Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07172.jsonl.gz/805

L’ONU a annoncé la semaine passée que l’apparition du courant Pacifique El Nino est de plus en plus probable. Il élève la température mondiale, et son effet portera surtout sur 2024. Mais les huit dernières années ont déjà été les plus chaudes de l’Histoire (lien), alors cet hiver et les mois suivants dépasseront probablement les températures connues de l’Humanité au niveau planétaire. L’OMM s’attend à une sérieuse augmentation. Les catastrophes météorologiques ont provoqué plus de deux millions de morts en cinquante ans (ONU) et une importante aggravation est possible.
El Nino et la canicule en général ont des effets négatifs sur l’activité économique. Ils réduisent généralement la croissance mondiale. Les événements passés ont provoqué des pertes économiques de 4,1 et de 5,7 trillions de dollars (trillion:1012 Callahan, Gizmodo).
Les années chaudes réduisent l’activité économique dans tous les pays, tempérés aussi bien que tropicaux, à tel point que la température explique les différences mondiales de développement (Dell).
La productivité économique atteint un sommet à une température de 13°C et décroit rapidement au-dessus de ce seuil. Les activités économiques, agricoles et industrielles diminuent avec la chaleur, dans le monde entier, depuis 1960. Cette constatation a été tirée de la comparaison de la production du même pays, ou de différents Etats des Etats-Unis, lors des années chaudes et froides.
Le rendement des céréales baisse rapidement entre 20 et 30°C, et la productivité humaine décroit aussi (Burke). L’effet n’est pas linéaire mais très important. La production décroît rapidement avec la température, et baisse plus encore quand la canicule augmente.
L’effet sur l’agriculture est évident. Les cultures sont très sensibles aux conditions météorologiques, elles ont des températures de croissance optimales, elles poussent peu quand il fait froid, plus vite dans des conditions tempérées, puis cessent de croître s’il fait trop chaud. Si les conditions sont trop défavorables, certaines plantes cultivées meurent sur pied et leur rendement tombe à zéro. Les activités industrielles sont aussi freinées par la chaleur.
La baisse rapide de productivité liée à l’augmentation de température suggère que l’adaptation au changement climatique sera plus difficile que prévu.Selon cette estimation, les trois quarts des pays s’appauvriront si le réchauffement n’est pas jugulé.
Celui-ci peut amplifier les inégalités mondiales, car les pays chauds et pauvres subiront probablement la plus forte réduction de la croissance. Même une légère augmentation de température pourrait provoquer des pertes économiques beaucoup plus importantes que les estimations antérieures.
Si les sociétés continuent de fonctionner comme elles l’ont fait dans un passé récent, le changement climatique remodèlera l’économie mondiale en réduisant considérablement la production économique (Burke). Ces estimations n’incluent pas les événements catastrophiques liés aux conditions exceptionnelles.
La Banque Mondiale déclarait récemment que les prévisions de croissance des pays pauvres sont mauvaises pour ces cinq prochaines années. Leur économie sera de plus rythmée par les catastrophes et leurs conséquences.
Un El Nino moyen ou fort sur une Planète qui est déjà au-dessus 1°C provoquerait des événements météorologiques jamais vus de l’Humain, notamment des précipitations très importantes, noyant l’Amérique du Sud sous des inondations et des glissements de terrain. Les récoltes pourraient être perdues ou immobilisées par ces intempéries.
Le Nino de 1997 a provoqué des inondations au Pérou, Mexique (90 cm de pluie) et Kenya (JustHaveAThink). Cette fois, l’humidité atmosphérique et la température sont plus élevées et les pluies pourraient être plus abondantes.
L’Indonésie a subi une sécheresse extrême en 1997. L’Amazonie, et l’Inde sont généralement exposées à la sécheresse lors d’El Nino, et les températures pourraient être extrêmes. Quel niveau de chaleur attend l’Inde en 2024? Cette question est d’une importance capitale.
Le gaz carbonique accumulé dans l’atmosphère y reste des dizaines d’années. Nous savons déjà que les vingt prochaines années les catastrophes climatiques s’aggraveront, les canicules seront plus intenses, et les pluies plus abondantes (blog GIEC). Nos inondations suisses atteindront vingt, puis cinquante centimètres d’eau dans la rue, et couvriront plusieurs quartiers, et un jour emporteront des passants. Il y aura plus de glissements de terrain et plus de routes de montagne coupées. Le niveau de danger augmentera. Nous devons arrêter cette escalade, arrêter les vagues de chaleur avant qu’elles ne deviennent mortelles en Suisse, et éliminer les émissions de carbone pour espérer une amélioration du climat. SVP, votez “OUI” à la Loi Climat et demandez (d’une façon très amusante) à vos amis de le faire.
La plus grande assurance américaine refuse désormais d’établir de nouveaux contrats (CNN, Guardian). State Farm, géant de l’assurance en Californie, a dépensé toutes les réserves constituées au cours des vingt dernières années pour indemniser ses clients victimes de récentes catastrophes et refuse de prendre plus de risques.
L’état le plus riche et le plus peuplé des Etats-Unis a subi plusieurs années de sécheresse et de nombreux feux, qui ont détruit des dizaines de milliers de maisons. Cet hiver, la Californie a aussi vu des inondations sans précédent, et l’aggravation est prévisible (blog). J’ai été étonnée que les médias américains n’énonçaient pas clairement le fait que les pluies intenses sont liées au réchauffement, et à la température élevée des océans, mais les assurances semblent savoir qu’une augmentation du nombre et de la gravité des catastrophes est prévue.
Le risque d’incendie est maintenant tel que l’assurance refuse tout nouveau contrat. L’état régule apparemment les primes et les maintient à un niveau trop bas selon leurs calculs.
Deux autres assurances américaines, dont la multinationale American International Group, ont signifié à des milliers de propriétaires Californiens que leurs assurances ne seraient pas renouvelées, selon le Wall Street Journal.
Le changement climatique augmente le risque de feux de forêts. L’année passée, en 2022, la Californie en a subi 7’490, plus que l’année précédente. Un de ces feux a détruit une centaine de villas. Le plus grand, qui a ravagé la ville de Paradise en 2018, a anéanti plus de dix mille bâtiments (NBCNews).
La région a vu des incendies record au cours des six dernières années, qui figurent parmi les plus chaudes de l’histoire. Ils font partie des plus grands et les plus meurtriers de l’Histoire des Etats-Unis.
Une étude récente établit qu’environ 40% de ces brasiers sont dus au changement climatique (Washington Post).
L’assurance incendie est généralement nécessaire pour obtenir un prêt bancaire ou une hypothèque. Leur absence fera probablement baisser les prix des maisons en Californie.
C’est une conséquence du réchauffement climatique qui sera ressentie rapidement par de nombreux particuliers. Le risque de catastrophes augmente presque partout dans le monde.
Les discussions de printemps de la Banque Mondiale commencent sur le constat que la croissance a ralenti. Selon leurs déclarations, la croissance mondiale devrait être autour de 3% pour les prochaines années. Elle se produirait essentiellement dans les pays développés, et elle sera plus difficile pour les pays pauvres. Ils sont notamment étouffés par la dette, et la Banque Mondiale organise une table.ronde qui réunirales créanciers pour discuter de solutions.
