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Sylvia Fucaraccio a des ancêtres fribourgeois. En 1862, son arrière-grand père Louis Théophile Chillier est parti de Châtel-Saint-Denis à l'âge de 5 ans avec ses parents et ses 4 frères et soeurs. Destination: Baradero, une commune située dans le centre de l'Argentine, à 150 km au Nord de Buenos Aires. La colonie suisse de Baradero avait été fondée quelques années plus tôt en 1856, par 4 familles originaires de Châtel-Saint-Denis, créant ainsi la première colonie agricole européenne d'Argentine.
La Société suisse de Baradero et l'association Baradero-Fribourg
Curieuse de connaître ses origines fribourgeoises lointaines, Sylvia à décidé de s'investir dans La Sociedad Suiza de Baradero, tout comme sa mère l'avait fait auparavant. Elle fait partie du comité depuis 20 ans. La société possède une Maison suisse construite en 1899. Elle abrite des bureaux, une école de langue (français, allemand et portugais), une bibliothèque, une salle polyvalente utilisée pour les fêtes, un secrétariat avec les archives de l'association et un musée qui explique le parcours du premier siècle de présence suisse à Baradero. Cette bâtisse de style néo classique est en train d'être rénovée par étapes grâce au soutien financier de l'Etat de Fribourg et de particuliers par le biais de l'association Baradero-Fribourg. Une association née en 1992 pour créer des ponts entre les deux communautés.
Une convention de coopération et des échanges fructueux
Une convention de coopération culturelle entre le Service de la culture du canton de Fribourg et la commune de Baradero - établie en 2016 - prévoit des échanges de personnes, en particulier dans les domaines de la culture, de la formation professionnelle et scolaire. Des échanges qui étaient une réalité puisqu'ils avaient été organisés depuis près de 20 ans déjà, de manière informelle entre les deux pays par l'association Baradero-Fribourg. Ainsi, Gabriel Weiss avait bénéficié d'un tel échange organisé par l'association, et suivi une formation de gestion de l'environnement à l'université de Lausanne et un stage à Grangeneuve. Il habite aujourd'hui le Québec. Des étudiants de français de la Société suisse ont séjourné à Bulle et des étudiants d'espagnol du Collège de Bulle se sont rendus à Baradero. Dans les années 90, l'historien Christophe Mauron séjourne à Baradero, publie "L'armailli et le gaucho" et monte une exposition qui sera présentée en Argentine et en Suisse. Cette étude sera complétée en 2004 par son ouvrage "La réincarnation d'Helvetia".
Une stagiaire argentine à Fribourg
Dans le sillage de ces diverses expériences enrichissantes, Sylvia décide de venir en Suisse parfaire ses connaissances dans les domaines de la muséographie et de la conservation du patrimoine. A son retour en Argentine, elle sera la responsable du musée de la Maison suisse.
Son apprentissage de trois mois en Suisse consiste à s'instruire sur le fonctionnement de diverses institutions fribourgeoises liées à la culture: le Musée gruérien, le Musée d'art et d'histoire de Fribourg, le Musée de Morat, le Service des biens culturels, les Archives de l'Etat, Le Service de la culture, Patrimoine Gruyère-Veveyse et Pro Fribourg.
Ici, Sylvia est impressionnée par une organisation bien structurée. "Bien qu'il y a un dialogue entre les différentes institutions, chaque personne est spécialisée dans un domaine bien particulier. Ça aide à des réalisations plus complètes. Certains modes de fonctionnements pourront être adaptés à nos possibilités. Par exemple, nous pourrons nous inspirer de la manière de stocker les archives au Musée guérien, ou encore instaurer un travail de sensibilisation tel que celui pratiqué par la Bibliothèque de Bulle. Cet apprentissage me permet d'avoir un regard plus intégral, plus large sur la manière de présenter notre patrimoine et de le mettre en valeur."
Parallèlement à son expérience professionnelle à Fribourg, Sylvia s'adapte et fait connaissance avec notre mode de vie: "Ce que j'aime bien ici c'est le rapport que je peux avoir avec toutes les personnes que je rencontre. Elles sont très aimables, très ouvertes. Quand on fait connaissance avec quelqu'un ici, c'est d'abord très formel, mais cela change rapidement! Fribourg est une ville tranquille, propre, la circulation est bien organisée comparée à Baradero. Lorsque j'attends à un passage piéton, les voitures s'arrêtent pour me laisser passer! J'aime aussi la ponctualité, une vertu peut-être héritée de mes ancêtres suisses."
Pour en savoir plus:
http://www.baradero-fribourg.ch
https://www.facebook.com/profile.php?id=100010161708934&fref=ts