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En mars 1951, John H. Nelson, ingénieur électronicien et radio-électricien américain, publia un article qui fit sensation. Pourtant, le journal dans lequel il parut n’était pas du genre sensationnel : il s’agissait du très sérieux RCA Review, journal d’informations techniques édité par la Radio Corporation of America, et consacré aux problèmes de radio, de télévision et d’électronique. Dans son article, Nelson relatait tout aussi sérieusement ses recherches sur les facteurs influant sur la réception radio. Mais son exposé avait pour but d’ébranler les théories classiques sur les hommes voyants et l’Univers : en effet, ses découvertes semblaient confirmer le principe de base de l’astrologie selon lequel les planètes peuvent avoir, et ont en fait, une influence sur nos vies. L’affaire que déclencha Nelson par son compte rendu prit toute son ampleur lorsque des scientifiques de RCA décelèrent une relation apparente entre la bonne ou la mauvaise qualité des liaisons radio par ondes courtes et les diverses positions occupées par les planètes voisines de la Terre. Ils cherchèrent donc à savoir si elle n’était qu’une simple coïncidence, ou bien le fruit de quelque influence astrale inconnue jus-qu’alors. Pour répondre à cette question, il fallait tout d’abord établir les bases statistiques de ce phénomène. La RCA proposa à plusieurs astronomes de faire ce travail, mais aucun n’accepta : à leur avis, l’idée selon laquelle la localisation des planètes aurait une incidence sur les ondes de radio était si absurde que toute recherche à ce sujet serait une perte de temps. Toutefois, la RCA, qui ne souhaitait pas renoncer à de telles études, demanda à Nelson, ingénieur radio très compétent, de s’en charger.
Nelson compulsa des documents relatifs aux perturbations radioélectriques remontant aux années 1920 et fit des découvertes passionnantes. Il s’aperçut que des orages magnétiques, source des perturbations électroniques, se produisaient lorsque deux ou plu-sieurs planètes étaient vues de la Terre comme formant entre elles un angle proche de 900 ou de 180°. Il s’avérait ainsi que la position des planètes exerçait une influence sur la réception des ondes de radio. En un certain sens, il n’y avait là rien pour surprendre les astrologues : les relations angulaires des planètes, ou aspects, avaient joué un grand rôle en astrologie depuis l’ancien temps ; or, aucune de ces distances angulaires n’était considérée comme favorable. Lorsque les planètes sont en conjonction, c’est-à-dire qu’elles sont très proches les unes des autres et se trouvent du même côté par rapport au Soleil, on dit que la configuration est neutre, soit favorable, soit défavorable en fonction de certains facteurs additionnels. Lorsque les planètes sont en quadrature, c’est-à-dire que leur distance angulaire est de 900, cette configuration est dite dissonante, défavorable et même maléfique. Il en va de même lorsque les planètes sont en opposition, c’est-à-dire qu’elles dessinent entre elles un écart angulaire de 180″ et sont situées de part et d’autre du Soleil. Les découvertes que fit ultérieurement Nelson concordèrent également avec les règles traditionnelles de l’astrologie.