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20/09/2012
Naissance de Degolio (I): coup de foudre
Aujourd’hui, chers lecteurs, je dirai comment est né le héros masqué auquel on a donné le titre majeur de Chasseur de Zombies. Vous le savez, il s’agit d’une métamorphose de Charles de Gaulle: dans certaines conditions, celui-ci voyait, dit-on, une partie de sa personnalité lui échapper: il se regardait agir. Mais curieusement, les autres, s’ils fixaient leurs yeux sur lui, avaient alors l’impression qu’il était en transe, comme totalement pétrifié: son regard était fixe, quoiqu’il brillât. Il semblait changé en statue!
Or, pendant ce temps, un être masqué et qui volait dans les airs accomplissait d’étranges exploits, et paraissait avoir les traits du général de Gaulle. Par esprit de parodie - ou divine inspiration -, la sagesse populaire a appelé cet être Colonel Degolio. Elle pensait se moquer d’un homme qui cherchait à se faire passer pour Charles de Gaulle et utilisait des moyens techniques futuristes pour effectuer des prodiges; mais il n’en était pas ainsi.
Il faut, pour comprendre de quoi il retourne, remonter à une période particulière de la vie du grand homme, sauveur de la France: celle qui sépare son œuvre de libérateur de celle de restaurateur de l’ordre républicain. Car un soir, il fut pris d’une tristesse amère. Il avait cru que les Français le réclameraient, après son départ, et, en réalité, ils l’oubliaient: ils ne se souciaient plus de lui.
Il ne comprenait pas. Une fée ne lui avait-elle pas dit, en rêve, qu’il deviendrait le prince de la France retrouvée, et que le peuple le supplierait de bien vouloir revenir? Que se passait-il? Était-elle une trompeuse? Une sorcière? Elle avait pourtant été vêtue des couleurs de la France! Elle lui était apparue comme Marianne même…
Or, il marchait dans les rues de Paris, et c’était la nuit: il n’avait pas le cœur de rentrer chez lui. La lune brillait. La chaleur était lourde: c’était en plein mois d’août. Les rues étaient désertes; les Parisiens étaient partis en vacances. Dans le ciel, soudain, il vit des éclairs traverser l’air. Il n’y eut cependant pas de pluie: il s’agissait d’éclairs de chaleur. Il continuait à marcher quand il fut brusquement atteint par un de ces éclairs. Il perdit instantanément connaissance.
Lorsqu’il revint à lui, un silence total pesait sur la ville, et le temps semblait être arrêté. Il n’entendait rien, et ne décelait aucun mouvement dans les rues. Il lui paraissait avoir pénétré tout à coup dans une ville fantôme!
Ce qu’il advint ensuite sera dit dans un épisode suivant, s’il est possible de l’écrire.