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Né le 5 juin 1932 à Paris dans le quartier de Montmartre. Il y passa sa prime enfance. La guerre et l’arrivée des allemands dans la capitale mis fin à ces années d’insouciance. Comme beaucoup, toute la famille dû alors fuir l’occupant à travers la France. Ils avaient toutefois la chance de se déplacer en voiture, une Talbo qui à l’époque avait le privilège d’être une des plus performantes. Point fort utile lorsqu’il s’agissait de franchir les barrage allemands ! Il gardera de cette période de guerre, une profonde aversion pour les armes et l’armée. Il en parlait peu mais restait visiblement marqué par certains épisodes de fusillades, d’immeubles effondrés suite à un bombardement, et autres atrocités.
C’est un peu après la fin de la guerre, en 1947, qu’il débarquera avec ses parents en Suisse et que la famille s’installera à Lausanne, dans un immeuble cossu de l’avenue des Tilleuls no 8.
Sur la façade de cette demeure est gravé son nom « Credo »
Credo, je crois ! Il faut croire et ce jeune parisien déambulant dans les rues lausannoises va croire avec détermination à sa vocation de scientifique. Ceci malgré le décès subit de son père alors qu’il a tout juste 18 ans et son parcours scolaire inachevé.
Il n’était pas considéré comme un bon élève. Il racontait que lorsqu’il a fallu passer le certificat d’études, il est resté à l’écart alors que les autres enfants sont allés se présenter à l’examen. On lui aurait dit :
Toi tu restes là pendant que les autres vont faire l’examen, tu ne peux pas le réussir de toutes façons !
Il en a gardé un goût amer et une profonde méfiance envers le système scolaire.
Plus tard, en Suisse, élève au Collège Pierre Viret, le directeur se souvient d’un élève qui passait beaucoup de temps, dans les couloirs, en grande conversation avec ses professeurs. Là aussi malgré cette curiosité et ses aptitudes manifestes, il ne fut pas présenté aux examens de maturité. A 18 ans, sans aucun papier, il se présente seul aux examens d’entrée à l’EPUL. Les membres du jury sont perplexes devant les résultats moyens du jeune homme. C’est le Prof. de Siebenthal, impressionné par ses aptitudes en mathématiques, qui convaincu alors ses pairs de l’admettre tout de même à l’École Polytechnique.
C’est ainsi qu’il fut admis à l’école d’ingénieurs nommée EPUL à l’époque et décrocha le 25 janvier 1956 le diplôme d’ingénieur physicien.
Le 26 février 1964 il obtenu, de l’Université de Lausanne, le grade de Docteur ès sciences. Il a risqué de ne jamais pourvoir se présenter à la soutenance de sa thèse. En effet, pour défendre sa thèse il fallait impérativement s’immatriculer à l’Université et Piron n’avait pas de maturité . Là encore il a fallu insister, le prof Stueckelberg écrit alors au doyen en lui demandant de considérer son examen d’entrée à l’EPUL comme équivalent à une maturité. Il racontait avoir faire une forme de chantage. Comme il était assistant, il menaça de détruire tout un paquet de copies d’examen d’étudiants qu’il portait sous le bras s’il n’était pas autorisé à s’immatriculer. Il obtenu, selon lui, par ce chantage son inscription à l’Université de Lausanne. Il fut alors autorisé à défendre sa thèse. Ainsi , comme il s’amusait à le souligner, la durée totale de ses études universitaire a été de 2 semaines !
On prête au prof. Jauch les propos suivants :
Il est bon Constantin, pourquoi l’Université de Lausanne ne l’a-t-il pas gardé ?
Ainsi, ce fut l’Université de Genève qui lui proposa un poste, d’assistant tout abord, puis de professeur.
Il prendra sa retraite en 2000. Il deviendra alors professeur honoraire et partagera son bureau avec son collègue Amrein.
Constantin appréciait particulièrement sortir, les bons repas et la vie nocturne. Il avait l’habitude de travailler ses cours dans les bars et sur les tables des bistrots. C’est dans une boîte de nuit de Lausanne qu’il est attiré par une jeune fille iranienne plutôt timide. Il l’invite alors à danser et l’épousera à peine ses études achevée, celle-ci avait coutume de résumer leur rencontre ainsi:
J’ai épousé le premier homme qui m’a invité à danser…
Cette jeune femme prénommée Mehrnouche, Mehri pour les proches, était née à Téhéran le 28 octobre 1935 et était arrivée à l’âge de 16 ans en Suisse avec sa famille. Son frère ainé souffrait de tuberculose, ils étaient venu en Suisse pour l’entourer et le soigner dans les fameux sanatoriums de Leysin.
De cette union naquis deux enfants. L’ainé Constantin né le 28 avril 1956 et sept ans plus tard Françoise née le 10 mai 1963.
Après 33 ans de mariage, le couple divorcera. Constantin épousera par la suite Armelle en 1995 , avec qui il s’installera à Begnins , puis à Gland. Sa seconde femme décèdera trois ans avant lui en 2009 après plusieurs années de lutte contre le cancer.