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En 2019, en Suisse, plus d'une personne sur dix ayant des enfants de moins de 18 ans n'est plus en relation avec l'autre parent. Les enfants suisses grandissent donc dans le cadre d'une diversité d'arrangements en matière de garde et ont souvent une résidence multilocale au sein des ménages parentaux. Les pères se sont également davantage impliqués au fil du temps, ce qui a modifié les schémas et la répartition du temps que les enfants passent avec chaque parent. Malgré ces changements majeurs dans la vie quotidienne des enfants, nous en savons encore très peu sur la stabilité des modalités de garde et sur leur lien avec le bien-être de l'enfant (défini comme un concept multidimensionnel comprenant le bien-être émotionnel, comportemental, physique, éducatif et relationnel) au fil du temps. Pourtant, il est essentiel de comprendre l'impact des modalités de garde après la séparation sur le bien-être de l'enfant afin de fournir des arguments empiriques valables pour l'élaboration de politiques familiales utiles et de réglementations juridiques des dissolutions d'unions impliquant des enfants.
En 2017, la loi suisse a été modifiée pour encourager le LPC. Un tel changement nécessite une recherche solide pour identifier les conditions dans lesquelles les enfants bénéficient des différentes formes de garde. Le projet FamyCH se concentre sur les modalités de garde après la séparation et leur impact sur les enfants, contribuant à l'identification des facteurs de risque et de résilience pour le bien-être de l'enfant après la dissolution de l'union parentale en Suisse.
S'appuyant sur les connaissances de la démographie sociale, de la psychologie, des études sur l'architecture et le logement, et du droit, ce projet interdisciplinaire étudie les effets interdépendants de quatre dimensions clés sur le bien-être de l'enfant : socio-structurelles (inégalités sociales au sein des familles et entre elles), relationnelles (relations interpersonnelles entre les membres de la famille), spatiales (dispositions en matière de logement et de mobilité), et juridiques (réglementations légales et décisions de justice). Ces dimensions apparaissent comme essentielles dans la littérature mais n'ont pas été abordées ensemble de manière exhaustive.
Elles sont analysées dans le cadre de quatre études interdisciplinaires :
- une enquête longitudinale par panel national, évaluant les indicateurs du bien-être de l'enfant dans trois modes de garde différents (LPC, SPC et familles "intactes"), sur un large échantillon de familles de conditions socioéconomiques et d'histoires familiales différentes ;
- trois études imbriquées portant spécifiquement sur : la dynamique relationnelle quotidienne des parents et des enfants au sein des trois structures familiales ; l'expérience et les pratiques en matière de logement et de mobilité à l'aide d'observations ethnographiques approfondies ;
- arguments définissant les décisions juridiques relatives à la garde physique des enfants dans les documents légaux.
L'impact
Compte tenu de la diversité croissante des modalités de garde physique en Suisse, les politiques familiales et le cadre juridique doivent s'adapter aux besoins de tous les enfants. En associant l'analyse de données de panel à grande échelle à des approches innovantes et intensives, le projet produira les meilleures preuves empiriques intégrées nécessaires pour faire avancer la théorie, la recherche et la pratique, pour informer les acteurs juridiques et du marché du logement, et pour répondre aux besoins développementaux et psychologiques des enfants en Suisse. Ces connaissances peuvent guider les professionnels et les parents dans la prise de décisions qui sont les meilleures pour les enfants.