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De la maison en bois à la ville/
Au XIXe siècle, l’industrialisation de la filière bois ouvrit la voie à la préfabrication: des maisons entières pouvaient être composées sur catalogue, puis livrées en pièces détachées et assemblées sur des chantiers très éloignés. Les «chalets suisses» – qui étaient en réalité des copies idéalisées – conquirent le monde. A partir de 1945, les dimensions changèrent: au titre de la «reconstruction», des millions de logements abordables durent être réalisés à très brève échéance. A l’Ouest comme à l’Est, la production de logements était un enjeu politique. La construction s’industrialisa et tous les éléments furent ajustés les uns aux autres comme les pièces d’un puzzle – depuis la cuisine jusqu’au morceau de ville. En RDA, quelque 650'000 logements furent réalisés selon le système de construction par panneaux «WBS 70».
Des solutions pour la Suisse et issues de la Suisse
En comparaison internationale, les grands ensembles suisses paraissent modestes. Avec ses 2780 logements, le plus grand d’entre eux reste Le Lignon, dans la commune suburbaine genevoise de Vernier. Une opération de quelques centaines de logements était déjà considérée comme «grosse». Le fait que la Suisse n’ait pas adhéré au modèle des cités-satellites y a entravé l’industrialisation de la construction.
Pourtant, de nombreux systèmes de préfabrication y ont été développés. Dès les années 1950, l’entreprise genevoise des frères Honegger exporta son système de construction en Afrique. Peu après, le système «Variel», du Zougois Fritz Stucky, connut un succès international.
Grands ensembles et paysage
Les grands ensembles et les nouveaux quartiers projetés sur la planche à dessin visaient à préserver un maximum de surfaces vertes en concentrant les logements. On voulait éviter la dispersion des constructions. On accordait par ailleurs beaucoup d’importance aux équipements collectifs et à l’aménagement des abords, ce qui fait encore la qualité des quartiers mêmes dont on a tendance à dénigrer les «plots de béton».