Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07135.jsonl.gz/1089

L'agente immobilière me fait visiter l'appartement. Elle me vend l'article à merveille, nombre de mètres carrrés selon la loi Carrez ou loi n°96-1107 du 18 décembre 1996. Elle vante le four micro-onde, le four, le balcon, le box extérieur, le garage, le chauffage au sol, la vue et moi je n'ai vu que le ciel et les nuages. La seule chose qui retint mon regard est cette magnifique lucarne qui m'offre une fenêtre ouverte sur l'infini. Une peinture idéale qui défile, jour et nuit, sur une toile immense appelée ciel.
Il a suffi de 10 minutes pour que je réponde par l'affirmative: "Oui, je prends cet appartement !" Elle en reste bouche bée et se targue de n'avoir jamais rencontré une cliente qui se décida si vite.
Elle ne peut pas deviner qu'il n'y a pas mieux que d'avoir la tête dans les nuages ou tirer des plans sur la comète en regardant les étoiles la nuit. Lorsque je me réveille le matin, je plonge les yeux dans le bleu infini au-dessus de ma tête ou dans le gris profond des jours contrariés lorsque les nuages défilent à toute allure comme s'ils se rendaient à un bal maudit, et pareille aux Romains j'observe les nuages, admire leur forme pendant de longues minutes ou parfois des heures.
Des heures à rêver en observant les nuages défiler, écouter la pluie taper contre la vitre, regarder les oiseaux voler et s'imaginer être à leur place, planer dans les airs et supputer de la vue qu'ils peuvent avoir de là-haut. Je vole avec eux et m'incline à l'horizon pour embrasser la vue imaginaire de l'arc lémanique, du Mont-blanc, d'Annecy. Avec eux, je tournoie dans les airs, toutes ailes déployées.
La tête dans les nuages, il n'y a rien de mieux dans la vie. Qui a dit que les poètes et les écrivains n'avaient pas les pieds sur terre ?