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Clément XI, qui connaissait tout son mérite, le BIANCONI (Jean-Louis), célèbre médecin et litnomma å cette place. Innocent XIII et Benott XIII térateur italien, né à Bologne le 30 septembre 1717, lui donnèrent des marques publiques de leur estime. fut reçu docteur en 1742, et s'acquit en peu de En 1705, le sénat l'agrégea à la noblesse romaine, temps une réputation due à son savoir et à la réhonneur qu'il étendit à tous ceux de sa famille, et gularité de ses mæurs. Appelé à la cour du landà leurs descendants. Ce savant mourut en 1729, grave de Hesse, il y demeura six ans : en 1750 il membre de plusieurs académies. Il y avait 8 ans se rendit à Dresde, muni d'une lettre de recomqu'il s'occupait à faire des observations qui pussent mandation du pape Benoît XIV pour le roi de Pole conduire à tracer une méridienne pour l'Italie. logne Auguste III. Ce monarque le nomma son Les citoyens de Vérone lui firent ériger après sa conseiller aulique, l'admit dans son intimité et lui mort un buste dans la cathédrale, distinction qu'ils fit faire un brillant mariage. La cour lui confia avaient déjà rendue à la mémoire du cardinal Noris. plusieurs affaires importantes qu'il remplit avec haOn a de Bianchini Palazzo di Cesari, Vérone, 1738, bileté et bonheur. Enfin il fut nommé en 1764 miin-fol., figures. Iscrizioni Sepolcrali della casa di nistre résident en cour de Rome. Bianconi mourut Augusto, Rome, 1727, in-fol. Ces deux ouvrages subitement à Pérouse le 1er janvier 1781. Il fut prouvent qu'il connaissait bien les antiquités. Une universellement regretté. On a de lui : Une bonne édition d'Anastase le Bibliothécaire De vitis Roma- traduction de l'Anatomie de Winslow , Bologne, norum Pontificum , 1718-1723, en 4 volumes in-fol., 1743, 6 vol. in-8. Une Dissertation sur l'électricité, avec des notes, des dissertations , des préfaces, des écrite en français, adressée au comte Algarotti , et prolegomènes et des variantes. L'érudition y est publiée en Hollande en 1748, in-8; Lettere sopra alrépandue avec profusion, mais le livre est plein cune particolarita della Baviera e di altri paesi della de fautes typographiques. Des pièces de poésie et Germania, Lucques , 1763 ; Lettere sopra Cornelio d'éloquence. Histoire universelle, en italien, impri- Celso, Rome, 1779, pleines d'érudition et de goût ; mée à Rome, in-4, 1697, avec figures. Quoiqu'elle Une Dissertation sur le cirque de Caracalla , écrite contienne quelques sentiments particuliers, elle est en italien et en français, superbe édition, ornée de recherchée, parce que l'auteur s'appuie sur les 19 belles gravures, Rome, 1790. Il fut un des créamonuments de l'antiquité. De Calendario et cyclo teurs des Ephémérides littéraires de Rome, auxquelles Cæsaris, ac de Paschali canone sancti Hippolyti il fournit plusieurs morceaux intéressants, entre martyris, dissertationes duæ, Rome, 1703, in-fol., autres l'éloge du docteur Mengs, qui fut réimprimé ouvrage savant et généralement estimé. De tribus séparément en 1780. generibus instrumentorum musicæ veterum organice, BIARD (Pierre), célèbre sculpteur, né en 1559, Rome, 1743. C'était un savant universel. — Il ne mort à Paris , sa patrie, en 1609, âgé de 50 ans. Il faut pas le confondre avec Joseph BIANCHINI , aussi avait fait le voyage de Rome, pour s'instruire dans Véronois, son neveu, oratorien à Rome, qui a son art d'après les grands modèles qu'offre cette écrit contre le Bellum Papale de Thomas James ville fameuse ; il revint à Paris avec de riches con(Voy. ce mot et BUKENTOP). Sa réponse se trouve naissances. Le chef-d'euvre de cet artiste était la dans le recueil intitulé Vindiciæ canonicarum Scrip- statue équestre de Henri IV, qu'on voyait en bas-returarum Vulgatæ edit., Rome, 1740, in-fol. Il a lief sur la grande porte qui est au milieu de la faaussi publié un Recueil de Discours qui retracent çade de l'Hôtel-de-ville. En 1562 des séditieux l'ence que la maison de Médicis a fait en faveur des
dommagèrent. La figure de ce roi était si bien plasciences et des arts, Venise , 1741, in-fol., en ita- cée, son visage était si ressemblant et si majeslien , orné de figures.
