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Derrière l'affaire du lanceur d'alerte de l'Ecole polytechnique fédérale (EPFL) licencié qui doit être réintégré sur décision du Tribunal administratif fédéral, se cache une société extérieure qui occupait des locaux de l'EPFL. Tout en bénéficiant, accessoirement, des prestations des employés de la prestigieuse institution universitaire. Ces faits ont étonné et indigné un collaborateur qui a fait plusieurs signalements.
«Le directeur de cette boîte est un ancien doctorant de l'EPFL. Il y avait créé une première structure, qui a été liquidée. Ensuite, il a fondé une start-up, qui a occupé plusieurs locaux de l'EPFL, au 3e et au 5e étage d'un bâtiment», témoigne une ancienne collaboratrice. Comment les employés de cette boîte extérieure à l'EPFL ont-t-ils pu avoir accès aux bureaux, laboratoires et salles de conférences? Ou encore aux ordinateurs, imprimantes et lignes téléphoniques de l'EPFL? D'après nos informations, en cas de problèmes techniques, l'entreprise disposait des compétences du personnel de l'EPFL. Contactée par watson, l'EPFL a déclaré ne pas pouvoir s'exprimer sur cette affaire car «une procédure est en cours».
Les facilités accordées à une entreprise extérieure à l'EPFL font bondir un universitaire, qui a connu le scénario inverse dans le même bâtiment que la société. «Il y a une quinzaine d'années, j'avais lancé ma start-up dans un bureau désaffecté. L'EPFL m'a fait comprendre que je ne pouvais pas rester car c'était interdit par le règlement. Que je devais quitter les lieux et aller louer des locaux à l'Innovation Park de l'EPFL», se souvient cet ancien chercheur. «Ce qui est strictement interdit pour certains est autorisé pour d'autres», soupire-t-il avec amertume.
L'affaire dure depuis longtemps. Le premier signalement effectué par le collaborateur et lanceur d'alerte de l'EPFL remonte au moins à 2013. Depuis, plusieurs courriels et courriers de dénonciation ont été envoyés, en vain, à diverses entités: RH, doyens, ombudsman... En 2018, de retour de congé-maladie, le dénonciateur zélé a continué de plus belle. Son opiniâtreté a fini par se retourner contre lui: il a été licencié. Officiellement à cause d'une «restructuration interne». Dans la foulée, l'EPFL a également demandé à l'entreprise de plier rapidement bagages (dans un délai de moins de deux mois) et d'aller voir ailleurs tout en lui sommant de faire disparaître de son site internet toute mention en lien avec l'EPFL.
Dans le cadre du litige sur le licenciement du lanceur d'alerte, le Tribunal administratif fédéral a voulu en savoir un peu plus sur les liens entre l'EPFL et la SA. En réponse aux réquisitions du Tribunal, l'EPFL a produit «quelques courriels partiellement caviardés» et a déclaré n'avoir « rien trouvé d'autre dans les dossiers». L'école polytechnique a également refusé de divulguer l’identité des collaborateurs de la société ayant bénéficié d'une carte d'accès dans le campus car cela «violerait la protection des données». La Cour a relancé en demandant une preuve en lien avec l'ordre d'évacuation de la société en mai 2018. L'EPFL a indiqué n’avoir «pas trouvé de courrier ou de courriel du doyen».
D'après nos investigations, l'épouse d'un homme très haut placé dans l'organigramme de l'EPFL a été employée par la SA de 2014 à 2016, du temps où la structure se trouvait encore sur le site d'Ecublens. Et l'actuel conseiller scientifique de la boîte est un doyen de... l'EPFL. Interpellée sur ces faits lundi, la SA a répondu mercredi: «Nous ne pouvons pas divulguer les questions contractuelles avec les employés ou les tiers.»
Mise sous pression par les syndicats, l'entreprise de livraison de repas à domicile Smood a annoncé plusieurs améliorations des conditions de travail. Unia et Syndicom saluent «un pas en avant», mais ne veulent pas s'arrêter en si bon chemin.