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03 mars 2016
Pourquoi les hommes sont-ils plus grands que les femmes ?
C’est une constante sur toute la planète: les femmes ont une taille moyenne moins haute que celle des hommes. S’il y a des exceptions et de grandes femmes, les hommes ont en moyenne 15 centimètres de plus.
Le magazine Maxisciences en avait listé les possibles causes. Une des pistes serait une influence génétique différente pour chaque sexe. Or si certains gènes sont identifiés ceux-ci ne seraient responsable que de 5% de la différence de croissance.
Certaines thèses privilégient le fait que les hommes devaient se battre. Une grande taille avantageait le combattant. Cela expliquerait pourquoi la plupart des femmes recherchent des hommes plus grands qu’elles: parce qu’il représentent la protection.
L’auteur de l’article, Émeline Ferard, s’inspirant d’un reportage de Arte, présente une autre thèse:
« Pendant des millénaires, la femme est entrée en compétition avec l’homme pour se nourrir. Ceci a donné naissance à une discrimination alimentaire, où les hommes s’alimentaient davantage que les femmes. Cet accès limité aurait logiquement restreint, et restreindrait encore aujourd'hui, la croissance de ces dernières. Car ce qui était autrefois une question de survie semblerait être aujourd’hui devenu un ordre social "systématique", une sorte "d’inégalité imposée". "Une domination qu’on ne remarque pas tellement elle va de soi", explique le documentaire. »
Cette thèse se vérifie chez certaines espèces animales. Est-elle réellement pertinente pour les humains? Peut-on spéculer ainsi sur le passé, un passé très ancien dont les traces sont très ténues? Et quelle est la pertinence d’un discours sociologique sur un fait naturel mal élucidé?
Car introduire l’idée d’une inégalité imposée ou d’une domination semble correspondre davantage à une vision idéologiquement marquée qu’à une simple observation objective, puisque l’on interprète un fait naturel. La notion même d’égalité, du moins d’une égalité revendiquée et théorisée, est relativement récente dans l’histoire humaine. On ne peut pas l’utiliser comme grille de lecture du passé, même rétroactivement.
Le premier objectif d’une espèce n’est pas de produire des structures de domination mais de survivre, se reproduire et croître. Toute autre forme d’organisation, de comportement et de structure relationnelle est subordonnée à la survie de l’espèce. Si l’homme est en moyenne plus grand et plus fort c’est pour remplir une fonction selon une nécessité.
La femme ne peut être sacrifiée à la guerre. Peu d’hommes peuvent féconder beaucoup de femmes, mais chaque femme n’a qu’un enfant à la fois. Les femmes devaient donc être plus protégées que les hommes.
Des questions s’ensuivent sur ce dimorphisme sexuel. Les deux sexes étaient-ils déjà si différents à l’apparition de l’espèce? Ou étaient-ils identiques et la nécessité aurait fait développer des caractéristiques propre à chaque rôle?
La femelle est le repère initial, la référence, par le fait qu’elle enfante. C’est autour de la protection des femmes et des enfants que le rôle de l’homme s’est possiblement défini. Peut-être est-ce la nécessité qui a fait se modifier l’apparence, la taille, la force des mâles.
Ma thèse est que cette évolution a produit des variations de perception du monde, et une psychologie et/ou une sous-culture propre à chaque sexe et liée à ses caractéristiques. Le corps répond au besoin. Par exemple, on sait que les femmes produisent moins de testostérone, hormone de virilisation, que les hommes. Toutefois une petite recherche américaine mentionnée dans le magazine Science&Vie de février, montre que la nécessité permet aux femmes de produire plus de testostérone.
En l’occurrence des chercheurs ont analysé la salive d’actrices avant et après qu’elles aient interprété une scène où elles devaient incarner un comportement stéréotypé d’autorité. Elles jouaient le licenciement d’un salarié. Toutes les actrices montraient un supplément de testostérone de 10% et plus après cette interprétation.
Le corps supporte et favorise certains comportements, le comportement en retour modifie le corps. Dans la question en titre de ce billet, toute réponse n’est qu’hypothèse. La répartition des rôles entre femmes et hommes par complémentarité a été le produit d’une nécessité et non d’une quelconque guerre des sexes. Aujourd’hui, alors que la répartition est symétrique dans de nombreux domaines, il sera intéressant de voir quelles modifications cela entraîne dans les morphologies respectives des femmes et des hommes. On le saura dans quelques générations.