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En avril 1923, Karel Čapek démissionne du poste de dramaturge qu’il occupe au Théâtre municipal de Vinohrady et part se reposer plusieurs semaines en Italie qui vit sa première année de l’ère fasciste. Durant son périple, Čapek adresse à son journal, Lidové noviny, quinze articles, qui sont publiés en feuilleton au fil de ses étapes. Ceux-ci, réunis en volume dès septembre 1923, fournissent la matière de ces Lettres d’Italie, relation savoureuse, drôle et pénétrante de son voyage, plus proche, par son goût du cocasse et des incongruités, de l’itinérance du Voyage sentimental de Laurence Sterne que des célébrations du mythe touristique alors en vogue.
Quoique le voyage de Čapek soit surtout ponctué par ses haltes urbaines de Venise à Palerme, ce qui enchante le plus l’écrivain, c’est la campagne italienne, de l’Ombrie à la Toscane. Sans jamais se départir de sa facétie, il rédige sur le vif des scènes de vie et distribue quelques volées de bois vert.
Romancier, dramaturge, journaliste et photographe, Karel Čapek (1890-1938) fait partie des écrivains tchèques majeurs du XXe siècle. Anti-totalitaire visionnaire, il refuse dès les années 1920 le communisme et combat le national-socialisme à travers ses écrits et ses prises de position. Considéré comme précurseur de la science-fiction, il a créé le mot «robot» dans sa pièce de théâtre R.U.R. en 1920. Les Lettres d’Italie sont le premier des six récits de voyage écrits par Karel Čapek. Après Lettres d’Angleterre en 1924 (la Baconnière, 2017), il a rédigé des impressions de l'Espagne, des Pays-Bas, de la Scandinavie et de la Bohême.