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Une usine électrique sur la Venoge vers la fin du 19ème siècle
Vers 1896, Louis Huguenin (1872-1931), un industriel de la Sarraz et son cousin Emile projettent et construisent une usine électrique sur le cours de la Venoge, un peu en dessus de la Tine de de Conflens, en dessous de Ferreyres, près du confluent du petit ruisseau de la Voualève.
Édifiée sur la rive gauche de la rivière, elle se trouvait donc sur le territoire de la commune de Chevilly.
Dans la genèse de cette usine il faut aussi noter en 1896 le rachat d'une concession sur la Venoge à Daniel Michaud qui exploite un atelier près de l'actuel café de la Tine.
Ce dernier touchera cinq mille francs, plus l'énergie électrique nécessaire à son atelier.
En outre, il sera chargé de la surveillance nocturne de l'usine pour un salaire de fr.1200 par an.
Mais il semble qu tout ne fut pas très simple entre La Société électrique de la Venoge et Daniel Michaud comme le montre le document suivant.
Mais j'ignore la cause du différend.
Édifiée sur la rive gauche de la rivière, elle se trouvait donc sur le territoire de la commune de Chevilly.
Dans la genèse de cette usine il faut aussi noter en 1896 le rachat d'une concession sur la Venoge à Daniel Michaud qui exploite un atelier près de l'actuel café de la Tine.
Ce dernier touchera cinq mille francs, plus l'énergie électrique nécessaire à son atelier.
En outre, il sera chargé de la surveillance nocturne de l'usine pour un salaire de fr.1200 par an.
Mais il semble qu tout ne fut pas très simple entre La Société électrique de la Venoge et Daniel Michaud comme le montre le document suivant.
Mais j'ignore la cause du différend.
Convocation à une Assemblée générale extraordinaire le 27 octobre 1905
Le petit pont de la route de Chevilly sur la Venoge
Les cartes Siegfried de 1903 à 1912 notent précisément l’emplacement de cette usine.
Carte Siegfried avec l’usine notée en dessous de Ferreyres
Le livre retraçant l’histoire d’Eclépens signale que, le 26 mars 1896, la Municipalité préavise favorablement et à l’unanimité à une demande de M. Huguenin à La Sarraz pour établir la lumière électrique dans la localité. Le 8 décembre le Conseil général donne son accord pour l’installation de l’électricité et aussi du téléphone qui sera installé à l’Auberge communale.
L’inauguration de l’éclairage public eut lieu le 3 décembre 1897 :
« Toute la localité a salué avec satisfaction ce nouveau mode d’éclairage qui ne laisse rien à désirer tant pour la bonne lumière que pour l’installation. »
Deux ans plus tard, le 11 février 1899, la Gazette de Lausanne donne le compte rendu suivant de l’Assemblée générale de la Société :
La Sarraz.- La Société électrique de la Venoge a eu le 21 janvier son assemblée générale.
Le rapport présenté par le Conseil d’administration constate ce qui suit :
Les espérances des fondateurs de la société se sont réalisées. Une partie du district a été fournie en de lumière électrique et de forces motrices à des conditions avantageuses pour les abonnés. L’amortissement des installations a été assuré. Un intérêt normal a été payé aux capitaux engagés dans l’entreprise, toute idée de spéculation étant écartée les prix auxquels la société livre l’énergie électrique sont des plus bas.
Le coût des installations existantes au 30 septembre s’est élevé à 243'863 fr.25. Une somme de 16'200 fr est prévue pour l’achèvement du réseau. Le prix d’installation s’élèvera à une somme de 260'000 fr.
A cette somme viendra s’ajouter l’établissement d’une machine à vapeur de la force de 150 chevaux devisée à 40’00 francs.
Cette machine est destinée à suppléer à la force hydraulique pendant les périodes de sécheresse et à remplacer complètement les turbines si un accident les empêchait de fonctionner.
La société a pu disposer d’un capital action de 115'000 francs et d’un capital-obligation de 100'000 fr soit un total de 215'000 fr. Il manque une somme de 85'000 fr. L’assemblé a décidé d’émettre de nouvelles actions qui seront très prochainement offertes en souscription publique
La conduite d’amené d’eau a 1502 m de tuyau de ciment de 83 cm de vide et 530 m de tuyau en tôle d’acier de 60 cm de vide. Le débit peut être de 850 litres par seconde.
A l’usine génératrice sont installés deux groupe de turbines et dynamos d’une puissance de 175 chevaux chacune et demandant à pleine charge 400 litres par seconde. Le débit moyen de la Venoge pendant huit à dix mois est de 600-650 litres par seconde ce qui donne une force de 260 à 280 chevaux.
L’énergie est distribuée dans huit communes par des lignes aériennes d’une longueur d : 18 km de haute tension à 5’200 volts et 10 km de basse tension à 120 volts.
Les fils ont une longueur de 54 kilomètres et de 37 kilomètres.
Au 30 septembre dernier : 146 abonnés, 1119 lampes et 17'388 bougies.
