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Dans une lettre ouverte au secrétaire général Kofi Annan, une centaine de députés fédéraux réclament la création d'une assemblée parlementaire de l’ONU.Ce contenu a été publié le 09 février 2005 - 14:07
A leurs yeux, une telle institution constituerait un apport important à la démocratisation de l'Organisation des Nations Unies.
«Les avantages d'une assemblée parlementaire auprès de l'ONU seraient nombreux», écrivent les 101 conseillers nationaux (députés) et les sept conseillers aux Etats (sénateurs) dans la missive envoyée lundi.
Actuellement, les rênes des systèmes politiques internationaux sont en main des gouvernements, les sociétés civiles étant exclues des prises de décision, a critiqué Remo Gysin mardi devant la presse.
Ce député socialiste, un des promoteurs de l'adhésion de la Suisse à l'ONU, estime qu'une assemblée parlementaire permettrait d'intégrer les citoyens.
«Nous nous trouvons dans une phase où le besoin d’une réforme de l’ONU est reconnu, a plaidé Remo Gysin. Son déficit démocratique est également reconnu.»
Cet organe créerait un nouveau dynamisme dans la coopération internationale et remettrait en route les processus politiques enlisés, a renchéri sa collègue démocrate chrétienne Rosmarie Zapfl.
Réformer l'ONU
L'une de ses tâches principales serait de réformer l'ONU, dont l'organisation reflète encore la situation politique de l'après 1945. Dans un premier temps, l'assemblée parlementaire pourrait n'avoir qu'une fonction consultative, a expliqué Hanspeter Bigler, de la section suisse de la Société pour les peuples menacés.
Elle devrait se développer ensuite à l'instar du Parlement européen pour bénéficier des droits à l'information intégrale, de participation et de contrôle dans le système onusien. A long terme, le but visé est un Parlement mondial élu directement et disposant de réelles compétences politiques, selon M. Bigler.
Les représentants d’Etats ne seraient pas les seuls à y siéger. «On peut aussi s’imaginer que cette assemblée compte des sièges pour les minorités ou les peuples indigènes», remarque Hanspeter Bigler.
L'assemblée pourrait compter entre 700 et 900 membres. Les coûts annuels s'élèveraient entre 150 et 200 millions de francs, selon une évaluation sommaire. La Suisse pourrait y envoyer tout au plus quatre ou cinq membres.
Pas une idée neuve
L'idée de créer un parlement à l'ONU n'est pas nouvelle. Elle trouve soutien notamment au Canada, en Allemagne, au Parlement européen, au Conseil de l'Europe et dans diverses institutions.
Dans le débat sur la réforme de l'ONU, il a été proposé d'instaurer à l'essai un comité global pour donner une place plus importante aux parlementaires nationaux dans les discussions internationales.
Mais ce projet est «trop tiède», selon Andreas Bummel du Comité pour une ONU démocratique. «Ce qui est nécessaire, c'est la ferme intégration d'une activité parlementaire dans le système de l'ONU», a-t-il dit.
Mais un parlement onusien n’est pas pour demain. «Il faudra encore des dizaines d’années pour que l’idée d’un parlement mondial ne devienne réalité», estime Remo Gysin.
swissinfo et les agences
Faits
Le parlement onusien compterait entre 700 et 900 élus du monde entier
La Suisse pourrait avoir entre 4 et 5 sièges
Un tel parlement coûterait entre 150 et 200 millions de francs
101 députés et 7 sénateurs suisses soutiennent une telle idée
En bref
- Les élus, principalement de gauche mais aussi du Parti démocrate chrétien (PDC/centre-droit) et du Parti radical démocratique (PRD/droite) reprennent une recommandation du 'Comité pour une ONU démocratique', représenté en Suisse par la 'Société pour les peuples menacés'.
- En revanche, aucun membre de l'Union démocratique du centre (UDC / droite dure) ne soutient cette démarche.
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