Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07033.jsonl.gz/1051

minceur & forme
La controverse autour du lait cru illustre des clivages culturels mondiaux
Le monde est très clivé lorsqu'on évoque la consommation et la distribution de lait non-pasteurisé. En France, des éleveurs ont par exemple mis en place des distributeurs de lait cru dans certains villages et les fromages non-pasteurisés sont considérés comme la crème de la crème. On consomme aussi beaucoup de lait cru en Italie, en Allemagne et au Royaume-Uni, où même la reine Elisabeth serait une amatrice.
Mais au Canada et dans certains Etats américains, la vente de lait cru est illégale. C'est pourquoi certains militants pro-lait cru américains et canadiens ont récemment décidé de soutenir la grève de la faim de l'éleveur Michael Schmidt, depuis qu'un juge canadien a interdit l'unique programme de vente de lait non-pasteurisé du pays (Cow Share Canada) et condamné l'éleveur.
Pendant 17 ans, Michael Schmidt a été un habitué des prétoires de l'Ontario (Canada) et des gros titres des journaux, dans lesquels il se faisait l'avocat des bienfaits pour la santé du lait cru. Mais lorsqu'un juge est revenu sur son acquittement le mois dernier, le fermier d'origine allemande s'est lancé dans une grève de la faim qui fait tâche d'huile en Amérique du Nord.
Des militants de la consommation de lait non-pasteurisé comme ceux de la Campaign for Real Milk à Washington DC avancent que la pasteurisation du lait tue les vitamines et les micro-organismes qui favorisent la digestion. Selon eux, la pasteurisation est aussi liée à l'apparition de certaines allergies et même de caries. De plus, le lait vendu dans le commerce viendrait de vaches nourries aux antibiotiques boostées aux hormones de croissance.
Les autorités sanitaires canadiennes et américaines campent cependant sur leur position: le lait cru serait dangereux et pourrait entraîner des risques graves pour la santé en lien avec la bactérie E.coli, la salmonelle, pouvant entraîner des insuffisances rénales, voire dans certains cas très rares, des paralysies et des décès.
Selon des chiffres du Centers for Disease Control, de 1998 à 2008 1676 personnes sont tombées malades aux Etats-Unis suite à la consommation de lait cru ou de produits non-pasteurisés, entraînant 191 hospitalisations et deux décès.