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Le directeur général de la SSR, Roger de Weck, a formulé dans une interview à la NZZ des propositions de coopération avec les éditeurs privés. Médias Suisses parle de provocation. Par Philipp Cueni
En proposant 11 projets concrets, Roger de Weck répond aux éditeurs et politiciens qui reprochent à la Société suisse de radiodiffusion d’abuser de sa position dominante au détriment des autres médias. Il répond aussi à la Commission fédérale des médias (COFEM), qui a explicitement réclamé une telle coopération. Et surtout, il essaie de surmonter les blocages d’un conflit de plus en plus véhément avec les adveraires du service public.
Il faudrait bien sûr que le débat s’ouvre sur ces propositions. Mais que fait l’association des éditeurs? Ce qu’elle fait toujours: elle critique la manière. Comme elle l’a fait quand les associations de journalistes ont demandé à négocier une convention collective, empêchant ainsi le débat de fond. Ici encore, elle critique mais ne fait aucune proposition, s’en tenant à des positions générales et assez idéologiques du type: pas d’entraves au marché. Le président des éditeurs, Hanspeter Lebrument, décrit les propositions de la SSR comme une provocation, affirmant que le groupe audiovisuel aurait dû en discuter avec les éditeurs avant de les publier. Or les éditeurs ont toujours réclamé davantage de transparence à la SSR. Pourquoi ces propositions ne seraient-elles pas discutées publiquement ?
Ce que propose Roger de Weck n’est pas nouveau. La SSR avait déjà donné de tels exemples lors d’une audition publique de la COFEM il y a environ un an. Et Médias suisses n’a jamais pris la balle au bond. Roger de Weck propose par exemple que les éditeurs privés bénéficient pour une part des licences SSR, notamment pour les courses de Formule Un. Qu’ils puissent utiliser des vidéos produites par la SSR pour leurs propres émissions. Que les programmes privés pourraient obtenir des fenêtres plus larges sur les canaux de diffusion du service public. Que les technologies développées par la SSR grâce à la redevance pourraient être partagées. Et il souhaite davantage de coopération publicitaire.
Ces propositions sont susceptibles de modifier la relation entre la SSR et les maisons d’édition. Mais ce qu’elles montrent plus encore, c’est que pour assurer son avenir, la SSR est prête à reconsidérer sa place dans le paysage médiatique suisse.
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