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Bien que le dépistage basé sur les soins de premier recours, l’intervention brève, et les consultations spécialisées pour le traitement de la consommation nocive d’alcool aient augmenté, des questions persistent concernant l’efficacité de leur mise en œuvre. Dans cette étude rétrospective, les soignants des hôpitaux des vétérans de l’armée américaine étaient incités électroniquement à référer leurs patients vers un programme de thérapie comportementale, un service d’addictologie ou service d’urgence dans le cas où ces derniers présentaient un score positif dans l’une des situations suivantes : un score de > 5 au questionnaire AUDIT-C1 concernant l’usage nocif d’alcool pour la santé, un score de > 3 au questionnaire PHQ-22 évaluant la dépression, un score de > 3 au questionnaire PC-PTSD3 recherchant un syndrome de stress post-traumatique. Les consultations de patients auprès de 77 médecins de premier recours, d’infirmiers praticiens et d’auxiliaires de santé (physician assistant) pendant deux ans ont été évaluées dans l’étude.
Le dépistage a identifié 4690 patients avec des scores positifs pour l’AUDIT-C, 2772 patients avec des scores positifs pour le PHQ-2, et 1590 patients avec des scores positifs pour le PC-PTSD.
Les taux de demandes de consultations spécialisées sont de 15% pour la consommation nocive d’alcool pour la santé, de 61% pour la dépression et de 74% pour le syndrome de stress post-traumatique.
Après ajustement statistique selon les cliniciens, les patients avec un dépistage positif aux questionnaires PHQ-2 ou PC-PTSD ont 10 à 19 fois plus de probabilités respectivement d’être référés pour un traitement spécialisé que les patients avec un dépistage positif au questionnaire AUDIT-C.
Commentaires : cette étude n’a pas évalué si les soignants ont effectué une intervention brève pour les patients ayant un dépistage positif pour la consommation nocive d’alcool pour la santé. Etant donné qu’il n’y a pas d’intervention brève pour la dépression ou le syndrome de stress post-traumatique, l’étude peut avoir sous-estimé la réponse des cliniciens au dépistage positif de la consommation élevée d’alcool pour la santé. Néanmoins, la grande différence observée dans les taux de demandes de consultations spécialisées suggère que, malheureusement, effectuer un dépistage de la consommation d’alcool nocive pour la santé ne mène pas nécessairement à une prise en charge optimale.