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MIEUX COMPRENDRE LES PRINCIPES DE BASE
Nos poumons font passer l’oxygène dans notre sang, et donc dans toutes les cellules de notre corps, par l’intermédiaire de la respiration. L’oxygène est indispensable pour les processus métaboliques de notre organisme. À chaque respiration, nous inspirons de l’air par la bouche ou par le nez. Si nous inspirons par le nez, l’air est en outre filtré par les poils du nez et par les muqueuses.
Nous pouvons, avec une seule inspiration, absorber
litres d’air, voire plus lors d’un effort
Nous respirons
fois par jour
Nous pourrions remplir
montgolfière avec l’air que nous inspirons en une journée
L’être humain a
millions d’alvéoles pulmonaires
Pour que l’organisme reçoive suffisamment d’oxygène et puisse fonctionner correctement, nous inspirons chaque fois au moins un demi litre d’air. Mais cette quantité peut varier considérablement lors d’un effort.
Structure : comment fonctionnent les poumons ?
Nous avons deux poumons : le poumon gauche est divisé en deux lobes pulmonaires, le droit en trois lobes. Les deux poumons sont reliés entre eux par des vaisseaux sanguins et des vaisseaux lymphatiques.
Pendant la respiration, de l’air s’engouffre dans la trachée et les deux bronches souches. Ces deux branches se divisent en branches de plus en plus petites et fines, les bronches et les bronchioles. Les bronchioles les plus petites se terminent par de petites poches, les alvéoles, au nombre d’environ 300 millions. C’est ici que l’échange gazeux a lieu : l’oxygène passe dans le sang et le dioxyde de carbone en est extrait, canalisé dans les poumons d’où il est expiré. Nous effectuons environ 12 à 15 cycles respiratoires par minute.
Structure des poumons : les poumons humains se composent d’un poumon droit et d’un poumon gauche. Le poumon gauche est légèrement plus petit que le droit, le cœur se trouvant à gauche. Chaque poumon, à son tour, est divisé en lobes séparés par des sillons, appelés scissures. Le poumon droit se compose de trois lobes, le gauche en a seulement deux.
L’arbre bronchique
Les alvéoles pulmonaires : c’est dans les alvéoles, des petites poches minuscules, qu’a lieu l’échange gazeux respiratoire. Le gaz carbonique est remplacé par de l’oxygène frais.
Comment se développe un cancer du poumon ?
La division cellulaire est un processus naturel de l’organisme. Toutefois, lorsque les cellules connaissent une prolifération anarchique dépassant le cadre de la division cellulaire normale et s’infiltrent dans le tissu sain qu’elles détruisent, le monde médical parle alors de tumeur. Dans les poumons, ce type de tumeur se nomme carcinome bronchique.
Les cellules cancéreuses pulmonaires peuvent aussi quitter leur tumeur primaire pour migrer avec le sang ou le système lymphatique vers d’autres organes et y former des métastases. Elles utilisent pour cela différents mécanismes. Elles peuvent se diviser infiniment, maintenir certains signaux de croissance, esquiver certains signaux destinés à stopper la croissance, ou encore enrayer la mort cellulaire programmée. Cette dernière sert à détruire des cellules modifiées par la maladie. Les cellules cancéreuses peuvent se dérober au système immunitaire et induire la formation de vaisseaux sanguins propres afin d’être mieux nourries.
Division cellulaire
(1) La division cellulaire d’une cellule saine s’effectue de façon contrôlée.
(2) En cas de dommage cellulaire irréparable, la cellule saine se détruit elle-même, c’est la mort cellulaire.
(3) Si, malgré un dommage cellulaire irréparable, la cellule ne se détruit pas elle-même de manière contrôlée, on parle de cellule cancéreuse. Elle grandit et se divise, on est alors en présence d’une croissance tumorale.
Les différentes formes du cancer du poumon : qu’est-ce qui distingue le cancer du poumon ?
Plus de la moitié des tumeurs cancéreuses du poumon se développent dans la partie supérieure du poumon, notamment dans les bronches. Cette zone est plus fortement exposée aux substances nocives provenant de l’extérieur, susceptibles de favoriser la naissance d’une tumeur. Mais toutes les parties du poumon peuvent être touchées par une tumeur.
