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Dans un rapport préliminaire communiqué jeudi par l'aviation civile iranienne, les enquêteurs citent des témoins au sol et dans un autre avion ayant survolé la zone à une haute altitude et ils indiquent que le Boeing 737 de la compagnie ukrainienne était en feu juste avant de s'écraser.
L'appareil, âgé de trois ans et dont le dernier contrôle technique datait de lundi, s'est écrasé six minutes après son décollage près de la localité de Sabashahr, au sud-ouest de Téhéran. Il a rencontré un problème technique peu après son envol de l'aéroport international de Téhéran et a commencé à se diriger vers un aéroport proche avant de s'écraser, selon ce rapport, qui ne précise pas la nature de la défaillance technique.
Il n'y a eu aucune communication radio de la part du pilote et l'avion a disparu des écrans radars à 8000 pieds d'altitude(un peu moins de 2500 mètres).
Un avion sans doute victime d'un dysfonctionnement technique
L'avion s'est écrasé quelques heures seulement après des tirs de missiles iraniens contre des bases militaires en Irak abritant des forces américaines, ce qui a nourri l'hypothèse selon laquelle il aurait pu être touché par un projectile.
Mais une source proche des services de sécurité canadiens a dit à l'agence Reuters que certains éléments évoquaient une surchauffe de l'un des moteurs. Et la première évaluation des services de renseignement occidentaux est que l'appareil a été victime d'un dysfonctionnement et n'a pas été abattu par un missile, selon cinq sources sécuritaires (trois américaines, une européenne et une canadienne).
Un hommage rendu aux membres d'équipage tués dans le crash de l'avion ukrainien dans l'aéroport de Kiev. [EPA/SERGEY DOLZHENKO - Keystone]
Les personnes à bord étaient 146 Iraniens, 10 Afghans, 11 Ukrainiens, cinq Canadiens et quatre Suédois, selon le rapport iranien, qui souligne cependant qu'un certain nombre d'entre eux avaient probablement une double nationalité. D'après les autorités ukrainiennes, il y avait à bord 82 Iraniens, 63 Canadiens et 11 Ukrainiens. La liaison Téhéran-Toronto via Kiev est régulièrement utilisée par les Canadiens d'origine iranienne se rendant en Iran en l'absence de vol direct.
L'enquête internationale s'annonce difficile
Les enquêteurs iraniens vont étudier maintenant le contenu des "boîtes noires" de l'appareil, dont ils disposent mais qui sont toutefois endommagées, est-il encore précisé dans le rapport préliminaire.
Une enquête internationale est toutefois exigée. C'est une procédure prescrite par l'annexe 13 de la Convention internationale sur l'Aviation civile. Avec la participation, notamment, d'experts de la compagnie qui utilisait cet appareil, ainsi que de spécialistes du constructeur de l'avion, en l'occurrence Boeing.
Mais les autorités iraniennes ont déjà fait savoir qu'ils ne transmettraient pas les boîtes noires aux Américains.
Selon Xavier Tytelman, expert aéronautique pour CGI Consulting, lui-même ancien pilote, invité de "Tout un monde" jeudi, il est donc très difficile de mener une enquête internationale dans un contexte géopolitique aussi instable.
>> Ecouter l'intreview de Xavier Tytelman dans "Tout un monde"
ddup avec Tout un monde et les agences
Des enquêteurs ukrainiens dépêchés en Iran
"La priorité pour l'Ukraine est d'établir les causes de cette catastrophe", a-t-il dit, promettant "la vérité", alors que 45 experts ukrainiens sont à Téhéran pour participer à l'enquête.
Les autorités ukrainiennes ont indiqué étudier sept thèses du crash du Boeing 737 d'Ukraine International Airlines mercredi à Téhéran, qui a fait 176 morts, a déclaré à l'AFP Serguiï Danylov, secrétaire du Conseil ukrainien de sécurité et de défense nationale. Pour l'instant, "aucune n'est prioritaire", a-t-il précisé.
Parmi ces thèses figurent celle d'un tir de missile antiaérien contre le Boeing, de l'explosion d'une bombe placée à bord, de la collision de l'avion avec un drone ou encore d'une déflagration du moteur "pour raisons techniques".