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«Le plan n’était pas de gagner l’Australie et Indian Wells. Le plan était de figurer dans le top 8 de l’ATP avant Wimbledon...» Roger Federer en convient après son sacre dans le désert californien, où il a dominé Stan Wawrinka 7-5 6-4 dimanche en finale pour conquérir son 90e titre sur le circuit principal: ses plans, il doit les revoir.
«Les objectifs ne sont désormais plus les mêmes après ce début d’année», poursuit celui qui est devenu dimanche en Californie le vainqueur le plus âgé d’un Masters 1000 et qui est désormais classé no 6 mondial. «Je vais devoir réfléchir sur mon calendrier pour la saison sur terre battue. Le but n’est pas de jouer un tournoi juste pour le jouer, de faire une faveur aux gens sans envie réelle...»
Question de fraîcheur
Cette place de No 1 mondial est sans doute devenue l’un des nouveaux objectifs dont il parle. «Mais comme je ne vais pas beaucoup jouer, il me faudra certainement une autre victoire dans un tournoi du Grand Chelem pour l’obtenir», glissait-il avant la finale, sa première remportée face à un Romand après celles perdues en 2000 à Marseille face à Marc Rosset et en 2014 à Monte-Carlo face à Stan Wawrinka.
Classé à la 17e place en début d’année, Roger Federer figure virtuellement au quatrième rang du classement technique si l’on retranche à ses rivaux les points obtenus l’an dernier dans le Masters 1000 de Miami, à 1390 points de Stan Wawrinka. Vainqueur pour la troisième fois du premier Grand Chelem et du premier Masters 1000 d’une saison (après 2004 et 2006), il pointe en tête de la Race, le classement 2017, avec 1410 points d’avance sur son dauphin Rafael Nadal.
Le Bâlois estime que sa victoire dimanche face à Stan Wawrinka est due à sa plus grande fraîcheur physique. «Stan s’est énormément battu lors de ses rencontres contre Nishioka et Thiem», explique-t-il. «Pour ma part, j’ai abordé cette finale avec la bonne intensité. J’ai évolué dans le même registre que lors des matches précédents. J’étais prêt. Maintenant, je vais couper quelques jours avant Miami. Je sais combien il est dur d’enchaîner Indian Wells et Miami.»
«Parcours de rêve»
Vainqueur de 47 des 48 jeux de service qu’il a dû négocier en Californie, Roger Federer partira néanmoins favori en Floride en l’absence notamment des deux premiers mondiaux, Andy Murray et Novak Djokovic, qui sont respectivement 10e et 18e de la Race. Le niveau de jeu affiché à Melbourne et à Indian Wells, où Stan Wawrinka fut le seul à lui prendre son service, lui autorise tous les espoirs. «Mon parcours de rêve se poursuit depuis mon retour. Je n’ai pas remporté de titre l’an dernier. Le contraste est saisissant. Mais les sensations sont extraordinaires», confie encore l’homme aux 18 titres du Grand Chelem.
L’émotion de Wawrinka
A bientôt 32 ans, Stan Wawrinka se laisse pour sa part toujours autant gagner par les émotions. Il n’a, ainsi, pas pu masquer ses larmes lors de la cérémonie protocolaire. «C’est une décompression qui arrive après la balle de match, les émotions qui sortent, la déception de perdre une finale, la déception de reperdre un match après une grosse demi-finale contre Roger à Melbourne», déclare-t-il. «Les émotions aussi des semaines difficiles après Melbourne, d’essayer de bien revenir après ma blessure au genou. C’est un tout.»
En voyant Roger Federer sourire alors qu’il était en train de le féliciter pour la victoire, Stan Wawrinka n’a pas hésité à le qualifier de «trou du cul» (réd: asshole en anglais). «Mais je suis ton plus grand fan», a ajouté le Vaudois, qui a mené 2-0 dans la deuxième manche. «Je prends ce mot comme un compliment, s’est quant à lui amusé Roger Federer. On me l’a déjà dit à de nombreuses reprises mais jamais encore sur le court.»
Au-delà de l’anecdote, le champion de l’US Open a voulu insister sur les mérites de son vainqueur: «Je pense que la différence a été son niveau de jeu. Roger a été un peu plus fort dans les moments importants. Il a joué très vite, les conditions étaient un peu différentes etplus difficiles que les autresjours, avec un peu de vent. Il a été agressif, il ne m’a pas donné beaucoup de rythme, il est resté sur sa ligne constamment, et il l’a bien fait.»
«Là, je ne peux être que déçu, mais je sais qu’avec du recul c’est un tournoi très positif», poursuit Stan Wawrinka, troisième tant du classement technique que de la Race. «J’arrive en finale. Aujourd’hui (dimanche), il m’a manqué un peu de fraîcheur mentale pour être un petit peu plus réactif physiquement et deux ou trois petites choses que j’aurais pu faire autrement», conclut le Vaudois, présent en finale d’un Masters 1000 pour la première fois depuis son sacre monégasque de 2014. ats