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Le club a été fondé en 1897, dans la commune bruxelloise de Saint-Gilles, environ 50 000 habitants. Il est, en fait, l'un des clubs les plus titrés de Belgique avec pas moins de 11 championnats et 2 Coupes. Toutefois, ce palmarès commence à dater: le dernier titre remonte à 1935. Entre 1933 et 1935, le club est même surnommé l'Union 60, grâce à sa série de 60 matchs sans défaite.
Le club fait ensuite des allers-retours entre la première et la deuxième division, atteignant même les demi-finales de la Coupe des villes de foires (devenue Coupe de l'UEFA puis Europa League) en 1960. Le club tombe définitivement en deuxième division dans les années 70, puis même en troisième division pendant de longues années. Il retrouve le deuxième échelon national en 2016, puis le premier l'été passé, après 48 ans d'absence en D1.
Le stade de la Royale Union saint-gilloise est situé dans la commune voisine de Forest. Il peut actuellement accueillir environ 8000 personnes.
Construit en 1926, il a été rénové de 2016 à 2018. Pendant ces deux ans, le club a joué dans le tristement célèbre stade du Heysel. A noter également qu'il a accueilli trois matchs de football lors des JO de 1920 en Belgique.
L'architecture du stade est particulière et a gardé son aspect historique et initial. La façade principale est désormais classée comme patrimoine à protéger. Pour en découvrir un peu plus sur ce petit bijou, voici un sympathique «Vlog» du spécialiste français du «Groundhopping» (passe-temps qui consiste à assister à des matchs dans autant de stades ou de terrains différents que possible), Basile Brigandet:
Issu d'un quartier populaire, le club bénéficie d'une mentalité à part. Il possède quelque chose de spécial, une atmosphère unique en Belgique, peut-être en Europe. En octobre dernier, Patrick Lardinois et Olivier Massaux, les créateurs des «Grognards», expliquaient pour le journal belge «Le Soir» la mentalité qui abrite les tribunes du stade Joseph Marien:
Forcément, le retour dans l'élite et les récents excellents résultats attirent les foules. En tribune, on retrouve un mélange entre les anciens, fiers d'avoir connu la grande époque d'avant 1970, et les jeunes, parfois qualifiés de bobos, qui viennent goûter à une expérience sportive loin du football moderne, dans un stade qui respire ce magnifique sport et ses valeurs perdues.
Dans ce même article d'octobre, le journal Le Soir explique que si la majorité des supporters reste francophone, le club attire également un fort soutien de la communauté flamande du pays. Des fan's clubs se seraient même créés à l'étranger, en Angleterre et aux Pays-Bas.
Paradoxalement, le succès du club populaire belge est dû au rachat du club par l'entrepreneur londonien Tony Bloom, qui a fait fortune dans les jeux de paris en ligne et le poker. On est loin de l'ambiance romantique et populaire des tribunes de Joseph Marien.
📝 2018: Brighton chairman Tony Bloom becomes majority shareholder of Union Saint-Gilloise, an obscure Belgian 2nd tier side— Matchday365 (@Matchday365) January 21, 2022
🏆 2021: Union SG win the First Division B
📈 2022: Union SG 1st in Pro League with 7-point lead over Club Brugge
A new force in Europe? pic.twitter.com/9rEYFVreVY
L'Anglais est également propriétaire du club de Premier League Brighton & Hove Albion, qu'il a également remonté en première division. Son arrivée à Bruxelles a vraiment été le déclencheur du retour au premier plan de la Royale Union Saint-Gilloise. L'Anglais a placé son ami et compatriote Alex Muzio à la présidence, a rénové le stade et a effectué un recrutement intelligent qui a permis d'écraser la concurrence en D2.
La Royale Union saint-gilloise possède l'un des effectifs les plus jeunes du championnat belge. En homme d'affaire avisé, Tony Bloom sait que son entreprise sportive en Belgique peut, à l'avenir, lui rapporter gros. Evoluant dans un championnat occidental et médiatisé, son club a le profil idéal pour mettre en valeur des jeunes talents et les revendre avec une plus-value. Un profil qui pourrait, par exemple, correspondre à celui de Cameron Puertas.
Le Lausannois pourrait, notamment, rebondir en Angleterre, à Brighton, dans un avenir proche, si ses performances en Belgique lui permettent de montrer ses qualités. En attendant, Tony Bloom profite de ses deux clubs plutôt dans le sens inverse, en prêtant des jeunes joueurs de l'effectif de Brighton du côté de Bruxelles (Alex Cochrane, Kaoru Mitoma et Kacper Kozlowski).
En attendant, Cameroun Puertas et ses nouveaux coéquipiers pourraient signer un exploit de taille à la fin de la saison en devenant champion de Belgique. Un pari incroyable que même Tony Bloom, expert du domaine, n'aurait pu imaginer l'été dernier après la promotion.
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