tueux , que, selon bien des connaisseurs, c'était le BIANCO ou BIANCHO (André), géographe de Ve- meilleur portrait que l'on en eût. Il a été détruit nise, né vers l'an 1430, a laissé un recueil de cartes pendant la révolution. hydrographiques, restées longtemps en oubli dans BIARD (Paul), jésuite, ne à Grenoble, entra de la bibliothèque de Saint-Marc. Vincent Formaleoni, fort bonne heure dans la société et fut un des preà qui l'abbé Morelli les fit connaître, en copia trois miers missionnaires envoyés au Canada. Il eut beauqui furent insérées dans l'ouvrage intitulé Saggio coup à souffrir des peuples barbares auxquels il sulla nautica antica de Veneziani, Venise, 1783. Les portait la lumière de l'Evangile, et il commençait cartes de Bianco nous font connaître l'étendue de à les adoucir, lorsqu'une expédition anglaise le renla navigation des Vénitiens avant la découverte du voya en France, après l'avoir fort maltraité en haine Nouveau-Monde, et celle du cap de Bonne-Espé- du catholicisme et des jésuites. Il professa 9 ans la rance; les côtes de la Méditerranée et de la mer théologie à Lyon, et mourut à Avignon en 1622. Noire y sont représentées avec exactitude.
On a de lui une Relation de la nouvelle France, et * BIANCOLINI (Jean-Baptiste-Joseph), littérateur, du voyage que les jésuites y ont fait, Lyon , 1606, né à Vérone , mort en 1780, travailla toute sa vie, in-12, insérée dans les lettres édifiantes; et quelmalgré ses occupations commerciales, à l'étude de
ques autres ouvrages sur lesquels on peut consull'histoire et à la recherche des manuscrits relatifs à ter la bibliothèque du Dauphiné. sa patrie. On lui doit : une édition augmentée de la BIAS, fils de Teutamus, natif de Priène, ville de Chronique de la ville de Vérone , par Pierre Zagata, Carie, l'un des sept Sages de la Grèce, et suivant très-estimée, Vérone , 1745-49, 2 vol. in-4; Notices quelques anciens, le plus sage , ce qui cependant historiques des églises, des évêques et des gouverneurs n'est pas beaucoup dire, naquit vers l'an 570 avant de Vérone, 1757. Il travailla également à la Collec- J.-C. et florissait vers l'an 608. Il commença à se tion des traductions des historiens grecs.
faire connaitre par le rachat de quelques filles captives. On lui attribue plusieurs bons mots. Quel- da), cardinal, mort à Rome en 1520, est compté qu'un lui ayant demandé ce qu'il y avait de plus parmi les restaurateurs du théâtre; ce qui à tous difficile à faire , il dit que c'était de supporter un re- égards fait très-peu d'honneur à un homme de son vers de fortune...... Il avait coutume de dire qu'un état. Sa comédie, intitulée Calandra, imprimée à homme qui ne pouvait supporter l'infortune , était Rome en 1324, in-12, est la première qui ait été véritablement malheureux..... Une autre de ses sen- faite en prose italienne. L'auteur la composa pour tences était celle-ci : Puisque le munde est plein de amuser dans le carnaval Isabelle d'Est, marquise méchanceté, il faut aimer les hommes comme si l'on de Mantoue, dont la cour était le séjour des plaisirs, devait les haïr un jour... Il ne s'apercevait pas qu'ai- qu'un cardinal eût pu se dispenser de nourrir ou mer ainsi, c'est ne pas aimer et qu'il donnait comme de partager. un axiome de morale une véritable contradiction. BIBIENA ou BIBBIENA (Ferdinand Galli ) peintre, On rapporte que durant le siége de sa patrie, il ré- architecte, naquit à Bologne en 1657. Il étudia les pondit à quelqu'un qui lui demandait pourquoi il principes de son art sous Cignani , artiste distingué. était le seul qui se retirait de la ville sans rien em- Le maître produisit son disciple dans le monde. Ses porter, Je porte tout avec moi.... Diogène Laërce as- talents
