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En 1938, un projet germe dans la tête du jeune Neuchâtelois Maurice Bavaud : franchir la frontière allemande direction Munich pour y abattre Adolf Hitler.
Quarante ans après les faits, le journaliste et écrivain alémanique Nicolas Meienberg relate cette tentative d'assassinat qui se soldera par un échec et l'exécution du Suisse à Berlin, en 1941. Au fil d'un reportage décapant, il dénonce l'inertie suspecte des autorités suisses, qui abandonnèrent à son sort Bavaud dans les cellules de la Gestapo.
Quel a été le comportement de la Suisse pendant la Seconde Guerre mondiale, avec les réfugiés et avec les fonds placés dans les banques du pays ? Que savait-on du sort des Juifs refoulés aux frontières ? Quel rôle jouait la place financière suisse ?
En 2001 et 2002, la " Commission Bergier ", mandatée par le Parlement, a publié les résultats de ses recherches : 25 volumes sur la politique suisse pendant la guerre.
Cette publication a suscité un vif intérêt, souvent bouleversé l'image que les Suisses se faisaient de leur pays, et a provoqué des débats passionnés. Afin de rendre les principaux résultats de ces recherches plus accessibles, l'historien et journaliste Pietro Boschetti a rédigé une version courte qui en présente les analyses essentielles.
Ce document, paru en 1993, a été le premier témoignage sur le Camp de Rivesaltes (Pyrénées Orientales). D'abord camp militaire, il a été converti en 1941 en camp d'internés destiné à accueillir 18000 personnes, Juifs, Espagnols et Tsiganes. Il fut fermé en novembre 1942 après la déportation massive des Juifs.
Friedel Reiter y travaille jusqu'au jour de sa fermeture, auprès des enfants. Elle tient un journal presque quotidien, y décrit la vie au camp, les moments de bonheur et de désespoir. Elle tente d'écarter ses états d'âme pour agir, négocier, éviter le pire.
Ce document est un témoignage historique et humain à la mémoire de la déportation.
L'auteur : Joëlle Kuntz est journaliste et éditorialiste au quotidien suisse romand édité à Genève, Le Temps. Franco-suisse, elle a écrit L'Histoire suisse en un clin d'oeil pour les Français, pour sa famille, dans l'idée de rapprocher les deux pays. Elle est l'auteur de plusieurs ouvrages dont notamment : Terminus. Réflexions sur les frontières d'un monde globalisé.
Le livre : "Journaliste de talent", comme le dit Jean-François Bergier, le plus célèbre historien suisse, formé par Braudel et proche de Leroy-Ladurie, dans sa préface élogieuse, Joëlle Kuntz présente l'histoire de la Suisse dans ses grands traits, traversant deux mille ans, tout en insistant notamment sur les mercenaires et le mythe de Guillaume Tell. Une deuxième partie raconte les villes suisses, leur spécificité et leur identité. Un petit livre élégant et richement illustré pour les Français soucieux d'en savoir plus sur leur voisin, pour tous les Helvètes qui ont séché leur cours d'histoire nationale, et pour les experts, qui comme Jean-François Bergier, pourraient bien être séduits par la lecture "ingénieuse, libre et volontiers provocante" que nous propose l'auteur.
En 1935, Ella Maillart fait un voyage seule au Mandchoukouo, ce nouvel empire taillé dans la Mandchourie par la volonté du Japon. Trois populations différentes habitent le pays, les Chinois, les Mandchous, les Japonais qui occupent le territoire avec militaires et civils. Les Russes soviétiques sont ressentis comme une menace par tous, le continent craint que le communisme ne contamine l'Asie entière. Le fétichisme du rail domine, la construction des voies est une priorité absolue pour les Japonais. C'est ainsi qu'Ella Maillart sillonne tout le pays, privilégiant les endroits qui semblent interdits. Avec minutie et maîtrise, elle s'informe, étudie, observe, utilise ses connaissances déjà vastes de l'Asie et de l'URSS pour comprendre ce qui se passe entre les populations et quels sont les enjeux pour les gouvernements. Avec humour, elle décrit les interminables contrôles. Ce texte, publié sous forme d'articles dans Le Petit Parisien à la fin de 1935, est inédit sous forme de livre. Il a été complété avec le manuscrit de l'auteur, et un choix de photos.
