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Un tiers des femmes enceintes perdent le contrôle de leur alimentation
Cette étude est parue dans la revue American Journal of Clinical Nutrition et a été menée par des chercheurs de l'université de Genève, des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) et de l'University College de Londres.
Ce n'est pas l'envie de fraises qui inquiète les chercheurs, mais plutôt les aliments de mauvaise qualité nutritionnelle. Des aliments qui auront un impact également sur la santé des enfants à leur naissance mais aussi tout au long de leur vie.
Une prise de poids plus importante
Une des auteurs de l'étude, Nadia Micali, professeure au département de psychiatrie de l'université de Genève et cheffe du service de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent des HUG, explique dans l'émission CQFD de la RTS qu'il s'agit d'un "trouble très connu" dans le champ des troubles du comportement alimentaire.
Le "binge eating" se définit par une envie de beaucoup manger, accompagné par le sentiment d'une perte de contrôle, de ne plus être capable de s'arrêter". Pour la psychiatre, "ce comportement a des effets très négatifs sur les individus et aussi sur la prochaine génération."
Le tiers de femmes qui perdent le contrôle de leur alimentation voient leur poids augmenter davantage. "Le 5% des femmes qui souffrent de ces troubles de manière particulièrement fréquente prennent 3,5 kilos de plus pendant la grossesse. Elles sont aussi plus lourdes deux mois après la naissance. Leurs enfants naissent aussi avec un poids plus important."
Conséquences aussi pour les enfants
Cette étude établit aussi que les femmes subissant des phases de perte de contrôle mangent surtout de la nourriture peu saine, des gâteaux ou du chocolat et ingèrent peu de vitamines, pourtant cruciales pendant la grossesse. "Ces femmes consomment aussi plus de calories", détaille encore la professeure.
Leurs enfants ont un risque doublé d'être en surpoids ou obèses quand ils ont quinze ans, a constaté l'étude. "Les mécanismes d'action qui mènent à ce résultat ne sont pas encore établis", constate Nadia Micali, "mais ça pourrait être des changements métaboliques in utero, une transmission génétique ou encore une transmission de comportements chez l'enfant".
La survenance de ce type de troubles durant la grossesse est encore obscure. Pour Nadia Micali, ce pourrait être la conséquence de la "présence d'un comportement alimentaire latent qui se manifeste dans la grossesse ou d'une prédisposition pour certaines femmes rendue visible par les changements hormonaux de la grossesse".
Huma Khamis/ebz
Publié le 05 juin 2018 à 15:30 - Modifié le 05 juin 2018 à 15:42