Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07061.jsonl.gz/806

20 au 26 décembre 2020
Entre Arusha et le Parc national du Serengeti, il y a quelques centaines de kilomètres et des démarches administratives qui nous ont finalement permis de rester 2 nuits au Kiboko lodge, un lieu déjà au bout du monde vers le parc national du Kilimandjaro. Ce très court séjour nous a déjà offert nos premières observations avant le grand départ.
Lieux magiques pour les naturalistes, le Serengeti et la zone de conservation de N'gorongoro sont le deuxième plus grand Parc national d'Afrique.
Le Serengeti a été créé en 1951 dans le but de préserver la vie de la faune sauvage. Ce geste a conduit à l’expulsion des Maasaïs résidents dans le parc en 1959. En 1981, le parc national du Serengeti est ajouté au patrimoine mondial de l’UNESCO.
C'est en fait depuis l'ère coloniale que, les Maasaïs ont été dépossédés d'une partie importante de leurs terres traditionnelles, soit par des fermiers privés, soit dans le cadre de plans gouvernementaux ou de création de parcs nationaux. Les gouvernements tanzanien et kényan ont en effet tenté de mettre en place des projets de développement visant à modifier les modes de vie traditionnels des Maasaï et à les sédentariser afin qu'ils respectent les frontières. Ces tentatives se sont soldées par un appauvrissement généralisé des populations Maasaï, qui jusque-là géraient efficacement leur bétail, et surtout de par les feux, entretenaient la savane propice à la faune sauvage.
Ce peuple vit sur ces terres depuis des siècles, en harmonie avec la faune sauvage et l'environnement et on peut affirmer que les stratégies de conservation en général devraient inclure les peuples autochtones au lieu de les marginaliser car ils font partie de l'écosystème. Mais les gouvernements occidentaux et les grandes entreprises de safaris ont mis une telle pression sur les gouvernements tanzanien et kenyans, qui s'enrichissent en passant, que la conservation "à la dur" a fini par prendre le dessus. D'ailleurs, les organisations conservationnistes comme l'IUCN et le WWF, pour ne citer qu'eux, ne sont non plus pas totalement innocentes dans les démarches pas très propres d'expropriation de peuples autochtones...
Pour l'instant, le résultat de la conservation stricte, sans humains qui y vivent à demeure, est que le Serengeti est un paradis car la chaîne alimentaire de l' écosystème est restée indemne. Sauf exception, il n'est pas possible de s'y promener à pied car les Lions, avec au moins 4000 individus y sont omniprésents. ( mais les Maasaïs ont toujours fait avec...)
Les vastes plaines du Serengeti avec plus d'1,5 million d’hectares de savane, la migration annuelle de deux millions de gnous, plus des centaines de milliers de gazelles et de zèbres – suivis de leurs prédateurs – à la recherche de pâturages et d’eau offrent probablement les moments naturalistes les plus impressionnants au monde. Le Parc compte au moins quatre espèces animales mondialement menacées ou en danger : le rhinocéros noir, l’éléphant, le chien sauvage et le guépard.
Nous avons eu la chance d'observer trois individus du Rhinocéros noir à une très grande distance. A cela s'ajoute une fratrie de Léopard, 3 Guépards et un couple de Serval à quelques mètres en pleine parade !
Le fait que le Parc comporte un vaste complexe de petites et moyennes zones humides ajoute une plus-value en terme de biodiversité. En hiver, les Oiseaux hivernants du Paléarctique y sont très nombreux, Passereaux, Limicoles, Rapaces...
Bref, un minimum de 500 espèces d'Oiseaux, sédentaires, migrateurs intra-africains et hivernant y ont été recensés.
C'est cette diversité exceptionnelle qui attire chaque année des centaine de milliers de touristes ( nous inclus...) qui représentent aujourd'hui une menace car le tourisme pousse à étendre le réseau routier et les infrastructures (eau, électricité) jusqu'à projeter de couper le parc par une route qui sera une source majeure de fragmentation écopaysagère, en intersectant notamment le trajet de la migration des gnous.
Les autres menaces dues principalement aux humains sont : indirectement les changements climatiques qui implique une température en augmentation, un allongement de la saison sèche et des pluies plus intense, source d'une érosion et d'affouillements du sol et directement, une démographie galopante, de 8 millions d'habitants en 1961, elle est passée à plus de 50 millions en 2015.
A se demander encore si le mode de vie des Masaïs et leur présence n'était finalement pas moins nocives ...A méditer...
Au niveau logistique, nous avons passé 2 jours pour découvrir le cratère du Ngorongoro où nous avons logé pas loin de l'entrée dans le
St-Catherine monastery . Logement des plus incongrus mais très belle surprise : un lieu paisible, loin des foules touristiques et une nourriture fraîchement cuisinée du jardin des sœurs, le tout pour un prix qui défient toute concurrence dans la zone.
Pour l'exploration du reste du Serengeti, du moins en partie, nous avons logé dans l'un des quartiers des gardes à Seronera TANAPA Bandas, des bungalows très bien aménagés au milieu du parc avec une petite possibilité de marcher aux alentours. Nous y avons côtoyé, entre autres, quelques hyènes tachetées, une Genette commune, des groupes de Mangouste naine du Sud , des Daman de rocher et un Grand-duc africain qui est venu nous saluer à la porte de notre chambre...
Les autres régions visitées: