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Parmi tous les traitements de base de la polyarthrite
rhumatoïde (PR), le Méthotrexate (MTX) est considéré actuellement comme le
plus efficace et le plus maniable. Malheureusement, ce traitement est grevé
d’un certain nombre d’effets secondaires, parmi lesquels les manifestations
pulmonaires.
Dans les séries étudiées, la fréquence des
complications pulmonaires atteint au maximum 3 % de l’ensemble des patients
traités. Il s’agit d’une pneumopathie d’hypersensibilité qui peut
se manifester par une toux sèche, des difficultés respiratoires et,
à l’imagerie, des infiltrats interstitiels, le plus souvent bilatéraux.
Les tests de fonction respiratoire montrent dans ces cas un syndrome
obstructif et restrictif avec une altération des tests de
diffusion.
La difficulté vient du fait que la PR elle-même, en
dehors de tout traitement de MTX, peut provoquer des manifestations pulmonaires
très proches. Quant à la sensation de bouche sèche elle va plutôt de pair
avec la maladie qu’avec son traitement (« syndrome sec »). Le diagnostic
différentiel entre les manifestations pulmonaires de l’affection de base,
les bronchites ou bronchiolites intercurrentes et la complication pulmonaire du
traitement de MTX peut se révéler très difficile. Il doit faire appel
d’une part à l’imagerie et d’autre part aux tests de fonction pulmonaire.
Si la relation avec le MTX est ainsi démontrée,
il n’y a pas d’autre solution que l’arrêt définitif du MTX. Dans
ce cas, et avec l’aide des cortico-stéroïdes, le tableau pulmonaire est
habituellement réversible.
Revenons maintenant au traitement de base de votre PR.
Après l’arrêt du MTX, il est peu probable que vous puissiez obtenir un bénéfice
suffisant avec des médicaments tels que la Salazopyrine ou la D-pénicillamine,
habituellement moins efficaces que le MTX. Il serait plus judicieux
d’envisager un traitement de Léflunomide (Arava®), qui est utilisé en
Suisse depuis un peu plus de deux ans (voir réponse à la question 11).
En réserve, il existe la possibilité de recourir à l’Etanercept (Enbrel®).
Voir la réponse à la question 12. Je précise à ce sujet que ce
dernier traitement est réservé à des centres spécialisés.
De
toute façon, je vous propose de prendre conseil de votre rhumatologue, afin
qu’il évalue le potentiel inflammatoire actuel de votre maladie, et qu’il
planifie éventuellement le « passage » à un nouveau traitement.