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A l'occasion de la réunion ministérielle de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) qui se tiendra du 29 novembre au 3 décembre, Uniterre appelle à une manifestation le mardi 30 novembre à 17h30 sur la place Lise Girardin à Genève. Cette manifestation est organisée par l'Appel de Genève, une large coalition qui demande la levée immédiate de la propriété intellectuelle sur les vaccins, tests et traitements anti-covid.
Uniterre et les organisations paysannes de La Via Campesina, rejettent les politiques commerciales développées par les accords commerciaux de libre-échange qui ont des impacts lourds sur les personnes (les femmes et les hommes), sur l'agriculture, et l’environnement dans le monde entier.
La régulation commerciale multilatérale doit impérativement prendre en compte :
- Le droit de définir des populations de définir des politiques alimentaires, sociales et commerciales qui tiennent compte des ressources et économies locales et qui permettent leur protection.
- Le droit des populations de définir des normes et des standards sociaux, environnementaux et économiques.
- La protection du droit d’accès public aux patrimoines génétiques et à la connaissance (accès aux brevets, suppression de brevets sur les plantes).
Pour la souveraineté alimentaire ! Globalisons la lutte, globalisons l'espoir !
A l'occasion de la réunion ministérielle de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) qui se tiendra
du 29 novembre au 3 décembre, Uniterre appelle à une
manifestation le mardi 30 novembre à 17h30 sur la place
Lise Girardin à Genève. Cette manifestation est organisée par l'Appel de Genève, une large coalition qui demande la levée immédiate de la propriété intellectuelle sur les vaccins, tests et traitements anti-covid.
La régulation commerciale multilatérale doit impérativement prendre en compte :
- Le droit de définir des populations de définir des politiques alimentaires, sociales et commerciales qui
- Le droit des populations de définir des normes et des standards sociaux, environnementaux et économiques.
- La protection du droit d’accès public aux patrimoines génétiques et à la connaissance (accès aux brevets, suppression de brevets sur les plantes).
Pour la souveraineté alimentaire ! Globalisons la lutte, globalisons l'espoir !
Communiqué de presse de l'EMB - Bruxelles, le 18 novembre 2021
Les représentants de douze pays européens se sont réunis cette semaine à Louvain, en Belgique lors de l’Assemblée générale de l’European Milk Board (EMB) afin d’échanger sur des solutions importantes pour le secteur laitier. En effet, les erreurs commises dans le secteur agricole de l’UE et leurs conséquences problématiques apparaissent de plus en plus clairement. La production de lait est déjà en baisse dans d’importants pays producteurs, car la part non-couverte des coûts pousse les éleveurs à mettre la clé sous la porte en masse, et ce depuis depuis des années déjà. Les représentants des producteurs laitiers européens ont ainsi réitéré la nécessité de corriger le cap afin de garantir un avenir au secteur et aux producteurs et productrices ainsi que de de pérenniser la production fiable d’aliments pour les citoyens de l’UE.
À la pression sur les coûts qui a pesé jusqu'à présent sur les producteurs, par exemple en raison de la stratégie libérale actuelle d'exportation et d'importation, s'ajoute la pression sur les revenus qui résulte des stratégies vertes actuelles et futures telles que le Pacte vert et la stratégie « De la ferme à la fourchette ». Comme l’ont souligné les nombreux représentants des producteurs laitiers, des mesures environnementales et climatiques sont nécessaires pour tous les secteurs de la société. Toutefois, elles doivent être pensées jusqu’au bout. Ainsi, dans le secteur agricole, les stratégies doivent être conçues de manière à être tenables pour les producteurs et efficaces pour l’environnement et le climat.
L’Assemblée générale dans son ensemble s’est accordée sur le fait que les solutions présentées pour le secteur doivent impérativement comprendre des conditions cadres pour une couverture des coûts afin de corriger les erreurs commises par le passé et éviter d’en commettre de nouvelles lors de l’élaboration de politiques vertes. Les représentants des producteurs laitiers présents à la réunion ont mis l’accent sur la nécessité d’avoir des instruments à disposition pouvant limiter temporairement les volumes en période de crise, ainsi qu’une politique axée sur un financement solide des mesures de durabilité. Pour le secteur agricole, cela doit signifier que tous les coûts de production – y compris les coûts de durabilité – sont couverts et ne sont pas répercutés au niveau des producteurs.
