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Lors de la première édition des Jeux Olympiques en 1896, comme lors des jeux antiques, les femmes n’étaient pas autorisées à y participer. Le père fondateur des jeux, Pierre de Coubertin, trouvait que leur participation aurait été «inadaptée, inintéressante, inesthétique et injuste». C’est en 1900 à Paris que 22 athlètes féminines y participent pour la première fois. Parmi elles, la comtesse suisse Hélène de Pourtalès remporte la médaille d’or. Elle se voit décerner la précieuse récompense lors d’une course à la voile disputée avec son mari et son neveu. Mais c’est plus de 100 ans après, lors des Jeux Olympiques de Londres en 2012, que tous les pays participants envoient des femmes. Une première pour l’Arabie saoudite, le Qatar et Brunei représentés par de très petites délégations féminines d’une à trois athlètes.
Football féminin au Proche-Orient
Six mois au Bahreïn, une année et demie au Qatar, trois mois en Ouzbékistan : Monika Staab a parcouru le monde. L’ancienne footballeuse allemande travaille depuis 1992 comme entraîneur, d’abord en Europe, et depuis 2007 au Proche-Orient. «Quand j’ai commencé au Bahreïn en 2007, ça me semblait très exotique», explique la sportive originaire d’Offenbach. «Avant que je parte, de nombreuses personnes me demandaient : « Quoi, il y a des femmes qui jouent au football là-bas ?» Vous pouvez si vous portez un foulard. Les joueuses de l’équipe nationale que Staab entraîne viennent de familles plutôt libérales, certaines ont aussi vécu un moment à l’étranger. La coach doit également lutter contre les préjugés : «Les parents craignent que, plus tard, leurs filles ne puissent pas trouver de mari ni avoir d’enfants. Un jour, un père m’a dit : ‘Les femmes sont comme le cristal, elles se cassent facilement’», raconte la cinquantenaire. Elle précise que les choses n’étaient pas si différentes en Allemagne, autrefois. «Le football féminin a longtemps été interdit. À 11 ans, j’ai dû jouer avec l’équipe féminine adulte car il n’y avait pas d’équipe pour les jeunes filles, et je voulais absolument être sur le terrain.» Monika Staab se rappelle des commentaires dans sa région lorsqu’elle s’est finalement imposée comme footballeuse professionnelle. Des remarques masculines du genre : «Est-ce qu’on se douche ensemble ?» ou encore «J’aimerais la voir quand elle change de maillot.»
Au Bahreïn, le football féminin est soutenu par les plus hautes sphères : le manager de l’équipe nationale fait partie de la famille royale. Les fonctionnaires ont peu de considération pour les femmes ; Monika Staab a d’abord dû s’y habituer. Elle a pourtant longtemps vécu dans des pays du Golfe moins ouverts, comme le Qatar voisin, où elle a entraîné de 2013 à 2014 l’équipe nationale féminine. Elle y a aussi rencontré de nombreuses femmes engagées dans la profession et ayant fait carrière. Monika Staab est persuadée que le sport permet aux femmes d’être plus fortes et d’avoir davantage confiance en elles.
Entre son engagement au Bahreïn et au Qatar, Monika Staab a travaillé sous l’égide de la FIFA pour promouvoir le football féminin dans les pays arabes. Dans tous les pays à une exception près : l’Arabie saoudite. Les femmes n’y ont officiellement pas le droit de jouer au football. «Mais les filles jouent quand même à l’abri des regards. Au Qatar, nous avons organisé un match contre une équipe saoudienne», raconte-t-elle. Elle est certaine qu’il sera plus facile pour la prochaine génération de vivre la passion du football.
Rémunérations inégales
Les Américaines ont remporté la Coupe du monde féminine de football en 2015 au Canada et ont empoché deux millions de dollars. Le montant total des prix distribués lors de cette coupe s’élève à 15 millions de dollars. L’équipe allemande, qui a remporté le trophée lors la Coupe du monde masculine en 2014 au Brésil, a elle touché 35 millions de dollars. Au total, la FIFA a dépensé 358 millions de dollars pour récompenser les finalistes de la Coupe du monde masculine. Toutefois, le nouveau président de la FIFA, Gianni Infantino, a annoncé mi-avril dans une interview sur la chaîne américaine Fox Sports, que les femmes seraient mieux rémunérées lors de la prochaine Coupe du monde féminine de football.
En tennis, les hommes sont également avantagés. L’été dernier, lors de sa victoire au tournoi de Cincinnati, Roger Federer a encaissé 731 000 dollars, Serena Williams, 495 000 dollars. À Rio, Pablo Cueva, vainqueur du tournoi, s’est vu récompensé avec 303 000 dollars, alors que sa collègue, Francesca Schiavone n’a reçu pour son titre que 43 000 dollars. Il existe des tournois durant lesquels les femmes reçoivent de plus grosses sommes, comme par exemple à l’Open de Pékin. Mais dans l’ensemble des tournois, les prix pour les femmes sont sensiblement inférieurs à ceux des hommes. Au total, lors du tennis tour 2014, les hommes ont gagné 37 millions de dollars de plus que les femmes.
Peu de journalistes sportives
Combien de noms de journalistes sportives avez-vous en tête ? «Les impressions ne sont pas trompeuses. Dans les faits, peu de femmes travaillent dans le journalisme sportif, et la plupart sont spécialisées dans des sports marginaux», explique Barbara Colpi. L’actuelle correspondante de la radio SRF en Suisse romande a travaillé jusqu’au 1er mars 2016 au sein de la rédaction sportive de la chaîne. L’une des raisons de l’absence des femmes dans le journalisme sportif repose sur la manière classique dont elles développent leur carrière. Elles commencent dans des rédactions locales, dans lesquelles une spécialisation en équitation ou gymnastique artistique n’est pas possible, mais où le football et le hockey sur glace font partie des sujets quotidiens. «Or, les femmes qui connaissent bien ces sports sont rares, car il faut de grandes connaissances préalables. Elles ne peuvent pas simplement décider à 25 ans qu’elles veulent faire du journalisme sportif, si elles ne se sont jamais intéressées au sport auparavant», explique Barbara Colpi.
La journaliste radio est convaincue que la couverture des événements sportifs serait différente si plus de femmes étaient intégrées aux rédactions sportives. «Je veille régulièrement à introduire des thèmes féminins, par exemple un reportage sur une snowboardeuse iranienne», explique l’ancienne joueuse de hockey. «Naturellement, on ne peut pas généraliser, mais j’ai remarqué que les hommes et les femmes ont des approches différentes. Les femmes sont moins techniques et moins orientées vers le résultat que leurs collègues masculins.» Barbara Colpi souligne qu’elle a toujours été prise au sérieux dans les rédactions dominées par les hommes. «Bon, c’est vrai que lors de voyages de presse, lorsqu’il y a 50 hommes et aucune autre femme, le climat est un peu particulier.» Les rédacteurs en chef devraient recruter plus de femmes, mais ils ne peuvent pas les inventer.