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Bercher
Le centre régional du nord du district du Gros-de-Vaud et terminus du LEB
Historique
Sise en fin de ligne du chemin de fer Lausanne-Echallens-Bercher (LEB), au nord du district du Gros-de-Vaud, la commune de Bercher domine le cours de la Menthue. Du point de vue historique, je me bornerais à reprendre les informations relatées dans ces colonnes en 2015 par mon prédécesseur, Pascal Wulliamoz.
Le site de Bercher était déjà occupé par les Helvètes, les Romains et les Burgondes; en témoignent des vestiges exposés à Lausanne et Yverdon-les-Bains. Bercher est stratégiquement placé au-dessus du vallon encaissé de la Menthue, dont les ponts conditionnent le passage entre le plateau d’Echallens et celui des Combremonts. Il ne faut dès lors pas s’étonner si l’éperon rocheux, situé à l’est du village, a été choisi comme emplacement d’un château. Il en reste quelques vestiges dont le plus parlant est sans conteste le nom du lieu-dit «Château-Vieux».
La chronique écrite fait mention de notre village pour la première fois en l’an de grâce 1154, sous le nom de Berchiaco, qui est alors le chef-lieu d’une seigneurie comprenant Saint-Cierges, Fey et Rueyres, assujettie aux sires de Cossonay. Le bourg, devenu Berchie en 1228, passe successivement à l’évêché de Lausanne, aux de Châlons, au duc de Savoie et enfin, en 1441, à Hubert de Glérens, seigneur de L’Isle de Surpierre. En 1453, le nom du village est Berchier. Il est transmis par mariage en 1474 aux mains des de Dortans, qui en conserveront la seigneurie du temps de l’occupation par les Bernois. Elle passe ensuite à la famille de Saussure, et est érigée en baronnie, état de fait qui dure jusqu’à la Révolution. Le château actuel date du XVIIe siècle. Il est situé en bordure d’une forêt, à l’extrémité nord-est, à quelque 600 m du centre. Le temple, construit à proximité sur l’emplacement d’une chapelle, date de 1724. Il a conservé la cloche de l’ancienne église, datée de 1482, et qui tire sa beauté d’une série de 14 médaillons «les tableaux de la Passion». L’église de Bercher, faisant mentir le dicton, n’est donc pas au centre du village. Devenu indépendant, le village connaît bien sûr des hauts et des bas durant deux siècles. En particulier, il a son âge d’or de 1880 à 1920, lorsque la société Nestlé construit et exploite une condenserie utilisant l’eau de la Menthue, occupant environ 150 ouvriers. Conséquence directe de ce début d’industrialisation, le chemin de fer «Central Vaudois» arrive au village en 1889, et un téléphérique transporte alors le lait et les marchandises entre la gare et la condenserie sur près d’un kilomètre. En 1921, la fermeture brutale de l’usine cause un grand préjudice au village, qui avait dû investir massivement et se trouve alors dans une situation financière difficile. La population décroît fortement. Le dernier fait «historique» marquant est, en 1960, le passage de Bercher du district de Moudon à celui d’Echallens, passage qui paraît évident, si l’on considère la situation géographique et les moyens de transport à disposition.
Economie
Aujourd’hui, Bercher est un petit centre en devenir. Cet état de fait est confirmé par le plan directeur cantonal de 2019 (4e adaptation bis) qui a désigné notre commune comme «centre régional». Nous avons le plaisir de compter de nombreux artisans, entrepreneurs, garagistes, entreprises de transport, salons de coiffure, spécialiste des moyens auxiliaires, bureaux de service, une boulangerie, une boucherie et une épicerie générale intégrant une filiale de la Poste, un café-restaurant, ainsi qu’un important centre agricole, céréalier et de pommes de terre. Le conditionnement de ces tubercules, après une délocalisation momentanée à Moudon, a été à nouveau recentré à Bercher en 2010 pour y accueillir et redistribuer les pommes de terre de la Suisse romande. Un cabinet médical, un cabinet de physiothérapie, une pharmacie et un établissement psycho-social médicalisé (EPSM) complètent l’offre dont bénéficient les habitants du village et des alentours. En raison de la politique agricole et de la rationalisation, il ne reste que 4 agriculteurs mais plus aucun couleur de lait à Bercher. Si durant ces 20 dernières années, des entreprises ont fermé leurs portes tels une menuiserie-charpente, un ferblantier-appareilleur, 2 agences bancaires (laissant tout de même un bancomat) et un guichet postal en 2021 d’autres ont débuté leurs activités dans les domaines du bois, de l’électricité, de l’énergie, du développement et de la mobilité, la courte pointerie, et enfin de l’artisanat. Mis à part le prêt-à-porter, Bercher peut s’enorgueillir de couvrir pratiquement tous les besoins de première nécessité. L’attractivité de notre village est renforcée par la qualité des transports publics. Outre 4 liaisons postales avec Yverdon et Thierrens, le chemin de fer LEB nous relie à la capitale vaudoise en moins de 40 minutes (d’ici le 15 mai) avec une cadence de 30 minutes. Ce nœud de transport public peut aussi compter sur un parking P+R situé à moins de 10 m du premier quai. Le nombre d’habitants est en constante augmentation depuis le début de ce siècle. Le cap des mille habitants a été franchi en 2006, pour se situer à 1330 aujourd’hui. Le Plan directeur cantonal privilégiant les zones d’agglomération au détriment des communes formant l’arrière-pays, le potentiel constructible du territoire bâti de la commune doit être limité à environ 1550 habitants à l’orée 2036. La révision du plan d’affectation communal en cours devra en prendre compte. Espérons que cette limitation ne péjore pas le maintien des activités économiques de notre village. Durant la pandémie, la population et le tissu économique de la commune ont été soutenu par la mise en place d’une aide aux entreprises. Cette initiative qui a débuté à Echallens a pu voir le jour dans notre village grâce à la motivation du Conseil communal d’octroyer des bons à sa population financée à hauteur de 20% par le ménage communal. Entre mi-2020 et fin 2021, plus de CHF 250’000.- ont ainsi été injecté dans l’économie locale: un bel élan de solidarité et de moteur à une économie locale!
