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Climat
La pandémie a abouti à une baisse de la pollution de l'air en 2020
Les restrictions liées à la pandémie de coronavirus l'année dernière ont contribué à une importante baisse des émissions des principaux polluants de l'air, notamment en zone urbaine. Mais cette réduction n'a pas été uniforme, a affirmé l'ONU vendredi à Genève.
Dans son premier bulletin sur le climat et la qualité de l'air, l'Organisation météorologique mondiale (OMM) montre qu'à la fois des épisodes d'amélioration et de détérioration de l'air ont été observés dans différentes parties du monde. Notamment en Chine, dans le nord du continent américain ou en Europe.
Pour autant, le bulletin révèle aussi que de nombreuses régions du monde restent en violation des directives de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), malgré la réduction des déplacements l'année dernière. L'OMM a analysé des données dans plus de 60 sites de 25 pays.
Pendant les confinements, «la situation s'est largement améliorée», a dit à la presse une responsable de l'OMM. Une baisse moyenne de 70% du dioxyde d'azote et de 30 à 40% des particules fines par rapport aux années précédentes.
Les changements dans les concentrations d'ozone, parmi les plus dangereuses, ont varié largement entre les régions, avec aucune modification ou une petite augmentation dans des zones comme l'Europe et une extension de jusqu'à 30% dans le sud du continent américain. Celles de dioxyde de soufre se sont réduites de 25 à 60% en fonction des régions. De même que celles de monoxyde de carbone, en recul de 40% dans le sud du continent américain.
Action durable requise
Autre indication, le lien entre qualité de l'air et changement climatique est établi. Alors que les émissions humaines de polluants ont diminué, les situations météorologiques extrêmes alimentées par le changement climatique ont provoqué des tempêtes de poussière et des incendies problématiques. En Australie, des feux ont dégagé des particules fines et ont eu un effet de froid dans les zones du sud.
La situation se poursuit cette année, notamment en Europe. Le coronavirus a abouti à «des améliorations localisées temporaires», souligne le secrétaire général de l'OMM Petteri Taalas. «Mais une pandémie ne peut remplacer une action durable et systématique.»
L'impact des polluants de l'air est observé près de la surface et sont ciblés sur des jours ou des semaines, de même que localement. A l'inverse, la changement climatique provoqué par les émissions de gaz à effet de serre affecte la situation «sur des décennies ou des siècles» partout dans le monde, insiste M. Taalas.
Selon les estimations, la mortalité mondiale liée à la pollution de l'air a doublé en près de 30 ans, pour atteindre 4,5 millions de décès en 2019. Le bulletin est publié quelques jours avant la Journée internationale pour l'air propre, prévue mardi prochain.
500 actions préconisées par l'OMS
Les politiques pour améliorer la qualité de l'air ont des conséquences sur celles contre le changement climatique et réciproquement. Une réduction importante des énergies non renouvelables aboutira à une diminution des polluants comme l'ozone.
Des canicules plus fréquentes et plus intenses peuvent provoquer davantage de pollution près de la surface. Le récent rapport accablant du Groupe intergouvernemental d'experts sur le climat (GIEC) a estimé que ces situations s'étendraient à l'avenir dans les différents pays.
Egalement vendredi, l'OMS et plusieurs agences onusiennes ont dévoilé une compilation de 500 actions pour empêcher 25% des décès dans le monde. Celles-ci doivent être menées pour réduire les maladies liées aux problèmes environnementaux comme la pollution.
sn, ats