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Italie
Italie: les partis de la coalition prêts à réélire le président sortant
Les partis de la coalition au pouvoir en Italie ont annoncé samedi être tombés d'accord pour réélire le président sortant Sergio Mattarella. Ils craignent pour la stabilité politique du pays en cas d'échec à lui trouver un successeur.
Agé de 80 ans, le président Mattarella a cependant dit à plusieurs reprises qu'il ne comptait pas continuer dans ses fonctions. En dépit de cela, il a obtenu près de 400 voix lors du septième tour de scrutin. Le huitième tour devait samedi à 16h30 locales. Pour être élu M. Mattarella doit réunir les voix d'au moins 505 parlementaires.
Le poste de président est en Italie largement protocolaire, mais il a un rôle important en cas de crise politique, dans un pays dont le paysage politique est très morcelé. C'est lui en effet qui a le pouvoir de dissoudre le Parlement, de nommer le Premier ministre et il peut refuser le mandat de gouverner à des coalitions qu'il juge trop fragiles.
Absence d'accord sur un nom
L'élection du successeur de M. Mattarella s'éternise depuis le début de la semaine, en l'absence d'accord sur un nom dans un Parlement où ni la gauche ni la droite ne disposent de la majorité.
Bien que tous les partis politiques représentés au Parlement, à l'exception du parti d'extrême droite Fratelli d'Italia, fassent partie de la coalition soutenant le gouvernement du Premier ministre Mario Draghi, la droite, la gauche et le Mouvement 5 Etoiles ne parviennent pas à trouver un consensus.
Au 5e tour, les partis de droite (la Ligue, Forza Italia de Silvio Berlusconi et Fratelli d'Italia) avaient mis en avant la candidature de l'actuelle présidente du Sénat, Elisabetta Casellati, une fidèle du magnat et ancien chef de gouvernement Silvio Berlusconi, tandis que la gauche et les 5 Etoiles avaient opté pour l'abstention.
Mais cette catholique de 75 ans anti-avortement n'avait finalement obtenu que 382 voix sur les 453 qu'elle aurait dû théoriquement obtenir dans son propre camp.
Draghi plus utile au gouvernement
M. Draghi, ancien chef de la Banque centrale européenne, faisait quant à lui figure avant l'élection de favori pour le poste de président, mais nombreux sont les parlementaires qui rechignent à voter pour lui, craignant que son départ du gouvernement ne déstabilise l'exécutif au point de provoquer des élections anticipées avant la fin de la législature prévue en 2023.
Son départ fragiliserait aussi la reprise de la troisième économie de la zone euro et la mise en oeuvre des réformes nécessaires pour bénéficier des dizaines de milliards d'euros du plan européen de relance post-Covid, dont l'Italie est la première bénéficiaire.
«Demandons à Mattarella de rester, pour continuer avec la même équipe, avec Draghi» à la tête du gouvernement, a lancé samedi Matteo Salvini, chef du parti d'extrême droite La Ligue, après l'échec de la candidate qu'il avait proposée vendredi.
Silvio Berlusconi, qui s'était lui aussi porté candidat, mais a échoué, a dit que son parti serait prêt à voter pour M. Mattarella.
Mattarella peu décidé à rester
M. Mattarella, qui a déjà effectué un mandat de sept ans particulièrement tumultueux, entre crises politiques et coronavirus, semble toutefois peu décidé à rester. Selon les médias samedi, M. Draghi l'a longuement rencontré pour tenter de le convaincre d'accepter un nouveau mandat.
Ce juge sicilien peu connu avant son accession au poste de président en 2015 a su gérer avec diplomatie un éclatement politique difficile, un rôle apprécié par l'ensemble des partis italiens.
Le résultat des présidentielles italiennes, sans candidats officiels et à bulletins secrets, est traditionnellement difficile à anticiper. A ce jour, le record de l'élection la plus longue est détenu par Giovanni Leone, élu en 1971 au 23ème tour de scrutin.
ATS