« Grâce à la réforme de la PAC adoptée cette année, la réduction volontaire des volumes a officiellement été ancrée dans l’Organisation commune des marchés de l’UE en tant qu’instrument pour les périodes de crise. Il s’agit d’un premier petit pas en avant sur un chemin encore long que les décideurs politiques doivent emprunter aux côtés des agriculteurs et agricultrices pour une refonte complète du système agricole actuel », a déclaré Sieta Van Keimpema. Sur ce chemin, les stratégies en matière de durabilité de l’UE devraient aussi être adaptées. « Nous voulons une politique climatique, car il va sans dire que nous, les agriculteurs, sommes les premiers à ressentir les effets du changement climatique. Toutefois, cette politique doit être abordable et réellement efficace pour l’environnement et le climat ».
Contacts :Sieta van Keimpema – présidente de l'EMB (NL, EN, DE) : +31 (0)612 16 80 00
Kjartan Poulsen – vice-président de l'EMB (EN, DK, DE) : +45 (0)212 888 99
Silvia Däberitz – directrice de l'EMB (FR, DE, EN) : +32 (0)2 808 1936
Vanessa Langer – contact presse de l'EMB (FR, EN, DE) : +32 (0)484 53 35 12
L'Articulation Jeunes d'ECVC a récemment commencé à travailler sur
une étude de recherche interne pour mieux comprendre les
situations et les besoins des jeunes paysan.ne.s et
travailleurs.euses de la terre dans notre mouvement.
Nous voulons utiliser cette recherche pour identifier et donner de la visibilité à nos luttes communes mais aussi pour renforcer la solidarité et le soutien entre nous. De plus, les données sur les jeunes paysan.ne.s en Europe sont trop peu nombreuses et dépassées, or nous avons besoin de données si nous voulons que les politiques répondent réellement à nos besoins.
Nous recherchons des participant.e.s à notre étude, pour partager leurs expériences avec nous. Il s'agit de questions telles que : pourquoi vous avez décidé de travailler dans une ferme ; comment vous avez gagné votre vie tout en vous formant pour devenir agriculteur.trice ; les conditions de travail lors de vos expériences professionnelles actuelles ou passées, etc.
Les participant.e.s doivent avoir moins de 40 ans, travailler actuellement ou précédemment dans une exploitation agricole en Europe, y compris les agriculteurs.trices saisonnier.e.s. Nous serions très heureux.euses de parler avec vous si vous répondez à ces critères !
Nous sommes particulièrement intéressés à entendre de
- Les personnes d'Europe de l'Est
- Personnes noires, indigènes et de couleur
- LGBTQIA+
car ces groupes sont sous-représentés dans notre mouvement de
jeunes.
Si vous souhaitez participer à l'étude, ou si vous connaissez
quelqu'un qui souhaite y participer, veuillez écrire à Hattie
(<email-pii>).
L'articulation Jeunes d'ECVC vous mettra en contact avec deux chercheuses de confiance qui collaborent avec nous sur ce projet, Priscilla Claeys et Barbara Van Dyck, qui mèneront un entretien d'une heure avec une vingtaine de participant.e.s représentant une diversité de trajectoires. Votre expérience et vos données seront traitées avec soin et attention et toutes les informations partagées seront anonymisées et utilisées en interne.
En toute solidarité,
Les jeunes d'ECVC
Réaction de la commission lait d’Uniterre aux modifications du train d’ordonnances agricoles 2021
L’obligation des pendillards reportée au 1er janvier 2024
Nous saluons le report de l’épandage du lisier avec des pendillards au 1er janvier 2024.
Cependant, avant sa mise en place, il faut pouvoir en assurer le financement : comme déjà indiqué dans nos précédents communiqués, le besoin en équipement va engendrer des coûts non négligeables pour les producteurs.
Nous demandons donc une augmentation du prix des produits agricoles tel que le lait, la viande, les céréales, afin de compenser l’investissement nécessaire. Ce n’est pas seulement aux producteurs de prendre en charge ces coûts supplémentaires mais bien au marché !
