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Une escroquerie à 50 milliards de dollars :
Bernard Madoff : Ce type mérite le Prix Nobel d'économie
Gouru de Wall Street (et collatéralement de la banque privée genevoise), star mondiale de la " gestion alternative " (les fameux " hedge funds " que David Hiler veut attirer à Genève), ancien président du Nasdaq (la bourse des nouvelles technologies), Bernard Madoff était en réalité un fidèle praticien du jeu de l'avion, de la " cavalerie " et du " schéma de Ponzi ", toutes méthodes qui consistent à pomper un maximum de pognon en promettant un maximum d'intérêts, et à payer les intérêts du pognon qu'on a pompé hier avec le pognon qu'on vient de pomper aujourd'hui -jusqu'à ce que le jeu s'arrête faute de nouveaux gogos à plumer. Bref, un remarquable résumé du fonctionnement de tout le système financier actuel : une machine qui ne tourne que sur la base de promesses aléatoires basées sur des ressources épuisables et des profits virtuels. Pour l'avoir mis en évidence, Madoff mérite le Prix Nobel d'économie. Et ses victimes, nos ricanements.
Merci, Bernard...
Il était tellement célèbre, et célébré, Madoff, que la banque privée genevoise a été séduite. L'Union Bancaire Privée serait exposée à hauteur de 800 millions de francs dans la chute de l'avion Madoff. Bénédict Hentsch en serait pour 56 millions, un vingtième de sa masse sous gestion. Mirabaud serait lui aussi exposé. Faut-il ajouter que ces brillants gestionnaires n'ont jamais été avares de leurs bons conseils ? Et qu'il ne fallait pas les titiller longtemps pour qu'ils lâchent tout le mépris en lequel ils pouvaient tenir les " politiques " osant critiquer, ou pire si mésentente, dénoncer les " lois de l'économie " ? Comme on fait les meilleures soupes dans les vieilles marmites, Madoff avait touillé la sienne dans la soupière de Carlo Ponzi, qui date des années vingt. Un brouet mitonné par l' " effet boule de neige ". Un truc intenable à long terme, mais juteux dans l'immédiat, et qui gonfle une jolie bulle spéculative jusqu'à la faire éclater à la figure des investisseurs. investisseurs sur lesquels on ne versera pas une goutte de larme de crocodile : ces vautours se sont seulement trompés de charogne. Quant à Madoff, il a le mérite d'avoir révélé, après d'autres, mais mieux que d'autres, sur quoi se fonde tout le système financier actuel : l'illusion, la rapacité, l'appât du gain rapide pour soi, au prix de la ruine des autres.
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Une escroquerie à 50 milliards de dollars :