Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07086.jsonl.gz/535

Une approche forensique de la lutte antidopage
Objectifs
La lutte anti-dopage est principalement basée aujourd'hui sur la détection d'un produit interdit dans un fluide biologique de l'athlète. Le but de ce projet est de créer un réseau impliquant des partenaires de différents horizons afin de pouvoir de collecter des éléments de preuve qui sortent de ce paradigme. Le premier pas est le passeport biologique, avec l'introduction de marqueurs indirects, et par la suite des éléments de preuve non-analytiques.
Introduction
La détection d'une substance prohibée dans le sang ou l'urine de l'athlète constitue le pilier principal de la lutte anti-dopage, avec une efficacité qui est souvent remise en question. Dans les sciences forensiques en général, il est rare de ne se baser que sur un élément de preuve, même si celui-ci est très fort, comme lors d'une identification ADN par exemple. Au contraire, il est commun de chercher, collecter et évaluer un faisceau de preuves qui peuvent avoir de multiples origines. Dans la lutte anti-dopage, une valeur anormale d'un marqueur indirect, des éléments de preuve apportés par des enquêtes policières, des témoignages, des saisies aux douanes, la participation à un réseau avéré de dopage, la découverte de produits de perfusion, sont tous des éléments qui peuvent, s'ils concordent, mener à l'ouverture d'une action disciplinaire. Par exemple, malgré que la saisie de produits dopants est estimée aujourd'hui, au minimum 5 tonnes de stéroides anabolisants, 0.5 tonne de testostérone, 100'000 fioles d'EPO, 100'000 fioles d'hormone de croissance et près de 9 millions de doses d'autres susbstances, toutes les informations glannées lors de ces prises ne sont pas utilisées à des fins d'anti-dopage.
Méthodologie
Le transfert d'un paradigme basé sur un seul élément de preuve (la détection d'une substance) à une multiplicité d'éléments qui peuvent être non-analytiques est progressif. Le passeport biologique de l'athlète en est le premier pas: celui-ci contient toute informations susceptible d'aider à une meilleure prise de décision à partir de marqueurs indirects du dopage. En particulier, les méthodes d'évaluation de la prévalence de dopage vont être validées sur des données d'études cliniques. Une évaluation de toute la chaine du dopage (non limitée à la procédure de test mais incluant aussi le développement de la substance, les filières de distribution et la procuration de la substance par l'athlète) va être effectuée en collaboration avec la police des stupéfiants, les douanes et les autorités en charge du controle du commerce des médicaments (Swissmedic en Suisse) afin de déterminer quels éléments peuvent être intégrés dans une approche globale de lutte anti-dopage. Une nouvelle méthodologie va être développée afin de tenir compte de ces faiscaux de preuve, cette méthodologie va s'inspirer des méthodes d'évaluation des preuves scientifiques, en particulier les approches Bayésiennes.