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Les legs et les héritages sont associés au souvenir, que ce soit sous la forme d’objets, de valeurs, d’idéaux ou d’argent et suscitent toujours de l’émotion. Marie Boehlen et Mascha Oettli furent des femmes qui menèrent une vie mouvementée, marquée par une lutte constante pour défendre leurs convictions et qui ont souhaité que ce combat leur survive. Toutes deux ont été très actives au PS Suisse comme aux Femmes socialistes suisses, deux formations qu’elles ont couchées sur leur testament.
Marie Boehlen (1911-1999)
Marie Boehlen se décrivait comme une féministe militante. Bien avant l’introduction du droit de vote des femmes, elle s'est constamment battue du côté des travailleuses, pour l’égalité salariale et en matière d’ascension professionnelle tout comme pour l’inscription de l’article sur l’égalité dans la Constitution fédérale. Sa décision - prise très tôt - de demeurer célibataire sans enfants était sans doute inévitable pour une femme de sa génération ayant décidé de mener une carrière professionnelle et politique. Sans héritier, Marie Böhlen a déjà réglé sa succession 10 ans avant son décès, léguant une partie de ses biens aux Femmes socialistes suisses dont elle a assuré la présidence de 1966 à 1971. Un homme, un seul a assisté à ses funérailles, à savoir le petit-fils de son frère et, même si elle a passé la majeure partie de sa vie à Berne, elle a souhaité que ses cendres soient dispersées dans son village natal de Riggisberg. Non sans avoir préalablement conclu une convention à cet effet avec les propriétaires concernés. Pour Marie Boehlen, en effet, tout ce qui pouvait être réglé devait l’être et rien ne devait être laissé au hasard. Une détermination qui aura marqué sa vie tout comme sa succession.
Mascha Oettli (1908-1997)
Les personnes socialement défavorisées ont toujours figuré au centre des activités de Mascha Oettli. Ainsi, de retour d’un voyage en Inde entrepris après avoir guéri de la tuberculose, elle s’est mise à récolter des fonds en faveur d’une école de Calcutta. La défense des droits des femmes a également toujours été une de ses principales préoccupations et - en tant que première secrétaire centrale du PS Suisse et du PS Femmes - elle a été en mesure de jouer un rôle pionnier dans ce domaine. Avec des compagnons de longue date, elle a aussi fondé le centre de loisirs et de vacances Al Forno, au Tessin. Durant la Seconde Guerre mondiale, ce lieu a notamment servi de havre aux réfugiés politiques en provenance d‘Allemagne. Présidente de la fondation et responsable d’Al Forno dès son ouverture, Mascha Oettli a choisi de léguer ses biens à un centre qui n’a cessé de se développer et demeure, aujourd’hui encore, un lieu de rencontre pour les membres et permanent-e-s du PS et leurs camarades du monde entier.