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A la fin de la guerre de Sécession, les entrepreneurs du chemin de fer exproprient les propriétaires des terres situées sur le parcours du rail. N'hésitant pas à recourir à la violence, ils s'en prennent bientôt aux James et abattent la mère de cette paisible famille d'éleveurs. Jesse, le fils cadet, venge sa mort, avant de se réfugier dans les collines avec Frank, son frère aîné. Contraints à la clandestinité, les deux fuyards deviennent des bandits redoutés...
Critique
Sorti en janvier 1939, ce film est l’un des tout premier chef-d’œuvre du cinéma américain tournés en Technicolor. Seuls Une Etoile est née de Wellman et Les Aventures de Robin des Bois de Curtiz, le précèdent dans ce domaine. C’est également le premier western parlant qui donne une version universelle au personnage de Jesse James. Un Jesse James idéalisé, légendaire, mythique. La firme productrice (la Fox) le voulait ainsi, mais c’était aussi le seul angle sous lequel il pouvait intéresser Henry King. Cela dit, pour lui, légendaire, mythique, ne veut pas dire lointain, « bigger than life », mais au contraire familier, humain, et profondément représentatif de l’Amérique profonde. Les caractéristiques du personnage de Jesse conditionnent le style de l’esprit du film. Vu par King, Jesse James est à l’évidence un personnage aristocratique — par son maintien, son élégance physique et morale, sa fierté, sa générosité, son sens du sacrifice (Tyrone Power trouve ici, dans ce quatrième des onze films qu’il a tournés avec King, l’un de ses plus beaux rôles). (…) King le montre comme une victime pareille à toutes celles dont il s’était fait, en devenant hors-la-loi, le chantre et le porte-drapeau : à savoir un fils de l’Amérique, généreux et noble, privé de sa légitime part de bonheur. Tout au long de cette chronique, le style de King reste serein, équilibré, classique, varié dans ses tons, parfois joyeux et vengeur (…), ailleurs émouvant avec retenue, toujours plastiquement admirable et dynamiquement.
Jacques Lourcelles, Dictionnaire des Films