pour l'architecture, pour les décorations de sure qu'il composa plus de deux mille vers sur théâtre et pour la perspective, l'y firent bien recel'Ionie , et qu'il expira entre les bras d'un fils de sa voir. Le duc de Parme et l'empereur lui donnèrent fille, en plaidant pour un de ses amis. Ses conci- le titre de leur premier peintre, et le comblèrent de toyens , que ses leçous n'avaient pas rendus sages, bienfaits. On éleva , sur ses dessins, plusieurs édieurent l'extravagance de lui consacrer un temple. fices magnifiques. Ses morceaux de perspective sont
* BIBAUC ou BIBAUT ou Bibaucius (Guillaume), pleins de goût. Il mourut aveugle en 1743, laissant général des chartreux, né à Tielt en Flandre, était des fils dignes de lui. Il est auteur de 2 livres d'arprofesseur à Gand, où son éloquence et son érudi- chitecture. tion le faisaient regarder comme un prodige. Un BIBIENA ou BIBBIENA (François Galli), frère du jour le tonnerre tomba au milieu de sa classe et précédent, né à Bologne en 1659, mort en 1739, blessa plusieurs de ses auditeurs. Cet accident le fut comme lui peintre et architecte. Il dirigea, confrappa tellement, qu'il fit le væu de se faire char- jointement avec le marquis Maffei, la construction treux , et il l'exécuta l'an 1500. Après avoir passé du théâtre de Vérone, qui est plus beau que celui par les principaux emplois de son ordre , il en de- qu'il construisit depuis à Rome. Il enseigna à Bovint général en 1521 ; il gouverna avec sagesse, et logne les règles de l'architecture. mourut le 24 juillet 1535. On a de lui des discours BIBLIANDER (Théodore), né à Bischops-Zell, prononcés dans les chapitres de l'ordre, intitulés
professeur de théologie à Zurich, y mourut de la Orationes et conciones capitulares , publiés par Josse peste en 1564 , âgé d'environ 65 ans, après avoir puHess, prieur de la chartreuse d'Erfurt, et deux pe- blié plusieurs ouvrages. Les principaux sont Apolotits poèmes sur saint Joachim, imprimés à la fin gia pro editione Alcorani , edita à J. Fabricio, Rosde la vie de J.-C. de Ludolphe, Paris, 1534, in-fol. toch , 1638, in-4; Un Recueil d'anciens écrits sur le (Voy. LUDOLPHE de SAXE). Levin Ammon, chartreux mahométisme , in-fol. Ce recueil est curieux,
et rende Gand, a publié la vie de Bibauc.
ferme beaucoup de pièces sur la doctrine de l'imBIBIANE (sainte), vierge romaine, illustre par sa posteur de la Mecque. Il est devenu rare. Une édifoi et ses vertus, souffrit, à ce que l'on croit , sous tion de la Bible de Léon de Juda , Zurich , 1543, Julien l'Apostat. Ammien-Marcellin nous apprend in-fol. Des Commentaires sur plusieurs livres de que cet empereur établit Apronien gouverneur de l'Ecriture sainte , etc. De ratione communi linguaRome, en 363, et qu'Apronien étant en route pour rum et litterarum omnium, Zurich, 1548, in-4, où - venir dans cette ville, eut le malheur de perdre un il fait des efforts pour montrer qu'il y a de l'anacil. Cet officier aussi superstitieux que son maître, logie entre toutes les langues et toutes les lettres attribua cet accident au pouvoir de la magie; et dans en usage dans le monde. Il était habile dans les cette folle persuasion, il résolut d'exterminer les langues orientales. magiciens, nom sous lequel on entendait les chré- BIBLIS, fille de Millet et de la nymphe Cyanée. tiens ( nouvelle preuve que les païens ne méconnais- N'ayant pu toucher le cæur de son frère Caune, saient pas les prodiges qu'ils opéraient). On compte qu'elle aimait insensément, elle pleura tant qu'elle sainte Bibiane parmi les martyrs qui souffrirent fut changée en fontaine. alors. Les chrétiens érigèrent une chapelle sur son * BIBULUS ( Marcus-Calpurnius ), fut créé consul tombeau, lorsqu'ils eurent la liberté de professer sous le premier triumvirat, l'an de Rome 693. Il leur religion. En 465, le pape Simplice y fit cons- avait dans Jules-César un redoutable collègue, et il truire une belle église, laquelle fut appelée Olym- passa tout le temps