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Pourquoi les orages sont-ils si difficiles à prévoir ?
MétéoSuisse
Parce qu’ils sont le résultat de processus complexes qui se déroulent sur une zone géographique limitée. Les modèles numériques de prévision du temps sont cependant de précieuses aides pour déterminer le risque d’orages.
Les processus physiques à l'origine des orages sont complexes et font intervenir de nombreux " ingrédients " atmosphériques : la température de l'air en surface et en altitude (et à quel rythme cette température diminue), la variation du vent selon l'altitude et l'humidité de l'air près du sol et en altitude. Outre l'état de l'atmosphère, leur formation dépend beaucoup des conditions locales très variables de température et d'humidité des sols, influencées par la nature du sol, la présence de neige sur les sommets, le type de végétation, mais aussi la configuration du relief.
Un orage évolue sur une courte durée (de quelques dizaines de minutes à quelques heures) et concerne une zone géographique limitée (quelques dizaines de kilomètres).
Un orage peut se déplacer très rapidement ou stationner au même endroit, ce qui rend difficile la prévision de la localisation de ce phénomène.
Une aide précieuse
La modélisation mathématique et numérique du temps s’est développée depuis le milieu du 20e siècle et consiste à prévoir l’état futur de l’atmosphère projeté sur une grille de calcul grâce à des modèles mathématiques et physiques. Elle s’appuie sur la connaissance des lois de la physique de l’atmosphère et la connaissance des conditions initiales (où l’on va prendre connaissance de toutes les données et mesures possibles, et elles sont nombreuses et diverses, pour représenter l’état de l’atmosphère à l’instant présent). Elle permet de déterminer si la région ou le pays se trouve dans une situation météorologique où des orages violents pourront se développer.
Ces modèles numériques de prévision du temps ne représentent ainsi que partiellement les phénomènes de petite taille ; en effet la grille de calcul sur laquelle est projeté l’état futur de l’atmosphère est de l’ordre de plusieurs kilomètres (6 km par exemple pour le modèle européen du ECMWF), alors que les orages peuvent s’étendre sur une distance inférieure, de l’ordre de 500 m par exemple. Les modèles permettent d'identifier les zones géographiques qui réunissent les conditions favorables au développement des cumulonimbus (nuages associés aux orages) et donc le déclenchement des orages, mais pas de déterminer leur localisation avec une grande précision, ni leur intensité. Les modèles récents, à plus haute résolution permettent cependant de progresser dans la prévision des orages. Grâce à une maille de 1 km, le modèle COSMO prend mieux en compte les effets du relief et de la nature des sols, les diverses observations disponibles et en particulier celles issues des radars de précipitations. Il décrit aussi plus précisément les processus physiques responsables du déclenchement des orages. Leur développement et leur évolution sont ainsi simulés de manière plus réaliste, et la zone concernée de l'ordre de quelques dizaines de kilomètres.
Les alertes et préalertes de danger
L'estimation du niveau de danger est réalisée par les prévisionnistes de MétéoSuisse à l'aide de critères définis en collaboration avec les autorités.
Une préalerte orange pour orages violents possibles signale des dangers liés aux orages violents (vent, foudre, pluie intense, grêle) touchant aujourd’hui l'ensemble du Nord des Alpes et du Valais.
Dans la journée, lorsqu'un orage se formera, sa localisation, sa trajectoire et son intensité pourront être déterminées par les échos radar et les informations satellitaires et il sera alors possible d'avertir plus précisément par des avis d’orage (ce que nous appelons des flash-orages) les communes se trouvant sur la trajectoire d'un orage violent.