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Le service civil aura vingt ans le 1er octobre 2016. Vingt ans, c’est jeune, mais c’est déjà beaucoup. Le service civil est jeune comparé à de nombreuses autres unités administratives de la Confédération qui fêtent leur cinquante, cent ou cent cinquante ans. De la même manière, il est jeune par rapport à l’histoire du service civil dans d’autres pays. Toutefois, il a un âge respectable si l’on se penche sur chacune des années écoulées. En effet, la richesse des changements survenus est surprenante au regard du peu de temps écoulé. Il n’allait pas de soi que le service civil verrait le jour en 1996 ; il n’allait pas de soi non plus qu’il continue d’exister aujourd’hui.
Qui est à l’origine du service civil ? A-t-il été créé par les citoyens suisses qui ont voté en sa faveur en 1992 ? L’honneur en revient-il à Helmut Hubacher, dont l’initiative a conduit à ce vote ? Ou faut-il plutôt considérer que ce sont les jeunes hommes astreints au service militaire et confrontés à un conflit de conscience qui ont rendu sa création nécessaire ? Le service civil a tout un éventail de « pères » possibles.
Histoire et histoires
Les points de vue sur le service civil aussi sont nombreux. Au moment de sa création, en 1996, le service civil s’est vu attribuer trois missions fondamentales : premièrement, résoudre le problème du refus de servir pour des motifs de conscience, deuxièmement fournir des prestations civiles d’intérêt public et, troisièmement, fournir des prestations civiles dans le cadre de la politique de sécurité. Les histoires relatives aux débuts du service civil sont très différentes selon qu’on se place du point de vue de l’une ou de l’autre de ses trois missions.
Les premières racontent les objections de conscience depuis l’introduction de l’obligation générale de servir, en 1874. Elles sont nombreuses et trouvent leur expression dans les multiples initiatives rejetées, qui visaient à résoudre le problème de l’objection de conscience.
Les histoires relatives à la deuxième mission fondamentale commencent en 1996 et racontent comment les civilistes sont venus en aide à des personnes âgées, à des jeunes ou à des demandeurs d’emploi et comment ils se sont engagés en faveur de l’environnement. Ces histoires-là pourraient même débuter avec le travail d’intérêt public, avant 1996. Comme le faisait remarquer mon prédécesseur, Samuel Werenfels, les premières heures du service civil remontent aux années 1980. Alors employé à l’Office fédéral de l’industrie, des arts et métiers et du travail, il a développé les réflexions qui régiront l’exécution des travaux civils d’intérêt public que les objecteurs de conscience seront appelés à accomplir à partir de 1992.
Les débuts de la troisième mission fondamentale du service civil sont encore différents et amènent d’autres récits. Des histoires qui racontent le commencement des réflexions autour de la paix et du travail de promotion de la paix. Elles remontent au début des années 1920 et coïncident avec les premiers pas de nombreuses institutions de bienfaisance ou humanitaires créées après la Première Guerre mondiale, dans l’espoir d’une paix durable. En 1920, l’ingénieur suisse Pierre Cérésole crée le Service civil international, qui existe encore aujourd’hui et est organisé comme un service volontaire. Selon l’angle duquel on observe les choses, ce sont d’autres personnes et d’autres traditions qui se trouvent à l’origine du service civil.
Le service civil, un jeu d’équipe
Notre propos n’est pas de désigner une fois pour toutes une personne comme ayant créé le service civil à un moment précis. Car les acteurs du service civil sont nombreux : civilistes tenus d’accomplir des affectations, personnel et clients des établissements d’affectation, personnel de l’administration. Tous ceux qui participent au service civil, se sentent liés à lui ou s’y intéressent, amènent des histoires différentes.
C’est dans cet esprit qu’ont été écrits les textes de cette année de commémoration. Rédigés par des civilistes, des établissements d’affectation ou des scientifiques sur le thème d’une année et d’un domaine d’activité particulier, ils illustrent la diversité du service civil. Les années choisies (1996, 1998, 2002, 2004, 2007, 2009, 2014) servent de point de départ ; le but n’était pas d’établir une chronologie complète. Tous les textes ont été écrits en 2016 et sont autant de regards posés sur le passé. Il y en a une bonne vingtaine, qui seront publiés les uns après les autres, à raison d’un par semaine, sur notre site internet.
Les auteurs ne se contenteront pas, du moins je l’espère, de mettre en lumière la diversité et l’évolution du service civil, mais prendront la liberté d’émettre des critiques et de soulever des questions. Vingt ans de service civil, ça se fête ! …et c’est aussi une occasion de poser un regard précis et critique sur le passé et de se renforcer pour l’avenir.
Je vous souhaite beaucoup de plaisir à la lecture des histoires qui suivront, que je me réjouis moi aussi de découvrir.
Christoph Hartmann
Chef du service civil
Dernière modification 25.04.2017