Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06999.jsonl.gz/252

Pauvreté
On distingue la pauvreté relative et la pauvreté absolue :La pauvreté relative est en relation avec la répartition des revenus au sein d'un pays. Est pauvre, dans ce sens, une personne qui est contrainte de mener une vie modeste par rapport aux autres habitants de son pays. La notion de pauvreté se fonde sur le revenu du ménage.En revanche, une personne touchée par la pauvreté absolue ne dispose pas du minimum vital matériel et ne peut assurer sa survie physique. Elle souffre de la faim, n'a pas de toit, pas d'argent pour acheter des biens indispensables pour vivre, comme les vêtements, et n'a pas accès aux soins. En Suisse, on parle rarement de pauvreté absolue. La pauvreté est plutôt définie selon des critères socioculturels : est pauvre la personne qui ne peut pas couvrir ses besoins quotidiens ni participer à la société. On tient compte non seulement de la situation financière mais d'autres domaines centraux de la vie comme le travail, la formation, le logement, les contacts sociaux et les loisirs. On parle alors de minimum vital social.Dans la conception de Caritas, la pauvreté a trois dimensions :
- Les personnes touchées par la pauvreté vivent dans des ménages dont le revenu est inférieur au minimum vital.
- Elles vivent dans des situations précaires. Elles habitent souvent des logements trop petits et bruyants, doivent lutter contre des problèmes de santé, n'ont pas pu acquérir une formation professionnelle, n'ont pas d'emploi fixe, souffrent sans cesse des tensions au sein du couple et de la famille et se retirent de la vie sociale.
Il leur manque concrètement des perspectives, des possibilités d'agir et des chances dans la vie.
Politique d'activation du marché du travail
La Suisse poursuit, depuis quelques années, une politique d'activation sur le marché du travail. Les personnes concernées n'ont pas un droit inconditionnel aux prestations de l'assurance-chômage, de l'assurance-invalidité et de l'aide sociale. Elles doivent fournir une contre-prestation et faire des efforts d'intégration sociale et professionnelle. Les mesures sont souvent proposées sous forme de cours visant à donner des compétences spécifiques en vue de favoriser la participation à la société. Il est toutefois difficile de mesurer l'efficacité et, surtout, la durabilité de telles mesures.
Pour Caritas, les programmes d'intégration doivent reposer sur une base volontaire et il faut garantir un suivi individuel et professionnel.
Politique de lutte contre la pauvreté
La politique de lutte contre la pauvreté est une tâche transversale qui touche de nombreux domaines politiques et qui se déploie à plusieurs niveaux. Caritas Suisse se préoccupe depuis de nombreuses années de la pauvreté en Suisse. D'une part, elle combat la pauvreté sous ses différentes formes et manifestations ; d'autre part, elle promeut et soutient une prévention durable de la pauvreté. Les objectifs et exigences politiques qui en découlent s'appuient sur le principe de la dignité de toute personne et sur la prise en considération et l'encouragement des capacités, des potentiels et des perspectives individuels.
Précarité
La précarité désigne une situation de vie difficile ou marquée par l'insécurité. Les personnes en situation précaire sont exposées à un risque élevé de pauvreté. A l'inverse, les conditions de vie des personnes touchées par la pauvreté sont précaires, ce qui rend quasiment impossible une sortie de la pauvreté.
- Emploi précaire : Est précaire un emploi qui ne garantit pas à la personne concernée un salaire lui permettant de vivre et qui n'offre pas de sécurité sociale ni de perspective de continuité. Il s'agit concrètement des emplois à durée limitée (contrat à durée déterminée), des emplois temporaires, du travail sur appel, des postes d'auxiliaires, des postes à temps partiel, du chômage partiel et du sous-emploi, des activités indépendantes exercées en solo ainsi que des relations de travail irrégulières, sans contrat de travail, sans autorisation et sans permis de séjour valable.
