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Le café a été l’un des premiers produits à apparaître sur les éventaires des pionniers du commerce équitable et le premier produit labellisé par Fairtrade International (en Suisse Max Havelaar). Mieux que d’autres matières premières, le café symbolise les échanges inégaux au sein du marché global.
Créer une filière plus juste qui permet aux petits producteurs de vendre leur production à des conditions plus avantageuses a constitué l’un des premiers pas du mouvement du commerce équitable. Aux Pays Bas, le café équitable est disponible dans les magasins spécialisés dès 1973. En Suisse, des pionniers du commerce équitable, en particulier OS3 (devenu claro fair trade) vendent du café équitable dans les Magasins du Monde depuis les années ’80. Depuis le début des années ’90, le café certifié Fairtrade est disponible dans les grandes surfaces, le rendant ainsi accessible au grand public. Aujourd’hui, le café équitable a une part de marché de 10% qui correspondent à une consommation de 3000 tonnes de café vert.
Café du commerce équitable, un nouvel espoir ?
Les acheteurs affiliés à un programme Fair Trade s’engagent à acheter le café à un prix minimum même si les cours mondiaux sont inférieurs à ce seuil. Ce prix minimum, couplé à un préfinancement des récoltes et une garantie d’achat sur plusieurs années a permis à de nombreux petits producteurs d’améliorer leurs conditions de vie et de ne pas plonger dans la misère lors de la crise du café de 1997 lorsque la chute dramatique des cours (-65 %), provoquée par la surproduction, a rendu le prix d’achat du café inférieur à son coût de production. En plus du prix minimum, une prime du commerce équitable est versée aux coopératives de producteurs. Cette somme est investie dans la construction d’infrastructures locales, telles que des écoles, des hôpitaux, mais aussi dans des technologies permettant d’augmenter la production et dans la formation.
En promouvant les coopératives de producteurs, le commerce équitable aide les producteurs à devenir plus autonomes et renforce leur position de négociation avec les négociants en café.
Les normes du commerce équitable obligent les producteurs à se conformer aux conventions internationales du droit du travail (conventions de l’OIT) et interdisent le travail des enfants. Des contrôles réguliers et indépendants garantissent le respect de ces normes qui portent également sur l’utilisation des produits phytosanitaires et la protection des ressources naturelles. La protection de la biodiversité et l’encouragement de la culture biologique font également partie du cahier des charges des produits équitables.
L’impact du commerce équitable
Les effets du commerce équitable sont documentés par de nombreuses études scientifiques selon lesquelles la qualité de vie des producteurs et de la communauté dans son ensemble s’améliore en présence d’une filière équitable. Dans son étude d’impact, Nelson et al (2016), par exemple, compare l’effet de plusieurs certifications (y compris équitables et biologiques), sur le revenu des petits caféiculteurs et des coopératives de producteurs dans quatre pays producteurs. Les résultats enseignent que seul le commerce équitable a un impact positif sur la qualité de vie des agriculteurs et de l’ensemble de la communauté. La prime au commerce équitable ne génère pas d’augmentation des revenus, mais permet la réalisation d’infrastructures et facilite l’introduction de techniques agronomiques adaptées qui indirectement génèrent un impact économique important. En outre, des mesures sociales telles le respect du droit du travail, la possibilité pour les producteurs de bénéficier d’une assurance maladie et d’une protection contre le licenciement en cas de maladie, ont un impact direct sur les conditions de vie des producteurs et de leurs familles.