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Guy Parmelin, Thomas Aeschi et Norman Gobbi sur le ticket UDC
Après cinq heures et demie d'auditions, le groupe parlementaire UDC a ainsi confirmé la volonté de son comité de proposer à l'Assemblée fédérale un ticket à trois, avec un Alémanique, un Romand et un Tessinois.
Il a fallu cinq tours de scrutin pour choisir l'Alémanique du ticket UDC au Conseil fédéral. Thomas Aeschi s'est finalement imposé contre Heinz Brand (GR) par 44 voix contre 37. Guy Parmelin a en revanche été élu au premier tour par 48 voix contre 29 à l'autre Romand en lice Oskar Freysinger et une éparse. Idem du Tessinois de la Lega Norman Gobbi, qui s'est imposé par 72 voix sur 82.
Autres partis à couvert
Les autres partis gouvernementaux se tiennent à couvert après l'annonce des trois candidatures UDC. Des auditions des papables sont prévues le 1er décembre.
"Le ticket à trois, c'est bien joué pour un parti actif dans l'ensemble du pays. (...) Mais on se doute bien qu'il y a une tactique derrière ça, pour placer le mieux possible le candidat alémanique", a réagi Christophe Darbellay, président du PDC. Le groupe parlementaire du parti démocrate-chrétien auditionnera les candidats officiels, "et uniquement les candidats officiels", le 1er décembre.
Quant au PLR, il auditionnera également les candidats UDC le 1er décembre.
L"apprenti sorcier" de Christoph Blocher
Pour le président du Parti bourgeois démocratique (PBD) Martin Landolt, le choix de l'UDC n'est pas surprenant. Ajoutant à propos de Thomas Aeschi que Christoph Blocher tente de mettre en place son apprenti sorcier. Le PBD déterminera ultérieurement s'il procède à des auditions.
Pour le président des Vert'libéraux Martin Bäumle, l'UDC a rempli les conditions posées par "les présidents de deux grands partis", à savoir la présentation de trois candidats. Le parti fera des auditions, mais la date n'est pas fixée.
"No comment" du PS
Le Parti socialiste définira le 1er décembre s'il veut auditionner des candidats et lesquels. Il décidera le 8 décembre qui il soutient pour l'élection.
Pour les Verts, l'UDC n'a pas sa place au Conseil fédéral, puisque ce parti remet constamment en question l'Etat par le biais de ses initiatives. Le groupe ne donnera donc aucune voix à un candidat UDC le 9 décembre et n'auditionnera personne, a-t-il annoncé avant même que ne soient connus les candidats.
Changement des statuts
L'UDC tient à ce que l'Assemblée fédérale élise un de ses candidats officiels au Conseil fédéral. Elle a même changé ses statuts pour éviter que le traumatisme de 2007 ne se reproduise. Une porte reste toutefois ouverte.
L'UDC a modifié ses statuts suite à l'éviction de Christoph Blocher et son remplacement par Eveline Widmer-Schlumpf. Celui qui aura accepté son élection au Conseil fédéral sans que sa candidature ait été proposée par le groupe parlementaire ne peut plus être membre du parti.
L'éviction de l'UDC nationale et de la section cantonale est automatique. Les statuts précisent toutefois qu'une réintégration est ensuite possible, si le groupe parlementaire et le comité central l'acceptent, chacun avec une majorité de deux tiers.
Cette dernière disposition laisse une petite marge pour des manoeuvres de dernière minute. L'UDC pourrait notamment y recourir si le Parlement ne devait pas retenir l'un des poulains officiels du parti, mais une personne dont le profil est accepté par l'UDC.
gax
Publié le 20 novembre 2015 à 19:50 - Modifié le 24 novembre 2015 à 19:09
Soutien unanime à Ueli Maurer
Les tickets à deux comme règle
L'UDC a été le premier parti à proposer un ticket à deux (Leon Schlumpf et Werner Martignoni) en 1979. La pratique s'est généralisée à partir des années 1990.
Le Parlement n'apprécie généralement pas qu'on lui présente un seul candidat. Christiane Brunner (PS) en a fait les frais en 1993. Le Parlement lui a préféré Francis Matthey qui a refusé son élection. Le PS est alors revenu avec un ticket Christiane Brunner/Ruth Dreifuss.