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Les cyclones emportent des vies humaines, brisent des existences et détruisent des moyens de subsistance. Les victimes ne peuvent pas espérer retourner rapidement à leur vie d’avant. C’est ce que montre l’exemple du Mozambique où la population reste dans une situation de détresse profonde suite au passage des cyclones Idai (mars 2019) et Kenneth (avril 2019). Quelles conditions doivent être remplies pour que des solutions durables passent au premier plan et que la reconstruction puisse commencer ?
Au printemps 2019, les forces de la nature se sont déchaînées deux fois de suite sur les habitants du Mozambique. Dans la nuit du 15 mars, le cyclone Idai s’est abattu sur le centre du pays, près de la ville côtière de Beira d’où il s’est déplacé à l’intérieur des terres. Quelques semaines plus tard à peine, le Nord du Mozambique a été ravagé par le cyclone Kenneth. Largement plus de 600 personnes ont perdu la vie lors de ces catastrophes. Plus de 1600 ont été blessées, quelque 150'000 chassées de leurs villages et maisons et au moins autant de maisons ont été détruites. Un événement lourd de conséquences pour la plaine centrale, le « grenier du pays », où plus de 700'000 hectares de terres cultivées ont été ravagées par les inondations suite aux cyclones.
La situation de détresse persiste pour 2 millions de personnes
Plus de 2 millions de personnes ont été soutenues par plus de 400 organisations d’entraide durant les jours, semaines et mois qui ont suivi les catastrophes, mais la plupart n’ont pas encore pu retourner à leur vie d’avant. Si un début d’épidémie de choléra a pu être endigué et que les écoles ont rouvert, la majorité des sinistrés sont toujours dans une situation très difficile. Pourquoi ?
Les huttes simples qu’on trouve en particulier dans les régions rurales où intervient également Caritas Suisse ont été emportées par la tempête ou par les inondations qui ont suivi. En même temps, le cours des rivières a été modifié, de sorte que de nombreux villages ne peuvent plus être reconstruits au même endroit. Près de 150'000 personnes sont donc toujours déplacées et dans l’impossibilité de prendre un nouveau départ dans l’immédiat. Comme les cyclones se sont abattus peu avant la période d’ensemencement des champs, toute une récolte est perdue. Les habitants restent tributaires de l’aide alimentaire, car ils ne pourront pas engranger la prochaine récolte avant la fin 2019.
Secours d’urgence et préparation de la prochaine récolte
Dans cette situation, Caritas Suisse se concentre sur les secours d’urgence aux habitants des régions négligées à l’ouest du pays, près de la frontière du Zimbabwe. Directement après la catastrophe, les sinistrés ont reçu surtout de la nourriture, ainsi que des articles de ménage et d’hygiène. Cette distribution a assuré un approvisionnement minimum pendant que le gouvernement s’occupait de reloger les personnes déplacées. Caritas aide maintenant les familles à préparer le prochain ensemencement. Pour ce faire, elle met à disposition des semences et des outils. En attendant que les fruits de la prochaine récolte puissent être engrangés, une aide humanitaire est nécessaire de façon continue. C’est le seul moyen de surmonter la situation de détresse actuelle, jusqu’à ce que les familles aient à nouveau un revenu assuré.
On ne peut commencer la réhabilitation et la relance économique à grande échelle qu’une fois assurées la question cruciale de l’approvisionnement en nourriture ainsi que celle du revenu. À côté de la reconstruction des maisons, celle de l’infrastructure publique sera aussi prioritaire. Il a en outre fallu assurer un soutien durable à l’agriculture. Le retour à la normale devient possible pas à pas.
Photo : Dooshima Tsee / CRS