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Les trois ou quatre bas-reliefs qui suivent représentent la prise de conscience par le Bouddha de l'immensité de l'humanité. Le Bouddha avait reçu une éducation complètement fausse car son père avait interdit de lui montrer un vieillard, interdit de lui apprendre qu'il y avait la maladie, la décrépitude et la mort. Il vivait dans cet espèce de privilège qu'était la vie d'un jeune prince enfermé dans son palais. D'après le Lalita classique, c'est en sortant fortuitement du palais que le Bouddha va faire trois rencontres fondamentales. Et c'est un point très important : dans tous les Lalita du monde, depuis Datong au fin fond de la Chine jusqu'à Borobudur, au fin fond de l'Indonésie, ces trois rencontres sont toujours indiquées dans le même ordre. La première rencontre que fait le Bouddha est celle de la pauvreté. Il faut se souvenir que le Bouddha n'a jamais connu le pouvoir de l'argent. Donc, première découverte, un mendiant. La deuxième rencontre est celle de la maladie qui est représentée ici par cet être squelettique. Jamais le futur Bouddha n'avait su qu'on pouvait être malade, cela n'existait pas dans son éducation. Le troisième choc, peut-être le pire, c'est la mort car il faut s'imaginer que le Bouddha, arrivé à l'âge quasiment adulte, n'a jamais eu conscience de la mort. Et tout à coup il voit l'un de ses semblables inerte, qu'on le lave, qu'on le met dans un suaire. La découverte de la mort est une chose absolument effroyable et ce troisième choc sera donc le choc décisif. Il est toujours représenté sur son même char puisque tout s'est passé dans la même journée selon le Lalita.
Pauvreté, maladie et mort sont des chocs qu'il ne peut pas comprendre évidemment. Il devra demander à un saint homme, à un ermite, de lui expliquer les trois tares dont il vient de prendre conscience. Et nous voyons ici un brahmane qui lui explique l'inéluctable fait que tous, on sera malade une fois, tous, on vieillira une fois et tous, on mourra une fois. Le brahmane consulté lui a dit que c'est le destin de tout être et a ainsi éveillé en Bouddha le besoin de faciliter chez autrui ces fameux passages initiatiques que sont la maladie, la vieillesse et la mort. Donc il a décidé de se donner à l'humanité pour en fait faciliter ces passages, et pas du tout pour supprimer la maladie, la vieillesse et la mort comme l'expliquent neuf auteurs occidentaux sur dix. Le Bouddha n'a jamais dit cela mais on le lui fait dire.