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Research
Cette verrière se situe dans la deuxième fenêtre de droite du choeur de l’église Notre-Dame-de-la-Nativité de Vuisternens-devant-Romont, important édifice néo-classique du canton de Fribourg (Lauper, 2012, p. 204). Elle fait partie d’un cycle de quatorze vitraux réalisé par l’atelier fribourgeois Kirsch & Fleckner en 1906. Ce vitrail est un don des Frères Dumas (Golet) de Sommentier, comme l’indique l’inscription s’y trouvant.
C’est l’artiste Raymond Buchs qui est l’auteur des quatre vitraux du choeur, comme le prouvent les cartons de sa main se trouvant dans le fonds graphique de l’atelier Kirsch & Fleckner. En 1906, l’artiste se trouve à Berlin, tout en continuant à collaborer avec l’atelier Kirsch & Fleckner (Rudaz, 2001, p. 19-20). Il termine à ce moment là un autre grand cycle de vitraux fribourgeois pour l’église de Neyruz (1904-1906). Les dix vitraux de la nef, ornementaux avec des médaillons figurants des saints réalisés d’après des modèles réutilisés d’églises en églises par l’atelier, ne peuvent pas être attribués à l’artiste et sont probablement plutôt une oeuvre d’atelier. Les cartons correspondants aux médaillons des verrières de la nef ne se trouvent pas dans le Fonds Kirsch & Fleckner. Deux cartons dédiés aux parties ornementales des vitraux de la nef et du choeur ont été retrouvés dans le fonds. Le carton KF_735 pour le choeur, qui pourrait être de la main de Raymond Buchs, et le carton KF_734 pour la nef, probablement une oeuvre d’atelier.
Pour ce vitrail, deux cartons présentent des étapes successives dans le processus créatif. Un premier carton (KF_689) réalisé par Raymond Buchs (le carton est signé et daté de 1906), et un second (KF_685) qui n’est étonnamment pas de sa main, et qui présente des différences de dessin pour les visages et les corps des deux protagonistes. Par comparaison stylistique avec d’autres cartons réalisés par l’artiste, nous pouvons dire que cette seconde variante est très probablement l’oeuvre de Fortuné Bovard. Ce changement d’artiste pour un même vitrail est étonnant et inhabituel. Les sources ne nous donnent aucune explication sur les raisons d’être de ce second carton. Nous pouvons supposer que le commanditaire ou l’atelier souhaitaient des modifications, et se sont adressés pour des raisons pratiques à Fortuné Bovard avec lequel l’atelier avait probablement déjà des liens (Pasquier, 1999, p. 55), Raymond Buchs se trouvant à l’étranger.
Dating
1906