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Publié le 20 février dernier, un rapport émanant des 43 pays du Conseil de l'Europe (CoE) questionne l'utilité des tentatives du Royaume-Uni de décourager la consommation de drogue en infligeant des «peines légales sévères» (Lancet 2001 ; 357 : 698). Ce rapport fait suite à une enquête récente qui montre que les jeunes Britanniques sont plus prompts à fumer, boire et consommer des drogues que les jeunes européens du continent.Compilé par un membre britannique du Parlement, Paul Flynn, pour le Comité pour les affaires sociales, la santé et la famille du CoE, ce rapport a été adopté lors d'une réunion à Paris. Il sera débattu par l'Assemblée parlementaire du CoE plus tard cette année. Il indique que «les données existantes révèlent que la prévalence de la consommation de drogues dans un Etat particulier ne semble pas dépendre de la sévérité des sanctions légales liées à la possession et à la consommation de drogues dans cet Etat [et] rien ne prouve que les mesures élaborées pour dissuader de consommer des drogues ont un quelconque effet sur la prévalence de la consommation de drogue». Ces constats visent le Royaume-Uni et la Suède, qui appliquent des politiques publiques dissuasives similaires.Le rapport suggère que les Etats membres du Conseil de l'Europe devraient chercher à réduire le mal qu'induisent les drogues un concept plus large qui tient compte des morts, maladies et crimes liés à la drogue alors qu'un contrôle de l'utilisation de drogues est jugé «inatteignable». Il compare l'augmentation des décès liés à la drogue au Royaume-Uni et en Suède entre 1986 et 1998 avec la réussite de la Suisse à stabiliser puis à inverser la tendance à la mortalité à partir de 1994 grâce à ses programmes de prévention et de traitement incluant l'échange de seringues et des emplois pour toxicomanes.Toutefois, le rapport note que la pauvreté des données fiables et comparables rend les comparaisons internationales quasi impossibles, le résultat étant que les politiques publiques dans ce domaine se perpétuent «dans le vide». Certains Etats n'étudient même pas l'utilisation de la drogue, indique le rapport. On s'attend à ce que les recommandations de l'Assemblée parlementaire du CoE aux ministres qui représentent les Etats membres de l'organisation se focalisent sur ces insuffisances.Quoi qu'il en soit, le rapport encourage les Etats à prendre en considération le lien causal qui existe entre la privation et le mal qu'induit la consommation de drogue, un lien que plusieurs études britanniques suggèrent. Mais il reconnaît que le nombre de morts attribuées aux drogues illicites reste «minuscule» par rapport à celles qui sont liées à l'alcool et au tabac.