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jeudi, 28 février 2013
Une nouvelle mouture du plan directeur cantonal supposé « fixer et définir les grandes orientations et les conditions de mise en oeuvre » de la politique d'aménagement cantonal jusqu'en 2030, a été rendue publique le 20 février; elle rectifie celui qu'avait présenté Mark Muller fin 2011, et qui avait suscité une désapprobation presque générale (à l'exception notable de la Ville de Genève). Les deux tiers des communes avaient émis un préavis négatif, et la perspective que Genève ait à construire 50'000 logements en quinze ou vingt ans avait ravivé la polémique sur le maldéveloppement du canton, et même de toute la région. Du coup, si le nouveau plan évoque toujours ce chiffre de 50'000 logements, il n'en fait plus un objectif, mais tout au plus un souhait. La version « tout public » du plan directeur s'intitule «Genève envie». Envie de quoi, au juste ? De nier les évidences ?
vendredi, 05 août 2011
Un « urbanisme » pensé en fonction des bagnoles n'est qu'un agencement, des villes conçues en fonction du trafic automobile ne sont que des échangeurs autoroutiers. Nous en tenons, nous, pour la cité. D'avoir réduit l'urbanisme à une méthode d'agencement de dépôts et d'autoroutes, le capitalisme ne se porte certes pas plus mal, mais dans ces domaines comme dans tous les autres, se manifeste son irrépressible tendance à la dégradation et à la vulgarité. L'urbanisme capitaliste, dans sa version libérale ou dans son adaptation social-démocrate, est un urbanisme frappé d'entropie.
mercredi, 05 janvier 2011
La peur des villes, toujours ?
Depuis 2008, la majorité de la population humaine de la planète vit dans les villes. Et sur ces trois milliards et demi d'urbains, un tiers vivent dans des bidonvilles, des taudis ou dans la rue. Nous sommes donc entrés, mondialement, dans ce qu'Olivier Mongin appelle l'«ère de l'urbain généralisé », un « urbain» dans lequel la ville se dissout dans le périurbain, le suburbain, le rurbain, les espaces privatisés. Ni la Suisse, ni Genève n'échappent à cette dilution de la cité dans ce qui, au bout du compte, la nie : un étalement chaotique dans un espace sans prolongement politique (entre la commune, le canton, l'Etat-nation ou la Confédération, les unions continentales, il n'y a aucune place spécifique pour ce que devient la ville. L'espace urbain n'est plus un espace politique. Il n'est même plus un espace social, au sens d'un espace de commune expérience, partagée entre toutes celles et tous ceux qui y vivent. Et pourtant, la ville politique continue de faire peur... même à Genève...
mercredi, 17 juin 2009
Un comité bidon, dit " Urgence logement " créé et financé par les milieux immobiliers, et peuplé (à deux alibis près) de leurs créatures, lance à grand fracas et à grands frais une pétition pour contrer le référendum que les syndicats, la gauche et l'ASLOCA opposent au préavis municipal sur le déclassement de la zone du " PAV " (Praille-Acacias-Vernets). Une pétition pour contrer un référendum ? c'est idiot, mais peu importe : l'important est de faire du bruit à l'approche des élections cantonales, en se revendiquant d'une " majorité silencieuse fatiguée des blocages ". Mais pas fatiguée des promesses, comme celle du Comité, " 14'000 logements maintenant ! " à la Praille. Pas moins, pas plus tard, pas ailleurs. Une bouffonerie : non seulement il n'y aura pas 14'000 logements à la Praille, ni maintenant, ni jamais, puisqu'il n'y a pas la place, mais le comité bidon ne précise évidemment pas de quels logements il se serait agi : des duplex en PPE à deux millions dans des tours plantées sur un terrain mouvant ?