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Je fais partie de cette génération de soixante huitards qui ont eu le privilège de goûter à une liberté encore jamais imaginée et peut-être parfaitement exceptionnelle dans l'histoire de l'homme. (je me marre à imaginer ceux qui auraient préféré "humain")
Ma sensibilité allait plutôt vers la droite libérale incarnée dans notre canton par des humanistes qui défendaient la responsabilisation individuelle et encourageaient la création d'entreprises à forte valeur ajoutée. C'était un autre monde.
Je ressentais bien quelques affinités avec les préoccupations de la gauche mais je peinais à comprendre les remèdes proposés.
Le monde était plus binaire, on distinguait bien le noir et le blanc. Aujourd'hui tout s'est mélangé. Depuis Blair, la gauche a embrassé l'économie compétitive de marché et son discours égalitariste qui est à la base de la pensée devient inaudible.
La droite, dans sa fuite en avant pour rester cohérente avec ses principes pour le moins éculés de "main invisible" n'a pas vu venir le danger. Tant que tout le monde y trouvait son compte, le capitalisme semblait bien être la bonne réponse. Aujourd'hui il ne s'agit plus d'apporter sa part. Les revenus de l'argent représentent la presque totalité des investissements. On rémunère des actionnaires par un rendement optimal qui implique les plus graves dérives et l'économie tient le politique dans sa main.
Mon smartvote semble suggérer un basculement vers la gauche à tendance conservatrice. Mais comment me déterminer lorsque je découvre que le N° 1 de mon hit parade ne représente que 65% de mes sensibilités ?
Comment concilier des positions aussi antagonistes dans l'esprit que :
- L'achat d'avions de combat et la libéralisation des drogues;
- Une économie de proximité et une gouvernance mondiale;
- L'abandon du nucléaire et le développement de la recherche;
- L'hygiène de vie et l'explosion des coûts de la santé;
- L'égalité des chances et les coûts de l'éducation;
- etc. la liste est sans fin.
Le système partisan ne répond plus aux questions fondamentales de nos sociétés contemporaines. Malheureusement, l'évolution de nos systèmes ne tient plus le rythme du changement qui semble en accélération permanente. Les politiques s'accrochent, c'est le cas de le dire car ils sont devenus dépendants. Ils seront les derniers à favoriser la mue alors que c'est à eux que nous avons délégué notre pouvoir de décision.
Il est donc à craindre que le changement se fasse dans la violence. Par trop plein. Tant qu'il y a encore une semblant de richesse disponible le peuple ne prendra la rue que ponctuellement. Mais lorsque le système financier explosera, et il semble que ce ne soit qu'une question de temps, la masse dira un NON très ferme.
En attendant, je ne sais vraiment plus à qui donner mon suffrage et j'attends avec impatience la venue d'une véritable démocratie directe permise par la technologie blockchain et les applications décentralisées qui pourraient bien nous éviter un bain de sang planétaire.