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Kamiar Alaei et son frère, Arash Alaei, qui sont spécialisés dans la prévention et le traitement du VIH/sida, ont été condamnés en janvier 2009 respectivement à trois et six ans d’emprisonnement pour avoir «coopéré avec un gouvernement ennemi». Ils ont été condamnés après avoir été maintenus en détention provisoire pendant plusieurs mois sans qu’ils puissent consulter un avocat, et à l’issue d’un procès inéquitable où des éléments de preuve secrets, qu’ils n’ont pas été autorisés à voir ou à contester, ont été produits. Leur arrestation serait liée à leurs relations avec des universitaires et des organisations de la société civile à l’étranger, notamment aux États-Unis.
Les deux médecins étaient des spécialistes du VIH/sida hautement respectés qui n’avaient pas d’activités politiques. Amnesty International et de très diverses organisations de santé et de défense des droits humains les ont considérés comme des prisonniers d'opinions, estimant qu’ils n’auraient jamais dû être incarcérés, et ont demandé leur libération sans condition.
En mai 2009, le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire a décidé que la détention d’Arash et Kamiar Alaei était «arbitraire, étant contraire aux articles 9, 10, 25 et 26 de la Déclaration universelle des droits de l’homme, et aux articles 9, 14, 18, 19 et 22 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, auquel la République islamique d’Iran est partie.» Le Groupe a de plus estimé que la détention des deux médecins susmentionnés était «également contraire aux articles 12 et 13 du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels et aux principes 11-1, 17-2 et 18-1 de l’Ensemble de principes pour la protection de toutes les personnes soumises à une forme quelconque de détention ou d'emprisonnement» et a appelé les autorités iraniennes à prendre immédiatement les mesures nécessaires pour rectifier cette situation.
Kamiar Alaei est maintenant libre, sa peine ayant été purgée, mais Arash Alaei est toujours emprisonné à Téhéran. Amnesty International demande instamment qu’il soit libéré immédiatement et sans condition et autorisé à reprendre ses importantes activités professionnelles.
Le prix Jonathan Mann récompense le travail précieux que Kamiar Alaei et son frère Arash Alaei ont effectué en vue d’apporter les soins nécessaires aux personnes vivant avec le VIH en Iran. Ces médecins devraient donc être tous deux en liberté afin qu’ils puissent mettre à profit leurs connaissances et en faire bénéficier les personnes vivant avec le VIH.
La persistance des graves problèmes liés au VIH et des informations signalant qu’en Iran des prisonniers en mauvaise santé sont privés des soins médicaux dont ils ont besoin – ce qui parfois contribue à leur décès, comme dans le cas de Hoda Saber qui est mort le 12 juin 2011 après, semble-t-il, que les autorités pénitentiaires l’ont battu et se sont abstenues de lui procurer les soins requis à la suite d’une grève de la faim qu’il avait menée pour protester contre des violations des droits humains – ne font que souligner le fait qu’il est nécessaire qu’en Iran les médecins puissent pratiquer la médecine au lieu d’être emprisonnés sur la base de fausses accusations à caractère politique.
Complément d’information
Le prix Jonathan Mann pour la santé et les droits humains récompense les personnes qui luttent contre la pauvreté, la maladie et l’injustice sociale dans le monde. Le docteur Mann, qui est mort dans un accident d’avion en 1998, a été le fondateur et le directeur du programme spécial de lutte contre le sida de l’Organisation mondiale de la santé (1986-1990) et un ardent défenseur des questions liées à la fois à la santé et aux droits humains.