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Le réchauffement menace de plus en plus les arbres, en Suisse aussi
17.01.2019
Les arbres souffrent particulièrement du changement climatique dans les régions boréales, mais aussi dans les Alpes notamment. Le réchauffement accroît leur stress, limite leur croissance et diminue ainsi la production de bois, selon une étude.
L'étude commune des scientifiques suisses de l'Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage (WSL) et de leurs homologues américains, canadiens, polonais et roumains se base sur les données provenant des cernes d'arbres collectés sur 2710 sites dans le monde entier. Ces sites sont représentatifs de 70% de la surface forestière mondiale en termes de conditions climatiques, indique jeudi l'institut WSL.
Sur chacun de ces sites, les chercheurs ont corrélé pour la première fois la croissance des arbres avec les fluctuations climatiques saisonnières de deux périodes du 20e siècle: de 1930 à 1960 et de 1960 à 1990. Résultat: presque partout, les arbres ont souffert davantage de la sécheresse durant la seconde période étudiée que durant la première.
Ils transpirent et boivent trop peu
Entre les deux périodes, la zone du globe dans laquelle la croissance des arbres n'est en principe freinée que par le froid (et non pas par la sécheresse), s'est fortement réduite. Cette zone regroupe les régions historiquement froides comme les Alpes, l'Himalaya ou le nord de la Scandinavie.
Dans les régions concernées, le réchauffement a été supérieur à la moyenne, alors que la quantité de précipitations n'a changé que de manière insignifiante, selon ces travaux publiés dans la revue Science Advances.
Les arbres de ces régions ont donc perdu davantage d'eau par évaporation, le sol et l'air se sont asséchés, et les périodes de sécheresse ont été plus nombreuses. D'ailleurs, les climatologues partent du principe que cette tendance au réchauffement se renforcera au 21e siècle.
La Suisse déjà affectée
Au cours des prochaines décennies, les arbres seront donc exposés à intervalles réguliers à des situations de stress à grande échelle, si les précipitations n'augmentent pas, surtout dans les vallées, observe l'institut WSL. Cet enseignement est aujourd'hui déjà pertinent pour la Suisse.
Ainsi, la mortalité des pins sylvestres augmente depuis 20 ans dans le Bas-Valais, région située le plus au sud de l'aire de répartition de cette espèce. Chez les hêtres, de nombreuses cimes ont bruni avant l'heure l'été dernier, surtout dans le nord et le nord-ouest de la Suisse. Dans le pire des cas, les arbres concernés sont morts.
Autre cas, l'épicéa souffre, lui aussi, de plus en plus de la sécheresse sur le Plateau. Nombre d'entre eux sont morts l'été dernier des conséquences d'une infestation de scolytes, liée à la sécheresse.
Conclusion: les gardes et propriétaires forestiers suisses devront réfléchir à la manière de gérer et d'entretenir leurs forêts afin que celles-ci restent stables et puissent être exploitées de manière durable, même dans des conditions plus chaudes et plus sèches. La forêt constitue en effet un important réservoir de CO2, car la fixation du carbone sous forme de bois compense les émissions causées par l'homme.
ats