Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07105.jsonl.gz/707

Cette rubrique vous renseigne sur des sujets peu connus de MONTREUX.
En env. 1277, un prélat lausannois aurait frappé d’anathème des anguilles: «elles furent tellement nombreuses qu’elles effrayèrent la population. Les gens supplièrent Guillaume de Champvent, évêque de 1273 à 1301, de faire le nécessaire pour se débarrasser de cette masse extraordinaire qui infestait cruellement le lac Léman. Les anguilles, malgré l’ordre donné, restèrent. Il fallut sévir: l’évêque les convoqua devant son tribunal mais elles ne vinrent pas se présenter… Il fut donc obligé de les reléguer en un endroit du lac, d’où elles n’osèrent plus sortir…» (Robert Huysecom, Mille en de pêche au Léman).
Depuis le Moyen Âge, et jusqu’au XVIIIe siècle, des sentences de mort furent formulées contre des truies, des rats, des mouches, des hannetons, des sauterelles.
En ce début du XXIe siècle, l’anguille appartient toujours au biotope du Léman, même si elle y devient rare. Au Moyen Âge, sa chair délicate était appréciée par des gens fortunés des deux rives, mais pour le clergé sa forme serpentine la rapprochait du Malin de la Genèse. L’iconographie populaire la hérissait d’épines, de griffes de dragon. De mâchoires effrayantes qu’elle n’a pas, pas plus qu’elle ne possède des nageoires de requin.
(d’après un article de Gilbert Salem dans 24 Heures)