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Question jurassienne La question jurassienne est close
En choisissant de rester dans le canton de Berne dimanche, Belprahon et Sorvilier mettent un terme à un conflit qui aura marqué l'histoire suisse.
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La Question jurassienne est close d'un point de vue institutionnel avec les votes de Belprahon et de Sorvilier sur leur appartenance cantonale. Ces deux scrutins constituent l'épilogue d'un conflit qui a déjà marqué des décennies de l'histoire suisse. Voici les dates les plus significatives.
1815: le Congrès de Vienne attribue au canton de Berne le territoire de l'ancien évêché de Bâle, allumant inconsciemment la mèche de la Question jurassienne. L'ancienne principauté des princes-évêques comptait alors sept districts, ceux de Porrentruy, de Delémont, des Franches-Montagnes, de Moutier, de Courtelary, de La Neuveville, ainsi que de Laufon.
1947: une année clé dans la lutte pour l'indépendance de la minorité francophone du canton de Berne. La majorité alémanique du Grand Conseil refuse de confier au conseiller d'Etat d'origine jurassienne Georges Moeckli le Département des travaux publics prétextant qu'un département aussi important ne saurait être confié à un Romand. Cet épisode sonne le réveil du peuple jurassien.
1964: la commémoration au col des Rangiers des anciens mobilisés des deux dernières guerres mondiales est perturbée par une manifestation des séparatistes. Le conseiller fédéral Paul Chaudet et le conseiller d'Etat bernois Virgile Moine quittent les lieux dans la précipitation.
1er mars 1970: le canton de Berne accepte à une forte majorité l'additif constitutionnel qui va permettre aux Jurassiens de se prononcer sur leur indépendance. A condition que les districts qui la refusent aient l'occasion de se prononcer une seconde fois. La voie est ainsi ouverte à la création d'un canton mais aussi à la partition du Jura historique.
23 juin 1974: premier plébiscite dans les sept districts. Par 36'802 voix contre 34'057, la majorité de l'électorat accepte la création du canton du Jura. Mais seuls les districts de Delémont, de Porrentruy et des Franches-Montagnes se prononcent pour une séparation. Les trois districts du sud du Jura, dont celui de Moutier, ainsi que le Laufonnais s'y opposent.
16 mars 1975: à l'issue d'une campagne violente, les trois districts du sud du Jura, Courtelary, Moutier et La Neuveville, se prononcent à 70% pour le maintien dans le canton de Berne.
7 septembre 1975: lors d'un troisième plébiscite, quatorze communes limitrophes de la nouvelle frontière se prononcent une nouvelle fois sur leur appartenance cantonale. Moutier décide à une faible majorité de rester dans le canton de Berne. La ville sera le théâtre d'affrontements entre grenadiers bernois et autonomistes.
14 septembre 1975: le district de Laufon choisit son maintien au sein du canton de Berne. En 1978, il accepte la procédure sur son rattachement à un canton voisin. Depuis 1994, il fait partie de Bâle-Campagne.
24 septembre 1978: le peuple suisse - et tous les cantons - accepte par 82,3 % de oui la création du nouveau canton constitué des districts de Delémont, de Porrentruy et des Franches-Montagnes. Le canton entre en souveraineté le 1er janvier 1979.
28 mars 1984: affaire dite des caisses noires. Le contrôleur bernois des finances Rudolf Hafner révèle que des fonds secrets ont servi à influencer le plébiscite jurassien. Le gouvernement bernois reconnaîtra avoir versé de manière illégale des centaines de milliers de francs aux mouvements antiséparatistes.
25 mars 1994: signature par les cantons du Jura et de Berne sous l'égide de la Confédération de l'Accord du 25 mars instituant l'Assemblée interjurassienne (AIJ). Institution de réconciliation, l'AIJ est chargée de régler politiquement le conflit jurassien. Elle estime, en 2009, que seul un nouveau vote organisé par les cantons de Berne et du Jura est à même de régler la Question jurassienne.
20 février 2012: les gouvernements jurassien et bernois signent une déclaration d'intention permettant aux citoyens du Jura et du Jura bernois de se prononcer sur le principe de la création d'un nouveau canton. Le document prévoit le vote communaliste, c'est-à-dire la possibilité pour une commune du Jura bernois de rejoindre seule le canton du Jura lors d'un second vote.
24 novembre 2013: sans surprise, les citoyens du canton du Jura approuvent à plus de 76% le processus visant à la création d'un nouvel Etat regroupant le canton du Jura et le Jura bernois. Ceux des trois districts du Jura bernois répondent à près de 72% non à la même question. Moutier est la seule commune bernoise à dire oui.
9 avril 2014: la Ville de Moutier demande à pouvoir organiser une votation ayant pour objet son transfert du canton de Berne dans celui du Jura.
4 février 2015: les cantons de Berne et du Jura signent une feuille de route sur le vote de Moutier.
18 juin 2017: Moutier décide, par 2067 voix contre 1930, de quitter le canton de Berne pour rejoindre celui du Jura.
17 septembre 2017: contrairement à Moutier, les communes de Belprahon et Sorvilier refusent de quitter le canton de Berne. Avec un taux de participation de 98%, les citoyens de Belprahon ont dit non pour 7 voix, tandis que ceux de Sorvilier se sont exprimés à deux contre un pour le statu quo. (ats/nxp)
Créé: 17.09.2017, 14h19