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Situation
Situé au centre du Petit-Val, à une altitude de 851 mètres, sur un contrefort de Moron, la commune de Sornetan possède une frontière, au Sud, avec Saules, à l’Est, avec Souboz, à l’Ouest, avec Châtelat et Monible et enfin, au Nord, avec Undervelier.
On y accède de Moutier qui se trouve à 13 km en direction de l’Est et de Tavannes, à l’Ouest qui est distant de 14 km. La ville de Bienne n’est éloignée qu’à une trentaine de kilomètres km avec cette petite localité du Jura bernois.
On peut également atteindre Sornetan par le sommet de Moron, au Sud et, au Nord, par les pittoresques « Gorges du Pichoux » situées dans l’échancrure de la Montagne du Droit, en prolongement de celle de Moutier.
D’une superficie de 562 hectares, le territoire du village est traversé, d’Ouest en Est, par le cours d’eau de La Sorne, en parallèle à la route cantonale.
Origine
Sornetan ou, en latin, Sornedunum : ce nom évoque, d’une part, la position du village, à savoir sur la colline et, d’autre part, la proximité du cours d’eau, La Sorne.
Dénommé également Sornetain, le village apparaît pour la première fois sous cette forme en 1179, dans une bulle du pape Alexandre III.
Sornetan était autrefois une dépendance du Chapitre de Moutier-Grandval depuis 1486, laquelle a été renouvelée à 13 reprises, jusqu’en 1797. La Paroisse existait déjà en 1303, et son église, située jusqu’en 1707 au lieu-dit Sapran, était dédiée à Saint-Germain.
Même si l’on parle de Sornetan depuis le Moyen-Age, on peut toutefois penser qu’il y a eu une confusion entre Sornetan et Sapran. En effet, autrefois, le Petit-Val ne comportait qu’une seule mairie sise à Sornetan et une seule paroisse sise à Sapran (également Saipran ou Sainpran). Il semblerait qu’au départ, un village donnait son nom à toute la vallée, ce que tendrait à confirmer l’ancienne forme allemande de Sornethal (Vallée de la Sorne) que l’on trouve sur les cartes. Ensuite, le nom de Sornetan n’avait plus désigné que l’endroit où se trouvait la mairie du Petit-Val.
Lorsque l’église actuelle a été construire en 1708, le village ne comptait que deux ou trois maisons, soit la maison de l’actuel maire, Lucien Juillerat, qui porte une inscription de 1698, avec éventuellement une petite ferme désaffectée, et probablement la grande demeure de feu Jean Bandelier, sise un peu plus à l’Est et qui est visible depuis Sapran.
Selon la légende, le village de Sapran aurait été décimé par la peste noire, et de cet assez grand village, il ne resterait que trois maisons. Il y a, tout d’abord, la maison de la famille Balmer, qui devait être une ancienne forge, dont l’ancien propriétaire a démonté ce qui restait de la cheminée. Un bout de canal en aval de cette bâtisse laisse à penser l’existence d’une éventuelle installation hydraulique, mais personne ne sait rien de celle-ci au village de Sornetan.
Ensuite, il y a la maison de M. Gloor et de Mme Regenass, qui est bâtie au cœur de l’ancien village, à l’emplacement de l’ancienne église, du cimetière et de la cure. On sait qu’en creusant les caves, des ossements avaient été retrouvés. Le ruisseau qui s’écoule de la petite vallée latérale s’appelle « l’Ave-Chiré », « l’Eau-Tchiré » ou l’eau du curé. En face, le long de la rive droite, le lopin de terre est dénommé l’Oeuche au Prêtre ». Dans l’ancien cimetière, l’ancienne propriétaire, feu Madame Ella Schumann-Juillerat avait retrouvé une ancienne pièce de monnaie assez bien conservée et portant la date de 1513, avec la double aigle impériale.
Quelques terrassements, des restes de chaux, des murs trouvés en labourant les champs, c’est tout ce qu’il reste du village de Sapran. Pourtant, selon bibliographie Daucourt, on y voyait encore au début de ce siècle un mur avec une pierre datée de 1622. De l’ancien cimetière, il ne reste qu’une seule dalle, sans inscription.
La troisième maison était constituée par l’ancien Moulin de Monible, détruit voici plus de trente ans pour permettre l’élargissement de la route cantonale. De cet ancien moulin ne reste aucune trace intéressante de sorte que ceux qui ne l’ont pas vu, ne peuvent en avoir aucune idée.
De l’ancienne église détruite en 1709, il ne subsiste que la mystérieuse cloche, ancienne et précieuse. Elle fut hissée dans le clocher du nouveau temple avec la partie supérieure du clocher, qui aurait été transportée en même temps.
Le premier curé de Sornetan est mentionné en 1290 et il devait officier et résider à Sapran.
Au printemps 1530, Farel et son disciple Froment arrivent à Tavannes avec une lettre de recommandation de Messieurs de Berne. La majorité adopte immédiatement les idées du Réformateur. Ensuite Farel poursuit son périple par Sornetan, et le premier prédicant est nommé en la personne d’Alexandre Lebel. La Réformation fut acceptée le 12 mars 1531 et Guillaume Schaller, puis Denys Lambert seront, tour à tour, prédicant de la Paroisse.
Cette dernière fut rattachée à celle de Chaindon jusqu’en 1538, puis à celle de Grandval jusqu’en 1571 et enfin à celle de Bévilard jusqu’en 1746, année au cours de laquelle elle reçut son propre pasteur. Les communes de Châtelat, Monible et Souboz font partie de la Paroisse de Sornetan.
Les nobles de Sornetan apparaissent dans les documents au 14e siècle déjà, comme Bourkhard de Sornetan (1303) ou, en 1358, Jean de Sornetan qui était primicier à Bienne. Cette dernière famille a toutefois disparu au 15e siècle déjà.
