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Article rédactionnel écrit et publié par Jean-Marc Angéloz du journal L'Objectif le 21 décembre 2007.
André Baechler, ancien patron d'une entreprise d'informatique
Une Trajectoire surprenante
Étonnante trajectoire. Après avoir fondé et fait croître sa propre entreprise informatique qui a employé jusqu'à 28 personnes, il a vendu sa société alors qu'il n'avait qu'une trentaine d'années, pour choisir une voie nouvelle.
Après une brillante réussite comme entrepreneur, André Baechler a choisi une voie nouvelle partagée entre l'enseignement du Reiki, l'accompagnement bénévole de personnes en fin de vie, l'écoute et la méditation.
Adolescent, André Baechler suit une formation d'électronicien à l'Ecole des Métiers. Il développe, fabrique et vend des amplis haut de gamme pour les puristes du son, puis importe, assemble et revend du matériel informatique. Il fonde son entreprise, y consacrant tout son temps, de 6 h du matin à 22 heures, y compris les week-end, au point qu'il craint les vacances. Il se fait un nom dans la région de Fribourg mais lorsque son entreprise atteint sa phase de stabilité, avec près d'une trentaine d'employés, sa motivation diminue.
Le but de la vie ?
Quel est le but de la vie ? L'ex-patron s'interroge, lit beaucoup, et se questionne sur les valeurs essentielles de l'existence. Une connaissance lui propose alors de recevoir un soin de Reiki. « C'est simplement un moment de détente, sans massage, juste une imposition des mains sur le corps ». André Baechler est méfiant et curieux à la fois. Il tente l'expérience d'un premier soin : « Je suis reparti détendu, habité par un calme profond. Au travail, je me sentais très présent, efficace, abordant avec recul tout ce qui se présentait à moi. L'effet s'estompât progressivement deux ou trois jours après le soin. Je choisis alors d'y retourner régulièrement ».
Après cinq ou six mois de séances hebdomadaires, la thérapeute lui conseille de se faire initier au Reiki durant un week-end. Accompagné de sept ou huit personnes, il assiste ainsi à un stage organisé en région lausannoise. « Des moments assez forts, un peu magiques », se souvient-il. Il commence à utiliser le Reiki sur lui, ce qui déclenche un mouvement intérieur conséquent, qui lui donne envie de « faire le ménage », de mettre de l'ordre dans sa vie.
Un retrait total
Lorsqu'il s'interroge sur sa motivation professionnelle décroissante, l'idée de vendre son entreprise réapparaît fortement : « Sans renier mon passé, j'avais besoin de tourner la page et de faire autre chose. J'en ai parlé à mes collaborateurs, et les choses se sont faites en quelques mois. A la fin 2002, je me suis retrouvé libéré de toutes mes actions et de mon statut au conseil d'administration. Un retrait total. Je m'étais donné entièrement à l'entreprise, je ne m'y serais pas vu d'y rester pour toucher des dividendes ou un salaire fictif ».
Quand même un peu le choc
Les bonnes années de l'informatique lui ont donné les moyens de ne pas être contraint de retrouver tout de suite une activité rémunérée. « Au début 2003, c'était quand même un peu le choc. Je me trouvais libre de tout engagement, avec beaucoup de temps, ce qui n'était pas forcément facile. Se retrouver seul avec soi-même n'est pas toujours confortable. J'ai commencé alors à régler tant de choses enfuies au plus profond de moi. Je vivais assez mal le fait de me consacrer autant de temps, me sentant même coupable de me promener seul en forêt avec la crainte d'y rencontrer des clients ».
