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Territoire en mutation et services de base
L’accroissement démographique, l’extension des zones bâties, la migration des citadins vers la périphérie et l’extension des infrastructures de transport ont bouleversé la notion d’urbanisation. L’Office fédéral de la statistique a donc révisé sa définition des villes et des agglomérations afin de mieux cerner la réalité du territoire suisse et de son occupation. Cette nouvelle méthode n’oppose plus la ville et la campagne. Elle mesure la densité de la population, des emplois et des nuitées hôtelières, puis utilise ces densités pour définir les zones centrales des agglomérations. En mesurant ensuite l’intensité des flux pendulaires, elle détermine les communes fonctionnellement reliées aux centres. Auparavant, une ville était définie uniquement en fonction de sa population, qui devait atteindre dix mille habitants.
Une Suisse peu campagnarde
La nouvelle statistique comptabilise 162 villes - contre 119 selon l’ancienne base - rassemblant 47% de la population et 64% des emplois. Elle fait apparaître 49 agglomérations totalisant 5,9 millions d’habitants, soit 73% de la population du pays. Deux types d’espaces urbains s’ajoutent à ces agglomérations: les «communes-centres hors agglomération» – comme Zermatt, Davos ou Aigle – et les «communes multiorientées », aux activités liées à plusieurs centres d’agglomération, – à l’image de celles de la plaine du Rhône situées entre Martigny et Sion ou du Val-de-Travers. Leur population compte une forte proportion de pendulaires. Au total, 84% des habitants de notre pays résident dans un espace à caractère urbain, lequel couvre 41% du territoire. Les communes présentant un visage urbain forment deux rubans ininterrompus, l’un allant de Berne à Genève, l’autre de Bâle au Rheintal saint-gallois. Comme il n’y a plus d’antinomie entre ville et campagne, les communes multi-orientées et celles de la couronne des agglomérations peuvent offrir des caractéristiques rurales tout en se situant dans un territoire sous influence urbaine, notamment du fait de la présence d’un fort contingent de pendulaires ou d’une économie tournée vers le tourisme.
Equilibre entre les zones
Les mutations intervenues dans l’occupation du territoire ont modifié la définition et l’offre des services de base. Ces derniers ont longtemps recouvert l’accessibilité généralisée à la desserte postale, à l’école, aux services de santé, aux télécommunications et aux transports publics. Aujourd’hui, ils intègrent la culture, les divertissements et le commerce de détail. Or, il est impossible d’offrir une vaste palette de prestations sur tout le territoire selon une densité égale. La distribution des services de base est ainsi devenue plus inégale au gré des modifications intervenues entre centres urbains et zones périphériques. Les premiers sont obligés d’investir constamment dans leurs infrastructures pour répondre au développement démographique et économique, dans un contexte de forte concurrence. Les secondes, souvent menacées de dépeuplement faute d’emplois, attendent des services de base un soutien et en font une condition de la cohésion territoriale et sociale. Il est indéniable que la fourniture en prestations de base influe sur le développement territorial; ainsi, le renforcement des réseaux RER a contribué à structurer les agglomérations. Des solutions innovantes sont nécessaires pour garantir un équilibre entre les différentes zones et pour qu’aucune ne se sente laissée pour compte.
Sources: Communiqué OFS, 18.12.2014; Forum du développement territorial, décembre 2014