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Oeuvres
Les Litanies de l’ombre (1991)
Thierry Escaich + Biographie
Ce que l'on peut essentiellement retenir de l'architecture de ce grand poème incantatoire est la succession de deux longues progressions ascendantes qui le composent. La première, irrégulière en perpétuel renouvellement; la seconde, plus continue, plus inexorable, aboutissant à un long "climax" au déferlement sonore particulièrement violent. Au centre de ces deux axes, un bref moment de répit où l'on semble entendre l'écho d'une "messe" lointaine. En amont, une période "introductive" où se forment ceux qui deviendront peu à peu des "personnages thématiques": les cloches lointaines et embrumées du début, ou les bribes instables aux contours d'antiennes grégoriennes. Tout cela forme un matériau thématique en gestation dont on ne comprendra que peu à peu les liens à travers un jeu de dialogues, de luttes, de strates opposées, voire de "temps" différents. L'élément le plus caractéristique de la pièce est sans doute cette écriture poly-rythmique qui ajoute à une répartition spatiale assez simple, une notion de temps superposés.