Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07041.jsonl.gz/18

« La Suisse n’est pas une nation, au sens que le terme a pris pendant le xixe siècle. »
Notice
Cet ouvrage commandé par l’Unesco, publié par les Éditions du Rocher et préfacé par l’historien Lucien Febvre, a pour objet de présenter la Suisse aux lecteurs étrangers. Retraçant l’histoire de l’ancienne Confédération, Denis de Rougemont la voit dominée entre autres par deux caractéristiques : le sens de l’esprit communautaire et la méfiance envers toute forme d’hégémonie (un souci égalitaire qui, note-t-il, dégénéra en goût pour la médiocrité). Toutefois, ce ne fut qu’à partir de 1848 que la Suisse devint une démocratie au sens actuel, en adoptant sa première Constitution fédérale. L’unité de la Suisse est proprement politique : il ne s’agit pas d’une nation, mais d’une fédération. Après ce survol historique, l’auteur présente les institutions politiques : communes (où s’obtient la naturalisation), cantons, autorités fédérales. Sur le plan économique, l’auteur montre comment les Suisses, contraints d’exporter des produits manufacturés en raison de la pauvreté de leur sol, ont développé le souci « de la belle ouvrage », et déployé des trésors d’inventivité technologique (deux qualités d’ordre culturel palliant l’insuffisance des ressources naturelles). Il montre également combien la structure fédérative du pays se reflète dans les organisations professionnelles et syndicales. Ce fédéralisme se retrouve également au niveau de l’éducation, de l’armée, et des diverses confessions religieuses.