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Didier Perret, directeur exécutif du Chimiscope à l’Université de Genève.
«Les atomes super lourds ne servent à rien mais ils font avancer la connaissance universelle par l’exploration des territoires inconnus de la science! Tous les atomes répertoriés sur Terre et dans l’Univers sont soigneusement rangés dans une sorte de ‹bibliothèque›, le tableau périodique des éléments, dont on doit l’agencement à Dmitri Mendeleïev, savant russe du XIXe siècle. Dans ce tableau, on dénombre 118 éléments différents, portant chacun un nom particulier (Hydrogène, Lithium, etc.), parmi lesquels se trouvent trente éléments exotiques qui n’existent pas dans le milieu naturel.»
«Ces trente éléments sont produits artificiellement, par exemple dans un réacteur nucléaire ou dans un accélérateur de particules. Les éléments super lourds figurent dans le tableau périodique après l’Uranium, élément naturel le plus lourd. Ces éléments à forte corpulence, difficiles à synthétiser (c’est-à-dire à créer), ont une longévité incroyablement courte, entre quelques secondes et quelques millièmes de seconde, ce qui les rend inutiles pour de quelconques applications.»
«Au sumo atomique, le champion des champions a le nom de code Uuo, abréviation de Ununoctium (118 en latin); son noyau possède 294 particules élémentaires. Seule une poignée de Uuo a été synthétisée à ce jour et n’a posé pour la photo finale qu’une fraction de milliseconde. Son nom définitif, lorsqu’il aura été validé le 8 novembre 2016, devrait être Oganesson (nom de code ‹Og›), en l’honneur du physicien russe Iouri Oganessian.»