Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07037.jsonl.gz/868

L'écriture est un processus complexe se basant sur différents savoirs stratégiques. L'écriture se structure en fonction du lecteur, des représentations sur celui-ci, des différentes représentations des savoirs. Ainsi divers types de savoir stratégiques vont influencer le processus dynamique de l'écriture (Hayes and Flower,1980). Cette recherche s'intéresse aux rôles de différentes structures de connaissance, ainsi que de l'outil employé à la fois dans le processus et comme produit. Le but est d'étudier comment les stratégies, provenant de l'accès aux structures, peuvent agir sur divers attributs de l'écriture (par exemple la qualité, le niveau de complexité syntaxique). De même qu'un intérêt est aussi porté aux types de révisions se faisant. Dans le passé nombre de recherches se sont penchées sur la question de l'effet du destinataire sur la complexité syntaxique, l'effort cognitif ou la capacité, la qualité de l'écriture, etc. Cependant peu d'études ont porté spécifiquement sur la relation entre le processus et le produit de manière à expliquer la complexité de la production du language écrit.
L'effet le plus observé du traitement de texte sur l'écriture est un plus grand nombre de révisions. La proportion de ces révisions qui a trait au sens du texte est moindre que celle plus superficielle de langue même (orthographe, grammaire, syntaxe, etc.). Une étude à montré une corrélation négative entre le nombre de révisions superficielles et la qualité du texte entre la première et la dernière version produit au moyen du traitement de texte. D'autres études ont montré que le public-cible, le typde discours avaient une influence dans le production écrite. A partir des ces différentes points, deux expériences ont été menées dans le cadre de cette étude.
Première Expérience:
Dans la première expérience plusieurs variables indépendantes ont été variées: l'outil (l'écriture manuelle ou sur un traitement de texte), le niveau de familiarité du destinataire ou public(famille ou le président d'une université), et le type d'écriture (narrative ou argumentative).
Procédure Expérimental:
Les sujets de cette première expérience étaient des étudiants de première année en psychologie. Des connaissances en dactilygraphie étaient requises, et peu ou pas de pratique de traitement de texte était aussi requis. Les sujets devaient en l'espace de 20 minutes écrire une lettre, la moitié des sujets à la main et l'autre en utilisant un traitement de texte. Le sujet de cette lettre, le même pour tous, était l'inscription à l'université. La moitié de chaque groupe de sujet devait adresser cette lettre à un président d'université, l'autre à un membre de leur famille. Une moitié des sujets écrivait dans un genre narratif, décrivant son expérience, l'autre moitié dans un genre argumentatif, expliquant comment changer, améliorer les conditions d'inscription.
Puis les textes écrits à la main, étaient retappés à la machine, cela de manière à ne pas influencer les juges. Les résultats ont été jugé par 2 juges indépendants se basant sur 13 dimensions d'un outil permettant d'évaluer la qualité d'un texte. Un programme permettant d'enregistrer toutes les touches frappées en temps réel a été utilisé afin de voir les révisions faites au cours de l'écriture du document.
Résultats:
De manière générale, les sujets écrivaient des lettres syntaxiquement plus complexe lorsqu'ils s'adressaient à un public non-familier plutot que familier. Ceux employant un traitement de texte faisait plus de révision que ceux écrivant manuellement, les corrections qu'ils apportaient étaient superficielles et ne changeaient pas le sens du texte. On a aussi trouvé que la qualité du texte était corrélée positivement avec la complexité syntaxique. Aucune autre corrélation significative n'a été trouvée. En ce qui concerne le type d'outil utilisé pour l'écriture les mesures n'ont montrée aucun effet. Un plus grand nombre de révisions ont été faites avec le traitement de texte, cependant ces corrections ne changeaient pas le sens du texte. Ceci qui corrobore le résultat d'autres recherches.
