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À vrai dire, le Conseil des États voulait débattre de la fermeture d'offices de poste pendant la session d'automne. Mais entre-temps, la conseillère fédérale Doris Leuthard a mis en place un groupe de travail sur le service postal universel. La commission concernée de la Chambre des cantons veut d'abord attendre le rapport de ce dernier.
Il était prévu que le Conseil des États traite de toute une série d'interventions relatives à la Poste. Deux initiatives cantonales (Tessin et Valais) demandent le renforcement des outils juridiques permettant à la Commission fédérale de la poste et à la population de s'opposer à la fermeture d'offices de poste. Elles demandent aussi que les critères d'accessibilité de services postaux soient revus et que les conditions de travail des employé(e)s des agences postales soient améliorées. Le traitement de ces deux initiatives cantonales et de cinq autres motions concernant la même thématique est désormais renvoyé à plus tard.
Un rapport cet automne encore
La raison : la conseillère fédérale Doris Leuthard a mis en place un groupe de travail sur le service postal universel dirigé par l'Office fédéral de la communication. Ce faisant, la conseillère fédérale réagit au mécontentement croissant suscité par le démantèlement fulgurant des offices postaux. Si les choses se déroulent comme la Poste l'entend, il n'y aura à moyen terme plus qu'environ 800 offices de poste à proprement parler, c'est-à-dire offrant la palette complète des services. Le rapport du groupe de travail doit être terminé cet automne encore. En outre, les résultats d'une étude sur les usagers et usagères de la Poste seront ensuite publiés. Ce n'est qu'ensuite que la Commission des transports et des télécommunications du Conseil des États se prononcera sur les interventions précitées.
Être présent numériquement et sur le terrain
La motion de la commission sur la planification stratégique du réseau d'offices postaux sera toutefois discutée en plénum comme prévu. Le Conseil fédéral la rejette en renvoyant au groupe de travail et à l'étude déjà mentionnée. Mais cela ne va aucunement empêcher le Conseil des États d'accepter quand même cette motion. En effet, l'Administration fédérale et le Conseil fédéral n'ont jusqu'à présent réagi que de manière défensive aux critiques du démantèlement. Ainsi, l'inquiétude des communes et de la population quant au service postal universel est plus que justifiée. Et rien à voir ici avec de la nostalgie ! On est en droit d'exiger d'une entreprise proche de la Confédération ayant un mandat de service universel qu'elle franchisse l'étape de la numérisation et, parallèlement, épuise toutes les possibilités offertes à elle de rester présente sur le terrain. La Poste doit d'abord prouver cette volonté.
Que le Conseil national ait décidé, lors de la session d'été, d'exiger des CFF qu'ils poursuivent jusqu'en 2020 le financement des points de vente de billets gérés par des tiers montre que si ce n'est peut-être pas le cas du Conseil fédéral, les parlementaires, eux, ont très bien entendu la grande colère provoquée par la situation dans les entreprises proches de la Confédération. La motion sur le moratoire en question sera traitée par le Conseil des États le 13 septembre prochain.