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Le Venezuela et la Libye ont déjà drastiquement baissé leur production, et l'Iran est désormais affaibli, avec le retour des sanctions américaines. Pendant ce temps, la demande, elle, ne faiblit pas. De quoi faire grimper les prix. Malgré tout, le pétrole de schiste américain peine à arriver sur les marchés.
Ce pétrole de schiste a des coûts de production élevés, car il est extrait de la roche grâce à un procédé de fracturation hydraulique. Avec la hausse des cours du brut, l'on pouvait s'attendre à ce que ce pétrole de schiste américain, devenu rentable, inonde le marché et fasse mécaniquement baisser les prix.
Mais la réalité est plus compliquée. Il manque notamment les infrastructures pour acheminer ce pétrole dans les raffineries. Laurent Horvath, géoéconomiste des énergies et responsable du site, explique qu'"énormément de pétrole est arrivé au même moment, et les pipelines actuels sont pleins". Pour résoudre le problème et pouvoir exploiter le pétrole de schiste, de nouveaux pipelines doivent être construits, ce qui prend entre 12 et 18 mois.
Un délai trop long pour répondre à la demande
Pour Laurent Horvath, ce délai est trop long. Car en attendant, le cours s'envole, et à partir d'un certain prix, cela est considéré comme nuisible pour les économies de la planète.
Autre point d'interrogation: les Etats-Unis ont-ils vraiment les réserves nécessaires? Pas si sûr, répond Laurent Horvath. "Les gisements les plus prometteurs ont déjà été épuisés, on passe donc aux deuxièmes puits, qui coûtent plus cher à exploiter", ce qui soulève des doutes sur le fait que ce pétrole pourrait être rentable.
Et face à des barils perdus au Venezuela ou en Iran, des doutes subsistent sur la capacités des autres producteurs. "Aujourd'hui, tous les signes montrent que personne n'est capable de produire ce pétrole supplémentaire, même l'Arabie Saoudite, la Russie ou l'Irak, qui portent la production mondiale."
En 2016, les pays exportateurs s'étaient mis d'accord pour limiter leur production et ainsi faire remonter les prix. A voir désormais quelle sera leur stratégie lors de la prochaine réunion début décembre à Vienne.
Romain Bardet/ebz