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Lorsque Mark Carney a été nommé gouverneur de la Banque d'Angleterre en 2012, la nouvelle était surprenante. Il était décrit comme un banquier «rock-star», après ses années chez Goldman Sachs et à la tête de la Banque du Canada.
Son successeur est connu depuis la fin décembre. Comme attendu, il s’agit d’Andrew Bailey qui est un homme discret et prendra les rênes de l’institution britannique le 16 mars. Il n’a jamais été un décideur monétaire, il est donc difficile de préjuger de la touche qu’il donnera à sa gouvernance.
Bailey est un nouvel non-économiste de formation à prendre la présidence d’une grande banque centrale après Jay Powell à la direction de la Réserve Fédérale américaine et Christine Lagarde à celle de la Banque Centrale Européenne. Il est titulaire d’un doctorat en histoire économique de l’université de Cambridge et possède des années d’expérience dans les domaines de la régulation. Il était jusqu’à présent le patron de l’autorité des marchés financiers britanniques, la fameuse FCA.
Bailey devrait se focaliser sur les principales missions de la Banque d’Angleterre en matière de politiques monétaire et financière. Néanmoins, les changements de gouvernance intervenus à la Fed et à la BCE se sont accompagnés de révisions des conditions cadres des politiques monétaires tant sur le front de l’inflation que sur les conséquences des politiques de taux d’intérêt bas. La Banque d’Angleterre pourrait conduire le même exercice en 2020.
Ces derniers temps, le message de Carney avait évolué dans une direction plus restrictive à l’inverse des autres membres du comité de politique monétaire. Il y a quelques années, il aurait été quasi impossible de trouver un président plus accommodant que Carney. Bailey, et son approche présumée plus pragmatique, pourraient amener le comité de politique monétaire à adopter un ton légèrement plus modéré que celui de Carney. Étant donné que Bailey dirigeait le bureau de la réglementation, il devrait être perçu comme légèrement dovish. Il apportera cependant de la continuité et de la compétence.
L’organisme de gestion de la dette britannique a annoncé un besoin de financement complémentaire de 16 milliards pour le 1er trimestre 2020. Cela pourrait traduire une politique budgétaire plus expansionniste. Selon le Chancelier de l’Échiquier, le prochain budget sera présenté le 11 mars. Les spéculateurs ont adopté un positionnement marginalement long sur le GBP contre l’USD. C’est la 1ère fois que les spéculateurs sont «positifs» depuis juin 2018, les élections ayant réduit une partie de l’incertitude politique entourant la livre.
Maintenant que la victoire de Boris Johnson est entièrement intégrée, les marchés vont à nouveau se concentrer sur les chiffres britanniques. Tant l’incertitude politique que le tassement macroéconomique britannique conduiront la Banque d’Angleterre a demeuré accommodante. Dans ce contexte, il convient de privilégier la duration anglaise.
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