Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06913.jsonl.gz/275

Le pancréas est un organe rétropéritonéal, situé en avant de l’aorte, de la veine cave et des veines rénales, en arrière de l’estomac et du côlon transverse. Il s’étend du duodénum au pédicule vasculaire de la rate. On distingue sur sa longueur la tête, l’isthme, le corps, et la queue du pancréas, de droite à gauche.
Le pancréas est avoisiné par de nombreux vaisseaux tel que le tronc cœliaque et ses branches ou l’artère splénique qui décrit un trajet sinueux sur le bord supérieur du corps et de la queue du pancréas. Par ailleurs le cadre duodénal entoure la tête du pancréas, comme un pneu sa roue, entretenant des rapports intimes vasculaires.
Le pancréas est une glande endocrine (sécrétion de l’insuline et d’autres hormones pancréatiques dans le sang), et exocrine (excrétion des enzymes pancréatiques vers le duodénum) par l’intermédiaire du canal de Wirsung qui se déverse dans le duodénum après fusion avec le cholédoque.
Le pancréas est donc en relation étroite avec les voies biliaires. Pour cette raison, les pathologies de ces organes sont souvent liées. Les maladies du pancréas peuvent s’avérer très grave et leur prise en charge nécessite une équipe multidisciplinaire compétente.
La pancréatite aiguë est une inflammation du pancréas qui se manifeste par des douleurs abdominales hautes irradiant dans le dos. Elle peut être bénigne ou évoluer vers des complications qui menacent la vie du patient. Dans nos régions, 70 à 80% des pancréatites sont provoquées par la migration de calculs biliaires et la consommation d’alcool.
Normalement, les enzymes digestives pancréatiques sont secrétées dans le duodénum sous une forme inactive. Bien que les mécanismes de la pancréatite ne soient pas parfaitement compris, on pense que l’obstruction du canal pancréatique (par un calcul) ou l’effet de toxines (telles que l’alcool) prévient la sécrétion des enzymes digestives qui s’accumulent et s’activent dans le pancréas, provoquant son autodigestion et sa destruction.
La pancréatite se traite habituellement sans opération. On procède en revanche souvent, après la crise, à l’ablation de la vésicule lorsque celle-ci contient des calculs responsables de la pancréatite par obstruction des voies biliaires. Dans les cas de pancréatites les plus graves, des opérations de drainage et d’ablation de pancréas nécrotiques peuvent s’avérer nécessaires et le patient est ensuite pris en charge aux soins intensifs.
Le cancer du pancréas touche presque toujours la partie de la glande qui sécrète les enzymes digestives, c’est-à-dire la partie exocrine. C’est une tumeur très maligne, dont les chances de guérison sont malheureusement faibles, puisqu’au moment du diagnostic elle a souvent déjà formé des métastases dans les ganglions lymphatiques voisins, voire dans le foie.
Les symptômes du cancer du pancréas sont toujours atypiques. La tumeur peut se manifester initialement par un ictère (jaunisse), provoqué par la compression des voies biliaires et empêchant la bile de s’écouler normalement dans le duodénum, mais la localisation de la glande dans le corps rend très difficile la détection précoce et exige l’utilisation de techniques d’investigations très sophistiquées.
Si l’on ne connaît pas encore les causes du cancer du pancréas, on sait toutefois que le tabagisme est un facteur de risque, les fumeurs étant beaucoup plus souvent atteints d’un cancer du pancréas que les non-fumeurs. En revanche, rien ne permet d’affirmer qu’il existe une relation de cause à effet entre la consommation de café et le cancer du pancréas. Quant au rôle de l’alcool, les avis divergent. Enfin, les personnes qui souffrent d’une pancréatite chronique ont un gros risque de développer un cancer du pancréas.
Ces tumeurs sont opérables à un stade précoce. De part sa situation anatomique centrale, l’ablation du pancréas concerne plusieurs organes : ainsi, lors de l’ablation de la tête du pancréas (siège le plus fréquent des tumeurs malignes du pancréas) la résection emporte également une partie de l’estomac, le duodénum et les voies biliaires. L’intervention consiste ensuite à rétablir les circuits digestifs, biliaires et pancréatiques par plusieurs sutures sur l’intestin. Comme pour la chirurgie hépatique, ces interventions sont complexes et nécessitent des hospitalisations dépassant souvent la semaine.