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Dans le journal alémanique, Alexei Navalny évoque notamment des enquêtes sur des cas présumés de blanchiment d'argent en Suisse. Il cite ainsi un voyage en bateau du procureur de la Confédération Michael Lauber impliquant un ancien expert de la Russie de la police fédérale.
Le haut fonctionnaire suisse aurait aussi accepté une invitation à une partie de chasse d'un ancien procureur russe, ce qui aurait eu pour conséquence sa condamnation à des jours-amendes avec sursis. L'intéressé a fait recours et l'audience se tient mardi.
De douteuses parties de chasse
Selon l'opposant russe, rien ne s'opposait à des échanges de lettres ou de courriels ou à des contacts personnels, mais pas lors d'une partie de chasse. Il y voit nettement de la corruption.
La plupart des affaires en Suisse impliquant des citoyens russes ou ouzbèkes ont été classées ou on les a laissé traîner, selon Alexei Navalny. Celui qui prétend que des contacts personnels sont nécessaires à l'avancement d'enquêtes méconnaît les us et coutumes en Russie à ses yeux: "Quand vous allez chasser en Russie avec la justice ou le gouvernement, il s'agit d'affaires douteuses."
A Genève avec 2 millions de dollars
L'opposant, qui a été arrêté à maintes reprises dans son pays, critique vivement le MPC concernant Artiom Tchaïka, fils du procureur général de Russie Youri Yakovlevitch Tchaïka. Il y a quelques années, Artiom Tchaïka est venu à Genève avec 2 millions de dollars. Personne n'a alors posé de question, alors que les médias s'étaient fait l'écho peu avant de magouilles et d'une mort mystérieuse.
Alexei Navalny dit avoir attiré l'attention du MPC et espéré l'ouverture d'une enquête. La réponse a été qu'une enquête ne serait pas ouverte et qu'il n'y avait pas besoin de nouveaux documents. "C'était frustrant et cela nous a fait beaucoup de tort", dit l'opposant.
Le MPC dément
Interrogé par le journal, le MPC réfute l'accusation selon laquelle des affaires ont été classées par égard pour la partie russe.
Dans le cas d'Artiom Tchaïka, l'Office fédéral de la police a investigué, mais n'a pas trouvé d'indices de blanchiment d'argent ni d'origine criminelle de l'argent.
Ces nouvelles accusations portées contre le MPC et contre son procureur Michael Lauber sont un nouveau coup dur pour celui-ci, déjà sur la sellette parce qu'il est soupçonné d'avoir violé ses devoirs de fonction. Il y a dix jours, la commission judiciaire du Parlement a décidé d'ouvrir une procédure de révocation à son encontre, une première à l'échelon fédéral.
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ats/boi