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Citroën est un constructeur automobile français. Son nom en forme longue est Automobiles Citroën. L’entreprise a été fondée en 1919 par André Citroën. La marque a toujours été réputée pour ses technologies d’avant-garde et, à plusieurs reprises, elle a révolutionné le monde de l’industrie de l’automobile. Citroën a notamment créé la Traction Avant, l’utilitaire H, les 2 CV, DS, Méhari, SM, GS, CX, BX ou encore la XM, qui sont toutes des créations d’avant-garde.
L’entreprise Citroën appartient depuis 1976 au Groupe PSA, Stellantis depuis 2021, qui englobe également DS Automobiles et Peugeot, ainsi que Vauxhall et Opel depuis 2017. Son siège social est installé à Poissy depuis 2021 (précédemment à Rueil-Malmaison) et ses bureaux d’études et de recherche à Vélizy-Villacoublay, Poissy (CEMR), Carrières-sous-Poissy et Sochaux–Montbéliard. L’actuel directeur général de Stellantis est Carlos Tavares, ancien numéro deux de Renault.
Avant Citroën
Né d’un père néerlandais et d’une mère polonaise, André Citroën voit le jour à Paris le 5 février 1878. Il sera orphelin de père à 7 ans.
En 1901, âgé de 23 ans, il s’associe avec André Boas et Jacques Hinstin, qu’il connaît depuis le lycée Condorcet, avec qui il investit une grande partie de l’héritage de ses parents pour fonder la société « Citroën, Hinstin et Cie », entreprise de fabrication d’engrenages, en particulier ceux à chevrons en V, avec une dizaine d’ouvriers dans le faubourg Saint-Denis du 10e arrondissement de Paris. 900 000 francs de chiffres d’affaires en 1910 et quatre années plus tard, le premier conflit mondial éclate. Il rencontre alors le Ministre de L’armement. André Citroën lui propose un plan de fabrication d’obus de 75, le Ministre passe commande pour 15 000 obus par jour. En 1915, la production atteindra 55 000 obus par jour.
Les débuts
À la sortie de la Première Guerre mondiale3, pendant laquelle il a fondé et dirigé une importante usine de fabrication d’obus, le polytechnicien André Citroën décide de créer, en 1919, sa propre marque d’automobiles.
Il transforme son usine d’obus, complexe métallurgique construit en six semaines au printemps 1915 et situé sur l’actuel emplacement du parc André-Citroën, quai de Javel (actuel quai André-Citroën) dans le 15e arrondissement de Paris, pour la reconvertir dans la production de véhicules à moteur. Il absorbe le constructeur automobile Mors dont il est le directeur général administrateur depuis 1906, et industrialise le premier modèle de la marque : la Citroën Type A. Ce modèle est la première automobile européenne construite en série. La voiture bénéficie d’une publicité par le biais d’une affiche du dessinateur Mich. En 1919, il sort quotidiennement 30 voitures, pour un total de 2 810 véhicules et 12 244 en 1920.
La grande usine de Clément-Bayard à Levallois-Perret est rachetée par Citroën en 1922, ce qui permet à la marque de sortir sa première voiture vraiment populaire, la 5 CV, inspirée des voitures Clément-Bayard.
En 1924, Citroën commence une collaboration avec l’ingénieur américain Edward Gowan Budd, qui a travaillé depuis 1899 au développement des carrosseries tout en acier pour les voitures de chemin de fer, et pour de nombreuses marques d’automobiles (Dodge etc). En 1925, Citroën industrialise par ce biais la première carrosserie « tout acier » entièrement fermée en Europe.
Le succès est au rendez-vous mais la concurrence industrielle est forte et implique un très fort développement créatif, technique et industriel.
En 1928, après la montée en puissance des sociétés industrielles françaises à la Bourse, elles représentent pour la première fois 3 des 5 premières capitalisations françaises et Citroën est la cinquième. Propriété quasi exclusive de son fondateur, Renault ne figure pas dans le classement.
Citroën innove en matière de fordisme et de taylorisme avec des voitures bon marché, au détriment de ses bénéfices et des très importants coûts de développement, ruineux en pleine période de guerres mondiales et de crises (Grande Dépression).
