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Schmidheiny: procès attendu pour avril en Italie
Un procès des victimes de l'amiante contre Schmidheiny semble en bonne voie. Première audience agendée pour le 6 avril en Italie
C'est officiel. La date de l'audience préliminaire du procès entre les victimes italiennes de l'amiante et Stephan Schmidheiny a été agendée le 6 avril par le Parquet de Turin. Si les deux parties n'arrivent pas à un accord financier lors de cette audience, c'est un véritable procès de la firme Eternit, le géant de l'amiante suisse, qui va s'ouvrir. Et il est peu probable que les deux parties s'entendent à l'amiable: «Stephan Schmidheiny, l'ex-propriétaire de la firme, avait déjà proposé de dédommager les familles, mais avec des montants dérisoires, en regard des torts causés à ces 3000 ouvriers italiens», explique Maria Roselli, journaliste, spécialiste de l'amiante et auteur d'un livre sur le sujet.
La Suisse a refusé un procès
Un tel procès n'a jamais pu se tenir en Suisse. Les ouvriers ayant porté plainte dans notre pays ont été déboutés par le Tribunal fédéral. Celui-ci avait jugé en août dernier que le délai de prescription de dix ans était dépassé. Les plaintes contre la famille Schmidheiny n'avaient été déposées qu'à la fin novembre 2005 alors que l'exposition des travailleurs à l'amiante avait cessé en novembre 1994, à la suite de son interdiction.
En Italie, le procès pourra bel et bien s'ouvrir: «Le délai de prescription dans ce pays court à partir du moment où la personne tombe malade, et non à partir du moment où elle a été exposée à la fibre toxique», indique Maria Roselli.
La procédure devrait en revanche être facilitée en partie par les informations transmises depuis la Suisse. La Caisse nationale suisse en cas d'accidents (Suva) s'était toujours refusée à transmettre des informations classées confidentielles. Mais en novembre 2006, sous la pression de l'opinion publique, le Tribunal fédéral a obligé la Suva à remettre aux autorités judiciaires italiennes les dossiers de 196 ex-travailleurs italiens des usines suisses d'Eternit à Payerne et Niederurnen.
Faibles indemnités déjà obtenues
Les victimes n'ont reçu jusqu'à présent que de légères indemnités. Dernièrement, à la mi-janvier, environ 2000 d'entre elles se sont partagé environ 8,2 millions (soit environ 4100 francs par famille) provenant de la fin de la procédure de mise en liquidation de la société italienne d'Eternit, procédure qui avait débuté en 1986. Au cours du temps, les victimes avaient en effet été reconnues comme créditrices de la firme. Mais on est loin du montant d'une indemnisation digne de ce nom...
Christophe Koessler