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Lundi au Tribunal pénal fédéral à Bellinzone s'est ouverte l'audience préliminaire d'un procès pour blanchiment de 44 millions de dollars placés en Suisse par des fonctionnaires corrompus du fisc brésilien. Les cinq accusés auraient fermé les yeux sur l'origine douteuse des fonds.
Selon l'acte d'accusation du Ministère public de la Confédération (MPC), l'ex-directeur de la Discount Bank & Trust Company (DBTC, reprise en 2001 par l'Union Bancaire Privée) et son adjoint auraient «orchestré ou facilité des opérations de compensation» permettant d'entraver l'identification des fonds.
Tous deux avaient perçu des bonus en 2000 et 2001. Ils risquent une peine pour blanchiment d'argent par métier de un à cinq ans.
Le MPC a retenu le blanchiment d'argent contre 3 autres accusés: le juriste-en-chef, le chargé de la conformité des fonds et un membre du Comité de conformité (chargé de statuer sur les questions de blanchiment).
Le MPC réclame en outre la confiscation des 45 millions de dollars bloqués. La cour a rejeté la demande de report présentée par la défense. L'audience
principale n'est toutefois pas agendée avant fin juillet.
Quant aux fonctionnaires «ripous» brésiliens, ils ont été condamnés en 2003 à de lourdes peines. Les pertes du fisc brésilien avaient été estimées à 100 millions de dollars. C'est pendant l'enquête que la Suisse et le Brésil ont conclu un accord d'entraide judiciaire.