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24. octobre 2008 - 26. avril 2009
Toute sa vie, Hannah Villiger s’est définie comme sculpteur. Elle a travaillé à des oeuvres plastiques jusqu’à la fin des années soixante-dix. A partir de 1980, ses travaux sont presque exclusivement centrés sur le média de la photographie. A l’aide d’un appareil photo Polaroïd, elle entame une exploration ininterrompue de son propre corps, le plus souvent nu, laissant parfois son objectif caresser son sujet pour ainsi dire à même la peau, parfois à la faible distance que lui autorisait son bras tendu. Ainsi ont été réalisés des cadrages fragmentaires de différentes parties du corps, imbriquées les unes dans les autres, dont elle contrecolle sur de fines plaques d’aluminium des tirages en couleur fortement agrandis, obtenus après pivotement et réfléchissement. Par des reproductions surexposées, floues, présentant un contraste de clair-obscur extrême ou des couleurs fortement contrastées, elle parvient parfois à un degré élevé d’abstraction, qu’elle atteint également par l’acte du pivotement et la disposition de différentes photographies juxtaposées, ou par leur composition en une seule image-bloc constituée de plusieurs éléments. Des motifs de perspectives inhabituelles sont confrontés les uns aux autres, auxquels l’interaction confère une absence de pesanteur correspondant à l’idée d’une image de soi-même. Afin de créer une atmosphère évoluant entre observation intime et saisie objective, libérée de toutes contraintes concrètes d’ordre narratif ou social, elle évitait intentionnellement la photographie de son corps entier ou de son visage.