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Les émotions
Comment favoriser le développement des jeunes enfants ? Apport des sciences cognitives interventionnelle
Conférence donnée par le professeur Edouard Gentaz pour les Rencontres Socio-Educatives de Grenoble le mercredi 10 mai 2017
Comment se développe la capacité d’identification des émotions ? Comment les jeunes enfants comprennent-ils les émotions des autres ? Comment accompagner le développement émotionnel ? Nous allons voir que la capacité à reconnaître et à comprendre les expressions émotionnelles est difficile pour les enfants, mais qu’il est possible de l’entraîner même auprès de jeunes enfants à la crèche.
« Je regrette, je n’aurais pas dû… ». Voilà des phrases que l’on est susceptible de prononcer lorsque l’on ressent de la culpabilité. Mais à partir de quel âge apparaît cette émotion ? Comment se développe-elle ensuite au cours de l’enfance ? Existe-t-il des facteurs qui influencent ce développement ?
Afin d’étudier la nature (sémantique et/ou picturale) de la reconnaissance des expressions émotionnelles, cette recherche teste l’hypothèse d’un transfert de la modalité auditive à la modalité visuelle chez 14 bébés âgés de 6 mois. Les analyses des préférences visuelles ont été effectuées à l’aide d’un système de suivi du regard ou eye-tracker (SMI RED 250). Les résultats montrent que seule l’écoute d’une voix émotionnelle de joie influence la préférence visuelle. Après l’écoute d’un son de joie, les bébés regardent plus longuement le visage non congruent, le visage exprimant la colère. Ces résultats montrent que le transfert intermodal (audiovisuel) est possible chez les bébés âgés de 6 mois seulement pour l’expression émotionnelle de joie. Ces résultats suggèrent une reconnaissance de nature sémantique pour l’expression de joie et de nature picturale pour l’expression émotionnelle de colère.
L’objectif principal de cette étude était d’évaluer la possibilité d’aider les enfants à développer leurs compétences émotionnelles à l’aide d’un entraînement dispensé pendant les heures de classe. 232 enfants âgés de 6 à 12 ans et de quatre niveaux scolaires différents ont été évalués au moyen d’un paradigme pré-test, entraînement, post-test après avoir été divisés en deux groupes : un groupe expérimental et un groupe contrôle. durant la phase d’entraînement, le groupe expérimental a bénéficié d’un programme d’entraînement portant sur les compétences émotionnelles d’identification, de compréhension et de régulation des émotions tandis que le groupe contrôle suivait des séances d’aide et de soutien scolaire. le niveau de compétences des enfants a été évalué lors du pré-test et du post-test à l’aide de trois épreuves de compétences émotionnelles. les résultats montrent que les enfants ayant bénéficié de l’entraînement ont amélioré significativement leur niveau de compétences émotionnelles en comparaison au groupe contrôle, et ce particulièrement pour les enfants les plus jeunes. les implications pratiques ainsi que les limites de cette étude sont discutées.
Le développement de la discrimination faciale émotionnelle durant la première année - Revue l'Année Psychologique (2014)
Cette revue présente une synthèse des études examinant la discriminatio des expressions faciales émotionnelles chez les nourrissons durant la première année de vie. Ces études montrent 1. une sensibilité aux changements d’expression faciale ainsi qu’une attirance pour les visages joyeux, probablement dès les premiers jours après la naissance et sûrement lors des premiers mois, 2. la capacité de distinguer les visages joyeux d’autres expressions après les premiers mois, 3. une attirance plus tardive, vers 6 à 7 mois, pour les visages de peur due à une modulation de l’attention, 4. l’émergence vers 6 à 7 mois de la capacité à distinguer entre elles les expressions autres que le sourire. Nous discutons enfin de l’aspect intrinsèquement émotionnel de cette discrimination précoce des expressions faciales émotionnelles, plus ou moins laissé en suspens par les études recensées, de même que l’explication causale de son développement.
La peur du noir est très fréquente chez les enfants d’âge préscolaire, et elle fait le plus souvent partie de leur développement psychologique. Il existe des outils d’évaluation pour identifier la nature de cette peur lorsqu’elle a des conséquences importantes pour l’enfant et son entourage. Plusieurs stratégies peuvent la faire diminuer. Ces stratégies et les outils d’évaluation doivent être adaptés à l’âge de l’enfant et à son développement neurocognitif.