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Leader mondial de la machine textile, Saurer a subi l´année dernière les conséquences de la crise économique en Asie. Aujourd´hui, la firme suisse constate une reprise de la demande dans la région. Ce qui l´amène à investir pour assurer son redressement.
L'Asie absorbe entre le tiers et la moitié de toutes les machines textiles ainsi que leurs équipements produits dans le monde. Pas étonnant si son premier fabricant, Saurer, concentre ses investissements en Chine, en Inde, au Vietnam et en Indonésie pour assurer sa profitabilité à long terme.
Hélas, 1999 aura été pour l'entreprise suisse une année calamiteuse. Puisqu'elle a accusé une perte nette de 87,8 millions de francs. La demande mondiale de machines textiles a chuté à 9 milliards de dollars contre environ 15 milliards de dollars par an durant la deuxième moitié de la décennie écoulée.
Cet effondrement est dû, en grande partie, à la crise économique asiatique de 1997. Et son impact «différé» sur les investissements productifs des plus grands producteurs de textiles de cette région du globe.
Depuis quelques mois, pourtant, Saurer note une reprise de la demande en Asie, observation confirmée par l'un de ses principaux rivaux Rieter. En effet, le numéro deux suisse estime à un milliard de francs la valeur de ses ventes pour l'ensemble de l'année 2000, la moitié ayant été réalisée en Asie.
«Les producteurs asiatiques de textiles se remettent à investir. Ce qui ne manquera pas d'améliorer nos résultats», a confié au Financial Times, Heinrich Fischer, le président de Saurer.
En 1999, ses ventes de machines textiles et d'autres composants se sont élevées à 1,39 milliard de francs. Ces dernières années, Saurer a délocalisé une partie de sa production en Chine et en Inde où il compte deux usines dans chacun de ces deux pays.
L'une d'entre elles - sur sol chinois - vend déjà certains de ses composants à des usines de Saurer en Europe. La plupart sont concentrées en Allemagne où l'entreprise suisse admet connaître certains problèmes de productivité.
Elle devrait y remédier l'an prochain, tout en essayant, par la même occasion, de mettre l'Asie à plus forte contribution pour la hausse de son chiffre d'affaires global et de ses bénéfices.
Encore faut-il que les fabricants asiatiques de textiles continuent d'acheter de nouvelles machines.
Georges Baumgartner, Tokyo