Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06972.jsonl.gz/528

Premier Age du Fer
Au nord des Alpes, le Premier Age du Fer livre des documents extrêmement intéressants sur les débuts de la civilisation celtique.
Elle se singularise notamment par sa gestion du territoire et son organisation sociale. Comme en France de l’Est et en Allemagne du Sud où apparaissent des « principautés », les territoires sont articulés autour des sites puissamment fortifiés, dans les environs desquels se concentrent des nécropoles dont les tombes sont extrêmement riches. Le défunt y est accompagné d’une profusion d’objets de prestige. Ce phénomène, qui indique un renforcement de la hiérarchie des sociétés au nord des Alpes, serait directement lié à l’essor des civilisations méditerranéennes. Le développement des comptoirs grecs et des cités étrusques aurait entraîné logiquement la densification des échanges avec les communautés celtiques nord-alpines. L’un des principaux axes commerciaux de l’époque suivrait la voie fluviale par le Rhône, la Saône et le Doubs.
La Suisse, et notamment le Valais avec ses nombreux cols, occupe également une place privilégiée sur la route qui relie la Méditerranée aux « principautés » hallstattiennes.
Sommaire
Les villages celtiques
Comme à la période précédente, l’habitat de l’Age du Fer se concentre aux abords de la plaine du Rhône. On le retrouve également dans les parties basses des vallées latérales, souvent le long des voies de passage, comme Sembrancher qui occupait une place de choix sur le chemin du Grand-Saint-Bernard. La situation des trouvailles – des sépultures surtout – confirme l’implantation des communautés à l’étage montagnard. Certaines vallées comme le Lötschental ou la vallée de Loèche, quasiment désertes aux époques antérieures, sont colonisées dès le VIe siècle avant J.-C.
Près de Brigue, au pied du Simplon, une agglomération importante (Gamsen, Waldmatte) est fondée au début du VIe siècle avant J.-C., voire plus tôt. Son développement paraît lié à celui d’une voie qui, depuis le Simplon ou le débouché de la vallée de Conches, donne accès au Valais central. C’est le premier habitat dont on peut analyser l’organisation sur l’ensemble de la préhistoire valaisanne.
Concernant l’étage montagnard, les informations sont encore lacunaires, bien que la présence de nécropoles y soit attestée.
Echanges transalpins et identités locales
Au début de l’Age du Fer, l’aval de la vallée du Rhône est culturellement intégré au Plateau suisse. Les parures sont identiques à celles de la région des Trois-Lacs et de la France de l’Est. Le Haut-Valais s’ouvre par contre au Sud où domine la culture de Golasecca, bien attestée au Tessin notamment. En outre, des traits culturels originaux apparaissent, en Valais en particulier, dans la parure annulaire : les habitants portent volontiers des bracelets ou des anneaux de chevilles en bronze, décorés de petits cercles concentriques caractéristiques. Dans la région de Brigue, on apprécie les brassards massifs en tôle de bronze. Le goût pour les parures ostentatoires se manifeste au travers du port en série ou de l’aspect massif des bijoux en bronze. Ce serait là l’indice d’un fort développement de l’exploitation du cuivre dans les Alpes.
Pratiques funéraires
Quant aux pratiques funéraires, l’inhumation semble être, dans les Alpes, le rite le plus fréquent dès le début de l’Age du Fer, contrairement à ce que l’on observe sur le Plateau. En Valais, on relève parfois la présence de sépultures aménagées sous tertre (tumulus), un rite caractéristique des milieux celtiques nord-alpins.
Bibliographie
- Histoire du Valais, Annales valaisannes 2000-2001, Sion, 2002
Article connexe