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Dans les 20 ans à venir, la Suisse et l'Autriche investiront plus d'1,4 milliards de francs dans des projets de protection contre les crues et de revalorisation écologique concernant le Rhin alpin. En plus d'une protection moderne de la vallée contre les inondations, l'objectif est une gestion raisonnée de la ressource d'eau souterraine. Avec une toute nouvelle méthode, des scientifiques de l'Eawag et de l'université de Neuchâtel aident les responsables de la Régulation internationale du Rhin dans leur travail de planification.
La Suisse tire 80 % de son eau potable des eaux souterraines. Beaucoup de captages de grande importance se situent en bordure des grands cours d'eau. Si leur écoulement est retenu par des barrages hydroélectriques ou modifié suite à des mesures de protection contre les crues ou des revalorisations écologiques, des changements peuvent se produire au niveau du cheminement et de la durée de séjour de l'eau dans le sous-sol entre la rivière et le captage. Les responsables craignent par exemple des infiltrations subites de grandes quantités d'eau superficielle qui atteindraient rapidement les captages. La durée de séjour dans l'aquifère, au cours de laquelle l'eau se purifie en traversant le substrat sablo-graveleux, pourrait alors être trop courte.
Des études complexes
Il est ardu de découvrir où l'eau s'infiltre dans la nappe, et inversement, où elle ressurgit, de connaître les voies de transit vers les captages et de savoir quelles quantités transitent et en combien de temps. Tout d'abord, bien sûr, parce que les phénomènes qui se déroulent dans le sous-sol ne sont pas visibles, mais aussi parce que les caractéristiques géologiques, et donc les conditions physiques, peuvent très fortement varier sur de très courtes distances. Les modèles hydrauliques, comme celui qui a été construit au 1:50e pour le Rhin alpin dans un hangar à Dornbirn (Autriche), ne peuvent pas représenter les écoulements souterrains. De même, les modèles numériques atteignent là leurs limites. Restent les essais sur le terrain. Dans le Rhin alpin, la couche superficielle du fond du lit a ainsi été arrachée à la pelleteuse pour simuler ce qui pourrait se produire en cas d'un élargissement du fleuve aujourd'hui fortement corseté.
Vidéo sur l'utilisation de l'analyseur de gaz portatif GE-MIMS (mini Ruedi) au Rhin alpin.