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Survivre sur le Dom
On a découvert récemment au Dom ( 4545 m ), dans le massif des Mischabel, la plus haute station européenne d' une plante à fleurs.
A 4505 mètres ( 40 m sous le sommet ) fleurissait un beau coussinet de saxifrages à feuilles opposées ( Saxifraga oppositifolia ). Dans ses parties en décomposition s' affairait une population de collemboles ( Thalassaphorura zschokkei ), un insecte archaïque dont certaines espèces voisines sont connues aussi sous le nom de « puces des glaciers » ( voir Les Alpes 1/2010 ). Les sommets plus élevés, comme le Mont-Blanc, sont presque entièrement recouverts de glace et de neige, ce qui y rend impossible une existence durable. C' est au Dom aussi que le précédent record d' altitude avait été enregistré en 1978: les guides Pierre et Grégoire Nicollier, de Sion, y avaient déterminé, 55 mètres plus bas, la saxifrage à deux fleurs ( Saxifraga biflora ). Malheureusement, ils ne retrouvèrent pas ces plantes lors de passages ultérieurs par l' itinéraire sud. Les conditions de vie des organismes détenteurs de ce record sont connues grâce à une sonde de température. Durant la période partiellement déneigée de quelque deux mois, la moyenne entre les blocs de rochers se situe aux environs de 3° C. Plantes et animaux gèlent toutes les nuits. Lorsqu' il y a du soleil, la niche peut se réchauffer brièvement à 18° C lorsqu' elle est directement exposée, alors que la température de l' air reste inférieure à 0° C. Les organismes vivants se contentent de 600 heures par année au cours desquelles leur température corporelle dépasse 3° C. Les plus anciens résidus de plantes découverts au sommet ont été datés par la méthode du 14 C, qui a fixé leur âge à quelque 13 ans. C' est le temps qu' a nécessité la dégradation des feuilles mortes à cette altitude. Les touffes de saxifrages sont si grandes qu' elles doivent bien survivre là-haut depuis plusieurs décennies, mais il est quasiment exclu qu' elles forment des graines aptes à germer. Il faut donc admettre que les graines desquelles elles se sont développées ont été transportées par le vent depuis une altitude inférieure. L' établissement et la survie de plantes dans ce désert glacial tiennent presque du miracle, comme la présence de microscopiques champignons et bactéries, et de leurs consommateurs les collemboles. > Lectures larges: www.nzzfolio.ch > Suche > « Floh mit Frostschutz » ( Les Alpes 1/2010 )