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Walead Beshty (*1976, Londres, vit à Los Angeles) apparait sur la scène artistique du début des années 2000 avec des photogrammes de grande dimension, des images en apparence abstraites, mais qui racontent en réalité leur propre fabrication. Produites en pliant et développant du papier photosensible, ces œuvres présentent des motifs angulaires indexant le geste du pli et des couleurs générées par les composants chimiques du processus de tirage. En 2006, ses « Travel Pictures », des photographies prises dans la défunte mission diplomatique d’Irak à Berlin, sont passées par les rayons X des appareils de surveillance de l’aéroport, altérant ainsi les images, qui deviennent non seulement les reliques d’un lieu désormais disparu mais également du voyage-même de l’artiste.
Poursuivant ses réflexions sur le déplacement et le transit global, Beshty réalise, dès 2007, des « FedEx Sculptures » : des cubes de verre feuilleté sont expédiés en différents lieux par la compagnie de transport rapide et dans les emballages siglés de celle-ci. L’œuvre, dont l’apparence finale est déterminée par les différents transports qui l’endommagent, est présentée avec le matériel qui la conditionne et atteste ses déplacements : boîte FedEX, manifestes, étiquettes de transport et de datation. Révélant la violence de la globalisation que la plupart des marchandises tente de dissimuler, ces pièces démontrent également la vulnérabilité de l’objet d’art, assimilé à un corps qui traverse les frontières internationales.
En 2014, pour son exposition au Barbican Centre de Londres, Beshty réalise une installation de 12'000 cyanotypes d’outils et de débris de sa pratique sur des supports récupérés dans son atelier. Ses séries de sculptures en cuivre des années 2010 enregistrent quant à elle les manipulations et le travail nécessaires à leur production et leur présentation. Comme une pellicule qui fixe un moment dans le cours du temps, ces œuvres conservent une trace des actions discrètes qui les constituent et interrogent l’espace dans lequel l’art et ses discours sont produits et distribués—postulant que l’art est toujours un objet ouvert et dynamique et non pas statique et fini.
Organisée par Lionel Bovier, avec l’assistance de Lisa Kaczmarek
Avec le soutien de la Fondation de bienfaisance du Groupe Pictet