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Sa cage thoracique était si large qu'elle ne tenait même pas sur le tableau en noir et blanc accroché au mur de la chapelle de Larrivière-Saint-Savin. Georges Magendie était le leader du Racing Club de France en 1974, jusqu'à ce qu'il soit victime d'une fracture vertébrale dans une mêlée et décède quelques mois plus tard. Son maillot rayé bleu et blanc est toujours suspendu à Notre-Dame-du-Rugby.
La seule église au monde dédiée à ce sport rassemble près de 200 maillots de joueurs de rugby décédés. Parmi eux, on trouve aussi des étrangers, comme le Britannique Billy Joe Edwards (Wigan Warriors), mort en 2003.
Larrivière-Saint-Savin se trouve au cœur de la Gascogne (sud ouest de la France), où l'engouement pour le rugby ne connaît pas de limites, surtout depuis le début de la Coupe du monde (8 septembre au 28 octobre). Dans les neuf stades, 2,5 millions de places assises – généralement à des prix à trois chiffres – sont vendues depuis longtemps.
Mais en Gascogne, le rugby est bien plus qu'un sport, il fait partie de la vie. Et aussi de la mort. L'abbé Gilbert Lavigne le sait: «Quand les joueurs se coincent les uns dans les autres et s'enfoncent de plus en plus dans la mêlée, il arrive parfois que des vertèbres cervicales se brisent.»
Alors les proches de ces malheureux décédés en pratiquant leur sport envoient leurs maillots ou d'autres dons à l'homme de Dieu.
Une fois par an, à la Pentecôte, Gilbert Lavigne organise une messe pour eux. Sur les vitraux et une statue, on voit la Vierge Marie à laquelle un garçon tend un ballon de rugby. L'abbé, avec son accent gascon, sourit:
Il poursuit sa description: «Marie frappe ses mains l'une contre l'autre et semble s'exclamer: "Mon Dieu, qu'est-ce qu'il a encore fait?"»
Magnifiquement située dans une clairière surélevée, la chapelle du rugby trouve son origine dans un accident de voiture fatal à trois joueurs locaux revenant d'un match à Bordeaux en 1964. Leur mort a bouleversé la Gascogne où, contrairement à beaucoup d'autres endroits, le premier sport pratiqué n'est pas le football.
Quant à savoir si le rugby reste un sport de brutes, l'abbé Gilbert Lavigne n'aime pas entendre cette question. L'homme de foi en est certain: ce jeu obéit à des règles strictes, bien plus complexes que celles du football par exemple. La plus importante? Le ballon ovale ne doit pas se lancer vers l'avant. Par contre, on peut le porter. Et ça change tout.
Et ça vaut aussi bien en dehors du terrain. «Chez nous, personne n'est livré à lui-même», se félicite le maire de Larrivière-Saint-Savin, Christophe Larrose.
«Non, ce n'est pas un jeu pour les brutes», conclut Larrose. «C'est bien plus qu'un match pour les Gascons. Nous sommes Français, nous aimons la confrontation et la passion. C'est pour ça qu'on aime le rugby.»
Le cœur de la culture rugbystique française se trouve justement dans ce même département des Landes. Au café Vincennes de Mont-de-Marsan, un seul quotidien est posé sur le comptoir: Le Midi Olympique. Il est exclusivement consacré au rugby. Imprimé sur du papier jaune, il ne connaît qu'un seul sujet: la Coupe du monde de rugby. Mais en fait, pourquoi ce tournoi dure-t-il près de deux mois? «Après un match de rugby intense, les joueurs doivent récupérer beaucoup plus longtemps que les footballeurs», nous explique le tenancier, dont l'expression corporelle souligne l'évidence de la réponse.
Le Midi Olympique énumère les favoris de la Coupe du monde, parmi lesquels figurent, outre l'Afrique du Sud, tenante du titre, la Nouvelle-Zélande et l'Angleterre. Mais de chaque ligne se dégage la certitude que le 28 octobre, seuls les rugbymen du pays hôte seront sacrés: les Bleus. La victoire initiale contre les puissants All Blacks a déjà rendu les Gascons euphoriques, eux qui sont faciles à enthousiasmer et volontiers exubérants.
Non loin de là se trouve l'enceinte du Stade Montois, actuellement en deuxième division française de rugby. A l'entrée, Torha Balde, la responsable presse du club, elle-même joueuse depuis de nombreuses années, nous accueille. Elle clame:
Une fois de plus, le mot le plus important en rugby est prononcé: «respect». Torha Balde, 30 ans, se trouvait trop grande et trop lourde lorsqu'elle dansait à ses heures perdues. Avec ces mêmes caractéristiques, elle est aujourd'hui leader de son équipe de rugby, tirant vers le haut les joueuses plus petites et plus faibles physiquement. «Ça donne confiance en soi», sourit la jeune femme.
Elle ne considère pas le rugby comme un sport de machos. Elle ne s'en est jamais plainte. La Fédération française (FFR) s'efforce d'ailleurs de promouvoir les équipes féminines. Les quatorze clubs masculins de première division, le «Top 14», sont tenus depuis 2023 de gérer une section féminine. «Et nous sommes plus autonomes que les footballeuses, qui copient le jeu des hommes», applaudit Torha Balde.
Des caractéristiques peut-être aussi dûes au fait que les joueuses souffrent statistiquement plus que les hommes du principal mal du rugby: le traumatisme crânien. Un sujet sérieux. Torha Balde n'aime pas en parler et préfère se réjouir de l'expérience collective du rugby. La trentenaire fait remarquer que son sport a la même devise que les Trois Mousquetaires, eux aussi originaires de Gascogne: «Un pour tous, tous pour un!»
Adaptation en français: Yoann Graber
Qui n'a pas envie de connaître les mêmes sensations fortes que Marco Odermatt quand il dévale les pistes de descente? Beni Matti, chef de course chez Stöckli Ski (l'équipementier du champion nidwaldien), trouve certes l'idée sympa, mais il prévient en souriant: