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Jon Ferguson
Jon Ferguson est né en octobre 1949 à Oakland en Californie, dans une famille très chrétienne, à l’instar de son philosophe préféré, Friedrich Nietzsche. À l’âge de 18 ans, il suit dans l’Utah des études universitaires de philosophie et d’anthropologie. Pour payer ses cours, il travaille dans un fast food du ghetto de San Francisco, conduit des engins sur des chantiers d’autoroutes et œuvre également comme peintre en bâtiment. En 1973, sur le point de commencer un doctorat, il saute dans un avion, à la découverte de l’monde et arrive, un peu par hasard, en Suisse, à Nyon, où il gagne sa vie comme joueur de basketball professionnel. Cette rupture avec son pays natal met évidemment une distance entre Ferguson et le monde académique. Son choix de venir s’installer en Europe s’explique par le fait qu’il avait envie de venir humer l’air que ses héros de jeunesse, Camus, Sartre et Nietzsche avaient respiré avant lui. Pour gagner sa vie, parllèlement à son activité de joueur, Ferguson entraîne des clubs de basketball, publie des chroniques dans un quotidien lausannois, enseigne l’anglais dans un collège vaudois et, de temps à autre, peint des tableaux. Quarante-trois ans plus tard, il habite toujours en Suisse romande, à Morges et pratique quasiment les mêmes activités. Au niveau de l’écriture, Les joyaux de Farley est son douzième ouvrage traduit en français.
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Ce livre a été écrit avec l’encre de mon sang. Laissez-moi vous expliquer pourquoi. Entre la n de l’année 2014 et les premiers mois de 2016, j’ai rédigé plus de sept cents pages... quatorze petits livres en tout. Alors que j’avais auparavant écrit vingt-quatre romans, aucun des textes présentés ici n’est une ction. Que s’est-il donc passé? Dans un roman, on tisse une histoire et, de temps à autre, on peut exprimer ce que la vie et l’être humain nous inspirent réellement. Dessiner par petites touches sa vision de l’existence, de la moralité, de la pensée, de l’Histoire, de l’amour ou de toute autre chose qui nous anime. Mais les réflexions personnelles sont cachées entre les lignes et, parfois, n’apparaissent même pas. Ainsi, après avoir écrit des romans pendant plus de vingt ans, j’ai soudain ressenti le besoin de dire exactement ce que je pensais du monde sans devoir glisser mes idées dans une histoire. Certes, j’ai aimé créer des romans: ils ont pris vie sur de belles pages blanches, écrits à l’encre de plume. Mais ce qui suit est d’un autre ordre, les mots sont issus d’un ux plus profond, tel le sang qui aurait coulé de la veine incisée et que j’aurais laissé sécher sur une page vierge. J’ai dit exactement ce que je voulais dire, le mieux possible, avec toute la précision et la profondeur dont je me sentais capable. Dire ce que l’on pense vraiment n’est peut-être pas si fréquent en ce monde: en général, on choisit ses phrases en fonction du but que l’on garde en tête. Cela n’a pas été mon intention. En rédigeant l’ensemble de ces textes, je n’ai poursuivi aucun objectif ni ressenti aucune attente particulière. N’ayant rien à cacher, je n’ai pas craint l’avis de mes semblables, ni cherché d’ailleurs à offenser ou à heurter quiconque. Puissent ces ré exions, pétries de chair et de sang, aller à la rencontre des amis lecteurs que j’aurai la chance d’avoir. Graines d’oiseaux constitue le texte le plus long du présent ouvrage. Il a été traduit, ainsi que Mouches, par Alcina Ribeiro Hamdi. Marc Aebischer a traduit Monde, la troisième partie. J’ai eu ainsi le plaisir et la grande chance de collaborer avec eux afin de rendre la version française de ce livre la plus juste possible.