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Les plantes néophytes envahissantes sont considérées comme la deuxième cause du déclin de la biodiversité au niveau planétaire. Il est donc important de lutter contre ce phénomène sur le campus EPFL, colonisé par plusieurs de ces espèces.
Qu’est-ce qu’une espèce néophyte envahissante ?
Les espèces néophytes envahissantes (aussi appelées « exotiques envahissantes ») sont définies par deux termes :
- “Néophyte” : caractérise l’indigénat d’une espèce. Les néophytes regroupent l’ensemble des espèces arrivées à partir du 16e siècle (Grandes Découvertes et début des échanges maritimes intercontinentaux) sur un territoire biogéographique déterminé (ici l’Europe). Les espèces néophytes s’opposent aux espèces indigènes.
- “Envahissant” : caractérise la capacité d’une espèce à coloniser rapidement de nouveaux territoires au détriment des espèces indigènes et pouvant constituer un danger pour l’être humain (sanitaire, économique, sécuritaire). Attention, toutes les espèces néophytes ne sont pas envahissantes.
Pourquoi lutter contre ces espèces ?
Les plantes néophytes envahissantes sont considérées comme la deuxième cause du déclin de la biodiversité au niveau planétaire. Leur fort potentiel de colonisation est dû à quatre facteurs en particulier :
- L’absence de régulateurs naturels (parasites, maladies, champignons, faune). Notre flore indigène a co-évolué avec une multitude d’organismes et forme un équilibre dynamique fragile
- Un fort pouvoir concurrentiel (croissance rapide, grande amplitude écologique)
- Un potentiel de reproduction très élevé (forte production de graines, fort pouvoir germinatif)
- La capacité également à se reproduire de manière végétative, c’est-à-dire en réalisant des clones de la plante mère, sans avoir besoin de produire des graines.
Ces différents facteurs permettent à ces espèces envahissantes de prendre le dessus sur notre flore indigène, entrainant une diminution des surfaces colonisées par nos espèces, brisant le fragile équilibre de nos milieux naturels. Cet équilibre naturel est dépendant de relations entre les différents organismes, car chaque espèce a besoin de ressources. Du moment où les ressources viennent à changer, de nouveaux équilibres doivent être trouvés. La diminution de notre biodiversité floristique entraine, in fine, un stress à tous les autres étages de la pyramide alimentaire.
En plus des impacts sur la biodiversité, les néophytes envahissantes peuvent entrainer des répercussions sur la santé ainsi que sur l’économie. On citera par exemple la renouée du Japon (affaissement des berges, érosion) pour les impacts économiques ou l’ailanthe (allergies cutanées, déstabilisation des constructions) pour les impacts sur la santé.
Enfin, au niveau du cadre légal, la Suisse s’est engagée à lutter contre ces espèces en ratifiant la Convention de Berne (1982), celle de Rio de Janeiro sur la diversité biologique (1992) et le protocole de Nagoya en 2010. Au niveau national, la Loi fédérale sur la protection de la nature et du paysage (LPN ; RS 451) a établi une base pour la lutte contre les exotiques envahissantes.
Les principales espèces présentes sur le campus
En Suisse, 56 espèces sont listées comme néophytes envahissantes, et 32 espèces supplémentaires sont inscrites sur la liste des néophytes potentiellement envahissantes (Infoflora 2021). Nous ne présentons ici que les 8 espèces les plus courantes sur le campus de l’EPFL.