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Avant-hier, mon père et moi étions sur Léman Bleu, invités gracieusement et même généreusement par Pascal Décaillet pour évoquer notre livre sur Samoëns; c'était l'émission Genève à chaud, et nous sommes passés dans le dernier tiers. Voir ici.
Mon père a un discours très régionaliste. C'est un passionné. Comment fait-il? Je suis de mon côté fasciné par la manière dont le temps a façonné les choses. Je suis en particulier impressionné par la façon dont l'esprit humain a métamorphosé le monde, par le biais de l'action qui prend sa source dans la pensée. C'est pour moi une sorte de drame grandiose. Evidemment, ceux qui sont passionnés par la politique, l'argent, le sexe, se demandent peut-être aussi: Comment fait-il, pour s'intéresser à des choses aussi nébuleuses, aussi globales, aussi insaisissables? Mon père a le mérite de la clarté, comme on dit.
J'oserai quand même lui faire remarquer qu'en tant que responsable d'un gîte, à Samoëns, qui accueille presque systématiquement des Français de la vieille France, il pouvait se dire que l'effacement de la frontière et la construction d'infrastructures destinées aux touristes, il pouvait en soi s'en satisfaire, et du reste, nous comptons en particulier sur ces mêmes Français de la vieille France pour acheter le livre, car à Samoëns, ils restent les touristes les plus nombreux. Cela dit, les débats sur l'Annexion appartiennent au pittoresque, et si cela reste sympathique, cela peut aussi faire vendre.
Je souhaite de toute façon au premier chef que les personnalités de Gerdil et Biord, qui appartiennent à cette Eglise romaine qui jusqu'à la Révolution, en Savoie, contrôlait toute la culture, intéressent les lecteurs du livre. J'aime en particulier Gerdil, qui fut un authentique écrivain, un de ces conservateurs humanistes auxquels se rattachent ceux que dit aimer mon cher camarade Samuel Brussell.