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Parallèlement aux membres et aux invités, M. Bruno Pellaud, président de l'ASPEA; a présenté ses souhaits particuliers de bienvenue au conférencier, M. Pierre Triponez, conseiller national, directeur de l'Union suisse des arts et métiers (USAM), dont l'exposé était placé sous le titre «PME suisses, libéralisation du marché de l'électricité et énergie nucléaire».
Dans son allocution présidentielle, Bruno Pellaud a passé tout d'abord en revue les développements très positifs pour l'énergie nucléaire et la gestion des déchets radioactifs qui ont été enregistrés récemment en Finlande et aux Etats-Unis, puis il en est venu au thème de l'énergie éolienne. Associée au tandem force hydraulique et énergie nucléaire, celle-ci fournit en Europe une contribution bienvenue à la production d'électricité sans CO2, a-t-il souligné. Il a qualifié par contre d'utopique la proposition récente de remplacer les centrales nucléaires suisses par un parc d'éoliennes en mer du Nord. Cette proposition révèle à ses yeux une perplexité manifeste: "en fuyant vers la mer du Nord, les auteurs (de la proposition, ndlr) semblent abandonner leur rêve antérieur de compenser l'arrêt de nos centrales nucléaires par une baisse illusoire de la consommation d'électricité et par la construction de centrales solaires dans nos Alpes!"
Le point fort de l'allocution présidentielle a porté sur les deux initiatives d'abandon du nucléaire "Sortir du nucléaire et "Moratoire-plus". Comme l'a souligné Bruno Pellaud, la Suisse jouit du privilège de produire son électricité avec 60% de force hydraulique et 40% d'énergie nucléaire environ, soit sans pratiquement aucune émission de CO2. Pour son approvisionnement non électrique par contre, la Suisse dépend des carburants et combustibles fossiles, qui rejettent des gaz à effet de serre. En perspective de la réduction des émissions de CO2 exigée par la loi sur le CO2, M. Pellaud estime donc que "renoncer arbitrairement à un pilier de 40% d'électricité sans CO2, comme le demandent les deux initiatives d'abandon du nucléaire, ce serait non seulement une absurdité écologique, mais cela pousserait encore massivement à la hausse la charge financière entraînée par la taxe sur le CO2, un coup sérieux porté à la compétitivité de nos entreprises". Le président de l'ASPEA a terminé son allocution en lançant l'appel suivant: "L'énergie nucléaire laisse le champ libre à l'économie, et à tout le pays, pour l'utilisation des énergies fossiles pour le transport et le chauffage, puisqu'elle maintient les rejets de CO2 à un bas niveau en production électrique et atténue ainsi l'impact de la taxe sur le CO2 … En accord avec le Conseil fédéral, le Conseil des Etats, et prochainement certainement aussi le Conseil national, l'ASPEA se prononce donc clairement en faveur d'un double non aux initiatives atomiques." Lors de la partie statutaire de la manifestation, le procès-verbal de l'assemblée générale de l'année dernière, le rapport annuel et les comptes 2001 ont été approuvés à l'unanimité, et décharge a été donnée aux organes de l'association. Un autre point à l'ordre du jour prévoyait des élections de remplacement au sein du Comité. Mme Doris Leuthard, conseillère nationale, avait annoncé son retrait pour l'assemblée générale. Le président de l'ASPEA l'a remerciée pour son engagement en faveur de l'utilisation durable de l'énergie nucléaire. L'assemblée a élu à l'unanimité comme nouveaux membres du Comité Mme Micheline Guerry (Union suisse des arts et métiers, Berne) et Mme Elvira Bader, conseillère nationale (agricultrice, Mümliswil-Ramiswil).
M. Peter Leister, vice-président de la Société suisse des ingénieurs nucléaires (SOSIN), devait ensuite remettre le prix pour des travaux exceptionnels en matière d'information du public, prix décerné cette année à M. Jean-François Dupont. M. Dupont est chef du Service de la communication d'énergie ouest suisse (eos) et membre de la Commission de l'ASPEA pour l'information. En lui attribuant ce prix, la SOSIN a rendu hommage à son engagement infatigable pour l'énergie nucléaire, plus particulièrement en Suisse romande, et comme chef de projet de l'étude "Développement durable et énergie" publiée il y a deux ans.
Après la partie statutaire, le président de l'ASPEA a passé la parole à M. Triponez, conseiller national, qui devait présenter un exposé très attendu sur le thème "PME suisses, libéralisation du marché de l'électricité et énergie nucléaire". En tant qu'homme politique de premier plan et directeur de l'USAM, le conférencier était tout spécialement bien placé pour présenter une analyse compétente et fondée de la situation en perspective des prochaines votations relatives à la loi sur le marché de l'électricité (LME) - loi que l'ASPEA soutient clairement - et à la loi sur l'énergie nucléaire.
Au début de son exposé, M. Triponez a rappelé que dès le mois d'avril de cette année, l'USAM a décidé de recommander de voter oui à la LME, et que l'organisation combattra aussi sans ambiguïté les deux initiatives antiatomiques "Moratoire-plus" et "Sortir du nucléaire". En ce qui concerne la LME, il a souligné que pour les petites et moyennes entreprises (PME), il est vital que l'approvisionnement électrique soit assuré sans interruption et qu'elles puissent prélever à tout moment suffisamment d'électricité. Les prix de l'électricité doivent par ailleurs être avantageux de manière à ce que les coûts de l'énergie, qui constituent pour la plupart des PME un facteur important de calcul de la rentabilité, soient les plus bas possible. Les PME devraient également pouvoir choisir parmi plusieurs fournisseurs celui qui leur offre les meilleures conditions, un changement de fournisseur devant également être possible en cas de besoin.
L'excédent d'électricité que l'on constate encore actuellement pourrait se transformer en déficit dès 2010 si l'on ne parvient pas à augmenter la production dans des proportions suffisantes, a constaté le conférencier. "Nos centrales nucléaires, qui couvrent actuellement presque 40% de la production suisse d'électricité, jouent dans ce contexte un rôle central. Sans cette contribution déterminante du courant atomique, l'approvisionnement en électricité de la Suisse ne serait plus assuré depuis longtemps, et nous dépendrions de l'étranger dans des proportions excessives. Sous l'angle de la sécurité de notre approvisionnement électrique, l'énergie nucléaire revêt donc un véritable rôle clé."
Pour M. Pierre Triponez, l'adhésion claire des PME au maintien et à l'encouragement de la technologie nucléaire repose sur la conviction que la sûreté des centrales nucléaires peut être assurée par des mesures de protection techniques. "L'énergie nucléaire est une énergie d'avenir", s'est exclamé le conférencier. A son avis, c'est précisément parce que la force hydraulique et les possibilités alternatives de production d'électricité telles que l'énergie éolienne ou la technique solaire ne parviennent pas à satisfaire aux besoins ne serait-ce que de manière approchante - qu'il s'agisse des besoins actuels ou des besoins futurs - que l'énergie atomique continuera de constituer un pilier important de notre approvisionnement énergétique et gagnera encore en importance.
Dans ses conclusions, le président de l'ASPEA est revenu sur deux thèmes centraux abordés par le conférencier, à savoir la sécurité de l'approvisionnement et la libéralisation du marché de l'électricité. "Au début, l'électricité venait des centrales électriques. Puis elle est venue de la prise de courant. Maintenant, elle vient du marché. Nous devrons une fois dans l'avenir nous pencher à nouveau sur le fait que le courant vient des centrales électriques!"
Source
M.S./C.P.