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|Remarque : ceci est un travail de maturité = baccalauréat.

Il n'a pas de caution médicale, ou autre, et, bien que cette éléve ait fait un travail qui a obtenu la note TB dans le contexte scolaire, il ne peut prétendre être une source fiable d'informations !

Table des matieres
En observant les moyens que nous avons aujourd'hui à notre disposition pour nous soigner et remédier à nos maux, je me suis posée la question suivante : d'où tenons-nous toutes nos connaissances médicales ? On répondrait qu'elles viennent bien évidemment de la science. Mais la science n'a pas toujours existé ou, du moins, il a fallu la développer, dans un premier temps, avant de pouvoir l'utiliser ! En effet, elle a fait sa toute première apparition dans l'Antiquité, mais était que très primitive face à la science actuelle. Il était alors impensable de s'en servire pour élaborer des médicaments comme nous le faisons de nos jours.
Mais sur quoi se basaient alors les anciens guérisseurs, si cette science que nous connaissons au 20ème siècle et qui nous est si chère, leur était inconnue ? Et comment faisaient-ils pour mettre au point des remèdes contre leurs maladies ?
Dès son apparition, l'homme s'oriente rapidement vers le monde végétal, omniprésent autour de lui et qui lui offre déjà une source de nourriture, pour tenter de calmer ses maux. Les premiers sorciers-guérisseurs connaissaient déjà des plantes comme la Camomille, le Chanvre, le Pavot, etc., dont ils ont appris les effets sur la maladie par l'expérience et une observation attentive, ce qui leur vaut un certain prestige au sein de la communauté. Cet intérêt tout particulier qu'on porte à l'art de guérir se remarque également tout au long de l'histoire.
"Très tôt au cours de l'évolution, les hommes pour se soigner, utilisèrent les ressources présentes dans leur environnement naturel. Les plantes tinrent une place très importante qui ne s'est jamais démentie (…) ". (Kassel,2003)(Il s'agit de référence bibliographiques)
Les plantes, dont on ne connaît pas précisément les effets, en-dehors du fait qu'on les a observés un grand nombre de fois, occupent une place importante dans la société, car elles sont associées aux croyances et à la magie. C'est sans doute par le fait qu'elles sont perçues à travers la culture de chaque époque qu'elles auront toujours une place relativement importante dans la médecine au cours de l'histoire.
" On a souvent, tout au long de l'histoire, franchi les frontière du rationnel et confondu l'action curative d'un médicament et la magie dont les limites sont souvent peu perceptibles […]. Leurs propriétés tour à tour curatives et toxiques ont forgé l'approche matérialo-spirituelle de l'homme vis-à-vis de la maladie ". (Roguet/1988) (Kassel,2003)
Tout d'abord, je voudrait dire qu'il a été relativement difficile pour moi de me limiter à un seul sujet, car en effet, la science, et la botanique en particulier, est un domaine qui m'intéresse énormément. Il a été donc pénible de ne traiter qu'une toute petite partie des plantes, car je déviais constamment sur des points sans doute très intéressants, mais qui n'avaient aucun rapport avec ce que j'étais sensée chercher. C'est un problème auquel on peut être soumis, dans ce genre de travail, lorsqu'on choisis quelque chose qui nous tient à cœur. Fort heureusement, j'étais suivie par une personne qui a su, quand il fallait, me rappeler quel était mon véritable objectif. Dans un premier temps, très intéressée et motivée par mon sujet, je ne me suis pas tout de suite rendue compte de son incroyable ampleur. Je me suis rapidement mise en quête d'ouvrages concernant les plantes médicinales. On m'en a très aimablement apporté et recommandé, ce qui m'a permis de me retrouver rapidement avec une grande quantités de livres de toute sorte dont je n'en est retenu que quelques uns. C'est en parcourant les ouvrages en question, et en commençant à relever les points qui me semblaient importants, que je me suis alors aperçue de la grandeur de mon sujet. Ne savant plus où donner de la tête, il m'a vite fallut le resserrer en sélectionnant quelques époques précises de l'histoire, puis, je me suis limitée dans mes recherches au périmètre de l'Europe.
Mon maître accompagnant, Monsieur François LOMBARD, m'avait fortement recommandé de prendre contact avec une connaissance, Monsieur Bruno STRASSER travaillant à l'institut de l'histoire de la médecine (Genève) dont l'aide lui semblait non-négligeable pour mon travail. En effet, en le rencontrant suffisamment tôt, ce dernier a pu me donner quelques conseils pour la suite. Il m'a donné un choix de certaines époques importantes que je devais étudier et m'a recommandé un ouvrage de référence, qui m'a d'ailleurs été d'une grande utilité. J'avoue qu'il m'avait également mis en garde que dans certains cas je n'allais pas forcément trouver de réponses à ma question, mais je n'en n'ai pas vraiment tenu compte.
A une période relativement avancée, il m'a fallu focaliser mes recherches sur une certaine partie du monde, en l'occurrence l'Europe, car il était beaucoup trop ambitieux d'entreprendre une étude des multiples civilisations réparties aux quatre coins de la planète. Avec le recul, j'aurais dû remarquer ce dernier point bien plus tôt pour m'éviter une " sacrée " perte de temps.Après les modifications qui s'imposaient, le but de mon travail était alors de se faire une idée des l'explications de l'efficacité des plantes médicinales au cours du temps en se référant aux civilisations greco-romaine, médiévale, du 17ème, du 19ème et de l'époque actuelle (c'est-à-dire le 20ème et 21ème siècle) en Europe.
Dans ce qui suit, j'ai tenté, pour chaque période étudiée, un rapide survol des principaux événements historiques susceptibles d'avoir influencé la médecine, et une brève description des valeurs de l'époque qui ont formé les esprits. A partir de cela, je voulais mettre en évidence des théories explicatives de l'action des plantes marquantes et en donner quelques exemples avec certaines plantes. Pour les 19ème, 20ème et 21ème siècles, j'ai fait fusionner ces deux derniers points, car ils étaient pratiquement indissociables. Bien sûr, tout ce qui est affirmé dans cette section de mon travail est tiré, ou fortement inspiré, de ce que j'ai pu lire des les ouvrages que j'avais à ma disposition.
Ensuite, après ce petit historique des époques, j'ai entrepris une analyse, regroupant les principaux points permettant ainsi d'avoir un aperçu de la phytothérapie dans l'histoire.
Enfin, j'ai conclu mon travail en mettant en avant certaines observations faites au fil de cette étude qui m'ont particulièrement intéressées.
Voici tout d'abord, quelques définitions pour avoir les idées claires !
Les théories explicatives : sont un ensemble de lois et règles, démontrant, ici, les valeurs thérapeutiques des plantes médicinales, soumises à une vérification expérimentale pour pouvoir établir une vérité scientifique.
Plante médicinale ou officinale : Les plantes sont dites médicinales, lorsqu'un de leurs organes possède des activités pharmacologiques, pouvant conduire à des emplois thérapeutiques. On utilise généralement qu'une partie de la plante : la racine, la feuille, la fleur, la graine, … la plus riche en principe actif.
