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Fin mai, Ernst Messerschmid, ancien astronaute, a présenté une conférence au CERN 40 ans après y avoir travaillé sur les anneaux de stockage à intersections (ISR) en tant que boursier. L’expérience qu’il avait alors acquise au sein de l’environnement international du Laboratoire a contribué à faire de lui un des premiers astronautes allemands.
Ernst Messerschmid est venu pour la première fois au CERN en 1970, dans le cadre du programme des étudiants d’été. À ce moment-là, le Laboratoire préparait le démarrage des ISR. Par la suite, il est revenu au CERN en tant que boursier. Son travail aux ISR lui a servi de base pour rédiger son mémoire et sa thèse de doctorat. Tout semblait le destiner à une carrière dans la physique des accélérateurs, quand, en 1977, il tombe sur une petite annonce parue dans le journal Die Zeit : « Devenez astronaute ». « Il y avait cinq critères, se rappelle-t-il. Formation scientifique, bonne santé, stabilité psychologique, compétences linguistiques et expérience dans un environnement international. Grâce au temps passé au CERN, je remplissais tous les critères. »
Ernst Messerschmid a été sélectionné parmi les quelque 7 000 personnes ayant répondu à cette première campagne de recrutement d’astronautes de l’ESA, avec notamment quatre autres Allemands. Trois d’entre eux ont été ensuite retenus pour suivre une formation et partir en mission dans l’espace. En 1978, il rejoint le DFVLR, institut allemand de recherche et d'essai pour l'aéronautique et l'aérospatiale. Il effectue son premier voyage dans l’espace en 1985, en tant que spécialiste de charge utile au sein de la première mission Spacelab, D1, à bord de la navette spatiale Challenger.
La mission a réalisé plus de 70 expériences qui, selon lui, ont été les premières à tirer pleinement parti des conditions offertes par l’apesanteur. Ces expériences touchaient à différentes disciplines de la physique, de l’ingénierie et des sciences de la vie. Ce sont ces expériences, plus que le lancement de la navette ou l'éloignement de la Terre, qui ont été l’épreuve la plus stressante pour Ernst Messerschmid. « Une centaine d'enseignants et environ 200 étudiants comptaient sur les données que nous devions collecter, explique-t-il. On travaillait 15 à 18 heures par jour. Je n'avais pas vraiment le temps de regarder par le hublot ! »
Après son voyage dans l’espace, Ernst Messerschmid a rejoint l’Université de Stuttgart et a pris la tête du Centre européen des astronautes de Cologne entre 2000 et 2004. Il a alors été l’un des formateurs de Christer Fuglesang, lui aussi boursier du CERN devenu astronaute, qui a depuis participé à deux voyages à destination de la Station spatiale internationale.
Ernst Messerschmid enseigne encore l’astronautique et continue, comme il l’a fait lors de la conférence au CERN, de parler de l'importance des vols habités pour la connaissance et l'innovation. « Nous nous envolons pour une mission ; de retour sur Terre, en formant les autres, nous devenons des “missionnaires”, des ambassadeurs de la science et de l’innovation », conclut-il.
Pour voir le colloque donné par Ernst Messerschmid au CERN cliquez ici.