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Plus d'une vingtaine d'organisations professionnelles de médecins, notamment le Royal Australasian College of Physicians - qui réunit 25'000 médecins et stagiaires - ont publié lundiappelant le gouvernement à s'attaquer à cette pollution atmosphérique toxique, liée aux centaines de feux de forêts qui ravagent l'Australie depuis septembre.
"La pollution de l'air en Nouvelle-Galles du Sud est une urgence de santé publique", a souligné cette Alliance pour le climat et la santé. "La fumée provenant des incendies a entraîné une pollution de l'air jusqu'à onze fois supérieure à un niveau estimé 'dangereux', dans certaines parties de Sydney et de Nouvelle-Galles du Sud", selon le communiqué. Cette fumée "est particulièrement dangereuse en raison de niveaux élevés de particules fines PM 2,5", précise-t-il.
Hausse de près de 58% des visiteurs aux urgences
Plus de 20'000 personnes ont manifesté le 11 décembre à Sydney, alors que la qualité de l'air s'est particulièrement déteriorée en raison des incendies aux abords de la ville australienne. [Keystone]Les services de santé de cet Etat ont enregistré une hausse de 48% du nombre de personnes se rendant aux urgences pour des problèmes respiratoires, au cours de la semaine se terminant le 11 décembre, par rapport à une moyenne calculée sur cinq ans.
Ce chiffre a atteint les 80% le 10 décembre, jour où la qualité de l'air s'est considérablement détériorée à Sydney. Le lendemain, près de 20'000 personnes ont manifesté dans la ville pour demander au gouvernement de lutter contre contre le changement climatique.
Impact du changement climatique reconnu
L'Alliance a également appelé le gouvernement à prendre des mesures urgentes afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre, affirmant que le changement climatique aggrave ces incendies aux "effets dévastateurs sur la santé humaine".
Fait rare, le Premier ministre australien a reconnu la semaine dernière que le changement climatique était l'un des "facteurs" à l'origine de ces centaines d'incendies dévastateurs. Scott Morrison a cependant défendu le bilan de l'Australie en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre et n'a annoncé aucune mesure visant à lutter contre le changement climatique.
Incendies toujours en cours
Plus d'une centaine d'incendies brûlaient toujours lundi toujours en Nouvelle-Galles du Sud, où d'importants moyens ont été déployés afin de contenir un incendie de 400'000 hectares près de Sydney.
Une vingtaine de maisons ont été détruites dans la nuit de dimanche à lundi par un contre-feu allumé par les pompiers afin de lutter contre l'incendie le plus important.
Près de Perth, dans l'Etat de l'Australie-Occidentale, des feux menacent aussi plusieurs villes.
afp/jvia
Année particulièrement chaude et sèche
Ces incendies ravageurs sont liés, selon les scientifiques, au changement climatique et à une sécheresse prolongée qui a également épuisé les ressources en eau potable dans certaines villes et contraint des agriculteurs à abandonner leurs terres.
Des données officielles indiquent que 2019 sera l'une des années les plus chaudes et les plus sèches jamais enregistrées en Australie. Et cette semaine, le pays pourrait connaître une vague de chaleur qui, selon les prévisionnistes, devrait battre des records de température, rendant le travail des pompiers encore plus difficile.