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J'aimerais, en quelques lignes, vous faire part d'une expérience qui a été la mienne
et qui m'a apporté un changement capital, une expérience telle qu' elle a divisé ma vie
en un "avant" et un "après".
Je suis né en 1952 dans l' Est de Montréal.
Mon enfance a été celle des jeux de ruelles du quartier Hochelaga - Maisonneuve,
jusqu'au jour où un ami m' a initié à un autre milieu, celui des gangs.
On s' exprimait avec des battes de baseball, des chaînes et des couteaux,
tout ce qui faisait de nous des durs.
J' ai aussi vu de la coke coupée avec de l'ampoule broyée, et du hasch mélangé
avec des crottes de lapin et de l' huile de vidange.
A seize ans, j'étais devenu un "Dead Slave". C' était un monde d' agressivité et de dureté de cœur, dans lequel un seul but comptait : être le plus fort. C' était la guerre des gangs !
Le fait de porter des écussons dans le dos me donnait un certain sentiment de force,
mais en même temps je sentais que je devenais une cible. Porter un couteau et une chaîne
à la ceinture m' exposait au danger et inspirait une certaine crainte.
Ceux qui ont connu cela savent de quoi je parle.
C' est cette crainte qui m'a fait quitter le gang quelques mois plus tard et laisser tomber ce "prestige". Ces quelques temps avaient cependant créé en moi une certaine soif de liberté,
et quoique deux ans plus tard j' aie obtenu ma toute première moto, ce vide continuait
à occuper la première place dans mes pensées. J' ai commencé à haïr la société tout en remplissant ma vie avec le sexe, l'amour de l'argent, la drogue et l'alcool.
J' ai quitté mon foyer et petit à petit délaissé les copains qui y venaient.
Tout cela me rendait agressif et arrogant. Je n' avais plus d'égard pour les gens, pour qui que ce soit, quels que soient leur âge et leur sexe.
Je me vantais de n'avoir peur de rien, et pourtant je dormais avec une chaîne
et un fusil de calibre 12 à mes côtés.
J' ai gagné beaucoup d' argent en vendant de la drogue et en volant.
Je me payais tout ce que je voulais. J' ai fini par entraîner mes frères et plusieurs de mes copains
avec moi, mais mon vide intérieur ne me laissait aucune paix. Ma belle liberté devenait une prison.
A 23 ans je fréquentais de drôles de gens.
Mais alors s' est produit un tournant dans ma vie.
J' ai reçu un coup de fil de ma mère qui m' informait que mon père s' était mis à lire la Bible
et à prêcher l' Évangile. Elle disait qu' il avait renié notre religion ; elle me défendait bien d'aller le voir.
Ayant peine à croire cette histoire, je suis parti en compagnie de quelques amis
et nous nous sommes rendus en Ontario, là où vivait mon père à quelque 800 km de Montréal.
Ce dernier avait toujours été un copain pour moi. Nous sortions ensemble, chacun sur sa moto,
et fréquentions les boîtes de nuit, " fumant " en compagnie l' un de l'autre.
Si mon père était devenu fou, comme l'affirmait ma mère, je voulais m'en rendre compte personnellement. Quelle ne fut pas ma surprise lorsqu' en entrant chez lui,
il se mit à me dire que Jésus m' aimait, et à me citer des versets de la Bible tels que :
“ Tous ont péché... et ...Jésus est mort pour nous racheter...”
Les gars et moi nous nous regardions d' un air stupéfait, ne sachant plus quoi penser.
Mais comme le voyage avait été long et que mon père voyait notre fatigue, il a tout simplement terminé en nous disant que le cœur de l'homme était habité par un vide en forme de Dieu.
C' était par ce vide que l'homme pouvait reconnaître qu' il avait besoin de son Créateur.
Le lendemain, nous sommes tous allés à une église, là où un homme parlait de la crainte de Dieu. Mais moi, feignant de ne pas écouter, je me suis mis à fumer, à regarder les gens autour de
moi
et à chasser les mouches d'un air ennuyé.
