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Bien que l’obésité atteigne des niveaux épidémiques parmi les patients présentant des troubles psychiatriques graves, cette population est habituellement exclue des interventions explorant la perte pondérale induite par des modifications comportementales. Cette étude multicentrique a spécifiquement inclus des personnes fréquentant des centres psychiatriques ambulatoires, type hôpital de jour. Les patients ont été répartis aléatoirement en un groupe intervention, qui bénéficiait d’enseignements individuels et collectifs avec des séances d’exercices en groupe, et un groupe témoin. La perte pondérale était évaluée à 6, 12 et 18 mois. 291 personnes ont été incluses (58% schizophrénie ou troubles schizo-affectifs, 22% troubles bipolaires et 12% dépressions majeures), d’âge moyen 45 ans, 50% d’hommes avec un IMC moyen de 36,3 kg/m2. La perte pondérale était croissante au cours de l’étude dans le groupe intervention, pour atteindre -3,2 kg à dix-huit mois (IC 95% : -5,1 à -1,2), ou -3,4% du poids initial, pour un poids stable dans le groupe témoin. Il n’y a pas eu d’effet secondaire lié à l’intervention. Les auteurs concluent qu’une intervention comportementale est à même d’entraîner une perte de poids régulière dans une population obèse souffrant de troubles psychiatriques sévères.
Commentaire : même si le niveau de perte pondérale obtenu peut sembler modeste, il est du même ordre que celle obtenue dans une population moins sélectionnée et entraîne une réduction significative du risque cardio-vasculaire. Le message de cette étude est encourageant et devrait motiver les soignants à aborder activement la problématique de l’obésité dans une population où l’on a souvent tendance à la banaliser en anticipant un échec de prise en charge.