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05/10/2013
Portraits de candidats: Jocelyne Haller
Jocelyne Haller (Ensemble à gauche), 59 ans.
Entre sérénité réfléchie et militantisme fougueux, entre réflexion et passion, Jocelyne Haller incarne un habile et harmonieux mélange. Elle se décrit - sans aucune trace de vanité - comme une femme honnête, sachant que cette caractéristique constitue à la fois sa meilleure qualité et son pire défaut. Elle fait également preuve d'un sens d'intégrité et de loyauté à la hauteur de sa dignité: "si vous voulez me fâcher, accusez-moi de mentir ou de tricher." La fin ne justifiant pas le moyens à ses yeux, elle préfère perdre honnêtement que gagner malhonnêtement.
Après de brèves études en philosophie et en lettres à l'UNIGE, Jocelyne Haller a effectué et réussi une formation de travailleuse sociale à la HETS (anciennement IES). Elle a consacré sa vie entière au travail social, une cause qui la passionne au plus haut point, en laquelle elle voit un sens réel, et qui a une utilité sociale certaine à ses yeux. Sa vie peut principalement être résumée à un engagement associatif, social et politique considérable, qui depuis longtemps l'occupe quotidiennement, malgré le fait que la marche, la lecture et la cuisine ont malgré tout su rythmer ses moments de libre, que l'on devine rares.
C'est pendant son adolescence que tout a commencé: dès l'âge de 13 ans, Jocelyne Haller a débuté son engagement militant, principalement au niveau de la vie de son quartier. Ses débuts professionnels l'ont amenée à s'investir au niveau syndical, afin de défendre les conditions de travail, son contenu, ainsi que les politiques sociales. Pendant cette période, la politique était une chose très lointaine. Mais en 2001, elle fut approchée par SolidaritéS, afin qu'elle en intègre la liste en vue des élections cantonales de l'époque. A ce moment-là, Jocelyne Haller assistait à une mutation d'envergure des politiques publiques (une profonde réorganisation ayant entraîné une baisse de prestations, ainsi qu'une augmentation du nombre de contrôles), et dans ce contexte, ses relations avec la direction s'achevaient souvent sur: "ce n'est pas ici que ça se décide, mais au niveau politique." C'est en voyant que les transformations en cours menaient à une politique "d'usines à gaz", qui ne seraient pas dans l'intérêt de la population, qu'elle décida de se lancer en politique, afin d'agir également de l'extérieur.
Elle fut élue députée en 2001 au sein de l'Alliance de Gauche, et occupa cette fonction jusqu'en 2005. A cette époque, les divisions internes à l'intérieur de la coalition des mouvements dits "à la gauche du PS", condamnèrent ceux-ci à leur non-réélection, faute d'avoir pu atteindre le seuil de 7% des voix. Depuis lors, Jocelyne Haller a siégé dès 2008 à l'Assemblée Constituante, l'organe qui a rédigé la nouvelle Constitution genevoise. Candidate au Grand Conseil cette année, elle affirme que toutes les formations réunies sous la dénomination d'Ensemble à Gauche se sont rendues compte du caractère suicidaire de leur désunion, car cela revenait à priver près de 14% d'électeurs d'une représentation au Grand Conseil: "on ne peut plus reprendre un risque pareil; les projets de société doivent primer les intérêts personnels."
Dans le cadre de sa candidature, Jocelyne Haller fait surtout valoir sa bonne connaissance du terrain sur lequel les lois votées au Grand Conseil s'appliquent, dans la vie de tous les jours: "je suis quotidiennement, professionnellement en lien avec ces populations; les lois devraient apporter un certain degré de protection aux gens, mais elles les abandonnent à leur sort et de nombreuses révisions les isolent davantage." Elle est candidate car elle veut "éviter que les élus légifèrent en rond, en vase clos, persuadés que les dispositions qu'ils adoptent sont pertinentes." Jocelyne Haller mentionne en particulier une personne qui l'a inspirée dans son engagement: Bernard Clerc (ancien député de SolidaritéS), car sa compétence, sa loyauté et son intégrité s'ajoutent à sa capacité à rendre compréhensibles les choses compliquées.
Si elle est élue, Jocelyne Haller visera la polyvalence. Pour elle, la réparation des injustices sociales, ce qui est le dénominateur commun de toutes les mesures qu'elle proposera, ne se limite pas à des domaines précis et clairement délimités. Cette réparation doit tout aussi bien passer par le chômage que par la santé ou la fiscalité. Il va cependant de soi, au vu de son parcours professionnel, que c'est sur les problématiques sociales en général qu'elle sera attendue. Si elle ne pouvait appliquer qu'un seul projet, il s'agirait de transformer et réhabiliter en emplois les postes qui ont été travestis en stages de réinsertion ou en emplois de solidarités, c'est-à-dire ceux qui avaient justement été crées pour répondre à la demande, mais qui sont devenus des emplois au rabais.
En raison des alliances qui s'y nouent et s'y défont, Jocelyne Haller avoue que la vie politique a toujours été compliquée. "Actuellement, la vie politique est décrédibilisée par son côté "farce", c'est-à-dire le manque de tenue dans les débats au parlement, l'outrance des slogans et l'incapacité dans laquelle se trouve la majeure partie des formations politiques de répondre aux demandes de la population, ce qui laisse libre cours à la désignation de boucs-émissaires, dont ne se privent pas certains, et à une espèce de surenchère sécuritaire, auxquelles cèdent d'autres partis, pour rivaliser avec les milieux populistes." Les adversaires de Jocelyne Haller sont avant tout, au-delà des partis qui défendent d'autres valeurs que les siennes, les gens malhonnêtes intellectuellement et politiquement. Mais parmi ces personnes, il y en a qui de surcroît sont nocifs, et elle a beaucoup de peine à les apprécier (ce qu'on peut comprendre).
Sa vision de Genève est celle d'une ville dont les apparences ne correspondent pas à la réalité. "Genève est une ville où il fait bon vivre, mais où cela devient de plus en plus difficile, où les problématiques du logement et du chômage sont particulièrement aiguës et où les réponses des pouvoirs publics ne sont pas adaptées." Selon elle, afin de préserver Genève d'un avenir sombre, il faut avant toute chose refuser les réponses simplistes des populistes. A son avis, "la situation devient de plus en plus difficile, et répondre aux appels à l'exclusion, à la haine, tel que le font d'aucuns ne permettra pas de répondre aux défis majeurs auxquels Genève est confrontée aujourd'hui; il faut récuser ceux qui professent le "faites ce que je dis, pas ce que je fais"."
Pour cette ultime journée de campagne, que Jocelyne Haller aura menée sous le slogan "pour la justice sociale, parce que chacun y a droit", vous pourrez vous informer de ses actions au 076 382 01 82 ou à l'adresse <email-pii>