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Les Abron sont un groupe de langue akan, venu du Ghana à la fin du XVIIe siècle. Ils s’établirent dans la ville koulango de Gontougou (aujourd’hui Bondoukou) et en firent la capitale du royaume de Gyaman, dont une partie se trouve en actuelle Côte d’Ivoire, et une autre partie, moins peuplée, au Ghana. Agriculteurs, et grands commerçants d’esclaves capturés dans les peuples de langue voltaïque voisins (Koulango, Lobi, Dagomba, etc.), les Abron, peu belliqueux, affrontèrent vers 1820 les souverains koulango de la puissante ville de Bouna, puis se virent attaqués par les Asante et enfin leur capitale fut presque détruite par le conquérant malinke Samory Touré, en 1896, malgré un traité de protectorat conclu en 1888 entre leur roi et les Français établis sur la côte.
Samory fut capturé en 1898, et la même année l’Angleterre accepta de reconnaître les droits de la France sur Bondoukou : les rois abron ne gardèrent qu’un pouvoir spirituel sur leur peuple. On retrouve chez celui-ci, comme dans les royaumes anyi au sud, l’organisation socio-religieuse propre aux groupes de langue akan. La filiation est matrilinéaire et le nouveau roi est choisi alternativement dans deux clans, par un conseil d’anciens.
Les objets rituels abron, insignes de pouvoir ou de statut social, sont presque tous fabriqués par les Asante du Ghana, tel le siège doré placé devant le défunt roi abron Nana Koffi Yeboua, évoquant le Siége d’Or massif bien connu qui symbolise la nation asante.
Lors de la « fête de l’igname » à la fin de l’été, les tabourets des ancêtres sont extraits de leur abri et aspergés du sang d’une chèvre sacrifiée. Cette opération donne à ces tabourets monoxyles une patine noire et croûteuse qui recouvre les meubles sacrés, n’appartenant jamais au type de chaise décrite ici.
Les deux groupes de l’Est de la Côte d’Ivoire, Abron et Anyi, organisés en royaumes sans autonomie politique, importent en masse les tissus, les bijoux en or et les sièges du Ghana. Quant à la ville de Bondoukou, c’est une véritable mosaïque ethnique formée de Dyula, Koulango, Ligbi, Nafana, Hwela, dont on retrouve les villages aux environs de la cité. Dans celle-ci, dominent les Abron, qui ont, jusqu’à aujourd’hui, bien résisté à l’islamisation facilitée par la conversion de la majorité des peuples mentionnés ci-dessus, et la prolifération des mosquées à Bondoukou.