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En raison des sanctions, deux tiers des avoirs russes sont confisqués. La banque centrale de Russie n'a plus accès à ses réserves de change en euros ou en dollars. De 600 milliards de dollars, il ne lui en resterait que l’équivalent de 150 milliards de dollars, essentiellement en or, yuans, et roupies.
Pour continuer à fonctionner, la Russie doit donc pouvoir compter sur des alliés comme la Chine.
Selon Arthur Jurus, économiste chez Oddo BHF, "les exportations chinoises vers la Russie augmentent trois fois plus vite que par rapport au reste du monde. La Russie se tourne vers les partenaires commerciaux qui n'appliquent pas les sanctions économiques, comme la Chine."
Sur le site de, on peut lire en effet que les exportations de la Chine vers la Russie ont bondi de 45% en février, tandis que leurs exportations mondiales ont crû de 16%.
Des prix soldés en Russie
Outre les exportations, la Chine fait également ses courses à prix soldés en Russie, ajoute l'économiste: "Les importations de barils russes par la Chine ont augmenté de 37%. La Chine profite d'un baril moins cher de 20 dollars sous le prix du marché et s'assure de disposer de l'énergie dont elle a besoin."
D'après Alexandre Tavazzi, stratégiste Global Chez Pictet Wealth Management, les conglomérats chinois auraient également reçu le mandat de soutenir les entreprises russes dans les secteurs de l'énergie, des matières premières et dans l'industrie: "On aurait incité certaines entreprises chinoises à acheter une participation dans des sociétés russes dont les cours boursiers se sont effondrés. Donc on peut les acheter à bon prix, ou du moins, à prix nettement plus intéressant qu'il y a un mois."
Pékin profite ainsi de la faiblesse de la Russie pour y placer ses pions. Mais elle doit également se montrer prudente. Car en allant trop loin, elle pourrait risquer elle aussi des sanctions américaines.
Du pétrole arabe payé en yuans
Autre récent coup de maître de la Chine, elle a obtenu de payer sa facture de pétrole à l'Arabie saoudite en yuans, la monnaie chinoise. Une première, qui accroît le pouvoir du yuan.
"La Chine démontre ainsi que sa monnaie peut devenir une monnaie d'échange au niveau international sur un marché aussi important que celui de l'énergie, avec l'acteur principal qu'est l'Arabie saoudite", souligne Alexandre Tavazzi.
Corollaire de la guerre en Ukraine, la Chine étend sa zone d'influence, renforce son pouvoir économique avec un symbole fort: le rêve de voir un jour arriver l'ère du pétroyuan.
Philippe Lugassy/fme