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Les négociations du divorce entre le Royaume-Uni et l'Union européenne se sont intensifiées dimanche, avec une série de réunions organisées à la dernière minute à Bruxelles. Aucun accord n'a encore été conclu.
"Malgré d'intenses efforts, certains problèmes clés sont toujours en suspens, notamment la clause de sauvegarde (...) afin d'éviter une frontière dure" entre la République d'Irlande et la province britannique d'Irlande du Nord, a reconnu dans la soirée le négociateur en chef de l'UE Michel Barnier sur Twitter après avoir reçu Dominic Raab, ministre britannique du Brexit, à trois jours d'un conseil européen crucial.
Les ambassadeurs des 27 autres Etats membres ont par ailleurs été convoqués pour une réunion distincte, ce qui a fait dire à certains qu'un accord était en vue.
De hauts fonctionnaires européens ayant requis l'anonymat ont démenti l'information et d'autres ont ajouté que de nouvelles rencontres seraient nécessaires. Les ambassadeurs ont également été informés qu'aucun accord global n'avait encore été conclu, dit-on de sources diplomatiques.
"Grands problèmes à résoudre"
Dominic Raab a décidé de se rendre à Bruxelles lorsque les deux parties "se sont accordées sur la nécessité de discussions en face à face" au sujet des "grands problèmes qui restent à résoudre". Le plus épineux porte donc sur la "clause de sauvegarde" censée empêcher l'instauration d'une "frontière dure" entre l'Irlande du Nord et l'Irlande.
Le Parti unioniste démocrate (DUP), dont l'appui a permis au gouvernement de Theresa May de retrouver la majorité parlementaire perdue lors des législatives de juin 2017, a jugé ce week-end que ce "backstop" reviendrait à une "annexion" de la province.
Le mouvement avait menacé jeudi de s'associer à une motion de censure à la chambre des Communes, si la province est traitée différemment du reste du Royaume-Uni après le Brexit. Le projet suscite également de vives tensions au sein du Parti conservateur.
Theresa May sous pression
L’ancien ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson, qui s'exprimait samedi dans la presse nord-irlandaise, juge que Theresa May a commis une "terrible erreur" en acceptant le principe de cette clause de sauvegarde. "La seule façon de remettre les choses sur la bonne voie, c'est d'abandonner ce backstop", écrit-il.
David Davis, prédécesseur de Dominic Raab au ministère du Brexit qui a démissionné en juillet tout comme Boris Johnson, a quant à lui reproché dimanche au gouvernement d'avoir accepté "les conditions de l'UE sur la question de la frontière avec l'Irlande du Nord".
"C’est l’une des décisions les plus fondamentales que le gouvernement ait prises à l’époque moderne. Il est temps pour les membres du gouvernement d'exercer leur autorité collective. Cette semaine, c'est le respect de notre Constitution qui est en jeu", dit-il dans une tribune publiée par le Sunday Times.