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Section 1. Etudes de Cas: les projets
DescriptionPour les chercheurs en didactique de l'informatique, il s'agit de déterminer le contenu et la méthode de l'enseignement de l'informatique comme discipline. Au cours du premier colloque francophone sur la didactique de l'informatique, Jean Arsac critiquait les métaphores que certains sont tentés d'utiliser lorsqu'il s'agit d'enseignement de l'informatique: " [...] il n'y a pas besoin de savoir comment est fait un moteur de voiture pour bien conduire. Il n'y a pas besoin d'avoir étudié les équations de Maxwell pour regarder la télévision ... Mais comparaison n'est pas raison, dit la sagesse populaire. " L'enseignement de l'informatique doit porter sur des invariants de structure qui caractérisent les ordinateurs et les applications, par exemple les notions de mémoire vive et morte, de registre, avant de porter sur des concepts plus complexes comme le fichier, ou la feuille de style.
Dans l'intervalle qui sépare le premier du troisième colloque de didactique de l'informatique (1988-1992), les grands paradigmes de programmation dans l'enseignement obligatoire ont laissé la place à l'intégration de l'ordinateur dans les disciplines " traditionnelles ". Le regard des chercheurs et des practiciens s'est alors tourné vers les progiciels dont l'utilisation nécessite également un enseignement. Les partisans de l'une ou l'autre des possibilités de l'alternative: " enseigner la programmation " ou " enseigner l'usage d'un logiciel ", cohabitent depuis de façon plus ou moins houleuse.
En 1980, le projet "24 heures d'informatique pour tous" prévoyait un enseignement obligatoire de l'informatique au gymnase. En 1981, le canton de Vaud mit sur pied une structure financière permettant de décharger les enseignants producteurs de didacticiels. Ces logiciels étaient souvent écrits en BASIC et utilisés dans les enseignements de logique ou de physique où ils rendaient possible la simulation de phénomènes dynamiques. En 1983, ce fut la création de la Société Suisse de l'Informatique Educative (SSIE) qui remplaçait dès lors la Société Suisse des Professeurs concernés par l'Informatique (SSPCI).
De 1980 à 1987, le travail des pionniers est mis en oeuvre dans les gymnases. Dans certains cantons leur travail a été reconnu (GE) alors que dans d'autres la mise en oeuvre des projets se passe moins bien (VD). Dès 1987, on assiste à un essoufflement: les enseignants ne veulent plus donner de leur temps pour développer des logiciels. Pierre Banderet, dans l'éditorial de "Interface" 4/94, parle d'un manque d'enthousiasme dû à la masse toujours grandissante des logiciels développés par des professionnels. Ces logiciels sont d'une qualité aujourd'hui inégalable avec les moyens restreints dont dispose un enseignant en charge de cours.
En 1995, nous sommes bien obligés de constater que l'informatique ne fait plus partie du plan d'études de la nouvelle maturité fédérale. Pour Alain Bron, la différence majeure entre 1980 et 1994 provient du fait que l'ordinateur est désormais dans les foyers. L'élève a la possibilité de se former en dehors de l'école qui n'est plus un lieu de formation privilégié. Ce constat rend nécessaire une remise en question des pratiques éducatives, des rôles de l'école et des enseignants.
Contact, références* Actes du colloque francophone sur la didactique de l'informatique, Université René Descartes, Paris 1, 2 et 3 septembre 1988.
* Actes du deuxième colloque francophone sur la didactique de l'informatique, Namur, 30, 31 août et 1er septembre 1990.
* Actes de la troisième rencontre francophone de didactique de l'informatique, Sion, du 6 au 8 juillet 1992.
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