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Economie américaine : information et désinformation, propagande antilibérale et anti-américaine
7 février 2005
es informations sur l'état de l'économie américaine, dans les médias européens, sont presque toujours annonciatrices d'un déclin imminent ou d'une catastrophe à venir. Mais est-ce vraiment le cas ? L'économiste Jean-Pierre Chevallier affirme au contraire que les Etats-Unis ont une économie et des comptes sains. Analyse.
Dans tous les pays du monde, les médias publient des articles et diffusent des reportages qui donnent une image négative de la politique menée par le président Bush, surtout sur le plan économique. Cette contestation systématique a été prédite et bien analysée dès la fin des années 30 par l'un des plus grands économistes du XXe siècle, Schumpeter, qui montrait que la plupart des journalistes deviendraient à l'avenir des adversaires de plus en plus virulents du capitalisme libéral. Effectivement, des sondages concordants ont révélé que moins de 10 % d'entre eux auraient voté pour George Bush, aux Etats-Unis comme ailleurs.
Ces journalistes font partie d'une catégorie de la population de plus en plus nombreuse qui n'est pas directement insérée dans le processus de production de biens et de services du secteur concurrentiel. Ils exercent leur activité professionnelle en marge du système économique dur (hard), dans des secteurs qui emploient de plus en plus de monde, avec les enseignants, les travailleurs sociaux (assistantes sociales, éducateurs, formateurs, salariés d'associations, etc), la plupart des fonctionnaires, des salariés des entreprises publiques, du personnel du secteur médical au sens large (infirmières, auxiliaires divers dans les établissements de soins et de retraite), les animateurs, les artistes, etc. Ils correspondent à ce qu'on appelait les intellectuels, qui sont en fait des militants qui répandent systématiquement une propagande antilibérale, et anti-américaine en dehors des Etats-Unis.
Les journalistes ont une influence grandement dommageable et perverse sur l'opinion publique car les gens ont conservé l'habitude de lire le journal, d'écouter la radio et de regarder la télévision pour former leur propre opinion, d'après une information totalement biaisée et qui en fait devient de la désinformation. En France, par exemple, un journal comme Le Monde qui publiait au début des années 60 des articles de référence reflétant honnêtement les opinions de tendances diverses est devenu depuis quelques années l'organe d'expression favori (et l'hébergeur) des thèses de mouvements violemment antilibéraux et anti-américains comme Attac.
Les médias et l’Amérique
Ainsi se répand une pensée commune hostile au capitalisme libéral, qui défend un socialisme larvé qui est maintenant dominant dans la Vieille Europe, même en Suisse, qui était pourtant le pays européen le plus libéral depuis plus de deux siècles. Ces adversaires du capitalisme libéral ne peuvent pas supporter la réussite économique des Etats-Unis qui est basée sur l'application de ses principes. En effet, les conseillers économiques du gouvernement Bush adoptent des solutions très libérales qui sont très efficaces.
La croissance du Produit Intérieur Brut des Etats-Unis, le PIB, est redevenue forte : 4,4 % en 2004, trop forte même car au dessus de 3,5 % elle peut faire renaître des tensions inflationnistes qui risquent de provoquer ultérieurement une récession. Les dirigeants de la banque centrale, la Fed, sont donc amenés à augmenter légèrement et préventivement les taux d'intérêt à court terme pour ralentir la croissance, alors qu'en Europe elle n'arrive pas à atteindre 2 %.
Cette forte croissance crée des emplois. Il y a toujours plus d'Américains qui travaillent : 140 millions, c'est un record historique. Le taux de chômage est faible : 5,4 % (alors qu'il est de l'ordre de 10 % en Europe), proche du minimum incompressible en dessous duquel les augmentations de salaires provoquées par la pénurie de main d'œuvre risquent de créer des tensions inflationnistes comme ce fut le cas à la fin des années 90.
C'est la diminution des impôts décidée par le gouvernement Bush qui a augmenté le revenu disponible des ménages américains (ce qui stimule la demande), et qui permet aux entreprises de reconstituer leur trésorerie : le taux réel des impôts sur les bénéfices des sociétés effectivement payé est tombé globalement à 19 % en 2003 ! Ainsi l'effet boule de neige produit ses effets positifs : les bénéfices (cash flows) records permettent de financer les investissements et de distribuer des dividendes qui donnent à d'autres entrepreneurs les moyens de développer des projets innovants qui augmentent la productivité.
