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Depuis le milieu des années 1990, nous assistons à l’organisation d’un nombre considérable de concours de logements collectifs en Suisse, surtout dans la partie alémanique du pays. Cette pratique était quasiment absente au cours des périodes précédentes et notamment au cours de la modernité du XXe siècle. Jusqu’à la dernière décennie, l’organisation de concours a en effet été essentiellement due à l’initiative publique et a surtout concerné des programmes institutionnels – comme des écoles, des salles communales, des salles de sports ; etc.
Nous y voyons plusieurs raisons : d’une part, le domaine de la construction de logements était, jusque très récemment, majoritairement contrôlé par un marché privé qui se complaisait dans la répétition de typologies reconnues pour leur efficacité, notamment économique ;d’autre part, les services étatiques ou communaux ne ressentaient pas l’obligation ou le devoir d’organiser des concours, même lorsque les terrains appartenaient aux autorités publiques ;enfin, les milieux immobiliers – et même certaines sociétés coopératives –percevaient souvent l’innovation de façon négative.
Très réticents envers les concours, ces commanditaires ont redoublé de prudence dans l’attribution des mandats, craignant le manque d’expérience des jeunes architectes. D’une façon générale, le marché du logement n’a pas bénéficié de la profusion d’idées et de solutions innovatrices entraînées par la concurrence entre architectes. Ce n’est que ces dix dernières années que la situation a changé radicalement, avec le lancement d’une série de concours de logements collectifs très bien divulgués. Si ces concours demeurent encore rares en Suisse romande, les villes de Zurich, Bâle et Berne, entre autres, en ont mis sur pied plusieurs, concernant aussi bien de nouvelles constructions que la rénovation et la réhabilitation de bâtiments existants. Cette politique publique de concours implique fortement les coopératives de logement qui jouent souvent le rôle de maîtres d’ouvrage.
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Les auteurs :
- MARCHAND BRUNO : De double nationalité suisse et française, Bruno Marchand est né en 1955. Diplôme d'architecture en 1980 à l'EPFL où il obtient en 1992 le titre de docteur ès sciences par la présentation d'une thèse consacrée à la typologie des logements collectifs genevois.
- KATSAKOU ANTIGONI : De nationalité grecque, Antigoni Katsakou est née à Athènes en 1973. Etudes d'architecture à l'Ecole Polytechnique d'Athènes de 1992 à 1999, travail de diplôme sur le thème de réhabilitation d'un ensemble résidentiel d'architecture traditionnelle en pierre. En automne 2007, elle travaille comme assistante à l'EPFL, auprès du professeur invité Gilles Perraudin, sur le thème de la construction en pierre massive (atelier de troisième année).