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Chavannes-de-Bogis
village de Terre Sainte
Le territoire de Chavannes-de-Bogis, village de Terre Sainte, est situé à la frontière de la France (Pays de Gex), dont il est séparé par la Versoix. Il est limité au sud par Commugny, à l’est par Founex et la petite enclave genevoise de la Coudre, et au nord-est par Bogis-Bossey. Le territoire renferme les hameaux de la douane et de Péguey. Le village de Chavannes-de-Bogis jouit d’une situation géographique privilégiée, aux portes de Genève et de Divonne-les-Bains, sa voisine française.
Un peu d’histoire
Si la première mention du nom composé de Chavannes-de-Bogis reste encore à trouver, nous pouvons cependant en donner quelques explications étymologiques ainsi que quelques dates.
Tout d’abord le terme de Chavannes est le pluriel de l’appellation latine capanna signifiant cabana, cabane, ce qui laisserait penser qu’à l’origine le village comprenait quelques cabanes en bois; quant à Bogis, il pourrait être à l’origine un nom de famille. Tout au cours des siècles nous retrouvons son appellation sous les formes suivantes: en 1135 Bittgeium ad pontetulum; en 1144 Bugeium, Bugeio; en 1197 Buggeium; en 1251 Boggie; en 1320 Bogie; en 1401 Bogiez et Bogier et en 1686 Bogies.
Si nous remontons l’échelle du temps, nous constatons tout d’abord qu’aucune trace d’habitation préhistorique n’a été recensée jusqu’à ce jour sur le territoire actuel de la commune. Il en sera de même de la civilisation romaine au temps de la «Colonia Julia Equestris» de Noviodunum (Nyon), qui semble également n’avoir laissé aucune trace de résidence.
Plus près de nous en 1011, Rodolphe III, roi de la Bourgogne transjurane cède ses droits sur le Pays de Vaud à l’Evêque de Lausanne. Il donnera le Comté de Nyon à Hugues de Bourgogne, son parent. Les Sires de Gingins, de Mont et d’autres avec eux dominent la région de La Côte et de la Petite Côte.
Mais en réalité, il faudra attendre jusqu’au début du XIIe pour tomber enfin sur un terrain plus solide de l’histoire. Un réveil religieux dû à St Bernard, abbé de Clairvaux, provoque en Bourgogne la fondation de plusieurs abbayes. Ce mouvement ne tarda pas à passer le Jura pour venir s’installer dans nos régions.
A la suite de plusieurs donations faites à l’«Ordre des Cisterciens», donations faites d’une part par Gaucher et Etienne de Gingins ainsi que leur mère Helvide, par l’Evêque Arducius de Genève et enfin par les nobles seigneurs de Divonne qui feront don en 1123 de tout le versant oriental allant de la Dôle aux sources de la Valserine; l’histoire nous apprend qu’un moine prénommé Moyse ainsi que ses compagnons commencèrent vers 1131 l’édification de l’Abbaye de Bonmont qui sera la huitième de l’ordre de Citeaux.
On pense que l’inauguration a eu lieu en 1148 en présence de l’Evêque de Rome Eugène III. Comme le territoire communal de Bogis était compris dans ces diverses donations, il devint ainsi le centre d’une de ces exploitations agricoles que les Cisterciens appelaient grange ou cabane et qui furent au début dirigées par les religieux eux- mêmes.
Au milieu du XIIIe siècle pour mettre plus en valeur le territoire du domaine de Bogis, les moines de Bonmont commencèrent à renoncer à ce mode d’exploitation et attirèrent sur leur domaine des colons ou abergataires auxquels ils concédèrent des terres en abergement perpétuel.
En 1269, l’abbaye plaça sous la garde de Simon de Joinville, sire de Gex, les hommes qu’elle avait ainsi établis sur le territoire de la grange de Chavannes-de-Bogis. Chaque abergataire payait annuellement une coupe d’avoine au sire de Gex en raison de sa personne et non de son tènement (terre tenue moyennant une redevance). Les droits et les profits de la Justice criminelle étaient partagés entre l’Abbaye et le sire de Gex.
L’abbaye avait également droit aux corvées de bras et de charrue et percevait la Dîme. Cet accord resta jusqu’à la suppression de l’Abbaye par les Bernois. Et l’on voit même dans la seconde moitié du XVIe siècle, le sire de Divonne réclamer aux hommes de Chavannes-de-Bogis la redevance convenue en 1269.
Il faut dire qu’au XIIIe siècle déjà, la commune était au bénéfice de droits d’usage grevant la forêt de Bonmont. Ces droits furent reconnus au début du XVIIIe siècle par les Bernois, et lorsque l’Etat de Vaud en devint propriétaire, il chercha à la dégrever de toutes les servitudes. Il donna ainsi satisfaction aux exigences de la commune de Chavannes-de-Bogis par la cession de deux parcelles de forêt sises au lieu dit «Les Bois Badis» dans la commune de La Rippe et inscrite sur un acte du 29 décembre 1829.
En 1536, les Bernois qui avaient déjà conquis la région d’Aigle et quelques bailliages du plateau, accourant au secours de Genève aux prises avec le duc de Savoie, en profitent pour occuper le reste du Pays de Vaud et par là même notre région.
Peu après le 30 avril 1536 est créé le bailliage de Nyon et avec lui celui de Bonmont. Le village fera partie de la Châtellenie de La Rippe, mais les censes devaient être rendues au grenier de LL.EE à Bonmont. Les Chavannus devaient entre autre les corvées de charrue ou l’équivalent de neuf sols par charrue trois fois par année. Le village était régi par un Conseil de six membres. Rappelons à ce sujet qu’en 1556 une Grosse d’indominures, censes et dîmes est constituée en faveur du gouvernement bernois à cause de Bonmont, Céligny, Crans, Chavannes-des-Bois, Chavannes-de-Bogis, Commugny, Grens, Genolier et Givrins.
