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C'est une carrière météorique dans le monde politique qui s'est achevée mardi pour Nicolas Hulot, 14 mois après son entrée au gouvernement, point culminant de sa vie d'écologiste militant.
Celui que le président Emmanuel Macron a décrit comme "un inquiet" qui n'est "jamais satisfait" a souvent fait part de son sentiment que les choses n'avançaient pas assez vite dans la lutte contre la "tragédie" climatique en cours.
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L'ancien militant de 62 ans s'était donné "un an" pour juger de son utilité au gouvernement. Il restait parmi les personnalités politiques préférées des Français, selon des sondages.
>> Le compte-rendu de la démission de Nicolas Hulot:
Vedette de la télévision
Né en avril 1955 à Lille, Nicolas Hulot est le fils d'une visiteuse médicale et d'un ancien chercheur d'or au Venezuela. Après des petits boulots, il est engagé comme photographe par l'agence Sipa, part en reportage au Guatemala, en Afrique du Sud ou en Rhodésie. Il entre ensuite à la radio puis à TF1, où sa carrière décolle à la fin des années 1980 avec l'émission "Ushuaïa, le magazine de l'extrême".
Le succès de cette émission assure à Nicolas Hulot un statut de défenseur médiatique de la nature. Parallèlement, sa conscience écologique éclot au fil de ses échappées.
Le "Pacte écologique"
Il crée en 1990 une fondation qui prendra son nom cinq ans plus tard et se rapproche de la politique sans s'y engager encore pleinement. C'est ainsi qu'il conseille successivement Laurent Fabius, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, François Hollande et multiplie les interventions dans les cénacles politiques.
En 2007, il propose aux candidats à la présidentielle de signer un "pacte écologique", ce qu'ils font tous, à l'exception du cofondateur du Front national, Jean-Marie Le Pen. Nicolas Sarkozy le signe et, aussitôt élu, lance le Grenelle de l'Environnement, concertation qui débouche sur deux lois importantes.
Cible de critiques et échecs
En dépit de sa popularité inusable en France, Nicolas Hulot est régulièrement la cible de critiques venant d'autres militants de la cause, notamment en raison des liens entre sa fondation et de puissantes multinationales comme EDF ou L'Oréal. Des liens assumés par l'écologiste, qui dit avoir accepté l'aide financière de ces entreprises à deux conditions : "Que ce mécénat n'entrave en rien la liberté d'action de la fondation et encore moins ma liberté de parole."
Nicolas Hulot tente une nouvelle incursion dans le monde politique en se présentant en 2011 à la primaire d'Europe Ecologie-les Verts (EELV) mais son échec cinglant face à l'ex-magistrate Eva Joly interrompt momentanément sa carrière.
Séduit par Macron
En 2017, après avoir dit non tour à tour à Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande, il accepte pour la première fois le poste de ministre, convaincu par Emmanuel Macron, qui en fait sa plus belle prise du quinquennat débutant. "Ceux qui me connaissent savent qu'être ministre n'est pas pour moi un objectif en soi", écrit-il sur les réseaux sociaux. "Je considère surtout que l'urgence de la situation m'impose de tout tenter pour faire émerger le nouveau modèle de société que nous appelons collectivement de nos voeux."
Il expose ses doutes, ne cache pas ses désaccords, par exemple sur l'accord de libre-échange signé entre l'Union européenne et le Canada. Sa ténacité lui vaut des succès, comme l'abandon du projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), mais c'est à lui que revient la tâche d'annoncer le report des ambitions de la France en matière de réduction du nucléaire.
La crédibilité des engagements écologistes du président Emmanuel Macron est-elle entachée par la démission surprise du ministre de l'Ecologie Nicolas Hulot?
>> L'interview de Sylvain Courage, rédacteur en chef à l'Obs.
hend avec les agences
Accusé de viol
L'hebdomadaire exhume une plainte pour viol déposée en 2008 par Pascale Mitterrand, petite-fille de l'ex-président, qui n'a débouché sur rien puisque les faits présumés, remontant à 1997, étaient prescrits.
Avant même la publication de l'article, il avait pris les devants en contestant les accusations sur le plateau de BFM TV.