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Pour les uns, la sécurité des données prime, pour les autre, ce sera le fait de sortir le soir sans craintes. Pour beaucoup de famille, la sécurité économique est une priorité absolue. Pour les personnes âgées, ce sera la garantie du versement de l'AVS, et pour les entrepreneurs, la sécurité juridique.
Les mêmes droits pour tous
Qui garantit notre sécurité, qui la met en œuvre? Dans un Etat policier, les gens ne se sentent guère en sécurité. Ils se sentent en sécurité dans un pays où tout le monde bénéficie des mêmes droits. Un pays où la sécurité juridique est garantie et où personne ne peut être arrêté ou condamné arbitrairement. Un Etat de droit, avec une séparation des pouvoirs et des tribunaux indépendants. Un pays où la propriété est garantie et où les contrats sont conclus dans des conditions fiables.
La sécurité et la liberté sont étroitement liées. La liberté individuelle peut-elle être restreinte au profit de la sécurité de la société? Si oui, jusqu'à quel point? Benjamin Franklin, l'un des architectes et des signataires de la Constitution américaine, avait sur cette question une réponse sans équivoque. Selon lui, sacrifier la liberté sur l'autel de la sécurité n'a aucun sens. A une époque où la lutte contre le terrorisme paraît tout justifier, et où les services secrets américains n'hésitent pas à mettre sur écoute la chancelière allemande, les propos de Benjamin Franklin sont plus que jamais d'actualité.
Liberté et sécurité
Le droit à la liberté et à la sécurité est ancré dans la Déclaration universelle des droits de l'homme, dans la Convention européenne des droits de l'homme et dans la Constitution fédérale. Les citoyennes et citoyens peuvent revendiquer ces droits devant les tribunaux suisses et, en dernière instance, devant la Cour européenne des droits de l'homme à Strasbourg. Pour les Suisses comme pour tous les Européens, les tribunaux et les lois au niveau national ne sont ainsi plus les seuls garants de la sécurité.
La Suisse n'est pas un îlot
Dans le débat politique, on conteste souvent la compétence de la Cour européenne. La Suisse se situe pourtant au plein cœur de l'Europe, même si elle n'est pas membre de l'Union européenne. Le président de la commission de politique extérieure du Conseil national, l'UDC Andreas Aebi, déclarait d'ailleurs lors d'une rencontre avec des parlementaires européens à Bruxelles: «Nous faisons partie de l'Europe».
Dans un monde globalisé, qui ne connaît ni frontière économique, ni frontière technologique ou sociale, c'est un devoir de collaborer avec d'autres pays. Nous ne sommes pas une île qui peut survivre de manière autonome. La voie de l'isolement est une voie sans issue. Les bénéfices obtenus grâce à la recherche de solutions communes sont, pour un pays au cœur de l'Europe, incomparablement plus élevés que pour un autre pays. En refusant cette coopération, on se condamne à ne pas pouvoir faire passer ses propres idées.
Préserver ses succès
Les accords entre particuliers comme les accords entre Etats fonctionnent uniquement si toutes les parties respectent les points convenus. Cela vaut autant pour un bail à loyer que pour les accords bilatéraux avec l'Union européenne ou la signature de la Convention relative aux droits de l'enfant.
Aujourd'hui, la Suisse court le danger de perdre sa crédibilité et son statut de partenaire de confiance. Pour les isolationnistes qui diabolisent les accords avec d'autres pays, cela ne pose pas de problème, car ils considèrent ces accords en soi comme du droit «étranger» . Le droit national serait, selon eux, supérieur au droit international. Mais le prix à payer de cette politique est élevé. Peut-être même beaucoup trop élevé.