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J'aime qu'en Inde un sage soit appelé un rishi, un « voyant ». C'est celui qui « voit » .Qui voit clair, qui voit loin, qui voit profondément, qui voit globalement. C'est le contraire d'un spécialiste, c'est l'opposé d'un technocrate. Ce n'est pas un philosophe, ni un théologien, ni un scientifique. Son fonctionnement n'est pas purement mental et rationnel et il n'a pas de grille d'interprétation. Son appréhension des faits est directe et immédiate :
il « voit » la vérité.
I1 voit loin et juste parce que son regard est ancré dans ses profondeurs, en un lieu qui ne fait qu'un avec la source de la vie. Son regard est celui de la vie et il est donc fondamentalement dans la justesse de la vie.
Une vision juste, une vision en communion avec la vie, crée des relations humaines justes où la vie de l’un communique avec la vie de l’autre. Elle entraîne des comportements et des actions justes qui soutiennent et glorifient la vie. Elle met en place, naturellement, une société dont tous les aspects sont ancrés dans la justesse, et qui va aider ses membres à grandir.
Une société juste sollicite et stimule ce qu'il y a de plus élevé et de plus noble en l'être humain. Elle le conduit à clarifier sa vision, à dépasser ses égoïsmes, à dénouer ses attachements, à aiguiser son discernement. Elle l’appelle à dissiper ses peurs et ses crispations, ses recherches de sécurité et ses enfermements. Son avidité et son désir de puissance. Elle lui apprend à se laisser traverser par la vie, à se donner à la vie en offrande joyeuse. Elle l’installe au-delà du désir et de la peur, du " j'aime " et du " j'aime pas ", du donner et du prendre. Au-delà de la naissance et de la mort. Elle l’installe dans le flot de la vie. Jusqu’à ce qu'il ne fasse plus qu'un avec la vie. Jusqu'à ce qu'il puisse dire lui aussi :
« Je suis la vérité et la vie. »
Commentaire:
J’aimerais vous décrire une petite expérience, qui consiste à observer à la surface d’un plan d’eau (par ex : un étang). Nous y voyons notre image et tout ce qui serait autour susceptible de s’y refléter.
Ensuite nous mettons des lunettes munies de verres polarisés. Comme par magie ce n’est plus notre image que nous contemplons mais le fond de l’étang.
Voir juste, n’est-ce pas voir plus loin, au-delà des apparences, au-delà des mots aussi, comme nous l’indique le texte ci-dessus.
Regarder ainsi, voir en profondeur, c’est aussi changer de niveau de conscience. Voir la réalité plus vraie, plus pure, plus près de son essence.
Ce qui nous permet d’aller plus facilement à l’essentiel, d’alléger un peu le quotidien.
"Car nous voyons maintenant au travers d’un verre, obscurément, mais alors face à face; maintenant je connais en partie, mais alors je connaîtrai à fond comme aussi j’ai été connu."
1 Co 13 :12