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La présidente. Nous avons reçu de notre collègue Antonio Hodgers sa lettre de démission de son mandat de député, qui prendra effet à l'issue de cette séance. Je remercie Mme la secrétaire de bien vouloir lire ce courrier 2533.
La présidente. Il est pris acte de cette démission. La présidente. Antonio Hodgers a siégé dans notre Conseil pendant plus de dix ans. Elu en 1997 sur la liste du parti des Verts, à 21 ans seulement il décroche le titre de benjamin de l'assemblée: il avait 48 ans de moins que le doyen d'alors.
Réélu en 2001, il est toujours le benjamin du parlement, mais la différence d'âge avec le doyen s'est accrue de deux ans, l'écart passant à 50 ans: Antonio Hodgers n'avait pas rajeuni, mais le nouveau doyen était plus âgé ! En 2005, il est réélu mais perd le titre de benjamin du parlement. Ce titre restera toutefois aux mains du parti des Verts.
Membre actif du Bureau en 2000 et en 2001, il a siégé dans les commissions suivantes: économie, enseignement supérieur, grâces, naturalisations, droits de l'Homme et transports. En 2003, il a présidé de manière experte la commission des droits politiques, puis en 2005, la commission judiciaire.
Relater la richesse de l'activité d'Antonio d'Hodgers au Grand Conseil relèverait de la gageure, aussi je me limiterai à relever de notre «latin lover» son expertise en matière de transports, spécialement en ce qui concerne le respect de l'environnement, et le rôle très important qu'il a joué dans le cadre des initiatives populaires «J'y vis, j'y vote».
Antonio a été élu en octobre dernier au parlement fédéral, sans toutefois en être le parlementaire le plus jeune, et nous formons nos voeux pour que la suite de sa carrière politique soit fructueuse au niveau national. Nous lui remettons le traditionnel stylo souvenir. (La présidente embrasse M. Antonio Hodgers et lui remet le stylo souvenir. Applaudissements.)
Mme Emilie Flamand (Ve). C'est une tâche bien difficile de faire l'hommage d'Antonio, il y a tellement à dire ! Heureusement, les médias se chargent régulièrement de nous donner des nouvelles de lui et je n'aurai donc pas besoin de tout répéter !
Antonio est tombé dans la marmite politique - c'est de saison - très jeune déjà. Il fut membre du parlement des jeunes et, à cette occasion, il fut un des initiateurs du projet Noctambus. A 21 ans seulement, élu au Grand Conseil, il en est resté le benjamin pendant huit ans, comme vous l'avez relevé, Madame la présidente. Il s'agissait donc d'un benjamin qui avait déjà plus d'expérience que certains de ses collègues plus âgés. Antonio a été un pionnier, un modèle pour tous les jeunes qui s'engagent en politique, et aujourd'hui nous sommes plus nombreux dans cette enceinte. Ce phénomène se banalise et c'est tant mieux, mais c'est grâce à des gens comme Antonio, qui nous ont ouvert la voie.
Parmi les projets qu'il a défendus avec courage et générosité, il y a bien sûr le projet «J'y vis, j'y vote», jusqu'à son acceptation par le peuple l'année dernière.
La vie parlementaire d'Antonio n'a toutefois pas toujours été un long fleuve tranquille, bien au contraire. En 2003, on s'en souvient, il a connu quelques turbulences lors des manifestations liées au G8. A cette occasion, il avait été malmené par le désormais célèbre «Weiss Block». Le poste de vice-président du Grand Conseil avait alors été refusé à Antonio, donc aux Verts.
Mais cet accident de parcours n'a pas suffi à convaincre la population qu'Antonio était un dangereux et violent perturbateur: il a été réélu brillamment au Grand Conseil en 2005, puis il a été élu président des Verts en 2006 et, enfin, conseiller national, il y a quelques semaines.
