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Dernier vainqueur de la descente du Lauberhorn, Beat Feuz sera ce samedi à Wengen pour la... 200e fois au départ d'une course Coupe du monde. A la veille de ce jubilé, le Bernois s'est confié à Keystone-ATS.
Beat Feuz, vous restez sur une chute à Bormio. L'avez-vous digérée ?
«Oui, et très vite. Je n'avais pas la rage après cette chute, dans la mesure où j'avais l'impression que cette scène s'était déjà produite à maintes reprises avec le ski qui file. Mais cette fois, j'étais déjà sur les fesses alors que je voulais me rattraper. Je trouve étonnant qu'un tel incident ne se produise qu'aussi rarement.»
Cette chute a mis un terme à une incroyable et unique série: 36 classements de rang parmi les dix premiers d'une descente. Que représente pour vous une telle série ?
«Jamais je n'aurais imaginé il y a quatre ou cinq ans pouvoir témoigner d'une telle constance en raison de mes blessures au genou. Aujourd'hui, je n'arrive pas à croire à être le seul à avoir réussi une telle série.»
Le fait qu'elle se soit achevée à Bormio peut-il être bénéfique ?
«Peut-être. Même si elle ne m'a jamais dérangé, la pression est partie. Je peux désormais me croire libéré en quelque sorte. Il aurait été sans doute un peu présomptueux de ma part de croire que je ne chuterais plus jusqu'à la fin de ma carrière. Je mesure pleinement combien j'avais pu bénéficier d'une certaine part de chance sur de nombreuses descentes.»
Vous pourriez lancer une nouvelle série à Wengen. Mais la naissance imminente de votre deuxième enfant ne risque-t-elle pas de remettre tout en question ?
«Notre enfant devrait venir au monde à la fin du mois. Cela devrait donc jouer pour Wengen. Mais je laisse bien sûr mon iPhone ouvert jour et nuit. Et si Katrin m'appelle pour m'annoncer qu'elle part à la maternité, je saute dans l'hélicoptère pour voler au plus vite vers elle. Tout est organisé.»
Comme à Kitzbühel la semaine prochaine, deux descentes sont au programme à Wengen. Etes-vous prêt à enchainer les courses ?
«Je dois reconnaître que j'ai été un peu marqué sur le plan physique le mois dernier à Val Gardena et à Bormio. Mais j'ai pu me régénérer durant les Fêtes. Et je sors d'un petit bloc d'entraînement effectué à Sarentino qui m'a fait le plus grand bien.»
Vous avez disputé 15 courses Coupe du monde à Wengen. Quel souvenir gardez-vous de la première en 2010 ?
«Ma course était déjà pratiquement terminée après la Minchkante. J'étais trop loin de la bonne ligne pour espérer quoi que ce soit. J'étais aussi déjà 'mort' physiquement. J'ai tout de même tenu à finir pour me classer parmi les... cinq derniers (ndlr: il avait pris la 42e place à près de 6'' du vainqueur Carlo Janka).
Douze ans plus tard, vous avez la possibilité de devenir le seul recordman de victoires à Wengen devant Franz Klammer avec un quatrième succès. Que signifierait pour vous un tel record ?
«Toutes les victoires sont belles. Chacune a une saveur particulière. Quand je pense à mes trois succès à Wengen, je ne peux pas vraiment vous dire lequel fut le plus beau.»
Le Covid-19 est, malheureusement, toujours à l'ordre du jour. Quelle est votre position devant la volonté des organisateurs du Lauberhorn de maintenir les cérémonies officielles d'après-course ?
«J'ai de la peine à l'imaginer. En raison de tout ce monde qui sera regroupé dans un espace restreint. En raison aussi de tous les tests que nous devons passer pour pouvoir skier. Et on a bien vu que tous les résultats de ces tests n'étaient pas négatifs. Cet hiver, aucune cérémonie d'après-course ne s'est encore déroulée à l'issue d'une descente. Une avait été programmée à Val Gardena avant d'être annulée en raison du risque d'infection. Si elles sont maintenues à Wengen, il ne faudra pas s'étonner que tous les skieurs n'y participent pas. Chacun doit être libre de son choix.»
ATS