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Das Schloss in 1767 Herrliberger
Le château de Heidegg se dresse haut au-dessus du Seetal. De nos jours, la pente méridionale de la colline est à nouveau plantée de vignes; du côté de la montagne, le ruisseau a creusé un profond ravin qui, autrefois, faisait fonction d'obstacle d'approche. Un mur extérieur et un mur intérieur, couronnés tous deux de créneaux, s'étendent concentriquement autour de la tour.
Vers le nord, l'intervalle extérieur s'élargit pour former une petite cour; c'est ici qu'a été érigée la chapelle. Dans sa forme actuelle, l'entrée ne date que de la fin du XIXe siècle.
Le plan du donjon proprement dit décrit un grand quadrilatère en losange dont les côtés atteignent de 15,5 à 18 mètres. L'épaisseur des murs, elle, varie entre 1,8 et 5 mètres, la plus grande se trouvant du côté sud. La hauteur des murs atteint les 20 mètres. La porte de l'époque de la Réforme était percée dans la façade nord, à six mètres du sol. Un jambage en plein cintre marque cette ouverture.
Les murs du XVIe siècle ont été recouverts au XVIIe siècle d'un enduit lisse. Le château de Heidegg a selon toute probabilité été érigé vers 1200. Aux alentours de 1530, pendant les troubles de la réformation, le château fort fut transformé en forteresse moderne. Vers 1680, la famille Pfyffer de Heidegg suréleva le bâtiment jusqu'à la hauteur actuelle et fit adosser une tourelle d'escalier à la façade orientale du château.
En 1185 déjà, un document fait mention d'un membre de la famille de Heidegg, un certain Henri. Vassale des comtes de Habsbourg, cette lignée détenait également des fiefs et d'autres biens des Kybourg. Il n'est donc pas exclu que les Heidegg aient primitivement été ministériaux des comtes de Lenzbourg et que c'est après l'extinction de ceux-ci qu'ils furent repris par les Habsbourg et les Kybourg. Henri VI ayant acquis en 1357 déjà le droit de bourgeoisie de Lucerne, le château ancestral des Heidegg ne fut pas pillé par les Confédérés au cours de la guerre de Sempach. Il en alla de même lorsque les Lucernois conquirent l'Argovie en 1415 et les Heidegg purent continuer à exercer leurs droits. Leur demeure fut toutefois déclarée "offen hus", "maison ouverte"; elle dut donc rester de tout temps à la disposition des Confédérés. Quant à la seigneurie proprement dite de Heidegg, elle fut rattachée au Freiamt, administré en commun par les Sept Cantons. Les Confédérés remplacèrent ainsi les Habsbourg en qualité de suzerains.
Au cours des XVe et XVIe siècles, le château changea à plus d'une reprise de propriétaire. En 1482, il fut acquis par Henri Hasfurter. Après la mort de Henri Fleckenstein le château fut transmis par succession, en 1664, à Johann Franz Heinrich Pfyffer d'Altishofen. Dès cette date, sa famille adopta le nom de Pfyffer de Heidegg. En l'an 1700 déjà, la ville de Lucerne reprit la souveraineté et fit décorer les salles et les chambres de stucs baroques. La révolution helvétique de 1798 mit fin à la souveraineté juridique, et après la guerre du Sonderbund, le canton de Lucerne vendit le château au paysan Josef Heggli.
En 1875, la famille Pfyffer de Heidegg-Slidell racheta l'ancienne demeure familiale, et avec elle revint la vie aristocratique. En 1950 l'ensemble des bâtiments devint propriété du canton de Lucerne.
Depuis cette date, c'est l'Association Pro Heidegg (Vereinigung Pro Heidegg) qui gère les activités. Le musée et les autres activités culturelles rendent à ce site un rayonnement qui dépasse de loin les frontières du Seetal. Aujourd'hui, un musée régional est installé au château de Heidegg. La visite de ses salles permet de se faire une idée de ce que fut le style d'habitation au cours des siècles passés. La salle d'apparat, qui prend toute la largeur du château, se trouve, elle, au quatrième étage. Un splendide plafond de stuc en demi-relief et des peintures à fresque surmontent cette salle baroque.
Le jardin des roses n'est pas moins célèbre. Cet ancien potager, aménagé en 1702 à la française, possède un fort beau jet d'eau. Des bordures de buis entourent les parterres, où fleurissent, depuis 1950, maintes variétés des roses rares.
Bibliographie