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Masahilo Nakazono Sensei a voué sa vie entière (1918 - 1994) à poursuivre sa quête de la vérité.
Cette quête l'a amené à approcher la perfection dans arts martiaux traditionnels japonais ; à vivre des années de pratiques spirituelles rigoureuses ; et à tester, questionner et perfectionner pendant des décades tous les aspects des thérapies orientales traditionnelles.
Son cheminement l'a conduit auprès de Maître Ueshiba, en quête de la maîtrise de l'Aikido ; auprès du Professeur Ohsawa, dans la pratique de la Macrobiotique ; auprès de Maître Sakai, grand guérisseur par les mains ; et auprès de Maître Ogasawara, qui le guida à travers la compréhension du principe de Kototama.
|JEUNESSE|
|(1918 - 1938)|
Masahilo commença l'étude du Kendo à l'âge de six ans. Lorsqu'il se retira, il avait atteint le grade de 7eme Dan. Jusqu'à l'âge de 10 ans, il commença à se concentrer sur la pratique du Judo et commença des études professionnelles intensives à l'âge de 14 ans.
En 1933, il obtint sa ceinture noire en Judo, et une année plus tard, commença un apprentissage de deux ans dans l'étude et la pratique de l'Acupuncture avec le Docteur Juzo Motoyama à Nagasaki.
En 1938, âgé de 25 ans, il reçu sa licence de "Bone-setter" (littéralement "remetteur/replaceur d'os), une spécialité osthéopathique dans la réparation et la manipulation structurelle du corps, accessible uniquement aux instructeurs de Judo 3eme Dan ayant reçu un rigoureux entraînement spécifique en ce domaine.
|MACROBIOTIQUE ET THERAPIE MANUELLE|
|(années 50 - 60)|
Au cours des années 50, un professeur nommé Georges Ohsawa développa des idées nutritionnelles intéressantes qui furent connues sous le nom de "Macrobiotique". L'association de Nakazono avec le professeur Ohsawa commença en 1950, et ils furent en relation très proche pendant une dizaine d'années. En 1955, Nakazono quitta le Japon et partit en Inde où il fonda l'Institut Universel. Là, il soignait les maladies physiques et mentales en utilisant le système d'Ohsawa. Il pratiqua ainsi pendant trois ans. De retour au Japon, il fut introduit auprés du maître renommé de thérapie manuelle Sakai Senseï. Maître Sakaï enseigna à Nakazono sa propre méthode : "Te a te" (Traitement par la main de l'Esprit) et continua à le guider jusqu'à sa mort. C'est Maître Sakaï qui reçu progressivement l'esprit de la forme finie de Jizo Bosatsu. Ce traitement par l'esprit conduit Sakai Sensei à des méthodes uniques de diagnostics et de traitements.
|RENCONTRE AVEC LE KOTOTAMA|
|(années 60 - 70)|
Il pratiqua ensuite l'Aïkido avec son fondateur, Maître Morihei Ueshiba. Au cours des années 60, il fut désigné par ce dernier pour être le représentant en Europe et en Afrique du Nord de la Fédération Mondiale d'Aïkido, et le Directeur Technique de la Fédération Européenne d'Aïkido.
Nakazono fonda le premier dojo hors du Japon en 1958, à Singapour. En 1960, il devint consultant en arts martiaux pour le gouvernement du sud Vietnam.
Ce fut Maître Ueshiba qui l'introduisit au principe de Kototama, disant que ce dernier était la fondation des principes de l'Aïkido. Toutefois, l'enseignement du Kototama donné par Maître Ueshiba semblait pour Masahilo Nakazono être très théorique et métaphysique, Ueshiba utilisant les métaphores et les symboles traditionnelles de la pensée du bouddhisme Mikkyo ainsi que de l'Omoto-Kyo pour transmettre sa vision du "Monde Unifié" par le principe de Kototama.
Il lui faudra chercher par lui-même, et attendre encore quelques années avant de rencontrer le Maître Ogasawara, qui lui transmettrait une vision plus accessible et compréhensible du principe de Kototama. Il étudia avec lui pendant 6 ans (de 1963 à 1969) recevant de ce grand maître la quintessence du principe de Kototama Futomani..
