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A la fin du deuxième conflit mondial, le collégien Jean-François Bergier rencontre Henri Guisan, un ami de son grand-père. Il admire alors un homme chaleureux. Un demi-siècle après, dans le journal Le Temps, le même – qui préside la commission d’experts indépendants sur la Suisse durant la dernière guerre – juge autrement Henri Guisan: «Je suis parti de l’image reçue que l’on s’était courageusement défendus, qu’on avait un général charismatique. Je participais au culte du général Guisan, qui reste à mon avis une figure très impressionnante, même si on s’aperçoit aujourd’hui que c’était un esprit plutôt réactionnaire, mais avec toutes sortes de nuances.» Pourquoi ce revirement? D’autant que «sa» commission s’intéresse peu au général. Avec prudence, l’historien Bergier résume en réalité les écrits d’une poignée de pairs. Des écrits qui irritent et qui rappellent le conservatisme et l’attrait du fédéralisme pour le militaire vaudois, mais surtout son admiration du corporatisme, son anticommunisme et ses élans pour les grands chefs. Duce inclus.