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- Titre
- Gloria
- Opus
- FP 177
- Compositeur
- Francis Poulenc (1899 - 1963)
- Année de composition
- 1960
- Programmes
-
On reconnaît souvent la musique vocale de Francis Poulenc comme la part la plus aboutie de son œuvre. Il est vrai qu’il sculpte magnifiquement la parole, surtout lorsqu’il s’agit de Cocteau, Ronsard, Aragon et Eluard, mais aussi le latin qui le renvoyait à son père, un homme profondément religieux. Les opéras, les mélodies sont le terrain où s’est le mieux révélé son amour de la langue. La musique chorale n’est pas en reste, il écrit pour les chœurs dans presque tous les genres (sauf l’oratorio, qu’il laisse au protestant Honegger).
Son œuvre chorale comprend une cantate profane, des chansons à boire, des chansons populaires, des motets, une messe, des œuvres chorales pour chœur et orchestre. Il y dévoile tous les aspects de sa personnalité : candeur, gouaille, humour, gravité, charme mais aussi austérité.
Le Gloria de Francis Poulenc, son avant-dernière œuvre chorale, est un véritable oratorio, moins par sa longueur que par l'intensité de son expression et la richesse de sa conception musicale. Il est écrit pour soprano solo, chœur et orchestre symphonique. Charles Munch crée l’œuvre à Boston et elle sera rapidement rejouée dans le monde entier. Benjamin Righetti en a réalisé une version pour cordes et orgue, l’instrument à clavier reprenant les parties de vents. Cet arrangement, interprété pour la première fois par la Camerata de Lausanne, le Chœur Pro Arte de Lausanne et l’organiste Benjamin Righetti, a d’emblée remporté un immense succès et a déjà été repris plusieurs fois.
L’œuvre est un mélange d’un esprit parfois très profane, voire drôle mais aussi très sérieux. La première partie triomphale est suivie d'un "Laudamus Te" inhabituellement cocasse, ce qui a passablement déconcerté les auditeurs contemporains. Aux critiques formulées à cause du caractère léger de la pièce, Francis Poulenc répondait : « J’ai pensé simplement, en l’écrivant, à ces fresques de Gozzoli où les anges tirent la langue, et aussi à ces graves bénédictins que j’ai vu un jour jouer au football ».
La troisième et la cinquième partie, interprétées par la soprano solo et le chœur, résonnent avec une profondeur particulière. La partie finale fait irruption comme un cri sur les mots "Qui sedes ad dexteram Patris". Dans ce dernier numéro, après l'introduction en forme de cadence, la musique s'élance dans toutes les tonalités possibles. Le "Cum Sancto Spiritu" et l'"Amen" s'éteignent dans un pianissimo saisissant. Comme nulle part ailleurs, le Gloria montre deux facettes du caractère de Francis Poulenc, tantôt plein de dérision, tantôt profondément croyant et sérieux, mais jamais superficiel.