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Il existe de nombreuses théories sur les causes de l’échec de l’expédition Franklin, et notamment sur ce qu’il est advenu de la plupart des 128 membres. Le destin d’une vingtaine de personnes, dont le chef éponyme de l’expédition et John Gregory (son crâne est représenté ci-dessus), dont l’identité a été identifiée grâce à l’ADN d’os retrouvés en 1993, est sûr : ils sont morts On suppose que les autres membres de l’expédition ont péri, mais les quelques artefacts isolés trouvés dans la toundra du Nunavut n’en fournissent que des indices épars.
Les indices les plus riches sur le destin de l’expédition polaire de loin la plus meurtrière de tous les temps sont les épaves du HMS Erebus et l’HMS TerrorLes deux navires ont été découverts en 2014 et 2016 dans les eaux du passage du Nord-Ouest, non loin de l’endroit où ils ont été abandonnés en 1848, après avoir pris la mer trois ans plus tôt avec les membres de l’expédition depuis la Grande-Bretagne.
Les travaux d’exploration des épaves avaient été suspendus pendant la pandémie. Mais ce mois-ci, pour la première fois depuis 2019, des scientifiques se rendront à nouveau au Nunavut pour tenter de reconstituer la chaîne des événements qui ont conduit à la disparition de l’expédition. La question de savoir comment préserver les épaves est tout aussi importante pour les deux expéditions de cet été.
Au cours de la première des expéditions, des équipes d’archéologues de Parcs Canada, qui est responsable de la gestion des sites patrimoniaux du pays, commenceront à examiner les épaves. À l’aide de véhicules télécommandés, l’équipe effectuera des inspections sous la glace sur les sites et sur les fonds marins environnants. Les plongées servent à enregistrer et à cartographier les sites et permettent aux archéologues d’évaluer l’état des épaves.
Leur travail s’appuiera sur une plongée effectuée en 2019, au cours de laquelle plus de 350 artefacts ont été récupérés dans l’Erebus, dont la bouteille illustrée ci-dessus. Comme pour cette plongée, le travail de terrain de cette année sera effectué avec l’aide d’Inuit qui, selon Parcs Canada, fourniront un « soutien logistique » ainsi que certains travaux de recherche. Bien que la signification de ces deux éléments n’ait pas été précisée, les possibilités d’une participation plus que symbolique sont nombreuses : les connaissances locales des Inuit ont conduit les chercheurs dans la zone où les bateaux ont été retrouvés par la suite. Dans le cas du Terror, un chasseur local avait vu en 2010 le mât du navire sortir de la glace. De même, tous les objets saisis sont la propriété commune des autorités canadiennes et inuit.
La deuxième expédition comprend une série de plongées sur l’Erebus afin d’en apprendre davantage sur l’épave et d’examiner les artefacts laissés à bord par l’équipage. Lors de travaux similaires sur le site du Terror, des véhicules télécommandés sont utilisés pour prendre des photos du navire.
Parcs Canada prévoit de publier les résultats de ses travaux cet été, dès que les conclusions seront confirmées.
Kevin McGwin, PolarJournal
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