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Nividic, l'ancien play-boy aux cheveux longs, fait-il une dépression ? À quarante ans, ce dessinateur de BD raté ? père de Globo le poisson à pieds humains ? dresse un bilan des plus négatifs de son parcours. Pas d'enfant, pas d'argent, une existence minable au fond d'un village désertifié d'Ille-et-Vilaine, une femme qu'il n'aime pas (Eimeleen), une maîtresse occasionnelle (Alison) qui se prend déjà pour Madame Nividic, se voit déjà enceinte, non, ça ne va pas, pas du tout. Jeff, aussi, même pas un ami, le scénariste à l'eau de rose du poisson Globo, dont il n'a nul besoin pour concevoir le prochain album, quelque chose de bien trash... Nividic veut tout casser dans sa vie, tout changer, sinon...
Cet après-midi-là, comme il traverse en voiture le bois du Faou, absorbé dans ses pensées douloureuses, une jeune fille en chemise de nuit paraît se jeter sous ses roues. Il ralentit, prend la fuite, revient : personne. Il sort de sa voiture et s'enfonce dans les bois. Il retrouve la fille et bientôt son existence qu'il croyait fichue se met à renaître. Il voulait du changement, il est servi ! Rien de nouveau sous le soleil, Nividic en est bien conscient : c'est toujours la femme qui fait basculer le destin d'un homme - pour le meilleur, pour le pire, pour la vie.
Le poète de Montauban disparu en 1976 chante l'amour, la fraternité et la nature. Il est mort à Penne-de-Tarn (" Mon pays préféré est cette gorge de montagne "). Son lyrisme d'amour, lui-même, s'épanouit en un accord cosmique. Comme chez les troubadours, son rapport à l'aimée est de respect et de fidélité ; la femme désirée figure la terre nourricière, tandis qu'un être neuf va naître du couple accompli. Prose poétique, vers libre ou verset se partagent dans son oeuvre. Parfois le verset se fait un peu solennel, comme à l'évocation des Parfaits de Montségur (Le Château cathare, 1972). Ses débuts furent influencés par le surréalisme. Comme Eluard, il n'a jamais dissocié le vivre de l'écrire. Instituteur à Marseille où il collabora aux Cahiers du Sud et fonda la revue Sud, après avoir créé la revue Action poétique, il se gardait du factice et des arrogances intellectuelles. Il y avait en lui de la naïveté, une bonté indéracinable. Pour Malrieu, " le choses simples " étaient " heureuses ". Il a parlé des gens démunis, de sa mère, avec un ton d'évidence, une économie de sensibilité peu fréquents. " Un homme est toujours sauvé par sa vie ", a-t-il écrit. Il ajustait un souci de moralisme à l'exigence de liberté. Son bon sens précisait : " Malheur à qui mêle point de terre à son amour. "
De 1973 à 1993, la correspondance amoureuse de deux écrivains. L'un est marié, l'autre non. Progressivement, ils vont vivre ensemble, mais de plus ou moins longues périodes de séparation donnent naissance à ces lettres. Textes où se disent le désir, l'attente et la souffrance mais aussi les banalités du quotidien comme les difficultés de l'élaboration littéraire. Chacun en effet soutient l'écriture de l'autre, dont il est le premier lecteur et critique. Cette correspondance témoigne des liens entre la passion et la création, l'érotisme et l'écriture.
Les citations sont un hommage de la désinvolture à la paresse.
Il suffit de se pencher un peu pour les cueillir, comme des champignons afin d'en composer, au choix, quelque mets délectable ou mortel. L'exercice n'est pas sans conséquence, mais guère plu que les gestes ou les pensées qui nous engagent quotidiennement à aller ou à ne pas aller en des temps et lieux où nous n'avons que faire. Le choix de Raoul Vaneigem et sa manière toute personnelle de commenter les citations au gré des thèmes déterminés font de ce dictionnaire une manière de chef-d'oeuvre du détournement considéré comme un art de vivre.
