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Il y a trois ans exactement qu'un tsunami dévastait les côtes du sud-est asiatique. Mercredi, des cérémonies commémoratives ont été organisées sur les lieux de l'une des pires catastrophes naturelles des temps modernes.
Côté suisse, les principales œuvres d'entraide tirent un bilan positif de l'aide à la reconstruction.
En Indonésie, des prières collectives ont réuni les fidèles en plein air ou dans les mosquées à travers la province d'Aceh, dans le nord de l'île de Sumatra, où l'on a déploré 168.000 morts. Dans la province côtière de Banten, un exercice de sauvetage simulant une alerte au tsunami a mobilisé près de 9000 personnes.
Le Sri Lanka, qui a déploré 31'000 morts, a commémoré la catastrophe en inaugurant un pont modèle offert par la Corée du Sud dans la ville côtière méridionale de Matara. En Inde, où 16'000 personnes ont trouvé la mort, on observait des rassemblements de pêcheurs le long des plages qui avaient vu le déchaînement des éléments.
En Thaïlande, des moines bouddhistes se sont rassemblés sur les rives de la Mer d'Andaman pour une cérémonie à la mémoire des 5400 disparus, pour moitié des vacanciers étrangers.
Bilan positif
Trois ans après la catastrophe, la Chaîne du Bonheur a tiré un bilan positif de l'aide apportée aux victimes. Sur les 227 millions de francs récoltés, 204,3 millions ont été dépensés ou réservés à des projets approuvés. Le solde servira au financement de projets à long terme, a-t-elle annoncé.
L'aide suisse visait les cinq pays les plus touchés par le raz-de-marée, soit le Sri Lanka, l'Indonésie, l'Inde, la Thaïlande et la Somalie. En collaboration avec 27 organisations d'entraide partenaires, elle a permis de réhabiliter ou reconstruire 15'000 maisons, des hôpitaux et des écoles.
Des villages de pêcheurs ont été fortement soutenus et plusieurs milliers d'enfants traumatisés ont été pris en charge. Des milliers de personnes ont également suivi des cours de formation et de reconversion. La plupart des projets sont réalisés en tenant compte des exigences liées au développement durable.
La Chaîne du Bonheur a cependant reconnu que ses organisations partenaires ont rencontré des difficultés «dans les régions où la zone de sécurité a été modifiée à posteriori et dans les régions du Sri Lanka où la guerre civile a repris». Des évaluations ont été confiées à des experts indépendants afin de lutter contre la corruption.
Expertises
La Direction suisse du développement et de la coopération (DDC) indique de son côté que son programme de reconstruction d'écoles au Sri Lanka suit son cours conformément aux plans établis. Deux expertises sur la gestion de ses projets dans cette région dévastée par le tsunami ont donné des résultats positifs.
Ces deux expertises ont été menées par PricewaterhouseCoopers (PWC) et un expert indépendant sri-lankais. La DDC a diffusé le détail de ces deux rapports sur son site internet.
Une troisième expertise, qui concerne un programme de reconstruction de maisons d'habitation, est en préparation. Pour mémoire, la DDC a mandaté ces enquêtes suite à des accusations de mauvaise gestion qui sont apparues ces derniers mois dans les médias.
Les expertises certifient que la DDC a une comptabilité en bonne et due forme et mène un controlling correct. En outre, elles jugent que la qualité des bâtiments et les progrès en matière de construction sont bons. Les experts n'ont toutefois examiné que quatre des huit projets d'écoles: une des constructions a en effet dû être temporairement interrompue pour des raisons de sécurité et la réalisation des trois autres a été confiée à des œuvres d'entraide.
Enquête parlementaire
Actuellement, la commission de gestion de la Chambre haute du Parlement mène elle aussi une enquête sur la gestion par la DDC du programme de reconstruction de maisons au Sri Lanka. Elle entend ainsi vérifier les critiques lancées par l'ancien délégué en chef de la Croix-
Rouge suisse (CRS), Max Seelhofer.
Dans une interview, ce dernier avait déclaré que des millions de francs avaient été utilisés de manière inefficace à cause d'une mauvaise gestion du programme.
swissinfo et les agences
En bref
Le 26 décembre 2004, un séisme marin au large de la province indonésienne d'Aceh a provoqué un gigantesque tsunami qui a ravagé les côtes du sud-est asiatique et même – dans une moindre mesure – d'Afrique.
Cette catastrophe a provoqué 220'000 morts recensés. Les pays les plus touchés ont été l'Indonésie, la Thaïlande, l'Inde et le Sri Lanka. Les Nations Unies ont parlé de plus de 300'000 victimes. Mais le bilan définitif ne sera jamais connu avec une précision absolue.
Le tsunami a aussi eu des répercussions dans bon nombre de pays occidentaux, puisque de nombreux touristes ont perdu la vie. La Suisse a déploré 60 morts et 65 disparus.