Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07042.jsonl.gz/1385

14/09/2011
En explorant des sites sur l'entrepreneuriat en général, et l'entrepreneuriat social en particulier, je suis tombée sur un terme qui m'a interpellée: celui d'INDIEPRENEUR.
Indie, abréviation de l'anglais "independent", c'est une manière de désigner des indépendants, souvent utilisé dans les milieux alternatifs ou musicaux. Parfois francisée en indé pour indépendant, il qualifie une forme de culture produite en dehors des circuits commerciaux traditionnels et/ou appartenant à un courant underground, anticonformiste, avant-gardiste*
Preneur, c'est pour entrepreneur, ou porteur de projets, créateur d'entreprise...
Un indiepreneur serait donc en quelque sorte une race hybride entre un indépendant et un entrepreneur: une manière de créer une entreprise qui sortirait des "circuits commerciaux traditionnels" et serait avant-gardiste. Hum... intéressant sur le principe. L'entrepreneuriat indépendant, symbole à la fois d'un désir d'entreprendre et d'un désir d'indépendance, serait peut-être une nouvelle catégorie à créer dans nos manuels de création d'entreprises.
* Wikipédia est ton ami: http://fr.wikipedia.org/wiki/Indie
07/09/2011
Les Women’s Empowerment Principles (WEP), ou principes d’autonomisation des femmes, ont été établis sur l’initiative du Pacte mondial de l’ONU et d’ONU Femmes. Destinés aux entreprises, ces principes, dont l’adoption se fait sur une base volontaire, sont censés leur servir de ligne directrice pour renforcer l’égalité des chances et, par là même, affermir leur position sur le marché. Les WEP contiennent des recommandations concrètes sur la marche à suivre.
Au niveau des entreprises, ils consistent à mener une culture de direction favorable à l’égalité des sexes et à respecter les droits humains, tout autant qu’à garantir le bien-être des employés et à promouvoir la non-discrimination dans l’éducation, la formation et le développement professionnel. Mais ces principes intègrent aussi l’engagement hors de l’entreprise, par exemple sous forme d’initiatives communautaires et en soutenant les femmes qui exercent une activité indépendante.
Le 16 Août dernier, la Poste Suisse a signé les WEP, s'engageant ainsi dans une démarche globale visant à créer de la diversité au sein de l'entreprise: « Des femmes fortes, qualifiées et engagées font avancer une entreprise - cela vaut aussi pour La Poste Suisse », a déclaré le CEO Jürg Bucher. Elle vise ainsi à renforcer sa compétitivité et à rester attrayante en tant qu'employeuse et à promouvoir l'égalité des chances entre femmes et hommes.
30/08/2011
Lorsqu'il y a quelques années de cela, un collègue m'a demandé si j'avais l'intention de faire un "MBA", je lui ai répondu que s'il existait un MBA en développement durable, alors peut-être. Lui a pris cela pour une plaisanterie, car à ses yeux, un diplôme de management ne pouvait pas s'appliquer à un contexte hors de l'entreprise. Pourtant j'ai finalement trouvé mon bonheur il y a quelques années de cela en intégrant l'une des premières promotions du "International Organizations MBA", ou comment gérer des organisations à but non lucratif.
Pourquoi je vous parle de cela? Parce qu'Echoing Green, une des organisations leaders dans la promotion de l'entrepreneuriat social a identifié l'éducation comme l'un des facteurs limitant la présence des femmes en tant qu'entrepreneures sociales, notamment sur des modèles hybrides ou à but lucratif (1).
Il existe plusieurs sortes d'entreprises sociales, c'est à dire d'organisations actives dans la création de valeur sociale. Les associations sont des entreprises sociales, avec certaines caractéristiques: elles choisissent de ne pas faire de profit, et leur structure décisionnelle est collective, au sein des membres de l'assemblée. Elles vivent souvent (mais pas toujours!) en majorité sur des subventions. Une étude en France a montré que seulement 14% de leurs revenus venaient de ressources propres.
De nouveaux modèles d'entreprises sociales sont apparus il y a quelques années de cela: ils tendent à créer de nouvelles sources de revenus, et parfois, sont des entreprises à but lucratif. Parmi les entrepreneur(e)s sociaux soutenus par Echoing Green, le pourcentage de modèles hybrides ou à but non lucratif a augmenté de 29 à 53% au cours des dernières années: et si le nombre de femmes entrepreneures sociales est resté à peu près stable, celui des femmes à créer des modèles hybrides ou à but non lucratif est presque nul. En Angleterre, une enquête récente montrait que les femmes ont presque autant de chances de lancer une activité d'"entrepreneuriat social" que les hommes (2) ; pourtant, sur les 55'000 entreprises sociales répertoriées en Angleterre, seule une sur six est gérée par une femme.
