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Diffusant la prédication de Jésus de Nazareth, les apôtres créent des assemblées locales (églises). L'Eglise orthodoxe, " une, sainte, catholique et apostolique " (selon la confession de foi de Nicée-Constantinople), est héritière de cette prédication. Dès le schisme de l'Orient et de l'Occident (1054), les termes catholique (romain) et orthodoxe désignent des confessions chrétiennes.
A la Bible juive (Ancien Testament), les chrétiens ajoutent les Evangiles et les écrits des Apôtres (Nouveau Testament). L'Ecriture, assimilée et répercutée par la Tradition, forme avec les textes liturgiques et les écrits des Pères de l'Eglise la base dogmatique de la foi.
L'Eglise orthodoxe est constituée, historiquement et géographiquement, de grandes Eglises locales autonomes, unies par la foi, la liturgie, l'ascèse, la prière et l'art liturgique. Ce fundamentum prend des colorations diverses en s'inscrivant dans des cultures nationales.
Le Dieu unique et trinitaire est au coeur de la foi. Le Père agit dans le temps " par ses deux mains ". Le Verbe, Jésus-Christ, Fils de Dieu, entre dans l'histoire en recevant son corps d'une femme, Marie (Incarnation) ; il partage jusque dans la mort le destin de l'être humain blessé (Crucifixion) ; mais le royaume de la mort ne parvient pas à retenir le Vivant. Vainqueur de la mort (Résurrection), le Verbe libère l'être humain de la fatalité du péché et de la mort. A son retour auprès du Père, il envoie l'Esprit qui poursuit l'action du salut dans le cœur des hommes et les communautés de chrétiens, jusqu'à son retour. Créé à l'image et à la ressemblance de Dieu, l'être humain s'était séparé de Dieu par sa volonté d'autosuffisance.
Le salut est la réintégration de l'être humain dans la familiarité avec le Créateur.
La vie des chrétiens orthodoxes est orientée vers l'action de l'Esprit. Il s'agit de rendre tout l'être (physique, psychique, spirituel) disponible et accordé à cette action où l'être humain devient " Temple de l'Esprit ". Travail sur soi- même, par l'ascèse ; disponibilité à Dieu, par la prière ; ouverture au prochain, par l'amour fraternel et le pardon ; ouverture au monde, par la célébration de la création. Les préceptes concrets découlent de cette exigence fondamentale.
La vie liturgique est le centre de la vie orthodoxe ; elle se déroule dans une église (lieu de culte), dont l'architecture rappelle l'unité du ciel et de la terre et " oriente " la communauté vers le retour du Seigneur. Réunis le dimanche en assemblées (églises) liturgiques, les fidèles y célèbrent la Résurrection du Seigneur ; ils écoutent l'enseignement des Apôtres, adressent à Dieu louanges et demandes, partagent le Pain eucharistique et communient dans la charité fraternelle. Ils pratiquent également la prière familiale et personnelle devant le " coin de beauté " où les icônes, comme à l'église, disent la présence de Dieu et la compagnie des saintes et des saints. Beaucoup d'orthodoxes pratiquent la prière continue de l'invocation du Nom de Jésus (prière du cœur).
La fidélité aux exigences de la foi est aidée par la confession des fautes ou guidée par les pères spirituels. Laïques comme les autres mais ayant choisi l'absolu de la vie chrétienne, les moines aident les autres fidèles en montrant que le chemin proposé est possible.
Le temps s'organise en quatre cycles : cycle quotidien, dès le coucher du soleil ; cycle hebdomadaire, éclairé par le dimanche; cycle annuel des fêtes célébrant l'Incarnation et les saint-e-s ; cycle pascal, centré sur la Mort et la Résurrection du Seigneur et la promesse de son Retour.
