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La Société des Nations fut la première institution internationale pour le maintien de la paix.
A la fin de la Première Guerre mondiale en 1918, l’Europe est à terre. La paix a été trouvée, mais elle ne semble pas durable. Les pertes humaines sont énormes et l’économie européenne souffre. L’Allemagne, durement sanctionnée, est très mécontente des résolutions adoptées par le Traité de Versailles, tandis que la France maintient une attitude toujours plus méfiante envers son voisin germanique. Dans ce contexte, il est nécessaire de créer un organisme capable d’assurer la paix en Europe. Sous l’impulsion décisive du président nord-américain Woodrow Wilson, la Société des Nations (SdN) est créée en février 1919.
Une institution pour la paix
La Société des Nations naît de la volonté de ne pas revivre le bain de sang de la Première Guerre mondiale. C’est un tournant historique majeur: la SdN est le premier organisme qui traite les affaires internationales de manière institutionnelle. Cette institution pour la paix vise en effet des objectifs clairement établis, dont les principaux sont:
- faire respecter le droit international, avec l’aide de la Cour permanente internationale de justice (CPIJ);
- abolir la diplomatie secrète, très répandue avant 1914;
- résoudre les conflits par arbitrage.
Le président des Etats-Unis, Woodrow Wilson, est le principal instigateur de ce projet.D’abord réticentes, les puissances européennes finissent par ratifier le projet de la SdN. Mais le Congrès américain s’oppose à l’adhésion de son pays à la Société des Nations. C’est donc sans Woodrow Wilson que se tient la première assemblée de la Société des Nations, le 15 novembre 1920, à Genève.
Pourquoi Genève
Le choix de la ville de Genève pour l’installation du siège de la SdN n’est pas anodin. Genève accueille déjà depuis 1863 le Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Mais c’est surtout grâce aux efforts conjugués du conseiller fédéral Gustave Ador et de l’économiste William E. Rappard que la ville de Genève est préférée à Bruxelles ou La Haye. Suite à une votation populaire acquise de justesse, la Suisse adhère à la nouvelle organisation internationale en mai 1920. Cette date marque le vrai départ de la vocation internationale de Genève.
Le Palais Wilson
C’est dans la plus grande salle de Genève, la salle de la Réformation, que se tiennent les premières assemblées de la Société des Nations. Construite en 1866 à l’angle du boulevard Helvétique et de la rue du Rhône, cette spacieuse salle de conférence abrite les débats internationaux jusqu’au déménagement de la Société des Nations au Palais Wilson. Cet ancien palace bâti aux abords du lac Léman accueille le secrétariat de la SdN, ainsi que la majeure partie de ses activités durant presque toute l’entre-deux-guerres. Baptisé en 1924 en hommage au principal initiateur de la Société des Nations, le Palais Wilson est le véritable symbole de la SdN. Il abrite aujourd’hui le Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme.
Un espoir de paix universelle
Le déménagement de la Société des Nations au Palais des Nations (l’actuel Palais des Nations Unies) coïncide avec la fin d’un rêve. Minée par les tensions entre les grandes puissances et par le départ de certains Etats au sein de son conseil, la SdN semble vouée à l’échec. Le début de la Deuxième Guerre mondiale marque l’ampleur du fiasco, et la SdN disparaît… Pour laisser place en 1946 à l’Organisation des Nations Unies, son héritier direct. Malgré sa disparition, la Société des Nations a joué un rôle majeur dans l’établissement d’un projet collectif de maintien de la paix.
Article modifié le 30.11.2017 à 19:11