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Ce week-end sur le tremplin de Ruka, en Finlande, Simon Ammann (42 ans) entamera sa 27e saison en Coupe du monde. Celui qui a débuté sa carrière en décembre 1997 à Oberstdorf n'en a pas encore fini avec son sport malgré une armoire déjà riche en trophées: outre ses légendaires doublés olympiques de 2002 à Salt Lake City et de 2010 à Vancouver, le sauteur à ski a remporté pas moins de 23 épreuves de Coupe du monde.
Son dernier succès remonte à 2015, l'ultime podium à 2018. Cela fait donc plusieurs saisons qu'Ammann ne truste pas les premières places mais pour ce fils de paysan du Toggenburg, l'absence de succès n'a jamais été une raison d'abandonner. C'est même tout le contraire:
Sa motivation s'est encore accrue cet automne. Ses coéquipiers racontent qu'Ammann n'avait plus sauté autant aux entraînements depuis des années. Pourtant, le père de trois enfants réfléchit longuement lorsqu'on l'interroge sur cette fin de carrière qu'il repousse sans cesse et depuis longtemps. En 2011 déjà, Simon Ammann n'avait pas terminé la Tournée des quatre tremplins en raison d'une grippe et beaucoup s'attendaient à ce qu'il range ses longs skis à l'été 2012. Le champion lui-même avait mis du temps avant de communiquer sa décision de poursuivre au moins jusqu'en 2014.
La suite, on la connaît: ce sont plusieurs saisons de haut niveau jusqu'à aujourd'hui. Il suit désormais, en parallèle de sa carrière sportive, des cours d'économie d'entreprise, si bien qu'il a dû aménager son emploi du temps et qu'il doit sans cesse jouer les équilibristes. Mais la façon dont il s'est hissé l'année dernière au niveau de «l'élite mondiale élargie» (comme il l'appelle), avec un minimum d'efforts, lui fait prendre conscience de ce qui est encore possible.
Le Saint-Gallois de 42 ans doit toutefois veiller à écouter son corps, qu'avec le temps il a appris à très bien connaître. C'est pour cela qu'il a récemment dit à son entraîneur qu'il préférait s'occuper lui-même de certaines facettes de sa préparation physique.
D'un autre côté, c'est précisément ce nouveau coach – et sa philosophie du saut à ski – qui a permis à Simon Ammann de retrouver la flamme. L'ancien champion du monde norvégien Rune Velta, qui est de 8 ans plus jeune qu'Ammann, accorde une grande importance à la partie aérienne du saut. Ce scientifique du sport de formation a d'ailleurs écrit un travail remarqué à ce sujet. Velta est venu avec une idée claire pour progresser dans ce secteur et son discours a rapidement convaincu l'équipe.
Après une petite dizaine d'années d'«école de saut» allemande sous la direction de Ronny Hornschuh, Gregor Deschwanden, Killian Peier et Simon Ammann s'épanouissent à nouveau avec un entraîneur, norvégien cette fois. Ammann parle de sensations pendant le vol qu'il n'avait plus ressenties depuis des années. «C'est exactement le domaine dans lequel j'ai dû ronger mon frein ces dernières années.»
Lorsque Simon Ammann évoque la saison à venir, il utilise systématiquement la forme «nous» (sous-entendu, son entraîneur et lui). Il explique qu'ils ont relancé le projet cet été et qu'ils sont satisfaits des adaptations apportées à la chaussure en carbone qu'ils ont eux-mêmes inventée, compte tenu des changements de règles imposés par la FIS. «Nous avons pu normaliser de nombreux détails du saut», se félicite Simon Ammann. Il s'agit maintenant de consolider la position en vue du début de la Coupe du monde, afin que la confiance en soi soit également au rendez-vous. «Il faut qu'il y ait encore un peu plus de vie dans le vol», décrit-il.
Mais quels sont exactement les objectifs de Simon Ammann pour sa 27e saison? Il se concentre sur le vol à skis et les grands tremplins. Ses objectifs ne dépendent pas des résultats. Il souhaite plutôt développer la partie vol. «Les objectifs se situent dans la dimension du saut lui-même», explique «Simi», et c'est quand il dit ce genre de choses que l'on se rend compte à quel point il va nous manquer quand il ne sera plus un sauteur à ski.
Mais ce jour n'est pas encore arrivé et l'on est curieux de voir quand Simon Ammann lèvera les bras pour la première fois cet hiver dans la zone de sortie et se tapera la poitrine avec ferveur. Et nous saurons alors qu'une fois de plus, cela n'a pas grand-chose à voir avec le résultat chiffré.
Lâchée sous forme de plaisanterie il y a deux mois après la chute de Marco Schwarz (blessé au genou), cette phrase de Marc Girardelli sonne finalement très juste. Elle traduit tout simplement l’écrasante supériorité du Nidwaldien. Même s’il n’est pas parti aux Maldives comme l’ancien champion luxembourgeois pouvait le suggérer, Marco Odermatt a marqué bien des esprits samedi lors de la conquête de sa troisième Coupe du monde. Et ce n'est peut-être pas fini.