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thk. Après le dépôt des 100 000 signatures pour l’initiative sur l’or en mars 2013, la votation populaire correspondante aura lieu le 30 novembre 2014. Cette initiative est de grande portée, car son acceptation restituerait la souveraineté du pays dans un domaine primordial. Ci-dessous, Luzi Stamm, conseiller national et membre du comité d’initiative, explique les conséquences détaillées que cela aurait pour notre pays.
Horizons et débats: Quelle a été la raison pour le lancement de l’initiative sur l’or qui sera soumise au peuple en novembre?
Luzi Stamm: L’idée est née lorsque nous avons réalisé que la Banque nationale suisse commençait à vendre de l’or à une vitesse inquiétante. Jamais le peuple n’a été consulté! Jusqu’à l’année 2000 la Suisse possédait 2590 tonnes d’or. Dès mai 2000, la Banque nationale vendit une tonne d’or par jour. Lorsque les ventes persistèrent, nous nous sommes dit, halte, nous devons absolument stopper ces ventes d’or insensées.
Sait-on pourquoi la Banque nationale a cru bon d’effectuer ces ventes, ou y a-t-elle été forcée?
C’était une génuflexion envers la pression de l’étranger. A la fin des années 90, une pression immense est venue des Etats-Unis, finalement nous avons payé des milliards. Aussi ai-je constaté que les responsables de la Banque nationale s’étaient massivement trompés, leurs pronostics étaient totalement faux. Mais la raison principale pour la vente a été à l’époque ce chantage venant de l’Amérique du Nord.
Quelle est en fait l’origine de cet or?
C’est une longue histoire. La Banque nationale a été fondée en 1907. Pendant la guerre, la Suisse a dû faire l’expérience amère de constater que la totalité de son or était bloquée à l’étranger. Les Etats-Unis, le Canada, la Grande-Bretagne l’ont tous bloqué, notamment parce qu’ils craignaient que l’or puisse tomber aux mains des Allemands lors d’une attaque. A la fin de 1945, la Suisse avait les 2590 tonnes, qu’elle a gardées jusqu’à fin 1999. Peu avant le début des ventes, le Conseil fédéral avait déclaré que c’était notre argenterie de famille que nous ne devrions jamais vendre. Le directeur de la Banque nationale a déclaré textuellement en 1995 qu’il n’était «en aucun cas» prévu de vendre de l’or. En contradiction totale avec ces promesses, la moitié de l’or a été bazardé peu de temps plus tard.
Quelles sont les conséquences de cette énorme vente d’or pour notre pays?
L’or est une question d’indépendance. Plus une monnaie est couverte avec de l’or, plus le pays est indépendant. Plus la Banque nationale poursuit la stratégie de faire marcher la planche à billets pour acheter des devises étrangères, plus notre pays sera dépendant. L’or signifie indépendance, dans les questions financières on ne peut pas être mis sous pression par l’étranger.
On entend souvent l’argument, que la couverture-or de 20% que revendique l’initiative diminuerait la liberté d’action de la Banque nationale. Est-ce un argument valable? Qu’en pensez-vous?
C’est un argument totalement malvenu. Tout au contraire: on renforce l’indépendance de la Banque nationale. La Banque nationale peut toujours imprimer à sa guise de l’argent frais, bien que cela ne corresponde certes pas à mes idées. Elle peut faire marcher la planche à billets à son gré et acheter avec par exemple des emprunts d’Etat allemands ou américains, elle n’est soumise à aucune restriction. Seulement, si elle imprime de l’argent, elle doit au moins investir une petite partie en or.
Pourquoi 20%? Pourquoi pas plus? La plus grande sécurité serait de couvrir toute la monnaie avec de l’or. Aujourd’hui, cela ne semble plus être très opportun à cause de l’expansion constante de la masse monétaire?
20% des actifs correspondrait aujourd’hui environ au stock d’avant 1999, dont nous avons malheureusement déjà vendu un grande partie; en acceptant l’initiative, nous retournerions au statu quo ante. Nous considérons que c’était une grande faute, d’avoir vendu plus de la moitié des 2950 tonnes que nous possédions auparavant.
La vente a eu lieu dès mai 2000 sans aucun débat politique. Le peuple n’a pas eu droit au chapitre et même au Parlement, on n’a pas posé la question: voulez-vous vendre de l’or ou non. Les discussions n’ont débuté que lorsqu’il s’est agi de savoir comment répartir l’argent, après que l’or ait été vendu.
Qui est en réalité responsable de la vente de l’or?
L’administration fédérale et la Banque nationale, on avait constitué des groupes de travail.
