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Le Conseil de l'Europe encourage la Suisse à promouvoir l'usage du romanche dans les écoles et l'administration.
Le 3e rapport sur les langues minoritaires recommande aussi de maintenir le dialogue avec les représentants des locuteurs yéniches pour protéger cette langue tzigane.
Les recommandations du Conseil de l'Europe se basent sur le 3e rapport analysant la situation des langues minoritaires en Suisse, publié mercredi par le Comité des ministres dudit Conseil.
Celui-ci encourage notamment la Suisse à s'assurer que le rumantsch grischun est introduit dans les écoles de manière à «favoriser la protection et la promotion du romanche en tant que langue vivante».
Il propose aussi que des mesures soient prises pour inciter l'administration cantonale et les communes des Grisons présentant une majorité germanophone et une minorité romanche à utiliser le romanche dans les relations avec les locuteurs de cette langue.
Le conseil invite notamment les autorités suisses à «supprimer les obstacles d'ordre pratique à l'utilisation du romanche dans les tribunaux». Le romanche n'est en effet traditionnellement pas utilisé devant les autorités judiciaires.
Dans le même canton des Grisons, le Conseil de l'Europe pousse les autorités compétentes à prendre les mesures nécessaires pour encourager l'utilisation de l'italien dans les débats de l'assemblée cantonale. Il juge plus généralement que cette langue, minoritaire aux Grisons, est un autre parent pauvre de cette partie du pays.
Stations privées
Autre recommandations, le conseil prie les autorités de s'engager résolument pour «renforcer les dispositions relatives à l'utilisation [de cette langue] sur les chaînes de radio et de télévision du secteur privé». Actuellement, aucune station privée n'existe en romanche.
Sur le plan national, la nouvelle loi sur les langues a été approuvée par le parlement et sera mise en vigueur en 2010.
Le Conseil de l'Europe y va de son impulsion. Il appelle les autorités à accélérer «leurs efforts pour l'adoption de la législation visant notamment à mettre en œuvre les paragraphes 1 et 3 de l'article 70 de la Constitution fédérale».
Ces paragraphes impliquent l'utilisation du romanche comme langue officielle dans les relations avec les locuteurs romanches ainsi que l'amélioration de la compréhension mutuelle entre les groupes linguistiques des Grisons.
Langue tzigane
Le Conseil de l'Europe se penche aussi sur le situation du yéniche. Il recommande de «maintenir le dialogue avec les représentants des locuteurs» de cette langue. L'enjeu: appliquer la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires à cet idiome également. Un idiome reconnu comme langue minoritaire par le Conseil en 2004.
Langue tzigane, le yéniche est parlé par les descendants d'une population nomade qui parcourait les routes commerciales européennes aux 18e et 19e siècle. En Suisse, les enfants yéniches ont le plus souvent été placés dans des écoles spéciales ou retirés à leurs parents en raison de leur origine.
Pour le Conseil de l'Europe, les autorités suisses doivent reconnaître «officiellement le yéniche comme une langue régionale ou minoritaire traditionnellement parlée en Suisse et faisant partie du patrimoine culturel et linguistique suisse».
Tous les trois ans
Élaboré par un comité d'experts indépendants, le rapport sur les langues minoritaires évalue la mise en oeuvre de la Charte ad hoc dans les pays du Conseil de l'Europe qui l'ont signée. Ceux-ci sont tenus de présenter tous les trois ans un rapport sur la réalisation de ses objectifs.
La charte est entrée en vigueur en Suisse en 1998. Visant à préserver la diversité des langues pratiquées dans le pays, elle prône un renforcement de l'usage des idiomes régionaux et minoritaires dans la vie quotidienne.
swissinfo et les agences
Les langues aux Grisons
Allemand: 68,3% (1970: 57,6%)
Romanche: 14,5% (23,4%)
Italien: 10,2% (15,8%)
Autres: 7% (3,3%)
Ces chiffres sont tirés du dernier recensement fédéral de la population de 2000 et prend en considération seulement la langue la mieux maîtrisée.
En tenant compte du critère des langues régulièrement utilisées, la part du romanche passe à 21,5% (environ 40'100 locuteurs).
Sur le plan suisse, 63,7% de la population parle l'allemand, 20,4% le français, 6,5% l'italien, 0,5% le romanche et 1,6% une autre langue.
LA LOI sur les langues
La loi fédérale sur les langues nationales et la compréhension entre les communautés linguistiques réglemente les points contenus dans l'article 70 de la Constitution fédérale.
L'objectif est le renforcement du quadrilinguisme suisse et la consolidation de la cohésion interne du pays.
Le projet de loi toujours aux mains du Parlement prévoit, entre autres, l'enseignement d'une langue nationale comme première langue étrangère à l'école et le soutien financier aux cantons pour la création d'un Institut scientifique pour la promotion du plurilinguisme.
De plus, la Confédération devra contribuer au financement des associations qui organisent, à tous les niveaux scolaires, des échanges d'élèves et d'enseignants entre les communautés linguistiques.