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Le sort des Fêtes de Genève ne sera pas scellé dimanche prochain. Mais dimanche prochain, on saura au moins à quoi elles ne ressembleront plus : à leurs dernières éditions, pilotées (si on peut dire, vu le résultat...) par "Genève Tourisme". On a le choix entre trois prononcements : l'un, le vote en faveur de l'initiative populaire "pour des fêtes plus courtes et plus conviviales", remet les compteurs à zéro et propose des fêtes sur une semaine, dont le contenu serait déterminé par un comité d'acteurs culturels et de riverains. C'est ce choix qu'on vous invite ici à faire. Le deuxième choix (dans tous les sens de l'expression), c'est celui du contre-projet du Conseil municipal : des fêtes sur onze jours, ce qui limite au moins leurs nuisances, mais qui ne sont au fond qu'une version raccourcie des Fêtes de ces dernières années. Et puis, il y a le troisième choix : le refus des deux autres, le "double non". Un choix qui n'en est pas un, qui par définition ne propose rien, et se résume à attendre qu'une idée géniale sorte d'un cerveau individuel ou collectif, privé ou public, dont le détenteur reste à ce jour inconnu.
Passer à une vitesse qualitativement supérieure
Les Fêtes de Genève sont passées d'une durée d'un week-end à une durée de trois semaines, confisquant la rade pour en faire un champ de foire à usage des touristes. Cette durée a été réduite à onze jours par la Ville, ce qui a fait pleurer des organisateurs ("Genève Tourisme") assurant qu'il leur était dès lors impossible de rentabiliser l'événement. Mais une manifestation comme les Fêtes de Genève n'a pas vocation à être rentable : on n'a donc pas à en fixer la durée en fonction d'un impératif comptable, d'autant que leur "autofinancement" est de toute façon illusoire et que les caisses publiques sont déjà mises à contribution : "Genève Tourisme" ne peut les financer que parce que la fondation elle-même est financée par des taxes touristiques et hôtelières, et que les prestations gratuites assurées par la Ville (mise à disposition d'espace public, réhabilitation de ces espaces après les Fêtes, mobilisation de la voirie et de la police municipale etc...) sont bien financées par le budget municipal, et donc par l'impôt. Les contribuables paient déjà -autant dès lors qu'ils paient pour quelque chose qui leur conviennent.
La Ville doit reprendre la main sur l'organisation des Fêtes, quitte à les organiser elle-même (elle peut et sait le faire : la Fête de la Musique le prouve chaque année, et la Saga des Géants l'a confirmé l'année dernière). Et cela, seule l'initiative municipale le propose, et le permet. Elle n'est pas parfaite ? sans doute. Mais si elle est acceptée, elle ne s'appliquera pas forcément telle qu'elle est rédigée : le Conseil administratif aura six mois pour présenter un projet d'application, et le Conseil municipal six mois pour l'accepter, l'amender ou le refuser. Ce n'est que si ces délais ne sont pas tenus que l'initiative entrera en vigueur dans on intégralité, intacte, intouchée et virginale. Il ne dépend donc que des instances politiques de la Ville de Genève de proposer, après l'acceptation de l'initiative, une concrétisation respectueuse à la fois des choix qu'elle propose et des contraintes matérielles qui, forcément, s'imposent.
Après quoi, on pourra passer à une vitesse qualitativement supérieure : un changement du contenu même des Fêtes, et de leur ambition. "A long terme, je rêve d'un véritable festival culturel d'ambition internationale pour remplacer les Fêtes de Genève actuelle", confie Sami Kanaan. Un rêve qui peut se réaliser... si on veut le réaliser. Même en maintenant le seul élément des Fêtes actuelles qui fasse encore consensus : le feu d'artifice sur la rade.