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Ce projet en histoire intellectuelle se focalise sur les idées économiques et politiques énoncées dans trois républiques agraires du XVIIIe s., Berne (Pays de Vaud), la Pologne et l’Amérique. A partir des années 1750, un nombre croissant de penseurs prédisaient que les sociétés européennes tendaient vers une révolution. Les causes retenues par ces derniers étaient l'augmentation des dettes publiques, les taxes croissantes imposées aux populations rurales, la dépopulation des campagnes et une urbanisation causant une paupérisation des individus ne parvenant pas à trouver des emplois dans les milieux industriels. Au cœur de ce courant, l’argument selon lequel un déséquilibre entre l’agriculture et l’industrie y participait était souvent relevé. Alors que le modèle classique de la république agraire semblait exempt des défauts des politiques modernes, et constituait par là un espoir pour une Europe plus pacifique et socialement stable, lui aussi avait ses désavantages, notamment sa dépendance à l’esclavage. Le présent projet vise à étudier les débats sur ces républiques agraires, en observant comment trois de celles-ci percevaient leur place au sein de la modernité. Pour cela, il se focalisera sur les questions qui animaient les discours de réforme. Premièrement, comment l’esclavage, ou l’état de soumission, affecte les performances économiques ? Deuxièmement, comment une partie de la population rurale peut être intégrée dans le développement de l’industrialisation sans causer une stagnation de la productivité agricole ? De même, quels ajustements sont nécessaires pour éviter la paupérisation des populations urbaines ? Troisièmement, quel cadre politique est le plus adéquat pour éviter qu’une république agraire se transforme en une véritable société capitaliste ?