Puis, dès 1798, vint la période révolutionnaire de la République helvétique – Canton du Léman. Le village semble marquer un temps d’arrêt. Les Bernois partis, les gouverneurs continuèrent d’administrer la commune comme auparavant. Pour fêter l’ordre nouveau, on planta un arbre de la liberté qu’on alla prendre dans les «Bois Badis ».
L’ère moderne
1803 est une grande date pour l’histoire vaudoise. Plus de gouverneur à la tête de la commune mais un Syndic et une Municipalité.
1813: Napoléon Bonaparte vient d’être battu. Les armées russes, allemandes et autrichiennes envahissent notre région. Les Chavannus, comme ceux des autres villages, sont agités et inquiets. En 1816, les récoltes furent mauvaises. On souffrit de la famine au village. Ce fut l’année de la misère.
Il ne se passera plus d’événement important jusqu’au milieu du XIXe siècle mis à part l’année 1844 où la neige fut si abondante qu’il fallut l’enlever sur tous les toits du village.
En 1862, on construit sur l’ancienne laiterie-fromagerie une auberge communale appelée «Au Soleil Levant». Une salle sera réservée à la Municipalité et aux archives de la commune. Le secrétariat communal n’existant pas encore, le greffe municipal avait à son domicile une bonne partie des affaires en cours.
Le siècle s’acheva avec la pose du premier téléphone au village. Chavannes-de-Bogis entra dans le XXe siècle avec l’installation en 1903 du courant électrique et de l’eau sous pression venue de sources captées dans le Jura et amenées au village en 1905. Notons également qu’en 1928 une chapelle a été construite. Elle sera partagée avec les habitants du village voisin de Bogis-Bossey.
Le développement du village
Pendant bien des années, le village garda sa physionomie traditionnelle et resta fidèle à sa vocation agricole.
Il faudra attendre la deuxième moitié du XXe siècle pour assister à l’explosion démographique du territoire communal. Lors de la construction de l’autoroute Lausanne-Genève en 1964, un giratoire de sortie fut prévu à la hauteur de Chavannes-de-Bogis. A cette occasion, Divonne-les-Bains pu fournir une partie du ballast nécessaire au chantier autoroutier, lui permettant ainsi de creuser son lac. Dès lors, cette jonction désenclavait les communes de la région de Terre Sainte et offrait à Divonne-les-Bains une belle liaison transfrontalière. Un des aspects les plus visibles a été la construction de nombreuses villas, d’un hôtel, d’un important centre commercial et l’implantation de plusieurs entreprises. Paradoxalement, la population active travaille principalement sur Genève et sur la Côte alors que le nombre d’emplois frontaliers sur la commune avoisine les 700. Heureusement, quelques paysans exploitent encore les 200 hectares de terre agricole.
Durant les 40 dernières années, plusieurs bâtiments communaux ont été rénovés ou construits. Le Centre communal, bâti en 1983 alors que la population n’était que de 400 habitants, a positivement changé la vie villageoise en mettant à disposition des locaux bien adaptés à l’administration communale ainsi qu’à l’activité des sociétés sportives locales ou à la tenue de manifestations populaires. En 2009, la construction d’un nouveau bâtiment scolaire avec 8 classes et une structure d’accueil pour les enfants (UAPE) a remplacé le pavillon érigé en 1980.
L’Auberge communale, dont le bâtiment date du milieu du XIXe siècle, a été entièrement rénovée et a rouvert ses portes début 2017. Un nouveau centre de voirie a été inauguré en juillet 2017, permettant de rassembler matériel, véhicules et atelier sous un même toit. Le Centre communal est actuellement en cours d’agrandissement afin d’offrir des locaux plus spacieux à l’administration. Deux appartements compléteront cette construction.
A la demande du Canton, le Plan d’affectation communal (PACOM) est à nouveau en révision et vise à la réduction du mitage du territoire ainsi qu’à la «récupération» de zones non encore développées et réattribuées en surface d’assolement.
Les questions de mobilité douce, individuelle motorisée, transports publics deviennent majeures et sont un vrai défi pour les années à venir. Des solutions innovantes devront être trouvées afin de répondre aux attentes d’habitants toujours plus exigeants.
Un village unique
Afin de vous démontrer que Chavannes-de-Bogis est absolument unique, pouvez-vous citer une autre commune du Canton, voire de Suisse (!), qui recense:
– Une zone douanière où passent 15’000 véhicules/jour
– 100% d’une jonction autoroutière, sans ceinture mais avec les quatre bretelles. A noter que les panneaux mentionnent «Coppet-Divonne» car notre Commune sait rester discrète et que la jonction est mise aimablement à disposition de l’OFROU, qui profite de faire circuler quotidiennement 30’000 véhicules.
– Un centre commercial majeur
– Une zone hôtelière avec un très bel établissement entièrement rénové
– Une zone équestre
– De la forêt en plaine et sur le versant du Jura
– Un marais d’importance nationale
– Une école, une chapelle et une déchetterie intercommunales
Quelle liste! A noter que nous sommes une des rares communes de Terre Sainte à ne pas disposer de vignes. Y a-t-il un lien entre l’absence de vigne et un nombre effarant d’automobilistes sur nos axes routiers? Pas sûr, mais cette situation a permis d’adopter un slogan percutant: «A Chavannes-de-Bogis, pas de vigne mais toujours des bouchons»!
Municipalité de gauche à droite: Alain Barraud (Syndic); Chantal Michel (Vice-syndique); Stéphane Borella; Michael Müller; John Tendon (Municipaux).
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