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WINSTON-SALEM (N.C.) – Le régime alimentaire pourrait affecter le microbiome intestinal, c’est-à-dire les bonnes et les mauvaises bactéries qui vivent dans le tractus gastro-intestinal, de façon à réduire le risque de maladie d’Alzheimer. Les résultats d’une étude réalisée par les chercheurs de la Wake Forest School of Medicine, publiés le 3 septembre 2019 dans le dernier numéro d’EBioMedicine, une revue publiée par The Lancet, conforte cette possibilité.
Impact du régime alimentaire méditerranéen-cétogène
Dans une petite étude pilote, les chercheurs ont identifié plusieurs signatures microbiennes intestinales distinctes – les produits chimiques produits par les bactéries – chez les participants à l’étude ayant une déficience cognitive légère (DCL). Ils n’ont pas trouvé le même constat chez les personnes ayant une cognition normale. Ils ont relevé que ces signatures bactériennes étaient en corrélation avec des niveaux plus élevés de marqueurs de la maladie d’Alzheimer dans le liquide cérébrospinal des participants ayant une DCL.
Par le biais d’une intervention alimentaire intergroupes, l’étude a également montré qu’un régime alimentaire méditerranéen-cétogène modifié produisait des changements dans le microbiome intestinal et ses métabolites qui étaient corrélés avec des niveaux réduits de marqueurs de la maladie d’Alzheimer chez les membres des deux groupes d’étude.
Relation entre maladie d’Alzheimer et changements des bactéries intestinales
« La relation entre le microbiome intestinal et le régime alimentaire et les maladies neurodégénératives a récemment fait l’objet d’une attention considérable, et cette étude suggère que la maladie d’Alzheimer serait associée à des changements spécifiques des bactéries intestinales et qu’un type de régime méditerranéen cétogène pourrait affecter le microbiome de manière à avoir un impact sur le développement des démences, » dit Hariom Yadav, PhD, professeur adjoint de médecine moléculaire à la Wake Forest School of Medicine, qui a cosigné l’étude avec Suzanne Craft, Ph.D., professeure de gérontologie et de gériatrie à la faculté de médecine et directrice du Wake Forest Baptist Health’s Alzheimer Disease Research Center.
L’étude randomisée, à double insu et à site unique, a été menée auprès de 17 personnes âgées, dont 11 avaient reçu un diagnostic de DCL et six avaient une cognition normale. Ces participants ont été répartis au hasard entre un régime méditerranéen cétogène modifié à faible teneur en glucides ou un régime pauvre en lipides et riche en glucides pendant six semaines, puis, après une période de « sevrage » de six semaines, ils sont passés à l’autre régime. Le microbiome intestinal, les acides gras fécaux à chaîne courte et les marqueurs de la maladie d’Alzheimer, y compris les protéines amyloïdes et tau, dans le liquide céphalorachidien ont été mesurés avant et après chaque période de régime.
Limites de l’étude
Les limites de l’étude comprennent la taille du groupe de sujets, ce qui explique également le manque de diversité en termes de sexe, d’ethnicité et d’âge.
« Nos résultats fournissent des informations importantes sur lesquelles les futures études cliniques et interventionnelles pourront s’appuyer », a déclaré le prof. Yadav. « Déterminer le rôle spécifique de ces signatures microbiennes intestinales dans la progression de la maladie d’Alzheimer pourrait mener à de nouvelles approches nutritionnelles et thérapeutiques qui seraient efficaces contre la maladie », ajoute-t-il.
Le 05 septembre 2019. Par la rédaction de Creapharma.ch (supervision scientifique par Xavier Gruffat, pharmacien). Sources : Communiqué de presse de l’étude (en anglais). Référence : EBioMedicine, une revue publiée par The Lancet. Crédit photos : Adobe Stock
Résumé
Un régime alimentaire méditerranéen-cétogène modifié produirait des changements dans le microbiome intestinal et ses métabolites et pourrait être corrélé avec des niveaux réduits de marqueurs de la maladie d’Alzheimer. C’est ce que montre les résultats d’une étude réalisée par les chercheurs de la Wake Forest School of Medicine, publiés le 3 septembre 2019 dans le dernier numéro d’EBioMedicine, une revue publiée par The Lancet. L’identification du rôle spécifique de ces signatures microbiennes intestinales dans la progression de la maladie d’Alzheimer pourrait mener à de nouvelles approches nutritionnelles et thérapeutiques qui seraient efficaces contre cette maladie, selon les chercheurs.