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RedBird IMI a conclu un accord de prêt avec la famille Barclay qui lui permettrait de prendre le contrôle du journal Telegraph et du magazine Spectator, une perspective qui a suscité l’inquiétude des législateurs conservateurs en raison des liens du fonds avec Abu Dhabi.
Le véhicule d’investissement dans les médias, qui est une coentreprise entre RedBird Capital Partners et International Media Investments, basé aux Émirats arabes unis, a déclaré lundi dans un communiqué qu’il avait accepté de prêter à la famille Barclay 600 millions de livres sterling (750 millions de dollars), garantis par le titres politiquement influents.
“Aux termes de cet accord, RedBird IMI dispose d’une option pour convertir le prêt garanti par Telegraph et Spectator en actions, et a l’intention d’exercer cette option dans les meilleurs délais”, a indiqué le véhicule d’investissement dans un communiqué.
Lloyds Banking Group Plc a saisi les titres du Telegraph ainsi que le magazine Spectator de la famille Barclay en juin pour récupérer ses dettes, retirant les membres de la famille Barclay de leurs postes de directeur et plaçant les entreprises sous séquestre. Le prêt RedBird IMI aidera la famille Barclay à rembourser la dette due à Lloyds.
Par ailleurs, IMI prêtera 600 millions de livres sterling supplémentaires garantis par d’autres entreprises et intérêts commerciaux de la famille Barclay. IMI est un véhicule d’investissement privé pour Cheikh Mansour Bin Zayed Al Nahyan, selon un porte-parole de RedBird IMI, dont la déclaration a souligné que l’implication d’IMI serait passive.
“Après le transfert de propriété, RedBird Capital assumera seul la gestion et la responsabilité opérationnelle des titres sous la direction du directeur général de RedBird IMI, Jeff Zucker”, indique le communiqué, faisant référence à l’ancien président de CNN. “International Media Investments sera uniquement un investisseur passif.”
Néanmoins, la déclaration de RedBird IMI va probablement accroître l’inquiétude des législateurs conservateurs, qui poussent le gouvernement britannique à examiner de près l’implication des Émirats arabes unis. Les législateurs ont décrit toute influence possible de la famille royale des Émirats arabes unis sur le Telegraph comme « un risque pour notre sécurité nationale », citant son bilan en matière de liberté de la presse et sa position à l’égard d’Israël.
La perspective d’une influence étrangère sur le titre a déjà suscité des inquiétudes parmi les hauts ministres, notamment Kemi Badenoch et Tom Tugendhat, a rapporté samedi Bloomberg News.
“Tout transfert de propriété sera bien entendu soumis à un examen réglementaire”, a indiqué RedBird IMI dans son communiqué, qui s’engage à maintenir l’équipe éditoriale existante des publications. “Nous continuerons à coopérer pleinement avec le gouvernement et le régulateur.”
Même avant cela, la secrétaire britannique à la Culture, Luzy Frazer, pourrait publier un soi-disant avis d’intervention d’intérêt public. Cela lancerait une étude de l’accord par les régulateurs britanniques. Elle pourrait également geler la transaction pendant ce temps, si elle le souhaite. L’organisme de surveillance antitrust – la CMA – et le régulateur des médias Ofcom rapporteront respectivement leurs conclusions sur les questions antitrust et médiatiques, pour éclairer la décision finale de Frazer, qui pourrait la voir approuver l’accord, le bloquer ou imposer des conditions.