Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07107.jsonl.gz/320

Quatre milliards et quatre cent mille francs, c’est la somme que le Conseil fédéral aimerait consacrer à la coopération technique et à l’aide financière en faveur des pays pauvres au cours des quatre prochaines années. Une augmentation annuelle de 3% qui porterait la contribution helvétique à 0,35% de son PIB. On est encore loin des 0,7% préconisés par les Nations unies.
Mais l’aide au développement ne passe pas seulement par des flux financiers publics. Selon la Banque mondiale, les obstacles au commerce érigés par les pays riches occasionnent un manque à gagner de quelque 100 milliards de dollars par an pour les pays en développement, soit le double de l’aide publique en faveur de ces derniers. La seule mesure monétaire de la coopération ne dit rien de la qualité et de l’impact de l’aide. Cette aide est encore trop souvent conçue d’abord comme un soutien aux économies des pays donateurs, à l’image des Etats-Unis et du Japon qui, en contrepartie, imposent aux bénéficiaires des achats de biens et de services.
Mais plus que les flux financiers directs du nord vers le sud, les politiques migratoires, commerciales et environnementales et les opérations de maintien de la paix contribuent de manière décisive au développement. A l’aide de ces critères, un centre de recherche et une revue américains ont construit un indice grossier, mais néanmoins meilleur que le seul calcul de l’aide publique. Sur vingt-un pays, la Suisse décroche le cinquième rang, derrière la Hollande, le Danemark, le Portugal et la Nouvelle-Zélande. En queue de peloton, les Etats-Unis et le Japon.
Basler Zeitung, 7 mai 2003