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fut la première formatrice.
FONDATRICE D'UNE CONGREGATION
CONFIER A DES PRETRES LA DIFFUSION DE L'ESPRIT DE SAINT FRANCOIS DE SALES
Nous avons vu comment Dieu avait révélé à Mère Marie de Sales, dès son noviciat, qu'il se servirait d'elle pour fonder une oeuvre destinée à manifester ses miséricordes au monde. «Je dois faire la fonction d'apôtre » avait-elle écrit. Sans autre précision, elle s'abandonne jour après jour au Seigneur qui, tout au long de sa vie, va peu à peu expliciter son projet : cette oeuvre répandra l'esprit de saint François de Sales sur la terre et, au moment voulu, un témoin lui sera donné qui devra exécuter ce dessein.
Le 23 juin 1843, elle avait écrit : « Le Sauveur dit que nous allons faire missionnaire parmi nos frères ; nous allons, sans sac et sans bâton, envoyés par le Seigneur… »
Or, un jour, un jeune séminariste accompagne l'aumônier du monastère qui vient donner le Sacrement des malades à une religieuse. Dès que la Mère Marie de Sales l'aperçoit, elle comprend qu'elle a devant elle l'instrument providentiel que Dieu lui donnera pour commencer son oeuvre et elle dit à l'aumônier: «Vous nous avez amené aujourd'hui notre confesseur ; il faut nous le réserver car Dieu nous l'a choisi.»
De fait, le séminariste, devenu l'abbé Brisson, sera aumônier et confesseur de la Visitation durant quarante-quatre ans.
A son retour de Paris, en 1844, la Bonne Mère trouve l'abbé Brisson en charge au monastère et, comprenant que le moment est venu, elle commence à dévoiler au jeune confesseur ce que Dieu veut faire pour manifester son amour miséricordieux envers les hommes et le choix qu'il a fait de lui pour mettre en oeuvre ses projets. L'esprit positif du jeune prêtre qui, en outre, a horreur des voies extraordinaires, se cabre aussitôt et il oppose un refus catégorique la Mère Marie de Sales. Elle insiste et garde confiance. Peine perdue, l'abbé s'obstine, même après avoir reçu des preuves tangibles de la volonté de Dieu sur lui: il ne veut pas laisser une femme enchaîner sa liberté! Et il ne faut pas moins qu'une apparition de Notre-Seigneur pour l'obliger enfin à se rendre. C'était le 24 février 1845.