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L’exposition intra-utérine à la fumée de cigarette est connue pour être un facteur d’obésité à l’âge adulte, sans que les mécanismes en soient bien définis. Cette étude québécoise a testé l’hypothèse d’une modification durable des préférences alimentaires en relation avec une altération des circuits neuronaux de la récompense. Dans une étude transversale de population, la Saguenay youth study, un collectif de 378 adolescents a été identifié (âge 13-19), dont une moitié avait été exposée à une consommation maternelle de cigarettes in utero (moyenne de 11 cigarettes/jour). Par une analyse anthropométrique et de bioimpédance, le groupe exposé présentait une quantité plus importante de graisse corporelle que le groupe non exposé (+ 1,7 kg, p = 0,009) et absorbait quotidiennement une quantité plus importante de lipides (+ 2,7%, p = 0,001). L’analyse IRM des structures cérébrales impliquées dans les circuits de la récompense objectivait un volume moindre de tissu de l’amygdale (95 mm3, p < 0,001). Les deux autres structures étudiées, à savoir le nucleus accumbens et le cortex orbitofrontal, étaient toutefois de volume similaire dans les deux groupes. Par ailleurs, le volume de l’amygdale était effectivement inversement corrélé à la quantité de lipide ingérée (r = -0,15, p = 0,006). Les auteurs concluent que l’exposition fœtale au tabagisme maternel peut favoriser une obésité secondaire par le biais de modifications des préférences alimentaires, en relation au moins en partie par des altérations structurelles de l’amygdale.
Commentaire : Les relations entre l’exposition au tabagisme maternel durant la grossesse et l’obésité à l’âge adulte sont connues. Cette étude apporte quelques éléments pour en comprendre l’origine. La persistance de préférences alimentaires délétères au long cours en relation avec des possibles modifications cérébrales structurelles ne peut que renforcer notre détermination à éviter les situations de tabagisme passif, au moins pour les femmes enceintes !