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Vache folle: la Suisse multiplie les contrôles sur les produits carnés
Des tissus nerveux non déclarés ont été identifiés dans des compositions alimentaires. L´Office vétérinaire fédéral affirme que ces substances ne sont pas d´origine bovine. Mais les tests utilisés ne permettent pas d´en fournir la preuve.
Sur près de 140 échantillons testés, «nous avons identifié huit produits carnés contenant des cellules nerveuses et notamment des traces de cervelle.» Mais, s'empresse d'expliquer Heinz Müller, porte-parole de l'Office vétérinaire fédéral (OVF), «nos recherches permettent d'affirmer que ces aliments ne présentaient aucun risque pour le consommateur.»
Selon l'OVF, les échantillons incriminés ne contenaient que de la cervelle de porc et de veau mal étiqueté. Autrement dit aucune substance illicite.
Pour mémoire, suite au premier cas de vache folle enregistré en novembre 1990, la Suisse a déclaré les cerveaux bovins et les moelles épinières impropres à la consommation.
En Allemagne et en Italie une interdiction similaire n'est entrée en vigueur qu'en octobre de l'an dernier. Alors que la Suisse n'a jamais cessé les importations en provenance de ces pays.
L'Office vétérinaire fédéral a toutefois tenté de consolider ses mesures de sécurité alimentaires. En effet, depuis l'été 2000, il vérifie ponctuellement que les préparations alimentaires mises sur le marché ne contiennent pas d'organes à risque.
Pour ce faire, elle utilise un test allemand capable de déceler la présence de cellules nerveuses. Reste que la méthode utilisée ne permet pas d'identifier l'origine des matières nerveuses repérées. Il est donc impossible de savoir si la cervelle présente dans un échantillon alimentaire provient d'un porc ou d'un bovin. Une incertitude qui peut paraître gênante en matière de lutte contre les risques de transmission de l'encéphalopathie spongiforme bovine.
«Il est vrai que nous ne sommes pas en mesure d'apporter la preuve scientifique que les produits analysés ne contiennent pas de matière nerveuse bovine, avoue André Herrmann, chimiste cantonal à Bâle-ville. Mais si les tests accusent des anomalies par rapport aux compositions annoncées sur les étiquettes, nous pouvons remonter les filières et contrôler les sociétés concernées.»
Il s'agit notamment de vérifier les matières premières utilisées par les producteurs, voire d'éplucher les comptes pour connaître avec plus de précision les quantités achetées et transformées par ses soins.
Lorsque des aliments douteux sont importés, les services vétérinaires suisses travaillent en collaboration avec leurs homologues étrangers. «Pour passer nos frontières, les produits importés doivent être munis de certificats, délivrés par les autorités sanitaires des pays d'origine, rappelle Heinz Müller. Ces derniers doivent notamment mentionner les compositions.»
Selon l'Office vétérinaire fédéral, les huit produits épinglés dans le cadre de ses tests ne pêchaient que par un étiquetage non conforme. «L'ordonnance sur les produits alimentaires stipule clairement que seul le muscle, y compris le cœur et la langue, peut être étiqueté sous l'appellation viande, explique Roland Charrière, responsable du service des denrées alimentaire à l'Office fédéral de la santé publique. En revanche, l'incorporation d'abats et de cervelle doit être très précisément indiquée.»
Les fabricants responsables - l'un tessinois et l'autre français - ont été informé et leurs étiquetages rectifiés. L'Office vétérinaire fédérale a par ailleurs vérifié la bonne foi des producteurs et la qualité des matières carnées utilisées.
Toutefois, fort de ses résultats, la Suisse a décidé de multiplier ses contrôles. Cette année, ce ne sont pas une centaine mais trois cent échantillons de produits alimentaires qui seront examinés.
Il n'empêche que le problème reste entier. A ce jour, aucun test ne permet d'identifier clairement l'origine des cellules nerveuses détectées.
Un déficit qui pourrait profiter aux laboratoires cantonaux de Bâle-ville et du canton de Vaud qui travaillent assidûment à la mise au point d'une nouvelle technique d'analyse. Ces derniers promettent d'ailleurs des résultats positifs très prochainement.
Vanda Janka
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