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Le prix Médicis à l'écrivain Luc Lang pour son roman "La tentation"
Le Médicis étranger a quant à lui été attribué à l'Islandaise Audur Ava Olafsdottir pour "Miss Islande", traduit de l'islandais par Eric Boury (Zulma). Enfin, le Médicis essai a été attribué à Bulle Ogier et Anne Diatkine pour "J'ai oublié" (Seuil).
Le héros de "La tentation", François, la cinquantaine, est un chirurgien renommé. Chasseur, on le découvre au début du roman en Savoie tenant dans sa ligne de mire un grand cerf à seize cors. François hésite, tire et blesse l'animal.
Est-ce là que tout commence à basculer? François choisit de soigner l'animal plutôt que de l'achever. Alors qu'il s'apprête à rejoindre l'animal blessé, une voiture surgit brutalement sur la petite route de montagne. Dans l'habitacle, François croit voir le visage apeuré de sa fille.
La fin des illusions
François est père de deux enfants. Mathieu, son fils exilé à New York, est financier international adepte de placements à risques. Mathilde, sa fille, a abandonné ses études de médecine pour suivre un golden boy, client de son frère, peu scrupuleux. A travers ses enfants, François est le témoin d'un monde, le sien, en train de disparaître.
Luc Lang, Goncourt des lycéens en 1998, nous raconte depuis des années à travers ses romans la fin des illusions. Dans un monde où l'argent est roi quelle place reste-t-il pour des valeurs devenues ringardes comme l'humanisme, la compassion ou la charité? L'écrivain, qui aime les mots rares, écrit avec la précision du chirurgien maniant son scalpel. Le roman s'achève dans une explosion de violence, une apocalypse où, étrangement, l'espoir demeure. Comme une rédemption.
afp/mh
Publié le 08 novembre 2019 à 14:52