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Tirés vers le haut par des collectionneurs fortunés des Etats-Unis, de Russie ou d'Asie, les prix des oeuvres d'art ont pris l'ascenseur depuis quelques années.
Dernier record en date, une toile de Jean-Michel Basquiat vendue aux enchères pour un montant record de 110,5 millions de dollars à New York, chiffre qui établit un nouveau record pour une oeuvre d'un artiste américain. Preuve de l’attrait qu’exerce le marché de l’art sur les spéculateurs richissimes et les amateurs d’art.
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La vente de cette toile sans titre établit un nouveau record pour une œuvre d’un artiste américain. C’est la première œuvre d’art créée après 1980 à franchir la barre des 100 millions de dollars.
Elle reste loin derrière le tableau le plus cher jamais vendu, "Nafea Faa Ipoipo?" ("Quand te maries-tu?") de Paul Gauguin, acheté pour près de 300 millions de dollars en 2015.
Le tableau de Gauguin a été vendu par la famille du collectionneur suisse Rudolf Staechelin et achetée par Sheikha Al-Mayassa bint Hamad Al-Thani, la sœur du souverain de l’émirat du Qatar.
"Nafea faaipoipo", de Paul Gauguin. [Georgios Kefalas - Keystone]
Pourquoi un tel prix pour un Basquiat?
Dès l'acquisition du tableau, Yusaku Maezawa, collectionneur et magnat de la vente de vêtements en ligne japonais qui a acheté le tableau jeudi soir, a aussitôt publié un tweet "J'ai de la chance".
Grand fan de l’artiste new-yorkais mort d’une overdose en 1988, à l’âge de 27 ans, Maezawa avait déboursé 57,3 millions de dollars pour une œuvre sans titre de Basquiat datant de 1982 au cours d’un marathon d’une semaine pendant lequel il avait aussi acheté des œuvres de Jeff Koons et Richard Prince.
Patrick van Maris, directeur général du salon Tefaf (European Fine Art Fair), cité par, dit que l’histoire du tableau explique en grande partie le prix atteint.
"Quand vous avez une œuvre forte, avec une provenance bien établie, et qu’elle arrive tout juste sur le marché, alors les ingrédients sont réunis pour qu’elle se vende très vite."
Des acheteurs très riches
Il rajoute que l’origine des acquéreurs tend à refléter les tendances économiques globales.
"Dès qu’il y a accumulation des richesses, un petit nombre de personnes deviennent très riches, et quand les gens deviennent très riches, ils commencent à collectionner", déclare-t-il dans The Guardian.
"À la fin du XX siècle, les Russes étaient très présents, maintenant ce sont les Chinois, le Moyen-Orient et les Japonais."
État du marché de l'art
La somme totale des ventes d’art aux enchères dans le monde est passée à 12,5 milliards, soit une perte de 3,6 milliards entre 2015 et 2016, selon le rapport annuel établi par Artprice en collaboration avec son partenaire chinois institutionnel Artron.
C’est une baisse de 22,5% par rapport à 2015 (16,1 milliards de dollars), année où six des dix œuvres les plus chères de l’histoire ont été vendues.
Les ventes aux enchères organisées en Chine ont représenté 38% de la somme totale, soit près de 4,8 milliards de dollars. De fait, ces sept dernières années, la Chine a pris la tête du marché en termes de montant des ventes, sauf en 2015, où elle a brièvement cédé son titre aux États-Unis.
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Le Royaume-Uni arrive en troisième position, ce qui est dû notamment à la prestigieuse maison de ventes de Londres, qui appartient entre autres à Sotheby’s et Christie’s.
Le record pour un achat réalisé par un musée a été atteint en 2015, quand le Rijksmuseum d’Amsterdam et le Louvre parisien ont payé chacun la moitié des 160 millions d’euros atteints par les portraits de Marten Soolmans et d’Oopjen Coppit de Rembrandt, qu’ils détiennent désormais conjointement.
mcc