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30/01/2017
Marcel Warmenhoven et les épuisés
L'oeuvre de Marcel Warmenhoven en sa poétique paradoxale permet de conduire à un point limite où l’homme est figuré, directement ou à travers l’animal. Celui-là semble un épuisé dans des pièces d'après ou d'avant coup en une forme de suspens. Les corps protègent-ils encore de la pensée de la tentation du néant ? Rien n’est sûr. Ils sont composés ou décomposés afin de suggérer un monde jamais loin d’un abyme en un vocabulaire plastique fondé dans une matière parfois noble, parfois de récupération.
Toutefois l’œuvre n'est jamais tournée vers la nostalgie. Jaillit la solitude physique. Et, comme Beckett, Marcel Warmenhoven pourrait dire « c’est avec ça je me suis débrouillé ». L’existence telle qu’elle est montrée dans ses pièces reste toujours une hypothèse vague. Les travaux sont des allégories de diverses dépossessions. L’artiste fait émerger de sa conscience et par sa création la sensation d'absence de corps autonome et un sentiment de dépendance infuse. En passant par son bestiaire l’artiste cherche néanmoins à provoquer une distanciation face à ce qui ne peut avoir de nom. En conséquence, le créateur illustre ce que Julia Kristeva nomme dans son « Soleil noir » « le malaise de l'oeuvre absolue ».
Jean-Paul Gavard-Perret
Voir site de l’artiste.