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Dans l'évangile de ce dimanche, Jésus a décidé de s'exprimer sous la forme du paradoxe.
Qui est bienheureux ? Les pauvres, les affamés, les persécutés. En un mot : ceux qui pleurent.
Qui est malheureux ? Les riches, les repus, ceux dont on chante les louanges. En un mot : ceux qui rient.
Paroles absurdes : comment celui qui pleure pourrait-il être heureux ?
Paroles choquantes : comment qualifier d'heureux celui qui est affamé ?
Pour comprendre ce que Jésus veut dire, peut-être faut-il prendre en considération non pas tant ceux que Jésus appelle heureux, mais plutôt ceux qu'il nomme malheureux.
Que manque-t-il au riche, aux repus, à l'homme adulé pour être heureux ? Peut-être un soupçon d'inquiétude, un petit quelque chose d'attention aux autres, qui lui ferait prendre conscience qu'on ne peut être pleinement heureux lorsqu'il y a tant de gens qui souffrent autour de soi.
En allant un plus loin, il se rendra compte qu'il ne suffit pas d'ignorer les malheureux, qu'il ne suffit pas non plus de les plaindre de loin, mais qu'il faut entrer dans l'arène pour combattre aux côtés de victimes d'injustice, pour être pauvre avec les pauvres, pour pleurer avec ceux qui pleurent. Il découvrira alors qu'on ne vit pleinement que si l'on se donne soi-même. Ce don, ce « sacrifice » se fait souvent dans les larmes, mais il est la seule source du véritable bonheur. Il n'y a pas d'autre voie vers la béatitude. « Heureux, vous qui pleurez maintenant, car vous rirez » (Lc 6, 21).