Depuis l’emplacement de l’ancienne église de Sapran, une route désaffectée monte dans la forêt, au Nord, en direction de Semplain. Les gens l’appelle la route romaine. Semplain, route aujourd’hui en cul-de-sac, était autrefois un passage actif, puisque les chaudronniers qui travaillaient dans les forêts de Moron conduisaient le charbon aux forges d’Undervelier, dans leurs grandes bennes, en passant par La Drai (commune de Monible) et Semplain, après quoi la route passait à l’Est de Rebévelier pour descendre sur Undervelier.
Si l’on en croit le témoignage de feu Charles Bandelier, né en 1845 et habitant à Bellelay, ce dernier se souvenait de la construction de la route du Pichoux, qui offrait ainsi une autre possibilité de liaison avec Undervelier.
Le trafic qui régnait à l’époque sur l’axe initial explique pourquoi il devait y avoir un hameau assez important à Semplain, ce qui est d’ailleurs confirmé par une carte du 18e siècle, qui mentionne cinq fermes. A Semplain, on devine encore des ruines à plusieurs endroits et l’on situe encore, au bord du précipice, un ancien cimetière de pestiférés.
On trouve à Semplain une intéressante maison ancienne. Son aspect est assez inhabituel : petite, basse et pyramidale. La maçonnerie, pauvre, est dépourvue de pierres de taille, sauf pour le fourneau. La charpente, noircie par la fumée, se compose de chevrons disposés en étoile autour d’une panne faîtière. Le petite cuisine voûtée est restée comme autrefois. A la place des rondelats, on trouve le « rondat di fue », ouverture en demi-cercle par où la fumée s’échappait dans la grange. Le coin du feu est encore presque intact. Il comprend la pierre d’âtre, une lampe à huile murale, un fourneau à ban en pierre et une cabionatte avec sortie de fumée dans la cuisine. Le fourneau est de type ancien, avec un escalier à trois marches entre le bloc du fourneau et le mur de la chambre. Une petite niche, nommée « cavette », servait à mettre quelque tisane au chaud ou bien à réchauffer les sacs de noyaux de cerise que l’on prenait avec soi comme bouillotte pour aller se coucher.
Juste au-dessus du fourneau s’ouvre une trappe. Elle donnait accès à la chambre du haut et, en même temps, la chauffait un tant soit peu. Les chambres du haut étaient très basses, à savoir d’une hauteur de 1,60 m environ.
Une inscription des plus rudimentaires se trouve dans le crépi d’un mur : elle mentionne la date de 1745.
Une telle maison, pourtant sans histoire connue, sans aucune décoration, même transformée, renferme, comme on peut s’en apercevoir à la lecture de ce qui précède, des trésors de détails.
Le village de Sornetan fut rattaché au canton de Berne en 1815, en même temps que le prieuré. Si l’on compare la carte Siegfried de 1871 (première parution) avec la carte nationale actuelle, on constate que le village ne s’est pratiquement pas agrandi en plus de 120 ans.
La plus grande transformation réside dans la construction de la route d’accès depuis la route cantonale (au Nord du village) et qui débouche au centre de l’agglomération, et non plus à l’extrémité Ouest du village.
En 1906, Sornetan possédait son dépôt de poste et de téléphone mais la voiture postale ne s’arrêtait pas au village, perché trop haut. Cette voiture - qui faisait le trajet de Glovelier à Bellelay - faisait notamment, un arrêt au Pichoux et un à Châtelat.
A cette époque, Sornetan comptait 33 maisons et 181 habitants protestants, dont 116 parlait le français et 65 l’allemand.
Pour en terminer au sujet des origines du village de Sornetan, on peut citer la présence d’anciennes traces d’exploitation du fer ainsi que des trouvailles isolées d’objets romains et burgondes.
Il existe encore un bloc erratique « Caillou de Sornetan » qui est placé sous la protection de l’Etat. Il se trouve sur la parcelle no 147 de Sornetan.
Autrefois, la localité accueillait une foire qui se tenait le dernier mercredi du mois d’août.
Evolution démographique
Le village de Sornetan, à l’instar des autres localités du Petit-Val, a connu une chute vertigineuse de sa population, puisque de 299 habitants en 1850, le village ne comptait plus que la moitié de ses âmes en 1930, une population qui s’est encore réduite à 124 habitants en 1996.
Sources
Actes de la Société jurassienne d’Emulation
Revue jurassienne, organe de Pro Jura, 1954
Jadis dans la Prévôté de Moutier-Grandval, Association des maires et présidents de bourgeoisie du district de Moutier, 1986
L’Eglise de Sornetan, Conseil de la paroisse réformée
Adolphe-François Bandelier, d’Eric Rufener, Editions Intervalles, cahier no 1, 1982
SEF, Syndicat pour l’alimentation en eau des Franches-Montagnes, 1973
Les Arts et Monuments historiques dans le Jura bernois et à Bienne, de Gustave Amweg, Tome I et II
Syndicat d’élevage bovin du Petit-Val, brochure à l’occasion du concours de 1998
L’Hôta, Revue no 2, de l’Association pour la sauvegarde du patrimoine rural jurassien, 1979
Bibliographie de Jacques-Henri Juillerat, 1917
Aus meiner Jugendzeit in Berner Jura, de Ida Gilgen-Rubin, 1973
Armorial des communes du Jura bernois, Société jurassienne d’Emulation, 1952
Les Armoiries jurassiennes, A. Daucourt, 1918
Armorial du canton de Berne, Direction des affaires communales du canton de Berne, 1981
Le Jura vu par les peintres, Editions Edita, 1983
Le Val aux sept villages, Marguerite Yerta-Méléra, 1946