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A propos
Introduction #

Introduction
La collection de musiques de vaudevilles de Genève constitue très probablement le répertoire du « Théâtre de Neuve » ou Théâtre de Genève, installé à partir de 1783 rue de la Corraterie, à l’entrée des Bastions. Ce bâtiment fut remplacé en 1879 par le Nouveau théâtre, l’actuel Grand Théâtre de Genève. Après l’incendie de ce dernier en 1951, le fonds a temporairement été entreposé dans des locaux de la ville. Il est transféré en 1973 à la Promenade du Pin dans les anciens locaux de la Bibliothèque musicale, en accord avec le Grand Théâtre. En 1989, il il déménage à la maison des arts du Grütli, où il nous est parvenu dans son ensemble.
Composé essentiellement de partitions de musique manuscrite ayant servi aux représentations, ce fonds comprend 724 pièces. Chaque titre comporte plusieurs types de matériels : en général un répétiteur ou une partition, ainsi que des parties instrumentales ou vocales.
Le grand nombre de villes mentionnées sur les documents (plus d’une trentaine) semble indiquer que les matériels ont circulé. Les villes les plus souvent citées sont Dieppe, Le Havre, Limoges, Angoulême et Poitiers. Hormis l’ex-libris de la bibliothèque du théâtre de Genève, les tampons de théâtres les plus fréquemment relevés sont ceux des directeurs de théâtres Adolphe Chapiseau et A. Lambert.
Bien qu’il ne s’agisse pas de musique dite « sérieuse », le comédie-vaudeville et le mélodrame entrecoupés d’airs et de pièces musicales constituent une bonne partie du répertoire qui se jouait dans les théâtres entre 1780 et 1860. A ce titre, il est une source capitale pour l’histoire du spectacle et des théâtres. Genre florissant pendant des décennies, il est passé de mode avant de tomber dans l’oubli. Longtemps sous-estimé et négligé par la recherche, il suscite aujourd’hui un regain d’intérêt.
Le fonds de la Bibliothèque musicale de la Ville de Genève est d’une richesse remarquable. Ses 724 pièces témoignent de la vitalité du théâtre genevois.
La publication du catalogue consacré à la collection genevoise de musiques de vaudevilles et de mélodrames est une étape essentielle pour l’étude du fonds de l’ancien théâtre, mais également pour sa mise en valeur en direction d’un public plus large.
La cohérence du fonds, la richesse et la complémentarité des documents conservés constituent une autre particularité du fonds genevois. Complétant le fonds de partitions, la Bibliothèque musicale possède un ensemble de documents rares.
Tous ces documents forment un ensemble unique et cohérent ayant servi au théâtre de Genève.
Il n’existe pas encore de catalogue du fonds de livrets, celui-ci fera l’objet d’un prochain inventaire.
Par son contenu, ce fonds suscitera un intérêt interdisciplinaire puisqu’il est source pour l’histoire de la musique, du théâtre ou encore pour la sociologie du spectacle. Ces champs d’étude sont particulièrement larges.
Enfin, les pièces conservées intéresseront également les musiciens, metteurs en scène et directeurs de théâtre qui envisageraient de faire revivre ce répertoire.
Contexte
Le recensement français du patrimoine musical a montré que bons nombres de fonds de partitions de vaudevilles ayant servi à des théâtres ont disparu. Une fois le genre démodé, les partitions semblent avoir été souvent éliminées. Elles ont aussi été détruites par négligence ou par accident.
Un fonds de 1280 partitions de vaudevilles collectées par l’érudit collectionneur Alfred Baudry a été acquis par la ville de Rouen en 1861. Mais cette collection a entièrement disparu dans l’incendie du théâtre de la ville qui eut lieu en 1876.
Les fonds constitués par les théâtres nous sont donc rarement parvenus dans leur ensemble : ce seul fait rend déjà la collection genevoise remarquable.
Le fonds de vaudevilles de la Bibliothèque municipale de Lille, qui pourrait être comparé à celui de Genève par son importance et sa qualité, est constitué de 613 documents ayant appartenu au théâtre de la ville (en nombre cela représente 85 % du fonds genevois). Cependant, les recoupements entre les deux corpus sont peu importants.
Parmi les autres ensembles conservés, les collections des théâtres d’Avignon ou de Montpellier sont loin d’être aussi étendues. Le fonds de l’ancien théâtre de Montpellier, par exemple (conservé aux archives départementales de l’Hérault), comprend 494 musiques de vaudevilles sous la forme restreinte d’un répétiteur accompagné des seules parties instrumentales. Ainsi, les pièces conservées à Genève sont non seulement plus nombreuses mais également plus complètes.
Le fonds genevois est donc tout à fait représentatif du répertoire français interprété à l’époque.
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