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Dre Cristina Manea | médecin-cheffe adjointe, département gynécologie-obstétrique RHNE
Le papillomavirus human (HPV) est la cause la plus fréquente d'infection sexuellement transmissible en Suisse.
Les différentes sous-types du virus sont responsables d’apparition des verrues génitales, des lésions précancéreuses et des cancers du col de l'utérus.
Le cancer du col de l’utérus est le deuxième le plus fréquent chez les femmes en Union Européenne avec 33000 nouveau cas et 15000 décès par année. La Suisse compte annuellement plus de 250 cas de cancer du col utérin et 5000 lésions précancéreuses.
Chez les hommes, les HPV peuvent induire des cancers oropharingés, anal, pénien.
Plus de 90% des cancers dus aux HPV peuvent être évités par la vaccination. A l’heure actuelle, il n’existe pas de traitement spécifique pour l’infection aux HPV.
Il existe à l’heure 3 vaccins contre les HPV, le vaccin bivalent, Cervarix, le vaccin tetravalent Gardasil et le vaccin nonavalent Gardasil 9.
Ces vaccins sont intégrés dans les programmes nationaux de vaccination dans 100 pays du monde.
Actuellement, le vaccin recommandé par l’Office fédéral de la santé publique est le Gardasil 9 qui a reçu l’autorisation de mise sur le marché suisse en 2016.
Il s’agit d’un vaccin adjuvé recombinant non-infectieux, produit à base de pseudo particules virales hautement purifiées de la principale protéine L1 de la capside des 9 sous-types d’HPV (6,11, 16,18, 31,33,45,52 et 58) par la technologie de l’ADN recombinant.
L’efficacité et l’immunogénicité du Gardasil 9 ont été évaluées par plusieurs études cliniques.
Une de ces études, randomisée, multicentrique, en double aveugle a évalué l’efficacité du vaccin nonavalent en comparaison avec le vaccin quadrivalent, sur plus de 10 000 femmes âgées de 16 à 26 ans. Les résultats montrent une immunogénicité non-inférieure du Gardasil 9 par rapport au Gardasil 4 pour les sous-types 6,11,16 et 18 et une efficacité de 97,4% contre les sous-types 31,33,45,52 et 58. Les auteurs ont conclu que le Gardasil 9 pourrait prévenir 90% des cancers du col utérin au monde.
Des études de non-infériorité randomisées ont examiné également l’immunogénicité du vaccin nonavalent entre les groupes cibles pour les femmes, les filles, les garçons et les hommes.
Tous les groupes ont montré d’excellentes réponses immunitaires à court et moyen terme.
L’efficacité du vaccin est meilleure lorsqu’il est administré avant 15 ans et si possible avant le premier rapport sexuel.
L’efficacité de la vaccination en pratique courante est souvent plus faible que dans les études dédiées en raison d’une infection préexistante aux HPV ou d’une observance réduite (schéma de vaccination incomplète).
De plus, d’autres sous-types de HPV oncogènes peuvent causer des lésions précancéreuses en plus des sous-types vaccinaux.
Suite de la vaccination, les titres d’anticorps sont élevés et la protection est estimée de plus de 20 ans, un rappel n’est pas recommandé.
Le vaccin est sûr et en général bien supporté. Des effets indésirables peuvent survenir dans les jours qui suivent les injections. Il s'agit des rougeurs et des douleurs au site de l'injection, éventuellement des céphalées passagères ou de fièvre. Les réactions allergiques peuvent apparaitre, mais elles sont très rares.
Selon OMS, plus de 270 millions de doses de vaccins ont été administrés dans le monde sans effets secondaires notables.
Depuis 2008, le canton de Neuchâtel dispose d'un programme cantonal de vaccination contre les papillomavirus humains.
Le programme de vaccination s'adresse aux jeunes filles de 11 à 14 ans révolus pour qui seules deux doses de vaccins sont nécessaires (0 et 6 mois). Le même schéma de vaccination s'applique pour les garçons.
Depuis 2017, une vaccination de rattrapage à trois doses (0-2-6 mois) est également proposée aux jeunes femmes et hommes âgées de 15 à 26 ans révolus qui habitent dans le canton de Neuchâtel.
Une liste des médecins et des centres vaccinateurs est publiée sur le site de la santé publique. Pour la plupart sont des médecins pédiatres, quelques médecins gynécologues et des médecins scolaires. A la Chaux-de-fonds, le Planning familial se charge également de la vaccination contre HPV.
Depuis mai 2020, le rattrapage de la vaccination HPV autant pour les filles que pour les garçons peut se faire en policlinique de Gynécologie de l’Hôpital Pourtalès. Les demandes peuvent être envoyées par fax ou email. La vaccination respecte les conditions du programme cantonal de vaccination.
La vaccination est gratuite, sans franchise ni quote-part, pour autant qu'elle soit effectuée dans le cadre du programme cantonal de vaccination. Pour cela, les jeunes filles et garçons doivent résider dans le canton de Neuchâtel, être assurés LAMal, avoir entre 11 et 26 ans (révolus) et le médecin qui administre la vaccination doit faire partie du programme cantonal.
Selon une étude récente, la Suisse a une couverture vaccinale contre les HPV évaluée en 2018 pour les filles à 60% et seulement de 14% pour les garçons.
Le canton de Neuchâtel suit cette couverture vaccinale qui est assez bonne pour l’ensemble du pays.
Le vaccin contre HPV a une bonne efficacité et tolérance.
Actuellement, le vaccin nonavalent Gardasil 9 est recommandé par OFSP.
Le canton de Neuchâtel dispose d’un programme de vaccination contre HPV depuis 2008 avec une assez bonne couverture vaccinale.
Depuis peu, la Policlinique de Gynécologie de Pourtales a rejoint les vaccinateurs du programme cantonal, se chargeant du rattrapage de la vaccination HPV pour les filles et les garçons jusqu’à 26 ans révolus.
La vaccination HPV a permis de réduire de façon significative l’incidence du cancer du col utérin d’autres cancers provoqués par les virus HPV.