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Le 17 juillet 2022, des centaines de physiciens spécialisés dans la physique des hautes énergies, venus des États-Unis et du monde entier, se sont réunis à l'Université de Washington, à Seattle. Ils participaient à une rencontre de dix jours figurant parmi les ultimes étapes du dernier exercice en date de planification communautaire de la physique des hautes énergies aux États-Unis. Ces exercices, organisés par la Division des particules et des champs de la Société américaine de physique (APS), ont lieu tous les sept à dix ans. Ils ont pour but de déterminer les questions les plus importantes qui se présenteront au cours des vingt prochaines années dans le domaine, ainsi que les instruments et les infrastructures nécessaires à leur résolution. L'exercice dans son ensemble, ainsi que la réunion qui le clôt, portent le nom de « Snowmass », en référence à la première édition de l'évènement, tenue en 1982. La rencontre s'était alors terminée à Snowmass, au Colorado, à l'occasion d'un atelier estival. La réunion de Seattle, qui aurait dû avoir lieu en juillet 2021, avait été repoussée d'un an en raison de la pandémie de COVID-19.
Snowmass est un exercice de réflexion scientifique (« science study ») : toute idée ou proposition crédible d'un point de vue scientifique est la bienvenue. Les questions liées aux coûts ou aux contraintes budgétaires ne sont pas abordées. Cependant, les projets et les propositions élaborés apportent des éléments utiles au Particle Physics Project Prioritization Panel, ou Comité P5, sur lesquels il s'appuie pour recommander l'adoption de certains projet au ministère de l'Énergie des États-Unis et à la National Science Foundation, en fonction de différents scénarios de financement.
L'exercice Snowmass est exécuté par dix groupes de travail correspondant à dix domaines différents (ou « frontiers ») : accélérateurs ; cosmologie ; mobilisation communautaire ; informatique ; énergie ; instrumentation ; neutrino ; processus rares et mesures de précision ; théorie ; et installations et infrastructures souterraines. Grâce à la création d'une association de physiciens en début de carrière, les problématiques des jeunes ont été prises en compte dans l'exercice communautaire. Plus de 2 000 physiciens du monde entier ont contribué à la rédaction de plus de 500 livres blancs, dont le contenu est à présent synthétisé dans les rapports des différents domaines. Les rapports, ainsi qu'un résumé général et l'ensemble des livres blancs, seront ensuite transmis au Comité P5.
La réunion de Seattle, qui s'est terminée le 26 juillet, s'est tenue sous une forme hybride. Environ 700 personnes ont assisté à la réunion, au moins en partie en personne, tandis que 650 autres y ont participé à distance. Les groupes de travail ont ainsi eu l'occasion de débattre une dernière fois entre eux afin de s'assurer que leurs points de vue concordaient, et de régler les derniers désaccords avant de rédiger leurs rapports définitifs. Le programme de la journée débutait généralement à 8 h et se terminait à 19 h. Du deuxième au huitième jour, les participants ont assisté à maintes sessions parallèles en matinée et à trois sessions plénières de 90 minutes dans l'après-midi. Les autres journées ont été entièrement consacrées à des sessions plénières incluant des présentations spéciales de programmes et de processus de planification, données par divers responsables d'instituts et de laboratoires des États-Unis et du monde entier, parmi lesquels Fabiola Gianotti (CERN), Masanori Yamauchi (KEK, Japon), Yifang Wang (IPHE, Chine) et Lia Merminga (Fermilab, États-Unis).
De nombreux scientifiques de la communauté du CERN ont contribué à l'exercice Snowmass en apportant leurs idées, et plusieurs d'entre eux ont assisté à la réunion de Seattle. Fabiola Gianotti, directrice générale du CERN, ainsi que Lia Merminga, directrice du Fermilab, ont souligné l'importance de la collaboration entre le CERN et les États-Unis concernant les projets LHC, HL-LHC, LHC-AUP (LHC Accelerator Upgrade Project) et DUNE/LBNF. Elles ont également indiqué être ouvertes à des discussions concernant des collaborations sur d'autres projets d'avenir, notamment sur de futurs collisionneurs.
Le dernier jour, Priscilla Cushman, professeure à l'Université du Minnesota, a récapitulé la rencontre dans un résumé inspirant intitulé Community Summer Study and Workshop Synthesis. Alors que le public retenait son souffle, JoAnne Hewett, professeure au Laboratoire national de l’accélérateur SLAC et présidente du Comité consultatif sur la physique des hautes énergies des États-Unis (HEPAP), a annoncé que c'est Hitoshi Murayama, professeur à Berkeley, qui reprendrait la présidence du Comité P5.
Nous tenons à saluer le travail du comité organisateur local de l'Université de Washington, dirigé par Gordon Watts et Shih-Chieh Hsu, qui a mis en place un atelier remarquable dans des circonstances difficiles. Nous remercions les quatre unités de la Société américaine de physique, dont les travaux sont étroitement liés à la physique des hautes énergies, à savoir les unités Astrophysique, Physique Nucléaire, Physique de la Gravité et, tout particulièrement, Physique des Faisceaux de Particules, pour leurs innombrables contributions à l'exercice Snowmass. Enfin, nous remercions la communauté Snowmass, à laquelle nous témoignons notre profonde admiration. Elle a réalisé de remarquables études de physique en dépit des multiples défis auxquels elle a dû faire face durant cette période.
Joel Butler, US Division of Particles and Fields, Chairperson, 2022, Fermilab, Batavia, IL, US.
Sekhar Chivukula, University of California, San Diego, San Diego, CA, US. (DPF Chairperson-elect)
Andre de Gouvea, Northwestern University, Evanston, IL, US. (DPF Vice-Chairperson)
Tao Han, University of Pittsburgh, Pittsburgh, PA, US. (DPF Chairperson, 2021)
Young- Kee Kim, University of Chicago, Chicago, IL, US. (DPF chairperson, 2020)
Priscilla Cushman, University of Minnesota, Minneapolis, MN, US. (DPF chairperson, 2019)