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Intervention
Je souhaite en premier lieu remercier la Municipalité pour sa réponse franche et directe. Celle-ci m’interpelle cependant également, puisqu’on constate que la Municipalité elle-même se pose également des questions.
Au moment du dépôt de mon interpellation, certains membres de ce Conseil m’ont questionné sur la nécessité d’urgence de celle-ci. Je crois cependant que l’actualité démontre l’urgence d’éclaircir la situation.
En effet, les articles de presse se sont multipliés, en Suisse romande comme en Suisse alémanique, les versions expliquées à la presse ont passablement évolué au cours de ces articles:
- tout d’abord, on nous a appris que “certains administrateurs avaient reçu des rémunérations extraordinaire et que M. Français les avait refusées”
- ensuite, il s’est avéré que seuls deux administrateurs auraient reçu de telles rémunérations exceptionnelles, soit M. Nelle, président du Conseil d’administration et Directeur de Tridel SA, et M. Français qui les a refusée
- On a finalement appris que M. Nelle en a accepté une partie et reversé une autre à une association culturelle et que la rémunération prévue pour M. Français a finalement été versée, par Tridel SA, à trois entités d’intérêt public : le Festival du film alpin, la Fondation de défense des intérêts d’Isenau : CHF 20’000.-, ainsi qu’une autre fondation vaudoise.
De plus, on apprend grâce à la réponse de la Municipalité, qu’elle a posé des questions à ce sujet au Conseil d’administration depuis le mois d’août, et qu’elle se pose toujours des questions. Les informations qu’elle a pu recevoir nous donnent déjà quelques pistes de réponse, soit notamment que les indemnités extraordinaires ont été octroyées sans que la Municipalité ne soit informée, que M. Français a siégé au Conseil d’administration jusqu’au mois de juin 2016 et que les décisions ont été prises lors de la séance du Conseil d’administration du 25 mai 2016, M. Français s’étant retiré au moment de la discussion sur ce point, ou que les trois entité d’utilité publique qui ont reçu la somme initialement offerte à M. Français l’ont reçu à sa demande, et sont soit une association dont il est président, soit des fondations dont il est membre fondateur ou représentant.
Il apparaît cependant que de nombreuses questions se posent encore et pour lesquelles, nous l’espérons, un audit sera requis pour y répondre.
En effet, il convient de garder à l’esprit qu’il s’agit de sociétés anonymes, certes, mais de sociétés anonyme en mains publiques, avec un but d’utilité public. Elles vivent grâce à des revenus publics, que paient tous les citoyens, via les impôts ou la taxe au sac, et les bénéfices doivent donc leur profiter également. Ceux-ci ne sauraient profiter à des associations ou des fondations sans aucun lien avec Lausanne.
C’est une question qui ne pas propre à Tridel SA, mais à toutes les sociétés anonymes de la Ville. Les Verts se sont déjà préoccupés de cette question en 2015, en déposant un postulat par le biais de M. Trezzini et consorts : “Quelle gouvernance pour les sociétés anonymes de la Ville” le 11 juin 2015. En effet, ces sociétés ne doivent pas être gérées comme toutes sociétés anonymes privées, mais doivent tenir compte des intérêts publics qui les dirigent et de biens qui y sont investis. Je me réjouis à ce sujet de lire la réponse de la Municipalité qui n’est toujours pas arrivée.
Finalement, on ne saurait traiter de cette question sans parler de l’article 32 du règlement de la Municipalité qui veut que les Municipaux reversent les jetons de présence qu’ils touchent à la Ville, obligatoirement. En effet, comment cela se passerait-il si, par exemple, M. le Municipal Jean-Yves Pidoux versait les jetons de présence qu’ils touchent des les divers conseils d’administration d’entreprise actives dans l’énergies à des associations d’utilité publique, comme Pro Natura ou le WWF ?
Pour répondre à toutes ces préoccupation, un audit nous semble donc nécessaire pour éclaircir la situation, pour la Municipalité, comme pour tous les citoyens.