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Hawker Hunter Mk58/58A et T Mk 68 (Suisse)
Fin des années 50: il s’agit de remplacer les premières séries d’avions à réaction DH-100 Vampire et DH-112 Venom par des avions de combat modernes. Lors de la décision finale où entraient également en ligne de compte le North American F-86 Sabre et le FFA P-16 encore en phase de développement en Suisse, le choix se porta sur le Hunter Mk 6 construit par Hawker Aircraft Ltd. Les spécialistes considéraient alors ce type d’avion comme un produit de pointe. Le 29 janvier 1958, les chambres fédérales décidèrent l’acquisition de 100 avions de ce type (y compris le matériel de réserve et la munition) directement auprès de la firme productrice et ce pour un montant global de 313 millions de francs.
La livraison et le survol des nouvelles machines de Grande-Bretagne en Suisse commencèrent déjà en avril de la même année (1958). Cela rendit possible une rapide reconversion des pilotes et du personnel technique; l’année suivante, cinq escadrilles étaient déjà prêtes à être engagées sur le Hunter. Cet appareil doté de notre désignation «Mk 58» était utilisé aussi bien pour le combat terrestre que pour des missions de combat aérien. Il s’avéra être un chasseur sûr à l’engagement, efficace et apte à l’utilisation par les soldats de milice.
Début des années septante: planification d’une nouvelle acquisition d’avions; deux types d’appareils, le Mirage Milan et le Vought A-7 Corsair se retrouvent face à face; le Conseil fédéral, par sa fameuse «décision zéro» du 9 septembre 1972 interrompit la procédure dans un premier temps. Pour sortir de l’impasse, on acquit des Hunter d’occasion révisés en usine chez Hawker Aircraft Ltd. en Grande-Bretagne. En deux séries de 30 unités chacune (1971 et 1974), dont huit biplaces, les machines furent acquises en pièces détachées, montées en Suisse et dotées des dernières modifications. Ces appareils reçurent la nouvelle désignation «Mk 58 A» (monoplaces) et «Mk 68» (biplaces). Les deux séries furent livrées à la troupe entre 1973 et 1976.
Durant les 36 ans pendant lesquels ils furent engagés dans notre armée, les Hunter connurent nombre de modifications. Ils furent équipés de nouveaux systèmes et armements. De 1975 à 1991, neuf escadrilles de front et une escadrille spéciale au total furent dotées du Hunter. La mise en service des chasseurs de couverture aérienne Tiger libéra le Hunter de sa mission de combat aérien; l’engagement de chasseurs bombardiers resta son domaine de prédilection. La flotte de Hunter fournit un total de 310'000 heures de vol pour 483'000 engagements approximativement.
Le Hunter connut malheureusement des accidents dont les causes furent les plus diverses, imputables surtout à des erreurs de pilotage. Sur les 160 avions acquis, 30 furent perdus lors d’accidents (29 Mk 58/58A et 1 T Mk 68) . 15 pilotes y trouvèrent la mort et 13 furent sauvés par leur siège éjectable. Un autre appareil fut détruit par un incendie pendant des travaux de réparation. Malgré ces événements, le Hunter avait la réputation d’être un avion de combat fiable et dont les qualités d’avion de combat étaient appréciées des pilotes. Son engagement couronné de succès et sans problème majeur dans la Patrouille suisse, entre 1964 et 1994, ne fait que corroborer cette opinion.
Fin 1994, les avions de combat Hunter furent mis hors service dans le cadre de la réforme d’Armée 95; cela impliqua la dissolution des formations volantes qu’il équipait. Après plus de 36 ans de service, ces chasseurs bombardiers étaient techniquement dépassés; leur valeur opérationnelle eût été insuffisante pour un futur scénario de conflit; de plus, les frais liés à leur entretien auraient été excessifs.
Le dernier vol eut lieu le 16 décembre 1994. A cette occasion, le premier Hunter engagé en Suisse et doté de la légendaire immatriculation J-4001 fit un atterrissage symbolique à Dübendorf; il fut remis au musée des Forces aériennes.
30 Hunter sont restés en Suisse. Outre les Forces aériennes qui ont conservé les machines restantes comme objets d'exposition, on les attribua comme suit: des musées en ont acquis 12, cinq machines s’en allèrent à des associations Hunter et à des escadrilles, six machines sont exposées sur des aérodromes et devant des casernes, enfin un Hunter retiré du service de vol a été placé sur une place d’exercices dans des décombres.