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Le Centre intercantonal des croyances (CIC) a effectué un premier recensement des communautés religieuses dans le canton de Vaud, et a mis en lumière une large diversité de communautés, dont le nom est parfois inconnu ici, comme par exemple les mourides, cette confrérie soufie d'origine sénégalaise.
Près de 800 communautés ont été recensées et cartographiées. En parallèle, une exposition photographique réalisée par des étudiants de l'ECAL montre par l'image cette diversité (voir encadré).
Des communautés variées
Une dizaine de traditions religieuses différentes accueillent les fidèles vaudois. Pour le CIC, une communauté est un groupe de personnes qui partagent les mêmes croyances et qui se réunissent régulièrement dans le même lieu de culte, comme une paroisse, une confrérie ou une loge.
La très grande majorité, 91% des communautés, sont chrétiennes. Brigitte Knobel, directrice du CIC, explique que les traditions non chrétiennes sont représentées par un nombre très faible de communautés, à l'image de la seule communauté taoïste vaudoise, ou les quelque dix communautés bouddhistes, un nombre négligeable par rapport aux 383 communautés réformées.
La zone périurbaine n'est pas synonyme de marginalisation
De nombreuses communautés non chrétiennes se situent dans la zone périurbaine, sans que cette localisation ne soit pour autant un synonyme de marginalisation. Eva Marzi, sociologue des religions, a participé au projet de cartographie du CIC et détaille les contraintes qui poussent ces communautés à s'établir à l'écart des centres: "La pagode vietnamienne d'Ecublens se situe par exemple dans une très jolie villa dans les hauteurs du village. (...) Les nonnes peuvent entretenir leur jardin, faire pousser des fruits et des légumes. C'est des communautés qui grandissent et doivent trouver des lieux adaptés pour accueillir plus de personnes."
Et la sociologue de poursuivre en pointant la difficulté qu'éprouvent certaines communautés, parmi les musulmans notamment, pour se procurer un local, ce qui les pousse à aller là où elles en trouvent un.
Les photographies des communautés religieuses vaudoises
Sylvie Lambelet/ebz
Credo, une enquête photographique pour compléter l'étude
Certaines d'entre elles se trouvent dans des lieux improbables, comme le temple hindouiste de Prilly, situé dans un garage. "C'est au sous-sol, il faut vraiment entrer pour se rendre compte de la magie des lieux", souligne Cynthia Amman, l'une des étudiantes. Une communauté "très accueillante" et qui a laissé toute liberté à la jeune photographe.
Le photographe Mathieu Gafsou, qui a encadré le travail des étudiant, raconte sa surprise en découvrant des communautés qui doivent réarranger chaque semaine leurs lieux de culte. "Il y a une vie assez fantastique, très variée, qu'on ne soupçonne pas du tout. L'image a ce truc très immédiat, de nous dire 'voilà ce qu'on ne connaît pas, qui est sous vos yeux, qui peut paraître exotique, mais qui appartient à notre présent, à notre vie, ici à Lausanne, dans le canton de Vaud.'"