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Une histoire de l'informatique en Suisse
Chapitre 3 - Les Logidules, les Microdules et le NovaSim
En 1974, tout le monde à l'EPFL était convaincu que les Logidules, développés par JDN depuis 1968, étaient une aide pédagogique fantastique. Un ensemble de Logidules a été construit pour le laboratoire des étudiants en 1974.
Ces Logidules étaient à disposition des étudiants dans une boîte et permettant de réaliser l'ensemble des expériences associées aux travaux pratiques du cours de "Calculatrices". Une boîte similaire, incluant principalement des portes logiques, était utilisée par le cours de Systèmes Logiques.
Les avantages majeurs des Logidules, comparés aux plaques d'expérimentation "Augat", étaient que l'alimentation électrique se connectait automatiquement, ainsi que la plupart de entrées-sorties parallèles. Les étudiants ne devaient placer des fils qu'aux endroits où il était nécessaire de réfléchir à la fonction de ces fils. Par exemple, si un compteur doit s'incrémenter et être verrouillé à un certain moment, seule l'horloge et le signal de verrouillage devaient être câblés. Le Logidule microprocesseur 8085 développé en 1980 a été utilisé pendant 20 ans : en deux heures, les étudiants pouvaient câbler leur système 8085, jouer le rôle de la mémoire, ajouter un 2708 et l'utiliser pour des transferts entrée/sortie.
L'idée d'enseigner les microprocesseurs avec les Logidules a été développée par Dominique Dutoit. Un jeu de blocs a été développé, connecté par le double câble plat du BusMu défini en mars 1974 pour cette application, et utilisé sur le PCS (voir Partie 2 - Le PCS chez Digital Maynard, 1974) et sur les Smakys 1 à 4.
Le bloc processeur 8080 était associé à une ROM et à une console permettant d'avancer dans le programme en mode pas à pas et fournissant un accès direct à la mémoire.
Une unité d'entrée/sortie rendait possible les transferts vers différents périphériques. Icoup (pour Interconnexion Universelle entre Périphériques) était un protocole de transfert (data/clock/strobe, 16 bits de données) très similaire au SPI proposé par Motorola des années plus tard.
Un principe assez complexe a été développé afin de pouvoir accéder de manière indirecte l'"énorme" (4 kilooctets) mémoire du Nova, comparée aux 256 octets du Microdule RAM. Les transferts série Icoup transféraient l'adresse et les données, un programme Nova fournissant les données requises.
L'idée des Microdules a été abandonnée car il s'est avéré que le jeu complet des blocs devait faire quelque chose d'utile. La fiabilité des Microdules était basse à cause des nombreux connecteurs de bus chaînés et, bien sûr, leur fabrication coûtait assez cher. Les Smakys, les Crocus et les Dauphins ont été développés en 1975-76 comme des outils plus efficaces pour comprendre la programmation et l'interfaçage des microprocesseurs.
Le prix bas du Nova (20 000 dollars) était une bénédiction pour faire de la recherche sur l'interfaçage et les périphériques. Nous avons développé de nombreux interfaces et périphériques pour nos cinq Novas. Notre écran "plat" Digivue laissait entrevoir des machines portables et conviviables.
Mais nous n'avions pas assez de Novas pour les étudiants. Le Novasim, un périphérique Nova 1200 émulant un mini-ordinateur Nova, a été développé en 1973 par René Sommer. Huit Novasim au plus pouvaient être contrôlés par un seul Nova avec 4 Ko de RAM, fournissant à huit étudiants la sensation d'avoir leur propre Nova (avec seulement 256 octets de mémoire). Le Nova faisait tourner un programme multiplexeur, attendant les requêtes des Novasim. Avec des transferts par bus Icoup, la vitesse était d'environ 1 ms par instruction, ce qui était suffisant pour les étudiants faisant du chargement commuté de leurs programmes et du débogage pas à pas.
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