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Le sport universitaire international au défi de l’autonomie (1919-1961)
Lidia Lesnykh bénéficie d’une Bourse d’excellence de la Confédération helvétique (2017-2021). Elle a obtenu un diplôme de Master d’Histoire des Mondialisations de l’Université Paris Nanterre (France) après avoir étudié l’Histoire au Collège universitaire français de Moscou. Lidia Lesnykh a aussi reçu un subside pour fin de thèse de la Société académique vaudoise et un soutien individuel à la recherche de la Fondation pour l’UNIL.
Cette thèse est une contribution à l’histoire des relations internationales, de la sortie de la Première Guerre mondiale à la construction du Mur de Berlin, sous un angle encore inexploré : celui de l’internationalisme sportif estudiantin. Il s’agit d’interroger les limites de l’autonomie des institutions successives et concurrentes qui ont été en charge du sport universitaire : la Confédération internationale des étudiants (CIE) inspirée de la Société des Nations, l’Union internationale des étudiants (UIE) d’obédience communiste, et la Fédération internationale du sport universitaire (FISU), organisation internationale sportive d’orientation pro-occidentale.
La confrontation entre de nombreuses archives étatiques, institutionnelles et privées permet d’analyser les enjeux de pouvoir pour le contrôle de cet espace culturel international, ainsi que les discours qui émanent d’acteurs extrêmement divers. La croyance en la capacité du sport à nouer des liens durables entre étudiants – qui constitueront les élites dirigeantes de leurs nations respectives – par-dessus des convictions politiques et des luttes idéologiques donne naissance à l’internationalisme sportif universitaire des années 1920 et 1950. Tout en étant un argument puissant dans la promotion des liens sportifs entre étudiants, la paix se trouvera au cœur de la propagande de régimes politiques et d’idéologies aussi différentes que les démocraties libérales des années 1920, le nazisme, le fascisme et le communisme soviétique.
La naissance de la FISU, en 1949, est le résultat d’une Guerre froide entre les deux Europe (sans les États-Unis, puisque les athlètes américains ne participent pas aux compétitions internationales étudiantes avant 1965). Cette histoire serait incomplète si elle ne prenait pas en compte les relations entre les organisations en charge du sport universitaire, le Comité international olympique et les fédérations internationales sportives. En effet, l’internationalisme sportif estudiantin affirme son originalité dès 1959 : en dépit de l’existence d’alliances rivales en son sein, la FISU maintient son rôle de noyau institutionnel pour le sport universitaire mondial.