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L'ostéoporose n'est
pas une maladie, mais un processus naturel qui entraîne à la
longue une perte graduelle de masse osseuse. Comme son nom
le suggère, l’ostéoporose rend les os de plus en plus poreux
et fragiles. Liée le plus souvent à l'âge, mais aussi
précipitée par une foule de facteurs, cette détérioration
des os augmente le risque de fractures. Les os les plus
susceptibles de se fracturer sont ceux de la hanche, des
vertèbres et des poignets. Mentionnons qu'il est
parfaitement possible de vivre, sans aucune douleur et sans
aucune limitation, quand on fait de l'ostéoporose.
Chez les femmes, le
risque de présenter une fracture en raison d’une ossature
fragilisée par l’ostéoporose est de 40 %, tandis qu’il est
de 13 % chez les hommes. En effet, beaucoup plus de femmes
que d'hommes sont touchées par l’ostéoporose; pour des
raisons hormonales, mais aussi parce que les hommes
possèdent une plus grosse ossature. Chez les plus de 50 ans,
l’ostéoporose affecte environ une femme sur quatre, et un
homme sur huit. Elle peut néanmoins survenir à tout âge.
Diagnostic
Pour poser un
diagnostic, le médecin évalue d’abord l’ensemble des
facteurs de risque comme les antécédents familiaux, les
autres maladies, l’âge de la ménopause, les habitudes de
vie, etc. Si nécessaire, il propose aussi un test de
densitométrie osseuse. Ce test permet de connaître le
contenu minéral des os, ce qu’on appelle la densité
minérale osseuse (DMO). Cependant, il ne permet pas de
voir l’architecture des os. Il existe plusieurs techniques
pour mesurer la DMO. La plus couramment utilisée est l’absorptiométrie
biphotonique par rayons X. Le résultat de ce test s’appelle
le score T. Il se base sur une comparaison avec la DMO
moyenne de jeunes adultes de même sexe et de même ethnie.
Les résultats se classent comme suit :
- Densité osseuse
normale : un score T égal ou plus grand que -1,0.
- Ostéopénie
(léger déficit de masse osseuse) : un score T compris
entre -1,0 et -2,5.
- Ostéoporose :
un score T égal ou plus petit que -2,5.
Cette classification
concerne essentiellement les femmes ménopausées
caucasiennes. Ces valeurs sont moins fiables chez les hommes
et les personnes d’autres ethnies.
Notons que le test
de densité minérale osseuse est utile dans une démarche
globale d’évaluation du risque de fracture. Il ne devrait
pas être utilisé comme seul outil diagnostic puisqu’il ne
prédit que faiblement le risque de fracture, à lui seul49.
Causes
Les cellules
osseuses sont en perpétuel renouvellement. Dans les os, il y
a constamment construction de nouveaux tissus et destruction
des vieux tissus (« remodelage »). Jusqu’à l’âge de 30 ans
environ, la construction l’emporte sur la destruction,
permettant ainsi la croissance et la consolidation de la
masse osseuse. Par la suite, cette masse se maintient
généralement jusqu’à l’âge de 40 ans, où elle tend alors à
décliner de 1 % à 2 % par année.
Chez les
femmes, la perte de masse osseuse s’intensifie avec
l’arrivée de la
périménopause, en raison du déclin
de la production d’œstrogènes.
Cette phase de perte osseuse accélérée dure jusqu’à environ
cinq ans après la ménopause.
Chez les hommes, la
perte est plus graduelle. À compter de 70 ans, leur risque
d'ostéoporose augmente considérablement, et ils sont plus
susceptibles d'avoir des fractures, surtout s'ils ne font
pas d'exercice et qu'ils n'absorbent pas assez de calcium
par leur alimentation.
Le graphique suivant
donne une idée de l’évolution de la masse osseuse avec
l’âge. Il s’agit d’une courbe moyenne. Ainsi, pour un
individu en particulier, la courbe pourra être différente
puisque celle-ci change en fonction du mode de vie, de
l’hérédité, etc. Pour connaître les facteurs qui contribuent
à l’apparition de l’ostéoporose, voir les sections Personnes
à risque et Facteurs de risque.
