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Breashears, alpiniste, cinéaste et auteur (Rencontre avec David -)
A l' occasion de la présentation de la version allemande de son livre. Bis zum Äussersten, à Berne, nous avons pu rencontrer l' auteur, David Breashears, également réalisateur, en format imax, de Mountain Without Mercy ( Montagne sans pitié ). Ce film, qui a déjà attiré près de 11 millions de spectateurs, avait retenu l' atten en raison des conditions dramatiques qui, en mai 1996, ont marqué son tournage dans la région du sommet de l' Everest. Cette réalisation occupe une place importante dans l' œuvre de Breashears.
L' alpinisme comme « déclaration d' indépendance » Le livre de David Breashears Bis zum Äussersten'( intitulé dans sa version originale High Exposure ) s' achè par la description de sa quatrième ascension de l' Everest, en 1997, soit une année après la tragédie qui, non loin du sommet, coûta en quelques jours la vie à huit personnes. Comme, à cette période-là, Breashears dirigeait sur les mêmes lieux l' équipe qui tournait le film, il a pu suivre de près les événements. Il conclut son ouvrage par ces phrases: « La montagne est dangereuse, c' est sûr, mais elle nous détache et nous libère. J' avais sans doute déjà vaguement compris cela lorsque, jeune et sans racines, j' ai délibérément pris le chemin pierreux de la marginalité et commencé à grimper. Mais j' ai compris aussi, dans ce moment incertain, que l' ascension de l' Everest, pour moi tout au moins, avait été aussi bien une déclaration d' indépendance personnelle qu' une manière de fuite en avant. Je ressentis tout à coup une indescriptible tranquillité, une présence passion- Son premier voyage vers l' Himalaya a conduit David Breashears à l' Ama Dablam, une des plus belles montagnes de la région. Depuis lors, l'Himalaya a'David Breashears, High Exposure, New York, Simon « Schuster, 1999. Traduction allemande: David Breashears, Der Mount Everest und andere Herausforderungen, préface de Jon Krakauer, München/ Zürich, Diana Verlag bei Heine, 1999.
leurs sûres, des héros et un code moral lui servant de guide. Dans son livre, il qualifie l' escalade de « projet de vie » qui exige des capacités et des dispositions particulières. Elle l' aide, en fin de compte, à trouver son identité. C' est dans les parois du Colorado qu' il fait ses premières expériences. C' est là qu' il réussit en 1975, alors âgé de 19 ans, une nouvelle voie. Perilous Journey ( Voyage dangereux ), considérée par les connaisseurs et passée dans les annales comme un morceau de virtuosité. L' écrivain Jon Krakauer, dans la préface du livre, voit cette performance comme la plus remarquable de Breashears.
A l' époque de Perilous Journey, Breashears vit de petits travaux tout en améliorant sans cesse sa technique d' alpiniste. En 1977, il a pour la première fois, au titre d' assistant de production, l' occasion de collaborer à un a pris une place importante dans sa vie. C' est à de nombreuses reprises qu' il est revenu au Tibet et au Népal, un monde qui le fascine Voyages, rencontres, personnalités David Breashears et la caméra imax David Breashears sur le glacier Khumbu, lors du tournage ( Everest 1996 ) film. C' est au Half Dome, dans la vallée californienne du Yosemite. Peu après cette première expérience du cinéma, qui le fascine aussitôt, il part avec une équipe de tournage à l' Ama Dablam, dans l' Himalaya népalais. C' est ainsi qu' il se découvre une patrie d' élection qui le fascine, pas seulement par ses montagnes, mais également par sa culture, son respect de la nature et des dieux, que le monde bouddhiste permet de rencontrer chaque jour.
