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MétéoSuisse a publié récemment une synthèse du développement printanier de quelques arbres et fleurs en 2019 en Suisse. Globalement ce développement était en avance par rapport à la moyenne 1981-2010.
La floraison des cerisiers était, par exemple, l’une des 10 plus précoces depuis 1951. Cette avance oscille entre 2 et 10 jours selon les variétés et selon la région, le sud des Alpes étant traditionnellement plus chaud et plus précoce.
En détaillant un peu on constate que la réalité n’est pas linéaire. Par exemple au nord des Alpes les noisetiers n’ont sorti aucun chaton en janvier: il faisait trop froid. Par contre l’exceptionnelle douceur de février, et en partie les coups de chaud de mars, ont accéléré la floraison de la plupart des espèces. Le début avril a continué sur cette puissante lancée:
« La végétation printanière a connu sa plus grande avance au cours de la première quinzaine d’avril. Les cerisiers et les pissenlits ont tous deux fleuri en dessous de 600 m d’altitude le 7 avril, soit 10 jours plus tôt que la moyenne. (…) Ce n’est que lorsque les pissenlits ont fleuri en montagne au-dessus de 1000 mètres en mai que l’avance s’est réduite à seulement 3 jours, en raison des basses températures en mai. »
Car mai a été froid et a fait perdre une partie de cette avance. Le cas des hêtres est intéressant car il était en avance en plaine et, en même temps, en retard en altitude:
« Le déploiement des feuilles du hêtre en avril a eu une avance de l’ordre de 4 jours par rapport à la moyenne, mais elle a pris du retard en altitude en raison des températures basses avec une moyenne de 2 jours de retard. »
MétéoSuisse illustre sa synthèse avec, en particulier, un indice du printemps (figure 1, clic pour agrandir). Il couvre 70 ans, de 1950 à 2019.
« L’indice du printemps comme mesure du développement de la végétation. En vert foncé, les années avec un développement tardif de la végétation ; en vert clair, les années avec un développement précoce de la végétation par rapport à la moyenne 1981-2010. En jaune, moyenne pondérée sur 5 ans. »
La moyenne n’est pas très intéressante car elle suit de trop près les fluctuations pour être représentative d’une tendance durable. On ne peut en déduire de variations anormales ou surprenantes – sauf, comme le montrent les barres verticales, le recul très brusque, comme une rupture, en 4 ans, entre 1986 et 1990.
Si le développement de la végétation printanière est un bon indice du réchauffement (surtout hivernal), à réactivité rapide (annuelle), cet indice n’explique pas ce saut et cette perte brutale d’environ 10 jours en moyenne en seulement 4 ans.
Il n’explique pas plus les causes du retard de la végétation printanière pendant la période de 35 ans qui précède cette rupture. À cette période des quantités massives de CO2 étaient déjà rejetées dans l’air. Pourtant cet indice du printemps n’est pas superposable à la ligne croissante des émissions de ce gaz.
Alors que s’est-il passé entre 1986 et 1990?