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La Suisse n'est plus dans les 20 premières sur l'égalité entre hommes et femmes selon l'indice du WEF (archives).
KEYSTONE/LAURENT GILLIERON(sda-ats)
La Suisse dégringole encore dans l'indice du Forum économique mondial (WEF) sur l'égalité entre femmes et hommes. Elle ne fait plus partie des 20 meilleurs pays dans ce domaine, alors que la parité mondiale au travail n'est pas attendue avant 217 ans.
Parmi les raisons à l'origine de cette baisse du 11e au 21e rang dans le document publié à Genève, il y a le fait que la Suisse décroche de la 15e à la 28e place de l'émancipation politique. Elle recule aussi d'une place au 31e rang dans la participation et les opportunités économiques.
La Suisse a réduit depuis 2007 de 5% son écart entre hommes et femmes. Moins que les autres Etats européens. Au total, plus de 80% des chercheurs d'emploi découragés en Suisse sont des femmes. Les revenus mensuels moyens des femmes atteignent moins de 85% de ceux des hommes.
En termes de formation dans les nouvelles technologies, les femmes n'atteignent que 13% du total d'hommes diplômés. La Suisse est 63e pour l'écart sur les résultats en matière d'éducation et 90e sur les questions de santé. A l'intérieur des indicateurs, elle est toutefois première pour le taux d'alphabétisation, l'éducation supérieure et le ratio à la naissance.
Islande toujours devant
De son côté, l'Islande reste en tête de l'indice du WEF. Elle devance la Norvège qui passe devant la Finlande. Suivent le Rwanda, la Suède, le Nicaragua, la Slovénie, l'Irlande, la Nouvelle-Zélande et les Philippines.
La moitié des Etats ont réduit leur décalage depuis un an. Mais globalement, après des avancées lentes mais continues pendant dix ans, l'écart se détériore pour la première fois.
Désormais, il faudra 100 ans pour atteindre une parité sur tous les critères, en augmentation par rapport à l'année dernière. Celle dans le monde du travail n'est pas attendue avant 217 ans au rythme actuel, la pire évaluation depuis neuf ans, contre 180 ans en 2016.
Au total, le décalage a été réduit de 68%, 0,3 point de moins qu'en 2016. Si le recul est observé sur les quatre facteurs utilisés par le WEF, il est particulièrement préoccupant sur les opportunités économiques et l'émancipation politique.
Milliards de dollars
L'écart était déjà le plus important jusqu'à présent sur ces deux questions, mais il se réduisait également le plus rapidement. Parmi les Etats ou les entreprises qui souhaitent être compétitifs en étendant l'innovation, "ceux qui seront le plus couronnés de succès sont ceux qui comprennent qu'ils doivent associer les femmes", estime le président du WEF Klaus Schwab.
Seuls six pays ont atteint la parité en matière d'éducation et de santé. Sur la participation et les opportunités économiques, 13 pays ont réduit leur décalage d'au moins 80%. En revanche, seule l'Islande a diminué d'au moins 70% celui sur l'émancipation politique.
Selon plusieurs estimations, une parité économique pourrait ajouter 2500 milliards de dollars au produit intérieur brut (PIB) chinois, près de 1800 milliards aux Etats-Unis, près de 600 milliards au Japon et plus de 300 milliards en France et en Allemagne.
Si le décalage sur la participation économique diminue de 25% d'ici à 2025, le PIB mondial pourrait aussi augmenter de 5300 milliards de dollars (5300 milliards de francs au cours actuel). Et les rentrées fiscales pourraient elles s'étendre de près de 1500 milliards, dont deux tiers dans les économies émergentes.
ATS