Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07082.jsonl.gz/928

Vorerst Text nur auf Französisch
Les Rochat, installés à l’Abbaye depuis 1480, battent le fer au Pont depuis le milieu du XVIe siècle. Auguste Piguet signale que Jean Herryer, natif d’Aubenton au diocèse de Laon, avant de développer des installations industrielles sur le ruisseau du Brassus, avait d’abord tenté sa chance sur celui de St-Sulpice au Pont.
On retrouve une présence sur ce même petit cours d’eau en 1654. Alors Gédéon Rochat y installe une forge industrielle. Un armurier est signalé au Pont en 1663. Retour au ruisseau de St-Sulpice en 1713. Abraham Rochat y est meunier.
Il y a au Pont pendant tout le XVIIIe siècle des forgerons, des acérons et des cloutiers. Ceux-ci subsisteront jusqu’au début du XIXe siècle où les forges s’éteignent, ne laissant plus que le maréchal-ferrant indispensable à la bonne marche de l’activité agricole. L’un d’entre eux, Ami Rochat, fut le premier à construire des triangles à neige, avec deux exemplaires livrés à la commune du Lieu à la fin de 1863.
La lapidairerie ne rencontre pas de succès au Pont. On n’y découvre un professionnel de cette branche qu’en 1766. Le XIXe siècle sera en apparence plus heureux, mais sans que cette profession ne connaisse le succès qu’elle avait pu acquérir en d’autres lieux. Néanmoins on relèvera la présence de l’entreprise Meylan & Cie, spécialisée dans la pierre d’horlogerie après qu’elle eut longtemps pratiqué la lapidairerie, au Séchey dont elle est originaire. Elle devait cesser ses activités entre 1915 et 1920. Charles Emmanuel Rochat est dit horloger en 1787.
En 1801, il y a un commerçant en horlogerie et deux horlogers. Mais ces trois entreprises sont qualifiées de « peu lucratives », preuve que la profession, suite à la crise napoléonienne, est en plein marasme. Cette crise se prolonge jusque vers 1815. En 1817-18, on signale déjà six horlogers, certitude que la profession se rétablit et même progresse.
Retrouvons le ruisseau de St-Sulpice. En 1814 y est installée la forge d’Abram Isaac Rochat huissier et de l’hoirie de Jean David Rochat, indivis. Ces bâtiments vont être bientôt transformés en une scierie possédée en 1837 par un consortium où figurent un Mouquin et quelques Rochat.
Cette petite scierie devait rendre des services appréciables durant tout le XIXe siècle et même encore au XXe siècle. Elle approvisionnait en planches quelques citoyens du village qui s’en étaient faits marchands et couraient le bas pays pour y placer leurs produits. Ils en ramenaient d’autres en contrevoiture. Il y avait quatre professionnels de ce type en 1857, tous Rochat.
A la fin du XXe siècle, la profession horlogère évolue vers la production de pierres fines et d’autres fournitures d’horlogerie, avec Numa Rochat qui construit une petite fabrique en activité à son nom jusque vers 1943.
Installation d’un atelier d’horlogerie par Reynold Dubois dans le bâtiment Décoppet. L’entreprise y reste jusqu’en 1943, date à laquelle elle transfère ses activités dans l’ancien atelier de Numa Rochat qu’elle garde jusqu’en 1975. Mêmes locaux dès cette date occupés par l’entreprise de sertissage Kirchhof, reprise plus tard par la manufacture Jaeger-Le Coultre qui transférera bientôt cette activité à la Golisse.
On note aussi pour la seconde moitié du siècle la présence de Roger Falquet, bijouterie-horlogerie, et d’Héli Reymond, horlogerie fine, Chalet-Suisse.
Au début du XXe siècle, l’administration du village du Pont cherche à utiliser les capitaux offerts par la commune de l’Abbaye après l’abandon du projet de construction de la ligne de chemin de fer le long de la rive orientale du lac. On traite avec une entreprise de Suisse allemande spécialisée dans la lustrerie. Une usine est construite en 1900. La Société de Lustrerie suisse du Pont est créée le 15 mai de la même année. On verse 10 000.- en 1901 pour assurer la bonne marche de l’usine et pourtant, le 5 avril 1902 déjà, c’est la liquidation, avec à la clé un trou de quelques dizaines de milliers de francs et la nécessité d’introduire un impôt spécial de village pour amortir la dette.
