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La plus célébre reine mère (ohemmea) est celle des Ashanti et des autres Akan matrilinéaires.
La position désignée par ce terme, employé à l'origine pour l'aînée d'un lignage royal ou princier, a donné lieu aux spéculations les plus diverses. Il est incorrecte de parler de mère, car une soeur du roi peut détenir cette charge. Il est certain que l'ohemmea n'est pas la prêtresse d'un culte voué à la lune, comme l'ont soutenu certains auteurs. Au sens propre, elle n'est pas non plus une régente - ses pouvoirs sont trop limités - mais on respecte son autorité.
Malgré son titre spécifiquement féminin (le suffix mea est ajouté à la forme masculine de ohene - chef prince) elle n'est pas simplement un chef de sexe féminin. Son statut correspond à celui d'un homme (dont elle porte les habits lors d'une apparition en public) elle est mariée, mais peut avoir des relations sexuelles hors mariage. Elle a sa propre cour et est la seule femme a pouvoir donner des ordres. Elle est d'une grande importance mais ne symbolise pas le royaume comme le roi. Elle incarne plutôt l'idéal de la maternité (il importe peu qu'elle ait des enfants) et un lien sentimental avec les ancêtres féminins.
L'une des tâches essentielles consiste à pleurer la première les morts de l'année passée pendant les rites de purifications annuelles.
En cas de querelle, sa parole est d'un grand poids et pour les décisions difficiles on fait appel à elle en dernière instance. Elle a sa propre cour de justice, composée par ailleurs uniquement d'hommes.
Chez certains Akan elle participe aux rites de puberté pour les jeunes filles (bragoro) les cérémonies de purification et celles liées à l'imposition d'un nom.
Son importance politique tient surtout à ses connaissances généalogiques précises, dont elle dispose en tant que représentante du lignage royal. Pour cette raison, elle a le dernier mot dans l'élection d'un nouveau souverain qui peut seulement accéder au pouvoir après avoir été déclaré légitime. Elle a aussi le droit absolu de donner des conseils au roi en titre et de le censurer. Après la mort ou l'abdication du souverain, elle continue d'occuper sa charge et participe, de façon décisive à l'élection d'un sucesseur.
Bibliographie - Afrique - La Magie dans l'Âme
Rites Charmes et Sorcellerie
texte de Klaus E. Müller et Ute Ritz-Müller ;
(trad. de l'allemand Robert Hasterman et Jean-Léon Muller)
Edition Könemann (4 avril 2000)