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Vues aériennes de Cheseaux (les photos prises depuis le sol sont de Louis Novatti)
L'ensemble des bâtiments anciens formant le château d'en haut se compose de ce que nous appellerons le château et la ferme . Il y avait encore, jusqu'au milieu du XVIIIe siècle en tout cas, une grande grange vis-à-vis du château, à l'est de la propriété.
La mise en relation des données historiques avec ces édifices, très souvent remaniés, n'est guère possible sans analyse archéologique. Nous nous contenterons de donner très grossièrement les hypothèses de travail suivantes.
En 1581, il est fait mention, lors du partage entre Ferdinand et Jean-Baptiste Loys, d'un pré proche de la Mèbre où anciennement était le château. On peut en déduire qu'il existait alors un château plus récent, probablement à la place de l'actuel château d'en haut.
La date de 1593, accompagnée des armoiries des familles Loys et Maret, figure encore aujourd'hui sur une pierre située au milieu de la face nord du château, à la jointure entre la partie transformée et l'autre. On ignore si cet élément, qui pourrait avoir été un linteau de fenêtre ou de porte se trouve in situ. Y a-t-il eu des travaux importants à cette date dans ce bâtiment? On n'en voit pas de trace évidente. En revanche, d'après les données stylistiques, on pourrait peut-être situer en 1593 la construction (ou reconstruction) de l'édifice de plan rectangulaire très régulier, proche du carré, encore bien visible dans le rural de la ferme; ses nombreuses fenêtres à meneaux avec coussièges disposées symétriquement et sa porte à piédroits ornés d'amortissements pyramidaux paraissent en effet pouvoir remonter à cette époque - à moins que ce bâtiment soit justement le château nouveau ayant remplacé celui proche de la Mèbre avant 1581. - De toute manière, cet édifice correspond très probablement à la "tour" existant déjà en 1663 et agrandie à ce moment-là. C'est peut-être également lui que l'on voit en élévation, au nord-est du village de Cheseaux, sur un plan du bailliage de Lausanne gravé en 1678 par Leclerct.
En 1663, les archives de Loys donnent quelques indications assez précises, mais difficiles à identifier sur place. Il semble bien que l'on ait construit à ce moment-là la partie ouest de la ferme actuelle, en contiguïté avec la tour. Mais celle-ci fut transformée en 1852 (?) à tel point qu'il n'y a apparemment plus d'éléments antérieurs permettant de vérifier cette hypothèse. Les taxateurs de 1837 donnent l'âge de 174 ans aux deux bâtiments. Ont-ils lu la date de 1663 sur les deux ou ont-ils extrapolé ? D'après des critères stylistiques en tout cas, le château pourrait bien lui aussi avoir été touché par les travaux de 1663, surtout sa façade ouest, avec son escalier à repos faisant en partie saillie à l'extérieur et ses fenêtres à meneau. Malheureusement, la partie orientale de l'édifice fut si radicalement transformée au XXe siècle, que l'on ne peut pas dire s'il s'est agit en 1663 d'une reconstruction complète ou seulement partielle.
A la fin du XVIIe siècle, les documents historiques signalent divers travaux à cette période, mais que l'on ne peut pas rattacher avec certitude à l'un ou l'autre des bâtiments, par manque de précisions. En 1667, un incendie survient à la grande grange du château; en 1672, on accorde à Monsieur de Cheseaux du marin pour parachever son bâtiment; en 1685, Etienne Loys répare sa grange.
Signalons pour terminer les changements de propriété et les transformations principales dès le début du XIXe siècle. En 1809, le château d'en haut appartient encore au même propriétaire que celui d'en bas: Armand Colombier. Le 6 mai 1817, il est acheté par Louis feu Daniel Cevey, puis le 12 décembre 1829 par Jean-David Troyon, qui y ajoute des assots vers 1835.
Le 26 mai 1851, le château et la ferme se séparent. Jean-Pierre Troyon, municipal, achète le no 16: bâtiment ayant grange et écurie, (auquel on ajoute en 1852 une valeur de 2 100 Fr, pour logement, cuisine et grenier) ; cette propriété passera ensuite, le 26 août 1863 à son fils Charles-Louis, qui construit vers 1864 la remise, bûcher et buaton de la cour no 18. Le 26 mai 1851 également, l'autre partie des bâtiments formant l'ancien château d'en haut passe aux quatre neveux de Jean-Pierre : David, Jean-Louis, Jean-Samuel et Victor feu Louis Troyon: il s'agit de la maison d'habitation n° 19, de la place et de la petite étable à porcs, Le 8 janvier 1857, deux de ces enfants, David et Charles-Victor se partagent le n° 19. David possède un logement et fenil de 14 toises dans la partie orientale du bâtiment, qu'il transforme immédiatement pour une grange, écurie et fenil; Charles-Victor possède un logement, grange, écurie, fenil et cave de 16 toises dans la partie occidentale qu'il répare également. Cette portion de bâtiment passe le 6 janvier 1862 à ses enfants.
La reconstruction de la partie ouest doit être intervenue entre 1900 et 1955.
(les photos prises depuis le sol sont de Louis Novatti)
Bibliographie