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Résumé du déjeuner-débat avec Monsieur Laurent Puzeaux le 11 février 2015
La finance et la morale sont-elles encore compatibles dans notre économie mondialisée?
J'incline à croire qu'elles ne sont pas inaccordables.
1. Un peu de théorie
La main invisible
L'économiste et philosophe des Lumières Adam Smith est l'auteur de l'expression "la main invisible". Ildéveloppe l'idée selon laquelle les actions guidées uniquement par l'intérêtpersonnel de chacun peuvent contribuer à larichessede tous.
Les avantages comparatifs
D’après cette théorie, lorsqu’unpaysse spécialise dans laproductionpour laquelle il est, comparativement à ses partenaires, le plus avantagé, il est assuré de bénéficier du commerce international, indépendamment de sa propre compétitivité.
L'efficience des marchés
L'hypothèse d'efficience considère que dans un marché suffisamment large où l'information se répand rapidement, les opérateurs boursiers réagissent correctement. Les capitaux sont alors drainés vers les entreprises bénéficiant des meilleures perspectives.
2. L'histoire macroéconomique récente
2003-2015 : Genèse et fin d'une crise
2003 : Le point bas
Après trois années de contraction consécutives à l'explosion de la bulle des nouvelles technologies, les indices boursiers mondiaux atteignent leur point bas à la veille de l'intervention américaine en Irak. La baisse des taux vise à stimuler l'activité économique. Des Américains aux moyens modestes en profitent pour réaliser des investissements immobiliers hasardeux.
2007 : L'explosion de la bulle
Les taux ayant progressivement monté pour contenir l'inflation, de nombreux acheteurs ne peuvent plus honorer le paiement de leurs mensualités. Après quatre années de hausse, le marché de l'immobilier prend enfin conscience de ses excès et les prix baissent dans de fortes proportions.
2009-2015 : Le retour de la croissance
La période 2009-2015 est une phase d'expansion quasi-continue: les indices boursiers américains et européens ont doublé de valeur. Ceci est dû, pour l'essentiel, à la résilience de l'économie des Etats-Unis; ses fondamentaux restent solides malgré tout.
3. La sphère financière et les institutions étatiques
Le marché joue un rôle essentiel en dirigeant les investissements vers les entreprises les plus performantes. Les banques doivent toutefois adopter des codes de déontologie à valeur normative; il s'agit d'une forme saine de régulation collective.
L'Etat est tenu de fournir des allocations décentes aux catégories les plus fragiles de la population pour leur permettre de vivre dignement. Des institutions étatiques traquent et sanctionnent les délits d'initiés, l'exploitation à des fins de spéculation personnelles d'informations confidentielles relatives à la stratégie des entreprises.
Les banques centrales indépendantes élaborent des analyses techniques objectives et les mettent en œuvre pour assurer le bon fonctionnement de l'économie. Lorsque la situation est problématique, elles empêchent l'effondrement au moyen d'une politique monétaire de baisse des taux qui facilite l'accès au crédit.
Selon moi, on prouve d’autant plus son attachement aux idéaux humanistes que l’on préconise une organisation sociale et une politique économique élevant le niveau de vie de l'ensemble de la population. Je considère qu'il est pertinent d'allier la démocratie véritable à une économie efficiente. Le modèle suisse fournit un exemple remarquable, la confédération helvétique est le pays du libéralisme national et social. L'organisation mondiale du commerce considère qu'elle a l'économie la plus compétitive au monde; de plus, l'Etat combat la pauvreté avec efficacité.
Laurent Puzeaux
L'état des banques, les dessous d'un hold up historique