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Voir le reportage de la TSR pour le téléjournal.
Un Flamant rose sauvage portant la bague jaune BDFB a séjourné du 8 au 10 septembre 2010 à l’île aux oiseaux de Préverenges. Grâce à sa bague, on sait qu'il est né en Camargue en 1991, où il se reproduit depuis 1998. Mais c’est un grand voyageur, puisqu’il a aussi été observé deux fois en Espagne, deux fois en Sardaigne et une fois en Tunisie (où il était avec 4'000 congénères le 6 juin 2009 et où il s'est peut-être reproduit). En 2010, il a élevé un jeune en Camargue avant de venir faire un petit tour à l'île aux oiseaux de Préverenges. Il s’agit de la 9e donnée suisse et la 4e sur le Léman de Flamants roses présumés sauvages depuis 1900. Cette observation rappelle celles d’un oiseau portant la bague jaune DCJT, aussi originaire de Camargue, qui a séjourné sur le lac de Neuchâtel en 1998 (année de sa naissance) et de 2001 à 2003.
En Europe, le Flamant rose ne niche qu’au bord de la Méditerranée, dans des lagunes côtières et des salines sur les côtes française, en Sardaigne et dans le sud de l’Espagne. De nouvelles installations temporaires ont eu lieu au delta du Pô I, en Toscane I et en Grèce.
La Camargue F héberge 13'500 couples dans l’étang du Fangassier (Bouches-du-Rhône), soit deux tiers de la population européenne. Le Flamant rose niche sporadiquement au Maghreb, en Egypte, en Turquie sur les hauts plateaux de l’Anatolie centrale, au bord de la mer Caspienne, au Kazakhstan, en Iran, au Pakistan, en Inde, en Mauritanie et en Afrique tropicale. Le Flamant rose est partiellement sédentaire, se dispersant en hiver le long des côtes de Méditerranée et d’Afrique. En Suisse, les deux premières mentions de Flamant rose datent de 1777 à Aubonne VD et de mars 1793 à Grandson VD. Le XIXe siècle fournit 10 autres données, pas toujours bien documentées, d’oiseaux isolés (tirés ou observés).
Depuis 1900, il n’existe que 8 observations d’oiseaux considérés comme sauvages. Le statut des Flamants reste en effet souvent douteux en raison du nombre croissant d’oiseaux échappés de captivité. L’identification peut parfois être rendue problématique du fait de la présence chez nous de Flamants du Chili et de Flamants des Caraïbes P. ruber, également échappés. Les observations ont lieu au bord des grands lacs du Plateau et du Tessin, surtout le lac de Neuchâtel. La seule observation à l’intérieur des Alpes est celle d’un individu franchissant le Foopass SG/GL, à 2'200 m d’altitude, du pays de Glaris vers le Weisstannental SG, le 7 juillet 1974. Les sites les plus fréquentés par l’espèce en Suisse sont le Chablais de Cudrefin VD et Yverdon VD.
Les données de Flamants roses sauvages en Suisse et au lac de Constance se situent entre le 29 août et le 23 novembre; les migrateurs proviennent probablement le plus souvent de Camargue F, d’où l’espèce se disperse ou émigre en automne. La seule observation printanière date de mai.
La population de Flamant rose s’est accrue de façon spectaculaire à la fin du XXe siècle en Camargue F, où l’espèce se reproduit régulièrement depuis 1969, grâce aux efforts de protection: on y recensait 320 couples en 1970, 8'600 en 1990, environ 17'000 en 1993 et 1998, 22'200 en 2000 et 10'100 en 2002. Cette augmentation explique en partie le nombre plus élevé d’observations en Suisse dans le dernier tiers du XXe siècle; l’arrivée en automne 1998 de 6 juvéniles, dont 1 bagué en Camargue, faisait suite à une production de 10'500 jeunes, soit la plus forte jamais enregistrée en ce lieu.
Le Flamant rose est inféodé aux lacs salés et lagunes saumâtres de faible profondeur, où il trouve en suffisance les crustacés et autres invertébrés dont il se nourrit par filtration. Au
Chablais de Cudrefin VD, les oiseaux se tenaient en permanence sur les hauts-fonds et les bancs de sable, où ils ont réussi à se nourrir convenablement, ne quittant les lieux qu’en cas de vague de froid menaçant de geler les eaux peu profondes, comme en 1998.
Très grégaires, les Flamants roses se concentrent par milliers en quelques sites propices, lesquels devraient être intégralement protégés et entretenus. En Afrique, les sécheresses peuvent provoquer la disparition et le déplacement de colonies entières d’une année à l’autre.
Cet historique est issu de www.tourduvalat.org
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