Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06940.jsonl.gz/512

Son premier film "Hell", sorti en 2011, avait déjà connu le succès. Tim Fehlbaum y narrait l'histoire d'hommes et de femmes qui se battaient pour leur survie sur une planète Terre brûlée par le soleil.
Il aura fallu attendre dix ans pour que le réalisateur suisse, repéré dès la sortie de ses études de cinéma par le réalisateur Roland Emmerich ("Independance Day"), nous propose ce deuxième film à voir actuellement sur les écrans.
Une Terre inondée sous les eaux
Toujours situé dans un monde post-apocalyptique, ce n'est plus le feu qui ravage la Terre dans "Tides", mais l'eau. Suite à une catastrophe climatique majeure, il ne reste plus grand-chose de la planète bleue à part un amas de marécages. La Terre est devenue inhabitable, ce qui a contraint l'élite dirigeante à coloniser la planète Kepler 209.
Deux générations plus tard, une mission est envoyée sur Terre pour voir s'il est à nouveau possible d'y vivre. L'astronaute Blake, campée par l'excellente actrice française Nora Arnezeder, est la seule à survivre à l'atterrissage, mais découvre qu'elle n'est pas seule sur Terre. Une lutte pour la survie commence, et Blake devra prendre des décisions qui détermineront le sort de toute l'humanité.
>> A voir, la bande-annonce du film "Tides":
Une thématique très actuelle
"Tourner un nouveau film au scénario post-apocalyptique après 'Hell' n'a pas vraiment été une décision consciente", assure le réalisateur. "Au début, il y avait une image qui ne m'a plus quitté: celle de la mer des Wadden, la zone côtière de la baie allemande en mer du Nord, régulièrement inondée. Nous avons ensuite structuré toute l'histoire d'après cette vision."
Le film a demandé des années de travail et le réalisateur de constater à quel point certains des thèmes abordés, en particulier celui du changement climatique, sont devenus entre-temps très actuels.
Mais Tim Fehlbaum tient toutefois à ce que son film ne soit pas perçu comme une critique sérieuse ou une projection pessimiste. "Ce qu'il y a de génial avec la science-fiction, c'est qu'elle permet d'aborder certains sujets par le biais de l'exagération ou de prémisses abruptes, sans avoir à directement pointer du doigt."
>> A écouter: Tim Fehlbaum parle de son film "Tides" dans l'émission "Vertigo"
Faire ressentir les éléments
L'affiche du film "Tides" de Tim Fehlbaum. [Vegafilm]Dès le départ, l'objectif du cinéaste était de rendre ce monde, qui n'a presque rien en commun avec le nôtre, directement tangible. "Nous avons vite su que nous ne pourrions pas rivaliser avec le niveau de spectacle et le budget des grandes productions hollywoodiennes. C'est pourquoi le fait de pouvoir sentir tout de suite les éléments était d'autant plus important. Et si le film parvient à transmettre au public les sensations d'humidité, de brume, de violence de l'eau et des hommes, alors c'est réussi", ajoute Tim Fehlbaum.
Lui-même littéralement "possédé" par l'atmosphère de la mer des Wadden, il espère que les conditions de tournage difficiles dues à l'eau et les efforts physiques de l'équipe et des acteurs seront naturellement transposés à l'écran.
De grandes qualités cinématographiques
Un pari réussi puisque le film a été très bien accueilli dans les festivals où il a été montré ces derniers mois. Lors du Neuchâtel International Fantastic Film Festival (NIFFF), il a même été auréolé de deux prix: celui du Public et du Best Production Design.
Et du côté des critiques cinéma de la RTS, on est également très enthousiaste. Aimée Pagageorgiou, qui a "complètement accroché du début à la fin", met en avant la dimension cinématographique du film et relève la beauté de la composition des plans et des couleurs.
De son côté, Rafael Wolf se dit "bluffé par le caractère immersif du film". Et de relever qu'avec un budget peu conséquent, le cinéaste suisse est arrivé à installer un univers singulier avec une qualité cinématographique "qui n'a rien à envier aux gros blockbusters hollywoodiens".
C'est assez unique de voir ce genre de productions en Suisse
Pour nos critiques qui y voient des similitudes avec des films tels que "Waterworld", "Mad Max", "Avatar" et même "Matrix", la seule faiblesse de "Tides" se situe au niveau du scénario "qui ne surprend guère" et qui peut parfois perdre un peu les spectateurs et spectatrices.
"Mais ce n'est pas grave. Le film est tellement fort dans ce qu'il installe que, rien que pour cela, il faut aller le voir. Et sur grand écran", conclut Rafael Wolf.
aq avec agences