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Dans les derniers épisodes de cette étonnante série, nous avons laissé le Génie d'or alors qu'il avait sauvé des humains de l'attaque d'un des robots géants de Fantômas, distincts entre eux selon leur couleur arborée.
Or, quand le Grand Vert que l'on nommait Aclanïm vit le Génie d’or, vivant bouclier de Paris, agir comme nous l’avons dit, il fut furieux au nom de son maître Fantômas, ayant en lui une forme de conscience animale (un peu comme celle d’un chien), et il tendit sa main lanceuse de missiles vers lui.
Trois rayons de feu jaillirent, sortant de ses trois plus longs doigts, ouverts à leurs bouts. Difficile était-il d'y distinguer de solides projectiles. Mais certainement ils devaient y être, car les rayons étaient durs et solides, comme si la lumière s'en était cristallisée jusqu'à former des balles.
Aucun des trois cependant n'atteignit le Génie d'or qui, les ayant vus du coin de l'œil, eut le temps de se dématérialiser et de les laisser passer à travers la brume bleue et scintillante qu'il laissait derrière lui dès qu'il se dématérialisait. Puis, se rematérialisant une dizaine de mètres plus loin (il ne pouvait le faire au-delà de cette distance sans laisser du temps se dérouler, et il n'en avait point à revendre, pour la mission qu'il voulait accomplir), il recommença, sans plus se soucier du Géant vert, à aller et venir pour sauver les Parisiens effarés, en les prenant par la taille ou le bras et en les suspendant au-dessus du sol, puis en les déposant à terre le plus rapidement qu'il le pouvait sans les blesser.
À vrai dire, il allait, dans cette tâche, si vite, et il dégageait à chacun de ses vols tant de brume bleue mêlée de clarté que les mortels qu'il saisissait n'avaient guère le temps de le distinguer. Et ils étaient stupéfaits, et se pensaient les heureux bénéficiaires d'un miracle: un vent bleu, dirent-ils plus tard, s'était emparé d'eux, puis les avait fait tourner sur eux-mêmes avant de les poser délicatement à terre, et ils s'étaient sentis comme soutenus sur un coussin d'air teinté d'azur. Ils rêvaient tout éveillés, et on s'étonna bien, en les entendant, de ces apparitions fantastiques qui leur avaient apparemment rendu service. On se perdit, comme d'habitude, en conjectures, mais on ne sut démêler ce qui s'était passé – et, en tout cas, personne ne voulut jamais songer à un être pensant qui eût agi, dans ce vent bleu et brumeux que parsemaient mille clartés. Si prompts sont les mortels à se croire seuls doués de raison, avec leur pauvre cerveau de chair!
Quelques-uns seulement osèrent parler d'extraterrestres; mais on noya leur idée judicieuse sous des considérations abstraites relatives au nombre de planètes habitables dans l'univers – et on mentionna que certainement, ces êtres ne pouvaient point se soucier des humains, trop insignifiants dans le grand tout.
Ô pauvres orgueilleux qui prennent fierté de leurs raisonnements sous prétexte de modestie lucide! Ils ne savent pas que les extraterrestres ne sont pas si loin que l'on doive à leur sujet invoquer les galaxies lointaines – et que, mêlés aux défunts et, dans les temps anciens, pères des hommes, ils se soucient constamment d'eux, lesquels ils aiment et chérissent!
Car c'est par amour que le Génie d'or sauvait les Parisiens de la mort, et contrait les menées de Fantômas en affrontant ses robots immondes. Et il était un habitant de l'orbe lunaire, où il voyait passer les ombres de ceux qui mouraient, mais aussi de ceux qui naissaient, aussi curieux que cela paraisse à l'esprit ordinaire.
Mais il est temps, bienheureux lecteur, de laisser là cet épisode, pour renvoyer au prochain, quant à la suite et à la reprise de cette merveilleuse aventure. La prochaine fois, nous verrons le Génie d'or au corps à corps avec le Grand Vert, Aclanïm.