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L’auberge communale
Dans les fiches de recensement, on apprend qu’en 1822 cette maison appartenait à M. François Isaac Dapaz. Au cadastre de 1877, c’était déjà une auberge du nom de Café du Major Davel dont on voit encore l’enseigne aujourd’hui. Elle comprenait alors un fenil, une grange et une écurie.
Dans le Journal de Morges du 28 juillet 1903, il est dit que le banquet de la fête de l’abbaye fut servi par l’aubergiste, M. Thurin à l’Auberge de Commune. Dans le procès-verbal du 17 mars 1952, on apprend que «l’auberge appartient à la commune depuis 1912 et qu’elle lui procure un bénéfice de CHF 1’025 par an. La commission propose donc à cette dernière de garder l’auberge».
Lors de la séance du 13 juin 1924, le conseil, représenté par M. Viret, décide que «la salle à boire de l’auberge ne pourra désormais plus être utilisée comme salon de coiffure». En juin 1926, on décide de fermer les cafés à 11 h et d’infliger une amende «à tous ces gens ivres faisant du tapage au milieu de la nuit».
Le 28 février 1946, la commune décide de restaurer l’auberge communale dont la charpente est en train de pourrir
et qu’il faut consolider. Le bâtiment est dans un état lamentable, la commission de commune propose un rafraîchissement. La municipalité est d’avis de ne faire que les réparations strictement urgentes qui s’élèvent à CHF 10’000 environ. Cette somme importante sera selon la commission «la cause du déficit de la municipalité».
Dans la Feuille d’avis de Morges, on apprend le 15 septembre 1951 que la cheffe de la maison s’appelle Mme Emma Chevalley Bec, c’est elle qui exploite l’auberge.
Le 4 mai 1954, la journée sportive de la kermesse du Forward club a lieu à l’auberge. La famille Moreillon-Saugy
s’occupera du repas et Loulou Schmidt de l’orchestre.
En 1963, l’auberge doit être rénovée. Pour ces travaux, on lance un concours d’architecture gagné par l’architecte lausannois M. Frédéric Brugger (Feuille d’avis de Morges, 16 novembre 1963). Le montant de la rénovation et de la construction d’une nouvelle grande salle s’élève à CHF 1’500’000.
Le 10 février 1964, M. Fallet demande à l’architecte de revoir le plan exposé afin de réduire les coûts. Dans cette même édition, on apprend que les nouveaux tenanciers sont Jean-Claude et Marlène Durussel, anciennement au Café de l’Union de Bournens (Journal du district de Cossonay). Leurs spécialités: pieds de porc au madère et truites meunières avec une salade pour CHF 10.00.
Le 14 novembre 1975, l’auberge ouvre à nouveau après deux mois de fermeture pendant lesquels les repas furent
servis à la grande salle.
En 2018, l’auberge est rénovée et agrandie. C’est M. Olivier Gandillon et sa femme qui en sont les tenanciers et les gérants depuis vingt-trois ans.
Le Château
Qui de nous ne connaît pas le Château, d’une façon ou d’une autre? Cet édifice a été construit au milieu duXVIe siècle par M. Ferdinand de Loys, seigneur de Denens, bourgeois et bourgmestre de Lausanne. Il a ensuite été modernisé durant les XVIIe et XVIIIe siècles.
Il a finalement été racheté par la Commune le 25 juillet 1978 à la dernière propriétaire en date, Mme Marguerite Franco-Redard pour un montant de CHF 2’280’000.–. L’acte de vente original a été conservé dans la salle de Municipalité. Le Syndic de l’époque était M. René Pointet.
Le Château abrite en son sous-sol le Caveau, qui accueille régulièrement des concerts. A l’époque il abritait le chauffage central du Château. Et, fait moins connu, dans la descente des escaliers, il y a également un cellier qui sert encore aujourd’hui de bouteiller à la Municipalité.