Diminution de la prime fromagère de 1 ct et augmentation du supplément pour le lait commercialisé de 0,5 ct
Des années qu’Uniterre mettait en garde contre l’abaissement de la prime fromagère. Ca y est, nous y sommes !
Des années que nous martelons que le système actuel de versement de la prime fromagère est tellement opaque, mal contrôlé qu’il pousse une partie des industriels à utiliser cette prime pour la fabrication de fromage pour l’exportation, fromage sans aucune valeur ajoutée. Système que l’Interprofession Lait ne veut pas remettre en cause !
N’est-ce pas quelque part une punition du Parlement cette diminution ?
De plus, le supplément pour le lait commercialisé a été augmenté de 0,5 ct, passant de 4,5 cts à 5 cts. Est-ce une bonne nouvelle ? Le gouvernement précise que : « Cette hausse vise à utiliser le crédit dans toute la mesure du possible pour le lait de centrale, conformément aux vœux du Parlement. ». N’oublions pas qu’à la base, ce supplément a été mis en place pour remplacer la loi chocolatière pour permettre aux industriels de compenser le prix de la matière première suisse pour l’exportation, via les fonds de « réduction du prix de la matière première » et « Régulation ». Depuis 2021, il y a eu des modifications par rapport à ces fonds : transfert du fonds « régulation » vers le fonds « réduction du prix de la matière première » et introduction d’un 3ème fonds de soutien d’exportation à la protéine lactique (boîte MPC) mais là n’est pas la question !
Nous nous demandons aujourd’hui si ses 0,5 ct vont aller dans la poche du producteur ou être récupérés par l’industrie comme les 4,5 cts. Permettez nous d’en douter !
Afin de compenser la baisse de la prime fromagère qui sera forcement répercutée sur le prix aux producteurs, nous appuyons le besoin, une nouvelle fois, d’une augmentation du prix de base du lait.
Contact presse :
Philippe Reichenbach, 079 640 89 63
Voici le neuvième épisode du podcast de l’hebdomadaire romand Terre&Nature. Baptisé Au cœur des champs, il s’intéresse aux histoires d’amour des agricultrices et agriculteurs qui vivent dans nos campagnes.
Cette semaine, Au cœur des champs a tendu le micro à Vanessa Renfer, qui a abandonné son métier de sage-femme pour travailler avec son amoureux sur sa ferme. A une condition: qu'il la rémunère comme une véritable employée. Au micro, cette militante raconte son combat contre les inégalités dans le milieu agricole.
Chaque deuxième jeudi du mois, découvrez un nouvel épisode qui explore ce thème encore souvent tabou. Car il n’est pas toujours facile de cultiver l’amour, quand on cultive la terre.
Disponible ici: https://www.terrenature.ch/au-coeur-des-champs-episode-9/
70 ans : une fête ou un appel au secours pour sauver la terre ? Il y a 70 ans des producteurs éprouvaient le besoin de se regrouper pour se faire entendre sous le nom de l’Union des producteurs suisses (UPS) devenu Uniterre. Ils n’étaient pas entendus, mais le sont-ils aujourd’hui ?
Dans les années 50, crise des fruits et légumes – premières manifestations – les prix baissent – les producteurs sont étouffés par les importations. C’est le début de l’UPS.
Le combat ne faisait que commencer – l’arrivée des fermes industrielles, les scandales de la nourriture des cochons, la vache folle … Beaucoup de ces affaires avaient été prédites par les producteurs mais on les jugeait trop « paysans », trop « simplets » pour comprendre les choses. L’économie veut faire de l’argent à tout prix, on produit des farines industrielles, on économise sur les coûts de stérilisation de la nourriture des animaux et le drame éclate.
Qui paie la facture ? Toujours les producteurs ! Non seulement ils ne touchent pas un prix correct pour leurs produits mais on exige des investissements conséquents parce qu’il faut faire marcher l’économie et non parce que cela a du sens. On le voit encore aujourd’hui avec les pendillards.
Crise du lait, abandon des contingents, une nouvelle fois les producteurs passent à la caisse. Uniterre dénonce, grève du prix du lait, mais les prix ne remontent pas.
