Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06962.jsonl.gz/455

En février dernier je vous avais fait part d'une question urgente écrite que le député Jean Romain avait posée au Conseil d'Etat: (Gymnastique à l'école, y a-t-il discrimination entre les filles et les garçons?) :
Pourquoi les cours d’endurance de l’Ecole André-Chavanne pour les jeunes filles ne sont-ils pas dispensés à l’extérieur au même titre que ceux réservés aux garçons ?
Les questions étaient les suivantes :
1. L’affaire de 2009 est-elle réglée une fois pour toutes ?
2. N’existe-t-il pas une forme d’autocensure préventive de la part des profs ou de l’école, qui craignent de jeter de l’huile sur le feu ?
3. Faut-il supposer une intervention officieuse du voisinage ?
Des questions qui méritaient qu'on y prête toute l'attention qu'elles méritaient...
Aujourd'hui, nous prenons connaissance de la réponse du Conseil d'Etat. Je vous laisse en apprécier la teneur qui se résume à "circulez, il n'y a rien à voir".
Rien de bien étonnant en fait tant on est habitué à voir ce Conseil d'Etat botter en touche lorsqu'il se trouve dans l'embarras.
Car, malgré ce qu'il prétend, problème il y a!
RÉPONSE DU CONSEIL D’ÉTAT
1. L’affaire de 2009 est-elle réglée une fois pour toutes ?
L'incident de 2009 doit être considéré comme clos. Le Conseil d'Etat n'a pas eu connaissance de la répétition de tels incidents depuis.
2. N’existe-t-il pas une forme d’autocensure préventive de la part des profs ou de l’école, qui craignent de jeter de l’huile sur le feu ?
Selon les informations portées à la connaissance du Conseil d'Etat, il n'y a pas de forme d'autocensure. De surcroît, l'institution scolaire et la direction de l'établissement en particulier ont l'obligation de maintenir les exigences dans le domaine de l'éducation physique et sportive et notamment dans la planification des activités qui doivent être prévues à l'extérieur et qui ne doivent en aucune façon être liées au voisinage.
3. Faut-il supposer une intervention officieuse du voisinage ?
Directement à la suite de l'évènement de 2009, des contacts avaient été pris entre les représentants de la mosquée et la direction de l'école. Ces contacts s'étaient prolongés jusqu'à la clôture définitive de l'incident quelques mois après. Depuis cet évènement, et à la connaissance du Conseil d'Etat, aucun contact ni aucune sollicitation ne se sont produits.
En conclusion, le Conseil d'Etat profite de cette réponse pour rappeler le principe de laïcité inscrit dans la constitution ainsi que dans la loi sur l'instruction publique et réaffirmer que la neutralité religieuse prévaut dans l'enseignement dispensé dans le cadre de l'enseignement public. Ainsi que l'a rappelé le département de l'instruction publique, de la culture et du sport à tous ses collaborateurs au printemps dernier, les élèves ont à suivre l’ensemble des cours tels qu’ils sont prévus dans le cadre de l’organisation scolaire. Le gouvernement précise par ailleurs que la direction générale de l'enseignement secondaire II devra veiller à ce que la pratique du sport, en intérieur comme en extérieur, respecte une stricte égalité de traitement entre filles et garçons et qu'aucune influence de quelque nature qu'elle soit, ne puisse perturber le déroulement des cours dictés par les ordonnances fédérales.
Au bénéfice de ces explications, le Conseil d’Etat vous invite, Mesdames et Messieurs les Députés, à prendre acte de la présente réponse.