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POUR UN RENOUVEAU DE LA VIE MONASTIQUE
SA MISSION SE PRECISE
Le 9 juin 1816, Soeur Marie de Sales prononce ses Voeux avec la ferveur que l'on devine.
Envoyée à Metz, un an après sa Profession, avec deux autres religieuses, pour rétablir le monastère fermé pendant la Révolution, la jeune professe tombe gravement malade et doit revenir à Fribourg en octobre 1819. On lui confie alors la charge du noviciat où l'ascendant de sa vertu et ses dons naturels font merveille.
1826 marque un grand tournant dans sa vie. Elle est demandée par la Visitation de Troyes pour y être supérieure. Ce monastère, fondé en 1631 par le deuxième monastère de Paris, avait été fort ébranlé, pendant près de quarante ans, par le jansénisme dont Troyes fut un foyer des plus ardents. Au moment où, grâce à trois religieuses d'Annecy, la communauté commençait à refleurir, la Révolution éclata, chassant les religieuses de leur maison. En 1807, les Visitandines. qui avaient fini par se réunir dans une maison de la ville, purent rentrer dans leur monastère, hélas aux trois-quarts démoli. Elles n'étaient plus que quinze. Mais de jeunes et ferventes vocations arrivèrent, désireuses d'une vraie vie visitandine à laquelle, malheureusement, personne ne pouvait les former. L'une d'elles, devenue supérieure, disait humblement à ses soeurs: " C'est à faire pitié, mes bonnes soeurs, c'est à faire pitié d'avoir une supérieure comme moi ; il faut absolument en trouver une autre!"
C'est ainsi que les Visitandines de Troyes frappèrent avec insistance à la porte de Fribourg qui, après bien des hésitations, consentit à donner Soeur Marie de Sales.
Pendant ce temps, Soeur Marie de Sales, revenant de l'oraison, voit clairement qu'elle ira à Troyes pour y être supérieure et, aussitôt, en toute simplicité, elle va le dire à sa supérieure bien étonnée. Rentrée dans sa cellule, Soeur Marie de Sales reçoit de Dieu d'abondantes lumières sur ce qu'elle allait faire à Troyes. Ce monastère lui est montré comme devant être la maison où elle passera désormais presque toute sa vie, que c'est le lieu où Dieu accomplira ses promesses et qu'elle y laissera