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Demi-finale du Mondial, 39e minute de jeu. L'Argentine mène 1-0. La Croatie pousse pour égaliser et voit ses efforts récompensés par un corner. C'est une chance, car les joueurs croates sont plus grands et plus costauds que leurs adversaires. Chaque ballon dans la surface est dès lors une menace pour le portier argentin. Sauf que ce ballon de la 39e minute n'arrivera jamais devant le but. Parce que Modric et ses coéquipiers ont décidé qu'il était préférable de jouer le corner en deux temps plutôt que d'expédier le cuir sur la tête des joueurs présents dans la surface.
Sur l'image, on voit un coéquipier sur la gauche du tireur (petit rond bleu) qui s'attend à recevoir le ballon au profit du paquet de joueurs présent au centre.
Modric sollicite alors un autre complice, qui arrive de plus loin comme on peut le constater sur l'image ci-dessous.
Le problème, pour la Croatie, c'est que le cuir sera contré par l'un des trois Argentins venus au pressing. L'Albiceleste pourra ensuite se projeter vers l'avant et inscrire un deuxième but.
On est donc passé d'une potentielle chance d'égalisation à un deuxième but argentin en quelques secondes.
Bienfaits pour la Croatie— Samir (@Samir__1996) December 13, 2022
Les corners jouez a 2 ça ne sert strictement a rien
On dit de ce type de corner qui n'est pas botté directement dans la surface qu'il est
absurde «à la rémoise» car il a été inventé et popularisé par le Stade de Reims dans les années 50. Dans le numéro de décembre 2012 de But! Reims, Raymond Kopa raconte la genèse de sa trouvaille:
Les Rémois ont eu cette idée pour combler leur déficit de taille (le plus grand de l'équipe ne dépassait pas les 175 cm) et pour surprendre leurs adversaires. Ce type de combinaison avait alors une raison de vivre. Mais un demi-siècle plus tard, tout est différent. Les équipes ont toutes de grands joueurs capables de faire la différence dans le jeu aérien et plus aucune d'entre elles ne peut être surprise par un corner joué à deux tant la pratique est devenue banale.
Alors pourquoi? Pourquoi insister avec ce type d'action «frustrante, très souvent contre-productive et même pas jolie», comme le résumait froidement So Foot en 2014? On ne voit qu'une seule bonne raison: gagner du temps en fin de match.
Certains soulignent que la combinaison permet de libérer de l'espace dans la surface en aspirant des joueurs situés au premier poteau, mais ça reste une théorie. Elle ne s'est d'ailleurs pas vérifiée mardi soir puisque deux des trois joueurs sortis sur le porteur étaient déjà bien loin du centre de la surface au départ du ballon.
À la 39e minute d'une demi-finale de Coupe du monde, il n'y avait décidément aucune bonne raison de choisir un tel stratagème.
Il y a dix ans, la National League franchissait pour la première fois la barre des deux millions de spectateurs: 2'061'618 fans (6872 par match) avaient assisté aux 300 rencontres de la saison régulière. Puis en 2015/16, pour la première fois, chaque match attirait plus de 7000 spectateurs (7026) en moyenne.