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Lorsqu’on se demande quelle peut bien être la volonté de Dieu sur soi, que l’on cherche à comprendre ce que le Seigneur attend de nous, quel est le meilleur choix à faire, la morale légaliste du permis et défendu ne suffit plus. Saint Thomas d’Aquin enseigne que la loi nouvelle consiste d’abord dans la grâce du Saint-Esprit donnée aux fidèles du Christ. Comme la loi ancienne a été écrite sur les tables de pierre, la loi nouvelle est écrite dans le cœur des fidèles. La loi ancienne agissait de l’extérieur en menaçant du châtiment; sa force et son efficacité lui venaient de la crainte. La loi nouvelle, au contraire, agit de l’intérieur, tel un poids d’amour qui entraîne aux bonnes œuvres.
«L'homme libre est celui qui s'appartient à lui-même; l'esclave, lui, appartient à son maître. Ainsi quiconque agit spontanément, agit librement. Celui-là donc qui évite le mal, non parce que c'est un mal, mais en raison d'un précepte du Seigneur, n'est pas libre. En revanche, celui qui évite le mal parce que c'est un mal, celui-là est libre. Or c'est là ce qu'opère le Saint Esprit qui perfectionne intérieurement notre esprit en lui communiquant un dynamisme nouveau, si bien qu'il s'abstient du mal par amour, comme si la loi divine le lui commandait; et de la sorte il est libre, non qu'il ne soit pas soumis à la loi divine, mais parce que son dynamisme intérieur le porte à faire ce que prescrit la loi divine».
Thomas D'Aquin, Comm. 2 Co 3, 17.
Dès lors, une question se pose. Dans le fond de notre cœur résonnent de nombreuses voix. Elles sont le fruit de toutes les superstructures qui, dès notre naissance, nous ont conditionnés. Le milieu familial et social, l’éducation reçue, la religion et ses impératifs moraux, les expériences personnelles influencent nos choix. Dès lors, comment reconnaître dans tout ce brouhaha intérieur la voix du Seigneur? Le discernement est précisément l’art de découvrir la volonté de Dieu sur soi en interrogeant les mouvements intérieurs -les affects- qui agitent le fond de notre cœur. Ces mouvements, leur diversité, le sens dans lequel ils nous poussent, nous renseignent de manière plus fiable que les idées. Les idées sont souvent le fruit de notre environnement et viennent de l’extérieur, tandis que les affects sont bien le produit de notre propre terre. Saint Pierre Favre, le meilleur interprète des Exercices selon saint Ignace, l’exprime bien. Commentant la retraite qu’il donnait à Pierre Canisius, il écrit dans son journal spirituel: «Un autre jour, après avoir rendu visite à maître Pierre de Gueldre qui faisait sa retraite selon les Exercices, je vis plus clairement que jamais, à certains signes d’une grande évidence, à quel point il était important pour le discernement des esprits de voir si nous étions attentifs à des idées et à des réflexions ou bien à l’esprit même, qui se montre à travers des désirs, des motions, de l’ardeur ou de l’abattement, de la tranquillité ou de l’inquiétude, de la joie ou de la tristesse, et d’autres mouvements spirituels analogues. Car c’est d’après ces motions, bien plus facilement que d’après les pensées mêmes, que l’on peut porter un jugement sur l’âme et sur ses hôtes.» (2)
Une expérience fondatrice
Tout a commencé par une expérience d’Ignace de Loyola. Au cours de sa convalescence, lisant la vie des saints et une vie du Christ, il s’enthousiasmait pour les performances de ses héros, songeant même à les imiter. Ces sentiments le dynamisaient et le remplissaient de bonheur, non seulement au moment de sa lecture, mais, par la suite, une fois le livre refermé, ils se sentaient encore heureux, plein d’élan et de générosité. Par contre, lorsqu’il pensait à sa vie d’autrefois à la cour, à son habileté à manier les armes, à ses conquêtes féminines surtout, il éprouvait bien du plaisir sur le moment, mais, par la suite, ces souvenirs le laissaient sec et mécontent. Réfléchissant à ces alternances de sentiments, Ignace en conclut qu’il pouvait être habité par des esprits antagonistes. Les uns le dynamisaient, l’ouvraient et stimulaient en lui la vie, les autres le repliaient sur lui-même et éteignaient en lui l’élan vital. Deux états d’âme qu’il tente de mieux identifier. Sans s’attarder à en donner une définition théorique, il se contente de leur donner un nom et de les décrire:
