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Le procès de Joseph Shahbazian, chrétien injustement condamné, a eu lieu le mercredi 24 mai. Verdict: la Cour d'appel de Téhéran a réduit sa peine de 10 ans à deux ans d’emprisonnement. Une décision de justice qui n'est pas totalement satisfaisante pour Joseph et l'ensemble de la communauté chrétienne d'Iran.
«Acquitté»… mais partiellement
Fin février, la Cour suprême avait déjà déclaré dans un communiqué que la sentence maximale était «inappropriée» et qu'il n'y avait «aucune preuve» que Joseph dirigeait un groupe de maison. C’est pourquoi les juges ont estimé que la peine maximale était injustifiable. Mais malgré ses neuf mois passés en prison, il reste à Joseph Shahbazian 15 mois avant l'achèvement de sa peine de deux ans.
Mansour Borji, responsable du plaidoyer de l'ONG Article 18, se réjouit: «C'est une bonne chose que la Cour suprême et la Cour d'appel aient toutes deux reconnu que la peine maximale infligée à M. Shahbazian était imméritée et cruelle. Toutefois, il est décevant qu'elles n'aient pas reconnu et défendu son droit, en tant que citoyen, de pratiquer son culte pacifiquement et librement», déplore-t-il. Avant de conclure:
«Joseph n'a rien fait d'illégal qui mérite deux ans de prison.»
Pourtant, il reste incarcéré. Et ce n’est pas tout: il lui est interdit d'être membre de groupes sociaux et politiques pendant deux ans. Une fois sa peine purgée, il sera placé en exil interne dans le sud-est de l’Iran. En outre, il lui est interdit de voyager à l'étranger pendant deux ans. Pourtant, le fait de prier et de participer à des études bibliques avec d'autres chrétiens est un droit reconnu par la Déclaration Universelle de l'ONU et par les textes internationaux que reconnaît l'Iran. Si l'État iranien s'est engagé devant la communauté internationale à défendre ces droits, pourquoi donc Joseph reste-t-il condamné?
Des peines disproportionnées
La réduction de la peine de Joseph Shahbazian constitue une petite lueur d'espoir. Mais cette affaire met en évidence une tendance inquiétante dans le système judiciaire de la République islamique: des citoyens chrétiens ont fait l'objet de sanctions sévères, y compris l'emprisonnement à long terme et l'exil. Mais malgré les demandes d'appel des accusés, les tribunaux ont souvent maintenu leurs jugements initiaux sans leur accorder l'attention qu'ils méritaient. Et nombre de ces accusés ont été condamnés à des peines disproportionnées au cours des dernières années, ceci pour des motifs évidemment religieux: les délits qui leur sont reprochés concernent principalement la participation à des églises de maison et la possession de littérature chrétienne à leur domicile.
Quand les chrétiens sont libérés, cela est habituellement dû à des réductions de peine ou à des amnisties générales. Non à une reconnaissance de leur innocence... Au-delà du cas de Joseph Shahbazian, une autre question demeure: si les convertis au christianisme n'ont pas le droit de se rendre à l'église ni de se réunir en église de maison, où peuvent-il légalement se rencontrer pour célébrer leur culte?
Source: Article 18