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Les journalistes savent que la partie la plus importante d’un article est ce qu’ils appellent le « chapeau », cette première phrase ou premier paragraphe qui doit capter l’attention du lecteur pour qu’il lise la suite. Dans l’ancien journalisme, incarné par les reporters des agences, le chapeau était aussi censé donner un résumé de l’article. Les reporters d’aujourd’hui commencent plutôt avec une anecdote qui illustre le propos et accroche l’attention du lecteur. Le pape François sait combien ce fameux chapeau est important. Il est un bon narrateur et sait résumer son message en une brève formule. Il ressemble au nouveau rédacteur d’un journal qui veut renouveler le ton de sa publication. Il est en train de dire aux responsables de l’Eglise qu’ils ont enterré le chapeau. Et ce chapeau, c’est : « Jésus t’a sauvé. »
Dans l’interview qu’il a donnée à la Civiltà Cattolica, il déclare : « La proclamation de l’amour sauveur de Dieu vient avant les impératifs moraux et religieux. Aujourd’hui, il peut parfois sembler que c’est l’ordre inverse qui prévaut. » En d’autres termes, pendant trop longtemps, l’Eglise a mis l’accent sur les normes et les règlements, assortis de condamnations et d’exhortations, et relégué l’amour de Dieu au paragraphe 25. Cela veut dire que si vous rencontrez une personne homosexuelle, vous ne commencerez pas par lui dire: « Tu es pécheur. » Non, vous lui dites: « Dieu t’aime, et je t’aime aussi. » Quand vous rentrez à la maison pour un repas de fête, vous aimeriez qu’on vous accueille à bras ouverts, qu’on vous embrasse. Vous voulez sentir la chaleur, l’affection et l’amour de votre mère. Trop longtemps, l’Eglise s’est comportée comme un parent acariâtre qui, avant même que vous ayez passé le seuil, vous gronde pour tout ce que vous avez fait de faux durant l’année écoulée.
Thomas Reese est un analyste à NCR. Vous pouvez le suivre sur Twitter