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PAGE EN COURS DE DEVELOPEMENT
La Respiration Nasale
Physiologiquement, les êtres humains respirent par le nez, mais dans certaines conditions, ils peuvent passer à une respiration buccale. Quand cette dernière devient le moyen principal pour respirer, une cascade de conséquences peut s’ensuivre. Le nez et la bouche ont des fonctions différentes. Chaque narine fonctionne indépendamment mais en synergie pour filtrer, réchauffer, hydrater, déshumidifier et sentir l’air. C’est comme avoir deux nez en un.
Sur le plan d’orthopédie dento-faciale
Durant la respiration nasale, la position correcte de la langue est sur le palais où elle exerce une pression passive, stimulant les cellules-souches situées dans la suture palatine et dans les ligaments parodontaux autour de toutes les dents pour diriger la croissance maxillaire normale. La langue forme une maquette pour la croissance maxillaire, elle façonne la mâchoire supérieure et les dents sont poussées autour de la langue, produisant une arcade d’une forme harmonieuse. En même temps, cette pression de la langue contrecarre les forces des muscles jugaux et labiaux qui agissent de l’extérieur vers l’intérieur. Ainsi, les dents sont en équilibre.
Afin de pouvoir respirer par la bouche, trois choses doivent se produire au niveau de la cavité buccale : 1. La langue doit assumer une posture basse et antérieure, 2. Les lèvres doivent se séparer 3. La mâchoire inférieure lâche. Cette posture de la langue modifie le schéma de croissance normal des mâchoires maxillaire et mandibulaire et des voies respiratoires. Dans l’absence de la langue au palais, la stimulation au niveau de la suture palatine est absente et les muscles buccinateurs continuent de pousser sans opposition, provoquant l’effondrement de l’arcade supérieure. Les enfants qui respirent par la bouche ont un maxillaire étroit et sous-développé avec une voûte haute et creuse. Les fosses nasales ne se développent pas et le plancher nasal (qui fait aussi le plafond buccal) reste bien en haut. En plus, cette posture crée ce qu’on appelle une poussée de la langue, des habitudes de déglutition anormales et parfois des problèmes d’élocution.
L’ouverture buccale quasi-constante nécessaire pour assurer la respiration buccale cause la séparation des lèvres et l’absence de contact entre les dents supérieures et inférieure. Par conséquent, la mâchoire inférieure “tombe” en bas et en arrière, et une faiblesse musculaire des lèvres et de la mastication est visible. Les lèvres deviennent flasques, car elles ne se ferment pas régulièrement pour assurer l’étanchéité nécessaire. Cette faiblesse des lèvres est connue sous le nom de l’incompétence labiale. L’enfant doit forcer les lèvres en activant les muscles du menton pour les fermer sinon elles restent bien à part. Ces enfants développent une mandibule rétrognathique avec un menton fuyant et ont généralement un long visage, surtout l’étage inférieur du visage. Cette combinaison de symptômes et signes cliniques est appelée syndrome du long visage. Il est clair qu’il existe un éventail de phénotype (variabilité de formes cliniques) en fonction du degré de la respiration buccale, le terrain génétique de l’enfant (schéma de croissance) ainsi que d’autres problèmes fonctionnels aggravants (frein lingual court, succion de pouce…)
Vidéos résumant l’effet de la respiration buccale: merci d’activer les sous-titres français.
La sécheresse des tissus buccaux et pharyngés due à la respiration buccale provoque une toux sèche, un gonflement de la langue, une mauvaise haleine, une gingivite et des caries. Les personnes qui respirent par la bouche mâchent la bouche ouverte, avalant de l’air, provoquant des gaz, des ballonnements, des flatulences et des rots. En plus, il est prouvé que les problèmes de développement squelettique liés à la respiration buccale prépareront les enfants à l’apnée obstructive du sommeil plus tard dans la vie.
