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Introduction
L’anthropologie a construit nombre de ses réflexions méthodologiques et épistémologiques
en s’intéressant à une série de savoirs produits par des personnes en situation de
subalternité (Sarker 2015) et qui pour cette raison tendent à être ignorés ou dénigrés.
Celles, par exemple, des féministes, celles des personnes altérisées et / ou racisées,
ou celles des autochtones. Ces différentes voix se distinguent dans leur manière d’interroger
le pouvoir. Dans les années quatre-vingt-dix, les féministes de Women Writing Culture (Behar et Gordon 1995) réagissent au postulat du Writing Culture proposé par James Clifford et George Marcus (1986) qui visait à questionner l’objectivité de la recherche ethnographique et son caractère
situé, voire fictionnel. Certaines chercheuses, à l’instar de Lila Abu-Lughod (1996), proposent alors une critique plus radicale de la construction binaire entre soi
et un Autre, argumentant notamment que la construction de l’altérité est le fruit
d’une histoire coloniale. Par la suite, les chercheuses et chercheurs autochtones
se sont attelés à décoloniser les méthodologies de recherche (Smith 2021). Plus récemment, les personnes qui se réclament du Global South (Santos 2016) et les personnes racisées ont encore développé ces réflexions (Parnell-Berry et Michel 2021).
Cependant, l’attention à la dimension émique de la domination ne revalorise pas automatiquement
des savoirs minoritaires puisque ces derniers, «pour gagner en dignité théorique et universitaire, doivent
se défaire du stigmate du militantisme et doivent par conséquent être détachés de
ceux qui en portaient la voix en première instance» (Bentouhami-Molino 2017, 101). Au-delà de repenser qui inclure autour de la table, il s’agit aujourd’hui
de questionner «ce qui figure au menu» (Bilge 2020), pour pouvoir modifier en profondeur les critères de ce qui fait que quelque chose
devient bon à penser en recherche et ce qui définit son intérêt.
Un des principaux enjeux est alors de considérer les lieux de production des savoirs
dans une perspective épistémologique (Bentouhami-Molino 2015; Grosfoguel 2007) pour mettre en évidence leur caractère situé, mais aussi pour s’interroger sur la
façon dont les perspectives voyagent ou sont utilisées dans d’autres contextes. Par
exemple en s’intéressant à la manière dont les apports produits dans le sud global
peuvent éclairer les questionnements du nord global (Leresche 2019).
Ce dossier thématique s’inscrit ainsi dans le prolongement des recherches qui explicitent
la dimension située des savoirs et de leur production. Il rassemble des travaux qui
mettent en lumière, en prenant en compte de manière réflexive le lieu d’énonciation,
comment la recherche est façonnée par les relations de pouvoir – y compris dans une
perspective intersectionnelle qui considère, entre autres, les imbrications des systèmes
de sexe, de classe, de race, de validisme, d’âge – et comment les individus questionnent,
acceptent et / ou subvertissent les relations de pouvoir.
Différents angles peuvent être privilégiés pour le faire, comme le montre la pluralité
des apports théoriques et méthodologiques proposés dans les articles de ce dossier.
Ces angles concernent autant les démarches choisies comme la perspective décoloniale,
l’approche intersectionnelle, l’approche participative ou collaborative, que les différentes
thématiques étudiées qui portent sur les enjeux de publication, les enjeux de représentation,
les questions méthodologiques et les contextes matériels dans lesquels la recherche
se produit.
Les contributions théoriques et méthodologiques qui traversent ce dossier thématique
ont comme projet commun de décloisonner / décoloniser la discipline au sens d’opérer
une mise à distance de ce qui fait la norme de la scientificité et de proposer des
outils concrets pour le faire. Ces contributions abordent des sujets que nous allons
détailler en trois points: les contextes d’énonciation (précarité et injonction à
la publication), les lieux d’énonciation et l’autorité de la prise de parole (qui
parle, pour qui et comment), les contextes familiaux des chercheurs et des chercheuses
(imbrication des sphères privées et professionnelles).
La construction et la coordination d’un dossier thématique ont également engagé des
questionnements qui s’imbriquent dans les problématiques présentées dans les articles.
La dernière partie de cette introduction revient sur les principaux enjeux qui ont
traversé la réalisation de ce dossier thématique.
