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Selon ce rapport, qui répertorie les 20 publications, pages et liens les plus consultés par les comptes d'utilisateurs américains de Facebook entre janvier et mars 2021, l'article le plus lu au premier trimestre a été vu par près de 54 millions d'utilisateurs et utilisatrices.
Si le géant américain n'a pas souhaité le rendre public, c'est parce qu'il aurait pu donner "une mauvaise image de l'entreprise", selon des hauts responsables du groupe californien. Le titre de cet article du South Florida Sun Sentinel, republié par le Chicago Tribune, suggérait un lien entre le vaccin Covid-19 et le décès d'un médecin de Floride. Des mois plus tard, le rapport du médecin légiste avait déclaré qu'il n'y avait pas suffisamment de preuves pour dire si le vaccin avait contribué au décès.
Le rapport montrait également qu'une page Facebook de The Epoch Times, journal en ligne qui diffuse des théories du complot, était la 19e page la plus populaire de la plateforme durant cette période.
Facebook a donc préféré publier le même classement,, le 18 août. Les chiffres sont nettement moins polémiques: les liens les plus vus renvoyant vers des recettes de cuisine ou des photos de chats.
Suite à l'article du New York Times, la firme a finalement publié ses chiffres au premier semestre via un message sur Twitter du responsable de la communication du réseau social Andy Stone. Le porte-parole a indiqué que le premier rapport n'avait pas été publié car des corrections, non précisées, devaient être apportées dans le système d'analyse.
Pas de contrôle
Même si l'effort du géant américain est louable, Facebook s'est pris les pieds dans le tapis de la transparence, a estimé dans La Matinale de mardi Nathalie Pignard-Cheynel, professeure en journalisme numérique à l'Université de Neuchâtel: "Nous avons bien les liens les plus partagés, mais nous n'avons guère de transparence sur la manière dont ils ont été extraits de la base de données. Cela amène de l'opacité dans cet effort de transparence".
Si le géant des réseaux sociaux, avec près de 3 milliards d'utilisateurs chaque mois, se permet de dissimuler ces informations, c'est aussi parce que les chiffres qu'il publie sont recueillis par des outils qui appartiennent à Facebook.
"Le gros problème, c'est qu'il n'y a aucun contrôle, il n'y a pas de tiers pour assurer la transparence, pour expliquer comment ces données ont été extraites. C'est Facebook qui contrôle Facebook", a encore relevé Nathalie Pignard-Cheynel.
Suite à cette tentative avortée de transparence, le groupe s'est engagé à réitérer l'opération tous les trimestres.
Miruna Coca-Cozma/lan