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Découvert au début des années 90, le système endocannabinoïde (SEC) est un système physiologique constitué de récepteurs, situés principalement dans le système nerveux mais également au niveau des tissus périphériques (organes, peau, os, muscles, système vasculaire), et de ligands naturels appelés endocannabinoïdes ou cannabinoïdes endogènes.
Le système endocannabinoïde (SEC) joue un rôle majeur à l’équilibre du corps humain mais également chez les mammifères, les oiseaux, les amphibiens, et d’autres espèces d’animaux.
Où en sont les recherches de ce système complexe qui régulent notre corps ?
Histoire
C’est lors de la recherche sur le phytocannabinoïde (cannabinoïde végétal, exogène) tétrahydrocannabinol (THC) en 1988 que le premier récepteur endocannabinoïde, le CB1 (type-1 cannabinoid receptor), a été découvert. Ces recherches consistaient à trouver les causes des effets psychoactifs et euphorisants du tétrahydrocannabinol (THC), et c’est bien ce récepteur membranaire à la surface des cellules de notre système nerveux qui permet d’expliquer les effets de ce ligand cannabinoïde exogène.
Après la découverte de ce premier récepteur endocannabinoïde CB1 (type-1 cannabinoid receptor), des études plus poussées sont réalisées afin de caractériser ce dernier en 1990 sur le cerveau du rat, les chercheurs se sont alors penchés sur la possibilité que nos corps produisent eux-mêmes des cannabinoïdes (endogènes). Après des recherches sur le cerveau du porc en 1992, l’anandamide ou N-arachidonoyl-éthanolamine (A.E.A.) fut le premier cannabinoïde endogène décelé ce qui permis de déterminer que nous possédons bel et bien un système endocannabinoïde (SEC).
Le deuxième récepteur cannabinoïde, CB2 (type-2 cannabinoid receptor), a quant à lui été abstrait en 1993 à partir d’une culture de cellules ex-vivo, ces récepteurs sont majoritairement décelables dans les cellules du système immunitaire. Bien que moins étudié que le CB1 par son inaction sur les effets psychoactifs du tétrahydrocannabinol (THC), le CB2 explique les effets immunomodulateurs de certains phytocannabinoïdes comme le cannabidiol (CBD). En 1995 un second endocannabinoïde, le 2-arachidonoylglycérol (2-AG), fut comme son homologue décelé dans les cellules du système nerveux.
Les récepteurs endocannabinoïdes
Les deux récepteurs endocannabinoïdes, CB1 (type-1 cannabinoid receptor) et CB2 (type-2 cannabinoid receptor), font partie de la famille des récepteurs couplés aux Protéines G. Les Protéines G sont activées par des ligands dans la surface interne des membranes cellulaires se liant ainsi aux récepteurs, en d’autres termes elles permettent le transfert d’informations entre les ligands et les cellules du corps à l’aide de ces récepteurs.
Les récepteurs endocannabinoïdes sont présents dans la plupart des cellules du corps, globalement dans celles du système nerveux central. Mais on les retrouve également dans le système digestif, le foie et le pancréas, le système cardiovasculaire, les poumons, le tissu adipeux, les glandes surrénales, le système reproducteur, la peau, les os et les muscles.
Dans le système nerveux central et périphérique, les récepteurs CB1 (type-1 cannabinoid receptor) font partie des récepteurs les plus représentatifs couplés aux Protéines G. On note leurs présences dans :
- Les cellules gliales
- Les neurones
- Le cortex cérébral
- L’hippocampe
- L’amygdale
- Le noyau gris centraux
- Le substantia nigra pars reticulata
- Le cervelet
- Le golbus pallidus
- Le périaqueducale
- Le ventrolateral medullaire
Les récepteurs CB1 (type-1 cannabinoid receptor) sont également détectables au niveau d’organes et de tissus périphériques :
- Les cellules musculaires striées
- Les leucocytes
- Les cellules endothéliales (rate, thymus et ganglions lymphatique)
- Les adipocytes
- Les poumons
- Le cœur
- L’appareil gastro-intestinal (intestin grêle et gros intestin, estomac, pancréas, foie)
- L’appareil urinaire (reins et vessie)
- Les organes reproducteurs
- Les os
- Les articulations
- La peau
- Les glandes surrénales
- Le corps ciliaire
- La cornée
Les récepteurs CB2 (type-2 cannabinoid receptor) sont décelables majoritairement dans les tissus immunitaires :
- Les leucocytes
- Les mastocytes
- Les ganglions lymphatiques
- L’amygdale
- La rate
- Le thymus
Mais également dans :
- La moelle osseuse
- Le foie
- Le placenta
- Le système nerveux (central et périphérique)
Ces récepteurs sont probablement présents dans d’autres cellules du corps mais les recherches sont aujourd’hui insuffisantes, particulièrement pour les récepteurs CB2 (type-2 cannabinoid receptor) pour cause de leurs non-affiliation avec les effets psychoactifs du tétrahydrocannabinol (THC). Des recherches sont actuellement en cours de réalisation après la détection d’un troisième récepteur endocannabinoïde nommé GPR55.
