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La rétrospective de Steven Parrino (1958–2005), occupait près de vingt salles des deuxième et troisième étages et comportait plus de 170 œuvres (peintures, dessins et films). Au début des années 1980, alors que la sentence publique proclamait la mort de la peinture, Parrino, plutôt que de se joindre aux funérailles, prit le parti de la « nécrophilie ». Entre ses mains, les techniques issues de l’appropriation servirent à façonner une matérialisation visuelle de l’effondrement historique du récit des avant-gardes. Ni nostalgiques ni cyniques, ses peintures monochromes froissées, ses films et performances, ses photocollages et travaux sur papier, réalisés avec des matériaux aussi chargés de sens que peuvent l’être l’émail industriel, le sang ou les paillettes, procèdent d’abord des peintures noires de Frank Stella et de son credo « ce que vous voyez est ce que vous voyez ». Au noir de Stella, il faut encore ajouter l’argent des tableaux de désastre de Warhol (1963), dont on sent la trace dans les grandes toiles froissées évoquant la carrosserie d’une voiture après un accident. Ses dessins « figuratifs » s’approprient des images issues de sous-cultures (« biker », « no-wave » et punk), de la bande dessinée et de manchettes de tabloïds, et sont autant de « signes évidents d’une violence servie à froid » (Robert Nickas). Contrairement à ses homologues californiens (comme Mike Kelley, Jim Shaw ou Raymond Pettibon), les œuvres de Parrino ne dévoilent pas tant les pulsions et les mythes enfouis de l’Amérique qu’elles n’en épousent la surface infiniment plastique – « non-sites » volontairement bêtes, glamour et sans rappel des idéaux de la contre-culture.
Le commissariat était assuré par Fabrice Stroun et une version modifiée de l’exposition circula au Palais de Tokyo, Paris