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Les députés militaires birmans estiment que le texte, actuellement débattu au Parlement et visant à créer une nouvelle fonction pour Aung San Suu Kyi, est inconstitutionnel. De quoi déclencher le premier bras de fer entre l'armée et le nouveau gouvernement.
"Cela ne respecte pas la Constitution. Je voudrais donc suggérer que le projet de loi soit modifié conformément à la Constitution", a lancé vendredi le colonel Myint Swe devant les parlementaires.
Des militaires non élus composent un quart des députés au sein du Parlement, qui examine depuis jeudi un texte visant à créer la fonction de conseillère spéciale pour la lauréate du prix Nobel de la paix.
D'après Myint Swe, le texte placerait "le président et la conseillère spéciale au même niveau". Cette question de l'accession d'Aung San Suu Kyi aux plus hautes fonctions est une ligne rouge infranchissable pour l'armée birmane. Pour le colonel Hla Win Aung, ce texte "détruit" l'équilibre entre les différents pouvoirs.
Au-dessus du président
La dame de Rangoun, empêchée de devenir présidente en raison d'une Constitution héritée de la junte, avait annoncé qu'elle voulait être "au-dessus" du président. Elle a, dans ce but, placé à ce poste Htin Kyaw, un homme de sa garde rapprochée, considéré comme sa doublure.
La Constitution interdit la fonction présidentielle à quiconque a des enfants de nationalité étrangère, ce qui est le cas d'Aung San Suu Kyi, qui a deux fils britanniques.
Mercredi, le président et les ministres, dont Aung San Suu Kyi, ont prêté serment.
Texte approuvé
Le texte a été approuvé vendredi par la Chambre haute, largement dominée comme la Chambre basse par la Ligue nationale pour la démocratie, le parti d'Aung San Suu Kyi.
Pour le président NLD de la Chambre haute, Zaw Min "il est trop tôt pour dire si le texte est en opposition avec la Constitution".
Aung San Suu Kyi, seule femme de l'équipe gouvernementale, a pris la tête d'un super ministère (comprenant notamment les Affaires étrangères, l'Education, l'Energie et les relations avec la présidence). Son nouveau rôle de conseillère spéciale, conçu pour cinq années, lui permettrait d'avoir accès à l'Assemblée, alors qu'elle a été contrainte de renoncer à son siège parlementaire pour intégrer le gouvernement.
ATS