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Le football suisse pleure l'un de ses grands serviteurs
Le football suisse pleure l'un de ses plus illustres serviteurs. Miroslav Blazevic, ce Croate qui n'a jamais caché son amour pour la Suisse, est décédé mercredi deux jours avant son 88e anniversaire.
L'homme qui a mené la Croatie jusqu'à la troisième place de la Coupe du monde 1998 a longtemps été l'un des grands personnages du football suisse. Comme joueur, il a connu notamment la folle aventure du FC Moutier en LNA en 1966. Il fut ensuite l'entraîneur de Vevey, du FC Sion, du Lausanne-Sports et de Neuchâtel Xamax. Il devait également vivre une brève expérience à la tête de l'équipe de Suisse en 1976. Avec son sens de la formule et son accent si désarmant, il a su mettre la presse et le public de son côté pour faire oublier un management bien souvent trop dictatorial.
Champion de Yougoslavie avec le Dinamo Zagreb en 1982, Miroslav Blazevic a acquis une immense notoriété lors de la Coupe du monde 1998 qui avait vu la Croatie crucifiée en demi-finale par la France sur un improbable doublé de Lilian Thuram. Tout au long du tournoi, il avait arboré un képi pour rendre hommage au gendarme français Daniel Nivel, grièvement blessé par des hooligans allemands. Cette troisième place, acquise grâce à un succès 2-1 sur les Pays-Bas, avait représenté une grande victoire pour le tout jeune pays indépendant depuis 1991, remportée seulement trois ans après une guerre (1991-95) qui avait fait environ 20'000 morts. Miroslav Blazevic n'avait jamais caché ses sympathies pour le président croate de l'époque Franjo Tudjman.
La Croatie et la Suisse ne furent pas les seuls pays où "Ciro" a exercé. Véritable globe-trotter, il a enchaîné des expériences à Nantes, au PAOK Salonique, à la tête des sélections iranienne et bosniaque et, enfin, en Chine. Avant d'y revenir pour la Coupe du monde 1998, Miroslav Blazevic avait notamment vécu des heures difficiles en France. Son bilan à Nantes n'avait pas, d'une part, été glorieux et, d'autre part, il avait été placé dix-sept jours en détention en octobre1995 dans le cadre de l'instruction sur les comptes de l'Olympique de Marseille alors dirigé par Bernard Tapie.
ats