Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07034.jsonl.gz/138

Écrire et dessiner sont identiques en leur fond disait Paul Klee. Aussi est-ce de manière assez naturelle que les dessinateurs utilisent depuis fort longtemps, la plume et l’encre, un matériel peu encombrant, facile à transporter en toutes circonstances.
L’usage des plumes d’oiseaux (cygne, oie, corbeau), taillées à la main, est connue dès le VIe siècle.
En Occident, les plumes végétales apparaissent plus tard alors que déjà les scribes d’Egypte écrivaient et dessinaient avec le « calame » ou roseau.
Son usage permet un dessin au trait plus large.
Les plumes métalliques, fabriquées industriellement, se généralisent à partir du XIV siècle.
L’éventail des encres dont l’artiste dispose va des encres noires à base de carbone (noir de fumée), appelées plus couramment « encres de Chine », et de noix de galle et de sulfate de fer (virant au brun sous l’action du vieillissement), aux encres de couleurs comme le bistre, fabriqué à partir de suie de bois de hêtre, ou le sépia, issu du noir de seiche.
Cette technique, qui nécessite une grande habileté, offre toutes les modulations, du trait aigu de la plume aux valeurs les plus subtiles de l’encre posée en « lavis », c’est-à-dire étendue au pinceau.
Telle une écriture, le dessin à la plume et à l’encre permet les pleins et les déliés, la précision et la finesse du trait et offre toutes les gammes possibles d’expression, de la narration à l’évocation.
Cette technique est particulièrement révélatrice du tempérament de l’artiste.