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3. Consommation
Dioxine
L'étude du registre genevois des tumeurs s'est penché sur 14 cancers (ou groupes de cancers) et a analysé chacun d'entre eux à travers 5 indicateurs géographiques. Une augmentation du risque a pu être exclue pour 11 de ces cancers - dont le cancer du sein. Pour trois d'entre eux (ensemble de cancer et cancer du poumon chez l'homme et sarcome des tissus mous), les résultats sont moins catégoriques mais ne permettent pas de tirer la conclusion d'un lien avec la proximité des Cheneviers.
Les animaux qui se nourrissent sur des sols où cette substance est présente peuvent absorber de la terre en pâturant et accumulent ainsi de la dioxine dans leurs graisses. L'homme est donc essentiellement exposé à ce polluant par le biais de son alimentation, principalement la viande, les produits laitiers et les œufs (ou les poissons).
La dioxine provient essentiellement des processus industriels, et les incinérateurs de déchets constituent les plus grands émetteurs de dioxine dans l'environnement.
Cette dernière peut également apparaître lors de phénomènes naturels comme des éruptions volcaniques ou feux de forêts.
Un simple labourage du sol permet de réduire de façon conséquente la concentration en dioxine de la couche superficielle, ce qui est recommandé pour les surfaces réservées au pâturage. Pour les poulaillers en plein air, il est aussi possible d'enlever les premiers centimètres de terre, de les mettre en décharge et de les remplacer par de la terre non polluée. En revanche, les concentrations en dioxine mesurées aux alentours des Cheneviers sont trop faibles pour qu'un processus de dépollution des sols soit justifié.
Il est possible de doser la dioxine stockée dans l'organisme. L'utilité de telles analyses est cependant restreinte car les concentrations provenant de l'exposition ambiante demeurent faibles et les connaissances scientifiques actuelles ne permettent pas d'interpréter les résultats obtenus.
La dioxine n'est que très peu soluble dans l'eau et se concentre dans les sols et sédiments. On en trouve donc que des quantités infimes dans les eaux de surface, qui seront en plus totalement éliminées lors des traitements de potabilisation.
Malgré la contamination possible du lait maternel par la dioxine, les avantages avérés de l'allaitement (protection immunitaire et protection contre les allergies) dépassent les risques hypothétiques. Il est cependant conseillé aux mères qui allaitent de ne pas essayer de perdre du poids rapidement pendant la période d'allaitement.
L'usine reste une source significative de pollution à l'échelle du canton. Toutefois, ses émissions ont été tellement filtrées qu'il est difficile d'en distinguer les retombées par rapport à la pollution ambiante. En l'état actuel des connaissances, les émissions de l'usine ne présentent pas de danger particulier pour la santé de son voisinage.
Une contamination est théoriquement possible par ingestion de terre. Toutefois, vu les concentrations relevées autour des Cheneviers, il faudrait qu'un enfant mange très régulièrement (pendant des mois, voire des années) de grandes quantités de terre pour qu'un risque puisse survenir. En pratique, il n'y a donc pas de risque particulier à laisser les enfants jouer dehors.
Les premières mesures effectuées en 2008 montrent que les denrées alimentaires d'origine animale respectent les exigences minimales de la législation en vigueur. Selon les connaissances scientifiques actuelles, une consommation normale de ces produits est sans danger particulier.
Les fruits et légumes ne sont pas contaminés, car les plantes n'absorbent pas la dioxine et autres PCB contenus dans les sols. Pour éviter d'autres risques (pollution atmosphérique ou microbienne) il est toujours recommandé de laver les fruits et légumes avant leur consommation, quelle que soit leur provenance.
La consommation des poissons pêchés dans le Rhône ne présente aucun risque particulier. Toutes les mesures effectuées en 2007 et 2008 sur plusieurs espèces de poissons respectaient les exigences légales. Ces valeurs n'étaient pas plus élevées aux alentours des Cheneviers qu'en d'autres points du canton.
La dioxine s'accumule dans l'organisme, plus particulièrement dans les graisses. Hormis la dégradation naturelle (il faut 7 à 11 ans pour éliminer 50% d'une dose de dioxine), il n'existe pas de traitement médical permettant d'éliminer la dioxine.
Les dioxines et les furanes sont un groupe de polluants de l'environnement formés lors de combustions, sous certaines conditions. 210 types de composés apparentés à la dioxine ont été identifiés et 17 sont considérés comme ayant une toxicité élevée. Ces substances sont communément appelées "dioxine"; c'est cette terminologie qui sera utilisée ci-dessous par souci de simplification.
Il existe également d'autres composés, les PCB, dont une partie d'entre eux (12 sur un total de 209) présentent des caractéristiques toxicologiques comparables à celles de la dioxine.
Des analyses indiquent que la dioxine est actuellement présente dans certains sols. Une soixantaine de prélèvements ont été effectués dans ce secteur. La majorité des échantillons sont conformes aux normes. Cependant 9 d'entre eux, prélevés à moins d'un kilomètre de l'usine, se situent au niveau des valeurs d'investigation. Les concentrations observées sont cependant très en-dessous des niveaux nécessitant un assainissement selon la loi.
Rejetée dans l'environnement sous forme de fumées, la dioxine tend à se déposer sur le sol et sur les plantes, d'où elle peut s'introduire dans la chaîne alimentaire.