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Genève au fil du temps
C’est en 1862 qu’Henri-Antoine Boissonnas, graveur de boîtiers de montres, décide d’ouvrir un atelier de photographie. Il reprend les locaux du photographe Auguste Garcin, situés dans la Maison des Trois-Rois à la place Bel-Air, aujourd’hui disparue. Doué pour la chimie et le dessin, il se spécialise dans les portraits enfantins, qui attirent une clientèle nombreuse. En quelques années son talent est reconnu sur le plan international.
Fort de son succès, il fait construire en 1872 un immeuble au quai de la Poste qu’il aménage spécialement pour la photographie. En 1887, son fils aîné Fred Boissonnas, prend la tête de l’atelier. Il participe à des expositions en Europe et connaît un premier grand succès en 1900, à l’Exposition universelle de Paris. Il reprend ensuite plusieurs ateliers à Paris, Reims, Lyon et Marseille, et Saint-Pétersbourg.
Paul Boissonnas, qui succède à son père Fred en 1927, vend dix ans plus tard l’immeuble du quai de la Poste devenu trop grand et trop cher. Il s’installe au passage des Lions ; ses clients lui commandent surtout des portraits, des photos passeports, mais aussi de la publicité industrielle qui est en plein développement. En 1958, il transfère l’atelier de photographie dans son appartement du 24, rue de Candolle, où il reste jusqu’en 1969, date à laquelle son gendre Gad Borel, reprend la direction des affaires. Celui-ci s’installe d’abord au boulevard des Philosophes puis à la rue Saint-Léger où il ouvre en 1971 la Galerie des Philosophes. Il y expose des photographies en parallèle avec d’autres formes d’art comme la peinture.
En 1975, l’atelier Borel-Boissonnas déménage au 90 route de Thonon à Vésenaz, où il fonctionne sous la direction de Gad Borel jusqu’à sa fermeture en 1983. Les archives documentant plus de 120 ans d’un atelier de photographie genevois, qui sont conservées au grenier, sont dès lors mises à la disposition de nombreux chercheurs. En 2012, la Ville de Genève achète le fonds constitué de plus de 140’000 négatifs et 45'000 tirages et le transfère au Centre d’iconographie de la Bibliothèque de Genève.