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Ce «think tank» avait été créé après l'affaire des fonds en déshérence pour améliorer l’image de la Suisse. Il fermera ses portes après quatre ans d’activités.
Pour sa directrice, la décision s’explique par la suppression de l’aide de la Confédération. La Fondation continuera à organiser conférences et séminaires à Genève.
La «Swiss Foundation for World Affairs» organisait des conférences et des débats sur des questions de politique internationale dans lesquelles la Suisse est engagée. L’idée était de mieux propager le point de vue suisse auprès des milieux économiques et universitaires des Etats-Unis.
La Fondation avait été créée suite au différend entre la Suisse et les Etats-Unis à propos des fonds juifs en déshérence. Cette affaire avait montré que la Suisse manquait de relais et qu’elle avait de la peine à promouvoir son point de vue.
«Nous voulions montrer avec cette Fondation que la Suisse n’est pas seulement constituée de banques et qu’elle représente davantage que le pays de Heidi», rappelle son président et co-fondateur, l’ancien ambassadeur et secrétaire d’Etat Edouard Brunner.
Manque d’argent
La Fondation cessera ses activités à Washington à la fin de l’année académique 2005-2006. Sa directrice Katharina Vögeli, explique que ce retrait est principalement dû à la suppression de l'aide de la Confédération.
Le Département fédéral (ministère) des Affaires étrangères s’était déjà retiré du projet il y a deux ans. Cette décision avait eu une mauvaise influence sur les autres donateurs.
La Fondation disposait à l’origine d’un budget de 650'000 dollars (823'000 francs suisses), assuré pour moitié par des fonds publics et pour moitié par le secteur privé, indique Katharina Vögeli. La part de la Confédération avait ensuite fondu. Elle représente désormais 10 à 15% du budget total, indique Edouard Brunner.
Avec la résolution de l’affaire des fonds en déshérence, la Fondation est devenue moins indispensable au fil des ans. «Ce n’est la faute ni de la Confédération ni de l’économie privée si les contributions financières sont devenues toujours plus minces ou ont été supprimées, conclut Edouard Brunner. Le responsable, ce sont les circonstances.»
Tout le monde ne prend pas cette fermeture avec autant de philosophie. Pour Katharina Vögeli, supprimer une plateforme qui a autant de succès à Washington au moment même où le gouvernement suisse veut encore améliorer les relations avec les Etats-Unis représente une «énigme».
Côté américain, cette décision surprend également Arthur E. Dewey, un conseiller du Secrétariat d’Etat. A ses yeux en effet, la Fondation avait permis de créer des ponts importants entre le deux pays et fait souffler «l’esprit de Genève» sur Washington.
Suite à Genève
Le départ de Washington ne marque pas la fin de la Fondation. Les activités seront déplacées en Suisse.
«Nous allons déménager à Genève, indique Edouard Brunner. Nous y organiserons trois à quatre événements par année, comme des conférences et des séminaires. Ce sera moins cher.»
swissinfo et les agences
En bref
- Les think tanks sont des usines à idées. Ils proposent leurs produits élaborés à partir d’un travail pluridisciplinaire aux représentants de la politique et de l’économie.
- D’origine libérale, l’idée du think tank provient du monde anglo-saxon. Elle s’est répandue dans le monde entier dès les années 70.