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Pour une politique solidaire envers les réfugié-e-s!
Le Congrès du Syndicat suisse des services publics (SSP) demande au gouvernement suisse d’augmenter l’aide aux réfugié-e-s, étant donné la croissance dramatique du nombre de personnes cherchant refuge en Europe. Aujourd’hui, nous devons apporter notre soutien à toute personne en détresse ; cela implique également le fait d’accorder l’asile de manière généreuse.
Actuellement, ce sont les pays du Sud qui accueillent le plus grand nombre de personnes. Au Liban, un-e habitant-e sur quatre est un-e réfugié-e et près de 15 millions de réfugié-e-s vivent en Afrique subsaharienne.
En Allemagne, notre pays voisin, le nombre de personnes qui vont être accueillies cette année est estimé à environ 1 million. Un pays riche comme le nôtre devrait assumer une responsabilité au moins équivalente et offrir un refuge à un nombre proportionnellement identique en fonction de sa population. Cela implique l’accueil de près de 100 000 réfugié-e-s. Jusqu’à la fin du mois de septembre dernier, quelque 24212 personnes ont déposé une demande d’asile en Suisse, à savoir 34% de plus qu’au cours des 9 premiers mois de l’année précédente. En raison de cette augmentation modérée du nombre de réfugié-e-s dans notre pays, nous disposons des capacités nécessaires à notre participation à un programme de répartition de personnes à protéger. Un nombre de 100 000 réfugié-e-s ne dépasse nos possibilités.
Cependant, il ne suffit pas d’accueillir ces personnes. Les enfants et les jeunes réfugiés ont besoin d’un accès au système éducatif suisse. Afin que ces enfants et jeunes puissent bénéficier d’une chance équitable, il faut qu’ils puissent trouver dans les jardins d’enfant, les écoles, les formations professionnelles et les hautes écoles les mêmes conditions que celles valables pour les autochtones. En raison de leur expérience de la guerre, de l’expulsion et de la fuite, ces jeunes personnes ont souvent besoin d’une aide relevant de l'éducation spécialisée. Les adultes ont également besoin de notre soutien: pour pouvoir trouver une nouvelle patrie en Suisse, il est notamment nécessaire que ces personnes aient accès au marché du travail et à des formations continues qui tiennent compte des besoins de ce marché.
Nous sommes solidaires avec les réfugié-e-s et nous nous engageons avec eux en faveur d’une existence sûre et respectueuse de la dignité humaine pour toute personne. Il ne s’agit pas simplement d’une solidarité abstraite. Elle est également concrète : nous sommes prêt-e-s à partager et à combattre avec ces personnes, car nos problèmes actuels sont des problèmes que nous avons en commun !
Pour une Suisse solidaire !
A de nombreuses occasions au fil de son histoire, la Suisse a été, fidèle à sa tradition humanitaire (Huguenots, Hongrois en 1956, Tchèques en 1968, réfugiés d’ex-Yougoslavie). Souvent mais pas toujours et aujourd’hui, face à ce que le HCR appelle « la pire crise des réfugiés depuis la Deuxième Guerre mondiale », elle se trouve une nouvelle fois devant ses responsabilités. Aujourd’hui, il n’est plus possible d’invoquer les accords de Dublin pour se défausser de la mission d’accueil que la Suisse, pays hôte des conventions de Genève, de la Croix-Rouge ou du HCR, doit honorer.
Le SSP demande aux autorités fédérales, cantonales et communales :
- De s’engager activement pour accueillir les réfugié-e-s, en particulier en s’engageant dans des programmes internationaux de contingents liés au HCR.
- De suspendre l’application des accords de Dublin.
- De préparer des structures d’accueil supplémentaires pouvant être mises à disposition rapidement et d’éviter un accueil à long terme dans des abris de protection civile ou des tentes.
- De renforcer leur soutien aux associations qui agissent concrètement pour l’accueil et l’intégration des migrant-e-s.
- De renforcer le soutien à l’encadrement des réfugié-e-s dans les pays riverains et de ne pas mettre en concurrence aide sur place et accueil des réfugié-e-s en Suisse.
- D’intensifier le développement des propres pro-grammes encourageant l’intégration, notam-ment à destination des enfants de réfugiés.