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Jusqu'à présent, on savait que le Conseil fédéral voulait réduire la redevance des ménages de 335 à 300 francs, à partir de 2029. En revanche, on ne savait pas si le gouvernement allait également réduire le plafond de la redevance. Il s'agit du montant maximal que la SSR reçoit chaque année du produit de la redevance des ménages. Franziska Ingold, la responsable de l'information d'Albert Rösti, l'a fait savoir:
Cela signifie que le service public devra durablement se contenter de moins d'argent.
Pour la SSR, c'est une autre mauvaise nouvelle. Elle estime à 240 millions de francs le manque à gagner attendu en raison de la baisse de la redevance et des recettes publicitaires. Lors d'une conférence de presse, le conseiller fédéral Albert Rösti a en revanche parlé de 170 millions que la radio devrait économiser.
Dans ce contexte, il est important de noter que l'augmentation du nombre de ménages en Suisse fait que de plus en plus d'argent atterrit dans le pot de la redevance. Même si la redevance des ménages s'élève à 300 francs au lieu de 335, le produit total sera le même qu'avant la baisse.
En annonçant maintenant qu'il veut baisser le plafond de la SSR, Rösti montre clairement que l'entreprise publique de médias ne pourra pas compter sur plus d'argent si les recettes de la redevance des ménages augmentent à nouveau.
Il en allait tout autrement sous la conseillère fédérale socialiste Simonetta Sommaruga: elle a relevé le plafond de 50 millions de francs en 2020, pour le porter à 1,25 milliard. La prédécesseure de Sommaruga, Doris Leuthard, avait fixé le plafond à 1,2 milliard. Des mesures d'économie drastiques n'étaient donc pas nécessaires pour la SSR.
Le chiffre de 1,1 milliard circule désormais dans le département de Rösti. Mais personne ne veut le confirmer. Le Conseil fédéral souhaite attendre que sa proposition de réduction des taxes soit mise en consultation avant de se prononcer.
Au sein du gouvernement, on s'étonne de la clarté avec laquelle la SSR s'est opposée au Conseil fédéral. On se pose la question: la radio risque-t-elle de perdre le soutien politique dont elle bénéficiait jusqu'à présent? Les dissonances entre l'exécutif et l'entreprise de médias ont toujours été tenues aussi secrètes que possible. Désormais, la SSR le dit ouvertement: 300 francs de redevance des ménages, c'est trop peu. Avec cette réduction modérée, le gouvernement veut présenter un contre-projet à l'initiative de 200 francs de l'UDC. La SSR estime que c'est inutile. Elle est convaincue que les électeurs refuseront le projet à 200 francs.
Le fait que le gouvernement ait nommé l'ancien conseiller national Hans-Ueli Vogt au conseil d'administration de la SSR va dans le sens de cette aliénation. Vogt remplace Marc Furrer au sein de cet organe. Comme Vogt, il est membre de l'UDC, mais Furrer ne s'était pas fait remarquer au sein du conseil d'administration par une attitude particulièrement critique envers la radiodiffusion. Avec Vogt, cela pourrait changer. Il faut s'attendre à ce qu'il remette en question les plans de la direction de l'entreprise et incite la SSR à faire des économies - comme le fait son collègue de parti Albert Rösti.
(Traduit et adapté par Chiara Lecca)
Genève, une chambre de l'Hôtel Fairmont, moquette rouge moelleuse et vue sur le jet d'eau, dans la lumière grise de février. Il est 12h20, Joël Dicker nous reçoit avec un peu de retard. En plein marathon promotionnel pour son dernier livre, Un Animal Sauvage, que nous venons d'avaler, il s'est contenté d'une salade sur le pouce. Il s'excuse avec un large sourire et une franche poignée de main. On ne s'attendait pas à autre chose de la part de l'écrivain le plus rigoureusement sympa de la littérature francophone.