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D’où vient l’expression « être sous la férule » de quelqu’un ?
« Etre sous la férule » signifie être placé sous l’autorité d’une tierce personne, le plus souvent d’une grande sévérité.
Le mot « férule » vient de la ferula, une plante qui ressemble à un roseau et qui pousse autour de la méditerranée. Autrefois on se servait de sa tige extrêmement rigide une fois sèche, pour fabriquer des férules, ces règles d’école tant craintes par les élèves du siècle dernier. Elles étaient en effet utilisées par les professeurs pour taper sur les doigts des enfants récalcitrants. Certains pensent que les Romains déjà utilisaient des férules pour battre les écoliers ou les esclaves. Mais la faible résistance de cette plante ne semble pas plaider en faveur de cette hypothèse.
Dès 1694 le dictionnaire de l’Académie française valide le mot «férule» pour désigner cette règle de bois.
Naturellement dans le langage courant cet outil symbole de l’apprentissage dans la souffrance fut repris pour désigner une rude autorité.
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D’où vient l’expression « avoir maille à partir » avec quelqu’un ?
Avoir maille à partir avec quelqu’un signifie être engagé dans un vif débat ou désaccord avec quelqu’un. Il peut s’agir d’une dispute.
L’origine de cette expression date des Capétiens à partir du 11ème siècle. A cette époque il y a plusieurs monnaies. On peut citer la livre et le sou qui en est le vingtième, mais aussi le denier qui est le douzième d’un sou et enfin la maille qui est la moitié du denier. La maille était donc en bas de l’échelle des monnaies. Elle était au Moyen Âge la plus petite monnaie de bronze du système divisionnaire des monnaies. Elle avait très peu de valeur.
Tellement peu de valeur qu’elle ne pouvait pas être divisée, partagée. Pour se l’approprier il fallait se la disputer. Ainsi l’expression serait née. Avoir maille à partir avec une personne voulait dire dès l’origine avoir un désaccord.
A noter que jusqu’au 17ème siècle on disait plutôt « avoir maille à départir » car jusqu’à cette époque « départir » signifiait « partager ».
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Pourquoi dit-on « se tenir droit dans ses bottes » ?
Remise au goût du jour par Alain Juppé en 1995 cette expression n’a pas d’origine totalement attestée. Malgré cette incertitude il semble qu’elle vienne du monde militaire et en particulier des cavaliers qui avaient l’obligation d’adopter une posture droite sur leur selle et dans leurs bottes.
Avec le temps « se tenir droit dans ses bottes » a pris un sens figuré, presque moral, pour désigner une attitude déterminée, immuable et ferme, avec l’assurance d’avoir la morale de son côté.
Une autre origine a été soulevée par certains linguistes. Elle pourrait être ainsi en lien avec une autre expression d’origine flamande celle-là, « avoir une petite pièce dans ses bottes » utilisée pour désigner un état d’ébriété. La « petite pièce » empêchant de se tenir et de marcher droit. Donc à l’inverse en son absence on peut s’y tenir droit et avoir pleine possession de ses moyens et afficher de la détermination.
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Utilisée pour signifier gagner beaucoup d’argent cette expression trouve son origine dans la mythologie.
Le roi Midas, personnage à moitié légendaire, roi de Phyrgie ayant régné de l’an 715 à 676 avant JC, reçut de Dionysos le don de voir tout ce qu’il touchait se transformer en or.
Mais cette faculté si fabuleuse à première vue s’avéra être un véritable cadeau empoisonné. En effet Midas ne pouvait plus toucher ni sa nourriture ni ses enfants, sous peine de les voir eux aussi devenir or. Il implora donc Dionysos de le délivrer de ce don. Ce dernier lui indiqua qu’il devait se rouler dans le fleuve Paktolos, devenu par la suite Pactole. Ce dernier hérita de la faculté de tout transformer en or et ses eaux se mirent à rouler des sables aurifères.
Et c’est ainsi que ce fleuve fit plus tard la fortune du roi de la région dans laquelle il coulait. Un roi nommé… Crésus.
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D’où vient l’expression le « clou du spectacle » ?
«Le clou du spectacle» est la partie la plus extraordinaire et étonnante d’un évènement, le plus souvent situé à la fin d’une représentation théâtrale ou de tout autre spectacle donné en présence d’un public.
