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…après un très léger recul du PIB national au 1er trimestre 2015 (-0.2%, par rapport au trimestre précédent), tous les observateurs prédisaient un second trimestre négatif, synonyme d’entrée en récession de notre économie nationale. Ces prédictions pessimistes ont été battues en brèche par des chiffres meilleurs qu’attendus au 2ème trimestre (+0.2%) et une nouvelle stagnation au 3ème trimestre (0.0%).
Quel serait l’impact de la disparition des abeilles sur l’économie nationale?
Comme on l’a vu dans un précédent article, les statistiques nationales sur les abeilles ont été abandonnées à la fin des années 1990. Avant de rendre leur dernier soupir, les victimes des coupes budgétaires de cette période ont produit quelques rapports, dont l’un donne quelques indications sur l’économie de l’apiculture: L’apiculture en Suisse. Paru en 2004, modifié en 2006, cet article se fonde pour l’essentiel sur des données récoltées jusqu’à la fin des années 1990. Il dresse un panorama intéressant du potentiel économique de l’apiculture dans notre pays durant le 20ème siècle. On y apprend qu’en moyenne durant la décennie 1993 – 2002, la production des abeilles se répartissait comme suit:
Production de miel: CHF 64 mio.
Production de pollen : CHF 0,06 mio.
Production de cire: CHF 0,5 mio.
On y apprend également que la production de miel par ruche est l’une des plus faibles au monde avec une production moyenne durant les 100 dernières années de 8,3 kg/ruche. Cette production ne suffit de loin pas à la consommation indigène, puisque près de 2/3 du miel consommé en Suisse est importé de l’étranger. Enfin, le rapport montre que les apiculteurs/trices investissent dans leur outil de production en moyenne l’équivalent de la production des produits de la ruche, soit les quelques 65 mio. résultant de la production de miel, cire et pollen.
Le salaire horaire du travail des apiculteur/trices est positif si la production annuelle est supérieure à 12 kg /ruche, alors qu’on enregistre des pertes sèches lors des moins bonnes années. De bénéfices, il n’est nullement question, et comme disait un collègue, l’apiculture reste un hobby dans lequel on rentre plus ou moins dans ses frais. Du point de vue économique, l’apiculture apparaît donc comme une activité non rémunérée, le rendement des produits de la ruche couvrant les frais d’investissement et d’exploitation.
C’est toutefois sans compter un domaine essentiel auquel les abeilles apportent une contribution financièrement significative et dont l’apiculteur/trice ne profite nullement, à savoir la contribution à la pollinisation des fruits et baies. Selon ce même rapport, la valeur de la production des fruits et baies en Suisse est estimée à CHF 333 mio. pour la période 1993-2003, dont CHF 268 mio., soit 81%, attribuée à la pollinisation par les abeilles domestiques. Cet apport est quatre fois supérieur à la production annuelle des produits de la ruche. Il représentait environ 0.3% du PIB trimestriel de l’époque. Et il est offert gratuitement par les apiculteurs et apicultrices à l’économie de notre pays.
Joyeux Noël….
Les liens : L’apiculture en Suisse, Peter Fluri, Peter Schenk & Rainer Frick, ALP forum 2004, no 8
2 réponses à “…contribuaient à la prospérité du pays…”
Dessinatrice, je vous propose de découvrir sur ce sujet une série de dessins aux crayons de couleur évoquant, par une suite d’abeilles mortes, la pollution par les substances chimiques et les pesticides utilisés dans l’agriculture. Il n’y a pas que les grosses bêtes qui disparaissent …. A découvrir : https://1011-art.blogspot.com/p/vous-etes-ici.html
Cette série sera présentée au Muséum de Genève à partir d’octobre 2021.
Mais aussi, en lien direct, une réflexion sur l’utilisation des produits phytosanitaires : https://1011-art.blogspot.com/p/hommage-magritte.html