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Nous suivons d'une part les cinq membres du comité chargé de décerner le prix, d'autre part différents auteurs, ainsi qu'un éditeur, susceptibles de recevoir la fameuse récompense : Katherine Burns, remarquable romancière et, par ailleurs, grande séductrice collectionneuse d'amants ; Sam Black, jeune écrivain très prometteur, amoureux éperdu de Katherine, esprit assez torturé, brillant et attachant ;Sonny, dignitaire indien, auteur d'un énorme ouvrage dont le couronnement ne fait aucun doute à ses yeux - sa tante, qui le rejoint en Angleterre, ayant rédigé quant à elle un modeste petit livre de cuisine ; Alan Oaks, éditeur - et actuel compagnon - de Katherine.
Présidé par Malcolm Craig, homme politique d'origine écossaise et député à Westminster, le comité comprend une ancienne employée au ministère des Affaires étrangères, une universitaire de Cambridge, une journaliste et un comédien de théâtre.
Le processus de sélection se déroule tant bien que mal, au fil de rebondissements et de péripéties pleines de suspense, jusqu'au grand dîner au cours duquel le nom du lauréat sera dévoilé.
Tout commence à déraper lorsque la vénérable maison d'édition Page and Turner envoie, par erreur, le livre de cuisine indienne à la place du roman de Katherine. Puis, l'annonce de la présélection suscite la fureur de Sonny, dont le " chef-d'oeuvre " a été dédaigné, et sa détermination à se venger d'une façon radicale... Son dépit est d'autant plus fort que, ô surprise, le livre de cuisine de sa tante figure parmi les ouvrages retenus ! Plus tard, la liste, réduite à six titres, est un nouveau sujet d'étonnement...
Les réunions et discussions du comité laissent entrevoir les affaires d'ego, les susceptibilités de chacun, les petits arrangements. Un scandale pourrait même éclater.
Le long chapitre qui clôt le roman réunit tous les protagonistes dans la salle de banquet pour le final, sommet de burlesque. Edward St-Aubyn nous offre un roman concis, enlevé, d'une cocasserie réjouissante.
Le comique de situation est présent, mais aussi le comique de langue. L'écriture est en effet très soignée, vive et légère à la fois. Beaucoup d'observations, d'éléments de description - des personnages en particulier - se distinguent par leur extrême drôlerie. En outre, nous voyons divers membres du comité, durant leurs travaux de préparation, lire des extraits des romans candidats au prix : c'est l'occasion de pastiches très réussis, dont on sent combien l'auteur s'est amusé à les écrire, pour notre plus grand régal. L'humour très fin, souvent caustique, n'est pas toujours dénué de compassion et de tendresse. Ainsi pouvons-nous nous sentir touchés par les personnages, leurs parcours aventureux, toujours fragiles.Sans s'appesantir, mais de façon bien réelle, l'auteur soulève les questions de la création littéraire, du talent et de la reconnaissance dans la société contemporaine occidentale. Il pose aussi, plus largement, un regard sur notre condition d'êtres humains.