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Ancien couvent de dominicaines dans la comm. de T. ZH. 1233 licentiam edificandi monasterium iuxta pontem Tusce in barrochia ecclesie, dédié à Notre-Dame (probablement de l'Annonciation). Le fondateur du couvent est le comte Hartmann IV de Kibourg qui fit don en 1233 à une communauté de femmes pieuses d'un chesal et d'un moulin près du pont de la T. En décembre de la même année, la fondation du monastère fut confirmée par l'évêque de Constance Heinrich von Tanne et, en 1235, le pape Grégoire IX ratifia la prise en charge de la communauté par le couvent des dominicains de Zurich. T. suivit la règle de saint Augustin et adopta la constitution du couvent de femmes de Saint-Marx à Strasbourg. En 1245, il fut incorporé à l'ordre des dominicains et subordonné au supérieur de la province Teutonie. Visite, confession et administration des sacrements relevaient des dominicains, tandis que les tâches pastorales quotidiennes étaient l'affaire de chapelains. Le couvent était une paroisse autonome détachée d'Oberwinterthur.
Sa fondation et les débuts de son histoire sont réétudiés depuis peu en relation avec la politique territoriale et sécuritaire des Kibourg, en particulier leur antagonisme avec les comtes de Neu-Rapperswil. Des propriétés de ministériaux des Kibourg furent concédées au couvent vers 1250; d'autres revenus provenaient notamment de donations de proches des nonnes et de riches bourgeois. Cette fortune grandissante permit l'acquisition d'autres terres et le couvent disposa de biens et de revenus dans quelque 130 localités du canton de Zurich ainsi que dans les villes de Winterthour et de Zurich. Les principales possessions étaient la région avoisinante et Neunforn. En 1265, T. reçut le patronage de l'église de Neunforn (incorporation en 1291), en 1344 celui de Dättlikon et, en 1358, celui de Veltheim près de Winterthour. A partir du début du XIVe s., il détint en outre la basse justice de Dättlikon. Des frères lais de l'ordre administrèrent la propriété jusqu'en 1416, puis des laïcs estimés leur succédèrent. Jusqu'en 1264, T. resta sous la souveraineté des Kibourg, de 1264 à 1424 et de 1442 à 1452 des Habsbourg, puis le couvent passa, provisoirement de 1424 à 1442 et définitivement en 1452, sous celle de la ville de Zurich.
Au XIVe s., jusqu'à une centaine de nonnes vécurent par moment dans le couvent. Parmi elles, un grand nombre de filles de familles de fonctionnaires ruraux, mais aussi la princesse Elisabeth de Hongrie. Le couvent s'ouvrit, surtout dans la première moitié du XIVe s. à la pensée mystique. La religieuse Elsbeth Stagel écrivit des textes spirituels et peut-être une partie du Schwesternbuch von Töss (livre des sœurs). Malgré des tentatives de réforme, la règle n'était plus guère suivie à la fin du XVe s. Le processus de suppression du couvent commença en 1523 déjà avec la démission des premières sœurs et s'acheva en 1525 avec l'abolition de la messe dans l'institution; la même année, un rassemblement de paysans menaça l'établissement, les biens furent étatisés et Zurich les réunit dans la circonscription (Amt) de T., gérée par un administrateur nommé pour six ans. La plus grande partie des revenus était versée à des œuvres caritatives, à l'école de T. créée en 1606 et contribuait au salaire du pasteur. Au XIXe s., le gouvernement vendit les propriétés conventuelles.
En 1240, l'évêque de Constance consacra une modeste église et le savant Albert le Grand quelques autels en 1268. La consécration du maître-autel et de deux autels secondaires en 1325 marque probablement l'achèvement d'un nouveau bâtiment. Les bâtiments conventuels furent construits entre 1238 et 1271. L'aménagement du cloître et sa riche décoration picturale furent réalisés entre 1468 et 1491; les fresques furent restaurées en 1613 et copiées juste avant la démolition du cloître en 1851. Après la Réforme, une partie de l'église servit à la paroisse, le reste à des usages profanes. De 1854 à sa démolition en 1916, l'église abrita la fabrique de l'entreprise Rieter.
Bibliographie
– MAH ZH, 6, 1952
– M.-C. Däniker-Gysin, Geschichte des Dominikanerinnenklosters Töss, 1957
– E. Eugster, Adlige Territorialpolitik in der Ostschweiz, 1991
– HS, IV/5, 901-934
– R.H. Oehninger, Wir hatten eine selige Schwester…, 2 vol., 2003
– Ch. Folini, Katharinental und Töss, 2007
– S. Volkart, Bilderwelt des Spätmittelalters, 2011
Auteur(e): Alfred Häberle / FP