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C'était une question d'un jeune téléspectateur à TSR.découverte.ch et ma réponse :
Les biologistes n'aiment pas trop parler d'instinct, un mot que le langage courant attribue à des situations très différentes et pas toujours de façon très rationnelle.
Il s'agit ici de savoir quelles raisons poussent des animaux ou des humains à se regrouper en certaines occasions ou même à vivre en permanence en groupes plus ou moins nombreux.
Ces raisons sont multiples et très variables, selon les espèces et les circonstances.
Elles s'opposent souvent à de bonnes raisons de vivre dispersés, par exemple pour éviter la compétition pour la nourriture ou les autres ressources, telles que le territoire, pour les espèces qui en ont un.
En voici quelques unes, cette liste n'étant certainement pas complète :
- vivre en groupes, plus ou moins nombreux, permet de mieux se défendre contre les prédateurs d'autres espèces ou contre des concurrents de la même espèce, chez les poissons, les oiseaux et les mammifères entre autres.
Cela permet aussi une spécialisation de certains dans des fonctions bénéficiant à tous, tels que les "guetteurs" dans certaines troupes de singes, ou les "soldats" ou les "ouvriers" chez les insectes sociaux, ainsi, bien sûr, que dans les sociétés humaines
- certains rassemblements ou entassements d'individus servent à lutter contre le froid nocturne (certains singes, jeunes oiseaux,..) ou saisonnier (chauve-souris), ou contre le vent (manchots), ou bien aident à "climatiser" un nid (abeilles)
- chasser en groupe est indispensable pour beaucoup de prédateurs s'attaquant à des proies beaucoup plus fortes qu'eux
- beaucoup d'animaux grégaires ou sociaux (on dit « grégaires » s'il s'agit de simples rassemblements et « sociaux » s'il existe des structures sociales avec partage des rôles et des tâches) supportent mal la solitude qui peut les mener à la panique ou au stress.
Chez eux, comme chez une majorité d'humains, la présence des autres est gratifiante, récompensée par un sentiment de sécurité, tant que cette présence n'est pas trop proche ou envahissante et qu'elle respecte des espaces privés de taille très variables selon les espèces animales et les cultures humaines, selon les contextes et souvent selon les saisons
- beaucoup de rassemblements sont liés à des activités communes nécessitant des partenaires, qu'il s'agisse de sexe, de jeux, de chasse ou de pêche, d'activités sportives ou culturelles chez les humains. Chez nous, le sentiment d'appartenance à un groupe ou à une foule permet une identification à des statuts et des conditions inaccessibles à chacun personnellement, avec tous les dangers que cela comporte en cas d'affrontement de tels groupes ...
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