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Professeur de biologie moléculaire et chercheur de renommée mondiale dans le domaine de l'immunologie, Marco Baggiolini a été nommé premier président de l'Université de la Suisse italienne en 1996. La reconnaissance officielle de cette université a concrétisé des espoirs et des revendications qui remontent à des décennies.Ce contenu a été publié le 22 mars 2001 - 08:43
Quand je regarde la photo d'adieu qui remonte à ma maturité de 1955, je vois devant la porte principale du lycée 16 élèves de la section littéraire et 13 de la section scientifique qui se tiennent autour du directeur de l'époque.
Tous ont quitté le Tessin, après un été de liberté et d'incertitudes, pour rejoindre une université ou une école polytechnique. Beaucoup se sont retrouvés à Zurich, destination traditionnelle des Tessinois,. Quelques-uns se sont inscrits à Milan ou à Pavie. Moi, j'ai choisi Bâle.
L'an dernier, presque un demi-siècle plus tard, à Lugano toujours, j'ai eu l'occasion de saluer 700 personnes réunies au Dies Academicus de l'Université de la Suisse italienne (USI). Fondée en 1996, l'USI conférait alors ses toutes premières licences et célébrait sa reconnaissance de plein droit au sein du système universitaire helvétique, qui s'est ainsi enrichi d'une université de langue et de culture italiennes.
Aujourd'hui, les jeunes Tessinois ne doivent donc plus obligatoirement passer les Alpes ou la frontière pour faire des études. Plus d'une centaine d'entre eux s'inscrivent chaque année à l'USI.
Notre ambition était de créer une université nouvelle, ouverte sur la Suisse, l'Europe et le monde. Et nous y sommes parvenus. En quelques années, la proportion d'étudiants tessinois a progressivement baissé et fait place à un nombre croissant d'étudiants du reste de la Suisse.
Aujourd'hui, moins de la moitié des 1500 étudiants sont tessinois. Avec 20 pour cent d'étudiants du reste de la Suisse, 20 pour cent d'Italiens et plus de 10 pour cent environ d'étrangers provenant de plus de 30 pays, le corps estudiantin est varié et international. Le corps enseignant, lui, a été formé grâce à des apports locaux et, naturellement, d'Italie. Mais il attire également de nombreux professeurs des autres régions de Suisse et de pays non italophones.
Comment construit-on une université dans la Suisse d'aujourd'hui? Pour commencer, il faut avancer des motifs convaincants. Dans notre cas, il y en avait au moins deux: la nécessité de soutenir culturellement et professionnellement la Suisse italienne pour en préserver l'identité et la nécessité d'intensifier les échanges intellectuels, culturels et économiques entre la Confédération et l'Italie. L'USI s'est déjà attelée à cette tâche. Et elle est en train de consolider sa vocation naturelle de pont académique entre Zurich et Milan, entre le nord des Alpes et l'Italie septentrionale.
En quatre ans seulement, l'Université a conquis le Tessin qui, grâce à l'émergence sur son territoire d'une institution académique ouverte sur le monde, s'est rapidement trouvé dans un contexte nouveau et face à des possibilités intéressantes de développement culturel, structurel et économique.
L'USI a également gagné l'estime du système universitaire confédéré, où notre travail intellectuel est reconnu, notamment dans le cadre d'échanges d'étudiants et de professeurs ainsi qu'au travers d'importantes collaborations dans le domaine de la recherche. De plus, des liens étroits ont été établis avec les grandes universités italiennes et avec l'école polytechnique de Milan.
Marco Baggiolini
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