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Il est difficile de reprocher à Novak Djokovic d'être un joueur malin et obstiné. Encore plus d'être un homme de convictions. Farouchement opposé au vaccin, et à toute forme d'ingérence dans son corps, le Serbe n'a accepté aucune compromission. Il a gagné, encore, et si personne ne viendra l'en féliciter, une fois encore, comment ne pas s'engouer d'une ténacité aussi persistante, d'une volonté aussi puissante?
Ceux qui le côtoient en étaient certains: jamais il ne renoncerait à ses principes, même pour un Grand Chelem. Même pour un 21e Grand Chelem qui en ferait le tennisman le plus titré de l'histoire, le maître à la place du Maître, la revanche d'un mendigot, une carrière bâtie sur les ruines, l'ambition suprême d'un enfant de la guerre, élevé dans la conscience d'un destin supérieur - un homme de convictions...
La dispense médicale obtenue des autorités australiennes, après plusieurs semaines d'un combat silencieux, est une victoire en soi. La victoire du Djoker. La victoire que des millions d'antivax saluent aujourd'hui comme un outrage, une capitulation de la dictature sanitaire, et que des millions d'Australiens accueilleront bientôt (17-30 janvier) avec mauvaise humeur, quand Djokovic se présentera devant eux flanqué d'un air innocent et d'un certificat médical valable.
C'est en cela que le Serbe est voué à endosser une erreur de jugement qui n'est pas la sienne. Si personne ne peut préjuger de son dossier médical, il subsistera le message envoyé à toute une population enfermée, entravée, empêchée, soumise à l'un des régimes sanitaires les plus oppressifs au monde.
Politiquement, le passe-droit accordé à une star du sport est une gaffe majeure. Moins sur le fond que sur la forme, après des mois à répéter qu'aucune exception ne serait étudiée, que les joueurs de tennis seraient traités comme des citoyens ordinaires, que les victoires en Grand Chelem ne protègent pas du virus, des mois à envoyer des ministres au pupitre pour y faire swinguer les punchlines.
On ne saura jamais par quelle pression juridique, éventuellement par quel examen scientifique, l'Australie en est venue à accorder cette dispense vaccinale qu'elle refuse à des millions d'autres voyageurs, dont des ressortissants et des joueurs de tennis.
De cette incohérence, Novak Djokovic ne peut pas être jugé responsable. Et puis, ce n'est pas la peine de l'accabler: c'est lui qui en subira les conséquences. Le public de Melbourne saura se rappeler au souvenir d'un joueur qui, dès ses débuts, a fait vœux de gagner par tous les moyens, et s'y est employé avec force, souvent avec talent, parfois avec roublardise. Djokovic a encore gagné mais, il le sait, c'est une victoire à la Pyrrhus. Le roi sera peut-être couronné sous les huées.
«Portons un toast à la démocratie. Célébrons l'interdiction de l'alcool chez Migros. Chacun à sa manière.» Au moyen d'une série de pages publicitaires disséminées dans les grands journaux dominicaux du pays, Migros a bruyamment festoyé. Un onanisme dégoulinant qui auto-célèbre tout et son contraire. Mais de ce bombage de torse galbé par l'insolence, un seul message demeure: