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Le 15 novembre 2017, un fort séisme de magnitude 5.4 a secoué la ville sud-coréenne de Pohang. La présence d’un projet géothermique à proximité de l'épicentre a amené le gouvernement jurassien à
demander à GES une analyse détaillée de la situation. En particulier, GES a examiné la relation entre le tremblement de terre de Pohang et les stimulations (injections à haute pression pour
augmenter la perméabilité des roches) réalisées pour le projet géothermique voisin - et les implications que cela pouvait avoir sur l'évaluation des risques du projet pilote de Haute-Sorne.
Celui-ci a entre-temps reçu l'approbation définitive du Tribunal fédéral.
GES a désormais achevé son analyse et remis son rapport dans les délais au Ministre David Eray, en charge du Département de l'environnement. Le gouvernement jurassien pourra dès à présent le
soumettre pour évaluation aux experts indépendants qu’il aura nommés. "Nous saluons la prévoyance des autorités jurassiennes et sommes impatients de voir comment les experts mandatés par le
Gouvernement évalueront notre rapport ", déclare Peter Meier, CEO de GES. Les travaux de GES montrent que les injections à haute pression dans le projet géothermique voisin représentent
vraisemblablement l’une des principales causes du séisme survenu en Corée du Sud. A celles-ci s’ajoute cependant un risque sismique naturellement élevé dans la région. Ce dernier n’était
toutefois pas l’objet principal des investigations menées par GES qui s’est concentrée pour l’essentiel sur les travaux de stimulation à haute pression réalisées dans le cadre du projet de
géothermie. Une évaluation globale des causes possibles du séisme sera vraisemblablement réalisée par la commission d’investigation nommée par le gouvernement sud-coréen, qui devrait publier son
rapport à la fin mars 2019.
Résultats importants pour le projet géothermique de Haute-Sorne
En raison de l'enquête en cours en Corée du Sud, GES ne pourra rendre public son rapport détaillé qu'à une date ultérieure. Une première synthèse contient toutefois déjà des résultats importants
pour le projet pilote de géothermie prévu dans le canton du Jura :
- Le concept du projet géothermique approuvé en Haute-Sorne, sa mise en œuvre avec une évaluation continue des risques par des experts externes ainsi que le contexte tectonique diffèrent
fondamentalement de ceux du projet sud-coréen.
- Les injections à haute pression pour le projet géothermique sud-coréen ont eu lieu à trois reprises en 2016 et 2017, durant deux semaines chaque fois, à proximité d'une zone de faille
sismiquement instable. Qui plus est, une pression exceptionnellement élevée, allant jusqu'à 900 bars, a été appliquée. Cette pression est trois fois plus élevée que la pression maximale utilisée
pour le projet géothermique de Bâle en 2006 - et neuf fois plus élevée que celle autorisée pour de tels puits en France.
- La réalisation et l'exploitation du projet géothermique de Haute-Sorne sont soumises à de nombreuses conditions fixées par les autorités. Celles relatives à la sismicité induite sont
particulièrement strictes et exigeantes. Si de telles exigences avaient également existé pour le projet géothermique de Pohang, en Corée du Sud, les travaux auraient dû être arrêtés immédiatement
après le début des injections à haute pression. Une évaluation complète des risques aurait alors été effectuée et le projet aurait probablement dû être abandonné définitivement.
Prochaines étapes de la feuille de route du projet de Haute-Sorne
Sur la base des recommandations des experts indépendants qu’il aura mandatés, le gouvernement jurassien prendra une décision quant à la suite du projet. Le dialogue et la transparence
continueront à jouer un rôle central. Dès 2015, le canton du Jura, la commune du Haute-Sorne et GES se sont mis d'accord sur la création d'une commission de suivi et d'information, qui devrait
prochainement être mise sur pied. Le calendrier du projet géothermique s’articulera autour d’une réalisation en deux phases. Durant la première phase (exploration), le premier forage sera réalisé
et de nombreux tests sont prévus afin de fournir des informations supplémentaires sur les conditions géologiques et tectoniques. Sur la base de ces résultats, et avec la participation d'experts
nationaux et internationaux de premier plan, GES évaluera son concept technique et l'étude de risque existante et les adaptera si nécessaire. Ce n'est qu’en cas d’évaluation positive que les
responsables aborderont la deuxième phase (stimulation), durant laquelle le deuxième puits ainsi qu’une stimulation contrôlée du réservoir sont planifiés. Celle-ci sera effectuée dans le strict
respect des conditions de sécurité.
L'innovation sous le signe de la stratégie énergétique
En mai 2017, le peuple suisse a approuvé le premier paquet de mesures de la Stratégie énergétique 2050 de la Confédération (SE 2050), qui prévoit une restructuration progressive du secteur
énergétique. Le développement des énergies renouvelables en Suisse est la condition sine qua non pour garantir à l'avenir un approvisionnement énergétique sûr, compétitif et respectueux du
climat. Pour ce faire, la géothermie doit devenir une source établie d'énergie renouvelable indigène de première importance. C’est dans ce contexte que Peter Meier, CEO de GES, considère
l’importance du site de Haute-Sorne : "Notre projet pilote dans le canton du Jura est synonyme d'innovation et est décisif pour le succès de la géothermie en Suisse".