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Inchangée depuis 1976, la Constitution cubaine s'apprête à vivre une mue historique. Elle reconnaît notamment le marché, la propriété privée et l'investissement étranger comme partie intégrante de l’économie, toujours soumise à l’embargo américain. La mesure était encore impensable il y a dix ans, quand Raul Castro avait pris le pouvoir et entamé ce qu'il appelait "l'actualisation" du modèle économique cubain.
Autre évolution marquante, le caractère "communiste" de la société cubaine est retiré du nouveau texte. Mais le Parti communiste reste tout de même au-dessus de la Constitution, tout comme du droit international.
Le président sera élu à l'avenir pour un mandat de cinq ans, renouvelable une seule fois, et il aura un Premier ministre.
Frein au mariage homosexuel
D'autres points de la future Constitution ont fait débat au sein de la société cubaine, notamment la question du mariage homosexuel. Dans un premier temps, la loi fondamentale parlait d’un mariage entre deux personnes, sans préciser le sexe, ce qui aurait permis ce type d’union.
Mais cette disposition - très contestée, particulièrement chez les Cubains vivant en dehors de la capitale - a été retirée par le gouvernement qui a invoqué la démocratie et la volonté du peuple. Dans l'article 82, on peut lire néanmoins que "chaque personne a le droit de fonder une famille, quelle que soit sa forme d’organisation."
L'Etat cubain fait clairement campagne en faveur de cette nouvelle Constitution. Les ministres, notamment, sont très actifs depuis qu'ils ont découvert Twitter avec l'arrivée de la 3G il y a deux mois seulement à Cuba. Le "oui" est également omniprésent dans les lieux publics et dans la presse d’Etat, où l'on constate une absence de pluralité.
Romane Frachon/oang
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