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Emmanuel Macron a affirmé mardi à Papeete que la France avait "une dette" à l'égard la Polynésie française pour avoir réalisé près de 200 essais nucléaires dans le Pacifique pendant 30 ans, jusqu'en 1996. "J'assume et je veux la vérité et la transparence avec vous", a affirmé le chef d'Etat français en s'adressant aux responsables polynésiens au dernier jour de sa première visite dans l'immense archipel. Il a indiqué que les archives sur les essais "seront ouvertes", à l'exception des données militaires les plus sensibles.
Je pense que c'est vrai qu'on n'aurait pas fait ces mêmes essais dans la Creuse ou en Bretagne. On l'a fait ici parce que c'était plus loin, parce que c'était perdu au milieu du Pacifique.
Il a cependant déclaré "assumer pleinement" et défendu le choix fait par le général de Gaulle puis poursuivi par ses successeurs de doter la France de l'arme nucléaire, notamment pour protéger la Polynésie française. Sur la question sensible des indemnisations, Emmanuel Macron a annoncé une amélioration du traitement des dossiers alors que le nombre de personnes indemnisées pour avoir contracté des maladies radio-induites reste "particulièrement faible", selon le ministre des outre-mer Sébastien Lecornu.
Une reconnaissance mais pas de mots d'excuse
Dans son discours, le président n'a pas prononcé le mot de "pardon" qui était réclamé par des associations de victimes à l'initiative d'une manifestation ayant réuni plusieurs milliers de personnes dans les rues de Papeete le 18 juillet. "Il n'y a aucune avancée dans ce discours, que de la démagogie (...). Les mensonges d'Etat continuent", a regretté le père Auguste Uebe-Carlson, président de l'association 193, sur la chaîne Polynésie 1ere.
Mais le président de la Polynésie, Edouard Fritsch, s'est félicité qu'Emmanuel Macron veuille "enfin que la vérité soit mise sur la table" après "25 ans de silence".
afp/aps
30 ans d'essais nucléaires
La France a transféré en 1966 son champ de tir du Sahara en Polynésie française, sur les atolls de Mururoa et Fangataufa, où elle elle a procédé en 30 ans à 193 nouveaux essais, atmosphériques jusqu'en 1974, puis souterrains.
Les annonces d'Emmanuel Macron interviennent cinq ans après la reconnaissance, par le président François Hollande lors d'une visite en 2016, de "l'impact sur l'environnement et la santé" de 30 années d'essais. Il avait alors pris une série d'engagements, dont certains ne sont pas encore concrétisés comme l'ouverture d'un Centre de Mémoire des essais nucléaires.