Conditions de vie précaire : Hormis le travail, d'autres conditions de vie peuvent être précaires. Des problèmes de santé, un manque de formation, un logement insuffisant, un statut de séjour défavorable ou une mauvaise situation économique peuvent péjorer considérablement la qualité de vie. L'aspect monétaire revêt ici une grande importance. Une grande partie des chances dans la vie dépend de la disponibilité des ressources matérielles. Cependant, comme la précarité des conditions de vie ne dépend pas que de l'argent, l'approche des conditions de vie est particulièrement adéquate pour identifier les désavantages dans certains domaines et en combattre les causes.
Prestations complémentaires (PC)
Les prestations complémentaires garantissent aux rentières et rentiers AVS et AI le minimum vital social. Ce sont des prestations sous conditions de ressources. Elles sont versées si les prestations AVS ou AI ne suffisent pas à couvrir les besoins vitaux. Elles concernent en particulier les anciens travailleurs pauvres et les personnes qui n'ont pas exercé constamment une activité professionnelle ou qui n'en ont pas exercé du tout, par exemple parce qu'elles accomplissaient des tâches éducatives ou des tâches d'assistance non rémunérées. Les PC sont financées exclusivement par les pouvoirs publics. Les coûts en sont pris en charge principalement par les cantons et les communes.
A fin 2013, 300'700 personnes touchaient des prestations complémentaires en Suisse, dont plus de 16 % de tous les bénéficiaires d'une rente de vieillesse. Il existe un droit aux PC. Il faut cependant les demander par écrit en présentant la situation financière du ménage. En 2013, le montant moyen des PC pour les personnes seules vivant à domicile s'élevait à 985 francs. Quelques cantons ont introduit, pour lutter contre la pauvreté des familles, des prestations complémentaires pour les familles et ont fait de bonnes expériences avec cette mesure. Le parlement a rejeté en 2013, après un nouvel examen, l'introduction de prestations complémentaires pour les familles au niveau fédéral.
Prestations sous conditions de ressources
Les prestations sous conditions de ressources sont des prestations sociales versées en complément du revenu disponible aux personnes qui disposent d'un montant proche du minimum vital. Elles visent à éviter que des ménages ne deviennent dépendants de l'aide sociale. Ces prestations couvrent un besoin spécifique et requièrent des examens individuels. En général, il faut les demander par écrit en présentant sa situation personnelle. Elles sont financées par les cantons, qui en fixent les montants. Elles varient considérablement d'un canton à l'autre. Les prestations complémentaires AVS et AI, les avances sur pensions alimentaires, les aides aux logements évitent d'être dépendant de l'aide sociale, qui est finalement aussi une prestation de ce type.
Prévoyance professionnelle vieillesse, survivants et invalidité (PP)
La prévoyance professionnelle est une assurance financée par des cotisations et elle vise à maintenir le niveau de vie antérieur en cas de retraite, de décès du soutien de famille et d'invalidité. Elle constitue le deuxième pilier du système de prévoyance suisse. Tous les salariés âgés de plus de 17 ans dont le revenu annuel s'élève au moins à 21'150 francs sont tenus de cotiser à une caisse de pension. Les cotisations sont prises en charge à parts égales par les salariés et les employeurs. Les prestations de la prévoyance professionnelle dépendent des cotisations versées par l'assuré. La prévoyance professionnelle s'adresse en premier lieu à des personnes aisées et elle est donc sans importance pour la lutte contre la pauvreté.
Privation matérielle
La privation matérielle est une approche de recensement de la pauvreté. Sont touchées par la privation matérielle les personnes qui, pour des raisons financières, sont contraintes de renoncer à des conditions de vie essentielles, à des biens de consommation courante ou à des services que la majorité de la population estime essentiels. En Suisse, on se fonde sur neuf points pour évaluer la privation matérielle : (1) pouvoir faire face à une dépense imprévue de 2'500 francs ; (2) pouvoir prendre une semaine de vacances par an hors du domicile ; (3) pouvoir manger un jour sur deux de la viande, de la volaille ou du poisson ; (4) disposer d'un logement suffisamment chauffé ; (5) posséder un lave-linge ; (6) posséder un téléviseur couleur ; (7) posséder un téléphone ; (8) posséder une voiture ; (9) ne pas avoir d'arriérés de paiement. On parle de privation matérielle si au moins trois des neufs indicateurs ne sont pas remplis. En 2015, 4.6 % de la population étaient touchés par la privation matérielle.