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La présidente du PLR Petra Gössi se retirera à la fin de l'année
Petra Gössi quittera la présidence du PLR à la fin de l'année. La conseillère nationale schwyzoise veut se concentrer davantage sur sa carrière professionnelle. Elle continuera à siéger au Parlement. Le PLR veut profiter de son départ pour relancer sa stratégie.
Petra Gössi a fait son annonce lundi sur Twitter. Dans une vidéo, la présidente indique avoir discuté de sa démission avec la direction du parti. Cette décision laisse le temps pour organiser sa succession en vue des élections fédérales, indique le PLR dans un communiqué.
Présidente du PLR depuis cinq années, Petra Gössi, a été critiquée ces dernières semaines après l'échec des négociations avec l'UE sur l'accord-cadre et pour le manque d'engagement de son parti en faveur de la loi CO2. Elle a déclaré toutefois que le rejet dimanche de cette loi n'était pas ce qui l'avait poussée à démissionner.
La loi CO2 était issue d'un compromis qui avait pourtant été largement élaboré et soutenu par les libéraux-radicaux après un premier échec au Parlement à fin 2018. Critiqué pour ses propositions contre la loi lors du débat au Conseil national, le PLR avait alors lancé une consultation auprès de ses 120'000 membres. Plus de trois quarts avaient estimé que le parti devait davantage s'engager pour le climat et l'environnement.
Malgré ces exigences, la base ne semble pas avoir suivi l'appel des instances dirigeantes du parti en faveur de la loi CO2. Le résultat de la votation a montré que personne n'est contre la politique environnementale, relève Mme Gössi dans sa vidéo. "Nous avons maintenant la possibilité de rassembler les différents courants sous une nouvelle direction".
Décision stratégique
Mme Gössi a indiqué lundi sur les ondes de la radio alémanique SRF qu'elle avait déjà décidé de démissionner il y a quelques semaines. Cependant, il était clair à ses yeux qu'elle ne pouvait pas l'annoncer pendant la campagne du référendum.
Le PLR voit dans le départ de la présidente le moyen de relancer sa stratégie en vue des élections fédérales de 2023. Il reste suffisamment de temps pour préparer le scrutin "de manière optimale et présenter de nouveaux visages et idées", écrit-il.
Le parti compte mener une politique environnementale et climatique libérale, en continuant d'impliquer la base. Il souhaite aussi aborder les questions qui touchent à la sécurité, à la politique européenne, à la politique sociale, notamment en ce qui concerne la prévoyance vieillesse, ainsi qu'au maintien et à la création d'emplois.
La succession de Petra Gössi, 45 ans, sera lancée prochainement. Le PLR va réunir un comité de sélection à cet effet.
Aile droite du parti
Elue présidente du parti en avril 2016, la conseillère nationale schwyzoise a succédé à Philipp Müller. Elle reprend alors un parti en bonne forme. Lors des élections fédérales de 2015, le PLR avait vu son nombre d'électeurs augmenter.
Petra Gössi avait formulé pour les élections fédérales de 2019 l'objectif ambitieux de devenir le deuxième parti le plus fort et dépasser ainsi le Parti socialiste. Le PLR a clairement échoué. Dans une campagne dominée par le climat, le parti n'a pas réussi à définir ses propres thèmes. Il n'est depuis que le quatrième groupe parlementaire.
Aile droite
Située à l'aile droite de son parti, Petra Gössi s'est fait un nom avec les thèmes financiers. En 2014, elle s'est illustrée en exigeant que le canton de Schwyz verse sa contribution à la péréquation financière sur un compte bloqué.
Le milieu catholique dont elle est issue a influencé ses positions sur les questions de société. Elle est ainsi opposée à l'adoption d'enfants par des couples de même sexe.
En outre, Petra Gössi n'a jamais eu peur des rapprochements avec l'UDC, que ce soit pour des listes communes lors des élections cantonales ou au niveau national. Ses critiques contre la Cour européenne des droits de l'homme ne sont ainsi pas passées inaperçues.
Entrée au Conseil national en 2011, Petra Gössi y est membre de la commission de l'économie et des redevances. Elle est juriste au sein de l'entreprise de gestion de fortune et conseil Baryon à Zurich.
ats