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Les inégalités salariales restent «importantes» en Suisse et «continuent de se creuser». C'est Unia qui l'affirme, sur la base d'une étude qu'elle a publiée ce mercredi. Le syndicat a passé au peigne fin les 37 plus grandes entreprises helvétiques et a calculé, pour chacune d'entre elles, le rapport entre le salaire le plus élevé et le salaire le plus bas.
Résultat: en moyenne, l'année dernière, les travailleurs les plus payés ont reçu un salaire 139 fois supérieur à celui versé aux employés les moins rémunérés. Alors que «les bas salaires ont baissé l'année dernière», les entreprises ont réalisé des «augmentations de bénéfices de rêve», dénonce Unia, qui fustige les «rémunérations indécentes» des grands patrons. Les voici:
En 2022, le salaire le plus élevé a été versé au CEO de Roche, Severin Schwan. Celui-ci a touché plus de 15 millions de francs, soit plus de 1,5 million chaque mois. Ralph Hamers, directeur général d'UBS à l'époque, et Vasant Narasimhan, patron de Novartis, arrivent en deuxième et troisième position.
Si certains patrons ont vu leur salaire baisser par rapport à 2021, d'autres ont vécu la situation opposée. C'est le cas des CEO de Sika, Straumann et ABB: leur rémunération a augmenté de 54, 26 et 19%, respectivement. Unia remarque qu'une seule femme figure dans le classement. Il s'agit de Magdalena Martullo-Blocher, patronne de l'entreprise chimique Ems-Chemie. L'année dernière, elle a touché un million de francs.
Les secteurs de la finance, de la pharma et de l'horlogerie sont particulièrement répandus dans la liste des entreprises dressée par Unia. Le classement compte également des groupes aux mains de la Confédération, comme la Poste et les CFF, ainsi que la Banque cantonale vaudoise.
Au total, les top salaires ont baissé d'environ 2,3%. Ce sont surtout les changements au poste de CEO (ou de CFO) qui en sont responsables, les «salaires de départ» étant légèrement inférieurs à ceux de leurs prédécesseurs établis, observe le syndicat, qui souligne:
Ensuite, plusieurs CEO n'ont pas obtenu l’intégralité de leurs bonus, car les bénéfices étaient en moyenne légèrement inférieurs à ceux de 2021, poursuit Unia. En revanche, les éléments fixes du salaire ont augmenté en moyenne de près de 2,7%.
On retrouve Roche à la première place d'un autre classement, celui de l'écart salarial. Selon Unia, la rémunération du CEO Severin Schwan correspond à plus de 307 fois le salaire le plus bas versé dans l'entreprise. Unia avance l'exemple suivant:
UBS reste en deuxième position, tandis qu'ABB occupe la troisième place.
En 2022, l'écart salarial moyen était légèrement inférieur à celui de 2021, écrit Unia. Les changements à la tête de certaines entreprises et la baisse des bénéfices évoqués plus haut expliquent cette situation. La valeur de l'année dernière reste toutefois supérieure à celle de 2018.
Le franc suisse a, une fois de plus, montré sa nature de «valeur refuge» vers laquelle les investisseurs inquiets se tournent volontiers en temps de crise. Après la pandémie, l'invasion russe de l'Ukraine et la récente attaque du Hamas contre Israël, notre monnaie s'est nettement appréciée. Par rapport à l'euro, c'est plus 12,5% depuis 2020.