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Priorité pour le gouvernement du socialiste Pedro Sanchez, cette loi a été adoptée par la chambre basse du Parlement, grâce notamment aux voix de la gauche et du centre, par une nette majorité de 202 députés sur 350. La droite et l'extrême droite s'y sont largement opposées.
La législation espagnole prévoyait jusqu'à présent une peine de dix ans de prison au maximum en cas d'assistance au suicide.
Une société "plus humaine"
Avec cette loi, qui doit entrer en vigueur en juin prochain, "nous avançons vers une société plus humaine et plus juste (...) pour les personnes qui se trouvent dans une situation de grande souffrance et pour leurs familles", a déclaré la ministre de la Santé Carolina Darias.
Le texte autorise aussi bien l'euthanasie (lorsque le soignant provoque la mort du patient) que le suicide médicalement assisté (lorsque le patient prend lui-même la dose de produit prescrite).
Elle prévoit que toute personne ayant "une maladie grave et incurable" ou des douleurs "chroniques le plaçant dans une situation d'incapacité" puisse demander l'aide du corps médical pour mourir et s'éviter ainsi "une souffrance intolérable".
Personnes "capables et conscientes"
Des conditions strictes encadrent toutefois la démarche: la personne, espagnole ou résidant dans le pays, doit ainsi être "capable et consciente" lorsqu'elle fait la demande, qui doit être formulée par écrit "sans pression extérieure" et renouvelée quinze jours plus tard.
Le médecin pourra toujours rejeter cette demande s'il estime que ces critères ne sont pas remplis. En outre, elle devra être approuvée par un autre médecin et recevoir le feu vert d'une commission d'évaluation.
De plus, n'importe quel professionnel de la santé pourra faire valoir "son objection de conscience" et refuser de participer à la procédure, prise en charge par le système public de santé.
Droite et Eglise vent debout
L'Eglise catholique, tout comme la droite et l'extrême droite espagnole, sont en revanche vent debout contre cette réforme, dont l'application suscite, par ailleurs, les interrogations de certains médecins. L'euthanasie "est toujours une forme d'homicide" et "plutôt que de défendre la vie", l'Etat "devient responsable de la mort infligée", a ainsi dénoncé la Conférence épiscopale espagnole.
afp/oang
L'euthanasie désormais autorisée dans quatre pays de l'UE
Au sein de l'Union européenne, l'Espagne devient ainsi le quatrième pays à dépénaliser l'euthanasie après les Pays-Bas, la Belgique et le Luxembourg.
Le parlement portugais a également voté fin janvier une loi en ce sens, mais la Cour constitutionnelle a retoqué lundi le texte, qui va donc être renvoyé aux députés.