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Un éditorial paru le 16 mars dans la TDG sur l'accident nucléaire au Japon, rappelle que le sismologue Takashi Nakata de l'Institut de technologie d'Hiroshima avait confié en 2007, au site d'information Bloomberg, qu'au Japon, en matière de sécurité nucléaire: «ce sont les mêmes personnes qui font les règles, mènent les études et valident les inspections. Et les régulateurs se contentent de signer ce qu'on leur soumet».
Est-ce vraiment une surprise, cela ne se passe-t-il qu'au Japon et cela ne concerne-t-il que l'énergie nucléaire?
Quand on voit la démission générale de l'Etat, obligatoire suite aux innombrables baisses d'impôts (cadeaux au profit de l'économie privée et de ses actionnaires) dans tous les Etats dits «développés» (en tous les cas pas développés dans le sens d'une véritable prise de responsabilités par rapport aux générations futures), je crains fort que la réponse soit non.
Aux Etats-Unis, à Washington, on estime à 100'000 personnes (oui, vous avez bien lu !), le nombre de lobbyistes travaillant à influencer l'appareil législatif de ce pays. Aux Etats-Unis toujours, en 2000, lorsque Bush jr est arrivé au pouvoir, il a fait nommer un ancien de Monsanto à la tête de l'EPA (Environmental Protection Agency). Ce qui correspondait à peu près à nommer Al Capone à la tête du FBI (vous me direz qu'un certain J. Edgar Hoover en a été son directeur pendant 49 ans et le moins que l'on puisse dire est qu'il est un personnage controversé). Cela avait pour but de permettre à cet insider d'influencer très exactement les réglementations qui gênaient cette Industrie (la pharmaco-chimie) aux entournures. Et c'est ce qui a été fait.
Et ne nous faisons aucune espèce d'illusion, ce qui se passe aux Etats-Unis se fait également à Bruxelles (il n'est que de voir avec quelle célérité Manuel Barroso s'est empressé d'annuler le moratoire sur les OGM sitôt réélu à la tête de la Commission européenne). Et se fait également à Berne. La seule différence est une question d'échelle. Mais notre Parlement de milice favorise le recours à des spécialistes des différents domaines concernés par le travail législatif. Et ces experts ne viennent évidemment pas de mouvements alter-mondialistes ou de ce que l'on appelle de différents vocables (Société civile, etc..). Non, ces experts viennent évidemment de l'Industrie, des Pharmas, des Banques, de l'agro-alimentaire, des Assurances, etc.. Et leur but est, bien évidemment aussi, de laisser autant de liberté de manœuvre que possible à la branche économique qu'ils représentent.
Et c'est pourquoi, nous, les simples citoyens, sommes systématiquement perdants car ni nos Droits, ni nos intérêts, ni notre santé, ni notre protection sous une forme ou une autre ne sont défendus dans nos Parlements respectifs. En fait nous élisons des représentants politiques qui s'engagent à nous défendre et qui sitôt élus font collusion avec des Intérêts qui nous sont trop souvent opposés. C'est une autre grande perversion de ce que l'on appelle la «démocratie.»
Nous avons encore cette chance unique, en Suisse, de pouvoir régulièrement voter sur des objets importants et parfois de mettre un frein à des appétits démesurés. C'est pourquoi il est capital à mes yeux de ne pas nous laisser «tyranniser» par l'UE, car une entrée dans cette zone encore non démocratique dans son fonctionnement, signifierait un abandon de cette Liberté et de ce Pouvoir uniques au Monde.