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La Suisse est active en Erythrée depuis son indépendance. Avec la Direction de la coopération et du développement (DDC), elle vient notamment en aide aux réfugiés. Initiative plus originale: des géographes bernois ont également participé à l'élaboration d'une carte topographique du tout nouveau pays.
L'Erythrée n'a que dix ans. Et jusqu'en 1995, elle n'avait pas de réelle carte topographique. Celle qui orne actuellement les ministères du pays a été réalisée grâce à une collaboration avec des scientifiques suisses, et financée par la DDC.
Cette nouvelle carte, d'environ un mètre pour l'ensemble du pays, est au 1:1000000. Une grande nouveauté.
En effet, l'Erythrée n'avait, jusqu'alors, que des cartes très peu précises. Ou, au contraire, beaucoup trop précises pour offrir une vision d'ensemble du pays. Utilisées par les militaires, elles avaient été réalisées dans les années soixante par les Soviétiques et ne correspondaient plus à la situation actuelle.
Pour réaliser cette carte flambant neuve, les géographes ont donc effectué un travail de généralisation. Financé par la DDC, le projet a coûté 60 000 francs suisses. Une cartographe érythréenne y a également collaboré.
Le résultat? Une carte topographique traditionnelle, mais aussi des cartes à thèmes avec des informations sur la géologie, les sols, la pluviosité, les températures... Et même un bref résumé de l'histoire du pays.
Devenue la référence, cette carte est aujourd'hui utilisée par l'ONU, se réjouit Thomas Kohler, coordinateur du programme au Centre bernois pour le développement et l'environnement. Mais elle sert aussi aux écoles et universités.
A noter qu'au milieu des années nonante, la frontière avec l'Ethiopie, telle que définie par cette carte, n'avait pas posé de problème. Thomas Kohler ajoute que le même tracé avait été proposé à l'Ethiopie, avec laquelle les géographes bernois travaillaient également.
Ce n'est que trois ans plus tard, en 1998, qu'éclatait le conflit entre les deux pays. Le différend portait précisément sur une question de frontière...
Le Centre bernois, lui, poursuit sa collaboration avec l'Erythrée. Mais dans un tout autre domaine. Lancé en 1998, un programme de cinq ans porte sur la gestion durable des terres. Cette fois, le financement n'est plus assuré par la DDC, mais par une fondation privée.
Caroline Zuercher