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Eat Just, une start-up américaine qui travaille sur ce projet de viande de laboratoire cultivée à partir de cellules animales, a annoncé que ses morceaux de poulet avaient été autorisés à la vente par l'agence de sécurité alimentaire de la cité-Etat d'Asie du Sud-Est.
Il s'agit "d'une avancée pour l'industrie alimentaire mondiale", a-t-elle souligné dans un communiqué reçu mercredi, alors qu'une compétition mondiale est engagée entre de nombreuses sociétés et start-ups pour produire des protéines animales avec un impact moindre sur l'environnement que celui de l'élevage intensif.
Alternative à l'élevage?
La consommation de viande mondiale devrait augmenter de 70% d'ici 2050, et la viande artificielle pourrait bientôt répondre à une partie de la demande, selon la start-up.
L'élevage intensif pour la consommation de viande est une source de méthane, gaz qui favorise l'effet de serre. Dans certains pays comme le Brésil ce secteur contribue aussi à la destruction des forêts, barrières naturelles au réchauffement climatique.
Si la viande de laboratoire a longtemps été considérée comme beaucoup trop onéreuse pour pouvoir concurrencer l'élevage, Eat Just assure avoir fait "des progrès considérables" pour réduire les coûts.
"Dès le début nous aurons un prix similaire au poulet haut de gamme d'un restaurant chic", a indiqué un porte-parole de la start-up. Eat Just espère parvenir à un prix inférieur à celui du poulet classique au cours des prochaines années.
"Une viande bourrée d'hormones"
Tout le monde ne partage pas cet optimisme. Invité dans Forum, l'essayiste et politologue Paul Ariès porte un regard critique sur la viande de synthèse: "On sait que cette fausse viande est bourrée d'hormones de croissance interdites en élevage. Et on sait aussi qu'elle a un bilan écologique catastrophique, car elle est totalement énergivore."
L'auteur d'une "Lettre ouverte aux mangeurs de viande qui souhaitent le rester sans culpabiliser" rappelle que les principaux promoteurs de viande artificielle sont des grandes multinationales qui veulent investir dans un marché prometteur: "On aurait tort d'opposer la fausse viande à l'élevage traditionnel. [...] La véritable alternative, c'est le retour à un élevage paysan, qui lui a un bilan écologique bien meilleur."
Le politologue s'inquiète aussi d'un changement beaucoup plus profond dans nos sociétés: "On nous dit qu'avec 150 vaches, on pourrait produire l'équivalent de la consommation actuelle de viande de boeuf au niveau mondial. Ce n'est pas seulement un enjeu technologique ou économique, c'est véritablement un enjeu anthropologique. Quel type de société, quel type d'agriculture veut-on?"
>> L'interview complète de Paul Ariès dans Forum:
asch avec ats