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Le dépistage organisé du cancer du sein permet de réduire la mortalité par cancer du sein en détectant les lésions à des stades précoces. Les lésions ainsi décelées sont accessibles à des traitements conservateurs simples (tumorectomie).
Pour les femmes sans facteur de risque particulier, la mammographie est la principale méthode de détection précoce du cancer du sein. Lorsqu'on est dans le cadre d'un dépistage organisé, une mammographie est réalisée tous les deux ans.
Durant ce laps de temps de deux ans, des tumeurs du sein peuvent apparaître: ce sont les cancers d'intervalle.
Les cancers d'intervalle sont des cancers du sein qui apparaissent entre deux mammographies de dépistage.
L'intervalle de deux ans a été calculé de manière à minimiser la taille des cancers d'intervalle retrouvés à l'examen mammographique suivant.
En fait, les cancers d’intervalle peuvent être classés en:
1) vrais cancers d’intervalle: la relecture des clichés de mammographie précédents ne retrouve aucune anomalie focale sur la mammographie précédente (cancers d'évolution rapide).
2) cancer sans signe spécifique : la relectures ne retrouve pas d’anomalie pouvant être considérée comme suspecte.
3) faux-négatifs: le cancer est manqué pour l'une ou l'autre des raisons suivantes:
•• interprétation erronée (L’examen précédent aurait dû être considéré comme positif car la relecture montre (à postériori) des signes de malignité sur l’examen initial).
•• cliché techniquement incorrect (flou, positionnement imparfait)
La non-détection erronée de cancer du sein (faux-négatif) est réduit au minimum par:
• la double lecture des clichés mammographiques
• l'accréditation de radiologues ayant un grand volume de lecture
• la formation continue.
• le contrôle de qualité (installations radiologiques visitées régulièrement)
Les clichés techniquement incorrects sont systématiquement refaits.
Le taux de cancer d’intervalles peut être considéré comme une mesure de la performance et de la qualité du dépistage.
Des clichés mammographiques de qualité insuffisante peuvent masquer la présence d'un cancer:
• Présence d'un cliché flou. Sa présence peut cacher l'existence de fines microcalcifications (compression insuffisante du sein lors de l'acquisition des images).
• glande mammaire insuffisamment dégagée (le technicien n'a tout simplement pas assez tiré sur le sein.)
Le positionnement du sein peut également être difficile en fonction du morphotype de la patiente et du volume des seins.
Les critères de bon positionnement des clichés mammographiques sont donnés ci-dessous.
• Sillon inframammaire visible et dégagé
• Pointe inférieure du muscle pectoral projetée à la hauteur du mamelon
• Mamelon se projetant en dehors du tissu mammaire
• visualisation de la graisse rétroglandulaire
• absence de pli et d'artefact
• symétrie des deux seins
• visibilité du muscle pectoral sur le bord du cliché
• visualisation de la graisse rétroglandulaire
• mamelon bien centré et se projetant en dehors du sein
• absence de pli cutané et d'artefact
• symétrie des deux seins
Femme de 50 ans, sans antécédent significatif.
Première mammographie de dépistage: négatif (voir images 1 et 2 ci-dessous).
Neuf mois plus tard, palpation d'un nodule dans le sein droit.
Deuxième mammographie (diagnostique): présence d'une opacité classé ACR5 (voir images 3 et 4 ci-dessous).
Pour visualiser les images de grandes tailles, cliquer sur la vignette ci-dessous.
Conclusion: Cancer de l'intervalle, clichés de dépistage de technique vraisemblablement insuffisante.