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Deux nouveaux chefs d'accusation ont été reprochés vendredi à Kweku Adoboli, ancien courtier d'UBS devant le tribunal londonien où il a commencé à témoigner. Ce dernier a aussitôt plaidé non coupable. Il est accusé de fraude ayant coûté quelque 2 milliards de dollars à la banque.
"Il a été décidé d'ajouter deux nouveaux chefs à l'acte d'accusation", afin de le clarifier, a annoncé le juge, sans être plus explicite. La justice britannique reproche ainsi à Kweku Adoboli au total six "abus de position" ou fraudes comptables qui pourraient lui valoir dix ans de prison.
Vendredi, le jeune homme de 32 ans, né au Ghana, a raconté son parcours après avoir prêté serment. Il a expliqué comment il avait commencé à travailler chez UBS à l'occasion d'un stage en 2002, alors qu'il était encore étudiant à l'université de Nottingham.
Opérations fictives
"Je ne connaissais rien à la banque", a reconnu l'ancien courtier. "J'ai travaillé très dur, c'était un environnement difficile. A la fin du stage, on m'a offert un travail et j'en ai été extrêmement reconnaissant", a-t-il ajouté.
L'accusation lui reproche d'avoir dépassé ses limites de courtage autorisées, en inventant des opérations fictives et en mentant à ses supérieurs. Il aurait ainsi cherché à faire progresser son bonus et ses perspectives de carrière.
Les agissements du courtier, qui travaillait au département des ETF ("Exchange Traded Funds", des produits financiers complexes adossés à l'évolution d'un indice boursier), ont débuté en 2008.
Folle expérience
M. Adoboli a indiqué comment il était devenu responsable d'un portefeuille de 50 milliards de dollars, avec un seul collègue pour l'épauler, tandis que la crise se déchaînait sur les marchés financiers.
C'était "fou" d'avoir une telle responsabilité avec si peu d'expérience, mais "nous voulions faire quelque chose dont nous serions fiers", a témoigné le prévenu en sanglotant.
"Les marchés sont entrés dans cette crise dans laquelle nous nous trouvons toujours. Nous avions besoin d'aide", a-t-il encore raconté.
ATS