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« On connaît bien dans le canton de Vaud, l’existence de trois enclaves fribourgeoises : Estavayer, Surpierre et Vuissens, mais ce que l’on sait moins, c’est qu’un hameau fribourgeois, celui de Tours, est entièrement enclavé dans une commune vaudoise, celle de Corcelles-près-Payerne. » De mémoire, l’enclave est délimité par huit bornes.
« Pour être précis, il faudrait encore situer la minuscule enclave de Noyeret dans la commune de Granges, et qui n’est qu’un champ délimité par quatre bornes. » Une vérification s’avère nécessaire pour savoir si cette enclave existe encore, le livre de M. Berger ayant été écrit en 1973.
« Déjà cité en 1156, Tours s’appela successivement Tors, Thors, Tors et Toure. C’est une église entourée de deux ou trois maisons, située sur un tertre élevé sur la rive droite de l’Erbogne (l’Arbogne). On l’aperçoit à la sortie de Corcelles sur la route conduisant à Coucet » (Cousset).
L’histoire de cette église est intéressante. Le Dictionnaire géographique suisse l’expose en ces termes : « Eglise paroissiale sous le vocable de la Vierge et de Saint Hilaire. Lieu de pèlerinage assez fréquenté. La tradition rapporte la légende suivante qui a donné lieu au pèlerinage : on voulut un jour transporter l’image de la Vierge, qui était dans l’église de Tours, dans celle de Montagny et supprimer l’église de Tours, mais le lendemain on retrouva l’image à sa première place. L’événement se renouvela plusieurs fois ; enfin on laissa subsister l’église de Tours, et la statue de la Vierge devint un objet de pèlerinage. »
« A cause de la légende et des pèlerinages, cette église de Tours continua donc à être le centre de la paroisse restée catholique. Evitant de se heurter, lors du partage du pays de Vaud, Bernois et Fribourgeois conclurent un arrangement à l’amiable, selon lesquels certains sanctuaires et lieux de pèlerinage restaient catholiques, donc fribourgeois. Ce fut le cas de Tours. Comme Montagny-les-Monts continuait à se développer, le siège de la paroisse y fut transporté, mais le curé continua à demeurer à Tours, soit à 3/4 d’heure de son église, jusqu’au moment où une cure ayant été construite à Montagny, le curé vint s’y établir. L’antique sanctuaire de Tours a été reconstruit en 1780, et restauré en 1946. On assure que le petite statue de la Vierge qu’on y voit a été apportée de Corcelles lorsque le village sut passer à la Réforme sur décision de Berne. »
Tiré de Ric Berger La Vallée de la Broye, p. 126