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Depuis « Mythologies » jusqu'aux « Conquérants », en passant par « Du bon usage des moyens de transport », « Les Vagabonds » ou « Partir en mer », Marc Wiltz, éditeur de livres de voyage depuis quinze ans, a « classé » quatre-vingts livres dont il s'est nourri pour ses propres voyages.
Pour en faire connaître certains ou mieux comprendre d'autres, et pour dire l'affection profonde qu'il ressent pour leurs auteurs, il se livre à un salutaire exercice d'admiration. Quelques lignes suffisent parfois au lecteur pour partager immédiatement une communauté de vues avec les pages qu'il a sous les yeux - ainsi, pour lui, du Don Quichotte de Cervantès ou du Chant des pistes de Bruce Chatwin ; pour comprendre que sous ces mots se trouve le saisissement d'une intelligence qu'on ne côtoiera jamais d'aussi près - ainsi Les Immémoriaux de Victor Segalen ; pour imaginer l'aventure de partir au loin avec ce mimétisme qui rend les choses a priori plus faciles parce que déjà accomplies par d'autres - ainsi La Voie royale d'André Malraux dans les jungles du Cambodge. Et puis, il faut bien rire aussi du monde parce que vivre est une fête - ainsi, avec ses Mémoires, Giacomo Casanova est-il le grand ordonnateur de l'hommage perpétuel rendu à la beauté.
En 1900, les membres de la société secrète chinoise du Yihetuan, « Poings de justice et de concorde », surnommés « Boxers », se soulèvent contre la présence étrangère. Les puissances coloniales, présentes en Chine depuis la guerre de l'Opium de 1840, réagissent aussitôt, obligeant l'impératrice douairière Cixi à s'enfuir de Pékin. Voyageur sans pareil autour du monde, Pierre Loti (1850-1923), marin en mission, est témoin de cette répression. Il traverse les campagnes pour se rendre à Pékin où il fait deux séjours en 1900 et en 1901. Au sein de cette « Babel inouïe », il en profite pour découvrir une partie de la Chine jusque-là inconnue de l'Occident. Pour la première fois, ces lieux sacrés, temples, palais, jardins somptueux et énigmatiques, dévoilent leurs secrets. Entre l'horreur de la guerre et la splendeur de l'architecture chinoise, Pierre Loti contemple et admire des trésors longtemps ignorés : le temple du Ciel, la Cité interdite, le temple des Lamas, les fabuleux tombeaux des empereurs de Chine... et constate qu'une civilisation disparaît sous ses yeux.
"Impression en « gros caractères » et version numérique téléchargeable gratuitement à partir du livre.
Extrait de Carmen : « Elle avait un jupon rouge fort court qui laissait voir des bas de soie blancs avec plus d'un trou, et des souliers mignons de maroquin rouge attachés avec des rubans couleur de feu. Elle écartait sa mantille afin de montrer ses épaules et un gros bouquet de cassie qui sortait de sa chemise. Elle avait encore une fleur de cassie dans le coin de la bouche, et elle s'avançait en se balançant sur ses hanches comme une pouliche du haras de Cordoue. »"
On raconte que les éléphants dansent certaines nuits. Mais personne n'a jamais réussi à les voir...
Petit Toomai fera le même métier que son père, Grand Toomai : il sera cornac. Nous sommes en Inde, au xix e siècle. Les cornacs sont ceux qui, avec leurs éléphants, capturent des éléphants sauvages afin de les domestiquer.
À la différence de son père, Petit Toomai ne souhaite pas passer sa vie au campement. Il rêve d'exploration et d'aventures. Suite au passage d'un grand chasseur dans le camp, Petersen Sahib, qui voit en Petit Toomai la promesse d'un grand destin, un nouveau rêve naît dans l'esprit du petit garçon. Petersen Sahib lui a promis de le prendre sous son aile, quand il aura vu les éléphants danser...
Ce qui semble être une blague se révélera l'expérience la plus fabuleuse vécue par Toomai. Entraîné au coeur de la nuit par son éléphant Kala Nag, il bravera les mystères de la forêt et assistera au légendaire bal des éléphants. Petit Toomai deviendra alors « Toomai des éléphants ».
« Qui veut venir avec moi voir à Ispahan la saison des roses, prenne son parti de cheminer lentement à mes côtés, par étapes, ainsi qu'au Moyen Âge.
