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Dictionnaire suisse de
politique sociale
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Bien-être social

Avec des indicateurs sociaux adéquats, il est possible de circonscrire le stade idéal de développement d'une société. Telle est l'ambition positiviste poursuivie par les tenants d'une définition objective du bien-être social, pour qui tout se quantifie. Outre que cette démarche suppose possible une définition de l'essence même du bien-être et implique de recueillir un consensus général sur les fins ultimes de la société - une quête sans fin -, elle occulte les difficultés de mise en œuvre d'une politique visant à remplir des critères qui sont aussi subjectifs. Toutefois, à défaut du plus ambitieux commun multiple, un dénominateur commun du bien-être social peut être trouvé sur une base théorique et empirique plus modeste, permettant notamment des comparaisons internationales. Parallèlement, il convient de mener une réflexion sur les fins et les moyens d'action de l'État ainsi que sur la nature de l'homme et ses besoins.
Disposer du seul PNB par habitant comme mesure du progrès économique et du développement social ne répond pas à la question de savoir si les membres d'une collectivité vivent " bien " ou mieux et s'ils en sont conscients. Dès 1954, les Nations Unies en prirent conscience. Les données sur le PNB furent complétées d'indications sur le pouvoir d'achat ; des indicateurs de développement social furent successivement testés, tel l'indice de développement humain du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) utilisé dans son rapport annuel, s'ajoutant aux travaux de l'OCDE et de la Banque mondiale. Dans l'optique du PNUD, la capacité pour un individu de fonctionner en société, partant ce qu'il peut faire ou être, représente un indicateur plus significatif que les ressources économiques, qui n'ont qu'un impact indirect sur le bien-être social, ou que des biens tels le bonheur, le désir d'accomplissement ou encore les possibilités de choix. Le bien-être social devient évaluation de la possibilité d'être, saisie par des indicateurs de résultats et non de moyens.
Pour permettre des comparaisons internationales, le bien-être social est alors défini empiriquement comme un indice composite de données sur l'espérance de vie, la mortalité infantile, l'illettrisme des adultes, le taux et la durée de scolarisation. Tout en étant larges en ce qu'elles renseignent plus ou moins directement sur l'accès des femmes aux services de santé, la qualité des soins prénataux et de l'alimentation, la qualité et l'existence d'une offre scolaire, ces mesures sont aussi limitées. En sont particulièrement absentes des données sur la sécurité, les libertés civiques, les droits de l'homme, l'emploi, autant de " capacités " pertinentes du bien-être social, singulièrement dans la vision du monde des habitants des pays développés démocratiques.
Le bien-être social peut aussi être approché en combinant des indicateurs sociaux objectifs et subjectifs à des indices synthétiques, à des données comparées ou longitudinales, à des analyses dynamiques, le tout dans une perspective aussi bien rétrospective que prospective. Ces différentes approches ne s'imposent pas d'elles-mêmes ; elles dépendent des préoccupations considérées comme essentielles par la société à un stade particulier de son développement. C'est ainsi que pour certains, le rôle de l'État doit dorénavant être repensé en fonction et de la quantité indispensable de biens à fournir, et de leur qualité optimale, propres à satisfaire des seuils variables selon les individus, d'aspirations et de besoins. L'analyse du bien-être se double alors d'une réflexion sur le mieux-être et sur l'adéquation des solutions existantes.
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