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Rethinking Covid-19 Test Sensitivity — A Strategy for Containment, Michael J. Mina, M.D., Ph.D., Roy Parker, Ph.D., and Daniel B. Larremore, Ph.D, DOI: 10.1056/NEJMp2025631
Réviseur : Jean-François Balavoine
Cet article n’est pas une étude mais une réflexion sur l’utilité des tests que nous pouvons et devrions utiliser dans le contexte actuel de la pandémie. Nous sommes probablement obsédés par la sensibilité du test et nous lui demandons d’être très performant pour détecter la présence chez un individu de l’ARN viral. Mais nous posons-nous la bonne question ?
La question clé n'est pas de savoir dans quelle mesure les molécules peuvent être détectées dans un seul échantillon, mais dans quelle mesure les infections peuvent être détectées efficacement dans une population par l'utilisation répétée d'un test donné dans le cadre d'une stratégie globale de test.
Un régime de tests réguliers fonctionne comme une sorte de « filtre Covid-19 », en identifiant, isolant et donc filtrant les personnes actuellement infectées, y compris celles qui sont asymptomatiques. Mesurer la sensibilité d'un régime de test ou d'un filtre nous oblige à considérer un test dans son contexte : à quelle fréquence il est utilisé, à qui il est appliqué, à quel moment au cours d'une infection. Il fonctionne et si les résultats sont envoyés à temps pour éviter la propagation du virus.
Avec l'accélération ou le plafonnement des cas de Covid-19 dans une grande partie du monde, nous devrions de toute urgence, selon les auteurs, cesser de nous focaliser sur la sensibilité analytique d'un test – on sait que le test PCR est excellent pour détecter d’infimes quantités d’ARN viral - et de réfléchir à la mise en place de tests dont la sensibilité permet de détecter les infections. Donc les tests utilisés dans des schémas de surveillance efficaces destinés à réduire la prévalence dans la population d'un virus respiratoire doivent fournir des résultats rapidement pour limiter la propagation asymptomatique et doivent être suffisamment peu coûteux et faciles à exécuter pour permettre une pratique de tests fréquents, même plusieurs fois par semaine. Le test PCR ne répond pas à ces critères. Et son utilisation actuelle ne permet de mettre en évidence que probablement 10% des gens infectés. La PCR, test intéressant pour le diagnostic de la maladie chez un patient donné, est trop compliquée, trop cher, trop lent pour jouer un rôle important dans une stratégie de dépistage de masse résument les auteurs. Il vaut mieux accélerer la mise en route de tests antigéniques, en phase finale d’évaluation, qui permettront par leur coût faible, leur rapidité d’utilisation et leur simplicité, une véritable utilisation itérative et à large échelle. Et ainsi améliorer la stratégie du « filtrage » de l’infection.
Il ne s’agit pas d’opposer les tests cliniques à visée diagnostic à ceux dont la sensibilité répond à des questions épidémiologiques. Nous ne savons pas si la réplique que nous constatons actuellement va se transformer en vague ou en tsunami, mais nous avons la désagréable impression que la stratégie actuelle nous fait courir derrière le train. L’urgence est donc d’évaluer et de proposer un ou des tests dont les capacités techniques seront probablement inférieures au test PCR, mais dont le coût et la simplicité d’application permettront une action à grande échelle et une bien meilleure et plus rapide connaissance de la situation épidémiologique.