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55 ans de biologie moléculaire à Genève
Le début de la Biologie moléculaire à Genève se situe à l'Institut de Physique. En 1931, Jean Weigle y est devenu directeur et professeur, et a commencé à développer le premier microscope électronique de fabrication suisse. Il était aidé au perfectionnement de cet instrument par son assistant Edouard Kellenberger, également physicien. En 1948, Jean Weigle, à l'âge de 47 ans, démissionna de la faculté de l'Université de Genève et se rendit à Caltech en Californie pour travailler dans le groupe de Max Delbrück. Là bas, Jean Weigle se concentra sur l'étude de la génétique des virus bactériens (bactériophages), mais il maintint des contacts avec son ancien laboratoire en venant à Genève chaque été. La compétence de Jean Weigle en physique et son nouvel intérêt en biologie permit une approche interdisciplinaire de l'étude des bactériophages. Dans cette mouvance, Edouard Kellenberger à Genève commença à les observer avec le microscope électronique ce qui conduisit à la première micrographie de ces organismes.
Pendant les années 1950, Edouard Kellenberger, alors directeur du nouveau laboratoire de "biophysique", formait un réseau de chercheurs travaillant sur la génétique des phages. Ce réseau incluait Werner Arber, qui devint en 1953 son premier assistant, et aussi Grete Kellenberger-Gujer, Richard Epstein et Lucien Caro, qui travaillaient sur la génétique du bactériophage T4.
Au début des années 1960, le réseau de biologistes se développa en incluant Alfred Tissières (venant de Cambridge, UK) et Pierre-François Spahr (venant de Harvard), qui créèrent le département de biochimie génétique à Sciences I. Ils y travaillaient sur la biosynthèse des protéines et la transcription. En 1964, ce département et le département de biophysique, dirigé par Edouard Kellenberger, fusionnèrent et devinrent le premier Institut de biologie moléculaire en Suisse. Le certificat de spécialisation en biologie moléculaire fut créé à cette époque. Ulrich Laemmli, Bernard Hirt et Dimitri Karamata furent dans la première classe.
En 1960, Werner Arber devint un membre du corps professoral du département de biophysique et, à partir de 1964, du nouvel Institut de biologie moléculaire, où il resta jusqu'en 1970. Durant ces dix années, il travailla sur le mécanisme par lequel les bactéries deviennent résistantes à l'infection des phages. Ces recherches conduisirent à la découverte des enzymes de restriction, qui fut essentielle au développement de la biologie moléculaire. Pour cette découverte, il recu avec Hamilton Smith et Daniel Nathans le Prix Nobel de Physiologie et Médecine en 1978 .
En 1969, le département de biologie moléculaire, issu de l'Institut de biologie moléculaire, fut créé et, en 1970, déménagea de Sciences I à Sciences II. A partir de 1971, Lucien Caro (venant de Rockefeller Institut), Harvey Eisen (venant de UCSF), Jeffrey Miller (venant de CSH) et Roger Weil (venant de UNIL), vinrent rejoindre Alfred Tissières, Pierre-François Spahr et Richard Epstein. A la même époque, Edouard Kellenberger et Werner Arber partirent à Bâle pour créer le Biozentrum, un nouveau centre de recherche.
Dans les années suivantes, de nouveaux professeurs joignirent le département: Bernard Allet (actuellement en retraite), Erich Nigg (devenu directeur du Biozentrum), Susan Gasser (actuellement directrice de l'Institut Friedrich Miescher) et Ulrich Laemmli (actuellement professeur honoraire), Jean-David Rochaix, Ueli Schibler, David Shore, Robbie Loewith, Thanos Halazonetis, Thomas Schalch et Florian Steiner.
En 2003, le département déménagea à Sciences III, ce qui permit le regroupement des différents départements de la Section de Biologie.