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Ce qui frappe dans cette chambre, c'est la grande scène de chasse, papier peint panoramique de la fin du 18e siècle. C'est le dernier bailli de Mülinen qui a commandé ce papier peint en 1796.
Ce papier peint panoramique n'a pas été produit par la maison Zuber, mais peint par un atelier encore inconnu.
Produits par les manufacturiers, édités en plusieurs exemplaires à l’identique, la tapisserie et le papier peint panoramique appartiennent au domaine industriel. Ils revendiquent toutefois le statut d’oeuvre cherchant à imiter la peinture, art majeur entre tous. La virtuosité de certains panoramiques ne saurait masquer les adaptations de la composition, de la perspective et de la lumière aux contraintes techniques de l’impression à la planche. Nous connaissons mal le processus de transposition de ce modèle jusqu’au panoramique. Les manufacturiers ont gardé jalousement leurs secrets et les ouvriers, hautement spécialisés, sont restés le plus souvent anonymes. Le papier peint paysage est un art difficile dans sa technique et paradoxal dans sa fonction ; il détruit visuellement les murs d’une pièce en créant un panorama. Cela conditionne les principes de la représentation : la hauteur des scènes, leur composition, le choix des perspectives en plongée les différencient des règles de la composition picturale. Le panoramique représente un univers fermé, composé de scènes ou de paysages successifs. Chaque scène est délimitée par des rochers ou des grands arbres permettant l’enchaînement des différentes séquences. La lumière dont on connaît le rôle fondamental en peinture est traduite en plans colorés dont l’intensité est déterminée par la proximité ou l’éloignement de chacun. Parce que dans leur grande majorité, les papiers peints panoramiques sont installés dans les pièces de réception, le sujet doit se situer au-dessus de la hauteur des meubles d’appui. Car le rôle social du papier peint paysage n’est pas négligeable : il transmet la vision du monde de son propriétaire, issu en général de la bourgeoisie d’affaires arrivée au pouvoir après la Révolution. D’autre part, son prix raisonnable le rendait accessible aux notables provinciaux qui ainsi profitaient de décors exceptionnels.