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En janvier 2009, le Conseil fédéral s'était déclaré prêt à examiner la possibilité d'accorder un accueil à titre humanitaire à des détenus de Guantánamo. Amnesty International se réjouit aujourd'hui de la décision du Conseil fédéral d'accueillir un détenu ouzbek. D'autres pays européens comme la France, l'Irlande, le Portugal, la Belgique et la Hongrie ont déjà accepté, dans un geste humanitaire, d'anciens détenus de Guantánamo. Amnesty International espère que d'autres États européens suivront prochainement l'exemple de la Suisse.
A ce jour, les conditions dans lesquelles l'ancien détenu vivra en Suisse ne sont pas encore connues. Amnesty International appelle les autorités à lui accorder un statut légal qui garantisse sa sécurité physique et lui apporte le soutien nécessaire pour une intégration rapide et une réhabilitation complète. Ceci devrait inclure des soins médicaux et psychologiques, des cours de langue, ainsi que d'autres formes de soutien social. L'organisation encourage les autorités à consulter ses avocats immédiatement, afin d'identifier les besoins particuliers de l'ancien détenu et de mettre en place l'infrastructure nécessaire.
«Après sept ans de détention arbitraire, cet homme a besoin de beaucoup de tranquillité et de suffisamment de temps pour travailler sur le passé et se reconstruire une nouvelle vie», a déclaré Lukas Labhardt, expert sur Guantánamo pour Amnesty International. «Il est maintenant particulièrement important que les autorités, ainsi que les médias, respectent sa sphère privée.»
Amnesty International s'est engagée depuis des années dans une campagne mondiale pour le respect des droits humains dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Environ 800 détenus provenant de plus de 40 pays ont été détenus depuis janvier 2002 à Guantánamo. A ce jour, 210 hommes sont encore détenus à Guantánamo. Environ 40 d'entre eux ne peuvent pas rentrer dans leur pays d'origine, parce qu'ils risquent d'être soumis à la torture ou à d'autres violations graves de leurs droits fondamentaux. Amnesty International considère que les États-Unis ont la responsabilité première de libérer ces détenus sur leur territoire. Toutefois, l'organisation appelle aussi les autres gouvernements à offrir une protection humanitaire à ces détenus, afin de contribuer à mettre fin à leur calvaire et faciliter la fermeture du centre de Guantánamo, déjà reportée.
Information complémentaire
Trois autres détenus de Guantánamo attendent toujours une décision sur recours du Tribunal administratif fédéral. Un Algérien, un Libyen et un Chinois ont déposé une demande d'asile en Suisse. Cette demande a été rejetée par l'Office fédéral des migrations en novembre 2008. Amnesty International a bon espoir que le Tribunal administratif fédéral admette leur recours, qu'ils puissent donc entrer en Suisse et que le statut de réfugié leur soit reconnu.
Communiqué de presse publié le 16 décembre 2009, Berne / Lausanne.
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