Selon M. Malpass, les perspectives développement des pays pauvres ne sont pas très bonnes. Il a déclaré qu’il y a assez de capitaux dans ces pays mais ils sont dans les mains d’un petit groupe d’acteurs et qu’il faudrait changer les choses dans ces pays. Je suis très curieuse de ce qu’il voulait dire par là, le savez-vous?
Kristallina Giorgieva se demande comment placer le monde sur une trajectoire de croissance plus élevée, pour garantir l’emploi et limiter les migrations. Selon elle, la croissance repose sur plus de productivité mais les conditions nécessaires ne sont pas réunies, et la solution à long terme est d’accroître l’approvisionnement, pour fournir des financements aux entreprises. Ils estiment que le commerce extérieur favorise la division des tâches, et que le développement se ferait grâce aux bénéfices rapportés par les exportations.
Ces perspectives me semblent erronées à deux niveaux: d’une part l’économie ne se comporte déjà pas comme ils l’espèrent, par exemple les faillites des banques ont suivi celles des petites entreprises, aujourd’hui nous apprenons que les ventes d’ordinateurs Mac ont baissé de 40% cette année. D’autre part la création d’entreprises à profusion me paraît difficile à concilier avec la réduction rapide d’émissions de carbone.
La problématique du climat
Leurs prévisions font abstraction du climat qui provoque une grave sécheresse en Afrique, affectant 36,4 millions de personnes et tuant le bétail (wiki), des vagues de chaleur précoces en Asie, les inondations sans précédent en Nouvelle-Zélande (CNN) et en Californie (blog), l’effrayant cyclone Freddy (lien), plusieurs grands glissements de terrain consécutifs aux pluies intenses dans plusieurs pays, au Brésil, au Pérou (Reuters), en Equateur (Reuters), dans l’Himalaya indien et au Congo (Reuters).
Ces catastrophes s’aggraveront au cours des vingt prochaines années et les pays tropicaux seront particulièrement exposés aux intempéries violentes et à leurs conséquences, leur économie sera menacée.
Or le développement devrait se concentrer dans les pays les plus pauvres, pour aider leurs populations à assurer leurs besoins vitaux et à former des sociétés plus stables. Il me semble que instances internationales se sont fixés ces objectifs.Les pays riches devraient parvenir à un fonctionnement harmonieux sans croissance, en améliorant plutôt les conditions de vie de la population, les conditions de travail, et les loisirs, et en diminuant le temps de travail, les trajets, et la pollution.
Le réchauffement climatique et la pollution pourraient être jugulés très simplement par la diminution de la production d’objets sur la Planète. Par contre, une croissance accompagnée d’une augmentation de la productivité est aux antipodes du développement durable, elle apporterait de la pollution et un réchauffement climatique porteur de vagues de chaleur mortelles, de sécheresses et tempêtes destructrices. Une augmentation de la productivité provoque aussi des pertes d’emploi (Arte).
J’ai l’impression que la Banque Mondiale ne propose pas de solutions durables à l’économie mondiale, mais une poursuite de la fuite en avant actuelle, alors même que le GIEC et l’ONU appellent tous et toutes à s’investir entièrement pour sauver notre climat. Tous les secteurs de l’économie devraient s’aligner sur le principe du zéro émission d’ici 2050 (Guterres). Produirons-nous à l’excès jusqu’à la destruction des usines par les tempêtes que nous aurons provoqué? Les créations d’entreprises en devraient pas être favorisées mais au contraire, les initiatives polluantes devraient être fortement découragées, sévèrement contrôlées dès le début et privées de crédits. La consommation effrénée de notre société devrait être limitée. Une réduction de la création d’entreprises pourrait provoquer une crise économique mais il doit y avoir un moyen de l’éviter.
Des connaissances ont tout essayé pour faire marcher leur petite entreprise, investi leurs économies, de longues heures de travail, à tenter de vendre ce que personne ne voulait acheter et ont récemment fermé. J’ai récemment entendu quelques histoires semblables. Je ne sais combien d’entreprises vivotent ou survivent actuellement sans réellement fonctionner, ce rêve capitaliste a du plomb dans l’aile.
Surtout, nous ne pouvons pas nous permettre de fabriquer des jupes à LED, de les transporter, de construire des magasins et de les renvoyer à la casse. Et cet article existe déjà, pour réussir à les supplanter, je pourrais encore inventer une variante qui diffuse de la musique quand la personne tournoie. La musique pourrait changer selon le rythme du mouvement, ça plairait certainement. Cependant cet article semi-jetable, cassé après trois utilisations, polluerait trop et menace nos conditions de vie sur Terre.
Les ventes des ordinateurs Apple ont baissé cette année. Notre société fonctionnera très bien avec la moitié des ordinateurs neufs des années passées, nous y parviendrons par une utilisation plus longue du même objet ou par la réparation. L’ancien ordinateur est déjà très bon, et nous n’en souffrirons pas du tout. Nous avons tout intérêt à économiser les métaux rares nécessaires pour leur fabrication pour des usages essentiels dans le futur. Nous devons seulement s’assurer que les employés d’Apple ne souffrent pas trop de la diminution de production, et en aucun cas nous ne devons augmenter la productivité. Les employés devraient donc bénéficier d’une réduction du temps de travail, de deux heures à consacrer à leur hobby sur le lieu de travail ou des cours de yoga et d’autres activités de bien-être.
Nous devons graduellement réduire la production et la consommation matérielle de nos sociétés. Une réduction de la consommation dans nos sociétés comporte un risque sérieux de crise économique, qui doit être bien géré dès maintenant. Nous devons parvenir à une société harmonieuse sans croissance économique, ou même en décroissance.
Rob Hopkins demande un ‘plan Marshall climatique’ qui créerait une grande quantité d’emplois dans l’isolation des bâtiments et autres activités protectrices de notre climat. Un revenu minimum universel serait une autre solution qui éviterait la crise. Un tel revenu dans les pays pauvres éviterait d’innombrables drames et constituerait un réel outil de stabilité et de développement. D’autres suggéraient une économie du bien-être où l’achat d’un objet supplémentaire serait remplacé par un massage ou un concert. Je serais personnellement ravie que l’Etat m’offre des bons pour des spectacles ou des activités de bien-être et de loisirs.
Nous devons rapidement limiter la création d’entreprises à celles qui respectent notre climat et permettent à la vie sur Terre de se poursuivre dans des bonnes conditions. La Banque Mondiale doit inclure immédiatement cette exigence dans les propositions qu’elle formule.
Addendum: Le GIEC suggère des mesures matérielles, comportementales et sociales pour réduire la demande des consommateurs (résumé pour décideurs, point C3).
Un nouvel article de Yale Climate Connection se penche sur les événements extrêmes présents et futurs (lien).
Ils notent l’augmentation d’événements extrêmes et les raisons de leur aggravation rapide récente. Ils relèvent que la combinaison de plus d’énergie thermique et d’une circulation atmosphérique perturbée a rendu les événements météorologiques extrêmes plus fréquents et plus intenses. Les tempêtes bénéficient de plus d’énergie et de plus d’humidité qui entraîne des pluies plus fortes.