de sa magistrature à lutter pina , du nom d'une dame pieuse qui avait payé les contre lui. César proposa une loi agraire, dont frais de la construction. Honorius III la fit depuis l'effet était la distribution de terres dans la Campanie réparer. Comme elle tombait en ruines, dans la à vingt mille pauvres citoyens. Bibulus et tout le suite des temps, on l'unit à Sainte-Marie-Majeure. sénat s'y opposèrent avec force comme à une meUrbain VIII la fit rebâtir en 1628 , et y plaça les sure dangereuse. La querelle, à ce sujet, fut si reliques des saintes Bibiane, Démétrie et Dafrose. vive, que Bibulus fut chassé de l'assemblée , ses Elles avaient été découvertes dans le lieu qu'on a faisceaux furent brisés, ses licteurs et trois tribuns quelquefois appelé Cimetière de sainte Bibiane. blessés. La loi passa ensuite sans opposition. Le
BIBIENA ou BIBBIENA (Bernard Dovizi ou Dovisio lendemain de cette scène, Bibulus en rendit compte au sénat ; mais trouvant tout ce corps intimidé, et ce chirurgien répandait en Europe les fruits de son voyant que personne ne prenait la parole , il s'en- expérience, et y ajouta une notice historique, où il ferma dans sa maison, et y passa les huit mois qui payait à sa mémoire un juste tribut d'hommages. restaient encore à expirer de son consulat sans agir En 1797, il réunit les divers principes de chirurgie autrement que par des édits. Cette inertie donnait épars dans ce journal ainsi que dans plusieurs écrits de l'odieux à son collègue, mais lui laissait le champ périodiques, et en forma 2 vol. in-8, qui parurent libre : elle n'était cependant pas sans force. Bibulus, sous ce titre : OEuvres chirurgicales de Desault, ou par des édits multipliés qui avaient la faveur du Tableau de sa doctrine et de sa pratique dans le traipeuple, contraria César, au point que ce dernier tement des maladies externes, Paris, 1797. Dans ameuta la populace pour assiéger la maison de son l'hiver de cette même année, Bichat fit son premier collègue, et l'en tirer par la violence ; ce fut sans cours, d'anatomie ; l'année suivante il en fit un sesuccès. Bibulus n'était pas grand homme de guerre. cond. Après son service à l'Hôtel-Dieu, il guidait Pendant qu'il était proconsul en Syrie, il eut à se dans les dissections plus de 80 élèves ; il faisait sur défendre contre les Parthes , qui vinrent assiéger An- les animaux un grand nombre d'expériences phytioche. Au lieu de les repousser par des sorties, et
siologiques, et rédigeait ses observations pour la de troubler les travaux du siége, il se tint enfermé société médicale d'émulation, dont il était un des dans la place, avec toutes ses forces, sans agir, et fondateurs. Il avait déjà fait paraître en 1796, dans sans demander des secours, ni à Cicéron, qui était le Recueil de cette société, des mémoires concernant en Cilicie, ni à d'autres commandants voisins. Il est une correction heureuse qu'il avait apportée à l'invrai qu'il se tira lui-même d'embarras, en enga- strument du trépan, un nouveau procédé pour la geant un seigneur parthe, qui avait des sujets de ligature des polypes, et la distinction des cas où la mécontentement, à exciter une révolte contre Orode, fracture de la clavicule réclame ou rejette comme son roi; ce qui obligea celui-ci à rappeler l'armée inutiles les secours de l'art. En 1800, Bichat publia qui faisait le siége d'Antioche. Bibulus, dans la son Traité des membranes, qu'il refondit plus tard guerre entre César et Pompée, eut le commande- dans l'Anatomie générale. Il en devait l'idée au ment général des flottes de ce dernier. Il mourut, professeur Pinel, qui, le premier en médecine, sur mer, de maladie, dans le cours de cette guerre, avait compris qu'une maladie ne peut être qu'une l'an de Rome 704. Il avait épousé Porcie, fille de altération de tissus ou d'organes. La description et Caton.
