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Chères(ers) Collègues,
Cette année, le CII a décidé d'axer la Journée internationale des infirmières autour du problème de la pauvreté, qui est le plus grave fléau de notre temps. On estime à 1,2 milliard le nombre de personnes vivant dans une extrême pauvreté, c'est-à-dire avec moins d'un dollar par jour. Ces personnes manquent de tout ce qui est nécessaire à une vie saine : nourriture, eau, vêtements, abri et soins de santé. De plus, 2,8 milliards de personnes environ vivent avec moins de deux dollars par jour.
La pauvreté et la maladie vont de pair, les pauvres étant proportionnellement beaucoup plus sujets à la maladie : les 1,2 milliard de personnes les plus démunies souffrent en effet de deux tiers des maladies transmissibles, des déficiences nutritionnelles et de la mortalité maternelle et périnatale. Le plus cruel dans la pauvreté, c'est le cercle vicieux qu'elle instaure, condamnant les gens à être privés d'accès à la santé et à l'éducation, bref aux moyens d'augmenter leurs revenus et donc d'améliorer leur situation sanitaire. Or, sans la santé, le potentiel des individus de sortir de la pauvreté est gravement compromis.
Que pouvons-nous faire, nous les infirmières ? Nous savons que les investissements en faveur de l'éducation et de la santé, ainsi que des politiques sociales et sanitaires adaptées, peuvent améliorer l'état de santé des populations ; nous savons également que la santé est un atout qu'il faut absolument promouvoir et protéger. Cela implique que nous devons faire en sorte d'être informées sur les déterminants de la santé, sur l'autonomisation et sur le travail avec les collectivités et les groupes vulnérables afin que leurs besoins spécifiques soient pris en compte.
Nous pouvons faire en sorte que les pauvres soient traités de manière digne, et influencer politiques et programmes de telle sorte qu'ils soient conçus au bénéfice des plus pauvres et des plus vulnérables. De la même manière, nous devons faire du lobbying pour l'application des normes professionnelles, pour la sécurité des places de travail, pour l'égalité des droits des femmes (elles représentent 70% des pauvres) et pour l'égalité dans l'accès aux services de santé.
Les infirmières sont les professionnelles de la santé qui disposent du plus grand capital de confiance. Il y a beaucoup que nous pouvons faire avec les pauvres et en leur nom. Nous œuvrons avec eux pour que leurs voix soient entendues, qu'ils aient leur mot à dire dans les décisions qui les concernent et que les inégalités (en termes d'accès aux services, d'emploi, de discriminations raciale, sexuelle et ethnique) dont ils souffrent soient abolies.
Aux côtés des clients, des prestataires de services, des leaders communautaires, des décideurs et du personnel politique, les infirmières ont leur rôle à jouer dans la réduction du fléau de la pauvreté.
Avec nos meilleures salutations,
|Christine Hancock

Présidente
|Judith A. Oulton

Directrice générale