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Déséquilibre entre l'évaluation de l'écrit et de l’oral dans un contexte d'éducation bilingue. Le cas de la Vallée d'Aoste
Auteur, co-auteurs
Type de référence
Date2010-09
Langue de la référenceFrançais
Entité(s) de recherche
Référence APAPuozzo Capron, I. (2010, septembre). Déséquilibre entre l'évaluation de l'écrit et de l’oral dans un contexte d'éducation bilingue. Le cas de la Vallée d'Aoste. Communication présentée à Colloque International du Département des Langues, Cultures et Communication de l’école Polytechnique de Palaiseau, Palaiseau, France.
Résumé
La Vallée d'Aoste (VDA) est une région autonome de l'Italie du nord qui se démarque par un bilinguisme franco-italien. L'enseignement/apprentissage s'y revendique également bilingue. Dans une telle situation, l'alternance codique est peu ou prou réprimée durant une situation communicative puisque l'idée implicite est celle d'un échange entre locuteurs bilingues. Il suffit néanmoins d'entrer dans une salle de classe et d'écouter une conversation entre le professeur et son élève ou bien de regarder la correction des copies des élèves pour y constater que l'interférence y est fortement sanctionnée. Mais comment l'apprenant bilingue valdôtain va-t-il réagir à cette pénalisation continue ? Cela ne risque-t-il pas de créer une certaine crise, voire une remise en question de son identité ? Les apprenants arrivent donc dans l'enseignement supérieur du second degré (le lycée) avec ce poids du passé de la sanction qui a provoqué une insécurité linguistique. Apprendre à écrire en français implique en VDA savoir écrire comme un français et sans commettre d'erreurs. Le monde de la recherche a pourtant démontré que le bilinguisme parfait n'existe pas puisque les deux systèmes linguistiques finissent indubitablement par cohabiter. Est-ce pour autant qu'il faut tout tolérer ? N'existe-t-il pas un espace intermédiaire où l'être bilingue pourrait s'épanouir ? Faut-il uniquement favoriser uniquement l'approche communicative ? Mais une langue s'apprend-elle sans s'écrire ? Dans cette communication, il s'agira dans un premier temps de présenter le particularisme valdôtain et son système éducatif qui applique une politique linguistique bi-/plurilingue. Notre réflexion s'articulera néanmoins sur le problème de la didactique de l'erreur dans l'apprentissage du bilinguisme. Les interférences sont considérées comme source de fautes alors que l'alternance codique est tolérée à l'extérieur du contexte scolaire. De nombreux élèves Valdôtains sortent du lycée avec ce sentiment de ne pas être bilingue, de ne pas être capable d'écrire en français. J'ai mené une enquête dans différentes écoles de la Vallée d'Aoste sur la perception que les apprenants ont de leurs compétences. Je présenterai alors les résultats de manière comparative entre l'écrit et l'oral à l'entrée et à la sortie du lycée. Quelques exemples d'interférences (« chercher de », « dès toujours », etc.) seront également fournis pour montrer comment se construit l'interlangue de l'apprenant italophone et réfléchir sur quel français évaluer. La réflexion s'orientera alors sur la question de la tolérance ou de la sanction dans l'évaluation de cette interlangue à partir des niveaux du Cadre Européen Commun de Référence pour les langues.