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Macabre trouvaille dans le bois de Chavagnat.
15 septembre 1944
Rapport rédigé par Mr. Charles Rouchon
secrétaire de Mairie de Fernoël
Dans la matinée du quinze septembre mil neuf cent quarante quatre, Mr Barthélémy Mounaud, de Jeandaleix,
a trouvé dans le bois de Chavagnat, futaie feuillue appartenant à Mr Sauvat Pierre ( époux Alleyrat, cordonnier à Giat )
le corps en pleine décomposition d'un individu paraissant âgé de trente à trente cinq ans.
Mr Mounaud susnommé a prévenu la brigade de Gendarmerie de Giat et la Mairie de Fernoël.
Au début de l'après-midi du dit quinze septembre, les gendarmes Crouzier et Rouhet, le docteur Guin, de Giat
mandé par la Mairie de Fernoël, Mr Taillandier Jean-Baptiste représentant le Maire de Fernoël
et nous même Rouchon Charles, secrétaire de Mairie, conduits par Mr Barthélémy Mounaud et par son fils Jean,
nous sommes rendus à l'endroit où le corps venait d'être découvert.
L'individu était étendu à terre, sur le dos, mais le buste incliné à droite découvrait le côté gauche.
L'individu était blond, sans barbe ni moustache, mais ses cheveux très longs étaient rejeté en arrière.
De grosses lunettes à écailles que nous avons recueillies et déposées à la Mairie de Fernoël,
ont été trouvées près de sa chevelure.
L'individu était de taille à peine supérieure à la moyenne, 1m 68 environ; il était plutôt mince
et portait encore ( du moins à la mâchoire supérieure ) toutes ses dents.
Nous avons trouvé sur lui un béret basque de marque Skerra.
Il portait une gabardine bleu foncé "marque supérieure Conchon Quinette ";
sous la gabardine il portait un tricot en laine, un pull-over blanc avec bordure verte,
et un tricot de peau blanc avec rayures transversales bleues.
Autours du cou, un gros cache nez en laine à rayures chiné (blanc, rouge, gris)
Il portait un pantalon long, beige clair; des souliers bas, assez fins, pointure 40 au plus
et des chaussettes marron clair.
A sa droite nous avons trouvé une petite boite jaune, amis vide de pastilles de Gonacrine.
Il ne portait sur lui ni objets, ni papiers. La tête et les mains étaient en état de décomposition
très avancée. Les os des doigts étaient ramollis mais ils semblaient ne porter ni bague, ni alliance.
LE médecin à estimé que le décès pouvait remonter à quatre ou cinq mois.
La mort a été provoquée par deux rafales de balles de mitraillette; quatre balles avaient
percé les vêtements sur le flanc gauche à la hauteur de la nuque et la tempe gauche et
traversé le crâne de part en part.
Tout porte à croire que cet individu a été abattu par le "maquis" car à l'époque où le médecin place
cette mort, il n'y avait pas d'Allemands dans la région. Comme ses lunettes et son béret n'était pas en place
on peut supposer qu'il à été tué sur place et qu'il est tombé à la renverse. Pourtant, ses pieds étaient croisés.
Le corps a été mis en bière et inhumé à l'endroit où il avait été trouvé.
État civil de la commune de Fernoël, acte numéro 5 du 2 juillet 1945
Aujourd'hui, deux juillet mil neuf cent quarante cinq, à treize heures,
Nous Jean Baptiste Taillandier, Maire de Fernoël, avons reçu un jugement dont nous extrayons ce qui suit:
Attendu que le quinze septembre mil neuf cent quarante quatre, il a été trouvé dans le bois de Chavagnol
sur le territoire de la commune de Fernoël, le corps en pleine décomposition d'un individu inconnu
dont la mort avait été provoquée par des rafales de mitraillettes.
Attendu qu'un information ouverte contre X du chef de meurtre volontaire a permis d'identifier la victime
comme étant Sylvio Mosseri, né le neuf avril mil neuf cent dix huit au Caire ( Egypte ),
de nationalité italienne, lequel aurait été arrêté à Auzences et exécuté le trente août mil neuf cent quarante quatre
par les forces de la Résistance.
Attendu qu'il échait dès lors de déclarer constant le décès du dit sieur Mosseri. Par ces motifs;
le tribunal dit et juge que Sylvio Mosseri, né au Caire ( Egypte ) le neuf avril mil neuf cent dix huit,
de nationalité Italienne, est décédé sur le territoire de la commune de Fernoël,
le trente août mil neuf cent quarante quatre, ordonne la transcription sur les registres de l'Etat-Civil
de la commune de Fernoël pour l'année courante et sa mention à la date du trente août mil neuf cent quarante quatre
tant sur le registre déposé en Mairie que celui déposé au Greffe
Ainsi jugé et prononcé à l'audience du tribunal civil de première instance de Riom,
tenue le vingt cinq mai mil neuf cent quarante cinq par Mr Maurice Bezou, Président du dit Tribunal,
en présence de Mr Mabrut, juge suppléant délégué pour remplir les fonctions de Procureur de la République
près ce même tribunal à défaut de Magistrat titulaire, assistés de Mr Bregiroux, Greffier.
A la minute sont les signatures et la mention d'enregistrement.