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Les céphalées chroniques, définies dans l’International Classification of Headache Disorders – 2e édition (ICHD-II) – comme des céphalées présentes au moins quinze jours par mois, touchent 2 à 5% de la population générale. La moitié de ces patients souffrent de céphalées médicamenteuses, c’est-à-dire de céphalées chroniques associées à un abus chronique de médicaments anticéphalées (plus de quinze jours/mois pour les antalgiques simples, plus de dix jours/mois pour les dérivés de l’ergot, triptans, opiacés). La consommation chronique de ces médicaments contribue à entretenir les céphalées, mais il est difficile de convaincre les patients de les arrêter car leur sevrage s’accompagne dans un premier temps d’une augmentation des maux de tête. Une équipe de chercheurs norvégiens, regroupant des neurologues et des généralistes, a développé une intervention brève inspirée de l’entretien motivationnel, visant à donner aux généralistes un outil de communication pour informer leurs patients souffrant de céphalées médicamenteuses et les encourager au sevrage médicamenteux. L’intervention brève consistait essentiellement à appliquer au patient souffrant de céphalées chroniques un score de dépendance médicamenteuse, puis à lui expliquer les liens entre l’abus d’antalgiques et la chronicisation des céphalées. La durée moyenne de l’intervention brève était estimée à 9 minutes, et la formation des médecins de premier recours durait une journée. 75 patients souffrant de céphalées médicamenteuses ont ensuite été inclus dans une étude randomisée contrôlée en double aveugle. La moitié des patients a été prise en charge par des médecins de premier recours formés à l’intervention brève, tandis que l’autre moitié était prise en charge de manière standard. Après trois mois, dans le bras intervention brève, la consommation de médicaments avait diminué de 24 à 13 jours par mois, et la fréquence des céphalées de 25 à 17 jours par mois, alors qu’il n’y avait pas de changement significatif dans le bras contrôle.
Commentaire : Cette étude très bien conduite, au design original, a plusieurs mérites : tout d’abord, elle nous rappelle que les céphalées médicamenteuses sont un problème fréquent et sous-estimé en médecine de premier recours. Ensuite, elle nous fournit un outil efficace et facile d’utilisation pour encourager nos patients céphalalgiques à réduire leur consommation médicamenteuse. Enfin, elle montre qu’il est possible de faire de la recherche de qualité en médecine de premier recours.