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Il va bientôt pleuvoir. Jean-Bernard Traoré* le sait. Une bêche à la main, il travaille dans son champ. Ou plutôt ce qui lui en reste. Juste à côté, quelques ruines de l’ancien village et la clôture de la mine d’or de Bissa. Derrière, le terril s’accumule; on entend le signal d’avertissement d’un camion qui recule.
La mine a pris la moitié des terres de Jean-Bernard. Il ne lui reste aujourd’hui que deux hectares, sur lesquels il cultive du millet, du maïs et des haricots pour nourrir sa famille.
Autrefois, Jean-Bernard possédait 40 bœufs, 20 moutons et 30 chèvres. Aujourd’hui, il lui reste moins de 30 bêtes. Elles sont mortes parce qu’elles ne trouvaient pas assez de fourrage pour se nourrir. Et lorsqu’elles ont survécu, il a dû les vendre. « Après que le village a été déplacé, nous avons dû repartir de zéro. » Jean-Bernard est cruellement déçu. Il a travaillé toute sa vie pour sa famille. A 60 ans, il a le sentiment d’avoir tout perdu: « A mon âge, je ne gagne plus assez d’argent pour pouvoir vivre dignement. »