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Les fondatrices, en 1986, de l'école primaire spécialisée La Voie Lactée, Dina Borel et Danièle Bellet, étaient toutes deux diplômées de la faculté de Psychologie et des Sciences de l'Education de l'Université de Genève. L'idée - et le nom - de La Voie Lactée sont nés dans l'esprit de la première, grecque d'origine, à la suite d'une recherche qui l'avait conduite, au cours des années 1973-74, dans des classes primaires de la périphérie de Paris, très précisément à Bagnolet et à Saint-Denis, où elle avait pu s'immerger dans les méthodes d'enseignement de la pédagogie Freinet et de la pédagogie Institutionnelle. L'expérience avait été encouragée par le professeur Michaël Huberman, par André Barthassat directeur adjoint du SMP (Service Médico Pédagogique) et par André Chavanne ancien président du DIP (Département de l'Instruction Publique).
Genève manquait encore, dans les années 80, de lieux d'apprentissage scolaire jouant en même temps le rôle de lieux thérapeutiques pour des enfants souffrant de troubles de la personnalité. Ces enfants sont généralement malheureux dans leur classe, marginalisés, rejetés et, pour leurs parents, source de préoccupations et de souffrances. Ils ne pouvaient être alors accueillis que dans des centres de jour. Pour les deux jeunes psychopédagogues, La Voie Lactée devait répondre au droit de chaque enfant à l'éducation, à l'école et à la formation.
En vingt-cinq ans d'activité, La Voie Lactée a accueilli dans ses classes aux noms mythologiques (Pluton, Pégase, Neptune, Vénus, Phénix) quelques 160 élèves qui y ont accompli tout ou partie de leur scolarité primaire.
Issue d'une initiative privée, l'école était évidemment payante. Pour les parents de ces élèves sortis de l'école publique, obligatoire et gratuite, l'écolage, forcément onéreux, constituait une injustice. La Voie Lactée a dû tout au long de ses années de développement, lutter pour sa survie, trouver des moyens financiers, publics et privés, des bourses pour ses élèves de milieux modestes, des outils de travail et du personnel qualifié disposé à se former en permanence et à travailler à des conditions moins favorables que celles de l'école publique. Il est arrivé que les caisses soient vides et les salaires en attente de paiement.
Dans les moments les plus durs, Dina Borel, restée seule à la tête de l'école dès 1991, a dû investir l'argent de son ménage. Il a fallu la mobilisation des députés, l'engagement personnel de la présidente du DIP, Martine Brunschwig-Graf, la création de l'association La Voie Lactée, enfin les revendications publiques des parents d'élèves pour que les choses bougent et que soit enfin votée, en 2008, la Loi cantonale sur l'intégration des enfants et des jeunes à besoins éducatifs particuliers ou handicapés, reconnaissant le droit de tous les enfants, à l'école obligatoire gratuite.
Au terme de ce quart de siècle de combat, La Voie Lactée est aujourd'hui reconnue dans le dispositif du Département de l'Instruction Publique du canton de Genève comme école primaire spécialisée subventionnée et, de fait, accessible aux enfants de toutes les couches sociales. Désormais libérée par la recherche de solutions financières, l'équipe psychopédagogique peut entièrement se vouer à son travail avec les élèves.