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Les plans du président américain pourraient stagner si les Démocrates perdaient leur majorité.
L'administration Biden est entrée en fonction avec une priorité claire: faire face à la crise économique et sanitaire liée au COVID-19. Après la mise en place d'un groupe de travail chargé d'accélérer les vaccinations, l'attention s'est rapidement tournée vers le prochain plan de secours, sur lequel il est allé de l’avant avec le seul soutien démocrate.
Sur le plan des infrastructures, son premier projet se chiffre à plus de 2'000 milliards de dollars, et il devra être financé notamment par une augmentation des impôts sur les sociétés. Pour les infrastructures dites «sociales», objet du deuxième plan, elles seront financées par des hausses d’impôts individuelles et dans l’industrie.
Biden n’a jamais autant poussé sa politique à gauche.
Avec une contre-proposition républicaine de 600 milliards de dollars seulement, Biden sait qu'il ne recueillera aucun soutien des Républicains, et les Démocrates sont déjà prêts à utiliser la réconciliation pour la faire passer.
En 36 ans passés au Sénat, Biden n’a jamais autant poussé sa politique à gauche. Est-ce parce qu'il cède à l'aile progressiste du parti? Ou est-ce plutôt un signe des temps? une chose est sûre, il a su prendre la mesure de la situation.
Biden voit l'occasion de vaincre non seulement la crise sanitaire, mais aussi de mettre fin à l'injustice raciale et à l'inégalité. Sur ce sujet, il est aligné avec la secrétaire au Trésor Janet Yellen et le président de la Fed Jerome Powell. En effet, la Réserve fédérale a déjà souligné que le marché du travail constituait une priorité plus importante que l'inflation. Les conséquences seront triples: une poursuite des dépenses, une politique monétaire accommodante et une croissance économique très forte.
de «gros titres» sur les marchés actions.
Des questions se posent quant à l'ampleur que pourrait atteindre le déficit américain, et à son effet sur le dollar et sur les taux d'intérêt. Mais ces inquiétudes sont atténuées par des perspectives de croissance bien meilleures que prévu.
Au niveau des éventuelles hausses d'impôts, Biden ne va probablement pas obtenir tout ce qu'il souhaite. Cela dit, il subsiste un risque de «gros titres» sur les marchés actions. Les estimations de l'impact sur le bénéfice par action (BPA) seraient d'environ 8-9%, même si la version diluée attendue du projet de loi ne ferait probablement que réduire le BPA de 5%, suggérant un impact réel plus modéré.
L’arrivée de Joe Biden à la Maison Blanche devait, pour certains, signifier un apaisement des relations avec la Chine. Or, il n’en est rien.
Dans une certaine mesure, Biden s’efforce de maintenir certaines des politiques de son prédécesseur, car les supprimer donnerait l'impression qu'il ne voit pas la Chine comme une menace. C’est la raison pour laquelle il n'a pas été question de supprimer les tarifs imposés par Donald Trump.
Il est évident que Biden veut faire barrage contre l’ascension de la Chine. Ainsi, il travaille à la réparation des relations en mer de Chine méridionale, notamment avec le Japon, et cherche à ralentir son expansion en Afrique.
Mais c’est le secteur de la technologie qui va rester la principale source de tensions. C’est dans ce domaine que l'avantage américain est le plus menacé. La Chine travaille d'arrache-pied pour réduire sa dépendance aux semi-conducteurs – un sujet sur lequel les Etats-Unis et le Japon s'alignent. Il existe également un accord bipartisan au Congrès sur le sujet et un certain nombre de projets de loi ont été présentés. Ces derniers vont du renforcement de l'expertise américaine au contrôle des exportations, en passant par l'interdiction des échanges commerciaux d'entreprises chinoises sur les bourses américaines qui ne sont pas conformes aux exigences américaines en matière d'audit.
ne fera que bénéficier de ces mesures
Dans un tel contexte, le risque demeure pour les marchés, mais les chances de forte détérioration entre les deux puissances, pouvant conduire à une correction brutale ou prolongée, restent minces. D’un autre côté, tout signe d’amélioration des relations semble exclu pour le moment.
Le président Biden a placé le risque climatique en tête de son ordre du jour, annonçant des plans visant à réduire de moitié les émissions de gaz à effet de serre aux Etats-Unis d'ici 2030. De son décret exécutif intitulé «Risque financier lié au climat» va naître une réglementation pour toutes les industries, y compris pour les services financiers. Et ici encore, la Fed s’aligne.
Si cette focalisation sur le climat peut suggérer un alignement avec l'Europe, où les politiques climatiques se sont développées bien plus rapidement qu'aux Etats-Unis, certaines tensions pourraient également en résulter. En effet, dans les deux cas, l'accent est mis sur une relance domestique, sur la protection et le renforcement des industries locales, ce qui pourrait se faire au détriment des relations transatlantiques.
Cela pourrait également entraîner de nouvelles tensions avec la Chine. Avec les objectifs verts de 2060 de la Chine, beaucoup ont qualifié cela de «course climatique» avec les Etats-Unis. Plus important encore, il y a une course au leadership climatique incarnée par les objectifs climatiques de l’un et de l’autre pays.
Pour les investisseurs, une chose est claire: l'investissement socialement responsable (ISR) ne fera que bénéficier de ces mesures, qui se traduiront par d'importantes subventions, un soutien et une réglementation en faveur d'un avenir plus vert.