Les contextes d’énonciation: la précarité dans la recherche et l’injonction à la publication
Au moment de rédiger cette introduction, un postulat pour l’égalité des chances et
le soutien de la relève académique vient d’être adopté par le Conseil fédéral (postulat
22.3390). Cette adoption est le résultat d’un long travail réalisé par un comité de
chercheurs et de chercheuses directement concerné par la précarité de l’emploi et
travaillant dans différentes hautes écoles en Suisse. La pétition, qui a amené à l’adoption
de ce postulat, avait comme vocation de rendre visible la précarité dans le monde
académique suisse: notamment le manque de postes fixes et l’accumulation d’emplois
précaires et mal rémunérés, la faible reconnaissance du travail des chercheuses et
des chercheurs en début de carrière, le climat compétitif dans le monde de la recherche.
La question de la précarité de l’emploi dans le monde académique est une réalité qui
concerne l’ensemble des espaces nationaux.
C’est l’objet de l’article de Cheshta Arora et Debarun Sarkar qui est particulièrement
éclairant pour la situation en Inde. Il montre que les débats sur la précarité dans
le monde académique n’ont pas été articulés à la situation spécifique de l’Inde et
n’ont pas profité à l’émergence d’un autre mode opérationnel de production des connaissances.
L’injonction à la publication, qui est un critère d’admissibilité en thèse de doctorat
en Inde, est doublée de la question de la traduction des articles dans des langues
locales.
Nous avons rencontré un problème similaire dans la conception de ce dossier thématique.
La question posée était de savoir en quelle langue publier les articles et l’introduction.
Les appels de la revue (dans un contexte suisse plurilingue) sont généralement diffusés
en français et en allemand (deux langues nationales) ainsi qu’en anglais pour pouvoir
atteindre un public international. La majeure partie des propositions d’article reçues
pour ce dossier avait été faite en anglais. Sur les cinq articles publiés, quatre
sont en anglais, un en français et aucun en allemand. Or l’anglais est aussi la langue
dominante dans une partie du monde académique.
Le choix de la langue est donc un choix politique, mais il est aussi sensible parce
que la langue comme ce qu’elle permet de décrire participent de nos imaginaires et
de nos constructions mentales et émotionnelles (Thiong’o 1986). Ainsi, la façon de traduire, de nommer la réalité qui nous entoure raconte quelque
chose des rapports de pouvoir, comme le décrit très bien l’éditorial de ce numéro
qui porte sur le changement de nom de la revue.
La légitimité de la prise de parole: qui parle, de qui et comment
Ce que nous produisons comme savoir dépend donc des conditions matérielles dans lesquelles
nous pouvons le faire. Mais ces conditions dépendent aussi de la place qu’occupe celui
ou celle qui parle dans l’espace social. L’article de Karen Mogendorff éclaire de
manière heuristique les enjeux de reconnaissance scientifique à l’intersection du
validisme et du genre, et montre que l’intégration de personnes en situation de handicap
ne garantit pas toujours à ces dernières d’accéder à une légitimité dans l’expertise,
voire peut renforcer le processus de catégorisation et de hiérarchisation des savoirs.
À partir du postulat que le savoir est partiel, car situé, elle démontre que produire
des connaissances est aussi déterminé par la relation plus ou moins normative que
l’on a aux corps. Comme le montrent aussi certaines théories féministes du point de
vue, cela a aussi des incidences sur ce qui est perceptible et sur les sens qui sont
mobilisés pour percevoir et rendre compte du monde social.
Cet article fait évidemment écho à l’article signé par Arnaud Béal, Chantal Bruno,
Benoît Eyraud, Valérie Lemard, Jacques Lequien et Isabel Miranda (Capdroit) sur l’injustice
épistémique. Mais ce dernier concentre son analyse sur les enjeux de publication.
Si les recherches critiques (décoloniales , participatives, féministes, autochtones,
subalternes, etc.) ont posé la question de savoir qui parle pour qui et de quoi, peu
se sont encore posées pas question de savoir comment. Ainsi, l’article de Capdroit
porte sur les enjeux de la publication et plus précisément sur l’auteurisation des
personnes impliquées dans une recherche (qu’elles soient celles qui mènent la recherche
ou celles qui en font l’objet) pour montrer que la publication porte un double enjeu
de reconnaissance d’une parole et de son autorité.
