Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07195.jsonl.gz/1048

D’après la dernière étude de l’Office fédéral de la Statistique sur la pauvreté en Suisse, on comptabilisait environ 735’000 personnes en Suisse en situation de pauvreté en 2019 (615’000 en 2016, 590’000 en 2012), ce qui correspond à 8,7% de la population.
Parmi ces personnes, on compte environ 155’000 working poor, soit des personnes qui, bien qu’ayant une activité professionnelle, sont considérées comme pauvre. L’étude estime par ailleurs que 1,9 millions de personnes en Suisse seraient menacées de pauvreté.
Combien y-a-t-il de personnes pauvres en Suisse ?
8,7% de la population fait partie d’un ménage dont le revenu disponible est inférieur au seuil de pauvreté. Cela concerne 735’000 personnes. Ce taux a augmenté depuis la dernière étude, et est passé de 7,7% à 8,7%. Si on se réfère à la 1ère étude de 2007, elle faisait état d’un taux de pauvreté de 9,3% : on peu donc estimer que la pauvreté recule sur la durée. Même constat pour les actifs, dont le taux de pauvreté est passé d’un peu moins de 5% à 3,5%.
Quel est le seuil de pauvreté en Suisse ?
On considère qu’on est pauvre en Suisse à partir des revenus suivants :
- Personne vivant seule : 2’247 francs suisses par mois
- Personne seule avec 2 enfants de moins de 14 ans : 3’456 francs suisses par mois
- Couple sans enfant : 3 039 francs suisses par mois
- Couple avec 2 enfants de moins de 14 ans : 3’981 francs suisses par mois
Ainsi, par exemple, un couple sans enfant sera considéré comme pauvre si les revenus cumulés du ménages sont inférieurs à 3’039 francs suisses bruts par mois (36’468 francs suisses bruts par an).
Le niveau de formation a une influence sur le taux de pauvreté
- En Suisse, 15,9% des personnes qui n’ont pas de formation post-obligatoire (maturité) sont considérées comme pauvres, contre seulement 8,9% pour celles ayant une formation du type secondaire II.
- Les personnes au bénéfice d’une formation supérieure (diplôme du degré tertiaire comme une haute école universitaire ou une haute école spécialisée) sont pour leur part 6,2% à être considérées comme pauvres.
Les femmes et les seniors sont en proportion plus pauvres que la moyenne
- Si on considère le sexe, les femmes, avec un taux de pauvreté de 9,1%, sont plus touchées par la pauvreté que les hommes (8,4%).
- La pauvreté touche également 2 fois plus les seniors en moyenne que le reste des classes d’âge, avec un taux de pauvreté légèrement de plus de 17%. Les 18-24 ans sont également fortement touchés, avec un taux de chômage de 9,7%, soit un jeune sur 10 considéré comme pauvre en Suisse.
En Suisse, les étrangers sont-il plus pauvres que les locaux ?
En Suisse, la population d’étrangers compte dans ses rangs 12,7% de personnes pauvres, contre « seulement » 7,4% pour les personnes de nationalité suisse. Il existe donc un lien entre la nationalité et la pauvreté.
Pour mémoire, la Suisse est un pays qui compte un nombre important de résidents étrangers (plus de 20% de la population résidente du pays est étrangère).
Où en Suisse, trouve-t-on le plus de personnes pauvres ?
Le taux de pauvreté selon la zone géographique en Suisse :
- Suisse italienne (Tessin) : 11,4% (42 000 personnes)
- Suisse romande : 12,5% (268 000 personnes)
- Suisse alémanique et romanche : 7,2% (426 000 personnes)
Il existe donc un lien évident entre la région ou zone d’habitation et la pauvreté.
Source : données pour l’année 2019, OFS, taux de pauvreté selon différentes caractéristiques
La durée et la fréquence de travail influencent le taux de pauvreté
Sans grande surprise, les personnes qui travaillent toute l’année sont en général moins souvent pauvres (3,5%) que celles qui n’ont travaillé qu’une partie de l’année. Pour les personnes qui travaillent toute l’année, ceux qui travaillent à 100% sont moins souvent pauvres que ceux qui travaillent à temps partiel (par exemple, les personnes qui travaillent à mi-temps ou moins compte un taux de pauvreté de plus de 13%). Vous trouverez ci-dessous un tableau récapitulant un certain nombre de situations et profils avec les taux de pauvreté associés.
Working poor : les secteurs d’activité à risque
Entre autres résultats intéressants, l’étude propose un classement du taux de pauvreté des personnes actives professionnellement en fonction du secteur d’activité où elles exercent. Les secteurs d’activité pour lesquels il y a le plus de risques d’être un travailleur pauvre sont :
- l’hôtellerie-restauration
- le commerce, la réparation d’automobiles
- la santé humaine et les actions sociales
- l’industrie manufacturière
Note : pour faciliter la compréhension, nous vous proposons un éclairage sur la notion de revenu disponible que nous utiliserons dans la suite. Le revenu disponible, c’est le revenu du foyer (revenus salariés et en tant que d’indépendant, rentes et revenus liés à la fortune) déduit des dépenses dites obligatoires (impôts, cotisations sociales diverses, primes d’assurance maladie, ainsi que les éventuelles pensions alimentaires versées).
