Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07262.jsonl.gz/67

Les Algériens toujours très mobilisés après un mois de contestation
22.03.2019
Malgré le mauvais temps, les Algériens sont restés fortement mobilisés vendredi dans les rues du pays, un mois jour pour jour après le début de la contestation. Ils réclament le départ du président Abdelaziz Bouteflika, au pouvoir depuis 20 ans.
Dans les rues du centre d'Alger, noires de monde pendant plus de quatre heures malgré des averses régulières depuis le matin, ne flânaient plus que quelques passants à la tombée de la nuit. Les voitures y circulaient à nouveau.
En l'absence de chiffres officiels, le nombre des manifestants vendredi est difficile à établir. Des sources sécuritaires ont fait état de "centaines de milliers de personnes" dans les rues du centre d'Alger, précisant que des manifestations ont été recensées dans 42 des 48 wilayas (préfectures) de ce pays pétrolier de 40 millions d'habitants.
La mobilisation à Alger était au moins similaire à celle des deux vendredis précédents, jugée exceptionnelle par les médias et analystes. Le 15 mars, "des millions" d'Algériens avaient envahi les rues du pays, selon des diplomates.
La foule a repris à pleins poumons les chants emblématiques d'un mois de contestation, réclamant le départ du président Bouteflika, de son entourage et du "système" au pouvoir.
Manifestations dans de nombreuses villes
A Oran, deuxième ville du pays, "il y a beaucoup de monde" dans les rues, a indiqué à l'AFP un journaliste d'un média algérien sur place. Médias algériens et réseaux sociaux ont également signalé des manifestations dans de très nombreuses autres villes du pays.
Dans l'après-midi à Alger, la police a fait plusieurs fois usage d'un canon à eau et de gaz lacrymogènes pour repousser des manifestants tentant de briser un cordon pour accéder à un axe menant à la présidence de la République. Aucun autre incident n'a été signalé à Alger ou en province, où les manifestations ont également pris fin.
Tous les manifestants interrogés à Alger par l'AFP assurent être prêts à marcher le temps "qu'il faudra" pour que M. Bouteflika, son entourage et le "système" s'en aillent. Mais M. Bouteflika, 82 ans, affaibli par les séquelles d'un AVC qui depuis 2013 l'empêchent de s'adresser de vive voix aux Algériens et rendent rares ses apparitions publiques, refuse de céder le pouvoir.
Face à la contestation déclenchée le 22 février par l'annonce de sa candidature à un 5e mandat à la présidentielle du 18 avril, il a finalement renoncé à se présenter. Mais il a reporté le scrutin à après une conférence nationale chargée -à une date non précisée- de réformer le pays et de le doter d'une nouvelle Constitution. Et son mandat a ainsi été de fait prolongé au-delà de son expiration constitutionnelle le 28 avril.
Côté pouvoir, les efforts du nouveau Premier ministre Noureddine Bedoui pour former le gouvernement rajeuni de "technocrates" promis aux protestataires, semblent toujours stériles, dix jours après sa nomination.
ats, afp