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La paléographie est la science spécialisée dans l'étude
des styles d'écriture. Elle est très utile à l'épigraphiste
car elle lui permet, par une observation attentive de la forme des lettres, de
leur taille, ainsi que de la présence ou de l'absence de certains caractères,
d'obtenir des indications précieuses pour dater une inscription.
L’état de la langue grecque (mots choisis, dialectes - dorien, mégarien, ...-, orthographe, expressions, vulgarismes, ...) fournit aussi un indice important pour situer l'inscription dans le temps.
Ainsi peut-on généralement établir une claire distinction entre une inscription archaïque, classique, hellénistique ou d’époque romaine. Toutefois, il ne faut pas perdre de vue qu’un lapicide a pu recourir à une écriture volontairement archaïsante !
En Attique, l'alphabet présente certaines particularités :
Aux époques archaïque et classique jusqu'en 403/2 av. J.-C.
- On ne fait pas de distinction entre Ε (epsilon), Η (êta), EI (fausse diphtongue) qui se notent toutes E
- On ne fait pas de distinction entre Ο (omicron), Ω (omega), OU (fausse diphtongue) qui se notent toutes O
- L’apiration se note avec un H
- Le sigma est indiqué par trois barres : (le sigma à quatre barres Σ commence à apparaître au cours de la seconde moitié du Ve s. av. J.-C.)
- Les sons “x” et “ps” sont notés ,
- La barre centrale de l'alpha est très souvent oblique
A partir de 403/2 av. J.-C. sous l’influence de l’Ionie
- On fait la distinction entre E et H; O et Ω
- L’aspiration n’est plus indiquée
- Les sons “x” et “ps” sont désormais notés par les lettres Ξ et Ψ
D'une manière générale, vers la fin du Ve s. av. J.-C., on observe:
- Une forme plus géométrique des lettres:
- La tendance à marquer la barre centrale de l'alpha de manière parfaitement horizontale
L'alphabet adopté par Athènes fut également utilisé par d'autres cités de son empire maritime ainsi qu'en Epire
A partir du milieu du IVe s. av. J.-C.
- La forme des lettres tend à devenir plus souple: les traits droits s'incurvent (notamment la barre centrale de l'alpha)
- Les lettres rondes deviennent plus petites (ex. omicron, oméga, théta et parfois aussi delta)
A partir du milieu du IIIe s. av. J.-C. et jusqu'à l'époque romaine impériale
- Le goût pour l'ornementation se développe: des apices apparaissent à l'extrémité des traits des lettres et la barre centrale de l'alpha se brise
- L'influence de l'écriture cursive se fait plus présente. Trois lettres s'arrondissent : le S devient C, le E devient ε et le Ω devient ω. Sous cette forme, chacune des lettres porte le nom de "lunaire"
A "basse époque" romaine
- La forme des lettres tend à devenir de plus en plus élancée