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Figure légendaire du cyclisme suisse, Hugo Koblet reste dans les mémoires de ceux qui étaient jeunes au milieu du siècle dernier. Sa destinée peut toutefois intéresser un public qui ne l’a pas connu.
Jusqu’alors, aucun-e cinéaste n’avait songé à retracer la brève et tumultueuse existence de Hugo Koblet, le plus grand champion cycliste suisse. Le Grison Daniel von Aarburg, très soucieux d’authenticité, a combiné avec brio des images d’archives, en particulier des reportages sur des courses, des interviews de plusieurs personnes qui avaient côtoyé le talentueux rouleur, ainsi que des séquences fictionnelles tournées à la manière des films d’époque. Dans celles-ci, Manuel Löwensberg, fils de l’ancien conseiller fédéral Moritz Leuenberger, interprète excellemment le télégénique as du vélo, soucieux de sa mine et de sa mise, y compris après l’effort.
Hugo Koblet (né en 1925, tôt orphelin de père, sa mère ayant repris la boulangerie familiale) trusta d’abord les titres nationaux en poursuite sur piste avant de s’attaquer aux compétitions routières. En 1950, à la surprise générale, il devint le premier étranger à remporter le Giro d’Italia. Quatorze mois plus tard, néophyte sur le Tour de France, il pénétra au Parc des Princes, revêtu de jaune, reléguant son dauphin, Raphaël Géminiani, à vingt-deux minutes. Subjugué par son style élégant, souple et harmonieux, le chansonnier Jacques Grello l’affubla de la flatteuse étiquette de «pédaleur de charme». Au printemps 1952, durant le Tour de Suisse, pour combattre la fièvre provoquée par une infection rénale et satisfaire aux exigences de Carl Senn (Hanspeter Müller-Drossaart), le peu scrupuleux président de la fédération, il accepta que le docteur Gossweiler (Daniel Frei) lui administrât une piqûre de «vitamines», en réalité des amphétamines à hautes doses.
Victime du dopage non sollicité, le chéri de ces dames ne retrouva jamais plus son aisance, ce qui ne l’empêcha pas d’étoffer son palmarès. Mais il ne triompha plus dans une épreuve de trois semaines. Après sa retraite sportive, cet homme généreux, incapable de dire non à quiconque, vécut au-dessus de ses moyens. Sonja Bühl (Sarah Bühlmann), la top-modèle qu’il avait épousée en novembre 1954, demanda le divorce, dix ans après leurs noces en grandes pompes. Le 2 novembre 1964, sur une route entre Zurich et Esslingen, au volant de son Alfa Romeo blanche, «le faucon blond» criblé de dettes percuta un poirier. La thèse du suicide paraît plausible. Quatre jours plus tard, il décéda à l’hôpital d’Uster. Il avait 39 ans.
La projection, le 22 janvier, dans le cadre des 46es Journées soleuroises, de ce long métrage sur l’ascension fulgurante et la déchéance d’une idole, a priori bénie des dieux, fut saluée par une salve d’applaudissements.
(Réd.: A noter la reconstitution soignée, le choix de comédiens assez ressemblants à leurs modèles, le sourire de Waltraut Haas, populaire actrice et chanteuse autrichienne qui fut la première fiancée de Koblet, la magnifique présence d’un Ferdy Kübler crevant l’écran à plus de 90 ans.)
Ancien membre
|Nom||Notes|
|Ancien membre||16|
|Georges Blanc||13|
|Daniel Grivel||14|
|Geneviève Praplan||15|
|Anne-Béatrice Schwab||14|