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L'auteur présumé de fraude électorale lors des élections cantonales valaisannes de 2017 risque 15 mois de prison avec sursis selon le réquisitoire du procureur (de dos). Il a été jugé jeudi à Brigue. La défense a plaidé une peine réduite. Le jugement sera rendu le 7 septembre.
KEYSTONE/DOMINIC STEINMANN(sda-ats)
Le ministère public a requis jeudi 15 mois de prison avec sursis pour l'auteur présumé de fraude lors des élections cantonales valaisannes de 2017. L'homme a falsifié au moins 199 bulletins de vote dans le Haut-Valais.
Le procureur a estimé que l'individu, un ressortissant suisse de 31 ans domicilié dans le Haut-Valais, a agi avec méthode et qu'il a déployé une grande énergie criminelle. Il a estimé qu'une peine pécuniaire ne se justifiait pas, mais a admis un sursis de trois ans.
Le ministère public a demandé au tribunal de reconnaître l'accusé coupable de vol, de faux dans les titres, de fraude électorale. Une amende de 2000 francs a été requise ainsi que l'obligation de prendre en charge les coûts de l'enquête de 41'000 francs.
Action non planifiée
Le défenseur a rejeté en bloc les allégations du procureur. Son client a certes commis une fraude électorale. Mais il n'a pas planifié ses actes. Le vol de bulletins de vote n'a pas été commis dans un but d'enrichissement. Le faux dans les titres est implicite dans la fraude électorale. L'accusé doit donc être acquitté de ces chefs d'inculpation, a estimé le défenseur.
Il a également contesté les coûts. La longueur de la procédure, les multiples analyses en sont la cause. Or, selon le défenseur, le procureur aurait pu se contenter d'une ordonnance pénale, d'autant qu'aucune prétention civile n'a été présentée. La procédure aurait ainsi été raccourcie et n'aurait pas engendré autant de coût.
La défense a aussi mis en avant les problèmes de santé de l'accusé. Au moment des faits, il était physiquement et psychiquement atteint, a dit l'avocat. Il prenait des médicaments et était sous l'influence de l'alcool. Le défenseur a demandé qu'une peine réduite soit prononcée.
Le procureur a balayé ces arguments. La défense aurait pu réclamer une expertise psychiatrique pour plaider l'irresponsabilité. Quant à une action sans planification, le procureur n'y croit pas. L'homme a écumé différents quartiers de Naters et de Brigue pour voler les bulletins de vote dans les boîtes aux lettres. Il a ensuite ouvert les enveloppes, rempli les bulletins de vote, signé et déposé les enveloppe dans les urnes. Il a fallu du temps et de l'énergie.
Le jugement sera rendu publiquement le 7 septembre prochain au tribunal de Brigue, a annoncé le juge à l'issue de l'audience.
ATS