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Histoire de l'aromathérapie
Depuis l’origine des hommes, à travers tous les temps et sur tous les continents du monde, l’homme a toujours utilisé les plantes aromatiques puis les huiles essentielles à des fins domestiques, alimentaires, rituelles, cosmétiques et thérapeutiques. On a retrouvé des baies de genevrier accompagnées de restes de repas dans des auges de pierre, au fond des grottes où vivaient les hommes préhistoriques. 40 000 ans av J.C., les arborigènes d’Australie utilisent déjà les feuilles du tea tree. 5000 ans av. J.C., au Pakistan, on utilise déjà des alambics en terre cuite. 3500 ans av. J.C., extraction des huiles essentielles en Chine. 1200 ans av. J.C. : Le papyrus d’Ebers en Egypte nous indique que l’homme y était soigné dans sa globalité par des plantes et des huiles essentielles. Mais, c'est à la fin du XIXe siècle, en France, que commence l'histoire moderne de l'aromathérapie. C’est alors qu’on a prouvé scientifiquement la capacité des huiles essentielles à neutraliser les bactéries (vers la même époque, on découvrait les antibiotiques, ce qui a eu pour effet d'écarter l'aromathérapie du champ de la médecine). On doit à René-Maurice Gattefossé, en 1928, la première utilisation du terme aromathérapie.
Définition de l’essence (ESS)
L’essence est une substance aromatique naturelle que la plante sécrète dans ses organes producteurs. Il ne faut pas confondre essence et huile essentielle. L’essence est élaborée par un végétal, l’huile essentielle est le produit de la distillation de l’essence. On parlera ainsi d’essence de zeste de citron, et non d’huile essentielle de citron. Huile essentielles et essence sont donc deux substances différentes, en nature et en composition. Certains végétaux produisent naturellement des essences, qui sont des liquides contenus dans leurs organes producteurs. Ces essences sont élaborées par les cellules chlorophyliennes et sécrétrices, qui ont capté l’énergie solaire (énergie photoélectromagnétique), et l’ont convertie, grâce à l’intervention de systèmes enzymatiques, en énergie biochimique, sous forme de toutes petites molécules très volatiles, à haut potentiel énergétique. Ces essences ont une composition biochimique variable, en fonction de la partie productrice de la plante considérée. Le règne végétal compte plusieurs centaines de milliers d'espèces et 4 000 d'entre elles fabriquent des essences aromatiques; toutefois, seulement quelques centaines le font en quantité suffisante pour qu'on puisse les extraire. L’extraction des essences se fait par différentes techniques: • La distillation à la vapeur d’eau, permet d’obtenir l’huile essentielle (HE) et l’hydrolat aromatique (HA) aussi appelé «eau florale». • La percolation ou l’hydrodiffusion permet d’obtenir l’essence de percolation • L’expression à froid permet d’obtenir les essences d’expression à froid (ESS) particulière aux zestes d’agrumes (citrus) • L’extraction par des solvants organiques et le CO2 supercritique est surtout utilisé en parfumerie pour des organes végétaux où la concentration en essence est relativement faible.
Définition de l’huile essentielle
La pharmacopée Européenne VI e édition définit une huile essentielle comme « un produit odorant, généralement de composition complexe, obtenu à partir d’une matière première végétale botaniquement définie, soit par entraînement à la vapeur d’eau, soit par distillation sèche, soit par un procédé mécanique approprié sans chauffage. L’huile essentielle est le plus souvent séparée de la phase aqueuse par un procédé physique n’entraînant pas de changement significatif de sa composition. L’HE ne doit être ni partiellement, ni totalement dé-terpénées ou dé-sesquiterpénée. Elle ne doit pas être rectifiée par distillation fractionnée, ce qui serait susceptible de modifier sa composition. Elle ne doit pas avoir été modifiée par suppression, ni partielle, ni totale, de l’un ou de plusieurs de ses constituants. »
La spécificité biochimique ou chémotype
La notion de chémotype a été introduite par Pierre Franchomme vers 1975 et a été officialisée dans l’Union Européenne en 2006 avec l’adoption du règlement REACH. Elle distingue une entité chimique distincte au sein d’une même espèce. Une huile essentielle peut renfermer jusqu'à plusieurs centaines de sortes de molécules, chacune ayant des propriétés particulières (antiseptique, bactéricide, immunostimulante, décongestionnante, etc.). Les scientifiques regroupent ces molécules en « familles biochimiques » - cétones, esters, coumarines, phénols, monoterpénols, etc. -, en fonction de la similarité de leurs propriétés. La même plante aromatique peut produire des HE de spécificité ou chémotype différents. Le chémotype est une sorte de sous-catégorie chimique d’HE d’une espèce donnée. C’est en quelque sorte la carte d’identité de la plante. En fonction de leur origine géographique, de leur biotope (saison, sol, climat, altitude, hygrométrie, ensoleillement, etc), de leur équipement génétique, du stade d’avancement dans la saison, les plantes peuvent privilégier des voies métaboliques différentes et donc, élaborer des HE de compositions biochimiques différentes. Si l’on prend l’exemple classique du Rosmarinus officinalis, plusieurs chémotypes (notés synthétiquement « sb » pour « spécificité biochimique » peuvent être rencontrés, par cette même plante , selon le biotype considéré : Rosmarinus officinalis sb 1,8 cinéole croit en Tunisie et au Maroc, et donne une HE fluidifiante et expectorante privilégiant un usage dans les pathologies bronchopulmonaires. Rosmarinus officinalis sb acétate de bomyle, verbénone croît en Corse, et donne une HE utilisée dans les pathologies hépatiques. Rosmarinus officinalis sb camphre croît au contraire en Provence et dans le sud de l’Espagne et donne une HE facilitant l’effort musculaire et l’activité cardiaque, mais pouvant être hépatotoxique.