Qui veut venir avec moi voir à Ispahan la saison des roses, consente au danger des chevauchées par les sentiers mauvais où les bêtes tombent, et à la promiscuité des caravansérails où l'on dort entassés dans une niche de terre battue, parmi les mouches et la vermine.
Qui veut venir avec moi voir apparaître, dans sa triste oasis, au milieu de ses champs de pavots blancs et de ses jardins de roses roses, la vieille ville de ruines et de mystère, avec tous ses dômes bleus, tous ses minarets bleus d'un inaltérable émail ; qui veut venir avec moi voir Ispahan sous le beau ciel de mai, se prépare à de longues marches, au brûlant soleil, dans le vent âpre et froid des altitudes extrêmes, à travers ces plateaux d'Asie, les plus élevés et les plus vastes du monde, qui furent le berceau des humanités, mais sont devenus aujourd'hui des déserts. »
Tout le monde croyait que Bram Johnson était mort. Accusé d'avoir tué le caporal Lee, il avait en réalité pris la fuite dans le Grand Nord, avec sa meute de loups. Alors qu'il a disparu depuis quelques années, le capitaine Philip Brant retrouve sa piste, grâce à une trace laissée par Johnson : un mystérieux « piège d'or », tressé avec les cheveux blonds d'une femme. C'est le début d'une enquête inattendue pour Philip Brant, et d'un voyage périlleux au coeur du Grand Désert blanc.
Le 23 janvier 1903, Victor Segalen, jeune médecin de la marine débarque à Tahiti. Il découvre alors la culture Maori confrontée à la venue des « hommes à la peaux blêmes », ces européens qui tentent d'imposer leur culture et leur religion.
Le jeune homme s'emploie alors à recueillir des témoignages de cette civilisation et il se servira de cette matière pour écrire son roman Les Immémoriaux publié pour la première fois en 1907.
Térii, le héros Maori à qui son vieux maître avait demandé de mémoriser les légendes et la langue de son peuple commettra, en son trompant sur un mot, une erreur irréparable qui le conduira à l'exil durant vingt ans, à la recherche du « parler ancien ». À son retour sur son île, les habitants sont devenus chrétiens et obéissent à « l'Atua Iésu Kèrito », d'abord révolté, n'acceptant pas ce « parler nouveau », Térii oublie peu à peu ses anciens rites, se fait baptiser, dénonce les hérétiques et deviendra diacre.
A travers le texte de Segalen, c'est la disparition progressive de la culture Maori à laquelle le lecteur assiste et, de manière plus générale, à la force des missions civilisatrices européennes. Le choix d'écrire le texte du point de vue du colonisé donne à ce texte une résonnance particulière, ce n'est pas un simple récit exotique mais une réelle réflexion sur la disparition de ces cultures.
La question du langage et sa place dans la culture sont un réel enjeu dans cet ouvrage et la mort du vieux prêtre qui était le dépositaire de cette culture orale annonce la mort de cette civilisation, porteuse du « parler ancien ». Et ainsi apparaissent ces Immémoriaux, ces êtres détruits parce qu'ils ont tout oublié et accepté la victoire à la civilisation européenne.
Ce texte est riche de ce qu'a voulu transmettre Victor Segalen, de ce qu'il a pu ressentir à la vue de ce peuple dépouillé de ses richesses culturelle. Il exprime ici une réelle critique envers ces européens, qui ont imposé une croyance, une religion au nom d'une supposée supériorité.
« Le journal que tu tiens relate mon voyage à la rencontre de tous ces arbres, connus ou discrets, cachés ou exubérants, frêles ou solides, mais toujours extraordinaires. Ces arbres, je les ai trouvés et je les ai écoutés. Ce sont leurs histoires que je te confie : fais-en bon usage ! » - Un voyage onirique à la découverte des arbres remarquables de France, enrichi d'un contenu savant qui donne aux enfants et aux adultes les clefs pour engager leur propre quête botanique.
- Un livre à la frontière du carnet de voyage, de l'herbier, de l'encyclopédie, du cabinet de curiosités.
- Ce livre bénéficie du soutien de l'association A.R.B.R.E.S. et s'ouvre sur une préface de son président, Georges Feterman.
La forêt amazonienne abrite des espèces animales et végétales que l'on ne trouve nulle part ailleurs sur Terre : des plantes extraordinaires, des oiseaux, des mammifères, des reptiles, des batraciens, des poissons, des insectes... Beaucoup d'espèces restent à découvrir. Plusieurs sont malheureusement menacées d'extinction. Il en est ainsi du tatou, du tamanoir, de la grenouille dendrobate, du jaguar, du singe araignée, de l'ara, du tamarin lion...
