Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07070.jsonl.gz/267

Risque élevé d’infarctus dans les maladies auto-immunes
Les personnes atteintes d’une maladie auto-immune doivent lutter contre leurs propres défenses immunitaires qui s’attaquent à leurs organes. Même si les causes de ces affections ne sont pas élucidées, on sait qu’elles sont favorisées par plusieurs facteurs comme l’âge, l’hérédité et d’autres facteurs environnementaux tels que le tabac. Ces maladies ont également la particularité de présenter un risque accru de complications cardiovasculaires (par exemple infarctus ou attaque cérébrale), elles sont donc considérées comme un facteur de risque cardiovasculaire au même titre que l’hypertension, le tabagisme, l’âge ou le sexe de la personne. L’inflammation chronique qu’elles provoquent est en partie responsable de ce risque élevé. La réduire permet de diminuer les chances de contracter un problème cardiovasculaire.
Lien entre maladies auto-immunes et risques cardiovasculaires
Presque toutes les maladies auto-immunes ont un risque accru de complications cardiovasculaires. Ces accidents cardiovasculaires sont d’ailleurs la première cause de mortalité dans certaines de ces maladies. Cela a été le mieux étudié dans le lupus et la polyarthrite rhumatoïde (inflammation chronique des articulations).
Une étude suédoise a calculé le risque d’avoir un problème cardiovasculaire en fonction du diagnostic de maladie auto-immune. Durant la première année suivant la pose du diagnostic, le risque d’une maladie du cœur était trois fois plus élevé chez les personnes souffrant d’une maladie auto-immune. Ces patients avaient aussi deux fois plus de risques d’avoir une attaque cérébrale. Le seul point positif est que le risque d’accidents cardiovasculaires dans les maladies auto-immunes a diminué ces dernières décennies, probablement à cause d’un meilleur contrôle de l’inflammation avec les traitements modernes.
La protéine «CRP» et l’inflammation chronique
Des analyses ont tenté de comprendre quel était le rôle de l’inflammation chronique dans l’apparition d’un problème cardiovasculaire. En regardant de plus près le taux de la protéine C-réactive (CRP), il est possible de faire un constat. En effet, quand son taux augmente, l’inflammation augmente aussi. A un taux élevé, cette protéine favorise la formation d’une ATS (artériosclérose). L’ATS est une maladie inflammatoire qui bouche les artères et qui est à l’origine des attaques cérébrales et des thromboses.
Rôle de l’inflammation dans les complications cardiovasculaires
Des études ont montré que le risque d’avoir un problème cardiovasculaire était deux fois plus élevé chez des personnes qui avaient un taux élevé de CRP. Mais pour les patients atteints d’une maladie auto-immune, étudier le taux de cette protéine se révèle peu utile car elle ne permet pas de prédire un événement cardiovasculaire.
Les traitements anti-inflammatoires sont-ils tous efficaces?
Ces dernières années, le risque de complications cardiovasculaires chez les personnes souffrant d’une maladie auto-immune est en baisse. Cela prouve que les traitements anti-inflammatoires prescrits pour ces patients sont efficaces. Cependant, ils ne montrent pas tous les mêmes effets. Les médicaments anti-TNF (facteur de nécrose tumorale), utilisés contre le rhumatisme et le méthotrexate semblent bien fonctionner. Ils ont montré une baisse des risques cardiovasculaires. Quant aux anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), ils augmentent légèrement ce risque. Enfin, avec les corticoïdes, ces médicaments dérivés de la cortisone, les résultats des recherches sont contradictoires. Ils sont donc à prendre avec prudence.
En résumé, l’inflammation chronique causée par les maladies auto-immunes est associée à un risque cardiovasculaire élevé. Pour prolonger l’espérance de vie de ces patients, il est nécessaire de réduire cette inflammation.
Référence
Adapté de «Complications cardiovasculaires dans les maladies auto-immunes», Dr A. Finckh, Axel Finckh, Service de rhumatologie, Département de médecine interne, HUG, in Revue Médicale Suisse 2013; 9: 549-555, en collaboration avec l'auteur.