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Suivi de la population d’amphibiens sur le site de l’Etang Corbat à Porrentruy (JU)
L’Etang Corbat à Porrentruy est un site de reproduction de batraciens d’importance nationale depuis 20 ans. Historiquement, l’étang Corbat était entourée de cultures agricoles exploitées intensivement.
Dans les années 1990, une étude d’impact sur l’environnement (EIE) a démontré que le projet de construction de l’autoroute A16 au sud de l’étang allait couper les voies de migration des amphibiens allant se reproduire dans l’étang et hivernant dans les forêts aux alentours. Toute une série de mesures ont donc été mises en place pour éviter et compenser cet impact, tel que l’aménagement d’un crapauduc sous la nouvelle route cantonale et de passages à faune sous l’autoroute mais également la création d’une grande forêt humide avec une série de gouilles temporaires attenantes à l’étang, ainsi que 3 mares à proximité des forêts. Le but de ces dernières mesures était de sédentariser les populations en offrant des sites de pontes supplémentaires plus proches des forêts où hivernent les batraciens.
Suite à la mise en place de ces mesures, un premier suivi des populations d’amphibiens avait été effectué en 2009, puis un deuxième en 2015. Lors de ces suivis, des barrières temporaires avec des seaux enterrés ont été mis en place autour de toutes les mares ainsi qu’au passage à faune et aux passages sous la route cantonale. Le but étant de capturer la totalité des individus se déplaçant vers les plans d’eau et de préciser les voies de migrations et leurs fréquentations. Ensuite, chaque matin durant la période de migration (entre mi-février et mi-avril en principe), les seaux ont été relevés, les amphibiens comptés, déterminés et libérés dans les plans d’eau.
Les conclusions principales des deux premiers suivis étaient les suivantes :
- Une grande partie des amphibiens se reproduisant dans l’étang Corbat hiverne vraisemblablement dans la forêt humide ou sur le pourtour de l’étang, ce qui confirme la sédentarisation souhaitée dans le cadre des aménagements réalisés
- Une partie importante des individus hivernant dans les forêts se reproduisent dans les trois mares aménagées
En 2022, un troisième suivi a actuellement lieu. Ce suivi permettra de confirmer si les conclusions principales des précédents suivis sont toujours valables, mais surtout à suivre l’état de la population en comparant la quantité d’individus capturés. Ce printemps était particulier car il y a eu très peu de pluie, ce qui fait qu’il n’y a pas eu de gros pic de migration comme lors des précédents suivis. Cependant, même si le suivi n’est pas tout à fait terminé, nous pouvons déjà dire que le nombre de batraciens capturés a fortement diminué depuis 2009. Ce constat inquiétant semble être le même sur l’ensemble des sites de reproduction de batraciens du Plateau Suisse. D’autres conclusions suivront suite à la fin des relevés et suite à l’analyse des données.
Maitre d’ouvrage : République et Canton du Jura (Section des constructions routières du Service des Infrastructures)
- Porrentruy Ouest avant la construction de l’autoroute A16 (1970) et actuellement. L’étang Corbat est représenté de manière rectangulaire sur la carte de 1970. On aperçoit les 3 mares aménagées proches des forêts, ainsi que la forêt humide aménagée à côté de l’étang Corbat et le ruisseau de Bressaucourt remis à ciel ouvert qui se déverse dans la forêt humide.
- Les barrières temporaires en bâche sont posées tout autour des étangs afin de capturer les amphibiens s’y dirigeant.
- Des seaux enterrés sont répartis régulièrement le long des barrières temporaires.
- Les amphibiens y tombent durant les nuits de migration puis sont récoltés, comptés et identifiés le lendemain matin.