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La présidente sortante Dilma Rousseff a été réélue dimanche à la tête du Brésil avec une courte avance sur Aecio Neves, selon des résultats officiels. Après dépouillement de 99% des bulletins, la candidate de gauche est créditée de 51,6% des voix contre 48,4% pour son rival de centre-droit.
"Merci beaucoup", a immédiatement écrit Dilma Rousseff dans un message publié sur son compte Twitter. Le sénateur Aecio Neves a accepté la défaite et a demandé "un projet honnête" pour le pays
A 66 ans, la présidente sortante obtient un second mandat de quatre ans. Sa formation, le parti des travailleurs (PT), est au pouvoir depuis 12 ans et a mis en oeuvre des programmes de redistribution sociale qui ont contribué à sortir plus de 40 millions de Brésiliens de la pauvreté.
142,8 millions de Brésiliens se sont rendus aux urnes dimanche. La victoire de la candidate "de la continuité" s'est jouée sur une différence de trois millions de votes seulement dans ce pays grand comme 16 fois la France comptant 200 millions d'habitants.
Les Brésiliens étaient partagés entre partisans de la poursuite des conquêtes sociales qui ont extirpé 40 millions de personnes de la pauvreté et ceux d'une alternance pour relancer l'économie en berne de leur pays.
Neves battu dans son bastion
Mme Rousseff, 66 ans, a perdu dans l'Etat de São Paulo, premier collège électoral du pays (35,7% contre 64,30% à M. Neves) mais a compensé en gagnant dans le Minas Gerais, second collège électoral et fief politique de M. Neves qui y fut gouverneur (52,4% contre 47,6%). Elle l'a emporté aussi dans l'Etat de Rio de Janeiro avec plus de 54% des voix, troisième collège électoral.
Elle a reçu le soutien massif du Nord-Est pauvre du pays qui représente 26% de l'électorat du Brésil, soit plus que l'Etat de São Paulo, où elle a fait un meilleur score qu'en 2010, selon des analystes.
La victoire finale s'est décidée au sein de la classe moyenne divisée des Etats les plus peuplés du Sud-Est industrialisé, São Paulo, Rio, Minas Gerais. Ils avaient été l'épicentre de la fronde sociale historique de juin 2013 contre la facture du Mondial de football, l'état de délabrement des services publics et la corruption. Aecio Neves, largement favori dans ces régions depuis le premier tour, y a été rattrapé par Mme Rousseff.