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Le gouvernement d'Uri a présenté lundi le projet de modification du plan d'aménagement permettant la construction du méga centre touristique de luxe de l'Egyptien Samih Sawiris.
S'il aboutit, ce projet pharaonique devrait permettre de créer jusqu'à 2000 emplois et générer des retombées financières de l'ordre de 120 millions de francs.
Suite à la vente par l'armée de l'ancienne place d'armes d'Andermatt pour 10 millions de francs, le gouvernement du canton d'Uri a présenté lundi les adaptations nécessaires du plan d'aménagement. La zone d'habitation d'Andermatt passerait ainsi de 35 à 60 hectares.
Selon ce plan, le complexe compterait plusieurs hôtels, 600 appartements, 100 maisons, une piscine «wellness» couverte ainsi qu'une halle de sport. De plus, un parcours de golf de 18 trous sera aménagé. Des protections contre les éboulements et les inondations seront érigées.
Développement régional
L'objectif est de parvenir à un développement touristique «en harmonie avec la nature», souligne le gouvernement cantonal qui a par ailleurs commandé une étude sur les retombées économiques du projet.
Réalisé par la Haute Ecole spécialisée de Winterthur, cette étude prévoit des retombées financières de l'ordre de 120 millions de francs et la création de 2000 nouveaux emplois directement ou indirectement liés au centre touristique.
Ce projet est donc d'une grande importance pour le développement régional. D'autant que, toujours selon l'étude, toute la région devrait faire face à un déclin inévitable si le projet venait à être abandonné.
Spécialistes malais
Présent à Andermatt, l'investisseur égyptien Samih Sawiris a présenté le «master plan» de son projet. Il prévoit notamment la construction de cinq hôtels d'une capacité totale de 800 chambres. Situés aux abords du golf, les appartements de vacances et les «golf chalets» auront quant à eux une superficie d'environ 130'000 m².
Vu le manque de spécialistes suisses ayant l'expérience de projets aussi importants, sa société Oracom a décidé de recourir aux services de Denniston, un bureau d'architecture et de planification de Kuala Lumpur (Malaisie).
Ces experts travailleront toutefois en collaboration avec des partenaires locaux, a assuré le financier égyptien.
A l'écoute des opposants
Au début septembre, Samih Sawiris s'était déjà entretenu de son projet avec des habitants de la région et des défenseurs de l'environnement. Il avait alors affirmé comprendre leurs préoccupations.
L'investisseur, qui aimerait débuter les travaux en 2008, s'était dit convaincu qu'il sera possible de trouver une solution satisfaisante pour toutes les parties, même au prix d'une prolongation du temps de réalisation.
Samih Sawiris n'est, en revanche, pas prêt à renoncer au golf de 18 trous, un projet qui se heurte à une certaine opposition.
swissinfo et les agences
Faits
Samih Sawiris est né en 1957 au Caire, où il a étudié à l'école allemande.
Après avoir achevé ses études en Allemagne, il a pris la tête de l'entreprise égyptienne Orascom Hotel & Development.
Il a notamment construit les cités-hôtel d'El-Gouna, sur la Mer Rouge, et de Taba-Height, sur le Golfe d'Akaba.
Au cours des dernières années, chaque exercice de son entreprise s'est soldé par le doublement du bénéfice net.
En 2005, il a atteint 35 millions de francs.