Pourquoi s'en offusquer? Parce que la création d'entreprises - et notamment d'entreprises sociales - par des personnes "différentes": femmes, mais aussi personnes issues de la diversité ou avec des parcours différents, peut créer des modèles différents, mais que cela implique que les personnes potentiellement créatrices soient bien informées sur les dernières tendances et formées sur ce qui leur permettra de créer des entreprises durables. Cela implique de dire plus souvent que l'entrepreneuriat - et notamment l'entrepreneuriat social - est une carrière possible pour les femmes, qui leur permet notamment de concilier plus facilement vie familiale et vie professionnelle. En retour, cependant cela signifie être d'accord prendre des risques, accepter de faire des erreurs et apprendre chaque jour sur la manière de créer un impact fort pour la communauté, sur le long terme.
Voici ce que des experts du sujet en disent: à travers une série de discussions organisées par son entreprise sociale 'Evolutionize it' en Belgique, Christina Jordan a identifié que "les femmes se tournent vers l'entrepreneuriat social parce qu'elles ont plus tendance à travailler avec leur coeur... leur travail est une extension de la manière dont elles voient le monde". Les femmes se concentreraient plus souvent sur la communauté locale, en opposition à des projets globaux. Elles seraient également plus motivées par la création d'un impact tangible, et seraient plus nombreuses à prévoir un plan de succession que les hommes entrepreneurs (3).
Me concernant, j'ai choisi d'utiliser ce fameux MBA à créer mon entreprise sociale, mais aussi à aider les associations avec lesquelles je travaille à créer des modèles financiers durables et à valoriser l'impact de leurs projets.
29/08/2011
Si on pensait naïvement comme moi que la différence de salaire hommes-femmes existait principalement en entreprise, une enquête aux Etats-Unies montre que si la tendance va à l'amélioration, les femmes cadres des ONGs restent moins payées que leurs collègues masculins(1). Plus près de nous, un collectif des femmes pour l'ESS cherche à sensibiliser au sujet des inégalités femmes/hommes au sein de l'Economie Sociale et Solidaire et à mettre en place des propositions concrètes pour y mettre fin (2).
En ce qui me concerne, cela me perturbe et m'interroge par rapport à l'éthique qui devrait exister dans les organisations à but non lucratif. Comment en effet défendre les droits des femmes en tant qu'organisation si on n'applique pas à l'intérieur de l'organisation des principes essentiels d'égalité?
Une tendance grandissante au sein des organisations à but non lucratif (Organisations Internationales, ONGs, etc.) consiste à développer des programmes de Responsabilité Sociale à l'interne: égalité des genres, plans de mobilité, ou encore étude de l'empreinte écologique des ONGs. Le 29 Septembre aura lieu à l'Université de Genève une table ronde sur ces initiatives, intitulée "CSR in International Organizations: Practices and Examples", coorganisée par CSR Geneva et Net Impact Geneva.
(1) http://www2.guidestar.org/rxa/news/news-releases/2008/nonprofit-gender-gap-continues-to-narrow-2008-guidestar-nonprofit-compensation-report-indicates.aspx
(2) http://cpca.asso.fr/spip.php?rubrique94
30/03/2011
Cousin méconnu de l'entrepreneuriat, l'intrapreneuriat représente de vraies possibilités d'innovation sociale au sein des entreprises...
12/09/2010
J'ai été confronté récemment (une fois encore) au hiatus qui peut parfois exister entre les individus et le monde du travail, ou en tous cas à la frontière entre la vie privée et la vie professionnelle.
