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Le contenu de cette page web a été rédigé par le Dr. med. Julien Billières.
L’articulation du genou est composée du fémur, du tibia et de la rotule. Elle est maintenue par ces quatre principaux ligaments :
- Le ligament croisé antérieur (LCA),
- le ligament croisé postérieur (LCP),
- le ligament collatéral médial (LCM),
- et le ligament collatéral latéral (LCL).
Le LCA est crucial dans la stabilité du genou, il empêche le tibia de partir vers l’avant et de tourner vers l’intérieur par rapport au fémur. La plupart des ruptures du LCA surviennent chez les personnes pratiquant des sports avec changement de direction : football, basketball, ski, etc. La rupture est rarement partielle, le plus souvent complète ou presque complète. Elle est fréquemment accompagnée de lésions méniscales (~30%), d’une rupture du ligament antéro-latéral (~90%) ou du ligament collatéral médial (~30%). En fonction du type de rupture et des lésions associées, une cicatrisation du LCA ne peut être obtenue. Vous pouvez ressentir alors une instabilité du genou plus ou moins importante allant de la difficulté à reprendre les activités sportives seulement jusqu’à une gêne dans la vie de tous les jours avec des épisodes de lâchage ou de dérobement du genou. À court et moyen terme, cette laxité entraîne de nouvelles lésions des ménisques ou aggrave celles déjà présentes. À long terme, ceci peut engendrer de l’arthrose précocement.
Le traitement fonctionnel avec physiothérapie et suivi en médecine du sport est proposé en cas de laxité faible, en l’absence de lésions méniscales importantes et/ou l’absence d’activités à risque.
Reconstruction du ligament croisé antérieur
Le traitement chirurgical de choix est la reconstruction ou ligamentoplastie du LCA afin de stabiliser le genou. Elle s’effectue par arthroscopie sous anesthésie générale ou rachianesthésie. Pour recréer ce ligament, la prise d’une partie de tendon autour du genou est nécessaire. Les trois possibilités les plus courantes et donnant les meilleurs résultats sont : le tendon rotulien, le tendon quadricipital ou les ischio-jambiers (DIDT). Ces trois types de greffe ont des résultats équivalents. Le prélèvement d’une partie de ces tendons s’effectue de manière mini-invasive (petite cicatrice). L’utilisation d’allogreffe (tendon provenant d’un donneur) est non recommandée vu le risque de rupture plus élevé. Des tunnels sont créés dans le tibia et le fémur puis la greffe est passée à travers afin de recréer le LCA de manière anatomique. Il est ensuite fixé à l’intérieur de l’os à l’aide de vis résorbables.
Lors de cette chirurgie et grâce à l’arthroscopie, votre chirurgien évaluera les ménisques et le cartilage. Il effectuera alors le traitement nécessaire en cas de lésion (réparation d’un ménisque déchiré, par exemple). Dans le même temps opératoire, le ligament antéro-latéral (LAL) du genou peut être également reconstruit de manière mini-invasive. Ce geste additionnel permet de mieux contrôler la rotation du genou et de diminuer le risque de nouvelle rupture du ligament croisé antérieur et d'échec de suture du ménisque.
La chirurgie dure entre 30 à 60 minutes en fonction des lésions méniscales à réparer ou non.
Dans certaines lésions plus graves, il est parfois nécessaire de réparer ou reconstruire un des ligaments collatéraux et de porter une attelle articulée par la suite.
Après l’opération
Vous restez hospitalisé entre 2 et 4 nuits. Un physiothérapeute passera en chambre deux fois par jour pour vous apprendre à marcher avec les cannes et vous montrer les exercices à faire à domicile. Une immobilisation par attelle n’est pas nécessaire et la marche se fait en appui complet sous couvert de cannes pendant 4 semaines. Certaines réparations méniscales doivent être protégées par un appui partiel avec des cannes pendant 6 semaines. Le genou est gonflé les 2-3 premières semaines et un hématome peut apparaître. De la glace doit être fréquemment appliquée sur votre genou (toutes les deux heures).
À la sortie
Vous sont remis : une ordonnance de médicaments, un certificat médical, les rendez-vous pour le changement de pansement et le contrôle avec votre chirurgien, les bons de physiothérapie ainsi que le protocole de rééducation. La physiothérapie débute 7 à 10 jours après l’opération à raison de 2 à 3x/semaine. Il est préférable d’agender à l’avance les rendez-vous dès que votre date d’opération est connue.
Le suivi post-opératoire se fait conjointement avec votre chirurgien et un médecin du sport à l’Hôpital de La Tour afin d’optimiser la rééducation. Des rendez-vous ont lieu tous les 1 ou 2 mois jusqu'au retour au sport. Votre travail fourni lors de la rééducation est crucial et garant d’un bon résultat de l’opération. Pour cela, votre physiothérapeute, chirurgien, et le médecin du sport vous donneront les instructions nécessaires pour récupérer votre mobilité, force, endurance, et équilibre. À partir de 6 mois après l’opération, votre médecin du sport organisera des tests isocinétiques et fonctionnels au centre de rééducation de La Tour. Le but est d’évaluer objectivement la force et le contrôle neuromusculaire du membre inférieur par des tests validés dans la littérature scientifique. Le retour aux activités sportives est alors permis ou reporté en fonction des résultats. Le retour aux activités sportives de type pivot-contact (football, basketball, ski, etc.) est généralement permis à partir de 8-9 mois.
L’opération est-elle urgente ?
Non, dans la plupart des cas, cette chirurgie se planifie dans les semaines suivant l'accident sans excéder un délai de plus de 6 mois (augmentation du risque de lésion méniscale secondaire). Il est même parfois nécessaire d'attendre que le genou dégonfle et que le muscle quadricipital soit réveillé en s'aidant de séances de physiothérapie préopératoire. Cependant, suivant le type de lésion méniscale (anse de seau, lésion radiaire complète) et/ou en cas de lésion complète d'un ligament collatéral, la chirurgie doit s'effectuer rapidement pour obtenir un meilleur résultat.
Quelles sont les complications ?
Les complications sont peu fréquentes :
- Infection (rare),
- hémarthrose (rare),
- thrombose veineuse (rare),
- raideur articulaire (~1-2% de cyclope nécessitant une réintervention),
- nouvelle rupture du LCA (risque non supérieur au côté opposé),
- non-guérison d'un ménisque réparé (jusqu'à 10% suivant l'étendue de la lésion à réparer),
- perte de sensibilité autour des cicatrices.
Tout savoir sur la rupture du ligament croisé antérieur
Pour en savoir plus sur la rupture du ligament croisé antérieur visionnez notre conférence publique, avec notre expert le Dr Julien Billières en cliquant ici
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