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Cette fois c'est fait, Donald Trump met fin à la participation des Etats-Unis à un accord qu'il juge totalement déséquilibré en défaveur de son pays. Il prétend que cet accord n'empêchera pas l'Iran d'acquérir l'arme nucléaire, mais ses justifications appuyant cette affirmation semblent bien fragiles. Le fait que l'accord n'empêche pas l'Iran de faire des essais d'armes balistiques ainsi que le fait que ce pays peut toujours faire jouer son influence régionale n'expliquent pas comment une arme nucléaire pourrait être développée. Reste donc qu'un seul argument: l'accord est limité dans le temps. C'est toutefois une chose totalement habituelle en matière d'accords internationaux. Et de toute manière, un accord illimité dans le temps n'engagerait pas plus l'Iran. En effet, la règle en droit international, c'est qu'aucun traité ne peut être considéré comme définitif. Tout état peut se retirer d'un traité, et les USA en se retirant de celui-ci, démontrent que la date finale d'un traité n'est pas un engagement définitif et qu'il peut donc être dénoncé en tout temps.
Par contre, un accord valable jusqu'en 2030 donne le temps de bâtir des relations économiques stables et ainsi pérenniser le pouvoir iranien. De telles relations économiques seraient très difficiles à casser et donc, elles rendaient obligatoires la prolongation de l'accord au-delà de cette date. En cela, l'accord était très malin, puisqu'il n'engageait que très peu le pouvoir iranien tout en le poussant à s'engager sur un chemin sans retour. Sans les Etats-Unis, il est très probable que l'Iran soit beaucoup moins enclin à bâtir des relations avec l'Europe et se tourne exclusivement vers la Russie et la Chine. Trump engage donc encore un peu plus le monde vers la bipolarisation et la guerre froide. Et l'Iran vers la reprise de son programme nucléaire.
La position de la France
Emmanuel Macron montre à cette occasion les limites de sa 'prodigieuse intelligence'. En proposant à Trump de négocier un meilleur traité avec l'Iran s'il décidait de rester dans l'accord, il reconnaissait implicitement les défauts de l'accord dénoncés par le président américain. En confirmant maintenant que la France continuerait à participer à l'accord malgré le retrait américain, (tout comme l'Allemagne et l'Angleterre dont il se fait le porte-parole) il décide donc de prolonger un accord dont il avait reconnu plus tôt qu'il était mauvais. A force de vouloir ménager la chèvre et le chou, on finit par s'attirer l'incompréhension du berger et du cultivateur qui ne savent plus où placer leur confiance. Bref, plus que jamais, la position de la France devient inaudible.
La position d'Israël
Hier sur BFMTV, l'ambassadrice d'Israël en France a dénoncé cet accord comme étant basé sur des mensonges. Elle confirme ainsi l'appui total de l'état juif à la décision de Donald Trump. En fait tout porte à croire que le président américain ne fait que relayer l'avis des faucons du parti républicain, eux-mêmes les voix d'Israël aux Etats-Unis. En faisant cela, il assure la cohésion de son camp politique derrière lui et ainsi l'assise de son pouvoir. Il s'agit donc finalement d'une décision de politique intérieure dont les implications sont mondiales. Et au final on comprend une fois de plus que c'est Israël (et probablement l'Arabie Saoudite) qui fait la pluie et le beau temps de la politique du Proche- et Moyen-Orient aux Etats-Unis.