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Nous continuons à publier de temps à autres des passages de notre Manifeste. Voici un extrait de l’économie.
a. Révolutionner le modèle de propriété
« La propriété privée nous a rendus si stupides et si bornés qu’un objet n’est nôtre que lorsque nous le possédons. »
Karl Marx
Afin de supprimer toute domination économique et toute exploitation économique, ainsi que pour mettre fin à l’expropriation de la valeur du travail des travailleurs par le patronat, notre système socialiste a comme fondement structurel l’abolition de la propriété privée des moyens de production.
Concrètement, cela signifie que la propriété des moyens de production reviendra aux travailleurs par l’expropriation du patronat, sous la forme de coopératives autogérées. L’État aura simplement à cœur d’encadrer les activités économiques des coopératives afin de vérifier que les rapports de travail se passent harmonieusement.
b. Encadrer le marché, planifier l’essentiel
Le marché peut être un outil utile et pratique pour produire et innover, néanmoins il peut aussi ne pas répondre aux attentes et aux besoins réels de la population. Dans ce type de défaillance, l’État se doit d’intervenir pour encadrer le marché et planifier les secteurs nécessaires et vitaux.
La loi du profit peut en effet être une émulation dans certains cas, alors que la planification, permettant des transferts de flux d’un secteur déficitaire à un autre, peut se révéler plus sagace dans d’autres.
Les services publics (éducation, santé, transport, etc.), les entreprises publiques (énergie, télécommunications, logement, etc.) et les biens collectifs (eau, gaz, ressources naturelles, etc.) ne doivent pas être soumis aux lois du marché, mais possédés et gérés par l’État.
Tout service public privatisé doit impérativement être ré-étatisé, afin de retrouver son usage premier et naturel de maximisation du service rendu à la population, et non du profit pécuniaire.
En outre, nous ne sommes pas contre la propriété étatique des entreprises productives en soi, même si nous jugeons que la propriété des travailleurs est une manière plus autonomisante de procéder à l’émancipation des travailleurs.
La possession d’entreprises productives par l’État est donc parfaitement envisageable, tant que les résultats sont à la hauteur des attentes de la société.
Dans les cas de monopoles, de duopoles, ou d’oligopoles, voire de secteurs monopolistiques ou de concentration d’entreprises, l’État doit intervenir en étatisant ces secteurs. Il s’agit d’éviter ainsi toute rente sur le dos des consommateurs en les mettant au service de la collectivité.
Par ailleurs, via l’étatisation des banques, l’État s’assure le contrôle du crédit, c’est à dire du développement économique. Ce qui lui permettra d’éliminer les secteurs socialement ou écologiquement nuisibles, ainsi que de filtrer la création d’entreprises selon le sens du bien commun.
Voici la suite de notre Manifeste exposant notre vision économique pour Genève et ailleurs.
c. Établir des régulations justes et équitables
L’économie socialiste ne peut être mise en place sans un certain nombre de régulations visant le développement d’une société heureuse de justice et d’égalité.
Tout d’abord, il est fondamental d’assurer à toutes et tous le droit à une rémunération décente, ce qui passe par la création d’un salaire minimum d’au moins 4000 francs.
Nous souhaitons affirmer en passant que le travail gratuit des jeunes ne doit plus être toléré, et nous exigeons donc l’obligation de rémunérer les stagiaires. De plus, il faut distribuer les revenus de manière équitable, et c’est pourquoi nous soutenons l’instauration d’un écart salarial maximal de 1 pour 5. Auquel s’ajoute un revenu maximum de 30 000 francs mensuel.
Si une distribution juste des revenus est importante, il est aussi nécessaire de viser une juste redistribution des richesses accumulées : pendant la vie, avec un impôt progressif sur les revenus et la fortune, et après la vie, afin de tendre à davantage d’égalité des chances, avec un impôt le plus progressif possible sur les successions.
De façon générale, les recettes étatiques provenant des impôts progressifs doivent tendre à remplacer celles provenant de la TVA, ponction inéquitable. En attendant, le taux de TVA doit être diversifié en plusieurs consommations, notamment en créant un taux spécialement élevé sur les produits de luxe.
Concernant les jeunes, nous prônons la création d’une allocation de base en leur faveur jusqu’à leur premier revenu de travailleur, offerte en cas de besoin et sur demande. Cette allocation doit pourvoir à leurs besoins fondamentaux afin de leur assurer un niveau minimal d’indépendance, élément fondamental dans la construction d’une société mature et autonome.
Nous souhaitons aussi l’instauration d’un organe de contrôle étatique des licenciements, ainsi que la mise en place d’une règle d’or interdisant les licenciements économiques lorsque les entreprises font du profit.
Enfin, la transparence économique dans les activités des entreprises doit devenir la norme, et le secret bancaire aboli.
d. Améliorer les conditions de vie de toutes et tous
« L’être humain n’est jamais libre lorsque son porte-monnaie est vide. »
Lech Walesa
Le travail joue aujourd’hui un rôle fondamental dans l’épanouissement individuel et dans l’intégration sociale, et c’est pourquoi faire disparaître le chômage est essentiel.
En ce sens, nous soutenons la création d’emplois étatiques dans les secteurs socialement ou écologiquement nécessaires, mais pas encore assez développés (énergies renouvelables, efficience énergétique, soins aux personnes, agriculture biologique, construction de logements, etc.) et dans l’industrie (pour lutter contre la désindustrialisation).
En outre, nous préconisons un partage du temps de travail avec l’augmentation du nombre minimal de semaines de vacances à 8, et l’instauration de la semaine de 35 heures (30 heures pour les métiers pénibles). Le partage du temps de travail permet de partager le travail socialement nécessaire entre tous les travailleurs, et donc de sortir du chômage les travailleurs n’ayant pas trouvé d’activité.
De plus, il offre aux travailleurs davantage de temps libre (sans péjorer leurs revenus grâce à nos politiques de redistribution des richesses et de distribution équitable des revenus de la production).
Mais il faut aussi prendre en compte le caractère polysémique du travail, et reconnaître l’apport très important pour nos sociétés du travail non rémunéré, comme le travail ménager effectué au foyer, l’engagement associatif, le militantisme, l’activité caritative, le bénévolat, etc.
Dans le cas où l’ensemble de mesures que nous préconisons ne suffirait pas à supprimer le chômage, nous pensons qu’il faudrait augmenter le partage du temps de travail, ou encore passer à un modèle d’économie bien plus largement collectivement planifiée.
Par rapport aux assurances sociales (AI, assurance chômage, etc.), aux aides sociales et aux prestations complémentaires étatiques, nous souhaitons qu’elles ne subissent plus la moindre dévalorisation, et qu’au contraire on les renforce. Ainsi, nous maintiendrons un tissu économique de solidarité entre tous les travailleurs. En ce qui concerne le système de retraite, nous souhaitons l’abolition du deuxième et troisième pilier, et leur remplacement par un AVS augmenté à 4000 francs.