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@Réalisé par Valérie Bourquin
Du fidèle compagnon au collègue spécialisé
Jadis, les chiens de la Gendarmerie vaudoise étaient considérés comme de simples « compagnons ». Il n’y avait aucune règle en la matière, ni aucune formation. Les gendarmes prenaient des chiens dans les postes de campagne ou de montagne pour les accompagner dans leurs rondes.
En 1967, le premier-lieutenant Chambettaz, nouvel officier responsable des chiens, décida de mettre sur pied un cours annuel pour tous les détenteurs de chiens de la Gendarmerie, en présence d’un instructeur civil et « cynologue » réputé. Ce premier cours, qui eut lieu aux Cluds en mai 1967, réunit les 18 conducteurs de chiens de la Gendarmerie vaudoise et représenta le début d’une structure officielle pour les chiens de la Gendarmerie. Quelques mois plus tard, nos 18 conducteurs de chiens fondèrent la Société des Conducteurs de Chiens de la Gendarmerie vaudoise (SCCGV).
Quant à leurs compagnons à quatre pattes, ils furent dès lors entraînés à la piste, à la défense et à la quête de personnes et d’objets. Les deux premiers chiens spécialisés dans la recherche de produits stupéfiants virent le jour en 1970 et furent suivis, quelques années plus tard, par les premiers chiens de détection d’explosifs.
Au fil du temps, leurs missions se sont développées pour aboutir en 1992 à la brigade canine telle qu’elle est aujourd’hui, passant d’une centaine d’intervention en 1975 à plus de 2300 en 2020.
Quant au camp des Cluds, il s’est perpétué d’année en année. Les collègues vaudois furent d’abord rejoints par les conducteurs de chiens de la gendarmerie neuchâteloise, puis des polices municipales vaudoises, acquérant peu à peu une réputation loin à la ronde, jusqu’à ce que l’ensemble des corps de police romand rejoigne chaque année le camp.
Un savoir-flair inné et beaucoup d’entraînement
Qu’il s’agisse de neutraliser une personne, de marcher sur un terrain inhabituel ou de détecter des odeurs, les chiens s’entraînent en jouant. Christophe Ehinger, chef de la brigade canine, insiste sur la méthode d’éducation : «C’est très important pour nous qu’ils considèrent leur travail comme un jeu car cela minimise les risques d’accident». En d’autres termes, si le chien considérait l’attaque comme une façon de protéger son maître, il pourrait prendre des initiatives malvenues…
Cette méthode d’éducation dite « positive » (ou « du renforcement positif » par la motivation/récompense), également des plus efficaces pour motiver le chien à travailler, est particulièrement respectueuse des animaux et a fait ses preuves aux cours des dernières décennies, pour les chiens d’utilité comme pour les chiens de compagnie, remplaçant progressivement d’autres méthodes plus coercitives, voire punitives.
Programmés pour faire plaisir à leur maître, les chiens apprennent vite et peuvent notamment, grâce à leur flair, mémoriser et reconnaître des centaines d’odeurs ; il ne leur faut que 3 jours pour assimiler les odeurs des 50 produits répertoriés comme accélérateurs d’incendie. Mais il faut aussi leur apprendre à chercher «sur commande » quelque chose de spécifique, puis à le désigner. En outre, il faut entraîner ses compétences régulièrement, sans quoi tout serait à recommencer après quelques semaines seulement. Un travail, mais aussi un plaisir de chaque instant pour les conducteurs qui se séparent rarement de leurs compagnons puisque ceux-ci – bien qu’ils appartiennent en théorie à la Police cantonale vaudoise – vivent au domicile des gendarmes et font généralement partie de leur famille.