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Les "lettres de lecteurs," publiées dans le Migros Magazine (no. 31, 28.7.08, p.7), ont répondu à ma question, en quelque sorte. |
Pourquoi, la Migros, publie-t-elle les propos de Jaques Lévy, qui contiennent presque toutes les erreurs que les professionnels climatologues ne cessent pas à refouler.
|Tout au début de l'entretien, Jaques Lévy avoue qu'il n'est pas spécialiste. Pourquoi alors, ses opinions paraissent-elles néanmoins dans le Migros Magazine, lui donnant ainsi un air d'autorité? La journaliste aurait dû être beaucoup moins timide avec ses questions justifiées. Elle était en bonne route. Patricia Brambilla aurait facilement pu trouver un scientifique pour balancer. Quand on n'est pas spécialiste, les questions appropriées sont dès fois difficiles.||
"Et si l'activité humaine n'était pas la cause du changement du climat? Voix dissidente dans le consensus ambiant, Jacques Lévy, géographe à l'EPFL, bouscule les affirmations simplistes. Et déjoue les trompe-l'oeil de l'écologie. "

[sous-titre de l'entretien.]

La réalité environnementale est trop menaçante. Un consommateur docile ne doit pas être dérangé pas des soucis. La Migros a trois articles bio dans l'assortiment. La Coop en a cinq et demi. Ca suffit pour flatter l'image d'une entreprise responsable. Oui, on réduit la consommation d'énergie au maximum. Bien sûr, parce que ça minimise les coûts d'exploitation. A part de ça, ces magasins poussent la consommation, en conflit avec les nécessités écologiques.

La Migros en fait preuve dans son Magazine numéro 32/2008 du 4 août (page 6 et page 7). Maintenant il attribue deux pages aux lettres de lecteurs/lectrices. Nous citons des sept lettres publiées sur Jaques Lévy:
La Migros en a pas assez. Ou bien, il y a beaucoup de lettres qui confirment les notions de Jacques Lévy. Le 11 août, dans le numéro 33/2003, une lettre de Madame Annie Faure est publié, coupée de sorte que ses paroles deviennent incompréhensibles pour moi:
Les erreurs dans les propos de Jacques Lévy et dans les deux lettres sont les suivantes:
(1) M. Lévy: "Comme on ne sait pas tout, que fait-on avec ce qu'on ne sait pas? Le risque est de transformer un peu trop vite les incertitudes en certitudes."
ecoglobe: Non. Au contraire. On ne fait rien de vraiment conséquent. Fait est que l'on n'applique pas le principe de la précaution, qui veut que l'on soit prudent et que l'on prend des mesures. On sait assez.
Ces deux faits, investigués et confirmés par des milliers de scientifiques de Panel Intergouvernemental pour le Changement de Climat (IPCC) suffissent déjà pour rendre les autres propos philosophiques de Jacques Lévy non-valable.
(2) M. Lévy: "Le climat n'a pas arrêté de changer!"
ecoglobe: Fausse comparaison. Les changements si vites, dans quelques dizaines d'années, n'ont jaFsemment mais été trouvés.
(3) M. Lévy: "effets cosmiques"
ecoglobe: Il ne s'agit que d'une théorie déjà refoulé.
(4) M. Lévy: "... l'action humaine ... est assez faible."
ecoglobe: Non. Notre influence est suffisamment grande.
(5) M. Lévy: "...les gaz à effet de serre, seuls 15% sont dus à l'activité humaine,...."
ecoglobe: Fausse comparaison. Pour le changement climatique, seulement les émissions d'origine humaine sont considérées.
(6) M. Lévy: "Une théorie alternative avance en effet que l'augmentation des gaz à effet de serre serait non pas l'origine mais la conséquence du réchauffement, ce qu'on observe d'ailleurs actuellement dans la zone arctique."
ecoglobe: Confusion de faits. Les émissions originaires d'activités humaines (dioxide de carbure, méthane, CFC et autres) ne peuvent pas être comparées avec l'effet secondaire et très inquiétant des émissions de méthane dans les toundras arctiques, à cause du changement climatique.
