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Le Grand Conseil tessinois transmettra la demande d’accorder l’asile à Asia Bibi au gouvernement. A l’origine de cette demande: une pétition de Giorgio Ghiringhelli signée par … Giorgio Ghiringhelli.
Le législatif tessinois a décidé ce mardi 11 décembre de transmettre au Conseil fédéral la demande d’offrir l’asile politique à Asia Bibi et sa famille. 65 députés ont accepté la proposition, 15 se sont abstenus (surtout à gauche), aucun n’a refusé. On a tout de même entendu certains exprimer le souci que les musulmans d'ici se sentent quelque peu irrités...
Le 2 novembre dernier, Giorgio Ghinghelli a remis une pétition au Grand Conseil tessinois. Elle lui demandait de présenter une résolution aux Chambres fédérales demandant que l’asile soit accordé à Asia Bibi et sa famille. Ghiringhelli était le seul signataire.
Extraits de son argumentation : «La Suisse, pays de tradition chrétienne qui compte de nombreux Pakistanais musulmans, devrait au moins faire le geste d'accueillir celle qui est devenue à juste titre un symbole de la persécution des minorités dans un pays où l'islam est une religion d'État… ».
Selon la pétition, il est essentiel de lancer «un signal fort et clair» à ceux qui pensent que «le monde civilisé peut accepter sans réagir des actes criminels similaires, résultat de la barbarie et du fanatisme religieux …».
Selon la législation, toute pétition doit être traitée quel que soit le nombre de paraphes. La Commission des pétitions s’est rapidement emparée de celle-ci, et le 12 novembre déjà, elle a rendu son rapport. «La Commission des pétitions et des appels appuie évidemment la demande de la pétition. Essayer d'aider - même si, comme dans ce cas, dans le contexte d'une marge de manœuvre objectivement très limitée - les personnes persécutées parce qu'elles appartiennent à une religion particulière ou partagent des idées et des opinions spécifiques constitue toujours un acte juste et approprié.»
Le Grand Conseil tessinois durant la (brève) discussion du rapport de la commission.
Dans ses conclusions, elle considère cependant que la voie proposée par le pétitionnaire, soit s’adresser aux Chambres fédérales, est inopportune. Elle propose de transmettre la demande directement au Conseil fédéral «afin qu'on s’active avec diligence afin de permettre à Asia Bibi et à sa famille de quitter le Pakistan en leur accordant l'asile politique en Suisse.» Giorgio approuve: « Je suis très satisfait de ces conclusions. Cette pétition a déjà plus d’un mois, il faut donc agir avec rapidité et détermination.»
Le rapport de la Commission a été approuvé hier et sera transmis, ainsi que la pétition, au Conseil fédéral.
L’activité du Guastafeste ne connait pas la crise!
L’art subtil de la démocratie directe
Giorgio Ghiringhelli, figure très populaire dans son canton, a déjà utilisé la démocratie directe à de multiples occasions. Mais la vingtaine de pétitions qu’il a lancées avant celle-ci ont toutes été rejetées, après un débat au Grand Conseil. Ghiringhelli ne s’en plaint pas : « Ces pétitions ont souvent été un préalable pour moi au lancement d’une initiative. A l’occasion du débat, je découvre les principaux arguments des uns et des autres. Et je vois parfois à qui je pourrai demander de faire partie du comité d’initiative.» Avec son groupe, le Guastafeste («le Trouble-fête»), Ghiringhelli en a lancé une bonne demi-douzaine sur des sujets divers, cantonales et communales, qui ont presque toutes connu le succès.
Exemple de la proposition qui sera soumise au peuple au printemps prochain.
Le Tessin est le canton qui exige, pour une initiative, le plus grand nombre de signatures dans le délai le plus court. En 2007, le peuple a refusé l’une de ses initiatives qui demandait une diminution du nombre des signatures requises et l’allongement du délai de récolte. «Le peuple a refusé à 50,9%. La même année, j’en ai lancé une autre, concernant les communes. Je demandais une modification de la loi cantonale qui exigeait que les artisans d’une initiative communale recueillent les signatures d’au moins 20% des citoyens. Je proposais 15%. Elle n’a pas passé devant le peuple, car le Grand Conseil a voté cette diminution. »
Au niveau cantonal, Ghiringhelli poursuit la lutte en 2014 au parlement, avec l’appui d’un député. «Notre proposition d’allongement du délai pour les initiatives cantonales a été acceptée récemment, après quatre ans: le Grand Conseil a décidé de le faire passer de 60 à 100 jours…» Mais le peuple se prononcera, car il s’agit d'une modification constitutionnelle.
Le coup de maître et la plus grande fierté de ce champion du fédéralisme reste évidemment son initiative sur l’interdiction de la burqa acceptée par les citoyens tessinois.