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La justice égyptienne a ordonné l'arrestation d'Ahmad Chafiq, ancien Premier ministre de Hosni Moubarak, pour qu'il soit traduit devant une cour pénale. Il est sous le coup d'une enquête pour corruption dans une affaire concernant une cession de terrain aux deux fils de l'ancien raïs.
Ces deux derniers, qui se trouvent actuellement en détention préventive au Caire, vont eux aussi être traduits devant une cour pénale pour cette affaire, de même que quatre anciens généraux, a-t-on indiqué de source judiciaire. M. Chafiq se trouve aux Emirats arabes unis depuis sa défaite au second tour de l'élection présidentielle de juin.
M. Chafiq figure depuis le mois dernier sur une liste de personnes pouvant être arrêtées à leur entrée en Egypte ou interdites de quitter le territoire. Le procureur général Abdel Méguid Mahmoud a demandé à ce que des démarches soient entreprises pour qu'il soit placé sur la liste des personnes recherchées par Interpol. Le bureau du procureur a précisé qu'il n'y avait pas de convention d'extradition entre les Emirats et l'Egypte.
Mesure "politique"
M. Chafiq, un ancien chef de l'armée de l'air, a été ministre de l'Aviation civile avant d'être nommé Premier ministre par Hosni Moubarak fin janvier 2011, dans les tout derniers jours de sa présidence.
Il a dénoncé comme "politique" la mesure pouvant entraîner son arrestation à son retour sur le sol égyptien. Il a assuré qu'il n'hésiterait pas à regagner son pays quand il jugerait cela "nécessaire".
L'affaire le visant concerne la vente à un prix supposé en dessous de celui du marché d'un vaste terrain appartenant à une association de pilotes militaires, dont M. Chafiq était le président, aux fils de l'ex-chef de l'Etat Alaa et Gamal Moubarak. Ces accusations avaient surgi au cours de la campagne électorale de M. Chafiq, qui les avait démenties.
De nombreux responsables politiques ou hommes d'affaires proches du clan Moubarak -notamment de Gamal, autrefois héritier politique présumé de son père- ont été traduits en justice ou sont menacés de l'être depuis la chute du raïs en février 2011.
ATS