Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06969.jsonl.gz/1379

1909
C’est le 9 décembre que le SC Fleurier est fondé par Gustave Guye, Louis Yersin, Jean Polonghini, Jules Niquille et Marius Greber, tous précurseurs dans la région de ce sport que nous aimons tous.
Très tôt, l’activité se concentre autour du chalet de la Grandsonnaz, qu’on loue l’hiver, et du Chasseron. De temps en temps, on pousse une reconnaissance jusqu’à Pouillerel ou au Mont-Soleil, plus rarement jusqu’au Préalpes et exceptionnellement jusqu’aux Alpes, car les transports sont longs et coûteux.
Pour la montée, on fixe des branches de darre sous les skis car on ne connaît pas encore les peaux de phoque, ou alors elles sont réservées à des gens fortunés. En revanche, on connaît déjà les skis taillés. Oui, parce qu’ils sont taillés dans du frêne puis, plus tard, dans de l’hickory mais ceux-là sont hors de prix. Pour les fixations, une simple langue de cuir autour du soulier. Le talon n’est pas maintenu et, pour tourner à la descente, on pratique le Télémark.
La neige pouvait être précoce, comme en témoigne un récit de course à ski qui signale, le 9 décembre 1919, 15 à 20 centimètres de neige sur le plateau de Beauregard, que piétinent les vaches restées en haut. Il est vrai qu’on signalait déjà, aussi, des hivers pourris voire sans neige !
Dès 1920
Les clubs organisent le « Concours Jurassien » qui se dispute sur 4 épreuves : le fond, le saut, la descente et le slalom et qui fait l’objet d’un classement combiné âprement disputé.
Dès 1926
Le SC Fleurier demande son adhésion à l’Union des Sociétés Locales, légitimant ainsi son existence. Les sauteurs se plaignent du mauvais emplacement de leur tremplin et veulent en construire un nouveau, plus grand et plus beau. On sait aussi se montrer généreux en fournissant des skis gratuits à deux enfants défavorisés de la montagne, opération qui se renouvellera pendant de nombreuses années ensuite.
Un procès-verbal du 16 janvier 1931 mentionne le « Règlement de cabane du chalet de la Grandsonnaz du Ski-club Fleurier». A l’article deux, on lit : « Vu l’exiguïté des locaux et du petit nombre de couchettes, les dames ne peuvent pas passer la nuit au chalet ».
Cette même année, on organise une course de ski de fond, slalom et saut où l’on atteint la longueur phénoménale de … 16m ! Nos ojiens, qui dépassent cette distance au moindre saut de bosse, en rigolent. Mais qu’ils essaient avec le matériel de l’époque !
1933
Sera une grande année. On participe aux premières courses d’estafettes du Val-de-Travers, courses pluridisciplinaires qui voient s’affronter des équipes composées de skieurs, patineurs, cyclistes, motocyclistes, cavaliers, skijoering, etc …, qui ont beaucoup de succès. On organise aussi des cours de ski pour débutants d’après les principes de la « méthode suisse unifiée ». Et enfin, dans l’enthousiasme, on décide de construire un chalet à proximité de la Grandsonnaz. On réunit sur le champ une somme de CHF 3’600.00 qui, augmentée d’un fonds existant de CHF 1’000.00, devrait suffire à financer la construction. Hélas, les pourparlers avec la commune de Grandson échouent.
1935
On s’approche de la commune de Bullet sans plus de succès. On réussira néanmoins à acquérir une parcelle de terrain au lieu dit « La Vue des Alpes », près de la « Gare d’Olten », sur le flanc Sud-Est du Chasseron.
En 1935-36, les voeux des sauteurs sont enfin exaucés, on construit un nouveau tremplin, aux Raisses, qui devrait permettre des sauts de 40 à 50 mètres, voire plus s’il y a des amateurs ! Les travaux sont menés à bien en grande partie par les membres, emmenés par Xavier Vaucher et le tout jeune Louis Jeanneret.
1939
On inaugure un fanion du club.
Malgré les années de crise et de guerre, l’activité continue et l’on organise quand même des concours. En 1941, on est opposé à l’invitation des coureurs étrangers qui attirent certes la foule mais drainent tous les prix et ne rapportent rien aux petits clubs ! On estime qu’en dehors de la FIS et de l’ASCS, on « ne devrait pas leur adresser des invitations, coureurs mobilisés y compris » ! Heureusement, certains esprits chevaleresques estiment qu’une saine concurrence stimule nos coureurs et que refuser la confrontation, c’est refuser ladite concurrence. Finalement, on invitera donc ces coureurs étrangers, mais hors-concours !
1947
Le Ski-club, le Club Jurassien et le Club Alpin Suisse s’unissent pour ouvrir la « Piste standard » qui prend naissance dans les pâturages de Beauregard pour se terminer, après un passage en forêt, à travers chemins et châbles, 600 mètres plus bas dans les champs du Pasquier, au bord du Fleurier, où seront installés des projecteurs pour la pratique du ski en soirée.
