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Peuple d’agriculteurs sédentaires vivant dans la forêt tropicale et dans la savane de l’intérieur de la Côte d’Ivoire, les Guro ne reconnaissent aucune autorité politique centrale. Le pouvoir est exercé au niveau du village par un conseil des Anciens constitué des chefs de chacun des quartiers du village et par différentes sociétés secrètes. La plus importante à cet égard est la société je, dont les compétences dans les domaines social, politique et juridique, s’accompagnent d’un pouvoir de décision en matière de guerre et de paix ; chargée de détecter les sorciers, elle intervient aussi lors des funérailles de l’un de ses membres. Cette société exclusivement masculine utilise différents masques anthropomorphes, zoomorphes ou surmontés d’une sorte de bâton, dont la seule vision provoquerait la mort des femmes. Outre ces masques, les danseurs portent un costume en plusieurs pièces, fait de lanières de feuilles de palmier ou de roseau, qui couvre entièrement le corps. Ce masque à tête d’antilope goro appartient au groupe je (dyè). Dans les cérémonies les masques animaux je apparaissent en premier et préparent le public à l’arrivée des masques anthropomorphes d’une importance supérieure.
Ce masque teinté d’un brun rougeâtre provient soit de la région située autour de la ville de Sinfra, au sud du territoire des Guro, soit des Dranu, sous-groupe des Guro vivant plus au nord. Il se caractérise par le rendu naturaliste de la tête d’antilope, avec ses grands yeux ronds, ses oreilles effilées et ses naseaux clairement dessinés. Les cornes annelées se rejoignant en une courbe délicate évoquent celle d’un cob defassa (Kobus defassa). Le porteur de ce type de masque est chargé d’allumer le feu au-dessus duquel sauteront les masque je à la fin de la cérémonie.