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Le but des conférences pour le climat COP est de maintenir la température de la Terre en dessous de 1,5°C, ou aussi près que possible de ce seuil. Il a été choisi car au-dessus, le système Terre risque un dérèglement irréversible et la mise en branle d’effets de retroaction positive, telles que mort des forêts et la fonte du permafrost Arctique.
Est-ce encore possible? A ce propos, les grands experts du domaine déclarent:
“1.5°C est la limite, et non pas un but à atteindre” Prof Johann Röckström
“Un El Nino classique, fort en 2023-2024 pourrait pousser les températures à 1,5°C au-dessus de la moyenne 1880-1920” James E. Hansen
“Il est encore possible de maintenir la température à 1.5°C de moyenne décennale” Prof. Stefan Rahmstorf
“Si nous réduisons les émissions à zéro en 2040, nous avons 2/3 de chances de rester en dessous d’1.5°C” Prof. Friederike Otto, 2021.
Il est donc possible qu’une année ou deux dépassent cette limite, mais que la moyenne reste en dessous, et le seuil de 1,5°C est établi pour une moyenne décennale.
Les experts parlent là du réchauffement causé directement par nos émissions de carbone provenant de notre consommation d’énergie fossile, ou des feux de végétation. Actuellement, les émissions de carbone augmentent encore. Lorsqu’elles diminueront, les températures monteront encore pendant une dizaine d’années environ, puis, selon les prévisions, devraient redescendre doucement.
Tout n’est pas calculable, ces dernières années l’effet Bolsonaro a provoqué une aggravation des feux de l’Amazonie et de ses émissions de carbone qui heureusement devrait cesser maintenant puisque son rival Lula a été élu à la présidence du Brésil.
Inversement les confinements dus au Covid avaient diminué les émissions de carbone de la Planète et un gel partiel des activités humaines pourrait encore le faire. Nous pourrions geler au maximum 10% des activités et des émissions humaines et maintenir la température en dessous d’1.5°C de cette façon. Nous pourrions plutôt éviter la déforestation et les feux de forêt et réduire légèrement les activités humaines.
L’UNEP, le programme pour l’Environnement des Nations Unis estime que, pour nous mettre sur la voie d’une limitation des températures à 1.5°C, les emissions annuelles des gaz à effet de serre doivent être réduites de 45% en huit ans par rapport aux projections actuelles, et doivent continuer à décliner rapidement après 2030.
Certains scientifiques dissidents, tels Sam Carana, un groupe de scientifiques anonyme qui diffuse des informations sur la fonte du permafrost sous ce pseudonyme, pour Peter Wadhams, pensent que le permafrost fondra déjà aux températures actuelles et provoquera des émissions de méthane un réchauffement abrupt. Peter Wadhams recommande depuis bien vingt ans de regeler immédiatement l’Arctique.
Les climatologues du GIEC eux-mêmes considèrent maintenant qu’il est important d’étudier ces hypothèses d’emballement du réchauffement (lien). Il mentionnent un effet positif où les stratocumulus disparaîtraient à une concentration élevée de CO2 ce qui rajouterait 8°C de plus à la température planétaire. Ces risques devraient absolument être étudiés, comme nous le demandons depuis des années.
Un réchauffement dû aux effets de rétroaction s’ajouterait à celui directement provoqué par nos émissions d’énergie fossile, mais il est incertain et pourrait se produire plus tard. Il est en tout cas clair que chaque dixième de degré augmente les risques pour la Planète et que nous avons tout intérêt à stabiliser le climat, quitte à rajouter des solutions.