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Les Banques centrales sont des institutions à la fois très anciennes et très récentes. C’est en 1656 que la première Banque centrale voit le jour – la Banque centrale de Suède – à la suite de la faillite de la Banque de Stockholm. Elle sera suivie, en 1694, par la Old Lady qu’est la Banque d’Angleterre. La Banque de France est créée en 1800 et il faut attendre le début du XVIIIe siècle pour voir l’ouverture de la Banque nationale suisse (BNS), en 1905, qui est opérationnelle dès 1907.
Quant à la Banque centrale européenne (BCE), elle naît du traité sur l’Union européenne de 1992 et est mise en place le 1er juin 1998 à Francfort.
Pour une stabilité des prix
Ces institutions ont pour but la gestion de la politique monétaire de leur pays ou, pour la BCE, de la zone euro. Elles ont pour objectif principal de maintenir la stabilité des prix tout en préservant la valeur de la monnaie. Les banques centrales ou nationales ont trois rôles principaux:
- assurer l’émission de la monnaie fiduciaire et contribuer ainsi à fixer les taux d’intérêt,
- superviser le fonctionnement des marchés financiers tout en assurant le respect des réglementations du risque (ratio de solvabilité) des institutions financières (en particulier des banques de dépôts),
- jouer le rôle de prêteur, en dernier ressort, en cas de crise systémique.
À chaque pays sa banque centrale
Les banques centrales n'ont pas des rôles strictement identiques ou la même organisation dans tous les pays. Elles peuvent notamment partager leurs pouvoirs avec d'autres institutions. Elles sont généralement indépendantes du pouvoir politique, ce qui est le cas pour la BCE et la BNS, ou partiellement dépendantes pour ce qui est de la Réserve fédérale des États-Unis (Fed). Le pouvoir de cette dernière est partagé entre un Conseil fédéral des gouverneurs (The Federal Board of Governors) et un réseau de banques à capitaux privés, les douze banques fédérales.
La BNS est une société anonyme et a deux sièges, un à Berne et l’autre à Zurich. Elle veille à la stabilité du franc suisse en se servant dans ses réserves d’or et de devises étrangères. Elle gère les comptes que la Confédération a ouverts pour effectuer des paiements. Elle émet les emprunts de la Confédération et la conseille pour le placement temporaire de son argent.
En 2008, la BNS vient au secours de l’UBS en allant se procurer de l’argent à crédit auprès de la Fed. Le 6 septembre 2011, elle décide d’acheter en masse des euros pour maintenir le plancher minimum de l'euro-franc à 1,20, et ce pour une durée indéterminée. La crise du rouble en 2014 ainsi que les incertitudes sur le marché européen concernant la croissance entraînent une appréciation du franc suisse. En conséquence, la BNS introduit, le 18 décembre de cette année-là, des taux d’intérêts négatifs (-0,25%) pour défendre le taux plancher. Le 15 janvier 2015, elle supprime ce cours plancher et, dans la foulée, abaisse son taux d’intérêt négatif à -0,75%.
Publié dans le commentaire hebdomadaire «Matinale Express – Actions étrangères» de la salle des marchés de la BCV le 18 décembre 2017