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Les 25 ans des ALS coïncident avec un anniversaire dont il a beaucoup été question cette année : l'ouverture à Zurich du Cabaret Voltaire en 1916. Le centenaire de Dada et la présence dans nos collections des archives de Hugo Ball et d'Emmy Hennings nous ont conduits à placer cette année 2016 sous le signe des avant-gardes.
Si Dada a bien entendu été à l'honneur avec une grande rétrospective qu'il est possible de « visiter » dans ces pages, la modernité en Suisse n'a pas pris fin avec les fameuses soirées zurichoises, comme en témoignent les neuf petites expositions montées tout au long de l'année et consacrées notamment à Meret Oppenheim et aux liens entretenus par des écrivains suisses alémaniques avec Graz et la revue manuskripte dès les années 1960. Au sein des collections francophones des ALS, qui ne comptent pourtant pas de figures majeures de la modernité littéraire à l'exception notable de Blaise Cendrars, les échos de certaines avant-gardes sont également perceptibles.
Deux expositions, outre celle consacrée aux liens ambivalents que l'auteur de La Prose du Transsibérien a entretenus avec Dada et les surréalistes, explorent les formes (parfois paradoxales) prises par la modernité littéraire en Suisse romande : des jeunes écrivains réunis autour des Pénates d'argile puis de La Voile latine pour « réveiller chez nous un peu le goût littéraire qui est foutu » tout en adoptant des positions politiques réactionnaires à Grisélidis Réal qui profita de l'essor de la littérature érotique et du brouillage des genres engendré par les avant-gardes pour faire entendre sa voix. Si la Suisse romande a été peu perméable aux avant-gardes, l'on peut donc tout de même y déceler l'influence de certains courants qui ont marqué la littérature du siècle dernier - citons encore à titre d'exemple l'esthétique d'une Catherine Colomb, proche de celle du Nouveau roman ; les quelques partisans lausannois (Michel Contat) de l'existentialisme sartrien ; le dialogue de Jean Starobinski avec les avant-gar les critiques dès la fin de la guerre ; ou enfin l'oeuvre de Daniel Wilhem, élève de Barthes et fondateur de Furor, influencée notamment par le structuralisme.
Passim 18 | 2016 (PDF, 2 MB, 15.11.2016)Bulletin des Schweizerischen Literaturarchivs | Bulletin da l’Archiv svizzer da litteratura | Bollettino dell’Archivio svizzero di letteratura | Bulletin des Archives littéraires suisses
Dernière modification 17.11.2016