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Sept églises désaffectées à Fordwich, dans le sud de l’Angleterre, proposent d’accueillir des voyageurs le temps d’une ou plusieurs nuits, prenant ainsi littéralement le sens de refuge.
L'inscription «plus petite ville de Grande-Bretagne» se tient à l'entrée de Fordwich, juste avant le pont étroit permettant l'accès à la petite localité. Ce petit coin obscur se trouve dans le sud de l'Angleterre, dans le comté du Kent, non loin de Canterbury. Fordwich est un lieu pittoresque: il ne comporte qu'une seule rue avec peu de bifurcations, de petites maisons à la toiture entuiles rouges, typiques de la Grande-Bretagne, une mairie, deux pubs et une église. «Fordwich a 372 habitants, déclare le maire Philip Lewis. Et la tendance est à la hausse.»
Depuis l'année dernière, il est possible de passer la nuit à l'église Sainte-Marie. Le groupe «Churches Conservation Trust», qui gère l'organisation des hébergements dans des églises désaffectées, nomme cette pratique le «champing»: du camping à l'église, soit une combinaison des termes anglais «church» et «camping». Cette fondation est responsable de l'entretien d'églises désaffectées, mais valant la peine d'être conservées. Ces dernières années, la fondation a dû faire face à une diminution de ses ressources. C'est ainsi qu'est venue l'idée de se servir des églises pour générer des revenus. Elles ont donc été ouvertes aux randonneurs ou autres vacanciers désirant tout simplement passer une nuit dans une église.
Le concept démarre bien. Sept églises sont jusqu'à présent ouvertes aux réservations. À Fordwich, Philip Lewis est également le bénévole en charge de l'accueil des personnes séjournant à l'église. «Au début, les habitants ont fait valoir de sérieuses réserves envers ce projet», déclare-t-il. Mais il est parvenu à les convaincre d'ouvrir l'église aux personnes en quête d'hébergements. «Beaucoup la voient comme l'église de leur famille, bien qu'on n'y tienne plus que quelques offices par an et qu'elle soit désaffectée le reste du temps.» Quelques-uns auraient craint que l'église ne soit «profanée». Mais c'est le contraire qui s'est produit.
Un aménagement modeste
Les vacanciers ont été très impressionnés par l'église, et il n'y a jamais eu de problèmes. Qui désire passer la nuit à l'église dort entre les bancs, dans une sorte de fosse où s'installait autrefois l'orchestre. La fondation «Churches Conservation Trust» y a installé deux lits de camp. Dans la maison de Dieu, il faut renoncer au grand luxe le temps d'une nuit. Mais dans un coin près des bancs, on trouve toujours des chaises de camping et une bouilloire électrique afin de préparer du thé et se réapprovisionner un minimum. Il y a de plus, dans une zone séparée, des toilettes et un endroit où se laver. Ces conditions de séjour spartiates reviennent à 55 livres par nuit pour un adulte (soit environ 70 francs suisses).
«Fordwich accueille avant tout des voyageurs passionnés d'histoire», constate le maire. Cela n'est guère surprenant, car l'église et la mairie avec sa vieille prison valent la peine d'être vues. Shakespeare lui-même aurait joué à Fordwich avec sa troupe de théâtre au début du 17e siècle, probablement à l'église Sainte-Marie, où les voyageurs peuvent aujourd'hui passer la nuit. La mairie datant de 1544 qui se trouve juste à côté de l'église est, elle aussi, un aimant à touristes. Elle sert encore aujourd'hui pour les réunions du conseil municipal.
Fordwich a reçu en 1184 du roi Henri II le certificat officiel de la guilde des commerçants, car cette petite localité au bord de la rivière Stour était un port important. Ce n'est qu'en 1830, lors de la construction de la ligne de chemin de fer, que Fordwich a perdu de son importance en tant que ville portuaire. En 1885, on lui a retiré le statut de ville. Elle l'a cependant retrouvé en 1972, et est depuis la plus petite ville du pays. La municipalité et la fondation réfléchissent aujourd'hui à la possibilité de proposer ensemble des visites de la mairie et des nuitées à l'église. Le concept est à développer. L'hébergement à l'église est possible depuis l'année dernière. Près de 80 personnes ont passé la nuit à Sainte-Marie depuis et, par là même, soutenu financièrement la conservation de l'église. - Christiane Link, EFD/Protestinter