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Justin Trudeau a nommé vendredi une femme pour la première fois à la tête de la police fédérale canadienne. Le Premier ministre a fait de l'égalité des sexes l'une de ses priorités.
Jusqu'ici commandante en charge de la formation des jeunes recrues, Brenda Lucki devient commissaire de la Gendarmerie royale du Canada (GRC, police fédérale). Elle remplace Bob Paulson. Outre différents postes au sein de la police au Canada, Brenda Lucki "a également travaillé auprès des Nations-unies en ex-Yougoslavie" et dans la formation des forces de police de l'ONU en Haïti, a noté Justin Trudeau.
En plus des tâches classiques de la sécurité, la nouvelle commissaire "va également jouer un rôle majeur dans la réconciliation avec les autochtones et dans la promotion de l'égalité des sexes", a souligné Justin Trudeau lors d'une cérémonie à Regina (Saskatchewan, ouest).
La nomination d'une femme à la tête de la police canadienne est un message clair adressé à une corporation entachée depuis des années par le harcèlement sexuel et la discrimination. Sans faire référence directement à ce problème, Brenda Lucki s'est dite "convaincue" qu'avec l'appui de l'ensemble des membres de la police "nous allons relever le défi et aller de l'avant pour moderniser" la GRC.
Elle a promis de "remettre en question" le fonctionnement général de la GRC quitte à "mettre à jour les problèmes qui méritent d'être résolus". Après 31 ans au sein de la police qu'elle a intégrée à 20 ans, Brenda Lucki va devoir changer les mentalités d'une police où moins d'un quart des effectifs sont des femmes.
Avances sexuelles
Au printemps dernier, la justice avait validé l'indemnisation de milliers de femmes par la GRC en raison de ces discriminations et harcèlements, dont elles avaient été victimes. Selon ces femmes, certains membres de la hiérarchie de la GRC leur avaient fait des avances sexuelles ou proféré des réflexions déplacées.
Le patron de la police avait alors présenté des excuses publiques "à toutes les femmes touchées par l'inaptitude de la GRC à assurer des conditions de travail exemptes de harcèlement et de discrimination".
Près de 25'000 membres de la GRC depuis 1974 (date à laquelle la police fédérale a ouvert le recrutement aux femmes) étaient à priori éligibles chacune à une indemnisation. Cette dernière pouvait aller jusqu'à 220'000 dollars canadiens (environ 160'000 francs) en fonction du préjudice subi.