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Il y a eu un film, une fois, que j'ai vu à sa sortie, et dont je n'ai pas osé parler parce que tout le monde en disait du mal - mais moi, je ne le trouvais pas si mauvais: Le Dernier Maître de l'Air, de M. Night Shyamalan. L'histoire était peut-être mal racontée, les acteurs peut-être médiocres, mais les décors et les costumes étaient beaux et les idées sur les éléments et leurs liens avec le monde spirituel m'ont assez plu. Je crois d'ailleurs que si on s'est déchaîné contre ce film, c'est en grande partie à cause de ces idées: elle ont énervé spontanément la critique.
Le réalisateur y est accoutumé: cela lui arrive fréquemment. Il en est convaincu, on lui en veut parce qu'il croit aux esprits, aux extraterrestres, aux nymphes et aux sirènes! Et, certes, M. Night Shyamalan n'est pas forcément un immense génie; peut-être qu'il manque d'esprit critique et de profondeur, qu'il est naïf; mais il est sympathique, et ne mérite pas tout le mal qu'on dit de lui. Les idées exposées dans Le Dernier Maître de l'Air sur les quatre éléments et l'accès par leur accord parfait, leur harmonie, à un cinquième qui ressortit à l'éther divin, rappelle simplement Empédocle qui, au-delà des quatre éléments, estimait qu'existait la Matière Première, qui était d'essence magique. Elle unissait les quatre issus d'elle, leur ayant donné naissance. Elle était leur mère. On pouvait représenter son esprit sous la forme d'une déesse! En elle vit le dragon que le héros du film de M. Night Shyamalan rencontre en vision, ou en rêve, afin d'être guidé par lui sur la voie de la victoire du bien sur le mal. Il s'agit de la force de l'éther cosmique qui donne forme à toute chose: elle est ainsi personnifiée. Le dragon ensorcelle les éléments, et un monde visible se crée. Cela me paraît beau, comme un reflet de la philosophie chinoise: le Tao.