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Le syndicat Unia veut une interdiction mondiale de l'amiante. Trois quarts des pays ne l'interdisent toujours pas et 100'000 personnes perdent la vie chaque année en raison de leur exposition à cette substance, rappelle Unia mercredi dans un communiqué.
Le syndicat se voit conforté dans sa position après la condamnation, lundi à Turin (I), de l'industriel suisse Stephan Schmidheiny à seize ans de prison et des millions de francs de dédommagements dans le procès de l'amiante.
Un jour après, on apprenait que la Cour européenne des droits de l'homme à Strasbourg a accepté, le 22 décembre, la plainte d'une victime de l'amiante de la Fabrique Suisse de Machines-Outils Oerlikon, actuellement Alstom Schweiz. La plainte est aussi dirigée contre la Suva.
Cancer de la plèvre
En contact avec de la poussière d'amiante de 1966 à 1978 à son poste de travail, la victime est décédée en 2005 d'un cancer de la plèvre. Ses filles ont repris depuis lors la plainte contre son employeur.
Strasbourg a admis la plainte alors que la justice argovienne et le Tribunal fédéral l'avaient rejetée. Selon ces deux instances, les demandes en réparation expirent en Suisse dix ans après le dommage.
Ce délai de prescription empêche en général tout versement de dommages et intérêts, les maladies dues à l'amiante - asbestose, cancer de la plèvre ou du poumon - ne se déclarant d'habitude qu'une quinzaine d'années après l'exposition. Pour Unia, la Suisse doit tenir compte du moment où la maladie se déclare et non celui de l'exposition à l'amiante pour fixer la prescription.
ATS