Au rez-de-chaussée, il y avait des classes d’école, les locaux de l’architecte-conseil de la Commune, M. Brack, et la salle des Dames de la couture avec son poêle de faïence. Aujourd’hui nous trouvons à cet étage la bibliothèque, la logopédie, la salle de la Municipalité, et la salle des Commissions. Au 1er étage, l’appartement de 224m2 a longtemps été habité par la «Baronne», comme on l’appelait au village, qui y vivait l’été et passait l’hiver au Paraguay. Il a ensuite été complètement rénové entre 2009 et 2010 et reloué. Dans la tour, au-dessus de la salle de Municipalité, on a conservé la fameuse «chambre bleue», lieu d’écriture et titre d’un roman de Georges Simenon.
Au 2e étage, l’appartement de 182m2 a conservé deux échauguettes, ces guérites en pierre aux angles des châteaux forts.
Un autre appartement se situe dans la tour sur plusieurs étages.
Le 3e étage accueille un appartement 3 pièces sous les toits (115m2).
L’annexe du château comporte un appartement sur deux étages (257m2), et à côté la Salle Simenon, au-dessous de laquelle se situent les anciennes prisons, un pressoir restauré par la Municipalité et qui lui sert aujourd’hui de carnotzet. Le descriptif des lieux ne serait pas complet sans parler du magnifique parc et des 150 variétés d’hortensias qui y fleurissent.
Entièrement réaménagé pour les 30 ans de l’acquisition du Château en 2008, il a été inauguré lors des Fêtes au Château la même année.
Dans sa partie basse, on a planté un arbre, au pied duquel sont enterrés les documents officiels qui s’y rapportent.
Dans cette même partie, M. Georges Simenon avait fait construire, à l’époque où il habitait le Château, un court de tennis !
Ce sont Mmes Josette Diserens et Raymonde Möckli, membres de la Commission culturelle dans ces années-là,
qui ont organisé pour la première fois les Fêtes au Château en 1979.
Parmi les personnalités connues qui ont habité le Château, on peut citer en 1946: Jean Villard Gilles, poète. De 1957-1963: Georges Simenon, écrivain, puis l’actrice Corinne Coderey, (née en 1935), Catherine Wahli, productrice RTS de l’émission « A bon entendeur », et enfin Guy Dunand, médecin villageois.
Anecdotes
Si Georges Simenon a financé une partie de la place de jeux du Saugey, ce n’était pas que désintéressé, mais plutôt pour s’éviter les nuisances provoquées par les enfants du village jouant dans le parc.
La grand-mère de Doris Laydu (conseillère communale) était cuisinière et femme de ménage de Georges Simenon.
Elisabeth Descoeudres (ancienne Présidente du Conseil communal) a officié, dans son jeune âge, comme babysitter de la famille de l’écrivain. Il existe également des timbres-poste «Simenon» qui sont exposé dans la salle de la Municipalité.
Mme Franco-Redard, dernière propriétaire avant l’achat par la Commune, n’occupait que l’actuelle salle de Municipalité. A l’emplacement de l’armoire où sont aujourd’hui rangés les dossiers municipaux, étaient situées ses toilettes!
La Chocolatière
Nous ne connaissons pas la date de construction du canal et du moulin à blé. Il était beaucoup plus long et parallèle à la Venoge jusqu’au terrain des Pâquerettes. Il alimentait tout du long différents petits moulins.
1887
Achat du moulin et du canal par MM. Amédée-Louis et Jean-Jaques Kohler, chocolatiers. Une ferme était
liée au domaine. Les transports se faisaient par la gare de Bussigny.
1896
Construction du bâtiment actuel par M. Kohler pour la fabrication du chocolat. Le moulin tient lieu de bureaux de 1904 à 1918 avant d’être voué à l’habitat.
1904
Fusion des chocolatiers Kohler et Peter, qui sont rejoints quelques années plus tard par Cailler. La société
sera rachetée par Nestlé en 1929.
1907
La fabrication du chocolat est centralisée à Orbe, Broc et Vevey.
