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Que faire spécifiquement en cas de violences sexuelles (notamment l’inceste) subis dans l’enfance ou l’adolescence ?
Le plus souvent, ces actes sont commis par un proche, parent, frère, autre membre de la famille ou de l’entourage, petit copain ou groupe de pairs, professeur de sport, moniteur, ami de la famille, etc. De nombreuses sources statistiques montrent que les violences sexuelles commises par un inconnu sont très minoritaires.
Définition courante
Les violences sexuelles subies dans l’enfance ou l’adolescence comprennent toutes les infractions contre l’intégrité sexuelle, commises sur un enfant ou un jeune, à l’intérieur ou à l’extérieur de la famille.
Ces violences ont des répercussions majeures sur le développement des enfants et leur devenir d’adultes. Elles constituent une cause importante de mal-être et peuvent se traduire par des comportements autodestructeurs, des relations de dépendance (alcool, toxicomanie, etc.) ou toute autre manifestation de souffrance.
Les violences sexuelles perpétrées par une personne en position de pouvoir provoquent de grandes souffrances chez l’enfant et la ou le jeune. Elle ou il se trouve dans une situation intenable avec un mélange de sentiments et d’émotions contradictoires, comme la honte, la culpabilité, la peur, la colère, l’amour, la loyauté, etc. La confusion est d’autant plus grande que dans la majorité des cas, l’abuseur est une personne sensée assurer sa protection et en qui elle ou il a confiance. Pour survivre, les enfants ou jeunes abusé-e-s sont amené-e-s à développer des mécanismes de défense, comme la dissociation, l’oubli partiel ou total, le déni, la paralysie, le clivage, etc.
Les violences sexuelles commises par des jeunes sur leurs pairs sont plus fréquentes que ce que l’on croit et rarement identifiées comme telles. Ce phénomène se développe sous de nouvelles formes ces dernières années, avec les médias modernes comme les téléphones portables qui peuvent filmer une scène, le développement d’internet où des photos et des vidéos prises sans le consentement des personnes circulent facilement, etc. L’influence des médias, de la publicité sexiste, de la pornographie et des documents vidéos à caractère pornographique ou sexiste contribue très certainement à augmenter les risques de violence entre jeunes et dans les premières relations amoureuses. Des études manquent encore pour déterminer plus précisément cette influence mais ces phénomènes émergeants inquiètent particulièrement les associations et services professionnels concernés.
Des associations comme le Centre de consultation pour les victimes d’abus sexuels CTAS, Viol-Secours (dès 16 ans) ou le Centre LAVI à Genève, Faire le pas ou Familles solidaires à Lausanne, sont là pour écouter et accompagner les enfants, jeunes ou adultes abusé-e-s dans l’enfance, que ce soit dans une démarche de réparation juridique, psychologique ou symbolique.
A l’âge adulte, il peut subsister des souffrances et des difficultés liées à des violences vécues dans l’enfance. N’hésitez pas à demander de l’aide.
Ces pages s’adressant prioritairement aux femmes victimes de violences sexuelles, nous recommandons aux enfants et jeunes qui ont été abusé-e-s de consulter les services médico-psycho-sociaux qui répondent à leurs problèmes spécifiques ainsi que le site interactif www.ciao.ch, qui répond à de nombreuses questions des jeunes.
Sortir du silence
Ne restez pas seule. Brisez l’isolement et le silence.
Vous adresser à des personnes compétentes est déjà un pas important pour reconnaître votre souffrance et avancer vers une réparation du traumatisme vécu.
Dénoncer le cas aux Autorités pénales
Les violences sexuelles subies dans l’enfance peuvent encore parfois donner lieu à une procédure pénale et au renvoi de l’auteur devant un Tribunal, selon le délai de prescription des actes commis. Ce délai ayant changé à plusieurs reprises ces dernières années, il vaut mieux consulter un-e avocat-e pour savoir si les faits peuvent encore être sanctionnés par les Autorités pénales.
Suite à l’acceptation en Suisse de l’initiative populaire « pour l’imprescriptibilité des actes de pornographie enfantine », en date du 30 novembre 2008, un article a été ajouté (art. 123b) dans la Constitution fédérale, stipulant que « l’action et la peine pour un acte punissable d’ordre sexuel ou pornographique sur un enfant impubère sont imprescriptibles ». En raison des dispositions transitoires, l’imprescriptibilité s’appliquera aussi aux infractions qui n’étaient pas encore prescrites le 30 novembre 2008. La loi n’est par contre pas rétroactive et ne s’appliquera pas aux infractions déjà prescrites en novembre 2008.
Signaler les faits prescrits aux autorités
Au cas où les faits sont prescrits, un signalement au Procureur général peut toutefois être fait, afin d’informer la Justice des actes pénalement répréhensibles commis par l’agresseur. Si celui-ci a abusé d’autres personnes et qu’une procédure est ouverte contre lui, un tel signalement pourrait être un témoignage utile pour toute victime qui a intenté une action pénale non prescrite.