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Zürich, 21.09.2017
La cour suprême du Brésil a franchi mercredi une étape vers l'ouverture d'un procès contre le président Michel Temer en rejetant un appel de ses avocats pour bloquer la procédure. Celle-ci a toutefois peu de chances d'aboutir.
Le vote de six juges sur onze permet de soumettre la demande en mise examen du chef de l'État à la chambre des députés. Il s'agit d'un nouveau revers pour M. Temer, 76 ans, qui a multiplié les recours pour tenter de freiner une procédure qui pourrait lui coûter son mandat.
Si les deux tiers des parlementaires considèrent cette demande recevable, le président sera alors écarté du pouvoir pour six mois, le temps d'être jugé. Cette éventualité est néanmoins jugée peu probable par la plupart des analystes en raison du fort soutien dont dispose M. Temer à la chambre basse.
Obstruction à la justice
En juin, une autre demande de mise en examen avait été présentée pour "corruption passive", mais le président était parvenu à sauver son mandat en obtenant une large majorité au Parlement.
La seconde demande concerne deux autres chefs d'accusation, pour "obstruction à la justice et participation à une organisation criminelle".
Le président est accusé d'être le "leader d'une organisation criminelle" qui aurait détourné 587 millions de réaux (environ 180 millions de francs au taux de change actuel). Des dessous de table auraient été versés notamment dans l'objectif d'obtenir des faveurs pour des entreprises privées cherchant à décrocher des contrats avec des compagnies d'État, comme le géant pétrolier Petrobras.
Michel Temer est arrivé à la tête du Brésil en mai 2016, remplaçant Dilma Rousseff (gauche), dont il était le vice-président, destituée pour maquillage des comptes publics.
Son mandat a été entaché de nombreux scandales de corruption qui éclaboussent aussi un grand nombre de ses proches collaborateurs, mais il est parvenu à s'accrocher au pouvoir contre vents et marées.