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Le 11 avril 1919, l'Organisation internationale du travail (OIT) était fondée dans le cadre de la Conférence de Paix de Versailles. L'objectif était et reste d'assurer la paix dans le monde grâce à la justice sociale. Quelles sont les principales réalisations et faiblesses de cette organisation unique de l'ONU ?
L'OIT est la seule organisation onusienne tripartite : les États, les employeurs et les syndicats établissent conjointement des règles en matière de conditions de travail et surveillent le respect des accords.
Les réalisations les plus importantes
L'OIT est la référence mondiale en matière de normes sur la durée du travail, la protection de la maternité, le travail de nuit ou encore l'âge minimum pour les employé-e-s. Les normes fondamentales contre le travail forcé et le travail des enfants, la discrimination, pour la liberté d'association et la sécurité des conditions de travail sont aujourd'hui des références importantes dans les négociations nationales sur le droit du travail uu les conventions collectives du travail. A ce jour, il existe 187 conventions et de nombreuses recommandations pour les Etats.
Les plus grandes faiblesses
La précarité du travail qui touchent des millions de personnes dans le monde et l'injustice sociale actuelle montrent que l'OIT n'atteint pas ses objectifs. Lors de la création de l'OIT, les syndicats avaient réclamé un mécanisme de sanctions. Cette demande a été rejetée à l'époque par les États. L'OIT ne peut donc, à ce jour, que faire part de ses griefs et réprimander les gouvernements.
En outre, l'OIT et de nombreux syndicats sont depuis longtemps aveugles d'un seul œil : les personnes qui travaillent dans l'économie informelle, c'est-à-dire qui occupent des emplois sans bénéfice de contrat, reçoivent peu d'attention. Ce n'est qu'au début des années 1970 que l'OIT s'est intéressée de plus près au monde du travail dans le Sud où le travail informel est la règle plutôt que l'exception.
Les défis les plus urgents
En Asie du Sud-Est aujourd'hui, deux personnes sur trois travaillent dans le secteur informel. En Afrique et en Amérique latine, elles sont une sur deux. Même dans les pays riches de l'OCDE, le phénomène touchent 15% des employé-e-s. Et la tendance est à la hausse. L'injustice sociale ne pourra être combattue que si cette précarité est véritablement prise au sérieux.
Photo : Travailleuses du textile aux Philippines, ©ILO Asia Pacific