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Lorsque j'ai entendu que watson avait besoin de quelqu'un pour couvrir l'actualité internationale, qui se déroule pendant la nuit – c'est à dire, pendant que vous dormez en Suisse – j'ai sauté sur l'occasion. Grâce au décalage horaire assez idéal avec les Etats-Unis, six heures en arrière sur la côte est, j'ai réussi à convaincre la rédaction en chef de me laisser aller m'installer au pays de ce bon vieil Oncle Sam.
Nous sommes le jeudi 23 juin 2022. C'est assez impressionnant de se retrouver devant l'ambassade américaine à Berne. Les contrôles de sécurité sont limites pires que pour prendre un avion. Le téléphone, une friandise, un parapluie, c'est tout juste si on ne vous demande pas d'enlever vos chaussures pour vous rendre dans la zone officielle des demandes de visa.
En allant là-bas, j'étais convaincue que j'allais passer un entretien avec un représentant de l'ambassade, mais que nenni. Trois guichets et c'est parti. Le premier où l'on donne la lettre de l'employeur, confirmant que le déménagement est à sa demande. Le deuxième, on doit donner ses empreintes digitales. Et au troisième guichet, un grand jeune homme m'a demandé combien de temps je comptais rester aux Etats-Unis. J'ai lancé: cinq ans, bien sûr!
Je reste sans voix et j'appelle immédiatement mon père (mon soutien numéro un), qui réussit un peu à me calmer en me disant que rien n'est joué tant que je n'aurais pas récupéré mon visa, que peut-être ce représentant s'était trompé. Mouais...
Quelques jours et plusieurs ascenseurs émotionnels plus tard, je retourne donc à Berne, ne sachant pas vraiment à quoi m'attendre, alors que je suis quelqu'un de très sereine d'habitude. J'arrive à l'ambassade d'Inde (ne me demandez pas pourquoi les visas américains doivent être récupérés à l'ambassade indienne) et le représentant qui me reçoit passe presque dix minutes à chercher mon passeport. Je me dis: ça y est, non seulement je ne vais pas avoir de visa, mais en plus ils ont perdu mon passeport, ces bâtards (excuse my french!).
Finalement, il revient, avec le sourire aux lèvres et me tend mon passeport en me demandant de bien vérifier que c'est le mien. Il ajoute que le visa est tout à la fin du passeport. Et là, je m'exclame:
J'appelle mon père, illico presto, et l'émotion dans sa voix est à la hauteur de ce que je ressens, car il sait que je rêve de l'Amérique depuis mon plus jeune âge et encore plus depuis nos premières «vacances» là-bas, lorsque j'avais douze ans. Ce pays est tellement de choses à la fois: fascinant. Déroutant. Parfois dégoûtant. Mais il est surtout unique et rempli d'opportunités, l'échec n'existe pas, seule la résilience compte. Le fameux rêve américain existe encore, j'en suis sûr, et je vais pouvoir le ressentir, le comprendre, le vivre, de l'intérieur.
Il ne reste plus qu'à décider dans quelle ville je souhaite m'installer. New York? Los Angeles? San Francisco? Un bled paumé? Le choix est tellement vaste, que ça en est presque déroutant. Je vous explique tout dans la prochaine «slice» de ma nouvelle vie américaine!
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