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Actuellement, au niveau mondial, les montants alloués à l’armement et à la guerre sont supérieurs à ceux dépensés au temps de la guerre froide. Au nom de la « guerre contre le terrorisme », les programmes d’armement engloutissent des moyens financiers considérables qui manquent ensuite cruellement dans d’autres domaines, tels que la lutte contre le changement climatique, la protection de l’environnement, la promotion de la paix, la coopération au développement ou l’élimination de la faim dans le monde.
Dans un esprit de neutralité ouverte et active, la Suisse peut contribuer au désarmement mondial et à l’apaisement des conflits, à condition toutefois de se tenir à bonne distance des armées belligérantes et des alliances militaires. Pour mener une politique extérieure favorable à la paix, il faut notamment:
- Renforcer et démocratiser l’ONU. Un engagement crédible en faveur de cet objectif implique un travail de sensibilisation auprès de la population suisse, qui doit pouvoir participer au débat.
- Renoncer en principe à envoyer des soldats suisses à l’étranger. La participation à des missions humanitaires de l’ONU resterait cependant possible.
- Mettre en œuvre une politique de paix pour prévenir et désamorcer les conflits, s’engager avec beaucoup plus de détermination dans les programmes de déminage humanitaire.
- Transférer les moyens financiers consacrés à l’armée vers des domaines prioritaires comme la politique climatique, la coopération au développement, la lutte contre la faim, l’aide en cas de catastrophe.
- Se joindre à tous les efforts entrepris mondialement pour éliminer les armes atomiques et interdire les armes à sous-munitions ou de destruction massive.
- Interdire l’exportation de matériel de guerre, comme le demande l’initiative populaire déposée il y a une année.
Dans le domaine de la politique intérieure, au vu de la situation politique mondiale et de la crise de sens que traverse actuellement l’armée suisse, il faut mettre les militaires au repos, s’accorder une pause de réflexion civile et introduire un moratoire sur l’armement. Comme les Verts l’ont mentionné dans leur plate-forme électorale de 2007, ils s’engagent pour une Suisse sans armée, et poursuivent en particulier les objectifs suivants:
- opposition à l’achat de nouveaux avions de combat, comme le demande l’initiative du GSsA;
- consignation de toutes les armes d’ordonnance dans les arsenaux et abolition des tirs obligatoires;
- réduction drastique de la durée du service militaire;
- abolition de la conscription et réduction des effectifs de l’armée;
- introduction d’un service civil volontaire offrant de larges possibilités d’engagement dans le domaine social, la protection de l’environnement et la promotion de la paix, pour les femmes et les hommes, les migrants et les autochtones, en Suisse comme à l’étranger;
- développement et mise en valeur du corps d’aide en cas de catastrophes à même d’intervenir en Suisse comme à l’étranger pour des missions humanitaires et subsidiaires;
- lutte contre la militarisation de la sécurité intérieure, notamment en ce qui concerne la surveillance des frontières, des ambassades et la « protection » du WEF;
- abandon de l’énergie nucléaire, car les centrales nucléaires représentent un danger majeur en cas d’attaque terroriste;
- en prévention du risque de conflits lié à la raréfaction des ressources pétrolières, développement des énergies renouvelables de manière à couvrir la totalité des besoins énergétiques de la Suisse d’ici à 2050.
Les Verts s’engagent pour une politique de sécurité à même d’offrir une réelle protection contre les risques les plus importants et les plus vraisemblables, à savoir le réchauffement climatique, la famine, la pénurie de matières premières et les migrations de grande ampleur provoquées par ces fléaux. Pour contrer ces menaces, les armes sont inutiles, il faut trouver des solutions civiles.
Groupe parlementaire des Verts, 16 septembre 2008