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Philip Jaffé, psychothérapeute, dénonce "une affaire de trop"
RTSinfo: Quelle est votre réaction face à cette affaire?
Philip Jaffé, spécialiste de médecine légale: "Qu'une sociothérapeute puisse sortir seule avec un détenu condamné pour viol va à l'encontre du bons sens. Comme toutes les femmes, elle courait potentiellement un risque. Dans de tels cas, il faut appliquer un principe simple. On ne laisserait jamais un pédophile seul avec un enfant!"
RTSinfo: Le modèle d'un centre de sociothérapie comme celui de La Pâquerette doit-il être remis en question?
"Je soutiens la notion d'activité sociothérapeutique, même avec des personnes ayant commis des crimes graves. Ces activités sont nécessaires. Néanmoins, tant que le détenu doit retourner en prison, l'Etat a une responsabilité envers la société et envers les personnes qui participent au processus de resocialisation. On ne devrait pas tester la confiance qu'on peut accorder à de tels détenus en mettant en péril des thérapeutes et la société tout entière, car ce violeur court toujours et Dieu nous préserve qu'il ne trouve pas d'autres victimes."
RTSinfo:N'apprend-on pas des erreurs passées? Quelles précautions devraient être prises?
"De tels faits suscitent des réactions émotionnelles de grande intensité dans la société qui sont très compréhensibles. Le système doit pouvoir se remettre en question. Le plus urgent est d'éviter l'amateurisme et mettre les décideurs face à leurs responsabilités. Un violeur devrait être accompagné par deux malabars plus costauds que lui. Même si plusieurs sorties communes se sont déjà bien déroulées. La capacité manipulatrice de certains individus est en effet souvent sous-estimée."
Propos recueillis par Juliette Galeazzi
Publié le 13 septembre 2013 à 16:53 - Modifié le 13 septembre 2013 à 20:21