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Les Verts sont le seul parti qui peut espérer une progression significative lors des élections de cet automne. Forts de ce constat, ils réclament un siège gouvernemental.
Mais pas à n'importe quel prix: les écologistes ne participeront au gouvernement que si l'UDC se retire. Ils visent en outre un gain de cinq sièges à la Chambre basse et une entrée à la Chambre haute.
Esquissant le bilan de la législature qui s'achève, le parti écologiste suisse en a profité pour préciser ses ambitions en vue des élections fédérales du 21 octobre prochain et du renouvellement du Conseil fédéral (gouvernement) agendé le 12 décembre 2007.
Pour les Verts, il est temps de «changer de cap» en matière de politique fédérale, a indiqué lundi leur vice-président Ueli Leuenberger.
Et d'estimer que son parti est «mûr pour entrer au Conseil fédéral», à condition toutefois que l'Union démocratique du centre (UDC, droite nationaliste), actuellement représentée par deux ministres (Christoph Blocher et Samuel Schmid) au gouvernement, en soit écartée.
Les Verts reprochent en effet à l'UDC et à son ministre Christoph Blocher de nier les problèmes climatiques. Le syndic de Lausanne Daniel Brélaz, pressenti comme potentiel candidat vert au Conseil fédéral, a lui aussi critiqué le ministre UDC de la justice sur les ondes de la radio romande.
«Christoph Blocher a montré à de très nombreuses reprises des positions qui se moquaient complètement de tout esprit de concordance ou de collégialité», a-t-il déclaré, ajoutant qu'«un parti gouvernemental doit garder un minimum de déontologie.»
Avec l'aide des autres partis
Pour les Verts, la constitution d'un nouveau gouvernement incluant un siège écologiste est envisageable. Ceci notamment du fait que le parti démocrate-chrétien (PDC, droite) et le parti radical (PRD, droite) ont «verdi leurs plateformes électorales» ces derniers mois et que le parti socialiste a intégré plusieurs revendications vertes.
Comme ils excluent de siéger au gouvernement avec l'UDC, les Verts considèrent que la balle est dans le camp des autres partis, PS et PDC en tête, qui décideront de la composition du gouvernement le 12 décembre.
Quant à l'UDC, le parti écologiste pense qu'elle risque de devoir mettre à exécution sa menace de passer dans l'opposition en cas de non réélection de ses deux ministres.
Pas une surprise
Du côté du parti socialiste, la porte-parole Claudine Godat indique que «la stratégie du PS ne se trouve pas changée» par les ambitions des Verts, qui d'ailleurs «ne constituent pas une surprise.»
S'ils veulent toujours devenir «le parti le plus important» du nouveau Parlement, les socialistes saluent la perspective générale de voir la gauche progresser lors de ces élections. «Un siège écologiste au gouvernement est donc envisageable, relève Claudine Godat en soulignant que «comme il y a quatre ans, le PS ne votera pas Blocher lors du renouvellement du Conseil fédéral.»
Chef de presse du PRD, Christian Weber précise lui que la stratégie de son parti vise avant tout à ce que ses deux conseillers fédéraux, Hans-Rudolf Merz et Pascal Couchepin, restent en place.
«En ce qui nous concerne, nous tiendrons compte à la fois des résultats des élections fédérales d'octobre et des candidatures au gouvernement proposées par les autres partis. La balle est dans leur camp.»
Plus nombreux au Parlement
En attendant la bataille pour le renouvellement du gouvernement, les Verts tablent sur un gain de trois à cinq sièges au Conseil national (Chambre basse) et sur une entrée au Conseil des Etats (Chambre haute). Le groupe parlementaire pourrait ainsi passer à une vingtaine de membres.
Il s'agit d'«un but réaliste» compte tenu de l'évolution du parti, selon le secrétaire général Hubert Zurkinden. Il a néanmoins reconnu que les dissidents des Verts libéraux représentent une concurrence, surtout à Zurich et St-Gall où des listes ont été déposées.
Lors de la prochaine législature, les Verts veulent continuer à faire oeuvre de pionnier en matière de politique climatique. «Un accent sera mis sur l'écologie industrielle, qui permet aussi de créer des emplois et des avantages concurrentiels pour l'économie», a fait valoir Anne-Catherine Menétrey-Savary.
Le parti, opposé aux centrales nucléaires et aux grandes centrales à gaz, n'est pas près de changer son fusil d'épaule dans ce domaine. Il ne veut d'ailleurs pas d'un Conseil fédéral qui soutient ces options, a souligné la cheffe du groupe parlementaire écologiste Therese Frösch.
Bilan 2003-2007 positif
Quant à la législature qui s'achève, le groupe des Verts estime qu'il a été «le pilier de la lutte pour une protection efficace du climat, à une époque où le sujet n'était pas encore politico-compatible», selon les termes de Therese Frösch.
Durant la législature 2003-2007, les Verts ont par exemple demandé la taxe CO2 sur les combustibles et sur les carburants et sont restés les champions de la lutte contre le nucléaire. Mais le parti a aussi renforcé son action en matière de politique de sécurité, de politique étrangère et de politique sociale, s'est-elle félicitée.
Ces points resteront des axes importants de la prochaine législature. Pour les Verts, il est donc important d'apporter des changements à une majorité gouvernementale «qui néglige les menaces des changements climatiques et semble ignorer les enjeux relatifs à la cohésion sociale et nationale.»
swissinfo et les agences
Les Verts en progression
Lors des dernières élections fédérales en 2003, les Verts ont vu progresser leur électorat de 5 à 7,4%. Au Conseil national (Chambre basse), ils ont passé de 9 à 13 sièges. Ils ne sont jusqu'ici pas représentés au Conseil des Etats (Chambre haute).
Selon les sondages, le parti écologiste sera le grand gagnant des élections fédérales de cet automne. Les baromètres électoraux réalisés par l'institut gfs.bern sur mandat de SRG SSR idée suisse montrent que les Verts récolteront plus de 10% des voix. Le dernier baromètre électoral datant de début août les crédite de 10,3% des voix, alors qu'ils en récoltaient 10,9% début juin. La nouvelle formation des Verts libéraux n'est pas prise en compte dans ces estimations.
Au niveau cantonal, les Verts disposent de plus de 200 sièges dans les législatifs et une dizaine dans les exécutifs.