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Dimanche 14 novembre à 17h 30, Eglise de Meinier
Programme
Antonín Dvořák (1841-1904) : Messe en ré majeur, Op.86 – Kyrie, Credo, Benedictus, Agnus Dei
Charles Gounod (1818-1893) : Les Motets : Tota pulchra est, O salutaris hostia, Salve Regina, Ave verum
avec la participation de l’ensemble instrumental
Direction: Stanislava Nankova
Antonín Dvořák est, avec Smetana et Janáček, le plus important compositeur de musique proprement tchèque ; il fait partie des compositeurs les plus populaires du 19e siècle.
La Messe en ré majeur, op. 86 occupe une place toute particulière au sein de la musique sacrée du compositeur. C’est l’architecte, le fondateur et le président de l’Académie tchèque des sciences et des arts, Josef Hlávka qui estimait beaucoup Dvořák, qui le pria de composer une messe pour la consécration de la chapelle de sa propriété de Luzany (sud-ouest de la Bohème). Le compositeur accepta la commande, et écrivit la Messe entre le 26 mars et le 17 juin 1887. A cette date, il écrit à son mécène:
J’ai l’honneur de vous informer que j’ai terminé avec bonheur le travail (la Messe en ré majeur), et que j’en ai éprouvé beaucoup de joie. Je pense que c’est une oeuvre qui satisfera à son dessein. Elle pourrait s’appeler : Foi, Espérance et Amour en Dieu Tout-Puissant, et Gratitude pour l’immense don qui me permit d’achever cette oeuvre avec bonheur pour la plus grande Gloire et pour l’honneur de notre art. …..; jusque là, je n’écrivais des oeuvres de ce genre que dans de grandes dimensions et avec des moyens importants. Mais, cette fois, je n’ai écrit qu’avec des moyens modestes, et pourtant j’ose prétendre que mon travail est réussi.
À cette époque, l’œuvre de Dvořák comporte déjà plusieurs pièces sacrées (dont le Stabat Mater et le Psaume 149), mais aucune autre messe ne parviendra jusqu’à nous. Dvořák dirigea lui-même la première exécution de la Messe le 11 novembre 1887 à la chapelle du château de Luzany. A l’origine, la messe est conçue pour un chœur mixte et orgue, n’introduisant que de rares moments solistes au fil des six sections qui la composent – Kyrie, Gloria, Credo, Sanctus, Benedictus, Agnus Dei. D’une structure classique, la Messe touche l’auditeur par la simplicité apparente des formes mélodieuses qui renvoient au sentiment populaire tchèque. L’éditeur londonien Novello pressa Dvořák d’orchestrer la partie d’orgue de sa Messe. Cinq ans après la création, Dvořák propose une version orchestrale. La partie vocale et la substance musicale de l’accompagnement de la première version y restent inchangées. L’orchestre se limite à 2 hautbois, 2 bassons, 3 cors, 2 trompettes, 3 trombones, timbales, cordes et orgue.
De Charles Gounod, on se souvient surtout du célèbre Ave Maria, de l’opéra Faust, et on oublie trop souvent que le compositeur français est aussi l’auteur de nombreuses autres œuvres, notamment religieuses. Auteur d’une dizaine d’oeuvres lyriques, de quelques musiques de scène, de nombreuses messes, d’oratorios, de motets et cantates, Charles Gounod s’est surtout distingué comme grand mélodiste.
Les motets présentés ont été composés par Charles Gounod entre les années 1840 et la fin des années 1860, et sont associés à des étapes importantes de sa vie artistique : son entrée dans la vie musicale professionnelle à l’église des Missions étrangères, son « engagement » religieux, et son rôle comme directeur de l’Orphéon. On retrouve dans les motets de Gounod une simplicité harmonique assez généralisée, et même poussée quelquefois jusqu’à l’austérité. Pourtant, même ses pièces les plus simples sont toujours d’un très bon effet en concert.