Les sherpas: héros du film Vingt ans ont passé depuis les premières expériences cinématographiques. Breashears s' est fait un nom comme cameraman avec les films Cliff hanger, Sept ans au Tibet et Red Flag Over Tibet, documentaire distingué par un prix. C' est en 1996 que son nom se répand dans le grand pu- blic. Avec une équipe internationale, il tourne alors un film de format imax Mountain Without Mercy2. Les difficultés du tournage sont à peine croyables. Et David Breashears de souligner que les prises de vue en haute altitude, notamment sur le sommet lui-même, ont exigé des efforts énormes de tous les membres de l' équipe. « J' ai eu quelquefois envie de tout laisser tomber et de dire à un sherpa: « Passe-moi une charge, je ne veux que porter quelque chose et ne plus avoir à penser aux images, à l' histoire et au tournage... » Le seul boîtier de la caméra imax pesait 12 kg. Avec les objectifs, les accumulateurs et le film, le poids de l' appareil - qui valait près de 190000 dollars - atteignait les 20 kg. Le pied, avec sa tête métallique, pesait 40 kg. Il fallut pas moins de cinq sherpas 2 Le film peut être obtenu en version originale anglaise, vidéo et DVD, chez Highlight Film.
pour transporter le tout! Au cours de l' entretien, David Breashears souligne sans cesse que ce sont les sherpas les véritables héros parce que « sans eux le film n' aurait simplement pas pu être réalisé. Et c' est pourquoi, au printemps dernier, je suis retourné encore une fois à Katmandou avec deux sacs de marin pleins de cadeaux en souvenir du film. Il fallait que je leur dise merci. » La majesté de l' Everest en grand format Avec le film grand format ( pellicule de 65 mm, une bobine de 152 m et d' un poids de 2 kg pour 90 secondes d' images ), David Breashears a réalisé un document exceptionnel qui montre au public non seulement la beauté et la majesté de l' Everest, mais aussi les difficultés de son ascension. Le film a également attiré l' attention à cause de la tragédie qui, en mai 1996, accompagna son tournage. D' autres expéditions, dont deux expéditions commerciales dirigées par les guides néo-zélandais et américain Rob Hall et Scott Fischer, furent prises dans une tempête qui coûta la vie à huit personnes. David Breashears et ses compagnons laissèrent de côté le tournage et mirent tout en œuvre pour récupérer les survivants.
La tragédie de 1996 Dans son livre, le réalisateur et alpiniste américain rend compte de manière impressionnante de la tragédie et de la façon dont elle survint. Il n' hésite pas à critiquer les nombreux alpinistes sans expérience qui se risquent aujourd'hui sur les flancs de l' Everest: « Les cordes fixes qui se trouvent en dessus du col Sud, donc au-dessus de 8000 m, devraient être à nouveau complètement enlevées. Il en résulterait une certaine sélection dans la région du sommet. » Breashears ne condamne pourtant pas les expéditions commerciales, car elles permettent aux alpinistes qui ne disposent que d' un temps limité, ou ne sont pas en mesure de mettre en place l' organisation nécessaire, de viser des sommets magnifiques.
La fascination de David Breashears pour l' Everest n' a pas duré que le temps d' un film. Il s' est rendu sur la montagne à onze reprises, avec une caméra vidéo tout d' abord, puis une caméra 35 mm, enfin avec une caméra imax. Par quatre fois, il a mis le pied sur le toit du monde. Son prochain film imax le conduira en Afrique, au Kilimandjaro, montagne qu' il qualifie d' intéressante, diverse et sur laquelle « on ne se gèle pas les fesses ».
Les montagnes exigent un apprentissage Avec humour et sensibilité, David Breashears raconte ses expériences dans les deux mondes qui l' imprè et se croisent sans cesse dans sa vie: les montagnes et le cinéma. « Je n' ai jamais imaginé pouvoir vivre sans la montagne: elle m' a tellement appris, sur moi-même, sur la nature, les hommes, mon comportement, sur la différence entre ce que j' aimerais être et ce que je suis. » La montagne exige un véritable apprentissage. C' est pourquoi il a été parfois découragé en voyant tant de gens mal préparés tenter de gravir l' Everest. Il ne s' est pas arrêté pour autant et la mort d' amis comme Rob Hall et Scott Fischer ne l' a pas détourné de l' alpi. Ce sont même ces événements qui lui ont mis clairement devant les yeux la finitude de la vie.
