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A 82 ans, Elie Wiesel a reçu jeudi un doctorat honoris causa de l’Université de Genève. L’occasion pour l'écrivain et Prix Nobel de la paix de rappeler le devoir de mémoire et d’appeler à la réconciliation.
«J'exige que l'on se souvienne. Je ne veux pas que mon passé devienne l'avenir de vos enfants», a lancé le survivant des camps de concentration devant un auditoire comble.
Le lauréat du Prix Nobel de la paix de 1986 croit malgré tout en la réconciliation. Il a délivré un message d'espoir pour l'avenir au Proche-Orient: «Si Israël a pu faire la paix avec l'Allemagne, alors c'est aussi possible entre Israéliens et Palestiniens».
Cette visite à Genève était aussi l'occasion pour Elie Wiesel de partager ses sentiments sur la Suisse, dont il dit que «pendant et avant la Deuxième Guerre mondiale», elle «n'était pas à la hauteur de mes idéaux pour un grand peuple».
Mais il distingue aussi l'action du gouvernement de l'attitude des citoyens. Il se déclare ainsi contre la neutralité avec une certaine nuance: «En politique, la neutralité est envisageable, en philosophie morale non».
Et de conclure son discours sur l'absolue nécessité de ne jamais humilier qui que ce soit et de respecter l'étranger.
Ces mots ont fait écho à ceux tenus juste avant par le président de la Commission européenne José Manuel Barroso également élevé au rang de docteur honoris causa. Pour le Portugais, «le racisme, la xénophobie, l'antisémitisme et l'intolérance n'ont pas leur place en Europe.»
Manuel José Barroso a exprimé sa préoccupation au sujet du climat politique sur le continent, qui voit «des courants exploiter la crise économique pour provoquer un réflexe de repli identitaire». Il a rappelé qu'au contraire, l'Europe a été construite «en réponse au poison ultime du nationalisme».
swissinfo.ch et les agences