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Larguons les amarres à Friedrichshafen sur la rive allemande du lac de Constance, sur les traces du noble ingénieur Ferdinand Adolf August Heinrich von Zeppelin et des créations aéronautiques de Claude Dornier.
Au bord du lac de Constance, la ville allemande de Friedrichshafen, a été le décor de l’industrie des aéronefs grâce à deux hommes aux destins étroitement liés.
Militaire et ingénieur, le comte Ferdinand von Zeppelin se lance dans la fabrication de dirigeables en 1899. Il engage, en 1913, Claude Dornier. Dans un premier temps, cet ingénieur d’origine grisonne invente les presses pour la structure des dirigeables. Lorsque le comte décède en 1917, il fonde sa propre entreprise. Son chef-d’œuvre est sans conteste le Dornier Do-X, un hydravion qui pèse 52 tonnes. Douze moteurs de 600 chevaux lui permettent de décoller et de survoler l’océan à quelques mètres d’altitude. Arrivé à New York en 1931, l’appareil allégé de son carburant s’offre un plafond de 500 mètres.
L’Hindenburg, plus grand dirigeable commercial jamais réalisé, verra le jour près de 20 ans après le décès de von Zeppelin. En effet, dès 1936, l’engin de la firme Zeppelin assure le transport rapide du courrier en un peu plus de 2 jours entre l’Allemagne et New York. L’affranchissement d’une lettre coûte alors l’équivalent de 20 euros. L’altitude de croisière du Hindenburg est de 300 mètres afin de rester sous les nuages. Cette belle et fructueuse aventure se termine tragiquement le 6 mai 1937. Les 190’000 m3 d’hydrogène de l’engin s’enflamment lors de l’atterrissage à Lakehurst, dans le New Jersey. Tout brûle en 34 secondes. Il y a à bord 97 personnes, 35 perdent la vie.
Patrimoine aéronautique
L’histoire des visionnaires Zeppelin et Dornier est racontée interactivement dans deux superbes musées à Friedrichshafen.
Au musée Zeppelin d’abord, qui a pris place dans l’ancienne gare du port de style Bauhaus. On peut pénétrer dans le Hindenburg, car toute la partie qui accueillait les passagers a été reconstruite. En longeant le pont-promenade aux baies vitrées, vous arrivez au salon meublé de fauteuils à l’armature en aluminium, pour une question de légèreté. Les amateurs de cigares disposaient d’un fumoir avec des mesures de sécurité incroyables en raison de la proximité des réservoirs d’hydrogène hautement inflammables. Les 25 cabines sont exiguës, le lavabo est ainsi repliable.
Au musée Dornier ensuite, initié par Silvius Dornier, le fils de Claude, qui s’étale le long de la piste de l’aéroport de Friedrichshafen. Le bâtiment est une réussite architecturale. L’éclairage de l’artiste américain James Turell, dès la nuit tombée, se révèle être une attraction à elle toute seule.
Visite de Friedrichshafen
Seule ville industrielle au bord du lac de Constance, Friedrichshafen est détruite à 70% par les bombardements des Alliés, en avril 1944. Reconstruite dans le style des années 50, l’urbanisme de cette agglomération est sans grand intérêt. Ne manquez pas, toutefois, d’admirer le baroque flamboyant de la Schlosskirche et les logements sociaux conçus par le comte von Zeppelin pour ses employés vers 1900. Le Zeppelindorf témoigne de l’esprit paternaliste des chefs d’entreprise de l’époque. Dans cet ensemble classé de 70 maisons disposant d’un jardin de 800 m2 – l’ouvrier se devait d’être autonome en fruits, légumes et pommes de terre –, l’une d’entre elles est ouverte au public.
Un rendez-vous à ne pas manquer: dès le 28 octobre 2016 jusqu’au 18 juin 2017, le musée Dornier fêtera les 50 ans de Star Trek, Odyssée de l’espace.
Un vol en dirigeable vous tente? Juste en face du musée Dornier, la Deutsche Zeppelin-Reederei GmbH (www.zeppelinflug.de/en/) vous propose 30 minutes de voyage pour 220 euros. Il est prudent de réserver puisque Friedrichshafen a totalisé, l’an passé, 650’000 nuitées avec une moyenne de séjour de 2.8. Un succès assurément.
CYV/AllTheContent News Agency