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Il paraît que les stéréotypes et les rôles de genre pénalisent aussi les hommes dans la recherche d'emploi. C'est ce que soutient une récente étude de l'EPFZ. Mais pour l’Union syndicale suisse, ce problème n'est pas une priorité.
Les salaires doivent augmenter de 2%. C'est avec cette revendication que l'Union syndicale suisse (USS) abordera les prochaines négociations salariales, comme elle l'a annoncé mardi. En haut de la liste: l'écart salarial des femmes, qui gagnent toujours 19% de moins que les hommes, doit être éliminé. L'USS n'a rien dit sur la discrimination à l'égard des hommes. Mais elle existe.
C'est ce que montre une étude du Centre de recherches conjoncturelles KOF de l'EPFZ publiée début septembre. «Les hommes qui veulent un emploi à temps partiel paraissent apparemment suspects aux yeux des recruteurs», écrit l'auteur de l'étude, Daniel Kopp.
Pourquoi? Ils contrediraient l'image traditionnelle de l'homme, selon laquelle il doit être le principal soutien financier de la famille. C'est pourquoi ceux-ci sont boudés par les recruteurs et moins souvent contactés. Souvent, ce n'est même pas intentionnel. «Il peut s'agir d'une réaction inconsciente», confirme Daniel Kopp.
L'étude correspond au tableau dressé par l'économiste lucernoise Iris Bohnet. «Les rôles des genres figés et les clichés sont omniprésents dans le quotidien professionnel et privé. Personne n'en est épargné», explique-t-elle.
Par exemple, tant les hommes que les femmes ont tendance à être discriminés dans les professions dominées par l'autre genre. Dans le cas des hommes, il s'agit de professions telles que celles d'infirmier ou d'éducateur dans les écoles maternelles. Là, l'image stéréotypée des hommes ne correspond pas aux qualités considérées comme nécessaires pour ces professions. «Les normes sont enfreintes, et ça déplaît aux gens en général», explique Iris Bohnet.
C'est justement ce que montre l'étude du KOF: les hommes qui ne veulent pas travailler à plein temps signalent qu'ils ne veulent pas être le «principal soutien financier de la famille» et se rendent suspects aux yeux des recruteurs. Ils ne sont même pas contactés en premier lieu.
Il leur suffit de vouloir travailler seulement à 90% et le recruteur est déjà méfiant. Leur type d'éducation ou d'expérience professionnelle n'a qu'une importance secondaire: ils sont contactés beaucoup moins souvent. Et beaucoup moins souvent que les femmes qui veulent travailler au même pourcentage.
Daniel Kopp est arrivé à cette conclusion en analysant une importante quantité de données: les traces numériques que plus de 43 000 recruteurs avaient laissées sur la plateforme en ligne du marché du travail du Secrétariat d'Etat à l'économie.
Une telle étude devrait être utile aux syndicats. Mais Daniel Lampart, économiste en chef de l'USS, s'en détourne. La façon dont les employeurs choisissent leurs employés ne figure pas en tête de liste des priorités.
D'après les enquêtes, les discussions et les décisions des associations membres, un autre problème est considéré comme bien plus important: les services de garde d'enfants sont trop chers et pas assez développés dans de nombreux endroits. Si une femme et un homme ne travaillent qu'à 50%, dans certaines villes, le loyer n'est plus finançable. Lampart déclare donc: «Les services de garde d'enfants doivent être améliorés et rendus plus abordables. Les hommes et les femmes devraient pouvoir travailler à 70 ou 80%».
Article traduit de l'allemand par Anne Castella