Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06972.jsonl.gz/41

• Paulo Freire (né le 19 septembre 1921 à Recife ; décédé le 2 mai 1997 à São Paulo). Tôt confronté aux effets de la Grande dépression de 1929, s’étant juré de dédier sa vie à la lutte contre la famine, nourri de Marx, de Maritain et de Bernanos, le jeune juriste oblique vers la pédagogie, conscient que l’alphabétisation des adultes en milieu pauvre constitue un moyen de lutte contre l’oppression. Aussi, entre autres activités, initie-t-il un programme d’instruction destiné à des milliers de paysans du nord-est du Brésil. Suite au coup d’Etat militaire de 1964, celui qui s’efforce d’éradiquer toute structure hiérarchique susceptible d’asseoir la domination de l’enseignant sur ses élèves est emprisonné pour «activités subversives». C’est à Genève où il s’exile en 1970 que cet homme toujours plus convaincu que le concept de Tiers-monde relève davantage du politique que du géographique qu’il rédige son maître livre : Pédagogie des opprimés. Il ne cessera de voyager afin de soutenir les programmes pédagogiques mis en place dans les pays nouvellement indépendants d’Asie et d’Afrique.
J’aime être humain car, inachevé, je sais que je suis un être conditionné, mais, conscient de l’inachèvement, je sais que je peux aller plus loin. Telle est la différence profonde entre l’être conditionné et l’être déterminé, la différence entre l’inachevé, qui ne se sait pas comme tel, et celui qui, historiquement et socialement, s’est élevé jusqu’à la possibilité de se connaître incomplet.