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Diplomatie USA-Cuba: des révélations sur le rôle de la Suisse
Un dossier spécial sur le rôle de la Suisse dans les relations USA-Cuba sera publié prochainement sur le site des Documents diplomatiques suisses.
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Washington voulait que Berne sonde Fidel Castro pendant la crise des missiles entre Etats-Unis et Union soviétique en 1962.
Alors que la représentation suisse des intérêts américains à Cuba doit cesser prochainement, des documents révèlent des anecdotes de ce mandat.
Le mandat suisse touche à sa fin
Le mandat suisse de puissance protectrice à Cuba doit s'achever lorsque Washington et La Havane auront rétabli officiellement leurs relations diplomatiques. Les Documents diplomatiques suisses (DDS) ont indiqué mercredi qu'ils publieraient alors sur leur site Internet un dossier spécial.
Du 14 au 28 octobre 1962, le monde a craint une escalade vers un conflit nucléaire entre Washington et Moscou. L'Union soviétique venait de transférer des rampes de lancement pour des missiles de moyenne portée sur le sol cubain.
Parmi les documents diffusés par les DDS, un télégramme daté du 23 octobre 1962 révèle une demande du secrétaire d’État américain Dean Rusk à l'ambassadeur suisse à Washington August Lindt.
Berne saluée par un conseiller de Kennedy
Au plus fort de la crise avec Moscou, il souhaite que le représentant suisse à la Havane sonde «de sa propre initiative» le dirigeant cubain sur sa vision de l'avenir de l'île. M. Lindt a alors le sentiment que Washington considérait une négociation avec Cuba possible.
Finalement, la Suisse préférait attendre que Fidel Castro se manifeste et la crise sera résolue au moment où les bateaux soviétiques chargés de missiles feront demi-tour devant le blocus américain des eaux cubaines.
La Suisse est le seul pays qui satisfait
Les Etats-Unis avaient eux-mêmes demandé à la Suisse en 1961 de représenter leurs intérêts à la Havane. Aucun autre acteur international ne pouvait selon eux remplir cette tâche, selon une conversation rapportée dans un document adressé au conseiller fédéral Friedrich Wahlen, en charge de la diplomatie suisse à l'époque.
«La Suisse est le seul pays avec lequel les Etats-Unis dans tous les cas, mais aussi probablement l'Union soviétique, sont entièrement satisfaits», souligne M. Lindt après s'être entretenu avec le conseiller spécial du président John F. Kennedy. «Si la Suisse neutre n'existait pas, nous devrions l'inventer», estime ce conseiller, McGeorge Bundy.
Sucre et béret
La Suisse servira d'intermédiaire sur d'autres questions sensibles, comme l'établissement d'un pont aérien entre l'île et Miami ou la signature d'un accord contre les détournements d'avions.
Mais le mandat a également provoqué quelques ennuis pour les diplomates suisses. En 1970, ils se sentent pris à partie lorsque des manifestations visent le bâtiment où la représentation suisse des intérêts américains est établie. Après des interventions auprès des autorités, la situation se calmera.
Quelques anecdotes piquantes sont aussi relevées par les DDS. Parmi elles, la livraison de sucre à Nestlé en compensation de la nationalisation de ses entreprises lors de la Révolution cubaine de 1960. Ou encore le béret offert publiquement en 1964 par Fidel Castro à l'ambassadeur Emil Stadelhofer avec lequel il discutait régulièrement. (ats/nxp)
Créé: 15.07.2015, 14h09