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Introduction
Je vous entends déjà: "ENCORE?"
Mais oui, encore! C'est la fin des vacances et j'en profite pour vous interpeller sur ce thème si "cher" à nos bourses ou à nos convictions. Si vous êtes des lecteurs réguliers, vous savez que j'avais déjà réalisé deux humeurs volumineuses sur le sujet. Pour ceux que ça intéresse, une piqûre de rappel n'est jamais trop tard:
- Quel avenir pour l'électricité? janvier 2006
- Quelle production électrique pour demain en Suisse? mars 2007
Depuis des décennies, l'être humain tente de cerner l'influence qu'il a sur son environnement. D'un point de vue global, mais aussi d'un point de vue spécifique. On tente donc de définir et quantifier ce qu'on modifie et comment on change notre environnement.
Pas besoin d'étude ou de grande théorie pour savoir que l'expansion de l'espèce humaine a grandement changé notre environnement. Demain, si on vous larguait dans n'importe quel coin de l'Europe, après quelques heures de marche, vous tomberiez sur une route, une baraque ou un village.
Certes, cette affirmation n'est pas encore valable pour le monde entier, mais on n'y vient et non sans mal pour notre environnement. C'est d'ailleurs toute la question: quelles sont les conséquences de l'expansion de l'humanité sur notre environnement? Et bien c'est les réponses qu'apporte notre camarade Jean-Marc Jancovici au travers de huit cours qu'il a gracieusement mis en ligne.
Mais qui est "Janco"?
Pour ceux qui connaissent ces thèmes, ils seront certainement surpris qu'un homme "seul" arrive à fournir des réponses à ces questions.
En effet, des milliers de scientifiques, des milliers de politiciens et des milliers de médias qui font des copier/coller de communiqués de presse cherchent encore des réponses à cette question.
Janco n'est pas vraiment tout seul et il ne fait pas réellement partie de la communauté scientifique stricto sensu. Est-ce qu'avoir une page sur Wikipedia fait de lui une référence dans ces matières? Bien sûr que non, d'autres ont aussi une longue page sur Wiki et on ne sait pas ce qu'ils font.
Notre camarade est officiellement un ingénieur issu de Polytechnique et de l'École National Supérieure des Télécommunications. Depuis quelques années, il s'intéresse de près aux questions qui sont liées à l'énergie, la consommation et le climat.
Son approche structurée des sujets ainsi qu'une étude approfondie des conséquences qui découlent de notre style de vie lui ont permis au cours de ces dernières années d'amasser une quantité énorme de faits et de chiffres. Son site web regorge de ses réflexions, évaluations et constats même si "web master" n'est pas son métier à la base (bon, ça se voit!).
Néanmoins, mon intervention du jour ne porte pas sur son site web mais sur une série de cours qu'il a dispensés à l'École des Mines en mai et juin 2008. Le thème ? Rien de moins qu'un concentré de ses années de recherches et réflexions autour de l'énergie, la démographie et le climat.
Jusqu'à ce jour, je n'avais jamais vu ou entendu un compte rendu aussi complet sur les différents éléments qui doivent être pris en compte quand on parle de ces sujets.
De quoi parlent ces 8 cours?
Loin de moi l'idée de vous résumer ces 8 cours car je n'y arriverai pas et surtout, je raterai certainement des points importants. Mon objectif est avant tout de vous motiver à aller voir ces cours qui peuvent être téléchargés sur votre lecteur préféré et ainsi, être visualisés quand bon vous semblera, histoire de vous faire votre propre opinion.
Chacun des cours est divisé en deux parties et ils peuvent être visionnés ou téléchargés directement sur cette page des Mines. Les supports de cours au format PDF sont également disponibles sur le site des Mines.
1. L'énergie, corne d'abondance des Occidentaux
Comme "introduction", Janco nous replace dans le contexte de l'évolution humaine et de la façon dont il a "domestiqué" la nature ou son environnement pour ses besoins.
