Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07025.jsonl.gz/1312

En 2017, la Fondation Bertarelli a mis à disposition un montant de 5 millions de francs suisses pour soutenir le développement de certaines des recherches les plus innovantes menées au Campus Biotech. Cinq projets ont été sélectionnés en 2018. Cette année, deux nouveaux projets ont été sélectionnés par un jury présidé par Pierre Magistretti et ont été annoncés lors du Symposium Bertarelli.
Rétroaction sensorielle pour prothèses de membres supérieurs
Le premier projet est dirigé par Silvestro Micera, titulaire de la Chaire Bertarelli de l’EPFL en neuroingénierie translationnelle (à gauche sur l'image ci-dessus). Il vise à développer des prothèses de membres supérieurs qui peuvent être contrôlées directement par l'analyse des impulsions nerveuses au niveau du membre résiduel, tout en générant une rétroaction sensorielle pour le patient. "Notre but est de comprendre les mécanismes de base qui permettent au cerveau d'exploiter la rétroaction sensorielle et de sentir la nouvelle main comme partie intégrante du corps. Cela augmentera l'impact clinique de notre recherche ", déclare Silvestro Micera.
Attentif à la dimension translationnelle des projets de recherche, le jury a noté que ce travail envisage, en parallèle, l'utilisation d'un système non invasif de " substitution somatosensorielle " appliqué à la peau, qui existe déjà sur le marché, et un système de " restitution somatosensorielle ", basé sur la stimulation interne des fibres nerveuses. La combinaison des deux approches élargit le spectre des patients qui pourraient bénéficier d'un tel traitement.
Stimulation cérébrale profonde de manière non invasive
Le deuxième nouveau projet Catalyst est présenté par Friedhelm Hummel, titulaire de la chaire Defitech Foundation de l'EPFL en neuroingénierie clinique (à droite sur la photo). Il met au point un système de stimulation cérébrale non invasif pour améliorer les fonctions cognitives chez les patients atteints de troubles cognitifs légers ou de lésions cérébrales. Son approche est basée sur la stimulation par interférence temporelle : en appliquant deux champs électriques de fréquences différentes au crâne à l'aide d'électrodes, il est possible de générer une stimulation ciblée des zones profondes du cerveau. "Aider les patients souffrant d'un DCL ou d'une LCT à conserver ou à retrouver leurs fonctions cognitives est d'une importance primordiale et aura un impact significatif sur leur vie quotidienne. La stimulation par interférence temporelle offre une nouvelle voie prometteuse, innovante et non invasive pour moduler d'importantes structures profondes d'apprentissage et des réseaux cérébraux liés à la mémoire, qui n'auraient pas pu être traités jusqu'à présent de manière non invasive ", explique Friedhelm Hummel. Cela pourrait éviter le besoin d'électrodes intracrâniennes.
Pour le jury, cette approche non invasive de la stimulation cérébrale profonde est particulièrement intéressante et pourrait avoir un impact important. Bien que de nombreuses questions demeurent ouvertes quant à la faisabilité de certaines des thérapies proposées, les spécialistes estiment que l'innovation sous-jacente est convaincante.
Après avoir attribué des prix de près de 300 000 francs suisses à chacun de ces deux projets, le Fonds Catalyst dispose encore de 2,92 millions de francs suisses pour des projets futurs, et un nouvel appel à propositions sera lancé début 2020.