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Mustafa Kemal Atatürk
1881-1938
Mustafa Kemal est le seul personnage de cette galerie de portraits qui n’est pas présent à Lausanne au moment de la Conférence. Mais c’est son action qui conduira à l’ouverture d’une nouvelle conférence de paix en 1922. Sa personnalité reste aujourd’hui encore intimement liée au destin de la nation turque, dont il est considéré comme le Père (Atatürk).
Héros de la Première Guerre mondiale, le général Mustafa Kemal est envoyé sur le front de l’Anatolie en 1918. Il y mènera une rébellion contre le Sultan. Rejetant l’humiliant Traité de Sèvres, il prend, en 1920, la tête de la reconquête des territoires perdus et livre contre la Grèce une guerre dont il sort victorieux en 1922. Il permet à la Turquie d’arriver en vainqueur à la table des négociations à Lausanne.
Après la signature du Traité, la République turque est proclamée le 29 octobre 1923 et Mustafa Kemal en devient le premier président. Réformiste, il développe une Turquie qu’il veut moderne et laïque, avec une société ouverte et une économie tournée vers l’Europe. Il abolit le califat dès 1924, tout en ménageant l’islam. Après avoir échappé à un attentat en 1926, il musèle l’opposition et entreprend une laïcisation beaucoup plus radicale et s’attaque aux influences arabes pour intensifier la sécularisation de la société.
La «turcité» est érigée en religion et ses principes – les six flèches – sont théorisés et appliqués: nationalisme, républicanisme, populisme, étatisme, laïcisme et réformisme, le tout constituant le kémalisme. Parallèlement à la réforme de la société – il modernise notamment le statut de la femme – il connaît une dérive autoritaire. Il meurt en 1938. Il est honoré comme le père de la Turquie et un culte de la personnalité se développe progressivement autour de lui.
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