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Faits et chiffres concernant l'exploitation de centrales nucléaires
- Les centrales nucléaires modernes sont elles aussi rentables
- Des investissements ciblés dans les installations existantes
- Une disponibilité assurée de l'énergie nucléaire
- Une durée de fonctionnement techniquement limitée
Les principaux facteurs déterminant les coûts de production du kilowattheure d’une centrale nucléaire sont le taux d'utilisation, les coûts de construction ou du capital, les frais d’exploitation et les coûts de combustible. Plus une installation peut être exploitée longtemps, plus les coûts du capital baissent. Les coûts de combustible se composent aux deux tiers des coûts de gestion des déchets.
Pour en savoir plus sur les coûts de gestion des déchets, cliquez ici.
Tous ces facteurs peuvent être calculés de manière fiable sur le long terme. Du fait des ressources présentes en grande quantité de par le monde et des besoins annuels limités, les coûts des matières premières sont faibles. Même si le prix de l’uranium venait à doubler, les coûts de production ne subiraient au maximum qu’une légère hausse de 0,5 centime par kilowattheure (5–10%). L’uranium en lui-même est donc une matière première très avantageuse. L'enrichissement, la fabrication des éléments de combustible et avant tout leur élimination ont un impact bien supérieur sur le prix: cette dernière est deux fois plus chère que les coûts d’acquisition.
Pour en savoir plus sur la matière première uranium, cliquez ici.
Les centrales nucléaires modernes sont elles aussi rentables
En dépit de leurs coûts de construction relativement élevés et de la nécessite d’investir en permanence dans leur sécurité, les centrales nucléaires sont très rentables. Elevé dans la phase initiale, l’investissement – de 4,8 milliards de francs en 1984 pour Leibstadt – est lucratif et fiable.
Sur ces 40 dernières années, les coûts de production d’électricité des installations suisses d’un certain âge ont baissé de six à quatre centimes. Même la centrale de Leibstadt, dont la construction avait été onéreuse, présentait au cours de sa 27e année d’exploitation, en 2011, un prix de production de cinq centimes par kilowattheure.
En dépit de prix de revient plus bas, attractifs en soi, l’énergie nucléaire suisse se trouve actuellement à la limite de la rentabilité. Elle doit en effet résister à l’électricité éolienne et solaire en provenance d’Allemagne, fortement subventionnée, qui inonde le marché par vagues d’ampleur considérable. Si ce courant, de toutes façons très favorisé, ne trouve pas de clients – la production d’électricité solaire et éolienne ne peut pas être pilotée en fonction des besoins – les prix de l’électricité chuteront. Cela ne nuira cependant pas seulement à la rentabilité de l’énergie nucléaire suisse, mais aussi à l’énergie hydraulique helvétique et à d’autres technologies non subventionnées.
Pour les centrales nucléaires modernes telles qu’on les construit aujourd’hui, les spécialistes tablent sur des coûts de production de six à un peu plus de sept centimes par kilowattheure – si les conditions cadres sociales et légales/réglementaires demeurent stables et claires.
Des investissements ciblés dans les installations existantes
Depuis leur mise en service, les centrales nucléaires suisses ont été entretenues avec soin et ont fait l’objet de modernisations régulières. Au cours des 20 dernières années, leur production annuelle d'électricité a augmenté d’environ cinq milliards de kilowattheures – ce qui correspond à un dixième de la consommation en électricité suisse.
Toutes les centrales nucléaires sont périodiquement remises au niveau technique et modernisées sur le plan de la sécurité. Ainsi, les trois centrales suisses les plus anciennes répondent non seulement aux directives internationales, mais les surpassent également dans de nombreux domaines – comme c’est évidemment le cas des deux dernières centrales nucléaires de Gösgen et de Leibstadt.
C’est notamment le cas de Beznau où, depuis la mise en service dans les années 1969 et 1972, Axpo Power AG (anciennement Forces Motrices du Nord-Est de la Suisse) a investi jusqu’à ce jour quelque 1,6 milliard de francs supplémentaires – soit plus du double du montant initialement déboursé pour la construction des deux installations. 700 millions de francs supplémentaires suivront d’ici 2014 pour des renouvellements dans le domaine de la technique de sécurité.
Une disponibilité assurée de l'énergie nucléaire
Ce qui compte pour une centrale, c’est non seulement sa puissance, mais aussi sa disponibilité pour la production de courant. Les centrales nucléaires fonctionnent également par vent nul, lorsque le soleil ne brille pas et que les fleuves charrient peu d’eau. Etant donné sa disponibilité quasi-permanente, une centrale nucléaire est en mesure de produire quatre fois plus de courant qu’un parc éolien ultramoderne de la même puissance situé à un emplacement optimal, voire huit à neuf fois plus de courant que des installations photovoltaïques. Par conséquent, les centrales solaires et éoliennes ne peuvent donc pas remplacer les centrales nucléaires en Suisse pour l’alimentation en électricité, elles peuvent seulement les compléter.
Pour «remplacer» d’un point de vue purement arithmétique une centrale nucléaire de la taille de Leibstadt par des centrales éoliennes, il faudrait donc près de 2500 éoliennes modernes d’une puissance de 2 mégawatts chacune à un bon emplacement. Mais ce calcul ne fonctionne pas en pratique; bien souvent, il n’y a pas du tout de vent. Et les projets d’éoliennes dans le peu de zones balayées par les vents en Suisse se heurtent souvent à une vive opposition dans les régions concernées.
Une durée de fonctionnement techniquement limitée
Les investissements dans les centrales nucléaires suisses ont été accomplis de sorte que les installations les plus anciennes, à savoir Beznau-1 et -2 ainsi que Mühleberg, puissent fonctionner en toute sécurité pendant au moins 50 ans, c’est-à-dire bien après 2020. Les deux sites plus récents de Gösgen et Leibstadt ont été prévus pour 60 ans d’exploitation et plus. Il n’est pas encore possible de savoir combien de temps pourront être exploitées les centrales nucléaires bien entretenues. Aux Etats-Unis, près des deux tiers des 104 centrales nucléaires ont obtenu une prolongation de l’autorisation d’exploitation, passant ainsi de 40 à 60 ans. Les conditions requises pour une prolongation supplémentaire à 80 ans sont actuellement à l’étude.
La date de mise hors service définitive des centrales nucléaires suisses relève des sociétés d’exploitation. Cette décision est prise lorsque les investissements continus dans la sécurité dépassent les recettes escomptées. La sécurité doit alors être assurée jusqu’au dernier jour d’exploitation.
Une mise hors service anticipée, motivée par des considérations politiques comme on a pu l’observer en Allemagne, prive les exploitants et les propriétaires de l’installation (en Suisse, il s’agit majoritairement des cantons) du fruit de leurs investissements dans un approvisionnement sûr en électricité. Des installations fiables seraient alors retirées inutilement du réseau et un capital important serait détruit. Outre une partie de la sécurité de l'approvisionnement, la Suisse perdrait des emplois mais aussi des recettes fiscales conséquentes pour les cantons et les communes. Comme les centrales nucléaires appartiennent en majeure partie aux cantons, cela équivaudrait à une destruction du patrimoine national. De plus, les centrales nucléaires jouent un rôle important dans le cadre de la stratégie énergétique 2050 car elles apportent une contribution essentielle à la garantie de l’approvisionnement pendant l’extension prévue des nouvelles énergies renouvelables grâce à une charge de base respectueuse du climat. Le Conseil fédéral récuse donc une limitation des durées d’exploitation des centrales nucléaires suisses.