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02/09/2013
Complément sur l'économie planifiée
Il m'arrive régulièrement de recevoir des messages de lecteurs qui me demandent des compléments d'information sur le sujet de l'économie planifiée, que j'avais abordé à l'ouverture de ce blog.
Premièrement, oui, la planification est généralement conçue (sous une forme ou une autre) par les penseurs socialistes comme un outil utile à la construction de la société socialiste. Toutefois, il faut rappeler que le principal combat socialiste réside dans la transformation de la propriété et le passage à une société fondée sur la gestion directe du monde par ses usagers (l'autogestion). Bon nombre de socialistes contemporains s'intéressent donc moins à cette question et conçoivent (tout comme moi) un socialisme de marché comme première et principale étape de la lutte pour la réalisation du socialisme.
Je considère par conséquent que Schumpeter se trompe avec la thèse de son livre "Socialisme, capitalisme, et démocratie" où il prétend faire équivaloir économie planifiée et socialisme (j'ai moi-même fait cette erreur au début de mes recherches).
En ce qui concerne les origines de l'économie planifiée, je ne crois pas me tromper en renvoyant aux théories de Saint-Simon, dont Marx s'inspira.
L'apogée de ces théories eut lieu dans les années 1930 à 1950 il me semble. On peut en voir un exemple à la lecture du programme du Parti Socialiste Suisse de 1956.
Une bonne critique de l'économie planifiée étatiste et centralisatrice, telle qu'elle était défendue à l'époque majoritairement est évidemment "La route de la servitude" du libéral Hayek.
La réponse doctrinale aux critiques de cette forme d'économie planifiée se retrouve dans les textes de Castoriadis "Sur le contenu du socialisme", qui présente une économie planifiée décentralisée et autogestionnaire (un ouvrage impossible à trouver, j'ai mis la main dessus en fouillant des recueils).
Aujourd'hui, des modèles intéressants ont été développés, par exemple avec le courant de l'économie distributive (qui règle les problèmes monétaires, notamment en ce qui concerne l'inflation).
Un ami à moi en a imaginé une théorisation particulièrement poussée ici.
J'ai retrouvé des soutiens à des modèles d'économie planifiée parmi certains acteurs de la gauche radicale (sous des formes peu subversives comme chez Mélenchon), chez certains militants marxistes sous une forme antérieure (celle des années 30-50), chez des objecteurs de croissance (parfois), et chez certains anarchistes (c'est peut-être là le plus intéressant).