La thérapie : c'est art d'utiliser les médicaments chez l'Homme malade, en tenant compte du comportement individuel de chacun et en s'appuyant sur les propriétés pharmacologiques de divers médicaments, considérés isolément et associés entre eux.
Phytothérapie : vient des mots grecs " Phuton " (plantes) et " Therapeia " (traitement), ce qui signifie donc traitement des maladies par les plantes. Elle inclut l'aromathérapie, qui utilise des plantes produisant des essences végétales, et la gemmothérapie, qui utilise les bourgeons ou jeunes pousses.
Une drogue : est une matière première naturelle : racine, feuille, fleur, graine, … servant à la fabrication des médicaments.
Un médicament : est un produit élaboré, administré à des doses convenables en vue de prévenir ou de guérir la maladie.
Les principes actifs : sont des composants naturels dans une plante médicinale lui conférant sont activité thérapeutique. Ces composants sont souvent en quantité extrêmement faible, mais libérés de leur support végétal, ils sont mieux et totalement assimilés par l'organisme.
Le médicament de synthèse : est un médicament dans lequel on cherche à favoriser l'activité d'un principe actif précis tout en atténuant les autres effets qui peuvent interagirent. On obtient alors un médicament plus facile à prescrire, car il n'a plus qu'une fonction sur l'organisme, à l'opposé de la drogue végétale.
Les Grecs ont hérité des Perses une grande partie des connaissances des civilisations orientales qui leurs étaient antérieures.
La thérapeutique grecque a été très fortement associée à la mythologie et donc à la magie et la superstition.
" Dans la mythologie grecque, le dieu de la médecine n'est qu'autre qu'Asclépios, fils d'Apollon " (Roguet/1988) et dont les Asclépiades (prêtres-médecins) passaient pour ses descendants.
Il existait, à cette époque, une institution nommée charlatanisme dans laquelle on " soignait plus le psychisme des patients que leurs maladies ". (Roguet/1988)
On peut cité parmi les grandes figures de cette civilisation :
Hippocrate (460-377), médecin-philosophe célèbre avec qui la thérapie devient scientifique. Il est le premier à sortir du flou de la philosophie et à donner des causes naturelles aux maladies : " Le praticien par sa thérapie aide les forces régénératrices de la nature ". Il fut appelé le père de la médecine.
Théophraste (372-288), élève d'Aristote qui, dans son ouvrage intitulé Histoire des plantes, décrit de nombreuses plantes grecques et étrangères, et mentionne leur divers usages. Cet ouvrage sera repris plus tard par Charlemagne. Théophraste fut appelé le père de la botanique scientifique.
(cf. figure 1)Galien (2e siècle avant J.-C.), médecin grec de Marc-Aurèle, qui ramenait comme tous les médecins romains de l'époque aux quatre éléments fondamentaux : le chaud, le froid, le sec et l'humide, dont un savant équilibre constitue la santé. Il fut appelé le père de la pharmacie, car il su coordonner les connaissances de son époques.Dioscoride (1er siècle après J.-C.), médecin grec de l'empereur Néron, inventorie 520 espèces de plantes dans la Matière Médicale (De Materia Medica), donnant synonymes, origine, mode de récolte, préparation et application médicale de chaque plante. Ce traité fit autorité en Europe jusqu'au Moyen Age. Il fut considéré comme le père spirituel de la pharmacognosie (étude des médicaments d'origine animale ou végétale). (cf. figure 2)Pline l'Ancien, naturaliste et écrivain latin, cristallisa une idée dont on devrait retrouver l'origine dans la Grèce antique mais qui existait sous diverses formes dans les cultures du monde entier. Elle fut, plus tard, formulée par Paracelse dans la célèbre théorie des signatures
Plusieurs répertoires de plantes médicinales ont vu le jour: Caton l'Ancien (234-149) écrivit De re rustica, Celse (début de notre ère) publia De re medica, etc. Les ouvrages antiques furent, pour la plupart, considérés comme des références jusqu'à la Renaissance.
Les nombreuses conquêtes d'Alexandre le Grand ont facilité les échanges avec l'Orient. De cette manière, les Grecs ont pu découvrir de nouvelles drogues végétales comme la Cannelle, la Coriandre, la Cardamome, le Gingembre, etc. A l'école d'Alexandrie, on porte une grande importance à ce que Hippocrate a enseigné plus d'un demi siècle auparavant. Une autre école, l'école Empirique, est basée, comme son nom l'indique, sur la seule expérience. Mais elle va disparaître rapidement, faute de théorie philosophique, très appréciées à l'époque. Elle promouvait la poly-pharmacie qui a continué d'exister longtemps après, notamment, en devenant une mode chez les souverains de l'époques, dont Cléopâtre, Artémise, etc. La thériaque, inventée par Andromaque, médecin de l'empereur Néron, est l'un de ses remèdes les plus célèbres : composée d'une centaine de drogues végétales et considérée comme une panacée, elle pouvait guérir autant de maladies qu'elles avait de composants.
Les multiples temples dédiés à Esculape (Asclépios chez les Grecs) témoignent de l'importance du dieu-médecin pour les Romains.
Sous l'empereur Auguste, " l'Empire romain vit son âge d'or où les arts sont fortement mis en avant ". (Dousset,1985)
L'art médical romain est inspiré de la thérapie grecque mais aussi étrusque (7e-1er siècle av. J.-C.) fondée sur la magie. En effet, cette civilisation était très attaché à ses rites religieux. Pour eux, " il existe des liens entre le macrocosme et la microcosme, ainsi qu'entre le monde divin et celui des humains ". (Dousset,1985)
Les Romains n'ont pas beaucoup contribué aux développement de la médecine. En général, les médecins étaient d'origine grecque.
En Gaule, la fonction de guérisseur était remplie par les druides. Cette civilisation est connue pour ses rituels de cueillettes. La base des remèdes était d'eau minérale et de plantes récoltées au solstice d'été, avant le lever du soleil.
L'occupation de certaines régions de la Gaule des troupes romaines a eu une grande influence sur la thérapie gauloise. Elle s'est beaucoup inspirée de celle des envahisseurs. En dehors de ça, la civilisation gauloise nous a laissé relativement peu de témoignages de ses usages médicaux, pour la simple et bonne raison qu'il ne lui était pas coutume de les transmettre par écrit.
Les druides formaient une classe supérieure de la société gauloise. On reconnaissait leur rôle de guérisseur comme étant d'une grande d'importance. Mais c'est également pour cela que Jules César et ses successeurs s'acharnaient à les persécuter.
A partir du 5ème siècle av. J.-C., la médecine commencé à se détacher de la religion.
