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Des chercheurs traquent les îlots de chaleur dans les centres-villes
Professeur de climatologie à l'Université de Berne, Stefan Brönnimann relève avec son équipe les températures enregistrées par les capteurs aux quatre coins de la capitale.
Entre la Lorraine, près du centre-ville, et le quartier de Liebfeld, aux portes de la ville, les différences de température peuvent être importantes, alors que la distance n'est que de quelques centaines de mètres.
Un quartier chaud, un quartier plus frais
La Lorraine, un endroit branché et prisé des Bernois, est un quartier qui semble vert, mais les températures y sont particulièrement élevées. "On est dans un quartier central, proche du centre, loin des forêts ou des collines qui pourraient amener de l’air frais. Les constructions sont compactes, il y a des surfaces vertes, mais petites. Cela ne suffit pas à rafraîchir tout un quartier", explique Stefan Brönnimann.
En revanche, en périphérie, un quartier vient de sortir de terre à Liebefeld. L’emplacement est situé près de la colline du Gurten et de ses forêts. Cela favorise la circulation de l'air et cela permet ainsi de faire baisser les températures durant la nuit.
"Ici, en été, il fait en moyenne 1 à 1,5 degré de moins que dans le quartier de la Lorraine par exemple, détaille le scientifique. Lors des vagues de chaleur l'an dernier, on a même mesuré une différence de trois degrés entre ce quartier et celui de la Lorraine."
De façon générale, la planification de nouveaux ensembles résidentiels intègre systématiquement des aménagements pour réduire les îlots de chaleur.
Deux degrés de différence à 4h du matin
Les données collectées ont déjà permis à l’Université de Berne de réaliser une comparaison des chaleurs enregistrées au centre-ville à 4h du matin. Résultat: deux degrés supplémentaires pour les habitants vivant dans la zone rouge.
Autre exemple, sur la Place fédérale, l'eau de la fontaine agit comme des gouttes d’eau sur un bitume bouillant. Pour plus de fraîcheur, de l'ombre, des arbres ou des surfaces plus claires seraient nécessaires.
Pour améliorer la situation, l’Université de Berne veut mieux comprendre l’influence des éléments extérieurs sur les températures: "On veut comprendre d’où vient l’air frais, quelle est l'influence de l'eau en ville ou encore quelle taille doit avoir un parc pour faire une vraie différence dans le rafraîchissement de l'air", conclut Stefan Brönnimann.
Noémie Guignard/SRF/boi
Publié le 12 juin 2019 à 13:37