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En 2008, la Commission sur les déterminants sociaux de la santé de l'Organisation mondiale de la santé a publié un rapport démontrant l'existence d'un gradient socio-économique de la santé. L'existence d'inégalités en matière de santé soit manifeste depuis au moins le XIXe siècle. Mais ce rapport a introduit un modèle étiologique bio-psycho-social qui était absent de la médecine sociale du XIXe siècle, ainsi que des anciens documents de l'OMS. Pour les épidémiologistes bio-psycho-sociaux, le stress associé au statut social est la principale cause de morbidité et de mortalité. Le texte s'ouvre sur le constat suivant : l'histoire que les épidémiologistes sociaux ont écrite pour leur domaine tend à inscrire leur travail dans la continuité de la médecine sociale du XIXe siècle. Cela contribue à minimiser les transformations épistémologiques et contextuelles qui ont conduit l'épidémiologie bio-psycho-sociale à initier une transformation profonde de la politique de santé internationale. Adoptant une perspective épistémologique et transnationale, le présent article soutient d'abord que l'épidémiologie bio-psycho-sociale a émergé de la critique historique et épistémologique formulée par René Dubos à l'encontre des fondements de la médecine sociale du XIXe siècle. Il montre ensuite comment le programme de recherche politique et épistémologique élaboré par Dubos s'est développé dans le contexte américain, caractérisé à la fois par une préoccupation croissante pour les maladies chroniques et pour les inégalités « raciales ». Enfin, il montre qu'à travers sa circulation transnationale au Royaume-Uni, l'épidémiologie bio-psycho-sociale a été « dé-racialisée ». Cette étape était une condition préalable à l'intégration du modèle étiologique qui la caractérise dans les stratégies internationales de santé publique et à leur transformation.
L'article (en anglais) est disponible ici dans son intégralité.