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Dans une lettre ouverte publiée mercredi, le mécène Hansjörg Wyss, qui vit sur la côte est des Etats-Unis, précise qu'il fera don de cette somme au cours des dix prochaines années. Le Bernois de 83 ans appelle à créer des parcs nationaux, des réserves naturelles ou des aires marines protégées afin de mieux préserver ces zones.
"Depuis la création du premier parc national au monde, Yellowstone, en 1872, 15% des terres et 7% des océans de la planète ont été protégés à l’état naturel", écrit-il.
L'enveloppe d'un milliard de dollars, qu'il versera à travers, vise à accélérer les efforts de conservation. "L'objectif étant de protéger 30% de la surface de la planète d'ici 2030", projette le mécène suisse.
Deux millions pour un projet de l'Uni de Berne
Concrètement, cet argent soutiendra les efforts locaux, tels que l'amélioration de la gestion des parcs et des aires protégées, mais servira aussi à sensibiliser le public et à financer des études scientifiques afin d'identifier les meilleures stratégies à adopter.
Une équipe de l'Université de Berne bénéficiera notamment d'une enveloppe de 2 millions de francs de la fondation. Leur projet pilote d'un an mené au Pérou et au Kenya avec des acteurs locaux vise à découvrir comment le développement durable peut être façonné à l'avenir et pour l'homme et pour la nature, en rassemblant les compétences de trois centres de l'université: l'institut pour la biodiversité, le centre du changement climatique et celui pour le développement et l'environnement.
Protéger la nature, un "moteur économique"
Le mécène suisse assure avoir investi plus de 450 millions de dollars (presque autant en francs) dans des projets visant à protéger des sites sauvages en Afrique, en Amérique du Sud, en Amérique du Nord et en Europe, dans le but de conserver les espèces sur une superficie d'environ 40 millions d'hectares.
Hansjörg Wyss soutient que ces nouvelles zones protégées créeront des emplois, attireront des visiteurs et soutiendront une croissance économique durable, de la même manière que "les parcs nationaux du Grand Canyon et du Grand Teton sont devenus des moteurs économiques aux Etats-Unis".
Le climat au dernier rang des causes philantropiques
Ce don spectaculaire d'un milliard de dollars devrait ravir les activistes des causes environnementales, qui peinent à attirer les fonds des donateurs. Selon des estimations relevées par lefin 2017, le financement philanthropique en faveur de la lutte contre le changement climatique ne représente que 2% des dollars consacrés aux oeuvres de bienfaisance.
En Grande-Bretagne, ce sont 3% des dépenses philanthropiques qui vont à l'environnement.
L'une des explications tient au fait que les mécènes veulent de plus en plus voir les effets tangibles de leurs dons. Le climat se trouve ainsi souvent en concurrence avec les problèmes de pauvreté, de maladie ou de manque de nourriture, qui semblent plus proches de la vie quotidienne des gens.
Selon un rapport publié par des chercheurs de l'Université d'Indiana, les dons pour l'environnement auraient toutefois augmenté de 7,2% depuis un peu plus d'un an, poussés notamment par le retrait américain de l'Accord de Paris sur le climat.
Feriel Mestiri
Fondateur du groupe Synthes
Le natif de Berne avait déjà fait un don de 120 millions de dollars à l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ) et à l'Université de Zurich pour un centre de recherche commun. Président de la fondation Beyeler, il est également impliqué dans l'art et les sports populaires.