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Historique
Le terme de permaculture est un mot-valise issue de l’expression “permanent agriculture” utilisée par l’agronome Américain Cyril G Hopkins qui publia en 1910 “Soil Fertility and Permanent Agriculture”.
Franklin Hiram King le reprit dans son livre de référence de 1911, « Farmers of Forty centuries: Or Permanent Agriculture in China, Korea and Japan ».
Le terme « permanent agriculture » est alors compris comme une agriculture qui peut se maintenir indéfiniment.
Les Influences
L’australien P.A. Yeomans introduisit dans les années 1950 la méthode des contours (Keyline Design) comme méthode d’approvisionnement et de distribution en eau d’un site. Cette approche de l’aménagement influença fortement les fondateurs de la permaculture.
En 1960 Masanobu Fukuoka travaille sur une agriculture pérenne et autonome dont l’intervention se limite à l’ajout de paille sur les champs de riz, obtenant ainsi un rendement supérieur aux méthodes utilisant des composés chimiques, il prône une agriculture dans un rapport ou l’homme et la nature ne font qu’un.
Le travail de Howard T. Odum fut aussi une influence importante, surtout pour David Holmgren. Le travail d’Odum s’est surtout axé sur l’écologie des systèmes, en particulier le principe du maximum de puissance. Principe duquel découle l’idée cardinale que les écosystèmes tendent à optimiser l’utilisation de l’énergie. Par exemple, la forêt avec son importante faune et flore est un convertisseur efficace de la lumière solaire en biomasse.
La permaculture est aussi fortement influencée par le courant écoénergétique qui démontre en particulier la déclin des ressources énergétique fossiles à courte échéance. On citera à ce sujet les travaux de Marion King Hubbert sur le pic pétrolier homonyme.
C’est au double titre des travaux d’Odum et de l’écoénergétique que la permaculture cherche à s’inspirer des écosystèmes naturels, comme modèles optimaux d’utilisation d’énergie.
Une autre influence précoce fut le travail d’Esther Deans, qui fut le pionnier des méthodes de non travail du sol.
MOLLISON ET HOLMGREN : Cofondateurs de la Permaculture
Au milieu des années 1970, les australiens Bill Mollison et David Holmgren commencèrent a développer des idées qui, ils l’espéraient, pourraient être utilisées pour créer des systèmes agricoles stables. Ce travail résultait de leur perception d’une utilisation toujours plus importante de méthodes agro-industrielles destructrices qui empoisonnaient l’eau et la terre, réduisant la biodiversité et érodaient des millions de tonnes de sol de paysages auparavant fertiles. Une approche de design appelée « permaculture » fut leur réponse et fut rendu public pour la première fois avec la publication de Permaculture 1 en 1978.
Le terme permaculture signifiait initialement “agriculture permanente” mais fut rapidement étendu à “culture permanente”, tant il était évident que les aspects sociaux faisaient partie intégrante d’un véritable système durable.
Après la publication de Permaculture One, Mollison et Holmgren affinèrent et développèrent plus avant leurs idées en effectuant la conception selon la méthode permaculture de centaines de sites et en organisant cette information dans des livres plus détaillés. Mollison enseigna dans plus de 80 pays et son cours certifié de 72 heures fut suivis par des centaines d’étudiants. La permaculture vise à ce que le plus grand nombre d’individus se l’approprie, c’est pour cela que les principes de design en permaculture sont le prolongement de la position qui veut que “la seule décision éthique est de prendre la responsabilité de notre propre existence et de celle de nos enfants »[5]. L’intention étant que, en formant rapidement les individus à un ensemble fondamental de principes de design, ces individus pourraient aménager leurs propres environnements et construire des territoires toujours plus autonomes, interconnectés, résilients et durables.
À partir du début des années 1980, le concept avait évolué, et d’un système de design de systèmes agricoles était passé à un processus de design beaucoup plus holistique de création de sociétés humaines durables.
A partir du milieu des années 1980, un grand nombre d’étudiants s’étaient transformés en pratiquants chevronnés et avaient commencé à enseigner les techniques qu’ils avaient apprises. Très rapidement des groupes, projets, associations et instituts de permaculture s’établirent dans plus d’une centaine de pays.
En 1991, un documentaire en quatre parties d’ABC production appelé ‘the global gardener’ montrait la permaculture appliquée à différentes situations a travers toute la planète, portant le concept à l’attention d’un public plus large (mais toujours anglo-saxon).
Le professeur anglais de permaculture Patrick Whitefield, suggère qu’il a deux mouvements de permaculture : la permaculture originelle et la permaculture de design.
- La permaculture originelle tente de reproduire fidèlement la nature en développant des écosystèmes comestibles qui ressemblent à leurs équivalents naturels.
- La permaculture de design considère les connexions fonctionnelles en service dans un écosystème ainsi que son fonctionnement, et en dérive des principes d’efficacité énergétiques applicables à tous les types de systèmes humains (transport, société, agriculture…). À travers une observation minutieuse des énergies naturelles, des flux et de leurs motifs, des systèmes de design efficaces peuvent être développés. Ceci est maintenant connu sous le nom de Design de Systèmes Naturel.