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Deux ex-fonctionnaires consulaires ont été condamnés lundi à 12 mois de prison avec sursis. Dans les années 1990, ils ont introduit illégalement de l'alcool en Arabie saoudite.
L'un d'eux a en outre été reconnu coupable d'espionnage pour la Roumanie.
Il n'y a pas de doute, l'ancien vice-consul et l'ancien consul général ont exercé un commerce florissant d'alcool dans un pays où ce produit est interdit, a déclaré le président du Tribunal de district de Berne-Laupen Peter Reusser lors de la lecture du jugement.
Ils ont aussi réalisé des gains importants grâce à ce trafic et porté atteinte à la réputation de la Suisse.
Gestion déloyale
Entre août 1995 et mai 1997, les deux hommes ont utilisé leur statut de diplomates pour exercer ce commerce illégal. Ils ont été reconnus coupables de gestion déloyale.
En rendant son jugement, le tribunal a pris en compte le fait que l'ex-consul général, licencié en 1997, s'est montré coopératif et a avoué ses actes.
Près de 280’000 francs ont été confisqués sur son compte. Ils iront dans les caisses de la Confédération et éventuellement du canton de Berne.
L'ex-consul général, âgé de 65 ans, a en outre été condamné pour escroquerie. Il se faisait notamment rembourser des dépenses fictives en ajoutant des noms sur les listes d'invités du consulat.
Ses gains se montent à 78’000 francs sur cinq ans. Il a remboursé la Confédération depuis.
Le vice-consul, âgé de 46 ans, s'est en revanche montré moins coopératif. Les montants garnissant son compte en banque à Genève venaient en partie d'un héritage, a-t-il déclaré devant le tribunal, qui ne l'a pas cru: 560’000 francs ont été confisqués sur ce compte.
Espionnage
L'homme a aussi reconnu avoir livré aux agents roumains 250 documents à caractère politique classifiés secrets par le Ministère des affaires étrangères et la police fédérale. Les faits se sont déroulés entre 1992 et 1997.
«Ces actes sont préjudiciables pour la Suisse», a estimé le juge. «Il est du devoir d'un diplomate de défendre et de représenter les intérêts de la Suisse à l'étranger».
Le magistrat a cependant indiqué leur avoir fait «un rabais» en raison de la durée de la procédure.
Le consul général devra payer une amende de 5000 francs et prendre en charge une partie des frais de procédure, soit 30’000 francs.
Le vice-consul a été condamné à une amende de 3000 francs et à 25’000 francs de frais de procédure.
swissinfo et les agences