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Non. La problématique environnementale de la fracturation hydraulique, ou fracking, telle qu’elle est massivement pratiquée aux Etats-Unis pour la production de gaz ou de pétrole, est très
différente de celle de la géothermie profonde en Europe.
- Le fracking a pour objectif la production d’hydrocarbures. En géothermie profonde, aucun fluide n’est «produit». De l’eau circule en circuit fermé entre la surface et la profondeur pour en
extraire la chaleur. La chaleur de la terre est une énergie renouvelable.
- Le fracking requiert l’emploi de nombreux produits chimiques qui sont souvent mis en cause pour leur impact environnemental. La stimulation hydraulique en géothermie profonde s’opère avec de
l’eau. Le réservoir de Bâle a ainsi simplement été stimulé avec de l’eau du Rhin.
- L’exploitation d’un champ de gaz de schiste requiert un très grand nombre de forages, multipliant ainsi les quantités d’eau, de sable et de produits chimiques utilisés. L’exploitation d’un
réservoir géothermique se fait seulement avec quelques forages.
- Le fracking et la production de gaz de schiste génèrent de gigantesques quantités d’eaux usées qui, aux Etats-Unis, sont simplement réinjectées dans des formations géologiques poreuses,
générant un risque environnemental de pollution non négligeable. La géothermie profonde fonctionne en circuit fermé et ne génère pas d’eaux usées durant son exploitation. Quant aux eaux usées
résultant des travaux de forage et de stimulation, elles seront prétraitées in-situ, analysées, puis évacuées vers la STEP si leur composition le permet ou alors comme déchet spéciaux dans le cas
contraire.
Les associations de protection de l’environnement membres de l’Alliance-environnement (Greenpeace, Pro Natura, ATE, WWF) ne s’y sont d’ailleurs pas trompées. Alors qu’elles luttent contre le
fracking pour la production d’hydrocarbures non conventionnels, elles soutiennent la géothermie profonde. Des fiches d’information sur ces sujets peuvent être téléchargées sur leur site.
L’étude «Energy from the earth» du centre Suisse d’évaluation des choix technologiques
TA-Swiss, dépendant de l’Académie suisse des sciences, a été publiée fin 2014 par 32 scientifiques de l’Institut Paul Scherrer (PSI), de l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ), de
l’Université des sciences appliquées de Zurich (ZHAW) et de l’Université de Stuttgart. Leurs analyses ont porté sur les aspects techniques, économiques et environnementaux de la géothermie, ainsi
que sur le cadre juridique et sur l’évaluation par la société des nouveaux modes de production d’énergie. Cette étude met en évidence les avantages écologiques indéniables de la géothermie
profonde, en particulier si une co-valorisation de la chaleur résiduelle est possible.