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Par le passé, la route cantonale reliant Gruyère à Moléson a été menacée par plusieurs avalanches à la hauteur du pont sur la rivière L'Albeuve. A chaque fois, la zone de déclenchement de l'avalanche se trouvait sur les hauts des pâturages de l'alpage des Traverses. Afin d'éviter à l'avenir tout risque de nouvelle avalanche d'importance, il a été décidé de construire des ouvrages de protection.
Par le passé, la route cantonale reliant Gruyère à Moléson a été menacée par plusieurs avalanches à la hauteur du pont sur la rivière L'Albeuve. Par deux fois, une avalanche a atteint la route. Tout d'abord en 1964, alors que la route était encore en construction, puis en 2006 lorsqu'une coulée d'environ 25'000 m3 de neige fraiche avait dévalé la pente, se déversant jusque dans L'Albeuve, risquant de l'obstruer et de provoquer des débordements. Plus récemment, en mars 2009, à la suite de très fortes chutes de neige (62 cm en 24h), une avalanche a été déclenchée artificiellement afin de prévenir tout risque pour les usagers de la route cantonale. Cette coulée s'est arrêtée dans le couloir de transit.
A chaque fois, la zone de déclenchement de l'avalanche se trouvait sur les hauts des pâturages de l'alpage des Traverses, entre 1400 et 1600 m d'altitude, sur le territoire communal de Bas-Intyamon. Une fois les masses de neige en mouvement, celles-ci convergeaient dans un couloir étroit de plus de 600 m de longueur menant jusqu'à l'intersection de la route avec la rivière L'Albeuve. Le temps nécessaire à la coulée pour atteindre la route est d'environ 30 à 40 secondes.
Afin d'éviter à l'avenir tout risque de nouvelle avalanche d'importance, qui pourrait toucher des personnes et des objets ainsi que couper l'accès à Moléson, il a été décidé de construire des ouvrages de protection. Les travaux ont débuté en juin 2017. Ils s'achèveront en été 2018.
Différentes variantes de défense contre les avalanches ont été étudiées par la commune de Gruyères en étroite collaboration avec le Service des forêts et de la faune et le Service des ponts et chaussées. Finalement, le choix s'est porté sur la construction d'ouvrages de protection sous la forme de râteliers et de trépieds en bois.
Ainsi, 118 râteliers paravalanches en bois de châtaignier du Tessin ont été installés. Ceux-ci empêchent le déclenchement des coulées. Leur durée de vie est d'environ 35 ans. Durant ce laps de temps, ces ouvrages permettront également l'installation d'un peuplement forestier. Les râteliers sont donc une mesure temporaire qui protège contre le déclenchement des avalanches en attendant que la forêt prenne durablement le relai à l'avenir.
Pour augmenter la protection contre la reptation de la neige, non seulement sur le rajeunissement naturel en place, mais aussi sur les piliers des râteliers, une septantaine de trépieds en bois seront au total installés tout autour du périmètre. D'un point de vue sylvicole, aucune plantation n'est nécessaire. Par contre, une clôture séparera les constructions du reste du pâturage. Celle-ci empêchera le bétail, qui ne pâturera plus que sur le bas de l'alpage, d'abroutir le rajeunissement naturel et de se frotter contre les ouvrages en bois, risquant de les déstabiliser. Ces clôtures ainsi que les derniers trépieds restants seront posés en 2018, dès que les conditions climatiques le permettront.
Afin de rendre possible la mise en place du projet, la commune de Gruyères a acheté, à un propriétaire privé, la parcelle sur laquelle les ouvrages ont été implantés.
Tout le matériel destiné à la construction des râteliers et des trépieds a été acheminé par la voie des airs. Un hélicoptère a ainsi effectué près de 300 rotations depuis Moléson-Village. Sur place, à l'aide d'une pelle araignée, retenue par un câble pour les portions de terrain où la déclivité était la plus raide, un machiniste creusait les fouilles nécessaires à l'installation des ouvrages. En plus, deux ouvriers et un apprenti du triage forestier du Moléson, sous la conduite de son garde-forestier Ludovic Donzallaz, s'affairaient à la mise en place des râteliers et des trépieds.
Au final, selon les estimations actuelles, 160 m3 de bois seront utilisés en tout pour les râteliers et les trépieds. Les coûts totaux de l'opération se monteront à quelques 600'000 CHF, subventionnés par le Service des forêts et de la faune à hauteur de 70%. Ce chantier aura également permis aux apprentis forestiers-bûcherons fribourgeois de découvrir et de se familiariser avec les travaux de génie d'ouvrages de protection paravalanche par le biais d'un cours de formation de 2 semaines organisé sur place.
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