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Le 20 octobre dernier, la députée Jocelyne Haller a remporté le siège au Conseil national que l'extrême gauche genevoise avait perdu en 2007.
Dès le lendemain de son élection, elle a pourtant fait savoir qu'elle renonçait à son fauteuil à Berne pour continuer à défendre les "nombreux dossiers" qui "lui tiennent à cœur" au Grand Conseil genevois.
Premier des viennent-ensuite, Jean Burgermeister a lui aussi décidé de ne pas siéger sous la Coupole, pour des raisons similaires, mais aussi parce qu'il estimait qu'il n'y avait "pas de sens" à remplacer une femme par un homme.
Après ces deux désistements, c'est donc Stefanie Prezioso, troisième sur la liste, qui portera les couleurs d’Ensemble à Gauche à Berne.
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Dimanche, l'écologiste genevois Pierre Eckert a à son tour officialisé sa décision de jeter l'éponge, pour des raisons personnelles. Il avait déjà annoncé sa décision au comité directeur de son parti en début de semaine dernière, comme le révélait la.
Il aurait dû reprendre le siège de Lisa Mazzone, élue au Conseil des Etats; il sera finalement remplacé par la députée au Grand Conseil Isabelle Pasquier-Eichenberger, qui a obtenu 384 voix de moins.
A Genève, ces trois renoncements au Conseil national suscitent un certain malaise. Interrogé par la RTS, Pierre Eckert dit comprendre la gêne dans le cas de Jocelyne Haller, qui était la mieux élue, mais moins dans son propre cas: "je suis le 4e élu de la liste, je ne vois pas très bien la différence entre le 4e ou le 5e."
"Je comprends bien qu'il y a des gens qui ont voté explicitement pour moi, mais je pense qu'il y a aussi pas mal de gens qui ont voté explicitement pour la liste", a-t-il assumé.
"Je ne pense pas qu'un parti comme le mien soit une plateforme qui vise à une personnalisation de la politique autour de quelques figures-phare", relevait pour sa part Stefanie Prezioso le 23 octobre dans la Matinale de la RTS.
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"Coup de canif à la crédibilité"
Cet avis déplaît, voire agace franchement dans le canton de Genève. Les réseaux sociaux se sont enflammés autour de ces cas: "inadmissible", "incohérent", "pourquoi se présenter quand on ne veut pas être élu à Berne?"... Certains vont jusqu’à parler de "déni de démocratie".
Un peu excessif, pour l’ancien président du Grand Conseil et député PLR Jean Romain, qui estime toutefois que de telles pratiques brouillent la confiance entre politiques et électeurs. "Il y a évidemment un coup de canif qui est donné à la fiabilité, à la crédibilité, et c'est un obstacle entre l'électeur et l'élu", a-t-il commenté.
"Les questions de convenance personnelle, il faut se les poser soi-même avant d'accepter d'être placé sur une liste, et une fois qu'on y est placé, il y a une responsabilité", a poursuivi le député genevois.
Pratiques difficiles à réglementer
Ces cas actuels ont déjà eu plusieurs précédents. En 2007, Marianne Huguenin, alors syndique popiste de Renens (VD), avait elle aussi été élue au National avant de renoncer au profit de Josef Zisyadis.
Plus récemment, l’élection d’une écologiste à l’exécutif de Romont (FR) avait fait également couler beaucoup d’encre: elle avait laissé sa place au premier des viennent-ensuite qui se trouvait être son mari.
Pour autant, le politologue Pascal Sciarini juge "difficile" d'imposer aux élus d’honorer leur élection. "Il y aura toujours des cas où une personne ne sera pas en mesure de siéger à Berne pour de très bonnes raisons, par exemple une maladie subite", analyse-t-il.
Le politologue juge en revanche que les partis et les candidats devraient faire l'effort de ne porter sur leur liste que des personnes qui accepteraient leur élection le cas échéant.
Pour Pascal Sciarini, les désistements pourraient, à terme, décourager les électeurs et avoir un impact sur le taux de participation. Avec moins de 33% de votants, Genève a connu dimanche le taux de participation le plus faible depuis 40 ans pour une élection au Conseil des Etats.
Adrien Krause / ptur