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Les forêts secondaires d'Amazonie n'ont absorbé qu'une infime partie de CO2, révèle une étude
En 30 ans, les forêts secondaires de l'Amazonie brésilienne n'ont absorbé que 10% du CO2 rejeté par les arbres des forêts primaires de cette région. Un phénomène majoritairement lié à la déforestation, souligne une nouvelle étude.
Les forêts secondaires désignent des terres déboisées sur lesquelles des arbres ont été plantés afin d'absorber les émissions nettes de carbone rejetées dans l'environnement. «En 2017, il y avait près de 130.000 kilomètres carrés de forêts secondaires en Amazonie brésilienne, soit à peu près la taille de l'Angleterre», notent les auteurs de cette nouvelle recherche parue dans le journal Global Change Biology.
Malgré leur importance dans la lutte contre le réchauffement climatique, certains aspects relatifs à la capacité des forêts secondaires d'absorber les émissions de carbone liées à la déforestation demeurent méconnus, notamment sur le long terme.
Pour tenter d'en savoir plus, des scientifiques de l'université de Lancaster (Angleterre) ont évalué l'impact des forêts secondaires en Amazonie brésilienne, région fortement fragilisée par la déforestation qui selon l'Institut national de recherche spatiale du Brésil a atteint un taux de perte record d'environ 796 km² (soit l'équivalent de 7,5 fois la superficie de Paris) début 2020.
Les travaux ont été réalisés à partir de données obtenues sur MapBiomas, projet de carte interactive visant à étudier les transformations des terres au Brésil. Les scientifiques ont cartographié l'âge, l'étendue et le stock de carbone des forêts secondaires de l'Amazonie brésilienne entre 1986 et 2017. Leurs calculs ont révélé que la quantité de carbone relâchée par la déforestation en plus de 30 ans n'avait été compensée que de 10% par les forêts secondaires.
«Les forêts secondaires ont un potentiel incroyable pour stocker de grandes quantités de carbone. Toutefois, il leur faut beaucoup de temps pour constituer ce stock de carbone, si bien que sans une baisse drastique du taux de déforestation, leurs avantages environnementaux continueront d'être compromis», explique Charlotte Smith, qui a dirigé la recherche.
Mais d'après l'étude, cette faible capacité à absorber les émissions de carbone serait également fortement liée à la destruction de ces forêts secondaires : «Sur l'ensemble des forêts secondaires cartographiées au cours de la période de 32 ans, 60% avaient été déboisées à nouveau en 2017», note la chercheuse Charlotte Smith.
Sans compter que la majorité des forêts secondaires sont situées loin des forêts primaires et dans les régions les plus sèches de l'Amazonie, pointe l'étude.Retour à la page d'accueil
Relaxnews