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Une commission indépendante mise en place pour tirer des enseignements des attaques qui ont fait 77 morts en Norvège l'an dernier a sévèrement critiqué lundi le travail de la police. Elle juge que l'attentat à la bombe d'Oslo aurait pu être évité et Anders Behring Breivik arrêté plus tôt.
La police norvégienne avait été vivement critiquée pour sa lenteur le jour des attaques. Plus de trois heures se sont écoulées entre l'attentat d'Oslo et l'arrestation de Breivik sur Utoeya, alors que son nom était déjà connu des services de sécurité.
Dans son rapport de près de 500 pages, la commission de dix membres déplore notamment que la rue longeant le siège du gouvernement n'a pas été fermée au trafic, en raison de lenteurs bureaucratiques, alors que cela avait été préconisé dès 2004.
Moyens inadaptés
La commission a aussi déploré les dysfonctionnements de la police avant et pendant la tuerie d'Utoeya. Elle critique notamment le fait que la présence de Breivik et de son véhicule n'a pas été signalée assez vite, que les procédures n'ont pas toujours été respectées et elle signale des problèmes de communication, ainsi que des moyens inadaptés.
Pas moins de 35 minutes se sont écoulées entre l'arrivée d'une première patrouille de police sur la berge du lac et le moment où la force spéciale d'intervention a débarqué sur Utoeya.
Alors qu'ils auraient dû tout faire pour aller sur l'île conformément aux instructions en cas de fusillade, les deux premiers policiers du commissariat local sont restés sur la rive du lac, affirmant ne pas avoir trouvé d'embarcation pour les transporter.
Des dizaines de recommandations
C'est finalement la force d'élite Delta venue d'Oslo, à une quarantaine de kilomètres de l'île, qui a débarqué sur les lieux à 18h27 dans des conditions déplorables: surchargé, leur canot a chaviré, l'obligeant à emprunter deux bateaux de plaisance.
Selon la commission, si les procédures avaient été respectées, la police aurait pu être sur Utoeya à environ 18h15, soit 12 précieuses minutes plus tôt.
ATS