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Un étudiant zurichois vient d'obtenir son master de droit après un seul semestre d'études. Cette performance tend à ridiculiser l'institution et interroge quant à la valeur réelle de la formation dispensée par l'université alémanique.
Les études de droit sont-elles trop faciles? La question se pose, alors qu'un étudiant est parvenu à faire valider son diplôme de master en un seul semestre. En temps normal, l'ensemble des cours et des examens nécessitent d'un et demi à deux ans de travail.
L'affaire a été révélée par le Zürcher Studierendenzeitung, le journal des Université et Ecole polytechnique fédérale de Zurich. Rico, l'étudiant en question, a suivi 15 modules valant six crédits ECTS chacun en un semestre et a réussi un total de 14 examens.
Pour mieux comprendre de quoi on parle exactement ici, il faut rappeler qu'un crédit ECTS équivaut à 30 heures de travail. Dans le cas de Rico, cela représente 2700 heures, soit 64 semaines consécutives de 42 heures. Autant dire qu'il est en principe impossible d'accomplir autant d'heures de travail en un seul semestre, même sans dormir.
Interrogé sur sa performance, le jeune homme de 24 ans s'est contenté de déclarer que le nombre de crédits effectués ne lui avait pas demandé plus de travail qu'un semestre normal. Des propos qui sonnent comme un pied de nez au système. Rico ne s'en cache pas, lui qui affirme au Tages-Anzeiger qu'il "voulait démontrer qu'on pouvait y arriver."
Il faut dire qu'il a habilement joué des failles du système. Il savait ainsi dans quelle matière obtenir facilement des points et de bonne notes. Un problème que l'on retrouve d'ailleurs dans toutes les facultés de droit du pays.
Dès lors, une seule seule question se pose: quelle est la véritable valeur du diplôme de droit délivré par l'Université de Zurich? Selon Brigitte Tag, doyenne de la faculté de droit, il s'agirait d'un cas isolé. Les étudiants prendraient habituellement le temps de se spécialiser dans un domaine au cours de leurs 3 semestres de master.
Cependant, les cabinets d'avocats et les tribunaux se plaignent d'avoir régulièremet à faire à des avocats stagiaires avec un bagage théorique lacunaire. Marianne Heer, juge cantonale à Lucerne, attribue ce manque de connaissances à la trop grande liberté académique. "Certains ont étudié les sciences des religions ou l'ethnologie au master et n'ont jamais entendu parler de la loi sur les faillites par exemple", déplore-t-elle dans les colonnes du quotidien zurichois.
Le constat est le même dans les cantons d'Argovie et de Berne concernant l'examen du barreau. Les diplômés auraient ainsi de plus en plus de mal à résoudre correctement les cas pratiques, la faute à un manque de connaissances de base. Une fois étudiés au bachelor, certains domaines ne sont plus approfondis par la suite, de quoi poser des problèmes aux futurs avocats stagiaires.
Le cas Rico aura en tout cas éveillé les consciences et des mesures seront prises pour améliorer ce qui doit l'être dans la formation dispensée à l'Université de Zurich, promet la doyenne de la faculté de droit.
(source : Le Nouvelliste)