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Un comptable suisse, entendu les 6 et 7 octobre par les juges enquêtant sur les soupçons d'achat de voix à Corbeil-Essonnes (région parisienne), leur a décrit comment, selon lui, il a remis pour 53 millions d'euros au maire de la ville, l'industriel Serge Dassault entre 1995 et 2012.
Le quotidienet la chaîne révèlent le procès-verbal d'audition dans lequel cet homme décrit le dispositif qui aurait permis à l'avionneur de recevoir à Paris de l'argent liquide depuis le Liechtenstein et la Suisse.
Cofinor au centre du système
Au centre du dispositif, une société financière genevoise, Cofinor, une chambre de compensation dont la spécialité était, selon une description faite par un enquêteur, d'envoyer "où vous voulez dans le monde votre argent que vous lui remettez en Suisse".
Le liquide apporté à Serge Dassault était puisé sur des comptes au Liechtenstein, au Luxembourg ou en Suisse avant d'arriver sur les comptes genevois de Cofinor.
afp/fb
Le témoignage du comptable suisse
"Je ne voyais jamais l'argent puisque j'allais directement au rond-point" des Champs-Elysées, siège du groupe, "je montais dans le bureau de Serge Dassault, je posais le sac dans un coin de son bureau et immédiatement, on parlait d'autre chose", a raconté le comptable aux enquêteurs.
Mis en examen pour complicité de financement de campagnes électorales et d'achat de votes et blanchiment, celui qui décrit Dassault comme un "ami" n'établit pas de lien entre ces livraisons d'argent et l'achat présumé de voix.
L'affaire Dassault
S'il a reconnu des dons, il a toujours réfuté avoir acheté des voix d'électeurs aux municipales de 2008, 2009 et 2010.
Sollicité lundi soir par l'AFP, son avocat n'a pas fait de commentaire.