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Tout le monde parle de la nécessité d'une "économie verte", mais les contenus restent vagues; et la conférence Rio+20 de juin 2012 a coûté cher et n'a rien apporté de nouveau. On se demande comment on peut vraiment travailler à l'émergence d'une société plus durable.
La question suivante se pose à l'agriculture: comment peut-on atteindre les objectifs fixés par la politique agricole et environnementale, par exemple une fertilité du sol élevée, une augmentation de la biodiversité et une réduction de la pollution des eaux? Une fois ces objectifs atteints, comment peut-on faire en sorte de garantir leur maintien à long terme? Dans ce sens, la politique et ses instruments tels que les paiements directs et les autres mesures de soutien jouent un rôle important. Mais quelle politique est la plus efficace dans ce domaine? Quelle politique procure à la société le plus de prestations agro-environnementales et lui coûte le moins?
Souvent, on fait l'éloge de mesures spécifiques, ciblées sur un objectif précis, par exemple l'encouragement des prairies extensives par les paiements directs. Au passage, une règle de base d'une économie efficace, à savoir l'utilisation de synergies, est oubliée. C'est ici qu'intervient l'encouragement de l'agriculture biologique, qui est une mesure politique permettant d'atteindre des objectifs agro-environnementaux. Elle est une mesure non spécifique, qui n'est donc pas taillée sur mesure pour atteindre un seul but précis, mais qui permet de réaliser un grand nombre d'objectifs. Si on définit plusieurs mesures spécifiques pour réaliser plusieurs objectifs, cela provoque des coûts pour chaque mesure. En fin de compte, cela peut coûter plus cher que l'encouragement de l'agriculture biologique, et cela ne peut pas forcément permettre d'atteindre autant d'objectifs.
Cette discussion concernant une politique optimale doit être placée dans le contexte de l'agriculture durable. L'agriculture de l'avenir est une agriculture fortement orientée sur l'utilisation des prestations de l'écosystème. Elle devra générer des agro-écosystèmes productifs, utiliser des synergies et maintenir à long terme les bases de la production. La rotation culturale, la gestion de l'eau et des éléments nutritifs devront être optimales; la santé des plantes, la biodiversité et la fertilité du sol devront être favorisées. Cela est important entre autre pour contrôler les maladies et les ravageurs sans recours aux pesticides. Et tous ces aspects prendront beaucoup d'importance durant les décennies à venir, en particulier en lien avec les adaptations aux changements climatiques que l'agriculture devra effectuer. Ces considérations globales exigent des instruments politiques efficaces. L'encouragement de l'agriculture biologique en fait partie.
Auteurs:
Adrian Müller et Christian Schader, FiBL