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Homme de foi, Jules-Edouard Gottret
se montre ferme sur ses convictions catholiques, mais fait cependant preuve de tolérance. A Veyrier, on le consulte alors
pour tout : la santé de la grand-mère, l’achat d’un pré, les études du fils, le remède à donner à un cheval poussif, etc. Avec l’âge, la véhémence de Jules-Edouard Gottret se transforme en une sorte de sagesse profonde, et on l’écoute avec respect citer des sentences, des
proverbes dont il est souvent l’auteur.
Sous la signature de "Scriba", un portrait de lui parut dans la Tribune de Genève en 1937. Il avait alors 68 ans. En
voici un extrait:
"Il représente à nos yeux l'expérience la plus décantée et le détachement
le plus philosophique. Entre nous, et pour exprimer toute notre pensée, Thalès de Milet, Anaxagore et tous les bonzes de la Grèce antique étaient, en comparaison de ce cher papa Gottret, une bande de jean-foutre. Car la philosophie, ça ne s'enseigne pas, ça se
vit. Or, contemplez la mine réjouie et calme, l'oeil malin sous la lourde paupière, la moue légère des lèvres, la bienveillance de la barbiche, le placide bonheur de l'oreille, l'aménité des bajoues, la science
du nez; et vous conclurez avec moi que voilà tout justement la mine d'un Sage en action."
Jules-Edouard
Gottret s’éteint le 19 février 1953 en provocant un deuil profond non seulement à Veyrier, mais aussi dans tout le canton.
Il est à noter qu'un chemin situé dans le centre de Veyrier porte son nom.