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Ces vers écrits par Sennur Sezer en 1963 étaient choquants au milieu des poètes. Certains ont dit qu’il ne faut pas mentionner la faim au lieu de l’amour, du bleu du ciel en ajoutant que cela ressemble plus à un article qu’à un poème. Pourtant, d’autres ont réfuté cette critique en soutenant la poète que « il n’y a pas d’excès dans son poème qui a une façon simple mais intensive, mesurée et cohérente. » (1)
Etant l’une des représentantes des « socialistes réalistes », le mouvement de la poésie en Turquie, Sennur Sezer a toujours écrit ce qui concerne la vie quotidienne des travailleurs, surtout des travailleuses, des femmes au foyer, des mères dans ses poèmes jusqu’à sa mort le 7 octobre 2015.
« Le travail t’appartient, l’espoir t’appartient
Qu’est-ce que la peur ?
Tant que tes mains atteignent les autres mains. »
Des poèmes, de la lutte de classes
Née le 12 juin 1943 à Eskişehir, elle était toujours enthousiaste pour les livres et l’écritures des poèmes. Elle a rédigé et publié son premier poème à 15 ans. Bien qu’elle n’ait jamais arrêté d’apprendre, elle a choisi de travailler au lieu de finir le lycée, d’où le choc de sa famille. Elle a été fonctionnaire au chantier naval. Elle s’est mariée avec Adnan Özyalçıner, un écrivain turc en 1967. S’aimant beaucoup, ils ont eu deux enfants.
Elle a décrit sa poésie en 1991 : « Les poèmes pour un but de se venger avec les conditions d’une jeune travailleuse sont devenus des poèmes qui reflètent le jugement du monde de la part des travailleurs et le monde des femmes. » (2)
La fourmi industrieuse de la poésie et de la littérature
Ayant publié son premier livre de poèmes en 1964, Sezer a produit également dans divers genres littéraires comme l’essai, le récit, le scénario, le livre de cuisine, le mémoire, le récit encyclopédique, la chronique de journal, etc. tout au long de sa vie.
Elle est toujours une poète de tous, mais elle est essentiellement la voix des femmes au milieu quotidien dans les vers des poèmes :
« Ma Mère et Des Oiseaux
Ils pensaient que je ne crois pas
- De la viande, dit le médicine
- Chaque jour !
On vivait hors de la ville.
Les routes étaient bloquées.
**
Ma mère nourrissait des oiseaux depuis des années
Pour régler ses comptes avec ceux qui étaient morts tout au long d’un hiver
Ni j’ai dit que j’avais vu le piège ni elle l’avait ressenti.
Nous n’avons jamais pensé de prendre une photo de ma mère
Lorsqu’elle regardait les oiseaux »
« La Chanson du Soir
Personne ne peut anéantir cette sensation de vanité.
Couper l’oignon, mettre du bœuf haché, baisser le feu.
Baisse le feu, garde le riz peu cuit.
Du riz à la pâte de tomate, de la vodka, du rire
Ils ne paient pas mon manque d’amis. »
Elle ne cherchait pas « une chambre à soi »
Après avoir été un membre de TİP (le parti des travailleurs de Turquie) dans sa jeunesse, elle a été parmi les fondateurs du Parti du Travail (Emek Partisi) en 1996. Elle n’était pas une poète de salon, elle ne cherchait pas « une chambre à soi. » Elle était toujours parmi les travailleurs qui étaient en grèves, les femmes revendiquant leurs droits. Elle écrivait des poèmes pour les peuples qui cherchaient la liberté :
« Vous n’avez pas une goutte d’eau ?
Que les roses ne brulent pas
A Tunceli, à Diyarbakır, à Lice… »
*Tous les poèmes sont traduits par Müslime Karabatak.