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Historique et definition
Historique
La maltraitance infantile était largement connue et pratiquée aux siècles passes, mais pas reconnue socialement, particulièrement la maltraitance sexuelle, quand elle n'a pas été ritualisée (excisions, circoncisions, pratiques «religieuses» ou coutumières, etc.).
A Londres au siècle passé, le 80% des enfants illégitimes que I'on confiait à des nourrices mourraient. Platon est I'un des premiers qui a laissé dans I'histoire une trace différente, et conseillait en 400 avant J.-C. aux maîtres d'école de se servir du jeu plutôt que de la contrainte pour instruire les enfants. Mais les périodes de répit étaient brèves, et les enfants sont restes longtemps la propriété du chef de famille, qui avait droit de vie ou de mort. Les meurtres de nourrissons restent en pratique dans certaines traditions, et expliquent dans certaines régions un rapport filles/garçons différent de celui du reste du monde (encore actuellement !), alors que les guerres civiles ont un effet en sens inverse dans d'autres régions. En 1871 a été fondée a New York I'association pour la prévention de la cruauté envers les enfants. En 1909 était organisée la première conférence de la Maison Blanche pour I'étude et la prévention de la mortalité infantile.
Du point de vue médical, Ambroise Tardieu, professeur de médecine légale à Paris a décrit en 1868 à partir de résultats d'autopsie le syndrome des enfants battus. La même année, Athol Johnson, à I'hôpital des enfants malades de Londres, attire I'attention sur la fréquence des fractures répétées chez les enfants, qu'il attribuait au rachitisme, fréquent a cette époque (mais nous savons maintenant que c’était des enfants maltraités). Une statistique faite a Londres en 1870 dénombre 3926 enfants de moins de 5 ans décédés de mort violente, dont 200 sont attribués a des homicides involontaires, 95 au manque de soins et 8 au froid.
En 1946, John Caffey fait part des premières observations concernant I'association inexpliquée d'hématomes sous duraux et de modifications anormales au niveau des os longs diagnostiqués au rayons X. Avec Silvermann, autre médecin, ils identifient clairement la nature traumatique de ces lésions. En 1995 para!t dans une revue américaine importante un article sur ces constatations, article qui porte comme titre «L'importance des lésions squelettiques semblables aux lésions d'origine traumatique chez I'enfant». En 1961 la réunion de l'Académie nationale américaine des pédiatres a choisi, pour I'un des thèmes de discussion, celui du «syndrome des enfants battus».
Mention doit être faite des importants travaux de Kempe, réfugié aux USA dès la montée du nazisme en Allemagne, qui a le premier développé des recherches sur le thème de la maltraitance.
Définitions
Les définitions citées sont celles de l’étude fédérale «Enfance maltraitée en Suisse» (Département fédéral de l’Intérieur, 1992), qui a permis il y a une décennie de faire un premier bilan du phénomène sur la base de déclarations volontaires des professionnels des milieux médicaux, sanitaires et sociaux.
La négligence
Le terme de négligence décrit le fait que les enfants, qui doivent être nourris, qui ont besoin de soins, d'hygiène, de surveillance et de protection de la part des adultes, ne reçoivent pas, ou pas suffisamment, les soins indispensables à leur survie et à leur bien-être, qui en sont alors compromis ou gravement atteints.
Les mauvais traitements psychiques
Les mauvais traitements psychiques désignent des actes et attitudes qui terrorisent l'enfant, l'humilient, l'offensent, le surmènent, et lui donnent l'impression d'être rejeté, d'être sans valeur. En font également partie: les menaces de suicide, les menaces de quitter l'enfant ou sa famille. Il importe pour évaluer les mauvais traitements psychologiques d'observer les interactions entre adultes et les enfants concernés.
Les mauvais traitements sexuels
Le terme «mauvais traitements sexuels» désigne l'abus d'enfants et d'adolescents dépendants qui n'ont pas atteint leur maturité et qui sont incapables de consentir de façon responsable à des invitations d'ordre sexuel dont ils ne comprennent pas la portée. L'adulte abuse de son pouvoir et de son autorité au détriment de l'enfant.
Il s'agit d'actes tels que mise à nu ou l'attouchement des organes génitaux, la pénétration vaginale, anale ou orale, la pornographie, l'incitation à la prostitution, l’exhibition, l’exposition non désirée à la pornographie, l’inceste, etc.
Les mauvais traitements physiques
Par mauvais traitements physiques, on entend des actes de violence tels que les coups, les heurts, les secousses, les brûlures par des solides ou des liquides, les empoisonnements, l’exposition non désirée au froid, le maintien dans des locaux insalubres, etc. La gravité des lésions physiques ne dépend pas seulement de la violence des actes commis par les parents, mais est fortement reliée à l'âge de l'enfant.
Chez les enfants en bas âge, la quasi-totalité des actes de violence laissent des traces sur le corps. Chez les enfants plus âgés, les châtiments corporels peuvent être difficiles à détecter, même s'ils sont administrés longtemps.
Les mauvais traitements physiques peuvent causer des dommages physiques et psychiques.
Ces quatre types de mauvais traitements ne peuvent pas être clairement dissociés les uns des autres, étant donné que lors d'abus physiques ou sexuels ou de négligence, l'atteinte psychologique de l'enfant existe ipso facto (par ex. l'enfant éprouve une peur constante d'être frappé, etc.).