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Sera-ce le privilège de la mort d’enfin nous enseigner le calme ? La violence du silence a parfois besoin de voile(s) (1998) pour deux pianos (durée : environ 14 min.).
La partie de premier piano sera exécutée sur un piano droit.
La partie de deuxième piano sera exécutée sur un piano à queue, le couvercle fermé, et recouvert d’autant de couvertures qu’il faudra pour en étouffer le son.
Le piano droit a le clavier face au public, celui du piano à queue est perpendiculaire à la scène. Les deux pianos sont sur le même plan.
La partie de premier piano a pour titre Sera-ce le privilège de la mort d’enfin nous enseigner le calme ?.
La partie de deuxième piano a pour titre La violence du silence a parfois besoin de voile(s).
La partie de deuxième piano a une fonction de cache ou de filtre; elle se superpose à la partie de premier piano et en modifie les contours. Voile de pudeur, censure ?
Le fait que cette partie soit jouée sur un piano en sourdine n’est pas un paradoxe mais traduit l’idée qu’il faut étouffer ce qui fait obstacle à l’expression artistique (en soi-même tout d’abord, puis à l’extérieur de soi) et doit donner de la partie de premier piano l’impression d’une image vacillante qui hésite à se donner.
De même que les obstacles, la lutte est multiple; l’allégorie illustre cette multiplicité.
Enfin, le fait que le deuxième pianiste doive lutter contre son instrument pour en faire sortir le son le met dans un rapport d’énergie juste avec le premier pianiste : d’un côté la recherche du silence, de l’autre la peur du vide.
Ne pas choisir. Écouter les deux pianistes.