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Yves Ravenel a été condamné pour menaces qualifiées et tentative de menaces qualifiées. Il a écopé le 21 août dernier de 60 jours-amende à 80 francs avec sursis pendant deux ans, ainsi que d'une amende de 960 francs, a indiqué mardi son avocat Me Alain Thévenaz, confirmant une information de 20 Minutes.
L'élu UDC avait fait opposition à cette condamnation et un procès était agendé au 23 janvier. Mais lundi, alors que le programme des audiences venait d'être envoyé à la presse, il a retiré son opposition, de sorte que l'ordonnance pénale peut entrer en force.
Tensions dans le couple
L'affaire a pour toile de fond une procédure de divorce qui dure, "avec une promiscuité pas très saine", le couple résidant dans des maisons voisines, explique Me Alain Thévenaz. "Des petits faits ont créé des tensions", comme lorsqu'en janvier 2019, Monsieur a cassé les guirlandes lumineuses du jardin de Madame - car elles le gênaient la nuit - et aurait lancé un balai dans sa direction - ou non, ceci est contesté.
La justice a aussi retenu un épisode antérieur de menaces orales graves. L'épouse parle de menaces de mort, ce que l'intéressé conteste, explique en substance l'homme de loi, qui affirme qu'il n'y a pas eu de violences physiques.
Yves Ravenel a été élu le 2 juillet à la présidence du Parlement vaudois. "Il pensait", explique son avocat, "que l'affaire allait se régler sans condamnation". Or celle-ci est tombée en août 2019.
Remplacé au Grand Conseil
L'intéressé a renoncé à présider la séance du Grand Conseil de ce mardi et s'est fait remplacer par sa première vice-présidente Sonya Butera. "Cette décision est motivée par le souci de conduire les débats dans un esprit serein cet après-midi", a précisé le Bureau du Grand Conseil dans un communiqué.
Avant la séance, reportée en milieu d'après-midi, Yves Ravenel a rencontré tour à tour les groupes politiques du Grand Conseil. A l'exception des socialistes et de la gauche radicale (Ensemble à Gauche et POP), qui ne l'ont pas souhaité.
La gauche exige une démission
La nouvelle a suscité des remous dans la classe politique vaudoise, certains jugeant "choquant" de présider le Parlement dans ces conditions. Les socialistes, les Verts et la gauche radicale ont appelé à la démission de l'intéressé, estimant que cette condamnation était clairement incompatible avec son rôle de premier citoyen. Comme aucune procédure de destitution n'est envisageable, les trois groupes l'ont invité "à prendre ses responsabilités".
Le PLR n'appelle pas à une démission, mais il l'invite à jouer cartes sur table et à montrer l'ordonnance de condamnation.
Sollicité de tous côtés, Philippe Jobin, chef du groupe UDC, a dénoncé le "lynchage médiatique" de son "ami", qui est "blessé". "On est en train d'assassiner un homme qui a voulu bien faire. Dans tous les divorces, il y a des torts des deux côtés, a-t-il déclaré.
>> L'interview de Philippe Jobin, chef du groupe UDC au Grand Conseil vaudois:
ats/ebz/boi