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Echevelé, suant, énervé, enragé, dément, furieux, hors de lui, Bruno Cremer, un pistolet dans sa main gauche, a l'air de frapper quelqu'un. De le défoncer "à coups de crosse", pour citer le titre du film dont ce photogramme est tiré. Cette violence est brute, sèche, plus raide que dans bon nombre de productions actuelles. On sent que le film dans lequel elle s'insère n'est pas forcément destiné à plaire. Et effectivement, A coups de crosse (Fanny Pelopaja) ne plaira pas. Sorti en 1984, le film fut un échec public et son accueil critique fut au mieux indifférent. Je n'en ai qu'un vague souvenir, celui d'une production de genre extrêmement carrée (presque schématique, ce qui n'est pas invariablement un défaut) et d'une violence ambiante constante. Immense acteur, Bruno Cremer (1929 - 2010) y est déchaîné donc royal. Et face à lui, Fanny Cottençon parfaite en victime broyée dans un monde de vice et de stupre.
Coproduction entre la France et l'Espagne, le film est réalisé par Vicente Aranda, un cinéaste espagnol réputé, important dans son pays, et qui eut même son heure de gloire pour avoir été plusieurs fois sélectionné à Cannes, dont une en compétition pour Mañana sere libre en 1988. Reste qu'en dehors de l'Espagne, ses films ont peu circulé. A coups de crosse a connu très peu de diffusions télé mais existe en DVD et en streaming. TF1 le diffuse dimanche 28 décembre à un horaire tristement rédhibitoire. Soit de 3 heures 15 à 4 heures 45 (nuit de dimanche à lundi). Pas sûr que cela suffise pour compenser son box-office de l'époque.