1919
Naissance du centre d’imprimerie qui a évolué et s’est modernisé au fil du temps. Il servait principalement
à imprimer des papiers d’emballage de plaques de chocolat, pour les boîtes de café ou les étiquettes Mondo, livrés dans les fabriques de Suisse et à l’étranger. La revue et le magazine Flash, Nestlé y étaient également imprimés, tout comme des albums avec des vignettes à collectionner. Le canal était utilisé pour fabriquer
de l’électricité pour l’usine Nestlé jusqu’en 1959. Comme il n’arrivait plus en à produire suffisamment un transformateur a dû être construit dans l’usine. Le courant est également distribué pour l’exploitation agricole. Le
canal est alors mis à disposition de pêcheurs en contrepartie de son entretien. En 1988 et les années suivantes,
une journée de pêche est proposée aux enfants dans le cadre du passeport vacances.
1936
Location du domaine agricole, puis achat en 1947 par M. Emile Rieben, grand-père de M. Cédric Rieben. Le
domaine est exploité avec du bétail jusqu’en 1990, mais comme il est trop petit pour le remettre à jour, il est transformé en exploitation maraîchère.
1987
Vente de l’imprimerie à Roth et Sauter, qui créent les Presses de la Venoge.
1993
Regroupement des activités sur le site de Denges et fermeture des Presses de la Venoge.
1995
L’Atelier Goéland accueille dans les anciens locaux de l’imprimerie des chômeurs en fin de droits afin
de les aider à se réinsérer. Ils démantèlent et trient les matériaux de vieux ordinateurs. Cette activité dure environ dix ans.
2006
Vente de la parcelle et du bâtiment, transformation de ce dernier en appartements duplex dans la partie
supérieure, et en ateliers dans la partie inférieure.
2017
Ouverture de l’EMS La Chocolatière dans une partie du bâtiment.
La Poudrière
Jusqu’en 1874, la Suisse n’a pas eu d’armée fédérale, mais uniquement des armées cantonales. Chaque canton possédait alors ses propres uniformes et armes avec lesquelles ils équipaient leurs soldats. S’agissant de la poudre, des cantons comme Berne ou Vaud, produisaient leur propre poudre et en vendaient à certains cantons, tandis que d’autres, tels que Bâle-Ville et Genève, se fournissaient à l’étranger.
La Constitution fédérale de 1848 allait changer cela. L’article 38 stipulait en effet que: «La fabrication et la vente de la poudre à canon appartiennent exclusivement à la Confédération dans toute la Suisse.» L’état de monopole fédéral ainsi créé supprimait de facto les dispositions cantonales en la matière.
L’Intendance fédérale des poudres est alors créée en 1849 et rattachée au Département des finances car elle est perçue avant tout comme une mesure fiscale destinée à garantir des rentrées d’argent. Cependant, la jeune Confédération manquant de moyens financiers pour procéder au rachat de l’ensemble des poudreries suisses, il a été décidé de conclure des contrats de location. C’est ce qui a été fait pour la poudrerie que le canton de Vaud possédait à Echandens.
Par la suite, la rentabilité des poudreries étant assurée, la Confédération en rachète certaines, dont celle d’Echandens en 1852.
En 1853, la Compagnie des chemins de fer de l’ouest décida le prolongement de son tracé de Morges vers Yverdon. La future voie allait passer à proximité immédiate de la poudrerie.
Les risques d’explosion en raison des étincelles provoquées par le passage des trains nécessitaient soit d’aménager différemment le site, soit de trouver une nouvelle implantation. Après quelques hésitations, la Confédération décida de délocaliser la poudrerie.
Elle retint un terrain le long de l’Aubonne dans le vallon de La Vaux. Il était en hoirie et a été racheté en 1854 sous la condition que le Canton de Vaud laisse la possibilité d’aménager le site selon l’activité future.
La poudrerie de La Vaux a donc été créée en 1854