Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06949.jsonl.gz/595

Résumé
La pauvreté monétaire est actuellement définie sur la base des revenus des ménages privés. La statistique de la pauvreté devrait à l’avenir être complétée par un indicateur qui repose sur l’ensemble des moyens financiers des ménages (revenu et fortune). Un document de considérations méthodologiques présente et soupèse, à l’aide de données provisoires sur la fortune, diverses possibilités d’intégrer la fortune dans la mesure de la pauvreté.
Description
Depuis 2001, l’Office fédéral de la statistique (OFS) publie périodiquement des informations sur la pauvreté en Suisse. Selon la définition en vigueur, y sont considérées comme pauvres toutes les personnes qui n'ont pas les moyens financiers d'acquérir les biens et services nécessaires à une vie sociale intégrée. L’OFS recourt donc à une notion de la pauvreté qui, théoriquement, comprend tant le revenu que la fortune. Mais jusqu’ici, il n’a pu considérer que les revenus de la fortune et de la location (intérêts, dividendes, loyers encaissés, etc.), donc sans pouvoir tenir compte des éléments de la fortune (par ex. avoirs sur des comptes, valeur des placements, objets de valeur et biens immobiliers).
La statistique de la pauvreté devrait à l’avenir être complétée par un indicateur qui repose sur l’ensemble des moyens financiers des ménages (revenu et fortune). En Suisse, nous ne disposons pas pour l’heure de données sur la fortune répondant aux exigences nécessaires, au niveau du contenu et de la qualité, pour réaliser de telles analyses. L’OFS a par conséquent intégré un module pilote sur la fortune dans l’enquête sur les revenus et les conditions de vie en Suisse (SILC). Ces données sont expérimentales et ne peuvent pas être utilisées pour une publication standard. Ce module permet cependant de réaliser des analyses exploratoires sur la prise en compte de la fortune dans la mesure de la pauvreté.
Démarche adoptée et objectifs
Si la recherche est maintenant presque unanime sur la nécessité d’inclure la fortune dans la mesure de la pauvreté, l’interprétation des résultats supplémentaires ainsi obtenus et la communication de ces résultats ne vont pas sans soulever certains enjeux. En juin 2020, un premier document méthodologique a donc été publié dans le cadre des statistiques expérimentales de l'OFS et les utilisateurs de la statistique sur la pauvreté ont été priés de transmettre leurs commentaires à ce sujet. L'objectif de la publication précoce des méthodes et des premières analyses était d'intégrer les besoins des utilisatrices et utilisateurs dans le développement et la consolidation de la méthodologie afin d'obtenir un soutien aussi large que possible par rapport au nouveaux indicateurs standard de l'OFS sur la pauvreté en tenant compte de la fortune.
Les considérations et analyses figurant dans le document méthodologique ont été revues et complétées sur la base des réactions recueillies. Les principales nouveautés par rapport à la première version comprennent une discussion plus détaillée de la méthode unidimensionnelle pour la population à l'âge de la retraite ainsi qu'un chapitre supplémentaire sur le thème des dettes. En outre, les exploitations ont été actualisées avec des données issues du module sur la fortune SILC-2020 et complétées par des analyses supplémentaires.
Principaux résultats et perspectives
Inclure la fortune dans la mesure de la pauvreté permet de mieux évaluer le potentiel économique des ménages et apporte d’importantes informations supplémentaires à la statistique de la pauvreté. Les résultats statistiques varient de manière significative en fonction des options conceptuelles et opérationnelles retenues telles que le choix de la méthode de base (unidimensionnelle ou bidimensionnelle), la période de référence et les types de fortune pris en compte. Toutefois, les groupes à risque, quelle que soit la variante retenue, restent les mêmes et correspondent dans les grandes lignes à ceux de la population pauvre en termes de revenu, si l’on excepte les personnes de 65 ans et plus, qui peuvent souvent compléter un revenu modeste en puisant dans leurs réserves financières. Les futurs tableaux standard de l'OFS seront établis avec l'approche bidimensionnelle et des périodes de référence allant de trois à douze mois. Lorsque seule la population à l'âge de la retraite est considérée, il conviendrait de choisir une période plus longue ou l'approche unidimensionnelle.
Réserves
Les résultats présentés servent avant tout à tester la démarche choisie. Ils ne répondent pas aux normes de qualité élevées que l’Office fédéral de la statistique applique habituellement et ne constituent pas une base de planification et de pilotage.
Documentation