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Daté du 12 décembre 2001, un rapport de l'agence d'investigations américaine Kroll affirme que les réseaux de Saddam Hussein et de son clan fonctionnent depuis la Suisse.
En 1992, la même agence avait déjà publié un rapport sur les fonds cachés du dictateur de Bagdad.
Dans ce nouveau rapport, qui tient sur une vingtaine de pages, il y a beaucoup de noms, des adresses, d'importantes sommes d'argent et des précisions concernant la profession ou le statut de certaines personnalités domiciliées dans la Confédération, notamment à Genève et à Fribourg.
On découvre ainsi que l'ancien conseiller fédéral Nello Celio, aujourd'hui décédé, aurait eu des liens avec l'Irak à la fin des années quatre-vingt et au début des années nonante via la société Firsec SA, installée à Genève, dont il était le patron.
Le rapport Kroll parle également de la société Dynatrade SA de Genève, spécialisée dans l'importation, l'achat, la vente, le courtage et le raffinage de produits pétroliers. Cette entreprise, qui possède un capital de 5 millions de francs, compte parmi ses dirigeants l'avocat François Canonica.
Le demi-frère du dictateur
«C'est ridicule. Nous n'avons absolument aucun lien avec Saddam Hussein. Nous ne travaillons même pas avec l'Irak, mais avec l'Egypte», assure de son côté le secrétaire de Dynatrade SA.
Kroll reste pourtant l'une des agences d'investigations les plus réputées du monde, car essentiellement composée d'anciens des services secrets américains et britanniques.
L'un de ses employés s'était d'ailleurs fait arrêter à Genève par la police suisse alors qu'il enquêtait sur la société fiduciaire Fidepar au début des années nonante.
Le rapport, qui aurait demandé trois mois d'enquête, s'intéresse tout particulièrement à Barzan al-Tikriti, 52 ans, le demi-frère de Saddam Hussein. Ce responsable des services secrets irakiens de 1979 à 1983 a été ambassadeur auprès des Nations Unies à Genève de 1989 à 1998.
Querelles dans la famille Hussein
Barzan al-Tikriti est soupçonné d'avoir organisé les circuits financiers de Saddam Hussein et de ses proches. Reparti à Bagdad, où il occupe un vague poste de conseiller auprès du dictateur, l'ancien ambassadeur est revenu fréquemment dans la Cité de Calvin.
Du moins jusqu'en octobre 2002. Depuis, la Suisse lui interdit l'entrée sur son territoire. Le rapport Kroll écrit que Barzan al-Tikriti s'occupe de la vente au noir du pétrole iraquien et de l'achat d'armes de destruction massive.
Il entretiendrait des relations tendues avec Oudaï, le fils aîné du président irakien, qui est son ex-gendre. La fille de Takriti s'était réfugiée chez son père à Genève peu après son mariage, ne supportant plus les mauvais traitements que lui faisait subir Oudaï.
Ce dernier n'a jamais pardonné à son oncle de ne pas avoir forcé sa fille à réintégrer le domicile conjugal.
swissinfo, Ian Hamel
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