Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07154.jsonl.gz/1435

Du réduit communal à l’espace national
Le statut des étrangers dans le canton de Neuchâtel, 1750-1914
Thierry Christ - Sabine Riard, Editions Gilles Attinger - SHAN, Hauterive 2000, Prix: 42 CHF
Qu'est-ce qu'un étranger à Neuchâtel ? Qui est Neuchâtelois, du milieu du 18e au début du 20e siècle ?
C'est à ces questions que répond ce premier volume de la nouvelle collection des publications de la SHAN.
Au 18e siècle, est étranger celui qui n'est pas originaire de sa commune de domicile : un Sagnard à La Chaux-de-Fonds, un Allemand ou un Suisse allemand au Locle. C'est le temps du réduit communal.
Dès les années 1820, le cercle s'élargit. L'étranger, c'est le non-Neuchâtelois : un Allemand, un Français ou un Suisse d'un autre canton. Le Neuchâtelois, c'est celui qui est originaire d'une commune du canton, quel que soit son domicile.
A la fin du 19e siècle, l'étranger, c'est le non-Suisse : on est entré dans l'espace national. Ainsi, est Neuchâtelois tout citoyen suisse domicilié dans le canton de Neuchâtel. Non sans heurts, celui-ci est devenu helvéto-compatible.
L'accord de droits politiques étendus aux étrangers en 1848 a survécu à cette évolution. Aujourd'hui encore, c'est un particularisme neuchâtelois. Pourtant, cette ouverture ne signifiait pas une acceptation de la « différence ». L'exemple des Eglises et des écoles allemandes montre comment on a voulu assimiler, résorber la différence au nom du droit du canton à conserver son identité.