Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06939.jsonl.gz/625

La crise alimentaire et les «émeutes de la faim» de 2008 ont fortement ébranlé la communauté internationale. Le nombre de personnes souffrant de la faim avait alors augmenté de quelque 100 millions pour atteindre le triste record d’un milliard. Principale raison: les prix des denrées alimentaires de base avaient explosé à la suite de mauvaises récoltes causées par des sécheresses et des inondations. D’autres facteurs avaient également contribué à cette situation, comme la culture subventionnée d’agrocarburants et la production en hausse d’aliments pour animaux, due à la hausse de la consommation de viande. La spéculation sur les matières premières agricoles comme le blé ou le riz avaient également contribué à l’explosion des prix des denrées alimentaires.
La spéculation sur les denrées alimentaires accentue les variations de prix
Les prix élevés des denrées alimentaires, qui deviennent inaccessibles aux populations les plus pauvres, aggravent la faim et provoquent des troubles sociaux. Dans les pays en développement, les familles pauvres dépensent 60 à 80% de leurs revenus pour se nourrir, c’est-à-dire proportionnellement bien plus que chez nous. Lorsque les prix des aliments de base augmentent, la survie de ces foyers est menacée.
Selon des études de la Banque mondiale et de l’ONU, en 2008, la spéculation financière a contribué à la hausse des prix des céréales. Ce que certains économistes contestent. Reste que les experts s’accordent sur un point: la spéculation sur les denrées alimentaires accentue les variations de prix. Depuis que les matières premières agricoles attirent l’intérêt des investisseurs, la volatilité des prix a nettement augmenté.
La Suisse, haut-lieu du négoce des matières premières agricoles
L’évolution imprévisible des prix est un désastre pour les familles de petits paysans. Elle contribue en effet à réduire les investissements dans la production agricole ou, en cas d’urgence, les oblige à vendre des semences, du bétail ou des terres. Le risque augmente de voir les populations moins bien approvisionnées en denrées alimentaires, tant sur le plan quantitatif que qualitatif.
Compte tenu des 800 millions de personnes qui souffrent aujourd’hui de la faim, la spéculation sur les aliments est un scandale. Tout doit donc être fait pour mettre un terme à cette pratique nuisible et excessive. C’est pourquoi SWISSAID soutient l’initiative «Stop à la spéculation» de la Juso (Jeunesse socialiste). La Suisse, qui fait partie des principales places de négoce de matières premières agricoles dans le monde, se doit de mettre en place une mesure politique courageuse afin de protéger le droit à la nourriture pour tous.