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Dans un livre maintenant assez ancien, Hannah Arendt explique l'ère pré-Nixon et une partie de l'ère Nixon par un déni systématique (de la part des politiques, des militaires, et d'une partie de la société) de la réalité du monde, remplacé par un monde virtuel au sein duquel la victoire sur le Vietnam devenait nécessaire, voire justifiable [1]. En lisant ce livre en 2020 -- car je voulais m'informer plus avant sur les causes du scandale des Pentagon papers, puis du Watergate -- je me rends compte que les biais décrits par l'auteure sont bien présents dans la société d'aujourd'hui et que son analyse est restée fort actuelle. Une question que je me pose est la suivante: les nombreuses hypothèses du complot, dégainées et déclinées dans tous les domaines et qui peuvent être très farfelues, souvent dans le but de maintenir une vision fausse du monde, ne peuvent-elles pas -- en partie -- être expliquées par la description du monde d'Hannah Arendt ? Je m'explique: si le monde que l'on perçoit est éloigné du monde réel, et forme donc un monde virtuel au sein duquel le système de pensée qui y habite est très déformé, n'aura-t-on alors pas tendance à se raccrocher à toute hypothèse, même un peu délirante, pour conserver sa vision du monde ? Il semble presque normal, dans ce contexte, de nier tout ce qui pourrait remettre en question ce monde virtuel (existence du covid-19, du dérèglement climatique, etc) ? Il est évident que le monde réel n'est jamais perceptible en totalité, et cela on l'a déjà énoncé dans l'Antiquité. Mais cela ne me semble pas enlever à cette petite analyse sans prétention. [1] https://en.wikipedia.org/wiki/Crises_of_the_Republic
Le biais de sélection, ou le cherry-picking, c'est chercher uniquement des faits qui vous arrangent, pour confirmer votre hypothèse: mais cela vous enferme dans une bulle (que vous avez créée mais que les GAFAM renforcent). https://fr.wikipedia.org/wiki/Biais_de_s%C3%A9lection -- mais le cherry-picking, c'est aussi de ne vouloir que certains articles d'un contrat, mais si l'autre partie n'est pas d'accord, ça finit en brexit-catastrophe. Enfin, le biais de sélection se produit aussi quand on enlève des participants à une étude, justement ceux qui la contredisent (typiquement le mort qui a reçu la chloroquine), mais ça on appelle une raoulterie. Sortez de votre bulle: cherchez aussi des faits contraires.
La question n'est plus si, mais quand
Le bitcoin, une invention très intéressante basée sur la non moins intéressante blockchain, été conçu pour limiter le nombre total en circulation. Cet élément aurait dû provoquer une augmentation de sa valeur. Toutefois, deux problèmes s'y opposent: premièrement, il y a plein d'autres monnaies virtuelles aujourd'hui, et deuxièmement, la FED a apparemment autorisé l'ouverture de nombreux fonds dérivés adossés à ces monnaies récemment. S'y ajoutent la panique après des piratages et on obtient un bitcoin assez bas. L'évolution future ne peut pas être prédite: mais pour les spéculateurs, une monnaie qui varie beaucoup est un véhicule d'investissement de dérivés intéressant (et risqué: si les monnaies virtuelles en circulation sont faibles par rapport à l'économie mondiale, les fonds dérivés, par un jeu de levier comme pour les subprimes, pourraient la mettre en danger). Ce qui est clair actuellement c'est que le simple investissement dans les monnaies virtuelles ne semble plus rentable, peut-être une preuve de la maturation de ces technologies?
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