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Article paru dans le 24heures du 30 novembre 2009 en réponse à l'article du 13 novembre 2009
A propos de l'article intitulé «La nuit de l'omble chevalier» (24 heures du 14 novembre 2009): La lente disparition de l'omble chevalier a bien l'homme pour origine, mais pas que par l'aménagement des rives. Sur le site de Chillon, où se trouvent d'importantes omblières, la configuration des berges actuelles est vieille de plusieurs dizaines d'années et bien antérieure à la raréfaction de ce poisson. Ce n'est donc pas que ça.
Il y a d'autres causes, comme celle qui consiste à prélever les œufs et la laitance des ombles, ceux-ci étant de fait sacrifiés. C'est un nombre important de reproducteurs qui sont ainsi perdus. L'alevinage ne compense pas ces pertes, parce qu'il y a un temps entre le moment où l'alevin est mis à l'eau et celui où il devient reproducteur. C'est une perte de générations qui explique la régulière diminution des prises. De plus, il faudrait se pencher sur le fait qu'en milieu naturel la naissance et le développement des alevins se produisent dans des eaux profondes et froides, ce qui n'est pas le cas en pisciculture. Et la «surpêche»? La disparition de la féra du Léman et de la gravenche est attestée par «surpêchage» et en 1920 déjà, mais cette cause est systématiquement récusée.
L'augmentation de la température des eaux profondes fait que moins d'oxygène s'y trouve dissous. Les salmonidés y étant très sensibles, ils sont défavorisés par cette situation, comme par un apport plus grand d'eau de fonte des glaciers. L'an dernier, des PCB ont été détectés dans leur chair. Les PCB sont des perturbateurs endocriniens, c'est encore une autre cause.
Dans les solutions, il y aurait un moratoire pour l'omble ou la création de réserves où la pêche serait interdite. Mais, là, il y aura de farouches oppositions. La seule solution qui a été appliquée est une interdiction de plongée sur les omblières; elle n'est pas sérieuse.
Maurice Badoux,
Monthey