" Les divinités ont une grande importance dans la médecine de l'époque classique ". (Roguet/1988) Par exemple, Péon, médecin des dieux, donna son nom à la Pivoine (Paeonia sp.) ; Chiron, maître d'Asclépios, fut divinisé sous la forme d'un centaure et prêta ainsi son nom à la Centaurée avec laquelle il soigna son pieds de la blessure que Hercule lui avait fait ; l'Héraclion est associé Hercule ; les Grecs appelèrent panacées les plantes utilisées en thérapeutique, placées sous la protection de Panacéa, fille d'Asclépios ; etc.Les connaissances médicales acquises au cours des siècles n'ont pas des réelles approches théoriques, ni de recherches pour comprendre le mode d'action des plantes.Hippocrate (cf. figure 3) pensait que " le corps humain se guérissait de lui-même et qu'il suffisait de l'y aider un peu avec quelques remèdes et un régime adéquat ". (A.R. Thomson/1987) En effet, il pensait que le maladie ne devaient pas être interrompues par des drogues, mais que ces dernières pouvaient l'adoucir. " La nature est le premier médecin et ce n'est qu'en favorisant ses effets que l'on obtient quelques succès " disait-il. Plus de 230 plantes médicinales apparaissent dans le Corpus Hippocraticum (paru cent ans après sa mort) dans lequel il préconisait des élixirs favorisant une vie harmonise.
Ce fut l'un des seuls à ne pas associer la démonologie aux pouvoirs thérapeutiques des plantes et à introduire la " thérapie rationnelle à l'échelle humaine " en posant les bases de l'éthique médicale qui sont : l'observation, la logique et la morale. Il affirmait que " chaque maladie a une cause naturelle ", ou encore " chaque maladie a ses remèdes particuliers ".
La doctrine humorale d'Hippocrate affirme qu'il existe quatre qualités : le chaud, le froid, le sec et l'humide ; et quatre humeurs (nom donné à des liquides de l'organisme) : le sang, le flegme (sécrétion des fosses nasales censée provenir du cerveau), la bile jaune et la bile noire. La santé résulte de l'équilibre de ces humeurs. Les remèdes convenant à une maladie doivent avoir l'effet opposé de celle-ci pour permettre de retrouver cet équilibre.
Galien, le plus grand médecin de Rome, médecin de l'empereur Marc-Aurèle, a laissé une pharmacopée qui durant tout le Moyen Age fut à l'honneur.
Il a repris la doctrine d'Hippocrate en se permettant quelques modifications et en la complétant de celle d'Empédocle (médecin du temps de la civilisation grecque dont la doctrine, basée sur le même principe que celle d'Hippocrate, affirmait que le monde matériel était formé de combinaisons de quatre éléments : l'eau, la terre, l'air et le feu). Ainsi, pour Galien, l'origine des maladies vient d'un déséquilibre des humeurs. Il est alors possible de connaître la provenance de la maladie d'après la composition de l'urine. Cette doctrine a été respectée jusqu'à la Renaissance.
Il remarque aussi qu'il faut prendre en compte l'âge, la constitution du malade et les conditions dans lesquelles il se trouve pour pouvoir prescrire à ce dernier un remède adéquat.
Contrairement à la religion de son époque qui dominait l'Antiquité, Galien se disait monothéiste : " Mes livres sont des hymnes à celui qui nous a fait. Il vaut mieux décrire la perfection de ses œuvres que de lui immoler des centaines de taureaux ". De cette manière, il a gagné la confiance des Eglises hébraïque, chrétienne et arabe, et l'appui de leur médecins.
(tiré de Dousset,1985)
Pour les druides, le Gui est le symbole de la vie perpétuelle, car cette plante, toujours verte, surmonte un arbre mort.
Chez les Gaulois déjà, la coutume était de s'embrasser lorsque l'on passait sous du gui. (cf. figure 4)
Plante sacrée également source de remèdes, le Gui évoque le développement d'un cancer poussant au dépens d'autres plantes et chaque boule est vue comme un amas de cellules cancéreuses. Il comporte effectivement des protides spéciaux capables d'arrêter la division des cellule cancéreuses.
Les druides avaient tout un rituel pour la cueillette de cette plante : elle devait avoir lieu le sixième jour de Lune et le Gui devait être récolté sur un chêne ce qui était relativement rare à observer. De cette manière, il passait pour augmenter la fécondité des femmes.
Elle était connue depuis la plus haute Antiquité. Hippocrate lui reconnaissait de nombreuses qualités thérapeutique, mais ni lui ni ses successeurs ne firent la moindre allusion à son origine et ses propriétés magiques. La mandragore a acquit sa réputation de plante infernale longtemps après ses premières utilisations médicales.
Une légende antique affirmait que Morphée, dieu du sommeil, secouait chaque soir ses pavots sur les pauvres mortels, les arrachant le temps d'un songe à leurs soucis et à leur misère.
Déméter, déesse grecque de la terre (Cérès pour les Romains), folle de désespoir après l'enlèvement de sa fille Perséphone par Pluton, consume des pavots pour oublier son chagrin. Le pavot apparaît alors comme un hommage symbolique offert par la terre à la déesse : terre qui apporte l'oubli et le sommeil.
La très grande quantité de graines que comporte une capsule représente l'abondance et la fertilité.
Dans la mythologie, Hélène offre une coupe de vin à Télémaque, dans laquelle elle ajoute " une substance qui dissipe la tristesse, calme la douleur et fait oublier les maux ", à base d'opium.
Plutarque raconte que la Camomille (appelée Parthenion dans l'Antiquité), utilisée alors pour soigner les fièvres intermittentes, était un don de la déesse Athéna et possédait des vertus magiques qui ont permis de soigner un ouvrier blessé mortellement lors de la construction des Propylées.
L'Armoise, favorisant certaines fonctions physiologiques sous la protection d'Artémis, était appelée Artemisia par les Grecs.
Le millefeuille était préconisé comme anti-inflammatoire, qui aurait soigner le talon d'Achille, et que les Romains auraient appelé Achillea millefolium.
L'empire romain tombe en décadence au 3ème siècle et en 476 l'Empire romain d'Occident sombre. Seul celui d'Orient, l'Empire Byzantin, se maintient. La culture gréco-romaine disparaît, et avec elle beaucoup de connaissances médicinales qu'elle avait accumulé. Lors du déclin de Rome, l'héritage d'Hippocrate, de Dioscoride et de Galien sera recueilli au Moyen Orient par Byzance, permettant ainsi la conservation de cette tradition médicale et la mêle à des connaissances venues d'Indes et d'Arabie. L'Orient médiéval islamique a connu des génies dont Avicenne, médecin et philosophe iranien, à qui on doit plusieurs traités majeurs, véritables synthèses du savoir de cette époque en botanique, herboristerie mais aussi dans toutes les sciences.
" L'Europe vit, en marge de la brillante civilisation islamique, une période d'obscurantisme scientifique ". (Roguet/1988) Les invasion barbares et les épidémies dévastatrices auxquelles l'Europe est soumise et contre lesquelles la médecine est impuissante empêchent toute évolution culturelle et scientifique.
