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Les épreuves que nous traversons ont une influence sur nos paroles, nos réactions, nos émotions et parfois hélas aussi sur notre apparence physique. On peut vieillir avant l’âge, c’est hélas vrai. Mais on peut aussi rajeunir lors d’un événement heureux.
C’est ce qui a dû arriver à une femme ayant vécu environ en l’an 1110 avant J.C. Avec son mari et leur deux fils, elle habitait à Bethléhem. Une famine poussa cette heureuse famille à émigrer dans le pays des Moabites situé à l’est de la mer Morte. Naomi, dont le nom signifie “ma gracieuse” n’imaginait sans doute pas que de terribles épreuves allaient s’abattre sur sa famille. Elimélec, son mari et leurs deux fils Machlon et Kiljon y trouvèrent la mort.
Perdre les trois personnes qui nous sont les plus chères en l’espace de 10 ans, c’est une épreuve terrible.
Naomi ne voit plus d’autre solution que celle de retourner seule dans son pays. Elle demande à ses deux belles-filles moabites de retourner dans la maison de leur mère. Dans les larmes, l’une accepte cette proposition tandis que l’autre la refuse obstinément. C’est ainsi que Ruth, jeune veuve, accompagne sa belle-mère tellement éprouvée.
La Bible relate ainsi l’épisode du moment ou Naomi entre à Bethléem:
” Lorsqu’elles entrèrent dans Bethléem, toute la ville fut émue à cause d’elles, et les femmes disaient: Est-ce là Naomi? Elle leur dit: Ne m’appelez pas Naomi; appelez-moi Mara (remplie d’amertume) car le Tout-Puissant m’a rempli d’amertume. J’étais dans l’abondance à mon départ, et l’Eternel me ramène les mains vides. ” (Ruth 1.19-21)
La tristesse, les épreuves, les larmes déforment le sens des réalités. Naomi déclare revenir les mains vides. Ne voit-elle pas qu’à côté d’elle se trouve sa belle-fille ? Et Ruth a déjà donné des preuves évidentes d’une profonde réorientation de ses convictions religieuses. C’est elle qui a déclaré à Naomi au moment du retour:
Où tu iras, j’irai, où tu demeureras, je demeurerai; ton peuple sera mon peuple, et ton Dieu sera mon Dieu. (Ruth 1.16)
Faut-il rappeler que les moabites adoraient Kemosch, dont le culte exigeait des sacrifices d’enfants. Ruth se détourne radicalement de ces pratiques inhumaines. Elle place désormais toute sa confiance en Celui qui inspire la vie de sa belle-mère.
La suite du récit est passionnant: Ruth, avec la complicité de Naomi, se met sur le chemin de Boaz, un homme puissant et riche. Vous devinez la suite je suppose: Un véritable coup de foudre. En effet, Ruth la moabite devient l’épouse de Boaz. De cette union naquit un fils, Obed. Et si nous regardons de près la généalogie de Jésus de Nazareth, nous retrouvons le nom d’Obed.
Naomi était anéantie lors de son retour au pays. Mais elle figure dans la lignée de Jésus-Christ. Je vous laisse imaginer la joie de Naomi lorsqu’elle prit dans ses bras son unique petit-fils. Et plus jamais, je suppose, elle n’eut la pensée de dire: L’Eternel me ramène et me laisse les mains vides.
Oui, la joie, le bonheur, rien de si efficace pour rajeunir.
Fraternellement
Charles-André Geiser