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L'utilisation du composite cimentaire fibré ultra-performant (BFUP) combinée à la précontrainte permet de réduire les épaisseurs au minimum, tout en garantissant une durabilité optimale. Ainsi, les garde-corps ne mesurent que dix centimètres dans leur partie supérieure, et douze à leur base. Disposés en suivant le cheminement des efforts principaux, des évidements mettent en évidence le fonctionnement statique de l'ouvrage en optimisant la quantité de béton utilisée.
En surplomb du site du CHUV, Brauen Wälchli Architectes a réalisé deux bâtiments reliés par une cour. L'un, sur rue, accueille la réception, le centre de soins, le restaurant, la cuisine et trois étages de chambres. L'autre, sur cour, abrite le service d'endocrinologie et six étages de chambres. Les architectes ont ménagé des fenêtres d'angles et habillé les façades de panneaux de tôle étirée et écrasée couleur taupe évoquant un tissage à grosses mailles ajourées, comme une couverture enveloppante.
Édifié dès les années 1950, l'institut de recherche Battelle était conçu par son architecte Georges Addor comme un campus à l'américaine affichant l'expression rationnelle de sa modernité. Pour répondre aux besoins d'espace de ce qui est devenu la HEG tout en respectant les qualités patrimoniales de l'ensemble du site, Brauen Wälchli Architectes réinterprète le contexte historique avec un imposant paquebot qui répond élégamment à un programme extrêmement dense et exigeant.
Pour Brauen Wälchli Architectes qui y a installé son agence, l'amenée de lumière naturelle jusqu'au coeur du bâtiment représentait le défi majeur. Défi magnifiquement relevé: la clarté inonde l'espace de réception et d'articulation de l'ensemble par un lanterneau zénithal, offre une transparence sur toute sa profondeur nord-sud, pénètre par la cage vitrée de l'ascenseur jusqu'au fond des espaces de travail, et baigne la cafétéria prolongée par une terrasse.
Pour l'aménagement d'un sentier didactique, Brauen Wälchli Architectes y a dessiné une passerelle suspendue d'où la vue plonge sur l'écluse et la vallée. Ses culées s'ancrent dans le même éperon rocheux contre lequel s'arc-boutait autrefois le barrage. Les câbles porteurs proviennent de la récupération d'une infrastructure de téléphérique. La structure secondaire, facilement remplaçable, est en mélèze coupé, débité et assemblé sur place.
À son architecture originelle en terrasses inspirée de celle des coteaux lémaniques, Brauen Wälchli Architectes ajoute une toiture innovante qui lui dessine un nouveau couronnement. La vaste terrasse supérieure est ainsi couverte d'un solivage de lames précontraintes de composite cimentaire fibré ultra performant surmonté d'une grille de poutrelles qui laisse filtrer la lumière. Sous cette structure se glissent librement une salle de banquets, le restaurant et un espace d'exposition entièrement vitrés.
Pour garder au parc sa générosité, la maison est implantée tout à l'ouest. On y accède depuis la route par un pont menant à son toit coiffé d'un cadre de béton rehaussé d'un bandeau en tôle perforée qui joue d'effets de moirures. La descente vers les étages inférieurs offre une succession d'échappées sur le paysage. Fluidité des espaces, continuité entre le dedans et le dehors, beauté des cadrages sur l'extérieur sont les grands atouts de cette villa à la fois sculpturale et tout en transparence.
Ouverts sur le panorama, les espaces communs tout en transparence et chaleur boisée sont regroupés au coeur de la maison. Les vingt chambres individuelles avec vue et terrasses en coursives sont disposées sur le pourtour. Ménageant l'intimité de chaque hôte tout en l'invitant, par la fluidité des circulations intérieures baignées de lumière naturelle, à participer à la vie de la maison, l'architecture offre à ceux qui vivent ici leur fin de vie, un cadre empreint de douceur et de sérénité.
Pour souligner les principes de répétition et de flexibilité qui caractérisent le concept architectural, les façades s'inspirent de la toile Rythmique de Paul Klee avec son alternance d'éléments géométriques noirs, gris et blancs. Trois différents traitements du béton, par ponçage, lavage et sablage, produisent les trois nuances de gris des panneaux préfabriqués de l'enveloppe. À l'intérieur, c'est la couleur qui «allume» les cages d'escalier avec des couleurs complémentaires vibrantes.
Dans les hauts de Lausanne en plein développement, le bâtiment occupe ingénieusement une parcelle irrégulière où il se déploie comme une étoile à cinq branches d'inégales longueurs étirées jusqu'aux limites constructibles. Les cinq espaces de verdure ainsi dégagés entre elles sont aménagés en jardins des cinq sens aux plantations choisies pour séduire chacun d'eux, celui du goût étant naturellement attribué aux terrasses du restaurant ouvertes l'une vers le Grammont et l'autre le Jura.
