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La balance des paiements enregistre l'ensemble des mouvements de marchandises, prestations de services et mouvements de Capitaux entre un pays et le reste du monde (Commerce extérieur). Equilibrée par définition (à cause de la méthode comptable employée), elle se compose de balances partielles: balance des opérations en capital d'une part et d'autre part balance des transactions courantes, autrefois appelée balance des revenus, comprenant elle-même quatre parties: transferts (prestations sans compensation monétaire, par exemple dans la coopération au développement, virements internationaux des travailleurs étrangers), mouvements de marchandises (Balance commerciale), prestations de service, revenus du travail et du capital. Le solde des créances et des dettes constitue la fortune extérieure. La balance des paiements fait partie de la Comptabilité nationale.
Les transactions sont réparties en composants, ceux-ci réunis en agrégats. La balance suisse est établie selon les règles du Fonds monétaire international (FMI), en se basant sur les relevés et les enquêtes de la Banque nationale suisse (BNS) auprès des entreprises, des associations et des administrations publiques. La BNS utilise toutes les Statistiques disponibles, par exemple sur le commerce extérieur, le tourisme, les Banques. Elle publie les résultats annuellement et par trimestre.
La balance des paiements est utile pour déterminer une politique économique, pour établir des comparaisons internationales et comme document pour des études scientifiques. Si l'analyse du commerce extérieur doit prendre en compte l'ensemble des balances partielles, le solde de la balance des transactions courantes est particulièrement parlant pour qui veut juger de l'équilibre du commerce extérieur et étudier les capacités d'épargne et d'investissement de l'économie suisse. Il y a un équilibre nécessaire entre le solde de la balance des transactions courantes et celui de la balance des capitaux (y compris les réserves de change et les reliquats). Un excédent du premier correspond par définition à une exportation nette de capitaux (un déficit à une importation).
Auteur(e): Thomas Schlup / PM
Les Anglais établissaient, au Moyen Age déjà, des relevés de leur commerce extérieur. Mais c'est l'économiste britannique James Denham Stewart qui a créé au XVIIIe s. la notion de balance des paiements (Mercantilisme), laquelle sera développée au XIXe s., surtout en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, en complétant peu à peu la statistique du commerce extérieur "visible" par celle des transactions "invisibles" (qui transparaissent grâce aux opérations de Change), comme le fret, les dépenses des commerçants voyageant à l'étranger, les intérêts, les mouvements de capitaux. La consolidation des Etats nationaux et le développement du marché mondial, qui fit croître le commerce international et l'endettement, poussèrent à affiner un instrument qui devait indiquer comment financer les importations. La SdN publia dès 1924 les balances des Etats membres; puis elle se lança dans leur standardisation, tâche reprise par le FMI après la Deuxième Guerre mondiale sous la forme du Manuel de la balance des paiements, plusieurs fois révisé.
En Suisse, les premières études remontent au début du XXe s., avec les travaux de Traugott Geering et Walter Zollinger, portant surtout sur la balance des revenus. Dans l'entre-deux-guerres, les tentatives de la BNS et du Bureau fédéral de la statistique en vue d'établir officiellement une balance des paiements échouèrent devant l'opposition des milieux économiques concernés. Après la Deuxième Guerre, le Conseil fédéral chargea la Commission pour l'observation de la conjoncture d'élaborer un tel instrument. Cette commission établit dès 1948 (pour 1947) une estimation de la balance des transactions courantes. La publication de chiffres officiels, incluant la balance des capitaux, commença en 1985 (pour 1983 et 1984). Depuis 1994, la tâche en incombe à la BNS. La base légale, insuffisante jusqu'en 1982, fut intégrée en 1992 à la nouvelle loi fédérale sur la statistique, qui prévoit l'obligation de renseigner. Cette longue gestation s'explique essentiellement par la situation confortable du commerce extérieur suisse, qui ne subissait ni dans le trafic des marchandises ni dans celui des capitaux les restrictions imposées dans d'autres pays en raison du manque de devises (Contrôle des changes). Et comme la Suisse n'a signé les accords de Bretton Woods qu'en 1992, elle n'eut longtemps aucune obligation de livrer des informations statistiques au FMI.
Les estimations du début du XXe s. donnent une image partielle des transactions entre la Suisse et l'étranger. Seules les données de la balance du commerce, qui figure depuis 1885 dans la statistique du commerce, sont fiables. Vu le manque de matières premières, les importations dépassent régulièrement les exportations, sauf en temps de guerre ou de crise économique. En revanche, la balance des services est excédentaire, comme le montrent les chiffres approximatifs avancés vers 1900 par des économistes privés, plus tard officiellement; il en va de même pour les intérêts et dividendes (revenus de capitaux). La balance des transactions courantes est généralement excédentaire; depuis 1947, dix années seulement se soldent par un déficit (notamment entre 1961 et 1965). Pour les mouvements de capitaux, on en est réduit, avant la publication des premières balances officielles, à de grossières estimations, basées sur le solde de la balance des transactions courantes et sur l'évolution des réserves de change, qui montrent que jusqu'à l'introduction des changes flottants en 1971 (Politique monétaire), la Suisse est importatrice nette de capitaux privés, ce qui se traduit par une augmentation des réserves de change. Après l'abandon des taux de change fixes, la BNS n'étant plus tenue d'intervenir, on constate au contraire une exportation nette de capitaux, surtout privés.
Auteur(e): Thomas Schlup / PM
Auteur(e): Thomas Schlup/PM