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Après 20 années de bons et loyaux services pour la communauté.
Il est né au pied de La Dent-de-Vaulion
Dans le hameau des Vyneuves, plus exactement. Une ferme, avec les parents, quatre enfants et deux oncles. La guerre aussi. Il avait un contrat, en 1943, pour un apprentissage de jardinier-paysagiste à Listal, mais cette même année, une mobilisation générale en décidait autrement. Un frère et son père partaient sur les frontières, et lui restait pour aider sa mère. A la fin des hostilités, il sera ouvrier dans les industries de son village.
Quand il parle de Vaulion, son visage s’anime et son regard pétille. Il est intarissable. Bien des «Vaulienis» vous le diront, Maurice est une encyclopédie vivante de ce bourg particulier, tout en longueur, parallèle au Nozon, la rivière qui donne son nom à tout le Vallon.
Vaulion était une paroisse à part entière
Maurice Magnenat racontait la naissance de l’église en 1755, et Vaulion devenait une paroisse à part entière. Ce lieu de culte avait une particularité : il avait deux entrées depuis la route principale. Une pour les femmes, distincte de celle du sexe opposé. La chaire était alors au centre du plus grand espace et l’harmonium en regard; de chaque côté les bancs et galeries se faisaient face. Ce n’est que lors de la restauration de l’église, débutée en 1967 que tout est rentré dans l’ordre. Il était municipal et il s’est occupé de la restauration de l’église.
Il montrait une vieille gravure du lieu: il y avait, sur le côté droit, une grande ferme, style bernois, qui était presque collée au lieu de culte. Lors de la réhabilitation, ce bâtiment fut détruit; ainsi l’entrée actuelle avec un porche et une place de parc furent créés. Ces transformations étaient menées par l’architecte cantonal M. Jaccotet et son adjoint, M. Baechler. Casimir Reymond, peintre, sculpteur et verrier, enfant du pays, exécuta le vitrail sur une commande des Dames de la couture. Ce fut sa dernière production avec celui de Juriens. Un tout petit regret; M. Magnenat aurait souhaité plus de couleur ou de joie, mais…
Pour lui, l’église et le cimetière sont des cartes de visite pour un village. Et tout doit être propre en ordre. Par respect.
Il s’engageait pour la communauté
Il entrait en fonction en 1992, mais c’est le 1er janvier 1994 que Gilles Fahrni, syndic, lui remettait un cahier des charges officiel: «Chauffer l’église, récurer le sol, entretenir les bois, changer les ampoules des trois cadrans donnant l’heure aux Vaulienis. Oter la neige des 2 porches. Tenir la place de parc libre d’accès et soigner les petits jardins. La décoration à l’intérieur, c’était pour les dames.
Pour certaines cérémonies, il fallait prévoir des chaises supplémentaires. Avant, des offices, il y en avait tous les dimanches. Mais quand la pasteure Laurence Perdrix est partie, il n’y en a plus qu’un par mois et à 9 h. du matin. L’hiver, il était debout à 5 h. pour que l’édifice soit à bonne température pour l’office. Il était toujours là, disponible et discret. Les gens appréciaient sa présence.
Son successeur, Didier Decrausaz, aura à cœur de poursuivre le chemin de Maurice, fait de savoir-vivre, de ponctualité et de modestie.
Encore un mariage en avril…
Il ajoutait: «Je n’ai pas tout à fait fini: des amis de Vallorbe ont insisté pour que je sois présent pour un mariage, en avril, alors je n’ai pas pu refuser. M. Decrausaz sera mon second. Après ce sera terminé pour moi».
Au premier étage de sa maison, il n’est qu’à un regard de l’église… Sûr, qu’il jettera un œil, par habitude, pour voir si tout est en ordre. Sans plus.
Une anecdote étonnante. Un de ses prédécesseurs au poste de concierge lui avait confié: «Je m’arrêterai de travailler quand j’aurai 84 ans!» Il lui avait rétorqué, eh bien moi aussi.
Ce jour, c’est chose faite. Et il garde le sourire.
Photo Marlène Rézenne