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De quoi parle-t-on ?
Surefficience mentale et haut potentiel ne sont pas aisés à définir et nous avons vu que le potentiel intellectuel n'est qu'une facette du problème. Ces notions sont maintenant à la mode et on ne les utilise pas toujours à bon escient, d'où une certaine confusion. De plus, selon les auteurs, les deux termes sont équivalents ou pas. En ce qui nous concerne, nous préférons utiliser le terme de surefficience (C. Petitcollin) car dans notre expérience clinique c'est le terme qui convient le mieux à tous ceux qui sont concernés par cette problématique.
Il semblerait que tout le monde naisse surefficient, avec une dominance hémisphérique droite, la capacité de faire instantanément des liens complexes ainsi qu'une sensibilité exacerbée. Peu à peu, au cours du développement, se met en place une inhibition neuronale, qui est un processus d'élagage qui freine le foisonnement neuronal. On considère aujourd'hui que chez 10 à 15% des gens le cerveau continue à garder ces caractéristiques, même à l'âge adulte.
- Douance, surdon, haut potentiel : concerne le 2% de la population qui score plus que 130 de QI. Dans les gens surdoués il y a beaucoup d'hypersensibles mais on peut être très intelligent sans l'être.
- Surefficience : décrit un fonctionnement neurologique différent qui s'exprime au niveau physiologique, émotionnel et intellectuel. Cela recouvre une pensée différente mais surtout un certain nombre de caractéristiques spécifiques. On peut être considéré comme surefficient à partir d'un QI de 115 (regroupe 15% des gens qui ont une "intelligence supérieure"). Tous les surefficients sont hypersensibles mais l'inverse n'est pas vrai.
- Hypersensibilité : la sensibilité des processus sensoriels est un trait de personnalité inné, présent dans 15 à 20% de la population. Ce n’est pas un trouble de la personnalité mais, comme le 80% de la population n'est pas directement touchée, cela peut représenter un problème dans la vie en société. Être sensible et émotif est en effet considéré comme de la fragilité et de l'immaturité.
- Hyperempathie : les surefficients ressentent instantanément l'état émotionnel des gens qui les entourent (sont des "éponges émotionnelles"). Il s'agit plus d'un envahissement émotionnel que de compassion, qui peut être perturbant et épuisant. L'hyperempathie désigne donc une hypersensibilité au vécu d’autrui, qui peut aller jusqu’à s’oublier totalement pour ne faire qu’un avec l’autre (ressentir les émotions et les douleurs de l’autre). Le problème est, d’un côté, le manque de distance et la difficulté de se situer par rapport à ce que l’autre exprime et, d’autre part, le risque de s’identifier à ces ressentis qui ne sont pas les nôtres. D’un point de vue scientifique cette empathie s’explique notamment par une forte concentration de neurones miroirs (neurones actifs aussi bien pendant l’exécution d’une action que lorsqu’on observe l’action exécutée par un autre). Ces neurones miroirs jouent un rôle dans l’apprentissage par imitation mais également dans les processus affectifs.
- Hyperesthésie et hyperlucidité : les 5 sens sont dotés d'une acuité plus intense ce qui fait que les surefficients captent beaucoup de choses qui passent généralement inaperçues. Certains surefficients vivent même une activation croisée des sens dans le cerveau (synesthésie, comme par ex. voir les sons ou entendre des couleurs). Le surefficient entend et ressent plus intensément, est attentif aux moindres détails. Toutes ces informations sont connectées entre elles, ce qui donne une compréhension plus profonde des choses et même la capacité de prévoir ce qui pourrait se passer.