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Elu par le peuple, le Conseil fédéral ne compterait qu’un seul UDC
Lors des élections fédérales de cet automne, il s’agira avant tout de répondre à une question: combien de sièges chaque parti devra avoir au Conseil fédéral? Depuis l’exclusion d’Eveline Widmer-Schlumpf de l’UDC, la structure arithmétique de la composition gouvernementale semble partir à la dérive. Et l’Union démocratique du centre saisit chaque occasion pour revendiquer un deuxième siège avec la logique suivante: le parti qui obtient le plus de voix a droit à deux sièges.
La formation justifie ainsi sa revendication par le suffrage du peuple. Pourtant, dans les faits, la réalité helvétique est bien différente de ce que représente le parti de Christoph Blocher: un coup d’œil sur les cantons – où le peuple élit directement non seulement les parlements, mais aussi les gouvernements – le montre: si l’on prend la volonté des électeurs comme une critère absolu, l’UDC, avec un siège au Conseil fédéral, est aujourd’hui déjà légèrement surreprésenté.
Alors que le parti du peuple dispose de 14,3% des voix dans le gouvernement national (un siège sur sept), il n’a que 12,7% dans les exécutifs cantonaux. Sur les 149 sièges existants, les représentants de l’UDC n’en ont obtenus que 19 (on peut le vérifier ici). Avec 43 sièges, respectivement 33, le PLR et le PDC sont bien mieux représentés avec 28,9 et 22,1% des voix.
Cela ne fait aucun doute: ces deux dernières décennies, l’UDC a massivement renforcé sa participation dans les parlements cantonaux ainsi qu’au Conseil national. Comme c’est la force la plus représentée dans le législatif, elle peut légitimement s’attendre à ce que ses positions soient prises au sérieux.
Seulement, les élections parlementaires et exécutives ne sont pas pareilles: manifestement, les électeurs de certaines forces font plus confiance en l’action tapageuse du parlement qu’au travail de forçat souvent peu spectaculaire de l’exécutif. Pourquoi cela serait-il différent pour le Conseil fédéral? Rien n’indique que le peuple accorderait plus qu’un siège à l’UDC lors d’une élection directe au Conseil fédéral.
Dans les faits, la réalité helvétique est bien différente de ce que représente le parti de Christoph Blocher
Certes, en ce qui concerne la représentation des partis au Conseil fédéral, il ne s’agit pas seulement de savoir qui le peuple choisirait. Les parlementaires doivent se poser la question de savoir sous quelles conditions le système de concordance fonctionne le mieux. Il y a donc de bonnes raisons pour que le parti qui rencontre le plus de succès se renforce d’ici peu.
Mais l’UDC doit sérieusement réfléchir à sa sous-représentation flagrante dans les gouvernements cantonaux. Si le parti expliquait enfin comment dorénavant il entend jouer un rôle dans l‘exécutif qui soit axé sur les solutions, le peuple lui confierait plus de sièges au gouvernement.