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Comme chaque année, le titulaire de la fonction de maire de la Ville de Genève organise ce jour les festivités du 1er août. On serait cependant tenté d'en douter tant rien ne permet de rappeler, dans son organisation comme sa communication, que nous fêtons aujourd'hui l'acte fondateur de la Confédération. On se souvient de Rémy Pagani qui préféra mettre en avant le Bénin, avec qui nous partageons la date du 1er août comme jour de Fête nationale, mais qui avait au moins pris la peine de laisser figurer nos armoiries (voir ici). On aura ce jour Sandrine Salerno qui nous parlera des "Genevoises" (pas des Suissesses) avec une affiche qui réussit le tour de force de n'avoir aucun drapeau suisse visible (voir là). Le Conseil administratif a-t-il honte de notre pays au point de ne pas afficher ses couleurs le jour de sa fête? Il est ainsi doublement paradoxal de vouloir mettre en avant des questions féministes ce jour mais d'oublier la principale concernée qu'est notre mère patrie.
Ce même exécutif rappelle à longueur de temps lutter contre les discriminations. Pourtant, il exclut aujourd'hui notre propre pays en omettant de l'inviter à sa propre fête. Une Fête nationale sans drapeau, cela revient à voir un match de football sans ballon, un défilé du 1er mai sans travailleurs ou une journée des femmes avec uniquement des hommes. On peine à comprendre une telle attitude sachant que la Suisse, n'en déplaise à certains, est sans doute le pays le plus démocratique au monde et très certainement l'un des plus ouverts envers les étrangers et les minorités. A cet égard, vu que Sandrine Salerno souhaite mettre en avant la question féminine, a-t-elle oubliée qu'Helvetia est l'un des symboles de notre pays au même titre que Guillaume Tell? On aurait ainsi pu concilier féminisme et patriotisme. Mais comme Helvetia est systématiquement représentée avec un bouclier frappé de la croix Suisse, cela ne pouvait pas convenir au Conseil administratif et son maire, au vu de la volonté manifeste de ne pas mettre en avant nos couleurs et armoiries nationales. Déconstruire les stéréotypes c'est bien, ne pas en créer d’autres de toutes pièces, en reniant notre identité et notre histoire, ce serait mieux.
En 2014, l'absence du drapeau suisse sur l'affiche du 1er août avait questionné la presse (voir ici). Ce n'est malheureusement plus le cas aujourd'hui (voir là). Oserons-nous d'ailleurs encore organiser à Genève une Fête nationale en 2024? Il semble déjà que la seule existence du Mur des Réformateurs est une provocation honteuse pour certains milieux et qu'y commettre des actes de vandalisme est une performance artistique. Ce n'est pourtant pas en niant notre passé qu'on construira une société juste et équitable pour tout le monde. Certains feraient peut être bien de relire Romain Gary qui soulignait que "le patriotisme, c'est l'amour des siens. Le nationalisme, c'est la haine des autres" ou encore Jean-Jacques Rousseau qui voyait son père lui dire "Jean-Jacques, aime ton pays".
Nous ne devrions pas avoir peur d'afficher haut et fort les couleurs nationales. Nous ne devons pas non plus avoir honte de rappeler notre histoire et de souligner à quel point notre Ville peut être fière d'appartenir à la Suisse. Car ce n'est pas en oubliant nos racines et notre culture que l’on construira le futur. Bien au contraire. C’est en puisant dans le passé qu’on peut bâtir un avenir heureux.
Vive la Suisse et vive Genève!