Les abonnement signés font une recette de 23'500 fr par an, les frais d’exploitation étant de 7'500 fr., l’intérêt des obligations de 4'000 fr et l’amortissement de 4'000 fr au minimum il restera une somme de 8’000fr environ soit le 4% du capital nouveau porté à 200'000 fr comme cela a été décidé par l’assemblée générale.
(Note :
Notons aussi que l'usine électrique des Clées qui utilise l'eau de l'Orbe, plus importante que celle de la Venoge doit aussi en 1906 construire à Yverdon une usine à vapeur de renfort de 500 CV)
Notons aussi que l'usine électrique des Clées qui utilise l'eau de l'Orbe, plus importante que celle de la Venoge doit aussi en 1906 construire à Yverdon une usine à vapeur de renfort de 500 CV)
Quelques années plus tard, en 1907, l’usine de la Venoge alimentait 12 communes, 290 abonnés avec 2404 lampes et distribuait la force à 40 moteurs représentant une force de 299 HP.
Les recettes atteignent 45'735 fr et les dépense se montent à 28'268 fr.
Le résultat est considéré comme satisfaisant compte tenu de la sécheresse extraordinaire de l’an passé (1906) et de la grande quantité de combustible qu’il a fallu brûler pour suppléer au défaut d’eau.
Une autre description de l’histoire de cette usine figure dans :
Les vieux moulins du Pays de Vaud et d’ailleurs, de Pierre Delacrétaz
A l’aube de l’ère nouvelle.
Entre Moiry et Ferreyres, le vallon de la Venoge se resserre. C’est sur ce parcours que la rivière accuse la plus forte pente. Cette particularité n’allait pas échapper aux hommes nouveaux qui allaient renouveler les méthodes en matière d’utilisation de l’énergie hydraulique.
Tout alla très vite dans les dix dernières années du 19ème siècle lorsque l’électricité partit à la conquête du monde. Un an avant que les câbleries Aubert et Cie ne s’installent à l’Islettaz, la Société électrique de la Venoge, avec siège à La Sarraz, est fondée en février 1897. Elle va utiliser la force hydraulique de la Venoge en créant une prise d’eau sous Moiry. Le cadastre de 1839 (1) surchargé au crayon indique le barrage, la conduite d’amenée et ses regards jusqu’à la limite communale avec Ferreyres. Cette conduite d’abord en tunnel sur 151 mètres, puis en tuyaux de ciment de 85 centimètres de diamètre a une longueur totale de 1502 mètres jusqu’à la chambre d’eau, dernier vestige encore debout aujourd’hui. De là, une conduite forcée en tuyaux de tôle d’acier enterrées conduisait 700 litres par seconde à l’usine électrique 43 mètres plus bas.
De cette usine située sous Ferreyres, au confluent de la Voualève et de la Venoge, il ne reste rien. Deux turbines et deux génératrices de 175 CV à 500 tours par minute chacune fournissaient le courant à tour de rôle, un groupe étant toujours en réserve.
Le 1er janvier 1898, la fée électricité gagnait La Sarraz, Eclépens, Chevilly, Dizy, Cossonay, Penthalaz, Daillens, Penthaz, Ferreyres et le Moulin Bornu par un circuit triphasé primaire à 5 200 V et de 19,9 kilomètres de longueur.
Seize transformateurs abaissaient la tension à 125 V dans un circuit secondaire de 17,8 kilomètres. Cela permit de faire briller 1284 lampes à incandescence et tourner 10 moteurs totalisant 94 CV.
La grande sécheresse de 1898 obligea à construire une machine à vapeur de réserve pour suppléer au manque d’eau. Elle pouvait être couplée directement à l’une ou l’autre des génératrices
Avec le siècle, la région de la Venoge entrait dans une ère nouvelle.
Ø 1 ACV GB 66/c2.
Ø 2 « Drehstrom-Anlagen » : Installation pour la distribution de force motrice et de lumière électrique de La Sarraz. Oerlikon-Zurich, 1901.
L’usine électrique et la cheminé de la machine à vapeur
Salle des turbines et génératrices
Extrait du cadastre de 1898
Vers 1907, rachat de l'usine par la Compagnie vaudoise des forces motrices des lacs de Joux et de l’Orbe
En août 1907, la Gazette de Lausanne signale :
Industrie électrique
Sous réserve de la ratification des actionnaires, l’Usine et toutes les installations de la Société électrique de la Venoge ont été vendues à la Compagnie vaudoise des forces motrices des lacs de Joux et de l’Orbe.
Nouvelliste du 22.08.1907
LAUSANNE Sociétés électriques.
Les actionnaires de la Compagnie vaudoise des Forces motrices des lacs de Joux et de l’Orbe étaient convoqués, mercredi après-midi, en assemblée générale extraordinaire dans la magnifique salle du Conseil général de la Banque cantonale vaudoise à Lausanne, aux fins de se prononcer sur une convention conclue avec la Société électrique de la Venoge, pour le rachat de toutes les installations de celle-ci. Etaient présents 11 actionnaires représentant 1605 actions donnant droit à 705 voix. M. Luc Decoppet, président du Conseil d’administration, présidait. A l’unanimité des 705 voix, la convention a été ratifiée sans discussion.
