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En 1991, Bernadine Healy a montré l’existence d’un biais sexiste : en cas de syndrome coronarien aigu les femmes étaient moins souvent hospitalisées que les hommes.1,2 Toutefois dans une autre étude, les femmes chez qui on avait pu démontrer l’existence de lésions coronariennes avaient autant de chances que les hommes de bénéficier de chirurgie de revascularisation. Elle a appelé syndrome de Yentl ce biais sexiste du nom de l’héroïne du roman de Singer. Yentl avait dû se déguiser en homme pour pouvoir être admise dans une école talmudique. De même, il faut que les femmes fassent la preuve qu’elles ont des lésions coronariennes semblables aux hommes pour qu’on les traite en égal.1 Il est vrai que les femmes ont deux fois moins de décès par maladie coronarienne que les hommes.3 De plus, les femmes admises aux urgences présentent plus souvent que les hommes de l’angor instable et moins souvent des infarctus. Ce biais à l’encontre des femmes peut s’expliquer par une sous-estimation du risque coronarien et le fait que le syndrome X est plus répandu que chez les hommes. Le syndrome X, qu’il ne faut pas confondre avec le syndrome métabolique (*), est caractérisé par de l’angine de poitrine, un ECG d’effort positif et des coronaires normales.4 A cela s’ajoute la croyance (en partie justifiée, cf. syndrome du nid vide (*)), que les femmes sont protégées par les œstrogènes ; leur risque d’infarctus est en effet différé de dix ans par rapport aux hommes. Toutefois, elles bénéficient autant que ces derniers de thérapies de revascularisation.
Ce biais en défaveur des femmes se retrouve également dans la prise en charge des pneumonies, de l’insuffisance et des arythmies cardiaques, de l’implantation de défibrillateurs, du traitement du VIH par l’AZT, des investigations en cas d’AVC, des arthroplasties, et des greffes rénales.5-8 Ces dernières seraient plus fréquentes chez les hommes du fait que les femmes donnent plus volontiers leur rein à leur mari que l’inverse. Elles bénéficieraient plus souvent que les hommes d’hémodialyse chronique (du fait qu’on les greffe moins ?), d’opérations de cataracte et de greffes de foie (du fait qu’elles ont moins de cirrhose alcoolique que les hommes ?).6 Une étude suisse chez les enfants asthmatiques aurait montré aussi un biais sexiste chez les filles, moins souvent traitées par bronchodilatateurs que les garçons.9
De plus, il existe des préjugés sexistes à l’égard de différents désordres touchant les femmes tels que la dysménorrhée, les nausées pendant la grossesse et les douleurs d’accouchement, qui sont encore souvent considérés comme psychogènes, voire hystériques.10