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Notre revue de presse de la semaine passée : 5 au 17 septembre 2022.
La CNUCED au service des pays en développement : Interview de Janvier Nkurunziza
Nous avons rencontré Janvier Nkurunziza, Officer-in-Charge, Commodities Branch-Chief, Commodity Research and Analysis Section à la CNUCED, pour en savoir plus sur leurs activités et l’impact de la guerre entre la Russie et l’Ukraine sur les pays en développement.
La CNUCED : définition et objectif
Selon le glossaire international, CNUCED signifie : « Conférence des Nations unies sur le Commerce et le Développement. Organisme créé en 1964 et qui rassemble tous les pays de l’ONU (193 pays) et a pour objectif de favoriser le développement du Tiers-monde. Elle vise à intégrer les pays en développement dans l’économie mondiale de façon à favoriser leur essor. Elle est devenue progressivement une institution compétente, fondée sur le savoir, dont les travaux visent à orienter le débat et la réflexion actuels sur la politique générale du développement, en s’attachant tout particulièrement à faire en sorte que les politiques nationales et l’action internationale concourent ensemble à faire naître le développement durable. »
Domaine de compétences de la CNUCED
La portée et le contenu des travaux de la CNUCED couvrent des sujets, tels que les matières premières, les transports maritimes et autres, la technologie, le droit de la concurrence, le commerce des biens et des services et l’investissement étranger direct.
Pour l’organisation, 101 nations sont maintenant dépendantes des matières premières.
Que signifie la dépendance à l’égard des produits de base ?
Selon le glossaire, « un produit de base, aussi appelé produit primaire ou bien primaire, est un produit vendu à des fins de production ou de consommation sous une forme naturelle ou normalisée. Il s’agit, par exemple, du pétrole brut, du charbon, du cuivre ou du minerai de fer, des diamants bruts et des produits agricoles, tels que le blé, les fèves de café et le coton. Ces produits s’échangent souvent sur des marchés de matières premières. »
La CNUCED considère qu’un pays est dépendant des exportations de produits de base, lorsque celles-ci représentent plus de 60% de la valeur totale de ses exportations de marchandises.
Selon Janvier Nkurunziza, la dépendance aux produits de base rend les pays plus vulnérables aux chocs économiques. Elle peut avoir un impact néfaste sur les exportations et les recettes fiscales et nuire au développement économique d’un pays.
Activités de la CNUCED
L’organisation contribue au débat sur la dépendance à l’égard des produits de base. L’institution aide les pays à s’éloigner de cette dépendance.
La solution consiste à diversifier leur économie et à renforcer les exportations autres que les produits de base.
L’institution intègre les réalités des cycles des matières premières dans la stratégie des pays et encourage l’utilisation efficace de la rente des produits de base. Celle-ci se définit comme le revenu provenant de la propriété de la terre et d’autres dons gratuits de la nature.
Les trois piliers de la CNUCED
Pour remplir son mandat, l’organisation exerce trois fonctions principales. Ces trois piliers sont la recherche et l’analyse, la formation de consensus et la coopération technique.
1. La recherche et l’analyse
L’organisation effectue des recherches et des analyses, ainsi que des collectes des données pour alimenter les discussions des experts et des représentants des gouvernements. Elle publie différents documents sur les produits de bases notamment.
Publié depuis 2012, le Commodity and development report offre une analyse approfondie de sujets présentant un intérêt particulier pour les pays en développement dépendant des produits de base et présente des propositions.
Nous pouvons également indiquer le document Commodities at a glance, qui consiste en une série de rapports et mentionner à titre d’exemple le rapport sur le bambou.
La CNUCED analyse les matières premières sous tous ses aspects (principaux producteurs, acteurs majeurs, etc.), en se concentrant sur des matières premières clés spécifiques (par exemple, la gomme arabique, le café, le gaz de schiste).
Le rapport The State of Commodity Dependence est, quant à lui, publié tous les deux ans.
Dans la version 2021, nous pouvons découvrir des profils statistiques des 195 états membres de la CNUCED, comprenant plus de 30 indicateurs axés sur l’ampleur de la dépendance de chaque économie à l’égard des importations et des exportations des matières premières entre 2008-2009 et 2018-2019.
L’institution partage les conclusions des études par pays avec le secteur privé, les gouvernements, les ONG et d’autres parties prenantes.
Un autre rapport, le World commodity trends and prospects est préparé par le secrétariat de la CNUCED, pour être soumis à l’Assemblée générale lors de sa session annuelle.
L’organisation publie également des études de fond pour les réunions intergouvernementales.
En outre, la CNUCED a publié des documents de recherche, qui apportent des réponses aux défis auxquels sont confrontés les pays en développement.
2. La recherche du consensus
L’institution fonctionne comme un forum de débat intergouvernemental, soutenu par des discussions d’experts et des échanges d’expériences, dans le but de créer un consensus.
La 13ème session de la Réunion d’experts pluriannuelle sur les produits de base et le développement se tiendra d’ailleurs à Genève du 10 au 12 octobre 2022.
3. La coopération technique
La CNUCED fournit une assistance technique adaptée aux besoins des pays en développement, avec une attention particulière pour les pays les moins avancés et les pays en transition.
L’institution coopère, le cas échéant, avec d’autres organisations et pays donateurs pour la fourniture de l’assistance technique.
Elle cherche également à renforcer la capacité des parties prenantes à intégrer les réalités des cycles des produits de base dans les stratégies de développement.
Nous pouvons citer comme exemple un projet qui concerne la valorisation du coton.
Impacts de la guerre en Ukraine sur les pays en développement
La CNUCED a publié un rapport intitulé l’impact sur le commerce et le développement de la guerre en Ukraine.
Les conséquences de la guerre sont un choc, en raison du fait que la Russie et l’Ukraine sont d’importants producteurs de matières premières. Les perturbations ont provoqué une flambée des prix mondiaux, notamment pour le pétrole et le gaz naturel.
En outre, la Fédération de Russie et l’Ukraine comptent parmi les plus importants producteurs de produits agricoles au monde. Ces deux pays sont des exportateurs de produits agricoles et jouent un rôle de premier plan dans l’approvisionnement des marchés mondiaux de denrées alimentaires et d’engrais.
La plupart des pays en développement se sont tout juste remis de la pandémie, et disposent d’une marge de manœuvre minimale pour contrer les effets du choc. Cette crise menace ces progrès. Cela risque d’intensifier les pressions socio-économiques, ainsi que la vulnérabilité de la dette publique. En conséquence, la sécurité alimentaire pourrait être affectée dans les pays pauvres.
De nombreux pays sont particulièrement vulnérables aux effets de la guerre, notamment en raison de la hausse des coûts de l’énergie, de la nourriture et des engrais. Les populations sont particulièrement exposées à ces fluctuations de prix, car elles consacrent la plus grande partie de leurs revenus à l’alimentation et à l’énergie.
Le rapport explique que les pays les plus pauvres ont tendance à être importateurs de produits alimentaires et les mesures d’exportation et d’importation sur le commerce peuvent encore aggraver la hausse des prix des denrées alimentaires.
La CNUCED suivra donc de près tous les développements.
En conclusion, la CNUCED est une référence institutionnelle mondiale. Elle traite efficacement des questions de développement, en utilisant ses propres mécanismes pour trouver des solutions.
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