« Quand tu es jeune, dit-il, tu ne penses pas à la probabilité de mourir en montagne. Mais des événements pareils te font prendre conscience de ta fragilité et de ta condition de mortel. » C' est aussi la raison pour laquelle, en 1997, une fois encore, il retourne à l' Everest. Ce voyage est une cathar-sis, une délivrance spirituelle, une libération des tensions intérieures après la tragédie de l' année précé- L' Everest ( 8848 m ) a été pendant longtemps un point de repère dans la vie de David Breashears. Il s' y est rendu pas moins de onze fois, parvenant quatre fois au sommet dente. C' est aussi une affirmation de la vie qui lui permet d' achever le livre dont nous avons cité plus haut les dernières phrases.
Et maintenant, après la sortie du film et des centaines d' interviews? David hésite une seconde... « J' aime reprendre l' alpinisme, vraiment l' alpinisme. C' est là que je trouve ma liberté, ma meilleure façon de m' exprimer. » Christine Kopp, Unterseen ( trad. ) M
ibanes et bivouacs
tifugi e bivacchi
dont les conséquences financières sont considérables. La réduction du nombre des nuitées se reporte sur le volume des recettes, ce qui conduit à une diminution des redevances versées au fonds des cabanes de la caisse centrale. Ainsi, les moyens nécessaires au financement des rénovations diminuent constamment.
Mission du Comité central Partant de ce constat, le Comité central a chargé un groupe de travail d' élaborer un nouveau règlement des cabanes. Après consultation des sections et de nombreuses modifications, une version de base a été acceptée à l' Assemblée des délégués de juin 1998. Le groupe de travail a ensuite établi une première version du règlement des cabanes 2000, qui a été soumis aux sections en automne 1998 et discuté à la Conférence des présidents. Les nombreuses propositions de modifications - il s' agissait de trouver un consensus entre des positions divergentes et des besoins variés - ont conduit à une deuxième version. Après trois votes consécutifs, cette version fut finalement acceptée à une forte majorité lors de l' Assem des délégués de juin 1999. Voici un bref aperçu des dernières modifications importantes.
Nouvelles dispositions pour le gardiennage Les sections assument principalement la responsabilité des cabanes. Cependant, afin d' améliorer la trans-
fon Hütten und Biwaks
Le règlement des cabanes 2000 a été accepté lors de la dernière Assemblée des délégués, à Bâle, avec les modifications du règlement des cotisations qu' il entraîne. Tout membre du CAS est concerné: en tant qu' hôte, en tant que membre d' une section propriétaire de cabane et en tant que membre de l' Association centrale, cette dernière portant la responsabilité de l' ensemble des cabanes du CAS.
Le CAS a-t-il besoin d' un nouveau règlement des cabanes?
Un grand nombre des cabanes du club ont été construites il y a cinquante à cent ans. Elles sont le symbole de refuges de montagne simples. Aujourd'hui, les exigences des alpinistes nous forcent cependant à introduire un minimum de confort, si nous voulons maintenir la fréquentation. Le vieillissement de nombreuses bâtisses tout comme les infrastructures inadaptées exigent que l'on procède à des travaux de rénovation,
ances et recettes du fonds des cabanes de la caisse centrale
Règlement des cabanes 1991 Règlement des cabanes 2000 Nuitées Taxe en Fr.
Montant en Fr.
Taxe en Fr.
Montant en Fr Recettes provenant des taxes sur les nuitées pour les membres de la cat. A 170000 3.00 510000 4.00 680000 Recettes provenant des taxes sur les nui-tés pour les non-membres de la cat. E 73000 6.00 438000 7.00 511000 Recettes supplémentaires provenant des taxes sur le nombre des nuitées O.1-1.0 183 000 O.1-1.4 174000 Indemnités pour les périodes de tir de la DCA 40000 40000 Droit de réciprocité de I' UIAA 100000 130000 Cotisation de solidarité Nombre de membres Redevances de tous les membres 90000 O.00 0 1.00 90000 Redevances supplémentaires pour les membres des sections qui ne possèdent pas de cabanes 10000 O.00 0 3.00 30000 Recettes provenant des contrats d' affermage 0 0 10% 20000 Total 1271000 1675 000 Le tableau montre quelles sont les retombées financières du règlement des cabanes 2000 pour le fonds des cabanes de la caisse centrale en comparaison de celles de l' ancien règlement. Les recettes prévues se montent à environ 1,6 millions de francs, dont 30% seront redistribuées sous forme de subventions. Pour maintenir la part des subventions à 40%, il faudrait que les recettes atteignent environ 2,1 millions de francs.
parence et l' efficacité, un certain centralisme sera introduit pour le marketing, la publicité et les contrats d' affermage.
