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Les personnes en détention avant jugement ne doivent pas être contraintes de porter un uniforme. En exécution de peine, les usages locaux et nationaux prévoient dans certains contextes le port de l’uniforme. A des fins de normalisation, pour faciliter la réadaptation, et pour garantir le maintien de l’identité individuelle, l’option de porter des vêtements civils devrait être offerte à toute les catégories de détenu·e·s. Lorsque l’usage de l’uniforme est imposé, le trousseau doit contenir un nombre suffisant d’habits et être adapté au climat. Il ne doit jamais être humiliant ou dégradant.
La pratique consistant à assimiler la couleur de l’uniforme au type de délits ou aux comportements doit être évitée (et si nécessaire remplacée par d’autres types de signalements) en ce qu’elle renforce la stigmatisation de certaines catégories de détenu·e·s. Les uniformes doivent être disponibles dans toutes les tailles, y compris pour les détenu·e·s en surpoids ou obèses.
Les vêtements doivent prendre en compte l’identité culturelle ou religieuse des détenu·e·s tout en évitant de discriminer ou stigmatiser certaines catégories de la population détenue.
Lorsque les détenu·e·s sont autorisé·e·s à porter des tenues civiles, les autorités doivent s’assurer dès l’admission que ceux-ci sont propres et en bon état. Si nécessaire, l’établissement doit mettre à disposition des habits adaptés au climat pour les détenu·e·s les plus démuni·e·s. Les détenu·e·s devraient au minimum recevoir des sous-vêtements (slips/culottes et chaussettes) en nombre suffisant lors de leur arrivée dans l’établissement. Quel que soit le système en place (port de l’uniforme ou de vêtements civils), des habits en mauvais état, sales ou à connotation humiliante, affaiblissent l’estime de soi, qui est un élément essentiel à la réhabilitation.
Lorsqu’un·e détenu·e quitte l’établissement à des fins autorisées, par exemple en cas de transfèrement ou de sortie extraordinaire, il/elle doit être autorisé·e à porter ses propres vêtements ou, à tout le moins des vêtements n’attirant pas l’attention. Les détenu·e·s passant devant un·e juge ou une commission pour obtenir une libération anticipée/conditionnelle doivent également pouvoir être vêtu·e·s de façon digne et appropriée et porter des vêtements civils.
Les détenu·e·s ne doivent pas souffrir des conditions climatiques du fait de vêtements inadaptés ou en quantité insuffisante. L’établissement doit ainsi mettre à disposition, le cas échéant, des vêtements chauds et imperméables, pour les moments passés en plein air.
Les détenu·e·s effectuant des tâches physiques, dans les cuisines, les ateliers ou l’entretien des locaux, doivent recevoir des habits de travail en bon état. Ces derniers doivent être lavés fréquemment, voire quotidiennement en fonction de l’activité exercée.