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Cet ouvrage est le fruit des longs entretiens que Daniel Deckers, journaliste allemand, a eus avec le cardinal Kas¬per. Il ne s'agit pas à proprement parler d'une interview. Daniel Deckers retrace à la troisième personne la vie et les engagements de Walter Kasper, et celui-ci réagit aux propos du journaliste en nuançant, en précisant ou même en renchérissant et en parlant alors à la première personne.
Le cardinal Kasper nous invite à découvrir de l'intérieur son ministère, tout d'abord paroissial, dans la région de Stuttgart, puis celui de professeur à la chaire de dogmatique à l'Université de Münster où il lia des contacts étroits avec Hans Küng, Joseph Ratzinger et Karl Rahner, avant d'être nommé à Tübingen. Il suivit de très près, et non sans souffrance, l'affaire Hans Küng, professeur comme lui à Tübingen avant d'être révoqué.
Les années conciliaires font partie des plus importantes de sa vie. Walter Kasper confie que la perception de l'Eglise comme communion était pour lui l'idée fondamentale du concile Vatican II.
Nommé évêque de Rottenburg-Stuttgart en 1989, on le suit dans ses nombreux déplacements pour visiter les missions de son évêché. Il fut particulièrement ému par la misère au Soudan et à São Paulo et put ainsi comparer ses expériences de la pastorale allemande avec celles des nombreux pays découverts. Il déplorait que dans son pays on passe beaucoup trop de temps en commissions, colloques ou conférences. « Jésus, disait-il, n'a pas dit "Rassemblez-vous" mais "allez". » Il participa aussi, en 1982, aux délibérations portant sur un des documents oecuméniques les plus importants : Baptême - Eucharistie - Ministère.
Au printemps 1999, le pape Jean Paul II fit appeler Walter Kasper pour le nommer secrétaire du Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens. Il en deviendra président trois ans plus tard et sera nommé cardinal. A soixante-six ans, courageusement, il dut donc quitter pays, famille, amis et aussi sa belle installation dans la maison épiscopale en bordure de Rottenburg, pour se retrouver dans une simple chambre de la Villa Mater Dei à Rome. Là, il travailla inlassablement au renforcement de l'unité entre chrétiens et au dialogue interreligieux.
Son bonheur, dit-il, en relisant les grandes étapes de sa vie, a été « d'avoir la conscience d'avoir participé avec mes pauvres moyens à la construction et à l'élaboration de l'Eglise à venir et de contribuer à la réalisation du testament que Jésus nous a laissé le dernier soir avant de souffrir et de mourir : que nous soyons tous unis ».