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Dès son premier recueil, Zone grise le matin (1988), Durs Grünbein s’est imposé par l’inventivité de son lexique, par sa virtuosité et par son ironie. Poète de la fin des utopies dans les derniers temps du régime communiste en Allemagne de l’Est, il a su exprimer la stupéfaction causée par la chute du Mur, et en souligner les enjeux. Certains poèmes de son deuxième recueil, Leçon crânienne (1991), et notamment les «Sept télégrammes» écrits immédiatement après la démission d’Erich Honecker, ont connu en Allemagne un retentissement considérable. Pour la première fois depuis bien longtemps, un poète accédait à une renommée dépassant très largement le cercle habituel des lecteurs de poésie. Après la parution de son troisième recueil, Plis et replis (1995), il a obtenu le prix Büchner, la plus haute distinction littéraire allemande.
Son œuvre, qui s’est enrichie depuis d’une interrogation sur la manière dont la science et la technique affectent notre perception du monde et de l’homme, opère une révision de tout l’héritage de la poésie occidentale avec une distance érudite qui n’appartient qu’à lui. Mais le sens du merveilleux et une profonde fidélité aux impressions venues de l’enfance affleurent également dans la centaine de poèmes ici proposés, choisis par l’auteur lui-même. Accompagnée d’une présentation des traducteurs et d’une note autobiographique, cette première anthologie d’un des plus grands poètes européens d’aujourd’hui est un événement littéraire.