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Etat (à la mi-novembre 2011) de l’avancement du projet :
Projet suspendu par Damien Michelet pour cause de manque de temps.
Nous possédons deux types de sources intéressantes pour ce projet :
- Ses écrits
- Une partie des actes de son procès
Je fais volontairement abstraction des autres sources, le volume de ces deux catégories étant plus que suffisant à mon propos. Les premiers, de son propre aveu, contiennent plusieurs niveaux de lecture :
- Pour le commun
- Pour les personnes éclairées
Les secondes nous permettent d’appréhender un certain nombre d’éléments :
- La réception de sa pensée par :
- Son accusateur
- Ses codétenus
- Les membres de la Congrégation du Saint-Office
- La façon dont il défend sa pensée devant le Saint-Office et les ajustements qu’il doit consentir
Tous ces éléments mettent clairement en évidence :
- Des visions divergentes de la place du philosophe et de sa production dans la société, et donc de la liberté qu’on lui consent, ou des frontières qu’on lui impose
- La déformation de sa pensée par celles et ceux qui ne la comprennent pas ou se refusent à la comprendre.
L’idée serait donc de mettre en parallèle ces éléments et de montrer le fil de la déformation de sa pensée, par d’autres et par lui-même. J’apprécie particulièrement les témoignages de ses codétenus pour leur ton rustique, spontané et vivant, malgré le cadre strict des procès-verbaux des notaires de l’Inquisition vénitienne ; on y découvre de plus le caractère de Giordano Bruno, incisif, truculent, vulgaire, violant, intolérant… Il me semble donc important de leur donner une place importante. Les extraits de ses comparutions devant la Congrégation du Saint-Office qui nous sont parvenus illustrent principalement les stratégies qu’il a mises en œuvre pour se défendre et témoignent donc des déformations qu’il a consenties à ses doctrines, puis, dans la dernière partie de son procès, de leur réaffirmation. Les accusations que je pense mettre le plus en avant sont les questions de la pluralité des mondes et de la structure de l’univers, pour plusieurs raisons :
- Nous avons la chance de posséder à leur sujet des extraits pour chacune des catégories décrites ci-dessus.
- La seconde constitue un lien avec une affaire bien plus célèbre, celle de Galilée.
- Elles renvoient donc le public à quelque chose de connu et de facilement compréhensible, contrairement à d’autres accusations sur des sujets théologiques parfois ardus.
Je n’ai pas encore résolu la question de la forme sous laquelle présenter cette thématique ; une pièce de théâtre me semble difficile à mettre en œuvre, bien que réalisable. Peut-être serait-il préférable de créer une œuvre multimédia. Une telle forme permettrait en outre de plus facilement gérer les allers retours aussi bien dans l’espace que dans le temps, entre sa prison (où on peut l’imaginer tantôt parmi ses codétenus, à Venise, ou seul, à Rome), les séances devant le Tribunal et ses écrits, au cours d’événements répartis sur les huit ans qu’a duré son procès.
Damien Michelet, juillet 2011