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Les circonstances exactes de la mort d'un forcené turc après son arrestation par la police bernoise n'ont pas encore été établies. Un rapport préliminaire présenté, mercredi à Berne, explique qu'il a été victime d'un arrêt cardio-vasculaire. Mais l'enquête doit encore déterminer si les moyens déployés étaient disproportionnés.Ce contenu a été publié le 11 juillet 2001 - 23:54
Le doute est venu d'un film, réalisé par un vidéo-amateur et diffusé sur la chaîne de télévision locale TeleBärn. On y voit des policiers matraquant longuement un homme à terre.
C'est qu'une troupe de choc est intervenue, mardi dans la banlieue de Bethlehem à Berne, pour maîtriser cet homme qui menaçait son épouse et ses trois enfants avec des marteaux.
Visiblement, il semble avoir opposé une vive résistance à son arrestation, blessant un policier à l'épaule avec un couteau.
Il reste que l'homme - blessé et inconscient - a été transporté à l'hôpital de l'Ile à Berne où il est décédé samedi. Les autorités bernoises ont précisé que l'état de la victime était demeuré inchangé tout au long de son hospitalisation.
Selon les premiers éléments de l'enquête - menée par la police cantonale bernoise et l'institut de médecine légale de l'université de Berne - il a fait un arrêt cardio-vasculaire suite à son arrestation. Les soins d'urgence qui lui ont été prodigué sur place n'ont pas permis d'éviter une lésion du cerveau qui lui a été fatale.
Pour l'heure, les premiers éléments de l'enquête ne permettent pas de comprendre pourquoi cet homme a été victime un arrêt cardio-vasculaire. Il faudra de nouveaux examens pour élucider la question.
Selon le professeur Ulrich Zollinger de l'institut de médecine légale de l'université de Berne, le stress, l'existence d'une maladie ou l'utilisation de substances chimique lors de l'arrestation auraient pu jouer un rôle déclencheur. Le médecin légiste n'exclut pas qu'une combinaison de ces divers éléments soit à la source du décès.
Pour le reste, l'autopsie a confirmé les constatations effectuées lors de l'hospitalisation de ce ressortissant turc. Suite à son arrestation, la victime présentait des blessures sur la peau, à la tête, au tronc et aux membres. Il présentait également des fractures au visage. Mais pas de fractures du crâne.
«Ces blessures n'ont pas provoqué - directement ou indirectement - la mort de la victime», a précisé Ulrich Zollinger. Le médecin-légiste a par ailleurs souligné que «le corps ne présentait aucune blessure interne».
En bref, si l'intervention de l'unité spéciale de la police de la ville de Berne n'a pas été tendre, au vu des premiers éléments d'enquête, les forces de l'ordre ne peuvent être tenues pour responsable de la mort du Turc.
L'enquête se poursuit donc sous l'œil vigilant d'organisations comme Amnesty International. «Pour l'heure, nous ne pouvons que nous féliciter des recherches entreprises pas les autorités bernoises pour faire toute la lumière dans cette affaire», souligne Dominique Schaerer, chargée de communication pour Amnesty internationale.
L'organisation n'en dira pas plus avant d'avoir pris connaissance des résultats complets de l'autopsie. «Généralement, nous transmettons ce type de documents à un expert indépendant, chargé de vérifier les donnée médicales», précise Dominique Schaerer.
«Il ne nous reste plus qu'à espérer que les autorités adopteront une attitude coopérative et nous fourniront tous les documents que nous pourrions demander», souligne Dominique Schaerer.
Pour sa part, la conseillère nationale Ruth Gaby-Vermot s'insurge contre la violence des forces de l'ordre. «Aujourd'hui, la police cherche des alibis, déclare la députée socialiste. J'ai vu les images à la télévision. Personne n'aurait résisté aux coups subis par cet homme».
Du reste, peu lui importe les résultats de l'enquête en cours, Ruth Gaby-Vermot ne veut pas en rester là. «La brutalité n'est pas le seul fait de la police bernoise, affirme-t-elle. Je vais donc déposer une interpellation ou une motion exigeant notamment que le Conseil fédéral prenne en charge la formation et de la surveillance des polices cantonales».
Vanda Janka
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