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Compositeur
John Adams est l’un des compositeurs les plus admirés et les plus souvent joués d’Amérique. Son œuvre symphonique et ses opéras s’imposent parmi les compositions contemporaines par la profondeur de l’expression, l’éclat des sonorités et la nature profondément humaniste des thèmes. Ces vingt-cinq dernières années, sa musique a joué un rôle décisif en éloignant l’esthétique musicale contemporaine d’un modernisme académique pour lui donner un langage plus grandiose et plus expressif, très caractéristique de son environnement, le Nouveau Monde.
Il naît et grandit en Nouvelle Angleterre, apprend la clarinette avec son père et joue dans des fanfares et des orchestres communautaires. Il commence la composition à l’âge de dix ans, et ses premières œuvres sont jouées alors qu’il est encore adolescent. La tradition intellectuelle et artistique de la Nouvelle Angleterre, ainsi que ses études à Harvard et les concerts du Boston Symphony Orchestra, l’aident à se construire comme artiste et penseur. Après avoir obtenu deux diplômes, il quitte Harvard pour la Californie du Nord en 1971 et depuis cette époque, il vit aux environs de San Francisco. Il enseigne pendant dix ans au conservatoire de musique de cette ville avant de devenir compositeur en résidence l’Orchestre symphonique de San Francisco (1982-1985) avec lequel il crée les programmes, controversés mais couronnés de succès, New and Unusual Music. Certaines œuvres pour orchestre, étapes importantes pour Adams, furent écrites pour et créées par l’Orchestre symphonique de San Francisco, dont Harmonium (1980-1981), Grand Pianola Music (1982), Harmonielehre (1984-1985) et El Dorado (1991).
En 1985, Adams entame avec la poète Alice Goodman et le metteur en scène Peter Sellars une collaboration qui a donne naissance à deux opéras, Nixon in China (1984-1987) et The Death of Klinghoffer (1990-1991). Suivent trois autres collaborations avec Sellars: I Was Looking At The Ceiling And Then I Saw The Sky (1995), «pièce de théâtre chanté» sur un livret de la poétesse June Jordan; El Niño (1999-2000), relation plurilingue de la Nativité, composée pour la célébration du millénaire; et Doctor Atomic (2005), dont le sujet est J. Robert Oppenheimer et l’invention de la première bombe atomique. Commande de l’Opéra de San Francisco, créée dans cette ville, Doctor Atomic est présenté en Europe en 2007 au Netherlands Opera, au Lyric Opera of Chicago et au Metropolitan Opera en 2008, et en création anglaise au English National Opera en mars 2009. Son opéra le plus récent, A Flowering Tree, inspiré de La Flûte enchantée de Mozart, est créé à Vienne en 2006.
Son œuvre On the Transmigration of Souls, composée pour l’Orchestre philharmonique de New York en 2002 en commémoration de l’attentat contre le World Trade Center, reçoit en 2003 le Prix Pulitzer pour la Musique, et l’enregistrement chez Nonesuch obtint l’exceptionnelle Triple Couronne des Grammy Awards: Best Classical Recording, Best Orchestral Performance, et Best Classical Contemporary Composition.
En 2003, la version filmée de The Death of Klinghoffer, réalisée par Penny Woolcock pour Channel Four TV, le London Symphony Orchestra jouant sous la direction du compositeur, est diffusée dans des théâtres, à la télévision et sur DVD. Ce film est présenté pour la première fois au Sundance Film Festival et obtient des prix internationaux tels que le Prix Italia et le Prix de la Télévision autrichienne. Wonders Are Many, film de Jon Else sour la création et la première de l’opéra Doctor Atomic, présenté au Sundance Film Festival de 2007, fait l’objet du Choix de la critique du New York Times en 2008. Un DVD de la production du Netherlands Opera de Doctor Atomic est édité par Opus Arte à l’automne 2008.
Autres œuvres récentes: Dharma at Big Sur (2003), pour violon électrique et orchestre, prenant son inspiration dans les impressions de paysages californiens d’écrivains tels que Jack Kerouac, Gary Snyder et Henry Miller; My Father Knew Charles Ives (2003), évocation de sa jeunesse dans le New Hampshire. Doctor Atomic Symphony (2005), tirée de l’opéra éponyme, est créée en février 2008 par l’Orchestre symphonique de Saint Louis sous la direction de David Robertson.
