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Le brouillard se lève dans les montagnes
Le panorama se dévoile au fur et à mesure de notre ascension, des montagnes entrelacées à perte de vue. Mais le brouillard s’élève et nous sommes dorénavant dans les nuages, les gouttes d’eau perlant sur notre visage. Arrivés au sommet, la route s’élance en serpentin dans une fantastique descente. La ville de Wanzhou se dessine en contre-bas. Celle-ci est située dans la province de Chongqing, une des plus peuplées de Chine. Celle qui a servi comme capitale de la République de Chine durant la seconde guerre sino-japonaise de 1937 à 1945.
Nous pénétrons dans la ville et arrivons face au fleuve Bleu, le Yang Tsé. Il méandre dans la ville et sa grandeur est démentielle. Le Yangzi Jiang est le plus long fleuve d’Asie. Il est composé de plus de 700 affluents et sillonne 6 380 kilomètres avant de rejoindre la mer à Shanghai. Il alimente 40 % du territoire en eau et 70 % de la production de riz. Nous traversons ce fleuve sacré et puissant avec un pont qui nous emmène au centre-ville.
En aval se trouvent les trois gorges. Les eaux du fleuve traversent les montagnes et falaises sur plus de 300 kilomètres. Là dans les brumes, perdue au milieu des montagnes avec les cris des singes, l’eau s’engouffre dans un passage étroit, dans une atmosphère mystique. C’est dans cette région que se trouve le barrage des trois gorges, terminé en 2008. La plus grande centrale hydro-électrique du monde produit une quantité d’énergie époustouflante, mais a aussi eu un énorme impact écologique et sur la population. 1,8 million de personnes ont été déplacées.
Nous traversons le fleuve Bleu, le Yang Tsé
À Wanzhou, nous sommes sidérés par la densité de population. Les immeubles sont serrés les uns aux autres. Il n’y a pas d’espace, les fenêtres se touchent presque. Dans les parcs le matin, au moment des activités quotidiennes, de danse et tai-chi, les gens se touchent. Une partie importante de la population est issue des régions qui ont été inondées par l’eau du barrage. La ville a donc subi une augmentation rapide de la population.
Les curieux s'attroupent autour des vélos
En quelques heures, nous sommes étourdis par le monde, essoufflés par une présence humaine suffocante. Il y a trop de battements de cœur, de téléphone portables, d’ondes, de bruits, de klaxons, trop de tout. Et puis la population a le visage terne, morne, sans sympathie, un peu à l’image du ciel. Un ciel recouvert de nuages gris. Nous avons une sensation d’étouffement, de poussière, de pollution. Une impression confirmée, nous sommes dans une des régions les plus polluées de la Chine. Des nuages sulfureux recouvrent ces vallées d’un voile permanent et des pluies acides s’abattent sur le territoire.
Céline, Xavier, Nayla et Fibie