Au travers de cette première session, notre maître de cours cherche avant tout à nous faire réaliser ce qui a changé dans le monde avec l'évolution démographique et notre accession aux biens de consommation. Comment la croissance économique a amené l'Occident - et dans une large mesure l'ensemble de l'humanité - à consommer toujours plus d'énergie.
Consommation mondiale d'énergie primaire en Mtep
Tous les thèmes liés à la croissance démographique et au changement d'habitudes sont pointés du doigt à grand renfort de graphiques et de calculs très simples (règle de 3, pas besoin d'avoir fait math sup). Le problème, c'est l'ordre des grandeurs.
Enfin, la fin du cours pointe du doigt un indicateur économique (PIB) qui est sous-jacent à n'importe quel discours politique mais qui, aujourd'hui, n'inclut pas un nombre déterminant d'éléments.
2. Pétrole, gaz et charbon ; du Crétacé au pic de production
À ce stade, on attaque de front les ressources d'hydrocarbure qui sont à notre disposition avec, comme d'habitude, une vue d'ensemble de ce qu'on connaît. Tout est passé en revue, de la création, à la découverte, à l'exploitation, etc.
Ce cours nous apprend que les ressources que nous utilisons aujourd'hui ne sont pas infinies. Que les habitudes que nous avons prises grâce à des ressources énergétiques abondantes et pas chères connaîtront une fin.
Historique de la consommation de pétrole et projection en Mbpj
De plus, le cours tente également un parallèle entre notre croissance économique occidentale et le prix des ressources énergétiques... la corrélation est troublante. En effet, comment parler de croissance économique continue alors que les matières premières (énergies et matières) ne cessent d'augmenter et que nous n'en avons pas chez nous (très peu) ? Là non plus, pas besoin de faire math sup pour comprendre que cette équation avec un résultat "positif" va être difficile à maintenir !
Enfin, la seconde partie du cours focalise sur l'état actuel des ressources d'hydrocarbure et à quelle vitesse on devrait tout brûler en fonction de la croissance économique mondiale... avec bien sûr l'impact que ça aurait sur le taux de CO2 à la surface de la planète. Quand on voit que les médias relaient (c'est tout ce qu'ils savent faire) sans réflexion une annonce du Brésil qui indique qu'ils ont trouvé un nouveau gisement de 150 millions de barils, on se dit que c'est bien. Par contre, quand on sait que c'est plus ou moins équivalent à 2 jours de consommation (84 millions de bpj)... on se marre un peu.
Quelques scénarios sont abordés mais tous donnent le même résultat : des changements climatiques majeurs devraient survenir dans les années à venir.
En d'autres mots, les gros problèmes liés au climat ne sont pas pour vos enfants, voire petits enfants, mais pour notre génération.
3. Le changement climatique, part naturelle et part des hommes
Grâce à ce cours, on a une meilleure vue d'ensemble des processus qui régissent le climat sur Terre. Comme d'habitude, Janco dissèque chacun de ces éléments et nous propose au travers de graphiques et d'animations une vision claire de ces processus qui permettent d'avoir une meilleure compréhension de notre climat.
Il apporte notamment une réponse claire à la question "Est-ce que l'homme est en train de devenir la cause dominante des changements climatiques à l'échelle du siècle?" et non "Est-ce que l'homme est responsable du changement climatique?"
La nuance semble faible et pourtant, elle est profonde et il explique longuement pourquoi dans la seconde partie du cours le CO2 influence la température à la surface de la Terre.
Que signifient quelques degrés de plus à l'échelle mondiale ? Est-ce que +5 degrés Celsius au niveau mondial signifie qu'on vendra plus de linges de plage et de crème solaire ? Ou est-ce que l'impact sera massif en terme de montée des eaux, d'approvisionnement de nourriture et de phénomènes météorologiques extrêmement violents?
Historique des températures avec une projection haute et basse
Dans le cadre de cette session, je ne peux m'empêcher de corriger Janco sur un point quand - à la fin de la première heure et au début de la seconde - il parle de la Suisse.
