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La nomination de l’actuel président de la Fed de San Francisco suscite déjà des critiques.
John Williams, déjà haut resonsable de Fed, a été choisi mardi pour présider la Fed de New York, l’antenne régionale la plus importante de la banque centrale américaine, une désignation qui suscite des critiques sur le manque de diversité de l’institution.
M. Williams, 55 ans, qui préside l’antenne régionale de San Francisco depuis 2011, va remplacer à compter du 18 juin William Dudley, qui avait annoncé en novembre son intention de mettre un terme à son mandat prématurément.
Alors qu’il revient au président des Etats-Unis de nommer qui dirige la banque centrale --comme l’a fait Donald Trump avec Jerome Powell en remplacement de Janet Yellen--, ce sont les conseils d’administration des douze antennes régionales eux-mêmes qui désignent leurs présidents.
Le patron de la Fed de New York est le deuxième personnage le plus important de l’institution monétaire.
D’abord il dispose d’un siège permanent au sein du Comité monétaire (FOMC) qui décide des taux d’intérêt alors que les autres présidents régionaux observent une rotation annuelle.
Ensuite, la Fed de New York est le bras armé de la banque centrale sur les marchés financiers, toujours en contact avec Wall Street et chargée de réaliser les opérations de marché pour le compte de l’institution.
Titulaire d’un doctorat en économie de l’Université de Stanford, M. Williams a réalisé quasiment toute sa carrière à la banque centrale dont il a gravi tous les échelons.
Il a été un des adjoints de Janet Yellen, lorsqu’elle dirigeait l’antenne de San Francisco, avant d’en prendre lui-même la présidence en 2011 lorsque celle-ci fut appelée au sein du directoire de la Fed à Washington avant de devenir la première femme présidente de la banque centrale en 2014.
Certains lui reprochent de ne pas avoir identifié le scandale des millions d’ouvertures abusives de comptes bancaires chez Wells Fargo, dont la surveillance incombait à sa région.
Lors des premières rumeurs sur sa nomination, celle-ci avait suscité des critiques alors que la Fed a du mal à diversifier ses dirigeants qui sont à 80% des hommes et à 87% des blancs. L’institution s’est pourtant engagée à plusieurs reprises à mieux représenter les minorités aux Etats-Unis.
L’organisation «Center for Popular Democracy» a estimé que le processus de désignation était «caduc, ce qui prouve qu’il faut réformer la Fed de fond en comble».
En 2017, la banque centrale a fini par intégrer dans ses rangs un économiste afro-américain, Raphael Bostic, en tant président de la banque régionale d’Atlanta, une première depuis 103 ans pour la direction des antennes régionales.
«La Fed de New York n’a jamais eu de femme ou de personne de couleur à sa tête et la Fed vient seulement l’année dernière d’ajouter son premier président de banque régionale. Si on tient à l’idée de créer une économie durable et inclusive, on ne devrait laisser personne sur le bas côté», a récemment écrit le sénateur afro-américain du New Jersey, Cory Booker.
John Williams lui-même avait plaidé en 2016 pour davantage de diversité: «notre bilan n’est pas ce qu’il devrait être» en la matière et «le changement a été lent au mieux, si ce n’est tristement inexistant», a-t-il affirmé dans un discours intitulé «Pas d’excuses pour la diversité et l’inclusion».
Les instances dirigeantes de la Fed sont composées de 19 membres, dont 7 gouverneurs siégeant au Comité monétaire, nommés par le président des Etats-Unis et confirmés par le Sénat.
Actuellement quatre postes de gouverneurs sont vacants. Le président Trump a récemment sélectionné Marvin Goodfriend, un professeur d’économie conservateur à l’université Carnegie Mellon University mais il n’a pas encore été confirmé par le Sénat et n’a obtenu que de justesse le feu vert de sa commission bancaire.