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DOSSIER
Les pouvoirs des présidents
Russie, France et États-Unis... Des systèmes politiques différents, expliqués par des spécialistes et résumés en infographies.
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DOSSIER
La langue des signes
Qu'est-ce que la langue des signes? Comment l'apprend-on? Parle-t-on la même langue des signes partout dans le monde? Réponse dans ce dossier.
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QUESTION-REPONSE
La mondialisation est-elle un phénomène récent ou ancien?
Apolinaire (20 ans) - 01 décembre 2008
La mondialisation n'est pas un phénomène nouveau si on se réfère à la notion d'échanges (économiques, sociaux, culturels) dans le monde, qui restaient toutefois limités par l'évolution des moyens de transports. Maintenant, la mondialisation a pris une dimension économique dont les structures se construisent depuis la Révolution Industrielle et l'expansion du modèle de production et de consommation mis en place lors de cette période. Après la deuxième Guerre Mondiale, la mondialisation des échanges économiques a connu un essor plus important du fait de la volonté commune des pays de développer les relations commerciales dans un but de promotion de la paix. Cette politique corrélée à celle de la promotion de la coopération internationale pour le développement, a promu de nouvelles formes et de nouvelles règles du jeu dans la mondialisation que certains, dont moi, appellent la globalisation, c'est-à-dire le processus menant à une tentative d'homogénéisation des politiques, des normes et des valeurs. Ce nouveau phénomène est également renforcé par les nouveaux instruments financiers internationaux et commerciaux. C'est pourquoi il évoque l'interdépendance entre les nations, du fait du décloisonnement entre les différentes étapes de la production, intégrées cependant dans le calcul de la comptabilité au niveau national et également intégrées dans une logique de production mondiale (voir les indicateurs de transnationalisation des entreprises).
De plus, la spécialisation et la division internationales du travail des sociétés de production et de vente dans le processus productif, ainsi que dans le processus d’échange (ventes, services, financiarisation), augmentent encore le nombre d’échanges internationaux de biens intermédiaires, non finis, accroissant ainsi les connections interdépendantes entre les nations. De ce fait, les processus de production, diversifiés au départ en termes de stratégies d’avantages de facteurs de production (ressources, main-d’œuvre, technologie et capital), tendent à s'homogénéiser et le modèle productif dominant va se diffuser, ainsi que le modèle de comptabilité et la pensée qui l’accompagnent, tout en soulignant le fait que les modes de consommation se propagent plus vite que les modes de production et aident ainsi à la diffusion de ce phénomène.
Les organisations internationales jouent un rôle capital dans la mise en place de ce processus, via une régulation internationale des échanges commerciaux ou de la financiarisation. Ainsi, les nouvelles normes politiques de coopération, suite à la crise de la dette internationale et à la chute du Mur de Berlin, signifiant la victoire du modèle de développement des pays à économie de marché sur les économies socialistes et permettant donc la mise en place des règles de "bonne" gouvernance, prônent également une homogénéisation des structures politiques des gouvernements. Les organisations internationales sont donc également des acteurs importants du fait de la financiarisation des échanges monétaires et commerciaux ayant contribué à des dettes et à des investissements financiers virtuels internationaux (ou encore via des programmes d’aides liées à la restructuration politique des Etats bénéficiaires). Il est alors nécessaire de mettre en place ces organismes permettant la stabilisation des économies et des balances financières, et accentuer ainsi l’homogénéisation des modèles de politiques économiques et de gestion.
Du fait de cette interdépendance croissante entre les différents Etats-nations et de l’imbrication de leurs économies, la régulation ou les incitatifs internationaux prennent une place prépondérante afin de mieux coordonner ou de sauvegarder un ensemble cohérent de règles de fonctionnement permettant à l’ensemble du système de propager des valeurs communes (droits humains, droits politiques et culturels, règles de travail) et de diffuser un standard de niveau de vie décent. Les pays ne peuvent se distinguer par des politiques trop différentes de celles du "Système Economique Mondial". La globalisation permet ainsi d’étendre à toute la planète des modes de production économique, mais également des modèles politiques ainsi que des valeurs culturelles, pour le meilleur et pour le pire.
Pauline Plagnat-Cantoreggi
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COUP D'OEIL
La biodiversité, sentinelle de notre santé
Existe-t-il un lien entre l’émergence des maladies infectieuses (Sida, Sras, Ebola, etc.) et les perturbations environnementales?
