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Brique fondamentale dans la construction du vivant, la protéine mobilise depuis des décennies des armées de chercheurs du monde entier. La plupart se sont attachés à comprendre comment ces molécules sont fabriquées et quelles sont leurs fonctions dans le métabolisme de la cellule. Peu nombreux sont en revanche les scientifiques qui ont étudié la fin du cycle, à savoir la manière dont ces protéines sont dégradées après usage. C'est pourtant à trois d'entre eux qu'est revenu le Prix Nobel de chimie 2004. Aaron Ciechanover, Avram Hershko, de l'Israel Institute of Technology, et Irwin Rose, de l'Université de Californie ont ainsi été récompensés le 6 octobre pour être allé fouiller dans les poubelles des cellules et comprendre les mécanismes de recyclage.Les travaux des trois chercheurs ont permis de comprendre que la dégradation des protéines ne se fait pas de manière indiscriminée. Le processus est au contraire contrôlé en détail. Les protéines destinées au rebut sont «étiquetées» avec une petite molécule, appelée ubiquitine. Cette dernière sert alors de clé pour entrer et alimenter les protéasomes, les organelles de la cellule spécialisées dans la mise en pièces des protéines. Juste avant d'être avalée, l'ubiquitine se détache afin qu'elle puisse resservir.Lorsque ce processus de dégradation dysfonctionne, il est responsable d'un certain nombre de maladies. La fibrose kystique et le cancer du col de l'utérus sont deux exemples. Une bonne connaissance de ces mécanismes ouvre la voie au traitement de ce type d'affections.