Dans le prolongement de ces questionnements, ceux notamment de savoir qui parle pour
qui et comment, l’article de Juliane Neuhaus porte sur les relations entre les chercheurs
et chercheuses d’Océanie et celles et ceux du monde occidental et de la Suisse en
particulier. A partir d’une généalogie très complète de la décolonisation de l’anthropologie
en Océanie, elle propose des outils pédagogiques et méthodologiques pour permettre
un meilleur dialogue au sein de la discipline.
L’imbrication des sphères privées et professionnelles
Si les contextes professionnels et les lieux d’énonciation sont déterminant pour comprendre
les conditions dans lesquelles la recherche se produit, il semble aussi nécessaire
de prendre en compte les expériences des personnes dans l’ensemble des sphères dans
lesquelles elles naviguent. Les chercheuses et les chercheurs n’exercent en effet
pas leur métier «hors sol», mais sont au contraire ancré·e·s dans des réalités qui
leur sont propres. On parle ici des conditions matérielles et personnelles (familiales
ou privées) des chercheurs et chercheuses.
C’est ce que propose Madeleine Ayeh dans son article sur la prise en compte de la
parentalité dans les processus de recherche. Elle montre le caractère ambigu de l’autorité
ethnographique en décrivant la façon dont les expériences communes de parentalité
ont joué comme catalyseur des relations et ont pu, dans un même mouvement, faciliter
l’entrée sur les terrains et compliquer le travail organisationnel de recherche.
De manière transversale, les articles répondent en partie aux questions concrètes
qui nourrissent les débats sur les conditions de production du savoir: quelles sont
les pratiques ethnographiques qui permettent de rendre visible la collaboration avec
les divers partenaires de terrain (co-rédaction, recherches participatives ou collaboratives,
imbrication des sphères privées et professionnelles …), et quelles sont les limites
de telles approches. Plusieurs d’entre eux proposent des pistes alternatives – et
leurs limites – non seulement théoriques, mais aussi pratiques pour prendre en considération
les relations de pouvoir dans la production des savoirs. Le constat général est qu’une
attention constante et très fine du caractère partiel de la recherche semble nécessaire,
même si cela risque de limiter la portée généralisante des conclusions.
Les articles dévoilent en effet tous comment la critique des relations de pouvoir
au sein des processus de recherche est limitée par de nouvelles configurations hiérarchiques.
Les articles de Capdroit et de Karen Mogendorff décrivent très bien comment la participation
des personnes concernées par l’objet d’étude ne garantit pas à ces dernières d’accéder
à une légitimité scientifique, voire renforce l’écart entre corps normés et légitimes
et corps illégitimes. Cheshta Arora et Debarun Sarkar montrent comment le focus sur
la critique postcoloniale en Inde aveugle la critique des infrastructures à l’origine
de la précarité des candidat·e·s au doctorat. Dans le même sillage, l’article de Juliane
Neuhaus dévoile comment le processus de décolonisation de la discipline peut également
être excluant, dès lors qu’il ne prend pas en compte certains lieux d’énonciation
de la critique, ici l’Océanie. Madeleine Ayeh quant à elle, décrit finement comment
la dépendance à la famille peut être détournée pour en faire un outil d’accès au terrain.
Faire et défaire: les coulisses de la production d’un numéro spécial
L’objectif de ce dossier thématique est de réfléchir aux conditions de production
du savoir à partir d’une lecture du monde social qui tente de rendre compte de l’imbrication
des rapports de domination. Cet objectif a ainsi animé les différentes étapes de la
construction du numéro. Il semble en effet impossible de questionner les conditions
de production du savoir et les moyens de décoloniser les processus, sans réfléchir
aux conditions dans lesquelles un dossier spécial comme celui-ci peut se faire. Puisque
nous1 avons demandé aux auteur·ice·s de porter une attention spécifique aux reconfigurations
de pouvoir à l’œuvre dans leurs recherches, nous avons choisi de faire ce même exercice
de réflexivité, car nous pensons qu’il éclaire les limites du processus de publication.
