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Cette tabatière anthropomorphe a été sculptée dans la corne de buffle au tournant du 20e siècle. Le voyageur et collectionneur Alfred Bertrand rapporta de ses expéditions au sud de l'Afrique de nombreux artefacts acquis dans les stations missionnaires protestantes qu’il soutenait ardemment.
Des pérégrinations du voyageur genevois Alfred Bertrand (1856-1924) en Afrique australe, on retient surtout sa périlleuse expédition de 1895, au cours de laquelle il franchit "le seuil de l’Afrique centrale". Parvenu au royaume du Barotseland, il avait alors fait la rencontre de l’intrépide missionnaire François Coillard et du roi Lewanika.
Le célèbre monarque lui fit don de nombreux présents en signe de bienvenue et reçut à son tour des objets de troc. Le Genevois entreprit deux autres voyages au sud de l’Afrique. En 1898, il accompagna le pasteur Coillard dans un grand tour des stations missionnaires "à travers l’État libre d’Orange, le Pays des ba-Souto, Boulouwayo".
Entre 1908 et 1909, accompagné de son épouse Alice Bertrand, il parcourut à nouveau ces contrées fortement marquées par l’action missionnaire protestante. Ainsi, le capitaine Bertrand récolta de nombreux objets de conception traditionnelle ou copiés sur des modèles européens.
Il note le nom vernaculaire de l’objet, son usage, le lieu, la date de son acquisition, ainsi que l’identité des artistes qu’il croise dans les stations missionnaires.
D’ailleurs, Alfred Bertrand fait " collection" et exhibe, lors de l’Exposition nationale suisse (1896) puis dans son musée personnel, les trésors d’Afrique et d’Asie qu’il a réunis.
Bertrand, Alfred. 1898. Au pays des Ba-Rotsi : Haut-Zambèze : voyage d'exploration, en Afrique et retour par les chutes Victoria, le Matébéléland, le Transvaal, Natal, Le Cap. Paris : Hachette
Ville de passage à la croisée des routes entre le Nord et le Sud de l’Europe, ville d’opportunités commerciales, lieu d’émulation du savoir : Genève a attiré les voyageurs autant qu’elle a fait naître chez nombre de ses habitant-e-s le goût de l’exploration. Ces deux mouvements, concentrique et excentrique, ont contribué à enrichir les collections patrimoniales genevoises.