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Dès ses
premières heures de vie, le veau communique son bien-être ou mal-être en
émettant divers signaux. En observant ces derniers et en agissant à
temps, il est possible de limiter l’apparition de maladies.
Déjà à la première respiration, il est possible de définir si le veau se développera correctement ou non. En effet, un veau en bonne santé respire vigoureusement et régulièrement, il lève tout de suite la tête et se met debout après quelques minutes seulement. De plus, son nombril doit être propre et non sanguinolent. Si par contre le veau respire avec peine et ne lève pas la tête, cela peut être le signe d’un manque d’oxygène pendant le vêlage ou d’une carence en sélénium. Durant toute la phase de croissance du jeune animal, il y a ainsi plusieurs paramètres qui peuvent être analysés pour déceler l’état de santé de l’individu et permettre de prendre les mesures nécessaires.
Premiers instants
Les intestins des nouveau-nés ne laissent passer les anticorps contenus dans le colostrum que pendant les premières 24 heures de vie. Il faudrait donc donner suffisamment de colostrum et rapidement après la naissance afin que le système immunitaire du veau puisse commencer à se mettre en place.
Les deux à trois premières semaines de vie du jeune animal sont particulièrement délicates. Le système immunitaire du veau n’étant pas encore entièrement développé, certains agents pathogènes ont la tâche facile. L’observation des animaux pendant cette période est donc très importante.
- Le veau a-t-il l’air en forme?
- Boit-il correctement?
- Respire-t-il régulièrement?
- Sa température corporelle se situe-t-elle entre 38,5 et 39,5°C?
Ou au contraire.
- Le veau est-il las ou chétif?
- Respire-t-il rapidement?
Les 25% des veaux malades sont atteints d’affections des voies respiratoires et/ou de grippe. Les symptômes sont une fréquence respiratoire accélérée (de plus de 40/min), la toux, un écoulement nasal et une température supérieure à 39,5°C.
Quand les veaux rentrent le ventre sous l’effet de la douleur, c’est généralement qu’ils souffrent d’une infection du nombril. Il s’agit d’une omphalite si le nombril est douloureux et enflé et si l’animal a de la température. Et d’une hernie si le nombril est enflé mais que son contenu est mou et peut être repoussé dans la cavité abdominale. Dans ce cas, le veau a l’air en bonne santé.
Gare à la déshydratation
Durant les premières semaines de vie, les veaux ont non seulement un système immunitaire immature mais aussi peu de réserves corporelles. Un dérapage est vite arrivé, notamment en ce qui concerne la principale maladie des veaux, soit la diarrhée. En l’espace de quelques heures seulement, les veaux souffrant de diarrhées peuvent se trouver dans un état de déshydratation critique. Les signaux alors émis par les jeunes individus sont une surface de la peau froide et les yeux enfoncés. Ces symptômes sont peu clairs mais assez alarmants. Cela devient vraiment explicite lorsque la queue et l’arrière-train sont souillés de selles liquides. La couleur (jaunes, sanguinolentes, foncées), la quantité et la consistance (aqueuses, pâteuses) des selles donnent des indications sur l’origine de la maladie, soit une infection ou une erreur d’alimentation.
Il faut bien surveiller le régime d’hydratation du veau. Il est par exemple possible de tester la tonicité de la peau au niveau du cou. Lorsque les premiers signes de déshydratation sont là, il faut abreuver le jeune animal en alternance avec du lait et une solution d’électrolytes: au maximum deux litres par repas, espacés de deux heures au moins. Le veau mettra mieux en valeur les petites portions. S’il est encore capable de boire par ses propres moyens, il faut lui mettre de l’eau à disposition. Attention de tenir le malade au chaud et de le protéger des courants d’air.