(7) M. Lévy: "... distinguer un problème sérieux d'une catastrophe. ... des conséquences positives ..."
ecoglobe: Non. Il n'y a pas de positif dans un changement de climat si abrupt. Ni la nature ni l'homme n'aurait la possibilité de s'adapter. C'est une grosse erreur de penser que les conséquences se présentent surtout pour les pays pauvres. La disparition des glaciers et du permafrost dans les Alpes rendra la vie normale impossible chez nous.
(8) M. Lévy: "... la disparition, inquiétante, de l'ours blanc, elle ne doit pas masquer d'autres effets positifs, puisqu'un certain nombre des terres des hautes latitudes pourraient être mises en culture."
ecoglobe: "Inquiétante". Non, c'est un aspect très visible de la catastrophe de la réduction de la biodiversité. Les régions arctiques, les toundras se convertissent dans des morasses et producteurs secondaires des gaz à effet de serre. Et même si - est-ce que ça peut compenser les inondations dans les Alpes ou les sécheresses en Australie, par exemple?
(9) M. Lévy: "Je constate seulement que tous les climatologues ne sont pas d'accord."
ecoglobe: Sur les milliers de climatologues et scientifiques qui sont d'accord, basés sur des arguments sérieux, ils existent quelques-uns hors de l'IPCC qui sèment des doutes. Mais il faut toujours regarder leurs arguments en détail, avant que l'on les cite.
(10) M. Lévy: "... parmi les climatologues ... Peut-être ... les acteurs scientifiques ... leur idéologie, qui fait que probablement les visions néo-naturalistes et anti-humanistes sont plus fortes dans ce milieu. ... mouvement politique ... militants ..."
ecoglobe: Est-ce que ça veut dire que Jacques Lévy est "pro-humaniste" quand il doute avec des arguments fautifs les résultats de recherches de milliers de scientifiques? Jacques Lé voit la science par ses lunettes politiques et il ne réussit pas à séparer son idéologie des faits scientifique, il paraît.
(11) M. Lévy: "La nature n'a aucun point de vue sur nos moeurs."
ecoglobe: Correct! Sauf que Jacques Lévy tourne cet argument dans le mauvais sens. La nature ne s'intéresse pas du tout de son désir de voyager en voiture ou en avion pour rencontrer des autres gens ailleurs dans notre monde. La nature ne connaît que les effets néfastes de notre sur-exploitation et sur-population, dont le changement climatique n'est qu'un part important.
(12) M. Lévy: "... produire sans détruire ... la consommation mondiale de produits de la mer obtenus par l'aquaculture dépasse celle qui provient de la prédation par la pêche: c'est une bonne nouvelle!"
ecoglobe: L'homme ne produit rien. Il ne convertit que ce qu'il trouve dans la nature. En faisant ça, il détruit et pollue. Est-il vraiment bien et durable d'élever les poissons dans l'aquaculture?
(13) M. Lévy: "...arranger la réalité ... culpabilisation. Nicolas Hulot est ambigu, il veut faire passer un message de décroissance sous couvert de protection de l'environnement."
ecoglobe: Bien s&ucedil;r. L'home est en effet coupable. Pourquoi nier ça? Notre sociétété surexploite les ressources non-renouvelables outre mesure. Il n'y a pas d'autre possibilité de correction que de réduire notre poids, c'est à dire notre style de vie moderne. Nicolas Hulot a tout à fait raison.
(14) M. Lévy: "Les seules vraies limites sont celles de notre intelligence! ... l'hydrogène ..."
ecoglobe: Jacques Lévy se trompe énormément. L'intelligence ne pourra jamais remettre en vie les espèces, y-compris l'ours blanc, qui disparaissent à cause de notre surpoids sur la nature. L'efficacité matérielle connaît aussi des limites et ne pourra pas compenser la croissance de notre consommation par personne et de la population. L'hydrogène n'est pas de l'énergie. Ce n'est qu'un porteur d'énergie solaire. L'électricité ne pourra pas remplacer le pétrole et ses 1001 applications techniques.
Jouer la carte "intelligence" veut dire que l'on compte sur des solutions technologiques encore à découvrir au lieu et en place de prendre action maintenant.
(16) M. Lévy: ".... efficacité ..."
ecoglobe: Oui! Mais dans un autre sens. Etre satisfait et heureux sur tout un autre niveau de consommation de ressources. C'est tout à fait possible et nécessaire, si nous voulons survivre la fin de l'ère de pétrole.
