Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07092.jsonl.gz/1311

Quels sont les genres, les lieux, les formes de l’art dramatique engagé? Comment la réflexion sur la fonction du théâtre politique selon les contextes historiques et spatiaux évolue-t-elle? Quelles sont les expériences les plus marquantes réalisées en France et en Suisse? Basé sur des exemples concrets, cet ouvrage présente une réflexion pluridisciplinaire et comparatiste sur la fonction du théâtre dans les sociétés contemporaines.
Tous les vecteurs culturels sont mobilisés par les sociétés belligérantes durant la Grande Guerre pour convaincre de la légitimité de leur combat. L’opinion publique helvétique s’engage elle aussi dans cette lutte symbolique. Utilisant l’action allemande comme pivot, cet ouvrage cherche à déterminer les mécanismes d’acceptation et de refus que les élites helvétiques ont progressivement actionnés face aux assauts des propagandes, ces "shrapnels du mensonges".
Les intellectuel·le·s ont entretenu dès ses débuts une relation difficile avec la radio, faite d’intérêt et de scepticisme, d’enthousiasme et de crainte. Cette relation se reconfigure tout au long du XXe siècle, en fonction à la fois de l’évolution des pratiques radiophoniques et des redéfinitions du rôle des femmes et des hommes de culture dans la société. Cet ouvrage s’interroge sur l’influence réciproque entre les acteurs intellectuels et le vecteur radiophonique, dans le monde francophone, durant une période qui couvre presque un siècle.
Edmond Gilliard (1875-1969) a marqué plusieurs époques de la vie culturelle romande du XXe siècle. Enseignant, écrivain, éditeur, conférencier, il s'est rapidement situé en marge du champ littéraire, tentant de constituer un pôle contestataire et formant autour de lui un réseau d'intellectuels, composé surtout d'anciens élèves. Ce livre retrace un pan important de l'histoire intellectuelle et culturelle romande, à travers l'étude de plusieurs réseaux d'influence. Il met en valeur des archives prodigieuses, essentiellement des correspondances d'intellectuels romands et français, souvent inédites. Il présente également un panorama des revues culturelles romandes entre 1920 et 1960 et retrace l'émergence d'une conscience progressiste parmi les hommes de lettres romands.
Avec l'étude de l'Entente internationale anticommuniste (EIA) et de sa commission officieuse "Pro Deo", cet ouvrage décrypte l'anticommunisme sous un angle négligé par la recherche historique: le facteur religieux. Il analyse les motivations et les initiatives d'un milieu ultra-conservateur issu de la bonne société genevoise qui, associé à un cercle fermé d'exilés russes, développe et coordonne avec un succès inégal plusieurs réseaux politiques et religieux internationaux. Leur objectif: oeuvrer à l'isolement diplomatique, économique et moral de l'URSS afin d'aboutir à la chute du régime soviétique et à l'éradication du communisme dans le monde.
Les relations entre historiens et espace public ont connu une inflexion significative ces dernières années. Après le temps de l'écrivain d''histoire, du professeur savant puis du chercheur semble venue l''époque du praticien ou de l'expert. Une nouvelle fonction qui voit l''historien trouver sa légitimité autant- voire davantage- dans une forme d'autorité sociale que par la cohérence de ses méthodes et de ses observations sur le terrain scientifique. En contrepoint d 'approches désormais bien balisées sur le rôle de l'histoire dans la construction de l''identité nationale, cet ouvrage propose un portrait de groupe assez inédit des historiens et historiennes suisses: leur engagement public, leurs réseaux de sociabilité, l''interdépendance entre activité scientifique et activité citoyenne, leurs fonctions d''expertise n'avaient en effet jusqu''ici été que peu abordés. Loin d'être enfermés dans leur tour d''ivoire, les historiens sont des acteurs majeurs du débat public, mais des protagonistes qui, en fonction de leur parcours et de leur inscription académique et scientifique, ne disposent pas des mêmes atouts ni de la même légitimité.
Écrire l'histoire des intellectuels antifascistes en Suisse, c'est écrire une histoire des vaincus. D'une certaine manière, ces hommes et ces femmes ont été vaincus trois fois. Une première fois, dans les années 30, leur combat fut celui d'une minorité stigmatisée qui peine à se faire entendre. En 1945, au moment de la Libération, ils auraient dû triompher, mais leurs témoignages furent immédiatement invalidés parce qu'ils révélaient en creux le comportement de la majorité des élites du pays. Enfin, même dans la mémoire de cette période qui se construira pendant un demi-siècle, nul espace ne leur fut réservé. L'image dominante a été celle d'une Suisse qui aurait formé un peuple menacé et héroïquement replié autour des valeurs de la Défense nationale spirituelle.
En étudiant les intellectuels, les historiens ont le plus souvent privilégié la production écrite, qu'elle se manifeste sous la forme de livres, de brochures, de pamphlets, d'articles de journaux ou de revues, de proclamations, de pétitions L'intellectuel est vu comme un "homme de lettres" dont l'arme de prédilection par excellence demeure la plume. Pourtant, la transmission des idées ne se limite pas à l'écrit, et, à négliger la transmission orale, on se prive de tout un pan, important, de l'activité intellectuelle. Dans le monde du savoir, le cours, ou la "dispute orale", constituent quelques-uns des fondements de la transmission des connaissances et de l'apprentissage académique.