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Lumière sur la Wye
Edition L’Age d’Homme, 2006
"A peine dix minutes qu'il marchait, accompagné des tintements anarchiques de son attirail, que déjà ses chausses étaient gonflées d'eau. Ses pieds enfonçaient dans une mousse brunâtre, s'emmêlaient dans la végétation touffue des bords de la rivière. "Foutue nature" lâcha Jonas après avoir manqué trébucher sur un rondin pourri qui traînait en travers du chemin sous des touffes d'herbes et de joncs. Mais aujourd'hui il n'y aurait pas de rire tendre et mélodieux (...)"
Voilà Jonas, peintre védutiste, gallois à la jeunesse romaine (librement inspiré de Thomas Jones), quinquagénaire sans gloire, candide, curieux, rustique, sympathique.
En ce matin clair du printemps 1788, Jonas aurait dû éviter de peindre un bras de Wye sur le vif. La rivière donnait à voir quelques cercles d'écume, des sbires, un assassin.
Deux siècles passent, Vue sur la Wye réapparaît dans un atelier de restauration carougeois, où il éclaire l'ultime courbe du parcours de Jones.