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Critique
"Ce film d'animation en noir et blanc est tiré des quatre albums de bandes dessinées que Marjane Satrapi a réalisés pour conter quinze ans de sa vie. Née en Iran en 1970, elle assiste en 1978 avec exaltation aux événements qui vont mener à la révolution et à la chute du chah. Fille de parents modernes et cultivés, elle entretient une relation privilégiée avec sa grand-mère, femme libérée et au franc-parler que la voix de Danielle Darrieux rend particulièrement pétillante.
Las! Le visage que prend la Révolution islamique, avec ses commissaires barbus et intégristes douche l'enthousiasme de la fillette contrainte à porter le voile et la font rêver d'une autre révolution. La guerre contre l'Irak n'arrange pas les choses, la répression se durcissant sous les bombardements et les privations, et les parents décident de mettre leur fille trop frondeuse à l'abri en Autriche, où elle découvre un tout autre mode de vie, mais aussi l'exil.
Comparée aux prouesses en trois dimensions des grands studios, l'animation peut paraître pauvrette, mais on se laisse prendre par la netteté du trait et la vivacité des propos. Ce brûlot contre les ayatollahs a suscité une réaction iranienne contre la présence du film à Cannes et, bien sûr, une fatwa. Marjane Satrapi n'en a cure: pour elle, cela résulte de ""la lettre d'un crétin de Téhéran à un imbécile de l'ambassade de France"".
PERSEPOLIS a été longuement acclamé par le public et n'a pas volé son Prix du Jury."
Daniel Grivel