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« Pour accomplir sa tâche, le chamane dépend d’un pouvoir spécifique individuel qui lui est habituellement procuré par ses esprits gardiens et alliés. Chaque chamane dispose d’au moins un esprit gardien à son service, et cela qu’il possède ou non d’autres esprits alliés…
En dehors de l’Amérique du Nord, l’esprit gardien joue un rôle tout aussi important, mais il est souvent désigné sous d’autres termes dans la littérature anthropologique, comme « esprit tutélaire » dans les ouvrages sur le chamanisme sibérien, et « nagual » au Mexique et au Guatemala. Dans la littérature australienne, on se réfère au « totem assistant » et dans la littérature européenne, au « familier ». Parfois, l’esprit gardien est simplement dénommé « l’ami » ou « le compagnon ». Quel que soit son nom, il est la source fondamentale du pouvoir qui permet au chamane d’agir.
La façon la plus commune d’acquérir un esprit gardien consiste à faire une quête d’esprit dans un lieu isolé dans la nature sauvage ; une grotte, le sommet d’une montagne, une grande cascade ou une piste isolée dans la nuit, comme chez les Jivaro. Il existe également des voies chamaniques involontaires ou spéciales pour se procurer un esprit gardien.
Sans esprit gardien, il est virtuellement impossible d’être un chamane, car celui-ci doit posséder cette source de pouvoir à la fois vive et fondamentale pour surmonter et maîtriser les puissances spirituelles ou non ordinaires dont l’existence et les actions sont normalement cachées aux humains. L’esprit gardien est souvent un animal de pouvoir, un être spirituel qui non seulement protège et sert le chamane, mais devient son alter ego ou une autre identité pour lui. »
Michael Harner, La Voie du chamane, un manuel de pouvoir & de guérison, mama éditions, 2011, p.84
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