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De nombreux objets exposés au musée ou abrités dans ses réserves – 5259 pour être précis! – ont un numéro d’inventaire comportant les lettres MF. MF pour Musée Fol. Le Musée Fol, ouvert au public en 1873, est situé dans l’Hôtel particulier de la Grand-Rue qui abrite actuellement la Société de Lecture. Il porte le nom du collectionneur et généreux mécène qui, en 1871, avait donné à la Ville ses importantes collections d’antiquités classiques, de toiles de la Renaissance et d’objets d’art des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles.
Walther Fol, bien que né à Paris en 1832, est originaire d’une famille protestante de Vandœuvres. Après des études de génie civil à Genève et à Paris, il vit longtemps à Rome où il réunit ses importantes collections.
Les collections Fol sont transférées au Musée d’art et d’histoire en 1910. Elles sont alors présentées ensemble dans les grandes salles du rez-de-chaussée. On peut encore lire à gauche de la lourde porte qui y mène une inscription indiquant: collections Fol.
Cette amphore (voir ci-dessous) était exposée, au milieu de nombreux autres vases, dans la salle dont le décor – mosaïque au sol et peintures au plafond – est inspiré par l’antique. Contenu et contenant se répondaient étroitement. À partir de 1952, les collections Fol sont progressivement réparties dans tout le musée, selon la nature des objets.
De 1874 à 1879, Walther Fol avait publié lui-même son catalogue, le premier d’une collection publique suisse rédigé et illustré scientifiquement. Ses quatre volumes, entièrement numérisés par la Bibliothèque d’art et d’archéologie, sont aujourd’hui consultables en ligne.
Voici la description de notre amphore, numérotée 154, qu’on y trouve, au premier volume, dans la partie consacrée à al «céramique et à la plastique», au chapitre sur les «vases du beau style grec»:
«d’un côté Jupiter assis sur un trône tient son sceptre d’une main et de l’autre la foudre; Minerve tout armée sort de son cerveau, les dieux et les déesses l’entourent; de l’autre côté Minerve, debout sur les genoux de Jupiter, reçoit l’hommage des autres divinités; le lion, roi des animaux, est couché sous la siège du père des dieux.
Ces peintures présentent une grande finesse de travail: l’artiste, tout en conservant une certaine raideur, une certaine symétrie dans la disposition des sujets, a cherché à rendre quelques expressions; les couleurs sont bien conservées, les traits graphiques subsistent partout et l’on peut trouver, dans ces deux compositions, des indications précieuses concernant les vêtements et les étoffes employés à cette époque reculée.»