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Note : Je découpe ce billet en plusieurs parties, du fait de sa longueur. Les autres parties viendront dans les jours suivants.
Certaines sources sur Internet parlent d'une augmentation de l'activité sismique qui aurait lieu depuis le début des années 2000. On se rappelle en effet de terribles séismes ayant eu lieu durant cette période, en particulier à Haïti, au Chili et bien sûr les très meurtriers tsunamis liés aux séismes de Sumatra en 2004 et du Japon en 2011, tous deux de magnitude supérieure à 9 sur l'échelle de Richter. Cela marque les esprits, mais cette impression est-elle réelle ?
Et bien j'ai voulu en avoir le cœur net. J'ai téléchargé les données sur les séismes répertoriés par la NOAA * entre les années 50 et nos jours en me limitant aux séismes de magnitude 6 ou supérieure, ceci afin d'éviter un effet lié au manque de disponibilité des données, les séismes de basse intensité pouvant être insuffisamment documentés par le passé dans certaines régions. J'ai ensuite trié ces données afin de déterminer l'évolution réelle de la fréquence des gros séismes dans le monde.
La base de données de la NOAA de laquelle j'ai tiré ces données: https://www.ngdc.noaa.gov/nndc/struts/form?t=101650&s=1&d=1
(Note: si quelqu'un est intéressé par le fichier Excel que j'ai créé à partir de ces données brutes pour les utiliser, je le mets à disposition. M'envoyer simplement un email en cliquant sur le lien dans la colonne de droite, j'y répondrai avec le fichier attaché)
Le graphique obtenu est le suivant: (cliquer sur l'image pour l'agrandir)
Finalement, ce que montre ce graphique, c'est qu'il semble bien que le nombre de séismes augmente depuis le début du siècle et peut-être encore plus depuis 2008. La moyenne annuelle de la décennie en cours est d'environ 25 séismes, alors que cette moyenne était de moins de 15 dans les années 50. A noter que l'année 2017 semble bien se diriger vers la même moyenne, comptant déjà 14 séismes de magnitude 6 ou supérieure, voire 15 car le dernier séisme en Turquie ne fait pas encore partie des données collectées.
On peut toutefois imaginer que cette augmentation soit due au manque de référencement de certains séismes anciens. Pour éviter cet effet, je me suis limité aux séismes de magnitude 8 ou supérieur, beaucoup moins nombreux, mais provoquant une telle stupeur qu'ils ne peuvent pas être oubliés. Donc si on peut imaginer que les séismes de magnitude 6 étaient imparfaitement répertoriés durant les années 50 et 60, cela parait impossible que cela soit le cas concernant les plus gros d'entre eux !
Quand on trie les données par décennies, on voit une claire augmentation. En effet, dans ce cas on trouve 9 séismes pour les années 50, 10 durant les années 60, seulement 6 dans les années 70, 5 dans les années 80, 6 pendant les années 90. Ils étaient par contre 12 durant la première décennie de ce siècle et déjà 7 durant l'actuelle. Autrement dit, il y a déjà eu plus de très gros séismes durant ces dernières 17 années que durant les 30 précédentes ! La différence me paraît donc significative.
Bref, sans qu'il s'agisse d'un effet aussi impressionnant que certains le prétendent, cela semble confirmer une augmentation, d'ailleurs connue des scientifiques spécialistes de ce domaine mais non expliquée. Alors bien sûr, on trouve sur Internet diverses théories, pour expliquer cette augmentation de l'activité sismique, parfois très farfelues.
Par exemple, certains disent qu'on se dirige vers une inversion de la polarité de la Terre à très brève échéance et que l'augmentation de l'activité sismique est la prémisse d'un cataclysme global. Comme souvent, ils prétendent que c'est également l'avis des scientifiques, voire qu'ils cachent la vérité pour éviter de provoquer une panique. Et bien, selon les spécialistes, c'est vrai qu'il est probable qu'on assiste à une inversion de la polarité de la Terre dans les prochains millénaires, mais pas dans les prochaines décennies ! Certes le pôle magnétique s'est déplacé et l'intensité du champ magnétique semble en légère baisse. Cela indique des modifications subtiles du noyau de la Terre, qui peuvent éventuellement être une prémisse d'une inversion future. Ou peut-être pas, nul ne le sait.
Mais le plus gros problème, c'est d'expliquer comment une telle inversion pourrait être la cause d'une augmentation de l'activité sismique. Il n'y a pas de modèle scientifique testé qui explique en quoi une inversion polaire pourrait provoquer une augmentation de l'activité sismique. Mais bon, pourquoi pas ? Le problème ce n'est pas qu'on invente des théories, mais c'est plutôt qu'on en fasse des vérités absolues sans l'amorce d'une preuve... Et surtout qu'on accuse les scientifiques de cacher la vérité à la population !
D'ailleurs, le fait que cette catastrophe globale avait été annoncée pour la fin du calendrier Maya, comme dans le très mauvais film catastrophe '2012', et qu'en 2017 cela ne se soit toujours pas passé ne les dérange pas : ils attendent toujours la fin du monde pour le lendemain, comme si notre calendrier s'était arrêté avec celui des Mayas ! Que la vie doit être gaie quand on pense chaque jour que la fin du monde va se produire le lendemain !
* La NOAA est une organisation américaine regroupant des données liées aux sciences de la Terre, leur site est une véritable mine d'or d'informations sur notre planète.
Note suivante : Augmentation de l'activité sismique (partie 2) : la planète X