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Le temps et la durée dans la formation doctorale : Réflexions de la réunion annuelle 2022 de l'EUA-CDE
La 15e réunion annuelle du « Council for Doctoral Education of the European University Association (EUA-CDE) » s'est tenue à Manchester en juin dernier. Cette conférence a abordé la question du temps et de la durée autour du doctorat, et s'est intéressée de près à cette question clé pour la formation doctorale. L'équipe de CUSO a eu la chance de participer à cette réunion annuelle et nous aimerions profiter de l'occasion pour partager avec vous quelques réflexions que nous avons rapportées avec nous.
- La durée du doctorat est l'une des questions les plus débattues dans le domaine de la formation doctorale. Actuellement, la durée moyenne d'un doctorat est d'environ 3 à 4 ans en équivalent temps plein, ce qui est conforme aux principes de Salzbourg, mais dans de nombreux cas, la durée totale pour l’accomplir est nettement supérieure. Bien que les délais de complétion se soient légèrement améliorés, un décalage entre la durée prévue pour la thèse et la durée réelle pour la terminer subsiste dans le monde entier : Australie 3.5 ans contre 4.8 ans, Afrique du Sud 3 contre 5, Etats-Unis 4 contre 6, Pays-Bas 4 contre 5.
- Dans le monde universitaire, la "projectisation" implique que les processus de recherche tels que la recherche doctorale sont de plus en plus considérés comme le développement, l'évaluation et la réalisation d'un projet. On s'attend généralement à ce que les réalités de la recherche soient conçues selon un plan sur mesure et qu'elles suivent ce plan, ce qui n'est pas toujours le cas lors de la réalisation de la recherche. Ainsi, des conflits persistent entre le temps disponible pour faire de la recherche, l'incertitude de la démarche scientifique, la pression pour finir à temps et produire une thèse de qualité acceptable, et la durée du financement. Adapter la durée des projets à la réalité permettrait de maintenir une flexibilité temporelle dans les cadres organisationnels et financiers afin de soulager la pression et d'accroître la compréhension mutuelle et, par conséquent, le bien-être des doctorant·e·s et de leurs professeur·e·s. Il est essentiel que les décisions politiques soient revues afin d'adapter les financements sur la base d'hypothèses réalistes sur le temps nécessaire pour accomplir un doctorat.
- Outre le financement, différents facteurs peuvent influencer le temps de complétion d'une thèse : la durée d'un cycle de recherche, les responsabilités professionnelles ou familiales, les facteurs institutionnels (par exemple, l'environnement de recherche du département ou la disponibilité des équipements), la nature du projet lui-même (trop important, trop risqué), et certains facteurs personnels (par exemple, l'âge du/de la doctorant·e, sa motivation, sa discipline, sa persévérance, sa confiance en soi, sa volonté de travailler dur...). Un autre facteur essentiel qui influence les chances de terminer dans les temps est la nature et la qualité de l'encadrement. Il est essentiel de trouver un bon équilibre entre le/la doctorant·e qui doit travailler de manière "autonome" et le/la direct·eur·rice de thèse qui est là pour "soutenir et guider". Cet équilibre subtil peut être atteint lorsqu'il y a un bon dialogue entre le/la doctorant·e et l'encadrant·e qui permet de réduire les ambiguïtés et les attentes tacites et de mieux gérer les incertitudes.
- En tant que professionnel·le·s de la formation doctorale, nous pouvons aider les doctorant·e·s et les superviseurs à achever leur thèse en temps voulu en développant des ressources "externes" (par exemple, le comité de thèse) ou en activant les mécanismes de soutien qui existent au sein des universités. Nous pouvons également les aider à s'orienter dans le processus du doctorat et à s'orienter facilement dans les procédures académiques et administratives (par exemple, via des kits de bienvenue, des cours d'introduction à la vie du doctorat) ou en créant des réseaux de doctorant·e·s. Offrir une formation aux compétences transférables est crucial et devrait être une priorité pour les écoles doctorales et les programmes doctoraux. Au début de leur doctorat, les doctorant·e·s devraient d'abord choisir des ateliers de compétences transférables liés aux besoins directs de leur thèse (par exemple, la rédaction académique, la gestion de projet, la gestion du temps), alors qu'à la fin de leur thèse, ils/elles devraient probablement être plus intéressé·e·s par tous les cours liés à leur planification de carrière et à la diffusion de leur recherche. Identifier les éléments manquants des programmes de formation des compétences reste une tâche importante pour nous.
Ce congrès a permis des échanges et des rencontres enrichissantes et la CUSO tient à remercier l'EUA-CDE d'avoir créé de telles opportunités.
Retrouvez plus d'informations sur l'assemblée annuelle sur le site web.