Antonio, c'est aussi, comme l'a dit notre présidente, le «latin lover» des Verts, le beau gosse des Verts - ou un des beaux gosses des Verts, sinon je vais me faire des ennemis ! Ce n'est sûrement pas étranger à la forte progression du nombre de membres Verts et Vertes ! Vous pensez que ce n'est pas très politiquement correct de parler du physique d'un de nos collègues ? Eh bien, chez les Verts, les hommes revendiquent leur statut de minorité opprimée !
Antonio, ton sourire charmeur va nous manquer, mais aussi et surtout ta grande connaissance des dossiers et du règlement du Grand Conseil, ainsi que ton humour et ton amitié. Tout cela, c'est maintenant nos élus d'Outre-Sarine qui vont en profiter, mais nous espérons que tu viendras encore nous revoir de temps en temps, pour partager avec nous quelques troisièmes mi-temps du Grand Conseil. Alors, comme le veut la formule: bon vent ! (Applaudissements. Mme Emilie Flamand embrasse M. Antonio Hodgers.)
Mme Sylvia Leuenberger (Ve). C'est vrai que la droite ne l'a pas épargné lors de son engagement courageux pendant le G8, ni pour l'élection à la présidence du Grand Conseil, durant la dernière législature. Et pourtant, il a ensuite été brillamment réélu au Grand Conseil par le peuple genevois !
Mais alors, qu'a donc Antonio pour résister à tout ça et continuer à être aussi apprécié ? Ce plus, c'est qu'il est en harmonie avec lui-même, c'est qu'il est serein, c'est qu'il ne cherche pas par tous les moyens à se mettre en avant ou à conquérir le pouvoir. Il n'est pas aigri ou revanchard, il est ouvert au monde, curieux et créatif; il n'a pas peur de dire ce qu'il pense. Il a une vision globale et analytique et porte un regard juste sur la gestion des conflits. C'est ce qui lui permet de défendre avec intelligence et subtilité les causes qui lui tiennent à coeur. Et ces causes sont certainement les plus importantes pour la survie de l'humanité, c'est-à-dire les droits de l'Homme et la protection de l'environnement. Le charme d'Antonio, c'est d'aimer les gens et de nous aimer. Ses défauts ? Je n'en ai pas trouvé ! Peut-être faut-il pour cela s'adresser à des gens plus proches de lui, dans son entourage.
Antonio, garde ta fraîcheur et ton enthousiasme, tu feras un excellent conseiller national ! Tu sauras apporter un vent nouveau là-bas, créer des alliances et faire passer des idées fortes pour la défense de l'environnement et le respect des droits humains. Toutefois, ne te laisse pas séduire par le pouvoir, sois plus fort que lui ! Nous te souhaitons bien du plaisir et beaucoup d'enseignements durant ton mandat à Berne.
J'ai le plaisir de t'offrir deux petits cadeaux. L'un te sera utile dans les hautes instances, conservatrices, pour bien afficher nos couleurs. (L'oratrice offre une cravate verte à M. Antonio Hodgers. Rires et applaudissements.) J'ai un autre petit cadeau utile, destiné à protéger tes organes qui seront les plus importants à Berne: tes cordes vocales ! (L'oratrice offre une écharpe à M. Antonio Hodgers. Rires et applaudissements.)
M. Antonio Hodgers. Profitez de voir cela... (M. Antonio Hodgers met sa cravate.) Vous ne le verrez plus jamais ! (Applaudissements. Mme Sylvia Leuenberger embrasse M. Antonio Hodgers.)
M. Alain Etienne (S). Cher Antonio, le parti socialiste tient également à s'associer à l'hommage qui t'es rendu. Tu as été brillamment élu au Conseil national et nous perdons en toi un précieux député !
Tout au long de nos débats, tu as toujours cherché à rassembler et trouver des accords. C'est une grande qualité, et tu fais cela avec beaucoup de naturel. Il est vrai que tu as commencé très jeune, comme cela a déjà été relevé !
