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Il y a quatre ans, Barack Obama avait promis de fermer Guantánamo : il est grand temps qu’il tienne sa promesse. 166 individus demeurent prisonniers du centre pénitentiaire. Nombre d’entre eux sont entrés en grève de la faim pour protester contre cette situation intenable. Cette grève était prévisible, au vu des conditions de détention des prisonniers –sans chef d’accusation et sans procès- depuis onze ans. C’est ce que rapportent les 25 organisations dans leur lettre du 11 avril.
Il est inacceptable que Obama n’agisse pas au sujet de Guantánamo. Les Etats Unis se sont engagés, à travers les différents traités qu’ils ont ratifiés, à respecter les normes internationales en matière de droits humains. Les responsables des attaques du 11 septembre doivent bien entendu être condamnés, et le gouvernement des Etats-Unis a l’obligation de protéger sa population. Toutefois, au lieu de détenir des prisonniers à Guantánamo, le droit pénal doit être appliqué et les autorités civiles de poursuite pénale doivent procéder à des enquêtes.
Le Président Obama doit agir dès à présent, notamment par les mesures suivantes:
- Ouvrir une enquête sur la grève de la faim et s’assurer que personne n’est victime de mauvais traitement. La situation actuelle doit faire l’objet d’une évaluation, cela inclut les fouilles dans les cellules, les rapports tendus entre les prisonniers et le personnel, l’accès aux soins médicaux et les réponses aux questions des prisonniers, de leurs avocats et des organisations de droits humains.
- Relâcher tous les prisonniers qui ne font l’objet d’aucune accusation. Le gouvernement des Etats-Unis a autorisé certains prisonniers à quitter le centre pénitentiaire il y a des années déjà. Cela ne s’est toutefois jamais concrétisé. Ces prisonniers doivent être autorisés à partir en lieu sûr.
- Etablir un plan pour la fermeture de Guantánamo. Le Président Obama doit développer une stratégie qui déterminera de quelle manière la prison doit être fermée. Tous les prisonniers doivent soit bénéficier d’un procès équitable, soit être libérés.
- Contredire le Congrès. Obama doit refuser de signer toute loi qui pourrait renforcer le refus du Congrès de mettre en place des moyens adéquats de transfert des prisonniers vers les Etats-Unis afin d’être jugés ou remis en liberté.
- Cesser d’appliquer le concept sans fin de « guerre globale ». Le Président Obama justifie l’existence de Guantánamo par la conception, fondamentalement fausse, que le monde est un vaste champ de bataille où les droits humains ne s’appliquent pas. Guantánamo ne saurait être simplement remplacé par un autre lieu similaire. Une vraie réforme de la politique de sécurité doit mettre un terme au concept de « guerre globale ».