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Bible – Massorétique (texte), TM
Le texte Massorétique
La Bible hébraïque en hébreu avec les voyelles ajoutées au Moyen-Âge.
Le texte de la Bible hébraïque est en hébreu (en hébreu biblique – par définition, alors que l’hébreu moderne a été réinventé au XIX et XXe siècle).
Le texte d’origine ne donne que les consonnes des mots, les voyelles étant sous-entendues. Cela permet une variété de lectures différentes.
À partir du 6e siècle après Jésus-Christ, des érudits appelés massorètes ont tranché en mettant des voyelles sous forme de petits signes placés sous les lettres carrées des consonnes hébraïques. Cela fixe une lecture de ce texte, d’une façon parfois discutable, bien entendu, car toute interprétation du texte est personnelle. Ils ont aussi pris des options parmi les variantes, et proposé des notes dans les marges quand un mot du texte semble être le résultat d’une erreur ancienne (les « qeré ketiv » : certains mots sont à lire « qeré » d’une autre manière que ce qui est écrit « ketiv »). C’est le « texte massorétique » (TM pour les intimes). L’autre grand témoin est la Septante une traduction en grec qui date du 3e siècle avant Jésus-Christ et qui laisse deviner parfois quelque variante ancienne et donc intéressante du texte biblique.
Ci-dessous, un extrait du rouleau des Psaumes trouvé dans la cave 11 à Qumran, manuscrit d’une fraîcheur, on dirait l’encre à peine sèche alors qu’il date de l’époque du Christ. On voit l’écriture en lettres carrées datant de l’époque du second temple, sans les voyelles ajoutées donc plus tardivement. Seul le nom de Dieu YWWH (encadré en rouge) a été gardé avec les caractères paléo-hébraïques de l’époque du premier temple.
Dans la vocalisation de ce « nom de Dieu » YHWH, les massorètes ont tenté, avec succès, de transformer le sens de ce nom. En effet, par respect pour Dieu, l’habitude avait été prise assez tardivement (probablement après la destruction de Jérusalem au VIe siècle avant Jésus-Christ) de ne ne pas prononcer ce nom (qui devrait se lire Yahou) et de dire à la place « Ha Shem » (« le Nom », ce qui est assez neutre comme signification) ou « Adonaï » (Le Seigneur). C’est ce second usage que les massorètes ont cherché à imposer en mettant les voyelles d’Adonaï ( a – o – é) sous les consonnes de YWHW, ce qui donne Yahwéh. Il me semble que c’est un contresens, car « le Seigneur » sous-tend une théologie d’un Dieu qui est un grand roi puissant, alors que YHWH évoque plus un Dieu de tendresse maternelle.
Voici ce très beau Psaume 133, si finement subversif par rapport à l’institution, mettant l’union fraternelle comme plus essentielle que le temple et son grand prêtre, et parlant de vie éternelle (ce qui est presque unique dans la Bible Hébraïque)
Psaume 133
Psaume des montées. De David.
Voici combien bon et combien agréable
est le repos de frères (et sœurs) unis ensemble…
C’est comme l’huile précieuse sur la tête,
descendant sur la barbe,
sur la barbe d’Aaron,
descendant sur le bord de ses vêtements.
C’est comme la rosée de l’Hermon,
descendant sur la montagne de Sion.
Car c’est là que l’Éternel (YHWH) établit la bénédiction,
La vie, pour l’éternité.
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