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Le président chypriote sortant Nicos Anastasiades a voté à Limassol avec ses petits-enfants.
KEYSTONE/EPA/KATIA CHRISTODOULOU(sda-ats)
Le président conservateur chypriote Nicos Anastasiades a dominé dimanche le premier tour de la présidentielle, marqué par une forte abstention. Il affrontera le candidat de gauche Stavros Malas au second tour, dans une semaine.
Donné favori par les sondages, le dirigeant de 71 ans a recueilli 35,50% des voix contre 30,25% pour Stavros Malas, un ancien ministre de la Santé soutenu par le parti communiste, un écart moins important qu'attendu.
Les deux hommes, qui étaient déjà opposés au second tour de la précédente présidentielle en 2013, ont promis de relancer les pourparlers de réunification de l'île. Mais M. Malas a critiqué le chef de l'Etat sortant pour ne pas être allé assez loin dans les pourparlers.
Chute de la participation
Autre prétendant au second tour, le centriste Nicolas Papadopoulos a totalisé 25,74% des voix. Ce fils d'un ancien président défend des positions plus fermes sur les pourparlers de paix et bénéficiait du soutien de différents petits partis. Ce scrutin voyait par ailleurs la présence inédite d'un candidat du parti d'extrême droite Elam, qui a remporté deux sièges au Parlement en 2016.
Après une campagne marquée par un désintérêt notable, ce premier tour a surtout été marqué par une forte abstention (28,13%), en nette hausse par rapport à la précédente élection présidentielle en 2013 (16,86%).
Du fait de la partition de l'île méditerranéenne, la République de Chypre n'exerce son autorité que sur les deux tiers du territoire, dans le sud, où vivent les Chypriotes-grecs. Dans le tiers nord résident les Chypriotes-turcs qui sont administrés par la République turque de Chypre du Nord (RTCN), autoproclamée et reconnue uniquement par Ankara.
Lassitude
Les questions économiques ont largement dominé la campagne, reléguant au second plan les pourparlers de réunification, au point mort après l'échec des négociations de Crans-Montana (VS) sous l'égide de l'ONU en juillet dernier.
Après des décennies de division, la lassitude a gagné du terrain et le futur président devra relever un défi de taille pour convaincre les sceptiques, de plus en plus nombreux, en cas de reprise des pourparlers.
A la sortie des bureaux de vote à Nicosie, beaucoup d'électeurs affichaient leur résignation. "Certains Chypriotes sont lassés des politiciens. Cela fait maintenant 44 ans (que l'île est divisée), que les habitants entendent chaque jour la même chose. Leurs espoirs sont déçus", a déploré Andreas Sevastides, retraité de 68 ans.
Fonctionnaire à la retraite, George Georgallides dit avoir voté pour M. Papadopoulos, reprochant au président sortant d'avoir "tout accepté" lors des négociations. Selon lui, "si nous relançons les pourparlers, alors il faudra recommencer à nouveau depuis le début".
Reprise "relative"
Après une grave crise en 2013, l'économie a quant à elle connu un redressement rapide, aidée par le boom du secteur touristique qui a connu en 2017 un record historique.
Malgré tout, "la reprise reste relative", affirme à l'AFP l'économiste Fiona Mullen, directrice du cabinet de consultants Sapienta Economics. Si l'économie croît rapidement, elle est toujours en deçà de son niveau de 2012, rappelle-t-elle. Le taux de chômage s'élevait ainsi à 11% fin 2017, soit le troisième plus important de l'UE, et à 25% chez les jeunes, selon Eurostat.
ATS