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Das Schloss in 1767 Herrliberger
A l'endroit où la Birse se fraye un dernier passage à travers les chaînes du Jura avant de se diriger en un cours plus libre vers le Rhin, on aperçoit sur une tête rocheuse, à droite, le château d'Angenstein. Derrière lui, un peu plus haut, se dressent les vestiges du château de Bärenfels et de l'autre côté de la rivière, les ruines de la forteresse autrefois imposante de Pfeffingen. Le nom d'«Angenstein» a trait à la position de cet ouvrage, édifié sur un rocher et surmontant un étranglement de vallée. Les trois châteaux relativement proches l'un de l'autre qui jadis occupèrent cet endroit nous rappellent deux choses: que Pfeffingen protégeait l'ancienne voie reliant le Leimental à la vallée de la Birse et que trois domaines d'intérêts fort différents l'un de l'autre se heurtaient ici.
Il y avait tout d'abord l'évêque de Bâle, élevé à la dignité de prince par l'empereur et possédant d'importants territoires. Avec ses ministériaux, il était tenu de fournir à l'empereur une suite et des soldats. Mais c'était un vassal qui ne pouvait transmettre à une propre famille les biens reçus. De sorte que l'empereur était en état de veiller à ce que le trône épiscopal soit toujours occupé par un homme qui lui convienne. La Querelle des Investitures, qui opposa le pape et l'empereur et atteignit son paroxysme au XIe siècle, montre combien les détenteurs des pouvoirs séculier et ecclésiastique attachaient d'importance à la distribution des sièges épiscopaux.
Venant de la Porte de Bourgogne, une famille de dynastes cherchait d'autre part à acquérir des biens, mais aussi de l'influence dans les environs de Bâle. C'étaient les comtes de Ferrette, qui descendaient de la puissante famille des seigneurs de Montbéliard. De leur côté, ceux-ci pouvaient se réclamer de relations vieilles de plusieurs siècles avec les rois francs, les rois de Bourgogne, les ducs de Lorraine et de Zaehringen, les comtes de Savoie et les margraves de Canossa. C'est également de leur vaste parenté qu'était issu le pape Léon IX, de la maison comtale d'Egisheim. Les Montbéliard eurent aussi d'étroits rapports avec la papauté et prirent son parti dans les luttes qui l'opposèrent à l'empereur. Une branche des Montbéliard adopta en 1125 le nom du château qu'elle avait édifié à Ferrette. Elle possédait en franc-alleu des propriétés étendues et cherchait par tous les moyens à les agrandir encore. Elle réussit d'autre part à faire occuper le trône épiscopal par l'un de ses membres.
Mais bientôt, une autre lignée de nobles originaire d'Alsace vint s'opposer à cette politique de famille, celle des comtes de Habsbourg. Elle n'avait, comme tant d'autres, qu'un but: se procurer le plus de terres possibles. Et ce par des moyens tels que la diplomatie, l'achat et la guerre ouverte. Rodolphe de Habsbourg fut élu roi juste au moment où il assiégeait Bâle et son évêché. Jusqu'à présent, il n'avait jamais hésité à faire usage de méthodes de longtemps éprouvées, celle de la guerre de conquête ou celle du pillage par exemple, pour parvenir à ses fins; à Bâle, il avait même incendié le couvent des pénitentes qui se trouvait devant les remparts de la ville.
Bien que le premier document qui fasse mention du château d'Angenstein ne date que de 1338, on suppose que cet ouvrage a été construit au début du XIIIe siècle sur des terres appartenant aux comtes de Ferrette. Le voisinage du prince-évêque donna toutefois lieu, sous le comte Frédéric II, un homme extrêmement violent, à des conflits armés. Au cours de ces guerres, le comte fit l'évêque prisonnier, mais finalement, il fut vaincu et condamné à une peine humiliante. Vêtu d'un habit de pénitent, il dut faire amende honorable, céder une partie de ses biens au chapitre et se faire inféoder son propre comté par l'évêque. La forteresse d'Angenstein en faisait elle aussi partie, mais ici, le fief se limita à la moitié du château.
L'évêque transmit sa part aux comtes de Thierstein, qui possédaient déjà à titre de fief épiscopal le château voisin de Pfeffingen. De leur côté, ceux-ci cédèrent leur part du château d'Angenstein en tant qu'arrière-fief aux Münch de Landskron.
Si, au début, les Habsbourg n'obtinrent rien de la succession contestée des comtes de Ferrette, le mariage de la fille du dernier de ces comtes avec un Habsbourg leur permit tout de même d'acquérir des biens et des droits de la seigneurie comtale. A Angenstein, ils cédèrent leur demi-fief aux Thierstein et ceux-ci transmirent tout le château aux Münch. Lors de l'irruption des Armagnacs, le château était habité par Burkard de Münch. Chevauchant à travers le champ de bataille de Saint-Jacques de la Birse le soir du 26 août 1444, il se serait écrié: «Ce que je vois est comparable à un jardin de roses.» Un Confédéré blessé l'entendit et, se saisissant d'une pierre, la lui jeta. Trois jours plus tard, Burkard mourait.
Parmi les vassaux qui lui succédèrent, il se trouva à plus d'une reprise des antagonistes de la ville de Bâle. Les relations ne s'améliorèrent que lorsque le fief fut repris par Frédéric Kilchmann, un artisan qui s'était élevé à la condition de patricien et avait été armé chevalier. Sa fille épousa un sire de Lichtenfels, en service auprès des troupes épiscopales. En 1495, un jour qu'il manipulait imprudemment une arme, il mit le feu à la tour d'habitation. Le château fut reconstruit, mais fut une nouvelle fois la proie des flammes en 1517. Tous ses habitants trouvèrent la mort dans cet incendie.
En 1498 déjà, Oswald de Thierstein avait demandé aide et protection à Soleure, pour lui et pour son château. A l'extinction des Thierstein, des différends s'élevèrent à propos de la propriété du château. L'évêque l'emporta sur Soleure et les Habsbourg, mais dut accorder aux Soleurois certains droits sur Angenstein.
Melchior Lichtenfels, l'évêque d'alors, transmit le fief à son chancelier Wendelin Zipper et le chargea de reconstruire le château. Se fondant sur d'anciens arrangements, Soleure s'opposa en 1557 à l'accord intervenu entre l'évêque et Zipper. Finalement, il fut décidé de ne pas reconstruire le donjon, haut de 18 mètres et fait de moellons de tuf, mais d'ériger de nouvelles constructions tout autour. C'est à cette date que fut édifiée la chapelle, que l'évêque et le chapitre dotèrent de vitraux évoquant le souvenir des victimes de l'incendie de 1517.
En 1636, pendant la guerre de Trente Ans, les troupes du duc de Weimar occupèrent Angenstein, qui auparavant avait abondamment été fourni de provisions. Les occupants ne manquèrent pas de s'en régaler et ne se retirèrent qu'après quatre ans.
Lorsque le dernier descendant mâle de la famille Zipper s'éteignit, vers le milieu du XVIIIe siècle, un conflit s'éleva à propos de la reprise du fief; il n'était pas encore réglé lorsque les troupes françaises envahirent la région. En 1798, la propriété fut acquise par un commerçant de Strasbourg, qui la fit remanier.
Le Congrès de Vienne attribua en 1815 une grande partie de l'ancien évêché de Bâle, dont Angenstein faisait partie, au canton de Berne. Aujourd'hui le château appartient à la ville de Bâle.
En 1928
Bibliographie