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Résumé
Dans cet article nous analysons le discours sur la nomination d’une langue romane – le francoprovençal, l’arpitan ou le savoyard – produit à des époques différentes par deux types d’acteurs sociaux: des linguistes et des militants linguistiques. Il s’agit d’étudier leurs systèmes d’argumentation afin de dégager les idéologies linguistiques et les enjeux sociaux et politiques qui se cachent derrière les nominations concurrentes. Simultanément, cette analyse nous permettra de voir sur quels critères se basent les constats qu’un idiome serait une langue à part entière, et comment les frontières entre les «langues» sont tracées. S’agissant d’une langue transfrontalière, parlée dans trois États construits selon des modèles extrêmement différents, la Suisse, la France et l’Italie, cette étude nous permettra d’explorer dans quelle mesure la différence d’organisation politico étatique détermine les représentations linguistiques. L’article est basé sur une enquête menée entre 2009 et 2013 selon les méthodes de l’entretien, de l’analyse de textes écrits (des articles, des blogs de militants, etc.) et de l’observation, y compris l’observation participante.
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