Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07025.jsonl.gz/35

La première journée du procès lié à l'explosion de la fromagerie de la Tzintre à Charmey a été intense. Six ans après l'accident, qui coûta la vie à une personne, les témoignages des membres de la famille de la victime, très émus, ont replongé l'audience au cœur d'un drame qui aurait pu être évité.
"Je vais mal. J'ai tout perdu ce jour-là. J'ai perdu un frère et ma carrière." Mardi matin devant la juge de police de Bulle, le frère de la victime tuée lors de l'explosion de la Tzintre, en août 2012 à Charmey, a fait part de sa colère et de sa tristesse. Présent sur les lieux du drame, il avait échappé de peu à l'explosion. Il a toutefois été brûlé sur 80% de son corps. "Il ne me reste que mon visage. Je vis reclus, sans pouvoir travailler. Franchement, ma vie n'a aucun sens." Dans le coma durant trois mois, il avait appris le décès de son frère lorsqu'il s'était réveillé.
Devant les nombreux avocats des parties civiles, l'autre frère de la victime et sa mère ont également témoigné avec la même force. "J'ai perdu un fils et demi", a-t-elle soufflé en pleurant.
Lors de cette première journée de procès, les auditions ont également permis d'apprendre que la purge, cause de l'explosion, n'était "pas urgente" selon les responsables de la fromagerie de l'époque. Une nouvelle qui a rendu fou le frère de la victime présent sur place. "Si on nous l'avait dit, on serait parti!" L'après-midi, deux experts du secteur étaient devant la juge de police. De longues explications techniques ont permis, en résumé, de comprendre que le prévenu qui avait tenté de purger la conduite (pas présent lors du procès), n'avait pas utilisé les bonnes méthodes.
L'autre accusé, responsable hiérarchique du premier prévenu, faisait face à la juge de police. Il n'a pas encore été auditionné. Il évoquera ce drame jeudi matin lors de la reprise du procès, qui se terminera vendredi.
Développement dans notre édition de jeudi. VALENTIN CASTELLA