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Une expédition arctique dont l’objet est d’étudier le réchauffement est actuellement bloquée dans les glaces au large du Canada, dans la baie d’Hudson. Le bateau qui héberge cette expédition est le garde-côte et brise-glace Amundsen. Il s’agit des pires conditions de glace rencontrées depuis 20 ans, selon l’un des officiers du brise-glace.
La banquise arctique s’épaissit et s’élargit. Un bilan plus complet pourra être établi en septembre, mais on sait déjà que depuis 2013 cette banquise, la plus sensible à la variation chaude du climat, a repris du poil de la bête. Il y a quelques années les prédictions de spécialistes du climat annonçaient sa disparition totale entre 2013 et 2016. Ils se fondaient (si j’ose dire) sur leurs modélisations en fonction des années précédentes.
Ainsi en 2012 la presse relayait les prévisions de Peter Wadhams:
« D'après Peter Wadhams, l'un des spécialistes en physique de l'océan polaire les plus reconnus au monde, la banquise arctique pourrait prochainement disparaître. La nouvelle n'aurait rien de surprenante si cet expert de l'Université de Cambridge n'avait pas avancé l'année 2016 comme étant celle de l'anéantissement définitif de la zone. »
Cette annonce date de 2012 et avait déjà été faite en 2007. Il a précisé:
« On se dirige vers un effondrement, qui devrait survenir en 2015 ou 2016, et qui verra l'Arctique libre de glace durant les mois d'août et de septembre. C'est une catastrophe mondiale. »
D'autres scientifiques avaient prédit à peu près la même chose:
« C’est également l’avis de l'océanographe Wieslaw Maslowski, professeur à la Naval Postgraduate School de Monterey (Californie). Lui et son équipe avaient même d’abord annoncé la fonte totale pour 2013.
Le Dr Walt Meier, du Centre national américain de données sur la neige et la glace, à Boulder (Colorado), affirme pour sa part: « Je serais extrêmement surpris si cela se produisait en 2013 ; je ne serais pas totalement surpris si c'était 2019. »
Ces grands spécialistes de la catastrophe mondiale se sont donc égarés; du moins devraient-ils ne pas accorder une foi absolue dans leurs propres modèles. Car ce ne sera pas pour 2015 ni pour 2016. Les glaces arctiques augmentent depuis 2013, en surface et en épaisseur (image 2). En 2013, au bénéfice d’un été plus frais, elles avaient regagné 33% de leur volume. Et cela continue, encore à ce jour de juillet 2015.
On ne peut déduire une tendance globale sur 3 ans. Mais d’une part cela correspond à la période de pause du réchauffement constaté depuis 17 ans, avec un décalage dans le temps dû à l’inertie des systèmes climatiques (par exemple août est plus chaud qu’avril alors que le soleil est à la même hauteur dans le ciel). D’autre part on peut déjà dire trois choses:
- la fonte de la glace a été très lente et progressive en 30 ans;
- la résilience de l’Arctique est extrêmement rapide, beaucoup plus rapide que ce qu’imaginaient les climatologues qui le reconnaissent eux-mêmes;
- les modélisations ne sont pas paroles intouchables. Les modèles climatiques, socle des prévisions, font des calculs de manière assez mécanique sur la base des données qu'on y introduit. La patte humaine, avec ce qu'elle suppose d'incomplétude et de parti-pris conscients ou inconscients, est forcément présente dans les résultats. Ces prévisions sont donc à étudier avec un esprit critique – ce qui devrait être l'attitude prévalent dans la science.
La banquise arctique se régénère donc beaucoup plus vite qu’elle ne fond. Je rappelle aussi que l’Antarctique, au Pôle sud, continue à battre des records de volume de glace depuis des décennies (image 3). Et l’Australie affronte une vague de froid sans précédent.
Des climatologues restent néanmoins accrochés à leurs modèles et pensent que ces chiffres ne changent pas leurs prévisions à long terme. Nous verrons. En l’état et depuis quelques années, les prévisions alarmistes sur la suite du réchauffement doivent être revues à la baisse. Nous sommes dans tout sauf une évolution linéaire du climat, s’il s’agit bien d’une évolution et non d’un variation.
Et ce même alors que nous vivons un été de canicule dans une partie de l’Europe.
Mais attention: les modèles prévoient un coup de frais ce week-end. Les pressions bougent un peu, ainsi que le jet-stream. La situation anticyclonique va-t-elle changer?
Une intéressante étude a été publiée ce jour sur les raisons des blocages météorologiques occasionnels comme celui que nous connaissons. A lire sur 24heures de ce jour.