Filière après filière les prix s’effondrent. Uniterre dénonce toujours mais visiblement nos autorités agricoles ne se préoccupent pas des producteurs mais bien de l’Economie.
Uniterre propose des solutions : souveraineté alimentaire, reprise en main des filières mais ça ne passe toujours pas.
Uniterre visionnaire ? Quand Uniterre est entendu il y a des choses qui fonctionnent : Interprofession du Gruyère, lait équitable, produits du terroir, … même si souvent Uniterre doit se retirer au dernier moment pour que le projet puisse aboutir parce qu’on ne veut pas de cette étiquette.
Que demande Uniterre ? Des prix rémunérateurs qui soient justes c’est-à-dire qui couvrent les frais de production mais dégagent aussi un revenu pour le producteur. Dans ce scénario idéal les paiements directs n’auraient plus leur place.
Aujourd’hui, nous nous trouvons devant de grands choix sociétaux mais il est temps de prendre conscience que ces changements doivent tenir compte de l’expérience des producteurs dans cette sauvegarde de la terre. Pour cela il faut comprendre quelles sont les réalités du terrain et, bien entendu, avoir des prix rémunérateurs.
Visiblement pour les producteurs ce n’est que le commencement, ils doivent aussi apprendre à communiquer sur le travail qu’ils réalisent au jour le jour pour que le consom’acteur comprenne que ce travail a un coût mais qu’il offre en compensation des produits d’une qualité extraordinaire.
Pour conclure cet édito, nous tenons à remercier toutes les personnes qui ont œuvré au sein d’Uniterre pour la défense des producteurs. La lutte continue.
Max
Fragnière
Les petit.e.s paysan.ne.s de la Coordination Européenne Via Campesina et de La Via Campesina internationale font parmi de celles et ceux qui continuent de se battre à la COP 26 pour des systèmes agricoles réellement durables . L'événement de Glasgow a donné lieu à des promesses de réduction des émissions de méthane et de réduction de la déforestation. Cependant, nous devons lire entre les lignes des accords en raison du manque d'engagements fermes de la part des gouvernements pour résoudre le problème.
En tant qu'organisation de petit.e.s paysan.ne.s représentant 31 organisations provenant de toute l'Europe, ECVC souligne le rôle que l'agriculture doit jouer en tant que première ligne de défense pour l'atténuation du changement climatique. Cependant, avec de nombreux autres mouvements sociaux et organisations de la société civile, nous rejetons les fausses solutions telles que les propositions de "net zéro" et de "mécanismes de compensation".
En Europe, un énorme risque se profile de vouer de grandes surfaces de terres agricoles à des mécanismes de compensation plutôt qu’à la production alimentaire, notamment via l’initiative à venir "Rétablir des cycles de carbone durables" annoncée pour la fin 2021 (anciennement appelée "Initiative pour l'agriculture carbone"). S'il est positif de soutenir une transition vers une agriculture plus durable, les crédits carbones et le marché du carbone conduiront à la financiarisation et à une concentration encore plus grande des terres, ce qui portera préjudice à la planète, aux citoyen.ne.s et aux agriculteurs et agricultrices.
Le système alimentaire global est responsable de 44 à 57 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES)[1]. L'agriculture est donc un facteur essentiel à prendre en compte dans la lutte contre les changements climatiques. Face à ce constat, les solutions sont déjà sur la table : les systèmes agroécologiques paysans ont un énorme potentiel d'absorption du carbone. En effet, ces systèmes travaillent avec la nature et permettent ainsi de protéger la biodiversité et l'environnement. Au lieu de compenser le carbone produit par un système globalement non durable, les dirigeants mondiaux doivent s'attacher à apporter un réel soutien à l'agroécologie et à l'agroforesterie afin de les développer et de rendre le système alimentaire et agricole réellement durable d'un point de vue social, économique et environnemental.
Pour parvenir à de véritables changements, les agriculteurs doivent être rémunérés équitablement pour leur travail et les citoyens doivent avoir les moyens d'accéder à une alimentation saine, socialement juste et produite de manière durable. Le seul moyen d'y parvenir est de mettre en œuvre une régulation du marché qui permette réellement une transition agroécologique et de mettre également un terme à l'agriculture intensive industrielle. Autrement, les petites exploitations durables qui existent encore continueront à disparaître, les citoyens et citoyennes continueront à payer de leur santé, la planète continuera à se réchauffer et les grandes entreprises continueront à s'enrichir et à devenir plus puissantes.
