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Après le double infanticide du 1er janvier à Flaach (ZH), l'autorité cantonale de protection de l'enfant et de l'adulte (KESB) a pris position samedi. Elle ne disposait d'aucun indice d'une menace imminente de la mère envers ses enfants, a-t-elle écrit dans un communiqué.
Le soir du 1er janvier, un garçonnet de 5 ans et sa soeur de 2 ans ont été tués. Leur mère, une Suissesse de 27 ans, fortement soupçonnée, a été arrêtée. Le drame s'est manifestement produit dans le cadre d'un conflit entre la famille et les autorités.
Le KESB de Winterthour-Abdelfingen avait déjà reçu auparavant plusieurs informations concernant des problèmes au sein de la famille, indique-t-il dans son communiqué. Raison pour laquelle une procédure de vérification a été lancée.
Le KESB avait ordonné des mesures préventives pour toute la durée de cette procédure. Les enfants ont ainsi été placés momentanément dans une "institution appropriée". Les autorités ont toutefois veillé à ce que les enfants puissent retourner régulièrement auprès de leur famille, par exemple durant les jours de fêtes. La mère ne représentait pas une menace imminente pour ses enfants, selon les informations du KESB.
Menace sous-estimée
"Après coup, on peut toujours dire que la menace a été sous-estimée", a samedi dit Ruedi Winet, président du KESB, sur les ondes de Radio 1. Dans de tels cas, on procède toujours à une évaluation du danger, mais un risque demeure, personne n'est infaillible, a-t-il ajouté.
Le KESB veut cependant tirer les leçons de ce cas. L'attention doit être davantage portée sur les parents, surtout lorsque des enfants retournent dans leur famille pour les jours de fêtes, a souligné M. Winet. "Il ne faut pas oublier de maintenir un contact régulier".
Le KESB ne donne pas de renseignements supplémentaires sur le cas de Flaach en raison de la protection de la personnalité des personnes impliquées et de l'enquête en cours. Il collaborera toutefois étroitement avec la police, les autorités pénales et les organes de surveillance et ce cas, ainsi que les mesures prises par le KESB, seront analysés de manière approfondie.
Pour le KESB, cette issue tragique est une exception. Les responsables de l'autorité cantonale se disent "profondément touchés" et ils expriment leurs condoléances aux personnes concernées.
La mère alerte la police
Après le drame, la mère a informé la police cantonale que ses deux enfants étaient décédés. Elle s'est aussi infligé des blessures, mais sa vie n'est pas en danger. Les policiers et secouristes arrivés sur les lieux ont immédiatement tenté de réanimer les enfants, mais en vain.
La police n'a pour l'instant donné aucune indication sur la cause des décès. Les analyses seront menées par l'institut de médecine légale et une enquête est en cours.
Avant l'arrivée de la police, la mère s'est enfuie de l'appartement. Les recherches immédiatement lancées ont toutefois permis de l'arrêter rapidement.
Reproches adressés au KESB
La mère n'était pas connue des services de police pour avoir commis des délits violents ou pour des problèmes psychiques. Deux jours avant le drame, elle avait envoyé aux médias un courriel dans lequel elle voulait attirer l'attention sur sa situation. Elle reprochait au KESB de lui avoir retiré ses enfants.
Leur placement dans un foyer faisait suite à une intervention le 4 novembre de la police, qui avait arrêté les parents, soupçonnés d'escroquerie. La mère a été libérée quelques jours plus tard, mais le père est encore en prison.
Ce placement était une mesure temporaire, a précisé Ruedi Winet dans une interview publiée par la "SonntagsZeitung". Le KESB devait décider d'ici à quelques semaines, voire plus rapidement, si leur garde pourrait être à nouveau confiée à leur famille.
Les enfants étaient chez leur mère à Flaach, dans le Weinland zurichois, depuis le 19 décembre. Elle aurait dû les ramener ce dimanche 4 janvier. Dans son courrier électronique, elle n'évoquait pas d'intentions de s'en prendre à eux.
ATS