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Des parents, grands-parents, enfants, membres d'associations de parents de toute la Suisse romande ont manifesté à Sion le 6 décembre 2018, dans le désir de promouvoir la coparentalité, c'est-à-dire la valorisation des rôles de chacun des parents, qu'on soit mariés ou non.
Un enfant a droit à des contacts avec ses deux parents et chaque parent a droit à des contacts suivis et suffisants avec ses enfants, ce hors de situations d'abus avéré, bien sûr.
En cas de suspicion d'abus, signalé, en général, par l'autre parent, il faut impérativement que le processus aboutisse à une procédure pénale. C'est ce que le code pénal suisse ordonne, en cas de voies de fait (coups) répétés sur un enfant ainsi qu'en cas d'abus sexuel sur mineurs, sans que quiconque ait besoin de porter plainte. Il suffit qu'une instance judiciaire soit informée et le processus s'enclenche. A ce moment-là, pour entendre l'enfant, ce qui est absolument indispensable, un protocole est prévu, avec recours à des professionnels (policiers et/ou psychologues, en général) spécialement formés. Inciter l'enfant à parler, l'écouter de manière non protocolée, comme c'est régulièrement fait actuellement, est à haut risque de contaminer le récit de l'enfant, par des suggestions volontaires ou involontaires, qui résultent de ce que la personne qui écoute s'attend à entendre.
Assistant social, médiateur, enseignant, éducateur social et même pédiatre ou psychothérapeute ne sont pas à même de recueillir un récit de l'enfant qui soit crédible et procéder ainsi viole purement et simplement la loi, sans que quiconque semble s'en offusquer.
Le fait de procéder comme on le devrait, c'est-à-dire avec la mise en route d'une procédure pénale, dissuaderait, je pense, les auteurs de dénonciations calomnieuses, vu l'ampleur possible de la suite prévue pour de tels signalements. Le récit d'un enfant doit alors être filmé et enregistré et, si ça semble bien lourd comme manière de faire, une situation d'abus ou une situation de signalement d'un abus qui n'a pas eu lieu est, en réalité, ce qui est réellement lourd et qui nécessite absolument une manière de faire adéquate.
Une formation en recueil de parole de l'enfant, telle que celle que je suis actuellement et qui est notamment proposée par la hets Genève, devrait être rendue obligatoire pour toute personne amenée à écouter la parole de l'enfant.
Il faut se donner les moyens nécessaires pour faire baisser le nombre d'accusations mensongères, résultant parfois de craintes démesurées d'un des deux parents, qui débouchent sur des situations catastrophiques d'exclusion parentale. Augmenter le nombre de structures qui permettent des visites médiatisées, en présence de personnel formé, capable d'aider une conservation du lien parent-enfant, me semble également indispensable. Points rencontres, intervenants divers qui se rendent à domicile, les mesures prises dans ce sens, hors preuve tangible d'abus, devraient être instaurées de suite pour éviter la maltraitance qui consiste à priver un enfant de contact avec son parent.
Nos procédures actuelles ne sont pas acceptables. A Sion, nous étions 40 pour en témoigner.