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Une fois connecté à l'écran de tous les savoirs, à cette ruche au milliard d’yeux reflétés sur un milliard de morceaux de verre, la vérité est difficile à trouver. Pour chaque connaissance acceptée, je rencontre son questionnement. Chaque fait a son contraire. L’hyper connexion de l'Internet met en évidence les faits aussi bien que leurs contraires. Certains contrefaits sont stupides, certains sont limites et d’autres valides. Je ne peux plus compter sur des experts pour valider les faits, car pour chaque expert, il existe un contre-expert. Ainsi tout ce que j'apprends est soumis à l’érosion continuelle de ces contrefaits omniprésents.
Ironiquement, dans une ère de connexion mondiale instantanée, ma certitude à propos de tout diminue. Plutôt que de recevoir la vérité d'une autorité, je dois assembler ma propre certitude du courant qui coule au travers d'Internet. La Vérité, avec un V majuscule, devient vérités plurielles. Je dois trier les vérités non seulement à propos de ce qui m'importe, mais aussi de tout ce qui me touche, y compris de ce dont je n’ai aucune idée. Cela signifie que je dois constamment remettre en question ce que je pense que je sais. Nous pourrions considérer cet état parfait pour l'avancement de la science, mais cela signifie aussi que je suis susceptible de changer mon avis pour de mauvaises raisons.
Connecté au réseau des réseaux, je sens que je suis moi-même un réseau qui cherche la fiabilité à partir de pièces peu fiables. Et dans ma quête pour assembler des vérités de demi-vérités, d’hérésies et de quelques nobles vérités perdues dans ce flux, je me trouve attiré par des moyens fluides de pensée (scénarios, croyances provisoires, pressentiments subjectifs) et vers les milieux fluides de la recherche Internet. Et comme je coule au travers cette toile glissante d'idées, cela ressemble souvent à un rêve éveillé.
18/9/2016
Nos vies sont bien plus complexes qu’il y a même cinq ans. Nous devons faire attention à bien plus de sources pour faire notre travail, pour apprendre, pour être parents ou même pour nous divertir. Le nombre de facteurs et de possibilités auquel nous assistons chaque année augmente de façon exponentielle.
Ainsi notre état d'apparente distraction permanente et le fait de passer sans cesse d'une chose à une autre ne sont pas des signes d'un désastre, mais ceux d’une adaptation nécessaire à notre environnement actuel. Google ne nous rend pas plus bêtes. Nous devons plutôt surfer le web de manière agile pour rester attentifs aux choses nouvelles.
Nos cerveaux n’ont pas évolué pour faire face à cette myriade de stimulus. Ce monde est au-delà de nos capacités naturelles et nous devons donc compter sur nos machines pour interagir avec lui. Nous avons besoin d'un système de filtrage de filtres en temps réel pour fonctionner dans l'explosion d'options que nous avons créées.
Il existe de ces choses impossibles en théorie, mais possibles en pratique. Et une fois confronté au fait que cela fonctionne, on change sa perception et on se demande ce qu’il y a d’autre d'impossible en théorie qui pourrait fonctionner en pratique.
Au cours du temps, j’ai accepté des idées que je pensais impossibles, mais qui se sont avérées être de bonnes idées en pratiques. Alors avant de dire : « Impossible ! » Je dis : « Voyons voir ! »

déconstruire les expériences humaines pour apprendre, comprendre et apporter des solutions.
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Juin 2020