C’est également au cours de cette période que la banque Lazard Paris, dorénavant installée rue Pillet-Will, devient un acteur important dans plusieurs sociétés industrielles françaises, auréolé de son succès chez Citroën. En effet, dès 1927, la banque apporte au constructeur automobile les fonds dont il a besoin, renégocie sa dette, par exemple en lui rachetant la Sovac (filiale de Citroën spécialisée dans la vente d’automobiles à crédit), qui lui servira plus tard à distribuer de nombreux crédits. Mais elle va plus loin en entrant dans son capital et en installant trois de ses membres au conseil d’administration (Raymond Philippe, André Meyer et Paul Frantzen).
Les relations entre les deux groupes se distendent par la suite et, en 1934 la banque ne peut empêcher la faillite de l’industriel. Les deux familles restent cependant liées, avec le mariage du fils d’André Citroën et de la dernière fille de David David-Weill »
Le lancement révolutionnaire mais très coûteux de la Traction Avant, première carrosserie monocoque qui surclassera toutes ses rivales pendant 15 ans à partir de 1934, ne sauve pas la marque de la faillite.
Fin 1934, les banques (dont la banque Lazard) et créditeurs perdent confiance et décident de ne plus suivre son surendettement chronique et ses importantes pertes financières, et de confier la gestion à son principal débiteur Pierre Michelin, du groupe Michelin, (second fils d’Édouard Michelin, cofondateur du groupe Michelin, un des principaux créanciers de Citroën) avec la mission très difficile de lui éviter la faillite.
Par contre, dans son livre La Conjuration de Javel (publié en 1996), Bernard Citroën démontre que la dette était moins sévère que l’on avait dit, et que la marque aurait pu échapper à la faillite.
Le 21 décembre 1934, Citroën est mis en liquidation judiciaire. Le principal créancier, Michelin, reprend la marque, sauve les 250 000 emplois, calme 1 500 créanciers et les milliers de petits porteurs mécontents.
En 1938, lors de la fin de la convention collective de travail des ouvriers métallurgistes, les ouvriers entendent voir leurs salaires augmentés. Face au refus de Pierre Michelin, les usines Citroën-Javel, Saint-Ouen et Levallois-Perret, bientôt rejointes par d’autres partent en grève. Willy Ronis immortalise la militante CGTU, Rose Zehner en train de haranguer la foule à la veille de l’action de grève (23 mars 1938).
Nommée initialement Société anonyme André Citroën, l’entreprise a pris le nom de Citroën SA en 1968. Cette même année, Citroën se lie avec Maserati, le constructeur italien de voitures de sport pour obtenir le moteur V6 qui va équiper la SM. Mais la SM a représenté un tel niveau d’investissement que le secteur GT à lui seul ne pouvait pas le soutenir, d’autant que les circonstances étaient plutôt très défavorables avec le choc pétrolier de 1973 qui a fait fondre les ventes de voitures GT. La SM n’a été construite qu’en seulement 12 920 exemplaires.
D’autres pertes abyssales chez Citroën ont aussi été provoquées par des erreurs stratégiques :
- le moteur à piston rotatif Wankel de la filiale Comotor, échec technologique et financier,
- la dispersion dans trop de domaines : poids lourds, hélicoptère à moteur Wankel),
- l’erreur stratégique de ne pas avoir de voiture de milieu de gamme jusqu’au lancement de la GS en 1970,
- coûts excessifs de développement des modèles GS, CX, SM, Birotor.
Citroën ne pouvait plus faire face financièrement à toutes ces dépenses et n’a su résister aux changements du marché automobile après le choc pétrolier de 1973 et a été conduit à la faillite en 1974. Michelin, actionnaire majoritaire de la marque, avait décidé de vendre au groupe italien Fiat. La société PARDEVI Participations et Développement Industriel sera constituée le 28 juillet 1970 pour assurer la transition. Le géant italien investira considérablement dans l’entreprise en assurant aussi des transferts de technologie et fera travailler les usines Citroën pour son compte sans jamais parvenir à la majorité et donc au contrôle de Citroën. Le gouvernement français, en la personne du Général De Gaulle avait d’ailleurs mis son veto à la cession à Fiat.
