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Réunion extraordinaire de la Ligue professionnelle, critiques des dirigeants des grands clubs: au lendemain du match Belenenses-Benfica abandonné alors que le petit club lisboète, ravagé par le Covid-19, n'a pu aligner que neuf joueurs, avant d'être réduit à... six, le Portugal et les instances sportives veulent comprendre comment cette rencontre a pu être maintenue.
«Honte», titre dimanche en Une le quotidien sportif A Bola, estimant que le public a assisté à «un match qui n'aurait jamais dû avoir lieu», tandis que Record, l'autre grand quotidien sportif, proclame que le football «a touché le fond».
Le journal Jogo qualifie de son côté ce match de «farce»: «Un spectacle honteux dans le stade du Jamor qui a écrit l'une des pages les plus sombres de l'histoire du football portugais», souligne le journal sportif. C'est le quotidien Jornal de Noticias qui résume le mieux cette rencontre d'une formule implacable: «Onze contre neuf et à la fin c'est le football qui perd».
Comptant pour la 12e journée du Championnat du Portugal, le match entre le leader Benfica et Belenenses, 16e, devait être une formalité pour les «Aigles» aux 37 titres nationaux.
De fait, le Benfica menait 7-0, avec deux buts de Haris Seferovic, quand la rencontre a été interrompue en début de seconde période, mais Belenenses ne pouvait pas rivaliser.
Attaquant improvisé
La modeste équipe du quartier de Belem à Lisbonne s'est retrouvée dans une situation ubuesque: elle était privée de quatorze joueurs en raison du Covid-19, ainsi que de son entraîneur et de plusieurs membres de son staff technique.
Pour défier l'un des géants du football portugais, Belenenses a titularisé plusieurs jeunes joueurs de son équipe réserve et a dû repositionner un gardien de but de 20 ans comme... attaquant improvisé.
Après la pause, la rencontre a sombré dans l'absurde et le ridicule: menés 7 à 0, seuls sept joueurs de Belenenses ont eu le courage de revenir sur la pelouse. Après la blessure, suspecte, de l'un d'entre eux, l'arbitre a dû siffler la fin anticipée du match conformément au règlement du championnat lorsqu'une équipe est réduite à six joueurs.
Après le match, le président de Belenenses Rui Pedro Soares a assuré qu'il avait sollicité la Ligue portugaise pour obtenir le report de la rencontre: «on nous a répondu qu'avec huit joueurs» le match pouvait être maintenue, sous peine de sanctions pour l'équipe, a-t-il expliqué en conférence de presse.
Un responsable de la Ligue cité dans les médias locaux a expliqué avoir eu un contact téléphonique avec le président de Belenenses, mais il précise ne pas avoir reçu de «demande formelle» pour reporter cette rencontre, si bien que la Liga n'a pas été en mesure d'analyser la situation.
«Page noire»
«C'est une page noire dans le football portugais, mais le Benfica n'est en rien responsable», a de son côté réagi Rui Costa, visiblement un peu gêné, le président du club lisboète.
La décision de maintenir la rencontre avec autant de joueurs indisponibles a été unanimement critiquée par les grands clubs.
Le Sporting Portugal a estimé pour sa part que cet épisode portait préjudice à «la crédibilité du championnat» portugais qui «aura du mal à être pris au sérieux», tandis que le directeur de communication du FC Porto a regretté que le Portugal renvoie une image «de pays du tiers-monde».
La Liga a convoqué dimanche une réunion extraordinaire pour lundi et a demandé une «réunion urgente» avec le Secrétariat d'Etat à la Santé et aux autorités sanitaires afin d'obtenir une information «claire sur le protocole d'urgence» en vigueur dans les compétitions.
Reste à savoir comment, alors que le Portugal, l'un des pays les plus vaccinés au monde, a annoncé la semaine dernière plusieurs mesures pour freiner la recrudescence de l'épidémie de Covid-19, un tel foyer de contaminations a pu se développer au sein de Belenenses.
Les médias portugais ont rappelé que le défenseur international sud-africain Thibang Phete s'était rendu pour des matches avec sa sélection en Afrique du Sud, pays où a été identifié le nouveau variant Omicron.
ATS