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L'ordre donné par le gouvernement suisse de détruire des documents liés à un trafic présumé de matériel nucléaire empiète gravement sur le principe de la séparation des pouvoirs. Selon le juge st-gallois Niklaus Oberholzer, cette décision est «monstrueuse».
Dans diverses interviews accordées samedi à la presse, le président de la chambre d'accusation du canton de St- Gall rappelle que dans un Etat de droit qui pratique la séparation des pouvoirs, une intervention directe du gouvernement dans une affaire juridique en cours n'est pas permise. Et d'affirmer qu'il n'avait encore jamais eu vent d'un cas similaire de destruction de documents.
L'affaire étant encore pendante devant la justice fédérale, le juge se demande comment le tribunal pourra prononcer un jugement après que des documents ont été «éliminés» sur la base d'une décision politique.
L'affaire remonte à octobre 2004. Le ministère public de la Confédération avait ouvert une enquête à l'encontre de trois membres d'une famille d'ingénieurs st-gallois soupçonnés d'avoir participé au réseau de trafiquants de matériaux nucléaires fondé par le père de la bombe atomique pakistanaise.