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01/06/2009
Common genetic variants on 5p14.1 associate with autism spectrum disorders
Le Prof. Hakon Hakonarson et une équipe de plusieurs dizaines de chercheurs présentent ici une étude génétique portant sur plus de 10′000 sujets, et donc très solide statistiquement. Les chercheurs ont utilisé une technique dite « de micropuces à ADN » qui permet de détecter des mutations ponctuelles (appelées dans le jargon scientifique des « SNP »). Leur découverte tient de la technologie employée mais aussi du nombre très important de personnes analysées. Les résultats obtenus ont identifié une nouvelle région sur le chromosome n°5. Cette région porte diverses mutations ponctuelles, donc pas de délétions de gènes, ou de réarrangements de gènes (comme décrit par exemple dans l’article de Lintas et Persico). Trouver une mutation ponctuelle est très difficile, car il s’agit de la modification d’une base sur 3.2 milliards… Jusqu’à présent, les causes génétiques liées à des troubles autistiques étaient ces « fameuses » délétions ou recombinaisons de gènes, et en général de telles anomalies sont associées avec d’autres troubles physiques ou mentaux importants. Les cas de TED « seuls » étaient jusqu’à cet article un mystère génétique très difficile à percer.
Quels sont donc plus précisément ces résultats ?
Les chercheurs ont eu pour but de trouver un SNP prédominant chez les personnes atteintes de troubles autistiques. Ils ont détecté non pas un SNP, mais six SNP qui, curieusement, se situent tous très proches dans une même région. Chaque sujet a un SNP et non pas les six en même temps.
Cette région correspond-elle à un gène ?
Non. En revanche il s’agit d’une région située entre deux gènes, mais dont la fonction est jusqu’à présent inconnue. Ces régions dites « intergéniques » sont souvent impliquées dans la régulation des gènes, mais elles ne sont pas encore faciles à décrypter.
Quels sont ces deux gènes ?
Les gènes CDH10 et CDH9, pour « cadhérine 10 » et cadhérine 9 », des protéines impliquées dans l’adhésion cellulaire… et pour CDH10, une protéine fortement exprimée dans le cerveau lors du développement du foetus (vers la 19ème et 20ème semaine). En conséquence un problème de régulation à ce moment-là risque de provoquer une perturbation dans le développement du cerveau.
Quelle proportion de personnes TED pourrait avoir une variation «TED-spécifique » dans cette région?
D’après plusieurs interviews d’Hakon Hakonarson, le taux pourrait atteindre 15%, ce qui est énorme (jusqu’à présent, seuls 10% des cas de TED étaient associés à une anomalie génétique). Cet article décrit six SNP, mais il pourrait y en avoir d’autres (dans cette région) moins fréquents et donc pas détectés (pour les trouver, il aurait fallu encore plus de 10′000 sujets !).
Cet article confirme en conclusion qu’il n’existe pas de « gène de l’autisme », ni de « mutation de l’autisme ». Il démontre encore une fois la complexité de la cause génétique de l’autisme. En parlant de SNP (ou variation génétique) et non pas de mutation, Hakon Hakonarson suggère que la différence entre une personne « contrôle » et une personne « TED » est extrêmement petite au niveau génétique, et en fait est une simple « variation » : nous sommes finalement tous différents au niveau génétique, et cette différence est déterminée par une « collection » de millions de SNP uniques à chacun d’entre nous.
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Merci à Filippo qui approfondi la question traitée en mai dernier
et qui nous livre ici un résumé en français des dernières recherches dans ce domaine ... en pleine expansion...
Disponible aussi sur notre site: http://www.autisme-ge.ch/?page_id=243