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Pourquoi Rousseau, Amiel, Haldas ?
Rousseau, Amiel et Haldas sont trois des écrivains les plus marquants de Genève: d’abord parce qu’ils ont, chacun dans leur siècle, entretenu un rapport particulier à la cité de Calvin; ensuite parce que leur écriture, même si elle revêt des formes différentes, se veut écriture mémorielle; enfin parce qu’ils posent tous les trois la question de l’identité genevoise.
Rousseau a toujours été tiraillé entre son amour pour Genève et l’appel des divers lieux qu’il lui a été donné d’habiter: Paris bien sûr, mais aussi Môtiers-Travers, le lac de Bienne, Annecy, Chambéry… C’est de ces perpétuels va-et-vient que surgit, dans plusieurs de ses œuvres, la question de l’identité genevoise –œuvres qu’il signe d’ailleurs «Rousseau, citoyen de Genève». On sait par ailleurs qu’il a tenté par deux fois de revenir habiter Genève et que ces tentatives se sont toutes deux soldées par des échecs: la première en 1754, la seconde en 1762, au moment de la condamnation d’Émile et du Contrat social.
Amiel, cent ans plus tard, vit une expérience similaire. Non qu’il ait quitté Genève: on sait au contraire qu’il y est resté jusqu’à sa mort, survenue en mai 1881 dans son dernier logis, rue Verdaine. Mais Genève a toujours été concurrencée, dans son esprit, par Vevey et Clarens. C’est là, dira-t-on, une manière de revenir à Rousseau, dont le souvenir hante également ces lieux favorisés de la nature: le citoyen de Genève n’a-t-il pas fait de Clarens le berceau des amours de Julie et de Saint-Preux, dans La Nouvelle Héloïse?
Le cas de Georges Haldas est quelque peu différent. Il est en effet très lié à Genève, où il est né, et à la Céphalonie, île grecque d’où il tire ses origines, sur la mer ionienne. «De ces deux origines, j'ai surtout hérité l'aptitude de parler des choses de la vie avec les mots de tous les jours». Cette double appartenance a en outre permis à l’écrivain de travailler «la relation à l'autre, le sens de l'autre». C'est en effet dans la relation à autrui, dit-il, «que nous nous épanouissons». La «relation» est d’ailleurs sa vraie «patrie».
Une exposition multiforme
Le principe qui guide l’exposition est celui d’un dialogue entre ces trois écrivains et, plus généralement, entre tous ceux qui ont participé à cette aventure d’une mémoire de Genève en train de s’écrire (on songe, par exemple, à Philippe Monnier ou Louis Dumur).
Un éclairage particulier est offert sur les gens qui ont entouré les écrivains concernés, un autre sur les lieux qu’ils ont investis, un dernier enfin sur les écrits nés de ces diverses rencontres. Les documents proposés sont eux-mêmes très divers. Les visiteurs peuvent en effet découvrir:
Un ensemble de manuscrits à haute valeur patrimoniale constitué de documents liés à Jean-Jacques Rousseau, du Journal manuscrit d’Amiel et des fameux «carnets» dont Georges Haldas vient de faire don à la Bibliothèque de Genève.
Une illustration iconographique sous forme de galeries photographiques ou d’un ensemble de portraits. Les photos concernant Haldas sont celles que Slobodan Despot a faites pour la chronique intitulée La Légende de Genève, publiée en 1999 aux éditions L’Âge d’Homme. Les portraits concernant Jean-Jacques Rousseau et Amiel sont empruntés au Département iconographique de la Bibliothèque de Genève et à la Société Jean-Jacques Rousseau.
Une présentation imagée de l’»échange» qui s’est instauré, à deux cents ans de distance, entre Rousseau et Georges Haldas. Une mise en scène adaptée permettra de faire pleinement vivre ce dialogue.
Deux journées relais
L’exposition s’accompagne de toute une série d’actes de médiation culturelle, au sein desquels figurent deux journées respectivement consacrées à Georges Haldas et à Jean-Jacques Rousseau.
1er décembre 2007: journée Georges Haldas
La journée Georges Haldas se présente sous forme de table ronde autour de l’œuvre de l’écrivain et de son rapport à Genève. Participent à cet événement, outre M. Georges Haldas lui-même, MM. Vladimir Dimitrijevic, directeur des éditions L’Âge d’Homme, partenaire éditorial de Georges Haldas depuis de très nombreuses années, et (sous réserve) Didier Haudepin, comédien, metteur en scène et producteur, qui avait joué le rôle de Rousseau jeune dans le film de Claude Goretta, Les Chemins de l’exil, sur un scénario de Haldas.
21 février 2009: Journée Jean-Jacques Rousseau
Dernier des événements prévus au titre des Confessions genevoises, la journée consacrée à Jean-Jacques Rousseau sera l’occasion de présenter officiellement la sortie du volume des Rêveries du promeneur solitaire proposée par les éditions Patrick Cramer, avec des illustrations de Hans Erni.
On se souvient que le peintre lucernois avait travaillé sur Jean-Jacques Rousseau au moment de l’élaboration de la fresque de la Placette, en 1967. Il s’est aujourd’hui attaché à illustrer une œuvre dans laquelle, au fil de souvenirs mêlés, Rousseau cherche à revivre les épisodes les plus marquants de sa vie passée.
Participeront à cette soirée MM. Hans Erni, peintre, Patrick Cramer, éditeur, Alain Grosrichard, président de la Société Jean-Jacques Rousseau, et de nombreuses personnes impliquées dans l’étude de Rousseau et la promotion du patrimoine rousseauiste.
Confessions genevoises: de Jean-Jacques Rousseau à Georges Haldas s’inscrit dans la liste des événements préparatoires à 2012 Rousseau pour tous www.rousseau2012.ch
Commissariat: François Jacob, aidé de Flavio Borda d’Agua et Dimitrios Skopelitis.
Scénographie: Dominique Perret
Heures d’ouverture: du lundi au samedi, 14 heures à 17 heures
Entrée libre
Le musée sera fermé du 21 décembre 2007 au 2 janvier 2008