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Une personne sur cinq stressée par son travail
Près d'un cinquième des personnes actives sont confrontées à de fortes tensions au travail. L'USS dénonce
Le stress au travail frappe un salarié sur cinq. Avec, pour conséquence, un risque accru de souffrir de symptômes de dépression. Voilà notamment un des résultats de l'enquête 2012 sur la santé menée par l'Office fédéral de la statistique. Alors que l'Union syndicale suisse, suite à un sondage réalisé auprès des Inspectorats cantonaux du travail, dénonce le manque de ressources pour mettre en œuvre une protection de la santé psychosociale dans le cadre professionnel. Eclairages.
Selon l'enquête 2012 sur la santé de l'Office fédéral de la statistique (OFS), le recours à des soins médicaux en raison de problèmes psychiques a augmenté au cours des dernières années, passant de 4,1% à 5,4%. Près d'un travailleur sur cinq présente des symptômes de détresse psychologique, associés le plus souvent à des exigences élevées dans la vie professionnelle. «17% des actifs occupés sont toujours ou le plus souvent stressés au travail et 44% le sont parfois. Lorsqu'on leur demande s'ils ont le sentiment d'être vidés émotionnellement, dans leur travail, 18% d'entre eux sont plutôt ou entièrement d'accord avec cette affirmation, ce qui peut être considéré comme le risque d'un épuisement professionnel (burnout)», précise l'OFS dans un communiqué. Les personnes soumises à un fort stress dans leur job ou celles menacées par un burnout, sont davantage exposées à la dépression: la probabilité d'être frappé par cette maladie est cinq à six fois supérieure que pour celles qui ne sont pas confrontées à de telles tensions.
Soutien social capital
A ce chapitre, l'OFS précise que 6% de la population souffre de dépression dont davantage de femmes et de jeunes que d'hommes et de personnes âgées. Les consultations médicales et la prise d'antidépresseurs sont aussi plus fréquentes dans le rang des femmes. Une sur dix s'est déjà fait traiter pour ce type de problèmes alors que chez les hommes, la proportion s'élève à un sur seize. L'enquête révèle encore l'importance du soutien social «pour lutter contre l'humeur dépressive et surmonter les difficultés de la vie». «39% de la population peut compter sur un soutien social fort, alors que 12% ne peut espérer qu'un soutien faible. La probabilité d'avoir une dépression est environ trois fois plus élevée auprès des personnes de la seconde catégorie que les autres», note encore en substance l'OFS.
Risques psychosociaux croissants
De son côté, l'Union syndicale suisse (USS) a communiqué, à la fin du mois de janvier, ses conclusions relatives à l'application des mesures de la protection de la santé psychosociale découlant de la Loi sur le travail. Pour ce faire, elle s'est basée sur un sondage anonyme lancé auprès des Inspectorats cantonaux du travail (ICT). Avec, à la clef, des résultats qui ont de quoi décevoir. «Même les mesures de protection peu contraignantes, comme l'obligation d'établir une documentation relative à l'enregistrement de la durée de travail, ne sont que très rarement contrôlées, faute de ressources humaines et financières, respectivement de volonté politique de la part des directions cantonales responsables. Pour ne pas parler des sanctions... Sans cette obligation, il n'est pas possible de faire dûment respecter les pauses, les temps de récupération, les interdictions du travail de nuit et du dimanche. Les salariés se voient ainsi exposés à des risques psychosociaux croissants et arrivent de plus en plus difficilement à concilier travail et vie de famille», dénonce l'USS tout en s'inquiétant des tendances actuelles à la flexibilisation des modèles de temps de travail.
Mesures nécessaires
Pour la faîtière syndicale, les maladies psychiques telles que la dépression et l'épuisement professionnel sont fortement liées à une mise en œuvre insuffisante des mesures prévues en la matière. Et de déplorer que le Seco, l'autorité de surveillance, n'assume pas, ou pas assez, sa fonction de contrôle des ICT en matière d'enregistrement de la durée du travail. «Il faudra à l'avenir prendre des mesures dans ce sens, tant au niveau cantonal que fédéral, pour assurer une application et un contrôle plus efficaces des dispositions de la Loi sur le travail dans le domaine de l'enregistrement de la durée de travail dans les entreprises.» Et l'USS de préconiser non seulement de ne pas renoncer aux réglementations en vigueur mais aussi de développer une nouvelle clef de répartition du financement qui affecte aux ICT suffisamment de ressources financières et de personnel pour procéder à des contrôles systématiques et spécifiques du temps travaillé dans les sociétés.
Sonya Mermoud