10 réflexions sur “La pauvreté et les travailleurs pauvres en Suisse”
Intéressant. Cela démontre bien que la suisse n’est pas l’eldorado que les frontaliers espèrent. Avec en plus 15000 chômeurs sans compter les personnes à l’assistance sociale à Genève, on continue d’embaucher au rabais des français ce qui entraîne un dumping salarial pour les suisses.
Bastien,
C’est une manière un peu « biaisée » de voir les choses. Il existe des entreprises qui abusent dans les recrutements d’étrangers, c’est vrai. Certaines pratiquent également le dumping salarial, c’est vrai. Mais ce n’est de loin pas la majorité. Et par exemple, les frontaliers et étrangers ayant les métiers les plus qualifiés sont en moyenne mieux payés que les Suisses…. Donc généraliser ce que vous dites, cela me pose problème.
Bonjour David,
Ce chiffre ne veut pas dire grand chose en tant que tel. En effet, une famille vivant à Genève ou Zürich avec 4’500 francs par mois va avoir bien plus de peine à s’en sortir qu’une famille identique vivant dans le Jura ou l’un des cantons de Suisse centrale. Comme indiqué à la fin de l’article, le revenu disponible, qui tiendrait compte du coût de vie moyen par canton serait bien plus représentatif.
Très intéressante cette rubrique de vidéo recruteur. Victime d’un accident de voiture j’ai cessé mon activité de fait, ce qui me donne un peu de temps avant de reprendre peut être autre chose car mon domaine d’intervention est recherché…(auditeur senior risque bancaire banque de détail).
J’enseignais aussi ma discipline à l’université.
Je me demande si mon profil est recherché en Suisse, car même si mon poste m’est garanti (en banque et à l’université) je serai curieux de voir si je peux intéresser et combien je vaudrais sur ce marché réputé fermé.
Cordialement
Bonjour,
Je pense que oui mais il faudrait valider ceci en regardant les offres des principaux job boards, et notamment Jobup.ch. Nous proposons une liste de job boards en Suisse.
excellente information ! j aime! j ai 59 ans et voulais aller travailler en suisse dans les carrière ,ou le btp , quel son les demandes? et comment passer les aptitudes caces suisse?
HA ! OUI JE SUIS CONDUCTEUR D’ ENGINS DE CHANTIER DEPUIS 28 ANS.
Bonjour, j’ai pour projet de venir travailler et vivre en suisse car c’est un pays qui m’attire malgré qu’il soit l’un si ce n’est le plus cher d’Europe. Je travaille actuellement dans un laboratoire pharmaceutique dans la région Rhône Alpes et ma fiancée a un diplôme de préparatrice en pharmacie hospitalière et compte reprendre ses études de kiné en suisse. Cependant mis à part le coût de la vie je ne connais pas grand chose de la suisse de ce pays. Beaucoup de personnes m’ont conseillés d’habiter à la frontière mais ce n’est pas mon idée car je souhaite vraiment habiter en suisse du moins ou l’on parle français le temps de faciliter mon intégration au mode de vie à la culture etc. Je trouve qu’en étant frontalier on y va juste pour travailler prendre son salaire et c’est tout, ce dont je déplore. Quelles étapes à suivre pour une expatriation réussie ?
Merci d’avance pour vos réponses.
Bonjour Romi,
Ce sont de saines réflexions. Effectivement, le choix entre être résident et frontalier n’est pas simple car il tient compte de nombreux facteurs. Mon conseil – celui que je donnais déjà depuis la 1ère édition de mon livre – est d’habiter en Suisse. On n’a en revanche pas toujours le choix, pour des tas de raisons.
Pour aller plus loin, jetez un oeil dans mon livre, « Travailler et vivre en Suisse« , j’y ai rédigé un chapitre sur ce seul sujet.
L’entreprise pour laquelle je travaille comme saisonnier a trouvé le loophole pour ne pas avoir a assumer que nous sommes payé au dessous du taux de pauvreté et augmenter nos salaires a l’heure.
nous sommes sous contract pendant 5 mois, mais ne recevons que 4 fiches de salaire.
Mon salaire netto sur la saison d’hiver est de CHf 11.185,-
11.185 : 5 = CHf 2.237,- par mois, alors en dessous des CHf 2.247,- et j’aurai des difficultés a obtenir un permis de travail.
par contre:
11.185 : 4 = CHf 2.796,25 par mois, alors “largement” au dessus des CHf 2.247,-
L’astuce?
payer le salaire du mois de décembre vers le 10 janvier, celui de janvier en février, février en mars, et combiner mars et avril en mi/fin avril…
« Etant un bon employeur” , l’entreprise nous offre bien sur la possibilité de prendre une avance sur le salaire car il faut bien payer le loyer et les factures avant la fin du mois….
Curieux de votre avis sur ceci.
Cordialement,
Arnaud