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Un tiers des oeuvres d'Amedeo Modigliani exposées en 2017 par le Palazzo Ducale de Gênes seraient des faux. Certains des tableaux seraient même de piètre facture, d'après plusieurs experts de l’oeuvre du peintre italien.
Leurs auteurs présumés auraient utilisé des couleurs fabriquées bien après la mort de l’artiste et commis des erreurs grossières. Ils auraient également signé ces tableaux d'une manière très peu crédible.
Au printemps 2017, un expert alerte les autorités à l’ouverture de la grande rétrospective génoise. Le scandale éclate et la police et le parquet font placer les tableaux sous séquestre. Le choc est immense dans le monde de l'art, qui tombe de haut.
Les accusés clament leur bonne foi
Six personnes se retrouvent actuellement face à la justice italienne. Il s'agit du curateur tessinois Rudy Chiappini (ancien responsable de musée à Lugano et à Locarno), du sculpteur tessinois Pedro Pedrazzini, du propriétaire de l’un des présumés faux tableaux, de l’organisateur de l’exposition, d'un marchand d’art new-yorkais et de deux responsables de l'exposition.
Les chefs d’accusation se composent de recel de marchandises volées, de mise en circulation de fausses œuvres d'art et de fraude aggravée.
Des contre-expertises démentent toutefois les analyses des experts et les accusés clament leur bonne foi. Pour eux, cette histoire n’est qu'une querelle entre experts de l’art avides de renommée.
Important dégât d'image
Il n'y aurait a priori aucun intérêt pour un musée d’exposer des faux, surtout en telles quantités. Le dégât d’image est incommensurable pour le Palazzo Ducale et la ville de Gênes. Néanmoins, lorsqu'un tableau a été exposé plusieurs fois, il gagne une valeur inestimable et une sorte de légitimité sur le marché international.
L'enquête de Falò démontre qu'en marge de l’exposition de Gênes, des démarches auraient été entreprises pour vendre au moins l’une des oeuvres pour quatre millions d’euros. Le procès est en cours et devrait durer encore plusieurs mois.
Nicole Della Pietra/asch