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La vente des réserves d’or de la Banque nationale devrait rapporter autour de 30 milliards de francs. Pourquoi ne pas investir cette somme de manière à ce que tous les habitants du pays en profitent ? Par exemple en donnant aux collectivités locales la possibilité d’acquérir des terrains. C’est une idée propagée par l’INWO (Initiative für eine natürliche Wirtschaftsordnung). Cette association, implantée surtout en Suisse alémanique, perpétue les idées de Silvio Gesell (1862-1930), un commerçant germano-argentin qui a théorisé une économie de marché sans capitalisme, «un ordre économique naturel ». L’an passé, l’INWO a tenté, par les voix de l’écologiste zurichoise Ruth Genner et du socialiste bâlois Remo Gysin, de faire adopter une motion à la Commission de l’économie et des redevances du Conseil national. Mais devant les réticences de leurs groupes respectifs, les deux députés l’ont retirée. Il vaut la peine de rappeler les termes de cette proposition intitulée Transformer les réserves d’or en propriété foncière. «La Commission de l’économie et des redevances est appelée à examiner la possibilité d’affecter le produit de la vente des réserves d’or de la Banque nationale suisse à l’acquisition de terrains. Cette option garantit le maintien de la valeur réelle de ce patrimoine et à cet égard elle répond parfaitement à l’objectif défini par le Conseil fédéral dans le cadre des critères de décision fixés le 29 janvier 2003. Des rendements réguliers et à long terme constituent un autre avantage de cette solution». Le produit de la vente aurait dû être réparti en fonction du nombre d’habitants (3 000 francs par habitant) et de la superficie de chaque commune (environ 500 000 francs par km2). Les communes doivent investir la somme reçue dans un délai de cinq ans et remettre les terrains acquis en droit de superficie ou sous forme de bail à ferme. Si une commune ne le fait pas, elle doit restituer chaque année 20% du solde non investi, à partir de la sixième année. Les sommes restituées sont redistribuées à des communes actives ayant des projets d’acquisition de terrains.Winston Churchill, comme beaucoup de politiques de droite et de gauche, d’économistes et de philosophes, faisait une distinction entre propriété privée mobilière et immobilière. «Le sol se différencie de toutes les autres formes de propriété. Le sol est un besoin vital pour l’être humain qui ne peut être spolié». Tout comme l’air et l’eau ! La bonne idée ne demande qu’à être reprise. Ne serait-ce que pour ouvrir le débat.
Le site Internet www.geldreform.de propose
en français des informations sur Silvio Gesell.