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Bunker identitaire
La logique identitaire, née au XIXe siècle, a constamment alimenté les discours nationalistes. Aujourd'hui la création d'un "ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale", alimente à l'évidence les préjugés négatifs à l'égard des immigrés. L'historien Gérard Noiriel fait partie du groupe des huit historiens qui ont aussitôt démissionné de la Cité nationale de l'histoire de l'immigration pour protester contre la création d'un ministère avec un tel intitulé. Dans deux livres récents, A quoi sert l'identité nationale? (Agone, 2007) et Racisme: la responsabilité des élites (Textuel, 2007), il montre qu'avec ce geste symbolique Sarkozy s'inscrit clairement dans le sillage nationaliste et xénophobe d'un Le Pen qui a popularisé, dans l'espace public, l'expression "identité nationale" pour stigmatiser les immigrés. Plus largement il souligne la responsabilité des professionnels de la parole publique, intellectuels, journalistes et hommes politiques dans la persistance, voire le développement, du racisme en France.
Le nationalisme et la logique identitaire a également prévalu lors des dernières élections confédérales en Suisse. L'affiche de campagne de l'Union démocratique du centre représentait trois moutons blancs poussant vers la sortie un mouton noir. Le leader de ce parti, le très charismatique et richissime homme d'affaire Christoph Blocher a fait campagne sur les thèmes de l'immigration, du libéralisme économique et du refus d'intégrer l'Union européenne. Il en est sorti grand vainqueur avec près de 30% des voix. Un ouvrage très complet, L'Union démocratique du centre: un parti, son action, ses soutiens, publié en 2007 par les éditions Antipodes sous la direction d'Oscar Mazzoleni, Philippe Gottraux et Cécile Péchu permet non seulement de situer l'UDC et le blochérisme dans leur impact sur la vie politique suisse mais aussi de mieux cerner tout ce qui rapproche un Blocher d'un Berlusconi ou d'un Sarkozy. Le même éditeur de Lausanne avait publié en 2004 une belle synthèse de Gérald et Sylvia Arlettaz consacrée aux politiques suisses en matière d'immigration et de naturalisation durant la période qui va du milieu du XIXe siècle à 1933: La Suisse et les étrangers. Comme en France, l'immigration et la présence étrangères constituent en effet un fait qui a pris de l'ampleur dès la seconde moitié du XIXe siècle. La politique migratoire des autorités sui