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Sciences économiques et développement durable: potentiel de rapprochement certain
Même si les thèmes relatifs au développement durable sont de plus en plus abordés dans les cursus des étudiants en sciences économiques, ils n’y sont pas encore suffisamment intégrés.
Le WWF a analysé dans quelle mesure le développement durable était ancré dans les cursus des sciences économiques en Suisse et a comparé les résultats avec ceux de l’analyse qu’il avait menée en 2018. Les cursus en sciences économiques jouent un rôle central pour le développement durable. 15 pour cent des étudiants en Suisse choisissent de mettre l’accent sur l’économie dans le cadre de leurs études universitaires et deviennent souvent des spécialistes et des cadres influents par la suite.
Le WWF a résumé les résultats d’une enquête menée auprès de 111 responsables de cursus dans un guide destiné aux étudiants et dans le rapport intitulé «Développement durable dans les sciences économiques». L’analyse a porté sur les thèmes, les méthodes d’apprentissage et les compétences d’action. Les principales conclusions sont les suivantes:
- En 2020, les thèmes du développement durable ont été traités dans les cursus de manière plus complète qu’en 2018. Ce constat est valable pour les études de bachelor comme pour celles de master, ainsi que pour les hautes écoles universitaires et spécialisées. Le domaine d’étude «Banque et finance» obtient des résultats légèrement moins satisfaisants que les autres en ce qui concerne les cours obligatoires.
- Les thèmes du développement durable y sont trop souvent traités dans des cours facultatifs seulement, alors qu’ils devraient être au cœur des programmes d’études.
- En matière de traitement des thèmes de la durabilité, des méthodes d’enseignement qui encouragent fortement les capacités d’action sont utilisées pour un tiers du temps d’étude en moyenne. Cette part est plus importante dans les cursus de gestion d’entreprise que dans les autres domaines. De même, elle est plus importante dans les hautes écoles spécialisées que dans les hautes écoles universitaires. Enfin, ces méthodes ont légèrement plus de poids dans les cursus de master que dans ceux de niveau bachelor.
- La plupart des compétences conceptuelles (compétences d’action pour un développement durable) sont encouragées dans une mesure plus ou moins égale. Les compétences sociales, émotionnelles et fondées sur des valeurs obtiennent des résultats nettement moins brillants. Les cursus d’économie publique et de banque et finance encouragent moins ces compétences que les cursus d’économie d’entreprise et de sciences économiques (combinaison gestion d’entreprise / économie publique).
- Invités à identifier les éventuels freins, les responsables des cursus évoquent principalement un manque de ressources financières ou de personnel. A l’opposé, le soutien par la direction de la faculté ou de la haute école est le facteur le plus encourageant.
- Finalement, 40 pour cent des responsables indiquent vouloir ancrer fortement ou très fortement le développement durable dans le développement des cursus ces deux à quatre prochaines années.
Citation de Léo Gilliard, responsable du projet «Durabilité dans les Hautes-écoles» au WWF Suisse:
«Malgré une présence plus grande dans les programmes d’études en économie, le développement durable demeure essentiellement traité dans le cadre de cours facultatifs uniquement, ne touchant qu’une partie des étudiantes et étudiants et ne bénéficiant que d’une importance marginale dans les cursus. Il est cependant essentiel d’enseigner l’économie à la lumière des enjeux de durabilité actuels. Ce n’est qu’ainsi que les étudiantes et étudiants acquerront le savoir et les compétences nécessaires pour contribuer à un système économique durable et résilient.»
Citation de Luc Pillard, directeur des ressources humaines, Coop:
«Nous sommes convaincus que seule une entreprise agissant de manière durable peut avoir du succès. C’est pourquoi les diplômés de hautes écoles partageant avec nous les valeurs du développement durable et souhaitant s’engager dans ce domaine au sein de notre entreprise, avec leurs compétences et leurs idées, nous intéressent.»
L’économie a besoin de spécialistes et de cadres qui font usage de leur esprit critique et qui remettent en question les modèles de pensée et modes d’action courants, non durables. Dans son guide à l’attention des étudiants, le WWF fait un état des lieux nuancé de l’ancrage de la durabilité dans les cursus d'économie en Suisse: www.wwf.ch/guide-etudiant2020, www.wwf.ch/study-guide2020
L’ancrage du développement durable dans les cursus des sciences économiques en Suisse a clairement progressé ces deux dernières années. Compte tenu de la nécessité d’une transformation vers une économie plus durable, des réformes plus profondes sont toutefois nécessaires: le développement durable doit être reconnu à titre de concept directeur et central, et utilisé comme tel. A l’heure où de nombreuses révisions de plans d’études sont à l’ordre du jour, le WWF recommande de saisir cette opportunité et d’ancrer plus profondément le développement durable et ses thèmes, modes de pensée, perspectives, méthodes et compétences dans les cursus de sciences économiques et, en particulier, dans les cours obligatoires.
Détails du rapport «Développement durable dans les sciences économiques. Thèmes, méthodes d’apprentissage et compétences d’action dans les cursus des hautes écoles suisses»
Le WWF a analysé tous les cursus comportant au moins 50 pour cent de contenu relevant des sciences économiques, proposés par les hautes écoles suisses. Sur les 121 responsables de cursus contactés par écrit au printemps 2020, 111 ont complété entièrement ou partiellement le sondage. L’analyse a porté sur les aspects suivants:
- Domaine d’études/discipline partielle: économie d’entreprise, économie politique, sciences économiques (combinant économie d’entreprise/politique), banque et finance
- Cours obligatoires et facultatifs
- Niveau: bachelor, master
- Type de haute école: haute école universitaire, haute école spécialisée
Les 72 cursus pour lesquels des informations avaient été récoltées en 2018, forment la base pour la comparaison de l’évolution au cours de ces deux dernières années.
Contact
Léo Gilliard, responsable du projet «Durabilité dans les Hautes-écoles», WWF Suisse, 076 615 29 07, <email-pii>