Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07220.jsonl.gz/447

Sensibilisation à l'égalité des genres au sein des Olympiades de la science
Le genre de nos participant·es joue-t-il un rôle dans leur parcours aux Olympiades de la science? Dans quelle mesure sommes-nous équitables et que pouvons-nous faire pour une éducation sensible au genre?
La répartition des genres n'est pas toujours aussi équilibrée que dans la délégation suisse aux Olympiades de géographie de cette année. Photo: Les Olympiades de la science
À quoi ressemble notre répartition des sexes ?
Notre base de données montre que les participantes sont sous-représentées, en particulier dans les disciplines MINT (informatique, robotique, mathématiques et physique). En revanche, les participants masculins étaient légèrement sous-représentés au cours des 14 dernières années aux Olympiades de philosophie et de biologie.
Source: Données des Olympiades de la science sur la période 2005—2019
Environ 75% des participant·es des Olympiades MINT suivent des options spécifiques de maturité du même domaine, comme par exemple la physique et les mathématiques appliquées. La comparaison de la répartition des genres dans les classes des options spécifiques et les Olympiades est intéressante :
Source: Données des Olympiades de la science et de l’Office fédéral de la statistique
Les proportions des femmes dans les options spécifiques et nos Olympiades sont semblables. Cela suggère que nous arrivons à sensibiliser les jeunes femmes aux options spécifiques MINT et à les motiver à participer aux Olympiades de la science. Cependant, notre premier graphique démontre que plus la compétition avance, plus les jeunes femmes se font rares. Il est donc important de ne pas se référer uniquement au quota de jeunes femmes du premier tour.
.
Quel est notre objectif ?
Dans le cadre du projet «Une formation équitable», nous nous sommes fixé comme objectif de minimiser l’influence des caractéristiques personnelles durant les Olympiades de la science. Tous les jeunes, quels que soient leur genre, leur langue maternelle ou leur origine, devraient avoir la chance de participer aux Olympiades de la science et de réussir.
Nous avons reçu un soutien financier du Fonds National Suisse (FNS) pour la promotion des femmes aux Olympiades de la science. Nous avons recueilli des données empiriques afin d’analyser l’égalité des genres au sein de notre structure. Grâce aux 20 000 entrées de notre base de données, nous avons pu évaluer la répartition des genres. 291 participant·es de l’année olympique 2017/2018 ont répondu à notre enquête et partagé leur expérience. Lors d’entrevues avec six jeunes femmes des Olympiades de mathématique et d’informatique, nous avons également appris de quelle manière elles ont vécu leur participation à des offres exclusives pour les femmes proposées par les Olympiades de la science.
Quels sont les résultats de notre analyse ?
La majorité des jeunes (96,9 %) ont déclaré dans l’enquête que leur genre ne joue aucun rôle dans les Olympiades de la science. Cela peut expliquer également pourquoi 81,8% des jeunes femmes interrogées ne veulent pas d’offres d’Olympiades supplémentaires réservées à leur genre. En revanche, les femmes interviewées ne veulent pas manquer l’expérience des événements féminins. Elles apprécient l’échange d’idées avec d’autres participantes et y trouvent des modèles féminins. Les stéréotypes sociaux, comme celui du scientifique masculin, sont ébranlés par de telles offres. Toutefois, dans le sens d’une formation équitable, les organisateurs·rices des Olympiades de la science doivent être conscient·es qu’une promotion trop insistante pourrait être contre-productive. Il convient en effet de rester attentif au risque de stigmatiser les participant·es parrainé·es. De plus, l’enquête a démontré que notre format de compétition motive moins les jeunes femmes à participer que les jeunes hommes.
Que pouvons-nous faire à ce sujet ?
Comment notre compétition peut-elle plaire à tous les genres? Comment pouvons-nous remettre en question les concepts stéréotypés et offrir des modèles scientifiques à tous les jeunes? Nous avons trouvé des réponses à ces questions en échangeant avec des expert·es des sciences de l’éducation et des volontaires des Olympiades. Nous avons résumé les résultats de notre recherche dans notre concept des genres qui recueille des recommandations concrètes pour une formation équitable.
A propos de l'auteur : Nicole Schäfer est spécialiste en sciences de l'éducation et coordinatrice des Olympiades de la science depuis septembre 2018. Elle dirige le projet "Une formation équitable " et se réjouit de lire vos commentaires.