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Dans la revue Studies in Religion / Sciences Religieuses
Traduction d’un ouvrage anglais publié en 2005, ce livre apporte un éclairage nouveau sur l’évolution de la Réforme calviniste en Pays de Vaud entre 1528 et 1559. Bruening défend la thèse que le redéploiement de la foi réformée en direction de la France fait suite à l’échec des ministres calvinistes et de Calvin lui-même dans leur projet d’implanter un calvinisme politique dans la Confédération helvétique.
L’ auteur consacre le début de son livre à un survol de l’histoire politique et religieuse du Pays de Vaud entre 1450 et 1564. Il étudie la situation de ce territoire pris en tenaille entre le duché catholique de Savoie de Charles III, la ville de Genève, les cantons helvétiques (particulièrement Berne), la puissante France voisine et les diverses forces politiques et religieuses d’Europe. Un contexte marqué par de nombreuses guerres (les guerres de Bourgogne, de Souabe, de Kappel, les conquêtes bernoises), ainsi que le renouvellement plus ou moins compliqué d’alliances politiques.
En 1522 Berne adopte la Réforme zwinglienne et tente de l’imposer progressivement à son voisin vaudois. Il en résulte des rapports tendus. Mais cette influence politique et religieuse peine à s’imposer malgré une certaine liberté religieuse (exceptionnelle à cette époque) offerte à la population, une volonté de conquête plus ou moins déterminée et agressive au gré de la situation militaire de la Confédération et de ses relations diplomatiques avec la France. Ce n’est qu’en 1564 que le Pays de Vaud est définitivement sous l’emprise de Berne, après que ce dernier ait rendu les territoires du Chablais occidental et du Pays de Gex au duché savoyard. Il faudra encore attendre 1566 pour que la Confession helvétique postérieure fédère doctrinalement les différents courants réformés sur le territoire de la Confédération.
Bruening décrit l’évolution religieuse en terre vaudoise comme un "choc entre l’ancienne et la nouvelle foi". Il détaille la résistance rencontrée par la Réforme évangélique dans une région qui ne voit guère d’intérêt à quitter le catholicisme ou le giron du duché de Savoie. De fait, l’abolition de la messe (célébrée encore parfois en secret) et l’obligation d’accueillir le prêche des pasteurs n’efface pas une opposition populaire tenace vis-