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«J'ai envoyé un autre avocat, parce que je ne croyais pas le premier », a-t-il déclaré à Amnesty International. «Je n'avais jamais pensé que je pourrais quitter la Syrie.» Mais c'était vrai. Haytham al Maleh est allé chercher son passeport le 26 juin. Il a finalement quitté le pays pour l'Europe le 10 juillet.
Le même jour, le gouvernement syrien a annoncé, lors d'une conférence du dialogue national boycottée par la majorité de l'opposition, que toutes les interdictions de voyager seraient levées. Haytham al Maleh ne pouvait toujours pas croire ce qui s'était passé.
«Même en passant les contrôles frontaliers à l'aéroport, je n'arrivais toujours pas à croire que j'étais réellement libre de voyager», a-t-il déclaré.
Il s'est d'abord arrêté en Turquie, où il a rencontré son fils Iyas pour la première fois en sept ans, et il a depuis assisté à Istanbul une conférence de l'opposition syrienne.
Libéré depuis peu, puis passé dans la clandestinité
Après trois années passées en prison, Haytham al Maleh a été libéré le 8 mars 2011 dans le cadre d'une amnistie concernant certaines catégories de détenus, notamment ceux âgés de 70 ans et plus. Mais il a été forcé de passer dans la clandestinité afin d'éviter d'être à nouveau placé en détention pour avoir exprimé son soutien en faveur des manifestations de grande ampleur qui ont éclaté peu après.
Pendant qu'il se cachait, il a déposé une demande de passeport. Ce n'est qu'en envoyant ses avocats se renseigner sur l'état d'avancement de sa demande qu'il a appris qu'il était enfin libre de quitter le pays. La manière détournée dont Haytham al Maleh a découvert qu'il pouvait se rendre à l'étranger est révélatrice du flou entourant la façon dont sont imposées, et levées, ces interdictions en Syrie.
Interdictions arbitraires de voyager répandues
On pense que des centaines, peut-être même des milliers de Syrien·ne·s, dont des militant·e·s politiques ou en faveur des droits humains et leur famille, sont soumis·e·s à ce type d'interdictions arbitraires de voyager, imposées par diverses branches des obscurs services de sécurité syriens et pouvant être temporaires ou permanentes. Elles ne sont souvent découvertes que quand ces personnes effectuent des démarches auprès des autorités pour préparer un voyage.
L'annonce des autorités syriennes indiquant que ces interdictions ont désormais été levées apparaît dans ce contexte comme un pas en avant. Mais tant que l'identité des personnes interdites de voyage et leur nombre ne seront pas révélés, il sera difficile d'évaluer dans quelles proportions ces interdictions ont été levées.
En attendant, Haytham al Maleh profite de sa liberté nouvelle pour poursuivre ses activités de militant politique à l'étranger, en participant à des événements organisés par l'opposition et en faisant pression sur les hommes et femmes politiques européens.
Quant à l'annonce concernant les interdictions de voyager, cela ne l'impressionne pas. «Ce n'est pas une avancée», a-t-il déclaré. «Les gens ne devraient à l'origine pas être empêchés de voyager, puisque cela va à l'encontre de la loi.»
Lorsqu'on lui demande s'il craint que ses activités à l'étranger le mettent en danger s'il retourne en Syrie, Haytham al Maleh reste sur ses positions. « Je ne suis absolument pas inquiet », a-t-il affirmé. «J'ai une devise: “Oublie tes inquiétudes et commence à vivre !”»