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Photo AUJ
Entre désir et choc violent
Les désirs profonds de la mère durant sa grossesse pourraient, selon cette théorie, « imprimer » le corps de son enfant à venir, lui laissant certaines marques de naissances. Cela concernerait en particulier les futures mères ayant perdu un enfant ou un proche qui souhaiteraient ardemment voir celui-ci revenir à la vie. Ces cas seraient principalement observés dans certains pays asiatiques où il est coutume d’inscrire des marques sur le corps des défunts pour les reconnaître s’ils décident de se réincarner.
Les cas étudiés d’impressions maternelles montrent cependant qu’en réalité, elles sont la plupart du temps causées par un choc vécu par la mère un peu avant ou durant sa grossesse à la vue de certaines difformités.
Un cas reconnu d’impression maternelle est celui d’une femme enceinte ayant été particulièrement marquée par l’amputation du pénis cancéreux de son frère. Elle a ensuite donné naissance à un petit garçon dénué de pénis. Un autre cas est celui d’une femme qui avait observé un homme aux pieds partiellement amputés et qui en avait été bouleversée. Elle se mit à avoir peur d’avoir un bébé ayant de telles difformités, ce qui fut malheureusement le cas.
Une acceptation quasi-mondiale
Une grande majorité des populations mondiales accepte la réalité des impressions maternelles et ce fut le cas également en Occident jusqu’au XVIIIe siècle. Le développement de la médecine récusa ensuite ce phénomène, puisqu’on ne comprenait pas de quelle manière la maman pouvait influencer le développement de son enfant au point de modifier son anatomie et sa physiologie. Il y eut cependant de nombreux comptes-rendus d’impression maternelles au XIXe et durant la première moitié du XXe siècle.
Comment se forment les impressions maternelles
Le Pr Ian Stevenson a retrouvé trois-cents cas dans la littérature médicale, dont cinquante montrant un lien étroit entre le stimulus de la mère et l’anomalie de son enfant. Il remarque que les cas d’impressions maternelles sont beaucoup plus nombreux lorsque le stimulus survient lors du premier semestre. L’autre élément qu’il a relevé est le fait que les femmes ayant donné naissance à ces enfants étaient pleinement impliquées : elles avaient été témoins des malformations ou avaient vécu un accident ayant provoqué une blessure marquante. Les femmes ont été choquées, voire terrifiées, par ce qu’elles ont observé, même si c’était consécutif à un simple coup d’œil. Le fait qu’elles oublient rapidement l’événement ou le ressassent et qu’elles croient ou non que leur bébé sera affecté n’a pas eu d’influence sur l’apparition des impressions maternelles qui ont touché leur enfant.
On peut encore relever que certains cas d’albinisme sont imputables aux impressions maternelles.
Alexandra Urfer Jungen