Nakazono émigra en France en 1962, à Marseille, où il reprit le dojo d'Abe Senseï (arrivé en 1952). Puis lorsque Tamura Senseï arriva en France (en 1964), Nakazono Senseï lui laissa le dojo de Marseille et partit pour Paris la même année, où il créa l'Institut Kan Nagara et commença à entraîner des étudiants européens à l'Aïkido et aux techniques de thérapie.
Il enseigna également le Kototama à un très petit nombre de disciples français, à Paris, jusqu'en 1972, année de son départ pour les Etats-Unis. Lorsqu'il quitta la France, il avait participé à la formation de 40 000 étudiants européens en Aïkido et d'élèves praticiens en thérapie naturelle. Face au nombre impressionnant d'élèves formés par lui en ces disciplines, on peut s'étonner de compter seulement trois disciples ayant réellement reçu une transmission du principe de Kototama (Jean-Claude Tavernier, Pierre Molinari, et Fabien Maman). L'interview suivante d'un grand aikidoka français, Christian Tissier, nous éclairera sans doute sur ce paradoxe :
ATM : D’autres élèves ayant étudié avec Maître Nakazono m’ont dit qu’il était très strict. Gardez-vous également le même souvenir de lui ?
C. T. : "De mon point de vue actuel, Me Nakazono était un maître très très important. Je ne me rappelle pas s’il était strict. Je me rappelle juste qu’il avait un charisme hors du commun. Maître Nakazono avait étudié de nombreux arts martiaux, y compris le Judo et le Karaté. Je ne pense pas qu’il pratiquait l’Aïkido depuis très longtemps, mais il semble que O-Senseï avait confiance en lui — et peut-être en son aptitude à entretenir les relations humaines. Me Nakazono fut un très bon ambassadeur de l’Aïkido.
L’enseignement de Maître Nakazono, c’était 50% d’Aïkido et 50% de spiritualité. Mais quand vous choisissez d’étudier l’Aïkido, vous choisissez une activité physique; autrement, vous choisiriez la peinture ou la méditation. En premier lieu, vous devez pétrir votre corps, comme du pain, afin de " sentir " l’art. Quand vous avez 16 ou 17 ans, il vous en faut plus que d’entendre que l’Aïkido, c’est l’amour; cela ne signifie rien pour vous. C’est pour ça que je suis allé au Japon. "
On comprend, à la lecture de cet extrait d'interview, pour quelle raison peu d'élèves d'O Senseï tout d'abord, puis de Nakazono Senseï ensuite, reçurent la transmission du Kototama : non pas parce que les Maîtres pensaient que cette dimension était trop précieuse et trop ésotérique pour leur être transmise, mais tout simplement parce qu'ils voyaient que leurs élèves, à cette étape de leur pratique et de leur cheminement personnel, n'étaient tout simplement pas intéressés par cela, "la vision du coeur" n'étant pas ouverte...
L'étude du principe de Kototama commença réellement pour Masahilo Nakazono lorsqu'il rencontra Ogasawara Senseï. Bien que son professeur soit au Japon, et lui en France, l'effet de ses études et de la correspondance entre son maître et lui transformèrent totalement sa vie (pensées, parole, Aïkido, travail thérapeutique) : toutes les dimensions qu'elle comportait subirent une importante transformation.
"Méditer sur Kototama" se transforma en "vivre Kototama"...
Les mouvements de l'Aïkido changèrent, ses points de vue changèrent, sa compréhension des thérapies naturelles changea, et leurs applications prirent à ses yeux une signification entièrement nouvelle.
Sa décision d'établir un centre d'enseignement à Santa Fe (Nouveau Mexique) découla d'une visite de six mois aux U.S.A.
En 1972, il arriva à Santa Fe, ouvrit une clinique médicale et un Dojo et commença à enseigner l'Aïkido et la Médecine Orientale en tant que manifestations du Principe de Kototama. Des conférences hebdomadaires sur le Principe de Kototama commencèrent et des efforts quant à sa diffusion furent mis en oeuvre. En janvier 1973, les patients de Nakazono Senseï introduisirent un acte sur la pratique de l'acupuncture au sénat de l'état du Nouveau Mexique : ce fut la première législation sur l'acupuncture dans tous les Etats-Unis.
Ses capacités de guérison devinrent grandement renommées, et il fut nécessaire pour lui de demander à son fils, Katsuharu K. Nakazono Sensei, de venir à Santa Fe pour l'assister. Son fils, qui était lui aussi un maître haut gradé en Aïkido et un acupuncteur, arriva à Santa Fe en 1974.
