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Cynique, pervers et sans complexe, le jeune Timothy Gedge s'introduit chez ses voisins dans l'idée de détruire la fade tranquillité de leurs jours et de leurs nuits. Gosse inquisiteur, il les épie, les harcèle et lance d'affreuses rumeurs... et bientôt, c'est toute la paisible ville de Dynmouth qui connaît la terreur.
Voici ce que raconte l'adolescent sur son voisinage : le capitaine Gordon Abigail est prétendument attiré par les jeunes garçons ; Mrs Dass et son mari n'ont rien fait pour éviter la rupture définitive avec leur fils unique ; Mr Plant lorgne les femmes et en trousse certaines ; pire, le père de Stephen a sans doute tué sa première épouse. Oui, c'est ce que clame à qui veut l'entendre et souvent aux intéressés eux-mêmes le diabolique Timothy.
Mais dans ce qu'il raconte, insinue ou affirme, où est la part de mensonge et où se trouve la vérité ? Fantasmes ? Vengeance ? Ou grande détresse ? Qu'est-ce qui entraîne Timothy à détruire ainsi les paisibles habitudes des habitants de Dynmouth ?
Issu d'une famille protestante, William Trevor Cox, de son vrai nom, est né en 1928 dans une petite ville voisine de Cork en Irlande. Après des études au collège Saint Columbia, puis au Trinity College de Dublin, où il fut diplômé d'histoire, William Trevor s'essaya à la sculpture parallèlement à son métier d'enseignant. En 1952, il se marie à Jane Ryan et s'établit en Angleterre, à Londres où il fut rédacteur dans une agence publicitaire, puis quelques années plus tard, dans le Devon. Il connait son premier grand succès littéraire à l'âge de trente-six ans avec The Old Boys. On lui doit des chefs-d'oeuvre tels que En lisant Tourgueniev (Booker Prize 1991 ; Libretto, 2001) ou Le Voyage de Felicia (Phébus, 1996 ; adapté au cinéma par Atom Egoyan). Primé à de nombreuses reprises, il est considéré comme l'un des écrivains majeurs de langue anglaise ; il fut d'ailleurs anobli par la reine Elizabeth II d'Angleterre en 2002.
Le livre
Nous sommes à Dublin dans les années soixante, années, rappelons-le, au cours desquelles se déroulent les premiers affrontements sanglants entre catholiques et protestants. La violence se propage à travers toute l'Irlande. À l'image de son pays, Hugo Hamilton est en état de guerre, mais lui, c'est avec son père. Le conflit entre ces deux-là s'achèvera par la victoire du fils. Il y a eu guerre, il y aura encore reniement.
Le jeune Hamilton, honteux d'avoir une mère allemande, s'évertuera à éradiquer de son esprit tout ce qui la concerne, toute la culture qu'elle a cherché à lui transmettre. Il aspire à perdre toute identité, à se libérer de toute influence, à devenir le fils de personne. Mieux : il quitte l'Irlande afin de découvrir le monde, se rend en Angleterre et en Allemagne. Et cet exil volontaire lui fera enfin comprendre que son épanouissement ne passe que par l'acceptation de ses origines irlandaise et germanique.
L'auteur
Hugo Hamilton est né à Dublin en 1953, d'une mère allemande et d'un père irlandais. Journaliste de talent, il se lance très vite dans l'écriture de nouvelles et de romans. Il devra attendre la parution de Sang impur (prix Femina étranger, 2004, Phébus) pour être reconnu comme l'un des plus grands auteurs de son pays. Les Éditions Phébus ont publié la plupart de ses romans : Le Marin de Dublin (Phébus, 2007 ; Points, 2008), Berlin sous la Baltique (Libretto, 2005), Déjanté (Phébus, 2006 ; Points, 2009), Triste flic (Phébus, 2008 ; Points 2010), Comme personne (Phébus, 2010).