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C’est un fait: toute image est polysémique. Elle renferme des séries de significations qui peuvent même être contradictoires. Une image nous parle en fonction de notre vécu, de notre expérience, elle évoquera des sensations différentes selon les personnes qui la regardent. Cette polysémie peut être réduite, c’est le rôle de la légende par exemple, mais c’est aussi le rôle des conventions extérieures à l’image: un panneau de signalisation de cédez-le-passage est moins polysémique qu’un tableau abstrait. Mais il s’agit d’une convention, d’une construction, car rien dans ce triangle rouge qui pointe vers le bas ne contient intrinsèquement la notion de «cédez-le-passage». Il y a aussi des conventions moins strictes que le code de la route mais qui jouent un rôle dans l’interprétation et la connotation de l’image, ce sont les conventions culturelles, les stéréotypes, les habitudes. Autrement dit, si chaque personne a potentiellement une lecture différente d’une photographie, celle-ci sera néanmoins interprétée au travers de conventions socialement partagées.
Les photographies de Régis Colombo se nourrissent de ces conventions pour mieux les mettre en évidence et en quelque sorte pour mieux les détruire. Par l’accumulation d’images assemblées en une seule, ses compositions et ses «Transparencies» sont là pour brouiller les pistes des interprétations préétablies, elles redonnent à l’observateur son droit au désarroi, au questionnement.