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Plus rien ne sera jamais comme avant. La Suisse mène actuellement d'importants projets de transformation de son système électrique et énergétique. L'objectif principal: réduire les émissions de CO2 à zéro d'ici 2050. Cela signifie que la Suisse doit dire adieu à sa source d'énergie la plus importante: le pétrole. L'électricité servira de substitut. Les voitures électriques remplaceront les voitures à essence, les pompes à chaleur, et le chauffage au mazout.
Le pétrole couvre actuellement 43% des besoins énergétiques du pays et le gaz 15%. Mais ce n'est pas la seule difficulté. Dans le domaine de l'électricité, la Suisse est confrontée à un autre obstacle majeur: les nouvelles centrales nucléaires ne pourront plus être construites et les réacteurs nucléaires existants devraient arriver en fin de vie entre 2030 et 2040. Cela signifie qu'un pilier important du marché de l'électricité, qui fournit constamment de l'électricité tout au long de l'année, sera éliminé.
La Suisse aura besoin de davantage d'énergies renouvelables pour une autre raison: l'augmentation du nombre de voitures électriques et de pompes à chaleur. D’autre part, le pays veut miser sur les centrales de pompage-turbinage et le «power to gas» afin de pouvoir stocker l'électricité superflue en été, pour ainsi dire.
Cette production consomme elle-même beaucoup d’énergie. Tout cela signifie que l’utilisation des énergies solaire et éolienne doit être répandue de manière significative, même si un tel objectif reste incertain. Alors où en est la Suisse? Quels sont les obstacles les plus difficiles à franchir? Voici un aperçu sur la situation et quelques explications.
La Suisse veut miser sur l'énergie solaire pour éviter une pénurie d'électricité. En 2050, le photovoltaïque devrait fournir bien plus de 30 térawattheures (TWh) d'électricité par an, contre 2,6 TWh aujourd'hui. La bonne nouvelle, c'est qu'en principe, il y a suffisamment de surface sur les toits et les façades en Suisse pour produire 67 térawattheures. La grande question est ainsi la suivante: comment persuader les propriétaires et les investisseurs de construire des panneaux rapidement dès maintenant?
En 2020, il y a eu une augmentation de la production d'énergie solaire, en un temps record. Mais, selon la Fondation suisse de l'énergie, la Suisse est l'un des pays européens à la traîne en matière d'expansion des énergies renouvelables. La fondation avertit que les objectifs d'expansion de la Confédération sont «insuffisants pour remplacer à temps les centrales nucléaires supprimées et assurer la demande supplémentaire d'électricité pour la décarbonation». A l'avenir, le gouvernement fédéral souhaite promouvoir la construction de grandes centrales photovoltaïques par le biais de ventes aux enchères.
Dans l'ensemble, la Suisse fait partie des pays qui exportent l'électricité. Bien qu'elle doive importer pendant les mois d'hiver, la quantité d'électricité qui quitte le pays en été est supérieure à celle achetée en hiver. Mais dans les années 2030, la Suisse deviendra un grand importateur. Et ce, pour plusieurs raisons.
L'autorité de surveillance Elcom met en garde: une demande d'importation de plus de 10 térawattheures ne signifierait pas seulement un goulot d'étranglement structurel, mais aussi «une exploitation du système avec des risques considérables.»
Pour ne rien arranger, la Suisse risque d'être moins impliquée dans le futur marché européen de l'électricité. La raison? L'échec des négociations sur un accord-cadre. La Suisse se dirige «vers une île électrique», a récemment déclaré Werner Luginbühl, président de la commission de surveillance Elcom, dans une interview accordée à CH Media. Par conséquent, la Suisse «pourrait ne pas être en mesure d'importer suffisamment d'électricité en hiver». Selon Luginbühl, il pourrait y avoir des problèmes d'approvisionnement dès 2025.
Aujourd'hui, il est plus lucratif pour les compagnies d'électricité et les services communaux suisses d'investir dans les énergies renouvelables à l'étranger plutôt qu'en Suisse. En juin, la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga a présenté les projets du Conseil fédéral concernant les incitations que la Confédération souhaite mettre en place à l'avenir pour favoriser une plus grande expansion en Suisse.
Non seulement les subventions existantes seront prolongées jusqu'en 2035 mais il y aura de nouveaux appels d'offres pour les grandes centrales photovoltaïques. Par ailleurs, les contributions d'investissement pour les grands projets ont été augmentées. Tout comme les ressources financières pour les grandes centrales hydroélectriques.
Les plans sont critiqués notamment par des associations environnementales, ainsi que par la commission de surveillance Elcom et les compagnies d'électricité. Selon eux, les plans d'expansion ne sont pas assez ambitieux et les choses n'avanceront pas assez vite. La balle est maintenant dans le camp du Parlement qui pourra encore planifier les choses différemment.
L'hydroélectricité est le pilier de l'approvisionnement en électricité de la Suisse et cela doit rester ainsi. Selon les perspectives énergétiques du gouvernement, l'hydroélectricité continuera à fournir 53% de l'électricité en 2050, mais seule une expansion faible est prévue. Des obstacles restent toutefois possibles en matière de protection de l'environnement et de conservation du paysage.
En ce qui concerne les éoliennes, la situation n'est pas différente. Leur expansion est actuellement à peine entamée. Le gouvernement fédéral prévoit actuellement une table ronde pour trouver une solution entre les compagnies d'électricité et les associations environnementales sur la manière de contourner les blocages imminents de nombreux projets d'expansion.
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