Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06949.jsonl.gz/199

Comment le Conseil de sécurité de l'ONU gagne en efficience en Suisse
Renforcer l'efficience du Conseil de sécurité de l'ONU. Telle est l'une des quatre priorités de la Suisse en tant que membre du Conseil pour 2023-2024. Pour la sixième fois consécutive, les membres non permanents actuels et nouvellement élus se sont réunis. Cette année, les échanges ont eu lieu en Suisse. Le transfert de connaissances, la mise en réseau et la continuité du travail du Conseil étaient au cœur des discussions. L'objectif est de promouvoir l'efficience, la transparence et l'efficacité du Conseil de sécurité.
La Suisse s'engage pour des processus de travail efficaces et la capacité d'action du Conseil de sécurité de l'ONU. © Keystone
Le monde est confronté à un nombre croissant de crises et de conflits. Cela exige du Conseil de sécurité de l'ONU qu'il agisse plus rapidement et plus efficacement. Conscient de ce défi, le Conseil fédéral a défini «Renforcer l'efficience» comme l'une des quatre priorités thématiques pour la participation de la Suisse au Conseil pour les années 2023-2024. Dans cette optique, la Suisse s'engage notamment à renforcer les liens entre les travaux du siège de l'ONU à Genève et à améliorer les processus de travail et la capacité d'action du Conseil de sécurité. C'est dans ce contexte qu'à l'initiative de la Suisse, les dix membres non permanents (E10) actuels du Conseil ainsi que les cinq nouveaux élus pour les années 2024-2025 se sont réunis entre le 27 et le 29 août à Genève et à Glion près de Montreux.
Composition du Conseil de sécurité de l'ONU
Le Conseil de sécurité de l'ONU est composé de cinq membres permanents, à savoir la Chine, la France, la Russie, les États-Unis et le Royaume-Uni, et de dix membres non permanents, élus pour deux ans par l'Assemblée générale de l'ONU. En 2022, Malte, le Japon, l'Équateur et le Mozambique ont été élus, avec la Suisse, en tant que membres non permanents pour la période 2023-2024. A partir de janvier 2024, l'Algérie, le Guyana, la Corée du Sud, la Sierra Leone et la Slovénie les rejoindront, remplaçant ainsi l'Albanie, le Brésil, les Emirats Arabes Unis, le Ghana et le Gabon.
Les E10 sont essentiels pour garantir la capacité d'action du Conseil de sécurité et pour que le Conseil puisse remplir son mandat de maintien de la paix et de la sécurité internationales. En effet, les voix des E10 sont également nécessaires pour prendre une décision, une résolution requérant neuf voix favorables. Le dialogue annuel a eu lieu pour la sixième fois consécutive. Cette année, c'est la Suisse qui l'a accueilli. Cet échange est l'occasion de développer des relations et d'échanger sur les défis communs au Conseil de sécurité et leurs solutions. Cela favorise également la mémoire institutionnelle des E10 et donc la continuité des travaux du Conseil. En outre, cela renforce la capacité des membres élus à influencer l'agenda, les méthodes de travail et les processus décisionnels du Conseil. En fin de compte, cela profite au Conseil de sécurité, à l'ONU et au multilatéralisme. En effet, un Conseil de sécurité efficace et capable d'agir est plus important que jamais dans le contexte des innombrables conflits et crises à travers le monde.
Opportunités, défis et coopération au cœur du dialogue
Lors de différentes sessions, les participants ont discuté d'aspects centraux pour la poursuite des travaux du Conseil de sécurité. Ils se sont notamment penchés sur les pratiques de coopération qui ont fait leurs preuves, sur les défis, les opportunités et les thèmes auxquels les E10 sont confrontés et, surtout, sur la manière dont le Conseil de sécurité peut mieux mettre fin aux conflits et les prévenir. L'une des sessions de dialogue était consacrée au Nouvel agenda pour la paix (en), présenté en juillet par le Secrétaire général de l'ONU, António Guterres. Elle a été l'occasion de discuter de diplomatie scientifique, de désarmement, de droits de l'homme et d'affaires humanitaires avec des experts de la Genève internationale.
Les réactions montrent que la rencontre a été appréciée par les participants. «Cet événement a été une excellente occasion d'échanger des informations avec les membres non permanents et de renforcer les relations personnelles», a déclaré une participante. Une autre a ajouté : «Je suis vraiment inspirée par les nombreuses idées pour renforcer la cohésion des E10».
Concrètement, comment le Conseil de sécurité a-t-il pu tirer profit de la réunion de cette année? «Le dialogue a montré que l'échange et la coopération entre les E10 sont précieux. Les E10 ne sont pas toujours d'accord sur certains points de l'agenda du Conseil de sécurité. Mais des initiatives communes ont abouti par le passé à des résolutions et des décisions importantes au sein du Conseil. Nous souhaitons poursuivre dans cette voie. Il était également utile d'intégrer les nouveaux membres élus en juin afin de faciliter leur entrée en fonction en janvier prochain», explique Esther Neuhaus, cheffe de la section Conseil de sécurité au DFAE.