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Détails
1986: Grande ferme Wuarin
|Adresse:||Chemin des Roches 3, Cartigny|
|Description:|
Classement demandé par la SAP en 1985
La grande ferme Wuarin est un ensemble remarquable de bâtiments ruraux caractéristiques du bassin genevois.
Son volume actuel résulte d'une succession de regroupements, extensions et adjonctions fort anciens pour la plupart; il illustre parfaitement les transformations qui ont été effectuées un peu partout dans les villages au XVIIIe sicle et au XIXe siècle, pour répondre aux besoins d'une exploitation rurale en progrès, nécessitant plus de place, notamment pour stocker les récoltes, des locaux mieux adaptés aux diverses activités (agriculture, élevage et viticulture) et des logements plus spacieux pour les agriculteurs dont la situation matérielle s'améliorait. Il faut relever qu'il ne s'agit pas ici des bâtiments de ferme d'un grand domaine, comme c'est habituellement le cas des très grands volumes bâtis, mais des constructions nécessaires au travail et au logement de plusieurs paysans, à l'origine de la même famille.
Sur des plans cadastraux de 1763 et 1784, nous trouvons une ferme typique avec grange, écurie, un logement accessible par un escalier extérieur, peut-être un logement de plain-pied en dessous du premier et un logement accessible par un autre escalier extérieur sur la façade est. A ce volume, qui devait être couvert par une toiture dont le faîte était perpendiculaire au faîte actuel, étaient accolés deux bâtiments comportant chacun grange et écurie.
Entre 1765 et 1784, un pressoir a été ajouté à la ferme primitive et un logement beaucoup plus spacieux a été accolé à l'est de la grange et écurie situés en bordure de l'actuel chemin des Roches; à l'emplacement de la seconde grange et écurie, se trouve une cave à laquelle on accède par le jardin aménagement devant le nouveau logement. L'accès à celui-ci se fait par une porte dont le linteau, probablement déplacé, porte les dates de 1753 et de 1879, date d'une transformation importante.
Par la suite (fin du XVIIIe siècle ou début du XIXe siècle) on a construit à la place du jardin un couvert ménageant une vaste surface abritée devant la cave et le pressoir voisins (un pressoir moderne y a été installé à la fin du XXe siècle). Une extension du logement à l'est est venue ultérieurement encadrer ce couvert qui s'ouvre largement au sud. La belle toiture à deux pans qui couvre le tout, de ce côté, par une demi croupe.
A la suite du gros incendie de 1852, la façade ouest a été considérablement rechaussée pour former un immense pignon. Cet élément inhabituel atteint ici, en raison de la largeur de la façade et de la pente du toit, due à l'emploi de la tuile plate pour cette couverture, des dimensions et une échelle que l'on ne retrouve nulle part ailleurs dans le canton. Un décrochement de façade, à droite, répondant à l'escalier extérieur en maçonnerie, calé par une tête de mur arrondie qui occupe la partie gauche, encadre et anime cette façade impressionnante.
Cet ensemble est l'un des plus intéressants du canton.