Sur le plan physiologique
Un problème important avec la respiration buccale est la réduction de l’absorption d’oxygène. L’élément central dans la compréhension de la respiration est le dioxyde de carbone (CO2). Ce dernier a plusieurs fonctions dans l’organisme :
- faciliter la libération d’oxygène de l’hémoglobine,
- déclencher la respiration,
- maintenir le pH sanguin en tamponnant avec du bicarbonate ou de l’acide carbonique,
- prévenir les spasmes des muscles lisses.
Toutes ces fonctions sont réduites ou altérées chez les respirateurs buccaux chez qui une grande quantité de CO2 est expirée au point qu’elle ne peut pas atteindre une pression adéquate. Ceci provoque un déséquilibre dans les pourcentages gazes, le dioxyde de carbone et l’oxygène. Le transport depuis les poumons et la libération de l’oxygène dans les différents tissus (y compris le cerveau) sont perturbés. Les faibles niveaux de dioxyde de carbone déclenchent l’activation de la respiration plus rapidement que d’habitude, entraînant une respiration excessive ou une hyperventilation. D’autre part, lors de la respiration nasale, l’oxyde nitrique est libéré dans la cavité nasale et inhalé. Ce gaz augmente l’efficacité de l’échange d’oxygène et son taux dans le sang augmente de 18%. La respiration buccale contourne l’oxyde nitrique. Avec moins d’oxygène délivré au cerveau, aux muscles et à toutes les cellules du corps, le corps ne fonctionne pas de manière optimale. Le sommeil est souvent perturbé et de mauvaise qualité, laissant l’enfant fatigué le matin et en milieu d’après-midi. Des cernes sous les yeux peuvent être présents Le trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité (TDAH) est également lié à la respiration buccale. À long terme, on commence à voir le corps se dégrader – système immunitaire affaibli, fatigue chronique, hypertension artérielle, sautes d’humeur, obésité, etc…
La sécheresse et le manque de filtration de l’air dans la respiration buccale provoquent une hypertrophie et une inflammation des amygdales, des végétations adénoïdes, des calculs d’amygdales, et un risque accru d’infections des voies respiratoires supérieures. Des niveaux plus faibles de dioxyde de carbone provoquent des spasmes des muscles lisses associés au reflux gastrique, à l’asthme et à l’énurésie nocturne. Les muscles lisses se trouvent dans tout le corps, dans le système respiratoire, le système digestif, le système circulatoire, tous les organes creux et tous les tubes et conduits.
Il peut sembler logique que la respiration buccale se produise parce que le nez est congestionné, mais ce n’est pas toujours le cas. Le cerveau d’une personne qui respire par la bouche pense que le dioxyde de carbone est perdu trop rapidement par le nez et stimule les cellules caliciformes à produire du mucus dans le nez pour ralentir la respiration. Cela crée un cercle visqueux de respiration buccale déclenchant la formation de mucus, le blocage des voies nasales, conduisant à plus de respiration buccale. En fait, la respiration buccale peut provoquer une congestion nasale entraînant une respiration buccale accrue.
Dans certains cas, la respiration buccale est causée par une ankyloglossie, ou un frein lingual serré empêchant la langue de bouger efficacement dans la bouche pour faciliter la mastication et la déglutition et reposer confortablement sur le palais. À moins qu’une frénectomie ne soit effectuée, la respiration buccale continuera. L’ankyloglossie peut être diagnostiquée et traitée dans les premiers jours suivant la naissance. Cependant, de nombreux cas sont ignorés jusqu’à l’apparition de problèmes importants. Une intervention précoce évite des problèmes ultérieurs.
De la respiration buccale à la respiration nasale
- Informer et sensibiliser : prise de conscience.
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Assurer une perméabilité des voies respiratoires : dépistage radiographique et ORL
- Cornets nasaux : Les cornets inférieurs, qui sont les plus grands, sont les principaux tissus humidifiants, réchauffants, filtrants et orienteurs du flux aérien. Grâce à eux, le flux d’air est turbulent. Ainsi, il rencontre une surface suffisante de tissu muqueux et il est nettoyé, réchauffé et humidifié. Cela permet d’éviter que la gorge et les poumons ne soient submergés d’air sale, froid et sec. L’hypertrophie non physiologique de ces structures (allergies, infections, etc) limite le flux respiratoire et oblige l’enfant à respirer par la bouche pour compenser le manque. C’est une situation anormale surtout sur une longue période.
