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Après deux matches amicaux en mars en Angleterre (1-2) et face au Kosovo (1-1), Murat Yakin s'apprête à livrer sa première «vraie» campagne à la tête de l'équipe de Suisse. A cinq mois et demi de la Coupe du monde au Qatar, l'objectif suprême, elle s'annonce aussi «infernale» qu'exaltante.
En l'espace de onze jours, la Suisse livrera, en effet, quatre rencontres contre la République tchèque, le 2 juin à Prague, le Portugal le 5 juin à Lisbonne et le 12 juin à Genève, et l'Espagne, le 9 juin à Genève, dans le cadre de la Ligue des Nations. En septembre, elle se déplacera le 24 en Espagne avant de conclure cette campagne le 27 à St. Gall contre la République tchèque.
«Nous voulons gagner cette Ligue des Nations»
Quatorzième au classement FIFA, la Suisse affrontera des équipes classées aux septième (l'Espagne), huitième (le Portugal) et trente-troisième (la République tchèque) rangs. Si l'on se fie à la logique des chiffres, le seul objectif de la Suisse sera le maintien en première division. «Mais nous voulons gagner cette Ligue des Nations, affirme avec force Ricardo Rodriguez. Cela ne sera pas simple, c'est vrai, mais je crois que pouvons le faire.»
L'assurance du défenseur du Torino n'est pas feinte. Champion du monde M17 avec Granit Xhaka et Haris Seferovic, le Zurichois sait depuis longtemps que le football suisse peut gagner des titres. Le parcours à l'Euro 2021 avec cette qualification pour les quarts de finale est, bien sûr, encore bien présent dans sa tête.
L'été dernier, la Suisse avait démontré qu'elle était, elle aussi, capable d'accomplir un exploit lors d'une phase finale après les éliminations contre l'Argentine en 2014, la Pologne en 2016 et la Suède en 2018. En ce qui concerne cette Ligue des Nations, le souvenir est plus contrasté avec une accession dans le Final Four en 2018 avant un maintien sur le tapis vert en 2020 en raison du forfait de l'Ukraine pour le dernier match de poules.
Ricardo Rodriguez abordera cette campagne l'esprit complètement libéré. Il sort d'une saison pleine au Torino et, surtout, il possède une belle longueur d'avance sur ses concurrents pour la place de titulaire sur le flanc gauche de la défense. Avec Yann Sommer, Manuel Akanji, Granit Xhaka, Remo Freuler et Xherdan Shaqiri, il est l'un des «intouchables» de l'équipe de Suisse.
Le quitte ou double de Haris Seferovic
Derrière les cadres, il reste toutefois des places à prendre dans la liste des vingt-trois pour la Coupe du monde au Qatar. Il est d'ores et déjà acquis que Murat Yakin pratiquera un turnover lors de ces quatre rencontres. Michael Aebischer, Eray Cömert, Fabian Frei et Jordan Lotomba abattront ainsi une carte décisive ces prochains jours.
Le constat vaut également pour Mattia Bottani, le néophyte, et pour Zeki Amdouni qui devrait, si l'on a bien compris les intentions de Murat Yakin, obtenir du temps de jeu le 12 juin contre le Portugal après avoir disputé deux rencontres avec les M21 contre la Bulgarie et en Moldavie.
Le buteur du Lausanne-Sport a vraiment une chance de disputer la Coupe du monde, à condition bien sûr de faire le bon choix lors du prochain mercato. Préféré désormais à Andi Zeqiri dont le prêt à Augsbourg ne fut pas vraiment couronné de succès et dont la trajectoire illustre l'importance de bien peser le pour et le contre avant de rejoindre l'un des cinq grands championnats , Zeki Amdouni s'affirme comme une alternative crédible si Haris Seferovic ne retrouve pas son meilleur niveau.
Trop souvent blessé, le Lucernois n'a joué que les utilités cette saison à Benfica. Or on le sait, Murat Yakin n'accordera pas de passe droit.
Pour le sélectionneur, l'indice de performance prime sur le statut des joueurs. Haris Seferovic va donc jouer pratiquement son avenir en sélection en l'espace de onze jours. Une sorte de quitte ou double pour le héros du huitième de finale contre la France lors du dernier Euro. Une preuve de plus que la roue peut tourner très vite dans le football.
ld, ats