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Dans le cadre de leurs tâches consistant à évaluer et à
expliquer la diversité et la distribution de la vie passée,
présente et future dans les océans, des scientifiques ont découvert
la première preuve moléculaire que nombre des espèces de pieuvres
des grandes profondeurs descendent d'ancêtres communs existant
encore dans l'océan Antarctique.
Les pieuvres ont commencé à migrer vers de nouveaux bassins
océaniques il y a plus de 30 millions d'années quand l'Antarctique
s'est refroidi et que la masse de glace formée s'est agrandie,
contribuant à former des courants riches en oxygène vers le nord,
selon le projet international lancé en 2000 appelé "Census of
Marine Life".
Le mystère des requins blancs
Avec des habitats isolés et différents, de nombreuses espèces de
poulpes se sont développées, certaines perdant par exemple leur sac
à encre défensive, devenue inutile dans l'obscurité perpétuelle des
grandes profondeurs marines.
Des observations satellitaires de requins blancs auxquels on a
attaché de petites balises électroniques, ont révélé des
comportements jusque-là inconnus de ces animaux. Ils nagent ainsi
des milliers de kilomètres dans le Pacifique chaque hiver pour se
trouver en un lieu mystérieux pendant des périodes allant jusqu'à
six mois.
Dans ce lieu baptisé par ces scientifiques "le café des requins
blancs" males et femelles effectuent de façon répétitive et
fréquente des plongées à des profondeurs de 300 mètres qui,
supputent ces biologistes, pourraient être importantes pour se
nourrir ou se reproduire.
Etoiles de mer géantes
Parmi les autres découvertes mentionnées dans ce rapport, les
biologistes citent de nouvelles formes de vie dont une énorme
bactérie et des étoiles de mer géantes. Ils mentionnent également
une faune très riche dominée par les vers Polychète et les
crevettes à 4100 mètres de profondeur dans le champ de cheminées
hydrothermales actives le plus profond connu près de la dorsale
Atlantique.
Les biologistes estiment qu'au-delà des 16'000 espèces de poissons
déjà connues de la science, environ 4000 autres espèces restent à
découvrir dont une grande partie dans les tropiques. Jusqu'à
présent, l'"Ocean Biogeographic Information System" s'est accru
pour inclure plus de 120'000 espèces marines, allant des poissons,
aux crustacées en passant par les coraux et des
micro-organismes.
L'expansion rapide du système de référence avec des code-barres a
récemment permis de révéler un étiquetage inexacte de la
composition de sushis vendus à New York et ailleurs.
afp/ps
Un projet de recensement international
Le 4e rapport sera officiellement rendu public à la conférence mondiale sur le biodiversité marine devant se tenir à Valence en Espagne du 11 au 15 novembre.
"La publication du premier recensement de la vie marine en 2010 représentera une étape scientifique majeure (...) en synthétisant les connaissances de l'humanité concernant les océans", relève Ian Poiner, directeur de l'Institut australien de science marine et président du comité scientifique international du recensement marin.
Ce projet représente "le programme le plus étendu et le plus complexe jamais entrepris en biologie marine", ajoute-t-il.