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Dans les billets précédents, j'ai avancé une estimation de l'ordre de grandeur de l'influence de l'urbanisation sur les stations sur la base des résultats globaux des homogénéisations des séries suisses et alpines. Une estimation de l'ordre du demi degré par siècle qui permettait de résoudre certaines incohérences et particularités, mais pas toutes.
Revenons sur le billet "Confirmation par satellites" qui comparait l'évolution des anomalies Giss et UAH et complétons le graphique avec les valeurs de CRUTEM :
Nous voyons que CRUTEM diverge encore plus de UAH (environ 1 °C par siècle) que GissTemp. Si nous admettons que UAH donne la bonne évaluation du réchauffement des continents et que CRUTEM est entièrement soumis aux perturbations par l'urbanisation, nous pouvons conclure que GissTemp n'est influencé que par le 60 % des perturbations. Ce résultat n'est pas surprenant car Giss n'homogénéise pas les séries et donc l'atténuation des perturbations par les déplacements de sites des thermomètres qui corrige certaines séries permet à Giss d'être plus proche de la véritable évolution des anomalies.
Si nous corrigeons CRUTEM de la divergence constatée, nous obtenons la courbe suivante très proche de UAH :
Nous pouvons donc admettre que les stations sont soumises à des perturbations de l'ordre du degré par siècle depuis 1979 mais qu'en était-il avant cette date ?
Schweingruber a collationné des données dendroclimatiques (MXD, densités des cernes) de l'hémisphère Nord (voir The Air Vent dont est tiré le graphique ci-dessous).
Comme dans le fameux cas du "Hide the decline" du climategate, les données après 1960 divergent des mesures thermométriques. La courbe post 1960 est donc corrigée en incorporant des données instrumentales. Et encore une fois, voilà un "trick" qui aurait probablement pu être évité si l'on avait convenablement tenu compte des perturbations des stations.
Au même graphique, j'ai ajouté ci-dessous des anomalies de températures en surimpression. En vert, une tentative de faire correspondre les températures du CRU avec les donnée MXD. On comprend la perplexité des climatologues. En orange, la courbe corrigée des températures instrumentales tenant compte d'une perturbation des stations de 1 °C par siècle à partir de 1920.
Je tire essentiellement deux conclusions de cette comparaison :
Passons du niveau global au niveau local.
Nous avons vu dans le second billet à propos de la fonte des glaciers (ici) que la série de températures brutes de Davos correctement ajustée pour un seul déplacement de site corrélait superbement la courbe de fonte donnée dans Huss et al. 2009. Nous reportons ci-dessous cette courbe partiellement homogénéisée (en bleu) en regard de la courbe de la même station homogénéisée par Météo Suisse (en rouge) et de deux séries pour l'ensemble de la Suisse, en orange, la série homogénéisée de Météo Suisse et en vert la même série corrigée des perturbations par l'urbanisation. La correction apportée à la série Suisse est faite selon la même logique que pour la courbe CRUTEM soit une réduction de tendance de 1 °C par siècle mais cette fois depuis 1890.
Nous voyons qu'ainsi corrigée la courbe des anomalies de la Suisse devient très proche de la courbe de la station de Davos dont nous avons testé l'excellente corrélation avec la fonte des glaciers. Cela constitue un argument fort pour notre évaluation des perturbations.
Dans le billet précédent (ici), j'ai tenté de mettre en oeuvre une technique originale d'évaluation des perturbations basée sur quelques hypothèses :
J'ai appliqué cette technique sur 11 des 12 stations utilisées par Météo Suisse pour sa moyenne nationale. En supposant que les perturbations étaient d'un demi degré par siècle, j'obtenais des courbes généralement satisfaisantes (peu de refroidissements relatifs des stations). Quelques séquences refroidissantes notables plus ou moins prononcées résistaient encore, par exemple pour la station de Chaumont :
Une situation nettement améliorée si l'on admet des perturbations à hauteur de 1 °C par siècle :
Cette technique est intéressante mais l'hypothèse utilisée de la constance de tendance perturbante n'a pas été formellement vérifiée et quantifiée. Une certaine prudence quant aux conclusions s'impose. Malgré cette réserve, les résultats sont cohérents avec les autres moyens d'estimation.
A vrai dire, pas grand chose ou même rien du tout. Voyons d'abord la courbe corrigée des anomalies suisses. Il ne reste qu'une très faible tendance séculaire de 0.17 °C, à peine significatif.
Pour les continents de l'hémisphère Nord, c'est encore pire, deux poussières de pour-cent, le vide, le vent.
Et au niveau global ? Difficile à dire. Les continents de l'hémisphère Nord étaient les surfaces sensées présenter le réchauffement le plus fort. On peut douter que l'hémisphère Sud et que les océans se réchauffent significativement plus que les terres du Nord.
A défaut d'être réel, le réchauffement climatique correspond bien à un phénomène atmosphérique, celui du mirage.