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Début octobre 1914, suite à plusieurs lettres de lecteurs dans les journaux de la région se met sur pied un Comité local pour secourir les réfugiés belges ; il devient rapidement vaudois et à la fin du mois justifie la création d’un Comité suisse de secours qui coordonnera l’action des divers comités cantonaux qui se sont déjà mis en place. Le 26 octobre les premiers réfugiés arrivent en train depuis Paris. Et les convois se multiplient.
Accueillis pendant quelques jours au Collège de Montriond (« douchés, examinés, vaccinés, habillés et nourris »), ils sont répartis à travers le pays chez des privés ou dans des institutions. Cette répartition tient compte du sexe, de l’âge, de la composition familiale et si possible de la pratique religieuse. Ceci explique que les cantons catholiques (Fribourg, Lucerne, …) sont particulièrement sollicités.
Pour faciliter l’organisation des convois un comité se met en place aussi à Paris et, début 1915 suite à l’intervention de la reine Elisabeth en Belgique et de Ms. Georgie Fyfe, une infirmière écossaise active sur la ligne du front, le départ des réfugiés s’organise mieux et permet de cibler davantage les enfants.
Au fil des mois les fonds locaux commencent à manquer mais heureusement des privés, une organisation suédoise, la Fondation Rockefeller et la Croix-Rouge américaine viennent en aide. C’est ainsi que Mme Louise Bellet et sa fille Maria-Amparo font transformer un vieil hôtel en Villa du Servan, géré par des religieuses et qui pourra accueillir 40 garçons de Poperinge, un village exposé sur la ligne du front.
L’organisation suédoise, qui se souvient de la reine Astrid, facilite l’arrivée des enfants en Suisse, la Suède étant géographiquement trop éloignée. La Fondation Rockefeller permettra au comité fribourgeois d’accueillir davantage d’enfants dans diverses institutions dont le Château de Vaulruz.
Les enfants seront instruits avec les manuels fournis depuis la Belgique et dans leur langue par des instituteurs belges déjà établis en Suisse ou arrivés comme soldats internés blessés ou malades. Tous les enfants pourront reprendre leurs études en Belgique sans avoir perdu une année mais se feront traiter de « Fransman » par les autres élèves du fait de leur maitrise du français.
L’armistice ne signifiant pas encore le retour à la normale, les premiers enfants rentreront en convoi par Bâle, Liège et Bruxelles le 25 mars 1919. Une réception chaleureuse sera réservée aux accompagnants suisses.
Au total 9'000 réfugiés seront accueillis ; parmi eux environ 2'000 enfants et 5'000 soldats internés belges transférés au Comité de Secours par l’armée suisse qui en avait la charge, au vu de son efficacité.
Pour en savoir plus : Jean-Pierre Wauters « Mary Widmer-Curtat et le Comité suisse de secours aux réfugiés belges durant la Grande Guerre » in Société d’Histoire de la Suisse Romande 2015.