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La prévalence du diabète de type 2 augmente de façon significative depuis les années 50. Cette augmentation s'est très nettement accélérée depuis les années 80 ; on assiste maintenant à une explosion épidémique de cette maladie, tout particulièrement dans les pays en voie de développement. L'origine de cette croissance de la prévalence du diabète tient à plusieurs causes étroitement associées à l'évolution de notre société. Tout d'abord la motorisation croissante de nos déplacements, une nourriture de plus en plus abondante et des préparations de plus en plus caloriques, une aggravation du stress dans les activités professionnelles et familiales et un accroissement de la durée de vie (l'âge étant un facteur de risque important pour la survenue du diabète).
L'épidémie de diabète a engendré un intérêt grandissant pour développer de nouveaux traitements et pour intensifier la recherche afin de connaître ses causes précises. Après les sulfonylurées et les biguanides, nous avons vu apparaître les glinides, stimulateurs de la sécrétion d'insuline à courte durée d'action, les inhibiteurs des alpha-glucosidases, ralentissant l'absorption intestinale du glucose et les glitazones qui sensibilisent les tissus cibles, particulièrement le tissu adipeux, le foie et le muscle, à l'action de l'insuline. Prochainement vont apparaître de nouvelles substances telles que les analogues du glucagon like peptide-1 (GLP-1), hormone gastro-intestinale qui stimule la sécrétion d'insuline ainsi que la prolifération et la différentiation des cellules bêta et inhibe la sécrétion de glucagon et l'appétit. D'autres substances ont été conçues pour inhiber l'action d'une enzyme, la dipeptidyl peptidase 4 (DDP-4), responsable de la dégradation du GLP-1 endogène, avec une action similaire aux analogues du GLP-1 bien que probablement un peu moins efficace. Une quantité de nouvelles substances sont en développement pour essayer de mieux contrôler cette maladie pernicieuse qu'est le diabète. Force est de reconnaître, cependant, que toutes ces substances, bien qu'ayant un mécanisme d'action et une pharmacocinétique très différents, ont une efficacité relativement similaire sur le contrôle du diabète ce qui illustre encore une fois l'importance de la participation du patient dans la gestion de cette maladie.
Au niveau de la recherche, de nombreux efforts sont déployés pour trouver de nouvelles cibles thérapeutiques et mieux comprendre les mécanismes qui sous-tendent la résistance à l'insuline et le déficit de sécrétion d'insuline de la cellule bêta, retrouvés immanquablement dans le diabète de type 2.
Ces efforts, pour mieux traiter la maladie et mieux comprendre les mécanismes en cause, sont hautement louables et doivent être évidemment poursuivis pour avoir une meilleure efficacité thérapeutique aussi bien au niveau du contrôle métabolique, qu'au niveau de la prévention des complications.
Il faut néanmoins reconnaître que cette direction est loin de satisfaire le sens premier de notre intervention : assurer la santé physique et psychique de nos patients par la prévention. Dans ce but, chacun a sa responsabilité : la famille, qui devrait promouvoir en son sein de bonnes habitudes alimentaires et une activité physique régulière, les autorités politiques en réglementant mieux la distribution des aliments et en augmentant les plages d'activité physique dans les écoles, mais aussi en encourageant la mobilité de la population en général, l'industrie alimentaire en faisant un virage à 180° dans ses pratiques commerciales et de promotion alimentaire, et le médecin, bien entendu, qui doit consacrer une part plus importante de sa consultation aux adaptations du style de vie.
Il est sans cesse répété que la promotion d'un style de vie équilibré est difficile à transmettre au patient. C'est une réalité. Néanmoins, quel est le temps que les médecins passent à promouvoir cette idée, à la développer, à l'expliquer en détail et à essayer de convaincre ? Bien sûr, ces approches sont aléatoires et n'ont pas fait l'objet de beaucoup de recherches. Le médecin part donc sur des bases mouvantes et sans mode d'emploi. Cependant, il a été démontré à plusieurs reprises qu'une intervention sur le style de vie pouvait être efficace et prévenir le diabète. C'est cette direction que nous devons maintenant emprunter pour réduire le fardeau de cette maladie épidémique, pour réduire les coûts de la médecine et pour améliorer le bien-être de nos patients.