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Internet ne "travaille" plus, comme on dit ici. Et je crains que le problème ne soit réglé qu'après mon départ. Je profite donc d'être à Lomé pour publier mon dernier article.
La prévention
Lorsque j'ai préparé mon stage au Togo, j'ai voulu m'investir dans la prévention du sida et des autres infections sexuellement transmissibles. Lors d'une séance plénière avec Caritas à l'école, on nous a parlé de prévention et on m'a donné l'idée de faire une pièce de théâtre. Les enfants de Lovisa Kopé ont déjà fait du théâtre et y avait pris du plaisir. Du coup, je suis partie avec une pièce de théâtre que Caritas m'a donné.
J'ai parlé du projet à Anne Sophie en arrivant, et il l'a tout de suite emballée. Je lui ai proposé d'être responsable de ce projet, pour se partager les tâches. Nous avons lu la pièce de théâtre et décidé de l'adapter à notre sauce. Anne Sophie et les grands enfants de Lovisa Kopé ont écrit une adaptation de la pièce et attribué les rôles. Et puis, est venu le temps des répétitions. C'est Anne Sophie qui a dirigé le groupe et joué le rôle de « metteuse en scène ». J'ai assisté à quelques répétitions, en français au départ, puis en éwé. J'ai fait une affiche et Anne Sophie l'a collé dans différents lieux en informant les personnes au préalable.
La représentation a eu lieu vendredi 15 juin. L'histoire est la suivante : un mari infidèle attrape le VIH au cours d'une relation extra conjugale et le transmet ensuite à sa famille sans le savoir. Il contamine sa femme par voie sexuelle, son premier enfant par voie sanguine, et son deuxième enfant par voie materno-foetale. Toute sa famille décède et il finit malheureux. C'est un peu triste comme fin, mais ensuite on rembobine et on explique ce qu'un simple préservatif aurait changé sa vie. En conclusion, le médecin de famille explique qu'il a choisi son moyen de protection : l'abstinence, la femme a choisi la fidélité, et l'homme infidèle choisi le préservatif.
La pièce de théâtre a eu du succès, même s'il y avait beaucoup d'enfants et relativement peu d'adultes. Les acteurs se sont bien amusés, et ils devraient jouer à nouveau prochainement.
Le dépistage
Dernièrement, Pauline a reçu une formation pour que le dispensaire puisse proposer le dépistage du VIH. Cela rajoute du travail à Pauline et les journées du jeudi sont interminables. Mais Pauline prend très à coeur son rôle, et espère influer sur l'incidence du VIH.
Pauline incite toutes les femmes enceintes qui font la consultation pré natale à faire le dépistage. Dans la salle d'attente, elle informe les patients sur le VIH à l'aide tableau d'images. Elle questionne les femmes et rend son « exposé » ludique. Elle explique l'intérêt de faire le test et les conséquences qui peuvent en découler. Après cette séance d'information d'une quinzaine de minutes, toutes les femmes demandent un dépistage.
Il suffit d'une goutte de sang, de quinze minutes de patience, et d'un bon stylo. On prélève le sang à l'aide d'un tube capillaire et on le met sur le test « determine ». On garde un peu de sang dans le tube capillaire pour le cas où le premier test seraitpositif. Ensuite, la femme vient chercher on résultat dans la discrétion, avec ou sans accompagnant selon son choix.
Test négatif
Si le test se révèle négatif, on demande à la femme de revenir dans un mois pour confirmer la séronégativité. Durant le mois, la femme ne doit pas avoir de rapport non protégé. Nous conseillons aux femmes de proposer le dépistage gratuit à leur mari. On leur explique quelles précautions prendre pour rester séronégative.
Test positif
Si le test est positif, on fait un deuxième test « first reponse » pour confirmer, et identifier le type du VIH. On informe la femme de son statut et on lui fait une prise de sang pour adapter son traitement, gratuit. On lui explique comment protéger les autres, y compris l'enfant qu'elle porte. Elle informera si elle le souhaite, son époux, et lui proposera de faire le test. Pauline prend le temps de rassurer ces femmes autour desquelles, d'un seul coup, tout s'effondre. Elle leur explique qu'elles ont de la chance d'avoir découvert leur statut suffisamment tôt. Qu'elles peuvent bénéficier gratuitement d'un traitement allongeant leurs qualités et leur espérance de vie. A l'heure actuelle, 5% des femmes que nous avons dépisté sont séropositives...
C'est la fin de cette belle expérience pour moi. J'emmène dans mes valises une jolie leçon de vie que je garderais avec moi dans ma pratique professionnelle future et dans ma vie de tout les jours. J'ai acquis, en peu de temps, des connaissances et une pratique professionnelle que je n'aurais pu découvrir en Europe.
J'espère que vous avez pris autant de plaisir à lire mon blog que moi à l'écrire...