Un troisième point de l’initiative est la question du stockage de l’or. Après le dépôt de l’initiative il y a tout à coup eu une réponse.
L’or doit absolument être stocké en Suisse. Spécialement de nos jours et suite au développement des deux, trois dernières années, il s’est avéré que déjà en temps de paix les boycotts et les chantages augmentent. Qui croit sérieusement, que notre or pourra être rapatrié en Suisse lors d’une véritable crise? C’est pourquoi cela est un point très important de cette initiative.
L’initiative a forcé le Conseil fédéral à dire où l’or est stocké.
Pendant plusieurs décennies, le Conseil fédéral a toujours répondu officiellement, à la question de savoir où l’or de la Banque nationale se trouve, «Je ne le sais pas, je ne veux pas le savoir, et je ne dois pas le savoir.» C’est seulement au moment où nous avons déposé les 100 000 signatures récoltées avec grand effort, que la Banque nationale a enfin consenti à dire où l’or se trouve prétendument (un contrôle extérieur est inexistant). Une grande partie de notre or se trouve donc en Suisse, 20% en Grande-Bretagne et 10% au Canada. En marge, il faut mentionner que la Banque nationale a omis de dire où étaient stockées les 1550 tonnes d’or vendues ces dernières années. Il se pourrait que cet or déjà vendu ait été stocké aux Etats-Unis et que la Suisse n’ait pas pu le récupérer. Ainsi, notre pays a probablement dû le vendre sous pression – en tout cas, ils l’ont liquidé pour un prix risible. Personne ne sait, s’il était encore existant. Là, il y a des discussions mouvementées au niveau mondial. De nombreux Allemands sont par exemple convaincus que leurs 3700 tonnes, stockées en grande partie à l’étranger – aux Etats-Unis – n’existent plus. Si l’or a réellement disparu (déjà vendu ou saisi), ce serait extrêmement préoccupant.
A quel point les indications de l’administration, que l’or est encore existant, sont-elles crédibles?
En fin de compte tout est une simple affirmation, aussi longtemps qu’aucun contrôle externe et réellement indépendant n’a eu lieu. Si par exemple les Canadiens nous montraient l’or, d’où voulons nous savoir qu’ils ne montreront pas les mêmes lingots aux Allemands en leur affirmant que c’est leur or. L’or pourrait aussi être donné en leasing ou utilisé comme gage. Il nous faut absolument savoir, quel part de l’or est encore physiquement existant et à qui il appartient. J’espère beaucoup qu’au moins les 1040 tonnes décrites comme or suisse sont encore existantes.
Que pourrait être la stratégie derrière le comportement des Etats-Unis?
J’hésite à spéculer sur de possibles motifs, parce qu’on ne le sait pas. Mais c’est un fait, que les pressions venant des Etats-Unis ont énormément augmenté. Pensons donc à la manière dont les USA viennent d’extorquer environ 10 milliards de francs (!)à une banque française. Ce sont des développements incroyables. Plus les boycotts et la pression internationale augmentent, plus il faut être prudent et plus nous devons être sûrs que l’or se trouve dans notre pays et qu’il ne peut plus être vendu.
C’est vraiment étonnant, de réaliser ce que nous devons subir de la part d’Etats soi-disant amis.
Oui, vu les expériences des dernières années, il faut bien réfléchir, avec quel Etat on veut se lier plus étroitement. Je constate, que même face à des Etats, que nous comptions être de bons amis jusqu’à il y a peu, il faut actuellement être très méfiant. On nous traite d’une manière que je n’aurai pas pu imaginer 5 ans en arrière. En tout cas, nous devons tout mettre en œuvre pour maintenir notre indépendance: les lois à l’intérieur de nos frontières sont uniquement notre affaire. Nous devons conserver notre or, et bien entendu dans notre propre pays.
Quelles seront les conséquences si l’initiative est acceptée en automne?
Un «oui» à l’initiative renforce l’indépendance de notre pays, et la protection de la Banque nationale contre des pressions de l’extérieur. A l’interne la Banque nationale peut faire ce qu’elle veut. Un oui renforce la stabilité de la Suisse et par là-même notre système politique de démocratie directe, donc aussi l’économie et notamment la place financière suisse.
Monsieur Stamm, merci beaucoup de cet entretien. •
(Interview réalisée par Thomas Kaiser)
Le fondement de toute monnaie stable sont des réserves solvables. Justement dans les temps incertains que nous vivons aujourd’hui, il est primordial pour l’avenir du franc suisse qu’on prenne soin des réserves d’or. Ainsi nous pouvons garantir le patrimoine du peuple également lors de temps difficiles.
Les buts de l’initiative sont:
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