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Avec une histoire de plus de 1500 ans, les échecs sont un jeu dont la popularité n’a cessé de croitre au fil des siècles. Décrit au Moyen Âge comme le « jeu des rois », il acquiert un prestige qu’aucun autre jeu ne possède. Durant cette période, il est adopté par toutes les couches de la société. Ses origines sont encore débattues aujourd’hui, et plusieurs hypothèses coexistent.
L’origine des échecs est difficile à remonter. De nombreux jeux similaires existent en Asie depuis plusieurs siècles, sans réussir à leur donner une origine commune. De plus, de nombreux mythes de diverses cultures exposent des théories variées sur la création de ce jeu.
La plus célèbre légende est persane, et attribue les échecs à un roi mythique des Indes (nommé Balhait ou Shahram selon les versions). En proie à l’ennui, ce roi promet une récompense exceptionnelle à celui qui lui proposera la meilleure des distractions. Un sage nommé Sissa lui présente les échecs. Le roi, comblé, lui demande quelle récompense il désire pour son jeu.
Sissa lui demande de déposer un grain de riz sur la première case, deux sur la deuxième, quatre sur la troisième, et ainsi de suite pour remplir l’échiquier en doublant la quantité de grains à chaque case. Le roi accepte, jusqu’à ce que son conseiller lui explique qu’il vient de ruiner son royaume. (En tout, cela représente à terme 18’446’744’073’709’551’615 grains, soit plus de 4 tonnes de riz). La fin de l’histoire varie : Sissa renonce à sa récompense, doit compter les grains lui-même, ou finit avec la tête tranchée pour son effronterie.
Au Moyen Âge, en Europe, on invente aussi des légendes prestigieuses pour donner une origine glorieuse aux échecs. L’une d’elles attribue à Palamède, héros de la guerre de Troie, l’invention des échecs. Une autre la voit comme une création d’Aristote pour instruire Alexandre le Grand, deux personnages admirés de la société médiévale.
Lorsque les Arabes envahissent la Perse, ils adoptent la version persane des échecs sous le nom de shatranj. Les échecs connaissent alors un développement remarquable. Aux IXe et Xe siècles apparaissent les premiers traités et les premiers champions d’échecs. Les pièces ne sont alors pas tout à fait les mêmes qu’aujourd’hui :
Le jeu d’échecs est probablement arrivé en Europe par l’Espagne au Xe siècle. Il a ensuite été adopté dans toute l’Europe dès le XIe siècle. Les premières règles fixées dans cette partie du monde apparaissent dans un poème latin de la fin du Xe siècle, le Versus de Scachis.
Les échecs connaissent alors de nouvelles mutations et de nouveaux noms :
De nouvelles règles s’ajoutent aux XVe et XVIe siècle : le double pas initial du pion, les déplacements de la reine et des fous sans nombre limite, ou encore l’invention du roque. Les règles modernes s’établissent autour de 1650.
Avec la Renaissance, les échecs évoluent vers un aspect plus compétitif. La théorisation des échecs commence aussi à cette époque. On organise des compétitions dès le XVe siècle, et les joueurs se professionnalisent. Les stratégies et les tactiques se développent et évoluent. Au XVIIIe siècle, on joue aux échecs dans les cafés, dehors… et même devant le roi !
Les échecs connaissent ensuite une grande modernisation au XIXe siècle. Ils ont leurs écoles, leurs champions, leurs traités, leurs revues…Le premier tournoi international a lieu à Londres en 1851. Le premier championnat du monde officiel est organisé en 1886 aux États-Unis. Il est remporté par Wilhlem Steinitz, qui est alors sacré champion du monde.
La Fédération internationale des échecs (FIDE) est créée en 1924. C’est elle qui désigne désormais le champion du monde des échecs.
Les échecs ont une longue histoire également dans le milieu de l’automatisation et de l’informatique. Dès la fin du XVIIIe siècle, un ingénieur crée un automate capable de jouer aux échecs : le Turk. Celui-ci voyage dans toute l’Europe pour affronter les plus grands joueurs. En réalité, l’automate cachait un joueur professionnel dans son coffre, et la machine ne faisait que déplacer les pièces !
Avec l’arrivée de l’informatique, les échecs se retrouvent à nouveau liés à la machine. Le premier ordinateur capable de jouer aux échecs date des années 1940. En 1995, IBM conçoit un programme capable d’analyser jusqu’à cinquante milliards de positions en trois minutes : Deep Blue. La machine gagne face à Kasparov en 1997, après une défaite l’année précédente.
Divertissement qui a traversé les siècles, le jeu d’échecs est toujours aussi apprécié. Cette popularisation s’obverse aussi dans l’art : enluminures, peinture, littérature, cinéma… Aucun art n’est resté indifférent à ce divertissement aux origines obscures…
Vous voulez découvrir un autre jeu historique?
Dossier « Le jeu d’échecs », Dossiers pédagogiques de la Bibliothèque nationale de France, en ligne : https://essentiels.bnf.fr/fr/societe/jeux-et-divertissements/e518d680-fb5b-4e9e-93bf-3b7c766a529f-jeu-echecs
Netchine, Eve. Jeux de princes, jeux de vilains, Paris, BNF, 2009.
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