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Composée à l'occasion des funérailles à Madrid de l'Impératrice Marie d'Autriche en 1603, cette messe des morts représente les derniers feux de la polyphonie héritée de la Renaissance. A la même époque, Monterverdi en Italie créait les premiers opéras, et la musique occidentale ne sera plus jamais la même, dévorée par les contrastes et les passions baroques. Point d'excès dans ce Requiem. Tomas Luis de Victoria use avec parcimonie des dissonances, ce qui les fait d'autant plus ressortir, et l'alternance du chant grégorien, qui parle à l'âme, et de l'écriture polyphonique, qui parle aux sens, suffit à conférer une architecture équilibrée à son oeuvre. Toujours près du texte, sa musique est un modèle de pureté et de naturel, fidèle en cela à son maître le grand Palestrina. Sergio Balestracci et son ensemble padouan La Stagione Armonica interprètent cette oeuvre avec toute la pudeur requise et la ferveur nécessaire.
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