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Environ 1500 policiers des forces d'élite ont été déployés autour de la Cour suprême dans le centre d'Islamabad.
KEYSTONE/AP/ANJUM NAVEED(sda-ats)
La Cour suprême du Pakistan a estimé jeudi qu'elle ne disposait pas d'éléments suffisants pour démettre de ses fonctions le premier ministre Nawaz Sharif. Il est accusé de corruption en lien avec les "Panama Papers". Un complément d'enquête est ordonné.
Une commission d'enquête va être mise sur pied dans les sept jours. Elle devra achever ses investigations dans les deux mois. Elle comprendra notamment des représentants du bureau anti-corruption et des puissants services secrets militaires.
Le verdict des cinq juges de la Cour, qui ont ouvert une enquête à la fin de l'année dernière sur la fortune off-shore du clan Sharif, était très attendu. Son annonce a fait monter la Bourse, Nawaz Sharif étant apprécié des milieux d'affaires. Deux juges sur cinq ont cependant recommandé que Sharif soit démis de ses fonctions.
L'an dernier, M. Sharif avait déclaré devant le parlement que la fortune de sa famille avait été constituée en toute légalité au fil des décennies précédant son entrée en politique.
Policiers déployés
Environ 1500 policiers des forces d'élite ont été déployés autour de la Cour suprême dans le centre d'Islamabad. Des dizaines de policiers équipés de longs bâtons arpentaient aussi les routes menant à la capitale pour éviter tout trouble à l'ordre public.
Il est reproché au premier ministre d'avoir caché la vérité sur les sociétés et des biens immobiliers détenus via des holdings off-shore par ses enfants, notamment sa fille Maryam Nawaz, pressentie comme son héritière en politique.
Le scandale avait éclaté l'an dernier lorsque le Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ) a publié quelque 11,5 millions de documents secrets émanant du cabinet d'avocats panaméen Mossack Fonseca, les "Panama Papers", qui révélaient comment des dirigeants plaçaient leurs biens dans des paradis fiscaux.
Logements luxueux à Londres
Trois des quatre enfants de M. Sharif sont mis en cause dans cette affaire. Au coeur du procès, des appartements londoniens de luxe, détenus par la famille Sharif via des sociétés off-shore gérées par le cabinet panaméen.
Plusieurs partis d'opposition au Pakistan, dont le PTI de l'ex-star du cricket Imran Khan, ont souligné l'opacité du financement de ces biens. Ils ont appelé le premier ministre à prouver qu'ils ne s'agit pas de blanchiment d'argent.
Le gouvernement assure pour sa part que les fonds proviennent d'entreprises familiales basées au Pakistan et dans le Golfe.
ATS