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Les Géorgiens votaient dimanche pour élire leur président, pour la dernière fois au suffrage universel. Ce scrutin est considéré comme un test pour le parti au pouvoir de plus en plus impopulaire.
Les bureaux de vote ont fermé à 20h00 (17h00 en Suisse). Les sondages de sortie des urnes effectués par la société d'étude américaine Edison Research donnent les deux favoris au coude à coude à près de 40% des voix. Les premiers résultats officiels seront attendus dans la nuit.
Les grands favoris de ce scrutin, extrêmement serré, sont une ancienne ambassadrice de France et ex-ministre des Affaires étrangères, Salomé Zourabichvili, soutenue par le parti au pouvoir du Rêve géorgien, et le leader de l'opposition Grigol Vachadze, qui fut lui aussi chef de la diplomatie de ce pays du Caucase.
Possible second tour
Si la tendance s'avérait, un second tour serait nécessaire pour départager les deux candidats à la présidence, un poste devenu essentiellement symbolique à la suite de récents changements constitutionnels.
Le président du Parlement géorgien Irakli Kobakhidze, qui est également l'un des dirigeants du parti au pouvoir, a toutefois déclaré dimanche au cours d'une conférence de presse que Salomé Zourabichvili est "en train d'obtenir plus de 50% des votes et va probablement l'emporter au premier tour".
De son côté, Grigol Vachadze a assuré que le gouvernement "prépare une fraude électorale massive" avec "des achats de vote et du bourrage d'urnes". Il a assuré que des observateurs ont documenté plusieurs centaines de violations des règles électorales.
Participation de presque 40%
A 17h00 locales, le taux de participation était de plus de 38%, selon la Commission électorale géorgienne. "Je veux qu'une femme devienne présidente de la Géorgie", a déclaré à l'AFP une électrice de 59 ans, dans un bureau de vote du centre de Tbilissi.
A l'inverse, un jeune informaticien de 28 ans a indiqué avoir "voté pour Vachadze car une chance doit être donnée à l'opposition, parce que le Rêve géorgien s'est avéré être un cauchemar".
Sur le fond, Mme Zourabichvili et M. Vachadze se rejoignent sur plusieurs points: tous deux militent pour un rapprochement avec l'Union européenne et l'Otan, que la Géorgie demande en vain à rejoindre depuis plus de dix ans.
Grigol Vachadze, soutenu par le Mouvement national uni fondé par l'ex-président Mikhaïl Saakachvili - aujourd'hui en exil - et par dix autres formations politiques, reproche au parti au pouvoir d'avoir échoué à faire reculer la pauvreté dans ce pays de 4,5 millions d'habitants. S'il est élu, il entend organiser des élections législatives anticipées comme le réclament les partis d'opposition.
Nouvelle constitution
L'investiture du nouveau président de la République marquera l'entrée en vigueur d'une nouvelle Constitution, dans laquelle le rôle du président devient essentiellement protocolaire. Dès 2024, le président de la République sera par ailleurs élu par un collège électoral de 300 membres.
Adoptée en septembre 2017, la réforme constitutionnelle avait été dénoncée par l'opposition, qui l'accusait d'être taillée pour servir le Rêve géorgien.
Le président sortant, Guiorgui Margvelachvili, élu avec le soutien du Rêve géorgien, a d'ailleurs refusé de se représenter à cause de cette réforme, assurant ne pas vouloir jouer un rôle secondaire dans la vie politique.
Plus de 3,5 millions de personnes étaient appelées aux urnes pour cette élection, suivie par des observateurs internationaux de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).