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Absorbé par son portable au volant de son 4x4 en automne 2016 à La Chaux-de-Fonds, le conducteur avait coupé la route au deux-roues en tournant. L'enquête de la police avait établi que l'homme avait envoyé deux messages puis consulté un site pour faire des achats.
Meurtre par dol éventuel réclamé
En première instance, le tribunal criminel l'avait condamné - déjà pour homicide par négligence - à 14 mois de prison avec sursis. Mais le Ministère public a fait appel, réclamant le meurtre par dol éventuel. Cette condamnation rare, plus sévère, signifie qu'une personne ne souhaite pas d'accident, mais a conscience du risque qu'elle fait prendre aux autres.
Mardi matin, l'accusation a décrit un homme égoïste, plus attaché à son téléphone qu’à la vie humaine. Le procureur Nicolas Aubert a aussi demandé aux juges de donner un signal et d'adapter la justice aux conditions de vie actuelles, remplies de distractions.
Les interrogations de la défense
L'accusé, lui, n'a pas contesté l’accident mais affirme qu'il n'utilisait pas son portable. Il dit ne toujours pas comprendre pourquoi il n'a pas vu le scooter ce jour-là. Son avocat a demandé sans succès une nouvelle expertise, rappelant l'écart de dix secondes entre le choc et la dernière action effectuée sur le téléphone.
La défense a du reste évoqué le même enjeu de société que le procureur en s'interrogeant: si un tiers des conducteurs pianotent sur leur smartphone au volant, sont-ils tous des meurtriers potentiels?
Cet argument a été entendu par la Cour pénale, qui a alourdi la peine mais n'a pas durci la jurisprudence.
>> Les précisions de Julien Guillaume dans le 12h45:
Etienne Kocher/oang