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Oui, vous avez bien lu. J'ai manqué la reine des reines de mon sport favori, celui que j'ai pratiqué à un haut niveau pendant ma jeunesse: le tennis. A un jour près, j'aurais pu aller voir Serena Williams, alias la G.O.A.T (the greatest of all times) jouer le dernier match de sa carrière. Je m'en remettrai. Par contre, ce dont je ne me remets toujours pas, c'est ma toute première expérience à l'US Open, le dernier Grand Chelem de l'année. Ce fut tout simplement... INCROYABLE!
Jusqu'ici, ma seule quasi-expérience d'un tournoi majeur, c'était lorsque je suis allée dans l'arène de Wimbledon, en 2011. Néanmoins, j'ai été à pratiquement tous les tournois de Coupe Davis en Suisse pour admirer Stan et Rodger, et aussi au tournoi de Bâle. Mais le US Open, c'est évidemment un autre niveau. Déjà à la télévision, c'est un show. Sur place, c'est le feu! C'est comme un festival de musique, genre le Montreux Jazz, mais à la gloire du tennis.
J'ai choisi de prendre le bus. C'est beaucoup moins cher - 100 dollars (100 francs) aller-retour - pas besoin d'enlever ses chaussures pour les contrôles de sécurité, on pose ses fesses sur un siège assez confortable, on peut lire son livre tranquille et il y a même du wifi gratuit.
Un seul arrêt au centre-ville de Washington DC, puis le bus est passé par le Maryland (Baltimore, hello), à côté du Delaware (le fief de Joe Biden, hello), le New Jersey et finalement... New York, New York! C'était complètement dingue de descendre du bus devant le Madison Square Garden avec juste un petit sac contenant mes affaires pour passer la nuit chez mes amis vivant non loin de Flushing Meadows. Je les ai d'ailleurs rejoints là-bas, avec un trajet de 45 minutes supplémentaires depuis la magnifique gare de Grand Central Station.
17h30, nous voici devant le plus grand globe du monde dans le quartier de Flushing Meadows, probablement la partie la plus connue du Bronx, grâce à l'US Open. Welcome to the Arthur Ashe Stadium!
Quel spectacle, quel show! L'entrée de Rafael Nadal et de son adversaire Richard Gasquet sur le court central était digne d'un match de box de l'époque de Mike Tyson! Donc je n'imagine même pas ce que ça a dû être pour Serena Williams, la veille.
J'ai eu la chance de croiser le bad boy australien Nick Kyrgios, qui jouait en double ce jour-là. J'ai également vu un match de Jannik Sinner contre un joueur américain nommé Brandon Nakashima. Une anecdote à la fois amusante et un peu dérangeante, pendant ce match. En 2021, lors d'une compétition de Nascar (la formule 1 des States), un jeune coureur républicain, aux tendances pro-Trump a inventé une expression qui a ensuite été reprise à travers les Etats-Unis. Cette phrase est en quelque sorte devenue un nom de code et lorsque j'étais en Floride, l'année dernière, j'ai croisé plein de voitures avec un autocollant affichant fièrement ces trois mots: Let's go Brandon! La signification:
Du coup, à chaque fois qu'on entendait, «Let's Go Brandon!» scandé par des supporters autour de nous, on se marrait, un peu nerveusement, car c'était très, très bizarre. Nous n'étions de loin pas les seuls un peu mal à l'aise, mais on a plus rigolé qu'autre chose.
Le lendemain, en rentrant du domicile new-yorkais de mes amis pour aller prendre mon bus de retour, direction de Richmond, j'en ai profité pour aller voir Times Square. Une place sur laquelle je me suis rendue de nombreuses fois depuis ma première visite à New York City, en été 1996 (oui, ça date!). A l'époque, je m'étais promise qu'un jour je vivrai dans ce pays, tellement il me fascinait.
Me tenant sur un des lieux les plus emblématiques au monde, les yeux levés vers le ciel, entourée de l'énergie complètement folle de Manhattan, j'ai ressenti énormément de fierté en me disant que j'avais finalement réalisé mon rêve... américain.
Imaginez... Vous êtes à un repas de famille et devez faire face à cet oncle hyper agaçant et à ses blagues de mauvais goût ou encore à cette tante, qui déclenche une querelle d'héritage pour une somme dérisoire. Fort heureusement, il y a encore la cousine, compréhensive et qui, depuis votre adolescence, console chacun de vos chagrins d'amour. Un repas d'une famille nombreuse comme on en connaîtra probablement plus puisque l'évolution démographique est en baisse.