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Le sapin de noel d'après Wiki
Appelé aussi arbre de Noël, sapin des fêtes et sapin des réjouissances[1] l'installation dans les foyers et la décoration d'un sapin de Noël est une tradition païenne, christianisée par les Églises chrétiennes au long du Moyen Âge et généralisée à la fin du XVIIIe siècle, associée aux cadeaux de Noël.
Le sapin étant devenu un objet de grande consommation pour le mois de décembre, des plantations uniquement destinées à fournir la demande sont réalisées afin de limiter les coupes dans les bois. Jusqu'à il y a peu, le « sapin » de Noël était dans environ 70 % des cas non pas un sapin blanc (Abies alba) mais un épicéa commun (Picea abies), arbre moins cher et à croissance plus rapide, mais qui garde ses aiguilles moins longtemps que le sapin de Nordmann (Abies nordmanniana), apparu plus récemment sur le marché et qui est en constante progression. Au Canada, la tradition veut que l'on utilise le sapin baumier (Abies balsamea) qui a la propriété de dégager un parfum fort apprécié. Une autre essence est aussi utilisée au Canada, le sapin Fraser (Abies fraseri) qui ne donne aucun parfum mais conserve mieux ses épines que le sapin baumier.
Dans le cadre de la tradition chrétienne, l'arbre de Noël ne doit pas être érigé avant la veille de Noël, c'est-à-dire le 24 décembre et doit être enlevé douze nuits après, pour l'Épiphanie[2]. Dans les faits, les décorations des rues démarrent nettement plus tôt et il n'est donc pas rare qu'un sapin survive jusqu'à la Chandeleur peu de jours avant le début du Carême.
Les sapins de Noël peuvent être vendus coupés ou en pot, ce qui permet de le replanter à la fin des festivités. Le sapin replanté peut lui-même servir de sapin de Noël d'extérieur : la généralisation de guirlandes électriques « tous temps » permet aux particuliers de décorer un arbre de leur jardin, souvent visible de la rue, ainsi que la façade de leur maison.
L'usage de sapin artificiel en plastique, souvent pliable, réutilisable, est une alternative à celle du sapin naturel. Certains de ces sapins sont vendus « enneigés » (les feuilles sont en plastique blanc ou elles sont recouvertes d'une poudre blanche) ou même décorés (boules et guirlandes pré-accrochées) voire parfumés. Ce traitement peut aussi être fait sur des sapins naturels. L'image auprès du public d'un sapin en plastique est moins bonne que celle d'un sapin naturel, mais c'est souvent le moyen le plus économique (à long terme), le moins salissant et le plus pratique (pas d'élimination du sapin à prévoir) pour qui habite en ville. De plus, la variété des tailles permet de choisir un sapin correspondant à la place disponible dans l'habitation[3].
On appelle aussi « sapin de Noël » ou « arbre de Noël » d'une entreprise ou d'une organisation la fête organisée par un comité d'entreprise pour les salariés et leur famille, comportant souvent un spectacle pour les enfants, une remise de cadeaux et un goûter[
L'arbre sacré se retrouve dans la plupart des religions indo-européennes. Le mythe commun est que le feu du soleil ou des dieux est volé et donné aux hommes par le biais d'un serpent-éclair[5]. Celui-ci mit feu à l'arbre de la connaissance donnant ainsi la conscience aux hommes. Ils perdent alors leur contact privilégié avec la Nature. Il en est de même pour l'arbre de la connaissance d'Adam et Eve à qui fut proposé le fruit défendu représenté par la pomme, après la tentation du serpent. Dans ces civilisations, des offrandes sont faites sur un arbre qu'on brûle, redonnant symboliquement le feu aux dieux[6]. Le Buisson ardent dans la tradition biblique est aussi la manifestation de Jahvé (Dieu) qui prend la forme du feu.
