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1891 – 1978
Charles Chinet, artiste peintre suisse né à Rolle en 1891 et décédé à Nyon en 1978.
Charles Chinet fait ses classes au collège de la ville, où il a pour condisciple Charles Clément avec lequel il restera lié. Il fréquente l'Ecole industrielle de Lausanne puis l'Ecole de commerce. Il devient employé de banque, séjourne à Londres puis à Paris de 1915 à 1918 où il commence à dessiner et à peindre au bord de la Seine ainsi que dans diverses académies de Montparnasse (l'Académie de la Grande Chaumière notamment). Il fait alors la connaissance de Gustave Buchet.
De retour à Rolle en 1918, il se lie d'amitié avec le peintre Abraham Hermanjat qui lui prodigue conseils théoriques et techniques ainsi qu'avec les peintres Maurice Barraud, Félix Appenzeller et Roger Fiaux qui passent leurs étés près de Buchillon et qui formeront, rejoint par les peintres Eugène Martin et Alexandre Blanchet, le Groupe de Buchillon. Afin de subvenir à ses besoins, il travaille dans l'entreprise paternelle de peinture en bâtiment sans grande conviction. En 1922 il obtient la Bourse fédérale des Beaux-Arts, puis de 1932 à 1945, il donne des cours de peinture à l'Ecole de dessin à Lausanne, dirigée alors par Casimir Reymond, Il remporte en 1943 le Prix suisse de la peinture et finalement quitte l'enseignement en 1945 pour se consacrer totalement à la peinture.
L'univers pictural de Charles Chinet se concentre principalement autour de Rolle, même s'il prend volontiers pour motif la Seine, la campagne de Grignan ou la Drôme voisine. Natures mortes, intérieurs, vues de jardin et paysages lémaniques dépeignent sa maison située au bord du lac et ses alentours. Marqué par les natures mortes de Chardin et par Corot, sensible à la peinture synthétique de Cézanne, ainsi qu'au lyrisme de Bonnard, Chinet est réfractaire à l'abstraction. Après une période où il use principalement des tons sombres, sa palette s'éclaircit et se garnit de tons délicats et choisis avec finesse. Le peintre, sensible à la lumière, s'applique à faire chatoyer les couleurs sur sa toile. Ce contact privilégié avec la nature lui fournit un élan que l'on retrouve dans sa peinture.