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Bronchopneumopathie obstructive: un problème complexe
La bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) est une maladie pulmonaire qui se caractérise par un essoufflement progressif et parfois une toux et des expectorations persistantes, possiblement même des infections respiratoires répétitives. Malheureusement, les changements dans les voies aériennes qui mènent à une BPCO sont irréversibles. Le principal facteur de risque de cette maladie est le tabagisme, actif ou passif.
Bien qu’elle figure parmi les causes les plus fréquentes de mortalité en Europe, elle demeure relativement peu connue du grand public. Durant ces dernières années, l’évidence scientifique se multiplie pour démontrer que, dans la grande majorité des cas, les personnes atteintes de BPCO ne souffrent pas seulement d’un problème respiratoire.
Un patient, plusieurs maladies
Les patients atteints de BPCO souffrent en général de plusieurs autres maladies en plus de la bronchopneumopathie. Parmi les plus courantes, on trouve l’hypertension artérielle, le diabète et les maladies cardiovasculaires. Aux stades avancés de la BPCO, à savoir quand la capacité pulmonaire est très faible, 51% des patients souffrent d’hypertension, 22% d’une maladie cardiaque ou vasculaire et 14% de diabète sucré. Selon certaines études, il est possible que la BPCO et ces autres maladies soient en réalité liées.
BPCO et maladies chroniques
Les liens entre la BPCO et d’autres maladies semblent s’expliquer de diverses raisons. Par exemple, les sujets atteints de bronchopneumopathie présentent une rigidité plus élevée des parois artérielles ainsi qu’une pression artérielle plus élevée. Ces facteurs les prédisposent donc à une hypertension artérielle.
Les personnes vivant avec une BPCO sont aussi plus à même de souffrir d’une angine de poitrine ou d’un infarctus du myocarde. Ces deux processus seraient possiblement liés non seulement par un facteur de risque en commun, le tabac, mais aussi par un état inflammatoire à bas bruit accélérant l’artériosclérose.
Pour le diabète, une hypothèse similaire est évoquée, postulant un état inflammatoire chronique. D’autres pistes seraient une accumulation de collagène dans le tissu pulmonaire, une diminution de la force musculaire chez les sujets diabétiques ou encore l’implication de certaines hormones.
Enfin, le lien entre l’obésité et la bronchopneumopathie est aussi étudié. Les patients atteints de BPCO présentent souvent une perte de poids, un facteur désormais pris en compte dans l’appréciation de la sévérité de la maladie. Cependant, d’autres patients souffrent au contraire d’obésité, ce qui renforce la difficulté à respirer et à fournir un effort et peut de plus entraver le diagnostic d’une BPCO.
Qui influence qui?
Des études plus approfondies sont encore nécessaires pour déterminer les liens exacts entre BPCO et maladies cardiovasculaires. Une simple coexistence en raison de l’âge avancé des patients ou de prédispositions génétiques peut être imaginée, par exemple. Mais il pourrait aussi y avoir un vrai lien de causalité entre elles. La plupart des maladies citées plus haut sont caractérisées par une inflammation générale chronique, à bas bruit, processus qui pourrait s’avérer être un élément important reliant BPCO et facteurs de risque cardiovasculaire. Plusieurs études ont par ailleurs creusé cette piste et ont trouvé une augmentation de certains marqueurs biologiques d’inflammation chez les patients atteints de BPCO. L’étude suisse Colaus a réuni depuis 2003 près de 6000 participants et étudie les marqueurs biologiques des maladies cardiovasculaires chez la population lausannoise. L’étude Pneumolaus, en lien avec l’étude Colaus et basée sur 3400 participants, étudie quant à elle le lien entre troubles respiratoires –dont la BPCO– et marqueurs biologiques de maladies cardiovasculaires.
La pollution, nouveau facteur?
Enfin, une autre piste, qui mérite d’être approfondie, est celle des facteurs environnementaux en lien avec l’apparition d’une BPCO. Le tabagisme est le plus connu actuellement mais il n’est pas le seul. Un autre facteur environnemental vient d’être pointé du doigt par l’étude suisse sur la pollution de l'air et les maladies pulmonaires chez l'adulte(SAPALDIA). L’exposition aux particules fines serait en effet associée à un déficit de la fonction pulmonaire. Lorsque la qualité de l’air s’améliore, le volume d’air expiré maximal baisse moins rapidement.
Il ne faut donc pas réduire la BPCO à une maladie exclusivement pulmonaire mais prendre en compte les atteintes associées d’autres organes et les autres maladies du même patient. Le monde médical commence désormais à agir en prenant en compte le patient dans son ensemble pour améliorer la prise en charge.
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Adapté de «La bronchopneumopathie chronique obstructive et son lien avec les facteurs de risque cardiovasculaires», Dr Alexandra Mihalache ; Prs Jean-William Fitting et Laurent P. Nicod Service de Pneumologie, CHUV. In Revue Médicale Suisse 2015:11:2151-6, en collaboration avec les auteurs.