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WASHINGTON – Aux États-Unis, les suicides sont plus nombreux que les homicides – et implique le plus souvent l’usage d’armes à feu – cependant, la perception du public est tout le contraire. Selon les auteurs d’une nouvelle étude, les reportages, les films et les émissions de télévision peuvent faire croire que le risque d’homicide par balle est plus élevé. Il existe pourtant un écart important entre ces idées reçues et la réalité, ce qui augmente le risque lié à la possession d’armes à feu.
La présence d’une arme à feu augmente le risque de suicide
Une recherche inédite, menée par l’Université de Washington, l’Université Northeastern et l’Université Harvard, s’est penchée sur la perception du public de la violence armée et des principales causes de décès aux États-Unis. L’étude, publiée le 30 octobre 2018 dans les Annals of Internal Medicine (DOI : 10.7326/M18-1533), vise à faciliter les discussions publiques au niveau national sur la possession et la détention d’armes à feu.
« Cette étude montre que dans le cas des morts violentes, la majorité des adultes américains ne savent pas comment les gens meurent », a déclaré Erin Morgan, auteure principale et doctorante au Département d’épidémiologie de l’École de santé publique de l’Université de Western Ontario. « Le fait de savoir que la présence d’une arme à feu augmente le risque de suicide et que le suicide par arme à feu est beaucoup plus courant que les homicides commis avec une arme à feu peut amener les gens à se demander si la possession d’une arme à feu ainsi que sa détention sont vraiment les options les plus sûres pour eux et leur foyer.
Un manque crucial de connaissance sur les causes fréquentes de décès
Pour analyser les perceptions du public à l’échelle nationale, les chercheurs ont utilisé les données d’enquête de la National Firearms Survey de 2015, une enquête en ligne menée auprès de près de 4’000 adultes américains. Dans ce sondage, on a demandé aux personnes enquêtées de classer les causes fréquentes des décès violents dans leur état au cours de la dernière année. Les données ont ensuite été comparées au nombre officiel de décès dans chaque État. Les résultats indiquent que, bien que le suicide soit plus courant que l’homicide dans les 50 États, la majorité des participants l’ignorait.
« Les causes fréquentes signalées par les personnes interrogées ne correspondaient pas aux données de l’État lorsque nous les avons comparées aux statistiques de l’état civil », a dit Mme Morgan. « L’incohérence entre les causes réelles et ce que le public perçoit comme étant des causes fréquentes de décès indique une lacune dans les connaissances et implique qu’une éducation supplémentaire peut être utile dans ce domaine.
Les chercheurs affirment qu’il est essentiel d’informer les gens sur les risques réels. Si les gens croient que l’homicide est le principal risque, par exemple, ils peuvent acheter une arme à feu pour se protéger. Avec une meilleure compréhension de ce risque élevé de suicide, les gens peuvent être moins enclins à détenir des armes à feu.
Une influence importante des médias
Pour Mme Morgan et ses collègues, cette formation sur les risques liés aux armes à feu doit s’étendre jusqu’aux industries des médias et du divertissement. « En faisant en sorte que les médias et d’autres réseaux de communication permettent de poursuivre les discussions sur le suicide, nous, en tant que société, pouvons avoir une conversation plus éclairée sur la prévention du suicide », dit-elle.
Pour mieux comprendre la situation, l’équipe a cherché à en apprendre davantage sur la façon dont les gens forment leurs perceptions de la violence armée, et ce, afin de commencer à changer ces croyances. « Nous savons qu’il s’agit d’un mélange de communication de masse et de communication individuelle, mais qu’est-ce qui amène vraiment les gens à tirer ces conclusions ? Si elles pensent que le taux d’homicide est vraiment élevé parce que c’est ce qui est montré aux nouvelles et dans les émissions de télévision fictives, alors c’est l’occasion de commencer à donner une image plus réaliste de ce qui se passe vraiment », ajoute l’auteure.
Le 12 novembre 2018. Par la rédaction de Romanvie. Sources : Communiqué de presse de l’étude (en anglais). Référence : Annals of Internal Medicine (DOI : 10.7326/M18-1533). Crédit photo : Adobe Stock