Chez les peuples baltes et en Sibérie orientale, après une bonne chasse, les meilleurs morceaux sont accrochés en offrande sur un arbre que l'on brûle. Alors que dans certaines des premières tribus germaniques célébrant la tradition de Jul, l'on sacrifiait des animaux et des esclaves mâles en les accrochant aux branches des arbres. Plus tard, dans le Nord de l'Europe, la bûche de Jül était brûlée et les cendres conservées pour protéger la maison de la foudre et pour bénéficier de son pouvoir magique de fécondité[6]. En Scandinavie, les rois vikings sacrifiaient neuf mâles de chaque espèce dans des endroits sacrés, alors que les plus pauvres suspendaient des pommes, des pâtisseries et autres petites offrandes dans les branches. Il est probable que le sapin de Noël soit une continuation de cette tradition, faisant le parallèle entre Adam et Jésus qualifié de nouvel Adam, et de rédempteur, venu effacer le péché originel dû au premier homme. La croix, nouvel arbre de vie, vient supplanter l'arbre d'Adam.
L'Église chrétienne était réticente à la tradition du sapin de Noël, car elle l'associait au paganisme, mais elle renouvela sa symbolique en faisant, d'abord dans les pays germaniques, l'arbre de la naissance du rédempteur. Quand saint Boniface convertit les populations germaniques, le culte de l'arbre fut christianisé et fut admis peu à peu par l'Église au Moyen Âge et surtout rencontra un grand succès au XVIIIe siècle[6]. Elle considéra aussi que les arbres à feuilles persistantes représentaient le renouveau de la vie. Cependant, les légendes médiévales se concentrent plutôt sur une miraculeuse « floraison » des arbres à Noël[7].
En remontant encore le temps, on s'aperçoit que la décoration du sapin vient de l'adoration du dieu païen du Moyen-Orient Attis, plus connu sous le nom de Baal, l'époux d'Astarté. L'arbre serait né du sang d'Attis, lorsque ce dernier s'émascula. Cette tradition a rapport à l’ancien esprit de l’arbre. Le sapin est coupé et décoré avec de l'argent, de l’or et un emblème de la mort et de la renaissance d'Attis, avec une étoile à six pointes de son sacrifice à son sommet. Les Grecs adoraient le dieu Adonis, qui était semblable à Attis[8]. Attis était symbolisé par un sapin que l'on adorait et qui était sacré pour lui. La raison pour laquelle le sapin était considéré comme sacré vient du fait qu'il était vert en hiver quand les autres arbres avaient perdu leurs feuilles[9]. Les emblèmes d'Attis, attachés au sapin, ont été associés aux symboles du soleil que l'on accrochait à son sommet et, ensuite, aux anges. Les décorations de l'arbre de Noël sont facilement identifiées comme le soleil, la lune et les étoiles, représentés par des boules et des guirlandes. Toutefois, il semblerait que les premiers ancêtres du sapin de Noël étaient en fait des chênes, parce que cet arbre est un bon conducteur de la foudre. Toutefois, le sapin le remplacera, car il est plus abondant. À la fête du solstice d'hiver, les Grecs décoraient déjà ces chênes. Dans les villes romaines, des poteaux étaient couverts de branches pour l'occasion[6] Sur des mosaïques romaines en Tunisie, on peut voir le dieu grec Dionysos portant un conifère. Chez les druides celtiques, on décorait aussi les arbres avec des pommes rouges-dorées symbolisant le feu sacré, la vie et la fécondité[10].
La tradition du sapin de Noël est issue de la fusion d'idées chrétiennes avec des traditions païennes plus anciennes[11]. La coutume trouve ses origines en Allemagne. D'après la légende, saint Boniface de Mayence essaya d'introduire l'idée de la Trinité chez les tribus païennes en se servant de conifères et de leur apparence triangulaire. La tradition consistant à accrocher des décorations (représentant des fruits ou des offrandes) sur les arbres est très ancienne, mais celle d'y accrocher des bougies est attribuée à Martin Luther. Le premier sapin de Noël, dit moderne, est rapporté en 1521 à Sélestat en Alsace avec des mentions dans un livre rapportant un gardiennage d'une forêt de sapin pour les protéger de l'arrachage par les villageois. Auparavant, les Mystères de Noël, joués sur les parvis des églises pour raconter la naissance de Jésus, étaient fréquemment accompagnés d'un arbre décoré, symbole de la vie qui renaît et de l'effacement du péché originel par la Nativité.
