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L'Auberge de Luins sur la Côte vaudoise propose cette spécialité de beignets de fromage frits depuis un siècle. En 1985, le chef cuisinier de ce restaurant propose aux téléspectateurs de Midi Public la recette en images de cette spécialité vaudoise.
Amateurs de recettes légères, passez votre chemin. Cette recette est pour dix personnes, et le truc du chef qui rend ses malakoffs uniques restera secret.
Mais vous pouvez toujours essayer de battre le record de malakoffs mangés en un repas, il se monte à treize beignets. A vos friteuses, prêts, mangez !
Malakoff, mais d'où vient le nom à consonance si peu vaudoise de la spécialité ?
Lors de la guerre de Crimée en 1853, des soldats vaudois combattent aux côtés des troupes françaises et anglaises contre l'armée russe. Face au fort Malakoff qui défendit la ville de Sébastopol, les soldats doivent tenir un siège qui dure près d'un an. Ils s'alimentent notamment de tranches de fromage frit qu'ils préparent directement dans les tranchées. Le fort Malakoff est finalement pris en 1855 et sa capture entraîne la chute de la ville de Sébastopol. La Russie reconnaît sa défaite en 1856. Après la guerre, les soldats vaudois revenus en Suisse commémorent la prise du fort Malakoff en faisant frire du fromage dans du beurre, accompagné de pain et de vin blanc.
Entre 1890 et 1891, le prince Napoléon organise une réception dans sa villa de Prangins, à laquelle sont invités des vétérans de la guerre de Crimée. Un couple du village de Bursins lui propose alors une recette de beignets au fromage inspirée du fromage frit consommé dans les tranchées par les soldats vaudois. Cette recette serait l'ancêtre du malakoff consommé de nos jours dans les restaurants et auberges de la Côte vaudoise.
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Journaliste: Raoul Riesen