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- Publication : lundi 22 janvier 2018 10:36
Le Provincial des jésuites de Suisse, Christian M. Rutishauser, examine la décision du président Trump de reconnaitre Jérusalem comme capitale de l’État d’Israël, à la lumière de la sainteté conçue comme hekdesh, c'est-à-dire ce que l’on ne peut pas posséder.
Il y a quelques années, le professeur Uriel Simon, de l’université Bar Ilan de Tel Aviv introduisait en ces termes une conférence réunissant des pèlerins à Jérusalem: «Les hindouistes ont leur lieu de pèlerinage, qui est Vârânasî, les chrétiens ont Rome et Saint Jacques de Compostelle, et les musulmans gardent la Mecque pour leur hajj comme la prunelle de leurs yeux. Nous autres juifs sommes les seuls à devoir partager notre ville sainte avec d’autres religions.» Cette conférence a mis en lumière le fait que les pèlerins, en venant à Jérusalem, n’approfondissent pas seulement leur propre foi, mais deviennent aussi capables de rencontrer dans un esprit constructif les croyants d’autres traditions religieuses. Les participants se sont tous rapidement rendu compte que le simple fait de dire que la ville est sacrée pour les juifs, les chrétiens et les musulmans cache plus de choses qu’il n’aide à en comprendre la complexité. En effet, cette simple assertion ne prend pas en compte les diverses conceptions du sacré, ni de la place qu’occupe Jérusalem dans les conceptions de la foi qu’a chacune des religions que sont le judaïsme, le christianisme et l’islam.