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Le marché du travail est au centre du fonctionnement de notre système économique, étant donné que la rémunération des travailleurs crée le revenu nécessaire pour satisfaire les besoins sur le marché des produits. Comme l’avait résumé M. Kalecki, «les travailleurs gagnent sur le marché du travail ce qu’ils dépensent sur le marché des produits, tandis que les entreprises gagnent sur le marché des produits ce qu’elles dépensent sur le marché du travail».
Même si la «quatrième révolution industrielle», entendez la digitalisation des activités économiques, réduira toujours plus le nombre de personnes employées – parce que de plus en plus de travailleurs vont être remplacés par ce qu’on appelle l’«intelligence artificielle» – on aura toujours besoin d’un revenu pour financer les dépenses des agents économiques. Le marché du travail, dès lors, sera indispensable dans tous les cas, parce que seul le travail (effectué par des femmes et des hommes en chair et en os) peut logiquement former un nouveau revenu au sein du circuit économique. Le capital fixe – formé par des machines et des équipements de toute sorte (y compris les robots) – ne peut créer aucun revenu dans l’ensemble de l’économie car seul le travail est en mesure de créer un revenu à partir de rien, lorsque les travailleurs sont rémunérés par les entreprises à travers le système bancaire qui émet le nombre d’unités monétaires nécessaires pour le paiement des salaires.
Si les banques ne sont plus intéressées à ouvrir des lignes de crédit aux entreprises pour le paiement de leurs collaborateurs, étant donné que pour les banques il est plus rentable de spéculer sur les marchés financiers, le financement de la production n’est plus possible et cela ralentit tant le circuit économique que la formation des profits sur le marché des produits. Les entreprises, dans un tel cas, vont réduire le niveau d’emploi, aggravant la situation dans l’ensemble du système économique.
Une situation semblable peut être observée lorsque les entreprises demandent des crédits bancaires afin d’effectuer des transactions sur les marchés financiers, où elles cherchent à gagner des rentes avec lesquelles compenser les profits qu’elles ne gagnent pas sur le marché des biens et des services.
Or, si les entreprises payaient à leurs collaborateurs des salaires permettant à ces derniers d’acheter leurs propres produits (comme le disait Henry Ford), le système économique ne serait pas dans une crise profonde comme celle qui existe de nos jours et il n’y aurait pas tous les conflits sociaux qui actuellement animent le débat politique sans solution de continuité.
Comme l’avait bien compris James Carville (le stratège de Bill Clinton durant sa campagne présidentielle de 1992), «c’est l’économie, stupide!». Le travail rémunéré est ce qui fait tourner le circuit économique et qui doit être nourri correctement, à savoir, par des salaires suffisants pour financer les dépenses de consommation qui satisfont les besoins vitaux de l’ensemble de la population.