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En 2008, 3,3% de tous les emplois en Suisse étaient du type atypique précaire, principalement caractérisés par une insécurité qui n’est pas souhaitable. Il ressort d’une étude que depuis 2002, le nombre des engagements à durée déterminée et le travail sur appel ont légèrement augmenté. Toutefois, les personnes concernées ne restent généralement pas longtemps dans cette situation.
Les emplois à durée déterminée, le travail sur appel, les emplois temporaires jouent en Suisse un rôle plutôt mineur. En 2008, il s’agissait pour 3,3% de tous les emplois de conditions de travail flexibles, comme l’indique une étude qui vient d’être publiée. Depuis 2002, le nombre des rapports de travail dits atypiques précaires a légèrement augmenté, de 0,4%. Cette évolution s’explique pour l’essentiel par l’augmentation des emplois à durée déterminée, mais aussi par le travail sur appel, comme l’a relevé une étude du bureau ECOPLAN mandaté par la Commission de surveillance de l’assurance-chômage. Deux tiers environ des nouveaux emplois atypiques précaires à durée déterminée depuis 2004 sont des stages, y compris le volontariat. Au total, 13 000 nouvelles places de stage ont été créées depuis 2004.
« Grande perméabilité du marché suisse du travail »
Les conditions de travail répondant à la définition atypique précaire impliquent une certaine insécurité qui n’est pas souhaitable. Selon Ecoplan, les femmes, les jeunes, les étrangers et les personnes ayant un faible niveau de formation sont particulièrement exposés aux risques de précarité dans les relations professionnelles. Les chômeurs acceptent souvent des emplois flexibles. Plus de 60% des chômeurs ou des personnes sans emploi qui acceptent une activité précaire retrouvent un emploi convenable par la suite. Les personnes qui avaient une occupation traditionnelle avant un emploi atypique précaire sont plus de 80% à retrouver une situation normale. « Cela montre, selon Ecoplan, la grande perméabilité du marché du travail suisse ».
Les formes de travail flexible ne sont pas nécessairement problématiques. Elles peuvent même offrir une liberté supplémentaire aux employeurs comme aux travailleurs. Sont considérés comme précaires les contrats de travail qui exposent le personnel à une grande insécurité « sans l’indemniser correctement ».
Possibilité d’explorer différentes branches
De l’avis de l’Union patronale suisse, le travail à temps partiel correspond à un grand besoin de travailleurs et n’a en principe rien à voir avec une relation de travail précaire. En outre, les emplois temporaires ainsi que les stages peuvent être souhaitables sur le plan de la politique de la formation pour explorer différentes branches et accumuler des expériences dans le monde du travail.
Les données ne peuvent pas indiquer si ces relations de travail sont souhaitables des points de vue sociétal ou économique. Elles sont à considérer d’un regard critique si, faute de meilleures options, les personnes concernées se trouvent « piégées » dans un tel rapport de travail. Il peut se poser la question de savoir jusqu’à quel point il existe un rapport entre le chômage des jeunes et la proportion élevée de jeunes occupant des emplois atypiques précaires. Leur flexibilité peut représenter pour certains groupes de personnes une forme de travail ou de formation possibles ou leur ouvrir l’accès à la vie professionnelle. La grande perméabilité entre travail atypique précaire et relations de travail normales est une indication dans ce sens.