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- 20.05.2005
- Haïti / Caraïbes
Le 21 septembre 2004, l'ouragan "Jeanne" a dévasté la ville des Gonaïves. L'eau est montée jusqu'au premier étage des maisons, puis s'est retirée laissant derrière elle une énorme couche de boue et de déchets. Même si l'eau s'en est allée, et que le soleil a lentement asséché cet immense marécage, de grandes flaques subsistent et la malaria reste un danger pour la population. Les infrastructures essentielles telles que les écoles, les hôpitaux, l'administration, l'approvisionnement en eau potable ou le réseau d'électricité ne fonctionnent pas encore ou ont été rétablis de façon provisoire.
Dans ces conditions terriblement difficiles, on sent toutefois l'extrême détermination des habitants à maîtriser la situation. La boue amassée dans les maisons et les arrière-cours est portée à main nues dans la rue avant d'être chargée dans d'innombrables camions et acheminée en cohortes hors de la ville. Les travaux de déblaiement sont coordonnés et soutenus financièrement par des organisations d'entraide telles que Caritas ou CARE ainsi que par l'ONU.
L'approvisionnement en eau potable de la ville est assuré par un système mobile de purification d'eau envoyé de France par avion. Plus loin, un hôpital de fortune sous tente avec deux salles d'opération a été aménagé par la Croix-Rouge norvégienne. La Croix-Rouge suisse a cofinancé avec d'autres sociétés de la Croix-Rouge du matériel et des médicaments pour cet hôpital. On y soigne de très nombreuses coupures dues au fait que les gens marchent pieds nus dans la boue pleine de débris de verre; quelques nouveaux-nés ont même vu le jour sous cette tente.
La rivière qui a détruit la ville des Gonaïves a également inondé la campagne: dans sa quête d'un nouveau lit, elle a dévasté de nombreuses cultures et détérioré les canaux d'irrigation. Après l'aide d'urgence, la priorité est donc maintenant à la remise en état du système d'irrigation afin que l'agriculture puisse redémarrer. Les organisations soutiennent également les projets de reforestation qui étaient en cours avant le passage de l'ouragan "Jeanne" afin de contenir l'érosion si destructrice. Les familles de paysans reçoivent des semences et quelques animaux afin de pouvoir subvenir à leurs propres besoins. " Notre pays est dans une situation politique extrêmement difficile. La population est désécurisée: la réouverture des écoles constitue une indication essentielle du retour à une certaine normalité. Voilà pourquoi les enfants doivent pouvoir reprendre le chemin de l'école le plus rapidement possible, pour que recommence la vie de tous les jours. La vie continue. " déclare l'évêque de Gonaïves. Les projets de Caritas, de l'EPER et de l'Armée du Salut répondent à ce voeu puisqu'ils concernent la remise en état de bâtiments scolaires.
La Chaîne du Bonheur a mis à disposition un premier montant de CHF 500'000 pour l'aide d'urgence. D'autres projets sont dans le pipe-line pour plus de 1,3 million de francs, qui devraient être réalisés avant la fin de l'année.