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«Etre pris aux tripes», «Se faire des nœuds à l'estomac», «Avoir une boule au ventre», «avoir des papillons dans le ventre». Déjà, les expressions populaires mettent en avant le lien étroit entre nos émotions et notre intestin. Et qui n’a pas eu mal au ventre suite à un stress, une inquiétude, une angoisse? Du point de vue scientifique, même constat, certaines études mettent en évidence que l’anxiété ou le stress peuvent créer des douleurs intestinales et des troubles du transit.
Une communication à double sens
Le cerveau envoie des informations à l’intestin mais on sait maintenant que cette communication est à double sens. L’intestin dialogue aussi avec le cerveau et participe à la régulation de nos émotions. Dans une étude de 2016 (N.A. Koloski et al.) il a été démontré que, chez une personne sur trois, les troubles de l’humeur ont précédé les troubles intestinaux; alors que chez deux personnes sur trois, ce sont les troubles intestinaux qui ont précédé les troubles de l’humeur. Cette découverte a ouvert une piste de recherche pour mieux comprendre comment les déséquilibres de notre intestin peuvent influencer notre santé mentale.
L’intestin, le deuxième cerveau
Notre intestin est l'organe qui a le plus de neurones après le cerveau et la moelle épinière. Il en contient 200 millions (soit l’équivalent du cerveau d’un chien ou d’un chat) qui communiquent de manière constante avec le cerveau via le nerf vague. Ces neurones sécrètent quelque 20 neurotransmetteurs identiques à ceux produits par le cerveau. Parmi eux la sérotonine dite hormone du bonheur participe à la gestion de nos émotions, à l'équilibre psychique, à la régulation de l'humeur, des comportements alimentaires ainsi que du sommeil.
Une véritable autoroute
Ces dix dernières années les scientifiques ont identifié plusieurs voies de communication de l’intestin vers le cerveau. La voie nerveuse est la plus rapide. Le cerveau est informé à la seconde près de tout ce qui se passe dans notre intestin. Les autres voies sont moins directes, de l’ordre de la minute. Il s’agit de nombreuses substances immunitaires et hormonales qui, libérées dans le sang vont informer notre cerveau. Toutes ces molécules sont majoritairement produites par les bactéries du microbiote intestinal.
Un acteur clé: le microbiote intestinal
Le microbiote intestinal correspond à l’ensemble des micro-organismes qui colonisent le tube digestif. Il est peuplé de plus de 10’000 milliards de micro-organismes majoritairement bactériens. C’est dix fois plus que le nombre de cellules du corps. C’est pourquoi aujourd’hui il est considéré comme un organe à part entière. Il remplit des fonctions essentielles telles que la digestion des aliments, un effet barrière contre les pathogènes et le développement du système immunitaire. Aujourd’hui, même si les mécanismes ne sont pas encore totalement élucidés, il apparaît comme un acteur fondamental dans les échanges intestin et cerveau.
Un équilibre fragile
Les interactions entre intestin et cerveau reposent sur des mécanismes complexes et multiples, dépendants de l’équilibre d’un acteur principal: le microbiote intestinal. Cet équilibre fragile, s’il est rompu, peut compromettre la santé de l’individu et pourrait intervenir dans l’apparition de troubles psychiques: stress, dépression mais aussi maladies neurodégénératives (Parkinson, Alzheimer…). Sachant que l’on peut agir sur le microbiote intestinal par le biais de probiotiques, les scientifiques évaluent leurs potentiels avec de premiers résultats encourageants pour réduire le stress, l’anxiété et la dépression. Demandez conseil à votre pharmacien.
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Focus sur les psychobiotiques
C’est quoi un psychobiotique ?
Les psychobiotiques sont définis comme des probiotiques (bactéries vivantes) ou des prébiotiques (aliments favorisant la croissance des bactéries intestinales bénéfiques) qui, administrés en quantité adéquate, procurent une influence positive sur la santé mentale. Ces ferments lactiques vivants, pris sous forme de compléments alimentaires, ont démontré leurs effets bénéfiques sur le stress et l’anxiété dans trois méta-analyses. Ceci représente une des plus hautes preuves d’efficacité.
Des effets démontrés
Parmi de nombreuses autres études, celle menée en 2020 par E. Patterson visait à observer les effets d’une souche de Lactobacillus paracasei sur le niveau de stress chez l’homme. Il a été mis en évidence que ce probiotique, après une prise quotidienne de 17,5 milliards pendant cinq semaines, améliore l’état anxieux. Ainsi les probiotiques pourraient représenter une nouvelle stratégie thérapeutique prometteuse dans la prise en charge du stress et de l’anxiété.