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La Paz - Les Boliviens sont descendus dans les rues de plusieurs villes du pays jeudi pour protester contre la brutale hausse du prix des carburants. Ils répondaient à l'appel des syndicats et des organisations citoyennes.
Les manifestations de jeudi se sont majoritairement déroulées dans le calme mais des gares de péage de la principale autoroute reliant El Alto à La Paz ont toutefois été incendiées. Les manifestants ont jeté des pierres sur les forces de l'ordre qui ont riposté en faisant usage de gaz lacrymogènes.
Les chauffeurs routiers et les conducteurs de bus ont bloqué les routes et les transports publics étaient paralysés à La Paz, la capitale administrative du pays.
La suppression dimanche dernier des subventions aux carburants a entraîné une hausse du prix de l'essence et du gazole pouvant aller jusqu'à 83%. Elle a suscité la colère des habitants de ce pays riche en gaz naturel.
Le président bolivien, Evo Morales, bénéficie d'une grande popularité auprès de la communauté indigène, majoritaire dans le pays, mais la hausse du prix des carburants a provoqué l'ire de sa base politique et les syndicats lui ont demandé de revenir sur cette mesure.
Morales, qui annoncé mercredi soir une hausse de 20% du salaire minimum pour tenter de désamorcer la crise, a défendu de nouveau jeudi une hausse du prix des carburants. Elle est indispensable selon lui pour réduire les importations et inciter à l'investissement dans le secteur de l'énergie.
"C'est la fin d'une subvention néolibérale qui a engendré de la corruption", a déclaré Morales, lors d'une conférence de presse, faisant référence au commerce florissant du trafic de pétrole bolivien vers le Pérou. La fin de cette subvention devrait permettre de faire économiser à l'Etat 380 millions de dollars par an, soit 2% du PIB.
ATS