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Food Waste en Suisse
Environ un tiers des aliments produits en Suisse est perdu ou gaspillé le long de la chaîne alimentaire. Cela correspond à quelque 2 millions de tonnes d’aliments par an ou au chargement de 120’000 camions, qui alignés les uns derrière les autres constitueraient une colonne de Genève à Madrid. Presque la moitié des déchets sont produits dans les ménages et la restauration: 320 grammes d’aliments irréprochables par personne finissent quotidiennement à la poubelle. Cela correspond presque à un repas complet.
Ces chiffres proviennent de résultats scientifiques, qui sont maintenant constamment précisés. Une chose est certaine: les pertes doivent être réduites et le gaspillage doit être stoppé – pour les êtres humains et leur environnement naturel.
Nous avons plus de nourriture à disposition que nécessaire. La différence entre la quantité disponible et celle que nous consommons effectivement sont des Food Losses et du Food Waste (autrement dit: des pertes de nourriture et du gaspillage alimentaire). Les pertes indiquent les aliments qui se perdent dans le processus de production et qui, de ce fait, n’atteignent jamais les consommateurs. Les aliments gaspillés (Waste) sont les produits que nous n’exploitons pas dans notre consommation quotidienne, parce que nous en avons trop acheté, que la portion au restaurant était trop grande ou que nous n’avions tout simplement plus envie de manger les dernières frites dans l’assiette.
Les déchets alimentaires qui peuvent être évités comprennent tous les aliments et les parties d’aliments qui sont comestibles et irréprochables sur le plan sanitaire ou l’ont été, mais ne peuvent être consommés par l’homme, parce qu’ils sont altérés, périmés ou ont des défauts de qualité. Cela comprend aussi les aliments que l’on donne à manger aux animaux. Les produits de fourrage qui sont dès le départ cultivés à des fins fourragères sont exclus.
Les déchets alimentaires inévitables comprennent toutes les parties non comestibles des aliments, telles que les déchets provenant de la préparation, les os et les croûtes de fromage, de même que les déchets qui ne peuvent être évités en toute âme et conscience. Les pommes de terre qui, malgré des conditions de stockage appropriées, sont contaminées par un agent pathogène, en font par exemple partie.
Les chiffres communiqués pour le Food Waste comprennent habituellement seulement les pertes et les déchets évitables. Autrement dit: les parties non comestibles, telles que les déchets provenant de la préparation, les os ou le marc de café, n’y sont pas incluses.
Les pertes tout au long de la chaîne alimentaire sont à peu près au même niveau dans tous les pays. Elles diffèrent toutefois dans la répartition tout au long de la chaîne alimentaire. Alors que dans les pays les plus riches presque la moitié est jetée par le consommateur final, dans les pays les plus pauvres il y a très peu de déchets dans les ménages. Dans ces régions du monde, par contre, les pertes durant la récolte, le stockage ou la transformation sont plus élevées, car les technologies efficaces et le savoir-faire nécessaire sont moins facilement disponibles et répandus.
20% des pertes alimentaires sont créées dans l’agriculture. Cela arrive par exemple parce que…
- La récolte ne peut pas être complètement rentrée pour des raisons techniques.
- Les produits ne correspondant pas aux normes sont triés. Il peut s’agir de carottes à plusieurs doigts, de pommes de terre difformes ou de pommes et de concombres trop gros.
30% des pertes d’aliments sont constituées dans le commerce et lors du traitement. Le traitement industriel ne peut pas exploiter tous les sous-produits et le commerce produit aussi des pertes dans les processus de vente.
- Des pertes de traitement sont constituées par des céréales non conformes aux normes en vigueur, le petit-lait en tant que sous-produit lors de la fabrication de fromage ou des restes de pâtes.
- Des aliments sont endommagés lors du transport.
- Lorsque des marchandises dépassent la date limite de vente dans le dépôt, il faut les détruire.
- Lorsque des produits frais restent en rayon, ils finissent dans les déchets du distributeur.
La moitié des pertes alimentaires est causée par les ménages et les gros consommateurs. Elles sont déclenchées par…
- Décisions d’achat: on achète plus que nécessaire. Les tailles des emballages ne correspondent pas toujours à nos besoins, les plans de repas peuvent changer à court terme ou la bouteille de lait entamée peut être oubliée au frigo.
- Le stockage: la manière de stocker les aliments influence leur durée de conservation. Les bananes, par exemple, peuvent accélérer le processus de maturation d’autres fruits et les rendre plus rapidement avariés.
- Interprétation de la durée de conservation: les produits ne devraient pas être jugés uniquement par rapport à leur date de conservation recommandée, mais aussi avec notre bon sens. Souvent des produits peuvent encore être consommés après leur date de durée de consommation minimale.
- Excédents de cuisine: souvent on cuisine plus que nécessaire – les restes ne sont toutefois pas exploités. Il faut ici faire preuve de créativité!
Le gaspillage alimentaire élevé a de nombreuses répercussions sur la nature et sur l’être humain. La production d’aliments engendre 30% de la pollution. Si nous jetons des aliments aux ordures, des ressources rares, comme l’eau, les sols et les sources d’énergies fossiles, sont inutilement polluées. Les aliments jetés engendrent en Suisse des frais supplémentaires qui se chiffrent en milliards et pèsent inutilement sur le budget des ménages. En même temps, une demande accrue en raison des pertes raréfie l’offre mondiale d’aliments, alors que la sécurité alimentaire de nombreuses personnes n’est pas garantie.
Oui! Plus on a utilisé de ressources pour fabriquer un produit, plus le gaspillage est grand si le produit n’est pas consommé. Pour un kilo de viande de bœuf, il faut environ 50 fois plus de terre et 20 fois plus d’eau que pour un kilo de pommes.
Il n’existe pas de méthode de relevé uniforme. Les chiffres actuels pour la Suisse reposent sur des relevés par sondages et des estimations dans les entreprises du secteur alimentaire et sont complétés par des valeurs de la littérature scientifique. En ce qui concerne les déchets alimentaires, la meilleure estimation à l’heure actuelle est une étude anglaise, qui a sondé plus de 2’000 ménages. Les chiffres relevés donnent un ordre de grandeur. D’autres recherches scientifiques sont en cours.