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La baisse du prix de l’électricité sur le marché de gros est au cœur de l’actualité. Les énergies renouvelables anéantissent-elles le marché des centrales électriques conventionnelles? Au vu des prix actuels de l’électricité, est-il encore rentable d’exploiter des centrales? Comment la situation va-t-elle évoluer?
Les prix de l’électricité 2017 de la fourniture de base et de pointe en Allemagne ont chuté à un niveau historiquement bas depuis le lancement de la bourse EEX. En juillet 2012, le prix Base 2013 se négociait à 23,74 €/MWh et progressait à un niveau record de 90,15 €/MWh jusqu’au 1er juillet 2008. A l’EEX, le prix Peak démarrait à 34,4 €/MWh et passait d’en d’autres mains à 127,8 €/MWh au 1er juillet 2008. Ensuite est arrivée la crise financière, déclenchée par l’insolvabilité de la banque d’investissement américaine Lehman Brothers. Elle a entraîné une véritable chute des prix – le prix Base a baissé fin 2008 jusqu’à 56,21 €/MWh et le prix Peak jusqu’à 79,6 €/MWh.
Les diverses mesures de sauvetage de la conjoncture mondiale et les tentatives pour enrayer ou du moins atténuer la crise économique ont permis de maintenir la marge commerciale du prix Base entre 40 et 60 €/MWh au printemps 2011; le prix Peak s’élevait à environ 20 €/MWh de plus. Le 11 mars 2011, la terre a tremblé au Japon et a ébranlé le monde entier. Cette catastrophe a accéléré le tournant énergétique, principalement en Allemagne, ce qui a quelque peu conforté les prix de l’électricité. Cependant, depuis l’été 2011, les prix ne cessent de chuter. Depuis ce moment, les prix Base et Peak ont quasiment été divisés par trois.
Pourquoi si bas?
Nous n’avons pas de réponse simple à cette question, mais ce niveau est certainement imputable à deux principaux points: d’une part au prix des combustibles et d’autre part au succès des énergies renouvelables. En ce qui concerne les prix des combustibles, leur évolution montre que les changements qui interviennent en matière d’électricité reflètent ce qui se passe dans le domaine des combustibles.
Durant l’été 2008, les prix de tous les combustibles sans exception ont atteint leur plus haut niveau en raison de la conjoncture asiatique en plein essor. Avec la crise économique et la diminution de la consommation de combustibles, principalement en Chine, les prix ont également baissé, et ce de façon apparemment inexorable depuis Fukushima. Cette baisse a été amplifiée par le boom du schiste en Amérique du Nord où une grande quantité de pétrole et de gaz de schiste a inondé le marché. La baisse des prix des combustibles primaires se répercute également sur le prix de l’électricité car en tant qu’énergie secondaire, l’électricité dépend des énergies primaires.
Ceci nous conduit au deuxième point: l’essor des énergies renouvelables en Europe, et principalement en Allemagne.
Les coûts marginaux des énergies renouvelables sont nuls; ces dernières sont ainsi en première position du merit order et sont exploitées en priorité. La puissance installée de l’éolien était déjà de près de 8,5 GW en 2002 et a progressé à plus de 40 GW en 2015. Les perspectives font pâlir car on prévoit une puissance éolienne installée de près de 67 GW en 2030. L’évolution du solaire n’est pas moins impressionnante: en 2002, la production était quasi nulle, mais depuis 2010, l’énergie solaire a connu une croissance considérable, si bien que fin 2015, la puissance installée était de 40 GW. On escompte une puissance installée de près de 55 GW d’ici 2030.
En Allemagne, la puissance combinée des énergies éolienne et solaire est actuellement de 80 GW et devrait s’établir à 122 GW, un chiffre impressionnant, d’ici fin 2030. Il est logique que cela ait des répercussions sur le prix du marché de gros de l’électricité. Il faut toutefois mentionner ici que le prix du marché de gros ne correspond pas au prix payé par les clients finaux et que ce dernier augmente par exemple car les coûts de l’extension du réseau ou du développement des énergies renouvelables sont répercutés sur les clients finaux.
Comment la situation va-t-elle évoluer?
La marche triomphale des énergies renouvelables va se poursuivre, les objectifs sont fixés. En Allemagne, alors que la puissance combinée des énergies éolienne et solaire est de 80 GW, la puissance des centrales conventionnelles n’est «que» de 100 GW. Et ce sont précisément ces centrales qui doivent garantir l’approvisionnement en électricité lorsqu’il n’y a ni vent ni soleil. Mais comme les énergies renouvelables fournissent des quantités toujours plus élevées, elles supplantent les centrales conventionnelles qui perdent ainsi leur rentabilité. La baisse des prix, la diminution des différences entre les prix de base et de pointe et les incertitudes en termes de consommation, de parc de centrales et d’interventions régulatrices sont quelques aspects qui préoccupent le secteur énergétique.
BKW a su reconnaître ces signes du temps et établir sa stratégie en conséquence. Sa vision est de construire l’avenir de l’énergie – avec une approche simple, fiable et intégrée. Dans ce but, le groupe renforce l’énergie, développe les réseaux et élargit les prestations. BKW passe ainsi du statu de simple producteur d’électricité à celui de fournisseur leader en Suisse de prestations énergétiques et de services d’infrastructure.