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Autres vues aériennes de Oberhofen
Avec les châteaux de Thoune et de Spiez, celui d'Oberhofen forme un groupe d'ouvrages féodaux célèbre, qui depuis les débuts du tourisme ne cesse d'attirer une foule de visiteurs. Spiez et Oberhofen servirent de siège à des ministériaux qui tout d'abord se recrutèrent parmi la noblesse de la région, plus tard parmi les familles dirigeantes de Berne. L'Oberland comptait plusieurs autres petites seigneuries, dont quelques-unes appartenaient au même seigneur. Elles ont disparu, mais de nombreuses ruines - notamment à Ringgenberg , Unspunnen et Weissenau, dans les environs du Bodeli, près d'Interlaken - attestent de leur existence.
Du point de vue historique, Oberhofen est étroitement lié au Bodeli, puisque c'est un seigneur d'Oberhofen qui vers 1130 a fondé à cet endroit le couvent d'Interlaken, un monastère appelé à devenir le centre spirituel et économique de l'Oberland. Au début, la forteresse de ces nobles ne se trouvait pas au bord du lac, mais quelque 500 mètres en retrait, au pied de la montagne. Elle se dressait sur une petite colline de poudingue calcaire dominant le ravin du Riederbach. Aujourd'hui encore, on découvre sur une petite hauteur dite «Burghalde» un tertre entouré d'un fossé et une ou deux traces de maçonnerie.
Oberhofen aquatinte de 1830 "Contribution Aston Varech"
A l'époque, le pouvoir suprême était entre les mains des ducs de Zæhringen. Venus de l'extérieur, ils n'étaient guère prisés de la noblesse de l'Oberland, surtout qu'ils avaient fait fortifier Thoune. Les luttes furent fréquentes, mais finalement, la victoire revint à Berchtold V. Il installa dans ses châteaux des ministériaux originaires d'Argovie et de la région de Zurich, ainsi les sires de Wadenswil à Unspunnen et à Oberhofen, après la mort du dernier seigneur de ce nom (vers 1200), Walter von Eschenbach. Il n'est pas exclu que ce soit à ce moment qu'un nouveau château ait vu le jour, un château qui cette fois-ci fut érigé au bord de l'eau. Le donjon, dont le plan dessine un carré de onze mètres sur douze et dont les murs atteignent une épaisseur de deux mètres, doit être parmi les constructions initiales. Sans doute seul bâtiment habitable à cette époque, il formait le noyau de l'ouvrage. Au Moyen Age encore, il était entouré de plusieurs annexes. La chapelle domestique, consacrée en 1473, se trouvait au premier étage d'une construction adossée au donjon, côté lac. Une image de 1680 due à Albrecht Kauw nous donne une idée de l'aspect qu'avait alors le château vu du lac et ponctué par une ravissante tourelle coiffée d'un comble pyramidal très pointu.
Au début du XIVe siècle, les seigneurs d'Eschenbach, qui pendant une brève période possédèrent également Unspunnen, se virent confrontés à une constellation de pouvoir entièrement modifiée. La maison ducale zæhringeoise et les comtes de Kybourg s'étaient éteints. Si les comtes de Neu-Kybourg régnaient à Thoune, le reste de l'Oberland était dominé par les Habsbourg. Cherchant à étendre sa puissance jusqu'au lac de Thoune, Albert Ier réussit à faire plier à sa volonté les seigneurs de Ringgenberg, établis au bord du lac de Brienz, et contraignit les Eschenbach à se soumettre. L'un des membres de cette famille en garda une telle rancune qu'il participa en 1308 à l'assassinat d'Albert Ier près de Windisch. Après quoi il dut fuir. Les décennies qui suivirent furent d'une part marquées par de nombreux troubles, d'autre part par l'accroissement de l'influence bernoise. Oberhofen changea à plus d'une reprise de propriétaire durant cette période.
La bataille de Sempach (1386) et la défaite des Autrichiens eurent pour conséquence une nouvelle distribution du pouvoir dans l'Oberland. Berne, qui avait déjà réussi à mettre la main sur Thoune, accapara, avec l'aide d'Unterwald, la seigneurie de Ringgenberg et, en 1397, celles d'Oberhofen et d'Unspunnen. Ces deux dernières furent cédées en fief à la lignée des de Scharnachthal. Ce fut le début d'une ère plus calme, celle du patriciat bernois. Après les de Scharnachthal, qui régnèrent jusqu'en 1590, vinrent les d'Erlach qui, eux, furent maîtres d'Oberhofen jusqu'en 1651.
Après l'extinction de la branche d'Oberhofen des d'Erlach, I'Etat de Berne reprit ses droits et plaça un bailli au château. L'ouvrage subit alors maintes transformations. Vers 1700, une aile de style baroque bernois fut adossée au château primitif, côté lac, et un pavillon aménagé au rez-de-chaussée de cette nouvelle construction, dont fut victime la tourelle du lac mentionnée plus haut. Un remaniement plus profond intervint au XIXe siècle, lorsque le château passa aux mains de particuliers. C'est sous l'influence du comte neuchâtelois de Pourtalès qu'il reçut l'aspect romantique qu'il a plus ou moins conservé jusqu'à aujourd'hui.
Les bâtiments qui épaulent les faces nord et est du donjon furent reconstruites et le front ouest de ce dernier entièrement rénové. A l'intérieur, on aménagea une salle à manger et une salle des chevaliers, aux étages supérieurs une bibliothèque et un fumoir turc, le tout répondant au goût et au sens artistique de l'époque. En même temps, on créa un splendide parc. Vers la fin du siècle, la petite tour du lac fut reconstruite, mais sous une forme un peu modifiée.
Après la Première Guerre mondiale, la propriété fut acquise par un citoyen américain, William Paul Measy. C'est à lui que nous devons l'institution de la fondation qui depuis 1952 a confié au Musée d'histoire de Berne l'entretien du château, de son précieux intérieur et de son parc.
Bibliographie