Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07148.jsonl.gz/1129

Diego Maradona a écrit une page de l'histoire du football le 22 juin 1986 en inscrivant deux buts en l'espace de 240 secondes en quart de finale de la Coupe du monde au Mexique. Surtout grâce au premier, marqué par la main de Dieu.
Le no 10 de la sélection argentine est entré dans la légende ce jour-ci, sur deux coups de génie. Mais la beauté du second, un époustouflant solo qui a «enrhumé» quasiment toute l'équipe d'Angleterre, n'effacera jamais la malice du premier.
La première mi-temps de ce quart de finale, joué sous une chaleur écrasante, avait laissé les quelque 114'600 spectateurs de l'Estadio Azteca et les téléspectateurs du monde entier sur leur faim. Mais Diego Maradona leur a rapidement offert de quoi alimenter les discussions pendant des décennies encore.
«Un peu la tête de Maradona»
A la 51e minute, «El Pibe de Oro» prenait le meilleur dans un duel aérien sur le gardien Peter Shilton, pourtant plus grand de 20 cm, pour débloquer la situation après un assist bien involontaire de l'Anglais Steve Hodge. L'arbitre Ali Bin Nasser validait cette réussite sans broncher.
Mais le Tunisien fut peut-être bien la seule personne présente dans le stade, voire même devant son poste de télévision, à ne pas accepter tout de suite l'évidence: Diego Maradona s'était bien aidé du poing gauche pour devancer la sortie de Peter Shilton.
«C'était un peu la tête de Maradona et un peu la main de Dieu», avait d'ailleurs déclaré l'Argentin après le match, créant ainsi la fameuse expression tout en entretenant la polémique. «Quand j'ai vu le ballon monter, monter, monter, je me suis dit je ne l'atteindrai jamais, s'il te plaît, descends», a-t-il récemment dit.
Une revanche
Diego Maradona ne se sentait pas franchement coupable. Bien au contraire: «C'était un bon sentiment, comme une sorte de vengeance contre l'Angleterre». Quatre ans après la guerre des Malouines perdue par l'Argentine face à l'Angleterre, c'était cette fois-ci les Sud-Américains qui l'emportaient.
Et aussi peu évident que puisse paraître le lien entre une guerre qui a coûté un millier de vies et un quart de finale de Coupe du monde de football, Diego Maradona n'était pas le seul à faire cette comparaison. Même en Angleterre on parlait de la «deuxième guerre des Malouines»...
Je ne lui pardonnerai jamais
Les années ont passé, la référence à la guerre des Malouines s'est estompée, mais les acteurs anglais de cette rencontre ont gardé toute leur rancoeur. «Je ne lui pardonnerai jamais», a ainsi toujours répété Terry Butcher, patron de la défense anglaise à l'époque.
«C'est le plus grand joueur de tous les temps», a déclaré Peter Shilton dans une interview accordée au Guardien en début d'année. «Mais je ne le respecte pas en tant que sportif et je ne le respecterai jamais», a-t-il ajouté.
L'ancien dernier rempart anglais avait également souligné que l'apport de l'arbitrage vidéo aurait été fantastique. En oubliant évidemment de mentionner que la sévérité de certains tacles anglais aurait peut-être également été sanctionnée de manière plus drastique par l'arbitre si celui-ci avait eu recours à l'assistance-vidéo...
Le but du siècle
Ce que Diego Maradona a réalisé quatre minutes après ce but controversé est ainsi d'autant plus remarquable. Parti de la moitié de terrain argentine, il a dribblé cinq adversaires pour battre Peter Shilton à bout portant au terme d'un solo ébouriffant. Ce 2-0 a d'ailleurs été désigné «but du siècle» par la FIFA en 2002.
L'Angleterre n'allait réagir que bien plus tard, Gary Lineker scellant le score (2-1) à la 81e. Et Diego Maradona allait guider en toute logique l'Argentine vers le titre mondial, signant un nouveau doublé en demi-finale contre la Belgique avant de réussir une passe décisive géniale en finale face à la RFA (3-2).