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Parti chrétien-social indépendant (PCSI)
Le PCSI est une formation politique autonomiste de centre-gauche dont l'idéologie s'inspire de l’Evangile pour promouvoir la constitution d’une société basée sur la justice sociale. Dans cette optique, le Parti milite en faveur de la construction d'un socialisme démocratique et autogestionnaire respectueux de valeurs telles que la dignité humaine, le respect de la personne, la protection de la famille, la défense des droits des travailleurs, le développement de l'esprit communautaire et la qualité de vie. Plébiscité par environ 14% des suffrages dés la fin des années 1970, cette formation politique se place en quatrième position des « grands » partis jurassiens (dans le sillage du PDC, du PLR et du PS) en 2010. Le PCSI possède un organe de presse (Libre combat) qui paraît mensuellement de 1976 à 2000 (125 numéros pour un tirage de 1500 exemplaires), avant d’être remplacé par une publication plus modeste (Le journal d’automne).
Si la première section du PCSI est fondée en novembre 1956 au Noirmont, ce n’est toutefois que l’année suivante (14 septembre 1957) que les sections locales de Bassecourt, Delémont et Vicques décident d’allier leurs forces au sein d’une même Fédération (Fédération du district de Delémont), dont la proclamation officielle, le 26 janvier 1958, se profile comme le véritable acte de naissance du PCSI. Fruit d’une dissidence avec le PDC conservateur, le PCSI se compose à l’origine de personnes souhaitant militer au sein d’un parti où les consignes ne sont pas autoritairement données d’en haut, mais où la base participe démocratiquement aux prises de décisions. Dans un contexte politique marqué par la montée du socialisme, face à un PDC en rupture avec les attentes du peuple et aux prises de positions trop modérées sur la Question Jurassienne, l’aile chrétienne-sociale du PDC fait sécession en fondant le PCSI.
En mai 1958, le PCSI réalise une première percée politique avec l’élection de Joseph Schaffter au poste de député au Grand Conseil bernois. Cette percée demeure toutefois relativement modeste dans la mesure où l’audience et l’importance politique du PCSI se limite longtemps au seul district de Delémont. Ce n’est que vingt ans plus tard que le parti prendra véritablement son essor par l’obtention, en 1974, de deux sièges au Grand Conseil bernois (Michel Gury, Adrien Schaffner) puis de sept sièges à la Constituante du 21 mars 1976.
En prévision de la première législature consécutive à l’entrée en souveraineté de la République et Canton du Jura (1er janvier 1979), le PCSI se réunit en congrès à Glovelier, le 14 octobre 1978. A cette occasion, l’assemblée des délégués du parti ratifie le « Manifeste PCSI 20 ans » dont le préambule réaffirme la fidélité du parti au Jura des six districts francophones, sa volonté de participer à la lutte pour la réunification, de même que le respect de toutes les dispositions constitutionnelles, notamment celles relatives aux libertés et aux droits fondamentaux. Le programme politique du PCSI, largement inspiré du Manifeste, précise quant à lui les priorités du parti, au nombre desquelles figurent notamment la généralisation des allocations familiales, l’assurance obligatoire en cas de maladie et de maternité, l’intégration des handicapés, la lutte préventive contre la drogue, l’abus de l’alcool et du tabac, le percement d’un tunnel sous les Rangiers, la mise sur pied du Conseil scolaire, de l’Ecole de culture générale et de l’Institut pédagogique, la suppression de la sélection scolaire à dix ans, la révision de la loi fiscale, la défense des locataires ainsi que plusieurs réalisations dans le domaine de l’aménagement du territoire et de l’environnement.
Ce programme permet au PCSI de remporter huit sièges de députés aux élections du Parlement jurassien (scrutin du 19 novembre 1978, cf. page 2). Toutefois, à l’issue de cette première législature (1979-1982), le PCSI subira une lente mais inexorable érosion de son électorat. Ainsi, si le PCSI est crédité de 13,21% des suffrages aux élections cantonales de 1978, il n’en obtient respectivement plus que 12,31% et 12% en 1982 et 1986. En effet, une fois l’indépendance du Jura acquise, le PCSI, tiraillé entre le PS et le PDC, ne parvient pas à se forger une identité propre sur la scène politique traditionnelle. Cette crise identitaire précipitera le PCSI dans l’opposition, avec l’éviction de son ministre (Jean-Pierre Beuret) de l’exécutif cantonal en 1994. L’adhésion au PCS (v. page 2) en 1996 permet toutefois au PCSI de trouver provisoirement un nouveau souffle dans la mesure où, profitant de cette nouvelle visibilité médiatique, il retrouve une envergure cantonale qui se traduit notamment par la reconquête d’un siège de ministre au gouvernement (élection de Laurent Schaffter en 2003). Cette accalmie prendra toutefois fin avec le revers des élections cantonales de 2010 qui voit le PCSI à nouveau contraint d’entrer dans l’opposition (éviction de Schaffter de l’exécutif cantonal). Depuis lors, le PCSI a sans succès entrepris un rapprochement avec les Verts-libéraux.
Lors des élections de 2015, le PCSI réussit la reconquête d'un siège au Gouvernement cantonal grâce à l’élection de David Eray.
Olivier Meyer, 22/05/2013
Dernière modification: 19/01/2017
Fonds d'archivesService de l’information et de la communication (SIC, Delémont), dossier 173 : PCSI
BibliographieAbel Babey e.a. (dir.), Parti Chrétien-social indépendant : 50 ans (1956-2006), Delémont, 2006
Charles-André Gunzinger et Denis Moine, L’Assemblée Consituante Jurassienne, Delémont, 1976
Daniel Jeanbourquin e.a. (dir.), Jura Souverain. Les premières autorités, Moutier, 1981