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Deux chiffres font une phrase : un enfant né dans une banlieue de Glasgow, en Ecosse, aura une espérance de vie inférieure de 28 ans à un autre né à peine treize kilomètres plus loin. Pire : 886 202 décès auraient pu être évités entre 1991 et 2000 aux Etats-Unis si le taux de mortalité avait été le même chez les Américains d’origine africaine que chez les Blancs.
Selon un rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) du mois dernier, ces chiffres n’ont pas d’explication biologique. Leur origine est à chercher dans de mauvaises politiques sociales et économiques. Car les différences qualitatives de l’état de santé entre les pays et à l’intérieur même des frontières sont dues à l’environnement social dans lequel les gens naissent, vivent, grandissent, travaillent et vieillissent.
Loin devant l’accès aux soins, c’est donc l’affiliation socio-économique, ou plus précisément la place hiérarchique symbolique occupée dans la société qui est importante pour la santé globale d’un pays. Le rapport de l’OMS a même relevé un lien entre revenu et santé. Les plus pauvres sont moins bien lotis que les moins démunis, qui sont, à leur tour, moins bien lotis que ceux qui ont un revenu moyen et ainsi de suite. Ce gradient social est quasiment universel : on le constate aussi bien dans les pays en voie de développement que dans les pays dits riches.
Le rapport de l’OMS confirme un vieil adage : mieux vaut être riche et en bonne santé que pauvre et malade. Pour remédier à cette triste réalité, l’institution internationale prône, entre autres, l’amélioration des conditions de vie quotidienne et la lutte contre les inégalités dans la répartition du pouvoir, de l’argent et des ressources.