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Honte, solitude, culpabilité, colère, incompréhension, déception, perte de contrôle… telles sont les émotions que l’homme vit quand il se confronte avec la dysfonction érectile. Il s’agit souvent d’hommes avec beaucoup de compétences sociales et relationnelles, ce qui crée une plus grande discrépance encore avec ce sentiment d’incompréhension et de perte de repères par rapport à un fonctionnement sexuel qu’ils ne peuvent pas influencer avec leur désir, détermination et volonté. Cette érection a une telle importance et fonction identitaire pour l’homme qu’il ne peut pas lâcher prise, il vit une impuissance psychique qui maintient et/ou renforce l’impuissance physique (bien sûr il y a des dysfonctions érectiles qui sont en lien avec un problème physique et non psychologique).
Le pénis est composé d’un corps spongieux (voir sur l’image) et de deux corps caverneux qui sont constitués de fibres musculaires. Ces fibres intracaverneuses du pénis sont les seuls muscles du corps qui sont contractés en permanence, sauf pendant le rapport sexuel, la masturbation et les érections nocturnes/matinales. Pour permettre aux corps caverneux de se remplir de sang afin d’obtenir une bonne érection, les muscles doivent être relâché pour permettre aux artères d’avoir l’espace nécessaire pour l’afflux de sang. En d’autre mots et c’est assez paradoxal, mais un pénis à l’état flasque est un pénis contracté et un pénis en érection est un pénis relâché.
Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai entendu des hommes me décrire les efforts corporels qu’ils font pour maintenir une érection, comme: « je me concentre, je serre, je contracte mon sexe et/ou les muscles périnéaux« , efforts qui ne servent pas à grand chose, car ils n’amènent pas un état de détente, mais au contraire du stress qui provoque une décharge d’adrénaline qui entraine la contraction des fibres musculaires des corps caverneux. Ce fonctionnement sexuel de l’homme, cette érection qui ne dépend pas de la volonté de l’homme, me rappelle la phrase de Blanche Gardin, humoriste qui nous fait souvent rire jaune: “Son statut d’homme viril dépend d’un processus physique qu’il ne peut pas contrôler par la volonté … quelle servitude monstrueuse“!
Servitude dans laquelle il est souvent seul et cela pas parce qu’il a une partenaire exigente, critique ou rejetante, mais parce que l’homme est persuadé que c’est son problème et que c’est à lui de le résoudre, après quoi il pourra se montrer et s’affirmer dans sa masculinité. Alors on se retrouve avec des couples qui s’éloignent, car lui est en train d’évaluer constamment son potentiel d’excitation et d’érection même avant tout échange sexuel (comme si cela allait servir à quelque chose) et elle craint ne plus être assez désirable pour lui. La voir souffrir lui met encore plus de pression, ce qui augmente le niveau de stress et d’angoisse – les pires ennemis de l’érection – et voilà que le cercle vicieux est mis en place…
Vivre cette impuissance à deux, avec l’acceptation de toute émotion ressentie, que ce soit la honte, la culpabilité, la tristesse, est un grand moment d’intimité. N’ayez pas peur de partager ce moment à deux, car votre femme vit aussi une impuissance de ne pas savoir quoi faire, comment vous parler, comment agir, quoi dire ou ne pas dire pour que vous l’entendiez: « l’érection ce n’est pas tout! il y a tellement de choses qu’on peut dire à travers nos corps: avec nos mains, avec nos doigts, avec nos yeux, avec notre bouche!« . L’acte sexuel n’est pas une performance, une exigence, c’est une danse qu’on fait à deux, où on peut être dynamique ou calme, passionné ou sensuel et doux, où on peut tomber mais aussi se relever, plus forts et encore plus amoureux.