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Intervenant:
Claude Serfati est chercheur-associé à l’IRES (Institut de recherches économiques et sociales) après une carrière d’enseignant-chercheur en économie (Université de Saint-Quentin-en-Yvelines). Il est membre du Conseil scientifique d’ATTAC.
Parution récente : “Transnational Corporation as Financial groups », in Work, Organisation, labour and globalization, volume 5, n°1, 2011, pp. 10-39.
Exposé:
Depuis une dizaine d’années, le débat sur l’impérialisme s’est principalement focalisé sur le cas des Etats-Unis. Or, l’impérialisme, en tant que catégorie analytique introduite au début du vingtième siècle, demeure valable à la fois pour analyser la période contemporaine (la ’globalisation du capital’) et pour qualifier le comportement de l’Union Européenne et ses principaux pays, dont un certain nombre ont été et demeurent des pièces maîtresses du développement de l’impérialisme depuis plus d’un siècle.
Lorsqu’on observe la puissance du capital financier, les flux d’exportations de capital, les revenus rentiers qui dérivent de ces flux et de droits sur la propriété intellectuelle, l’importance des dépenses militaires et leur mise en œuvre dans des interventions armées (généralement qualifiées d’humanitaires dans le cas de l’UE), on trouve, au premier plan avec les Etats-Unis, plusieurs pays Européens et leurs groupes financiers et industriels.
L’Union Européenne constitue une construction régionale singulière, qui dans un contexte historique exceptionnel issu de la seconde guerre mondiale, résulte de l’action, souvent complémentaire, du capital, des Etats dominants et des institutions communautaires. Le comportement impérialiste des pays Européens qui a une longue histoire, a été conforté par les développements institutionnels de l’Union Européenne depuis la fin des années mille neuf cent cinquante.
Déjouant certaines prévisions faites au cours de la décennie précédente, le monde n’est pas dominé par un ’super’ (ou mono) impérialisme’ écrasant les autres pays développés. Les Etats-Unis, pivot du système capitaliste mondial, en concentrent également les crises.
La concurrence entre pays impérialistes n’a pas disparu, bien que leur rivalité ne débouche pas sur les conflits armés. Du point de vue de la défense de l’ordre mondial, l’impérialisme est aujourd’hui organisé autour d’un ‘bloc’ hiérarchisé d’Etats transatlantiques (au sens géopolitique du terme). Les Etats-Unis en constituent l’armature, mais les grands Etats Européens joignent leurs forces, en particulier la France en Afrique, pour faire face à la dévastation sociale et à la destruction des conditions naturelles et humaines de la reproduction sociale produites par la domination du capital financier.
Horaire
Samedi 27 octobre
13h15 – 15h
Anthropôle, salle 2044
Panel – Mondialisation et impérialisme: L’Europe dans l’ordre impérialiste