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voyage
Les îles Eparses: un peu d'histoire et de géographie
Avec une surface terrestre de 43,2 km2, Tromelin, Les Glorieuses, Juan de Nova, Bassas da India et Europa apportent à la France une zone économique exclusive (ZEE) de 640 100 km2 soit plus de 6% de la totalité des ZEE françaises.
Ces îles ont été rattachées administrativement à Madagascar lorsque la Grande île est devenue colonie française en 1896. A la veille de l'indépendance (26 juin 1960), elles furent rattachées par décret au ministère des DOM-TOM à Paris, au grand dam des Malgaches. Puis un arrêté du 19 septembre 1960 en a confié la gestion au préfet du département de la Réunion.
Depuis la loi du 21 février 2007, elles sont le 5e district des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF) aux côté de Crozet, Kerguelen, Saint-Paul et Amsterdam, et de la Terre Adélie. Un préfet en assure la gestion. Le territoire des TAAF est associé à l'Union européenne comme Pays et territoires d'outre-mer (PTOM).
Depuis 1973 que Madagascar revendique ces îles, la France y assure une présence militaire, devenue permanente depuis les années 80.
Tromelin
Situé à l'est de Madagascar et à 520 km au nord de la Réunion, cet îlot de 1 km2 accueille une station météo depuis 1954, et trois personnels des TAAF relevés tous les 80 jours. Ce territoire est revendiqué depuis 1976 par Maurice et un accord de cogestion économique (thon et espèces protégées) a été signé en 2010.
L'îlot porte le nom d'un Français, le chevalier de Tromelin, venu secourir des esclaves malgaches abandonnés là par des négriers de la Compagnie des Indes après un naufrage, à la fin du XVIIIe siècle.
Toutes les autres îles se trouvent dans le canal du Mozambique.
Les Glorieuses
L'île du lys, l'île aux crabes et Grande Glorieuse forment ce mini-archipel de 7 km2, à environ 220 km à l'ouest de Madagascar et à peu près autant à l'est de Mayotte. Quatorze militaires de détachement de la Légion étrangère de Mayotte (DLEM) et un gendarme y sont relevés tous les 45 jours. La station météo, installée en 1955, y est automatisée.
L'archipel a probablement été découvert dès le XVIe siècle par les navigateurs sur la route des Indes mais ce n'est qu'en 1879 que le Réunionnais Hippolyte Caltaux y accoste et y développe une cocoteraie et l'exploitation du guano. Menacée par les Anglais, présents dans les îles voisines, la France en prend officiellement possession le 23 août 1892.
Juan de Nova
Petite île en forme d'enclume de 7km2, c'est l'île des Eparses la plus proche de Madagascar, à 150 km à peine. Quatorze militaires de 2e RPIMA (régiment de parachutistes d'infanterie de marine, basé à La Réunion) et un gendarme sont relevés depuis la Réunion tous les 45 jours environ. La station météo, devenue permanente en 1973, y est automatisée.
Juan de Nova doit son nom au noble galicien qui aurait découvert l'île en 1501 pour le compte du roi Manuel Ier du Portugal. Si l'île a servi de campement pour des pêcheurs malgaches, l'acte du 31 octobre 1897 la déclare dépendance française. Une concession est octroyée pour 20 ans au début du XXe siècle à un Français, puis une exploitation du guano par un franco-mauricien y amènera une présence ouvrière pendant 15 ans jusqu'en 1968.
Bassas da India
Cet atoll corallien, formant un cercle presque parfait, présente une superficie de récifs de 86 km2 mais seulement 200 m2 de corail émergés à marée haute. A ce titre, c'est une «île» qui permet d'avoir une ZEE mais aucune présence humaine n'y est possible.
Son nom voudrait dire «le ban de la juive», «juvia» ayant eu son orthographe modifiée durant les siècles. Quasiment invisible à marée haute, Bassas da India a provoqué de nombreux naufrages. Le premier documenté eut lieu en 1585.
Europa
Avec ses 30 km2, c'est la plus grande des îles avec comme particularité une mangrove couvrant un cinquième de ce pentagone. En 1860, un couple de colons français venant de Tuléar (Madagascar) s'y installa avant d'en repartir. Après diverses occupations courtes, il fallut attendre 1949 et une station météo pour avoir une occupation permanente. Un détachement de 14 militaires du RPIMA et un gendarme, relevé tous les 45 jours, assurent la souveraineté.
L'île porte le nom du navire anglais qui l'a reconnue en 1774.