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Compte Mikhaïl Semionovitch Vorontsov, gouverneur de la Russie méridionale et vice-roi de la Bessarabie.
La petite communauté suisse possédait un seul village connu, tandis que la communauté allemande, la plus nombreuse, avait au moins 50 villages du sud jusqu’au
nord de la Bessarabie moderne. Il y avait aussi des colons Bulgares, Polonais, Grecs, Français ou Italiens qui venaient s’installer en profitant de la loi du Tsar qui encourageait cette migration sur tout le territoire de la Nouvelle Russie. Par
rapport aux autres colonies, Chabag n’a jamais bénéficié de subventions d’Etat et fut la seule colonie de Bessarabie qui se soutint par ses propres fonds et moyens (Anselme, 1925).
A partir de 1813, la Bessarabie était massivement peuplée par des migrants allemands qui venaient s’occuper surtout de l’élevage de bétail et de l’art textile. Il fallut attendre l’arrivée
des Suisses en 1822 et leur engagement actif dans la viticulture et la vinification au village de Chabag, district d'Akkerman. En 1823, grâce aux initiatives du nouveau gouverneur de la Bessarabie et de la Nouvelle Russie, compte Mikhaïl
Semionovitch Vorontsov, le développement de la vitiviniculture prit de l'ampleur, la plantation des vignobles était privilégiée et soutenue par le gouvernement. La surface des vignobles augmentait au même pas que
le nombre de la population. En 1812, la population autochtone de la Bessarabie était estimée à 250.000 personnes, en 1823 - 550.000, en 1860 - 1 million, et en 1918 - 3 millions de personnes.
Grâce aux observations de M. de Peyssonel, Consul de la France en Crimée, au XVIII siècle, on distinguait le raisin blanc et noir, qui était pressé sans aucun art, directement
dans le tonneau où il fermentait et partait en consommation, ce vin était toujours blanc malgré la présence du raisin noir. En 1757, il a fait une petite quantité du vin rouge par la fermentation en contact avec la peau du
raisin et tout le monde dans les environs a été surpris. Aussi, il a plaidé auprès du Prince du Khan de planter les vignes plutôt dans les vallées sèches orienté vers le sud qui étaient désertes,
à la place des vallées humides auprès des rivières, où habituellement les vignes étaient cultivées. La même façon de travail et de commerce qu’en Crimée, était décrite
également pour la région de Budjak en Bessarabie (Peyssonel, 1787).
On estime qu’en 1812 et avant la domination russe, la surface des vignes de la province
de Bessarabie était de plusieurs centaines de hectares, qui étaient cultivé principalement auprès des monastères et des cours de la noblesse. En 1852, la surface des vignobles de la province de Bessarabie était d’environ
4000 ha, avec une production de 3 mio seaux de vin par année, dont la 30éme partie revenait à la colonie suisse de Chabag et Akkerman. Encore 1.5 mio seaux étaient produits dans le reste de la Nouvelle Russie, dont la Crimée
inclue (Tardent, 1854).