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Un mois d’avril extrêmement chaud, ensoleillé et sec
Avril 2020 a été un mois proche des records en termes de température et d'ensoleillement. Pour les précipitations, un important déficit est attendu. Cette accumulation de conditions extrêmes a été causée par un anticyclonique persistant, qui a apporté un temps magnifique de carte postale au milieu du printemps.
Un seul mois d’avril a été vraiment plus chaud
De nombreuses journées ensoleillées et une chaleur pré-estivale ont permis à de nombreuses régions de Suisse de connaître le deuxième à quatrième mois d’avril le plus chaud depuis le début des mesures en 1864. Sur l’ensemble de la Suisse, la température moyenne a été de 7,7 °C, plaçant ce mois d’avril au 3ème rang des mois d’avril les plus chauds. Le deuxième mois d’avril le plus chaud a été établi en 2018 avec une valeur de 7,8 °C. Avril 2011 avait tout aussi chaud qu’en 2020 avec une température moyenne de 7,6 °C. Seul avril 2007 avait été nettement plus chaud avec une température moyenne de 9 °C.
Ensoleillé en permanence
Du 1er au 18 avril, plusieurs anticyclones venant de l'Atlantique et se déplaçant au-dessus de l'Europe ont apporté des conditions très ensoleillées avec une chaleur pré-estivale dans toute la Suisse. Ce n'est que les 13 et 14 avril que les nuages s’échappant d'un front froid peu actif venant du nord ont réduit l’ensoleillement. La pluie n’est tombée que sporadiquement et la température a retrouvé des valeurs pré-estivales dès le 16 avril.
Air méditerranéen humide
Entre le 19 et le 21 avril, une zone dépressionnaire en Méditerranée occidentale a apporté de l'air maritime humide vers la Suisse. Au Sud des Alpes, il est tombé entre 20 et 30 mm de pluie, mais les quantités sont restées plus faibles en direction de la crête principale des Alpes.
Les nuages ont également atteint le Valais, la Suisse romande et les Grisons, alors que les autres régions ont continué de profiter d’un temps assez ensoleillé et généralement sec.
Progressivement orageux
A partir du 22 avril, le soleil a repris le dessus. Cependant, avec des conditions de marais barométrique, l'atmosphère est devenue graduellement plus instable et de plus en plus de nuages d'orage se sont développés, notamment au-dessus des montagnes. Au Nord des Alpes, cela s'est traduit localement par de petites averses.
Un ensoleillement extrême
Avec les nombreuses journées de beau temps, le nombre total d'heures d'ensoleillement pour le mois d'avril a atteint des valeurs inhabituellement élevées au Nord des Alpes. Pour les sites de Bâle, Berne et Zurich, disposant de mesures homogénéisées sur plus de 100 ans, on peut s'attendre à près de 300 heures d'ensoleillement d’ici la fin du mois, ce qui est extrêmement rare dans la longue série de mesures.
Il n'y a que deux mois d'avril qui ont fourni des valeurs comparables dans la série de mesures de Bâle : avril 1893 avait également été ensoleillé et seul avril 2007 avait connu un ensoleillement légèrement supérieur, avec 305 heures (Figure 2, Tableau 1). Cela signifie que la durée d'ensoleillement en avril 2020 à Bâle sera, en fait, très proche d’un nouveau record. A Berne et à Zurich, avril 1893 avait été nettement plus ensoleillé qu’en avril 2007, qui sera légèrement plus ensoleillé que ce mois d’avril.
Enfin de la pluie à la fin du mois
Le 28 avril, de l'air humide s'est dirigé vers la Suisse à partir du sud-ouest. Il est souvent tombé entre 10 et 20 mm de pluie, localement plus de 30 mm. Moins de 10 mm ont été mesurés sur de vastes régions de l’ouest et du nord-ouest de la Suisse, ainsi qu’en Engadine. D’autres précipitations sont attendues d'ici la fin du mois.
Déficit important de précipitations
Jusqu'au 27 avril, la somme des précipitations moyennes nationales n'a atteint que 12 % de la norme 1981-2010. Avec une norme nationale d'avril de presque 100 mm, cela correspond à 12 mm et donc à environ une seule journée fortement arrosée.
Avec les précipitations du 28 avril, la somme des précipitations moyennes nationales a atteint 33 % de la norme 1981-2010 (Figure 3). Les nouvelles précipitations jusqu'à la fin du mois atténueront quelque peu l'important déficit mensuel.
La sécheresse, qui a finalement duré un peu plus de 40 jours, a été abordée dans le blog du 23 avril 2020.
Floraison des arbres fruitiers et déploiement des feuilles avec une grande avance
Cette année, la floraison des arbres fruitiers s’est produite 14 à 17 jours plus tôt que la moyenne de la période 1981-2010, ce qui en fait l'une des plus précoces depuis le début des observations phénologiques en 1951. Cependant, une floraison aussi précoce des arbres fruitiers s'est produite plusieurs fois au cours de la dernière décennie. En 2017, 2014 et 2011, elle s’est également manifestée à une date relativement précoce. Dans les stations phénologiques situées en dessous de 600 m, les cerisiers ont fleuri le 4 avril, les poiriers le 7 avril et les pommiers le 16 avril.
Le pissenlit et la cardamine des prés ont fleuri avec une avance similaire de 13 à 15 jours. Pour les pissenlits, il s’agit de la deuxième floraison la plus précoce, derrière 2017. Le 26 avril, des pissenlits ont déjà pu être observés à Saint-Moritz, 25 jours plus tôt que la moyenne 1981-2010.
La floraison des arbres fruitiers en altitude a connu une avance encore plus importante qu’en plaine, car les plantes ont bénéficié des températures élevées en avril sur une longue période pour leur développement.
Le verdissement des forêts a eu lieu dès le début du mois d'avril. Fin mars, début avril, les aiguilles des mélèzes sont apparues, tandis que les feuilles des noisetiers, marronniers, bouleaux et sorbiers des oiseleurs se sont déployées. A partir du 10 avril, les forêts sont devenues vertes très rapidement. Les hêtres ont déployé leurs feuilles en plaine entre le 10 et le 20 avril. Mais déjà vers le 20 avril, leur développement foliaire a pu être observé au-delà de 1000 mètres d’altitude. L’avance du déploiement des feuilles du hêtre a été de 11 jours par rapport à la moyenne de la période 1981-2010. A peu près au même moment que le hêtre, le tilleul à grandes feuilles, le tilleul à petites feuilles et l’érable ont également déployé leurs feuilles. Le développement des feuilles de ces espèces a connu une avance de 6 à 9 jours par rapport à la moyenne de la période de comparaison 1996-2019. A partir de la mi-avril, d'abord au Tessin puis au Nord des Alpes, on a pu observer le déploiement des aiguilles des épicéas, avec une avance de 14 jours par rapport à la moyenne.
Le bulletin définitif d’avril 2020 sera disponible à partir du 11 mai 2020 dans la rubrique rapports climatiques.