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J'ai pensé aussitôt aux mots formant le titre de cet article en lisant une info que je trouve particulièrement affligeante…
En gros, il s'agit d'un article sur une petite fille russe de neuf ans, considérée comme « la plus belle petite fille du monde », et qui travaille déjà pour les plus grandes maisons de mode.
Je vous laisse prendre connaissance de l'article par le lien ci-dessus. Pas question d'en prendre une illustration pour la montrer sur ce site, ce serait en rajouter dans l'indécence.
Ça m'a rappelé aussitôt le thème d'un film sorti il y a une dizaine d'années et qui a eu beaucoup de succès alors : Little Miss Sunshine, de Jonathan Dayton et Valerie Faris, sur un scénario de Michael Arndt.
L'affiche du film
L'histoire d'une petite fille de justement plus ou moins 9 ans, Olive (Abigail Breslin), issue d'une famille d'Arizona au bord de l'implosion : père (Greg Kinnear) conférencier raté, mère (Toni Collette) au bord de la crise de nerfs, frère (Paul Dano) en pleine crise d'adolescence qui a fait vœu de silence complet jusqu'à ce qu'il parvienne à entrer une école d'aviation, oncle homosexuel suicidaire (Steve Carell), grand-père (Alan Arkin) mauvaise langue et shooté à l'héroïne… Ladite Olive, dotée d'un physique tout à fait ordinaire, rêve cependant d'être élue à un concours de beauté californien, dont le nom est le titre du film. Par un désistement un peu miraculeux, elle obtient le droit d'y participer, et toute sa famille embarque avec elle dans un vieux combi Volkswagen brinquebalant de toutes parts, direction la Californie.
Cela conduit à un road-movie de plus en plus loufoque à mesure que le combi progresse sur les autoroutes américaines. Des scènes alternativement drôles et graves, du clownesque au tragique, s'enchaînent avec verve, avec (ce qui ne gâche rien) une bande-son des plus agréables, dûe au groupe DeVotchka et au compositeur Mychael Danna.
Au final, chacun dans cette famille y perdra ses dernières illusions sur les autres et soi-même… sauf Olive, la petite fille, derrière laquelle toute la smala fait bloc pour qu'elle puisse conserver son rêve à elle. Et bizarrement, chemin faisant, et au fur et à mesure que le combi préhistorique se déglingue, la famille retrouve une sorte de cohérence… ne serait-ce que pour faire repartir la mécanique défaillante du véhicule.
Une fois arrivée à l'endroit du concours de beauté en Californie, toute la famille (sauf, encore une fois, la gamine) se rend compte en même temps que le spectateur de ce que cache en fait un concours de beauté pour petites filles. Le film retransmet fidèlement ce dont il s'agit, au point d'avoir été considéré par les organisateurs de tels concours eux-mêmes comme très fidèle à la réalité… et il y a de quoi grincer des dents, devant ces gamines singeant leurs modèles adultes, pour plaire à leurs parents.
La famille d'Olive, elle, s'aperçoit que leur petite protégée n'a absolument pas sa place ici… mais Olive décide finalement de rester, pour que la gamine puisse aller jusqu'au bout de son rêve… Et c'est alors le clou du film, le spectacle final qu'elle avait préparé avec son grand-père sans que les autres ne sachent de quoi il s'agissait : un moment jubilatoire qui va dynamiter le « concours de beauté » dans ses fondements… et finir de ressouder cette famille autour d'elle.
Et je me dis que la mère de cette petite fille russe de neuf ans, qui ose la pousser dans ce genre de choses, mériterait d'être condamnée à visionner ce film dix fois par jour pendant dix mois… jusqu'à ce que la leçon porte.
Voilà pour ce court article, en forme de coup de gueule, venant d'un père d'une petite fille de six ans, qui ne peut pas concevoir qu'on puisse vendre son enfant comme une image, a fortiori une image adulte.
Et accessoirement, ç'aura été l'occasion de refaire la pub d'un très bon film, à voir absolument si vous ne l'aviez pas déjà vu.