(17) M. Peter König: "L'axe de la terre ..."
ecoglobe: Ca n'a rien à faire avec le changement climatique causé par nos émissions de gaz à effet de serre. Applaudir les onions (sorry: opinions) de Jaques Lévy veut dire qu'il n'est pas assez formé en sciences.
(18) Philippe Cordonnier: "... idéologie alarmiste ... scientifiques réaliste ..."
ecoglobe: Il faut mieux que ce Monsieur réfléchit encore un peu sur la validité des arguments.
Comparez aussi

«Mercy Jacques Lévy»"Quel bonheur de faire la connaissance du professeur Jacques Lévy! Enfin des propos pleins de bon sens! Merci.
L’«écologie» est un créneau qui a été infiltré subrepticement par l’idéologie dominante.
Pour le Genevois un peu curieux, il est facile de vérifier qu’une carapace de glace de 1000m recouvrait son joli bassin il y a quelques milliers d’années. S’il monte au Salève, il y trouvera des fossiles qui prouvent que dans un passé un peu plus lointain, Genève était tropicale.
L’axe de la Terre n’étant pas stable, il suffit d’une légère modification de l’inclinaison (1 ou 2 degrés) pour créer de fortes variations de températures.
La nature n’est ni bonne ni mauvaise. Elle mérite notre respect au même titre que tout ce qui a été créé pour nous rendre la vie agréable. Les Romains disaient «uti, non abuti» (utiliser oui, mais non pas abuser). Un regret cependant: les vacanciers n’entendront pas parler de Jacques Lévy, dommage!"
Peter König, par e-mail

«Des scientifiques réalistes»"Je vous félicite d’avoir le courage d’aller à contre-courant de l’idéologie alarmiste des écologistes relayée par le monde médiatique populiste qui prend le citoyen pour un ignorant à qui l’on doit faire croire n’importe quelle contre-vérité.
Vous avez raison de donner la parole à ces scientifiques réalistes qui sont trop modestes pour se mettre en avant et défendre à visage ouvert leurs idées et leurs conclusions. (...)" Philippe Cordonier (Union pétrolière), par e-mail
La rédaction du Mgros Magazine a abrégé cette lettre, malheureusement. Nous n'écrivons guère aux journaux parce que nous ne voulons pas risquer qu'ils coupent l'essentiel de notre lettre.

Jacques Lévy, Bio expressGéographe, professeur à l'EPFL, Jacques Lévy, né en 1952 dans la capitale française, successivement chercheur au CNRS et professeur à l'Université de Reims, a enseigné dans plusieurs métropoles, de Naples à New York, en passant par São Paulo et Sydney. Infatigable arpenteur de la planète, ce chercheur en sciences sociales a publié d'innombrables articles et ouvrages dont un volumineux "Dictionnaire de la géographie et espace des sociétés" (Belin, 2003), qu'il a codirigé avec quelque 110 auteurs. Dernière parution en date, "L'invention du monde" (Presses de Sciences Po, 2008). Ce livre collectif fait le tour de la mondialisation sous ses aspects les plus divers, dans un esprit sérieux et libre qui a le mérite de mettre le doigt sur les failles des raisonnements conformistes.
M. Lévy: Je ne suis pas du tout compétent, voilà ma réponse! (rires) Parce que c'est un problème de climatologie. En tant que géographe, je constate que la question climatique est devenue un grand enjeu politique et que les chercheurs sont convoqués pour proposer des expertises. Du coup, ils deviennent des participants essentiels du débat politique. D'où le problème d'un changement de rôle. Comme on ne sait pas tout, que fait-on avec ce qu'on ne sait pas? Le risque est de transformer un peu trop vite les incertitudes en certitudes.
Mais le climat se dérègle-t-il ou non?
Beaucoup de chercheurs s'accordent à dire qu'il y a réchauffement, mais son ampleur et ses causes restent discutées. Cela dit, on a parfois l'impression que l'on se réfère à un ordre climatique qui aurait existé et qui serait mis en cause par l'action humaine. Mais il n'y a pas d'ordre climatique. Le climat n'a pas arrêté de changer! " On a observé des cycles de périodes variables, dont un de 100 000 à 150 000 ans, d'autres changements sont liés à des cycles plus courts qu'on ne connaît pas parfaitement. Si on se limite aux seuls aspects cosmiques, comme le changement du rayonnement solaire, on est loin d'avoir tout compris. L'homme agit sur le climat, c'est incontestable, mais la question est de savoir dans quel ordre de grandeur. Le temps où nous pouvions nous imaginer "seigneur et maître" du monde bio-physique est révolu: nous avons pris conscience de notre responsabilité vis-à-vis de la nature. Mais cela ne veut pas dire que nous sommes déjoue les trompe-l'oeil de l'écologie. sommes tout-puissants, que ce soit en matière d'action ou de connaissances.
