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Logements et activités au chemin de la Marbrerie à Genève, (GE)
Ce projet constitue une des premières étapes du développement de la zone Praille_Accacias_Vernet (PAV). A l'origine zone industrielle, ce plateau situé à côté de Carrouge s'est développé en zone mixte accueillant des activités tertiaires et du logement. Il fait l'objet d'un vaste plan de requalification et de densification. Ainsi le programme demande que les deux parcelles concernées accueillent 70% de logements et 30% d'activités se déclinant autant en surfaces de bureaux, qu'en espaces commerciaux ou d'industrie légère et vise à atteindre une densité de 3.7. Il est également demandé que le projet puisse être réalisé en deux étapes en commençant par la parcelle sud.
Implantation et volumétrie
Le projet propose trois groupes de bâtiments implantés sur les deux parcelles. Chaque pièce urbaine fonctionne comme une entité. Ensemble, elles génèrent et s'organisent autour d'une succession d'espaces ouverts et publics. Cette organisation permet de maintenir une fluidité des parcours à travers le site et d'offrir une distinction entre les accès aux logements (qui se font depuis des cours) et aux commerces et aux bureaux (qui se font depuis des places).
Selon le phasage proposé, les deux premiers groupes peuvent être rééalisés dans la première étape. Ils sont composés d'un corps bas (R+4) et d'un corps émergeant (R+11 à R+16). Ces deux premières pièces urbaines s'organisent autour d'une cour. Pour l'ensemble B, cette cour est plantée et pour l'ensemble A, elle se situe au premier étage. Dans les deux cas, elles distribuent les entrées des logements et offrent un espace extérieur calme, privatif et jouissant d'une bonne orientation à disposition des habitants. Ainsi les logements des premiers étages donnent sur ces cours et ceux situés dans les étages émergents s'ouvrent sur le plateau de la Praille et sur les parcs lancéens. L'ensemble C est composé d'un socle et d'une tour. Il se place en retrait du chemin de la Marbrerie générant une petite place publique. Cette pièce urbaine plus élancée offre un point de repère pour ce quartier qui se développe, mais sa position et son rapport avec les autres volumes émergents pondèrent l'emphase donnée par sa hauteur.
Le projet s'intègre dans l'image directrice en proposant des volumes gérant une transition entre la dimension des barres de logement situées le long de la route de Saint Julien et les grandes tours qui pourraient prendre place sur les parcelles voisines. Les volumes sur cour génèrent l'échelle domestique à la dimension du quartier.
Programme
Les rez-de-chaussée des ensembles A et C sont occupés par des commerces ou des bureaux dont les accès se trouvent principalement sur la place et sur le chemin de la Marbrerie. Pour les ensembles A et B, les logements des étages inférieurs sʼouvrent sur la cour et ceux des étages supérieurs trouvent des vues sur le grand paysage. Pour lʼensemble C, outre le rez-de-chaussée commercial du socle, les premiers niveaux sont principalement affectés aux bureaux pour offrir aux logements les étages supérieurs jouissant dʼun meilleur dégagement. Le rez-de-chaussée des ensembles A et C offrent de grandes surfaces commerciales avec des accès séparés pour des véhicules de services. Ces grandes halles peuvent être affectées autant à des magasins (dʼalimentation par exemple) quʼà des activités artisanales ou tertiaires telles quʼil en existe sur le site. Cette polyvalence permet dʼamorcer la mutation du quartier Grosselin en transformant ou en relocalisant ses activités.
Typologie
Les typologies proposées pour les logements suivent deux principes :
- Pour les petits logements (2 à 3 pièces), le type « en alvéoles » : un grand hall distribue des pièces égales offrant une liberté dʼaménagement des pièces de jour et des chambres.
- Pour les grands logements (4 à 6 pièces), le type « espace de jour étiré » : les chambres sont organisées autour dʼun espace de jour traversant.
Structure et matérialité
La structure est composée de noyaux de services servant de contreventement et de porteurs en périphérie. Des voiles porteurs complètent le contreventement et assurent la stabilité parasismique.
