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Les hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes ne sont pas autorisés à donner leur sang dans de nombreux pays. Le Royaume-Uni a maintenant levé cette interdiction. La Suisse la maintient, mais les choses pourraient bientôt changer.
Depuis le début de la semaine, tous les habitants d'Angleterre, d'Écosse et du Pays de Galles peuvent donner leur sang dans les mêmes conditions, quelle que soit leur sexualité. Jusqu'à présent, la règle - la même qu'en Suisse - était que les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes ne pouvaient pas le faire. Désormais, toute personne qui n'a pas changé de partenaire sexuel au cours des trois derniers mois peut faire un don.
«Il ne s'agit pas seulement d'un système plus juste et plus inclusif, il s'agit de ceux qui dépendent du sang. Le don de sang sauve des vies», explique au magazine britannique Gay Times Ethan Spibey, directeur de la campagne Freedom To Donate.
La Suisse a interdit aux homosexuels de donner leur sang jusqu'en 2017. Ensuite, une règle spéciale a été adoptée: un homme peut donner son sang à condition de ne pas avoir eu de relations sexuelles avec un autre homme pendant douze mois. «Ne pas avoir de relations sexuelles pendant un an juste pour donner du sang, ce n'est pas réaliste», déclare Roman Heggli de Pink Cross, l'organisation faîtière des hommes gays et bisexuels. Changer cela est toutefois une entreprise difficile, estime-t-il: «Personne ne veut se brûler les mains».
En raison des maladies sexuellement transmissibles, il est important de savoir combien de fois et avec qui le donneur couche. Les femmes et les hommes hétérosexuels sont pourtant traités différemment: ils peuvent donner leur sang s'ils ont un seul partenaire sexuel.
L'exclusion des hommes bi et homosexuels a vu le jour lors de l'épidémie de Sida, dans les années 1980, alors également appelé «cancer gay». Une transfusion sanguine contaminée par le VIH est très contagieuse pour le receveur: la Food and Drug Administration américaine estime le risque d'infection à 1 sur 1,47 million. Cependant, il existe désormais des tests fiables qui permettent de détecter le virus dans le sang.
En Suisse, les dons de sang sont systématiquement testés pour le VIH, l'hépatite et la syphilis, indique Franziska Kellenberger de Transfusion CRS Suisse. Elle explique pourquoi notre pays maintient toujours cette règle spéciale: «Les critères de don du sang sont définis sur la base de données. Dans le cas des hommes homosexuels et bisexuels, les connaissances scientifiques sont encore trop limitées».
Toutefois, cela devrait bientôt changer. Outre le Royaume-Uni, l'Espagne, l'Italie, l'Australie et les États-Unis ont également levé la règle pour les homosexuels: de plus en plus de données seront donc disponibles.
Pink Cross fait également campagne pour que la règle spéciale soit levée. L'association souhaite réviser les critères de don en collaboration avec Transfusion CRS Suisse. Roman Heggli en est certain: «Nous sommes convaincus que quelque chose va changer dans les deux prochaines années».
Article traduit de l'allemand par asi