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Le président du parti socialiste, Christian Levrat, s'est prononcé contre un accord-cadre avec l'UE qui se ferait au détriment des travailleurs. Lors du congrès du parti à Windisch (AG), il a déclaré que le PS lancerait un référendum contre un tel traité.
L'ouverture de la Suisse vers l'Union Européenne doit conduire à un renforcement des mesures de protection sociale et non à leur affaiblissement, a déclaré M. Levrat dans son discours aux délégués samedi. Ceux qui sont prêts à sacrifier les mesures de protection salariales pour conclure un accord-cadre hypothétique sont des "têtes brûlées".
La population ne soutiendrait jamais un traité avec l'UE s'il ouvrait la porte au dumping salarial, a prévenu le président du PS. Il est, selon lui, inutile de vouloir foncer tête baissée, car dans sa forme actuelle, l'accord ne trouverait probablement pas de majorité ni au Parlement ni dans la population.
Tirer sur le frein à main
Si le Conseil fédéral veut conclure un accord sur le dos des travailleurs, le PS proposera de le refuser. Si cela s'avérait nécessaire, il lancera un référendum. M. Levrat a été applaudi par les délégués après cette déclaration.
Parce que le PS croit en l'intégration européenne de la Suisse, il se doit de tirer sur le frein à main si la protection salariale se voyait affaiblie. Ce serait une dangereuse illusion de croire que la Suisse peut se lier davantage à l'UE sans développer dans le même temps des mesures d'accompagnement ciblées. On ne va pas regarder passivement la droite et ses alliés conduire la Suisse vers l'isolement.
"Reprendre la majorité"
Dans son discours, le président de la Confédération Alain Berset a rappelé que les négociations sur un accord-cadre sont encore en cours. Il a souligné que tout le monde veut des relations solides avec l'UE et que tous les pays ne sont pas simplement des concurrents, mais aussi des partenaires.
Selon lui, la stabilité et l'ouverture font partie de l'identité helvétique. Dresser des frontières reviendrait à agir de façon "moins suisse". La fiabilité, la solidité et l'équité sont les bases de notre relation à l'Europe.
A l'approche des élections nationales de 2019, Christian Levrat a appelé à permettre "aux forces progressistes de reprendre la majorité dans ce pays". Ces élections sont décisives pour l'avenir de la Suisse et il faut lutter contre les populistes et les nationalistes, a-t-il affirmé, accusant le PLR et le PDC de s'incliner devant l'UDC.
"Notre économie"
Le congrès de deux jours du PS est dominé par le nouveau concept économique du parti. Après de longues délibérations, les délégués l'ont approuvé par 340 voix contre cinq et huit abstentions. Le PS est la seule force capable de freiner le capitalisme sauvage, s'est félicité le vice-président du parti Beat Jans.
Le projet économique du PS, un document de plus de 60 pages baptisé "Notre économie" demande l'introduction progressive de la semaine de 35 heures, six semaines de vacances pour tous, un salaire minimum de 22 francs par heure et l'égalité salariale entre hommes et femmes.
Le document précise en outre que le licenciement des employés âgés de plus de 55 ans ayant plus de dix ans de service devrait être interdit. Au lieu d'un congé de maternité de 14 semaines, il propose un congé parental d'au moins 38 semaines. Il appelle notamment à un approvisionnement en électricité issu à 100% d'énergies renouvelables d'ici 2030.
Primes plafonnées à 10%
Les délégués doivent décider dimanche de lancer une initiative pour aider les personnes à faible revenu à faire face à la hausse constante des primes de l'assurance maladie. Les primes devraient représenter au maximum 10% du revenu disponible.
L'initiative veut définir clairement le revenu disponible. Le PS stipule que le revenu imposable selon la loi fiscale sera utilisé à cette fin. La prime de référence serait la prime standard de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP). Les subventions aux primes dans les cantons doivent être harmonisées.