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Les empreintes digitales
C'est grâce aux travaux d'Alphonse Bertillon, dans les années 1880, que l'on a commencé à pouvoir identifier des récidivistes sans avoir recours au marquage ou à la mutilation.
Les empreintes n'étaient au départ qu'un élément subsidiaire de la fiche anthropométrique; les sillons caractéristiques de l'extrémité interne des doigts permettaient l'identification mais étaient d'une efficacité limitée au niveau de la classification.
Petit à petit pourtant, on a découvert l'extrême richesse des dessins papillaires, comme leur caractère classifiable et unique, spécifique à chaque individu.
L'idée d'en faire un instrument d'identification à part entière s'est imposée avec les recherches du Britannique Galton, qui démontra la permanence du dessin de la naissance à la mort, son inaltérabilité et son individualité.
Les minuties des empreintes digitales
Dans sa thèse "Reconnaissance automatique et analyse statistique des minuties sur les empreintes digitales", Christophe Champod étudie la possibilité de tirer profit des progrès de l'informatique et de la statistique. La minutie, selon Galton cité dans l'ouvrage, c'est l'arrangement particulier des lignes papillaires formant des points caractéristiques à l'origine de l'individualité des dessins digitaux. Arrêts de lignes, bifurcations, lacs, îlots, points, la combinaison des minuties est pratiquement infinie.
Dans la pratique judiciaire des pays développés, il faut de 8 à 17 points (mais le plus souvent 12 suffisent) sans discordance pour qu'on estime établie l'identification. Un chiffre inférieur au seuil minimum aboutit à l'exclusion de l'empreinte comme élément de preuve; une rigueur surprenante qui fait fi du critère de probabilité.
Une probabilité supérieure à un sur un milliard
"Même si le nombre des minuties est plus restreint que les sacro-saints douze points exigés en Suisse, il n'est scientifiquement pas justifiable d'ignorer ces éléments de preuve", affirme le chercheur lausannois. Et il ajoute: "On avance souvent l'idée que les juristes attendent de la preuve dactyloscopique qu'elle soit univoque et sans compromis. C'est faux; le juge préfère des preuves fortes, mais en aucun cas, il ne se priverait de la valeur d'un indice s'intégrant dans un faisceau de preuves."
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