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Cinéma Felicity Jones: «L'égalité des sexes, ça doit être maintenant!»
L'actrice est actuellement à l'affiche d'«Une femme d'exception». Un film retraçant l'histoire de Ruth Bader Ginsburg, jeune avocate qui se bat pour la parité homme-femme.
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C'est Felicity Jones, connue pour «Star Wars: Rogue Nation», qui a été choisie pour incarner cette femme méconnue en Europe mais qui, à aujourd'hui 85 ans, est vue comme la plus féministe des américaines. L'actrice de 35 ans a répondu aux questions de notre correspondant américain avant la sortie d' «Une femme d'exception» en Suisse romande.
Quelle a été votre préparation pour entrer dans la peau de Ruth Bader Ginsburg?
J'ai eu la chance de la rencontrer et d'avoir des discussions très intimes avec elle sur sa jeunesse, sa vie privée, ses luttes pour les causes féministes notamment. Elle a une telle force en elle que Ruth pourrait être un personnage de «Star Wars». Notre film retrace les jeunes années de celle que l'on surnomme «Notorious RGB» en Amérique pour sa détermination à aider les causes progressistes.
Dans «Une femme d'exception», Ruth forme avec son mari Marty un couple moderne où l'homme et la femme partage les responsabilités et le pouvoir. Quand est-il dans votre couple puisque vous êtes une jeune mariée?
J'ai le sentiment que j'ai une relation très similaire à celle de Ruth et Marty avec mon mari (ndlr: Elle a épousé le producteur et réalisateur Charles Guard le 30 juin dernier). Par exemple, je suis totalement nulle dans une cuisine (rires). Je suis loin d'être une bonne cuisinière alors que mon époux est un excellent chef! Charles et moi avons formé un duo très moderne, comme cela est de plus en plus le cas à mon avis. J'ai remarqué qu'autour de moi beaucoup d'amis partagent les corvées ménagères au sein de leur couple sans chercher à savoir si sortir les poubelles est une tâche masculine et repasser une tâche féminine. Tout le monde met la main à la pâte sans distinction de sexe.
Vos parents ont divorcé lorsque vous aviez 3 ans puis vous avez grandi avec votre mère et votre frère. Est-ce que votre maman a compensé l'absence du père en cumulant les deux rôles?
Non, j'ai eu la chance d'avoir un papa présent malgré leur séparation. Ma chance est d'avoir eu des parents qui m'ont poussé à étudier pour gagner mon indépendance financière. C'est capital de dire aux filles que la priorité absolue est d'être économiquement indépendante si l'on ne veut pas avoir à dépendre d'un homme. Maman ne m'a jamais demandé qui je comptais épouser pour construire une famille. Elle voulait que je puisse payer mes factures et rencontrer un homme par amour, pas par nécessité!
Quels sont vos relations avec votre frère?
Maman nous a transmis son amour des arts (ndlr: son père était un journaliste, sa mère publicitaire et son oncle, l'acteur Michael Hadley). J'ai grandi dans les années 90. Mon frère et moi allions au cinéma avec notre mère presque chaque semaine et le théâtre était à une heure de voiture de la maison. Sur le retour, nous parlions de nos impressions du film. Mon frère travaille comme monteur de documentaires.
Est-ce qu'incarner cette femme d'exception, Ruth a changé quelque chose dans votre vie privée?
J'étais déjà du genre à me battre pour défendre mes idées avant de tourner ce film (rires). Mon mari vous dirait que lorsque nous dînons à la maison avec des amis, je suis la première à engager la discussion sur des sujets d'actualité. Entrer dans la peau de cette grande juge américaine n'a fait que me réconforter dans mes idées féministes. L'égalité homme-femme, ça doit être maintenant!
De notre correspondant à Hollywood: Henry Arnaud (Le Matin)
Créé: 11.01.2019, 08h23