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Au départ, on nous disait que la crise de 1929 était la plus « grave »... puis apparut la crise de 1973 et 1979... Puis 1993, 2001, 2007 et enfin... 2009 -- «la plus grave de toutes ». Ainsi, le temps défile et l'actualité nous le rappelle sans cesse : nous vivons encore une crise économique, écologique et sociale dont nous sommes les seuls responsables.
Pourtant, en 1987, après de multiples crises (déjà), un certain nombre de personnalités avaient proposé les prémisses d'une remise en cause de notre société -- le développement durable. Ce concept fondé sur l'équilibre entre les trois piliers que sont l'Environnement, l'Économie et le Social (ou Sociétal) avait pour objectif de fournir un avenir plus durable aux populations présentes et futures. Mais que s'est-il passé entre 1987 et 2013 et pourquoi continuons-nous encore à subir des crises et leurs effets ? Là est tout le paradoxe...
En fait, ce concept est souvent mal interprété et mal mis en pratique. Le développement durable est bien souvent assimilé uniquement à l'environnement ou à l'écologie, entraînant des utilisations abusives de ce terme. En parallèle, notre société de consommation, fondée sur l'idée que le bonheur est avant tout matériel, encourage l'accumulation de biens et le gaspillage. Le « plus = mieux », ou la quête du bonheur à travers la consommation, est un concept entretenu par la publicité toujours plus présente, et par les stratégies de ventes des entreprises. L'obsolescence programmée en est l'exemple le plus flagrant. Outre l'aspect environnemental, le modèle économique suivi par un grand nombre de pays est facteur de nombreuses inégalités économiques et sociales, à l'échelle du pays comme à l'échelle mondiale rendant le développement tout sauf durable.
Ainsi, les principes du développement durable semblent difficilement compatibles avec le mode de fonctionnement de notre société en tant que telle. Mais pour faire face à ce paradoxe et répondre aux enjeux de l'avenir, des solutions sont proposées. Des solutions plus simples -- comme la « croissance verte », qui mise sur le progrès technique et l'innovation -- aux changements les plus radicaux -- comme la « décroissance » -- toutes se rejoignent sur un point : si la réflexion est nécessaire, l'action est quant à elle primordiale, et nous devons agir vite, l'humanité vivant à un rythme effréné dans un monde aux ressources limitées.