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La famille Filipinetti
Né à Carouge, en août 1907, Georges Filipinetti est le fils d’émigrants originaires de Domodossola, au nord de l’Italie, venus s’installer à Genève.
En 1936 Georges prit la suite de son père qui avait fondé une importante société d’appareils électriques, de chauffage et de climatisation à Genève. Il fit prendre de l’ampleur à l’entreprise, suivit des études d’ingénieur en Allemagne et, de retour en Suisse, travailla comme contrôleur chez Chrysler et Bugatti. En parallèle il ouvrit plusieurs concessions automobiles à Genève et, après la guerre devint également importateur Ferrari.
Au début des années cinquante il fit également de la compétition. La vente de Ferrari dans la région de Genève propulsa Filipinetti dans les rangs de l’aristocratie genevoise. Il conclut de multiples affaires et sa fortune devint considérable. Pilote amateur avant la guerre, il commença à s’intéresser de très près aux voitures de course et fonda la Scuderia Filipinetti en 1963. Il choisit du reste les armes du Château de Grandson comme emblème de son équipe.
Une de ses premières réalisations fut de sponsoriser le rallye de Genève qui, avec son aide, obtint le statut d’épreuve internationale. Georges Filipinetti fut également président de l’association Swiss Go-Kart qu’il fonda dans les années soixante.
Après avoir vendu des Ferrari à l’Aga Khan, avec qui il s’entendait très bien, Filipinetti se vit proposer d’intervenir dans davantage de domaines, comme l’immobilier, pour le compte du riche entrepreneur. Il se lança donc dans l’immobilier, achetant et louant de nombreux immeubles. A la fin des années soixante, il en possédait plus de 150, dont le Château de Grandson. A cette époque deux châteaux étaient à vendre en Suisse : Grandson et Gruyères. Celui de Grandson étant plus spacieux, c’est celui qu’il choisit. Il acheta le Château en 1956 à la famille De Blonay, concessionnaire Rolls Royce à Genève, dont Georges Filipinetti était client. Datant du XIème siècle et comptant 124 pièces, cette bâtisse était tout à fait digne de M. Filipinettii!
En 1962 Georges Filipinetti ouvrit les portes du Château aux visiteurs qui purent découvrir, outre sa collection d’automobiles, une immense collection d’armes anciennes pour laquelle le Château était également réputé. Ce lieu fut également, plus tard, le théâtre de soirées et de conférences de presse annuelles, pour la présentation de la Scuderia Filipinetti. C’est à cette époque que l’architecte Herbert von Caboga, nommé au poste de conservateur par M. Filipinetti, créa, entre autres, la Chambre Renaissance, la chapelle, la Salle de tortures ainsi que les oubliettes.
De par ses nombreux contacts, Georges Filipinetti se vit conférer le statut diplomatique. Alors qu’il représentait Saint-Marin aux Nations Unies à Genève. Il portait le titre officiel de Ministre de la République de Saint-Marin auprès des Organisations Internationales.
Georges Filipinetti convola avec l’ancienne épouse de Ciro Basadonna, son coéquipier des années trente, qui avait une fille, Anita. Ensemble ils eurent un fils prénommé Jean-Pierre. Tous les membres de la famille participaient aux affaires de Georges et assistaient également aux courses automobiles.
Le train de vie princier de Georges Filipinetti lui valut d’avoir de nombreux amis, mais aussi beaucoup d’ennemis. Il aimait s’entourer de gens riches et célèbres, dont Enzo Ferrari, qu’il appréciait énormément. Nombreux sont les pilotes (notamment Jo Siffert) auxquels il donna leur première chance.
Malheureusement, après de nombreuses opérations financières fructueuses, M. Filipinetti consacra une trop grande partie de sa fortune à ses écuries de course et fit de mauvais investissements. Et lorsque Georges Filipinetti mourut d’un diabète en 1973, il laissa derrière lui de nombreuses dettes et dépenses courantes très élevées, et non des moindres pour le Château de Grandson.
Par manque d’argent le Château de Grandson fut fermé aux visiteurs dès 1981.
Tous les biens de Georges Filipinetti durent être vendus. Sa femme et son fils, ne pouvant plus faire face à cette inconfortable situation, mirent fin à leurs jours. Une bien tragique histoire…