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Des injonctions bien connues, prônées tant pour la confiance en soi que pour la communication non violente. Parler en «je», c’est éviter d’accuser l’autre. C’est prendre sa responsabilité. Pas évident pour le commun des mortels élevé dans les interdictions de se mettre en avant, de parler de soi. Les gens qui disent «je» sont imbus d’eux-mêmes, égoïstes, arrogants, voire narcissiques, voilà la croyance populaire. Sauf que des recherches publiées en 2013 disent le contraire.
Ceux qui disent souvent ‹je› auraient moins de pouvoir et seraient moins sûrs d’eux-mêmes.»
«Ils se sentiraient même inconsciemment subordonnés à la personne à qui ils s’adressent», relève James W. Pennebaker, président du département de psychologie de l’Université du Texas. Un chercheur qui, en pionnier, a axé son travail sur l’utilisation des pronoms.
Ceux, ou plutôt celles qui utilisent le plus le «je» sont effectivement les femmes, les personnes attentionnées, les anxieux et les dépressifs. Et les gens qui ont quelque chose à cacher, car c’est un moyen de prendre de la distance que de ne pas dire «je». Pour preuve, le chercheur a décortiqué 856 tweets du survivant des deux auteurs des attentats du marathon de Boston: l’emploi du «je» disparaissait au fur et à mesure que l’heure de l’attentat se rapprochait.
Texte © Migros Magazine – Isabelle Kottelat
Auteur: Isabelle Kottelat