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Selon les enquêtes récentes, nous pouvons observer que les Suisses souffrent davantage du stress au travail.
Deux études sur la fréquence du stress chez les personnes actives en Suisse ont été réalisées à 10 ans d’intervalle par le SECO : un Suisse sur trois se sent «souvent voire très souvent stressé au travail». Ce chiffre est en augmentation depuis 10 ans ; entre 2000 et 2010, le nombre de personnes souffrant de stress chronique est passé de 26,6% à 34,4 %. Quant à la proportion de travailleurs qui ne se sentent jamais ou peu stressés, elle a baissé à 12,2% contre 17,4% il y a 10 ans. On ne constate aucune différence selon la branche économique ou le sexe. Par contre, le nombre de jeunes travailleurs stressés (entre 15 et 34 ans) est plus élevé que la moyenne.
Dans un rapport publié en 2010 de l’office fédéral de la statistique, l’exposition aux risques dits psychosociaux, a pris le dessus sur les risques physiques : 41% des personnes interrogées disent ressentir de fortes tensions psychiques au travail.
Concernant le burn-out qui est un syndrome d’épuisement consécutif à un stress chronique, les statistiques sont moins claires. Un indicateur significatif du burn-out a été relevé : le sentiment d’épuisement émotionnel. Selon ce même rapport de l’office fédéral de la statistique, au total, 4 % des personnes interrogées ont affirmé se sentir épuisées émotionnellement au travail.
Nous pourrions déduire du résultat de ces enquêtes que le stress chronique touche 34,4 % des travailleurs en Suisse mais que seul 4 % souffriraient effectivement d’un burn-out. Par contre, nous n’avons aucun chiffre valable et représentatif qui nous permettrait de connaître le détail des victimes du burn-out en Suisse : quelles professions seraient les plus touchées, quels âges à risque, la proportion d’homme et de femme, le niveau hiérarchique, le secteur économique, la taille de l’entreprise, etc.
Malheureusement ces études sont probablement loin de cerner la véritable ampleur du burn-out en Suisse. Les médecins et psychologues observent une aggravation tant au niveau du nombre de consultations qui augmente que au niveau du degré de gravité des personnes épuisées ces dernières années.
Et malgré l’alerte donnée par les professionnels du terrain, il semble que les acteurs des milieux politiques et économiques restent indifférents voire même ignorent l’augmentation de cette souffrance qui atteint la santé et la productivité des Suisses. Une enquête statistique spécifique aurait dû être mise en place à grande échelle pour observer et mieux cerner la population à risque, les facteurs et l’évolution de l’épuisement professionnel en Suisse.