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« Ce film raconte une histoire qui a commencé en 1948, quand des milliers de Palestiniens quittèrent leur pays, fuyant les massacres. Nous reprenons cette histoire des années plus tard, dans un futur imaginaire. Un futur dans lequel la Palestine est libre à nouveau ». Ainsi s'ouvre le film de Mathijs Poppe, qui, en créant avec des habitants du camp de Chatila la fiction d'un retour possible, écrit en creux une histoire de la Palestine et des Palestiniens. Au fil des rues étroites, dans les appartements exigus où s'entassent des familles entières, les cadres serrés et l'image en clair-obscur révèlent une vie d'attente, suspendue. Refaire les passeports, vendre la machine à laver pour acheter une voiture, contacter les colons israéliens qui occupent la maison pour prévenir de son retour : chacun s'affaire à préparer le voyage vers la terre natale ou fantasmée. Ceux qui ne l'ont jamais vue en font le tableau imaginaire, décrivant la beauté d'un paysage idéal qui à chaque phrase rend plus cruelle la réalité du camp. Car ce pays de mots, même inaccessible, est le berceau d'une identité forgée dans l'exil, vivante envers et contre tout.
Céline Guénot