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Maraîcher né sur la commune de Bossey, en Haute-Savoie, dont son père était le maire, Arthur LAVERGNAT exploite avec sa femme Jeanne,
au lieu-dit "Pierre-Grand", près de Troinex (Genève), une ferme située en bordure de la frontière.
A cette époque,
de nombreux Juifs tentent désespérément de passer en Suisse, mais la présence massive de soldats allemands – mais aussi de gardes-frontières - rendent l'entreprise particulièrement périlleuse. Plusieurs
témoignages concordants révèlent cependant qu’au mépris du danger, et participant à une filière mise en place par le curé Marius Jolivet, le couple de fermiers fit passer en cachette une quarantaine de
groupes de Juifs. Dans son témoignage d'après guerre, Rolande Birgy, une résistante qui guidait les Juifs, raconte que plus d'une fois Arthur Lavergnat et sa femme ne se contentèrent pas d'escorter les malheureux fuyards, mais
qu'ils les hébergèrent pendant quelques jours, jusqu'à ce qu'ils puissent franchir la frontière en toute sécurité
La procédure semblait simple: coupant les fils de fer barbelés qui longeaient leur ferme, ils dissimulaient ensuite la brèche ainsi faite avec des branchages. Lorsque des fugitifs étaient annoncés, ils allaient les
attendre mais, s'il y avait trop d'allemands dans les parages, ils prévenaient alors les agents de la résistance afin d'ajourner l'opération.