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Il y a trois semaines, le pape François portait plainte: «Les communistes nous ont volé notre drapeau, le drapeau de la pauvreté est chrétien»... Calme-toi mon François... D’abord, le drapeau des communistes (tant qu’ils ne sont pas au pouvoir) n’est pas le drapeau de la pauvreté, mais celui de la révolte contre la pauvreté. Et s’il est vrai que les chrétiens aiment les pauvres, l’objet de cet amour évangélique est plutôt les pauvres qui restent à leur place, les pauvres reconnaissants des aumônes – pas les pauvres qui s’insurgent.
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Comme chaque année, le même jour, on s'interroge : que sont les révolutions devenues ? Question du 14 juillet -le 1er août, on se demandera si la Suisse existe (et quelle Suisse ?), et le 28 août, on se demandera ce qu'on fait là -mais on est le 14 juillet, alors on se demande si la révolution que nos voisins commémorent (et que nous commémorons avec eux, puisqu'elle est le moment ou naissent, s'expriment, se peaufinent et tentent de se concrétiser des principe et des projets politiques d'où naissent à peu près tous ceux que nous défendons encore) -on se demande, donc, comme depuis 225 ans, pourquoi cette révolution mère de toutes les révolutions s'est-elle arrêtée à mi-chemin de ses ambitions, et comment la faire reprendre sa course ? Dans une lettre à René Char, Albert Camus écrit : « Il y a en vous de quoi soulever le monde. Simplement vous recherchez, nous recherchons le point d'appui ». Nous le recherchons toujours.