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Henji Mboyo participe à ses premiers Championnats du monde cette semaine à Kitakyushu. Il n'a que 22 ans, mais l'ancien super talent a déjà connu de nombreux hauts et bas.
Le Zurichois est espiègle, et son rire communicatif. Pourtant, il n'a pas toujours été d'humeur à rire ces dernières années. Un tendon du biceps droit, un ulcère à la main et un tendon rotulien lui ont donné bien du fil à retordre.
La pandémie de Covid-19 a qui plus est rendu 2020 particulièrement usante. «J'ai été absent pendant trois ans et on ne m'a plus revu», déclare Henji Mboyo, dont les parents sont originaires du Congo. «Maintenant, je suis enfin de nouveau en forme.»
Hyperactif
Sa carrière n'a cessé de connaître des hauts et des bas. Très tôt, il s'était mis à la gymnastique après que le responsable d'un club avait suggéré à ses parents d'y inscrire leur garçon hyperactif. «J'avais beaucoup trop d'énergie et je faisais beaucoup de bêtises», sourit-il.
Henji Mboyo, dont la mère lui avait interdit de jouer au football, s'est réellement intéressé à la gymnastique lorsque son entraîneur de l'époque lui donna une cassette vidéo des JO de 2004. A la maison, il s'est mis à disséquer les exercices devant sa télévision, les passant en revue élément par élément.
«Je ne connaissais pas les tables de multiplication, mais je connaissais parfaitement le code de pointage», rigole-t-il. «J'étais vraiment un fanatique de la gymnastique artistique», poursuit le natif de Glattbrugg, qui était non seulement obsédé par ce sport, mais aussi très doué dans sa pratique.
En 2012, à l'âge de 13 ans, il a ainsi participé pour la première fois aux Européens juniors, remportant le bronze de l'épreuve par équipe avec des partenaires qui avaient jusqu'à quatre ans de plus que lui. Mais les premières complications ont très vite suivi les premiers exploits.
Henji Mboyo a voulu mettre fin à sa carrière de gymnaste avant même qu'elle n'ait vraiment commencé. Et son passage en équipe nationale à Macolin ne s'est pas non plus déroulé sans heurt. Mais, en 2018, il semblait sur la bonne voie lorsqu'il avait terminé 5e de la finale des barres parallèles aux Européens élite de Glasgow.
Rire, danser, s'amuser
«L'expérience emmagasinée à Glasgow fut précieuse», se souvient Henji Mboyo, qui a toutefois connu rapidement de nouveaux revers après ce premier exploit. La transition du statut d'amateur à celui de professionnel fut difficile. Il a alors perdu son insouciance, il a dû apprendre à gérer les coups durs et les défaites.
«Chez les juniors, tout s'était fait naturellement, je n'ai pas eu à faire grand-chose», se souvient-il. Nutrition, récupération ou préparation mentales sont toutefois soudain devenues capitales. «Il avait du mal à trouver sa voie», se souvient David Huser, responsable du haut niveau à la Fédération suisse.
Henji Mboyo a mûri depuis. Il a senti qu'il devait se construire une vie en dehors du petit monde contemplatif de Macolin. «Je n'avais pas d'équilibre», explique-t-il, soulignant que ses performances en gymnastique avaient beaucoup trop d'impact sur son état de santé général.
Aujourd'hui, il sait comment échapper au quotidien structuré et parfois monotone d'un gymnaste. Sur conseil de sa mère, qui trouvait que les deux jeunes hommes étaient d'une nature similaire, il se rend une fois par semaine à Neuchâtel chez un coiffeur qui est devenu son ami.
«Le déclic s'est produit dès ma première visite chez lui. Il est devenu comme un grand frère ou un oncle pour moi», raconte Henji Mboyo. «Quand je suis là-bas, je peux me défouler. Je peux rire, danser, faire des choses stupides. La vie a toujours l'air différente après.»
Paris 2024 comme grand objectif
Sur le plan sportif, Henji Mboyo prend un nouveau départ. A Kitakyushu, il participera pour la première fois à des Championnats du monde, près de dix ans après s'être révélé chez les juniors. Son heure est peut-être enfin venue après les départs à la retraite d'Oliver Hegi et de Pablo Brägger.
Pour la Fédération suisse (FSG), Henji Mboyo constitue en tout cas une pièce importante du puzzle en vue des JO de Paris 2024. «Il a un énorme potentiel», déclare David Huser, pour qui il s'agit maintenant avant tout de renforcer sa confiance en soi.
Pour le gymnaste, les joutes japonaises lui permettront de connaître sa véritable valeur. Après, il saura ce qu'il doit travailler spécifiquement. «L'important est que je puisse désormais participer régulièrement à ces compétitions». En vue de Paris 2024, le grand objectif de sa carrière? «Oui», conclut Henji Mboyo.
fin, ats