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« La sensibilité excessive si particulière aux chants nationaux de l’orient est étrangère au chant arménien. Bien que vif, le chant arménien est chaste ; bien que passionné, il est pondéré dans ses expressions. C’est une poésie avec tout le coloris oriental et toute la sagesse occidentale ; elle est douloureuse sans être désespérée, ardente sans être fougueuse, enthousiaste sans être effrénée. » Valeri Brioussov (1873-1924), poète et littérateur russe.
Composante essentielle du patrimoine arménien, la musique traditionnelle arménienne prend ses racines en des temps reculés et reste étroitement lié à l’histoire du peuple arménien, depuis le royaume d’Ourartou (IXe siècle avant J.-C.) jusqu’à nos jours (ère post-soviétique). Ainsi elle est d’abord profane (célébrant fêtes païennes) puis liturgique, populaire puis savante, rurale puis citadine, monodique puis harmonique pour représenter aujourd’hui un éventail de styles différents, tous unis par des sonorités et des intonations qui leur donnent une couleur arménienne indubitable et inimitable.
La musique arménienne est riche de sa diversité gammatique et modale. La fonction d’un son ne dépend pas alors de sa hauteur absolue mais plus de l’intervalle qui le sépare des sons voisins. Ainsi, par certains aspects elle se rapproche de la théorie musicale tetracordale grecque mais en diffère de façon majeure par sa naissance dans la pratique musicale même plutôt que dans l’approche pytagorienne, scientifique. La division tetracordale est différente et les intervalles entre les sons inégaux donnant ainsi naissance à des gammes non tempérées, avec des inflexions de quart ou de tiers de tons. On distingue alors des tons et demi tons majeurs et mineurs, à l’origine d’intervalles plus grands, égaux ou plus courts que ceux existants dans la musique occidentale.
D’autres particularismes identifient la musique arménienne. Quatre gammes sont extrêmement courantes : la gamme hypophrygienne-lokrienne, la gamme hypodorienne-éolienne, la gamme harmonique et la gamme hypo-ionienne-mixo-lydienne. Les intonations (enchaînement des notes), les sauts, les notes intercalées, les rythmes et les instruments utilisés singularisent aussi cette musique traditionnelle arménienne. Enfin, ces éléments théorisant la musique traditionnelle arménienne ne seraient rien sans le génie inconscient du peuple qui lui donne naissance et surtout des musiciens qui la composent. Trois grands noms de la musique traditionnelle arménienne : Sayat Nova, Komitas et Khatchatour Avedissian.
Tiré du site du « Le Grand Orchestre Arménien »