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04/09/2013
Pourquoi je suis candidat ?
Nous ne transformerons pas radicalement la société tel que nous le souhaitons depuis les parlements, et probablement encore moins depuis les exécutifs (et je ne parle même pas des exécutifs décrédibilisant où nous sommes minoritaires), ou autrement dit, nous n'instaurerons pas le socialisme par des couches successives de réformes.
Pourquoi ? Car la liberté ne se donne pas, elle se conquiert. On ne peut pas libérer un esclave tant qu'il reste dans une mentalité d'esclave. On ne peut pas supprimer la propriété et instaurer l'autogestion d'un trait de plume sur un document officiel, même voté par une majorité parlementaire. La seule façon de transformer radicalement la société vient des individus eux-mêmes. Ce sont les jeunes, les travailleurs, et les précaires, qui doivent construire une contre-société au sein même du capitalisme en étendant la gestion directe des espaces de vie, de la production, et des lieux de formation, par ceux-la mêmes qui en sont les premiers concernés. Ainsi la transformation sociale est-elle le fait même de la base de la société, et non le fait de quelque avant garde.
Ceci étant dit, je suis néanmoins candidat aux prochaines élections cantonales d'automne sur la liste socialiste.
Pourquoi être candidat après pareille introduction ?
Pour plusieurs raisons que voici.
Premièrement, la charge de député est une tribune permettant de mettre en avant des idées nouvelles, si possible subversives, pouvant participer à mobiliser et conscientiser les jeunes, les travailleurs, et les précaires, aussi bien qu'un terrain de luttes concrètes illustrant institutionnellement les rapports de pouvoir qui traversent la société, ainsi que le rapport de force capital-travail (et la lutte des classes qui découle de cet antagonisme). Ces luttes doivent être menées et peuvent servir d'exemples pour dévoiler toute la servilité de la droite en faveur des intérêts des classes dominantes.
Ensuite, il est évident que le Grand Conseil reste un lieu où l'on peut obtenir des réformes utiles permettant une amélioration rapide et concrète des conditions de vie de la population (création de crèches, de logements à bas prix, baisse du prix des transports publics, etc.), et en ce sens, le travail du député reste essentiel.
Je suis aussi candidat, car il s'agit de favoriser la représentation des jeunes au parlement, car Dieu sait si nous sommes mal représentés par rapport à notre proportion réelle dans la société (sans oublier que seuls les citoyens de plus de 18 ans, suisses, peuvent voter, excluant ainsi bon nombre de résidents).
En outre, il serait intéressant pour la Jeunesse Socialiste Genevoise d'avoir des élus parmi ses membres, ceci afin de lui permettre d'amener directement ses propres projets au sein du parlement.
Par ailleurs, si j'étais élu, je publierais tout ce que je vivrais et verrais en tant que député sur mes blogs, histoire d'informer les citoyens au jour le jour du fonctionnement concret du législatif, des rapports de pouvoir qui s'y trament, des questions de temps investi, de revenu reçu, et de présence des députés.
Alors, faut-il que vous votiez pour moi ?
Franchement, préférerais que vous rejoigniez notre parti ou tout autre mouvement d'émancipation luttant pour le socialisme et la liberté.
A défaut (ou si c'est déjà le cas), oui, vous pouvez toujours voter pour moi.
Article paru (sous une version brève) dans la Cuite Finale n°7, le journal de la Jeunesse Socialiste Genevoise