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Ahurissant ! Pendant que des bataillons d'opposants se mobilisent pour interdire toute grue à l'horizon, d'autres violent les lois et font construire une maison dans leur jardin pour leurs enfants. J'ai constaté un cas à St Julien d'un habitant qui avait déposé un permis de construire pour une maison pour son fils dans son jardin. Le permis n'était pas conforme au plan local d'urbanisme et le voisin a déposé un recours. Permis annulé. Ni une ni deux, le premier redépose un autre permis.. et laisse le panneau d'information du précédent permis invalidé. Pensant avoir déjà fait annulé le permis, le voisin n'y voit que du feu et deux mois plus tard le permis illégal est devenu légal faute de recours. Le procédé scandaleux montre que certains sont prêt à violer les lois pour loger leurs enfants.. Pendant que les autres utilisent tous les recours possibles pour priver leurs enfants de logements.
La différence c'est que le propriétaire qui fait construire une maison dans son jardin pour ses enfants accepte la nuisance du voisinage car il sait que cela bénéficiera à son fils. En milieu urbain, tout est dillué, tout est anonyme. Les hordes de genevois qui recourent, les conseillers municipaux de Thônex, de Veyrier, de Troinex, ignorent encore que ce sont leurs propres enfants qu'ils chassent en s'opposant aux constructions de logements. J'ai même rencontré ce week end un jeune genevois qui se révoltait de la hausse de 400 CHF sur son loyer pour une simple remise à neuf.. sans comprendre que son opposition à la construction de 3500 logements aux Cherpines avait un lien direct avec la hausse de 400 CHF de son loyer : moins il y a de logements, plus il y a de pénurie, plus il y a de spéculation.
Les Genevois comme notre propriétaire de St Julien accepteraient volontiers les constructions de logements nécessaires si il se trouvait à Genève un ou des leaders politiques. Un leader qui explique aux Genevois que le développement urbain est une condition nécessaire du développement économique, que la construction de logements est urgente pour mettre fin à la spéculation, que la construction d'une agglomération dense est une condition nécessaire à la préservation des espaces naturels. Les Genevois comprendraient que chaque logement supplémentaire à proximité des réseaux de transports ce sont des voitures en moins sur les voies publiques. Les Genevois sont tout aussi intelligents que n'importe quel autre peuple.. mais ils manquent de leaders politiques capables d'expliquer où Genève va !
Je tente de faire cet exercice avec les fonds frontaliers cantonalisés. Je vais de commune en commune, de conseil municipal en conseil municipal annoncer la mauvaise nouvelle : ces ressources publiques doivent servir aux priorités publiques que sont la mobilité, le logement et la préservation des espaces naturels et ne serviront plus à financer des projets communaux trop souvent somptuaires. Les conseillers municipaux, dans leur écrasante majorité, le comprenne lorsqu'on a la décence de faire l'effort de leur expliquer ce qu'ils peuvent attendre d'un tel changement.
Serge Dal Busco, Maire de Bernex, a manifestement les épaules assez larges pour proposer aux Genevois une vision d'avenir. Il serait temps que les futurs Conseillers d'Etat ne se contentent pas seulement de gérer des départements comme des haut fonctionnaires mais s'attachent aussi à expliquer aux Genevois où ils sont et où ils vont.