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Avec ses tournesols au premier plan, comme les soleils quotidiens du mois de juillet 2020, le château de Champvent est un des plus majestueux du pays Romand et a conservé son caractère du Moyen Âge. Campé sur sa colline, il domine la contrée et, du haut de ses tours, la vue est sans doute incomparable. Il date de la seconde moitié du 13e siècle (vers 1266), c’est à dire des premiers seigneurs de Champvent de la Maison de Grandson, Henri et Pierre. La tour nord-est contient une chapelle du XIIIe siècle, qui a conservé une grande valeur archéologique.
Au cours des temps, l’intérieur des bâtiments a été remanié à plus d’une reprise et adapté ainsi au goût et au style d’habitation de différentes époques. Avec son mur d’enceinte rectangulaire et ses quatre tours d’angle circulaires, l’ouvrage correspond à ces châteaux forts introduits dans notre pays vers le milieu du XIIIe siècle par les ducs de Savoie. Comme ceux d’Yverdon, de Morges et de Bulle. Les quatre tours se caractérisent par leur épaisseur et leur puissance, car les murs ont encore 1m95 au sommet. Elles ont été à nouveau recouvertes entre 1359 et 1365. La porte d’entrée, transformée ultérieurement, était défendue par un oriel garni de mâchicoulis.
Henri de Grandson, fils d’Ebald IV, a lancé les travaux de construction, qui ont été poursuivis par son descendant Guillaume de Champvent, évêque de Lausanne. Ils les termina peu avant sa mort en 1301. La famille continuera à occuper le château et se détachera progressivement de la tutelle des Grandson jusqu’à sa disparition en 1336. Le château et la seigneurie ont ensuite passé en mains bourguignonnes et le château a été brûlé par les troupes confédérées après la défaite de Charles le Téméraire lors de la Bataille de Grandson. Reconstruit, il passe en mains bernoises après l’invasion de 1536. Les droits seigneuriaux furent alors confiés à la ville d’Yverdon-les-Bains.
La forteresse est une propriété privée. Ernest Morf en a été longtemps le propriétaire et il y est enseveli, après son décès en 1974. L’édifice appartient aujourd’hui à la femme d’affaires d’origine allemande Christiane Leister, propriétaire du groupe industriel obwaldien du même nom. On ne peut malheureusement pas le visiter. R. Jt