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La directrice de l'ICAN, la Suédoise Beatrice Fihn, recevra la prestigieuse récompense le 10 décembre en présence d'une survivante d'Hiroshima (archives).
KEYSTONE/AP United Nations/ESKINDER DEBEBE(sda-ats)
Les prix Nobel vont cesser d'être financés par des investissements dans des producteurs d'armes atomiques, a promis l'Institut norvégien vendredi, après des révélations embarrassantes. L'institution vient d'attribuer le prix de la paix à une campagne antinucléaire.
La Fondation Nobel gère la fortune laissée par l'industriel suédois Alfred Nobel (1833-1896). Elle a été accusée par l'ONG Future in our hands d'avoir des placements dans des fonds présents au capital d'entreprises contribuant à la fabrication d'armes nucléaires.
Cela signifie qu'une partie des 9 millions de couronnes (environ 1,1 million de francs), dont chaque prix Nobel est doté, pourrait provenir du rendement de ces investissements controversés.
L'information est d'autant plus gênante que le Nobel de la paix a récompensé cette année la Campagne internationale pour l'abolition des armes nucléaires (ICAN), qui recevra la prestigieuse récompense le 10 décembre en présence d'une survivante d'Hiroshima.
"Cela fait tache"
Le directeur de l'Institut Nobel, Olav Njølstad, a confirmé que "moins de 1%" des actifs de la Fondation Nobel étaient indirectement placés dans des groupes contribuant à fabriquer la bombe atomique. "Cela fait tache", a-t-il admis jeudi soir à la radio norvégienne.
Mais, a-t-il précisé, la Fondation s'est engagée à se désinvestir des producteurs d'armes nucléaires "sous douze mois" en vertu d'un nouveau règlement éthique adopté en mars dernier.
Coalition regroupant des centaines d'ONG, l'ICAN, dont le siège est à Genève, a oeuvré pour l'adoption d'un traité historique d'interdiction de l'arme atomique signé le 7 juillet par 122 pays mais affaibli par l'absence des neuf puissances nucléaires.
La campagne a annoncé jeudi avoir invité une rescapée d'Hiroshima pour recevoir le Nobel aux côtés de la directrice de l'ICAN, la Suédoise Beatrice Fihn. Setsuko Thurlow avait 13 ans quand, le 6 août 1945, les États-Unis ont procédé sur sa ville au premier bombardement atomique de l'Histoire, faisant environ 140'000 morts.
ATS