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En Romandie, dans certains cantons, les étrangers obtiennent le droit de vote sur le plan communal et cantonal après un certain temps (après cinque ou dix ans par exemple). L’argument principal qui justifie cette démarche est que cette population paie des impôts et a des devoirs, comme les autres membres de la communauté. Pourquoi devrait-on leur refuser le droit de participer aux décisions sur l’avenir de leur canton ou de leur commune ?
Cette situation pourrait être résumée par la célèbre formule «no taxation without representation» («pas de taxation sans représentation») qui date d’une révolte politique à Boston contre le Parlement britannique au 18ème siècle. L’objectif était de défendre le principe selon lequel un territoire non représenté au parlement ne peut pas être taxé. Il semble injuste de taxer les individus sans qu’ils aient leur mot à dire sur la façon dont leur argent est ensuite dépensé. Benjamin Franklin disait que seules deux choses sont certaines dans une vie : la mort et les impôts. En matière d’impôts, nous pouvons au moins avoir une certaine influence !
Alors qu’elle peut se justifier à l’échelon fédéral à cause de l’obligation de servir, cette discrimination n’a pas lieu d’être au niveau cantonal, car rien ne différencie un étranger d’un suisse en termes de «devoirs» cantonaux. De manière générale, il semble claire que toute personne qui veut s’engager pour la communauté avant même d’obtenir la nationalité montre une forte motivation pour l’intégration.
L’octroi de ces droits aux étrangers n’augmentera pas nécessairement le taux de participation. Mais cela permettra à un plus grand nombre de personnes d’exprimer leurs opinions et de se sentir impliquées dans la vie démocratique. Le but d’une démocratie est d’être vivante, d’intégrer le plus grand nombre de personnes possible au niveau local et donc d’être représentative. À cet égard, la Suisse romande est sans aucun doute en avance sur le reste de la Suisse. Plus pour longtemps ?