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Saviez-vous que la prévoyance funéraire permet de planifier ses obsèques et de s’assurer que le moment venu ses volontés soient respectées ?
Table des matières
L’étymologie du mot « épitaphe » vient du bas latin epitaphium (oraison funèbre), un terme emprunté du grec ancien « epitáphion » (épi signifiant « sur » et taphos signifiant « tombeau »). Une épitaphe est une inscription gravée sur un tombeau visant à célébrer le défunt ou à lui rendre hommage à travers un court texte. Ainsi, dans le langage courant, le terme épitaphe fait à la fois référence à la gravure mortuaire comprenant les informations importantes du défunt et à la courte phrase souvenir qui finalement reste facultative.
S’il est difficile de retracer l’origine exacte des épitaphes, les archéologues ont retrouvé des traces d’inscriptions funéraires dans le monde entier, notamment sur des tombeaux égyptiens et babyloniens mais aussi sur des sarcophages en Asie. Chez les Grecs et en Rome antique, l’épitaphe était déjà très courante à l’instar de celle qui figure sur le tombeau d’Homère : « J’ai aimé parcourir le chemin à tes côtés. Après avoir goûté aux charmes de l’amour, ils goûtèrent toute leur vie au plaisir des confidences. » Au moyen-âge, sous l’impulsion de l’Église catholique, les épitaphes revêtaient souvent des inscriptions religieuses avec des citations bibliques en référence au trépas.
Traversant les siècles et les époques, l’épitaphe a toujours été un moyen de narguer la mort, de partager un élan de nostalgie envers l’être aimé, ou simplement d’exprimer une pensée spirituelle. Elles ont aussi été utilisées pour exposer des faits d’armes, glorifier les soldats, les hommes de lettres, les artistes et toutes les personnalités s’étant illustrées dans un domaine avec une petite particularité souvent appréciée « faire parler le mort ». Si au fil du temps les belles paroles et les « Ici, repose » ou les « ci-gît » ont laissé place à des mots tendres émanant de la famille privilégiant comme support une plaque funéraire, les épitaphes continuent à fleurir dans les cimetières.
Il existe autant de types d’épitaphes différentes qu’il existe de personnalités différentes. La plupart du temps, elle est rédigée par des proches dans l’optique de commémorer un défunt, mais il n’est pas rare de trouver des épitaphes pensées par le défunt lui-même avant sa mort.
Les épitaphes traditionnelles
Traditionnellement l’épitaphe vise à faire un éloge à un mort, en vantant ses qualités ou en faisant mention de sa carrière honorable. Il est aussi courant de faire graver des versets de la Bible ou quelques pensées simplement en souvenir de l’être aimé. Dans certains cas, elle revêt une déclaration d’amour ou exprime le regret d’un proche parti trop tôt. Voici une liste d’épitaphes communes :
- En souvenir d’un bon père, d’un bon époux, d’un bon fils.
- Depuis ta mort, le ciel compte une étoile de plus : toi.
- Gravé au fond du cœur, l’amour ne meurt jamais.
- Ne pleurez pas ma mort. Célébrez ma vie.
- Repose en paix, ton amour restera.
- Ici repose un cœur aimant et bienveillant.
- En Dieu, nous trouvons le repos éternel.
- Sa vie fut une bénédiction, sa mémoire est un trésor.
- Comme une étoile qui scintille dans la nuit, son souvenir ne s’éteindra jamais.
- Profondément aimé, profondément regretté.
- Un petit ange parti trop tôt repose ici.
Les épitaphes humoristiques
L’une des épitaphes les plus humoristiques est celle du Cardinal Richelieu sur laquelle on peut lire « Ici gît le Cardinal de Richelieu. Le mal qu’il fit, il le fit bien. Le bien qu’il fit, il le fit mal. » Elle est l’œuvre d’Isaac de Benserade, un dramaturge français auquel le Cardinal versait une pension annuelle de 600 cents livres, d’où l’ironie mordante de ses propos motivée certainement par une certaine forme de ressentiment.
Celle de William Churchill fait aussi dans l’humour : « Je suis prêt à rencontrer mon Créateur. Que mon Créateur soit prêt à rencontrer une telle créature. »
L’acteur Bruno Cremer, célèbre pour son rôle du commissaire dans la série Maigret s’est, quant à lui offert, l’inscription suivante « Ceci est un trou de mémoire »…
Les épitaphes insolites
Toutes les épitaphes n’ont pas une vocation solennelle ou humoristique et certaines peuvent même revêtir un caractère insolite.
À titre d’exemple, figure sur la pierre tombale de William Shakespeare l’inscription suivante : « Mon ami, pour l’amour de Jésus, abstiens-toi de creuser la poussière enfermée ici. Béni soit l’homme qui épargne ces pierres et maudit celui qui déplace mes os. » Un message qui a visiblement fait son effet puisque personne n’ose ouvrir la sépulture malgré les doutes sur son contenu. En effet, selon des rumeurs, le crâne de Shakespeare aurait été subtilisé au XIXe siècle. Si la tombe a été radiographiée en 2016 à la demande d’une chaîne de télévision, les résultats ont été tout sauf concluants, montrant qu’elle contenait apparemment un crâne féminin.
Quant à savoir si tout ceci est vrai ou s’il y a une certaine volonté d’entretenir un mythe romantique, le fait est que l’Église anglicane refuse toujours toute excavation.
Une inscription funéraire personnalisée reste une façon concrète de faire perdurer la mémoire d’un être cher disparu. Contrairement aux idées préconçues, l’épitaphe n’est pas l’apanage des personnes célèbres et chacun doit pouvoir s’exprimer sur son lit de dernier repos, même si c’est à titre posthume. Qu’il s’agisse de choisir sa propre épitaphe de son vivant ou d’en concevoir une pour un proche décédé, une épitaphe est une manière de transmettre un héritage et refléter l’essence d’une vie.
Une bonne épitaphe est une épitaphe pensée à l’image d’un défunt. À l’instar du monument funéraire, elle doit être fidèle à ses valeurs, à ses croyances, et/ou refléter sa personnalité. Elle peut résumer sa vie, vanter ses réalisations ou son génie créatif, transmettre quelques bons sentiments.
Si une simple phrase gravée dans le marbre a tout son effet, il est aussi possible de choisir un court texte humoristique, tendant vers l’ironie ou même une citation tirée d’un livre. La littérature est une source inépuisable d’inspiration pour créer une épitaphe. Certains font le choix de citer des paroles d’une chanson comme « Non, rien de rien, non, je ne regrette rien », tirée d’une chanson d’Édith Piaf. Il n’existe pas de bonne ni de mauvaise épitaphe, tant que celle-ci est à l’image du proche disparu.
Il faut simplement garder à l’esprit que celle-ci doit être assez courte pour tenir sur une pierre tombale et être lue de manière fluide. Comme il est aujourd’hui plus courant d’inhumer l’urne d’un défunt dans un columbarium que dans une tombe pour corps, la place sur la plaque reste assez limitée et il vaut mieux être concis.
L’épitaphe est-elle obligatoire ?
Non, l’épitaphe n’est pas obligatoire et de plus en plus de familles font le choix de se limiter à la gravure de l’identité du défunt (nom, prénom), de ses dates de naissance et de décès.
Les épitaphes n’ont finalement aucune limite si ce n’est celle de la bienséance. Quel que soit le type choisi, quel que soit le message à faire transmettre aux proches survivants ou simplement aux passants, l’épitaphe est le reflet d’un homme ou d’une femme, gravé à jamais dans la pierre. Elle représente un lien entre le passé et les générations futures, mais aussi un hommage qui traverse le temps.