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La respectabilité est cette chose indispensable pour accéder à quelque position prestigieuse que ce soit, y compris et notamment l'investiture majeure d'un parti pour une élection capitale.
Le temps où la respectabilité s'obtenait en portant simplement de sinistres costumes de prix guindant de beaux diplômes, prix et mérites est depuis longtemps révolu.
Rechercher la respectabilité implique désormais de défendre activement et farouchement les idées la plus conventionnelle face notamment au péril qu'on qualifie d'extrême que sont les idées moins conventionnelles.
Défendre des idées conventionnelles est intrinsèquement difficile, puisque, de par leur nature même, elles ne reposent pas sur des fondements raisonnés, avec des motivations explicites, fortes, grandes et belles, mais sur des renoncements réputés nécessaires.
Ces renoncements incarnés, par exemple par cette idée selon laquelle la règle de l'unanimité est mauvaise, parce qu'elle est effectivement difficile à gérer, c'est à dire, trop difficile pour des politiciens se donnant la quête de la respectabilité comme limite indépassable de leur pratique politique.
J'attribue d'ailleurs à cette caractéristique saillante le flou argumentatif et les procédés racoleurs qui semblent caractériser l'ensemble des slogans créés pour l'élection au Conseil d'Etat, dont l'atonie ferait passer le "Change we can believe in" d'Obama pour un slogan prérévolutionnaire.