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Alfred Russel Wallace (né le 8 janvier 1823 à Llanbadoc, Pays de Galles ; décédé le 7 novembre 1913 à Broadstone). Naturaliste, biologiste, explorateur, géographe et anthropologue, cet homme modeste, volontiers défenseur de causes impopulaires, doit trop souvent sa renommée au seul fait d’avoir été, avec Darwin, le codécouvreur de la théorie de l’évolution par la sélection naturelle. Expert en matière de répartition géographique des espèces animales, il fut aussi un environnementaliste avant la lettre. Dans des ouvrages tels que Tropical Nature and Other Essays (1788) ou Island Life (1880), il a formellement averti des conséquences, défavorables sur le climat, des déboisements massifs à des fins d’agriculture ou d’élevage – des forêts tropicales en particulier. Ses considérations sur l’érosion des sols constituent aujourd’hui une des bases de l’écologie.
Le sol riche formé par la roche volcanique décomposée et les dépôts végétaux pouvait seulement être maintenu sur les pentes raides tant qu’il était protégé par la végétation à laquelle il devait en grande partie ses origines. Quand ceci fut détruit, les fortes pluies tropicales eurent tôt fait d’emporter le sol et de laisser une vaste étendue de roche nue ou d’argile stérile. Cette destruction irréparable fut causée, en premier lieu, par les chèvres, lesquelles furent introduites par les Portugais en 1513, et augmentèrent si rapidement qu’en 1588 leur nombre se comptait en milliers. Ces animaux sont les plus grands adversaires des arbres, car ils mangent les jeunes pousses et ainsi empêchent la restauration naturelle de la forêt. Ils furent, cependant, aidés par le gaspillage insouciant de l’Homme.