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Question du concours:
« Comment la numérisation remet-elle en cause l'idée traditionnelle de l'individu ? Et quels scénarios pouvons-nous imaginer pour les individus et les communautés dans un avenir proche? »
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Introduction: pourquoi l’individu traditionnel n’est-il plus ?
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L’Individu en tant qu’objet phyisque: de quelle façon l’individu est-il divisible?
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L’individu en tant qu’objet privé: de quelle façon le réseau nous rend-il commun.e?
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L’Individu en tant qu’objet politique : pourquoi n’y a t-il plus d’individu politique?
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L’individu contemporain : Nous sommes le Progrès, l’Espoir et le Possible.
0. Pourquoi l’individu traditionnel n’est-il plus ?
Nous partons du postulat que ce qui fait la différence entre l’individu traditionnel et l’individu contemporain est la virtualisation de son Moi. En d’autres termes, face à l’interface, l’individu traditionnel n’est plus. Ceci pour les raisons suivantes:
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L’individu n’est plus, parce qu’il y a fission, ramification: Je est unique, Elle (sa partie
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virtuelle) est ubique, ensemble ces deux parties forment le Moi.
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L’individu n’est plus, parce qu’il se fond dans le réseau: par la multiplicité, il perd sa singularité ainsi que la possession de son individualité.
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L’individu n’est plus, parce que l’Etat-Nation ne peut plus le définir.
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L’individu n’est plus, pourtant l’idéal persiste, celui du progrès, de la machine soutenant inlassablement les faiblesses humaines. Le Mieux s’ancre dans les rêves et actes des jeunes architectes de notre Nous en devenir.
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En nous basant sur trois différents modes de compréhension de ce qu’est l’Individu, nous nous efforcerons d’expliquer de quelle façon l’individu traditionnel a disparu, et tâcherons de décrire ce qui émerge où émergera de cette disparition.
1. En quoi l’individu est-il divisible ?
Individu: „Être vivant ou végétal, distinct et délimité1 .“ Larousse
On considère dans ce paragraphe l’individu sous son aspect physique :
L’individu est délimité par son enveloppe physique.
On appelle Moi toutes les représentations perceptibles par un tiers de notre individualité.
Si toutes ces représentations constituent une unité physique, alors Moi est un individu social
„indivisible“, autrement dit „traditionnel“.
En revanche, si Moi n’est plus distinct, alors Moi n’est plus individu.
Aujourd’hui, le Moi existe au travers de sa partie physique et de sa partie virtuelle.
„Elle“ désigne la partie virtuelle de l’individu. Elle incarne l’ensemble de nos relations, interactions et mémoires virtuelles, au travers de laquelle Je existe virtuellement pour les autres utilisateur.trice.x. De plus, Je délegue aujourd’hui tout un pan de sa vie sociale à sa partie virtuelle. Comme déclaré en introduction on admet que l’indivu contemporain est un individu qui est passé par la numérisation, ainsi Je à besoin de Elle pour exister comme un individu social contemporain.
Ainsi Moi se perçoit et se conçoit de façon double: physique ou virtuelle, humaine ou machine. Si Moi est double, alors il est divisible, alors il n’est plus individu.
L’individu traditionnel n’est plus, parce que Moi est devenu divisible.
2. De quelle façon le réseau nous rend-il commun.e ?
Commun: „Qui se rencontre fréquemment, qui n'est pas rare ; abondant ou habituel, répandu, ordinaire, courant : L'aubépine est commune dans les haies“ et „Qui appartient à tous, qui concerne tout le monde, à quoi tous ont droit ou part : Les parties commune d’un immeuble2“ Larousse
On considère dans ce paragraphe l’individu sous son aspect privé :
Si Moi est particulier, alors Moi est individu. Or nous avons vu que,
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Moi étant divisible, il existe une partie physique et une partie virtuelle. Elle rencontrant et se comparant à l’ensemble des Elles tierces, Moi se trouve généralement confronté à sa banalité et aura du mal à se distinguer des autres. En effet, un Moi devant l’infinité des autres Moi ne représente plus rien. Parce que Elle est devenue commune, l’individu n’est plus: il ne se distingue plus de la masse.