Par cette convention, la Société électrique de la Venoge cède à la Compagnie vaudoise des Forces motrices, à partir du 1er octobre 1907, pour le prix global de 350’000 fr. la concession d'eau que le Conseil d’Etat lui a accordée le 1er juillet 1896, le barrage, la canalisation, l’usine et ses machines servant à l'utilisation de cette convention, les conventions et contrats passés avec douze communes pour la fourniture de l’énergie électrique, les lignes de distribution primaire et secondaire, etc. La Société des Forces motrices de Joux s’engage à continuer les contrats en cours aux mêmes conditions, mais elle se réserve de les dénoncer à leur échéance pour les mettre en concordance avec ses propres tarifs.
La Société électrique de la Venoge n’en conclura pas de nouveaux sans en référer à la Compagnie de Joux.Un droit de préférence pour le rachat éventuel de l’Usine de Ferreyres et certains avantages particuliers sont faits à MM. Louis et Emile Huguenin à La Sarraz. L’assemblée des actionnaires de la société électrique de la Venoge a déjà ratifié la même convention.
Mais il faut attendre le 26 juin 1909 pour que la Gazette écrive :
Forces de Joux.
Dans leur assemblée de mai dernier les actionnaires de la Compagnie vaudoise des forces motrices des lacs de Joux et de l’Orbe ont autorisé le Conseil d’administration de la société à contracter un emprunt de deux millions de francs destiné à couvrir la Banque cantonale vaudoise des avances qu’elle a faite pour la construction de l’usine de Montcherand et pour l’achat et la réfection des installations de la Société électrique de la Venoge et pour l’extension de son réseau.
Et pour terminer cette page de l’histoire industrielle de la région, il faudrait encore décrire la fin de son activité et indiquer quand furent détruits les bâtiments (qui ne figurent déjà plus sur la carte Siegfried de 1926).
Selon Charles Affolter la conduite forcée fu démontée vers 1914 pour récupérer le métal, mais pour le moment pas d'indications plus précises
Les ruines actuelles le long de la Venoge en automne 2012
Actuellement on peut encore voir le barrage et sa prise d'eau en dessous de Moiry.
La chambre d'eau au début d ela conduite forcée en métal et quelques ruines, derniers reste de l'usine sur les berges de la Venoge.
Actuellement on peut encore voir le barrage et sa prise d'eau en dessous de Moiry.
La chambre d'eau au début d ela conduite forcée en métal et quelques ruines, derniers reste de l'usine sur les berges de la Venoge.
Le tracé de la conduite du barrage à l'usine
La prise d'eau de l'usine et sa grille sur la rive gauche de la Venoge
La chambre d'eau : arrivée de la conduite en tuyaux de ciment et départ de la conduite forcée en métal
Intérieur de la chambre d'eau : à gauche la petite vanne de purge, au fond départ de la conduite forcée, à droite arrivée de l'eau par les tuyaux en ciment
Notons aussi qu'il subsiste encore quelques regards entre le barrage et la chambre d'eau.
Ancien regard sur la conduite reliant le barrage à la chambre d'eau
Les restes de l'usine
Et cinq cents mètres plus bas, sur la rive droite de la Venoge, il ne subsiste que quelques vieux pans de murs, quelques briques de la cheminée et deux ou trois boulons perdus dans la végétation
Quelques vieux murs perdus dans la végétation
Et de vieux boulons encore bien solides parmi les feuilles
Vers une nouvelle centrale ?
En 2009, dans son travail de diplôme à la heig-vd, Nicolas Ecknauer étudie les possibilités d'implanter une mini centrale sur cette rivière.
http://www.google.ch/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&frm=1&source=web&cd=1&ved=0CCQQFjAA&url=http%3A%2F%2Fiese.heig-vd.ch%2Ffr-ch%2FEnseignement%2FLists%2FListe%2520des%2520travaux%2520de%2520diplmes%2FAttachments%2F13%2Fa2009_ecknauen.pdf&ei=uOCsUPfQOsrIsgahqYDoDA&usg=AFQjCNH78895piOB8yekIOBArjZt-ffPIQ&sig2=UzD7mehGVGir2E-jDvXRAg
Il étudie trois variantes, mais ne parle guère des éventuelles réactions des protecteurs inconditionnels de notre fleuve cantonal..
Une autre utilisation de l'eau de la Venoge à Ferreyres
En revenant de la Tine de Conflens, vous avez sans doute été intrigué par cette petite tour qui dépasse le toit de ce pâté de maisons.
Ancienne tour incorporée dans des maisons
Haut de la tour
Plan de la tour figurant dans les archives de Ch. Affolter
Selon Ch. Affolter la turbine entraînée par les eaux de la Venoge et placée au bas de la tour actionnait le roue supérieure.
Cette dernière était reliée par un câble d'environ 200 m aux machines d'un petit atelier sis un peu plus haut, vers l'ancien Café de la Tine qui a fermé ses portes récemment.
Ancien café de la Tine
Je n'ai pas d'autres renseignements sur cette installation et sur l'atelier qui utilisait son énergie