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26/09/2013
No sex. Avoir envie de ne pas faire l'amour par Peggy Sastre
Titre : No sex. Avoir envie de ne pas faire l'amour
Auteure : Peggy Sastre
Éditeur : La Musardine 2010
Pages : 139
Le sexe est partout. Que ce soit à la télévision, sur les ordinateurs, au cinéma ou dans la vie intime. Le sexe est censé être une composante universelle de l'humanité libérée lors de la révolution sexuelle qui a eu lieu durant les années 70. Mais, ces dernières années, une nouvelle orientation commence à parler de la possibilité d'absence de désir sexuel. Ce sont les asexuels regroupés dans les communautés virtuelles formées par l'AVEN et l'AVA en France. Peu de choses ont été écrites et encore moins comprises sur cette orientation. Je l'ai moi-même découverte récemment lors de la journée de l'asexualité. J'ai donc décidé de m'informer et, pour cela, j'ai décidé de lire ce petit livre de Peggy Sastre.
L'auteure décide d'y examiner l'asexualité selon le présupposé de sa normalité. Mais qu'elle est cette orientation? Selon l'auteure elle est caractérisée par l'absence de ressenti d'attirance sexuelle et/ou un intérêt faible si ce n'est inexistant pour le sexe au sens large. C'est sur la construction de cette définition qu'elle construit son premier chapitre ce qui lui permet d'y regrouper un certain nombre d'expériences individuelles. Cela lui permet aussi de supprimer les thèses qui considèrent l'asexualité comme le résultat d'un traumatisme passé ou d'un éveil à la sexualité mis en délai. Elle examine aussi ce que n'est pas l'asexualité. En particulier cette orientation n'est pas un choix fait selon des conceptions religieuses ou politiques au contraire de la chasteté. L'asexualité n'est donc pas un retour de la pudibonderie mais l'apparition publique de personnes invisibles dans une société qui considère l'absence de sexualité comme étrange voir pathologique. C'est d'ailleurs ce problème de la phonologisation de l'absence d'activité sexuelle que l'auteure analyse dans l'un de ses chapitres pour le relier, ensuite, aux critiques qui ont été faites de ces conceptions dans les recherches les plus récentes. Son dernier chapitre lui permet aussi de critiquer des auteur-e-s qui ont écrit sur l'asexualité en se trompant dans leur conceptualisation ou/et en dépeignant les asexuels comme des personnes malades voir dangereuses qu'il ne faudrait surtout rendre visibles. C'est, en particulier, la thèse de Jacques Wainberg.
Au final nous avons un petit livre à moitié convaincant. Bien que l'auteure ait fait un effort important pour donner au grand public des informations parfois très obscures cachées dans des statistiques difficiles à interpréter elle n'arrive pas toujours à me convaincre dans son traitement. En fait, je trouve que la question aurait pu être traitée de manière bien plus importante. J'ai aussi un peu de mal avec certaines de ses tournures de phrases. Cependant, ce livre a le mérite de poser sur la place publique des faits qui permettent de mieux comprendre à quel point le genre humain peut se développer dans différentes directions. Ainsi, loin d'être une maladie ou un danger l'asexualité est, à mon avis, une orientation normale qui mériterait d'être acceptée dans la société comme toutes les autres formes d'amour et de sexualité.
Image: Éditeur