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Washington - Le déficit budgétaire américain est "une menace réelle et croissante", a déclaré lundi le président de la banque centrale des Etats-Unis (FED), Ben Bernanke. Cette menace va imposer des "sacrifices" et des "décisions très difficiles".
"La menace (que fait peser le déficit) sur notre économie est réelle et croissante, ce qui devrait être une raison suffisante pour que les responsables de la politique budgétaire mettent en place un plan crédible de réduction des déficits à un niveau viable à moyen terme", a déclaré M. Bernanke.
L'Etat fédéral américain fait face à la montée du déficit budgétaire provoquée par la crise économique, et à plus long terme par le vieillissement de la population, qui met en danger le système public d'assurance-maladie et d'assurance-retraite, a ajouté M. Bernanke.
"Il n'y a aucun doute sur ce point: relever ces défis imposera que les dirigeants politiques et la population prennent des décisions très difficiles et acceptent des sacrifices", a ajouté M. Bernanke, qui s'exprimait à l'occasion d'un discours à Providence, dans le Rhode Island (nord-est des Etats-Unis).
Le président de la FED n'a pas précisé le genre de décisions et de sacrifices qu'il entrevoyait.
Dans un discours très semblable prononcé en avril, il avait estimé que le pays aurait à choisir inévitablement entre "des impôts plus élevés, des modifications dans les programmes" d'allocations chômage ou de sécurité sociale, "des dépenses publiques moins fortes, de l'éducation à la défense, ou une combinaison" de ces différentes propositions.
Après avoir affiché un déficit record de 1416 milliards de dollars lors de son exercice 2008-2009, soit environ 10 % du produit intérieur brut, l'Etat fédéral en a accusé un de 1260 milliards sur les onze premiers mois de l'exercice 2009-2010, qui s'est achevé le 30 septembre.
Le gouvernement s'est engagé à ramener le déficit à 4,3 % du PIB en 2012-2013, comptant sur une forte reprise économique.
M. Bernanke estime toutefois, comme le Bureau du budget du Congrès (CBO), que le déficit devrait repartir à la hausse après cet exercice-là et que, sans changement de cap politique, "le budget fédéral sera sur une voie intenable".
Selon lui, "les élus du Congrès et le président actuels ainsi que leurs successeurs devront prendre des décisions très difficiles pour ramener le budget sur une trajectoire viable".
ATS