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Né à Tokyo le 17 janvier 1952, Ryuchi Sakamoto développe très tôt un don pour la musique et notamment le piano. Formé à la prestigieuse Université des Beaux-Arts et de Musique de Tokyo, il se passionne tant pour le genre classique que pour les chansons pop. C'est ainsi qu'il va se forger un style unique mêlant ces deux sonorités, caractérisant l'ensemble de son oeuvre et qui le poussera à s'essayer régulièrement à divers exercices de style, tendant parfois même vers l'expérimentation.
Si sa carrière musicale débute en 1978, ce n'est que cinq ans plus tard que Sakamoto est sollicité par le monde du cinéma. Nagisa Oshima le recrute en effet en 1983 pour écrire la bande-originale de Furyo mais également pour interpréter un des rôles principaux de ce film mettant en scène un autre musicien de renom, David Bowie.
Son travail est salué unanimement par la critique et le voit récompensé d'un BAFTA de la meilleure musique originale. Quant à son interprétation du capitaine Yonoi, le redoutable responsable du camp de prisonniers au coeur du film, elle est restée dans les mémoires, sa froideur et son flegme complétant parfaitement l'exubérance de l'autre révélation de Furyo, Takeshi Kitano. Malgré ces louanges, Sakamoto ne renouvela pourtant l'expérience d'acteur qu'à de très rares occasions, ce fut le cas par exemple dans New Rose Hotel d'Abel Ferrara et Le Dernier Empereur de Bernardo Bertolucci.
Son succès lui ouvre grand les portes du 7ème art, lui permettant de travailler avec d'illustres metteurs en scène. Parmi ses collaborations les plus marquantes, citons celles avec Bernardo Bertolucci (Un thé au Sahara, Little Buddha et Le Dernier Empereur, récompensé par l'Oscar de la meilleure musique), Pedro Almodovar (Talons aiguilles), Brian De Palma (Snake Eyes, Femme fatale) et Alejandro González Iñárritu (The Revenant).
Sa renommée internationale n'a néanmoins pas empêché Ryuchi Sakamoto de collaborer régulièrement avec des cinéastes japonais. On lui doit par exemple la musique de films tels que Tabou (Nagisa Oshima), Tokyo décadence (Ryū Murakami), Appleseed (Shinji Aramaki) ou encore Hara-Kiri : Mort d'un samouraï (Takashi Miike).
Auteur : Clément Cusseau