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|Extraits d'une projection d'images digitales Parzival, 2013

|Victor Burgin, Parzival

in cycle Des histoires sans fin, séquence automne-hiver 2013-2014

Le Mamco s’associe au Wagner Geneva Festival en exposant Parzival de Victor Burgin, une installation filmique que l’artiste britannique a conçue spécialement pour cette occasion.
Richard Wagner avait 32 ans lorsque, durant un séjour balnéaire à Marienbad durant l’été 1845, il lut pour la première fois Parzival, le roman chevaleresque du treizième siècle. Il avait passé la soixantaine lorsqu’il commença à écrire la musique de l’œuvre qu’il baserait sur ce récit, et ne termina son opéra Parsifal qu’un an avant sa mort, à Venise en 1883. Certains décèlent dans Parsifal la trace des œuvres précédentes de Wagner ; ils voient, par exemple, la figure de Tristan derrière Amfortas, ou considèrent le Graal comme une combinaison de l’anneau d’Alberich et des pommes d’or de Freia. Wagner avait d’abord prévu de faire se rencontrer Parzival et Tristan dans le dernier acte de Tristan et Isolde, avant d’abandonner cette idée.
En 1858-1859, durant son séjour de sept mois à Venise, le souvenir de Parzival accompagnait Wagner qui, ayant interrompu son travail sur L’Anneau des Nibelungen, terminait l’acte II de Tristan et Isolde. Il écrit en décembre 1858 : « Parzival m’a beaucoup occupé : en particulier une créature singulière, une femme étrangement, mi femme, mi démon (la messagère du Graal) qui m’apparaît avec toujours plus de vie et m’inspirant toujours plus de fascination. » C’est là probablement sa première référence au personnage qu’il nommera plus tard « Kundry ».
La vie et l'œuvre de Richard Wagner forment un complexe culturel massif et même décourageant. Je n'ai pas la témérité rité de tenter une œuvre sur Wagner, ni l’envie d’offrir une nouvelle interprétation d’une de ses œuvres.
Ma proposition pour le Geneva Wagner Festival au Mamco est plutôt une trace modeste de ma rencontre avec le corpus wagnérien, la représentation d’un objet psychologique : des images, des associations d’idées, des anecdotes, des fragments sonores, etc. C’est une évocation très libre du séjour vénitien de Wagner en 1858-1859, à cette période où Parzival n’était plus une romance médiévale, mais pas encore un opéra, plutôt une intuition irrésolue, empêtrée dans les reliquats de la vie privée, professionnelle, politique et esthétique de Wagner. C’est une figure indistincte dans un paysage, inscrite sur l’horizon dévasté du futur Götterdämmerung.
Victor Burgin
|Victor Burgin est né à Sheffield (Royaume-Unis) en 1941 ; il vit à Lagarde-Fimarcon (France) et à Paris.|