Dès l'adolescence André Baechler lit des livres sur le mystère de la fin de vie et de la mort, des thèmes qui l'interpellent beaucoup. Il dévore ceux d'Elisabeth Kübler-Ross, qui font autorité et se décide à faire des accompagnements de personnes en fin de vie, dans l'unité des soins palliatifs de Châtel-St-Denis, tout en suivant une formation. Une expérience passionnante : « J'ai découvert tout ce que l'on pouvait offrir, juste par la présence et l'écoute. Et je me suis rendu compte que ces gens m'apportaient beaucoup. Bien plus qu'un don de soi, il s'agit d'un véritable enrichissement mutuel. Partager le parcours de fin de vie d'une personne est quelque chose de fabuleux, qui amène immanquablement à des remises en question personnelles ».
Pas attendre le dernier moment
Par exemple ? « J'ai appris à ne pas attendre le dernier moment pour faire le ménage dans ma vie, à ne pas m'alourdir de fardeaux comme la rancune ou la colère et à m'alléger de tout ce que je peux de mon vivant. Se préparer à mourir, c'est apprendre à mieux vivre ».
Qu'ont de particulier les personnes en fin de vie ? « Elles lâchent leurs carapaces, leurs apparences, deviennent plus authentiques, se dévoilant et se détachant souvent du matériel. Pour moi qui était dirigeant, gagnant beaucoup et baignant dans le monde matériel, ce fut une remise en question, un retour aux valeurs essentielles ».
Comme un avion qui décolle
Aujourd'hui encore, accompagner des personnes en fin de vie le ressource : « J'aime vivre auprès d'elles cette transition que je ne considère pas comme un échec. Je vois l'unité de soins palliatifs comme un aéroport où chaque chambre est un terminal. Un décès, c'est quelque chose de léger, comme un avion qui décolle pour une autre destination. Je me sens bien lorsqu'un patient a pu décoller en paix ». Beaucoup de croyants ont de la peine à franchir le pas, cachant leur douleur, se sentant parfois obligés de souffrir pour gagner le paradis, constate M. Baechler. Dans les situations pénibles, le Reiki agit « comme un démêlant », les aidant à dissoudre leurs peurs, pour s'en aller plus paisiblement vers d'autres horizons.
Que se passe-t-il lors de ces accompagnements ? « Les gens ont besoin de partager des choses très fortes ou très intimes qu'ils ne peuvent pas toujours faire avec leurs familles. L'écoute est quelque chose d'important, et le non jugement aussi. Certains patients n'osent pas aborder des sujets tels que le suicide assisté par exemple avec le corps médical ou leur famille ».
Le même message
Après une année et demie de boulimie en lectures et formations dans les domaines de la spiritualité et du développement personnel, André Baechler se rend compte que tous les bouquins et enseignants délivrent en gros le même message : vivre le moment présent, être soi-même, se respecter, aimer inconditionnellement, ... Le Reiki est finalement une solution « simple et performante » qui donne de l'autonomie à la personne qui le pratique, ne la rendant pas dépendante d'autrui. « J'ai durant toute ma vie cherché la performance dans la simplicité et le Reiki cadre parfaitement avec ma manière d'appréhender la vie ». André Baechler pratique également la méditation. Une heure chaque matin, il s'assied, ferme les yeux et va à l'intérieur de lui-même. Un travail qui amène le calme intérieur, explique-t-il, un état que l'on peut retrouver par la suite au quotidien, en faisant la vaisselle ou en se baladant en forêt.
Hélicoptère hors de portée
Ce parcours l'amène à expérimenter un certain détachement des valeurs matérielles et un retour aux valeurs essentielles de la vie : « C'est un peu différent d'il y a sept ou huit ans, je vis beaucoup plus sommairement et je n'ai pas renouvelé ma licence de pilote d'hélicoptère. C'était ma manière de m'échapper, de m'envoler, mais cela ne me manque pas. Aujourd'hui, je peux vivre avec environ 4000 francs par mois et je me sens bien plus riche ainsi. Mon grand revenu, c'est ce que les gens m'apprennent. Finalement, les besoins essentiels et vitaux se résument à bien peu de choses ».
