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Si on connaît la dimension religieuse, sociale et commerciale de la fête de Noël, on sait moins que cette fête a souvent eu aussi un versant politique.
Au XVIème siècle, certains cantons choisissent dʹadhérer à la Réforme, dʹautres non. Ce clivage provoquera de nombreuses tensions, mais il deviendra fondateur de lʹidentité suisse. En effet, par peur de lʹéclatement qui pourrait en résulter, les cantons opteronz pour une forme de neutralité durant la guerre de Trente ans. Ils feront également lʹapprentissage dʹune co-existence religieuse entre catholiques et réformés.
Etape sur le Lac d'Emosson, retenu par son célèbre barrage.
L’arrivée de la Réforme dans l’ancienne Confédération a fondamentalement modifié l’histoire de la Suisse. Elle a obligé les cantons à apprendre à gérer la diversité religieuse. Avec aujourd’hui 500 ans de recul, quelle trace cette histoire a-t-elle laissée dans l’ADN helvétique? En quoi la démocratie directe, la valeur du travail, la capacité à gérer la diversité sont-elles redevables de la Réforme?
Les guerres de religion en France vont entraîner l’exode de près de 300'000 huguenots. Une partie d’entre eux transiteront par l’ancienne Confédération et environ 20'000 seulement s’y établiront. La mauvaise situation économique des cantons expliquent en partie la difficulté que ces réfugiés réformés français rencontreront pour s’installer.
Genève, trop heureuse de couper les ponts avec la Savoie, va passer à la Réforme en 1536. Ce changement de foi, l’arrivée de réfugiés huguenots qui dynamisent l’économie, de même que la personnalité de Jean Calvin vont rapidement transformer cette ville de province en un centre de référence pour les réformés européens. L’affaire Michel Servet, du nom de ce médecin condamné au bûcher pour hérésie en 1553, posera la question des limites de la tolérance religieuse.