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Ce dernier s'est excusé "du fond du coeur" pour la démission de Tomomi Inada, assurant qu'il portait toute la responsabilité de sa nomination au poste.
Le Premier ministre a annoncé en outre à des journalistes que le ministre des Affaires étrangères Fumio Kishida reprendrait son portefeuille.
Protégée d'Abe, un temps promise aux plus hautes fonctions, Inada a notamment été mise en cause dans un rapport sur des soupçons de dissimulation d'une détérioration de la situation au Soudan du Sud, où les troupes japonaises ont participé à une opération controversée de maintien de la paix dirigée par les Etats-Unis.
Le déploiement de troupes japonaises à l'étranger est soumis à de strictes conditions liées à la Constitution pacifique du Japon et le rapport a conclu à des infractions à cette législation.
Le Premier ministre comptabilise moins de 30% de soutiens dans de récents sondages, sur fond de soupçons de népotisme.
Revenu au pouvoir en décembre 2012, il était jusqu'à récemment jugé sans rival pour obtenir un troisième mandat à l'expiration de l'actuel, en septembre 2018.
Mais sa plongée dans les sondages aiguise les appétits au sein du PLD (Parti libéral-démocrate), le parti au pouvoir.
En face, le Parti démocrate, principale formation d'opposition, ne parvient pas à profiter des déboires de la majorité.
Sa dirigeante, Renhō Murata, promet de démissionner pour redorer l'image de son parti, ternie par des querelles internes et le souvenir de son propre passage mouvementé à la tête du gouvernement, entre 2009 et 2012.
L'idée d'élections anticipées fait son chemin au sein du PLD, mais certains responsables s'y opposent, alors que le parti au pouvoir dispose d'une très confortable majorité des deux tiers à la chambre basse de la Diète, le Parlement japonais.
Les marchés financiers observent ces soubresauts de loin.
"Tant qu'on n'en arrive pas au stade où Abe démissionne, cela ne les affecte en rien", commente Mitsushige Akino, un gérant de fonds.
(Linda Sieg, Julie Carriat et Jean-Stéphane Brosse pour le service français)