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4 février 2003, 8 ans après l'idée du pont de la Poya, les citoyens se posent toujours des questions sur la réalisation du projet.
Question de Nicolas Betticher et François Weissbaum
Le pont de la Poya est souhaité par tous les partis et les citoyens. Les différents projets esquissés n'ont pas satisfait pleinement pour l'instant. Faire aboutir les automobilistes de la Singine et du Schönberg dans le périmètre de la patinoire pose la question de la surcharge du trafic sur l'axe nord-est (Granges-Paccot et Fribourg centre).
Le projet " pont de la Poya " trouvait sa pleine justification à l'époque où la ville ne s'étendait que jusqu'au parc de la Poya. Aujourd'hui l'agglomération couvre toute la zone urbanisée qui se déploie jusqu'à Englisberg.
La question que nous posons au Conseil d'Etat est la suivante : Le Conseil d'Etat a-t-il entrepris la réflexion sur une autre solution qui pourrait venir compléter le projet " pont de la Poya ", voire le remplacer ? II s'agit de prévoir une route cantonale partiellement recouverte qui relierait les hauts du Schönberg et Räsch et permettrait un nouvel accès sur l'autoroute.
Explication : La population de la Singine et du Schönberg désireuse de se rendre à Berne passe aujourd'hui déjà par Guin afin de rejoindre l'autoroute. Cette commune se voit dès lors confrontée à une surcharge de trafic, spécialement aux heures de pointe. Le Conseil d'Etat a évoqué ce problème dans son programme de législature. L'accès à l'autoroute à Räsch permettrait de décharger, en partie, le trafic dans la commune de Guin.
La population de la Singine et du Schönberg qui veut se rendre dans les zones industrielles de Granges-Paccot, Givisiez, Moncor, Villars-sur-Glâne, Matran, etc. pourrait également profiter de cette ceinture autoroutière, via Räsch, pour se rendre à son lieu de travail.
En ce qui concerne l'accès au centre ville, il s'agirait d'établir, de manière précise, les meilleurs emplacements des cloisonnements prévus aujourd'hui, notamment pour le trafic passant par le Pont de Zaehringen.
Les instances fédérales consultées estiment que cette réflexion mérite une étude. II convient de rappeler que tout projet de modification d'accès sur une autoroute suisse ne pourrait pas être réalisé avant 5 à 10 ans. Nous croyons savoir que le projet " pont de la Poya " risque de subir le même échéancier.
Nous remercions le Conseil d'Etat d'entreprendre toutes les études nécessaires en la matière.
Réponse du Conseil d'Etat
Le 9 février 1995, le Grand Conseil acceptait la motion des députés Bernard Garnier et Jacques Stephan visant à l'intégration du pont de la Poya au réseau des routes cantonales. Le 10 mai 1996, il a voté le décret relatif à l'ouverture d'un crédit d'engagement pour les études complémentaires, les acquisitions de terrains et les fouilles archéologiques en vue de la construction du pont et de la galerie de la Poya à Fribourg. Depuis lors, la question du tracé s'est évidemment posée.
II convient de rappeler ici que la Ville de Fribourg a, pendant plusieurs décennies, analysé en détail la problématique du tracé de la liaison entre la rive droite de la Sarine et l'autoroute. Sur ces bases, et en accord avec la Ville de Fribourg, les objectifs du projet ont été fixés comme suit :
- Dévier le trafic du centre historique de la ville pour protéger le Bourg et la Cathédrale contre les nuisances du trafic.
- Assurer la liaison entre les différents quartiers de la Ville de Fribourg.
- Assurer la liaison d'une partie du district de la Singine et du quartier du Schönberg avec la route nationale A12.
Pour atteindre ces objectifs, il convient d'assurer le raccordement à l'autoroute par un projet passant au plus près du centre ville.
Le Conseil d'Etat constate qu'une liaison entre les Hauts du Schönberg et Räsch permettrait d'assurer le troisième objectif, mais pas les deux premiers. En effet, l'allongement des trajets serait tel qu'un tel tracé ne serait que peu attractif. Le report du trafic sur d'autres itinéraires, en cas de fermeture du Bourg, se ferait essentiellement sur la Basse-ville, ce qui n'est pas souhaité. De plus, l'allongement de ces trajets induirait une charge environnementale beaucoup plus importante, par une consommation supplémentaire de carburant.
Pour ces raisons, le Conseil d'Etat veut maintenir le projet Poya, entre le carrefour de Bellevue au Sud (route de Berne) et le secteur de St-Léonard. Le tracé définitif n'est pas encore arrêté et fait encore l'objet d'études.
Comme le soulignent les auteurs de la question, le Conseil fédéral a décidé que la priorité en matière de routes nationales se situait dans l'achèvement du réseau des routes nationales, avant d'entreprendre toute modification de celui-ci et de nouvelles jonctions. Or, l'achèvement du réseau des routes nationales est actuellement prévu pour 2015. Même à partir de cette date, il n'est pas certain que la Confédération entre en matière sur un nouvel accès autoroutier dans cette région. Cela paraît incompatible avec l'urgence qu'il y a à protéger le quartier du Bourg et à réorganiser la circulation dans la Ville de Fribourg.
En ce qui concerne l'accès au centre ville, les cloisonnements envisagés sont étudiés dans le cadre du projet général de la CUTAF qui est en cours d'élaboration.
En conclusion, le Conseil d'Etat constate que les propositions de tracé faites par les auteurs de la question ne sont pas compatibles avec tous les objectifs du projet Poya, objectifs qu'il entend maintenir. La problématique de la traversée de Düdingen, avec les difficultés qui sont connues, fait l'objet d'études réalisées par la Direction de l'aménagement, de l'environnement et des constructions, en relation étroite avec la commune de Düdingen.
Fribourg, le 4 février 2003