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L’histoire d’un village, son implantation dans un site donné et son développement à travers les âges restent pour l’habitant source de nombreuses questions. Rien n’est moins facile que de tenter d’établir les faits sur des bases solides. Nous nous bornerons à ne citer que les éléments se basant sur des fouilles et des documents d’archives existants.
S’agit-il d’un premier site préhistorique ?
Au XIXème siècle, Auguste Quiquerez signale, sur le bord du plateau de Sur Cré, un champ de tumuli compris dans un « camp ». Il peut s’agir d’un site partiellement fortifié, comme il en existe beaucoup dans une telle situation topographique. Les maisons situées aux rues du Carmel et de Saint-Imier se trouvent en fait dans l’espace du « camp ». Aucune donnée ou pièce archéologique ne permet de mieux situer chronologiquement ce gisement.
L’époque romaine
A l’Est du village, au lieu-dit Champ la Méras, l’abbé Sérasset découvre dès 1838/39 un site de peuplement romain. Ce site est relevé par A. Quiquerez en 1842 puis par M. Marc Chappuis qui localise à l’ouest encore d’autres ruines en 1972, dont un aqueduc. En fait, le gisement s’étend de la source aux Oiseaux à la route cantonale. De nombreux restes d’édifices romains ont été relevés, sans que l’on puisse savoir aujourd’hui s’il n’y a là qu’une seule villa avec ses dépendances ou s’il faut y voir un vicus avec plusieurs maisons. Une monnaie romaine de l’empereur Trajan (117 après J.-C.) et des fragments de céramique signalent une occupation du Ier au IIème siècle après J.-C. au moins.
Le haut Moyen Age
Après la destruction du site romain, causé sans doute par l’abandon des lieux à la suite des poussées germaniques ou par un raid des Alamans, les ruines furent utilisées comme nécropole au haut Moyen Age, ainsi qu’en témoignent de nombreux sarcophages en calcaire et les inhumations renfermant un mobilier de cette époque, découverts en 1842.
En 1958, l’architecte A. Gerster de Laufon et le Dr A. Rais de Delémont fouillent le sous-sol de l’église Saint-Imier. Les fouilles révélèrent également la présence de restes du haut Moyen Age. On parvint, en effet, à mettre en évidence les fondations de deux bâtiments plus anciens : une église du 7ème siècle avec quatre sarcophages de calcaire blanc et une église gothique des 14/15ème siècle. Gerster et Rais sont d’avis que l’utilisation de la nécropole située dans les ruines romaines cessa au 7ème siècle et que l’on choisit alors comme nouveau lieu sacré l’emplacement de l’église actuelle, distant environ de 800 mètres. Cette époque est caractérisée par les démêlés guerriers du prince alaman Adalric avec les habitants du Sornegau en l’an 675.
Les fouilles entreprises dans le cadre de la construction de la Transjurane dès 1993, révèlent que la région du secteur de la Pran au Sud-Est du village de forgerons entre 650 et 750 après J.-C. soit à la transition entre les époques mérovingiennes et carolingiennes.
Diocèse et principauté de Bâle
Develier apparaît pour la première fois en 1139 dans la bulle du Pape Innocent II. Ce document énumère les propriétés du chapitre de Saint-Ursanne. En 1178 le Pape Alexandre III confirme à l’église collégiale de Saint-Ursanne des biens à Develier. Il en ira de même d’autres possessions et privilèges de l’abbaye de Bellelay en 1181 et 1225. Au 16ème siècle, la paroisse de Develier fait partie du décanat ou chapitre de Salignon (Decanatus Salisgaudiaie). Le territoire du village dépendait, selon Daucourt, d’une famille noble, souche des Marskalck (Marskald) de Delémont. Cette famille, de même que son château, disparut au 15ème siècle.
Chassé de Bâle par la réforme en 1528, le Prince-Evêque se réfugie dans son château de Porrentruy, tout en conservant son pouvoir spirituel et temporel sur l’ensemble du Jura historique. A partir de cette date, c’est de Porrentruy qu’il gouverne ses états jusqu’à la révolution française.
En 1562 eut lieu un différend entre le Prince-Evêque de Bâle et les villages de la vallée de Delémont au sujet des hautes joux, ces forêts couronnant les sommets montagneux. En principe, toutes les forêts et les terres vagues étaient propriété du Prince, qui accordait des jouissances plus ou moins grandes aux habitants. Ces derniers pouvaient ainsi devenir propriétaires et léguer à leurs enfants les terres qu’ils défrichaient. C’est ainsi que l’on vit reculer les forêts sur les montagnes, qui elles aussi, furent revendiquées au Prince par les gens de la vallée de Delémont. Des arbitres, choisis parmi les bourgeois de Bâle, les officiers du Prince-Evêque et les maires des treize villages francs assignèrent à chaque commune le canton forestier leur revenant. Jugement qui aujourd’hui encore délimite, à l’exception des achats ultérieurs, les possessions forestières de Develier. Vers cette époque, on mentionne souvent les treize villages francs de la Vallée, dont Develier. Ce qui signifie que ces villages jouissaient de franchises reconnues par leur souverain avant la réforme déjà.
Le village fut dévasté par les Suédois en 1637 et l’église ne fut rebâtie qu’au milieu du siècle suivant et la cure en 1785. Un incendie détruisit cet immeuble en 1791 avec toutes les précieuses archives qu’il contenait. Dès 1792, époque de la République rauracienne, l’histoire de Develier est liée à celle du reste du canton.