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Photo AUJ
Dans les pages « Les expériences de mort imminentes », vous trouverez plusieurs hypothèses scientifiques cherchant à expliquer à la fois le phénomène des EMI et celui des sorties de corps. Mais vous pouvez découvrir ici quelques études menées sur les sorties de corps avec des sujets particulièrement doués dans le domaine.
Mademoiselle Z
En 1968, le professeur en psychologie et parapsychologue Charles Tart a mené des expériences avec celle qu’il a appelée “Mademoiselle Z”, une jeune femme qui était en fait la baby-sitter de ses enfants et qui lui a révélé un jour qu’elle voyait depuis l’enfance son corps endormi alors qu’elle était en train de flotter au plafond.
Le chercheur mena une expérience durant laquelle la jeune femme était reliée à un électroencéphalogramme durant son sommeil. Il s’avéra à l’analyse des enregistrements que le tracé durant la phase 1 du rêve normal était atypique et ne correspondait pas à ce que l’on attend durant cette étape du sommeil : pas de mouvements rapides des yeux et un rythme alpha lent. Cet anomalie était intervenue au moment même où elle affirmait être sortie de son corps. Mademoiselle Z réussit également à donner le chiffre 25132 qui était caché sur une étagère trop en hauteur pour qu’elle puisse le voir alors qu’elle était clouée dans son lit par les câblages de l’électroencéphalographe. La probabilité qu’elle ait pu donner le bon chiffre par hasard est d’une chance sur des centaines de milliers.
Robert Monroe
Plus tard, le fameux « remote viewer » Robert Monroe, qui vivait régulièrement des sorties de corps, se prêta lui aussi au même type d’expérience. L’analyse de son électroencéphalogramme montra une fois encore des différences par rapport à ce qu’on attend en phase 1 de rêve, mais celles-ci n’étaient pas tout à fait similaires à celles enregistrées dans le cas de Mademoiselle Z. En effet, l’homme gardait parfois des mouvements oculaires et son rythme alpha était bien plus faible que celui de la jeune femme.
Autre élément étrange: la phase 1 du sommeil est normalement rapide. Or, Charles Tart a constaté qu’elle se prolongeait bien au-delà de la normale dans les cas de sorties de corps.
Le chercheur et psychologue américain Stanley Krippner a pour sa part observé un arrêt des mouvements oculaires rapides durant le temps où se produisait l’expérience de sortie de corps (1). C’est là une grande différence par rapport aux rêves lucides, ces songes où l’on a pleinement conscience de rêver et où il est possible de maîtriser ce qu’il se passe dans le monde onirique.
Analyse du cerveau des expérienceurs
« Lorsque l’EHC commence, la couche superficielle du cerveau (le « cortex ») montre des ondes cérébrales plus lentes que pendant l’état de veille normal. Ce qui signifie que le cerveau produit des ondes « alpha » (8-12 cycles par seconde) au lieu des ondes « bêta » produites pendant l’état de veille habituel (12-30 cycles par seconde). De plus, pendant une EHC, le cerveau ralentit même d’un à deux cycles par seconde en dessous du rythme alpha normal de la personne, passant à ce que l’on appelle le rythme « alphaoïde ». Dans le même temps, les activités cérébrales plus profondes et associées au sommeil, sont observées. Ainsi, l’état du cerveau observé pendant une EHC semble rejoindre la description « corps endormi, esprit éveillé » souvent rapportée par les expérienceurs comme étant leur perception subjective de l’EHC (2). Bien que pendant le sommeil normal, le cerveau de la personne (qu’elle ait vécu ou non une EHC) ralentit également jusqu’aux ondes alpha, généralement les gens rêvent lorsqu’ils sont dans cet état. Mais les EHC ne semblent pas avoir lieu pendant les phases de rêves (3). (Désormais les scientifiques peuvent facilement déterminer quand nous sommes en train de rêver car, même si nos yeux sont fermés pendant le sommeil, ils bougent rapidement derrière nos paupières lorsque nous rêvons, et ce mouvement oculaire rapide (« MOR ») n’est pas observé, nous l’avons dit, pendant les EHC). Une fois que l’expérienceur passe de la perception d’un environnement « physique et normal » à un environnement non ordinaire (et désigné selon les selon les chercheurs et les expérienceurs comme les environnements « spirituel », « Extatique » ou « mystique »), l’activité du cerveau est apparemment d’autant plus ralentie, jusqu’aux fréquences appelées « thêta » (4-7 cycles par seconde) et quelque fois « delta » (1 à 3 cycles par seconde). Ces fréquences d’ondes cérébrales n’apparaissent normalement que pendant les phases de sommeil très profond et pendant lesquelles nous ne rêvons pas – et par conséquent, desquels nous n’avons aucun souvenir, aucune expérience. Mais quand leur cerveau atteint ces rythmes thêta et delta pendant une EHC, les expérienceurs paraissent ne pas être endormis. Ils disent à l’inverse être conscients d’« événements » dont ils sont capables de se souvenir en détail par la suite (une fois qu’ils sont revenus à leur conscience d’état de veille, c’est-à-dire après que leur cerveau s’est réactivé à nouveau jusqu’à atteindre le rythme bêta de 12-30 cycles par seconde). » (4)
Alexandra Urfer Jungen
1. Krippner S., « A pilot Study in ESP, Dreams, and Purported OBEs », Journal of the Society for Psychical Research, 1996, 61, pp.88-93
2. Robert Monroe, Le voyage hors du corps, Paris, Le Rocher, 1996
3. Gabbar G., Twemlow S., With the Eyes of the Mind : An Empirical Analysis of Out-of-body experiences, New York, Praeger Publishers, 1984
4. Paul Bernstein, « Expériences de « sorties hors du corps » (EHC) » in Expériences extraordinaires, le Manuel clinique, sous la direction de Stéphane Allix et Paul Bernstein, InterEditions, 2013, p.152
Pour en savoir plus. découvrez également la page expérience sur les sorties de corps