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Cette tête d’homme ou masque aux larges pupilles noires, au nez busqué, aux pommettes
saillantes et au sourire naissant provient sans doute d’un site dans la sphère d’influence
de la cité de Mari, découverte en 1933 par l’archéologue André Parrot. Puissant centre
politique et religieux, Mari entretenait d’étroites relations aussi bien commerciales
qu’artistiques avec les cités-États sumériennes au sud de la Mésopotamie.
Conforme aux
canons sumériens mais teintée d’une sérénité propre à la statuaire mariote, la physionomie
du masque s’apparente aux figures d’orants sculptés dans la pierre dont Mari était un
centre de production de première importance.
Les divers matériaux composant ce
masque, qui pourrait former en réalité le visage d’une statue (calcaire pour la chair,
incrustation des sourcils et des yeux en pierres noires et blanches dans du bitume), lui
confèrent une apparence vivante et procèdent d’une technique composite largement
répandue dans les ateliers de la civilisation mésopotamienne archaïque du IIIe millénaire.
Publ. : F. Morin, in cat. exp. Paris 2005a, pl. 9, p. 89 et 327.