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Restauration genevoise: retour au pouvoir de la bourgeoisie
En 1813, Bonaparte recule sur tous les fronts. En secret, à Genève, les membres des cercles aristocratiques sentent le moment propice pour prendre les choses en mains. Anciens magistrats, ex-syndics et aristocrates ébauchent clandestinement un gouvernement provisoire et prennent le risque, après avoir obtenu en douceur le départ de l’occupant français, de proclamer ouvertement l’indépendance de la République le 31 décembre 1813.
C’est la Restauration genevoise, un retour à l’Ancien Régime, période de tranquillité retrouvée, avec au pouvoir un Conseil d’Etat aristocratique et fort. L’année suivante (1814), Genève est acceptée dans la Confédération, rompant son isolement dans la nouvelle Europe qui s’organise et s’assurant de nouvelles frontières protégées.
C’est dans une situation de calme revenu, de pacification sociale que la plupart des cercles existants vont reprendre une tranquille activité. Fini les débats politiques ou religieux. On peut à nouveau, dans les cercles, s’y divertir, jouer, lire, se retrouver entre gens de même compagnie.
C’est dans ce climat que se crée la Société Littéraire de Genève en 1816.
On partait du constat qu’il n’y avait parmi les cercles existants pas un seul qui fût consacré à la littérature dans une ville qui avait manifesté presque toujours un goût très vif pour les belles-lettres. Pour preuve, les importantes éditions datées de Genève au XVIe siècle et au XVIIe siècle, puis l’arrivée d’un Voltaire et la formation d’un Rousseau au XVIIIe siècle. Puis Genève ne connaissait guère les conférences publiques, les récitals ou auditions. Les talents pourtant ne manquaient pas. La Société Littéraire de Genève voulut combler ce vide.