la distinction que ce dernier avait faite des mem* BICHAT (Marie-François-Xavier), célèbre ana- branes muqueuses et séreuses, et surtout sa classitomiste, né à Thoirette (Jura), le 11 novembre fication de leurs maladies, avait frappé Bichat qui 1771, fit ses humanités au collége de Nantua, et s'empara de cette idée première et étendit ses resa rhétorique et sa philosophie au séminaire de cherches à toutes les membranes du corps. Les ReLyon. Fils d'un médecin, il eut l'avantage de cette cherches physiologiques sur la vie et la mort suivirent éducation domestique qui fait recueillir sans effort de près ses premiers travaux sur l'anatomie. On des connaissances de faits et de mots dont l'acqui- trouve dans cet ouvrage de belles expériences, des sition indispensable consume plus tard un temps faits nouveaux , des traits hardis et profonds à côté précieux. Bichat commença ses études médicales à de plusieurs écarts d'imagination qu'il aurait corLyon, et se livra d'abord à l'anatomie et à la chi- rigés si la mort n'y eût mis obstacle. En 1801, parurgie sous Marc-Antoine Petit, chirurgien de rut son Anatomie générale , qui fut traduite dans l'Hôtel-Dieu , qui l'associa , quoique à peine âgé de presque toutes les langues de l'Europe. C'est là le 20 ans, à ses succès et à ses travaux. Après le siége grand titre de gloire de Bichat, ce qui en a fait un de Lyon, en 1793, il vint à Paris et grossit la foule des plus grands physiologistes de notre âge, et où des élèves de Desault. Ce professeur avait coutume l'on pressent tout ce qu'il aurait fait pour
les autres de commencer chaque leçon par une répétition parties de l'art, si une mort prématurée ne l'eût analytique des documents présentés la veille : un enlevé. L'anatomie pathologique, la matière méjour il avait disserté sur la rupture de la clavicule, dicale, la médecine elle - mème lui auraient dû accident grave qui rappelle un de ses plus beaux de nouvelles lumières , à juger par les travaux qu'il triomphes en chirurgie; l'élève qui devait faire la avait entrepris. Quoiqu'à peine àgé de 28 ans, il récapitulation se trouvait absent, et Bichat se avait été nommé, en 1800, médecin de l'Hôtel-Dieu. chargea de le remplacer; par l'exactitude de son Ce fut moins dans les livres, comme il le dit luianalyse, l'ordre qu'il y établit et la finesse et la même, qu'auprès des malades, qu'il alla chercher solidité de certaines vues qui, présentées sous l'ap- l'historique des maladies; dans un seul hiver, il parence modeste de doutes et de questions, ten- ouvrit plus de six cents cadavres. Bichat s'occupait daient à améliorer le procédé qui avait été proposé de réunir en un corps de doctrine les fragments d'aet démontraient que le plan en avait été entière- natomie pathologique disséminés dans tous ses oument saisi, annonça à son maitre tout ce qu'il vrages, et il aurait élevé à la science un monument pouvait attendre d'un tel élève. Desault le fixa digne d'elle; mais il succomba pendant l'impresdès ce moment dans sa maison, et s'en fit aider sion de son Traité d'anatomie descriptive, dont il pudans ses recherches jusqu'en 1793, époque à la- blia en 1801 et 1802 les deux premiers vol. et dont quelle il fut enlevé subitement à son protégé. il laissa le troisième imparfait ; cet ouvrage fut Bichat devint à son tour l'appui de la veuve et achevé par ses amis, MM. Buisson et Roux. Ce fut du fils de celui qui l'avait traité en père. Il ter- dans ce moment où son zèle infatigable embrassait mina le 4. vol. du Journal de chirurgie dans lequel en même temps les cinq branches fondamentales de l'art de guérir , anatomie , physiologie, médecine, livre est d'une exécution admirable ; mais il faut anatomie pathologique et matière médicale, qu'une donner la préférence à la première édition : celles chute faite sur l'escalier de l'Hôtel-Dieu lui causa de 1739 et 1750 ne sont pas si belles , quoique une fièvre putride-maligne, dont il puisait d'ail- plus complètes. leurs continuellement le germe dans les amphi- BIDOU (Charles-François), instituteur, a publié théâtres d'anatomie, au milieu des recherches ca- le Guide d'une mère pour l'éducation de ses enfants , davériques, et à laquelle il succomba le 22 juillet 1803, in-8, réimprimé en 