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Vaux-sur-Morges
Vaux-sur-Morges, Nature et Diversité
Ancrée dans un cadre rural et naturel, Vaux-sur-Morges présente une diversité à tous niveaux:
Entre Arc Lémanique et Jura, entre population rurale et citadine, entre tradition et modernité pour n’en
citer que quelques-uns.
Un peu d’histoire
La date à laquelle le nom de Vaux attaché à cette région fit son apparition est difficile à définir avec précision. Rien d’étonnant, si l’on se rappelle qu’étymologiquement Vaux est le pluriel de Val, c’est-à-dire un espace de terre resserré entre deux collines ou deux coteaux. Le «Dictionnaire toponymique des communes suisses» publié par le centre de dialectologie de l’Université de Neuchâtel en 2005, indique toutefois que la première mention de Vaux pourrait dater de 1180. En 1544, le Petit Vaux dépendait de la paroisse de Morges, alors que le Grand Vaux dépendait de celle de Vufflens-le-Château. La mémoire collective et les quelques recherches historiques liées à la commune indiquent également qu’après avoir appartenu aux seigneuries de Monnaz et de Colombier, toutes deux dépendantes de la baronnie de Montricher, le territoire communal fut rattaché au baillage bernois de Morges (1539-1798) pour être constitué en commune par la réunion des deux hameaux du Grand Vaux et du Petit Vaux à la Révolution vaudoise de 1798.
Fort usité en France, Vaux est cependant la seule commune Suisse à porter ce nom, auquel est venue s’ajouter en 1920 la mention «sur Morges» par arrêté du Conseil d’Etat, les raisons de cet ajout tardif n’étant pas connues.
Les dictionnaires historiques du Canton font mention d’un pont aqueduc de 320 m de long et 60 de haut qui joignait Vaux et Vufflens-le-Château par-dessus la vallée de la Morges à la hauteur du Petit Vaux. Il aurait été édifié en 25 av. J.-C. sous les ordres du futur empereur Auguste avec des pierres venant de Hauterive et de Concise. Sa destruction totale daterait de la 4e invasion des Alémans en 378. Légende ou réalité, nul ne le sait avec certitude, aucun vestige d’importance n’ayant été révélé à ce jour.
Parmi les quelques faits historiques établis et bien réels, peut-on citer le droit d’eau perpétuel octroyé par Gabriel Willermin, seigneur de Monnaz, en 1693 pour le moulin exploitant les eaux de la Morges. Cette activité de meunerie de près de trois siècles est attestée par les lieux dits le Vieux Moulin et le Moulin. Les meules, tamis et autres dispositifs se sont cependant définitivement arrêtés à la fin des années 1980.
Les arts ne sont pas oubliés, là aussi avec une part de légende et des faits bien réels. L’on dit par exemple que, dans sa prime jeunesse, le musicien Jacques Dalcroze, déambulant dans le bois du Pétolin dominant la commune, écrivit spontanément les paroles et la musique d’un chant qui fait partie du patrimoine romand: Doucement petite troupe c’est le village du bois dormant. Comme en témoignent leurs créations respectives, les peintres Ric Berger et Armand Rouiller furent inspirés par les paysages et points de vue offerts par la commune.
Pour revenir à l’art musical, Vaux-sur-Morges est le lieu où le compositeur Heinrich Sutermeister (1910-1995) s’établit dans les années 1940. Il y composa, notamment, son premier concerto pour piano et son 4e opéra, Raskolnikoff, d’après Crimes et Châtiment de DostoÏevski, lequel sera créé le 14 octobre 1948 à Stockholm en Suède. En souvenir de son illustre citoyen, la place du village porte désormais son nom et la commune a soutenu financièrement l’enregistrement du premier volume de l’intégrale de son œuvre par le Royal Philarmonic Orchestra de Londres, sous la direction du Chef Rainer Held.
Fin du 20e siècle et développement sous contrôle
Essentiellement rurale jusque dans le milieu des années 1980, la mue de la commune débute avec l’instauration d’un premier plan de quartier au lieu-dit «En Pré Floret». Neuf logements s’y construiront et de nouvelles familles viendront s’établir dans ce quartier.
Si les autorités successives restent attachées à un développement mesuré et maîtrisé, une nouvelle étape est franchie dans les années 1990 avec la création d’un nouveau plan de quartier au lieu-dit «En Pierrafuz» dans lequel se construira une douzaine de logements sur des parcelles privées. La commune, propriétaire d’une parcelle dans ce quartier, y construit 8 logements supplémentaires entre 2012 et 2013.
Cette lente mutation a permis une excellente intégration des nouveaux habitants et la conservation d’un sentiment d’appartenance à une communauté locale ouverte et diverse.
Territoire et population
Ne cherchez pas le village de Vaux-sur-Morges, il n’existe pas!
Ou plutôt, n’existe-t-il pas sous une forme traditionnelle avec une rue centrale ou une route cantonale le traversant, bordée de bâtiments contigus et une église au milieu du village. Vaux-sur-Morges est en effet une commune composée de plusieurs quartiers discontinus tels que Pré Floret, Petit Vaux, Grand Vaux, Pierrafuz et d’habitations foraines portant les noms des Rosses, du Bugnon, de La Grillière, des Essercles et de Bérauloz.
