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ARNO STERN
Arno est né en Allemagne, en 1924. Avec ses parents ils ont fui la menace nazie pour s'installer en France, en 1933, car ils étaient juifs. Quelques années plus tard, Arno a travaillé dans un orphelinat pour orphelins de guerre. Un jour, un enfant lui a demandé s'il pouvait faire un tableau plus grand. Arno a eu l'idée de mettre une feuille au mur. Le Jeu de Peindre était en train de naître ! Quand l'orphelinat a fermé ses portes, Arno a cherché un endroit pour installer son atelier de peinture. C'est à Paris qu'il a trouvé le lieu idéal.
Arno a remarqué que tous les enfants peignaient les mêmes choses. Voilà le début de son étude...
(Photo que j'ai prise à l'atelier d'Arno Stern durant ma formation)
LES VOYAGES D'ARNO STERN
Entre 1966 et 1972, Arno a fait une dizaine de séjours à la rencontre des populations lointaines. Son but était de faire des travaux d'études auprès des populations non scolarisées, des tribus épargnées ne pratiquant pas l'art. Il est allé en Mauritanie pour voir les Nomades, en Afghanistan, dans les Andes, etc. Il a fait peindre les gens et a gardé leurs peintures. Son constat a été que la Trace d'un enfant venant d'une tribu est exactement la même que la Trace d'un enfant vivant dans une ville Occidentale.
LA TRACE DÉCOUVERTE PAR ARNO
De tous temps les Hommes faisaient des dessins pour communiquer. Aujourd'hui les artistes communiquent avec leur public à travers leurs oeuvres. Dès le 19ème siècle, des domaines tels que l'art, la psychologie ou la philosophie se sont intéressés aux dessins des enfants. Ces derniers sont vus comme de l'art inaccompli et donc l'adulte doit aider l'enfant à mieux regarder, afin de mieux reproduire ce qu'il voit. Arno réfute toutes ces théories. Il pense que les adultes veulent juste que les dessins des enfants soient appréciés par les adultes. Pour Arno, il y a deux sortes de Traces. Celles qui servent à communiquer et celles qui ne sont pas là par hasard et qui appartiennent à un code universel qu'il a nommé : La Formulation.
(Photo que j'ai prise à l'atelier "les couleurs du bonheur").
LA FORMULATION DÉCOUVERTE PAR ARNO
Ce terme désigne une manifestation qui puise dans le fond de la personne. La Formulation n'est pas un moyen de communiquer. C'est un code universel qui se fonde sur la raison et sur la Mémoire Organique. La Formulation est entravée par les apprentissages. Elle se répète et évolue durant tout la vie. Elle ne fait appel à aucun don et n'a pas besoin d'être développée. La Formulation est un ensemble de 70 éléments qui représentent l'évolution de la Trace (du point, au trait, à la forme).
LA MÉMOIRE ORGANIQUE
Arno s'est demandé pourquoi la Trace naissait de quelque chose de commun à tous les êtres. Il a alors pensé que le point commun entre tous les humains était la génétique. Il existe entre chaque humain une mémorisation qui n'est pas un souvenir, mais qui est en lien avec l'organisme. C'est la source de la Trace qui appartient à la Formulation et non à l'art. C'est ce qu'il a nommé la mémoire organique. Actuellement, les neurosciences viennent confirmer cette théorie.
LE CLOSLIEU À PARIS
Il a été créé en 1950 à Paris. Cet espace ne comporte pas de regard sur l'extérieur, son climat est permanent ce qui signifie qu'il ne dépend ni de l'heure, ni de la météo. Les peintures faites dans le Closlieu, ne quittent jamais ce lieu. Ainsi, elles ne seront pas contemplées par d'autres. Ce lieu calme et sécurisant favorise la concentration. Les règles de la vie quotidienne et les valeurs n'y ont aucun sens. D'autres valeurs y naissent donnant à l'individu une plus grande envergure.
Les personnes peuvent peindre ce qu'elles veulent dans le Closlieu.
(Photo que j'ai prise à l'atelier d'Arno Stern durant ma formation)
LA TABLE-PALETTE CRÉÉ PAR ARNO
Il l'a créé en 1950. Elle comporte des godets en porcelaine pour la peinture (18 couleurs) et des gobelets en plastique pour l'eau. Face à chaque couleur (godet) : un gobelet d'eau et 3 pinceaux se trouvent à côté (2 petits dessous et 1 gros dessus).
C'est le lieu de rencontre des participants. Il y a un va-et-vient entre l'espace collectif (Table-palette) et le particulier (feuille) qui rythme le Jeu de Peindre. La Table-Palette est accessible des deux côtés.
(Photo que j'ai prise à l'atelier d'Arno Stern durant ma formation)
LA PERSONNE QUI PEINT
Elle peut peindre ce qu'elle veut sur sa feuille. Elle ne sera ni félicitée, ni jugée sur sa peinture. Elle laissera sa feuille dans le Closlieu, en fin de séance.
(Photo que j'ai prise à l'atelier "les couleurs du bonheur).
LE/LA PRATICIEN/NE-SERVANT/E DU JEU DE PEINDRE
Il/elle ne fait aucune remarque sur ce qui est peint. Il/elle ne juge pas, ne corrige pas, n'interprète pas les peintures. Il/elle fixe les feuilles au mur ou fait le mélange de nouvelles couleurs. Il/elle veille au respect des règles du Jeu de Peindre (ex: tenir correctement le pinceau, ne pas appuyer son bras sur le mur, etc.).
(Selfie que j'ai pris à mon atelier "les couleurs du bonheur").