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Celles et ceux qui ont visité Venise entre avril et décembre de l’année dernière et qui ont pris un bateau-taxi pour descendre le Grand Canal en direction de la place Saint-Marc auront peut-être été surpris par la sculpture monumentale qui se trouvait au niveau du Palazzo Grassi. Installée sur un bloc de pierre posé dans l’eau, elle montrait un cheval et son cavalier enlacés par un serpent marinmonstrueux.
L’auteur de cette sculpture, qui semble sortie de la mythologie antique, est Damien Hirst, enfant terrible du monde de l’art. Hirst est devenu riche et célèbre au début du millénaire, lorsque Charles Saatchi a découvert la génération des Young British Artists, à laquelle Hirst appartient. Et ce qui intéressait Saatchi a fini par également intéresser les autres collectionneurs d’art et les spéculateurs. A la fin, les œuvres de Hirst étaient achetées avant même d’être terminées.
Hirst a réinvesti sa fortune dans des œuvres de plus en plus onéreuses dont le coût des matériaux faisait à lui seul la une des journaux. Par exemple dans le Veau d'or, inspiré de la Bible, qui est un veau macéré dans du formol auquel il a auparavant doré les cornes et les sabots. L’œuvre fait partie d’une série d’œuvres que l’artiste a vendues aux enchères sans les exposer au préalable - jusqu’alors un tabou.
C’est en s’appuyant à nouveau sur la provocation et la décadence que Hirst a préparé l’année dernière son événement artistique à Venise, grâce auquel il s’est retrouvé catapulté sous les feux de la rampe après une absence de près de dix ans. Hirst a ainsi rempli deux musées d’objets en marbre, or, bronze, cristal, jade et malachite. Il voulait faire croire aux visiteurs qu’il s’agissait d’artefacts du deuxième siècle trouvés dans la mer au large de l’Afrique de l’Est.
Sa nouvelle exposition, intitulée Treasures From The Wreck Of The Unbelievable, a coûté 65 millions de dollars à Hirst – un record absolu pour une exposition individuelle. Et comme si ce n’était pas assez extravagant, il a fait produire un mocumentaire comme suite de l’exposition, diffusé sur Netflixdepuis janvier. PS : Selon l’artiste, les revenus de l’exposition se sont élevés à 330 millions de dollars.