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C'est la fin d'une brouille. Coupable selon Pékin d'avoir entretenu des liens trop étroits avec Taiwan, le Credit Suisse First Boston fait amende honorable.Ce contenu a été publié le 19 octobre 2001 - 12:15
Simple coïncidence? La Chine lève ses sanctions contre Credit Suisse First Boston (CSFB) au moment ou le président américain George Bush rencontré à Shanghai le président chinois Jiang Zemin.
L'influence américaine aura été prépondérante pour persuader le gouvernement chinois d'effacer le nom de la banque d'affaires du groupe financier suisse de sa liste noire des multinationales trop ouvertement actives à Taiwan.
Le poids de George Bush
Comme par hasard, le PDG de CSFB John Mack a choisi aussi le voyage de George Bush à Shanghai dans le cadre de la réunion de l'APEC (l'Organisation des pays de la région Asie-Pacifique) pour rencontrer à Pékin les plus hauts responsables de l'économie chinoise.
Sa banque a été écartée des placements de China Unicom, le numéro 2 de la téléphonie mobile, d'une valeur de 1,8 milliard de dollars, et de China Aluminium estimé à 1 milliard de dollars.
Au Financial Times, le vice-ministre chinois des Finances Jin Liqun dit que Credit Suisse First Boston ne sera plus pénalisé à la condition qu'il ne répète pas des actions destinées à favoriser la promotion de Taiwan.
La Chine est extrêmement sensible à ce sujet. Elle regarde l'île nationaliste comme une province rebelle depuis la fin de la guerre civile en 1949. «Nous n'avons rien contre les entreprises étrangères qui coopèrent avec Taiwan à titre non officiel».
A l'avenir, la banque d'affaires du Credit Suisse devra respecter cette étroite ligne de démarcation dressée par Pékin entre ce qu'il est possible et pas possible de faire à Taiwan.
Trouver un équilibre
«Il s'agit pour les grandes banques de Wall Street de trouver un équilibre entre leurs intérêts à court terme à Taiwan et l'énorme potentiel du marché financier chinois. Pour le moment, Taiwan est beaucoup plus riche en commissions pour le Credit Suisse et ses rivaux que la Chine», observe un banquier européen à Tokyo.
Déjà, Morgan Stanley, Goldman Sachs, les géants de Wall Street ont pris leurs distances avec Taiwan. Devant John Mack, le PDG de CSFB, les autorités chinoises ont critiqué avec la plus grande sévérité l'attitude de sa banque. Nul doute qu'il aura du leur donner des garanties pour les convaincre de lever leurs sanctions.
Georges Baumgartner, Tokyo