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Michael Bourke de M&G estime que les actions des marchés émergents vont rattraper leur retard.
M&G est optimiste quant aux perspectives des actions des marchés émergents (EM) même si en 2019, elles ont sous-performé celles des marchés développés pour la deuxième année consécutive: «Compte tenu de la récente divergence des performances et des valorisations relatives, nous pensons que les rendements potentiels des actions émergentes au cours des prochaines années devraient être supérieurs à ceux des marchés développés», estime Michael Bourke, gérant d’un fonds EM chez M&G.
La guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine qui dure depuis un an commence à affecter les économies manufacturières et exportatrices de certains pays émergents comme la Corée du Sud. «Malgré des signes de ralentissement de l'activité économique dans le monde, nous ne croyons pas qu'une récession soit imminente. Les décideurs politiques du monde entier, sous l'impulsion de la Réserve fédérale, ont réagi rapidement à la situation et ont pris des mesures de relance pour contrer un ralentissement», estime Michael Bourke. Dans l'ensemble des pays émergents, les banques centrales ont baissé les taux d'intérêt, parfois jusqu'à des niveaux bas jamais enregistrés. «Il s'agit d'une réponse encourageante à l'environnement macroéconomique difficile», poursuit-il.
La surperformance des marchés développés s'explique en grande partie par la progression continue des actions américaines. L'indice S&P 500 a surmonté les craintes d’une guerre commerciale pour atteindre cette année de nouveaux sommets. «Notre optimisme s'explique par la nature incroyablement variée des valeurs des marchés émergents. Au cours des dernières années, nous avons assisté à une véritable polarisation», souligne Michael Bourke.
entraînant une sous-performance importante.
Concernant la répartition géographique de son fonds, les marchés développés sont pourtant surpondérés: «Il s'agit d'un petit nombre de titres cotés sur les marchés développés, même si la majorité de leurs actifs et revenus proviennent des marchés émergents. Mais nos marchés privilégiés restent le Mexique, la Russie et la Corée du Sud avec les surpondérations les plus fortes», explique-t-il.
«Le Mexique est un marché qui nous intéresse de plus en plus car l'année dernière, il y a eu un changement de leadership avec l’élection du nouveau président Lopez Obrador qui s'est engagé à faire passer des réformes», détaille-il. Malheureusement, Lopez Obrador n'a pas tenu ses promesses de réforme préélectorale. Les investisseurs sont devenus très pessimistes sur le marché mexicain entraînant une sous-performance importante qui a permis au gérant d'acheter des titres perçus avant les élections comme trop chers. «La Russie et la Corée du Sud sont deux marchés qui se traitent avec une décote par rapport à l'univers plus large des marchés émergents», rajoute-t-il.
Son approche de gestion est axée sur les titres de valeur. «Nous trouvons la plupart des opportunités dans les secteurs les moins chers, ce qui signifie que nous avons des allocations plus importantes vers les secteurs les plus cycliques du marché, comme les valeurs financières, technologiques et industrielles», relève Michael Bourke.
Sur tous les principaux marchés émergents, Michael Bourke a observé un comportement de moutons de Panurge, car les investisseurs peu enclins à prendre des risques ont afflué vers des actions offrant des perspectives de croissance fiables et délaissé celles de valeur. «Le marché est extrêmement polarisé. La surperformance des actions de croissance a caractérisé la reprise boursière mondiale depuis la crise financière. Mais la performance des différents styles a été dictée par le sentiment plutôt que par les fondamentaux. Une grande partie des rendements des actions de croissance va être réévaluée», estime-t-il.
A noter qu'en dépit de la sous-performance des actions de valeurs, elles ont enregistré des rendements positifs au cours des cinq dernières années. Or, les gains des cours accompagnés de baisses des multiples de valorisation signifient que le rendement a été obtenu grâce à une solide croissance des bénéfices. «Les actions de croissance se négocient avec des primes records par rapport à celles de valeur. Mais la croissance excédentaire des bénéfices des titres de croissance par rapport à ceux de valeur a diminué au cours de la dernière décennie. Donc la prime de croissance des bénéfices sur les actions de valeurs n’a jamais été aussi faible en plus de 20 ans», conclut-il.