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Dans ce livre 1, l’architecte se pose la question de la construction et de l’habitat au sens large dans « un monde qui va vers une pauvreté croissante », cette nouvelle pauvreté des pays industrialisés qu’il définit de la manière suivante :
Nous appellerons « nouveau pauvre », cet homme qui ne possède que de l’argent et qui n’en a pas assez pour se procurer les choses (logement, nourriture, etc.) de manière satisfaisante selon les normes et conventions admises par l’époque. La pauvreté des nouveaux pauvres des pays industrialisés […] vient – entre autres causes – du fait qu’il dépense la plus grande partie de son salaire pour rémunérer des services dont le paysan d’autrefois disposait gratuitement ou dont il se passait la plupart du temps (garderie d’enfants, services de réparation, lavage, nettoyage, etc.).
Yona Friedman nous invite alors à nous ressaisir des fondamentaux et développe l’idée de ce qu’il appelle l’« architecture de survie » :
Une architecture peut être considérée comme une architecture de survie si elle ne rend pas difficile (ou plutôt si elle favorise) la production de nourriture, la collecte de l’eau, la protection climatique, la protection des biens privés et collectifs, l’organisation des rapports sociaux et la satisfaction esthétique de chacun.
Une architecture, somme toute, qui repose sur des principes de résilience et d’autosuffisance comme ceux de l’autoplanification et de l’agriculture urbaine. Et si nos habitats étaient conçus pour récupérer l’eau de pluie, conserver nos aliments et produire notre nourriture ? Et si cette conception était réalisée par les habitants eux-mêmes ?
A la lumière du contexte actuel où nous faisons face à nos réserves d’énergies fossiles et de matières premières qui s’épuisent, nous allons indéniablement vers « cette pauvreté croissante ». Saurons-nous, citoyens et planificateurs, adopter cette « philosophie de la pauvreté » (sous-titre du livre de Yona Friedman) ? Ou, mieux encore, adopter une « philosophie de la sobriété », si l’on considère que la sobriété est une « pauvreté choisie » avant que celle-ci ne s’impose à nous. Car il n’en va pas que de notre engagement à contrer le dérèglement climatique en marche, mais aussi de notre adaptation, notre « survie », à ce nouveau contexte.
En bref, à lire et relire pour développer un habitat et un mode de vie résilients.