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Un Nouveau Monde économique apparaît progressivement et un autre regard sur ce monde fait vaciller les anciennes certitudes libérales, keynésiennes ou marxistes. C'est à cet ébranlement que ce livre a pu contribuer, en montrant qu'on ne peut pas comprendre le fonctionnement de l'économie sans une réflexion sur l'ordre économique, entendu comme culture dominante des sociétés développées, sans un détour par l'histoire et l'anthropologie, qui oblige à déceler l'anti-économie - ce qui ne relève plus de l'utilité et des intérêts, mais des passions humaines au sein de l'économie.
L'égalité serait-elle l'ultime croyance d'un pays qui n'en a plus guère ? Le dernier tabou d'une société où les interdits sont balayés ? De tous côtés, il n'est question que de lutter contre les inégalités. Et la voix de ceux qui doutent est aussitôt couverte par un concert d'invectives. Faut-il avoir, aujourd'hui, l'audace sacrilège de transgresser l'interdit ? De clamer que cette apparente unanimité repose sur un formidable malentendu ? En effet, l'égalité est un principe républicain. Mais, l'égalité économique et sociale réclamée à cor et à cri par les hérauts du progressisme n'a rien à voir avec l'idéal des fondateurs de la République. Pour le Club de l'Horloge, l'égalitarisme contemporain menace au contraire les fondements du régime républicain. Parce que l'égalitarisme favorise le cancer bureaucratique, il étouffe les libertés ; parce qu'il s'appuie sur le ressentiment, il détruit la fraternité ; parce qu'il paralyse l'initiative, il affaiblit la nation. Aux États-Unis, en Grande-Bretagne et dans d'autres pays d'Europe, les opinions publiques rejettent les illusions de l'égalitarisme et les abus de l'État-Providence. Le mirage égalitaire se dissipe. Voici venue l'heure des choix. Le Club de l'Horloge propose une nouvelle voie : celle d'une société solidaire et différenciée, où les valeurs économiques ne régneraient pas sans partage. La France, à son tour, se libérera-t-elle du Grand Tabou ?
Au lieu de s'interroger en termes philosophiques et imprécis sur la justice sociale c'est à coups de statistiques et de cas concrets que l'on tend de plus en plus aujourd'hui à débattre des inégalités de conditions dans les sociétés contemporaines. Ce n'est pas un hasard si, dans le même temps, les économistes sont de plus en plus nombreux à abandonner la tradition des grandes théories abstraites de la répartition entre facteurs de production pour s'intéresser directement à ce qui explique les différences observées de revenus entre individus et groupes sociaux. La présente étude fait le point sur cette transformation récente du contenu de l'analyse économique et sur sa portée pour mieux comprendre la signification et améliorer la qualité du débat en cours sur les inégalités.
L'inégalité est mauvaise. La réduction des inégalités est donc bonne et doit être systématiquement recherchée. Ce théorème simpliste constitue, ainsi que chacun le sait, l'une des grandes idées reçues sur lesquelles vit notre époque. Or, ce théorème est faux et cela aussi bien aujourd'hui qu'autrefois, entre les individus comme entre les groupes humains, Une politique de réduction des inégalités présente au moins deux inconvénients majeurs : une faible efficacité sociale réelle ; l'existence d'un prix à payer, souvent élevé. Prix qui, à notre époque, prend notamment la forme d'une moindre efficacité économique, plaçant la nation considérée en état d'infériorité dans la compétition internationale. La vraie question, dans un pays comme la France, n'est pas serons-nous demain encore plus égaux ?, mais bien : resterons-nous riches, ou redeviendrons-nous pauvres ? Or, l'égalitarisme ne peut que nous entraîner vers l'échec économique, et donc vers la pauvreté. Sans compter bien d'autres dangers.