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Eh bien! Si les rats s’y mettent aussi, les stéréotypes hommes-femmes trouvent un renfort inattendu. Même dans un espace supposé aussi neutre qu’un laboratoire de recherche, les différences de sexes sont une réalité aux conséquences encore difficile à évaluer.
Une équipe de chercheurs de l’Université de McGill à Montréal cherchait à vérifier l’hypothèse selon laquelle une présence humaine lors une expérience diminuait la réaction à la douleur chez les rongeurs. Le résultat est surprenant:
«L'équipe de Jeffrey Mogil, chercheur sur la douleur à l'université de McGill à Montréal, a mesuré la réaction de souris et de rats à une injection dans la cheville quand différents expérimentateurs (hommes ou femmes) sont restés dans la salle ou quand ils sont rapidement partis. Les scientifiques ont observé que les animaux ont eu une réaction à la douleur plus faible dans 40% des cas quand un homme plutôt qu'une femme est resté dans la salle, en s'appuyant sur une échelle des grimaces de la souris mise au point par Jeffrey Mogil il y a quelques années.»
«Le même effet a été observé quand un t-shirt porté par un homme la nuit précédente ou d'autres animaux mâles (rats, chats, rongeurs...) ont été placés dans la salle de l'expérience, tandis que la présence d'expérimentatrices n'a pas altéré la réaction des rongeurs et a même contrecarré la réaction induite par la présence de mâles.
Après des analyses plus poussées, Mogil a découvert que les odeurs masculines faisaient en fait augmenter le niveau de stress des rongeurs, ce qui entraîne un effet analgésique, et avance une explication au site de la revue scientifique Science:
«C'est une réponse primordiale. Si vous sentez un mâle solitaire près de vous, il y a des chances pour qu'il chasse ou qu'il défende son territoire.»
Avec une présence féminine, le rat exprime sa douleur. Parce que le féminin est associé aux soins de manière biologique et non seulement culturelle? Voici une pierre dans la mare des féministes. Sans vouloir comparer les comportements des rats et des humains, il y a une différence exprimée entre l'effet produit par la présence d'un sexe ou de l'autre. Hommes.femmes, nous ne serions donc pas «mêmes». La seule culture n’expliquerait pas nos différences de comportements.
Le fait que la présence masculine déclenche un stress est possiblement lié au fait que le masculin doit protéger son clan et son territoire. L’homme doux est-il la mort du clan?
Et le mythe moderne de la supposée domination masculine ne serait-il pas en fait qu’une interprétation faussée, orientée, voire paranoïaque de la réalité masculine? Ou simplement un refus du masculin, de l'Autre?
Un effet inattendu de cette recherche est que les résultats d’expériences médicales sur des rats peuvent être influencés par le sexe des chercheurs. Amazing! Faudra-t-il produire des remèdes selon leur sexe? Non bien sûr ce serait trop compliqué à mettre en place. Il faut trouver une médiane. Mais à tout le moins, la question des différences biologiques et culturelles entre les sexes n’est pas prête d’être épuisée. Et la théorie du genre, affirmant qu’être homme ou être femme n’est qu’un choix culturel, trouve ici un nouveau questionnement sur son degré de réalité.