Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07087.jsonl.gz/218

La fin justifie les moyens. C’est un principe reconnu de la morale étatique, du moins lorsqu’il est question d’argent. Ainsi il n’est guère étonnant que le Liechtenstein, pour se prémunir contre la menace d’un appauvrissement, se dote d’une législation sur les fondations qui suggère à mots couverts l’évasion fiscale. Dans le même temps et pour les mêmes motifs, l’Allemagne ne craint pas de commettre un délit de recel en acquérant un bien dérobé, afin de récupérer les millions détournés. Fort bien. Mais comme il en va aussi du principe de la justice fiscale, j’aimerais poser la question aux responsables en dernier ressort, Madame la chancelière Merkel et le prince héritier du Liechtenstein: Où le voleur de données bancaires doit-il payer l’impôt sur les cinq millions d’euro qui lui ont été versés? Au Liechtenstein où le vol a été commis ou en Allemagne où le bien volé est maintenant valorisé? Et au cas où la transaction a eu lieu a Zurich, la Suisse a-t-elle le droit de prélever l’impôt à la source?
Prenez garde, Monsieur Merz! Comme on peut l’observer, les diplomates auront encore quelque chose à négocier dans cette affaire.
—–
Mario von Cranach, professeur honoraire de l’Université de Berne, est fondateur du Réseau pour la responsabilité sociale de l’économie (NSW/RSE) et animateur du Conseil pour la politique sociale et économique Kontrapunkt