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L'élection présidentielle du 12 février devrait assurer un troisième mandat à Gourbangouly Berdymoukhamedov (archives).
KEYSTONE/AP Pool Presidential Press Service/KAYHAN OZER(sda-ats)
Les électeurs turkmènes se sont rendus aux urnes dimanche pour l'élection présidentielle qui devait assurer largement un troisième mandat à Gourbangouly Berdymoukhamedov. Il dirige sans partage depuis 2006 ce pays d'Asie centrale, l'un des plus fermés du monde.
Huit candidats méconnus et condamnés à faire de la figuration sont opposés au président sortant. Celui-ci est arrivé au pouvoir après le décès de son excentrique prédécesseur Saparmourat Niazov dans ce pays d'Asie centrale qui est l'un des plus fermés du monde.
Les bureaux de vote avaient ouvert à 07h00 (05h00 suisse) et ont fermé à 19h00 (15h00 suisse). Le taux de participation a été particulièrement élevé, soit 97,3%, selon les chiffres fournis par la Commission électorale centrale. Les premiers résultats ne sont pas attendus avant lundi matin 8vers 05h30 suisse), a indiqué un représentant de la Commission électorale.
Dentiste personnel de Saparmourat Niazov devenu ministre de la Santé, Gourbangouly Berdymoukhamedov a été élu une première fois en 2007 avec 89% des voix. En 2012, il a été réélu avec un score de 97,14%. Un résultat similaire est attendu dans ce scrutin organisé après une campagne électorale extrêmement calme, au cours de laquelle le chef de l'Etat a promis "la prospérité dans le troisième millénaire d'un Turkménistan indépendant et neutre".
"Le scrutin décidera de l'avenir du peuple au cours des sept prochaines années", a déclaré le président sortant venu voter dimanche matin, en famille, dans une école d'Achkhabad. "Si je suis élu, notre politique d'amélioration de l'aide sociale pour le peuple sera poursuivie", a-t-il promis.
Règne à vie en vue
Dans le bureau de vote installé dans son université, Zokhra, une étudiante de 18 ans portant la robe nationale rouge écarlate explique qu'elle "a voté pour la première fois". "J'ai choisi notre président", dit-elle. "Nous décidons de notre avenir", assure la jeune Turkmène après avoir reçu l'un des livres du président Berdymoukhamedov et un bouquet de fleurs.
Cette élection dans ce pays riche en gaz de cinq millions d'habitants, majoritairement musulmans, arrive quelques mois après une révision constitutionnelle qui, en septembre, a étendu de cinq à sept ans le mandat présidentiel et supprimé la contrainte d'âge maximal des candidats.
Pour les experts, ces changements sont le signe que le président Berdymoukhamedov se prépare à un règne à vie, à l'image de Saparmourat Niazov. Le chef de l'Etat a d'ailleurs repris le culte de la personnalité, rappelant celui de la Corée du Nord, que son prédécesseur avait instauré.
Des statues en or à l'effigie des deux hommes ont été construites dans la capitale Achkhabad, où les revenus issus des hydrocarbures ont permis l'édification d'immenses palais de marbre blanc ou la création, en dépit d'un secteur touristique insignifiant, d'un aéroport en forme d'oiseau qui a coûté plus de deux milliards de dollars.
Internet contrôlé
Dans un récent rapport, l'ONG Human Rights Watch (HRW) a estimé que M. Berdymoukhamedov avait pris "quelques modestes mesures pour renverser certaines des décisions néfastes" de Niazov tout en conservant le caractère répressif qui caractérisait le régime de son prédécesseur.
Bien que les Turkmènes aient désormais accès à Internet, interdit sous le règne de Niazov, celui-ci est sévèrement contrôlé et le gouvernement a mené une campagne pour couper les télévisions étrangères regardées via satellite par les Turkmènes, note HRW.
ATS