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7. La chapelle du Séchey
C'était en de très vieux temps, au milieu du XVIIIe siècle. Mais alors, par le biais d'une nouvelle industrie, l'horlogerie, sur laquelle les habitants du Séchey s'étaient rué comme un seul homme, une aisance nouvelle avait parcouru le village. Si bien que par une souscription publique à laquelle d'aucuns s'étaient inscrits pour des sommes importantes, l'on était capable de financer une chapelle.
Celle-ci vit le jour en 1762. Elle servit longtemps aussi d'école. La classe d'Yverdon refusa sa dédicace, sous prétexte qu'elle n'avait pas été avertie de cette construction. Il est des manières vraiment peu galante de satisfaire les petits! Qu'à cela ne tienne, celle-ci serait faite par le régent du village, Salomon Meylan, qui ne démérita d'aucune manière.
En 1780 une cloche y fut placée dans le clocher. Celle-ci avait été fondue aux Essertais, en direction du Lieu, juste avant d'arriver sur le Cretson au-delà duquel vous redescendez sur la capitale, en même temps qu'une cloche pour la chapelle des Charbonnières. Cette double fonte fut racontée en long et en large par le professeur Piguet.
La chapelle réclamait comme tous ces bâtiments publics de l'époque, des réparations incessantes. Différents comptes intervenaient avec les gens des Vyffourches qui jouissaient d'une situation particulière, quelque peu éloignés du village, fricotant avec les gens des Charbonnières pour ce qui était de la jouissance des pâturages communs de la Combe et de la Biolette.
Une grande restauration intervint en 1833, qui devait offrir un agrandissement sensible de la classe d'école, et cela, on peut le supposer, au détriment de la chapelle elle-même qui se fond dès lors, question frais et réparations, dans le chapitre scolaire.
L'école elle-même, alors qu'un nouveau collège fut construit aux frais de la commune en 1880, devait être vendue à un particulier qui la transforma en logements. Elle vint bientôt à disparaître dans un incendie.
La chapelle avait définitivement vécu, remplacée quelque part par le nouveau collège qui eut la bonne grâce de posséder un clocheton où avait été placée l'antique cloche de 1780. Celle-ci est encore à voir à cet emplacement auquel on n'accède seulement si l'on a l'habileté d'un singe!
Mais il y a ce miracle que la cloche sonne encore telle qu'autrefois, et cela fera bientôt, près d'un quart de millénaire.