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Bulle du pape Grégoire IX de 1232 (AEN, AS-E27.1)
Images politiques et sociales de Neuchâtel au Moyen Âge
L’étude des sceaux connaît aujourd’hui un renouvellement majeur, en s’ouvrant à l’histoire de l’art ou à l’histoire sociale, en s’appuyant sur les compétences de restaurateurs et de chimistes et bénéficiant des opportunités des humanités numériques. Un partenariat des Archives de l’État de Neuchâtel avec la base SIGILLA concrétise cette approche, de même que l’élaboration de cette exposition en collaboration avec l’Université de Fribourg, sur la base d’une douzaine de sceaux provenant des « archives seigneuriales » de Neuchâtel. Quatre grandes thématiques ont été abordées, avec un regard renouvelé.
L’indivision faite cire : trois frères pour un acte
Dans la seconde moitié du XIIIe siècle, le comté de Neuchâtel a risqué l’éclatement. Les frères au pouvoir ont malgré tout réussi à s’entendre pour maintenir l’intégrité territoriale et mener une politque commune, comme le montre l’acte de 1280 dans lequel ils confirment une vente de dîme au chapitre collégial, qu’ils scellent ensemble.
L'acte scellé par les trois frères coseigneurs de Neuchâtel en 1280 (AEN, AS-F6.1)
Rares sceaux féminins
Ces trois frères doivent sans doute beaucoup à leur mère, Sibylle de Montbéliard (ou de Montfaucon), qui, tôt veuve, reste dame de Neuchâtel, avec une manifeste prééminence sur ses fils. Seuls quatre sceaux féminins du XIIIe siècle ont été conservés à Neuchâtel. Parmi eux, ceux de Mahaut de Montbéliard, dame de Montfaucon, et d’Aline, prieure du Sauvement, montrent que Neuchâtel et la Franche- Comté participent d’une seule aire politique.
Trois institutions ecclésiastiques majeures
Trois institutions ecclésiastiques fondées au XIIe siècle par la famille comtale ont joué un rôle majeur dans le Moyen Âge neuchâtelois : l’abbaye bénédictine de Cerlier, l’abbaye prémontrée de Fontaine-André et le chapitre collégial de Neuchâtel. Elles répondent à des besoins de salut, de chancellerie et de prestige.
Au-delà des Alpes
Le comté entretient surtout des échanges au niveau régional, ce qui n’exclut pas des relations plus lointaines : avec Lausanne, où siège l’évêque dont dépend Neuchâtel ; avec la papauté à Rome, qui intervient en faveur de l’abbaye de Cerlier ; avec des banquiers en Toscane, qui prêtent de l’argent au comte.