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PCR, test antigène, test d’anticorps: quelle est la fiabilité des différents tests? Lequel faire dans quel cas? Et à quoi faut-il prêter attention?
On distingue les tests PCR, les tests antigènes et les tests d’anticorps. Les tests PCR permettent de détecter à la fois des virus SARS-CoV-2 infectieux et des traces résiduelles de ceux-ci, qui elles ne sont plus infectieuses. Les tests antigènes ne détectent que les virus actifs. Les tests d’anticorps détectent quant à eux si le système immunitaire a déjà fait face aux virus, l’organisme formant généralement des anticorps au cours d’une infection.
Pour les tests PCR et antigènes, des écouvillons sont généralement prélevés sur la muqueuse nasale ou pharyngée ou sur les expectorations (en cas de toux). La détection dans les selles ou le sang est possible, mais moins précise. Les tests salivaires sont également possibles. Pour le test d’anticorps, un prélèvement sanguin est nécessaire. À l’heure actuelle, des dizaines de tests sont déjà disponibles ou en cours de développement. Voici un aperçu.
Il recherche les parties caractéristiques du «matériel génétique» du nouveau coronavirus. Le test PCR ne peut pas prouver si les virus sont encore infectieux ou s’ils ont déjà été détruits par le système immunitaire. Pour ce faire, il faudrait vérifier si les virus de l’échantillon sont encore capables de se multiplier, mais cela n’est généralement pas fait. Un test PCR «positif» ne signifie donc pas toujours que la personne est contagieuse.
Le test PCR peut aider à confirmer la suspicion de Covid-19 ou à trouver le plus grand nombre possible de personnes susceptibles d’être contagieuses. Ce test peut être «positif» un ou deux jours avant l’apparition des symptômes et jusqu’à trois mois après – mais les personnes concernées ne sont alors plus contagieuses.
Pour les personnes asymptomatiques qui ont été en contact avec une personne contagieuse, l’Office fédéral de la santé publique recommande le test PCR le cinquième jour après le premier contact. C’est à ce moment que la probabilité de détecter des virus est la plus élevée. Chez une personne atteinte de Covid-19, la concentration de virus peut fluctuer. Cela est dû au fait que le système immunitaire suit lui aussi un rythme spécifique tout au long de la journée. Il peut aussi arriver qu’un test PCR se révèle «négatif» un jour, c’est-à-dire qu’il ne détecte rien, et ressorte «positif» le lendemain – ou inversement.
Dans des conditions de laboratoire idéales, le test permet de trouver les particules virales recherchées avec une certitude de près de 100%. En pratique, cependant, le résultat dépend de nombreux autres facteurs: le stade de la maladie, la concentration de virus dans la gorge, la bonne réalisation ou non du prélèvement, le transport et le traitement corrects de l’échantillon – tous ces éléments jouent un rôle. Dans diverses études, le test PCR s’est révélé positif en moyenne chez 88 personnes sur 100 infectées par le SARS-CoV-2. Ainsi, dans 12 cas sur 100, il n’a pas détecté l’infection.
Non. Un test PCR négatif n’est qu’un instantané qui peut changer quelques heures plus tard. Dans diverses études, deux à 29 tests PCR sur 100 étaient faussement négatifs. Cela signifie que les personnes testées étaient porteuses des virus, mais le test ne les a pas détectés. Si l’on présente des symptômes typiques, il faut donc se comporter comme si l’on était contagieux pendant les 24 heures qui suivent la fin des symptômes, même si le test PCR s’est révélé négatif. Le cas échéant, il peut être judicieux de répéter le test.
Pas nécessairement. L’une des mesures utilisées est ce qu’on appelle les «cycles d’amplification». À chaque cycle, l’échantillon est chauffé brièvement selon un programme spécifique. Plus ces cycles sont répétés en laboratoire, plus le test devient «sensible». Il peut alors détecter les traces les plus infimes, mais celles-ci n'ont aucune pertinence dans la vie quotidienne car ces extraits de virus ne sont pas susceptibles de provoquer une transmission. Les développeurs du premier test PCR du SARS-CoV-2 ont recommandé 45 cycles, ce qui est plus que la normale.
Certaines périodes de l'été 2020, en Suisse, moins de 5 tests PCR sur 1000 étaient positifs. Pour les experts, ces valeurs indiquent que les taux de résultats faussement positifs sont minimes. Pour d’autres, cela dépend aussi de la fréquence de la maladie dans la population.
Il n’existe pas de test fiable à 100%. Tous les tests de laboratoire sont sujets aux erreurs. Si le résultat est faussement positif, cela suggère une infection ou une maladie qui n’est pas réellement présente. La personne testée s’inquiète donc à tort et pourrait prendre des précautions inutiles. Si le résultat du test est faussement négatif, le test ne détecte pas la maladie, la personne est bercée par un faux sentiment de sécurité et pourrait infecter d’autres personnes sans le savoir.
