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<h2>SubmittedText<h2><p>Du 19 au 25 avril prochain aura lieu la semaine d'action de la campagne mondiale pour l'éducation. Elle est organisée dans le cadre des objectifs de développement de l'ONU pour le millénnaire ; tous les pays membres, y compris la Suisse, se sont engagés à réaliser ces objectifs d'ici à 2015. Dans le domaine de l'éducation, l'objectif consiste à donner à tous les enfants, garçons et filles, les moyens d'achever un cycle complet d'études primaires. De plus, toute disparité entre les sexes doit être éliminée à tous les niveaux de l'enseignement.</p><p>À l'heure actuelle, ces objectifs sont encore loin d'être atteints. C'est pourquoi la campagne désire lancer un signal particulier et inciter les pays à s'engager encore plus. Les pays du Sud ne sont pas en mesure d'atteindre ces objectifs de leurs propres moyens ; tous les pays sont donc appelés à fournir, parallèlement aux améliorations nécessaires sur le plan national, tous les efforts possibles pour apporter leur contribution à l'échelle mondiale.</p><p>Je pose donc la question suivante au Conseil fédéral :</p><p>Quelle contribution a-t-il l'intention de faire dans le cadre de cette campagne ? Quelles sont les mesures qu'il considère comme étant une contribution à la réalisation des objectifs pour le millénnaire dans ce domaine important ainsi qu'à celle de tous les autres objectifs dans d'autres secteurs fondamentaux ?</p><h2>FederalCouncilResponseText<h2><p>L'éducation et la formation de base occupent une place centrale dans le cadre de la lutte contre la pauvreté. Cette dernière constitue l'essence des objectifs du millénaire pour le développement (Millennium Development Goals ; MDG) et l'un des axes principaux de la politique étrangère suisse. La lutte contre la pauvreté est aussi au coeur même du mandat attribué à la coopération technique et à l'aide financière en faveur des pays en développement.</p><p>La Suisse, dans son travail de coopération technique et financière, considère la pauvreté non comme un phénomène uniquement économique, mais multidimensionnel, qui ne peut être combattu que par une combinaison d'interventions dans différents domaines clés. Le développement social, dont l'éducation et la formation sont l'une des pierres angulaires, est l'un de ces domaines.</p><p>Convaincue que l'éducation est la clé de voûte du développement, la Suisse agit à la fois au niveau bilatéral et multilatéral pour contribuer à atteindre l'objectif de l'éducation pour tous en 2015. Elle a participé aux grandes sommets mondiaux qui ont amené la communauté internationale à inscrire l'éducation comme une priorité sur l'agenda des politiques de développement et à chercher les meilleures solutions pour s'acheminer vers l'objectif de l'éducation pour tous. Elle soutient des agences multilatérales spécialisées dans ce domaine (notamment l'Unicef et l'Unesco) et participe activement au dialogue international sur les politiques éducatives, notamment en Afrique, région la plus touchée par l'analphabétisme et les faibles taux de scolarisation.</p><p>Au niveau bilatéral, la Suisse vient en appui à différents partenaires gouvernementaux et non gouvernementaux des pays en développement qui font de l'éducation et de la formation de base une priorité dans leurs stratégies de développement.</p><p>Concernant ses choix stratégiques, effectués en fonction de ses avantages comparatifs, la Suisse a choisi de concentrer sa contribution avant tout sur les dimensions qualitatives de l'éducation. En effet, favoriser l'accès de tous les enfants et les jeunes à l'éducation ne constitue que l'un des aspects du problème éducatif auquel font face les pays en développement. Encore faut-il que l'éducation soit d'un niveau de qualité qui permette aux apprenants d'acquérir des connaissances et des compétences de base et que ces dernières puissent concrètement contribuer à améliorer leurs conditions de vie et leurs perspectives d'avenir.</p><p>C'est pourquoi la Direction du développement et de la coopération (DDC) soutient notamment des acteurs gouvernementaux et non gouvernementaux qui cherchent à développer une éducation pertinente répondant aux besoins sociaux, culturels, économiques et politiques des populations marginalisées. La DDC soutient également l'éducation et la formation de base des jeunes et des adultes qui n'ont pas été scolarisés. Dans ce domaine, l'agence suisse est particulièrement attentive à lier l'éducation aux autres sphères du développement (productives, sociales, etc.). Par ailleurs, notre pays cherche à promouvoir des approches novatrices, telles que l'utilisation des nouvelles technologies de l'information et de la communication, afin d'améliorer l'accès à l'éducation et la qualité de cette dernière.</p><p>En dépit de ces efforts importants et déployés de façon durable, la contribution financière suisse au MDG de l'éducation demeure modeste. Dans d'autres secteurs également concernés par les MDG et dans lesquels la DDC a acquis un avantage comparatif grâce à sa longue expérience, la présence suisse, à la fois au niveau bilatéral et multilatéral, est davantage marquée. Dans la situation budgétaire tendue actuelle de la Confédération, la concentration sur un nombre restreint de secteurs paraît d'autant plus pertinente.</p><p>Les objectifs du millénnaire constituent par principe un cadre de référence important pour la coopération suisse au développement. Le message concernant la continuation de la coopération technique et de l'aide financière en faveur des pays en développement que le Parlement a approuvé récemment l'a bien montré. Il faut encore noter que des informations exhaustives et une analyse détaillée de la contribution de la Suisse (y compris des ONG) aux MDG seront fournies dans la réponse au postulat Genner 03.7630 ainsi que dans le rapport de la Suisse à l'Assemblée générale de l'ONU en 2005.</p><p>En ce qui concerne la campagne évoquée dans la question ainsi que la semaine d'action, il s'agit de faire prendre conscience au public que plus de cent millions d'enfants dans le monde ne bénéficient d'aucune éducation de base. La semaine d'action lancée par l'Unesco et un groupement d'organisations non gouvernementales doit conférer davantage de poids à l'exigence, adressée aux gouvernements, de procurer à tous les enfants la possibilité de recevoir une éducation de base. La Commission nationale suisse pour l'Unesco a attiré l'attention des milieux intéressés et du public sur la semaine d'action et a appelé à des actions de sensibilisation. La campagne est à considérer comme complémentaire des efforts que font les États pour atteindre les MDG. La Suisse n'y participe pas directement. Avec les moyens dont elle dispose, elle aimerait en premier lieu poursuivre les programmes d'éducation en cours d'exécution.</p>  Réponse du Conseil fédéral.