Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07073.jsonl.gz/543

C’est une décision sans précédent pour le Comité des droits de l’enfant de l’ONU. Cet organe basé à Genève a statué pour la première fois statué sur la situation d’une famille arc-en-ciel demandeuse d’asile. Il a été saisi du cas d’un couple de femmes et de leur enfant qui avaient sollicité la protection de la Finlande en 2015. Les requérantes avaient expliqué qu’elles faisaient l’objet de harcèlement et de menaces, tandis que leur fils de 5 ans était brimé et ostracisé à la maternelle parce qu’il avait deux mamans.
L’enfant avait aussitôt commencé à fréquenter l’école en Finlande et à s’y faire des amis sans avoir à cacher la nature de sa famille. Mais en 2016, Helsinki a rejeté la demande d’asile des deux femmes, estimant que la famille n’était pas victimes de «persécutions» nécessitant protection. Le couple et leur fils ont dû rentrer en Russie en 2017.
«Risque de préjudice irréparable»
Le Comité de l’ONU a estimé que la Finlande avait violé plusieurs articles de la Convention sur les droits de l’enfant et manqué à son devoir, à savoir de protéger le garçon «contre un risque de préjudice irréparable». Il met en demeure la Finlande de payer une indemnisation et de s’assurer que de telles violations de la Convention ne se reproduisent plus.
«Les États doivent toujours s’assurer que les intérêts de l’enfant sont effectivement et systématiquement pris en compte dans le contexte des procédures d’asile, et qu’ils ne sont pas discriminés en raison de l’orientation sexuelle de leurs parents», a commenté Arpi Avetisyan, de l’ILGA-Europe. L’organisation LGBTQ+ a dit espérer que le garçon, âgé aujourd’hui de 10 ans, puisse bientôt revenir s’installer en Finlande pour vivre une «vie heureuse et sûre» avec ses deux mamans.