En 1976, le gouvernement français demande à la famille Peugeot de reprendre la marque aux chevrons en faillite. Elle « rachète » alors 90 % du capital de Citroën à Michelin et forme le groupe PSA Peugeot Citroën, société à directoire et conseil de surveillance. La famille Peugeot en restera actionnaire majoritaire jusqu’en 2014.
Les années Peugeot
Des débuts difficiles
La cohabitation des deux marques va s’avérer difficile durant plus de vingt ans. En effet, tout semblait les opposer : Peugeot était a priori une marque très conservatrice (pas tout à fait exact d’ailleurs, pour preuve la 204 qui reprenait la nouvelle disposition inaugurée sur la Mini et la Trabant, généralisée aujourd’hui, du moteur transversal), tandis que Citroën était technologiquement innovatrice en particulier par ses suspensions et ses concepts aérodynamiques (mais pas par ses motorisations souvent un peu en retrait).
Le bureau d’études Citroën en sort métamorphosé : certains de ses membres partent (comme Robert Opron, designer des DS restylées, Ami 8, SM, GS et CX), d’autres restent mais acceptent mal la nouvelle direction, à cause notamment de sa démarche de standardisation. Les premiers modèles laissent les citroënistes sceptiques quant à l’avenir de leur marque : la LN (1976) est une caisse de 104 Coupé avec un moteur de Dyane (mariage que l’on peut considérer comme raté vu les faibles ventes).
Néanmoins, PSA est financièrement une réussite, au début, avec des modèles comme la GS et la CX. PSA fait évoluer la gamme déjà existante : la 2CV est déclinée en de nombreuses séries limitées, la CX passe au Diesel, et la GS devient GSA en 1979, avec un hayon arrière intégral apprécié par la clientèle.
La situation financière du groupe PSA, au début des années 1980, apparaît très mauvaise. En effet, le rachat de Chrysler-Europe (ex-Simca, en 1979), est difficile à digérer pour Peugeot, et il faut ajouter à cela le second choc pétrolier de 1979 qui va encore affaiblir le constructeur.
De timides progrès
Citroën BX, elle sauvera Citroën de la faillite dans les années 1980.
La BX (1982) est le fruit de cette époque difficile. Sa ligne originale et la présence de la suspension hydraulique ne font pas oublier qu’elle est dotée des mêmes groupes moteurs que la 305 Phase II. Cette intégration d’éléments Peugeot dans une Citroën a été assez mal vécue au sein des bureaux d’études de la marque aux chevrons, mais le lancement de la BX était urgent et devait être un succès : l’avenir de Citroën dépendait de la BX, de la même manière que celui de Peugeot dépendait de la 205. Ce fut sans conteste le succès de ces deux modèles, et la disparition, en 1986, de la marque Talbot, qui ont permis la sauvegarde du groupe PSA. Cette époque coïncide en outre avec l’arrivée, en 1980, de Georges Falconnet à la direction commerciale, et avec lui d’une collaboration suivie avec Jacques Séguéla. Presque chaque lancement s’accompagnera dorénavant du soutien d’une personnalité : chanteur, acteur, metteur en scène ou encore sportif. Ainsi la BX, présentée sous la Tour Eiffel à Paris, bénéficiera des apports de Julien Clerc puis Philippe Labro.
La BX, locomotive d’une gamme qui avait vieilli, ne devait pas rester seule : l’AX (1986) et la XM (1989) étaient chargées de l’épauler.Citroën Xantia, Voiture de l’année 1993 en Italie et en Espagne.
