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Le président du Conseil national Peter Hess reste dans le collimateur de l'Autorité de contrôle en matière de lutte contre le blanchiment d'argent. Elle lui demande des explications supplémentaires au sujet de cinq sociétés boîtes aux lettres.
Par la voix de son porte-parole Dieter Leutwyler, le Département fédéral des finances s'est borné à confirmer que Peter Hess vient de recevoir une nouvelle lettre de demande d'explications.
Dans son édition de dimanche, le quotidien Le Matin fait toutefois des révélations supplémentaires. L'enquête du journal révèle que des sources concordantes au sein de l'administration fédérale font état d'une note ultra confidentielle qui fait un point intermédiaire plutôt explosif sur l'enquête en cours.
Il serait en effet «très vraisemblable» que quatre des sociétés incriminées soient des intermédiaires financiers. Normalement, tout intermédiaire financier doit être inscrit auprès de l'Autorité de contrôle ou d'un organisme privé d'autorégulation. Cette mesure préventive est destinée à lutter contre le blanchiment d'argent sale.
Le problème, c'est que les quatre sociétés basées au Liechtenstein, au Panama et aux Iles Vierges et dont Peter Hess étaient l'administrateur jusqu'à la fin mai ne sont inscrites nulle part.
Une expertise de l'organisme d'autorégulation VQF, à Zoug, avait précisé qu'aucune des anciennes sociétés de Peter Hess n'exerce une activité d'intermédiaire. Par conséquent, elles n'ont pas besoin d'être soumise à autorisation.
L'Autorité de contrôle veut cependant en savoir plus. En cas d'entorse à la loi, Peter Hess risque une amande qui peut se monter à 200 000 francs au maximum.
Peter Hess (PDC/ZG) est dans l'œil du cyclone depuis le début de l'année. La polémique a porté sur son rôle d'administrateur dans des sociétés de tabac soupçonnées de se livrer à la contrebande de cigarettes et dans des sociétés sises dans des paradis fiscaux.
Jusqu'à présent, rien d'illégal ne peut être reproché à Peter Hess. Cependant, face à la polémique, il a renoncé pour le 31 mai à ses 48 mandats d'administrateurs, afin de sauver son siège de président du Conseil national.
Olivier Pauchard