Mettre au jour un inédit d'Alain-Fournier revient un peu à exhumer les reliques d'un être cher que l'on croyait perdu. Que serait devenue l'reuvre de l'auteur du Grand Meaulnes si la guerre ne l'avait emporté en pleine gloire ?
Comme dans Le Grand Meaulnes, c'est sur le thème de la quête éperdue de la pureté qu'Alain-Fournier tend la trame de son écheveau. On retrouve, dans Colombe Blanchet, transfigurés, les souvenirs et lieux d'enfance qui peuplent l'imaginaire du romancier, mais surtout et pour la première fois, les éléments de sa vie adulte cristallisés autour de Mirande où il fut en garnison.
À celle qui lui inspira Yvonne de Galais, la seule femme capable de lui apporter « la paix et le repos », Alain-Fournier écrivait: « C'est à vous que j'aimerais raconter Colombe Blanchet, »
« Que faisait-il, le poète Nougaro, quand il ne chantait pas, quand il ne lisait pas ? Il écrivait. Tous les jours. Dans son atelier de l'avenue Junot, dans son bureau de la rue Saint-Julien-le-Pauvre, dans les hôtels, pendant les tournées. Il écrivait sur des cahiers d'écolier de marque Calligraphe ou sur des cahiers à dos carré, à couverture entoilée, de marque Racine que lui achetait sa soeur. Que trouve-t-on dans ces cahiers ? Des vers, des rimes, des amorces de chanson, des couplets orphelins, des aphorismes, des portraits de musiciens... » Christian LABORDE Les Carnets d'un motsicien sont illustrés par les images du photographe Bruno Roche.
Savez-vous que mettre la main dans sa poche pour y toucher une grosse liasse de billets fait baisser la tension artérielle ? Qu´une méthode de régime très sérieuse consiste à se bloquer les mâchoires à l´aide de fils métalliques ? Que 52,71 % des statistiques sont fausses ?
Ce sont quelques-unes des informations que renferme cet ouvrage, dans lequel Jean-Claude Carrière laisse libre cours à sa fantaisie, sa science, sa culture, et nous fait profiter du regard ironique qu´il porte sur le monde et ses détails.
Que ce soit sous forme de pensées, de dialogues, de conseils, d´anecdotes, d´extraits de journal intime, Jean-Claude Carrière excelle à faire surgir l´absurde, à débusquer le paradoxe, à relever l´incongruité.
On apprendra ainsi, pêle-mêle, pourquoi, dans l´Athènes antique il fallait frapper à la porte avant de sortir de chez soi, pourquoi les habitants d´Uqbar, en Irak, ont banni la copulation et les miroirs au XVIIIe siècle, on saura tout de l´influence de la Lune sur le visage des femmes, ou sur les négociations entre vidéastes amateurs et chaînes de télévision à New York au soir du 11 septembre 2001.
Autant de détails qui en disent peut-être plus long sur l´état de notre monde que n´importe laquelle des théories.
Conçu sous forme de brèves analyses et de thèses, Nous qui désirons sans fin fait l'examen critique d'une société marchande en déclin et d'une société vivante appelée à la dépasser.
Le capitalisme mondial n'est plus qu'un système parasitaire déterminant l'existence d'une bureaucratie où le politique est aux ordres d'une pratique usuraire. Toute l'organisation sociale est ainsi menacée jusque dans sa contestation qui, ne cherchant d'autre solution en dehors de l'économie d'exploitation, se dégrade avec elle. Cependant, si nous ne voulons plus d'une civilisation qui a tourné toutes ses espérances vers la mort, nous ne voulons pas davantage d'une société où la vie est perçue à travers l'optique de la rentabilité.
Comment empêcher les désirs de devenir leur contraire ? Comment les dépouiller du négatif dont les a revêtus une tradition séculaire ? Comment savoir ce que l'on veut et vouloir ce que l'on sait ? La réponse est en chacun dès l'instant où il lui importe avant tout de renaître à ce qu'il a en lui de plus vivant.