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Si l’hyperlipidémie contribue à la progression de la sténose aortique, l’intérêt des statines n’est pas prouvé dans cette situation. L’étude prospective multicentrique SEAS, fondée par l’industrie, cherchait à déterminer si la combinaison simvastatine-ézétimibe diminuait un paramètre composite incluant des événements valvulaires et des événements cardiovasculaires plus généraux (décès, chirurgie valvulaire, infarctus du myocarde, angor instable, hospitalisation pour décompensation cardiaque, pontage aorto-coronarien, angioplastie et AVC ischémique) par rapport au placebo. Plus de 1800 patients ont été suivis pendant 52 mois, et l’analyse primaire ne montre pas de différence significative du paramètre principal entre les deux groupes (38,2% pour le placebo contre 35,3% pour simvastatine-ézétimibe, p=0,59). A noter une augmentation du taux de cancers dans le groupe traité (4,1% vs 2,5% p=0,05). Les auteurs concluent que la combinaison ne modifie par l’évolution de la sténose aortique, mais pourrait diminuer les événements cardiovasculaires non valvulaires.
Commentaire: Deux aspects des résultats méritent un commentaire: l’absence d’effet du traitement combiné sur le paramètre primaire démontre une nouvelle fois qu’un effet même très marqué sur un paramètre de laboratoire ne suffit pas à garantir une efficacité clinique. Que faire de la constatation d’un effet secondaire inattendu? Ce phénomène est en général mal apprécié par les études de phase 3, et cette augmentation des cancers ne s’est pas vérifiée dans une étude rétrospective publiée concomitamment dans le même journal. Dans l’intervalle, la combinaison simvastatine-ézétimibe doit-elle être prescrite chez ces malades (et chez d’autres)? Non, et cela non pas par crainte des cancers induits, mais du fait qu’il ’existe pas de bénéfice clinique prouvé de ce traitement.