Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06998.jsonl.gz/689

En 1995, la comédie policière Get Shorty consacrée au gangster élégant Chili Palmer connut un certain succès. Dans une réalisation de Barry Sonnenfeld, elle offrait à John Travolta un beau rôle et révélait le romancier prolifique Elmore Leonard. Dix ans plus tard, l'écrivain imagine une nouvelle histoire pour Chili Palmer, dirigée cette fois-ci par le réalisateur F. Gary Gray. Le rôle est endossé à nouveau par Travolta, mais avec pour contexte l'industrie musicale.
Fatigué par la politique et le caractère mercantile de l'industrie du cinéma, Chili Palmer décide de se lancer dans l'industrie de la musique. Cela tombe bien, car son ami Tommy, patron d'une compagnie de disques, le met sur la piste d'une jeune chanteuse prometteuse. Mais v'là que le Tommy se fait descendre par des gangsters russes. Cela ne décourage pas Chili: pour se lancer dans le milieu de la musique, la jeune chanteuse sera parfaite, même si elle a déjà un contrat avec une maison de disques rivale. Il associe la veuve de Tommy, Edie Athens (Uma Thurman) qui connaît les arcanes du milieu.
Difficile au réalisateur d'exploiter un nouveau filon après le film de Sonnenfeld, même en lui faisant des clins d'œil, même en recourant à l'acteur principal d'autrefois, et surtout si l'inspiration n'est pas au rendez-vous! Ici rien ne convainc, tout est superficiel. Le scénario est rempli d'incohérences, défendant dans une séquence ce qu'on brocarde dans la suivante. On souffre de ces clichés, telle la révélation d'une rockeuse sensée être poule aux œufs d'or. La conduite des acteurs est aléatoire; le rythme est chaotique; on saute d'une intrigue à l'autre. "Be cool" devient le génial leitmotiv lâché par Chili Palmer dans les séquences tendues où il laisse ses adversaires au tapis. Au tapis aussi le spectateur tant la niaiserie est épaisse!
Le film pourrait être une satire du milieu de la musique tout aussi corrompu que celui du cinéma, mais on ne rencontre ici que de formules d'une platitude navrante. On n'est ni dans le burlesque, ni dans la parodie. Dès qu'on s'en rend compte, on se demande comment faire pour ne pas s'ennuyer après 30 minutes. C'est sûr, Travolta et les autres s'ennuient aussi.
Ancien membre
|Nom||Notes|
|Ancien membre||8|
|Daniel Grivel||10|