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Une pointe sèche de Munch
Edvard Munch (1863-1944), Le baiser, 1895, aquatinte et pointe sèche sur papier vélin, 345 x 278 mm, Cabinet cantonal des estampes, Collection des estampes de la Ville de Vevey, Musée Jenisch Vevey
De l'artiste norvégien qui confesse que "La femme par sa nature différente est un mystère pour l'homme", l'on retient souvent la vision angoissée de l'amour. Dans un intérieur réduit à quelques lignes strictes, une fenêtre, sur laquelle de lourds rideaux s'entrouvrent, donne à voir une perspective bouchée de mornes immeubles. Prisonniers de ce réseau, les corps enlacés du couple dessinent une ligne mouvante et ô combien expressive. Adoptant la pointe sèche, l'artiste manie une pointe d'acier qui va soulever des rejets métalliques - les "barbes" - lors de son passage sur la matrice. Le sillon ainsi créé va produire une ligne imprimée moins nette, plus "baveuse", au noir vibrant. La pointe sèche est ici associée à l'aquatinte qui avec sa texture granuleuse permet une modulation des gris les plus légers aux noirs les plus profonds.