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Jeudi dernier, l'aumônier de l'armée Muris Begovic a dirigé une prière musulmane en pleine campagne, au sein du bataillon de tir en montagne 6. L'UDC demande sur Twitter si la prochaine étape sera l'instauration de tribunaux de la charia, le conseiller national UDC Andreas Glarner estime que l'armée est «définitivement perdue».
Le président du Centre Gerhard Pfister écrit en revanche:
Comment Samuel Schmid, 50 ans, chef de l'aumônerie militaire, réagit-il à la controverse?
Samuel Schmid, que pensez-vous de la prière musulmane dans l'armée suisse, qui a fait la une des journaux?
Ce qu'il s'est passé est quelque chose de tout à fait normal. Des militaires ont exprimé le besoin de pratiquer leur foi. Nous avons répondu à cette demande. L'armée a depuis longtemps pour tradition de répondre aux besoins des croyants. C'est aussi le cas, par exemple, lorsque des catholiques souhaitent assister à un service religieux.
Vous attendiez-vous à cette controverse publique?
Les militaires ont le droit - si la marche du service le permet - de pratiquer leur religion dans un cadre protégé. La prière est une affaire privée. Pour l'armée, il était important que cette prière puisse avoir lieu dans un cadre digne et respectueux. Je ne suis pas surpris que l'image des militaires en train de prier suscite des réactions différentes. La diversité des opinions fait la force de notre société - si elle est liée au respect mutuel.
L'armée est-elle neutre sur le plan religieux?
Oui, elle n'a pas de couleur confessionnelle. Toutefois, la Constitution fédérale, qui contient une référence à Dieu, est au-dessus de tout cela. Nous y reconnaissons la diversité religieuse comme une ressource qui nous unit et ne nous divise pas en tant que société. Dans la mesure où la marche du service le permet, les militaires peuvent pratiquer leurs rituels, dans un esprit d'égalité de traitement, indépendamment de leur confession.
A quelle fréquence les aumôniers de l'armée organisent-ils des cultes de troupe?
Nous ne tenons pas de statistiques. Mais si des militaires expriment le besoin d'un service religieux catholique ou protestant, nous l'organisons. Les services religieux à la troupe ont toujours lieu sous différentes formes. C'est justement pendant la pandémie de coronavirus que la demande a augmenté.
Le quotidien de l'armée est-il compatible avec les prescriptions religieuses, par exemple le jeûne pendant le ramadan ou la prière quotidienne?
Chaque membre de l'armée peut vivre sa religion si cela est compatible avec la marche du service. Dans la pratique, cela se passe sans problème. Si des questions surgissent sur des cas très concrets, les aumôniers de l'armée peuvent soutenir les militaires et les commandants concernés.
Dans des situations exceptionnelles, par exemple lors d'un effort physique comme une marche, la suspension du jeûne est toutefois autorisée. Cet exemple montre à quel point il est important que nous ayons également un aumônier de l'armée d'origine musulmane qui puisse clarifier de telles questions.
(Traduit et adapté par Chiara Lecca)
Dans le domaine de la lutte contre le cancer, l'intelligence artificielle apparaît être un outil plein de promesses. Professeur à la faculté de médecine de l'UNIGE, chef du département d'oncologie des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), Olivier Michielin abordera le sujet lors d'une conférence publique jeudi prochain, à Uni Dufour.