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QUESTION-REPONSE
Lors de la tamponnade, il existe un phénomène de pouls paradoxal. Pourriez-vous SVP donner une explication de ce phénomène?
hossam14 (18 ans) - 29 juin 2016
Voici une question très technique, surtout de la part d'une personne aussi jeune! En effet, l'étude de la tamponnade et du pouls paradoxal n'est abordée par les étudiants en médecine qu'au cours de leur deuxième année d'études!
Tout d'abord, quelques définitions, afin d'être compris par le commun des mortels:
La tamponnade est une compression des cavités du coeur (que l'on appelle oreillettes et ventricules) par du liquide sous pression se trouvant entre le cœur et son enveloppe, le péricarde, empêchant ainsi le cœur de se remplir correctement entre deux battements. Normalement, le péricarde est appliqué directement sur le coeur, comme une main dans un gant ou un pied dans une chaussette. Il ne doit pas y avoir de liquide du tout entre le coeur et le péricarde.
Lorsqu'il y en a, c'est parce qu'il a été produit par une inflammation du péricarde (péricardite). Le liquide peut être aussi tout simplement du sang qui s'écoule du coeur, au cas où le coeur est perforé, par exemple par un coup de couteau.
Or, le coeur, comme n'importe quelle pompe, si on l'empêche de se remplir, ne pourra rien pomper. Si le coeur ne peut pas pomper le sang, on obtient une baisse de la pression artérielle pouvant aller jusqu'à l'arrêt cardio-circulatoire et la mort. On voit donc que la tamponnade est une complication grave nécessitant la prise en charge urgente en milieu spécialisé.
Prendre le pouls de quelqu'un consiste à appliquer le doigt sur une des ses artères (au poignet, au cou, etc) et à palper les pulsations (c'est à dire les variations de la pression) du sang qui circule à l'intérieur de l'artère.
En effet, la pression du sang dans les artères n'est pas constante, puisque le sang est pompé par le coeur et que celui-ci fonctionne par battements. Lorsque le coeur produit un battement, la pression est augmentée (on parle de pression systolique). Et entre deux battements, la pression est abaissée (on parle de pression diastolique).
Normalement, on constate que lorsque la personne remplit d'air ses poumons (le terme technique est "inspiration"), le pouls est perçu plus fortement.
Un pouls paradoxal est un pouls perçu anormalement plus faiblement lors de l'inspiration. La définition technique du pouls paradoxal est une chute de plus de 15% (> 12 mm Hg) de la pression artérielle systolique en début d’inspiration non forcée. Dans la tamponnade cardiaque, la chute peut atteindre 50 mmHg.
Ainsi que l'écrit l'internaute, lorsqu'il est présent, le pouls paradoxal est effectivement un signe clinique orientant vers une tamponnade, mais il peut aussi avoir d'autres origines: une crise d'asthme, une exacerbation sévère de broncho-pneumopathie chronique obstructive, un pneumothorax compliqué de tamponnade gazeuse (signe de gravité).
Voilà pour les définitions. La réponse directe à la question de l'internaute figure ci-dessous, mais pour bien la comprendre, comme expliqué plus haut, il faut posséder au moins les connaissances d'un étudiant de médecine de 2e année!
Plusieurs mécanismes concourent à engendrer un pouls paradoxal:
- Isolement des cavités cardiaques par rapport aux variations de pression endothoraciques ;
- Accumulation inspiratoire de volume circulant dans les poumons ;
- Chute inspiratoire du remplissage par les veines pulmonaires et diminution aiguë de la précharge du ventricule gauche ;
- Augmentation inspiratoire du volume ventriculaire droit et bombement du septum interventriculaire dans le ventricule gauche, réduisant son remplissage diastolique (exagération de l’interdépendance ventriculaire à cause de la contrainte péricardique excessive).
Angel Vilaseca
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QUESTION-REPONSE
La mondialisation est-elle bénéfique à tous les pays?
lolorenza (18 ans) - 24 novembre 2008
Schématiquement, le principe économique régissant la mondialisation - qui est en fait une accélération et une amplification dans échanges entre différents partenaires commerciaux autour du globe - est de favoriser la spécialisation de chaque pays dans un domaine ou il possède un avantage comparatif. L’idée derrière cette conception économique est que, si les différentes parties commerçantes - en l’occurrence les différentes nations - se spécialisent dans un type de production plutôt que de disperser leurs forces dans tous les activités à la fois, la complémentarité des échanges dégagera une plus-value. C’est en quelque sorte l’idée de diviser les activités pour être plus efficace.
