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Harcèlement sexuel. Brutalités conjugales. Inégalité des salaires. Deux viols par seconde dans le monde. Mutilations des petites filles. Discrimination dans la formation. Méfaits de la pornographie chez les jeunes. Images dégradantes véhiculées par la publicité. Mafias de la prostitution ... La liste des inconvénients liés aux genres reste à compléter.
Selon les biologistes, la reproduction bisexuée présente l'avantage de favoriser la diversité des recombinaisons génétiques, augmentant d'autant l'efficacité de la sélection des plus forts et de l'élimination des plus faibles. Mais la civilisation exclut cette sujétion aux règles du darwinisme ; elle se définit justement comme le respect du droit de chacun à l'existence.
L'impasse étant ainsi faite sur les mécanismes de la sélection, plus rien ne peut justifier la reproduction bisexuée. Par chance, le généticien Bryan Sykes estime que, dans l'espèce humaine, la différenciation sexuelle finira fatalement par disparaître. Et les organes génitaux iront rejoindre les amygdales et l'appendice dans la liste des résidus de l'évolution dont l'ablation ne pose pas de problèmes majeurs.
- Mais alors ... et l'amour ? me demanderez-vous avec inquiétude.
Eh bien ! Quoi, l'amour ? Faut-il vraiment deux sexes pour que l'amour fonctionne? Les homosexuels nous prouvent bien le contraire. Et ce ne serait pas la première fois qu'ils ouvriraient la voie du progrès des murs, puisqu'on raconte que ces sont les amants d'Henri III qui introduisirent le savon et la fourchette à la cour de France, alors même que toute l'Europe bouffait avec les doigts et se torchait dans les rideaux. Cela dit, il se peut aussi que le mot « amour » disparaisse des dictionnaires, dans l'indifférence générale.
Une fourmi de mes amies, qui venait d'échanger une copieuse goutte de phéromone avec sa camarade de chantier, me regarda d'un il à facettes encore glauques et, entre deux hoquets, me demanda :
- Mais comment donc les Hommes font-ils pour s'en passer ?
Je tentai de lui expliquer que, n'ayant aucune idée de la sensation liée à ce type de galipette, ni aucun organe pour l'éprouver, il nous était difficile de souffrir de sa privation. Mais la fourmi, qui considère l'échange de phéromone comme un droit fondamental de toute adulte consentante (et n'avait jamais songé à faire vu d'y renoncer, même dans ses moments de mysticisme les plus fervents), refusa de croire à un bonheur quelconque en dehors de la sécrétion glandulaire partagée.
Décidément, les fourmis auront bien du mal à nous rattraper sur le chemin de la civilisation.