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L'aventure de Superphénix
Dans les années 70, le choc pétrolier et la trop grande dépendance énergétique du pays conduisent la France à décider la construction dans l'Isère de la centrale de Creys-Malville, conçue pour produire de l'électricité. Le projet de surgénérateur Superphénix est présenté officiellement le 5 mars 1974 par le premier ministre français Pierre Messmer.
Le premier surgénérateur industriel
D'une puissance de 1220 mégawatts, ce surgénérateur à neutrons rapides (RNR) utilise comme combustible de l'uranium appauvri et du plutonium, des matériaux radioactifs. C'est du sodium liquide -un métal qui s'enflamme au contact de l'air et explose au contact de l'eau- qui assure le refroidissement du coeur du réacteur. En 1995, A Bon Entendeur expliquant le fonctionnement de Superphénix n'hésite pas à vulgariser le propos.
Une levée de boucliers
Dès le lancement des travaux en 1976, le projet suscite des inquiétudes et soulève de fortes oppositions. Le 30 et 31 juillet 1977, une grande manifestation réunissant quelque 60'000 personnes dégénère en violents affrontements avec la police, faisant un mort. La construction de la centrale se poursuivra cependant: Un jour une heure fait le point en 1981.
Après Tchernobyl
Le remplissage en sodium du réacteur est effectué en 1984 et la centrale nucléaire est couplée au réseau électrique le 15 janvier 1986. Le 26 avril de cette année intervient l'accident nucléaire de Tchernobyl: de quoi raviver les craintes des voisins de Superphénix. Alors quels sont les dangers?
Genève manifeste
La ville, éloignée de 70 km seulement du monstre technologique, aura vu de nombreuses manifestations contre Creys-Malville, des défilés parfois hauts en couleur et où les slogans rivalisent d'ironie noire. En avril 1994 encore, alors que Superphénix doit être transformé en réacteur destiné à la recherche, on proteste.
Une série de problèmes
Une année après sa mise en service, en 1987, la centrale nucléaire de l'Isère connaît son premier incident sérieux, une fuite de sodium. C'est le début d'une longue série de défaillances qu'A bon entendeur récapitule en 1995 dans cet extrait d'une émission intitulée Tchernobyl à nos portes.
L'abandon définitif
Depuis l'Appel de Genève - lancé par des scientifiques de l'Université genevoise réclamant en octobre 1978 une alternative au surgénérateur de Creys-Malville -, Genève n'a pas ménagé ses efforts pour obtenir la fermeture de la centrale nucléaire. Ainsi en Suisse le décret ministériel confirmant l'abandon définitif de Superphénix le 2 février 1998 est accueilli avec une grande satisfaction par les opposants de la première heure.
Le démantèlement de la centrale de Creys-Maville débute en octobre 1999, il ne devrait s'achever qu'en 2026.
Marielle Rezzonico pour les archives de la RTS
Publié le 06 février 2018 à 00:00 - Modifié le 07 février 2018 à 17:45