Lors de l'angelus dominical du dimanche 19 décembre 2004, le pape Jean-Paul II a donné l'explication suivante concernant le sapin de Noël :
L'Allemagne, l'Autriche, la Lorraine et l'Alsace pratiquent assidûment cette tradition dès le XVIe siècle[13]. Dans le dernier quart du XVIIe siècle, la princesse Palatine, belle-sœur de Louis XIV avait vainement tenté d'introduire cet usage à la cour de Versailles. En 1738, Marie Leszczyńska l'épouse de Louis XV introduisit un sapin décoré au château de Versailles sans trop de succès mais, un siècle plus tard, en 1837, un sapin de Noël est installé aux Tuileries à Paris à l'instigation de la princesse royale Hélène[14].
Londres succombe en 1841 à cette tradition après l'érection d'un sapin de Noël au château de Windsor par le prince Albert. Les États-Unis attendent 1850 avant de céder à cette tradition. La Russie orthodoxe, grâce à ses princesses allemandes, connaît cette tradition dès le XVIIIe siècle et elle se généralise dans les familles bourgeoises au XIXe siècle. Cette tradition mettra plus de temps à pénétrer en France : Il faut attendre la guerre franco-prussienne de 1870 pour que les immigrés de l'Est de la France généralisent cette tradition germanique à l'ensemble du pays, mais cette généralisation, à laquelle chaque région apporte sa petite touche dans la décoration (ainsi, par exemple, les petits personnages en coton et les cheveux d'anges viennent de Lyon) ne sera effective que dans les années 1930-1940[10].
L'introduction au Québec a été plus précoce qu'en France. Cette tradition fut introduite dès 1781 par les mercenaires allemands et en particulier le major général von Riedesel, des troupes de Brunswick, et son épouse[15]. Il planta, à Sorel, le premier sapin de Noël nord-américain. Cette coutume se répandit au cours de l'époque victorienne, se limitant toutefois à la classe bourgeoise. À partir de 1920, cette pratique commença à se généraliser dans les grands centres urbains. En milieu rural cependant, le sapin décoré ne devint une réalité familière qu'au cours des années 1930. Du petit sapin de table on passa, vers la fin du XIXe siècle, aux premiers sapins de grande dimension. Cette nouvelle mode serait attribuable à l'arrivée des premiers supports en métal sur le marché. Dans les milieux populaires, on remplaçait ces supports trop coûteux par deux planchettes de bois croisées et clouées ou on plantait le sapin dans un seau rempli de terre[16].
Première mention écrite du « sapin de Noël » à Sélestat en 1521. Arbre de vie, symbiose de nombreux rites païens, la tradition du sapin de Noël plonge ses racines dans la nuit des temps. Orné à l’origine d’hosties et de pommes rouges, symboles des fruits de la rédemption (l'hostie) et de la tentation (la pomme d'Adam), on en trouve la première mention pour l'Alsace, à Sélestat, dans un document datant de 1521 et conservé à la Bibliothèque Humaniste de cette ville. Il est question dans un livre de comptes d’une dépense de 4 shillings pour payer des gardes forestiers chargés de surveiller les arbres dans les forêts municipales... et d’une amende infligée à quiconque coupera les-dits sapins de Noël[17].
Le sapin de Noël se caractérise aussi par les décorations qu'il porte. Celles-ci sont de plusieurs types :
La crèche de Noël, souvent associée, n'est pas un accessoire du sapin, elle est simplement concomitante. Autant le sapin a une double origine païenne et chrétienne, autant la crèche n'a qu'une signification religieuse[19].
En Belgique, la production est en 2009 presque exclusivement issue des forêts ardennaises wallonnes, principalement en province de Luxembourg, Liège et Namur.
En un demi-siècle, la production a été quadruplée pour atteindre 4 millions d’arbres. Quatre arbres de Noël sur cinq partent pour l’exportation, essentiellement dans les pays voisins et en Italie. Un sapin ardennais parcourt, en moyenne, un millier de kilomètres[20].
