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Comment résumer le mouvement des Galets bleus de Michèle Zwegers si ce n'est en citant ces deux vers de Cécile Oumhani :
« rejoindre la brèche / où se mêlent passé et présent » . Cette brèche, c'est la mer qui emporte pour mieux « rejet[er] / ce qu'elle a volé », comme l'indique le poème sur lequel s'ouvre ce recueil. Allégorie de la plume de l'auteure, la mer ressasse dans son incessant va-et-vient les drames de ses profondeurs (« les mots tragiques »), non pour les rejeter en décomposition sur la plage mais pour les rejeter lavés de leur douleur et de leur violence.
Ce recueil traverse le miroir du passé pour tendre vers le silence au présent. Telle l'ombre des lilas qui se profile sur les galets bleus au début du recueil, ce silence n'est à la fin plus que l'ombre de lui-même se reflétant sur la face cachée de ces mêmes galets. Mais tout porte à croire qu'un jour, sur cette surface couleur encre, flotteront les ricochets de « cygnes (signes ?) blancs » comme une écriture argentique.
Le recueil D'écorce et d'écume s'articule autour d'un premier poème mis en exergue dès le début. Les parties successivement intitulées « Au coeur des arbres », « Au coeur des ombres », « Au coeur des pierres » et « Emportée par les eaux » - titres qui reprennent les vers 2, 3, 4 et 7 du poème initial - sont encadrées au début par « Le secret des chambres » et à la fin par « Les chemins d'écriture ». Il s'agit là de la trajectoire d'un je lyrique quittant les chambres de sa carapace où il s'était blotti pour aller vers l'horizon incertain de l'écriture : traverser l'écorce pour caresser l'écume.