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Belinda Bencic (WTA 12) a manqué une occasion en or d'ouvrir son palmarès en Grand Chelem à l'US Open. Battue en quarts de finale par la qualifiée Emma Raducanu (WTA 150), elle peut néanmoins quitter New York la tête haute. Sa carrière est pleinement relancée.
Ses yeux rougis et sa voix cassée l'ont trahie. Belinda Bencic a également versé des larmes mercredi, comme si souvent au cours de cet été mouvementé. Mais ce ne furent pas des larmes de joie, contrairement à Tokyo où elle s'est parée d'or et d'argent, mais bien des larmes de colère et de déception.
La St-Galloise (24) était bien consciente d'avoir laissé passer sa chance en ayant livré son plus mauvais match du tournoi. Mais une fois la frustration initiale passée, elle a su tirer un bilan plutôt positif de son tournoi. «J'ai montré de très belles choses, et ai fait progresser mon jeu», a-t-elle souligné.
L'ancienne 4e joueuse mondiale a aussi affiché une attitude extrêmement positive sur le terrain, qu'elle espère bien conserver lors de ses prochaines sorties. Le succès ne fut cette fois-ci pas au rendez-vous, mais elle a confirmé à Flushing Meadows que son conte de fées de Tokyo n'était pas une illusion.
Au plus bas après Wimbledon
Belinda Bencic avait en effet marqué le pas après la saison 2019, la plus aboutie de sa carrière jusque-là avec une demi-finale à l'US Open et une qualification pour le Masters WTA. Pas épargnée par les blessures, elle n'avait joué qu'un seul match en 2020 après l'apparition de la pandémie de coronavirus.
Et son entame de saison 2021 fut également compliquée, avec cette quarantaine stricte vécue à son arrivée à Melbourne. Considérée comme cas-contact après les tests positifs de certains passagers de son vol, elle n'avait pas pu préparer comme il se devait un Open d'Australie où elle avait tout de même atteint le 3e tour.
La St-Galloise avait relevé la tête, se hissant en finale en février à Adelaide puis en juin à Berlin. Battue par l'inconnue Russe Liudmila Samsonova sur le gazon allemand, elle avait toutefois rechuté au plus mauvais moment, s'inclinant d'entrée à Wimbledon face à la 102e mondiale Kaja Juvan.
Une collaboration prometteuse
Belinda Bencic avait alors pu conserver sa place dans le top 15 de la hiérarchie grâce au règlement créé à la suite de la pandémie par la WTA, ses excellents résultats obtenus en 2019 étant alors encore pris en compte. Mais sa route était toutefois déjà tracée bien avant cette quinzaine de Wimbledon qui avait tourné court.
La St-Galloise avait en effet opéré un changement majeur en avril, à l'occasion du tournoi de Stuttgart où elle avait entamé sa collaboration avec le coach allemand Sebastian Sachs (29 ans). Celui-ci a ainsi eu la lourde tâche de remplacer Ivan Bencic, le père de Belinda, dans ce rôle.
«Le déclic s'est fait dès le début. C'était important, car s'il avait d'abord fallu nouer des contacts, ça aurait été compliqué», souligne Belinda Bencic, qui avait déjà vécu trop de courtes expériences avec différents entraîneurs et avait toujours fini par se retourner vers son père.
L'apport de Sebastian Sachs est immense. «Il a compris mon jeu dès le début. Et il ne veut pas que je change mon jeu, il veut que je l'améliore», explique Belinda Bencic, pour qui tout changement n'est pas nécessairement bon. Le technicien allemand est en outre un fin tacticien, et un excellent sparring-partner.
L'avenir lui appartient
Sebastian Sachs s'entend également très bien avec Martin Hromkovic, l'ami et le préparateur physique de Belinda Bencic. «L'alchimie au sein de mon team est bonne. J'en suis extrêmement satisfaite», glisse la principale intéressée, qui a récolté les premiers fruits de cette nouvelle collaboration dès cet été.
La St-Galloise a réalisé un rêve en cueillant l'or olympique en simple avant d'atteindre pour la troisième fois le stade des quarts de finale d'un tournoi majeur, sept ans après s'être révélée aux yeux du grand public à Flushing Meadows déjà. A 24 ans, plus relâchée que jamais, elle a encore tout l'avenir devant elle.
gma, ats