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On peut identifier dans plusieurs confessions, sinon dans toutes, trois stratégies apologétiques qui entreprennent de résoudre les conflits entre la documentation religieuse et les sciences et valeurs «profanes » : une première concilierait les deux, une deuxième (fondamentaliste) exclurait de la conscience tout ce qui est extérieur aux traditions et documents religieux et façonnerait la conscience des fidèles exclusivement d’après ceux-ci, alors qu’une troisième sacrifierait la documentation religieuse à la science et aux valeurs extérieures, ne retenant qu ‘une tradition religieuse souple et capable de se renouveler. Le P. Hardouin (1646-1729) et le philosophe religieux contemporain, le professeur Yeshayahu Leibowitz, sont les porte-parole de cette troisième et très radicale stratégie. Hardouin proposa des «paradoxes» niant l’authenticité, et par conséquent l’autorité intellectuelle, de toute la patristique et de tous les actes des conciles de l’Eglise qu’il tenait pour des contrefaçons, et, par des scrupules hypercritiques, de toute l’histoire du monde classique et médiéval. Il ne retenait que peu de textes classiques, la Vulgate et la tradition constante et vivante des apôtres ainsi que l’Eglise romaine l’a toujours connue et ainsi que les évêques de Rome l’exposent. Par cette thèse critique Hardouin élimina des conflits avec la science (historique) susceptibles d’affaiblir la religion. Leibowitz part d’une définition non cognitive de la religion qui lui permet de considérer ses monuments, et surtout la Bible, comme des instruments propédeutiques. Leurs métaphores, paraboles et commandements doivent suggérer les qualités inconnaissables et ineffables de Dieu et inspirer et diriger l’homme vers l’adoration. En conséquence, ce que ces instruments religieux disent de scientifique sur le monde et sur Dieu est dépourvu d’autorité et ne doit ni empêcher, ni influencer la spéculation philosophique et la recherche scientifique parmi les fidèles qui sont ainsi libérées au point de pouvoir assujettir les instruments d’instruction religieuse les plus sacrés à une critique qui est nécessairement basée sur les sciences et les valeurs extrinsèques à ces documents et à la tradition religieuse.