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Le réchauffement climatique affecte le permafrost
Le permafrost du Grand Nord canadien et des plaines de Sibérie est un sol qui, même au cœur de l'été, reste gelé à quelques mètres de profondeur.
Aussi dur que le roc, il sert depuis toujours aux habitants de ces contrées d'assise pour la construction d'édifices.
Mais le réchauffement climatique de la planète commence à changer la donne.
Au printemps dernier, les habitants d'un bâtiment de quatre étages de Cherskii, village situé au-delà du cercle polaire dans le nord-est de la Sibérie, ont dû être évacués, une large fissure étant apparue sur l'un des murs de leur habitation. A l'origine de cette fissure : le dégel du sous-sol à cet endroit, qui s'était enfoncé de plus de un mètre. Au bout de trois jours, des pans entiers du bâtiment s'effondraient. " C'était comme un tremblement de terre ", compare, pour la revue Science, Vladimir Romanovsky, de l'université de l'Alaska à Fairbanks qui a surveillé les lieux.
Cet événement n'est pas isolé : " nids de poules " dans les routes, pistes d'atterrissages fracturées, et bâtiments fissurés sont de plus en plus fréquents dans le Grand nord russe.
Des études menées par des ingénieurs depuis 10 ans ont démontré que des éléments naturels sont bel et bien en jeu. Cette instabilité du sous-sol affecte maintenant des régions entières, inquiétant les autorités. L'Institut du permafrost, à Yakoutsk, a tenu en octobre dernier un congrès international sur " l'ingénierie du perma-frost ", qui a réuni aussi des experts des États-Unis et du Canada, tout aussi concernés par ce bouleversement..