«J’appelle consolation quand se produit dans l’âme quelque motion intérieure par laquelle l’âme en vient à s’enflammer dans l’amour de son Créateur et Seigneur; et quand ensuite elle ne peut plus aimer aucune des choses créées sur la face de la terre pour elle-même, mais seulement dans le Créateur de toutes ces choses. De même, quand elle verse des larmes qui la portent à l’amour de son Seigneur, soit à cause de la douleur ressentie pour ses péchés ou pour la Passion du Christ notre Seigneur, soit pour d’autres choses droitement ordonnées à son service et à sa louange. En définitive, j’appelle consolation tout accroissement d’espérance, de foi et de charité, et toute allégresse intérieure qui appelle et attire aux choses célestes et au salut propre de l’âme, l’apaisant et la pacifiant en son Créateur et Seigneur.» (Exercices, n° 316.)
La vie va de l’avant, la personne est entraînée par l’élan vital: elle est ouverte, positive, capable de relations avec Dieu et avec le prochain, elle se trouve à l’aise et en paix intérieurement, heureuse de vivre. Elle se sent à sa place, ce qui ne l’empêche pas d’essuyer des échecs et des peines, mais qui ne remettent pas en cause ses options fondamentales.
«J’appelle désolation tout le contraire, comme, par exemple, obscurité de l’âme, trouble intérieur, motion vers les choses basses et terrestres, absence de paix venant de diverses agitations et tentations qui poussent à un manque de confiance; sans espérance, sans amour, l’âme se trouvant toute paresseuse, tiède, triste et comme séparée de son Créateur et Seigneur. Car de même que la consolation est à l’opposé de la désolation, de même les pensées qui proviennent de la consolation sont à l’opposé des pensées qui proviennent de la désolation.» (Exercices, n° 317).
La vie stagne comme coupée de sa source, sans élan, sans vraie joie, sans autre bonheur que celui des compensations matérielles recherchées.
Deux critères essentiels
C’est en prêtant attention à ces deux mouvements -Ignace parle de «motions»- antagonistes, la consolation et la désolation, qu’Ignace va peu-à-peu comprendre par où Dieu veut le conduire. Convaincu que l’homme peut faire l’expérience de Dieu dans l’immédiateté, sans intermédiaire, il comprend que le créateur se manifeste toujours dans le sens de sa création; il est présent et agissant dans le jaillissement de la vie et sa croissance (Cf., Sg 1,13-14; 11,24-26). La volonté de Dieu ne se trouve pas inscrite quelque part dans les nuages, mais en lui-même, de la manière la plus concrète (3). Son bon chemin sera celui qui lui permet d’exister plus pleinement, un chemin marqué par la croissance dans la joie, l’amour, la liberté et la paix intérieure. Par contre, la stérilité, la stagnation, la mort sont les signes de l’esprit du mal qui referme l’homme en lui-même. Une remarque de Bergson illustre bien ce qu’Ignace a découvert:
«La nature nous avertit par un signe précis que notre destination est atteinte. Ce signe est la joie. Je dis la joie, je ne dis pas le plaisir... La joie annonce toujours que la vie a réussi, qu'elle a gagné du terrain, qu'elle a remporté une victoire: toute grande joie a un accent triomphal... Partout où il y a joie, il y a création: plus riche est la création, plus profonde est la joie... Celui qui est sûr, absolument sûr, d'avoir produit une œuvre viable et durable, celui-là n'a plus que faire de l'éloge et se sent au-dessus de la gloire, parce qu'il est créateur, parce qu'il le sait et parce que la joie qu'il en éprouve est une joie divine». (4)
Les divers indices de la consolation ou de la désolation ne sont pas à prendre ponctuellement; il ne s’agit pas de se laisser impressionner par des accès d’euphorie ou de cafard. Du moment que l’homme est une histoire et qu’il ne se réalise pas dans l’instant, il faut les examiner dans leur dynamisme, c'est-à-dire dans un ensemble et sur la durée, confrontant le début (les motivations), le milieu (les moyens mis en œuvre) et la fin (l’aboutissement) du chemin parcouru.
