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En 2001, Einsiedeln (SZ) donnait un élan d'espoir en inaugurant la première «boîte à bébé» de Suisse le jour de la Fête des mères. Sept autres installations du genre ont été installées depuis, dont une seule en Suisse romande. Retour sur un projet «indispensable» permettant de sauver des nourrissons abandonnés.
Au petit matin du 4 janvier 2020, un nouveau-né était découvert sur un chantier non chauffé à Därstetten, dans l'Oberland bernois, abandonné par sa mère la nuit précédente. Cette femme avait laissé dans une boîte en carton sa petite fille enveloppée dans une simple couverture en laine.
Un agriculteur l'avait trouvée en état d'hypothermie sévère et avait alerté les secours, qui l'avaient ensuite emmenée par hélicoptère à l'hôpital du canton. Peu de temps après, la police avait amendé les parents à une peine de prison pour non-assistance à une personne incapable de se protéger elle-même.
Considérée par certains experts comme problématique sur le plan juridique et éthique il y a 20 ans, la «boîte à bébé» est devenue aujourd'hui une institution jugée indispensable.
Entre 1997 et 2001, Dominik Müggler indique que 13 nouveau-nés abandonnés ou tués ont été recensés en Suisse. La découverte en 1999 d'un bébé abandonné mort au bord du lac de Sihl, près d'Einsiedeln, avait d'ailleurs provoqué un choc dans la région.
Dominik Müggler a eu l'idée d'installer des «fenêtres à bébé» après avoir entendu parler de la «trappe à bébé» de Hambourg (Allemagne) inauguré en 2000. Il a contacté un ami médecin à Einsiedeln qui a organisé une rencontre avec les responsables de l'hôpital.
Avant même la réunion, l'hôpital a apporté son soutien à l'idée à la condition que ce service ne s'appelle pas «trappe à bébé», mais «fenêtre à bébé».
Le principe de la boîte à bébé, mis en place par Dominik Müggler en 2001, est simple: les mères en détresse peuvent déposer leur bébé dans un compartiment accessible depuis l'extérieur d'un bâtiment hospitalier avant de le refermer et de s'en aller. Le bébé est alors pris en charge par l'hôpital et par l'Autorité de protection de l'enfant et de l'adulte (APEA) en attendant son adoption.
La mère peut s'adresser à l'APEA ou à l'Aide suisse pour la mère et l'enfant (ASME) pour prendre contact avec son enfant. Elle peut le récupérer avant une éventuelle adoption qui intervient officiellement au plus tôt un an après l'abandon du bébé. La première alarme dans une «boîte à bébé» a retenti le 5 septembre 2002 à Einsiedeln (SZ).
Il existe actuellement huit «fenêtres à bébé» en Suisse. Elles sont installées à Einsiedeln (SZ), Olten (SO), Berne, Bâle, Davos (GR), Bellinzone, Zollikerberg (ZH) et Sion. Cette dernière ville a rejoint le mouvement en 2016. Elle est à ce jour la seule de Suisse romande à proposer cette alternative. Quel que soit le canton, les coûts de mise en place sont pris en charge par l'ASME, soit en moyenne environ 70 000 francs.
Depuis 2001, 26 nouveau-nés ont été déposés dans les «boîtes à bébé». Treize mères se sont manifestées et ont révélé leur identité et six d'entre elles ont voulu récupérer leur progéniture après avoir surmonté une période de crise. Dans les six cas, l'enfant leur a été rendu. (ats/mndl)