La taille des cellules cancéreuses diffère également, ce qui permet de distinguer un cancer du poumon non à petites cellules et un cancer du poumon à petites cellules.
Cancer du poumon non à petites cellules
Le cancer du poumon non à petites cellules (CPNPC – en anglais NSCLC – Non Small Cell Lung Cancer) est la forme la plus courante et concerne environ 80 % des personnes atteintes. Il grandit plus lentement et peut être diagnostiqué à un stade précoce avant qu’il ne produise des métastases. Ses chances de guérison sont souvent meilleures.
Cancer du poumon à petites cellules
Le cancer du poumon à petites cellules (CPPC – en anglais SCLC – Small Cell Lung Cancer) grossit souvent particulièrement rapidement et forme tôt des métastases dans d’autres organes.
SYMPTÔMES : COMMENT LE CANCER DU POUMON SE MANIFESTE-T-IL ?
Les symptômes du cancer du poumon sont souvent perçus trop tardivement, ou mal interprétés. En effet, aux stades précoces, il ne provoque des troubles que rarement. Pourtant, il existe quelques premiers signes physiques qui peuvent éveiller des soupçons et dont l’origine doit être éclaircie par un médecin :
- Toux, notamment toux de fumeur persistante qui change subitement
- Essoufflement et respiration sifflante
- Douleurs thoraciques
- Enrouement et difficultés de déglutition
- Expectoration de sang ou de crachats sanguinolents
- Douleurs diffuses dans la poitrine ou le buste
- Sensation permanente de fatigue ou de faiblesse
- Perte de poids importante
DIAGNOSTIC : CANCER DU POUMON
Le poumon n’a pas de récepteurs sensoriels de la douleur (fibres nociceptives) et les personnes atteintes ne ressentent rien au début. C’est pourquoi un grand nombre de carcinomes bronchiques ne sont découverts que par hasard, par exemple lors d’examens de routine ou avant une opération. Le cancer du poumon ne pouvant pas toujours être clairement décelé au stade précoce, un diagnostic sûr nécessite différents examens.
Méthodes : comment se déroule le diagnostic ?
Les différentes méthodes d’examen ne servent pas seulement à détecter un cancer du poumon, elles peuvent aussi fournir des renseignements essentiels sur la nature de la tumeur, importants pour le pronostic et le traitement :
- Est-ce une tumeur maligne ?
- De quelle sorte de cancer du poumon s’agit-il ?
- Où exactement se trouve la tumeur dans le poumon ?
- La maladie est-elle déjà à un stade avancé ?
Après l’anamnèse, donc l’enregistrement de vos antécédents médicaux, de votre mode de vie ou de vos problèmes de santé actuels, il existe différentes méthodes d’examens possibles. Celle qui sera choisie pour vous dépend de votre situation individuelle. Il n’est pas toujours nécessaire de faire tous les examens.
Échographie
Une échographie envoie dans le corps des ondes qui sont réfléchies par le tissu avec une intensité variable. Cela crée des images qui peuvent révéler d’éventuelles anomalies.
Radiographie
La radiographie du thorax permet de visualiser une tumeur à partir d’une certaine taille, mais aussi de la localiser dans le poumon.
Tomodensitométrie (TDM)
La tomodensitométrie, dite aussi scanographie, peut visualiser des zones qui passent inaperçues à la radiographie. Un ordinateur calcule des images sous forme de coupes transversales qui renseignent avec une plus grande exactitude sur la taille de la tumeur, sa position et son étendue.
Imagerie par résonance magnétique (IRM)(MRT)
L’imagerie par résonance magnétique utilise des champs magnétiques puissants afin, également, d’obtenir une image aussi exacte que possible de la tumeur. Cet examen est réalisé avant des interventions chirurgicales et pour le diagnostic de métastases.
