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Chères concitoyennes, chers concitoyens,
Dans de nombreux pays, la fête nationale est célébrée par un défilé militaire impeccable ou par une cérémonie commémorative guindée. Il en va tout autrement en Suisse. Chez nous, un nombre incalculable de fêtes du 1er août sont organisées dans les villes et les villages de l'ensemble du territoire. Ces fêtes sont mises sur pied ici par une société, ailleurs peut-être par la commune. Lorsqu'il n'y a pas de fête officielle, les gens se réunissent autour d'une grillade ou tout simplement pour allumer des feux d'artifice.
Dans tout le pays, on célèbre la création de la Confédération. Au cours des siècles, de nouveaux cantons se sont régulièrement associés à l'union tripartite initiale, le dernier en date étant le canton du Jura en 1979.
Le 1er août est une fête joyeuse et l'occasion de décorer villes et villages. Partout sont hissés des drapeaux suisses ainsi que des drapeaux des cantons et des communes. Cette fête est tout à la fois celle de l'unité et de la diversité, et donc également celle du fédéralisme. Nombreux sont ceux qui pensent que le fédéralisme a fait son temps. Ils estiment que l'on ferait mieux de tout centraliser, regrouper, rationaliser et globaliser, en supprimant les cantons d'un trait de plume.
De telles voix sous-estiment la force énorme qui émane de nos cantons. En voici quatre exemples.
A partir du 1er janvier prochain, l'assurance-invalidité sera scindée en deux grands domaines. La Confédération continuera d'assumer la responsabilité des prestations, tandis que les cantons répondront de l'ensemble des homes, ateliers et écoles spéciales. Cette proximité avec les citoyens permettra de résoudre les problèmes là où ils se posent.
Nous devons également au fédéralisme la saine concurrence fiscale qui existe entre les cantons. Les autorités sont contraintes de combiner une offre de prestations publiques optimale avec un taux d'imposition aussi bas que possible. C'est le citoyen qui décide en fin de compte du taux d'imposition et des dépenses. Ce système nous évite de payer trop d'impôts et rend les cantons et les sites économiques attrayants.
Troisièmement, le fédéralisme garantit à chacun d'entre nous la possibilité de cultiver ses traditions, sa culture et sa langue. Il permet aux Genevois de rester Genevois et aux Appenzellois de vivre en Appenzellois. Cet esprit de liberté exempt de contrainte étatique imprègne chacune de nos nombreuses vallées.
Une aussi grande diversité est unique. Et elle ne peut survivre que si la Confédération s'immisce le moins possible dans les affaires cantonales.
Le fédéralisme nous aide enfin à rester indépendants et autonomes sur le plan politique, tout en cultivant notre ouverture sur le monde. C'est une forme étatique basée sur la tolérance. Les cantons cohabitent dans la paix et le bon ordre. En tant que fédéralistes, nous n'avons aucune peine à comprendre d'autres pays, d'autres mœurs et d'autres mentalités. C'est ainsi que nous sommes parvenus à vendre nos produits partout dans le monde, bien que notre pays ne dispose d'aucune matière première.
Pour résumer, on peut dire que la croix suisse symbolise les quatre qualités que sont la solidarité, l’esprit d’entreprise, le respect de la diversité et l'ouverture sur le monde. Ces quatre qualités contribuent dans une large mesure à notre bien-être. Elles méritent bien que l'on s'y arrête et qu'on leur consacre une fête chaque année.
Je vous souhaite à toutes et à tous une joyeuse fête du 1er août."