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Aaron Fotheringham: skate en fauteuil roulant
Le jeune Aaron Fotheringham, âgé de 18 ans, est considéré comme un pionner du sport en fauteuil roulant. Le salto arrière qu’il exécute lui a mérité une entrée dans le « livre des records Guinness ». Lorsqu’il était enfant, Aaron cherchait toujours à atteindre les limites et n’a jamais laissé son handicap l’en empêcher.
Au ProPark, lieu de rencontre des skateurs à Las Vegas, l’été est une saison très active. Aaron Fotehringham descend à toute allure les rampes de béton, remonte tout aussi rapidement, et exécute, sur son élan, un salto impeccable avant de retomber sans se blesser. À une différence près, ce sont des images que nous associons avec la jeunesse américaine ; seulement, Aaron ne monte pas sur un BMX, mais exécute tout cela dans un fauteuil roulant. Bien qu’il dépende de celui-ci, il insiste qu’il ne se considère pas pour autant « handicapé ». Il connaît la même liberté de mouvement que ses amis, qui eux exécutent leurs numéros avec leur BMX ou leur skateboard.
Sombres perspectives
Avec ses acrobaties sur quatre roues, Aaron Fotheringham jouit d’une grande popularité en Europe, en Corée et à travers les Etats-Unis. Son salto, performance inédite, lui a non seulement valu des mentions dans la presse internationale, mais également dans le livre des records Guinness. Et cela malgré les prédictions des médecins, qui à sa naissance croyaient qu’Aaron ne pourrait jamais arriver à s’assoir seul.
Aaron est né en 1982 avec le spinabifida, une malformation congénitale de la colonne vertébrale et de la moelle épinière, qui apparaît au cours de la troisième ou la quatrième semaine de grossesse et qui se caractérise par l’absence de fermeture de la colonne vertébrale. Les conséquences dépendent du degré de gravité de l’atteinte de la moelle épinière. Elles peuvent aller d’un léger handicap de mobilité jusqu’à la paraplégie. En ce qui concerne Aaron, c’est la hanche qui ne peut retenir l’os de la jambe.
Les débuts
Brian, le frère aîné d’Aaron, passe son temps libre au parc de skateurs. Aaron l’accompagne régulièrement, s’émerveille des culbutes des ses copains. Brian encourage Aaron: « Essaie donc de descendre la rampe! » lui dit-il. Aussitôt dit, aussitôt fait. La première tentative ne réussit pas: Aaron tombe de son fauteuil roulant et s’écorche les mains. Cela ne l’empêche pourtant pas de persévérer, pendant de longues heures et de longues semaines ; petit à petit, il finit par prendre le tour et six mois plus tard, il exécute son premier « trick » (figure de skate), dans lequel il soulève un roue de son fauteuil en franchissant un obstacle.
« Plus je pratique, mieux j’arrive à maîtriser la dynamique de mon fauteuil roulant et essayer de nouvelles figures. Je suis quand même tombé de nombreuses fois », raconte-t-il. Grâce au casque et aux protections qu’il porte, il se relève de ses chutes sans trop d’égratignures. Il fait toutefois face à d’autres problèmes : le fauteuil roulant d’Aaron ne résiste pas aux chocs des premiers saltos et s’en retrouve en mille morceaux.
La nécessité est mère de l’invention
Les assurances refusaient de nous remplacer mon fauteuil roulant. Même avec toute la volonté du monde, les Fotheringham n’arrivaient pas à rassembler les 5 000 dollars nécessaires. Ils ont donc réparé le fauteuil roulant du mieux de leur possible, mais cela marque pour Aaron la fin du skate, pour le moment du moins.
Toutefois, dans ce pays où tout est possible, des miracles arrivent parfois. Quelques amis d’Aaron ont ramassé suffisamment d’argent pour lui acheter un fauteuil roulant bien solide chez Colours ’N Motion. Et c’est là qu’intervient l’esprit créatif de son père Steve. Il envoie au fabricant une vidéo montrant le plus belles figures d’Aaron. Le fondateur de Colours’N Motion, John Box, lui répond : ils veulent soutenir Aaron et concevoir pour lui les finitions spécialisées dont il a besoin pour son sport. Avec son nouveau super-véhicule à quatre roues et muni d’une suspension spéciale, Aaron réussit, après de longs mois d’entrainement, à exécuter un backflip parfait (salto arrière). Deux ans plus tard, avec son diplôme d’études collégiales en poche, Aaron se consacre entièrement à sa passion et s’entraîne jusqu’à dix heures par jour au parc de skateurs. Il atteint son objectif suivant, un double salto arrière, en 2010. Il publie ses vidéos paraissent sur Facebook, et attire ainsi l’attention des médias américains ; deux interviews sur CNN lui valent, en l’espace de dix minutes, une renommée internationale. « À la suite de l’interview sur CNN, mon compte Facebook a littéralement explosé », raconte-il en riant.
Source d’inspiration pour personnes en situation de handicap
Depuis ce temps, Aaron voyage inlassablement à travers l’Europe et les Etats-Unis pour participer à diverses compétitions professionnelles de skateurs. Il a d’ailleurs participé à un film allemand en tant que cascadeur. Il a fondé sa compagnie « Hardcoresitting », qui se spécialise dans le sport en fauteuil roulant. Il participe également à des événements caritatifs, entre autres pour la recherche pour le spinabifida, et à des colonies de vacances pour les enfants handicapés. « Je sais que je peux inspirer de nombreuses jeunes personnes en situation de handicap », raconte-il. « Ce que je peux leur communiquer est très simple : je suis toujours allé jusqu’à mes limites et ne me suis jamais laissé intimider par mon handicap. Si une fée me demandait si je souhaiterais marcher, je lui répondrais : pourquoi devrais-je marcher si je peux rouler ? ».
Texte: BMI
Traduction: MyH - 03/2013
Photos: gracieuseté de www.aaronfotheringham.com