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Les élections fédérales cherchent à rejouer le grand scénario de l’affrontement gauche-droite, mais il n’est pas sûr que les électeurs s’y retrouvent aussi aisément que la classe politique.
Ce mouvement affecte la pérennité des choix politiques ancrés dans de fortes appartenances à la droite ou à la gauche.
Au plan idéologique, le vieux clivage gauche-droite qui structure depuis des décennies les choix et les orientations politiques connaît une crise profonde.
Si une majorité de citoyens se sent appartenir à la gauche ou à la droite, cela ne veut pas dire pour autant que ces catégories soient pertinentes pour comprendre les prises de position des partis.
Au schéma classique Gauche/Droite, se sont substitués plusieurs clivages traversant toute la société : sécurité/insécurité, école privée/école publique, énergies fossiles/énergies renouvelables, étrangers/nationaux, immigration/intégration ou encore accès différenciés à la culture et aux ressources distribuées par l’État.
Les mutations de l’appareil productif, l’étalement du phénomène d’urbanisation et l’accélération des déplacements entraînent une société de mobilité et de circulation permanente.
Ces déplacements des fondements territoriaux, sociaux, idéologiques et la représentation politique, provoquent un profond malaise démocratique et un brouillage des repères.
La constellation de la gauche est fragmentée en plusieurs cultures dans lesquelles le degré de " libéralisme culturel " ou la volonté de réforme vigoureuse des structures économiques varient profondément.
L’univers de la droite est traversé d’une profonde fracture entre les références de la droite populaire et celles de l’extrême droite.