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Selon les experts, la Banque d'Angleterre devrait laisser son taux directeur inchangé tout au long de 2017 et 2018 (archives).
KEYSTONE/EPA/FACUNDO ARRIZABALAGA(sda-ats)
La Banque d'Angleterre (BoE) a comme attendu maintenu sa politique monétaire et légèrement baissé sa prévision de croissance pour 2017 tout en prévenant qu'un resserrement monétaire serait facilité par une meilleure tenue de l'économie et un Brexit "en douceur".
A l'issue d'une réunion conclue le 10 mai, le Comité de politique monétaire (CPM) de la BoE a maintenu à sept voix contre une son taux directeur à 0,25%.
Ce dernier est à un niveau historiquement bas depuis août dernier, quand l'institution avait assoupli sa politique monétaire afin de contrer tout choc potentiel sur l'économie du Royaume-Uni de la décision six semaines auparavant des Britanniques de quitter l'Union européenne (UE). Le CPM a décidé à l'unanimité de laisser inchangé son programme de rachats d'actifs.
Dans son rapport trimestriel sur l'inflation et la croissance publié en parallèle à la décision de politique monétaire, la BoE a revu en légère baisse sa prévision de croissance du produit intérieur brut (PIB) pour 2017, de 2,0% à 1,9%, suite à un ralentissement plus marqué qu'attendu au premier trimestre.
Ralentissement de la croissance
Selon la première estimation officielle publiée fin avril, la croissance a ralenti à 0,3% au premier trimestre 2017, contre 0,7% fin 2016.
Ce ralentissement un peu plus marqué qu'attendu semble principalement dû pour la BoE à un ralentissement marqué de la consommation des ménages, une tendance qui devrait se poursuivre tout au long de 2017 alors que des prix à l'importation plus élevés vont gréver leur pouvoir d'achat.
Dans le même temps, la BoE a relevé sa prévision pour l'inflation à fin 2017, de 2,7% à 2,8%. L'inflation s'est hissée "au-dessus du niveau cible de 2% alors que les effets de la dépréciation de la livre ont commencé à se traduire dans les prix à la consommation".
Long statu quo attendu
Les effets de la baisse de la livre sterling, survenue après la décision en juin dernier des Britanniques de sortir de l'UE, devraient progressivement diminuer sur trois ans. Dans le même temps le taux de chômage devrait tomber au niveau de 4,5% vu par la BoE comme le taux d'équilibre post-crise financière pour le marché du travail et la hausse des salaires devrait se reprendre considérablement.
La BoE a noté une amélioration des perspectives pour l'économie mondiale. Si l'économie britannique suit la trajectoire prévue et que "les ajustements liés aux nouvelles relations entre le Royaume-Uni et l'Union européenne se font en douceur", alors "il pourrait être nécessaire de resserrer la politique monétaire de façon quelque peu plus conséquente" sur les trois ans à venir qu'attendu actuellement.
Les observateurs s'accordent à dire que la BoE devrait laisser son taux directeur inchangé tout au long de 2017 comme de 2018 et même jusqu'à courant 2019 au mieux.
ATS