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Joël Tuberosa, doctorant dans la section de biologie de l'Université de Genève.
«Au cours de l’évolution, de nombreuses espèces ont acquis la capacité de voler grâce au développement d’un organe permettant le déplacement aérien. De fines membranes mobiles pour les insectes, une peau disproportionnée reliant les membres avant et arrière pour les chauves-souris, des pattes avant munies de plumes aérodynamiques pour les oiseaux… Nous appelons ça des ailes. Comme tout autre organe, la fabrication des ailes est définie par un plan de construction précis présent dans les cellules de chaque être vivant: le génome.»
«Chaque fois qu’un être vivant se reproduit, il copie son génome pour le transmettre à sa descendance. Parfois, de petites erreurs se glissent dans la copie et modifient le plan de construction. Ce sont les mutations. Les mutations font que nous sommes tous un peu différents de nos parents, et encore plus différents de nos lointains ancêtres. C’est également de ces différences que sont nées la multitude de formes d’êtres vivants qui existent aujourd’hui. Mais les mutations arrivent par hasard, donc les modifications du génome n’arrivent pas avec un but prédéfini.»
«Si les renards n’ont pas d’ailes, c’est peut-être parce que aucun renard n’a encore eu la chance de naître avec, à cause d’une mutation de leur génome. Peut-être aussi que les renards ailés n’ont pas été avantagés par leurs ailes, se sont moins reproduits que leurs congénères non ailés et ont disparu. Peut-être encore que les renards ailés ont tous migré vers une île encore inconnue, inatteignable pour les renards terrestres, formant ainsi une nouvelle espèce.»