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20/06/2013
Mœurs et coutumes de l'Angleterre sous les Stuart
Cette période, se distingue pour la beauté et l'abondance de son ameublement domestique. Pour le goût, l'élaboration de ses gravures et sa décoration somptueuse, elle reste inégalée. L'architecture privée ne change guère, si ce n'est par ses nombreux incendies, tel celui de Londres en qui incite à construire en pierre et en briques en abandonnant le plus possible le bois (1610). Cette modification voit graduellement disparaître les projections et les colombages. Les hobereaux ruraux occupent de vastes immeubles qui gardent l'apparence de châteaux et ils continuent à, fièrement, s'entourer d'une foule de domestiques. Jacques I dépense 100.000 £, annuellement, pour l'entretien de sa maison, seulement. Dans les districts des comtés, le vieux cérémonial d'état est préservé. L'influence des mœurs françaises, si dommageable à la cour, y est peu ressentie. Les gaietés, l' extravagance et l'indulgence charnelle tentent un grand nombre de jeunes nobles, ils s'expatrient à la ville et négligent leurs propriétés campagnardes. Ce qui réduit grandement leurs revenus. Plus les puritains se montrent rigides en s’élevant contre l'efféminisation du temps, plus les chevaliers et courtisans se précipitent en des extravagances de n'importe quel type. La rudesse des manières caractérise les deux sexes, L’ivrognerie et la dissipation prévalent à la cour. Les dames se mettent au maquillage, portent des visières pour cacher leurs visages. La mascarade et l'échange de robes sont partout très communs. Rochester et Buckingham donnent le ton de tels travestissements, la grossièreté et le jeu ruinent les réalisations en manière de politesse et les dame de qualités prennent rang dans les tavernes, souvent théâtres des désordres et des bagarres les plus sauvages. A l'exception de l'élégant costume Vandyke (comme le peintre), qui est celui d'un cavalier espagnol, la vesture de la période se trouve en accord avec la licence et l'anarchie des mœurs, en particulier sous Charles II. Les dames trouvent leurs délices dans les fards et les hautes coiffures des temps élisabéthains. Les broderies, lisières et garnitures suggèrent l'immodestie. Elles poudrent leurs cheveux, s'affublent de perruques à la mode des hommes et de hauts chapeaux coniques. Les hommes portent des gilets croisés matelassés, des culottes pareilles qui ressemblent à des pantalons noués de lacets aux genoux. La chemise est entièrement exposée par dessus. La restauration se débarrasse des contraintes imposées par les puritains. Non seulement les théâtres rouvrent, mais les actrices sont introduites, contrairement aux coutumes précédentes, les gens de scène n'ont plus besoin des nobles pour patronner leur entretien. La cour semble instituée afin d'encourager les passe-temps et les loisirs. Les courtisans et les rivalités divise son attention, pas de sports assez cruels ou grossiers pour se trouver remis à l'honneur, même les combats de chevaux et de mâtins. Un age sans religion est celui des superstitions, deux d'entre-elles, en particulier, le toucher du mal par le souverain et la persécution des sorcières. On appointe régulièrement des chasseurs de sorcières et l'un d'entre eux, Hopkins, voyage dans tout le pays et teste toute accusée par l'antique épreuve de l'eau. Si elles flottent, elles sont coupables, donc exécutées et si elles se noient, leurs innocence est déclarée.
L'éducation est négligée, peu de choses a part le latin et le grec. Les étudiants aux universités sont largement infectés par la dissolution des mœurs. Un signe de progrès apparaît néanmoins par l'établissement de libraires ambulantes. La sûreté publique est mise en péril par le caractère batailleur des gens de club, par les apprentis des villes et par les routiers qui errent sur les chemins. Les membres de ces bandes doivent jurer de s'aider mutuellement au premier appel. Les querelles entre partis sont si fréquentes qu'elles appellent l'intervention militaire. S'il est hasardeux de s'aventurer dans la rue durant la journée, la nuit est réellement dangereuse, même armé. Les grandes rues de Londres ne sont éclairées que du crépuscule à neuf heures du soir par des lanternes personnelles accrochées à chaque porte des citoyens (1415). Les enfants sont couramment enlevés dans la rue et vendus comme esclaves pour l'agriculture. Les crimes de tous ordres grandement facilités par l'état des rues, étroites, sombres et pleines de rebuts. L'usage de la rapière et de la dague qui prend la place des vieilles armes de tournoi des temps féodaux, mènent à de fréquentes querelles, d'après la mode du duello à l'italienne, s'exécutent sur place devant la foule. La familiarité avec la France produit l'égarement des valeurs morales,tandis que les relations avec la Hollande permettent d'importantes améliorations de l'agriculture et des jardins. Les marais sont drainés. Beaucoup de fruits (1530,1540,1548,1553,1563) et de légumes, auparavant importés,croissent désormais en Angleterre. Le pain de blé s'obtient plus facilement. La viande fraîche devient plus abondante. Le café et le thé (1641,1660) remplacent, comme boissons, la bière et le vin à chaque repas.
Le transport commercial est aux mains du hollandais, son intention : faire d'Amsterdam, la plus grande réserve d'importation de l'Europe. C'est à cette époque que commence le négoce de l'Inde sous la Compagnie des Indes, son stock s'évalue à 203% en 1617. La pèche à la baleine du Groenland est florissante et le commerce de charbon occupe 400 bateaux en plus des vaisseaux étrangers. Les importations représentent un vingtième de ce qu'elles sont en 1871. De nouvelles lignes de commerce naissent de la colonisation de l'Amérique, en particulier dans le domaine du tabac (1565). En 1638, l'Angleterre est assurée du commerce de Venise et d'une grande portion de celui de l'Espagne et du Portugal, qui fournit ces pays et d'autres en produits étrangers et domestiques. Une idée de l'état du pays peut s'exprimer par les faits que les hardes de cerfs errent dans le voisinage immédiat de Londres. Parmi les animaux sauvages tels l'ours, le loup, le taureau, le blaireau , la martre et le daim continuent à exister à l'état endémique. Tout comme l'aigle et l' épervier, en grande abondance.
L'attouchement pour le « mal du Roi », coutume qui date d’Édouard le Confesseur, se perpétue jusqu'en 1714, repose sur la supposition que les rois légitimes d'Angleterre détiennent le pouvoir miraculeux de guérir la scrofule. Il est dit que Charles II imposa les mains à 92.107 malades, lesquels furent presque tout guéris, d'après le témoignage du médecin royal. La reine Anne publie aussi l' intention de sa présence à la même cérémonie (1712). Á l'époque de Charles II, les patients sont menés au trône de White-hall par le médecin de cour où ils s'agenouillent devant le souverain qui leur touche la face tandis que le prieur répète les mots : « Il a porté ses mains sur eux, ils sont guéris » Une pièce d'or, appelée « ange » suspendue à un ruban blanc est placée au cou de chacun d'eux par le roi, qui prononce les mots, « C'est la vraie lumière venue au monde ». Le service se termine par un épître et des prières aux malades.Les foules se précipitaient pour obtenir un ticket d'admission Lors d'une de ces occasions, plusieurs personnes furent écrasées et moururent.
Source: Reed's manual of systematic history,Jarrold & Sons, 12 Paternoster Row, London 1871