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Lors d'une houleuse assemblée générale extraordinaire, l'ancien président, Hugo Steinegger, a été pris à partie pour sa gestion déplorable. D'autre part l'ancien «pro» Jean-Claude Leclerc a été engagé comme directeur technique.
La Fédération cycliste suisse (FCS) a tenu son assemblée générale extraordinaire samedi à Lyss. A l'ordre du jour figurait notamment le rapport de la commission d'enquête sur la gestion de la période d'exercice 1996/1999. Période au cours de laquelle, la présidence de la FCS était assurée par le Bernois Hugo Steinegger.
Au terme d'un rapport circonstancié, les délégués de la FCS ont donné l'ordre au comité directeur «...de procéder à des éclaircissements supplémentaires contre les personnes et - si la question se pose - de prendre toutes les dispositions nécessaires pour ouvrir une procédure devant la justice civile ou pénale.
En mai, lors de l'assemblée générale de Montreux, nous écrivions ici même: «...minée de l'intérieure par des lut-tes intestines, des conflits de personnes, c'était devenu la chienlit».
Qui plus est, avec un découvert de près de 3 millions de francs, la FCS était au bord de la faillite. Appelé à prési-der une commission de restructuration pour évaluer l'ampleur des dégâts, Fritz Bösch, un industriel bernois, posait ses conditions pour reprendre les rênes de la FCS.
L'une de ces conditions était de faire la lumière sur les comptes. Les délégués acceptèrent la mise en place d'une commission de trois membres chargée de mener l'enquête sur d'éventuelles irrégularités.
Le rapport conclut que Hugo Steinegger s'est conduit en véritable dictateur, souvent en accord avec son trésorier, Otto Ruegsegger. «Ils dominaient tout, bloquaient tout, rejetaient tout et souvent dissimulaient des pièces», af-firme le rapporteur de la commission.
Ladite commission n'a pas ménagé les membres du comité de l'époque : «Ils n'ont pas assumé leurs responsabilités, ou alors de façon insuffisante. On peut ajouter à leur décharge qu'ils ont souvent été mal informés. De plus, chacun défendait son jardin. Ils ne contrôlaient rien, ne géraient rien».
Egalement mise en cause, la commission de contrôle, considérée comme gênante, n'a toutefois jamais pris en compte les signaux d'alarmes de la fiduciaire. Celle-ci s'est trouvée face à une «comptabilité catastrophique», voire «arrangée», selon le rapporteur.
La commission d'enquête a relevé le montant des salai-res et défraiements que Hugo Steinegger s'octroyait pour mener de pair la fédération et le Tour de Suisse, dont il était directeur: près d'un million en six ans.
Le président l'a dit en ouverture d'assemblée: «Le rap-port ne sera pas toujours agréable à entendre». Heureu-sement aujourd'hui la FCS relève la tête et se modernise.
A Lyss elle s'est dotée d'un nouveau sigle - Swiss cycling -, de nouveaux statuts. Elle a mis en place un plan direc-teur, des structures et un règlement d'organisation.
Au niveau du terrain, l'ancien professionnel Jean-Claude Lecrerq (38 ans) a été engagé comme directeur technique de la FCS. «Dans un premier temps, je vais établir un état des lieux. Ensuite, mettre en place de nouvelles structures», explique le champion de France 1985 et vainqueur de la Flèche Wallonne en 1987.
Originaire d'Abbeville dans la Somme, il est arrivé à Zurich à l'âge de cinq ans. Il a suivi toutes ses classes et fait sa carrière en Suisse. Atout supplémentaire: il parle les trois langues nationales.
Pierre-Henri Bonvin