Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06940.jsonl.gz/608

Hong Kong
Veillée de Tiananmen interdite: des militants plaident coupables
Le célèbre dissident hongkongais Joshua Wong, en détention pour son rôle dans les manifestations de 2019, a plaidé coupable vendredi, pour avoir pris part à la traditionnelle veillée en souvenir du mouvement de Tiananmen. Il était aux côtés de trois autres prévenus.
Depuis plus de trois décennies, chaque 4 juin au soir, d'immenses foules se rassemblent pour commémorer la sanglante répression en 1989 de Tiananmen. L'an passé, pour la première fois, elle avait été interdite par la police qui avait invoqué les restrictions liées au coronavirus.
Des dizaines de milliers de personnes avaient cependant enfreint cette interdiction pour se rassembler, comme chaque année, dans le Parc Victoria. Depuis, des poursuites ont été engagées à l'encontre de 24 célèbres militants pro-démocratie qui ont participé à la veillée.
Lors d'une audience préliminaire qui s'est tenue vendredi devant un tribunal, M. Wong a plaidé coupable tout comme les conseillers de district Lester Shum, Tiffany Yuen et Jannelle Leung. Participer à un rassemblement illégal est une infraction passible d'une peine allant jusqu'à cinq ans de prison.
M. Wong, une des figures du mouvement pro-démocratie, purge actuellement une peine de prison pour son rôle dans les manifestations de 2019 qui ont secoué Hong Kong. M. Shum et Mme Yuen sont déjà en détention pour avoir violé la loi draconienne sur la sécurité nationale tout comme M. Wong, également poursuivi dans le cadre de ce texte imposé l'an passé par Pékin.
Mme Leung a été placée en détention provisoire à l'issue de sa comparution et tous les quatre connaîtront la décision du tribunal le 6 mai. Les autres personnes poursuivies, parmi lesquelles de célèbres dissidents hongkongais, dont beaucoup sont également en détention, seront jugés au cours de l'été pour les mêmes faits.
Incertitude cette année
Cette veillée revêt chaque année une signification particulière à Hong Kong, où de nombreux habitants s'opposent à l'emprise grandissante de Pékin.
La plus grande incertitude pèse sur la possibilité qu'une telle veillée puisse avoir lieu cette année, les autorités ayant fait savoir que le rassemblement pourrait ne pas être autorisé pour des raisons sécuritaires et ainsi que sanitaires, en raison du Covid-19. Certains ont également laissé penser que le fait de scander «Mettre fin à la règle du parti unique» et d'autres slogans pourrait être illégaux en vertu de la nouvelle loi sur la sécurité nationale.
ATS