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De nouveau, nous allons pas nous arrêter à discuter longement le résultat de l'analyse de notre récit-exemple. On constate tout d'abord que le récit Ia est très grammatical. Ceci n'est pas une surprise, comment j'ai l'écrit consciamment dans une forme qui me paraissait traditionelle. En comparant les figures 10 et 12 on constate une notable différence entre le résultat de Thorndyke et de celui de Johnson et Mandler. Toutefois si on l'examine de plus près on s'appercoit qu'elle se situe surtout au niveau des éléments intermédiares (et dans une moindre mesure) supérieurs. Tout en haut de l'hierarchie de l'arbre d'analyse on ne constate pas trop de différences. Les deux grammaires identifient un "setting" dans les phrases 1-3 et les deux reconaissent la phrase 12 comme fin qui termine le récit comme il faut. En regardant les autres éléments, on constate que la grammaire de Johnson dégage des structures plus complexes du récit Ia, mais que les résultats de l'analyse ne sont pas si différents au niveau des éléments terminaux. Les deux identifient par exemple un but (la phrase 8), mais chez Johnson il se situe dans le premier épisode, tandis que chez Thorndyke il fait partie du "thème". Aussi en ce qui concerne les événements qui font créer le but (8), il existe des différences plutôt mineures. Selon Johnson et Mandler on obtient plus de détails: On distingue les événements qui font que le protagoniste va réagir (4-6), de sa première reaction (perception) du problème. La phrase 9, (passage de la loi) est identifié par les deux grammaires comme une tentative de résolution de problème. De nouveau Johnson (80) est plus précise et montre que la conséquence de cette tentative était un petit épisode en lui-même qui provoque une solution du problème général. L'analyse de Thorndyke donne une description plus séquentielle des événements: Le résultat d'un épisode (les montagnards se fâchent et se plaignent) provoque un autre épisode, où les gens de villes proposent un compromis. Comme le lecteur attentif se souviendra, j'aurait pu coder ce passage d'une facon différente. Sans avoir testé ces grammaires avec plus de récits par plusieurs codeurs, il ne me semble pas trop utile de discuter plus en détail ces différences. Finalement, il possible de relire notre récit à la lumière de ces analyses, toutefois je ne donnerai qu'une seule conclusion qu'on peut tirer de l'exemple analysé par la grammaire de Johnson et Mandler. On a déjà fait la constatation que le récit Ia dispose d'une structure hierarchique (selon ma version de codage). Les éléments les plus importants que la grammaire dégage, sont contenus dans la la chaine "BEGINNING - Cause - DEVELOPMENT (COMPLEX-REACTION - Cause - GOAL-PATH) - Cause - ENDING". Comme j'ai discuté longuement de la fonction de ces éléments de cette grammaire, je ne résumerai que brièvement le contenu de cette chaine:
Ce résumé montre que ce type de grammaire dégage une structure de récit très hierarchique. Par opposition avec la grammaire de Bremond, elle permet de faire des résumés sur la base des éléments les plus importants de l'arbre d'analyse. Toutefois, il existe aussi des dangers et des incertitudes dans l'interprétation de telles hierarchies. Ainsi la question de l'importance du deuxième "EPISODE" contenu dans le "GOAL-PATH mériterait d'être explorée. Dans ma version hierarchique de codage elle semble perdre de l'importance, ce qui n'aurait pas été le cas dans un codage plus linéraire. Finalment, il ne serait pas très utile de discuter ces éléments que dégage la grammaire beaucoup plus en détail. Comme on n'a ni d'autres récits sur le même thème à comparer ni des codages alternatives du même récit à disposition, et comme le but de ces grammaires était justement de créer une théorie sur la forme du récit (et des structures cognitives y associés), il faut juste retenir que ces grammaires offrent un modèle pour identifier la fonction des éléments textuels d'un récit canonique par rapport à un modèle théorique.