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Critique
On a pu dire naguère que, en l’absence d’histoire ancienne (merci pour les civilisations précolombiennes...), le cinéma étasunien avait puisé dans l’Ouest lointain pour en tirer le western. Ce filon étant plus ou moins épuisé - ou exploité d’une manière différente -, on dirait que les comics ont pris le relais, avec leurs super-héros au service d’un certain rêve américain.
Après 300, péplum consacré aux Spartiates se sacrifiant aux Thermopyles contre les Mèdes, Zack Snyder s’est attaqué à l’adaptation d’un autre roman graphique, The Watchmen (Les Gardiens) d’Alan Moore et Dave Gibbons, qui nous transporte aux Etats-Unis de 1985, sur fond de guerre froide. Une horloge (watch...) indiquant minuit moins cinq symbolise la menace d’un conflit nucléaire entre les blocs de l’est et de l’ouest. Rorschach (la cagoule dissimulant son visage se couvre de taches variables évoquant les fameux tests), justicier, découvre un complot destiné à éliminer un groupe de super-héros.
Quelques brèves séquences mises à part, le résultat de l’adaptation est plutôt lourd et indigeste, sans parler de la durée inutilement excessive du film. Malgré des clins d’œil furtifs (Warhol, Nixon, Kissinger...), le spectateur ne récolte ni leçon d’histoire ni divertissement. Il pourra se rabattre sur la bande sonore, florilège de musiques et de chansons éclectiques.
Daniel Grivel