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24/09/2013
Grand Conseil : les lobbys utilisent le vote nominatif !
Il existe deux manières de voter aux élections au Grand Conseil : le vote compact pour un parti, et le vote nominatif pour un candidat.
Le vote compact détermine la répartition des sièges entre partis. Il n'a que peu d'influence puisqu'il faut plus de 9000 votes compacts pour une liste pour lui attribuer un siège supplémentaire. La loi statistique des grands nombres et la sociologie du canton ont beaucoup plus d'influence sur la composition du Grand Conseil que les bulletins compacts. Lors des élections cantonales de 2009, 60% des électeurs avaient choisit de voter compact.
Le vote nominatif détermine l'attribution des sièges au sein des candidats d'un parti. Il suffit de seulement 500 à 1000 votes nominatifs supplémentaires pour qu'un candidat d'un parti figure parmi les élus de son parti. Le vote nominatif est donc un vote 9 fois plus influent que le vote compact.
Peu de Genevois soupçonnent la prouesse politique et technologique du dépouillement de 9 millions de votes nominatifs en seulement 8 heures : soit 40 000 suffrages à la minute !?! Une prouesse technique qui n'est utilisée que par une minorité de Genevois. En France, on sait ce que c'est que de laisser aux partis le choix de la composition des listes : nous avons eu comme député européen de l'UDF une ancienne maitresse de Président de la République et la femme d'un industriel généreux donateur d'un parti !?!
Les lobbys, eux, ont bien compris à quel point le vote compact est sans réelle influence. La CGI et l'ASLOCA n'appellent pas à voter libéral ou socialiste... mais à voter pour les candidats qui vont représenter leurs intérêts. Idem pour les banques privées ou les communes. Ils appellent au vote nominatif... avec beaucoup de succès si l'on en juge par la composition actuelle du Grand Conseil. Une fois que les Genevois ordinaires ont décidé de la composition du Grand Conseil par parti, les lobbys arrivent et s'assurent que dans chaque parti ce sont les représentants des lobbys qui s'accaparent les sièges.
Les Genevois pensaient voter pour des socialistes, ils se sont retrouvés avec des ASLOCISTES. Ils pensaient voter pour des Libéraux, ils se sont retrouvés avec des représentants des banques, de la FER et des milieux immobiliers. Ils pensaient voter pour des écologistes et ils se sont retrouvés avec des professionnels des associations environnementales. Ils pensaient voter pour des MCG et ils se sont retrouvés avec des syndicalistes de la police. Ils pensaient voter pour des constituants de l'extrême gauche, ils ont eu des représentants de retraités. Les agriculteurs et les médecins s'assurent quand à eux que leurs professions soit représentées dans tous les partis. Les Genevois pensaient avoir un parlement de milice, ils se retrouvent avec un parlement largement composé de lobbyistes rémunérés par des intérêts privés pour la défense d'intérêts privés.
La présence massive des lobbyistes au Grand Conseil explique de nombreux blocages genevois qui pénalisent toute notre région : comment les députés de la Chambre Genevoise Immobilière et l'ASLOCA pourraient-ils s'entendre à résoudre la pénurie de logements alors que leurs employeurs les rémunèrent pour défendre des intérêts ? Comment résoudre le conflit absurde entre voitures et bus si chacun campe sur la défense d'intérêts plutôt que de négocier les règles d'une cohabitation nécessaire ?
Pourtant, il suffirait de 1000 Genevois pour réduire l'influence des lobbys. 1000 électeurs supplémentaires qui renonceraient à leur 1/9000 de pouvoir de décision d'un seul siège au Grand Conseil, pour utiliser à plein leur 1/1000 de pouvoir de déterminer la composition des 100 sièges. Ils commenceraient par rayer les représentants des lobbys qui ne défendent que des intérêts particuliers plutôt qu'une vision de l'intérêt général. Ils choisiraient des candidats en fonction de leurs parcours, de leurs accomplissements ou de leur profession. Ils pourraient aussi choisir des candidats en fonction de leur âge ou de leur lieu de résidence.
Pour maximiser leur influence sur TOUTES les délégations, ils sélectionneraient des candidats dans tous les partis : une vingtaine de PLR, une dizaine de PDC, une quinzaine de verts, douze ou treize socialistes, une dizaine de MCG, 5 ou 6 UDC et une dizaine d'extrême gauche. Ils pourraient toujours augmenter le nombre de suffrages pour les partis qu'ils soutiennent en réduisant chez les autres. Après tout, l'élection de François Duc, frontalier, dans la délégation du MCG ne peut que contribuer à faire revenir le MCG sur terre ! Mais en faisant l'exercice du choix nominatif vous vous apercevrez sans doute que naturellement vous serez conduit à choisir plus de représentant des partis dont vous êtes proches.
La généralisation du vote nominatif contribuera à l'élection d'élus qui ont une vision de l'intérêt général pour résoudre les problèmes de logement et de mobilité de Genève et de sa région !