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Dans le chapitre intitulé « De la peinture ou impressions dans les bâtiments » de son cours d'architecture publié en 1691, Augustin-Charles d’Aviler écrivait : « La plus belle couleur est le blanc parce qu'elle augmente la lumière & réjouit la veue ». ll faut attendre 1738 pour que l’architecte Jean-Baptiste-Alexandre Leblond, dans une nouvelle édition du traité de d'Aviler, évoque l’application de couleurs, semble-t-il plus abstraites : « on peint aussi présentement les Lambris en couleur de citron, en verd & en d'autres couleurs ». Le théoricien se montre toutefois sceptique quant à la pérennité du phénomène, il ajoute : « mais l'on n'ose pas assurer que cette nouvelle mode ait un long cours ». L’incroyable succès des couleurs dites « de fantaisie » appliquées sur les lambris au XVIIIe siècle a montré à quelle point celui-ci n’était pas visionnaire. Dès les années 1730, ces couleurs semblent ainsi avoir occupé une place de choix dans les décors d’appartements, notamment dans l’art de la distribution. Suivant une tendance à la spécialisation des pièces, des teintes comme le « verd d’eau », le jonquille ou le gris de lin apparaissent sur les boiseries. Grâce à ces enveloppes d’un type particulier la boiserie communiquait avec tout un réseau d’objets dont le décor était constitué, créant l’unité recommandée par les traités d’architecture de l’époque. L’ambition de mon projet est de comprendre comment fonctionnait la mise en corrélation des objets de nature et de statut différents, arts manufacturés et beaux-arts combinés.