Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07217.jsonl.gz/214

Teresa Lewis, une femme dont le quotient intellectuel a été évalué comme se situant à la limite du retard mental, a été exécutée par injection létale en Virginie, aux États-Unis, le 23 septembre dernier. Elle avait été déclarée coupable du meurtre de son mari et de son beau-fils. C’est la première femme exécutée depuis près de cent ans dans l’Etat de Virginie.
« Le cas tragique de Teresa Lewis est un exemple supplémentaire du fait que la peine de mort est discriminatoire : ce sont particulièrement les personnes défavorisées, qui vivent dans la pauvreté ou qui appartiennent à une minorité ethnique ou religieuse qui sont condamnées à mort », explique Manon Schick, porte-parole de la Section suisse d’Amnesty International.
En 2010, déjà 41 personnes ont été exécutées aux Etats-Unis, dont trois dans l’Etat de Virginie. Depuis la reprise des exécutions en 1997, 1229 personnes ont été exécutées aux Etats-Unis.
« Chaque exécution aux Etats-Unis a des conséquences mondiales. De nombreux pays qui ne veulent pas abolir la peine de mort le justifient en faisant référence aux Etats-Unis, qui passent pour un pays avec un système juridique efficient, juste et qui ne commet pas d’erreur », ajoute Manon Schick. « Mais aucun système juridique n’est à l’abri d’erreurs. Depuis 1973, 139 personnes condamnées à mort ont été libérées du couloir de la mort, après que leur innocence a été établie. Mais personne ne sait combien d’innocents ont été exécutés. »
Ce risque est l’une des raisons qui ont conduit ces dernières décennies la majorité des pays à abolir la peine capitale. Ce sont aujourd’hui 139 Etats qui ont aboli la peine de mort dans la loi ou dans la pratique. Malgré cela, il restait à la fin 2009 encore au moins 17'100 personnes dans les couloirs de la mort à travers le monde.
Deux hommes notamment vivent depuis des années aux Etats-Unis dans l’angoisse d’être exécutés : Troy Davis et Reginald Clemons. Troy Davis est dans le couloir de la mort depuis 19 ans, Reginald Clemons depuis 17 ans. Tous deux ont été condamnés à mort alors même que leur culpabilité est loin d’être prouvée. A l’occasion de la Journée mondiale contre la peine de mort, le 10 octobre, Amnesty International lance une action de lettre pour empêcher l’exécution de Troy Davis et Reginald Clemons. L’organisation de défense des droits humains exige des autorités américaines qu’elles libèrent les deux hommes ou que leur condamnation à mort soit commuée en une peine de prison si leur culpabilité peut être établie avec certitude.
Communiqué de presse publié le 8 octobre 2010, Lausanne/Berne
Contact du service de presse (Amnesty)