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Ce colibri mâle, appelé Porte-traîne lesbie, possède une queue trois fois plus longue que son corps. La faute aux femelles, si l’on en croit la théorie de la sélection sexuelle proposée par Charles Darwin.
Parce que les femelles produisent peu d’œufs notamment à cause de l’énergie que cela demande (par rapport aux spermatozoïdes), ce sont elles qui, en général, choisissent leur partenaire. Parfois ce sont les mâles qui se battent pour accéder aux femelles, lesquelles n’ont même plus besoin de choisir.
La sélection sexuelle qui s’ensuit (sélection du mâle par la femelle, où le mâle exhibe les caractères que la femelle veut vérifier) est à l’origine des déploiements les plus spectaculaires du règne animal. Nul doute dans le cas du Porte-traîne lesbie que la longueur de la queue du mâle sera le critère principal pour les femelles. La queue de l’individu présenté ici est plus de trois fois plus longue que son corps.
Le goût de la femelle pour un tel appendice s’est forgé sur le fait qu’un mâle capable de survivre en gardant intact ce handicap est certainement un bon individu en pleine santé. La longueur standard de la queue se situe entre les mâles sous-dotés qui n’obtiennent aucun suffrage et les sur-dotés qui finissent par se faire attraper par un prédateur.
Ce mâle de Porte-traîne lesbie a été récolté en 1880 au bord du fleuve Napo en Colombie par le zoologiste Clarence Buckley, puis décrit par l'ornithologue français Adolphe Boucard en 1893 comme Lesbia aequitorialis. Il s’agit donc d’un spécimen type. Acheté par Alfred Vaucher, il a ensuite été acquis par le Muséum en 1941. On considère aujourd’hui que Lesbia aequitorialis est un synonyme de Lesbia victoriae.