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Araignées de Suisse et d'Europe La tégénaire noire Eratigena atrica est une espèce d’araignées de la famille des Agelenidae Elle est originaire de partout en Europe et en Amérique du Nord. Description: Eratigena atrica (anciennement Tegenaria atrica, est communément appelée Tégénaire noire, Tégénaire des maisons ou Tégénaire géante. Eratigena atrica est généralement de couleur sombre. Sa couleur générale est brunâtre avec deux bandes claires sur les côtés du céphalothorax et un abdomen brun à chevrons et tâches claires en série. Elle est dotée de huit longues pattes lui assurant une course rapide. C’est une des plus grandes tégénaires. La taille du corps chez la femelle adulte est de 12 à 18 mm et de 10 à 15 mm chez le mâle. Comportement: La tégénaire noire vit dans les coins humides (rochers, troncs au sol). Elle se rencontre souvent dans les salles de bains, contrairement à d’autres espèces que l’on trouve plus dans les garages, caves et greniers même si on peut également l’y trouver. Discrète et souvent protégée par les habitations humaines, la tégénaire noire a peu de prédateurs naturels. Elle se nourrit de tout insecte ou autre arthropode plus petits qu’elle, ne s’attaquant généralement pas à un animal d’au moins sa taille. En effet, son venin neurotoxique ne lui permet de paralyser que des petites proies: des cas de rémission ont été observés chez des blattes après morsure. Elle consomme, à l’âge adulte l’équivalent d’une mouche toutes les 3 semaines. Si elle a la capacité de manger davantage, elle consommera quand même ses proies. La tégénaire ne cherche pas à chasser si elle est rassasiée mais si une proie est bloquée dans sa toile, elle la tuera et la gardera en réserve pendant quelques jours. Lorsque la tégénaire est dérangée, par exemple par la perception de grandes vibrations, elle préférera ne pas attaquer. Si les vibrations émises par la toile sont trop fortes, la tégénaire n’ira pas attaquer, ce qui lui évite de s’attaquer à plus gros qu’elle. La tégénaire noire est solitaire et nocturne. Elle vit sur des toiles en formes de nappe comportant dans un angle une ouverture en forme d’entonnoir. Il lui arrive parfois de quitter sa toile si celle-ci ne lui convient pas mais, en général, elle chasse les proies qui se trouvent sur sa toile. Les vibrations qu’elles émettent la font sortir pour les mordre puis les porter à sa cachette pour leur injecter des enzymes qui servent à les ramollir et les dévorer. Le mâle recherche souvent une femelle immature pour s’accoupler. Il touche alors la toile de la femelle avec une de ses pattes sur un rythme régulier. Il indique ainsi à la femelle qu’il n’est pas une proie. Si la femelle sort il prend la fuite. Si elle ne sort pas, il la rejoint et vit avec elle jusqu’à sa mue de maturité. En dépit de sa taille impressionnante et de sa vitesse, cette espèce est réputée sans danger pour l’homme en raison de la petite taille de leurs chélicères. Il n’existe pas d’article scientifique ni de publication médicale faisant état d’un cas direct de morsure d’une araignée du genre Tegenaria sur l’homme. Les accusations sont portées, a posteriori, à la suite de la découverte d’une tégénaire dans la maison d’un patient souffrant de lésions de la peau. On trouve pourtant d’autres explications médicales bien plus plausibles (virus, champignons, eczéma, maladie de lyme…). Particulièrement craintive et docile comme sa cousine Tegenaria domestica, Eratigena atrica cherchera toujours à fuir en cas de dérangement. Eratigena agrestis ne partage pas la même réputation pacifique, mais semble tout aussi inoffensive. Epeire Diadème (Araneus diadametus) L’Epeire diadème est une araignée de la famille des Araneidae. Elle est originaire d’Europe et d’Amérique du Nord. Description: Les deux sexes de l’espèce ont un aspect assez différent principalement au niveau de la taille (dimorphisme sexuel). Les individus mâles font moins d’un centimètre alors que les femelles peuvent atteindre deux centimètres et ont un abdomen plus volumineux et de forme arrondie. Les mâles mesurent de 4 à 11 mm et les femelles de 10 à 22,5 mm.Elle présente, au niveau du dos de l’abdomen, un folium (dessin qui affecte la forme d’une feuille ornementale) caractéristique utilisé pour sa diagnose. Ce dessin présente un ensemble de tâches blanches formant une croix et une partie médiane brune se terminant en pointe, bordée d’une ligne blanche en dents de scie. Ce dessin est d’ailleurs caractéristique d’un groupe d’épeires (Araneus marmoreus, Araneus pallidus). Ces tâches blanches proviennent de l’accumulation de guanine, molécule jouant le rôle d’un pigment blanc synthétisé dans les guanocytes à la périphérie de diverticules intestinaux.Le céphalothorax est très velu tandis que les pattes sont très épineuses. Comportement: Épeire dérive des mots grecs επι (epi, «au-dessus») et de ειρω (eiro, «fil, tissage»), ce qui donne littéralement «sur la toile». Ce nom fait référence aux capacités de cette araignée à tisser les toiles classiques verticales en spirale avec rayons. Le diadème est une allusion à la croix que l’on voit sur l’abdomen de cette araignée. Une autre de ses particularités est la création de toiles très grandes par rapport à sa propre taille puisqu’elles peuvent atteindre exceptionnellement un mètre, avec des fils particulièrement solides qui craquent sèchement (bruit de “perle”) lorsqu’ils rompent. La toile est refaite tous les jours: l’épeire ne répare pas sa toile et la recommence tous les matins. L’Épeire diadème a une durée de vie d’un an. La toile