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Avant-hier, j'ai raconté comment, prévenu par les oiseaux, le fils de Camazotz appelé communément le Batman était accouru à l'aide du Père Noël capturé par l'effroyable Ozomatl et confiné par lui dans un renfoncement de la fosse d'ascenseur; je me suis arrêté au moment où le protecteur de Manhattan était suspendu au câble.
Se laissant descendre, ses mains gantées d'airain ne sentant pas la douleur et créant des étincelles par frottement, le génie de Gotham atteignit bientôt le renfoncement où les oiseaux lui avaient dit qu'était maintenu prisonnier le Père Noël. Il y posa le pied, s'avança, et s'aperçut que c'était un couloir assez long, ce dont il s'étonna, car il pensait que, dans cette direction, on touchait rapidement à la façade de l'immeuble, et donc qu'on en sortait. Était-il possible qu'il tournât sans s'en rendre compte? Était-ce la magie d'Ozomatl, qui en était la cause? En tout cas il entendait bien ne pas renoncer.
Bientôt, il parvint à une salle étrange, éclairée par quelques lampes accrochées au mur et ne luisant guère plus que des veilleuses. Au sol, le dallage était en damier, noir et blanc. Au fond, était un rideau rouge. À gauche, près du rideau, une cage rectangulaire avec de longs barreaux contenait le Père Noël, resplendissant dans la pénombre de la pièce. À droite, il y avait une grande statue de King Kong dominant l'Empire State Building et semblant faire face à des avions, que cependant on ne voyait pas. Au centre, un fauteuil richement orné, en bois ouvragé, soutenait un être hideux, qui ne bougeait point, et en lequel le batman reconnut, grâce aux récits que lui en avait fait son père adoptif Camazotz, le terrible Ozomatl. Sa face de gorille, ses ailes de chauve-souris (qui créaient d'ailleurs avec lui un lien), ses mains en serres d'aigle, ses jambes en queue de serpent, ne laissaient à cet égard aucun doute.
Il lui adressa la parole, le saluant avec une politesse forcée, et lui demandant s'il allait bien. Le monstre ne répondit pas, le regardant de ses petits yeux luisants, pareils à de l'acier. Le fils de Camazotz, alors, lui pria avec autorité de libérer le pauvre saint Nicolas, qui le regardait non plus sans rien dire, attendant de voir ce qui allait se passer (et se tenant néanmoins debout, les mains autour des barreaux). À cette injonction, Ozomatl ne répondit toujours rien.
Le batman s'avança, donc, pour le libérer, et posa la main sur la porte de la cage, et braqua ses yeux vers le verrou, commençant à le consumer par un rayon blanc qui en sortait, et dont le pouvoir était de tout dissoudre, s'il le voulait. Mais, soudain, il sentit une main sur son épaule. C'était Ozomatl.
Sa main était froide, dure et ferme, et ses griffes entrèrent dans son armure, atteignant son corps, et lui faisant pousser un petit cri, comme de surprise. Puis Ozomatl lui asséna un magistral coup de poing qui l'envoya valdinguer à l'autre bout de la pièce.
Le fils de Camazotz se releva, et, se précipitant vers le monstre, feignit de lui asséner un coup de poing, juste avant de lever le pied et de le lui jeter à la figure dans un mouvement d'une fluidité et d'une rapidité incroyables. Ce revers frontal, livré avec la jambe droite, fit se soulever le fils de Kong - qui poussa, à son tour, un gémissement, avant de s'écrouler sur le sol.
Mais lui aussi se releva, et, volant de ses ailes de chauve-souris soudainement déployées et frappant l'air, il s'élança à la vitesse de la foudre vers le batman. Celui-ci fit jaillir un feu de neige de ses yeux sombres, et le monstre fut frappé en plein vol. Mais il était lancé; et le fils de Camazotz eut juste le temps de l'éviter, en se jetant de côté.
La suite et la fin de cette histoire ne pourra néanmoins être racontée qu'une fois prochaine.