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Paudex L'offre de 902'000 frs permettra de solder le dossier de la parcelle 256. Très divisés, des élus voulaient obtenir davantage et mieux. Mais la lassitude l'a emporté.
Nina Brissot
Beaucoup de temps, d'argent et d'énervements ont été déployés pour tenter de démêler un vrai sac de nœuds. En 37 ans, après des centaines de milliers de francs dépensés et beaucoup de frustrations exprimées, le Conseil communal de Paudex semble avoir trouvé un épilogue à une affaire qui laisse tout le monde insatisfait. Rappel des faits. En 1981, un privé s'engage par convention écrite à céder à la commune de Paudex une parcelle de 2'195 m2 au bord du lac en échange d'un droit de superficie pour les bâtiments du Centre Patronal. Petit détail qui tue cet arrangement: ce privé n'avait pas encore acquis lui-même la parcelle dite 206. Il avait toutefois un droit de préemption. Pour corser l'affaire, il s'est fâché avec le propriétaire de la parcelle qui refusera toujours de la vendre.
Expropriation évoquée
Trois ans plus tard, soit en 1984, un remaniement parcellaire fait perdre à ce privé son droit de préemption. En 2000, commence la construction du Centre Patronal, sans que soit réglée la contre partie comprise dans la convention, la situation étant toujours bloquée avec le propriétaire. En 2002, le privé réitère sa volonté d'acheter la parcelle 256 pour la céder à la commune, ce que le propriétaire refuse toujours. Bon an mal an, les choses s'enveniment et en 2010, l'aménagement d'un chemin entre la plage et la parcelle 256 est refusé par le Conseil communal. Deux ans plus tard, une commission parcelle 256 et rives du lac est créée, des avocats sont mandatés. Une éventuelle expropriation est évoquée mais le propriétaire de la parcelle n'étant pas partie prenante dans la convention de 1981, il n'entend pas participer à un arrangement. Rien ne va plus et plus rien ne se passe. Pour faire courte une longue histoire, le décès du privé en 2016 n'arrange rien à la chose, les problèmes partant dans sa succession.
Vers un arrangement
Il faut bien un jour songer à sortir de l'impasse. Le fils du privé propose une compensation financière de 902'000 frs. Si certains pensent que c'est un moyen de sortir de l'impasse, d'autres ne l'entendent pas de cette oreille. Lors de sa séance du 7 mai, le Conseil communal a des mots très durs: «Cette offre est indécente», s'écrie une conseillère. Et d'autres d'ajouter: «Elle est minimaliste, nous n'avons aucune raison de l'accepter.» «Il y a une dette morale qui n'a jamais été respectée.» «Nous nous sommes bien fait avoir et il faut dire Amen, je ne peux accepter ça. Je suis essoufflé, on nous a enfumés.» «On parle de justice?». Un conseiller tente de tempérer: «Je ne me sens pas la responsabilité de refuser cet argent et de repartir pour des années de procédures. Disons oui, même si nous en avons gros sur le cœur.» Un autre enchaine: «C'est à contrecœur, mais mieux vaut accepter et arrêter là.» Le débat s'est prolongé jusqu'à minuit moins dix. Au vote, la proposition passera par 24 oui contre 10 non et 4 abstentions. Sans enthousiasme et par gain de paix mais avec un gros dégât d'image pour les protagonistes de l'histoire.