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Historique
Le temps du Cornalin
Les membres de l'Association des Encaveurs de Flanthey ont fixé dans leur statut la promotion des vins AOC issus de la région de Flanthey - nom sous lequel se regroupent les hameaux viticoles de la commune de Lens.
Les deux faits cités ci-dessous, autorisent les Encaveurs de Flanthey de faire devoir de mémoire envers nos anciens, en fêtant le
Le temps du Cornalin
Appelé initialement «Rouge du Pays» dans le Valais romand et «Landroter» dans le Haut-Valais, le Cornalin est probablement un des cépages rouges les plus anciens qui aient été plantés en Valais.
Un document de l'année 1313, figurant dans le Registre dit d'Anniviers des Archives de l'Etat du Valais mentionne, pour la première fois, l'existence d'un vin rouge dans notre canton.
Cet acte stipule la vente d'une vigne, près de Granges, sur la route qui va à Lens, et plantée
«de Neyrum, de Humagny et de Regy»
D'un vin rouge, de l'Humagne et de la Rèze
Le Neyrum (de nigrum-noir) signifie qu'il doit s'agir du Rouge du Pays ou Cornalin alors que les deux autres cépages sont blancs, puisqu'on est certain qu'il s'agit de l'Humagne et de la Rèze.
En 1952, Le «Rouge du Pays» était encore cultivé seulement dans deux communes: Lens et Granges.
Le contrôle officiel de la vendange de cette année mentionne, pour ces deux communes, des quantités respectives de 4'523 litres et 5'095 litres.
L'œnologue Jean Nicollier n'appréciant guère le vocable «Rouge du Pays» considéré trop vague et peu commercial, va le baptiser « Cornalin», en 1972.
On a cherché en vain à l'identifier le Cornalin ou à le rapprocher des cépages des régions voisines d'Italie. En 2003, une étude du chercheur valaisan José Vouillamoz, clarifie l'origine du Cornalin.
En se basant sur une étude ADN de ces cépages, le scientifique prouve que:
- Le Cornalin du Valais n'est pas le Cornalin d'Aoste.
- Le Cornalin d'Aoste est identique à l'Humagne Rouge du Valais.
- Le Cornalin du Valais a ses origines dans deux cépages valdôtains: le Petit Rouge d'Aoste et le Mayolet.
Le Cornalin ou Rouge du Pays était le principal rouge planté en Valais au 16ème siècle. Sa nature capricieuse, ses écarts de rendement, sa crainte des coups de soleil, sa propension marquée de manque de magnésium qui retarde la maturation de ce cépage qui est déjà naturellement tardif, toutes ces raisons ont été la cause de la disparition presque totale du Cornalin, du vignoble valaisan, au milieu du siècle dernier.
Nous devons témoigner notre reconnaissance aux pépiniéristes valaisans qui, après la vague productrice des années 80, ont eu la sagesse d'innover et de se mettre à la recherche d'anciens cépages autochtones. Ces prospections effectuées sur d'anciennes vignes et sur des treilles parfois centenaires ont permis de sélectionner une centaine de types différents, exempts de maladie à virus graves et censés représenter la variabilité génétique du Cornalin.
Actuellement, de plus en plus de viticulteurs plantent du Cornalin dans leur vignoble. Si l'on comptait déjà 10 hectares de Cornalin en 1991, la progression a été impressionnante à partir de 2001, puisque les surfaces plantées de ce cépage atteignent 106 hectares en 2007.
Si la charge est maîtrisée en dessous d'un kilo par m2, le vin de Cornalin devient très concentré et il prend alors une teinte violacée intense, avec des arômes de griottes et de cerises confites. Les tanins sont toutefois un peu rudes dans leur jeunesse. Après quelques années, il acquiert une harmonie qui en fait un vin original, noble et remarquable.