Ils notent que les épisodes de chaleur accablante qui devraient se produire une fois tous les 1 000 ans (une probabilité de 0,1 % au cours d’une année donnée) se produisent maintenant une fois tous les 20 ans.
L’Arctique s’est réchauffée de quelques degrés et cela modifie le courant-jet. Il forme des méandres qui provoquent une amplification quasi-résonante des phénomènes extrêmes.
La déforestation et les émissions de particules par l’Homme pourraient aussi jouer un rôle dans l’intensification de vagues de chaleur.
Ils relèvent aussi que les tornades se forment plus au nord, à des périodes de l’année plus précoces, et que les épisodes sont plus abondantes. J’avais rapporté une étude de l’évolution du nombre de tornades qui montrait une très forte augmentation.
Yale Climate Connection note que nous devons anticiper et nous préparer à une augmentation significative des conditions météorologiques extrêmes dans les années à venir.
D’autre part, ils citent un rapport de l’ONU qui a révélé une augmentation des du risque d’événements extrêmes rares par le changement climatique. Il s’agit de catastrophes mondiales mortelles pour plus de 10 millions de personnes ou destructrices au point de causer de 10 trillions de dollars de dégâts (10 000 milliards), qui constituent une menace d’effondrement total de la société.
Leur article de juillet 2022 (lien) discute ces risques globaux catastrophiques (GRC). Le changement climatique augmente les risques de plusieurs de ces événements.Ils parlent de cinq types de risque:
1: La sécheresse:
L’événement catastrophique mondial le plus grave associé au changement climatique pourrait bien être une famine massive causée par des sécheresses extrêmes ou des inondations frappant simultanément plusieurs grands « greniers à blé » producteurs de céréales. Un tel événement pourrait entraîner d’importantes flambées des prix des denrées alimentaires, un choc du système alimentaire, et entraîner la famine massive, la guerre et une grave récession économique mondiale. Cet événement est déjà possible, et l’assurance Lloyds estime qu’il a 14% de chances de se produire dans les trente ans. Je dirais que ce risque est même plus élevé.
2: La guerre:
Historiquement, les famines et l’insécurité alimentaire ont souvent mené à des guerres. Aujourd’hui, la guerre pourrait être nucléaire et un conflit ‘local’ Inde – Pakistan pourrait entraîner un hiver nucléaire et 2 milliards de morts.
3: Montée du niveau de la mer
La montée du niveau de la mer aurait des conséquences très importantes sur le monde entier. Selon Yale Climate connection, dans un scénario de réchauffement modéré, des biens d’une valeur de 7-12 trillions de dollars (7’000-12’000 milliards de dollars), notamment des villes et des zones agricoles, seraient menacés sur les côtes. Leur calcul s’appuie sur une estimation des inondations côtières de Kirezci, basée sur le 5ième rapport du GIEC de 2013. Celui -ci estimait que dans un cas de réchauffement modéré, le niveau de la mer monterait de 28 à 82 centimètres. Les observations des dix dernières années montrent plusieurs signes inquiétants de fonte du Groenland et des glaces Antarctiques. Le sixième rapport du GIEC, établi d’après des données d’il y a environ cinq ans, contient une estimation de montée du niveau plus élevée. Les observations récentes sont encore plus inquiétantes. L’effondrement de l’Antarctique-Ouest que je discutais dans mon livre en 2016 est un risque réel et pourrait mener à une montée du niveau de la mer de plusieurs mètres. Le climatologue Michael Mann ainsi que d’autres déclaraient récemment que ce risque avait été sous-estimé (lien,lien), il pourrait se réaliser au cours de la prochaine dizaine d’années. Une montée du niveau de la mer de plusieurs mètres suivrait probablement au cours du 21ième siècle, et ses conséquences seraient beaucoup, plusieurs fois plus importantes que les prévisions actuelles.
4: Pandémie
Ils mentionnent le risque que les animaux sauvages privés d’habitat se rapprochent des populations humaines et transmettent de virus. Le changement climatique comporte aussi un risque de nouveaux pathogènes ou de réveil d’anciennes maladies. Ils relèvent enfin que les mouvements humains sont un facteur d’épidémie. La circulation de microbes dans l’Humanité est vraiment extrêmement rapide par rapport au passé: un jour à Pékin, le lendemain à Heathrow Londres, et le surlendemain dans toutes les capitales du monde.
5: Arrêt de la circulation océanique:
L’augmentation des précipitations et de l’eau de fonte des glaciers pourrait ralentir ou même arrêter la circulation méridienne de renversement de l’Atlantique (AMOC). Ce système de courants océaniques transporte l’eau chaude et salée des tropiques vers l’Atlantique Nord et envoie de l’eau froide vers le sud le long du fond de l’océan. L’augmentation des précipitations et de l’eau de fonte des glaciers due au réchauffement climatique pourrait déverser dans l’Atlantique Nord d’assez d’eau douce pour ralentir ou même arrêter la circulation océanique de l’Atlantique (AMOC). La conséquence citée, depuis longtemps, est un refroidissement de l’Europe. Il me semble que cet événement est en cours, la circulation océanique donne des signes de ralentissement mais le changement pourrait être graduel, sur des décennies, et pourrait surtout apporter des canicules extrêmes en Afrique. Ce phénomène ne se produirait pas seul. En Europe, la météo est modifiée par plusieurs facteurs, tels que le réchauffement global, les changements du courant-jet, le réchauffement de l’Arctique, qui nous amènent des fortes précipitations, et elle pourrait évoluer dune façon différente.
J’ai participé à la conférence‘Understanding Risk’. La conférence suivait un concept nouveau, décentralisée sur trois continents, en Npuvelle-Zélande, Europe et Amérique du Sud. Ce concept semble très utile . D’une part il évite les vols longs-courriers, d’autre part il a permis de tenir la conférence jour et nuit dans les différents fuseaux horaires, ce qui bien sûr prive les participants du droit au repos. De plus, le site principal de la conférence, Florianopolis au Brésil, a subi des graves inondations.Je suis sûre que ce concept sera très utile à l’avenir, car la conférence aurait pu continuer aux deux autres sites. Les visiteurs présents ont certainement acquis une précieuse expérience des inondations, j’espère qu’ils ont pu bien voir les problèmes.
Certains ont souligné que pour prévoir les risques, il faut faire une liste des biens existants, puis des dangers qui les menacent. Malheureusement, les risques liés au réchauffement climatique ont été sous-estimés par rapport aux événements réels de dernières années. Sile calcul se base sur valeur des bâtiments et des infrastructures, les risques que courent les pays pauvres semblent petits. De nombreux bâtiments, parfois tous, sont menacés, mais ont peu de valeur.
Une représentante de la Dominique dit que l’idéal serait de construire des maisons sûres, aux bons endroits, où les habitants pourraient être en sécurité en cas d’ouragan, et d’éviter les évacuations. Construire des bâtiments résistants constitueun gain très réel. Cela s’avère malheureusement difficile, il semble y avoir peu de zones sûres à la Dominique, toute l’île est menacée de catastrophes.
