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Monsieur Antonio Vesco de l'Université Aristote de Thessalonique, interviendra dans le cadre de l'atelier de master "Biens publics locaux et globaux" de A.-Ch. Trémon.
Ma présentation s'appuie sur une recherche ethnographique consacrée aux relations entre les mouvements des communs et les institutions locales en Italie. Ce rapport est conditionné par plusieurs macro-facteurs : les changements récents dans les systèmes politiques locaux, les transformations – et la répression – des mouvements sociaux, l'affirmation du paradigme des « biens communs » tant au niveau institutionnel que dans les mobilisations de base. Jusqu'à présent, trois principaux modèles d'interaction entre les gouvernements locaux et les mouvements italiens des communs peuvent être identifiés. Ils correspondent à trois voies juridiques et cadres réglementaires : une perspective qui s'articule autour du pouvoir constituant et du droit privé (expérimentés principalement dans le nord-ouest du pays et dans la ville de Turin); une méthode de droit public axée sur la facilitation des réglementations municipales et des mécanismes institutionnels (ce que l’on appelle le « modèle de Bologne ») ; un processus plus autonome, initié par les mouvements sociaux et les collectifs de la ville de Naples, basé sur l’application des droits d’usage ruraux dans le contexte urbain. Je vais me concentrer notamment sur le modèle napolitain et sur la mise en œuvre du concept de « biens communs » dans un contexte particulier, dans lequel (et sur lequel) circulent des récits politiques spécifiques. À Naples, le discours sur les biens communs a en fait été proposé comme un contre-récit efficace qui s’oppose aux formes clientélistes et corrompues de gestion des ressources publiques. L'approche proposée par le réseau des mouvements napolitains est devenue un modèle à l’échelle nationale, avec des liens avec plusieurs mouvements européens. Je m’attarde en particulier sur l'expérience de l’Asilo, la première communauté italienne autogérée qui a passé un accord avec le conseil municipal pour l'utilisation d'un bâtiment public dans le centre historique que ses propres militants avaient occupé auparavant. Le dialogue entre ce groupe hétérogène des artistes/activistes et les administrateurs a constitué un point d'observation privilégié sur la construction des identités politiques dans la ville.
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