Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06953.jsonl.gz/463

Les spécialistes ne peuvent qu’émettre des hypothèses sur le genre d’animal ou de créature mythique que ce type de sculptures était censé représenter. On a vu des exemples comparables sur le site de Natamatao dans la région de Tenenkou dans le DIN, où, suite à la saisie des objets pillés au début des années 1990, le Musée national du Mali, l’Institut des sciences humaines (Mali) et les archéologues de l’université de Paris I ont conduit leurs recherches. Outre les objets, ils ont découvert des sépultures humaines et animales, notamment des squelettes de chevaux couverts d’ocre rouge. Étant donné l’attention spéciale accordée aux vestiges équins, on s’est demandé si ces figures zoomorphes pouvaient avoir joué un rôle dans une quelconque forme de rituel lié aux animaux (MNM 2006, p. 43-45). Ce quadrupède présente des jambes qui s’amincissent légèrement vers le bas, ainsi qu’un torse cylindrique, décoré d’incisions et d’empreintes en peigne. Les analyses tomodensitométriques au scanner à rayons X ont révélé la technique de création de cette créature : les jambes et la tête étaient modelées séparément puis fixées au tronc grâce à la méthode d’assemblage par tenons et mortaises, d’ailleurs utilisée au sein d’autres styles régionaux. Un collier doté d’éléments articulés orne la base du cou de l’animal. Sa tête est surmontée d’un élément caractéristique en forme de diadème. Il présente un nez allongé, qui commence au front puis s’évase en avançant vers une bouche sans lèvres, rappelant le museau d’un mouton. On a également observé de telles caractéristiques faciales dans des sculptures figuratives humaines de la région, ce qui rend cette créature zoomorphe encore plus difficile à identifier.