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Tome deuxième, Une affaire de pâturages.
On avait certes ses champs. Mais la surface de ceux-ci, avec un rendement que l'on peut estimer faible, vu les conditions de l'époque et les rigueurs du climat, mais il convenait de les garder tous en champs afin de constituer la réserve de fourrage nécessaire à passer l'hiver et même à tenir jusqu'au prochain printemps.
En principe on mettait l'été le gros du troupeau à l'alpage, tandis que l'on gardait à domicile les quelques bêtes qui suffisaient à fournir la maisonnée en lait. Ce qu'on en faisait reste pour nous une interrogation. Crème, beurre, petits fromages genre tomes, de tout cela un peu probablement.
Fontaine aux Allemands avait droit au 2/9 du pâturage, entendons-nous, en nombre de bêtes, puisqu'il ne fut jamais question de fragmenter les surfaces pour attribuer à ceux-ci telle ou telle partie, et à ceux-là, le solde. On pâturait en commun, on faisait les comptes en fin d'exercice où l'on effectuait les répartitions ou les frais.
Cela dura des siècles, avec naturellement les chicanes ordinaires, et même les procès que l'on peut imaginer. C'est que la population du Lieu tendit à augmenter tandis que celle de la Fontaine aux Allemands, surtout au XIXe, eut la mauvaise idée de régresser. D'où forcément une certaine arrogance des plus forts pour ceux qui devenaient rapidement les plus faibles qu'on passait volontiers désormais par dessous la jambe.
On découvrira dans ce nouveau chapitre non pas toute l'histoire des pâturages communs, mais quelques éléments capables d'expliquer comment fonctionnait le système. Bien oublié de nos jours, alors que les alpages ont pris la totalité de la place occupée par ces anciens communs, et que des remaniements divers ont remodelé le tout.