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Article proposé par
le CIC - Centre Intercantonal d'Information sur les Croyances
Le Parlement européen s’inquiète de l’influence des thèses créationnistes dans l’éducation et appelle à la vigilance. Et en Suisse, le créationnisme s’implante-t-il dans les écoles?
Il existe plusieurs courants créationnistes qui défendent chacun une explication différente de la création du monde :
Le créationnisme « Jeune-Terre » est le courant le plus controversé: c’est celui qui accepte le moins de compromis avec les théories de l’évolution et qui s’intéresse du plus près à l’éducation. Apparu dans les milieux évangéliques fondamentalistes américains à partir des années 1920, il s’est développé en réaction à l’introduction de l’enseignement des thèses de Charles Darwin (théories de l’évolution) dans les écoles publiques. Le créationnisme « Jeune-Terre » rassemblerait environ 15 millions de convaincus aux Etats-Unis. Depuis les années 1970, il s’appuie sur des études produites par des instituts créationnistes qui tentent de prouver scientifiquement la véracité de la Bible. L’hydrologie, la géologie, la génétique sont appelés à la rescousse pour essayer de prouver, par exemple, que le Déluge a bel et bien eut lieu.
En Suisse, le courant créationniste « Jeune-Terre » s’est implanté à partir des années 1980. Si de nombreuses Eglises professent ces croyances, seules quelques organisations sont actives dans la diffusion de matériel créationniste (livres, brochures, vidéos, matériel didactique, démarches auprès des autorités). Ensemble, elles revendiquent un millier de membres.
La différence entre 1980 et aujourd’hui ? De relativement discrètes, ces associations sont devenues plus médiatisées et prennent position dans l’espace public.
Que demandent les organisations créationnistes ? Elles souhaitent protéger les jeunes des dangers de l’athéisme qui s’accompagne forcément, selon elles, d’une dégradation des mœurs. Elles demandent que la vision biblique de la Création du monde soit enseignée dans les écoles publiques, à égalité, au minimum, avec les théories de l’évolution. En Suisse, par exemple, des élus zurichois de l’Union démocratique fédérale ont déposé un postulat en ce sens en 2008, sans succès. Et la même année, l’association créationniste Pro Genesis proposa à Pascal Couchepin, dans une lettre ouverte, de former les enseignants à la vision biblique des origines. Les manuels sont déjà prêts.
Rappelons que la conviction créationniste est protégée par la liberté de croyance. Les choses se compliquent lorsque la religion s’impose dans le domaine public : par exemple, lorsqu’elle veut modifier les programmes scolaires. Dans ce cas, les revendications des associations créationnistes entrent en conflit avec le caractère laïc ou neutre des écoles publiques. Le Parlement européen en 2007 recommandait aussi de ne pas mentionner le créationnisme dans les cours de sciences naturelles. Le futur plan d’étude romand prévoit une solution novatrice, celle d’enseigner le créationnisme en tant que croyance dans les nouveaux cours de sciences des religions.
Le Centre intercantonal d’information sur les croyances rassemble de la documentation sur des thématiques contemporaines en lien avec les religions. Il se tient à votre disposition pour répondre aux questions que vous vous posez sur les minorités religieuses et leur intégration dans notre société.
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