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22 juin 2014
C’est aussi ça, le foot !
Algérie, 1958. L’international français Rachid Mekloufi abandonne l’AS Saint-Etienne et ses espoirs de disputer la Coupe du monde. Il rejoint clandestinement l’Algérie, en pleine guerre d’indépendance, et fonde l’équipe nationale d’un pays qui ne verra le jour que quatre ans plus tard.
Brésil, 1970. Une dictature militaire censure, déporte, emprisonne, torture et tue. Le milieu vedette du club de Botafogo lance «la révolte des barbus». Afonsinho refuse de raser sa barbe et couper ses longs cheveux, signes ostentatoires de gauchisme et d’opposition. Pour ces raisons, il ne jouera jamais en sélection nationale.
Chili, 1974. Lors de la Coupe du monde en Allemagne, la sélection chilienne est reçue par le général Pinochet. Le buteur Carlos Caszely refuse de lui serrer la main, et le paie cher. Sa mère est arrêtée, torturée. En 1988, Caszely réalise un clip de campagne contre Pinochet. Sa mère y témoigne. Ce film aura un grand impact sur la destitution du dictateur.
Brésil, 1983. Une nouvelle ère, les clubs impriment le nom de leur sponsor sur les maillots. Socrates, la star des Corinthians de Sao Paulo, convainc ses coéquipiers de le remplacer par le mot « Democracia ». Lors de la finale du championnat, l’équipe entre sur le terrain avec une banderole, « gagner ou perdre, mais toujours en démocratie ».
Bosnie-Herzégovine, 1994. Malgré les bombardements et le siège de Sarajevo, Predrag Pasic, un ancien joueur de l’équipe nationale de Yougoslavie, choisit de rester dans sa ville natale et d’y fonder une école de football multi ethnique.
Angleterre, 1997. En quart de finale de la Coupe des coupes, l’avant-centre de Liverpool Robbie Fowler marque, relève son maillot et exhibe un T-Shirt sur lequel le téléspectateur lit : « 500 dockers de Liverpool congédiés depuis 1995 ». On lui inflige une amende.
Brésil, 2014. Lors de la cérémonie d’ouverture de la Coupe du monde, trois enfants entrent dans le stade de Sao Polo. Un Blanc, une Noire et un Indien. Ils lâchent une colombe blanche sur le rond central devant les caméras du monde entier.
En quittant le terrain, le jeune Indien sort de sa poche une banderole rouge sur laquelle il est écrit « Demarcação ». Un appel pour que le gouvernement poursuive la démarcation des terres indiennes et fasse cesser les expulsions.
Ce geste de protestation n’est pas retransmis par les télévisions du monde entier.