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En 2011, il s’était fait remarquer avec "Sessualità", "Sexualität", "Sexualité", roman publié simultanément dans les trois langues nationales, chez trois éditeurs différents. Pierre Lepori revient aujourd’hui plus simplement avec la traduction française (réalisée par ses soins) d’un premier roman paru antérieurement en italien. Récit intimiste et binaire où se dessinent peu à peu deux personnages liés par le feu: l’incendiaire et sa victime.
Un homme de cinquante ans a tout perdu dans l'incendie de sa maison. Il prend la plume et écrit de longues lettres à celui qui a bouté le feu. Pour essayer de comprendre. Sa propre histoire, peut-être. A vif.
Dans une cellule de prison, un jeune pyromane de vingt-trois ans fait face à la solitude. Entrevues avec son avocat, séances avec le psychologue, promenades dans la cour et longues cogitations. Le jeune homme est confronté à son passé. A vif, lui aussi.
Pendant ce temps-là, un enfant grand brûlé agonise à l'hôpital. Au loin une énorme vague décime des territoires entiers. Un volcan éructe.
Dans ce premier roman, Pierre Lepori déroule avec pudeur quelques fils dont sont faits ses écrits: les rapports de filiation, la culpabilité confrontée au pardon, l'attirance pour le même sexe.
Dans une brève postface, l'auteur écrit: "La langue est la peau fragile de notre moi liquide". Sans peau, est aussi l'occasion d'évoquer ce lien particulier que l'auteur entretient avec sa langue maternelle, volontairement trahie, car traduite par ses soins.
Heureuse perméabilité de l'épiderme romanesque !
Par Jean-Marie Félix
Lectures: Yves Jenny
A lire: Pierre Lepori: Sans peau , Editions d'En Bas