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Bien que l’administration de vitamine D dans la prévention des fractures ostéoporotiques n’ait pas démontré un bénéfice constant dans les études cliniques, elle est généralement recommandée. L’absence de bénéfice pourrait être liée à une mauvaise observance du traitement, l’adhérence étant généralement mauvaise. L’étude randomisée et contrôlée Vital D, menée dans un centre en Australie du Sud, a testé l’hypothèse d’une réduction des chutes et des fractures liée à l’administration orale annuelle de vitamine D (500 000 U), sur une cohorte de plus de 2200 femmes de 70 ans et plus, à haut risque de fracture, en comparaison au placebo. Les femmes incluses avaient un taux de base de vitamine D native comparable à ceux mesurés dans des cohortes européennes ou d’Amérique du Nord. Après une observation de près de 7000 personnes/année, les chutes (évaluées par questionnaire standardisé) et les fractures (confirmées radiologiquement) étaient augmentées dans le groupe traité par vitamine D (15 et 26 % respectivement). Au vu de ce résultat inattendu, les auteurs concluent que l’administration annuelle de vitamine D orale à haute dose n’est pas recommandée, et que des études devraient réévaluer la sécurité de ce traitement.
Commentaire : Deux méta-analyses récentes (Cochrane et DIPART) ont montré une possible augmentation du risque de fractures associé à l’administration de vitamine D, et les évidences en faveur d’un effet protecteur sur les chutes restent inconsistantes au vu d’études divergentes. Vital D ajoute à la confusion, et montre une fois de plus la complexité d’évaluer les effets réels d’une stratégie de prévention dans une population à risque. Plusieurs hypothèses sont discutées par les auteurs pour expliquer ces résultats, notamment un effet toxique de la haute dose de vitamine D administrée et le caractère annuel de l’administration. En effet, le risque était particulièrement augmenté dans les trois mois suivant le traitement. Une nouvelle étude avec un schéma posologique permettant de concilier une meilleure adhérence et une toxicité limitée reste donc nécessaire. L’adage se vérifie donc une fois de plus : le mieux est l’ennemi du bien !