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Né vers 1110 au château de Chatte (plateau de Chambarand), Amédée de Lausanne, appelé aussi Amédée d'Hauterive, est fils d'Amédée de Clermont, noble de la Côte-Saint-André dans le Dauphiné et de Pétronille, sœur de Guigues IV, dauphin du Viennois. Alors que sa mère se retire à l'abbaye voisine de Val de Bressieux, son père se fait religieux avec plusieurs autres chevaliers et entre en 1119 au couvent cistercien de Bonnevaux récemment fondé, emmenant avec lui le jeune Amédée ; bientôt, tous deux, père et fils, quittent Bonnevaux pour Cluny.
Après un bref séjour à la cour de l'empereur Henri V, en 1125, le futur saint Amédée devient moine de Clairvaux. En 1139, saint Bernard, abbé, l'envoie comme abbé dans une maison filiale fondée en 1121 sur la montagne de Cessens en Savoie à 675 mètres d'altitude au fond d'un vallon qu'on appellera Hautecombe. Son premier soin fut de transporter son abbaye au bord du lac du Bourget, sur un territoire offert par les familles de Clermont et de Savoie. Au-dessus d'un promontoire rocheux qui domine le lac, Amédée édifie son nouveau mnastère auquel il conserve en souvenir du passé le nom d'Hautecombe. Là, il reçoit du comte Amédée III une preuve d'estime et de confiance : le prince, partant pour la Terre Sainte, le charge de la tutelle de son fils Humbert III et lui remet l'administration de ses Etats.
Après l'abdication de l'évêque Guy de Maligny en 1144, le clergé et le peuple de Lausanne élisent Amédée pour occuper le siège vacant ; celui-ci ne peut se déterminer à abandonner sa chère solitude qu'aux commandements réitérés du Pape. Mis en possession de son église, le nouvel évêque doit affronter Amédée, comte de Genevois, qui avait construit un fort au-dessus de Lausanne : l'évêque se comporte avec fermeté et oblige le comte à raser son fort.
Bon administrateur, l'évêque Amédée a la confiance des souverains : l'empereur Frédéric Ier le crée grand chancelier. Les historiens soulignent sa grande vertu, tel Ruchat qui déclare qu'Amédée d'Hauterive "fut un prélat d'un grand savoir et d'une grande sainteté, qu'étant tombé malade, il préféra la mort plutôt que de suivre les conseils de ses médecins qui voulaient qu'il enfreignit son voeu de chasteté, pour recouvrer sa santé altérée, disaient-ils, par sa trop rigoureuse continence".
Amédée de Lausanne vouait à la Vierge un culte très fervent ; il prononça en son honneur huit homélies, imprimées à Bâle en 1517 et citées par Pie XII comme témoignage de la foi traditionnelle en l'Assomption, dont le dogme est défini en 1950.
L'évêque de Lausanne meurt dans sa ville le 27 août 1159 ; il est inhumé dans sa cathédrale où son tombeau et ses restes sont découverts en 1911.
La Congrégation des Rites permet de célébrer l'office de cet évêque dans l'ordre de Cîteaux par décret du 28 janvier 1702 ; son culte est approuvé par Saint Pie X.
Saints et saintes de Savoie, Jean Prieur et Hyacinthe Vulliez
Voir aussi : http://liguesaintamedee.ch/la-ligue/vie-de-saint-amedee
Livre sur la vie de Saint Amédée à consulter en ligne : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6464805w/