Deux tactiques et leurs parades
Analysant le jeu de la consolation et de la désolation, Ignace en tire une règle fondamentale, un «principe de sympathie»: le bon esprit comme le mauvais agissent toujours de manière proportionnée au terrain (Exercices, n° 335). En bons tacticiens, ils s’adaptent à ce que vit la personne. Si sa vie se développe selon une trajectoire ascendante, et que cette personne progresse dans le bien, Dieu la touchera doucement, sans brusquerie, «comme une goutte d’eau qui pénètre dans une éponge». Il la rassurera tout en l’invitant à avancer. Par contre, l’ennemi se manifestera avec violence et avec agitation, tentant de la freiner et de la faire revenir en arrière. Au contraire, dans une personne en phase régressive, qui se relâche et va de mal en pire, Dieu et l’ennemi agiront en sens contraire: le bon esprit la secouera (remords, mal être, morosité, etc.) et le mauvais la rassurera avec de fausses raisons.
En homme pratique, Ignace se demande aussitôt comment se comporter au temps de la désolation (Exercices, n° 318). Une chose est certaine, il ne faut rien changer de ce qui avait été clairement vu et décidé auparavant, au moment de la consolation, lorsqu’on se trouvait sous l’influence du bon esprit, comme le navigateur qui ne change pas de cap lorsqu’il entre dans le brouillard. Dans les moments d’épreuves, la patience est décisive. Il s’agit de resituer l’instant présent dans sa dynamique historique, sans l’isoler dans l’immédiateté d’un événement désespérant (Exercices, n° 321). Il est tout de même souvent profitable de renforcer sa vie spirituelle, d’insister dans la prière, l’ascèse et la maîtrise de soi, avec la conviction qu’on a en soi-même la force et les ressources pour faire face à la situation (Exercices, n° 319-320). Saint Pierre Favre le remarque avec finesse. Dans un moment de découragement face à la situation de l’Église en Allemagne, il note: «Je m’aperçus qu’il ne fallait en aucun cas donner son assentiment aux paroles de l’esprit pour qui rien n’est jamais possible et qui allègue toujours des difficultés, mais plutôt aux paroles et aux impressions de celui qui découvre des possibilités et qui encourage.» (5)
Si la consolation est un signe positif, le message de la désolation est parfois plus difficile à déchiffrer. D’où vient-elle? Qu’est-ce qu’elle peut bien me dire? S’interrogeant sur les causes de la désolation, Ignace en mentionne trois. La première relève de la responsabilité de la personne elle-même, les deux autres sont à chercher en Dieu. La désolation peut être le signe d’une lassitude due à un relâchement de la part de la personne qui, peu à peu, s’est éloignée du Seigneur. Négligeant sa vie spirituelle, sa relation à Dieu, elle a perdu de vue le sens profond de sa vie et s’est engagée sur un chemin de tiédeur et de paresse. C’est pourquoi la consolation de Dieu, la joie de sa présence et la paix qu’elle apporte se sont éloignées d’elle. Le remède est évident: il suffit de reprendre la route en revenant à ses bonnes résolutions. Mais si cette personne n’a rien à se reprocher, qu’elle n’a conscience d’aucune négligence de sa part, il se peut que Dieu permette cette désolation pour la mettre à l’épreuve et vérifier la sincérité de son amour: aime-t-elle vraiment Dieu ou les consolations de Dieu? Il faut voir dans cette désolation une purification de la foi et de l’amour. Enfin, Dieu peut aussi permettre la désolation pour donner une leçon: que la personne comprenne que tout est grâce et que rien de ce qui est Dieu ne lui est dû.