- Cloison nasale : Des déviations ou des anomalies de la cloison nasale peuvent entraîner des problèmes fonctionnels tels qu’une congestion nasale, des difficultés respiratoires et des ronflements. Ces problèmes fonctionnels peuvent avoir un impact indirect sur la croissance et le développement du visage. La cloison nasale joue un rôle multiforme dans la croissance et le développement maxillo-facial. Son bon alignement et son interaction avec d’autres structures faciales sont cruciaux pour une croissance équilibrée, une occlusion dentaire et une esthétique globale du visage.
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Végétations (amygdales pharyngées) : Les végétations adénoïdes font partie du système lymphatique et jouent un rôle dans le système immunitaire, en particulier chez les enfants. Ils sont situés au fond de la cavité nasale, près de la gorge. Ces structures sont plus proéminentes chez les enfants et ont tendance à diminuer à mesure que l’enfant grandit. Ils contribuent au développement du système immunitaire pendant l’enfance. Dans certains cas, lorsque les végétations adénoïdes grossissent ou s’infectent, elles peuvent causer des problèmes de santé tels que des difficultés respiratoires, des ronflements et des infections récurrentes des oreilles ou des sinus. Dans de tels cas, un médecin peut recommander un traitement, notamment l’ablation des végétations adénoïdes (adénoïdectomie), pour atténuer ces problèmes.
Effet de l’hypertrophie des végétations sur le flux respiratoire.
- Amygdales : Les amygdales (palatines, lingual) font partie du système immunitaire et jouent un rôle de défense contre les infections, bien que non essentiel. Le système immunitaire possède de nombreux autres composants et mécanismes pour protéger l’organisme contre les infections. Ils aident à piéger et à filtrer les bactéries et virus qui pénètrent par la bouche et le nez. Cependant, dans certains cas, ils peuvent être eux-mêmes infectés, entraînant une amygdalite. Si l’amygdalite devient chronique ou provoque de graves problèmes de santé, un médecin peut recommander son retrait par une procédure appelée amygdalectomie.
Différents types des amygdales.
Différents effets sur la croissance maxillofaciale selon le tissu hypertrophié.
- Polypes nasaux
3. Améliorer la fonction
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Buts :
- Étanchéité labiale
- Posture de la langue
- Déglutition correcte
- Respiration nasale
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Moyens :
- Exercices myofonctionnels.
- Appareil myofonctionnel : Myobrace
- Adhésive buccale: Myotape
4. Changer l’environnement :
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- Ecarter la mâchoire supérieure
- Traiter la rétrognathie
- Frein lingual
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Plus tôt la respiration buccale est reconnue et convertie en respiration nasale, moins les problèmes seront nombreux et graves. Les pédodontistes, les orthodontistes et les hygiénistes dentaires sont les professionnels dentaires idéaux pour dépister la respiration buccale.
Dernier mot
Toutefois, gardez à l’esprit qu’il existe de nombreux autres facteurs, outre les considérations relatives aux voies respiratoires, qui affectent le développement dento-facial (par exemple, la génétique, le tonus musculaire, la taille des dents et des mâchoires, les allergies, les mauvaises habitudes, etc.). La croissance maxillofacialle est un évenment complexe et continu. Par conséquent, s’attaquer uniquement aux interférences des voies respiratoires ne suffira pas toujours pour garantir la correction des problèmes dento-faciaux. Cependant, si les interférences des voies respiratoires sont éliminées avant la fin de la croissance du visage, un environnement favorable sera établi pour un développement harmonieux des structures orofaciales. Cela peut éliminer ou simplifier le besoin d’un traitement orthodontique invasif ou étendu. Le but est non seulement une dentition saine et une occlusion fonctionnelle et stable, mais également une apparence faciale harmonieuse et équilibrée pour l’enfant.