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Les Suisses, plus précisément les Bernois, conquièrent le Pays de Vaud en 1536. Le 29 mars, ils prennent le château de Chillon™, après un siège de trois semaines, le châtelain ayant fui avec ses serviteurs par le lac. Les Bernois divisent le Pays de Vaud en douze bailliages et Chillon devient le centre administratif de celui de Vevey ainsi que la résidence permanente du bailli. Recruté au sein du patriciat bernois, celui-ci porte aussi le titre de capitaine de Chillon et, en qualité de représentant du souverain, remplit de nombreuses fonctions.
Les nouveaux propriétaires récupèrent un bien, certes délabré, mais en bon état, car épargné par les guerres de Bourgogne. Au temps des Savoie, le château était divisé en deux secteurs : celui pour le bailli-châtelain et celui pour les ducs et duchesses de Savoie lorsqu’ils y résidaient. Cette division n’a plus lieu d’être et les Suisses occupent toute la résidence. Les excellences de la ville de Berne apposent leur armoirie sur la façade côté lac. Aujourd’hui, uniquement la partie supérieure et les oreilles de l’ours sont encore visibles en raison de son recouvrement par le troisième propriétaire du château avec son propre écu ; le canton de Vaud dès 1798. Durant près de 260 ans, le château de Chillon™ conserve son rôle de forteresse, d’arsenal et de prison. Les parties défensives sont adaptées aux nouvelles armes à feu.
En 1733, les baillis quittent ce logis isolé et inconfortable pour s’installer dans une résidence plus moderne à Vevey. Le château, qui ne répond plus aux nécessités de la guerre, sert dès lors avant tout d’entrepôt. En 1785, on envisage d’en transformer la partie nord en un vaste grenier à blé, mais le projet est aussitôt enterré… peut-être en raison de sa démesure et de l’humidité ambiante. Témoins privilégiés de l’époque de Berne, les peintures murales des blasons de chaque bailli se trouvent toujours dans la superbe salle des armoiries, ancienne salle de banquet et de justice.