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A German Life donne la parole à Brunhilde Pomsel, ancienne sténographe au service du ministre de la Propagande dirigé par Joseph Goebbels. Le documentaire vise par ce parcours singulier à comprendre les motifs qui conduisent une personne apolitisée à participer à l'engrenage du régime nazi. Filmée dans un espace noir avec une lumière horizontale, les rides qui sillonnent son visage sont mises en évidence par l'éclairage. Au même titre que l'image, le film ne cherche pas à embellir son passé sur lequel elle revient chronologiquement. Il est troublant de la voir émotionnellement plus touchée par le rapport d'un officier nazi à son chien que lorsqu'elle évoque les camps de concentration ou encore décrire indistinctement son travail pour le régime et comme secrétaire pour un médecin juif. Principalement préoccupée par sa réussite professionnelle, l'adhésion au parti révèle de l'opportunisme.
Alternant entre son souvenir et des images d'archives, aussi bien des films de propagandes américaines que les films sur la libération des camps de concentration, le montage insiste sur l'étroite liaison entre sa vie et les répercussions de ce mode de pensée sur la grande histoire. Inversément, la mise en exergue de citations de Goebbels, qui entrecoupent son discours, suggère l'influence exercée par la propagande sur les individus. Si l'on regrette que le film se présente comme une vérité objective (en laissant par exemple hors champ la présence des réalisateurs lors des entretiens), il invite cependant le spectateur à s'interroger sur les conséquences de ses actes au lieu de déléguer cette responsabilité au système qui les sous-tend.
Sabrina Schwob