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Le processus qui doit conduire à un nouveau projet de territoire, engagé début 2007 par l’Office fédéral du développement territorial (ARE/ODT), est entré dans sa phase terminale. Cete phase se déroule, comme la première, sous la forme de forums organisés dans huit villes choisies par l’Office en fonction du projet de territoire.
Ce projet, présenté dernièrement à Lausanne, a un mérite. Pour la première fois, des représentations graphiques et des écrits sur l’aménagement du territoire helvétique issus d’une instance fédérale officielle reconnaissent des disparités, sinon des inégalités territoriales. L’ARE/ODT reprend ainsi des éléments de l’étude réalisée entre 1999 et 2005 par le groupe bâlois de l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich (Herzog, de Meuron, Diener, Meili et Schmid): La Suisse. Portrait urbain.
Le projet de l’ARE/ODT distingue trois grandes catégories d’espaces:
- Les espaces urbains et ruraux: les cœurs urbains, les agglomérations et villes isolées, les centres touristiques et les centres ruraux.
- Les espaces métropolitains avec leurs noyaux et aires d’influence en Suisse et à l’étranger – Zurich, Bâle et la métropole lémanique Genève-Lausanne, les réseaux de villes – l’Arc jurassien, l’Aareland et la région de Lucerne, la région du lac de Constance (la Suisse du nord-ouest) et la région du Tessin –, ainsi que la région de la ville fédérale.
- L’espace alpin avec ses régions du Valais, du Gothard et des Alpes du sud-ouest. Cet espace n’est maintenant plus laissé pour compte puisque l’ARE/ODT propose des projets spécifiques pour cette catégorie de territoire.
Les réseaux de villes et l’espace alpin s’insèrent chacun dans des espaces transfrontaliers et de coopération. Pour chaque catégorie d’espace, le projet avance des stratégies propres. Ainsi, pour les espaces métropolitains, la stratégie se décline en positionnement international, qualité de vie, raccordement aux réseaux de transports, pôles de développement et coopération transfrontalière. Quant à l’espace alpin, la stratégie inclut notamment le renforcement des centres, l’optimisation de l’accessibilité, la recherche d’un équilibre adéquat et le développement mesuré de l’urbanisation.
Autre nouveauté à relever: la Suisse n’est plus un assemblage de géographies longitudinales allant du sud-ouest au nord-est: Jura, Plateau, Préalpes, Alpes et Tessin, mais une articulation transversale d’entités territoriales qui vont du nord-ouest au sud-est.
Lors du forum de Lausanne, moins fréquenté que celui ayant ouvert le processus, plusieurs pièces du projet ont été discutées, notamment l’idée très controversée de métropole lémanique avec ses doubles foyers Genève et Lausanne. Une construction abstraite pour ses détracteurs, qui prônent une séparation claire des deux villes, renvoyant Lausanne avec Berne et Fribourg. A noter que ses défenseurs, pressés de répondre, n’ont pu faire état de projets communs autre que la troisième voie CFF entre Renens et Coppet.
La question du paysage a été aussi débattue, le projet de l’ARE/ODT présente un volet particulier sur cette question d’actualité. Peut-on encore distinguer l’urbain et le rural dans les aires métropolitaines? Une majorité des participants a penché pour le non.
Ce projet, après son passage dans les huit forums prévus, sera transmis au conseiller fédéral Moritz Leuenberger, en charge du dossier. Pierre-Alain Rumley, directeur partant de l’ARE/ODT, espère que le projet deviendra une référence obligée pour l’administration fédérale, voire plus, et qu’il remplacera Organisation du territoire en Suisse. Grandes lignes du développement souhaité, un très ancien projet du milieu des années 90, qui se référait encore au concept hors d’usage de décentralisation concentrée.