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Florence, ce 19 janvier 1866
Monsieur et cher Ami,
J'ai montré votre télégramme au Ministre et il en a été visiblement satisfait. En attendant il n'est pas nécessaire que vous ni Monsieur Stehli bougiez: Mr de Graffen ried sera immédiatement reçu et vous verrez après son premier rapport ce que vous aurez à faire ultérieurement. La Commission se réunira le 23. Le Ministre désire rait 1 beaucoup l'arrivée de Mr l'Ingénieur Koller. Quelqu'un m'a dit hier qu'il va arriver: s'il n'était pas encore parti, il faudrait qu'il ne tarde pas un instant dans ce moment décisif. Il parait que Mr Rombaut, le rapporteur de la grande commission, désirerait bien le consulter avant de livrer son ouvrage.
Jacini est fort de mauvaise humeur avec l'Allemagne, où | non seulement la cause du Gothard n'a pas fait de progrès depuis juillet, mais elle a selon lui retrogradé. La Prusse n'a pas même voulu faire une déclaration de principe, et voilà que maintenant la Bavière vient soutenir le Splügen par des quasi-promesses de subside.
Il y aurait donc d'un côté 8 millions, plus ce que donnera la Bavière; et de l'autre 15 millions ce qui tient la balance à peu-près égale. Il faudrait, me disait le Ministre, qu'on pût sans retard avoir une promesse des 20 millions suisses et une promesse au moins générale des subsides allemands: on pourrait alors risquer une proposition au Parlement. 2
La durée du Ministère actuel est toujours très-problé matique. Mais si Jacini faisait une proposition raisonnée ce serait déjà beaucoup.
Si Depretis allait au Ministère, il ne lui serait | pourtant pas aussi facile de la supprimer par un coup de plume.
Agréez, Monsieur et cher Ami, les salutations cordiales de
Votre dévoué
J. B. Pioda