Aussi incongru que cela puisse paraitre on doit cette expression à la comparaison au 19ème siècle avec un vrai clou. Le spectateur serait ainsi saisi par un moment précis dans un spectacle comme un objet peut l’être à un mur lorsqu’on enfonce un clou. Son attention est « fixée ». Il est « cloué ».
De la manière une fois l’objet cloué au mur il attire l’intérêt de tous. L’origine de l’expression peut donc venir des deux effets engendrés par l’objet ainsi cloué.
Alphonse Daudet l’’utilise pour la première fois dans Trente ans de Paris « Si nous mettions votre tambourinaire dans la pièce? Il manque un clou ça pourrait peut-être servir à accrocher le succès ».
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Pourquoi dit-on « verser des larmes de crocodile » ?
Si quelqu’un simule la tristesse on dit qu’il verse des «larmes de crocodile». Il pleure au sens propre ou au sens figuré de manière hypocrite afin d’émouvoir et d’obtenir quelque chose d’un tiers.
Cette expression ne fait pas référence aux larmes que le crocodile verserait en mangeant ses proies. Cette caractéristique physiologique n’est d’ailleurs exacte que pour les alligators américains.
Cette expression existe en réalité depuis le 15ème siècle et trouve sa source bien antérieurement, dans une légende l’Egypte antique. Selon celle-ci les crocodiles du Nil pleuraient pour provoquer la compassion et l’intérêt de leurs proies. Elles se rapprochaient alors et le piège se refermait sur elles.
Cette technique se rapproche grandement de celle du mythe des sirènes qui donna l’expression « céder aux chat des sirènes ». Les sirènes aux chants envoûtants étaient réputées irrésistibles.
Les Romains ont repris cette légende antique permettant ainsi sa transmission en Europe jusqu’à nos jours.
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Si «le torchon brûle» entre deux personnes, cela signifie qu’un désaccord est parvenu à son paroxysme et qu’il est devenu une vraie dispute.
Cette expression trouve son origine au 12ème siècle. A cette époque, un «torchon» est un coup brutal. On dirait aujourd’hui une châtaigne ou un pain. A l’occasion d’une bagarre si un des acteurs de la dispute avait essuyé un grand nombre de coups on disait qu’il avait «pris des torchons qui brûlent».
Les siècles passant, l’expression se mit à recouvrir une réalité plus large, ne se cantonnant plus aux bagarres physiques mais aux disputes et francs désaccords.
Signalons une autre explication possible. « Torchon » serait une plaisanterie basée sur le verbe « se torcher » signifiant « se battre ». Dérivé de cette locution l’expression « un coup de torchon » désigne une bagarre et de là viendrait l’expression « le torchon brûle » qui y serait une référence humoristique.
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Il faut tout de suite indiquer qu’il n’y a aucun lien entre cette expression signifiant réagir violemment et les civières utilisées pour déplacer des blessés.
L’origine de cette expression date du 15ème siècle. A cette époque le « brancard » désigne les deux pièces de bois, sortes d’avancées, entre lesquelles se maintenaient les chevaux d’un attelage. On attelait donc les chevaux entre les brancards. Quand il arrivait que les animaux ne veuillent plus obéir au cocher, ils se débattaient, remuaient vigoureusement entre ces brancards. Ils pouvaient même « ruer », c’est-à-dire lancer vivement les pattes de derrière en arrière.
Ensuite l’expression est restée malgré l’apparition des autos et la disparition progressive des voitures à chevaux. C’est ainsi que les hommes se révoltent en ruant dans les brancards tels des équidés considérant que leur exploitation a assez duré !
On peut citer une autre expression utilisation le mot « brancard » : «Piaffer dans les brancards ». Son explication est assez similaire, mais désigne un comportement encore plus marqué par l’impatience et la volonté de changement.
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Pourquoi dit-on « manger les pissenlits par la racine » ?
Ceux qui « mangent les pissenlits par la racine » sont morts et enterrés.
Née au milieu du XIXe siècle, l’expression cite expressément les pissenlits car cette plante a la particularité de pousser rapidement et naturellement notamment dans la terre fraichement labourée ou retournée. On trouvait donc souvent des pissenlits à l’endroit où la terre avait été creusée pour enterrer quelqu’un.
