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La rééducation audio-phonatoire dite sémiophonique nécessite l’utilisation d’un appareil, le, qui a la capacité de modifier acoustiquement les sons que le sujet perçoit dans des écouteurs, le but étant de rééduquer directement les éléments structuraux constitutifs de la parole tels qu’ils se sont mis en place dès l’origine, au moment où l’enfant découvrait sa capacité de discriminer et de décoder les signaux acoustiques intra-syllabiques (phonèmes) et inter-syllabiques (mots). Le but du lexiphone est d’agir sur la sensibilité prosodique – concernant les éléments structuraux rythmiques et acoustiques du langage – en accentuant les traits distinctifs acoustiques syllabiques.
Le lexiphone agit ainsi à deux niveaux :
- il accentue la forme prosodique de la parole grâce à un, , inaudible à l'état basal, car ultrasonique, et qui devient audible dans les aigus, tel un gazouillis d'oiseau, en fonction de la fréquence et de l'amplitude de la voix injectée dans le lexiphone, appelée pour la circonstance son modulateur. Ainsi la paramétrie constitue la signature intonative de la langue, oubliant dans un premier temps l'aspect sémantique. Elle permet de confronter directement le sujet à l'une des dimensions fondamentales du langage qui depuis le début de sa vie est devenue inconsciente. Par ailleurs, le son paramétrique produit un effet renforçateur sur la boucle audio-phonatoire (effet "stabilo" par référence au trait fluorescent placé sous telle phrase pour permettre une meilleure mémorisation, plus scientifiquement "repérage par indice" décrit par gough, psycho-linguiste dans "l'apprenti lecteur" aux éditions Delachaux et Niestlé en 1989)." (Dr M. Dechamps, Namur 13/04/1995).
- par un processus nommé « alternance », il permet d’attirer l’attention du sujet sur les , du langage oral, en utilisant un signal langagier intermittant et périodique. Les éléments structuraux nécessaires à l’acquisition du premier langage sont en effet impliqués dans les déficiences perceptives dont sont atteints les enfants dyslexiques. Et leur réhabilitation constitue le but de la méthode, par l’intermédiaire d’un travail sur l’attention auditivo-verbale de l’enfant au cours d’activités spécifiques d’écoute, de parole, de lecture et d’écriture.
Selon le Docteur Beller, la méthode comporte de nombreuses autres caractéristiques découlant de son expérience clinique en psychiatrie enfantine.
- Il est nécessaire de ramener le sujet dyslexique au point en deçà duquel le langage a commencé à devenir un élément significatif pour l’enfant, autrement dit d’entraîner l’enfant à percevoir le langage tel qu’il/elle l’entendait dans la phase prélinguistique de son enfance.
- L’enfant dyslexique est obligé de s’engager à un moment donné de son histoire dans une activité qu’il/elle a de grandes chances de trouver rébarbative – apprendre à lire et à écrire -, doit être détourné de la confrontation que les techniques utilisées par le rééducateur ou le thérapeute le mieux inspiré risquent d’induire entre eux. En d’autres termes, le dyslexique est très souvent un enfant habité par la suspicion à l’égard des tentatives de rééducation de son symptôme, dont l’affectivité, accaparée par les difficultés, l’empêche de mettre en jeu ses capacités qu’il ressent comme fondamentalement insuffisantes.
- Les mécanismes de la lecture impliquent l’intégration d’un processus automatique permettant à l’enfant de libérer ses facultés cognitives, de façon à les tourner vers le sens, le style, voire les fautes syntaxiques et grammaticales dont l’orthographe et la ponctuation font partie. Libérée des tâches automatiques, la compréhension devient le niveau exclusif de l’activité cognitive. Ainsi le problème du dyslexique est qu’il/elle n’a jamais pu atteindre un niveau suffisant d’automaticité. Lire reste pour lui/elle un processus extrêmement complexe – décoder les graphèmes -, qui ne laisse que peu de place, d’un point de vue cognitif, à la compréhension du sens du texte.
- La rééducation de la dyslexie passe nécessairement par la voie audio-phonatoire et auditivo-verbale. Bien que la lecture soit une activité d’ordre visuel – reconnaître des signes sur une page-, l’intégration des sons du langage- c’est-à-dire la phonologie-, constitue la base de l’apprentissage de la lecture. Ainsi si l’enfant a du mal à segmenter avec efficacité le courant acoustique que constitue pour lui sa propre langue, il est dans l’incapacité de lire correctement, sans compter les autres difficultés langagières dont il peut également être atteint.