Entre 1977 et 1985, lui et son fils ont traité près de 4000 patients venant de tous les Etats-Unis et d'autres continents afin de rechercher ses méthodes uniques de traitement. Comme sa liste d'attente s'allongeait de jour en jour davantage, et qu'il fallait attendre deux mois au minimum avant d'être vu par lui ou son fils, il fut décider d'enseigner la "Médecine de Vie du Kototama" de façon formelle. La première classe du Kototama Institute, l'Institut du Kototama, commença sa formation fin 1978.
L'Institut de Kototama dispense un enseignement formel sur les thérapies manuelles ainsi que sur les bases de l'acupuncture traditionnelle, un programme clinique sur la Médecine de Vie (Inochi Medecine) pour les diplômés du premier cycle d'enseignement, ainsi qu'un programme d'études sur 10 ans à l'attention de ceux qui veulent devenir Docteurs en "Kototama Life Medecine". Nakazono Senseï a continué à perfectionner son enseignement au fur et à mesure de l'approfondissement de sa compréhension et de son expérience. Il a nommé son résultat final "Kototama Life Therapy" : c'est une thérapie spirituelle, basée sur le fait que c'est l'essence de l'humain qui réalise le travail de guérison.
Nakazono Senseï a été consultant pour la fédération d'Acupuncture d'Hawaï, et grandement lu dans les revues spécialisées en thérapies au Japon, et il est venu en France en 1985, sur l'invitation de l'Association Française des Ostéopathes et de l'Association Française d'Aïkido, en tant que conférencier invité.
En 1984, la ville de Santa Fe lui a remis la distinction de "Trésor Vivant de Santa Fe". Au cours de la session législative de 1985, le Sénat de l'Etat du Nouveau Mexique l'a honoré en lui remettant la distinction de la "Réalisation Exceptionnelle", "pour avoir inspiré et conduit le passage de la législation sur l'Acupuncture au Nouveau Mexique, pour avoir établi des écoles et pour sa pratique professionnelle et sa transmission de l'acupuncture dans l'état depuis 1972".
|RETOUR A LA SOURCE DU PRINCIPE DE KOTOTAMA|
|(années 80 - 90)|
Nakazono Senseï est revenu pratiquement tous les ans en France, de 1972 jusqu'en 1990, pour continuer à enseigner à ses disciples français.
En 1989, il vécut une expérience très particulière en se rendant en Bretagne.
"Lorsque je suis venu en France en 1989, je suis allé voir les mégalithes de Belle-Ile et de Carnac. Ces pierres dégageaient une vibration très puissante, aussi puissante quand je les regardais de loin que quand je les touchais. C'était comme le réveil d'un ancien souvenir. J'ai senti les esprits des anciens Celtes qui me parlait..."
"...j'ai le sentiment qu'à l'origine, les Celtes n'étaient pas une nation à part. Ils étaient simplement les émissaires du Principe de la Vie. Le nom de Celtes qu'on leur donna est relié en japonais à celui de 'seito'. Dans le langage Yamato, 'Sei-jin' signifie un 'pur', homme-dieu ou grand-prête. Les Seito dirigeaient un monde qui ne les comprenait pas, et leur nom prit une connotation religieuse qui subsiste dans les mots de 'saint'. Le terme devint également la racine du nom de 'Celte'..."
Jusqu'à sa mort, en 1994, Masahilo Nakazono poursuivit sa quête du Principe de Vie, et continua de l'enseigner, en affirmant toujours sa profonde conviction en le fait que Kototama n'est pas un principe appartenant à une seule culture, mais qu'il est le Principe originel du Vivant qui a animé tous les enseignements de toutes les traditions. En refaisant le lien avec la terre Celte, Nakazono Sensei a contribué à réactiver, dans la Lumière de Kototama, l'alliance entre les égrégores des peuples orientaux et occidentaux, dans l'unité du Principe de Vie...
A travers ses cours, ses patients et ses disciples, Nakazono Sensei a appelé le monde à étudier sérieusement le Principe de Kototama, car selon lui, ce principe s'adresse à toute l'humanité : il est le message de la Vie en action...
Puisse-t-il ici être remercié pour le chemin qu'il a tracé, et que d'autres pourront suivre, vers l'Unité retrouvée, dans la Voie du Son...
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