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L'Histoire de Crassier
La région de Crassier a été habité déjà à l'époque romaine. On a retrouvé en 1885 dans les environs une hache en pierre déposée au musée cantonal. Et il y a ce fameux acqueduc que les romains ont construit pour conduire les eaux de Divonne à Nyon.
Le village est donc ancien. Il appartenait aux nobles de Crassier déjà en 1135. En 1166, il se fit un accord entre le couvent de Bonmont et le chevalier Etienne de Crassier, prêt à partir pour la Terre Sainte. Jean, seigneur de ce lieu, qui fit son testament en 1280, avait épousé Alix de Mont. Il laissait quatre fils; Jaques, Girard, Jean et Nicolas. Le dernier seigneur de cette antique maison fut aussi un Etienne, vidomne de Nyon, qui, ayant commis un délit sur la personne du donzel (syndic) Denucletis, vit ses biens confisqués au profit de la maison de Savoie.
Le 6 octobre 1384, Bonne de Bourbon, contesse de Savoie, et son fils Amédée VII, inféodèrent la maison de Crassier à leur maître d'hôtel, Etienne Guerric, chevalier. Celui-ci eut pour successeur Noble François de Bruel, son neveu. Jean et Guillaume, fils du précédent, vendirent la seigneurie le 4 mars 1466 à Noble Aymonet Magnin. Son successeur fut son neveu Noble Amédée Favre, de Nyon. Jaques Favre, son fils, possédait la seigneurie en 1538. Vers cette date, celle-ci se partagea en deux parties égales possédées par diverses familles jusqu'à l'année 1607, où Noble Marc-Antoine Crespelany fit l'acquisition du tout. Il revendit la portion située sur le territoire vaudois à Noble Bernard d'Aubonne, seigneur de Lussery, le 16 août 1610. Le vendeur conserva l'autre moitié. La famille d'Aubonne la vendit en 1723 au comte Louis de Portes, seigneur de Coinsins, lieutenant-général au service du Piémont. Le 28 avril 1738, il acquit encore la seigneurie de Borex, du seigneur d'Arnex.
La "rénovation", qui comprend ces deux acquisitions, a été faite en faveur de Noble et Généreux Guillaume-Bernard de Portes, fils du dit Louis, par "patente" du 26 décembre 1772. La terre fut transmise ensuite à son fils Guillaume, qui la posséda jusqu'en 1798.
La partie française appartenait donc au commencement de la Révolution à la famille des Nobles de Prez. La partie vaudoise, quant à elle, a passé par héritage à la famille de Loriol qui possède, en particulier, le Bois d'Ely.
Les maisons seigneuriales de Crassier-Crassy
Mais où étaient donc les vraies maisons seigneuriales de Crassier-Crassy ? Les historiens sont perplexes, dont Monsieur Alfred Françon de Divonne, aujourd'hui décédé, qui pense qu'en fait il y en eut trois : la première et la plus ancienne se trouvait à Crassy. Il s'agit de la maison anciennement propriété Velasque act. Florin, située après la douane française, côté lac. Elle était caractérisée par une tour carrée, aujourd'hui décapitée. L'escalier est fort remarquable, notamment par ses voûtes chargées de très belles pierres de taille finement sculptées d'arabesques et de motifs religieux. On l'appela souvent "Le Prieuré", car ce fut là que demeura longtemps le prieur de Bonmont, dont les armoiries sont encore gravées au-dessus d'une des portes d'entrée.
Citons le passage au Prieuré le 4 juin 1420 du Pape Martin V et, en 1607 de celui du Pape Félix II.
Les deux autres maisons "seigneuriales" seraient évidemment le domaine de "La Tour" et le "Bois d'Ely".
Berne et la Savoie
Mais reprenons l'histoire proprement dite de Crassier pour rappeler - est-il nécessaire de le faire? - qu'en 1536 les Bernois, qui étaient partis au secours de Genève en conflit avec la Savoie, traversèrent le Pays de Vaud et celui de Gex... qu'ils conservèrent ! Crassier fit alors partie du baillage de Nyon. Berne rendit le Pays de Gex à la Savoie en 1567.
Les limites entre la souveraineté savoyarde et la souveraineté bernoise, soit donc entre le Pays de Gex et les baillages de Nyon et de Bonmont, ont été arrêtées au moment du Traité de Lausanne en 1564, et confirmées lors de diverses "visions" en 1568, 1574 et 1750.
On peut voir, dans la délimitation de 1750 que les deux villages voisins s'orthographiaient exactement de la même façon: Art. 13 "De là, tirant au Nord, nous sommes allés à la treizième borne que nous avons trouvée en bon état au bord du côté du couchant, déclinant au midy, du chemin public tendant dès le village de Bogi à Crassy, là où se forme un angle aigu d'une tatte appartenant à la communauté de Crassy sur Suisse, qui reste au levant rière les Etats de Berne, et un angle du grand marêt de Crassy sur France qui reste au couchant rière le Pays de Gex, à la distance de trois-cent vingt-deux toises et de quatre pieds de la précédente".
Dans les anciens actes, on trouve indifféremment les noms de Crassy et de Crassier employés pour l'une ou l'autre des deux parties du village. Les gens instruits (notaires, seigneurs, etc.) écrivaient plutôt "Crassier" et les gens du peuple plutôt "Crassy" - ceci dit sans aucune allusion quelconque!
Ce dernier hameau fait maintenant partie de la commune de Divonne.
Le tracé définitif de la frontière date donc de 1750. Pourtant en 1966, eut lieu encore une modification. En effet, avec la remise en état de la route Crassier-Bogis, la commune céda une bande de terrain le long de la route pour en gagner une au grand contour du Bois d'Ely et pour compenser également la correction du Boiron le long de la route de La Rippe. Là, deux méandres qui menaçaient la chaussée furent supprimés. Quelque dix ans après, on ne distingue déjà plus l'ancien tracé du cours d'eau.
Pour en savoir plus sur l'histoire de Crassier, ce magnifique livre est à votre disposition au bureau du greffe pour la somme de Fr. 20.-