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Sabina Vajrača, née dans une famille bosnienne de Banja Luka, deuxième plus grande ville du pays, aujourd’hui capitale de l’entité serbe, a été obligé comme de nombreux citoyens, de prendre la route de l’exil. Au printemps 1992, l’adolescente de 14 ans quitte sa terre natale et toute seule trouve un abri en Croatie. Elle a déjà écrit un roman sur une fillette et un chat. La petite fille et son félin ont rencontré un jeune garçon qui voulait sauver la terre entière. Dans la capitale croate commence sa collaboration avec le journal Taatralije consacré au théâtre, qu’elle a fondé avec quatre amis. Deux ans plus tard, en 1994, Sabina quitte Zagreb pour se réfigier à New York City.
Son premier film Sur le chemin à la maison, dans l’inconnu (Back to Bosnia) projeté au Festival d’Amnesty International au Nouveau monde à été dans les sélections officielles au Brésil, Canada, Liban, en Afrique du Sud, Allemagne, Pays-Bas, en Slovénie…Talentueuse cinéaste diplômée de la Columbia University a aussi obtenu le prestigieux Director’s Choice à Crossboard Film Festival et son documentaire de 57 minutes, classée parmi les 100 meilleurs films réalisés par des femmes! Elle a été aussi nommée pour le Student Award Grand Prize et Student Oscars. Cette année la jeune femme fut parmi les candidats de l’Humanitas Prize et nommée pour les BAFTA Student Awards, grâce à son court métrage Variables.
En le présentant dans plusieurs villes du Vieux continent, la cinéaste n’a pas contourné Paris et nous avons pu lui poser quelques questions :
Vous avez élaboré l’existence d’un jeune homme qui existe, mais cela n’a pas facilité le tournage?
Le film est inspiré par un véritable événement : un groupe des jeunes mathématiciens a pu sortir de Sarajevo assiégée et partir à Toronto. Ils ont participé à l’Olympiade internationale de mathématiques, en été 1995. Pour le personnage du jeune Nicolas, je me suis inspirée de ma propre existence.Comme lui, j’étais une adolescente seule, dans un monde d’adultes pas toujours bienveillants et gentils. Ce court métrage est une commande car j’ai obtenu la fameuse subvention de la Fondation Alfred P.Sloan et c’est la raison pour laquelle il est un court mais je ferai un jour un long métrage, sur le même thème.
L’agression sur la Bosnie-Herzégovine n’a pas été bien comprise en Union européenne. Comment l’ont vu les Américains?
En général, ils ne savent pas grand chose sur notre conflit fratricide. J’ai décidé de les informer. Au début cela a été pénible mais je me suis vite habituée. Je me suis sentie obligée, comme survivante d’un tel désastre.
Vous avez reçu plusieurs prix. Sont-ils une stimulation pour vos nouveaux projets ?
Ces reconnaissances garantissent à l’auteure d’être un peu connue et appréciée, surtout à Hollywood ou je constitue ma carrière depuis cinq ans. Mais pour moi elles sont « la cerise sur le gâteau »! Je préfère les lettres et messages d’anonymes qui m’expriment leur satisfaction et quelquefois de la gratitude, même des encouragements à continuer à dire à la planète ce qui nous est arrivés par surprise et ignorance. Personne naurait pu imaginer ce qui est arrivé d’un coup dans notre pays. Je suis contente de pouvoir aider les gens à dépasser leurs propres angoisses et traumas. Nombreux m’expriment la reconnaissance d’avoir pu changer leur vie en leur montrant qu’ils ne sont pas seuls et abandonnés. D’ autres ont aussi vécu des choses terribles et ont su les neutraliser, puis tourner la page. Cela est plus important de n’importe quel prix. Mais il ne faut pas que l’Académie des Oscars m’entende, elle peut m’ignorer, ce que je ne souhaite pas (rires).
L’équipe artistique est très intéressante surtout par la participation de la célèbre actrice Mira Furlan qui tourne beaucoup aux Etats-Unis où elle habite depuis longtemps. Vous avez pu obtenir aussi la confiance de Leona Paraminski, elle aussi bien apprécié dans notre région et à Hollywood. Comment vous avez fait?
J’ai fait la connaissance de Mira Furlan grâce à des amis communs et elle a accepté de jouer dans un de mes précédents courts métrages. Nous sommes amies dix ans, depuis notre séjour à Zagreb où nous nous sommes retrouvées par hasard. L’actrice jouera dans mon prochain film, cette fois un long métrage, intitulé For Buraz (Pour frangin) un thriller, dont le personnage principal est un jeune homme issu de la communauté bosnienne de Floride. Mira m’a présentée l’attractive Leona qui joue le rôle de mère de Nicolas. Les jeunes comédiens sont pour la plupart, des amateurs. Je les ai trouvée par nos clubs et associations aux USA.
Djenana Djana Mujadzic
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