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18/06/2012
Moins 40 000 ans et l'Histoire de l'Art, ou quand la technique rejoint l'Histoire de l'Homme
Le 15 juin 2012, une étude publiée dans la Revue Science a remis en cause la datation des Peintures et des Gravures Rupestres d'Europe de l'Ouest, concernant l'Espagne, la France et l'Italie.
En effet, jusque là, ces oeuvres d'art préhistoriques avaient été datées avec la Datation au Carbone 14. Or, une nouvelle méthode, la Datation à l'Uranium, mise au point dans les années 1970, et constamment développée depuis, permet de dater les éléments minéraux, alors que le carbone 14 ne s'applique qu'à une matière organique comme le charbon de bois utilisé par les "dessinateurs" de l'exceptionnelle Grotte Chauvet découverte en 1994, à Vallon-Pont-d'Arc, Ardèche (F).
Carte de La Grotte CHAUVET
C'est une équipe de Chercheurs Espagnols et Anglais, dirigée par Alistair Pike de l'Université de Bristol (UK), qui a ainsi démontré l'efficacité de cette nouvelle datation réalisée dans onze grottes décorées des Asturies et de Cantabrie dans le Nord de l'Espagne.
En effet, à ses débuts, la Datation à l'Uranium nécessitait le prélèvement d'une quantité de 100 grammes de matière pour obtenir des résultats probants, ce qui pouvait altérer la beauté d'un dessin ou d'une peinture préhistorique. Aujourd'hui 1 milligramme seulement de matière prélevée, suffit pour exprimer une analyse. Cette technique, non destructrice, peut donc être utilisée dans la Datation de l'Art Pariétal, car, seul un infime prélèvement de calcite est réalisé. Ensuite, l'Uranium qui est présent dans cette minuscule quantité, est comptabilisé par les chercheurs, en laboratoire, au moyen d'un spectromètre de masse, atome par atome.
Grotte CHAUVET
Cette Datation à l'Uranium offre un second avantage sur la Datation au Carbone 14, car cette dernière, en raison de certaines contaminations postérieures à l'oeuvre, exprime parfois des résultats très différents pour la même peinture ou le même dessin.
L'Uranium, qui se dégrade avec le temps, est présent dans l'eau des cavités souterraines, et son taux de dégradation en Thorium sert alors d'horloge extrêmement précise, même si l'on n'obtient pas de date exacte, car dans l'état actuel des recherches il n'est pas possible de connaître la date à laquelle le calcaire a débuté son dépôt sur la peinture ou le dessin, après qu'ils eurent été achevés.
Cette théorie exprime donc le fait que le motif réalisé, peinture ou dessin, est évidemment plus ancien que le dépôt de Calcite. Ces chercheurs, étonnés par leur découverte ont donc fait deux constats en découvrant, en premier lieu, que des oeuvres différentes à l'intérieur d'une même grotte, ont pu être réalisées à des époques très éloignées les unes des autres, de moins 41 000 ans à moins 22 000 ans, et en découvrant également que le plus ancien des motifs réalisés, connu à ce jour, à savoir un cercle rouge dans la Grotte d'El Castillo, remonterait à moins 41 000 ans environ.
Tout cela pourrait démontrer que les Hommes Modernes, les Homo sapiens n'étaient pas encore présents sur le Continent Européen. Et le Chercheur Joäo Zilhäo de l'Université de Barcelone de déclarer « C'est antérieur de 4 000 ans à l'oeuvre la plus ancienne connue à ce jour en Europe ».
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Alain VERMONT