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Le président de la Confédération, Adolf Ogi, a signé vendredi à Genève l´acte constitutif du Centre pour le contrôle démocratique des forces armées (CDFA). Plus de 20 pays ont adhéré à cette initiative suisse.
Outre la Suisse, les autres membres fondateurs sont: les Etats-Unis, la Russie, l'Allemagne, la France, la Grande-Bretagne, l'Ukraine, la Pologne, la Suède, l'Autriche, la Finlande, l'Estonie, la Lituanie, la Letonie et d'autres Etats de l'Europe centrale et du Sud-Est. A terme, la qualité de membre devrait être étendue aux grands Etats d'autres régions du monde.
Ce centre aura trois tâches principales: faire l'inventaire des connaissances et des expériences en matière de démocratisation des structures de sécurité, développer des systèmes standards d'évaluation et les mettre à la disposition des Etats concernés, soutenir ou organiser lui-même des projets concrets de coopération dans le domaine des relations entre la société civile et les pouvoirs militaires.
Cette nouvelle institution répond à un véritable besoin. Dans de nombreux pays, en particulier dans les pays dits en transition et les pays en développement, les structures de sécurité, et les armées en particulier, ont hérité de longues et mauvaises habitudes du passé. Elles constituent encore assez souvent un Etat dans l'Etat. Elle mangent une partie importante des budgets nationaux déjà insuffisants, leur gestion n'est guère transparante et elles échappent au contrôle du pouvoir politique.
La Suisse entend mettre en oeuvre ce projet dans le cadre de sa participation au Partenariat pour la paix (PPP) de l'OTAN. Le Conseil fédéral avait donné son feu vert le 13 juin dernier. Il s'agit d'une réponse à la demande croissante de la communauté internationale de créer un tel centre de compétences qui puisse assurer une fonction de coordination.
Cette nouvelle institution est associée aux deux centres de Genève déjà actifs dans les domaines de la politique de sécurité et du déminiage humanitaire. Le CDFA sera pleinement opérationnel en 2003, avec 50 experts et un budget de dix millions de francs assuré par ministère suisse de la défense. D'ici cette date, il fonctionnera avec une douzaine de personne et un budget de deux millions.
Le CDFA aura la forme juridique d'une fondation. La direction du centre a été confiée à l'ambassadeur Theodor Winkler. Quant à l'ancien secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères Edouard Brunner, il assurera la présidence du conseil de fondation.
swissinfo