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Depuis un peu plus de deux ans, Dominic Stricker était accompagné sur le circuit par Sven Swinnen, un ami d'enfance de Roger Federer. Une solution idéale, mais que les deux parties savaient à durée limitée: d'abord parce que Swinnen est employé (donc payé) par Swiss Tennis en tant qu'entraîneur national; ensuite parce que ce père de famille de 48 ans ne souhaite plus voyager autour du monde jusqu'à 35 semaines par an. Partant de ce double constat, le camp de Stricker s'est mis en quête depuis plusieurs semaines d'un entraîneur capable de décharger Swinnen -et de compléter son enseignement.
C'est la raison pour laquelle Stricker est apparu aux côtés de l'entraîneur allemand Dieter Kindlmann à Rovereto (Italie du nord), où le Bernois a remporté son quatrième titre Challenger fin février.
Une expérience qui n'est pas appelée à se renouveler, du moins dans l'immédiat, puisqu'après Kindlmann, qui avait été jusque-là actif sur le circuit féminin en coachant Angelique Kerber et Arina Sabalenka, c'est au tour de Peter Lundgren de faire son apparition dans le box du talentueux espoir. L'homme de 58 ans a été engagé pour un essai de trois semaines. C'est une vieille connaissance du tennis suisse: il était l'entraîneur de Roger Federer en 2003, lorsque ce dernier a remporté son premier titre du Grand Chelem à Wimbledon.
Le Suédois s'est également occupé de deux anciens numéros un mondiaux, Marcelo Rios et Marat Safin. Les noms de Grigor Dimitrov et de Stan Wawrinka (entre juillet 2010 et septembre 2011) figurent également sur son CV.
Avec de bons résultats lors des tournois Challenger de Lugano (cette semaine) et de Bienne (à partir du 20 mars), Dominic Stricker pourrait faire son entrée pour la première fois dans le top 100 mondial. La période d'essai avec Lundgren, qui sera chargé de donner de nouvelles impulsions au Bernois dans les domaines technique et tactique, sera alors terminée.
Au vu du succès passé avec Federer, cette association fait forcément rêver les fans de tennis suisses. En même temps, elle révèle les difficultés auxquelles Stricker est confronté dans sa carrière à 20 ans. Car si Lundgren peut se targuer d'un CV impressionnant en tant qu'entraîneur, son dernier engagement (aux côtés de Stan Wawrinka) remonte à douze ans déjà. Depuis, celui qui était numéro 25 mondial dans les années 80 avait disparu de la scène.
La marge de manœuvre financière de Stricker est de toute évidence encore limitée. Certes, il a gagné 400'000 dollars de prix (avant impôts) l'année dernière et a ainsi pu, selon ses propres dires, financer lui-même sa saison. Mais il ne peut pas encore verser un salaire fixe mirobolant à un entraîneur. Son salaire dépend de l'argent des prize money et donc des succès. Une situation qui rend Stricker moins attractif en tant qu'employeur.
Stricker s'était donné un peu d'air en fin d'année dernière, en prenant une décision qui aurait été critiquée par les meilleurs joueurs mondiaux, dont le salaire se chiffre en millions grâce aux chèques des tournois et aux sponsors, mais qui est compréhensible dans son cas. En décembre, le jeune Helvète avait participé à la Diriyah Tennis Cup, une épreuve exhibition en Arabie saoudite qui avait soulevé des critiques. Les participants avaient été accusés de favoriser le «sportswashing» (procédé par lequel un pays utilise le sport pour améliorer sa réputation) dans une nation classée 150e sur 167 à l'indice de démocratie révélé par The Economist.
Stricker avait estimé que les avantages étaient trop importants pour y renoncer. Avec Stefanos Tsitsipas, Alexander Zverev ou Daniil Medvedew, il avait pu disposer de partenaires d'entraînement de premier ordre. Rien que sa participation lui avait d'ailleurs rapporté 100 000 dollars de cachet. Comme il s'était imposé en double avec Hubert Hurkacz, Stricker avait gagné en moins d'une semaine la somme incroyable de 350 000 dollars.
Une somme qu'il compte bien faire grandir à l'avenir en remportant des matchs et des compétitions, ce qui n'est possible que s'il parvient enfin à se hisser pour la première fois dans le tableau principal d'un tournoi du Grand Chelem. De ce point de vue, les semaines à venir seront décisives pour Stricker. S'il fait partie du top 100 le 17 avril, six semaines avant le début de Roland-Garros, il évitera le passage par les qualifications et fera son baptême du feu là où il a gagné le tournoi junior à l'automne 2020. Peut-être aux côtés de Peter Lundgren.
Adaptation en français: Julien Caloz
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