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Le protocole létal de l'Ohio fait appel à trois produits injectés successivement (archives).
KEYSTONE/AP/KIICHIRO SATO(sda-ats)
Un tribunal fédéral de l'Etat américain de l'Ohio a jugé jeudi que le protocole d'injection létale utilisé par les autorités locales pour la mise à mort des condamnés violait la constitution des Etats-Unis. La décision entraîne la suspension sine die des exécutions.
Trois prisonniers devaient être exécutés en février, mars et avril. Le juge est parvenu à sa conclusion au terme de cinq jours d'audiences consacrées au protocole létal de l'Ohio, qui fait appel à trois produits injectés successivement.
Le premier de ces produits, le midazolam, est censé endormir le condamné. Mais cet anxiolytique supposé avoir un effet anesthésiant entraîne "un risque important de grave douleur" chez le condamné, a estimé le magistrat. Le huitième amendement de la constitution américaine bannit les "peines cruelles ou inhabituelles".
L'Ohio avait été le premier Etat américain à utiliser le 16 janvier 2014 le midazolam dans un cocktail lytique inédit. Le condamné ayant reçu cette injection était décédé après 25 longues minutes qui l'avaient vu suffoquer.
Prolongation de la suspension
A la suite de la polémique suscitée par cette "exécution ratée", l'Ohio avait suspendu pendant trois ans ses exécutions, avant de décider en octobre dernier de les reprendre en utilisant toujours le midazolam. La décision du juge revient finalement à prolonger cette suspension.
"Ce jugement place l'Ohio sur la même ligne que d'autres Etats qui ont admis que le midazolam n'était pas une substance adéquate pour pratiquer des exécutions", a commenté Megan McCracken, une spécialiste des injections létales à la Berkeley Law School.
"A diverses occasions des prisonniers ayant reçu du midazolam sont soit restés conscients, soit ont repris conscience et lutté, suffoqué et montré des signes de douleurs et de souffrances", a récemment expliqué cette experte.
ATS