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Les termes «surentraînement», «acidification» ou «raideur» sont couramment utilisés par les entraîneurs de chevaux pour décrire les symptômes de mauvaise performance, de non - récupération après l’effort ou de fatigue durable sur plusieurs semaines ou plusieurs mois.
Les facteurs de stress dans l’environnement, les longs transports et les changements d’écurie peuvent mener à la lassitude d’entraînement et provoquer une baisse de performance. Photo: HAFL/Conny Herholz
Un bon entraînement se distingue par la planification judicieuse de la durée, de l’intensité et de la fréquence des unités d’entraînement afin que le cheval puisse réaliser ses meilleures performances au moment de la compétition. L’entraînement devrait être adapté en fonction des saisons, la récupération après l’effort et la variation du programme intégrées au calendrier même dans les phases d’entraînement intensives afin d’éviter l’épuisement du cheval.
La capacité de performance chez le cheval
La capacité de performance d’un cheval ne dépend pas uniquement des périodes d’entraînement et de repos, mais aussi de la constitution d’une série de facteurs physiques et psychiques comme la race, la santé, l’alimentation, le management et la motivation. La favorisation de la performance optimale du cheval dépend également de l’expérience du cavalier, resp. de la compatibilité de ses attentes avec les moyens du cheval (illustration 1).
La race et le pedigree sont des facteurs relevant de la génétique. Parmi les qualités héréditaires, l’on compte notamment la part de fibres musculaires et s’il s’agit de fibres pouvant travailler avec force et rapidité (pur-sang) ou si elles sont plus appropriées à des performances de longue durée (chevaux arabes ou d’endurance).
La bonne santé du cheval est la condition de base pour réaliser des performances physiques. Les boiteries et les problèmes de dos sont les raisons principales des baisses de performance resp. des arrêts, suivis des maladies de l’appareil digestif, des maladies cardiovasculaires et des maladies respiratoires. Les surcharges répétées, les formes d’entraînement trop dures ou pas suffisamment variées, les surcharges physiques ou psychiques ainsi qu’une mauvaise forme de détention peuvent également mener à des troubles massifs de la santé corporelle et mentale du cheval.
Illustration 1: Les facteurs de capacité de performance du cheval (d’après Emmanuelle van Erck, Equine Sports Medicine Practice, illustration propre)
Par conséquent, outre la forme physique optimale, la motivation d’un athlète joue également un rôle décisif dans la recherche de la performance. La motivation du cheval dépend elle aussi de différents facteurs, comme par exemple le repos suffisant (mises au parc régulières), la diversité du programme d’entraînement, la détention, (hygiène, aération, espace, contact avec les congénères) et l’alimentation. Cette dernière doit être adaptée, tout comme la gestion globale de l’animal, à la performance et au type du cheval.
Le syndrome de lassitude d’entraînement
Le terme de lassitude d’entraînement décrit une disproportion entre l’entraînement et la récupération conduisant à une baisse de performance ne disparaissant pas même après deux semaines de pause ou d’entraînement réduit, sans qu’il y ait signe de maladie. Des performances faibles, une fatigue élevée et le manque de récupération après les phases de travail caractérisent le syndrome de lassitude d’entraînement, aussi connu sous le terme anglais de «overtraining». Le surentraînement, appelé «over-reaching», est une forme première de lassitude d’entraînement. Elle disparaît cependant après une phase de récupération de quelques jours ou d’un maximum de deux semaines.
Les mécanismes causant le syndrome de lassitude d’entraînement chez le cheval, bien que faisant l’objet de recherches intensives, ne sont pas complètement élucidés jusqu’à ce jour. Les chercheurs ont découvert que le contrôle hormonal de «l’hormone du stress», le cortisol, est diminué dans le cerveau des humains et des chevaux atteints de lassitude d’entraînement (cf. tableau étude Sauer et al.). D’autres chercheurs ont pu démontrer que la sécrétion de l’hormone de croissance, qui joue un rôle lors de la récupération après une période de stress, est moins régulière chez les chevaux atteints de lassitude d’entraînement que chez les chevaux non atteints.
En plus des changements hormonaux, d’autres paramètres pouvant permettre la détection de lassitude d’entraînement ont été analysés. Il s’agit ici de paramètres de performance comme la vitesse comparée à la fréquence cardiaque combinée à l’augmentation du taux d’acide lactique, le poids, le comportement, la variabilité de la fréquence cardiaque comme indicateur de stress, la consommation d’oxygène, les troubles métaboliques ainsi que d’autres paramètres musculaires et sanguins. Malgré tous ces efforts, aucun paramètre universel n’a encore pu être trouvé pour mesurer de manière fiable la lassitude d’entraînement chez le cheval dans les différentes disciplines équestres.
