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Sierre organise le premier festival Rilke. Jusqu'à dimanche, la cité valaisanne fête son poète d'adoption. Qui mourut à Rarogne en 1926, après avoir achevé au Château de Muzot deux oeuvres majeures de la littérature germanophone.Ce contenu a été publié le 19 août 2000 - 15:21
Les «Elégies de Duino» et «Les sonnets d'Orphée» furent effectivement terminés à Sierre. Car, comme il se plaisait à le dire de son vivant, le poète autrichien Rainer Maria Rilke «avait reçu le vent et la lumière de ce paysage» valaisan.
Il y a 125 ans naissait à Prague Rainer Maria Rilke. En 1921, il posa ses valises au Château de Muzot à Sierre. Pour cinq ans. En 1926, le poète mourut d'une leucémie. Conformément à ses dernières volontés, le Haut-Valais l'enterra à Rarogne.
Son oeuvre révèle un être à la sensibilité exacerbée et d'une instabilité maladive. Malgré ses voyages - il fut secrétaire du sculpteur Auguste Rodin à Paris - et ses nombreuses amours, il mena une existence de solitaire.
Pour fêter le génial poète, la Cité du Soleil s'est décidée à lui rendre hommage jusque dans sa rue du Bourg, au travers d'une centaine de spectacles (chansons, mime, danse, théâtre) inspirés par l'écrivain. Une grande partie des prestations artistiques sont d'ailleurs des créations conçues spécialement pour l'occasion.
Comme Rilke chanta en français le Vieux Pays qui l'inspira profondément et qu'il aimait tant, ses «Quatrains valaisans» ont été déclamés samedi au 1er étage de la maison de Courten (lieu de l'exposition Rilke) par la comédienne Rita Gay, avec pour habillage, un piano et une soprano.
Puis dimanche matin, en la chapelle de Muzot à Veyras, sept comédiens, dont Luisa Campanile, ont fait une lecture de «La chanson de l'amour et de la mort du cornette Christophe Rilke».
La trace de Rilke en ce monde va bien au-delà de son oeuvre poétique. Sans trop le vouloir, Rainer Maria est devenu pour des générations un guide spirituel sur les chemins de la vie. Lui qui écrivit: «Dieu est la plus ancienne oeuvre d'art. Mais il est très mal conservé...»
Emmanuel Manzi