Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07262.jsonl.gz/165

Commission Conjoncture vaudoisep.a. CVCICase postale 3151011 Lausanne
L'enquête conjoncturelle est réalisée sur la base de deux questionnaires très brefs adressés à la fin de chaque mois et de chaque trimestre à quelque 150 chefs d'entreprise. Ces questionnaires contiennent des questions "qualitatives" qui ne portent en principe pas sur une appréciation chiffrée du volume traité et auxquelles trois réponses sont possibles. Par exemple : "La production, comparé au même mois de l'année précédente, a augmenté, est restée identique ou a diminué ?"; "Nous jugeons notre carnet de commandes global très chargé, normal, trop peu chargé" "Au-delà des trois prochains mois, la marche prévisible des affaires s'améliorera, se maintiendra ou se dégradera ?".
Il s'agit en l'espèce d'une enquête d'opinion et les réponses des entreprises, pondérées par le nombre de personnes qu'elles occupent et agrégées par branche économique, sont quantifiées par la méthode dite "du solde". Celle-ci consiste pour l'essentiel à soustraire les pourcentages des réponses se rapportant aux avis opposés (les plus et les moins), en négligeant les jugements n'indiquant aucune variation.
A eux seuls, les résultats d'une enquête "isolée" n'ont guère de signification. C'est uniquement l'évolution des réponses qui permet d'interpréter la tendance de la production, des carnets de commandes et des stocks. L'apport irremplaçable des enquêtes de conjoncture est d'anticiper d'abord, puis de confirmer avec une grande sûreté les "retournements de conjoncture", c'est-à-dire les passages de l'expansion à la récession et inversement.
L'échantillon de référence est constitué par les établissements considérés comme industriels au sens de la loi fédérale sur le travail. Pour que les résultats d'une branche soient représentatifs, il faut que plusieurs critères soient respectés. D'une part, la participation pour cette branche doit être d'au minimum 10 entreprises et d'autre part ces entreprises doivent regrouper au moins 20 % de l'ensemble du personnel occupé dans la production de la branche.
La répartition des entreprises par branche s'effectue actuellement selon la nomenclature générale des activités économiques (NOGA) introduite en 1995 par l'Office fédéral de la statistique :
Le signe * indique que ces branches sont généralement représentatives dans l'enquête vaudoise.
Les réponses des établissements appartenant à des branches dont la représentativité n'est pas assurée interviennent néanmoins lors du traitement des données relatives à l'ensemble de l'industrie.
Chaque mois et chaque trimestre, les entreprises participant à l'enquête conjoncturelle reçoivent du KOF un questionnaire auquel elles répondent bénévolement dans les 10 jours. Ce questionnaire devrait être rempli par une personne exerçant une fonction dirigeante ou disposant d'une vue d'ensemble sur la nature des activités exercées par son entreprise.
Pour répondre à la plupart des questions posées, la personne mandatée n'est pas astreinte à consulter des résultats comptables. Elle se déterminera simplement par rapport à un choix prédéterminé de trois réponses possibles : (+) a augmenté, augmentera, s'améliorera, trop élevé; (=) est resté identique, restera identique, se maintiendra, satisfaisant; (-) a diminué, diminuera, se dégradera, trop faible.
Les deux questionnaires adressés aux entreprises contiennent :
Le questionnaire mensuel est conçu de manière à appréhender les diverses étapes du processus de production, de l'entrée des commandes au stockage des produits finis.
Le questionnaire trimestriel complète le questionnaire mensuel par une série de questions portant sur les conditions de production, l'utilisation des facteurs de production et les prix.
Les données recueillies se limitent à une série d'appréciations sur l'évolution de certaines variables clés. Pour passer de cet ensemble de jugements purement qualitatifs à des données qui puissent être analysées et comparées, il est nécessaire de recourir à une méthode de quantification appropriée : la "méthode dite du solde".
Cette méthode repose sur l'hypothèse d'un lien entre la diffusion d'un phénomène et son ampleur. Diverses études ont montré qu'il existe un ensemble de relations stables entre des indicateurs d'opinions exprimés sous la forme de soldes et les données économiques objectives. Les résultats de l'enquête sont satisfaisants dans la mesure où l'on peut vérifier une bonne correspondance entre l'évolution des opinions exprimées par les chefs d'entreprise et la réalité comptable constatée à posteriori, même si l'on tient compte des perturbations liées à l'influence de la mémoire des répondants (inertie des réponses et rôle des "bons ou mauvais souvenirs économiques") ou à la variation du niveau implicite de référence au cours du temps et, en particulier, des cycles économiques longs.
Le processus de quantification par la méthode du solde passe par trois étapes :
Pour illustrer notre propos, supposons que les entreprises A, B, C, D, et E, appartenant à la même branche industrielle, aient répondu de la façon suivante à la question portant sur l'entrée des commandes :
Pour l'ensemble de l'industrie, les résultats sont obtenus par agrégation des soldes des différentes branches industrielles, pondérés par un coefficient égal à la contribution de chaque branche à l'emploi total de l'industrie.
L'une des particularités de l'enquête conjoncturelle consiste dans l'établissement d'une série d'indicateurs, destinés à synthétiser les opinions exprimées sous la forme de soldes aux diverses questions posées dans l'enquête. Ils permettent d'apprécier globalement l'évolution de la conjoncture.
Parmi ceux-ci figure l'indicateur synthétique de la marche des affaires. Il est calculé par la branche et pour l'ensemble de l'industrie à partir des réponses à un choix empirique de questions retraçant les principales étapes du processus de production :
En outre, un indicateur avancé est calculé mensuellement à partir des perspectives annoncées par les chefs d'entreprise. Il porte sur l'évolution prévisible de la marche des affaires au-delà d'un horizon limité à trois mois et par rapport à l'activité projetée à court terme.