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Lorsqu’une patiente ou un patient doit revenir à l’hôpital de façon imprévue, le CHUV cherche à savoir si cette réadmission met en cause la qualité de ses soins, ou si d’autres problèmes peuvent y avoir conduit.
Lorsqu’une patiente ou un patient revient au CHUV moins de 30 jours après sa sortie de l’hôpital, on parle de réadmission. Certains de ces retours sont prévisibles ou même planifiés, suite à une opération, ou lorsqu’un traitement au long cours demande que la patiente ou le patient revienne séjourner au sein de l’institution (par exemple en cas de cancer). Mais d’autres réadmissions sortent de ce cadre. Il faut alors se demander si le retour de la patiente ou du patient résulte d’un problème dans sa prise en charge. Une infection suite à une opération peut se déclarer une fois la personne rentrée chez elle. Un service peut ne pas avoir organisé la sortie vers le domicile de manière optimale. Afin d’améliorer la qualité des soins, il est donc important d’identifier les réadmissions qui pourraient être évitées.
Dans son éventail d’indicateurs, l’Association nationale pour le développement de la qualité dans les hôpitaux et les cliniques a retenu le taux de réadmissions potentiellement évitables à 30 jours, calculé par l’algorithme SQLAPE®.
Si une nouvelle admission survient dans un délai de 30 jours après la sortie de la patiente ou du patient, cet algorithme évalue si la réadmission était potentiellement évitable et calcule un taux observé pour le CHUV. Son calcul se base sur les données médico-administratives, dont les codes de diagnostic; il prend également en compte les caractéristiques des patientes ou patients et la complexité des situations. Le taux du CHUV est comparé à un taux attendu, basé sur les données de la Suisse entière pour les années 2007 à 2012.
CHIFFRES 2011 à 2019
Nombre de réadmissions potentiellement évitables
Limite supérieure attendue, selon les caractéristiques des patientes et patients
Pourcentage de réadmissions potentiellement évitables au-dessus de la limite
Les résultats 2019 mettent en évidence un taux trop élevé de réadmissions potentiellement évitables. Le CHUV suit cet indicateur tous les semestres avec beaucoup d’attention.
L’analyse des dossiers montre que les réadmissions ont de multiples causes. En médecine interne, parmi les patientes et patients réadmis·es, plus de la moitié reviennent parce que leur maladie s’est aggravée. Il ressort néanmoins que, dans certains cas, la transition n'ait pas été optimale. Il arrive qu’après la sortie de l’hôpital, les médecins traitant·e·s ou les centres médico-sociaux ne prennent pas le relais assez rapidement, ou que la transition soit mal adaptée aux besoins. Face à ce problème, le Service de médecine interne a pris des mesures: entre autres, il appelle désormais la médecin traitante ou le médecin traitant à l’entrée de la patiente ou du patient au CHUV, ainsi qu’à sa sortie. Dans certains cas, le premier rendez-vous avec la ou le médecin traitant-e est fixé avant la sortie. La transition entre l’hôpital et le réseau de soins ne peut cependant être améliorée par une seule structure. Le cœur de ce travail se situe à l’interface entre les équipes du CHUV, en amont, et les médecins traitant·e·s et les centres médico-sociaux en aval.
Enfin, il faut souligner que les réadmissions ne sont pas toutes évitables, en particulier pour les personnes qui souffrent d’une maladie grave et arrivent en fin de vie. Ces malades retournent brièvement à la maison avant d’être réadmises à l’hôpital.
En 2020, dans le cadre du projet de Gestion proactive des séjours (GPS+), le CHUV continuera de mettre en place des mesures qui permettent de mieux préparer la sortie des patientes et patients.
Deux projets seront mis en œuvre afin de prévenir le type de complications qui peuvent générer des réadmissions évitables (thromboses veineuses, sepsis). A moyen terme, l’ensemble de ces démarches devraient contribuer à la diminution des réadmissions potentiellement évitables.
De plus, en collaboration avec la Direction générale de la santé, un projet pour assurer une meilleure transition entre l’hôpital et les structures de relais sera mis en place.
