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Titre : Histoire des Étrusques
Auteur : Jean-Marc Irollo
Éditeur : Perrin 2010 (2004)
Pages : 212
Je peux l'avouer sans honte, je ne connais pratiquement rien à la civilisation étrusque. Pourtant, elle eut une influence importante sur la civilisation romaine, qu'elle contrôla pendant quelque temps. Pendant longtemps, Rome dépendit d'institutions et de rituels provenant des Étrusques. Mais cette civilisation est difficile à comprendre. Non seulement sa langue est encore difficile à comprendre mais elle n'a laissé que peu de traces. On en sait beaucoup à l'aide d'auteurs antiques mais ceux-ci ont parfois enjolivé certaines caractéristiques ou évité de parler des échecs militaires face aux Étrusques.
L'auteur de ce livre essaie de nous donner une vision complète et synthétique de cette civilisation, les aspects plus spécialisés pouvant être étudié à l'aide d'une courte bibliographique. J'ai été surpris que l'auteur débute son livre par une histoire de l'intérêt envers les Étrusques. Par ce chapitre, il explicite de quelle manière les premières découvertes eurent lieu et qu'elles furent les réactions de la société et des savants face à celles-ci. Il nous présente des pillages qui permettent de revendre des objets ou de les collectionner, ce qui ne fut stoppé que par une politique muséale. Mais aussi des idées négatives envers cette civilisation, par des personnes qui pensent l'art gréco-romain supérieur.
Les chapitres qui suivent s'intéressent plus spécifiquement à la vie des Étrusques. On y découvre leur art, leurs croyances religieuses mais aussi les actions commerciales et militaires. L'auteur explicite, brièvement, la question débattue des origines. Celle-ci est considérée comme mineure par Jean-Marc Irollo mais permet de comprendre que l'originalité étrusque a en grande partie expliqué l'impression que ceux-ci proviennent d'autres horizons géographiques qu'italiques. Ces chapitres décrivent une civilisation raffinée qui, selon les mots de l'auteur, semble célébrer la vie sur terre. Contrairement aux gréco-romains, les femmes y sont acceptées au sein de la vie masculine comme les banquets ou les combats de lutte. Mais c'est aussi une civilisation qui donne une grande importance aux signes envoyés par les divinités. Ces signes doivent être interprété afin d'y répondre d'une manière adéquate. Rome utilisera longtemps des étrusques pour comprendre ces signes. Enfin, l'auteur termine sur les victoires et les pertes militaires. Alors que le début de cette civilisation se heurte aux grecs, ceux-ci les décrivant comme des pirates, ils conquièrent avant tout pour faciliter le commerce. Celles-ci seront fatales puisque l'une des conquêtes est la ville de Rome que les Étrusques vont largement aider. À la suite de l'expulsion du dernier roi, Tarquin le Superbe, l'histoire des relations entre les romains et les villes étrusques est une suite de guerres jusqu'à ce que les aristocrates étrusques préfèrent s'allier à Rome plutôt que de perdre contre une population socialement inférieure. Ceci marquera le début d'une assimilation au sein de la civilisation gréco-romaine.
Ce petit livre est avant tout une introduction. L'auteur n'explicite pas les débats scientifiques les plus récents. Il tente de nous présenter ce que nous savons, actuellement, de cette civilisation et de ses liens avec le monde gréco-romain. De ce point de vue, c'est une réussite. Néanmoins, on peut déplorer le manque d'illustrations ou de cartes au sein du texte qui permettraient de mieux comprendre certains aspects, en particulier artistiques.
Image : Éditeur