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Dans son blog de ce jour
Un président "permanent" pour Genève ? Pierre Kunz fait une très bonne synthèse de la question de la gouvernance de Genève demain.
Cette question est centrale dans la réforme des Institutions car c'est de la capacité de gouverner Genève demain, en fonction des défis qui seront les siens tant sur le plan intérieur qu'extérieur, que dépendra sa réussite.
Pour cela il convient que l'Exécutif soit fort et que sa capacité de gouverner soit intacte.
Le salmigondis actuel montre que le système en place a atteint ses limites, précisément en raison de la nécessité de cohésion pour conduire l'action. En alliant de forces dans le gouvernement qui s'annulent au parlement, on ne peut pas avancer.
Il convient donc que le gouvernement puisse gouverner et que le parlement puisse contrôler l'action de l'exécutif. Au même titre qu'il est vain de vouloir allier des forces qui s'annulent, il est dangereux de laisser à celui qui dirige l'action gouvernementale un champ d'action totalement exempt de cautèles.
Le projet que Franck Ferrier et moi-même avons publié en 2005 comporte une notion de "primus inter pares" entre les membres du gouvernement. Selon notre projet, le candidat qui arrive en tête est automatiquement à la tête du gouvernement. Certains doute de la légitimité de ce système avec pour principal argument que ce celui qui est le plus polpolaire ne serait pas le plus compétent. Le résultat des dernières élections leur apporte un cinglant démenti!
Les radicaux, dans leur projet, ont fait un pas de plus en proposant les listes bloquées. Ce système renforce la cohérence de notre proposition. Nous soutenons donc la proposition radicale en y ajoutant le principe du premier élu devenant chef du gourvenement que nous défendons depuis 2005.
Dans notre projet, nous avons utilisé le terme de 1er ministre car dans cette logique, il faut accompagner la réforme structurelle d'une réforme sémantique, en politique plus qu'ailleurs la signification des termes induisant souvent le résultat. Il faut sortir du carcan du XVII et du XIXe. Dans une République, le Législatif est le Parlement, composé de députés et l'Exécutif est le gouvernement lequel est composé de ministres.
Trop timorée et surtout bien trop conservatrice, la Commission 3 a majoritairement préféré rester au XIXe siècle. Manifestement c'est plus rassurant, pour cette majorité hétéroclite qui tient les affaires, que de se mettre au XXIe et d'affronter ses défis. Il semblait aux minoritaires que ce coup de badigeon sur les murs quelques peu défraîchis de nos institutions était un service minimum.
Pour gouverner il faut un Exécutif fort, à défaut la volonté du Peuple n'est jamais mise en oeuvre, elle est prise en otage par des minorités qui, en s'alliant avec pour seul objectif de bloquer l'action gouvernementale, parviennent à entraver la bonne marche des Institutions.