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Environ 6% des vaches et génisses abattues sont en gestation, selon une étude. La coopérative des producteurs Proviande cherche une solution pour mettre un terme à cette pratique.
Le fait qu'une vache portante arrive à l'abattoir était connu. Mais l'ampleur du phénomène surprend même Peter Schneider, responsable Classification et Marchés chez Proviande, comme il l'a déclaré mercredi aux journaux alémaniques Bund et Tages-Anzeiger. La filière de la viande a tout intérêt à prendre les choses en main, selon lui.
L'abattage de vaches et génisses portantes n'est pas interdit en Suisse. Or la pratique n'est pas rare, selon une étude de 2012 publiée en automne dernier par l'Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV): 5,6% des vaches mises à mort en étaient à leur cinquième mois de gestation au moins.
Saillie naturelle
Une enquête menée ensuite auprès des propriétaires de ces bêtes a montré que presque 30% d'entre eux étaient au fait de leur gestation au moment de les envoyer à l'abattoir. Dans certains cas, une maladie était à l'origine de cette décision.
Quant aux éleveurs et négociants qui ne connaissaient pas la condition des vaches abattues, un mauvais diagnostic était généralement en cause. Nombre de bêtes mises à mort provenaient en outre d'entreprises qui les fécondent naturellement.
La saillie naturelle est de plus en plus pratiquée dans les élevages respectueux des animaux, où les taureaux paissent librement avec les vaches. Dans ces conditions, le propriétaire perd plus vite le contrôle des cycles et de la fécondité des vaches, comme l'indique l'étude de l'OSAV.
Déclaration volontaire
Proviande privilégie une solution fondée sur le libre choix plutôt que la loi. Peter Schneider envisage par exemple une déclaration volontaire sur le marché public du bétail de boucherie, déclare-t-il à l'ats. Le propriétaire devrait ainsi certifier lors à la vente que la vache en question n'est pas fécondée.
Mais il reste une faille dans le commerce privé de la viande, d'après Peter Schneider, où les informations peuvent parfois se perdre d'un éleveur à l'autre.
Le secrétariat de Proviande a été chargé par l'une de ses commissions de faire des propositions en vue de s'attaquer au problème. "Nous en sommes à recueillir des idées, mais nous n'avons pas encore trouvé la recette", précise M. Schneider. La commission, où sont représentés producteurs, vendeurs et fabricants, attend ces propositions à l'automne.
ATS