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Francesco Storace, ministre italien de la Santé vient de décider de suspendre la première expérience menée dans son pays sur l'usage de la pilule abortive RU-486. Cette décision a été prise deux semaines seulement après le lancement de cette expérience dans l'hôpital Sant'Anna de Turin. M. Storace s'est justifié en invoquant des raisons sanitaires et légales tandis que des médecins l'accusent d'ingérence et que, rapporte l'agence de presse Reuters, des personnalités politiques, de gauche comme de droite, estiment que le ministre de la Santé, issu de l'Alliance nationale parti conservateur entend au final remettre en cause la loi de 1978 dépénalisant la pratique de l'interruption volontaire de grossesse. C'est notamment ce que pense Margherita Boniver, une responsable du ministère italien des Affaires étrangères qui figure parmi les défenseurs les plus acharnés de cette loi au sein de la coalition de droite du Premier ministre Silvio Berlusconi. «Le gouvernement actuel n'a pas le temps de modifier la loi mais il va sans cesse essayer de l'éprouver en y apportant des restrictions» a-t-elle ainsi déclaré au quotidien Corriere della Sera.Selon M. Storace, le programme d'expérimentation a été suspendu après qu'un inspecteur ait fait état du cas d'une patiente qui, après avoir pris du RU-486, avait présenté une «expulsion partielle» à son domicile, suivie de saignements. Pour le ministre italien de la Santé, cet incident prouve que la procédure est illégale, la loi italienne stipulant que les avortements doivent être réalisés dans les hôpitaux.A l'opposé, des responsables hospitaliers et l'association des gynécologues italiens estiment que ce programme expérimental, approuvé par le ministère, se déroule normalement et n'expose pas les femmes qui y participent à des risques particuliers. Toujours selon Reuters, les détracteurs de Storace voient dans sa décision la preuve de l'influence toujours omniprésente de l'Eglise catholique dans la conduite de l'actuelle politique du gouvernement italien. L'expérimentation devait, au total, concerner 400 femmes.