La tradition phytothérapie fut néanmoins conservée par le clergé qui assurait les soins des malades. Charlemagne (vers 820 après J.-C.) recommandait la culture de 88 plantes médicinales. Il tenta d'élever le niveau intellectuel du clergé en créant des écoles religieuses où l'étude des plantes médicinales était la base de l'enseignement en pharmacie.
Les moines érudits recherchaient, transcrivaient et copiaient des maîtres greco-romains. Ils cultivaient les plantes médicinales dans leur jardin et composaient des remèdes simples (formés d'une seule substance ou qui n'ont pas subis de préparation). A cette époque, ont été publié des " hortuli ", véritables méthodes décrivant la façon de cultiver, de récolter et de conserver les plantes.
Au cours du 12e siècle, l'Eglise a interdit l'étude et l'exercice de la médecine dans les couvents. Les moines-médecins les quittèrent et s'établirent médecins, marchands et préparateurs de médicaments. " C'est la laïcisation progressive de la pharmacie ". (Dousset,1985)
Durant l'époque médiévale, " la phytothérapie reste dans ses maux ancestraux que sont la magie et la sorcellerie ". (Roguet/1988)
La Jusquiame noire, la Belladone et la Mandragore étaient considérées comme des plantes du malin et jouèrent un grand rôle en sorcellerie ; " c'est sans doute pourquoi ces précieux végétaux ne furent acceptés dans la pharmacopée de Londres qu'en 1809 " (A.R.Thomson/1987)Le peuple, désemparé par l'épidémie de la peste pulmonaire apparue en 1347 et face à laquelle il ne pouvait strictement rien faire, cherchait, à défaut d'explications rationnelles, des causes surnaturelles à son mal.
Le collège des médecins parisiens met lui-même, en tête des causes de la peste, " la conjoncture du 20 mars 1345, de Jupiter, Saturne et Mars, ainsi que la rencontre, le 6 octobre 1347, dans le signe du Lion, de Mars et de la tête du Dragon ". (Dousset,1985)
La population est la proie des guérisseurs et charlatans.
Les plus pieux se réfugient dans la prière. " Le meilleur intercesseur semble être Saint Sébastien dont le corps, percé de flèches, passe pour préfigurant des pestiférés ". (Dousset,1985)
Dénommée au Moyen Age par déformation du nom grecque Mandagloire ou Main de gloire, elle est appelée aussi Planta semihominis, Belladone sans tige, Herbe aux magiciens, Homme planté, Plante des sorciers,… .
C'est à cette époque que la mandragore a prit une importance exceptionnelle, que ses vertus médicinales ne justifient cependant pas.
A l'époque, le niveau de connaissance du monde, le mélange entre science et religion, les superstitions et croyances diverses, et le goût du secret ont fortement contribué sa réputation. C'est pour cela que la forme humaine de la racine a toujours conféré un pouvoir surnaturel et aphrodisiaque à cette plante. (cf. figure 5)
Il a fait son apparition au temps des Croisades. Les Croisés avaient eu connaissance de son existence et de son utilisation en Orient. L'ordre des Ismaéliens fanatisait ses guerriers en les grisant avec l'herbe sacrée, le Chanvre Indien ou Hachisch. Ceux-ci, faisant régner la terreur, furent alors appelés hachachins, puis, déformé par l'évolution de la langue, deviendra assassin. (Tiré de Dousset,1985)
L'invention et le progrès de l'imprimerie permettent une diffusion des connaissances de l'époque. De nombreux ouvrages consacrés à la thérapeutique paraissent (répertoires de noms de plantes, recueils alphabétiques des drogues, traductions des œuvres de anciens, etc.) destinés à un large public.
" La Renaissance est l'époque de vive effervescence intellectuelle qui se manifeste dans tous les domaines ". (Dousset,1985) De grands humanistes permettent à la médecine de sortir du Moyen Age. La pratique de la dissection, longtemps interdite par l'Eglise, fait faire de grand progrès à la connaissance de l'anatomie. Une nouvelle médecine prend forme faisant appel à l'observation, à l'expérience et au résonnement mathématique. La santé de l'homme est l'objet d'une recherche minutieuse. Le roi Charles VIII affirme : " l'apothicairerie est un art privilégié qui mérite l'attention particulière du gouvernement comme intéressant essentiellement la vie et la santé (…) et qu'il est expédient, voir très nécessaire, que les personnes qui s'en entremettent soient sages, expertes et connaissent lesdits ouvrages et marchandises et en soient bien et dûment éprouvées et expérimentées ". (Dousset,1985)Vers 1670, la botanique commence à se séparer de la médecine, " pour le plus grand bien de ces deux sciences ". (A.R.Thomson/1987)" Un virage important est pris grâce au suisse Theophrastus Bombatus von Hohenheim, appelé Paracelse (1493-1541) ". (Roguet/1988) Médecin et alchimiste, il recherchait un médicament spécifique pour chaque maladie, impliquant la notion de principe actif. Il a révolutionné la médecine en affirmant que " tout est poison, rien est poison, il n'y a que la dose qui change ". Selon lui, il était inutile de mélanger les substances comme cela se pratiquait couramment à l'époque, mais il s'efforçait d'identifier un médicament spécifique pour chaque maladie.Certains médecins de l'époque, dont Ambroise Paré, condamnaient les élixirs, poudres et autres remèdes magiques, jugés selon eux inefficaces. Mais cette vision n'était pas partagée par tous les savants de l'époque. Le peuple, quant à lui, a toujours été féru des remèdes- miracles. Dans la pratique, jusqu'au 18ème siècle, les médications des médecins-guérisseurs sont établies en puisant dans les règnes végétal, minéral et animal. Elles sont également fortes en empreintes de pratiques magiques et, pour beaucoup d'entre elles, fondées sur l'irrationnel.
L'exploration du monde (Asie, Amérique) s'accompagne de la découverte d'une multitude de nouvelles plantes et des pratiquent des populations étrangères.
" Les végétaux [selon Paracelse] avaient été créés pour le plus grand bien de l'homme ; chacun avait été doté par le Créateur d'un signe reconnaissable, permettant d'identifier l'usage auquel il était destiné ". (A.R.Thomson/1987) Selon la théorie des signatures formulée à la Renaissance par Paracelse, l'homme et ses maladies font partie intégrante de la nature et il existe des analogies (forme, couleur, consistance,…) entre la maladie, l'organe malade et la plante destinée à les guérir. (cf. figure 6)
Avec ces idées quelque peu farfelues, " il ne fallut pas longtemps pour que la théorie des signature soit discréditée " (A.R.Thomson/1987), mais la réputation ainsi acquise par certaines plantes ne disparu pas facilement et l'on en retrouve encore des vestiges aujourd'hui.Une autre théorie de l'époque, la théorie de Champier, peut être formulée de la manière suivante : " il faut s'adresser à la pharmacopée locale et aux médicaments que la nature met à notre disposition car ils doivent être appropriés à la guérison de nos maux. Cette loi se verra modifiée avec l'arrivée de nouveaux remèdes venus d'outre-mer ". (Roguet/1988) L'empreinte de Dioscoride et d'autres auteurs de l'Antiquité ne commencèrent à s'estomper que vers 1470. A cette époque, l'esprit scientifique moderne pointait à l'horizon. Les botanistes se mirent à examiner par eux-même les plantes. Elles furent analysées, classées, répertoriées : c'est l'apparition de la botanique en tant que science. Ils commencèrent également à vouloir expliquer les effets thérapeutique des plantes par sa composition (composants chimiques, …).
