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La forêt suscite depuis quelques années un intérêt accru dans le contexte de la lutte contre les changements climatiques et l'effet de serre. Les arbres absorbent du CO2 et pendant leur croissance et l'emmagasinent dans le bois, contribuant ainsi à réduire la quantité de gaz carbonique présent dans l'atmosphère. Le Conseil national et le Conseil des États ont décidé que la Suisse prendra en compte cet effet de puits de carbone pour remplir son objectif de réduction fixé par le Protocole de Kyoto.
Le bois ne contribue pas uniquement à la réduction du CO2 dans sa phase de croissance. Il est également une matière première climatiquement neutre qui peut être utilisé dans la construction pour remplacer le béton et l'acier et comme agent énergétique en lieu et place de l'huile de chauffage et du gaz naturel.
La forêt peut donc contribuer de deux façons différentes à améliorer le bilan de CO2. Une étude de l'OFEV sur l'effet de l'économie forestière et de l'industrie du bois suisses sur le CO2 a examiné quelle forme de gestion donnait les meilleurs résultats. À l'aide de modèles et à travers plusieurs scénarios, cette étude cherche à quantifier les effets sur le CO2 liés à l'utilisation du bois et à les comparer à l'effet de puits de carbone.
Potentiel de réduction à long terme: 6 à 8 millions de tonnes de CO2
L'étude montre qu'à long terme les meilleurs résultats peuvent être obtenus, d'une part, avec une gestion des forêts visant à obtenir la maximum de croissance du bois exploitable et, d'autre part, en donnant la priorité au matériau de construction. L'utilisation première du matériau bois permet, d'abord, d'éviter les émissions de CO2 provenant d'autres types de matières premières et, ensuite, une deuxième utilisation du matériau bois comme agent énergétique (bois usagé et déchets de bois) permet d'empêcher les émissions dues à la combustion d'énergies fossiles. C'est ce qu'on appelle l'utilisation en cascade.
En optimisant la gestion des forêts, on escompte une réduction annuelle d'environ 8 millions de tonnes de CO2 à l'horizon 2025, soit 15 % des émissions de gaz à effet de serre. Ce qui représente une réduction supplémentaire de 6 millions de tonnes de CO2 par rapport à l'effet obtenu en 2000 avec l'utilisation de bois.
Effet de puits de carbone insuffisants à long terme
Renoncer à une exploitation accrue du bois pour augmenter la capacité d'absorption des forêts permettrait d'augmenter l'effet de puits de carbone à court et moyen termes. Or le Protocole de Kyoto admet seulement 1,8 tonne de CO2 en tant que prestation de réduction. De plus, cela reviendrait à ralentir le rajeunissement des peuplements et à entraver la stabilité des forêts. Par ailleurs, il faudrait également compenser le manque de matériau bois et de bois énergie par des énergies fossiles ou des importations de bois. Les émissions CO2 supplémentaires annuleraient alors l'effet de puits de carbone des forêts.
Augmenter le volume de bois sur piedL'étude montre que, tant du point de vue de l'écologie que de celui de la protection du climat, la meilleure solution consiste à accroître le volume de bois sur pied jusqu'au niveau pris en compte par le Protocole de Kyoto et à valoriser le surplus de bois par une utilisation en cascade, d'abord pour des produits ligneux de qualité et de longue vie, puis comme source d'énergie.