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La maladie de Chagas (trypanosomiase américaine) est devenue un problème de santé publique dans toute l'Amazonie. Telle est la conclusion à laquelle sont parvenus les représentants des autorités sanitaires de neuf pays de la région réunis début novembre à Cayenne dans le cadre de l'Initiative intergouvernementale de surveillance et de prévention de la maladie de Chagas en Amazonie (AMCHA). Les pays concernés sont le Brésil, le Pérou, la Colombie, la Bolivie, le Venezuela, l'Equateur, le Surinam, le Guyana auxquels il faut ajouter le département français de la Guyane.Les participants à cette réunion tout en reconnaissant l'étendue du problème, ont défini des recommandations qui seront officialisées pour une meilleure surveillance de la maladie. La maladie de Chagas touche environ vingt millions de personnes en Amérique latine, principalement dans le cône sud. Souvent difficile à diagnostiquer en pratique, elle se manifeste par une phase aiguë (dème palpébral, adénopathie régionale, fièvre, myocardite, hépatosplénomégalie, polyadénopathie) précédant une phase de latence qui dure des années, puis une phase chronique marquée par des troubles cardiaques, neurologiques et digestifs irréversibles, le parasite Trypanosoma cruzi s'étant multiplié dans les muscles lisses. Le traitement de la maladie de Chagas est généralement décevant.On sait que Trypanosoma cruzi est transmis par des insectes hématophages dont l'habitat, en Amazonie, reste limité au milieu forestier. «Les changements environnementaux et la progression de l'habitat sur la forêt ont conduit à intégrer l'homme dans le cycle de transmission sylvestre de la maladie, a expliqué à l'Agence France-Presse Roberto Salvatella, coordinateur du programme Chagas de l'Organisation pan-américaine de la Santé. Les pays du bassin amazonien doivent mettre en place des mécanismes de prévention.»«En Guyane, une étude réalisée de janvier et octobre 2005 sur les patients des hôpitaux du département ont mis en évidence vingt-quatre cas confirmés de maladie de Chagas» précise Christine Aznar, chercheur au laboratoire de parasitologie et mycologie du CHU de Cayenne. L'Organisation pan-américaine de la santé a reconnu officiellement, en septembre, la Guyane comme une zone endémique de cette affection. En Guyane, les dons de sang sont interrompus depuis la confirmation, en avril dernier, d'un risque de transmission du parasite par transfusion sanguine. Des tests réalisés sur 200 poches de sang collectées en Guyane avaient alors mis en évidence cinq cas positifs, qui se sont révélés négatifs lors d'un second test. De nouvelles analyses sont en cours.