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Titre : Masculinités. Enjeux sociaux de l'hégémonie
Autrice : Raewyn Connell
Éditeur : Amsterdam 2014
Pages : 285
Comme le dit Eric Fassin en postface de ce livre, l'ouverture des recherches sur les femmes a permis de considérer un impensé de la recherche. Les femmes avaient une histoire, une place dans le monde et la société. Mais cette ouverture implique aussi la destruction de l'idée fantaisiste de l'universel masculin. Ainsi, la création des études sur les femmes a permis, par extension, d'étudier les hommes, puis les masculinités, et donc de mettre en question l'universalité de l'Homme au profit d'une spécificité des masculinités. Ce livre est tiré de l'une de ces études. Il est constitué de plusieurs chapitres et articles de la sociologue australienne Raewyn Connell. Il est construit en trois parties.
La première partie est théorique. Elle est constituée de deux chapitres tirés du livre Masculinities de la sociologue traduite ici. Le premier chapitre permet d'examiner le lien entre masculinités et pratiques corporelles. Bien que l'autrice y crée une division entre plusieurs masculinités elle se repose fortement sur des observations et des récits de vie qui permettent de mettre en question ses divisions. Le second chapitre utilise la même méthode d'analyse de récits de vie afin de créer une typologie des masculinités au sein de la société. L'autrice y démontre que même si certaines personnes mettent en question une certaine forme de masculinité cela n'implique pas une révolution dans l'ordre des genres. Elle questionne aussi l'idée d’une masculinité antiféministe des classes populaires en montrant l'accord d'hommes issus de ces classes avec certaines idées féministes d'égalité économique, les problèmes économiques étant plus important que la mise en question d'une masculinité ici.
La seconde partie est celle que j'ai préférée. Deux chapitres permettent de placer les idées théoriques de l'autrice face à la réalité sociale et donc de vérifier leurs capacités à comprendre et expliquer le monde. Ces chapitres ne se concentrent pas uniquement sur des hommes hétérosexuels mais aussi sur des hommes homosexuels afin de mettre en avant plusieurs types de masculinités, certaines étant considérées moins favorablement que d'autres dans notre société. Ainsi, être un homme n'est pas la même chose pour un biker que pour un membre de la scène gay de Sidney. Mais, dans les deux cas, il existe une construction de ce que signifie la masculinité et les rapports avec d'autres hommes.
Enfin, la dernière partie se concentre sur les questions de santé. Elle est constituée de trois chapitres. Le premier chapitre parle beaucoup de pratiques sexuelles par des hommes homosexuels. Le but est d'offrir un moyen de créer des politiques de santé réussies face à l'épidémie de VIH/ Sida. Le deuxième chapitre se concentre sur les raisons derrière la santé, ou la perte de santé, des hommes. Souhaitant aller plus loin que des considérations essentialistes l'autrice lie les questions de classes, de races et de genre afin de mieux comprendre pourquoi certains hommes ont une santé moins importante que d'autres hommes ou femme. La troisième partie se terminer sur des considérations théoriques qui permettent à l'autrice de proposer une politique de la santé qui prenne en compte le genre comme processus en fonction. Ce qui devrait permettre de créer des politiques de la santé plus efficaces.
Image : Éditeur