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En 1867, l’assemblée communale de Belprahon décidait de remplacer son ancienne école par la jolie construction actuelle, avec son clocher et sa magistrale fontaine en pierre. Elle fut construite en 1972 pour un coût de près de Fr. 38’000.- et on y ajouta le clocher pour mille cinq cents francs de plus, qui est toujours d’époque et fonctionne. On consacrera une fête au vénérable bâtiment au mois de septembre.
Village appuyé au flanc de Raimeux, le nom du village de Belprahon apparaît pour la première fois dans un document au XIIe siècle. Le village dépendit de l’abbaye de Moutier-Grandval jusqu’en 1797, puis fit partie des départements du Mont-Terrible et du Haut-Rhin avant d’être rattaché à Berne en 1815. Il avait conservé une structure agricole jusqu’aux années 1960, pour devenir une commune résidentielle. A l’époque, presque tous les habitants se nommaient Joray, qui habitaient leur lieu d’origine. Actuellement, le centre du village regroupe des familles qui ont marqué l’histoire locale. On pourrait presque dire que c’est Leuenberger-City !
Tous au boulot !
En 1871, alors que le village comptait environ 120 habitants, la décision est prise de vendre l’ancienne école et de racheter la maison de Samuel Joray et les parcelles adjacentes pour y construire le nouveau bâtiment. On définit également les corvées pour les habitants qui devront abattre le bois nécessaire à la construction de la charpente et le conduire sur place. Gare à qui s’y soustrairait, des menaces d’amendes sont pendantes !
Les archives ne mentionnent ni le nom de l’architecte, ni le nombre d’élèves au village pas plus que la fête d’inauguration. Il faut remonter à 1905 pour retrouver une photo de la classe unique qui comptait une trentaine d’élèves. Cette construction s’inscrit aussi dans une période de développement de la région avec à Moutier, la construction de l’école secondaire, l’hôpital et le réseau ferroviaire.
Des profs marquants
Si certains instituteurs n’ont enseigné que peu de temps à Belprahon, certains ont marqué l’établissement scolaire de leur personnalité, à l’instar d’Emile Stebler, qui occupait le logement de fonction, et qui a professé de 1922 à 1956, un bail ! Celles et ceux qui ont laissé des traces par leur longévité à l’école et dont des volées d’élèves se souviennent ont pour nom : Juliane Andres, Samuel Wahli, Evelyne Rais, Anne-Catherine Boegli, Christine Henzelin, Rose-Marie Raetz ou Rodolphe Leuenberger, décédé.
En 1963, le village prend de l’ampleur et on y ouvre une deuxième classe, puis une troisième quinze ans plus tard. Le beau poêle fait place à un nouveau chauffage, les fenêtres sont remplacées et le bûcher transformé en vestiaire avec douche pour les équipes de foot qui venaient jouer au terrain du Tiat. Actuellement et pour donner suite à la création du Syndicat scolaire du Grand Val en 1984, l’école n’occupe plus qu’une classe du bâtiment et la salle de couture.
Autres occupations
Dans ce village de moins de trois cents habitants, l’école a aussi abrité des cours de répétions de l’armée, des cultes, de l’enseignement religieux, les fêtes du village organisées par le Club sportif, etc. Avant la guerre elle a même servi de prison, qui sert actuellement de local d’archives. Quant à l’instituteur, il gagnait 550 francs et avait droit à trois stères de bois par an ! Pas vraiment un rêve « d’instit », non ? Après les deux guerres, on a aussi accueilli des enfants français qui ont été scolarisés au village.
Le clocher, toujours d’origine, aurait peut-être besoin d’une petite révision. Depuis plus de cinquante ans, c’est toujours Gilbert Leuenberger qui s’occupe de le remonter à la main, une fois par semaine ! La cloche, toujours actionnée manuellement, appelait, auparavant, les enfants à rentrer l’été à 21 h et l’hiver à 20 h. Le garde champêtre y veillait. Elle est encore actionnée tous les jours pour signaler la fin de la récré. Elle sonnait aussi pour les enterrements qui se faisaient à pied jusqu’au cimetière de Moutier. Et si la grande fontaine en pierre pouvait égrener ses souvenirs, elle en aurait à raconter !
La fête fixée au 17 septembre
C’est le 17 septembre prochain qu’auront lieu les festivités du 150e avec discours et flonflons, retrouvailles, anecdotes ou souvenirs. La fête se déroulera au terrain du Tiat, et il y aura aussi une expo de photos à la salle communale. Ce sera l’occasion de ressortir les photos de classe et de les commenter. Gageons que les réminiscences iront bon train !
Les élèves ayant fréquenté l’école, anciens et actuels, seront invités, ainsi que ceux du syndicat scolaire. Les invitations ont été lancées. L’élève le plus âgé est né en 1925, et plusieurs ont plus de 85 ans. Les personnes involontairement oubliées peuvent s’adresser au président d’organisation, Philippe Leuenberger (079 270 12 10).
Claude Gigandet