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En 1933, Horst-Willy Lippert a été arrêté par les Nazis, qui l’ont enfermé dans le camp de concentration d’Oranienburg, près de Berlin. Il était coupable d’être un antifasciste convaincu.
Arrivé à Oranienburg, on lui a demandé de dessiner l’argent du camp de concentration, qui devait servir aux prisonniers pour s’acheter de quoi manger à la cantine. Les Reichsmark, la monnaie officielle de l’époque, n’étaient pas acceptés.
Il fallait donc échanger son propre argent ou celui que la famille envoyait pour de l’argent du camp. Avec ce dernier, on s’achetait la nourriture, le tabac et d’autres produits. La direction du camp de concentration prélevait une taxe de 20 pour cent sur ces opérations d’échange.
Les détenus ne pouvaient pas se défendre contre cette exploitation financière, ni contre tous les autres mauvais traitements qu’ils subissaient. Toutefois, le régime brutal du camp renforçait la solidarité réciproque. Ainsi, les plus riches aidaient les plus pauvres. De cette manière, les prisonniers pouvaient moralement tenir tête au Nazis.
Mais en réalité, il y avait également un petit signe de rébellion caché dans les billets de cinquante pfennig de la monnaie du camp de concentration. Horst-Willy Lippert y avait dessiné une aigle du Reich avec une croix gammée et, sur chaque côté, une garde des SA. Sous l’aigle, il y avait écrit: monnaie du camp de concentration d’Oranienburg.
Toutefois, au lieu de Konzentrationslager, il avait écrit Konzentrationslayer, en utilisant un Y au lieu du G, car ces deux lettres se ressemblent beaucoup dans la police gothique utilisée par les Nazis. Cette « erreur » avait son sens, car en anglais « slayer » signifie assassin, terme par lequel Lippert dénonçait ses geôliers.
Les Nazis n’ont jamais remarqué la chose et Lippert a pu quitter le camp d’Oranienburg après seulement deux semaines. Il n’a rendu son histoire publique qu’après la guerre.