En résumé, le postulat est que la Suisse à baisser les émissions de CO2 par habitant entre 1990 et 2003. Il explique ce résultat au travers de quelques constats simples mais il commet deux (petites) erreurs:
- La première (c'est plus un oubli qu'une erreur), c'est que l'entreprise EOS avait une "puissante" centrale électrique à huile lourde dans le Valais à Chavalon. Cette centrale a été fermée en 1999 et produisait environ 1.5 TWh et 450'000 tonnes de CO2 par an.
- La seconde, c'est qu'il affirme que la Suisse n'a pas d'usine de raffinage. C'est évidemment une erreur puisque nous avons deux usines qui se trouvent à Cressier (Neuchâtel) et Collombey (Valais). Cette dernière fournissait en huile lourde l'ancienne centrale de Chavalon et si cette dernière était en hauteur, ce n'était pas pour faire joli, mais c'est à cause des odeurs qu'elle générait (brûler des huiles lourdes, ça pue...). Enfin, pour 2007, elles ont traité 4.6 millions de tonnes de pétrole brut.
Je précise que la nouvelle centrale à gaz qui est planifiée à l'heure actuelle sera plus puissante et donc, émettra plus de CO2. Selon les dernières estimations d'EOS, on parle de 750'000 tonnes de CO2 par an. Dois-je rappeler que malgré l'optimisme forcené de l'entreprise Petrosvibri qui cherche du gaz ou du pétrole sous le lac Léman, la Suisse n'a pas de réserve naturelle dans son sous-sol et que par conséquent, elle doit acheter le gaz sur le marché international? Sachant que le prix du gaz suit plus ou moins les fluctuations du cours du pétrole... il y a mieux à faire avec CHF 380 millions!
4. Le changement climatique, apocalypse ou beaux étés ?
Si le cours précédent était "théorique", celui-ci s'applique à démontrer l'impact qu'aura un réchauffement climatique.
Les médias ont de beaux jours devant eux puisque les événements météorologiques violents devraient continuer de croître. On aura donc toujours plus d'images de villes inondées, de morts et de dégâts.
Quelques degrés de plus en moyenne sur le plan planétaire c'est une chose. Réaliser et admettre l'incidence que ça aura, c'est une autre question.
Trois scénarios qui reflètent mondialement les hausses de températures
Par exemple, si vous vous jetez d'un pont qui se trouve à 30 mètres au-dessus d'une rivière, vous avez des chances de vous en sortir... mais ça dépendra de la manière dont vous rentrerez dans l'eau... ça dépendra aussi de la profondeur de l'eau à l'endroit où vous pénétrerez dans l'eau, etc.
À l'heure actuelle, la montée des températures au niveau mondial reste un problème "abstrait" pour la plupart des gens et ça va le rester puisque les médias nous abreuvent du temps qu'il fera demain, voire après-demain, mais de pas grand chose d'autre.
Toutefois, à terme, l'impact d'une montée de la température au niveau mondial aura des effets qui seront très probablement cataclysmiques pour une grande partie de l'humanité.
5. Les économies d'énergie : l'influence fondamentale des prix et de l'acceptabilité sociale
En regard des premiers cours et du fait que le CO2 va très fortement influencer la température moyenne au niveau global, il est urgent de diminuer les émissions de CO2 (à défaut de pouvoir l'enlever de l'atmosphère puisque ça, ce n'est pas possible).
Mais comment? Par où commencer? Quels sont les objectifs? Encore une fois, notre camarade fait le tour des problèmes puisque là aussi c'est un problème d'échelle. C'est facile de dire "je chauffe à 20 degrés l'année prochaine au lieu de 22" dans le but d'émettre moins de CO2 mais c'est moins facile, pour ne pas dire impossible, de dire la même chose à 5 ou 6 milliards de personnes: "Faites la même chose"!
Émissions moyennes de CO2 par habitant en 2003
Sur ce graphique, la ligne horizontale rouge précise le seuil d'émission au niveau mondial pour 6.7 milliards d'habitants... la bleue, c'est prévu pour 2050 avec 9 milliards d'habitants (c'est dans 40 ans pour ceux qui dorment). Donc, à brève échéance, il faut diviser par deux le taux d'émission moyen et par quatre d'ici 2050.
