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A partir d'une définition plutôt large du robot comme étant "une machine extrêmement élaborée à laquelle l'humain a délégué un certain nombre de compétences", la chercheuse de l'Université de Lausanne tire un constat sans appel: "On est en train de tout déléguer aux robots". Et Daniela Cerqui d'interroger, volontiers provocatrice: "Qu'est-ce qui va rester à l'humain? Est-ce que quelque chose va pouvoir faire la spécificité de l'humain?".
Remontant l'histoire de la technologie, l'anthropologue rappelle comment pendant l'ère industrielle l'humain a commencé par externaliser des compétences physiques avant de déléguer, à l'ère post-industrielle, des compétences intellectuelles - avec le smartphone par exemple -, pour en arriver aujourd'hui, au transfert de compétences sociales.
Le robot, notre futur meilleur ami?
Réagissant à un article de la Neue Zürcher Zeitung,, Daniela Cerqui indique: "Je trouve très inquiétant qu'une société en arrive à pratiquer l'interchangeabilité entre l'humain et la machine au point de proposer comme relation sociale à des humains une machine".
Au journaliste qui lui rappelle les effets vertueux que peuvent avoir les robots utilisés dans les EMS pour tenir compagnie à des personnes âgées, elle rétorque: "Si on remplace les robots par des gens et qu'on refait la même enquête, on dira aussi que c'est très bien pour des personnes âgées d'être entourées de personnes". "C'est un choix de société", martèle cette spécialiste des enjeux cybernétiques.
Un monde sans limites
Sans nier l'utilité de certains robots ni prôner un retour en arrière, Daniela Cerqui estime que la situation actuelle s'explique par un problème de limite.
"Toute limite qui essaie d'être posée arrive comme la grêle après la vendange. On n'a plus, contrairement à d'autres sociétés, de limites philosophiques ou religieuses. Les seules limites qui sont acceptées sont les limites technologiques qui, par définition, sont appelées à être repoussées. C'est un système de croyances en tant que tel qui pousse la technologie en son centre comme une valeur prédominante", explicite la chercheuse.
Selon elle, il faut désormais s'interroger sur la meilleure façon de gérer les technologies qui existent déjà grâce à des comités d'éthiques et aux lois. Et d'un point de vue plus anthropologique se demander ce qui pousse notre société à faire le choix du tout technologique.
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jgal