La Grande semaine (Jeudi Saint et Vendredi Saint) et Pâques sont le centre de l'année : pré-paré par un long et exigeant Carême (quarante jours), ce temps se développe jusqu'à l'Ascension et la Pentecôte, manifestation de l'Esprit et origine de l'Eglise. D'autres fêtes témoignent de la manifestation de Dieu : le 25 décembre, Nativité du Seigneur ; le 6 janvier, Théophanie ou Baptême du Seigneur ; le 2 février, Rencontre du Seigneur ; le 25 mars, Annonciation; le 6 août, Transfiguration du Seigneur ; le 15 août, Dormition de la Mère de Dieu. Chaque jour, des saintes et des saints sont commémorés.
L'année liturgique commence le 1er septembre et se déroule selon le calendrier julien, qui ne correspond pas exactement au calendrier grégorien, en vigueur dans les autres confessions chrétiennes.
Le baptême (ordinairement des enfants), par immersion dans l'eau et l'Esprit, fait entrer dans le mystère de mort et résurrection du Seigneur et introduit dans l'Eglise. Dès son baptême, l'enfant participe à la vie de l'Eglise, reçoit l'onction sacrée et communie à la Liturgie. Le mariage couronne les époux et fait de leur union une réalité nouvelle dans l'Eglise. Par l'ordination presbytérale, l'Eglise appelle des hommes, mariés ou moines, au service des communautés. Des hommes et des femmes choisissent la vie monastique, en s'engageant par les vœux traditionnels. La maladie, physique ou spirituelle, requiert l'action de l'Eglise par la pénitence ou l'onction des malades. A leur mort, les orthodoxes sont accompagnés sur le chemin du Royaume par la prière et l'affection des fidèles, confiants en leur résurrection.
L'orthodoxie ne connaît pas d'interdits alimentaires, mais conseille la sobriété en tout temps ainsi que l'ascèse. Le respect de la nourriture se manifeste par la bénédiction et l'action de grâces qui accompagnent les repas, images du banquet eucharistique. Le mercredi et le vendredi de chaque semaine sont des jours sans nourriture animale, de même que le jeûne des temps qui précèdent Noël et Pâques
L'Eglise locale (diocèse), avec son évêque successeur des Apôtres, est l'unité de base de l'Eglise orthodoxe. Les diocèses constituent des patriarcats, dont l'unité est souvent nationale. Le concile réunissant tous les évêques est l'autorité ultime de l'Eglise, dont les décisions doivent être reçues par le peuple de Dieu, dépositaire de la foi. Les paroisses et communautés locales sont guidées par un prêtre, aidé du diacre et des responsables laïques.
L'orthodoxie reconnaît à chacun-e la liberté de se déterminer personnellement. La reconnaissance de la liberté de foi n'incite pas au syncrétisme religieux et n'exclut pas l'évangélisation. L'histoire a mis en contact plusieurs Eglises orthodoxes avec d'autres courants religieux, notamment l'Islam, avec lequel elles ont dû vivre, souvent difficilement. Actuellement, dans les pays arabes, Eglises orthodoxes et Islam développent un dialogue prometteur. Avec les Eglises et confessions chrétiennes, les orthodoxes sont engagés dans un dialogue pour l'unité, parfois difficile et contesté, mais dont l'urgence est reconnue par la plupart.
Les relations des Eglises orthodoxes avec la société ont été marquées par une histoire troublée et crucifiante. Soucieux de garder la liberté intérieure et la possibilité de se réunir en Eglise, les orthodoxes ont développé une capacité de vivre sous tous les régimes politiques, au risque parfois de compromissions, mais aussi au prix du martyre.
L'Eglise orthodoxe n'a pas de " doctrine sociale ". Elle estime que le modèle de toute société, petite ou grande, est l'unité d'amour et l'attention à l'autre que manifeste la vie de la Trinité. Ce modèle, diffusé par la liturgie, ne donne pas de consignes, mais doit orienter la vie et les décisions de chaque fidèle dans les domaines politique, économique, social, culturel.
Depuis une vingtaine d'années surtout, l'Eglise orthodoxe est soucieuse de la sauvegarde de la Création.
© Editions AGORA (anciennement Enbiro), Lausanne & Plateforme interreligieuse, Genève CH.
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