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Depuis New York le bureau de l'Agence France-Presse nous apprend l'existence d'une nouvelle forme, qualifiée de «fulgurante» de l'infection par le VIH ; une forme résistante a priori à tout traitement. Le cas a été décelé chez un New-Yorkais ce qui a conduit les autorités sanitaires de la ville à renouveler leurs mises en garde préventives à la communauté homosexuelle.«Une variété hautement résistante de VIH progressant très rapidement a été décelée pour la première fois chez un résident de New York, a annoncé dans un communiqué daté du 12 février le service de santé de la ville. Cette variété ne répond pas à trois classes de médicaments antirétroviraux (sur les quatre existants) et semble aussi réduire fortement l'intervalle entre l'infection au VIH et le sida déclaré.»Le malade concerné est un homme âgé d'une quarantaine d'années qui a indiqué avoir eu plusieurs relations homosexuelles non protégées. Il semble avoir été infecté récemment, il y a peut-être deux ou trois mois, et au maximum il y a vingt mois. Après avoir découvert sa séropositivité en décembre, il a développé la maladie.Les autorités sanitaires américaines rappellent, qu'habituellement, le sida met quelque dix ans à prendre une expression clinique. «La résistance aux traitements est de plus en plus commune pour les patients déjà traités contre le VIH, mais les cas de résistance sur les patients tout juste diagnostiqués et n'ayant jamais été traités sont très rares. Et la combinaison de cette résistance aux médicaments et de la progression rapide du sida pourrait très bien n'avoir jamais été diagnostiquée auparavant» assurent les responsables sanitaires new-yorkais. «Il s'agit là d'un signal d'alerte, estime Thomas Frieden, chef du service de santé de New York. D'abord pour les hommes qui ont des relations avec des hommes, en particulier ceux qui consomment des méthamphétamines (drogue de synthèse au caractère hautement addictif). Cette communauté a réussi à réduire les risques du VIH dans les années 80, et elle doit de nouveau le faire pour stopper les ravages du VIH et du sida et l'expansion de souches résistantes.» Plus de 88 000 New-Yorkais «vivent avec le VIH» et on estime que quelque 20 000 personnes vivant dans cette mégapole sont infectées et ce sans le savoir.Jean-Yves Nau Vraiment atypique?L'annonce d'un cas atypique de sida par les autorités new-yorkaises a reçu une grande attention médiatique. Mais de nombreux spécialistes, dont le codécouvreur du VIH Robert Gallo, ont exprimé leurs doutes quant au caractère réellement inédit du cas, précisait la Neue Zurcher Zeitung du 16 février. Bernard Hirschel, spécialiste genevois, rappelle dans la NZZ que le développement de la maladie peu après l'infection, comme la résistance inaugurale du virus à plusieurs classes de traitements, ont déjà été observés, y compris en Suisse. La réunion de ces deux circonstances chez un même patient semble inédite, mais ne suffit pas à prouver l'existence d'une nouvelle souche du virus. Et même s'il s'agissait d'une nouvelle souche, un cas isolé ne permettrait pas d'évaluer sa virulence, poursuit dans la NZZ Pietro Vernazza, de l'hôpital cantonal de Saint-Gall, celle-ci variant beaucoup d'un individu à l'autre. J.-L. V.