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Avec un temps calme assez ensoleillé, il y a eu peu d’avalanches cette semaine. Il s’agissait dans la plupart des cas d’avalanches de neige mouillée et d’avalanches de glissement. En Valais, quelques avalanches de glissement ont cependant atteint une très grande ampleur. Les restrictions liées à la lutte contre la pandémie de coronavirus étaient toujours d’actualité. Les domaines skiables et les refuges de montagne sont restés fermés, les randonnées avec guide restaient interdites et il y avait relativement peu de randonneurs à ski.
Après une nuit claire, des nuages convectifs et des averses sont apparus, d’abord dans l’ouest et le sud, puis plus tard également dans l’est. La limite des chutes de neige est descendue depuis 2200 m à 1800 m. Au début, les quantités de précipitations étaient cependant faibles: Le samedi matin, les cumuls de neige fraîche atteignaient tout juste de 5 à 10 cm dans l’Oberland bernois, depuis les Alpes uranaises jusque dans le Prättigau en passant par les Alpes glaronaises et dans le val Bregaglia. La journée était ensuite assez ensoleillée avec des nuages convectifs. Au cours de ces deux journées, le vent était généralement faible. Pendant la nuit de samedi à dimanche, il est encore tombé de 5 à 10 cm de neige au-dessus de 1700 m environ, surtout dans l’ouest et le sud du Tessin, dans le Misox et dans le val Bregaglia. Sinon, le temps était couvert et généralement sec.
Dans le nord, le dimanche était assez ensoleillé au-dessus du brouillard élevé avec une limite supérieure à environ 2000 m. Sur le versant sud des Alpes, il y a eu des éclaircies en cours de journée. Les conditions météorologiques étaient similaires le mardi et le mercredi. En bas, régnait parfois un brouillard élevé tenace ou une nébulosité comparable à du brouillard élevé, et au-dessus de 1800 m environ, le temps était assez ensoleillé. Des nuages convectifs se formaient parfois en cours de journée. A 2000 m, les températures étaient encore légèrement positives le dimanche à la mi-journée et, le mercredi, elles étaient encore de -3 à -7 °C. Le vent de secteur nord-est était modéré à fort, surtout dans le Jura, sur les Préalpes et en altitude.
Pendant la nuit de mercredi à jeudi, il est tombé jusqu’à basse altitude de 10 à 20 cm de neige dans le sud et de 5 à 10 cm sur la crête principale des Alpes. Le vent était modéré, mais en haute montagne temporairement fort de secteur sud-est. En journée, le temps était souvent nuageux dans le sud, mais assez ensoleillé dans le nord.
La neige glissante, la neige mouillée et la neige ancienne constituaient les problèmes avalancheux dominants de cette période couverte par le rapport hebdomadaire.
Des avalanches de neige mouillée et avalanches de glissement ont été observées quotidiennement. Alors que les avalanches de neige mouillée prenaient souvent la forme d’avalanches de neige meuble et atteignaient le plus souvent une taille petite à moyenne, les avalanches de glissement étaient parfois grandes et localement même très grandes dans le nord du Valais, sur le versant nord des Alpes et dans le Prättigau (cf. figure 1).
La probabilité qu’une avalanche de glissement touche des personnes en terrain non sécurisé est en principe assez faible. A la différence des avalanches de plaque de neige, les avalanches de glissement ne peuvent pas être déclenchées par des personnes, mais se décrochent spontanément. Par conséquent, si une avalanche de glissement touche une personne en terrain non sécurisé, on peut considérer cette coïncidence comme un hasard. Un comportement approprié peut toutefois encore réduire ce risque, si le traceur contourne à bonne distance les zones avec des fissures de glissement et en particulier les zones d’arrêt en aval de telles fissures. Au printemps, un choix judicieux de l’horaire réduit également le risque. Les avalanches de glissement sont en effet plus fréquentes lorsque le manteau neigeux est isotherme à 0 °C sous l’effet du réchauffement diurne et de l’ensoleillement. Des avalanches sporadiques peuvent toutefois aussi se produire la nuit et en matinée. Il y a donc toujours un risque résiduel (cf. photo 2).
