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Il est plus probable qu'une fermeture du gouvernement se produise, plutôt que l’inverse. Le calendrier serré et l'absence de feuille de route renforcent ce point de vue.
Que se passe-t-il? Avec seulement 8 jours de sessions prévus avant le 30 septembre, le Congrès dispose de très peu de temps pour adopter un projet de loi sur le financement du gouvernement afin d'éviter une fermeture avant le début de l'année fiscale 2024 (1er octobre). Un accord négocié avec différentes formations des républicains de la Chambre des représentants s’est délité dimanche, dès qu'il a été rendu public.
La sagesse conventionnelle au Capitole: la fermeture n'est plus qu'une question de temps. En effet, le Président de la Chambre des représentants, M. McCarthy, est dans l'embarras: le groupe parlementaire «Freedom Caucus» ne veut pas qu'il fasse voter un projet de loi de financement à court terme, ni qu’il ne fasse passer un projet de loi omnibus basé sur les niveaux de financement déjà convenus. Il n'y a pas assez de temps - ou de consensus parmi les républicains de la Chambre - pour renégocier les niveaux de financement. En d'autres termes, la fermeture du gouvernement semble être la seule option viable pour apaiser le groupe conservateur des législateurs républicains.
Notre préoccupation: la durée. Si le gouvernement est fermé, il n'y aura peut-être pas de catalyseur pour sa réouverture, compte tenu de la dynamique interne compliquée des républicains de la Chambre des représentants. La plus longue fermeture totale du gouvernement a été de 16 jours en 2013. Cette fermeture a amputé le PIB d’environ 6% et si une partie de l'impact sur la croissance a été temporaire, une autre a été durable, comme expliqué ici. Aujourd'hui, un facteur supplémentaire doit être pris en compte: une Fed dépendante des données. Pendant la fermeture, aucune donnée économique ne sera collectée ou publiée, y compris sur le PIB, les emplois et l'inflation, et même lorsque le gouvernement rouvrira ses portes, la collecte sera retardée. En d'autres termes, la Fed - qui a souligné à quel point elle est actuellement dépendante des données - se retrouvera dépourvue en novembre, lors de sa prochaine réunion, et pourra hésiter à relever ses taux d'intérêt.
En conclusion: nous estimons qu'il est plus probable qu'un shutdown se produise, plutôt que l’inverse. Le calendrier serré et l'absence de feuille de route renforcent ce point de vue. Alors que les marchés ont toujours pris les fermetures d'État au sérieux, celle-ci pourrait être différente car elle se heurte à plusieurs autres vents contraires pour l'économie (reprise du remboursement des prêts étudiants, grève des ouvriers de l'automobile, hausse des prix de l'essence, etc) et un consommateur jusqu’à présent résilient. Aussi, une fermeture du gouvernement pourrait avoir un impact plus important, compte tenu du contexte.