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Béhaviorisme
Le béhaviorisme (de l’anglais behavior = comportement), appelé parfois comportementalisme, est considéré par de nombreux spécialistes plutôt comme un courant de pensée qu’une théorie d’apprentissage. Les expériences d’Ivan Pavlov (1849-1936), entreprises dès 1889, ont inspiré les travaux de ses fondateurs : John Watson (1878-1958) et Edward Thorndike (1874-1949).
Ce courant s’affirme comme une réaction aux thèses considérant que la vie intérieure du sujet, son vécu, ses émotions sont parties intégrantes du processus d’apprentissage. D’après cette théorie, seuls les comportements extérieurs et observables sont significatifs. Ce qui se passe au niveau de la conscience est considéré comme une boîte noire dont il est fait abstraction.
Pour les béhavioristes, la finalité de l’apprentissage se réalise par la modification durable d’un comportement déterminé par l’environnement et induit par un entraînement spécifique. C’est là qu’interviennent dans un premier temps les travaux de Pavlov puis ceux de Thorndike sur des animaux, recherches reprises, développées et appliquées à l’homme par Watson.
Pavlov fonde cette approche, sur ses travaux touchant le conditionnement classique (réflexe) ou répondant (réfléchi), selon lesquels des stimuli appellent des réponses volontaires. Celles-ci sont alors renforcées positivement pour favoriser l’acquisition ou négativement afin de les faire disparaître.
Les méthodes qui en dérivent étaient depuis longtemps présentes dans divers domaines. Il en est ainsi, par exemple, de la mémorisation, de la maîtrise réflexe d'un mouvement, des tables de multiplication ou de la déclinaison des verbes allemands. Cette théorie décrit, développe, puis met en oeuvre des mécanismes d’acquisition pratiqués de longue date. Elle a eu du succès partout. Aux USA, elle s’est développée et a perfectionné de multiples applications. Par exemple :
- militaire : apprentissage par le drill et la décomposition d’un mouvement dans le maniement des armes
- éducation physique : entraînement d’un geste précis en répétant de nombreuses fois le mouvement de rotation du lanceur de poids
- musicale: au piano, répétition inlassable d’une mesure délicate pour la main gauche
- scolaire : mémorisation mécanique des tables de multiplication, jusqu’à ce que la réponse à une question devienne un réflexe.
Certains tableaux d’enseignement, d’inspiration béhavioriste, équipent encore nos classes, telles une planche de lecture avec des syllabes à entraîner (ma-me-mi-mo-mu / pa-pe-pi-po-pu / ...), une autre contenant les tables de multiplication à driller ou la décomposition de 10 à mémoriser.
La mise en pratique d’une pédagogie béhavioriste exige de la part de l’enseignant qu’il définisse très précisément les objectifs à atteindre, qu’il divise de manière rigoureuse la matière des cours en petites unités de difficulté progressive, et exerce un contrôle strict à chaque étape de l’apprentissage.
A partir des années 1950, ce mouvement qui dominait et évoluait lentement depuis près d’un demi-siècle, se transforme sous l’impulsion, principalement, de Burrhus Skinner (1904-1990) et ouvre une nouvelle voie, le néo-béhaviorisme.