(tiré de Dousset,1985)
Son latex jaune était utilisé pour soigner les maladies du foi, car les symptômes de celles-ci se distinguent le plus souvent par une jaunisse. La Pulmonaire
Les feuilles, dont la forme rappelle celle des poumons, étaient employées contre les bronchites.
Elle était prescrite pour les goutteux avec ses tubercules noueux rappelant leurs doigts tordus. Son principe actif, la colchicine, est effectivement spécifique de l'accès de goutte.
Sa propriété d'étouffer les arbres lui vaut d'être prescrit comme amincissant
Les petits trous semblables à des yeux que comportent ses feuilles justifiait son efficacité pour l'ophtalmie.
On cherche, une bonne fois pour toute, à dégager la thérapie de l'empirisme et faire en sorte qu'elle devienne une véritable science.
La rencontre des biologistes et des chimistes permet à la thérapie scientifique de voir le jour et de se développer. " Les chimistes du 19e siècle font faire à la phytothérapie un bond colossal grâce à la découverte des " principes actifs "". (Dousset,1985) Les percées des connaissances chimiques, physiques et physiologiques ont permis l'explosion scientifique du 19ème siècle. " Les plantes allaient devenir source de chimie ; l'extraction des principes actifs dominait toutes la recherche pharmaceutique du 19e siècle ". (Kassel,2003) En effet, à partir de cette époque, se succèdent de remarquables travaux conduisant à l'isolement des principes actifs des drogues végétales. De grands succès thérapeutiques en résulterons.On a pu observer un intérêt nettement supérieur porté à la chimoithérapie accompagné de l'abandon progressif de la phytothérapie. Les recherches entreprises durant ce siècle visaient " une action exclusive et massive sur une fonction donnée " (Kassel,2003) en isolant la molécule spécifique. Les effets de la drogue végétale étant plus difficiles à maîtriser à cause de ses nombreux composants, l'esprit scientifique du 19ème siècle s'est tourné vers les remèdes chimiques (de synthèse). " Ainsi l'action globale des végétaux, liée justement à leur composition complexe, fut laissée rapidement de côté au profit de l'action ponctuelle et massive du médicament chimique aux effets apparemment plus faciles à contrôler ". (Kassel,2003) Ces nouveaux remèdes qui semblent si avantageux ont fortement orienté le domaine médical vers une thérapie de synthèse. " Ce d'autant plus que les impératifs économiques (productivité) s'accordaient bien à une telle vision des choses. L'industrie pharmaceutique et le monde médical tout entier s'engagèrent alors dans cette direction qui déboucha sur la généralisation des traitements symptomatiques. Le but principal de la médecine consista alors à faire disparaître les signes apparents de la maladie sans en rechercher la cause véritable ". (Kassel,2003)
En résumé, nous remarquons deux raisons à ce désintérêt pour la thérapie par les plantes:
1. La découverte de deux grands groupes de médicaments isolés de drogues végétales :
2. A la suit de cette découverte, les médecins prescrivent avec un grand enthousiasme ces nouveaux médicaments alors plus facile à utiliser. Ce qui eu pour conséquence :
Chronologie des principaux travaux ayant conduit à l'isolement des principes actifs des drogues végétales :
Ce n'est qu'à la fin du 18ème siècle que les médicaments s'inscrivent dans une logique scientifique. Les progrès scientifiques et techniques de la révolution industrielle permettent d'expliquer précisément les effets médicaux des plantes, notamment grâce à la chimie qui a développé tout un argumentaire scientifique autour.Dans un premier temps, on a découvert que les plantes renfermaient plusieurs constituants, les principes actifs. Il a été possible ensuite de mettre en évidence les principes dominants et de déterminer la puissance de l'activité de la plante grâce à eux. Les scientifiques ont cherché ensuite à les renforcer tout en essayant de supprimer les effets secondaires pour les rendre plus efficaces, mieux dosables et plus constants dans leurs effets que la drogue végétale. C'est ce que nous appelons la synthèse des molécules actives.
Les propriétés ne sont pas toujours découvertes en même temps que les substances : la papavérine de l'Opium est isolée en 1848, par G.Merck, mais on découvre son utilité que cinquante ans plus tard.
" La mise en évidence des principes actifs des végétaux et leur extraction ont permis alors de confirmer l'activité des plantes, ainsi que la justesse de nombreuses observations empiriques des anciens ". (Kassel,2003)
Au court du 19ème siècle, des plantes jusqu'alors considérées comme magiques : la Belladone, la Jusquiame, la Mandragore, etc., sont " démystifiées ". Ceci part la découverte des alcaloïdes qu'elles contiennent. Ces derniers entraînaient la dilatation des pupilles, l'accélération du rythme cardiaque, et, seulement à forte dose, provoquaient des hallucinations et des délires.
Le deuxième tiers du 20e siècle est marqué par la découverte des antibiotiques dont les premiers furent les pénicillines, découvertes et extraites par l'Anglais FLEMING (1927). Puis, " des centaines de structures antibiotiques furent mises sur le marché ". (Roguet/1988)
La découverte de la molécule d'ADN ouvre une nouvelle ère : celle de la civilisation du gène et du développement de médicaments basés sur les biotechnologies et la thérapies génique.
Bientôt de nombreux problèmes surgirent : la médecine se trouve confrontée à des problèmes de résistance aux traitements, aux rechutes ou aux maladies chroniques ou dégénératives. L'approche analytique mise au point au 19ème siècle a amené à négliger la globalité du problème initial. En isolant les principes actifs des plantes, on a également isolé les différents organes et fonctions de l'organisme. En guise d'exemple, un problème de peau est traité avec une pommade à la cortisone, sans prendre en compte les effets secondaires sur le reste de l'organisme, comme l'état du foi par exemple. Mais un drainage hépatique peut très bien suffire. " De la sorte, on perd la vision d'ensemble, et on aboutit au morcellement du malade ". (Kassel,2003)
Depuis les années 1970, on a pu observer un retour vers des thérapies considérées comme douces et naturelles. " La recherche d'une qualité de vie plus grande et d'un retour aux sources a favorisé la phytothérapie par opposition à la chimiothérapie ". (Roguet/1988) C'est aussi un retour à ce que Hippocrate avait enseigné plus de 2000 ans auparavant : " La thérapie doit aider les forces régénératrices de la nature et de l'organisme ". Deux notions coexistent alors paradoxalement au cours du 20e siècle : la SPECIALISATION excessive et un retour aux METHODES NATURELLES. De 1960 à nos jour, on observe un net regain d'intérêt pour la phytothérapie sous une double influence :
1. de plus en plus d'ouvrages de vulgarisation de la phytothérapie, s'adressant à un large public, apparaissent comportant des explications modernes de l'usage des plantes ;
2. les malades réclament une thérapie plus douce que celle qu'il ont jusqu'alors subit. En effet, la chimiothérapie entraîne des effets secondaires et, dans de nombreux cas apparaissent des troubles plus graves que ce que la thérapie était sensée traiter.
