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22/10/2013
Dernièrement, Jérémy Gardiol, membre de l'UDC genevois, avait provoqué une levée de boucliers après avoir affirmé que l'homosexualité était une maladie et qu'elle devrait être traitée comme telle. Si ces propos clairement discriminatoires ne sont pas acceptables d'un point de vue social, ont-ils un sens d'un point de vue scientifique ? Peut-on considérer qu'une personne qui ne suit pas le schéma classique de sexualité présente des troubles de la personnalité ?
La question titre peut choquer. Mais au-delà du politiquement correct, je pense que tout le monde a son idée là-dessus. Deux conceptions s'affrontent. Certains affirment que la norme est l'hétérosexualité et que l'homosexualité, même si la plupart sont prêts à l'accepter dans une certaine mesure, doit être considérée comme une déviance et doit être combattue. D'autres prétendent qu'on ne choisit pas de devenir homosexuel. Que l'homosexualité fait partie de soi dès sa naissance.
Soit. Mais de quoi s'agit-il ? D'un facteur génétique transmis d'une génération à une autre ? On peut en douter. Pour la simple raison que l'homosexuel ne se reproduit que rarement ! L'évolution a tendance à éliminer assez rapidement les comportements incompatibles avec la reproduction, car si un gène ne se transmet pas à la génération suivante, il est voué à disparaître. Ce n'est pas plus compliqué que ça.
Donc on peut penser que le gène de l'homosexualité n'existe pas, car s'il avait existé, il aurait été éliminé depuis longtemps. Alors quoi ? Si l'homosexualité est innée, que reste-t-il ? Tout ce qui est inné se doit d'être lié à la génétique. Car si cela a un rapport au psychique, cela ne peut pas être inné, c'est forcément acquis. Alors peut-on dire que l'homosexualité est en chacun de nous et qu'elle se développe chez certains et pas chez d'autres ? Oui je pense que c'est bien le cas. S'il y a un gène de l'homosexualité, nous sommes sans doute tous porteurs, mais seulement quelques-uns d'entre nous en sont affectés.
Je pense aussi que l'homosexualité se développe en fonction des évènements de la vie. J'ai appris dernièrement qu'une membre de ma famille, qui a vécu de longues années de mariage et a quatre enfants, venait de se mettre en couple avec une autre femme. A plus de cinquante ans ! Je ne juge pas les gens d'après leur sexualité et ça ne me dérange bien sûr pas. Mais cela m'interpelle tout de même. Comment peut-on passer une grande partie de sa vie en tant qu'hétérosexuel et devenir soudainement homosexuel ? Avait-elle au fond d'elle-même le germe latent de l'homosexualité et au hasard d'une rencontre, ce germe s'est-il développé ? Dans ce cas, quelle est l'influence que l'autre femme a eue ?
Et surtout, sommes-nous tous en mesure de nous faire influencer, en fonction des évènements de la vie qui peuvent nous affecter et nous rendre plus fragiles ? Je pense que l'homosexualité est souvent le résultat d'une déception. En tout cas chez les femmes. La plupart des lesbiennes que j'ai connues étaient, avant de trouver leur équilibre avec une autre femme, très remontées contre les hommes. Suite sans doute à des séries de déceptions, elles avaient trouvé le bonheur au côté d'une autre femme. Et j'en ai même connu une qui en était revenue et s'était finalement mariée avec un homme. Dans ce cas au moins, il paraît clair qu'il s'agit d'un comportement acquis. Souvent l'homosexualité se choisit par dépit, parce que la personne se rend compte qu'elle ne trouvera jamais le bonheur avec une personne de l'autre sexe. Et ça doit être difficile à accepter, car il faut composer avec le regard de la société et de l'entourage familial et surtout, renoncer à la reproduction. C'est sans doute pour cela qu'on ne devient souvent homosexuel qu'après une longe période de doute.
C'est donc souvent la vie qui va rendre une personne homosexuelle. En cela, on peut parler d'un trouble de personnalité, même s'il est fortement exagéré de prétendre qu'il s'agit d'une maladie qu'il faut soigner. Ou si c'est le cas, il faut admettre que nous aurions tous été susceptibles de tomber malades, comme on peut sombrer en dépression lorsque les évènements négatifs s’enchaînent.
Bref, si d'un point de vue strictement biologique, on ne peut pas considérer l'homosexualité comme une forme de normalité, je pense qu'on ne peut pas non plus stigmatiser les homosexuels comme l'a fait M. Gardiol. Ils sont comme ils sont et dans la mesure où ils arrivent à s'accepter tels qu'ils sont, ils doivent arriver à trouver une forme de bonheur qui leur serait interdit sans cela. D'ailleurs la stigmatisation de l'homosexualité a souvent conduit à des situations où des homosexuels s'étaient forcés à fonder une famille dite « normale », se refusant ainsi le bonheur et faisant du même coup le malheur de toute leur famille qu'ils n'avaient jamais pu rendre heureux.
Ma vision de ce sujet, c'est qu'il faut laisser chacun vivre comme il l'entend pour autant qu'il ne cherche pas à entraîner autrui dans une voie qui ne lui convient pas. Nous devons tout faire pour que les homosexuels puissent s'intégrer au mieux au sein de la société et ne subissent aucune discrimination, sur le plan fiscal ou professionnel par exemple. D'un autre côté, il ne faut pas oublier que la nature nous a fait hétérosexuels et que, heureusement, la grande majorité de la population continue à rechercher son bonheur avec le sexe opposé. Et ça doit rester un modèle familial privilégié car c'est le seul qui assure la prospérité de notre société à long terme.