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Timo Meier marque plus d'un point par match. Roman Josi joue encore mieux qu'en 2020, quand il avait gagné le trophée James Norris (meilleur défenseur de la ligue). Nico Hischier retrouve sa forme d'antan. Pas de doute: au premier coup d'œil, on peut constater que les Suisses de la prestigieuse National Hockey League, NHL pour les intimes, n'ont jamais été aussi bons.
Le graphique ci-dessus est quelque peu trompeur: il ne montre que le total de points. La saison actuelle (en cours) et les deux précédentes, écourtées en raison de la pandémie, semblent donc moins bonnes. Logique: il y a tout simplement eu moins de matchs, et donc moins de chances de scorer.
Mais, proportionnellement au nombre de parties qu'ils ont disputées cette saison, Roman Josi et ses compatriotes n'ont jamais été aussi performants. Le tableau ci-dessous en témoigne.
Pour la première fois, les Suisses marquent en moyenne plus de 0,6 point par match. La seule autre saison où ils ont atteint des scores presque similaires remonte à 2014/15. A ce moment, les leaders de la délégation helvétique s'appelaient Roman Josi et Mark Streit. Ils avaient tous deux dépassé les 50 points.
Mais comment nos compatriotes sont-ils devenus si forts?
L'attaquant suisse le plus prolifique en NHL a toujours été Timo Meier. Il l'avait laissé entrevoir en 2018/19, en accumulant 66 points en 78 matchs et en battant du même coup le record de Mark Streit.
Mais au lieu de poursuivre son développement, l'Appenzellois a stagné. Pire: il a connu un immense coup de mou la saison dernière. Dans une faible équipe des San José Sharks, où il aurait justement fallu être performant, Meier a soudain été vivement critiqué. Son départ avait même été évoqué.
Mais cette saison, l'ailier montre ce qu'il a dans le ventre. Après 28 matchs, il a planté 13 pions et délivré 21 assists. Soit une moyenne de 1,2 point par match. Il tire ainsi clairement la moyenne suisse vers le haut.
L'une des principales raisons de cette ascension est la confiance: cet été, Meier s'est entretenu avec le staff d'entraîneurs des Sharks. Objets de la discussion: sa situation personnelle et son jeu. Résultat? Une confiance mutuelle retrouvée avec ses coachs. L'Appenzellois sait ce qu'ils attendent de lui, et il est capable de le mettre en œuvre. En plus d'être efficace, Meier assure aussi le spectacle sur la glace: presque tout le jeu offensif de San José passe par lui.
Attaquant vedette de son équipe, Timo Meier est le parfait exemple du rôle important donné aux Helvètes dans la meilleure ligue du monde.
Des preuves? Roman Josi et Nico Hischier sont capitaines de leur formation. Kevin Fiala est actuellement un pilier du Minnesota Wild. Pius Suter est une valeur sûre de la deuxième ligne de Detroit. Jonas Siegenthaler joue plus de vingt minutes par match à New Jersey, et Nino Niederreiter s'est imposé tant sur la glace que dans le cœur des fans des Carolina Hurricanes.
Une situation complètement différente de celle de la saison 2016/17, où des joueurs comme Sven Andrighetto, Luca Sbisa, Denis Malgin ou encore Timo Meier et Kevin Fiala ne jouaient que des rôles secondaires. Et logiquement, une spirale positive s'installe: être un pilier du contingent signifie davantage de temps de jeu, et donc aussi plus de chances de scorer.
Et puis, en cinq ans, le profil des Suisses d'Amérique du Nord a changé. Aujourd'hui, huit de nos douze compatriotes en NHL sont des attaquants. En 2015/16, plus de la moitié était des défenseurs ou des gardiens de but. Plus facile, donc, d'inscrire son nom au tableau des compteurs quand on occupe une position offensive.
Rien ne semble pouvoir arrêter la montée en puissance générale des Suisses.
Parce que même si Timo Meier ou Roman Josi devaient connaître une baisse de régime, le bilan global pourrait s'en remettre. Certains Helvètes ont joué pour l'instant en dessous des attentes et possèdent une marge de progression. Nico Hischier, par exemple, n'a vraiment pris son envol que lors des cinq derniers matchs (3 buts, 3 assists). Et il est à nouveau blessé.
Et Kevin Fiala a, certes, marqué trois buts lors des deux dernières parties. Mais sur toutes les occasions qu'il a eues cette saison, le Saint-Gallois aurait pu (dû) en planter quatre de plus, selon les statisticiens. Le fameux et indispensable sang froid devant le but.
Le Conseil fédéral encouragera les athlètes depuis la Suisse. Mardi, il a en effet annoncé ne pas se rendre aux Jeux olympiques et paralympiques d'hiver organisés à Pékin en février prochain.