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A l'occasion d'un nécessaire et salutaire travail de mémoire, la RTS rediffuse certains débats politiques qu'elle considère comme important.
Aujourd'hui venait le tour du face-à-face Christiane Brunner, conseillère nationale socialiste, Martin Chevallaz, vice-président de l'ASIN, sur l'EEE, en 1992. La gouaille poissonnière d'un côté, la dialectique proprette de l'autre.
Petite introduction didactique et chapitrage léger entre les thèmes divers: diktat de Bruxelles et dumping salarial.
Si la rédaction de la RTS se fait discrète sur la question bruxelloise, elle réagit fort justement sur celle des salaires et rappelle:
"La conviction, à l'époque, que la Suisse, si elle ne faisait pas le grand saut vers Bruxelles, pénaliserait gravement son économie. Une crainte pas du tout confirmée, le pays a même renforcé sa compétitivité depuis, grâce, notamment, aux accord bilatéraux avec l'Union européenne, il faut aussi le dire."
La petite concession de la fin - on est à la RTS tout de même - ne gâte pas la beauté de l'ensemble. Si les bilatérales sont une cause secondaire, pour ne pas dire une conséquence recherchée de l'action de l'UDC, l'essentiel est, bien sûr, de ne pas être entré dans l'Espace Economique Européen. Inutile de préciser que les Observateurs ont sorti leur stèle de marbre des grands jours pour marquer l'occasion; le champagne était déjà au frais, ça tombe bien !
Mais si ne pas entrer dans l'EEE, 20 ans plus tard, s'avère une bonne chose. Que penser de la campagne assidue de la SSR de l'époque, des pleurnicheries du "dimanche noir", des sujets de société sur tel ou tel péquenot qui avait décidé d'arrêter de se raser la moitié du visage en signe de protestation (authentique !), des cris d'orfraie d'une gauche qui découvrait la démocratie, et dont le fanatisme irrémédiable devait enfanter l'UDC ?
Que penser, en 2013, des menaces appuyées de la RTS, genou ployé devant le Conseil fédéral, qui, en cas de vote positif sur la libre circulation, nous promet les cavaliers de l'Apocalypse, la fin du monde en prime, dans les termes mêmes qu'elle utilisait en 2008 ?
Depuis l'existence même de la question européenne, jamais les faits ne sont venus confirmer les prophéties de malheur du parti socialiste et du Conseil fédéral. Tout le contraire, par son action démocratique, la Suisse a su éviter les travers de la mondialisation et des internationalismes qui éreintent les souverainetés et ont déjà mis plusieurs nations, et leurs populations, sur la paille. Et, pourtant, ignorant le soufflet des évidences, les voilà qui resservent les mêmes arguments, les mêmes menaces, les mêmes garanties, le même agenda, pas le nôtre, bien sûr, le leur, celui de l'Union européenne. Ils avaient tort hier, n'ont rien changé depuis et auraient soudain raison aujourd'hui; par quel miracle ?
A nous de voir ce que nous voulons faire de 2014.