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Installation sonore
David Horvitz a créé ces dernières années différents instruments de musique à partir de cloches tubulaires, suspendues à des arbres, un bâtiment ou tenues par des participant·e·s. Chaque tube de laiton correspond à une note. Ainsi, pour La Criée, centre d’art rennois, les tubes, oxydés par la pluie, le vinaigre de cidre et l’eau de mer, permettaient de jouer la berceuse bretonne Luskellerez Vor (Berceuse de la Mer).
Et pour la biennale berlinoise Britzenale 4, en août 2023, ce sont 31 tubes récupérés dans la ferraille qui permettaient d’entendre, sous un chêne rouge, comme un miracle, la berceuse allemande Schlaf, Kindlein, schlaf.
À Sion, dans l’escalier Ouest de la Centrale, 30 mètres de tubes sont distribués comme un harmonium géant.
Textes
Pour la Biennale Son, David Horovitz a écrit une série de courts poèmes qui sont autant d’invitations à se connecter à l’environnement. «Mets ta bouche contre l'écorce d'un arbre et fais vibrer tes lèvres et ta voix dans l'arbre à travers les racines et vers le ciel», «Imagine le silence émanant d'un glacier disparu» ou encore «Appelle un corbeau jusqu’à ce qu’un corbeau t’appelle» sont autant de suggestions inspirées par la réalité du paysage alpin.
Ces textes, en anglais et en français, mis en espace par l’artiste valaisan Romain Iannone, seront distribués sur le réseau d’affichage valaisan, sur le grand panneau extérieur de la librairie Payot à Sion, où l’EDHEA programme régulièrement des propositions graphiques et artistiques, et dans les pages du Nouvelliste
Né en 1982 à Los Angeles
Vit à Los Angeles
David Horvitz a étudié à l'Université de Californie et à l'Université Waseda de Tokyo avant d’obtenir un master au Bard College (New York), en 2010. Inspiré notamment par les artistes conceptuels Bas Jan Ader et On Kawara, David Horvitz explore de façon poétique notre relation au temps, au langage, et plus globalement aux échanges, sous forme traditionnelle ou via le net. Son travail peut prendre les formes les plus diverses, de l’écriture à la photographie en passant par la performance, le mail art ou encore une interaction avec l’environnement, numérique, paysager, humain.
La bourse Follow Fluxus - After Fluxus 2020 qui lui a été remise à Wiesbaden est révélatrice de sa démarche. Le jury a été convaincu «par la complexité de sa pratique artistique et l'esprit critique qui se cache derrière son langage esthétique fort et ludique. Son utilisation de matériaux et de moyens simples et quotidiens pour atteindre des idées complexes est une source d'inspiration». Il a encore estimé que David Horvitz «s'efforce d'occuper les espaces publics de manière sensée, à la fois humoristique et critique, en attirant l'attention sur les défis posés par les événements politiques et sociaux actuels».
David Horvitz dit que l’Océan est un peu son atelier. Ainsi, une de ses pièces récentes est une tentative de reconstituer ses sons avec l’alphabet anglais. Il en est résulté une sorte de partition vocale imprimée sur des posters et un drapeau (When the ocean sounds , 2020).
Il peut aussi envoyer des boutures de son jardin californien pour planter entre les pavés devant sa galerie berlinoise pendant le confinement. Ou enfermer de l’air de Los Angeles dans un petit flacon de verre, alors que celui-ci est suspect de transporter des virus et clairement chargé du gaz carbonique provenant des feux de forêts qui menacent la ville. Air de LA est bien sûr un hommage à Air de Paris de Marcel Duchamp.