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Je ne connais pas d'animal plus égoïste que le chat. Tout lui semble dû, et si jamais on lui réclame un minimum d'attention, il rue dans les brancards et disparaît on-ne-sait-où.
Vous avez beau répondre à tous ses caprices, être au four et au moulin pour lui, vous démener comme un beau diable afin qu'il ne manque de rien, satisfaire ses moindres désirs, si jamais il vous vient une envie soudaine de le tenir dans vos bras ou de le caresser, il se fait porter pâle et file sous le lit, d'où il ne ressortira que lorsqu'il en aura décidé.
Mon chat en est le parfait exemple. Il règne dans ma maison comme un tyran en son palais. Si jamais il me vient l'idée de retarder de quelques minutes l'heure de mon lever, il me saute au visage avec l'aplomb d'un brigand de grand chemin qui s'offusquerait de voir la diligence promise à ses appétits voraces être en retard sur son horaire habituel. Tout juste s'il ne m'adresse pas un blâme ou ne me convoque dans son bureau pour un rappel à l'ordre.
Si par malheur, je passe l'heure de ses croquettes, il déboule dans mon bureau avec l'air scandalisé d'un passager d'une compagnie de transports qui par ma faute viendrait de rater sa correspondance. Il en est presque à demander des excuses, des dédommagements, qui sait, un surclassement, et si je tarde à obtempérer, le voilà qui se roule à mes pieds tel un fou dans sa chambre d'aliéné.
Pareil pour les caresses. Peu importe à quoi je suis occupé, avec qui je parle, ce que je fais, quand sa majesté a décidé que l'heure de ses câlins était venue, il bondit sur ma poitrine avec la véhémence d'une Panzerdivision au moment d'envahir la Pologne. Il veut ses caresses là, maintenant, de suite. Aucun moyen de me dérober à cette tâche qui lui apparaît comme un dû, la contrepartie d'avoir sacrifié sa jeunesse pour s'encroûter avec un vieillard de mon espèce.
S'il a faim, ce qui lui arrive quarante-huit fois par jour, il est prêt à tous les subterfuges pour voir son appétit rassasié. Et que je me frotte à tes jambes. Et que je passe et repasse devant toi. Et que je gémis comme si ma vie devait s'achever dans la seconde. Et que je viens te lécher le visage plein d'une adoration hypocrite qui s'estompera à la seconde où je serai parvenu à mes fins. Et que je viens louer ta grandeur, ta splendeur, t'assurer de mon parfait amour, ô toi mon maître adoré, autant de considérations aussitôt oubliées une fois mon estomac dûment rempli.
Il en va de même pour tous les aspects de sa vie; mon chat me dicte ses exigences comme si j'étais son secrétaire particulier, son valet de chambre, sa bonne à tout faire.
Sa litière doit être impeccable sinon il menace de se soulager directement dans la baignoire. Si jamais j'en change de marque, il la renifle pendant des heures comme si j'essayais de l'empoisonner.
Sa nourriture doit lui être délivrée avec la même ponctualité que celle qu'on exige d'un chauffeur Uber. Et si l'eau de sa fontaine n'est pas changée toutes les heures, il écrit au syndic de l'immeuble pour dénoncer mes mauvais traitements.
Évidemment, l'inverse est tout sauf vrai.
Je ne compte plus les fois où déprimé, fatigué, épuisé comme jamais, j'ai cherché à trouver près de lui quelque consolation. Peine perdue. Il s'enfuit comme s'il me prêtait des intentions fielleuses.
Je cours après lui, je le supplie, je lui promets mille cadeaux; en vain. Encore un peu et il appellerait les flics pour harcèlement. Parfois il reste juste à portée de vue et quand je me rapproche de trop près, il file comme si j'étais le diable en personne en hurlant: «Au voleur, au voleur!».
Il en va de même pour jouer. Neuf fois sur dix, quand je lui lance une de ses souris à l'autre bout de la pièce, il me regarde comme si j'étais le dernier des demeurés. Je m'en vais la chercher, la balance devant ses yeux, fait mine de la renvoyer.
Il me scrute d'un air navré avant de quitter la pièce, passant devant la souris sans même lui accorder un coup d'oeil. Ou bien alors, il part dans un grand bâillement qui est encore une autre façon de me congédier, moi et ma souris à la con.
Mon chat est l'être le plus égoïste qui soit.
Probablement est-ce la raison pour laquelle je l'aime tant!
Les studios Walt Disney ont réagi aux critiques acerbes de l'acteur américain Peter Dinklage (52 ans) concernant un remake de Blanche-Neige. La star de Game of Thrones, qui mesure 1,35 mètre, avait accusé, lundi, dans le podcast WTF with Marc Maron, le projet prévu pour Blanche-Neige d'hypocrisie.