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Écrit à de nombreuses mains, anonymes ou déclarées, ce texte propose une réflexion très intéressante sur les mots que l’on utilise pour se nommer tout en profitant de poser quelques bases théoriques sur une approche politique queer révolutionnaire.
En partant de l’exemple de personnes transmasculines à qui l’on reprocherait un prétendu « privilège masculin », les auteurs·x·trices déconstruisent la notion de classe des hommes opposée classe des femmes, notamment théorisée par Christine Delphy et en montrent le caractère oppressif pour toutes les personnes queer. Ielles proposent également une réflexion poussée sur les questions de langage et sur la manière dont nous nommons. En effet, pourquoi une personne transmasculine ne pourrait se dire lesbienne ? Pourquoi une personne transféminine ne pourrait-elle pas se qualifier de butch ou de pédé·e ?
Opposées à toute forme d’essentialisme, les auteurs·x·trices revendiquent le droit de ne pas souscrire au normes binaires de la manière dont ielles devraient se définir et par extension quel type de politiques ielles devraient défendre en tant que personnes queer. En réaffirmant que la binarité de genre est une fiction, ielles appellent à la construction d’un « nous », que l’ont peut interpréter comme « nous les queers » à même de continuer à lutter pour faire sauter le système dégueulasse et mortifère qu’est l’hétéropatriarcat.
Ielles rappellent à ce titre la citation de Leslie Feinberg, auteur·e du roman Stone Butch Blues : « L’usage de mon propre pronom a été complexifié par le chevauchement des oppressions. Mais ces dernières années, je me suis autant senti·e proche du pronom nous que des pronoms il, elle et iel »
Maimouna Mayoraz