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Entre ses nombreux séjours à l’étranger, Louis Niedermeyer revenait régulièrement à Nyon pour poursuivre ses travaux de composition. De nombreuses esquisses, conservées au Centre de Documentation Niedermeyer de Nyon, datent de cette époque. Parmi celles-ci, son père découvrit un jour ce qui se révèlera être un véritable chef-d’œuvre : Le Lac sur les strophes de la fameuses Méditation poétique de Lamartine. Son père emmena alors son jeune fils âgé de 21 ans à Paris à la recherche d’un éditeur. Ils le trouvèrent en la personne de Pacini, que Louis avait déjà côtoyé à Naples. Mais, contrairement à ce qu’affirment la plupart des encyclopédies, ce n’est pas à ce moment-là qu’il se fixa à Paris. Loin de là ! D’ailleurs son père qui l’accompagnait revint très vite à Nyon car sa santé était chancelante. Son fils le suivit peu après pour l’y voir mourir en 1829. Notre compositeur demeura ensuite auprès de sa mère dans la dite Maison Niedermeyer.
À cette époque, il se rendait souvent à La Redoute, une maison de maître située non loin de là, où l’on jouait de la musique typiquement suisse (des ranz des vaches et des valses tyroliennes [tralala-i-tou] notamment). Ceci lui inspira une œuvre pour harpe et piano intitulée : Nocturne pour Harpe et Piano sur la Valse No 2 de la Redoute de Nyon.
Ce n’est peut-être pas de la grande musique, mais la valse tyrolienne qui, dans ce morceau, prête à des variations et à un rondo, nous donne de précieuses indications sur les diverses musiques dont les murs de la Redoute se faisaient l’écho. Le jeune Niedermeyer qui s’y rendait pour donner des leçons de pianoforte aux filles du propriétaire n’y fut en tout cas pas indifférent. On trouve en effet parmi ses œuvres un certain nombre de tyroliennes. On peut même se demander si ce n’est pas lui, le Suisse qui introduisit la tyrolienne en France. En tout état de cause, au cours du XIXe siècle, l’engouement pour ce genre de musique alla grandissant dans les salons parisiens et à l’Opéra. Dans La Vie Parisienne d’Offenbach, par exemple, l’air de Gabrielle, la gantière, est une tyrolienne.
C’est peut-être à la Redoute qu’il rencontra Jeanne-Suzanne-Charlotte des Vignes de Givrins – née à Nyon le 2 janvier 1803 – , qui devint son épouse en 1831. Après ce mariage, celle-ci l’emmena vivre dans sa châtellenie de Genolier sur Nyon, jusqu’à leur départ pour la Belgique en 1834.