Idéalement, un test devrait pouvoir identifier toutes les personnes malades (ou infectieuses) et déclarer toutes les personnes saines (ou non infectieuses) comme étant en bonne santé. Les médecins de laboratoire utilisent pour cela les termes «sensibilité» et «spécificité». Il convient de prêter attention à ces «données clés» d’un test donné: celles-ci doivent être aussi élevées que possible. Dans diverses études, par exemple, le test PCR affichait une sensibilité de 71 à 98%, cela signifie que sur 100 personnes porteuses de virus ou d’extraits de virus, le test les a détectés chez 71 à 98 personnes – et les a manqués chez deux à 29 personnes. Une spécificité de 90% signifie que le test ne détecte rien chez 90 personnes en bonne santé sur 100 et que dix personnes en bonne santé sont faussement identifiées comme malades ou infectieuses.
Et comment! Supposons que dix personnes sur 1000 soient atteintes de la maladie que nous recherchons et que 990 ne le soient pas, et que le test ait une sensibilité et une spécificité de 90% chacune. Il détectera alors neuf personnes malades et, parmi les personnes en bonne santé, il en classera faussement 99 comme malades. Cela signifie que sur l’ensemble des résultats «positifs», seuls huit sur 100 sont corrects. Mais si 300 personnes sur 1000 sont malades, le test en identifiera 270 correctement et «dissimulera» la maladie chez 70 personnes en bonne santé. Sur l’ensemble des résultats «positifs», 79 sur 100 sont alors corrects – cela fait donc une grande différence.
Si l’on se fait tester sans avoir de symptômes du Covid-19 et sans avoir eu de contact étroit avec des personnes malades, le risque de résultats faussement positifs augmente.
PoC est l’abréviation de «point of care» et signifie «là où le patient est pris en charge». Contrairement au test PCR, un test PoC ne doit pas être envoyé au préalable à un laboratoire. Avec le test PoC, le résultat est généralement disponible après 15 à 30 minutes. Un test PCR doit être envoyé au laboratoire et prend généralement un à deux jours. (Continuez à lire ci-dessous...)
Le test antigène recherche la protéine propre au virus. Celle-ci n’est présente que lorsqu’il y a une quantité suffisante de virus actifs. Le test antigène est alors positif. Dès que l’organisme a «maîtrisé» les agents pathogènes, le test antigène redevient négatif.
Ce test peut orienter lorsque l’on veut savoir si l’on est contagieux. Il fournit un résultat dans un délai de 15 à 30 minutes, mais est considéré comme moins «exact» que le test PCR. Dans les quatre premiers jours suivant l’apparition des symptômes, les tests antigènes officiellement reconnus en Suisse détectent la protéine du virus chez 87 personnes infectées sur 100 en moyenne – 13 infections ne sont donc pas détectées. Les personnes considérées comme particulièrement à risque et celles qui travaillent dans le secteur de la santé ne devraient donc pas opter pour un test antigène rapide, mais toujours effectuer un test PCR (plus sensible). Le test rapide antigénique ne donne qu’une indication sur la situation le jour où il est réalisé.
L’Office fédéral allemand des médicaments a établi une liste des tests nécessitant des exigences minimales. Mais seules les données du fabricant concernant la qualité du test y sont mentionnées. Celles-ci ne correspondent toutefois pas toujours à la réalité. Il vaut donc la peine de consulter une deuxième liste. Vous trouverez ici les résultats d’études indépendantes qui ont mis les tests à l’épreuve. Cette liste est continuellement actualisée. Il est donc arrivé que certains lots de tests rapides antigéniques donnent des résultats positifs alors que des tests PCR réalisés ultérieurement sur les mêmes personnes se sont révélés négatifs. Aussi la société allemande d’hygiène hospitalière (DGKH) met-elle en garde contre les attentes excessives à l’égard de ces tests rapides.
Ce test n’est lui aussi qu’un instantané susceptible de se révéler différent quelques heures plus tard. Si des symptômes sont présents mais que le test antigène est négatif, il convient de se comporter comme s’il on était positif et de faire faire également un test PCR si les symptômes persistent ou s’aggravent.
Les anticorps sont des protéines spécifiques qui aident le système immunitaire à détecter les agents pathogènes envahissants. Ils indiquent qu’une infection a eu lieu. Si des anticorps contre le nouveau coronavirus sont détectés dans le sang, c’est le signe que le système immunitaire a été confronté au virus et a formé des anticorps contre ce dernier. Tant qu’il y a suffisamment d’anticorps dits «neutralisants», il est peu probable d’être à nouveau infecté.
Les tests destinés aux laboratoires permettent de déterminer la concentration d’anticorps dans le sang. La quantité d’anticorps sert de mesure pour estimer la qualité de la protection présumée des anticorps. Cependant, les tests rapides, qui sont proposés sur Internet par exemple, fonctionnent de la même manière qu’un test de grossesse: si la bandelette se décolore, cela signifie que des anticorps contre le nouveau coronavirus sont présents – à condition que le test soit fiable et que le résultat soit correct.