Dans le but d'atteindre ces objectifs, Janco nous parle du protocole de Kyoto et des différents moyens qui sont à notre disposition pour atteindre ces niveaux d'émission.
Pour notre camarade, il n'y aura pas de salut si on n'applique pas une contrainte économique. Elle est indissociable des économies d'énergie et ça, pour le faire comprendre à l'ensemble de la population mondiale, ça va être difficile.
Enfin, dans la seconde partie, il s'applique à démontrer que les économies ne sont pas là où on le pense. Par exemple, acheter une nouvelle voiture plus économique c'est bien. Vous allez peut-être économiser 5% à 10% de carburant. Toutefois, cette nouvelle voiture a coûté un certain montant "énergétique"... il vous faudrait faire entre 150 et 250 mille kilomètres avec la nouvelle voiture pour commencer à dépenser 5% à 10% de moins "énergétiquement" avec la nouvelle voiture. Et je ne parle même pas que dans le même temps, en 30 ans, le parc automobile suisse a doublé... donc à l'arrivée, si vous achetez un véhicule neuf, mais que dans le même temps, trois nouvelles personnes achètent une voiture (neuve ou non), et bien globalement, vous allez dépenser plus.
Bref, l'argent c'est le nerf de la guerre et taxer les émissions de CO2 c'est une idée... le seul problème majeur que je vois dans cette "solution", ce n'est pas les écolos, mais les socialistes, car pour le moment, ils sont plus nombreux.
6. E=mc2, il suffisait d'y penser (le nucléaire)
La production d'électricité au niveau mondial reste un problème majeur aujourd'hui et toutes les nations construisent de nouvelles centrales dans le but de répondre à une croissance qui ne cesse de croître (ce n'est pas une invention, nous consommons toujours plus d'électricité).
Pour ceux qui ont peur du nucléaire ou qui pensent que c'est ce qu'il a de pire au monde pour produire de l'électricité, je recommande particulièrement cette session.
Encore une fois, notre hôte nous donne un cours exhaustif sur la production d'électricité grâce à la réaction en chaîne ou autrement dit, le nucléaire. Bien sûr, d'un point de vue écologique, il fait l'apologie de cette technologie vis-à-vis de l'émission de CO2... mais il n'omet pas les problèmes qui sont liés à cette technologie y compris les stocks disponibles.
Donc, la question n'est pas de savoir si le nucléaire et bon ou non pour produire de l'électricité mais bien de savoir si c'est la meilleure technologie à notre disposition par rapport aux autres modes de production.
Emission de CO2 par kWh électrique produit selon le type de production
Dans la seconde partie, il passe en revue les déchets et les conséquences des radiations. Encore une fois, on reste un peu sur le cul par la manière dont il passe en revue ce que nous savons ou pensons savoir grâce aux médias (merci encore à ces gens pour leur travail de "débilisation").
Enfin, il passe également en revue les futures générations de centrales nucléaires qui sont actuellement à l'étude (fission et également la fusion) avec, comme toujours, un recul qui pousse à la réflexion.
7. Éole, au secours ? (les renouvelables)
Pour ceux qui sont pro ou anti nucléaires, ce cours sera également très utile puisqu'on fait le tour de la question du renouvelable.
Encore une fois, un des premiers objectifs du cours, c'est de faire comprendre l'échelle des grandeurs qui sont en présence. Le renouvelable existe et depuis fort longtemps mais pourrait-il couvrir tous nos besoins?
La réponse est "oui"... mais sous certaines conditions qui frisent le "non" quand on évalue ces solutions au niveau mondial.
Les raisons sont multiples et je les ai déjà développées dans le passé. Pour des questions de constance, le recours à la production d'électricité via l'éolien ou le solaire (par exemple), n'est pas constant. Pour certains c'est un détail... mais en terme d'exploitation, c'est fondamental.
