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Dawn Hampton (1928-2016) est une chanteuse, musicienne, compositrice, parolière, danseuse et militante. Avec une carrière de plus de sept décennies, elle marque l’histoire du jazz d'une empreinte indélébile.
Issue d'une famille musicale influente (de 12 enfants!), elle naît bercée par les mélodies du jazz à Middletown, en Ohio. Dès l'enfance (3 ans), elle performe et se distingue par sa voix envoûtante et son talent pour la danse dans le groupe de musique familial.
Durant la deuxième guerre mondiale, elle crée avec ses sœurs le groupe féminin “The Hampton Sisters” et après la guerre, toute la fratrie se réunit pour créer le “Duke Hampton Orchestra” où Dawn joue du saxophone, chante et danse. Le groupe va performer et tourner plusieurs années avant de s’établir au Cotton Club de Cincinnati en Ohio.
Sa famille a été le sujet d’un documentaire court (gagnant d’un Emmy en 2011):
New York, New York
En 1958, pour ses 30ans, elle déménage à New York et démarre sa carrière solo. Elle y fait rapidement sa place et signe un contrat de résidence dans un cabaret. Elle travaille avec Duke Ellington, Benny Goodman et Lionel Hampton, entre autres. Elle est également une artiste régulière au théâtre Apollo à Harlem, où elle partage la scène avec certain·e·s des musicien·ne·s les plus célèbres de l'époque, notamment Billie Holiday et Ella Fitzgerald. Elle performe à Broadway et dans des films à Hollywood. En 1992, elle danse aux côtés de Sony Allen et Frankie Manning dans le film de Spike Lee “Malcom X”.
Dawn Hampton déploie ses dons à travers plusieurs décennies, touchant les diverses évolutions du jazz. Avec sa voix, elle fusionne le swing, le bebop et le blues dans une symphonie intemporelle.
Quand ses cordes vocales sont endommagées lors d’une opération en 1964, elle continue de performer en impressionnant les foules avec son sifflement.
Swing toujours
Dans les années 1980, un voisin l’invite à une fête swing. Elle y croise son ami de longue date, Frankie Manning et devient elle aussi une figure de ce qui est appelé (à tort) le “Swing Revival”(1). Dès lors, elle voyage dans les festivals Swing du monde entier, parlant avec passion de musicalité et de la fluidité de la danse.
“Pour pouvoir danser, tu dois ressentir la musique”.
Elle challenge les danseureuses de se connecter avec leur partenaire tout en se connectant à son propre corps et à la musique.
“Vous l’avez tous. Il n’y a pas de raison que vous ne puissiez pas sentir le rythme”. (“You all have this. There’s no reason any of you can’t feel the beat.”)
Jusqu’à sa mort en 2016 (à 88ans), quand elle ne parcourt pas les festivals, il n'est pas rare de voir Dawn lors d’événements jazz à New York. Qui l’a croisé le dit: voir Dawn danser, c’était redécouvrir l’écoute de la musique.
Militante
Au-delà de la musique, Dawn défend ardemment les droits civiques, utilisant sa voix pour lutter contre l'injustice raciale notamment. Elle parle avec émotion de sa joie de voir des personnes de toutes les couleurs, origines, âge et orientation se joindre dans la danse. Même si sa vie privée reste en grande partie mystérieuse, son engagement pour les causes LGBTQ+ et son statut de “Reine du cabaret” font d’elle une “icône Queer*”. Dawn a osé danser les deux rôles lorsque cette pratique était encore mal vue, montrant l’exemple et prônant l’ouverture d’esprit, faisant passer le plaisir de la musique avant tout.
Dawn Hampton continue d'inspirer, sa musique vibrant toujours dans les cœurs et son dévouement à la justice sociale restant un modèle. Son héritage transcende les notes et les pas de danse, symbolisant l'essence même du jazz et de la lutte pour l'égalité.
Chanson favorite: “Splanky” de Count Basie
Citation connue: “Don’t count, feel! The only count I know is Count Basie!”(“Ne compte pas, ressent! Le seul compte que je connaisse, c’est Count Basie”)
Enregistré seulement quelques mois avant sa disparition, découvrez l’épisode avec Dawn Hampton du Podcast "The Track". Un podcast en anglais que nous vous recommandons vivement.
Rédaction: Hülya Kubbecioglu
Notes
*Personne dont l'orientation ou l'identité sexuelle ne correspond pas aux modèles dominants.
(1)A cette période, la musique et les danses Swing sont de nouveau à la mode (avec aussi l’apparition de l’électro-swing). Mais appeler cette période “renaissance” ou “revival” c’est laisser croire à tort que le swing avait disparu. Il était certes pratiqué par moins de monde mais il a continué d’être célébré dans les communautés africaines-américaines.
Sources:
Pour en apprendre plus sur le swing et son histoire:
Swungover Le projet Swing History, mené par plusieurs passionné·e·s de la scène swing Suisse Romande vise à faire connaître les racines de la musique et des danses swing. Bien que ces articles soient le fruit de recherches sérieuses, il est impossible de garantir l'absence d'erreurs et/ou de maladresses.
L'équipe se réjouit de recevoir corrections et commentaires et d'en apprendre plus grâce à ces contributions. Envie de faire partie de l'aventure? Le projet est en constante évolution! Contacte-nous à <email-pii> et rejoins la team Swing History!