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10/10/2009
Jacques Chessex
Cher Jean-Louis Kuffer,
je ne suis pas Vaudois, je ne connais pas les petites guegerres et les jalousies entre créateurs et critiques,
mais je suis devenu, par hasard voisin de Jacques Chessex, j'ai eu l'énorme chance de faire connaissance d'un homme de qui j'avais une idée complètement faussée par l'image qui en a été projeté par la presse locale. L'image d'un homme austère, hautain, difficile, égocentrique, enfin, tout ce qu'on peut dire de mal d'un grand homme. Et les photos publiées dans la presse ne faisaient que confirmer l'image: un type sérieux, au regard fixe, sans le moindre sourire. J'ai connu un homme qui était exactement le contraire: souriant, charmant, poli, tendre. Jacques Chessex se prenait le temps d'écouter, il offrait son temps, pas seulement au journaliste connu que je suis, mais aussi à la concierge, aux artisans et commerçants de sa rue. Cet homme n'avait que des amis, sauf, apparemment, dans la presse et auprès des écrivains qui ne lui arrivaient pas à la cheville et qui mouraient de jalousie parce que lui, il a réussi, et comment! Le prix Goncourt, un réseau à Paris, des articles dans la presse française et allemande. Par ce seul homme, la Suisse romande a existé dans la littérature française.
Et que faites vous, le jour ou ce grand homme meurt, terrassé par un infarctus: vous dépeignez dans le deuxième paragraphe de votre article un homme qui serait un "forcené": "La querelle, l'invectice, dans les café set les journaux, voire la bagarre à poings nus, n'auront point trouvé de représentant plus acharné".
Vous osez écrire cela au début d'un hommage. Dans le plus grand quotidien d'un canton qui a eu la chance d'exister au delà de ses frontières grâce au rayonnement de l'oeuvre de Chessex.
Qu'est-ce qu'il vous a fait? Et quand? Les coups de poings, de quand datent-ils?
Avez-vous vu les articles que la presse zurichoise à publié à la mort de l'écrivain Hugo Loetscher, il y a à peine quelques semaines?
Avez-vous suivi avec quel respect et quel reconnaissance les Zurichois lui ont fait les adieux?
J'ai de la peine. Cette petitesse, cette aigreur qu'on lit entre les lignes de votre hommage, m'afflige.
Je vous le dis dans l'émotion, spontanément. Et aussi ému de la mort d'un homme qui a créé une oeuvre immense, qui restera probablement pour longtemps le plus grand écrivain romand.
Bien à vous
Peter Rothenbühler
04/10/2009
Polanski
Pourquoi Polanski a été arrêté
J'entends les Conseillers fédéraux et autres personnalités répéter: nous ne sommes pas d'accord qu'on n'aurait pas du arrêter M. Polanski parce que c'est un créateur...
La vérité est toute différente, c'est justemen parce que M. Polanski est un créateur qu'il a été arrêté sans états d'âmes par les autorités Suisses
Il n'a pas de lobby fort derrière lui, il ne représente pas les intérêtes d'un Etat, ce n'est qu'un créateur. Son arrestation ne peut en aucun cas porter préjudice à des intérêtes majeurs du pays... Ce n'est qu'un saltimbanque sans véritable patrie.
Nos ministres jouent un peu aux naifs dans le cas Polanski en répétant la loi c'est la loi, eux qui connaissent très bien tous les cas (restés secrets) ou le gouvernement a lié les mains au Procureur fédéral quand celui-ci voulait arrêter une personnalité étrangère importante en vertu des lois.
Quand les Russes ou les Américains sont embarassés au plus haut niveau, nous fermons les yeux, nous lançons un petit coup de téléphone d'avertissement.
Non, tout le monde n'est pas égal devant la loi....
26/09/2009
mariage V
Pourquoi vous parler de ce mariage, affaire privée par excellence, de surcroit assez conventionnel: tout le monde était heureux, la famille en harmonie, le père de la mariée est arrivée avec sa deuxième épouse, Marguerite, et sa première, la mère d'Anne-Sylvie, était là aussi, elle s'appelle aussi Marguerite, les deux Marguerites s'entendent à merveille.