Les plantes fournissent des médicaments souvent puissants et efficaces, ce qui présente un certain nombre de risques, car en réalité nous ne connaissons qu'une infime partie du monde végétal. Nous sommes bien conscient du fait que : " les effets synergiques ou antagonistes qu'ils peuvent provoquer sont parfois dangereux ". (Roguet/1988)On se retourne vers certaines drogues végétales, dont le Cassis, le Petit houx et l'Artichaut, qui s'avèrent plus efficace grâce la synergie de leurs constituants. En effet, L'extrait végétal a parfois une action plus intéressante que ses principes actifs isolés : par exemple, l'Artichaut est diurétique mais aucun de ses constituants chimiques isolés ne présente cette propriété. Ou encore, les trois alcaloïdes conjugués du Pavot: la thébaïne, excitante ; la papavérine, atténuent l'action dépressive de la morphine sur la respiration.
Des recherches cliniques, qui se sont déroulées ces dernières années, ont réalisé une nouvelle approche de la plante médicinale : on s'efforce de " redéfinir son utilisation médicale partant des données de la tradition, mais confrontées aux connaissances pharmacologiques modernes". (Kassel,2003) Si le malade a pris conscience qu'il n'était pas un simple organe isolé mais un tout, encore faut-il que ce qui lui est proposé réponde à des certitudes qui relèvent de la science et non de la seule croyance dans " le merveilleux et magique pouvoir des plantes ". " S'il recherche une médecine globale, une médecine de la personne, une médecine de l'homme total, encore faut-il que la réponse qui lui est apporté s'inscrive dans une cohérence qui soit en accord avec les données de la science moderne ". (Kassel,2003)
Comme nous avons pu le constater, dans l'Antiquité, toute connaissance médicale est basée sur la pratique. Le guérisseur acquiert son expérience en administrant au malade des plantes traitées de manière très sommaire : mélangées à de l'eau par infusion, décoction, macération, etc., et par l'observation des effets que celles-ci entraînaient par la suite. Le hasard et toute l'attention accordée à l'observation ont permis peu à peu de découvrir de nombreuses vertus : adoucissantes, antiseptiques, dépuratives, cardiotoniques, etc. aux plantes (la science actuelle à d'ailleurs permis de montrer l'exactitude de ces vertus). Toute forme d'explication scientifique était, à l'époque, tout naturellement impossible, car la science ne semblait pas posséder une place très importante pour cette civilisation et faisait à peine son apparition elle n'était alors pas suffisamment développée. Mais surtout, pour la simple et bonne raison que ces civilisations ne semblaient pas exprimer le besoin de trouver les causes exactes des effets observés. De cette manière, il n'existait pas de frontière entre le rationnel : l'action curative d'un médicament, et le surnaturel : la magie. De véritables légendes prenaient forme autour des plantes, dans lesquelles on retrouvait les grande figures de la mythologie greco-romaine. Au début du Moyen Age, toutes les connaissances acquises durant l'Antiquité disparaissent avec la chute de l'empire romain d'Occident, sans omettre qu'une partie est conservée précieusement et complétée par l'empire Byzantin. Mais pendant tout la période médiévale, la médecine et la science ne connaissent aucun développement. Le clergé, exerçant entre autre la fonction de guérir les malades, se base sur les écrits des anciens. Ici plus que jamais, la médecine est associée à des forces surnaturelles inexplicables. Le peuple ignorant accepte volontiers toutes les explications qu'on lui donne. On en invente en relation avec le Dieu qu'il vénère : permettant ainsi sa soumission. Pour le gouvernement cela est fort utile pour éviter toute révolution de ce dernier. Charlemagne conscient du manque de culture de ses sujets instaure de nombreuse réformes qui ont lieu dans le domaine de l'éducation. Des réels médecins ayant étudier les ouvrages antiques, apparaissent parmi le clergé, mais se voient par la suite interdire d'exercer au nom de l'Eglise : on observe à ce stade la laïcisation de la médecine.L'imprimerie permet de répandre toutes les connaissances de l'époque, devenant alors accessibles à tous. Le 17ème siècle est un siècle où l'homme est le centre des préoccupations et c'est pour cela qu'on porte une très grande importance à la santé de celui-ci en essayant de trouver des causes à ses maux. Les nombreux humanistes de la Renaissance donne à la science un nouveau coups d'envol, ce qui permet à la médecine de connaître de nouvelles théories. Les scientifiques ne se contentent plus de lire et relire les anciens, mais ils adoptent une méthode d'expérimentation leur permettant d'apprendre par eux même. Ici encore la religion est relativement présente : ils perçoivent les plantes comme un don du Seigneur. C'est à travers cela que la théorie des signatures trouva sa cohérence, en affirmant que chaque plante possède un signe qui lui permet d'être reconnues par les hommes. Mais toutes ces nouvelles idées, découvertes, …, n'ont que très peu influencé le peuple, encore très attaché à ses traditions.Tout en passant directement de la Renaissance au 19ème siècle il faut quant même savoir que durant cette période, regroupant les 16ème, 17ème et 18ème siècles, la science ne cesse de grandir : de nouvelles méthodes apparaissent et l'on fondent toujours de nouvelles théories.Au 19ème siècle, on tente de séparer la médecine de ses connaissances empiriques. La notion de principe actif des plantes permet à la chimie de dominer ce siècle par les multiples travaux entrepris consistant à leur isolation. De cette manière, on peut expliquer scientifiquement l'action des plantes grâce à la chimie. Les principes actifs, plus efficaces, plus facile à doser, etc., sont préférés à l'ensemble de la plante dont efficacité est plus difficile à obtenir. On promeut alors la chimiothérapie et la phytothérapie est peu à peu mis à l'écart. Les scientifiques remarquent que les remèdes des civilisations antérieures n'étaient pas forcément dans la faute, à défaut de moyen scientifique : des anciennes prescriptions de plantes sont justifiées et reconnues comme vrai remèdes.Depuis le 20ème siècle et jusqu'à nos jours, la phytothérapie remonte à la surface et devient aussi importante que la chimiothérapie. Ce regain d'intérêt vient du fait que les malades supportent difficilement les chimiothérapie à cause de ses nombreux effets secondaires. Ainsi on préfère une thérapie plus douce, plus longue, mais qui prend en compte l'ensemble du corps de l'individu, à celle qui agit sur une partie précise sans se soucier de ce qui l'entoure et des autres conséquences qu'elle peut avoir. Aujourd'hui, la phytothérapie est reconnue en tant que thérapie scientifique, mais doit pour cela se plier au lois de la science.
