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"Au Tchad, dans sa bande sahélienne, 127 300 enfants souffriront de malnutrition aiguë sévère en 2012 et un traitement thérapeutique approprié devra leur être apporté afin de contenir la mortalité", ajoute Mme Ferreiro.
Le Tchad fait partie des huit pays dans la région du Sahel qui doivent faire face aux effets dévastateurs de la sècheresse, des prix élevés des denrées alimentaires et de l'instabilité. Il a le taux de malnutrition aigüe globale le plus élevé en Afrique de l'ouest et centrale, soit 16,3%, loin devant le Niger (12,3%), le Nigeria (11%) ou le Mali (10,9%).
De nombreuses communautés au Tchad ne se sont pas remises des multiples crises alimentaires de ces dernières années, les laissant plus vulnérables face à la sécheresse et aux mauvaises récoltes. Cette situation est aggravée par d'autres défis structurels dans le pays: un système de santé faible, l'extrême pauvreté, l'insécurité, etc.
De plus, cette année, l'insécurité alimentaire générale a été aggravée par le retour de 90 000 Tchadiens de Libye suite à la guerre civile dans ce pays. D'après le Programme Alimentaire Mondial (PAM), la perte des échanges avec la Libye a fortement affaibli les familles tchadiennes qui ont commencé à s'endetter. De plus, les prix ont fortement augmenté et doublé dans certains domaines par rapport à 2011, en cette période de soudure (la saison des pluies allant de juin à août) et de ramadan.
Pour les partenaires humanitaires, il faut construire la résilience. Il ne s'agit pas seulement de répondre à l'urgence d'aujourd'hui, il faut également prévenir les urgences de demain. "C'est une obligation pour l'UNICEF de continuer la mise à l'échelle de la réponse à la crise nutritionnelle afin de sauver tous les enfants face à la malnutrition", affirme Bruno Maes, représentant de l'UNICEF au Tchad.