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Les États-Unis sont multiples. A tel point que le collectif Moritz Pialat se demande comment il parviendra à monter un seul film sur la base de rencontres aussi diverses.
Avant de quitter la Louisiane pour remonter vers le nord, en longeant le Mississippi, les trois réalisateurs ont passé une journée avec une famille d'origine colombienne arrivée aux USA il y a huit ans. Nancy, son mari et leurs deux filles vivent dans un quartier résidentiel de Bâton-Rouge fortement touché par les récentes inondations. Devant les maisons, des tas de déchets témoignent des dégâts. C’est dans ce décor que les trois jeunes réalisateurs ont parlé d’intégration avec leurs hôtes, comme le raconte Pierre-Olivier.
C’est dans ce décor que les trois jeunes réalisateurs ont parlé d’intégration avec leurs hôtes, comme le raconte Pierre-Olivier.
Etape suivante : une halte à Fort Adams, repère de véritables rednecks. Définition avec Fisnik, Frédéric et Pierre-Olivier.
Sur la route de Memphis (oui, pour de vrai), les trois réalisateurs se sont arrêtés pour faire le plein. Et c'est dans une station-service tout ce qu'il y a de plus banal qu'ils sont tombés sur Curtis et Reid, venus commencer une nouvelle vie dans le Mississippi, loin de la violence et de la drogue.
A Memphis, le collectif Moritz Pialat s'est rendu à une manifestation pour lever des fonds au quartier général de la campagne démocrate. Il faut préciser que la ville est un îlot démocrate au milieu d'un État républicain ; c'est probablement Trump qui remportera le plus de voix dans le Tennessee, et les grands électeurs de l'État voteront alors intégralement pour le ticket républicain, ce qui rend la campagne démocrate locale assez vaine.
Mais ça n'empêche pas les volontaires de s'engager pour Hillary Clinton. Tellement sûrs de la victoire, certains ont déjà réservé des vacances pour célébrer le résultat de l'élection. Frédéric, Pierre-Olivier et Fisnik ont été touchés par l'engagement désintéressé de ces gens. Ils ont aussi constaté une certaine condescendance à l'égard de l'autre camp : pour les partisans de Clinton, Trump est un clown et ses supporters vivent sur une autre planète. Le républicain ne peut tout simplement pas gagner.
Ces échanges ont mené les trois réalisateurs très loin de John le redneck, donc, qui aime son sud tel qu'il est et qui adhère complètement au discours de Trump. John que nos trois Européens ont d'ailleurs aussi trouvé très attachant. "Une leçon d'indulgence et d'humilité qui nous oblige à nous remettre en question", déclare Frédéric à ce propos.
Poursuite de cette plongée dans une Amérique multiple et divisée la semaine prochaine.
Léonie