Les réductions d'impôts qui ont relancé la croissance feront rentrer finalement davantage d'impôts dans un avenir proche (c'est la loi de Laffer) car les rentrées fiscales sont très fortement élastiques par rapport au niveau d'activité. Le déficit budgétaire actuel, important mais temporaire, va se résorber rapidement. Il est dû en grande partie à l'insuffisance des investissements militaires au cours de la présidence de Bill Clinton (qui oblige donc à un rattrapage important actuellement) et au refus de certains pays européens dont la France et l'Allemagne de collaborer à l'effort de guerre contre le terrorisme musulman. La dette publique est certes élevée, mais elle reste contenue dans des limites acceptables (aux alentours de 60 % du PIB). Elle présente d'ailleurs l'avantage de fournir une offre abondante de placements sans risques (les obligations publiques) face à une masse considérable de capitaux disponibles (dont disposent les ménages et les entreprises, visible dans la masse monétaire) en quête d'une rémunération acceptable.
En effet, jamais les Américains n'ont été aussi riches ! Les ménages disposent d'une épargne globalement considérable : plus de $ 5 000 milliards sont placés sur divers types de comptes et livrets, et les entreprises disposent de plus de $ 3 000 milliards improductifs de trésorerie. Ainsi par exemple, plus de $ 60 milliards dorment dans les comptes de Microsoft ! Cette richesse des Américains constitue paradoxalement leur plus gros problème, car cet excès d'épargne mal placée diminue la rentabilité des capitaux. C'est la raison pour laquelle les autorités monétaires incitent les entreprises à distribuer des dividendes qui pourront être réinvestis, et les ménages à investir dans l'acquisition de la maison de leurs rêves.
En effet, la construction de logements bat tous les records historiques. Quand le bâtiment va, tout va ! Ce secteur entretient une activité ouvrière indispensable favorisant la cohésion sociale. L'offre suit la demande : les prix de l'immobilier augmentent normalement, de l'ordre de 8 % par an (le prix médian d'une maison est actuellement de $ 188 000). Il n'y a donc pas de bulle immobilière.
Grâce à l'ouverture des frontières (la mondialisation), les Américains achètent massivement des produits bon marché fabriqués en partie ou en totalité dans les pays émergents asiatiques, ce qui augmente considérablement leur pouvoir d'achat... à défaut d'obtenir des augmentations de salaires. La mondialisation bénéficie aussi aux 400 millions de Chinois qui travaillent de ce fait et qui peuvent vivre dans des conditions normales sans que ce soit au détriment des Américains : les créations d'emplois, 350 millions aux Etats-Unis depuis ces 10 dernières années (surtout dans des entreprises à haute productivité), l'emportent sur les suppressions, 330 millions, comme le rapporte Larry Kudlow. Ces 20 millions d'emplois supplémentaires créés en une décennie sont encore un exemple du principe de destruction créatrice de Schumpeter (les entreprises qui utilisent les nouvelles techniques les plus productives ne peuvent se développer qu'avec l'abandon des techniques anciennes).
Le déficit de la balance commerciale des Etats-Unis se retrouve, compensé, dans les coffres des banques centrales des pays émergents (en US dollars) dont les monnaies sont sous-évaluées comme par exemple le renminbi. La banque centrale de Chine dispose actuellement de US$ 600 milliards de réserves, ce qui est considérable et improductif, mais permet de fournir du travail, des revenus et des conditions de vie décentes à 400 millions de Chinois. Les autorités monétaires et politiques chinoises seront amenées à réévaluer le yuan dans un avenir proche, ce qui renchérira alors les prix des produits chinois et rétablira l'équilibre des balances commerciales.
La faiblesse de l'US dollar est délibérée. Elle a pour but de relancer les exportations américaines par ce qui s'assimile à une dévaluation compétitive, qui donne toujours d'excellents résultats. Les produits made in USA n'étaient plus compétitifs depuis la fin des années 90 avec un USD fort. L'activité industrielle est en train de reprendre, ce qui rétablira dans un avenir proche un certain équilibre de la balance commerciale. Le déficit commercial n'est toutefois pas inquiétant dans la mesure où les entrées de capitaux le compensent. La balance des paiements est parfaitement saine.
La prospérité présente et à venir des Américains ainsi exposée dément en tous points la propagande des journalistes qui exercent une influence catastrophique dans le monde entier. Schumpeter, encore lui, était finalement très pessimiste. Il pensait en 1940 que le nazisme (qu'il connaissait bien pour avoir fui l'Allemagne) serait terrassé par les Alliés et plus particulièrement par la puissance économique et militaire des Américains, que le communisme s'écroulerait un jour, car un système fondamentalement antilibéral n'est pas viable durablement, que d'autres adversaires pouvaient être vaincus (dans sa clairvoyance, il n'avait cependant pas pensé au terrorisme musulman), mais il était persuadé que le système capitaliste libéral sombrerait un jour en étant miné de l'intérieur par ce socialisme larvé qui est maintenant largement dominant en Europe, où la croissance sera durablement faible. Le XXIe siècle sera celui de la zone Pacifique et consacrera la réussite de l'Asie et des Etats-Unis, qui restent les derniers bastions où les populations adhèrent encore pleinement au libéralisme.
Jean-Pierre Chevalier