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Mon résumé :
Joël vit une déception amoureuse qui le pousse à se retrancher à Verbier, au Palace. A l’abri dans cet hôtel, il espère retrouver une certaine sérénité dans ses émotions et du calme pour l’écriture de son livre. Il a « hérité » de la chambre 623, mais quelle n’en fut pas sa surprise lorsqu’il découvre les numéros des autres chambres dans le couloir qu’il traverse : 620, 621, 621 bis, 623. Pourquoi n’y a-t-il pas de chambre 622 ? C’est la question à laquelle Joël tentera de répondre, avec l’aide de Scarlett, une jeune femme rencontrée au Palace.
Après quelques recherches fructueuses, ils découvrent qu’il y a eu un meurtre dans cette chambre, mais que celui-ci n’a pas été résolu. Scarlett arrive à convaincre Joël de mener l’enquête et de faire toute la lumière sur ce qu’il s’est passé dans cette chambre.
Extrait :
Au cinquième étage de l’Hôtel des Bergues, dans la suite 515 qu’il occupait à l’année, Lev Levovitch nouait sa cravate tout en contemplant par la fenêtre le lac Léman qui s’offrait à lui.
Il était songeur. Il pensait à elle. Il ne pouvait penser qu’à elle. Il se demandait si elle était venue passer le week-end avec lui parce qu’elle l’aimait vraiment ou par ennui.
Il ajusta la veste de son costume trois pièces, puis s’assura de la justesse de son noeud Windsor dans le reflet d’un miroir et en profita pour considérer sa beauté insolente. Sur un plateau en argent, un pot de café filtre. Lev Levovitch s’en servit une tasse, mais n’en but qu’une petite gorgée : il était très en retard, il devait partir. Il se saisit du panier de croissants qu’il avait commandé un peu plus tôt et se dirigea vers la salle de bains.
Dans une immense baignoire avec vue sur la ville, une femme se prélassait, perdue dans ses pensées. Elle avait pris sa décision. Elle était folle amoureuse de lui, mais elle devait rompre avant que tout cela n’aille trop loin. Elle ne pouvait pas se permettre de poursuivre cette relation adultère. Si cela venait à s’apprendre, son mari serait terriblement humilié et Lev aurait des ennuis à la banque. Il avait travaillé tellement dur pour en arriver là. Il valait mieux tout arrêter, immédiatement. Avant que trois vies ne soient détruites. Cela lui brisait le coeur, mais c’était mieux pour tout le monde.
A cet instant, Lev apparut dans la salle de bains, vêtu comme un prince. Elle ne put s’empêcher de l’admirer. Il avait en main un plateau chargé de café et de croissant qu’il déposa sur le rebord de la baignoire.
– Votre petit-déjeuner est servi, madame, dit-il en souriant. Mais vu l’heure qu’il est, je peux te commander un déjeuner, si tu préfères. Moi, je dois malheureusement filer, je suis déjà en retard. Reste ici autant que tu veux. Tu es chez toi.
Elle posa ses yeux bleus sur lui et dit d’un ton qu’elle s’efforça d’être sec :
– C’est fini, Lev.
Il eut l’air très étonné :
– Qu’est ce que tu veux dire, Anastasia ?
– Je veux dire que je romps avec toi. C’est fini.
Levovitch accueillit ces paroles par un éclat de rire lumineux.
– Tu ne peux pas faire ça, dit-il, amusé.
– Et pourquoi pas ? s’étonna-t-elle.
– Parce que nous nous aimons, répondit-il comme si c’était une évidence. Nous nous aimons depuis toujours. Nous nous aimons comme nous n’avons jamais aimé. L’amour qui nous lie est le seul sens que connaissent nos vies.
Mon avis :
Les livres de Joël Dicker sont comme lorsque l’on goûte un nouveau parfum de glace, on aime ou on n’aime pas. J’avais adoré la lecture de La Vérité sur l’affaire Harry Quebert, mais je m’étais arrêté à la page 35 de La Disparition de Stephanie Mailer. Je m’étais dit que je ne lirais plus de livres de Joël Dicker.
Et puis il y a eu l’annonce de L’énigme de la chambre 622 et en tant que passionnée de lecture, je suis toujours curieuse. Je me suis donc intéressée à la quatrième de couverture. Une intrigue qui se passe en Suisse et avec un hommage à son éditeur. Il en fallait peu pour titiller mon envie de découverte et j’ai donc laissé une nouvelle (dernière) chance à Joël Dicker. J’ai bien fait !
La première raison de ma lecture, c’est que pour une fois cela se passe en Suisse, entre Genève et Verbier (dans les Alpes suisses). Des endroits qui me parlent et qui donnent une autre dimension au récit, j’ai pu voyager dans un univers connu. J’ai beaucoup apprécié me « promener » dans ces paysages suisses, une impression d’être à la maison.
Je trouve que l’intrigue est bien ficelée. Longtemps, je ne savais pas qui était mort dans cette chambre 622. C’est à la fois déroutant et palpitant. J’ai fait beaucoup de suppositions sur le meurtrier ou la meurtrière. J’ai échafaudé des mobiles et puis tout s’écroulait comme un château de sable. J’ai dû arriver à la fin pour connaître la personne qui avait commis le crime et découvrir le « fameux » mobile.
Dans ce roman policier, Joël Dicker y a également glissé un hommage touchant à son éditeur, Bernard de Fallois, décédé. On découvre un lien émouvant entre ces deux hommes, une amitié forte.
Joël Dicker est très critiqué, d’ailleurs je n’aime pas tous ses livres. Je trouve qu’avec L’énigme de la chambre 622 il m’a pris par la main pour m’emporter dans un nouvel univers. Cette part de lui qu’il a laissé dans ce roman policier me donne une autre image de l’homme qu’il est derrière l’écrivain. C’est un livre de Joël Dicker que je recommande vraiment, pour ce suspens palpitant, mais aussi pour le partage que Joël Dicker nous fait en se livrant.
Genre : Roman policier / Nombre de pages : 576 / Année : 2020 / Édition : Editions de Fallois / ISBN : 979-10-321-0238-1