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L'ancien conseiller fédéral Alphons Egli, décédé à l'âge de 91 ans, s'était engagé tout particulièrement pour la protection de l'environnement.
Keystone/GAETAN BALLY(sda-ats)
L'ancien conseiller fédéral PDC Alphons Egli est décédé vendredi soir à l'âge de 91 ans. Il a fini ses jours dans une maison de retraite à Lucerne, a indiqué samedi sa famille. Il avait dirigé le Département fédéral de l'intérieur pendant quatre ans, de 1983 à 1986.
Alphons Egli, citoyen d'honneur d'Entlebuch (LU), restera dans les mémoires comme un ministre engagé pour la protection de l'environnement. Le Lucernois n'a pas reculé devant des mesures impopulaires.
Fils de juriste, Alphons Egli est né le 8 octobre 1924 à Lucerne. Suivant les traces de son père en politique, il gravit dès 1963 les marches du législatif de la ville de Lucerne puis en 1967 celles du Grand Conseil.
Elu en 1975 au Conseil des Etats, il accède à la Berne fédérale où il se distingue en proposant dans un postulat de renoncer à la construction de la centrale nucléaire de Kaiseraugst. Lui-même partisan du nucléaire, il avait très tôt jugé que le projet de construction de cette centrale serait politiquement voué à l'échec.
"Turbo-Egli"
Le 8 décembre 1982, le Lucernois est élu au Conseil fédéral. Il reprend le Département fédéral de l'intérieur (DFI) des mains de son prédécesseur Hans Hürlimann. La protection de l'environnement sera au centre de ses quatre ans passés à Berne.
La loi fédérale sur la protection de l'environnement est adoptée en 1983 sous son règne. Afin de lutter contre la mort des forêts, Alphons Egli fait baisser la vitesse maximale sur les autoroutes, ce qui lui vaut le surnom en Suisse alémanique de "Turbo-Egli". Il encourage également les catalyseurs. La Suisse fait ainsi oeuvre de pionnière en Europe en matière d'assainissement de l'air.
Dans d'autres domaines, il a aussi oeuvré à plusieurs chapitres de la législation sociale. Il est notamment à l'origine de l'harmonisation du début de l'année scolaire entre les cantons. Il a par ailleurs encouragé la culture, en augmentant les contributions à Pro Helvetia ou en renforçant l'aide au cinéma.
Excuses au Yéniches
Juste avant son retrait, le 3 juin 1986, le ministre Egli présente des excuses publiques pour les torts commis à l'égard des gens du voyage. La Confédération avait financé une oeuvre d'entraide liée à "Pro Juventute", qui avait arraché à leurs parents quelque 600 enfants yéniches pour les placer dans des foyers ou des familles d'accueil. Les faits avaient duré de 1926 à 1972.
Le 3 septembre 1986, Alphons Egli, 62 ans, invoque des motifs de santé, vraisemblablement un surmenage, pour son retrait inattendu du gouvernement. Le Tessinois Flavio Cotti lui a succédé. Le Lucernois retournera lui dans son canton, où il travaillera comme conseiller indépendant.
Au service de l'intérêt général
Le PDC a honoré samedi le souvenir de l'ancien conseiller fédéral lucernois. "Ce conservateur moderne savait qu'en politique, il y a toujours de nouveaux problèmes pour lesquels il faut trouver des solutions". Il n'a jamais agi pour se profiler, mais a oeuvré pour l'intérêt général, indique le parti dans le communiqué.
Il s'est montré exemplaire sur le dossier de Kaiseraugst. Après les événements de Tchernobyl (avril 1986), il a encouragé la protection de l'environnement. Il n'a pas esquivé les conflits avec les milieux politiques qui criaient à la catastrophe ou qui refusaient le changement, poursuit le PDC.
Le président de la Confédération Johann Schneider-Ammann, en déplacement aux Jeux olympiques de Rio, a tweeté: "Le Conseil fédéral rend hommage à l'ancien conseiller fédéral Alphons Egli et transmet ses condoléances à sa famille".
Alphons Egli a étudié à Zurich, Berne et Rome et a été promu docteur en droit et avocat. En 1952, il a ouvert une étude, qu'il a dirigée jusqu'à son accession au Conseil fédéral. Marié, il a eu deux filles et un fils.
ATS