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Le français continuera à être enseigné à l'école primaire dans le canton de Nidwald. Dimanche, les citoyens ont clairement refusé (61,7%) une initiative de l'UDC (droite nationaliste) exigeant l'enseignement d'une seule langue étrangère au primaire.
Formellement, l’initiative ne visait pas le français, qui n’est d’ailleurs jamais mentionné dans le texte. Elle demandait simplement que l’enseignement s’en tienne à une seule langue étrangère au niveau primaire. Mais il ne faisait aucun doute que c’est celle de Molière qui aurait passé à la trappe.
Ce vote nidwaldien intervient alors que le débat est lancé depuis des années en Suisse alémanique sur l'enseignement du français à l'école primaire.
Des initiatives ont abouti dans les cantons de Lucerne et des Grisons pour exiger l'enseignement d'une seule langue étrangère à l'école primaire. Dans plusieurs autres cantons, le plan d'enseignement alémanique prévoyant deux langues étrangères au primaire est contesté.
Modèle remis en question
Depuis 2007 à Nidwald, comme dans la plupart des cantons de Suisse centrale et orientale, deux langues sont enseignées au primaire: l'anglais dès la 3e année et le français dès la 5e. C’est le modèle 3/5.
Pour l'UDC de Nidwald, les écoliers seraient dépassés par l'enseignement de deux langues étrangères. Le parti préférait que l’on renforce l'allemand et les mathématiques. Le gouvernement cantonal, emmené par le directeur du Département de l’instruction publique - lui-même membre de l’UDC – soutenait l’initiative, malgré que la majorité du parlement s’y soit opposée.
Nidwald n’est pas le seul canton où l’on a remis en cause le modèle 3/5. A Uri, la deuxième langue enseignée facultativement dès la 5e année est l'italien. A Appenzell Rhodes-Intérieures, la langue de Voltaire n'est enseignée que dès la 7e année. L'Argovie n'applique pas encore le modèle 3/5 et la Thurgovie veut en sortir.
Les attaques contre le modèle 3/5 ont débuté en 2004. Des initiatives populaires contre deux langues étrangères à l'école primaire avaient été lancées dans cinq cantons. Quatre ont été rejetées et dans la cinquième (Lucerne), l’initiative a été retirée.
En août dernier, la décision du parlement thurgovien de supprimer l'enseignement du français au niveau primaire a provoqué la colère des cantons romands.
Stratégie confirmée
Ainsi, la stratégie de la Conférence suisse des directeurs cantonaux de l'instruction publique (CDIPLien externe) touchant à l'enseignement des langues a été clairement soutenue à Nidwald. Le demi-canton se fend aussi d'une réaction en français sur son site multilingue.
De son côté, la CDIP souligne que Nidwald a réaffirmé son soutien à la solution adoptée par les cantons il y a dix ans pour l'enseignement des langues. Celle-ci est appliquée actuellement par 23 cantons, sauf Argovie, Appenzell Rhodes-Intérieures et Uri. Le canton du Tessin, où l'enseignement obligatoire comprend trois langues étrangères, a son propre modèle.
Les éléments essentiels de la stratégie des langues de la CDIP forment le socle d'une solution harmonisée au sens constitutionnelLien externe dans le domaine de l'enseignement des langues. Durant ces dix dernières années, c'est en effet sur ces éléments que s'est fondée la coordination nationale de l'enseignement des langues.
Ils ont été repris dans le concordat HarmoSLien externe et servent de cadre aux objectifs nationaux de formation adoptés par la CDIP en 2011. Les plans d'études élaborés au niveau des régions linguistiques, qui prévoient l'enseignement de deux langues étrangères (une deuxième langue nationale et l'anglais) à partir du degré primaire, s'inscrivent également dans la ligne de cette stratégie.
swissinfo.ch avec les agences