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L’expression « Sermon sur la montagne » désigne les chapitres 5 à 7 de l’évangile selon Matthieu qui présentent un long discours de Jésus. Selon Mth5,1, ce dernier tient ce discours sur (ou dans) la montagne, d’où son nom. Il comprend un nombre important d’enseignements qui ont eu une grande répercussion dans le christianisme. On y trouve entre autres, les Béatitudes ou le Notre Père.
Une création de Matthieu
Les trois chapitres qui forment le « sermon sur la montagne » sont une compilation d’enseignements divers tant par les sujets abordés que par le genre littéraire utilisé. On y trouve des béatitudes, des enseignements directs, des commentaires de la Loi, le texte du Notre Père, des paraboles.
Le rassemblement de ces éléments épars revient à l’auteur de l’évangile selon Matthieu qui développe un élément déjà présent dans l’évangile selon Marc (Mc 3,13) en puisant dans les éléments de tradition existants, en particulier dans la source Q (cf. ce terme dans le Glossaire). Pourtant, ces 3 chapitres ne constituent pas un résumé complet de l’enseignement de Jésus. En effet, l’évangile selon Matthieu est structuré par cinq grands discours. On les trouve aux chapitres 5-7, 10, 13, 18 et 24-25. Ces cinq discours traitent chacun à sa manière du royaume de Dieu.
A qui s’adresse ces discours?
La question de savoir à qui Jésus s’adresse dans ce discours est discutée. En effet, le début fait mention des foules, puis des disciples qui s’approchent de lui. (5,1). Certains interprètent cette succession comme une fuite de Jésus devant les foules comme c’est souvent le cas dans les évangiles. Elle débouche alors sur un enseignement spécifique aux disciples. D’autres soulignent qu’à la fin du discours (7,28), la réaction des foules est mentionnée. Ce qui semble impliquer qu’il leur était destiné. L’enjeu derrière ce débat est de savoir si la condition du croyant décrite dans le discours ne concerne que ceux qui se veulent disciples de Jésus ou concerne l’ensemble des humains.
Une compilation d’enseignements
La thématique générale du « sermon sur la montagne » est celle de la justice du royaume de Dieu. Elle s’appuie sur un questionnement récurent dans le judaïsme à l’époque de Jésus, à savoir qui Dieu considère-t-il comme juste ? C’est-à-dire quel est celui qui accomplit la volonté de Dieu ? Cette question de l’accomplissement de la volonté divine est essentielle car le maintien de l’alliance de Dieu avec son peuple repose sur cet accomplissement.
Le « sermon sur la montagne » questionne justement ce lien de cause à effet: je respecte la volonté de Dieu donc Dieu me tient pour juste et me maintient dans son alliance. Il affirme la caractère paradoxal de la justice du royaume. Elle met en valeur des comportements qui ne sont pas habituellement valorisés socialement.
Un impact important
De nombreux passages de ce discours ont connus un impact important dans le christianisme.
Il y a bien sûr les béatitudes (5,3-12) à partir desquelles vont se développer toute une spiritualité en particulier dans le monachisme médiéval. On y trouve aussi le « Notre Père » (6,9-14) qui est devenu un marquer incontournable du culte chrétien.
Certaines expressions sont carrément passés dans la langue française comme « la paille dans l’œil de son prochain » (7,1ss) ou encore « la porte étroite » (7,13).
Enfin, les nombreux enseignements de ce discours connaissent ces dernières années un regain d’intérêt dans un monde en recherche de sagesse pratique. L’expression « tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le vous-mêmes pour eux » (7,12) détient certainement un record en la matière.