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La Genève du 17e siècle fortifiée, telle que proposée par le graveur et éditeur d'origine bâloise Matthaeus Mérian.
La ville est, dans l’histoire, souvent indissociable de ses fortifications, qui en marquent les limites et lui assurent protection. Elles ont été détruites au milieu du 19e siècle pour permettre l’agrandissement de la ville.
L’importance des murs de défenses est particulièrement apparente sur les premières grandes vues de Genève gravées et éditées par Matthaeus Mérian (1593-1650) au 17e siècle. Le graveur et éditeur d'origine bâloise, connu surtout pour ses vues de villes et de paysages, qu'il publia en plusieurs volumes et firent date dans l'histoire de l'édition.
La vue de Genève ne fut probablement pas réalisée sur place mais dessinée par Merian vers 1612-1615 lorsqu'il travaillait à Paris pour le compte de l'ingénieur français Claude Chastillon (1560-1616). C'est celui-ci ou l’un des ses collaborateurs venu à Genève en 1595 pour faire des croquis de la ville qui servirent à l'élaboration de la gravure.
La vue panoramique à vol d’oiseau de la cité de Calvin est prise depuis le sud. Elle servit de modèles à de nombreuses autres images, en France, en Italie, en Allemagne et en Hollande. Merian lui-même en proposa plusieurs versions. Dans sa vue, l'artiste bâlois souligne un trait déterminant de l’identité de la cité : son enceinte bastionnée représentée avec une grande précision. En revanche, la silhouette du bâti urbain culminant dans les tours de la cathédrale a un caractère fantaisiste des édifices religieux, peut-être dû à l’imprécision ou à l’inachèvement des matériaux qu'avait pu fournir à Merian l’atelier de Chastillon.