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Ce projet, à l'intersection de la sociologie du droit et de la sociologie du parcours de vie, vise à contribuer à une meilleure compréhension de la dynamique des sexes dans le divorce en étudiant l'impact des différents concepts d'égalité des sexes présents dans le contexte juridique sur la négociation des accords de divorce entre les couples de sexe différent avec enfants en Suisse.
Le plan de recherche consiste en
- une étude des sources juridiques,
- une enquête quantitative auprès des avocats suisses spécialisés en droit de la famille,
- des entretiens qualitatifs approfondis avec des avocats et des divorcés.
Problématiques de genre
Ce projet s'appuie sur des études empiriques sur les concepts d'égalité entre les sexes présents dans la pratique juridique suisse dans les années 1990 (Binkert & Wyss 1997) et dans les premières années du 21e siècle (Büchler et al. 2009). Dans les années 90, Binkert & Wyss (1997) ont identifié trois conceptions de l'égalité des sexes. L'interprétation traditionaliste considère que la division du travail selon le sexe est donnée par la nature, garantit que la position économiquement privilégiée du mari n'est pas remise en question et signifie que ses intérêts prévalent généralement. L'interprétation formaliste-égalitaire exige que la femme atteigne rapidement l'indépendance financière, ignorant la réalité de la répartition inégale des responsabilités de garde d'enfants après la séparation, et conduit à de faibles niveaux de pension alimentaire après le divorce. L'interprétation compensatoire considère les mères comme les principales dispensatrices de soins, qui doivent être compensées par de généreuses pensions alimentaires pour leur travail de soins, mais elle renforce également leur position en tant que dispensatrices de soins et mères. Notre projet vise à comprendre comment les concepts d'égalité des sexes ont évolué depuis l'étude de Binkert & Wyss.
Interdisciplinarité
L'interdisciplinarité est au cœur de notre projet qui s'appuie sur deux disciplines, le droit et la sociologie. Elle se reflète clairement dans l'équipe de recherche principale : un professeur de droit (Michelle Cottier), un doctorant en droit (Bindu Sahdeva), un professeur de sociologie (Eric D. Widmer) et une recherche post-doctorale en sociologie (Gaëlle Aeby). Les deux conférences mentionnées sont de bons exemples de ce travail interdisciplinaire fructueux.