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Politique locale – PS
La gauche en force
En s’inscrivant d’emblée sur le plan national, le parti socialiste fut le premier à s’établir dans cette configuration.
A l’origine de nombreux succès électoraux, la gauche a suivi sa ligne de conduite depuis sa création en 1888 :placer l’humain au centre des préoccupations politiques.
Première nationale
Thomas Cramatte | Si plusieurs partis cantonaux sociaux-démocrates avaient vu le jour avant la création du Parti Socialiste (PS), leurs programmes étaient proches de celui des radicaux ou des démocrates. Cependant, pour défendre le monde ouvrier, plusieurs mouvements syndicalistes et socialistes se forment vers 1850. Ce n’est que plus tard, lors de la Conférence ouvrière suisse à Berne, que l’Union syndicale décide de fonder le parti socialiste suisse le 21 octobre 1888.
La Première Guerre mondiale marquera une montée en puissance de la gauche dans toute l’Europe, les progressistes favoriseront alors les réformes sociales et économiques. En opposition aux partis conservateurs, le parti socialiste participera activement à l’organisation de la grève nationale générale de 1918. Malgré la popularité du PS à cette époque, une violente polémique éclata au sein de ce dernier. En effet, de nombreux socialistes désapprouvaient l’orientation du parti de gauche qui proposait un programme politique confus. Une nouvelle ligne de parti sera donnée et validée en 1920, avec des objectifs pour aider les travailleurs et les causes sociales définies. A partir de cette période, le PS séduit toujours plus d’électeurs et obtient toujours plus de sièges au Conseil fédéral. Les socialistes devancent même les radicaux lors des élections nationales de 1928. Un succès obtenu grâce à son implication dans la cause populaire et ouvrière. Cet encouragement à l’ouverture envers son prochain et la solidarité sont la ligne de conduite du parti socialiste.
Combat pour l’assurance unique
Plus récemment, le PS et ses alliés de gauche ont joué un rôle fédérateur dans plusieurs initiatives populaires. Considérée comme la grande bataille du parti socialiste, la caisse maladie unique n’a pourtant jamais abouti. Malgré des tentatives en 1994, 2003, 2007 et 2014 pour uniformiser les primes d’assurances maladie obligatoires sur le plan national, aucune n’a atteint les suffrages nécessaires (56% en faveur d’une caisse unique dans le canton de Vaud, rejeté à 62% sur l’ensemble du pays en 2014) pour supprimer les différences observées entre les caisses privées. « S’inspirant de l’assurance chômage, ce principe de grande solidarité devait soulager les familles et faire baisser les primes des foyers. Car en Suisse, nous sommes l’un des seuls pays au monde où une personne célibataire paie moins pour son assurance qu’une famille », exprimait l’ancien conseiller d’Etat vaudois responsable du département de la Santé et de l’action publique, Pierre-Yves Maillard, après les élections de 2003.
La gauche réitère sa volonté d’instaurer une caisse unique en 2017, après les prévisions de Crédit Suisse d’un doublement de ses primes d’assurance maladie d’ici 2040. En 2019, une initiative, lancée par le député vaudois Stéphane Montangero, demande aux autorités fédérales la possibilité de créer une caisse unique sur le plan cantonal.
Le Grand Conseil avait alors demandé de modifier la Loi sur l’assurance-maladie (LAMal) pour lui laisser plus de liberté. Si pour l’heure, ce texte est entre les mains des autorités fédérales, la gauche ne baisse pas les bras, et d’autres initiatives pourraient bien voir le jour dans d’autres cantons.
Crise sanitaire
Pendant cette période si particulière, le PS encou-
rage les actions solidaires en accord avec sa ligne politique : « Des opérations qui vont en faveur de la solidarité intergénérationnelle et intercitoyenne, par exemple le fait de venir en aide aux personnes qui n’ont pas la possibilité de faire leurs commissions », renseigne Yassin Nour, président de la section Lavaux-Oron. Depuis la première vague, le parti socialiste incite tout un chacun à faire preuve de solidarité au maximum. La section vaudoise souhaite également aider les citoyens dans le besoin à la sortie de la crise sanitaire, d’un point de vue économique ou social, souligne l’habitant de Pully.
Prétendants aux élections communales
Ils seront 75 à représenter les couleurs du Parti socialiste lors des élections de mars prochain. « Nous ne sommes
vraiment pas dans une politique de confrontation, c’est pour cette raison que dans certaines communes, comme
à Pully, notre parti s’allie avec Les Verts. 95% de notre programme est similaire, Les Verts favorisent l’environnement, nous nous priorisons l’humain. C’est ensemble que nous arriverons à faire passer nos programmes et
nos candidatures », conclut Yassin Nour.
Interview de Yassin Nour, président de la régionale Lavaux-Oron, et membre élu au comité directeur du parti socialiste vaudois
Quels sont les principaux objectifs de votre parti à moyen terme ?
Les restaurateurs et les commerçants ont passablement souffert depuis l’introduction des mesures sanitaires. Dans l’impossibilité d’exercer leur activité, ces derniers présentent des difficultés à subvenir aux charges fixes. Nous ferons ce qui est en notre pouvoir pour les appuyer dans leur futur. Si, par exemple, des locaux appartenant aux communes sont loués par des entreprises, nous encourageons les exécutifs à réduire les loyers ou ne plus les percevoir. Notre parti a élaboré un système de bons d’achat afin de soutenir les commerçants de Pully. Il est également important de reconnaître et de remercier au maximum tous les employés communaux contribuant au nettoyage et à la désinfection des lieux publics, ils contribuent à la sécurité de tous. Pour se faire, nous avons par exemple imaginé leur offrir des bons d’achat valables dans tous les commerces communaux, une manière de soutenir l’économie locale une fois la sortie de crise.
Les grandes lignes du parti en vue de la future législation ? Une de nos principales thématiques toucherait la problématique des logements. Presque toutes les communes du bord du lac observent des loyers sensiblement plus élevés que la moyenne cantonale, nous défendons donc la création de logements d’utilité publique.
Nous avons aussi la volonté de faire évoluer l’ensemble de la mobilité. Il s’agit à la fois de renforcer les transports publics là où ils sont peu développés, et d’inciter les citoyens à les utiliser là où ils sont plus présents. Pour finir sur nos principales ambitions, nous travaillons afin de ne pas laisser se marginaliser une partie de la population en situation précaire, et ce, malgré un pouvoir d’achat élevé dans les communes du bord du lac. On voit que des aides sociales sont absolument nécessaires pour ces citoyens afin de vivre correctement. Notre dernier grand cheval de bataille est d’améliorer le nombre de places d’accueil de jour pour les enfants en bas âge, la commune de Pully a un retard colossal par rapport au reste du canton et la situation n’est pas forcément meilleure dans les communes du district.