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L´Union syndicale suisse (USS) et l´Union patronale suisse (UPS) veulent que la naturalisation des étrangers soit facilitée. Dans un texte commun, ils demandent au Conseil fédéral d´accélérer les dossiers de naturalisation.
Les deux organisations faîtières ont adressé jeudi un mémoire au Conseil fédéral. Selon elles, les résultats des votations sur les accords bilatéraux et sur l'initiative «des 18 pour cent» rendent une telle accélération légitime.
L'USS et l'UPS réclament du gouvernement qu'il ne suive pas sur cette question le calendrier présenté à l'occasion de son programme de législature. Les améliorations légales possibles sur la base de l'actuelle Constitution fédérale doivent être avancées par rapport à ce calendrier et réalisées sans retard.
Il s'agirait d'introduire des voies de recours garantissant le respect des droits fondamentaux, l'obligation de motiver les décisions et une réglementation au sujet des émoluments perçus. Il serait ainsi possible «d'éliminer les anomalies les plus grossières que nous avons connues tout récemment et de rapprocher la procédure suisse de naturalisation de la norme européenne», notent les deux organisations.
Ces «anomalies grossières», ce sont surtout ces communes où les naturalisations sont votées par le peuple à bulletin secret, comme par exemple à Emmen dans le canton de Lucerne, explique Jean-Claude Prince. Pour le secrétaire de l'USS en charge du dossier de l'immigration, de telles pratiques ne respectent pas les droits des personnes qui demandent la nationalité suisse.
Les deux associations faîtières soutiennent par ailleurs la naturalisation facilitée des immigrés de deuxième génération. Ils réclament de nouvelles dispositions constitutionnelles.
Reste qu'il n'est pas courant que l'USS et l'UPS mènent une bataille politique en commun. Mais pour Jean-Claude Prince, il n'y a rien d'étonnant. «Patrons et syndicats sont depuis toujours opposés à la xénophobie, explique-t-il. Les patrons ont donné du travail aux immigrés et les syndicats les ont encadrés. Nous sommes donc coresponsables envers des personnes qui ont tant donné pour la prospérité de la Suisse».
Olivier Pauchard