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La rétrospective proposée par le Festival du Film de Locarno dédiée au cinéaste américain Vincente Minelli a connu son pic hier soir aux alentours de minuit, lorsque le film An American In Paris (Oscar du Meilleur Film en 1951) fut projeté sur le grand écran de la Piazza Grande. Retour sur le parcours de ce réalisateur et sur ces quelques jours où Locarno lui a rendu hommage.
Ouverte par l'actrice Leslie Caron, que Minelli dirigea dans An American in Paris (dernière illustration ci-dessous) dans Gigi (1958), la rétrospective a donc proposé 33 films du natif de Chicago, dont la variété des genres a pu conquérir les goûts les plus divers des visiteurs. Car il suffisait de se déplacer à l'Ex-Rex pour y entendre les rires et apercevoir les sourires que suscitaient ses long-métrages.
Vincente Minelli, de son vrai nom Lester Anthony Minelli, grandit dans une famille de gens du spectacle (son père dirigeait le Minelli Brothers' Tent Theater). Décorateur et dessinateur de costumes à ses débuts, il fait ses premiers pas à Broadway avec Ziegfield Follies (au cinéma en 1945) en tant que directeur artistique du Radio City Music Hall de New York et amènera par la suite sa touche colorée et vive au cinéma hollywoodien, qu'il trouve entres autres bien trop statique et éteint dans sa mise en scène. Il mettra donc en scène nombre de comédies musicales (tel The Band Wagon (1953) avec Fred Astaire, à gauche), souvent agrémentées d'une touche onirique.
Mais la légèreté et la fraîcheur apparentes qui se dégagent de son oeuvre n'empêchent pas une réflexion sur l'art, comme lorsqu'il aborde l'envers du décors du théâtre et du cinéma à travers les récits de The Band Wagon et The Bad and the Beautiful (1952). Aussi comique ou dramatique soit-elle, la critique de Minelli n'hésitera pas à peindre le portrait du metteur en scène de Broadway, avant-gardiste et avant tout mégalo, dans l'un, et le producteur brisant les gens pour arriver à ses fins mais finalement se brisant lui-même, dans l'autre. En bref, "the stage is a world of entertainment" comme le chantent certains protagonistes, mais pas seulement.
Introduits par d'importantes figures du cinéma (tels Freddy Buache, Jean Douchet, Sergio Germani, Lionel Baier et d'autres encore) à Locarno, ces bijoux d'un cinéma qui fait voyager et rêver seront à revoir à la Cinémathèque suisse du 29 août au 30 septembre 2011.