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Le ski de fond masculin suisse se prépare avec une certaine appréhension à l'«après-Dario Cologna», une ère qui s'annonce difficile. La relève n'est pas prête, si bien que les espoirs se portent sur les femmes avec Nadine Fähndrich.
Un rapide regard sur le classement général de la Coupe du monde permet de cerner l'ampleur du problème: le meilleur Suisse, le sprinter Roman Schaad, est 47e. Quatre de ses coéquipiers (Jovian Hediger, Valerio Grond, Jonas Baumann et Candide Pralong) figurent entre la 50e et la 55e place, tandis que Dario Cologna, largué samedi et dimanche à Davos, n'est que 74e.
Equipe vieillissante
Le quadruple champion olympique et quadruple vainqueur de la Coupe du monde, âgé de 35 ans, prendra sa retraite après les Jeux de Pékin, pour lesquels il semble utopique d'attendre un ultime exploit de sa part vu sa forme déclinante. Il peut cependant encore apporter un sérieux coup de pouce au relais, discipline dans laquelle la Suisse (sans Cologna) s'est classée 8e le week-end dernier à Lillehammer.
Mais il y a un trou générationnel. Les Jonas Baumann (31 ans), Roman Furger (31 ans) ou autre Jason Rüesch (27 ans), qui devaient prendre le témoin après Cologna, n'ont pas montré à ce jour pouvoir briguer mieux qu'un top 10 ou un top 15 au haut niveau, dans un bon jour. Et les plus jeunes sont «trop tendres», sauf peut-être en sprint avec l'espoir Valerio Grond.
«Je peux comprendre l'inquiétude», confirme le Vaudois Daniel Hediger, ancien fondeur et biathlète international et consultant pour la RTS. «Il sera compliqué de retrouver un athlète dans les dix meilleurs mondiaux. L'équipe de distance est un peu vieillissante. Le fond suisse ne reverra peut-être jamais un champion comme Cologna.»
«Vivier limité»
Swiss-Ski aurait-elle raté quelque chose? «Il y a des efforts à faire pour populariser le ski nordique auprès des jeunes», reprend Hediger. «Les infrastructures sont concentrées dans les Grisons. On essaie de faire quelque chose en Suisse occidentale, mais le vivier est limité. L'Ecole suisse de ski dans la Vallée de Conches en Valais a tout pour réussir mais je n'ai vu aucun fondeur de talent en sortir depuis quinze ans.»
Alors que les Norvégiens forment chaque année plusieurs nouveaux candidats potentiels aux médailles, les Suisses s'escriment pendant des années pour espérer en voir surgir éventuellement un.
Les Suissesses sont plus compétitives, bien que moins nombreuses. Laurien Van der Graaff, médaillée d'argent du sprint par équipes aux Mondiaux d'Oberstdorf en février dernier aux côtés de Nadine Fähndrich, a porté le sprint féminin pendant presque dix ans. Un dernier coup d'éclat de sa part dans la même discipline à Pékin est possible, d'autant que sa coéquipière Fähndrich est dans la forme de sa vie.
La Lucernoise, à 26 ans, arrive à maturité et vient de décrocher avec sa 2e place en sprint à Davos son cinquième podium de Coupe du monde. Nadine Fähndrich est, aujourd'hui déjà, la nouvelle locomotive du fond suisse. Si elle n'a pas l'envergure d'un Dario Cologna, elle peut faire en sorte que la transition ne soit pas trop brutale.
ATS