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sa prière, Czarniecki se chargea de l'escorter. On était arrivé à Choynice; Czarniecki vient apprendre à la princesse, qui reposait encore, que, pendant la nuit, un partisan suédois était tombé sur un régiment de l'escorte, et qu'après l'avoir dispersée, il avait emmené un grand nombre de prisonniers : « Je dois, ajoute Czarniecki, » me venger et aller délivrer mes ca» marades; mais je scrais obligé de >> prendre avec moi presque toute >> votre escorte, et je vous laisserais » dans de grandes inquiétudes. Allez, dit la princesse, allez, brave » chevalier, ne pensez pas à moi; >> Dieu vous conduira et vous ramè» nera victorieux. » Czarniecki revint le même jour, chargé de dépouilles et avec un grand nombre de prisonniers. Cependant il dit à la reine qu'il ne parviendrait que très difficilement à la faire entrer à Dantzig; qu'il agirait plus utilement, s'il allait seul avec sa troupe, et s'il pénétrait dans la place, pour en sortir avec le roi, afin que le prince se montrât dans le royaume, pour réveiller, par sa présence, l'espoir de ses partisans. La reine ayant adopté cet avis, il la reconduit à Czenstochow, et paraît devant Dantzig. Se voyant trop faible pour tenter le passage de force, il prend subitement la fuite; il attire jusqu'à Plock, sur la rive droite de la Vistule, trois corps, que le général commandant le siége avait détachés contre lui; au moment où on le croyait cerné, on apprend qu'il est sur la rive gauche, et qu'il vient d'entrer à Dantzig, après un mouvement dont on ne concevait pas la rapidité. Il fut reçu dans la place avec des démonstrations extraordinaires de joie; le roi l'embrassa en présence de la garnison et des habitants, l'appelant le bérateur de la Pologue. Ayaut
trompé l'ennemi par une fausse attaque, Czarniecki sortit de la place, a la tête de trois mille chevaux, emmenant Casimir avec lui; il escorta ce prince jusqu'à Czenstochow, qui était alors, comme l'observent les historiens polonais, ce qu'avait été autrefois Orléans pour Charles VII. Le roi donna à Czarniecki le palatipat de la Russie Rouge, avec deux starosties. Profitant de l'épuisement où se trouvait la Pologne, le prince de Tran sylvanie venait de lui déclarer la guerre; Czarniecki marche contre lui, le rejette dans ses états, et le force d'accepter les conditions de paix qu'on lui prescrit: le traité fut signé le 25 juillet 1657. Charles - Gustave avait quitté la Pologne pour faire la guerre aux Danois; Czarniecki entre dans la Pomeranie, pénètre jusqu'à Stettin; il va au secours des Danois et chasse les Suédois de l'île d'Alsen. Les Russes ayant déclaré la guerre à la Pologne, il revient en Lithuanie, et contribue à la victoire sanglante que l'on remporte sur eux, le 27 juin 1660, à Polonka. Ayant été détaché contre les Cosaques, il se jeta de Polock sur Kiow, passa le Dnieper, et s'empara de plusieurs places que les Cosaques avaient sur ce fleuve. Le roi avait indiqué une diète extraordinaire; Czarniecki s'y rendit. Imitant les anciens Romains, il fit le 7 juin 1661 son entrée triomphante à Varsovie, a milieu des cris de joie et des accamations d'un peuple immense, qui s'était rassemblé pour jouir d'un spectacle si extraordinaire. Étant entré dans la salle de la diète, il présenta au roi, assis sur son trône, cent cinquante drapeaux pris à l'ennemi, et vingt-six prisonniers de distinction. Par ordre du roi, le chancelier de la couronne remercia Czarniecki. Le roi proposa à la diète de lui donner a
perpétuité le comté de Tykoczin, avec Bialistock et ses dépendances. Quelques voix s'élevèrent contre cette proposition. « Si vous pensez, dit le » prince avec émotion, que les services » que Czarniecki nous a rendus soient » au-dessous de la récompense que »je demande pour lui, mettez donc » aussi dans la balance tout ce qu'ont » fait les Jagellons, mes ancêtres, » et décidez. » Ces paroles réunirent toutes les voix. On montre encore à Bialistock le diplôme de donation conçu dans les termes les plus honorables. Après la dicte, Czarmecki retourna à l'armée, et il mourut où il avait vécu, c'est-à-dire, dans son camp, âgé de soixante-cinq ans, au milieu d'une campagne glorieuse qu'il faisait contre les Cosaques en 1664. Les historiens polonais le nommment le du Guesclin de leur nation. On trouvera des détails plus étendus sur sa vie dans le tome II de la Biographie que M.Thadée Mostowski a publiée en polonais, Varsovie, 1805.
