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Au lendemain des indépendances, les classes politiques africaines ont choisi de reproduire le cadre territorial hérité de la colonisation et ont entériné le principe de l’Etat-nation. Si ce dernier contredit la plupart des ressorts politiques, économiques, culturels des sociétés africaines, il a aussi fait l’objet d’une appropriation souvent massive, et toujours créative, de la part de l’ensemble de leurs acteurs. La plupart des interprétations mettant l’accent sur des contradictions supposées insurmontables entre un Etat hérité de la colonisation et les sociétés africaines sont donc insuffisantes.
La réalité est plus complexe. Les régimes de légitimité, de sécurité, de responsabilité sociale, d’enrichissement, de représentation culturelle et politique du « bon gouvernement » participent simultanément de ces deux dimensions historiques, qui s’imbriquent plutôt qu’elles ne se succèdent.
Cette distorsion inhérente aux sociétés africaines contemporaines rend problématique l’institutionnalisation d’une gouvernance de la transparence et tend à inscrire la compétition politique, l’accumulation de la richesse et la lutte sociale dans l’ordre de la violence.
Lors de cette conférence, Jean-François Bayart et Giovanni Zanoletti nous ont aidés à mieux comprendre le paradigme de la gouvernance de l’Afrique contemporaine.
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