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"La littérature est un règlement de comptes avec la vie" qui est rarement comme on l'espérait, disait Juan Marsé, citadin au visage buriné et au regard noir, tour à tour ironique et mélancolique, auteur de quinze romans en près de soixante ans.
L'un des plus célèbres, "Teresa l'après-midi" (1966), est la chronique d'une passion transgressive et finalement calamiteuse entre un fils de pauvre qui voudrait ne plus l'être et une étudiante des quartiers chics. Mais cette oeuvre était inacceptable pour l'Espagne puritaine et "nationale catholique" de Francisco Franco, qui l'avait censurée.
Résistance à Franco
Dans un autre roman écrit en 1973, "Adieu la vie, adieu l'amour", Marsé avait introduit tout un pan d'histoire de la résistance antifranquiste à Barcelone à partir de 1945. "Un manifeste pour la liberté d'expression", selon l'écrivain Antonio Muñoz Molina, d'abord primé et publié au Mexique avant d'être édité en Espagne après la mort de Franco en 1975.
"C'est un écrivain et un narrateur né", disait de lui son agent littéraire Carmen Balcells, décédée en 2015, à laquelle il avait promis 10% de ses cendres s'il disparaissait avant elle.
afp/oang