1805. Il est mort à 1802, entre les bras de la veuve de son ancien maître Chaillot le 13 février 1824. dont il ne s'était jamais séparé. Sur la demande de * BIE (Adrien de), peintre flamand, né en 1594, Corvisart, le gouvernement impérial fit élever un se perfectionna à Rome, et exécuta, sur des plaques monument en l'honneur de Desault et de Bichat à d'or et d'argent et sur des pierres précieuses, un l'Hôtel - Dieu, où tous les deux avaient professé. grand nombre de sujets en petit. Il fit pour l'église Voici la liste des ouvrages de Bichat : Notice sur de Saint-Gomer à Lière, sa patrie, un Saint-Eloi, Desault , Paris, 1795, dans le 4e vol. du Journal qui passe pour le meilleur de ses tableaux. de chirurgie de Dessault. Description d'un nouveau ** BIEBERSTEIN (L.-B.-F. Marschall, baron de), trépan; Mémoire sur la fracture de l'extrémité sca- savant botaniste, né dans le Wurtemberg en 1768, pulaire de la clavicule; Description d'un procédé nou- embrassa l'état militaire et passa , jeune encore, au veau pour la ligature des polypes ; Mémoire sur la service de la Russie , où il reçut le titre de conmembrane synoviale des articulations; Dissertation seiller d'état et fut fait grand'croix de l'ordre de sur les membranes et sur leurs rapports généraux d'or- Saint-Wladimir. Passionné pour la botanique, il ganisation ; Mémoire sur les rapports qui existent employa tout son crédit à favoriser l'étude de cette entre les organes à forme symétrique et sur ceux à science, et parcourut lui-même les provinces voiforme régulière. Tous ces mémoires ont été insérés sines du Caucase, pour en composer l'herbier qu'il dans les Mémoires de la société médicale d'émula- s'empressa d'offrir à l'académie de Pétersbourg. Ce tion. Traité des membranes en général, et des diverses zélé botaniste, dont les fatigues abrégèrent la vie, membranes en particulier, Paris, 1800, in-8, réimpr. mourut en 1828 à 60 ans, laissant deux ouvrages en 1806 et en 1816. Recherches physiologiques sur la fort estimés : Flora Taurico Caucasica , exhibens vie et la mort, Paris, 1800, in-8, 3e édit. en 1803; stirpes phænogamas in Chersoneso-Taurico et regioAnatomie générale appliquée à la physiologie et à la nibus caucasicis sponte crescentes, Charcow, 1808– médecine, Paris, 1801, 2 vol. in-8; 1812, 4 vol. in-8; 19, 3 vol. in-8 ; le premier a été réimprimé à Tu1819, 2 vol. in-8; Anatomie descriptive (Voyez plus bingue en 1816 ; Centuria plantarum Russiæ merihaut ); Dissertation sur les émétiques, etc., Paris , dionalis, Pétersbourg, 1812, in-fol. Ce premier vol. 1805, in-8; Dissertation sur l'action des purgatifs, ne contient que 50 planches ; le second , qui doit Paris 1803, in-8. Une statue a été élevée à ce grand compléter ce magnifique ouvrage, n'a point enanatomiste sur une des places de la ville de Bourg.
core paru. BICLARE (Jean). Voy. Victor de Tunones.
BIEL (Gabriel), un des grands scolastiques de son BIDAL D'ASFELD. Voy. Asfeld.
siècle, est né, selon les uns, en Suisse, selon les BIDELL ou BIDDLE (Jean), fameux antitrinitaire autres, à Spire ou à Tubingen. Il enseigna longanglais, né à Wotton en 1615 , dans le comté de temps la philosophie et la théologie à Tubingen, Glocester, maître d'école en cette ville, fut mis en où il mourut vers l'an 1495. On a de lui des Comprison à cause de ses écrits impies. Cromwel l'en mentaires sur le Livre des Sentences, une Expotira: mais Charles II voyant qu'il continuait à ré- sition du Canon de la Messe, etc., Haguenau, 1519. pandre les mêmes erreurs, l'y fit remettre, et il · Il ne faut pas le confondre avec Louis de BIEL, mourut en 1662. Il niait la divinité de Jésus-Christ professeur de philosophie à Vienne , dont on a et soutenait que le Saint-Esprit n'était que le pre- Utilitates rei nummariæ , Vienne, 1633, un vol. mier des anges.
in-8, avec fig. BIDERMANN (J.-Godefroi), curé du diocèse de BIELFELD (Jacques-Frédéric, baron de), né à Bamberg au xviie siècle, a donné : Généalogie des Hambourg le 31 mars 1717, accompagna en quacomtes de Franconie, Erlangen , 1746; de la No- lité de secrétaire de légation, le comte de Truchsès, blesse ilu Voigtland , Culmbach, 1752, in-fol.; Ta- ambassadeur du roi de Prusse à la cour de Londres. bles généalogiques, etc.
