Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07202.jsonl.gz/1389

La prescription de statines aux personnes âgées est fortement débattue au vu du nombre limité de données scientifiques disponibles. Glynn et coll. ont effectué une analyse secondaire chez les 5695 adultes âgés de 70 ans ou plus inclus dans l’essai randomisé JUPITER (Ridker, 2008), pour déterminer si la rosuvastatine 20 mg 1x/j est efficace pour prévenir les événements cardiovasculaires en comparaison avec le placebo. Les adultes âgés étudiés n’avaient pas de diabète ou d’histoire de maladie cardiovasculaire préexistante. Ils avaient tous un LDL-cholestérol inférieur à 3,4 mmol/l et une CRP (protéine C réactive) hypersensible supérieure ou égale à 2 mmol/l. Les auteurs ont trouvé une diminution statistiquement significative de 39% du risque d’événements cardiovasculaires (infarctus myocardique, accidents vasculaires cérébraux, angor instable, revascularisation ou mort cardiovasculaire). L’efficacité de la rosuvastatine était plus importante en cas d’hypertension artérielle ou de risque cardiovasculaire élevé selon le score de Framingham, mais plus faible en cas de CRP hypersensible élevée. Cet effet a été observé sur un suivi médian de deux ans, l’étude JUPITER ayant été interrompue prématurément par un comité de surveillance. Lors de ce suivi relativement court, il n’y a pas eu d’augmentation des effets indésirables majeurs avec la rosuvastatine.
Commentaire : Cette étude montre l’efficacité de la rosuvastatine comparée au placebo pour diminuer le risque cardiovasculaire à deux ans chez les adultes âgés de 70 ans et plus. Les données ne permettent pas de proposer la CRP hypersensible comme outil de détection du risque cardiovasculaire chez les plus âgés. Les résultats confirment cependant l’importance de cibler les interventions de prévention cardiovasculaire sur les personnes âgées à haut risque. Détecter les personnes âgées qui bénéficieraient le plus d’une statine, afin d’éviter une large médicalisation systématique dans ce groupe d’âge, reste un défi en médecine de premier recours et en santé publique.