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C’est comme dans votre réfrigérateur : on n’a besoin de lumière dans le tunnel du LHC que quand il y a quelqu’un. Et pourtant, s’il est nécessaire d’évacuer, les lumières d’urgence font partie d’un système de sécurité essentiel.
Fort heureusement, les évacuations de tunnel sont très rares, mais les personnes qui travaillent dans le tunnel doivent savoir qu’elles peuvent compter sur l’éclairage d’urgence pour pouvoir évacuer en toute sécurité.
Lorsque la machine est en fonctionnement, l’environnement est hostile ; aucune présence humaine n’est autorisée. Les systèmes d’éclairage doivent être capables de résister aux radiations pour pouvoir continuer à fonctionner lorsque le LHC est arrêté et que l'accès du personnel est à nouveau autorisé dans le tunnel pour la maintenance courante.
En raison d'une nouvelle réglementation en matière d’éclairage, le système d’éclairage à vapeur de sodium basse pression, installé pour le LEP (la machine ayant précédé le LHC), est frappé d’obsolescence ; il devient difficile de trouver les pièces de rechange parce que la fabrication est arrêtée. Le CERN devait trouver une solution, pas seulement pour le tunnel de 27 km qui abrite le LHC, mais aussi pour l’ensemble du complexe d’accélérateurs.
« Nous cherchions un produit de fabrication de masse qui soit peu onéreux et ayant de multiples sources d’approvisionnement, » explique James Devine, ingénieur de projet.
Initialement, 10 produits différents, fonctionnant sur la base de lampes LED, ont été testés dans un environnement comportant des radiations ; la plupart ont duré moins de cinq minutes. L’unique article ayant survécu à l’expérience a été disséqué ; il s’agissait de savoir comment il était fait.
« Nous avons regardé comment le convertisseur de puissance était conçu : la plupart des éclairages LED utilisent des alimentations à découpage, très sensibles aux rayonnements. Celui-là utilisait un pont redresseur », poursuit James Devine. Une technologie ancienne, qui date des débuts de l’industrie électrique. »
Depuis lors, James Devine travaille avec deux entreprises (l’une britannique, l’autre française), en vue de l’intégration dans leurs produits de ce système d’alimentation électrique résistant aux radiations. Les deux entreprises sont spécialisées dans les éclairages de tunnel, et fabriquent des systèmes d’éclairage d’urgence. Toutefois, aucune des deux ne proposait de produit spécialement conçu pour les environnements comportant des rayonnements.
Le nouveau système d’éclairage a été installé au point 7 du LHC : du point de vue des rayonnements, c’est le point d’accès au tunnel le plus « chaud ». Après deux ans, l’éclairage continue à fonctionner de façon satisfaisante, et s’est montré si performant que les éclairages de l’ère LEP arrivant en fin de vie sont progressivement remplacés par le nouveau système.
Le système proposé par James Devine pour l’alimentation électrique a bénéficié d’un financement du Fonds pour le transfert de connaissances du CERN, afin de permettre des perfectionnements permettant d’accroître l’efficacité énergétique et de prolonger la durée de vie.
Ce système est maintenant disponible sous licence de matériel libre du CERN (licence OHL). Il s’agit d’une licence conçue au CERN visant spécifiquement à faciliter la diffusion de matériels. « N’importe quel fabriquant peut utiliser et modifier les systèmes sous licence OHL, explique Myriam Ayass, juriste au groupe Transfert de technologies du CERN et auteur de la licence OHL. Si les modifications du produit sont diffusées, ce doit être dans les mêmes conditions. Le but est d’encourager la concurrence et l’innovation sur les marchés. »