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Les citoyens norvégiens sont désormais plus nombreux à consommer quotidiennement du « snus » (/’snu:s/) que des cigarettes de tabac. « Snus » : poudre de tabac humide. La méthode de consommation habituelle consiste à placer le produit entre la gencive et la lèvre supérieure et à le garder en place pendant une durée qui peut aller de quelques minutes à plusieurs heures. Une forme de compromis, nordique et lointain, entre le « priser » et le « chiquer »
Selon les spécialistes de l’Institut norvégien de statistique (SSB), 12 % des citoyens de ce pays consomment désormais quotidiennement cette poudre humide – soit une proportion qui dépasse pour la première fois celle des fumeurs quotidiens de tabac (11 %). La Norvège a adopté une politique de santé ambitieuse visant à réduire le tabagisme : elle a ainsi été l’un des premiers pays au monde à interdire la cigarette de tabac dans les lieux publics (en juin 2004), le prix des cigarettes y est élevé (environ 11 euros le paquet) et le paquet y est « neutre » depuis l’an dernier.
En 2007, la proportion de fumeurs norvégiens quotidiens de tabac était encore de 22%. Dix ans plus tard, elle a été divisée par deux. Une réduction qui a profité au « snus ». « En dépit du recul du tabagisme quotidien, la proportion totale de la population qui consomme des produits liés au tabac a augmenté », souligne le SSB dans un communiqué. Voilà une parfaite équation de santé publique : la situation norvégienne actuelle est-elle préférable à celle de 2007 ? Le « snus » constitue-t-il, comparé au tabac fumé, une réduction des risques ? Et qu’en est-il de la comparaison avec la cigarette électronique ? Et avec le « tabac chauffé » ?
Au chapitre de la réduction des risques, le « snus » ne montre-t-il pas la voie à la cigarette électronique ? Autre interrogation politique : pourquoi le « snus » est-il (depuis 1992) interdit à la commercialisation dans les pays de l’Union européenne – à l’exception de la Suède ? Qu’en est-il des rumeurs qui circulent depuis des années sur ce thème ? Quel a été ici le rôle de Bruxelles ?
la proportion totale de la population qui consomme des produits liés au tabac a augmenté
Quels sont, très précisément, les canaux de transmission des virus grippaux ? Un groupe de chercheurs de l’Université du Maryland vient de fournir sur ce thème de nouvelles et étonnantes données publiées dans les PNAS.1 Des données de nature à douter quelque peu de l’efficacité des règles d’hygiène habituellement recommandées pour prévenir ces transmissions virales : se protéger des toux et des éternuements, se laver fréquemment les mains, etc.
« Les chercheurs américains ont inclus dans leur étude 142 personnes atteintes de la grippe (cas confirmés) entre décembre 2012 et mars 2013, résume Le Quotidien du Médecin. Ils ont recueilli en tout 218 échantillons d’air exhalé pendant 30 minutes, aux 1er, 2e et 3e jours après le début des symptômes. Pendant ces 30 minutes, les personnes respiraient simplement, parlaient (elles devaient répéter l’alphabet trois fois) – et pouvaient, si elles en ressentaient le besoin, éternuer ou tousser. »
Il est alors apparu que 11 (48 %) des 23 échantillons correspondant à l’absence de toux ou d’éternuements comportaient bel et bien de l’ARN viral. Les auteurs ont toutefois observé que la présence d’ARN viral dans les aérosols était positivement associée au nombre d’épisodes de toux et d’éternuements (ainsi qu’à l’IMC) – et associée négativement au nombre de jours depuis le début des symptômes.
« Nous avons trouvé que les patients pouvaient contaminer l’air juste en respirant, sans toux ni éternuement, souligne Donald K. Milton, coordonnateur de cette étude et professeur de santé environnementale à l’Ecole de santé publique de l’Université du Maryland. Les personnes grippées génèrent des aérosols infectieux (des gouttelettes qui restent suspendues dans l’air pendant longtemps) même quand ils ne toussent pas, et surtout durant les premiers jours de la maladie. Donc quand quelqu’un a la grippe, il devrait rester chez lui plutôt que d’aller travailler et d’infecter les autres. »
Les auteurs estiment que leurs résultats pourraient être utilisés pour améliorer les modèles mathématiques du risque de transmission aéroportée de la grippe ; ainsi que pour développer des interventions de santé publique plus efficaces visant à réduire l’impact des épidémies grippales. Des données qui pourraient avoir une importance pratique considérable en cas d’émergence d’une pandémie.
Comment n’y avions-nous pas pensé plus tôt ? A la page 161 de son tout récent « Biologie du pouvoir »,2 le neurobiologiste Jean-Didier Vincent évoque la ressemblance existant entre Donald Trump et le roi Ubu, formidable créature du redoutable Alfred Jarry (1873-1907), précurseur français du surréalisme et de l’absurde. François Ubu, dit Père Ubu : capitaine de dragons, décoré de l’ordre de l’Aigle rouge de Pologne, roi de Pologne, docteur en pataphysique et grand maître de l’ordre de la Gidouille.
Jean-Didier Vincent cite ce personnage dans son chapitre 13 « Cruauté et pouvoir ». C’est l’une des trouvailles de l’auteur du célèbre « Biologie des passions » (Odile Jacob, 1986). Son dernier ouvrage retravaille ce questionnement en analysant les liens entre biologique et politique. Un bien vaste champ qui englobe l’anthropologie, l’histoire et la culture.
D’où procède le pouvoir, cette mystérieuse faculté qui engendre la peur ou suscite l’adhésion ? Est-il inné, inscrit dans les gènes ? La dominance s’enracine-t-elle dans des mécanismes neurophysiologiques imprimés au plus profond du cerveau social ? D’où provient cette disposition à la dominance, celle qui, universellement répandue dans toutes les sociétés humaines, et aussi chez les singes, permet de contraindre autrui à faire, ou conduit à le dissuader de faire ? Quelles sont les origines de la violence, celles de la cruauté qui anime les monstres politiques ? Mais, aussi, quelles sont celles de l’empathie et celles de la compassion ?
« Finalement, le problème majeur de la politique est la justification simultanée de l’autorité et de l’obéissance, écrit Jean-Didier Vincent. Malgré la multiplicité des formes, le pouvoir est un tout qui prend une valeur universelle au sein de la psyché avec ses systèmes désirants, sollicités par des causes notables. La cruauté est l’âme damnée du pouvoir. Ubu roi, la géniale tragi-comédie d’Alfred Jarry est d’une cruelle actualité : qui ne voit venir la mort sale et dépourvue d’espoir, se vautrant dans le pouvoir fou. » Pour plus de détails, prendre contact avec Jean Racine, William Shakespeare et François Rabelais.
Père Ubu, symbole du délire du pouvoir et de l’absurdité des hiérarchies politiques. « Remarquons, dit-il dans Ubu enchaîné, que ce qui fait rire les petits enfants risque de faire peur aux grandes personnes ». Trump, ubuesque ?