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Au moment où Sainte-Sophie redevient mosquée et où les incursions de plusieurs bâtiments de la flotte militaire turque en mer Egée engendrent un regain de tensions inutiles et dangereuses entre la Turquie et la Grèce, nombreux sont ceux qui s'inquiètent à tort ou à raison des gesticulations de la Turquie d'aujourd'hui. Ces événements font resurgir les références relatives à l'expansionnisme ottoman des siècles passés. Dans ce contexte, le souvenir de la bataille de Vienne du 12 septembre 1683 revient sous les feux des projecteurs. Cette date scella la victoire de Jean Sobieski contre Kara Mustafa. C'est au Kahlenberg, colline située aux portes de la capitale autrichienne que le roi de Pologne Jean Sobieski et son armée appuyant l'armée impériale du duc Charles V de Lorraine battit l'armée turque en 1683. Le siège de Vienne par les 130'000 Ottomans de Kara Mustafa pendant deux mois avait menacé le cœur même de l'Empire et l'empereur Léopold 1er s'était mis en lieu sûr. La vista tactique de Sobieski a fait merveille. La charge de ses hussards cuirassés polonais a tout emporté sur son passage. Ce fut “une belle cacade” pour les Ottomans qui, culbutés, se replièrent. Cette victoire stoppa net l'expansion de l'empire ottoman en Europe. Pour tous les princes chrétiens et la papauté, Jean Sobieski fut désormais considéré comme le “sauveur de Vienne et de la civilisation occidentale”. Pour revenir à ce qui se passe en ce moment en mer Egée, les gesticulations navales de la Turquie ne présagent rien de bon et il serait judicieux que nonobstant la torpeur estivale, la communauté internationale s'en préoccupe et réagisse avec sagesse et surtout avec détermination. Le droit international n'est pas une notion que l'on peut tordre à qui mieux mieux.
Claude Bonard