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Le principe de cette initiativeest simple: interdire le financement des fabricants de matériel de guerre. Une entreprise est considérée comme telle lorsque plus de 5% de son chiffre d'affaires provient de ce commerce. Cette interdiction de financement concerne les grands instituts, comme la BNS, l'AVS-AI ou encore les caisses de pension.
Pour Léonore Porchet, invitée de La Matinale lundi, la Suisse n'a pas le pouvoir d'arrêter les conflits dans le monde, mais l'impact de sa place financière est très important: "25% des actifs sous gestion dans le monde sont basés en Suisse. Evidemment qu'on a un impact sur l'investissement dans le matériel de guerre."
Et de souligner qu'il n'y a jamais eu autant d'armes en circulation dans le monde depuis la fin de la guerre froide.
Une initiative "éthique" plutôt qu'utopique
Reconnaissant que la Suisse ne représente qu'une petite part du financement à travers le monde, la conseillère nationale vaudoise se défend toutefois de représenter une initiative utopique. Elle préfère le terme d'"éthique". Et de s'expliquer: "Actuellement, notre argent finance non seulement des armes autorisées, mais aussi des armes prohibées, dont des armes atomiques."
Pour elle, il s'agit donc non seulement d'un investissement "éthiquement insupportable", mais en plus il ne s'avère pas rentable.
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Mais ne faudrait-il pas plutôt agir directement au niveau international, plutôt qu'en promouvant une interdiction du financement uniquement en Suisse? "En commission, les Verts ont proposé d'interdire uniquement le financement des armes prohibées. Le plénum a refusé, préférant que le pays puisse continuer à investir dans des armes atomiques."
Des "flemmards" qui ont de la peine à "changer leurs habitudes"
Cette initiative existe, explique Léonore Porchet, parce qu'il y a des "gens flemmards" qui préfèrent continuer à investir dans les titres "qu'on a toujours soutenus". Ces investissements ont un impact éthique, notamment avec la mort de civils, mais aussi économiques, puisque selon une étude, "si en 2019 les caisses de pension avaient investi uniquement dans des fonds durables, elles auraient gagné 9 milliards de francs supplémentaires".
La rentabilité supplémentaire ne saurait être suffisante pour inciter d'eux-mêmes les investisseurs à modifier leurs portefeuilles. "Il y a un argument de confort: c'est si facile d'investir dans ces grands fonds, sans trop changer ses habitudes, alors que chercher des fonds éthiques demande un petit peu plus de travail."
Propos recueillis par Julien Bangerter
Adaptation web: Eric Butticaz