avec leurs exigences artistiques.
Ces peintres préparaient avec soin le support en bois ou en toile, avant d’élaborer avec lenteur le tableau en plusieurs couches superposées. Les sujets à peindre étaient issus de la vie moderne des usines, et du monde des travailleurs. Les Néo-Impressionnistes restèrent attachés aux paysages de campagne ou de mer, mais s’intéressèrent également aux divertissements populaires comme les fêtes foraines ou les cafés-concerts.
Les formes, dessinées avec précision, demeurent sans relief, et transparentes. Des petites touches dont l’apparence fait naître parfois l’appellation de Pointillisme, respectent dans leur proportion la dimension du tableau. Le mélange optique produit une luminosité beaucoup plus intense que le mélange des pigments. L’originalité consiste dans le caractère du dessin, et dans la manière personnelle de voir qui appartient à chaque artiste.
En se reportant au Naturalisme de COURBET qui a influencé d’abord les Impressionnistes, et plus tard une partie des Néo-Impressionnistes en provoquant chez eux, mais également chez les représentants de la littérature contemporaine, une réaction qui faisait appel à la science, la volonté des Néo-Impressionnistes de trouver une synthèse entre la science et l’art devint alors beaucoup plus compréhensible.
Dans ses derniers tableaux, SEURAT exprima une manière de peindre beaucoup plus méthodique. Et cette volonté « d’arranger » la composition devint si nette, qu’elle menaça de se perdre dans une stylisation par le contraste recherché des lignes qui s’orientaient déjà vers l’Art Nouveau qui naquit peu après.
A l’exception de PISSARRO qui se rallia au Néo-Impressionnisme en 1885, tous les artistes du Mouvement Impressionniste disloqué depuis 1880, ignorèrent cette nouvelle évolution de la peinture. Le groupe des Néo-Impressionnistes souhaita une union de l’art et de la science, mais les règles d’après lesquelles les artistes devaient accomplir cette union, ne furent pas de sitôt établies.
Aussi, en 1882, soit quatre ans avant que Félix Fénéon n’emploie officiellement le terme de « Néo-Impressionnistes », David Sutter publia dans la revue parisienne « L’art », cent soixante sept règles sous le titre « Le phénomène de la vision », et qui purent être considérées comme le programme du Néo-Impressionnisme. Dans son exposé, Sutter déclara : « Les règles ne peuvent pas entraver la spontanéité de l’invention. Malgré leur caractère absolu, elles ne restreignent pas l’activité artistique. La science, au contraire, libère de toute incertitude et permet à l’artiste de se mouvoir en toute liberté ».
Ainsi, SEURAT, après avoir peint durant deux ans selon les « Règles » de Sutter, fonda-t-il en 1884, le Salon des Indépendants, avec les artistes qui n’étaient pas sélectionnés par le Salon officiel. Ces peintres qui provenaient d’horizons très différents, se connaissaient déjà. Ils avaient pour nom SEURAT, SIGNAC, LUCE et CROSS. Leur union s’appela « La Société des Artistes Indépendants ». En décembre de la même année, ils organisèrent leur première exposition. Et lors de cet accrochage, le tableau de SEURAT « La baignade », fit comprendre à SIGNAC que sa vision de la peinture rejoignait parfaitement celle de son ami.
SIGNAC devint ensuite le représentant le plus actif de ce nouveau groupe d’artistes, en transmettant son enthousiasme aux autres peintres. Et à partir de 1887, le mouvement se diffusa à l’étranger, par le concours de l’engagement de SIGNAC qui publia alors un résumé de ses découvertes scientifiques et artistiques : « d’Eugène DELACROIX au Néo-Impressionnisme », paru en 1899.
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Alain VERMONT