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L'eau est bleue, presque trop bleue pour être vraie. Des rais de lumière surgissent discrètement sur la gauche. Tout en bas, on aperçoit des algues et des rochers qui réfléchissent une lumière verte au niveau de la surface de la mer. Au centre de l'image, deux personnages. Un homme et une femme. Ils se tiennent par la main, et leurs corps suggèrent une inclinaison à peine inférieure à 90°. En fait, ils sont bien positionnés à angle droit, mais les jambes de la femme, peut-être aidées par quelque courant marin, semblent se soulever du reste du corps. Sans cela, les deux corps donneraient l'illusion de vouloir reproduire la lettre grecque gamma, en majuscule (image ci-contre). Enfin, l'intérieur des bras des deux personnages paraissent symboliser un coeur, qui occupe du reste l'exact centre de l'image.
Ce plan combine à merveille l'inspiration poétique et un certain sens de la géométrie. La Japonaise Naomi Kawase excelle dans ce type de compositions, et Still the Water n'en est pas avare. Les personnages y vivent en harmonie avec la nature, ce qui fonde même leurs croyances dans le film. On les voit ci-dessus et ci-dessous se fondre dans l'eau, devenir des éléments en propre de leur environnement aquatique. C'est à la fois beau et reposant, sans surcharges sémantiques ni digressions dramaturgiques. Un sens de l'image pur et simple.
Still the Water est actuellement à l'affiche en salles.