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Certaines études ont déjà documenté que l’entretien des performances cognitives permet de retarder l’apparition d’un syndrome démentiel. De même, il a déjà été montré que le fait d’être bilingue retarde l’apparition de la démence d’Alzheimer. Dans ce prolongement, une équipe indienne a souhaité aller plus loin dans la réflexion et voir s’il existe des différences au sein des sous-types de démence. Le groupe indien a étudié une cohorte de 648 patients avec une démence avérée (diagnostic d’une clinique spécialisée) dont 391 d’entre eux (60,3%) étaient bilingues. L’âge d’apparition des premiers symptômes de démence a été comparé entre les patients monolingues et les bilingues. L’âge moyen d’apparition de la démence était de 66,2 ans (patients entre 32 et 92 ans). De façon générale, les patients bilingues ont développé une démence 4,5 ans plus tard que les patients monolingues (65,6 ans pour les bilingues contre 61,1 ans pour les monolingues). De plus, une différence significative existe non seulement pour la démence en général, mais également au sein des trois sous-types de démence : 3,2 ans pour la démence de type Alzheimer, 6 ans pour la démence fronto-temporale et 3,7 ans pour la démence vasculaire. Les auteurs ont également étudié de façon indépendante les patients illettrés. Ils observent alors un écart de six ans de bénéfice pour les patients bilingues. Il n’y a par contre pas de différence pour les multilingues (parlant plus de deux langues). Ces observations sont par ailleurs indépendantes de facteurs confondants tels que le sexe, le niveau d’éducation, la littératie, le statut de migration, la profession et l’origine citadine ou rurale des patients.
Commentaire : Après avoir encouragé nos patients à faire des mots croisés et autres sudokus, pourquoi ne pas les motiver à perfectionner nos langues nationales ?