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Les habitants avaient été réveillés en pleine nuit par les sirènes d'alarme et une odeur nauséabonde. Quelque 1000 tonnes de produits chimiques étaient en feu et le Rhin prenait une couleur rouge.
Des colorants et surtout des polluants chimiques s'étaient mélangés avec l'eau utilisée pour éteindre l'incendie, tuant des milliers de poissons. Le fleuve s'était retrouvé pollué sur des centaines de kilomètres pendant plusieurs mois. Et aujourd'hui encore, on retrouve des traces de pesticides sur le site de l'incendie.
Une prise de conscience du danger
L'accident de Schweizerhalle a profondément marqué les esprits, comme l'expliquait en 1991 le conseiller d'Etat socialiste bâlois Remo Gysin: "Nous avions entendu parler de catastrophes à l'étranger, Bhopal, Tchernobyl, mais nous ne nous étions pas imaginé que la même chose pouvait arriver chez nous. Cette catastrophe a conduit de façon déterminante à une prise de conscience du danger - dans l'administration, dans la chimie, mais aussi au sein de la population."
Les risques déplacés vers l'Asie
Dans les années 1990, l'industrie chimique a amélioré sa sécurité et la Suisse a renforcé sa législation. Mais le géographe bâlois Martin Forter, qui a longuement étudié la catastrophe, estime que les problèmes n'ont été que déplacés.
"Avec la globalisation, une grande partie de la production de l'industrie chimique classique n'est plus en Suisse", fait-il remarquer. "Ils produisent aujourd'hui en Chine et en Inde. Un accident comme Schweizerhalle, je pense, ne peut plus se passer en Suisse, mais il se passe régulièrement en Asie."
Parmi les exemples récents, 2500 tonnes de produits chimiques d'une entreprise chinoise avaient explosé en août 2015 à Tianjin, en Chine, faisant 173 morts.
Etienne Kocher/oang