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Retenir uniquement de la Suisse qu’elle a été «conservatrice», en n’accordant qu’en 1971 le droit de vote et d’éligibilité aux femmes à l’échelle nationale, alors que la plupart des Etats d’Europe et du monde avaient déjà fait ce grand pas vers l’égalité des sexes, c’est oublier que durant la seconde moitié du XIXe siècle, notre pays a été à l’avant-garde du féminisme. Dès les années 1860, des Suissesses courageuses et déterminées – trop souvent oubliées des livres d’histoire – ont milité pour l’émancipation de la femme. La flamme a été allumée par Marie Goegg-Pouchoulin, une Genevoise issue d’une famille d’horlogers d’origine huguenote, qui était en contact avec des réfugiés politiques et dont le second mari, Amand Goegg, avait participé à l’insurrection badoise. C’est elle qui a fondé, en 1868, le premier mouvement féministe en Suisse, l’Association internationale des femmes, comme le rappelle Susanna Woodtli dans l’ouvrage «Du féminisme à l’égalité politique».
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