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Sur le territoire de l’ancien district d’Orbe, il n’existe actuellement aucune loge maçonnique en activité. Pour en trouver une ou deux, il faut se rendre à Yverdon-les-Bains ou faire un saut du côté de Penthalaz.
En compulsant de vieux recueils, on constate qu’au milieu du 19e siècle en revanche, une loge existait bien à Orbe, et qu’elle a compté une petite cinquantaine de membres.
Cette loge s’appelait «La Nouvelle Etoile». Elle a été constituée en 1850, soit 24 ans avant celle d’Yverdon-les-Bains, et fut active jusqu’en 1892. Elle était affiliée à la Grande Loge Suisse Alpina et comptait 41 membres, dont 12 domiciliés à Orbe, 6 dans le district, 17 dans le canton, 2 dans le canton de Neuchâtel, 1 à Lyon, 1 en Angleterre et 2 en Amérique.
Ses membres étaient répartis en 10 apprentis, 6 compagnons et 25 maîtres.
Les professions des membres étaient diverses. On pouvait y rencontrer 7 commerçants, 3 agriculteurs (dont 2 en Amérique), 1 coursier, 2 gendarmes, 2 instituteurs, 1 agent de banque, 1 copiste, 1 procureur-juré, 1 huissier exploitant, 1 agent d’affaires, 2 notaires et 1 rentier. En 1891 le nombre de membres était tombé à 19, soit 4 à Orbe, 4 dans le district, 9 dans le canton, 1 à Neuchâtel et 1 à Paris.
Il y avait alors 4 apprentis, 1 compagnon et 14 maîtres. Après des recherches assez longues, et grâce à l’amabilité de l’archiviste communal Louis Ducraux, il a été possible de savoir où les frères de la Nouvelle Etoile se réunissaient : ainsi qu’en atteste l’extrait des archives communales ci-contre, il s’agissait de chambres situées au 2e étage de l’Hôtel de Ville, «louées aux citoyens Ecoffey, Falconnier et Oguey» pour les transformer en loge maçonnique. On notera aussi que le délai de reconduction du bail était fixé «dès la Saint-Martin et pour trois ans», les transformations ayant été autorisées par les autorités et le loyer fixé à Fr. 80.—par année. C’est donc ainsi qu’à l’époque, on venait de loin, souvent en voiture à chevaux, pour assister aux séances de la Nouvelle Etoile.
Quelques clés pour comprendre ce qu’est la franc-maçonnerie
La franc-maçonnerie est une société philosophique, dont les origines modernes remontent au 18e siècle. Ses membres se considèrent comme les descendants des maçons opératifs qui construisaient notamment les cathédrales en Occident. Ces constructions répondaient aux règles de l’art et comportaient la transmission de secrets de construction de maître à élève. Les bâtisseurs de cathédrales se divisaient en apprentis, compagnons et maîtres. Pour atteindre la maîtrise, on devait suivre patiemment un cheminement d’apprentissage et de compagnonnage.
Les actuels Compagnons du Tour de France sont les cousins des maçons actuels. Ces derniers ne construisent plus de cathédrales, mais tentent de bâtir une société plus juste en travaillant avant tout sur leur propre édifice, leur for intérieur et leur rapport à l’autre et à la société des hommes. Les grades d’apprenti, de compagnon et de maître sont l’un des fondements de l’organisation.
La Franc-Maçonnerie en Suisse
Il y a actuellement environ 5000 maçons (et maçonnes) répartis sur le territoire suisse. Bien que des loges existent en Suisse alémanique et au Tessin, la grande majorité des frères se situe en Suisse romande. Deux grands courants y sont présents : la Grande Loge Suisse Alpina et le Grand Orient de Suisse. La première appartient à une tradition considérée comme plus conservatrice que le second. En particulier, elle exige de ses membres, au moment de leur adhésion, qu’ils professent clairement croire en Dieu ou au moins en un architecte fondateur universel.
Le Grand Orient de Suisse, plus récent, proclame une totale liberté de conscience sur ce plan. Dans les deux courants, l’organisation est constituée en loges, qui peuvent comprendre de 7 à plusieurs centaines de membres (ordinairement une cinquantaine). On y travaille la philosophie et la symbolique. Les membres sont tenus au secret tant sur l’activité qu’ils pratiquent que sur le nom de leurs frères et soeurs et leur appartenance à cet ordre. La maçonnerie dite bleue recoupe trois degrés symboliques : apprenti, compagnon et maître.
Il existe des loges de perfectionnement qui comportent alors d’autres grades appelés communément hauts-grades. Ces hauts-grades n’ont aucune influence organisationnelle sur les loges bleues. En revanche, les frères qui en font partie peuvent imprimer une autorité morale ou un savoir, dans le but de conserver à l’ordre sa direction originelle.
Photo Olivier Gfeller