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Lorsque Karin Eberhart voyage aux Etats-Unis pour rendre visite à Scott Panetti, elle ne sait jamais exactement si ce sera Scott, ou Ranahan, qui sera assis de l’autre côté de la vitre. Ranahan est un soldat, un violent, un meurtrier. Ranahan apparaît quand Scott n’en peut plus, lorsqu’il subit trop de pression. Depuis qu’il a 16 ans, Scott Panetti souffre de schizophrénie et d’hallucinations. C’est cette maladie qui l’a poussé, en septembre 1992, à s’introduire dans la maison de ses beauxparents de l’époque et à les abattre devant les yeux de son exfemme et de sa fille de trois ans. Ses actes ont été jugés au Texas et il a été condamné à mort. Depuis onze ans, Scott Panetti attend son exécution.
Pas assez fou
«J’ai écrit à Scott pour la première fois en 1997», se souvient Karin Eberhart, qui vient justement de rentrer d’une visite à Scott. A peine un an après, le jour de son anniversaire, elle lui a rendu visite pour la première fois. «C’était horrible, raconte-t-elle. C’était comme si je rencontrais la mort, alors que les gens que je voyais étaient encore en vie.» Mais la Zurichoise ne s’est pas laissé impressionner. Depuis, elle lui écrit deux lettres par semaines et lui rend visite au moins deux fois par année.
Si cela devait dépendre du tribunal de l’Etat du Texas, Scott aurait été exécuté depuis longtemps. Lors de son procès, en 1995, Scott s’était obstiné à vouloir se défendre lui-même. Habillé en cowboy, il a fait un long monologue lors de l’audience et a demandé à convoquer le pape, Jésus et John F. Kennedy. Déconcerté par son comportement, le jury a délibéré moins d’une heure avant de déclarer: «Scott sait qui il est et ce qu’il fait ici» et de le condamner à mort. Depuis un jugement rendu par la Cour suprême en 2002, l’exécution de personnes handicapées mentales est anticonstitutionnelle. Cependant, la mise à mort de personnes souffrant de troubles mentaux est toujours permise si la personne condamnée comprend pourquoi elle est exécutée. Scott n’a lui-même jamais compris le lien entre son exécution et le crime qu’il a commis. Il est convaincu que l’Etat texan veut l’exécuter en raison de ses visions.
Jugement arbitraire
Scott aurait dû être exécuté en février 2004. Deux jours avant l’exécution, cette dernière a été annulée grâce à la demande d’un professeur de droit qui avait discuté avec Scott en présence d’un psychologue. Il estimait que Scott ne pouvait pas être exécuté en raison de sa constitution mentale. Un avis que partageait le juge Sparks, à qui le cas a été renvoyé, qui a clairement dit que Scott Panetti avait été jugé de manière arbitraire. Le cas de Scott est passé à la Cour suprême, qui devrait rendre son jugement définitif prochainement. Cet automne, la Cour suprême a confirmé trente condamnations à mort. Celle de Scott n’en faisait pas partie. «Nous ne perdons pas espoir», témoigne Karin Eberhart. Ou comme le dit toujours Scott: «One day at the time» – un jour après l’autre.
Vous pouvez écrire en faveur de Scott Panetti. Un modèle de lettre est disponible en cliquant ici »
Article paru dans le magazine AMNESTY, n°47, publié par la Section suisse d’Amnesty International, novembre 2006.