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Aujourd’hui, il est courant semble-t-il, de diagnostiquer un syndrome de Cushing sur des chevaux jeunes (jusqu’à 10 ans), qui ne présentent pas les symptômes typiques : hirsutisme, atrophie musculaire, fatigue, ventre tombant, transpiration importante, etc. L’on parle selon les sources de 15 à 30% de chevaux dit “âgés” (au delà de 15 ans….peut-on réellement parler de cheval âgé à 15 ans?) atteints de Cushing, dont la moitié en aurait été atteints avant l’âge de 15 ans. C’est énorme ! Sur la base du test ACTH, ces chevaux se voient administrer à vie le Pergolide (Prascend).
Asiste-t-on à une recrudescence du Cushing ou y aurait-il d’autres pistes à explorer?
Dans la littérature, on trouve, qu’auparavant, le syndrome de Cushing consistait en une suractivité des surrénales. C’est une maladie du système hormonal qui atteint les chevaux âgés et consiste en un excès de cortisol (endogène) dû à dysfonctionnement de l’hypophyse ou des surrénales ou de glucocorticoïdes (exogène = cortisone).
Wikipédia résume ainsi: “Le syndrome de Cushing est défini précisément comme un hypercortisolisme chronique. Constitué par un ensemble de symptômes dus à un excès de sécrétion d’une hormone cortico-surrénalienne, le cortisol, par les glandes surrénales, il a été décrit de manière princeps par Harvey Cushing en 1932. Ce sont des adénomes cortico-surrénaliens qui sont le plus souvent trouvés à l’origine de cette affection. La maladie de Cushing, pathologie dont la terminologie est strictement associée à une origine dite « haute », le plus souvent hypophysaire (adénomes corticotropes sécrétant de l’ACTH), est l’une des formes du syndrome de Cushing dont les causes peuvent être multiples (adénomes surrénaliens, sources ectopiques d’ACTH, origine médicamenteuse en raison de prises excessives de corticoïdes).La manifestation la plus visible chez l’homme est l’apparition d’une obésité chronique de la partie supérieure du corps, un aspect bouffi du visage, des manifestations cutanées et un hirsutisme, ainsi que des troubles psychologiques variés. C’est une pathologie également fréquente chez le chien et les équidés (25% des plus de 20 ans).”
L’hypophyse libère l’ACTH qui provoque la production de cortisol par les glandes surrénales. Dans le syndrome de Cushing, l’ACTH est libérée en excès, impliquant une production excessive de cortisol.
L’une des explications invoquée est une tumeur de l’hypophyse. Il existe d’autres origines possibles, notamment l’administration de corticoïdes. En savoir plus
La médecine vétérinaire reconnaît aujourd’hui le syndrome de Cushing comme une maladie de l’hypophyse combinée à une affection tumorale de celle-ci. Aussi connue sous le nom de Dysfonction Pars Intermedia de la glande Pituitaire (DPIP), il est défini comme une dégénérescence lente de la fonction hypophysaire liée à une libération accrue de cortisol.
C’est ici que commence le questionnement car les chevaux diagnostiqués Cushing, ne présentent pas tous un taux accru de cortisol.
Il en est quasiment toujours déduit qu’un adénome hypophysaire est la cause du syndrome de Cushing, mais comment avoir la preuve de cet adénome?
Il est aussi intéressant de constater que la règle actuelle est le diagnostic précoce pour soigner rapidement et qu’en l’absence de symptôme typique, un jeune cheval peut être atteint de Cushing.
L’hypophyse libère la corticotropine (CRH) qui induit la production d’ACTH au niveau de la glande pituitaire. L’ACTH, hormone adrénocorticotrope, influe à son tour sur la production hormonale des glandes surrénales situées au dessus des reins. Les surrénales produisent alors l’aldostérone, d’autres minéralocorticoïdes, des glucocorticoïdes tels le cortisol et des hormones sexuelles.
CHR, ACTH et les hormones surrénaliennes sont en interraction étroite.
