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La filiale de l'UBS Asset Management (AM) va acheter RT Capital, une filiale de la Banque royale du Canada (BRC), spécialisée dans la gestion d'actifs institutionnels. Les analystes voient l'opération d'un bon oeil.
La transaction se chiffre à 350 millions de dollars canadiens (411 millions de francs) au maximum, selon la banque en Suisse. RT Capital offre des services de gestion de placements aux caisses de retraite et aux investisseurs institutionnels. Elle gère 31 milliards de dollars (36 milliards de francs) d'actifs.
Ce rachat, annoncé un an après la reprise de la banque d'affaires américaine PaineWebber, doit permettre à l'UBS de se renforcer dans la gestion d'actifs au Canada. Ce pays est le 4e marché de la planète pour les produits de caisses de retraite. Au total, UBS-AM gère pour environ 637 milliards de francs d'actifs.
Actuellement peu présente au Canada, avec 3,1 milliards de dollars (3,6 milliards de francs) gérés pour 21 clients, UBS-AM va s'installer à la 5e place, a précisé Monika Dunnant, porte-parole de l'UBS. L'établissement profitera en outre d'un réseau de distribution très développé.
RT Capital sera rebaptisé Brinson Canada, complétant ainsi les marques Brinson Partners et Brinson Advisors utilisées par UBS-AM en Amérique du Nord et du Sud. La transaction doit être close le 30 septembre, sous réserve de l'approbation des autorités de réglementation.
Le prix de 411 millions de francs est subordonné au fait qu'aucun client de RT Capital ne se retire, a encore indiqué Mme Dunant. La société emploie une centaine de personnes. Aucune suppression de poste n'est prévue.
Brinson Canada sera dirigée par l'actuel président du conseil et chef de la direction de RT Capital, l'ex-ministre canadien des finances (1984-1991), Michael Wilson. Celui-ci dépendra de Benjamin Lenhardt Jr., dirigeant de UBS-AM pour les Amériques et président et chef de la direction de Brinson Partners.
La BRC avait fait état au début du mois de mars d'une possible vente de son unité de gestion de fonds. L'été dernier, plusieurs cadres de la division avaient été directement mis en cause par les autorités de régulation pour avoir gonflé de façon artificielle la valeur de certains titres et améliorer la performance des fonds.
L'UBS explique le désir de vendre de la BRC par l'évolution du secteur au Canada. Avec le relèvement de 20 à 30% du plafond pour le contenu étranger pour les caisses de retraite, les investisseurs institutionnels sont devenus plus demandeurs de placements aux Etats-Unis et ailleurs dans le monde.
Les analystes voient l'opération d'un bon oeil. Pour Christoph Ritschard, de la Banque cantonale de Zurich, le prix est «justifié». Il ne s'agit toutefois que d'une petite affaire pour l'UBS. Une autre analyste considère que le prix n'est «pas élevé». RT Capital a bonne réputation et l'acquisition est certainement judicieuse.
L'annonce du rachat a permis à l'action UBS de se reprendre provisoirement à la Bourse suisse. Tombée à 249 francs peu avant 12h00, elle était remonté à 253,50 francs vers 16h00. Le titre a toutefois terminé la journée à 250,50 francs, en retrait de 1,57% par rapport au cours de clôture de la veille (254,50 francs).
swissinfo avec les agences