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On arrive aux ruines du château de Franquemont par un chemin de terre partant du hameau de Belfond-Dessous en direction du nord-ouest, pour parvenir sur une crête rocheuse allongée surplombant les rapides du Doubs. Erigé à 1 km à vol d'oiseau au sud de Goumois, Franquemont fut semble-t-il construit en 1305 par Gauthier II de Montfaucon en Bourgogne, sur les ruines d'une forteresse antérieure. A. Quiquerez prétend à ce sujet qu'un castel appelé Châtel Arvin occupait ces falaises. Les fondations de certaines murailles présentant selon lui un appareil semblable à celui d'édifices gallo-romains, il se pose la question: serait-ce les débris de quelque "specula" bâtie primitivement sur le roc ?
Exploitant les irrégularités du sol, le château fut édifié sur deux terrasses superposées. L'entrée se situait sur le flanc sud et débouchait sur une grande esplanade bordée de murailles, délimitant ainsi une cour flanquée de dépendances et des restes d'un donjon. Le corps principal de l'édifice occupait la partie supérieure du site qui se composait d'une porte avec pont-levis dominant le fossé et donnant accès à une petite cour. De là, des traces de murs indiquent un bâtiment rectangulaire (environ 60 m x 30 m). Ce dernier était flanqué, à l'ouest, de constructions casematées ovales, à double embrasure dont A. Quiquerez a livré un croquis datant des années 1850. Il est probable qu'une chapelle accolée à la partie méridionale du bâtiment s'élevait au-dessus du fossé. Des débris de puits ou de citerne semblent également présents au nord des ruines.
A l'origine, cette mouvance de l'Evêché de Bâle, qui s'étendait principalement au vallon de Goumois, entre le Theusseret et le Moulin du Plain, proviendrait des territoires des comtes de Fenis-Neuchâtel. En 1247, le village de Goumois fut vendu à Thierry III, comte de Montbéliard, puis cédé en 1304 à Gauthier, sire de Montfaucon en Bourgogne, qui entreprit la construction du château. Au début du 14e s., les princes-évêques de Bâle possédaient la suzeraineté sur la rive droite du Doubs, mais c'est à la suite des guerres de Bourgogne qu'ils prirent possession de la seigneurie.
Parmi les seigneurs qui se succédèrent à Franquemont, Nicolas de Gilley reste le plus célèbre en raison des monnaies qu'il fit frapper à son nom entre 1538 et 1557. Il émit des demi-carolus, des petits-blancs et des liards, tous rapidement décriés et de mauvais aloi. Il s'agit en fait de contrefaçons de monnaies frappées en Franche-Comté, à Soleure, à Genève, ou par François 1er et certains princes allemands. Notons que grâce à un bloc de bois gravé destiné à l'impression des effigies monétaires, un thaler non retrouvé en nature, le seul connu de Nicolas de Gilley, a été identifié en Pologne dans les années soixante. Ce droit de battre monnaie fut contesté par l'évêque de Bâle Melchior de Lichtenfels au cours de longues procédures.
Les rivalités économiques incessantes entre les princes-évêques et les comtes de Montbéliard qui se disputèrent la possession de la seigneurie aux 16e et 17e s., aboutirent à la destruction du château par l'Evêque de Bâle en 1677, contre l'avis des gens de Goumois et du voisinage.
(Illustrations fournies par R. Laager)
Bibliographie