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Les noms ne sont que des lettres cousues sur le maillot. C'est ainsi que se fonde la force du collectif, qui permet à certaines équipes de triompher des plus grands joueurs.
Les noms jouent en revanche un rôle important pour les entraîneurs. Leur valeur marchande peut d'ailleurs traverser les crises et les années sans dommage pour autant que les coaches savent comment se vendre, alors que la valeur marchande des joueurs dépend de leurs performances sur la glace, et peuvent ainsi s'estomper rapidement.
Chris McSorley est le parfait exemple de ces entraîneurs dont le nom traverse les années avec une aura intacte. Le Canadien de 59 ans n'a jamais été champion, mais il est vénéré comme tel à Lugano. Pour preuve, il est toujours en place malgré son 9e rang en saison régulière alors que son prédécesseur Serge Pelletier, qui avait mené Lugano à la 2e place avant les séries finales la saison dernière, savait déjà qu'il devrait partir avant l'échec en play-offs contre les Lakers.
Le bilan de McSorley en saison régulière est le 2e plus mauvais des Tessinois depuis le dernier titre de 2006. Aucun de ses prédécesseurs - par exemple Ivano Zanata, Kenta Johansson, Philippe Bozon, Patrick Fischer ou Sami Kapanen - n'aurait pu rester au club après une telle performance. Parce qu'ils n'avaient pas le charisme de McSorley. Ainsi, personne à Lugano ne songe à porter un jugement critique sur le travail du Canadien. Toute attaque serait considérée comme un blasphème en matière de hockey.
Chris McSorley n'a pas déçu ses fans au sein de l'équipe dirigeante de Lugano. Il leur a même offert un cadeau en éliminant Genève-Servette à la surprise générale lors des pré play-offs. Sur le papier, les Aigles étaient pourtant nettement supérieurs: finalistes la saison dernière, ils avaient 12 points de plus que les Tessinois au terme de la saison régulière.
La victoire des Luganais façonne un peu plus la légende de Chris McSorley, qui avait repris Servette en LNB il y a 20 ans, et en avait fait l'entreprise sportive la plus fonctionnelle de Suisse romande. Il y a un an, il a dû quitter le bout du lac et se bat désormais devant les tribunaux pour obtenir une indemnité de départ de 7,6 millions de francs. En attendant, la vengeance a été obtenue sur la glace. Avec le recul, il dit n'avoir jamais douté de pouvoir gagner ces pré-playoffs.
En quart de finale, Lugano affrontera Zoug, champion en titre et vainqueur de la saison régulière. Un «adversaire de rêve», pour ainsi dire. Si le HC Lugano gagne, McSorley sera vénéré comme le plus grand de l'histoire du club (depuis 1941). S'il perd en faisant le spectacle, le coach ontarien sera toujours un héros aux yeux de ses joueurs, de ses dirigeants et du public.
Il ne manquera d'ailleurs pas de souligner malicieusement la supériorité de l'adversaire zougois, et intégrera probablement des décisions arbitrales dans son argumentation. Et tout le monde sera content. «Je ne vois pas les choses ainsi, répond le coach quand on lui suggère ce scénario. Personne n'est heureux chez nous quand nous perdons.» Lugano pourrait toutefois vivre avec une élimination si chacun a donné le meilleur de lui-même. Or quel jugement compte le plus pour savoir si l'on a donné le meilleur de soi-même? Celui de McSorley, évidemment.
Lugano a-t-il une chance contre Zoug? McSorley en est certain. Mais il ajoute: «Nous aurons besoin de Mirco Müller». Le solide défenseur n'a pas participé aux deux matches contre Servette. Son retour est très attendu.
Pour mettre Zoug en difficulté, il faudra aussi un grand gardien. Niklas Schlegel a été ce «grand gardien» statistiquement lors des deux matches des pré play-offs: il a stoppé 97,73% des pucks lors du 2-1 à Genève, et 92,34% lors du 4-3 après prolongation à Lugano. Mais est-il aussi bon que Leonardo Genoni?
Jamais un entraîneur sain d'esprit ne minimisera le talent de son propre gardien. Mais Chris McSorley, ce sorcier de l'autopromotion et de la communication, sait trouver une réponse intelligente à une question délicate, voire malveillante: «Leo est Leo. Nous le savons tous, et nous n'avons pas besoin d'en parler.»
Stan Wawrinka-Novak Djokovic, c'est tout simplement l'une des plus belles rivalités dans l'histoire du tennis. Les deux hommes s'affronteront ce jeudi après-midi à Rome pour un ticket en quart de finale, plus de deux ans et demi après leur dernier match (victoire de Wawrinka par abandon au 3e tour de l'US Open 2019). Avec un Vaudois de retour aux affaires après une pause de plus d'une année et un «Djoker» orgueilleux, à la recherche de son meilleur niveau et d'un nouveau titre, ce duel promet beaucoup.