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03/10/2012
La torture des habitants du quartier des HUG
Et voilà. Encore une fois, réveil brutal à 6 heures du matin. Encore une fois, une petite nuit de 5 heures. Encore une fois, une journée qui commence avec des tremblements au bout des membres.
Les causes? Des sirènes d'ambulance. Hier soir, entre minuit et une heure, l'on en entendait encore. Ce matin, avant 6 heures, l'on en entend déjà. Oh! Non que nous dormions toutes fenêtres ouvertes, non non! Dans ce quartier, même en plein été cela est impossible. Les 30 degrés qu'il fait dans les appartements plein ouest à une heure du matin quand, à votre corps défendant, vous devez fermer les fenêtres et mettre vos tampons auriculaires pour espérer vous isoler du bruit en témoignent.
Désormais, il faut que les gens sachent ce que nous endurons. L'on nous rétorquera que les services de santé sont là pour nous aider, voire nous sauver la vie. C'est vrai, et qu'ils en soient remerciés. Mais, le bruit étant une vraie torture, dans quelle mesure notre santé vaut-elle moins que celle des gens à qui l'on prête secours? Lorsque vous entendez plus de 50 fois par jour des sirènes, tous les jours de l'année bien entendu, cela vous fait dans les 20'000 fois par an. Se trouve-t-il un médecin qui relativise l'impact de cela sur la santé? Si oui, qu'il signe un commentaire à la fin de ces lignes.
De façon générale, il est à noter que l'on entend beaucoup plus de sirènes à Genève qu'ailleurs, même dans des villes bien plus grandes. Lorsque vous ouvrez une fenêtre, comptez les instants avant d'en entendre une. Souvent, lors d'interviews télévisés dans la rue, même courts, vous en entendez au loin. Car le problème, c'est qu'ici tout transport en ambulance semble entraîner l'utilisation des sirènes. Tout le monde le comprend pour des urgences vitales. En revanche, les chevilles cassées et les égratignures -c'est une image- elles, ne devraient pas entraîner cela.
Il est 6h30, trois autres sirènes ont déjà été entendues.
De plus, avec l'obsession ambiante de diminuer les voies de circulation partout, la suppression de l'une des deux voies de circulation de la rue Lombard fait que les ambulances, la police ou les pompiers, peuvent se retrouver bloqués derrière une file de voiture et un bus, voire même deux bus. Comble du comble, avec les klaxons des ambulance en sus des sirènes!
Il faut absolument faire quelque chose. Pour avoir parlé ici ou là dans le quartier, des gens sont à bout. Certains décrochent leur téléphone et se plaignent. Une lettre collective au Conseil d'Etat a été faite cet été pour demander, entre autres, la création de voies de bus sur le boulevard du Pont-d'Arve et la rue Lombard, en tout cas. Outre la meilleure circulation des transports publics, cela favoriserait celle des véhicules de secours que l'on pourrait imaginer -sauf urgence, exiger?- sans sirènes et diminuerait du même coup leur temps d'arrivée aux HUG, ce qui devrait être un argument de poids. Mais pour l'instant, pas de nouvelles.
Non que les habitants de ce quartier veuillent la campagne à la ville, oh non! Mais ici, le cumul des sirènes, les hélicoptères, le trafic sur les boulevards et, pour les moins chanceux, les bruits de voisins font que des personnes sont désespérées. Que ce blog leur montre qu'elles ne sont pas seules et les réconforte. Et que les autorités prennent des mesures sommes toutes simples.
Les 7 heures viennent de sonner, la sixième sirène vient d'être entendue. Aujourd'hui, ça promet. Allez nous parler de qualité de vie...