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Critique
Les aînés se souviennent de FANTASIA que réalisa Walt Disney en 1940 au faîte de sa gloire. Le père de Mickey Mouse désirait unir l'animation et la musique classique, créer une sorte de film-concert. Dès 1937, avec la collaboration de Léopold Stokowski, il fit de Mickey le héros malheureux de «L'Apprenti sorcier» de Paul Dukas. Le genre était créé qui prit des formes différentes, en particulier celui d'une animation non figurative.
Roy Edward Disney - le neveu - a voulu concrétiser le rêve de son oncle qui désirait faire de FANTASIA un film en perpétuelle évolution. Autour de l'épisode originel de «L'Apprenti sorcier» restauré, il présente sept interprétations nouvelles des plus connues des pages du répertoire classique. C'est FANTASIA 2000 dont la première version fut en format Imax et qui aujourd'hui arrive sur nos écrans traditionnels.
On peut s'étonner d'un choix musical un peu frileux puisqu'il ne comporte que des morceaux très populaires. Des interludes, confiés à des acteurs connus, d'un goût douteux et d'un humour très américain, permettent de présenter chacune des séquences.
L'animation, quant à elle, nous paraît très inégale. Le rapport à la musique est davantage lié à une certaine sensibilité émotive plutôt qu'à l'illustration de pièces à programme. Ainsi, les «Fontaines de Rome» donnent vie à un ballet de baleines fort gracieux mais qui n'aurait guère trouvé place dans les bassins de la Ville éternelle. La plus moderne de ces séquences est celle qu'inspire Gershwin et qui nous fait vivre des épisodes de la vie urbaine de Manhattan.
Le choix de pièces symphoniques éclatantes aux sonorités puissantes - à l'exception du concerto pour piano de Chostakovitch - provoque une certaine fatigue et le spectateur sort de la salle un peu écrasé par cette overdose de décibels, aussi prestigieux soient-ils.
Maurice Terrail