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Vieillissement de la population : tout est question de point de vueEn termes d'âge moyen, la population des pays industrialisés va vieillir. Mais si, au lieu de compter les années de vie écoulées, on dénombre celles qui restent à vivre, la situation change assez radicalement. Preuve en est l'étude de deux démographes autrichiens, Warren Sanderson et Sergei Scherbov, qui ont tenté ce renversement de perspective (Nature 2005;435:811-3).Les chercheurs redéfinissent l'âge d'un individu à un temps donné comme l'âge qu'il aurait eu en l'an 2000 pour avoir l'espérance de vie qui est la sienne. Exemple : admettons que l'espérance de vie passe de 80 ans en 2000 à 90 ans en 2050. Un individu de 30 ans en 2050 aura alors une espérance de vie de 60 ans. Son âge «standardisé» sera de 20 ans, soit l'âge auquel il aurait eu la même espérance de vie en 2000.En utilisant des données historiques et des modèles prédictifs pour trois populations types Allemagne, Japon, Etats-Unis les auteurs montrent que l'âge standardisé moyen ne croîtra pas indéfiniment et connaîtra même des périodes de recul. Si le vieillissement de la population est considéré comme une bombe à retardement, c'est avant tout en raison du risque de voir diminuer la proportion d'individus actifs. Les auteurs émettent l'hypothèse que la longueur des différents cycles de vie évoluera de façon proportionnelle avec l'allongement de la durée de vie. Prédite sur cette base, la proportion de personnes âgées dépendantes croîtra nettement moins que le montrent les modèles non corrigés et se stabilisera vers 2040, pour décroître lentement ensuite jusqu'à la fin du siècle, avec toutefois une marge d'incertitude croissante.