Donc oui, la température augmente, mais ce ne serait pas la faute de l'homme…
Attention, cela ne veut pas dire que l'action humaine n'est pas importante, croissante et préoccupante! Mais à l'échelle de l'histoire du monde physique, elle est assez faible. Concernant les gaz à effet de serre, seuls 15% sont dus à l'activité humaine, le reste provenant d'éléments naturels, à commencer par l'eau qui représente plus de 50% de la production. " Ensuite, ce n'est pas parce que les températures et les émanations de CO2 ont augmenté en même temps que l'explication va de soi. La corrélation observée peut aussi amener à inverser la cause et l'effet. Une théorie alternative avance en effet que l'augmentation des gaz à effet de serre serait non pas l'origine mais la conséquence du réchauffement, ce qu'on observe d'ailleurs actuellement dans la zone arctique.
Iconoclaste, vous parlez aussi des bienfaits du réchauffement…
Je ne nie pas qu'en cas de réchauffement, il y aurait des coûts d'adaptation qui, pour les pays les plus pauvres, pourraient être terriblement lourds. Cela dit, tout en étant lucide et vigilant, il faut aussi être capable de distinguer un problème sérieux d'une catastrophe. En Suisse, les sports d'hiver en prendraient un coup, c'est sûr, mais le tourisme estival serait facilité, la vigne pourrait progresser en altitude. Le réchauffement entraînant aussi une augmentation de la pluviosité, le renforcement du couple chaleur précipitations pourrait avoir des conséquences positives sur l'agriculture.
Et à l'échelle mondiale?
On pourrait assister à des processus de désertification, avec notamment une remontée de l'aridité vers la Méditerranée et une augmentation préoccupante du niveau des océans. Quant à la disparition, inquiétante, de l'ours blanc, elle ne doit pas masquer d'autres effets positifs, puisqu'un certain nombre des terres des hautes latitudes pourraient être mises en culture. Encore une fois, le bilan est contrasté, la question est complexe et il faut le dire. Dans des sociétés cultivées comme les nôtres, c'est possible sans infantiliser ni démobiliser le public.
Vous faites quand même partie de ces chercheurs minoritaires qui osent penser à contre-courant. Etes-vous le Claude Allègre suisse?
Non, pas du tout. Claude Allègre est quelqu'un de très savant et bien plus compétent que moi dans le domaine des sciences de la terre. Mais nous n'avons pas la même conception du débat. Lui se pose comme celui qui sait tout, qui dit la "vérité" à des gens qui seraient dans l'erreur. Ce n'est pas du tout ma démarche. Je constate seulement que tous les climatologues ne sont pas d'accord. Je pense aussi que la question climatique est une question politique, qui suppose un débat, où tout le monde doit avoir son mot à dire.
Mais pourquoi est-ce si difficile de tenir une thèse alternative, de montrer la complexité des choses?
Pourquoi, parmi les climatologues, qui donnent le ton? Peut-être est-ce lié à la façon dont les acteurs scientifiques voient leur rôle dans la société, à leur idéologie, qui fait que probablement les visions néo-naturalistes et anti-humanistes sont plus fortes dans ce milieu. " En Suisse, il y a aussi un mouvement politique très influent dans le monde de la protection de la nature, animé par l'idée que l'homme est un élément perturbateur. Ces militants ont fait bouger les choses et ont contribué à la conscience écologique. Mais aujourd'hui, ils ont intégré le monde des experts et de nouveaux contre-pouvoirs deviennent nécessaires.
