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19/10/2008
Sauvetage de l'UBS: contre-projet du PS
Le parti socialiste ne veut pas du plan de sauvetage dévoilé jeudi par le Conseil fédéral. Il riposte par un contre-projet, qui prévoit deux variantes: l'une passe par une recapitalisation de l'UBS, l'autre par une amélioration minimale du projet bernois.
Intitulé «Des actions, pas des chiffons: une véritable contre partie pour la Confédération», le document a été échafaudé par le conseiller aux Etats fribourgeois Alain Berset et la conseillère nationale Susanne Leutenegger Oberholzer (BL). Il a reçu le feu vert de la direction du parti et doit encore être soumis au groupe parlementaire.
«Si l'Etat investit aussi massivement dans l'UBS, il doit aussi pouvoir exercer un véritable contrôle», a indiqué dimanche Alain Berset à l'ATS, confirmant une information de la presse dominicale alémanique. «Il n'y a aucune raison pour que la Suisse ne fasse pas la même chose que les autres pays», a-t-il ajouté.
Contre-proposition
Selon le projet du Conseil fédéral, 60 milliards de dollars d'actifs de l'UBS doivent être transférés dans une entité juridique basée aux îles Cayman, dont 54 milliards injectés par la Banque nationale suisse (BNS) qui contrôlera ce fonds, et 6 milliards par l'UBS.
Le PS veut, lui, que la Confédération et les cantons fondent une société d'investissement détenue pour un tiers par la première et à deux tiers par les seconds, une répartition qui correspond à la distribution des bénéfices de la banque nationale. La société serait également de droit suisse.
L'UBS serait recapitalisée par les pouvoirs publics, d'une part par l'emprunt à conversion forcée de 6 milliards de francs de la Confédération, d'autre part par une nouvelle augmentation de capital à hauteur du montant dont dispose la société d'investissement.
Second scénario
Si la recapitalisation constitue pour le PS la véritable alternative, le parti prévoit aussi un second scénario, qui constitue une amélioration minimale de la solution proposée par les pouvoirs publics.
Le PS s'indigne du fait que le Conseil fédéral et la BNS aient choisi de légiférer «comme en temps de guerre» par voie d'ordonnance pour allouer cette somme. Et ce, alors que la demande du PS de convoquer les Chambres fédérales en session extraordinaire ouvrait la voie à une procédure «aussi rapide que démocratiquement légitime». La décision incombe au Parlement, sous forme d'un arrêté fédéral, écrit-il dans son document.
Pour éviter que les bénéfices ne soient privatisés et les pertes socialisées, le PS veut aussi que les pertes de la société de portage soient entièrement couvertes par des actions UBS. Les 100 millions d'actions UBS prévues par le projet fédéral pour ce cas de figure - et représentant environ 2 milliards de francs au cours actuel - sont parfaitement insuffisantes, estime le parti.
J’ai des doutes sur les connaissances financières de Monsieur Alain Berset qui est pourtant docteur es sciences économiques de l’université de Neuchâtel. Monsieur Berset compare la Suisse aux autres pays européens alors que la taille de l’UBS est largement plus grande que la plupart des grandes banques étrangères. Si en plus en tient compte de la proportion des pays, le contrôle de l’UBS par l’Etat devient presque suicidaire ! De plus, sa proposition de reprendre les proportions Confédération/Cantons d la distribution des bénéfices de l’UBS pour racheter l’UBS montre une injustice non négligeable. En effet, les cantons ne reçoivent pas dans les mêmes proportions les impôts payés par l’UBS ou ses cadres ! Si Monsieur Berset avait la moindre idée sur les marchés boursiers, il se rendrait compte qu’une augmentation de capital comme il la propose ferait automatiquement tomber l’action UBS à moins de 10 francs par l’unique effet de dilution.
En faisant chuter pareillement le cours de bourse de l’action, il dissuaderait définitivement
Tous les établissements financiers à faire confiance à l’UBS et à la financer dans ses besoins courants, ce qui est, ne l’oublions pas, le problème actuel de l’UBS.
Monsieur Berset veut changer le traitement du malade sans avoir fait le bon diagnostic !
Heureusement qu’au PS il y a Jean Studer, un autre élu (mais élu aux affaires, lui) choisirait le traitement du gouvernement. De la théorie à la pratique, les socialistes ne sont pas les mêmes…