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Le mois d’août est un mois parfois creux sur le plan des ressources pour l’abeille. Fini les floraisons abondantes. La température chaude de la dernière quinzaine de juillet et de la première quinzaine d’août a desséché les sols réduisant les productions de nectar.
La météo du mois
Chaleur et beau temps sont de mise jusqu’au milieu du mois. Vers le 15 août, il n’est pas rare que la pluie revienne. La sève remonte dans les feuille et la « poussée d’août » signe l’époque des greffes à l’œil dormant. Les fleurs apparaissent de nouveau dans les jardins, c’est en effet souvent à cette période que les semis d’annuelles donnent le mieux offrant des massifs bien fleuris. La durée de l’ensoleillement baisse cependant rapidement, le temps de collecte pour les butineuses donc de plus en plus court.
La vie de la colonie
Après le nourrissement massif de juillet, la colonie transforme le sirop en miel. Les abeilles absorbent du sirop dont elles régurgitent une partie après l'avoir concentré et lui avoir ajouté des enzymes. Cette régurgitation se fait en direction des autres abeilles, mais également dans une cellule surélevée où se trouve déjà du sirop concentré que les abeilles complètent peu à peu, jusqu'à obtenir un miel enrichi en enzymes. L'operculation intervient alors que la teneur en eau n'excède pas 18 %. La conservation est ainsi assurée.
Parallèlement, un espace de plus en plus grand se libère au sein du nid à couvain. Dans cette activité de concentration du sirop, la nourriture stimule en effet les glandes hypopharyngiennes, la gelée royale abonde, et la ponte de la reine reprend rapidement. Le couvain s’étale alors dans la colonie; la population, en chute depuis le mois de juillet, se stabilise. Elle remontera dans les semaines qui suivent avant de décroître en octobre. Le but de l’opération étant de garantir une très forte population de jeunes abeilles au début de l'automne.
Biologie de l'abeille
Cette activité de concentration du sirop est néfaste pour les abeilles qui en ont la charge. Leur tube digestif s'use en effet rapidement, avec une conséquence certaine sur la durée de vie de ces abeilles. En contrepartie, le couvain qui naîtra fin août et en septembre donnera des abeilles en bonne santé et qui le resteront, la plupart d’entre elles seront au repos. En effet, une fois les réserves engrangées, la colonie n'amasse plus et l'activité de la plupart des abeilles consiste alors uniquement à manger du pollen et à dévorer une partie du couvain ouvert, soit un apport massif de protéines, lipides et glucides, sources importantes de corps gras. Indispensables pour l'hivernage et la reprise de la ponte, ces corps gras s'épuisent cependant au cours de l’hivernage lorsque l'infestation en varroas et Nosema apis est trop élevée. Traiter en automne et en hiver pour assurer une alimentation enrichie en protéines est donc indispensable pour garantir la survie des jeunes abeilles. Dans le même temps, les glandes hypopharyngiennes des abeilles restent actives, leur vieillissement est stoppé et ces abeilles seront aptes à reprendre leur fonction de nourrices dès que le thermomètre remonte, en janvier ou en février. Quand l'hiver est doux, l‘activité des nourrices ne cesse d'ailleurs jamais vraiment, et elles entretiennent en permanence un petit couvain.
Hygiène et santé au rucher
Rien de particulier à faire en août, sinon effectuer le second traitement contre le varroa. Celui-ci doit être réalisé dans la seconde quinzaine du mois d'août (ou début septembre), avec de l’acide formique. Il existe pour cela des évaporateurs spéciaux, à manipuler en suivant soigneusement les indications d'emploi.
En l'absence de couvain, un troisième traitement à l'acide oxalique devra être fait en décembre ou janvier. Il convient de bien respecter les doses et les techniques de traitement, ces produits quels qu'ils soient, sont agressifs pour les abeilles et réduisten la durée de vie des reines.
Les travaux au rucher
Traiter contre le varroa
Vers la fin août au plus tard début septembre, le deuxième traîtement d'été s'impose. Il y'à plusieurs méthode pour le traitement avec de l'acide formique:
- Traitement par dégouttement
- Diffuseur Apidea
- Diffuseur Liebig
- Diffuseur Nassenheider
- Traîtement MAQS
Les soins du miel
La mise en pot du miel
Après avoir été filtré puis décanté, le miel est prêt à être mis en pot. N'hésitez pas à le mettre en valeur dans de jolis contenants, avec de belles étiquettes, qui viendront couronner une année de labeur ! Les mentions légales lors de la vente imposent selon l'Ordonnance sur les denrées alimentaires et les objets usuels (ODAlOUs). De tous les contenants, le verre à ma préférence. Sa transparence est parfaite, il est étanche et ne diffuse aucun produit étranger au miel. La couleur du miel y est bien visible et son goût demeure intact. Certes il vieillira, mais sans influence externe.
Le miel crémeux
Aujourd'hui les miels crémeux sont très prisés. Après cristallisation, les professionnels broient le miel à la machine. Mais l'amateur n'a guère d'autre choix que de laisser son miel cristalliser plus ou moins selon sa composition. Le froid accélère et accentue la cristallisation : certains miels, comme celui de l'acacia, ne cristallisent jamais, car leur teneur élevée en glucose les en empêche. D'autres, comme le miel de colza, sont mixtes en glucose/fructose et deviennent en moins d’une semaine dure comme du béton. Vous veillerez à ne pas laisser cristalliser votre miel dans le maturateur. L'usage obligatoire d'un défigeur altère le miel qui, dès 50 °C, se décompose. Il ne répond plus alors aux normes de commercialisation.
Réduire les colonnies
Dès que les abeilles ont suffisamment amassé de miel pour l'hiver, ouvrir les ruches et vérifier l'état des réserves. Enlever les cadres vides ou insuffisamment pleins. Ne conserver dans la ruche que ceux qui sont remplis au moins à moitié. Mettre une partition. Décaler la colonie vers la face la plus au soleil tôt le matin [elle peut être resserrée jusqu'à cinq cadres car, avec un couvain sur deux cadres et trois cadres de miel à cette époque, la colonie est pratiquement assurée de passer l'hiver]. Si la reine est de l'année, le démarrage en mars sera très certainement de qualité. Si la reine est vieille, vous aurez en revanche intérêt à la changer car elle risque d'être stérile l'année suivante.

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|Auteur:||Jean Riondet, L'apicultre mois par mois, Ulmer|