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La Fondation Pierre Gianadda de Martigny fête lundi ses 40 ans d'existence. Inauguré le 19 novembre 1978, l'espace d'exposition de Martigny a vu défiler 10 millions de visiteurs au cours de ces quatre décennies.
A l'origine de cette réalisation, Léonard Gianadda n'imaginait pas, en 1978, le succès que son idée rencontrerait. Après la mort accidentelle de son frère Pierre, dont il était très proche, en 1976, Léonard a voulu célébrer le souvenir de ce frère.
"L'idée était de faire un lieu animé", déclare le mécène de Martigny dans une interview accordée à Keystone-ATS. "C'était aussi l'occasion de créer un musée gallo-romain puisqu'il n'y avait pas de musée à Martigny". La ville regorgeait de trouvailles archéologiques, "mais tout était parti dans la nature".
Travail et volonté
"Je n'ai évidemment jamais imaginé avoir un jour un tableau de Van Gogh ou de Cézanne, or on en a eu cent", explique M. Gianadda. Il n'imaginait pas non plus que les concerts auraient un tel succès. La cantatrice italienne Cecilia Bartoli s'y est produit à 28 reprises. Et pas qu'elle, Isaac Stern, Yehudi Menuhin beaucoup de grands noms de la musique y ont défilé. "Cela s'est fait petit à petit".
Derrière le succès se cache beaucoup de travail, de la volonté, de la ténacité. Et quarante ans plus tard la satisfaction "de regarder dans le rétroviseur et de me rendre compte que j'ai eu beaucoup de chance", dit le mécène. "Attirer une moyenne d'un quart de million de visiteurs chaque année pendant 40 ans, dans un bled comme Martigny, c'est incroyable".
Encore des projets
Et ce n'est pas terminé. Une exposition "Rodin - Giacometti" est en préparation pour l'année prochaine. "L'année suivante on va faire une exposition sur la collection de Christoph Blocher", annonce Léonard Gianadda. "Il m'a donné une pile de reproduction de toutes les oeuvres qu'il possède avec une fiche technique de chacune et m'a dit "tu choisis ce que tu veux", c'est extraordinaire".
Pourtant Léonard Gianadda se montre réservé quant à l'avenir. "Commençons déjà par demain, par après-demain, allons jusqu'à la fin de l'année". Il n'a jamais caché souffrir d'un cancer. Alors la suite "ce ne sera pas facile, ça c'est certain".