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Le constructeur de Stans a conçu au cours de son histoire plusieurs appareils à succès, destinés à des usages militaires ou civils. La source aussi de problèmes. Pilatus a été souvent accusé de détourner la législation sur le matériel de guerre.
Tout commence en 1939: la fabrique d'avions de Stans est fondée avec pour mission le soutien aux forces aériennes suisses. A partir de 1944, Pilatus fabrique ses propres avions, des appareils destinés notamment, à travers la série des P-2 et P-3, à l'entraînement des pilotes de chasse.
Dès 1947, le constructeur développe un avion de transport léger, robuste et capable de décoller sur une courte distance. Ce sera d'abord le P-4, puis son successeur, le légendaire PC-6 Porter, qui connaît un succès planétaire - plus 530 exemplaires de cet appareil sont encore en service de par le monde.
Les militaires s'y intéressent d'ailleurs et durant la guerre du Vietnam, des versions militarisées du PC-6, construites sous licence, participent à des opérations spéciales menées par les forces américaines.
Mais ce sont les avions d'entraînement, le PC-7, lancé en 1978, et son successeur le PC-9, qui feront le plus parler d'eux. Certains de ces avions peuvent en effet être pourvus par la suite d'armements et donc participer à des actions militaires offensives.
On retrouve ainsi la trace des avions de Stans, sur différents théâtres de conflits, en Amérique latine, en Irak, en Birmanie ou en Angola. Très régulièrement, Pilatus se retrouve donc accusé, en particulier par les milieux tiers-mondistes, de détourner la législation sur le matériel de guerre.
Finalement, en 1993, le Conseil fédéral décide de limiter la possibilité de livrer des PC-7 ou PC-9 aux pays qui font l'objet d'un embargo en matière d'exportation de matériel militaire suisse.
De son côté, Pilatus, qui souffre de la demande très irrégulière en matière d'avions d'entraînement, développe un nouveau produit. C'est le PC-12, un avion d'affaires et de transport, grâce auquel l'avionneur retrouve les chiffres noirs, en 1995.
C'est aujourd'hui le produit-phare de Pilatus, un mono-moteur qui a pour avantage des coûts d'utilisation très bas. «Nous pensons qu'il y a un marché très important qui existe et qui s'ouvre pour cet appareil» analyse ainsi Volkan Goecmen, de la banque Pictet. Plus de 200 PC-12 ont d'ores et déjà été vendus.
swissinfo avec les agences