Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07005.jsonl.gz/887

Le milliardaire suisse Stephan Schmidheiny été condamné à dix-huit ans de prison lundi à Turin, dans le cadre du procès Eternit. Si le jugement de la Cour d'appel satisfait les parents des victimes de l'amiante, l'industriel alémanique a annoncé son intention de faire recours.
En première instance, en février 2012, Stephan Schmidheiny avait écopé de seize ans de prison pour avoir provoqué la mort de près de 3000 personnes, ouvriers ou riverains d'usines du groupe Eternit S.p.a Gênes. Lundi, la Cour d'appel a donc alourdi la peine, le condamnant à 18 ans de prison.
Peu après le verdict, M. Schmidheiny a fait connaître son intention de porter le jugement devant la Cour de cassation, la plus haute instance judiciaire en Italie.
La défense de M. Schmidheiny a dénoncé un verdict "absurde", "injuste" et "motivé politiquement". Comme en première instance, les juges de Turin ont bafoué la présomption d'innocence et négligé des éléments à décharge portés par la défense, signale un communiqué de Peter Schürmann, porte-parole de l'industriel suisse.
"Catastrophe sanitaire"
M. Schmidheiny était accusé de "catastrophe sanitaire et environnementale permanente" et infraction aux règles de la sécurité au travail dans les usines de produits à base d'amiante-ciment.
Les juges ont en revanche abandonné les poursuites contre le baron blege Louis de Cartier, condamné à seize ans de prison en première instance. Ce dernier est décédé le 21 mai.
Lors du procès, le plus grand et le premier au monde organisé au pénal sur le drame de l'amiante, l'accusation avait requis vingt ans de réclusion. Les avocats des deux accusés avaient plaidé que leurs clients n'avaient pas de responsabilité directe dans la gestion d'Eternit Italie qui a fait faillite en 1986, soit six ans avant l'interdiction de l'amiante dans la péninsule.
Outre la condamnation de M. Schmidheiny, la Cour d'appel de Turin a reconnu lundi plusieurs dizaines de millions d'euros de dédommagements aux nombreuses parties civiles.