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08/07/2008
Initiative contre les minarets: près de 115'000 signatures déposées
L'initiative populaire "contre la construction des minarets" a été déposée à la Chancellerie fédérale, munie de près de 115'000 signatures. Le Conseil fédéral a d'ores et déjà décidé d'appeller le peuple et le Parlement à rejeter cette initiative
Les initiants, représentants de l'UDC et de l'Union démocratique fédérale (UDF), ont profité de l'occasion pour réaffirmer ses griefs. Les minarets ne sont pas des constructions à caractère religieux, à ses yeux mais "le symbole apparent d'une revendication politico-religieuse du pouvoir, qui remet en cause les droits fondamentaux".
Le lancement de l'initiative populaire "contre la construction des minarets" n'a pas été sans provoquer des remous. L'Organisation de la conférence islamique s'en est inquiétée. La ministre des affaires étrangères Micheline Calmy-Rey a déjà affirmé l'opposition du Conseil fédéral à ce texte.
La Fédération des Eglises protestantes de Suisse considère ce texte "inapproprié". "La polarisation est une mauvaise voie. Il faut se préoccuper de l'intégration", souligne-t-elle.
L'idée d'une interdiction générale, pure et simple des minarets a été lancée en pleine polémique autour de plusieurs projets de construction dont ceux de Wangen (SO) et de Langenthal (BE). Il existe en Suisse deux mosquées avec des minarets, à Zurich et à Genève, sans pour autant que ces édifices soient utilisés pour appeler à la prière.
Le Conseil fédéral appellera le peuple et le Parlement à rejeter l'initiative populaire contre la construction de minarets. "Il n'y a pas de doute" à ce propos. Démarche peu courante, le gouvernement a pris position dès le dépôt du texte.
"Il ne s'agit pas d'une initiative du gouvernement ou du Parlement", souligne le communiqué à l'attention des autres pays. Et de préciser que le texte s'oppose à la construction de minarets "mais ne remet pas en question le droit de chaque personne de pratiquer la religion de son choix".
Nous voici à devoir répondre à une question intéressante.
Les cantons laïques devraient sans autre repousser l’initiative puisque ayant clairement séparé l’Etat de la religion. Pour les cantons « ecclésiastiques », la question est plus importante. Si ils acceptent l’initiative, les religions d’état seront plus fortes et, peut-être, plus exigeantes. Si ils refusent l’initiative, ces mêmes religions auront du souci à se faire, la cohérence voudrait en effet que ces cantons deviennent laïques aussi.
Le dilemme n’existerait sans doute pas si la confédération ne reconnaissait et n’autorisait que les religions qui admettent la primauté de l’Etat sur la religion.