Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07145.jsonl.gz/392

Je choisis le mot en -isme pour indiquer qu’il ne s’agit pas d’actions ponctuelles mais d’une philosophie politique générale. Conservation et limites ont remplacé le paradigme libertaire des années 1950-1980.
La conservation (du patrimoine, de l’environnement, etc) revient par là où on ne l’attendait pas: par ceux qui se posent en progressistes. Exemples.
L’aéroport de Notre-Dame des Landes est contesté au nom de la protection d’une zone protégée et de son utilité. Sur son blog René Longet affirme même, à ce propos, que l’ère de l’aviation sans limites est terminée.
Je comprends bien que l’on ne peut multiplier indéfiniment le nombre d’avions et d’aéroports. Tôt ou tard la simple saturation du ciel posera une limite au volume du transport aérien. Mais est-on déjà à ce point de saturation? Pour certains oui, pour d’autres non.
Le problème de cette prise de position est: si l’aviation est mise de plus en plus sous contrainte, qui en bénéficiera encore? L’aviation s’est développée entre autres grâce aux voyages de masse. Les sans grade du XXe siècle ont pu soudain partir voir d’autres pays, comme les riches bourgeois du XIXe siècle.
Ce développement démocratique des voyages doit-il être arrêté ou limité au nom de la conservation de la planète? En cas de limitation tendue, qui sera désigné pour profiter des places disponibles, dont l’offre sera devenue moindre que la demande? Comment une telle limitation, imposée d’en haut, serait-elle acceptée par ceux d’en bas? Voyager deviendra-t-il un privilège? Qui se partagera le monde limité?
Autre domaine où le conservatisme est posé en dogme: l’environnement. La plupart des associations oeuvrant dans ce secteur contiennent implicitement, ou explicitement dans leur dénomination, l’idée de la conservation voire du retour en arrière (par. ex. sur la question du réchauffement).
Le conservatisme tend à figer la société sur des états ou modes de fonctionnement qui ont fait leurs preuves. C’est valable dans nombre de domaines. Mais pas dans tous. Par exemple prendre comme critère de normalité climatique les années 1950 à 1970 n’est pas opportun. Le climat varie toujours et l’action humaine fait partie des éléments qui peuvent modifier l’environnement. L’être humain est la nature, il n’est pas contre la nature.
Le blog de Blogres a commencé la publication d’articles de Claude Duvernay sur le réchauffement. Les propos tenus par ce philosophe, spécialiste de l’histoire des sciences, mettent en cause ce qu’est devenu la climatologie selon le GIEC: un enjeux politique et économique bien plus qu’une assemblée de scientifiques.
L’article rappelle cette phrase malheureuse mais significative d’Al Gore en 2008: « Vous avez le devoir de réduire au silence ceux qui s’opposent aux avis du GIEC. »
Eh oui. Dans un autre domaine le conservatisme fait son grand retour: les relations entre les femmes et les hommes. Qui aurait crû, dans les années 1970, que quarante ans plus tard les propositions visant à séparer les sexes dans l’espace public seraient aussi nombreuses qu’aujourd’hui?
Qui aurait imaginé que le progressisme des moeurs et de la société accoucherait d’une peur hystérique de l’homme et une volonté de surprotéger les femmes, au prix de lois qui, dans l’esprit, les infantilisent et annulent la notion même d’égalité des sexes?
Qui aurait pu croire possible un tel retour en arrière au nom de la sécurité et d’une liberté féminine sans entrave? Valse des stéréotypes sur les femmes (toutes victimes) et les hommes, discours victimaire repris par les États, regroupements claniques et communautaristes autour du féminin, entre autres.
Le retour vers un état antérieur supposé parfait (ou au moins meilleur) est un mythe puissant, qui se développe entre autre grâce à la culpabilité sur nos erreurs présentes, réelles ou supposées.