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L'aide internationale portée aux populations réfugiées depuis 1990 en Ouganda est efficace. A tel point, cependant, que les habitants des camps reçoivent des soins plus importants que la population hôte. Tel est le paradoxe mis en évidence par des chercheurs ougandais comparant les soins obstétriques reçus par les femmes des deux populations (Lancet 2004 ; 364 : 611-2).Entre 1999 et 2002, le taux d'interventions obstétriques majeures était de 1% chez les réfugiées, 0,45% chez les résidentes des communautés ougandaises proches des camps, 0,4% dans le reste du pays. La mortalité infantile était deux fois et demie supérieure dans la population hôte que parmi les réfugiés.Pour les auteurs, les organisations humanitaires auraient avantage à soutenir et épauler le système sanitaire local, même rudimentaire, pour créer une structure capable de répondre simultanément aux besoins des réfugiés et de la population hôte. Une méthode qui aurait l'avantage de promouvoir l'équité et de favoriser une cohabitation harmonieuse entre les réfugiés et leurs hôtes.Bonne nouvelle, cependant : l'effort humanitaire tel qu'il a été déployé a eu des effets mesurables. L'action des organisations humanitaires semble même profiter un peu aux populations hôtes, puisque celles-ci connaissent un taux de mortalité infantile légèrement inférieur à la moyenne nationale, malgré la présence de nombreux réfugiés.