Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07227.jsonl.gz/618

En un an d'existence, sept Etats se sont joints aux 30 membres fondateurs du Centre pour le contrôle démocratique des forces armées. Une ouverture sur l'Afrique?Ce contenu a été publié le 15 octobre 2001 - 17:54
Basé à Genève, le Centre pour le contrôle démocratique des forces armées (DCAF) a été fondé le 27 octobre à l'instigation de la Suisse. Son but est d'aider les Etats à exercer un contrôle sur leurs forces de sécurité.
En effet, des forces qui échappent à toute surveillance sont susceptibles de favoriser l'apparition de conflits internes et extérieurs. Lundi à Berne, l'ambassadeur suisse Theodor Winkler, directeur du DCAF, a rappelé qu'un «Etat dans l'Etat est une porte ouverte au totalitarisme».
Vif intérêt international
Cet organisme représente une contribution concrète en faveur de la paix. Sa mission est double. Il s'agit d'une part de réunir et évaluer les connaissances existant dans le domaine du contrôle démocratique des forces armées et autres appareils de sécurité.
D'autre part, il doit mettre ces connaissances à disposition de ses partenaires - gouvernements, Parlements, organisations internationales et non gouvernementales - en fonction de leurs besoins spécifiques.
Cette réalisation a suscité un grand intérêt dans la communauté internationale, et en premier lieu parmi les anciens pays de l'Est. L'Ukraine, la Bosnie, la Moldavie et la Russie ont notamment demandé l'aide du DCAF, afin d'en finir avec les structures héritées du communisme.
La Yougoslavie aussi
Le gouvernement yougoslave du président Kostunica a également demandé le soutien du centre pour réorganiser les structures du pouvoir léguées par Slobodan Milosevic.
Ce mandat porte sur six domaines: les bases d'une nouvelle politique de sécurité, la réforme de l'ensemble des secteurs de la sécurité, l'adaptation des bases légales, la réformes des forces armées, la réforme de la police et l'élaboration d'un contrôle démocratique des services de renseignements et des organes de sécurité interne.
«Dans le cas de la réforme de l'armée, notre contribution consiste à donner des conseils aux autorités yougoslaves, précise Theodor Winkler. Les nouvelles autorités viennent de la société civile et n'ont pas de connaissances militaires. Nous leur montrons ce qu'ont réalisé d'autres pays pour qu'elles puissent prendre des décisions en toute connaissance de cause.»
En Occident aussi
Le travail du centre pourrait également s'appliquer aux pays occidentaux, pourtant démocratiques depuis longtemps. «Les suites des événements tragiques du 11 septembre renforcent le poids des armées et des services de renseignements. Nous pourrions donc représenter un contre-poids nécessaire», explique Théodor Winkler.
Mis à part les Etats-Unis et le Nigeria, les trente pays membres sont européens. Fort de son succès au cours de cette première année de fonctionnement, le centre veut maintenant étendre son activité. Une «antenne africaine» devrait être bientôt crée.
Olivier Pauchard, Palais fédéral
En conformité avec les normes du JTI