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Dans un discours tenu il y a quelques jours à Collinsville (Illinois), le président américain George W. Bush vient de plaider en faveur du vote, dès cette année, d'une loi qui aurait pour objet de fixer un plafonnement des montants des dommages et intérêts accordés, dans le cadre de plaintes en justice pour erreurs médicales. Selon la Maison Blanche, les frais des actions en justice contre les entreprises sont aux Etats-Unis les plus élevés au monde. Ils contribuent à augmenter le coût des prestations médicales et leur nombre entrave le fonctionnement du système judiciaire.Le républicain Bush avait déjà demandé à plusieurs reprises, lors de son premier mandat, un plafonnement des dommages et intérêts mais n'a pas réussi à l'obtenir du Congrès. Réélu en novembre pour un second mandat de quatre ans, le président Bush espère profiter de la majorité plus importante de son parti au Congrès pour faire voter une telle loi. Il propose notamment un plafonnement à 250 000 dollars des dommages et intérêts qui peuvent être accordés. «Nous sommes ici pour parler des moyens de corriger un système défectueux», a-t-il déclaré à Collinsville, assurant que les Etats-Unis «avaient le meilleur système de santé au monde et devaient le conserver».Selon l'Agence France-Presse, George W. Bush avait choisi Collinsville parce que cette cité est dans une circonscription judiciaire connue pour accorder aux plaignants des dommages et intérêts particulièrement élevés.«Depuis que George W. Bush est arrivé au pouvoir, les primes d'assurance maladie pour une famille moyenne américaine ont augmenté de plus de 3500 dollars par an pour atteindre aujourd'hui 10 000 dollars, a affirmé Phil Singer, porte-parole du leader de l'opposition démocrate au Sénat Harry Reid. En dépit du fait que la loi qu'il demande ne fonctionnera pas et qu'elle suscite des oppositions au sein de son propre parti, Bush continue à plaider pour cette réforme inutile. Si le Congrès veut limiter la hausse des primes demandées aux médecins, il faudrait, dans un premier temps, introduire une véritable concurrence dans le secteur de l'assurance.» Pour sa part, le sénateur démocrate du Vermont Patrick Leahy a affirmé que «la proposition du président ne fait rien pour protéger les véritables victimes des erreurs médicales». «Un plafonnement à 250 000 dollars limiterait arbitrairement les victimes les plus vulnérables comme les femmes, les enfants et les personnes âgées qui n'ont pas de revenu et dépendent des dommages et intérêts pour vivre» a expliqué M. Leahy.