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Yémen Ryad estime que ce n'est pas le moment d'enquêter
L'ambassadeur d'Arabie saoudite a expliqué mercredi, à Genève, que les difficultés sur le terrain empêchent la mise en place d'une commission d'enquête sur des crimes de guerre au Yémen.
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Les conditions sur le terrain ne sont pas propices à l'ouverture d'une enquête indépendante pour déterminer si des crimes de guerre ont été commis au Yémen, a estimé mercredi l'ambassadeur d'Arabie saoudite à Genève. Il répondait au haut commissaire de l'ONU aux droits de l'homme.
L'ambassadeur saoudien Abdelaziz Alouassil a également estimé qu'une commission yéménite serait mieux à même de procéder à ces investigations. «Nous coopérons pour parvenir, espérons-le, à un compromis», a-t-il déclaré à la presse. «Nous n'avons rien contre une commission d'enquête. Nous avons seulement une discussion à propos du calendrier, pour déterminer si c'est le bon moment de mettre sur pied une commission internationale, étant donné les difficultés sur le terrain», a ajouté le diplomate.
Enquête exigée
L'Arabie saoudite, impliquée militairement au Yémen depuis mars 2015, a formé une coalition internationale pour combattre les rebelles chiites houthis qui tiennent la capitale yéménite Sanaa et la majeure partie du nord-ouest du pays, et pour rétablir le gouvernement internationalement reconnu dans ses fonctions. Les Pays-Bas et le Canada sont favorables à l'adoption d'une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU réclamant la mise sur pied d'une commission d'enquête internationale.
Le haut commissaire aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad al Hussein, réclame de longue date l'ouverture d'une enquête indépendante. Il juge qu'elle ne peut être menée par une commission yéménite. Il a déploré lundi que peu d'efforts aient été déployés en ce sens, alors que les Nations unies estiment que le conflit a donné lieu à la crise humanitaire la plus grave à l'heure actuelle.
Epidémie «gigantesque» de choléra
Plus de 8400 personnes, y compris des civils, ont perdu la vie durant la guerre civile au Yémen, selon des estimations de l'ONU. L'effondrement des infrastructures du pays a abouti à la plus importante épidémie de choléra au monde. L'épidémie a «déjà atteint des proportions gigantesques», a déclaré mercredi Robert Mardini, responsable du CICR pour le Proche et le Moyen-Orient. «Il s'agit de la pire crise de santé pour une maladie évitable dans l'histoire récente», a-t-il ajouté lors d'une conférence en marge du Conseil des droits de l'homme.
La propagation de la maladie a ralenti ces derniers mois, mais elle n'est pas encore sous contrôle. «En juillet, nous avons dit qu'il devrait y avoir 600'000 cas d'ici la fin de l'année. A présent nous avons déjà 647'000 cas suspects» et le CICR envisage désormais «le pire des scénarios, soit 850'000 cas d'ici la fin de l'année», a-t-il dit soulignant que l'épidémie n'était «pas sous contrôle». Moins de la moitié des équipements de santé sont en état de fonctionnement, beaucoup de personnels n'ont pas été payés depuis près d'un an, et moins de 30% des médicaments nécessaires sont livrés, a précisé M. Mardini (ats/nxp)
Créé: 13.09.2017, 14h40