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«L'argent! J'ai oublié l'argent de mes parents!» Le jeune garçon regarde Lucky Mavuso, un collaborateur de SOS Villages d'Enfants, avec de grands yeux. Ce n'est certes pas beaucoup, mais les contributions mensuelles de 10 lingani par famille (moins d'un euro) permettent d'entretenir le trou d'eau. Lucky Mavuso s'assure que chaque famille reçoit bien sa part d'eau. Le jeune garçon repart à toutes jambes, laissant le conteneur sur place. Lucky Mavuso le remplit d'eau et veille à ce que personne ne s'en empare.
Une aide pour les familles
Comme dans bien d'autres parties de l'Afrique, l'eau est une denrée rare au Swaziland. Fin février, l'état d'urgence a été déclaré. 1,2 million d'individus souffrent de la sécheresse. C'est pourquoi SOS Villages d'Enfants apporte son soutien à des familles en détresse dans la localité de Nhlangano. Elles perçoivent 48 lingani (3 à 4 francs environ). La quantité d'eau reçue en contrepartie est à peine suffisante pour boire, cuisiner, se laver, et cultiver les champs. SOS Villages d'Enfants aide donc les familles en leur fournissant des colis alimentaires supplémentaires si besoin est.
Depuis que le puits ne livre plus que de la boue, l'eau est devenue une denrée rare dans le village d'enfants SOS de Siteki. Même les rations du gouvernement ont été interrompues. Phinidile Luthuli est la directrice du village d'enfants SOS de Siteki. Selon elle, beaucoup plus d'individus risquent de succomber à la sécheresse que ne l'annoncent les chiffres officiels. «Les derniers mois ont été traumatisants. Bon nombre de bêtes sont déjà mortes de soif». Lorsqu'elles perdent le bétail, les familles n'ont plus de moyen de subsistance.
Pour assurer, durant ce temps, la survie dans le village d'enfants SOS de Siteki, trois réservoirs d'une capacité de 10 000 litres ont été achetés. «Mais il est clair que cela n'ira pas bien loin», précise Luthuli. L'eau est strictement rationnée et les enfants apprennent à l'utiliser avec parcimonie.
Une longue file d'attente devant le trou d'eau
Retour au trou d'eau et à Lucky Mavuso. La queue s'est allongée. Les enfants munis de leurs bidons se pressent autour du collaborateur de SOS Villages d'Enfants. «Je suis devenu malgré moi une sorte de gendarme. Mais si je ne suis pas vigilant, plusieurs familles ne seront pas servies. Je dois donc être parfois sévère. J'espère simplement que le jeune garçon va revenir avec l'argent».
Le contrôle de Lucky Mavuso est une absolue nécessité ici. Quatre mille personnes, dont une majorité de familles avec enfants, sont tributaires de l'eau du trou. Tous les jours, Lucky Mavuso se rend ici et ferme la clôture qui bloque l'accès au trou – une mesure de sécurité supplémentaire. De toutes façons, il ne peut pas laisser le trou trop longtemps ouvert. La source n'est pas suffisamment abondante pour cela.
Pour les enfants et les adolescents, c'est fatiguant d'aller chercher de l'eau, et ce n'est pas sans danger non plus. Les voleurs et les bêtes sauvages sont une menace en chemin. Tout en pompant l'eau pour d'autres enfants, Lucky n'a pas quitté des yeux le bidon du garçon de tout à l'heure. Maintenant, il est là, devant lui, hors d'haleine. Il a l'argent. Lucky Mavuso le note dans son carnet et aide l'enfant à soulever l'eau. «Je suis content que tu ais réussi», lui dit-il avant qu'il ne se remette en route.