Dès 1950
On organise des camps pour OJ garçons, à La Grandsonnaz, qui auront beaucoup de succès même si la neige fait parfois défaut. Les filles, elles, iront avec le Ski-club de Travers.
Le 5 juin 1954
Notre club vit un drame. Son président Pierre Niquille se tue dans un accident de voiture avec deux autres camarades.
Le 21 octobre 1957
Charles Reussner accède à la présidence. Il y restera 25 ans plus un nombre incalculable d’années de comité à tous les postes, sauf celui de caviste qu’on n’a jamais osé lui confier !
Le 31 janvier 1959
Nous fêtons le 50ème anniversaire lors d’une soirée familière.
Le 17 février 1960
On reparle de la construction du chalet. L’idée a germé dans la tête de Louis Jeanneret qui en a parlé à Edouard Jeannin. Cette fois, c’est le moment. A eux deux, ils n’ont aucune peine à convaincre le comité. Louis Jeanneret a déjà échafaudé des plans pour un chalet de 35 à 40 places de jour et 20 à 30 couchettes. Coût approximatif : CHF 35’000.00. On trouve un arrangement avec la commune de Buttes qui met à disposition – contre paiement – un terrain situé au haut du « Crêt de la Mercienne », dans les pâturages de la Robella. Un endroit tellement idyllique, avec vue sur tout le Val-de-Travers et la vallée de La Sagne, que Claude Montandon, dans le Courrier du Val-de-Travers, se demande pourquoi on n’avait pas songé, jusqu’ici, à y construire quelque chose. Dès lors, les travaux seront rondement menés et le chalet est habitable pour l’hiver grâce à l’effort des hommes de métier, formidablement épaulés par des membres dévoués, qui dorment sur place dans une baraque en planches.
Le 25 juin 1961
Le chalet « Les Lisières » flambant neuf est inauguré en grande pompe. Dès lors, la vie et les activités du club s’articuleront autour de cette nouvelle maison et les effectifs vont considérablement s’enfler.
1966
Le Ski-club se porte acquéreur d’un ski-lift démontable qu’on installera chaque hiver dans la combe du Crêt-de-la-Neige. Quelle joie de pouvoir monter jusqu’en au haut de la pente sans effort. Mais on accède toujours au chalet en peau-de-phoques depuis le Vallon.
1968
Débuts mouvementés de l’école de ski de compétition Buttes-La Robella. Les clubs ne voient pas d’un bon œil que l’on accapare leurs meilleurs éléments, formés patiemment, pour les confier à d’autres entraîneurs.
1969-70
Voit la construction et l’ouverture des installations du TBRC, sous l’impulsion, entre autres, de Charles Reussner. Le Ski-Club souscrit des parts pour CHF 1’000.00. Le chalet est dès lors accessible facilement en hiver et l’augmentation des membres va s’accélérer à tel point qu’en 1972, on se décide à agrandir.
1981
On abandonne la concession du tremplin de saut des Raisses, inutilisé depuis de nombreuses années et non conforme aux normes en vigueur, qui coûtait CHF 5.00 par année de redevance à la commune de Fleurier ! On aménage aussi un chemin pour relier Les Lisières à la route de La Robella. Ce chemin sera financé en grande partie par le bénéfice retiré de l’exploitation de la grande cantine à la fête de l’Abbaye.
1982
Charles Reussner passe la main à Daniel Vaucher mais n’en reste pas moins une cheville ouvrière du club avec le titre respectable et respecté de Président d’honneur. Ont succédé à Daniel Vaucher : Denis Berthoud, Rudy Schaleppi, Philippe Kisslig, Jean-Jacques Thiébaud et Delphine Doumas, notre présidente actuelle.
2009
On fête les 100 ans du Ski-Club Fleurier, conjointement avec les 100 ans du Giron Jurassien des sports de neige.
2012
En mai, le ski club Fleurier organise, conjointement avec la Giron Jurassien, la Fête du ski.
2016
Sous l’impulsion de notre présidente Delphine Doumas, nous organisons avec succès, en collaboration avec Swiss Ski, le Summer Trophy.
2017
En juin, 2ème organisation de la Fête du ski, toujours en collaboration avec le Giron Jurassien et en septembre, nouvelle mise sur pied du Summer Trophy avec le soutien de Swiss Ski.
Ces dernières années, pas de réalisations spectaculaires à signaler, hormis plusieurs aménagements et améliorations au chalet et dans ses environs.
Et si le Ski-Club Fleurier n’a jamais formé de champions du monde ou olympiques et si, contrairement à ses voisins des Cernets-Verrières, Couvet ou La Brévine, on y a peu pratiqué le ski de fond en compétition, on a cependant apporté notre modeste contribution à l’évolution du ski. Et si les termes de « carving », « freeride », « half-pipe » ont remplacé le « stemm-christiania » ou la « godille », on a réinventé le télémark et la raquette à neige et l’on pratique le « snowboard » et le ski extrême. Reste l’ivresse de la glisse, qui grisait déjà nos aînés et qui grisera encore les générations futures.
Vive le Ski-club Fleurier … et vive le sport !