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Le Financial Times est allé encore plus loin dans son commentaire: le journal condamne l'attitude des gouvernements de nombreux pays membres de l'UE qui refusent d'admettre le rôle clé de l'énergie nucléaire pour la production d'électricité. Sans l'énergie nucléaire, l'UE ne parviendra pas à réduire les émissions de CO2, constate le journal.
Dans ce Livre vert intitulé "Vers une stratégie européenne de sécurité d'approvisionnement énergétique", la Commission européenne attire l'attention sur un point décisif: le triplement du prix du pétrole brut de mars 1999 à octobre 2000 a révélé une fois de plus les faiblesses structurelles de l'approvisionnement énergétique de l'Europe: si rien n'est entrepris, d'ici 20 à 30 ans, l'Union couvrira ses besoins énergétiques à 70% par des produits importés, contre 50% actuellement. L'UE dépense actuellement 240 milliards d'euros par an pour ses importations d'énergie. Un renchérissement pourrait donc priver facilement la reprise économique de sa base. Pour atténuer ce risque, le Livre vert préconise de gros investissements. Il s'agit toutefois de bien réfléchir, car de tels investissements détermineront pendant 30 ans la composition du bilan énergétique choisie. Parallèlement à l'ouverture du marché, ce choix entre les diverses options en présence devrait accorder une importance centrale aux considérations climatiques, et en particulier aux obligations contractées à Kyoto. Si aucune mesure n'est prise, les émissions de CO2 commenceront à augmenter, en particulier dans les secteurs des transports et de la production d'électricité.
Le Livre vert cite des mesures possibles aussi bien du côté de la demande que de celui de l'approvisionnement. La consommation d'énergie pourrait être atténuée de manière ciblée par l'instrument fiscal. Pour ce qui est de l'approvisionnement, le Livre vert considère que la priorité doit être donnée aux énergies qui ne produisent pas de gaz à effet de serre. En font partie les énergies renouvelables qui, toutefois, ne pourront se maintenir sur le marché que par des appuis financiers conséquents. La plupart des Etats membres désirant se désengager de la filière de l'énergie nucléaire, les conséquences de cette décision devront faire l'objet d'un débat approfondi sous les angles de la lutte contre l'effet de serre, de la sécurité de l'approvisionnement et du développement durable, constate encore le Livre vert, en soulignant qu'indépendamment du résultat de ce débat, la recherche sur les technologies de gestion des déchets et leur mise en oeuvre devront être activement poursuivies.
Dans le contexte de la présentation de ce Livre vert, le Financial Times a rappelé que c'est dans les années 70 que l'Union s'est penchée la dernière fois sur son approvisionnement énergétique. A cette époque, la crise du pétrole faisait peur. L'UE se trouve actuellement dans la même situation que Gulliver chez les nains: un géant économique que sa dépendance croissante de sources d'énergie étrangères lie au sol. L'extraction indigène de charbon en Europe connaît un recul irréversible, ce qui renforce l'importance de l'énergie nucléaire pour la production d'électricité: "En produisant 30% de son électricité dans des centrales nucléaires, l'Europe évite des rejets annuels de 300 millions de tonnes de carbone dans l'atmosphère, ce qui correspond aux rejets de 75 millions de voitures. La plupart des Etats membres de l'UE ont décidé de geler leur programme nucléaire, ou même d'abandonner cette forme d'énergie. La Commission est dans l'obligation de constater que si elle ne fait pas ici machine arrière, l'UE n'a aucune chance de respecter ses objectifs de diminution des gaz à effet de serre conformément au protocole de Kyoto. Cette vérité impopulaire agace les organisations antinucléaires. Elles proposent de remplacer l'atome embarrassant par des énergies renouvelables telles que l'énergie éolienne", écrit le Financial Times, en constatant qu'avec sa proposition de percevoir des taxes d'incitation, la Commission européenne poursuit des objectifs similaires. De telles taxes n'ont toutefois jamais soulevé un très grand enthousiasme auprès du Conseil des ministres, et même si la part des énergies renouvelables doublait, la perte due au renoncement à l'énergie nucléaire ne pourrait pas être couverte.
Source
P.B./C.P. d'après un communiqué de presse de Foratom du 30 novembre 2000 et le Livre vert de la Commission européenne COM (2000) 769 du 29 novembre 2000
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