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Licencié par le gouvernement genevois pour avoir publiquement défendu la lapidation, l’enseignant a obtenu gain de cause devant une commission de recours.
Celle-ci a annulé le licenciement et ordonné la réintégration du professeur de français.
La commission de recours du personnel enseignant a estimé que le licenciement était une mesure excessive par rapport aux griefs formulés, explique vendredi Hani Ramadan.
Le Conseil d'Etat (gouvernement) genevois reprochait notamment à l'enseignant d'avoir violé le devoir de réserve auquel il était soumis en tant que fonctionnaire de l'instruction publique.
Le fait que Hani Ramadan dirige le Centre islamique de Genève (CIG) n'a pas non plus été retenu à charge par le tribunal. Il avait été accusé d'être un ecclésiastique, une fonction incompatible avec sa charge de maître d'école.
Le gouvernement genevois va étudier les considérants du jugement dans sa séance de mercredi, précise son président Robert Cramer.
Propos sur la lapidation
Les ennuis de Hani Ramadan avec son employeur remontent à l'automne 2002.
L'enseignant avait publié dans les colonnes du journal Le Monde une tribune libre sur la Charia. Il y défendait notamment la lapidation des hommes et des femmes adultères. Ces propos avaient déclenché une vive polémique.
En octobre 2002, les autorités genevoises avaient provisoirement interdit Hani Ramadan d'enseignement. Il avait ensuite demandé l'avis de l'ancien procureur général de Genève Bernard Bertossa.
Celui-ci avait jugé incompatibles les propos et le rôle de directeur du Centre islamique de Hani Ramadan avec son métier de maître dans l'enseignement public.
En février 2003, le Conseil d'Etat décidait de licencier Hani Ramadan. Ce dernier a alors recouru contre cette décision.
Réintégration
Un an plus tard, l’enseignant l’emporte. «La question est maintenant de savoir comment va s'opérer ma réintégration», souligne Hani Ramadan.
«Nous réétudierons ce dossier à la lumière du jugement, mais aussi des valeurs qui ont conduit au renvoi de l'enseignant, répond le président du Conseil d’Etat. Notre décision reposait sur des principes tels que les droits de l'Homme, le respect de l'intégrité physique et la laïcité de l'enseignement».
Hani Ramadan a été pendant plus de vingt ans employé au Département genevois de l'instruction publique (DIP). Lors de l'affaire, il enseignait le français dans une école à Meyrin.
Dans son jugement, la commission de recours a encore octroyé à Hani Ramadan une indemnité de 5000 francs, que devra payer l'Etat de Genève.
swissinfo et les agences