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Le succès des entreprises familiales et les défis qui leur sont propres.
Nombre d’entre nous pensent que les entreprises familiales, c’est-à-dire les sociétés dans lesquelles une famille détient une participation importante, sont de très petite taille et pour la plupart en mains privées. La réalité est pourtant tout autre: dans les faits, près de la moitié des plus grandes entreprises françaises et allemandes cotées en Bourse, ainsi qu’un tiers des principales entreprises américaines, sont sous une forte influence familiale. Des marques mondialement célèbres comme LVMH en France ou Walmart aux États-Unis en sont des exemples.
Pour le groupe d’experts sur les entreprises familiales de l’Union européenne, une société cotée répond à la définition de l’entreprise familiale lorsque la personne ayant fondé la société ou ayant acquis son capital social, ou bien sa famille ou ses descendants, détiennent 25% des pouvoirs décisionnels du fait de la hauteur de leur participation au capital social. Cette définition englobe également les sociétés qui n’ont pas encore opéré le changement de génération. L’importance de l’entreprise familiale pour l’économie est incontestée. L’UE compte 14 millions d'entreprises familiales qui créent plus de 60 millions d’emplois dans le secteur privé. Si leur réussite peut être évaluée à l’aune de divers critères, nos analyses montrent que les entreprises familiales possèdent des caractéristiques essentielles qui les rendent particulièrement attractives pour les investisseurs.
dont les entreprises familiales peuvent s’enorgueillir.
En effet, ces entreprises se distinguent souvent par une croissance des revenus supérieurs à la moyenne, une orientation stratégique à plus long terme et une stabilité rassurante dans les périodes de turbulences. Par rapport aux autres sociétés, elles se caractérisent également par une progression du chiffre d’affaires plus forte, une plus grande rigueur comptable et des flux de trésorerie plus élevés. La responsabilité sociétale (Corporate Social Responsibility) est une autre qualité dont les entreprises familiales peuvent s’enorgueillir: 81% d’entre elles sont engagées dans des œuvres philanthropiques et 85% se sont dotées d’un code d’éthique contre seulement 57% pour les entreprises du Fortune 500. Les entreprises familiales possèdent également une longueur d’avance sur le thème de la diversité: selon une enquête du cabinet de conseil EY, 55% des entreprises familiales interrogées ont au moins une femme dans leur conseil d’administration.
Malgré leur approche progressiste, ces entreprises se montrent plutôt conservatrices lorsqu’il s’agit d’aborder de nouveaux domaines d’activité, par exemple avec des fusions et acquisitions. La tendance à financer de nouveaux investissements par le biais des flux de trésorerie internes fait également partie de cette orientation conservatrice, ce qui se traduit par un endettement moindre.
Aujourd’hui, de nombreuses entreprises se concentrent sur les résultats à court terme et prennent des mesures d’un résultat trimestriel à l’autre pour satisfaire des actionnaires impatients. Concernant les entreprises ayant de bonnes structures de gouvernance, les investisseurs évoquent souvent la cohérence entre les intérêts de la direction et ceux des actionnaires. La distribution de parts d’une entreprise aux personnes qui la dirigent est un instrument par lequel on cherche à reproduire le succès des entreprises familiales. Car les entreprises familiales sont responsables vis-à-vis d’un autre type d’investisseurs : la génération suivante. Au sein de la famille, les conséquences des décisions stratégiques sont plus marquées qu’ailleurs et la fortune de l’entreprise est finalement gérée comme celle de la famille. Avec les bonnes structures de gouvernance, cette approche peut également s’avérer payante pour les autres actionnaires.
Le principe de cause à effet sur les générations futures est omniprésent. Selon les statistiques, plus de 80% des entreprises familiales changeront de propriétaire dans les dix prochaines années. Le maintien du «facteur familial» dépend donc d’une planification successorale soigneuse. La question de savoir comment procéder exige la prise en compte de nombreux aspects. Il s’agit d’une part de définir les rôles des membres de la famille les plus âgés qui ont fortement marqué l’entreprise de leur empreinte, et d’autre part d’aborder le problème de la future structure de propriété.
En effet, tous les enfants ne sont pas forcément désireux de prendre la relève de leurs parents. Certains peuvent en avoir envie mais ne se sentent pas (encore) prêts. C’est pourquoi les familles les mieux avisées laissent souvent la prochaine génération se forger une expérience ailleurs, de sorte qu’un ou deux successeurs bien choisis seront en mesure de reprendre le flambeau lorsqu’un membre plus âgé de la famille se retirera.
Si la plupart des gens pensent que cette stratégie sert essentiellement à l’acquisition de compétences professionnelles, un autre facteur entre ici en ligne de compte, à savoir former la prochaine génération pour devenir les gérants de fortune de demain. Les investisseurs y voient également un devoir fiduciaire : la personne chargée de gérer leur argent a l’obligation légale d’agir au mieux de leurs intérêts. Il est parfois plus simple de faire confiance à la famille.