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Dans nombre de lacs suisses de moyenne et haute altitude, l’eau est brassée de la surface jusqu'au fond au printemps et en automne. Ce brassage vertical influence de nombreux processus chimiques et écologiques.
L’eau de surface riche en oxygène et pauvre en nutriments se mélange à l’eau pauvre en oxygène et riche en nutriments du fond du lac. Ce phénomène équilibre la température du lac jusque dans les couches profondes.
En hiver et en été en revanche, l’eau des profondeurs est séparée de la surface par une stratification stable de la température. Les écosystèmes des lacs et l’ensemble de la chaîne alimentaire, du plancton au poisson, sont habitués à ces variations saisonnières,
L'étude prend en compte 29 lacs suisses situés à des altitudes comprises entre 193 et 1797 mètres.
Lacs de moyenne altitude menacés
Si le climat se réchauffe de plus de 2°C, de nombreux lacs de moyenne altitude sont menacés de perdre leur couverture de glace hivernale au cours du XXIe siècle. C'est le cas par exemple pour le Lac de Joux (VD) ou celui du Klöntal (GL).
Moins de glace entraîne un échange vertical plus intense entre les eaux de surface et les couches profondes, empêchant ainsi la formation d’une stratification stable et raccourcissant par conséquent sa durée.
Habitats transformés et cyanobactéries
En été en revanche, la durée de la stratification stable s’allonge, augmentant le risque d’un manque d’oxygène dans les eaux profondes. Par ailleurs, la stratification prolongée estivale peut favoriser la croissance des cyanobactéries toxiques.
De nombreux lacs de moyenne altitude pourraient donc passer d’un régime de deux brassages de l’eau profonde par an à un régime avec un seul brassage annuel. Des transformations de ce type sont lourdes de conséquences sur l’accumulation de chaleur des lacs et la répartition de l’oxygène et des nutriments.
Les habitats de nombreux animaux aquatiques pourraient être profondément modifiés, car l’eau se réchauffe alors par la surface et l’oxygène reste peu présent en profondeur.
Selon tous les scénarios climatiques, les lacs de haute altitude, tel le lac de St-Moritz (GR), situé à 1768 mètres, conserveraient deux brassages annuels, du moins pour le XXIe siècle. Une couche de glace continuera à s'y former, permettant de préserver un brassage vertical semestriel
ats/cab