L’intelligence artificielle semble améliorer les predictions de risque.Divers solutions naturelles ou techniques ont été évoquées, la protection contre les vagues des ouragans, sous forme de mangroves, de murs en escalier, de récifs coralliens qui réduisent les vagues et leurs effets. Je crains que la montée de la mer ne dépasse ses défenses dans la deuxième moitiédu siècle. Je n’ai rien entendu sur les risques et la protection des ports maritimes.
D’autres intervenants ont parlé de parcs urbains qui contiendraient les inondations, et rafraîchiraient les villes.
Des nombreuses fermes urbaines où les légumes sont cultivés dans des bâtiments, parfois en plusieurs étages, sont en développement. L’idée est que l’immeuble, ou l’école, la résidence de personnes âgées cultivent leurs propres légumes.Ce sera très utile si les rues sont inondées.
Une étude récente montre aussi que le risque d’attaque, d’AVC, augmente à chaque degré se réchauffement climatique.
Une prise de conscience des risques de catastrophes telles que les vagues de chaleur et les glissements de terrain semble s’opérer. Elle est visible par une augmentation d’investissements dans les aménagements préventifs.
Des nombreux systèmes d’alertes par téléphone portable sont en développement. Des recherches sur l’étendue et les limites des feux de forêt ont été évoquées, notamment l’Australie a eu de graves problèmes, les feux ont seulement pu être arrêtés aux portes de Sydney. Les études de risques ont besoin de grandes quantités de données, n’hésitez pas à mettre des données à disposition.
L’aspect psychologique a aussi été évoqué. Apparemment, les gens réagissent surtout aux risques qu’ils comprennent bien, et aux risques immédiats, proches. C’est pour la compréhension que je mets tellement les points sur les ‘i’. D’autre part, le public refuse parfois d’agir par respect des traditions. La connaissance des barrières pourrait permettre une prévention plus efficace.
J’ajoute encore quelques éléments scientifiques que j’ai relevé dans les conférences de la COP: – La capture de carbone chimique est faisable, opérationnelle, et attend seulement les investissements.
Une autre conférence de la COP27 “Evénements lents et irréversibles” montrait surtout que la mer monterait beaucoup plus à 3°C de réchauffement qu’à 1.5°C. A la fin de la conférence une femme, s’est présentée comme membre de l’IPCC, donc professeure d’université de climatologie. Elle est intervenue en demandant : Comment pouvez-vous taire que ces calculs sont très incertains et que les risques pourraient être bien plus graves? Ce problème a des conséquences sur une grande partie de calculs de risque, qui pourraient bien être encore très sous-estimés. Le climatologue Johan Rockström disait récemment qu’il ne sait pas vraiment quel serait le climat à +3°C. La Terre pourrait énormément changer.
J’ai jeté un coup d’oeil sur le rapport Mapplecroft de cet été, portant sur les risques environnementaux et sur celui de cet automne, centré sur l’agriculture. Ils estiment les risques environnementaux pour les investissements financiers dans différents pays. Je suppose que leurs données viennent du rapport du GIEC, et comme les catastrophes climatiques dépassent plutôt les prévisions (feux d’Australie, coûts, fonte de la glace Arctique et du permafrost, vagues de chaleur), les conséquences pourraient être plus importantes qu’ils ne les décrivent. L’index d’évaluation inclut l’exposition au changement climatique, la déforestation, le stress hydrique, les lois de protection de l’environnement, ainsi que d’autres, tels que la gouvernance et les droits de l’Homme.
Cette analyse montre que le monde n’est pas assez préparé aux effets en cascade du changement climatique. La plupart des pays tentent de se prémunir contre les aléas physiques mais les conséquences économiques de celles-ci ne sont pas étudiées, faute de crédits. Les pays dont l’économie est dominée par l’agriculture sont considérés comme particulièrement exposés. Il s’agit en particulier du Brésil, avec la culture du café, de la canne à sucre, du boeuf et du soja (pour l’alimentation du bétail). Le Brésil est touché par le changement climatique, les sécheresses et les inondations, et sa production agricole future est compromise.
Une des conclusions principales est que la guerre en Ukraine a des graves conséquences sur le marché de l’énergie et des matières premières. En conséquence, l’Asie se réfugie dans les énergies fossiles. Les minéraux et métaux achetés jusqu’à maintenant en Russie, notamment le cuivre ou la potasse, devront être trouvés ailleurs.
Je crois que tout cela pourrait facilement être résolu par une meilleure organisation de l’économie. Nous pourrions éviter de jeter des objets en métal ou contenant de minéraux rares. Les engrais chimiques contenant de la potasse pourraient être remplacés par des solutions naturelles. La production d’engrais azotés pose déjà de nombreux problèmes. Elle est aujourd’hui très importante. La culture des plantes n’en absorbe que la moitié et l’excédent crée une importante pollution. Il contamine les eaux potables et les écosystèmes aquatiques, dont il entraîne l’acidification et l’eutrophication, c’est à dire la formation de zones mortes dépourvues d’oxygène, mortelles pour les poissons. L’excès de nitrates dans l’alimentation, notamment dans les salades et les épinards peut causer des modifications de l’hémoglobine nocives pour la santé, notamment des nourrissons. Le taux de nitrates dans l’alimentation, en particulier celle des bébés, est régulé mais me souviens d’une émission de la télévision suisse, qui montrait qu’il y en a souvent trop dans les salades, et je consomme souvent des salades bio pour éviter ce problème (article_nitrates1 , article nitrates2). Les particules fines de nitrates dans l’air sont liées à une mortalité accrue, notamment de maladies cardio-vasculaires et respiratoires (étude). La production d’engrais azotés consomme énormément d’énergie, ce qui devient cher aujourd’hui, et a récemment provoqué une immense explosion d’un entrepôt à Beyrouth, qui a causé une centaine de décès. Ces engrais peuvent par exemple être remplacés par des semis de plantes légumineuses entre les cultures. Celles-ci captent l’azote de l’air comme la fabrication d’engrais chimiques, sans pollution.
Le passage aux énergies renouvelables pourrait avoir de nombreuses conséquences. Notamment, les panneaux solaires sont fabriqués à 70% en Chine, qui est aussi la source de 60% de minéraux rares, et que cela renforce le pouvoir politique de ce pays. Ces changements politiques devraient surtout décourager les investissements dans les énergies fossiles.
Le rapport Mapplecroft sur l’agriculture montre que le changement climatique est un grave risque dans ce domaine. En 2045, le changement climatique sera un risque extrême pour le Brésil, l’Inde, mais aussi pour le sud-est des Etats-Unis et de la Chine. Sept pays européens, dont l’Italie, verront une forte augmentation des risques pour l’agriculture, et tout cela pourrait aussi être sous-estimé.
Je salue la prise de conscience des conséquences du changement climatique, et l’observation sur les risques en cascade. Ils sous-estiment certainement les effets climatiques, notamment ceux des inondations. Je remarque dans ce rapport que les principaux risques financiers à court terme sont le Brésil et la Russie. Il me saute au yeux que cette insécurité est due à des leaders malintentionnés. Je trouve personnellement qu’ils représentent aussi les principaux risques pour la Planète à plus long terme. Bolsonaro, par la déforestation de l’Amazonie (radiofrance), pourrait dérégler sérieusement le climat mondial et créer des problèmes alimentaires pour la Planète entière. De nouvelles élections se sont déroulées au Brésil hier, et le dernier compte rendu préliminaire que je vois sur Facebook donne Lula gagnant, alors cette menace planétaire pourrait disparaître bientôt (CNN vers minuit). Non, maintenant le Monde rapporte un avantage pour Bolsonaro au premier tour !!!
