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Jean Cavadini
- Personnalités
- Vidéo 1 min.
13 avril 1994
TJ midi
Le 13 avril 1996 à Reconvilier (JU), débat sur l'Europe entre Jean Cavadini, conseiller aux Etats neuchâtelois, et Christoph Blocher, alors président de l'ASIN (Action pour une Suisse indépendante et neutre). La politique est-elle un art de la parole, de la confrontation, de la persuasion? Réponse de notre invité.
Jean Cavadini: «En Suisse, la politique est une étrange profession qui nourrit d'ailleurs assez mal son homme. Heureusement, elle est aussi à l'origine de rencontres fortes. Après vingt ans passé au Parlement fédéral et douze ans au gouvernement neuchâtelois, je crois pouvoir dire que la politique, dans notre pays, est véritablement l'art du compromis. C'est la structure même du fédéralisme qui l'explique. Souvent dans un débat, on ne parle pas la langue de son contradicteur. C'était le cas à Reconvilier, quand j'ai débattu avec Christoph Blocher sur le thème de l'Europe. Blocher s'est courageusement exprimé en français, j'avais donc l'avantage de la langue, mais la salle était acquise à ses idées anti-européennes.
A la fin du débat, Christoph Blocher m'invita à prendre la parole à la réunion annuelle de l'UDC à l'Albisgüetli. J'ai décliné son offre, non par crainte de l'adversaire, mais parce que je savais que je devrais m'y exprimer en suisse allemand. Le plus difficile, dans une réunion publique, c'est justement la langue. Elle conditionne votre expression et votre raisonnement; elle vous contraint à certaines réductions, à être parfois trop schématique. Le véritable stress, c'est bien celui de la langue.
Certains considèrent Blocher comme un homme dangereux. Pour ma part, il m'apparaît comme un homme loyal. A la veille de son élection au conseil fédéral, je le croisai dans un restaurant à Berne. Je l'avertis que mes amis politiques n'allaient pas voter pour lui. Il me répondit qu'il le savait. Vivre une élection – et de cette importance – est toujours pesant. La pression des partis politiques et de la presse est énorme. Je lui dis aussi que j'étais avec lui, car je n'ai jamais considéré la politique comme une bagarre pour mettre l'autre à terre.»
Jean Cavadini est né le 27 juillet 1936 à Neuchâtel. Après une licence ès Lettres de l'Université de Neuchâtel et des études post-grade à Londres et à Madras, en Inde, il devient professeur au gymnase de Neuchâtel. Entré au parti libéral, il entame sa carrière politique en occupant durant cinq ans le poste de conseiller communal à Neuchâtel, de 1976 à 1981. Cette année-là, il devient conseiller d'Etat.
Au gouvernement neuchâtelois, il est en charge des Départements militaire et de l'Instruction publique. Parallèlement à son mandat cantonal, Jean Cavadini poursuit son chemin politique à Berne, en siégeant d'abord comme conseiller national, de 1979 à 1987, puis comme conseiller aux Etats, de 1987 à 1999.
Aujourd'hui, Jean Cavadini est président de la Convention patronale de l'industrie horlogère et président de la Radio Télévision Suisse Romande. Il occupe également la présidence de la Fondation pour la Sauvegarde du patrimoine audiovisuel de la Télévision Suisse Romande.