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En novembre dernier, le Honduras a passé son troisième examen périodique universel (EPU) au Conseil des droits de l'homme des Nations unies. Parmi les avancées les plus saluées figure la création du Mécanisme national de protection en 2015. Toutefois, malgré certains progrès, cinq ans plus tard, il reste encore beaucoup à faire.
Depuis sa création et jusqu'à fin juillet 2020, le Mécanisme de protection a enregistré 547 demandes de mesures de protection. Sur les 183 cas encore actifs aujourd'hui, les défenseurs·euses des droits humains et les avocats représentent environ 74% de ces demandes de mesures de protection, alors que les journalistes et les fonctionnaires du système judiciaire représentent les 26% restants. Dans ce pays d'Amérique centrale, ces groupes professionnels sont particulièrement exposés aux attaques. Entre 2020 et 2021, au moins deux personnes bénéficiant de mesures du Mécanisme national de protection ont été tuées. Les organisations sociales demandent à l'État de prendre des mesures pour accroître son efficacité, fournir davantage de ressources et impliquer la société civile dans les processus décisionnels.
Manque de confiance dans les autorités
La raison de la précarité persistance de la situation des défenseurs·euses n'est pas seulement l'absence d'un concept de protection intégrale - qui inclut une analyse des facteurs ayant conduit aux mesures ainsi que des aspects préventifs - mais aussi la méfiance mutuelle entre les défenseurs·euses et les autorités. De nombreuses personnes défenseuses refusent de demander des mesures de protection malgré leur situation sécuritaire difficile, par crainte de partager des informations sensibles avec le Mécanisme national de protection et la police. Récemment, le Réseau national des défenseuses des droits humains au Honduras a signalé que quatre attaques sur dix contre des femmes défenseuses sont commises par des membres de la police. En outre, les policiers en question sont généralement lents à répondre aux urgences et ont tendance à discriminer les femmes défenseuses.
«Comment pouvons-nous espérer être protégé·e·s par les mêmes personnes qui nous attaquent?» Défenseurs·euses des droits humains au Honduras
À la recherche d'une politique publique globale
Déjà en 2018, Michel Forst, alors Rapporteur spécial de l'ONU sur la situation des défenseurs des droits de l'homme, avait reconnu l'urgence d'adopter une politique publique globale de protection pour les défenseurs·euses des droits humains au Honduras et d'allouer le budget nécessaire au Mécanisme national de protection pour mettre en œuvre les mesures de manière plus efficace. Plusieurs pays, dont la Suisse, soutiennent cette demande et le travail du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme pour protéger les personnes défenseuses des droits humains au Honduras. Il est évident que cela est essentiel dans un pays où plus de 90% des crimes restent impunis.