En 1745, le roi de Prusse le nomma précepteur du * BIDERMANN (Jacques), jésuite, auteur d'un prince Auguste-Ferdinand son frère , curateur des recueil de poésies assez estimé, intitulé : Heroum universités en 1747, et, l'année d'après, baron et epistolæ et Sylvula hendecasyllabarum, lib. 3, Lyon, conseiller-privé. Il se retira ensuite dans une de ses 1636, in-12.
terres dans le pays d'Altembourg, où il passa le BIDLOO (Godefroy), poète et médecin, professeur reste de ses jours, partageant son temps entre l'éd'anatomie à La Haye, et médecin de Guillaume III, tude et les soins de sa famille. Durant sa dernière roi d'Angleterre, naquit à Amsterdam le 12 mars maladie, il se fit transporter à Altembourg, où il 1669, et mourut à Leyde en avril 1713. Il occupait mourut le 5 avril 1770. Nous avons de lui plusieurs dans cette ville la chaire d'anatomie et de chirurgie. ouvrages : Institutions politiques , Liége, 1759-62, Ses Poésies hollandaises ont été publiées à Leyde en 3 vol. in-4, 1762, 4 vol. in-12, 1774, 3 vol. in-8, 1719. Parmi ses ouvrages, le plus estimé est son etc. «S'il n'en est pas le créateur (dit l'auteur de Anatomia humani corporis , in-fol., avec de très- » son éloge), il n'en est pas aussi le simple combelles figures de Lairesse, Amsterdam, 1653. Ce » pilateur. » On y trouve une description géogra
phique de l'Europe, mêlée de réflexions politiques: il est facile de voir en lisant les articles qui concernent l'Espagne, le Portugal, l'Italie , etc., qu'il écrit en bon protestant. On y lit des choses d'une fausseté évidente, que la passion seule lui a dictées. Par exemple, tom. 3, p. 16, il dit que les Juifs de Portugal que l'on y découvre sont brúlės , et que leurs biens confisqués passent à Rome. Sa haine contre le clergé catholique va jusqu'à exclure les évêques, ces pasteurs des peuples, des assemblées nalionales : opinion solidement réfutée par M. Necker, dans son traité de l'administration des Finances. « Dans les nations européennes, dit ce mi>>nistre, le clergé que les donations des souverains » et des peuples ont rendu propriétaire de grands v biens, et qui par là forme un corps de citoyens Đ. opulents et puissants, semble dès lors avoir un » droit acquis de parler ou de se faire représenter » dans les assemblées nationales. D'ailleurs, la » confiance des peuples les met à portée de voir de >> près leurs besoins et de reconnaître leurs væux. » Bielfeld convient cependant que Luther et surtout Calvin ont porté de trop fortes atteintes aux revenus et aux honneurs du clergé. On remarque aussi dans cet ouvrage des maximes qui flattent le despotisme, et qui ne peuvent que tendre à l'asservissement des nations. Progrès des Allemands dans les Belles-Lettres, 1732, réimprimé en 1768, 12 vol. in-8: mauvaise compilation, où le fanatisme protestant tient souFent lieu de critique. Si l'on devait juger des progrès des Allemands par la manière dont son livre est rédigé, il n'y aurait point de nation en Europe moins avancée. Amusements dramatiques, qui n'amusèrent que lui. Lettres familières qui furent un enfant de son loisir, mais un enfant gâté et beaucoup trop familier. Erudition universelle ; ce ne sont que des traits, l'ensemble manque. Une feuille périodique en allemand, intitulée l'Ermite, ouvrage qui s'est soutenu pendant trois ans. C'est beaucoup pour ce genre d'ouvrage qui n'a pas la vie longue quand il est faible. Un de ses intimes amis a lu son éloge dans une assemblée publique de l'académie de Berlin, en 1770 : on comprend bien que l'auteur et ses ouvrages n'y sont pas sévèrement jugés.
