Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06867.jsonl.gz/1271

De nombreux gouvernements européens tentent d’augmenter l’âge de la retraite mais, peu nombreuses sont les études qui nous permettent d’ajouter une dimension de santé et de bien-être à la réflexion économique. La retraite est-elle une bonne ou une mauvaise chose dans le parcours de vie ? Est-elle, par exemple, associée à une diminution de l’incidence des maladies chroniques, de la fatigue et de la dépression ? Voilà la question qui est soulevée par cette étude française, longitudinale (11 246 hommes et 2858 femmes recrutés chez EDF et GDF). Les observations ont commencé sept ans avant la retraite et se sont poursuivies jusque sept ans après. Les pathologies respiratoires, le diabète, la maladie coronarienne, la fatigue mentale et physique ont fait l’objet d’une appréciation annuelle durant une période de quinze ans (autoévaluation par les participants). Les symptômes dépressifs ont été relevés, sur la base des déclarations des participants, à quatre reprises. La moyenne des mesures répétées par participant était de 12,1. L’âge moyen du départ à la retraite était voisin de 58 ans. Les résultats montrent que la retraite est associée avec une diminution de la prévalence aussi bien de la fatigue mentale que physique. Cette tendance est la plus marquée chez ceux qui présentaient au moins une maladie chronique à l’entrée dans l’étude. On observe également que les employés appartenant au groupe le plus élevé hiérarchiquement présentent moins de fatigue physique dans les années précédant la retraite que ceux appartenant aux niveaux intermédiaire et bas. Une diminution majeure des symptômes dépressifs a également été observée. La prévalence cumulée des maladies chroniques augmente simplement avec l’âge, sans infléchissement de la tendance autour de la retraite.
Commentaire : La retraite a donc un impact positif sur la fatigue et la dépression, mais pas sur la prévalence des maladies chroniques. C’est néanmoins sur les malades chroniques que le bénéfice en termes de réduction de fatigue est le plus net. Même si nous en avons peu parlé dans ce court résumé, on observe sans surprise dans cette étude une influence du niveau de hiérarchie sur l’état de santé. Le départ statutaire à 55 ans des employés français est une limitation pour une exportation de ces résultats dans un contexte helvétique. Néanmoins, si nous observons chez nos voisins une augmentation de la prévalence de l’état de fatigue à partir de 50 ans dans les niveaux hiérarchiques moyens et bas, cela devrait nous rendre d’autant plus attentif à des besoins d’aménagement du rythme et du temps de travail dans notre pays.