Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07225.jsonl.gz/403

Peut-on traiter la maladie de Fabry?
Les personnes atteintes d'une maladie de surcharge lysosomale ne sont pas en mesure de produire des quantités suffisantes de certaines enzymes, nécessaires au bon fonctionnement de l'organisme. Ces enzymes sont nécessaires à l'élimination de nombreuses substances différentes. Elles peuvent ne pas être présentes chez les personnes touchées, ou bien en trop faible quantité.
La figure suivante montre ce qui se passe en cas de maladie de surcharge lysosomale.
Se produit alors une accumulation de substances perturbant la fonction cellulaire normale. Les altérations des vaisseaux sanguins qui en résultent entraînent la détérioration de systèmes d'organes essentiels, avec des conséquences potentiellement mortelles.
Lors de la maladie de Fabry, le corps n'est pas en mesure de produire l'enzyme α-galactosidase A, nécessaire à l'élimination de certaines substances résiduelles. En Suisse, des traitements enzymatiques substitutifs sont disponibles pour traiter la maladie de Fabry depuis 2001.
Traitement enzymatique substitutif (TES)
Avec le TES (ou ERT en anglais, pour Enzyme Replacement Therapy), l'enzyme lysosomale manquante est remplacée par perfusion par une enzyme très proche de la forme humaine..
Ce traitement est disponible depuis plus de 20 ans pour traiter la maladie de Fabry. D’autres TES ont été développés pour d’autres maladies de surcharge lysosomale (maladie de Gaucher, de Pompe, de Hurler/Scheie).
Dans le cadre du TES de la maladie de Fabry, l'enzyme manquante est administrée toutes les deux semaines par perfusion. Cela permet de normaliser le métabolisme et de prévenir l'accumulation de substances résiduelles.
La figure suivante présente l'action du traitement enzymatique substitutif.
La maladie de Fabry est une affection progressive, et de plus en plus de signes indiquent que plus le traitement est commencé tôt après l'apparition des symptômes, plus il est efficace. Les chances de succès sont au plus haut lorsque le traitement est initié avant la survenue de conséquences tardives et qu'il est répété régulièrement (toutes les deux semaines).
Il peut alors ralentir l'évolution de la maladie et aider à prévenir les séquelles, ce qui permet à de nombreux patients d'avoir une vie normale. Toutefois, le TES ne permet pas de remédier aux lésions d'organes irréversibles.
Traitement chaperon
Certaines mutations du gène de l'α-galactosidase A peuvent conduire à la formation d'une enzyme présentant un défaut structurel mais conservant une activité résiduelle. Les thérapies chaperonnes peuvent être utilisées pour stabiliser ces enzymes défectueuses en favorisant la correction de leur structure (repliement correct) et leur transport dans les lysosomes. Contrairement au TES, qui est autorisé pour les patients atteints de la maladie de Fabry quelle que soit l'activité résiduelle de l'enzyme, le traitement par chaperon oral ne convient qu'aux patients présentant l'une des mutations connues et susceptibles de répondre au traitement.
Analyse familiale
La maladie de Fabry étant une maladie héréditaire, à transmission liée au chromosome X, il est probable que des membres de la famille du patient soient également touchés par cette maladie. Une analyse familiale peut permettre de diagnostiquer les autres membres de la famille atteints par la maladie, et donc de les surveiller et de les traiter.
L'analyse familiale permet d'évaluer si d'autres parents souffrent également de cette maladie. Les membres de la famille souhaitant prendre part à l'analyse doivent fournir un échantillon sanguin pour un test génétique et/ou un test de l'activité enzymatique. Le test montre s'ils sont également touchés par la maladie de Fabry. Le médecin peut élaborer avec les patients un arbre généalogique incluant les grands-parents, les tantes, les oncles, les cousins et les cousines.
Les membres de la famille qui sont porteurs du gène défectueux, mais ne présentant pour le moment aucun problème de santé, peuvent se faire surveiller régulièrement par un médecin qui recherchera de potentiels signes et symptômes de la maladie, et pourront ainsi être traités en conséquence en cas de survenue des symptômes. Pour les membres de la famille ne portant pas le gène défectueux, le test apporte un soulagement.
Une analyse familiale peut représenter pour les participants un fardeau émotionnel, et doit donc être réalisée par un professionnel de santé formé ou un conseiller en génétique. Ces derniers peuvent:
- aider dans la recherche de l'histoire familiale;
- apporter aux familles des informations et un soutien lors des décisions relatives aux tests et aux traitements;
- proposer des conseils en cas de doutes vis-à-vis du procédé;
- mettre en contact avec des groupes ou organisations d'aide aux patients.