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Alex Zuelle, Laurent Dufaux et Armin Meier, comme tous leurs coéquipiers de l´équipe Festina, avaient été exclus du Tour de France 1998. Déjà punis, les Suisses ne comparaissent pas devant le tribunal de Lille dans le procès qui s´est ouvert lundi.
«Je ne désire pas m'exprimer encore sur cette histoire, j'ai déjà tout dit. Mon nom y est d'ailleurs par trop associé», déclare Laurent Dufaux avant de poursuivre «je vais bien entendu suivre le procès qui s'est ouvert à Lille lundi, ce sera un procès médiatique et politique».
Interpellé le 18 juillet et entendu à l'Hôtel de Ville de Lyon, Laurent Dufaux avoue, comme ses coéquipiers et compatriotes suisses Alex Zuelle et Armin Meier, avoir pris des substances illicites pour améliorer ses performances. Tous trois ont été condamnés le 30 septembre 1998, par la Fédération cycliste suisse, à huit mois de suspension avec effet immédiat.
Deux ans plus tard, c'est donc au tour Richard Virenque et des membres de l'entourage de l'équipe Festina de payer. Virenque, quintuple meilleur grimpeur du Tour de France, a toujours nié s'être approvisionné en produits dopants et avoir incité ses coéquipiers à le faire. Il n'admet, qu'à demi-mots, avoir pris ce qu'il pensait «être des vitamines, des fortifiants» et s'être «plié aux décisions de l'équipe». Il risque deux ans de prison.
Les neuf autres prévenus, dont l'ex-soigneur et l'ancien directeur sportif de Festina, risquent un maximum de dix ans de prison pour «infraction à la législation sur les stupéfiants, importation en contrebande de médicaments et infraction à la loi sur le dopage».
L'origine de ce procès remonte au Tour de France 1998. Le 8 juillet, l'ex-soigneur de Festina, Willy Voet, tente de rejoindre, en voiture, le départ de la Grande Boucle à Dublin. Il est interpellé par les douaniers à la frontière franco-belge. Ces derniers découvrent une cargaison de plus de 400 flacons de produit dopant à l'arrière de son véhicule. Le 17 juillet, Bruno Roussel, patron de l'équipe, est mis en examen et écroué. Le lendemain, l'équipe Festina dans son ensemble est exclue du Tour de France.
Le monde de la petite reine a déraillé en été 1998. L'affaire Festina a révélé au grand jour le problème du dopage dans le sport. Elle a condamné du même coup le cyclisme à rester le bouc-émissaire d'un problème pourtant présent dans bien des disciplines. Par son ampleur, le procès qui a débuté lundi dépasse les griefs reprochés aux dix prévenus et les débats vont s'étendre à la question du dopage généralisé.
C'est dire si le dossier est brûlant. Au point que du côté de l'Union cycliste internationale, personne n'a désiré s'exprimer sur le sujet. Le seul habilité à prendre position étant, le président hollandais Hein Verbruggen, partie civile au procès, mais en Chine jusqu'à mercredi.
Mathias Froidevaux