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Brasilia - Un consortium brésilien à dominante publique a remporté l'appel d'offres pour la construction en Amazonie du gigantesque barrage de Belo Monte. Cette décision inflige une défaite aux écologistes et aux indiens qui ont tenté de s'opposer à ce projet jugé dévastateur.
Le consortium Norte Energia, dirigé par une filiale du brésilien Electrobras, a été choisi à l'issue d'une bataille judiciaire à rebondissements. La justice fédérale a finalement rejeté plusieurs recours présentés par un tribunal de l'Etat amazonien du Para, qui avaient eu pour effet de suspendre l'appel d'offres.
Mais les opposants ne renoncent pas. Ils entendent occuper les terres qui seront inondées par ce barrage hydroélectrique conçu comme le troisième plus grand au monde.
Des militants de Greenpeace ont déversé trois tonnes de fumier devant l'Agence nationale d'énergie électrique à Brasilia. Des manifestations ont également eu lieu dans huit autres villes du Brésil, notamment à Altamira où sera construit le barrage.
Belo Monte va inonder 500 km2 de terres et détourner sur 100 km les eaux du Rio Xingu, une région où vivent de 20'000 à 30'000 familles, selon Greenpeace.
La cause des opposants a gagné une notoriété internationale quand le réalisateur de la fresque écologique "Avatar", le Canadien James Cameron, est venu au Brésil dénoncer le barrage. Le chanteur britannique Sting est aussi un opposant de longue date.
Pour un coût de construction de 11,2 milliards de dollars, Belo Monte devrait produire dans dix ans 11'000 Megawatt, de quoi alimenter 20 millions de foyers. Le projet va générer 18'000 emplois directs et 80'000 indirects, selon le gouvernement.
ATS