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La comtesse Zoubov, une personnalité cosmopolite
Née en 1892 à Rosario de Santa Fe (Argentine), Rosario Julia Schiffner de Larrechea grandit dans un milieu privilégié et international. Ses parents, d’origine prussienne et argentine, sont à la tête d’une des plus grandes fortunes du pays, bâtie dans la culture de la canne à sucre et dans l’immobilier. Ils offrent à leurs deux filles une éducation raffinée, pétrie des codes de la grande bourgeoisie.
La famille voyage régulièrement en Europe, notamment à Genève, où elle possède un pied-à-terre. La jeune Rosario Julia acquiert une sensibilité artistique en visitant les capitales européennes. Elle se révélera dans ses choix de collectionneuse.
Le début de la collection Zoubov
En 1914, à l'âge de 26 ans, la jeune femme épouse le comte italien d’Arrivabene, originaire de Bergame. Le comte ayant la charge d'ambassadeur d’Italie en Iran, le couple s’installe à Téhéran et y séjournera quatre ans.
C’est au grand bazar de la ville que la comtesse débute sa collection. Il s’agit d’un imposant brûle-parfum en émail cloisonné, fabriqué en Chine. Datant de la dynastie Qing (1644-1911), cet objet provient peut-être du pillage du palais d’été de Pékin, survenu en 1860.
Cette acquisition témoigne du goût de la comtesse pour les objets d’art anciens orientaux et les chinoiseries (porcelaines, émaux). Un intérêt qui va se muer en véritable passion pour les arts décoratifs du XVIIIe siècle.
Une collection formée durant l’entre-deux-guerres
En 1918, suite au décès prématuré de son époux, la comtesse quitte l’Iran. Quatre ans plus tard, elle épouse en secondes noces le comte Sergeï Platonovitch Zoubov, de onze ans son aîné. Né à Moscou en 1881, cet aristocrate a émigré à Genève durant la Révolution russe d’octobre 1917.
C’est à ses côtés que Rosario Julia Shiffner de Larrecha, devenue comtesse Zoubov, va embrasser son destin de collectionneuse. Elle réalise l’essentiel de ses acquisitions durant l’entre-deux-guerres, au gré de ses découvertes dans les plus prestigieuses galeries d’art et maisons de vente des grandes capitales européennes et américaines.
Elle acquiert, jusque dans les années 1950, quelque 525 objets, aujourd’hui exposés dans le musée de la Fondation Zoubov, à Genève. Le musée a été aménagé dans l’appartement du rez-de-chaussée de l’Hôtel Sellon, rue des Granges, décoré dans un esprit XVIIIe siècle par la comtesse Zoubov elle-même.