Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07224.jsonl.gz/1201

23/11/2016
Je profite de l'élection d'un nouveau comité (avec beaucoup de nouvelles têtes) chez les Jeunes Libéraux-Radicaux genevois (JLRG) pour parler un peu de ma vision de cette jeunesse de parti que j'ai rejoint en fin janvier et où j'ai reçu un bon accueil.
Les JLRG sont une organisation dont la ligne semble plutôt libérale (ni très libérale, ni modérément libérale, mais plutôt libérale). J'ai du plaisir à fréquenter les membres du parti et à discuter avec eux et il existe, je trouve, une bonne ambiance au sein du parti.
Alors voici mon conseil (très philosophiquement libéral) au nouveau comité : décentralisez.
La principale faiblesse du parti vient de sa trop forte centralisation.
Pourtant, il n'y a pas de mouvement jeune libéral possible si les membres du parti n'ont pas davantage la possibilité de participer aux prises de décision sur ce que fait (action), sur ce que pense (positions) et sur comment s'organise (fonctionnement) le parti. Et ceci pour une raison simple : un individu ne s'investit dans un parti que lorsqu'il a l'impression que ce parti est une création et une construction commune de lui et de l'ensemble des membres du parti. On ne construit pas un mouvement sur le consentement passif, mais sur la participation, le débat et la discussion.
Concrètement cela implique :
1. L'augmentation du nombre d'assemblées générales. Par exemple avec une assemblée générale mensuelle (qui pourrait éventuellement remplacer les stamms).
2. La mise en place des ordres du jour des assemblées générales par l'ensemble des membres du parti. Ce qui signifie qu'à partir d'une certaine date, notifiée formellement aux membres, l'ordre du jour est ouvert à la construction collective par l'ensemble des membres.
3. La participation de l'ensemble des membres du parti à la construction du journal du parti. Ce qui signifie qu'à partir d'une certaine date, notifiée formellement aux membres, la rédaction d'un article pour le journal est ouverte aux membres qui le souhaitent.
Ces trois mesures devraient permettre d'atteindre un degré de décentralisation à peu près acceptable qui permettra de manière relativement adéquate aux membres de participer davantage à la construction du parti.
Je vous le répète, il n'y a pas d'avenir pour le libéralisme sans un mouvement jeune libéral. Mais il n'y a pas d'avenir pour un tel mouvement sans transformation de la structure du parti. Il est temps de mettre notre parti (davantage) en adéquation avec la philosophie libérale.
Salutations,
Adrien Faure
25/05/2016
Quel sens faut-il donner aujourd'hui au mot « radical » qui orne le nom du Parti Libéral-Radical et des Jeunes Libéraux-Radicaux ?
Historiquement, il s'agit évidemment d'une référence directe au Parti Radical, un parti qui a fait de grandes et belles choses, renversant les conservateurs lors des révolutions genevoise et tessinoise de 1846 et 1890, mettant fin à l'oligarchie en instaurant la démocratie et en renforçant l'égalité en droits. Mais aussi un parti que Karl Marx appelait à soutenir en 1848 : « En Suisse, [les communistes] appuient les radicaux, sans méconnaître que ce parti se compose d'éléments contradictoires, moitié de démocrates socialistes, dans l'acception française du mot, moitié de bourgeois radicaux. » Un parti qui brisa le confédéralisme, instaura l’État fédéral et l'imposa aux minorités catholiques par la force des armes. Comme Pascal Décaillet le répète volontiers, le Parti Radical fut un parti qui joua un rôle important dans le développement de l'intervention de l’État en Suisse. Un héritage contrasté dirons-nous donc.
Le philosophe Kevin Mulligan nous a donné, je pense, les clefs d'une nouvelle interprétation de ce terme, davantage adaptée à notre époque et à ses nécessités. Dans son ontologie des concepts politiques, présentée notamment lors d'une conférence de l'Association des étudiants de l'Université de Genève pour l'étude la philosophie libérale s'étant tenue en mars 2016 à l'université et portant sur le libéralisme, il propose ainsi comme opposition politique fondamentale le couple « radicals versus conservatives ». Les « radicals » sont les partisans du changement, que ce soit dans un sens ou dans un autre, tandis que les « conservatives » sont les partisans de l'immobilisme et de l'ordre établi. Contre la tyrannie du statu quo (dixit Milton Friedman en 1984), les libéraux radicaux sont donc, selon cette nouvelle signification, les partisans d'un changement radical dans un sens radicalement libéral.
Il me semble qu'une telle interprétation du mot « radical » s'inscrit parfaitement dans la ligne adoptée par les Jeunes Libéraux-Radicaux en Suisse. Radicalement libéraux, ils incarnent le mouvement de jeunesse favorable à la liberté et à même de diffuser l'idéal libéral contre tous les étatismes, les nationalismes et les conservatismes.
Soyons donc des « radicals » pour le libéralisme et la liberté !