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Les qualifications pour l'Euro 2024 (qui se disputera en Allemagne du 14 juin au 14 juillet) approchent. La Suisse disputera son premier match le 25 mars contre la Biélorussie, un pays en guerre qui, étonnamment, continue à être traité avec des gants par l'UEFA. La seule sanction prise par l'instance européenne oblige la Biélorussie à disputer ses matchs à domicile sur terrain neutre et sans spectateurs.
L'UEFA a ainsi décidé que sa partie face à la Nati se disputera en Serbie. Ceci après que les matchs de la Coupe du monde entre la Suisse et la Serbie, tant en 2018 qu'en 2022, ont été politiquement très chargés. Xherdan Shaqiri et Granit Xhaka, en particulier, ont ressenti la haine des Serbes en raison de leurs origines kosovares. Le capitaine de l'équipe de Suisse a aussi été accusé cet hiver d'avoir provoqué ses adversaires, d'abord en chauffant le banc serbe, ensuite en fêtant la victoire avec un maillot controversé.
Le conflit entre la Serbie et le Kosovo est latent. Ces dernières semaines, il a même pris des proportions beaucoup plus importantes - une escalade n'est pas exclue.
La semaine dernière, la première grande réunion du comité exécutif de l'UEFA en 2023 s'est tenue à Nyon (VD). L'une des questions d'actualité était la suivante: l'UEFA allait-elle maintenir le lieu de la rencontre entre la Biélorussie et la Suisse en Serbie?
Interrogée par CH Media, dont watson est partenaire, l'UEFA a confirmé que, malgré les critiques du monde du football et de la politique, le match de qualification pour l'Euro aura bien lieu à Novi Sad, en Serbie. Pourquoi? L'UEFA ne s'exprime pas à ce sujet. Il est bien possible qu'elle ne veuille pas créer de précédent. Car la Suisse n'est ni un pays en guerre, ni en conflit avec la Serbie. Il n'empêche: le fait que certains joueurs aient des racines dans d'autres pays est passé sous silence.
Stadion Karadjordje opened 1924. Holds 15,000. Home to FK Vojvodina and U21 #Sebia Nat'l Team pic.twitter.com/ORpeJ0audn— Matt Jenkins (@DutchMatt187) June 23, 2017
L'Association suisse de football (ASF) s'est résignée au prochain voyage en Serbie. Elle s'est déjà rendue une première fois à Novi Sad en repérage et se presse désormais de régler les derniers détails logistiques au voyage. Fait intéressant: la délégation suisse a reçu l'aide de la Fédération serbe de football. Comme lors de la Coupe du monde au Qatar, les deux fédérations s'efforcent d'atténuer le caractère politique de la rencontre.
Le déroulement exact du voyage en Serbie n'a pas encore été clarifié. Comme l'infrastructure autour du stade de Novi Sad n'est pas vraiment ultramoderne, il se pourrait que la Nati n'y dispute que le match contre la Biélorussie du samedi 25 mars - et non le dernier entraînement la veille du match, comme de coutume pour les rencontres internationales. Dans ce cas, la troupe de Yakin ne s'envolerait pour la Serbie que le 24 mars au soir, probablement depuis l'aéroport de Bâle-Mulhouse.
L'heure du coup d'envoi n'est pas encore définitive. Le match est prévu à 18 heures. Les Suisses auraient tout intérêt à ce que la rencontre débute plus tôt. Cela leur permettrait de repartir immédiatement après, cette fois à destination de Genève. C'est là en effet que se tiendra le deuxième match de qualification pour l'Euro, trois jours plus tard (le mardi 28 mars) contre Israël. L'UEFA devrait sans doute donner son accord pour que le match puisse être avancé. Mais afin que le changement d'horaire soit validé, il faut que la Biélorussie et les diffuseurs TV donnent leur accord. Ce n'est pas encore le cas.
Reste une question: que fera l'UEFA pour assurer la sécurité des joueurs et des accompagnateurs suisses? CH Media a également posé cette question à l'instance européenne. Aucune réponse n'a été donnée.