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Dans une interview accordée à la chaîne alémanique SRF, le président du Conseil d'administration de Lonza Albert Baehny détaille sa rencontre avec le Département fédéral de l'intérieur (DFI) en mai 2020.
Selon sa version des faits, il aurait demandé à la Confédération si celle-ci était intéressée à investir "dans des capacités". Pour Albert Baehny, il s'agissait d'une formule qui a pu mener à une "incompréhension", mais la possibilité d'un investissement était bien sur la table.
Le PV de cette séance mentionne d'ailleurs que Lonza attendait une réponse dans un intervalle de deux semaines.
Le conseiller fédéral Alain Berset a de son côté toujours affirmé qu'il n'a jamais été question de l'achat d'une ligne de production et qu'il aurait été impossible d'avoir accès au vaccin de Moderna en négociant avec Lonza, sous-traitant qui ne produit qu'un composant du vaccin.
>> Le résumé de cette affaire dans le 19h30:
Volonté de poursuivre les discussions
Si la Confédération avait accepté cet investissement, Albert Baehny estime que Lonza aurait dû négocier avec Moderna, propriétaire du vaccin. La firme américaine serait d'ailleurs intéressée par une telle possibilité, selon le président.
Suite à cette discussion, il n'y aurait eu plus d'autre communication directe avec l'Office fédéral de la santé publique (OFSP). Albert Baehny en assume toutefois la responsabilité. "Après ce premier contact, j'aurais dû revenir à la charge et insister", regrette-t-il. Il compte d'ailleurs rappeler Alain Berset.
>> Revoir les explications d'Alain Berset lors de la conférence de presse du 12 mars dernier:
Une affaire très politisée
Une nouvelle ligne de production serait théoriquement possible, selon le président de Lonza. Mais dans les faits, il n'est pas envisageable d'en construire une nouvelle avant une dizaine de mois.
Cette possibilité ne verrait donc pas le jour cette année, juge Albert Baehny. Il faudra désormais travailler avec la Confédération sur des alternatives pour les trois prochaines années.
Le Parlement vient par ailleurs d'inscrire dans la loi Covid-19 la possibilité d'un tel investissement. La commission de gestion du Conseil national veut en outre ouvrir une enquête pour faire la lumière sur la teneur exacte de ces discussions.
>> Lire à ce sujet:
Julien Bangerter/iar