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Brigandage, agression sexuelle et lésions corporelles connaissent une hausse significative chez les jeunes de 14 à 16 ans.
Tels sont les points forts d’une enquête vaudoise. Elle confirme les études menées dans les cantons de Zurich et de Zoug.
«Les jeunes d’aujourd’hui sont plus souvent victimes que les jeunes du début des années 90 et ils commettent beaucoup plus d’infraction qu’à l’époque». C’est le constat dressé par une étude de l’Institut de criminologie de l’université de Lausanne.
Ses auteurs ont mené leur recherche sur plus de 2500 élèves dans les districts vaudois d’Echallens, de Vevey et de Morges.
Cette recherche montre qu’en une décennie, le taux de brigandage est passé de 1,5% à 5,7%. Les agressions sexuelles passent, elles, de 1,2 % à 4,5%. Quant aux lésions corporelles, elles grimpent à 8,1% en 2003, alors que ce taux était de 5,9% en 1992.
Des enquêtes similaires menées dans les cantons de Zoug et de Zurich montrent un taux encore plus élevé d’actes de brigandage et de racket.
Les agressions sexuelles et les lésions corporelles sont par contre moins fréquentes dans ces deux cantons alémaniques que dans le canton de Vaud.
«En revanche, tous les sondages récents font apparaître une très forte hausse de la délinquance par rapport à l’enquête nationale de 1992», souligne le rapport.
Une gamme variée de délits
Ainsi, près de 10% des élèves vaudois reconnaissent pratiquer le vol à l’étalage pour plus de 50 francs. 38% chapardent pour des sommes inférieures.
Près de 70% des élèves interrogés resquillent dans les transports en commun. 31% volent à l’école et près de 20% le font dans la maison familiale. Là aussi, les chiffres sont proches de ceux obtenu à Zoug et à Zurich.
L’institut pointe également des comportements plus dangereux encore. Outre les agressions sexuelles mentionnées plus haut, près de 4% des élèves vaudois avouent avoir commis un incendie. Plus de 3% d’entre eux reconnaissent avoir menacer quelqu’un avec une arme ou un objet dangereux.
Et ça n’est pas tout. Plus de 10% des élèves vendent de la drogue (essentiellement du cannabis), alors que dix ans auparavant, ce pourcentage était nul.
Un nombre croissant de victimes
Les écoliers victimes d’agression sont également en augmentation, selon l’étude. Plus de la moitié des élèves déclarent subir parfois ou souvent une agression.
Les auteurs de la recherche ne donnent pas d’explications détaillées à ce phénomène. Elles seront fournies ultérieurement.
Mais l’Institut de criminologie fournit tout de même quelques pistes. Ainsi, les comportements déviants sont plus faibles chez les adolescents qui suivent une filière menant au baccalauréat.
Les Suisses et les étrangers
L’étude esquisse également quelques comparaisons entre les élèves suisses et leurs camarades étrangers.
Les chercheurs ne constatent pas de différence notable quant au nombre de victimes. «Cela correspond aux observations faites dans les cantons de Zurich et de Zoug», ajoute l’étude.
Par contre, les élèves suisses consomment plus d’alcool et de drogues que leurs camarades étrangers.
«Le taux de délinquance est en général plus élevé chez les étrangers que chez les Suisses», affirme l’étude.
Avant de préciser: «Si cette tendance est bien réelle, force est de constater que cette différence des taux est relativement modeste».
swissinfo, Frédéric Burnand, Genève
En bref
- L’enquête de l’Institut de criminologie de Lausanne a été menée auprès de 2655 élèves âgés de 14 à 16 ans.
- Ces élèves fréquentent 13 établissements scolaires répartis dans les districts vaudois d’Echallens, de Vevey et de Morges.
- D’autres études seront menées, en particulier à Lausanne et à Yverdon.