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Donald Trump, sa fortune, ses grandes tours et ses casseroles
Impossible d'ignorer Donald Trump dans les quartiers chics de New York. Son nom est sur de nombreuses façades même s'il n'est quasiment propriétaire d'aucun immeuble. Il les construit, les vend, puis loue son nom aux acquéreurs.
Sa fortune est estimée par le magazine Forbes à 4 milliards de dollars, soit environ 3,87 milliards de francs. Un chiffre que conteste le principal intéressé sur son site internet, avançant une fortune nette "supérieure à 10 milliards de dollars", soit 9,7 milliards de francs.
Donald Trump a bâti sa fortune quasi exclusivement sur l'immobilier. Né dans une famille d'entrepreneurs immobiliers, il construit son premier gratte-ciel à New York en 1983, la Trump Tower. Il poursuit avec le Trump Palace Condominiums en 1991, puis en 2000, la Trump World Tower, le plus grand immeuble résidentiel du monde (durant 2 ans). Suivront notamment les Trump Las Vegas et la Trump Tower à Chicago.
Un style imposant et "arrogant"
Son style, une architecture voyante avec son nom apposé en toutes lettres dorées, ne plaît pas à tous, à l'image d'un quartier de New York, qui devait modestement porter le nom de Trump City. Les habitants et la municipalité ont dû batailler pour limiter la taille pharaonique du projet.
"A l'époque, il était plus arrogant, plus exigeant et moins enclin à la négociation que la plupart des autres businessmen", raconte Ruth Messenger, l'ex-adjointe au maire de New York. "C'était déjà un drôle de personnage qui voulait imposer son style, mais rien à voir avec le type qu'on voit à la télé aujourd'hui!"
Déboires à Atlantic City
Après avoir étendu son empire sur New York, le businessman décide d'investir à Atlantic City, une station balnéaire de la Côte Est où les casinos sont autorisés.
L'investissement est astronomique. Pour 3 milliards de dollars, Donald Trump fait construire le Trump Taj Mahal, le plus grand casino du monde. Il est alors au sommet de sa gloire.
Selon l'historien Bryant Simon, qui a documenté les hauts et bas d'Atlantic City, Donald Trump a établi un record dans l'histoire de la ville: personne avant lui n'avait échoué aussi rapidement. En moins d'un an, il déclare sa première faillite.
"Le problème de la faillite n'était pas lié à une mauvaise passe, explique l'historien. C'est Donald Trump qui a financé son casino avec des obligations pourries. Des obligations à haut risque qu'il a payées bien trop cher et il s'est retrouvé avec un bâtiment qui n'était pas financièrement viable."
Le magnat s'acharne à ouvrir des hôtels-casinos à Atlantic City, mais le succès ne vient pas et il y fera faillite quatre fois, entraînant dans sa chute des petits investisseurs et des entrepreneurs qui ne seront jamais payés. Des fonds fédéraux sont mobilisés pour préserver des emplois.
Aujourd'hui, Donald Trump se félicite d'avoir su faire faillite au bon moment. Dans un débat à la primaire républicaine, il affirme: "Il y a 7 ans, j'ai quitté Atlantic City avant que la ville ne fasse naufrage. J'ai gagné beaucoup d'argent à Atlantic City et j'en suis très fier."
Condamné pour avoir employé des travailleurs illégaux
Pour ses concurrents, ses pratiques hasardeuses dans les affaires sont l'occasion de lui tirer dessus à boulets rouges, à l'image de son concurrent républicain Ted Cruz, qui rappelle qu'une cour fédérale a condamné Donald Trump à payer un million de dollars pour avoir employé des travailleurs illégaux.
Sa société de prêts au logement portant son nom, créée en 2006, a aussi été lancée en grande pompe sur CNBC en affirmant que le marché immobilier allait être robuste encore longtemps: "Qui connaît mieux la finance que moi?" avait-il déclaré, un an avant la mise en liquidation de sa société, qu'il avait confiée à un homme dont la seule expérience de Wall Street se résumait à quelques jours de courtier.
Les accusations contre Donald Trump pleuvent, mais le milliardaire présente tous ses échecs comme des succès, qu'il s'agisse de la Trump Airline, de la vodka Trump ou des steaks Trump. Des projets aujourd'hui tous disparus.
La Trump University sous procédure judiciaire
Parmi les autres casseroles du candidat Trump, une université à son nom, qui lui vaut aujourd'hui d'être poursuivi en justice pour fraude. "A la Trump University, on enseigne le succès", assurait le milliardaire dans une vidéo de promotion (ci-dessous en anglais):
En réalité, le projet se résume à des séminaires coûteux dans des hôtels: quelque 1500 francs pour un week-end et quelque 40'000 francs pour des programmes supplémentaires.
Peu avant sa disparition, la Trump University avait été rebaptisée en 2010 Trump Entrepreneur Initiative, sur injonction du département de l'éducation de l'Etat de New York, qui avait jugé son appellation "volontairement trompeuse". Deux actions de groupes, l'une en Californie et l'autre dans l'Etat de New York, ont été intentées par des clients criant à l'escroquerie.
L'un des plaignants, Bob Guillo, après avoir déboursé 34'000 dollars, sent qu'il s'est fait avoir: "Ils nous ont donné des classeurs avec des conseils du type: conduire dans les rues à la recherche de pancartes où il est écrit 'A Vendre!'. Ce diplôme ne vaut rien."
La Trump University, la casserole de trop? Pas sûr. Là où certains y voient des coups de poker hasardeux, ses électeurs voient en Donald Trump un entrepreneur qui s'est relevé et a rebondi après ses échecs. Tout un symbole du rêve américain.
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Renaud Dumesnil/fme
Publié le 21 mars 2016 à 19:49 - Modifié le 21 mars 2016 à 22:35