Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06926.jsonl.gz/544

Vert, c’est vert
Petite revue science-et-technique aujourd’hui : SPAistes, GreenPeaceistes et autres vertsistes, s’abstenir. Nous allons voir ensemble la Green Fluorescent Protein (GFP), que l’on francisera volontiers Protéine Fluorescente Verte, et ses nombreuses utilisations dans la recherche actuelle.
La structure de la Green Fluorescent Protein.
C'est cette même substance qui fournit aux chercheurs les plus perspicaces les moyens de verdiser assez simplement un certain nombre de choses, comme par exemple des porcs communs, appelés aussi cochons domestiques.
Sus scrofa domesticus.
Plus sérieusement, la protéine fluorescente verte un outil formidable que l'on sert un peu tout le temps en recherche, et plus particulièrement dans les expériences génétiques. Et ça, en effet, c'est vachement plus utile.
Shimomura, Chalfie et Tsien
La Green Fluorescent Protein a été isolée par le professeur Shimomura en 1962, alors qu'il était assistant à l'Université de Princeton. En effet, celui-ci travaillait à l'époque sur une sorte de méduses fluorescentes vertes.
Aequorea victoria.
"Mais qu'est-ce qui peut donc bien rendre ces méduses si vertes ?"
(Traduction libre de ce qu'aurait pu penser le professeur Shimomura à l'époque, ndlr.)
Osamu Shimomura.
À la suite de nombreux travaux (plus ou mois concluants, cela dit ; il aura quand même fallu 46 ans de recherche) et expériences scientifiques sur la structure, les propriétés et autres caractéristiques de la GFP, avec les collaborations engagées avec les professeurs Chalfie (qui cherchait à l'époque un moyen de colorier les gènes), et Tsien, Shimomura arrive à colorer le cerveau d'un souris de manière nuancée, c'est à dire en faisant varier la couleur en fonction des gènes exprimés. On peut donc voir en gros ce que pense la souris. Une révolution. Même en 2007.
Shimomura et compagnie postuleront ensuite à Oslo. N'étant pas Chinois-non-communistes (malgré les apparences), ceux-ci se verront remettre le prix Nobel de chimie en 2008.
Le trio du Prix Nobel de Chimie, en 2008.
On recherche...
Comme je l'ai dit, la Green Fluorescent Protein est outil formidable qui ouvre la voix a de grandes perspectives dans la recherche.
On peut, par exemple, suivre la transcription de l'ADN d'une cellule en direct live (au microscope), afin de savoir exactement quand et dans quelles proportions un gène est exprimé. Et donc savoir pourquoi certains gènes sont plus exprimés alors que d'autres ne le sont pas du tout. Si l'on compare ensuite les valeurs obtenues sur une personnes saines et celles d'une personne atteinte d'une maladie génétique, on peut peut-être mettre en évidence l'une des causes de ladite maladie. Bien sûr, tout n'est pas si simple.
On peut aussi suivre la transcription de l'ADN d'un virus et observer sa réaction à un traitement antiviral. Ceci permet d'affiner et d'améliorer la substance active du futur médicament.
On peut encore marquer le spermatozoïde d'un animal (expérience faite sur des mouches) afin d'observer certains caractères génétiques bien précis qui seront transmis à ses descendants.
Bref.
C'est une belle molécule qui permettra encore de grande choses.
Mais aussi de moins grandes. ;-)
Abus de suschis ?
Il faut bien s'amuser un peu dans la vie, non ?
Merci de votre lecture et à bientôt,