Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07038.jsonl.gz/1562

Das Schloss in 1767 Herrliberger
La lisière occidentale de la grande plaine de Wauwil est dominée par la colline conique du château de Kasteln. C'est au-dessus du village d'Alberswil que se dressent les imposants vestiges de cet ouvrage médiéval, tandis que le château érigé sur le versant de la colline est l'exemple typique d'un manoir de la noblesse lucernoise.
Il est fort probable que cette éminence exposée ait déjà été fortifiée à l'époque préhistorique. A l'intérieur d'un domaine qu'il n'est plus possible de délimiter exactement s'élève une imposante tour d'habitation revêtue de pierres de taille.
Du côté de l'est, la petite plate-forme qui coiffe la pointe de la colline est protégée par un fossé et un remblai. Une terrasse s'étire à travers le terrain; il s'agit sans doute des restes d'un ancien château à motte. Son plan décrit un rectangle de 14,6 mètres sur 12,2 et au niveau du sol, l'épaisseur de ses murs, faits de gros moellons de tuf régulièrement équarris, varie entre 1,6 et 2 mètres. Pour des raisons inhérentes à la technique de construction, l'épannelage vertical n'a probablement été entrepris qu'après l'enchâssement définitif des pierres angulaires dans les murs. Les fondations de cet impressionnant ouvrage consistent en brèche. Les quatre façades sont percées de fenêtres, qui ne datent toutefois pas toutes de la même époque. La porte surélevée se trouvait du côté ouest, où l'on voit encore les opes qui autrefois supportaient les poutres de la plate-forme d'entrée. Dans la partie supérieure de la tour, du côté nord, ce sont deux embrasures de porte qui retiendront notre attention; elles devaient donner accès à des balcons. L'étage supérieur est percé des quatre côtés de grandes fenêtres en demicercle. Selon des documents imagés du XVIIe siècle, la tour était coiffée d'un haut toit en bâtière. Sur ces illustrations, l'un des pignons est à redents, tandis que l'autre, légèrement en croupe, est flanqué aux angles de deux petits oriels. Les murs conservés atteignent encore presque la hauteur de la base du toit. Contrairement à de nombreuses autres tours d'habitation, celle de Kasteln donne une certaine impression de confort, d'aisance. Son aménagement intérieur devait sans doute présenter lui aussi quelques commodités. On ne trouve à Kasteln aucune annexe ou dépendance. Si la plupart des châteaux médiévaux comportent différentes constructions, ici, tous les éléments ont été réunis en un seul bâtiment.
Les documents nous laissent dans l'incertitude en ce qui concerne les débuts de l'ouvrage fortifié de Kasteln, car les plus anciens textes en faisant mention ne datent que du XIIIe siècle. Bien qu'on ait souvent tendance à attribuer un grand âge aux tours construites en pierre de taille, les éléments les plus anciens encore visibles du château de Kasteln ne peuvent être datés que du XIIe siècle. D'importantes transformations doivent avoir été effectuées vers 1250, à l'instigation du dernier comte de Kybourg. La conception de l'imposante forteresse montre clairement qu'il ne s'est pas agi d'un simple siège de ministériaux, mais d'un important château seigneurial. Il faudrait entreprendre des recherches archéologiques pour pouvoir constater s'il a encore été fondé par les comtes de Lenzbourg ou au contraire par leurs successeurs, les Kybourg. Tout ce qu'on sait, c'est que ces derniers ont fait remanier ou agrandir le château vers le milieu du XIIIe siècle. Bien des documents ont été établis à Kasteln par les comtes de Kybourg. Ce château aurait-il dû devenir le troisième siège de la famille, à côté de Kybourg et de Mörsbourg? Ce n'est pas impossible car on sait que les comtes de Kybourg visaient à étendre le plus possible leurs biens en pays argovien. L'extinction de la lignée mit toutefois brutalement fin à ces projets. En 1273, les Habsbourg héritèrent des biens que possédaient les Kybourg en Argovie, et par conséquent aussi de la seigneurie de Kasteln. Le château, centre d'un district administratif, fut inféodé, avec tous les droits et les biens-fonds qui en dépendaient, à des ministériaux habsbourgeois. Au XIVe siècle, les sires de Luternau, qui avaient vu leur position s'élever pendant qu'ils étaient au service des Autrichiens, réussirent à prendre possession de la seigneurie. Lors de la guerre de Sempach, ils ne se mêlèrent pas aux affrontements, ce qui sans doute valut à leur château de n'être pas détruit par les Confédérés. Après l'effondrement de la souveraineté des Habsbourg en pays argovien, les Luternau se rangèrent aux côtés des Confédérés. En 1416, Pierre de Luternau devint même bourgeois de Lucerne. L'un de ses descendants, Jean Sébastien, aliéna en 1482 le domaine de Kasteln au maire lucernois Petermarin Feer. En 1598, le château passa aux mains du capitaine Ulrich Heinserlin, qui sacrifia d'énormes sommes à la réfection de la forteresse alors passablement délabrée. La ville de Lucerne reprit la propriété en 1645, mais en 1653 déjà, lors de la Guerre des paysans, le château fut détruit par des serfs révoltés. Il ne fut jamais reconstruit.
La seigneurie de Kasteln et ses vastes domaines furent, quant à eux, acquis en 1680 par François de Sonnenberg, commandeur de l'ordre de Saint-Jean de Reiden et de Hohenrain Deux ans plus tard, ce chevalier fit construire pour lui et pour sa famille un manoir digne de son rang à proximité des ruines du château. Les Sonnenberg avaient été anoblis vers l'an 1500 et comptaient depuis lors parmi les familles lucernoises les plus influentes. Le manoir de Sonnenberg est demeuré entre les mains de cette famille jusqu'à aujourd'hui.
Quant aux ruines médiévales, elles continuèrent à appartenir au canton de Lucerne qui, en 1737, projeta de reconstruire le château. Vu les énormes frais qu'aurait entraînés une telle entreprise, il y renonça en 1738 déjà. Les ruines de Kasteln sont parmi les ouvrages défensifs féodaux les plus importants du canton de Lucerne. D'importants travaux de restaurations ont eu lieu.
Le puits
En direction du château de Wyher
Bibliographie