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Avec ce roman dont Maurice Zermatten dit dans son Journal qu’il est « entre le réalisme noir et la légende insaisissable », on entre dans le règne du fantastique : Jean-Pierre Gaudin est non seulement guérisseur, mais il est aussi sorcier et il règne sur les villageois à qui il jette des sorts et dont il profite.
Eugénie et Antoine s’aiment mais Antoine s’en va étudier la médecine. Au cours de ses études il découvre sa vocation, il sera prêtre et abandonne ainsi Eugénie. Celle-ci, pour se venger, se rend chez Jean-Pierre qui l’ensorcelle et lui fait signer un pacte. Elle dépend désormais entièrement de lui, d’abord comme femme dont la tâche est d’ensorceler les hommes du village, puis comme esclave et finalement prisonnière. L’apprenant, Antoine revient au village et réussit à faire disparaître le démon dans les flammes de sa maison.
La présence du Malin était dans les esprits des villageois valaisans. On croyait aux sorts, et aux malédictions de toutes sortes et on disait même des messes noires. Les conteurs en faisaient le centre de leurs histoires. Maurice Zermatten s’en inspire dans ce roman porté par un souffle poétique puissant.
Avant de fréquenter l’Université de Fribourg , Maurice Zermatten a suvi ses études secondaires à l’École normale de l’Abbaye d’Hauterive. Il s’est inspiré de ce couvent cistercien pour décrire le lieu où Antoine découvre sa vocation.