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Nous tenons tous des croyances irrationnelles : nous prenons nos désirs pour des réalités, nous refusons de croire les faits lorsque ceux-ci nous dérangent et nous formons des croyances pour la simple raison que celles-ci nous rendent la vie plus agréable. Selon la conception traditionnelle de la rationalité des croyances : croire quelque chose pour ce type de raison (pour des raisons pratiques plutôt que parce qu'elles sont soutenues par des faits, des preuves) est toujours irrationnel. Il témoigne toujours d'une sorte de raisonnement problématique ou défectueux : lorsque nos proches font preuves de ce type de raisonnement, nous tentons de les corriger, sous prétexte qu'ils se mentent à eux-mêmes.
Ce projet concerne donc la philosophie des croyances irrationnelles: ce que toutes ces formes de croyances ont en commun (en allant des formes les plus pathologiques tels que les délires cognitifs aux formes les plus bénignes comme la duperie de soi), et à évaluer la raison pour laquelle nous jugeons ces croyances "défectueuses" ou erronées.
Plus spécifiquement, l'objectif de ce projet consiste à rejeter cette conception traditionnelle de la rationalité, et à mettre en avant certaines découvertes récentes en sciences cognitives afin de défendre l'idée que certaines formes d'influences pratiques sur nos croyances nous mènent à former de croyances rationnelles – une dimension que la conception traditionnelle, longtemps dominante en philosophie ne permet pas de capturer.