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Thomas Jordan avertit que "l'accroissement du bilan entraîne nécessairement de plus fortes fluctuations du résultat annuel" (archives).
KEYSTONE/LUKAS LEHMANN(sda-ats)
Les défis demeurent importants pour l'économie suisse, selon le président de la BNS Thomas Jordan. Dans un contexte de faible inflation, de sous-utilisation des capacités de production et de franc surévalué, l'institut d'émission poursuit sa politique expansionniste.
Certes, la reprise conjoncturelle modérée a continué sur sa lancée en 2016, admet Thomas Jordan selon la version écrite d'un discours prononcé vendredi lors de l'assemblée générale de la Banque nationale suisse (BNS). Et les données actuelles laissent entrevoir une poursuite de cette tendance. Pour l'année en cours, la BNS prévoit une croissance du PIB d'environ 1,5%.
Une politique monétaire expansionniste reste néanmoins appropriée. En raison des cours du pétrole et des prix des denrées alimentaires, l'inflation demeure basse (près de 1% attendu pour la mi-2019). Quant aux capacités de production, elles sont sous-utilisées, tandis que le franc "est toujours nettement surévalué".
Fluctuations à la hausse
Principaux outils privilégiés par la BNS "pour garantir à notre pays des conditions monétaires appropriées"? Le taux d'intérêt négatif, ainsi que "notre disposition à intervenir sur le marché des changes", note Thomas Jordan. Qui précise qu'au besoin, ce taux pourrait encore être abaissé ou que l'institution qu'il préside pourrait acquérir des devises supplémentaires.
Pour mémoire, la BNS a déjà acheté en 2016 des devises pour un montant de 67 milliards de francs. Avec les ajustements de valeur et les revenus d'intérêts et de dividendes, les réserves de devises de la banque nationale se sont étoffées de 86 milliards de francs.
Thomas Jordan avertit que "l'accroissement du bilan entraîne nécessairement de plus fortes fluctuations du résultat annuel". En valeur absolue, aussi bien le potentiel de bénéfice que le potentiel de perte augmentent. Il est par conséquent "primordial de garantir à la BNS une solide dotation en fonds propres", grâce à la politique en matière de provisions et la convention concernant la distribution du bénéfice.
ATS