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Après vingt-trois ans de silence, le réalisateur né en 1929 de parents juifs russes exilés au Chili propose une sorte d'autobiographie partiellement imaginaire tournée dans son patelin natal de Tocopilla, serré entre l'océan et des montagnes creusées de mines. C'est une entreprise familiale, puisqu'il apparaît comme narrateur, entouré de trois de ses fils (dont l'un a composé la musique du film); il retrace son enfance sous l'autorité d'un père idolâtrant Staline et d'une mère rêvant d'être cantatrice, il relate les brimades infligées par ses condisciples parce qu'il a la peau blanche et qu'il est circoncis. Jodorowsky imagine que son père veut assassiner le président Carlos Ibanez del Campo.
La danse de la réalité est un (trop) long métrage, plutôt singulier, qui promène le specateur dans un grand bazar rococo et lui fait rencontrer des personnages hétéroclites: clowns, sorcière, gourou, anarchistes, grands mutilés, nain, pompiers, nazis - il ne manque qu'un raton-laveur... C'est un fossile de l'époque surréaliste: on y trouve des réminiscences bunueliennes, felliniennes, herzoguiennes. Autoproclamé en 1973 Cecil B. De Mille de l'underground, Jodorowsky a créé en 1962 le mouvement Panique, avec Fernando Arrabal et Roland Topor. Il n'est pas le dernier venu dans le monde de la culture. Son dernier feu d'artifice(s) est un pétard mouillé mais réserve quelques beaux moments...
Daniel Grivel
|Nom||Notes|
|Daniel Grivel||11|
|Philippe Thonney||9|