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"Les revenus du carbone ont presque doublé sur un an, passant de 53,1 à 97,7 milliards de dollars (94,2 milliards de francs). Cette hausse est presque exclusivement le fait des marchés de quotas" conclut une étude publiée mercredi, qui examine l'évolution annuelle de mars à mars.
Ces revenus proviennent à la fois de taxes sur des activités polluantes et de quotas échangeables (appelés ETS ou droits à polluer). Les entreprises de certains secteurs ont en effet un quota d'émissions à respecter: si elles polluent plus que la limite allouée, elles doivent acheter des quotas sur le marché tandis qu'à l'inverse, si elles polluent moins, elles peuvent les revendre.
Il y a ainsi eu dernièrement une forte augmentation du prix sur les marchés du carbone, en particulier en Europe.
"Les prix des quotas ont largement augmenté notamment du fait des prix de l'énergie liés à la guerre en Ukraine: les prix du gaz ont augmenté, donc on s'est retourné vers le charbon qui émet plus de CO2 que le gaz, donc les prix des quotas ont augmenté puisqu'ils sont devenus plus rares", a expliqué Marion Fetet, co-autrice de l'étude.
Spéculation des marchés
"Ensuite il y a aussi le nouveau paquet politique Fitfor55 mis en place par l'Union européenne, qui a aussi entraîné une diminution des quotas", a-t-elle ajouté.
Ces facteurs, qui s'ajoutent à une certaine spéculation sur les marchés, expliquent ainsi le renchérissement des quotas et la hausse des revenus carbone.
I4CE note que pour la première fois, ce sont les ETS qui fournissent la majorité (70%) des revenus mondiaux et non plus des taxes. Or "les revenus des ETS financent plutôt des priorités environnementales clairement délimitées, les revenus des taxes alimentent le plus souvent directement les budgets généraux", souligne l'étude.
Les auteurs notent toutefois une limite: seules 20% des émissions anthropiques (liées à l'activité humaine) de gaz à effet de serre dans le monde sont couvertes par un prix du carbone.
Certains gros pays émetteurs (Etats-Unis - à l'exception de certains Etats - Russie, Brésil) ne sont pas couverts par des politiques de tarification du carbone, tout comme certains secteurs (l'agriculture ou le transport aérien international par exemple).