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Bonne nouvelle : le front politique qui semblait s'être constitué, des socialistes aux libéraux en passant par les verts, les radicaux et les démo-chrétiens, pour appeler le peuple à condamner le jury populaire à mort, se désagrège : radicaux et verts ont lâché leur groupe parlementaire et leurs magistrats professionnels, et appellent désormais à refuser la suppression du jury. L'UDC et le MCG d'un côté du champ politique, l'AVIVO et " A Gauche toute de l'autre ", ont pris ou prendront très vraisemblablement la même position. Et au bout du compte, il n'y aura plus guère que le PDC, les socialistes et les libéraux (et encore : les derniers cités sont vacillants) pour récuser le jury. Le PS, les libéraux, les démo-chrétiens ? trois partis sur-représentés dans l'appareil judiciaire, et au sein desquels la corporation judiciaire est sur-représentée : on hésitera à ne voir qu'une coïncidence hasardeuse entre cette sur-représentation et le mot d'ordre de ces trois partis. On n'hésitera pas, en revanche, à recommander de voter " non ", le 17 mai, à la suppression d'une institution pas moins démocratique que celles qui en recommandent la mise à mort...
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A une forte majorité (59 contre 12), le Grand Conseil genevois a adopté un projet de modification de la Constitution cantonale, abolissant le Jury populaire. Le peuple devra se prononcer en mai prochain. Tous les partis représentés au Grand Conseil, à l'exception du MCG, vont vraisemblablement défendre, au nom de la " compatibilité avec le droit fédéral ", l'abolition du jury populaire. Mais l'opposition à cette abolition n'en est pas moins présente, et vivace. Et le résultat du vote est incertain. Le nouveau droit pénal fédéral n'abolit d'ailleurs pas explicitement le jury, s'il impose aux jugements de nouvelles conditions, et de nouvelles voies de recours, dont les partisans de l'abolition affirment qu'elles sont incompatibles avec le maintien de la vieille institution citoyenne, et dont les adversaires de l'abolition affirment au contraire qu'elles peuvent parfaitement coexister, au prix de quelques réformes, avec cette institution. Ce ne sont en tous cas pas ces querelles de juristes qui feront la décision, éminemment symbolique -et donc politique.