Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06984.jsonl.gz/226

Open AI a lancé à la mi-mars la nouvelle version de Chat GPT. Selon l’entreprise américaine, GPT-4 doit pouvoir fournir des «performances de niveau humain». Il s'agit d'une amélioration notable par rapport à son prédécesseur, Chat GPT, qui avait déjà suscité un véritable engouement. Le monde du travail était en ébullition, les gens voyaient déjà leur emploi menacé.
Mais en même temps, il est rapidement apparu que l'avancée fulgurante de la technologie pouvait donner naissance à de nouveaux champs professionnels. Ce qui n'était que supposé jusqu'à présent est désormais une réalité: un nouveau métier fait son entrée dans le monde de la bureautique, celui d'«ingénieur prompt».
Pour comprendre en quoi consiste cette fonction, il faut savoir comment fonctionnent les intelligences artificielles: un utilisateur donne à l'IA de brèves instructions ou commandes auxquelles l'IA fournit une réponse ou crée une image. Il n'est toutefois pas toujours facile de faire comprendre à l'IA le résultat que l'on souhaite obtenir.
C'est là qu'intervient le «prompt engineer». En français, le nom signifie littéralement «ingénieur de saisie» et n'a pas grand-chose à voir avec la technique de l'IA proprement dite. Un prompt engineer s'occupe uniquement de la construction appropriée de l'entrée. Il est spécialisé dans le fait de donner à l'IA des ordres ciblés et affûtés, afin qu'elle fournisse le plus rapidement possible le résultat souhaité, qu'il s'agisse d'une image, d'un texte ou même, dans le cas de GPT-4, de morceaux de musique.
De quelques centimes à 20 francs
Les prompt engineers peuvent être engagés par des entreprises ou travailler de manière indépendante et vendre les «prompts» qu'ils ont créées à différents clients. Les prix par prompt varient entre quelques centimes et 20 francs. Plus la saisie est complexe, plus le prompt est cher. Les prompts pour Chat GPT sont actuellement parmi les moins chers (la société demande 6 centimes pour 1000 mots).
Valentina Contini est stratège en innovation au sein de l'agence numérique allemande Diconium, et depuis peu, elle a ajouté la fonction de «prompt engineering» sur son profil professionnel. Cet ajout est né d'un jeu. Lorsque diverses IA sont devenues accessibles au public, elle a essayé l'IA textuelle Chat GPT et l'IA visuelle Midjourney pendant son temps libre.
Avec Midjourney, les saisies sont plus longues et plus complexes, car on peut indiquer à l'IA la pondération des différents styles dans le résultat. Par exemple, la commande «realistic: -0.5» vise à ce que l'IA ait davantage recours à des styles de dessin et néglige le réalisme. En même temps, il faut tenir compte des détails techniques pour que le résultat final convienne.
Les IA se distinguent nettement les unes des autres. Par exemple, Valentina Contini peut tirer de bons résultats avec Midjourney. Pour une autre IA génératrice d'images comme Dall-E 2, elle renvoie à son collègue qui maîtrise très bien les prompts pour Dall-E 2, mais «ne sait rien faire avec Midjourney».
En somme, il s'agit d'apprendre à parler au programme. La syntaxe des requêtes et le savoir-faire varient d'un fournisseur à l'autre. Avec Chat GPT, par exemple, on peut très vite devenir trop générique, ce qui se répercute sur la qualité de la réponse.
Cela s'explique par le fait que Chat GPT est un modèle de langage et non de connaissances. Le programme a appris avec une quantité de données comment fonctionne le langage et non pas quelles connaissances effectives se cachent derrière. «Je ne pense pas que Chat GPT va nous voler notre travail, car il ne sait pas ce qu'il dit», estime Valentina Contini. Elle fait également remarquer qu'en tant qu'ingénieur prompt, on n'est pas seulement responsable de la saisie, mais aussi du résultat. Chat GPT a souvent attiré l'attention avec des déclarations erronées, il faut donc vérifier l'exactitude des réponses générées.
Pas de formation officielle
Valentina a appris en essayant, en échangeant, en s'informant et en participant à des tables rondes. Il n'existe pas encore de diplôme universitaire officiel en «prompt engineering». Mais on trouve déjà les premiers cours: sur la plateforme d'apprentissage en ligne Udemy, on trouve le cours «Master in Prompt Engineering in Chat GPT» pour 19,99 dollars.
Le métier d'ingénieur prompt est encore nouveau, mais en même temps, il ne s'agit pas aujourd'hui d'un emploi à plein temps. Pour Valentina Contini aussi, l'ingénierie prompt n'est qu'une partie de son domaine d'activité. Mais elle ne pense pas que cette tâche disparaîtra aussi vite qu'elle est apparue. Au contraire: les prompts sont là pour durer.
«C'est plutôt l'interface qui va changer», avance l'ingénieure prompt. Elle veut donc se préparer à l'avenir et continue de s'intéresser à différentes IA afin de perfectionner la saisie de ses messages-guides.