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Genolier est un village fascinant du pied du Jura, accessible par les quatre points cardinaux : du nord par la route de St-Cergue via Arzier-Le Muids, de l'est par la route de la Cézille en sortant de Begnins, du sud par la route de Duillier ou par celle de Coinsins, de l'ouest enfin par la route de Trélex.
Jugez plutôt... En arrivant de Gland, le promeneur chemine le long du Bois de Chênes et peut admirer sur sa gauche les vignes de Barin, berceau du cru local. Puis, il enjambe le ruisseau de Montant et, juste après le stand de tir, se retrouve au coeur du village, au pied de l'église romane et de son clocher, tous deux construits sur une butte qui cache au profane les trésors culinaires de la boucherie artisanale. C'est sur cette place que convergent nos quatre routes, qui semblent se disputer la priorité dans leur course vers la fontaine qui marque l'entrée chez les Pesants...
Un passage aux archives communales s'impose alors (les bureaux de l'administration, signalés par un drapeau communal aux "trois tilleuls" accompagné d'un drapeau vaudois et d'un drapeau suisse, surplombent la place...) pour y découvrir l'histoire du village : "1110, Genolliaci; 1162, Genollei; 1221, Genolie; peut-être dérivé du nom d'un gentilice romain".
Le décor, énigmatique, est planté... En fait, Genolier a vécu au gré des destinées du "comté des Equestres", comté qui fut aux époques mérovingienne et carolingienne rattaché à celui de Genève. Il réapparaît toutefois un peu plus tard comme identité administrative propre (durant le second royaume de Bourgogne; fin du VIe siècle).
La disparition de l'identité politique et administrative du "comté des Equestres" et la création d'une multitude de seigneuries locales n'empêcheront pas, durant encore de nombreux siècles, d'identifier cette région par cette appellation élégante dont la source remonte à l'époque romaine. C'est également durant cette période-charnière (entre la fin du premier et le début du second millénaire) qu'apparaît l'appellation "Vaud".
Lieu de découverte de plusieurs tombes burgondes (datant du Ve-VIe siècle, et mises à jour en 1898 et 1962), Genolier est mentionnée pour la première fois en 1110, lorsque l'évêque de Genève Guy confirme au monastère de St-Oyend (St-Claude en France), la possession de l'église. Ce prieuré, dont le monastère de Bonmont et la Chartreuse d'Oujon se partageaient et se disputaient âprement l'appartenance, s'appelait "Genolliaci". En 1214, la dîme est cédée au monastère voisin d'Oujon.
Gui de Mont, premier seigneur de Genolier, naît vers 1210; il est le petit-fils de Louis, seigneur de Mont, fondateur de la Chartreuse d'Oujon (sise dans la forêt qui surplombe le village d'Arzier, au nord de Genolier). Bien que les membres de la famille de Mont se soient alors approprié le titre de "seigneur de Genolier", ils n'en posséderont réellement que le coseigneuriage qu'ils devront partager avec les seigneurs de Prangins.
Depuis ces temps anciens, Genolier et ses habitants ont traversé les siècles avec force labeur. L'agriculture sera l'occupation essentielle, pour ne pas dire unique, de ce peuple de campagnards. On y cultive essentiellement la pomme de terre, le maïs et quelques fruits, ces mêmes produits que l'on retrouve régulièrement cités jusqu'au XIXe siècle. Par ailleurs, les denrées mentionnées dans les registres de redevances à percevoir sont le plus souvent le blé, l'orge, l'avoine et le seigle. Comme plantes industrielles, le chanvre et le lin y sont également enregistrés. La vigne prend aussi pied sur les bords du Léman, de même que l'élevage de porc qui est amplement facilité par la proximité du bois de Chênes et de ses innombrables glands ! C'est pourquoi les bacons ou morceaux de lard sont aussi souvent cités dans les comptes de redevances.
Quant à la source de Montant, il est certain qu'elle a, depuis la nuit des temps, joué un rôle prépondérant dans l'histoire de Genolier. Dès l'installation des premiers hommes sur ce site, cette source a été régulièrement utilisée pour l'alimentation en eau, puis pour les possibilités intéressantes, liées à la mécanisation, qu'elle pouvait offrir. Dès lors, différentes entreprises nées au fil de l'eau ont laissé au sein des archives communales et cantonales d'importants documents, très détaillés, qui permettent de retracer la vie quotidienne au village (voir à ce sujet les livres de Gilbert Rochat, Histoire de Genolier, 1973, et d'Eric Caboussat, Genolier au pays des tillots, 1997). C'est ainsi que les religieux d'Oujon ont établi à Montant un moulin, battoir et foule vers 1243. Un moulin est également reconnu à "La Raisse" en 1615, alors que "Le Martinet" est signalé pour son huilerie et sa forge.
Aujourd'hui, Genolier est un village prospère de près de 1700 habitants. Une trentaine d'entreprises des plus diverses ont élu domicile sur la commune, de même qu'une quinzaine de sociétés locales qui font vivre aux habitants des loisirs palpitants.
Genolier est aussi une commune en avance sur son temps : depuis des siècles, elle a compris que la force vient de l'union. C'est pourquoi elle s'est ralliée aux communes d'Arzier-Le Muids et de Gland pour l'exploitation de la source de Montant et la distribution de son eau. Grâce à cela, ces trois communes ont pu inaugurer en 2002 une nouvelle station de pompage ultramoderne, qui alimente en eau potable d'excellente qualité plus de 15'000 personnes de la région !
Dans le domaine scolaire, Genolier s'est jointe aux communes d'Arzier-Le Muids, Givrins, Trélex et Saint-Cergue, pour créer l'ESGE (Etablissement scolaire de Genolier et environs). Ce groupement rassemble plus de 1'000 élèves de tous âges, répartis sur les divers sites où ont été construits plusieurs bâtiments scolaires.
Le 3ème millénaire ? Il a vu se concrétiser un grand projet à Genolier : "le chauffage à distance à plaquettes forestières". En effet, la Municipalité élue pour la législation 2002-2006 a mis sur pied ce chauffage écologique pour alimenter les bâtiments communaux et des bâtiments privés. Genolier CàD est une société anonyme dont la commune est le principal actionnaire. La société dénombre 26 raccordements privés et 5 raccordements communaux.
Depuis 2008, les communes de Genolier, Trélex et Givrins ont fusionné les services de Défense contre l'incendie et de secours. La caserne des sapeurs-pompiers et le matériel sont regroupés à Genolier.
Durant cette même année, les communes de Genolier et Givrins ont constitué le "Groupement forestier de la Colline" dans le but de créer un centre de compétences pour les activités forestières et de gérer et exploiter rationnellement les forêts des deux communes.
Ces quelques lignes, nous l'espérons, inciteront tous les lecteurs et lectrices à prévoir une balade dans notre ravissante commune où nous nous ferons un plaisir de vous accueillir. Bien entendu, si vous désirez mieux faire connaissance avec nos autorités, le fonctionnement administratif ou la vie dans notre commune, faites un tour régulièrement sur notre site Internet officiel www.genolier.ch.
(Texte rédigé par Dominique Althaus, archiviste communale)
Dessin réalisé par Mme Sylvie Aubert van Binsbergen
Genolier, commune fleurie et accueillante qui aime à se laisser découvrir et ne craint pas de livrer ses secrets à tous ses visiteurs, vous souhaite la bienvenue...