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D'un point de vue stratégique, l'échantillonnage des sols devrait être planifié à des intervalles de 5 à 6 ans pour garder un œil sur l'évolution des paramètres du sol. Il s'agit notamment de la valeur du pH, de la teneur en matière organique ainsi que des réserves en éléments nutritifs. Afin de tirer les conclusions appropriées des résultats d'analyse et de planifier le chaulage ou l'ajustement de la fertilisation de base, le moment dans la rotation des cultures est important.
Les cultures comme le colza, la betterave sucrière et l'orge réagissent de manière sensible à une faible valeur de pH. Selon le type de sol, une valeur de pH comprise entre 6,7 et 7,3 est souhaitable. Si l'une de ces cultures doit être cultivée l'année suivante et que le pH est faible, il faut envisager un chaulage à ce stade. Si la chaux est appliquée en trop peu de temps ou en trop grande quantité, elle peut causer un blocage temporaire d’éléments nutritifs tels que le phosphore et certains oligoéléments.
© Grangeneuve
En fonction de la valeur du pH, du type de sol et de l'utilisation, des quantités de chaux correspondant à 10-20 dt/ha d'équivalents CaO sont recommandées. Si de plus grandes quantités de chaux sont nécessaires pour corriger la valeur du pH, elles doivent être divisées en plusieurs doses et réparties sur plusieurs années. Idéalement, une analyse de sol est utilisée pour optimiser la fertilisation. En fonction des réserves du sol, la fertilisation de base avec du phosphore, du potassium et du magnésium est ajustée à l'aide du facteur de correction.
Outre les réserves du sol, l'adéquation des cultures aux éléments nutritifs peut également être prise en compte afin d'optimiser la stratégie globale de fertilisation de l’exploitation. Si le sol contient suffisamment d’éléments nutritifs (classe d'approvisionnement « suffisant » ou « riche »), on peut se passer de la fertilisation de base pour les cultures ayant une bonne capacité d’absorption des éléments nutritifs, comme les céréales d'hiver. L'actualité des analyses de sol et la pratique de la fertilisation des années précédentes sont bien sûr des facteurs importants à cet égard. D'autres cultures, comme la pomme de terre, sont dépendantes d'une fertilisation de base en raison de leur système racinaire généralement assez peu profond. Si l'on tient compte des réserves du sol et de sa capacité à retenir des éléments nutritifs, les quantités peuvent être optimisées et les passages peuvent être économisés. En outre, lors de la fertilisation par rotation des cultures, il est possible d'utiliser davantage d'engrais simples, qui sont moins chers par unité dans la plupart des cas.
La teneur en matière organique est très importante pour la nutrition des plantes. Avec l'argile (complexe argilo-humique), elle augmente la capacité de stockage des éléments nutritifs dans le sol. De plus, la matière organique favorise une meilleure structure du sol, ce qui améliore l’aération du sol et diminue le risque d’érosion et de battance. Enfin, la matière organique elle-même contient des éléments nutritifs. Lorsqu’elle est minéralisée, les éléments nutritifs deviennent disponibles pour les plantes. Cela peut jouer un rôle important pour l'approvisionnement en azote. Avec l'augmentation de la température et de l'humidité du sol, la minéralisation augmente. Cette dernière atteint généralement son maximum en juillet-août. Le maïs, en particulier, peut très bien utiliser l'azote provenant de la minéralisation, car la demande est relativement synchrone, ce qui peut permettre d'économiser des apports supplémentaires d'azote.
Denis Morand & Joël Grossrieder