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Vouloir accorder une certaine autonomie à des entreprises et les empêcher en même temps de faire du bénéfice relève d'un leurre. Si l'on veut que certaines prestations du service public soient assurées, c'est bien grâce à certains bénéfices dégagés dans des domaines de pointe, où l'on peut demander un prix un peu plus élevé. En d'autres termes, des entreprises publiques, telles que la Poste, Swisscom ou les CFF, effectuent à un prix abordable un certain nombre de prestations "au prix coûtant", alors que dans d'autres domaines, notamment dans des domaines de pointe, on peut exiger un prix un peu plus élevé en raison d’investissement, d’innovation, mais surtout parce qu’on n’est ici plus dans le domaine obligatoire.
Il n’est pas envisageable d’avoir toujours un prix coûtant. Certains produits doivent en effet être vendus avec une marge bénéficiaire afin de garantir les investissements nécessaires au maintien de la qualité et à l’innovation.
Service public, facteur de cohésion
Tout le débat sur le service public et la présente initiative me fait un peu penser au prix du pain : une partie du pain se vend à un prix conventionné, de telle manière que tout le monde puisse se nourrir à un prix abordable ; l'autre partie se vend à un prix plus élevé car il s'agit de spécialités, de traditions locales, qui mettent en oeuvre l'inventivité ou des recettes particulières. S'agissant du service public, ce qui est versé dans les régions l'est souvent à un prix qui n'a rien d'économique, et ce au nom de la cohésion du pays. La Suisse, c'est un ensemble de régions, c'est un ensemble de populations, qui tient précisément par cette solidarité.
Maintenir la liberté des entreprises
Considérer que les salaires et toutes les rémunérations pourraient être mis à la même aune que ceux valables au sein de l'administration fédérale relève de cette utopie qu'on ne peut pas accepter dès le moment où on a demandé à ces entreprises de la Confédération d'être indépendantes, de se gérer au mieux. Et je crois que la Suisse est consciente de la qualité et du bon rapport qualité-prix des prestations effectuées par ces anciennes régies.
Cette initiative sur le service public relève malheureusement plus du dogme et de l'idéologie plutôt qu'elle ne sert les objectifs de cohésion, d’équilibre et de solidarité recherchés par notre pays et auxquels nous sommes tous attachés.