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Christiane Brunner, politicienne genevoise - Michel Mayor, astrophysicien vaudois
Christiane Brunner est issue d’un milieu modeste mais a su déjouer son destin pour suivre des études de droit. En 1970, elle décroche sa licence et obtient quatre ans plus tard son brevet d’avocate. Parallèlement, elle entre au Parti socialiste dont elle assume ensuite la présidence. En 1977, elle est engagée par la FTMH dont elle deviendra également la présidente en 1992. Jamais une femme n’a occupé un poste syndical d’une si haute importance.
Sa carrière politique n’est pas moins brillante. En 1981, Christiane Brunner devient députée au Grand Conseil genevois puis conseillère nationale en 1991. En 1995, elle accède aux Conseil des États. Forte de ses succès politiques, elle est présentée par son parti à l’élection du Conseil fédéral de 1993 mais la droite du Parlement ne veut pas d’une candidature féministe. Consciente des enjeux d’une telle élection, Christiane Brunner préfère se retirer au profit de Ruth Dreifuss dont la candidature est moins controversée. La première femme entre donc au gouvernement. Pourtant le retrait de Christiane Brunner est vécu comme une injustice inacceptable par beaucoup de femmes et d’hommes. Elle devient un symbole de la lutte pour la place des femmes en politique.
Michel Mayor , professeur honoraire à l’Observatoire de Genève, a découvert avec Didier Queloz la première planète extrasolaire en 1995. C’est une géante gazeuse – impropre à la vie – dont la masse vaut environ la moitié de celle de Jupiter. Elle tourne en 4,23 jours autour d’une étoile, 51 Pégasi, située à 48 années-lumière de la Terre. Avec la publication de leur article dans la revue Nature, en 1995, Michel Mayor et Didier Quesloz ouvrent la chasse aux planètes extrasolaires.
L’astrophysicien vaudois, qui connaît déjà toutes les constellations à l’âge de huit ans, effectue sa formation à l’Université de Genève où il devient professeur en 1984. Il dirige l’Observatoire de 1998 à 2004. Aujourd'hui à la retraite, il continue de parcourir la planète en enchaînant les conférences et en s’offrant de temps en temps une séance d’observation astronomique au Chili, au sud du désert d’Atacama, dans l’observatoire de La Silla.
Tiré de «Faces à Faces», Université de Genève, 2009
Tania Chytil
Publié le 23 mars 2011 à 17:50 - Modifié le 15 novembre 2017 à 16:25