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Le président du Sri Lanka Maithripala Sirisena a dissous le Parlement vendredi et convoqué des élections anticipées. Il a pris cette mesure après que son parti a annoncé ne pas disposer d'une majorité suffisante pour confirmer son candidat au poste de 1er ministre.
Après deux semaines de crise politique dans l'île, le chef de l'Etat a ordonné la dissolution de l'assemblée, composée de 225 députés, dès vendredi à minuit. Des élections anticipées se tiendront le 5 janvier dans tout le pays, soit presque deux ans plus tôt que prévu. La nouvelle assemblée se réunira dès le 17 janvier, a-t-il précisé.
Des élections législatives n'étaient pas prévues avant 2020 mais devant l'impasse politique le président a décidé de prendre le risque d'un scrutin anticipé dans l'espoir d'obtenir une majorité solide dans la nouvelle assemblée.
Deux premiers ministres
Le parti du président avait reconnu vendredi ne pas avoir actuellement la majorité parlementaire pour confirmer son candidat contesté aux fonctions de Premier ministre.
Depuis le limogeage surprise le 26 octobre par le président du chef du gouvernement Ranil Wickremesinghe, et son remplacement par l'ex-homme fort de cette nation d'Asie du Sud (2005-2015) Mahinda Rajapakse, le Sri Lanka se retrouve de fait avec deux Premiers ministres rivaux, M. Wickremesinghe dénonçant son renvoi comme inconstitutionnel.
Ancien président de l'île et bête noire des défenseurs des droits humains, M. Rajapakse avait mis fin en 2009 à quatre décennies de guerre civile avec la rébellion tamoule.
"Pour l'instant, nous avons 104 ou 105 parlementaires" sur les 113 nécessaires, avait admis vendredi devant la presse Keheliya Rambukwella, porte-parole du président Sirisena. "Nous comptons sur des défections pour obtenir les nombres (requis)."
Divergences sur la politique économique
Se disant certain de toujours détenir la majorité absolue au Parlement, suspendu par le président jusqu'au 14 novembre, M. Wickremesinghe réclamait, à l'instar de la communauté internationale, la convocation immédiate des 225 députés pour qu'ils déterminent qui est le Premier ministre légitime.
Sous pression de l'Union européenne et des Etats-Unis notamment, le président avait promis à trois reprises de lever la suspension du parlement mais avait à chaque fois fait volte-face.
Lors d'élections en 2015, une alliance du parti de M. Wickremesinghe et d'une faction emmenée par M. Sirisena avait évincé du pouvoir Mahinda Rajapakse, bête noire des défenseurs des droits humains.
Mais une fois aux responsabilités, les relations entre les deux partenaires ont tourné au vinaigre, en raison notamment de divergences sur la politique économique.