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Mars 2014
La disparition du lieutenant Bello fit un bruit énorme en 1914 et pendant les années qui suivirent au Chili, où le mystère fascine encore aujourd'hui. L'histoire est pourtant absente des résultats google en français, quelques traces en anglais – le lieutenant apparaît dans un épisode de la série fantastique des sixties, Le Prisonnier.
Il y a de cela un siècle, le matin du 9 mars 1914, le lieutenant Alejandro Bello Silva décolla à bord de son avion biplan Sánchez Besa afin d'effectuer un parcours et obtenir sa licence de pilote. La visibilité nulle fit atterrir deux autres aspirants mais pas le jeune lieutenant de vingt-sept ans, qui fonça avec son coucou dans le brouillard.
On ne le revit jamais, ni lui ni son avion. Ce ne fut pas faute de fouiller. Une armée de volontaires remua ciel et terre dans l'angoisse pendant des années - dans la région centrale, la plus peuplée du pays, on le cherche encore en vain. Le lieutenant Bello et son avion se sont évanouis.
Parmi les intrépides, le lieutenant Bello tient une place à part. Un dicton local notoire dit « plus perdu que le lieutenant Bello » quand on ne sait vraiment pas où l'on se trouve, mais c'est bien plus que cela, l'imaginaire littéraire et populaire place le pilote du côté de la Cité des Césars, au cœur des Andes où une montagne d'or côtoie une autre de diamants. Au creux des sommets, des naufragés espagnols alliés de vieux Incas fuyant la guerre au temps de la conquête auraient fondé une cité florissante qui émerge par moments du brouillard. Surgi sans doute des cumulus de la vallée perdue - la météo, ce n'est pas son truc -, le lieutenant Bello fait des loopings.