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Ce pendentif représente un personnage de face dans une attitude hiératique. La position des bras et des jambes s’inscrit dans la tradition iconographique de l’art de l’empire du Mali, dont l’écrivain arabe Al Bakri fait mention dès le XIe siècle et qui a perduré jusqu’à la fin du XVIe siècle en Afrique de l’Ouest.
Cette pièce est en alliage cuivreux [1]. L’homme est assis sur ses jambes nues repliées et rejetées vers la droite, la cheville gauche passant sous la cuisse droite. Le corps est légèrement incliné sur la droite, ce qui, visuellement, fait pendant à la position du pied débordant sur la gauche [2].
D’une grande pureté, le visage s’inscrit dans un ovale et présente toutes les caractéristiques stylistiques de la sculpture classique du delta intérieur du Niger. Le front est lisse, le sommet de la tête porte une coiffure cylindrique étroite qui se rapproche de celle des sculptures en bois du style dit djennenke ou soninke. Les yeux en amande montrent des globes oculaires en relief entourés par des paupières
marquées de scarifications perpendiculaires au grand axe de l’œil. Le nez est droit. Les lèvres, projetées vers l’avant, sont perpendiculaires au visage, marqué par deux rides individualisant les joues et conférant au personnage un âge mûr. Une fine barbe soigneusement taillée souligne la courbe parfaite du bas du visage. Le torse est nu, recouvert par les bras croisés, dont les mains tiennent les épaules. Les deux poignets portent des bracelets triples sans décoration. Le dos des mains montre une bande de scarifications perpendiculaire à la naissance des doigts. Le ventre, marqué par un léger embonpoint, est caractéristique des représentations de notables africains. Le nombril cylindrique est en relief très saillant. L’homme porte un cache-sexe trapézoïdal bordé sur trois côtés d’une bande de tissu. Les cuisses montrent de légères scarifications inclinées vers l’intérieur du corps. Les chevilles sont finement incisées pour figurer des chevillères multiples.
Ce chef-d’œuvre de la sculpture malienne est aussi un exemple de la maîtrise technique atteinte par les métallurgistes pratiquant la fonte à la cire perdue à cette époque [3].
[1] Sans doute cuivre et zinc, par analogie avec d’autres objets du même type analysés.
[2] Dans la réalité, un personnage dans cette posture serait en déséquilibre.
[3] Il s’inscrit donc dans le style dit de Djenné, classique de la civilisation de l’empire du Mali, vers le XIIe-XIVe siècle.