Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07104.jsonl.gz/217

Les infections par des Morbillivirus continuent de générer un taux de décès considérable chaque année chez les humains et animaux, malgré le fait que des vaccins extrêmement efficaces soient disponibles. Alors qu'une approche thérapeutique pourrait contribuer à une meilleure gestion de telles épidémies, aucun traitement n'est aujourd'hui approuvé et le développement rapide de nouvelles thérapies devient primordial.
L'entrée dans la cellule par CDV et MeV est contrôlée par la protéine d'attachement (H) ancrée dans l'enveloppe virale. Cette dernière se lie à un récepteur se situant sur la cellule cible, ce qui aboutit à l'injection de l'information génétique du virus dans la cellule. De plus, les virus ont évolué pour "kidnapper" des facteurs cellulaires afin de promouvoir leur réplication. L'identification des tels facteurs pourrait donc mener à la découverte de nouvelles cibles thérapeutiques.
Le projet s'articule autour de deux objectifs:
(1) Le développement d'anticorps "nouvelle-génération" de type neutralisant (bloquant l'entrée du virus dans la cellule) et croisant (bloquant à la fois CDV et MeV). Les anticorps générés dans ce projet contiennent plusieurs mini-domaines, dérivés d'anticorps produits par des lamas, qui sont fusionnés les uns aux autres et qui ciblent, simultanément, plusieurs régions fonctionnelles de la protéine H.
(2) A l'aide des outils moléculaires CRISPR/Cas9, nous avons établi un criblage et découvert des facteurs cellulaires potentiellement nécessaires à la réplication des Morbillivirus. Nous allons sélectionner, parmi ces facteurs, les meilleurs candidats et confirmer leurs rôles dans la réplication virale. Nous développerons ensuite des anticorps de type "nouvelle-génération" contre ceux-ci.
Au-delà du potentiel d’améliorer et de protéger de manière significative la santé humaine et animale, nous pensons que ces nouveaux types d’antiviraux pourraient également jouer un rôle essentiel dans la campagne mondiale visant à éradiquer le virus de la rougeole de la planète. En effet, malgré l’efficacité excellente du vaccin et le travail remarquable des services de santé humaine, le seuil fatidique de 95% de couverture vaccinale, qui mènerait à une éradication complète du virus de la rougeole, n’est toujours pas atteint. Par conséquent, l’approche, qui consisterait à combiner la vaccination avec des traitements antiviraux, pourrait se révéler cruciale pour atteindre l’objectif de l’OMS, à savoir l’éradication globale du virus de la rougeole.