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La prise en compte de l’investissement subjectif des enseignants dans l’analyse du travail et dans la formation
Auteur, co-auteurs
Type de référence
Date2009
Langue de la référenceFrançais
Entité(s) de recherche
Référence APAAndré, B. (2009). La prise en compte de l’investissement subjectif des enseignants dans l’analyse du travail et dans la formation. Poster présenté à Congrès de la Socoété suisse de recherche en éducation : Recherche et développement en matière d’enseignement Zurich, Suisse.
Résumé
Le métier d’enseignant, comme métier de l’humain, sollicite de manière importante la subjectivité de l’enseignant (Baethge, 1991; Böhle, 2001; Böhle & Milkau, 1998-1988; Cifali, 1994; Clot, 1999; Nias, 1987, 1996; van den Berg, 2002). La notion d’investissement subjectif permet de rendre compte des interactions de la subjectivité de l’enseignant avec son environnement de travail. À partir d’une étude clinique de l’investissement subjectif d’enseignantes et d’enseignants vaudois de la scolarité obligatoire, la recherche présentée permet de caractériser cet investissement, et de dégager un certain nombre de thèmes qui lui sont liés. Les items liés à ces thèmes fonctionnent comme autant d’analyseur de l’investissement. Cette recherche s’est appuyée sur des entretiens d’autoconfrontation, c’est-à-dire l’enregistrement de traces de l’activité, puis la confrontation de l’acteur à ces traces dans le but d’obtenir une verbalisation. Les traces recueillies étaient ici un enregistrement vidéo. Ces entretiens d’autoconfrontation ont permis de mettre en évidence l’investissement de l’enseignant tant durant l’entretien que durant la leçon enregistrée, et le corpus de la recherche est constitué du recueil des entretiens. Les analyseurs dégagés par la recherche et qui permettent une meilleure compréhension de l’investissement subjectifs des enseignants dans leur travail sont la question du sens de l’activité, la reconnaissance, l’agentivité, au sens de la représentation de la capacité des agents à faire advenir les événements souhaités (R. Scollon, 2001; S. Scollon & Scollon, 2000), le rôle, la relation avec les élèves, l’engagement des élèves, la collaboration, la dynamique de la classe et le rapport aux savoirs et à l’innovation. À partir des analyse faites, nous dégageons une définition de l’investissement subjectif , qui apparaît comme la mise en jeu de soi comme sujet historique dans l’activité. Et l’on rejoint l’expression de Schwartz, décrivant le travail comme « usage de soi par soi et l'usage de soi par les autres » (Schwartz, 1997; Schwartz & Durrive, 2003). Ces deux volets de l’usage de soi se rapportent au double mouvement : s’investir et être investi. Chercher à comprendre l’investissement subjectif d’un enseignant, c’est tenter de nommer autant ce vers quoi il dirige son attention et son énergie (usage de soi par soi) que ce qui le sollicite dans sa personne (usage de soi par les autres). Dans cette « dramatique d’usage de soi » (Schwartz, 1997 ; Schwartz & Durrive, 2003), le sujet au travail est travaillé par des normes, des contraintes, des subordinations, des relations de pouvoir, mais aussi des mises en jeu de son histoire, de ses failles, de ses rêves, plus largement de son imaginaire. Cet investissement joue un rôle important dans la formation initiale des enseignants, particulièrement dans leur capacité à intégrer durablement dans leur pratique des savoirs scientifiques. En effet, en références aux mondes formels dans lesquels se déploie la pratique (Habermas, 1987), il réduit la disponibilité à entendre ces savoirs, ceci par la prédominance du monde subjectif et du monde social (relatif respectivement à un agir dramaturgique et un agir régulé par des normes) sur le monde dit objectif, c’est-à-dire celui d’un agir téléologique dont l’enjeu serait celui de l’efficience et de la vérité.