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LE VALAIS VU PAR RILKE:
«L’ascension de la terre en moi».
L’exposition permanente (bilingue) vous fera découvrir le Valais à travers les témoignages et poèmes de Rilke.
Afin de mette en valeur les divers aspects de sa collection, la fondation a revu, en 2011, son exposition permanente.
L’exposition tente de mettre en lumière la période valaisanne de Rilke (1921-1926), en répondant entres autres aux questions suivantes: Qu’est-ce qui retient le poète nomade dans cette vallée alpine, quel est son rapport aux paysages, aux lieux, aux gens, à la nature, à l’architecture, à l’art, à l’histoire, à la religion, à la situation économique et sociale? Les œuvres créées en Valais et sa correspondance relative au Valais occupent une grande place au sein de cette thématique.
Rainer Maria Rilke est un formidable ambassadeur du Valais qu’il habite et qu’il découvre entre 1921 et 1926. L’exposition s’emploie à restituer la vision du poète à travers la parole et l’image. C’est là une façon d’enrichir et de questionner notre propre regard sur le Valais, en ce début du XXIe siècle.
Certains témoignages de Rilke rejoignent ceux d’illustres prédécesseurs comme Jean-Jacques Rousseau ou Johann Wolfgang von Goethe. Comme Rousseau en 1744, Rilke n’est pas attiré par la haute montagne, mais plutôt par la plaine du Rhône, les collines et les bas coteaux, et tout comme Rousseau, il est saisi par le mélange étonnant de la nature sauvage et de la nature cultivée.
Lorsqu’il vient en Valais, Rilke est à la recherche d’un endroit, éloigné de la ville, qui soit favorable à l’achèvement des Élégies de Duino, commencées en 1912 sur les bords de l’Adriatique. Dans un premier temps, le Valais lui rappelle surtout l’Espagne et la Provence. Il le perçoit comme une contrée francophone; cette perspective lui permet de renouer avec les années d’avant-guerre, très fécondes, qu’il a passées à Paris. Le fait qu’il ait choisi pour demeure une tour moyenâgeuse n’est pas fortuit. L’exposition s’attache à montrer le rôle de la tour dans la vie et dans l’œuvre du poète et l’importance de son symbolisme.
Rilke entreprend de longues promenades autour de Muzot (forêt de Finges, Venthône, Vercorin, Corin, Lens) et des excursions dans toute la plaine du Rhône (Sion, St-Pierre de Clages, Saillon, Varone, Loèche, Rarogne, Brigue). Dès son arrivée, Rilke s’intéresse à l’histoire de la région et notamment à sa noblesse. Il remarque l’extrême pauvreté de certains villages. Il est sensible à la dureté de la condition de la femme valaisanne et dénonce l’alcoolisme. La foi catholique est encore d’une grande prégnance.
L’exposition se compose de 26 panneaux et de quelques vitrines. On y découvre entre autres son intérêt pour la peinture. Dans le domaine de la littérature, Rilke apprécie l’œuvre d’un jeune poète valaisan, Louis de Courten. Il va de soi que l’exposition met un fort accent sur les œuvres maîtresses achevées à Muzot, c’est-à-dire les Élégies de Duino (1922) et les Sonnets à Orphée (1922). Durant ses années valaisannes, Rilke traduira de façon magistrale plusieurs œuvres de Paul Valéry. Son activité épistolaire atteindra, elle aussi, une sorte d’apogée au cours de cette période. L’exposition se termine par une brève évocation de sa maladie et de sa mort.
Elle propose un diaporama et des postes d’écoute où des textes sont dits par des comédiens. Un album permet de découvrir un certain nombre d’ami(e)s et de connaissances qui ont rendu visite au poète dans sa tour un peu moins solitaire qu’on ne croit.