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A travail égal, les femmes continuent à gagner moins que les hommes. La différence serait très marquée dans les professions demandant de hautes qualifications.Ce contenu a été publié le 08 mars 2002 - 12:12
Cette Journée de la femme tombe à pic pour évoquer une question toujours d'actualité: la différence de salaire entre femmes et hommes. Une étude de l'Université de Saint-Gall montre ainsi que, pour un même travail, les femmes gagnent en moyenne 21,3% de moins que leurs collègues masculins.
L'étude se base sur l'enquête suisse sur la structure des salaires 1998. Une enquête pour laquelle l'Office fédéral de la statistique a recueilli les données de 450'000 personnes.
Plusieurs facteurs expliquent cette différence de salaire: un niveau de qualification moins élevé chez les femmes que chez les hommes et l'interruption de leur carrière professionnelle suite à la maternité.
Un cliché battu en brèche
Toutefois, l'étude st-galloise fait tomber un cliché. Elle démontre en effet que ce n'est pas parce que les femmes ne visent que des emplois sans grandes responsabilités, comme par exemple secrétaire, qu'elles gagnent moins.
Pour les emplois peu qualifiés, la différence de salaire est de 18%. Mais lorsque le niveau de qualification augmente, les femmes gagnent 28% de moins que leurs collègues masculins.
«C'est logique d'un point de vue économique, explique Alfonso Souza-Poza, responsable de l'étude. Les femmes qui ont de bonnes qualifications sont en effet davantage exposées aux forces d'un marché compétitif.»
L'étude s'est penchée sur trois secteurs: la restauration, la santé et la banque. Alfonso Souza-Poza a ensuite réparti les données en deux groupes, celui des emplois qualifiés et celui des emplois demandant de faibles qualifications. Le niveau d'éducation, l'expérience professionnelle, le temps partiel et l'ancienneté dans l'entreprise ont également été pris en compte.
Des différences injustifiées
L'étude montre que les femmes disposant d'un bon niveau de qualification subissent des différences de salaires injustifiées. Cet écart varie selon les branches. Il est de 21% dans le secteur des banques et des assurances, de 13% dans la restauration et de 11% dans la santé.
«J'ai été surpris de trouver de telles différences injustifiées entre hommes et femmes», admet Alfonso Souza-Poza. D'autant plus que l'écart varie aussi à l'intérieur d'un même secteur. Ainsi, dans la banque, les femmes gagnent 30% de moins que les hommes pour une activité de consulting, 27% dans le département des ressources humaines et 20% pour une activité de secrétariat.
«J'ai choisi un groupe très homogène, explique encore Alfonso Souza-Poza. Des personnes dans la même branche, avec le même travail et les mêmes qualifications. Mais après avoir contrôlé différents facteurs qui peuvent justifier un écart de salaire, il reste une différence de 16 à 19% totalement inexplicable».
Pour Alfonso Souza-Poza, une conclusion s'impose: son étude apporte une «preuve solide» que les femmes sont discriminées dans le secteur bancaire, notamment.
Il n'est cependant pas aisé de comprendre pourquoi les différences sont plus marquées dans certains secteurs économiques. Mais, pour Alfonso Souza-Poza, une chose est sûre: seule une plus grande transparence des salaires, qui expliquerait sur quels critères se base la rémunération, pourrait aider à mettre fin à cette discrimination.
swissinfo/Priscilla Imboden
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