Un discernement plus subtil
À mesure que la vie spirituelle progresse, les embûches et les tentations deviennent plus subtiles. Le fait qu’une décision est généreuse ou pieuse, ne signifie pas nécessairement qu’elle est inspirée par Dieu, et encore moins si elle est le fruit d’une décision purement volontariste.
L’ennemi peut se transformer en ange de lumière et tenter sous apparence de bien. Parce qu’il est «père du mensonge» (Jn 8,44), il agit surtout sur l’imaginaire, suscitant de fausses consolations, suggérant des bonnes pensées pour entrainer peu à peu la personne dans ses filets. La personne se trouve piégée par ses points forts. Au cœur même de sa démarche pleine de bonnes intentions surgissent de manière insidieuse certaines perversités prises pour de la vertu. Le désir de servir peut cacher le besoin de se faire valoir ou le goût du pouvoir; le combat en faveur de l’orthodoxie peut être l’alibi d’un esprit étroit et intolérant; l’attachement à la tradition pour justifier une dissidence; le vœu de chasteté peut cacher un refoulement; l’option de la vie contemplative pour fuir le monde et ses responsabilités; etc.
Débusquer les tromperies de l’ennemi est une entreprise délicate. Le discernement devient d’autant plus subtil, qu’il ne s’agit plus de choisir entre le bien et le mal, mais d’envisager deux projets bons en soi, et de se demander lequel est le meilleur pour moi. La personne ne se trouve pas devant un carrefour très évident mais face à un aiguillage extrêmement fin, où le mouvement du bon esprit semble coïncider avec celui du mauvais. Le choix d’une alternative ne doit pas se faire en fonction de sa valeur -les deux sont bonnes- mais pour le progrès spirituel qu’elle peut apporter. Qui dit progrès dit nécessairement succession dans le temps. Il faut alors se souvenir d’un principe de base tiré de l’Évangile: c’est à ses fruits que l’on reconnaît un arbre (Mt 7,20). Qui veut vérifier s’il se trouve sous la mouvance d’un bon ou d’un mauvais esprit devra donc examiner le déroulement de ses pensées et saisir ses dispositions dans leur dynamique, en prêtant attention à tout ce qu’elles mettent en route en lui et à l’aboutissement vers lequel elle l’entraîne.
Le cœur et la raison
6) car la volonté divine ne se manifeste pas seulement par la lumière de l’intelligence, mais aussi à travers l’obscur élan vital qui influence nos décisions. Comme les sentiments peuvent tromper et être influencés par l’ennemi, il faut tout de même recourir aux lumières de l’intelligence.Qui se met à soupeser le «meilleur» et le «moins bon», ne tardera pas à s’embrouiller dans des subtilités qui le laisseront perplexe, et dont il aura bien des difficultés à se dégager. Un état qui permet à l’esprit mauvais de proposer ses tentations: raisons apparentes, subtilités, scrupules, etc. Pour sortir de cette impasse, Ignace propose un double critère qui doit me permettre de sentir et de reconnaître l’ennemi. Il s’agit d’interroger le cœur (critère affectif) et la raison (critère intellectuel) (
Comment savoir si ce qui se propose est moins bon? Ignace propose de commencer à chercher la solution du côté de l’affectivité, par une saisie globale de l’élan vital à travers ce qui est ressenti. Il recourt au critère affectif: il ne s’agit pas tant de scruter ses propres pensées, mais de saisir le retentissement qu’elles provoquent intérieurement. Si une personne qui va de l’avant sur le chemin de Dieu, constate un affaiblissement, du trouble, de l’inquiétude qui enlèvent la paix, la tranquillité et la sérénité dont elle jouissait auparavant, elle est bien obligée de prendre acte d’un certain décalage entre ce qu’elle vit actuellement et son passé immédiat. Signe que le choix n’est pas bon. Du coup, elle est invitée à réfléchir -ici la raison entre en jeu- et à réexaminer objectivement la situation, à vérifier si les motivations, les moyens employés et l’aboutissement sont bons, c’est-à-dire orientés vers le bien, constructifs et positifs. Si tel est bien le cas, elle peut conclure que la motion a bien des chances de procéder du bon esprit. Par contre, si elle la détourne du bien et aboutit à quelque chose de mauvais, ou simplement de moins bon que ce qu’elle s’était d’abord proposé, c’est un indice qu’elle vient de l’ennemi de son progrès et de son salut.