Si par exemple le cortisol ou l’aldostérol sont en concentration trop faible, le taux d’ACTH augmente. L’ACTH stimule alors les surrénales pour la production de glucocorticostéroïdes (cortisol). Inversement, les hormones de l’hypothalamus et des surrénales régulent le taux de cortisol.
Bien souvent, dans les cas diagnostiqués de syndrome de Cushing, le taux de cortisol trouvé est normal, voire bas, malgré un fort taux d’ACTH (reste encore à définir ce qu’est un taux élevé d’ACTH).
Le taux d’ACTH varie tout au long de la journée, avec un pic le matin, moins le soir. Il est aussi avéré que ce taux varie selon les saisons : élevé en automne notamment, ce qui rend les résultats d’analyse sanguine entre août et novembre difficilement interprétables ou encore en cas de stress physique ou psychique.
Le taux d’ACTH seul n’est pas révélateur. Si toutefois une prise de sang pouvait révéler le syndrome de Cushing il faudrait prendre en compte d’autres valeurs et leurs variations sur la durée.
De manière standard le syndrome de Cushing est diagnostiqué par le taux d’ACTH plasmatique analysé en laboratoire. Afin d’avoir une analyse fiable, il faudrait centrifuger et congeler le sang immédiatement. Il est facile d’imaginer à quel point ceci est difficilement faisable en pratique.
L’étude des variations de taux d’ACTH dans le plasma sanguin par Donaldson et al. en 2005 a révélé les variations suivantes selon les saisons sur des chevaux dits “sains” :
Januar 2003: Cheval : 13,4 – 32,4 pg/ml; Poney: 8,1 – 36,9 pg/ml
May 2003 : Cheval : 13,8 – 22,2 pg/ml; Poney: 12,0 – 33,1 pg/ml
Sept.2002 : Cheval : 25,6 – 140 pg/ml; Poney: 34,9 – 479 pg/ml
Sept. 2003 : Cheval : 20 – 236,0 pg/ml; Poney: 30,6 – 192 pg/ml
(Mark T. Donaldson, Sue M.McDonnell, Barbara J. Schanbacher, Steohen V. Lamb, Dianne McFarlane, and Jill Beech. Variation in Plasma Adrenocorticotropic Hormone Concentration and Dexamethasone Suppression Test Results with Season, Age, and Sex in Healthy Ponies and Horses
J. Vet Intern Med 2005; 19;217-222)
Il est intéressant de constater dans ce tableau que certains poneys peuvent présenter un taux jusqu’à 479 pg/ml alors que les laboratoires fixe le taux autour de 47 pg/ml pour diagnostiquer un syndrome de cushing (entre 40 et 50 pg/ml).
Par ailleurs, chaque laboratoire fixe les normes qui lui sont propres.
Dans la vie quotidienne, le cheval est soumis à de nombreux stress. Certains sont évidents, d’autres moins.
Froid, chaud, maladie ou blessure, douleurs sont des stress qui font que l’ACTH est produite en plus grande quantité. En tant qu’hormone de stress, l’ACTH peut voir son taux varier de manière soudaine lorsque le cheval subit un stress physique ou psychique. Lors d’une prise de sang le cheval est sous un grand stress !
Les concours, l’entraînement, l’isolement, le manque de mouvement, sont également source de stress.
De même le manque de nourriture en continu, les carences minérales sont facteurs de stress.
Lorsque le syndrome de Cushing est diagnostiqué, c’est le plus souvent le Pergolide (Prascend) qui est prescrit.
La pharmacocinétique du Pergolide est encore peu étudiée chez le cheval. La pharmacocinétique a pour but d’étudier le devenir d’un médicament dans l’organisme. La détermination des paramètres pharmacocinétiques d’un médicament apporte les informations qui permettent de choisir les voies d’administration et d’adapter les posologies pour son utilisation. “Les études pharmacocinétiques disponibles chez le cheval indiquent que le pergolide est rapidement absorbé et qu’il semble très rapidement éliminé. Néanmoins, les données révèlent surtout une grande variabilité, en partie due à des aspects méthodologiques.”
