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Des milliers de Grecs sont descendus dans la rue mercredi soir dans les principales villes du nord du pays. Ils manifestent contre les projets du gouvernement pour résoudre la question du nom de la Macédoine.
Quelque 2000 personnes se sont rassemblées à Pella, centre historique de la Macédoine antique et ville de naissance d'Alexandre le Grand, a constaté un correspondant de l'AFP sur place, soit environ deux fois moins qu'espéré par les organisateurs. "Nous invitons nos voisins, qui ne connaissent pas l'Histoire, à venir visiter nos musées et nos sites archéologiques pour découvrir que la Macédoine est grecque", a lancé à la foule le maire de Chalkidona, Ioannis Tsouknidas.
La manifestation, organisée par un comité soutenu par la diaspora grecque et des associations locales de maires, s'est déroulée concomitamment dans plus d'une douzaine de villes de cette région de Macédoine, au nord du pays.
A plus petite échelle, d'autres rassemblements se sont tenus en Grèce centrale et sur les îles de Crète, Rhodes, Corfou et Kos. En tout les manifestations ont concerné 24 villes, et selon la police, ont rassemblé "500 à 1000 personnes" chacune.
Entrée dans l'OTAN contestée
La Grèce refuse de reconnaître le pays voisin sous ce nom depuis 1991, date de l'indépendance de l'ancienne république yougoslave de Macédoine. Elle ne le nomme officiellement que ARYM (ancienne république yougoslave de Macédoine), de même que la France, l'Allemagne ou le Japon. Mais des dizaines d'autres pays, et notamment les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la Chine et la Russie, reconnaissent la Macédoine sous ce nom.
Athènes, qui redoute des revendications territoriales de Skopje sur le nord de la Grèce, met son veto en l'état actuel des choses à l'entrée de la Macédoine dans l'OTAN et dans l'UE. Les négociations ont cependant considérablement progressé au cours des derniers mois, sous l'impulsion du tandem gréco-macédonien Alexis Tsipras-Zoran Zaev, deux chefs de gouvernement apparemment décidés à en sortir mais confrontés à de vigoureuses oppositions dans leur pays respectif.
Compromis refusé
Athènes serait prête à accepter un nom qui comprenne le nom de Macédoine, comme "Nouvelle Macédoine", "Macédoine du nord" ou "Haute-Macédoine" - "les trois noms que nous jugeons acceptables", a indiqué lundi le ministre grec des Affaires étrangères Nikos Kotsias - mais à la condition expresse que le nouveau nom soit acté dans la Constitution macédonienne, et soit "erga omnes", c'est-à-dire désormais utilisé tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de la Macédoine.
Mais les oppositions dans les deux pays refusent pour l'instant ce compromis, chacun jugeant excessives les concessions respectives envisagées.