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Le directeur du Laboratoire suisse d'analyse du dopage (LAD), Martial Saugy, estime avoir respecté les procédures de l'AMA, dont le rapport de la commission indépendante avait épinglé son institution.
"Le personnel s'est comporté conformément aux instructions données aux laboratoires accrédités", relève-t-il dans la presse de mercredi.
Dans un passage de son rapport long de plus de 330 pages, la commission s'était dite "pas convaincue" par les explications du LAD concernant la destruction de 67 échantillons prélevés sur des athlètes russes. Toutefois, avait précisé le président de la commission Richard Pound, il n'y avait pas lieu d'en déduire une complicité avec les instances russes qui cherchaient à camoufler le dopage.
Martial Saugy se montre froissé que le rapport de la commission puisse donner l'impression qu'il ait essayé de saboter le travail de l'AMA. "Tout a été fait dans les règles", estime-il dans des déclarations à plusieurs journaux lémaniques, ainsi qu'à la "NZZ". "Nous avons été surpris de ne pas avoir pu nous expliquer avant que le rapport soit publié", dit-il ainsi dans "Le Matin".
Concrètement, le LAD a reçu de Russie, en novembre 2012, 67 échantillons d'urine qui avaient déjà été testés à Moscou, avec pour mission de les réanalyser. Sur ces 67 flacons, 12 contenaient si peu d'urine qu'une réanalyse incomplète était impossible. Le LAD a donc testé les 55 fioles restantes, avec des résultats presque identiques à ceux obtenus à Moscou, sauf pour un un cas, pour lequel ça peut s'expliquer par les différences entre les appareils utilisés dans les deux laboratoires. Le LAD a informé l'AMA et conservé durant trois mois les 55 échantillons réanalysés, avant de les détruire en mars 2013, au terme du délai imposé par les normes internationales" (les 12 autres ont été gardés, l'AMA ayant décidé de leur sort), précise le Dr Saugy. "Nous avons respecté la procédure", résume-t-il dans "Le Temps".
M. Saugy ajoute avoir gardé, au-delà de cet épisode, un rapport de confiance avec l'AMA. A preuve, son laboratoire a encore reçu deux ans plus tard, soit en janvier 2015, 3000 échantillons russes, qui sont du reste toujours entreposés au frais. Et de préciser dans "24 Heures/La Tribune de Genève": "L'immense majorité des 250'000 tests faits chaque année est jetée après trois mois. Contrairement à ce qui est indiqué dans le rapport, nous n'avons pas reçu d'indications nous ordonnant de conserver à long terme les échantillons concernés." En l'espèce, ceux-ci ont été éliminés plus d'un an et demi avant la diffusion par l'ARD du reportage à l'origine de toutes les révélations.