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Anna Maria Katharina Scherer naît le 31 octobre 1825 à Meggen, près de Lucerne, en Suisse. A la mort subite de son père, en 1833, Katharina est accueillie et éduquée avec sollicitude par des proches à Meggen. Elle fréquente l’école. À 16 ans, la jeune fille est placée chez des religieuses, à l’hôpital des Bourgeois de Lucerne. Au début, le travail auprès des malades et des pauvres lui est très difficile, ensuite la charité modèle son cœur. Un pèlerinage à Einsiedeln fait grandir en elle l’appel à la vie consacrée. Le 1er mars 1845, elle entre dans l’Institut des sœurs enseignantes de la Sainte Croix de Menzingen (dans le canton de Zoug), récemment fondé par le Père Théodose Florentini OFM Cap. La même année, Katharina, devenue Sœur Maria-Theresia, s’engage par les premiers vœux dans la vie religieuse. En 1850, après une année d’activité dans l’enseignement, le Père Théodose l’appelle dans une maison des pauvres à Näfels (Canton de Glaris). Là, elle devient la Mère des Pauvres.
En 1852, il lui confie la direction de l’hôpital qu’il a ouvert à Coire en tant que curé de la ville.
Le Père Théodose envisage de développer les deux branches de sa Fondation, l’enseignement et les soins aux malades, de façon à répondre «aux nécessités du temps, qui sont l’expression de la volonté de Dieu.»
En 1856, les deux branches de l’arbre théodosien s’épanouissent, non sans quelques remous, chacune de leur côté; l’une va fleurir à Menzingen, dans l’enseignement, l’autre va étendre ses rameaux au-dessus du village d’Ingenbohl, près de Brunnen (canton de Schwyz) .
La séparation des deux Instituts, écrira plus tard Sœur Cornélie Fürer, ne provoqua jamais l’hostilité. Les Supérieures des deux maisons et le Père Théodose s’aidèrent et se soutinrent réciproquement quand la nécessité le demanda. «La visite que la Supérieure d’Ingenbohl, Mère Marie-Thérèse, rendit à Mère Bernarda (malade) dans l’hiver 1862 lui causa beaucoup de joie. Mère Marie-Thérèse l’invita à venir à Ingenbohl ou à Schwyz où elle trouverait d’excellents soins et un très bon médecin.» On reconnaît bien là l’esprit du Père Théodose qui aimait à dire : «N’est-il pas égal par qui se fait le bien dans l’Église, pourvu qu’il se fasse ? Remerciez-en Dieu.» (p.138 biogr. M.Marie-Thérèse).
Le 15 février 1865, à l’âge de 57 ans, le Père Théodose meurt subitement, laissant en chantier une partie de l’œuvre qu’il a fondée et bien sûr des dettes financières considérables. Courageusement, Mère Marie-Thérèse poursuit l’œuvre théodosienne, animée par l’urgence d’aimer et de servir.
Nonobstant de graves ennuis de santé – un cancer sera bientôt diagnostiqué – Mère Marie-Thérèse visite inlassablement ses consœurs en Suisse et à l’étranger; c’est d’ailleurs à Rome, lors d’une de ses visites, que sa maladie s’aggrave; la même année, le 16 juin 1888, Mère Marie-Thérèse meurt à Ingenbohl.
La Bienheureuse sera béatifiée le 19 octobre 1995, tant sa vie et son œuvre reflètent la miséricorde infinie de Dieu. Aujourd’hui encore, son rayonnement attire, sur sa tombe à Ingenbohl, un flux ininterrompu de pèlerins.