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Caracas ordonne la fermeture de sa frontière avec la Colombie
23.02.2019
Le gouvernement vénézuélien a ordonné vendredi la fermeture de la frontière avec la Colombie dans l'Etat du Tachira. La région est voisine de la ville colombienne de Cucuta, de laquelle l'opposant Juan Guaido entend diriger les livraisons d'aide humanitaire samedi.
"En raison des menaces sérieuses et illégales proférées par le gouvernement de Colombie contre la paix et la souveraineté du Venezuela, le gouvernement a pris la décision d'une fermeture totale temporaire" de tous les ponts qui relient les deux pays dans le Tachira, a tweeté la vice-présidente vénézuélienne Delcy Rodriguez.
"La normalité aux frontières sera rétablie quand les actes grossiers de violence contre notre peuple et notre territoire seront sous contrôle", a-t-elle ajouté.
Juan Guaido, reconnu par une cinquantaine de pays comme président par intérim du Venezuela, est arrivé à Cucuta vendredi malgré un ordre judiciaire lui interdisant de quitter son pays. Il a assisté à un concert de soutien à l'opposition. Il a affirmé que l'armée a "participé" à l'opération qui lui a permis de se rendre en Colombie.
Jour J
M. Guaido a fixé à samedi le jour J pour l'entrée de l'aide humanitaire envoyée des Etats-Unis, qui s'accumule depuis le 7 février dans des entrepôts de Cucuta.
Il a appelé les Vénézuéliens à manifester pour réclamer ces aliments et médicaments destinés à pallier les pénuries dont souffre l'ancienne puissance pétrolière en crise. "Demain, 23 février, un mois après avoir assumé la charge de président par intérim, tout le peuple du Venezuela sera dans la rue pour exiger l'entrée de l'aide humanitaire", a-t-il assuré.
Le président vénézuélien Nicolás Maduro, dont la réélection est jugée frauduleuse par ses adversaires, refuse de laisser entrer cette aide, car il y voit les prémices à une intervention militaire de Washington pour l'évincer du pouvoir.
Le secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a exhorté le Venezuela "à ne pas recourir à la force létale contre les manifestants", alors que des violences sont à craindre samedi lors de l'acheminement de l'aide internationale dans le pays.
"L'aide humanitaire doit être utilisée de manière impartiale (...) et sans objectif militaire", a insisté son porte-parole.
ats, afp