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Distingué en 1998 par le World Press Photo Contest, Peter Dammann pratiquait une photographie engagée. Aujourd'hui, un livre et une exposition en Suisse reviennent sur le travail considérable qu'il a laissé derrière lui.
Les enfants et les jeunes étaient au centre des images de Peter Dammann qui partageait sa vie entre Hambourg, sa ville d’origine et Berne, sa ville d’adoption. Ses photographies témoignent des injustices et des luttes quotidiennes auxquelles sont confrontés les enfants qu'il a rencontrés en Russie, qu'ils vivent dans la rue, dans des orphelinats ou dans des institutions psychiatriques.
Dans les années 1990, lorsque Peter DammannLien externe s'est rendu à Saint-Pétersbourg, les rues grouillaient de milliers d'orphelins ou d'enfants abandonnés qui avaient fui leur foyer. En les prenant en photo, il entendait attirer l’attention sur leur sort. Joignant le geste à la parole, Peter Dammann a essayé de trouver des lieux où les enfants pourraient dormir sans craindre que les autorités ne les emmènent.
Lors de ses voyages dans les années 1990 à Kronstadt – une base navale russe au large de Saint-Pétersbourg, théâtre en 1921 d’une révolte écrasée par le pouvoir bolchevik – Peter Dammann a photographié des cadets issus de milieux défavorisés. À Saint-Pétersbourg, il a photographié des cadets issus de familles de soldats sur plusieurs générations. Son reportage photographique sur les cadets pour le magazine allemand Mare, lui a valu une large reconnaissance.
Utiliser la culture là où la politique a échoué
Peter Dammann s’est aussi intéressé au West-Eastern Divan OrchestraLien externe, un ensemble créé par le chef d'orchestre Daniel Barenboim et l’écrivain américano-palestinien Edward Said pour promouvoir le dialogue et la paix entre Juifs et Arabes.
Peter Dammann était fasciné par l'idée d'utiliser la culture pour réaliser quelque chose là où la politique avait échoué – en créant la paix – a-t-il déclaré au magazine allemand Stern dans une interview à l'époque.
Après son mariage avec la réalisatrice suisse Gabriele Schärer en 1996, le photographe d'origine allemande est devenu citoyen suisse et a adopté Berne comme ville d'accueil. Il est décédé en 2015, laissant derrière lui un travail considérable. En 2019 est paru Le Cheval blancLien externe, un ouvrage consacré à l’ensemble de son œuvre.
L'exposition consacrée à Peter Dammann se tient à l'espace KornhausforumLien externe à Berne, jusqu'au 7 mars 2020.