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La fièvre jaune est une maladie hémorragique aiguë transmise par des moustiques infectés, de la même espèce que ceux qui transmettent la dingue ou le virus Zika. Mais les conséquences sont plus graves pour les patients (image symbolique).
KEYSTONE/AP/FERNANDO VERGARA(sda-ats)
Les autorités de République démocratique du Congo (RDC) ont déclaré lundi une épidémie de fièvre jaune dans trois provinces du pays dont la capitale Kinshasa. L'annonce survient après confirmation de 67 cas et quelque 1000 cas suspects actuellement sous surveillance.
"Je déclare aujourd'hui une épidémie localisée de fièvre jaune dans les provinces de Kinshasa, de Kongo Central et de Kwango", a annoncé le ministre de la Santé, Félix Kabange. Il a aussi déclaré que 58 des cas confirmés avaient été importés d'Angola, d'où est partie l'épidémie, et que sept autres étaient des cas autochtones.
Les deux derniers cas sont originaires de régions forestières isolées et n'ont pas de rapport avec la souche actuelle du virus. Cinq cas se sont révélés mortels, a précisé le ministre de la Santé.
Kinshasa, avec ses plus de 12 millions d'habitants et ses services de santé défaillants, est la principale source de préoccupation pour les autorités. Car "une épidémie dans une grande ville (de la taille de Kinshasa) est toujours difficile à traiter", a déclaré Yokouide Allaranger, représentant de l'OMS au Congo.
Stock réduit
La fièvre jaune est une maladie hémorragique aiguë transmise par des moustiques infectés, de la même espèce que ceux qui transmettent la dingue ou le virus Zika. Mais les conséquences sont plus graves pour les patients. Le terme "jaune" fait référence à la jaunisse présentée par certains patients.
Le stock mondial des vaccins a déjà été fortement réduit à deux reprises cette année pour immuniser des personnes en Angola, en Ouganda et en RDC. Ce stock est actuellement de six millions de doses, mais ce total pourrait être insuffisant s'il y a plusieurs épidémies en même temps dans des zones fortement peuplées, ont souligné des experts.
Depuis le début de l'année, près de 18 millions de doses ont été distribuées en Angola, en Ouganda et en RDC pour des campagnes de vaccinations d'urgence. Selon les méthodes actuelles, la fabrication de vaccins, notamment à base d'oeufs de poule, prend un an.
Les experts de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) ont recommandé l'administration d'un cinquième de la dose standard du vaccin en cas de pénurie mondiale - une quantité suffisante pour une immunité temporaire mais insuffisante pour une immunisation à vie.
Tension politique
L'épidémie de fièvre jaune intervient dans un moment de tension en République démocratique du Congo. L'approche d'échéances électorales et une crise économique provoquée par le bas niveau des matières premières mettent à mal la stabilité du pays.
L'opposition et de nombreuses associations ont appelé à manifester contre l'arrêt rendu le 11 mai par la plus haute juridiction du pays autorisant le président Joseph Kabila à se maintenir au-delà de la fin de son mandat si les élections de novembre ne peuvent avoir lieu. Ce que le gouvernement juge probable en raison de problèmes budgétaires et logistiques.
Fin mai, des heurts entre manifestants et forces de l'ordre ont fait deux morts, dont un policier, à Goma, dans l'est de la RDC. Les affrontements ont eu lieu lors d'un rassemblement contre le probable report des élections législatives et présidentielle de novembre.
ATS