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Le président Ali Abdallah Saleh a demandé pardon à ses compatriotes avant son départ pour des soins aux Etats-Unis. Des milliers de manifestants ont protesté contre l'immunité qui lui a été accordée samedi par le Parlement. Ils ont exigé qu'il soit traduit en jugement et exécuté pour les atteintes aux droits de l'homme.
S'adressant aux Yéménites, Ali Abdallah Saleh, a "demandé pardon" pour toute "défaillance" survenue pendant son règne sans partage et "offert ses excuses à tous les hommes et femmes yéménites". Le président à titre honorifique a quitté le Yémen dimanche soir pour Oman. Il y séjournera quelques jours avant de se rendre aux Etats-Unis pour des soins médicaux, ont déclaré des responsables yéménites.
Immunité
Le Parlement a accordé samedi au président Saleh, qui a accepté de renoncer au pouvoir en vertu d'un accord sur une transition politique conclu le 23 novembre à Ryad, "l'immunité totale contre toute poursuite légale ou judiciaire".
Il a également entériné la candidature unique du vice-président Abd Rabbo Mansour Hadi à l'élection présidentielle, prévue le 21 février, dans ce pays secoué depuis un an par des troubles ayant fait des centaines de morts. Le Parlement avait dû amender le projet de loi contesté par la rue et des ONG.
L'ONU critique
En vertu de la nouvelle loi, les collaborateurs de M. Saleh, au pouvoir depuis 33 ans et accusé par les protestataires de corruption et de népotisme, bénéficieront de l'immunité "pour les actes politiquement motivés, accomplis dans l'exercice de leurs fonctions officielles".
L'émissaire de l'ONU pour le Yémen a critiqué samedi soir cette loi, soulignant le droit des "victimes" à réclamer des comptes. Il a appelé à promulguer une loi qui permettrait "aux victimes de réclamer des compensations".
ATS