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La légende turque de la course, Kenan Sofuoglu (Kawasaki Puccetti Racing), vient de prendre part à sa dernière course ce week-end sur l'Autodromo Internazionale Enzo d Dino Ferrari di Imola, et se dirige dorénavant vers une nouvelle phase de sa carrière, à savoir l'entraînement et le conseil.
Après avoir dû tirer un trait sur trois des quatre premières manches du championnat 2018 et être passé près d'un nouveau sacre l'an passé, le pilote de 33 ans a pris la décision de s'en arrêter là. Ses blessures contractées l'an dernier à Magny-Cours lui causent encore beaucoup de douleurs et d'inconfort, et l'homme le plus victorieux en WorldSSP a donc pris la décision de raccrocher et de se concentrer désormais sur sa santé.
Sofuoglu a fait pour la première fois son apparition sur la scène du WorldSBK en 2003, en réalisant ses débuts en WorldSSP, mais avait alors connu trois premières courses difficiles. Il allait cependant prendre ses quartiers dans la discipline en 2004, en faisant forte impression dans le Championnat européen Superstock 1000, qu'il a fini à la troisième place, avec cinq podiums à la clé pour le compte de Yamaha. Le Turc manqua l'année suivante le titre pour seulement six points, au terme d'une bataille face à Didier van Keymeulen, avec six nouveaux podiums à la clé.
En 2006, Kenan passa dans la catégorie WorldSSP avec Ten Kate Honda, et le jeune talent s'adapta très vite à la catégorie du 600cc, avec deux victoires lors de sa première saison complète – la première sur le TT Circuit Assen. Il réalisa ensuite une magnifique saison en 2007, où il signa pas moins de 12 podiums en 13 courses, décrochant le titre sur le circuit de Brands Hatch avec trois courses restant encore à disputer. Il termina la saison avec 143 points d’avance sur son plus proche rival Broc Parkes, et fit dès lors son entrée dans le livre des records avec le plus grand nombre de victoires en une saison.
Le Turc poursuivit alors la progression traditionnelle en intégrant le WorldSBK en 2008, qui représenta une saison de tests pur le Champion en titre, que ce soit dans sa vie personnelle ou professionnelle. Il dut alors observer une courbe d'apprentissage importante avec l'équipe Junior Honda, et marqua des points lors de 13 courses cette saison-là. Avec une neuvième place comme meilleur résultat, Sofuoglu revint en WorldSSP en 2009, et sa domination débuta.
Prenant ses marques en 2009 et devant faire face à de nouveaux rivaux, le pilote au numéro 54 termina la saison dans le top 3, avec 54 points de débours sur le champion Cal Crutchlow. Accumulant de la confiance grâce à ses six podiums et trois victoires en 2010, Sofuoglu fit sa réapparition au sommet de la hiérarchie. Il termina chaque course de la saison sur le podium cette année-là, et livra une bataille tout au long de l'année avec Eugene Laverty et Joan Lascorz avant de décrocher le titre avec 11 points d'avance en France.
C'est alors qu'il devint inarrêtable en WorldSSP, décida de rejoindre les catégories du MotoGP™ en 2011 et se fit la main sur les machines 600cc du Moto2™. Il ramena à la maison une deuxième position sur le tracé détrempé du TT Circuit Assen sur sa Suter, puis revint en WorldSSP par la suite pour continuer à abattre des records. Une année d'absence n'avait cependant en rien amoindri ses facultés, et alors qu'il faisait son passage chez Kawasaki en 2012, il fut capable de se battre pour le titre une troisième fois – avec neuf podiums et quatre victoires en chemin. Il engagea un rude combat face à Fabien Foret, qui débuta dès la manche d'ouverture à Phillip Island, lorsque Sofuoglu remporta la victoire pour 0.078 seconde sur la ligne.
Devant faire face à d'intenses batailles en piste, le pilote turc fut encore dans le coup en 2013 face au Britannique Sam Lowes, mais manqua une nouvelle couronne pour 49 points, et ce en dépit de cinq victoires et de neuf podiums, pour ce qui constituait sa dixième saison sur la scène mondiale. 2014 fut ensuite une année difficile pour le triple champion du monde, qui ne put faire mieux qu'une huitième place au général alors que le jeune Michael van der Mark décrochait le titre.
En dépit d'une campagne décevante, le pilote Kawasaki fut capable de rebondir comme un vrai champion la saison suivante en rejoignant le Kawasaki Pucetti Racing. Traversant une période délicate, le recordman fut couronné en 2015 avec pas moins de 74 points d'avance sur Jules Cluzel. Il ne manqua le podium qu'en trois occasions, et il fut clair qu'il n'avait pas perdu de sa pointe de vitesse en WorldSSP.
La saison 2016 vit Sofuoglu s'assurer de sa cinquième et dernière couronne, qu'il décrocha lors de l'avant-dernière manche de l'année sur le circuit de Jerez. Faisant face à une forte opposition de la part de son coéquipier Randy Krummenacher, le pilote turc brilla tout au long de l'exercice, habituant ses fans à une nette domination avec sept poles, neuf podiums et six victoires au cours des 12 manches de la saison, entrant ainsi dans la légende du WorldSSP.
L'homme de 33 ans fut capable d'illustrer toute sa hargne jusqu'à la fin de sa carrière. Sur la touche lors des deux premières manches de la saison 2017 suite à une blessure survenue à l'intersaison, il fit son retour sur le MotorLand Aragón, mais fut impliqué dans un accrochage qui le priva de points lors des trois premières manches. Cependant, Sofuoglu remporta les quatre courses suivantes, et ne manqua le podium que lorsqu'il fut impliqué dans un accident.
Mais c'est sa chute à Magny-Cours en fin d'année qui devint déterminante pour le reste de sa carrière. Son bassin fracturé en trois endroits, 12 semaines de convalescence lui furent recommandées, mais il fit tout de même son retour à la compétition cinq semaines plus tard, renforçant ainsi son statut de légende qui perdurera pour toujours.
Sofuoglu se retire donc avec 43 victoires, 85 podiums et cinq titres à son actif, de quoi lui assurer une bonne place dans l'Histoire. Lors d’une dernière apparition devant ses fans sur le circuit d'Imola, il a su faire le spectacle. Rendez hommage au quintuple champion sur les réseaux sociaux grâce au hashtag #ThankYouKenan.