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Le milliardaire tchèque Radovan Vitek entend continuer à investir à Crans-Montana (VS), malgré un long litige portant sur les remontées mécaniques avec les communes de la région, une querelle résolue vendredi. Il veut faire de la station "la plus belle" des Alpes.
"Aujourd'hui (...) il y a un réel problème de lits froids. Les hôtels ont fait place aux résidences secondaires" à Crans-Montana, explique M. Vitek dans un entretien diffusé lundi par Le Temps. Il va donc construire un hôtel et des appartements à Mérignou, dans la commune de Lens.
"Si je vois que cela marche, je pourrais en faire de même sur les trois autres parkings qui m'appartiennent". Son idée est d'offrir aux clients une "expérience de A à Z", alliant le ski, les repas et l'hébergement. "Cela fonctionne partout dans le monde. Ça doit donc aussi être le cas en Suisse", note-t-il.
Accord sur CMA Immobilier
Il rappelle que cette idée a simplement pris du retard "à cause de querelles microscopiques avec les politiques de la région". Le litige, qui plombait depuis deux ans les remontées mécaniques de Crans-Montana Aminona (CMA), portait sur la vente à CMA de la société CMA Immobilier, propriété de Radovan Vitek.
La société qui gère les parkings et les restaurants de la station a été vendue pour un montant de 35,4 millions de francs. La valeur de cette société aurait été largement surévaluée, plongeant les remontées mécaniques dans des difficultés financières.
Un accord a été trouvé vendredi aux termes duquel M. Vitek s'est engagé à racheter CMA Immobilier au prix auquel il l'avait vendue il y a deux ans à CMA, soit 35,4 millions de francs. Cette vente en décembre 2016 avait créé d'énormes tensions avec les communes de la région.
Les discussions ont été menées par Radovan Vitek, les présidents des communes de Lens et d'Icogne et le représentant des communes au conseil d'administration de CMA, sous la médiation du conseiller d'Etat Christophe Darbellay.
Un président fâché
Exclu des discussions qui ont conduit à cet accord, le président de Crans-Montana Nicolas Féraud s'en prend au conseiller d'Etat Christophe Darbellay. Il dénonce une "ingérence institutionnelle" dans une interview parue lundi dans le Nouvelliste. "On évince simplement tous ceux qui auraient un avis différent de celui avec qui on est pressé de conclure. C'est inacceptable et inimaginable", dit-il.
Le représentant des communes au conseil d'administration, conseiller communal de Crans-Montana, est aussi la cible de Nicolas Féraud. Il parle d'"usurpation de fonction" de la part d'un homme "qui prend des décisions sans en référer au conseil communal qu'il représente". Pour M. Féraud, la manière de procéder est "une gifle monumentale lancée à la figure de la démocratie".
Le ministère public valaisan a ouvert une instruction préliminaire sur la transaction. Le président de Crans-Montana demandera au conseil communal de se porter partie civile. Il affirme qu'il poursuivra son combat pour la défense des intérêts des habitants.
La procédure ouverte n'inquiète pas le milliardaire tchèque. "Je suis serein", déclare M. Vitek dans Le Nouvelliste. "Je respecte la justice", ajoute-t-il, soulignant que, s'il a pris la décision de racheter CMA Immobilier, c'est à cause des articles de presse, qui le "font passer pour un voleur".
"Une connerie"
Le milliardaire tchèque explique vouloir verser "ces 35 millions à CMA en 'cash'" et propose aux actionnaires qui se sentent encore lésés de racheter leurs actions.
Il reconnaît que le fait de fermer les remontées mécaniques de Crans-Montana en avril dernier en raison d'un différend avec les trois communes de la station de ski sur la redevance annuelle était "une connerie". Le litige financier avait finalement trouvé une solution quelques jours plus tard.
"Pour les trois prochaines années, comme nous l'avons convenu avec les communes en mai, il n'y a pas de surprises. Les dates d'ouverture et de fermeture sont connues", promet M. Vitek.