Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06978.jsonl.gz/389

Toute petite, le chant était déjà présent à l'église dont le père de Barbara Hendricks était pasteur. Elle dit d'ailleurs dans son autobiographie que ses premiers chants ont été des négrospirituals chantés dans la paroisse paternelle.
"Dans cette église rurale, on chantait a capella. Des fois, quelqu'un commençait à chanter et les autres le suivaient: on faisait communauté en chantant ensemble", se souvient-elle dans l'émission Babel.
Mais Barbara Hendricks a aussi connu la ségrégation raciale dans les Etats-Unis des années 50, avec ses assassinats et ses injustices, comme celle qui l'a touchée de près, en Arkansas, quand neuf élèves afro-américains ont été empêchés par les ségrégationnistes de suivre les cours à l'école de la Little Rock High school. Elle habitait la même ville et elle avait 8 ans: "J'ai compris que je pouvais être haïe à cause de la couleur de ma peau. Mes parents jusque-là m'avaient protégée de tout cela. Mais j'ai alors saisi que le sentiment diffus de peur qui m'habitait avait sa racine dans cette politique de ségrégation."
Respect de l'autre
Le respect de l'autre a depuis toujours été l'une de ses valeurs chevillées au corps. Elle en appelle à la Déclaration universelle des droits humains pour souligner que nous sommes tous nés libres et égaux: libres en dignité et en droits. "Et nous devons interagir dans un esprit de fraternité", relève-t-elle. "Ce n'est pas toujours facile, mais nous devons avoir cela comme objectif: essayer de regarder l'autre comme j'aimerais qu'il me regarde."
Ouvrir son cœur
Aujourd'hui ambassadrice de bonne volonté du Haut-Commissariat aux réfugiés, elle indique que les migrants et les réfugiés sont nos frères, nos sœurs et nos enfants. "Si on était à leur place, quel accueil aimerait-on recevoir? C'est la question que l'on doit se poser. Et les gens qui ont ouvert leur cœur aux Ukrainiens, j'aimerais leur demander de l'ouvrir encore un tout petit peu plus pour celles et ceux qui viennent de plus loin, qui sont culturellement davantage différents."
Mais l'entraide et la solidarité commencent déjà pour elle dans son quartier, de façon toute simple, en faisant des courses pour le voisin qui ne peut plus porter des choses lourdes: "Ouvrir son cœur est un exercice, qui devient petit à petit toujours plus facile."
Médiation et prière
Ce qui la ressource? "Je commence tous les jours par un moment de méditation et de prière", dit-elle tout de go. Et puis il y a la famille, la nature… "qui me dit que je fais partie d'un ensemble qui est plus grand que moi". Et si l'avenir ne semble a priori pas très engageant, elle invite la jeune génération à s'y engager, parce que "ça vaut la peine de lutter".
Et de citer Martin Luther King qui a dit que si on ne pouvait pas voler, il fallait courir. Que si on ne pouvait pas courir, il fallait marcher. Que si on ne pouvait pas marcher, il fallait grimper. Bref, continuer d'avancer! "Parce que cela procure aussi de la joie."
Gabrielle Desarzens/RTSreligion