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Écouter le culte :
Chères amies, chers amis,
Chères auditrices, chers auditeurs,
À la fin du cinquième jour de la création, il ne reste qu'un seul espace encore inhabité : la terre ferme. Le firmament du ciel a été peuplé d'astres de toutes sortes. Ils ne sont pas des êtres vivants comme nous, mais ils bougent dans le ciel. Les Hébreux les considéraient comme des êtres animés. Et leur mouvement est un langage que nous comprenons : le langage des heures du jour et de la nuit, le langage des mois lunaires, le langage des saisons et des années.
Puis les eaux ont été peuplées de toutes sortes de bestioles qui grouillent, des toutes petites jusqu'aux monstres marins. Et le ciel a été peuplé d’oiseaux.
Et Dieu, dit-on, s'en est réjoui : « Il vit que cela était bon ! »
C'est la cinquième fois que Dieu se réjouit de cette façon :
- Dieu vit que la lumière était bonne.
- Dieu vit que la terre ferme était bonne.
- Dieu vit que la végétation était bonne.
- Dieu vit que les astres étaient bons.
- Et maintenant, c’est au tour des habitants des eaux et de ceux du ciel !
Il y aura encore d’autres choses que Dieu verra comme bonnes, mais pas exactement celles que l'on imaginerait. Pour les découvrir, il faudra attendre la semaine prochaine, ou chercher la réponse vous-mêmes dans votre Bible !
On dit souvent que les récits de la création sont complètement centrés sur l’être humain, lequel serait le sommet de la création. Alors bien sûr, ces récits n'existeraient pas s’il n'y avait pas d'êtres humains ou d'autres êtres capables de se poser la question : « Quelle est ma place dans le monde que j'habite ? Quel est mon rôle, ma responsabilité ? »
Le récit, tel qu'il est écrit, part de cette question. Le récit est né du dialogue spirituel entre les humains et Dieu. Le récit reflète ce que Dieu leur a dit, ou ce qu'ils en ont compris.
Quelle est ma place dans le monde créé ?
La réponse du récit : jusqu'au matin du sixième jour, je n'ai aucune place dans ce monde ! Ce qui n'empêche pas Dieu de voir la création comme bonne, même sans nous.
Sur ce point, le récit biblique rejoint les observations scientifiques et les connaissances actuelles sur l'univers : dans l'échelle du temps, depuis l'apparition de la vie, l'espèce humaine ne se développe que très tard. Et à l'échelle de l'univers, notre planète est si petite qu'il est vraiment difficile de se considérer, nous les humains, comme le centre du monde.
Et pourtant, le récit tel qu'il est, est orienté vers quelque chose. Il contient des signes qui laissent entendre que le projet du Créateur ne va pas s'arrêter au cinquième jour.
L'un de ces signes, c'est que Dieu donne un nom à ce qu'il crée. Il appelle la lumière « jour » et la ténèbre « nuit ». Il appelle le firmament « ciel », le continent « terre » et les eaux « mer ».
Donner un nom, mais pour quoi faire ? Pour créer un langage ! Un langage pour parler avec qui ? ! Il manque encore quelqu'un pour parler avec Dieu !
Un autre signe : Dieu dit : « Qu'il y ait des luminaires au firmament du ciel pour séparer le jour et la nuit, qu'ils servent de signe tant pour les fêtes que les jours et les années ».
Mais qui pour fêter les fêtes ? Il manque encore quelqu'un pour se réjouir avec Dieu !
À la fin du cinquième jour, la terre est encore inhabitée. Dieu voit qu'elle est bonne en soi. Il voit que le sol a produit de la végétation, comme il le lui avait demandé, et c’est bon aussi. Mais il y a de la place sur la terre ferme pour des êtres animés. En particulier pour des êtres qui comprendraient les noms que Dieu a donné aux choses, des êtres qui feraient des fêtes avec Dieu ! Comment ne pas se reconnaître, nous les humains, dans ces êtres encore manquants ?
