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Das Schloss in 1767 Herrliberger
Du Frohbourg, la crête rocheuse du Dottenberg s'abaisse en une pente douce vers le village de Lostorf. C'est sur son éminence la plus avancée que se dresse le château de Wartenfels, visible de loin. De trois côtés, il est protégé de toute attaque par des rochers tombant à pic et du côté de la montagne par un fossé de gorge artificiel.
Vu la situation de cet ouvrage, on pourrait imaginer que la forteresse servait en quelque sorte de couverture de flanc au château de Frohbourg. Rien ne prouve cependant qu'elle ait été bâtie par les Frohbourg et transmise à titre de fief à une famille de ministériaux. Alors que les Frohbourg étaient encore de fidèles partisans de l'empereur, donc avant que le pape n'ait prononcé l'anathème contre eux, ce qui les obligea à changer de camp, ils virent s'établir dans leur voisinage une famille nommée Wartenfels. Elle appartenait à la classe seigneuriale et servait sans doute l'empereur. Plus tard, ces seigneurs belliqueux se rangèrent aux côtés des Kybourg et des Habsbourg et exercèrent diverses fonctions dans leurs territoires, de la Thurgovie à l'Alsace et de l'Argovie au Brisgau.
La lignée atteignit son apogée du vivant de Nicolas de Wartenfels. Lors de la bataille de Göllheim, ce dernier se battit aux côtés d'Albert d'Autriche, à qui sa victoire valut la dignité de roi.
A plus d'une reprise, Nicolas accompagna son souverain dans des expéditions plus ou moins pacifiques. Il devint président du tribunal impérial de Rottwell, de même que du tribunal de première instance du Buchsgau. Cette dernière charge lui avait été confiée par les détenteurs du landgraviat, Volmar de Frohbourg-Waldenbourg et Rodolphe de Neuchâtel-Nidau.
En 1323 déjà, le château de Wartenfels fut dévolu, par l'intermédiaire de l'héritière des Wartenfels, Adélaïde, à la famille de Tengen, originaire de l'Hegau, puis il passa aux Roseneck et enfin, toujours à la suite d'une transmission successorale assurée par une héritière, au bourgmestre de Berne, Henri de Bubenberg. En 1465, Adrien de Bubenberg, le futur héros de Morat, vendit Wartenfels à Soleure, qui put ainsi renforcer sa puissance. Devenu siège baillival soleurois, le château le demeura jusqu'à la fin du siècle. Puis le centre administratif fut transféré au château de Gösgen, qui venait d'être reconstruit; c'était juste avant que n'éclate la guerre de Souabe.
Soleure vendit alors Wartenfels à des particuliers. Après plusieurs changements de mains, le château fut acquis en 1600 par le colonel Jost Greder, chef d'une troupe de mercenaires, qui aussitôt adopta le nom de sa nouvelle propriété. Il la remania dans le style français, style qu'il adopta également pour aménager son intérieur.
Après la disparition des Greder de Wartenfels, le château devint propriété des Grimm, Soleurois eux aussi. Originaires de Zurich, leurs ancêtres, après s'être établis dans la ville de l'Aar, avaient accédé grâce à leur travail aux sphères élevées de la population, ils avaient gravi tous les échelons de l'administration municipale et exercé plus d'une fois la charge de bourgmestre. C'est à l'époque des Grimm ils prirent eux aussi le nom de Wartenfels - que le château fut remanié pour la dernière fois. La chapelle fut ornée de stucs rococo, les vieux murs de défense furent démolis et les fortifications extérieures aplanies. Finalement, on aménagea encore un jardin en terrasses.
En sa qualité de propriété privée, le château de Wartenfels fut préservé de la destruction pendant la Révolution française et passa aux mains du fils du général Altermatt. Pendant des générations, cette famille soleuroise fournit des officiers aux régiments de France et d'Espagne. Quelques-uns accédèrent même au rang de maréchal. En 1798, lors de l'invasion française, les troupes soleuroises étaient commandées par Joseph Bernard Altermatt. Auparavant, celui-ci avait organisé la défense de nos frontières du côté de l'Alsace. Nommé général de l'ensemble des troupes soleuroises lors de l'attaque française contre l'évêché bâlois, il dut bientôt constater que ses hommes étaient insuffisamment armés et mal préparés à la guerre. De plus, bien des difficultés lui furent faites par les autorités et par ceux qui le jalousaient. II comprit que toute résistance serait inutile. Ce général, qui avait fourni la preuve de ses qualités au cours de douze batailles livrées pour la couronne de France, se vit donc obligé, pour mettre un point final à sa carrière militaire, de présenter à Schauenburg, général des troupes françaises révolutionnaires, la capitulation sans condition de la ville de Soleure. C'était le 2 mars 1798. Sur ces entrefaites, il se retira à Rodersdorf, où il mourut en 1811 à l'âge de 89 ans.
Son fils Jean Baptiste suivit ses traces. II poursuivit sa carrière militaire même après le changement intervenu vers 1800 et occupa plusieurs postes de commandement au sein des troupes confédérées. II se retira en 1822. Sa vie durant, il s'intéressa aussi à la topographie et publia plusieurs cartes des régions soleuroises. Il fut de plus appelé à collaborer aux rectifications de frontière effectuées par la France et les cantons limitrophes et exerça plusieurs charges publiques. Il fut non seulement le dernier représentant de sa famille, mais aussi le dernier à porter le titre de Wartenfels, un titre qui, il est vrai, n'était plus guère recherché.
Les propriétaires qui lui succédèrent appartinrent tous à des familles de Soleure ou de Lostorf. Ce n'est qu'en 1918 que Wartenfels passa à une famille bâloise.
Johannes Fuchs, professeur à la faculté de droit de l'université de Bâle, s'efforca avec beaucoup de talent et de dévouement de conserver cet imposant château en bon état. De loin déjà, l'ouvrage rectangulaire à trois étages, ses tourelles tardives et sa chapelle offrent à celui qui les contemple une image remarquable. L'harmonieuse relation entre le passé et le présent se retrouve, à l'intérieur, dans un aménagement fort soigné. L'ancienne forteresse, qui de longtemps déjà a perdu son caractère défensif, s'est transformée en une somptueuse résidence, dont l'aspect témoigne aujourd'hui encore de la puissance et de la grandeur d'antan.
En 1978, le château fut donné à une fondation par Johannes Fuchs et Mme Ursula Friedrich.
Bibliographie