Beaucoup ont critiqué les fausses solutions colportées lors de la COP26. Comme l'a déclaré Paula Gioia, agricultrice et membre du comité de coordination de l'ECVC, dans un discours prononcé lors du rassemblement de la coalition COP 26, qui a rassemblé des centaines de milliers de personnes samedi dernier à Glasgow, les négociations ont été dominées par « les solutions basées sur le marché, les nouvelles technologies et les propositions "net zéro" des gouvernements et promues par les transnationales, les organisations philanthropes, les médias grand public et la plupart des ONG. Tous alimentent leur inaction climatique. » Dee Woods de la Landworkers' Alliance, l'organisation membre d'ECVC basée au Royaume-Uni, a ajouté lors d'une action organisée par les délégués de LVC au sein de la Zone Bleue le lundi 8 novembre :« Plusieurs des acteurs orientés vers le profit, qui ont mis en place l'UNFSS plus tôt cette année, font maintenant pression pour des initiatives comme l'Agriculture Innovation Mission for Climate (AIM4C) à Glasgow, qui excluent les personnes les plus touchées par la crise climatique, poussent à de fausses solutions, y compris au détriment des droits humains. »
Pour ECVC, si les mesures compensatoires qui vont à l'encontre de la nature avaient vraiment le potentiel d'arrêter le changement climatique, nous aurions déjà observé des progrès grâce aux mesures prises dans le passé. De plus, la recherche de solutions dans la digitalisation et les nouvelles technologies est un écran de fumée pour l'agriculture industrielle et les grandes entreprises afin de pouvoir continuer à profiter des ressources de la planète et d’avancer dans leur recherche de profit, tout en minant les petits et moyens agriculteurs.trices. Ceux-là même sont celles et ceux qui mettent déjà 70% de la nourriture dans nos assiettes, tout en utilisant seulement 30% des terres arables mondiales. Ils disposent du savoir-faire nécessaire pour œuvrer en faveur de la durabilité, mais pas des ressources nécessaires pour surmonter les difficultés mises en place par ceux qui souhaitent maintenir le statu quo pour leur propre bénéfice.
Pour plus d'informations et les positions des membres de l'ECVC et de la LVC sur le terrain à Glasgow, ainsi que des revendications politiques plus détaillées, vous pouvez consulter :
Contacts
Andoni Garcia Arriola - Comité de coordination du CEVC :+34 636 45 15 69 - ES, EUS
Paula Gioia - Comité de coordination ECVC : +49 152 05 76 45 91- DE, ES, PT, EN
Dee Woods - Membre de Landworkers’ Alliance et de l'ECVC - +44 7703 3574 43
En Suisse, 94% des exploitations ont un homme à leur tête. Aline Chollet veut briser l’omerta sur cette mise à l’écart des femmes.
Voici quelques extraits :
"Cette Genevoise de 40 ans sait de quoi elle parle: fille d’agriculteur,elle a tenté de reprendre une partie des activités du domaine. En vain."
"À un moment donné, j’ai voulu m’engager plus concrètement,avoir mon mot à dire, et j’ai revendiqué un statut de coexploitante avec mon frère qui dirigeait déjà la ferme.» Mais sa famille n’accepte pas, craignant les difficultés d’une collaboration à plusieurs et le risque d’un démantèlement du domaine. Pour elle, pas de doute, la machine était en route et elle a été «sacrifiée»."
Vous trouverez également au lien ici une étude faite par agroscope en 2015 sur les cheffes d'exploitation agricole en Suisse.
Déclaration de La Via Campesina concernant la COP 26 de l’onu sur le climat (Glasgow)
(Harare : 25 octobre 2021) Cette année est l’année la plus chaotique
au plan climatique jamais enregistrée, depuis l’année dernière. Mais les
gouvernements contrôlés par les transnationales, les philanthropes, les
médias grand public et la plupart des organisations non
gouvernementales (ONG) proposent encore la même chose : des solutions basées sur le marché et des techno-réparers risquées.
