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Un brumisateur géant rafraîchit désormais l'une des places zurichoises les plus exposées à la canicule. Les autorités l'ont inauguré mardi.
L'installation équipe la Turbinenplatz, l'une des plus grandes places de Zurich. Cet anneau géant de neuf mètres en aluminium, fixé à cinq mètres de hauteur, surplombe un lieu de rencontre de la place.
Lorsque la canicule sévit, ses 180 diffuseurs laissent échapper des particules d'eau si fines qu'elles ne mouillent pas les personnes présentes. En s'évaporant au contact avec l'air, elles créent un nuage de type «alto cirrus» qui fait baisser la température de dix degrés sur place dans le meilleur des cas.
D'un coût de 140 000 francs, le brumisateur s'enclenche automatiquement lorsque la température de l'air dépasse les 30 degrés, grâce à des senseurs de chaleur et d'humidité:
L'expérience est menée jusqu'en septembre 2024 dans un premier temps, afin de mesurer l'effet réel de l'installation et d'observer son acceptation par la population. Elle s'ajoute à la plantation, l'an dernier, d'arbres sur cette place grise située dans le quartier branché de Züri-West et s'inscrit dans un catalogue de mesures pionnières en Suisse contre les îlots de chaleur.
Des nuages artificiels rafraîchissent aujourd'hui déjà plusieurs îlots de chaleur à Vienne. Si l'installation zurichoise fait ses preuves, d'autres apparaîtront ailleurs dans la plus grande ville de Suisse.
Les citadins souffrent particulièrement de la canicule, car les zones à densité de bâtiments élevée se réchauffent plus rapidement et se refroidissent plus lentement. Les températures nocturnes y dépassent donc aussi la moyenne. D'ici à 2040, le nombre annuel de jours dépassant les 30 degrés à Zurich devrait doubler et se situer à 44 en raison du changement climatique.
Depuis plus d'un an, la ville a lancé, en pionnière, plusieurs projets de lutte contre les îlots de chaleur. Leur agenda s'échelonne jusqu'en 2023. Parmi ces mesures, de nouveaux espaces verts et des toiles géantes doivent créer de l'ombre. Les autorités entendent aussi installer de nouvelles fontaines et verdir des façades.
Pour maintenir, voire optimiser les flux d'air frais en provenance des collines et des forêts environnantes, la ville entend aussi veiller à ce que de nouvelles constructions ne les interrompent pas. La taille, le placement et l'orientation des nouveaux bâtiments sont déterminants à cet égard. Le nouveau plan d'aménagement de la ville prend en compte ces contraintes.
Dans le même ordre d'idée, un essai-pilote d'utilisation de revêtements clairs a été mené récemment dans une rue de la ville, non loin du quartier de Züri-West. Ses enseignements sont toutefois décevants: la surface de référence - l'asphalte classique - est restée en moyenne moins chaude d'environ deux degrés que les deux surfaces claires, l'une beige et l'autre rougeâtre.
En revanche, si tous les secteurs de la rue avaient été exposés au soleil avec la même intensité, les revêtements clairs auraient été plus frais d'environ deux degrés que la surface de référence. Les résultats mettent, une nouvelle fois, en évidence le rôle important que jouent l'ombre et les arbres dans la réduction de la chaleur dans les villes.
D'autres instruments légaux et administratifs de lutte contre la chaleur doivent encore suivre. Les projets privés de construction ne sont pas impactés pour l'instant. Zurich entend d'abord favoriser les recommandations et les incitations pour les particuliers.
D'autres villes suivent la voie tracée par la cité de Zwingli. A Genève, 900 arbres ont été plantés l'hiver dernier. Les autorités de la ville veulent investir 4,5 millions de francs pour renforcer la végétalisation de l'espace urbain, notamment en ajoutant des arbres supplémentaires dans les parcs, les rues, les centres sportifs et les préaux d'école.
A Bâle, le nouveau quartier «Volta Nord» doit être équipé, d'ici à 2025, de gouttières et de caniveaux acheminant l'eau de pluie au pied des arbres. Il en va de même d'un parc et de trois rues de la cité rhénane. Ce principe de la «ville éponge» permet aux arbres d'évaporer davantage d'eau et de rafraîchir le climat ambiant. (ats/jch)
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