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Description
Notre époque est celle de la domination marchande sur le monde entier. Plutôt que le «nouvel ordre mondial» que prophétisaient certains, c’est un état de guerre permanent que nous subissons, tout entier régi par la production-reproduction des marchandises, dont l’obtention est censée procurer «plus de jouir», mais dont la consommation répétée ne procure qu’insatisfaction et violence.
Notre temps est celui d’une course perpétuelle vers un nouveau toujours rattrapé par un présent qui s’efface au moment même où il se présente. Notre espace est celui d’une urbanisation généralisée qui gomme peu à peu les traces d’urbanité que la succession des générations de citadins y avait déposées. Il n’offre comme perspective que le choix entre la muséification des «villes historiques» et l’extension des zones désignées par antiphrase «villes diffuses», antivilles fabriquées plutôt que construites.
Face à cet espace-temps du nihilisme, il est urgent d’inventer une politique de l’événement, c’est-à-dire d’affirmer un désir d’agir avec les autres pour ouvrir le champ du possible et interrompre la répétition immuable du temps de la servitude.