Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07070.jsonl.gz/1175

Cette étude prospective, randomisée en double insu et en cross-over, a étudié l’influence de la prise de paracétamol sur la tension artérielle chez des patients souffrant d’une coronaropathie stable. Les 33 sujets inclus avaient une fraction d’éjection du ventricule gauche supérieure à 50%, ne présentaient pas d’insuffisance rénale ou hépatique, n’étaient pas diabétiques insulinodépendants et avaient une tension artérielle inférieure à 160/100 mmHg sous traitement. Ils ne prenaient pas d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) hormis 100 mg d’aspirine par jour. Ils étaient randomisés pour recevoir 3 grammes de paracétamol par jour ou un placebo durant deux semaines et vice-versa durant les quinze jours suivants. Le critère de jugement (endpoint) primaire était la mesure de la TA systolique et diastolique moyenne durant 24 heures. Sous paracétamol, la TA systolique augmentait de 122,4 ± 11,9 mmHg à 125,3 mmHg ± 12 mmHg (p = 0,021) et la TA diastolique augmentait de 73,2 ± 6,9 à 75,4 mmHg ± 7,9 mmHg (p = 0,024) comparée au placebo. Sous ce dernier, les valeurs tensionnelles ne variaient pas.
Commentaire : Cette étude montre une légère augmentation de la TA systolique de 2,9 mmHg et de la TA diastolique de 2,2 mmHg après quinze jours de traitement. Même si ces valeurs peuvent sembler modestes et le nombre de sujets inclus faible, la méthodologie utilisée paraît fiable. La physiopathologie de cette hypertension induite n’est pas connue et ne semble pas passer par le blocage de la synthèse des prostaglandines ou l’activation du système rénine-angiotensine-aldostérone. Si la toxicité cardiovasculaire des AINS est bien connue, la réputation d’innocuité du paracétamol dans ce domaine est peut-être usurpée. Il vaut certainement la peine de suivre l’évolution tensionnelle des patients avec des pathologies cardiovasculaires prenant du paracétamol sur le long terme, en attendant d’autres études incluant davantage de patients et un suivi à long terme.