C'est ainsi que, par exemple, certains pays d'Amériques Latine échangent sur le marché mondial plutôt des produits agricoles alors que les pays occidentaux se concentrent sur la production de produits manufacturés à haute valeur ajouté. Peu à peu les nations sont donc devenues beaucoup plus interdépendantes et beaucoup moins autarciques. Idéalement, dans une telle perspective la plus-value engendrée par la mondialisation se redistribue entre les différentes parties à l’échange. Toutefois, ce phénomène n'est pas parfait car de nombreux rapport de pouvoir concernant la redistribution de cette plus-value globale existent et des inégalités demeurent.
Pour maintenir leur train de vie les nations occidentales se sont petit à petit focalisées sur la production de biens et services à forte valeur ajoutée basée sur une suprématie technologique (biotechnologie, aéronautique, etc.), culturelles (branding et marketing) et financière (services financiers et assurances). Une course aux savoirs s’est engagée et, progressivement, les activités purement industrielles ont été délocalisées. Cette course aux savoirs s’est par exemple illustrée au travers de certaines politiques cherchant à former et recruter les meilleurs chercheurs de différents pays pour bénéficier de leur compétence et ainsi rester compétitif (certain auteurs parlent de « brain drain »). Parallèlement à cela, de nombreux outils financiers ou institutions financières ont été développés pour permettre des investissements plus aisés à l’échelle planétaire. Aussi, les pays développés ont développé de nombreux services dans ce domaine permettant de créer une forte valeur ajoutée. Ainsi, une concentration des savoirs et de la finance est apparue dans ce que nous appelons couramment les pays développés (Europe, Etats-Unis, Japon, etc.). En grande partie, cette accumulation, source de pouvoir, a permis à ces nations de garder un contrôle sur le marché international et de pouvoir s’octroyer une grande part de la plus-value créée par la mondialisation.
Certes, certains nouveaux pays sont parvenus à en bénéficier. Les cas les plus souvent cité sont ceux de la Chine, de l’Inde, de la Russie et du Brésil. Annalee Saxenian (The New Argonauts: Regional Advantage In A Global Economy, 2007) explique par exemple comment certaines régions de Chine et d’Inde sont parvenues également à entrer dans le jeu de la course aux savoirs en profitant du retour de chercheurs indigènes ayant étudié et pratiqué quelque temps aux Etats-Unis. Toutefois, ce phénomène ne remet pas fondamentalement en question le fait que les bénéfices de la mondialisation sont redistribués inégalitairement. Il montre simplement l’apparition de nouveaux acteurs le long de la hiérarchie de nations commerçantes.
Finalement, il ne faudrait surtout pas oublier que le phénomène qui vient d’être décrit à l’échelle des Etat-Nations est également vrai à l’échelle des régions. En effets, l’accumulation des savoirs et de la finance a laissé pour compte de nombreuses régions au sein de pays. Le cas des régions de l’automobile aux Etats-Unis en est un bel exemple. De même, gardons à l’esprit que dans les pays en transition, c’est surtout quelques régions urbaines qui tirent le meilleur profit de la mondialisation. Il en est de même pour la concentration du pouvoir financier dans un petit nombre de villes interconnectées (Saskia Sassen, The Global City, 2001).
Il est très difficile de dire si la mondialisation est bénéfique à tous les pays. Certainement a-t-elle permis une croissance économique sans précédant à un niveau mondial. Cependant, cette plus-value s’est faite en grande partie sur l’exploitation de ressources naturelles dont le coût sur l’environnement global a certainement été sous-estimé. Une chose semble toutefois claire, et la crise financière actuelle est là pour le rappeler, les pays du globe sont devenus extrêmement interdépendants. Et si la répartition des bénéfices de la mondialisation restera discutée, le partage de ses problèmes est incontestable.
Hugues Jeannerat
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QUESTION-REPONSE
Bonjour, je voudrais savoir quels sont les facteurs principaux qui ont permis la mondialisation. Quels sont ses aspects positifs et négatifs? (Julien, 16 ans)
Julien (16 ans) - 26 janvier 2009
Il s'agit d'abord de définir la mondialisation . La mondialisation est un processus qui conduit à une interconnexion et une interdépendance de plus en plus importantes des lieux de la planète. Elle conduit à ce que le monde soit envisagé comme un tout. La mondialisation n'est pas un phénomène récent. Elle commence avec les débuts de l'hominisation, lorsque l'espèce humaine quitte l'Afrique pour coloniser peu à peu l'ensemble de la planète (il y a environ 90'000 ans). Ce à quoi nous assistons depuis trente ans, c'est à une accélération de ce processus, notamment sous l'effet de la globalisation. Cette dernière correspond aux dimensions économiques de la mondialisation . La globalisation s'est accélérée en raison de l'ouverture des marchés (décision politique consistant à déréguler les échanges économiques et notamment à lever les barrières douanières) et du développement de nouvelles technologies (télécommunications, Internet) au début des années 1980.
