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L'exclusion de Pierre Maudet demandait une approbation de deux tiers des membres présents. Au final, le comité directeur du PLR genevois a voté l’exclusion du magistrat par 22 voix pour, 1 abstention et 1 opposition.
La décision a été prise après une heure et demie de discussions, a indiqué Bertrand Reich. Celui-ci a parlé d'un choix "clair et lourd" qui a été pris en lien avec les valeurs du parti. Dans le 12h30, Bertrand Reich s'est félicité de la participation importante à cette séance, malgré la période de l'année. Il a également relevé "la qualité des débats qui ont eu lieu" pour une "décision importante, lourde et même historique sur le plan politique".
Plutôt qu'à des démissions en cascade, Bertrand Reich a souligné avoir davantage reçu des remerciements. "Au cours des dernières semaines, et singulièrement la dernière semaine, j'ai surtout reçu des messages de personnes qui (...) ne pouvaient pas rester dans le même parti que Pierre Maudet", compte tenu de son renvoi en jugement. Il mentionne notamment des démissions, avec des commentaires parfois vifs, estimant que le parti ne pouvait pas prétendre à la moindre crédibilité "en gardant Pierre Maudet dans ses rangs".
>> Les précisions de Bertrand Reich dans le 12h30:
Recours possible
Pierre Maudet a maintenant la possibilité de s’opposer à cette exclusion du comité directeur en recourant auprès de l’assemblée générale du PLR. Il a trente jours pour le faire.
Son comité de soutien a, de son côté, indiqué dans la matinée qu'il allait demander l’invalidation de cette décision. Selon lui, il s'agit d'une "attaque frontale contre la branche radicale du PLR". Il estime que le Comité directeur n'avait pas la compétence de revenir sur la décision de l'assemblée générale de janvier 2019. Celle-ci avait maintenu du bout des lèvres sa confiance à Pierre Maudet. Ses soutiens entendent également présenter un nouveau président à la prochaine assemblée si Bertrand Reich ne revient pas en arrière.
Voyage à Abu Dhabi
En novembre 2018, le comité directeur avait demandé la démission de Pierre Maudet. Mais ce dernier avait obtenu un vote de soutien de la base lors d'une assemblée générale extraordinaire en janvier 2019.
Un peu mise de côté ces derniers mois, l'affaire Maudet revient cette semaine sur le devant de la scène politique genevoise. Le Ministère public a indiqué mercredi son intention de renvoyer Pierre Maudet en jugement avec quatre autres prévenus.
La principale accusation retenue contre le magistrat est son voyage à Abu Dhabi en 2015, le Parquet y soupçonnant une acceptation d'avantages. En revanche, le volet Manotel est sur le point d'être abandonné à la grande satisfaction de l'élu PLR.
>> Les explications de Laurent Dufour dans le 19h30:
ats/gma
"Il s'accroche au pouvoir coûte que coûte"
Le conseiller national, qui fait partie de ceux qui avaient demandé d'ajouter l'exclusion de Pierre Maudet à l'ordre du jour, refuse cependant de dire que tout était couru d'avance.
"Non, les dés n'étaient pas pipés", souligne-t-il. "Monsieur Maudet ne peut blâmer que lui-même pour l'ensemble des faits qui ont été décrits ce matin, dont la plupart étaient postérieurs à l'assemblée générale qui l'avait soutenu du bout des lèvres en janvier 2019", note le représentant genevois à Berne.
Rappelant divers comportements du ministre PLR qui ont conduit à la décision du comité directeur, Christian Lüscher estime qu'il "a démontré qu'il n'avait absolument pas à l'esprit ni au coeur l'intérêt de son parti".
"La seule personne qui compte pour lui, c'est lui-même", dit-il encore. "Il s'accroche au pouvoir coûte que coûte et nous ne sommes pas d'accord que notre parti coule pour l'intérêt d'une seule personne qui a décidé de s'auto-détruire d'une certaine façon".
>> L'interview de Christian Lüscher dans Forum: