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"Theresa May cherche l'indulgence de l'UE"
De nouveau, un titre du journal Le Temps où le choix des mots interpelle.
"Indulgence", en quel honneur ? Parce que le peuple britannique a pris souverainement, démocratiquement. une décision ?
En quoi le Premier Ministre britannique devrait-il, d'une quelconque manière, aller s'excuser auprès de Bruxelles d'une décision prise par son pays ? Les affaires du Royaume-Uni se décident à Londres, pas à Bruxelles.
L'idée que Mme May devrait aller voir les dirigeants de l'Union européenne comme d'autres se rendraient à Canossa, en chemise et pieds nus, solliciter "l'indulgence", n'existe que dans la tête des journalistes du Temps. Elle nie le principe de souveraineté, la fierté des nations. Elle cherche à donner l'impression d'une autorité supranationale. Non seulement à l'intérieur de l'UE, mais - surréaliste - par rapport à un pays qui a justement décidé de quitter ce conglomérat en liquéfaction !
En amont de la Réforme, on achetait des Indulgences. Voilà que le Temps, à l'inverse, cherche à nous en vendre. Il tente d'instiller auprès du lecteur l'idée que la décision souveraine des Britanniques serait une faute morale. Et qu'il s'agirait de la racheter.
Le Temps nous instaure à sa manière une nouvelle Papauté de Saint-Empire. Il joue sur un arrière-pays de Guelfes et de Gibelins, sur l'idée d'une objectivité centrale du Bien, contre les errances temporelles des vassaux.
Alors qu'il n'en est rien. Cette représentation d'une autorité immaculée de Bruxelles n'existe que dans la tête des journalistes du Temps.
Il fallait que quelqu'un le dise.
Pascal Décaillet, 22 juillet 2016