Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07096.jsonl.gz/812

Critique
"Michael, officier dans l'armée danoise, a une brillante carrière militaire devant lui. Son épouse, Sarah, et ses deux filles sont sympathiques. Tout semble bien aller. Sauf peut-être son jeune frère Jannik, un peu marginal - il vient de sortir de prison - et avec qui il entretient des rapports conflictuels, comme avec son père.
Un jour, Michael doit partir en Afghanistan pour les Nations Unies. Lors d'une opération de sauvetage dans une région montagneuse, son hélicoptère est touché et explose. Porté disparu, présumé mort. Un service funèbre a lieu au Danemark. Sarah, un instant désemparée, trouve un certain réconfort auprès de Jannik qui se prend mieux en charge et tente de suppléer l'absence du chef de famille.
Premier rebondissement du scénario - il faut s'y plier! -, on découvre que Michael a survécu au crash: à peine blessé, il est aux mains des talibans, en compagnie d'un autre soldat danois. Deuxième surprise: ses geôliers vont le contraindre - sans qu'on sache pourquoi, mais c'est la condition exigée par les talibans s'il (Michael) veut survivre - à tuer son compagnon de détention à coups de barre de fer. Ce qu'il fait. Parce qu'il veut retrouver sa femme, semble-t-il. On passera sur d'autres surprises du scénario, qui n'en est pas avare.
Susanne Bier, que l'on avait vu mieux inspirée dans OPEN HEARTS (CF n. 456), escamote plusieurs scènes-clés (en particulier celles du retour de Michael dans sa famille) et ne s'attarde guère sur la psychologie des personnages qui manquent parfois de crédibilité. La cinéaste danoise a été adepte jadis des théories de ""Dogma"", une vieille utopie cinématographique imaginée par Lars Von Trier qui va dans le sens d'une très grande économie des moyens scéniques et de tous les artifices en général. Susanne Bier semble avoir opté ici pour un style fait de tensions simplificatrices et gratuitement amenées. Brassant trop de choses, BROTHERS est un film construit en coups de poings, qui passe d'un extrême à l'autre: l'amour côtoie la haine, le paradis se transforme en enfer. Les événements vécus par les protagonistes sont trop graves, trop traumatisants pour qu'on puisse admettre un tempo aussi bousculé. On en sort finalement assommé."
Antoine Rochat