1) À l'occasion des dix ans de tournée à travers le monde avec le spectacle « Concerto pour deux clowns », l'artiste de cirque Julia Moa Caprez partage son expérience et ouvre une fenêtre sur un travail encore largement méconnu : l'art du clown.
2) Des photographies collectées au fil des années rythment les textes ; elles reflètent un monde intime, sur scène, en coulisse et sur les routes et témoignent d'un parcours singulier où l'art et la vie ne font qu'un.
3) L'auteure raconte un voyage insolite au rythme des rencontres, ses amours, ses doutes, ses passions et le désir ardent d'aller à la recherche de l'autre et d'elle-même.
« Le 4 septembre 1870, quand les ouvriers de Paris proclamèrent la république, qui fut presque instantanément acclamée d'un bout à l'autre de la France, sans une seule voix discordante, une cabale d'avocats en quête de places, avec Thiers pour homme d'État et Trochu pour général, s'empara de l'Hôtel de Ville. Ces gens étaient alors imbus d'une foi si fanatique dans la mission dévolue à Paris de représenter la France à toutes les époques de crise historique que, pour légitimer leurs titres usurpés au gouvernement de la France, ils crurent suffisant de produire leurs mandats périmés de représentants de Paris... »
1) Photographier le religieux partout dans le monde pour mieux saisir ses spécificités et sa diversité.
2) De illustrations significatives des lieux présentés, avec une légende circonstanciée.
Livre bilingue français-anglais.
3) Le fruit de longues années de recherche d'un laboratoire du CNRS, sur un sujet complexe et inflammable.
L'exposition photographique « Pluralités du croire », réalisée il y a quelques années par des enseignants-chercheurs du CNRS, avait visé à mieux faire connaître les activités scientifiques d'un laboratoire dédié et à réfléchir collectivement sur ce que pouvait signifier la visibilisation du fait religieux et de la laïcité dans nos sociétés contemporaines. Ce fut un succès !
Les clichés retrouvés montraient une originalité esthétique et scientifique. Ce livre reprend à l'identique le déroulement narratif de l'exposition. Il a été simplement enrichi de nouvelles contributions venant prouver la vitalité de ces recherches partout à travers le monde, et l'intérêt qui ne se dément pas pour les questions religieuses appréhendées dans ses lieux consacrés comme dans l'espace public.
Cette exposition sera à nouveau visible en 2022 en France et à l'étranger. C'est l'occasion de mettre à la disposition d'un public élargi une publication originale née d'un désir commun de faire partager des expériences individuelles et, surtout, de contribuer à une compréhension mutuelle des faits religieux et des laïcités. La vision panoramique de la diversité du monde nous l'impose, comme pour rappeler que ces pluralités de la croyance et de la non-croyance, considérées à parts égales et formant un même tout commun, ne trouvent leur signification réelle que lorsqu'elles sont soumises, elles- mêmes, à une pluralité des regards.
Une histoire en deux temps, des premiers souvenirs de voyage de Sonia Privat au Sénégal, ses découvertes et rencontres, jusqu'à l'idée qui a peu à peu germé, celle d'un road trip en Gambie, petit pays enclavé, très mal connu, qui se nourrit du fleuve. Un voyage retranscrit sous différentes formes et différents techniques artistiques, associant peintures, dessins et textes de Sonia Privat aux photographies de Dan son compagnon. Un récit humain, qui avance au fil des rencontres avec ceux qui sont devenus des amis.
L'Algérie est le plus grand pays bordant la Méditerranée avec ses mille deux cents kilomètres de côtes et, avec son immense Sahara, le deuxième pays le plus étendu d'Afrique après le Soudan. De la plus haute Antiquité à la conquête musulmane, de la colonisation française à son Indépendance en 1962, elle fut de tous temps un carrefour de cultures et de civilisations, une terre de convoitise où l'Histoire a marqué le passage des hommes de traces indélébiles et laissé d'innombrables vestiges. Même si la littérature algérienne est déjà mondialement reconnue avec Kateb Yacine, Mohammed Dib, Assia Djebar, Rachid Mimouni ou Yasmina Khadra, et s'inscrit admirablement dans l'histoire des littératures de langue française, elle est aussi riche des voix de Rachid Boudjedra, Hamid Skif, Leïla Marouane, Amin Zaoui, Anouar Benmalek ou du nouvelliste Atmane Bedjou. Les thèmes de l'exil, de la difficulté d'être femme, de la famille, de la place de la religion, de l'amour, y sont récurrents dans ces nouvelles. Ils traduisent bien un pays en devenir, dont l'identité s'affirme au fil du temps (nouvelle édition revue, corrigée et complétée).