Dans cette zone plate de la plaine du Rhône, le viaduc est un ouvrage d'art majeur de la nouvelle route principale H144. Franchissant l'autoroute A9, la route cantonale et plusieurs chemins agricoles, le pont étire avec élégance et légèreté apparente ses 350 m de longueur en onze travées. Taillé en aile d'avion et ménageant des porte-à-faux généreux, son tablier en béton précontraint suit la géométrie routière avec une dalle de roulement renforcée de deux nervures longitudinales.
Deux maisons en une: tel était le cahier des charges donné par la famille. Sur une parcelle tout en longueur - petit côté face au lac - et entourée de cabanes de pêcheurs, la villa est en forme de U aux ailes légèrement décalées: l'une pour les parents, l'autre pour les enfants. Elles sont reliées par un hall central et une galerie-bibliothèque qui définissent un patio fermé sur trois côtés. Pièces de jour au rez, chambres à l'étage, mais aucun couloir: les espaces peuvent facilement changer d'usage.
Le pavillon parascolaire des Isles devait répondre à des exigences antagonistes: grandes surfaces ouvertes pour le réfectoire scolaire en bas, et petites unités fermées pour la garderie en haut. Relevant ingénieusement le défi de la cohabitation de ces affectations, il se présente comme un volume quadrangulaire profondément échancré par les entrées et loggias. À l'intérieur, il abandonne le plan orthogonal pour des lignes obliques qui lui permettent une grande liberté organisationnelle.
Au Centre sportif des Isles, la halle de gymnastique offre, en additionnant ses trois salles, la surface nécessaire pour accueillir des compétitions nationales et un millier de spectateurs sur ses gradins. Le projet a transformé les contraintes du site (terrain remblayé exigeant des pieux vibrés à -25m, fermes de bois lamellé-collé exerçant une pression de 25 tonnes par point, façades pignons fonctionnant comme des poutres triangulées...) en solutions formelles originales.
Entre inspiration sylvestre et technologie pointue, sa structure porteuse se présente comme un exosquelette arborescent qui, suivant un rythme élégant, se ramifie sur ses quatre étages en se faisant à chaque niveau plus dense et plus fin. Au-dedans comme au dehors, elle donne le beau rôle à la transparence, la lumière et la légèreté. L'artiste John Armleder y apporte, dans certains éléments de construction intérieurs et aménagements paysagers, une touche organique qui renvoie à un vase d'Alvar Aalto.
Dans un programme de densification, huit villas urbaines sont délicatement posées, le léger retrait de leurs murs sur le sol leur donnant presque l'air de flotter. Elles sont décalées les unes par rapport aux autres pour offrir à tous leurs balcons la vue sur le lac et les Alpes et pivotent sur leur axe pour éviter un effet de masse des façades. L'ensemble est serti dans un parc dont le tracé sinueux des allées et des pelouses arborisées oppose un contrepoint organique à la géométrie des bâtiments.
Pour remplacer le pont routier de 1938, le nouveau Langensandbrücke vient, d'un seul geste, lancer un trait-d'union entre le centre-ville et la périphérie de Lucerne. Dans le contexte chaotique et saturé de cet environnement ferroviaire et urbain, il a fait le choix du minimalisme le plus épuré. Sa parfaite pureté de ligne, qui cache une grande complexité constructive, a été rendue possible par le recours à une poutre simple qui, composée de deux caissons en acier corten, tient lieu de châssis.
Le parti consiste à prendre le parc comme référence dont une portion du terrain est soulevée pour devenir la toiture végétale du nouveau bâtiment. Celui-ci réagit à l’environnement, naturel et construit, par un volume complexe dont la coupe révèle aussi l'ajustement topographique et l'interpénétration des niveaux.
Au coeur de l'ancien quartier industriel du Flon reconverti dans des activités culturelles et commerciales, le nouveau bâtiment est aussi surprenant qu'innovant. Avec sa fine ossature métallique et ses façades matelassées, translucides et ajourées de quelques fenêtres triangulaires, il capte le regard. D'autant qu'à la nuit tombée, il s'illumine et diffuse alentour une lumière opalescente et douce, tel un lampion géant offrant sa présence silencieuse et paisible dans un lieu souvent très animé.
