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Examens cantonaux 2008 une exploitation étonnante…
Fin juin 2008, des informations chiffrées sur les résultats à chaque item étaient demandées aux enseignants de 4 et 6 P. A ceux qui s’interrogeaient sur les raisons de ces retours, il a été répondu qu’il s’agissait d’améliorer la qualité de ces examens cantonaux ainsi que d’interpréter les résultats en fonction de la composition des classes. La réalité semble prendre une tournure différente.
A mi-novembre, dans un message adressé aux directions d’école et aux commissions scolaires, le Service de l’enseignement communique les conclusions de l’analyse des résultats. Cette missive livre, avec les réserves d’usage concernant les dangers de l’exercice, les résultats de chaque classe mis en parallèle avec la moyenne cantonale des classes francophones. Le message parle également de points forts et de points faibles du système scolaire et de critères de qualité. Après Pisa, assistons-nous à la naissance du Programme valaisan du suivi des Acquis des élèves? Si cela devait être le cas, qu’on nous le dise clairement. Il faudrait cependant que le DECS dispose des ressources scientifiques nécessaires.
Une évaluation du travail effectué dans les classes par les enseignants est certainement justifiée et il n’entre pas dans mon propos l’idée de contester au Département cette mission de surveillance administrative. Le chemin emprunté, qui utilise les examens cantonaux, me semble cependant discutable. L’idée de classement par rapport à une moyenne en faisant abstraction de la composition de la classe peut conduire à toutes sortes de dérives. Qui peut nous garantir que les commissions scolaires utiliseront judicieusement les données fournies? Peut-on affirmer qu’aucune direction d’école ne sera tentée d’établir un classement de ses enseignants par rapport aux «performances» réalisées aux examens cantonaux? Verrons-nous prochainement apparaître un classement des établissements selon un «rating» établi par les résultats aux examens?
La confrontation des résultats d’une classe à une moyenne cantonale pourrait avoir des conséquences allant à l’encontre des buts recherchés. Rendre performants ses élèves aux examens de fin d’année est un objectif qui peut s’atteindre en pratiquant le bachotage en mai et juin. Veut-on vraiment que les élèves soient entraînés systématiquement sur la base des examens des années précédentes? Veut-on également que, dans les corrections, les exercices laissés à l’appréciation de l’enseignant soient surcotés de manière automatique? Veut-on voir les degrés 4 et 6 de nos écoles désertés par des enseignants qui ne veulent pas devenir des boucs émissaires?
Une autre composante du processus d’analyse des résultats me dérange quelque peu. Il s’agit du questionnaire proposé aux enseignants pour fixer des objectifs de changement. Certaines questions me laissent songeur car elles résonnent à mes oreilles de façon incongrue: «Mon enseignement tient compte de la matière connue.» «Les informations sont présentées de manière claire et structurée.» «Je m’exprime de manière compréhensible.» D’autres autoévaluations du même acabit suivent… Le personnel enseignant valaisan est-il tombé dans un tel état de déliquescence qu’il en faille arriver à un questionnement aussi basique? Je m’étonne qu’un tel questionnaire ait reçu le label du DECS. Il me semble que la qualité reconnue de l’école valaisanne, souvent claironnée par le chef de Département, est en grande partie due à la compétence de ses enseignants qui méritent plus de respect dans l’appréciation de leur tâche.
Gageons que ma vision idéalisée de la mission enseignante m’empêche de comprendre certains aspects de la démarche critiquée ici. J’ose espérer que de futures rencontres entre le comité cantonal et la hiérarchie du DECS me permettront de saisir la juste interprétation à donner à cette analyse. Je reste cependant persuadé qu’un grand travail est à entreprendre pour que l’évaluation trouve sa juste place sur la palette des tâches dévolues à chaque enseignant. Il serait bon que la SPVal soit associée à ce chantier.
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