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Débuts : Vaud, Paris et le Valais
En 1902, à l'âge de 22 ans, Charles Ferdinand Ramuz quitte la Suisse pour s'établir à Paris afin de se consacrer à l'écriture. C'est paradoxalement dans la capitale des belles lettres qu'il découvre que sa langue d'écrivain ne peut pas être le "bon français". Il saisit la spécificité des Suisses romands, dont le parler de naissance diffère de la langue apprise à l'école. Ramuz veut retrouver la langue vivante de son pays et refuse de se plier aux convenances de la "traduction".
Durant ses douze années parisiennes, il fera de constants allers-retours avec la Suisse. Le Pays de Vaud où il est né, puis la terre valaisanne qu'il découvre à partir de 1907, deviennent ses deux grandes sources d'inspiration.
Le Valais de Ramuz, c'est d'abord Chandolin, puis Lens, où il se rend une première fois avec le peintre René Auberjonois.
Jean-Luc persécuté, La séparation des races, Derborence: autant de romans "valaisans", évoqués ici par l'écrivain Maurice Zermatten.
Ramuz l'incompris
Ramuz revient définitivement en Suisse en 1914. Le succès est lent à venir. La dimension novatrice de son style est souvent mal comprise. En France par contre, l'écrivain a les faveurs de figures de renom de la littérature, parmi lesquelles Paul Claudel, Paul Valéry et André Gide. Ce dernier fit même le voyage à Pully aux alentours de 1942. L'occasion de découvrir quelques-unes des rares images filmées de l'écrivain vaudois.
Ramuz se lie au destin des Cahiers vaudois, revue fondée par Edmond Gilliard et Paul Budry. Il y publie tous ses écrits jusqu’à la disparition de la revue en 1920. Ramuz a-t-il choisi la voie de la littérature régionale? Interrogés en 1964 dans l'émission Préface, des écrivains vaudois répondent. Selon eux, Ramuz n’est pas à la recherche du pittoresque ou du folklorique. Sa visée est bien universelle.
Les écrivains et critiques Emmanuel Buenzod et Marcel Raymond, le chef d'orchestre Ernest Ansermet : admirateurs de Ramuz, ils mettent en avant la profonde originalité de son oeuvre.
Marcel Raymond dit à propos de Ramuz: «Il nous a donné, à nous autres Suisses romands, ce qui nous manquait, une certaine conscience esthétique."
Histoire du soldat
Répétition de L'histoire du soldat en 1978 à Lausanne, dans une mise en scène de Jean-René Dubulluit et sous la direction musicale de Jean-Marie Oberson.
En 1918, Ramuz crée avec Igor Stravinsky L'histoire du soldat. Comme il le raconte lui-même dans ce document, le chef d'orchestre Ernest Ansermet est à l'origine de la rencontre entre l'écrivain et le musicien en exil. Jouée le 28 septembre au Théâtre municipal de Lausanne, L'histoire du soldat permit également au futur chansonnier Jean Villard Gilles de faire ses premiers pas sur les planches.
Ramuz chez lui
De 1930 jusqu'à sa mort, Ramuz vivra dans sa maison de Pully, La Muette. En 1978, l'émission Un jour une heure nous faisait découvrir cette demeure à laquelle l'écrivain était très attaché et dont le bureau est aujourd'hui encore conservé quasiment en l'état.
Si aujourd'hui les héritiers souhaiteraient voir La Muette devenir un musée, les autorités vaudoises ne semblent pas pressées de rendre cet hommage au plus renommé des écrivains romands.
Le 23 mai 1960, jour anniversaire des treize ans de la mort de Ramuz, sa soeur témoigne des amitiés de l'écrivain retracées à travers sa correspondance.
Vers la fin de sa vie, à la Muette, l'écrivain Charles Ferdinand Ramuz découvre l'art d'être grand-père aux côtés de son petit-fils Guido, surnommé "Monsieur Paul".
Ramuz au cinéma
Ramuz est probablement l’auteur romand le plus adapté au grand et au petit écran. De son vivant déjà, le cinéma s’est intéressé à son œuvre. Dimitri Kirsanoff s’inspire du roman La séparation des races pour son film Rapt en 1934, où Ramuz lui-même fait une apparition. En 1938, Jean-Louis Barrault incarne un inoubliable Farinet, dans L’or de la montagne de Max Haufler. Ramuz inspirera de nombreux réalisateurs suisses, parmi lesquels Claude Goretta, Francis Reusser, Yvan Butler et Claudio Tonetti.
1985: Francis Reusser tourne Derborence. Révélant l'actrice Isabel Otero, le film sera nominé pour la Palme d’Or de Cannes et remportera un César dans la catégorie du meilleur film francophone.
1987: Goretta s’inspire à nouveau de Ramuz pour son film Si le soleil ne revenait pas où Charles Vanel partage la vedette avec les comédiens français Philippe Léotard et Catherine Mouchet.
Voix de Ramuz
Ramuz, dit-on, se méfiait de la radio. S'il ne donnait pas volontiers d'interviews, il a par contre plusieurs fois assuré la lecture de ses propres textes. Sa voix singulière et vibrante porte avec force la poésie et le lyrisme de ses mots.
En 1942, Ramuz rend hommage au major Davel, héros de l'indépendance vaudoise.
Ramuz lit un court extrait du Chant de notre Rhône, un texte publié en 1920.
sources
Sources photographiques :
Photo de Charles Ferdinand Ramuz / AFP Roger-Viollet
Photo de la maison de Ramuz à Pully (2016) / Léo Duperrex / Keystone
Sources vidéos RTS :
Télé-Flash / 23.05.1960 / témoignage de la soeur de Ramuz
Carrefour / 23.05.1962 (diffusion images d'archives de la visite d'André Gide à Ramuz)
Préfaces / 04.12.1964 / témoignages de Marcel Raymond, Emmanuel Buenzod, Ernest Ansermet et Gilles / réalisateur: Maurice Huelin
TV scolaire / 16.11.1966 / Ramuz en Valais, interview de Maurice Zermatten / commentaire: Yette Perrin, réalisateur: Jean-Claude Deschamps
Courrier romand / 05.10.1978 / Images de la maison de Ramuz à Pully / journaliste: Michel Kellenberger
Agenda / 20.10.1978 / répétitions de L'histoire du soldat
Tvscopie / 22.04.1985 / Reusser tourne Derborence / journaliste: Anne Plessz, réalisatrice: Catherine Borel
Spécial Cinéma / 18.09.1987 / Si le soleil ne revenait pas - Claude Goretta / journaliste: Christian Defaye, réalisateur: Bertrand Theubet
Faxculture / 22.05.1997 / Ramuz grand-père / journaliste: Odette Mudry
Sources audio RTS (voix de Charles Ferdinand Ramuz):
Hommage au major Davel. De et par Charles-Ferdinand Ramuz / 01.01.1942
Extrait de Chant de notre Rhône, date inconnue.
Sophie Meyer pour le site des Archives de la RTS