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Présentation de Bassins
Situation
Le village de Bassins est situé à une douzaine de kilomètres de Nyon, sur les contreforts du Jura, à la limite des grandes forêts, à une altitude moyenne d’environ 800 mètres. La première chose que l’on voit en montant, c’est la silhouette du vieux village avec l’église à gauche.
L’église
Lors de sa visite pastorale de 1412, l’évêque Jean de Bertrand note ceci :
Le même jour, l’évêque a visité l’église paroissiale de Bassins, ayant trente feux et valant en revenus dix florins, dont le prieuré est annexé au prieuré de Payerne; le curé est Guy Paviot. Une cloche est défectueuse, il manque les vitres du choeur, un lectionnaire pour les fêtes solennelles, l’image du crucifix, la pierre des fonts baptismaux est défectueuse. Injonction a été faite aux paroissiens de cette église de réparer ces défauts dans le délai d’une année.
Les visites pastorales du diocèse de Genève par l’évêque Jean de Bertrand (1411-1414), présentées, éditées et traduites par Louis Binz, Académie salésienne, 2006
Nous possédons peu de documents sur l’église de Bassins. Dédiée à Notre-Dame, elle fut probablement l’objet d’une donation à l’abbaye de Cluny en Bourgogne par Humbert Ier,
seigneur de Cossonay et de Prangins, et fut placée sous la dépendance de l’abbatiale clunisienne de Payerne, dépendance reconnue par le pape Lucius III en 1183. Le prieuré de Bassins, centre d’une exploitation agricole active, était un petit monastère d’une douzaine de moines.
La partie la plus ancienne de l’église, le choeur, date certainement du Xe siècle. Des fondations du bâtiment primitif ont été retrouvées à l’emplacement du cimetière actuel. Des adjonctions furent faites du XIIe au XVIe siècle.
En 1536, les Bernois envahirent le Pays de Vaud, et en 1542 l’église et le prieuré furent vendus. On ferma des chapelles, on effaça des peintures.
L’église ne fut toutefois pas laissée à l’abandon. Des réfections de qualités diverses eurent lieu assez régulièrement.
Le 8 juillet 1984, les orgues, un joli petit instrument de neuf jeux, deux claviers et pédalier, furent inaugurées.
L’occupation bernoise
De 1536 à 1798, Bassins fit partie du bailliage de Nyon. Un bailliage était une circonscription administrative dirigée par un bailli d’origine bernoise et représentant l’occupant. Le bailli de Nyon résidait au château.
Les répartitions communales
Au cours du XVIIIe siècle surtout, la commune de Bassins racheta des biens (forêts et pâturages) qui provenaient de l’effritement des propriétés seigneuriales. Elle s’enrichit considérablement et construisit graduellement des chalets d’alpage sur ces pâturages, ces “montagnes” : la Bassine, la Chaumette, Mondion, les Frasses…
C’est probablement à cette époque qu’apparurent les premières répartitions communales
que l’on appelait des “droits”. Il s’agissait de bois, de beurre et de fromage, donnés à tous les bourgeois (personnes ayant toujours habité Bassins et qui y résidaient encore). Ces distributions furent supprimées en 1933.
Les fontaines
Bassins possède six fontaines couvertes, qui étaient utilisées aussi bien pour le bétail que pour les besoins domestiques comme la lessive par exemple. La plupart datent du XIXe siècle.
Incendies
Le 21 mars 1868 éclata un violent incendie dans le quartier de l’église. Dix bâtiments brûlèrent.
Il fallut le secours de 673 hommes, en plus des pompiers du village, pour venir à bout du sinistre. En 1899, un autre incendie détruisit les maisons situées en face de l’auberge de la Couronne.
La Dîme
Suite à la demande du docteur Francken qui cherchait des fonds pour construire son “Pavillon de la Côte” (actuellement Hôpital de Gilly) destiné à soigner des tuberculeux, les instituteurs de Bassins, Le Vaud et Arzier eurent l’idée de mettre sur pied la représentation d’une pièce de théâtre historique, dont l’auteur était René Morax, de Morges. Il y avait aussi de la musique.
Une partie des costumes furent empruntés au Théâtre du Jorat. Il y eut 14 représentations en été 1922, qui attirèrent de très nombreux spectateurs. Jamais Bassins ne reverrait une telle foule ! Le bâtiment du “Battoir” avait été modifié pour la circonstance.
Les Bachenards
Avant 1950, l’essentiel des activités des habitants – les Bachenards – était l’agriculture et l’exploitation des forêts. Le nombre des habitants ne dépassait guère 400 et les rares étrangers venaient de pays limitrophes. Aujourd’hui la plupart travaillent en ville, ou chez eux devant leur ordinateur, ou sont des retraités. Les étrangers sont originaires de plus d’une douzaine de pays différents.
L’eau de Bassins
L’approvisionnement de l’eau potable est assuré par quatre sources abondantes et un puits artésien, qui sont situés sur le territoire communal et qui produisent annuellement environ 800.000 mètres cubes.
Agriculture et élevage
Aux céréales s’ajoutent, selon les années, diverses autres cultures ainsi que des plantes aromatiques. Très important est l’élevage des bovins. Bassins possède une dizaine de “montagnes” (alpages) occupées chaque été, dont cinq pour la production de lait. A la Bassine est fabriqué un succulent fromage et on peut y acheter de la crème, du beurre et du lait. Aux Pralets et à la Chaumette on peut déguster fondue ou autres mets.
La forêt
Avec ses 1040 hectares de superficie, elle occupe la moitié du territoire communal. Elle produit chaque année près de 6000 mètres cubes de bois de construction et de chauffage. L’indispensable travail du forestier porte sur des périodes très longues, car les arbres vivent parfois jusqu’à 300 ans : le forestier oeuvre autant pour la postérité que pour ses contemporains !
Le nouveau village
La population de la région lémanique augmente, et même si Bassins est relativement à l’écart de l’axe Genève – Lausanne, il faut accueillir de nouveaux habitants. Les anciennes rues et les anciens chemins sont prolongés et de nouvelles maisons sont construites au-dessous, à la Cézille, et surtout au-dessus du village ancien. Dans les limites du possible on s’efforce de les intégrer dans le paysage et l’on tient compte des besoins écologiques, pour obtenir un équilibre harmonieux entre le monde rural, champêtre et forestier d’une part, et l’agrément de la vie confortable d’aujourd’hui.
Tourisme léger
Ici point d’organisation industrielle pour un tourisme de masse, mais des lieux agrestes et boisés, des perspectives riantes, l’harmonie entre la nature et l’activité humaine, la présence d’un passé proche et plus ancien; des chevreuils et des chamois à surprendre, des oiseaux à voir et à entendre, des fleurs dans les champs et dans les bois, des feuilles dorées en automne et vert tendre au printemps; la belle géométrie des champs cultivés, des vergers et des potagers; un air pur, de vraies saisons avec du froid et de la neige en hiver et une bonne chaleur en été, un ciel parfois couvert, souvent variable mais jamais ennuyeux, une vue étendue sur le lac et les Alpes dominées par la chaîne du Mont-Blanc; les cloches des vaches et des génisses plusieurs mois de l’année; des chemins bien entretenus et parfaitement balisés dans les bois et dans les champs, une vieille église à visiter et où se recueillir, une auberge accueillante …
Textes : Françoise Henry et Eric Christen