G-Y.'
CZECHOWIZ (MARTIN), ministre sociuien de Wilna, ensuite pasteur à Cujavie, puis à Lublin, né en Pologne, d'autres disent en Lithuame, mort en 1608. C'était un homme fort savant, mais peu constant dans si doctrine, puisqu'après avoir combittu Fauste Socin qui voulait supprimer totalement le baptême, et avoir soutenu contre lui la nécessité de ce sacrement, mais seulement pour les adultes, il embrassa en 1570 les sentiments des docteurs de Racovie et de Socin lui-même. Son traité contre Socin est conservé dans le 2o.
volume de la Bibliotheca fratrum polonorum. Il a fait depuis nombre de traités de controverse, tels que, 1°. celui De predobaptistarum origine et de ea opinione qua infantes in
primo nativitatis eorum exortie baptizandos esse creditur, 1575, in-4°.; 2°. une traduction du grec en polonais du Nouveau Testament, Racovie, 1577, in-4°., et autres ouvrages dont on trouve la liste dans la Bibliotheca anti-trinitariorum, pag. 50 et suivantes. C. T-Y.
CZELES. Voy. CSELÈS.
CZVITTINGER (DAVID), né à Schemnitz, vers la fin du 17. siècle, d'une famille noble, mérite une place parmi les érudits précoces, quoique J. Klefeker n'en ait point parlé Czvittinger était encore étudiant à l'université d'Altorf en Franconic, et se trouvait même en prison pour dettes lorsqu'il publia son Specimen Hungariæ litterate, virorum eruditione clarorum, natione Hungarorum, Dalmatarum, Croatarum, Slavorum atque Transylvanorum vitas, scripta, elogia et censuras ordine alphabetico exhibens; accedit bibliotheca scriptorum quiextant de rebus hungarisis, Francfort et Leipzig (Altorf), 1711, in-4°.de 488 pages, dont quatre-vingts sont remplies par la Bibliotheca. Ön trouve à la suite un tableau de l'orthographe hongroise. Le style de Czvittinger est incorrect, et a, dit Reimann, quelque chose de la rudesse hongroise. Un grand nombre d'écrivains a été omis dans cet ouvrage, tandis que quelques autres y sont mentionnés pour n'avoir donné que quelque petite dis sertation. Cependant le médecin J. J. Bayer, alors recteur de l'université d'Altorf, adressa ces vers à l'auteur :
Sammarthane, tibi quantùm tua Gallia; quantùm,
quilibet hungarico,
Tantum, Cavittingere, tibi debere fatentur
M. Paul Wallaszky, dans son Cons
pectus reipublicæ litterariæ in Hungarid, seconde édition, Bude, 1808, in-8°., relève quelques fautes de Czvittinger. Jean-George Lippisch en corrige quelques erreurs et en répare quelques omissions dans son Thorunum Hungarorum litteris deditorum mater, léna, 1735, in-4°. Seb. Ferd. Dobner avait composé des Supplementa Hungariæ litteraria Czvittingeri, qui, quoique prêts dès 1714 à être mis sous presse, n'ont vu le pas
DAABOUL-KOSAI. Voy. DIBIL. DABCHÉLYM, ancien roi des Indes, contemporain d'Houchenk, roi de Perse, doit moins sa célébrité aux vertus qu'il pratiquait qu'au livre célèbre écrit sous son règne; ce sont les fables duphilosohpe Bydpaï ou Pylpaï. Celuici était vézyr de Dabchelym et composa ses apologues dans l'intention d'instruire le monarque, en prêtant aux animaux les passions et les actions des hommes. Sa postérité a associé les noms du ministre et du prince. Lorsque le célèbre Mahmoud Sébekteguy eut conquis les Indes, il voulut placer sur le trone un homme de la famille de Dabchélym, et orna de la couronne la tête d'un dervych qui vivait en odeur de sainteté dans un coin de la province et dont la descendance était reconnue. Mais Dabchélym, c'était le nom du dervych, avait les vertus d'un anachorète sans y joindre les qualités d'un monarque guerrier. Un de ses parents marcha contre lui et le battit. Mahmoud vint à son secours, prit le rebelle et le lui envoya. Dabchelym ne jouit point du fruit de cette victoire. Un jour qu'il était accablé