D’une superficie de 210 ha, la commune est constituée à 80% de terres agricoles, 10% de forêts et 10% de zones d’habitat et d’infrastructures. Elle est voisine des communes de Bussy-Chardonney, Clarmont, Echichens, Reverolle et Vufflens-le-Château. Dès le 1er juillet 2021, elle sera voisine de la nouvelle commune de Hautemorges dans laquelle seront englobées les communes de Bussy-Chardonney et Reverolle.
Fait notable pour être relevé, la commune de Vaux-sur-Morges est sous-dimensionnée en termes de zone à bâtir, la difficulté résidant non pas dans le dézonage, mais au contraire dans la recherche de solutions permettant d’assurer son développement à moyen terme. Force est de constater que c’est une gageure dans le contexte légal actuel, les textes et leur application rigoriste ne tenant pour ainsi dire pas compte de la situation locale.
En 1803, Vaux compte 88 habitants. La population croit quelque peu par la suite, pour atteindre 110 habitants en 1860, niveau qu’elle retrouvera un siècle plus tard après avoir atteint un maximum en 1888 avec 146 habitants. Elle tombera à son niveau le plus bas en 1980 avec 85 habitants. Depuis le début du 21e siècle, la population résidente se situe entre 180 et 200 habitants.
Fin 2019, 28% de la population était constituée de jeunes de moins de 19 ans, soit légèrement plus que la proportion cantonale.
Une commune et ses particularités
Particularité rare sous nos latitudes, les habitants de Vaux ne possèdent pas de surnom officiel, même si, affectueusement, ils s’affublent parfois du sobriquet de Vaux…rien. Il serait probablement plus juste de parler de Valois, la consonance noble et Ancien Régime ne convenant toutefois probablement pas aux us et coutumes du Pays de Vaud.
Vaux-sur-Morges abrite un important poste de transformation électrique à haute tension qui a pour conséquence de placer la commune en évidence sur la carte des réseaux de transport d’électricité en Europe. Ainsi, le gestionnaire de réseau allemand, italien, français ou autrichien connait probablement le nom de cette petite commune vaudoise !
Enfin, les statistiques en matière d’impôts, dans tout ce qu’elles ont de réducteur, font que la commune est souvent présentée comme étant la plus riche de Suisse. C’est oublier que le système péréquatif vaudois impose une redistribution drastique de la manne fiscale, puisque Vaux-sur-Morges reverse près de 90% de ses recettes au pot commun cantonal.
Artistes, métiers rares et Mérite cantonal vaudois
Vaux-sur-Morges a la chance d’être le lieu de résidence de Luc Breton récipiendaire du Mérite Cantonal Vaudois 2015. Ce prix honore des personnalités qui ont œuvré ou œuvrent d’une manière significative au rayonnement du canton de Vaud. M. Breton s’est vu remettre cette distinction pour l’exercice de son art de la lutherie, particulièrement dans le domaine de la restauration et de la fabrication d’archets destinés à la musique baroque, reconnu à l’échelle mondiale.
Autre artiste, Daniel Harriet, sculpteur plusieurs fois primé, notamment au symposium international de sculpture de Morges, réside également dans notre commune. Deux brèves vidéos consacrées à ces deux personnalités sont visibles sur le site internet de la commune.
Une commune ancrée dans sa région
Bien que figurant parmi les communes les moins peuplées du district de Morges, les Autorités qui se sont succédées ont toujours gardé à l’esprit qu’union ne signifie ni dilution, ni délégation aveugle, conduisant à la faiblesse. Bien au contraire, la force d’une collectivité, fut-elle petite, dépend essentiellement du rôle qu’elle souhaite jouer et non pas de celui que ses voisins et partenaires régionaux sont prêts à lui accorder.
Ainsi, Vaux cherche à participer de manière active et avec force de proposition au développement de sa région.
Cela se traduit en particulier par une présence dans plusieurs comités directeurs d’associations intercommunales ou diverses commissions régionales, comme par exemple la Commission énergie de l’ARCAM (Association Régionale Cossonay Aubonne Morges).
Très tôt, Vaux-sur-Morges a compris la nécessité de mettre en commun les ressources pour proposer à sa population un service de qualité et de proximité. Ce fut notamment le cas en 1961 pour la construction du complexe scolaire intercommunal de Chaniaz, premier exemple de ce type dans le Canton, réalisé en partenariat avec les communes de Bussy-Chardonney, Clarmont et Reverolle, contre l’avis du Département de l’instruction publique qui jugeait alors peut rationnel de construire un collège pour quatre communes. Autre temps, autre vision! Cette longue aventure devrait toucher à sa fin cette année avec la vente du collège à la commune de Reverolle.
Toujours dans le domaine de l’enfance, la commune a également joué un rôle actif dans la mise sur pieds des cantines ainsi que de l’accueil parascolaire au sein de l’association scolaire intercommunale dont elle fait partie.