Les cabanes peuvent être réparties en différentes catégories d' exploita, suivant leur emplacement et leur aménagement, ceci dans le but de clarifier les rapports autant pour les hôtes que pour les gardiens.
L' amélioration à long terme du gardiennage est encouragée par des cours destinés aux responsables de cabanes et aux gardiens. Les cours d' introduction sont obligatoires pour les nouveaux gardiens.
Les sections sont tenues de conclure un contrat d' affermage avec leurs gardiens selon des critères standard. Ceux-ci comprennent une redevance sur la restauration pour les cabanes à forte fréquentation. Ces contrats sont de la compétence des sections, mais les conditions seront édictées dans les lignes directrices du contrat d' affermage. La commission des cabanes mettra un contrat type à disposition des sections.
Changement des prix des nuitées Les chefs de course et les chefs de la jeunesse du CAS bénéficient d' une réduction lorsqu' ils ont la responsabilité d' un groupe du club. Les guides de montagne patentés sont exemptés de frais de séjour dans l' exercice de leur fonction. Les sections peuvent fixer le prix des nuitées des catégories B à E ( jeunesse du CAS, non-membres Cabane Turtmann. La rénovation de cette cabane, prévue pour l' an 2000, représente une charge financière que les six cents membres de la section Prévôtoise ne pourraient assumer sans les subventions provenant du fonds des cabanes de la caisse centrale jeunes et non-membres adultes ) dans une fourchette plus large que celle des catégories des membres. Ceci donne plus de souplesse aux sections pour fixer les prix.
Les nouvelles taxes par nuitée sont fixées à 4 francs pour les membres et à 7 francs pour les non-membres. Les taxes supplémentaires, qui dépendent du nombre des nuitées, seront calculées sur la base d' un modèle qui suit une courbe ascendante, sans saut. Ces taxes font jouer la solidarité dans la mesure où les sections dont les cabanes bénéficient d' une bonne fréquentation versent un montant qui servira aussi au maintien des cabanes qui accueillent moins de visiteurs.
Autres aspects financiers S' il veut maintenir ses cabanes en bon état et les rendre plus attrayantes, le CAS devra dépenser plus d' argent. Vu que l' augmentation des redevances à l' Association centrale est inférieure aux prévisions, les subventions destinées aux sections, prévues pour l' entretien et les transformations des cabanes, pourraient être réduites. Elles se situent en général entre 30% et 50% du coût total.
Les recettes provenant des contrats d' affermage reviennent à 90% aux sections. Les 10% restants seront ver- sés au fonds des cabanes de la caisse centrale.
Toutes les recettes provenant de l' exploitation des cabanes seront complétées chaque année par le montant de solidarité versé par les membres. Ce montant est plus élevé pour les membres des sections qui ne sont pas propriétaires de cabanes. Les modifications requises du règlement des cotisations ont été approuvées à l' Assemblée des délégués.
Phase transitoire Pour ne pas modifier le montant des subventions pour des projets en cours, une participation de 40% sera maintenue pour les travaux adoptés aux Conférences des présidents 2000 et 2001. Les sections bénéficient d' une phase transitoire de trois ans pour établir des contrats d' affermage et verser une éventuelle redevance. Les sections dont la dette contractée suite à des travaux ne dépasse pas 500 francs par membre versent pendant trois ans des redevances sur les nuitées selon l' ancien règlement.
Remerciements et perspectives Au nom du Groupe de travail pour une nouvelle politique des cabanes, je remercie tous les membres qui ont fait des propositions pour l' améliora tion de la version de base et des versions complètes. Le groupe travaille à l' élaboration de lignes directrices et de directives qui seront soumises aux sections pour consultation. L' avenir nous dira si le nouveau règlement a atteint son but et si les mesures entreprises permettent d' exploiter les cabanes du CAS avec discernement, en y apportant à temps l' entretien et les rénovations nécessaires. Thomas Tschopp, secteur des cabanes et de la nature ( trad. )