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En février 2005, j'ai participé à Paris à une conférence sur ce projet. Dans les débats, il a été intéressant de voir comment le représentant chilien, un ecclésiastique universitaire, et celui des Etats-Unis ont émis des réserves quant au fait que la biosphère et ses intérêts étaient mentionnés à plusieurs reprises. L'Eglise catholique semble craindre qu'on rende floue (blur) la différence, le fossé, entre l'homme et le reste de la Création. Le délégué chilien difficulté à s'éloigner du paternalisme a aussi émis des réserves quant à un accent trop marqué sur l'autonomie du patient
L'inquiétude écologique ne convient guère à l'administration Bush. De plus, son représentant a dit ne pas souhaiter qu'une telle déclaration ait valeur de code de conduite pour les professionnels, elle devrait consister en recommandations pour les seuls gouvernements, qui en feraient ce qu'ils veulent
Il n'a pas envie que soit employée la formule «shall», plus contraignante que «should», dans les dispositions prévues. A mon sens toutefois, il serait important que les principes formulés soient fermes et que la déclaration s'adresse aussi bien aux professionnels et autres responsables impliqués qu'aux autorités. Comme on s'y attend dans un cadre de l'ONU, plusieurs participants ont relevé l'importance de tenir compte de la diversité culturelle.Ce projet a ensuite été discuté par deux instances officielles de l'UNESCO. Quelques remarques sur le texte qui en résulte, daté du 24 juin 2005 (www. unesco.org). Le titre d'abord : l'avant- projet prévoyait des normes universelles, on parle aujourd'hui de déclaration sur la bioéthique et les droits humains moins contraignant. L'article 17, traitant de protection de l'environnement, de la biosphère et de la biodiversité est un exemple de pondération diplomatique entre intérêts «naturels» et intérêts techniques et industriels, disant qu'il s'agit d'être dûment attentif aux interrelations entre êtres humains et autres formes de vie, à l'importance de l'accès aux ressources biologiques et génétiques et de leur utilisation appropriée, et au respect des savoirs traditionnels. Ménageant chèvre et chou.L'élaboration d'un document à vocation universelle inclut forcément la pesée d'intérêts divers et divergents, de nature politique, économique, commerciale, comme du registre philosophique et éthique en plus du culturel s'agissant en particulier de l'Homme et de sa place dans le monde (avec lequel il vit son Mitwelt). On souhaite que la déclaration à venir ne se contente pas de grands mots qui n'engagent à rien. Il paraîtrait important que ne lui soit pas refusé, parmi d'autres rôles, celui de Code de conduite. Plusieurs intervenants lors de la conférence de février ont souligné qu'elle devrait assurer une vigilance/veille bioéthique au niveau mondial.