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Entre le blé et le ciel
Événement à la Basilica Palladiana, avec la présentation exceptionnelle d’un nombre élevé d’œuvre du peintre hollandais, soit 43 peintures et 86 dessins.
Cette exposition bénéficie de l’apport décisif du Kröller-Müller Museum, sis en Hollande, ainsi que des prêts d’une douzaine d’autres musées. La biographie du peintre a été reconstruite en mettant l’accent sur les années néerlandaises, décisives. Né en 1853, Van Gogh se tourne vers la peinture à partir de 1880, après avoir essayé d’autres activités, il part s’établir en Belgique puis en France.
Le parcours de l’exposition sera comme de marcher dans l’âme de Van Gogh, dans cet endroit secret connu de lui seul, où les images qu’il a peintes se sont formées. Il partage tout d’abord les thèmes de Jean-François Millet, puis ceux des artistes de l’école dite de La Haye, une version néerlandaise de l’école de Barbizon. Certaines de leurs œuvres seront exposées en compagnie de celles de Van Gogh.
L’abondante correspondance de Van Gogh permet de mieux le comprendre. Elle est constituée de plus de huit-cents lettres écrites à sa famille et à ses amis, dont six cent cinquante-deux envoyées à son frère Théo, avec qui il entretient une relation soutenue aussi bien sur le plan personnel que professionnel.
Ces lettres serviront de fil conducteur à l’exposition, comme un journal intime ; car à travers les mots, le spectateur peut pénétrer jusqu’au fond du mystère qui hante la beauté des œuvres, ces œuvres qui ne cessent de nous fasciner. Ces lettres seront également imprimées sur les murs, à côté des œuvres qui les ont inspirées.
L’exposition étudie en profondeur les cinq ans durant lesquels l’artiste a séjourné dans le Brabant, d’Etten au printemps de 1881 à Nuenen à l’automne 1885. Mais aussi les merveilleux mois que Van Gogh a passé à l’automne de 1883 dans la région de Drenthe, où l’artiste a produit quelques feuilles d’une exquise élégance.
C’est à Nuenen, où Van Gogh profite d’un petit atelier aménagé à son intention dans la maison familiale, que son talent se révèle définitivement : de cette époque datent de puissantes études à la pierre noire de paysans au travail, mais aussi quelque deux cents tableaux à la palette sombre et aux coups de brosse expressifs, qui confirment alors son talent de dessinateur et de peintre.
À Paris dans les années 1886-1887, Van Gogh fréquente un moment l’Académie du peintre Cormon, où il fait la connaissance de Henri de Toulouse-Lautrec, de Louis Anquetin, d’Émile Bernard ainsi que de John Peter Russell. Il rencontre également, par l’intermédiaire de son frère, presque tous les impressionnistes, en particulier Georges Seurat et Camille Pissarro, ainsi que Paul Gauguin.
Le 20 février 1888, il s’installe à Arles, dans la vieille ville à l’intérieur des remparts, avec comme compagnon le peintre danois Christian Mourier-Petersen. Il loue également une partie de la « maison jaune » pour en faire son atelier. Bien qu’il arrive dans la cité avec un temps de neige, une nouvelle page de son œuvre s’ouvre avec la découverte de la lumière provençale.
L’instabilité mentale de Vincent van Gogh, après plusieurs crises et rémissions, reprend vers la fin juillet 1890. Le 27 juillet 1890, dans un champ derrière le château où il peint peut-être une ultime toile, car il a emmené son matériel de peinture avec lui, il se tire un coup de revolver dans la poitrine (pour viser le cœur) ou dans l’abdomen. Il meurt deux jours plus tard, à l’âge de 37 ans.
A la fin de l’exposition, un film permettra de combiner les chefs-d’œuvre de l’artiste et la projection de la vie. Il y aura également, sur une toile de 20 mètres carrés, la reconstitution de la maison de repos pour malades mentaux de St.Rémy-de-Provence dans laquelle Van Gogh a choisi de séjourner de mai 1889 à juin 1890, une période qui s’est révélée très productive. Les peintures de cette période sont souvent caractérisées par des remous et des spirales.
Du 7 octobre 2017 au 8 avril 2018