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Blog sur le Moyen Orient et l’Afrique du nord du 14 décembre 2015
Jean René Belliard, auteur de "Beyrouth, l'enfer des espions", publie une newsletter quotidienne accessible aux abonnés uniquement. Elle donne chaque jour un résumé des principaux évènements qui se déroulent au Moyen Orient et en Afrique du nord, rédigé à partir des informations réunies sur place par une quinzaine de correspondants. Ci-dessous, un extrait de la newsletter du 14 décembre 2015 – Et beaucoup d’autres informations importantes dans la newsletter envoyée aux abonnés.
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Deux incidents navales entre la Russie et la Turquie
Un croiseur lance-missiles et une vedette de la Garde côtière russes ont dû intervenir pour faire dégager un navire marchand battant pavillon turc qui bloquait un convoi déplaçant deux plates-formes de forage vers un nouvel emplacement dans les eaux territoriales russes.
La décision de déménager les plates-formes de forage pour les rapprocher de la Crimée avait été prise en raison de la situation internationale compliquée, selon un communiqué de presse de la compagnie d'Etat Chernomorneftegaz qui possède les plates-formes.
Alors que les deux plates-formes étaient déplacées vers leur nouvel emplacement, un navire battant pavillon turc s'est retrouvé en travers du convoi.
"Agissant en violation des règlements pour prévenir les abordages et contre les conventions généralement acceptées de navigation, le navire turc n'a pas réussi à sortir de la route du convoi, créant ainsi un risque de collision", a expliqué Chernomorneftegaz ajoutant que le capitaine du navire turc avait gardé le silence radio malgré les demandes de réponse.
L'incident a été "résolu" quand un bateau de la garde côtière russe et un croiseur lance-missiles sont venus à l'aide du convoi russe pour forcer le navire turc à s'écarter.
La société précise que les plates-formes B-312 et B-319 ont une valeur de 25 milliards de roubles (environ US $ 357mn).
C'est le deuxième incident maritime récent impliquant la marine russe et des navires turcs
Le 13 décembre, un navire de guerre russe avait dû tirer des coups de semonce en direction d'un chalutier turque pour éviter une collision dans la mer Egée à quelque 22 kilomètres au large de l'île grecque de Lemnos. Le bateau de pêche se dirigeait vers le cuirassé russe et ignorait toutes les communications des Russes.
Des incidents pas si anodins
La succession des incidents impliquant des navires russes et turcs est le signe qu'Ankara a l'intention de se mettre en position de force au moment ou la Convention de Montreux (signé en 1936) régulant le passage des navires étrangers dans les détroits turcs du Bosphore et des Dardanelles arrive à échéance et devra être renégociée.
La Convention de Montreux doit être renouvelée tous les 20 ans. La prochaine échéance tombe en 2016.
Evidemment, ce serait un moment très pratique pour les Turcs de provoquer un regain de tension et pour commencer à réclamer qu'en raison du nombre d'incidents - pour lequel, bien sûr, ils vont blâmer la partie russe - il devient nécessaire d'imposer des restrictions nouvelles au passage des navires de guerre russes à travers les détroits
Une dispute entre la Russie et la Turquie sur le passage des navires russes dans les détroits turcs serait un problème majeur étant donné le fait que l'accès aux détroits du Bosphore et des Dardanelles est un impératif de la politique étrangère russe depuis le 18ème siècle.
La question est d'autant plus cruciale pour la Russie que celle-ci mène une opération militaire en Syrie. Le plus court chemin maritime vers la Syrie passe par les détroits du Bosphore et des Dardanelles.
Jean René Belliard