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Zürich, 13.10.2018
Le candidat de gauche à la présidentielle au Brésil Fernando Haddad, a admis samedi des "erreurs commises par le passé" dans la gestion d'entreprises publiques. De nombreux scandales de corruption l'ont entachée sous le gouvernement de son parti, le Parti des travailleurs de l'ex-président Lula.
"Chaque jour je critique ce qui a été mal fait et je montre la voie pour surmonter ces obstacles", a affirmé le représentant du Parti des Travailleurs (PT) lors d'une visite dans un ensemble de logements sociaux en périphérie de Sao Paulo, ville dont il a été maire de 2013 à 2016.
"Quand j'ai été ministre de l'éducation (2005-2012), nous avions un service de contrôle interne très fort. Nous n'avons eu aucun problème de corruption alors qu'il s'agissait d'un des plus gros budgets du gouvernement", a-t-il souligné.
"Je veux implanter ce même type de contrôle dans la gestion d'entreprises publiques. C'est ainsi que nous éviterons les erreurs commises par le passé", a conclu M. Haddad.
"Lavage-express"
Le candidat de gauche, qui a obtenu 29% des voix au premier tour dimanche dernier, a besoin d'un revirement spectaculaire pour renverser la vapeur face au candidat d'extrême droite Jair Bolsonaro (46%) le 28 octobre.
Le PT a gouverné le Brésil pendant 13 ans, de 2003 à 2016, une période qui a débuté avec les deux mandats de Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2010) et pris fin brutalement avec la destitution controversée de Dilma Rousseff qui lui a succédé (2011-2016).
Depuis 2014, l'opération "Lavage-express", plus grande enquête anticorruption de l'histoire du Brésil, a révélé un gigantesque réseau de détournement de fonds liés à des entreprises publiques, notamment la compagnie pétrolière Petrobras.
Les scandales ont éclaboussé pratiquement tous les partis traditionnels, y compris le PT de Lula, qui purge depuis avril une peine de 12 ans et un mois de prison.
L'ex-président est accusé d'avoir reçu un appartement en bord de mer de la part d'une entreprise de bâtiment en échange de faveurs dans l'attribution de marchés publics liés à Petrobras, mais nie farouchement toute malversation, dénonçant l'absence de preuves.
"Transformation culturelle"
Grand favori du second tour, Jair Bolsonaro, ex-capitaine de l'armée, qui affiche régulièrement sa nostalgie de la dictature militaire (1964-1985), s'est une nouvelle fois érigé samedi en héraut de la lutte anticorruption.
"Nous voulons promouvoir une transformation culturelle dans notre pays, pour que la corruption et l'impunité ne soient plus associées à notre identité nationale", a-t-il affirmé sur Facebook.