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La non-violence, c'est d'abord le respect de soi et d'autrui. Elle peut se résumer par la formule: «Ni hérisson, ni paillasson!» Ne pas blesser, ne pas se laisser piétiner. La non-violence refuse la violence : la mienne et celle dont je suis témoin. Au contraire du système «gagnant-perdant» qui prévaut dans nos sociétés, la non-violence privilégie le système «gagnant-gagnant».
L'action peut être individuelle ou collective. Elle est, entre autres, centrée sur la résolution des conflits. Plutôt que de les fuir, la non-violence propose d'apprendre à les gérer en tenant compte des sentiments, des besoins et des valeurs de toutes les parties. Les règles communes sont définies de manière à satisfaire les uns et les autres. Elle permet ainsi de vivre les conflits comme des occasions de construire des relations plus justes et plus équilibrées.
En faisant face au conflit et en refusant la légitimité accordée à la violence ou en dénonçant ses causes, la non-violence s'oppose à la lâcheté. Elle exige ainsi beaucoup de courage et surtout d'agir au plus près de sa conscience. Si la violence recherche la justice et la liberté («Si tu veux la paix, prépare la guerre»), la non-violence y parvient concrètement par la négociation, en rompant avec la spirale de la violence.
La non-violence est d'abord une attitude. Elle consiste, entre autres, à reconnaître notre agressivité et à l'utiliser comme potentiel de lutte pour la vie (coopération, justice, solidarité) et non en potentiel de destruction (système gagnant-perdant). De nombreuses pistes rendent possible l'apprentissage de la non-violence afin de la vivre, au mieux, quotidiennement. La non-violence est aussi une méthode d'action, dont les modes sont multiples. En tant que moyen de résolution des conflits, la non-violence est un outil de luttes sociales et politiques.
Gandhi (pour libérer l'Inde de la colonisation britannique), Martin Luther King (pour les droits civiques des Noirs aux USA) ou la Dame de Rangoon Aung San Suu Kyi (pour la démocratie en Birmanie) sont des figures de la non-violence. L'expérience de nombreuses luttes a montré l'efficacité de la stratégie de l'action non-violente. Nombreux sont les modes d'action permettant aux hommes, aux femmes et aux peuples de recouvrer leur dignité et de défendre leur liberté :
Avoir une attitude non-violente, c'est possible! Cela implique, entre autres, de rompre avec des habitudes acquises dès le plus jeune âge et surtout d'accepter de faire face au conflit. Il s'agit notamment de :
Extraits de l'indispensable Lexique de la non-violence de Jean-Marie Muller.
Comme la violence, il arrive à la non-violence d'échouer. Ses échecs peuvent même être sanglants, mais rarement autant que ceux de la violence.
Comme la violence, il arrive à la non-violence d'être impuissante. Quand un conflit armé a éclaté et que seules parlent les armes, il est en général trop tard pour que les moyens non-violents puissent être efficaces. La prévention des conflits est donc une tâche essentielle.
Olivier Maurel, "La non-violence active : 100 questions-réponses pour résister et agir", Ed. la Plage, 2001
Pour se familiariser avec des attitudes non-violentes, le Centre pour l'action non-violente propose un programme de formation annuel. Il organise également des interventions personnalisées à la demande de groupes.