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L'affaire qui vaut au fondateur de Megaupload Kim Dotcom des poursuites aux Etats-Unis n'est rien d'autre qu'un dossier de "fraude". C'est ce qu'a plaidé jeudi l'avocat des autorités américaines devant le tribunal néo-zélandais qui statue sur sa possible extradition.
Les investigations lancées aux Etats-Unis contre l'extravagant homme d'affaires allemand de 41 ans - dont le vrai nom est Kim Schmitz - ont été décrites par le FBI comme la plus grande affaire de droits d'auteur de l'histoire américaine.
Après quatre ans de procédure, la demande américaine d'extradition a commencé lundi à être examinée par le tribunal de district d'Auckland, dans le nord de la Nouvelle-Zélande.
Accusé par les autorités américaines d'avoir illégalement empoché des dizaines de millions de dollars grâce au piratage, Kim Dotcom a estimé dans un tweet au premier jour du procès que l'affaire opposait en fait des "milliards d'internautes" à "une poignée de milliardaires américains".
Complot
Mais pour Christine Gordon, avocate des autorités américaines lors de cette audience qui devrait durer trois semaines, les accusations contre Kim Dotcom sont beaucoup plus simples. "Pendant le long prologue de cette audience, beaucoup de choses ont été dites sur la nouveauté et la technicité de cette affaire", a déclaré jeudi Mme Gordon.
"Mais quand on arrête de se laisser distraire, les preuves ramènent tout bonnement cette affaire à un simple mécanisme de fraude." Pour l'avocate, la plateforme de télécharment Megaupload, aujourd'hui fermée, était l'instrument d'un vol à grand d'échelle d'oeuvres protégées.
"Les défendeurs ont participé à un complot", a-t-elle accusé. "Ils ont volontairement doté leur site de contenus enfreignant la législation sur les droits d'auteur, (...) ils ont délibérément profité de ces contenus et en ont tiré d'importantes sommes d'argent."
Entrepreneur du net
Outre Kim Dotcom, trois autres anciens de Megaupload - Finn Batato, Mathias Ortmann et Bram van der Kolk - sont visés par la demande d'extradition du département américain de la Justice et le FBI.
Les autorités américaines les accusent d'avoir tiré 175 millions de dollars de profit et entraîné plus d'un demi-milliard de dollars de pertes pour les ayants droit des oeuvres musicales, films et autres produits piratés.
Recherché pour fraude, racket ou encore blanchiment, Kim Dotcom se défend de toute infraction, en se présentant comme un entrepreneur du net. Il encourt 20 ans de prison en cas d'extradition et de condamnation aux Etats-unis.
Kim Dotcom avait été incarcéré pendant un mois après son arrestation en janvier 2011 par les forces d'élites de la police néo-zélandaise dans un raid matinal contre son palace d'Auckland.
L'audience d'extradition se poursuit vendredi.
ATS