Cette partie suit de manière chronologique les différentes étapes du processus, mais
démarre au moment où les propositions sont reçues et ignore ainsi ce qui lui précède
(appel à coordonner un dossier spécial, invention et rédaction d’une proposition,
évaluation, rédaction de l’appel), dans ce sens le compte rendu est partiel.
D’abord le choix des propositions. Trente-neuf propositions ont été envoyées à la
revue par des personnes en doctorat, en master, en poste de professeur·e, en postdoctorat,
assistant·e de recherche, sans statut académique. Outre l’intérêt des propositions,
leur caractère prometteur, leur cohérence avec l’appel, les réponses proposées ou
les nouveaux questionnements qu’elles apportaient, s’est alors posée la question de
savoir quels autres critères prendre en compte.
L’objet de recherche, la zone géographique étudiée et les lieux de travail des chercheurs
et chercheuses étaient des critères qui allaient de soi. Il semblait en effet impossible
de réaliser un dossier sur les conditions de production des savoirs sans prendre en
compte les lieux de production. En l’occurrence, nous n’avons reçu que des propositions
venant d’Europe, du Canada et une d’Inde. Peut-on suggérer que les réseaux de diffusion
d’une revue reproduisent une distinction des lieux de production du savoir légitime?
Ou que les revues sont inégalement positionnées sur l’échelle de reconnaissance internationale
et reflètent des intérêts variés pour les scientifiques? C’est en tout cas le constat
que font Cheshta Arora et Debarun Sarkar sur la situation en Inde.
Les lieux d’énonciation renvoient aussi à la position des personnes dans l’espace
social. Les critères de genre, de validisme, d’âge académique, la position professionnelle,
l’appartenance ethnique ont alors fait partie des critères de sélection. Cela reste
des choix subjectifs, donc contestables, mais qui montrent aussi notre propre rôle
d’éditeur·ice·s et de coordinateur·rice·s de numéro, notre pouvoir de décider à qui
donner la parole ou non.
Ensuite l’expertise des articles. Il paraissait important que l’expertise puisse aussi
être produite par des personnes qui n’occupent pas forcément des postes stables. Encourager
le renouvèlement de la pensée par les contributions de jeunes chercheuses et chercheurs,
de les faire participer à ce qu’on définit comme l’expertise, semble être une voie
pour décoloniser la discipline. Cependant en demandant à des personnes déjà précarisées
professionnellement d’effectuer des tâches non rémunérées et invisibilisées – les
expertises devant être faites de manière anonyme, elles ne peuvent pas être valorisées
dans les curriculum vitae – nous encouragions alors un système inégal de construction
du savoir2.
La revue fonctionne avec une relecture en double aveugle, par deux expert·e·s externes,
plus une relecture par une personne du comité scientifique. Cela donne trois expertises
par article. Pour un dossier de cette taille, avec cinq articles rédigés, cela fait
quinze personnes qui ont travaillé gratuitement. Et cela sans compter le travail des
éditeur·trice·s responsables de la revue et des éditeur·trice·s invité·es.
Alors pourquoi autant de ressources mobilisées pour publier un dossier thématique?
Coordonner un numéro thématique sur le pouvoir en anthropologie est l’occasion d’ouvrir
des chantiers de réflexions sur les conditions de production du savoir, mais aussi
sur une forme d’éthique du soin. L’ensemble des articles présentés ici font état de
relations de dépendance à des contextes académiques, politiques, familiaux, ou à des
normes sociales. Publier un numéro thématique qui rende compte de ces relations s’inscrit
alors dans la perspective du care qui est «indissociablement éthique et politique,
car elle élabore une analyse éminemment critique des relations sociales masquées ou
dévalorisées et organisées autour de la dépendance et de la vulnérabilité» (Laugier 2013, 165).
Nous avons tenté d’y répondre le mieux possible, même si parfois aucune réponse satisfaisante
n’a été trouvée. Peut-être que la publication des articles est une fin en soi, dans
le sens qu’il est l’aboutissement de l’ensemble de ce processus de soin nécessaire
à la construction du savoir scientifique – par le partage du temps, des expériences,
de l’attention et des idées - et qui a besoin d’être visibilisé pour exister.
