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Cannes 2016 - Cannes Classics
Le 04 juin 2016
Frédéric Maire, directeur de la Cinémathèque suisse, qui travaille à la restauration des grands classiques de 1930 à 1960, a eu la joie de présenter Die Letzte Chance (La dernière chance) à Cannes, septante ans après sa projection lors de la première édition du festival, où il remporta un Grand Prix.
Le film fut pour la première fois présenté à Zürich le 26 mai 1945, et connut dès lors un succès international.
Die Letzte Chance de Leopold Lintberg
Suisse, 1945. Avec Ewart G. Morison, John Hoy, Ray Reagan, Luisa Rosi, Giuseppe Galeati, Romano Calò. Film de guerre. Durée: 1h43. Dist.: Praesens.
La Cinémathèque suisse présente le fameux film de Leopold Lindtberg, une œuvre marquante de la cinématographie helvétique.
Produite par Praesens Film, l’œuvre est signée de Leopold Lindtberg. Né à Vienne, en 1902, il fuit le nazisme en 1933. A Zurich il travaille pour le Schauspielhaus avant de passer au cinéma. Il réalise des films de propagande humaniste comme Fusilier Wipf ou l’émouvant Marie-Louise, l’histoire d’une petite Française recueillie en Suisse.
La restauration numérique a été pilotée par la Cinémathèque suisse en collaboration avec la Schweizer Radio und Fernsehen (SRF), avec le soutien de MEMORIAV, auprès du laboratoire Hiventy. C'est la première fois qu'un film suisse est retenu dans cette section du festival de Cannes consacrée aux classiques restaurés.
L'histoire se passe en 1943. Deux lieutenants, l'un anglais et l'autre américain, échappent à la mort et réussissent à rejoindre le nord de l'Italie, à la frontière suisse. Dans une petite paroisse sont hébergés des réfugiés juifs, tous désireux de rejoindre le pays helvétique. Les officiers décident de guider les migrants, auxquels se joignent des orphelins italiens. Passer la frontière est une épreuve; il en est encore une, plus redoutable peut-être car elle dépend de la bureaucratie: la Suisse est un petit pays qui ne peut pas accueillir tout le monde… Tourné pendant les heures sombres de la guerre, le film pose la question des réfugiés et s'interroge sur la politique d'asile du pays de Heidi.
Une moment d'émotion que de voir les festivaliers touchés par cette œuvre, dont les images finales nous ramènent cruellement à la sombre réalité d'aujourd'hui!