Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06943.jsonl.gz/30

Ce samedi matin, sept heures trente je roule sur un long rectiligne. Mon attention se porte sur une voiture immobilisée sur le côté opposé. Les occupants ont traversé et observent je ne sais quoi ou qui. Je laisse ralentir mon cageot tout en jetant des regards furtifs dans le champ se trouvant sur ma droite.
Soudain je vois une petite tête brune. Un peu plus loin j'immobilise ce qui me sert à me déplacer. Les personnes me font comprendre que l'animal a été touché par une voiture.
C'est une chevrette, elle tente de se relever mais son arrière-train ne la porte plus. J'appelle les gardes tout en m'écartant de manière à ne pas accroître son stress.
Bientôt la vie la quittera. Toute la journée je pense à ce frêle cervidé. J'ai du mal à accepter cette mort. L'endroit est dégagé et celui qui l'a heurtée n'a même pas eu la décence de s'arrêter.
Quelques jours plus tard, c'est un brocard que les gardes transportent. Mort sur la route aussi. Nos voies de communication, non contentes d'être des obstacles, y prélèvent un lourd tribut.
Le long d'un autre rectiligne, boisé celui-ci, récemment les bornes ont été équipées d'un dispositif permettant d'informer les animaux de la venue d'un véhicule.
Il est, certes, plus facile d'apprendre les règles de la circulation à nos frères à quatre pattes qu'au bipède que nous sommes.