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L'initiative pour une interdiction du financement des producteurs de guerre a été refusée par le peuple et les cantons, le parlement fédéral n'aura donc pas à rédiger une loi d'application (avec la ferme intention de l'appliquer la moins possible) mais 42% des votantes et des votants l'ont soutenue, et trois cantons et demi l'ont acceptée. Cette défaite est plus qu'honorable, face au lobby de l’armement et à celui de la finance, à toute la droite et au Conseil fédéral. Les producteurs de matériel de guerre pourront donc continuer à être financés par les fonds de pension des retraités suisses (et les grandes banques, et la Banque Nationale). Une victoire pour la place financière suisse, sans nul doute. Mais une victoire à la Pyrrhus : l'initiative a été acceptée (à 51 %) dans les villes et plébiscitée par la gauche (90 % de l'électorat vert, 81 % de l'électorat socialiste). Et depuis le rejet en 2009, à 68 %, de l'initiative contre l'exportation de matériel de guerre, le vote en faveur d'un texte du GSsA a progressé de dix points. De bonne augure, avant le vote sur une nouvelle initiative, celle pour une interdiction des exportations d'armes vers des pays en guerre, et pour la récolte de signatures pour une nouvelle initiative contre l'achat de nouveaux avions de combat. Il a raison, le secrétaire général du Groupe romand pour le matériel de défense et de sécurité, Philippe Zahno : "il va falloir poursuivre nos efforts et notre travail de communication auprès de la population" pour lui expliquer que le matériel militaire suisse ou dans la fabrication de quoi des acteurs économiques suisses investissent ne fait de mal à personne. Jamais. Nulle part. D'ailleurs, ce n'est même pas du matériel militaire, mais des outils de bricolage, des pétoires de collection et des instruments de tir sportif.
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Deux millions et demi de pièces concernant 120'000 sociétés « offshore », examinées par près de 90 journalistes d'une trentaines de media : cela s'appelle « Offshore Leaks » et c'est un chapelet de mines prêtes à exploser sous les pas des puissants de partout et de leurs commis d'à peu près toutes les places financières. Dont, évidemment, la Suisse, et en particulier Genève. Au moins 300 personnes et 70 sociétés suisses (dont une vingtaine de banques ayant ouvert des sociétés dans des paradis fiscaux et légaux) sont concernées. Et comme il ne s'agit là que du résultat de l'étude de documents issus de deux intermédiaires sur les centaines de crapauds actifs dans le marécage dont «Offshore Leaks» n'est que le nénuphar, on imagine l'ampleur des pratiques d'évasion, de soustraction et de fraude fiscales, d'évasion de capitaux et de blanchiment d'argent douteux, que les sociétés « offshore » recouvrent et permettent : par elles, de riches particuliers détiendraient au total une trentaine de milliers de milliards de dollars -l'équivalent du produit intérieur brut des USA et du Japon réunis...
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Les bourses ou les vies !
Crédit Suisse, Schindler, UBS, Novartis, Bobst, Kudelski et tous les autres : en trois mois, les entreprises suisses ont supprimé ou annoncé la suppression de 15'000 postes de travail (dont 4500 en Suisse), soit en procédant à des licenciements, soit en annonçant des réductions de temps de travail, des non remplacements de salariés sur le départ ou des mises à la retraite anticipée. Explication des unes (celles qui sont dans le secteur productif : la cherté du franc suisse par rapport à l'euro et au dollar). Explication des autres (celles qui sont dans le secteur financier et bancaire) : la crise du système financier mondial. Victimes des unes et des autres : leurs salariés.