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Le conseiller fédéral Didier Burkhalter s'adressant à la presse (archives).
KEYSTONE/PETER SCHNEIDER(sda-ats)
La Suisse ne s'est pas "couchée" devant le président chinois, estime le ministre des Affaires étrangères Didier Burkhalter. Les droits humains ont été évoqués, et concrètement Berne a proposé que le commissaire de l'ONU à ce dossier visite la Chine.
Le président Xi Jinping a "réagi positivement", souligne Didier Burkhalter dans un entretien avec les journaux alémaniques Tages-Anzeiger et Der Bund publié mercredi. Des cas concrets liés à la violation des droits humains n'ont pas été évoqués directement avec le président, mais son entourage a participé à la conversation.
La délégation suisse a tenté une approche teintée à la fois de louange et de réprobation. "Nous lui avons dit qu'effectivement de grands progrès ont été faits aux niveaux social et économique", explique le conseiller fédéral. Mais "la Suisse est convaincue que des améliorations peuvent aussi être faites concernant la liberté d'expression et les libertés personnelles", a également fait savoir Berne, selon Didier Burkhalter.
Le conseiller fédéral PLR constate par ailleurs que le thème des droits humains a pu être discuté directement. Les conséquences de l'incident de 1999, alors que le président chinois de l'époque Jiang Zemin s'était énervé d'une manifestation en faveur du Tibet, sont "maintenant résolues". "Les Chinois savent que la Suisse a une position constructive".
"Figure antithétique"
"En ce moment, nous parlons beaucoup du président élu des Etats-Unis Donald Trump et le président chinois pourrait se positionner comme une figure antithétique", analyse le Neuchâtelois interrogé à propos du discours de Xi Jinping à Davos, dans lequel le dirigeant a mis en garde contre une guerre commerciale à l'encontre de Pékin. De cette manière, il veut gagner de l'influence dans la direction des institutions mondiales, complète-t-il.
Ce qui pourrait aussi être intéressant pour la Suisse: "Nous aussi, nous voulons avoir quelque chose à dire dans les différents organes dirigeant le monde. Nous aussi, nous voulons intégrer et ne pas attiser les conflits". La Suisse a dans cette perspective des points communs avec la Chine. Les droits humains constituent une grosse différence, ajoute toutefois le ministre des Affaires étrangères.
Amnesty International a rapporté une aggravation de la situation à ce niveau-là depuis le début du mandat du président Xi Jinping en 2013. L'organisation non gouvernementale critique notamment des faits incriminables vaguement définis, des méthodes de stigmatisation et un usage actif de l'emprisonnement sans procédure judiciaire.
Xi Jinping a entrepris une visite d'Etat en Suisse dimanche et lundi avant de se rendre au Forum économique mondial (WEF) à Davos. A cette occasion Berne et Pékin ont signé toute une série d'accords et de déclarations d'intention entre les deux pays. Ils concernent notamment l'accord de libre-échange déjà en vigueur, l'innovation, la coopération internationale, la propriété intellectuelle, la culture, l'énergie ou encore le sport.
ATS