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Pourquoi les plantes de ton aquarium n'ont rien à faire dans le ruisseau
Dans toute la Suisse, les plantes invasives posent un grave problème sur terre comme dans l’eau. Les moyens pour les combattre sont malheureusement très limités.
Qu'est-ce qu'une espèce invasive?
Une espèce est dite invasive (ou envahissante) quand elle ne se trouve pas dans son lieu d'origine, se développe rapidement en tant que nouvelle espèce à un endroit donné et prend la place d'espèces indigènes. Une espèce invasive peut causer de gros dégâts dans son nouvel environnement. En comparaison, une espèce indigène est adaptée à un certain environnement et vit en équilibre avec les autres espèces présentes dans cet endroit. Mais une espèce exotique introduite dans un nouvel endroit n'est pas toujours invasive. Elle le devient seulement si elle a un effet négatif sur les espèces qui vivent à cet endroit et les menace de mort.
En Suisse, l’invasion par des espèces exotiques pose un problème dans beaucoup d'endroits et représente un grand défi, par exemple dans le canton d'Argovie. Les nombreuses rivières et cours d'eau de ce canton aident ces espèces à se répandre. En effet, l’eau transporte de très petits morceaux de plantes sur de grandes distances et ces petits morceaux peuvent s'implanter à un nouvel endroit et s'y développer. Pour protéger les eaux souterraines, il est interdit de pulvériser des herbicides le long des cours d'eau dans le canton d'Argovie. Cette méthode pourrait aider à faire reculer ces espèces invasives. Comme il n’est pas permis d’utiliser des herbicides, les espèces invasives comme la renouée du Japon sont encore plus libres de se développer le long des rivières surtout aux endroits où le sol est nu.
Heureusement, toutes les espèces exotiques introduites n’arrivent pas à s’installer. Une grande partie d’entre elles disparaissent de nouveau. Toutes les espèces exotiques ne se développent donc pas en remplaçant les plantes et les animaux indigènes. Cela dépend fortement de leurs caractéristiques: les espèces invasives sont robustes et se multiplient rapidement. La renouée du Japon par exemple peut former une nouvelle plante complète à partir d'un tout petit morceau de plante.
Comment les espèces invasives arrivent-elles en Suisse?
Beaucoup de plantes posant problème sur la terre ferme ou dans les eaux suisses ont été à l'origine importées comme plantes décoratives et plantées dans des jardins privés. Les graines ont été transportées dans la nature par le vent, les animaux ou ont voyagé clandestinement avec les hommes. Certaines espèces animales invasives ont par contre été volontairement introduites pour lutter contre d'autres espèces nuisibles. Ce fut le cas par exemple de la coccinelle asiatique qui a été utilisée pour le contrôle biologique des insectes causant des dommages aux plantes cultivées dans les serres. Les larves de coccinelles avaient pour mission de combattre ‒ en les mangeant ‒ les pucerons présents sur les plantes. La coccinelle asiatique a pu se multiplier et se propager en Suisse avec un tel succès qu'elle menace de prendre la place de la coccinelle indigène.
Le déplacement involontaire d'espèces étrangères dans les eaux est fait le plus souvent par les bateaux qui se déplacent sur de longues distances. Les organismes qui se collent sur la coque ou qui se trouvent dans l’eau utilisée pour lester le bateau arrivent ainsi dans de nouvelles zones et se répandent, éventuellement en prenant la place des espèces existantes. Ces organismes utilisent aussi les équipements de sports nautiques pour voyager d’un endroit à un autre.
Comment peut-on lutter contre les espèces invasives?
Il existe malheureusement peu de moyens de lutte contre les espèces invasives sur terre ou dans l'eau. Comme nous l'avons déjà dit, l'utilisation de tout produit toxique ou herbicide le long des cours d'eau est interdite. Une méthode souvent employée est l'arrachage et l'élimination à la main des plantes dans l'eau et sur la rive. Cette méthode de lutte demande beaucoup de travail et n'est pas toujours très efficace, car de nombreuses espèces invasives peuvent se développer et se multiplier à partir de très petits morceaux de plante. Pour que la méthode soit efficace, il faut absolument enlever très soigneusement la plante entière.
Le nettoyage des bateaux après la traversée de zones non indigènes pourrait agir contre l'introduction d'espèces invasives étrangères. Cette mesure suppose que les propriétaires de bateaux connaissent le problème et acceptent de nettoyer leurs bateaux régulièrement. En suivant certaines règles lors du remplissage ou de la vidange des eaux utilisées pour lester les bateaux, les propriétaires peuvent aussi limiter les risques d’introduire des espèces exotiques.
En résumé, on peut dire que les espèces invasives exotiques ont dans de nombreux cas été apportées en Suisse volontairement par l'homme, pour embellir son jardin ou pour lutter contre les organismes nuisibles indigènes. L’invasion par des espèces exotiques pose un problème sérieux en Suisse, mais les stratégies possibles de lutte sont limitées et très pénibles. Pour résoudre le problème, il faut d'abord avoir assez d’argent pour agir et protéger la nature. Les bénévoles ‒ et les interventions du service civil ‒ sont aussi essentiels pour lutter contre les espèces invasives. Enfin, il faudrait faire diverses choses, comme par exemple nettoyer les coques des bateaux, pour lutter efficacement contre les espèces invasives.
Des plantes invasives dans ton aquarium?
Les propriétaires d’aquarium jouent aussi un rôle dans l’invasion des eaux d'Europe par des espèces exotiques. Par exemple l'élodée de Nuttall, une plante d'aquarium, gène aujourd'hui la navigation et a un effet négatif sur les organismes aquatiques. Cette espèce a très probablement été introduite dans la nature en éliminant des plantes d'aquarium de la mauvaise manière. Si tu possèdes un aquarium, tu ne dois en aucun cas le vider dans une rivière ou un ruisseau, car cela peut causer de gros dégâts, comme on l'a vu avec l'élodée. En Suisse, cette espèce se développe rapidement, surtout dans le Léman et le Rhône, où elle remplace les plantes aquatiques indigènes et forme des populations denses. Comme pour la renouée du Japon, l'élodée peut se multiplier en développant une nouvelle plante à partir de très petits morceaux détachés d’une autre plante.