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20/10/2013
Dans la lutte culturelle et idéologique que nous livrons à la droite, nous avons clairement perdu pied sur bon nombre de points. Il est toutefois nécessaire de remettre sur ses deux jambes ce qui peut l'être, et cela passe nécessairement par une transformation de notre vocabulaire, car c'est ce dernier qui détermine les limites de nos propositions politiques.
Lorsque nous mettons dans nos programmes une catégorie thématique se dénommant « emploi » ce n'est pas anodin. Comme par « emploi », les auteurs de cette catégorie veulent signifier « travail », ils établissent en effet une équivalence entre ces deux notions.
Mais cette équivalence est fausse et je la réfute totalement.
Certes, un emploi est toujours un travail, et employer c'est bel et bien acheter la force de travail (manuelle ou intellectuelle) d'autrui. Cependant, le travail peut fort bien ne rien avoir à faire avec l'emploi. Je peux en effet travailler sans être employé par quiconque, comme c'est le cas pour les travailleurs-coopérateurs ou pour les travailleurs dans une société socialiste.
Utiliser le mot « emploi » pour désigner la catégorie « travail » (englobant la catégorie des « conditions de travail ») c'est nous lier les mains, et nous contraindre à débattre dans un cadre défini par nos adversaires (où le travail ne saurait qu'être travail salarié). Et c'est donc la catégorie « travail » qui doit remplacer celle de « l'emploi » dans l'ensemble de notre propagande et de nos travaux théoriques.
Abdiquer devant l'usage dominant des mots, c'est abdiquer devant nos adversaires, et cela, nous devons catégoriquement nous y refuser.