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Le Tribunal fédéral rejette le recours de l'ancien joueur de tennis Yves Allegro condamné pour contrainte sexuelle. La peine de 20 mois de prison avec sursis, prononcée par la justice valaisanne, est définitive.
Les faits s'étaient déroulés en octobre 2014 à Tallinn, en Estonie, lors d'un congrès auquel le condamné participait en tant que coach pour Swiss Tennis. A l'issue d'une soirée très arrosée, l'intéressé avait passé la nuit en compagnie d'une déléguée autrichienne.
Après une période d'amnésie, la victime s'était souvenue de rapports sexuels non consentis et dégradants. Elle portait aussi de nombreux hématomes. En 2022, Yves Allegro a été condamné à 20 mois par le Tribunal cantonal valaisan. Il a été reconnu coupable de contrainte sexuelle mais acquitté de l'accusation de viol.
Pas d'arbitraire
Dans un long arrêt, le Tribunal fédéral rejette les griefs de l'ancien tennisman. L'appréciation des preuves et des expertises par la justice valaisanne n'apparait pas arbitraire. Les lésions et les hématomes présentés par la victime ne sauraient s'expliquer uniquement par des chutes au cours de la soirée.
Pour la Cour de droit pénal, l'instance précédente pouvait retenir un «traumatisme manifeste» de la déléguée autrichienne après que des bribes de souvenirs lui furent revenus. Traumatisme qui a perduré après son retour dans son pays et qui a nécessité un arrêt de travail et un suivi psychothérapeutique de longue durée.
Le recourant ne parvient pas à étayer ce qu'il nomme le manque de «crédibilité générale» de la victime. La justice valaisanne a retenu au contraire que les incohérences dans les explications et les attitudes de celle-ci ne remettaient pas fondamentalement en cause ses accusations – accusations étayées par d'autres indices convergents. D'ailleurs, les inexactitudes pouvaient s'expliquer par le traumatisme subi.
Viol ou contrainte
Concernant la contrainte sexuelle proprement dite, les juges valaisans ont admis que la victime, âgée alors de 35 ans, avait pu envisager d'entretenir un rapport avec le coach lorsqu'elle l'a accompagné dans sa chambre. Ce d'autant plus que le duo avait «intensément flirté» durant la soirée.
Dans ces conditions, l'instance précédente avait exclu le viol, dès lors qu'une absence de consentement ne pouvait pas être d'emblée retenue pour l'ensemble des actes d'ordre sexuel. En revanche, il était établi que le condamné avait usé de contrainte lorsque la victime s'était opposée à la poursuite de ses agissements.
Pour le Tribunal fédéral, cette approche est cohérente dans la mesure où elle repose sur une appréciation des preuves qui n'est pas arbitraire et aussi sur une application correcte du droit. La condamnation d'Yves Allegro pour contrainte sexuelle est donc confirmée.
Les juges fédéraux rejettent également les contestations du recourant portant sur les indemnités pour tort moral (15'000 francs) et frais de procédure (17'793 francs) allouées à la victime.
aula, ats