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Lorsqu’on me présente un film qui s’appelle The Iron Ministry, j’envisage un film de fiction dans le genre d’un thriller d’espionnage basé autour de l’industrie sidérurgique allemande durant la seconde guerre mondiale.
En fait, The Iron Ministry est un documentaire tourné pendant trois ans dans des trains circulant sur les chemins de fer en Chine. De multiples voyages sont documentés, de différentes provinces de départ à plusieurs destinations, les voyages s’assemblent en un train cinématographique original. Filmé en caméra subjective, le film décrit autant les trains dans lesquels il se trouve que les personnes qui y sont à bord.
Dans un pays comme la Suisse, connu pour les Chemins de Fer Fédéraux et leur horloge que même Apple a placé sur ses iPhones, ceci est une expérience très intéressante à voir.
Si il était nécessaire de le rappeler, le train est parfois le seul moyen de transport de ces paysans qui vivent dans la campagne sous-développée chinoise. Le train reste leur seul moyen d’accès au « monde » et rend le voyage très intéressant de leur point de vue.
Le film est aussi axé sur les êtres humains qui s’y trouvent, et des échanges qui s’y produisent. Que ce soit un enfant qui se lance dans un sketch humoristique assez incroyable, faisant rire la salle entière ou un groupe de jeunes débattant des causes du prix élevé de l’immobilier, le film capture aisément l’humour éphémère des voyages.
Par contre il capte aussi les discours à propos de thèmes plus sérieux et d’actualité. Le train paraît une sorte d’échappatoire où les langues se délient un peu.
Il y a ce discours très politiquement correct entre deux Chinois Han et deux Chinois Hui (les musulmans pratiquant l’Islam Sunnite), où les messages sont que « la Chine aime la paix » et que « le pays prend soin de ses minorités ». Dans ce même discours, on entendait aussi dire que « la Libye sous Kadhafi était une vraie dictature » en citant Mao Zedong pour l’avancement du peuple chinois. Plus tard nous entendons un discours sur le Tibet, son exploitation et son assimilation à la Chine en tirant des parallèles avec la façon dont les indiens d’Amérique furent décimés.
Tout le monde regarde à travers la vitre, essaie de découvrir le paysage quand il le peut en voyageant à 306 km/h à travers ce pays énorme.
Somme toute, c’est un film agréable. L’immersion dans un train chinois dépeint un échantillon de la société chinoise, ce dont ils rêvent et les problèmes qui les attendent. Le tout à un niveau très humain.
Noté : 3 / 5
Bonus : Ce que je n’ai encore jamais vu dans un train CFF
– Des bouchers accrochant leur viande à sécher dans le train.
– Tout le monde fume partout, certaines personnes crachent par terre.
– Des personnes en train de dormir en pleine journée dans les bogies sans que les contrôleurs viennent leur dire qu’il est interdit de rester là.
– Des colporteurs vendant et faisant des démonstrations de produits miracles de nettoyage.
– Une véritable déchetterie de papiers, cartes, bouteilles, sacs, canettes jetées par terre.
– Des hommes se rasant en utilisant la vitre en tant que miroir.
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Détails
Date de sortie en Suisse: Inconnu
Réalisateur: J.P. Sniadecki
Pays de production: Etats-Unis
Durée du film: 82 minutes
Genre: Documentaire
(Images droits réservés)