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Résumé
La grammaire arabe naît au cours du VIIème siècle dans le cadre d’une réflexion linguistique des savants sur le Coran en vue d’en déterminer l’interprétation. Les premiers traités grammaticaux n’adoptent pas de plan fixe. Au Xème siècle, le grammairien Ibn al-Sarrāğ met en place une présentation organisée des données, propre à refléter l’articulation conceptuelle de la théorie, notamment les modélisations formelles et sémantiques du marquage casuel. Ses divisions de la syntaxe par catégories de mots, puis du chapitre du nom par cas et du chapitre du verbe par modes représentent le modèle formel de la rection, et la hiérarchie des fonctions au sein des rubriques casuelles tend à manifester une modélisation sémantique de chaque cas autour d’une valeur fondamentale. Les successeurs d’Ibn al-Sarrāğ améliorent cette organisation dans le sens d’une plus grande univocité de la modélisation sémantique et d’une meilleure cohérence entre celle-ci et le modèle rectionnel. Alors qu’Abū ʿAlī l-Fārisī développe un modèle logico-sémantique, d’autres grammairiens élaborent un modèle purement grammatical. Le traité de Zamaḫšarī se caractérise par une volonté encore plus marquée que chez ses prédécesseurs de faire coïncider l’ordre de présentation de la matière grammaticale avec l’organisation conceptuelle de la théorie, et notamment faire coïncider le modèle formel et le modèle sémantique du marquage casuel. À partir du XIIIème siècle se multiplient les brefs opuscules grammaticaux, telles la Alfiyya d’Ibn Mālik ou la Ağurrūmiyya d’Ibn Ağurrūm, dont les présentations s’inspirent de classifications antérieures divergeant du courant dominant: ces divergences peuvent consister en une succession pratique visant plus à faciliter l’apprentissage qu’à refléter l’articulation conceptuelle de la théorie, comme dans le Ğumal de Zağğāğī, ou en une représentation plus axée sur le modèle formel de la rection, comme dans la Muqaddima d’Ibn Bābšāḏ.
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