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Moi étant divisible, il existe une partie physique et une partie virtuelle. Elle appartient à l’ensemble du réseaux parce que Elle ne peut pas exister sans le réseau. Par conséquent, Elle
n’appartient plus à la partie physique, donc n’appartient plus au Moi. Parce que Elle est devenue commune, l’individu n’est plus: une partie de son Moi lui échappe totalement.
Ainsi, l’individu privé n’est plus parce que Elle est devenu commune, que ce soit parce qu’il n’a plus de valeur ou parce qu’il ne se possède plus dans sa totalité.
3. En quoi n’y a t-il plus d’individu politique?
On considère dans ce paragraphe l’individu sous son aspect politique :
L’Etat-Nation détermine les droits et devoirs d’un individu et définit ce qui est individu sous son influence.
L’Etat-Nation lui-même est déterminé par son peuple, ses frontières et son territoire.
Or, L’individu contemporain étant divisible, sa partie virtuelle se situe en dehors de l’influence de l’Etat-Nation (un exemple ici serait celui de la Libra, monnaie virtuelle hors contrôle de l’Etat3).
L’Etat-Nation n’ayant qu’une influence partielle sur le Moi, il ne peut pas avoir d’influence totale sur l’individu.
L’Etat-Nation n’a plus de peuple fixe, c’est pourquoi L’Etat-Nation faillit.
Un Etat failli n’a plus la légitimité de déterminer ce qu’est un individu, et ainsi, l’individu politique perd son sens.
L’individu politique n’est plus, parce que l’Etat-Nation faillit.
4. Nous sommes le Progrès, l’Espoir et le Possible.
L’individu traditionnel n’est plus, l’individu traditionnel reviendra, car c’est dans l’ordre de toutes choses de s’unir et de se désunir. Mais pour l’instant, l’individu n’est plus.
Nous sommes la soupe primordiale, de laquelle surgiront le meilleur et le pire.
Que le nouvel humanisme soit!
Qu’il jette ses lueurs perpétuellement actualisées sur les actes atroces perpétrés, qu’il forme les esprits à l’art des mots et des images, qu’il permette à toutes et tous un échange culturel vaste, qu’il entretienne le chemin le plus transparent avec la communauté scientifique!
Que le Moi réalise finalement sa vanité afin qu‘Écoute, Curiosité et Souplesse deviennent les maîtres
mots! Que la machine pousse l’humain.e.x dans ses retranchements et que de cette confrontation jaillisse l’essence de „l’être humain“. L’avenir sera fait d’ingénieurs et d’artistes : spécialistes de l’humain.e.x et de la machine, vous serez les deux seules vocations survivantes à l’humain augmenté!
Car le savoir abonde, car il n’a jamais été aussi aisé de se former à la sociologie, aux langues ou aux arts, car les épaules de géants sont devenus nos chaise de cuisine, nos banquette de métro et mêmes nos sanitaires.
Car:
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Nous ne sommes plus seul.e.x, nulle part, jamais. S’il faut savoir quoi penser, loin de se priver de ce plaisir solitaire, il est possible d’interroger des milliers de personnes par une simple ligne de texte: nous sommes accompagné.e.x par toutes sortes de communautés qui nous ressemblent, résonnent avec nos questionnements, nous rappellent notre appartenance et la sécurité de nos opinions. (A titre d’exemple, il suffit de lister les différents groupes WhatsApp en activité régulière dont nous faisons partie.)
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Nous n’oublierons plus jamais. Que ce soient les crimes ou les instants de bonheur, nos droits ou nos obligations, il nous est désormais possible de stocker la majorité de nos souvenirs et documents importants et ce à un prix démocratique et dans des dimensions impressionnantes. ( A titre d’exemple, l’entreprise pCloud propose un stockage en ligne allant jusqu’à 2 To de stockage, soit l’équivalent de 100'000 livres d’environ 800 pages.4)
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Nous n’avons plus besoin de nous répéter, la voix qui parle le plus clairement trouve son écho. L’individu virtuel diffuse ses campagnes aisément, à grande échelle. La mobilisation autour de sujets brûlants se fait aisée et massive. (A titre d’exemple, le 18 Mai 2020, plus de 2000 cyclistes se sont réunis autour de la plaine de Plainpalais pour manifester contre la suppression des pistes cyclables Covid, suite à un message anonyme sur WhatsApp5.)
