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Lien entre CRISPR/Cas et cancer trouvé par deux études indépendantes
Deux études, arrivant aux mêmes conclusions, ont jeté le doute sur la fiabilité de CRISPR/Cas à modifier des cellules humaines dans un but thérapeutique. Dans ces études, les modifications à l’ADN, causées par CRISPR/Cas, mènent fréquemment à la mort des cellules humaines normales alors que les cellules cancéreuses survivent. Si les cellules cancéreuses sont résistantes, c’est parce que leurs mécanismes de réparation de l’ADN sont souvent inactivés. Si le système de surveillance de l’ADN est inactivé ou inhibé dans des cellules normales, ces cellules peuvent évoluer en cellules cancéreuses mais survivent aux modifications imposées par CRISPR/Cas. L’édition génomique va donc favoriser l’apparition de cancer chez l’homme et, vraisemblablement, aussi chez les animaux d’élevage.
De nombreuses entreprises de biotechnologie développent des outils d’édition génomique dans le but de modifier les cellules humaines. Des premiers essais cliniques de thérapie génique, à base de CRISPR/Cas, sont en cours pour corriger le génome de patients gravement malades et le nombre de demandes pour des essais cliniques impliquant l’utilisation de CRISPR/Cas explose aux États-Unis.
La technique CRISPR/Cas est basée sur la capacité des ciseaux moléculaires (la nucléase Cas9) à déclencher une rupture à double brin dans l'ADN à un endroit dont la précision est définie par un ARN guide (ARNg), appelé CRISPR. L’ADN est donc tranché par l’outil CRISPR/Cas. Les mécanismes de réparation de la cellule s’occupent ensuite de réparer l’ADN. Cette réparation ne peut pas être maîtrisée mais peut être influencée en introduisant d’autres outils moléculaires qui permettront de modifier ou de supprimer des gènes.
Deux études, publiées dans la prestigieuse revue Nature Medicine, démontrent que CRISPR/Cas cause beaucoup plus fréquemment la mort cellulaire lorsqu’il coupe l’ADN dans des cellules souches ou des cellules de rétine humaines que dans des cellules cancéreuses. Ces deux études montrent également qu’un gène essentiel de la réparation de l’ADN, appelé p53, doit être inhibé pour permettre la modification de cellules humaines par CRISPR/Cas. Ce gène est souvent inactif dans les cellules cancéreuses. Son inhibition ou sa mutation permet aux cellules cancéreuses de proliférer.
Les scientifiques de Novartis, auteurs d’une des études, mentionnent que l’inhibition de p53 « a le potentiel d'augmenter le nombre de mutations hors cible et pose un risque de cancer ». Ils soulignent également que la modification ex vivo de cellules humaines par CRISPR/Cas pourrait « sélectionner des cellules mutantes pour p53, plus tolérantes aux dommages causés par l'ADN. » Ces cellules seraient ensuite plus susceptibles de se transformer en cellules cancéreuses.
Les mécanismes de réparation de l’ADN sont quasi identiques dans les mammifères les plus étudiés par des techniques moléculaires. Il est donc probable que les risques identifiés chez l’homme s’appliquent également aux animaux de rente.
En conclusion, la publication de ces études ont jeté un doute réel sur la viabilité des applications thérapeutiques des techniques d’édition génomique en médecine humaine. L’application de la technique CRISPR/Cas aux hommes et aux animaux de rente doit donc être surveillée étroitement afin de s’assurer qu’elle ne favorise pas l’apparition de cancers en respectant l’application stricte du principe de précaution.
- Lien externe : CRISPR-Cas9 : un risque de cancer identifié
- Lien externe : CRISPR–Cas9 genome editing induces a p53-mediated DNA damage response
- Lien externe : p53 inhibits CRISPR–Cas9 engineering in human pluripotent stem cells