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David L. (je tairais son nom pour éviter de gonfler encore son ego) est historien de formation, travaille "dans la communication" et habite à Vevey après avoir pas mal bourlingué. David L. aime la provocation parce qu'il a remarqué que c'est en en usant qu'il attire le plus l'attention sur sa personne. David L. s'exprime donc sur tout sans forcément s'y connaître, avec des arguments aussi pertinents que ceux du Café du Commerce. Et quand on tente de lui opposer des faits, des arguments, il s'en réjouit: si on l'attaque - et plus violemment on l'attaque - c'est donc, pense-t-il, qu'il a soulevé un lièvre et que c'est le signe qu'il est plus malin que les autres.
David L., donc, a décidé de s'en prendre au chasselas vaudois dans les colonnes du Régional. Pour cela, il coiffe d'abord la casquette du dégustateur, affirmant: "C'est une piquette qu'on siffle à l'apéro ou autour d'une fondue. Quelle que soit l'étiquette, un chasselas sera de toute façon acide, sans saveur et il fera mal à la tête." Magnifiques poncifs, attaques comme on en faisait il y a trente ans dans certains milieux qui se la pétaient grave. Mais il ne sert à rien d'argumenter avec lui, David L. n'est jamais au bout de ses incohérences puisque dans une réponse à Denis Martin, il n'hésite pas à lui conseiller le chasselas de la Maison-Carrée: "Voilà ce qu'on peut faire lorsqu'on limite fortement la production et qu'on vinifie correctement ce cépage." Oui, David L. est aussi expert en vinification et personne, ici, ne sait vinifier le chasselas.
Ce grand spécialiste poursuit: "Il est évident que ce n'est pas avec ce cépage qu'on produit un grand millésime, de ceux dont notre région devrait s'enorgueillir." Pour lui, l'avenir passe par la culture d'autres cépages et surtout des rouges. Oui, David L. s'y connaît aussi en économie (il s'y connaît aussi en politique, en affaires étrangères et tant d'autres choses).
Je vais donc rejoindre le clan de ceux qui n'ont rien compris, selon lui, de ceux qui font de la défense de la corporation au mépris de toute logique en rapportant une petite anecdote. L'Office des vins vaudois avait invité quelques grands sommeliers français à visiter des caves du canton pendant deux jours. Ils avaient eu droit à des très beaux rouges, à des spécialités blanches et à une verticale du Château de Vinzel, un de ces domaines qui font encore du chasselas... Quand j'ai demandé à ces sommeliers ce qu'ils avaient retenu de ces deux jours en terre vaudoise, ils m'avaient dit, unanimes: "Ils sont très sympas, vos rouges, mais il y en a partout dans le monde, des rouges comme cela. Vos vieux chasselas, eux, c'est une merveille, un trésor national. Ne jetez pas ces tout grands vins." Bien sûr, David L. pensera qu'ils s'y connaissent moins que lui, puisqu'ils ne sont pas d'accord avec ses fadaises.