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Mort de Maradona: son infirmier avait ordre de ne pas le réveiller
L'infirmier de nuit de Diego Maradona, premier membre de l'équipe médicale de l'ex-footballeur à comparaître lundi devant le parquet argentin, a contesté avoir abandonné son patient à une lente agonie. Il a assuré avoir "reçu l'ordre de ne pas le réveiller".
L'infirmier de 37 ans a passé plus de sept heures dans le bureau du procureur de San Isidro, dans la banlieue de Buenos Aires. Il est soupçonné d'avoir menti en affirmant que l'idole du football argentin dormait et respirait normalement quelques heures avant sa mort, alors que l'autopsie a révélé qu'il était à l'agonie.
Diego Maradona, qui souffrait de problèmes aux reins, au foie et au coeur, est mort en 2020 d'une crise cardiaque seul dans sa résidence de Tigre, au nord de Buenos Aires, quelques semaines seulement après avoir subi une opération du cerveau pour un caillot de sang. Il avait 60 ans.
Drogue, alcool et obésité
L'infirmier "avait reçu l'ordre de ne pas réveiller le patient", mais a néanmoins "eu la sagesse d'effectuer sa tâche" de surveillance, a assuré à sa sortie de ce long interrogatoire son avocat. "Mon client a toujours traité Maradona comme un patient présentant une complexité psychiatrique, un problème lié à l'abstinence", a-t-il ajouté.
Retraité des terrains à 37 ans, "el Diez" avait sombré dans la drogue et dans l'alcool, multipliant les incidents cardiaques, cures de désintoxication, phases d'obésité, au péril de sa santé.
Six autres membres de l'équipe soignante de Diego Maradona, dont son médecin personnel et son psychiatre, doivent être entendus par le parquet argentin dans le cadre d'une enquête pour "homicide involontaire avec circonstances aggravantes" ouverte par le parquet de San Isidro.
Après leur interrogatoire, le procureur transmettra l'affaire à un juge d'instruction, assortie de sa recommandation de poursuivre ou de classer l'affaire. En cas de renvoi devant un tribunal, une décision qui pourrait prendre des mois, voire des années, les suspects encourent des peines de 8 à 25 ans de prison.
ats, afp