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Le président finlandais Sauli Niinistö dispose d'une large avance sur ses concurrents à la présidentielle.
KEYSTONE/EPA COMPIC/PEKKA SIPOLA(sda-ats)
Le président finlandais Sauli Niinistö a été réélu dimanche soir pour un nouveau mandat de six ans. Il a obtenu plus de 60% des suffrages dès le premier tour de l'élection présidentielle, selon les premières estimations.
"Je suis très surpris de ce niveau de soutien. Je vais devoir réfléchir sérieusement comment m'en montrer digne", a déclaré à la presse le chef de l'Etat, âgé de 69 ans. Cette victoire dès le premier tour est du jamais-vu depuis 1994 et la première élection du président finlandais au scrutin majoritaire direct.
Après dépouillement de 99% des bulletins de vote, Sauli Niinistö était crédité de 62,7% des suffrages, selon les chiffres communiqués par le ministère de la justice. Son plus proche concurrent, le Vert Pekka Haavisto, est arrivé loin derrière, avec 12,4% des suffrages. Il a reconnu la victoire du chef de l'Etat et l'a félicité.
Lors de son élection en 2012, Sauli Niinistö était membre du Parti de la coalition nationale (Kok), formation conservatrice, mais il est désormais sans étiquette. Il est considéré comme celui qui a réussi à maintenir un équilibre entre les relations avec le voisin russe et celles avec l'Otan.
"Gérer Poutine"
Les Finlandais, qui partagent avec les Russes une frontière de 1340 kilomètres "aspirent à la stabilité, ils ne veulent pas de changement pour l'instant", explique Juhana Aunesluoma, directeur de recherche au Réseau d'études européennes rattaché à l'université d'Helsinki.
Le chef de l'Etat partage la conduite des Affaires internationales et de défense avec le gouvernement, à l'exception des Affaires européennes qui en principe lui échappent.
Sa mission première a été de mettre la Finlande sous la protection du bouclier nucléaire américain, sans heurter Vladimir Poutine. La Russie a multiplié les avertissements pour dissuader le pays de ne pas renoncer à son non-alignement militaire.
Sauli Niinistö cultive avec le président russe une relation courtoise, entre match de hockey et soirée à l'opéra. "Sa stratégie, sa tactique se sont révélées gagnantes, surtout sur la façon de gérer Poutine (...). Les gens ont le sentiment qu'il a la capacité et les outils pour affronter ces défis", avance Juhana Aunesluoma.
Stratégie réussie
"Un des principaux objectifs de la politique étrangère et de sécurité de la Finlande est d'éviter d'être entraînée dans un conflit armé", justifiait M. Niinistö mi-janvier à l'occasion du centenaire de la création des forces armées nationales. Pas question donc de rejoindre l'Otan comme l'ont fait les pays baltes: Moscou y verrait un casus belli.
Pour Teivo Teivainen, professeur de politique internationale à l'Université d'Helsinki, l'"ambiguïté" de Niinistö sur l'adhésion à l'Alliance atlantique est "une stratégie réussie" lors de cette campagne, car elle lui a permis de satisfaire aussi bien les électeurs favorables à l'adhésion que ceux qui y sont opposés.
ATS