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[MOOC: Innovations, Médias et Transformation digitale] Dans le cadre d’un cours au sein du master de Médi@LAB de l’Université de Genève, notre intérêt se porte dans cet article sur les prémices de la radio. C’est au physicien italien Guglielmo Marconi que l’on doit son invention. Cette transmission radiophonique se fait par le biais d’ondes électromagnétiques basées sur des signaux. Alors que la première transmission de l’histoire se fait en Suisse en 1895, ce nouveau système sera en plein essor dans le domaine maritime les années suivantes. A ce stade, cette communication connaît toutefois ses limites, dont le Titanic paiera les frais.
Guglielmo Marconi poursuit en 1895 les recherches sur la radio entamées par Heinrich Rudolf Herz sept ans plus tôt. Grâce à la première transmission radio transatlantique émise depuis le sud de l’Angleterre, il reçoit le prix Nobel en 1909. En 1913, il développe sa propre société et équipe plus de 435 navires et 30 stations de son système de communication. Le Titanic fait partie des navires équipés du système de télégraphie sans fil fabriqué par la Société Marconi. L’émetteur radio du fameux paquebot avait une portée de 400 kilomètres en mer, dans n’importe quelles conditions météorologiques, ce qui était pour l’époque un système moderne et performant. Lors de la traversée, les passagers à bord du Titanic pouvaient communiquer avec des récepteurs à terre, utilisant ainsi, avec l’aide des opérateurs radiotélégraphistes, ce système radio de communication comme une messagerie personnelle.
Un appel SOS brouillé
La Convention Radiotélégraphique Internationale définit à Berlin, en 1906, le code d’alerte SOS universel en Morse dans une optique de coordonner les usages de ces nouvelles technologies. C’est le Titanic qui, en 1912, utilise pour la première fois le code SOS du système de radio Marconi pour alerter de la situation. Pendant plusieurs heures, les télégraphistes à bord du paquebot lancent des appels au secours en morse, puis en SOS, permettant de sauver une partie des passagers. Cependant, tout ne se déroule pas comme imaginé : les messages radios des passagers se mêlent à ceux émis par les postes de transmission des bateaux en mer. Le message d’alerte prévenant du danger d’un iceberg se noie dans le flux de communication, et ne se transmet pas à la passerelle du fameux paquebot. Seulement 700 personnes sont sauvées lors de la catastrophe…
La tragédie vue par les journaux
Rapidement, les messages de détresse envoyés depuis le navire atteignent les stations de radiotélégraphie à terre. Cela dit, certaines informations se perdent, se déforment ou se mélangent, laissant place à la spéculation dans les titres des principaux journaux du monde. Le 15 avril 1912, on peut lire par exemple dans The Seattle Star « Le Titanic coule, les passagers sauvés », ou dans The Evening Sun « Tous les passagers sont sauvés, transférés dans des bateaux de sauvetage », et même scénario dans le Binghamton Press qui affirme que « Le Titanic frappe un Iceberg, 1470 personnes sauvées ». Nombre de journaux reproduisent ces dépêchent persuadés que rien de grave ne peut arriver au fabuleux paquebot. Seul le rédacteur en chef du New York Times garde son sang froid et annonce le 15 avril de simples faits. C’est le lendemain qu’il mesure l’ampleur de la catastrophe et se distingue des autres journaux en titrant « Probablement 1200 passagers périssent à bord du Titanic ». Les jours qui suivent, le suivi de l’événement est assuré et la presse du monde entier reprend les mots du New York Times. A cette époque déjà les journalistes font face au dilemme entre la rapidité à divulguer une information et à la véracité de celle-ci.
Visionnez la vidéo pour obtenir plus d’informations concernant la radio à bord du Titanic, et ce que cette tragédie à mis en lumière: