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Autres vues aériennes de Gräpplang
Les vestiges de la forteresse de Gräpplang s'élèvent sur leur éperon rocheux, du côté gauche de la vallée de la Seez, entre Walenstadt et Flums. Tout en longueur, cet ouvrage est divisé en un château retranché et, séparé de celui-ci par un fossé transversal, un avant-château sis en contrebas. Campé au sommet, le château central comporte un corps de logis de plan trapézoïdal; il s'élève encore en partie sur cinq étages. La salle voûtée qui se trouve à l'étage supérieur servait autrefois de chapelle domestique. Seuls subsistent encore de ce sanctuaire quelques éléments du socle de l'autel et la sacristie. Il est possible que la structure du corps de logis remonte à une époque tardive. Le complexe de l'est pourrait avoir été à l'origine un donjon, le secteur ouest la cour. Après avoir été surhaussée, une partie du mur d'enceinte aurait été transformée en bâtiment. On sait que de tels changements ont été opérés à Wildegg, Zoug et Liebenfels. Le fait qu'une citerne se trouvait dans l'angle nord-ouest parle pour l'existence d'une cour à cet endroit.
Bien que les fenêtres aient au cours des siècles été modifiées à plus d'une reprise pour devenir finalement de larges baies ogivales - ce qui augmenta le confort - on trouve encore des traces de vieilles fenêtres cintrées. L'accès au corps de logis, ménagé du côté sud, est défendu par une lice avancée, comme à Hohenklingen. La lice elle-même n'était accessible que par un pont qui franchissait le fossé séparant l'avant-château de l'ouvrage central.
L'histoire de la crête rocheuse, la «grappa lunga», crête longue, est riche en événements. Les objets mis au jour prouvent que cet endroit était déjà peuplé à l'époque préhistorique. Longtemps, la vallée de la Seez et du lac de Walenstadt servit de route commerciale entre la zone du lac de Zurich et les cols grisons. Le trafic y fut fort animé dès l'époque romaine et jusqu'au haut Moyen Age.
Il n'est donc nullement étonnant que tôt déjà, l'évêché de Coire ait manifesté son intérêt pour ce pays et qu'il se soit approprié le domaine de Flums, situé au sud de Gräpplang. Il réussit ainsi à étendre sa domination jusqu'au lac de Walenstadt. Les premiers vidames de l'évêque furent des nobles établis à Flums; plus tard, ils adoptèrent le nom de ce domaine. Ce sont probablement eux qui vers la fin du XIIe siècle firent ériger un château fort sur la crête rocheuse. Un texte de 1249 fait mention du «castrum Flumins»; dès le XIVe siècle, ce siège fut nommé «Crepalla». Par la suite, le château fut hypothéqué à maintes reprises par les évêques de Coire et l'on connaît les noms de nombre des familles qui jusqu'au début du XVIe siècle détinrent ce gage. Nous ne citerons que les Montfort, les Stadion, les Schauenstein, les Hertenegg, et même la ville de Zurich qui posséda Gräpplang de 1419 à 1446, date à laquelle Zurich accorda le droit de bourgeoisie à l'évêque de Coire.
Le site du château fut acquis en 1528 par Louis Tschudi, frère du célèbre chroniqueur glaronnais, contre la somme de 2400 florins; il demeura propriété de cette famille jusqu'en 1767. La vente avait été conclue par la Ligue de la Maison-Dieu en l'absence de l'évêque Ziegler, qui s'était enfui au Tyrol. Les Tschudi se montrèrent par la suite des bâtisseurs fort entreprenants; ce sont eux qui donnèrent au château le caractère qui le distingue aujourd'hui encore. Le propriétaire le plus actif fut Joseph Antoine Tschudi (1638-1743). Banneret et capitaine de la région de Sargans, il fut le onzième et avant-dernier châtelain de Gräpplang issu de la lignée des Tschudi. On doit à la période des Tschudi la fermeture de l'enceinte de l'avant-château, le déplacement et la transformation de la lice, l'aménagement des communs, la deuxième citerne et l'entrée inférieure donnant accès au château retranché.
Après les Tschudi, le château changea plusieurs fois de mains. En 1804, il fut vendu pour être démoli. Ce n'est qu'en 1923 que la commune de Flums fit l'acquisition de ce qui en restait; depuis, elle voue toute son attention à l'entretien de ces vestiges.