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Le pays qui s'était fixé comme objectif d'accroître sa population à 1,42 milliard d'habitants en 2020 contre 1,34 milliard en 2010, pourrait instaurer des mesures visant à encourager les couples à avoir plus d'enfants.
La suppression en 2016 de la politique de l'enfant unique n'aura donc pas suffi à enrayer la baisse inexorable du taux de natalité. La Chine est sur le point d'annoncer sa première baisse de population depuis cinq décennies, à la suite d'un recensement décennal, indique le Financial Times, qui cite des sources proches du dossier.
Les données concernant la population sont très sensibles et ne seront publiées que lorsque le gouvernement aura établi un consensus sur les chiffres et leurs implications, a précisé le Financial Times.
Ces derniers mois, les médias d'Etat chinois laissaient entendre que la population pourrait commencer à décliner dans les prochaines années. En 2016, la Chine a supprimé la politique de l'enfant unique en vigueur depuis des décennies dans l'espoir de stimuler la natalité, remplaçant la mesure par la politique de deux enfants.
Le phénomène est en partie dû aux faits que les couples urbains, en particulier ceux nés après 1990, accordent plus d'importance à leur indépendance et leur carrière qu'à l'objectif d'élever une famille, malgré la pression parentale qui les pousse à avoir des enfants. La hausse du coût de la vie dans les grandes villes a également découragé les couples.
«Ma priorité c'est de réussir avant tout». Candy a 32 ans, et vit à Shanghai, elle représente parfaitement une génération qui préfère faire carrière plutôt que de fonder une famille. «Vivre dans une ville comme Shanghai change radicalement la façon de percevoir les nécessités du quotidien» poursuit-elle. Il est vrai que Shanghai est, depuis peu, la ville la plus chère du monde.
«Je suis originaire d'une ville du Henan et mes parents ont d'ailleurs du mal à comprendre mes priorités. Je veux d'abord avoir une situation stable, pour ensuite pouvoir rencontrer quelqu'un, me marier et avoir un ou des enfants.» Un véritable fossé s'est creusé depuis une dizaine d’années où les générations précédentes ne comprennent pas cette façon de penser.
«La réussite dans la Chine d'avant passait par avoir un enfant et se marier, dorénavant les mentalités ont changé. La nouvelle génération veut réussir et faire carrière. Ne pas avoir d'enfants n'est pas un problème, mais la génération d'avant crée énormément de pression... et c'est la société qui les pousse à cela», conclue Candy, avant de devoir quitter la conversation pour reprendre le travail.
La baisse du taux de naissance et le vieillissement rapide de la population vont avoir un impact sur la population en âge de travailler et affecter la productivité. «Nos projections, basées sur les données précédant le recensement, suggéraient déjà une baisse de 0,5% de la main-d'œuvre chaque année d'ici 2030, avec un impact similaire sur le PIB», prévient le Capital Economics.
Alors que le vieillissement s'accélère en Chine, la population américaine montre des changements positifs, a affirmé la Banque centrale chinoise dans un document de travail publié en mars, citant les projections des Nations Unies. Elle y fait état d'une hausse de 15% de la population américaine en 2050 par rapport à 2019 tandis que la population chinoise reculerait de 2,2%.
La Chine doit reconnaître que sa situation démographique a changé. Et elle doit réaliser que l'éducation et les progrès technologiques ne peuvent pas compenser le déclin de la population. (ga)