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Ce daguerréotype représente Eynard avec sa femme et ses petits-enfants installés sur un banc. L’âge des enfants permet de le dater entre 1845 et 1847. Né en 1837, Féodor Eynard, assis à côté d’Eynard doit avoir huit ou dix ans sur cette vue, onze ou treize ans son frère aîné, Gabriel, né en 1834.
Paul Guinand, assis sur le muret tout à droite, est un ami des enfants Eynard. On le retrouve vêtu à l’identique sur un tirage argentique reproduisant un daguerréotype qui n’a pas pu être localisé (hdm mg 1367). Les deux vues sont sans doute très proches dans le temps, mais selon toute probabilité elles n’ont pas été prises le même jour puisque Gabriel est vêtu différemment.
Ce portrait de groupe aligne sur un même plan, comme une frise, le couple Eynard , le regard tourné vers la droite, dans une tenue somptueuse qui met en valeur leurs coiffes respectives, un délicat bonnet de lingerie pour Anna, un imposant haut-de-forme soulignant l’élégance d’Eynard. L'étoffe, de soie sans doute, de la robe d'Anna se décline en doux dégradés de gris. Le rendu du large pantalon à carreaux d'Eynard, plus clair que le reste de sa tenue, et de l’ensemble à carreaux des petits-enfants d’Eynard, composé d’une tunique et d’un pantalon,donne une douceur particulière à ce daguerréotype.
Cette plaque se distingue par sa magnifique teinte chaude et dorée, vraisemblablement due à des substances accélératrices qui permettent de réduire considérablement les temps de pose et qui influent sur la tonalité du daguerréotype, ou à l’emploi d’une solution de chlorure d’or. Hyppolyte Fizeau, physicien et astronome, travaille à l’amélioration du daguerréotype en introduisant une méthode de fixage de la plaque à l’or, qui lui apporte ces douces couleurs chaudes (Lerebours et Secrétan, Traité pratique de photographie, 5e édition, Paris 1846, p. 46-50). En 1840 déjà, ce traitement permet de renforcer la plaque et de la protéger des frottements susceptibles de s’exercer sur sa surface et de l’abîmer. De plus, ces nouvelles tonalités rompent avec l’aspect gris et métallique des toutes premières plaques (Lavedrine 2008, p. 38).
Une toile unie de couleur claire a été fixée à l’arrière-plan non seulement pour fermer l’espace, mais aussi sans doute pour cacher la statue qui se trouve à cet endroit et permettre aux personnages de se détacher parfaitement sur un fond lumineux neutre. (U. Baume-Cousam)
Inscription posthume : Oui