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Le plus sulfureux homme d'affaires russe, Boris Berezovski, n'a pas répondu le 19 septembre à une convocation de la justice russe. Soupçonnées d'avoir perçu des commissions à la place de l'Aeroflot, ses société suisses sont à nouveau sur la sellette.Ce contenu a été publié le 05 octobre 2001 - 15:30
Les affaires russes ne sont qu'un éternel recommencement. En 1999, Moscou réclame la collaboration de Berne pour enquêter sur trois sociétés domiciliées à Lausanne, Forus, Andava et Anros.
Motif, elles auraient participé au détournement de centaine de millions de dollars destinés à la compagnie russe Aeroflot. L'homme d'affaires Boris Berezovski est notamment le cofondateur de Forus et d'Andava.
Mais l'année suivante, lorsque la justice suisse livre 800 classeurs de documents à la Russie, Boris Berezovski s'est réconcilié avec le maître du Kremlin. La justice russe enterre le dossier.
Un mandat d'arrêt international
Forus est pourtant accusée d'avoir empoché à la place de l'Aeroflot les droits de survol de la Sibérie, versés par plusieurs compagnies aériennes, comme Air France, Alitalia, British Airways et Lufthansa.
Mais comment instruire un dossier à Lausanne, si la principale victime, la compagnie aérienne russe, ne porte pas plainte? En avril dernier, le dossier est relancé par une association française, le Collectif UTA, actionnaire minoritaire d'Air France, qui porte plainte pour «infraction à la loi fédérale concernant le blanchiment d'argent».
L'association - représentée en Suisse par l'avocat Eric-Alain Bieri, de la Chaux-de-Fonds - s'étonne que la compagnie française ait pu verser 76,3 millions de dollars entre 1996 et 1999 sur un compte à Genève d'une société vaudoise, plutôt que dans les caisses de la Fédération de Russie. Est-ce un hasard? A la même époque Forus change de nom et devient EM Finance Group.
Un autre danger vient cette fois de Moscou: la justice russe s'intéresse à nouveau aux liens entre Boris Berezovski et la compagnie aérienne Aeroflot.
Selon le quotidien économique russe Kommersant, l'homme d'affaires, qui a quitté son pays depuis un an, pourrait bientôt faire l'objet d'un mandat d'arrêt international pour «détournement et blanchiment d'argent». A Lausanne, c'est le juge Jean Treccani qui instruit actuellement la plainte déposée par le Collectif UTA.
Ian Hamel