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Nawaz Sharif s'est efforcé depuis sa destitution de mobiliser ses partisans, délivrant une série de discours enflammés attaquant le verdict de la Cour suprême le disqualifiant.
KEYSTONE/EPA/RAHAT DAR(sda-ats)
L'ex-Premier ministre pakistanais Nawaz Sharif a déposé un recours contre sa "disqualification" fin juillet par la Cour suprême. Cette décision de justice avait conduit à la chute de son gouvernement dans la foulée du scandale des Panama Papers.
M. Sharif "requiert le réexamen du verdict" rendu le 28 juillet par la Cour suprême, selon le long texte du recours, déposé tard mardi soir et dont l'AFP a obtenu une copie. Ce jugement a privé M. Sharif "de son droit à voir cette affaire tranchée lors d'un procès régulier, ainsi que de son droit à faire appel", argumente le recours, qui affirme en outre que le jugement comporte des "erreurs".
La Cour suprême avait rendu le 28 juillet un arrêt controversé "disqualifiant" M. Sharif de son poste de député. Elle estimait qu'il ne s'était pas comporté en "membre honnête du Parlement" pour n'avoir pas déclaré un salaire attribué par une entreprise détenue par l'un de ses fils aux Emirats arabes unis.
La haute juridiction avait aussi ordonné l'ouverture d'une enquête criminelle par l'autorité anti-corruption (NAB) à l'encontre de M. Sharif et de plusieurs de ses enfants, soupçonnés d'avoir caché la vérité sur les sociétés et biens immobiliers détenus via des holdings off-shore.
Discours enflammés
Depuis sa destitution, M. Sharif, qui a depuis été remplacé à la tête du gouvernement par son ancien ministre du Pétrole Shahid Khaqan Abbasi, s'est efforcé de mobiliser ses partisans. Il a délivré une série de discours enflammés attaquant le verdict de la Cour suprême.
Une élection partielle est prévue en septembre dans la circonscription électorale laissée vacante par M. Sharif dans la province du Pendjab (centre). L'épouse de M. Sharif, Begum Kulsoom Nawaz, devrait s'y porter candidate.
Aucun des quinze Premiers ministres ayant dirigé le Pakistan au cours de ses 70 ans d'histoire mouvementée n'a réussi à aller au terme de son mandat de cinq ans. M. Sharif lui-même a été contraint à trois reprises de quitter son poste.
Avant la décision de la Cour suprême de juillet, il avait été poussé à la démission en 1993 en raison d'accusations de corruption et chassé par un coup d'Etat en 1999.
ATS