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La réforme de l'armée, qui réduit l'effectif militaire à 100'000 hommes en uniforme, risque d'affaiblir la sécurité de la Suisse. Un comité de "citoyens inquiets" rassemblant plus de 80 personnes a lancé mercredi un référendum pour lui faire barrage.
Le comité veut que "la population suisse puisse décider si l'armée de milice doit être réduite de moitié ou pas", a affirmé mercredi devant les médias à Berne Martin Fricker, l'un de ses fondateurs, membre de Pro Militia. Ses collègues sont affiliés au groupe Giardino, qui soutient aussi une armée de milice forte et avait déjà annoncé un référendum.
"Le comité 'Pour notre sécurité - Non à la réduction de l'armée!' est politiquement neutre et a vocation à accueillir tous les mécontents, et non pas une ou deux organisations", a cependant assuré Willi Vollenweider, président du groupe Giardino. Celui-ci a déjà constitué un "trésor de guerre" pour investir dans la campagne aux côtés d'"une myriade de petits donateurs privés".
Les référendaires espèrent également obtenir le soutien de partis bourgeois cantonaux et de sections jeunes, notamment. "Nous estimons que l'ensemble du projet va coûter entre 200'000 et 400'000 francs", a détaillé M. Vollenweider.
Pour le statu quo
Le comité craint qu'avec la réforme de l'armée adoptée en mars par le Parlement, les effectifs militaires réduits de moitié ne soient plus en mesure d'assurer l'indépendance et la sécurité du pays. Il réclame que l'on maintienne le statu quo, soit une armée de 220'000 militaires astreints, "une ligne rouge".
Et de rappeler que l'effectif était de 800'000 hommes en uniforme au début des années 1990. "La situation sécuritaire devient cependant plus préoccupante pour la Suisse", a fait valoir Markus Müller, l'un des référendaires, évoquant les risques liés à la cybercriminalité et à un conflit aux portes de l'Europe dans un futur plus ou moins proche.
Il faut ouvrir "un débat démocratique, une discussion jusque-là étouffée" par le Département fédéral de la défense (DDPS), "son personnel n'ayant eu que l'occasion de se taire", a martelé Martin Fricker. De son avis, la réforme en l'état actuel irait aussi à l'encontre de la Constitution, puisqu'elle ne garantirait plus les principes de milice et de neutralité armée qui y sont ancrés.
Pas de budget évoqué
Par ailleurs, une révision de la loi militaire "n'est absolument pas nécessaire" pour fixer les améliorations prévues dans les domaines de la formation des cadres et de l'équipement de toutes les troupes, notamment. Le gouvernement aurait déjà dû procéder à "ces corrections et améliorations nécessaires" depuis des années.
A l'appui de ses propos, le comité n'énonce aucun budget. "Nous ne voulons pas faire la même erreur que les politiciens, à savoir présenter des moyens financiers et définir ensuite des priorités", a commenté M. Müller. "Et nous ne voulons pas marcher sur les platebandes du Parlement", qui sera chargé d'empoigner la question financière, a ajouté François Villard, représentant romand du groupe Giardino.
La récolte des 50'000 signatures nécessaires a commencé la semaine dernière, ont indiqué les référendaires. Elle se poursuivra jusqu'au 7 juillet prochain.
ATS