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Premier conseiller fédéral à avoir plaidé pour l’intégration de la Suisse à l’Union européenne (UE), le socialiste neuchâtelois René Felber est décédé le 18 octobre à l’âge de 87 ans. Ministre des Affaires étrangères dans un monde en mouvement de 1988 à 1993, il a cherché à faire bouger les choses à Berne.
Membre du législatif du Locle, puis président de sa commune, il a connu un parcours politique classique gravissant tous les échelons de l’Etat. Député au Grand Conseil, il entre en 1967 au Conseil national. Il le quitte en 1981 pour le gouvernement cantonal non sans avoir été battu quatre ans plus tôt à l’élection au Conseil fédéral par un autre socialiste neuchâtelois, Pierre Aubert.
Il lui succède en 1988 au Département fédéral des Affaires étrangères avec l’intention d’éviter l’isolement de la Suisse au plan international. L’Europe traverse une période de bouleversements avec la chute du mur de Berlin puis de l’Union soviétique. La fin de la guerre froide est pour René Felber l’occasion de redéfinir, voire de relativiser, la neutralité de la Suisse qui applique pour la première fois des sanctions de l’ONU dans le contexte de la guerre du Golfe et participe à des missions de paix.
René Felber voulait éviter l’isolement de la Suisse au plan international.Au tournant de la décennie, certains s’emploient à bâtir une Europe commune et solidaire; convaincu de la nécessité pour la Suisse d’intégrer le projet, René Felber prépare l’adhésion à l’Espace économique européen (EEE) avec le soutien d’une courte majorité de ses collègues. Le radical Jean-Pascal Delamuraz ne ménage pas ses efforts à ses côtés, mais cela ne suffit pas à convaincre les citoyens, qui rejettent l’EEE en décembre 1992.
René Felber quitte le Conseil fédéral quelques semaines après ce qui reste l’un de ses principaux échecs, affaibli par le traitement d’une tumeur. Il continue néanmoins de plaider pour une adhésion à l’UE et poursuit son engagement public durant quelques années. Il est entre autres rapporteur d’une commission des droits de l’homme de l’ONU sur les territoires occupés par Israël et président de l’Assemblée interjurassienne. Ces dossiers ne sont toujours pas clos – à son plus grand regret sans doute.
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