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L'augmentation des concentrations de CO2 était si évidentes et en phase finalement avec ce que la science avait avancé depuis S. Arrhenius 65 ans plus tôt, que les scientifiques eurent suffisamment d'argument solide pour avertir l'administration américaine. Ainsi Revelle, membre de l'Association Américaine pour l'Avancement des Sciences (AAAS), une assocition qui promeut l'utilisation responsable de la science dans les politiques publiques et représente l'organe de conseil pour le président des Etats-Unis, peut mettre en garde, sans équivoque, les politiques. C'était il y a 54 ans. Sur les mesures du Mauna Loa, "les données montrent clairement et de façon concluante que, de 1958 à 1963, la teneur en dioxyde de carbone de l'atmosphère a augmenté de 1.36 %." L'augmentation d'une année à l'autre a été assez régulière, proche de la valeur annuelle moyenne de 0.23 %" (President Science Advisory Committe, 1965). Dans le rapport on peut lire aussi que :
- "L'homme a commencé à brûler les combustibles fossiles qui étaient enfermés dans les roches sédimentaires pendant plus de 500 millions d'années, et cette combustion augmente de façon mesurable le dioxyde de carbone atmosphérique".
- "Le taux actuel de production de dioxyde de carbone provenant de la combustion de combustibles fossiles est environ cent fois plus élevé que le taux moyen de libération de calcium et de magnésium provenant de l'altération des roches siliceuses. Tant que ce rapport se maintient, la précipitation des carbonates métalliques ne pourra pas maintenir une teneur constante en dioxyde de carbone dans l'atmosphère. En l'espace de quelques siècles, nous remettons dans l'air une part importante du carbone".
- "La partie qui reste dans l'atmosphère peut avoir un effet significatif sur le climat : le dioxyde de carbone est presque transparent à la lumière visible, mais il est un absorbeur puissant et un réflecteur du rayonnement infrarouge […], par conséquent, une augmentation du dioxyde de carbone atmosphérique pourrait agir comme le verre dans un grenier, pour augmenter la température de l'air inférieur".
- "Nous pouvons conclure avec une claire assurance qu'à l'heure actuelle, les combustibles fossiles sont la seule source de CO2 qui soit ajoutée au système biosphère océan-atmosphère. Si cela est vrai pour les cent dernières années, la quantité de CO2 dans l'air au début de la présente décennie serait d'environ 7 % plus élevée qu'au milieu du siècle dernier."
- "En se basant sur les besoins énergétiques mondiaux prévus, le Département des affaires économiques et sociales des Nations Unies (1956) a estimé qu'en l'an 2000, la combustion de combustibles fossiles, avec nos prévisions, entraînerait une augmentation d'environ 25 % du CO2 atmosphérique par rapport à la quantité présente au XIXe siècle".
- "On peut calculer à partir de ces données qu'avec une augmentation de 25% du CO2 atmosphérique, la température moyenne à la surface de la terre pourrait augmenter de 0.6°C à 4°C ( 1,1°F à 7°F), selon le comportement de la vapeur d'eau atmosphérique".
- Suivent dans le rapport les effets possibles de l'augmentation du CO2 dans l'atmosphère, comme la fonte de la calotte glaciaire de l'Arctique, la montée du niveau des mers, l'augmentation de l'acidité des eaux douces et l'accroissement de la photosynthèse.
Il y a 54 ans les principaux éléments étaient disponibles. Dans n'importe quelle institution, n'importe quelle entreprise recevant une telle information, on peut imaginer un effet de latence de 1-2 ans pour se tourner vers la recherche de solutions. C'est d'ailleurs ce qui va se produire, mais pas pour trouver les bonnes solutions.