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Sauvetage de l'UBS :
Banquiers malins, parlement croupion
Le Parlement fédéral doit avaliser le plan de sauvetage de l'UBS lors de sa prochaine session, en décembre. Et quand on dit " doit " avaliser, c'est vraiment " doit " : il n'a pas le choix, le parlement : les six milliards que la Confédération a décidé d'injecter directement dans la banque (en plus des soixante milliards de rachat des titres pourris), la banque les aura déjà reçus lorsque le parlement se prononcera. Les socialistes avaient demandé une session urgente du parlement après l'annonce du " plan de sauvetage " de l'UBS, pour pouvoir réellement en débattre, et valablement se prononcer : seuls les Verts les ont soutenus. Le contrat conclu entre la Confédération et la banque contient l'obligation de verser ces six milliards. Que le parlement, et le peuple, soient d'accord ou non. Même si le parlement refusait la proposition du Conseil fédéral, l'UBS pourrait tout de même garder le pognon -ou intenter une action en justice à l'encontre de la Confédération. Le parlement ne pourra même pas modifier le plan de sauvetage de l'UBS (alors qu'aux USA, le Congrès a pu modifier le " plan Paulson ", et même en refuser la première mouture) : adopté par le Conseil fédéral tout seul, sous forme d'arrêté urgent, le plan ne peut plus être modifié. En clair : les collectivités publiques et les citoyens se sont fait rouler dans la farine par les banquiers et leurs porte-valises politiques.
Au Casino, la banque gagne à tous les coups
L'ex directeur général de l'UBS, et président des amis du parti radical, Peter Wuffli, peut bien " rendre son bonus " de 12 millions à la banque (il ne s'agit que du dernier des bonis qu'il a touchés), Blocher peut bien appeler son copain Marcel Ospel à rendre lui aussi, depuis le paradis fiscal schwytzois où il s'est planqué, les bonis qu'il a engrangés, et le président actuel de l'UBS annoncer que les bonis 2008 ne seront pas versés, ce n'est que poudre de perlimpinpin aux yeux du bon peuple : les banquiers et les banques ont gagné et le parlement, pas plus que le peuple, n'aura rien à dire sur les milliards que la Confédération a décidé de déverser dans le trou creusé par les Wüffli, Ospel et autres brillants managers. La Suisse est bien une démocratie semi-directe. Ce qui y est " direct ", c'est le racket. Ce qui y est " semi ", c'est le contrôle démocratique. Les banques en difficulté peuvent puiser directement dans les caisses publiques, le parlement (et à plus forte raison le peuple) ne peuvent s'exprimer, pour rien, qu'après, une fois les caisses publiques vidées dans les trous bancaires. On est bien dans une économie de casino, où les joueurs finissent toujours par perdre, et où seule la banque est gagnante.
Sauvetage de l'UBS :