Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07092.jsonl.gz/116

La présente édition est conçue pour les navigateurs sans soutien CSS suffisant et s'adresse en priorité aux malvoyants. Tous les contenus peuvent également être visualisés à l'aide de navigateurs plus anciens. Pour une meilleure visualisation graphique, il est toutefois recommandé d'utiliser un navigateur plus moderne comme Firefox 3 ou Internet Explorer 7.
Début secteur de contenu
Focus aout 2002
La sixième Conférence des Parties à la Convention de Bâle se tient à Genève du 9 au 13 décembre 2002.
Cet accord a vu le jour suite à une série de scandales et d'accidents dans les années 80. Un exemple parmi d'autres: 41 fûts pleins de dioxine très toxique, partis de Seveso, ont disparu en Europe pendant plusieurs années. Et quelques années plus tard, un chargement de déchets toxiques non déclarés est arrivé dans un port nigérian et les employés chargés de le débarquer, ne se doutant de rien, ont contracté de graves maladies.
Alertées par ces problèmes, la Suisse et la Hongrie ont été à l'origine, à Bâle, de la convention «sur le contrôle des mouvements transfrontières de déchets dangereux et de leur élimination».
Le directeur de l'OFEFP, M. Philippe Roch, a présidé la Convention de Bâle de 1999 à 2002. Il explique dans cette interview que la coopération avec l'industrie permet d'une part d'améliorer l'élimination des déchets existants et d'autre part de prévenir la production de nouveaux déchets.
Monsieur Roch, vous qui êtes le président sortant de la Convention de Bâle, pouvez-vous affirmer que les erreurs des années 80 ne se reproduisent plus aujourd'hui?
Philippe Roch: Je peux affirmer que si de tels problèmes devaient survenir, ils n'auraient plus la même ampleur. En effet, la population et les milieux politiques ont depuis lors pris conscience de la menace que constituent les déchets dangereux, et les pays industrialisés ont adapté leurs lois.
Et les pays en développement?
Les pays en développement se sont également rendu compte de la menace qui pèse sur eux. Avec la Convention de Bâle, ils disposent d'une base légale pour demander une intervention: ils peuvent recourir à des organisations très efficaces, comme Interpol. Ils peuvent en outre demander de l'aide pour s'organiser et éliminer leurs déchets de manière écologiquement rationnelle.
En quoi consiste cette aide, concrètement?
En Afrique, par exemple, le Fonds pour l'environnement mondial (FEM) finance un important projet, intitulé «African Stockpiles Project», qui a pour objectif d'éliminer les pesticides périmés. Je peux également citer la Déclaration de Rabat, pour laquelle je me suis particulièrement investi: tous les Etats africains se sont associés pour fixer des priorités communes et élaborer des projets visant à éliminer les déchets de manière écologiquement rationnelle.
L'Afrique est-elle une source de préoccupation particulière?
La colonisation et l'industrialisation ont causé beaucoup de torts à ce continent. C'est pourquoi je suis heureux d'avoir pu l'aider. A Rabat, on m'a surnommé «l'ami de l'Afrique». J'en ai été très flatté.
En 1995, la Convention de Bâle a été renforcée par une interdiction générale des exportations de déchets dangereux des pays industrialisés vers le tiers-monde (décision BAN). Sept ans plus tard, cette décision n'est toujours pas entrée en vigueur'
En Suisse, il est strictement interdit d'exporter des déchets dangereux vers les pays en développement. Nous pouvons même intervenir, en nous fondant sur la loi sur la protection de l'environnement, lorsqu'une transaction est conclue en Suisse entre deux Etats tiers. Mais certains pays continuent d'exporter des déchets dangereux. Il y a encore une zone d'ombre et nombre de pays ne veulent pas s'engager.
Quelles solutions peuvent être envisagées si l'interdiction générale ne s'impose pas?
Pendant ma présidence, j'ai beaucoup travaillé sur les partenariats avec l'industrie. Nous n'avons malheureusement pas pu atteindre les objectifs que je m'étais fixés, car le Secrétariat de la convention n'a pas assez de pouvoir. Nous avons toutefois obtenu un premier succès: les fabricants de téléphones mobiles vont annoncer leur coopération avec la Convention de Bâle sur le recyclage écologiquement rationnel des déchets de portables. On atteindra beaucoup plus rapidement les objectifs par des mesures volontaires de l'industrie que par des décisions politiques.
C'est pourtant l'industrie qui produit les déchets'
... et c'est elle qui dispose du savoir-faire, des technologies et des moyens financiers pour recycler ces déchets. Les entreprises multinationales présentent justement l'avantage de faire profiter plusieurs pays en même temps de la même innovation.
Toutefois, faute de savoir-faire, les pays en développement ne peuvent souvent pas traiter les déchets en toute sécurité.
Les centres de formation régionaux, par exemple, permettent de soutenir les pays en développement, notamment dans la lutte contre les décharges illégales. Nous souhaitons renforcer les treize centres de formation existants et mieux collaborer avec eux.
Le 9 décembre, après trois ans de présidence de la Convention de Bâle, vous céderez votre mandat. Quel est le principal défi que devra relever votre successeur?
Il devra s'atteler à la constitution d'un centre de compétences « produits chimiques » à Genève, car il faut maintenant regrouper les Secrétariats des trois conventions liées aux produits chimiques: la Convention de Bâle, la Convention de Rotterdam sur le commerce de produits chimiques dangereux et la Convention de Stockholm sur les polluants organiques persistants. S'ils s'unissent, ces trois Secrétariats renforceront leur efficacité et pourront mieux exploiter les synergies: d'autres organisations actives dans le domaine des produits chimiques ont également leur siège à Genève, comme l'Organisation mondiale de la santé ou l'Organisation internationale du travail.
Propos recueillis par Oliver Graf
Fin secteur de contenu