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Les gravures de Rembrandt sont à l'honneur aussi bien au Kunstmuseum de Saint-Gall (jusqu'au 26 mars) qu'à celui de Bâle (jusqu'au 26 février).
Les expositions inaugurent les manifestations du 400e anniversaire de la naissance du peintre.
Deux musées suisses inaugurent «l'année Rembrandt» que sera 2006, en consacrant chacun une exposition aux gravures du maître. Né en 1606 à Leyde, Rembrandt Harmensz van Rijn est en effet aussi réputé pour son travail de graveur que pour sa peinture.
Si, dans ce domaine, il s'est formé dans différents ateliers, dans sa ville natale, puis à Amsterdam, il a pratiqué et affiné l'eau-forte, essentiellement, pour ainsi dire en autodidacte. Il a acquis une telle virtuosité, combinant la pointe sèche et le burin à l'eau-forte, inventant la «manière noire», qu'il est considéré comme un graveur resté inégalé jusqu'à nos jours.
La démonstration en est faite à Bâle, où la collection d'une centaine de gravures constituée par le marchand d'art bernois Eberhard W. Kornfeld est montrée pour la première fois, et à Saint-Gall, où l'ensemble présenté provient de la collection d'Albert W. Blum; cet ensemble est complété de prêts de la Graphische Sammlung der ETH de Zurich.
Rembrandt et ses contemporains
A Saint-Gall, des salles annexes mettent en scène, selon les genres traités, des peintres contemporains de Rembrandt. On découvre la luminosité et le clair-obscur, dans lesquels les Hollandais du siècle d'or sont passés maîtres, tels Pieter Claesz dans la nature morte, Ruisdael dans le paysage, Pieter de Hoogh dans la scène de genre. Et puis, on passe dans les salles Rembrandt, où la lumière tamisée est destinée à préserver les planches gravées.
La finesse du trait, la sincérité des sentiments, l'anecdote mise au service d'une vision générale, tout contribue à toucher le spectateur, à susciter l'admiration. Le graveur traite rarement une scène de genre pour elle-même; il la destine à illustrer un moment de l'Ancien ou du Nouveau Testament, à rendre celui-ci plus proche et plus familier.
Des animaux peuplent ces compositions, des personnages qui apparemment n'ont rien à y faire, et qui contribuent à l'universalité du message. Certaines feuilles sont très petites, presque des miniatures. Ce sont notamment des portraits, en particulier des portraits de personnes âgées, que Rembrandt a représentées avec prédilection, s'attachant aux plissements de la peau, à l'expression fatiguée.
Le talent du collectionneur
A Bâle, les planches semblent mieux conservées, d'un tirage plus soigné: Eberhard W. Kornfeld a passé plus d'un demi-siècle à réunir sa collection, à attendre qu'un état précis d'une gravure soit disponible, à rechercher la qualité de l'impression aussi bien que la nature du sujet.
L'ensemble est donc particulièrement convaincant, qui témoigne de la cohérence du goût du collectionneur aussi bien que de l'art du graveur.
swissinfo, Laurence Chauvy
Faits
«Rembrandt – Les gravures de la Collection E.W. Kornfeld», à voir au Kunstmuseum de Bâle jusqu'au 26 février 2006.
«Rembrandt – Son époque, ses thèmes, son univers», à voir au Kunstmuseum de Saint-Gall jusqu'au 26 mars.
En bref
- Rembrandt est né en 1606 à Leyde (Pays-bas) dans une famille modeste - son père était meunier.
- Il mourra en 1669, et est enterré dans l'église Wester à Amsterdam.
- Rembrandt est célèbre en tant que peintre du clair-obscur et de l'autoportrait. Il a également réalisé plus de 1400 dessins et gravures à l'eau-forte.