Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07050.jsonl.gz/203

ANIMAUX ET MOTS
Mythologies
Petit voyage non exhaustif dans quelques civilisations où l'animal a sa place depuis longtemps...
EGYPTE ANTIQUE
Dans l'Egypte antique, dès la préhistoire, la plupart des animaux sont sacralisés et idolâtrés, considérés comme des incarnations vivantes de principes divins et associées à des divinités.
Les temples élevaient dans des enclos sacrés des animaux en rapport avec les dieux qui y étaient vénérés. Les animaux morts (du moins les plus importants) avaient droit à une momification et à un enterrement cérémoniel. On a retrouvé de grandes quantités de momies animales (chats, taureaux, crocodiles, oiseaux, etc.).
Chacune des 12 heures du jour et de la nuit était associée à l'un des 12 animaux sacrés:
Le chat - Le chien - Le serpent - Le scarabée - L'âne - Le lion - Le bélier - Le taureau - Le faucon - Le singe - L'ibis - Le crocodile
LE CHAT
On connaît trois espèces du genre Felis ayant vécu dans l'Egypte antique:
Le chat sauvage d'Afrique ou chat ganté (Felis silvestris libyca)
Le chat des marécages ou chaus (Felis chaus)
Le chat serval ou serval (Leptailurus serval)
On pense que la domestication du chat eut lieu en Egypte au cours du IVe millénaire avant notre ère. Le chat est un animal protecteur avant de devenir un animal de compagnie. Ce petit prédateur chassant les rongeurs protège les silos à grain (notamment le blé), ressource vitale pour ce peuple d'agriculteurs. En chassant les rats et autres rongeurs, il élimine aussi des vecteurs de maladies graves, comme la peste. Enfin, en chassant les serpents, il rend plus sûrs les alentours des foyers sur son territoire.
Le chat, comme les autres animaux sacrés, avait un statut particulier dans la société égyptienne, et par conséquent ne pouvait ni être tué, ni maltraité, au risque de sanctions pouvant aller jusqu'à la condamnation à mort du contrevenant. Le chat, en tant qu'animal sacré, sera vénéré en tant qu'incarnation de Bastet, ce qui explique que les Egyptiens momifieront des milliers de chats, retrouvés dans des cimetières de chat.
BASTET est une divinité solaire symbolisant la chaleur apaisante du soleil, dont elle est chargée de dispenser les bienfaits, adoré pour sa puissance, sa force et son agilité. Représentée sous forme de chatte ou de femme à tête de chatte, elle est la forme bienveillante d’une déesse dangereuse et incarne la féminité, protectrice des femmes enceintes, déesse de la musique, de la danse, de la joie, des festivals et maîtresse du foyer. Il s'agit d'une déesse pacifique, qui cependant, lorsqu'elle est en colère, devient une femme à tête de lionne parfois très violente, appelée alors Sekhmet.
LE CHIEN
La plus ancienne représentation canine en Egypte est le décor d'un vase de la période prédynastique (4e millénaire avant J.-C. environ). Il s'agit de l'image d'un chasseur tenant en laisse 4 chiens ressemblant à des lévriers. On trouve ces chiens, appelés "tesem", dans d'autres représentations prédynastiques, ce qui en fait l'une des plus anciennes races de chien, et des images sont fréquentes tout au long de l'histoire de l'Egypte antique.
ANUBIS (son nom signifie chacal ou chien noir) est représenté par un canidé noir ou comme un homme à tête de chien. Il serait le fils d'Osiris et d'Isis, ou plutôt de sa sœur Nephthys, qui avait emprunté son apparence d'Isis. Anubis est un dieu psychopompe, c'est-à-dire qui aide et conduit les morts vers leur nouvelle destinée. Il est donc le dieu des morts, le protecteur des embaumeurs et le seigneur des nécropoles, qui exerce les fonctions de souverain des défunts.
LE SERPENT
Dans l'Antiquité, l'Egypte était peuplée d'une quarantaine d'espèces de serpent, dont 3 subsistent encore sur son territoire. Elles appartiennent à six familles, mais seuls les représentants de celle des Elapidae, comprenant les cobras, et de celle des Boidae, avec le redoutable python de Séba, étaient sacrés.
L'uræus est le cobra femelle qui a pour fonction de protéger le pharaon contre ses ennemis. C'est également une puissante déesse, principalement incarnée par Ouadjet (cobra de Bouto).
