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US Open
Après le fantasque Paire, Federer attend le "bad boy" de Canberra
Capable de pousser l'arbitre le plus charismatique du moment à sortir de son rôle par pure empathie, Nick Kyrgios peut-il bousculer Roger Federer ce samedi à l'US Open ? La question peut vraiment se poser.
"Je pense que Nick sera plus concerné par ce seizième de finale contre moi que par son deuxième tour face à Pierre-Hughes Herbert", s'amuse Roger Federer après les dernières péripéties du "bad boy" de Canberra. Jeudi, Nick Kyrgios aurait sans doute laissé filer la fin de son match devant l'Alsacien si Mohamed Lahyani n'était pas descendu de sa chaise pour lui parler. "Je veux t'aider. Tu es quelqu'un de formidable. Ce n'est pas toi, je le sais", lui a lancé l'arbitre suédois pour le remettre sur le droit chemin !
Si Nick Kyrgios assure que cette intervention n'avait "pas eu d'effet du tout", Pierre-Hughes Herbert ne pouvait pas masquer une légitime colère. "On ne saura jamais ce qui ce serait passé si Mohamed n'était pas descendu de sa chaise et ne lui avait pas parlé, lâche-t-il. Tout ce que je peux dire, c'est qu'à partir de ce moment-là, il est devenu un autre joueur."
"Ca ne se reproduira plus"
"C'est une conversation. Une conversation peut changer votre état d'esprit, souligne pour sa part Roger Federer. Que ce soit avec un kiné, un médecin ou un arbitre. C'est pour ça que ça ne se reproduira plus !" L'homme aux vingt titres du Grand Chelem n'aurait pas laissé agir Mohamed Lahyani de la sorte s'il avait été à la place de Pierre-Hughes Herbert. Les instances vont devoir sans doute très vite sortir de la prudente réserve qu'elles ont adoptée dans un premier temps pour justifier l'attitude de Mohamed Lahyani par son "inquiétude" que Kyrgios ait besoin "d'aide médicale" et par le "bruit" régnant sur le court. "On nous prend pour des imbéciles", a réagi Pierre-Hughes Herbert sur twitter.
Le Nick Kyrgios qui joue en marchant face à Herbert ou celui qui se frustre bien trop vite contre Stan Wawrinka à Toronto n'aura absolument aucune chance de déjouer les pronostics samedi face à Roger Federer. Mais le Bâlois sait mieux que quiconque ce dont Nick Kyrgios est capable dans un grand jour. L'Australien l'a battu lors de leur première confrontation en 2015 à Madrid avant de le pousser jusqu'au tie-break du troisième set l'an dernier à Indian Wells et cette année à Miami.
Enfin, le Bâlois n'oublie pas également que Kyrgios avait été très proche de le dominer il y a bientôt une année à Prague dans le cadre de la Laver Cup au cours d'une rencontre qui n'avait pas franchement le caractère d'une exhibition tant l'enjeu était jugé "sérieux" par les deux hommes.
Un saut dans l'inconnu
Après un premier tour contre un joueur trop limité - le Japonais Yoshihito Nishioka - et un deuxième face à un joueur bien trop fragile sur le plan psychique - Benoît Paire -, Roger Federer "entrera" donc vraiment dans le tournoi ce samedi avec ce seizième de finale qui s'apparente à une sorte de saut dans l'inconnu tant son adversaire est imprévisible.
S'il franchit l'obstacle Kyrgios sans encombre, Roger Federer bénéficiera d'un répit lundi lors du "Labor Day" avec une rencontre contre le vainqueur de la partie qui opposera l'Australien John Millman (ATP 55) au Kazakh Mikhaïl Kukushkin (ATP 82). Il sera temps ensuite d'évoquer le choc contre Novak Djokovic agendé déjà au stade des quarts de finale. Pour le jouer, le Serbe devra normalement barrer la route aux deux meilleurs joueurs français du moment, Richard Gasquet (no 26) samedi et sans doute Lucas Pouille (no 17) lundi. Rien de vraiment insurmontable pour Novak Djokovic malgré tout ce que l'on pourra lire et entendre ces prochaines heures dans les journaux et sur les ondes hexagonales.Retour à la page d'accueil