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Le 21 mars 2013, le Gouvernement vaudois a décidé de répondre favorablement à la demande de la Commission interprofessionnelle du vin vaudois de conférer aux zones viticoles du Dézaley et du Calamin l'appellation d'origine contrôlée (AOC Grand Cru). La situation particulière des appellations Dézaley et Calamin a toujours été reconnue par la législation vaudoise, même si la révision de 2009 les avait quelque peu oubliées. L'objectif poursuivi par cette modification du règlement est de renforcer la visibilité des vins du Dézaley et du Calamin en leur conférant une reconnaissance officielle. Une appellation d'origine contrôlée constitue notamment une garantie de qualité et un atout commercial auprès des consommateurs. Destinées à des vins jouissant depuis longtemps d'une image d'excellence, les deux nouvelles AOC sont soumises à des exigences de qualité supplémentaires par rapport aux autres AOC. Les vins provenant des zones du Dézaley et du Calamin sont obligatoirement des « Grands Crus » et doivent remplir les obligations liées à ce statut; le coupage leur est interdit; la mention du millésime est obligatoire; la teneur en sucre doit être de 6 à 7°Oechslé supérieure à celle des autres AOC pour les chasselas et de 10° Oechslé pour les vins rouges. Si les teneurs en sucres prescrites ne sont pas atteintes, le vin portera l'AOC régionale « Lavaux ». La situation particulière des zones viticoles du Dézaley et du Calamin est historiquement avérée et a été ancrée dans la réglementation vaudoise dès 1949. Le terroir très particulier de ces deux régions a par ailleurs été reconnu dans l'étude des terroirs viticoles vaudois publiée en 2004 sous l'égide de plusieurs instances scientifiques et administratives.
En vertu de l’arrêté sur la délimitation des régions viticoles du 5 avril 1949 déjà, alors que tous les autres appellations pouvaient être portées par un vin dès qu’il était formé « en majeure partie » de raisins provenant de la commune en question, l’appellation Dézaley, la seule exception prévue (art. 4), ne pouvait désigner qu’un vin provenant entièrement du vignoble du Dézaley, très précisément délimité. Les appellations ont ensuite été précisées par l’arrêté du 8 novembre 1963 sur la délimitation de la région viticole du Lavaux. Celui-ci autorisait des coupages à hauteur de 49% ou 30% pour les appellations des lieux de production (Lutry, Villette, Epesses, St-Saphorin, Chardonne et Vevey) et introduisait en outre la notion d’appellation de cru (domaine, château, etc.), dont bénéficiaient les vins récoltés exclusivement sur l’aire concernée. Le Dézaley et le Calamin étaient régis par une disposition spéciale en qualité « d’aire délimitée d’appellation de cru » prévoyant précisément l’étendue de leur territoire (art. 6).
Le règlement sur les appellations d’origine des vins vaudois du 19 juin 1985 a également consacré le caractère unique des appellations Dézaley et Calamin. Il reprenait d’abord les notions de régions viticoles (dont Lavaux) et de lieux de production (pour Lavaux : Lutry, Villette, Epesses, Saint-Saphorin, Chardonne et Montreux et Vevey). Les vins portant l’appellation de ces lieux de production pouvaient provenir de raisins issus à 51% seulement du lieu en question. Les aires viticoles du Dézaley et du Calamin n’étaient cependant pas des lieux de production mais donnaient droit à une appellation de cru (art. 8). Les autres appellations de cru (art. 17 ss) étaient le clos, le château, l’abbaye, le domaine, l’appellation cadastrale et le lieu-dit. Seuls les vins qui bénéficiaient d’une appellation de cru avaient droit aux mentions « cru » ou « grand cru ». Dès la création du label, les appellations Dézaley et Calamin ont en outre été considérées comme des AOC.
Depuis plus de soixante ans, la réglementation vaudoise pouvait donc schématiquement se résumer comme suit :
Depuis le 1er juin 2009, cette distinction se retrouvait dans le nouveau règlement mais les appellations Dézaley et Calamin étaient considérées comme lieux de production ordinaires. Ce jusqu’à la récente modification du Règlement sur les vins vaudois du 20 mars 2013 qui octroie l’AOC Grand Cru à ces deux appellations prestigieuses.