Or il se trouve que le seul espace encore inhabité est aussi le seul dans lequel nous pourrions réellement nous installer. Le firmament du ciel ne paraît pas vraiment accueillant pour nous. Quant à vivre sous l'eau ou dans les airs…
Aujourd'hui, nous pouvons vivre un certain temps sous l’eau ou dans les airs. Nous pouvons même sortir de l'atmosphère et voyager jusqu'à la lune ou encore plus loin ! Mais de là, à en faire notre habitat…
Non, la terre ferme, sur cette petite planète bleue, reste notre sol, le seul endroit vraiment habitable pour nous. Comme le disent les militants pour le climat, « il n'y a pas de plan B pour l'humanité ».
Au cinquième jour, Dieu a béni les animaux qui grouillent dans la mer et ceux qui volent dans le ciel. C'est sa première bénédiction, une invitation à vivre, à se multiplier, à proliférer. Ce monde étrange et qui nous paraît inachevé, aurait très bien pu rester tel qu'il est. Il est bon, et Dieu lui accorde sa bénédiction.
Bien sûr, l’histoire continue, sinon nous ne serions pas là ! Mais notre existence ne relève pas d'un droit que nous aurions. Elle relève de la grâce de Dieu, qui se manifeste déjà dans son action créatrice. La grâce, c’est de l’amour, et l’amour n’est pas toujours raisonnable !
Le cinquième jour est pour nous une invitation à admirer le monde, tel qu'il aurait pu rester… et à respecter ce monde.
À respecter la mer et tout ce qui y vit.
À respecter les airs avec ses habitants.
À respecter la terre couverte de verdure et de forêts.
Nous voyons bien que nous sommes loin de ce respect. Les mers et les airs sont remplis de nos rejets, de nos matières plastiques, de nos émanations. Nous avons profondément transformé les continents, ravagé d’immenses forêts. Même les régions inhabitées subissent les effets des activités humaines. Nous traitons ces espaces et les êtres qui les habitent, comme s’ils étaient notre propriété, comme s'ils n'étaient que des ressources à exploiter, à notre entière disposition.
Or qui ne respecte pas la mer et les airs, n'a pas sa place sur terre.
Qui détruit la mer et pollue l’atmosphère, menace sa propre survie.
Qui détruit l'œuvre du cinquième jour, doit s'attendre à voir disparaître celle du sixième.
Il est temps de changer de regard !
Il est temps de redevenir modestes et d'écouter ce que nous dit notre Créateur.
La semaine prochaine, nous entendrons le récit du sixième jour et nous méditerons sur le rôle que, selon ce récit, Dieu nous confie. Et nous chercherons quelle est la volonté de Dieu pour le monde d’aujourd’hui. Et nous chercherons des chemins pour l’accomplir au mieux de nos moyens.
Aujourd’hui, nous faisons un premier pas, qui consiste à entrer dans une attitude de disponibilité, dans une attitude de prière :
Seigneur, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel… et jusqu’aux fonds des mers !
Seigneur, donne-nous de faire selon ta volonté !
Amen.
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NB : Cette prédication n’a pas été diffusée à la radio, mais c’est la première d’une série qui sera prêchée lors des cultes radio des 13, 20 & 27 septembre et 4 octobre.
« C’était bon ! » Les récits de la Création : 1. Créer et organiser
Psaume 14, 1-12
Genèse 1, 1-13
Chères amies, chers amis,
Avant de se raconter, la Création se célèbre ! Notre premier élan devant la beauté du monde créé, c'est de l'admirer. Comme quand nous partons en excursion ou en voyage vers un endroit, où ce que nous verrons aura ce caractère intouché, originel.
C'est le « oh ! » devant un paysage sauvage, devant une cascade, devant un désert, devant une chaîne de montagne, devant un ciel étoilé.
Le psaume que nous avons entendu au début nous met dans cet état d'admiration. Bien sûr, le psaume attribue à Dieu la splendeur qu'il célèbre : il reconnaît Dieu comme l'auteur du monde. Le psaume est donc une déclaration de foi. En même temps, le psaume montre une manière de comprendre le monde qui est celle de son époque. Par exemple, que les cieux sont comme une tente au-dessus de la terre. Aujourd’hui ça nous paraît une image amusante. Autrefois on la prenait à la lettre.
