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26.06.2021 - 31.10.2021
Rappelons qu’avant l’apparition du concept d’Art Brut, Jean Dubuffet s’est intéressé, dès 1942, à des travaux anonymes relevant de l’art populaire, comme des sculptures en bois ou en pierre, des photographies de tatouages, des jouets, etc. Mais cet intérêt pour des formes issues d’un héritage culturel commun fut abandonné par la suite pour concentrer son attention sur des expressions où l’individualité du créateur prime. Il rassemblera donc également à partir de 1945 des productions anonymes provenant des premières sources de l’Art Brut : l’art asilaire.
Depuis la fin du XIXe siècle, ce sont les collections des médecins aliénistes, avec lesquels Dubuffet entre en relation, qui intègreront des oeuvres anonymes dans leurs collections, souvent pour des raisons de secret médical. Loin de toute considération artistique, elles sont la plupart du temps considérées à l’époque comme des symptômes de déviances, dont témoigne par exemple l’ensemble des travaux anonymes présentés par le Dr Lombroso à Turin, en Italie, lors des premiers congrès internationaux de criminologie.
A partir des oeuvres provenant de la Collection de l’Art Brut, ainsi que de prêts des collections du Musée d’Antropologie criminelle Cesare Lombroso, à Turin, du Musée d’Anthropologie et d’Ethnographie de Turin et de la Collection Prinzhorn, à Heidelberg, l’exposition réunit des pièces historiques qui témoignent de cette humanité niée, fondue dans la masse des institutions médico-carcérales de la fin du XIXe et du début du XXe siècle.
Commissariat :
Gustavo Giacosa, metteur en scène et comédien
et Pascale Jeanneret, conservatrice à la Collection de l’Art Brut