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Les cas de maltraitance traités par les cliniques pédiatriques suisses concernent souvent de très jeunes enfants (image symbolique).
KEYSTONE/CHRISTOF SCHUERPF(sda-ats)
Le nombre d'enfants pris en charge par les cliniques pédiatriques suite à de mauvais traitements reste élevé. En 2015, 1388 cas ont été signalés par 20 établissements suisses. Les auteurs des sévices appartiennent au cercle familial dans 80% des cas.
En 2015, un quart des enfants maltraités en Suisse étaient âgés de moins de 2 ans, 45% avaient moins de 6 ans. Au nombre de 393, les cas de maltraitance physique représentent 28,3% des sévices, a indiqué le groupe de travail pour la protection de l'enfant de la Société Suisse de Pédiatrie dans sa statistique annuelle publiée vendredi. La part des garçons battus est plus importante que celle des filles.
Les abus sexuels représentent près de 20% des cas et les filles sont cinq fois plus nombreuses que les garçons à en avoir été victimes. En augmentation par rapport à l'année précédente, la maltraitance psychique représente la forme la plus fréquente de sévices, atteignant 31% avec 432 cas. La négligence concerne 20% des cas.
Cercle familial
Les auteurs font partie de la famille dans la majorité des cas (80%). Dans les autres, l'abuseur est connu de l'enfant (12%) ou appartient à l'environnement extra-familial (2,4%). Il est inconnu dans 5,3% des cas.
Ainsi, maltraitances psychiques et négligences ont presque systématiquement lieu au sein du noyau familial, comme trois quarts des maltraitances physiques et un peu moins de la moitié des abus sexuels.
Dans 639 cas signalés, les auteurs de maltraitance étaient des hommes. Les femmes ont commis des maltraitances dans 350 cas. La responsabilité des deux sexes, généralement les parents, était impliquée dans 281 sévices.
La part d'abuseurs sexuels masculins se situe à environ 85%, une proportion comparable aux résultats d'autres études nationales ou internationales. Les hommes sont aussi plus souvent l'auteur de maltraitances physiques et psychiques. En revanche, les cas de négligence sont plus souvent le fait des mères.
L'augmentation de la proportion de jeunes auteurs dans les cas de maltraitance est un fait surprenant, selon le groupe de Travail de la Société Suisse de pédiatrie. Dans plus de 20% des cas, ils sont âgés de moins de 18 ans. Ils sont également impliqués dans 27% d'abus sexuels.
Mesures engagées
Des mesures tutélaires ont été engagées dans près d'un cas sur deux et des mesures pénales dans un peu plus d'un quart des cas, par le groupe de protection de l'enfant ou par une autre instance. Dans un cas sur quatre, les groupes de protection de l'enfant ont signalé eux-mêmes une maltraitance aux autorités de protection de l'enfant et de l'adulte.
Fin avril, le Conseil national - notamment l'UDC et le PLR - avait refusé d'entrer en matière sur un projet qui prévoyait de renforcer l'obligation de dénoncer les cas de maltraitance sur les enfants. Le but était de mieux les protéger contre les abus en unifiant la pratique au niveau national et en étendant à tous les professionnels qui travaillent avec des enfants l'obligation de signaler des maltraitances.
ATS