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D'abord, en obligeant les demandeurs d'emploi sans formation ou qualification particulière à accepter de travailler dans les domaines suivants: auxiliaire des services de soins et de l'aide à domicile, femme de chambre d'hôtel, caissière de supermarché, salarié d'entreprises de nettoyage, éboueur, serveur ou serveuse, travailleur en cuisine dans la restauration, aide-maçon…avec les conditions salariales appliquées dans la branche, à défaut de quoi ils perdraient leur droit à allocation chômage.
Parallèlement, en limitant l'accès aux études supérieures des personnes n'en ayant manifestement pas les capacités, au moyen de numérus clausus tenant compte des besoins de l'économie et des réelles perspectives d'emploi, puis par un concours d'entrée ou une sélection basée sur la note obtenue à l'examen de maturité: on éviterait ainsi le surpeuplement de certaines facultés de même que l'élagage massif pendant les études, ce qui coûte très cher à la collectivité pour un résultat douteux.
Le vœu pieu ou le slogan politiquement correct qui consiste à vouloir "former tout le monde" n'est pas réalisable, car "tout le monde" n'en a tout simplement pas les capacités. Actuellement, une partie des soi-disant "formés" est clairement formée à l'inutile: ceux ayant suivi certaines filières d'école post-obligatoire, ceux, en surnombre, licenciés dans des branches des sciences humaines ou sociales présentant peu d'intérêt pour les employeurs1, ceux terminant (ou pas…) leurs études à l'âge de 25, 26 ou 27 ans (en redoublant une ou deux fois au collège, en prenant ici ou là une année "sabbatique", en ratant une année ou deux pendant les études...).
Posée ainsi, la question de fond paraît brutale mais a l'avantage d'être claire: voulons-nous d'une société où des personnes physiquement aptes mais sans qualifications ou expérience vivent, selon les cas, grâce au chômage, aux mesures cantonales, aux services sociaux ou à l'AI alors que nous faisons appel aux immigrés pour s'occuper de nos ainés dans les EMS ou pour nettoyer les toilettes de l'aéroport? La réponse est apparemment oui. Dès lors, qu'elle soit ou non "massive", l'immigration sera certainement durable, soutenue et probablement en augmentation régulière, mais il faut savoir ce que l'on veut.
Quant à l'initiative fédérale contre l'immigration massive, elle sera peut-être votée un jour par le peuple mais elle restera assurément sans effet aucun sur l'immigration. Tout comme pour les minarets, les moutons noirs, la burqa2 et les corbeaux, cela n'est que démagogie, cabotinage, gesticulation et cynisme politique exploitant certaines angoisses profondes d'une partie de la population.
1Alors que les facultés où "y'a pas de maths" sont bondées en première année, il nous manquerait près de 5000 ingénieurs, selon un responsable de l'Office cantonal de l'emploi: j'y reviendrai.
2C'est le burqa dans les langues concernées (notamment l'ourdou, le hindi, le pachto et le dari), mais apparemment un gratte-papier besogneux, ardent défenseur de la langue française, assis quelque part dans un ministère parisien, a tranché en faveur du féminin; j'ignore pourquoi.