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À ce stade, il semble peu probable que la Fed ait besoin d'élargir ses politiques monétaires.
Par David Norris, Head of US Credit, TwentyFour Asset Management, une boutique de Vontobel Asset Management
Lors de sa réunion de décembre, la Fed a déclaré qu’elle maintiendrait inchangé le rythme des achats jusqu’à ce que des progrès substantiels aient été accomplis au niveau des emplois et de la stabilité des prix. Avec plus de 9 millions d’emplois détruits depuis mars 2020, la main-d’œuvre américaine a fortement diminué. Cela reflète le nombre total d’emplois perdus et l’augmentation du nombre de personnes qui ont quitté la population active et cessé de chercher un emploi, ce qui a entraîné une diminution du taux de participation au marché du travail. Tant que ce déficit ne sera pas réduit de manière substantielle, il est peu probable que l’inflation atteigne des niveaux que la Fed jugerait préoccupants. Par conséquent, il faudra un certain temps avant que les discussions sur la réduction de l’assouplissement quantitatif ne débutent.
Tout en ne perdant pas de vue les risques inflationnistes aux États-Unis, la Fed est prête à laisser l’inflation dépasser l’objectif fixé après une longue période de ralentissement économique. La distinction entre ce qui pourrait être considéré comme une inflation temporaire et une inflation de second niveau (lorsqu’une augmentation significative de l’inflation des salaires est constatée) déterminera le calendrier des futures interventions de la Fed et des préoccupations en matière d’inflation. Des facteurs tels que l’augmentation de la masse monétaire, les sous-composantes des rapports de l’ISM reflétant les augmentations des prix payés, l’Indice des prix à la consommation et même l’augmentation des points d’équilibre entre les TIPS et les rendements nominaux du Trésor pourraient tous susciter des inquiétudes. Toutefois, tant que la faiblesse du taux de chômage ne sera pas structurellement traitée et améliorée, la Fed est prête à laisser l’inflation dépasser son taux cible pendant un certain temps.
Le chômage structurel dépend du nouveau plan de relance de Biden. Avec une division au Congrès, son adoption reste cependant incertaine. Il est clair que l’administration Biden tentera de parvenir à un accord bipartite; on peut toutefois s’attendre à un recul sur certains éléments, notamment en ce qui concerne le salaire minimum et la taille du plan de relance en général. Il est donc probable que M. Biden devra ajuster à la baisse ses propositions de relance. Le succès et la rapidité de la mise en place du vaccin seront déterminants dans le déploiement de la relance budgétaire.