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Le truc, à propos de la presse, c'est qu'elle doit être inhabituelle, sinon, ce n'en est pas, ce n'est que la vie. C'est une théorie, du moins. Mais elle présente toutes sortes de problèmes. Imaginons un pays qui s'affuble de spectacles qui ridiculisent le danger en le rendant trivial. Nous en frissonnerions peu. La panique nationale devant la chute d'une souris ou le rappel du parlement, un coup de fil à l'armée. En attendant tout le monde regarde les meurtres au quotidien avec indifférence. C'est loucher hors de proportion. Fiction ou réalité ? Entrez dans le monde étrange de la loi d'Harrabin et décidez vous-même. Et la communication apparaît souvent comme l'endroit ou on entend parler des choses qui arrivent le moins souvent. Harrabin, journaliste à la BBC, la prononce ainsi : " Si on considère les problèmes sociétaux sur le long terme, la valeur des nouvelles est inversement proportionnelle à leurs fréquences. Si la question tombe dans le poncif, plus personne ne s'y intéresse et ce n'est plus une "nouvelle". Ce qui signifie que la presse mène souvent les politiciens à choisir des problématiques moins gravement sérieuses aux dépens de problèmes systémiques plus sérieux.
Homme, chien, Mordre
Afin de découvrir si c'est vrai, on peut calculer la fréquence de réapparition d'une série de moyens de presse et comparer aux données. La loi semble s'appliquer. Autre exemple pour développer cette idée. "Eh bien quoi ?" diriez-vous, c'est çà les nouvelles, l'inhabituel. Comme disait un vieux journaliste : "Si un chien mord un homme, ce n'est pas une nouvelle, le contraire bien." Donc plus un événement est rare plus il tient en l'air, plus d'attention on lui accorde. C'est là que les ennuis commencent. Plus on porte d'attention, plus les gens entendent et répètent, plus nous l'écoutons, plus nous y songeons, plus nous pensons que le problème est important. Et voilà les spectacles. Harrabin dit " dans le domaine des politiques publiques, si on demande au gouvernement d'intervenir, alors, se crée une pression de la presse sur les politiciens au sujet de problèmes plus immédiats mais moins importants". L'exemple type, c'est la façon de rapporter les accidents de la route et ceux du chemin de fer. Les morts du rail sont moins fréquents mais plus spectaculaires, ils ont droit à plus de couverture. L'obsession millénariste, l'hiver de notre mécontentement, on le retrouve au printemps, comme en été, comme en automne depuis quelques années.