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La camera obscura et son histoire
La formation de l’image du paysage extérieur au travers d’un petit trou dans une chambre obscure est un phénomène connu bien avant notre ère. Aristote, philosophe grec du IVe siècle avant J.-C., l’avait constaté sans toutefois l’expliquer dans son ouvrage Problematica et s’en servait pour observer les éclipses.
Il faut attendre les IXe et Xe siècles de notre ère pour à nouveau entendre parler des effets de ce petit trou appelé sténopé; dès le Xe siècle, astronomes et opticiens décrivent l’usage qu’ils font de la camera obscura. Vers 1100, le savant naturaliste et mathématicien arabe Hassan ibn al Haitham décrit le principe de la chambre noire et précise dans son ouvrage Kitab al-manazir que l’image sera d’autant plus nette que l’ouverture est petite.
Au XIIIe siècle, Roger Bacon, philosophe, savant et alchimiste anglais, aurait utilisé une camera obscura pour observer les éclipses du soleil, tout comme Guillaume de Saint-Cloud, moine et astronome français ,auteur d’un almanach (1287), dans lequel il recommande l’usage d’une camera obscura pour l’observation des éclipses de soleil afin d’éviter les brûlures des yeux.
C’est à la fin du XVe siècle que Léonard de Vinci (1452-1516) explique le phénomène de manière rationnelle et le compare au mécanisme de la vision humaine tout en suggérant d’utiliser la camera obscura pour l’observation d’ éléments sans rapport avec l’astronomie:
« Lorsque des images d’objets illuminés pénètrent par un petit orifice dans une chambre très obscure, captez-les sur une feuille de papier blanc […], ils auront diminué de grandeur et ils se présenteront dans une position inversée, à cause de l’intersection des rayons lumineux […] »
Au cours des XVIe et XVIIe siècles, on a l’idée de remplacer le petit trou par une lentille pour améliorer le rendu de l’image, puis d’installer un miroir pour la redresser, et d’utiliser la camera obscura comme instrument de dessin. Giovanni Battista della Porta réunit l’ensemble des données connues à propos de la camera obscura dans Magiae Naturalis paru en 1558.
Dès ce moment, la camera obscura devient aussi un instrument de divertissement très prisé. Durant les XVIIIe et début du XIXe siècle, on en installa à demeure dans des maisonnettes construites dans des parcs, jardins et lieux de villégiature pour le plus grand plaisir de tous.