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Née le 17 décembre 1983, Nicole Büchler vit sa jeunesse dans un environnement sportif puisqu’elle habite à Macolin. Toute petite, elle aime assister aux championnats suisses d’athlétisme dans la salle de la Fin-du-Monde et une discipline l’attire en particulier: le saut à la perche. Mais à ce moment-là, la jeune Nicole s’investit à fond pour la gymnastique rythmique sportive (GRS). Membre de l’équipe nationale, son plus haut fait se déroule en octobre 1999 à l’occasion des championnats du monde qui se tiennent à Osaka. Sélectionnée à l’âge de 16 ans pour le concours multiples par équipe, la Seelandaise et ses camarades de l’équipe suisse terminent à une très belle onzième place sur vingt-six nations. L’année suivante, les Jeux Olympiques de Sydney représentent le but suprême à atteindre, mais elle échoue à s’y qualifier. Les deux saisons suivantes ne lui permettent pas de retrouver la plénitude des moyens qui étaient en sa possession en 1999 et, pire, elle doit soigner une fracture de fatigue au dos. La rigueur avec laquelle elle devait s’entraîner pour la GRS la fait réfléchir et elle décide, à 20 ans, de se tourner vers d’autres sports. Elle joue au volley-ball, mais elle s’essaie également au saut à la perche. Cette discipline lui procure tout de suite beaucoup de plaisir et c’est ainsi qu’elle décide de se lancer dans une nouvelle carrière; l’histoire est en marche…
Une discipline en pleine évolution
Au début des années 2000, le saut à la perche féminin est l’une des nouvelles disciplines de l’athlétisme. Longtemps écartées de cette épreuve à cause de sa difficulté physique, les femmes ont su trouver la parade pour convaincre les dirigeants de l’athlétisme mondial d’inclure cette discipline au programme officiel. Le premier record du monde homologué par l’I.A.A.F. est celui de la Chinoise Sun Caiyun qui franchit le 21 mai 1992 à Nankin une barre à 4,05 m. En 1995, soit quatre ans avant l’entrée officielle du saut à la perche féminin aux championnats du monde, quinze records du monde sont battus ou égalés. La Tchèque Daniela Bártová l’améliore à dix reprises, souvent centimètre par centimètre, en finissant par réaliser 4,22 m. En toute fin de saison pourtant, lors de l’été austral, une ancienne gymnaste nommée Emma George, prend le pouvoir en franchissant 4,28 m à Perth. L’Australienne domine sa discipline durant la deuxième moitié des années ’90 en battant à onze reprises le record du monde pour finir par le porter à 4,60 m le 20 février 1999 à Sydney. Lors des championnats du monde 1999 à Séville, l’Américaine Stacy Dragila remporte le premier titre mondial en égalant le record du monde d’Emma George. Elle améliore trois fois sa marque en 2000 et elle remporte le tout premier titre olympique de l’histoire. Challengée par la Russe Svetlana Feofanova qui atteint 4,64 m en salle en 2001, Dragila reprend de façon admirable le leadership en franchissant le 9 juin à Palo Alto une barre d’abord à 4,71 m, puis à 4,81 m ! Il faut attendre l’avènement de la Russe Yelena Isinbayeva en 2003 pour voir son premier record du monde, le 13 juin 2003 à Gateshead avec 4,82 m. À la fin de cette saison, les Russes mènent la danse du saut à la perche mondial devant les Allemandes et les Américaines.
Des débuts prometteurs
C’est dans ce contexte que Nicole Büchler débute sa carrière au ST Bern, dans le groupe dirigé par Raynald Mury. Nadine Rohr (26 ans) est la tête de gondole de ce groupe avec ses 4,25 m représentant le record suisse, tandis que Julia Anderegg (17 ans) et Mjriam Spicher (23 ans) sont en pleine progression elles aussi avec 3,80 m. Les premières compétitions démontrent que Nicole Büchler possède de belles aptitudes, notamment la coordination et la fluidité de ses mouvements empruntés directement de son ancien sport. La Seelandaise remporte sa première victoire le 30 janvier 2004 à Macolin avec un saut de 3,20 m. Elle s’améliore à de nombreuses reprises dès le printemps et elle franchit 3,70 m lors des championnats suisses élite le 4 juillet à Bâle, ce qui lui permet de remporter la médaille de bronze, à égalité avec Iris Niederer (TV Teufen). Deux mois plus tard, elle remporte à Lausanne le titre national chez les U23 avec 3,70 m à nouveau, puis elle place son record à 3,80 m lors de la finale CSI à Zurich. Cette première saison a montré que Nicole Büchler est capable d’assimiler rapidement tous les aspects techniques de cette discipline délicate, ceci grâce à un réel talent qui ne demande qu’à éclore au grand jour.
La saison 2005 confirme tout le bien qu’on pense d’elle avec un premier saut à 4,00 m réussi le 25 février à Macolin. L’été venu, elle passe même 4,15 m le 14 juin à Lucerne, un saut qui lui permet de se qualifier pour les championnats d’Europe U23. Mais avant cette échéance, il faut passer par les championnats suisses qui ont lieu au début du mois de juillet à Berne. Sur son sautoir d’entraînement, Nicole doit rester au pied du podium avec 3,80 m. Le 17 juillet, elle se rend à Erfurt pour disputer les championnats d’Europe U23, sa première grande compétition internationale. Au Steigerwaldstadion elle débute par un essai valide à 3,80 m, mais elle ne peut hélas pas aller plus haut et elle se classe au douzième rang. Cette première connexion avec le niveau international a permis à la Seelandaise d’acquérir une expérience précieuse pour la suite de sa carrière.
Bien qu’on détecte une grande motivation pour sa discipline, Nicole Büchler stagne en 2006, une saison qui est identique à la précédente du point de vue performance. Elle franchit 4,00 m le 25 février à Macolin lors des championnats suisses en salle et elle s’empare du coup de la médaille d’argent derrière sa cheffe de file Nadine Rohr (4,30 m). Au printemps elle se rend avec son club le 27 mai à Istanbul pour participer à la Coupe d’Europe des clubs et elle s’empare de la deuxième place avec 4,00 m. Son meilleur résultat de la saison, un saut de 4,10 m, est réalisé le 11 juin lors d’AtletiCAGenève, puis elle se retrouve la semaine suivante avec l’équipe nationale à Prague pour la Coupe d’Europe 1st League, où elle termine troisième avec 4,00 m. Après cela on ne la voit plus pendant deux mois, ce qui lui fait manquer les championnats suisses à Olten. Elle renoue avec la compétition le 17 août à Aarau avec 4,01 m, puis elle termine la saison avec deux victoires à Baden lors du Stabhochsprung Event et à Berne lors de la finale CSI.
PAB
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