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Plus d'un Suisse sur cinq a trop bu au moins une fois par mois l'an dernier. Par rapport à 2013, les jeunes de 15 à 19 ans, la tranche 64 à 74 ans et les femmes de manière générale ont légèrement augmenté leur consommation.
Cette ivresse ponctuelle représente quatre verres ou plus d'alcool pour une femme et cinq pour un homme en l'espace de plusieurs heures, note lundi le monitorage suisse des additions de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP).
Dans le détail, l'enivrement est particulièrement répandu parmi les jeunes de 20 à 24 ans: quelque 40% d'entre eux abusent au moins une fois par mois contre 29% chez les 15 à 19 ans.
Ce phénomène ne touche pas uniquement les jeunes: près de 20% des 35 à 54 ans et plus de 15% des 55 à 64 ans connaissent ce genre d'ivresse. L'OFSP note également une hausse chez les personnes entre 64 et 75 ans. De manière générale, la part des femmes qui boivent ponctuellement est également en augmentation, passant de 9,4% en 2011 à 12,7% en 2014.
La part de consommateurs chronique à risque, soit ceux qui boivent quotidiennement plus de deux verres d'alcool pour les femmes et quatre pour les hommes est restée stable depuis 2011. Elle se situe aux alentours de 4,2%. Selon les chiffres de l'OFSP, ce sont surtout les 65 à 74 ans qui ont une consommation chronique à risque.
Tabagisme stable
Côté cigarette, le nombre de fumeurs quotidiens est en recul par rapport à 2013. Il s'élève à 17,3% en 2014 contre 17,6 l'année d'avant. Toutefois la consommation occasionnelle augmentant dans des proportions similaires, le monitorage note qu'il y a toujours un quart de la population suisse qui fume, des chiffres à peu près stables depuis 2011.
Les hommes, 28,8%, fument plus souvent que les femmes, 21,1%. Près d’un tiers des fumeurs quotidiens ont admis consommer en moyenne 13,5 cigarettes par jour, soit plus de la moitié d'un paquet.
Quelque 26,6% des adolescents de 15 à 19 ans sont fumeurs et 13,6% d'entre eux quotidiennement. Les personnes qui commencent à fumer tous les jours avant l’âge de 15 ans sont ensuite plus dépendantes à la nicotine que celles qui commencent à le faire à un âge plus avancé.
La consommation de cigarettes électroniques est en revanche en augmentation en Suisse. En 2014/2015, 14% de la population en a déjà essayé une au moins une fois, contre 6,7% en 2013. La consommation régulière (au moins une fois par semaine) est cependant très faible avec 0,7% de la population concernée, mais en augmentation, précise l'OFSP.
Et joints aussi
En 2014, 6,7% de la population suisse âgée de 15 ans et plus a consommé au moins une fois du cannabis au cours des douze mois précédant le sondage contre 5,7% l'année d'avant. Toutefois la part de personnes ayant fumé le mois avant le sondage reste stable à quelque 3% depuis 2011.
Un cinquième des consommateurs de cannabis présentent une consommation intense, soit 20 jours de consommation par mois et plus. Dans toutes les catégories d'âge, les hommes consomment du cannabis plus de deux fois plus souvent que les femmes. Les jeunes adultes (15 à 24 ans) sont les plus touchés: 21% d'entre eux ont fumé un joint au moins une fois au cours des douze derniers mois.
La prévention avant tout
Dans la conclusion de son étude, l'OFSP indique que ce "sont les jeunes qui présentent la consommation la plus à risque". Il rappelle que leurs corps et leur cerveau n'ont pas fini de se développer et que les substances psychoactives peuvent occasionner des dégâts importants.
L'Office appelle également à assurer les lois sur la protection de la jeunesse qui sont axées sur la prévention.
Le Monitorage suisse des addictions vise à en observer l'évolution à long terme et à adapter en conséquence les stratégies de prévention. Il repose sur un sondage représentatif de la population résidant en Suisse: chaque année depuis 2011, 11'000 personnes âgées de 15 ans et plus sont interrogées sur leur consommation de substances psychoactives.
L'OFSP a chargé quatre institutions de réaliser ce projet: Addiction Suisse, l'Institut suisse de recherche sur la santé publique et les addictions (ISGF), l'Institut universitaire de médecine sociale et préventive de l'Université de Lausanne (IUMSP) et l'Institut d'étude de marché et d'opinion de Zurich (IBSF).
ATS