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HADES, une capsule innovante bientôt dans l'espace
Le projet a été sélectionné par le jury REXUS/BEXUS en novembre 2018. Après des mois de prototypage et de tests, l’équipe a mis au point HADES (Hayabusa-capsule Active Dynamic re-Entry Stabilisation), une capsule spatiale servant de banc de test en conditions réelles. La capsule sera embarquée sur la fusée REXUS puis lancée lorsque la fusée sera à son apogée. En rentrant sur terre, la capsule expérimentera une technique de stabilisation et de guidage innovante.
Fin juillet, un test de stabilisation, mené dans une soufflerie verticale qui permet de simuler une situation très similaire à celle de vol, a été couronné de succès. C'est une avancée significative pour la finalisation du projet. Le décollage est prévu pour mars 2020 à l’Esrange Space Center en Suède.
HADES fait partie du cycle 12 du programme REXUS/BEXUS. Il est réalisé dans le cadre d'un accord entre le Centre aérospatial allemand (DLR) et l'Agence spatiale nationale suédoise (SNSA). Il a été rendu accessible aux étudiants des autres pays d'Europe grâce à une collaboration avec l’Agence spatiale européenne (ESA).
L'équipe est composée de huit étudiants :
- trois étudiants en Bachelor of Science HES-SO en Génie mécanique, à la Haute école du paysage, d'ingénierie et d'architecture de Genève
- un étudiant en Bachelor of Science HES-SO en Microtechniques à la Haute école du paysage, d'ingénierie et d'architecture de Genève
- deux étudiants en Bachelor of Science HES-SO en Génie électrique à la Haute école d'ingénierie et d'architecture Fribourg,
- deux étudiants en Master of Science HES-SO en Engineering, option "Systèmes embarqués" à la HES-SO Master.
Trois questions au professeur Roberto Putzu
En quoi consiste exactement le projet HADES ? / quel(s) domaine(s) de recherche concerne-t-il ?
Lorsqu’une capsule spatiale rentre dans l’atmosphère, elle est très stable lorsqu’elle vole en régime hypersonique et supersonique. Pourtant, elle commence à osciller «dangereusement» lorsqu’elle vole à une vitesse faible, juste avant l’atterrissage. Cela est potentiellement dangereux parce que la capsule pourrait se renverser.
Le but d’HADES est d’envoyer une capsule dont on connait le comportement dans l’espace, de la faire rentrer, et de contrer ces oscillations activement, avec des moteurs qui déplacent le centre de masse.
En quoi le test réalisé fin juillet 2019 est-il une étape importante du projet ?
Cette étape est fondamentale du point de vue scientifique. Elle vise à assurer le fonctionnement de l’expérience dans un vrai vol. Elle met la capsule dans une situation très similaire à celle de vol qu’elle subira lors de la rentrée dans l'atmosphère. Tous les autres tests étaient faits sur des bancs de tests installés à terre, et contraignaient la capsule d’une façon ou d’une autre. Ils étaient, bien sûr, conçus pour simuler le comportement en vol, mais une liberté « totale » de la capsule en soufflerie verticale aurait pu générer des phénomènes inattendus que nous ne pouvions pas simuler dans un banc de test.
Et la suite ? Comment va évoluer ce projet ?
Après le vol, nous aurons gagné de l’expérience dans le domaine de la rentrée spatiale. Nous travaillons déjà avec des partenaires Européens au dépôt de projets de recherche dont l’expérience HADES est la première brique.