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Expérimentation animale : une erreur - et la confiance s’envole
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Un chien est assis dans une cage ensanglantée. Un macaque paniqué tourne en rond. Un chat se tient debout, les pattes blessées, dans une cage austère. Ces images inquiétantes prises par des militants des droits des animaux ont mis en lumière des recherches secrètes menées en Allemagne dans un laboratoire d'expérimentations animales privé.
Les autorités doivent désormais déterminer la gravité des fautes et comment cela a pu arriver. Mais même si les conditions dans ce “Laboratory of Pharmacology and Toxicology” (LPT) sont des cas isolés, de tels cas isolés ne doivent pas se produire. Une protection efficace des animaux ne nécessite pas seulement des lois strictes, mais aussi un contrôle strict.
Le bien-être de l'animal compte
L'Allemagne pourrait apprendre de la Suisse comment conjuguer cela à une recherche de haut niveau. En ce qui concerne les animaux de laboratoire, notre loi sur la protection des animaux est probablement la plus stricte au monde. Dans notre pays, les autorités doivent évaluer et approuver chaque expérience sur les animaux - de l'observation inoffensive d'un oiseau dans la nature au test très invasif d'un médicament contre le cancer sur une souris. Le gain de connaissances attendu doit être soigneusement mis en balance avec le bien-être de l'animal.
En outre, pour chacune des demandes, les chercheurs doivent suivre le principe dit des 3R, qui consiste à expliquer pourquoi l'expérience ne peut être réalisée avec d'autres approches ("replace"), moins d'animaux ("reduce") ou des méthodes moins contraignantes ("refine"). Par ailleurs, tous les chercheurs en Suisse doivent suivre une formation continue appropriée s'ils souhaitent travailler avec des animaux. Enfin, les responsables du bien-être animal de chaque institut de recherche, ainsi que les inspections régulières des autorités, veillent à ce que les normes réglementaires soient respectées.
Des réglementations similaires existent également en Allemagne, mais comme le montre le cas présent, elles ne semblent pas toujours efficaces. Pour cette raison, les chercheurs suisses auraient tort de se contenter de rester les bras croisés. Parce que même des réglementations strictes ne permettent pas un contrôle parfait et qu’un seul et unique incident peut ébranler la confiance dans la science, les chercheurs eux-mêmes doivent agir et prendre des mesures contre les brebis galeuses qui se trouvent dans leurs propres rangs. Il est dans l'intérêt collectif de l’ensemble de la communauté scientifique de bannir systématiquement tous ceux qui font preuve d'un traitement éthiquement douteux envers les animaux.
Encore plus de transparence
De la même façon, les chercheurs devraient communiquer plus ouvertement au sujet de l'expérimentation animale. Cela permettrait au public de voir par lui-même que la recherche ici a peu à voir avec les images choquantes des opposants à l'expérimentation animale. C’est pourquoi les universités suisses discutent d'un accord pour s'engager à encore davantage de transparence dans le domaine de l'expérimentation animale.
Cela conférerait également aux chercheurs le sursaut de confiance nécessaire pour être plus sûrs d'eux-mêmes dans le débat public sur l'expérimentation animale – dont on a cruellement besoin. En effet, le peuple suisse va bientôt se prononcer sur une initiative qui vise à interdire complètement toutes les expériences biomédicales sur les animaux (et les humains) de même que les médicaments qui en sont dérivés - nonobstant les conséquences catastrophiques pour la science et la médecine.
Dans le cadre de ces initiatives politiques, la communauté scientifique doit être capable de démontrer de manière convaincante dans quelles circonstances et à quelles fins les expériences sur les animaux restent nécessaires à l’acquisition de nouvelles connaissances et au développement de thérapies novatrices. Cela ne réussira que si nous pouvons continuer à garantir que des images comme celles de Hambourg ne deviennent jamais réalité en Suisse.
Cet article a été écrit par Servan Grüninger et traduit en français par Marie Zufferey.
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