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L’unité est-elle possible malgré de profondes divergences ? Les méthodistes réunis à Berne ont reçu une réponse claire
6. Dezember 2019
Lors d’une journée de réflexion organisée à Berne, les méthodistes se sont penchés sur différentes appréciations de l’homosexualité. Après les exposés du matin, les conférenciers ont été confrontés à un certain nombre de questions, et ont répondu à leur manière à la question centrale de la rencontre.
L’après-midi de la journée de réflexion, les trois conférenciers ont pris part à une table ronde et ont répondu à des questions posées par écrit par l’assistance durant la matinée. Quelques-unes de ces nombreuses questions ont été injectées dans la discussion entre les orateurs. Le débat était conduit par la surintendante Claudia Haslebacher.
Un rejet silencieux ?
Dans un premier temps, l’échange a porté sur des demandes de clarification et des questions de fond.
Quelqu’un a par exemple demandé pourquoi Roland Gebauer s’était référé au récit biblique de la création pour parler de l’homosexualité, bien que ce texte ne dise rien à ce sujet ? Le professeur Gebauer a répondu qu’à son avis, Genèse 1 est un texte normatif qui décrit des structures fondamentales de la vie humaine, faisant ainsi connaître la volonté du Créateur. L’union de l’homme et de la femme dans une relation bipolaire fait partie de cet ensemble normatif. Il est toutefois vrai que d’autres formes sexuelles ne sont absolument pas mentionnées. Roland Gebauer interprète ce silence comme signifiant que « ces autres formes ne sont pas voulues par Dieu. » « Oui », a rétorqué Jörg Barthel, « je crois aussi que Genèse 1 décrit un ordre fondamental, mais le texte ne dit pas tout. » C’est comme si des espaces nous étaient montrés. Mais rien n’est dit de leurs aménagements.
Clarifications
Des remarques critiques ont aussi été formulées à l’adresse par exemple de Roland Gebauer. « Est-ce que je vous ai bien compris ? Est-ce qu’en tant qu’homme gay, je ne fais pas partie de l’ordre de la création ? », a demandé l’un des participants après que, le matin, le théologien avait très clairement affirmé – en précisant qu’il risquait d’être mal compris – que l’homosexualité n’est pas « une variante de la création ». L’après-midi, il a précisé et souligné : « Mon but n’est pas de discriminer des personnes de sensibilité homosexuelle. C’est peut-être la conclusion que l’on pourrait tirer de mon exposé, mais ce n’était pas mon intention. » Il tient à accepter ces personnes telles qu’elles sont. Pour lui, elles ne sont pas non plus « des chrétiens de 2e classe ». Par contre, là où il est réticent, c’est quand il s’agit de bénir des couples homosexuels.
Cette question les a ensuite conduits à parler de la conception du mariage. Roland Stettler a prié l’assemblée de distinguer clairement les différents niveaux. Le « mariage pour tous » dont on parle en Suisse actuellement est un élément juridique. Rien n’est encore décidé quant aux répercussions de ce débat sur le plan théologique. Dans les discussions, les différents niveaux sont pourtant allègrement mélangés.
Une réponse claire
La table ronde de l’après-midi a été très variée : les conférenciers ont mené des discussions controversées, ils se sont renvoyé la balle et se sont visiblement efforcés de formuler clairement leurs positions. Ici ou là, on a senti que les positions comportaient aussi des tensions confuses. Les orateurs ont partagé des expériences et des processus de développement personnels, en faisant toujours preuve de beaucoup de respect mutuel, même lorsque le débat devenait polémique. L’humour était également bien présent. La table ronde a ainsi clairement répondu positivement à la question centrale de cette journée de réflexion, qui était de savoir si des chrétiens et chrétiennes peuvent avoir des vues (très) divergentes sur leur appréciation de l’homosexualité tout en restant unis au sein d’une Église.