Non, les différents types d’anticorps jouent différents rôles dans les infections. Ils sont abrégés par IgG, IgM et IgA. La plupart des tests d’anticorps recherchent les IgM et les IgG. Les anticorps IgM sont la «réponse immédiate» à une infection: ils apparaissent généralement en premier et disparaissent à nouveau après l’infection. Les anticorps IgG et IgA, en revanche, restent plus longtemps. Parmi ces anticorps, il existe des anticorps dits neutralisants, qui éliminent directement les virus lors d’un nouveau contact, et des anticorps non neutralisants, qui ne le font pas. Toutefois, la plupart des tests d’anticorps ne peuvent pas les différencier. Début novembre, l’autorité américaine FDA a approuvé le premier test d’anticorps qui détecte les anticorps neutralisants.
Dans la phase initiale, certains tests étaient de si mauvaise qualité qu’on aurait pu aussi bien tirer à pile ou face. Avant que les tests puissent être utilisés à grande échelle, ils doivent d’abord être «validés». Cela implique de tester autant d’échantillons que possible de personnes dont on sait qu’elles ont eu la maladie en question ou, au contraire, dont on est certains qu’elles ne l’ont pas eue. On voit alors ce que vaut un test effectué dans des conditions de laboratoire. Le test PCR sert de référence. Cependant, de nombreux tests d’anticorps n’ont pas été solidement validés. La Food and Drug Administration (FDA) américaine a compilé des estimations de la sensibilité et de la spécificité de divers tests d’anticorps, pour autant que celles-ci soient connues.
Cela dépend: dans les études, ces tests ont permis de détecter 18 à 100 personnes infectées sur 100 – la fourchette est donc très large. Les tests de mauvaise qualité peuvent être faussés par ce que l’on appelle la «réactivité croisée». Cela signifie qu’ ils ne peuvent pas différencier si une personne a réellement eu le Covid-19 ou s’il s’agissait d’un rhume causé par d’autres coronavirus connus depuis plus longtemps.
Oui, à condition que le résultat soit vraiment fiable.
Non. Premièrement, il est possible que le test ait été effectué trop tôt. Deuxièmement, dans le cas d’une maladie bénigne, il est possible que seuls quelques anticorps soient produits et que le test ne les trouve pas. Il se peut que l’infection soit trop ancienne et que le niveau d’anticorps ait chuté à un seuil insuffisant pour être mesuré. Le test peut également être défaillant ou mal réalisé. Et finalement, une personne peut très bien avoir des anticorps IgA alors que le test cible uniquement les IgG.
Le système immunitaire a besoin d’un certain temps pour former les anticorps. Chez certaines personnes, les anticorps IgM et IgG sont détectables à partir de la deuxième semaine de la maladie environ. À partir du dixième jour environ, on trouve des anticorps dans la majorité des personnes affectées et à partir de la troisième semaine, plus de neuf personnes sur dix atteintes de Covid-19 en ont. Un test de détection des anticorps IgG ne serait donc utile qu’à ce stade, si tant est qu’il le soit.
En général, la moitié des anticorps IgM sont décomposés en quelques jours. En ce qui concerne les anticorps IgG, on ignore encore combien de temps ceux-ci restent détectables ni dans quelle mesure. Près de 90 ans plus tard, des chercheurs ont découvert des anticorps neutralisants dans le sang de personnes ayant eu la «grippe espagnole» en 1918. Ce que l’on sait jusqu’à présent avec le Covid-19, c’est que les personnes qui en ont été atteintes sous une forme grave produisent généralement plus d’anticorps que celles qui n’ont eu que des symptômes légers.
Les agents pathogènes doivent surmonter plusieurs obstacles. La barrière cutanée, le mucus des voies respiratoires, les sucs gastriques acides et d’autres facteurs affectent les virus et rendent nombre d’entre eux inoffensifs. Le système immunitaire produit également des substances qui leur complique la tâche. De plus, il y a généralement des anticorps qui interceptent les virus. Et enfin, certaines cellules immunitaires sont capables de rendre les virus inoffensifs. Ainsi, même si aucun anticorps n’est détecté, cela ne signifie pas automatiquement que l’on est à la merci du virus et sans défense contre celui-ci.
Presque toutes les personnes qui se sont remises du Covid-19 avaient des anticorps présents dans leur sang 25 jours après le diagnostic. Dans une étude islandaise, les chercheurs ont trouvé des anticorps chez plus de 90 personnes rétablies sur 100. Ils ont toutefois dû effectuer plusieurs tests d’anticorps pour les détecter.
C’est une question qui donne même aux experts du fil à retordre. Il est également important de savoir si le but du test est de surveiller l’évolution de la pandémie, déterminer la contagiosité du virus ou établir un diagnostic lorsque les symptômes apparaissent. Avant de dépenser de l’argent pour un test, il est donc important de bien réfléchir à l’effet recherché et de savoir si le test peut répondre à ces attentes.
Sources: Office de la santé publique, FDA, «BMJ Evidence-Based Medicine»,«Euro Surveillance», «NEJM», «Cochrane Database of Systematic Reviews», «BMJ», «Swiss Medical Forum», «Deutsches Ärzteblatt», «Open Forum Infectious Diseases», «Deutsches Ärzteblatt»