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Je crois qu’avant d’entrer dans le vif du sujet, il est intéressant de répondre à cette première question :
Plan de l'article
Qu’est-ce que la psychanalyse ?
En gros, on peut dire que la psychanalyse recouvre un ensemble de théories qui tentent d’expliquer le fonctionnement de l’être humain. Elle ne s’intéresse donc pas vraiment à résoudre une difficulté ou à supprimer un symptôme mais cherche à comprendre pourquoi un individu «fonctionne» de cette manière et comment ce fonctionnement s’est mis en place. C’est la raison pour laquelle on parle de remise en question profonde de la personne dans la psychanalyse.
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En général, après quelques entretiens préliminaires avec l’analyste, les séances se déroulent en position semi-couchée, dans le fameux «divan», au rythme de deux séances d’environ une demi-heure, par semaine. L’analysé est invité à dire tout ce qui lui passe par la tête car la parole et le langage sont les moyens d’accès privilégiés à l’inconscient, ils sont au centre de la cure analytique.
Comment est-elle née?
Son origine remonte au tout début du XXème siècle lors de la parution du livre de Freud intitulé «L’interprétation des rêves ». Il y décrit les notions de Conscient, d’Inconscient et de Préconscient, c’est sa première théorie de l’appareil psychique.
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Médecin de formation, Sigmund Freud (1856-1939) a d’abord travaillé avec des patientes hystériques en testant les méthodes de l’hypnose et de la catharsis. Au fur et à mesure de ses recherches et des ses échanges avec Breuer, Charcot, … il renonce à les utiliser telles quelles et élabore la psycho-analyse qui deviendra ensuite la psychanalyse. D’autres théories suivront car, toute sa vie, Freud continuera à améliorer et à développer sa méthode.
Mal acceptées à leur publication, ses recherches vont ensuite être continuées, réinterprétées, modifiées, argumentées, enrichies, … par de nombreux autres psychanalystes à travers le monde comme, par exemple, Lacan, Dolto, Klein, Winnicott, … Ce foisonnement, encore à l’oeuvre aujourd’hui, conduira à des scissions entre analystes et à la création de différentes écoles de pensée en psychanalyse.
Les principaux concepts de la psychanalyse
La psychanalyse propose un vaste corpus de concepts et de disciplines, parmi lesquels on peut citer les plus importants. Tout d’abord, la théorie du développement psychosexuel : selon Freud, le développement humain se fait en plusieurs étapes appelées stades libidinaux. À chaque étape correspond une pulsion sexuelle dominante qui va influencer les comportements de l’enfant. Ces stades sont au nombre de cinq : oral, anal, phallique, latent et génital.
Un autre concept fondamental est celui du complexe d’Œdipe. Selon cette théorie freudienne très controversée, tous les enfants ressentent inévitablement des désirs amoureux pour leur parent du sexe opposé pendant leur enfance. Ce complexe a été nommé ainsi en référence à la tragédie grecque Œdipe roi où le personnage principal tue son père et épouse sa mère sans savoir qu’il s’agit de ses parents biologiques.
Le symptôme est aussi un pilier important dans la psychanalyse. Pour Freud, il représente une expression inconsciente de conflits internes. Le but ultime est alors d’amener le patient vers une prise de conscience afin qu’il puisse changer sa relation avec ce qui lui pose problème.
En outre, l’inconscient constitue aussi un axe central dans la pensée freudienne : il s’agit d’une partie cachée (mais pas inaccessible) du fonctionnement psychique constituée notamment par tout ce que nous avons refoulé car jugé inacceptable ou insupportable, i.e. nos pulsions sexuelles infantiles réprimées et nos traumatismes cachés au tréfonds de notre âme.
Dans les années 1950 et 1960, la psychanalyse a été fortement remise en question par certains courants de pensée tels que le behaviorisme ou encore l’existentialisme. Dans les années 1980-1990, des critiques ont émergé concernant l’éthique et la validité scientifique de cette méthode thérapeutique. Malgré cela, la psychanalyse continue d’être pratiquée aujourd’hui par un grand nombre de psychothérapeutes à travers le monde.
Les différentes écoles de pensée en psychanalyse
Au fil des années, la psychanalyse a donné lieu à de nombreuses écoles de pensée. Les principales sont les suivantes :
• La psychanalyse classique, qui se réfère aux écrits originaux de Freud et à sa vision du fonctionnement psychique humain.
• La psychologie analytique ou jungienne, fondée par Carl Gustav Jung, qui prône une approche plus spirituelle et symbolique que celle de Freud. Selon cette théorie, l’individu doit réaliser un processus d’individuation pour atteindre son plein potentiel en intégrant tous les aspects de son moi (y compris ceux considérés comme sombres ou négatifs).
• La psychothérapie relationnelle ou intersubjective, initiée par Harry Stack Sullivan et développée ensuite par Stephen Mitchell, insiste sur le fait que le patient n’est pas seulement un objet passif mais qu’il peut être acteur dans sa propre guérison.
• Les théories objectales ou relations d’objet sont basées sur les travaux notamment des britanniques Melanie Klein ainsi que Donald Winnicott : elles s’intéressent aux expériences affectives précoces survenues avec les premiers objets « aimants » de l’enfant et comment ces expériences influencent notre vie adulte future.
D’autres courants ont aussi vu le jour depuis la création de la psychanalyse : on peut citer entre autres la néopsychanalyse, la self-psychology (ou psychologie du Soi), et l’école lacanienne qui se réfère aux travaux du psychanalyste français Jacques Lacan et met l’accent sur le langage comme outil essentiel pour comprendre le fonctionnement de l’inconscient.
Malgré ces différenciations théoriques, toutes les écoles de pensée en psychanalyse ont en commun une vision de la souffrance psychique basée sur une approche globale et profonde. Pour un patient, cette méthode thérapeutique peut prendre beaucoup plus de temps qu’un traitement classique à court terme, mais elle offre aussi des résultats souvent décisifs dans la guérison d’un trouble mental complexe.