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Critique
"Etes-vous prêt, sous contrôle médical, à vous nourrir uniquement de produits alimentaires McDonald pendant un mois? Si oui, attention! dit le cinéaste.
Morgan Spurlock, cela n'ira pas sans danger pour vous! Aux Etats-Unis, les statistiques affirment que 300'000 personnes meurent chaque année de maladies liées à l'obésité, et que 37% des enfants et des adolescents américains sont trop gros: un constat inquiétant qui a amené le cinéaste à faire personnellement l'expérience définie plus haut.
Première étape: Morgan Spurlock se soumet à un contrôle général chez plusieurs médecins et nutritionnistes qui le déclarent en bonne santé. Deuxième décision: il s'engage à limiter ses activités physiques à un kilomètre et demi de marche par jour (ce qui correspond, paraît-il, à la moyenne nationale américaine de l'effort fourni quotidiennement). Troisième partie du pari: il mange exclusivement McDo pendant trente jours, et la portion ""Super Size"" si elle lui est offerte... Résultat: il prend beaucoup de poids, se met à souffrir d'asthme, de douleurs, de maux de tête, de palpitations. Sans parler du taux de cholestérol, ni d'un état dépressif avancé... Bonjour le retour des médecins!
Morgan Spurlock se met donc lui-même en scène, avec une bonne dose d'humour, et sa démonstration est assez convaincante. Prix de la mise en scène (section documentaire) du Festival de Sundance, SUPER SIZE ME est un film où l'on ne s'ennuie jamais: l'enquête va bon train, la discussion est intéressante (parfois un peu envahissante), portée par un montage qui procède par une succession de chapitres précis. Tout au cours du long voyage qu'il fait pendant son expérience de ""malbouffe"", le cinéaste rencontre des experts en nutrition, des accros du fast-food, des cuisiniers, des profs de gym, des universitaires, des avocats, un ministre de la santé.
La démarche du cinéaste - courageuse - est à porter à son crédit: s'en prendre à une multinationale du calibre de McDonald n'est pas une sinécure (les responsables McDo ne répondront d'ailleurs jamais aux appels téléphoniques de l'enquêteur). Reste à se demander - au-delà du caractère tout de même artificiel de l'expérience - quel peut être l'impact d'un tel film sur le public en général, et américain en particulier. Mais n'y aurait-il que quelques centaines de personnes convaincues que cela vaudrait déjà la peine..."
Antoine Rochat