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Le Pont Rouge, qui a notamment donné son nom à la rampe du Pont-Rouge à Lancy, existe-t-il toujours ?
Date de la réponse: 27.02.2020
Bonjour,
Nous vous remercions d'avoir fait appel au service Interroge, voici le résultat de nos recherches :
Le Pont Rouge, pont de bois construit au XIXe siècle a aujourd'hui disparu. Vous trouverez ci-dessous des éléments racontant son histoire.
La section "Noms géographiques du canton de Genève" disponible sur le site du Canton de Genève indique ceci au sujet de la "Rampe du Pont-Rouge" https://ge.ch/noms-geographiques/voie/geneve/rampe-du-pont-
rouge :
« Pendant longtemps la seule possibilité de traverser les rivières fut d'utiliser les passages à gué; il fallait alors accepter de tremper ses chausses et ses chargements dans l'eau froide.
C'est pourquoi au cours du XVIIIe siècle, on jeta une planche de bois sur l'Aire, afin de faciliter le passage entre les deux parties de la commune de Lancy.
Ce n'est qu'au XIXe siècle qu'un pont de bois fut construit par-dessus la rivière. Les ingénieurs, connaissant les innombrables problèmes qui découlaient de cette matière, trouvèrent alors une solution originale: pour que le bois résiste mieux aux intempéries, ils firent peindre le pont en rouge… C'est peut-être cet artifice qui permit au pont de bois de subsister jusqu'au début de notre siècle. »
Sur la section iconographie du site de la Bibliothèque de Genève, on trouve une gravure http://bit.ly/32DFPOs représentant le Pont Rouge et dont la date est située entre le 19e s. et le 20e s.
Sur le site "Genève à la carte" https://www.ge200.ch/carto , on peut consulter l' "Atlas cantonal de Mayer 1828-1831" https://www.ge200.ch/carto/atlas-cantonal-de-mayer-1828-1831 qui montre la position de ce qui devait être ce "Pont Rouge" juste au-dessous de la mention "Petit Lancy dessous". En jouant avec le curseur réglant la transparence en dessus de la carte, on peut voir qu'en comparaison avec les infrastructures présentes aujourd'hui, ce pont était à peu près entre l'actuelle Rampe du Pont-Rouge et les voies CFF.
Un fait divers publié dans le "Journal de Genève" http://bit.ly/2vl80Fx du 19 août 1856 indiquait ceci :
« On a commencé les travaux de reconstruction du "Pont rouge" au bas de la côte de Lancy : il sera refait dans le même système, c'est-à-dire en bois. L'insuffisance des ressources de la commune et la différence de niveau entre la grande route et la pente du Petit-Lancy ont empêché la construction d'un pont en pierres, ce qui eût été bien plus à désirer, car dans ces cours d'eau, où l'étiage est si variable les piliers en bois subissent des altérations continuelles de dessication et d'humidité qui en hâtent la pourriture : c'est ce qui est arrivé au pont qu'on détruit, [...] »
Un autre fait divers publié dans le même journal le 19 novembre 1878 http://bit.ly/2HZqvC7 ajoute ceci :
« On a procédé ces derniers temps à la démolition du "Pont-Rouge" sur l'Aire, au-delà du quartier des Acacias. Ce pont pittoresque ne manquera pas de laisser des regrets à nos peintres et aussi aux personnes nombreuses qui aiment les coins de paysage agreste déjà devenus si rares dans la proximité de notre ville. Quoi qu'il en soit, on achevait hier l'enlèvement des poutres, et l'on a commencé, depuis quelques jours déjà, les travaux de maçonnerie nécessaires pour la construction en cet endroit, d'un pont en fer qui est exécuté par M. Schmidt. »
Toujours sur le site "Genève à la carte" https://www.ge200.ch/carto, nous trouvons également la carte Siegfried de 1899 https://www.ge200.ch/carto/carte-siegfried-1899 sur laquelle nous pouvons voir également un pont apparaître aux mêmes emplacements.
C'est dans l'article "Entre la Bâtie et la Praille : De nouveaux et importants travaux vont commencer" https://bit.ly/396QyDg du "Journal de Genève" du 29 septembre 1948 que nous trouvons des informations concernant la démolition définitive du pont. Voici ce qu'indique l'article au sujet des gros travaux qui ont modifié notamment toute la zone de la Praille et du Pont-Rouge :
« Il y a deux mois se rencontraient les galeries sud et nord du tunnel de La Bâtie, long très exactement de 1078,40 mètres. Depuis lors, les travaux ont progressé et du côté nord se poursuit la construction des pieds droits cependant que du côté sud la pose du radier, sur lequel reposera la double voie ferrée, est menée à un rythme accéléré. De sorte qu'au mois de février prochain, le tunnel sera complètement terminé. Il ne restera plus alors qu'à procéder à la mise en place des rails et du ballast. C'est pourquoi les Chemins de fer fédéraux, ou plus exactement le Service des constructions de la gare de Cornavin, dont le chef est M. l'ingénieur Charles Petitat, ont décidé de passer, dès la semaine prochaine, entre la Bâtie et La Praille, à l'exécution de nouveaux et importants travaux. Tranche dont l'intérêt n'échappera à personne puisqu'elle doit permettre de mettre en relation, par le tunnel de La Bâtie, la gare de Cornavin avec les nouveaux abattoirs et la future zone industrielle de La Praille. [...]
Il ne s'agira rien de moins que de couvrir, au moyen d'une immense dalle de béton armé, le canal de l'Aire sur une longueur de deux cent cinquante mètres, de déplacer partiellement, en la fixant sur cette nouvelle chaussée, la route du Grand-Laucy, enfin de construire un pont de dix-huit mètres de portée libre, enjambant la nouvelle route, et destiné à recevoir la double voie ferrée de raccordement. Ce qui entraînera la démolition du Pont-Rouge, car la chaussée sera, non seulement déplacée, mais encore abaissée d'un mètre. Le canal disparaîtra, pour se dissimuler sous le béton, à partir de cent mètres en amont du Pont-Rouge, jusqu'aux usines Mipsa. Le pont du chemin de fer, construit en béton et en fer, pourra supporter les plus lourds convois. Il sera édifié à une vingtaine de mètres en amont de l'actuelle passerelle de service qui permet aux wagonnets d'aller décharger les matériaux extraits du tunnel ou de ses abords dans les terrains à remblayer de La Praille. La superposition du canal et de la route a été adoptée parce qu'elle évite la construction d'un pont d'une trop longue portée.[...]
Cette entreprise d'envergure est assez délicate en ce sens qu'il faudra dévier, pour la durée des travaux, les eaux de l'Aire. Ce qui sera possible au moyen de l'établissement, aux deux extrémités du tronçon de canal cité plus haut, de batardeaux retenant les flots, pour les empêcher d'affluer en amont, et de refluer en aval. Un canal provisoire en bols sera alors construit au-dessus du lit de la rivière, permettant ainsi aux ouvriers de travailler à pieds secs. Il faudra également procéder au déplacement définitif du déversoir qui se trouve actuellement sous le Pont-Rouge. Aménagé cinquante mètres plus en amont, il permettra l'écoulement libre des hautes eaux extraordinaires. [...] »
Nous espérons que ces éléments vous aideront dans votre recherche. N'hésitez pas à nous recontacter pour tout complément d'information ou toute autre question.
Cordialement,
http://www.interroge.ch
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