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Albert Jacquard, dans son œuvre « J’accuse l’économie triomphante » parue en 1995, estime que la liberté est intimement liée à la protection des plus faibles, alors que le libéralisme clamé par l’Occident n’est qu’une forme d’esclavage pour la plupart des gens, qu’ils soient issus des pays du nord ou du sud.
La notion du libéralisme
Le terme libéralisme trouve son origine dans le latin liberalis qui signifie, généreux, noble et digne d’une personne libre. Cette notion relève d’une doctrine politique née au XIXe siècle proclamant la liberté sous ses différentes formes politiques, économiques et religieuses. L’un des précurseurs de ce principe est John Locke qui estime que l’individu et ses droits doivent être placés au centre de toutes les relations sociales.
Par opposition au totalisme, le concept du libéralisme en politique proclame la défense de la démocratie politique et de la liberté individuelle. Alors qu’en économie cette doctrine protège la liberté des entreprises et des marchés. Elle est fondée sur le principe de l’existence d’un ordre naturel qui assure l’équilibre du système économique.
La loi de l’offre et la demande régule les marchés et assure l’équilibre entre la production et la consommation dans un contexte de libre concurrence. En effet la liberté des marchés et de la concurrence ajuste de façon optimale les ressources offertes à la demande. De son côté l’individu, étant le premier agent économique, a la possibilité de contribuer au maintien de cet ordre, ce qui garantit la convergence des intérêts individuels et des intérêts collectifs de la société.
En matière d’économie, le libéralisme s’oppose à l’ingérence de l’Etat pour contrôler les facteurs de production et l’économie dans sa globalité. Son rôle doit se limiter à la coordination des entreprises et à l’assurance du marché équitable. En d’autres termes, ce concept se trouve à l’opposé de l’étatisme, du dirigisme, du socialisme et du communisme.
Les critiques des opposants
Cette notion, qui a pris son élan dans les années 80, ne fait pas l’unanimité, étant donné qu’elle doit répondre aux besoins du capitalisme et vient chambouler la société dans sa totalité. Elle impose la liberté de circulation des capitaux, la mise en concurrence de la main-d’œuvre qui est pénalisée par la pratique de salaires bas et du nivellement des droits sociaux, la radication des services publics et la dominance de l’économie sur les différents aspects de la vie.
Les plus importantes organisations mondiales comme l’OMC et le FMI se basent sur le libéralisme pour échapper à toute légitimité démocratique. C’est devenu un modèle enseigné dans les grandes écoles où aucun autre concept n’est enseigné. De même qu’il représente la constitution des grands groupes économiques et du capitalisme et l’unique référence pour les Etats.
Il s’est imposé comme une loi naturelle inviolable, ce qui lui confère un statut à part lui permettant d’échapper aux enjeux électoraux. Même si plusieurs voix s’élèvent pour reprocher au libéralisme qu’il ne sert pas à réduire les inégalités ou à promouvoir les politiques de solidarité, les partisans le défendent en précisant qu’il faut faire la distinction entre l’économie et le social. Ils estiment que chacun constitue un domaine à part avec ses propres objectifs et visions. Chercher à les combiner risquerait de créer des confusions.