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Le président serbe met en doute l'indépendance vis-à-vis du gouvernement suisse de Thomas Fleiner, engagé dans les négociations sur le statut du Kosovo.
Spécialiste du fédéralisme, l'expert suisse a été appelé comme conseiller permanent par la partie serbe en novembre dernier.
Les négociations sur le statut définitif du Kosovo, actuellement sous administration de l'ONU, ont commencé le 21 novembre. Et déjà, la composition de l'équipe élargie de négociateurs côté serbe est contestée.
Le gouvernement serbe avait fait appel au directeur de l'Institut du fédéralisme de Fribourg (IFF) Thomas Fleiner en raison de ses connaissances en fédéralisme, en Etats multiethniques et en droit public.
Mais le président serbe Boris Tadic et son premier ministre Vojislav Kostunica s'opposent sur cette participation, alors que les experts doivent se réunir mardi pour la première fois.
Dans l'hebdomadaire «Nin», le président Tadic remet indirectement en question l'indépendance du directeur de l'Institut du fédéralisme de Fribourg (IFF) vis-à-vis du gouvernement suisse.
Fonds publics
Boris Tadic se demande si l'institut est financé par des fonds publics, estimant qu'il serait bon de s'en assurer.
Dans les faits, l'Université de Fribourg a soutenu l'institut à hauteur de 1,1 million de francs en 2004. Et la Confédération lui a confié plusieurs mandats pour un montant de 1,9 million de francs.
Entre les lignes, le président serbe fait référence aux déclarations de la ministre suisse des affaires étrangères. En juin dernier, Micheline Calmy-Rey avait parlé publiquement d'indépendance pour le Kosovo.
Belgrade estime au contraire que la province doit continuer d'appartenir à la Serbie.
Cette contestation de la participation de l'expert suisse intervient sur fond de cohabitation difficile entre le président et son premier ministre Kostunica.
Précision: l'épouse de Thomas Fleiner, Lidjia Basta, experte reconnue dans le domaine juridique (et membre de l'IFF), est une amie de longue date de la famille de Kostunica et de son épouse (elle-même juriste).
Prêt à partir
Dans un courrier publié par l'agence Tanjug, Thomas Fleiner se dit prêt à abandonner son rôle de conseiller, si son indépendance professionnelle et politique était mise en question.
Il affirme que tous les collaborateurs de l'institut jouissent d'une totale liberté, conformément à la constitution fédérale et aux lois du canton de Fribourg sur l'université.
Les médias serbes ont rapporté ces derniers jours que, outre Thomas Fleiner, le conseiller du chef du gouvernement, Slobodan Samardzic, était également recommandé pour le poste au sein de l'équipe de négociateurs.
Ce dernier est actuellement professeur invité au même Institut du fédéralisme de Fribourg.
swissinfo et les agences
Faits
Directeur de l'Institut du fédéralisme de Fribourg (IFF) depuis 1984, Thomas Fleiner a été recruté pour ses connaissances en fédéralisme, en Etats multiethniques et en droit public.
A plusieurs reprises, il a travaillé en ex-Yougoslavie, et dirigé en 1992-1993 une mission de la Conférence pour la sécurité et la coopération en Europe (CSCE, aujourd'hui OSCE).
Il a aussi collaboré avec les autorités serbes au moment de la création de la République de Serbie-et-Monténégro en 2003.
En bref
- Peuplé par une majorité d'Albanais, le Kosovo fait encore formellement partie de la Serbie.
- Depuis 1999, après son invasion par les troupes serbes et l'intervention de l'OTAN, la province est administrée par l'ONU.
- De fortes tensions subsistent actuellement entre la majorité albanaise et une minorité serbe vivant sous la protection de la force internationale de paix.
- Les négociations sur le statut définitif de la région ont été renvoyées à plusieurs reprises, dans l'attente d'une stabilisation de la situation sur le terrain.