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Si l'emploi va mieux dans la zone OCDE et a retrouvé son niveau "d'avant crise", la croissance des salaires est en revanche "plus morose". L'organisation s'inquiète de leur stagnation, en particulier pour les "travailleurs les plus faiblement rémunérés".
"Il y a une reprise de l'emploi partout, le problème c'est que les salaires ne répondent pas", a expliqué mercredi Angel Gurria, le secrétaire général de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), en présentant les perspectives de l'emploi OCDE 2018.
"La croissance des salaires reste beaucoup plus morose qu'avant la crise financière", relève en effet l'OCDE. "Si les pays ne parviennent pas à rompre avec cette tendance, la confiance à l'égard de la reprise économique sera compromise et les inégalités se creuseront sur le marché du travail", poursuit-elle.
"Ce qui est plus inquiétant encore, c'est que la stagnation des salaires touche beaucoup plus les travailleurs faiblement rémunérés que ceux qui se situent au sommet de l'échelle des salaires", met en garde l'organisation. "Ces dernières années, les revenus du travail réels des 1% les mieux rémunérés ont augmenté beaucoup plus rapidement que ceux des travailleurs à temps plein médians, accentuant une tendance déjà bien installée", ajoute-t-elle.
Plusieurs facteurs de stagnation
"La tendance au redressement de l'emploi sans progression parallèle des salaires met en évidence non seulement les changements structurels à l'oeuvre dans nos économies, que la crise financière a accentués et accélérés, mais aussi l'impérieuse nécessité pour les pays de soutenir les travailleurs, et plus particulièrement les moins qualifiés", souligne-t-elle.
L'OCDE explique cette "stagnation des salaires" par plusieurs "facteurs": "faible niveau de l'inflation", "ralentissement marqué de la productivité" et "accroissement des emplois à bas salaire".
S'agissant de la France, où la baisse du chômage "se poursuit", l'OCDE estime que "la reprise française est à mi-parcours" et note aussi "une hausse des salaires limitée depuis fin 2012". Elle explique que le taux d'emploi, c'est-à-dire l'utilisation des ressources de main d'oeuvre disponibles, est en France "bien en deçà de la moyenne de l'OCDE".
Concernant la "qualité de l'emploi" et "l'inclusivité du marché du travail", la France affiche de meilleurs résultats que la moyenne. Mais, relève l'OCDE, il y a "un écart de taux d'emploi des groupes défavorisés relativement élevé par rapport la moyenne de l'OCDE, notamment pour les jeunes".