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C'est un peu l´accord global des vitamines. Moyennant 255 millions de dollars, Roche et cinq autres producteurs sont parvenus à s´entendre avec la seconde fournée de plaignants américains qui les accusent d'entente illicite sur les prix.
Outre Roche, les sociétés concernées sont l'Allemand BASF, le Français Aventis et les Japonais Tadeka, Eisai et Daiichi. En avril, trois anciens cadres de BASF et un de Roche avaient été reconnus coupables d'avoir organisé le partage du marché américain entre les six entreprises depuis 1990, maintenant ainsi les prix des vitamines à un niveau trop élevé.
La plainte collective déposée en 1997 a déjà valu à Roche, premier producteur mondial de vitamines, de verser l'an dernier 1,3 milliard de dollars aux entreprises américaines qui font entrer les vitamines dans la composition de leurs produits.
Le nouvel accord - annoncé mercredi par les intéressés - intervient avec les consommateurs finaux, soit les acheteurs de denrées alimentaires et de nourriture pour animaux vitaminée, qu'il s'agisse de privés, d'hôpitaux ou d'autres services de l'Etat, comme l'armée.
Selon Horst Kramer, porte-parole de Roche, les sommes convenues correspondent à ce à quoi le groupe s'attendait et pourront être puisées dans la cagnotte créée à cette fin, déjà riche de 1,4 milliard de dollars. Par ailleurs, le géant bâlois dit avoir tout mis en œuvre pour éviter que de telles choses ne se reproduisent, notamment en faisant suivre à 7500 de ses cadres un programme de formation sur le respect des lois en vigueur dans les pays où le groupe est actif.
Quant au montant de ces indemnités, Horst Kramer est incapable de dire s'il correspond réellement au préjudice subi. Et de citer une enquête allemande, qui montre que les consommateurs dépensent en moyenne 40 pfennigs par mois pour les vitamines, contre 40 marks pour le tabac ou 25 pour l'alcool.
«Individuellement, les sommes sont minimes, admet le porte-parole du groupe bâlois, mais n'oublions pas que cette entente a duré dix ans et concerne six grosses compagnies. Les montants en jeu sont le fruit de négociations avec les avocats et leur importance doit montrer à quel point nous regrettons ces erreurs».
L'affaire des vitamines n'est pas close pour autant, puisque BASF s'attend à verser encore 80 millions de dollars aux plaignants californiens, en vertu d'un accord qui devrait être finalisé prochainement. En outre, les sommes convenues avec les plaignants des autres Etats s'entendent sans les frais de justice.
Et pour la suite, Roche et les autres devront encore faire face à des procédures ouvertes par des clients en Australie et dans l'Union européenne, procédures qui pourraient déboucher sur de nouvelles amendes, à moins qu'un accord similaire à celui conclu aux Etats-Unis ne puisse intervenir d'ici là.
Marc-André Miserez