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Critique
"Les aventures du capitaine Jack Aubrey et de son équipage pendant les guerres napoléoniennes: à travers le portrait d'un homme responsable et respecté, le film de Peter Weir opère un retour réussi sur le début du 19e siècle.
Dieu! Que la guerre est jolie! Peter Weir nous fait assister avec un recul de 200 ans à de retentissantes batailles navales. Aux commandes du ""Surprise"", une frégate de la Marine royale britannique, le capitaine Jack Aubrey reçoit l'ordre d'intercepter et détruire le vaisseau corsaire français ""Acheron"". Le commandant, par son sens tactique et sa ténacité, force l'admiration des marins engagés dans une lutte sans merci contre la flotte française.
Inspiré d'une série de romans historiques de Patrick O'Brian, ce film présente un double intérêt, au-delà d'être une page navale de la guerre qui déchirait l'Europe en ce début du 19e siècle. Il y a d'abord un effort sérieux et réussi de reconstitution. Si le bassin qui servit au tournage de TITANIC reprit du service, la majorité des séquences furent tournées en mer sur une frégate américaine, fidèle réplique d'un trois-mâts de la Royal Navy de l'époque. Ce vaisseau affronta une violente tempête au large du Cap Horn, au cours de laquelle un de ses mâts fut brisé.
Mais, comme le titre l'indique, il s'agit essentiellement de faire le portrait d'un homme qui assume avec intelligence et courage une lourde responsabilité. Maître à bord, il doit non seulement exécuter les ordres reçus, mais veiller aussi à la survie des marins sur lesquels il a une totale autorité. A part la boussole et le sextant, le commandant ne dispose d'aucun des moyens techniques et électroniques d'aujourd'hui. La navigation repose exclusivement sur l'expérience, le sens tactique et les connaissances des officiers.
En mettant en scène, à côté du capitaine, Stéphane Maturin, médecin et naturaliste, les scénaristes ont joué sur les contrastes entre ces deux amis que tout sépare, sauf la musique dont ils jouent dans leurs moments de calme. Peter Weir voit dans l'un l'incarnation d'une ère révolue et dans l'autre l'annonce de l'homme moderne.
Beaucoup revivront dans ce film réussi les nombreuses aventures de marins qui les firent rêver dans leur adolescence et dont la littérature s'était emparée. C'est aussi un saut dans le passé et dans un monde que nous sommes en train d'oublier. Cela vaut bien les sauts en avant de la science-fiction.
Peter Weir
Né à Sydney en 1944, Peter Weir a une longue carrière derrière lui. Dès 1977, il réalise une demi-douzaine de films dans son pays avant de céder aux sirènes hollywoodiennes (WITNESS, 1985). Cinéaste éclectique, il est l'auteur de plusieurs films à succès: MOSQUITO COAST (1986), LE CERCLE DES POETES DISPARUS (1989), TRUMAN SHOW (1998)."
Maurice Terrail