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Des travaux en phonologie ont-ils mis en évidence des différences de timbres et intonations de voix en fonction des origines africaines du locuteur ? Je ne parle pas d'un éventuel accent, mais bien du son de la voix
Question répondue le 22.05.2020
Bonjour,
Nous vous remercions d'avoir fait appel au service Interroge, voici le résultat de nos recherches :
L’article paru dans le journal "Le Monde", le 11 septembre 2019, "L’instrument vocal humain, une mécanique de haute volée" https://bit.ly/2TtJlHL nous apprend comment fonctionne l'appareil vocal humain et ajoute notamment ce qui suit :
« Chaque voix est-elle unique ? "Il y a plus de 7,7 milliards d’individus sur terre, et autant de voix différentes", estime Jean Abitbol [phoniatre et chirurgien ORL]. La signature d’une voix résulte d’un subtil cocktail : la puissance du souffle pulmonaire, "la longueur, la masse vibrante et la tension des plis vocaux", ajoute Nathalie Henrich Bernardoni [Directrice de recherche au CNRS], ainsi que l’architecture de la cathédrale vocale. Même les pathologies de nos cordes vocales, responsables de voix soufflées, voilées, éraillées ou chuchotées..., entrent en jeu. Enfin, "l'instrument cérébral joue aussi", complète Jean Abitbol.
L'acoustique de la voix, maintenant. Quand nous parlons ou chantons, nos "plis vocaux" vibrent à une fréquence donnée : c'est la fréquence "fondamentale" de la voix. Quand nous chantons le fameux la du diapason (fréquence de 440 hertz), ils vibrent 440 fois par seconde ! En même temps, au niveau de larynx, des fréquences "harmoniques" sont produites : ce sont des multiples entiers de la fondamentale. "Les grands chanteurs d'opéra, de soul ou de variétés parviennent à produire jusqu'à 30 harmoniques", indique Nathalie Henrich Bernardoni. »
La revue "National Geographic" a publié l'article "Notre voix serait déterminée avant même de commencer à parler" https://bit.ly/3cWlZSD dans lequel nous pouvons également lire ce qui suit :
« Chaque voix est unique et, selon une nouvelle étude, serait déterminée dès notre plus jeune âge. […]
La voix de l’Homme correspond à l’ensemble des sons produits par le frottement de l’air contenu dans les poumons sur les replis du larynx. Organe cartilagineux situé dans la gorge, ce dernier possède un rôle dans la déglutition et dans le passage de l’air inspiré à expiré, il est notamment formé de deux cordes vocales à l’origine des sons. La voix permet de parler, crier et chanter. Malgré son caractère unique, elle évolue tout au long de la vie d’un individu en fonction de son âge, son sexe ou encore de son mode de vie. »
Cet article cite donc deux études, publiées en anglais, qui pourraient vous intéresser :
- "The pitch of babies’ cries predicts their voice pitch at age 5" https://doi.org/10.1098/rsbl.2018.0065 publiée en juillet 2018 dans le journal "Biology letters" http://data.rero.ch/01-R004349615
- "Seven and up: individual differences in male voice fundamental frequency emerge before puberty and remain stable throughout adulthood" https://doi.org/10.1098/rsos.160395 publié en octobre 2016 dans la revue en ligne "Royal Society Open Science".
Sur le blog "24 heures philo" du journal "Libération" nous trouvons un billet de François Noudelmann "La voix et la couleur de peau" https://bit.ly/2XjYuwq qui ajoute ceci :
« [...] une comédienne française a été privée de doubler des acteurs "blancs" en raison de sa couleur de peau. Yasmine Modestine a grandi en Normandie, son père est noir, sa mère blanche et depuis un an elle essaye de dénoncer cette discrimination raciale.
L’imaginaire de la voix blanche : On apprend ainsi qu’en France l’usage veut que les acteurs noirs américains soient doublés par des Blancs ou des Noirs, mais que des Blancs ne puissent être doublés que par des Blancs. La justification plus ou moins officielle, et souvent tacite, porte sur les cordes vocales : les Noirs auraient une voix grave, les Jaunes une voix aiguë et les Blancs auraient une capacité d’aller sans difficulté du grave à l’aigu. Ce langage redonne actualité à une idéologie et une rhétorique qu’on croyait disparue : celle de Gobineau et de son "Essai sur l’inégalité des races", paru au milieu du XIXe siècle. [...]
Ces allégations physiologiques sur la voix noire qui serait celle de tous les Noirs relèvent évidemment d’une construction idéologique. Il suffit d’écouter des chanteurs noirs, des Platters à Akon, pour entendre les plus grandes amplitudes, de la basse au ténor léger. La voix noire est un imaginaire de Blanc. »
Il semble que les études et autres documents sur le sujet indiquent essentiellement que chaque voix est unique et qu’elle est déterminée par une multitude de facteurs, mais qu'apparemment, ni la couleur de peau ni l'origine d'une personne ont une influence sur celle-ci.
Enfin, l’article de Claire Gillie-Guilbert "« Et la voix s’est faite chair…»" : naissance, essence, sens du geste vocal" https://journals.openedition.org/ethnomusicologie/71?lang=fr publié en 2001 dans les "Cahiers d’ethnomusicologie" http://data.rero.ch/01-R004619523 nous semble pertinent pour aller plus loin dans ce domaine.
Nous espérons que ces éléments vous aideront dans votre recherche. N'hésitez pas à nous recontacter pour tout complément d'information ou toute autre question.
Cordialement,
http://www.interroge.ch
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