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13 février 2019
Pour ceux qui ne sont pas encore convaincus, les preuves scientifiques sont convaincantes…
Par Gerrit Dubois, analyste en investissement responsable
- La température moyenne de la surface de notre planète a augmenté d’environ 0,9 °C par rapport aux moyennes préindustrielles. La plus grande anomalie est survenue en 2016, à ce jour l’année la plus chaude jamais enregistrée. De plus, sur les 19 années les plus chaudes jamais enregistrées, 18 sont survenues depuis 2000.
(Source : NASA)
- Le niveau de la mer a augmenté d’environ 20,3 centimètres au cours du siècle dernier et son taux d’élévation augmente chaque année. De plus, le taux enregistré au cours des deux dernières décennies est presque le double de celui du siècle dernier. L’élévation du niveau de la mer est due au réchauffement climatique et peut être attribuée à trois facteurs principaux : l’expansion thermique de l’eau de mer, la fonte des glaciers / calottes glaciaires polaires et la perte de glace du Groenland et de l’Antarctique occidental.
(Source : NASA et National Geographic)
- Les scientifiques sont largement d’accord sur la nature anthropique du changement climatique : plus de 97 pour cent des climatologues déclarent que les tendances au réchauffement climatique survenues au cours du siècle dernier sont très probablement dues à l’activité humaine.
(Source : NASA)
Les personnes et les actifs sont en danger…
- On estime actuellement à 800 millions le nombre de personnes exposées aux impacts physiques du changement climatique, telles que sécheresses, incendies de forêt, inondations, tempêtes, températures extrêmes, etc.
(Source : Conservation International)
- L’Agence des Nations Unies pour les réfugiés estime que depuis 2008, 21,5 millions de personnes en moyenne sont chaque année devenues des migrants climatiques en raison de leurs déplacements forcés dus à des phénomènes météorologiques tels que les inondations, les tempêtes, les incendies de forêt et les températures extrêmes. Selon les estimations de la Banque mondiale, ce nombre pourrait atteindre 143 millions d’ici 2050 dans trois régions seulement (Afrique subsaharienne, Asie du Sud et Amérique latine).
(Source : L’Agence des Nations Unies pour les réfugiés et la Banque mondiale)
- Selon une étude publiée par l’Economist Intelligence Unit en 2015, la valeur estimée des risques dus aux impacts du changement climatique sur le stock mondial total d’actifs gérables, varie de 4 200 à 43 000 milliards de dollars entre aujourd’hui et la fin du siècle. Pour effectuer la transition vers une économie à plus faibles émissions de carbone, des investissements d’environ 1 000 milliards de dollars par an sont nécessaires, ce qui représente des défis et des opportunités considérables pour les investisseurs et les gestionnaires d’actifs.
(Source : L’Economist Intelligence Unit et le Groupe de travail sur la divulgation d’informations financières liées au climat)
Les engagements de Paris sont les aspects fondamentaux, mais ne seront pas suffisants…
- Les émissions annuelles totales de gaz à effet de serre (GES) ont atteint un record historique de 53,5 GtCO2e en 2017 et ne semblent pas encore avoir atteint leur maximum. De plus, les émissions de GES ont augmenté de 0,7 GtCO2e par rapport à 2016. Les engagements de Paris réduiraient les émissions mondiales en 2030 d’environ 6 GtCO2e (d’environ 59 GtCO2e en vertu des politiques actuelles à 53 GtCO2e en vertu de l’Accord de Paris). Cependant, si nous voulons maintenir le réchauffement climatique en dessous de 2 °C ou même de 1,5 °C, il faut tripler les ambitions actuelles pour s’aligner sur un scénario de 2 °C et quintupler pour s’aligner sur un scénario de 1,5 °C. Par conséquent, sur la base des engagements actuels, nous faisons face à un écart d’émissions de, respectivement, 13 ou 29 GtCO2e pour 2030.
(Source : Programme des Nations Unies pour l’environnement)
- Le principal objectif de la COP24 est de terminer le Règlement de Paris, qui définit les lignes directrices de mise en œuvre de l’Accord de Paris afin de garantir une transition énergétique juste et efficace. Cependant, puisque les engagements actuels ne sont pas suffisants et entraînent un important écart d’émissions, les pays devront s’engager à revoir et à réviser leurs contributions nationales déterminées afin de les aligner sur l’objectif de décarbonisation mondiale requis, qui devrait maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C.
- Pour respecter les engagements de Paris, l’UE doit mettre fin à l’utilisation du charbon sans relâche d’ici 2030. Cela requiert des actions majeures de la part de plusieurs pays, tels que la Pologne, hôte de la COP24, puisque la moitié du bouquet énergétique total du pays dépend du charbon. Cela entravera sans aucun doute les négociations de la COP24, dans la mesure où un tel objectif mettrait en danger environ 100 000 emplois polonais dans les industries du charbon et de l’énergie.
(Source : Enerdata et Principes pour l’investissement responsable)
- La Belgique et la France ont récemment fait face à de graves émeutes et grèves en raison de l’augmentation des taxes sur les combustibles fossiles. En gardant cela à l’esprit, la transition vers le changement climatique doit non seulement être rapide, mais aussi juste et équitable. La COP24 mettra donc également l’accent sur les implications positives et négatives de la transition climatique pour les travailleurs et les communautés, et tiendra donc compte de la dimension sociale de la transition.
(Source : Principes pour l’investissement responsable)