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Une villa sous l’autoroute au nord de Lyon
Les fouilles préventives réalisées sur la commune de La Boisse, au lieudit « Les Vernes », au cours de l’hiver 2005/2006, dans le cadre de la construction d’un diffuseur pour l’autoroute A42 se sont concentrées sur le tiers sud de la villa des Vernes, fouillée en 1980 par Georges Vicherd.
Si les fouilles récentes ne permettent pas de préciser la chronologie relative de la construction de la villa, elles ont toutefois permis de préciser la datation de l’occupation gallo-romaine. En l’occurrence, on sait maintenant que la villa de plan classique n’est pas une création ex nihilo mais qu’elle a succédé à un premier établissement agricole, fondé dans le courant du premier tiers du Ier s. av. J.-C., au plus tard à l’époque tibérienne.
Cet établissement se distingue par des constructions légères, certaines sur poteaux porteurs, d’autres sur sablières basses. En cela, et contrairement à ce que l’on en pensait auparavant, la villa des Vernes rejoint en partie la « norme » de la plupart des établissements agricoles du début du Haut-Empire dans le nord de la région Rhône-Alpes. Enfin, les fouilles n’ont pas permis de reconnaître l’emplacement d’une éventuelle pars rustica.
La fouille a aussi permis de confirmer la présence, près du lieu-dit « Les Cabrunes », d’un habitat du IVe siècle de notre ère, tout en précisant sa datation (deuxième moitié du IVe s.). On interprète cet habitat comme une villa d’un « standing » comparable à celui de l’établissement des Vernes pour le Haut-Empire.
Par ailleurs, la présence de structures de la fin de l’âge du Bronze est confirmée, avec l’identification d’une éventuelle cabane excavée datant très probablement du Bronze Final IIIb, et d’une série de silos d’un module comparable à celui fouillé en 1980, pour la plupart datés de la fin de l’âge du Bronze. Toutefois, ces structures protohistoriques restent trop peu nombreuses pour permettre de proposer un plan cohérent.
La présence, en très petit nombre, de structures en creux plus tardives (Hallstatt D/La Tène A et La Tène C/D) suggère l’existence de plusieurs phases d’occupation protohistorique, dont la durée et l’étendue ne peuvent être définies.
On a pu également préciser la datation de la mise en place de la terrasse alluviale sur laquelle sont installées les différentes occupations : sa formation date bien de la période préboréale/boréale. En revanche, les résultats des études paléo-environnementales infirment l’hypothèse d’une zone humide qui aurait pu être exploitée par l’homme à l’époque antique. Ce paléochenal trouve son origine dans les alluvions de la Sereine ; il ne s’agit pas d’un bras ancien du Rhône. Les analyses palynologiques et malacologiques ont permis de reconstituer un environnement de prairie saisonnièrement humide, qui se caractérise par l’absence d’une volonté de mise en culture.
Enfin, la découverte de deux structures à caractère funéraire d’époque flavienne constitue une surprise, d’autant plus qu’elles sont situées en dehors de toute nécropole et que leur richesse, du moins pour l’une d’entre elles, constitue un unicum régional.
Commune: La Boisse
Adresse / lieu-dit: Les Vernes
Canton / Département: Ain (01)
Pays: France
Date de l’intervention:
du 21-11-2005 au 14-03-2006
Période(s) concernée(s): Protohistoire, Antiquité
Surface: 21 000 m²
Responsable d’opération: P. Nuoffer, B. Montandon, L. Orengo.
Suivi scientifique: J. Chastel (Drac-Sra Rhône-Alpes)
Aménageur: Société des Autoroutes Paris-Rhin-Rhône (APRR)