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15. nov 1999 - De l'avis du Fonds monétaire international (FMI), la croissance économique en Suisse devrait s'accélérer durant ces prochains mois, grâce notamment à une expansion plus soutenue sur le continent européen. Des pressions inflationnistes un peu plus marquées accompagneront l'accélération de la croissance, sans pour autant mettre la stabilité des prix en danger, compte tenu de politiques macro-économiques prudentes. Pour maintenir sa compétitivité, la Suisse doit accélérer certaines réformes pour rejoindre le niveau atteint en la matière dans l'UE. Cela afin de garantir une prospérité économique dans un environnement mondial compétitif et en rapide évolution.
L'examen de la situation économique et financière des pays fait partie intégrante de l'activité de surveillance du FMI (article IV de ses statuts). Afin de procéder à l'examen annuel de la Suisse, une délégation du FMI a rencontré, du 8 au 15 novembre 1999, divers représentants de l'administration fédérale, de la Banque nationale suisse et de l'économie privée. Les principales conclusions de la consultation annuelle sont les suivantes :
Beaucoup de facteurs de risques présents en Suisse il y a une année ne se sont pas matérialisés. L'activité dans les économies émergentes s'est améliorée plus rapidement que prévu, la croissance en Europe s'est consolidée, et l'introduction de l'euro a été harmonieuse. La récente et solide amélioration de la situation sur le marché du travail a souligné la force de la Suisse dans ce domaine, comparativement à d'autres pays industrialisés. A propos des perspectives conjoncturelles, la croissance en Suisse devrait continuer à s'accélérer durant les prochains mois et atteindre 1-1/4% en 1999 et 2% en 2000. Le FMI identifie deux facteurs d'incertitude : l'expansion économique pourrait être plus forte que prévue, tant en Suisse qu'en Europe, et accroître les pressions sur les prix, et la croissance soutenue aux Etats-Unis pourrait faire place à une période de ralentissement soudain ("hard landing"), avec des conséquences négatives pour le commerce extérieur. Dans ce dernier cas, les cours de change pourraient alors être soumis à des fluctuations indésirables (baisse du dollar et valorisation du franc suisse).
Le FMI estime que la politique monétaire est bien orientée et que la hausse récente des taux d'intérêt à court terme devrait permettre, dans une certaine mesure, de contenir d'éventuels risques de pressions inflationnistes. Le délai de réaction des prix aux décisions de politique monétaire appelle toutefois une poursuite de la prudence. Le degré d'utilisation des capacités de production et la croissance des revenus devront être particulièrement suivis. Le cadre de référence de la politique monétaire, orientée jusqu'à la fin de cette année sur la croissance de la masse monétaire, va prochainement changer. Selon le FMI, la politique monétaire devrait se fixer pour but la stabilité des prix à moyen terme et être guidée par des indicateurs appropriés, incluant notamment la position cyclique de l'économie, les taux de change, la masse monétaire et un indicateur d'orientation de la politique budgétaire. Le FMI souligne que maintenir une autonomie monétaire, et partant un niveau plus bas des taux d’
intérêts, implique l'acceptation de plus de fluctuations du cours du franc suisse, vis-à-vis de l'euro notamment.
Les progrès réalisés ces dernières années en matière de politique budgétaire sont encourageants, avec un déficit des comptes de la Confédération, des cantons et des communes (avec les assurances sociales) projeté à 1-1/2% du PIB en 1999. Les diverses politiques en cours sont en accord avec l'objectif de comptes équilibrés pour 2001. La poursuite de cet objectif est importante, pour améliorer la confiance et le climat économique général. Dans le cadre de référence de la politique budgétaire annoncé pour après l'an 2001, l'objectif de balancer le budget de la Confédération sur l'ensemble d'un cycle conjoncturel devrait permettre de réduire le ratio dette/PIB, ce qui est également approuvé par le FMI. En matière de politique fiscale, des considérations de nature structurelle devront être abordées sérieusement. A ce titre, les pressions démographiques sur le système d'assurance sociale, la division des responsabilités entre la Confédération et les cantons, et la complexité du système d'imposition devraient recevoir la priorité. Le FMI salue la publication des lignes directrices des finances fédérales, en tant qu'une initiative bienvenue pour augmenter la transparence et stimuler une discussion bien informée. En matière d'imposition, le FMI recommande d'encourager les cantons à considérer une modification des impôts sur les revenus des entreprises et à favoriser une imposition progressive des bénéfices (en s'inspirant pour cela de la modernisation de 1997 de ce même impôt au niveau fédéral).
Enfin, pour ce qui concerne la politique structurelle, plusieures réformes importantes sont encore nécessaires pour garantir la compétitivité de notre économie dans un environnement en rapide évolution. Les négociations bilatérales, une fois entrées en vigueur, constituent un premier pas dans la bonne direction. Des progrès doivent encore être réalisés notamment dans certains secteurs protégés. Les récents changements en matière d'aide à l'agriculture constituent un bon début. En outre, des pratiques monopolistiques ou oligopolistiques, qui se traduisent à termes par les prix suisses à la consommation relativement plus élevés qu’
à l’
étranger, doivent être combattues avec vigueur. Les réformes dans le secteur des télécommunications, du rail et de la poste sont également considérées par le FMI comme des pas importants dans la bonne direction.
Renseignements:
Bruno Parnisari, Administration fédérale des finances, tél 031 / 324.75.48
15 novembre 1999
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