Reste une question ouverte: rédiger des articles, des livres, des thèses, des communications,
ou toute autre forme qui permette de rendre visible un travail de recherche, suppose
de pouvoir le faire, c’est-à-dire de se trouver dans des conditions qui permettent
de faire un travail de rédaction et de révision. En effet, tout le monde n’a pas accès
de manière égale aux ressources, de temps, d’énergie, de disponibilité mentale, de
matériel informatique, ou encore de revues en ligne, etc. Tout le monde n’est pas
dans la position de pouvoir faire entendre sa voix comme une voix légitime. Dans ce
contexte, comment se donner les moyens de questionner les conditions de production
du savoir et de renouveler la pensée, lorsque les conditions de production des savoirs
(matérielles, symboliques, morales ou politiques) des chercheurs et des chercheuses
ne permettent pas de prendre des risques épistémologiques?
Remerciements
Je remercie Anne Lavanchy pour nos échanges généreux et bienveillants ; les éditeur·trice·s
en chef·fe·s passé·e·s et présent·e·s pour l’accompagnement sans faille : Isabelle
Zinn, Laura Affolter, David Loher, Joanna Menet, Matthieu Bolay, Filipe Calvao ; et
Nathalie Garbely pour la patience et les relectures attentives.
Références
[Abu-Lughod, Lila. 1996. « Writing Against Culture ». In Recapturing Anthropology: Working in the Present, édité par Richard G. Fox, 137–162. Santa Fe: School of American Research Press.
]
[Behar, Ruth, et Deborah A. Gordon (dir.). 1995. Women Writing Culture. Berkley: University of California Press.
]
[Bentouhami-Molino, Hourya. 2017. « Audre Lorde, la poésie n’est pas un luxe ». Ballast 6(1): 90–103. https://doi.org/10.3917/ball.006.0090]
[Bentouhami-Molino, Hourya. 2015. Race, cultures et identités. Une approche féministe postcoloniale. Philosophies. Paris: PUF.
]
[Bilge, Sirma. 2020. We’ve joined the table but we’re still on the menu ». Routledge International Handbook of Contemporary Racisms, édité par John Solomos, 317–331. Routledge: Abingdon, Oxon ; New York, NY.
]
[Clifforf, James et George Marcus. 1986. Writing Culture. The Poetics and Politics of Ethnography. Berkeley: University of California Press.
]
[Grosfoguel, Ramón. 2007. «The Epistemic Decolonial Turn». Cultural Studies 21(2–3): 211–223. https://doi.org/10.1080/09502380601162514]
[Laugier, Sandra. 2013. « Veena Das, Wittgenstein et Stanley Cavell. Le care, l’ordinaire et la folie
». In Face aux désastres. Une conversation à quatre voix sur la folie, le care et les grandes
détresses collectives, édité par Anne M. Lovell, Stefania Pandolfo, Veena Das, et Sandra Laugier, 161–192.
Paris : Les Éditions d’Ithaque.
]
[Leresche, Frédérique. 2019. « La critique portée par le non-recours aux droits sociaux : propositions pour
développer une approche subaltern ». SociologieS [En ligne] mis en ligne le 23 mai 2019. http://journals.openedition.org/sociologies/11438]
[Parnell-Berry, Bel, et Noemi Vanessa Michel. 2021. « Editing as Anti-Racism ». ISRF Bulletin 23: 63–70.
]
[Santos, Boaventura de Sousa. 2016. Épistémologies du Sud, Mouvements citoyens et polémique sur la science, traduit par Jean-Louis Laville. Paris : Desclée de Brouwer.
]
[Sarker, Sonita. 2015. « Subalternity In and Out of Time, In and Out of History ». In Gramsci and Foucault : A Reassessment, edited by David Kreps, 91–110. Ashgate: Farnham & Burlington.
]
[Smith, Linda Tuhiwai. 2021. Decolonizing Methodologies: Research and Indigenous Peoples. Third edition. London: Zed.
]
[Thiong’o, Ngugiwa. 1986. Decolonising the Mind : The Politics of Language in African Literature. London: James Currey-Heinemann.
]
Notes
-
La première personne du pluriel est privilégiée ici car elle permet de rendre compte
du fait que de nombreuses personnes ont été impliquées dans ce processus réflexif,
à des degrés variables ou à des moments différents.⬑
-
Cette critique est pourtant à nuancer, tant les tâches non valorisées et souvent gratuites
sont déjà effectuées par des personnes qui se trouvent en début de carrière.⬑