La Russie représente une menace environnementale plus grave encore. Elle agitée spectre de la bombe nucléaire, qui créerait d’immenses dommages.
Les principaux problèmes semblent dus à une mauvaise gouvernance. Cela donne une petite idée du potentiel de solutions qui pourraient être réalisées avec de la bonne volonté et des décisions éclairées.
2021 pourrait s’avérer être l’année la plus critique dans nos efforts pour lutter contre le changement climatique. Après quatre ans d’inaction et de recul de l’administration Trump, les États-Unis du président Biden tentent de rattraper le temps perdu.
1. COP26: Une centaine de pays s’engagent pour le zéro net et pour les forêts
Quelques heures seulement après son investiture, le président Biden a rejoint l’accord de Paris sur le climat de 2015 dont l’ancien président Trump s’était retiré. En novembre, Biden a assisté aux pourparlers sur le climat de Glasgow, également connus sous le nom de COP26, pour faire avancer les efforts de l’accord de Paris. La réunion a abouti au Pacte climatique de Glasgow, un accord approuvé par près de 200 pays. Alors que les engagements des nations n’étaient pas assez ambitieux pour atteindre l’objectif ambitieux de l’accord de Paris – maintenir le réchauffement climatique à 1,5 ° C – 136 pays se sont engagés à atteindre le zéro net au cours des prochaines décennies. Cent cinquante-trois pays ont amélioré leurs contributions déterminées au niveau national – leurs plans d’action climatique non contraignants – et ils devraient revenir l’année prochaine, au lieu d’attendre encore cinq ans, avec des plans d’action encore plus ambitieux.
Plus de 100 dirigeants mondiaux se sont engagés à mettre fin à la déforestation d’ici 2030, dont le Canada, la Russie, la Chine, l’Indonésie, le Brésil et les États-Unis. Plus de 100 pays ont également signé le Global Methane Pledge, s’engageant à réduire les émissions de méthane de 30 % par rapport aux niveaux de 2020 d’ici 2030. Pour la première fois, les négociateurs sur le climat ont appelé à l’élimination progressive des combustibles fossiles et ont établi des règles pour établir des marchés internationaux du carbone. Et dans une annonce surprise, les États-Unis et la Chine ont convenu de travailler ensemble pour essayer de limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C en coopérant sur les réglementations et les normes environnementales, les politiques visant à promouvoir la décarbonisation, la conception verte et la mise en œuvre de nouvelles technologies.
2. L’infrastructure de Biden et Build Back Better Bills
Le projet de loi d’infrastructure de 1 000 milliards de dollars du président Biden, qu’il a promulgué en novembre, prévoit des milliards de dollars pour lutter contre le changement climatique. Pour permettre une plus grande utilisation des énergies renouvelables, 73 milliards de dollars seront consacrés à la modernisation du réseau électrique. Quarante-sept milliards de dollars seront consacrés à la résilience climatique pour aider les communautés côtières à faire face à davantage d’ouragans et d’inondations, et aider d’autres régions à lutter contre l’augmentation des incendies de forêt. Pour accélérer la décarbonation des transports, 500 000 nouvelles bornes de recharge seront construites pour les véhicules électriques.
Le projet de loi Build Back Better de Biden, s’il est adopté, serait le plus grand effort de l’histoire américaine pour lutter contre le changement climatique. Il offrirait des remises et des crédits d’impôt pour motiver les consommateurs à passer à l’énergie propre et à l’électrification, et fournirait des incitations à développer l’énergie solaire et éolienne. Il investirait également dans des solutions climatiques naturelles telles que la gestion des forêts et la conservation des sols, établirait un corps civil pour le climat pour conserver les terres publiques et fournirait des subventions aux communautés de justice environnementale. Désormais bloqué par le sénateur Joe Manchin, le projet de loi Reconstruire en mieux devra être renégocié pour avoir une chance d’être adopté. Vu le risque de la multiplication de catastrophes, il faut donner la priorité aux infrastructures vitales avec des bons prognostics de survie.
3. Le pipeline Keystone XL s’est arrêté
Le président Biden a retiré le permis que son prédécesseur avait accordé au controversé pipeline Keystone XL. Mis en service en 2010, le pipeline a été conçu pour transporter 900 000 barils de pétrole sale provenant des sables bitumineux chaque jour de l’Alberta aux raffineries de l’Illinois et le long de la côte du golfe du Texas. L’extraction et la production de sables bitumineux entraînent trois à quatre fois plus de pollution par les gaz à effet de serre que la production pétrolière conventionnelle. Après 10 ans de manifestations dirigées par des Autochtones, TC Energy a finalement annulé ses plans pour l’énorme oléoduc de pétrole brut.
4. Les satellites de la NASA
La NASA a annoncé des plans pour une nouvelle flotte de satellites d’observation de la Terre. L’Observatoire du système terrestre surveillera les nuages et les aérosols, et donnera aux scientifiques de nouvelles perspectives dans les températures et la chimie de la planète. Les données recueillies par les satellites devraient améliorer les prévisions météorologiques, évaluer les niveaux d’eau et les sécheresses pour permettre une meilleure planification de l’utilisation de l’eau et des interventions en cas de catastrophe, et permettre aux chercheurs d’étudier comment le changement climatique affecte l’alimentation, l’agriculture, l’eau et l’utilisation de l’énergie. Les résultats seront gratuits pour les chercheurs du monde entier. Après les tentatives de l’ancien président Trump d’annuler les missions de sciences de la Terre de la NASA, avec cette nouvelle flotte de satellites, la NASA fait à nouveau partie intégrante de l’élaboration de la politique climatique du pays.
5. Implication des jeunes
Selon une étude récente du Lancet, près de 60 % des jeunes de moins de 25 ans se disent extrêmement préoccupés par le changement climatique. Cette année, des milliers de jeunes dans plus de 1 500 endroits à travers le monde sont descendus dans la rue avant la COP26 pour obliger les dirigeants à lutter avec force contre le changement climatique. Et à Glasgow, des dizaines de milliers, dont beaucoup de jeunes inspirés par la militante suédoise pour le climat Greta Thunberg, ont défilé pour un changement systémique.
En fin de compte, Thunberg a considéré la COP26 comme un échec parce que les dirigeants n’avaient pas pris de mesures suffisamment drastiques pour mettre fin à l’utilisation des combustibles fossiles, mais son combat continue. Elle a tweeté à ses cinq millions d’abonnés sur Twitter : “Le vrai travail continue en dehors de ces salles. Et nous n’abandonnerons jamais, jamais.”
Cette année a aussi été ponctuée d’échecs et de catastrophes.
