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|La chasse au météore (1908).||1.1 Mo|
Dans lequel le juge de paix John Proth remplit un
de ses plus agréables devoirs professionnels,
avant de retourner à son jardin. (extrait)
“Il n’y a aucun motif pour cacher aux lecteurs que la ville
dans laquelle se sont succédé les péripéties de cette histoire est
située en Virginie, États-Unis d’Amérique. S’ils le veulent bien,
nous l’appellerons Whaston, nous ajouterons qu’elle occupe
dans le district oriental la rive droite du Potomac ; mais il nous
paraît inutile de préciser davantage, en ce qui concerne cette
cité, et il est inutile de la chercher même sur les meilleures cartes
de l’Union.
Cette année-là, le 27 mars, dans la matinée, les habitants de Whaston, en traversant Exter-street, pouvaient s’étonner de voir un élégant cavalier remonter et redescendre la rue au petit pas de son cheval, puis, finalement, s’arrêter sur la place de la Constitution ; à peu près au centre de la ville. Le cavalier ne devait pas avoir plus de trente ans. De sa personne se dégageait le type pur du Yankee, lequel n’est point exempt d’une originale distinction. Il était d’une taille au-dessus de la moyenne, de belle et robuste complexion, châtain de cheveux, brun de barbe, figure régulière, sans moustache. Un large ulster le recouvrait jusqu’aux jambes et s’arrondissait sur la croupe du cheval. Il maniait sa monture d’allure vive avec autant d’adresse que de fermeté. Tout dans son attitude indiquait l’homme d’action, l’homme résolu, et aussi l’homme de premier mouvement. Il ne devait jamais osciller entre le désir et la crainte, ce qui est la marque d’un caractère hésitant. En outre,un observateur eût constaté que son impatience naturelle ne se dissimulait qu’imparfaitement sous une apparence de froideur.
Ce jour-là, d’ailleurs, qu’était-il venu faire en cette ville où nul ne le connaissait, où nul ne se fût rappelé l’avoir jamais vu ? ... Comptait-il y rester quelque temps ?... En tout cas, il ne semblait pas vouloir s’enquérir d’un hôtel. D’ailleurs, il n’aurait eu que l’embarras du choix. On peut citer Whaston sous ce rapport, et, en aucune autre ville des États-Unis, voyageur ne rencontrerait meilleur accueil, meilleur service, meilleure table, confort aussi complet, à des prix généralement modérés.(...)”
VERNE Jules (1828-1905), écrivain français.
Né à Nantes, il fut d’abord destiné à reprendre l’étude d’avoué de son père. À l’âge de onze ans, ayant acheté l’engagement d’un mousse, il s’embarqua sur un long courrier en partance pour les Indes, son père le rattrapa de justesse. Il fut envoyé à Paris pour faire des études de droit et entreprit alors clandestinement d’écrire ses premières œuvres. En 1867, il partit pour les États - Unis avec son frère Paul à bord d’un véritable paquebot à roue construit pour la pose du câble téléphonique transeuropéen. Ses croisières en Norvège, en Irlande, en Écosse, dans la mer Baltique et en Méditerranée renouvelèrent son inspiration. Sa rencontre avec l’éditeur J. Hetzel qui ne cessa de l’aider, lui permit de recueillir de gros succès dans le genre qu’il avait crée avec « cinq semaines en ballon » : le roman d’anticipation scientifique.