Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07170.jsonl.gz/78

Rénovation
1838 - Construction
1839 - Inauguration de la chapelle
1952 - Réfection façade & toiture
1974 - Rénovation intérieure
2004 - Restauration complète
2006 - Inauguration de la chapelle restaurée
SITUATION:
La chapelle de la Pélisserie est bâtie à l'intérieur de la ville médiévale avant la démolition des fortifications qui va de 1849 à 1876, contrairement à d'autres édifices religieux du XIXe siècle construits ultérieurement. Ceux-ci - telles l'Eglise du Sacré-Coeur (1858-1860), l'Eglise Russe (1865-1866), la Synagogue (1857-1858) et l'Eglise Anglaise (1853) notamment - ont pu bénéficier de terrains libres sur ces anciennes fortifications, plus propices à l'expression symbolique de leur fonction.
CONSTRUCTION DE LA CHAPELLE:
De style néo-gothique et d'inspiration médiévale, la chapelle de la Pélisserie a été édifiée en 1838 par l'architecte Jacques-Louis Brocher, né à Carouge, pour l'Eglise évangélique de Genève dont il était membre.
Formé à l'Ecole des Beaux-Arts de Paris, il est également l'auteur à Genève de la chapelle de l'Oratoire (1834) à la rue Tabazan dans la Vieille Ville, du temple des Eaux-Vives à côté de la Mairie (1842), du bâtiment de l'actuel Crédit Lyonnais à Bel-Air (1842) et de la Salle de la Réformation à la rue du Rhône (1866, démolie'en 1969).
DISTRIBUTION SPATIALE DE L'EDIFICE
Enserrée entre deux immeubles, la chapelle de la Pélisserie se caractérise par une distribution très particulière qui place la salle de culte au premier étage. On accède à celle-ci depuis la rue par un couloir central au rez-de-chaussée et par un escalier double situé à l'arrière dans une continuité spatiale sans aucune fermeture entre le rez-de-chaussée et l'étage.
Cet accès par l'arrière de l'édifice permet le retournement du "chœur" de la chapelle sur la rue pour exprimer à l'extérieur, de manière claire et évidente, ce lieu de culte. Ce retournement se trouve justifié à l'intérieur par la luminosité du fond de la chapelle qui donne à ce "chœur" toute sa valeur dans le passage de l'ombre à la lumière, en faisant face à la communauté.
L'espace intérieur de la nef est couvert d'une charpente constituée de fermes sans tirant découpées en arc brisé (comme les deux grandes baies gothiques donnant sur la rue), reliées entre elles longitudinalement par des arcs se terminant par des clefs pendantes. Celles-ci reposent sur des consoles arquées qui les relient aux murs latéraux en s'appuyant sur des corbeaux en pierre.
Un gradin sur l'arrière et deux galeries latérales desservis par un double escalier sont supportés de même par des consoles arquées. L'ensemble de cette charpente constitue avec celle de la nef une unité spatiale saisissante dans une complexité de volumes.
CLASSEMENT
La chapelle de la Pélisserie a été déclarée "monument classé", à titre historique et esthétique, par arrêté du Conseil d'Etat genevois en 1992. A ce titre, les décisions importantes de réfection et de restauration ont été prises en accord avec la Direction du patrimoine et des sites.
REFECTION DE L'ENVELOPPE
L'état du bâtiment a nécessité des travaux de réfection importants.
La toiture, dont seule la charpente a pu être conservée, a été entièrement refaite. Une verrière neuve remplace la verrière d'origine qui n'a pas résisté à son état de vétusté.
La façade sur cour en molasse appareillée, datant probablement du XVIIIe siècle, a été entièrement restaurée.
La façade sur la rue, dans un bon état de conservation, a nécessité quelques interventions. Les pierres fusées au droit des écoulements défectueux de la toiture ont dû être remplacées. Le fleuron appliqué au-dessus de l'entrée a été restauré. Les pierres, différentes de celles d'origine, remplacées dans une précédente réfection, ont été peintes dans le but d'uniformiser la façade et de lui restituer son aspect d'origine.
Devant la porte d'entrée, l'escalier extérieur d'origine, disparu depuis, a été rétabli sur la base d'un plan retrouvé au Centre d'iconographie genevoise de la Ville de Genève.
REFECTION INTERIEURE
Avant cette dernière intervention, d'autres travaux au cours du siècle précédent ont modifié l'état d'origine, principalement dans plusieurs repeintes complètes et successives des espaces intérieurs principaux.
Sur la base d'études stratigraphiques, la salle de culte et son escalier d'accès ont été entièrement repeints dans une nécessaire réinterprétation des couleurs d'origine retrouvées dans un état passablement altéré.
Le remplacement du plancher de la salle de culte, déjà refait précédemment, et l'installation d'une nouvelle estrade, dont seules les deux balustrades latérales correspondent à l'état d'origine, ainsi que l'introduction de moyens audio-visuels, répondent aux besoins actuels.
RESTAURATION INTERIEURE
Les seuls décors peints retrouvés, dans un très bon état de conservation, sur des consoles en bois entre l'escalier double et la salle de culte, ont été restaurés et donnent une image réelle des couleurs d'origine. Ils devaient probablement recouvrir toute la charpente.
TRANSFORMATION
A l'étage, la seule transformation de l'espace de la salle de culte porte sur l'introduction de deux volumes symétriques, entre celle-ci et l'escalier double, pour recevoir un ascenseur et des installations techniques.
Au rez-de-chaussée, le réaménagement complet préserve le couloir central donnant accès à la salle de culte de l'étage tout en permettant, grâce à des parois mobiles, la création d'un plus grand espace de convivialité afin de répondre aux besoins de la vie communautaire.
Au sous-sol, l'excavation complète, dont seule une travée sur trois est d'origine, a permis l'aménagement d'une garderie, d'une salle pour les jeunes et de locaux techniques.
ORGUE
L'orgue restauré a retrouvé sa place première sur la galerie, dans l'axe de la nef, au-dessus de l'escalier double. Il s'agit vraisemblablement d'un orgue Walpen du Haut-Valais construit dans les années 1820-1830. L'état de conservation de ses pièces qui sont toutes d'origine, à l'exception de ses tuyaux en bois, en fait un témoin important du patrimoine musical genevois.
SUBVENTIONS ET SOUTIENS
Ces travaux ont bénéficié d'un soutien financier de la part de la Confédération, du Canton et de la Ville de Genève, ainsi que de nombreux donateurs privés et publics.