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Maria Stuarda
Gaetano Donizetti
Maria Stuarda est le quarante-huitième opéra de Gaetano Donizetti qui, à 35 ans, s’était déjà imposé comme un auteur de premier plan. Durant sa courte vie (1797-1848), il fut contraint de composer à un rythme effréné pour satisfaire les exigences du monde lyrique dans une époque où la création d’opéras s’apparentait à l’effervescence de la production cinématographique au XXIème siècle. Les débuts de Maria Stuarda furent des plus mouvementés. Victime de la censure napolitaine et du scandale provoqué par un incroyable pugilat survenu entre les deux « prime donne » lors de la générale, l’ouvrage est modifié pour être donné sous le nom de Buondelmonte en octobre 1834. Quatorze mois plus tard, Donizetti peut enfin présenter à la Scala son ouvrage sous son titre original, Maria Stuarda, avec la célèbre Maria Malibran dans le rôle-titre. L’accueil du public est mitigé d’autant plus que la prima donna est souffrante le soir de la première. Elle n’a tenu à chanter que pour toucher un important cachet ! De nouvelles interventions de la censure finissent par aboutir à une interdiction de l’opéra après la sixième représentation.
Gaetano Donizetti a souvent puisé son inspiration dans le destin tragique des grands personnages de la Renaissance anglaise. Maria Stuarda peut apparaître comme le deuxième volet d’un triptyque qui commence avec Anna Bolena (1830) et s’achève avec Roberto Devereux (1837). Les règnes d’Henry VIII et d’Elisabeth 1ère constituent un fil conducteur entre les trois ouvrages. La source du livret de Maria Stuarda est la pièce que Schiller (1759-1805) consacra à cette reine fascinante dont Stefan Zweig a tenté de mettre à jour la mystérieuse personnalité. Etait-elle « martyre », « folle intrigante » ou « sainte » ? Donizetti et son tout jeune librettiste de 17 ans, Giuseppe Bardari ont privilégié les motifs romancés de la rivalité entre Elisabeth 1ère et Marie. Nous assistons à la confrontation violente de deux personnalités que tout oppose : pouvoir, amour, croyance. La magnifique scène finale constitue l’un des premiers exemples de mort tragique dans l’opéra romantique, dont Donizetti est un des fondateurs. Marie est l’archétype même de l’héroïne donizettienne dont le chant élégiaque doit s’élever vers une pureté quasi angélique. L’évolution psychologique du personnage se manifeste dans le nécessaire changement de tessiture, du grave à l’aigu, signe de la progressive élévation spirituelle de la reine condamnée.
Maria Callas et Leyla Gencer sont à l’origine de la renaissance de Donizetti dans les années cinquante. Il convient de signaler qu’en 1991 une édition critique ne comportant que deux actes a permis de restituer dans son authenticité une œuvre dont la naissance contrariée a entraîné de nombreuses versions. Maria Stuarda offre une occasion unique de confronter à la scène deux grands talents lyriques comme ce fut le cas pour Joan Sutherland et Marylin Horne ou Montserrat Caballé et Shirley Verrett.
Résumé
En 1587, la reine d’Ecosse Maria Stuarda est retenue prisonnière depuis plusieurs années par sa cousine Elisabetta, reine d’Angleterre. Roberto, comte de Leicester, dont Elisabetta est secrètement amoureuse, veut aider Maria à laquelle il déclare son amour en lui proposant de l’épouser. Il conseille à Maria de se montrer conciliante avec sa puissante cousine. Mais les deux reines s’affrontent lors d’une entrevue dont la violence conduit Elisabetta à signer la condamnation à mort de Maria qui l’a publiquement injuriée. La cruauté d’Elisabetta dévorée par la jalousie ira jusqu’à exiger que Roberto assiste à l’exécution de sa rivale.
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