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Berne - Dans les urnes, la défense de la tradition ou de l'ouverture est plus importante que l'avis sur des sujets socio-économiques. Si cette tendance observée en 2007 perdure, PS, PDC et PRD auront de la peine à gagner les élections fédérales de 2011.
Tout dépendra du camp qui imposera ses thèmes de campagne, a déclaré ce vendredi à la presse le professeur de l'Université de Genève Pascal Sciarini. L'UDC met déjà l'accent sur les criminels étrangers, la défense des traditions et l'isolationnisme alors que le PS tente de remettre en avant la redistribution des richesses avec son initiative sur les impôts équitables ou la défense des assurances sociales.
Selon la nouvelle étude scientifique sur les élections fédérales 2007, la Suisse se trouve face à un "Kulturkampf". Il y a trois ans, la prédominance du conflit identitaire a profité surtout à l'UDC et aux Verts, a déclaré Georg Lutz, de l'Université de Lausanne.
Les démocrates du centre ont fait un score remarquable parmi les ouvriers, les employés et les artisans. Le parti a beau se battre contre un renforcement de l'Etat social qui profite le plus aux "petites gens", ces électeurs ont d'abord voté pour des valeurs: la fermeture, l'ordre et la tradition.
Les libéraux-radicaux et les démocrates-chrétiens ont été desservis car ils peinent à se mettre en évidence dans ce conflit culturel. La classe moyenne qui a davantage voté à gauche l'a fait pour privilégier l'ouverture et la justice sociale. Les thèmes socio-économiques ont toutefois aussi influencé les électeurs de gauche, a précisé M. Sciarini.
Pour la première fois en 2007, le potentiel électoral des Verts a dépassé celui du PS. Il était même le plus fort de tous les partis suisses. Mais les écologistes n'ont exploité qu'un cinquième de leur réservoir. Ce parti intéresse en effet d'abord les jeunes, qui participent moins aux élections et a de la peine à recueillir des voix chez les personnes âgées.
ATS