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La justice électorale brésilienne a décidé mardi soir de rouvrir une enquête sur la campagne électorale de la présidente Dilma Rousseff. Cette procédure pourrait éventuellement déboucher sur une annulation de sa réélection en 2014.
Le Tribunal supérieur électoral (TSE) a jugé recevable une des cinq demandes présentées par le Parti de la social-démocratie brésilienne (PSDB), le principal parti d'opposition de droite, dont le candidat Aecio Neves a été battu de justesse par Mme Rousseff en 2014.
"C'est la première fois que la justice électorale ouvre une enquête de ce type contre un président en fonction", ont indiqué à l'AFP des sources du TSE. Cette procédure pourrait déboucher sur un classement, une simple amende ou l'annulation pure et simple du mandat de la cheffe de l'Etat.
Pots-de-vin
Le PSDB dénonce des financements illicites lors des campagnes électorales de Mme Rousseff du Parti des travailleurs (PT, gauche) et de son vice-président Michel Temer (PMDB, centre-droit). Selon lui, ils ont reçu des financements de la part d'entreprises issus de pots-de-vin versés dans le cadre du gigantesque scandale de corruption autour du géant pétrolier public Petrobras.
Mardi, les juges du TSE ont annulé par cinq voix contre deux une décision d'une juge qui, en février, avait classé la demande du PSDB après avoir jugé les preuves trop "fragiles".
Embourbé dans le scandale Petrobras, une double crise économique et politique et au plus bas dans les sondages, le gouvernement est confronté à une autre procédure potentiellement risquée pour Mme Rousseff.
Possible rejet des comptes de l'Etat
Le Tribunal des comptes de l'Union (TCU) doit en principe rendre mercredi un rapport qui, selon les médias brésiliens, préconiserait le rejet des comptes de l'Etat en 2014.
L'opposition accuse le gouvernement d'avoir maquillé les comptes publics de 2014 pour un montant total de 41 milliards de réais (environ 10,2 milliards de francs) et d'avoir eu recours à des organismes publics pour financer des dépenses non budgétées, ce qui est interdit par la Constitution.
Sur la base de ce rapport, il appartiendrait alors, mais probablement pas avant 2016, au parlement de voter un éventuel rejet des comptes de l'Etat, ce qui pourrait servir de base à une procédure d'impeachment. Le gouvernement a saisi le Tribunal suprême d'une demande de récusation pour impartialité du rapporteur du TCU, afin de reporter l'annonce prévue mercredi.
ATS