Deux ans après le début d’une pandémie mondiale qui a coûté la vie à
des millions de personnes, l’humanité se réveille chaque jour avec des
inondations, des incendies et des sécheresses sans précédent qui causent
des famines, ainsi qu’un temps totalement imprévisible qui rend la vie
de plus en plus difficile. Les dirigeants allèguent que « l’activité
humaine générale » est à l’origine du chaos climatique, en passant sous
silence les liens étroits entre l’extraction des combustibles fossiles,
l’agro-industrie et le complexe militaro-industriel, sans parler des
déséquilibres de pouvoir à l’échelle mondiale et des responsabilités
historiques des pays qui se sont enrichis grâce au pillage colonial. Au
lieu de nous proposer une voie véritable et transformatrice, on nous
vend de fausses solutions qui ne manquent jamais de donner la priorité
aux élites des entreprises — « net zéro », « solutions basées sur la
nature », « géo-ingénierie » et «numérisation de l’agriculture » pour
n’en citer que quelques-unes. Il faut que cela cesse, immédiatement !
Pour mettre un terme à la crise climatique, il faut un changement de système ancré dans les droits de l’humanité et de la Terre Mère. Pendant plus de 500 ans, le système alimentaire patriarcal, à l’origine colonial et aujourd’hui corporatif, a tenté de dominer toutes les formes de vie pour l’enrichissement d’une petite minorité. Ceux qui contrôlent les richesses accumulées — produites par les gens et la planète au fil des siècles — ont jusqu’à présent échappé aux foudres des inondations, des sécheresses, des sols dégradés, de la guerre et de la faim. Ils font fi des nombreux signes de l’effondrement des systèmes naturels qui entretiennent la vie et ils proposent plutôt que ce soit nous, les victimes les plus vulnérables, qui portions le plus lourd fardeau. Pour la Via Campesina (LVC) et notre diversité organisée de femmes et d’hommes paysans, migrants, travailleurs de la terre, pêcheurs, habitants des forêts, du monde rural, jeunes et autres, notre solution à la crise climatique est une transition juste ancrée dans la lutte et la solidarité — une solidarité internationaliste avec tous ceux et celles qui luttent pour la souveraineté alimentaire, la justice climatique et les droits de la Terre Mère ! C’est une lutte pour la pleine réalisation de tous les droits et responsabilités détaillés dans la Déclaration des Nations unies sur les Droits des paysannes et Autres Personnes Travaillant dans les Zones Rurales (UNDROP), en particulier le droit à un environnement propre, sûr et sain (article 18) récemment ratifié par le Conseil des droits de l’homme des Nations unies pour l’ensemble de l’humanité. Il s’agit également d’une lutte contre la mainmise des entreprises sur les espaces de l’ONU par le biais du modèle “multiples parties prenantes”, mieux connu sous le nom de “capitalisme des parties prenantes”, dont tout le monde a été témoin lors du Sommet des Nations unies sur le système alimentaire de 2021 et, de plus en plus, lors des COP des Nations unies sur le climat.
Alors que nous nous préparons à une autre conférence douloureuse de l’ONU sur le climat — la COP26 de Glasgow — les 200 millions de défenseurs de la terre, de l’eau et du territoire de LVC se lèvent à nouveau pour exiger la souveraineté alimentaire pour la justice climatique. Nous rejoignons une large convergence de luttes contre le capitalisme des combustibles fossiles, le racisme, le colonialisme, et le patriarcat qui les lie. Alors que nous luttons pour rendre les entreprises responsables de cette destruction inutile, nous sommes fiers de la LWA (Alliance des travailleurs de la terre) — notre organisation membre de LVC basée en Écosse, en Angleterre et au Pays de Galles. La LWA travaille sans relâche pour faire entendre la voix des travailleurs de la terre agroécologiques à la COP26 en demandant « la reconnaissance de la contribution que l’agriculture agroécologique, la foresterie durable et une meilleure utilisation des terres peuvent apporter à nos engagements de réduction des émissions, de séquestration du carbone et de renforcement de la résilience. »
Que les entreprises se méfient, les travailleurs de la terre du monde entier ont de vraies solutions : des systèmes alimentaires, agricoles et forestiers au service des populations, du climat et de la nature ! Aux côtés de notre LWA et de tous ceux qui luttent pour une transition juste, nous créerons à nouveau un front commun pour contrer toute tentative de convertir la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) en un gigantesque « mécanisme de marché. » Le capitalisme climatique est un crime, pas la solution !