Je vous parle de ce mariage parce que la mariée est une personnalité connue, publique, auteur de deux romans qui ont fait beaucoup de bruit, receuillis d'excellentes critiques, mais le papa, la maman, la grand-maman et même les frères d'Anne-Sylvie sont incapable de les lire. Pour eux, c'est trop brutal, trop crû, ce n'est pas notre soeur, ce n'est pas ma fille, disent-ils d'un commun accord.
Déjè à la première page du roman, la "sale fille" raconte comment elle à mis fin à la vie d'un oiseau, "j'ai enroulé la bestiole dans un linge de cuisine, je l'ai posée sur la planche à pain et, les yeux fermés, je l'ai achevée à coups de marteau." Et à la deuxième page, elle tue sa grand-mère: " Quand tu te débattais, quand ton corps tremblait dans des soubresauts de détresse, je n'ai pas lâché. Je pressais encore plus fort." Etc. Et ainsi de suite. Faut avoir des nerfs solides pour supporter. Ou aimer la littérature, la vraie...
La grand-mère de Anne-Sylvie, elle, est bien vivante, une petite dame délicieuse qui a participé à la fête du mariage du début à la fin...Elle n'a pas lu le livre, non plus.
Mais voilà, "sale fille" est si bien écrit, si suggestif, raconté à la première personne, que le lecteur a vite fait d'associer l'histoire à l'auteur.
Ce qui est complètement faux.
Quand elle s'adresse à son futur mari, dans l'un des premiers mails d'amoureuse qu'elle a lu lors du mariage civil, l'écrivaine l'appelle "petit ange, tête chamboulée". Lui répond "mon petit oisillon".
Elle a même composé uine prière pour la cérémonie à l'église, très douce, elle est croyante...Ceds deux sont des grands romantiques, tiout le contraire de ce qu'on imagine en lisant les romands d'Anne-Sylvie Sprenger qui est enceinte: d'un bébé et d'un nouveau roman qu'elle devrait terminer à la fin de l'année.
La suite demain.
La suite demain.
24/09/2009
Mariage III
Mariage
Le mariage civil a lieu le 09.09.2009, à 15 heures. A Pully, les deux officiers de l'Etat civil ont marié 10 couples (chacun cinq de suitte) qui ont choisi cette date qui est...
oui, qui est quoi? Un porte-bonheur? Un gadget? Une date mythique?
Je n'ai aucun rapport avec la numérologie. Qüand on me dit neuf, neuf, neuf, je pense aux bulles des bandes déssinés, et je vois des cochons (ils font neuf,neuf,neuf chez Walt Disney), pardonnez-moi, mais il y a peut-être un lien: le cochon est un porte-bonheur important pour jeunes mariés. Fértilité, abondance, nourriture, etc.
L'officier de l'Etat civil est une jeune femme sympathique. On s'imagine toujours dans cette fonction un vieux monsieur cravaté. Eh bien, non, pour sceller l'amour, on prend aujourd'hui des anges. Elle n'avait pourtant ni flèches ni arc, mais un gros stylo.
Elle a très bien fait son travail.
Elle a lu deux poèmes, je ne sais plus de qui était le premier, mais le deuxième était de Henri Des, très touchant.
Henri Des est vraiment partout, des écoles maternelles, des lycées portent son nom en France, on lit ses poëmes dans les "salles de mariés", et pourtant il est bien vivant. je veux dire, normalément, on lit des textes de grands poêtes morts depuis longtemps.
Un phénomène, Monsieur Des.
Les mariés ont eu une très belle idée: ils liront chacun l'un des premiers mails d'amour qu'ils ont reçu de l'autre.
Je vous donne les textes demain.
Juste encore ceci: Yvan a dit "oui" à la fameuse question de l'officier, Anne-Sylvie a dit "oui,oui". Deux fois oui. Ca tient deux fois plus longtemps.
C'était la journée neuf,neuf,neuf,oui, oui,oui. Trois fois neuf 27, plus trois fois oui, devinez l'âge de la mariée...
La suite demain.