1. La COP26 n’a pas atteint les objectifs fixés
Lors de la COP26, les pays étaient censés avoir revu leurs contributions déterminées au niveau national (CDN) et les ont augmentées pour être plus ambitieuses conformément à l’accord de Paris. Alors que de nombreux pays se sont conformés, certains grands pays ont soumis à nouveau les mêmes objectifs qu’ils avaient en 2015 (Australie, Indonésie, Russie, Singapour, Suisse, Thaïlande, Vietnam) ; certains ont soumis des objectifs encore plus faibles (Brésil, Mexique) ; et la Turquie et le Kazakhstan n’ont pas du tout soumis de nouvelles NDC.
Le financement climatique a également échoué. Parce que les pays en développement du monde ont le moins contribué au réchauffement climatique mais sont ceux qui souffrent le plus des impacts du changement climatique, en 2009, les pays riches se sont engagés à fournir 100 milliards de dollars par an d’ici 2020 pour les aider à faire la transition vers une énergie propre et à renforcer leur résilience face au changement climatique. les impacts du changement. Selon l’OCDE, en 2019, près de 80 milliards de dollars ont été levés, mais l’objectif de 100 milliards de dollars ne sera probablement pas atteint avant 2023. Bien que les pays aient promis des millions de nouveaux engagements à la COP26, beaucoup étaient sceptiques car les engagements initiaux n’ont pas été tenus. Les pays riches résistent aux tentatives visant à leur faire payer les dommages infligés aux pays les plus vulnérables par le changement climatique. Biden a promis d’augmenter la contribution des États-Unis à 11,4 milliards de dollars par an d’ici 2024, mais selon le groupe de réflexion mondial ODI, la juste part des États-Unis devrait être plutôt de 30 à 47 milliards de dollars par an.
2. Le CO2 dans l’atmosphère a battu des records
Le Global Carbon Project a révélé que les émissions du charbon et du gaz ont augmenté en 2021, les émissions de combustibles fossiles augmentant de 1,4 à 5,7 % dans le monde après une baisse de 5,4 % en 2020 en raison de la pandémie. La quantité de dioxyde de carbone dans l’atmosphère a battu un autre record cette année, culminant à 419 ppm selon l’observatoire Mauna Loa de la NOAA. Il s’agit du niveau le plus élevé enregistré depuis le début des mesures précises il y a 63 ans. Le niveau de CO2 dans l’atmosphère aujourd’hui est à peu près ce qu’il était il y a 4,1 à 4,5 millions d’années, lorsque le niveau de la mer était de 78 pieds plus haut qu’aujourd’hui.
3. Les impacts climatiques se sont aggravés
2021 a été une année de conditions météorologiques extrêmes dévastatrices. Aux États-Unis, il y a eu des vagues de chaleur record dans le nord-ouest du Pacifique, des crues soudaines dans le nord-est, des ouragans destructeurs dans les océans Atlantique et Caraïbes et dans le golfe du Mexique, ainsi qu’une sécheresse historique et des incendies de forêt qui font rage dans le sud-ouest. De nombreux autres pays du monde ont également été touchés par de fortes précipitations et des inondations.
Des vagues de chaleur extrêmes ont frappé le Japon, l’Irlande, la Turquie et l’Angleterre, et de nombreuses régions de la Méditerranée ont connu des températures record et une sécheresse. Les incendies de forêt ont produit 1,76 milliard de tonnes métriques d’émissions de carbone dans le monde, avec des incendies en Sibérie, en Turquie et aux États-Unis, des incendies de forêt battant des records pour la quantité de carbone qu’ils ont émise. Le niveau moyen mondial de la mer a atteint de nouveaux sommets en 2021 : la dernière mesure était d’environ 100 mm de plus que son précédent record en 2020 de 91,3 mm au-dessus des niveaux de 1993. Une plateforme retenant le glacier Thwaites en Antarctique se fracture, alors la montée du niveau de la mer pourrait largement dépasser les prévisions actuelles (blog).
4. La déforestation amazonienne a augmenté
La déforestation dans la forêt amazonienne du Brésil a augmenté de 22%, atteignant son plus haut niveau depuis 2006. D’août 2020 à juillet 2021, plus de 5 100 miles carrés de forêt ont été rasés, une superficie près de 17 fois la taille de la ville de New York. Bien que le président brésilien Bolsonaro ait affirmé que son gouvernement ralentissait la déforestation, il a encouragé le développement de l’Amazonie pour l’exploitation minière et l’agriculture à grande échelle, et n’a pas adopté de lois pour empêcher la déforestation.
5. Biden a approuvé le forage de combustibles fossiles sur les terres publiques
Malgré l’engagement de campagne du président Biden à mettre fin aux nouveaux forages de combustibles fossiles sur des terres publiques, il a approuvé plus de permis de forage de pétrole ou de gaz sur des terres publiques que Trump n’en a fait au cours des trois premières années de sa présidence. Jusqu’à présent, le Bureau of Land Management a approuvé 333 permis de forage chaque mois, avec un pic de 652 en avril. De plus, il prévoit d’organiser davantage d’enchères de crédit-bail au cours du premier trimestre de 2022. En novembre, les sociétés pétrolières et gazières ont obtenu le droit de forer en mer sur plus de 1,7 million d’acres du golfe du Mexique lors de la plus grande vente de crédit-bail offshore de l’histoire des États-Unis. Cette vente a le “potentiel d’émettre 723 millions de tonnes métriques de CO2 dans l’atmosphère au cours de sa durée de vie, ce qui équivaut à faire fonctionner plus de 70% des centrales électriques au charbon des États-Unis pendant un an”, selon le Center for American Progress. .
Après que l’administration Biden a suspendu tous les nouveaux baux l’année dernière, elle a affirmé que les tribunaux l’avaient obligée à organiser la vente aux enchères, mais a reconnu plus tard qu’elle n’y avait en fait pas été forcée. Et alors même que Biden appelait chaque nation à réduire ses émissions à la COP26, il exhortait les pays producteurs d’énergie à augmenter leur production pour augmenter l’approvisionnement en pétrole en raison des prix élevés de l’énergie.
6. Les prix de l’énergie ont augmenté
Les prix du pétrole, du gaz naturel, du diesel et du charbon ont bondi de plus de 80 % en 2021 parce que la demande d’énergie a rebondi après la pandémie plus rapidement que la production ne pouvait supporter. Les prix du gaz naturel et du charbon ont atteint des niveaux records et une pénurie mondiale de gaz a entraîné une augmentation de la demande de charbon.
En conséquence, la production mondiale de charbon devrait augmenter de 9 % cette année. L’Energy Information Administration a prédit que les factures de fioul domestique aux États-Unis seraient 39 % plus élevées que l’année dernière, celles du gaz naturel 26 % plus élevées et celles de l’électricité 6 % plus élevées. Les ménages pourraient finir par payer de 22 à 94% de plus pour chauffer leur maison cet hiver. Alors que ce serait un moment logique pour redoubler d’efforts pour passer à l’énergie propre, la flambée des prix de l’énergie peut en fait entraver le mouvement vers les énergies renouvelables.
La vague de chaleur à 49°C au Canada, des records de plus de 45°C en Europe, les inondations d’Allemagne et de Belgique, les grosses grêles, nous montrent la face du réchauffement climatique et les innombrables problèmes qu’il cause. De plus en plus de personnes vivent ces perturbations et prennent conscience de leur réalité. Il est essentiel de limiter le réchauffement climatique au plus vite, de ne pas dépasser des seuils irréversibles. Si le passage aux énergies renouvelables n’est pas assez rapide, il faut peut-être réduire d’urgence quelques activités polluantes, pour pas déclencher d’effets plus graves.
