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Le défi est immense et magnifique: Julian Nagelsmann, le coach sans le moindre passé de joueur, s'est engagé au Bayern Munich, une institution qui ne s'offre habituellement qu'aux vieux briscards et/ou aux riches palmarès du football mondial.
Dans ce monde qui n'a longtemps pas été le sien, le technicien de 33 ans devra convaincre de grands joueurs qu'il connaît aussi bien qu'eux ce jeu auquel il n'a jamais vraiment joué (il a arrêté sa carrière en équipe réserve pour cause de blessures). Domenico Tedesco avait essayé de faire la même chose avec Schalke, il avait fini par payer un manque de légitimité aux yeux des cadres du vestiaire. Le palmarès du terrain ferait-il autorité? Certains en doutent.
Julien Stéphan, André Villas-Boas, Thomas Tuchel ou José Mourinho ont tous vécu une carrière de joueur insignifiante avant de devenir de très bons entraîneurs. Ils ont découvert le monde du football avec un regard neuf et un esprit libéré de certaines conventions. Le travail de Nagelsmann au RB Leipzig est remarquable. Le natif de Bavière jouit d'une cote de popularité immense en Allemagne.
Rien ne justifierait que sa candidature n'ait pas séduit un club comme le Bayern, hormis l'habitude des élites du football de se donner du travail entre eux: en Suisse, sur les dix entraîneurs de Super League, un seul n'a jamais joué au football, et Peter Zeidler est l'un des meilleurs techniciens du pays.