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Connu dans le monde entier pour avoir fait arrêter Augusto Pinochet en 1998, le juge espagnol Baltasar Garzon a été condamné jeudi à 11 ans d'interdiction d'exercer. Il était jugé pour une affaire d'écoutes illégales d'avocats de la défense. Ce verdict met sans doute fin à la carrière du magistrat.
"Nous condamnons l'accusé Baltasar Garzon en tant qu'auteur responsable d'un délit de forfaiture (...) à 11 ans d'interdiction spéciale pour le poste de juge ou magistrat", ainsi qu'à une amende "de 6 euros par jour pendant 14 mois", a indiqué le jugement du Tribunal suprême espagnol, adopté "à l'unanimité".
Pendant les onze ans de sa peine, il ne pourra pas non plus exercer un "une fonction juridictionnelle ou de gouvernance au sein du pouvoir judiciaire", précisent les juges du Tribunal suprême. A 56 ans, Baltasar Garzon voit ainsi sa carrière de magistrat, spécialiste des droits de l'homme, fortement compromise.
"Nous allons continuer à nous battre"
Ce verdict, inférieur aux 17 ans requis par l'accusation, n'admet pas d'appel en Espagne, même si M. Garzon peut saisir le Tribunal constitutionnel s'il estime que ses droits n'ont pas été respectés. Autrement, il ne lui reste que le recours auprès de la justice internationale.
"Nous allons continuer à nous battre, à utiliser des voies de recours. Une longue route s'ouvre devant nous, mais je crois que nous avons tous les deux (...) la force nécessaire", a réagi son avocat, après l'annonce du verdict.
M. Garzon perd également le poste qu'il occupe actuellement, soit sa fonction de juge d'instruction de l'Audience nationale de Madrid, la plus haute instance pénale espagnole. Il en était déjà suspendu depuis mai 2010.
Dans leur décision, les juges ont eu des mots très durs pour qualifier les écoutes ordonnées par M. Garzon. Ils comparent ses pratiques à celles qui "aujourd'hui ne se retrouvent que dans les régimes totalitaires où tout est considéré comme valable pour obtenir l'information recherchée".
ATS