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Les spécialistes distinguent trois formes de solitude : La « solitude réactionnelle » survient après un changement important dans la vie, comme une naissance, un déménagement, la perte dun emploi, la retraite, le départ des enfants volant de leurs propres ailes, la perte du conjoint, ou encore un accident ou une maladie. Du fait de ces changements extérieurs, les relations humaines existantes se raréfient ou disparaissent complètement. Le sentiment disolement diminue généralement dès quun nouveau cercle de relations se développe. La « solitude sournoise » samplifie constamment. Il existe certes des contacts humains, mais les discussions restent sans lendemain ; elles napportent ni nouveauté ni satisfaction. Les vraies amitiés sont rares ou disparaissent peu à peu. Le sentiment disolement grandit. La « solitude chronique » sétend sur des années, voir des décennies.
Les personnes concernées sont à peine capables de lier de nouveaux contacts ni dentretenir les relations existantes. La cause peut résider dans certains cas dans une dépression, qui inhibe laction, limite la diversité des sentiments et alimente lesprit didées pessimistes sur soi-même. Cette souffrance psychique doit impérativement être traitée par un médecin et/ou un psychothérapeute.
L'analyse de 20 études portant sur la solitude, menée à l'université de Chicago, a révélé un constat instructif : pour surmonter un isolement durable, il nest pas nécessaire davoir une grande panoplie de relations possibles ; en premier lieu, cest le regard porté sur soi-même et sur autrui qui doit être changé. Les pensées dévalorisantes constituent souvent un obstacle : on estime ne pas être assez intéressant, pas assez important ni assez instruit pour les autres. Derrière cela se niche souvent lidée fausse que les autres souhaitent discuter uniquement de sujets exigeants, que chaque conversation doit être traitée en profondeur et que chaque contact doit répondre à des attentes élevées.
Pour entrer en contact avec les autres, nul na besoin de connaissances pointues, ni davoir visité des pays exotiques, ni d'être d'une beauté à toute épreuve. Les sujets banals, dont tout le monde peut parler, se prêtent à une entrée en matière. Les caprices du temps ou des saisons sont de bons moyens de lancer la conversation, quoiqu'on en dise. Chacun les subit à sa manière et peut prendre part à la conversation.
L'expert en communication Dale Carnegie a écrit dans son best-seller Comment se faire des amis : « Il ny a pas de plus grand compliment que découter quelquun attentivement. » Si lon souhaite agrandir son cercle damis, il faut moins se mettre en avant et davantage sintéresser aux opinions des autres, à leurs expériences et à leurs points de vue. Ceux qui savent écouter sont très appréciés : ils demandent des nouvelles, ont des contacts visuels fréquents et observent avec réserve les jugements de linterlocuteur.
Les centres d'intérêt communs constituent aussi des moyens de lancer une conversation : si lon suit des cours à luniversité populaire ou du temps libre, cela signifie que lon s'intéresse à l'histoire de l'art, à l'astronomie ou à la littérature. En demandant à quelquun ce qui lui plaît particulièrement dans la matière en question, on ouvre la discussion.
Il y a dautres occasions dentrer en contact avec des gens partageant les mêmes goûts, comme les vernissages, les visites au zoo, les concerts, les groupes dentraide, les visites de ville guidées et les voyages culturels, les cours de danse ou de cuisine.
Même en promenant son chien, en se rendant à un club de fitness ou en faisant ses courses, on rencontre des gens qui ont les mêmes centres d'intérêt. Les réunions de quartier ou les fêtes de voisins sont également une bonne occasion de lier des contacts après un déménagement et de s'intégrer dans le nouvel environnement.
Lorsque ceux à qui lon adresse la parole restent sur leur réserve, il ne faut pas obligatoirement y voir de lantipathie : nombreux sont ceux qui restent prudents vis-à-vis des inconnus.
Certains ont connu des expériences négatives. En effet, derrière une prise de contact peuvent se cacher des intentions indésirables, comme la vente insistante de produits ou le recrutement de membres pour un groupe politique. Dautres sont pressés ou connaissent des soucis personnels ou professionnels.
Ils ne sont alors pas suffisamment détendus pour se rendre disponibles à autrui. Derrière un aspect taciturne, des raisons très diverses peuvent faire office de rejet, quil ne faut pas interpréter à titre personnel.
Si l'on veut surmonter la solitude, il ne suffit pas de corriger son regard sur autrui ; il faut commencer par soi-même. On atteint une prestance réussie si on se traite soi-même comme on traiterait un ami cher : avec affection, sympathie, compréhension, respect. L'humeur passe alors au beau fixe. Si l'on se sent bien dans sa peau, les autres le ressentent, comme si l'on rayonnait.