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Élevé durant la Révolution Culturelle, Qiu Jie reproduit des images de propagande de soldats, d'ouvriers et d'agriculteurs issues des journaux locaux. Son art puise à cette source du réalisme socialiste chinois et ses études en multimédia à Genève. Les dessins au crayon de Qiu Jie confrontent l'histoire de la société chinoise et la culture occidentale contemporaine, le photoréalisme occidental et la propagande socialiste, la perspective traditionnelle et la calligraphie. Son esthétique noir et blanc vient délicatement se mêler à des taches éparses de rouge, non sans rappeler la couleur phare des dazibao de la Révolution Culturelle en Chine. La couleur rouge rappelle également l'encouragement de Mao Zedong à moderniser la peinture à l'encre durant les années 1950.
Dans chaque dessin, Qiu Jie s’inspire d’images existantes extraites d’une infinité de sources (journaux, publicités, peintures, photographies – passées, présentes, personnelles, publiques, narratives, descriptives, sociales, politiques -). Ce terreau initial catalysant l’imagination et la créativité de l’artiste est l’origine d’une étonnante recomposition : Qiu Jie, tel un romancier, fait appel à ces personnages ou éléments de contexte existants pour écrire sa propre histoire. Ces composants sont alors imbriqués, reliés, au service d’une intrigue et d’un schéma narratif. Deux niveaux de lecture découlent de cette méthode d’écriture : la nouvelle histoire que l’artiste compose se mêle à chaque histoire individuelle, à l’origine du dessin. Chaque élément est donc indépendant tout en étant lié au tout.
Qiu Jie signe ses œuvres avec les caractères Ta xiang shan ren, « L’homme qui vient d’autres montagnes ».