pèse cinq dix-millième de gramme. La première toile d’une jeune épeire mesure à peine 3 cm d’envergure. L’Épeire diadème est très peu agressive. Elle peut occasionnellement mordre la peau humaine aux endroits où celle-ci est fine mais son venin n’est guère différent d’une piqûre de moustique. L’intensité de la morsure peut toutefois atteindre celle d’une piqûre de guêpe lorsque la morsure a lieu à un endroit sensible comme le dessus de la main. Elle est abondante dans les jardins, sur les barrières et les haies. Elle se cache souvent sous une feuille à proximité de sa toile. Il y a généralement un arbre à proximité de la toile. Reproduction: Du fait de sa taille réduite, le mâle doit faire extrêmement attention lorsqu’il souhaite approcher la femelle car elle risque de l’attaquer et de le dévorer comme n’importe quelle autre proie. C’est pourquoi le mâle apporte parfois un repas pour l’approcher. La femelle est réceptive trois ou quatre jours dans sa vie. Jusqu’à 60 mâles différents peuvent défiler, jour après jour, sur une même toile. Elle se reproduit en fin d’été. Une fois fécondée, la femelle dépose ses œufs dans un cocon protecteur avant de se laisser tomber pour mourir d’épuisement. À l’éclosion de l’œuf, la jeune épeire a déjà toutes les caractéristiques d’un adulte, en dehors de la taille et des organes génitaux. Tégénaire des champs (Eratigena Agrestis) Eratigena agrestis est une araignée de la famille des Agenelidae. Elle est originaire de partout en Europe, d’Asie centrale et d’Amérique du Nord. Description: La taille du corps n’excède pas 9,5 à 16,5 mm chez la femelle adulte pour 7 à 13,5 mm chez le mâle. Le sternum de cette espèce est particulièrement caractéristique avec une large bande médiane qui se rétrécit fortement à l’extrémité postérieure. Par ailleurs, ses pattes sont plus claires que celles de sa cousine Tegenaria domestica. Elle est une proie naturelle de Tegenaria parietina et, dans une moindre mesure, de Tegenaria atrica qui sont courantes dans les foyers d’Europe du Nord. Elle n’est pas une hôte habituelle des maisons. Comportement: Considérée comme totalement inoffensive en Europe, cette espèce est pourtant soupçonnée de pouvoir s’attaquer à l’homme aux États-Unis. Dans l’imaginaire collectif, sa morsure provoquerait ainsi des nécroses tissulaires. Cependant, il s’agit bien de la même espèce T. agrestis sur les deux continents. Si le venin de la femelle est effectivement plus puissant que celui du mâle, il n’y a aucune différence en fonction de la provenance de l’araignée. L’injection sous-cutanée de venin ne provoque d’ailleurs pas de nécrose. Aucun article scientifique ni médical ne recense de morsure directe de tégénaire, l’araignée étant accusée a posteriori du fait de sa simple présence dans la maison du patient. De façon plus surprenante encore, des nécroses de la peau ont parfois été attribuées à des morsures de Tegenaria agrestis dans des zones où l’araignée n’a jamais été observée alors que les causes possibles de dermatites sont nombreuses (virus, champignons, eczéma, maladie de Lyme…). Un cas suspect a été documenté: une patiente a senti une douleur à la jambe, a retrouvé un cadavre de Tegenaria agrestis dans ses vêtements et a développé un œdème à la jambe. Mais les analyses médicales ont révélé que la patiente souffrait en fait d’une thrombophlébite. Enfin, Eratigena agrestis ne se montre pas agressive même menacée ou acculée. Pour ces multiples raisons, cette araignée, comme ses cousines Tegenaria domestica ou Eratigena atrica, est considérée d’un point de vue scientifique comme totalement inoffensive pour l’homme. Atypus Affinis (mygale commune ou mygale à chaussette) Atypus affinis est une mygale de la famille des Atypidae. Elle est originaire d’Europe (Suisse) et d’Amérique du Nord. Description: De tailles relativement modestes, ces araignées glabres, noires à brunâtres, mesurent de 7 à 9 mm pour les mâles et de 10 à 15 mm pour les femelles. Les chélicères sont légèrement courbés, parallèles et dirigés vers le bas. En Europe, elles sont connues depuis le sud de l’Angleterre (où elles constituent la seule espèce de mygalomorphe indigène) et vers le nord elles atteignent le sud de la Suède. En raison de leurs exigences écologiques, elles restent cependant localisées dans des endroits précis. En Suisse elle vit au pied du Jura, sur l’Arc lémanique et dans le Chablais valaisan. De préférence dans un terrain en pente orné de gros cailloux ou de racines entre lesquelles elle pourra confectionner un terrier-cocon en forme de chaussette de soie. Elles vivent très discrètement en milieu sec sur un sol calcaire dans les vignes, dans les forêts ou en lisière. Comportement: Cette araignée construit une toile bien caractéristique en forme de doigt de gant. Une partie de la toile occupe une cavité du sol et se prolonge par une partie aérienne horizontale, située au ras du sol, fermée à son extrémité et recouverte de particules diverses dont des débris végétaux. Si un petit invertébré parcourt la toile, l’araignée en est tout de suite avertie et mord l’imprudent à travers la soie. Elle forme alors une brèche et emporte la proie dans son abri pour s’en repaître. Thermophiles, ces araignées établissent leurs toiles sur des talus, des pentes sablonneuses ou des versants ensoleillés de collines. Reproduction: En automne, saison de reproduction, les mâles quittent leurs toiles à la recherche des femelles. Ils meurent peu après l’accouplement. Les femelles gardent leur sac d’œufs dans leur galerie, attendent l’éclosion l’été suivant et accompagnent les jeunes environ encore un an.