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Février 2010 °
Papa, maman, la bonne et moi
Auteur :
Sophie Graubert
On parle de «langue maternelle». Comme si on ne parlait qu'avec sa mère! Or il y a la langue de la mère, la langue du père, la langue des parents, de la famille, et finalement la langue du milieu, de la localité où l'on vit, de l'école où sont scolarisés les enfants. Il y a donc quatre axes, quatre doigts, le pouce étant MOI, mes pensées qui se promènent toutes nues dans ma tête et que je vais «habiller» d'une langue pour les laisser sortir et aller vers les autres.
Exemple: Beatrix, Zurichoise, parle le suisse allemand. Elle étudie l'italien et fait un séjour linguistique en Italie. Là, elle rencontre Yasuo, Japonais. Le grand amour, ils se marient. Ils se parlent en italien, c'est leur langue de couple, leur langue commune. Ce sera la langue de la famille et des enfants. Et on leur trouve du travail à Santiago du Chili et voilà que les enfants seront scolarisés en espagnol et utiliseront cette langue pour jouer avec leurs petits copains. Bien sûr les enfants parlent ces quatre langues.
Autre exemple: Alex, Français, rencontre Mariola, Polonaise, dans un congrès d'espéranto. Leur langue de couple, de famille, sera l'espéranto. Selon leur lieu de résidence, il se pourrait que la famille apprenne une quatrième langue. Là aussi, les enfants parleront trois à quatre langues.
Bien sûr on peut avoir une autre langue en plus parlée par une grand-mère ou bien la langue du milieu qui change au fur et à mesure des déménagements; voyez les enfants des ambassadeurs.
Il y a divers systèmes pour l'éducation plurilingue des enfants: «une personne une langue», «la langue du premier étage, une autre langue au deuxième étage de la maison», «une langue quand papa est à la maison, une autre langue quand papa est au travail», et la liste n'est pas exhaustive.
Le 21 février est déclaré journée de la langue maternelle au niveau mondial.