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Alors que Pavel Borodine est accusé d'avoir détourné à son profit plus de 40 millions de francs, il n'aura pas été difficile de réunir cinq millions pour le faire sortir de prison. Et ceci, même si la façon dont cet argent a été transféré au Palais de Justice de Genève reste un peu obscure.
Selon le porte-parole de l'ex-intendant du Kremlin, c'est l'Union Russie-Biélorussie - dont Pavel Borodine est actuellement le secrétaire - qui aurait mis l'argent à disposition, avec le soutien logistique du consul de Russie à Genève.
A Moscou, la nouvelle de la libération de Pavel Borodine a été saluée par l'establishment. Aussi bien par les juges russes - qui n'avaient rien à lui reprocher - que par les politiciens, communistes et nationalistes avant tout.
En effet, ces derniers considéraient l'arrestation de Pavel Borodine comme une insulte à la Russie. Alors que le Kremlin, lui, est resté parfaitement neutre.
En revanche, une bonne partie de la population ne cache pas sa déception. «Il nous a volés. Et maintenant les autorités paient encore sa caution». Voilà ce que pensent nombre de Moscovites.
Selon un récent sondage, plus de neuf personnes sur dix feraient, d'ailleurs, davantage confiance aux magistrats suisses qu'à la justice russe.
Henri Roth, Moscou