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"Est-ce éthique de renvoyer des requérants séropositifs de Suisse?"
"Les politiques ont une question morale à se poser", estime Matthias Cavassini, médecin responsable des consultations des maladies infectieuses au CHUV, dans le Journal du matin de la RTS mercredi. "Est-ce vraiment éthique de renvoyer des personnes quand on connaît la précarité du système de santé de leur pays d'origine?"
Car aujourd'hui, la séropositivité d'un requérant ne lui garantit pas l'asile en Suisse. "C'est un sujet dont on parle peu", indique le médecin, qui estime que les Suisses n'aimeraient pas entendre qu'ils partagent l'assurance maladie avec des réfugiés séropositifs soignés dans le pays.
Une situation comparée à celle de la Seconde Guerre mondiale
"Pourtant, les Suisses sont sensibles d'avoir été impliqués de manière négative durant la Seconde Guerre mondiale pour avoir renvoyé des personnes en Allemagne en disant qu'elles y allaient pour travailler", déclare Matthias Cavassini. "Et aujourd'hui, l'histoire se répète", selon lui.
Une comparaison que le responsable du CHUV assume au vu de certains rapports et décisions des autorités suisses, qui se basent sur les garanties données par les pays d'origine.
Ces requérants pourraient être soignés en Suisse à "un coût pas élevé du tout", ajoute Matthias Cavassini, qui rappelle qu'il s'agit d'une population plutôt jeune et capable de travailler. "Il faut arrêter de s'imaginer le séropositif comme une personne à l'AI!"
>> L'entretien dans son intégralité:
tmun
Publié le 26 juillet 2017 à 08:58 - Modifié le 26 juillet 2017 à 18:32