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Au début de la campagne, beaucoup imaginaient qu'Isabelle Chassot deviendrait très facilement sénatrice, elle qui a été trois fois brillamment élue au Conseil d'Etat fribourgeois, avant de diriger l'Office fédéral de la culture durant huit ans. Les connaisseurs de la vie politique louent notamment ses compétences linguistiques ou ses réseaux au sein de la Berne fédérale.
Si, aujourd'hui, personne ne remet en question ses qualités, on constate que le contexte politique n'est pas facile pour elle, notamment parce qu'elle n'est pas certaine de faire le plein des voix à droite.
Une concurrente pour Johanna Gapany?
La base du PLR, par exemple, se méfie d'une Isabelle Chassot au Conseil des Etats, car elle pourrait - à terme - devenir un réel danger pour l'actuelle conseillère aux Etats libérale-radicale Johanna Gapany, elle aussi une femme de droite. Il y aurait donc deux sénatrices de droite lors des fédérales de 2023, soit peut-être une de trop. Or, au vu de la force du Centre (ex-PDC) dans le canton de Fribourg, le siège PLR pourrait s'avérer le plus fragile.
Les instances du PLR ont finalement décidé de soutenir officiellement Isabelle Chassot, mais la question de savoir si la base suivra n'est pas résolue.
Le vote de l'UDC suscite lui aussi des inquiétudes. Le parti n'a pas donné de consigne de vote et ses membres ne vont probablement pas massivement soutenir Isabelle Chassot, car il y a un lourd contentieux entre l'Union démocratique du centre et ce qui était à l'époque le PDC. Les adhérents de l'UDC ont le sentiment qu'au cours des dernières années, ils ont toujours servi de marche-pied au PDC et qu'ils ont été les dindons de la farce.
Pas facile non plus pour Carl-Alex Ridoré
Du côté du socialiste Carl-Alex Ridoré, la situation n'est cependant pas simple non plus et comporte plusieurs inconnues, à commencer par l'ampleur du vote des Vert-e-s à son égard. Tous les écologistes ne sont pas des fervents soutiens de Carl-Alex Ridoré. Son passage à la préfecture de la Sarine a été marquée par les tensions avec la conseillère d'Etat Marie Garnier. La Verte a fini par démissionner et les socialistes ont ensuite tenté de ravir le siège au gouvernement cantonal laissé vacant par l'écologiste, un opportunisme qui n'a pas bien passé chez les Vert-e-s.
Autre inconnue pour Carl-Alex Ridoré: le vote féminin, et notamment celui des femmes de gauche. La question de savoir sur qui il va se diriger taraude le PS fribourgeois, qui a observé lors des élections communales du début d'année une forte poussée des femmes dans les législatifs au détriment de certains hommes.
Enfin, Carl-Alex Ridoré souffre d'un déficit d'image. S'il est très connu dans son propre district, la Sarine, il l'est beaucoup moins dans les autres districts du canton de Fribourg.
Sujet radio: Maurice Doucas
Adaptation web: Vincent Cherpillod