Le monde créé révèle une intention, un projet. Un projet dont nous faisons partie. Mais quel est ce projet et quelle est notre place dans ce projet ?
Le psaume pose la question, les récits de création vont un pas plus loin. Ils racontent le projet et sa mise en œuvre. Ces récits ont pour point de départ la foi d'un peuple. Un peuple qui croit en Dieu, qui reconnaît en lui son libérateur (« c'est lui qui nous a fait sortir d'Égypte, de la terre de notre esclavage »). Un peuple qui découvre que le Dieu libérateur est aussi, et depuis beaucoup plus longtemps, le Créateur.
Le psaume célèbre la Création, le livre de la Genèse la raconte depuis le commencement. Mais en parlant du commencement, il parle de notre vie au quotidien. Car le monde est créé pour durer. Dieu le crée et il le maintient.
Ainsi, le premier jour. Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi, dans le récit de la Création en sept jours, la lumière vient en premier ? Il y a bien sur toutes sortes de raisons philosophiques ou symboliques. Les physiciens verront une ressemblance avec l'idée du « big bang », qui est une sorte d'explosion d'énergie et de lumière. Mais il y a aussi une raison interne au récit : Dieu fait la lumière. Il sépare la lumière de la ténèbre. Cette séparation n'est pas seulement spatiale : la lumière ici, la ténèbre là ! Elle est aussi et surtout temporelle : le jour est suivi de la nuit, la nuit du jour et ainsi de suite.
Quand Dieu sépare la lumière de la ténèbre, il crée le temps, le rythme fondamental du jour et de la nuit. « Il y eut un soir, il y eut un matin : premier jour ». Le premier jour rend possible qu'il y ait d'autres jours !
Curieusement dans ce récit de la Création, il n’y a au premier jour pas encore d’astres. Ni soleil, ni lune, ni étoiles. Ils viendront seulement au quatrième jour. Nous y reviendrons la semaine prochaine.
On ne peut d'ailleurs pas vraiment se le représenter, ce premier soir, quand les eaux d’en bas et les eaux d’en haut n’étaient pas encore séparées. On nageait littéralement entre deux eaux, et dans la lumière !
Mais c'est là, au deuxième jour, que de nouveau Dieu crée en séparant. Pour cela, il utilise un objet : le firmament. Une sorte de cloche à fromage gigantesque. Eh oui, c'est ainsi qu'on se représentait le monde à l'époque où ce récit a été rédigé : une terre plate, et une voûte céleste au-dessus.
Mais l'important n'est pas de savoir s'il y a une voûte céleste ou pas. L'important, c'est la partie du récit qui rejoint notre expérience. L'important, c'est le ciel ! L'important, c'est cet espace immense, sous lequel nous vivons et duquel nous dépendons, pour l'air que nous respirons, mais aussi pour l’eau qui arrose nos terres et les rend fertiles.
C'est justement au troisième jour que Dieu sépare les terres des mers, les continents des océans. Et c'est ce même jour qu'il donne l’ordre à la terre de produire de la végétation, cette végétation qui sera indispensable pour la phase suivante du projet.
Au soir du troisième jour, nous pouvons contempler l'ébauche du monde et nous dire comme Dieu : « C'est bon ! »
Au troisième jour, quatre espaces ont été délimitées :
- Le temps, qui désormais s'écoule entre chaque jour.
- Les eaux : celles des mers, mais aussi celles qui sont derrière le bleu du ciel.
- Le ciel.
- La terre, avec la végétation.
Tous ces espaces sont encore vides. Vides de quoi ? Vides d'êtres vivants et de végétation.
Pour les Hébreux, les êtres vivants étaient tout ce qui bouge, qui se déplace avec sa volonté propre. Les Hébreux n’avaient pas une pensée biologique comme la nôtre. Pour eux, les végétaux étaient une sorte d'émanation de la terre.
Donc la mer, le ciel et la terre sont encore vides, mais ils sont prêts. Prêts pour quoi ? Prêts pour que l'histoire commence. L'histoire de Dieu avec ses créatures, et parmi elles, les êtres humains.
Cette histoire, c'est notre histoire ! Et elle continue de commencer, encore aujourd'hui.
Amen.