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Paul Krugman, Courrier international, N° 106
Il est rare, très rare, de voir un riche tirer un pauvre de sa pauvreté. C'est du moins ce que j'ai appris et constaté. Et voilà qu'un Prix Nobel d'économie (P.K.) nous redonne espoir! Son article tient le lecteur en haleine pendant 5 pages avec photos et un tableau à l'appui. Il y démontre que, passé un certain degré d'endettement, un pays doit impérativement être aidé s'il veut s'en sortir; mais, et c'est aussi rare, il pourrait s'en sortir à condition d'avoir la rage de travailler, comme les Allemands, par exemple.
Il y a une autre solution, dit-on déjà dans l'épigramme: «Les crises à répétition de l'euro peuvent faire exploser l'Union. Pour y remédier, il faut construire la fédération imaginée dès 1950 par Robert Schuman». Notre Denis de Rougemont doit se dresser de joie dans sa tombe : «L'Europe qui tente de s'unir sera fédérale ou ne sera pas», disait-il en 1964.
Les Pères fondateurs des Etats-Unis d'Amérique avaient déjà inscrit le fédéralisme dans leur projet de Constitution de 1775. Le vote d'acceptation de 1783, à la fin de la guerre d'Indépendance contre l'Angleterre permit au traité de Paris de la même année de reconnaître l'existence de la République fédérée des états-Unis (sic).
Paul Krugman compare l'Irlande à l'Etat du Nevada (Etats-Unis) au cours de ces dernières années: tous deux ont connu un boom économique, une énorme bulle immobilière qui a éclaté, un taux de chômage de 14% et tous deux font partie d'une union monétaire. Mais l'essentiel des dépenses des habitants du Nevada sont «couvertes par des programmes fédéraux»: pensions de retraites, coûts de la santé, établissements de refinancement hypothécaires. Les Irlandais ne bénéficient de rien de tout cela, et, dernier recours, lorsqu'ils décident d'émigrer, c'est un dépaysement douloureux, alors que ce n'est pas le cas pour le Névadien émigrant d'un Etat des Etats-Unis dans un autre et bénéficiant de la nationalité américaine. Gros avantage du fédéralisme, donc.
Moralité: Européens, fédérez-vous, s.v.p. et, si vous ne comprenez pas pourquoi, lisez le Courrier international !