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Salutations emplumées du Mönch
En 1917, l’armée suisse a instauré le Service des pigeons voyageurs, qui a revendiqué jusqu’à sa dissolution en 1996 son utilité à côté de méthodes de transmission toujours plus modernes. Les soldats nommaient leurs volatiles «petites machines volantes se reproduisant elles-mêmes», dotées en plus de stupéfiantes aptitudes. Cependant, on peut se demander pourquoi, le 10 octobre 1941, la patrouille de la section de pigeons de haute montagne 15 n’a pas expédié son messager depuis le Jungfraujoch, mais du sommet du Mönch, et encore en fin d’après-midi! L’Histoire ne dit pas si Henri Guisan a lu le message de salutation du sergent Theodor Strübin, commandant par intérim de la section de pigeons de haute montagne 15, serré dans l’étui entourant la patte du volatile. Ce message aurait sûrement fait plaisir au général, pénétré de la valeur symbolique des Alpes suisses pour la force de résistance de la population. Dans son ouvrage Gefiederte Kuriere. Der Brieftaubendienst der Schweizer Armee 1917–1994, Carl Hildebrandt raconte l’histoire de cette espèce très particulière, sans toutefois mentionner la salutation venue du Mönch.