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Chers collègues,
L'Europe et l'Asie sont deux régions prospères. Elles sont dotées d'un potentiel remarquable. Mais toutes deux sont aussi confrontées à des défis majeurs en matière de sécurité.
Lorsque nous discutons de la manière de renforcer les liens entre l’Asie et l'Europe nous devons donc également nous poser la question de notre coopération en matière de sécurité.
La Suisse a fixé la promotion de la sécurité comme une priorité de sa politique étrangère. En particulier la sécurité coopérative: une vision inclusive, basée sur le dialogue et la coopération à large échelle.
Cette année, la Suisse préside l'OSCE, la plus grande organisation de promotion de la sécurité coopérative en Europe.
L'OSCE améliore la sécurité de ses 57 Etats participants à travers un dialogue régional, des mesures de confiance, des engagements mutuels et une large coopération. L'organisation est fondée sur le principe du consensus. Tous les Etats participants sont égaux. Dans l’OSCE il y a 57 membres permanents doté du droit de veto.
La crise ukrainienne a souligné l'utilité de l'OSCE en tant que constructeur de ponts en Europe. L'OSCE apporte son soutien à l'Ukraine en faveur d’une stabilisation politique. Nous lançons par ailleurs une discussion sur la manière de maîtriser à l’avenir la crise sécuritaire qui sévit plus profondément en Europe.
Lors du Conseil ministériel de l'OSCE qui se tiendra à Bâle en décembre, nous chercherons à mobiliser tous les Etats participants afin de renforcer le rôle de l'OSCE en tant qu’un des fondements de la sécurité coopérative en Europe.
L'OSCE peut également faire office de pont entre l'Europe et l'Asie. L'organisation peut soutenir les efforts déployés par l'ASEM pour renforcer les liens entre nos deux régions, en encourageant la coopération en matière de sécurité au sens le plus large.
La Suisse présidera l'an prochain le Groupe de contact de l'OSCE avec les partenaires asiatiques pour la coopération. Nous ferons du renforcement des liens entre l'Asie et l'Europe à travers l'OSCE une des priorités de notre politique étrangère.
Pour ce faire, nous comptons agir sur trois axes:
Premièrement, nous chercherons à renforcer la coopération entre l'OSCE et ses actuels partenaires en Asie. Il faut davantage d'actions conjointes.
Un excellent exemple d'une telle coopération pratique, c’est le soutien fourni par les partenaires asiatiques que sont l'Australie, la Corée du Sud et le Japon à la mission spéciale d'observation (SMM) de l’OSCE en Ukraine.
Un engagement supplémentaire de la part de nos partenaires tout comme des Etats participants est désormais nécessaire pour permettre à la mission spéciale de surveiller les frontières ainsi que le respect du cessez-le-feu.
De plus, il existe un vaste potentiel de coopération entre l'OSCE et ses partenaires asiatiques dans divers domaines d'intérêt commun, comme le trafic d’être humains, la gestion des frontières, la situation en Afghanistan, la question des combattants étrangers ou encore la réduction des risques liés aux catastrophes. Il conviendra également d'envisager l’extension du partenariat au-delà des six pays asiatiques déjà engagés.
Deuxièmement, nous chercherons à encourager le dialogue et la coopération entre l'OSCE d’une part et, d’autre part, les forums multilatéraux qui existent en Asie. L'Europe et l'Asie ont beaucoup à apprendre l'une de l'autre sur la maitrise des défis en matière de sécurité. Par ailleurs les activités multilatérales sont en plein essor en Asie. Les possibilités d’établir des contacts entre ces acteurs et l'OSCE sont considérables. Nos institutions peuvent se renforcer mutuellement en échangeant leurs visions, leurs savoir-faire, et peut-être même leurs collaborateurs.
Des premiers pas ont déjà été faits dans ce dialogue interinstitutionnel. La Suisse est convaincue qu’on peut faire bien plus, y compris par des échanges au niveau ministériel.
Troisièmement, il s’agira d’encourager la sécurité coopérative dans le contexte asiatique. Si le modèle institutionnel de l'OSCE n'est probablement pas transférable tel quel dans d'autres régions du monde, certains de ses atouts peuvent jouer un rôle positif en Asie également.
Je pense notamment à notamment la large palette de mesures de confiance ou à la diplomatie préventive de l’OSCE.
Avec sa vaste expérience dans la promotion de la paix par le dialogue et la coopération, la Suisse est prête à explorer avec ses partenaires asiatiques le potentiel d'une sécurité coopérative en Asie, et, idéalement, à établir une série de nouveaux partenariats pour davantage de sécurité.