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Pistolet poudre noire à percussion Ruoff d’environ 1830
Pistolet poudre noire à percussion Ruoff d’environ 1830
Cette arme, numéro 208 à notre inventaire, est une arme de poing. Sa fabrication est soignée et elle est signée Ruoff dans un ovale creux doré qui se trouve sur le tonnerre du canon, tandis qu’une autre inscription se trouve sur la platine et indique Ruoff à Soleure. Cela paraît simple et pourtant, il existait au début du 19ème siècle dans la ville de Soleure trois armuriers nommé Ruoff : P. Ruoff, A. Ruoff et M. Ruoff.
La signature à l’orthographe française indique qu’il s’agissait de Martin Ruoff né en 1770 dans le Württemberg qui faisait partie du Saint Empire romain germanique à l’époque et ceci jusqu’en 1806. Après avoir émigré en Suisse, Martin Ruoff, a obtenu la Bourgeoisie de Wiesen, une commune près d’Olten, ceci en 1803. Il travaille ensuite à son compte à Soleure de 1805 à 1839 comme manufacturier et armurier; son talent pour la feuillure du métal était connu bien au-delà de Soleure.
Ce pistolet est une arme de tir de précision, éventuellement un des éléments du coffret de duel auquel il appartenait peut être. A propos de duels on peut noter que les duels furent interdits officiellement en Suisse à partir de 1854.
Revenons au pistolet à percussion de capsules, son canon est rayé en cheveux, il est entièrement octogonal et est en acier damas. Ses garnitures sont en métal ouvragé, le calibre est de 13 mm. La platine est plate et gravée. Le chien à forte crête est tenu par une visse décorée. Il s’agit d’une platine « classique » dont le ressort d’armement en V va vers l’avant, par opposition à la platine inversée qui sont plus rares. Cette dernière pause un problème aux armuriers, car la solidité de la crosse, dans sa partie la plus faible, est mise à mal par l’entaille faite pour laisser la place au ressort. Les instruments de visées de cette arme se constituent :
-d’une hausse réglable fixée sur la queue de culasse, et
- d’un guidon formé d’une petite demi-lune fendue montée sur une barrette sertie sur le bout du canon, montage dit aussi en queue d’aronde.
Le pontet ainsi que la sous-garde à éperon sont en acier, la queue de détente est réglable avec une vis. La très belle crosse en noyer est de style empire anglais. La partie de tenue de cette arme au quadrillage fin et profond, dont les lignes de force se rejoignent en épis sur le dos de la crosse, facilite sa tenue par temps chaud. Le bout de la crosse se termine par un large pommeau métallique décoré. Celui-ci s’ouvre et laisse apparaître une petite trappe dans laquelle il est stocké quelques amorces. Le poids du pommeau contrebalance celui du canon, ce qui participe à l’équilibre de cette arme. Un autre détail se trouve sur la face opposée à la platine, où un écusson en nacre décore le bois, il porte les initiales LJ, certainement celles du premier propriétaire ! Cette arme, assurément très efficace, tire des balles de plomb fondu propulsées par des charges de poudre noire introduites par la bouche du canon, dont la vitesse initiale est de 150 à 170 ms.
Pour résumer :
Pistolet à percussion de capsule de fulminate sur cheminée
Epoque 1830
Canon octogonal 174mm. .
Longueur de l’arme 316mm
Calibre 13 mm.
Balles de plomb
A poudre noire
Inscription Ruoff Soleure sur la platine et Ruoff sur le tonner du canon.
C’est en résumé une belle arme de tir suisse de la première partie du dix-neuvième siècle.
L’archiviste Rémy Mattenberger.