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Dans un mémoire de fin d’études sur la pensée symbolique, un étudiant décrit la transition de la pensée religieuse mythologique à la pensée symbolique dans la Grèce des grands philosophes. La pensée religieuse était incarnée dans la mythologie et les dieux qui la peuplaient, racontant l’histoire humaine comme on peut la lire dans diverses cosmogonies: proche de la science-fiction.
La pensée symbolique a commencé à distinguer le fait religieux de la connaissance de la nature et de l’humain. L’observation du monde environnant a progressivement remplacé la croyance dans les mythes. La pensée grecque, le «miracle» grec comme on le nomme, a permis de porter la pensée humaine à un haut niveau d’abstraction et de mettre en place les fondements de sciences comme les mathématiques et l’astronomie.
La Grèce est passée du «Mythos» au «Logos», soit à une pensée plus rationnelle et argumentée.
Il m’intéresse de savoir qu’à cette époque ancienne déjà, de nombreux humains ont eu besoin de se distancer des croyances liées à une foi invérifiable et de se tourner vers une démarche de connaissance du monde et de soi plus rigoureuse et si possible démontrable.
Le polythéisme, comme l’animisme, laissent à l’humain une grande liberté par rapport aux religions monothéistes révélées. Globalement elles sont manichéennes: il n’y a pas d’autre espace que le Bien ou le Mal. Avec comme injonction la soumission à Dieu sous peine de sanctions possiblement éternelles. Aucune religion ne devrait utiliser la peur, la menace, la sanction. Ce ne sont pas des religions d’amour. Quelles que soient les contorsions intellectuelles utilisées pour justifier la fureur de Dieu, il n’y a aucun intérêt à suivre une religion qui vous met sous pression, vous juge, est prête à vous envoyer en enfer, joue au chantage - car la promesse de béatitude pour les «bons élèves» et de punition pour les «mauvais» est le chantage habituel que l’on connaît dans toute éducation. A cela je ne pourrais plus jamais adhérer. Pour une religion d’amour dépouillée de toute menace et sanction, il faut encore attendre.
Quand donc Dieu parlera-t-il aux humains comme à des adultes?
Le polythéisme ou l’animisme offrent des variantes par rapport au manichéisme: les dieux ne sont ni tout bons ni tout mauvais, il y a plus de nuances, et ils sont plus nombreux, représentant diverses facettes de l’humain. Il y a donc plus d’espace de choix pour l’humain.
Comment donc envisager dieu dans l’ensemble des représentations du monde faites pour trouver du sens à notre existence? En général, on naît dans une religion et on y reste parce qu’il est difficile de mettre en question quelque chose que l’on vit depuis l’enfance. On croit parce que d’autre croyaient avant nous ou autour de nous.
Pourtant on pourrait envisager la quête d’un sens à la vie sous l’angle suivant: Dieu offre-t-il une réponse satisfaisante ou non? Et y a-t-il mieux? Car on peut très bien comparer les religions entre elles comme des produits. Dans la mesure où elle annoncent chacune des améliorations ou des compléments par rapport à la précédente, elles se placent dans une logique de marché. Y a-t-il mieux que Dieu? Quel besoin Dieu remplit-il, que je pourrais remplir autrement et de manière plus aboutie?
Si la religion est la réponse pour certains, c’est leur choix. Pour autant que ce soit un choix libre et non une contrainte du milieu ou une peur de la damnation. Dans les religions révélées, Dieu s’impose sans discussion. Je préfère discuter et soupeser raisonnablement.
Si Dieu doit remplir un besoin de sens, je n’ai pas trouvé de réponse à ma quête dans les religions. Je trouve plus de clarté dans la philosophie et la science que dans les religions, et j’accepte de vivre sans avoir toutes les réponses. A part de revivre d’éventuelles réminiscences de mon enfance, je ne sais pas à quoi Dieu pourrait me servir, et encore moins les religions.
Envisager Dieu sous l’angle du besoin éventuel qu’il peut remplir, c’est sortir de cette dualité stérile de savoir s’il existe ou pas. Si je n’en ai pas besoin il n’existe pas pour moi. Dans le cas contraire il existe.
Mais, à dire vrai, je ne sais pas si les humains pourraient se gouverner sans la peur de la damnation, sans la terreur ou la sanction.