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Dans les années 1960, la communauté Xikrin, dans l’état du Pará au Brésil, comptait à peine une centaine d’individus. La grippe amenée par des chercheurs de noix, contre qui les Xikrin se battaient pour conserver leur territoire, avait fait des ravages dans la région. René Fuerst, ethnologue engagé, avait alors conseillé au chef des Indiens de s’enfoncer avec les siens dans la forêt pour survivre, les sauvant ainsi de la disparition.
Les Xikrin habitent en villages (Aldeias) sur la terre indigène du Kateté, déclarée comme telle en 1977 puis homologuée en 1991. Pourtant en 1986, les autorités de Brasília ont approuvé la création de vingt-deux usines sidérurgiques dans cette région foisonnante de matières premières. Depuis, les implantations d’usines n’ont cessé de se multiplier et de bouleverser la vie de cette communauté.
Ces habitants de la forêt ainsi qu’une grande partie de la biodiversité sont infectés par les rejets polluants provenant d’une industrie minière. Cette multinationale indemnise les Xikrin plutôt que d’assumer cette catastrophe environnementale et humanitaire. Elle met la communauté dans une dépendance pleine de contradictions. En effet, avec cet argent reçu de leur bourreau les Xikrin mettent toute leur énergie non plus à chasser ou pêcher mais à soigner leur population des conséquences de ces contaminations et à rendre visible leur cause mais sans vraiment pouvoir obtenir les moyens de régler ce problème à sa source.