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La bulle touche 30% du marché immobilier mais le secteur des technologies est en deuxième place au rang mondial après celui de la Corée du Sud.
Les gros titres sur les prix élevés de l'immobilier dans les principales villes (1ère et 2ème catégorie) et l'offre excédentaire dans les villes de taille moins importante (3ème et 4ème catégorie) inquiètent certains investisseurs. Néanmoins, le secteur immobilier étant par nature très diversifié, le risque de bulle est limité.
À l'échelle nationale, le ratio prix/revenu (price-to-income) est passé de 10 en 2001 à 7,4 en 2016. S'il s'agit là d'une nette amélioration, 30% du marché du pays (en particulier les villes de première et de deuxième catégorie) fait toutefois l'objet d'une bulle avec des ratios prix/revenu de plus de 10. Le pourcentage restant présente une situation saine s’il on se fie à cet indicateur. Si l'on examine le marché dans son ensemble, on observe que l'endettement est en hausse depuis 2011 et qu'il doit être surveillé de près car il ne cesse d'augmenter. Les Chinois sont par exemple autorisés à utiliser le montant épargné dans les caisses de prévoyance (plans d'épargne-retraite gérés par l'État) comme garantie pour pouvoir emprunter plus. Si l'on ajoute cet effet de levier aux emprunts inclus dans le ratio prêt/valeur (loan to value), celui-ci s'élève alors à 45%, un niveau que nous estimons être dangereux.
Les stocks sont en baisse depuis 2015. Pour les villes de première et de deuxième catégorie, ce n'est pas forcément une bonne nouvelle, les prix ayant déjà tellement augmenté. Étant donné qu'il est difficile d'accroître l'offre dans ces villes, la principale mesure pour contenir les prix de l'immobilier consiste à restreindre les achats de logements. En ce qui concerne les villes de troisième et quatrième catégorie, une réduction des stocks est nécessaire pour équilibrer le marché et améliorer la rentabilité des promoteurs. La tendance actuelle est donc à priori favorable au secteur.
La demande reste forte, soutenue par l'urbanisation et un phénomène important et pourtant sous-estimé: la réduction de la taille moyenne des ménages. Les mariages tardifs, les divorces plus fréquents et le vieillissement ont contribué à réduire la taille des foyers. Ceci associé à la demande de substitution favorise le maintien du niveau de ventes de logements neufs. En termes de superficie, la demande qui équivaut à environ 1 milliard de m2 par an, devrait se stabiliser au cours des dix prochaines années.
Le secteur Internet connaît en Chine une croissance exponentielle. Les activités liées à Internet représentent 6,9% du produit intérieur brut (PIB) du pays, soit la deuxième place au rang mondial après la Corée du Sud. Des segments naissants, tels que l'intelligence artificielle (IA), la publicité via les réseaux sociaux et les fintechs, ont affiché une croissance de 50 à plus de 100% sur les trois dernières années. Ces segments donneront lieu à des pratiques qui deviendront courantes et seront des moteurs de croissance à long terme pour le secteur Internet au cours de la prochaine décennie.
Actuellement, environ 52% de la population chinoise utilise internet, un pourcentage qui pourrait bien atteindre près de 100% d'ici 2025. La croissance viendra principalement de la Chine rurale, où l'utilisation d'internet est encore relativement faible. Cela signifie toutefois que l'utilisation future de cette technologie aura une valeur monétaire moins importante puisque le revenu disponible par habitant ne représente en zone rurale qu'un tiers du revenu moyen en zone urbaine. Quoi qu'il en soit, le secteur internet chinois représente une valeur de 390 milliards de renminbis (60 milliards de dollars), et son taux de croissance annuel composé (TCAC) est à un niveau spectaculaire de 30%.
La transition de l'économie chinoise vers un modèle de croissance plus axé sur la consommation et les services constitue un puissant facteur de soutien structurel. La Chine est en effet une société où les consommateurs privilégient de plus en plus la consommation en ligne et où le revenu disponible par habitant est en hausse dans l'ensemble du pays. La Chine est encore loin de gagner autant d'argent que les États-Unis grâce à Internet, ce qui signifie qu'un énorme potentiel subsiste.
Dans ce contexte, le commerce en ligne est un segment attractif. Les acheteurs en ligne ne représentent actuellement que 32% de la population et le commerce de détail sur Internet compte environ pour 12% du secteur du commerce de détail. Les ventes en ligne du commerce de détail s'élèvent à 4000 milliards de renminbis et le taux de croissance du TCAC est d'environ 22%. Ceci est favorisé à la fois par une forte croissance de la consommation, largement supérieure à la croissance économique dans son ensemble, et par un nombre d'utilisateurs en expansion. Des opportunités sont présentes dans les segments de l'électroménager, ainsi que dans les aliments et boissons, étant donné qu'il n'y a pour l'instant que peu de gens qui achètent ces produits via Internet.
La publicité en ligne présente également de formidables perspectives de croissance. Les dépenses en publicité ne représentent encore que 0,4% du PIB contre 0,7 à 0,9% dans les pays développés. L'économie étant de plus en plus axée sur le marché, ces dépenses devraient atteindre un TCAC de 25%.
Les sociétés qui occupent des positions de leaders, à l'image de Baidu, Alibaba et Tencent, ont une place dominante sur de nombreux secteurs Internet chinois. Elles se développent rapidement en créant des réseaux entiers de services connexes qui les rendent pratiquement indispensables au quotidien. C'est par exemple le cas de l'application WeChat de Tencent, qui permet aux utilisateurs de prendre des rendez-vous chez le médecin, de commander les produits alimentaires, de payer les factures et bien plus encore.