par
jour. On conserve en manuscrit dans
D
le sommeil, il s'endormit sous un arbre, après s'être enveloppé la tête d'un mouchoir rouge. Un oiseau
de proie, trompé par cette couleur, fondit sur lui, croyant fondre sur un morceau de chair, et lui creva les yeux. L'Indien superstitieux ne vit dans cet événement que la volonté divine qui ne jugeait point Dabche lym digne du trône. Ses sujets le dé posèrent donc et donnèrent le sceptre au rebelle que Mahmoud venait de J-s. vaincre. DACE (PETRUS DE DACIA, O MAITRE PIERRE DE), recteur de l' niversité de Paris en 1326, et depus chanoine à la cathedrale de Ribe, dans le Jutland. Les latinistes da moyen âge rendaient habituellement le nom de Denemark par Dacia. C surnom est resté commun à bean
coup de Danois qui ont rempli de postes importants dans l'universit de Paris; ou en cite, outre maitre Pierre, trois qui ont été recteurs gnifiques, savoir: Henningus er 1312, Johannes Nicolaï en 1348, Macarius Magni en 1565. Les Donois, surtout depuis qu'une princesse de leur nation eut épousé le roi de France Philippe-Auguste, fuaienta Paris, et se distinguaient princip ment dans l'étude de la theologie d du droit canonique. Comme S. Gi laume, abbe du monastère de Se
Geneviève, était mort en Danemark, où il devait rétablir la discipline des couvents, les étudiants danois demeuraient généralement dans ce couvent. Leur nombre s'éfant accru, un bâtiment particulier fut élevé pour leur usage en 1275, et conserva long-temps le nom de college de Dace. Le recteur, Pierre de Dace, montra beaucoup de fermeté en défendant les droits et priviléges de l'université contre les chanoines et d'autres hommes puissants; il excommunia même les ennemis de son corps, et obtint sur eux une victoire complète. Il a écrit divers ouvravrages d'astronomie, parmi lesquels un Comput ecclésiastique et un Traité du calendrier; le premier est imprimé en latin dans le 6". tome des Scriptores rerum danicarum; tous les deux existent en français dans un superbe manuscrit en parchemin de la bibliothèque royale de Copenhaguc. Selon Tritheine, maître Pierre de Dace se distinguait par son éloquence et sa connaissance de la lanque grecque, avantages assez rares dans son siècle.
M-B-N.
DACH (SIMON), poète allemand, naquit à Memel en 1605. Il se trouvait à Koenigsberg en 1638, lorsque Frédéric-Guillaume (le grand électeur) y vint; il remit des vers à ce prince, qui l'en récompensa en le nommant professeur de poésie à l'uversité de Koenigsberg. En prenant possession de sa chaire, il fit un discours dans lequel il défendit les trois propositions suivantes : « Les fables mythologiques des anciens » poètes ne sont point une fiction. » On peut donner à une tragédie un » dénoûment gai et joyeux. Ceux qui >> choisissent des sujet obscènes pour matières de leurs vers ne » méritent point le nom de poète. »
L'électeur le combla de bienfaits et lui donna entre autres la terre de Cuxheim, pour des vers que le poète lui avait présentés. Dach abrégea ses jours par l'excès de travail; il mourut d'une attaque d'hydropisie le 15 avril 1659, apres avoir été élu cinq fois doyen et une fois recteur de l'université de Koenigsberg. Les chants d'église qu'il a composés sont encore en usage aujourd'hui; dans quelquesuns on n'a fait que retoucher le style. Après sa mort, on publia à Koenigsberg, in-4°., un recueil de quelquesunes de ses odes, sous ce titre : la Rose, l'Aigle, le Lion et le Sceptre de l'électorat de Brandebourg. On voit à la bibliothèque de Rhediger à Breslau, une collection de ses ouvrages en 6 vol., manuscrits; plusieurs ont été imprimés séparément dans les journaux d'Allemage. G-Y.
