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Dimanche
15 octobre – 17h
Basilique de Valère
Ensemble Stile Antico
Œuvres de William Byrd et de quelques contemporains
England’s Nightingale
William Byrd(England’s Nightingale)
Il existe peu de sources concernant la jeunesse de Byrd et les premières années de sa carrière. Des documents découverts récemment indiquent qu’il serait né en 1540, ou à la fin de 1539, probablement à Londres. Byrd a probablement été un élève du fameux compositeur Thomas Tallis. Son premier poste identifié avec certitude est celui d’organiste de la cathédrale de Lincoln (février 1563). Puis, en 1572, il est à Londres pour remplir l’office de gentilhomme de la Chapelle Royale auquel il vient d’être nommé. Il tient l’orgue avec Tallis, chante et compose : Byrd conservera ce poste pendant deux décennies.
L’importance de ses relations personnelles et professionnelles avec Tallis se manifeste à nouveau en 1575, lorsque la reine Elisabeth 1ère confère conjointement aux deux hommes le privilège exclusif, pendant vingt-et-un an, d’importer, imprimer, publier, vendre de la musique et d’imprimer du papier musique. Byrd publie trois recueils de motets en latin, les Cantiones Sacrae, le premier en 1575 avec Tallis, qui écrit 16 des 36 pièces, et les deux autres en 1589 et 1591. Byrd publie parallèlement deux anthologies musicales en anglais, Psalmes, Sonets and Songs en 1588 et Songs of Sundrie Natures en 1589.
En 1593, il s’installe avec sa famille dans un petit village de l’Essex, Stondon Massey, et se consacre de plus en plus à la musique liturgique du rite catholique. Il publie ses trois Messes Ordinaires entre 1592 et 1595, suivies d’un recueil de motets en deux volumes Gradualia, un cycle annuel qui met en musique le propre de la messe. Il meurt le 4 juillet 1623 est enterré dans une tombe anonyme du cimetière de Stondon.
Le compositeur est aussi professeur et forme la génération suivante des musiciens qui obtiendront les postes les plus enviables et importants de l’époque, tels John Bull, Thomas Morley, Peter Phiips, Thomas Tomkins et Thomas Weelkes.
L’existence de Byrd est marquée par une série de contradictions, très caractéristiques des hommes de la Renaissance. Ainsi vécut-il au 17ème siècle sans que sa musique vocale, notamment ses madrigaux, ne se rapproche vraiment du nouveau style baroque. Cependant, son œuvre pour clavier, remarquablement construite, marque le début du style baroque pour l’orgue et le virginal : on peut dire que son importance pour la musique anglaise est aussi grande que celle de Frescobaldi pour la musique italienne.
De la même manière, Byrd peut être considéré comme un musicien de cour anglican, quoiqu’il se soit converti et ait consacré ses dernières années à la liturgie catholique. Lors du déchaînement anticatholique qui suivit l’attentat contre Jacques 1er, en 1605, certaines de ses œuvres ont été interdites peine d’emprisonnement, alors que certaines autres, comme le Short Service, ont été chantées sans interruption dans les cathédrales anglaises au cours des quatre derniers siècles.
Stile Antico
Basé à Londres, Stile Antico s’est produit dans de nombreux lieux parmi les plus prestigieux du monde. L’ensemble entretient un lien particulièrement étroit avec le Wigmore Hall et s’est produit aux BBC Proms, à Buckingham Palace, au Concertgebouw d’Amsterdam, au Palais des Beaux-Arts, à la Cité de la Musique, à la Philharmonie du Luxembourg, au Gewandhaus de Leipzig, ainsi que dans le cadre de festivals de musique ancienne réputés tels ceux d’Anvers, de Bruges, d’Utrecht et de York, de Lucerne et du Schleswig-Holstein.
Relevons modestement qu’il est aussi régulièrement accueilli aux Riches Heures de Valère (8ème apparition !), au point d’en être devenu une sorte de « mascotte ».
Depuis ses débuts en Amérique du Nord en 2009 au Boston Early Music Festival, Stile Antico a effectué de fréquentes tournées aux États-Unis et au Canada. Le groupe se produit souvent à Boston, à New York, au Ravinia Festival, à la National Cathedral et à la Library of Congress de Washington, au Chan Centre de Vancouver, ainsi que dans des séries de concerts dans vingt-cinq états américains, sans oublier le Mexique, la Colombie et l’Asie (Corée, à Macao et à Hong Kong).
Les performances de Stile Antico sont louées pour leur spontanéité, leur engagement expressif et leur approche sensible et imaginative du texte. Ces qualités sont liées à un style de travail collaboratif : les membres fonctionnent comme des musiciens de chambre, chacun contribuant artistiquement aux objectifs musicaux. Le groupe est également réputé pour sa programmation captivante qui cherche à faire ressortir les liens thématiques entre les œuvres, afin d’apporter un éclairage original sur la musique de la Renaissance. En plus de son répertoire de base, Stile Antico explore également la musique contemporaine (notamment les œuvres de Joanna Marsh, John McCabe, Nico Muhly, Giles Swayne et Huw Watkins). Parmi les nombreux partenaires artistiques du groupe figurent Fretwork, le Folger Consort, Marino Formenti, B’Rock, Rihab Azar et Sting.
Stile Antico tient également à partager son expérience et ses recherches avec le public le plus large possible : ses masterclasses et ses ateliers sont notamment très demandés. En plus de diriger des cours réguliers à la Dartington International Summer School, le groupe a été résident à Zenobia Música, et est souvent invité à collaborer avec des ensembles dans des universités, des festivals et des forums de musique ancienne. Le soutien de la Fondation caritative Stile Antico a permis à l’ensemble de diffuser le bénéfice de son travail dans les écoles, de diriger des cours de Youth Consort pour les étudiants et d’offrir des bourses à de jeunes chanteurs et ensembles professionnels talentueux.
La situation particulière engendré par la pandémie de COVID-19 a permis à Stile Antico de se consacrer également à des projets numériques, tels l’enregistrement en « chœur virtuel » du Spem in Alium de Tallis, un film musical marquant le 400ème anniversaire du voyage du Mayflower, des cycles de conférences-récitals ou encore son premier disque pour Decca Classics, marquant les 500 ans de la mort de Josquin Desprez.
Le terme « stile antico » signifie littéralement « ancien style ». Il a été inventé au 17ème siècle pour décrire le style de composition religieuse de la Renaissance incarné par la musique de Palestrina – polyphonique et imitative dans sa texture, même dans son rythme, strictement contrôlée dans son utilisation des dissonances – par opposition aux développements modernes des œuvres de Monteverdi et de ses contemporains. Au fil des siècles, le « stile antico » a été considéré comme un idéal de pureté musicale, et des compositeurs tels que Beethoven, Schumann, Liszt et Bruckner l’ont étudié dans le cadre de leur formation. Il est encore enseigné aujourd’hui dans les universités.
Le répertoire de Stile Antico se concentre sur l’héritage étonnamment riche de la composition polyphonique des 16ème et 17ème siècle. Il englobe non seulement la musique de Palestrina et de ses contemporains italiens, flamands et espagnols, mais aussi la fascinante et diverse école anglaise, de la complexité éblouissante de l’Eton Choirbook aux chefs-d’œuvre de Taverner, Sheppard, Tallis et Byrd, en passant par les madrigalistes élisabéthains.