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Fertilité
Le don d'ovules devrait (enfin!) être autorisé en Suisse
Les femmes et les hommes ne sont pas encore égaux face à la question de la fertilité en Suisse, mais ce sera bientôt le cas. Le gouvernement a fait un nouveau pas, mardi 13 septembre 2022, pour répondre aux besoins des personnes souffrant d'infertilité: les couples mariés et hétérosexuels, dont la femme est infertile, pourront bientôt bénéficier du don d'ovocytes. Le Conseil des États a suivi l'avis du Conseil National, en acceptant par 22 voix contre 20 la motion déposée en 2021 par la commission de la science de la Chambre basse. La gestation pour autrui (GPA), ou le recours à une mère porteuse par exemple pour les couples d'hommes, est pour l'heure toujours interdite.
La loi fédérale sur la procréation médicalement assistée (LPMA), en vigueur depuis 2001, autorise actuellement seulement le don de sperme sous conditions - une procédure remboursée par l'assurance maladie - mais interdit le don d'ovules. Des motions visant à légaliser le don d'ovocytes en Suisse ont déjà été rejetées dans le passé.
Une solution après des FIV infructueuses
Difficile de connaître le nombre de personnes concernées par le don d'ovules, comme le rappelle le Bulletin des médecins suisses, puisqu'aucune statistique officielle n'existe. La Dre Anna Raggi, spécialiste en médecine de la reproduction, l'évalue cependant à environ 500 femmes par année, pour la plupart âgées de plus de 40 ans. «La majorité consultent en raison de leur âge, après plusieurs FIV infructueuses. C’est un fait: les couples ont des enfants toujours plus tard. Dans le cas des femmes plus jeunes, il s’agit souvent de ménopause précoce», précise la médecin auprès de Bulletin des médecins suisses. L'article précise également que les femmes ont largement plus de chances de tomber enceinte grâce à un don d'ovocytes (60%, même à plus de 40 ans), qu'en ayant recours à la fécondation in vitro (FIV) avec ses propres ovules (moins de 10%).
Aujourd'hui, les couples qui ne peuvent pas avoir d'enfant doivent se rendre à l'étranger pour recourir au don d'ovules. En Europe, tous les pays autorisent cette procédure, excepté l'Allemagne. Or, devoir se rendre à l'étranger peut être une source d'inquiétudes et de souffrances pour les futurs parents.
Il faudra toutefois faire preuve de patience avant l'entrée en vigueur de la décision du Parlement: le gouvernement doit désormais préparer un projet de loi, qui devra passer devant les parlementaires, et en cas de référendum, la décision finale incomberait au peuple suisse.
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