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François Canonica. La nomination de l'ancien bâtonnier de l'Ordre des avocats
à la présidence des HUG doit être suspendue. Le temps d'éclaircir l'affaire.
Trois anciens bâtonniers qui défendent tous l'Etat, c'est quand même surprenant. Personne ne l'a relevé. Pourtant c'est une évidence:
Vincent Spira, défenseur de la directrice de la Pâquerette, a été bâtonnier de l'Ordre des avocats de Genève de 2010-2011;
Benoît Chappuis, auteur du dernier rapport sur la Pâquerette, a été bâtonnier de l'Ordre des avocats de Genève de 1998-2000;
François Canonica, nouveau président des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), a été bâtonnier de l'Ordre des avocats de Genève de 2012-2014.
L'opacité de cette affaire est dérangeante. Le rapport de Benoît Chappuis a créé l'indignation du côté de la famille d'Adeline car la directrice n'a écopé que d'un blâme, alors que sa responsabilité est engagée. Son avocat, l'ancien bâtonnier Vincent Spira, parle même de réhabilitation. Je ne suis pas de ceux qui cherchent à mettre nommément la faute sur quelqu'un. Au contraire. Je m'interroge cependant comme bon nombre de mes concitoyens sur ce dossier. Le rapport de Benoît Chappuis décharge nettement l'Etat, en plaçant la faute dans un large contexte d'erreurs sur une longue période. Certes, il a probablement raison. Mais je note que le rapport de Bernard Ziegler, ancien conseiller d'Etat socialiste, était beaucoup plus dur avec l'Etat et les institutions. Est-ce un hasard si ces anciens bâtonniers défendent les intérêts du Canton? Sûrement pas. Dans ces conditions, la nomination de François Canonica à la présidence des HUG doit être suspendue. Il en va de la crédibilité de nos institutions.
Grégoire Barbey