Petite mise en contexte: (comme si je n'avais pas deja assez à faire avec mon job, mes activités associatives et politiques et mon petit), je prends des cours postgrade dans le domaine du management des organisations internationales. J'espère y apprendre des compétences complémentaires qui me permettront de mieux faire mon travail et d'aider les associations à trouver des solutions qui les aident à mieux travailler tout en gardant leurs valeurs. Et la plupart du temps, c'est le cas: je rencontre des jeunes talentueux et des professionnels qui mettent leurs compétences au service des organisations. Parfois, cependant, je m'interroge sur le contenu, et sur l'éthique qui y est promue. Récemment, dans un cours de relations de travail, voici l'argumentaire qui a été mis en avant par le professeur: "Un de mes employés devait rendre un travail important pour une date précise. Il a mis deux jours de plus à le rendre, et la qualité de ce travail n'était pas bonne. Lorsque je l'ai interrogé sur la raison: il m'a dit que sa femme lui avait demandé le divorce quelques jours auparavant. Je trouve cela inacceptable et lui ai dit que si ca devait se reproduire, je m'en séparerai"
Hum hum... la, j'ai vraiment beaucoup de mal avec l'argumentaire. Ok, être en retard sur son travail peut causer des problèmes, il a nécessité dans ce cas que d'autres collègues passent leur week-end à corriger les erreurs qui avaient été commises. Mais on parle là d'un problème qui fait partie des quelques moments les plus pénibles de notre vie, ce qu'on aimerait ne jamais vivre.
Je vais vous raconter une autre anecdote, encore moins drôle.
Il y a une quinzaine d'années de cela, je travaillais avec un collègue qui était notoirement toujours en retard et mal organisé et sur lequel tout le monde râlait de manière proportionnelle. Il ne préparait pas ses réunions et arrivait la fleur au fusil, un bon quart d'heure après le début de la réunion. Lorsque nous avons eu une réunion plus importante encore et qu'il n'est pas du tout venu, le boss a appelé chez lui pour lui demander ce qui se passait. Et a appris que son fils venait de mourir.
Comme nous sommes dimanche matin, je ne vais pas rentrer dans un débat philosophique, mais simplement vous dire la chose suivante: s'il vous semble qu'un de vos collègues (ou a fortiori un de vos employés) n'est pas concentré sur son travail, donnez-lui le bénéfice du doute. Et plus important encore: parlez-lui avant que cela ne devienne un problème au sein de l'entreprise.
En connaissant (un peu) la vie privée de vos collègues, vous saurez peut-être les accepter tels qu'ils sont, ou peut-être serez-vous en mesure de les aider. Car au final, pour moi, l'individu doit parfois primer sur l'entreprise.
05/05/2010
Il est de ma conviction que les structures d’accompagnement et de financement des entrepreneurs devraient prendre en compte une dimension supplémentaire : celle des femmes entrepreneures. Et naturellement, vous allez me demander : en quoi est-ce que les projets féminins seraient différents des projets masculins et quel serait notre intérêt en tant que communauté à prendre en compte ces spécificités ?
La première composante est que certains projets portés par des femmes ont différents des entreprises traditionnelles. En tant que femme, il peut nous arriver de nous rendre compte que certains produits ou services ne sont pas disponibles sur le marché et de souhaiter les commercialiser. Après tout, 50% des clients étant des clientes, il est normal que le marché doive s’adapter à nos besoins et envies.
Ensuite, il peut arriver que les femmes, notamment au moment de la maternité, ne trouvent plus leur place sur le marché du travail. Il est en effet difficile (impossible ?) de trouver une activité intéressante ET à temps partiel qui permette de profiter de la vie de famille. Alors lorsque ces femmes se lancent dans l’aventure de l’entreprenariat, elles peuvent avoir envie d’inventer de nouveaux modèles d’entreprises qui prennent en compte la vie de famille. Et cette innovation sociale est intéressante pour la société.
Mais existe-t-il des structures qui aident ces projets à l’échelle du canton de Genève? En fait, pas vraiment.
30/01/2010
Des fois, on est poursuivis par son destin...
Il y a des années de cela, alors que je cherchais un travail pour me rapprocher de ma douce Suisse, j'ai été embauchée par une société informatique dont la mission était "Making the Change Happen" ("Créer le Changement").
L'an dernier, alors que j'ai souhaité réorienter résolument mes activités, j'ai travaillé avec la fondation "Women Change Makers" (traduction approximative "Les femmes actrices du changement").
Enfin, le nouveau slogan de la nouvelle promotion du MBA durable de l'Université de Genève (IOMBA pour les intimes) est: "In the Business of Making Change" (donc... "C'est notre boulot de créer le changement" - traduction encore plus approximative que la précédente)
Alors je m'interroge. De deux choses l'une:
Soit la notion de changement est en train de sérieusement se galvauder et est employée à tort et à travers (hypothèse qui n'est pas à exclure...)
Soit... mon destin me ramènerait inéluctablement à "créer le changement" ?! Et si c'est cela, de quel changement pourrait-il s'agir?