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La quête pour l’intelligence extraterrestre (SETI) débute avec l’avènement de la technologie radio, qui apparaît à l’aube du 20ème siècle, et se poursuit sur le plan international depuis les années 1980. En 2015, Stephen Hawking et le milliardaire russe Yuri Milner annoncent le projet « Breakthrough Listen » dont le plan est de fournir la quête la plus complète des communications extraterrestres à ce jour.
Malgré ces efforts toutefois, aucun signe d’intelligence extraterrestre n’a encore pu être détecté.
Les chances que nous avons de détecter des communications extraterrestres intelligentes se calculent le plus souvent à partir de l’équation Drake, qui est avant tout une approche probabiliste pour estimer le nombre de civilisations extraterrestres capables de communiquer dans notre galaxie, la Voie lactée.
Aujourd’hui, le physicien de l’EPFL Claudio Grimaldi propose une approche complémentaire qui pourrait expliquer pourquoi le contact extraterrestre n’a pu encore avoir lieu. S’écartant de l’équation Drake, Grimaldi ne formule aucune hypothèse sur le nombre de civilisations extraterrestres dans la Voie lactée mais considère plutôt la proportion de notre galaxie qui serait remplie de signaux intelligents. Les résultats de sa recherche sont publiés dans Scientific Reports.
La communication d’une civilisation extraterrestre est illustrée par une coque sphérique contenant l’information électromagnétique qui émane d’une planète extraterrestre. Durant le temps d’existence d’une telle civilisation, le signale se propage à travers l’espace, remplissant ainsi un certain volume dans la galaxie. Des civilisations de longue durée ont une coque plus épaisse que celles de moins longue durée. Notre planète devrait alors intercepter ces coques pour que les humains puissent avoir une chance de détecter des signaux extraterrestres.
Inspiré par des méthodes employées dans son domaine de recherche qu’est la physique de la matière condensée, Grimaldi a construit un modèle statistique du domaine couvert par des signaux extraterrestres hypothétiques – les coques électromagnétiques – et en a dérivé la probabilité que la Terre se trouve au sein d’au moins une de ces coques.
Le modèle part du principe que la Voie lactée est remplie d’un ensemble de coques sphériques indépendantes, d’épaisseur et de rayons différents, transmises par des émetteurs dans la Voie lactée. Le modèle prend aussi en considération la possibilité qu’une fraction de civilisations extraterrestres ait pu envoyer des sortes de signaux « faisceaux » vers des cibles aléatoires dans la galaxie, à l’image des divers messages radio interstellaires que les humains envoient dans la galaxie depuis 1962.
Grimaldi a trouvé que le nombre moyen d’émetteurs détectables se chiffre à moins d’un, et cela même si la moitié de la Voie lactée est remplie de signaux provenant de civilisations extraterrestres. Pour détecter au moins un émetteur extraterrestre, le modèle statistique présuppose que plus de 60% de notre galaxie devrait être rempli de signaux extraterrestres.
Les chances que nous détections des signaux provenant de civilisations extraterrestres ne sont peut-être pas grandes, mais il y a encore de l’espoir : le modèle ne prend pas en compte les civilisations extraterrestres avancées qui pourraient, elles, nous atteindre directement par le biais du voyage spatial interstellaire. Cela étant, si une civilisation avancée avait développé ce type de voyage, on pourrait s’attendre à ce qu’elle ait la technologie adéquate pour entrer en communication avec nous d’abord. Mais la souhaiterait-elle ?