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A l’occasion d’une visite de courtoisie que j’ai faite ce matin au Sous-Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, M. Badini Confalonieri, la conversation est tombée sur les questions des communications routières et plus particulièrement sur le projet du tunnel du Grand Saint-Bernard2.
En ce qui concerne la concurrence entre ce projet et celui du Mont-Blanc3, mon interlocuteur m’a déclaré que le Gouvernement italien n’avait de préférences ni pour l’un, ni pour l’autre des projets. L’opinion publique est également partagée. En Italie septentrionale surtout, on est de l’avis que le Grand Saint-Bernard offre des avantages au point de vue économique et de l’alimentation des ports de Gênes et de Savone. Le Mont-Blanc est, cependant, plus spectaculaire et pourrait attirer davantage le tourisme.
Originaire du Piémont, M. Badini Confalonieri m’a déclaré que, personnellement, sa préférence allait au Grand Saint-Bernard. Il est également conscient des avantages qu’offre ce projet au point de vue financier et technique (aération).
De l’avis du Gouvernement, rien ne s’oppose, en principe, à la réalisation des deux projets, mais il ne faudrait pas envisager qu’ils puissent se faire simultanément. Le projet du Mont-Blanc est plus avancé et risque, de ce fait, de ralentir la réalisation de celui du Grand Saint-Bernard. Je lui ai fait part des bruits dont j’avais eu écho et selon lesquels l’Italie aurait fait certaines promesses à la France de ne pas poursuivre, en tous cas pour un bon nombre d’années, le projet du Grand Saint-Bernard si celui du Mont-Blanc était réalisé. Mon interlocuteur m’a répondu qu’aucune promesse de ce genre n’avait été faite, mais il m’a fait comprendre qu’il s’attendait à la possibilité d’une démarche française dans ce sens. Il n’avait pas l’air d’exclure entièrement que le Gouvernement italien se voie amené à tenir compte d’une pareille demande de la part de Paris.
Jusqu’à présent, les Français ont été très lents. Cependant, l’accord est aujourd’hui devant la Chambre et M. Badini Confalonieri croit que la propagande faite en faveur du Grand Saint-Bernard n’est pas tout à fait étrangère à l’accélération des choses à Paris. Il m’a déclaré, pour finir, que ceux qui s’intéressent au projet du Grand Saint-Bernard feraient bien d’intensifier leurs travaux et de réduire le bruit!