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La politique de nos interactions est en voie de bouleversement. De la démocratie il ne restera plus rien, parce que son successeur se fait plus flexible, transparent et inclusif. Parce qu’il existe maintenant un réseau d’intelligence collective, permettant de s’organiser de façon rapide et flexible afin d’arriver aux systèmes de démocratie directe les plus aboutis. Le système gouvernemental doit se préparer à évoluer ou à subir de profondes secousses. (A titre d’exemple, la technologie du « Bitcoin » permet l’échange d’argent entre pairs sans ingérence de l’Etat6.)
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Jamais il n’a été aussi facile de corriger une erreur. La dématérialisation permettant une actualisation des données quasi instantanée, les protocoles et systèmes officiels sont soumis à une plasticité qui, si bien utilisée, sera d’une efficacité redoutable. (A titre d’exemple, Il serait possible de demander une critique populaire à propos du résultat de l’application d’une loi sous forme de sondage rémunéré en „points de participation civique“ virtuels.)
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Ainsi, l’individu traditionnel n’est plus, étendu par une entité de calcul au potentiel à peine exploré: en possession d‘une technologie aussi influente, il est crucial de remettre au centre des questionnements la responsabilité que représente l’utilisation de ce pouvoir.
Les cinq points idéaux énnoncés ci-dessus trouveront dans un avenir proche leurs extrêmes contraires : 1. Isolement des individus dans leur sphère de consommation 2. Perte d’accès aux données ou échec du système 3. Censure ou informations noyées 4. Propagande et Fake news 5. Perte de contrôle de document ou systèmes confidentiels.
Bien que certaines tendances soient observables (application du système de points citoyens en Chine7, dématérialisation totale de la monnaie en Suède8), il est impossible de dire avec certitude de quoi l’avenir sera fait.
Diego Rivera peignait en 1934 la fresque « L’Homme à la croisée des chemins » à la base du Rockfeller Center. Force est de constater que cette fresque, si elle avait été conservée, serait encore d’actualité aujourd’hui : plus que jamais, l’individu traditionnel épaulé par son équivalent éléctronique doit se réinventer, mieux se sentir pour mieux s’apprivoiser, établissant ainsi des visions politiques vers un Mieux véritable. Il est urgent, alors qu’aujourd’hui „traditionnel“ désigne les coutumes de la veille, de reconstruire un Nous en reconnectant l’humain.e.x à l’humain.e.x par ce qu’il.elle.x ont de commun.e.x, de différent.e.x et de sacré.
Sources :
1 Information issues de la page web « Individu » du site Larousse.fr.
2 Information issues de la page web « Commun » du site Larousse.fr.
3 Information issues de la page web « Nouveau monde. Libra, la monnaie virtuelle qui va faire adorer ou détester Facebook » du site FranceTvinfo.fr https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/nouveau- monde/nouveau-monde-du-samedi-15-juin-2019-libra-la-monnaie-virtuelle-qui-va-faire-adorer-ou-detester- facebook_3469529.html
4 Information issues de la page web « Choissez votre plan » du site pCloud.com.
5Information issues de la page web « Mauro Poggia veut amender les cyclistes téméraires » du site tdg.ch.
6 Information issues de la page web « Etats-unis: le Bitcoin s’érige comme une nouvelle arme de protestation » du site placecrypto.fr.
28903/
7Information issues de la page web « En Chine, un système de notation des citoyens encore flou mais aux ébauches effrayantes » du site Lemonde.fr.
https://www.lemonde.fr/pixels/article/2018/12/28/en-chine-un-systeme-de-notation-des-citoyens-encore- flou-mais-aux-ebauches-effrayantes_5403357_4408996.html
8 Information issues de la page web « La Suède sera-t-elle le premier pays avec sa propre monnaie virtuelle ? » du site fr.buisnessam.be
https://fr.businessam.be/suede-monnaie-virtuelle/