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Avec ce salon, le visiteur entre dans le 19e siècle et découvre ses fastes. C'est en 1849 que la famille Bovy achète le château et le sauve ainsi de la destruction. Ils réunissent des artistes de talent pour réaliser la décoration de ce salon qui porte le nom du célèbre peintre Jean-Baptiste Camille Corot. L’artiste français séjourne au château en juin 1852 et 1857 et s’inspire de la luminosité particulière, des motifs pittoresques et d’une nature omniprésente en Gruyère pour les paysages qu’il peint au château.
Pour débuter le décor de ce salon qui suit une mode élégante et bucolique, Daniel Bovy distribue les cadres ovales. Il laisse ensuite Jean-Baptiste Camille Corot, Barthélemy Menn, Henri-Gustave Saltzmann, Henri Baron, Francis Furet et le couple Leleux travailler sur les peintures. Un dialogue visuel s’installe entre Corot, qui réalise quatre paysages en médaillon, et Menn, qui en peint deux. Les paysages inscrits dans les médaillons expriment une création spontanée dans laquelle le souvenir émotionnel prime sur la représentation d’un site réel.
Au centre de la pièce, le fauteuil roulant de Daniel Bovy rappelle l'une des motivations de l'achat du château par son frère John. Daniel, élève à Paris du célèbre Ingres, avait une carrière prometteuse devant lui mais un accident dans une tempête de neige dans les alpes le prive de l'usage de ses jambes. Pire encore, ses mains sont aussi touchées. John, souhaitant arracher son frère à la mélancolie qui le ronge, organise l'acquisition du Château de Gruyères et confie à Daniel la mission d'en coordonner la décoration. Ne pouvant pas tout peindre lui-même, Daniel y invite ses amis et donne vie à la colonie artistique.