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L'ex-ambassadeur de Suisse au Luxembourg, Peter Friederich, a de nouveau comparu mardi devant le Tribunal pénal fédéral.Ce contenu a été publié le 04 avril 2006 - 14:09
La peine de trois ans et demi de prison infligée en juin 2005 pour blanchiment d'argent par métier a été réduite de trois mois à la suite d'un arrêt du Tribunal fédéral (TF).
Dans un arrêt du 24 février dernier, le TF avait partiellement admis le recours de la défense concernant trois faux dans les titres. Il demandait au Tribunal pénal fédéral, qui siège à Bellinzone, de prononcer l'acquittement pour ces délits.
La Cour de Mon-Repos avait estimé en l'occurrence que les trois faux documents établis à l'intention des banques pour justifier la provenance de fonds qui leur étaient confiés étaient dépourvus de «force probante qualifiée».
En revanche, les accusations de blanchiment d'argent par métier, d'abus de confiance répétés et de diminutions d'actifs retenues contre Peter Friederich, âgé de 64 ans, ont été confirmées.
Graves délits
L'ex-ambassadeur avait reçu 2,4 millions de francs de la part de personnes opérant à la tête d'un réseau international de trafiquants de cocaïne. Il avait placé ces sommes, reçues en liasses de petites coupures, sur des comptes à son nom. Il avait reçu quelque 140'000 francs de commission.
Parallèlement, M. Friederich avait poursuivi une activité de gestionnaire de fortune alors qu'il avait subi de grosses pertes en bourse. Pour les pertes occasionnées à ses clients, il avait été reconnu coupable d'abus de confiance répétés.
Peine revue à la baisse
Le Tribunal pénal fédéral, présidé par Bernard Bertossa, a tenu compte des conclusions du TF, ainsi que de la détérioration de l'état de santé de l'accusé, atteint d'un cancer à l'intestin.
Il a prononcé une nouvelle peine de trois ans et trois mois de réclusion, soit trois mois de moins qu'en première instance.
La cour a rappelé que les 16 délits commis par l'inculpé étaient passibles de cinq ans de réclusion et n'autorisaient pas une réduction massive de la peine. L'amende de 15 000 francs infligée à l'ex-ambassadeur en première instance a été confirmée.
Procureur sur ses positions
Auparavant, dans son bref réquisitoire, le procureur fédéral Claude Nicati a estimé que «le réexamen de ces trois points ne devrait pas avoir une influence sur la durée de la peine».
De son côté, Me Didier Bottge, avocat de l'ex-ambassadeur, a demandé à la cour «de ne pas se laisser influencer par les considérations du TF sur la fixation de la peine».
Tout en reconnaissant que les principaux chefs d'accusation à l'égard de son client ont été maintenus, il a souligné que la situation a changé par rapport à juin 2005.
L'âge et la maladie
Il a évoqué l'âge de M. Friederich, sa situation économique précaire, son absence de nouveaux débouchés et surtout la grave maladie qui l'a frappé en août 2005 et pour laquelle il suit un traitement de chimiothérapie.
Sans quantifier une réduction de la première condamnation, il a demandé au Tribunal pénal fédéral de tenir compte de ces nouveaux éléments et d'être clément.
La défense a la possibilité de recourir au TF contre ce second jugement. Me Bottge a indiqué qu'il allait examiner cette éventualité.
swissinfo et les agences
Faits
1971: Peter Friederich entre au service du Ministère des Affaires étrangères.
1999: il est nommé ambassadeur au Luxembourg.
Juillet 2002: soupçonné de blanchiment d'argent, il est arrêté à Berne.
Août: Après 38 jours de préventive, il est relâché, mais suspendu de ses fonctions et mis en retraite anticipée.
9 mai 2005: ouverture du procès devant la Cour pénale fédérale à Bellinzone.
6 juin: il est condamné à 3 ans et demi de prison.
24 février 2006: le Tribunal fédéral (TF) confirme la condamnation sur le point principal, le blanchiment d'argent par métier.
4 avril: sa peine est réduite de trois mois.
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