Tomographie par émission de positrons (TEP)
La tomographie par émission de positrons dévoile les tumeurs et les métastases par l’intermédiaire d’une sorte de scanner. Le patient boit au préalable une solution sucrée faiblement radioactive et traverse un anneau. Les cellules cancéreuses ayant un besoin considérablement accru de sucre, ce dernier se concentre surtout dans les cellules tumorales, et les rend donc visibles.
Bronchoscopie
Pour une bronchoscopie, le médecin introduit par la bouche ou le nez un tuyau souple jusque dans les bronches. La bronchoscopie a pour but de prélever des échantillons tissulaires dans la zone pulmonaire suspecte, ou de collecter des cellules par lavage broncho-alvéolaire ou par brossage bronchique. Les échantillons sont alors soumis à des examens afin de déceler d’éventuelles modifications des tissus et des cellules et de déterminer s’il s’agit d’une tumeur bénigne ou maligne.
Biopsie à l’aiguille fine (BAF)
Une biopsie à l’aiguille fine permet de prélever des cellules pulmonaires à l’aide d’une longue aiguille fine pour les soumettre à un examen histologique.
Médiastinoscopie
Il est fréquent que, en présence d’un carcinome pulmonaire, les ganglions situés dans le médiastin (espace séparant les deux poumons) soient également impliqués. La médiastinoscopie examine donc l’espace entre les deux poumons, le médiastin. Une petite sonde permet de prélever des échantillons tissulaires.
Examen des crachats
Il est possible d’examiner les crachats expectorés par la toux pour chercher des cellules tumorales dans des fragments détachés de la muqueuse des bronches. L’examen porte généralement sur des échantillons de trois jours différents.
Examen de pathologie moléculaire
Dans certains cas, il est possible de trouver des anomalies concrètes sur le matériel héréditaire des cellules, responsables de la tumeur. L’identification de ces « biomarqueurs » a une influence importante sur la décision du médecin pour le traitement.
Stadification : à savoir, classification
La stadification du cancer sert à adapter avec précision le traitement à la maladie. En effet, les options de traitement varient en fonction du stade. Un certain nombre de critères sont décisifs dans l’affectation des types de tumeur aux différents stades. On utilise, pour le cancer du poumon non à petites cellules, la classification dite TNM, ces trois lettres désignant :
- T (tumeur) : étendue et comportement de la tumeur primaire
- N (nœud) : absence ou présence de métastases dans les ganglions lymphatiques
- M (métastase) : absence ou présence de métastases à distance
Classification des stades de I à IV basée sur la stadification TNM
|IA||La tumeur est limitée à un poumon.|
|IB|
|IIA||Le cancer touche en outre au moins un ganglion lymphatique à la racine du même poumon. Mais aucun signe ne justifie la présence de métastases à distance dans d’autres organes.|
|IIB|
|IIIA||La tumeur est déjà largement étendue dans un poumon. Elle s’est aussi propagée aux ganglions lymphatiques proches et plus éloignés, par exemple à la racine de l’autre poumon. Pas de métastases à distance non plus à ce stade.|
|IIIB|
|IIIC|
|IV||Le cancer du poumon a formé des métastases à distance dans un ou plusieurs organes. La taille de la tumeur, son étendue et l’implication de ganglions lymphatiques ne jouent en outre aucun rôle pour la stadification.|
Pour le cancer du poumon à petites cellules, on distingue deux stades :
- Le stade limité (limited disease, LD) : la tumeur est limitée à un poumon et un seul côté du thorax.
- Le stade étendu (extensive disease, ED) : dans ce cas, la tumeur s’est déjà propagée au deuxième poumon, hors du poumon (par exemple dans la paroi thoracique) ou dans d’autres organes.
Dépistage : l’examen histologique
Les caractéristiques génétiques des cellules tumorales apportent un autre indice dans le choix des traitements possibles. Pour un cancer du poumon non à petites cellules, elles peuvent fournir des informations sur l’efficacité et le mode d’action de traitements ciblés. Le tissu tumoral est soumis pour cela à une analyse génétique. Ce dépistage de biomarqueurs peut révéler l’existence de modifications génétiques. Si les tests confirment leur existence, on peut dans certains cas envisager un traitement ciblé qui s’attaquera à la caractéristique individuelle de la tumeur.