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Lorsque Lucy Koechlin pense à la démocratie, elle ne pense pas aux structures parlementaires, aux partis ou aux élections. Elle s'intéresse plutôt à la participation des citoyennes et des citoyens. «Ce qui me motive, c'est la curiosité de savoir de quelle manière les gens contribuent activement à façonner la société», dit-elle. En tant que chargée de cours en anthropologie politique à l’université ainsi qu'au Centre d'études africaines de l'université de Bâle, cette femme de 56 ans sait à quel point cette participation citoyenne peut prendre différentes formes dans le monde. Elle a mené des recherches dans différents États africains sur des sujets tels que l'urbanisation, la gouvernance ou la corruption.
«C'est justement dans les pays aux structures peu démocratiques que l'on trouve souvent une énergie incroyable et une grande inventivité lorsqu'il s'agit de participer à l'organisation de la société», explique Koechlin. Pour elle, il est impressionnant de constater comment, contre vents et marées, des personnes mettent par exemple sur pied des initiatives citoyennes ou demandent des comptes aux hommes et femmes politiques. En Suisse, elle constate en revanche une léthargie qui fait oublier à la population les nombreuses possibilités dont elle dispose.
Actuellement, on peut observer dans le monde entier ce que signifie le fossé entre la politique et la population. En Angleterre par exemple, où les citoyennes et citoyens ne se sentent plus représentés ni pris au sérieux par le gouvernement. Koechlin est liée à l'Angleterre, sa mère en est originaire et elle a elle-même fait son Master in Development Studies à Londres.
En tant que chargée de cours à l'université de Bâle, on ne la voit plus qu'irrégulièrement aujourd'hui. «Je porte différentes casquettes», dit-elle en riant. Par exemple en tant que propriétaire d'une petite entreprise de conseils qui aide les pays à renforcer l'État de droit, à lutter contre la corruption et à combattre l'impunité. Actuellement, elle s'engage principalement en faveur de la fondation "Oumou Dilly" qu'elle a contribué à créer et qui vise à rendre accessibles les connaissances sur et en provenance d'Afrique. Cette fondation collabore avec des personnes et des organisations sélectionnées dans des pays africains afin de donner davantage de poids aux expériences académiques et artistiques de ces pays.
En tant que membre du conseil de fondation de la Fondation pour la démocratie directe, elle se décrit elle-même comme un "chien multicolore". Qu'après tout, elle est la seule à ne pas avoir d'expérience dans le monde politique suisse. En revanche, elle possède un savoir-faire international grâce à ses travaux de recherche et de conseil. Si cela ne tenait qu'à elle, le monde entier devrait de toute façon être intégré dans un système démocratique. Elle fait avancer cette vision avec l'association qu'elle a cofondée, GloCo, qui signifie Global Community et ne veut rien de moins qu'une participation directe de tous les humains aux questions mondiales. "Nous vivons à une époque où de très nombreux sujets qui concernent notre avenir sont de nature globale", explique Koechlin. Le changement climatique, par exemple, ou le désarmement nucléaire. "Mais il n'existe pas de système politique global dans lequel ces questions sont négociées avec la participation des citoyen·nes". En tant qu'organisation, l'ONU est bien trop éloignée des préoccupations réelles de la population, et ses membres ne sont pas non plus élus par cette dernière.
La Suisse pourrait servir de modèle au niveau national. «En Suisse, nous avons déjà une culture de la participation directe». Koechlin est toutefois convaincue que «cette participation est un muscle que nous devons entraîner, sinon il disparaîtra». C'est pourquoi le travail de la Fondation pour la démocratie directe est essentiel à ses yeux. «Notre paysage de partis politiques est sclérosé». Pour assouplir ce système tenace et le doter de nouvelles possibilités, il faut le revitaliser, comme le fait la fondation. «Pour que la société continue à participer activement aux processus décisionnels».
5 questions à Lucy
Ce que j'aime en Suisse, ... c'est la qualité de vie et, bien sûr, les montagnes et les lacs!
Ce qui me dérange en Suisse, ... c'est l'autosatisfaction.
Mes voyages de recherche sont pour moi ... un espace pour réfléchir de manière concentrée sur les humains et le monde.
Pour vraiment me détendre, j'ai besoin ... d'un bon livre ou d'une belle promenade ou randonnée.
Le dernier livre qui m'a emballée (et pourquoi) ... Felwine Sarr «Les lieux où habitent mes rêves», parce qu'il raconte joliment comment le dialogue entre différents projets de vie et différentes visions du monde nourrit à la fois une compréhension plus grande du monde et une vie riche de sens.
À propos de la Fondation pour la démocratie directe
La Fondation pour la démocratie directe encourage la participation politique de la population. Elle soutient les initiatives et les référendums qui s'engagent pour les droits humains, la justice sociale, l'égalité et la durabilité.
En tant que première fondation crowd de Suisse, la fondation repose sur les épaules d'une communauté croissante de citoyens engagés. Ils financent les projets en cours par des dons.
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