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L’histoire des voûtes sarrasines constitue un chapitre exceptionnel dans l’histoire de l’architecture, à travers les âges. La « voûte » est un exemple parfait de, comment un système de construction traditionnel peut être revitalisé et transposé dans un autre contexte.
Les premières voûtes ont été construites, à peu près il y a 6000 ans dans le Proche-Orient. Des techniques proches à la voûte sarrasines ont été rencontrées, tout autour du bassin méditerranéen. L’évolution de la branche que nous suivons, est passée d’une certaine façon, par le sud de l’Espagne, où les briques ont été posées à plat. Le fameux Gaudi a utilisé cette technique. A la fin 19ème siècle, Gustavino qui émigra aux Etats-Unis, fonda une entreprise de construction de voûtes et travailla principalement sur la Côte Est. Le père et le fils développèrent cette technique, utilisant les propriétés de la double courbure, aplanissant les voûtes et les faisant plus fines. La compagnie cessa son activité dans le milieu du 20ème siècle, qui correspond plus ou moins, à la fin de l’utilisation de cette technique en Europe aussi.
Les raisons de sa disparition sont peut-être l’apparition de nouvelles technologies (béton armé) ou le manque d’ouvriers qualifiés, mais aussi à l’arrivée de l’architecture cubique moderne.
De nos jours, grâce aux escaliers et à un peu de littérature, les voûtes sarrasines ont survécu. Au sujet le l’analyse, certaines personnes étudient et développent des méthodes et des programmes informatiques qui augmentent les possibilités de formes et d’analyses. Tout ceci nous a permis d’apprendre à construire les voûtes sarrasines (bâtissage et conception). Une profession entre maçon, plâtrier, architecte et ingénieur.
Les coques en voûtes sarrasines sont bon marché pour des objets à double courbure. La combinaison avec du béton armé est aussi possible, comme coffrage perdu.
Ces constructions sont abordables, modelables, légères (entre 70 et 100 kg/m2) et résistantes (dans certaines conditions elles peuvent supporter jusqu’à 2 tonnes au m2). Beaucoup de possibilités inexplorées attendent notre imagination.
Vivre, travailler ou marcher sous une coque est une expérience remarquable et probablement spirituelle…
Escaliers
La structure d’escaliers est certainement la construction la plus compétitive de ces voûtes.
Trois types d’escaliers :
l’escalier catalans, qui est droit et repose sur une voûte à simple courbure. Généralement un mur d’échiffre est présent. Seulement une ligne dessinée sur le mur est nécessaire pour construire la voûte.
’escalier algérien est tournant et repose sur une voûte à double courbure. Le bord extérieur est fait de courbes verticales (généralement paraboliques) dessinées sur les murs de la cage d’escaliers et l’intérieur suit les marches. Des ficelles verticales servent de guide pour visualiser l’intérieur de l’escalier. Un joli balancement des marches est nécessaire.
l’escalier français est tournant et repose aussi sur une voûte à double courbure. L’intérieur et l’extérieur suivent les marches. Ici la voûte est construite par dessous, après la pose des marches.
Avec l’escalier algérien et le français, la statique est liée à la rotation de l’escalier. Celui-ci devrait être aussi peu droit que possible.
Plafonds et dalles
N’importe quelle forme n’est pas possible, mais, ne nécessitant pas de coffrage, cette technique offre une infinité de possibilités géométriques.
Ces voûtes, vu leur finesse, doivent plutôt être considérées comme des coques. Elles sont en maçonnerie non armée (briques terre-cuite) et fonctionnent en compression seulement. Ces voûtes sont bâties au plâtre pour la première couche, puis en mortier hydraulique pour les couches suivantes.
Les voûtes reposent sur des murs, sur des arches ou directement sur les fondations. L’ensemble doit être subtilement conçu de manière à réunir statique et esthétique.
Pour un sol, le côté supérieur doit être ensuite nivelé. Pour une toiture, l’isolation doit être ajoutée. La projection d’isolant est la meilleure solution pour des doubles courbures.
Les voûtes aujourd’hui, peuvent tout à fait faire partie de notre quotidien, dans nos habitats et divers concepts architecturaux, laissant place à plus de fantaisie et volupté. Pour les rajeunir, on pourrait les appeler « coques ». Elles sont d’une ingéniosité technique exceptionnelle, à chaque époque quasi révolutionnaire, tout en étant bâties de la même manière et de la même matière (argile – plâtre).