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La Suisse ne doit pas mettre en péril la laïcité, estime le Conseil des Etats. Par 21 voix contre 17, il a enterré lundi une initiative parlementaire du Conseil national demandant d'autoriser "les symboles de l'Occident chrétien dans l'espace public".
En mars, le National a donné suite au texte d'Ida Glanzmann (PDC/LU) exigeant de garantir dans la constitution la présence des symboles chrétiens comme le crucifix dans des lieux publics. Mais pour la majorité des sénateurs, introduire un article constitutionnel accordant une place privilégiée à une religion irait à l'encontre du principe de la neutralité religieuse de l'Etat.
De plus, les rapports entre Eglise et Etat sont du ressort des cantons. Pour certains d'entre eux, tels Genève ou Neuchâtel, la laïcité est une notion extrêmement importante, a souligné Robert Cramer (Verts/GE) au nom de la commission. Le débat politique sur cette question risquerait de mettre en péril la paix religieuse.
Polémiques à l'école
La démocrate-chrétienne lucernoise avait précisé que son texte répondait aux polémiques suscitées par les exigences d'un libre penseur lucernois. Celui-ci voulait que tous les crucifix disparaissent de l'école fréquentée par son fils. Une controverse similaire avait défrayé la chronique en Valais.
Ida Glanzmann voulait empêcher que des particuliers ou des groupes d'intérêts prennent prétexte de droits fondamentaux tels que la liberté de conscience et de croyance pour remettre en cause la culture fondamentalement chrétienne en Suisse.
Le Tribunal fédéral a décidé qu'il est contraire à la liberté religieuse de suspendre un crucifix dans une salle de classe.
ATS