Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07218.jsonl.gz/1172

Le Conseil fédéral pourrait compter plus de femmes dès l'an prochain. Les groupes PLR et le PDC ont désigné vendredi les candidats qu'ils présenteront à l'Assemblée fédérale. Si le PLR a retenu une femme et un homme, le PDC présente sur ticket entièrement féminin.
Les démocrates-chrétiens proposent au Parlement de choisir le 5 décembre entre Viola Amherd et Heidi Z'Graggen pour succéder à la conseillère fédérale Doris Leuthard. Avant de définir son ticket, le groupe ne s'était pas fixé de règle concernant le sexe, a précisé à la presse le chef du groupe Filippo Lombardi.
La haut-valaisanne Viola Amherd avait de bonnes chances d'être retenue. Au National depuis 2005, l'avocate-notaire de 56 ans s'y est engagée pour les régions de montagne et l'équilibre social. La vice-présidente du groupe PDC a longtemps présidé la ville de Brigue.
La presse avait évoqué plusieurs litiges juridiques à son sujet, la prétendante dit avoir abordé le sujet "en toute transparence" au sein du groupe. Cela ne lui a pas porté préjudice. Selon des indiscrétions, la Valaisanne a décroché en un tour sa place sur le ticket du PDC, à la majorité absolue.
Heidi Z'Graggen a aussi convaincu plus de la moitié de son groupe en un tour de scrutin. Sa nomination est plutôt une surprise. A 52 ans, l'enseignante qui dirige le département de la justice du canton d'Uri a quatorze ans d'exécutif à faire valoir, mais c'est une inconnue aux Chambres fédérales. Elle espère combler ce handicap en multipliant les contacts ces prochaines semaines, a-t-elle annoncé.
Peter Hegglin pas retenu
Le groupe PDC a en revanche écarté Peter Hegglin, ce qui risque de ne pas plaire à la droite au Parlement. L'ancien agriculteur de 57 ans fait partie de l'aile plus conservatrice de son parti. Au Conseil des Etats depuis 2015, le Zougois était déjà connu avant comme directeur des finances de son canton. Il n'a pas profité de son arrivée à Berne pour se profiter sur de nouveaux thèmes.
La conseillère nationale de Bâle-Campagne Elisabeth Schneider-Schneiter, qui jouait la carte urbaine, a également fait chou blanc. Agée de 54 ans, la juriste préside la commission de politique extérieure du National et ne s'est guère illustrée sous la coupole sur d'autres thèmes durant ses huit ans de mandat.
Grande favorite
Le groupe PLR avait tranché plus tôt dans l'après-midi. Seuls deux candidats à la succession de Johann Schneider-Ammann au Conseil fédéral restent en lice: Karin Keller-Sutter et Hans Wicki. Peu connu à Berne, le conseiller d'Etat schaffhousois Christian Amsler n'a pas été retenu.
Karin Keller-Sutter fait figure de grande favorite. Agée de 54 ans comme son concurrent, l'actuelle présidente du Conseil des Etats avait déjà postulé il y a huit ans face à Johann Schneider-Ammann. Mais elle ne siégeait pas encore sous la coupole fédérale et avait une réputation de dame de fer comme ministre saint-galloise de justice et police.
Depuis son élection à la Chambre des cantons en 2011, elle s'est profilée sur des sujets économiques et sociaux. Ses convictions de droite ne l'empêchent pas de tisser des compromis. Cette polyglotte interprète de formation a aussi comme atout d'être une femme. De nombreuses voix réclament une féminisation du gouvernement. Le PLR n'a jusqu'ici eu qu'une conseillère fédérale, Elisabeth Kopp.
Un homme retenu
Face à Karin Keller-Sutter, Hans Wicki s'est dit conscient que sa tâche serait très difficile. Son slogan est d'ailleurs: "rendre possible l'impossible". Très mauvais en français, il ne compte pas faire d'efforts sur ce point et n'est pas considéré comme un poids lourd du Conseil des Etats. Le canton de Nidwald risque de devoir encore attendre son premier conseiller fédéral.
Le Nidwaldien a toutefois été préféré facilement à Christian Amsler. Après que Karin Keller-Sutter eut décroché la première place sur le ticket en un tour par 38 voix contre 41, Hans Wicki s'est imposé d'emblée pour la deuxième place par 29 voix sur 41, a indiqué le chef du groupe Beat Walti.
Auditions
Les candidats officiels doivent désormais convaincre les parlementaires des autres partis. Des auditions seront organisées auprès des différents groupes. Chaque candidat devra mettre en avant ses atouts et faire face aux critiques pour décrocher le soutien d'une majorité des 246 élus fédéraux. La personne qui remplacera Doris Leuthard sera élue d'abord, ancienneté au gouvernement oblige.