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Le chef du Département fédéral de l'économie s'en prend vertement aux dirigeants des entreprises suisses qui s'attribuent des millions et produisent des flops.Ce contenu a été publié le 03 novembre 2002 - 12:32
Selon le conseiller fédéral, ces derniers mettent en danger l'économie du pays.
Pascal Couchepin, conseiller fédéral
Il faut les exclure.
Dans un entretien publié par le «Sonntagsblick», Pascal Couchepin estime que «celui qui échoue à la tête d'une entreprise et qui pourtant exige autant d'argent pour lui n'a pas d'honneur».
«On ne peut pas avoir confiance dans les gens qui n'ont pas d'honneur, explique-t-il. Ils sont dangereux parce qu'ils ne tiennent pas leur parole. Et sans confiance, l'économie est en danger».
Une véritable «honte»
Le chef du Département fédéral de l'économie accuse d'une manière générale ces dirigeants d'être «une honte» et affirme qu'ils doivent «être méprisés». «Il faut les exclure», ajoute encore le conseiller fédéral. «Les montrer et dire: vous avez produit une catastrophe et voulez encore de l'argent.»
Sans nommer personne, Pascal Couchepin désigne implicitement les dirigeants et les membres des conseils d'administration du Crédit suisse, d'ABB, de l'ancienne Swissair et de la Rentenanstalt/Swiss Life.
Interrogé plus précisément sur les managers de la Rentenanstalt/Swiss Life -qui se sont enrichis via une société privée, Pascal Couchepin a déclaré: «Je connais quelques personnes là-bas. Cela me rend si triste que je ne veux pas m'étendre là-dessus».
Une enquête de l'Office fédéral des assurances privées
Six actuels ou ex-dirigeants de Rentenanstalt/Swiss Life ont en effet touché 7,7 millions de francs via la société Long Term Strategy (LTS), une société financière privée, fondée par le groupe lui-même.
Fondée à Zoug en 1999 et dotée d'un capital initial de 250 000 francs, la LTS a ensuite subi une augmentation de capital à 2 millions de francs au printemps 2000.
Dans le cadre de cette augmentation, les membres de la direction de Rentenanstalt ont pu investir des fonds privés à leurs risques et périls.
Herbert Lüthy, le nouveau directeur de l'Office fédéral des assurances privées a d'ailleurs ouvert une enquête contre la Rentenanstalt et les dirigeants de l'assureur privé qui ont spéculé via cette société financière privée.
Ainsi, Le CEO del'assureur, Roland Chlapowski, et le président du conseil d'administration Andres Leuenberger ont été convoqués à Berne pour fournir des explications.
De son côté,l'Association de défense des investisseurs suisses (SVSA) de l'avocat zurichois Hans-Jacob Heitz fustige «les chachotteries» des responsables de Rentenanstalt, notamment de son conseiller d'administration et président du Parti radical suisse (PRD), Gerold Bührer.
L'organisation dénonce les «conflits d'intérêt» dans cette affaire et voit ses soupçons d'abus de confiance «se renforcer». Elle agite le spectre d'une plainte pénale ou d'un contrôle spécial.
swissinfo avec les agences
Faits
Dans une interview publiée par le «Sonntagsblick» le chef du Département fédéral de l'économie Pascal Couchepin fustige les top-managers des entreprises suisses qui s'attribuent des millions tout en produisant des flops
Le conseiller fédéral se dit attristé par l'affaire de société financière privée LTS fondée par le groupe Rentenanstalt/Swiss Life et l'intermédiaire de laquelle six actuels ou ex-dirigeants de Rentenanstalt/Swiss Life ont en effet touché 7,7 millions de francs
l'Office fédéral des assurances privées a ouvert une enquête sur cette affaire
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