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ZOOM SUR UNE RÉGION DE GENÈVE : LES CHARMILLES
Édito
Qu’est-ce qu’une villa ?
La réponse fluctue en fonction du temps et des lieux.
Par Bertrand Reich
Pour les Romains, il s’agissait d’une exploitation agricole, la « villa » étant constituée d’une cour avec les bâtiments agricoles et d’une cour avec l’habitation du maître, au milieu du domaine rural. On sait que de telles villas ont existé dans notre canton, puisque la première de ces communes, par ordre alphabétique, a été nommée en référence à une telle exploitation : Aire-la-Ville.
Dans la compréhension collective du 20e siècle, la villa désignait une maison individuelle entourée d’un jardin. Puis sont venues les villas jumelles, suivies de l’habitat groupé.
Aujourd’hui, on trouve des petits bâtiments comportant aussi bien des villas que des appartements ; seul un oeil particulièrement exercé peut, de l’extérieur, distinguer
les deux parties.
En Grande-Bretagne, en France et ailleurs, on trouve des quartiers constitués de maisons accolées les unes aux autres, chacune disposant d’un terrain propre de quelques dizaines de mètres carrés, voire de 100 à 200 m2.
Aujourd’hui, alors que la pression sur la 5e zone, dite zone villa, s’accroit, la question de la nature du logement individuel et de sa définition se pose donc tout naturellement.
Il n’existe pas une seule réponse, chacun ayant sa propre conception en fonction de son vécu, de ses goûts, de ses projets et de sa capacité financière. Sans privilégier une forme de propriété en particulier, la CGI entend que chacun puisse trouver à se loger, dans des conditions lui convenant et dans le respect de la garantie de la propriété, fondement constitutionnel de l’état de droit.
L’espace disponible pour la construction se réduit de plus en plus. La Confédération a déjà relevé que Genève devait fournir un effort de densification. Le corps électoral genevois a plébiscité les règles fixant une densification minimale en zone de développement, soutenue par la CGI. Compte tenu de la rareté du terrain disponible, il est hors de question de gaspiller le sol et le développement doit prendre tout son sens, en particulier dans les zones de développement situées dans des quartiers déjà urbanisés.
Dans cette édition d’Immoscope, vous découvrirez le quartier des Charmilles, qui fut un haut lieu de l’industrie et qui connaît une mue profonde. La question de la densité se pose de manière accrue et nous attendons des autorités qu’elles prennent la mesure des défis posés et favorisent des constructions de qualité, utilisant le sol de manière rationnelle. Dans ce quartier, qui dispose d’un parc magnifique et d’espaces ouverts, il serait inconcevable de ne pas construire la ville en ville.
Enfin, parce que la fiscalité est le juge de paix de toute activité économique, le rejet de RIE 3 ne peut être ignoré. Il s’explique par les défauts de la loi adoptée, notamment certaines outrances qu’elle comportait. Aujourd’hui comme hier, la CGI s’oppose à toute hausse de la fiscalité immobilière destinée à compenser d’éventuelles pertes hypothétiques de rentrée fiscale.
Aménagement, urbanisme, fiscalité : trois clés de la qualité de vie, qui ne doivent pas nous faire oublier que nous sommes aussi les maîtres de notre destin.