S'occuper de soi n'est pas égoïste
Maintenant, il sait aussi que s'occuper de soi n'est pas égoïste. Au contraire : « On ne peut pas donner aux autres ce que l'on n'est pas en mesure de s'offrir à soi-même. La meilleure manière de changer le monde est de commencer par soi-même, incitant ensuite les autres par l'exemple, par ce que l'on dégage et rayonne ».
Depuis plus de deux ans, André Baechler enseigne le Reiki sous forme de stages de week-end, par petits groupes de six à huit personnes. Son unique moyen de se faire connaître est son site internet www.reiki-formation.ch qu'il a pris le temps de soigner, de peaufiner et de référencer afin qu'il soit bien présent dans les grands moteurs de recherche. Ainsi des gens affluent de toute la Suisse romande, ainsi que de la France. Il a beaucoup de demandes de formations et peut s'y consacrer par idéal et non par nécessité alimentaire. « Cela me touche. Il s'agit de gens de tous milieux : médecins, avocats, chauffeurs de camion, boulangers, ... Le Reiki déclenche en eux des mouvements considérables ». Ce n'est pas une concurrence à la médecine traditionnelle, mais une complémentarité : « Il est malhonnête de prétendre que le Reiki remplace les médicaments. Mais il permet parfois de réduire la médication, en accord avec le médecin. Il favorise le calme, la paix et la compréhension, ramenant souvent la personne aux causes de la maladie ou de la douleur ».
Et l'aspect sectaire que certains craignent ? « La liberté de penser et d'appréhender la vie éveille paradoxalement la peur de la secte. Le Reiki est une pratique libre de toute croyance, de tout dogme. Personnellement, j'adhère aux valeurs universelles, et non à celles qui enferment, restreignent ou limitent l'être humain. Je suis profondément allergique à tous partis, qu'ils soient religieux ou politiques. Je cherche toujours à favoriser l'indépendance amenant les gens à penser par eux-mêmes sans qu'ils aient à adhérer à un mouvement de pensée, quel qu'il soit. On a besoin d'expérimenter les choses, on apprend par la pratique, sur le terrain, par notre propre expérience qui est unique et non dans les modes d'emploi ».
Attentif aux signes
L'avenir ? « Je vis le moment présent, j'évite de planifier le futur. Sans tomber dans la passivité, j'ai pris l'habitude de me laisser guider par la vie, d'être attentif aux signes qu'elle sait me communiquer sous de multiples formes, à la petite voix intérieure, aux rencontres ou aux coïncidences par exemple : lorsque le même jour, trois personnes vous parlent du même livre ». Parce que, André Baechler en est convaincu : la vie, il y a une intelligence derrière : « Je me sens accompagné, guidé. Même dans les moments difficiles, je me suis toujours senti accompagné et j'ai toujours reçu des réponses à mes questionnements les plus profonds. J'ai cette foi profonde gravée au plus profond de moi, ces convictions que rien ni personne ne pourrait me faire douter. Les croyances, c'est dans la tête, la foi c'est dans les tripes ».
En fin de compte, André Baechler - qui a par ailleurs connu une évolution dans son statut familial, étant séparé depuis trois ans et vivant avec son amie - est-il plus heureux que lorsqu'il était à la tête de son entreprise ? « Je me sens plus riche aujourd'hui, non pas matériellement ou financièrement, mais sur le plan d'une richesse personnelle qui ne se calcule pas en francs. Durant des années j'ai gagné beaucoup et capitalisé dans mon immeuble. Aujourd'hui, le revenu locatif de ce bien me permet de me consacrer à moi-même et aux autres, librement et sans critère de rentabilité. J'ai juste envie de partager cette force profonde qui m'habite depuis toujours, qui m'aide à vivre, à grandir et m'emplit de bonheur ». (JMA)
Site internet d'André Baechler : www.a-baechler.net
Article rédactionnel écrit et publié par Jean-Marc Angéloz du journal "L'Objectif" le 21 décembre 2007.
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