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Au nord est de la Crète, Agios Nikolaos, petite ville touristique, où nous avons passé le week end. La ville est sans charme, mais l’accueil de mon collègue Iossif Papadakis nous la rendue chaleureuse et nous y a fait sentir bienvenus.
Agios Nikolaos est au fond d’un des rares golfes profonds sur la côte nord de l’île. Quelques îles protègent plusieurs zones de la région et l’on peut s’étonner de l’absence d’installations portuaires importantes, outre une marina qui a l’air bien équipée. Ceci reflète probablement le fait que la région est fort peu développée. Hormis le tourisme qui ne s’est développé que pendant ces toutes dernières décennies, la région semble ne rien produire qui soit digne d’être exporté.
C’est là un des deux problèmes majeurs de la Grèce. Pour se relever de la crise actuelle, il est nécessaire que la Grèce produise et exporte pour faire rentrer les moyens qui lui permettront de reconstruire son économie et ses infrastructures. De l’avis de nos vis-à-vis ici, cette production est pour le moment tout à fait insuffisante, même si la culture d’oliviers et d’agrumes semble prospère. Le second problème dont nous entendons parler avec constance tient à l’état des structures de l’Etat.
La Grèce a été confrontée dès la fin de la seconde guerre mondiale à une guerre civile qui l’a laissée dans un état pire qu’en 1945. Cette période à peine terminée et après une courte pause les tensions ont repris et amené le régime des Colonels qui perdura de 1967 à 1974. Pendant cette période, puis pendant les décennies suivantes, les régimes successifs avaient l’habitude de s’attirer l’assentiment d’une partie de la population en proposant de nombreuses positions au sein de l’administration. Ces postes ne correspondaient souvent pas à de vrais besoins et ont conduits à une fonction publique pléthorique et trop souvent stérile. Cumulées ces pratiques, ont coûtés et coûtent encore des sommes faramineuses à l’Etat en salaires et pensions à vie sans contrepartie pour le bien commun. Il faut maintenant réformer ce système et reconstruire tout l’appareil de l’administration sur des bases saines. Ceci ne se fait pas sans douleur pour les personnes qui furent bénéficiaires de ces habitudes, à quelque niveau que ce soit, et demande une somme de probité et d’intelligence de la part de la haute administration que l’on ne peut que souhaiter exister. Les grands discours du monde politique que l’on peut lire dans la presse ou entendre sur les tribunes de radio ou télévisions sont probablement plus d’obstacles que d’éléments de construction dans cette entreprise.
D’Agios Nikolaos nous sommes allés à Plaka, tout petit village, non moins touristique que la ville, en face de l’île de Spinalonga. Spinalonga fut une fortification vénitienne, puis, jusque dans les années 1950, une léproserie. L’île a été abandonnée quand la lèpre fut vaincue par les antibiotiques. Elle est restée inhabitée et les bâtiments ont servi de matière première pour la construction d’hôtels dans les environs, un peu comme les pierres de ruines furent souvent utilisées pour la constructions de nouvelles cités un peu partout en Europe. Il ne reste que des ruines que nous avons vues de la rive distante de quelques centaines de mètres, les transports vers l’île n’étant pas établis à cette saison.
Baie de Plaka et Spinalonga, Elunda dans le fonds, une belle zone protégée au nord de Agios Nikolaos
Il n’en reste pas moins que se remémorer les horreurs causées par les épidémies de maladies infectieuses jusque dans le siècle dernier est salutaire. Je suis indigné de savoir que certains se permettent de mettre leurs enfants et ceux des autres en danger en refusant de les faire vacciner contre des maladies qui firent des ravages. Faudra-t-il vraiment voir à nouveau des enfants déformés par la maladie ou en mourir pour que les balivernes répandues par certains arrêtent de semer le doute dans l’esprit de parents et pour qu’un taux de vaccination tel que la population soit protégée puisse à nouveau être atteint.
Ile de Spinalonga
De retour à Agios Nikolaos, nous admirons une évocation sculpturale de l’enlèvement d’Europe par Zeus transformé en taureau. Europe semble ravie, elle trône fièrement sur le dos du taureau, les seins à l’air et les fesses rebondies. Elle tient une colombe dans une main en caracolant vers un avenir que le sculpteur voulait nous faire imaginer radieux. Tout un symbole de force et de paix bien éloigné de le réalité de 2016.
Europe enlevée par Zeus à Agios Nikolaos
Le retour s’est fait le long de petites routes, traversant des villages bien délabrés, mais dont les églises sont massives et rutilantes, les chapelles innombrables. Si l’état grec est pauvre, son église semble se porter très bien.
Fourni, un peu délabré, mais la taverne sur la place du village y est accueillante.
Il pleut à notre retour dans note chambre, mais la météo nous promet une amélioration ces prochains jours. Ce ne sera pas de refus, bien que cette eau soit une nécessité ici, tant on nous dit que l’hiver fut anormalement sec.

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