Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07272.jsonl.gz/601

On sait que les crises d’asthme peuvent être déclenchées par un stress psychologique : chez des individus asthmatiques traversant un épisode dépressif, on peut observer un déséquilibre au niveau neurovégétatif, avec une balance en faveur du système parasympathique. Ceci rend les asthmatiques plus vulnérables à certains déclencheurs.
Dans un article du Lancet1 du 20 novembre 2010, des médecins italiens ont décrit un cas où le stress psychologique est provoqué par Facebook.
Un jeune homme de dix-huit ans, connu pour un asthme bien contrôlé par traitement de corticoïdes et antileucotriènes, présente depuis quelque temps une péjoration de son état avec augmentation des crises. Inquiète, sa mère relève que les crises ont commencé depuis que son amie l’a quitté.
Après investigations, on apprend que l’amie en question a supprimé le patient de sa liste « Facebook » tout en invitant d’autres jeunes hommes à rejoindre son groupe d’amis. En réponse, le patient s’est créé un nouveau pseudonyme et est parvenu à s’ajouter à la liste des prétendants, ce qui lui a permis de visionner le « profil » de la jeune femme et ses nouvelles photos. Depuis, à chaque fois qu’il se connecte et visite le compte de son « ex », il a une sensation de souffle coupé.
Les auteurs ont demandé à la mère de mesurer le débit expiratoire de pointe chez son fils. Les valeurs étaient diminuées jusqu’à 20 % suite à « l’exposition » à Facebook.
Leur hypothèse est que l’hyperventilation provoquée par les visites angoissantes sur Facebook déclenche les crises. Ce qui, après l’exclusion d’autres facteurs environnementaux ou infectieux, expliquerait la péjoration récente de l’asthme.
D’aspect ludique, ce « case report » pourrait ne pas être un cas isolé. Les auteurs suggèrent qu’un « déclencheur virtuel » de type Facebook devrait être considéré lors de l’exacerbation inexpliquée d’un asthme.
Mine d’informations sur la vie privée des autres, Facebook peut aussi se transformer en nouvelle source de stress psychologique.