Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07030.jsonl.gz/442

Dépression, anxiété, insomnie ou difficulté à prendre des décisions simples chez les patients souffrant de douleurs chroniques seraient dues à l’activité constante de certaines régions du cerveau.
Certaines zones cérébrales du cortex frontal, impliquées notamment dans la gestion des émotions et des relations, ne sont en effet sollicitées que pendant le repos. Elles ont en revanche une activité réduite pendant l’accomplissement d’une tâche spécifique impliquant d’autres régions cérébrales. Mais chez les individus souffrant en permanence, ces zones ne sont pas désactivées. C’est ce qui a été observé en imagerie fonctionnelle par résonance magnétique sur quinze patients, hommes et femmes, souffrant de douleurs chroniques du dos depuis plus de six mois, en comparaison avec quinze personnes saines. L’enregistrement des fonctions cérébrales de ces trente individus soumis à un exercice visuel et tactile a montré que pour des performances similaires, l’activité cérébrale était significativement différente entre les deux groupes, les individus sains présentant quant à eux une inactivation du cortex préfrontal médian, de l’amygdale et du précunéus cingulaire postérieur impliqués dans la personnalité, les émotions ou la conscience.
Souffrir en permanence pendant une longue période altèrerait donc l’équilibre entre zones actives et inactives, appelé également « réseau neural de l’état de repos conscient », ce qui expliquerait pourquoi le cerveau des individus souffrant de douleurs chroniques traite différemment les informations, même totalement dissociées de la douleur. A long terme, la sollicitation constante des neurones pourrait provoquer des dommages irréversibles, modifiant les connexions neuronales ou les détruisant, amenant même à un remodelage du cerveau. Des études récentes ont par ailleurs montré que des modifications de ce réseau neural de l’état de repos étaient également impliquées dans la maladie d’Alzheimer, la dépression et la schizophrénie, ou encore l’autisme.