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Autres vues aériennes de Valangin
Chef-lieu d'une seigneurie, dont l'existence est attestée au milieu du XlIe siècle, Valangin a joué un rôle appréciable dans l'histoire neuchâteloise. On ignore tout du château qui devait exister vers 1150, lorsque Renaud de Valangin et Guillaume, son fils, donnèrent des biens à l'abbaye de Fontaine André. Après eux, et du début du XIIIe siècle à 1517, cette terre appartint à la famille d'Arberg-Valangin, vassale de l'évêque de Bâle et rivale des comtes de Neuchâtel. Valangin fut acheté par ceux-ci en 1592.
La première mention du château remonte au 6 janvier 1296, lorsque les seigneurs Jean Ier et Thierry d'Arberg résignèrent temporairement le Val-de-Ruz et Valangin à l'évêque; en échange, ce dernier s'engageait à construire une tour et forteresse sur une colline proche du château, dite la roche rouge. On ne sait pas si la victoire de Rollin de Neuchâtel sur les deux frères et l'évêque, mort six mois plus tard, modifia les projets. Au XVIe siècle, on paraît avoir parfois identifié la tour de 1296 avec celle des Prisons, démolie en 1789. Faudrait-il plutôt voir dans la seconde tour celle qu'un certain Amiot construisit en 1334, en lui donnant des murs épais de 6 à 10 pieds et hauts de 50 pieds?
En 1378, le maçon Perroud élève un mur entre le bourg et le château. Un fenêtrage doté de quatre baies, deux arcs, des meneaux et des sièges dans l'ébrasement intérieur, est construit en 1422 par Perrin Vennier. Huit ans après, le seigneur projette d'importants travaux défensifs au nord et à l'est, apparemment jamais réalisés.
En revanche, une grande activité règne en 1449 et 1450; les habitants des montagnes se voient confirmer le droit d'abri derrière l'enceinte extérieure qu'ils viennent de réparer; le maçon Ponçot Dubois élève un pignon et des cheminées, tandis que Jean De Hedeleberg bâtit le boulevard d'un pont-levis et une tourelle ronde. Entre 1489 et 1493 surviennent des transformations profondes donnant à l'enceinte une partie de son aspect actuel. Le maçon Guyot Colat bâtit une tour face aux maisons du bourg et d'autres sans doute le long des murs attenants. Une charpente vient couronner le mur nord en 1497. Après la mort de Claude d'Arberg (1517),-sa veuve Guillemette de Vergy fait procéder à un "maisonnement neuf" et à celui de la porte d'entrée, cité en 1531. Petit-fils des précédents seigneurs, René de Challant, maréchal, puis lieutenant-général de Savoie, engage des dépenses élevées pour reconstruire le mur d'enceinte nord, en 1552, peut-être sur les plans de Pierre Griffon. Jean Dard, Laurent Perroud et Antoine Ballanche, des maçons fort actifs à l'époque, construisent de nombreux murs, malheureusement impossibles à localiser dans ce qui fut l'aile nord du château.
La mort de Challant, en 1565, et la mésentente de ses filles provoquèrent le début du déclin du château, vendu au souverain de Neuchâtel et occupé par des subalternes. Pierre Girardot remonta une tour effondrée en 1601, ce qui n'empêcha point la formation de nombreuses autres brèches; l'effondrement de tours, en 1701 et 1713, provoqua sans doute l'arasement de celles qui subsistaient, les années suivantes. Comble de malchance, les travaux de restauration entrepris à la suite de longues démarches auprès du prince, Frédéric II, roi de Prusse, furent cause de l'incendie accidentel du château en 1747. De nouvelles tractations amenèrent une économique remise en état de l'édifice, en partie aux frais des bourgeois et des communes. Entre 1769 et 1772, quatre entrepreneurs associés pour la circonstance démolirent toute la partie nord, du XVIe siècle, remplacée par une terrasse plantée d'arbres et accessible par une rampe, bâtirent une façade neuve pour l'aile sud conservée, elle-même abaissée d'un étage, et remirent tout l'intérieur en état. La tour des Prisons, démolie en 1789, se révéla encore solide. De nombreux secteurs de l'enceinte ont été remontés dès lors, et défendus contre les empiétements de particuliers. En 1894, l'Etat, qui venait de renoncer à utiliser le château comme prison, en céda la jouissance à la Société d'histoire et d'archéologie du canton de Neuchâtel, pour l'établissement d'un musée régional. La société entreprit de prudents travaux d'aménagement, de 1896 à 1898, alors que les autorités cantonales faisaient restaurer les enceintes entre 1900 et 1916.
La pierre tombale de Catherine de Wattenwyl, qui passa son enfance au château d'Oron
Bibliographie