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Leur rapport de 306 pages intitulé "Etude économique prospective de la filière électrique nucléaire" vient de paraître; il fournit les données techniques, économiques et environnementales en vue de la discussion publique projetée sur ce sujet en France. Sans vouloir anticiper sur les résultats de cette discussion, les auteurs parviennent à deux conclusions: les centrales nucléaires conserveront leur avantage de coût par rapport à l'alternative la plus économique qui arrive juste après elles, à savoir les centrales au gaz, si elles ne sont pas arrêtées prématurément, et l'énergie nucléaire restera aussi l'option la meilleur marché pendant toute la période considérée pour ce qui est de l'installation de capacités supplémentaires de production, à moins que les prix du gaz ne restent constants.
Le premier chapitre du raport donne des estimations de coûts pour le parc nucléaire existant. On constate sans grande surprise que les centrales nucléaires fournissent une électricité nettement plus avantageuse lorsqu'elles sont exploitées pendant 45 ans au lieu de 41 seulement. Selon les estimations du rapport, les différences dans le bilan des coûts entre un cycle du combustible fermé avec retraitement et un cycle ouvert avec stockage final direct sont assez faibles. Le deuxième chapitre tire un bilan mondial des aspects écologiques de l'option nucléaire par rapport aux options fossiles. Dans le troisième chapitre, les auteurs présentent les potentiels techniques de développement des économies d'énergie et des énergies fossiles, ainsi que des solutions nucléaires. Le quatrième chapitre compare six scénarios avec des progressions des besoins plus ou moins élevées et des interventions de l'Etat plus ou moins marquées. Ces scénarios constituent la base des comparaisons de coûts effectuées dans le cinquième chapitre, qui procède en plus à des hypothèses sur l'évolution du prix du gaz: selon ces hypothèses, soit le prix du gaz restera fixe pendant toute la période des 50 ans analysée, soit il augmentera de 50% d'ici 2020 et de 88% d'ici 2050. On constate alors que c'est seulement en cas de prix constant du gaz que les centrales au gaz modernes pourront être économiquement plus intéressantes pour le remplacement des centrales nucléaires après 2020.
Source
P.B./C.P. d'après NucNet du 31 juillet 2000