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Research
Ce carton en couleur est le dessin précis à l’échelle 1:1 pour la partie inférieure de la troisième fenêtre haute à droite dans la nef du temple de Coppet. Nous n’avons pas retrouvé dans le fonds graphique de l’atelier Kirsch et Fleckner le carton pour la partie supérieure de la verrière.
La comparaison de ce carton avec le vitrail dans le sanctuaire nous permet de constater que les deux lancettes ont été inversées. Etait-ce une demande des commanditaires ? Ou une erreur dans le montage de la fenêtre ? Il est difficile de donner une réponse à ces questions.
Dans le fonds Charles Clément donné au Vitromusée en 1995, plusieurs esquisses, dessins et maquettes sont consacrés aux vitraux du temple de Coppet dont trois sont dédiés à cette fenêtre pour Noé (CHC_034, CHC_035 et le verso du CHC_052). Il est très instructif de les étudier afin de voir comment le sujet a évolué. Deux d’entre eux (CHC_034 et CHC_035) dévoilent un dessin identique qui semble néanmoins plus abouti pour le CHC_034. Le thème de la lancette de droite a changé en cours de processus créatif : l’artiste y évoquait l’accueil des animaux (oiseaux, oies, mouton, lion, chien) sur l’arche. Clément a noté sous le dessin CHC_034 “pas exécuté”. C’est probablement le commanditaire qui a souhaité faire ce changement. Il faudrait néanmoins faire des recherches dans les archives de la paroisse pour le confirmer.
Le troisième dessin (le verso du CHC_052) nous dévoile le sujet de remplacement : Noé est assis au premier plan de face, une hache dans sa main gauche, en train de construire son arche, la structure en bois s’érigeant derrière lui.
Sur la maquette CHC_035, Clément a dessiné le quadrilobe au-dessus des deux lancettes. Au sommet, un soleil envoie des rayons de lumière sur une végétation buissonnante. A mi-hauteur, un arc-en-ciel se déploie sur toute la largeur. Ce dessin est repris sur le vitrail et complété. Une lune et une étoile sont ajoutées au-dessus de l’arc-en-ciel alors que les rayons du soleil tombent sur l’arche juchée au sommet d’une butte.
Charles Clément réalise les vitraux pour le temple de Coppet en deux phases. Il est appelé une première fois pour les vitraux du choeur (Crucifixion et les deux verrières d’évangélistes) entre 1933 et 1934, qu’il réalise en collaboration avec l’atelier fribourgeois Kirsch et Fleckner. Vingt ans plus tard, en 1953-1955, il réalise avec l’atelier Kirsch frères les vitraux pour la nef et la façade occidentale.
En 1933, il est de retour en Suisse depuis une année après cinq ans passés à Paris et Marseille et continue son activité liée au vitrail (Rouiller, 1989, p. 199-200) commencée dix ans auparavant avec des verrières pour le temple d'Arnex (1922) (Courthiau, 2011, p. 327). Alors qu’il débute son travail pour les verrières du temple de Coppet, il est en train de terminer celui pour la cathédrale de Lausanne. Il y a réalisé quinze vitraux entre 1930 et 1934. Il vient également de terminer la grande verrière du choeur pour l’église de la commune voisine de Coppet, Commugny (1933), et va s’occuper de la création des vitraux pour le temple de Cuarnens (1935) (Rouiller, 1989, p. 205).
Lorsqu’il commence la seconde phase de sa création à Coppet, Clément s’occupe en même temps de la réalisation de cinq vitraux pour l’église de Crêt-Bérard à Puidoux et de quatre verrières pour l’église réformée de Goumoens-la-Ville (1953). En juin 1954, le vitrail du Christ Roi pour l’église Saint-Luc à Lausanne est inauguré (Rouiller, 1989, p. 205).
Entre ces deux époques le style de Clément a évolué. Pour les trois verrières du choeur, l’artiste compose un dessin avec une multitude de pièces de verres très petites et modèle ses personnages dans un style cubiste. Vingt ans plus tard, il simplifie ses motifs, agrandit les verres et va à l’essentiel. Son travail sur la couleur semble suivre le même chemin. Alors qu’il juxtapose une multitude de couleurs dans ses premières verrières, parfois se contrastant fortement, il préfère l’harmonie des teintes dans cette seconde phase créative. La verrière du Jugement dernier en est un parfait exemple. Composée dans une déclinaison allant du lie de vin au mauve, l’impression générale est harmonieuse et paisible alors que le vitrail consacré à la Crucifixion dégage une impression d’hétérogénéité qui fait néanmoins toute la force de la verrière.
Dating
1954
Date of Receipt
23.12.1991
Donator / Vendor
Owner
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