John Adams reçoit deux prix importants de l’Université de Harvard: en 2004, la Centennial Medal de la Graduate School of Arts and Sciences «pour services rendus à la société» et, en 2007, la Harvard Arts Medal. De la Northwestern University, il reçoit en 2004 le Prix de composition Michael Ludwig Nemmers (le premier en date) et, en 2008, un doctorat honoraire. Il est aussi honoré par le gouverneur de Californie, Arnold Schwarzenegger, pour services rendus à l’art dans son état d’adoption. Il est également docteur honoraire de l’Université de Cambridge et membre d’honneur de Phi Beta Kappa*. Pour ses soixante ans, il est honoré par sa ville de résidence, Berkeley, Californie.
En 1985, Nonesuch Records publie Harmonielehre, œuvre marquante de la musique symphonique américaine. Depuis, Nonesuch a publié les premiers enregistrements de toutes les œuvres de John Adams.
Un coffret de dix disques, The John Adams Earbox, rassemble ses enregistrements jusqu’à l’année 2000. Les compositions de John Adams figurent au répertoire des orchestres du monde entier.
La jeune violoniste américaine Leila Josefowicz a fait du Concerto pour violon son cheval de bataille, le présentant plus de soixante fois en Europe et aux États-Unis. Le pianiste Emanuel Ax a créé et enregistré Century Rolls, concerto pour piano (1996), avec l’Orchestre de Cleveland. Une nouvelle œuvre pour piano seul, commande d’Emanuel Ax, sera créée en 2010.
Hallelujah Junction – mémoires d’Adams et commentaires sur la vie musicale américaine, est publié en 2008 par Farrar, Straus & Giroux aux États-Unis et Faber & Faber en Grande-Bretagne. The John Adams Reader: Essential Writings on an American Composer, édité par Tom May et publié par Amadeus Press, est une somme de 400 pages consacrée à Adams et sa musique, et la première anthologie détaillée de textes couvrant plus de trente années de sa vie de créateur.
John Adams est également un chef d’orchestre très actif, dirigeant les plus grands orchestres du monde dans des programmes mêlant ses propres œuvres et celles de Debussy, Strauss, Sibelius, Stravinski, Ravel, Ives, Ellington, aussi bien que celles de ses contemporains Zappa, Reich, Glass, et Michael Gordon. Comme chef invité, il dirige, entre autres, les orchestres Los Angeles Philharmonic, New York Philharmonic, Cleveland Orchestra, Chicago Symphony Orchestra, Royal Concertgebouw Orchestra, London Symphony Orchestra.
Adams connaît aussi le succès grâce à ses programmes originaux dans les plus grands festivals du monde entier: en avril et mai 2003, le Lincoln Center propose un festival intitulé John Adams: An American Master, le plus grand festival consacré à un compositeur vivant. À la chaire de composition Richard and Barbara Debs au Carnegie Hall de 2003 à 2007, Adams dirige le premier concert public du Carnegie’s Zankel Hall et crée le festival annuel In Your Ear. En 2006, il organise, pour l’Orchestre philharmonique de Los Angeles, le Minimalist Jukebox, qui connaît un énorme succès populaire. Il dirige régulièrement l’Orchestre symphonique de la BBC au Barbican Centre à Londres et les BBC Proms à l’Albert Hall. À l’automne 2009, il rejoindra le Los Angeles Philharmonic, à la Creative Chair, poste nouvellement créé, travaillant en étroite collaboration avec Gustavo Dudamel et apportant sa contribution à la création mondiale d’une nouvelle œuvre, le 8 octobre, intitulée City Noir.
Son of Chamber Symphony, suite de sa populaire Chamber Symphony de 1992, est créé en avril 2008 au Ballet de San Francisco sous le titre Joyride, sur une chorégraphie de Mark Morris. Son œuvre la plus récente, String Quartet, est une commande de la Juilliard School, du Banff Centre et de l’Université de Stanford pour le Quatuor St. Lawrence.
Site officiel de John Adams: www.earbox.com. Sa musique est publiée par Boosey & Hawkes et Associated Music Publishers.
Avril 2009
Reproduit avec l’aimable autorisation de Boosey & Hawkes.
Traduction: Jean-Marie Bergère
* Le Phi Beta Kappa (ΦΒΚ) est un club estudiantin des États-Unis regroupant des élèves très brillants élus au cours de leur troisième ou quatrième année d’études universitaires; un membre du club est un Phi Beta Kappa. Fondé le 5 décembre 1776 au College of William and Mary, c’est aujourd’hui le plus ancien et prestigieux club d’étudiants. Le nom du club vient de l’expression grecque Φιλοσοφíα Βíου Κυβερνêτης (philosophia biou kybernetes), qui signifie «la philosophie, gouverne de la vie». (N.D.T.)