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Déchiffrage de deux pendules à automates
Engagés en 2022, des gestes de conservation et d’étude matérielle ont été consacrés à une flamboyante paire de pendules à automate et à musique, issue d’une collection privée, séparées en 1959 et réunies à Genève depuis 2003.
Leur étude, mécanique, esthétique, technique et historique, permet de déchiffrer et contextualiser ces œuvres, non signées, ni datées.
Des comparaisons, avec des œuvres conservées tant en Suisse qu’à la Cité Interdite de Beijing, confirment que si les mécanismes (horaire et à musique) sont en partie des remplois européens, leurs bâtis est une production indigène, vraisemblablement de Guangzhou (Canton), au tournant du 19e siècle : l’étude matérielle a confirmé des savoir-faire différents de ceux maîtrisés par les émailleurs européens, notamment genevois.
La recherche se poursuit en parallèle sur l’histoire de ce type d’objets, sachant que la mesure du temps mécanique constitue l’un des pas fondateurs de la rencontre entre l’Occident et l’Extrême-Orient : ces spectaculaires pendules à musique et automates (« sing-song » ou « horloges qui sonnent d’elles-mêmes ») sont le vecteur par lequel les sciences et la technologie de l’Europe pénètrent en Asie à la fin du 17e siècle. Inversement, savoir-faire techniques et artistiques développés en Chine influencent les arts décoratifs européens : tous sont les témoins des échanges culturels et scientifiques qui ont enrichi mutuellement le développement des arts, mécaniques et décoratifs.