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(ats afp) Le ministère de l'Intérieur avait donné jusqu'à mercredi minuit aux entreprises de plus de 250 salariés de tous secteurs, ainsi qu'à la plupart des administrations, pour publier leurs écarts de salaires entre employés et employées. Un peu plus de 10'000 d'entre elles avaient fourni ces données jeudi matin.
Parmi ces dernières, 92% ont admis l'existence de différences salariales entre les hommes et les femmes - 78% en faveur des hommes et 14% en faveur des femmes. Environ 8% des sociétés ont présenté des salaires égaux entre hommes et femmes.
Dans une tribune publiée dans le Daily Telegraph, la Première ministre Theresa May a qualifié les différences salariales entre sexes d'"injustice brûlante" à abattre au plus vite.
Ryanair cancre
La compagnie aérienne Ryanair s'affiche dans les registres parmi les cancres de l'égalité salariale. L'entreprise irlandaise y révèle en effet que ses employées sont payées en moyenne 71,8% de moins que ses employés.
L'écart est mesuré en calculant une moyenne des revenus horaires des employés de chaque sexe, sans tenir compte du type de poste occupé ou de l'ancienneté. Le gouvernement n'a pas imposé de publier les différences de salaire à poste équivalent, une discrimination interdite par la loi britannique depuis 1970.
Pour se défendre, Ryanair a pointé du doigt un mode de calcul ne prenant pas en compte le fait que le métier de pilote, hautement rémunéré, est très majoritairement masculin. Sa concurrente EasyJet affiche pour la même raison un écart de 45%.
L'argument n'a semble-t-il pas échappé à la Première ministre, pour qui "les écarts de salaires sont symptômes d'un problème plus large, celui de la sous-représentation des femmes dans le monde des affaires".
Risque de sanctions
Le secteur bancaire s'est fait lui aussi remarquer pour ses mauvaises performances en terme de parité, que ce soit chez RBS, Lloyds, Barclays et HSBC, notamment chez les établissements tournés vers la banque d'affaires, plus masculinisés.
Quelques grandes marques ont au contraire fièrement annoncé la parfaite équité de leurs grilles de rémunération, telles les chaînes de restauration Starbucks et McDonald's.
Quant aux entreprises récalcitrantes qui n'ont pas publié leur situation salariale, le gouvernement britannique a annoncé qu'elles s'exposaient à des poursuites légales immédiates. "Les organisations qui refusent de publier leurs écarts de salaire n'ont absolument aucune excuse," a prévenu la ministre de l'Intérieur Amber Rudd.