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Au total, 58% des personnes sondées souhaitent voir une nouvelle répartition des sièges au sein du collège gouvernemental, contre 38% qui ne le souhaitent pas, montre le baromètre électoral de l'institut Sotomo réalisé pour le compte de la SSR. Sans surprise, ce sont les sympathisants des Verts (93% de oui) et des Vert'libéraux (80% de oui) - deux formations jusqu'à présent privées de siège au Conseil fédéral - qui y sont le plus favorables.
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Cette évolution est aussi plébiscitée par une majorité de l'électorat du PS (76% de oui) et du Centre (54% de oui), pourtant déjà représentés au Conseil fédéral. A l'inverse, les proches de l'UDC (51% de non) et surtout du PLR (75% de non) sont opposés à un changement de système. Grâce à leurs deux fauteuils chacun, ces deux partis disposent actuellement d'une majorité au sein du gouvernement.
Une composition remise en question
Pour l'heure, le gouvernement se compose de deux UDC (Guy Parmelin et Albert Rösti), deux socialistes (Alain Berset et Elisabeth Baume-Schneider), deux PLR (Ignazio Cassis et Karin Keller-Sutter) et d'une centriste (Viola Amherd). Ce partage des sièges correspond à la "formule magique", une règle tacite qui accorde deux sièges aux trois plus grands partis du pays, le dernier fauteuil revenant à la quatrième formation.
Or, depuis les élections de 2019, cette composition est régulièrement remise en question, notamment en raison des succès des deux partis écologistes. Il y a quatre ans, les Verts ont gagné 17 sièges au Parlement fédéral et les Vert'libéraux 9. Une victoire qui a donné des ailes à ces deux formations qui rassemblent plus de 20% de l'électorat au niveau national.
Une nouvelle répartition, mais laquelle?
Depuis les dernières élections fédérales, l'UDC, le PS, le PLR et le Centre représentent à peine plus de 70% des électrices et électeurs du pays. A la fin des années 1990, les quatre partis gouvernementaux totalisaient encore plus de 83% des suffrages. C'est la raison pour laquelle les Verts revendiquent depuis longtemps un siège au Conseil fédéral, afin d'intégrer une part de la population qui selon eux n'a plus voix au chapitre.
Les partis sont toutefois très frileux à l'idée de mettre le doigt dans le mécanisme subtil qui régit la politique suisse. Mathématiquement, accorder un siège aux forces écologistes ne semble pas déraisonnable, mais aux dépens de qui? La question est revenue sur le devant de la scène depuis l'annonce de la démission d'Alain Berset il y a deux semaines. Le siège du socialiste sera repourvu en décembre prochain et promet des luttes acharnées.
Les Verts ambitieux, le PLR inquiet
Fermement motivés à se faire une place parmi les sept conseillers fédéraux, les Verts n'écartent aucune option, y compris celle d'attaquer le deuxième siège de leurs alliés socialistes. Leurs ambitions pourraient toutefois être refroidies par un mauvais résultat lors des élections fédérales du 22 octobre. Le baromètre électoral crédite le Parti écologiste de 10,2% des suffrages, en chute de trois points.
Plutôt que les socialistes, ce sont étonnamment les libéraux-radicaux qui pourraient se trouver sur la défensive à la suite des élections. Alors que, selon le sondage, le PS retrouve de la vigueur, le PLR est désormais talonné par le Centre. Il y a peu, le parti de l'économie voulait devenir le deuxième parti du pays; il doit maintenant se battre pour défendre sa troisième place.
Chef de campagne du PLR pour les élections, Philippe Nantermod avoue une "certaine inquiétude", et même une "peur" de perdre un siège au gouvernement: "Du résultat de l’élection dépendra la composition du Conseil fédéral et la majorité de droite ou de centre-droite de notre pays. Donc c’est vrai que le PLR doit progresser et doit faire mentir les sondages cet automne."
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Et si c'était le centre qui en profitait?
Du côté du Centre, on se sent pousser des ailes et on ne s'interdit rien. "Selon nous, ce sont les forces du centre (Le Centre, mais aussi les Vert'libéraux et le Parti évangélique, ndlr) qui sont sous-représentées au Conseil fédéral. La droite PLR/UDC est surreprésentée et la gauche aussi", affirme Marie-France Roth Pasquier, membre de la direction du Centre.
En fonction des résultats des élections, "nous verrons si nous pouvons effectivement revendiquer un siège de plus pour le centre politique, pas nécessairement chez nous", note la conseillère nationale. "S’il y a une alliance qui pourrait se faire – je dis bien au conditionnel – ce serait plutôt avec les Vert’libéraux. Je ne pense pas qu'on envisagera une alliance avec la gauche", poursuit la Fribourgeoise.
>> Le sujet du 19h30 sur la lutte entre le PLR et Le Centre:
Un enjeu majeur des élections fédérales
Alors, que se passera-t-il en décembre prochain? Un siège pour les Verts ou un fauteuil de plus pour le centre? Et dans ce cas, qui céderait sa place? Au vu de la complexité de la mécanique gouvernementale helvétique, le statu quo demeure l'hypothèse la plus probable. Dans tous les cas, la configuration du Parlement au sortir des élections fédérales d'octobre sera essentielle pour évaluer la probabilité d'un changement au Conseil fédéral. De quoi donner un enjeu supplémentaire au scrutin.
>> Les précisions de Rouven Gueissaz:
Didier Kottelat et Mathieu Henderson
Influence et sympathie
L'effet de la pandémie n'est toujours pas complètement retombé: Alain Berset continue d'être considéré comme le membre du Conseil fédéral le plus influent. Le Fribourgeois ayant annoncé son départ pour la fin de l'année, la future femme forte du gouvernement semble tout trouvée: Karin Keller-Sutter. En termes d'emprise sur les décisions, la grand argentière de la Confédération est la seule à pouvoir concurrencer le ministre de l'Intérieur, selon le sondage.
A côté des deux ténors du Conseil fédéral, les cinq autres membres font pâle figure. Le nouveau venu Albert Rösti, à la tête du très stratégique Département de l'environnement, des transports, de l'énergie et de la communication, tire son épingle du jeu. C'est la Jurassienne Elisabeth Baume-Schneider, en poste depuis quelques mois seulement elle aussi, qui aurait le moins de poids au sein du gouvernement, estiment les personnes sondées.
L'influence est une chose, la popularité en est une autre. A ce jeu-là, Elisabeth Baume-Schneider est mieux notée. Troisième, elle est toutefois devancée par la ministre de la Défense Viola Amherd et par son collègue de parti Alain Berset. Le socialiste est le seul à réussir à convaincre les personnes sondées de son influence tout en demeurant populaire. Ce n'est pas le cas de Karin Keller-Sutter, jugée moins sympathique. Le Vaudois Guy Parmelin et le Tessinois Ignazio Cassis ferment la marche.
Méthode
La collecte des données a été réalisée en ligne pour le compte de la SSR par l'institut de sondage Sotomo entre le 8 et le 22 juin 2023. L'étude ne permet donc pas d'évaluer l'effet de la démission d'Alain Berset, annoncée le 21 juin.
Le recrutement des personnes interrogées a eu lieu d’une part par le biais des portails web de la SSR et d'autre part via le panel en ligne de Sotomo. Après apurement et contrôle des données, les réponses de 25'216 électeurs et électrices ont pu être exploitées pour l’évaluation.
La représentativité de ce sondage est comparable à celle d’un échantillonnage aléatoire avec une marge d'erreur de +/-1,2 point de pourcentage, note Sotomo.