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Quand le cerveau régule la peur - le rôle central de l’amygdale
Les thérapies existantes sont souvent non spécifiques et pas toujours efficaces. Les processus neurobiologiques qui agissent sur les états d’anxiété sont encore mal connus. On sait que certaines cellules nerveuses du cerveau régulent les réactions de peur en les bloquant et en les débloquant. Différents circuits nerveux sont impliqués dans ce processus. Entre les deux se passe une sorte de « bras de fer », dont le « vainqueur » varie en fonction du contexte. Quand ce système est perturbé, autrement dit lorsque les réactions de peur ne sont plus bloquées, cela déclenche des troubles de l’anxiété.
De récentes études indiquent que certaines catégories de cellules nerveuses contenues dans l’amygdale sont déterminantes pour l’activation de ces circuits, donc pour la régulation de la peur. L’amygdale est un petit noyau en forme d’amande situé au centre du cerveau. Elle réceptionne les stimuli de la peur et les transmet à d’autres régions du cerveau comme le centre moteur. Cela entraîne, entre autres, la libération des hormones de stress dans l’organisme, modifie le rythme cardiaque ou déclenche des réactions de lutte, de fuite ou de stupeur.
À l’Université de Berne, l’équipe de recherche du neuroscientifique Stéphane Ciocchi a récemment découvert que non seulement l’amygdale joue un rôle central de plaque tournante dans ces processus, mais qu’elle contient elle-même aussi des microcircuits qui régulent le blocage des réactions de peur. Les scientifiques ont neutralisé ces microcircuits neuronaux chez des souris, ce qui a eu pour effet de déclencher des comportements anxieux durables chez les animaux. Dès lors que les circuits ont été réactivés, le comportement des souris s’est normalisé. Cela témoignerait de la grande capacité d’adaptation des cellules nerveuses identifiées et leur rôle essentiel dans le blocage de la peur.
Chez l’homme, une défaillance de ce système (y compris un défaut de plasticité des catégories de cellules étudiées de l’amygdale) pourrait contribuer à un dysfonctionnement du blocage des souvenirs associés à la peur. Les patient-e-s souffrant de troubles de l’anxiété et de traumatismes sont victimes de cette défaillance.
L’équipe de recherche espère qu’une meilleure compréhension de ce mécanisme du cerveau contribuera à élaborer des thérapies spécifiques pour les personnes concernées. D’autres études doivent cependant être menées pour déterminer si les données fournies par le modèle animal peuvent être rapportées aux troubles de l’anxiété chez l’homme.
Whittle, N., Fadok, J., Macpherson, K., Nguyen, R., Botta, P., Wolff, S., Müller, C., Herry, C., Tovote, P., Holmes, A., Singewald, N., Lüthi, A., & Ciocchi, S. (2021). Central amygdala micro-circuits mediate fear extinction. Nature Communications. doi: 10.1038/s41467-021-24068-x