Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07262.jsonl.gz/1031

On pourrait penser que le débat sur le meilleur système économique, fût-il socialiste ou capitaliste, prend fin au regard de l’histoire et de la réalité. Cela semble le cas, puisque même un ancien président des jeunes socialistes et aujourd’hui conseiller national déclare de manière enflammée dans son discours du 1er mai : « Cela vaut toujours la peine de se battre pour la liberté ». Adam Smith plutôt que Karl Marx. Il est frappant que ce politicien socialiste n’évoque pas la solidarité comme pendant indispensable à la liberté. Le socialisme ne résiste pas à la réalité des faits et à la situation des Etats concernés. Mais il est faux de conclure à la victoire du libéralisme sur le socialisme. Parce que les analyses de Marx ont quelque chose de correct, tout comme celles de Smith. « L’erreur » est d’avoir voulu en tirer des idéologies. L’idéologie sous-tend implicitement de placer la personne et son environnement sous le joug d’une idée présentée comme absolument et totalement vraie, et présentée parfois comme scientifique.
Le libéralisme et le socialisme n'ont pas vraiment réussi. En revanche ce qui fonctionne c’est le développement d’une liberté et d’une solidarité à visage humain et la mise en œuvre d’idéaux qui ne sont pas présentés comme absolus. En lieu et place des idéologies socialiste et libérale, la doctrine sociale chrétienne a défini les notions de personne, solidarité, subsidiarité et les principes sociaux de bien commun et de durabilité. Ces fondements ont donné naissance à l’économie sociale de marché en tant qu’ordre économique à visage humain. L’économie sociale de marché met les personnes au centre, pas les idées. C’est pourquoi elle est plus forte que n’importe quelle idéologie. Marx a certainement quelque chose à nous apprendre. Tout comme Smith. Mais il est nécessaire d’apprendre les bonnes choses.