COP26 : PLUS DE MÉCANISMES DE MARCHÉ NE RÉSOUDRONT PAS LES PROBLÈMES DES GENS
Un prolongement de l’industrie des combustibles fossiles, le système alimentaire transnational est l’un des principaux responsables de la crise climatique, puisqu’il est à l’origine de 44 à 57 % des émissions mondiales de GES. Ce système éloigne les gens de la terre, dégrade les communautés et alimente la violence et les inégalités dans tous les territoires du monde. Il est particulièrement néfaste pour les femmes et les jeunes dont la vie et le travail sont minés par un système qui ne valorise pas la vie.
Bien avant la COP21 à Paris, les multinationales de l’agroalimentaire et des énergies fossiles utilisaient déjà leur pouvoir et leur influence pour promouvoir des politiques aux plans national, infranational et mondial. L’Accord de Paris de 2015 a créé une sorte de « consensus » autour de plusieurs fausses solutions très problématiques. Les mécanismes d’échange et de compensation des émissions de carbone contenus dans l’article 6, par exemple, accorderont un pouvoir important aux gouvernements, aux sociétés, aux banquiers et aux négociants riches dont l’objectif premier est de maximiser les profits et non de prendre soin de la Terre Mère. Au lieu de prendre des mesures décisives pour s’adapter aux changements climatiques et s’engager dans une transition honnête vers des systèmes alimentaires démocratiques et fondés sur les droits de l’homme, ces puissants acteurs utilisent les engagements « net zéro » pour cacher leur inaction climatique.
Le « net zéro » permet aux entreprises de se soustraire à leurs responsabilités en matière d’émissions historiques et continues, en donnant la priorité aux initiatives qui favorisent les résultats de l’entreprise. Partout où les entreprises font la promotion de “solutions basées sur la nature” (NBS en anglais), nous mettons en garde contre la dépossession de la nature par le biais de systèmes de compensation des émissions de carbone des forêts et des sols, fondés sur l’idée fausse que payer quelqu’un d’autre pour s’occuper des émissions de carbone au lieu d’agir directement pour réduire la pollution ralentira en quelque sorte la crise. Pour combattre la crise climatique, il faut une transition juste vers l’abandon des combustibles fossiles, la fin de l’exploitation minière et de l’agriculture extractive destructrices, et la récupération des territoires et des écosystèmes endommagés. Nos solutions – qui sont véritablement fondées sur la nature, agroécologiques et contrôlées par les paysans – sont des solutions justes. Aucune « licorne du carbone » ni aucune pensée magique ne résoudra ce problème, il suffit d’agir immédiatement pour changer le système.
De plus, nous pensons que « l’agriculture intelligente pour le climat, » devrait plutôt s’appeler « l’agriculture intelligente des entreprises », car elle fournit un cadre pour l’intégration des OGM et des produits agrochimiques dans l’agriculture à petite échelle, en s’appuyant sur le même paradigme raciste et sexiste que la révolution verte. Elle positionne la science et la technologie capitalistes comme des solutions aux problèmes rencontrés par le « sous-développement » et les paysans supposés « non éduqués » du monde. Ces problèmes originaux ont été créés par le capitalisme mondial, le vol, le pillage colonial, les guerres et la violence généralisée.
Alors que de nombreuses fausses solutions corporatives adoptent le langage de l’agroécologie paysanne, nulle part ne sont affirmés ou garantis les droits fondamentaux à une alimentation locale et nutritive, à des moyens de subsistance dignes, à la terre et à l’autodétermination. Ce qui est garanti, ce sont des cycles d’accumulation sans fin qui profitent à ceux qui sont à l’origine de la crise climatique, notamment les grandes entreprises agroalimentaires comme John Deere, Bayer-Monsanto, Syngenta, Cargill, Nestlé, Wal-Mart et d’autres.
