Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07215.jsonl.gz/581

Contenu externe
Le contenu suivant a été fourni par des partenaires externes. Nous ne pouvons ainsi pas garantir son accessibilité à tous les utilisateurs.
Les transports de plusieurs grandes villes brésiliennes ont été paralysés vendredi lors d'une grève générale. A Rio, les carcasses carbonisées d'au moins huit autobus publics jonchaient le centre-ville.
KEYSTONE/EPA EFE/ANTONIO LACERDA(sda-ats)
Le Brésil a vécu vendredi une journée de grève générale inédite en plus de vingt ans. Des heurts ont éclaté dans plusieurs grandes villes entre manifestants opposés aux mesures du président Michel Temer et forces de l'ordre. Des véhicules ont été incendiés.
Les syndicats avaient appelé à la grève générale pour protester contre la politique d'austérité du président Michel Temer. Ce dernier tente de faire adopter au Congrès une réforme visant à assouplir le droit du travail avec notamment un allongement de la durée des cotisations retraites.
Les transports de plusieurs grandes villes ont été paralysés. A Rio, les carcasses carbonisées d'au moins huit autobus publics jonchaient le centre-ville. La police a utilisé des gaz lacrymogènes et des balles de caoutchouc pour disperser des manifestants masqués. A Sao Paolo, les manifestants se sont dirigés vers la résidence présidentielle.
Mobilisation
Michel Temer et des membres de son gouvernement de centre-droit ont estimé que l'appel à la grève générale avait été un échec. Le ciblage des transports publics par les syndicats a empêché les Brésiliens de se rendre au travail, ont-ils estimé.
Les syndicats ont eux salué le succès de la mobilisation, dénombrant des millions de grévistes dans des secteurs clés (constructeurs automobiles, raffineries, écoles et banques) dans les 27 unités administratives du pays.
La dernière grève générale au Brésil remonte à 1996, les manifestants protestaient alors contre les privatisations et la réforme du droit du travail conduites par l'ex-président Fernando Henrique Cardoso.
Impact
Certains experts jugent cependant que la grève de vendredi n'aura pas d'impact immédiat sur les mesures, qui devraient passer au Congrès, où Michel Temer continue de disposer d'un soutien majoritaire. "Le travail en vue de la modernisation de la législation nationale va continuer", a d'ailleurs déjà affirmé le président qui était à Brasilia.
La grève a néanmoins eu un fort impact sur la production automobile à Sao Paolo, région qui concentre les constructeurs. General Motors, Ford, Toyota et Daimler ont cessé leur production, a-t-on appris de responsables, de représentants syndicaux et d'analystes. Fiat Chrysler, premier constructeur au Brésil, a dit maintenir des opérations normales.
Selon des responsables syndicaux, la plupart des employés de Petrobras ont fait grève. La direction a déclaré que la production n'avait pas été affectée.
Enquête
La cote du président Temer est en chute libre. Il a succédé à Dilma Rousseff, du Parti des travailleurs (PT, gauche), destituée en août dernier pour maquillage des comptes publics.
Près d'un tiers du gouvernement de Michel Temer et plusieurs de ses alliés au Congrès sont sous le coup d'enquêtes judiciaires déclenchées dans le sillage de la retentissante affaire de corruption "Lava Jato" ("Lavage express") autour de la compagnie pétrolière Petrobras.
ATS