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Critique
Echoués au milieu du désert namibien, les onze passagers d'un car en panne se réfugient parmi les ruines d'un village abandonné. La chaleur est torride et l'espoir d'être sauvés s'éloignent tandis que l'angoisse s'installe. Une idée surgit: pourquoi ne pas monter une pièce de théâtre? Le choix se porte sur LE ROI LEAR, de Shakespeare. Dès lors, et dans une nature hostile et face à leur propre mortalité, les acteurs-voyageurs vont confronter leurs émotions, brutalement mises à nu. Dépouillée de toute inhibition, leur lutte individuelle pour la survie les met chacun en scène, dans un rôle ultime, celui de leur propre vie, passée et présente.
Le cinéaste exploite intelligemment cette situation d'exception, retrouvant certains des thèmes du drame shakespearien (l'impossibilité d'agir, le désespoir, les tromperies de l'amour). D'où vient cependant une certaine déception? Peut-être de la curiosité et de l'attente du miracle salvateur, ou du sentiment que, dans cette longue observation d'âmes prisonnières d'elles-mêmes et du désert qui les entoure, l'on ne peut que perdre pied et s'enliser à son tour...
Antoine Rochat