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En mai 1998, la section UDC de la ville de Zurich lance une campagne d’annonces et d’affichage contre un crédit de deux fois cinquante mille francs pour le financement d’un projet de Caritas : ouvrir un centre de contact destiné aux Albanais du Kosovo.
Le centre figure en petites lettres et les bénéficiaires en grandes majuscules, les deux inscrits dans le tiers supérieur de l’affiche, dont la majeure partie comprend, sur fond noir, un grand NEIN en rouge et le logo vert de l’UDC, dans une version aux proportions très modestes.
Les Juristes progressistes s’en sont pris à ce document, diffusé après plusieurs autres séries d’annonces et d’affiches signées par l’UDC zurichoise, dont le fonds de commerce comprend de longue date l’incitation à la peur des étrangers et la dénonciation de toute initiative en faveur de leur intégration.
Le procès vient d’avoir lieu : le procureur du district réclamait des amendes allant de 800 fr. à 3000 fr. Le juge vient de prononcer l’acquittement général et l’indemnisation par 200 fr. à 2370 fr. en faveur des dix accusés UDC. Ils ont certes fait une fois de plus reculer les limites du légalement tolérable, mais ont soigneusement et graphiquement évité de les franchir.
Bien entendu, l’avocat des Kosoves a immédiatement recouru contre ce jugement, qu’il estime peu solide et sans grande chance devant une instance supérieure.
Il n’empêche : le verdict rendu vendredi dernier illustre les faiblesses de l’article 261 bis du Code pénal suisse, introduit en 1995 après une votation référendaire de septembre 1994, provoquée par l’UDC. Cet article condamne « toute incitation à la haine ou à la discrimination envers une personne ou un groupe de personnes en raison de leur appartenance raciale, ethnique ou religieuse ». Mais il le fait dans des limites qui s’avèrent très étroites. La moindre des corrections serait l’octroi de la légitimation active aux associations qui ont pour vocation de combattre le racisme. Une motion du socialiste vaudois Jean Jacques Schwaab a échoué de peu au printemps dernier devant le Conseil national. L’idée pourrait être reprise par le Vert genevois Patrice Mugny, avec l’appui d’un lobby en voie, enfin, de constitution autour de la LICRA, de l’ACOR, etc.
Quand l’UDC ne se contente pas de cogner, comme elle le fait présentement contre l’ONU, elle se montre experte en opérations-limite. Il vaudrait mieux le savoir, de ce côté-ci de la Sarine aussi, au lieu de minimiser le danger contre lequel aucune région de ce pays n’est définitivement immunisée. yj
Indépendant, différent, réformiste depuis 1963
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