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Le double séisme meurtrier a fragilisé un minaret antique
Un minaret antique pluriséculaire, considéré comme un des joyaux de l'architecture islamique en Afghanistan, a été fragilisé par le double séisme meurtrier survenu lundi dans l'ouest du pays. Il risque de s'effondrer, ont alerté les autorités locales.
Le minaret de Jam, construit au XIIe siècle, avait déjà besoin d'être restauré avant ces tremblements de terre, survenus coup sur coup lundi. Mais la catastrophe a fragilisé encore davantage ce monument de 65 mètres de haut, selon un responsable local.
"Des briques se sont détachées et le minaret en lui-même est encore plus incliné" qu'auparavant, a expliqué mercredi soir à l'AFP Abdul Hai Zaeem, le chef du département culturel de la région de Ghor. "S'il ne fait pas l'objet d'une attention particulière, il est possible que le minaret s'effondre", a-t-il averti.
Le double séisme de lundi a tué au moins 22 personnes et détruit près d'un millier d'habitations lundi dans la province de Badghis, dans l'ouest afghan.
Célèbre pour ses motifs en brique et ses inscriptions au sommet sur fond de céramique bleue, le minaret de Jam est situé à la limite des provinces de Ghor et d'Herat, à l'emplacement présumé de Firuzkuh, capitale de l'empire ghoride (1000-1215) qui a dominé l'Afghanistan et certaines parties de l'Inde aux XIIe et XIIIe siècles.
Il a jusqu'ici survécu aux séismes, inondations et tempêtes, fréquents dans la région. L'Unesco l'a placé depuis 2002 sur sa liste du patrimoine mondial en péril.
"Préserver l'héritage culturel"
Avec le soutien de l'Unesco, des archéologistes ont déjà tenté de restaurer le minaret, mais la sécurité a toujours posé problème dans cette région reculée, située en plein territoire taliban, même avant leur prise de pouvoir en août sur l'Afghanistan entier. Lors de son dernier passage en 2019, la mission de l'Unesco avait estimé qu'il n'y avait pas de risque d'effondrement.
Après le double séisme de lundi, "il n'y a pour l'instant pas de preuve pour affirmer que le minaret a été fragilisé", a réagi l'Unesco auprès de l'AFP, tout en précisant que l'organisation a sollicité ses contacts dans la province de Ghor pour procéder à des vérifications.
Après leur conquête du pays, la directrice générale de l'Unesco Audrey Azoulay avait appelé les talibans à "préserver l'héritage culturel de l'Afghanistan", y compris ce minaret. Peu avant la fin de leur précédent règne en 2001, ces fondamentalistes islamistes avaient choqué la planète en pulvérisant à l'explosif les deux Bouddhas géants pluriséculaires de la vallée de Bamiyan.
Depuis leur retour au pouvoir, les talibans assurent avoir changé et ont envoyé des combattants monter la garde à Bamiyan. Ils mettent en avant leur volonté de protéger l'exceptionnel patrimoine archéologique de l'Afghanistan.
ats, afp