Un cas discuté
Lorsque aucun sentiment, aucune émotion, aucune expérience préalable semble précéder et justifier la consolation, Ignace parle de «consolation sans cause précédente». Il y voit le doigt de Dieu, car Dieu seul peut «entrer, sortir et produire dans l’âme un mouvement qui l’amène tout entière à l’amour de sa divine Majesté» (7). Même dans ce cas, il s’agit de faire preuve de discernement. Il faut distinguer attentivement le moment de la rencontre avec Dieu du moment où la personne, encore sous le coup de l’expérience vécue, l’interprète et lui donne un sens. La rencontre avec le Seigneur peut bien être authentique, la mise en pratique par la personne peut être viciée et gauchie par des projets ou des vues très subjectives. D’où la nécessité de ne pas lui accorder crédit trop tôt et de la soumettre à un examen attentif.
Certains spécialistes de la psychologie des profondeurs mettent en doute l’existence d’une consolation sans cause précédente. Si la majorité des commentateurs des Exercices excluent une quelconque influence de l’inconscient sous prétexte que les règles proposées par Ignace ne concernent que la dimension religieuse de l’expérience mystique, d’autres pensent que l’inconscient agit également dans ce genre de consolation du moment que l’expérience de Dieu est nécessairement médiatisée par le dynamisme psychique constitutif de la personne. Ignace de Loyola n’avait pas connu Freud et ignorait tout de la psychologie des profondeurs.
En guise de conclusion
Le discernement n’est pas une science exacte, ni une théologie, mais un art délicat. Il s’agit d’une activité spirituelle et pas d’une manière commode de s’affranchir du joug du légalisme qui a empoisonné la vie de nombreux fidèles et dont l’Église subit aujourd’hui encore les conséquences. Le débat autour de l’exhortation apostolique Amoris Lætitia en est un bon exemple.
Ignace propose ses règles de discernement dans le cadre des Exercices, c'est-à-dire qu’il s’adresse à des personnes qui veulent suivre le Christ et qui s’efforcent sincèrement de mettre de l’ordre dans leur vie. La pratique du discernement se vit dans la mouvance d’une vie qui cherche sincèrement à s’aligner sur celle du Christ. Elle suppose un climat de prière, la lecture assidue de l’Évangile et sa méditation. Elle requiert également le dialogue avec un(e) accompagnant(e), qui, sans s’interposer entre Dieu et la personne pour lui dire ce qu’elle doit faire, la renvoie à elle-même et l’aide à rester objective dans sa recherche.
1. La Civiltà Cattolica, n°4024, 17feb/3mars 2018, p. 318.
2. Bienheureux Pierre Favre, Mémorial, Paris, Desclée de Brouwer 2006, Coll. Christus 4, n° 300, 460 p.
3. Dans ce but il élabore des «Règles pour sentir et reconnaître en quelque manière les diverses motions qui se produisent dans l’âme, les bonnes pour les recevoir et les mauvaises pour les rejeter.» Cf. Exercices, n° 313.
4. Bergson, L'énergie spirituelle, pp. 24-25 in Ch. Du Bos, Qu'est-ce que la littérature, Lausanne, L'Âge d'Homme 1989, pp. 14-15.
5. Bienheureux Pierre Favre, Op. cit., n° 254.
6. Cf. Fessard, La Dialectique des Exercices, I, pp. 265-283.
7. Id., n° 330. Certains spécialistes de la psychologie des profondeurs mettent en doute l’existence d’une consolation sans cause précédente et estiment que l’inconscient agit également dans la consolation sans cause préalable, du moment que pour eux l’expérience de Dieu est nécessairement médiatisée par le dynamisme psychique constitutif de la personne (W. Meissner, Ignace de Loyola, La psychologie d’un saint, Bruxelles, Lessius 2001).