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La semaine dernière, les rendements des obligations d'État ont augmenté, les écarts de crédit des entreprises se sont creusés et les actions ont baissé dans le monde entier. En revanche, les prix de l'énergie et de l'or ont été positifs au cours de la semaine, en raison des tensions géopolitiques.
Parmi les principales données économiques publiées la semaine dernière, les bonnes données ont été considérées comme de mauvaises nouvelles par les investisseurs. En Chine, le plancher économique semble être en place; le produit intérieur brut (PIB) au troisième trimestre a dépassé les attentes, s’établissant à 4,9% par rapport aux 4,5% prévus. Dans le même temps, la production industrielle et les ventes au détail pour le mois de septembre ont également dépassé les prévisions. Le taux de chômage est tombé à 5,0%, son niveau le plus bas depuis près de deux ans. Toutefois, les investisseurs ont adopté un point de vue plus sombre, estimant que de nouvelles mesures de relance économique pourraient être retirées de la table avant qu’une reprise durable ne soit en place.
Au Royaume-Uni, les prix à la consommation sont restés inchangés en septembre, à 6,7%. L’inflation de base est tombée à 6,1%, mais est restée supérieure aux attentes du marché (6%). La crainte d’une hausse des prix de l’énergie et d’une inflation rigide en Europe a fait grimper les rendements des emprunts d’État. Aux États-Unis, les consommateurs ont continué à dépenser; en septembre, les ventes au détail (groupe contrôlé) ont pulvérisé les prévisions, augmentant de 0,6% contre une hausse attendue de 0,1%, et les demandes hebdomadaires initiales d’allocations de chômage sont tombées sous la barre des 200 000 pour la première fois depuis janvier. La réaction du marché a été baissière, concluant que la croissance supérieure à la tendance et le marché du travail tendu pourraient interrompre la tendance à la désinflation et forcer le FOMC (Federal Open Market Committee) à resserrer davantage la politique monétaire; le rendement du gouvernement américain à 10 ans s’est établi à 5%, soit 22 points de base de plus pour la semaine.
Cependant, le principal moteur du sentiment de la semaine dernière a été la géopolitique et l’incertitude qu’elle entraîne, les investisseurs s’efforçant de quantifier les risques et les bénéfices qui y sont associés. Les événements positifs de la semaine dernière sont venus de Pologne, le cinquième pays le plus peuplé de la région. Les élections législatives polonaises se sont soldées par la victoire du parti d’opposition modéré, la Coalition civique, dirigée par Donald Tusk. Cela prendra du temps, mais selon nous, le résultat devrait être une coalition de trois partis avec Donald Tusk comme Premier ministre. Nous pensons que ce nouveau gouvernement devrait marquer un retour à une position plus favorable à l’UE et à une résolution sur le retard de décaissement des fonds de relance post-pandémique de l’UE pour le pays. La semaine dernière, l’administration Biden a accepté d’alléger les sanctions américaines sur le secteur pétrolier vénézuélien en échange d’une élection présidentielle plus ouverte. Le Venezuela a besoin d’investissements importants pour restaurer sa production, mais en fin de compte, cela pourrait être un point de basculement dans les déséquilibres entre l’offre et la demande de pétrole sur le marché mondial. Parmi les points négatifs de la semaine, citons l’arrivée de Poutine à Pékin pour le Forum de la ceinture et de la route, et l’incapacité de nommer un président de la Chambre des représentants aux États-Unis, ce qui empêcherait l’adoption d’une loi avant le 17 novembre et risquerait d’entraîner une fermeture du gouvernement. Enfin, le principal facteur d’incertitude pour le monde à l’heure actuelle provient d’Israël.
Israël est un État souverain très solide, noté AA par S&P, qui a enregistré un excédent de sa balance courante au cours des 18 dernières années. Israël dispose d’actifs extérieurs nets représentant 30% du PIB et ses réserves de change couvrent 1,3 fois la dette extérieure totale (gouvernement et secteur privé). Selon nous, une crise souveraine est très peu probable. Les marchés s’interrogent sur les objectifs de l’administration israélienne et sur la manière dont la crise pourrait être contenue. Il est certain que les marchés seraient plus stables si le gouvernement ne précipitait pas une opération terrestre, arguant que le Hamas ne représente pas un risque existentiel. Dans ce scénario, les priorités seraient de sauver autant d’otages que possible, de détruire l’infrastructure militaire du Hamas, et éventuellement de remettre Gaza à une force arabe de maintien de la paix avant de rétablir l’Autorité palestinienne à Gaza.
Les risques d’escalade sont plus ou moins graves et pourraient avoir une portée et un impact très différents sur le marché. Il existe un potentiel de conflit accru en Cisjordanie ou avec les Arabes dans les communautés israéliennes; une plus grande implication de la région du Levant, principalement par le biais du Hezbollah qui accélère ses attaques au-delà des règles d’engagement tacites et des lignes rouges; une implication directe du Golfe persique par le biais d’attaques sur les actifs par les mandataires de l’Iran en Syrie et au Yémen; et le pire scénario, l’implication totale de l’Iran. Actuellement, les principaux acteurs semblent vouloir empêcher une escalade régionale, comme en témoignent le nombre d’administrations en visite en Israël, le soutien limité au Hamas dans la région et la rare rencontre entre les dirigeants de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis (EAU) vendredi. Toutefois, le coût des erreurs potentielles est impossible à mesurer, ce qui laisse les investisseurs dans l’incertitude.
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