Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07098.jsonl.gz/1055

Dans l’environnement frénétique d’une ville, il faut une bonne raison pour demander aux passants de s’arrêter un instant et de se placer face à la caméra. Ici, la bonne raison est une œuvre de Mozart (quelques notes de «La flûte enchantée»). Un homme, une jeune fille, un enfant, deux femmes et une poignée de jeunes gens mettent un casque sur leurs oreilles et écoutent.
Commandée par la curatrice Helena Demakova pour la Biennale de Venise en 2001, il s’agit de l’œuvre documentaire de Pakalnina la plus systématique et la plus prédéterminée sur le plan structurel. Des personnes apparaissent devant une caméra fixe: un homme, une petite fille, un enfant, un couple de femmes et quelques adolescents, posant comme s’ils étaient face à l’objectif d’un photographe. Ils portent tous des écouteurs et écoutent un extrait de la« Flûte enchantée » de Mozart, qui provoque, chez eux, des réactions diverses. Dans le même temps, on entend le bruit ambiant tandis que d’autres personnes continuent leur chemin. Lorsqu’ils enlèvent leurs écouteurs, on peut également apprécier la musique de Mozart pendant un court instant. L’incursion de la musique de Mozart dans un contexte urbain inhabituel recrée en quelques minutes les atmosphères délicatement absurdes et poétiques qui sont caractéristiques de Pakalnina. « La ville est ce qu’elle est. Il faut avoir une très bonne raison pour demander à un citadin de s’arrêter et de rester calme devant la caméra pendant un instant. Cette raison, cette fois-ci, c’est Mozart. »