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Université de Berne, Bâtiment principal, Berne
Inventer/découvrir la Suisse. L’helvétisme du 18ème siècle comme laboratoire de la nation
L’helvétisme pré-révolutionnaire de l’Ancien régime tardif apparaît, avec le recul, comme un laboratoire culturel et intellectuel d’où ont émergé les récits nationaux déterminants pour la Suisse du 19ème siècle. Cette manifestation se penchera sur les acteurs et les diverses articulations du discours national au 18ème siècle et évaluera leur influence sur la formation et le développement de l’idée nationale suisse aux 19ème et 20ème siècles.
Tandis que dans les pays voisins, on disserte sur le caractère particulier de chacun des peuples composant l’Europe, en Suisse, au 18ème siècle, les milieux intellectuels et culturels mettent en place les conditions discursives propres à définir un «caractère national», un «sentiment national» spécifiques. Ainsi, on ne compte plus les dissertations savantes, dictionnaires, recueils de poèmes, descriptions topographiques, revues périodiques ou exposés historiques dont les titres se réclament de notions programmatiques telles que «la Suisse», «helvétique» (ou «Schweiz», «schweizerisch», «helvetisch»). En 1761/62, une assemblée réunissant des réformistes progressistes fut fondée à Schinznach ; pour ceux-ci, les particularismes cantonaux et confessionnels devaient être subordonnés à un sentiment patriotique plus général. Significativement, ils choisirent de se regrouper sous le nom de «Société helvétique».
Mais l’helvétisme d’Ancien régime dut se cantonner à la vie intellectuelle et culturelle ; les positions ouvertement apolitiques de ses propagateurs en disent long sur les difficultés structurelles liées à la mise en place du système d’alliance confédéral ; les cantons, jaloux de leur souveraineté, n’étaient pas prêts à s’engager dans des réformes politiques d’importance. Il fallut attendre l’effondrement des aristocraties de l’ancienne Confédération, et les révolutions helvétiques de 1798, pour que l’helvétisme pénètre les institutions politiques et débouche sur l’expérience de la République helvétique, qui eut l’ambition de transformer une Confédération pétrifiée dans ses vices de construction ataviques en un Etat suisse unifié et organisé rationnellement.
L’helvétisme pré-révolutionnaire de l’Ancien régime tardif apparaît, avec le recul, comme un laboratoire culturel et intellectuel d’où ont émergé les récits nationaux déterminants pour la Suisse du 19ème siècle. La manifestation se penchera sur les acteurs et les diverses articulations du discours national au 18ème siècle et évaluera leur influence sur la formation et le développement de l’idée nationale suisse aux 19ème et 20ème siècles.
Série: Une Suisse diversifiée
Conférence en allemand par André Holenstein, suivie d’une table ronde bilingue modérée par Christophe Büchi, avec les intervenants suivants : Prof. Simona Boscani Leoni (UniBE), Prof. François Rosset (UniL), Timothée Léchot (UniNE), Helder Mendes Baiao (UniL).
Université de Berne, Bâtiment principal, Hochschulstrasse, 4 Kuppelsaal.
organisateurs
Une Suisse qui s’invente en puisant chez ses voisins
Article paru dans Le Temps du 6 novembre 2015, « Perspective », p. 14.
Claire Jaquier, Professeure à l’Université de Neuchâtel et Présidente de la Société suisse pour l’étude du 18e siècle, publié dans le Blog de l'ASSH