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Le district d'Hérémence dans le canton du Valais
Il avait créé les municipalités et rejeté au second plan les bourgeoisies. Très attachés à leur patrimoine, les Hérémençards ont eu beaucoup de peine à supporter ce régime.
Le service de l'armée française affectait les populations des montagnes du Valais. Les communes devaient fournir chaque année des centaines d'hommes pour la construction et l'entretien des routes et 15 pour l'armée qui constituait le bataillon de la République indépendante. Un Hérémençard, Antoine Théodore Dayer a été à la campagne de Russie où il fut prisonnier; il a vécu là-bas, il y a laissé des descendants. Il écrivait son nom d'Ayer. A ce sujet, le Dr Grégoire Ghika, archiviste cantonal, nous signale une découverte particulièrement intéressante, dans la Gazette du Valais de 1880, où l'on pouvait lire :
«On nous prie de rendre public l'avis suivant adressé à M. le chanoine Escher, préfet du Collège de Sion.
» Monsieur,
» Sans avoir l'honneur d'être connu de vous, nous prenons la liberté de vous écrire dans la pleine persuasion, que vous ne refuserez pas de nous donner quelques mots de réponse. Nous tacherons d'être aussi laconiques que possible, pourvu que la question qui nous intéresse vous soit claire.
» Il s'agit, Monsieur, de savoir, s'il y a dans votre contrée quelqu'un de la famille d'Ayer, à laquelle nous avons l'honneur d'appartenir. Nous savons que notre grand-père, Antoine Théodore d'Ayer, a reçu son éducation dans votre collège il y a de cela quelques dizaines d'années; en 1812, il partit avec l'armée de Napoléon pour la Russie. Il y fut fait prisonnier et, par une étrange coïncidence, épousa la petite-nièce du commandant en chef de l'armée Russe, du célèbre maréchal comte Koutouzoff, prince de Smolensk. Il resta au service de la Russie et y mourut au poste de général gouverneur de Kharkoff, ayant laissé cinq enfants, dont notre père était l'aîné. Notre père est mort en 1865, et depuis, notre mère a épousé en seconde noce le prince Droutzkoy. Notre mère, ainsi que notre beau-père s'intéressent aussi beaucoup à la question de notre parenté, et nous tous vous serions infiniment obligés, Monsieur, si vous vous donniez la peine de prendre quelques informations et de nous en faire part. Vous trouverez, ci-joint, une enveloppe avec l'adresse de notre mère.
Théodore d'Ayer,
Michel d'Ayer.
Le 29 décembre 1879.»
De 1813 à 1815, les grands hommes du Valais cherchaient péniblement sur un terrain d'entente difficile le chemin qui allait les conduire vers la Confédération suisse.
Le 28 décembre 1813, le baron von Simbschen, colonel d'un régiment autrichien, arriva à Saint-Maurice. Après avoir occupé le Valais, il proclama que dans chaque chef-lieu il devait y avoir un bourgmestre, lequel devra être présenté à la Direction centrale pour être agréé.