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Depuis quatre décennies, la recherche épidémiologique a mis en évidence la nécessité de considérer les déterminants sociaux et la distribution sociale des maladies dans la population suisse, en particulier en fonction du genre. Le genre influence la situation sociale, les conditions et les parcours de vie et les comportements en matière de santé qui influencent ensemble la santé. Malgré ces acquis, les politiques et stratégies fédérales de santé tendent à considérer le genre comme un facteur de second plan, à le présenter comme un déterminant « naturel », voire à omettre son influence sur la santé. Or, ne pas tenir compte du genre comme élément qui structure différemment le vécu des femmes et des hommes et qui influence leur santé entrave la mise en place d'interventions spécifiques et efficaces visant la réduction des inégalités de santé au nom du principe de justice sociale. Dans la pratique clinique, prendre conscience que les femmes et les hommes ne forment pas des catégories épidémiologiques uniformes, figées et naturelles, est un pas vers la réduction des inégalités émanant du système de santé.