Au Canada, où la production du sapin de Noël est concentrée, quelque 300 entreprises spécialisées dans la production cultivent annuellement plus de 110 km² d'arbres de Noël. La récolte atteint deux millions d'arbres. Cette production génère des revenus évalués à 30 millions de dollars, selon le ministère de l'Agriculture du Québec[21]. Mais depuis quelques années, la production d'ornements dérivés du sapin de Noël prend de plus en plus d'ampleur. Selon Statistique Canada, le Canada en exporte pour 47,7 millions de dollars[21].
Le Danemark est le plus important exportateur au monde de sapins de Noël. Les 4 000 exploitants forestiers danois exportent 10 millions d'arbres, qui sont à 95% de l'espèce Nordmann. Ce commerce rapporte annuellement près de 150 millions d’euros[21].
La coupe commence le 15 novembre et dure quatre semaines dans d'énormes plantations. Chaque bûcheron coupe jusqu'à mille sapins de Noël par jour ; il est payé trente centimes d'euro par arbre coupé. Il faut entre six et huit ans pour qu'un nordmann soit à la taille d'un sapin de Noël. Il existe 3 catégories : la première avec des branches bien réparties et une belle flèche en haut du sapin (33 % de la production), la deuxième catégorie plus moyenne et la troisième catégorie de qualité médiocre[22].
La moitié des sapins vendus en France viennent de Bourgogne. On distingue deux espèces :
Dans l'hémisphère sud, Noël est en plein été et l'arbre de Noël est quelque peu différent. En Nouvelle-Zélande, par exemple, c'est le pohutukawa, dont les fleurs rouges éclosent lors des fêtes de fin d'année[23].
Le sapin de Noël naturel est un choix écologique. Il constitue également le choix éthique puisqu'il génère des emplois locaux, soutenant l'économie locale, étant cultivé localement. Une étude professionnelle portant sur l'analyse du cycle de vie des sapins de Noël révèle qu'un arbre de Noël artificiel devra être utilisé pendant au moins 20 ans afin d'avoir aussi peu d'impact sur l'environnement que le sapin de Noël naturel[24]. L'étude révèle également qu'un arbre de Noël naturel génère environ 3 kg de gaz à effet de serre tandis qu'un arbre artificiel en émet environ 8 kg par année.
Les arbres artificiels sont très populaires aux États-Unis d'Amérique, où malgré leur manque de réalisme (à la vue et à l'odeur), on les considère comme plus pratiques et, s'ils sont réutilisés plusieurs années de suite, moins chers que de vrais arbres. Certains conservent l'arbre entier, encore décoré, dans de grands sacs prêts à l'emploi pour l'année suivante. Aux États-Unis, environ 70 % des arbres sont artificiels[25]. Dans la plupart des pays d'Europe, les arbres en plastique sont encore considérés comme étant de très mauvais goût, même si les guirlandes électriques ont remplacé les bougies dans la plupart des foyers et il existe des systèmes de diffusion de parfums tentant de recréer l'odeur du sapin naturel.
Les arbres artificiels ont l'avantage de présenter moins de risques d'incendie et peuvent s'avérer indispensables pour ceux qui présentent des allergies aux conifères. Ils sont appréciés par les parents de jeunes enfants car ils demandent moins de surveillance, l'enfant ne pouvant se piquer ni avaler une aiguille[26].
De plus, le mode de production intensif des sapins naturels destinés à une utilisation festive est assez critiqué : bien que ne contribuant pas à la déforestation, puisqu'ils sont essentiellement cultivés dans des plantations spécialement aménagées, la réduction de la diversité biologique liée à la monoculture dans ces zones en perturbe l'écosystème. Pour avoir une belle couronne (branches du bas) il faut que la plantation soit bien propre, l'utilisation de certain désherbants peut être préjudiciable, certains produits sont d'ailleurs supprimés de la vente, en revanche la transformation de CO2 en oxygène confère aux sapins naturels des vertus écologiques[27].