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L’Ensemble Vide présente P.G., un film d’Andreas Fontana, co-écrit par Christian Tarabini réalisé suite à For Philip Guston, un projet imaginé par Denis Schuler en mai 2018 au Centre d’Art Contemporain Genève
0.
En 1984, Morton Feldman composait l’une de ses plus longues pièces. Il la nommait For Philip Guston.
Quatre ans plus tôt, le peintre disparaissait.
1.
En 1978, deux ans avant sa mort, Philip Guston donne une conférence à l’Université du Minnesota. À cette occasion, il évoque ce qui l’a conduit à délaisser l’expressionnisme abstrait pour revenir à la peinture figurative.
Quelque chose se produit dix ans plus tôt. Les États-Unis sont alors marqués par de profonds troubles politiques, une polarisation extrême de la société.
Guston raconte qu’il traverse à ce moment-là une crise profonde.
L’actualité l’obsède. Il a des visions.
2.
Le peintre ressent un « puissant besoin de raconter » ce qu’il voit. Les tensions raciales, la violence, les mouvements d’opposition à la guerre du Vietnam, la fracture sociale.
Il sait, dit-il, qu’il va devoir se remettre à peindre pour apaiser ce désir « for the clear and sharper enigma of solid forms ».
Ses peintures se peuplent soudain de villes inquiétantes, dans lesquelles patrouillent des membres du Ku Klux Klan.
Ce choix figuratif, rappelle Guston, est alors vécu par beaucoup de ses amis comme une trahison. « J’ai été excommunié pour ça », dit le peintre.
Son ami Morton Feldman fait partie de ses juges les plus impitoyables.
For Philip Guston, avec:
Alexandre Babel (CH) – percussion
Claire Chase (US) – flûtes
Anna D’Errico (IT) – piano et célesta
Sonia Kacem et Léonie Zelger (CH) – scénographie
Jonathan O’Hear (IR) – création lumière
Coproduction: Eklekto
Partenariat: Centre d’Art Contemporain Genève
Né en 1982, Andreas Fontana obtient une licence en Littérature comparée à l’Université de Genève, suite à quoi il s’installe à Buenos Aires où il poursuit une formation d’assistant réalisation. En 2010, il termine un Master en réalisation entre l’ECAL (Lausanne) et la HEAD (Genève). Son court-métrage Cotonov Vanished (2009) a reçu le prix First Steps au festival Visions du Réel à Nyon en 2010 et le prix du meilleur court-métrage au Festival dei Popoli, Florence, la même année. Son film, Pedro M, 1981, a été nominé au Prix du Cinéma Suisse 2016 dans la catégorie Meilleur court-métrage. En janvier 2016, il reçoit, avec Zahra Vargas, le Prix Upcoming Lab de Soleure pour le développement d’un projet de long-métrage documentaire, Nothingwood. En 2016, son projet Azor, avec Alina Film, est récompensé par la bourse SSA – premier long-métrage, actuellement en préparation.
Andreas travaille également comme assistant pour Jean-Stéphane Bron, Ingrid Wildi, David Maye ou encore Matthias Staub, ainsi que comme co-scénariste pour Zahra Vargas (La Fin d’Homère, 2015, présenté à Berlin et à Clermont-Ferrand) ou pour Maryam Goormaghtigh (Vol au Panthéon, 2011).
Depuis 2017, il enseigne à l’Ecole de Photographie de Vevey en Formation supérieure.
L’Ensemble Vide est une plateforme interdisciplinaire de recherche et de création – musique, image, performance. Il crée et produit des performances, installations et conférences. Il propose une réflexion sur la musique aujourd’hui et entend soutenir les projets d’œuvres nouvelles. Soucieux de favoriser une approche curieuse et ouverte à la culture musicale contemporaine, l’Ensemble Vide met en place un espace théorique et pratique, de pensée et de réalisation.
Fondée conjointement par des musiciens, compositeurs, metteurs en scène, plasticiens et scientifiques, la plateforme est un lieu d’expérimentation pour une lecture et une écoute de notre monde. Cet engagement entend rendre possible des rencontres et des confrontations.
L’Ensemble Vide travaille et questionne le contenu et la forme de chaque projet en fonction de son lieu de diffusion: espaces industriels ou publics, théâtres, écoles ou centres d’art. Il propose des scénographies originales et des dispositions du public réinventées.
Il s’agit de musique contemporaine, de musique expérimentale et de recherche. Il s’agit aussi d’installations sonores, de textes, de lectures, de chorégraphies, de musiques traditionnelles classiques ou anciennes. La forme d’un projet est réfléchie et construite à partir des éléments choisis. Elle cherche à dégager un tissu de relations et interroge les liens qui peuvent se créer avec les spectatrices et spectateurs. La direction artistique est confiée à Denis Schuler.