" Plus de 22.000 plantes médicinales sont répertoriées pour la médecine traditionnelle, par l'O.M.S., mais seule une centaine de celles-ci sont couramment employées aujourd'hui. Elles ont toutes une activité pharmacologique reconnue et constituent un réservoir de matière première à la source de presque la moitié des spécialités pharmaceutique classiques. " (Kassel,2003)
Dès l'apparition de l'homme et au cours de son évolution, ses croyances, ses traditions, son mode de vie, ses techniques, en bref toute sa culture, a toujours entretenu des liens étroits avec son " art de guérir ". Dans l'Antiquité, il est fréquent de nommer une plantes en se rapportant à un épisode de la mythologie, lié à celle-ci ( par exemple, Achillea millefolium pour le Millefeuille). Au Moyen Age, la Mandragore donne naissance à mille et une légendes nourries par l'esprit superstitieux de l'époque. Et étonnamment à la Renaissance, si on se réfère au réel coup de fouet donné à la science durant cette période, on promeut encore des théories telle que celle des signatures. On remarque donc que, dans ces temps où la science n'a pas une place d'une grande importance, il suffit d'associer les plantes à des croyances religieuses ou surnaturelles et de prouver ses vertus par une simple démonstration sur un malade. Ainsi, les anciennes civilisations n'exprimaient pas le besoin, qui est le notre, de tout démontrer, tout expliquer, et si l'on donne une quelconque origine magique aux pouvoirs des plantes, ce n'est que pour contenter la volonté d'un peuple trop superstitieux.
Cependant, dès la Renaissance, la tradition est mise à l'écart et l'esprit scientifique commence à prendre de l'importance avec la volonté de baser toutes les connaissances sur l'expérience. Durant les siècles suivants, cet esprit permet à la science de se développer considérablement, notamment dans le domaine de la biologie et de la chimie, et de nouvelles techniques, méthodes, théories, etc. voient le jour. Le 19ème siècle, marqué par la chimie, décortique les plantes : les scientifiques recherchent la vertu propre à chaque principe actif isolé, mais, de cette manière, isolent également les différentes parties du corps du malade afin de mieux cibler l'origine du mal. Ce mode de recherche est encore d'actualité aujourd'hui en pharmacie mais, parallèlement à celui-ci, un flagrant retour aux sources est perceptible.Au cours de mes recherche, les résultats trouvés concernant les diverses époques étudiées m'ont relativement surpris, car, pour certaines périodes, on ne présentait pas vraiment d'explication rigoureuse des vertus médicinales des plantes. Dans les livres, il était mentionné, pour les époques les plus éloignées, que les croyances, la tradition, etc., de chaque civilisation, permettaient de rassurer la population, mais on ne mentionne pratiquement pas des réelles explications. A travers cela, il faut bien reconnaître que cette volonté de tout expliquer, démonter et argumenter rigoureusement par la chimie, les mathématiques, la physique, etc., est propre à notre époque seulement. Il semblerait, en dehors du fait que la science n'avait pas autant d'importance que maintenant, que les anciens ne ressentait apparemment pas ce même besoin d'explication. Les mots explication, démonstration, argumentation de l'action des plantes n'est donc pas adapté à tous les peuples.
Je me suis alors rendue compte combien l'objet de ma problématique mettait en évidence l'état d'esprit des 20ème et 21ème siècles.Dans les ouvrages actuels, écrits en général par des scientifiques, tout ce qui a trait aux rituels, formules magiques et autres méthodes faisant appel au surnaturel en vue de guérison, est très simplifié et résumé. Je voudrais ajouter alors que, dans ce qui précède, je n'ai pas vraiment parler de l'importance de la place accordée aux plantes médicinales par les différentes civilisations de l'histoire dans leur vie de tout les jours. A ce sujet, il ne faudrait pas oublier que dans certains cas, comme dans l'Antiquité et au Moyen Age, on percevait la maladie comme un sort jeté sur l'homme, ou elle était associée à un démon possédant le corps humain. La plante n'était, en ces temps là, qu'un élément du remède, car habituellement ce dernier était potentialisé par une formule magique à laquelle on portait une très grande importance étant directement liée aux croyances.Pour conclure ce travail, je souhaiterais relever le fait que chaque période de l'histoire possède une manière de percevoir la médecine qui lui est propre, et qu'en formulant une telle problématique, reflétant involontairement l'esprit moderne de notre époque, je ne suis pas suffisamment objective pour pouvoir l'appliquer à l'Histoire entière. Il faut bien reconnaître que les théories et méthodes précédentes, bien que nous les trouvons actuellement plus ou moins farfelues à défaut d'arguments scientifiques, ont eu leur heure de gloire, comme pour nous la chimiothérapie, mais aussi la phytothérapie qui dominent notre siècle. Et qui dit que, dans les années à venir, les scientifiques, ayant innové de nouvelles méthodes médicales, ne se tourneront pas vers le 21ème siècle en portant le même genre de jugement que nous faisons actuellement face à l'Histoire ?
Livres :
Sites INERNET :
Monsieur Bruno STRASSER, pour son aide, apportée au tout début de mes recherches, concernant la définition de mon sujet en me sensibilisant sur certains points de mon idée initiale. Ainsi que pour m'avoir recommandé certains livres qui m'ont été d'une grande utilité.Monsieur Bernard MESSERLI, pour s'être aimablement déplacé et m'avoir apporté une grande diversité de livres concernant les plantes médicinales, et pour avoir évoqué, lors de notre rencontre, la bibliothèque du Jardin botanique où j'ai pu empreinter quelques livres. Mademoiselle Laetitia CARLES, pour m'avoir consacré un peu de son temps précieux en m'écoutant et en m'aidant à ordonner mes idées de conclusion.
Monsieur François LOMBARD, pour son rôle de maître accompagnant qu'il a pris très au sérieux: en me faisant parvenir toute information (administratif, sur mon sujet, …) le plus rapidement possible, en créant une page web de suivi de mon travail, en étant toujours disponible pour un entretient, … . Et pour avoir su, à la rentrée, me remettre en confiance avec mon sujet alors que je montrais des signes de découragement.Ma chère maman, pour son aide qui m'a été indispensable au niveau technique.
INTERACTIONS MEDICAMENTEUSES
Synergie : elle s'exerce entre deux substances possédant une activité pharmacologique qualitativement identique.
Potentialisation : elle s'exerce entre deux substances possédant une activité pharmacologique qualitativement différente.
Antagonisme : elle s'exerce entre deux substances d'activité pharmacologique opposée.
Antidote : il s'agit d'un médicament utilisé pour réduire les effets toxiques d'un autre.
