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"J'ai accepté mon rôle en toute connaissance de cause. Je sais que Johan Djourou et Fabian Schär sont devant moi." Remplaçant depuis le début de cet Euro, Steve von Bergen est un homme apaisé.
"Je profite de chaque moment, explique-t-il. Là aujourd'hui, nous nous sommes retrouvés à 13h00 après la journée de repos qui nous a été accordée. Je n'ai vu que des sourires à table. Tout le monde est requinqué. J'ai 33 ans. Je viens de fêter ma cinquantième sélection à Lugano contre la Moldavie. Jamais je n'aurais pu espérer autant. Je suis toujours aussi fier de porter les couleurs de mon pays. Il s'agit de mon dernier tournoi. J'ai envie de bien terminer cette aventure." Qui avait débuté il y a bientôt dix ans lors d'une rencontre amicale gagnée 2-0 à Genève contre le Costa Rica sur des réussites de Marco Streller et d'Alex Frei.
"Je dois rester le plus positif possible. Nous sommes sept joueurs sur les vingt-trois sélectionnés qui n'ont pas joué lors de ce premier tour, remarque-t-il. Il faut peut-être commencer à en calmer un ou deux. Mon rôle est de leur dire de se tenir prêt. Tu peux être décisif à tout moment dans un tel tournoi même si tu ne joues que dix minutes."
Une situation nouvelle
Le Neuchâtelois des Young Boys se retrouve pour la première fois dans cette situation. Il a disputé deux phases finales avant cet Euro 2016, les Coupes du monde 2010 et 2014. Les deux fois, il avait bénéficié de temps jeu. "J'étais entré très vite en Afrique du Sud (ndlr: il avait remplacé Philippe Senderos au cours du premier match contre l'Espagne), mais j'étais sorti très vite au Brésil (ndlr: il avait été blessé par Olivier Giroud lors du deuxième match contre la France)", s'amuse-t-il.
Du banc, Steve von Bergen a apprécié la performance de Fabian Schär et de Johan Djourou. "La défense a été très critiquée après les deux défaites du mois de mars contre l'Eire et la Bosnie-Herzégovine. Fabian et Johan ont apporté la plus belle des réponses lors du premier tour, souligne-t-il. Même s'il y a eu des tirs sur le poteau et s'ils peuvent s'appuyer sur un grand gardien en la personne de Yann Sommer, ils ont livré trois grands matches."
Steve von Bergen s'attarde volontiers sur les mérites de Fabian Schär. "Il est impérial dans ce tournoi alors qu'il sort pourtant d'une saison difficile à Hoffenheim, lâche-t-il. Il va au duel, il a marqué un but et, surtout, son intelligence de jeu est remarquable."
Steve von Bergen reconnaît que tous les feux sont au vert. "Je ne dirais pas qu'une équipe est née ici en France. Mais qu'elle a plutôt bien grandi, poursuit-il. Les Champions du monde M17 de 2009 sont devenus des hommes. Granit Xhaka est aujourd'hui devenu le coeur de notre équipe. C'est lui qui dicte le rythme. Il a acquis de l'expérience. Il a gagné en sérénité. Le fait d'avoir porté le brassard de capitaine à Mönchengladbach l'a, je crois, beaucoup aidé."
sda-ats