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Le canton de Genève mettait en vigueur, le 1er février 2005, des mesures en vue de protéger la jeunesse contre la consommation d’alcool. C'est le cas de la vente à l'emporter des boissons alcooliques (achetées, p. ex., dans des supermarchés ou des kiosques) qui a été interdite de 21 heures à 7 heures. La vente de boissons alcooliques a également été interdite dans les stations service et les vidéothèques.
L'étude réalisée par Addiction Suisse (Gmel et Wicki, 2010) a pour objectif d’examiner si cette intervention a eu un effet quantifiable sur la consommation d’alcool [27].
Ce rapport met en exergue les résultats suivants :
- Dans le groupe des plus jeunes (10 à 15 ans), le taux des intoxications a baissé dans le canton de Genève dès le début de l’intervention, alors qu’il continuait d’augmenter dans les autres cantons. Cet effet a été significatif dans les deux modèles de séries chronologiques (ARIMA). Ainsi, après restriction de la disponibilité d’alcool, les taux d’intoxications dans le canton de Genève ont baissé par rapport aux autres cantons de 4 à 5,5 cas pour mille patients admis aux urgences.
- Dans les groupes des 16 à 19 ans et des 20 à 29 ans, les résultats étaient clairs, mais a) moins marqués et b), du moins chez les 16 – 19 ans, quelque peu dépendants du modèle statistique appliqué (en ce qui concerne le niveau de signification). En moyenne, l’augmentation des taux étaient de 2,5 à 3 pour mille moins élevé que dans les autres cantons. Dans les courbes de Lowess, cet effet se manifeste par une augmentation nettement plus faible des taux d’hospitalisations dans le canton de Genève que dans les autres cantons suisses; une « rupture » nette au moment de l’intervention n’a cependant pu être repérée. En règle générale, les modèles de séries chronologiques indiquaient de façon significative un effet positif de la restriction de la disponibilité d’alcool sur les taux d’hospitalisations (réduction de ceux-ci).
- Chez les 30 ans et plus, la restriction de la disponibilité de l’alcool n’a eu aucun effet sur le taux d’hospitalisations dues aux intoxications alcooliques aiguës (pas de réduction).
Ces résultats concordent avec la littérature internationale qui montre qu’il existe, notamment chez les jeunes, un lien entre l’accessibilité à l’alcool et sa consommation problématique. Cependant, vu que des effets importants ont été constatés chez ceux pour qui l’achat d’alcool est interdit (10 à 15 ans), des questions subsistent concernant l’évidence du lien causal.
[27] Gmel G. et Wicki M., Evaluation des effets sur les intoxications alcooliques suite aux mesures visant à réduire le degré d'accessibilité à l'alcool dans le canton de Genève - Rapport final, Rapport de recherche N° 54-B, 2010, Addiction Info Suisse, Lausanne.