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Le décès d’une patiente ou d'un patient qui survient lors du séjour à l’hôpital constitue un événement majeur qui oblige une institution à comprendre ce qui s’est passé.
L’indicateur de mortalité hospitalière témoigne de la mortalité durant le séjour hospitalier. Les indicateurs actuellement utilisés permettent d’indiquer la mortalité spécifique à une maladie, ou à un type d’intervention, dont le taux de décès peut révéler un défaut de qualité des soins.
Il s’agit cependant d’une évaluation partielle. En effet, lorsqu’un patient ou une patiente meurt après sa sortie de l’hôpital, son décès n’est pas pris en compte dans la statistique de l’établissement qui l’a pris en charge.
Par ailleurs, cet indicateur est pondéré par un taux attendu de mortalité en fonction de l’âge et du sexe du patient ou de la patiente. La prise en compte de ces deux paramètres est très importante: plus l’âge d’une patiente ou d'un patient est avancé, plus le risque de décéder augmente. Néanmoins, il serait encore plus pertinent de prendre en compte l’ensemble des maladies dont elle ou il souffre, par exemple un diabète, une insuffisance cardiaque, une maladie neurologique, etc. L’identification de toutes ses pathologies permettrait de mieux définir le degré de sévérité de la situation. Tel qu’il est défini aujourd’hui, l’indicateur de mortalité hospitalière ne prend pas ces éléments en compte. Cette lacune constitue l’une des limites de cet indicateur.
L’indicateur national de mortalité hospitalière est fourni aux hôpitaux par l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) dans un délai d’au moins deux ans. Pour analyser des informations plus récentes, le CHUV s’appuie sur les indicateurs calculés dans le cadre de l’Initiative pour la qualité en médecine (IQM). Cette association allemande pour la promotion de la qualité en médecine est également à l’origine d’une démarche d’analyse des décès par une équipe médico-soignante issue d’autres hôpitaux.
En 2017, 16 dossiers de patients et patientes, décédé-e-s après avoir été hospitalisé-e-s pour un accident vasculaire cérébral, ont été examinés. La démarche de revue par les pairs élaborée en Allemagne consiste à faire examiner les dossiers de patients et patientes décédé-e-s par des médecins et des infirmiers et infirmières issus d’autres institutions membres de l’IQM.
Dans un premier temps, 13 professionnels et professionnelles, les uns et les unes issu-e-s de sept services de l’hôpital (Service de neurologie, Service de médecine intensive adulte, Service de neuroréadaptation, Service des urgences, Service de neurochirurgie, Service de radiodiagnostic et de radiologie interventionnelle), les autres faisant partie de l’équipe du Centre cérébrovasculaire du CHUV, ont examiné 16 dossiers. Ensemble, ils et elles ont discuté des étapes de la prise en charge, de la manière dont les décisions cliniques avaient été prises et des traitements réalisés. Ensuite, une équipe de sept médecins, infirmières et infirmiers d’hôpitaux allemands et suisses alémaniques, est venue à Lausanne afin d’analyser les mêmes situations et en discuter avec l’équipe clinique du CHUV.
Le déroulement de la revue a permis de mettre en évidence que les standards de bonnes pratiques cliniques étaient très bien respectés par l’équipe du Centre cérébrovasculaire. Quelques pistes d’amélioration ont néanmoins été proposées. L’une d’elles consiste à inclure plus rapidement les soins palliatifs dans la prise en charge, lorsque l’évolution du patient ou de la patiente le requiert. Il s’agira aussi d’orienter plus rapidement le patient ou la patiente vers l’équipe du Centre cérébrovasculaire lorsqu’un accident vasculaire cérébral survient lors d’un séjour dans un autre service du CHUV.
Taux du CHUV dans la norme
Taux du CHUV au dessus de la norme
Norme
Nombre de cas
Lorsque le taux de mortalité hospitalière observé au CHUV est au-dessus de la valeur attendue, les équipes cliniques analysent les causes de ce résultat. Pour un certain nombre de situations, le taux élevé s’explique avant tout par la gravité de l’état des patient-e-s. En tant qu’hôpital de référence, le CHUV a la responsabilité de prendre en charge les patient-e-s les plus sévèrement atteint-e-s. L’indicateur de mortalité ne prend cependant pas ce facteur en compte. C’est ce qui peut expliquer, par exemple, la mortalité observée plus élevée qu’attendue pour les coronarographies ou la chirurgie colorectale.
Dans certaines situations, pour lesquelles la mortalité est très rare, un seul décès peut faire varier le taux de manière très importante. C’est le cas pour l’ablation de la vésicule biliaire ou l’accident ischémique transitoire.
Les études multicentriques ont montré qu'après un AVC, les traitements de recanalisation ne réduisent pas la mortalité, mais le handicap. De plus, lors d’un AVC massif, c’est un projet de soins palliatifs qui est souvent décidé, et qui vise à accompagner le patient jusqu’à son décès sans avoir à le transférer dans une autre structure hospitalière. Dès lors, l'évaluation de la mortalité requiert une analyse différenciée de ces diverses situations.
En 2018, les situations de patient-e-s décédé-e-s continueront à être analysées lorsque le taux de mortalité observé sera plus élevé qu’attendu. Une équipe de médecins et infirmiers du CHUV sera formée lors de la revue par les pairs. Destinée à la réalisation de revues dans d’autres hôpitaux, cette formation permettra aussi au CHUV d’en bénéficier pour améliorer la revue interprofessionnelle de dossiers dans le cadre des colloques mortalité-morbidité.