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Metatrón
Obsédé par la fin du monde, Ernesto a passé des années à concevoir une île où les humains iront habiter si tout devait disparaître. Suivant une méthode de recherche particulière, le scientifique cubain nous livre son prototype d’un univers parfait : le « metatron », une sorte d’étrange figure qui articule le cercle et le cube, ces formes parfaites qui existent dans la nature et qui devront nous sauver dans le cas d’un éventuel scénario catastrophe.
Alejandro Alonso construit le portrait d’un personnage qui oscille entre le génie et l’absurde d’une comédie burlesque. Il le filme seul, chez lui, entouré par des formules mathématiques et des figures géométriques dessinées sur des bouts de papier. En saisissant les mains d’Ernesto au travail, ses esquisses d’un monde parfait ou sa parole délirante, le film construit un univers fragmentaire qui fait écho à la méthode scientifique d’Ernesto. Le cinéma se présente ici comme un jeu dialectique entre le réalisateur et le personnage, un jeu où la caméra devient, pour Ernesto, l’une des pièces de son plan impossible : celle qui va représenter l’idée de son univers parfait.
Elena López Riera