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Qu’est-ce que c’est la densité ?
La densité est le caractère de ce qui est compact. Sa définition est simple, c’est le rapport entre deux objets, une masse située dans un espace et la taille de cet espace. Dans le domaine qui nous intéresse, l’urbanisme opérationnel, l’espace de référence se réduit à sa caractéristique surfacique. La définition se résume ainsi :
La densité est le rapport entre un indicateur et une surface de référence.
C’est un concept essentiel pour la compréhension de l’organisation des hommes et de leurs activités dans l’espace. En urbanisme, la mesure de la densité répond souvent à la question suivante : quelle est la densité de population d’un îlot ? L’interrogation peut être aussi : quelle est la densité d’un quartier, d’une ville, d’un secteur d’agglomération, d’une agglomération, d’une région urbaine, d’un pays ? Autrement dit, c’est vouloir s’informer d’une part sur le nombre d’individus par unité de surface, et d’autre part connaître la part utilisée par le bâti.
Ainsi, la définition se précise ainsi :
La densité est le rapport entre un indicateur statistique (population, emploi, nombre d’unités de logement, surface de plancher, etc.) et une surface de territoire.
Densité = Indicateur statistique / Surface de territoire
Si le concept de densité semble simple, c’est qu’il se réduit ici à une technique d’évaluation : la densité permet de mesurer l’intensité d’occupation d’un espace par des individus ou des objets. Cependant, le maniement de cette technique est délicat et nécessite rigueur et précision, et ceci pour deux raisons :
- La densité est une mesure, et elle ne peut pas être indifféremment utilisée de la même manière à toutes les échelles.
- La densité est une moyenne, et elle ne tient pas compte de ce qui compose les territoires qui sont analysés.
Le seul cas où la densité est significative est celui où le territoire en question n’est occupé que par des objets homogènes, par exemple que par des logements semblables.
Quelles sont les précautions à prendre lors de l’utilisation de la densité ?
Alors que la densité est une technique de mesure, qu’elle permet de faire des moyennes, et qu’en ce sens elle est un outil d’analyse, son usage s’étend largement à la phase du projet spatial et se mute en outil de conception. Ceci comporte un risque : chacun introduit des contenus qui sont spécifiques à la situation qui les occupe, et cela brouille la compréhension et invalide toutes comparaisons entre les densités de tel espace avec tel autre.
L’usage du concept « densité » exige ainsi trois conditions pour que sa validité soit reconnue:
Première condition : les définitions des densités utilisées sont décrites rigoureusement et en détail.
Seconde condition : lors de comparaison de densités, une vérification est faite afin de confirmer que les définitions sont identiques.
Troisième condition : lors de mesures comparatives pour une même densité, une vérification est faite afin de confirmer que les données utilisées sont comparables.
Quelles sont les densités les plus couramment utilisées ?
Les professionnels de l’urbanisme utilisent quotidiennement le concept de la densité. Les urbanistes, les géographes, les économistes, les ingénieurs en transports, les sociologues, les architectes, sans oublier les gestionnaires politiques ou administratifs, les entrepreneurs, les investisseurs, les banquiers et d’autres encore, tous s’intéressent à «mesurer » la densité. La pratique montre que tous ne parlent pas de la même densité, et que tous ne la mesurent, ni ne l’utilisent, de la même manière.
Les mesures quantitatives les plus fréquentes sont :
- l’intensité d’occupation du sol par le bâti, la densité de construction ;
- l’intensité d’occupation d’un territoire par une population, la densité de population ou nommée aussi densité humaine ;
- l’intensité d’occupation du sol par le logement, la densité résidentielle ;
- le débit des axes de transport, la densité des flux.
Des mesures qualitatives sont également fréquemment utilisées, particulièrement en architecture. Le but est alors de qualifier le cadre bâti. Alors, deux notions s’ajoutent aux densités précédentes:
Quel lien entre la densité et la diversité ?
Le concept de densité est riche et essentiel dans le domaine de l’urbanisme et de l’aménagement du territoire. Néanmoins, la propension à en faire usage dans le domaine du projet et de l’action, en plus du champ de l’analyse et la compréhension, exige qu’il soit présenté dans l’entier de sa définition, c’est-à-dire avec le lien indéniable qui le lie à la diversité urbaine.
Vouloir « faire de la densité » sans diversité présente un risque considérable : faire de l’urbain sans urbanité. Autrement dit, cela revient à faire des aires urbaines où se juxtaposent de larges secteurs spécialisés (zones résidentielles, zones d’activités, zones d’équipements collectifs, et ainsi de suite) séparés les uns des autres. Spécialisation, étalement, et dispersion sont les trois actions qui risquent d’accompagner la densification si l’action exclut la diversité urbaine. En quelque sorte, densifier en omettant de privilégier la diversité urbaine, c’est transformer l’espace habité en une vaste consigne de gare où se rangent, certes souvent bien en ordre, des valises de toutes sortes, et, dans ses contenants se trouvent ségrégué, en fonctions spécifiques, la substance de la ville.
Si la densité et la diversité sont les caractéristiques de la ville, le sont-elles aussi pour l’urbain ? Faut-il densifier l’urbain partout, comme dans la ville ? Faut-il avoir de la diversité partout, comme dans la ville ? L’observation des régions urbaines montre que des centralités émergent, et avec elles apparaît l’urbanité dans l’urbain.