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«Qui veut acheter le Palais d'Été? Qui rêve de démolir vingt mètres de la muraille pour se construire une bicoque avec ces pierres sacrées? c'est à vendre.»
«Chaque premier de l'An à minuit, il portait le dieu en procession, offrait un sacrifice aux ancêtres, puis il mangeait un nombre incalculable de raviolis végétariens à l'huile de sésame.»
«Comment être sûr que c'est dans ces parages que la princesse s'est perdue? La route de Pékin à Kachgar a emprunté de tout temps la "Voie impériale" qui conduit d'abord à l'ancienne capitale Xi'an puis, entre Gobi et montagnes, vers Lanzhou sur les rives du Fleuve Jaune, Dunhuang et les grottes des Mille Bouddhas, puis la rive nord du désert du Taklamakan. Mais une alternative existe plus au sud: la route qu'empruntèrent justement Ella Maillart et Peter Fleming, sur laquelle nous cheminons.»
«Au grand galop de mon cheval, je paradais parmi les ventilateurs.
J'avais sept ans, rien n'était plus agréable que d'avoir trop d'air dans le cerveau. Plus la vitesse sifflait, plus l'oxygène entrait et vidait les meubles.
Mon coursier déboucha sur la place du Grand Ventilateur, appelée plus vulgairement place Tien An Men. Il prit à droite, boulevard de la Laideur Habitable.
Je tenais les rênes d'une main. L'autre main se livrait à une exégèse de mon immensité intérieure, en flattant tour à tour la croupe du cheval et le ciel de Pékin.
L'élégance de mon assiette suffoquait les passants, les crachats, les ânes et les ventilateurs. Je n'avais pas besoin de talonner ma monture. La Chine l'avait créée à mon image: c'était une emballée des allures grandes. Elle carburait à la ferveur intime et à l'admiration des foules.»
Amélie Nothomb, Le sabotage amoureux, éditions Albin Michel, 1993
Le «temps de transition» est une expression couramment utilisée dans le monde du triathlon: savoir changer de rythme d’une discipline à l’autre est une des clés du succès. Une aire de transition est réservées pour enfourcher son vélo après 1,5 km de natation; et une autre pour se préparer à courir les 10 km suite à 40 km de pédalage. Voilà pour la version olympique. Quant à la version extrême du triathlon, appeléw ironman, elle se déroule chaque année à Hawaï, où il s’agit de nager 3,8 km, de pédaler 180 km et de courir un marathon de 42,2 km.
Les journalistes qui couvrent ces jours le relais de la torche olympique au sommet de l’Everest n’ont pas eu la chance de bénéficier d’un «temps de transition». Le Comité organisateur des JO a modifié au dernier moment les conditions de reportage. Ceci pour éviter toute manifestation sur l’étape très controversée, on l’aura compris, suite aux événements au Tibet.
Le projet initial prévoyait une semaine d’acclimatation à Lhassa. Un minimum au vu des risques médicaux liés à l’altitude. Or, aux yeux des autorités chinoises, il est actuellement beaucoup trop dangereux de laisser des journalistes en liberté à Lhassa. Tant pis pour la santé des reporters, tant que la flamme est saine et sauve. Les journalistes ont dû effectuer le trajet entre Pékin et le camp de base du Mont Everest - à 5150 mètres - en 3 jours chrono. Le correspondant de la BBC notait toutefois que si les 11 représenants des médias occidentaux ont eu droit à ce traitement militaire, plusieurs de ses confrères chinois avaient pu se rendre à Lhassa 4 jours avant déjà. Résultat de ce marathon: deux journalistes de Hong Kong et un officiel chinois ont été transportés d’urgence à l’hôpital. L’Agence France Presse ainsi que d’autres organes de presse ont d’ailleurs préféré renoncer au voyage, préoccupés par la santé de leurs journalistes. Le correspondant de la BBC se veut toutefois rassurant: un médecin officiel est du voyage. Lors d’une halte à Shigatze, à 3900 mètres, celui-ci a sobrement recommandé aux reporters de «bien dormir» et … «d’éviter de se doucher». Un reportage dont la difficulté se rapproche plus de l’extrême ironman que du triathlon olympique.