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13/05/2013
Un argument de Michéa, qui est presque devenu un lieu-commun rabâché par une certaine gauche conservatrice (voire communautariste), consiste à dire qu'en France la droite fait la promotion du libéralisme économique tandis que la gauche social-démocrate fait la promotion du libéralisme culturel, et qu'ainsi tous deux marchent main dans la main sur la voie du capitalisme libéral.
La première erreur de Michéa consiste à croire que les classes populaires ont forcément envie de revenir à une société pré-capitaliste communautariste (Gemeinschaft), ce qui n'est à mon sens pas le cas.
La deuxième erreur de Michéa, la plus importante car elle ruine sa thèse, consiste à confondre libéralisme culturel et progressisme. En effet, le libéralisme culturel n'est pas identique au progressisme, car le libéralisme culturel ne peut que prôner la liberté des mœurs, mais il ne peut nullement prôner la coercition collective pour mettre en place une certaine vision d'un idéal culturel ou moral, contrairement au progressisme !
Par exemple, le libéralisme culturel sera contre l'interdiction de l'avortement par la collectivité, mais il sera aussi contre son remboursement par la collectivité, car ce remboursement passerait par une coercition collective (l'impôt pour financer ce remboursement notamment). Au contraire, le progressisme, s'il est lui aussi contre l'interdiction de l'avortement par la collectivité, et en plus de cela favorable à son remboursement.
Et voilà, la gauche social-démocrate étant progressiste et non favorable au libéralisme culturel, la thèse de Michéa s'effondre.