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Le référendum lancé contre les " mesures d'éloignement " par le Parti du Travail, et soutenu, plus ou moins activement, par les syndicats, solidaritéS, le PS et les Verts, n'a pas abouti. Il manque en gros 2000 signatures pour que soit soumise au vote populaire la disposition législative votée par la droite parlementaire, et renforçant le pouvoir de la police de décréter des mesures d' " interdiction de périmètres ", non seulement contre les dealers, leurs clients et les mendiants (ce qui était déjà possible avant la modification de la loi), mais contre toute personne ou groupe de personnes soupçonnées de pouvoir troubler l'ordre public -un ordre public dont la définition est de plus en plus restrictive, au fur et à mesure que s'approchent les élections et que le prurit sécuritaire s'aggrave. Le référendum a donc échoué. Il est vrai qu'il était mal parti, parti trop tard, et sans dynamique unitaire. Son échec est donc à partager entre tous ceux qui l'ont soutenu : une défaite dont les concepteurs sont si nombreux ne peut pas rester orpheline.
Gauche molle et gauche retardataire
Dans Le Courrier, le président du Parti du Travail attribue aux Verts et au PS, et à leur faible mobilisation, l'échec du référendum lancé par son parti. Cette faible mobilisation est un fait. Mais elle n'est que l'une des causes de l'échec du référendum, et si Verts et socialistes ne se sont pas mobilisés pour faire aboutir le référendum, on ne peut pas dire que le Parti du Travail lui-même, en laissant passer un mois avant de se décider à le lancer, ait donné toutes les chances au référendum d'aboutir (les 2000 signatures manquantes auraient été obtenues si le référendum avait été lancé à temps, par le PdT ou par qui que ce soit d'autre). Il est d'ailleurs assez curieux qu'un parti politique qui décide, tardivement, de lancer un référendum en attribue ensuite l'échec à d'autres partis politiques, à qui on peut certes reprocher de ne pas s'être pleinement engagés dans la campagne de récolte de signatures, mais certainement pas de l'avoir délibérément sabotée pour s'éviter le risque d'un vote populaire deux semaines avant les élections. Le référendum était légitime, son échec est navrant, mais on devrait s'abstenir de se réfugier pour s'en innocenter dans des pleurnicherie de préau d'école, du genre " c'est pas moi, c'est l'autre "… Le président du parti du Travail s'interroge : " comment une gauche molle peut-elle prétendre battre la droite dure ?" ", la " gauche molle " étant, évidemment, formée des Verts et du PS, ce qui permet au PdT de se ranger opportunément dans une gauche " dure " qui ne nous semble guère l'être que d'oreille. " Comment une gauche molle peut-elle prétendre battre une droite dure ? " est une bonne question. " Comment quelque gauche que ce soit peut-elle battre quelque droite que ce soit ?" en perdant par inertie un mois de récolte de signatures, est aussi une bonne question. Et la réponse est la même.