Évolution
En tentant de
limiter ou de prévenir l’ostéoporose, on souhaite
essentiellement éviter les conséquences d’une fracture
osseuse : douleurs, perte d’autonomie et de qualité de vie
(en cas de fracture de la hanche surtout), etc.
Lorsque
l'ostéoporose est diagnostiquée et traitée, surtout si elle
reste bénigne ou asymptomatique, le pronostic est excellent.
Même dans les cas graves, au bout de quelques années, son
traitement permet de stabiliser ou d'améliorer l'état des os
au point de réduire de 50 % le risque de subir une fracture.
Par ailleurs, si
l'ostéoporose découle de l'usage prolongé d'un médicament
(thérapie aux corticostéroïdes, etc.), elle est réversible
quand on élimine rapidement la cause.
Symptômes
- Au début,
l'ostéoporose n'engendre généralement aucun symptôme,
d'où ses surnoms de « voleur silencieux » ou de « mal
silencieux ».
- Un des premiers
symptômes pourrait être une réduction de la grandeur
(jusqu'à 10 cm) liée à une courbature du dos causée par
un affaissement des vertèbres. À la longue, cela peut
mener à une véritable difformité vertébrale associée à
l'expression « bosse de sorcière ».
- L'affaissement
des vertèbres cause parfois d'intenses douleurs au dos.
- Lorsque
l'ostéoporose est avancée : fracture des poignets, des
hanches, des vertèbres ou d'autres os. D'ailleurs, la
perte osseuse n'est souvent constatée qu'à la suite
d'une fracture survenue au cours d'une chute.
Personnes à
risque
- Les femmes de
plus de 50 ans.
- Les hommes de
plus de 70 ans.
- Les personnes
ayant des antécédents familiaux de fracture causée par
l’ostéoporose (père, mère, frère, soeur).
- Les femmes
ayant eu une ménopause précoce (avant l'âge de 45 ans)
de cause naturelle.
- Les femmes
ayant une fine ossature.
- Les femmes
caucasiennes.
- Les personnes
atteintes de certaines maladies, dont la cirrhose du
foie, la maladie de Crohn, une maladie chronique des
poumons et l’arthrite rhumatoïde.
Facteurs de
risque
Flotter en état
d'apesanteur dans l'espace durant une longue période est une
des manières les plus sûres de provoquer de l'ostéoporose,
mais peu d'entre nous connaîtront cette expérience. Les
facteurs de risque suivants sont beaucoup plus courants. Ils
contribuent à l’apparition ou à l’accélération de
l’ostéoporose.
- Le manque
d'exercice physique.
- Avoir déjà eu
une fracture osseuse.
- Une perte de
poids importante.
- Un déséquilibre
hormonal prolongé : hyperparathyroïdie primaire,
hyperthyroïdie (dans ce cas, le risque serait mineur),
hypogonadisme.
- Une ménopause
précoce (avant l'âge de 45 ans), pouvant résulter de
l'ablation des ovaires.
- Des
menstruations irrégulières, avec des périodes
d'aménorrhée.
- L’usage
prolongé ou à fortes doses de certains médicaments peut
causer des carences en calcium. Parmi les plus cités :
- les hormones thyroïdiennes en doses trop élevées;
- les anticonvulsivants;
- les corticostéroïdes (cortisone, etc.);
- les diurétiques;
- les médicaments contre l'asthme, l'arthrite rhumatoïde
ou le psoriasis.
N.B. Les corticostéroïdes sont les médicaments les
plus fréquemment associés à l'ostéoporose.
- Une
alimentation pauvre en calcium.
- Un manque de
vitamine D causé par une exposition limitée à la lumière
du soleil ou par une alimentation pauvre en vitamine D
(les carences alimentaires sont rares; voir la fiche
Vitamine D). La vitamine D est essentielle au
métabolisme du calcium.
- La consommation
abondante de caféine (l’équivalent de plus de quatre
tasses de café par jour).
- L’alcoolisme.
- La consommation
excessive de boissons gazeuses contenant des phosphates1
(facteur de risque à l'étude). Certains croient que cela
serait attribuable au fait que ces boissons remplacent