Les locaux sont repris par une société du même type dirigée par des industriels de Vallorbe. Nouveaux capitaux injectés par le village et nouvel échec en 1909, après des crises et une grève qui fait la une des journaux du pays. C’est à ce moment-là que la direction cherche à engager des « kroumirs »* à Milan. La fabrication est transférée à Turgi, en Argovie.
La suite de l’histoire des bâtiments reste diverse et confuse, avec vente à Parechoc SA en 1964, usine occupée aujourd’hui par Missimi-Berney, atelier de mécanique.
*Au début du XXe siècle, kroumir était un terme surtout employé en Suisse et en Italie pour désigner les « jaunes », c’est-à-dire les ouvriers qui refusaient de prendre part à une grève
Le village du Pont connut en plus toutes les activités professionnelles nécessaires à la bonne marche de la vie quotidienne : cordonnier – tailleur d’habits – tisserand – marchand drapier et d’épicerie (1831) – marchand pelletier – cabaretier ou aubergiste – charpentier – menuisier – ébéniste – détailleur (prob. en horlogerie) – distillateur de gentiane (1857). Il y eut aussi un photographe professionnel en la personne de Joseph Locatelli. Celui-ci prit de multiples clichés du village à sa grande époque touristique.
Une industrie acquerra au fil des années une renommée internationale : les Glacières du Pont. Elles s’installèrent au bord du lac Brenet en 1879 et perdurèrent jusqu’en 1942. La glace, récoltée l’hiver, était exportée en belle saison vers les principales villes du pays ainsi que vers Paris où se trouvaient les meilleurs clients. Le souvenir de cette entreprise très originale est encore vivace.
Et notons pour finir l’exploitation artisanale et puis industrielle de la tourbe en Sagne-Vuagnard, principalement pendant les deux guerres mondiales.
A gauche en haut, Camille Meylan, Le Séchey, à droite le patron, Reynold Dubois. Au centre, Emile Guignard, le Pont. Assis, cigarette aux lèvres, Roger Falquet. Il s’agit d’une fin de semaine où l’on « débraye » ! Notons qu’à l’époque la vie d’atelier, où l’on riait et chantait à l’occasion, n’avait rien de comparable avec celle d’aujourd’hui. On trouvait par exemple le temps en hiver de s’absenter pour aller chronométrer les petits concours de ski des enfants qui se donnaient derrière le village !
Le travail de l’atelier consistait en assemblables de mécanismes de chronographes et mécanismes horlogers compliqués sur mouvements marchants pour des marques horlogères diverses : Guinand Watch Les Brenets, Minerva, Villeret. Puis par la suite le nombre des maisons progressa, dont beaucoup déjà clientes de Marcel Dépraz du Lieu (aujourd’hui Dubois-Dépraz), créateur et fabricant de mécanismes compliqués. On procédait aussi à la finition manuelle de différentes pièces constituant les différents calibres et chronographes fabriqués au Lieu.
Chers voyageurs, vous voici arrivés au terme de la promenade romantique et belle époque du village du Pont. D’ici vous pourrez regagner tranquillement les quais et retrouver le XXIe siècle. Si cette agréable balade faite au début du siècle passé vous a plu, vous pouvez aider à entretenir et enrichir ce parcours en faisant un don à la Société de Développement du Pont qui en assume l’entretien. Notre adresse: www.promenade-belle-epoque.ch/dons.
Nous vous remercions d’avance de votre générosité et nous vous disons: à bientôt!
Ont contribué à réaliser cette promenade que nous dédions à Michel Jossevel, aujourd’hui décédé, l’un de ses adeptes parmi les plus enthousiastes: Nicole Rochat, Marianne Fornet, Christophe Bonny, Stéphan Guignard, Claude Kehrli, Joël Oberli, Pierre-Abraham Rochat, Rémy Rochat, Hugues Veuilleumier. Qu’ils soient tous remerciés.