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Prié de quitter son pays pour ne pas nuire à sa mère, Mark Thatcher avait voulu s’établir à Lausanne dans les années 90. Mais les autorités vaudoises lui ont refusé le permis de résident.
Aujourd’hui, le fils maudit de la Dame de fer est inculpé en Afrique du Sud, pour financement présumé d’une tentative de coup d’Etat en Guinée équatoriale.
«Que puis-je faire pour aider à la réélection de ma mère?», demande Mark Thatcher en 1987. «Une seule chose, quitter la Grande-Bretagne», lui répond sir Bernard Ingham, porte-parole et l’un des principaux collaborateurs de Margaret Thatcher.
Mark Thatcher n’a jamais provoqué que des catastrophes. Recalé trois fois à son diplôme de comptable, il s’est d’abord illustré en cassant des voitures de course, avant de profiter de la situation de sa mère pour empocher des commissions. Notamment sur la vente d’avions de chasse à l’Arabie Saoudite.
En 1991, le fils de Margaret Thatcher débarque en Suisse. Il loue un appartement dans le centre de Lausanne et créé une fondation Thatcher «pour la promotion de la libre entreprise dans les pays de l’Est».
Mais il est déjà soupçonné d’avoir touché un pot-de-vin sur une vente illégale d’équipements militaires à l’Irak de Saddam Hussein. Le canton de Vaud refuse finalement de lui accorder un permis B. Après un an passé en Suisse, le fils du Premier ministre britannique est prié d’aller se faire pendre ailleurs.
370’000 francs de caution
Mark Thatcher s’installe au Texas, épouse la fille d’un milliardaire, et investit dans une compagnie pétrolière, Ameristar Fuels Corporation. «Il m’avait dit qu’il en était le vrai patron, mais que pour des raisons de discrétion, il ne souhaitait pas que son nom apparaisse», raconte E.D.H. (identité connue de la rédaction), un spécialiste de la vente de carburant pour avions.
Etabli aux Etats-Unis, Mark Thatcher continue de se rendre fréquemment en Suisse. «Au moins une fois par mois», se souvient E.D.H., qui est recruté par le fils de la Dame de fer en février 1994.
L’embauche sera de courte durée. Le spécialiste, établi à Lausanne, est débarqué en août 2004, avec plusieurs mois de salaires impayés. Ameristar Fuels Corporation est en faillite, et Mark Thatcher se retrouve accusé de fraude fiscale, de banqueroute frauduleuse, et même d’agression sur l’un de ses associés.
Après la Grande-Bretagne et la Suisse, le fils maudit est contraint de fuir les Etats-Unis. Depuis, on l’avait un peu oublié.
Le 25 août, Mark Thatcher refait parler de lui. Il est inculpé par la justice sud-africaine d’infraction à la loi interdisant toute activité mercenaire. Il aurait financé une tentative de coup d’Etat en Guinée équatoriale, petit pays pétrolier d’Afrique de l’Ouest.
Il a dû payer une caution de 370’000 francs pour recouvrer la liberté et se trouve assigné à résidence en ville du Cap en attendant son procès.
swissinfo, Ian Hamel