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Résistances au changement
La volonté d'opérer des changements dans la société se retrouve dans tous les régimes qui se succèdent entre 1798 et 1815. Toutes les méthodes sont utilisées: révolution, réforme, contrainte, persuasion, force armée, et instruction.
Sommaire
La récolte des informations
Les autorités révolutionnaires décident en premier lieu de récolter des informations sur le pays car elles ont besoin d'informations objectives pour fonder leur action. Elles lancent donc de vastes enquêtes dans les secteurs les plus divers.
Elles vont, par exemple, s'intéresser aux informations générales touchant la population puisque le gouvernement d'Ancien Régime n'a pas laissé beaucoup de renseignements à ce sujet. Le nouveau pouvoir ne possède en fait que des chiffres exagérés. C'est pourquoi le recensement de la population est une des premières mesures d'envergure lancées par le nouveau régime (1798). Cette enquête établit que le Valais est peuplé par 60344 personnes. Par la suite, chaque régime renouvellera l'opération, avec des investigations de plus en plus poussées.
Les statistiques
Cependant, comme les statistiques servent aussi de base de calcul pour la conscription des soldats et pour la répartition des charges fiscales, elles n'ont pas bonne presse. Pour les habitants ces questionnaires paraissent dangereux et parfois, ils iront même jusqu'à refuser de s'inscrire pour le nouveau recensement car pour certains, ce n'est que machinations sataniques et avarice sordide:
« Lorsque leur ruine s'approcha, ils vinrent jusqu'à demander combien on recueillait de grain, combien de vache pouvait produire durant l'année, combien on faisait de setiers de vin, combien on avait de ruches d'abeilles, combien on bouche [tue] de vaches, combien de veaux et de moutons, enfin sur toutes les choses imaginables ».
Changer la société
Durant la période helvétique, une avalanche de lois et de proclamations n'atteignent pas leur but. Les lois proposées ne sont pas respectées. Voyons par exemple ce qui se passe avec les droits féodaux.
Pour beaucoup de paysans, la Révolution signifie l'abolition des dîmes et des fiefs. Le gouvernement provisoire pense pouvoir protéger les propriétaires de ces droits – essentiellement le clergé - en édictant une loi générale sur la sûreté des personnes et des propriétés, mais les communes obtiennent que les dîmes et les fiefs ne soient pas expressément englobés dans cette garantie. Cette question provoque une crise; le comité ne peut s'accorder et n'arrive pas à « satisfaire l'attente du peuple et [à] conserver le respect dû à la religion et aux propriétés». Finalement, les servitudes personnelles sont abolies, mais les autres droits féodaux devront être rachetés.
Au moment où le Valais est érigé en République indépendante, rien n'est vraiment résolu. L'évêque et le clergé revendiquent alors le rétablissement de leurs droits mais la Diète ne peut accepter. Celle-ci essaie alors d'adopter une loi de compromis qui est rejetée par le clergé. Celui-ci entame une guerre d'usure. La loi votée en Diète ne sera jamais appliquée.
Bibliographie
- Histoire du Valais, Annales valaisannes 2000-2001, Sion, 2002
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