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Après avoir tenu le rôle mémorable de June Osborne dans "La servante écarlate", Elisabeth Moss est de retour avec un nouveau rôle principal. Elle incarne Kirby Mazrachi dans la série "Shining Girls" qui s'intéresse à la vie d'une victime après une grave agression. Tailladée au ventre assez profondément six ans plutôt, Kirby est encore passablement traumatisée. Archiviste au journal Chicago Sun-Times, Kirby, qui vit avec sa mère et son chat, tient une sorte de journal dans lequel elle note, en style télégraphique, tous les évènements de sa vie, aussi anodins soient-ils.
Un jour, la police découvre dans un collecteur d'égouts le cadavre d'une femme disparue depuis deux ans. Malgré l'état plutôt délabré du corps, il apparaît rapidement que la femme a été agressée avec le même mode opératoire que Kirby six ans plus tôt.
Un univers spatio-temporel instable
Kirby avait déjà rencontré ce tueur en série alors qu'elle était enfant. Un tueur assez particulier puisque bien des années plus tard, il a toujours le même visage. L'âge et le vieillissement ne semblent avoir aucun effet sur lui. Kirby décide de mener l'enquête avec l'aide d'un journaliste du Chicago Sun-Times, Dan Velazquez (Wagner Moura), auquel elle s'est confiée en lui faisant notamment part de la similitude de son agression avec celle dont a été victime la femme de l'égout.
En fait, tout l'univers spatio-temporel dans lequel évolue Kirby est instable. Par exemple, son chat se révèle tout à coup être un chien, qui porte évidemment le même nom. Et Kirby de prendre son carnet pour, dans la phrase "je vis avec un chat", y biffer le mot "chat" et le remplacer par "chien". Ce petit carnet prend alors une importance dont on ne soupçonnait pas l'ampleur: il est le témoin des changements de réalité que subit l'héroïne.
>> A voir, la bande-annonce de la série (en anglais):
Réalité ou choc post-traumatique?
Ces modifications de la réalité dans la vie d'une victime sont-elles tangibles ou ne s'agirait-il pas plutôt de troubles post-traumatiques d'ordre psychologique dont souffre précisément Kirby? Pour le savoir, il faudra regarder "Shining Girls".
Le parti pris de la mise en scène qui déplace ces atrocités hors du champ de la caméra doit-être salué. La violence des scènes de crimes se limite aux photographies prises sur place. Et comme l'action se déroule en 1992, ces clichés sont principalement des polaroïds d'une qualité et d'une netteté relatives.
Dans "Shining Girls", le chemin qu'emprunte le récit est parfois assez épineux étant donné les transformations parfois drastiques que subit la vie de Kirby Mazrachi. Pourtant, la narration ne perd pas les spectatrices et les spectateurs en route. Et bien sûr, Elisabeth Moss impose son talent dans la composition de ce personnage torturé, sans surenchère, avec la finesse de jeu qu'on lui connaît.
Sujet radio: Pascal Bernheim
Adaptation web: ld