Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07083.jsonl.gz/1484

L'abus d'alcool tue plus de 3 millions de personnes par an
21.09.2018
Plus de 3 millions de personnes par an sont tuées par l'abus d'alcool. Ce fléau est responsable de 5% des décès, 4,5% en Suisse, et va se détériorer. L'OMS recommande une hausse des taxes et la fin de l'exposition de cette branche dans les compétitions sportives.
L'alcool est aussi en cause dans plus de 5% des maladies dans le monde, selon ces données présentées jeudi à Genève et qui portent sur 2016. Plus de 2,3 millions d'individus en consomment. "Bien trop de personnes, leurs familles et leurs communautés souffrent des conséquences" par la violence, les blessures, les problèmes de santé mentale ou des pathologies comme les cancers, déplore le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) Tedros Adhanom Ghebreyesus.
Parmi les personnes décédées en raison de l'alcool, trois quarts sont des hommes. Autre indication, 28% de ces décès sont liés à des blessures après des accidents ou des violences. Seconde raison, des troubles digestifs sont observés dans 21% de cas. Le reste est provoqué par des maladies.
Depuis 2010, une amélioration est constatée dans la prévalence des incidents liés à des abus et le nombre de décès. Mais la charge des conséquences reste importante, en particulier en Europe (plus de 18%) et sur le continent américain (plus de 16%).
Baisse en Europe
Dans ces deux régions et dans le Pacifique occidental, plus de la moitié de la population boit. Au total, 237 millions d'hommes et 46 millions de femmes souffrent de troubles provoqués par l'alcool dans le monde. Les pays à hauts revenus sont davantage affectés.
L'Europe conserve le record de consommation par habitant même si celle-ci a diminué de plus de 10% depuis 2010 dans l'Est. Une situation en décalage avec celle dans le monde où le taux est stable et devrait s'étendre dans les dix prochaines années. Plusieurs facteurs, notamment économiques, expliquent cette situation.
En moyenne, chaque consommateur boit 33 grammes d'alcool pur chaque jour, 2,5 grammes de plus que la situation en Suisse. Soit l'équivalent de deux verres de 1,5 dl de vin, une grande bouteille de bière ou deux petits verres d'alcool fort. Le vin n'est consommé qu'en 3e position (12%), derrière l'alcool fort (45%) et la bière (34%).
En Suisse, chaque habitant a bu en 2016 en moyenne 11,5 litre d'alcool pur, dont plus de 18 litres pour les hommes et plus de 5 litres pour les femmes. Le vin constitue près de la moitié de la consommation, contre près d'un tiers pour la bière.
Taxe ou interdiction de publicité
"Tous les pays peuvent faire beaucoup mieux pour diminuer les coûts de santé et sociaux de l'abus d'alcool", explique le responsable de cette question à l'OMS, Vladimir Poznyak. Le dispositif va de l'augmentation de taxes à des interdictions ou des restrictions de publicité en passant par la réduction de l'offre. Des mesures qui souvent davantage appliquées dans les pays à plus hauts revenus.
Même si elles ne sont pas "populaires", elles apportent "des bénéfices pour la santé publique", a dit devant la presse M. Poznyak. Autre recommandation, la fin de l'exposition de cette branche dans les grandes compétitions sportives.
Le soutien n'aboutit pas à "de bons résultats" pour la réduction de la consommation, explique M. Poznyak qui recommande de mettre un terme à cette situation. Il viole non seulement des réglements gouvernementaux mais aussi ceux imposés par la branche elle-même, fait encore remarquer le responsable de l'OMS.
Au total, 95% des Etats recourent à des taxes. Mais moins de la moitié d'entre eux interdisent la vente à perte ou des prix de gros. Si la publicité pour la bière est bannie dans de nombreux pays, la mesure ne s'applique pas en ligne.
La diminution des abus doit contribuer à plusieurs Objectifs du développement durable (ODD). "Nous devons faire davantage pour couper la demande et atteindre la cible lancée par les gouvernements d'une réduction de 10% de la consommation relative d'alcool dans le monde entre 2010 et 2025", selon M. Tedros.
ats