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A la question “Dans les conditions actuelles, qu’est-ce que tu recommanderais aux travailleurs?” Paul Mattick (1904-1981) répondait:
“Pour le moment, une seule chose: ne prendre en considération que leurs propres intérêts, sans se soucier de l’état où se trouve l’économie capitaliste. Que ce soit en période de crise ou de prospérité, les travailleurs devraient s’efforcer, par la grève et l’action directe, d’améliorer leurs conditions de vie aux dépens de la plus-value, tout au moins essayer d’empêcher le capital de leur faire payer la solution de la crise. La lutte de classe, qui menace le capital dans son ressort vital, le profit, se transforme inévitablement en lutte politique. Lorsque la classe ouvrière s’occupe de ses intérêts propres et concrets et met en cause la production de la plus-value, c’est alors, et alors seulement, qu’elle s’engage réellement dans la lutte politique. Un mouvement politique qui ne s’occupe pas de la lutte économique directe n’est pas un mouvement politique prolétarien, et quels que soient les résultats qu’il puisse atteindre, il n’est d’aucune utilité aux travailleurs.”
" Fils d’ouvriers berlinois, jeune spartakiste, délégué des apprentis au Conseil ouvrier de Siemens, puis membre du KAPD, il s’installe aux États-Unis en 1926 où il adhère aux IWW, anime des revues: International Council Correspondence, Living Marxism (1938) et New Essays (1942), et fonde un groupe conseilliste en 1934. Ses écrits économiques, à contre-courant de la mode keynésienne, sont importants: Voir Le marxisme de Paul Mattick, de Pierre Souyri (1979).
Communiste, P. Mattick se démarquait du léninisme et analysait le régime soviétique comme un capitalisme d’État, sans pour autant dénier des bonnes intentions aux bolcheviques, qui réalisèrent selon lui le programme de la II° Internationale. Il se démarquait aussi de la phraséologie abstraite et du millénarisme révolutionnaire coupé des revendications immédiates et concrètes."
Tiré du site La Bataille socialiste