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Mauvaise journée que ce 28 mai pour le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) et la gauche de la gauche à l’occasion des élections régionales, qui avaient lieu dans 12 des 17 communautés autonomes de la péninsule, et des communales. Le parti à la rose ne conserve la direction de région qu’en Asturies et Castille-La Manche, se maintenant aux Canaries et en Navarre, mais perd celle de six autres communautés autonomes, soit la Communauté valencienne, Aragon, Estrémadure, Baléares, Canaries et La Rioja au profit du Parti populaire PP d’Alberto Núñez Feijóo. Ce coup de barre à droite peut s’expliquer par l’absorption des votes de Ciudadanos, qui a disparu de la scène politique nationale. Le parti d’extrême droite Vox, sort aussi son épingle du jeu, en devenant la troisième force politique du pays. Dans la foulée de ce recul de la gauche, le président du gouvernement, Pedro Sánchez (PSOE), a convoqué des élections générales anticipées générales pour le 23 juillet. Au Congrès, le parti dénombre 120 sièges (181, en comptant ses alliés régionalistes) sur 350 contre 89 au PP.
La situation pour la gauche de la gauche n’est pas très réjouissant non plus comme le montre le vote dans la communauté de Madrid. Dans cette région, le Parti populaire emmené par Isabel Diaz Ayuso conforte son pouvoir et améliore son score, passant de 65 sièges à 71 sur les 135 du parlement régional. La coalition de la gauche Mas Madrid-Les Verts (qui avait fait élire Manuela Carmena à la Mairie de Madrid de 2015 à 2019) suit, en obtenant 27 sièges tout comme le PS, alors que la coalition Podemos-Gauche unie (IU)-Alliance verte retrograde, passant de 7,24% à 4,7% des suffrages et n’ayant plus aucun élu. Ce recul pour la gauche alternative est tout autant marqué dans la communauté de Valence, où Unides-Podem perd ses 8 sièges, pendant que le PP passe de 19 sièges à 40. Dans la communauté aragonaise, Podemos-Alliance-verte recule de 8,08% à 3,98%, alors que la Gauche Unie maintient son siège. Dans cette région, la droite s’empare aussi des mairies de Saragosse, Huesca et Teruel. Bilan global pour les coalitions autour de Podemos. Une baisse de 47 sièges régionaux à 15, et disparition dans trois communautés autonomes où elle était représentée. Ce reflux s’explique notamment par ses trop nombreuses divisions internes.
Comment expliquer ce succès de la droite? «En plaçant au centre du débat les questions étrangères (comme la dénonciation des alliances de Sanchez avec « les communistes, les séparatistes et les terroristes ») aux problèmes locaux et régionaux (comme la crise de la santé, de l’éducation et du logement, ou la lutte contre l’inflation), le PP a réussi à installer l’image d’un régime et d’une Espagne en danger et d’une insécurité citoyenne qui lui a permis de sortir victorieux de ce défi», estime Jaime Pastor, politologue et éditeur de la revue Viento Sur, qui craint un retour du bipartisme systémique «à la grecque» à l’occasion des élections de juillet.
Ce même jour avaient lieu les élections municipales, qui devaient désigner 67’152 conseillers dans 8131 municipalités. A l’issue du scrutin à Madrid, le PP (qui détient déjà la mairie avec José Luis Martínez-Almeida) obtient la majorité absolue avec 44% des suffrages et 29 conseillers sur 57 contre 19% à Mas Madrid et 16,7% au PSOE. Podemos-Gauche unie n’obtient aucun élu. A Barcelone, la maire sortante de Barcelona en comu, élue en 2015, Ada Colau, tentait d’obtenir un troisième mandat. Elle perd et finit troisième devancée par le candidat de centre droit, Xavier Trias (Junts). Le PSC, qui présentait Jaume Collboni à la mairie, la précédant aussi. Des négociations sont en vue pour déterminer qui sera le futur alcalde de la capitale catalane. En ce qui concerne la gauche radicale de la CUP (Candidature d’unité populaire), si elle n’a pas pas réussi à entrer au conseil municipal de Barcelone, elle a remporté la deuxième place à Gérone au sein d’une coalition et reste la quatrième force politique en termes de nombre de sièges aux conseils municipaux dans l’ensemble de la Catalogne.
Dans la ville de La Corogne, la rivalité entre Marea Atlantica et Podemos-Gauche unie laisse les deux forces sur le carreau, chacune obtenant autour des 4% des suffrages sans aucun élu municipal. Le Parti populaire conquiert les villes de Valence, Séville, Malaga ou Oviedo.
Un projet de rassemblement
Face à ce reflux et en vue des législatives générales de juillet, la très populaire ministre du travail, Yolanda Diaz (PCE) a décidé d’accélérer son projet pour faciliter la confluence des partis de la gauche du PSOE. Ce projet s’incarne dans le cadre d’un Mouvement Rassembler (Movimiento Sumar), prélancé à l’été 2022. La reprise des négociations avec Podemos et les autres partis progressistes comme la Gauche Unie ou Más Madrid, Compromís, Catalunya en Comú a déjà eu lieu selon Publico. «Notre objectif est clair: faire de Yolanda Díaz la première femme présidente du gouvernement espagnol et garantir une majorité progressiste qui nous permette de défendre les droits que nous avons obtenus et de continuer à aller de l’avant», précise un membre de son équipe. « Les négociations ne sont pas simples », tempère la secrétaire générale de Podemos, Ione Belarra.