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Le premier convoi d'évacuation s'est ébranlé peu après 07h00 locales (15h00 suisses).
KEYSTONE/AP The Canadian Press/JASON FRANSON(sda-ats)
De nombreux incendies étaient toujours hors de contrôle vendredi à Fort McMurray au Canada. La priorité était de sécuriser un couloir d'extraction pour des milliers d'automobilistes coincés, en leur faisant traverser leur ville dévastée.
Pour des milliers de personnes parties lundi vers le nord quand les flammes empêchaient toute sortie vers le sud, le voyage est à haut risque. Vendredi, la traversée de Fort McMurray par l'autoroute 63 se faisait par groupes de 50 véhicules, précédés d'une voiture de police.
Le premier convoi a pris le départ peu après 07H00 locales (15H00 suisses), tandis que des centaines de véhicules attendaient encore leur tour sur plusieurs kilomètres. L'opération devait durer des heures. Trois hélicoptères de l'armée survolaient l'autoroute pour donner l'alerte si des flammes se rapprochaient trop des convois ou coupaient l'autoroute, comme lors des trois derniers jours.
Ces convois routiers font partie de la deuxième phase de l'opération de sauvetage des 25'000 personnes, coincées dans des bases de vie des compagnies pétrolières au nord de Fort McMurray. Des sites sans échappatoire et menacés d'être prises au piège par les feux de forêts.
Stations d'essence mobiles
Un pont aérien, opéré avec des avions et hélicoptères de l'armée et de compagnies pétrolières, a permis jeudi d'évacuer environ 8000 personnes de ces énormes bases de vie où le ravitaillement était devenu impossible.
Avant de mettre en branle cet énorme convoi routier, le gouvernement provincial a dû déployer une logistique importante pour sécuriser la traversée de Fort McMurray et permettre aux automobilistes de trouver de l'essence sur les 400 km pour arriver jusqu'à Edmonton, la capitale de l'Alberta, où des centres d'accueil ont été ouverts. Le vaste centre des expositions a par exemple été aménagé.
Il a d'abord fallu acheminer au nord des camions-citernes sous bonne escorte, car les évacués étaient bien souvent à court de carburant. Vendredi à l'aube, "une nouvelle station à essence mobile a été installée à environ 30 km au nord de Fort McMurray sur l'autoroute 63 pour l'évacuation du convoi au sud", a annoncé le gouvernement provincial.
Trois autres stations mobiles ont été disposées le long de l'autoroute 63 sur 200 km, où de nombreux véhicules ont été abandonnés sur les bas-côtés depuis deux jours comme autour de Wandering River. "C'est le bazar", a témoigné Justin qui venait de sortir de Fort McMurray à bord de son pickup avec le premier groupe de 50 véhicules en décrivant des paysages dévastés par les feux.
Pas d'espoir d'amélioration rapide
Ce déplacement des milliers de personnes est aussi justifié, selon les autorités, par une situation toujours incontrôlée et sans espoir véritable d'amélioration dans les prochains jours et ni pour les habitants de revenir chez eux avant longtemps.
La Première ministre de l'Alberta Rachel Notley a douché jeudi soir les espoirs des populations évacuées. "Malheureusement, nous savons que ce ne sera pas une question de jours" et ce ne serait "simplement pas possible, ni responsable de spéculer sur le moment où les habitants pourraient rentrer", a-t-elle déclaré.
Seule la pluie
L'inspecteur Garett Woolsey, de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) à Fort McMurray, a estimé sur la chaîne CBC que cela "prendrait probablement plusieurs semaines avant que la situation se stabilise".
Sur le front des incendies, la situation restait critique. Les flammes ont ravagé 20'000 hectares de plus, pour un total désormais d'environ 100'000 hectares, selon les services d'urgence de l'Alberta. Selon eux, seule la pluie peut arrêter la progression des feux.
ATS