Tiré de : DOUSSET Jean-Claude, Histoire des médicaments des origines à nos jours, Paris, Payot, 1985
Antisudorifique : diminue les sécrétions exagérées de sueur.
Apéritive : provoque l'appétit en agissant sur les organes digestifs et les glandes.
Aphrodisiaque : excite et stimule l'organisme en général, mais en agissant spécialement sur les organes génitaux.
Aromatiques : possèdent un parfum pénétrant et un goût prononcé dus aux huiles essentielles qu'elles contiennent. Elles tonifient et stimule, et excitent les fonctions digestives.
Astringente : a la propriété de resserrer les tissus, capillaires et les orifices, ainsi que de diminuer les sécrétions des glandes et des muqueuses. Utilisée entre autre dans les diarrhées, les hémorragies (hémostatique) et les angines.
Balsamique : stimule les voies digestives et respiratoires.
Calmantes : agit sur le système nerveux en diminuant l'activité trop prononcée, et également l'irritabilité :
- Analgésique ou sédative : apaise ou supprime la douleur.
- Antiseptique: aide l'organisme à lutter contre l'infection en contribuant à arrêter le développement des microbes.
- Antispasmodique : cesse les spasmes, contractions involontaire des muscles et organes d'origine nerveuse.
- Béchique : calme la toux et les irritations des voies respiratoires.
- Céphalique : guérit les maux de tête d'origine nerveuse.
- Somnifère ou narcotique ou hypnotique ou soporifique: fait dormir et procure un sommeil réparateur.
Carminative : favorise l'expulsion des gaz de l'intestin.
Cholagogue : facilite l'évacuation des voies biliaires, action bénéfique pour le foie et le tube digestif.
Cholérétique : augmente la sécrétion biliaire.
Cordiale : agit sur le cœur et l'estomac qu'elle semble réchauffer, ce qui donne une sensation de réconfort.
Dépurative : purifie le sang et débarrasse l'organise des principes toxiques nuisibles à la santé en les éliminant par la peau, les reins et l'intestin :
- Sudorifique ou diaphorétique : favorise la transpiration cutanée et provoque la sécrétion de la sueur.
- Diurétique : favorise l'émission des urines en agissant sur les voies urinaires.
- Laxative : purge avec douceur, sans irriter ni fatiguer l'intestin. Plus énergique, la purgative (ou drastique)provoque de très forte contraction de l'intestin et peuvent occasionner une inflammation.
Digestive : facilite la digestion en aidant le travail de l'estomac.
Eméto-cathartique : provoque à la fois les vomissements et les selles.
Emménagogue : provoque, facilite ou augmente l'écoulement des règles.
Fébrifuge :prévient les accès de fièvre et permet de combattre celle-ci.
Fondante ou résolutive : produit la résolution des engorgements et des inflammations, et assure le retour des tissus à leur état normal.
Galactogène : favorise la sécrétion du lait chez les nourrices (∫ antilaiteuse)
Hépatique : facilite les fonctions du foie.
Pectorale : soulage les douleur de poitrine :bronches, poumons, larynx, … Quand elle facilite l'évacuation du mucus qui encombre la trachée et les bronches, elle est appelée expectorante.
Rafraîchissante : calme la soif et diminue la température du corps et l'inflammation.
Révulsive ou rubéfiante ou vésicante : provoque des rougeurs avec une sensation de chaleur (utilisé pour décongestionner un organe interne).
Sternutatoire : provoque l'éternuement et la sécrétion des muqueuses.
Stimulante ou excitante : augmente l'activité et la vitalité en excitant le système nerveux et vasculaire et tout l'organise en général.
Stomachique : facilite le travail de l'estomac et le fortifie.
Tonique : possède une action fortifiante sur l'ensemble de l'organisme en accroissant l'activité des organes qui participent à la nutrition et reconstitue les tissus usés.
Vermifuge : expulse les vers de l'intestin.
- Acaricide : s'attaque spécialement aux ascaris et aux oxyures.
- Ténifuge : s'attaque au ténia (ou vers solitaire).
Vomitive ou émétique : permet de faire vomir et de vider l'estomac en cas d'indigestion ou d'empoisonnement.
Vulnéraire : en application externe, elle contribue à la guérison des paies, mais elle eut aussi être administrée oralement pour réanimer les personnes ayant subit une chute, une blessure ou pou éviter qu'elle tombe de défaillance (par exemple : Arnica).
Tiré de : DEBUIGNE Gérard, Larousse des plantes qui guérissent, Paris, Librairie Larousse, 1974
- Réputée pour pousser sous les gibets et de s'engraisser du sperme des pendus certaines croyances vont même à préciser que la mandragore ne naît pas d'une graine, mais qu'elle est engendrée par la semence du supplicié.
- D'autre superstitions affirment qu'elle serait apparue au Jardin d'Eden avant la création d'Eve du pleur équivoque d'Adam tourmenté dans un rêve tumultueux.
- Sa récolte demandait la plus grande précaution, sans quoi le récolteur se mettait en danger de mort. Précédemment devait avoir lieu un certain rituel : jeûne, continence, méditation,… de façon à atteindre la pureté de l'âme et celle du corps. Elle devait avoir lieu un samedi, conformément à la position des astres. Le récolteur, vêtu d'une robe noire et orné de bijoux de plomb, exécutait un certain nombre de sacrifices destinés à calmer les esprits. Puis, il protégeait sa main d'un morceau de linceul et devait se boucher les oreilles pour ne pas entendre le cri mortelle de la plante lors de son extraction. Le plus souvent, il attachait un chien à la plante, s'éloignait en se protégeant les oreilles, puis appelait le chien qui tirant alors sur la plante l'arrachait.
- Selon d'autres sources, seule une vierge blonde pouvait l'extraire en sacrifiant sa chevelure, servant alors à tresser la corde pour attacher le chien à la plante. Une fois celle-ci extraite, la jeune fille devait la porté à même le corps pour conserver tout son pouvoir.
- La mandragore ne pouvait pas être touchée, car elle reculait à chaque fois qu'une main cherchait à la saisir. Ainsi on l'arrosait d'urine de femme pour la tenir tranquille.
- Les mages possédant une telle plante utilisaient un moyen de germination de graines insérées dans la racine pour donner naissance à un petit personnage émettant une réaction lorsqu'on le questionnaire et même, dans certains cas, il prononçait quelques paroles. Ainsi, ils étaient capable de créer la vie à partir de l'inanimé, grand but des alchimistes. Mais bien des charlatans se servaient de ces poupée végétales pour gagner de l'argent, d'où la mandragore eu la réputation d'apporter la fortune à son propriétaire.
- Le vêtement tissé avec quelque fibre de mandragore rendait invincible.
- L'utilisation de la racine par les sorciers dans les rituels de la magie noire était telle que la mandragore devint vite le symbole de la sorcellerie.
Tiré de : MORET Jean-Louis, La Mandragore, Lausanne, Musée botanique cantonal de Lausanne, 1979 (modifié!!!)
Camille Agier
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