LA TRANSITION EST MAINTENANT ! LA SOUVERAINETÉ ALIMENTAIRE NOURRIT LA JUSTICE CLIMATIQUE !
Les travailleurs de la terre et autres producteurs alimentaires du monde entier exigent – et sont prêts à réaliser – une transition climatiquement juste dans l’agriculture ! Pendant des décennies, les producteurs alimentaires locaux ont été poussés sur la voie de l’intensification et de la monoculture par les entreprises agroalimentaires et leurs alliés. Le Sommet des Nations Unies sur le système alimentaire de 2021, qui a été coopté, n’en est qu’un exemple de plus. Ce dont les gens et la planète ont besoin de toute urgence, c’est de gouvernements et d’institutions offrant des possibilités financées par des fonds publics pour assurer la transition vers des systèmes agricoles plus écologiques et socialement sains. Pendant trop longtemps, les agriculteurs ont été tenus responsables d’un modèle imposé par le capital. Cela doit cesser maintenant ! La société doit reconnaître que nos systèmes d’agriculture, d’eau et d’utilisation des terres sont ce qu’ils sont aujourd’hui en raison de pressions systémiques. Alors que nous nous éloignons du capitalisme fondé sur les combustibles fossiles, nous ne devons pas perdre d’agriculteurs, détruire les moyens de subsistance ou la capacité de production alimentaire saine. Le soutien des gouvernements en matière de subventions et de programmes de formation pour soutenir la transition est essentiel, et cette transition juste en agriculture doit être centrée sur les principes de la justice climatique. Cela signifie que tous ceux qui sont impliqués dans la chaîne alimentaire – y compris les paysans, les éleveurs, les travailleurs migrants, les travailleurs contractuels, les sans-terre et les peuples autochtones – doivent être au premier plan pour définir et mettre en œuvre les politiques publiques nécessaires à cette transition.
En tant que La Via Campesina, nous appelons à la fin de toutes les fausses solutions et des mécanismes de marché de l’article 6. Nous appelons à une transition juste vers le vrai zéro, et non vers les plans de marketing des entreprises qui se cachent derrière le « net zéro. » En même temps, et c’est de la plus haute importance, nous appelons toutes les anciennes puissances coloniales à assumer leurs responsabilités historiques et à réduire drastiquement les émissions à la source, maintenant, y compris par un retrait immédiat de leur présence militaire dans le monde ! La Via Campesina est solidaire des victimes de toutes les guerres, sanctions et occupations – qu’il s’agisse des mutilés et des assassinés de Palestine, d’Irak et d’Afghanistan ou des pauvres, des travailleurs et des indigènes des Etats-Unis qui manquent d’hôpitaux, d’écoles et de pain quotidien. Pour la souveraineté alimentaire, les droits de l’homme et la Terre Mère – Désinvestir de la Machine de Guerre !
Les voies pour atteindre la justice climatique doivent être radicalement différentes de celles qui ont produit la crise. L’agroécologie paysanne et la souveraineté alimentaire peuvent « nourrir le monde et refroidir la planète ! » Elles offrent la possibilité très réelle de réduire les émissions et de réaliser la justice sociale, les droits des personnes et de la planète. Un système alimentaire basé sur la souveraineté alimentaire et des systèmes alimentaires locaux, alimentés par des agriculteurs familiaux pratiquant l’agroécologie paysanne, peut véritablement transformer la société tout en réduisant les émissions de gaz à effet de serre de manière spectaculaire et beaucoup plus rapidement que toutes les fausses solutions vendues par les entreprises. Tout cela peut se faire sans marchandiser le carbone tout en contribuant à renforcer les solutions démocratiques de base à la pauvreté, à la faim et à la violence.
Les défenseurs de la terre, de l’eau et des territoires agroécologiques du monde entier s’unissent ! Avec les producteurs de denrées alimentaires au premier plan de notre convergence mondiale pour une souveraineté alimentaire qui nourrit la justice climatique, la vie l’emportera sur la mort !
LA TRANSITION EST MAINTENANT !
LA SOUVERAINETÉ ALIMENTAIRE NOURRIT LA JUSTICE CLIMATIQUE !
MONDIALISONS LA LUTTE ! MONDIALISONS L’ESPOIR !