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63. Tout là-haut dans la montagne, Ornica.
Le village semble avoir souffert d'un dépeuplement majeur, puisque assez grand, il ne compterait aujourd'hui plus que 150 habitants. Il est facile de comprendre que placée si loin dans les solitudes et devant gagner sa vie, une population en augmentation constante dans les anciens temps, ait du pour finir s'exiler. Vers Piazza Brembana d'abord, vers Bergame ensuite puis en route pour Milan. Tandis que d'autres, c'est presque certain, s'en allaient pour les Amériques. D'aucuns aussi sont naturellement partis pour la Suisse ou la France où ils se firent en un premier temps charbonniers ou bûcherons, pour bifurquer bientôt sur un travail d'usine quelconque. Ils allaient faire leur chemin là-bas et pour finir bientôt ne plus revenir ici, laissant à l'abandon des bribes de propriétés que l'on n'osait plus toucher parce qu'il y avait dix possédants dessus.
Cela reste néanmoins un beau village qu'il est fort plaisant de visiter. Un lieu de villégiature, comme l'on disait autrefois, et où l'on venait chercher le bon air de la montagne tandis que l'on avait respiré les fumées des grands localités de la plaine.
Malheureusement oublié dans notre visite, mais il se peut que l'église alors ait été fermée, à l'église Parrochiale di S. Ambrogio, le "Polittico a 14 tavole di pittore bergamasco seguace di Cima da Conegliano. Vu sur papier, un pur chef-d'oeuvre. Mais aussi des fresques du XVe siècle. Quel triste oubli. Et pour aujourd'hui, alors que nous rédigeons ces quelques lignes, quelle immense déception !