Pelage abimé
On notera d’autres signaux fréquents chez les veaux, tels que l’altération du pelage et les zones sans poils. Il est souvent difficile d’en diagnostiquer les causes. Il peut s’agir d’un défaut héréditaire, des suites d’une maladie intestinale (absence du réflexe de la gouttière œsophagienne) ou de diarrhées, d’un métabolisme de la graisse perturbé (lors d’utilisation de succédanés trop gras), d’un manque de vitamines ou d’oligo-éléments (zinc) ou d’une erreur au niveau de la garde. Les veaux qui sont détenus en permanence sur une couche humide présentent des zones sans poils aux points de contact.
De façon générale, lorsqu’un veau émet un signal, il s’agit de déterminer si le problème touche un individu ou tout un groupe. L’équipe de reproduction de swissgenetics a établi un catalogue des signaux de veaux publié sur www.la-vache-fertile.ch
(lire les articles ci-dessous). La méthode Obsalim, présentée à plusieurs reprises dans Agri, permet également d’interpréter les signaux émis par les bovins en général.
Léonie von Tavel, swissgenetics, 4 septembre 2015
Adaptation: Sarah Deillon
Salive
La production de salive et son mélange avec le lait représentent la première étape de la digestion des jeunes bovins. Il est donc important de favoriser la salivation au maximum. Si les veaux boivent avec une tétine disposée à la bonne hauteur (pas trop haut, en comparaison avec la hauteur du pis d’une vache), la gouttière œsophagienne s’effectue correctement et le lait arrive directement dans la caillette. Cela permet une digestion optimale du lait et réduit fortement les risques d’apparition de diarrhées d’origine alimentaire.
A l’inverse, si le lait est donné dans un seau (avec ou sans tétine), la position de la tête du veau n’est pas idéale pour que la gouttière œsophagienne se forme correctement et la digestion ne sera pas optimale. De plus, si la portion de lait est bue très rapidement, il n’y a pratiquement pas de formation de salive par le veau. Ainsi, il va manquer une étape importante de la digestion.
Il est donc important d’offrir la possibilité à tous les veaux de boire leur lait dans de bonnes conditions. Soit en optant pour des tétines à faible débit pour favoriser la salivation et en plaçant les bidons suffisamment bas.
la-vache-fertile.ch - SD, 4 septembre 2015
Pli de la peau
Il est possible de tester la turgescence et l’élasticité de la peau en pinçant un pli dans la région du cou et de l’épaule (là où la peau du veau est plutôt souple). Son élasticité fournit des indications sur l’équilibre hydrique du veau.
Chez les veaux en bonne santé, le pli de la peau s’estompe directement après être lâché. Si le pli reste visible un certain temps, même court, il s’agit d’un signal d’alarme indiquant une perte importante de liquide. Si le pli de la peau ne s’estompe pas, l’état de déshydratation est tel que la vie du veau est en danger. Les signes peu spécifiques mais alarmants d’un état de déshydratation sont les yeux enfoncés, un manque d’élasticité de la peau et une basse température à la surface de la peau.
Si le veau tombe malade les premières semaines de son existence, son équilibre hydrique peut rapidement déraper car il n’a que peu de réserves corporelles et un système immunitaire encore affaibli. En l'espace de quelques heures seulement, la diarrhée peut engendrer un état de déshydratation critique. Lors de l’apparition des premiers signes, il faut abreuver l’animal en alternant le lait et une solution électrolytique.
la-vache-fertile.ch - SD, 4 septembre 2015
Abcès ombilical
Les symptômes d’un abcès ombilical sont un nombril enflé et douloureux au toucher. De plus, il s’accompagne généralement par de la fièvre chez le veau (> 39,5°C).
Cet abcès se développe souvent après la naissance, si l’environnement n’est pas optimal du point de vue hygiénique et si le cordon se rompt trop près de l’abdomen. En effet, on observe souvent cette affection chez des veaux gardés dans un environnement plutôt sale et qui n’ont pas reçu suffisamment de colostrum après la naissance. Les germes pathogènes présents dans l’environnement pénètrent dans les vaisseaux du cordon trop court et progressent en direction de la vessie ou du foie. Souvent le veau se défend difficilement ou pas du tout contre ces germes. Les jeunes animaux qui souffrent d’autres maladies après la naissance et qui sont beaucoup couchés sont particulièrement exposés à une infection du nombril.
