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COMPRENDRE LE CANCER DE LA VESSIE – CONNAISSANCES DE BASE
En cas de cancer de la vessie, les spécialistes parlent aussi de tumeur vésicale. Il s’agit d’une prolifération des tissus à l’intérieur de la vessie. Cette prolifération se trouve dans la muqueuse (urothélium transitionnel) des voies urinaires excrétrices. Mais elle peut aussi se propager et atteindre des couches tissulaires plus profondes.
1.200
nouveaux cas chaque année en Suisse
5e
cancer en Suisse chez les hommes
3 fois
plus fréquent chez les hommes que chez les femmes
70
ans ou plus pour la plupart des patients au moment du diagnostic
STRUCTURE ET FONCTIONNEMENT DE LA VESSIE
La vessie est un organe creux extensible, situé dans le petit bassin à peu près à hauteur du pubis. Elle sert de réservoir pour stocker l’urine produite par les reins. L’urine emprunte les uretères pour parvenir dans la vessie. Il suffit de 300 millilitres pour que le besoin d’uriner se manifeste. La vessie peut contenir au maximum environ un litre de liquide. L’urine collectée est évacuée par l’urètre.
La section supérieure des voies urinaires excrétrices est composée par les reins et les uretères. La partie inférieure de l’appareil urinaire comprend la vessie et l’urètre. Servant de réservoir collecteur d’urine, la vessie joue un rôle central dans l’appareil urogénital. L’appareil urogénital est formé, entre autres, des reins, des uretères et de l’urètre. Il existe certaines petites différences entre les deux sexes. Ainsi, l’urètre traverse chez les hommes la prostate, le pénis et le gland. Par contre, chez les femmes, il traverse le périnée jusqu’au vestibule vulvaire.
La vessie se compose de plusieurs couches tissulaires différentes :
- Une couche interne formée de muqueuse revêtue d’une tunique (urothélium transitionnel) protégeant la vessie de l’urine
- Une couche de tissu conjonctif
- Un tissu musculaire qui commande l’extension et la contraction de la vessie
- Une couche de graisse
CAUSES ET FACTEURS DE RISQUE
Bien que l’on n’ait pas encore clairement identifié les causes précises à l’origine d’un cancer de la vessie, certains facteurs peuvent toutefois en favoriser l’apparition. On avance entre autres comme raisons possibles le processus naturel de vieillissement, des conditions environnementales, des facteurs héréditaires, mais aussi un mode de vie mains sain avec une consommation accrue de tabac et d’alcool. Pour le cancer de la vessie notamment, les conditions suivantes sont considérées comme facteurs présentant de gros risques :
Tabagisme
La fumée du tabac contient des substances cancérigènes qui s’infiltrent dans notre sang. Nous les évacuons par les reins. De là, acheminées par l’urine, elles arrivent dans la vessie où elles déploient leur action nocive. Environ 30 à 70 % des maladies en sont le résultat.
Substances chimiques
Le contact avec certains produits chimiques cache également un risque accru de provoquer un cancer de la vessie. Des amines aromatiques par exemple sont particulièrement dangereuses, on les trouve dans les produits chimiques utilisés chez les coiffeurs, dans le goudron et la poix, ou dans des durcisseurs pour résines époxy. Ces substances sont aujourd’hui en grande partie interdites et il existe des mesures de protection à appliquer sur le lieu de travail. Malgré tout, le cancer de la vessie est reconnu en Suisse comme maladie professionnelle. La raison : un cancer de la vessie peut se déclarer des années plus tard, même lorsque l’on ne travaille plus dans la profession qui exposait aux substances cancérigènes.
Abus de médicaments
Les agents actifs de certains médicaments antidouleur peuvent accroître le risque de cancer de la vessie. La prise sur de longues années par exemple de phénacétine, actuellement retirée du marché, peut avoir des conséquences critiques.
Cystite
Des cystites chroniques aussi sont susceptibles de favoriser l’apparition d’un cancer de la vessie. Le port d’un cathéter peut par exemple accroître les risques de cystites.
