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Né en 1848 et disparu en 1917, Octave Mirbeau est surtout connu pour ses romans, en particulier le texte sulfureux et érotique "Journal d'une femme de chambre", adapté à quatre reprises au cinéma notamment par Jean Renoir ou Luis Buñuel. Mirbeau est l'auteur d'une dizaine de romans, d'autant de pièces de théâtre et de très nombreuses nouvelles disséminées dans les journaux de l'époque. Aujourd'hui, l'éditeur français l'Arbre vengeur publie un recueil de ses chroniques qui avaient été éditées une première fois après la mort de l'auteur en 1917 et jamais republiées depuis. "Vache tachetée et concombre fugitif" regroupe une vingtaine de petits contes extrêmement drôles, satiriques, cruels parfois, émouvants très souvent, remarquablement bien écrits.
Les éditions de l'Arbre vengeur exhument des nouvelles méconnues d'Octave Mirbeau. [arbre-vengeur.fr]
Le rédacteur en chef de l'hebdomadaire satirique romand Vigousse, Stéphane Babey, qui préface le recueil, loue notamment les dialogues ciselés de l'oeuvre de l'écrivain français. "Octave Mirbeau se glisse dans la peau des personnages qu'il caricature et les fait parler avec une justesse assez incroyable. Il a été dramaturge et cet art d'incarner, de trouver le langage qui sied à chacun, est une des caractéristiques de son écriture."
Mirbeau, un regard et une plume
Octave Mirbeau détient une personnalité, et un parcours, très riches. Il a été engagé en politique, anarchiste, a secondé Zola lors de l'affaire Dreyfus, il a aussi été engagé artistiquement: il était l'ami de Rodin et de Monet et a soutenu financièrement toute la carrière d'Alfred Jarry, l'auteur de "Ubu Roi". A l'image de Jules Renard, son contemporain, Mirbeau a un regard et une plume, une écriture qui dépasse la simple satire pour embrasser tous les genres. Dans le recueil publié par L'Arbre vengeur, on trouve des textes très différents, qui ont très bien vieilli et sont encore susceptibles d'inspirer ceux qui écrivent comme lui des textes satiriques dans les journaux.
"Ce qu'il se permettait d'écrire à l'époque, il n'y a pas grand monde qui oserait encore l'écrire aujourd'hui", relève Stéphane Babey. "C'est étonnant de trouver une telle audace à une époque que l'on aurait peut-être imaginée plus frileuse, à tort. [...] J'ai découvert un des sommets de la satire. J'ignorais que l'on pouvait écrire des choses pareilles, et les publier. Et si cela tient encore la route, c'est parce que Mirbeau a réussi à poser une cohérence dans son oeuvre. On peut respecter ses combats malgré le fait qu'il ait changé de bord. Il était conservateur, plutôt extrême-droite et il est passé à l'extrême-gauche en vieillissant, mais il y a une cohérence dans tout cela".
Sujet radio: Nicolas Julliard
Adaptation web: mh
Octave Mirbeau,, éditions L'Arbre vengeur