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Analyses, discussions, mémoires et critiques à l'occasion des 50 ans des événements de 1968.
Mai 68 n’a pas surgi ex nihilo, tous ses composants préexistaient. Une génération, celle qui avait vingt ans au milieu des années 60, ne se satisfaisait alors plus d’un état des choses désespérément immuable et brûla de voir se réaliser des attentes esquissées de longue date. La pression était montée graduellement et la chaudière finit par exploser. Y compris en Suisse.
Les années 68 présente une vue d'ensemble de "1968 " dans les différentes villes et régions de Suisse. Le mouvement ne concerne pas uniquement les grandes villes comme Zurich et Genève, l’occupation de l’École normale de Locarno par les étudiants, les revendications pour un centre de jeunesse autonome à Bienne y participent autant que les contestations au sein des universités, les manifestations contre la guerre au Vietnam ou le " Globuskrawall " de Zurich. Ces contestations doivent être considérées sur la longue durée : le terrain est préparé par des précurseurs dès les années 1950 et " 1968" est encastré dans les transformations fondamentales qui se produisent durant les trente glorieuses de la période d’après guerre. L’ouvrage aborde "1968" comme un phénomène global qui s’est passé simultanément dans bien des pays. En démontrant les dimensions transnationales de " 1968 " en Suisse, il décrit les échanges entres les différents mouvements nationaux et leurs influences réciproques.
Ce reportage réalisé par Alain Tanner en mai 68 pour la RTS donne à revoir les images des mouvements de contestation contre le pouvoir, initiés par les étudiants et suivis par les ouvriers en grève chez Renault.
Dans la décennie suivant les événements de 68, un renouveau du féminisme prend son essor au niveau international. L'onde de choc, partie des États-Unis, atteint progressivement toute l'Europe. Partout, les jeunes féministes affichent leur radicalité et marquent une rupture avec la première vague féministe qui s'était battue pour l'égalité des droits et l'amélioration de la condition des femmes: le nouveau mouvement réclame la libération des femmes et appelle au renversement de la société patriarcale.
À maints égards, le Mouvement de Libération des Femmes revient sur la notion de "révolution sexuelle" instrumentalisée par les hommes de la Nouvelle Gauche étudiante, et ainsi détournée du sens que lui avaient donné des auteurs tels que Wilhelm Reich et Herbert Marcuse. Il apparaît ainsi que, loin de découler naturellement de 68, le MLF s'était formé dans un rapport conflictuel avec ce moment de contestation qui se refusait à relayer ses luttes, systématiquement considérées comme subalternes. Le MLF s'est donc affirmé à travers une double dénonciation: non seulement les mouvements de 68 n'avaient pas libéré les femmes, mais ils avaient même contribué à renforcer leur oppression.
1968… des années d’espoirs résulte d’une enquête menée en Suisse auprès d’ancien·ne·s membres la Ligue marxiste révolutionnaire (LMR), qui prit ensuite le nom de Parti socialiste ouvrier (PSO). Quelque cent dix personnes, femmes et hommes, issues des trois régions linguistiques du pays ont répondu de façon souvent fort détaillée aux questions qui leur étaient posées.
Tout en s’appuyant sur l’abondante littérature qui, en Suisse comme à l’étranger, s’est intéressée aux mouvements sociaux des "années 1968", ce livre entend privilégier le récit des témoins. Recueillir leur parole, laisser des traces, faire oeuvre de mémoire collective: tel est l’objectif de la démarche initiale. Avec un regard parfois très critique, mais en soulignant le plus souvent tout ce que cette expérience leur a apporté, les unes et les autres s’expriment librement sur leur engagement d’alors et la façon dont il a marqué le cours ultérieur de leur existence – que ce soit sur les plans politique, social, professionnel ou privé.
Ce petit ouvrage restitue le regard d'un jeune contestataire, devenu professeur d'histoire contemporaine à l'Université de Lausanne, sur ces années 68 qui ont ébranlé le monde. Il brosse ici un portrait de groupe des protagonistes, au féminin comme au masculin, de ce grand basculement en Suisse, « dans le cerveau du monstre », pour reprendre la formule de Che Guevara. L'auteur n'a pas renié les aspirations qui ont guidé son engagement, et dominé depuis le cours de sa vie, comme celui de tant d'autres. Il s'adresse aux jeunes de 2018 pour leur faire revivre les passions et les espoirs de sa génération. Il les invite à échapper à la nostalgie impuissante et à l'égo-grégarisme auxquels on voudrait les assigner. Renouer avec le fil de la révolte collective, de la critique radicale et de l'action impertinente des périodes de ruptures, n'est-ce pas une condition pour inventer plus librement l'avenir. Pourquoi ce livre ?J'avais 14 ans en 68, en un moment où l'adolescence poussait à prendre parti sur le monde, sur la société, sur le travail, sur l'amour, sur le plaisir, sur la vie. Je suis âgé de 63 ans, et rien ou presque ne s'est déroulé comme je l'aurais souhaité. Les soixante-huitards ont été provisoirement défaits, comme d'autres avant eux. Et pourtant, leurs aspirations sont plus que jamais d'actualité.
En dépit des assurances du gouvernement et des consignes d'extrême modération que le préfet de police de Paris Maurice Grimaud avait personnellement, par courrier, adressées à chacun des vingt mille hommes qui servaient sous ses ordres, les événements de mai 68 comportèrent leur lot de brutalités. Jean-Luc Magneron enquêta à chaud sur cet aspect d'un mois printanier qui ne fut pas si joyeux pour tout le monde, réunissant les expériences de victimes ou de témoins oculaires, qui évoquent, les uns, la violence des coups de matraques, les autres, l'usage abusif des grenades lacrymogènes ou encore le blocage des secours et les insultes à caractère raciste.