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Gustav Holst et ses planètes, une galaxie pas si lointaine
Les planètes du système solaire ont-elles chacune une personnalité? Non. Amas de roches solides, de gaz ou de roches en fusion, elles s'inquiètent bien peu de savoir les traits de caractère que les humains leur prêtent. Le compositeur anglais Gustav Holst se passionne pourtant pour un livre d'astrologie en 1913.
L'année suivante, alors que la Première Guerre mondiale n'a pas encore éclaté, il compose le premier mouvement de son futur poème symphonique "The Planets": "Mars, celui qui apporte la guerre".
Mars, celui qui apporte la guerre
Comme une prémonition, le premier mouvement de la symphonie porte le nom du fléau qui frappera l'Europe, puis le monde en 1914. Sur un rythme en cinq temps – sûrement inspiré par les musiciens indiens qui peuvent jouer en 5, 7 ou 21 temps – le compositeur qui joue du trombone depuis son enfance met en avant les vents et les cuivres. Avec leur énergie martiale et leur éclat direct et assassin, Holst veut montrer la stupidité humaine. Ce mouvement influencera de nombreux compositeurs de musiques de film, comme Hans Zimmer et Lisa Gerrard pour "Gladiator" et John Williams pour "La Marche Impériale" de Dark Vador dans la saga "Star Wars".
>> A écouter: "Mars, celui qui apporte la guerre" de Gustav Holst, interprété par l'orchestre symphonique de la BBC
Paix, messager ailé et joie virile
Après la guerre arrive Venus, celle qui apporte la paix. Puis Mercure, vif et mental en astrologie. Il est chez Holst le messager ailé, représenté par un scherzo léger et rythmé. Après avoir égrené trois planètes "intérieures" du système solaire en direction du centre, Holst repart vers l'extérieur avec Jupiter, celui qui apporte la joie. A travers un hymne porté par les cordes graves et par les cors, cette joie héroïque qui gonfle les poitrines est très "british": la musique parfaite pour un plan au ralenti sur une équipe de rugby suante qui célèbre une victoire.
Vieillesse, magie et mystique
Après Jupiter, Saturne apporte la vieillesse avec ses flottements répétés. Uranus est le magicien – une espèce d'apprenti sorcier cosmique. La partition s'achève dans le mysticisme de Neptune. Septième et dernière planète, invisible à l'œil nu depuis la Terre, elle est l'antichambre vers ailleurs; Holst convoque un chœur de femmes caché, qui en s'éloignant se dilue vers le silence et le mystère.
Comprendre l'univers et l'humanité
Holst ne construit pas d'histoire au fil de ce poème symphonique. "Les sous-titres des différentes planètes suffisent", dit-il.
Il n'y a pourtant que sept planètes dans la symphonie de Holst. Il omet le Soleil et la Terre, comme si elles n'étaient que des bases d'observation des autres planètes. Au-delà du concept très anthropocentré de projeter notre humanité et nos humeurs sur des planètes extérieures qui ne nous ont rien demandé, le compositeur souhaite comprendre les humains dans leurs pulsions et leur diversité. Car comprendre l'Univers extérieur, n'est-ce pas être bien avec les autres pour être bien avec soi-même?
RTS Culture
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Publié le 17 février 2020 à 08:59