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1922. Eh, Oui, la guerre des armoiries aura lieu !
Son directeur d'alors, Maxime Reymond, est ce que l'on peut appeler un caractère ! Il était chargé d'établir et de superviser un armorial des communes vaudoises qui puisse être imprimé et servir ensuite de référence. En ce qui concerne Le Lieu, les couleurs choisies l'avaient été en vertu d'une appartenance ancienne et supposée à St.Claude, dont les couleurs sont justement le jaune et le bleu. Fond jaune avec bandeau bleu. Ce qui donne, en langage héraldique "d'or à la fasce d'azur".
Plus simple on ne trouve pas. Trop simple a vrai dire au goût des autorités communales, suivies en cette occasion par toute la population. On voulait y intégrer dom Poncet, ce moine mystérieux qui avait donné son nom au hameau, puisque celui-ci s'appelait autrefois Le Lieu de Dom Poncet, devenu au fil du temps, et par souci de simplification, Le Lieu. Les ACV s'y refusaient, prétextant que les armoiries les plus simples sont les plus belles ! Et se faisant elles adoptèrent d'or à la fasce d'azur qui parut de telle manière dans l'Armorial des communes vaudoises édité en 1922.
Grand branle de combat dans la commune du Lieu qui se refusait à adopter des armoiries aussi simplistes. On voulait réellement dom Poncet. Rude fut la bataille, ainsi qu'on pourra le découvrir dans une brochure annexe. Et en fin de compte qui gagna, non pas Astérix contre les Romains, mais la commune du Lieu contre les ACV, aidée il est vrai durant cet épique combat par le Dr. René Meylan de Moudon qui était encore plus outré des pratiques dictatoriales des ACV que ne pouvaient l'être les habitants du Lieu de Dom Poncet.
L'Armorial des communes vaudoises comprenant déjà "d'or à la fasce d'azur", il convint donc au terme de l'édition d'établir un errata où le moine fit son apparition pour la première fois sur les armoiries de cette commune. Décrites comme suit: "d'or à la fasce d'azur à un ermite vêtu de sable, la besace en bandoulière, un livre dans la main dextre, la senestre armée d'un bourdon, brochant sur le tout".
Ouf, on avait eu chaud!
Signalons encore qu'un copiste peu attentif, redessinant l'armoirie officielle pour en faire une carte postale de son goût, mit deux pieds droits à notre ermite Pontius ! Celui-ci en rit encore !