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En observant l'intérêt que soulève l'élection présidentielle française à Genève sur la TV, la Julie, les blogs tdg.ch et les posts sur Facebook, on peut en effet se poser la question. Par contre que sait-on à Genève sur la politique allemande, britannique, hongroise ou suédoise? Connaît-on même le nom du premier ministre anglais depuis que ce n'est plus Tony Blair? Qui sait quand se tiendront les prochaines élections législatives allemandes? D'ailleurs qui s'y intéresse? Certes, nous sommes peut-être plus concernés par la France parce que nous y faisons nos emplettes, y allons skier ou y possédons une résidence secondaire; ou encore parce que les frontaliers français viennent nous voler nos emplois en pratiquant du dumping salarial. Mais cela explique-t-il à ce point cet engouement, voire ces passions, pour une élection qui au fond ne nous concerne que très indirectement?
Il y a quelques années, un informaticien indien au bénéfice d'un permis temporaire "L" travaillant à Genève pour un projet que je dirigeais alors s'était rendu dans une grande surface consacrée à l'ameublement pour y acheter un lit. Souhaitant des renseignements, il avait cherché un vendeur parlant anglais: "impossible", lui a-t-on répondu: "par contre, nous pouvons vous renseigner en français, portugais, espagnol, serbo-croate ou albanais"…même pas en allemand ou suisse-allemand, pourtant première langue du pays. La seule différence avec Limoges, Angoulême, Tours ou Châteauroux qui n'ont quant à elles aucune prétention d'être des "villes internationales", c'est qu'il y aurait probablement eu le serbo-croate en moins et l'arabe et le kabyle en plus.
En conclusion, soyons un peu plus modestes avec notre prétendue "ville internationale"…car ne serions-nous finalement pas qu'une simple enclave suisse en France, un accident de l'histoire?