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Jonathan M. House, Combined Arms Warfare in the Twentieth Century, University Press of Kansas, 2001
7 septembre 2003
e livre de 396 pages a pour origine un cours sur le combat interarmes donné par l'auteur au Command and General Staff College de Fort Leavenworth, au début des années 80. Après une refonte et un complément, il conserve son caractère didactique et reste un ouvrage de référence.
Ancien officier de carrière et analyste politico-militaire auprès du Chef d'état-major interarmées des Etats-Unis, Jonathan House est professeur d'histoire au Gordon College de Georgie. La thèse qui sous-tend son ouvrage est limpide: la nature interarmes de la guerre a été une constante tout au long du XXe siècle, et les forces qui ont réussi à trouver le bon équilibre entre les différentes armes ainsi que les meilleures procédures entre les armées ont systématiquement eu un avantage considérable.
L'ouvrage est structuré en trois parties principales: la triomphe de la puissance de feu entre 1871 et 1939, la guerre totale de 1939 à 1945, et les guerres chaudes et froides entre 1945 et 1999. L'auteur décrit toute la problématique du combat interarmes, et donc les interactions entre les 4 éléments de base (infanterie, cavalerie, artillerie et génie), mais il montre également l'impact de la technique sur les transmissions, le renseignement ou encore l'appui aérien rapproché.
La perspective centrale est celle de la Grande Unité, et en particulier de la division : l'évolution des divisions américaines, britanniques, françaises, allemandes et russes est étudiée sous l'angle de la répartition des moyens et du commandement, avec 31 ordres de bataille pour les illustrer. Cependant, à partir de la Seconde guerre mondiale, ce sont – assez logiquement – les deux superpuissances qui retiennent l'attention.
Plusieurs batailles sont également étudiées, schéma à l'appui, pour mieux décrire l'efficacité des organisations et des doctrines qui les sous-tendent ; de Cambrai en 1917 à 73 Easting en 1991, en passant par Sidi Barrani, la passe de Kasserine ou Goose Green, ce sont 16 affrontements distincts qui permettent de replacer dans leur contexte les décisions prises par les forces considérées, et notamment l'impact de certaines batailles atypiques sur ces choix.
L'ouvrage n'a pas pour vocation de retracer de manière détaillée l'évolution technique et tactique de la guerre : il se concentre avant tout sur les questions liées à l'organisation, au commandement, à la mobilité et à la puissance de feu. Il fournit pourtant des informations et des aperçus fort intéressants sur certaines innovations, tout en faisant preuve d'un jugement très sûr sur l'efficacité des solutions retenues.
Sa principale faiblesse reste son origine, puisque l'évolution des forces dans les années 90 n'est étudiée que sommairement. Le sujet est pourtant d'une importance et d'une richesse considérable: la digitalisation des formations constitue un progrès tout autre qu'une simple amélioration des processus de conduite. Représentative du conservatisme qui caractérise une partie de l'US Army, la Division XXI est présentée comme une simple évolution.
Par ailleurs, cette concentration sur les Grandes Unités amène automatiquement à sous-estimer le rôle des forces non conventionnelles, pourtant abondantes outre-Atlantique, tout en évacuant la dimension interdépartementale des engagements de combat contemporains. Ce livre est avant tout une étude du combat symétrique, et les enseignements qu'il tire ont donc une valeur surtout historique.
Il n'en demeure pas moins une référence dans ce domaine : grâce à son imposante bibliographie, ses notes abondantes et son index, il constitue en effet une introduction de première qualité pour toute étude des conflits de haute intensité au siècle dernier.
Maj EMG Ludovic Monnerat
Maj EMG Ludovic Monnerat