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Dans le dernier épisode de cette étrange minisérie, l'Homme-Corbeau a été décrit, alors qu'il s'élançait vers la forteresse de Sinislën pour en libérer le Père Noël capturé.
Or, les ailes déployées, sa cape grande ouverte, il passait devant les étoiles, en se dirigeant vers les hautes Pyrénées – et les hommes frissonnaient quand il les survolait. Apeurés ils levaient les yeux, mais déjà l'Homme-Corbeau était loin, si rapide était son vol! Ils ne savaient à quoi attribuer ce sentiment diffus, et se pensaient victimes d'une attaque occulte, d'un mauvais sort; mais il s'agissait seulement de l'Homme-Corbeau, accouru au secours du Père Noël capturé.
Il parcourut les espaces, et s'éleva vers le Canigou aux reflets blancs – et vit, comme tout le monde pourrait le voir s'il était à sa place, le château blanc de Sinislën, aux fenêtres éclairées et à la tour que des diamants cerclent. Il plana en direction de sa porte, gardée par deux guerriers étincelants aux longues hallebardes, et s'apprêtait à se poser sur la plateforme qui s'étend devant eux, quand un rayon de feu sortit des hauteurs des remparts crénelés, lancé par un dragon à la gueule grande ouverte – jadis recueilli par Sinislën, et depuis ce jour à son exclusif service!
Il lançait depuis sa gueule rougeoyante des jets de feu pareils à des flèches – voire pareils à des lances, car ils pouvaient être longs. L'Homme-Corbeau évita le premier, qui était mal ajusté, et passa entre sa cape et son corps: le dragon avait été trompé par sa masse noire et ses ailes rapides. Le second trait, mieux ajusté, n'atteignit pas davantage sa cible, car l'agilité et la vitesse de l'Homme-Corbeau lui permirent de l'éviter par un mouvement qui le plaça de profil: le tir passa juste sous ses yeux, rasant sa poitrine – et, vous me croirez si vous voulez, mais dans ce jet de feu pourtant si fin, notre héros vit de petits serpents s'agiter et ouvrir leurs gueules rougeoyantes et battre leurs yeux noirs. Ces jets de feu étaient vivants – et cela surprit fort l'Homme-Corbeau qui, encore muni de sa science d'homme mortel, ne connaissait pas tous les secrets des Génies.
Cela ne l'inquiéta pas outre mesure pour autant, car si son entrée dans le monde enchanté ne lui avait pas permis de tout connaître de celui-ci, au moins avait-il appris à ne pas s'effrayer des merveilles qu'il y découvrait et à rester calme et posé, serein et libre quand il en découvrait de nouvelles.
Mais il est temps de renvoyer à la fois prochaine, pour la suite de ce conte étrange.