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Date de construction : 1774-1776
Architecte : Béat de Hennezel
Edifié après le temple et l’hôtel de ville, le logis, anciennement nommé Logis de l’Aigle royal, se situe à l’emplacement de l’ancienne maison de ville du 16e siècle.
Afin de respecter la hiérarchie entre les bâtiments, sa façade a été volontairement construite légèrement en retrait et traitée de façon plus simple que celle de son voisin. L’édifice possède un étage de plus, le demi-étage inspiré des courants néoclassiques français, pour une tête de corniche identique à celle de l’hôtel de ville. Le traitement de la façade dans un style néoclassique précoce est sobre: lignes droites pour l’encadrement des fenêtres, surfaces crépies alternant avec des parties en pierre de taille, pas de colonnes ni de pilastres*, éléments qui sont réservés au temple et à l’hôtel de ville.
La façade intègre sur l’avant-corps central des éléments de décor archaïsants (vases et volutes) et modernes à la fois (console à disques au demi-étage et jeu de surfaces nues).
Utilisée comme auberge communale jusqu’en 1799, le Logis est ensuite loué à des particuliers sous forme d’appartements, puis il devient un pensionnat en 1815 (institut Rank) avant d’accueillir l’administration communale – et cantonale - au 20e siècle. Il possède deux cours intérieures et accueillait au 18e siècle les écuries à l’arrière du bâtiment qui donnaient sur l’enceinte sud de la ville. L’accès pour les chevaux se faisait par la porte cintrée ouest.
Son concepteur est Béat de Hennezel (1733-1810), seul véritable architecte yverdonnois connu de la seconde moitié du 18e siècle, qui était également en lice pour la construction de l'hôtel de ville. Il est issu d’une famille noble sur le déclin qui possède la seigneurie d’Essert-Pittet et devient bourgeoise d’Yverdon en 1694. Dans sa jeunesse, Béat de Hennezel a séjourné à Paris pour y apprendre le dessin et l’architecture. Il étudie aussi à Londres auprès du Veveysan Charles Paul Dangeau de Labelye. Marqué par le néoclassicisme français, les bâtiments qu’il a fait construire à Yverdon en portent l’empreinte. Outre le logis de l’hôtel de ville, des édifices de prestige, tels que la villa d’Entremonts et la maison Haldimand, lui sont attribués. Parallèlement à ses activités d’architecte, il est éditeur et rédacteur de la Feuille d’Avis d’Yverdon entre 1776 et 1785. En 1792-1794 et 1795-1796, il effectue deux voyages en Italie dont il a laissé des dessins, conservés au Musée d’art et d’histoire de Genève, et des carnets de voyage.
Sources : Grandjean, Marcel, L’hôtel de ville d’Yverdon et son logis, extrait de la Revue historique vaudoise, 1984; Fontannaz, Monique, « L’hôtel de ville d’Yverdon et son logis », In Guides des monuments suisses, Société d’Histoire de l’Art en Suisse, 1990.
Sur Béat de Hennezel et ses carnets de voyage en Italie, voir J’ai retrouvé les bergers de Virgile. Un architecte vaudois en Italie 1792-1796, Editions d’en bas, Lausanne, 2009