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Le procureur général et le Conseil d'Etat adoptent la cinquième édition de la politique commune en matière de lutte contre la criminalité pour la période 2020-2023.
Le principe d’une politique criminelle commune est désormais bien intégré par l'ensemble des acteurs institutionnels concernés.
Pour mémoire, la première édition date de 2012. Renouvelée tous les deux ans, la convention a connu des adaptations des axes de lutte contre la criminalité sur la base d'un bilan critique et d'un rapport stratégique établis par la police. Au fil des éditions, entre sept et neuf axes ont été définis.
Sur la base du bilan portant sur la période 2018 - 2020 et du rapport stratégique établis par la police en juin et juillet derniers, le département de la sécurité de l'emploi et de la santé et le procureur général ont décidé de poursuivre leur engagement, en procédant à une adaptation de la convention autour de sept axes:
1. lutte contre les violences;
2. lutte contre la cybercriminalité;
3. sécurité de la mobilité;
4. lutte contre la délinquance économique;
5. lutte contre la traite des êtres humains, la migration illégale et le travail au noir;
6. mise en œuvre effective des sanctions et coordination des forces de police;
7. prévention et détection.
D'une manière générale, l'ancien axe 2 (lutte contre les comportements agressifs visant les policiers et autres agents publics dans l'exercice de leurs fonctions sur la sécurité de l'espace public) est désormais inclus dans l'axe 1. Un nouvel axe 7 (prévention et détection) fait son apparition, tandis que les autres axes sont maintenus moyennant quelques adaptations.
De manière plus précise, le premier axe cible toute forme de violence, tant dans les espaces privés que public, notamment contre les violences domestiques, les violences d'appropriation, les violences gratuites, les violences fondées sur une discrimination et, désormais, les violences contre les fonctionnaires et les violences commises par des auteurs se prétendant mineurs. L'aspect important consiste à mettre l'accent sur l'amélioration de la prise en charge des victimes.
La prévention était par le passé mentionnée dans certains axes. En considérant la prévention et la détection en tant que telles, il s'agit de renforcer clairement ces deux points et de développer une véritable stratégie active de prévention et de détection précoce des risques de commission d'infractions. Celle-ci s'adresse tant aux responsables des entités concernées des secteurs public et privé qu'aux auteurs et victimes potentiels. Elle sera mise en œuvre par la police ou par ses partenaires, notamment dans les domaines des violences domestiques, de la corruption, des fraudes et de la cybercriminalité.
La précédente politique criminelle commune avait introduit un axe non thématique (Mise en œuvre effective des sanctions et coordination des forces de police) qui demeure. Bien que des progrès aient été réalisés, ils doivent se poursuivre. Si la politique criminelle commune concerne la police en premier lieu, elle est également un outil de collaboration avec différents offices cantonaux et partenaires. La cohérence transversale de l'action étatique est une clé du succès. La coordination entre polices, cantonale et municipales, représente un autre aspect significatif pour la concrétisation de cet axe.
La lutte contre la criminalité telle que définie depuis la première édition de la convention reste toujours d’actualité : assurer la sécurité des citoyens et des hôtes de Genève représente la priorité du procureur général et du Conseil d’Etat. Pour ce faire, la réponse nécessite d’être adaptée aux évolutions, d'être soutenue par des contrôles précis ainsi que des observations chiffrées et consolidées. Le procureur général et le chef du département en charge de la police poursuivront leurs échanges réguliers, afin d'assurer le suivi stratégique de cette cinquième édition, notamment sous les angles législatif, réglementaire et budgétaire.
Cette nouvelle convention sera signée par Monsieur Olivier Jornot, procureur général, et Monsieur Mauro Poggia, conseiller d'Etat en charge de la police qui signera ce document au nom du Conseil d'Etat.