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Un candidat UDC au Conseil fédéral opposé aux bilatérales aurait la tâche moins facile pour recueillir les voix du PLR. Les libéraux-radicaux n'excluent toutefois pas de l'élire. Le président du parti Philipp Müller a précisé vendredi ses propos.
Sur le principe, le Parti libéral-radical est favorable à la présence d'un deuxième ministre UDC au Conseil fédéral. Fin août, les déclarations de l'Argovien ont soulevé des vagues. Dans une interview, Philipp Müller avait déclaré penser "qu'un candidat qui remet en cause la Convention des droits de l'homme aura de la peine à convaincre le groupe parlementaire PLR".
Et de poursuivre en précisant que les accords bilatéraux constituent une part centrale voire indispensable de la politique étrangère de la Suisse. Le groupe libéral-radical interrogera précisément tout candidat au Conseil fédéral sur sa position sur ce point.
"C'est clair: le soutien aux bilatérales jouera un rôle important", avait encore précisé le président du parti. Interrogé par la presse, il a renouvelé ses propos, notant qu'un candidat opposé aux bilatérales ne soulèvera pas l'euphorie, notamment chez les Romands.
Et le PS ?
"Mais on ne peut pas attendre d'un candidat d'un autre parti qu'il soutienne notre programme". Le PLR a ainsi voté pour des ministres socialistes quand bien même l'adhésion à l'Union européenne figure au programme de leur parti, a ajouté le conseiller national genevois Christian Lüscher.
Le PLR attend d'un conseiller fédéral qu'il soutienne la collégialité et les décisions du gouvernement. Et Christian Lüscher de citer l'exemple d'Alain Berset qui s'est battu contre la caisse unique une fois ministre.
Thème de campagne
A neuf jours des élections fédérales, le PLR a tenu à souligner son attachement à la voie bilatérale. La Suisse ne peut pas se passer de ces accords, contrairement à ce que peut prétendre la droite dure. Ils ne peuvent être remplacés par un accord de libre-échange.
S'il veut se démarquer de l'UDC sur ce thème, le parti n'en a pas moins réservé quelques piques aux autres partis. Le PS serait le parti de l'adhésion à l'UE et le PDC aurait longtemps soufflé le chaud et le froid sur sa réelle position. "Tout le monde est pour les bilatérales mais l'original c'est le PLR", selon Christian Lüscher.
Concernant l'initiative contre l'immigration de masse, qui remet en cause les bilatérales, Philipp Müller attend un référendum sur la loi d'application et une votation en novembre 2016. Le peuple pourra alors voter en connaissance de cause et corriger le tir. Encore faut-il que le Conseil fédéral présente enfin son projet au Parlement, ce qu'il devrait faire cet automne.
Philipp Müller ne veut en revanche rien entendre de l'initiative "Sortons de l'impasse" (RASA) et qui vise à revenir sur la votation du 9 février 2014 en biffant les dispositions qui ont alors été votées. Ce texte, qui pourrait être balayé par le peuple, n'apporte aucune solution, selon lui. Mieux vaut un concept "dur mais juste" face à l'immigration.