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La fortune au comptoir. La richesse des négociants protestants de la nation suisse à Marseille au XVIIIe siècle
La ville de Marseille fait office de principal foyer migratoire pour un large éventail de marchands étrangers venus s’établir en Provence au XVIIIe siècle. La nation suisse représente la frange dominante de la communauté protestante étrangère, à laquelle se rattachent majoritairement des négociants originaires du Corps helvétique, mais aussi quelques individus natifs des Provinces-Unies et des Etats allemands.
Attirés par les opportunités commerciales que favorisent des mesures législatives mercantilistes, ces immigrants témoignent du caractère cosmopolite d’une ville qui s’appuie sur l’élite marchande pour promouvoir son développement économique. Minoritaires, ces négociants investissent l’espace méditerranéen avec pour ambition d’y faire fortune. L’opulence des maisons étrangères de premier ordre propose d’interroger la réussite de certaines entreprises et la mobilisation des moyens matériels pour y parvenir.
A l’aide des registres du cimetière des Suisses et des sources notariales, il est possible d’atteindre les ressources capitalistiques d’une bourgeoisie d’affaires « suisse, nordique et protestante » à Marseille par le biais des apports familiaux - successoraux et matrimoniaux - du patrimoine immobilier, de leur implantation urbaine et du volume de leurs opérations. Cette communication envisage d’analyser la situation de quelques protagonistes de la nation suisse : celle des associés genevois, les frères Butini, celle des associés hollandais, Dingeman Doenssen et Pierre de Veer, et pour finir celle de Jean Christophe Kick, originaire de Lindau. Ces trois études de cas permettent de déterminer l’importance de la création de richesses mises au service de leur puissance financière dans un espace d’accueil identifié.