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Diplomates malades à Cuba: des pesticides peut-être en cause
20.09.2019
Les mystérieux symptômes qui ont frappé des diplomates américains et canadiens à La Havane ont peut-être été causés par des agents neurotoxiques utilisés dans des pesticides, selon une nouvelle étude. Une cinquantaine de diplomates ont été affectés par le problème.
Ils ont souffert entre fin 2016 et 2018 de maux divers se manifestant notamment par de fortes migraines, des acouphènes, des troubles visuels et cognitifs ou des problèmes d'équilibre et de vertiges. Des membres de leur famille ont également été touchés par le phénomène, désigné comme "le syndrome de La Havane".
Ottawa et Washington n'ont jamais établi publiquement sa nature, ni confirmé qu'il pourrait s'agir d'énigmatiques "attaques acoustiques" ou de micro-ondes, comme la presse américaine s'en est fait l'écho, sans toutefois apporter aucune preuve. Cuba rejette toute responsabilité.
Intoxication à des organophosphates
A la demande du ministère canadien des affaires étrangères, une équipe du centre de traitement des lésions cérébrales de l'université Dalhousie a réalisé une étude clinique sur les 15 victimes canadiennes, présentée comme "la plus poussée" à ce jour par l'émission "Enquête" de Radio-Canada. Dans son étude, l'équipe multidisciplinaire composée de 26 chercheurs avance "l'hypothèse d'une exposition à faible dose à des neurotoxines".
Les résultats des examens, selon l'étude, "suggèrent fortement" une intoxication à des organophosphates, des molécules utilisées dans la fumigation des moustiques.
Selon Radio-Canada, M. Friedman a établi un "lien direct" entre l'apparition des premiers symptômes, en 2016 et 2017, et le lancement à cette époque par le gouvernement cubain d'"une vaste campagne de fumigation contre le virus Zika sur toute l'île, en particulier à La Havane". Des ambassades ont aussi mené leurs propres opérations de fumigation.
"Ces deux sources combinées ont certainement exposé les diplomates de manière excessive", conclut l'étude. Les diplomates testés présentaient notamment des traces de ces contaminants dans leur sang, parfois plusieurs mois après leur exposition.
Le dernier cas de Canadien affecté remonte à décembre 2018 et la police canadienne poursuit son enquête en collaboration avec les autorités cubaines.
ats, afp