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Titre : L'ère des empires 1875-1914
Auteur : Eric J. Hobsbawm
Éditeur : Fayard 2010
Pages : 495
J'ai enfin terminé le dernier volume de la trilogie de Hobsbawm autours du XIXème siècle. Pour rappel, ce dernier voulait comprendre de quelle manière le XIXème est devenu le siècle de deux révolutions : une révolution économique et sociale et une révolution politique. La première voyait le triomphe du capitalisme et de la bourgeoisie tandis que la seconde permet de justifier et de pousser à une participation de plus en plus importante de la population au sein des états, dont certains deviennent des démocraties. Ce troisième, et dernier, livre contient 13 chapitres sans compter les introductions et conclusions.
Ce dernier livre pose une question difficile : comment est-on passé d'un monde libéral qui se pense en progrès constant à un monde en guerre en 1914. Pour cela, Hobsbawm tente de nous expliquer le monde de 1875. Bien que le capitalisme soit triomphant, les révolutions n'ont pas eu lieu, des tensions se préparent. Hobsbawm commence pour nous expliquer le fonctionnement de l'économie et définit ce qu'il entend par l'ère des empires. Les pays européens se sont, en effet, taillé des empires dans le monde entier, seules quelques états asiatiques et l'Amérique du Sud sont épargnés.
Hobsbawm met en avant aussi des changements de nature sociales. D'une part, le prolétariat prend en importance avec la hausse de l'urbanisation et de l'industrialisation. Ce prolétariat inquiète car il pourrait soutenir des idéologies révolutionnaires. La bourgeoisie, en particulier la petite bourgeoisie, est inquiète face aux risques de déclassements. Les symboles prennent de l'importance pour marquer sa place. De plus, Hobsbawm se concentre sur la force de plus en plus importante de la question des nations qui pose problèmes à certains grands empires. Il explicite aussi l'entrée en scène des suffragettes et la tentative de libérer les femmes pour en faire des citoyennes. Mais celles-ci sont poussées à suivre le modèle de la femme au foyer qui peut être moins bien payée, avant le mariage, puis être soutenue par son mari. Au vu du salaire des femmes, qui n'est pensé comme secondaire face au salaire du mari, elles risquent de devenir des concurrentes des hommes ce qui pose la question de leur accès au travail pour les syndicats.
Hobsbawm s'intéresse aussi aux arts et aux sciences. Les arts se constituent en réaction face au passé pour tenter de créer de nouvelles formes. En particulier, une partie du monde de l'art tente d'atteindre une pureté sans fioritures. En ce qui concerne les sciences, Hobsbawm met en avant une rupture des sciences de la physique tandis que la génétique est utilisée pour justifier l'eugénisme en Europe. Le livre se terminer sur la marche de la société européenne vers une guerre mondiale. Hobsbawm l'explique par des tensions entre états mais aussi par les besoins d'extensions à cause du système capitaliste, la prise de contrôle des ressources est source de tensions.
Hobsbawm écrit un épilogue qui essaie de faire le bilan de son œuvre et de l'importance du XIXème pour comprendre le XXème siècle. Le livre est traduit en 1987 et Hobsbawm, bien que prenant en compte des risques de guerres mondiales, pense que le XXIème siècle serait probablement meilleur que le XXème. Il ajoute aussi une bibliographie commentée ainsi que des tableaux et des cartes. Malheureusement, cette édition ne fournit pas table de matières...
Image : Éditeur