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Dès 1986, j'ai été sensibilisée aux traumatismes et à leurs conséquences sur le psychisme à travers mon travail avec des requérants d'asile politique (traumatismes de guerre) et avec des adultes en grande difficulté psycho-sociale (traumatismes sociaux et familiaux). Mon expérience à Faire Le PAS - parler d'abus sexuels a approfondi mon regard. Au final, mon travail avec les patients m'a amenée à m'interroger sur l'impact des traumatismes en général et de la maltraitance en particulier sur le développement de l'enfant. Cette question ne m'a plus quittée. Je me suis intéressée aux traumatismes complexes, qui sont continus ou répétés dans le temps. J'ai développé mon propre modèle de compréhension de la dissociation traumatique complexe, en m'appuyant sur les écrits de Ferenczi et en approfondissant la notion d'introjection de l'agresseur, en me demandant ce que cela impliquait pour le développement de l'enfant. Ce modèle est toujours en travail, affiné par mes patients. Je m'intéresse actuellement de plus en plus au contexte dans lequel se produit les maltraitances infantiles, et je développe la notion de contexte traumatogène. Dans les traumatismes complexes, en effet, je me suis rendue compte qu'on ne pouvait pas isoler chaque événement, mais qu'on pouvait voir l'ensemble du contexte (agresseur/e/s et entourage non protecteur à l'égard de l'enfant) comme source de traumatismes.
De retour en Suisse en 1990 après mes études post-grade en psychothérapie corporelle (Rubenfeld Synergy Method) et psychotraumatologie aux Canada et aux Etats Unis, j'ai cherché à mettre mes compétences au service d'adultes ayant été victimes d'abus sexuels dans l'enfance. Or, à cette époque on ne parlait tout simplement pas de maltraitance en Suisse. Avec deux collègues nous avons créé l'association Faire le Pas, puis j'ai été sollicitée pour mettre sur pied le concept des groupes thérapeutiques de l'association Familles Solidaires. J'ai partagé mon temps entre ma clinique privée en travail psycho-corporel et le travail associatif. Le traumatisme psychologique, qu'il soit ponctuel ou répété provoque des changements majeurs sur les individus et c'est cet impact ainsi que la capacité de résilience qui me fascine. Je suis active dans le domaine de la psychologie d'urgence et suis directrice de ICP: Intervention de Crise et Prévention. Je m'intéresse également au courant de la psychologie positive et ai développé un concept théorique autour de la bientraitance et de son application dans les actes du concret.