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Sigurd Leeder (1902-1981) était un représentant du courant allemand de la danse expressionniste (« Ausdruckstanz »). D’anciennes élèves de son école, la « Sigurd Leeder School of Dance » (établie à Londres de 1947 à 1959, puis à Herisau de 1964 à 1981) ont fondé la « Sigurd Leeder Dance Association » et se sont donné pour but de transmettre son œuvre aux générations à venir. Les membres de l’association ont bénéficié de l’enseignement de Leeder à différentes époques et ont ainsi pu s’imprégner directement de ses principes pédagogiques. Elles reconstituent des études choisies qui mettent en évidence les méthodes et la philosophie de l’enseignement de Leeder, en collaboration avec des danseuses et avec une experte renommée de la notation chorégraphique, Ann Hutchinson Guest. Le projet comprend la publication d’un DVD où ces études, qui peuvent être considérées comme autant d’œuvres indépendantes, sont interprétées par des danseuses professionnelles contemporaines. Ce DVD accompagnera une publication d’Ann Hutchinson Guest consacrée aux méthodes de Leeder ; il sera en outre mis à la disposition du public dans des archives et des lieux de formation et de création liés à la personne de Sigurd Leeder
La danseuse belge Charlotte Bara (Bachrach) a vécu et travaillé à Ascona, où elle est décédée en 1986. Dans son « Teatro San Materno », construit pour elle dans le style du Bauhaus, Charlotte Bara n’hésitait pas à mêler les genres et entretenait des contacts réguliers avec le monde artistique international. Elle s’y consacrait aussi à la « danse sacrée », qui était un de ses principaux centres d’intérêt. L’actuelle directrice artistique du « Teatro San Materno », la chorégraphe Tiziana Arnaboldi, s’est mise à la recherche de traces de la vie et de la création artistique de Charlotte Bara. En se basant principalement sur des photographies conservées au Musée communal d’Ascona, qui témoignent des postures de la danseuse dans l’exercice de son art, elle a conçu le spectacle « Danza e Mistero » (création le 3 décembre 2017). Dans cet hommage à la danseuse Charlotte Bara, trois danseuses contemporaines se réfèrent à ses attitudes corporelles, qu’elles réinterprètent à l’aide d’éléments actuels. Le but de ce projet et de la tournée prévue, en Suisse et à l’étranger, n’est pas seulement d’honorer la mémoire d’une danseuse relativement peu connue, mais aussi de se réapproprier sa création et d’en faire sur scène un objet de réflexion.
Noemi Lapzeson, danseuse, chorégraphe et enseignante, nous a quittés en janvier 2018. Le Grand Prix suisse de danse lui avait été décerné en 2017, récompensant une œuvre particulièrement marquante. Née en Argentine, Noemi Lapzeson a étudié à la célèbre Julliard School de New York ; elle a été soliste dans la troupe de Martha Graham et a participé à la fondation du London Contemporary Dance Theatre. En s’installant à Genève en 1980 et en y déployant ses activités, elle a donné un nouveau visage à la danse contemporaine suisse, influençant plusieurs générations d’artistes par son approche et ses chorégraphies. Depuis plusieurs années, Marcela San Pedro, qui a été son élève et une de ses plus fidèles danseuses, cherche à reconstituer ses méthodes d’enseignement, en collaboration avec le cinéaste Nicolas Wagnières. Dans ses cours, Noemi Lapzeson transmettait non seulement sa vision de la danse contemporaine, mais aussi un vaste savoir qu’elle avait acquis, ordonné et affiné tout au long de sa carrière. Le film de Marcela San Pedro et Nicolas Wagnières est conçu moins comme un documentaire que comme un matériau de travail. Il cherche à fixer par l’image l’enseignement de Noemi Lapzeson et sa manière propre de transmettre ses connaissances et son expérience à de jeunes danseurs.
Les Archives suisses des arts de la scène (SAPA) ne se bornent pas seulement à collectionner et archiver des documents existants, elles cherchent aussi à produire de nouvelles sources d’information sur l’histoire des arts de la scène. Elles ont déjà immortalisé des témoignages oraux de représentants éminents de cet art éphémère qu’est la danse dans leur film « Voix de danse – Voies dansées. Une histoire orale de la danse en Suisse » (un projet de sauvegarde du patrimoine culturel de la danse encouragé en 2012) . Ce nouveau projet donne la parole à la journaliste Ursula Pellaton. Cette observatrice attentive des tendances, des mouvements, des centres d’activité et des thématiques de la danse suisse rend compte de la création contemporaine dans ses critiques, rapports, portraits, avant-premières et articles. Au-delà de ces nombreuses publications, sa profonde connaissance du monde de la danse contemporaine recouvre plus d’un demi-siècle. Mis en perspective au moyen des méthodes de l’histoire orale, les entretiens menés avec Ursula Pellaton sauvegarderont ses souvenirs et ses témoignages, constituant ainsi une source documentaire importante pour l’histoire de la danse suisse. Les enregistrements vidéo des entretiens pourront être consultés comme témoignages bruts. Les entretiens seront en outre transcrits et publiés comme volume de la collection SAPA.
Des groupes de danseurs non-professionnels préparent et présentent des joyaux de la danse suisse contemporaine
Le projet « patrimoine culturel, danse ! », dirigé par Margrit Bischof (chercheuse et enseignante) et Thomas Péronnet (chorégraphe et performeur) cherche à donner accès au patrimoine culturel de la danse suisse en passant par l’expérience corporelle. Des groupes de danseurs non-professionnels choisiront, sur une liste des principales chorégraphies suisses des 20e et 21e siècles, une production qu’ils prépareront sous la conduite de professionnels. Cette approche met ainsi l’accent sur le travail en profondeur d’une œuvre déterminée. Les reconstitutions et les interprétations historiques enrichissent les connaissances chorégraphiques des participants et leur participation directe consolide leur formation culturelle. En travaillant les productions choisies pour la scène et en les réalisant avec leur propre corps, les danseurs non-professionnels se familiarisent avec les languages du mouvement, les techniques de la danse et les styles. Les reprises, reconstitutions et réinterprétations seront présentées au public dans le cadre d’un festival.