Dans la mythologie égyptienne, l'uræus est encore une déesse solaire. On le retrouve la plupart du temps représenté sur la coiffe de pharaon, dont il est l'un des attributs. Généralement dressé sur le front, l'uræus peut aussi orner la couronne et les bandeaux royaux.
LE SCARABEE
Les moeurs du scarabée ont amené les Egyptiens à le comparer au soleil. En effet, l'animal, à l'aide de son front et de ses pattes antérieures, forme une boule avec les excréments des mammifères. Puis, avec ses pattes postérieures, il fait rouler la boule jusqu'à un trou pour y pondre son oeuf. Pour les Egyptiens, le scarabée poussant sa boule rappelle la course du soleil dans le ciel. Le jeune coléoptère qui naît de la boule qui l'a nourri pendant sa gestation est comparé à la naissance du soleil tous les matins à l'horizon.
Le scarabée revêt donc une importance capitale: il incarne le dieu solaire qui renaît tous les matins à l'aube, il est un symbole de renaissance pour les morts et un emblème protecteur pour les vivants.
L'ANE
Depuis qu'il a été domestiqué, voilà plus de 6000 ans, dans les lointaines terres d'Egypte et de Sumer, l'âne a été le plus corvéable et le plus utile des animaux.
SETH - le dieu de la confusion, du désordre et de la perturbation - est généralement associé à l’âne dans la mythologie égyptienne. Effectivement, à partir de l’époque des Hyksos (nom donné aux envahisseurs asiatiques qui dominèrent l'Egypte d'environ 1730 à 1560 avant J.-C. ), le mot âne est déterminé, en écriture hiératique, par le signe du dieu Seth. Les Hyksos adoraient leur dieu sous la forme d’un âne.
LE LION
On sait que le felis leo vivait jadis sur les confins désertiques de l'Egypte, près de l'eau et des troupeaux qui pâturaient dans les marais. Les Egyptiens surent le domestiquer et il devint même le compagnon de guerre des Ramses. Lié au passé le plus lointain des populations de la vallée du Nil, le lion est une figure dominante dans le panthéon mythologique égyptien: Rê ou Râ, le dieu du Soleil, était figuré par un lion sur la tête duquel reposait le Soleil. En face de ce dieu solaire suprême se trouvait Sekhmet, la déesse de la guerre et de la médecine, qui était, elle, figurée par une lionne.
Dans la mythologie égyptienne, le mot sphinx désigne une chimère, symbolisant l'union du dieu solaire Rê (corps de lion) et du pharaon (tête humaine, parfois tête de faucon ou de bélier).
LE BELIER
Dans l'Egypte antique, le bélier est associé à de nombreux dieux, dont le plus prestigieux est le dieu dynastique Amon. Il est également le symbole des eaux bondissantes des cataractes du Nil et de son inondation annuelle (Khnoum).
Bélier ou homme à tête de bélier aux cornes horizontales, KHNOUM ("le maître de l'eau fraîche") tient dans sa main la croix ansée (ankh). Il est le dieu des cataractes et la puissance créatrice dans la mythologie égyptienne. Il contrôlait la crue du Nil en ouvrant, à Eléphantine, la caverne de Hapy dans laquelle se trouvait l'Inondation. Il joue là un rôle majeur dans le quotidien des Egyptiens, préservant le peuple de la famine.
Démiurge qui modela l'œuf de la création, dans le mystère de la naissance divine, il modela également l'enfant-roi. Khnoum forme ses créations sur son tour de potier avec le limon du Nil, pour leur donner vie et façonner leur Ka.
LE TAUREAU
Le taureau est l'animal sacré par excellence dans l'Egypte antique. Symbole de force physique, de fertilité et de puissance sexuelle, il est vénéré dès la préhistoire, comme en témoignent des traces sur les gravures rupestres préhistoriques.
APIS est représenté sous la forme d'un taureau coiffé du disque solaire et, souvent, du cobra royal. C'est un dieu très ancien qui trouve son origine à Memphis, déjà sous le règne de Ménès (Ire dynastie).
LE FAUCON
HORUS, le dieu faucon, fils d'Isis et Osiris, est le dieu de Behdet (dans la partie occidentale du delta du Nil) mais il est vénéré dans différentes localités d'Egypte. Son culte remonte à la préhistoire. C'est le dieu de l'azur, des espaces célestes. Le soleil et la lune sont ses yeux.
