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Accusé de harcèlement sexuel, Andrew Cuomo accablé par une enquête
Populaire durant la pandémie, le gouverneur de New York Andrew Cuomo a été accablé mardi par les conclusions d'une enquête indépendante. Celle-ci l'accuse d'avoir harcelé sexuellement plusieurs femmes, ce qu'il a aussitôt nié.
Cette enquête a conclu que le responsable démocrate "a harcelé sexuellement plusieurs femmes et, ce faisant, a violé la loi fédérale et celle de l'Etat", a affirmé la procureure de l'Etat de New York, Letitia James, lors d'une conférence de presse. D'"anciennes et actuelles" fonctionnaires de l'Etat figurent parmi les victimes, a-t-elle ajouté.
Interrogée pour savoir s'il devait démissionner, elle a répondu: "la décision appartient au gouverneur de l'Etat de New York". "Le rapport parle de lui-même", a-t-elle poursuivi, précisant néanmoins que l'affaire était "de nature civile et n'a(vait) pas de conséquences au niveau criminel".
Peu après cette intervention, Andrew Cuomo a réaffirmé qu'il rejetait les accusations. "Avant tout, je veux que vous sachiez, et que vous l'entendiez de ma bouche: je n'ai jamais touché quelqu'un de manière inappropriée ou fait des avances sexuelles inappropriées", a-t-il réagi, ne s'exprimant pas sur une possible démission. Il a ajouté qu'il répondait point par point aux accusations dans un document publié sur internet.
Appels à la démission
"Baisers et étreintes non désirées", "commentaires inappropriés", gestes déplacés, la liste des actes attribués au gouverneur, en place depuis 2010 et âgé de 63 ans, est longue.
Les appels à la démission n'ont pas tardé. "Il doit démissionner", a lancé le maire de New York Bill de Blasio. "Et s'il continue à résister et à attaquer les enquêteurs qui n'ont fait que leur travail, il doit être mis en accusation immédiatement" en vue d'être destitué. "Je pense qu'il devrait démissionner", a également affirmé le président américain Joe Biden, depuis la Maison Blanche.
Le chef de file des démocrates à la chambre basse de l'Etat de New York, Carl Heastie, qui avait déjà lâché le gouverneur à cause de cette affaire, a jugé que le comportement de M. Cuomo tel que décrit par le rapport n'était "pas digne de quelqu'un qui occupe cette fonction".
"Il y a 11 plaignantes dont les allégations sont exposées de manière très détaillée dans le rapport. Neuf d'entre elles sont ou étaient employées par l'Etat de New York ou une entité affiliée à l'Etat", a expliqué l'un des deux responsables de l'enquête indépendante, Joon Kim, qui s'exprimait aux côtés de Letitia James.
"Représailles"
Selon les conclusions de l'enquête, le gouverneur et des membres de son personnel ont "aussi pris des mesures de représailles à l'encontre d'au moins une employée pour avoir témoigné", sur fond d'"environnement de travail toxique". "C'était une culture où vous ne pouviez pas dire non au gouverneur", a résumé Joon Kim.
Andrew Cuomo avait longuement été entendu par les enquêteurs le 17 juillet. Durant son intervention, filmée depuis son bureau, le gouverneur s'est employé à nier les accusations ou à les relativiser, affirmant notamment qu'il lui arrivait "d'embrasser les gens sur le front, sur la joue", ou de les serrer dans ses bras, se défendant en assurant qu'il essayait "de mettre les gens à l'aise".
"Je comprends maintenant qu'il y a des questions générationnelles ou culturelles que, franchement, je n'avais pas totalement saisies. Et j'ai appris de cela", a-t-il ajouté, dans un début de mea culpa. Il a notamment affirmé avoir fait appel à un expert pour établir de nouvelles règles et procédures en matière de lutte contre le harcèlement sexuel au sein de son administration.
Position fragilisée
Homme politique expérimenté, Andrew Cuomo était devenu une figure pendant la pandémie de Covid-19, beaucoup reconnaissant sa compétence et sa poigne pour gérer la situation lorsque New York et sa région avaient été l'épicentre de la crise, au printemps 2020.
Certains avaient même poussé Andrew Cuomo, fils de gouverneur, ex-ministre du gouvernement de Bill Clinton et ami de Joe Biden, à briguer la Maison Blanche. Mais un an plus tard, sa position avait été fragilisée par les premières accusations de harcèlement sexuel.
Une ex-conseillère économique, Lindsey Boylan, avait affirmé que le gouverneur l'avait embrassée sur la bouche de façon non sollicitée et qu'il aurait suggéré qu'elle joue avec lui au "strip poker", quand elle travaillait avec lui entre 2015 et 2018. Puis une autre ex-collaboratrice, Charlotte Bennett, avait affirmé que le gouverneur lui avait fait des avances qui l'avaient mise "mal à l'aise" au printemps 2020.
ats, afp