Parmi les clichés que vous démontez, il y a le trafic aérien, qui ne serait responsable que de 3% des gaz à effet de serre contre 30% pour les voitures. On peut donc continuer à prendre l'avion…
Mais oui, pourquoi se polariser sur le transport aérien, dans la mesure où il n'y a pas d'alternative pour le moment sur les longues distances? Bien sûr, il faut continuer à chercher d'autres carburants, et responsabiliser les constructeurs et les compagnies aériennes. Mais attention à la critique des "faux besoins". C'est à la société de débattre sur ce que sont les vrais besoins, et non aux climatologues de les déterminer. La nature n'a aucun point de vue sur nos moeurs. " Vouloir diminuer la mobilité internationale au nom de considérations environnementales, c'est très dangereux. Que serait un monde où les gens resteraient confinés dans l'espace local? Comment allons-nous gouverner cette planète si nous n'allons pas à la rencontre des autres? Le cosmopolitisme est aussi une valeur essentielle. Le développement durable, c'est penser global et aussi agir global.
Autre paradoxe que vous soulevez: le papier recyclé serait polluant…
Oui, recycler le papier a aussi un coût environnemental, puisqu'on utilise des agents très polluants pour blanchir le papier… Alors que l'on pourrait très bien gérer les forêts comme d'autres cultures, en respectant leur cycle de reproduction et leurs biotopes. Rien ne justifie de considérer que couper un arbre serait plus "méchant" que moissonner des épis de blé. " Je crois qu'il faut sortir de cette logique de culpabilité, qui considère toute action humaine comme néfaste et qui veut que l'humanité ne progresse qu'en augmentant son niveau de prédation de la nature. Le Néolithique, c'est le moment où nous avons appris à produire. L'enjeu d'aujourd'hui, c'est d'être capable de produire sans détruire, et c'est à notre portée. Cette année, la consommation mondiale de produits de la mer obtenus par l'aquaculture dépasse celle qui provient de la prédation par la pêche: c'est une bonne nouvelle!
Vous êtes assez critique avec des tribuns écologiques comme Al Gore ou Nicolas Hulot. Pourquoi?
Critique, oui, mais en même temps admiratif, parce qu'ils ont le mérite, eux et surtout leurs prédécesseurs, d'avoir changé notre vision du monde. De nous avoir fait prendre conscience que la nature n'est pas qu'un décor, avec lequel on ferait ce qu'on veut. Le problème d'Al Gore, c'est qu'il joue beaucoup sur l'affectif, en n'hésitant pas à arranger la réalité. C'est aussi le cas de Nicolas Hulot, qui diffuse une idéologie de la culpabilisation. Il lâche de temps en temps des formules du genre: "Soyons clairs, notre mode de vie actuel, c'est fini." Veut-il dire que la seule solution, c'est une régression sociale de l'humanité? Nicolas Hulot est ambigu, il veut faire passer un message de décroissance sous couvert de protection de l'environnement.
La baisse des ressources n'est-elle pas programmée?
Bien sûr qu'il y a une quantité limitée de fer dans le sous-sol, mais c'est une erreur de croire que cela constitue par là même une limite au développement. Les seules vraies limites sont celles de notre intelligence! Si, en 2050, on atteint une stabilisation démographique avec 9,5 milliards d'habitants, ce ne sera pas lié à une baisse des ressources, mais au fait que les femmes scolarisées auront fait changer de modèle à leurs sociétés. " Alors, faut-il réduire la consommation d'énergie ou augmenter notre efficacité énergétique? Derrière ces variantes, il y a deux projets différents. Il ne paraît pas nécessaire de fixer des maxima définis a priori, dans la mesure où l'énergie fournie par le soleil, l'hydrogène et le vent est, à notre échelle, infinie. L'attitude prudente, selon moi, est d'augmenter l'efficacité énergétique et non de limiter la consommation.
Vous, quels gestes écologiques faites-vous au quotidien?
Je suis privilégié, parce que ce que je pense être bon pour l'environnement ne me coûte pas d'efforts. Je n'ai pas de voiture, non par sacrifice, mais parce que je me suis rendu compte, en vivant longtemps à Paris, que la vie est plus agréable et plus saine sans elle. En plus, je trouve que c'est un objet laid, ringard et technologiquement dépassé. Les trains sont tellement plus modernes. Observer les voyageurs et croiser le regard des jolies femmes dans le train, c'est un plaisir quotidien! Sinon, je trie mes ordures bien sûr et je prends peu de bains, mais je n'ai aucun mérite, car je n'aime pas ça (rires). On n'a pas besoin de se mortifier pour être environnementalement correct.
Propos recueillis par Patricia Brambilla Photos Thierry Parel