Le travail avec des barres au sol ou des cavalettis peut rendre l’entraînement plus intéressant. Photo: HAFL/Conny Herholz
Que faire en cas de syndrome de lassitude d’entraînement?
Afin de pouvoir exclure une baisse de performance temporaire (over-reaching), la première chose à faire est d’introduire une pause d’entraînement de plusieurs jours. Si les symptômes de fatigue, de non-volonté ou d’agressivité chez le cheval ne disparaissent pas, il est à craindre qu’il s’agisse bien d’une lassitude d’entraînement continue (overtraining).
Le cheval doit alors être examiné par un vétérinaire afin d’exclure toute origine pathologique de la baisse de performance. Les maladies pouvant contribuer à une lassitude d’entraînement sont par ex. les ulcères d’estomac, les boiteries, les problèmes de dos ou les maladies de l’appareil respiratoire. En outre, il s’agit de prendre en compte les facteurs de stress dans l’environnement du cheval.
Il se peut que de nombreuses personnes différentes viennent à l’écurie pour s’occuper du cheval afin de l’amener au meilleur de sa forme - cela peut être un facteur de stress pour celui-ci. Les longs transports ainsi que les changements d’écurie ou de voisin de box (tissu social) sont également des facteurs de stress pouvant favoriser les baisses de performance. C’est pourquoi il est très important de garder une routine inchangée avec les chevaux ayant un programme d’entraînement chargé et de créer un environnement stable ne comprenant pas de trop nombreuses personnes de contact.
D’une pierre deux coups: galoper au pâturage permet aux chevaux de se défouler et favorise leur endurance. Photo: HAFL/Conny Herholz
L’entraînement devrait en revanche être le plus diversifié possible. Certains cavaliers travaillent leur cheval cinq fois par semaine en manège ou au paddock en accomplissant des exercices souvent répétitifs. Les chevaux sont les premiers à s’ennuyer avec un tel programme quotidien! Le travail à l’extérieur, sur le tapis roulant, sur des cavalettis, de petits obstacles ou dans l’eau peut être envisagé pour diversifier le programme. De plus, le cheval doit pouvoir se défouler et se détendre au pâturage.
Chez les athlètes humains, le «Tapering» est conseillé afin de prévenir la lassitude d’entraînement. Par ce terme, l’on comprend la réduction du volume d’entraînement (fréquence, durée, intensité) au préalable d’une compétition. Pour les sports d’endurance (par ex. marathon, natation, triathlon), une réduction du volume d’entraînement pour une durée de deux à trois semaines avant la compétition est conseillée. Pour les sportifs devant fournir des efforts courts et intensifs (par ex. sprint, haltérophilie), la durée de la réduction d’entraînement est en générale plus longue. Cette phase de réduction permet à la musculature de se régénérer après le travail intensif et de remplir les réserves d’énergie.
La méthode du «Tapering» peut également être utilisée dans certaines disciplines équestres, comme par ex. l’endurance. Pour des manifestations hippiques lors desquelles un haut niveau de performance est exigé sur plusieurs jours, des périodes de «Tapering» allant de cinq à dix ou de trois à cinq jours sont conseillées. Cependant, il n’existe pas de règle stricte pour la période de «Tapering», celle-ci devant être adaptée individuellement à chaque athlète (humain ou équin).
Dans le cas d’une lassitude d’entraînement continue, les chances que le cheval retrouve un jour sa pleine capacité de performance sont difficiles à estimer. Si les symptômes sont identifiés rapidement et les mesures adéquates prises resp. si un traitement est entamé, il est possible de rendre au cheval sa forme athlétique d’avant.
La lassitude d’entraînement chez le cheval est donc bien une réalité. Les entraîneurs, les cavaliers, les propriétaires et les personnes soignant les chevaux devraient donc planifier la saison de compétition avec soin et porter une grande attention au bien-être de leurs chevaux.
Conny Herholz, directrice Sciences équines, BFH-HAFL Zollikofen
Après le travail la détente, le changement étant la clé du succès. Photo: HAFL/Conny Herholz
Symptômes de lassitude d’entraînement chez le cheval
- Fatigue
- Baisse de performance (par exemple refus soudains, manque de volonté)
- Perte de poids malgré prise de nourriture non perturbée
- Manque d’appétit
Signes de stress psychique:
- Nervosité
- Agressivité
- Tremblements des muscles
- Transpiration
- Diarrhée