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La persistance de courants de bise a apporté des températures glaciales, mais seulement ponctuellement des précipitations. Le transport de neige ancienne ainsi que la présence depuis longtemps de couches fragiles dans la partie supérieure du manteau neigeux ont entraîné une situation avalancheuse trompeuse avec divers déclenchements d’avalanches par des personnes (cf. galerie de photos) et malheureusement aussi deux morts.
Du vendredi 23 au mardi 27 février: Bise et froid sibérien
Avec la persistance de courants de bise souvent forts, la nébulosité sur le versant nord des Alpes, mais parfois aussi dans les vallées intra-alpines en dessous de 2000 à 2500 m était généralement comparable à du brouillard élevé (cf. photo 1). Alors qu’à partir du brouillard élevé il est tombé quelques centimètres de neige sur une grande partie du territoire, le temps était souvent ensoleillé au-dessus de ce brouillard. Dans le sud, et plus particulièrement dans le Sottoceneri, le ciel était souvent nuageux, mais ici aussi les quantités de précipitations étaient faibles. Ce n’était que depuis la région du Simplon jusque dans les vallées supérieures de la Viège qu’il est tombé un peu plus de neige avec une hauteur de 10 à 20 cm du vendredi jusqu’au samedi avant midi.
Après la douceur du samedi, la bise continentale a acheminé des masses d’air venant de Sibérie. Celles-ci ont apporté une vague de froid, courte mais marquée, avec, sur une grande partie du territoire, des températures à 2000 m aux alentours de -20 °C le lundi et le mardi (cf. figure 2).
Le mercredi, la bise soufflait toujours sur le Plateau central, tandis qu’en montagne le vent s’orientait au sud-ouest et que le foehn commençait à souffler progressivement dans les vallées du nord des Alpes. Il a persisté le jeudi et était fort. Jusqu’au moment de la clôture de la rédaction le jeudi après-midi, il était tombé de 10 à 20 cm de neige jusqu’à basse altitude dans le Jura, dans les Alpes vaudoises et fribourgeoises, dans l’ouest de l’Oberland bernois, dans le nord du Valais, dans l’ouest du Bas-Valais ainsi que dans la région de la Bernina, et localement jusqu’à 30 cm en Valais.
Au cours de cette période couverte par le rapport hebdomadaire, un danger d’avalanche „limité“ (degré 2) prévalait généralement et il fallait tenir compte des deux problèmes suivants en matière d’avalanches: „neige ancienne“ et „neige soufflée“. Ces deux problèmes étaient généralement présents simultanément, l’un ou l’autre constituant le danger principal selon la région ou le jour.
Les couches inférieures du manteau neigeux étaient bien consolidées et stables. Lors d’une phase de beau temps relativement longue au début de février, la surface neigeuse d’alors avait subi une métamorphose constructive à grains anguleux et était devenue meuble; elle était par ailleurs souvent couverte de givre. Ces couches défavorables ont été enneigées à partir du 11 février. Tant le givre de surface que les cristaux de neige ayant subi une métamorphose constructive à grains anguleux constituaient des couches fragiles à longue durée de vie. Celles-ci étaient effectivement parfois encore susceptibles de se décrocher au cours de la semaine actuelle analysée par le rapport hebdomadaire (cf. photo 1 et 1ère photo de la galerie de photos). Si, au cours de la période couverte par le dernier rapport hebdomadaire, des bruits sourds signalaient encore assez souvent le danger, ces signaux d’alarme n’étaient plus perceptibles que localement pendant la présente période examinée. Le danger était certes moins répandu que la semaine précédente, mais il était trompeur car à peine reconnaissable. Cette non-reconnaissance est tout aussi typique pour les problèmes liés à la neige ancienne que la plus grande fréquence des accidents par rapport aux autres types de dangers.
Alors que le long des Préalpes et dans le Jura, la bise soufflait longtemps, en altitude les directions des vents alternaient entre le nord-est et le sud-est. Au cours de la journée du mercredi 28 février, un vent de secteur sud-ouest et le foehn dans les vallées du nord ont commencé à souffler. En raison des rotations du vent, de la neige ancienne meuble était constamment déplacée dans les diverses régions. Les quantités de neige disponibles étaient généralement faibles, mais les accumulations de neige soufflée se déposaient parfois sur des surfaces défavorables de neige ancienne et étaient au début susceptibles de se décrocher (cf. photo 4). Trois situations ont également donné lieu à la formation d’accumulations de neige soufflée relativement importantes:
Même après 10 jours sans précipitations significatives, les hauteurs de neige étaient toujours supérieures aux valeurs moyennes sur une grande partie du territoire. Sur le versant nord des Alpes en dessous de 1500 m environ ainsi que dans l’extrême sud, elles correspondaient aux données moyennes. Le manteau neigeux renfermait encore les couches fragiles décrites précédemment, mais celles-ci ne pouvaient plus se décrocher que localement. La neige fraîche et la neige soufflée du jeudi s’étaient souvent déposées sur un important givre de surface (cf. photo 5) et, sur les pentes à l’ombre et abritées du vent, sur des couches meubles ayant subi une forte métamorphose constructive à grains anguleux (cf. galerie de photos). Le manteau neigeux renfermait ainsi à nouveau, comme c’était déjà le cas à la mi-février, des couches fragiles à longue durée de vie. L’évolution ultérieure sera décrite dans le prochain rapport hebdomadaire publié le vendredi soir 9 mars.
Au cours de cette période couverte par le rapport hebdomadaire, un total de 14 avalanches touchant des personnes a été signalé au SLF, la plupart survenant en Suisse romande (cf. figure 6). On déplore malheureusement trois accidents d’avalanche graves avec un total de quatre morts. Au cours de cet hiver, les avalanches ont ainsi déjà coûté la vie à 15 personnes, ce qui est plus élevé que la moyenne pluriannuelle de début de mars. La majorité des victimes étaient des randonneurs à ski (12), les autres étaient des freeriders. Plusieurs autres avalanches provoquées par des personnes ont également été enregistrées, mais le jeudi au moment de la clôture de la rédaction, on ne savait pas encore si des personnes avaient été touchées ou non.
Le samedi 24 février était particulièrement propice aux accidents. Il est possible que la douceur du temps ait légèrement accru le risque de déclenchement d’avalanches, mais il est certain que de nombreux randonneurs étaient de sortie ce jour-là. Statistiquement, il y a trois fois plus de randonneurs le week-end qu’en semaine, et par beau temps, trois fois plus que par mauvais temps. Un certain nombre d’avalanches ont été déclenchées en terrain extrêmement raide, mais il y en a eu également dans des pentes avec une déclivité inférieure à 40°. Le fait que les couches fragiles dans la neige ancienne étaient à peine reconnaissables compliquait encore la situation.
Evolution du danger
Bulletins d'avalanche de cette période.