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"La prochaine fois on vous aménera un Grec" ! Voilà qui semble être le dernier argument des partisans de la politique économique exogène. Le "il y a pire" qui permet un peu trop facilement de renoncer à toute réflexion sur "comment faire mieux" ! Le paradoxe c'est que ce sont habituellement précisément les avocats et milieux immobiliers qui profitent le plus de toutes les spéculations en cours qui traitent les Genevois d'enfants gâtés : des Genevois qui voient leur pouvoir d'achat se réduire de manière régulière jusqu'à les conduire à l'expulsion hors des frontières cantonales.
Les Genevois auront l'occasion de leur répondre à chaque élection. Mais pour les Vaudois et les habitants du Genevois français un tel argument est insupportable : nous ne pouvons pas y répondre par le vote ! On se croirait revenus aux temps du colonialisme quand les colons blancs expliquaient aux indigènes le bonheur qu'ils avaient de bénéficier de l'oeuvre de civilisation. Le terme "France voisine" à lui tout seul est si révélateur : connaissez-vous quelqu'un qui hèle son voisin "VOISIN !"
Je souhaite relever le défi et appeler le Grec à la rescousse. M. le Grec, dites nous, dans votre pays est-ce que vous devez fermer les maisons de retraites parce qu'il n'y a plus d'aide soignants ? M. le Grec, dites nous, est-ce que vos voisins turcs achètent 80% des logements ? M. le Grec, dites-nous, est-ce que vos enfants ont encore des enseignants lorsqu'ils passent le bac : parce qu'ici nos enseignants fuient lorsqu'ils constatent le coût de la vie ? M. le Grec, dites-nous, est-ce que votre pouvoir d'achat se dégrade à mesure que la spéculation immobilière augmente votre budget logement chaque année ? M. le Grec, dites-nous, combien de temps passez vous dans des embouteillages dont l'ampleur augmente chaque mois ? M. le Grec, dites-nous, est-ce que les enfants ont la liberté de vivre à moins de 50 km de leurs parents ? M. le Grec, est-ce dans la rue dans votre ville les gens qui arrivent à se loger la pénurie de logements parlent le Grec, parce qu'ici vendredi soir je suis allé dans un restaurant et il n'y avait que 9 francophones sur les 40 clients logés à Genève ? M. le Grec, dites-nous, est-ce que dans votre pays les entreprises greques paient deux fois plus d'impôts que les entreprises étrangères ? Est-ce que les étrangers les plus fortunés sont quasiment exonérés d'impôts et financent des recours à Champel qui plombent les comptes publics ? M. le Grec, dites-nous, est-ce que les chefs d'entreprises doivent renoncer à des contrats parce que leurs collaborateurs les quittent faute d'avoir les moyens de se loger ? M. le Grec, dites-nous, est-ce que vous devez subir la folie des grandeurs d'un canton de 400 000 habitants qui se rève l'égale de New York et Singapour mais qui refuse de construire le moindre logement ?
Bien sûr que le taux de chômage est plus faible, que le revenu par habitant est parmi les plus élevés. Mais au final, à quoi bon avoir un compte en banque bien garni si les enfants n'ont pas d'enseignants, les grand-parents n'ont pas d'aide soignant et qu'on se pourrit tous la vie à passer de plus en plus de temps dans des bouchons qui s'aggravent à vue d'oeil ? A quoi bon avoir des excédents budgétaires cantonaux si les policiers qu'on n'arrive pas à embaucher refusent de venir emménager dans cet enfer en construction ? Est-ce que ça vaut la peine de gagner plus.. si c'est pour se retrouver avec le revenu disponible le plus faible de Suisse ?
Entre la Grèce et la folie des grandeurs genevoises il y a largement la place pour un modèle de croissance plus humble et plus humain. Un modèle de croissance au service de l'amélioration de la qualité de vie de tous les habitants. Un modèle de croissance fondé sur l'innovation et la recherche des entreprises locales. Sur la formation et les compétences locales.