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L'évangile sur la correction fraternelle appartient à la catégorie des textes qu'il convient d'interpréter de façon prudente et lucide pour ne pas tomber dans des impasses ou des indélicatesses. Deux difficultés apparaissent rapidement qu'on pourrait illustrer par la différence qu'on perçoit parfois entre la mentalité villageoise et citadine.
A la campagne, tout le monde se connaît. On est au courant des travers des uns et des autres. L'inconvénient c'est que l'on sent derrière des visages aux allures de compréhension et même d'approbation, une hypocrisie certaine. Il s'en dit des choses sur notre compte, derrière notre dos, ces choses qui, dites franchement, pourraient êtres salutaires.
Dans les localités, au contraire, on se sent moins épié, surveillé. L'anonymat des villes peut paraître bénéfique pour celui ou celle qui ne supporte pas l'ingérence des autres dans sa vie publique ou privée. Mais rapidement ce sentiment de liberté peut être rongé par la plaie de l'indifférence et de l'individualisme. « Fais ce que tu veux, pourvu que cela ne me dérange pas ».
Ingérence malsaine et indifférence coupable : le Christ n'en veut pas dans son Église. Il désire plutôt un esprit de communauté et de fraternité. Si tu veux corriger quelqu'un, il faut d'abord que tu aies à son égard les mêmes sentiments que pour un frère bien-aimé. Ensuite tout deviendra possible pour le bien de tous.