Vers la fin de soirée, mes potes et moi avons résolu que c' en était assez d'entendre parler de tout cela et que nous partirions très tôt le lendemain. Quelque chose avait cependant retenu mon attention
dans ce que j'avais entendu : les mots "crainte" et "vide" étaient revenus souvent
dans le discours de l' homme qui parlait et ils avaient touché une corde sensible dans mon esprit.
Avant de partir, j' ai laissé une note à mon père pour lui laisser savoir que je voulais le voir seul,
chez moi au Québec. Quand il est venu, deux semaines plus tard, j' ai tenté de lui faire comprendre
que mon bonheur, moi je l'avais.
Du moins, avec ma bécane et tous les plaisirs coupables auxquels je m'adonnais,
c' est ce que je m'efforçais de croire.
Il m' a répondu que j' étais, comme tout autre, un pécheur qui avait besoin de Dieu pour le sauver.
Je lui rétorqué que je croyais en Dieu mais que je n' avais pas besoin de la Bible pour être sauvé.
Après une longue discussion, il m' a dit que je devais faire une prière à Dieu ce soir-là
avant de me coucher, lui demandant de me prouver son amour et de me montrer que la vie
que je menais était tout à fait vide.
René, celui qui était venu avec mon père, me conseillait lui aussi de faire cette prière à Dieu.
Les deux disaient que Dieu avait sûrement besoin de moi, et suite aux questions
que je leur avais posées sur Jésus et sur la Bible, ils étaient convaincus que j' allais être sauvé,
si seulement je voulais faire une prière honnête à Dieu. J' étais stupéfait.
Une fois la nuit venue, j' étais encore pleinement éveillé, ne pouvant trouver le sommeil.
La discussion du matin remplissait mes pensées et ne me donnait aucun repos.
C' est alors que j'ai demandé à Dieu de me prouver qu'il existait réellement,
de me prouver qu'il avait besoin de moi et que Jésus pouvait me sauver.
Seulement, j' ai eu l'audace de lui demander de m'envoyer un signe - ou plutôt un miracle -
en guise de réponse.
Et en plus, je voulais cette réponse à une heure précise le lendemain.
J' ai osé mettre au défi le Dieu qui a créé le monde et qui a immolé son Fils sur la croix pour moi,
au lieu de le croire sur parole, comme la Bible l' enseigne.
Dieu s' est plié à mes exigences, il m' a envoyé ce signe, et ce à l' heure voulue.
Mais j' ai eu la peur de ma vie et j' ai cru que j'allais y laisser ma peau.
J' ai tremblé à l' idée d'avoir douté à ce point de Dieu et j' ai vu à quel point ma rébellion
était grande envers lui.
Le jour suivant, au lever, j' ai raconté à mon père et à René
la prière que j'avais faite à Dieu, et dans leur foi ceux-ci
m'ont répondu que Dieu allait se révéler à moi.
Et comme je l' ai mentionné plus haut, c' est ce que Dieu
a fait.
Le signe qu' il m'a montré, il l' a aussi montré à René
qui était sur le chemin du retour pour l' Ontario.
Celui-ci m'a donné un coup de fil à l' heure du dîner pour
me saluer, moi, son nouveau frère en Jésus.
En voyant sa foi et celle de mon père, je n' avais pas l' idée
de croire que tout cela était le fruit du hasard.
Dieu m'avait bel et bien exaucé. Cependant, je ne vous conseille pas de tester le Seigneur comme je l' ai fait.
Ce n' était pas la vraie foi.
Dieu m' a répondu parce qu'il a bien voulu.
La Bible dit qu' il faut s'approcher de Dieu avec foi, dans la certitude qu' il sauve ceux qui l' invoquent,
qu' il ne met pas dehors celui qui vient à lui en toute honnêteté et avec un cœur repentant.
Acceptez le fait que vous êtes pécheur : Dieu l' a dit !
Regrettez vos fautes, votre désobéissance à Dieu, votre attitude rebelle envers lui.
Demandez lui son pardon, et il saura vous guider dans le chemin de la paix et de la joie.
Ti-Claude, Motards chrétiens
Club MARANATHA MC, Québec