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29 août 2011
L'Asie-Pacifique est la plus touchée par le virus du sida, après l'Afrique, avec 4,9 millions de personnes infectées en 2009. L'ONUSIDA signale dans un rapport [1] que le nombre de nouvelles infections en Asie a diminué de 20 %, passant de 450 000 à 360 000. Le Cambodge, l'Inde, le Myanmar et la Thaïlande, ont réalisé de grands programmes de prévention à destination de ceux qui vendent ou achètent des services sexuels.
L'accès au traitement est une réelle avancée : le nombre de bénéficiaires a triplé depuis 2006, pour atteindre 740 000 personnes. Là encore, le Cambodge se distingue, étant l'un des 8 pays au monde à fournir une thérapie à plus de 80 % des candidats au traitement, mais sur l'ensemble de la région, plus de 60 % des personnes atteintes ne sont pas traitées.
Du côté des enfants, les nouvelles infections ont baissé de 15 %. La Malaisie et la Thaïlande sont sur la bonne voie. Mais les actions de prévention mises en œuvre sont à la traîne par rapport à la moyenne mondiale, notamment en Asie du Sud.
Aux Philippines, d'après le rapport, où la prévalence était relativement faible, la propagation de l'infection est rapide chez les consommateurs de drogues injectables (de 0,6 % à 53 % entre 2009 et 2011 dans la ville de Cebou) ou chez les hommes ayant des rapports avec les hommes (la prévalence de l'infection est estimée à 5 % à Manille et Cebou).
Dans toute la région, les programmes de prévention peinent à atteindre les populations les plus à risques (acheteurs et vendeurs de services sexuels, consommateurs de drogues injectables, hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes et personnes transgenres), en particulier les moins de 25 ans.
Selon le rapport, la stigmatisation et la discrimination demeuraient des obstacles majeurs pour les programmes anti-VIH. Plus de 90 pour cent des pays de la région avaient encore des lois qui criminalisent les activités des populations à haut risque, comme les travailleurs du sexe et les utilisateurs de drogues.
« L'objectif des programmes anti-VIH doit concerner ceux qui en ont le plus besoin et les programmes ne doivent pas être seulement destinés aux populations ciblées, mais impliquer toute la population. Les programmes de prévention qui ont inclus les travailleurs du sexe ont été bien nettement plus efficaces que ceux qui n'en tenaient pas compte, » mentionne le rapport.
« Le financement global de la lutte anti-VIH est en déclin, mais il faut absolument maintenir le financement des programmes anti-VIH... les pays doivent également commencer à financer leur propre riposte. »
Le rapport de l'ONUSIDA a montré que les dépenses liées au SIDA en Asie et dans le Pacifique représentaient environ un tiers du financement estimé nécessaire pour atteindre l'accès universel aux services VIH.