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Septième partie de ma présentation sur le socialisme.
Nous abordons dans cette ultime partie une hypothèse récente qui m'est venu à l'esprit. En constatant les erreurs conceptuels de certains théoriciens socialistes (par exemple Adorno et Horkheimer), je me suis rendu compte qu'il s'agissait essentiellement de théoriciens s'inscrivant dans une école philosophique que l'on qualifie généralement de continentale. J'en suis donc venu à suspecter une source commune aux erreurs conceptuels de nos théoriciens dans le paradigme philosophique même dans lequel ils œuvrent.
Le paradigme philosophique continentale est en fait un ensemble d'écoles philosophiques différentes (phénoménologie husserlienne, ontologie fondamentale heideggerienne, psychanalyse freudienne ou lacannienne, critique généalogique nietzschéenne, existentialisme sartrien, déconstruction déridienne, école de Francfort, etc.) qui partage le rejet d'une certaine méthode : la méthode analytique.
Voici un tableau qui résume les différences entre les deux méthodes :
Mon hypothèse est que la gauche socialiste n'a pas su employer les outils de la méthode analytique, au contraire probablement des libéraux, ce qui a provoqué un affaiblissement général de la théorie socialiste et, par voie de conséquence, des organisations socialistes. Sur les bases du marxisme analytique et de l'anarchisme analytique, il convient donc de créer une véritable théorie francophone et européenne socialiste analytique qui permettra à nos organisations de reprendre le dessus dans la lutte intellectuelle et idéologiques avec nos adversaires.
De mes discussions et débats avec des amateurs de philosophie continentale soi-disant de gauche (voire se réclamant carrément parfois anarchistes), j'ai pu noter les tendances (travers) suivantes :
- un rejet de la logique et de la raison (de la rationalité)
- un rejet du critère de clarté dans la production philosophique (au profit d'une sorte de style proto-littéraire)
- un mépris envers le sens commun et envers les intuitions
- une volonté de fermeture et d'élitisme (nécessité de l'initiation et de la maîtrise d'un jargon par auteur)
- un refus du progrès en philosophie (la philosophie ne progresserait pas...)
Sur la base de ces différents constats, je déduis qu'il est grand temps pour la gauche socialiste et ses théoriciens de se tourner vers la méthode analytique pour produire une philosophie claire, logique, rationnelle, ouverte au sens commun, et en un mot : populaire.
Voilà, c'est la fin de la mise par écrit de cette présentation sur le socialisme que j'ai donnée à la Journée de formation de la Jeunesse Socialiste Genevoise. Cela m'a amené à tout retravailler et la présentation est finalement bien différente de sa version originelle. J'espère que le lecteur y aura trouvé un certain intérêt en tout cas.