Infections chroniques
Une schistosomiase (bilharziose) contractée, peut auni contribuer à développer un cancer de la vessie. Il s’agit d’un agent pathogène tropical à l’origine d’infections chroniques, entre autres dans la vessie.
Traitements
Une chimiothérapie ou une radiothérapie réalisée dans le bassin peut également contribuer au développement d’un cancer de la vessie.
CANCER DE LA VESSIE – LES SYMPTÔMES
Un cancer de la vessie peut se manifester par différents symptômes, souvent non spécifiques :
- Miction douloureuse (due à une cause autre qu’une cystite)
- Besoin fréquent d’uriner, avec une faible quantité d’urine
- Coloration rouge ou brune de l’urine (signe de présence de sang dans l’urine)
- Miction difficile ou au goutte à goutte, parfois douloureuse
- Douleurs dans le bas-ventre ou problèmes au niveau des reins
75 % des tumeurs vésicales peuvent être détectés à un stade précoce. C’est pourquoi il est important de ne pas ignorer de tels symptômes, au contraire, il est indispensable de se faire examiner directement par le médecin pour augmenter les chances de guérison.
DIAGNOSTIC D’UN CANCER DE LA VESSIE
Si l’on soupçonne un cancer de la vessie, le médecin pratiquera différents examens. Le premier consistera en une anamnèse, à savoir un entretien approfondi entre médecin et patient. Le médecin posera à la personne concernée des questions sur son état de santé. Il procédera ensuite à un examen médical qui permettra de savoir s’il existe des signes laissant supposer un cancer de la vessie, comme des modifications tissulaires, des accumulations de liquide ou un grossissement des ganglions lymphatiques. Le médecin réalisera ensuite des analyses de laboratoire. Les résultats du laboratoire indiqueront si l’urine contient du sang ou si les reins fonctionnent correctement.
En général, les examens de la vessie sont réalisés par un urologue. Il est spécialiste des maladies des organes urinaires et génitaux.
Il peut, pour explorer l’intérieur de la vessie, procéder à une cystoscopie qui lui permettra de découvrir, le cas échéant, la présence de tumeurs ou autres anomalies. Sous anesthésie locale, il introduira un cystoscope dans la vessie, il s’agit d’un tuyau flexible équipé d’une petite caméra. Une forme particulière de cystoscopie est la résection transurétrale de la vessie, appelée aussi RTUV. Elle permet de réaliser en une seule fois le diagnostic et le traitement.
Le diagnostic photodynamique (PDD) et la « Narrow Band Imaging » (NBI) ou encore un lavage vésical (cytologie de lavage) peuvent permettre de confirmer le diagnostic. Mais les méthodes d’imagerie médicale sont aussi en mesure de fournir plus de détails, et de révéler au médecin par exemple la position de la tumeur et sa taille.
NATURE ET STADE D’EXTENSION TUMORALE
Les tumeurs de la vessie sont divisées en trois groupes : non infiltrant le muscle, infiltrant le muscle et métastatique. « Non infiltrant le muscle » signifie que la tumeur n’a attaqué que la muqueuse de la vessie. Le muscle n’est pas touché. Une tumeur infiltrant le muscle s’est déjà propagée dans d’autres couches tissulaires et a éventuellement attaqué la paroi de la vessie. Si la tumeur est métastatique, des tumeurs secondaires se sont déjà formées dans les tissus environnants.
Le stade d’extension tumorale fournit au médecin une base lui permettant d’établir un traitement spécifique au patient. Il existe un système international de classification, la classification TNM (voir ci-dessous), qui aide à définir les tumeurs. Par le biais de caractéristiques définies, telles que la position, la taille et l’extension tumorale, le médecin peut déterminer le stade d’extension tumorale (stadification).
Classification TNM
- T = À quel point la tumeur s’est-elle développée ?
- N (nœud) = La tumeur a-t-elle déjà envahi les ganglions lymphatiques voisins ?
- M = Des tumeurs secondaires (métastases) se sont-elles formées dans les tissus ou organes environnants ?
Une fois le stade d’extension tumorale déterminé, chaque patient peut recevoir un traitement sur mesure, adapté avec précision à la situation de sa tumeur vésicale.