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Depuis leurs origines dans les " canzos " du Moyen Âge, qui expriment un amour lointain et clandestin, les chansons tra- duisent un lyrisme amoureux joignant la plainte silencieuse à l'aveu provocant. Et ce sont ces mêmes chansons médiévales qui, dès leur tout début, mettent en rap- port l'expression musicale et le rythme de la langue, les instruments de musique ac- compagnant la voix et les effets poétiques qu'ils suscitent.
Ce cours abordera des chansons faisant partie du canon culturel de la langue fran- çaise du XXe siècle et du XXIe siècle. Outre l'expression lyrique, à titre d'exemple celui d'un poème de Jacques Prévert interprété par le chanteur Yves Montand, beaucoup de chansons francophones tra- duisent, à commencer par la Marseillaise, un engagement politico-éthique : le gage pacifiste après-guerre de Barbara, par exemple, ou l'engagement pour l'environ- nement de Stress. Qui dit langue française
dit également francophonie. Témoin en est la richesse des chansons francophones en Belgique (Jacques Brel), au Canada, en Suisse romande, voire en langues créoles. Le rap et le verlan nous permettront d'analyser le mélange des registres et ce qu'on peut appeler avec F. Gadet " les parlers jeunes ". Décidément, les chan- sons francophones deviennent un lieu où s'affiche un emploi ludique du langage. Le jeu devient celui aussi des clins d'oeil
à d'autres chansons, des citations plus
ou moins directes de poèmes. Dans une telle perspective intertextuelle, on pourra regarder les nombreuses réinterprétations et adaptations qui sont si caractéristiques des chansons. Des approches venant de l'analyse de texte, la versification (le vers français, la strophe, l'assonance), un choix de figures rhétoriques, en particulier la métaphore et le parallélisme, mais aussi l'allitération ou l'oxymore, nous aideront à mieux comprendre les textes poétiques.