La meilleure prévention est d’offrir les conditions optimales au vêlage afin que le cordon ombilical se rompe spontanément, à une longueur de 15 cm environ. Le cordon n'est ni pressé ni traité. Assurer également l’approvisionnement en colostrum.
la-vache-fertile.ch - SD, 4 septembre 2015
Veau couché
Le veau a l’air malade et apathique, il n’a plus la force de chasser les nombreuses mouches qui s’accumulent sur son corps. Puis, lorsqu’il devient vraiment trop faible, il reste à terre. En peu de temps, il peut se trouver en situation de déshydratation critique.
Environ la moitié des jeunes veaux qui tombent malades souffrent de diarrhées, environ un quart d’une affection des voies respiratoires ou de grippe bovine et environ 5% souffrent d’une complication au niveau du nombril. Les 20% restants sont dus à diverses autres causes.
Même après un vêlage en douceur et dans un environnement propre, un apport suffisant de colostrum est indispensable. Le veau doit pouvoir couvrir ses besoins en anticorps pendant les premières 24 heures après sa naissance (pendant ce laps de temps, les intestins sont perméables aux anticorps). Et si le veau tombe malade à un stade plus tardif, il faut tout de suite prendre des mesures pour éviter que l’animal ne perde trop de liquide et le placer à un endroit chauffé et à l’abri des courants d’air. Il faut contrôler sa température qui doit se situer entre 38,5 et 39,5°C.
la-vache-fertile.ch - SD, 4 septembre 2015
Veau qui tête
Peu de temps après sa naissance, le veau devrait déjà être capable de se lever, de trouver les trayons maternels et de téter efficacement. Même s’il reste avec sa mère dans le box de vêlage, il devrait ingérer deux litres de colostrum dans les deux heures qui suivent la naissance.
Principalement pour le jeune animal, il peut être bénéfique de ne pas séparer le veau et la vache après la naissance. La mère généralement lèche intensivement son petit, ce qui stimule sa circulation, le réchauffe et l’encourage à se lever. Il pourra aussi profiter du libre accès au lait qu’offre cette forme de détention. En prenant plusieurs petits repas de colostrum, le veau pourra bénéficier d’une digestion plus efficiente et il prendra un meilleur départ dans la vie. Mère et veau peuvent par exemple rester un ou deux jours ensemble.
Il faut toutefois rester vigilant et surveiller si le jeune animal est capable de se lever assez rapidement, de trouver la tétine et de téter tout seul dans les deux premières heures après sa naissance. Dans le cas contraire, il faudra l’aider ou alors traire la vache et lui offrir son premier repas de colostrum au biberon.
la-vache-fertile.ch - SD, 4 septembre 2015
Pâture
Il peut être très bénéfique de donner accès à la pâture pour les jeunes bovins dès leur naissance. Les veaux, même les plus jeunes, peuvent profiter des bienfaits de la pâture: climat sain et sans ammoniac, moins de problèmes de mouches, suffisamment de mouvements, accès à un fourrage grossier de qualité. De plus, le climat extérieur y est idéal: l’air est renouvelé régulièrement et reste sain (même en cas de «temps humide»), les animaux sont moins concentrés (plus grande surface à disposition) et les mouches ne peuvent pas se développer dans une litière accumulée. Idéalement il faudrait mettre à disposition des veaux une bonne prairie avec de l’herbe de qualité.
La pâture de qualité est un bien meilleur fourrage que le foin, voire que certains concentrés. Cela permet une adaptation précoce de la panse à son futur rôle de transformatrice de fourrage en lait et/ou viande. Le reste des soins et de l’alimentation demeurent identiques à la détention à l’intérieur (lait, sevrage, fourrages). Attention toutefois à surveiller les parasites intestinaux, en particulier si le même pâturage est utilisé en permanence.
la-vache-fertile.ch - SD, 4 septembre 2015