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La Suisse s'est inclinée 3-0 devant l'Italie sur des buts de Manuel Locatelli (26e et 52e) et de Ciro Immobilie (89e). Autant le dire, elle est tombée de haut.
Cette défaite ne la condamne pas. La Suisse sera, en principe, qualifiée pour les huitièmes de finale si elle gagne dimanche à Bakou contre la Turquie. Sa chance sera d'affronter pour ce troisième match une équipe qui semble encore plus léthargique qu'elle.
La Suisse a très vite abdiqué devant des Italiens qui ont tranquillement prolongé une série de 29 rencontres sans défaite. Vladimir Petkovic avait pris le pari de reconduire le onze qui avait failli à Bakou. Le scénario de la première période lui a donné tort. Cette équipe, qui n'a cessé de clamer son ambition de rivaliser avec les meilleures du continent, est restée très loin du compte.
La Suisse s'en sortait bien à la pause avec un seul but de retard, sauvée par la VAR qui annulait une réussite (main) de Giorgio Chiellini à la 19e, lequel avait gagné facilement un duel contre les têtes blondes de Granit Xhaka et de Manuel Akanji.
La Nati s'est avérée incapable de s'opposer au collectif italien, confrontée également aux limites de ses individualités: Ricardo Rodriguez, dépassé par Domenico Berardi sur l'action du 1-0; Kevin Mbabu, mis au supplice par le duo Spinazzola-Insigne.
Sur le plan offensif, ce fut le néant. Avec un Granit Xhaka qui a cherché avant tout à soulager ses défenseurs et un Remo Freuler trop discret, la Suisse n'a pas eu de réelle influence sur le jeu. Avec un Xherdan Shaqiri sans grande inspiration, et deux attaquants, Haris Seferovic et Breel Embolo, à la peine, elle n'a pas eu davantage de poids en attaque: aucune occasion en première mi-temps, deux petites en deuxième.
A 2-0, l'Italie passait en mode gestion. La Squadra pouvait laisser tranquillement venir l'adversaire pour rechercher la verticalité dans ses ruptures. Avec les introductions de Silvan Widmer et de Steven Zuber, Vladimir Petkovic reconnaissait implicitement qu'il s'était trompé dans ses choix initiaux. Cette défaite 3-0 n'est pas seulement celle des joueurs, mais aussi celle d'un sélectionneur conservateur.
Heureusement que la Suisse avait promis d'être conquérante et ne voulait plus se satisfaire des places d'honneur (tiens, exactement les mêmes déclarations que les hockeyeurs avant les derniers Mondiaux): il y a très longtemps que la Nati n'était pas parue aussi timorée et pas à sa place. Sans leader, sans ambition dans le jeu, sans caractère.
Est-ce le pire match de l'ère Petkovic? Ce sera l'avant-dernier, dans tous les cas, si la Suisse ne bat pas la Turquie dimanche, condition sine qua non pour se qualifier.
Italie - Suisse comme vous l'avez vécu en live: récits, analyses, buts et images. On rembobine le film à l'envers.
Sans pression ni la moindre contrariété, Immobile marque des vingt mètres, tranquille. 3-0.
Première occasion pour la Suisse avec Shaqiri, seul à gauche du but italien. La Squadra passe sur pilote automatique, avec une maîtrise des rythmes et des mouvements tactiques que personne ne viendra lui apprendre...
Locatelli inscrit le 2-0. Tout aussi limpide que le premier: encore une récupération haute, encore une passe de Berardi, encore une transition rapide vers Locatelli qui, à l'entrée des seize mètres, envoie une frappe du gauche, sèche et ras-de-terre, pour marquer (encore) facilement et sans résistance (encore et encore).
Vladimir Petkovic s'énerve et sort Seferovic, inexistant (lui aussi). Gavranovic est censé amener son dynamisme, ses appels dans la profondeur. Encore faudra-t-il lui donner des ballons.
Trois minutes plus tard, Gavranovic fête son entrée en jeu par un coup sur Bonucci. Carton jaune.
