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Dans un rapport paru lundi, le gouvernement suisse évalue l'impact de sa stratégie en faveur du développement durable, lancée il y a trois ans. Les mesures de réduction du CO2 permettront à Berne de remplir ses engagements internationaux.
Le gouvernement suisse s'est donné jusqu'à 2010 pour réduire de 10 pour cent les émissions de gaz carbonique. C'est l'un des huit objectifs qu'il avait fixés en 1997 pour concrétiser le concept de développement durable.
Selon Pierre-Alain Rumley, directeur de l'Office fédéral du développement territorial - qui coordonne les efforts en matière de développement durable -, le récent refus populaire de nouvelles taxes énergétiques ne devrait donc pas empêcher d'atteindre cet objectif.
Outre sa politique énergétique, la Suisse a également fait des progrès en matière de transports et de politique agricole. Selon Arthur Mohr, de l'Office fédéral de l'environnement, la limitation du trafic automobile engendre encore beaucoup de difficultés: «comme il n'existe pas de constructeur automobile suisse, il est difficile d'imposer des véhicules à faible consommation. Mais nous allons tenter de trouver des solutions dès janvier en discutant avec les importateurs de voitures».
Mais le développement durable ne s'occupe pas que d'environnement. Ce concept, lancé en 1987 par la commission Bruntland et repris par 182 Etats lors du sommet de la Terre à Rio en 1992, veut en effet conjuguer la protection de l'environnement avec l'efficacité économique et la solidarité sociale.
Ce vaste programme n'est applicable que sur le long terme (20-30 ans), alors que les politiciens sont avant tout préoccupés par le court terme. Arthur Mohr, de l'Office fédéral de l'environnement, estime néanmoins que l'idée fait son chemin chez les parlementaires fédéraux comme au niveau des cantons et des communes.
Reste que sur les 3000 communes de Suisse, une cinquantaine seulement cherche à concrétiser les exigences du développement durable à travers l'adoption de l'agenda 21, un catalogue de mesures définis à Rio en 1992.
Mais la plupart des grandes villes suisses l'ont inscrit dans leur politique. Quant à la Confédération, elle va continuer son effort en adoptant à la fin de l'année prochaine un nouveau programme d'action encore plus ambitieux que la stratégie qu'elle a définie en 1997.
De leur coté, les milieux économiques se montrent coopératifs. «Ils sont en général d'accord sur les grands principes. Mais il est plus difficile de s'entendre sur des mesures spécifiques», relève tout de même Pierre-Alain Rumley.
Les entreprises n'ont en effet guère envie d'appliquer des mesures qui augmenteraient leur frais de production et donc les prétériteraient face à la concurrence internationale.
D'où l'importance d'une collaboration internationale. Dans deux ans, une conférence internationale va d'ailleurs permettre de faire le point, dix après le sommet de la Terre.
Dans cette optique, la Suisse va lancer une étude comparative sur l'ensemble des pays industrialisés. Mais Pierre-Alain Rumley estime déjà que la Suisse n'est pas loin des leaders en la matière, à savoir l'Allemagne, les Pays-Bas et les pays nordiques.
Frédéric Burnand