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En septembre 2001, la Suisse a signé, avec 162 autres pays, la Déclaration de Durban élaborée au terme de la troisième Conférence mondiale contre le racisme, reconnaissant que "l'esclavage et la traite des esclaves constituent un crime contre l'humanité". Tout en s'associant à cette occasion à la communauté internationale, la Suisse a voulu marquer sa différence en soulignant, par la voix de son représentant, qu'elle n'avait "rien à voir avec l'esclavage (ou) la traite négrière". Au vu de ce que révèle ce livre, ce point de vue n'est guère défendable. Des Helvètes n'étaient pas seulement des négriers, mais également des esclavagistes, et qu'ils ont de surcroît contribué à maintenir le système américain de plantation esclavagiste.
Comment les relations économiques entre la Suisse et l'Afrique du Sud ont-elles évolué entre 1945 et 1990? Quel rôle les banques et l'industrie helvétiques ont-elles joué dans le financement du régime de l'apartheid, dans l'écoulement de l'or sud-africain, ou encore dans les investissements effectués dans le cône sud de l'Afrique? Les milieux dirigeants suisses ont-ils développé des liens particulièrement étroits avec les autorités de Pretoria? L'attitude de la Suisse officielle a-t-elle été influencée par les sanctions internationales adoptées contre le régime d'apartheid? Cet ouvrage tente de répondre à ces questions, en se basant sur les archives qui ont été accessibles en Suisse et en Afrique du Sud.