1-0 à la pause et plusieurs problèmes à résoudre en quinze minutes. Comment mieux ressortir le ballon depuis l'arrière, traverser le premier rideau italien, sans recourir à des relances suicidaires? Comment peser davantage sur la défense? Que faire
avec de Shaqiri? Comment exister un peu?
L'Italie fait mal avec ses transitions à la récupération du ballon, où elle privilégie un jeu vertical et rapide. Sa supériorité saute aux yeux les plus aveuglés.
La Squadra Azzurra impose une domination étouffante qu'elle concrétise très naturellement: Berardi déborde Rodriguez puis décale Locatelli qui, seul, n'a plus qu'à propulser la balle dans les buts.
Corner et cafouillage dans les seize mètres suisses. Chiellini, 36 ans, surgit plus vite que tout le monde et croit concrétiser une forte domination italienne (19e). La VAR corrige: la balle avait rebondi sur sa main. Peu importe que ce soit accidentel, le règlement est clair.
Dans la foulée (claquage?), le capitaine italien sort sur blessure. Il est remplacé par Acerbi (AS Rome).
Fidèle à ses nouvelles habitudes, l'Italie presse haut et tente de partir rapidement à l'attaque, avec des passes verticales. La Suisse peine à s'extraire de ce pressing mais une fois franchi le premier rideau, elle rivalise dans le jeu et réussit même quelques incursions dans les seize mètres italiens
Coup d'envoi donné par M. Serguey Karasev. Pour se mettre en confiance, rappelons que l'Italie reste sur 28 matches sans défaites (23 victoires, 5 nuls). L'équipe de Mancini n'a plus perdu depuis le 10 septembre 2018 contre le Portugal (1-0).
Selon David Lemos sur la RTS, il y aurait environ 2000 spectateurs suisses et 15 000 italiens. L'ambiance ferait presque oublier le Covid (mais n'arrangera pas le moral des organisateurs de festival...)
Vladimir Petkovic a offert aux titulaires de Bakou une chance de rachat. Le «Mister» a reconduit le même onze de départ pour affronter l'Italie. Il a donc maintenu sa confiance à Xherdan Shaqiri et croit le joueur de Liverpool capable d'enchaîner quatre matches en huit jours.
Comme samedi dernier, Edimilson Fernandes, Jordan Lotomba et Becir Omaregic ne figurent pas sur la feuille de match.
Dans les rangs italiens, Marco Verratti suivra également la rencontre depuis les tribunes. Depuis l’arrivée sur le banc de Roberto Mancini il y a trois ans, la Squadra Azzura évolue en 4-3-3 avec le duo Jorginho – Verratti à la baguette. Le pressing est haut, l’Italie ne se contente plus de défendre devant ses seize mètres.
Dans le même groupe et en fin de journée, la Turquie a perdu 2-0 face au Pays de Galles, quatre jours après une première défaite 3-0 contre l'Italie. En difficulté en première période, les Turcs ont poussé après la pause mais sans réussir à marquer.
Aaron Ramsey a ouvert le score en première période (42e). Gareth Bale aurait pu doubler la mise mais il a envoyé son penalty au-dessus de la cage. Dans le temps additionnel, Connor Roberts a assuré la victoire des Gallois. Avec zéro point en deux matches et un goal-average de 0-5, la Turquie est quasiment éliminée.
On est sans nouvelles de Simon Ammann. Il n'a pas sauté lors de la saison d'été du saut à skis et n'est pas davantage présent ce week-end pour la finale du Grand-Prix à Klingenthal. «Les chances de le voir disputer une 26e saison de Coupe du monde dès novembre deviennent toujours plus minces», prévient l'agence ATS, soulignant que ni le chef de la discipline (Berni Schödler), ni l'entraîneur du champion saint-gallois (Martin Künzle) ne savent ce qu'Ammann a planifié pour l'hiver. «S'il veut sauter, il devrait bientôt le communiquer. La balle est dans son camp», dit simplement le coach.