Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07004.jsonl.gz/1349

Des chercheurs ont appris à des rats à conduire des mini-voitures
Les mini-véhicules consistaient en une cabine dans laquelle trois barres en fils métalliques correspondaient à trois directions: droite, gauche, et tout droit. Quand le rat touchait l'une des barres, le véhicule se déplaçait dans la direction sélectionnée.
Dix-sept rats – six femelles et onze mâles – ont été entraînés pendant des mois à conduire dans une sorte d'arène en plexiglas de 150 centimètres sur 60. Ils étaient récompensés avec une friandise quand ils parvenaient à faire avancer leur véhicule.
>> Regarder les rats conduire avec succès de petites voitures | vidéo AFP:
Les chercheurs, qui ont écrit dans le journal Behavioural Brain Research, ont eu la satisfaction de voir que les rats pouvaient effectivement apprendre à conduire. Cela démontre notamment que le cerveau de ces petits rongeurs est plus flexible que ce que les chercheurs pensaient jusqu'à présent.
La satisfaction d'acquérir une nouvelle compétence
En réalité, ils se sont aperçus que les rats qui avaient grandi dans ce qu'ils appellent un "environnement enrichi" – un espace plus naturel, grand et complexe – conduisaient bien mieux que ceux qui avaient grandi en cages: "C'était vraiment fou de voir à quel point ils étaient meilleurs", s'enthousiasme Kelly Lambert, coauteure et chercheuse à l'Université de Richmond.
En outre, les excréments des rats, récupérés et analysés, ont montré que, chez tous les rats conducteurs, le niveau d'hormone déhydroépiandrostérone, qui contrecarre le stress, était plus élevé; cela pourrait être lié à la satisfaction d'avoir appris une nouvelle compétence.
Des applications en psychiatrie humaine
Les ratomobiles semblent avoir eu un grand succès auprès des rongeurs. [Kelly Lambert - University of Richmond] Kelly Lambert et ses collègues veulent croire que cela ouvre la voie à des traitements comportementaux en psychiatrie, pour les humains: "Il n'y a pas de guérison pour la schizophrénie ou la dépression", dit-elle.
"Nous sommes en retard, il faut qu'on prenne en compte des modèles animaux différents, des tâches différentes, et admettre que le comportement peut changer notre état neuro-chimique", explique la chercheuse.
Ces tests de conduite pourraient aussi être utilisés pour déterminer s'ils peuvent avoir des effets sur les capacités motrices et la perception spatiale dans la maladie de Parkinson.
Stéphanie Jaquet et les agences
Publié le 24 octobre 2019 à 12:25 - Modifié le 24 octobre 2019 à 12:57