Les cannabinoïdes endogènes ou endocannabinoïdes
Les deux endocannabinoïdes principaux, l’anandamide ou N-arachidonoyl-éthanolamine (A.E.A.) et le 2-arachidonoylglycérol (2-AG), font partie des neurotransmetteurs qui permettent une certaine forme de communication entre les neurones en agissant, en bien ou en mal, sur ces derniers. Formés à partir de lipides contenus dans les membranes des cellules, ces dérivés d’acide gras, plus précisément d’acide arachidonique (oméga-6), permettent d’agir localement, pour donner suite à un stimulus comme par exemple le stress, et de façon transitoire par leurs dégradations rapide dans l’organisme.
L’anandamide ou N-arachidonoyl-éthanolamine (A.E.A.) est affilié aux récepteurs CB1 (type-1 cannabinoid receptor) et possède des propriétés comparables à celles de la dopamine et de la sérotonine en reproduisant des effets proches du tétrahydrocannabinol (THC) tout en conservant sa propre nature en provoquant une inhibition de la perméabilité des jonctions intercellulaires, de la propagation des signaux calciques intercellulaires ainsi que la vidange des stocks calciques intracellulaires.
Tout comme son homologue, le 2-arachidonoylglycérol (2-AG) reproduit des effets comparables au tétrahydrocannabinol (THC) mais à quant à lui plus d’affinités avec les récepteurs CB2 (type-2 cannabinoid receptor) tout en se fixant également, mais à moindre échelle, sur les récepteurs CB1 (type-1 cannabinoid receptor). Cet ester a une présence 170 fois plus importante que l’anandamide dans le cerveau.
D’autres endocannabinoïdes ont été découvert comme l’éther de noladine, la virodhamine, le N-arachidonyldopamine, le H.E.A. et la NADE, mais des recherches plus poussées sont nécessaires afin de déterminer leurs rôles dans l’organisme et, bien sur, la probabilité d’en découvrir d’autres.
Les fonctionnalités du système endocannabinoïde (SEC)
Le système endocannabinoïde (SEC) est essentiel à l’équilibre du corps en étant acteur sur une multitude de rôles physiologiques comme :
- La plasticité neuronale
- Le contrôle des émotions et de l’appétit
- Les capacités d’apprentissage
- La lipogenèse (formation des cellules graisseuses)
- La gestion du stress au niveau hormonal (sécrétion d’adrénaline et de corticostérone)
- Le fonctionnement du système cardiovasculaire (vasodilatation et pression sanguine).
- Le contrôle de la motilité et des sécrétions intestinales du système digestif
- Le contrôle de l’inflammation et de l’activité des cellules immunitaires
Mais également sur des maladies comme :
- Les maladies inflammatoires et immunologiques (maladies auto-immunes et allergies)
- Les maladies neurologiques et neuropsychologiques
- L’ostéoporose et les pathologies cardiovasculaires
- Les cancers
- L’obésité et les maladies métaboliques
Conclusion
Les chercheurs ont remarqué une corrélation entre certaines maladies et l’augmentation ou la diminution des endocannabinoïdes dans les cellules. La rééquilibration du système endocannabinoïde (SEC) par la prise de phytocannabinoïdes permettrait de réguler et d’équilibrer ce dernier afin de prévenir, soulager voire guérir certaines pathologies ou maladies graves. Pour une meilleure efficacité des phytocannabinoïdes, il est nécessaire d’avoir une synergie entre ces centaines de molécules et terpènes afin de conserver « l’effet d’entourage ».
L’avancé des recherches permettent de définir que le système endocannabinoïde est beaucoup plus étendu que ce que l’on pensait. Des recherches plus poussées sont nécessaires afin de découvrir ce système très complexe qui est l’un des principaux acteurs de l’équilibre de notre corps et de celui de la plupart des êtres vivants.
Sources :
L’ensemble de nos articles est écrit par Vincent, membre de notre équipe éduqué aux sujets des cannabinoïdes et diplômé d’école de Chimie. Les faits retranscrits au travers de notre blog d’information sont issus de la littératures scientifique internationale, dont les sources sont vérifiables et citées en fin de chacun de nos articles.
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