Accueil de jour des enfants (EFAJE), enseignement obligatoire (ASIRE) et Parascolaire
Notre commune fait partie de l’Association scolaire intercommunale de la région d’Echallens (ASIRE) composée de 27 communes et 3800 élèves dans 4 établissements. Pour faire face à la forte démographie scolaire de la région et aux obligations législatives, un site scolaire de 20 classes, un réfectoire et une salle de gymnastique double a été inauguré en 2014, baptisé «site des Sept-Fontaines». Ce complexe est destiné aux jeunes des voies secondaires de la région nord du district. Pour les élèves de degrés primaires, un bâtiment de 7 classes, édifié sur ce même site en 2007, vient compléter le collège traditionnel renommé à l’occasion de son centenaire «collège Louis Perrochon» comprenant également 6 classes. A Bercher, on y naît, on peut y faire ces premiers pas au sein du réseau d’entraide familiale et accueil de jour des enfants du Gros-de-Vaud et environ (EFAJE), on se forme ensuite au collège Louis Perrochon au centre secondaire des Sept-Fontaines, on y travaille et on n’y vit bien.
Sociétés locales
L’intégration des nouveaux habitants est grandement facilitée par l’existence de 15 sociétés locales qui sont bien vivantes: l’Abbaye des patriotes, l’amicale de la pétanque, les paysannes vaudoises, B-green, le chœur mixte de la Gavotte, le club des Ainés, l’Ecole de cirque, l’école de musique, le football club, Pep’s Comedy, la société de développement, la jeunesse, la fanfare L’Echo du Sauteruz (Bercher-Vuarrens), le tennis club et le tir sportif. La grande salle, construite en 1964, rénovée en 2004 et en cours de mise en conformité énergétique et ECA, permet, à côté des cours d’éducation physique scolaire, de couvrir les besoins des sociétés et ceux des particuliers. Soucieuses de maintenir et développer les activités de ces sociétés, garantes d’une vie sociale attrayante, les autorités communales s’efforcent de les soutenir annuellement et ponctuellement selon les besoins de chacune.
Infrastructures
La construction d’une administration communale moderne, la réalisation des infrastructures routières et la mise en séparatif des eaux sont des sujets qui nous ont beaucoup préoccupés ces dernières législatures. L’épuration des eaux, couplée à la rénovation du réseau routier initiée en 1997, n’est pas terminée, mais après plus de 5 mio d’investissement ces 5 dernières années, la Municipalité actuelle a décidé d’initier d’autres projets sociaux et environnementaux: la mise en place d’une ressourcerie, la révision du règlement de police avec l’intégration des systèmes de vidéosurveillance, le déplacement et la modernisation de sa déchetterie, la poursuite du projet Midnight sport 10-38, la rénovation des installations du football club, le développement d’une nouvelle zone sportive et d’infrastructure publique à proximité de la gare de LEB.
La recherche de synergie avec les communes du district et plus intensément avec les communes voisines est la principale évolution de ces 10 dernières années. Malgré un projet de fusion refusé par la population en 2014, les collaborations intercommunales n’ont fait que de croitre et s’améliorer: les écoles (ASIRE), l’accueil de jour et le parascolaire (EFAJE), la défense incendie (SDIS) et la protection civile (ORPCi), l’Association des propriétaires forestiers du triage de St-Cierges et environs se sont renforcés ou ont vu le jour. Plus localement, Bercher participe activement à cette tendance d’«ensemble on est plus fort». Par exemple, la STEP et le pôle de déshydratation regroupent 3 à 5 communes autour de la même problématique. La gestion des tâches de voirie (entretien des espaces verts, des chaussées, du déneigement…) fait aussi partie de ces regroupements; et cela fonctionne!
Les prochains défis vont aussi nous pousser à réfléchir ensemble sur des projets d’ampleur. Le maintien de la qualité de notre eau de boisson en est un. Afin de limiter au maximum les interruptions sur notre réseau d’eau, plusieurs démarches ont été initiées depuis l’été 2021, des analyses sont en cours, une installation provisoire de chloration et un système de filtration par UV sont à l’étude. Cette problématique pourra trouver une solution locale, mais la maitrise des métabolites du chlorothalonil et la garantie d’un niveau d’eau suffisant en période d’étiage va nécessiter à nouveau des solutions régionales. Cette régionalisation ne nous fait pas peur car le passé a démontré à plusieurs reprises que l’engagement des autorités des communes de la région et leur pragmatisme ont permis à chaque fois de trouver des solutions tournées vers les générations futures.
Pour conclure, fort de l’héritage du passé, de son évolution récente et des perspectives de développement, il est essentiel pour les «Bourlatsapis» que Bercher garde son charme et une qualité de vie durable.
Eglise et le Château.
Municipalité, de gauche à droite: Stéphanie Chevalley, Bertrand Bécholey, Gérard Bottini, Ludovic Peguiron (Syndic), Jean-Marc Chatelan.
Collège Perrochon et administration.
L'ESSENTIEL
CE QU'IL FAUT SAVOIR