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Les festivités liées aux 75 ans de Porsche ont débuté avec la présentation le 25 janvier de la Porsche 357. Il s’agit d’un prototype dont l’allure générale et la couleur gris métallisé se réfèrent directement à la Porsche 356 SL numéro 46 avec laquelle la marque allemande a participé à ses premières 24 Heures du Mans en 1951. Non sans succès puisque ses pilotes, les Français Auguste Veuillet et Edmond Mouche, 20e au classement général, se sont imposés dans la classe jusqu’à 1’100 cm3 .
L’ACCIDENT DE 1955
Ce premier succès sera suivi de beaucoup d’autres et cela dès l’année suivante. Les mêmes Auguste Veuillet et Edmond Mouche, toujours au volant de leur 356 SL, réitèrent en effet leur victoire de classe. Un premier cap notable est franchi en 1955 avec les Porsche 550 Spyder qui terminent 4e , 5e et 6e au classement général, dont la numéro 37 de Helmut Polensky et Richard von Frankenberg, vainqueurs dans la classe jusqu’à 1’500 cm3 . La course avait toutefois été endeuillée par l’accident qui causa 84 morts et qui incita la Suisse à interdire les courses en circuit sur son territoire. C’est cependant justement un pilote suisse, Jo Siffert, bien aidé par les créations de Ferdinand Piëch, ingénieur diplômé de l’Ecole polytechnique de Zurich et neveu du patron Ferry Porsche, qui contribuera à partir de 1966 à donner à la marque de Stuttgart-Zuffenhausen l’aura qui est aujourd’hui la sienne. Jusqu’en 1965, le score des victoires absolues aux 24 Heures du Mans est de 9 pour Ferrari contre 0 pour Porsche. Cela ne convient guère à l’ambition de Ferdinand Piëch qui rêve d’accomplir de grandes choses, à l’image de son grand-père Ferdinand Porsche. Celui-ci a en effet conçu, dès la fin du 19e siècle, les premières Lohner-Porsche électriques, puis quelques-unes des Austro-Daimler et Mercedes les plus sportives, ainsi que les célèbres flèches d’argent d’Auto Union et les non moins célèbres Coccinelle de Volkswagen.
« La course avait toutefois été endeuillée par l’accident qui causa 84 morts et qui incita la Suisse à interdire les courses en circuit sur son territoire. »
JO SIFFERT, 4e EN 1966
Dès sa première participation aux 24 Heures du Mans de 1966 au volant d’une Porsche 906 dont il partage le volant avec le Britannique Colin Davis, Jo Siffert s’illustre en terminant au 4e rang du classement général et en remportant la victoire à l’Indice de performance. Sur le podium, où il est convié avec les vainqueurs Bruce McLaren et Chris Amon, ainsi que Henry Ford Junior, venu fêter ce qui sera la première des quatre victoires consécutives de Ford aux 24 Heures du Mans, Jo Siffert est le témoin bien involontaire de la première douche de champagne sur un podium ! Que c’était-il passé ? Les organisateurs avaient oublié de mettre au frais le champagne et, lorsque les hymnes nationaux ont retenti, le bouchon, peut-être sous l’effet des vibrations et de la chaleur, a sauté accidentellement. Le champagne a alors arrosé aussi bien les pilotes que les spectateurs au pied du podium en déclenchant l’hilarité générale. Douze mois plus tard, Jo Siffert, associé désormais à l’Allemand Hans Herrmann sur une Porsche 907, remporte à nouveau l’Indice de performance. Cette fois-ci, les organisateurs ont cependant pris soin de mettre le champagne au frais.
LA DOUCHE DE CHAMPAGNE
Sur le podium, le pilote fribourgeois et l’Américain Dan Gurney, vainqueur au classement général avec son compatriote A. J. Foyt, décident cependant de secouer volontairement la bouteille de champagne afin de répéter l’hilarité générale de l’année précédente. Une hilarité parfaitement captée par le photographe Bernard Cahier. Sur un de ses clichés, on voit notamment Hans Herrmann rire à pleines dents à côté du jéroboam de Moët & Chandon secoué par son coéquipier Jo Siffert. Depuis lors, la douche de champagne est devenue une pratique incontournable sur les podiums ! On ignore si cette douche au champagne a porté chance à Hans Herrmann, toujours est-il que c’est lui et son coéquipier britannique Richard Attwood qui, au volant de leur 917 numéro 23, ont offert à Porsche sa première victoire au classement général des 24 Heures du Mans en 1970. Hans Herrmann, qui a longtemps possédé un appartement de vacances à Randogne, au-dessous de Crans-Montana, relevait pour sa part que le 23 était son numéro porte-bonheur. Lorsque nous lui avions rendu visite en Valais, il y a quelques années, il nous avait en effet raconté ce qui suit: «Je suis né le 23 février, j’ai commencé à courir à 23 ans et mon épouse Magdalena était âgée de 23 ans la première fois que je l’ai rencontrée à une course où ma Porsche RS 60 portait le numéro 23 !»
« BERNARD CAHIER A PARFAITEMENT IMMORTALISÉ L’INSTANT OÙ HANS HERRMANN RIT À PLEINES DENTS À CÔTÉ DU JÉROBOAM DE MOËT & CHANDON SECOUÉ PAR SON COÉQUIPIER JO SIFFERT. »
UNE 20e VICTOIRE CETTE ANNÉE?
Après ce premier succès en 1970, Porsche s’est imposé encore 18 fois au classement général des 24 Heures du Mans et y détient le record de 19 victoires absolues. La 18 e , en 2016, a été la première victoire absolue obtenue par un pilote suisse au volant d’une Porsche. Le Biennois Neel Jani s’y était en effet imposé avec une 919 Hybrid dont il partageait le volant avec l’Allemand Marc Lieb et le Français Romain Dumas, établi depuis plusieurs années à Arzier, dans le canton de Vaud. Porsche réussira-t-il à remporter une 20e victoire absolue en 2023, l’année de ses 75 ans et du centenaire de la course ? On l’ignore ! Ce qui est certain, c’est que les organisateurs ont réuni un plateau de toute beauté. Celui-ci comprendra notamment le retour au plus haut niveau de l’endurance de Ferrari, Peugeot et Porsche, bien décidés à mener la vie dure à Toyota, vainqueur des cinq dernières éditions, dont quatre fois avec le Vaudois Sébastien Buemi.