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Inflammation cardiaque après infarctus: rôle de l'immunité innée
L’infarctus du myocarde est causé par l’obstruction d’une artère coronaire, entraînant la destruction du tissu cardiaque. La seule possibilité thérapeutique pour limiter le dommage myocardique dans cette situation est de restaurer le flux sanguin, soit par médicaments (thrombolyse), dilatation percutanée (angioplastie) ou pontage coronarien chirurgical.
La destruction du tissu cardiaque entraîne une réponse inflammatoire intense, pouvant entraîner à long terme une insuffisance cardiaque. Les mécanismes de cette inflammation impliquent la libération par les cellules cardiaques nécrosées de certaines molécules (protéines, acides nucléiques) agissant comme des signaux de danger, perçus par les cellules du voisinage via des récepteurs de l’immunité appartenant au groupe des "toll-like receptors", qui activent des signaux intracellulaires, déclenchant la réponse inflammatoire.
L’équipe du Pr. Lucas Liaudet étudie les mécanismes moléculaires impliqués dans cette réponse inflammatoire au sein du laboratoire de recherche du service de médecine intensive adulte. Cette recherche bénéficie d’un soutien financier continu du Fonds national suisse de la recherche scientifique depuis 2001.
Nous avons découvert notamment le rôle essentiel d’une molécule dérivée de l’azote, appelée péroxynitrite, dans l’établissement et la régulation de cette réponse. Le péroxynitrite entraîne la mort des cellules cardiaques au cours de l’infarctus, stimule la libération d’un signal de danger pro-inflammatoire appelé HMGB1, et régule des protéines essentielles dans la régulation de l’inflammation appelées MAP kinases et nuclear factor kappaB.
Nous avons également découvert le rôle fondamental d’une protéine dénommée Interleukine-1 alpha dans la réponse inflammatoire post-infarctus. Cette protéine est libérée très tôt par les cardiomyocytes détruits, et elle active le déclenchement de processus inflammatoires en ciblant les fibroblastes cardiaques.
Nous avons encore démontré le rôle anti-inflammatoire et cardioprotecteur d’un toll-like récepteur particulier, le toll-like récepteur 5, au cours de l’infarctus myocardique. Il s’agit d’une découverte importante puisque c’est la première fois qu’une fonction anti-inflammatoire d’un toll-like récepteur a été mise en évidence.
Les projets actuels visent à mieux comprendre les rôles respectifs de l’interleukine-1 alpha et de TLR5 dans l’inflammation cardiaque post-infarctus, en utilisant notamment des outils génétiques de pointe. Le but est au final de développer de nouveaux médicaments influençant la voie de l’interleukine 1 alpha et du toll-like récepteur 5, pour moduler l’inflammation après infarctus du myocarde et réduire le développement de l’insuffisance cardiaque.