Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06987.jsonl.gz/1006

Le 1er novembre 1954, un couple d’instituteurs français et un Caïd algérien sont victimes d’une attaque meurtrière près de Ghassira, un petit village chaoui. Cet acte marque le début de la guerre pour l’indépendance de l’Algérie. 50 ans après, Malek Bensmaïl pose sa caméra dans cette région considérée comme le « berceau de la révolution » et interroge ses habitants sur leur rapport à l’histoire, à la langue, à la France... Des écoliers d’aujourd’hui aux témoins d’époque, c’est l’Algérie contemporaine qui se donne à voir, entre acceptation et révolte, entre mémoire et présent.
" Malek Bensmaïl ne s'est pas contenté de prendre la salle de classe comme vivarium (si son film s'était limité à ce projet, il aurait pu s'appeler Survivre et manquer, en réponse à l'idyllique Etre et avoir de Nicolas Philibert). Lui aussi fait l'école buissonnière pour explorer Ghassira et les montagnes qui l'entourent. Dans ce paysage d'une beauté austère, le temps s'écoule au ralenti. On devine la pauvreté générale, l'abandon de la région, la somme de rêves évanouis. Ces séquences sont mises en scène avec un grand luxe de moyens cinématographiques. La multiplicité des angles, la précision des cadrages n'ont sans doute laissé que peu de place à l'improvisation. Mais ces artifices de cinéma se font sentir comme un hommage à la réalité représentée, plutôt que comme une liberté prise avec elle."
Thomas Sotinel
Télérama
" En prenant comme métaphore de la société le microcosme de l'école, le cinéaste brosse un portrait sombre d'un pays encore prisonnier de...
" En prenant comme métaphore de la société le microcosme de l'école, le cinéaste brosse un portrait sombre d'un pays encore prisonnier de son passé. Les scènes de classe lui permettent notamment de dénoncer l'apprentissage autoritaire de l'arabe classique, en réaction à la « langue de l'ennemi », le français, mais aussi aux dialectes parlés au quotidien. De même, il montre la montée en puissance de l'islam, enseigné comme une référence absolue de la culture algérienne, et la transmission dogmatique de l'histoire de l'indépendance. Autant de sujets que ce documentaire aborde dans toute leur complexité mais avec la force du cinéma : dans le bref tête-à-tête entre Lakdar, le trublion de la classe, et le cheikh de l'école coranique, passe tout l'autoritarisme d'un système fondé sur la peur. La Chine est encore loin nous laisse avec des sentiments mêlés. D'un côté, l'impression d'un gâchis immense ; de l'autre, l'espoir du changement porté par une remuante jeunesse."
Mathilde Blottière
Avis
Aucun commentaire sur ce film
Soyez le premier à donner votre avis
Installez le lecteur vidéo
Une seule étape pour lire et télécharger vos vidéos