Personnes de référence
Docteure Marie-Lucie Triacca, médecin cheffe de clinique, Service de médecine interne
Docteure Christel Gerber, médecin cheffe de clinique, Service de médecine interne
Docteur Jean-Baptiste Oboni, médecin chef de clinique adjoint, Service des soins palliatifs et de support
Professeur Pierre-Alexandre Bart, médecin chef, Service de médecine interne
Docteur Samuel Rotman, médecin adjoint, Institut universitaire de pathologie
Avec la volonté d'établir de façon précise la cause du décès, le Service de médecine interne propose systématiquement une autopsie aux proches d’une personne décédée. Tout en aidant au deuil des familles, cette procédure permet de récolter des informations utiles à la formation médicale.
Lorsqu’une patiente ou un patient décède à l’hôpital, on ne connaît souvent pas la cause directe de sa mort. On sait que cette personne souffrait d’un cancer, d’une insuffisance cardiaque ou du sida. Mais dans 70% des cas on ne peut pas dire précisément pourquoi le cœur s’est arrêté. Est-ce à cause de l’infection généralisée favorisée par la maladie originelle? Un organe souffrait-il d’une déficience cachée? Une maladie héréditaire ou une embolie a-t-elle participé au décès?
Afin de pouvoir répondre à cette interrogation aussi souvent que possible, le CHUV a décidé d’augmenter le nombre d’autopsies pratiquées au sein de l’hôpital. Auparavant, la grande majorité des investigations post mortem étaient décidées par la justice en cas de doute sur l’origine d’un décès – c’est ce qu’on appelle l’autopsie médico-légale. Dans sa version médicale, l’autopsie n’était pratiquée que si la cause du décès paraissait trop mystérieuse ou à l’initiative des familles qui la demandaient. Cette situation rendait l’autopsie rare. La baisse régulière des demandes légales a par ailleurs diminué sa pratique année après année.
Depuis 2012, sur impulsion de la Direction générale du CHUV, le Service de médecine interne propose une autopsie après chaque décès survenu en son sein. La ou le médecin prend soin de ne mettre aucune pression sur les familles, afin qu’elles se sentent véritablement libres de refuser. En cas d’accord, la demande est rédigée dans un formulaire ad hoc envoyé au Service de pathologie, qui se charge de la procédure.
En 2019, afin d’assurer le même suivi pour toutes les autopsies, la structure de ce formulaire a été développée tout en simplifiant son utilisation pour les équipes médicales et soignantes. Le document comprend désormais des informations sur les circonstances du décès et les personnes présentes, sur le soutien apporté aux proches, le respect des souhaits de la défunte ou du défunt ou encore la préparation du corps. Averti rapidement et en bonne et due forme, le Service de pathologie fournit ensuite un rapport d’autopsie, dont le contenu sera oralement restitué aux familles et aux proches. Cette restitution est une étape très importante. La ou le médecin qui a suivi la patiente ou le patient décédé·e prend le temps nécessaire pour expliquer le contenu du document, rendre clairs certains termes techniques et remettre le décès en perspective par rapport au parcours médical de la personne disparue.
Les bénéfices de cette nouvelle pratique se révèlent nombreux. Pour les familles, l’autopsie aide à construire le récit d’une disparition sur la base d’une réalité documentée. Pour les médecins, la séance de restitution permet entre autres d’identifier un deuil pathologique. Enfin, pour une institution hospitalière et universitaire comme le CHUV, ces investigations permettent de recueillir des informations cliniques utiles aussi bien à la formation qu’à l’amélioration de la qualité des soins. Il est par exemple arrivé que le Service de pathologie ne trouve aucune cellule cancéreuse auprès d’un patient pourtant décédé suite à un cancer généralisé; un tel résultat permet de porter une nouvelle réflexion sur l’administration des traitements chimiothérapiques.
Depuis que le projet a été lancé au Service de médecine interne, un nombre croissant d’autopsies a pu être réalisé, après accord des proches des personnes décédées. Suite à la mise en place du nouveau formulaire, la procédure sera progressivement étendue à l’ensemble de l’institution hospitalière. En 2019, elle a déjà été introduite dans le Service des soins palliatifs. L’ensemble du processus, qui prend parfois plusieurs mois, est financièrement pris en charge par l’hôpital. Il est entièrement gratuit pour les familles.
Le projet de suivi des autopsies a reçu le Prix du public lors de la journée Qualiday 2019.