1) Le chant d'amour de l'un des plus grands écrivainsvoyageurs français, pour une région de France, et d'Espagne, au point d'en faire sa seconde patrie. La préface argumentée de Bruno Vercier, grand spécialiste de Loti, montre les racines et contextualise à merveille cette décision de vie.
2) Un témoignage précieux, parfois tristement drôle pour le lecteur du xxie siècle, de l'arrivée de la modernité marchande, et de l'accroissement du tourisme, via le chemin de fer et la spéculation immobilière.
3) Un regard visionnaire quant à la protection des espaces naturels : « Vraiment, il est des sites qu'il faudrait respecter et qui devraient devenir intangible propriété nationale, comme nos monuments ou les objets d'art de nos musées. »
Forte de 400?000 habitants, la Martinique est surnommée « l'île aux fleurs ». Située dans l'archipel des Petites Antilles, cette région ultrapériphérique de l'Union européenne possède un tempérament bien à elle. Christophe Colomb a été le premier Européen à y poser le pied en 1502, au cours de son voyage vers les « Indes », croyait-il, mais la première colonie française n'a été instaurée que cent trente-trois ans plus tard par Pierre Belain d'Esnambuc (1635). Sa population originelle a tout subi : fuite, expulsion, esclavage... Puis elle s'est reconstituée depuis de multiples origines : africaine, indienne, européenne, asiatique pour établir aujourd'hui sa véritable identité. Grâce à la fougue d'Aimé Césaire, député-maire de la capitale Fort-de-France, la colonie s'est transformée en Département français d'outre-mer en 1946. Les auteurs réunis ici témoignent de cette histoire malmenée, de cet éloignement de la métropole qui peut être un bienfait, de cette insularité dans les Caraïbes...
1) Un formidable texte oublié, à redécouvrir ! Il offre le regard croisé d'un artiste-sculpteur majeur des xix et xxe siècles sur l'architecture médiévale : croisement des arts et des époques.
2) Une analyse-enquête pour comprendre ce qui fait des cathédrales des havres de paix : volume, ombres, lumière, harmonie... Et ce, en passant par les Pays de la Loire, Melun, Étampes, Mantes, Nevers, Amiens, Le Mans, Soissons, Reims, Laon, Chartres...
3) Un guide qui initie explicitement à la lecture des architectures et de leurs ornements : « Par où commencer ? Il n'y a pas de commencement. Prenez comme vous arrivez, arrêtez-vous à ce qui séduit d'abord. Et travaillez ! »
Le 18 septembre 1502, une forte tempête rejette le navire de Christophe Colomb sur le rivage de Isla Uvita, une petite île au large de Puerto?Limón, sur la côte Caraïbe. Fasciné par l'or et le jade qu'arborent les habitants, le navigateur ne tarde pas à baptiser «?Costa Rica?» -?la Côte riche?- les terres qu'il vient de découvrir. Ce petit pays d'Amérique centrale jouit d'un climat tempéré et d'une faune et d'une flore exceptionnelles?: forêt tropicale humide, parcs nationaux et réserves privées avec leurs ponts suspendus, où règnent le quetzal, l'oiseau emblématique de la civilisation précolombienne, multiples volcans encore en activité... Ces richesses en font une destination très prisée. Le pays a même été surnommé la «?Suisse de l'Amérique centrale?», soulignant sa stabilité politique. Gràce à son président José Ferrer, il n'a plus d'armée depuis 1948...
La petite Iris passe les vacances d'été chez sa tante Ilda à Nogent-sur-Seine. Dans cette grande maison, elle s'ennuie et rêve d'aventures. Sa tante lui propose de l'accompagner juste en face, sur l'île Olive. Lorsqu'Iris aperçoit une barque abandonnée, elle saisit l'opportunité et saute dans celle-ci pour remonter le cours de la Seine et atteindre enfin son rêve?: se baigner dans la mer.
Accompagnée d'Icare, le perroquet de tante Ilda, elle entame un voyage non seulement dans l'espace mais aussi dans le temps?! Ensemble, ils vont accoster sur dix îles mythiques de la Seine, et seront transportés à différentes époques...
