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23.08.2002
Les affiches pour et contre sont visibles dès aujourd'hui sur les murs de la ville. Les opposants lancent un tract dans lequel ils proposent une nouvelle utilisation de la place.
MONIQUE KELLER
La campagne est lancée. A un mois des votations, des affiches fleurissent un peu partout en ville. Le 22 septembre, en effet, les Lausannois seront appelés à se prononcer sur le projet municipal de réaménagement de la rue Centrale.
En lançant le référendum contre le crédit de 11,8 millions pour ce réaménagement, l'Association pour un autre Rôtillon (APAR) espère toucher le plan de quartier du Rôtillon. Et de voir ainsi disparaître un projet qui avait été accepté par le Conseil communal en 1994, confirmé en 2001, et qui ne pouvait plus être remis en question comme tel. Le plan prévoit notamment la construction, en plusieurs étapes, d'un parking souterrain, de surfaces commerciales, de logements et autres structures d'accueil. Le tout viendra en lieu et place de l'actuel parking et des bâtiments appuyés contre le coteau du Rôtillon jugés insalubres.
«Deux objets liés»
Pour les référendaires, les deux objets - rue Centrale et plan de quartier du Rôtillon - sont liés. Le POP et Gauche en mouvement estiment que, quel que soit le résultat du vote populaire, celui-ci reflétera le choix de la population sur l'aménagement du Rôtillon dans son ensemble et pas seulement sur celui de la rue Centrale. «La Municipalité de Lausanne devra donc considérer ce résultat dans cette optique.» Ce qui veut dire que, politiquement, la ville ne serait pas en droit de réaliser le plan de quartier si la population refuse le crédit pour l'aménagement de la rue Centrale. Pour savoir si les deux objets sont juridiquement liés, le Tribunal fédéral tranchera dans le cas d'un refus du projet de rue Centrale.
En attendant l'issue du vote, le premier débat de la campagne, qui a eu lieu avant-hier soir, a donné le ton: la discussion a tourné autour de l'aménagement du quartier dans son ensemble. Il était organisé par Droit de Cité, qui a pour but de promouvoir, dans les quartiers, des aménagements qui favorisent une bonne qualité de vie et une cohabitation plus conviviale entre les habitants. L'association s'est prononcée en faveur du projet de la Municipalité.
Gauche classique contre gauche alternative
Sur l'objet du vote, tous les partis lausannois, à part les libéraux, ont officiellement pris position. Les radicaux, les socialistes et la Voie du Centre se sont prononcés en faveur du projet municipal - à l'unanimité pour les radicaux, à l'unanimité moins une voix pour la Voie du Centre et à l'unanimité moins deux voix pour les socialistes.
Les Verts soutiennent de leur côté le référendum de l'Association pour un autre Rôtillon (APAR), sans pour autant donner de recommandation de vote. Le POP lausannois a également opté pour la liberté de vote. «Ce choix est justifié par une courte majorité en faveur du projet de la Municipalité et par la volonté de ne pas s'enfermer dans un dilemme entre un projet de gauche classique et un autre de gauche alternative», explique Alain Hubler, président du POP. Le parti a également décidé de laisser à ses militants la liberté de s'engager individuellement dans le camp de leur choix.
Même attitude chez les écologistes, dont la moitié des membres seulement a voté en faveur du référendum. Les autres se sont abstenus ou se sont montrés favorables au projet municipal. «On retrouvera des militants Verts dans les deux camps», affirme Jean-Yves Puidoux président des Verts lausannois. Le Parti libéral, aussi très partagé, ne s'est quant à lui pas déterminé officiellement et n'a pas l'intention de le faire. Ses membres soutiennent l'une ou l'autre partie.
Deux autres associations se sont également prononcées sur l'objet de la votation lausannoise. Il s'agit de l'Association pour un aménagement harmonieux de la vallée du Flon (Apahf) qui a décidé de s'opposer au préavis municipal. «Constatant que ce réaménagement est directement lié à la construction d'un important immeuble sur la place du Rôtillon, l'association tient à manifester son opposition à ce qu'elle considère comme une erreur d'urbanisme.»
En revanche, la section cantonale de l'Association Transports et Environnement (ATE) se dit pour le projet de réaménagement de la rue Centrale dans l'optique de la modération de la circulation et la transformation de la place Pépinet comme zone piétonne sans voitures. «Toute la question, dit Georges Kolb, sercrétaire de l'ATE, est de savoir si le plan de quartier est si mauvais qu'il faille jeter le bébé (l'aménagement de la rue Centrale ) avec l'eau du bain (le plan de quartier). Sans savoir si on ne risque pas de jeter seulement le bébé sans l'eau du bain. En conclusion, il vaut mieux garder le bébé en votant oui»
.«Un rêve parmi d'autres...»
OPPOSANTS Un projet alternatif.
Pour les opposants, une alternative au projet municipal existe. «Le parking actuel doit être enterré au profit d'une place ouverte et devenir un espace convivial.» Dans un tous-ménages qui sera bientôt distribué, l'APAR (Association pour un autre Rôtillon) présente son nouveau projet: un marché couvert. «Sur cette place rendue à l'usage public pourront se développer des activités diverses au profit des Lausannois, des touristes et du commerce», peut-on y lire. «Mais c'est un rêve parmi d'autres», précise Christophe Changeat, membre du comité. Lors de la récolte de signatures pour le référendum, c'est un dessin de jardin qui avait alors servi d'exemple comme contre-proposition au plan de quartier prévu par la Municipalité. Concernant le reste du quartier, l'APAR estime qu'il faut d'abord rénover les maisons (propriété de la commune) qui peuvent encore l'être et reconstruire le coteau.
M. K.