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L'ancien rédacteur en chef de 24 heures, reconverti dans la communication, écope de 150 jours-amende sans sursis, contrairement à ce qu'avait requis le Ministère public.
Il est sanctionné pour avoir accusé le groupe de construction Orllati d'avoir pollué la nappe phréatique à Bioley-Orjulaz (VD). Il soutenait en outre que les autorités cantonales avaient fermé les yeux.
Sanction aggravée par rapport à l'ordonnance
En supprimant le sursis, le tribunal a aggravé la sanction infligée par voie d'ordonnance et contre laquelle le prévenu avait fait opposition.
Pour la Cour, les conditions à l'octroi du sursis n'étaient pas réunies. Fabien Dunand est resté "irréductible à toute compréhension du caractère illicite de ses actes", y compris à l'audience. Il a fait preuve d'un "comportement répété, revendiqué, assumé", a estimé le président du tribunal Pierre Bruttin.
Le magistrat reproche en substance à l'ancien journaliste d'avoir basé ses accusations sur des analyses partielles, effectuées dans un puits éloigné des habitations et sans faire de vérification. Fin 2016 et début 2017, Fabien Dunand a envoyé des courriers anonymes aux médias et à des élus avec "un ton véhément et catégorique", propre à alarmer la population.
Agissements "par volonté de nuire"
En tant qu'ancien journaliste d'investigation, il était pourtant "parfaitement à même d'agir différemment", a relevé Pierre Bruttin. "Il a agi par volonté de nuire uniquement".
La calomnie est également retenue. Critiquer le comportement d'une personnalité politique est une chose. Dire qu'elle passe son temps à mentir en est une autre, a ajouté le président, en référence aux "accusations répétées" contre le groupe Orllati et Jacqueline de Quattro, qu'il a voulu faire passer pour "une politicienne véreuse".
Son comportement est "déplorable, indigne de la part d'un ancien journaliste de haut niveau, un homme intelligent", a ajouté le président, en précisant toutefois que les faits les plus anciens étaient prescrits.
Fabien Dunand est aussi condamné à supporter les frais de la cause. Il devra s'acquitter de plus de 15'000 de frais d'honoraires à Jacqueline de Quattro et de plus de 12'000 francs pour le groupe Orllati.
>> Le point sur l'affaire dans le 12h45 de lundi:
ats/oang
Jacqueline De Quattro "satisfaite" du verdict
Lundi, en ouverture d'audience, l'ancienne conseillère d'Etat avait expliqué qu'elle s'était sentie harcelée, insultée. Elle demandait que le prévenu cesse de lui "empoisonner l'existence".
La politicienne n'a pas assisté à la lecture du jugement. Son avocat, Me François Roux, a expliqué qu'elle était "satisfaite du résultat, après ce qu'elle a enduré durant quatre ans et demi
L'avocat de Fabien Dunand parle de "journée noire"
Fabien Dunand, pour sa part, soutient qu'il a agi comme un lanceur d'alerte. "Ce n'est pas le jugement que j'étais en droit d'attendre. C'est à désespérer de la justice, en tout cas de cette justice-là", a-t-il réagi. Il n'a pas encore décidé s'il fera recours.
"C'est une journée noire pour la justice vaudoise qui donne un message inquiétant adressé à nos responsables politiques dont on attend des exigences de transparence", a relevé pour sa part son avocat, Me Elie Elkaim, qui avait plaidé l'acquittement.