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Sur le vif - Lundi 23.11.19 - 17.00h
L'immense erreur des anti-Trump, en 2016, a été de lui faire procès de sa vulgarité.
Est-il vulgaire ? Sans doute, oui. Et cela n'est pas particulièrement pour me plaire. L'idée que le Président des États-Unis soit, de préférence, une personne plutôt bien élevée, me convient fort bien.
Alors, oui, disons que Donald Trump est vulgaire. Mais empressons-nous d'ajouter une chose : cela n'a aucune importance. Cela, dans la question de savoir s'il fallait voter pour lui ou pour Mme Clinton, constitue un élément tout simplement hors-sujet. Je n'ai jamais, pendant toute la campagne 2016, dit autre chose.
Le sujet, c'était quoi, dans la campagne 2016 ? Réponse : c'était la question du protectionnisme contre le libre-échange ; celle de la régulation des flux migratoires par le Sud ; celle de la priorité à la rénovation des infrastructures à l'intérieur du pays (thème très comparable au New Deal annoncé par Roosevelt dans sa campagne de l'automne 1932) ; celle de la fin de la toile multilatérale, et du retour à des relations bilatérales entre pays.
En comparaison de ces enjeux-là, parfaitement énoncés par le candidat Trump dans sa campagne 2016, tout observateur de la vie politique, ayant un horizon d'attente un peu plus poussé que celui des lecteurs de Gala, conviendra que la question de la "vulgarité" du candidat républicain n'avait strictement aucune importance. Elle était juste un contre-feu lancé par la grande bourgeoisie cosmopolite démocrate de la Côte-Est, celle qui a eu la peau de Nixon en 1974, et se jure d'avoir celle de Trump en s'accrochant ridiculement à l'impeachment.
Eh bien moi je dis que Trump est vulgaire, que je préférerais naturellement qu'il soit bien élevé, mais que sa "vulgarité" n'a strictement aucune importance. Et qu'il sera jugé, en novembre 2020, sur sa capacité (remarquable, jusqu'ici) à juguler le chômage, relancer l'emploi, dynamiser l'économie américaine. Il sera jugé sur des éléments de politique intérieure qui, d'ici, semblent lointains, mais pour les Américains sont essentiels.
En lui collant de grief de "vulgarité", on a cru bon d'actionner le volet "sociétal" (il s'agissait, notamment, de son rapport aux femmes, suite à des enregistrements pris contre son gré). Eh bien, l'électeur américain de 2020 ne le jugera pas sur le sociétâââl, mais sur le bon vieux curseur social. Celui qui avait réussi à Roosevelt.
Ce que les Américains voteront dans un an, je l'ignore. Mais une chose est sûre : aujourd'hui, aux trois quarts de mandat, sur le plan économique et social, dans les affaires intérieures américaines, celles qui touchent au plus près la population, Donald Trump a remarquablement réussi son pari.
Et c'est pour cela que les Démocrates, pitoyables dans leurs gesticulations, ont cru bon de tenter l'impeachment. Sur l'essentiel, le fond de la politique économique et sociale du Président, ils ne trouveront pas la moindre faille pour attaquer. Alors, ils s'accrochent désespérément à cette histoire d'impeachment, comme à un joker qui permettrait de les relancer. Le peuple américain, en novembre 2020, jugera. Nous verrons bien.
Pascal Décaillet