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C'est évidemment en grande pompe dans tous les présentoirs que nous est présenté le successeur d'Urban Hymns, grand album qui aura marqué assez justement la fin des années 90 (éclipsant assez injustement au passage les deux premiers albums du groupe). The Verve avait été assimilé à la Britpop en son temps, mouvement créé de toutes pièces autour d'Oasis et qui s'est dégonflé aussi vite que l'inspiration de Noël Gallagher. Ne sachant où classer ensuite l'affaire, on a trouvé un peu de psychédélisme dans The Verve et voilà l'histoire close.
Le groupe a eu la bonne idée de splitter au sommet de son art, mais comme la mode est à la reformation, les voilà réunis à nouveau pour une petite tournée, le débarquement de Forth par la suite n'était plus qu'une formalité. Reste que la durée des splits devient de plus en plus courte et que ça commence à en être ridicule (constatation personnelle qui n'engage que l'auteur). Bref, soyons honnêtes, les onze ans d'absence du groupe ont été tout à fait surmontables et cela nous a permis de bien rigoler avec les sorties solo de plus en plus calamiteuses du père Ashcroft.
Objectifs donc de cette réunion : revenir sur le devant de la scène, tenter de chanter à nouveau dans des stades (du moins au pays du Prince Charles et de ses grandes oreilles) et retrouver une crédibilité ; ce qui est tout à fait compréhensible. Maintenant restait à écrire des chansons pour tenter d'égaler les hits d'Urban Hymns. Et là, force est de constater qu'on est assez loin même si l'ensemble sonne comme "dans la veine". Problème : en 11 ans, le monde musical a un peu changé et le groupe arrive avec un album qui aurait pu être fait en 1997 sans avoir, en plus, un seul hit valable. Il y a certes le single "Love is Noise" mais gâché par des ouh-ouh omniprésents ou encore "Valium Skies" qui est le seul titre réellement réussi. Mais alors que d'autres têtes chercheuses évoluent, The Verve se contente d'un album des plus consensuel. Et si quelques éclairs parsèment Forth, l'ensemble n'est au fond qu'une longue procession au ventre mou ; de longues litanies pseudo-cosmiques, plutôt niaiseuses à l'image d'un "Rather Be" ennuyeux au possible et qui n'en finit jamais. On pourrait ainsi citer les différents titres de Forth, mais la sensation de collage revient régulièrement, chaque morceau se confondant un peu avec les autres pour accoucher d'un album écoutable mais en aucun cas intéressant ou intriguant.
Un disque qui bande mou.
- le sto, le 15 09 2008