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Une petite centaine de personnes, en marge d'une cité de 30'000 habitants, a répondu ce 23 septembre à l'invitation de foraus, un laboratoire d'idées qui rassemble un millier de membres en Suisse, soucieux de faire avancé la cause européenne, et de la Tribune de Genève. Meyrin dont un habitant sur deux (45%) n'est pas citoyen. Il y a quatre ans, 40% des 9800 citoyens de la commune avaient participé au scrutin fédéral.
La cité, une des grande banlieue de Genève, fut française. Elle a été rattachée le 20 novembre 1815 au canton de Genève, sans qu'on demande l'avis de sa population, pour assurer l'unité territoriale de la ville et de ses mandements, condition de son alliance avec la Confédération.
Sur la crise des migrants, Stauffer est le seul à proposer une politique.
Sur la libre circulation, encore un avantage pour Stauffer, mais aussi pour Sommaruga qui réaffirme son refus de la préférence nationale et son combat pour un contrôle sérieux a posteriori.
Sur les chances d'une sortie par le haut et d'une normalisation des relations Suisse Union européenne, après le vote du 9 février 2014, tous les intervenants, sauf Stauffer, pensent qu'on n'évitera pas un nouveau vote. Une opération à haut risque, car le désaccord s'ouvre à nouveau quand il faut préciser la question à poser.
A l'arrivée, des politiques plutôt empruntés, pas très rassurants, mais qui estiment tous que l'Europe restera au cœur de leurs préoccupations s'ils sont élus. Ils cotent 8 et la plupart 10 sur 10 l'importance du sujet. Bons points à Jean Batou, très posé, le seul à parler de dumping salarial et, avec Sommaruga, à réclamer des mesures plus sérieuses dans toutes la Suisse si on veut espérer un vote qui défasse le scrutin du 9 février.
Bémol. Personne ne chante plus les vertus de l'Europe. Personne n'a dit que la Suisse reste un modèle de développement institutionnel pour l'Europe fédérale. Une Europe qui, depuis la communauté du charbon et de l'acier, n'a pas cessé de muer au travers de crises plus ou moins douloureuses. On assiste peut-être à la création d'une future administration européenne de gardes frontière. Tous les Genevois et tous les Suisses profitent d'un continent régulés. Même malmenée, l'Europe a l'inestimable valeur d'exister grâce à l'Union. Elle a donné au continent 60 ans de paix et de prospérité, quel régime a fait mieux?
CRISE DES MIGRANTS
Le socialiste Carlo Sommaruga Rappelle des enjeux, le PLR Rolin Wavre, un ancien du CICR,enchaîne sans originalité. L'UDC Yves Nidegger, qui rappelle que tous les empires sont tombés victimes des flux migratoires qu'ils n'ont pas su maitrisés. L'écologiste Lisa Mazzone souligne que l'asile ne relève pas de l'émotion mais bien du droit et des conventions de Genève. Il suffit de voir l'équipe de foot suisse pour comprendre que l'intégration fonctionne.
Le PDC Raymond Loretan défend que cette crise est une chance pour l'Union européenne. Il rappelle les déficits démographiques dont toute l'Europe souffre. La Suisse a sans doute une capacité d'accueil qui n'est pas du tout épuisé. Le MCG Eric Stauffer soutient l'accroissement de l'aide sur place dans les pays concernés pour qu'ils se développent, défend l'accueil provisoire de ces gens et dénonce les dictatures - il rappelle qu'il fut poursuivi pour avoir accuser Kadhafi six mois avant qu'il ne soit poursuit.
Jean Batou se souvient des mouvements de sympathie de la population lors des vagues de réfugiés chiliens, hongrois, tchèques. La Suisse doit pouvoir accueillir 50'000 réfugiés et l'Europe doit accroîtras l'aide au programme alimentaire.
LIBRE CIRCULATION
Le deuxième tour de table porte sur la votation du 9 février. Sommaruga ne croit pas que la Suisse entre dans une confrontation avec l'UE. Il faut donc revoter. Loretan et Nidegger tombent aussi dans le piège tendu par l'animateur du débat de l'explication des conséquences du vote du 9 février et ne parviennent pas à passer à exposer leur politique.
La seule femme du panel Lisa Mazzone accuse l'UDC d'avoir menti au peuple en prétendant que le vote n'aurait pas de conséquence sur la libre circulation. Elle n'a pas entendu ou ne veut pas entendre l'argument de Nidegger qui défend que c'est l'Europe qui veut depuis 2010 dépasser la voie bilatérales et que le vote du 9 février en est la première déclaration du peuple de refuser un accord global qui ne serait qu'une adhésion déguisée.
Pour Jean Batou, c'est la peur du dumping salarial qui a fait pencher la balance. Sans protections plus sérieuses dans ce domaine, l'avis du peuple ne changera pas. Wavre louvoie et se perd dans un discours déstructuré. Stauffer n'en demandait pas temps. Il distingue deux Europes, celle des salons feutrés et celle de la vie quotidienne. Le peuple a dit non. Le 9 février n'est pas un jour noir. La Suisse est un pays inventif, elle saura inventé une solution comme elle l'a fait parfaitement après le dimanche noir de Delamuraz. Ce que martèle le MCG depuis 10 ans c'est que les entreprise cherchent d'abord sérieusement sur le marché local, puis sur le marché national et seulement après sur le marché français.
QUELLE PORTE DE SORTIE?
Loretan croit que la question de l'Espace économique européenne pourrait redevenir d'actualité dans deux ans. Nidegger rappelle que l'article 121 A votée le 9 février s'appliquera par voie d'ordonnance au plus tard le en février 2017, qu'on a perdu du temps et que le peuple confirmera son vote quel que soit le projet qu'on lui proposera. Wavre a soutenu le principe de revoter tout en considérant que ce n'est pas la procédure qu'il préfère. Personne ne semble comprendre la menace et ne fournit une réponse sur les moyens s'il y en a de reporter ce délai. L'assurance maternité a attendu 35 ans avant d'être mise en oeuvre.
Lisa Mazzone va dans ce sens en rappelant qu'il a fallu s'y reprendre à plusieurs fois pour obtenir le droit de vote des femmes. Stauffer pense que la Suisse s'en sortira mieux que la Grande Bretagne à qui on a découpé un costume à sa mesure. Voyez les Grecs, les a-t-on jetés dehors? Non! Batou pense qu'un nouveau vote sans changer les conditions de travail et la lutte contre le dumping salarial est voué à l'échec. Tout ça fait le lit de l'extrême droite.
COTATION DU DÉBAT
Sur place trois Veveysannes, étudiantes au GSI à Genève, Jessica, Chloé et Hélène, membres du foraus, donnent une note cinq sur dix au débat. "On a trop parlé des migrants, pas assez de l'Europe." Dans le futur, Jessica se voit dans l'humanitaire, Chloé veut relever le défi du Proche-Orient et Hélène celui de l'Europe.
Trois jeunes hommes, Bénédict, Alexandre et Floride, , copains de l'organisateur, mais pas membre du foraus, dont deux en recherche d'emploi, donnent huit sur dix. "On a appris des choses. C'était intéressant."