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La lutte suisse se pratique avec une culotte en toile de jute, sorte de bermuda large avec une partie basse retroussée (« canons »), munie d’un ceinturon et portée sur les vêtements.
Selon les règles en vigueur depuis la création de l’Association fédérale de lutte suisse, la passe (Gang) dure de cinq à huit minutes et la finale de dix à vingt minutes selon le comité organisateur et le jury de classement (quatre à cinq personnes) chargé d’appliquer le règlement.
Une compétition de lutte, connue sous le nom de « fête de lutte », est divisée en deux phases : le championnat (passes 1 à 4) et le championnat des couronnes (passes 5 à 6) ; les deux meilleurs sont qualifiés pour la finale (Schlussgang) après cinq passes. À la Fête fédérale de lutte suisse, les lutteurs effectuent une première série de quatre passes puis une deuxième série de deux passes (chacune étant éliminatoire) avant les deux séries attribuant les couronnes et le titre de « roi de la lutte ».
Catégories
Au niveau des adultes actifs, il n’existe aucune catégorie de poids ou d’âge ; un lutteur peut tomber sur n’importe quel adversaire qui participe à la fête. Seule une finale se déroule entre le premier et le deuxième lutteur du classement provisoire. Pour les jeunes lutteurs en revanche, les compétitions répartissent les participants en catégories par année de naissance (par exemple 2001-2002).
Rond de sciure
La lutte suisse se pratique sur un « rond de sciure », une surface circulaire de sept à quatorze mètres de diamètre recouverte de 23 m3 de sciure de bois sur quinze centimètres d’épaisseur. Le nombre de ronds dépend de la taille de la compétition : les fêtes régionales comptent quatre à cinq ronds alors que la Fête fédérale de lutte suisse en compte sept.
Le rond de sciure doit être constamment humidifié pour éviter que les particules de bois ne s’envolent et dérangent les lutteurs, les compétitions se déroulant en plein air. Il est aussi salé pour obliger les lutteurs à recracher la sciure qu’ils pourraient avaler lorsqu’ils sont au sol.
Déroulement
Au début d’une passe, les lutteurs se saluent en se serrant la main, puis prennent la position de départ qui consiste à empoigner le ceinturon de l’adversaire avec la main droite, au niveau du dos, et à agripper son canon droit avec la main gauche. Les lutteurs se mettent ensuite en place pour la passe en collant leur menton sur l’épaule de l’adversaire. Contrairement à la lutte gréco-romaine, ils doivent toujours avoir une prise sur la culotte de leur adversaire. Ils essayent alors de le jeter à terre, les omoplates ou les trois quarts du dos plaqués au sol. Une cinquantaine de mouvements sont possibles — portant des noms tels que Kurz, Übersprung, Brienzer, Hüfter, Buur ou Wyberhaagge — et se divisent entre la technique debout et la technique au sol. La passe se termine par la victoire de l’un des deux lutteurs ou à la fin du temps règlementaire (variable selon la compétition) ; elle est déclarée nulle (gestellt) dans ce dernier cas. À la fin de la passe, le vainqueur ôte traditionnellement la sciure accrochée sur le dos du perdant.
Évaluation
La passe est évaluée par un jury de table composé de trois juges : l’un se tient sur le rond de sciure et les deux autres sont à une table. Le jury joue le rôle d’arbitre et attribue les notes pour chacun des deux lutteurs ; il décide également des paires d’adversaires de la passe suivante, en fonction de leur classement et de leur appartenance régionale. En cas de passe déclarée nulle, c’est le lutteur qui a été jugé le plus actif qui remporte la meilleure note. Une passe peut être arrêtée en cas de sortie du rond de sciure, d’absence de prise des deux lutteurs ou de danger de blessure. Dans ce cas, les lutteurs reprennent la position de départ. Des pénalités peuvent aussi être données en cas de1 :
temporisation dans les prises ;
pauses durant la passe ;
intention manifeste d’appuyer la tête ;
application de prises brutales et dangereuses ;
passivité manifeste ou persistance dans une situation jugée désespérée.
Un premier avertissement est donné, puis un second s’il reste sans effet, avec une menace de pénalité sur la note. Si la situation n’évolue pas, la pénalité est appliquée.
Le jury de table évalue les prestations selon un système de notes allant de 8,5 à 10 :
10,00 : victoire après avoir posé les deux omoplates de son adversaire en même temps (Plattwurf);
09,75 : victoire après avoir fait rouler successivement l’adversaire sur les deux omoplates au sol ;
09,00 : passe indécise mais avec beaucoup d’attaques ;
08,75 : passe indécise et sans beaucoup d’attaques ;
08,75 : défaite marquée mais avec beaucoup d’attaques ;
08,50 : défaite sans beaucoup d’attaques.