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L’ours polaire est le plus grand carnivore vivant sur notre Terre et passe la majeure partie de sa vie sur la banquise au nord du cercle polaire. La limite sud de son aire de répartition se situe au niveau de Terre-Neuve. En revanche, le grizzly est à l’origine une espèce indigène de larges zones d’Amérique du Nord et se trouve aujourd'hui essentiellement en Alaska.
L’ « ours grolaire » : le résultat possible du changement climatique
À cause de la hausse des températures, notamment au Canada et en Alaska, les grizzlys migrent toujours plus vers le nord, dans l’habitat des ours polaires. De plus, le recul des masses de glace arctiques contraint les ours polaires à passer plus de temps sur la terre ferme, ce qui entraine un chevauchement croissant de l'habitat des grizzlis et des ours polaires. En raison de leur proximité génétique, les deux espèces peuvent s'accoupler, ce qui donne naissance à l'ours « grolaire » ou « grolar », une hybridation entre le grizzly et l'ours polaire (« polar bear » en anglais). Ces ours ont généralement une fourrure blanche à beige clair, semblable à celle des ours polaires, mais présentent aussi des caractéristiques propres aux grizzlys, telles que de longues griffes et une bosse sur le dos. Il peut toutefois être difficile d'identifier clairement les hybrides d’ours polaires et de grizzlys dans la nature. La première preuve officiellement confirmée de la présence d'un grolaire sauvage a été apportée au Canada en 2006, grâce à des analyses ADN. Dans ce cas, la mère de l’animal était une ourse polaire et le père un grizzly. Le grolaire, contrairement à de nombreux autres hybrides, est capable de se reproduire.
Que sont les hybrides ?
Les hybrides sont des descendants de parents animaux ou végétaux qui appartiennent à des espèces différentes, mais étroitement apparentées. Souvent, les animaux hybrides sont eux-mêmes infertiles. L’hybridation d’espèces animales se produit parfois dans la nature. Toutefois, les hybrides d'animaux d'élevage, que l'homme élève pour combiner des qualités et des caractéristiques particulièrement recherchées de différentes espèces, sont plus courants. Depuis le 19e siècle, par exemple, les fermiers élèvent le « beefalo », un croisement entre un bœuf domestique et un bison, qui est particulièrement robuste et dont la viande est pauvre en graisses.
Le lièvre variable est-il menacé par le changement climatique ?
Comme l’ours polaire, d'autres espèces arctiques et alpines sont menacées par le changement climatique, tel le lièvre variable, et ce à double titre : d’une part, son habitat se réduit de plus en plus, d’autre part, le lièvre variable doit faire face à la présence du lièvre brun. En raison de la hausse des températures, le lièvre variable est contraint de se réfugier dans les zones de plus haute altitude, et donc plus froides.
Cependant, l’extension de l’agriculture et des constructions en dehors de la zone alpine contraint également le lièvre brun à quitter son habitat naturel pour celui du lièvre variable. Ainsi, il y a un plus grand chevauchement géographique entre les deux espèces. De plus, le lièvre brun est naturellement un peu plus grand que le lièvre variable et certaines femelles de lièvre variable préfèrent s’accoupler avec des mâles de lièvre brun plutôt qu’avec ceux de leur propre espèce. D'ailleurs, on trouve également des hybrides de lièvre variable et de lièvre brun en Suisse : dans le canton des Grisons, on a pu mettre en évidence du matériel génétique de lièvre brun chez plusieurs prétendus « lièvres variables ». Cela indique qu’un parent ou un grand-parent était en fait un lièvre brun et que les hybrides de lièvres bruns et variables peuvent eux-mêmes avoir une descendance.
L’hybridation, un gain ou une perte ?
L’hybridation d’espèces qui ne vivent plus séparées géographiquement est-elle un avantage ? Il est impossible de répondre à cette question par un oui ou un non clair. Dans l’évolution, il existe de nombreux exemples de mélange de deux espèces dont l’espèce résultante était mieux adaptée aux conditions de vie spécifiques et avait donc un avantage de survie. L’hybridation a donc eu un effet positif pour la descendance de ces espèces. Cependant, ces adaptations se sont généralement déroulées sur une période plus longue. Les modifications rapides dues au changement climatique ont un impact particulièrement fort sur les animaux qui ont besoin de plusieurs années, voire plusieurs décennies, pour atteindre la maturité sexuelle et se reproduire. En outre, de nombreux hybrides sont stériles et ne peuvent pas contribuer à la conservation de leur espèce d’origine, souvent menacée.
On ne sait pas quel sera l’effet du changement climatique sur les différentes espèces à plus long terme, ni s’il peut entrainer l’extinction d’espèces menacées. Cependant, il est incontesté que le changement climatique se produit aujourd’hui à une vitesse qui bouleverse les écosystèmes.