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Plus loin, les tavernes se suivent et se ressemblent. Sous le toit de canisse où le soleil parvient toujours à se frayer un passage, on trouve les mêmes petites tables carrées, soigneusement recouvertes de toile cirée jaune ou bleu, les mêmes chaises de paille, le sel et le poivre agglutinés par la chaleur et déposés dans de petits godets de verre. Pourtant, si l'on se lève à l'aube, en attendant de prendre le vapeur qui mène à Agia Roumeli, il faut aller s'asseoir un instant chez Diakakis, la première taverne après le bar anglais.
Dans la fraîcheur de l'aube, on y déjeune d'abondance. Et parfois, si on a de la chance, on y voit apparaître un grand oiseau de mer, chaloupant, la démarche incertaine, le plumage usé par des années de vie sédentaire, les ailes certainement rognées, mais le bec toujours avide et criaillant. Des pêcheurs le gavent de poissons et d'algues, d'os de seiches.
De temps à autre, le pélican secoue sa grosse tête, émet un gloussement étranglé, ouvre à nouveau tout grand son entonnoir. Puis il s'en va, repu, sommeiller dignement à l'ombre des roseaux.