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07/01/2009
Fabriquer un nid : tout un art !
Que signifie l’intégration ?
Le dictionnaire me dit que c’est l’action d'incorporer un ou plusieurs éléments étrangers à un ensemble constitué, d'assembler des éléments di vers afin d'en constituer un tout organique; passage d'un état diffus à un état constant; résultat de l'action.
Sur un plan économique, c’est le processus par lequel des États décident d'abandonner une partie de leurs prérogatives au profit d'une souveraineté économique commune par la suppression des barrières douanières, par la libre circulation des personnes et des biens et par l'adoption d'une politique économique commune.
Dans le domaine social, c’est la phase où les éléments d'origine étrangère sont complètement assimilés au sein de la nation tant au point de vue juridique que linguistique et culturel, et forment un seul corps social.
Ce sont les différentes facettes du mot « intégration » que le dictionnaire nous livre. A défaut de pouvoir facilement changer une définition toute entité va se positionner par rapport à cette dernière.
La question n’est pas de savoir si un Etat, si nous voulons prendre comme référence cette entité, est d’accord ou pas avec la définition du mot « intégration » (l’Etat ce n’est pas l’Académie française), mais de savoir si cet Etat a les moyens de cette intégration.
La Suisse si nous voulons donner une identité à l’Etat en question a-t-elle les moyens d’accueillir ceux que certains de nos amis bloggeurs (je n’ai pas dit blagueurs) qui maîtrisent le sens de la formule et l’art des vignettes qualifient de corbeaux noirs ? La Suisse serait-elle une cage pour ces corbeaux ou une vraie terre d’accueil ?
Pas besoin de tomber dans les excès, ni d’angélisme, ni de diabolisation pour trouver une réponse. La finalité qui devrait être ici celle de l’intégration dépend - je le répète – des moyens à disposition ou dont l’Etat concerné voudrait bien se doter. On peut se doter de moyens qu’on n’a pas encore. Question de vision et de volonté politique. Ne le pensez-vous pas ? De là à dire que la fin justifie les moyens, il y a peut-être un pas à ne pas franchir ou en tout cas une vraie réflexion à conduire.
Puis-je poser une question qui relève du même ordre de réflexion ?
Combien d’entre vous, parmi les parents qui me lisent, avez croisé dans la classe di te ordinaire de vos enfants un enfant différent, qu’on qualifie précisément d’enfant en intégration ?
Sur le plan des principes tout le monde semble d’accord sur l’intégration de ces enfants dans un circuit ordinaire et on assiste même à des mouvements d’indignation lorsqu’on dit que nos enfants sont d’office exclus de ce circuit. Dans les faits, 90 % de nos enfants ne sont pas intégrés. Ce sont les corbeaux noirs de l’Helvétie qui n’est pas même pour eux une terre d’asile, mais dans la majorité des cas leur terre natale. Ça laisse songeur.
Ici aussi c’est une question de moyens. L’Etat veut-il se donner les moyens d’accueillir et d’intégrer la différence dans les écoles publiques de notre canton ? Une loi sur l’intégration, fruit de quatre très longues années de débats, est passée récemment au Grand Conseil. L’Etat semble donc mener une réflexion sur nos petits oisillons, faut-il maintenant vraiment qu’il se dote de vrais moyens pour créer le nid.
Finalement, c’est peut-être ça le sens de l’engagement en politique, savoir créer des nids. Tout un art.
A chacun ses vignettes et son sens de la formule. Je ne sais pas, au fond, celles qui sont les plus "dérangeantes", je vous laisse juge.
Tout un art...