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Marie Louise Debogis-Bohy
* 15.8.1879 Genève-Plainpalais, † 8.1.1950 Cologny GE. Née Mühlhauser, Marie Marguerite, originaire de Bogis-Bossey VD. ∞ 15.8.1898 Jacques Henri Bohy.
D. étudie la musique au Conservatoire de Lyon où elle remporte un premier prix de piano, puis commence dans cette institution des études de chant qu’elle poursuit à Genève auprès de Léopold Ketten. Rapidement elle s’impose par l’ampleur de sa voix de soprano et ses remarquables qualités de musicienne. En 1902, elle organise son premier concert à Genève, en la grande salle du Conservatoire, puis au →Grand Théâtre elle chante Jeannette dans Les Noces de Jeannette de Victor Massé, Mathilde dans Guillaume Tell de Rossini, et au Théâtre de Lausanne Micaëla dans Carmen de Bizet. À Paris, elle retient l’attention de Gabriel Fauré qui est son accompagnateur lors du concert joué à Lausanne en 1908 et l’engage pour un grand concert-festival de ses œuvres à Milan. Alliant une présentation naturelle à une grande intensité dramatique, elle donne de nombreux concerts en Suisse et chante aussi à Vienne, au Danemark, à Mexico et à Berlin où elle est remarquée par le chef d’orchestre Siegfried Wagner, le propre fils de →Richard Wagner, qui lui donne à incarner au Festival de Bayreuth 1909 le rôle de Woglinde dans Rheingold, une Fille du Rhin du Crépuscule des Dieux et l’une des Filles–fleurs de Parsifal. Elle chante aussi Elsa dans Lohengrin à Genève et à Zurich, mais elle se produit peu par ailleurs sur les scènes lyriques et fait avant tout une carrière de concertiste, la sûreté de son talent et la perfection de son style la faisant hautement apprécier des chefs et des compositeurs. Elle est notamment choisie par →Ernest Ansermet comme soliste du premier concert de l’Orchestre de la Suisse Romande en 1918 où elle interprète des pages d’→Émile Jaques-Dalcroze et de Paul Benner. Très dévouée à la musique de son temps, elle crée plusieurs œuvres d’autres compositeurs suisses; son répertoire comprend aussi de nombreux lieds et mélodies. Sa carrière est interrompue par une maladie qui la laisse presque entièrement paralysée. Bien que considérée comme l’une des meilleures cantatrices suisses de son temps, elle n’a semble-t-il laissé aucun enregistrement.
Auteur: Jacques Tchamkerten
Source:
Tchamkerten, Jacques: Marie Louise Debogis-Bohy, in: Kotte, Andreas (Ed.): Dictionnaire du théâtre en Suisse, Chronos Verlag Zurich 2005, vol. 1, p. 437.