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Ce tribunal avait cassé un jugement pris en 2000 par l'instance précédente, le tribunal de district de Fukui, qui avait rejeté une plainte présentée dès 1985 par 32 riverains de Monju. Le tribunal de Kanazawa a motivé sa décision par une "erreur" d'appréciation de la sûreté qui aurait été commise par l'organisme gouvernemental compétent. Selon le tribunal, des mesures de protection préventives contre les fuites de sodium n'ont pas été prévues à Monju. La rupture possible de la structure du cœur du réacteur constituerait également un risque. Les riverains avaient fait valoir que lors de leur évaluation de la sûreté, les autorités avaient négligé le danger d'une réaction entre des fuites de sodium et le sol insuffisamment protégé.
Monju est arrêté depuis décembre 1995 à cause d'une fuite de sodium dans un circuit secondaire. L'exploitant, le Japan Nuclear Cycle Development Institute (JNC), vient tout juste de recevoir le feu vert du gouvernement pour remettre à niveau un système global de détection et de maîtrise des fuites de sodium. Etant donné que le JNC n'était pas partie dans la procédure qui vient d'être jugée en deuxième instance par le tribunal de Kanazawa, il n'est pas autorisé à faire appel. Par contre, l'autorité de sûreté NISA (Nuclear and Industrial Safety Agen-cy), accusée "d'erreur", a l'intention de recourir "avec détermination" contre la décision auprès de la prochaine instance, la cour d'appel de Nagoya. La NISA est soutenue dans cette démarche par le gouvernement de Tokyo. Ce dernier pense pouvoir gagner par cette procédure, les autorités ayant toujours été reconnues dans leur droit lors de cas similaires. Pour le gouvernement, le motif avancé par le tribunal de Kanazawa ne tient pas, le jugement se fondant sur l'hypothèse irréaliste que les dispositifs multiples de sûreté connaîtraient tous une défaillance en même temps. La question de la suffisance de la protection des sols contre les fuites de sodium a été indubitablement examinée à plusieurs reprises, constate le gouvernement, pour lequel la crainte d'une rupture de la structure du cœur repose sur des hypothèses erronées.
Source
P.B./C.P. d'après NucNet des 28 janvier et 3 février 2003