DACH (JEAN), peintre, né à Cologne en 1566, fut élève de Barthelemi Spanger, voyagea en Italie, et à son retour passa par l'Allemagne. Ce fut l'époque de sa fortune. L'empereur Rodolphe II, grand ama teur des arts, conçut une telle estime pour ses talents, qu'il se l'attacha et le renvoya en Italie pour y dessiner les plus beaux restes de l'autiquité. Plusieurs de ses dessins sont en Angleterre ; les contours en sont fermes et élégants. Dach fit à son retour un grand nombre de beaux tableaux pour la cour de Vienue. Ce peintre mourut à Vienne fort âgé, dans l'opulence, et aussi estimé pour son caractère que pour ses talents. Ses Ouvrages sont peu connus en France, et le musée Napoléon n'en possède point. D-T.
DACHERY. Voy. ACHÉRY (D'). DACIER (ANDRE), garde des livres du cabinet du roi, membre de l'académie française, et de celle des
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inscriptions et belles-lettres, naquit à Castres le 6 avril 1651, et fit ses premières études au college de cette ville. Son père l'envoya à l'académie de Puylaurens, et bientôt après à celle de Saumur, pour y profiter des leçons du célèbre Tanneguy-Lefevre, qui l'associa aux études de sa fille, devenue depuis si justement célèbre sous le nom de Mme. Dacier (Voy. l'article suivant). Le jeune Dacier répondit parfaitement aux soins de cet excellent maître, et fit des progrès rapides dans les langues grecque et latine, et dans tout ce qui tient à la critique littéraire et philologique. Lefevre en fut si satisfait, qu'il le retint seul auprès de lui lorsqu'il congédia ses nombreux élèves. Un an après, la mort de cet homme célèbre obligea Dacier à retourner chez son père; mais le désir de connaître ceux qui jouissaient alors de quelque réputation dans les lettres, et l'espoir de s'y faire distinguer lui-même, l'amenerent bientôt à Paris. Tout le fruit de ce premier voyage fut de convaincre Dacier qu'il ne suffit pas toujours d'apporter dans cette capitale du zèle et des talents; qu'il faut encore y être servi par les circonstances, avantage qui lui manqua pour lors. Il ne se rebuta cependant point; et, plus heureux à un second voyage, il fut présenté au duc de Montausier, qui, charmé d'ajouter un savant de plus à la liste des interprètes dauphins, le chargea de travailler sur PomponiusFestus. C'était mettre son érudition à une épreuve delicate: peu d'auteurs, en effet, réclamaient aussi puissamment que celui-ci la sagacité d'un commentateur habile (Voy. FESTUS). Cet ouvrage, imprimé d'abord à Paris, en 1681, in-4°., le fut ensuite à Amsterdam, en 1699, in-4., et cette édition est la plus recherchée,
parce que l'on y a fait entrer les notes entières des éditeurs précédents, et de nouveaux fragments de Festus. Peu de temps après la pu blication de ce premier ouvrage, qui annonça Dacier d'une manière si avag tageuse, il épousa l'ancienne compagne de ses études, Mile. Lefevre, et cette alliance, si heureuse sous tous les rapports, puisque tous les genres de convenances s'y trouvaient réunis, ne fit que ranimer encore son zèle pour l'étude. Il donna successivement: 1. les OEuvres d'Horace, en latin en français, avec des remarques his toriques et critiques, Paris, 10 vol. in-12, 1681 - 1689 ( Voyez SaNADON). Il ne faut chercher dans cette traduction, ni la grâce, ni l'élégance d'Horace; mais il y a beaucoup à profiter dans les notes; et l'érudition que le commentateur y prodigue, dirigée avec plus de gout et de sagesse, peut conduire à des résultats précieux pour l'intelligence de l'auteur. II. Réflexions morales de l'empereur Marc-Antonin, avec des remarques et la vie de ce prince, 2 vol. in-12, Paris, 1690; III. h Poétique d'Aristote, traduite en français avec des remarques sur tout l'ouvrage, 1 vol. in - 4°. et in - 12, Paris, 1692. Quelques savants ont regardé cette traduction comme le chef-d'œuvre de Dacier; du moins n'a-t-elle pas été surpassée par de l'abbé Batteux, et la préface surtout est excellente. IV. L'OEdipe et l'Électre de Sophocle, avec des remarques, 1 vol. in-12, Paris, 1693. L'objet principal de cette traduction était de confirmer, par des exemples, la justesse des principes et l'utilité des règles exposées dans la Poétique. V. Vies des hommes illustres de Plu tarque, traduites en français avec des remarques, tome I, Paris, 1694 in
celle