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Helena Maria WILLIAMS, A Tour in Switzerland, éd. par Patrick Vincent et Florence Widmer-Schnyder, coll. Travaux sur la Suisse des Lumières, Textes 4, Genève, Editions Slatkine, 2011, 484 p. (bestellen)
Hailed by her contemporaries as possibly her best book, Helen Maria Williams’s A Tour in Switzerland offered readers across Europe an original travel narrative which, more than two hundred years later, has lost none of its freshness or interest. Williams (1759-1827) was a controversial British author, salon hostess and radical thinker. While she is best known for her eight volumes of letters defending the French Revolution, A Tour in Switzerland was widely reviewed and translated into four languages, notably in French by the economist Jean-Baptiste Say. Published on the eve of the French invasion of Switzerland in 1798, her book provides rare insight into the mind of a well-informed, curious and politically engaged Revolutionary-era woman writer and exemplifies recent critical assertions that travel writing offered women an important medium of public expression. The Tour describes Williams’s five-month stay in Switzerland with her partner John Hurford Stone and the exiled politician Benjamin Vaughan in 1794. If her descriptions of the Alps are written in a lively style mixing science and sensibility, her reports on Switzerland’s institutions and inhabitants are deeply ironic and highly partisan, serving to deconstruct the Swiss myth of natural liberty. A hybrid text, Williams adds a review of Parisian society in 1795 and a political synopsis on the Swiss republics all the way up to late 1797. This edition brings together a newly edited and annotated text that includes variants in Say’s French translation along with an introduction, chronology, map and five appendices which provide new details on Williams’s tour and help situate the book’s place within the debate on Swiss republicanism. Beyond its importance to scholars working on the Swiss Enlightenment, on Romantic literature, and on travel and natural history writing, A Tour in Switzerland will also appeal to the general reader interested in Switzerland and the Alps.
Micheli DU CREST, Discours en forme de lettres sur le gouvernement de Genève (1735), éd. par Kenneth Goodwin, Guillaume Poisson, Gabriella Silvestrini et Richard Whatmore, coll. Travaux sur la Suisse des Lumières, Textes 3, Genève, Editions Slatkine, 2011, 336 p. (bestellen)
Dans son Discours en forme de lettres sur le gouvernement de Genève – terminé en 1735 et resté à l’état de manuscrit jusqu’à ce jour – Micheli du Crest expose pour la première fois, de manière systématique, sa pensée politique dans un effort de justification et de défense vis-à-vis des « injustes sentences » dont il est frappé. Preuve, selon lui, de la dérive tyrannique du régime genevois où la souveraineté originelle du peuple est en train d’être confisquée par un petit nombre de magistrats. Le destin et les œuvres de cet aristocrate « révolté » ne manquent pas d’éclairer – voire de préfigurer – plusieurs aspects des vicissitudes genevoises de l’auteur du Contrat social. Mais, au-delà de l’affaire Rousseau, la théorie de Micheli du Crest est en elle-même d’un intérêt indéniable par sa manière de combiner une conception radicale de la souveraineté exercée directement par le peuple avec une vision hiérarchique et aristocratique des bases sociales de la démocratie. Ce Discours en forme de lettres présente une expression originale du républicanisme protestant qui, avec ses multiples variantes, contribue à façonner de manière caractéristique la pensée politique de la Suisse des Lumières.
Albrecht von HALLER, Premier voyage dans les Alpes et autres textes : 1728-1732, éd. établie et annotée par Aurélie Luther sous la dir. de Claire Jaquier, avec la coll. de Laure Chappuis Sandoz et de Luc Lien Hard, coll. Travaux sur la Suisse des Lumières, Textes 2, Genève, Editions Slatkine, 2008, 160 p. (bestellen)
Albrecht von Haller (1708-1777) a connu la célébrité littéraire en son temps en publiant Les Alpes. Ce poème est inséparable des récits de voyage en Suisse et dans les Alpes que Haller écrivit en français ou en latin. Quatre récits, difficilement accessibles ou inédits, se trouvent réunis ici : ils révèlent le monde alpestre sous le regard curieux du voyageur et du savant passionné d’histoire naturelle. Le Premier Voyage dans les Alpes, 1728 relate un parcours d’un mois à travers la Suisse et représente pour Haller son premier contact avec la réalité alpestre ; il constitue la matière du poème Les Alpes, qui sera rédigé pendant l’hiver suivant. “Le trentième juin 1731 je partis…” a pour objet un bref voyage au cours duquel Haller s’adonne à la botanique, comme le montre de manière plus technique le texte de l’Iter Alpinum, issu du même parcours. Dans le dernier texte, la Troisième relation d’un voyage fait sur les Alpes au mois de juillet 1732, les intérêts botaniques laissent place à des considérations générales sur le climat, le milieu et les hommes qui l’habitent. L’espace géographique de ces voyages est sensiblement le même – le Jura, le Plateau, les Préalpes et les Alpes -, mais les hasards de la route, les points de vue sur le paysage ainsi que le regard sur les régions traversées changent, conférant à chaque texte son coloris propre.
Samuel Auguste André David TISSOT, Johann Georg ZIMMERMANN, Correspondance, 1754-1797, publ. et annotée par Antoinette Emch-Deriaz, coll. Travaux sur la Suisse des Lumières 9, Genève, Editions Slatkine, 2007, 992 p. (bestellen)
Hors des conventions épistolaires, les médecins suisses Tissot et Zimmermann, dans un échange de lettres qui dura plus de quarante ans, conversèrent, dans l’intimité et la liberté que donne l’écriture solitaire, de tout ce qui les touchait et entourait. Leur correspondance, présentée pour la première fois dans l’entier du survécu, trace un portrait de leur milieu cosmopolite. Ils parent avec franchise des tensions de leur profession ; ils jaugent leurs contemporains, faisant de leurs échanges un témoignage précieux de leur époque. Lecture passionnante qui, au fil des lettres, offre un regard nouveau sur la médecine, les médecins et l’Europe des Lumières.
Jean-Louis BRIDEL, Infortunes du jeune chevalier de la Lande, coll. Travaux sur la Suisse des Lumières, Textes 1, Genève, Editions Slatkine, 2002, 160 p. (bestellen)
Reposant sur une donnée historique contemporaine, ce récit retrace les étapes d’une destinée marquée par l’insatisfaction et par l’échec. Le héros, jeune Français attiré par la carrière des armes, se signale par son instabilité caractérielle autant que par sa capacité à se justifier au nom de bons sentiments ; après avoir rompu une relation sentimentale qui lui avait fait croire un moment à la possibilité du bonheur, il connaîtra la fin misérable du déserteur exilé et abandonné de tous. Par son sentimentalisme ostentatoire, son abandon aux impulsions de la nature, sa mélancolie diffuse et l’amertume de ses réflexions sur l’existence, le chevalier de La Lande incarne ainsi un personnage préromantique, reflétant la mentalité et les goûts de son époque.
Ce bref roman par lettres, paru à Lausanne en 1781, est dû à la plume d’un pasteur érudit et moraliste, appartenant à une famille vaudoise célèbre et frère du doyen Bridel. Prenant la forme d’une correspondance adressée à un ami confident, parsemé d’anecdotes, de pièces en vers et de tours sentencieux, il fait la part belle aux épanchements d’un cœur trop sensible pour lequel la vertu ne consiste guère qu’à obéir à ses propres élans.