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Si tous les goûts sont dans la nature, ils ne sont pas pour autant déterminés au hasard. Selon une étude publiée en octobre 2007 dans Twin research and human genetics,1 une part significative de nos choix alimentaires serait déterminée par notre patrimoine génétique. L’influence de la génétique sur nos goûts serait particulièrement importante pour certains aliments comme l’ail ou le café.
Afin de déterminer l’influence de l’hérédité sur nos choix alimentaires, une équipe de chercheurs britanniques a comparé les comportements alimentaires de 996 vraies jumelles et de 2266 fausses jumelles. Chacune a rempli un questionnaire détaillé sur ses habitudes alimentaires. Ces informations ont permis de déterminer le type de régime alimentaire de chaque participante en fonction de sa consommation de fruits et légumes, viandes, graisses, sucres et alcool. Sur la base de ces données, les chercheurs ont ainsi estimé la part de l’héridité dans les choix alimentaires individuels (tableau 1).
Les résultats de cette étude indiquent que le patrimoine génétique influence jusqu’à 45% le choix du régime alimentaire. Malheureusement, ce type d’étude ne permet pas d’identifier les gènes impliqués. La part restante de nos choix alimentaires serait, par contre, déterminée par des facteurs environnementaux comme l’éducation ou la pression sociale. Ces observations confirment des études similaires réalisées récemment aux Etats-Unis sur des jumeaux des deux sexes.2,3 Si pour des raisons pratiques, l’étude britannique a été menée uniquement sur des femmes, les études américaines indiquent que la part de la génétique dans le choix du régime alimentaire serait encore plus élevée chez les hommes.
Un aspect original et frappant de l’étude anglaise concerne l’affinité pour des aliments spécifiques. En effet, cette étude est la première à montrer que notre goût pour certains aliments particuliers est en lien avec la génétique. Ainsi l’hérédité compterait pour beaucoup dans notre attirance pour le café (41%) ou pour l’ail (46%) (figure 1).
En révélant un tel déterminisme génétique, ces études mettent en lumière les limites potentielles de certaines approches préventives de santé publique qui tentent d’influencer les choix alimentaires individuels. Il peut être particulièrement difficile pour certains individus de changer de régime alimentaire. Cependant, selon ces mêmes études, une part au moins aussi importante de nos comportements alimentaires reste déterminée par notre environnement, notre éducation et, bien entendu, par notre propre volonté.