Il est utilisé chez l’homme dans le traitement de la maladie de Parkinson et de l’hyperprolactinémie. Le pergolide est un médicament basé sur l’ergoline (ergot de seigle), tout comme le LSD. Plus précisément, c’est un dérivé synthétique de l’acide lysergique de l’ergot de seigle.
Le Pergolide est de la famille des antagonistes des récepteurs dopaminergiques destiné à inhiber la production d’ACTH. Il fait partie des agonistes dopaminergiques qui traversent la barrière hémato-encéphalique et atteindra donc directement le cerveau et a des effets centraux de type neurologique et endocrinien.
Les effets secondaires peuvent être “sudation, perte d’appétit, anorexie et léthargie transitoires, signes légers affectant le système nerveux central (légères dépression et ataxie par exemple), diarrhée et coliques”, ceux-ci augmentant avec les doses.
Voici ce que l’on trouve sur le pergolide en médecine humaine :
“Pergolide, souvent vendu sous la marque Permax, est un médicament qui a été retiré du marché américain depuis 2007. Il est utilisé pour traiter les symptômes de la maladie de Parkinson. Pergolide pourrait entrainer un certain nombre d’effets secondaires de légers à graves.
Les utilisateurs de pergolide peuvent avoir des effets secondaires légers suivants : vertiges, bouche sèche, somnolence, anxiété, douleurs à l’estomac, nausées, maux d’estomac, insomnie, diarrhée, constipation et nez qui coule. Si l’un des précédents effets secondaires persistent ou s’aggravent, contactez immédiatement votre médecin.”
Effets secondaires graves
Drugs.com rapporte que l’utilisation de pergolide peut causer un certain nombre d’effets secondaires graves, notamment le gonflement de la jambe ou du pied, arythmie cardiaque, difficulté à respirer, faiblesse inhabituelle, somnolence sévère et étourdissements, évanouissements, confusion, hallucinations et douleur dans la poitrine. Réaction allergique grave dont les symptômes sont le gonflement du visage ou de la gorge. Pergolide a été retiré du marché américain en raison du risque d’effets secondaires graves des valvules cardiaques.”
Il apparaît qu’il reste encore beaucoup à éclaircir sur le syndrôme de Cushing.
Au quotidien, je constate que de nombreux chevaux (8 sur 10 environ âgé de plus de 10 ans) présentent des dysfonctions du système hormonal : endocrinien, thyroïdien et/ou surrénalien. Quelle peut en être l’origine ?
Sans compter le stress notamment lié à une vie assez peu adaptée aux besoins naturels du cheval, il est possible de diminuer ce stress par une vie plus “naturelle” pour lui, de l’empêcher de souffrir s’il a des contractures ou des blocages ostéo. Par ailleurs, tout comme pour les humains, les chevaux souffrent de ce que l’on appelle les perturbateurs endocriniens qui sont « tout simplement » des polluants auquel tout organisme est soumis. L’OMS les définit ainsi : “une substance exogène ou un mélange qui altère la/les fonction(s) du système endocrinien et, par voie de conséquence, cause un effet délétère sur la santé d’un individu, sa descendance ou des sous-populations”. Les animaux, comme nous, y sommes exposés par le biais de l’alimentation, l’inhalation ou le contact avec la peau.
Il est donc nécessaire d’éviter l’ingestion de substances toxiques contenues dans certains aliments et compléments industriels (liant, arômes synthétiques, conservateurs,…), tout en complémentant avec des minéraux et vitamines, afin que le cheval n’ait pas ce “stress de carence”.
Avant d’administrer un médicament à un cheval ne présentant pas les symptômes typiques du Cushing, médicament qui, a son tour, perturbera le système endocrinien d’une autre manière et aura d’autres effets secondaires possibles, peut-être pourrait-on penser à équilibrer l’alimentation et le système hormonal par des plantes, teintures mères ou minéraux. Ces thérapies sont faciles à mettre en œuvre afin de permettre au cheval de retrouver un équilibre sans effet secondaire possible.