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1671
abbé Montfaucon de Villars, La Critique de Bérénice
Paris : L. Bilaine, M. Le Petit, E. Michallet, 1671
Le rôle d'Antiochus
L'abbé de Villars reprend la tragédie de Racine en imaginant ce qu'il aurait fallu faire pour éviter ce qu'il considère comme des fautes ;l'argument de la distribution des rôles entre les acteurs de la troupe intervient de manière ironique.
Si cet Antiochus eût ouvert le théâtre en disant qu'il a su que Titus veut renvoyer Bérénice, ce qu'il dit n'eût pas été si éloigné de la catastrophe. Le confident eût pu lui inspirer de demander la reine à l'empereur, et là-dessus s'étendre sur les hauts faits d'Antiochus à Jérusalem, qui pouvaient le mettre en droit de prétendre à cette récompense. Il n'en eût pas moins fait sa déclaration d'amour à Bérénice, et tout ce qu'ils disent de tendre eût pu subsister. Il eût pu ensuite faire pressentir à la reine l'inconstance de Tite, et ainsi tout cet acte n'eût pas été hors d'œuvre comme il est, et la protase y eût été achevée. On se fût attendu que le roi de Comagène eût pu contribuer au nœud et au dénouement et l'on ne l'eût pas regardé dès lors comme un acteur inutile, qui n'est introduit que pour faire perdre du temps, et pour donner un rôle ennuyeux et vide au mari de la Champmeslé.
Extrait signalé par M. Escola
éd. G. Michaut, La "Bérénice" de Racine, Paris : Société française d'imprimerie et de librairie, 1907, p.242
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