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Durant les quarante dernières années, les évidences concernant l'efficacité, en terme de diminution de la morbidité et de la mortalité, offertes par les bêta-bloqueurs dans la prévention secondaire après infarctus du myo-carde, le traitement de l'hypertension artérielle ainsi que, plus récemment, celui de l'insuffisance cardiaque, se sont largement accu-mulées. Malgré ceci, la prescription de bêta-bloqueurs reste insuffisante dans ces indications, en raison de préjugés ou d'hypothèses physiopathologiques non fondées. Ceci est particulièrement vrai dans des situations telles que le diabète insulino-dépendant, les ma-ladies pulmonaires obstructives chroniques, l'insuffisance cardiaque ou l'âge avancé, qui ne constituent pas des contre-indications à cette classe de substances mais plutôt des situations où leur introduction doit être effectuée avec prudence.Vu le nombre impressionnant de patients re-quis pour effectuer des essais cliniques à la méthodologie rigoureuse et les coûts énormes engendrés par ces études, n'est-il pas temps de nous poser de très sérieuses questions quant à la lenteur avec laquelle nous acceptons des évidences nouvelles.