Rapidement on se mit à considérer qu’il devait s’agir de la nourriture des personnes décédées puisqu’elles poussaient sur leurs tombes.
Mais pourquoi « « par la racine » ? Tout simplement parce qu’il s’agit de la partie de la plante à laquelle les morts, de par leur position sous terre, ont accès en premier. Ils sont plus proches des racines que des feuilles. Ils mangent donc les pissenlits par la racine.
Victor Hugo utilisa le premier cette expression dans les Misérables : «être mort, cela s’appelle manger des pissenlits par la racine […] ».
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On peut dire d’une personne fainéante qu’elle est un «tire-au-flanc». Elle cherche continuellement à échapper à l’effort et au travail.
Cette expression trouve son origine au milieu du 19ème siècle dans l’armée. Lors des affrontements sur le champ de bataille les combats les plus violents et mortels avaient toujours lieu à l’avant des troupes, en première ligne.
Par contraste il y avait moins de dégâts sur les côtés. Ces zones d’affrontements ne subissaient presque jamais d’attaques directes. Il y avait donc moins de morts qu’à l’avant.
Aussi les soldats fuyant les premières lignes du front pour se réfugier dans ces zones de combat moins dangereuses « tiraient au flanc » au sens propre.
Progressivement c’est par cette expression que les autres combattants se mirent à nommer ceux qui adoptèrent un comportement dénué d’héroisme.
Par la suite l’expression a gardé une connotation moqueuse tout en trouvant à s’appliquer à tous les domaines de la vie, notamment le travail et les corvées.
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Faire du ramdam signifie faire beaucoup de bruit. Il s’agit d’une déformation du terme « ramadan », le mois pendant lequel les musulmans ont pour consigne de ne pas manger, boire, fumer, ou même avoir de relations sexuelles, entre le lever et le coucher du soleil.
A la fin du 19ème siècle en France on utilisa le terme déformé en « ramdam » pour désigner les réunions sonores des familles organisés par les musulmans une fois les journées d’abstinence achevées et que certains considéraient comme du « tapage nocturne ».
Pendant la Première Guerre mondiale, les soldats français utilisaient le terme pour désigner un grand désordre ou même un fait soudain.
A noter que dans l’argot des prostituées, « aller au ramdam » signifiait alors « faire l’amour ». Et dans la langue provençale le mot « ramdam » désigne le vacarme que peuvent faire les chats la nuit ou encore les plaintes des loups dans les forêts.
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Subir une «douche écossaise» consiste à être victime d’un changement brutal et contrasté. Comme une belle victoire suivie d’une défaite cinglante. L’expression peut également être utilisée s’agissant de comportements humains. Par exemple si un individu très chaleureux dans un premier temps adopte une attitude froide et distante quelques instants plus tard.
L’expression vit le jour au 19ème siècle dans le domaine de la santé et des traitements médicaux. Elle faisait alors référence à une hydrothérapie pratiquée en Ecosse dont l’objet était de faire succéder des jets d’eau de températures contrastées. Un jet d’eau très froide suivi d’un jet très chaud.
Le but était alors de stimuler la circulation sanguine dans le corps.
Cette pratique se rapproche de celle du sauna encore utilisée de nos jours dans certains pays nordiques et qui consiste à se rouler dans la neige ou à plonger dans l’eau glacée immédiatement après être sorti d’un sauna.
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Contrairement aux armes qui utilisent une explosion pour causer des dégâts (comme les revolvers ou les fusils), l’arme blanche nécessite l’action de l’homme. Elle englobe toutes les armes dont l’action est due à la force humaine et sont composées d’une lame.
Mais les lames des couteaux ou des épées ne sont pas blanches. Elles ont la couleur de leur métal, brun, gris ou argenté.
Elles ne sont dites « blanches » que par opposition au 17ème siècle avec les armes à feu dites « bronzées », c’est à dire d’un métal doré. D’une part les lames étaient fabriquées en acier « blanc » et non dans un métal de couleur. Ensuite elles n’étaient pas enduites comme les armes à feu d’un produit foncé anti-rouille. L’oxydation générée aurait endommagé et abimé le tranchant. Enfin le terme « blanc » signifiait en ancien français « brillant » ce qui était le cas des lames astiquées.
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