Le poisson-scorpion de nicolas bouvier est bien plus qu'un récit de voyage.
Conte fantastique et autobiographique autour de l'affaissement physique et mental d'un voyageur arrivé au bout de sa route et isolé sur l'île de ceylan en 1955, le poisson-scorpion cherche à donner un sens à une telle épreuve d'immobilité. texte miroir où se mêlent de nombreuses voix d'auteurs, ce livre dialogue aussi avec son lecteur et l'engage à s'interroger sur un genre littéraire dont il renouvelle les frontières.
Mais c'est d'abord à une expérience humaine qu'il nous convie: celle d'une "disparition" où l'écrivain voyageur nous rappelle l'importance d'une ouverture à l'autre et au monde.
Construit comme un dialogue entre un philosophe (Diderot lui-même) et une maréchale qui se veut dévote, le texte met au centre la question de la religion, et plus particulièrement le rapport que celle-ci entretient avec la morale. Le philosophe cherche à démontrer que l'on peut être bon - c'est-à-dire agir de façon morale - sans pour autant être croyant. C'est un texte léger qui, tout à fait dans l'esprit des Lumières, cherche à transmettre les idées du rationalisme religieux.
Lorsqu'alfred dreyfus, le 5 janvier 1895, fut dégradé sur la place publique, plusieurs écrivains assistaient à la scène.
Certains, comme maurice barrès et léon daudet, virent en dreyfus le traître parfait. d'autres, cependant, pressentirent son innocence. pourquoioe pourquoi zola, proust, martin du gard, anatole france, charles péguy devinrent-ils des dreyfusards ? et comment le furent-ils dans leur oeuvre littéraire ? car ils ne se sont pas seulement engagés en tant qu'"intellectuels" qui défendent une cause. ils ont pris l'affaire en charge dans leur oeuvre de romanciers ou de penseurs.
Un écrivain, ils l'ont prouvé, n'est pas seulement un styliste ou un fabricant de fictions divertissantes ; il peut aussi être un diseur de réalité, un chercheur de vérité. pourquoioe commentoe le présent essai tente d'approcher cette énigme.
Ce petit ouvrage est centré sur un texte de Rousseau rare et méconnu, les Lettres à Sara. Rédigées en 1757 et 1758, elles sont empreintes de gravité et de lucidité, et font apparaître la souffrance de celui qui s'est décrit comme « dévoré du besoin d'aimer ». Rousseau s'y livre à une analyse psychologique sans merci pour lui-même. (Ce texte est inédit en dehors de la Pléiade.).
Les Lettres à Sara sont accompagnées de trois extraits qui ont trait au sentiment amoureux : l'un appartient au Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes, l'autre est la Lettre à la comtesse d'Houdetot, et le troisième est tiré de La Nouvelle Héloïse.
Le Journal de Guy de Pourtalès donne une vision du confl it qui n'est ni celle du poilu, ni celle de l'arrière. Il n'est pas sur le front, mais à quelques centaines de mètres. Il entend si er les bombes, voit les blessés a uer, les maisons s'écrouler. Il sert d'interprète et conduit ses supérieurs d'un bout à l'autre du Nord de la France. Blessé, il est soigné dans di érents hôpitaux où il côtoie le soldat de base. Tout cela, il l'observe avec une grande curiosité pour les hommes et ses propres réactions intérieurs, dont il rend compte de manière saisissante dans son Journal . Enfi n, son voyage, crépusculaire, sur le Rhin à la fi n de la guerre, où il accompagne les Américains venus faire le constat de la défaite des Allemands, est impressionnant.
Sur les bords des lacs de la haute Engadine, Sils-Maria attire les poètes
et les penseurs, dont Nietzsche a été le plus célèbre. Cette vallée entre le nord et le sud n'est pas seulement d'une beauté sublime mais elle est devenue un haut lieu culturel. Inspiré par ces lieux, Iso Camartin développe de claires réflexions sur le rôle de l'environnement dans la création artistique. Il remplace la notion, banale, du centre et des marges, par celle de la contiguïté. Il se déclare régionaliste car pour lui la culture s'ancre d'abord dans ce qui est proche, mais il proclame qu'aucune culture ne peut ignorer le global, "la force explosive de l'étranger". Il plaide contre l'isolement et pose des questions essentielles sur l'Europe d'aujourd'hui.
