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Un ménage sur cinq en Suisse (un sur trois en Ville de Genève) n'a pas de voiture, et un tiers de ces " ménages sans voiture " y ont renoncé pour des raisons de principe (défense de l'environnement, qualité de vie). En 2005, les " sans voiture " représentaient 29 % de la population suisse en âge et en état d'avoir le permis de conduire, et 43 % de cette population dans les cinq " grandes " villes de suisse (50 % à Bâle). Quant à ceux qui s'accrochent à leur bagnole, ils dépensent en moyenne suisse pour elle 265 francs par mois, soit le double de ceux qui s'en passent dépensent pour leur mobilité. A Genève, une initiative populaire en faveur de la " mobilité douce " est lancée : elle vise au développement des pistes cyclables, des stationnements pour vélos et des cheminements piétonniers. Cette initiative est à soutenir. Reste que selon une étude de l'institut " Interface ", la plupart de ces " objecteurs de bagnole " sont des personnes avec un haut niveau de formation et un bon revenu, ce qui suggère qu'une bonne partie des automobilistes sont socialement contraints de l'être, et que seule une action politique volontariste en faveur des transports publics et, à terme, de leur gratuité, peut offrir à toutes et tous une réelle liberté de choix : comment en effet se rendre à son travail quand on travaille de nuit et qu'on habite à vingt kilomètres de là où on travaille ?
Ecologie Potemkine
Quant tout semble s'effondrer autour de vous, les marchés et la bourse, les banques et le secret bancaire, les rentes, le luxe, le calme, la volupté et la pureté de la race, il est bon que quelques rites récurrents nous rappellent à quelques permanence, fussent-elles celles de la connerie et du consumérisme moutonnier. Dans un monde en dérive, accrochons-nous donc au Salon de l'auto printanier comme un sautier à son marronnier, et prenons les postures pseudo-écologiques des marchands de bagnoles pour autre chose que les contorsions d'une girouette se plaçant dans le sens du vent. Les bagnoles électriques produisent certes moins de gaz à effet de serre que les bagnoles à essence. Mais d'où provient l'électricité qu'elles consomment ? Et comment sont-elles produites, et avec quoi, ces bagnoles ? de plus, on ne voit pas qu'elles encombrent moins l'espace public (voies de circulations comprises). On voit fort bien en revanche qu'elles commencent sérieusement à encombrer l'espace publicitaire : il n'est plus de marque automobile qui ne tente de se faire passer pour l'avant-garde de l'écologie, en même temps que les industries automobiles font le siège de leurs gouvernements respectifs pour en obtenir les milliards nécessaires à leur sauvetage. Le monde se porterait-il plus mal sans General Motors ? Et c'est ainsi que l'industrie automobile se pare de " développement durable ", reprenant du prince Potemkine la bonne vieille méthode du décor dressé devant la grise réalité pour la celer au regard de la Tsarine -ou, s'agissant des bagnoles, du client potentiel, dont on suppose avec quelque optimisme qu'il pourrait être titillé par un soupçon de mauvaise conscience écolo ou, à défaut de conscience, bonne ou mauvaise, de quelque compétence en calcul -celui du temps et de l'argent perdus à se déplacer en bagnole.