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Coopération. En 1984, vous avez été renvoyé de Disney parce que «Frankenweenie», votre deuxième court métrage, était considéré comme trop effrayant pour les enfants. Erreur de jugement de votre employeur ou étiez-vous en avance sur votre temps?
Tim Burton. Je ne trouve pas que mes films sont effrayants. J’ai grandi en regardant les films de Disney et j’ai toujours pensé que les images les plus mémorables de classiques comme Blanche-Neige et les sept nains étaient en fait très sombres. Etre animateur à l’époque était une horreur mais les choses ont changé et Disney a évolué.
«Frankenweenie» s’inspire de votre enfance. Victor, le jeune héros du film, est-il basé sur vous?
Oui. Comme lui, je rêvais d’être un savant fou. Je tournais des petits films en super-8, je n’aimais pas trop le sport et j’adorais mon chien. J’étais un enfant solitaire et je me sentais un peu à l’écart des autres. Cela dit, je me considérais comme «normal», même si je déteste ce mot! Ce n’est pas parce qu’on aime les films de monstres qu’on est bizarre. Je trouvais les autres enfants beaucoup plus étranges que moi, ce que j’ai essayé de refléter dans le film.
Quel type de chien aviez-vous?
C’était un chien croisé et il s’appelait «Pepe», parce que je n’habitais pas très loin du Mexique et que Los Angeles abrite une énorme population hispanique. Ce qui a inspiré mon film, c’est que «Pepe» avait la maladie de Carré et n’était pas censé vivre très longtemps. Je crois que le spectre de son décès imminent m’a affecté, même s’il a finalement eu une vie assez longue. J’adorais les films de Frankenstein et le fantasme de pouvoir ramener un être cher à la vie m’a aidé à surmonter mon angoisse.
C’est par nostalgie que vous avez choisi de tourner en noir et blanc?
J’adore le noir et blanc, je trouve que c’est un support magnifique. J’ai de la peine à expliquer pourquoi avec des mots mais j’ai senti que l’histoire serait plus émouvante et, curieusement, plus réaliste en noir et blanc. J’étais aussi intrigué par l’idée de marier noir et blanc, 3D et la technique du «stop motion», une combinaison puissante à mes yeux.
La mort joue un rôle primordial dans vos films d’animation. Qu’est-ce qui vous fascine dans l’idée de ramener des personnages à la vie?
Ce qui me fascine, c’est moins l’idée de ressusciter des êtres que celle de créer. Si j’ai toujours aimé l’histoire de Frankenstein, c’est en partie parce qu’il y est question de création. Faire des films, c’est la même chose. C’est cela qui m’inspire, plus que les résultats du box-office ou les critiques.