Plusieurs espèces de faucon ont coexisté dans l'Egypte antique. Les représentations de l'oiseau d'Horus étant le plus souvent très stylisées, il est assez difficile de l'identifier formellement à une espèce. Il semble toutefois que l'on puisse y voir une image du faucon pèlerin (Falco peregrinus). Ce rapace de taille moyenne et au cri perçant est réputé pour sa rapidité en piqué lorsqu'il fond sur ses proies terrestres. Il présente aussi la particularité d'avoir des plumes sombres sous les yeux (que les ornithologues appellent la «moustache») qui dessinent une sorte de croissant, qui n'est pas sans rappeler le graphisme de l'œil oudjat associé à Horus et aux autres dieux hiéracocéphales (à tête de faucon).
LE SINGE
Dans l'Egypte antique, le singe était considéré comme l'incarnation de Toth, maître des savants et des lettrés, et scribe de Ptah, le dieu créateur. Dans le panthéon égyptien, où le singe est le scribe savant, celui qui possède la connaissance de la réalité. Il note aussi la parole d'Anubis, qui pèse l'âme des morts. Il apparaît comme le magicien suprême, artiste, ami des fleurs, des jardins, des fêtes, prestidigitateur puissant capable de lire les plus mystérieux hiéroglyphes. Il est donc l'animal psychopompe (conducteur des âmes des morts) par excellence, reliant la Terre et le Ciel. Il y est représenté comme celui qui gouverne les heures, le maître du temps privilégié.
HÂPI est l'un des 4 fils d'Horus. Il est représenté sur l'un des 4 vases «canopes», des contenants destinés à recevoir les viscères embaumés du défunt qui étaient déposés près du sarcophage. Chaque vase était associé à l’un des quatre Fils d'Horus (génies), ainsi qu'à une déesse et à un point cardinal, et devait protéger les organes qu'il renfermait.
- Amset (humain): conservait le foie (déesse: Isis).
- Kébehsénouf (faucon): gardait les intestins (déesse: Nephtys).
- Hâpi (babouin): préservait les poumons (déesse: Neith).
- Douamoutef (chacal): contenait l'estomac (déesse: Serket).
L'IBIS
Plusieurs espèces d'ibis sont originaires d'Afrique (ibis chauve, ibis hagedash, ibis sacré) et d'Amérique (ibis blanc, ibis rouge), une d'Asie (ibis nippon).
L'ibis est reconnu pour sa capacité à différencier une eau potable d'une eau qui ne l'est pas. Sa transposition divinisée en fait donc un animal-dieu du savoir. Par extension, il est celui qui détient le savoir, et donc qui le transmet; il devient naturellement le maître des écrits dans une société où l'écriture hiéroglyphique est restreinte au cercle des initiés, contrairement à l'écriture démotique, plus populaire. Inventeur de l'écriture et du langage, il est le scribe des dieux. Selon la légende, celui qui était capable de déchiffrer les formules magiques du Livre de Thot pouvait espérer surpasser même les dieux. Le respect que Thot inspire lui vient de son savoir illimité. Toutes les sciences sont en sa possession: il connaît tout et comprend tout. Les anciens Egyptiens pensaient que le savoir et la connaissance leur avaient été transmis par des livres et des écrits que Thot avait volontairement abandonnés dans des temples.
THOT était généralement représenté sous une forme humaine avec une tête d'ibis, portant une couronne faite d'un croissant de lune de croissant. Il pouvait aussi apparaitre comme un ibis ou un babouin, animaux qui lui étaient consacrés. Cette double représentation animale donne à penser que le dieu de l'âge historique provient peut-être de la fusion, à une époque plus reculée, de deux divinités lunaires figurées l'une par un oiseau et l'autre par un singe.
LE CROCODILE
La présence de crocodiles dans le Nil était pour les Egyptiens l’annonce d'une crue favorable aux récoltes: le crocodile était donc un animal sacré à cette époque. Maître des eaux, il est le dieu qui irrigue les champs. Pendant la Basse Epoque, les Egyptiens cherchent à gagner ses faveurs afin d’en avoir moins peur en lui offrant des figurines le représentant portant le disque solaire orné du cobra protecteur. Il deviendra rapidement un dieu important dans le panthéon sous la forme syncrétique de Sobek-Rê.
SOBEK était représenté comme un crocodile ou comme un homme à tête de crocodile.
Toutes les photos des pièces d'archéologie-antiquités ont été faites pour AUT'ANTIC Galerie, www.aut-antic.com