Le lancement de la XM en 1989, le remplacement de la BX par la ZX et la Xantia (respectivement en 1991 et en 1993), ainsi que le restylage de l’AX en 1992, marquent le début de l’ère de la qualité chez Citroën. Mais les débuts sont difficiles avec les problèmes électriques de la XM (et aussi de la 605) dus au lancement trop précipité par le PDG de PSA Jacques Calvet et surtout, au fil du temps, la marque aux chevrons n’apparaît plus créative. Les Citroën deviennent des clones de Peugeot déjà existantes : l’Évasion (premier monospace de la marque, 1994), la Saxo (1996) ou le Berlingo (premier ludospace de l’histoire automobile, 1996), sont des modèles développés sur des plates-formes communes avec Peugeot. De plus, les modèles plus personnels et de très grande diffusion comme la ZX ou la Xsara (1997) apparaissent trop timides du point de vue du style.
Ainsi, l’image de Citroën est devenue en vingt ans celle d’un constructeur automobile comme un autre, avec comme particularité de vendre des voitures à prix relativement réduits. Il convenait donc de donner une nouvelle impulsion à la marque, tout en maintenant le niveau de fiabilité et de qualité acquis.
La renaissance sous M. Folz
Depuis l’avènement à la présidence du groupe PSA de Jean-Martin Folz, la cohabitation Peugeot-Citroën semble avoir trouvé un équilibre. Les deux marques assument leurs différences et les économies de coûts ne se font plus au détriment du style. Les C1, C2, C3, C4 et C5 restylée possèdent une forte identité stylistique fixée sous l’impulsion de Jean-Pierre Ploué, le directeur du style Citroën et successeur de Flaminio Bertoni (designer des Traction, DS, 2CV, Ami 6) ou Robert Opron (SM, GS, CX). En avril 2006, la C6 est mise en vente : elle a plusieurs aspects de la CX (vitre arrière concave), mais son originalité ne convainc pas. En revanche, les monospaces Xsara Picasso, C4 Picasso (5 et 7 places) puis C3 Picasso sont de forts succès qui tirent la marque vers le haut. Ainsi, en mars 2009, Citroën obtient 16,1 % de part de marché en France non loin des 16,4 % de Peugeot et signe ainsi son meilleur résultat depuis 35 ans.
L’emplacement de l’ancienne usine historique de Paris (XVe arrondissement), sur les rives de la Seine quai de Javel, a été transformée après sa démolition en 1983 en un vaste parc public (Parc André-Citroën) ceinturé d’un programme de logements et de bâtiments tertiaires. Les usines historiques de Citroën sont à Aulnay-sous-Bois, Rennes-la-Janais et Vigo (Espagne), mais les usines du groupe PSA Peugeot Citroën fabriquent maintenant indifféremment des véhicules des deux marques.
Une période de flottement
Confronté au contre-coup de la crise économique de 2008, Citroën se doit de fermer son site d’Aulnay-sous-Bois en voyant ses ventes décliner. Sa déclinaison haut de gamme DS Automobiles est une réussite en trouvant son autonomie. Peugeot étant positionné sur un créneau cossu, Citroën se repositionne progressivement sur un créneau plus décalé de technologie utile marqué par le lancement de la C4 Cactus.
Centenaire
En 2019, Citroën fête son centenaire. Tout au long de l’année, le constructeur célèbre son anniversaire lors d’événements automobiles et par des séries spéciales dans sa gamme.
Le « rassemblement du siècle » a lieu dans les jardins des ruines du Château de la Ferté-Vidame le 19, 20 et 21 juillet 2019, réunissant 4200 véhicules13 de collectionneurs des quatre coins de l’Europe, et attire 60 000 personnes.
La série limitée Citroën Origins Edition Collector célèbre le centenaire du constructeur aux chevrons avec les C1, C3, C3 Aircross, C4 Cactus, C4 Spacetourer, et C-Élysée (sur certains marchés). Disponible uniquement en blanc, gris ou noir, celles-ci reçoivent un sticker « Origins since 1919 ».
Pour sa 44e édition, le salon Rétromobile célèbre les 100 ans d’histoire du fleuron de l’automobile française. L’affiche du salon représente ainsi une calandre de traction devant la Tour Eiffel.
Au Salon international de l’automobile de Genève 2019, le constructeur présente le concept-car Ami One pour fêter ses 100 ans, puis en mai 2019 il dévoile le Citroën 19 19 Concept au salon Viva Technology à Paris.
Texte extrait de la page Citroën de Wikipedia.