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Le transport d'armes confisqué !
Je viens de recevoir un permis d'achat d'armes et la police cantonale m'a aimablement fourni avec un petit document me rappelant ce qui est permis et ce qui ne l'est pas.
Et c'est là que j'apprends que, "en Suisse, il est interdit de porter une arme hors de son domicile".
L'article 3 de la Loi fédérale sur les armes stipule pourtant que: "le droit d'acquérir, de posséder et de porter des armes est garanti dans le cadre de la présente loi". C'est moi qui souligne).
Quant au transport, le même flyer explique qu'il est interdit "de la transporter dans un véhicule" et ajoute que "le transport est admis en provenance ou à destination d'un armurier ou d'un stand de tir". Vous noterez : "admis" (ce qui signifie "toléré"), dans des circonstances bien définies. Pourtant l'article 28 de la LArm est un tout petit peu différent:
| Art. 28 Transport d'armes

1 Le permis de port d'armes n'est pas requis pour le transport d'armes, notamment:
a. à destination ou en provenance de cours, d'exercices ou de manifestations organisées par des sociétés de tir, de chasse ou d'armes soft air, ou par des associations ou fédérations militaires;
b. à destination ou en provenance d'un arsenal;
c. à destination ou en provenance du titulaire d'une patente de commerce d'armes;
d. à destination ou en provenance d'une manifestation spécialisée;
e. lors d'un changement de domicile.
Deux précisions:
- notamment signifie "d'une manière qui doit être relevée, particulièrement, spécialement, entre autres"… en aucun cas "exclusivement". C'est pourtant la position de Fedpol (police fédérale) à ce sujet. Personnellement, j'estime avoir le droit de transporter une arme, pour la montrer à un ami, pour la présenter à un acheteur potentiel ou pour tout autre raison, tant qu'il s'agit d'un transport, d'un point à un autre, et non d'un transport général ( comme le pistolet résidant dans la boite à gants ou le fusil dans le coffre).
- Le document de la police semble ignorer toutes ces possibilités et nul doute que les sbires des forces de l'ordre (?) se référeront à ce poulet plutôt qu'à la loi qui est censée être la norme dans ce pays.
Donc, dans les textes sur lesquels nous sommes censés nous baser, le mot ""notamment" a disparu. Samedi, en me rendant à une bourse de collectionneurs, je serai donc un criminel, puisque ma destination n'est pas (plus) prévue par Fedpol. Qu'on se rassure: je ne pense pas être arrêté et embastillé. Mais la question est plus insidieuse: quand les fonctionnaires réécrivent les textes légaux pour les faire coïncider avec leurs désirs, la démocratie n'existe plus. Je suis obligé de constater que - d'une façon certes peu agressive, voire bon enfant (pour l'instant) - nous vivons déjà dans un Etat policier.
Le problème s'est déjà manifesté il y a quelques années (2008), quand une révision de la LArm avait stipulé que les armes qui n'avaient pas été remises dans le civil par l'administration militaire devaient être enregistrées. Fedpol avait aussitôt sorti "sa" version: "remises directement par l'armée au propriétaire actuel". Et, quand un conseiller national s'était offusqué de cette réécriture de la loi, par ceux qui sont censés la servir et non la créer, l'ensemble du parlement avait estimé que ce n'était pas grave.
Le nouvel article 27 de la LArm est inquiétant. Il est issu de la révision acceptée cette année (par un parlement, dont j'accuse la plupart des membres de trahison, et par le peuple honteusement trompé par d'autres traitres (ou… seraient-ils les mêmes, ceux qui broutent dans les mains des bergers de Bruxelles ?) Et ce nouveau 27 affirme que: "toute personne qui porte une arme dans un lieu accessible au public ou qui transporte une arme doit être titulaire d'un permis de port d'armes". C'est ainsi qu'on supprime en douce la notion de transport d'arme pour la remplacer par celle de port… un port garanti par la loi, mais interdit par la police.
C'est avec ces toutes petites différences, si peu remarquables et si peu remarquées, qu'une administration bienveillante brade la liberté des citoyens suisses… dans leur intérêt et pour leur sécurité, bien sûr ! Et le parlement ne dit rien… et le peuple ne dit rien… et ceux qui se cabrent sont traités d'alarmistes, voire d'extrémistes.
Mais si personne ne se cabre plus, alors autant adhérer à l'Union européenne: et ce sera alors tout ce que la Suisse méritera. Et qu'alors, elle coule avec elle !
F.A.L. 17 octobre 2019