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Triengen - Dix jours après le licenciement d'un enseignant à Stalden (VS), la présence du crucifix dans une classe d'école a également des conséquences à Triengen (LU). Une famille allemande a décidé de quitter la Suisse après avoir reçu des menaces de mort pour son opposition à ce symbole religieux.
Membre de l'Association suisse des libres penseurs - comme l'enseignant valaisan -, le père de famille âgé de 41 ans était intervenu auprès de l'école pour que le crucifix accroché dans la classe primaire de ses deux enfants soit enlevé. Les autorités cantonales recommandent en effet aux établissements de les faire disparaître s'ils dérangent quiconque.
Pourtant, le directeur de l'école de Triengen a dans un premier temps refusé catégoriquement de donner suite à la demande du père de famille. "Vous n'êtes pas sans savoir que vous vous êtes établi dans une commune de l'Occident chrétien", lui a-t-il écrit dans sa réponse. Et d'ajouter que le crucifix sert de symbole à cette culture dans la commune, dont la population est à 83% chrétienne.
Outré par cette fin de non-recevoir, le père de famille a maintenu sa demande en s'adressant cette fois aux autorités communales. Ces dernières l'ont dans un premier acceptée avec l'accord du Département lucernois de l'instruction publique.
Finalement, les crucifix ont simplement été remplacés mercredi par des croix ne représentant pas la crucifixion de Jésus, la commune estimant avoir ainsi trouvé un "compromis". Selon cette dernière, l'arrêt du Tribunal fédéral (TF) de 1990 qui exige que le symbole religieux soit enlevé en cas de problème évoque en effet uniquement les crucifix.
Le père des deux élèves ne s'en est pas laissé compter. Avertissant qu'il irait jusque devant le TF s'il le faut, il a proposé que l'école suspende plutôt le drapeau national à croix suisse dans les classes à la place des croix chrétiennes.
Ayant reçu des menaces de mort ces derniers jours, la famille allemande a décidé de s'en aller.
ATS