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LOS ANGELES – Des chercheurs californiens ont essayé de répondre à cette question. La majorité des femmes souffrent de bouffées de chaleurs et d’épisodes de transpiration nocturne soit avant ou pendant la ménopause, mais une minorité significative ne présente pas ces symptômes. L’origine de cette différence pourrait-elle provenir des gènes ? Une équipe de l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA) semble avoir découvert une piste intéressante avec une première étude du genre, des variantes sur un gène qui affectent un récepteur dans le cerveau régulant la libération d’œstrogène pourraient être à l’origine de ces symptômes à la ménopause. En effet, les femmes qui présentent ces variantes génétiques ont plus de risques de souffrir de bouffées de chaleur, par rapport à celles n’ayant pas ces variantes. Ce travail de recherche pourrait mener au développement de nouveaux traitements.
“Aucune étude précédente ne s’était focalisée sur comment les variations génétiques chez les femmes pouvaient être connectées avec les bouffées de chaleur, et ces résultats sont très importants au niveau statistique,” a affirmé dans un communiqué la Prof. Carolyn Crandall qui a mené cette étude. Elle est professeur à l’école de médecine de l’UCLA. La Prof. Crandall n’a pas constaté des différences entre les ethnies, autrement dit les femmes caucasiennes, afro-américaines et hispaniques présentaient des résultats similaires.
Symptômes vasomoteurs de la ménopause
Selon les auteurs de l’étude, plus de 70% des femmes souffrent à un moment donné à la période de la ménopause de bouffées de chaleur et d’épisodes de transpiration nocturne. Ces 2 symptômes sont connus sous le terme de symptômes vasomoteurs de la ménopause. Une autre étude réalisée par le Wake Forest Baptist Medical Center aux Etats-Unis en 2015 avait montré que plus de la moitié des femmes à la ménopause souffraient pendant plus de 7 ans des symptômes vasomoteurs de la ménopause.
Certains facteurs peuvent augmenter l’apparition de ces symptômes comme un IMC élevé, un bas niveau de formation, le tabagisme, l’anxiété, l’ethnie ou encore la dépression. Mais le lien génétique avec ces facteurs étaient peu clair.
Les chercheurs ont réalisé une étude cherchant à analyser des variantes génétiques communes à travers l’entier du génome humain pour trouver des liens entre les variations ou variantes dans les gènes et des traits observables, dans ce cas les bouffées de chaleur et la transpiration nocturne. Ils ont examiné les données de 17’695 femmes en période de post-ménopause âgées entre 50 et 79 ans qui ont participé à une banque de donnée médicale appelée Women’s Health Initiative. Les participantes ont fourni un échantillon de leur ADN et ont informé les chercheurs si elles souffraient de bouffées de chaleur et de transpiration nocturne. Plus de 11 millions de variantes génétiques ont été analysées par les chercheurs.
14 variante génétiques
Les scientifiques ont découvert que 14 variantes génétiques étaient associées aux bouffées de chaleur. Toutes ces variantes étaient localisées sur le chromosome 4, et en particulier à l’endroit où ce chromosome encode le récepteur 3 tachykinine. On trouve ce récepteur dans le cerveau, où il interagit avec des fibres nerveuses qui régulent la libération d’œstrogène. C’est la première étude qui montre un lien entre des variantes sur le gène produisant le récepteur 3 tachykinine et les bouffées de chaleur.
La Prof. Crandall estime qu’en connaissant le mécanisme se cachant derrière les bouffées de chaleur, il serait peut-être possible de créer des (nouvelles) thérapies.
Quelques limitations
La professeur précise toutefois qu’elle et son équipe n’ont pas réussi à déterminer comment les facteurs environnementaux pourraient influencer les résultats. De plus, ils semblent aussi avoir été incapables de détecter d’autres variantes de gènes pouvant affecter les bouffées de chaleur.
Comme il s’agit de la première étude de ce type chez l’homme, les résultats devraient encore être confirmés par de futures études afin d’aider les scientifiques à mieux comprendre le lien exact avec les bouffées de chaleur.
Cette étude a été publiée le 19 octobre 2016 dans la revue spécialisée Menopause, le journal de la Société Nord-Américaine de la Ménopause (The North American Menopause Society).
Le 21 octobre 2016. Par Xavier Gruffat (Dipl. Pharmacien EPF Zurich, Dipl. MBA). Source : communiqué de presse de l’étude. Adapté et traduit de l’anglais par XG. Crédits photos : Fotolia.com.
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