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Abstract
« Vous avez vu ma stratégie, on sait que ça va être quelque chose moins quinze égal l’autre, par contre c’est pas évident de trouver lequel. On en met un je vais dire presque au hasard, puis après on remplace par des nombres pour voir si c’est plausible ou pas. » Cette phrase vous parait anodine ? En réalité il n'en est rien ! Notre étude se penche sur ces phrases que nous, enseignants, nous adressons à nos élèves, parfois sans en mesurer la portée... À quoi vous renvoie cet énoncé ? Notre recherche est partie des phrases qu'un enseignant de mathématiques à dites durant des séances d'appui individuelles au secondaire 2 (4 séances). Ces locutions nous ont permis d'identifier quels étaient les gestes professionnels employés par cet enseignant. Pour ce faire, nous avons constitué notre propre grille d'analyse (inspirée du modèle de multi-agenda de Bucheton), qui répertorie ces gestes en trois catégories : les gestes d'étayages (portés sur la tâche), les gestes de tissage (portés sur le lien entre la tâche et l'élève) et les gestes de co-construction de l'atmosphère (portés sur l'élève). Cela nous a amené à questionner le jeu de l'enseignant, de la nature de ces gestes et de leurs fondements. Nous les avons remis en lien parfois avec la didactique et d'autres fois avec l'idée de relation d'aide. Les découvertes que nous avons faites ne révolutionnent en rien le champ de la pédagogie spécialisée ou de soutien, mais corroborent les théories d'une littérature scientifique plus habituée à investiguer les configurations groupales. Notre recherche met en avant à quel point des séances de soutien individuelles peuvent être précieuses et coller au plus près des besoins d'élèves en difficulté.