Document ID: /curiavista/filtered/00000.jsonl.gz/140375

<h2>SubmittedText<h2><p>Dans une interview accordée à un journal dominical, le célèbre chasseur de nazis Serge Klarsfeld estime le nombre de Juifs refoulés durant la guerre par les autorités suisses à 3000 et non 24 000 comme le prétend le célèbre rapport Bergier, désormais référence suprême.</p><p>Qu'entend entreprendre le Conseil fédéral pour rétablir la vérité et rendre justice aux acteurs de cette époque ?</p><h2>FederalCouncilResponseText<h2><p>Lors de la publication du rapport final de la commission Bergier, en 2002, le Conseil fédéral a rappelé qu'il appartenait désormais aux citoyens et aux milieux scientifiques de forger leur opinion, de discuter ou compléter ces résultats. Dans ce sens, il salue les recherches menées par Monsieur Serge Klarsfeld, comme par d'autres chercheurs, sur le nombre de personnes refoulées à la frontière suisse.</p><p>Dans son rapport final, la commission Bergier s'est basée sur des chiffres publiés par les Archives fédérales et sur des documents conservés aux Archives fédérales. Selon la commission, un peu plus de 20 000 personnes, juives et non juives, ont été refoulées de 1939 à 1945. De son côté, Monsieur Klarsfeld collabore avec une historienne genevoise qui dépouille des archives locales et se concentre sur certaines périodes et certaines régions frontalières. Leurs travaux portent uniquement sur des réfugiés juifs. Les résultats définitifs de leurs travaux n'ont pas encore été publiés.</p><p>Les archives en Suisse et dans les pays voisins qui permettent de documenter les refoulements de réfugiés à la frontière suisse durant la Seconde guerre mondiale sont accessibles à tout chercheur. En particulier, le Conseil fédéral a décidé en 2004 que le matériel scientifique collecté par la commission serait immédiatement accessible. Ce matériel est conservé aux Archives fédérales.</p><p>Dans ce contexte, le Conseil fédéral n'estime pas nécessaire de commander une nouvelle recherche historique sur l'un ou l'autre des thèmes traités par la commission Bergier ; il salue tous les travaux scientifiques qui, basés sur une analyse historique rigoureuse, contribueront à établir la connaissance la plus complète de cette période de l'histoire de notre pays. Enfin, si des besoins accrus de recherche devaient se faire sentir, des demandes de soutien à des projets scientifiques peuvent en tout temps être déposées à travers les canaux de financement existants, en particulier ceux du Fonds national suisse de la recherche scientifique.</p>