En ce qui concerne le solaire, le problème est compréhensible même par les gens les plus idiots de cette planète: de nuit, aucune énergie ne peut être produite. Pour l'éolien, tant qu'il y a du vent, tout va bien. Malheureusement, tous ceux qui font de la voile le savent, le vent n'est pas un phénomène constant sauf dans quelques régions du globe.
Mais notre camarade va au fond du problème et il propose des évaluations globales sur les différentes technologies à disposition et le résultat est loin d'être probant puisque gérer des déficits énergétiques de 100% sur 24 heures, c'est un problème insurmontable à moins qu'on accepte d'avoir, tout d'un coup au milieu de la nuit ou de la journée, des coupures d'électricité (ce qui est aussi une option).
Part des énergies renouvelables au niveau mondial
En bref, cette session démontre à quel point nous sommes "enfoncés" dans des énergies qui sont fondamentalement gratuites. En effet, le gaz, le pétrole ou encore le charbon sont consommables au travers d'un investissement réduit et pour un coût marginal. A contrario, l'énergie renouvelable, avant d'obtenir un produit fini, il faut créer les "outils" qui permettent d'exploiter et de transformer les ressources (vent, soleil, etc.), pour un rendement bien inférieur aux ressources classiques...
8. Le carbone possède son plan comptable : le Bilan Carbone
Dans cette dernière séance, notre orateur met surtout l'accent sur le moyen de "taxer" les émissions de gaz à effet de serre (GES) au travers d'un Bilan Carbone.
Vu qu'il s'adresse également à des étudiants, il donne aussi des pistes pour le futur... quels secteurs sont les plus enclins à avoir besoin d'ingénieurs qui pensent différemment.
Là encore, le cours rentre dans le détail des éléments dont il faut tenir compte pour avoir un bilan "sain" si j'ose dire.
Conclusion
Je vous le concède, l'ensemble de ces cours peut sembler long puisque il totalise 16 heures. Toutefois, arrêtez la lecture de votre quotidien et la vision de votre téléjournal pendant une semaine et à la place, regardez Janco avec ses 8 cours. Au-delà d'apprendre une multitude de choses, vous passerez également un bon moment puisque les "petites phrases" ne manquent pas. Accessoirement, et c'est ça qui compte le plus, vous saurez aussi de quoi on parle quand on abordera ces sujets autour de vous.
Ce que les médias ne font pas quotidiennement, hebdomadairement, mensuellement ou annuellement, Janco le fait: c'est-à-dire qu'il vous donne les clés qui gèrent le système dans lequel nous vivons. De tout point de vue.
Personnellement, j'ai vu l'ensemble de ces cours à plusieurs reprises car je voulais vérifier un certain nombre d'éléments et à par ces petites inexactitudes sur la Suisse, je n'ai rien trouvé de tordu et pour cause, il ne prend jamais cause pour un système ou un autre.
En gros, le seul pari qu'il veut bien faire, c'est que l'avenir ne sera pas comme notre passé. Je vous entends déjà rigoler, 16 heures pour ça? Non, bien sûr, ce que je voulais dire c'est que l'opulence énergétique telle que nous l'avons connue jusqu'ici est sur le point de disparaître et ça, il y a fort à parier que ça aura des conséquences importantes pour notre génération (contrairement aux idées reçues, ces problèmes ne seront pas pour les générations suivantes...).
Comment cela va se traduire pour la plupart des habitants de cette planète? Et bien je pense que ça dépendra beaucoup de l'anticipation dont le gouvernement ET les gens feront preuve.
Par exemple, certains ont commencé à acheter des terrains à l'intérieure des terres et ce, 10 à 20 mètres au-dessus de la mer. Pourquoi? Parce que les terrains à quelques kilomètres (voire dizaines ou centaines de kilomètres suivant le profil géographique de votre région) de la mer sont peu onéreux et surtout, d'ici 20 à 40 ans, ils donneront directement sur la mer...
D'autres s'équipent de panneaux solaires pour avoir un complément à leur chauffage ou produire de l'électricité. Cette opération ne déchargera pas du tout la facture énergétique globale... mais elle permettra de mieux supporter la hausse de prix des énergies pour celui ou ceux qui les auront installés.
