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Par Patrick Sims, metteur en scène et marionnettiste
En partenariat avec marionnettes – festival international et Théâtre de la Poudrière / Neuchâtel www.festival-marionnettes.ch
Dans Les Voyages de Gulliver, publiés pour la première fois en 1726, Gulliver se rend dans plusieurs «régions isolées du monde» ; il se retrouve, par exemple, à Lilliput, ligoté par des figures humaines de moins de 15 centimètres de hauteur ; il rencontre également un homme « de la taille d’un clocher d’église ». Gulliver est douze fois plus grand que les Lilliputiens et les Brobdingnagians sont douze fois plus grands que lui. Ce changement de perspectives pose la question de l’échelle : Gulliver est très grand, puis très petit, puis à nouveau de taille normal, en fonction des différents contextes. Les Voyages de Gulliver s’articulent ainsi autour d’une série de tensions entre un observateur et un personnage, personnage qui devient un repère, dans la grande chaîne de la vie, tantôt au-dessus des autres personnages tantôt au-dessous. Jonathan Swift a écrit un jour: «Les grosses puces ont de petites puces sur le dos pour les mordre, et les petites puces ont des plus petites puces, et ainsi de suite ad infinitum. »
Ainsi les aventures de Gulliver, qui questionnent les proportions et les positions de chacun, offre une satire cinglante sur la civilisation humaine, et suggère une infinité d’incarnations possibles, graduellement échelonnées, allant de l’inimaginablement petit à l’inimaginablement grand.
La période où vécut Jonathan Swift est celle du début du microscope. La dissection microscopique avait montré que les plantes ressemblaient beaucoup aux animaux et que les animaux ressemblaient beaucoup à l’homme. L’homme n’était-il pas ainsi juste un autre animal, aussi bien dans sa destinée que dans sa structure anatomique? Ou est-il un simple automate, assemblage de parties comme un « petit monde habilement construit » et qui n’agit que par des lois mécaniques ? Au-dessous de lui, la longue échelle de la nature s’étirait indéfiniment ; mais qu’en est-il de sa place dans cette échelle ?
Cet atelier débutera sur le thème des Voyages de Gulliver et explorera les changements d’échelle radicaux en manipulant des objets du quotidien de 1:12 à 12 fois leur taille normale. On utilisera de simples marionnettes humanoïdes, des baguettes ou des ombres fantômes pour peupler ces paysages. Le sujet du microscope sera également exploré, de même que la tradition et les techniques du cirque aux puces. Chaque participant sera Gulliver et devra trouver ou construire un objet à l’échelle 1/12 environ et un autre environ 12 fois sa taille normale (un crayon, une agrafe, un cil, des dés, une ampoule … rien). Des scénarios seront créés entre ces deux objets.
Public: 12 marionnettistes, comédien-nes, performeur-ses, danseur-ses, chorégraphes, scénographes, techniciens intéressé-es par une approche théâtrale
Inscription jusqu’au 15 octobre 2019, date du dépôt du dossier
Descriptif détaillé de la formation et formulaire d’inscription sur www.manuafcture.ch