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Lorsque l'on songe à une retraite prématurée, il y a lieu de se poser les questions suivantes :
- À quel moment est-ce que je souhaite arrêter mon activité professionnelle ?
- À combien s'élèvent mes besoins financiers pour assurer mon train de vie après la cessation de mon activité lucrative ?
- De quel revenu puis-je disposer à l'heure de ma retraite anticipée ?
- Comment puis-je, le cas échéant, financer un manque de revenu ?
Coût du train de vie
Diverses études montrent que les besoins financiers, après la retraite, correspondent entre 60% et 80% du revenu perçu avant la retraite pour assurer le train de vie habituel. Ce pourcentage est supérieur pour les revenus bas et inférieur pour des revenus élevés. Le coût du train de vie baisse du fait d'une forte diminution de la charge fiscale due à l'absence d'un revenu professionnel et parce que l'on n'achète plus tout ce que l'on estimait souhaitable précédemment. D'un autre côté, certaines dépenses peuvent s'accroître, par exemple pour les voyages ou les frais pour la santé.
Rentes AVS
Dans le cas d'une retraite avant l'âge légal, vous pouvez anticiper le versement de votre rente de 1 ou 2 ans (une anticipation calculée en mois n'est pas possible.
Pour un versement anticipé d'une année, la rente sera diminuée de 6.8% et de 13.6% pour un versement anticipé de deux ans.
L'âge minimal de la retraite anticipée est actuellement fixé à 58 ans.
Dans l'intervalle entre 58 ans et la date de départ des versements de la rente AVS, vous pouvez, dans certains cas, bénéficier d'une rente complémentaire, connue sous le nom de « pont AVS ». Ce pont est parfois offert par l'employeur.
Prestations du 2ème pilier
Dans le cadre du 2ème pilier, vous avez la possibilité de partir à la retraite anticipée uniquement si le règlement de votre caisse de pension le prévoit, parfois même avant 58 ans. Mais en règle générale, il n'est pas possible de toucher sa rente du 2ème pilier avant l'âge de 60 ans. Le payement anticipé conduit toujours à une diminution de la rente qui varie d'une Caisse de retraite à l'autre, la réduction pouvant varier de 3.5% à 8% environ par année. Si elle est réduite, par exemple, de 6% par année, la rente diminuera, dans le cas d'une retraite à l'âge à l'âge de 60 ans, de 30%, respectivement de 24%.
En cas de cessation définitive de l'activité professionnelle depuis l'âge fixé de la retraite anticipée, il est habituellement obligatoire de percevoir les prestations de vieillesse prévus dans le plan : rente ou capital ou un mixte.
A priori, un transfert sur un compte ou une police de libre passage n'est plus possible, excepté pour les personnes inscrites au chômage ou si votre plan de prévoyance ne prévoit pas expressément une date de retraite anticipée.
L'ouverture d'un libre passage peut permettre, dans certains cas, une optimisation fiscale dans le cadre de la LPP et de la planification financière.
Etant donné que les rentes du 2ème pilier sont soumises, dans tous les cantons ainsi qu'à l'échelon fédéral, à l'impôt sur le revenu à raison de 100%, il est judicieux d'examiner l'éventualité d'un versement sous forme de capital. L'impôt unique, y compris l'impôt fédéral, varie entre 7% et 20% selon les cantons et le montant du capital. Si l'on perçoit le capital à la place d'une rente, un rendement de 4% à 8% par année peut être obtenu suivant la stratégie de placement choisie.
Financer le capital de prévoyance grâce à l'épargne
Il faut maintenant chercher le moyen le plus adéquat pour constituer un capital de prévoyance pendant l'exercice de l'activité professionnelle, en vue de combler la lacune entre le coût du train de vie après la retraite et le revenu disponible. Diverses formes d'épargne peuvent servir, de manière très différentes, à la constitution d'un capital de prévoyance. En plus du critère « sécurité », il faut avant tout tenir compte de l'aspect fiscal en relation avec les placements. Le capital de prévoyance sera d'autant plus élevé à l'heure de la retraite que les placements défiscalisés auront été choisis.
Diminuer la charge fiscale
En premier lieu, il faut chercher à diminuer la charge fiscale du revenu au moyen d'une planification personnelle. Si vous réussissez à économiser, par exemple, CHF 5'000.- d'impôts sur le revenu pendant 20 ans, vous obtiendrez un capital de prévoyance supplémentaire de CHF 165'000.-. Mais les possibilités d'économies d'impôts sur le revenu sont bien plus importantes si le revenu est élevé.
Si vous avez la possibilité de verser à votre Caisse de retraite des cotisations supplémentaires pour des années de rachat, faites-le sans hésiter. D'un côté, vous améliorez de façon substantielle la prévoyance pour votre retraite, et, de l'autre, vous économisez des impôts, les cotisations en question pouvant être déduites de votre revenu imposable.
Ce qui est déterminant, ce n'est pas seulement le revenu dont vous disposez après votre retraite, mais aussi, bien entendu, le coût de votre train de vie, impôts compris. Passez en revue, de façon minutieuse et critique, vos dépenses.