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Février 1948, le Parti communiste tchécoslovaque est porté au pouvoir par ce que l'Occident appellera le « Coup de Prague ». Dans les jours qui suivent, toutes les autres formations politiques tchèques et slovaques sont exclues du gouvernement pour être bientôt interdites, et la Tchécoslovaquie bascule dans le camp communiste. Ce coup de force « tranquille », légal, provoque un émoi considérable en Occident, et ne cessera plus d'être invoqué pour justifier l'exclusion des communistes des gouvernements de l'Europe de l'Ouest. Pour l'opinion internationale, le « Coup de Prague » marque le véritable début de la guerre froide et témoigne de sa matérialité. Replaçant février 1948 dans le contexte politique et mental de l'après-guerre, Jean-Pierre Rageau fait revivre ici jour par jour l'évolution de cette crise et les étapes de ce coup de force sans effusion de sang. S'agissait-il d'un « putsch » réalisé par les communistes locaux sur l'injonction de Staline et du Kominform ? Était-ce au contraire, comme le soutiendra le camp communiste, un développement révolutionnaire rendu inéluctable par les menées hostiles de l'impérialisme américain ? L'auteur analyse ici les motivations qui animèrent les protagonistes, tout en étudiant les mécanismes mêmes de la crise. Plus de trente ans après, l'expérience politique tchécoslovaque qui, dès 1945, tentait d'associer la démocratie libérale et la planification socialiste, garde aujourd'hui toute sa valeur d'expérience exemplaire.