Les façades sont composées dʼune trame régulière en brique unifiant les volumes. Dans un second plan, des remplissages en brique gèrent le degré dʼouverture des pièces, la taille des ouvertures pouvant s'adapter au programme. Au rez-de-chaussée,la trame sʼallonge pour devenir des portiques ouverts sur les petites places publiques. Des passages couverts accompagnent les cheminements entre les places. Des vitrines, des bureaux ou des terrasses peuvent occuper ces portiques.
Flexibilité
Le type structurel et lʼorganisation de la façade offrent une grande flexibilité dʼutilisation des étages tant au niveau de la répartition programmatique entre les surfaces de logement et dʼactivités que dans lʼorganisation des logements eux-mêmes. Ainsi, certains appartements offrent une pièce valente pouvant être adjointe à un appartement adjascent pour l'agrandir. Cette valence permet également de créer des espaces dʼactivité liés au logement (télétravail, activité à temps partiel, …) Cette flexibilité permet dʼenvisager une répartition plus libre des activités dans les étages des ensembles A, B et C.
Environnement
Le projet se situe dans le contexte industrialo-urbain du PAV fortement marqué par le passé et les activités liées à lʼinfrastructure ferroviaire. Avec la tour Bellon, et le quartier de Sovalp, ce périmètre imprimera le début dʼune transition urbaine dont les objectifs environnementaux sont essentiels tant pour sa visibilité que pour sa viabilité à long terme. Les enjeux environnementaux portent en particulier sur la végétalisation des espaces, la gestion de lʼeau pluviale et la gestion énergétique.
La végétalisation des espaces et le maintien de surfaces en pleine terre supportent plusieurs fonctions associées : lʼaménagement de lʼespace et lʼagrément, la gestion de lʼeau, la régulation micro-climatique (température, humidité, qualité de lʼair), et la fonction de maillon vert pour la faune et la flore rudérale. Le projet propose un discours clair et distinct en fonction de chaque enjeu tout en travaillant à définir une solution intégrée pour le site. Marquant la continuité avec le petit bois de lʼautre côté de la Route de Saint-Julien, des grands arbres sont disposés en pleine terre dans la cour du bâtiment B et en bordure Sud-Est du site. Les surfaces de pleine terre et les toitures vertes sont aussi le lieu de la rétention.
Sʼinscrivant dans un contexte urbain très contraint, le projet propose aussi de végétaliser certains murs de cour en les humidifiant pour favoriser un écosystème rudéral (mousses, lichens, insectes). Les toitures végétalisées et les murs humides contribuent à améliorer la qualité de lʼair en retenant les particules fines et lʼévapotranspiration de végétaux contribue à améliorer le micro-climat local en réduisant les écarts de température en été et en augmentant lʼhumidité de lʼair.
La gestion de lʼeau pluviale est contrainte par la nature du sous-sol qui nʼest pas favorable à lʼinfiltration et par la sensibilité des milieux récepteurs (Drize et Aïre) qui ne peuvent accepter de gros débits de pointe. Des infrastructures de rétention sont à prévoir en coordination avec le concept global de gestion de lʼeau pluviale du PAV. Cependant, le projet propose de maximiser la rétention décentralisée, cʼest-à-dire en toiture et dans les zones de pleine terre, pour favoriser lʼévaporation naturelle et réduire voir supprimer le besoin dʼune infrastructure centralisée (structure poreuse ou bassin en sous-sol) qui seraient plus onéreux et gourmand en place.
La gestion de lʼénergie repose sur la recherche de solutions « low tech » qui visent en premier lieu à minimiser les besoins des bâtiments. La disposition des bâtiments et leur orientation favorisent les gains solaires passifs. La climatisation des bureaux en été se fait au maximum sans climatisation électrique par compresseur en jouant avec lʼinertie thermique de la structure porteuse en béton et un système de ventilation nocturne. Si possible, la géothermie est à privilégier sur ce site pour le froid comme pour le chaud. Le projet propose dʼactiver les fondations (probablement sur micropieux) et de profiter ainsi de la bonne conductivité du sous-sol due à la présence dʼeau. La performance énergétique visée (HPE) est atteinte en privilégiant la qualité de lʼenveloppe (vitrage, isolant bien placé, traitement particulier des ponts thermiques dʼacrotère et de pieds de façade) plutôt que sur des technologies onéreuses à lʼentretien (façade intelligente, double-flux,automatisation superflue).