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Même si le temps des défaites honorables qui a longtemps été le quotidien d'une équipe de Suisse alors valeureuse mais bien trop limitée est heureusement révolu, le revers concédé samedi à Wembley face à l'Angleterre rappelle une vérité: à une glorieuse exception près - le huitième de finale de l'Euro 2021 face à la France -, la Suisse ne bat pas les meilleures équipes du monde.
Battue 2-1 par une Angleterre qui se demande encore par quel miracle elle n'avait pas déjà perdu ce match à la pause, la Suisse a raté une occasion en or d'écrire l'histoire. De battre enfin l'Angleterre après une trop longue attente de 41 ans.
Le dépit de Murat Yakin au coup de sifflet final s'expliquait aisément. Le Bâlois a concédé une première défaite en huit matches à la tête de la sélection le jour même où il rêvait de devenir le premier sélectionneur à mener la Suisse à la victoire à Wembley. «Nous avons offert deux cadeaux sur les deux buts anglais», rage-t-il.
Fabian Frei héros malheureux
L'erreur de relance de Fabian Frei dans le temps additionnel de la première mi-temps qui a permis à Luke Shaw de répondre à l'ouverture du score de Breel Embolo et la main de Steven Zuber qui a provoqué le penalty de Harry Kane pour le 2-1 de la 78e minute ont scellé l'issue de cette rencontre. Titularisé en défense centrale en raison de la blessure du Fabian Schär et de la récente positivité au Covid-19 de Nico Elvedi, Fabian Frei fut bien le héros malheureux de Wembley.
Avant sa bourde fatale, le seul joueur de Super League aligné samedi avait vu Jordan Pickford, le meilleur Anglais, détourner sur le poteau sa frappe de la 25e minute trois minutes seulement après le 1-0 de Breel Embolo. A 2-0, les Anglais auraient-ils pu revenir dans le match face à une Suisse de plus en plus maitresse de son sujet ? Il est permis d'en douter.
A l'heure de l'analyse, Murat Yakin restait convaincu que les choix qu'il avait arrêtés étaient les bons. «Le onze de départ était le bon. Le système de jeu et la stratégie également, poursuit le sélectionneur. Bien sûr, nous avons un peu baissé pied après l'heure de jeu. Mais en face, c'était l'Angleterre. Elle a pu s'appuyer sur les joueurs qui sont sortis du banc. Je me dis aussi que Wembley n'est pas vraiment l'endroit où l'on peut marcher sur l'adversaire pendant 90 minutes.»
S'il y a un regret, il réside sans doute dans l'impossibilité de lancer Noah Okafor dans le bain. Celui qui avait été si brillant à Rome face à l'Italie souffrait de douleurs musculaires qui ne lui ont pas permis de tenir sa place.
Xherdan Shaqiri: la donne ne change pas
On ignore si le joueur de Salzbourg sera opérationnel mardi à Zurich face au Kosovo. Pour ce deuxième match amical en l'espace de trois jours, Murat Yakin pourra toujours compter sur l'inspiration de Xherdan Shaqiri. Passeur sur le but d'Embolo, le Bâlois a livré un très bon match à Wembley. Il a démontré que son exil doré à Chicago ne changeait pas la donne. Il demeure le maître à jouer de l'équipe. «On voit qu'il a retrouvé à la fois le rythme et la joie de jouer, relève Murat Yakin. Ce rôle de 9,5 lui convient merveilleusement bien. Son assist sur l'ouverture du score est magnifique.»
Murat Yakin attendait, en revanche, davantage de la part de Granit Xhaka. Le capitaine, qui honorera sa 100e sélection mardi soir, n'a pas pleinement convaincu pour sa grande première sous la férule du nouveau sélectionneur. «Il a pris parfois trop de risques», souligne Murat Yakin qui, comme bien des observateurs, a été quelque peu interloqué par le déchet inhabituel dans le jeu du demi d'Arsenal.
Le leadership de Granit Xhaka n'est, bien sûr, pas remis en question. A Wembley, il s'est bien comporté comme le patron d'une équipe qu'il retrouvait enfin après le huitième de finale de l'Euro contre la France. Mais la remarque de Murat Yakin n'est pas innocente. Le sélectionneur entend sans doute rappeler à son capitaine qu'il sera amené demain à opérer un choix presque déchirant en ligne médiane lorsque Denis Zakaria sera opérationnel. Dans le 4-2-3-1 de Murat Yakin, il y aura, en effet, un homme de trop entre Denis Zakaria, Remo Freuler et... Granit Xhaka.