Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07089.jsonl.gz/719

Critique
Plateau somptueux que celui de ce troisième film de Wes Anderson (j'ignore au demeurant si BOTTLE ROCKET et RUSHMORE ont été distribués en Suisse), mais cela ne suffit pas pour que la mayonnaise prenne. Après un démarrage prometteur et bien enlevé, l'histoire, longuement commentée par la voix off d'Alec Baldwin, s'enlise dans l'anecdote et les accessoires, et les personnages ne parviennent pas à susciter l'intérêt du spectateur, submergé de surcroît par une flopée de chansons.
Etheline (Anjelica Huston) et Royal (Gene Hackman) Tenenbaum ont eu trois enfants surdoués précoces: un des fils est un génie adolescent de l'immobilier, l'autre un champion de tennis, la fille a décroché un prix prestigieux grâce à une pièce de théâtre écrite en 9e. Mais leur passage à l'âge adulte se solde par des échecs à répétition imputés à leur père qui a abandonné le domicile conjugal. Mis à la porte de l'hôtel où il résidait, fauché, Royal décide de rentrer à la maison et de rassembler la famille, prétendant qu'un cancer lui laisse six semaines à vivre. Le regroupement ne se fera pas sans mal.
Ça a un vague goût de Salinger, de Thurber et d'Irving; on a l'impression de feuilleter une vieille collection du New Yorker; on s'en va un peu frustré, parce que même Anjelica Huston et Gene Hackman peinent à tirer leur épingle du jeu.
Daniel Grivel