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Dieu se soucie de notre bien-être. Et de celui de notre prochain. Cela est particulièrement vrai pour les personnes qui occupent une position vulnérable sur le plan économique. Ainsi, Jacques 5.4 dit : « Voici, le salaire des ouvriers qui ont moissonné vos champs, et dont vous les avez frustrés, crie, et les cris des moissonneurs sont parvenus jusqu’aux oreilles du Seigneur des armées ». 1 Timothée 5.18 ajoute : « Car l’Écriture dit : ‘Tu n’emmuselleras pas le bœuf qui bat le grain’, et : ‘L’ouvrier mérite son salaire' ». Quel est le rapport avec la revendication d’un salaire minimum ?
Afin de protéger les plus vulnérables économiquement, des salaires minimums ont été fixés dans de nombreux pays. En Suisse aussi, une initiative a tenté en 2014 d’introduire un salaire minimum de 4000 francs. Mais après avoir été partiellement approuvée dans les premiers sondages, l’initiative a ensuite été clairement rejetée.
Comment pondérer la pauvreté ?
L’État ne devrait rien imposer en matière de salaire, tel était l’un des contre-arguments. Et un salaire minimum défini créerait des incitations qui rendraient la Suisse plus attrayante pour les travailleurs étrangers. Il est inquiétant que de tels arguments soient plus importants que la pauvreté dans laquelle de nombreuses familles doivent vivre. Selon l’Office fédéral de la statistique1 , un enfant sur 20 était en effet concerné par la pauvreté monétaire en Suisse en 2014 et un enfant sur six était menacé de pauvreté.
Perdre ou gagner des emplois ?
Une autre raison du rejet de l’initiative était également la crainte de perdre des emplois. Cette crainte est compréhensible et a été largement exploitée par les opposants lors de la campagne de votation. C’est probablement l’une des principales raisons pour lesquelles l’initiative a finalement été clairement rejetée.
Mais en y regardant de plus près, l’argument de l’emploi s’avère faux : en Grande-Bretagne, un salaire minimum légal a été introduit en 1999 et augmenté chaque année. Des études scientifiques2 ont montré que cela n’a pas détruit d’emplois, mais en a plutôt créé davantage. Cela s’explique par le fait que les personnes peu rémunérées ne peuvent pas économiser l’argent supplémentaire, mais le dépensent généralement sous peu. Des expériences similaires ont été faites aux États-Unis3.
Promouvoir l’économie pour tous
Entre-temps, cinq cantons suisses ont déjà introduit des salaires minimaux : Jura, Neuchâtel, Tessin, Genève et Bâle-Ville. Les expériences montrent que cela a eu des effets positifs. Aucune perte d’emploi n’a été signalée jusqu’à présent.
Conclusion : il est possible, en Suisse aussi, de verser des salaires dignes et suffisants pour vivre, comme le veut l’esprit biblique.Le sujet doit donc être remis sur la table au niveau politique. Dans les pays industrialisés, une promotion économique sans mesures de redistribution n’a encore jamais permis d’améliorer la situation des pauvres. Faisons donc ce qui est économiquement possible et qui a du sens pour les plus défavorisés.
Cet article est paru pour la première fois dans le « Forum Integriertes Christsein » : https://www.insist-consulting.ch/forum-integriertes-christsein/22-3-5-arbeit-mindestloehne-sind-christlich-und-moeglich.html