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Pour pouvoir mieux comprendre la vie malgache, j'ai recueilli deux témoignages de jeunes femmes malgaches. Ces deux personnes que je connaît depuis l'âge de 15 ans ont chacune un parcoure de vie différent. Dans un premier temps, Erica a décidé de ne plus poursuivre ces études pour pouvoir assumer la garde de ces frères et sœurs. Dans un deuxième temps, Ando soutenue par sa mère se bat depuis jeune pour pouvoir poursuivre les études et faire se qu'elle aime. Elles vivent dans la même ville et ont le même âge, pourtant une a continué son parcoure scolaire tandis que l'autre a arrêté. Voici leurs histoires.
Erica est une fille de 20 ans qui a suivi les cours à Zazakely. Elle a pu, par la suite, poursuivre le gymnase étant très intelligente. C'était une bonne élève, elle aurait pu poursuivre ses études, mais la vie en a décidé autrement et certaines raisons l'ont poussée à arrêter son parcours scolaire. Voici son histoire, racontée par elle-même.
Mon nom est Erica, je suis l'aînée d'une famille de cinq enfants. Nous vivons avec mon père car ma mère est folle et ne peut pas s'occuper de nous. J'ai commencé l'école à l'âge de 4 ans. Par la suite, j'ai fait partie des premiers élèves de l'école Zazakely. Comme j'habite le quartier de Mahazina, j'ai pu suivre les cours de cette nouvelle école. L'association s'est développée, des nouveaux bâtiments et des nouvelles dispositions m'ont permis de poursuivre et de mener à bien mes études. Mon père a trouvé un boulot à l'association, il dessinait les figurines pour les brodeuses. Un jour, mon père voulait que je me marie avec un homme, mais j'ai refusé. Jusque là tout allait bien, je connaissais le quartier, j'y avais mes amis pour me soutenir. Ma pauvreté n'était pas flagrante car je vivais avec des personnes qui sont dans les mêmes conditions économiques que moi. Vers mes 18 ans, j'ai commencé le gymnase. Mais certains problèmes sont arrivés en même temps. Mon père s'est mit à boire et nous a abandonné. Le malaise a commencé à se propager, lorsque j'étais au Gymnase, on se moquait de moi. Il est vrai qu'à l'école, je n'avais pas de beaux habits et que mes pieds étaient malades, ce qui fait que je devais souvent manquer des cours. De plus, lorsque mon père est parti, j'ai dû m'occuper de mes frères et soeurs, car chez nous, c'est l'ainé qui doit s'occuper de la famille s'il y a un problème, c'est une question d'honneur et de respect. C'est alors que j'ai arrêté les études et que j'ai commencé à chercher du travail. Nous vivons dans une maison séparée en deux par une petite cloison, d'un côté il y a le lit et de l'autre le coin cuisine avec un « fatapéra » et une casserole. Nous ne mangions pas tous les jours et je n'arrivais plus à payer le loyer. Alors le propriétaire m'a menacée d'aller en prison. Un jour, des membres de l'association Zazakely m'ont proposé de m'aider pour que je puisse poursuivre mes études, ils ont commencé à financer la scolarisation de mes frères et sœurs et de moi-même et à payer le loyer que je n'arrivais plus à payer. Malgré cette aide, je n'ai plus suivi mes études. Par contre, mes frères et sœurs continuent leur parcours scolaire à Zazakely, ce qui leur permet d'avoir au moins un repas par jour. Maintenant, j'ai trouvé un travail comme institutrice à la campagne, où je peux en même temps cultiver du riz, du maïs, du manioc et des haricots avec mon frère Herizo.