Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06965.jsonl.gz/985

nº 211
Au début du 17e siècle, le village de Villnachern fut ravagé par un incendie. C’est probablement lors de sa reconstruction que cette petite maison a vu le jour. Elle présente certaines similitudes avec les premières «carrées» caractéristiques de la fin de la période gothique, dont on ne trouve plus que de rares vestiges.
Villnachern est situé sur les contreforts du Jura. Autrefois, on y pratiquait surtout la viticulture, mais le phylloxéra, qui fit son apparition au début du 20e siècle, anéantit les vignes, forçant les paysans à se reconvertir dans la culture fruitière. Dans cette région, toutefois, les trains de campagne étaient modestes et les habitants exerçaient parallèlement d’autres métiers, notamment le tissage et la cordonnerie. Cette coexistence de l’agriculture et de l’artisanat a donné naissance à une structure sociale spécifique – caractérisée par l’existence de petits paysans et de petits artisans – qui s’est maintenue jusque dans l’après-guerre.
Mais Villnachern était également connu pour ses carrières de pierre calcaire du Jura. La maison présentée est d’ailleurs entièrement construite dans ce matériau. Elle a probablement été érigée lors de la reconstruction du village dont vingt-quatre bâtiments ont été détruits par un violent incendie au cours de l’été 1633. Le style de bâtiment laisse deviner l’aisance de son premier propriétaire. Une construction en maçonnerie, située un peu à l’écart, offrait certes une meilleure protection contre les incendies et le vol mais coûtait sensiblement plus cher.
D’après les sources disponibles, cette maison était habitée par deux familles en 1850. A cette époque, treize personnes étaient logées dans des pièces aux dimensions parcimonieuses. De 1866 à 1897, le bâtiment fut partagé entre deux propriétaires sous un régime de propriété par étage.
La chapellerie installée au rez-de-chaussée n’est autre que l’atelier de Hans Isler-Räber (1908– 1997), de Wohlen AG, où il confectionna jusqu’à sa mort des chapeaux en feutre, paille ou autres matériaux tressés. D’origine, la machine à vapeur a été restaurée et peut parfaitement fonctionner.