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Le scandale Eulenburg (1906–1909), qui fut suivi avec passion dans le monde entier, marque un moment constitutif de l’histoire globale de l’homosexualité, qu’il rendit pour la première fois dicible dans l’ensemble de l’espace social, y compris en Suisse. Dans les grandes lignes, l’interprétation du scandale dans les journaux helvétiques correspondait à celle de la presse du Nord et du Sud de l’Allemagne, d’Autriche, de France et de Grande-Bretagne. En Suisse également, pays neutre, la presse satirique participa, volontairement ou non, des tendances bellicistes de la presse dans une Europe de l’avant Première Guerre mondiale qui tendait de plus en plus à répondre aux questions touchant au prestige national par des options guerrières. Les interprétations proprement suisses du scandale découlaient de deux éléments que celui-ci reliait: la position, d’une part, vis-à-vis de l’homosexualité et la manière dont, d’autre part, était ressentie l’influence de la monarchie (autocratique) prussienne. A cet égard, se démarquer d’une monarchie dépeinte comme décadente constitua un élément central des prises de position.
Der Eulenburg-Skandal (1906–1909) und seine antimonarchische und antihomosexuelle Deutung in der Schweiz
Erschienen in: traverse 2015/3, S. 72