L'idée forte du projet qui consistait à inscrire le nouveau bâtiment sur les traces du cloître de la cathédrale a pu être maintenue à chacune des étapes de l'étude, seule la façade-écran prévue au sud a été remplacée par un simple muret. Gageure ou tour de force, le parti adopté tente d'accorder neutralité et contemporanéité du propos, laquelle s'exprime dans des «détails» tels que la corniche largement débordante, le traitement du socle sur la rue Vuillermet…
Sa forme cubique, son toit plat et sa couleur affirmée, qu'à l'architecture coloniale arabo-hispanique: ses fenêtres en saillie, ses moucharabiehs et son patio central, il offre des solutions énergétiques exemplaires: un chauffage à l'énergie solaire, d'étroites fenêtres sur les façades sud et ouest, et de grandes ouvertures carrées au nord pour répondre aux contrastes météorologiques, à l'intensité lumineuse et à la rigueur climatique de l'Altiplano, à 3200m d'altitude.
Les façades entièrement vitrées de longue halle sont protégées par des lames en aluminium pivotant sur un axe en biais. Ce parti pris de désaxer les volets leur confère une dynamique et un rythme légèrement déhanché qui contraste avec l'aspect massif des murs. Un contraste qui se retrouve entre la rusticité du béton brut de décoffrage et la technique de précision des volets, tout comme entre un aspect extérieur minéral et rude et l'univers intérieur chaleureux et tout habillé de bois.
La maison, ancrée dans la pente par les locaux de service disposés contre terre, abrite un atelier de graphisme de plain-pied et un appartement d'un seul tenant à l'étage. Le bâtiment tourne le dos au vignoble pour s'ouvrir largement au sud et au lac. Le contrôle de la lumière s'énonce aussi simplement que l'adage selon lequel «une porte doit être ouverte ou fermée» : des volets coulissants télescopiques devant l'atelier, des baies vitrées sans autre protection que le débord du toit à l'étage.
Pour accueillir le nouveau siège de l'UIP, la Villa Gardiol (Marc Camoletti, 1908) nécessitait une extension. Celle-ci tire parti de la déclivité du terrain et remplace le socle qui la compensait et lui servait de terrasse par un embasement beaucoup plus important permettant d'abriter salles de conférences, bureaux et foyer. Latéralement, il prend l'aspect massif d'un soubassement, tandis que de face et de l'intérieur, il offre la transparence d'un pavillon de jardin léger, ouvert et lumineux.
Le parking souterrain s'inscrit dans la trame orthogonale d'un ancien quartier d'entrepôts de la fin du XIXe siècle aujourd'hui reconverti dans une nouvelle vie culturelle et commerciale. Avec son haut degré de sophistication, ses piliers centraux qui libèrent les aires de parcage de tout obstacle et ses places de stationnement inclinées à 10°, il offre des qualités de lumière, de visibilité, de sécurité et de confort exceptionnelles dans ce genre d'ouvrage relevant a priori de l'ingénierie.
Le fait de rejeter les étagères de livres contre les façades permet de libérer la zone centrale. Celle-ci reçoit une «cabine» entièrement vitrée, dont la courbe enrobe l’escalier d’accès éclairé par un lanterneau. Cette organisation spatiale et distributive permet d’obtenir un grand espace continu réservé aux places de lecture.
Réunissant, réinterprétant et agrandissant l'ancienne école professionnelle de 1967 et son extension de 1990, le nouvel édifice affiche clairement sa vocation technique par le choix de ses matériaux: verre industriel pour habiller les deux niveaux des ateliers, tôle emboutie pour le revêtement de façade, volets coulissants en guise de pare-soleil et avant-toit ajouré. A l'intérieur au contraire, c'est la nature omniprésente à travers le cadrage panoramique des baies vitrées qui joue le premier rôle.
À l'entrepôt assaini et rafraîchi, Brauen Wälchli Architectes a ajouté huit modules dont le rythme suit l'ordonnancement des façades existantes. Les lanterneaux du dépôt initial ont été équipés de cellules photovoltaïques au nord et sérigraphiés au sud. Pour la nouvelle aile, c'est l'amenée de lumière naturelle qui en a dicté la structure. Mais les poutres parallèles qui en définissent les ouvertures zénithales, perpendiculairement aux rails, viennent aussi faire écho aux lanterneaux anciens.
Respecter les caractéristiques spatiales et typologiques du bâtiment (tripartition étable, grange-fourragère, logement) et renoncer à toute ouverture supplémentaire en toiture, telles sont les lignes force du projet. Les traits qualifiants de cette architecture rurale sont réinterprétés : la fourragère se mue en patio intérieur vitré, la fente de ventilation du foin devient joint de lumière. De nouveaux percements, discrets, signalent le changement de fonction.
Conçu pour des personnes que leur travail amène à faire de fréquents séjours à l'étranger, il s'inspire de ce mode de vie de nomades modernes. Faits du même lattage de bois que les façades qui renvoient directement à leur environnement boisé, les volets une fois fermés se confondent avec elles, indiquant d'emblée l'absence ou la présence de ses habitants. Le plan est compact et fonctionnel, le volume réduit à sa plus simple expression. La maison prend valeur de manifeste d'architecture minimale.