Je publie ici des notes de la réunion CNUCED de la Barbade. Mes notes ne sont pas très précises ni complètes, vous pouvez certainement contacter l’organisation directement pour des éclaircissements, mais je relève quelques éléments sur l’économie actuelle et future.
Le monde assiste à une reprise inégale, les pays développés récupèrent beaucoup mieux, huit dollars investis dans la reprise sur dix le sont dans les pays développés.
Récemment, la pandémie a poussé 120 millions de personnes dans l’extrême pauvreté, la Barbade a perdu 70% du tourisme.
Le commerce régional vit un rapide développement.
Le nombre d’accords commerciaux régionaux a doublé, déjà avant la pandémie.
Une part croissante des échanges s’effectue entre partenaires régionaux.
Les infrastructures construites pour le commerce mondial sont moins rentables.
Les accords régionaux comprennent des clauses innovantes sur le genre, la durabilité, les petites entreprises.
L’intégration régionale peut réduire le protectionnisme aux frontières et les tarifs.
Le coût moyen des mesures non tarifaires est désormais deux à trois fois plus élevé que les mesures tarifaires.
L’UNCTAD suggère de réduire les politiques commerciales restrictives en Afrique, par exemple de créer un mécanisme en ligne pour signaler les obstacles au commerce.
Le régionalisme est nécessaire pour un flux de commerce et de production, rendre la nourriture plus disponible. Le nationalisme y fait obstacle (Prof Eleanor Fox, professeure en régulation commerciale).
La région a besoin de ferries régionaux, de meilleurs transports, des bateaux qui transportent des personnes et des voitures (Marsha Caddle, Barbade).
L’Asie a-t-elle besoin de plus d’intégration régionale ?
On a vu des pénuries, des problèmes de transports, des disparitions d’entreprises. Une seule source peut nuire gravement à l’économie..
Un soutien international renouvelé est nécessaire pour les pays en développement, les vaccins…(Minister of trade, Kishore, India ).
La numérisation sera importante :il faut des approches régionales pour développer les capacités numériques (Patricia Scott (Secrétariat du Commonwealth)).
Dans les marchés communs plus proches, il y a beaucoup de collaboration, mais Le régionalisme n’est pas facile.
Au Portugal, l’engagement pour le régionalisme a permis d’améliorer des indicateurs économiques (regionalism discussions).
En tant que citoyens du monde, nous sommes tous vulnérables à la pandémie et le climat est une crise des biens communs mondiaux. Elle interpelle tout le monde pour une vision partagée d’un monde interconnecté, d’un avenir meilleur.
Nous devons être conscients de nos approches en matière de financement…dans cette crise, les problèmes de PIB des pays en voie de développement ne sont pas de leur faute.
Le représentant d’Iran estime que leur droit au développement est menacé, et qu’il ont besoin d’accéder à nos actifs étrangers pour obtenir des médicaments, etc.
Cuba déclare qu’ils continuent d’être victime d’un blocus vieux de 60 ans, violation flagrante des droits du peuple cubain, obstacle au commerce et au développement, qui affecte tous les aspects de la vie et qui s’est aggravé lorsque Donald Trump était au pouvoir.
Une dizaine d’intervenants de différents pays ont déploré l’inégalité dans l’accès aux vaccins et les problèmes qu’elle leur crée.
Les membres de la CNUCED ont souligné la nécessité de définir un récit de développement sur les problèmes affectant le commerce mondial.
La CNUCED s’occupera de la logistique, de la crise des transports.
Elle veut aussi combattre le protectionnisme, maintenir le commerce ouvert… pour assurer le flux de matériel.
D’autre part, Mme Grynspan déclare que si les indicateurs sont erronés, nous ne mesurons pas bien, nous prenons les mauvaises décisions. Nous devons surmonter les mauvais indicateurs, et considérer aussi la santé, les catastrophes. D’autres personnes ont souligné la nécessité de remplacer l’indicateur de PIB, et plusieurs intervenants sont revenus sur le problème de la dette.
Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie, a suggéré une analyse indépendante de la durabilité de la dette pour chaque pays, et de la ramener à un niveau durable (sustainable). Il propose de reformer l’architecture globale de la dette (plus sur le problème et la discussion de la dette ici).
Pour promouvoir le commerce, La CNUCED propose de:
1. Transformer l’économie par la diversification
3. Améliorer le mode de financement du développement
4. Promouvoir le multilatéralisme en revitalisant la CNUCED
“Une reprise différente doit être inventée. Nous reconstruirons différemment et ensemble. “
L’assemblée a adopté l’engagement de Bridgetown.
Je crois que le régionalisme peut vraiment contribuer à un développement économique durable, et limiter les distances de transport. Je remarque que le discours dominant fait toujours allusion à la croissance, alors que j’aimerais voir des théorie d’économie sans croissance matérielle. Par contre, l’indicateur du PIB et les dettes sont remises en question par des nombreux orateurs.
Je participe à une conférence UNCTAD/CNUCED par internet.Je cite rapidement quelques déclarations que j’ai relevé, un peu approximativement, excusez-moi.
Le secrétaire-général de l’ONU a dit qu’il y a quelques jours il a sonné l’alarme face à la situation actuelle: pauvreté, catastrophes, méfiance et division, épidémie de coronavirus. Cette année, 120 millions de personnes sont tombées dans la pauvreté à cause de l’épidémie de coronavirus.
Il a ensuite déclaré que nous devons réduire le blanchiment d’argent, trouver des règles globales (a global framework) pour taxer les entreprises,et établir des règles ouvertes et honnêtes de commerce mondial.
Mme Mottley, la première ministre de la Barbade, a mentionné que le GDP n’est plus une bonne mesure.Elle a aussi relevé que la dette et les catastrophes climatiques ne laissent pas de marge de manœuvre aux pays les plus exposés, et que la crise de la dette pourrait devenir une crise financière.
Elle a aussi dit que la résistance aux antibiotiques a déjà fait des nombreux morts et que c’est une épidémie grave qui émerge lentement. Moi, il me semble qu’elle pourrait quasiment rendre la chirurgie impossible, et indépendamment de la chirurgie, je serais certainement déjà morte de deux ou trois maladies que les antibiotiques ont soigné en quelques jours. Je crains que cela ne concerne la majorité de la population mondiale. C’est un problème à éviter absolument.
Elle relève aussi, avec d’autres, que l’économie digitale est un espoir, et qu’il y a énormément à faire pour instaurer des modes de vie sains.
Mme Grynspan, secrétaire-générale de l’UNCTAD a mentionné que l’économie a évolué de façon très différente. Certains pays développésvivent un développement très rapide et varié.
Elle dit aussi que nous sommes face à une crise de transport, en particulier maritime, et que la prochaine décennie est cruciale pour mettre en place une économie durable. Elle a précisé qu’une décarbonisation rapide est nécessaire pour nous éviter les pires impacts du climat.