1) Témoignage historique de première main, délivré par celui qui deviendra le père de l'alpinisme français.
2) Récit d'une expédition scientifique aux allures d'épopée, où la conquête des cimes montagneuses n'a pu se faire qu'au prix de multiples tentatives, du dépassement de soi jusqu'aux frontières du respirable.
3) Regard ethnologique passionnant sur les divers habitants autour du mont Blanc : bergers de la Môle, habitants de Chamonix..., et la faune et la flore spécifiques.
Du Frère Faucheux (1876-1959) de la congrégation des Frères de Saint-Gabriel, qui voulut coucher sur des plaques de verre les contours de ses visions pondichériennes, à Marie-Louise Reiniche (1934-2008), anthropologue de l'Inde méridionale qui enregistrait les mouvements traversant ses enquêtes, les quelques douze fonds particuliers auxquels s'ajoutent nombre de clichés pris par des photographes inconnus qui sont ici présentés, frappent par leur diversité. Mais ils étonnent par leur humanité. La dizaine d'archéologues de l'EFEO ont bien sûr accordé au monumental et à l'archéologique une grande place. Les monuments de cette aire géographique si particulière ont orienté la vie scientifique d'Henri Parmentier (1871-1945) qui fut chef du service archéologique de l'EFEO dès sa création en 1898, tout comme celle d'Henri Marchal (1876-1970) qui prit sa suite en 1933, ou celle de Victor Goloubew (1878-1945), archéologue et historien d'art de l'École, qui identifia la Descente du Gange du site Pallava de Mahabalipuram dont certains détails apparaissent dans cet ouvrage.
« Avec un bel éclat, les deux discours qu'on va lire donnent à connaître, ramassé, le débat où s'affrontèrent, en un moment décisif, le camp des partisans de la colonisation et celui de ses adversaires : par les grandes voix de deux orateurs essentiels. La résonance de l'une sur l'autre démonstration était destinée, nous le savons maintenant, à évoluer en profondeur dans la suite des temps. Un demi-siècle plus tard, vers l'époque de l'exposition coloniale de 1931, apogée d'un grand dessein, Jules Ferry aurait rallié à ses thèses la majorité des Français, les générations qui avaient assimilé, sur les bancs de l'école, en face des cartes suspendues à côté du tableau noir et portant la couleur rose de nos emprises planétaires, la fierté que leur pays pouvait en tirer. Mais cent ans après, une fois qu'aurait soufflé le grand vent de la décolonisation, Clemenceau apparaîtrait, au contraire, comme celui dont la lucidité avait porté la conscience prémonitoire de l'illégitimité d'une domination de notre peuple sur d'autres qui n'en pouvaient mais...»
« En cheminant trente ans aux côtés de Catherine Germain et du clown Arletti, j'ai découvert des jardins secrets du théâtre et de l'écriture. J'écris ce livre pour quelqu'un qui, un jour, voudra devenir clown, et qui cherchera des traces d'expériences de ceux qui, avant lui, auront été dans ce territoire étrange. Il lira peut-être quelques phrases qui l'emmèneront sur le chemin du clown, mais surtout sur le chemin de lui-même. Et sur ce chemin-là il peut tout autant croiser Henry Miller, Pessoa, Levinas, Zappa, Vermeer ou Beethoven... Les chemins de la transmission sont mystérieux. La sensibilité traverse les frontières: pourquoi ne pas lui faire confiance? Je ne sais pas comment je suis entré dans cet univers. Je cherchais un théâtre d'apparition et de magie, pas un théâtre où l'on raconte des histoires. »
Avec 15 langues indo-aryennes officielles, sans compter les langues tibéto-birmanes ni les langues adivasis, la littérature de l'Inde du Nord est une source narrative inépuisable. Les nouvelles présentées ici sont toutes traduites du hindi, la langue officielle de l'Union indienne, et issues de plusieurs États et territoires de cet incomparable pays-continent. Elles illustrent toutes ensemble les vastes influences religieuses et sociales qui l'ont traversé : hindouisme et bouddhisme, brahmanisme, islam de l'Empire moghol et découverte de la culture européenne par la langue anglaise... Le socle culturel des épopées classiques, comme le Mahabharata et le Ramayana, est lui aussi toujours vivant. Les auteurs contemporains en renouvèlent sans cesse la forme d'expression, alimentant proverbes et images dans des styles de plus en plus affranchis des normes canoniques. L'Inde, la plus grande démocratie du monde, es indépendante depuis 1947.