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Zürich, 08.09.2017
Le procureur général du Venezuela Tarek William Saab a affirmé qu'il n'ouvrirait pas d'enquête à l'encontre du président Nicolas Maduro. Ce dernier est accusé par l'ex-procureure générale Luisa Ortega d'être impliqué dans le réseau de corruption autour du groupe brésilien Odebrecht.
"L'entreprise elle-même a démenti tout cela, nous n'allons pas travailler sur la base de spéculations", a déclaré jeudi M. Saab, rejetant aussi toute ouverture d'enquête à l'encontre du numéro deux du pouvoir, Diosdado Cabello.
Il a toutefois indiqué que le ministère public enquêterait sur le versement de pots-de-vin au Venezuela, accusant Mme Ortega de n'avoir pas avancé sur cette affaire quand elle était à son poste, avant d'être destituée le 5 août par l'Assemblée constituante.
"Il n'y a qu'un dossier de huit pages" à ce sujet, a-t-il critiqué, laissant entendre que le travail avait été mal fait, voire pas du tout.
Odebrecht au coeur d'un scandale
Le 24 août à Brasilia, Mme Ortega, en fuite du Venezuela, avait accusé Odebrecht d'avoir versé 100 millions de dollars à Diosdado Cabello à travers une entreprise espagnole possédée par ses cousins.
Elle avait aussi affirmé que "l'Etat vénézuélien avait payé 300 milliards de dollars d'argent public pour des chantiers actuellement paralysés".
Le groupe Odebrecht, l'un des plus grands groupes de construction d'Amérique latine, est au coeur d'un scandale de corruption qui secoue tout le continent, avec la constitution d'un cartel ayant truqué des marchés de sous-traitance de la compagnie pétrolière brésilienne d'Etat Petrobras et distribué des pots-de-vin à des hommes politiques.
Il a nié les accusations de Mme Ortega à l'encontre de M. Cabello, démentant aussi avoir reçu de l'argent "pour des chantiers non réalisés".
"Crédibilité annulée"
Après s'être initialement réfugiée en Colombie, Luisa Ortega, ancienne chaviste entrée en dissidence, a entrepris une tournée à travers l'Amérique du Sud, au Brésil, au Costa Rica, et début septembre au Mexique, pour présenter les preuves dont elle disposerait de la corruption du gouvernement vénézuélien.
"Je ne vais entrer dans une polémique avec personne", a commenté M. Saab, "mais quelqu'un qui a dit qu'elle s'immolerait pour le peuple, qu'elle serait dans les rues pour réclamer la liberté, les gens l'ont vue dans des yachts et des avions privés, voyageant d'un pays à l'autre dans une tournée qui coûte beaucoup d'argent. Ces contradictions annulent sa crédibilité".