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Le partage des biens dans les communautés chrétiennes de l’Antiquité tardive : entre idéal et réalité (Occident latin, 4e-6e s.)
La Bible offre des interprétations différentes de la richesse matérielle, signe de la bénédiction divine mais aussi responsabilité envers les pauvres.
Ces interprétations sont reprises dans les écrits néotestamentaires, qui mettent toutefois un accent particulier sur la « communion des biens » entre les croyants. Le tableau dressé par les Actes des apôtres de la première communauté chrétienne de Jérusalem en est l’illustration la plus célèbre. Ac 4, 32-37 (et 5,1-11) a ainsi offert aux communautés chrétiennes les plus diverses un modèle idéal de solidarité, d’équité et de bon usage des biens.
Il est bien connu que les auteurs chrétiens de l’Antiquité tardive ont fréquemment insisté sur la nécessité de l’assistance aux pauvres, aux malades, aux voyageurs. On peut cependant aussi se demander dans quelle mesure la « communion des biens » décrite par les Actes a été promue dans la prédication et dans les textes, et si elle a été traduite dans des actions au-delà des communautés monastiques. Ces questions doivent par ailleurs être posées en tenant compte du contexte historique changeant dans lequel se trouvaient les Eglises d’Occident entre le 4e et le 6e s.
Ce panel accueille donc des propositions d’intervention qui peuvent porter notamment sur les questions suivantes :
- Quels usages et interprétations du texte de Ac 4, 32-37 et Ac 5, 1-11 ont fait les auteurs latins du 4e au 6e s. environ ?
- La première communauté chrétienne de Jérusalem : un modèle ? Et si c’est le cas, un modèle imitable ? Selon quelles modalités ?
- Le partage des biens entre chrétiens a-t-il toujours été promu en référence explicite aux Actes, ou ces derniers pouvaient-ils être sous-entendus ?
- Est-ce que cette proposition a été promue en opposition à des pratiques non chrétiennes (judaïsme, paganisme…) ?
- La promotion et la pratique de la « communion des biens » peuvent-elles être reliées à des situations historiques spécifiques ? Les auteurs anciens l’ont-ils fait ?
- Dans la mise en pratique du partage des ressources, les individus les plus riches des communautés ont-ils cherché à maintenir ou à réaffirmer leur statut distinct (on pense à la tradition de l’évergétisme), ou ont-ils accepté de contribuer à la « communion des biens » en se fondant dans le reste de la communauté ?
Dans une recherche de cohérence, les interventions porteront avant tout sur l’Occident latin du 4e au 6e siècle.