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La réglementation actuelle n'est plus suffisante, a expliqué Philipp Kutter (PDC/ZH) au nom de la commission. Un jeune père obtient un jour de congé à la naissance de son enfant, soit autant que lorsqu'il déménage. L'introduction d'un congé paternité de deux semaines sera un signal fort pour les familles et il est compatible avec l'économie.
Modèle plus égalitaire
"Les pères ne veulent pas être des assistants ou des apprentis dans leur famille", a lancé Adrian Wütrich (PS/BE), qui plaide pour un congé paternité de quatre semaines. Et de rappeler que la Suisse est le seul pays d’Europe qui ne connaît ni congé paternité, ni congé parental. Elle est un pays en voie de développement en matière de politique familiale, a ajouté Irène Kälin (Verts/AG).
Des voix se sont élevées en faveur d'un congé parental. Pour M. Reynard, "c'est la seule véritable proposition d'avenir". "Nous voulons un modèle plus égalitaire." Le père et la mère doivent partager les bons et les mauvais moments. Proposer un congé de 38 semaines est ambitieux, mais modéré en comparaison internationale.
La moyenne de l'OCDE est de plus de 54 semaines entre les deux parents. La Suisse ne doit plus être sur la dernière marche de ce classement, a soutenu Kathy Riklin (PDC/ZH). "Nous devons investir dans les bébés et non dans les bombes et le béton", a ajouté Balthasar Glättli (Verts/ZH).
Isabelle Chevalley (PVL/VD) et Irène Kälin (Verts/AG) ont défendu un congé parental de 28 semaines, respectivement une année, à se partager entre les parents. Cela apporte aussi des gains, a rappelé la Vaudoise.
Les femmes qui reprennent une activité lucrative seront moins dépendantes de l'aide sociale à leur retraite. Les dépenses de l'Etat en seront réduites. De plus, augmenter de 1% le taux de travail des femmes rapporterait suffisamment de revenus fiscaux pour rémunérer un congé paternité de 18 à 20 semaines.
"Gentil mais"
Le Pdc rejette l'idée d'un congé parental. "C'est irréaliste", a souligné Andrea Gmür (LU). " Cela met en danger la solution d'un congé paternité de deux semaines." Le PBD suivra aussi la politique des petits pas suisse, "mieux vaut un tiens que deux tu l'auras". Le parti est conscient que ce n'est pas la fin de la discussion.
Quant au PLR, il préférerait un congé parental de seize semaines. Mais, a expliqué Christian Wasserfallen (PLR/BE), la solution de deux semaines est raisonnable, même si elle cimente une répartition traditionnelle des rôles.
Au premier coup d'oeil, un congé paternité est gentil, mais il apporte beaucoup de défis, a continué Nadja Pieren (UDC/BE). Les coûts sociaux augmentent. La situation de la caisse de l'AVS est déjà difficile, il serait faux de vider une autre caisse sociale, a argué la Bernoise.
Les Pme sont aussi empêtrées dans la bureaucratie. Elles seront priées de passer à la caisse, a souligné Verena Herzog (UDC/TG). Elles doivent aussi s'organiser pour remplacer un collaborateur durant deux semaines. Elles arrivent bien à s'organiser lorsque l'homme part au service militaire, lui a répondu la gauche.
Responsabilité individuelle
L'udc ne veut pas d'un congé contraint et subventionné par l'Etat. Elle privilégie la responsabilité et les initiatives individuelles des familles et des entreprises.
Le Conseil fédéral soutient aussi la recherche de solutions privées. Il préfère également développer l'offre d'accueil extrafamilial et parascolaire. Un nombre suffisant de places de crèche est nécessaire, estime PLR.
L'initiative "Pour un congé de paternité raisonnable - en faveur de toute la famille" demande un congé paternité de 20 jours pouvant être pris de manière flexible dans l'année qui suit la naissance de l'enfant. Dans le contre-projet indirect adopté par le Conseil des Etats, les deux semaines seraient à prendre dans les six mois suivant la naissance, soit en bloc, soit sous forme de journées isolées. Les deux modèles seraient financés via les allocations pour perte de gains (APG).