Vaux collabore ainsi efficacement avec ses voisines directes, ou plus lointaines, pour l’alimentation en eau potable, la voirie, la déchetterie, l’épuration, le service du feu, pour ne citer que quelques exemples. En outre, cette législature qui s’achève aura été l’occasion de renforcer les liens avec sa voisine Clarmont dans toute une série de domaines.
Enfin, cet engagement régional s’est également traduit par la mise à disposition de prêts aux communes voisines, à la Maison de la Rivière de Tolochenaz et à d’autres organismes d’intérêt public.
Economie et vie locale
Si l’agriculture, suivie de la viticulture, façonnent le paysage du territoire communal et sont les activités économiques les plus visibles, Vaux-sur-Morges compte également une entreprise de nettoyage, une entreprise de broyage de bois et une brasserie artisanale, ainsi que plusieurs indépendants exerçant à domicile. La majorité de la population active travaille cependant dans l’Arc lémanique.
Si au niveau des animations locales, la commune peut compter sur l’Association les Pro Fêtes, nombre de citoyens sont actifs dans diverses sociétés de la région, comme par exemple la Jeunesse de Chaniaz, le Chœur mixte l’Avenir à Bussy-Chardonney, le Chœur d’hommes la Concorde à Vufflens-le-Château, l’Amicale des anciens pompiers de Chaniaz ou le FC Pied du Jura, pour n’en citer que quelques unes.
Politique d’investissement
La situation économique favorable de Vaux a permis de mettre en place une politique d’investissement profitant directement ou indirectement à la population reposant sur deux axes. Le premier concerne le renouvellement et l’amélioration des infrastructures, comme par exemple la réhabilitation de l’éclairage publique par l’emploi de la technologie LED ou les études en cours pour la sécurisation des axes routiers, dont certains sont devenus, hélas, des itinéraires bis en cas de perturbation sur l’autoroute. Le second vise à rendre les finances communales moins dépendantes de la fiscalité et de ses aléas. Cette volonté s’est traduite par la valorisation d’un terrain communal en construisant 8 logements à basse consommation d’énergie et par l’acquisition d’immeubles à Reverolle et Clarmont.
« Entre ville et campagne,
Léman et Jura, tradition et modernité, Vaux-sur-Morges fait sienne la devise de Nature et Diversité. »
Autre investissement dont bénéficie la population, le refuge «Du Champs des Boz» permettant d’accueillir, été comme hiver, une soixantaine de personnes.
Développement durable
Depuis de nombreuses années, les Autorités communales sont convaincues que le bien-être des citoyens passe par une préservation des ressources naturelles et de l’environnement dans une économie saine. Quelle que soit la taille de la collectivité publique, il est évident qu’elle se doit de jouer un rôle important en termes de développement durable. La Municipalité s’efforce de guider ses choix, notamment en termes d’investissement, en prenant en compte cette dimension.
Depuis 2012, la commune dispose d’un Fonds du développement durable et des énergies renouvelables qui permet de soutenir des projets portés par des habitants, telle que la plantation d’une haie et de bosquets pour ne citer qu’un exemple, et de subventionner des mesures visant à l’assainissement énergétique des bâtiments, de favoriser l’usage des transports publics, ou d’encourager la mobilité individuelle électrique.
Une vision personnelle en fin de mandat
Depuis les années 1990, le monde dans lequel nous vivons a connu de nombreuses mutations culturelles, sociétales, économiques, technologiques, environnementales, pour n’en citer que quelques-unes. La petite collectivité de Vaux-sur-Morges n’y a pas échappé et a dû s’adapter pour faire face à des responsabilités qui augmentent, à des tâches qui se complexifient, à une juridisation de la société de plus en plus importante et à des relations avec les Autorités cantonales qui se sont tendues. Il en résulte une charge et un degré d’implication des exécutifs communaux qui ne sont pas directement proportionnels à la population résidente sur le territoire de la commune. Vaux-sur-Morges, comme nombre de ses consœurs vaudoises se trouve donc à la croisée de chemins entre la nécessité de conserver une proximité indispensable entre la population et les élus et celle d’assurer l’efficacité du système basé sur des Autorités de milice.
L’autonomie communale est essentielle. Elle ne saurait cependant se résumer à un repli sur soi et à la tentation de vivre en vase clos. Même petite, une collectivité se doit d’être ouverte aux autres et de participer activement à la vie de la région afin de garantir à sa population une qualité de vie qui ne saurait se quantifier à l’aide de quelques indicateurs économiques ou démographiques.
A l’heure où l’on parle sans cesse de rationalisation, de performance et d’économies d’échelle, il ne faut jamais oublier que l’on est élu pour être au service de la collectivité, avec au final l’humain au centre du débat. Municipal ou Syndic d’une petite ou grande commune, l’important est de ne jamais cesser de jouer son rôle politique, que cela soit de manière formelle ou informelle, au sein de structures locales ou régionales.
Le juste équilibre se trouve probablement dans le sentiment de faire partie d’une communauté proche de nous, dans laquelle nous avons du plaisir à vivre, tout en étant conscients que nous faisons partie d’un monde plus vaste sur lequel nous pouvons aussi avoir une influence.
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