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L’enquête sur le drame touche à sa fin. Elle répond à plusieurs questions fondamentales.08.11.2017 17:30
Une psychose schizophrénique de type paranoïde. C’est le nom du trouble dont souffre F. l’homme qui a tué trois personnes et blessé deux autres le soir du 2 janvier 2013 dans le petit hameau de Daillon. Deux expertises psychiatriques ont été réalisées l’année qui a suivi la fusillade. Selon les médecins cités dans le rapport d’enquête que nous nous sommes procuré, «la schizophrénie est une maladie mentale chronique caractérisée par le présence au long cours d’idées délirantes et souvent d’hallucinations». Dans le cas de F., cette schizophrénie s’articule autour d’un délire de filiation «envahissant tout le champ de sa pensée». F. était en effet convaincu d’avoir été enlevé à ses parents juste après sa naissance. Il accusait son oncle -sur lequel il a ouvert le feu en premier- d’avoir participé à cet enlèvement.
Déjà diagnostiqué en 2005
Si les experts sont arrivés à ces conclusions après le drame, un trouble psychotique aigu avait déjà été diagnostiqué chez F. en avril 2005 lors d’une hospitalisation à Malévoz. La deuxième expertise affirme que le suivi ambulatoire n’a pas été optimal «notamment en raison de son irrégularité et de la rapide discontinuation du traitement médicamenteux introduit à l’hôpital». Conséquence: l’état psychique de F. s’est détérioré. Les médecins avancent notamment que sa consommation abusive d’alcool est «probablement liée à cette pathologie mentale et qu’elle servait d’automédication pour diminuer les angoisses.»
Irresponsable sur le plan pénal
Les conclusions des deux expertises vont dans le même sens: en raison de sa maladie mentale, F. n’est pas responsable sur le plan pénal des actes survenus le 2 janvier 2013. La procureure s’appuie d’ailleurs sur ces éléments pour demander une procédure spéciale pour prévenu irresponsable. Une procédure qui diffère d’un jugement conventionnel. Le tribunal devra décider s’il accepte cette formule ou pas. Dans les deux cas, c’est surtout la mesure qui retiendra toute l’attention des familles. Et sur ce point, les deux expertises ne se rejoignent pas.
«Traitement voué à l’échec»
La première conclut à un internement au sens de l’article 64 du code pénal. Elle se base «sur la persistance de la maladie, sur la conviction délirante inébranlable de F., de sa faible conscience de la gravité des actes commis et de son peu de capacité à entreprendre des démarches pouvant garantir une abstinence totale à l’alcool et aux drogues». Au regard de ces éléments et de la gravité des actes, «seule une mesure institutionnelle fermée peut être envisagée». Un deuxième rapport réalisé en 2014 indique que F. pourrait commettre à nouveau des actes du même type et que l’absence significative d’amélioration amène à constater qu’un traitement institutionnel serait voué à l’échec.
«Ne pas le considérer comme non-amendable»
La deuxième expertise, même si elle conclut également que F. «présente un risque élevé de commettre de nouveaux actes de violence», contredit la première et avance qu’il existe un traitement thérapeutique (article 59 du code pénal). Le document stipule que la nature de l’affection psychiatrique dont souffre F., son évolution positive quoique insuffisante, (…) sont autant de signes qui permettent de ne pas le considérer comme non amendable, encore moins comme durablement non amendable.» L’expert relève encore que l’efficacité de la mesure devra être régulièrement évaluée avec la possibilité d’alléger ou de resserrer le cadre selon l’évolution de F.
Internement? Traitement? Une chose est sûre, les familles des victimes qui attendent depuis déjà plus de quatre ans espèrent que le verdict tombera bientôt.