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Le concept d'Armée XXI irrite les socialistes. La gauche gouvernementale voudrait que la Suisse renonce au dogme du service obligatoire. A défaut, le PS dénonce une réforme qui ne va pas assez loin: l'armée du nouveau millénaire reste trop nombreuse et trop chère.Ce contenu a été publié le 30 juillet 2001 - 17:40
Le concept d'Armée XXI, mis en consultation par le Conseil fédéral, prévoit que les effectifs passent de 320 000 hommes à 120 000 hommes d'active et 80 000 réservistes. Mais, pour les socialistes, c'est encore beaucoup trop.
Pas de menace
Pour le PS, la Suisse pourrait, dans un premier temps, se contenter d'une armée de 100 000 à 120 000 hommes sans réserve. Les socialistes demandent donc que le simple soldat n'accomplisse que 200 jours de service et soit libéré à 26 ans, alors qu'Armée XXI préconise 280 jours à effectuer jusqu'à l'âge de 30 ans.
Mais, à terme, le PS pense que l'obligation de servir n'a plus de sens. La Suisse pourrait se contenter d'une armée formée de 15 000 engagés pour une durée limitée au maximum à 7 ans et de 45 000 réservistes.
Les socialistes estiment en effet que la Suisse ne subira aucune menace militaire directe d'ici à 2011. Et, dès cette date, il sera toujours possible de faire une nouvelle évaluation des risques tous les dix ans.
Et cette absence de menaces ne justifie pas les 4,3 milliards de francs annuels demandés par Armée XXI. Les socialistes considèrent comme suffisant un budget annuel de 2,5 milliards.
Les effectifs et le budget sont les principaux points contestés par les socialistes. Au nombre de leurs revendications, on peut encore citer la suppression des tirs obligatoires, du service civil et des contingents cantonaux.
Sur un plan plus politique, le PS soutient certes les missions menées sous l'égide de l'ONU, mais il s'oppose farouchement à tout rapprochement avec l'OTAN.
Schmid sur la défensive
Les socialistes n'ayant jamais été de grands supporters de la chose militaire, leur prise de position sur Armée XXI n'est guère surprenante. Mais le problème, pour le Département fédéral de la défense, c'est que cette opposition n'est pas isolée. Armée XXI croule véritablement sous les critiques.
L'Union démocratique du centre est hostile à la réforme. Les radicaux, eux, en acceptent les grandes lignes, mais demandent de revoir de nombreux points, notamment la durée de l'école de recrue qu'ils jugent trop longue. Quant au PDC, il est plutôt favorable au concept, mais craint une trop grande professionnalisation de l'armée.
Bref, Armée XXI est très loin de faire l'unanimité. Le ministre de la Défense Samuel Schmid devra donc user de tout son talent de persuasion pour faire passer la réforme.
Olivier Pauchard, Palais fédéral
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