* BIELINSKI (Pierre), sénateur de Pologne, naquit en 1754. Au moment du partage de ce royaume, il était un des principaux dignitaires de l'état. Il avait, à plusieurs reprises, représenté ses concitoyens dans les diètes nationales, et fait partie de la commission des finances chargée de surveiller la perception des impôts. Toutefois l'élévation de Bielinski date plus particulièrement de l'année 1806. D'abord président du gouvernement insurrectionnel de Kalisch, il fut appelé, en 1807, à siéger dans la commission suprême du gouvernement , fut l'un des signataires de la constitution du grand-duché de Varsovie, donnée par Napoléon dans le cours de cette année, et désigné peu de temps après , avec deux de ses collègues, pour porter à l'empereur des Français, à Paris, l'hommage de la reconnaissance nationale. A son retour , il fut élevé à la dignité de sénateur palatin, et membre de la chambre haute, organisée selon la nouvelle charte par Frédéric-Auguste. Appelé, en 1827, à présider tempo
rairement le sénat, à l'occasion du procès intenté à l'Association patriotique polonaise, dévoilée à la suite de la célèbre conjuration russe de 1825, il amena la haute cour nationale, après une année de délibération, à prononcer à l'unanimité moins une voix, l'acquittement des accusés. Ce décret, dont la publication fut d'abord empêchée par une ordonnance ministérielle, fut plus tard sanctionné par le gouvernement. Bielinski mourut à Varsovie au mois de mars 1829.
* BIELKE (Nicolas, comte de), sénateur suédois, fut placé en 1782 à la tête du département des mines : il introduisit dans cette branche de l'industrie publique, des réformes utiles. Il donna naissance à une société qui exploita dès lors les riches et vastes carrières de porphyre, qui se trouvent dans le district d'Elfdal, en Dalécarlie. Il se retira des affaires pendant la diète orageuse de 1789 ; il mourut à la fin du siècle dernier. On a de lui un Discours sur Gustave ler et sur son règne , prononcé à l'académie de Stockholm, dont il était membre.
* BIELKE (le baron de), issu d'une des plus anciennes familles de la Suède, qui a donné des reines à ce pays, et allié à la maison royale de Wasa, s'est acquis par sa fin tragique une suneste célébrité. Le 17 mars 1792, ayant appris, dès le matin, l'issue de l'horrible attentat d'Ankarstroem (Voy. ce nom), il prit une forte dose d'arsenic, qui lui fit éprouver durant toute la journée les douleurs les plus aiguës. Il expira à six heures du soir, entouré des agents de la police qui cherchaient, mais inutilement, à lui arracher des aveux. Un prêtre, son ami de collége, essaya de le réconcilier avec le ciel, et lui offrit les consolations de la religion, mais il les repoussa constamment. Bielke était plus que sexagénaire. Son cadavre fut traîné sur la claie jusqu'au lieu du supplice des criminels.
BIELSKI (Martin), historien polonais du xvie siècle, a composé: Chronicon rerum Polonicarum ab origine gentis ad annum 1587, cum iconibus regum.
Son fils, Joachim Bielski, a écrit les Annales de Pologne, en polonais, et des Epigrammes, en latin.
BIENNÉ (Jean), célèbre imprimeur de Paris, fut l'émule des Morel et des Turnèbe, qu'il égala par la beauté de ses caractères, la correction de ses livres et la bonté des ouvrages qui sont sortis de ses presses. Maittaire ne l'a point oublié dans ses Vies des plus célèbres imprimeurs de Paris ; il prétend que ses impressions grecques et latines ne le cèdent point à celles d'aucun des meilleurs typographes. Voy. dans cet auteur le catalogue des éditions les plus renommées de Jean Bienné. Cet imprimeur mourut à Paris en 1588.
* BIERKANDER (Claude), pasteur à Grefback, en Westrogothie, né en 1735, mort en 1795, a publié dans les Mémoires de l'académie de Stockholm, dont il était membre, un grand nombre d'observations sur les insectes, dont il avait fait une étude particulière; il en a donné aussi plusieurs sur les végétaux , écrites en suédois : Sur la transpiration des plantes, année 1775, transpiration qu'il constata le premier ; Sur l'ustilago (ou la brúlure des végétaux), 1775; Sur les stations des plantes , 1776; De l'action et de l'effet du froid sur les végétaux, 1778;