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Les tiques sont particulièrement actives au printemps et en automne et affectionnent les endroits chauds et humides. Elles vivent principalement dans les sous-bois, en bordure de forêts et de chemins et grimpent sur les herbes hautes où elles se logent jusqu’à 1,5 m au-dessus du sol. Après avoir trouvé un site qui leur convient sur un hôte, les tiquent lui infligent une piqûre indolore. Bien ancrée dans la peau, elles vont alors sucer son sang durant plusieurs jours. De cette manière, les tiques peuvent inoculer entre autres des agents pathogènes tels que ceux de la borréliose de Lyme ou/et de l’encéphalite à tique (aussi appelée « méningo-encéphalite verno-estivale »).
En Suisse, la tique transmet principalement deux infections : la maladie de Lyme (ou borréliose) due à une bactérie et l’encéphalite à tiques due à un virus.
Le risque de transmission de la maladie de Lyme par la tique va dépendre de la durée pendant laquelle la tique reste attachée. Si elle est inférieure à 24 heures, le risque de transmission est très faible. L’érythème migrant est la manifestation la plus fréquentes de la maladie de Lyme, il s’agit d’une rougeur qui grossit progressivement et dont le centre s’éclaircit. Sans traitement, seule une minorité de personnes auront une maladie qui évolue vers une forme disséminée avec une possible atteinte du cerveau, des articulations ou de la peau.
L’encéphalite à tique peut apparaître lorsqu’un virus est transmis par la tique. Environ 10 % des personnes vont développer des symptômes neurologiques, sous forme de maux de tête ou de paralysie. La guérison nécessite plusieurs semaines et des séquelles peuvent persister.
Saisissez la tique à la base de la tête et tirez-la progressivement, au plus près de la peau. Utilisez des pincettes fines. Désinfecter ensuite le point de piqûre, Vous devrez consulter un médecin si une rougeur de la peau apparaît à l’endroit de la piqûre ou si vous présenter un état grippal.
Lorsque la maladie de Lyme se manifeste par une atteinte de la peau, les antibiotiques constituent un traitement efficace.
Il existe un vaccin contre l’encéphalite à tique mais pas contre la maladie de Lyme. La vaccination doit être proposée à toute personne s’adonnant régulièrement à des activités en plein air en Suisse (à l’exception de Genève et du Tessin). Une carte permet de vérifier si vous vivez dans une région à risque (les zones en rouge).
Extrait de l’article « Maladies transmises par les tiques en 2019 : entre fausses croyances et bonnes pratiques » publié dans la Revue médicale suisse. Auteurs : Robin Chenal, Bernard Favrat, Serge De Vallière.
Beaucoup de fausses croyances circulent à propos des tiques…
Parfois les tiques tombent des arbres
Faux. Elles ne tombent jamais des arbres et ne savent pas sauter, mais attendent leur repas au sommet d’une végétation basse à une hauteur de maximum 1,5 mètre (herbes hautes, broussaille, arbustes) et s’accrochent à leur proie à leur passage
Il faut « dévisser » la tique avec une pince pour la retirer de la peau
Faux. Il n’est pas recommandé d’effectuer un mouvement de rotation lors du retrait de la tique, mais de la tirer délicatement avec une pince plate. Si le rostre (partie buccale) reste attaché, il n’est pas non plus recommandé de l’extraire car le risque de développer une maladie de Lyme n’est pas augmenté, il ne provoque en général aucune réaction et sera rejeté naturellement avec le temps.
Après une morsure de tique, le risque de développer une maladie de Lyme reste relativement faible
Vrai. Selon une étude réalisée en Suisse, on peut conclure que sur 1000 personnes mordues par une tique, 45 (4,5 %) seront infectées par Borrelia burgdorferi mais seulement 8 (0,8 %) développeront un érythème migrant.
Un érythème migrant peut apparaître à distance de la zone de morsure
Faux. L’érythème migrant se développe à partir du site d’inoculation et non à distance de celui-ci. Après morsure, il convient malgré tout de surveiller son apparition en dehors de la zone de morsure car la détection d’une tique augmente le risque d’autres morsures susceptibles d’être passées inaperçues.
L’érythème migrant est un passage obligatoire dans le développement d’une maladie de Lyme
Faux. Il s’agit de la manifestation clinique la plus fréquente et la plus précoce, mais on estime qu’elle est absente dans 20-30 % des cas de maladie de Lyme qui se présente alors directement sous la forme d’une manifestation de stade II parfois quelques semaines seulement après la morsure
L’évolution naturelle de la maladie de Lyme aux stades I et II est généralement spontanément favorable
Vrai. Toutes les principales manifestations de la maladie de Lyme (érythème migrant, paralysie du nerf facial, bloc cardiaque, arthrite) évoluent favorablement avec le temps, même en l’absence de traitement antibiotique.
Les tests sérologiques ne sont pas suffisamment fiables pour poser le diagnostic d’une maladie de Lyme
Faux. Les recommandations des sociétés savantes sont consensuelles sur ce point. Le diagnostic d’une infection à borrelia repose sur des critères précis. En présence d’un érythème migrant, le diagnostic est uniquement clinique et une sérologie est contre-indiquée car souvent faussement négative. En dehors de cette situation, la sérologie est nécessaire pour retenir un diagnostic présomptif de maladie de Lyme en présence de signes cliniques objectifs compatibles.