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Nous avons tous des croyances. C'est à dire, il y a de choses que nous croyons, ou prenons pour acquis. Nous comptons sur des choses que nous prenons pour acquis dans nos prises de décision. Certaines de nos croyances sont justifiés ou rationnelles. D'autres ne le sont pas. La croyance que la Terre est ronde est justifiée, tandis que la croyance de certains que les humains ne sont en fait jamais allés sur la Lune semble être injustifiée.
Ce projet a comme point de départ une observation curieuse que certaines de nos croyances semble être plus justifiées que d’autres et que cet aspect gradable de la justification (et de croyances, ainsi que de la confiance, de certaines émotions) pose un problème pour une grande partie des théories épistémologiques contemporaines.
Le but premier de ce projet est de proposer une théorie nouvelle et fondamentale de propriétés gradables en épistémologie. Le travail concernant cette question s’inspire de résultats récents en linguistique des adjectifs gradables et propose de réviser la façon dont on théorise la gradabilité concernant la justification et d’autres notions en épistémologie.
Le projet présente des nombreux enjeux qui dépassent les frontières de l’épistémologie analytique. Outre fournir une compréhension des notions dégradables jusqu'ici peu étudiées, ce projet promet d’apporter un nouveau point de vue aussi en philosophie pratique (Le blâme et la responsabilité ont-ils en degrés ? Si oui, comment les théoriser ?), et même hors la philosophie (à quel moment est-ce le doute est raisonnable dans les domaines juridiques ? Quels sont des degrés de responsabilité juridique / politique ? Comment comprendre la confirmation scientifique incrémentielle ?)