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Jean-Paul Dubois remporte le prix Goncourt 2019 avec "Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon" paru aux éditions de l'Olivier. Il a été choisi par six voix contre quatre pour Amélie Nothomb.
Le 22e titre de l'écrivain, publié chez L'Olivier, raconte l'histoire d'un homme, Paul Hansen, doux et bienveillant, qui croupit depuis deux ans dans une prison au Québec. Paul Hansen, le narrateur, va nous raconter comment il en est arrivé à partager une cellule avec un Hells Angel, formidable personnage, effrayant et touchant, qui rêve d'"ouvrir en deux" ceux qui ne lui reviennent pas mais reste terrorisé par les souris ou les ciseaux du coiffeur.
Un monde en train de disparaître
Pour tenir, Paul Hansen parle avec ses morts: sa compagne, pilote d'hydravion, son père, pasteur danois, sa mère libertaire et sa petite chienne, Nouk.
On apprendra à la fin du roman pourquoi un tel homme est en prison. Entre-temps remonteront à la surface des souvenirs d'un bonheur anéanti. Ce que raconte Jean-Paul Dubois, c'est l'histoire d'un monde en train de disparaître pour être remplacé par un autre dominé par l'injustice et le mépris.
L'ancien journaliste reste en lice pour un autre prix convoité: le Goncourt des lycéens qui sera décerné le 14 novembre.
>> Les précisions du 19h30:
Souvent primé
Jean-Paul Dubois est né en 1950 à Toulouse où il vit actuellement. Journaliste, il commence par écrire des chroniques sportives avant de devenir grand reporter en 1984 pour "Le Nouvel Observateur". Il examine au scalpel les États-Unis et livre des chroniques qui seront publiées en deux volumes aux Éditions de l'Olivier: "L'Amérique m'inquiète" (1996) et "Jusque-là tout allait bien en Amérique" (2002).
Déjà couronné par le prix Femina (en 2004 pour "Une vie française") et le prix France Télévisions pour "Kennedy et moi" (1996), le Toulousain de 69 ans, écrivain discret et populaire, a construit depuis une trentaine d'années une oeuvre qui séduit par sa délicatesse et sa profonde humanité.
"Tout arrive! C'est adorable, et puis voilà, je ne suis pas fait pour ce genre de choses", a déclaré Jean-Paul Dubois devant la presse. "C'est assez irréel", a-t-il ajouté.
Si les romans de Jean-Paul Dubois étaient traduits de l'anglais, il aurait en France un statut comparable à ceux de John Irving ou de William Boyd.
Amélie Nothomb recalée
Le dernier carré du Goncourt était composé d'Amélie Nothomb, Jean-Luc Coatalem, Jean-Paul Dubois et Olivier Rolin.
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Amélie Nothomb, 53 ans, était en lice pour "Soif" (Albin Michel), un roman déjà best-seller (avec près de 150'000 exemplaires vendus) dans lequel elle se met dans la peau de Jésus avant la crucifixion. C'est la troisième fois (après 1999 et 2007) que la romancière se retrouvait dans la sélection du Goncourt.
>> Voir l'interview d'Amélie Nothomb au sujet de "Soif", son "plus ancien projet":
Jean-Luc Coatalem, 60 ans, avait été retenu pour "La part du fils" (Stock), un récit dans lequel l'écrivain-voyageur mène une enquête sur la disparition de son grand-père mort dans un camp de concentration. Jean-Luc Coatalem était également en course pour le Renaudot.
Et le doyen Olivier Rolin, 72 ans, avait été sélectionné pour "Extérieur monde" (Gallimard), objet inclassable, sorte d'anti-mémoires ou livre de voyages des innombrables voyages de l'auteur.
afp/mcm
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