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DETHURENS Chloé, 'Puissions-nous tenir pour pouvoir mieux servir': les sociétés patriotiques à Genève aux XIXe et XXe siècles
Au XXe siècle, plusieurs sociétés patriotiques existent à Genève. Issues de cercles, de milices ou d'associations dites « historiques », elles profitent du début des années 1900 pour solidifier leurs statuts et recruter de plus en plus de membres. Lieux de sociabilité, elles permettent à leurs affiliés, uniquement masculins pour la plupart, de se réunir autour d'une cérémonie commémorative, d'un stand de tir ou d'une réception souvent mondaine, parfois en présence des autorités cantonales ou municipales. Ces sociétés évoluent dans un univers symbolique relativement riche. A Genève, les commémorations d'événements de l'histoire nationale ou régionale, jugés fondamentaux, sont nombreuses lors de la première partie du XXe siècle. Poses de couronnes, parades et rituels viennent accompagner le souvenir d'un épisode d'une histoire vue comme glorieuse. D'une part, on rappelle l'importance du rattachement du canton à la Suisse au travers de la célébration du 1er juin, de la Restauration, de fêtes sportives telles que le Tir fédéral ou encore de la Fête nationale. D'autre part, on insiste sur l'intégrité de Genève et le courage de ses citoyens au travers de la commémoration de l'Escalade. Outre ces diverses commémorations, les sociétés patriotiques s'activent autour de nombreux rites symboliques. Cérémonies, rituels de passages, chants et autres parades ponctuent la vie de ces groupements. Au cours du XXe siècle, ces activités se diversifient de manière à recruter et conserver un maximum de membres. La participation aux commémorations et aux tirs historiques se renforce au fil des ans, notamment lorsque l'intégrité du pays est mise à mal. En effet, si l'Etat fédéral est bien implanté au début du XXe siècle, cette période est en revanche parsemée de nombreux troubles politiques et sociaux durant lesquelles les sociétés patriotiques réagissent, principalement au sein de leurs publications. Particulièrement lors de la Seconde Guerre mondiale, elles s'élèvent contre la menace nazie qui plane sur l'Europe, mais également sur la Suisse. Ainsi, les commémorations et les tirs historiques s'intensifient, malgré les difficultés financières, morales et humaines que vivent ces groupements. On commémore les événements marquants de l'histoire suisse et genevoise pour rassembler la population autour d'un idéal commun : un pays uni, fort, capable de se défendre tant au niveau spirituel, grâce au patriotisme généré par ces commémorations, qu'au niveau physique, grâce à l'entraînement au tir.