Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07139.jsonl.gz/76

Christine a adopté Yoko, qui est né et a habité les premiers mois de sa vie en Roumanie.
Lorsqu’elle m’a demandé d’effectuer une communication avec lui, c’était pour une raison bien précise.
Depuis son adoption, à la maison et lors des balades, il attaquait systématiquement Christine et son mari, Olivier. Il pouvait être en train de se balader joyeusement, quand tout à coup, il se retournait face à eux et leur fonçait dessus.
Ces attaques étaient devenues problématiques, car Yoko pèse plus de 20 kg. Imaginez cette masse qui se jette sur vous à toute vitesse et vous saute dessus ! Christine et Olivier finissaient régulièrement avec des bleus et des blessures (les dents de Yoko se plantaient dans la peau de leurs bras, ce qui les faisait saigner).
Christine et Olivier avaient atteint leur limite et avaient besoin d’aide pour canaliser leur compagnon.
Les tentatives de solutions de Christine et Olivier
Christine et Olivier ayant de bonnes connaissances en éducation canine, ils ont beaucoup réfléchi à ce qu’ils pouvaient mettre en place afin de remédier aux attaques :
- Ils ont tenté d’ignorer Yoko lorsqu’il se lançait sur eux à pleine vitesse
- Ils lui ont donné les ordres auxquels il répond normalement bien hors attaques
- Ils l’ont grondé après ses attaques afin de lui faire comprendre que son comportement n’était pas acceptable
- Ils ont tenté de le rassurer après les attaques et de le calmer
Aucune de ces techniques n’a permis de résoudre le problème.
Seule consolation : Yoko ne les attaquait plus à la maison, mais uniquement lors des balades. Ce qui était déjà une étape de franchie ! Par contre, Christine et Olivier étaient quand même blessés pendant les promenades et ne supportaient plus de telles conséquences.
Ce que ressentaient Christine et Olivier
Avant la communication, Christine m’a expliqué qu’elle et Olivier étaient fatigués et ne savaient plus quoi faire pour éviter que leur chien les attaque. Ils étaient aussi déçus, car ils avaient mis en place beaucoup de choses différentes, mais Yoko n’y était pas réceptif.
Elle m’a également indiqué qu’ils ne retiraient plus aucun plaisir des balades et qu’ils en étaient tristes.
Christine m’a encore confié qu’Olivier, qui s’était investi de la mission d’éduquer Yoko, était arrivé à bout et qu’il stressait avant chaque balade.
Malgré leurs connaissances en éducation canine, la situation paraissait sans issue.
Les explications de Yoko et ses propositions de solutions
Lors de la communication, j’ai expliqué à Yoko le point de vue de Christine et Olivier s’agissant de ses attaques. Je lui ai dit qu’ils étaient tous deux régulièrement blessés et que bien qu’ils l’adoraient, la situation ne pouvait plus durer ainsi.
Dans un premier temps, il a été surpris, car il ne pensait pas que la situation était aussi dramatique. Il m’a dit que lorsqu’il se jetait sur eux, ce n’était pas par agressivité, mais pour partager son excitation et qu’il ne se contrôlait plus. C’était comme s’il était dans une bulle et que rien ne pouvait le sortir de son émotion. Les ordres auxquels il obéissait d’ordinaire n’étaient pas suffisamment exceptionnels pour qu’il soit réactif à ceux-ci dans l’état dans lequel il se mettait. A comportement exceptionnel, moyen exceptionnel m’a-t-il dit !
Lorsque je lui ai demandé ce que Christine et Olivier pouvaient mettre en place pour l’aider (il m’a bien précisé, à plusieurs reprises, qu’il avait besoin d’aide) à réaliser qu’il se comportait excessivement, il m’a dit que l’utilisation d’un sifflet pourrait être une solution. Celui-ci émettrait un bruit suffisamment important pour lui signaler qu’il était en proie à son émotion et qu’il devait cesser immédiatement un tel comportement. De plus, ce son serait propre à l’état d’excitation dans lequel il se mettait et il l’assimilerait à cette situation bien précise.
Christine a plutôt bien accueilli cette proposition et a acheté un sifflet le jour-même !
Yoko ne s’est pas contenté de proposer que ses gardiens se munissent d’un sifflet…
La mère de Christine, âgée de 80 ans, est une personne chère aux yeux de Yoko. Il ne l’a jamais attaquée et se montre particulièrement doux avec elle. Elle peut, par exemple, lui ouvrir la gueule et lui donner ses médicaments ainsi que lui mettre son collier sans que celui-ci ne réagisse, ce qui n’est pas le cas lorsque Christine et Olivier exécutent les mêmes gestes. Il m’a précisé que si celle-ci le félicitait ou lui expliquait que son comportement n’avait pas été adéquat avec sa fille et son beau-fils, il l’écouterait attentivement.
Les jours suivant la communication
La communication a eu lieu un vendredi. Le mardi suivant, Christine m’a envoyé le message suivant :
« Bonjour Saskia, quelques nouvelles… depuis vendredi nous avons un autre chien ! Nous avons mis en place le coup de sifflet, il ralentit et lorsqu’il arrive nous lui tendons un jouet à mordre. Ma maman lui a parlé et lui dit quand il a bien fait, ou pas. Depuis vendredi, nous sommes rentrés de balade sans bleus ni blessures ! Je pense qu’il commence à associer ce jouet = je dois le mordre au lieu de sauter. On le sent plus calme en général. Il m’a attrapé le bras samedi matin, ma maman lui a dit que ce n’était pas bien et qu’elle n’était pas contente et puis plus rien ! Bref… Merci de notre part et de celle de Yoko ! »
Quelques semaines suivantes, Christine m’a écrit un nouveau message :
« Les nouvelles sont bonnes. Nous n’avons plus besoin du sifflet, car Yoko a compris que lorsqu’il est excité, il doit mordre dans l’objet que nous avons toujours avec nous. Depuis que nous nous sommes vues, plus aucune blessure ! Il revient encore parfois vers nous, mais nous arrivons à le canaliser pour qu’il ne saute pas depuis deux jours, il ne l’a plus refait !!!! Il y aura certainement encore des rechutes, mais nous sommes sur le bon chemin grâce à vous ! Un tout grand merci pour votre aide précieuse ! Continuez à croire en ce que vous faites, parce que vous le faites bien ! »
Le dernier message que j’ai reçu de Christine disait ceci :
« Depuis deux semaines, plus aucun souci! Il s'approche s'assied et nous lui tendons un objet que parfois il machouille puis le repose ou il attend simplement une caresse et des félicitations ❤️ C'est magique ! »
Depuis lors, Christine et Olivier ont pu à nouveau retrouver du plaisir dans les balades avec Yoko et ne sont plus stressés à l’idée de passer du temps à l’extérieur avec lui !
Conclusion
Lorsque les gardiens mettent en place différentes choses pour éduquer leur compagnon et résoudre des problèmes de comportement, cela peut être frustrant pour eux de ne pas voir de résultats.
Le cas de Yoko montre que, parfois, malgré les bonnes connaissances des gardiens dans l’éducation canine, il n’est pas possible de solutionner le problème de l’animal. Seul celui-ci sera à même de fournir des pistes.