Bien que Janco y fasse allusion de temps à autre, je ne pense pas que tout ça va se terminer d'une façon pacifique ou sereine. Au contraire, je pense que les tensions sur l'approvisionnement en matières premières (énergétique, nourriture, minerai, etc.) amèneront certaines nations à prendre les armes pour se servir... de gré ou de force. Bref, je suis extrêmement sceptique car l'inertie liée à un changement d'habitude au niveau mondial me semble tout simplement inimaginable, pour ne pas dire chimérique.
Pour mieux se rendre compte de l'effort à fournir pour être "durable", je vous propose un test complet sur votre Bilan Carbone qui a également été réalisé par Janco (c'est le plus complet que j'ai vu jusqu'ici). Personnellement, je suis bien au-delà des 700 kilos de CO2 "admissibles" pour un monde durable notamment parce que je voyage trop d'un point de vue professionnel (je soupçonne aussi que de vivre seul dans 150m2, c'est pas bien). La moyenne d'un Français se situe à 2'800 kilos par an et j'aimerais bien que vous postiez vos résultats dans les commentaires ou par e-mail.
Plus sérieusement, sur le plan privé je suis très attentif à mes dépenses énergétiques à l'exception de 2 ou 3 facteurs et j'aurais beau mettre des panneaux solaires sur le toit, mon bilan ne sera pas considérablement meilleur.
Ce qui me fait penser qu'au-delà de la volonté de chacun de changer, comment dire à 2.5 milliards d'individus qui ne souhaitent qu'une chose - vivre comme nous - qu'il faut qu'ils y renoncent pour le bien de tous? C'est bien le défi puisque la Chine, à l'heure actuelle, ouvre une centrale électrique au charbon par semaine... et elle pense garder ce rythme jusqu'en 2012.
Pour mieux appréhender le problème et les ordres de grandeur, on pourrait arrêter tous les véhicules à moteur en Suisse (3.9 millions tout de même) demain dans le but de stopper nos émissions de CO2... toutefois, dans 6 à 9 semaines, la Chine aura compensé ces émissions de CO2. Si on faisait la même chose au niveau de toute l'Europe, la Chine compenserait ces émissions en moins de 5 ans. Dois-je rappeler que la Chine n'est pas le seul pays qui se développe à un rythme soutenu?
Il faut aussi que je précise que les véhicules à moteur ne sont responsables que de 15% des émissions totales de CO2 dans le monde... il faudrait donc également s'attaquer aux 85% restants!
Ma conclusion est simple: nous sommes beaucoup trop sur cette planète et connaissant la nature humaine, je ne pense pas que l'être humain soit prêt à changer.
Comme d'habitude, il attendra le désastre pour bouger; c'est un scénario connu. Vous ne me croyez pas? Regardez tous les grands cataclysmes naturels qui ont eu lieu dans l'histoire et qui étaient prévisibles: San Francisco a vu une partie de sa ville détruite par un tremblement de terre en 1906 et on a reconstruit au même endroit. Los Angeles avec ses 13 millions d'habitants est sur la même faille sismique et ils attendent le "big one" comme ils disent là-bas. Bref, alors qu'on sait que ces zones sont très dangereuses, on y reste et rien n'est fait pour "changer"...
Pour comprendre le pourquoi de cette passivité, on peut avancer beaucoup de théories... mais la plus simple, c'est que les gens ne veulent pas changer à moins qu'ils y soient forcés. Et comment fait-on pour changer les habitudes de consommation énergétique sur une planète qui ne veut pas entendre parler de décroissance?
Quand la Terre aura une température équivalente à la période du Crétacé (18 degrés en moyenne), on ne pourra pas dire qu'on n'était pas prévenu.
Le seul point négatif de Janco? C'est son site web et je regrette qu'il ne soit pas muni d'un bouton "PayPal" histoire qu'on puisse faire une donation et qu'il fasse réaliser son site par un pro!
Bref, je m'arrête là et vous propose tout simplement d'aller suivre ses cours qui sont d'intérêt public... tout simplement.
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