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MZ avait lu une lettre de Rilke à la Princesse de Tour-et-Taxis où il raconte l’histoire de Muzot. En 1514, on y célébra les noces d’Isabelle de Chevron avec Jean de Montheys qui succomba à la bataille de Marignan un an plus tard. Deux soupirants s’éprirent d’elle et dans un duel se transpercèrent mutuellement. La malheureuse en devint folle. Maurice Zermatten en fit le sujet d’une pièce en adaptant l’histoire. À la mort de ses parents, Isabelle de Chevron a été recueillie par un Comte, veuf, sa femme étant morte en donnant naissance à des jumeaux, Antoine et Jean. Ce sont eux et leur père qui seront amoureux de la jeune femme….
La pièce a été créée le 22 janvier 1953 à la Comédie de Genève par Maurice Jacquelin, l’acteur André Faure tenait le rôle de Jean. La pièce fut jouée également à Bruxelles.
Après la première, Maurice Zermatten écrit dans son Journal, 28 janvier 1953 : « Ainsi ai-je vu naître, dans leur robe de chair et de sang, des personnages qui, jusqu’ici, n’existaient que dans mon imagination…. C’est une chance qui échappe au romancier ».
Cette pièce reçut le Prix Welti, Grand Prix triennal suisse du Théâtre, en 1952. Maurice Zermatten avait envoyé le manuscrit et Jean Kiehl lui avait dit : "si tu emportes le prix, je monte la pièce ! "
« Maurice Zermatten est venu dernièrement au théâtre avec un drame valaisan : Isabelle de Chevron. Le deuxième acte est particulièrement réussi. La pièce est écrite en une langue très belle. Maurice Zermatten, écrivain valaisan, est le premier à avoir donné au Valais une œuvre digne de ce nom. Le premier à en exprimer la race originale et la nature sauvage. Le premier à conquérir un style ferme à l'image du pays. » Georges Rieben.