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Le 22 septembre prochain, les électrices et électeurs suisses devront se prononcer sur une initiative populaire qui demande l'abrogation du service militaire obligatoire. Il convient de rappeler la charte de notre journal qui dit notamment: l'essor travaille à l'émergence d'un monde meilleur et harmonieux, où les conflits doivent être réglés par des moyens non-violents. Il œuvre pour le rapprochement entre les femmes et les hommes de bonne volonté, dans un esprit d'ouverture, de dialogue, de compréhension mutuelle et d'échanges.
Il y a plusieurs raisons de dire oui à l'abrogation du service militaire obligatoire. Citons-en simplement trois: 1) l'armée suisse deviendra plus petite et occasionnera moins de coûts; 2) le service militaire obligatoire fige une répartition dépassée des rôles: l'homme à l'armée, la femme au foyer; il faut dépasser ces stéréotypes; 3) le service civil, sur une base volontaire, est maintenu et même étendu.
Bien sûr, on peut craindre de voir une armée composée uniquement de personnes volontaires qui ne serait plus représentative du peuple suisse dans son ensemble. Mais cette inquiétude doit être atténuée par le fait que l'armée, quelle que soit sa grandeur, est soumise aux autorités et doit tenir compte du consensus qui prévaut dans notre pays.
Les temps ont changé depuis la Deuxième Guerre mondiale. Aujourd'hui, ce qui nous menace le plus, ce n'est pas une invasion de nos voisins mais la détérioration du climat, le danger des centrales nucléaires et du stockage des déchets, notre isolement au milieu de l'Europe et l'espionnage industriel et politique dont nous sommes victimes. Ce n'est pas avec des avions (à plus de cent millions de francs la pièce!) et des tanks qu'on pourra y faire face.
Le même jour, nous devrons nous prononcer sur une modification de la loi fédérale sur le travail. Objectif: étendre le travail à la nuit et au dimanche. C'est là une marque de mépris par rapport aux femmes (qui constituent la grande majorité du personnel de vente) et la régression d'un système qui a décrété que le dimanche était un jour de repos. Il convient donc de refuser massivement la modification de cette loi.
Par ailleurs, la décroissance économique étant non seulement inévitable (nous vivons dans un monde fini) mais encore souhaitable, étendre les heures de travail est un non-sens.