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Tenerife: les flammes incontrôlables, nouvelles évacuations
Quelque 26'000 personnes au total ont dû évacuer leur foyer à Tenerife face à l'avancée d'un feu de forêt gigantesque, selon un décompte samedi des services de secours. Les flammes continuent de faire rage dans cette île de l'archipel espagnol des Canaries.
De fortes rafales de vent et des températures plus élevées qu'attendu ont facilité durant la nuit de vendredi à samedi la propagation du feu qui s'est déclaré mardi soir dans une partie montagneuse du nord-est de l'île.
C'est l'incendie "le plus compliqué" des quatre dernières décennies pour l'archipel des Canaries, estiment les autorités. "Des estimations provisoires suggèrent que plus de 26'000 personnes ont été évacuées", ont écrit samedi soir les services de secours sur le réseau social X (ex-Twitter).
Les autorités avaient fait état la veille au soir soir d'environ 4500 évacuations. Mais samedi matin, cinq nouvelles municipalités avaient été évacuées dans la zone où sévit l'incendie.
"Le feu et la météo ont changé et nous avons dû évacuer cinq municipalités dans le nord de Tenerife", a déclaré Manuel Miranda, un responsable local des services d'urgence, soulignant "le danger et la proximité de l'incendie".
Conditions extrêmes
Le feu a jusqu'ici touché onze municipalités sur l'île de Ténérife, la plus grande des Canaries. D'après un décompte de vendredi soir, il avait dévoré 5000 hectares soit près de 2,5% de la superficie de Tenerife qui s'étend au total sur 203.400 hectares.
"Les conditions météorologiques de la nuit dernière ont été franchement extrêmes", a déclaré samedi à la presse le président du gouvernement régional des Canaries, Fernando Clavijo.
L'île a vécu des incendies plus importants en termes de surface brûlée, notamment en 2007, mais les conditions météorologiques et la topographie de celui-ci ont fait dire jeudi à M. Clavijo que l'archipel faisait face à son incendie "le plus compliqué" depuis 40 ans.
Le chef des services forestiers, Pedro Martínez, a déclaré samedi aux journalistes que le périmètre du brasier avait "presque certainement beaucoup augmenté" durant la nuit et qu'il "descendait régulièrement" la montagne dans la région de Santa Ursula (nord-est).
M. Martinez a évoqué un brasier "se comportant comme un feu de forêt de sixième génération", en référence à sa taille.
Le problème du vent
"L'incendie dépasse notre capacité à l'éteindre, peut-être pas dans tous les secteurs, mais dans une grande partie d'entre eux", a poursuivi M. Martinez, ajoutant que les pompiers étaient mis en difficulté sur le terrain par le vent et d'importants nuages de fumée.
Avant le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez attendu lundi à Tenerife, le ministre de l'Intérieur Fernando Grande-Marlaska est venu samedi sur place et a assuré que toutes les ressources de l'Etat étaient mobilisées pour l'île afin de maîtriser "cette urgence très grave".
Nuage de fumée
L'île de Tenerife est la plus grande des sept qui composent l'archipel espagnol des Canaries, situé au large des côtes ouest de l'Afrique.
L'incendie a généré un important nuage de fumée de huit kilomètres de haut, visible sur les images satellites, qui a dépassé le sommet du Teide, volcan surplombant l'île et point culminant de l'Espagne avec ses 3715 mètres d'altitude.
Ce feu survient entre deux vagues de chaleur sur l'île qui compte de nombreuses zones asséchées, ce qui augmente le risque d'incendies.
Selon les experts, les phénomènes météorologiques extrêmes se sont intensifiés en raison du réchauffement de la planète. Les canicules risquent ainsi d'être plus fréquentes et plus intenses, et leur impact plus étendu.
En 2022, 300.000 hectares ont été détruits par plus de 500 incendies en Espagne, un record en Europe, selon le Système européen d'Information sur les Feux de Forêt (Effis). Près de 76'000 hectares ont déjà brûlé en 2023 dans ce pays, en première ligne face au réchauffement climatique.
ats, afp