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16 mars 2016
Violences domestiques : caractéristiques des auteurs et victimes
Une étude dévoile ce jour en France certaines caractéristiques des victimes et des auteurs de violences domestiques. Auteurs s’entend ici au féminin comme au masculin. Voyons ce que disent les enquêtes de victimisation.
Ces enquêtes sont réalisées chaque année. Elles consistent en des questionnaires auxquels les sondés répondent eux-mêmes, sans moyen de vérifier la réalité des réponses. Il s’agit donc de victimes déclarées, pas de victimes démontrée. Comme le précise l’étude:
« Les données fournies par une enquête statistique dépendent de nombreux facteurs dont la formulation des questions, le protocole d’interrogation ou la subjectivité des enquêtés. Cela signifie notamment que, sur un même sujet, selon les mots qui sont choisis et selon la façon dont la question est posée, la réponse pourrait parfois différer. »
Globalement l’ONDRP (Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales) a analysé les questionnaires rendus pendant six ans, de 2008 à 2014. Une somme d’environ 25’000 documents. L’ONDRP estime que plus de 18 femmes et plus de 8 hommes sur mille seraient victimes de violence (respectivement en pourcentage: 1,7% et 0,8%).
Ces violences sont majoritairement traitées à l’interne du couple et n’entraînent pas de dépôt de plainte. Elles sont gérées à l’interne du couple.
« Les violences mineures ne font pas l’objet de plaintes pénales parce que, selon l’ONDRP, les personnes en causes trouvent d’autres solutions (72%) ou parce que ce n’était pas grave (65%). »
Mais qui sont les victimes? Montrent-elles des points communs? Y a-t-il une sociologie de ces victimes? L’étude de l’ONDRP révèle des profils en partie identiques.
Les femmes se déclarent plus souvent victimes quand l’homme est sensiblement plus âgé qu’elle et qu’il est moins diplômé. Les femmes handicapées se déclarent, elles, presque deux fois plus victimes que les non-handicapées.
Chez les hommes c’est l’inverse: ils se déclarent plus souvent victimes d’une compagne plus jeune qu’eux ou plus diplômée. Ils se déclarent encore plus victimes si les deux partenaires viennent de l’enseignement supérieur.
Il manque cependant d’autres critères, comme la consommation régulière et importante d’alcool par l’un des conjoints ou par les deux. Les critères présentés ne permettent pas d’expliquer pourquoi certaines personnes peuvent être victimes pendant des années, par plusieurs partenaires.
La proportion de femmes auteurs (jusqu’à 50% au Canada) choque encore ceux qui n’ont pas l’habitude de ces études et enquêtes. Rappelons-nous que la violence domestique est devenue chasse gardée de groupes féministes qui ne reconnaissent pas la violence provoquée par certaines femmes comme par certains hommes.
Une féministe de la première heure, Erin Pizzey, disait déjà cela en 1971. Par ailleurs Amnesty International a reconnu récemment que les hommes victimes de violence domestique représentent un réel problème en Suisse.
Le sujet abordé par cette étude est intéressant. Mais pourrait-on aller plus loin? En détaillant davantage les caractéristiques de ces victimes, pourrait-on élaborer des outils de prévention?