Antonio, tu es aussi un modèle d'intégration ! Nous mentionnerons aussi ton engagement citoyen, notamment auprès des jeunes. Tu as tenu un rôle prépondérant et majeur dans l'accueil des personnes venues pour les manifestations du G8, pour que tout se passe dans les meilleures conditions. Il nous reste cependant le regret de ne pas t'avoir vu accéder à la présidence du Grand Conseil... Oui, pour nous, c'est véritablement un regret.
Le parti socialiste te souhaite beaucoup de plaisir à siéger à Berne et espère te revoir de temps en temps, peut-être encore pour un match de foot à Veyrier. Avec toute notre amitié ! (Applaudissements.)
M. Gabriel Barrillier (R). Je crois qu'Antonio est l'exemple d'une certaine capacité d'intégration dans notre République. Politicien de la nouvelle génération, s'il n'avait pas été élu à Berne peut-être aurait-il réussi à organiser «un grand centre» ! En fusionnant les Verts et les radicaux en un nouveau parti - avec son collègue radical Maudet, avec lequel il a formé un tandem d'enfer dans l'opération «J'y vis, j'y vote» qui est un exemple d'ouverture. On peut toujours faire de la prospective !
Plus sérieusement, en ce qui me concerne, j'ai peu eu l'opportunité de discuter avec Antonio, mais en ces rares occasions, nous avons recherché des compromis. En effet, avec d'autres de mes collègues, je crois que nous avons trouvé en vous - en toi - un esprit vraiment ouvert - très ouvert ! - compréhensif et solide dans son identité. Avec cette nouvelle génération, nous pourrons sans doute instituer une nouvelle vision de la politique. Bravo et merci ! (Applaudissements.)
M. Jean-Michel Gros (L). Antonio Hodgers, c'est quelqu'un qui sait agacer et qui sait aussi se faire aimer ! A titre personnel, je l'ai pratiqué en commission des droits politiques, je l'ai pratiqué en commission judiciaire, en commission de l'économie. J'ai d'ailleurs été deux fois son vice-président dans ces commissions et je peux dire que je n'ai eu que de bons rapports avec lui. Il y a eu une exception, c'est vrai, lors des manifestations du G8 et le groupe libéral lui a bien fait ressentir ce qu'il avait fait à cette occasion. J'ai réitéré ces reproches en commission et ils ont donné suite à une série de courriers électroniques dans lesquels nous nous sommes excusés mutuellement, moi particulièrement, parce qu'on n'aime pas faire de la peine à Antonio Hodgers !
Je voulais m'exprimer au nom du groupe libéral, parce que je sais, pour l'avoir pratiqué dans de nombreuses commissions qu'Antonio n'est pas antilibéral. Ça nous rassure parce qu'on peut être un antilibéral primaire, et ce n'est pas le cas d'Antonio ! Et ce qui nous fait préférer l'amour à l'agacement, c'est que tu es un battant, Antonio ! Ce que nous aimons chez les politiciens, dans cet hémicycle, c'est qu'ils soient des battants, ce qui est ton cas ! Au nom de mon groupe, je te souhaite plein succès à Berne, et aussi que tu représentes Genève, comme tu sauras si bien le faire ! (Applaudissements.)
M. François Gillet (PDC). Antonio Hodgers fait partie de ces politiciens tombés extrêmement jeunes dans la marmite politique: il a été l'un des pionniers des parlements de jeunes à Genève, il a été l'un des fondateurs du réseau des Noctambus. J'ai personnellement encore un souvenir très clair de ce jeune homme qui venait taper à la porte de nos mairies, à l'époque où j'étais conseiller administratif de la commune de Plan-les-Ouates, et qui venait négocier des subventions pour le développement des lignes de Noctambus. Il arrivait sans aucune appréhension, sans aucun doute, il tenait la dragée haute à l'ensemble des maires et conseillers administratifs des communes genevoises et il obtenait le plus souvent ce qu'il était venu chercher. Je crois qu'il faut relever ses qualités de négociateur; il savait convaincre et il sait d'ailleurs toujours le faire.
