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Produire sa propre dopamine
Quel est le point commun entre l’alcoolisme et l’anorexie? La cyberdépendance et la toxicomanie? Ce sont des troubles et des addictions qui participent d’un même mécanisme dans le cerveau: la recherche de dopamine.
Dans notre cerveau, nous avons en effet une zone, le noyau accumbens, qui joue un rôle prépondérant dans le système de récompenses comme dans le sentiment d’accoutumance et de dépendance. Pour rester vivant, un être humain doit s’alimenter, s’hydrater et se reproduire: chaque fois qu’il le fait, cette zone libère une substance, la dopamine, elle permet aux neurones de communiquer entre eux. Cette molécule neurochimique influe donc sur le bien-être physique et psychique, ainsi que sur la motivation, l’attention ou la prise de risque.
Que se passe-t-il quand la dopamine vient à manquer? Nous ressentons un état de mal-être psychique et physique, un sentiment d’ennui, voire une situation de tension ou d’inconfort. Le cerveau doit se débarrasser de ses neurones inutilisés ou non stimulés. Mais, par réflexe, et pour ne pas laisser ses neurones mourir, il cherchera d’abord des solutions dans la mémoire: quelles sont les actions qui lui permettraient d’obtenir de la dopamine autrement que par la voie habituelle (rire, écouter de la musique, chanter, danser, avoir une conversation intéressante, lire un livre passionnant sont quelques-unes des actions qui donne de la dopamine par voie naturelle). On trouve le tabac (nicotine), l’alcool (acide choline) ou la cocaïne parmi ces produits de substitution. Comme le corps humain fonctionne sur le modèle de l’économie, le noyau accumbens se met alors en mode pause: les neurones attendent désormais de recevoir leur dopamine par cette voie extérieure, et non plus par le simple fait de croquer dans une pomme ou d’apprendre une nouvelle langue.
Dans le cas d’un trouble alimentaire ou d’une addiction à l’héroïne, c’est la sécrétion de l’endorphine, sorte de dopamine déguisée, qui est recherchée. L’endorphine est l’anesthésiant le plus fort que le corps humain est capable de fabriquer. Elle donne un sentiment de bien-être et de détente physique et psychique, ainsi qu’une sensation de détachement émotionnel. Quand on traverse une crise de boulimie avec vomissement, une période de jeûne, et même lorsque l’on pratique le sport à haute dose, on souhaite retrouver ce sentiment de plénitude et de légèreté amené par cet apport extérieur et artificiel. Et notre bien-être ne peut être atteint qu’à travers ce mécanisme…
À la Clinique Belmont, nous traitons ces troubles et addictions en recherchant les causes de ce dysfonctionnement. Nous considérons chaque patient dans sa globalité et, en lui apportant des outils thérapeutiques adaptés, nous cherchons à le «rééduquer» afin qu’il produise à nouveau sa propre dopamine. L’objectif? Ne plus utiliser leur substance ou leur comportement pour obtenir cette neurochimie détournée, mais travailler à se reconstruire pour libérer sa dopamine par des activités personnel et social qui me procure de la satisfaction et de la joie.