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Le concept de démocratie technique a été popularisé en France notamment par des auteurs comme Callon, Lascoumes et Barthe (1).
L’introduction de techniques nouvelles a toujours suscité des réticences dès lors qu’elle avait des conséquences sociales élevées, comme par exemple une modification profonde dans les rapports de production, la disparition d’une profession, etc (2). Le XXème siècle a encore étendu le champ de la problématique en mettant en évidence les conséquences écologiques et sanitaires de certaines techniques dès lors qu’elles étaient largement diffusées. C’est le cas emblématique de la voiture à essence dont le développement a contribué massivement aux déséquilibres climatiques. D’où la recherche actuelle d’une sortie de la civilisation de la voiture.
La fin du vingtième siècle est marquée par une importance accrue de la prohibition de technologies non désirables : gaz CFC responsables du trou dans la couche d’ozone ; essence contenant du plomb, voitures sans pots catalytiques ; interdiction de l’amiante ; interdiction dans certains pays du clonage de l’être humain et règles bioéthiques. Autre exemple, celui de la régulation des ventes d’armes différentes aux États-Unis ou en Europe.
La plupart de ces régulations des techniques ont cependant eut lieu a posteriori, c’est-à-dire après que les effets négatifs ont été constatés. Les efforts actuels portent sur l’évaluation a priori afin de mettre en place des régulations susceptibles de prévenir les effets négatifs tant sociaux que environnementaux.
La démocratie technique vise donc à évaluer selon un modèle démocratique les intérêts et les inconvénients d’une technique avant que celle-ci ne soit généralisée, dans la perspective d’une régulation ex ante. Certains mouvements étendent la démocratie technique à la définition des priorités de recherche afin que celle-ci coïncident mieux avec la demande sociale.
(1) Agir dans un monde incertain. Essai sur la démocratie technique, Paris : Seuil 2001.
(2) Nicolas Chevassus-au-Louis dans son ouvrage les briseurs de machines a très bien illustré les motivations sociales d’un mouvement tel celui des Luddites.