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Le Premier ministre bulgare laisse entrevoir son retrait
Le Premier ministre bulgare Boïko Borissov, cible de manifestations depuis près d'un mois, a laissé entrevoir mercredi la possibilité d'un retrait si cela permettait à sa majorité de se maintenir au gouvernement jusqu'aux prochaines élections en mars 2021.
"Si c'est moi le problème, alors je pars tout de suite", a lancé le dirigeant conservateur, au pouvoir depuis bientôt dix ans, lors d'une réunion rassemblant à Sofia 4000 représentants de son parti, le GERB.
"Je vais poursuivre les discussions avec mes partenaires de coalition et je vais proposer des options, y compris celle de partir et de laisser le gouvernement au pouvoir", a ajouté M. Borissov, 61 ans, qui dirige le pays au côté du Mouvement national bulgare (VMRO), un mouvement nationaliste.
Formellement, si M. Borissov souhaite maintenir son gouvernement, il ne peut pas démissionner. Il n'a pas donné plus d'explications et dit "travailler à de nombreux scénarios".
Manifestations quotidiennes
Des dizaines de manifestants ont essayé de bloquer l'entrée du site, ce qui a donné lieu à de brèves escarmouches. Depuis des perquisitions ordonnées par le parquet ayant visé le 9 juillet l'entourage du chef de l'Etat Roumen Radev, opposé à M. Borissov, des milliers de personnes majoritairement jeunes et diplômées manifestent quotidiennement contre le gouvernement.
Les participants à ces protestations, les plus importantes depuis 2013, réclament la démission de M. Borissov, contesté pour les liens supposés entretenus entre sa majorité et certains oligarques, accusés d'influencer l'exécutif pour leur intérêt personnel.
Depuis la semaine dernière, en vue d'obtenir des élections anticipées, des protestataires bloquent également des carrefours très fréquentés de la capitale, Sofia. Quatre d'entre eux au moins ont entamé une grève de la faim et un homme âgé de 58 ans a été hospitalisé après six jours sans eau ni nourriture, selon les manifestants.
Longévité
Au pouvoir avec quelques interruptions depuis 2009, Boïko Borissov marque par sa longévité l'histoire post-communiste de la Bulgarie. Treize ans après avoir rejoint l'UE, elle en reste le pays le plus pauvre et le plus gangréné par la corruption, selon l'ONG Transparency International.
Selon un sondage réalisé cette semaine, le GERB, qui prône la stabilité dans le contexte actuel de pandémie pour justifier le maintien de sa majorité, arriverait en tête des prochaines élections législatives avec 26,7% des voix. Le VMRO parviendrait tout juste à franchir la barre des 4% nécessaires pour entrer au parlement.
ats, afp