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La course au profit à la place de la protection de l’environnement ou des intérêts des collaborateurs: pour la plupart des millennials et la génération Z, les entreprises ne se comportent pas de façon exemplaire. Une étude de Deloitte éclaircit le champ de tension entre les jeunes employés et le monde économique.
Les millennials et la génération Z ont une attitude critique vis-à-vis des entreprises. En Suisse, seule une minorité des jeunes pensent encore que les entreprises se comportent avec éthique: ils sont seulement 34 %, alors que 56 % partageaient encore cet avis l’an dernier. Les Suisses interrogés sont beaucoup plus sceptiques que le groupe de comparaison mondial. Ici les valeurs sont de 47 % et 65 %, le recul est donc marqué de la même manière.
Au niveau mondial, la course au profit est désignée comme une valeur centrale des entreprises par 67 % des personnes interrogées. 75 % des personnes interrogées trouvent que les entreprises placent leurs propres intérêts avant le bien-être de la société. Les personnalités perçues de manière la plus positive sont les directeurs des ONG ou organisations à but non lucratif. Pour 59 %, ils apportent une contribution positive aux affaires du monde.
Les entreprises méconnaissent les priorités des jeunes employés
La plupart des personnes interrogées étaient d’avis que les priorités réelles de leur entreprise passent à côté des sujets vraiment importants. Ainsi les trois principales maximes de l’entreprise – profit, augmentation de l’efficacité et augmentation des ventes – sont les trois objectifs importants cités en dernier par toutes les personnes interrogées. Selon leur avis, les entreprises devraient suivre en particulier les objectifs suivants:
• Influence positive sur la société et l’environnement
• Idées, produits et prestations de services innovants
• Créer des emplois, développer des carrières et améliorer la vie des gens
• Mise en oeuvre active de la diversité et intégration dans le poste de travail
Même parmi les millennials avec davantage d’expérience professionnelle et des postes plus élevés, il règne un consensus selon lequel les entreprises pourraient trouver un meilleur équilibre entre la course au profit et la poursuite d’autres objectifs. Ainsi 44 % des millennials parmi les cadres supérieurs constatent que le profit est priorisé, mais seulement 27 % sont d’avis que le profit financier devrait être l’objectif principal de l’entreprise.
Travailler plus beau grâce à l’Industrie 4.0
En Suisse et à travers le monde, un peu plus de la moitié s’attendent à ce que les nouvelles technologies améliorent leur travail et qu’ils aient davantage de temps pour se concentrer sur des activités créatives et créatrices de valeur. À peine un tiers en Suisse et 23 % à travers le monde pensent que leur travail ne sera pas influencé par l’Industrie 4.0. 11 % envisagent abandonner un jour des parties de leur activité ou des responsabilités; ils sont 17 % à travers le monde. Moins de quatre millennials sur dix et seulement trois membres de la génération Z sur dix pensent qu’ils sont préparés au changement à venir et qu’ils ont déjà les capacités et connaissances nécessaires. L’opinion règne selon laquelle les entreprises devraient faire davantage pour la préparation des employés à ces évolutions. Seul un tiers des millennials et un peu plus de 40 % de la génération Z reçoivent déjà une telle assistance.
Changement de travail, culture et multitude
Un pourcentage élevé des personnes interrogées est intéressé par une nouvelle orientation professionnelle: 43 % des millennials à travers le monde souhaitent quitter leur entreprise dans les deux années à venir, ils sont 41 % en Suisse. Mais 28 % souhaitent travailler pour leur employeur actuel pendant plus de cinq ans, en Suisse ils sont 31 %. Dans la génération Z, 61 % veulent démissionner dans les deux ans à venir s’ils ont le choix.
La culture du poste de travail est aussi importante dans le monde que pour les Suisses interrogés, avec un peu plus de 50 %. Pour les Suisses interrogés, la flexibilité temporelle et spatiale de la fourniture de prestations est plus importante que pour les autres. 64 % y attachent de l’importance dans ce pays, ils sont 50 % à travers le monde. Pour attirer et conserver les talents de ces deux générations, il faut, en plus des incitations financières, la culture adaptée au poste de travail.
Alexander Saheb