Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07064.jsonl.gz/798

KUNDERT Mathias, Der Sprachwechsel im Domleschg und am Heinzenberg/GR (19. und 20. Jahrhundert). La germanisation du Domleschg et du Heinzenberg/GR (XIXe et XXe siècles)
Au XIXe siècle, après une longue phase de stabilité, le territoire de la langue romanche dans le canton des Grisons recommence à reculer. Ce mémoire est consacré à une région où la germanisation s'est déroulée particulièrement vite. Selon les recensements fédéraux, les Romanches avaient perdu la majorité dans la plupart des villages du Heinzenberg en deuxième moitié du XIXe siècle. Du côté opposé de la même vallée (c.-à.-d. du Rhin postérieur), au Domleschg, ils constituaient encore au début du XXe siècle la majorité dans la plupart des communes. Cent ans plus tard, dans de nombreux villages de la région il ne reste plus aucun Romanche indigène. D'autre part, il existe des parties des Grisons comme la Haute-Engadine où le romanche possédait une base statistique aussi affaiblie à la fin du XIXe siècle qu'au Domleschg et au Heinzenberg, mais qui ont conservé jusqu'à nos jours un pourcentage beaucoup plus élevé de romanchophones. Dans une première partie, le présent travail retrace les étapes de la germanisation dans chaque commune, ce qui permet par la suite de déterminer les différentes causes du déclin de l'ancienne langue. En analysant les facteurs, il ressort qu'au XIXe siècle, la combinaison entre la proximité de régions germanophones, le manque de prestige de la langue vernaculaire et de nouveaux besoins et possibilités économiques a engendré une attitude négative auprès de la population du Domleschg et du Heinzenberg face à sa propre langue. Par conséquent, depuis l'introduction de la scolarité obligatoire en 1848, la tâche principale des écoles primaires dans la région a été l'enseignement de l'allemand; le romanche était abandonné dès lors que les élèves pouvaient suivre l'instruction en allemand. Pour cette raison, les Romanches ne pouvaient pas adapter leur langue aux besoins modernes comme c'était le cas dans des régions où le romanche constituait dès le début la langue d'enseignement incontestée du primaire (Engadine et Surselva). La compétence linguistique se limitait de plus en plus à des domaines traditionnels en recul; il s'ensuivit une perte de prestige encore plus marquée qui empêchait que les grands efforts de revitalisation linguistique des années 1930 à 1960 ne reçoivent le soutien indispensable de la population et des autorités locales.