Nous avons aussi mené, Antonio Hodgers et le groupe démocrate-chrétien, un certain nombre de combats communs, comme la campagne «J'y vis, j'y vote», il y a quelques années, ou la campagne pour la nouvelle loi en matière de chômage, actuellement.
Il est vrai qu'Antonio Hodgers a, depuis, pris du galon, comme on dit. Il a fait ses preuves, il a gagné en expérience, et il ne fait aucun doute que les qualités qu'il a mises à profit très jeune vont encore être très utiles pour défendre notre canton à Berne, et nous lui souhaitons bon vent pour la suite de sa carrière politique. Merci Antonio ! (Vifs applaudissements.)
M. Antonio Hodgers (Ve). Ouf ! Les 90% de tout ce qui a été dit jusque là ne sont évidemment pas vrais... Je vous remercie et suis ému de vous quitter. On s'attache ! C'est finalement comme ces grandes familles que l'on ne choisit pas: on ne peut pas en piffer certains, mais finalement on s'y attache quand même ! (Rires.) J'ai entendu souvent les mots: «tombé dans la marmite», et cela me fait penser que ce parlement se comporte parfois comme les habitants du fameux village d'Astérix. D'aillleurs, je regrette que Michel Halpérin, grand lecteur d'«Astérix» ne soit pas présent. On assiste parfois à des débats qui sont des combats, de ces grandes bagarres comme savent en faire les Gaulois de ce petit village... Où le poissonnier Jornix dépose un projet de loi, et Staufferix lui dit: «Il est pas frais, ton projet de loi !»... «Comment, il est pas frais mon projet de loi ?» rétorque le premier, et Velascix d'ajouter ici que, effectivement, «Il est pas frais ce projet de loi !»... Et l'on a une grande bagarre qui peut durer plusieurs sessions, durant lesquelles on s'amuse bien mais sans plus savoir finalement pourquoi on se bat ! Les bagarres d'«Astérix» ressemblent donc furieusement à certains de nos travaux parlementaires !
Plus sérieusement. Ces dix ans au parlement ont été des années importantes pour moi. Il l'a été dit, j'ai été élu jeune, peut-être trop jeune, à un âge où l'on se façonne encore beaucoup. Malheureusement, vous avez donc dû me façonner en grande partie, et j'en porterai les stigmates toute ma vie ! (Rires.) Ce furent dix années riches en rencontres, avec des moments de partage, de ces moments que les citoyens ne soupçonnent pas, parce qu'ils nous voient dans une relation de clivage. Mon premier rapport au Grand Conseil m'avait été attribué en commission et j'avais eu l'appui et le soutien d'un certain conseiller d'Etat, à l'époque encore député, qui m'avait vraiment soufflé ce premier rapport. Alors je l'avoue, mon premier rapport pour ce Grand Conseil était un plagiat ! (Rires.) En fait, il était de M. Unger que je remercie ici ! Après dix ans, il y a prescription ! Finalement, ces dix années auront donné lieu à beaucoup d'anecdotes !
L'enjeu de cette législature est vraiment intéressant. En effet, j'ai vécu une législature avec un gouvernement de droite et une majorité parlementaire de gauche, une législature avec une double majorité de droite, et cette législature-ci avec un gouvernement majoritairement de l'Alternative et un parlement très à droite... Je trouve que, des trois équilibres, ce dernier est un des plus intéressants: en tout cas, on avance ! Ce n'est pas toujours facile, mais on avance. Je souhaite et j'espère vivement que ce parlement pourra mener à bien, avec ce gouvernement à la barre, les projets de réformes nécessaires, tant dans les domaines du chômage, du logement, que du redressement de la dette.
Mesdames et Messieurs, merci à mes alliés de m'avoir soutenu, merci à mes adversaires de m'avoir fait grandir, et à tout bientôt ! (Vifs applaudissements.)