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Sans fanfare, sans gendarmes au pied de l'escalier de la galerie du public, une galerie correctement remplie de curieux, d'amis, de quelques rares politiques, mais pas bondée. Pas de sonnerie non plus de la cloche de Saint-Pierre, "l'Accord", qui appelle d'ordinaire depuis cinq siècles bientôt les députés de la cité deux heures avant leur séance, par trente coups égrenés minute par minute.
Un petit comité d'accueil tout de même. Quelques femmes d'un collectif "Femmes pour la parité" dont les tracts distribués à l'entré de l'Hôtel-de-Ville n'avaient pas encore pris en compte le désistement de deux élus de Solidarités, qui ont décidé de jouer tout de suite le jeu de la parité. Désormais il a y a 16 femmes à la Constituante.
A 17 heures, en la salle du Grand Conseil, sous l'oeil des caméras de Léman bleu, les 80 élus chargés en quatre ans de réécrire la loi fondamentale genevoise ont pris place selon le plan établi par tirage au sort. Les onze partis et assocaitions sont donc mélangés. Ni gauche, ni droite. C'est la volonté de la benjamine, Louise Kasser, qui préside la séance inaugurale. Ainsi l'a décidé le Grand Conseil. En 1862, date de la dernière révision totale de la Constitution, c'était le doyen d'âge qui avait présidé. Il s'appelait Henri Dufour.Le président du Conseil d'Etat, Laurent Moutinot, est seul sur le banc du Gouvernement. Solitude du pouvoir? Volonté affichée depuis le début du processus constitutionnel d'une séparation totale entre les institutions actuelles et la Constituante, au point que d'aucuns ont cru y déceler un désintérêt, pire une hostilté? Le Conseil d'Etat et le Grand Conseil, faut-il le rappeler, n'ont pas voulu d'une révision totale de la Constitution. Il fallut une initiative populaire adoptée à une forte majorité le 24 février 2008 pour lancer l'aventure qui prend forme, en demi-teinte en cette fin d'après-midi de novembre.
Laurent Moutinot prononce une courte allocution. Il rappelle le cadre des travaux de la Constituante, exprime les fortes attentes de rénovation des institutions politiques du canton, mais aussi l'épée de Damoclès finale que constituera le vote populaire de 2012. Le Conseil d'Etat sera un partenaire fiable et laissera toute liberté aux constituants. Vous avez une page blanche à remplir.