Quel a été le comportement de la Suisse pendant la Seconde Guerre mondiale, devant les réfugiés et devant les fonds placés dans le pays ? En 2001 et 2002, la "Commission Bergier", mandatée par le Parlement, a publié les résultats de ses recherches : 25 volumes sur la politique suisse pendant la guerre, puis une synthèse de 600 pages. Ces publications ont éveillé un vif intérêt et instigué des débats animés. Afin de rendre les principaux résultats
de ces recherches plus accessibles, l'historien et journaliste Pietro Boschetti a rédigé une version condensée qui en présente les analyses essentielles. On y trouve les arguments fondamentaux sur les relations de la Suisse avec l'Allemagne nazie : les échanges économiques, la place financière, les industries, le transit, le travail forcé et le chapitre dramatique de la politique d'asile.
Ce livre n'est pas un pamphlet de plus, mais une tentative de comprendre comment la Suisse multilingue s'est formée, comment elle a aménagé ses relations avec les pays voisins et comment le « mariage de raison » entre Romands et Alémaniques a évolué au cours des siècles.
Voici une histoire suisse racontée avec un humour et un sens de l'à-propos dont Christophe Büchi a le secret ; ou comment le rude Alémanique, affranchi de la sphère d'influence germanique, a ravi la langoureuse Romandie. Au fil d'un récit richement documenté, on redécouvre les balbutiements de cette union - à laquelle se joignent italophones et romanches - qui deviendra un véritable mariage de raison, parfois source de stabilité pour les époux, mais aussi de contrainte. C'est en analyste avisé de l'histoire et de l'actualité autant qu'en conseiller matrimonial que Büchi répond à la question : y a-t-il encore dans le ménage helvétique la passion nécessaire pour préserver cette union ?
Le Titanic n'en finit pas de hanter notre imaginaire. Est-ce parce qu'il était le plus grand et le plus luxueux paquebot jamais construit ? Ou en raison du déroulement étrange de son naufrage ? De l'atmosphère irréelle, presque théâtrale, qui préside à l'impensable tragédie est née l'idée de cet ouvrage, dans lequel les souvenirs des rescapés permettent de comprendre ce qui s'est passé et en même temps de poser des questions sur le monde qui est le nôtre. Car aujourd'hui, que nous le voulions ou non, nous sommes tous sur le pont du Titanic. Nous vivons dans une perpétuelle urgence, comme si le futur n'attendait pas son tour. Nous ressentons que toute chose est décalée par rapport au sérieux du monde. Nous éprouvons à chaque instant la beauté de ce qui va disparaître.
Les attentats du 11 septembre 2001, et leurs répliques en Asie et en Europe, nous ont jetés dans l'angoisse et le désarroi. Le nouveau désordre mondial est d'abord dans nos têtes. Y aurait-il, malgré toutes nos dénégations, un vrai « choc des civilisations » ? Et si oui, quelles civilisations ? L'Occident contre l'islam, l'Europe contre l'Amérique ?
Dans cette confusion, nous voudrions sauver notre spécificité européenne, mais au nom de quoi le faisons-nous ? A lire les journaux et les livres parus depuis trois ans, souvent signés de plumes prestigieuses, on peut craindre que ce soit au nom d'une sagesse impuissante, d'un pacifisme hargneux, et d'une autocritique aussi complaisante que suicidaire.
Pourtant, l'Europe n'est pas tout à fait indigne de vivre. L'idéal de civilisation qu'elle a si souvent trahi n'est pas mort pour autant. Il faut ressaisir cet idéal, remonter à sa source, le réaffirmer dans toute sa claire exigence. A ce prix, nous resterons civilisés.
ETIENNE BARILIER, essayiste et romancier, est notamment l'auteur de Contre le nouvel obscurantisme (Prix européen de l'essai).