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Durant les années 1930, les Etats-Unis sont traversés par de grandes réformes sociales. Les photographes utilisent à cette époque énormément d’images dénonçant les dysfonctionnements et la corruption (comme Robert Capa en Chine, voir ci-contre). Ces images étaient vues par un très large public. On distingue alors la sociologie visuelle – même si le terme n’existe pas encore à ce moment-là – par le lieu de ses publications. Les travaux de sociologie visuelle paraissaient dans des revues académiques, notamment dans l’American Journal of Sociology, qui a comporté des illustrations durant une certaine période (cf. Rupture entre sociologie et image), tandis que le photojournalisme se concentre dans des magazines quotidiens ou hebdomadaires comme « Life », dans lequel publiait Robert Capa, ou encore « Look ». Aujourd’hui, le magazine « Life » possède un recensement de plusieurs dizaines de milliers de photographies ayant été publiées depuis les années 1750 et disponible depuis sur Internet : http://images.google.com/hosted/life.
Dans le présent article, je souhaite considérer les prémisses de la sociologie visuelle. Nous avons vu une sorte de première théorisation avec l’article de Becker « Photography and sociology », mais j’aimerais considérer maintenant le début de l’utilisation de l’image en anthropologie, ainsi que l’évolution de la photographie au début du 20e siècle, notamment avec le photojournalisme aux Etats-Unis.