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Quel personnage ! Lorsqu'il a été élu à la présidence de l'UDC (en novembre 2007), le secrétaire général que j'étais a mis quelques mois pour comprendre le bonhomme. Qui était Soli ? Qui était Pardo ? Ils étaient deux. L'un était brillant, cultivé, facétieux (il m'a fait quelques farces téléphoniques mémorables) et de grand talent épistolaire, l'autre était volontiers provocateur, aimant l'intrigue, manichéen et poseur. L'un et l'autre s'entremêlait et parfois s'entrechoquait. Il y avait celui qui imaginait des affiches très polémiques et celui qui posait pour la postérité dans ses habits de candidat UDC pour le Conseil des Etats. Le Soli s'amusait beaucoup de lui-même, le Pardo se rêvait en John Wayne ou en Robert Mitchum. Ce n'est sans doute pas pour rien qu'il a choisi le noir et blanc pour cette affiche. Il aimait le piquant d'une repartie et le tête-à-tête doucereux, il aimait être catégorique et pourtant l'ambiguïté ne lui déplaisait pas. Il aimait l'ombre et la lumière. Cet amoureux de la politique et du débat d'idées n'a laissé personne indifférent. Il manquera à la politique genevoise à la fois le Soli et le Pardo.