Le président du Costa-Rica Alvarado Quesada a déclaré que nous devrions rendre les leaders responsables des conséquences de leurs actions au niveau mondial.
Mme Okonzjo -Iveala directrice de l’OMC: a entre autres dit que le commerce est parfois vu comme un problème alors qu’il peut être la solution. Elle considère que nous devons maintenant , ces prochains cinq ans, investir et nous préparer à affronter les prochaines pandémies.
Elle pense demander un fond intermédiaire pour permettre aux pays d’ investir ces prochaines cinq années pour se préparer aux prochaines pandémies et au changement climatique. D’après elle, il faut investir maintenant pour être prêts à affronter les problèmes plus tard.
Plusieurs intervenants ont relevé que la prochaine décennie serait décisive et qu’un accord mondial est nécessaire.
Personnellement j’aimerais que nos sociétés ne soient pas si dépendantes du commerce, et que la production des pires produits, nocifs pour l’environnement, soit éliminée. La part d’emplois dévolus à un fonctionnement harmonieux de la société devrait être plus élevée, et la part consacrée à la vente et au commerce devrait diminuer.
Les catastrophes climatiques déferlent et devancent les prévisions. L’économie change aussi, les énergies renouvelables prennent de plus en plus d’importance et de nombreuses villes et institutions arrêtent les investissements dans les énergies fossiles nuisibles pour le climat.
Maintenant, deux pétitions appellent aussi à l’arrêt des investissements dans l’agribusiness, qui provoque la déforestation de l’Amazonie pour la culture du soja pour le bétail et pour l’élevage direct. La déforestation de l’Amazonie s’est accélére ces dernières années. Elle a augmenté de 57% en 2020 et la moitié de la savane du Cerrado a été transformée en plantation de soja. En 2019, d’immenses feux visibles de l’espace dévastaient la forêt tropicale. Selon les experts, ces feux étaient souvent allumés lors du défrichement de parcelles pour l’agriculture et l’élevage. Ils échappaient à tout contrôle et embrasaient de grandes étendues de forêt (blog 2019). Une lettre ouverte dans le journal scientifique Science alertait sur le déboisement rapide de la forêt Bolivienne, et établissait que la responsabilité des feux incombe à l’activité humaine. Les forêts indonésiennes disparaissaient face à la prolifération de plantation de palmiers à huile (blog). L’Indonésie tente de s’attaquer au problème, elle interdit la déforestation et limite le risque de feu par des pluies artificielles. Au Brésil par contre le gouvernement actuel pourrait déclencher des catastrophes planétaires par le mépris de l’environnement et par la déforestation à tout va.
Une pétition de Sum of Us demande aux banques européennes Barclays, ING Group et BNP Paris de cesser de soutenir cette partie de l’économie (Pétition Sum of US) . Une autre pétition de Rainforest Action Network s’adresse entre autres à JP Morgan Chase et BlackRock (Pétition RAN).
De nombreuses banques investissent dans l’élevage, la culture du soja destinée aux usines d’animaux ailleurs dans le monde, et les plantations de palmiers à huile. Un site internet répertorie leurs domaines d’investissements et les parties du monde ou ils sont présents: https://forestsandfinance.org/data/. Un rapport de Reclaim Finance cite des chiffres sur la culture du soja au Brésil et sur les entreprises responsables et les banques qui les soutiennent (ReclaimFInance ).
Actuellement, déjà, les trois quarts des terres agricoles dans le monde sont consacrées à l’élevage. La production de viande est inefficace, elle nécessite énormément de surface et d’eau pour une calorie. Elle augmente malheureusement très vite (FAO). Les terres agricoles pourraient encore s’étendre dans les prochaines décennies, alors que nous avons un besoin vital de forêts pour modérer le changement climatique. La déforestation nuit au climat local, provoque une augmentation de températures dans les zones déboisées et des sécheresses, une énorme perte de biodiversité, une augmentation du réchauffement global ainsi qu’une dégradation et l’émission du carbone des sols. Nous ne pouvons pas nous permettre d’aggraver le réchauffement climatique, il faut très vite réorganiser l’économie mondiale pour le contrôler.
Ces pétitions sont donc une excellente idée, nous devons vite juguler le développement de l’élevage et la déforestation pour l’alimentation du bétail. Ils sont beaucoup trop dangereux pour la vie sur la Planète. Le changement climatique et ses conséquences s’aggravent d’année en année et il faut réagit vite. Nous devons reboiser la Terre, réduire les pesticides et assurer l’alimentation humaine.
Le consommateur peut signer ces pétitions, choisir des viandes produites de façon écologique ou locale, ou des aliments végétaux.
En Suisse nous voyons encore des vaches paître sur des verts pâturages de montagnes, des superbes prairies alpines très riches en espèces végétales (vaches suisses). La production de lait et de viande de boeuf y est assez écologique, mais c’est assez exceptionnel. Nous pourrions éventuellement demander une exception pour ce type d’agriculture, si l’alimentation du bétail restait locale et n’utilisait pas de soja d’Amazonie. Ailleurs, il vaut mieux choisir de la volaille. En général, la production animale dans le monde provient de plus en plus de fermes-usines où les animaux sont alimentés au soja, et, si nous ne voyons jamais ces animaux avant le supermarchés, les champs qui leurs sont destinés s’étendent très vite.
L’alimentation végétale est en général beaucoup plus écologique et amène de nombreux bienfaits pour la santé. Si nous devenions tous végans, nous pourrions remplacer à peu près une moitié des terres agricoles actuelles par des forêts et nourrir l’Humanité sur l’autre moitié. Il faut en tout cas aller dans cette direction. Différentes organisations conseillent de consommer plutôt des légumineuses (lentilles et haricots), des algues, des noix, du moringa, du fonio, et des champignons. Actuellement, les aliments végan sont souvent plus chers que les produits animaux, alors que leur coût de production et écologique est beaucoup plus bas. Il faut transformer les circuits alimentaires pour que les aliments végétaux soient moins chers et reflètent mieux leurs coûts réels. Des investissements bien orientés et des lois bien conçues pourraient vite améliorer le système. S’ils se dirigent vers la production à grande échelle d’aliments végétaux, l’impact carbone de l’alimentation baissera facilement.
Le Cambridge Institute of Sustainability Leadership (CISL) propose une série de mesures pour mieux planifier l’agriculture: une collaboration accrue entre les banques locales et mondiales, une attention à toute la chaîne de production, et l’adoption de nouveaux standards suffisants pour protéger les forêts tropicales (Independent). Mettons-les vite en place!
Blog envertetcontretout sur le marchand de grain Cargill. Ils estiment les conséquences des choix de cette entreprise en citant les chaînes qu’elle fournit, telles que McDonalds. Mais cette dernière introduit aussi des produits végétariens, leur demande évolue heureusement aussi.
Addendum le 16 septembre: L’expert anglais David King suggère d’augmenter la productivité des mers britanniques en poisson. Selon lui, une croissance d’algues accrue et un ajout de fer sous une forme naturelle, de sable ou de cendre volcanique, augmenterait de dix fois le nombre de poissons, et leur activité (transformer les algues en restes divers) aurait un effet bénéfique sur le cycle du CO2 (lien).