Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07084.jsonl.gz/1806

Kotomisi est le nom d’un vêtement traditionnel du XVIIe siècle que portaient les esclaves avant et après leur affranchissement au Suriname, ancienne colonie néerlandaise. Le tissu utilisé pour confectionner la tenue en plusieurs épaisseurs, composée d’une jupe, d’une veste et d’une coiffe, était fabriqué via des processus de production et de distribution transrégionaux en Europe, en Afrique, en Asie et en Amérique. Il reflétait ainsi les conditions et même les méthodes de paiement courantes dans la traite des esclaves, déjà largement mondialisée à l’époque. Souvent baptisé d’après les événements de l’actualité, il était porteur de nouvelles. Le vêtement lui-même était également le vecteur d’un message, à travers l’association des trois pièces, qui indiquait le statut social et les conditions de propriété, ainsi qu’à travers le pliage de la coiffe, qui exprimait l’état d’esprit et transmettait des messages secrets. Ces codes masqués du kotomisi ont évolué pendant deux siècles, transformant leurs porteuses en personnages indéchiffrables, impossibles à classer dans une catégorie claire. L’habit génère une lecture ambivalente, entre esclavage et discrimination d’une part, émancipation face à la répression et contrôle d’’autre part. (Texte : knowbotiq)
Artist Bio
knowbotiq (Yvonne Wilhelm, Christian Huebler) expérimente les formes et les supports du savoir, des cadres d’action postnumériques et de la désobéissance épistémique. Le groupe knowbotiq est actif depuis 2009/2010 et succède à knowbotic research (fondé en 1991), qui incluait également Alexander Tuchacek. Depuis 2009/2010, les membres travaillent indépendamment sous les nom de knowbotiq (Huebler/Wilhelm) et d’Alexander Tuchacek.