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Étude comparative des interactions verbales dans une activité de récit dialogué en milieux familial et scolaire
Dernière mise à jour le 3 juillet 2018
Rouba Hassan est maître de conférence à l'Université Lille , dans l'Unité de formation et de recherche, Développement social, Éducation, Culture, Communication, Information Documentation (DECCID).
Dans le cadre d'une recherche en cours sur l'acquisition en dialogue des expressions référentielles par l'enfant, nous avons filmé des enfants âgés de 3 à 6 ans et scolarisés en école maternelle, dans des situations de jeu et de lecture à l'école et à la maison. L'un des buts de cette recherche est de montrer l'influence de l'adulte, dont le discours fournit à l'enfant l'étayage nécessaire pour construire son propre discours, sur l'usage des expressions référentielles.
Spécifier les pratiques langagières enseignantes
Nous partons donc du postulat que les médiations langagières varient en fonction des partenaires de l’enfant (en l’occurrence ici les mères et les enseignants). À partir de là, nous comparons l’étayage verbal de mères et d’enseignants dans des séances de lecture. Cela devrait nous permettre de spécifier les pratiques langagières enseignantes.
Notre travail s’appuie sur les travaux de Snow (1972, 1983) et de Grossmann (1996, 2000), entre autres, mais présente la particularité de tenter de faire le lien entre une approche linguistique centrée sur la description de certaines conduites discursives et unités linguistiques d’une part, et une approche didactique attentive aux contenus en jeu (Daunay et Delcambre, 2007) et aux visées de l’interaction d’autre part.
Ainsi, nous avons constaté dans nos premières analyses quantitatives (Hassan, Salagnac, Vinel, 2012) que, contrairement aux mères, les maîtresses produisaient davantage de noms que de pronoms, ce qui ne nous a pas paru surprenant. Mais quand on regarde les résultats de plus près, on s’aperçoit que ces noms servent davantage chez la maitresse à maintenir la progression thématique (fonction dévolue généralement aux pronoms) qu’à introduire les référents de l’histoire. Nous avons alors émis l’hypothèse que l’introduction des référents par des noms est dévolue aux élèves, ces noms étant repris pour ratification par l’enseignante qui initie alors une chaine thématique qu’elle laisse aux élèves le soin de développer. Nous explorons actuellement cette hypothèse.