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Les experts en santé indiens s'alarment du nombre croissant de moustiques de l'espèce Aedes aegypti le vecteur clé de la fièvre jaune dans les ports et les aéroports du pays. Les experts préviennent que si des mesures de précaution ne sont pas prises, le moustique pourrait s'installer en Inde (Lancet 2001 ; 357 : 1346).L'Inde et le reste de l'Asie ont jusqu'à présent été préservés de ce virus que l'on trouve en Afrique et en Amérique du Sud. Les études effectuées par le National Institute of Communicable Diseases (NICD) et le programme national de lutte contre la malaria dans différentes parties de l'Inde attirent l'attention sur le danger d'une introduction d'Aedes aegypti.Sous les régulations internationales de la santé, qui datent de 1969, tous les ports et les aéroports internationaux devraient être préservés des larves de moustiques et des moustiques adultes, dont l'index devrait rester inférieur à 1%. K. S. Gill et ses collègues du NICD notent que la première veille de A. aegypti, en 1948, dans les ports de Calcutta, Chennai, Cochin et Vishakhapatnam avait permis de détecter Aedes seulement à Calcutta.Selon le rapport, l'index de la présence de larves dans les ports internationaux est passé de 8,8% en 1997 à 29,6% en 2000 à Calcutta, de 0% en 1964 à 22,8% en 1999 à Chennai et de 0% en 1961 à 12,19% en 1995 à Bombay. L'index de la présence de larves augmente aussi constamment dans les aéroports internationaux : de 0% en 1978 à 26,9% en 2000 à Calcutta, de 13% en 1998 à 38,8% en 1999 à Chennai et de 0% en 1956 à 9,2% en 1995 à Bombay. A Delhi, il a augmenté de 0% en 1977 à 60,7% en 2000.Les experts soulignent que la fièvre jaune pourrait s'installer en Inde via l'arrivée non repérée d'un patient infecté asymptomatique ou via des moustiques infectés par la fièvre jaune transportés par avion ou bateau. Les officiels du NICD soutiennent qu'il relève de la responsabilité de l'aviation civile et des autorités portuaires de surveiller les populations de moustiques. Ils soulignent également que l'Inde, avec une population non vaccinée et susceptible de contracter la maladie, est une zone réceptive à la fièvre jaune. A. aegypti est observé en abondance dans les zones urbaines et rurales. «Le seul maillon qui manque dans la chaîne de transmission pour que l'épidémie se déclare est le virus de la fièvre jaune», remarque K. K. Datta, qui dirige le NICD.«Il s'agit là d'une sérieuse préoccupation», commente un responsable de l'OMS à Delhi. «Etant donné le déplacement vers l'est du virus, nous sommes très préoccupés au sujet de l'introduction du virus dans cette partie du monde», ajoute-t-il. «Il est indéniable que la population d'Aedes en Inde augmente, renchérit Datta. Si cette tendance n'est pas surveillée par un contrôle régulier, la probabilité de l'introduction de la fièvre jaune augmentera», conclut-il.