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Histoire & références
De l’été 1940 à l’automne 1944, la Suisse se retrouve encerclée par les puissances de l’Axe et menacée en particulier par le Troisième Reich, dont «l’Ordre nouveau» l’aurait comprise à terme. Pris de court après la défaite éclair de la France, le pays s’organise alors autour de son «réduit national», dont le Fort de Chillon constitue la porte d’entrée occidentale.
L’histoire de la Seconde Guerre mondiale sera toujours un sujet relativement difficile à aborder, comme le fait remarquer une analyse faite 10 ans après la sortie du Rapport Bergier: «Les perceptions se sont à tel point polarisées que ce sont deux histoires bien différentes qui sont racontées, et qui toutes deux ont trouvé leur public. L’une évoque une Suisse et son industrie très développée, étroitement associée aux puissances de l’Axe. L’autre met en évidence la volonté d’un peuple de se défendre, l’indépendance politique, sociale et culturelle du petit état neutre. Isoler l’une de l’autre ces deux façons de présenter l’histoire revient à créer deux mythes qui s’opposent, celui d’une Suisse affairiste et immorale, contre celui, lumineux, d’une stratégie de survie réussie». (Source: Memorado.ch. Le rapport Bergier dix ans après)
Pendant la période 39-45, quatre acteurs principaux se côtoient et interagissent à l’intérieur comme à l’extérieur du pays.
- Le Conseil fédéral
Le Conseil fédéral, qui a reçu les pleins pouvoirs des deux chambres le 30 août 1939 et qui dirigera le pays sans en référer à quiconque pendant toute la période de la guerre.
- Le Général Guisan
Le Général Guisan, élu par les deux chambres le même jour à la quasi-unanimité (204 voix sur 229). Omniprésent sur le terrain, tant au sein des troupes que de la population civile. Il y acquerra une immense popularité.
- La finance
La Banque Nationale et milieux bancaires publics et privés, assurances, bureaux d’avocats et fiduciaires
- L'économie
Vorort, industries lourde et de précision continuant à développer leurs exportations
Le rapport Bergier a traité seulement en profondeur l’attitude du Conseil fédéral face à la politique d’asile et de refoulement, le rôle de la place économique et le travail forcé dans les filiales de sociétés Suisse en Allemagne, le transit CFF, l’or de la BNS et les fonds en déshérence. Il en a tiré les conclusions appropriées en publiant les preuves de ce qui s’était passé. La menace militaire ou le rôle de la Suisse comme plaque tournante pour le renseignement n’ont en revanche pas été abordés.
L’Armée avec sa stratégie du réduit national, en revanche, est restée quasiment incontestée jusqu’à la fin de la Guerre froide, portée par un général charismatique.
La stratégie du réduit national a évité l’invasion de la Suisse. Bluff ou réalité? Et pourquoi pas tous les deux?
Quoi qu’il en soit, le décor est planté, le mythe est né. Le Général Guisan a réussi son «coup de poker», marquant ainsi l’histoire de son empreinte.
Le «réduit» restera le fil conducteur de la stratégie de l’armée suisse jusqu’à la fin de la guerre froide. D’ailleurs, ne construisons-nous pas un abri antiatomique dans chacune de nos maisons? Le Réduit fait en quelque sorte partie de l’ADN de la Suisse.