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Santé Une enfance défavorisée a des effets à long terme
Une étude de l'Université de Genève montre que les enfants ayant évolué dans un contexte socio-économique difficile ont une santé plus chancelante à l'âge adulte.
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Des conditions de vie difficiles durant l'enfance conduiraient quasi inéluctablement à une santé plus fragile à l'âge adulte. Ce constat émane d'une recherche de l'Université de Genève (UNIGE), menée en Europe auprès de plus de 24'000 personnes âgées de 50 à 96 ans.
Jusqu'à présent, on ne disposait pas encore de «preuves solides» de l'association entre la vulnérabilité économique lors de l'enfance et la santé des personnes âgées, relève mardi l'UNIGE. Les travaux de Boris Cheval et Stéphane Cullati apportent aujourd'hui de la consistance à ce lien.
Près de 100'000 données analysées
Les deux chercheurs ont analysé près de 100'000 données issues de l'enquête sur le vieillissement et la retraite en santé en Europe. Cette étude populationnelle menée par l'Union européenne a pour objectif d'examiner le statut économique, social et sanitaire des personnes âgées.
Pour conduire leurs recherches, Boris Cheval et Stéphane Cullati ont examiné la force de préhension de 24'179 personnes de plus de 50 ans. Ils ont ensuite mis les résultats obtenus en relation avec les conditions de vie qu'avaient connues ces hommes et ces femmes quand ils avaient dix ans.
Les chercheurs ont pris en compte la profession qu'avait le principal soutien de famille lorsque la personne participant à l'étude était jeune, le nombre de livres qu'il y avait à la maison, la qualité de l'habitation et le nombre de personnes qui vivaient sous le même toit en comparaison du nombre de pièces.
Le corps s'imprègne
Les résultats auxquels sont parvenus Boris Cheval et Stéphane Cullati ont mis en évidence que «les personnes qui ont dû faire face à des circonstances socio-économiques défavorisées dans leur enfance avaient en moyenne une force musculaire plus faible que les personnes ayant été plus favorisées dans leurs premières années.»
Cette corrélation est restée significative même quand les chercheurs genevois ont tenu compte de la situation sociale et des comportements de santé à l'âge adulte des participants à l'enquête, soit, en d'autres termes, s'ils fumaient, buvaient, avaient des activités physiques et ce qu'ils mangeaient.
«Notre étude suggère un effet direct, biologique et durable d'un départ dans la vie peu favorable», souligne Boris Cheval. Les deux chercheurs émettent l'hypothèse d'une dérégulation du corps et de ses défenses immunitaires, induite par un «stress chronique» causé par des conditions de vie difficiles durant l'enfance.
Scandinaves en meilleure santé
L'étude de l'UNIGE montre aussi que les Scandinaves sont globalement en meilleure santé, indépendamment de leur place dans la société. Boris Cheval et Stéphane Cullati vont poursuivre leurs travaux pour voir comment le système socio-économique d'un pays tempère la corrélation entre enfance défavorisée et mauvaise santé.
Les travaux des deux chercheurs genevois font l'objet d'une publication dans la revue «Age and Ageing». (ats/nxp)
Créé: 20.02.2018, 10h19