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Une centaine de journalistes attendaient Silvio Berlusconi vendredi matin devant une maison de retraite pour malades d'Alzheimer, près de Milan. L'ex-chef du gouvernement y a effectué sa première demi-journée de travail bénévole suite à sa condamnation par la justice italienne.
Tiré à quatre épingles en complet bleu, M. Berlusconi est arrivé un peu en avance à 09h40 à l'Institut Sacra Famiglia. A son arrivée, il a été pris à partie par un syndicaliste déguisé en clown: "Le rêve des travailleurs italiens est de voir Berlusconi à San Vittore", la prison de Milan, a lancé ce dernier, avant d'être emmené par les forces de l'ordre.
Battage jugé excessif
"Je trouve tout ce battage médiatique excessif, parce qu'il ne vient pas de lui-même pour aider ceux qui souffrent de la maladie d'Alzheimer. Il est ici parce qu'on l'a contraint à venir", a regretté un bénévole du centre prénommé Mario.
Quatre heures plus tard, il quittait le centre en saluant avec un grand sourire les journalistes. L'ex-Cavaliere s'est abstenu de toute déclaration.
Silvio Berlusconi a été condamné à un an de prison (quatre ans dont trois amnistiés) le 1er août dernier dans le procès Mediaset pour fraude fiscale, une peine commuée en obligation d'effectuer quatre heures de travail hebdomadaire pendant un an dans cette maison de retraite, qui accueille également des malades mentaux. A mi-chemin, sa peine sera automatiquement ramenée à dix mois et demi.
Exploitation électorale ?
Cette condamnation lui a aussi valu une exclusion du Sénat, une interdiction de vote et son inéligibilité. M. Berlusconi a aussi l'interdiction de quitter la région de Milan, assortie toutefois de la permission de se rendre à Rome du mardi matin au jeudi soir.
Les adversaires de l'ex-Cavaliere sont convaincus qu'il utilisera ses passages à Cesano Boscone à des fins électorales avant les élections européennes de fin mai, durant lesquelles sa formation Forza Italia tentera de se maintenir au-dessus des 20%.
Il y a deux jours, M. Berlusconi s'est défendu de vouloir exploiter la situation à son avantage, tout en annonçant "une grande surprise". "Je pense que j'y resterai (à Cesano Boscone) plus longtemps que prévu", a-t-il dit. "Je suis certain que je saurai aider ceux qui en ont besoin et ce sera aussi un enrichissement pour moi".
"Santo subito"
M. Berlusconi s'est une nouvelle fois dépeint jeudi comme une victime du système judiciaire depuis son entrée en politique en 1994. "Je pense que je serai saint très bientôt pour toutes les choses injustes que j'ai dû subir", a-t-il affirmé.
Les ennuis judiciaires de M. Berlusconi ne s'arrêtent pas à la fraude fiscale. Il devra affronter en juin le procès en appel pour sa condamnation en première instance à sept ans de prison pour le Rubygate où il est accusé de prostitution de mineure et abus de pouvoir.
Un autre procès pour corruption de sénateur a débuté en février à Naples. Silvio Berlusconi est accusé d'avoir "acheté" en 2006 un sénateur de gauche pour qu'il passe dans son camp et facilite la chute du gouvernement de centre-gauche de Romano Prodi.
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