Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07181.jsonl.gz/57

Contenu externe
La flotte de commerce helvétique en haute mer a 75 ans. Méconnue, son histoire débute sur fond de conflit et de rationnement.
Nous sommes au début de la Deuxième Guerre mondiale en 1939. L'Allemagne a fermé le Rhin à la navigation marchande, principale voie d'approvisionnement pour la Suisse.
Pour assurer ses besoins en nourriture et matières premières, le gouvernement helvétique signe à Londres un contrat d'affrètement avec la société d'armement grecque Rethymnis & Kulukundis. La convention prévoit que Berne dispose de 15 navires sous pavillon grec dès le printemps 1940 et cela jusqu'à la fin de la guerre.
Mais en automne 1940, l'Italie envahit la Grèce et ferme ses ports aux embarcations sous pavillon grec. A cela s'ajoute la guerre sous-marine dans l'Atlantique Nord qui rend de plus en plus difficile l'importation de biens de première nécessité en Suisse.
Cette situation pousse Berne à légiférer. En janvier 1941, le gouvernement charge le professeur bâlois Robert Haab de mettre sur pied un projet de loi maritime. Quelques mois plus tard le 9 avril 1941, l'arrêté du Conseil fédéral sur la navigation maritime sous pavillon helvétique est approuvé et mis en vigueur. Il signe la création d'une flotte nationale.
Le pavillon suisse est né. Mais, pour respecter les normes internationales, ce dernier est rectangulaire à la différence du drapeau helvétique carré, tout comme celui de la Cité du Vatican.
Au secours de la Croix-Rouge
Le gouvernement décide de devenir, lui-même, armateur via l'Office de guerre pour les transports (OGT). Il achète alors quatre navires. Ces embarcations servent aussi à acheminer du matériel de la Croix-Rouge.
La mission première de la flotte nationale commerciale, soit l'approvisionnement du pays en cas de conflit, est encore valable aujourd'hui même si les bateaux sont en mains privées. Une fois la guerre finie, l'OGT a, en effet, vendu ses transporteurs maritimes à des particuliers.
Durant la Deuxième Guerre mondiale, 14 cargos sont enregistrés sous pavillon suisse. Trois embarcations ne verront cependant pas la fin de la guerre. Le "Maloja" est coulé le 7 septembre 1943, au large de la Corse, par des avions, probablement des alliés. L'"Albula" et le "Generoso" sombreront en 1944 dans le port de Marseille, sabordés par les Allemands avant leur retraite.
La flotte marchande suisse se compose aujourd'hui de 47 navires, qui peuvent transporter un million de tonnes de marchandises. Six sociétés basées à Renens (VD), Nyon (VD), Genève et Zurich les exploitent.
Port d'attache "continental"
L'Office suisse de la navigation maritime (OSNM) du Département des affaires étrangères (DFAE) supervise cette flotte. Son siège est à Bâle. Officiellement, le port d'attache de ces navires commerciaux se trouve dans la cité rhénane mais ils sont en réalité bien trop grands pour pouvoir gagner cet endroit.
Il reste, cependant, peu de marins helvétiques sur ces cargos. Il n'existe, en effet, pas de formation professionnelle à la navigation maritime en Suisse. "La plupart des engagés sont originaires des Philippines, de l'Ukraine, de la Croatie ou du Sri Lanka, pour ne citer que quelques pays", informe le site de l'OSNM.
ATS