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"J'ai eu la chance de pouvoir participer dès ma première année à cette course", se souvient l'ancienne étudiante en médecine aujourd'hui diplômée. "Cela m'a permis de créer un énorme réseau et de me faire de nombreux amis qui sont encore aujourd'hui très proches."
Il y a beaucoup de pression. Mais ce n'est pas une pression stressante. Tous les athlètes qui y participent sont des compétiteurs et y sont préparés. Il y a aussi énormément de soutien. On ne se sent jamais seul.
"J'ai tout adoré", ajoute la médaillée de bronze des Mondiaux M23 en 2014, en quatre de couple léger en riant. "On a perdu. Mais on n'aurait pas pu mieux ramer. L'expérience était incroyable. Il y avait tellement de monde. Je n'entendais même pas ma barreuse au départ. Les circonstances avec cette première pour les femmes le même jour que les hommes a encore augmenté le soutien."
La Genevoise de 25 ans avait dû traverser un processus de sélection et d'entraînement pour le moins intense. "En hiver, on a trois entraînements par jour. Il faut performer tous les jours car chaque entraînement compte. Toutes les deux semaines pendant les deux-trois premiers mois, des filles sont éliminées de la sélection."
Fanny Belais (première participante de face, à l'avant du bateau) lors de sa participation à la mythique Boat Race en 2015. [Fanny Belais]
Propos recueillis par Ludovic Perruchoud
Cambridge triomphe "à domicile"
Annulée la saison dernière en raison de la pandémie de Covid-19, la course ne s'est pas déroulée sur la Tamise à Londres en raison d'un pont en mauvais état. Elle a eu lieu à Ely, où s'entraînent les équipes de Cambridge. Ces dernières ont d'ailleurs signé le 85e succès chez les hommes (contre 80 pour Oxford) et leur 45e chez les femmes (contre 30).
Victorieuse dans le bateau réserve de Cambridge en 2019, Fanny Belais y a un peu participé. "Je suis allée à Cambridge deux ou trois fois entre septembre et octobre quand on avait le droit de voyager. J'ai passé la matinée avec mon ancien coach sur la canot moteur pour donner mon feedback en tant qu'invitée. J'avais aussi plusieurs de mes coéquipières de 2019 qui étaient dans le bateau principal. J'étais là en tant qu'amie. Je m'entraînais en virtuel parfois avec certaines d'entre elles." Même si elle travaillait, elle n'a pas manqué de suivre la course.
"Je suis encore l'équipe de Suisse"
"Je suis encore l'équipe de Suisse (ndlr: dans laquelle elle n'a pas vraiment eu l'occasion de percer en raison notamment d'une blessure au dos et de mauvaises performances en skiff). Et notamment Sofia (Maekin) qui fait actuellement des choses incroyables et qui est également issue du club de Vésenaz. Lors d'un retour en janvier pour un entretien, j'ai pu voir Sofia et Pauline (Delacroix)", explique la Genevoise qui espère voir la Suisse briller aux Européens d'aviron qui vont s'ouvrir à Varèse le 9 avril.
Une année intense avec le Covid
La Genevoise, qui a obtenu son diplôme de médecine il y a une année, travaille à l'hôpital de Portsmouth depuis le mois d'août. Elle a bien évidemment vécu une année intense comme toutes les héroïnes et les héros du personnel médical avec le Covid. "Cela s'est un peu calmé maintenant. Mais de décembre jusqu'en mars, c'était très compliqué. C'était vraiment une grosse année."