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La focalisation sur l’élection présidentielle, son suspense et ses déboires ont occulté les résultats des votes aux niveaux des États et des comtés. On recense pourtant de nombreuses victoires progressistes et socialistes, dont certaines auraient paru étonnantes il y a peu de temps.
Plus de justice sociale
Bien que la Floride ait voté pour Trump, cet État a également adopté une augmentation du salaire minimum à 15 dollars de l’heure. Plusieurs référendums visant à financer les écoles publiques ont été acceptés, même dans des États conservateurs comme l’Indiana. Dans le Wisconsin par exemple, les comtés qui sont voté massivement pour Trump ont également voté des augmentations d’impôt en faveur des écoles. L’Arizona a voté une augmentation des impôts qui amènera plus d’un milliard de dollars à son système scolaire sous-financé, une mesure qui a bénéficié du soutien des deux partis.
Portland, dans le Maine, a rejoint la Floride en acceptant une hausse du salaire minimum, ainsi que pour le contrôle des loyers, contre la surveillance faciale et pour un Green New Deal local, mesures soutenues par les Democratic Socialists of America (DSA).
Les locataires ont également été gagnants à Boulder, dans le Colorado, où les électeurs·rices ont voté pour taxer les propriétaires et fournir une assistance juridique aux locataires menacés d’expulsion. Dans l’ensemble, le Colorado a passé une nuit féministe, en faisant échouer une tentative pour restreindre l’accès à l’avortement et acceptant des congés parentaux et maladie.
Le comté de Montgomery, dans le Maryland, avec l’aide des DSA, a refusé une dérogation à la taxe foncière. L’Oregon a voté pour taxer les riches afin de financer des crèches. L’État a également décriminalisé un nombre surprenant de drogues, dont l’héroïne en petite quantité, la cocaïne et la méthamphétamine, ce qui constitue un pas de géant pour le mouvement contre l’incarcération de masse. En parlant de drogues, plusieurs États ont légalisé la marijuana pour les adultes et Washington DC a légalisé plusieurs psychotropes.
Symboliquement, le très conservateur Mississippi a voté à une écrasante majorité (73 %) pour retirer le symbole confédéré du drapeau de l’État et le remplacer par un magnolia.
Plus d’élu·e·s de gauche
Dans de nombreuses villes, des procureur·e·s de district progressistes ont été élu·e·s (et dans certains cas réélu·e·s), s’opposant ainsi au système pénal cruel et raciste étasunien.
Toutes les membres de la « squad » – Ilhan Omar, Alexandria Ocasio-Cortez, Ayanna Pressley et Rashida Tlaib – ont été réélues au Congrès, tout comme la championne du Medicare for All Pramila Jayapal et l’un des parrains du Green New Deal Ed Markey. Katie Porter, une Démocrate progressiste a été réélue avec une marge confortable dans un district californien historiquement conservateur. À New York, l’éducateur progressiste Jamaal Bowman a battu un cacique Démocrate à la primaire, et l’activiste Cori Bush est devenue la première femme noire, infirmière et mère célibataire, à représenter le Missouri au Congrès.
En fait, ce fut une nuit puissante pour les Democratic Socialists of America (DSA), dont au moins vingt candidat·e·s des vingt-neuf qu’ils avaient soutenu·e·s ont gagné et huit initiatives sur les onze qu’ils soutenaient ont été acceptées.
Les DSA ont remporté des victoires importantes dans les courses aux parlements des États. À New York, l’organisation a remporté cinq sièges. Deux autres membres des DSA, dont la candidature n’avait pas été approuvée par l’organisation, ont malgré tout gagné leur élection.
Trois candidat·e·s soutenu·e·s par les DSA ont été élu·e·s au parlement de Pennsylvanie, un autre dans le Montana. Un sénateur socialiste a été élu dans le Minesota.
Les DSA ont également remporté plusieurs victoires locales impressionnantes. Le comté de Los Angeles a adopté une loi qui réserve 10 % des recettes du comté pour les services sociaux, y compris pour le logement et les soins de santé mentale, dans les communautés touchées par le racisme. Le Los Angeles Times a parlé de « bouleversement politique progressiste », en se demandant si ce n’était qu’un début. Il ne fait aucun doute que les soulèvements de l’été contre la brutalité policière ont affecté les élections dans beaucoup de villes.
Que signifient toutes ces victoires ? Que la lutte collective paie, que des majorités de gauche peuvent être créées et que de nombreux·euses Étasunien·ne·s veulent la justice raciale, une redistribution des richesses et une vie meilleure pour la classe ouvrière.
Liza Featherstone
Publié sur le site de la revue Jacobin. Traduction et adaptation de notre rédaction.