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Le théologien Hans Küng a estimé jeudi que l'élection de Jorge Bergoglio au poste de pape sous le nom de François était "le meilleur choix possible (...), car c'est un latino-américain ayant une ouverture d'esprit". Le Lucernois attend avec espoir les premiers actes du pontife.
"C'est un homme qui a toujours conduit une vie simple, loin des grands palais somptueux du pouvoir", a poursuivit le théologien contestataire, dans une interview au quotidien italien "La Repubblica". M. Küng a rappelé que Saint-François d'Assise, qui a inspiré l'Argentin pour le choix de son nom, "était une alternative au programme de l'Eglise vue et vécue comme système de pouvoir".
Hans Küng a été, comme Joseph Ratzinger, l'un des plus jeunes participants au Concile Vatican II (1962-1965). Ils étaient alors amis, avant de prendre des chemins différents, le Suisse étant devenu par la suite un critique décidé de la Curie romaine.
Voix progressistes
Le cardinal argentin était "le candidat des voix progressistes dans l'Eglise" et non pas de la Curie, mais maintenant tout dépend de "si et comment il pourra réussir à lancer les réformes nécessaires", a poursuivi l'expert. M. Küng a estimé que la biographie de François "laisse espérer".
Selon le théologien, le nouveau pape devra s'atteler très rapidement à un remaniement radical des principaux dirigeants de la Curie romaine.
"Droit de critique"
Le pape devrait également changer les dirigeants de tous les dicastères, instaurer davantage de collégialité dans la Curie et dans le rapport avec les évêques et reconnaître "le droit de critique" des diocèses, communautés et simples fidèles.
Selon M. Küng, si le nouveau pontife s'attaque aux réformes, il s'assurera de l'approbation de nombreux catholiques. S'il optait cependant pour la poursuite de la ligne conservatrice de Jean Paul II et Benoît XVI, cela déclencherait des "réformes venant d'en bas, sans l'approbation de la hiérarchie, et souvent en confrontation avec la hiérarchie", a prévenu Hans Küng.