Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06909.jsonl.gz/648

Critique
A l'approche de la trentaine, Lucy est toujours célibataire. Elle cherche désespérément une âme sœur et va rencontrer cinq hommes qu'elle ne connaît pas (les rendez-vous ont été subtilement manigancés par ses amis): tout d'abord un entomologiste, ensuite un metteur en scène, un base-balleur, un séducteur. Mais c'est encore un autre qu'elle finira pas épouser.
La comédie romantique est un inépuisable filon. Pour légèrement renouveler le genre, il est de bon ton de moderniser les situations. Les filles parlent, entre elles, de sexe très librement ou n'hésitent pas à malmener leurs partenaires... Mais, même si Jon Sherman, après des études cinématographiques en France, se sent attiré par le cinéma européen et les classiques américains, sa Lucy s'apparente pour l'essentiel à une production hollywoodienne sans aspérité. Et, lorsqu'il veut, au passage, dresser une peinture sociale de la détresse des célibataires trentenaires qui foisonnent en milieu urbain, ses portraits un peu trop convenus cantonnent l'ensemble au stade de la gentille comédie sentimentale. Les règles en sont claires et formulées dès les premières scènes: Lucy a rencontré cinq hommes dans l'année et épouse l'un d'eux, lequel? Que l'on se prenne au jeu des pronostics ou non, le film glisse sans réelle surprise. Tout juste remarque-t-on quand même (et avec plaisir) que, contrairement aux comédies de teenagers, l'humour ne franchit jamais le seuil de la vulgarité. De même, la distribution offre quelques bonnes surprises: John Hannah (4 MARIAGES ET UN ENTERREMENT), Gael Garcia Bernal (Y TU MAMA TAMBIEN), Anthony LaPaglia (LANTANA), etc. Quelques agréables consolations qui réussissent presque à faire oublier l'inutilité de l'entreprise.
Ancien membre