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Haïti: les facettes de la reconstruction
Editorial de TEC21 21/2015
Les graves tremblements de terre d'avril et de mai au Népal ont fait plus de 8000 morts. Lors d'un événement naturel semblable le 12 janvier 2010, 220.000 personnes ont perdu la vie à Haïti, 1.5 millions ont été sans abri. La question d'une reconstruction appropriée se posait et se pose encore actuellement. Que s'est-il passé à Haïti, et quels enseignements en tirer?
Beaucoup sont morts dans des maisons effondrées qui n'ont pu résister à la violence du tremblement de terre. Aussi la Direction suisse du développement et de la coopération (DDC) et d'organisations non gouvernementales telles que le Centre international français de la construction en terre (CRAterre) ont-ils développé des normes de constructions résistantes aux séismes et aux cyclones pour écoles et maisons d'habitation. Les méthodes sont différentes mais cohérentes en soi et leur efficacité doit être prouvée par des chiffres, afin de justifier l'emploi de dons.
Au-delà de tels projets individuels, la reconstruction est chose extrêmement complexe et difficile à saisir dans son ensemble. L'historien Christophe Wargny s'occupe de ce pays depuis 1991, et ses constatations donnent à réfléchir: la reconstruction financée au moyen de milliards de dons n'a ni apporté un changement structurel, ni renforcé la population civile. Haïti serait selon lui encore loin d'être une société à l'abri des tremblements de terre.