Deuxième Expérience:
Dans cette expérience, les variables indépendantes manipulées étaient: le niveau d'expertise de l'écrivain (novice/expert), le public (familier/non-familier), le type d'écriture (narrative/argumentative). Cette fois, le type d'outil utilisé n'intervenait pas, tous utilisaient un traitement de texte. On a cherché à voir la différence que peut engendrer le niveau d'expertise par rapport à la production écrite d'une lettre. Pour différencier le niveau d'expertise, on s'est basé sur la quantité de production écrite en moyenne des sujets Ceux ayant peu écrit et écrivant peu étaient considéré comme des novices, alors que ceux écrivant régulièrement étaient catégorisés comme des experts. .
Procédure Expérimental:
Comme dans la première expérience, on a demandé aux sujets (64 étudiants de psychologie, sachant tous utiliser un traitement de texte) d'écrire une lettre avec comme sujet l'inscription à l'université. Ils avaient 20 minutes, à la suite desquelles l'expérimentateur leur fournissait un exemplaire de leur lettre et leur proposait pendant un quart d'heure d'essayer de l'améliorer en faisant une deuxième version.
La moitié des sujets étaient des novices, l'autre moitié des experts. Dans chaque niveau d'expertise, on demandait à la moitié d'écrire à un proche (public familier) et à l'autre d'écrire au président d'une université (public non-familier). On partageait encore les sujets en demandant à une partie d'écrire dans un style narratif, et l'autre dans un style argumentatif. Les proportions de ces différentes variables indépendantes étaient équivalentes (8 pour chacune).
L'évaluation de la qualité de l'écrit se faisait de la même manière que dans l'expérience précédente, soit au moyen de juges travaillant "en aveugle". Certains évaluaient la longueur des phrases, d'autres le style au moyen d'une échelle. Ils relisaient le texte plusieurs semaines plus tard afin de déterminer le niveau d'expertise des sujets.
Résultats:
De manière générale on a trouvé que le niveau d'expertise amenait un effet significatif en ce qui concerne la qualité, la révision et la longueur des arguments. Les sujets experts ont écrit des lettres jugées comme ayant un niveau de qualité plus élevé, elles contenaient un pourcentage plus élevé de révisions amenant un changement de sens dans le texte. Le public familier est resté un fort facteur influençant la longueur des arguments, toutefois les sujets dit experts ont été moins influencé par cette variable ce qui laisse supposer qu'ils utilisent dans leurs écrits une connaissance stratégique du public cible.
La seule interaction significative trouvée est celle entre le public, le niveau d'expertise, le type d'écriture et le type de révision faite. Elle montre qu'en général les sujets de haute expertise apportaient plus de corrections modifiant le sens dans le cas de lettres argumentatives que les sujets de basse expertise.
Ces derniers faisaient le meme nombre de révisions quel que soit le public et le type d'écriture. Par contre ce pattern s'inversait totalement en ce qui concerne les révisions superficielles, les sujets experts faisaient peu de révisions alors que pour les sujets novices le nombre variait selon le public et le type d'écriture. Ce résultat a été basé sur plusieurs recherches montrant que des écrivains moins doués passaient relativement plus de temps à manipuler le texte qu'à trouver des idées.
Discussion générale:
L'intéret de cette recherche est qu'elle corrobore les résultats d'autres recherches et de modèles théoriques. La qualité de l'écriture, la quantité de corrections modifiant le sens du texte diffèrent selon le public auquelle elle s'addresse. De même le niveau d'expertise de l'écrivain influence la qualité de l'écriture. Cette résultat amène un résultat nouveau et inéteressant comparé aux recherches faites précédemment, à savoir l'importance de l'outil utilisé pour écrire. L'écriture produite au moyen d'un traitement de texte contenait plus de révisions superficielles, mais moins était de moins bonne qualité et contenait moins de révisions modifiant le sens du texte que l'écriture manuscrite (manuelle). Le modèle de Hayes et Flower (1980), qui est la base théorique de cette recherche, a aux yeux des chercheurs une valeur heuristique, toutefois des prolongements leur semblent possible. Les auteurs de cette recherche en se basant sur leurs résultats proposent que l'outil pour écrire soit inclut comme un facteur important dans les modèles de processus de composition, de même la relation entre le produit et le processus devrait être pris en considération.