Une seconde carte de danger (double carte) signalait le danger d’avalanche de neige mouillée en cours de journée. Cette double carte a été conservée jusqu’au 24 mars malgré le refroidissement du temps, surtout en raison des avalanches de glissement qui étaient toujours possibles localement. A partir du mercredi 25 mars, une carte de danger portant sur les avalanches de neige sèche a à nouveau été utilisée dans le bulletin d’avalanches.
Pendant toute la période couverte par le présent rapport, un danger limité d’avalanche de neige sèche était annoncé dans les régions intra-alpines du Valais et des Grisons. Le problème avalancheux typique était, comme déjà mentionné dans le rapport antérieur, la neige ancienne. Certaines indications concernant la constitution défavorable du manteau neigeux provenaient surtout encore des Grisons (cf. photos 3 et 4); leur nombre était toutefois réduit. Cet élément était certainement lié au fait qu’en raison de la pandémie de coronavirus et des mesures prises à cet égard très peu de personnes étaient de sortie et, d’autre part, les endroits dangereux étaient assez rares.
A la fin de la période examinée par le rapport, on mesurait sur une grande partie du territoire de 1 à 2 m de neige à 2000 m; dans le sud du Valais et en Engadine, l’enneigement était plus faible. A haute altitude, la diminution des hauteurs de neige par rapport à la semaine précédente était d’environ 10 cm dans la plupart des stations. A moyenne altitude, elle était généralement comprise entre 10 et 20 cm. Sur les plus hauts sommets du Jura, le manteau neigeux était encore continu, surtout dans les régions de l’ouest.
Comparé aux moyennes pluriannuelles, il y avait moins de neige qu’habituellement en cette période de l’année en dessous de 2000 m environ dans toutes les régions. Certains champs de mesure étaient déjà sans neige (cf. photo 5). A haute altitude, en revanche, ce n’était que sur le versant nord des Alpes qu’il y avait moins de neige que les moyennes de saison. Dans les autres régions, les hauteurs de neige étaient supérieures à ces valeurs.
Le vendredi 20 mars, les mesures prises par le Conseil fédéral en vue de limiter la propagation du coronavirus ont à nouveau été adaptées. Les rassemblements de plus de 5 personnes dans l’espace public ont été interdits et une distance minimale de 2 m entre les personnes doit être respectée. De plus, la population est appelée à rester chez elle. Les domaines skiables (cf. photo 6) et les refuges de montagne sont restés fermés. Les randonnées à ski privées ne font pas l’objet d’une interdiction généralisée. A cet égard également, il est important de suivre les recommandations de l’OFSP, c’est-à-dire de maintenir une distanciation sociale, d’éviter les voyages inutiles et de faire preuve d’une prudence particulière afin de ne pas aggraver davantage encore, à cause d’accidents supplémentaires, la situation des services de santé.
Les prévisions d’avalanches sont actuellement surtout utilisées par les services locaux responsables de la sécurité des moyens de transport et des agglomérations. Les services de sécurité travaillent également pendant la crise du coronavirus au profit de la sécurité publique. Même si la situation avalancheuse est actuellement calme, l’hiver n’est pas encore terminé dans les régions de montagne. Pour soutenir le travail des services de sécurité, la diffusion du bulletin d’avalanches est poursuivie quotidiennement à raison d’une édition. Le bulletin se fonde toutefois sur une densité d’informations nettement réduite, car les données fournies par les domaines skiables, les guides de montagne et les randonneurs ont nettement diminué (cf. à ce sujet un communiqué sur www.slf.ch).
Aucune avalanche impliquant des personnes n’a été signalée.
Evolution du danger
Bulletins d'avalanche de cette période.