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Une convention collective de travail est conclue lorsqu'une association d'employeurs (p. ex. un syndicat) et un employeur (p. ex. Migros, Swisscom, etc.) ou une association d'employeurs (p. ex. la Société suisse des entrepreneurs, GastroSuisse, etc.) s'entendent sur des normes minimales contraignantes en matière de conditions de travail. Les conditions négociées concernent notamment les horaires de travail, les délais de préavis, les prestations en cas de maladie ou d'accident et, justement, les salaires minimaux. Elles ne s'appliquent en principe qu'aux parties contractantes, c'est-à-dire aux travailleurs affiliés au syndicat et aux employeurs ou aux membres de l'association patronale. Dans les branches sans convention collective de travail, il existe un certain potentiel d'abus. Par le passé, il y a notamment eu des cas de dumping salarial dans le bâtiment, le second œuvre ou l'hôtellerie. De plus, le problème a été aggravé par des entreprises étrangères qui ont exécuté des mandats en Suisse, mais qui n'ont pas respecté les lois locales. Afin de lutter contre les distorsions de concurrence qui en résultent, le Conseil fédéral peut, à la demande des parties contractantes et sous certaines conditions, déclarer une convention collective de travail de force obligatoire. Grâce à l'extension du champ d'application, les règles de la convention collective de travail ne s'appliquent plus seulement aux parties contractantes, mais à toutes les entreprises et à tous les collaborateurs qui travaillent dans la branche concernée. Par conséquent, les entreprises étrangères qui exécutent des mandats en Suisse doivent également verser le salaire minimum suisse à leurs collaborateurs. L'extension du champ d'application d'une convention collective de travail garantit à cet égard des conditions identiques pour tous les employeurs de la branche.
Comme toute chose dans la vie, la CCT pour le travail temporaire présente des avantages et des inconvénients. Le plus grand avantage de la fixation de salaires minimaux réside dans le fait qu'elle permet de garantir aux travailleurs un salaire digne. Parallèlement, l'introduction de salaires minimaux permet de lutter efficacement contre le dumping salarial. De plus, l'égalité entre hommes et femmes en matière de salaire est encouragée, car les salaires minimaux sont accordés indépendamment du sexe du collaborateur.
L'inconvénient de la CCT pour le travail temporaire réside dans le fait que l'entreprise locataire de services ne peut plus, dans certaines circonstances, récompenser financièrement les prestations exceptionnelles des travailleurs. C'est le cas lorsque l'augmentation des salaires minimaux dans une branche concerne une entreprise qui ne dispose que d'un budget salarial limité. Après le versement des salaires augmentés, l'entreprise n'a plus de moyens à disposition pour récompenser les performances exceptionnelles de ses collaborateurs. Par ailleurs, le fait que, comme décrit ci-dessus, seul le personnel loué soit soumis à la CCT pour le travail temporaire peut également paraître choquant. Alors que l'entreprise locataire de services doit respecter les salaires minimaux de la CCT pour la location de services en ce qui concerne le personnel loué, elle n'est liée à aucune directive concernant le montant des salaires et des allocations pour les employés fixes. Cela peut avoir pour conséquence que l'emploi de personnel loué ne soit pas financièrement intéressant pour l'entreprise locataire de services en raison du niveau de salaire minimum prescrit. Cela a à son tour des répercussions négatives sur les 350'000 à 400'000 travailleurs temporaires en Suisse.
Les points positifs et négatifs mentionnés doivent être mis en balance. Il appartient aux partenaires contractuels respectifs de veiller à ce que les avantages et les inconvénients s'équilibrent.