La mondialisation correspond à des phénomènes très variés (globalisation, tourisme, migrations, etc.). La liste des aspects positifs et négatifs serait donc interminable. Par ailleurs, ce qui est positif et négatif dépend du point de vue, des valeurs et des positions politiques de chacun. La mondialisation dirigée par l'Europe entre le 15e et le 20e siècle sous la forme d'expéditions coloniales et de conquêtes territoriales dans les pays du Sud a, par exemple, été économiquement très favorable aux pays européens. Par contre, elle a été, en grande partie, dévastatrice pour les pays du Sud.
Dans le domaine des droits politiques, la mondialisation a apporté des effets plus clairement positifs. La déclaration universelle des droits de l'homme, adoptée par les Nations Unies en 1948, offre ainsi des bases permettant à toute personne sur terre de mieux défendre ses droits. La création dans les années 1990 du Tribunal Pénal International a permis de faire un pas de plus dans cette direction, puisque ce tribunal donne à la communauté internationale les moyens de traduire en justice des criminels (tel que l'ancien chef d'Etat Slobodan Milosevic) non poursuivis dans leur pays.
La mondialisation est donc un processus dont les dimensions sont multiples et qui n'a pas les mêmes effets, dépendant de la classe sociale à laquelle vous appartenez ou le pays dans lequel vous vivez. On ne peut donc parler d'effets positifs et négatifs que si l'on précise d'abord de quelle forme de mondialisation on parle et de quel point de vue l'on se place pour en juger.
Ola Söderström
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QUESTION-REPONSE
Y-a-t-il des études scientifiques fiables qui documentent la raréfaction des ressources naturelles telles que des métaux notamment utilisés dans les énergies renouvelables à l'instar de l'acier ou encore du néodyme?
Alex (22 ans) - 22 juin 2017
Les données statistiques minières proviennent des entreprises qui les exploitent. On peut comparer la consommation annuelle mondiale dont les statistiques sont bien connues aux "réserves connues" qui, elles, sont moins bien connues car ce sont plus ou moins des secrets des compagnies productrices.
Les réserves connues sont des estimations basées sur une exploration par sondages. Si on divise la totalité des réserves connues par la quantité de métal produit annuellement, on peut dire que la production est assurée pour tant d'années. Mais ce raisonnement est biaisé car il ne tient compte ni des "réserves probables" ni des zones que l'on a pas encore explorées. Il y a beaucoup de sites internet alarmistes qui nous menacent d'une extinction programmées des ressources minières.
Mais c'est un fait que certains métaux se raréfient et que leur exploitation peut être à l'origine de tensions et de conflits potentiels entre pays producteurs et pays consommateurs car la répartition des gisements de métaux est très inégale dans le monde.
Evidemment, aujourd'hui on exploite les gisements connus relativement faciles à exploiter. Le problème de la fin des ressources minérales varie selon le prix auquel on est prêt à les payer. A 1 fr. le litre, il n'y a plus beaucoup de pétrole mais à 10 fr. le litre, il y en a encore passablement.
Pour l'acier, il n'y a pas beaucoup de soucis pour l'avenir car le fer est un métal extrêmement abondant et représente, en poids, 5,6 % de la croûte terrestre.
Pour le néodyme, c'est plus délicat, car il ne représente que 0.00003 de la croûte terrestre. Sa consommation explose car c'est un composant indispensable à la fabrication des aimants permanents puissants et on estime que l'alternateur d'une éolienne nécessite l’utilisation de 700 kg de néodyme. La monazite, un phosphate de terres rares, est pratiquement le seul minéral qui renferme du néodyme. C’est un minéral accessoire des granites, des syénites et de leurs pegmatites.
Le néodyme fait partie des "terres rares" qui sont en réalité des métaux et qui ne sont pas si rares qu'on le pense généralement. Mais leur "rareté" provient du fait qu'elles ne constituent que rarement des concentrations exploitables.
Actuellement, l'emploi des métaux de ce groupe est absolument indispensable pour la fabrication de tous les composants de l'électronique, (téléphones portables, écrans d'ordinateur et de télévision, aimants permanents) et plus de 95% de ces métaux sont produits par la Chine! On voit donc l'interdépendance entre pays producteurs et utilisateurs.
Jacques Deferne