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Hélène et Wolfgang, les Bonnie & Clyde des pinceaux
Wolfgang Beltracchi et sa femme Hélène ont vendu, pendant plus de 30 ans, des tableaux de grands maîtres peints de leurs mains. Découvrez le détail qui les a condamnés.
Wolfgang Beltracchi (né Wolfgang Ficher, le 4 février 1951), est le fils d'un restaurateur de tableaux et peintre d'église. Grâce à la profession de son père, le jeune Wolfgang commence très vite à peindre.
Alors âgé de 14 ans, son père lui lance un défi. Il pose une photo d'une oeuvre de Picasso à côté de sa toile et lui ordonne de la reproduire, le plus fidèlement possible.
Le résultat est bluffant! Wolfgang n'a pas seulement reproduit l'oeuvre à la perfection mais il l'a également améliorée, en y rajoutant des touches personnelles. La légende raconte que son père était tellement impressionné, mais également vexé par la dextérité de son fils, que ce dernier ne peignit plus durant 2 ans.
Quelques années plus tard, lorsque Wolfgang fête ses 18 ans, il décide de partir pour Aix-la-Chapelle et intègre une école des beaux-arts. Il partira, avant de recevoir son diplôme, ennuyé par le niveau de l'école.
Il débute alors une vie nomade à travers l'Europe. Adoptant le style de vie hippie, il promène son baluchon, de ville en ville, vendant ses reproductions dans les marchés au puce.
Il s'arrête finalement à Berlin, où il propose au grand public ses propres créations. Indéniablement doté de talent, ses oeuvres seront exposées à la "Haus der Kunst" de la capitale allemande.
C'est à ce moment précis que sa vie aurait pu prendre un autre tournant. En effet, il refuse un contrat d'artiste de la part d'un musée , car pas assez payé à son goût.
Wolfgang a également une autre idée en tête. Il décide de devenir faussaire pour empocher plus d'argent. Son plan est de reproduire des faux d'artistes de second rang, dont les ventes évitent d'éveiller les soupçons.
Sa supercherie lui permet d'engranger plusieurs milliers d'euros, grâce notamment à sa rencontre avec Otto Schulte-Kellinghaus, homme d'affaire influent auprès des maisons d'enchères.
Mais sa manigance ne remportera gros qu'à partir des années 90, lorsque Wolfgang rencontre celle qui deviendra sa femme.
Il rencontre en 1992 Hélène Beltracchi (dont il adoptera le nom), à qui il dévoile très vite son "gagne-pain". Les trois compères décident de s'attaquer à des artistes plus connus, dont les oeuvres, censées avoir été perdues à jamais, refont miraculeusement surface.
Afin de rendre l'histoire plus crédible, Hélène raconte que tous ces tableaux font partie de sa collection privé familiale, que son grand-père avait achetés une fois, pour une bouchée de pain, sans connaître la valeur réelle des tableaux.
Le stratagème fonctionne à la perfection, provoquant une véritable euphorie chez les experts et les marchands d'art.
Le machiavélique trio n'hésite pas à fabriquer de fausses photos de famille, où l'on voit en arrière plan les œuvres, lorsque une institution reste sceptique au sujet de leur origine.
Par conséquent, des artistes comme Max Ernst, Johannes Molzahnn et Fernand Léger passent sous le pinceau du prodige allemand. Wolfgang peint sur d'ancienne toile et n'utilise que d'anciens matériaux afin de passer les contrôles de datation.
Mais le voile tombe en 2010, lorsque l'analyse du tableau "Rouge avec chevaux" diagnostique un blanc de titane qui ne pouvait être utilisé à l'époque de création de la toile.
Malgré la vigilance de Wolfgang, un de ses pinceaux utilisé lors de la conception du faux, contenait le métal incriminé.
Commence alors une véritable enquête, qui permis de découvrir 13 autres faux tableaux vendus pour des sommes faramineuses.
Suite à leur procès tenu la même année, Wolfgang est condamné à 6 ans de prison ferme. De plus, ses complices et lui doivent dédommager les victimes d'escroqueries, pour un montant de plusieurs dizaines de millions d'euros.
Après sa libération en 2015, Wolfgang et Hélène s'installent à Montpellier et gagnent leur vie grâce à leurs propres créations.
Dans un dernier éclat d'insolence, Wolfgang déclare avoir vendu entre 200 et 300 faux tableaux de grands-maîtres durant sa vie.
Une phrase qui vient construire la légende, du plus grand faussaire d'arts du monde.