Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07252.jsonl.gz/1138

Condamné à 16 ans de prison pour avoir fait éliminer son associé
24.09.2018
Un jeune homme de 23 ans a été condamné lundi par le Tribunal criminel de Genève à 16 ans de prison pour avoir fait éliminer son associé aux Philippines en 2014, par un tueur à gages. Il a été reconnu coupable d'assassinat.
Les juges ont retenu la préméditation en soulignant que l'homme a tout planifié minutieusement et a agi avec sang-froid et détermination. Sa responsabilité pénale est légèrement diminuée en raison d'un trouble de la personnalité à caractère immature et narcissique. Il devra suivre un traitement ambulatoire en détention.
Les juges n'ont pas suivi complètement le procureur qui avait requis une peine de 19 ans assortie d'une mesure d'internement. La défense avait pour sa part plaidé l'acquittement au bénéfice du doute, estimant qu'une grande zone d'ombre demeurait sur la nuit de la mort de l'associé, un Genevois de 22 ans.
"Son égoïsme l'a emporté sur toute autre préoccupation", selon le Tribunal criminel. Sa faute est extrêmement lourde, car il s'en est pris à la vie d'un autre jeune qui était venu aux Philippines "pour changer de cap après une jeunesse difficile".
Dépensier
L'accusé voulait monter un bar dans l'archipel. C'était son rêve après une enfance marquée par la séparation de ses parents. Il s'y était installé en 2013 et avait travaillé dans l'hôtellerie et dans l'informatique.
Faute de pouvoir financer son projet de bar, il s'associe à un compatriote. Les juges estiment que le jeune homme a fait éliminer son associé pour s'accaparer ses avoirs, environ 12'000 dollars, ou gérer le bar tout seul. Le jeune homme "était dépensier et aimait le luxe", a relevé le Tribunal criminel.
Aucune chance
La nuit du 6 au 7 octobre 2014, le Genevois a engagé un tueur à gages. Il a attiré son associé sur une autre île sous prétexte d'acheter du matériel pour l'établissement. Le Genevois a été tué d'un coup de couteau dans le coeur dans ce guet-apens. Le tueur professionnel ne lui a laissé aucune chance, selon les juges.
Le jeune homme qui contestait les faits a mis en cause son ex-compagne philippine avec qui il avait eu une fille contre son gré en juillet 2014. Pour le Tribunal criminel, cette théorie ne tient pas la route, pas plus que celle des escadrons de la mort qui en auraient voulu à la victime. Confronté aux éléments du dossier, le jeune homme a livré des versions invraisemblables, selon les juges.
Une peine lourde
"La peine est lourde pour un homme jeune qui n'a pas d'antécédent, mais elle est cohérente par rapport aux faits qui lui sont reprochés", a relevé Philippe Currat, qui défend le jeune homme. L'avocat attend les motivations détaillées du verdict avant de se prononcer sur un éventuel appel.
ats