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Le 14 juillet 1865, le sommet du Cervin fut conquis pour la première fois. Parmi les sept jeunes hommes guidés par le Britannique Edward Whymper, quatre perdirent la vie au cours de l’exploit. Zermatt et l’accident du Cervin firent le tour du monde. La corde qui reliait Edward Whymper, le père et le fils Taugwalder de Zermatt ainsi que le reste de la malheureuse cordée, et qui se rompit lors de la descente, est désormais exposée aux côtés d’autres reliques de cette première ascension dans le Musée du Cervin.
Depuis 1857, de nombreuses tentatives infructueuses pour conquérir le Cervin se succédèrent – généralement depuis le côté italien. En juillet 1865, Edward Whymper passait déjà son sixième été à Valtournenche. Au cours des cinq étés précédents, Whymper avait échoué lors de ses tentatives de conquérir celle qu’on appelait ici la reine des montagnes, et qui était considérée inexpugnable.
Chaque ascension avortée venait nourrir le mythe de son invincibilité; ainsi, même les guides de montagnes locaux les plus expérimentés rejetaient fréquemment les offres pourtant généreuses des chefs d’expédition étrangers.
Toutefois, le Britannique ne croyait pas aux démons de la montagne, et son ambition était aiguillonnée par des réflexions rationnelles. Il avait étudié les ouvrages de Horace Bénédict de Saussure et était parvenu à la conclusion que la montagne n’était pas approchable par le versant sud-ouest italien, mais par le biais d’un détour le long de l’arête nord-ouest suisse. Le point de départ ne serait ainsi pas Breuil, mais Zermatt – là où le mont Cervin était appelé Matterhorn.
En 1862, accompagné des guides Bennen, Anton Walter, Jean-Jacques et Jean-Antoine Carrel, John Tyndall escalada l’épaule sud-ouest (l’actuel pic Tyndall). La suite de l’ascension le long de l’arête du Lion leur sembla toutefois impossible – un sentiment que Whymper partageait également. Par conséquent, il tenta de convaincre son ami Jean-Antoine Carrel d’attaquer l’ascension du côté de Zermatt, mais celui-ci insista sur une ascension depuis l’Italie. En juillet 1865, un aubergiste de Breuil informa par hasard Whymper que Carrel était reparti pour l’arête du Lion sans en informer son ami. Whymper se sentit dupé et se hâta de rejoindre Zermatt pour rassembler un groupe en vue d’une tentative d’ascension immédiate via l’arête du Hörnli.
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