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DE DIVERS PERSONNAGES DE L’ANTIQUITÉ.
Que de grandes et belles actions sonl restées dans l'oubli, faute d'avoir été écrites! Les Grecs et les Romains seuls ont eu des historiens. Il ne reste de Tite-Live qu'une petite portion ; le leste est égare, perdu, détruit. Sabellicus avait l'intention d'imiter et de suivre Tite-Live (1), mais il n'a rien accompli. Ovide était un excellent poète, il a surpassé tous les autres pour les belles sentences qu'il a su enchâsser dans ses vers , telle que cette-ci :
Nox et amor, vinumque nihil moderabile suadent.
Virgile est le premier de tous sous le rapport de la grandeur et du sublime, de l’heroica gravitas ; il s'exprime vraiment en prince et avec une sérieuse majesté.
Le docteur Luther, ayant lu Lucain , dit : « Je ne sais si c'est un poète ou un historien. Voici la différence qu'il y a entre eux : un historien dit ce qui est vrai; un orateur, un homme éloquent dit ce qui ressemble à la vérité ; mais un poète n'écrit ni ce qui est vrai, ni ce qui ressemble à la vérité. Aussi Aristote a dit : « Les poètes mentent beaucoup; » car lorsqu'ils ont un sujet tant soit peu fondé, ils l'amplifient grandement, l'étendant de tous côtés ; c'est comme un peintre qui peindrait une personne beaucoup plus belle qu'elle ne léserait réellement. — Jules César a dit : « Lorsque je lis les écrits de Brutus, alors je me crois éloquent
1 Marc-Antoine Sabellicus, mort en 1508, a laissé deux grandes compositions historiques dont le succès fut général lors de leur apparition; une histoire de Venise (1487, in-folio) et une Rapsodie des Histoires, ou histoire générale depuis la création du monde jusque 1503, ouvrage dépourvu de critique et médiocrement écrit ; il vit le jour en 1498 et 1504, et il est partagé en quatre-vingt-douze livres. Les oeuvres complètes de Sabellicus, réunies à Venise, en 1560, en quatre volumes in-folio, figurent au nombre des livres les plus délaissés.
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moi-même, mais quand je lis les oraisons de Cicéron , j'ai perdu toute mon éloquence ; je balbutie comme un enfant.»
Aristote est un épicurien complet ; il tient que Dieu ne se mêle pas des affaires de l'humanité, mais qu'il nous laisse agir selon noire plaisir. Suivant lui, Dieu gouverne le monde comme une servante endormie berce un enfant.
C'est par une grâce particulière de Dieu que les fables d'Esope se sont conservées dans les écoles. Il n'est, après la Bible, aucun meilleur livre que les fables d'Esope et les distiques de Caton (1).
On rapporte que Jules César disait que lorsqu'il lisait les discours de Cicéron, il lui semblait n'être qu'un enfant. Cicéron montra une grande sagesse ; ce qu'il a souffert et accompli est considérable : j'espère que Dieu sera propice à lui et à ceux qui lui ont ressemble , mais il ne nous appartient
1 De tous les livres de morale employés dans le moyen âge pour l’instruction de la jeunesse , il n'en est guère de plus célèbre que celui qui porte le nom de Dionysius Cato. C'est un recueil de préceptes divisé en quatre parties ; il a été longtemps attribué à Caton l'ancien, mais il est bon de remarquer que Virgile , Lucain et Ovide s'y trouvent cités parmi les poêles dont la lecture est recommandée. Le véritable auteur de ces distiques reste inconnu ; quant à la date de leur composition, Fabricius la porte, d'après des arguments fort plausibles , au second siècle de notre ère. Alcuin, Abélard, Hincmar, Jean de Salisbury et bien d'autres leur décernent les plus grands éloges. Traduit en français , en allemand , en italien , ce recueil d'apophthegmes fut reproduit à profusion dès le début de la typographie ; il en a paru à Amsterdam, en 1759, une édition savante qui, grâce à un commentaire étendu et à une version en six langues différentes, remplit deux volumes in-8°. Ces distiques ont récemment été reproduits à la suite du Publius Syrus de C. Zell (Stuttgart, 1829), et dans le Corpus Poet. latinor. de G. E. Weber (Francfor., 1833 p. 1192-1198).370
pas de rien allumer à cet égard (1). Nous ne pouvons connaître quand, ni comment il peut plaire à Dieu de dispenser sa grâce parmi les nations. Il y aura un nouveau ciel, une nouvelle terre bien plus considérable; là, chacun pourra être traité selon ses mérites.
Le docteur Luther disait qu'il était fort nécessaire de supprimer dans le pays et dans les écoles les écrits de Juvenal , de Catulle, de Martial, les priapées de Virgile et tous ces livres où il y a tant d'obscénités et de choses immorales qu'on ne peut les lire sans inconvénient.