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Le philosophe français Gaspard Kœnig, qui se définit comme un libéral avant tout, préside le laboratoire d'idées GénérationLibre. Pour réaliser son enquête, il a choisi de voyager dans le monde et de ne pas se contenter d'étudier le libéralisme dans les livres.
Gaspard Kœnig explique dans La Matinale que lorsque les institutions sont faites pour créer un système d'incitations qui fait confiance à l'individu et où l'individu est responsable des conséquences de ses actions, un processus vertueux s'enclenche.
"Quand vous prêtez du micro-crédit au Pérou, vous n'avez aucune garantie de récupérer votre prêt", image le philosophe. "Dans les faits, vous êtes même plutôt sûr que vous ne retrouverez pas votre mise (...), c'est un système qui marche uniquement sur la confiance. Pourtant, on s'aperçoit que les gens remboursent. Parce que quand on leur fait confiance, ils se sentent obligés."
Un socle inconditionnel
Sur la question du revenu universel, Gaspard Kœnig indique que si l'on considère qu'il faut sortir les gens de la pauvreté, il y a deux options: "Soit le système actuel, qui est un système paternaliste et de contrôle (...) dans lequel vous avez la tentation de tricher parce que vous devez remplir plein de critères (...)", ce qui encourage les bénéficiaires à tricher et à tenter de jouer avec les limites du système.
"Soit vous faites différemment, en donnant un socle à tout le monde. Comme ça, il n'y a plus de conditions. (...) A partir du moment où vous avez cet argent sans avoir à le réclamer, (...) vous vous dites qu'il faut le dépenser de manière intelligente." Pour le philosophe, c'est là que réside l'ultralibéralisme du système du revenu universel: "On assume le fait que l'individu, fût-il pauvre, fût-il peu éduqué, est le mieux à même de déterminer ce qui est bon pour lui."
Propos recueillis par Romain Clivaz
Adaptation web: Eric Butticaz