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Critique
"Mise à part la comédie musicale de Carol Reed, en 1968, le roman de Charles Dickens n'avait plus été adapté pour le cinéma, depuis la version de David Lean, en 1948. Après le grand succès remporté par LE PIANISTE, Roman Polanski a voulu réaliser un film pour le jeune public. OLIVER TWIST lui tendait ses pages, il s'est laissé séduire. ""Cette histoire comporte plusieurs niveaux de lecture, explique-t-il. C'est à la fois un parcours initiatique, l'apprentissage de la vie, une saga romanesque se déroulant au cœur d'une époque fascinante où le pire côtoyait le meilleur.""
Oliver (Barney Clark) est un jeune orphelin, exploité par l'institution paroissiale qui l'a recueilli. A 10 ans, il est placé comme apprenti chez un croque-mort, mais sa vie ne s'arrange pas. Il s'enfuit à Londres où il tombe sur une bande de jeunes voleurs, petite mafia de quartiers, dirigée par Fagin (Ben Kingsley), un vieil homme tantôt généreux, tantôt cruel. Oliver aura beaucoup de peine à s'en débarrasser, avant de trouver enfin une vraie famille.
Dickens a connu le travail à 13 ans, à cause de la misère dans laquelle étaient tombés ses parents. Ses romans s'inspirent de la réalité londonienne, au XIXe siècle. Roman Polanski reconstitue avec beaucoup de soin les décors de la capitale anglaise, ses quartiers sordides, ses rues boueuses, les voitures à cheval dont la circulation était dangereuse. Mais sa mise en scène, très linéaire, raconte l'histoire de façon descriptive, sans rien inventer. Ben Kingsley lui vient en aide en lui offrant une magnifique composition, tout en nuance entre le dégoût qu'il inspire et l'espoir qu'il suscite.
Plutôt décevant, OLIVER TWIST tient en revanche sa promesse de s'adresser au jeune public, si celui-ci n'est pas rebuté par les deux heures que dure le film."
Geneviève Praplan