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La Commission européenne craint que la fusion de Dow et DuPont, dont les actionnaires respectifs se partageront à peu près à égalité la nouvelle entreprise, ne réduise la concurrence dans certains secteurs agricoles et chimiques (archives).
KEYSTONE/AP/RICHARD DREW(sda-ats)
Bruxelles a annoncé l'ouverture d'une "enquête approfondie" sur le projet de fusion entre les deux géants américains de la chimie, Dow Chemical et DuPont. L'opération pourrait donner naissance à un mastodonte pesant 130 milliards de dollars (140 milliards de francs).
Cette enquête doit déterminer si l'opération, annoncée en décembre 2015, "est susceptible de réduire la concurrence dans des secteurs tels que la protection des cultures, les semences et certains produits pétrochimiques", a indiqué jeudi la Commission européenne dans un communiqué.
La fusion de Dow Chemical et DuPont aboutirait à "la plus importante entreprise intégrée au monde dans les secteurs de la protection des cultures et des semences", dans une industrie "déjà concentrée au niveau mondial", remarque la Commission.
Elle craint que l'opération "ne provoque un recul de l'innovation dans le domaine de la protection des cultures dans son ensemble" et notamment qu'elle "ne réduise la concurrence" sur les marchés des herbicides et des insecticides.
Doutes "sérieux" pas dissipés
Dans le domaine des semences, la Commission "cherche à déterminer dans quelle mesure l'accès des concurrents aux distributeurs de produits phytosanitaires et de semences deviendrait plus difficile si Dow et DuPont devaient lier leurs ventes de ces produits".
"Les agriculteurs dépendent pour leur subsistance d'un accès à des produits phytosanitaires et des semences à des prix concurrentiels. Nous devons veiller à ce que l'opération envisagée ne provoque ni une hausse des prix ni un recul de l'innovation sur les marchés de ces produits", estime Margrethe Vestager, la commissaire européenne en charge de la concurrence, citée dans le communiqué.
Notifiée de l'opération le 22 juin, la Commission européenne a d'abord réalisé une enquête préliminaire. Mais les engagements présentés par Dow Chemical et DuPont à son issue, le 20 juillet, n'ont pas suffi "à dissiper clairement ses doutes sérieux quant à la compatibilité de l'opération avec le règlement de l'Union européenne (UE) sur les concentrations".
Rentabilité à redresser
L'exécutif européen dispose désormais de 90 jours, soit jusqu'au 20 décembre 2016, pour rendre sa décision.
Si la fusion aboutit, la nouvelle entité, baptisée DowDuPont, sera dans un deuxième temps scindée en trois sociétés cotées indépendantes: l'une centrée sur l'agriculture, une deuxième sur la science des matériaux et la dernière sur la chimie de spécialité.
L'opération doit notamment permettre de réaliser à terme 3 milliards de dollars d'économies. Les deux entreprises entendent ainsi redresser leur rentabilité, touchée de plein fouet ces deux dernières années par la baisse des prix des matières premières.
ATS