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Dolmen, menhir et « Specchie »
Ils représentent trois types de monuments, caractéristiques pour leur structure qui, quoique brute et sans la présence d’inscriptions, témoignent la naissance de l’ancienne civilisation méditerranéenne dans le Salento. Des oeuvres du même genre ont été retrouvées seulement en Bretagne, Angleterre, Belgique et en Cornouailles.
Les « Specchie » sont de grands tas de pierres larges 10-15 m et hauts jusqu’à 10 mètres qui ont un développement conique à base circulaire et sont surélevés par rapport à l’environnement. Ces derniers sont situés dans les zones côtières et surélevés de façon à contrôler la mer. Selon quelques palethnologues il s’agissait d’anciennes et grandes constructions utilisées comme habitations faites de pierre sans l’emploi de ciment comme les « trulli » éparpillés dans la province de Lecce et de Bari. Pour d’autres ils représentent par contre des restes de constructions faits par l’homme primitif pour se défendre contre l’ennemi ou des tombeaux honoraires semblables à ceux décrits par Homère, Virgile et donc conformes à la « grave more » que selon Dante couvrit le corps de Manfredi. Selon quelques recherches conduites de1928 à 1934 par Cesare Teofilato, la « Specchia de Castelluzzo », située dans la campagne de Francavilla Fontana, montrait une architecture défensive très claire et des traces de cellules funéraires et des fragments de terre cuite. Tout ceci portait le spécialiste à affirmer que cette Specchia était un sépulcre d’origine très probablement messapienne. D’autres recherches menées en 1941 par la Surintendance aux Antiquités de la région des Pouilles permirent à Ciro Drago de distinguer les Specchie en, Grandes Specchie, qui étaient présentes seulement dans le Salento, principalement sur les côtes, dans des zones surélevées et avaient la fonction de défendre les zones environnantes;
et Petites Specchie, présentes dans toute la Japigia, remontant à l’âge du fer, et qui avaient à leur intérieur une cellule centrale qui rappelait les Dolmens, puisque formée par de grosses plaques avec une petite porte vers Orient et un petit dromos. Près de Martano est présente la Specchia dei Mori qui, d’une éminence, domine la plaine qui s’étend jusqu’à 15 km et près de laquelle passe l’ancienne route romaine Traiano-Calabra qui réunissait Otranto à Brindisi.
Beaucoup de specchie sont malheureusement encore aujourd’hui objets de destruction. D’après une recherche réalisée au début du 1900, par C. De Giorgi, il y en avait à l’époque environ une trentaine. S’il est vrai que beaucoup d’elles ont survécu, il est aussi vrai cependant que de beaucoup d’autres sont restés seulement les noms dérivés des dominations des villages adjacents.
Les Dolmens sont de petites chambres rectangulaires formées par huit ou plusieurs piliers monolithiques qui s’appuient sur la roche et qui soutiennent une plaque de couverture. Les dolmens sont bruts, ils ne présentent aucune gravure et ils peuvent atteindre une hauteur maximum d’un mètre et demi du sol. Les pierres qui permettent de créer les murs latéraux du dolmen et la plaque supérieure sont semblables à celle sur laquelle ils se lèvent. Ceci fait penser que le matériel utilisé pour la construction a été pris dans les alentours. Beaucoup soutiennent que les dolmens actuels étaient autrefois précédés par une double file de plaques toujours elliptiques, plantées et disposées à couloir (dromos). Cependant, ceci n’est pas visible dans aucun des dolmens présents dans le Salento. D’autres auteurs ont affirmé que, peut-être, autrefois ils étaient recouverts de la terre qui progressivement avait été portée par la pluie en laissant ainsi à nue seulement la cellule funéraire. Les dolmens plus intéressants du Salento sont 7, et ils ont été découverts entre 1893 et 1910 dans les campagnes de Giurdignano près d’Otranto. D’autres dolmens sont présents dans les alentours de Minervino, Castro, Melendugno et Tarente.
Les menhirs sont constitués par contre par une seule pierre à la forme de parallélépipède à la base rectangulaire, assez carrée et encastrée dans le sol ou presque toujours dans la roche. Les menhirs du Salento, dont la caractéristique principale est donnée par le fait que leurs côtés plus larges sont orientés du nord au sud, ont normalement une hauteur de 4 mètres et ils sont très semblables à ceux présents en Cornouailles, en Angleterre, aux Baléares et dans le territoire de Bari et Sarde. Pour beaucoup de spécialistes les menhirs avaient un sens religieux qui cependant fut changé avec l’avènement du Christianisme. En effet, qui soutient cette thèse affirme que l’Église chercha continuellement de détruire la litholatrie et en ne réussissant pas elle tenta de christianiser ces anciens signes du culte païen en imposant de graver des croix sur leurs murs. Ce fut ainsi qu’ils furent transformés en Hosanna et ils devinrent des lieux de culte où ils se rendaient en procession pour invoquer la Grâce du Ciel. Le seul menhir qui peut encore être visible dans le Capo di Leuca se trouve à Giuliano, petite fraction de Castrignano del Capo. Ce menhir a la forme d’un champignon avec la tête allongée, il est haut 2 m et il est constitué par un carparo jaunâtre.