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Carles Puigdemont (en photo), qui a gagné la Belgique en début de semaine dernière, et Oriol Junqueras, placé en détention provisoire pour sédition, rébellion et détournement de fonds, sont les deux principales figures du mouvement indépendantiste catalan (archives).
KEYSTONE/EPA/STEPHANIE LECOCQ(sda-ats)
Le Parti démocrate (PDeCAT) du président destitué de Catalogne, Carles Puigdemont, et la Gauche républicaine de Catalogne (ERC) ont échoué mardi soir à constituer un front uni. Ils feront campagne séparément pour les élections régionales anticipées du 21 décembre.
Leur incapacité à s'entendre risque de compliquer leur croisade électorale mais aussi de réduire leurs chances de retrouver une majorité dans le futur parlement régional.
"Il a été impossible de former une liste commune et nous devrons par conséquent créer un front commun à partir de différentes candidatures", a annoncé Sergi Sabria, député ERC, dans un communiqué, à l'expiration du délai légal fixé pour la constitution de coalitions électorales.
Aux précédentes élections, en 2015, le PDeCAT, l'ERC et d'autres formations catalanes avaient réussi à se présenter sous le front commun du Junts pel si (Ensemble pour le oui). Ils avaient obtenu 62 des 135 sièges du Parlement de Catalogne, et le soutien des dix élus de la CUP (Candidature d'unité populaire, extrême gauche) permettait aux indépendantistes d'avoir la majorité absolue, fixée à 68 sièges.
Lutte interne
Même si le parti de Puigdemont et la formation du vice-président de l'exécutif, Oriol Junqueras, conservent la capacité de s'allier après le scrutin, leur incapacité à se mettre d'accord avant le vote pourrait en outre provoquer une lutte interne pour le pouvoir.
Puigdemont, qui a gagné la Belgique en début de semaine dernière, et Junqueras, placé en détention provisoire pour sédition, rébellion et détournement de fonds, sont les deux principales figures du mouvement indépendantiste catalan. Mouvement qui a conduit le gouvernement de Madrid à placer le 27 octobre dernier la région sous tutelle quelques heures après le vote au Parlement catalan d'une déclaration unilatérale d'indépendance.
Un sondage GAD3 publié dimanche par le quotidien catalan La Vanguardia crédite l'ERC de 45 à 46 sièges dans le futur parlement et le PDeCAT de 14 à 15 sièges. La CUP obtiendrait elle entre 7 et 8 élus, selon ce sondage réalisé entre le 30 octobre et le 3 novembre, soit après la mise sous tutelle de la Catalogne en application de l'article 155 de la Constitution.
Plus de sièges
En faisant liste commune, l'ERC et le PDeCAT auraient pu espérer remporter davantage de sièges, d'après des sondages distincts et des projections qui tablaient sur 60 à 63 élus pour une éventuelle alliance, auxquels se seraient ajoutés huit à neuf élus CUP, soit des performances suffisantes pour retrouver la majorité absolue.
Dans la journée, Puigdemont avait lancé depuis Bruxelles un nouvel appel à la constitution d'un front uni. "L'idéal serait une vaste liste régionale de partis (...) PDeCAT, CUP, Podemos, ERC... en faveur de la liberté et de la démocratie", a-t-il déclaré au micro de Radio Catalunya.
"L'Etat espagnol commet une répression brutale (...) Si nous n'affrontons pas la répression ensemble, l'Etat espagnol risque de remporter ce combat", a-t-il ajouté. L'ERC n'excluait pas une telle alliance mais réclamait que les anticapitalistes de la CUP s'y associent.
Poursuivis
Le président destitué de l'exécutif catalan est sous le coup d'un mandat d'arrêt européen. Placé en garde à vue dimanche, il a été remis en liberté le lendemain dans l'attente de l'examen de ce recours par la justice belge.
Puigdemont et les autres anciens membres de la Generalitat sont poursuivis pour avoir organisé le 1er octobre dernier le référendum d'indépendance qui avait été interdit par les autorités espagnoles et pouvoir avoir proclamé l'indépendance de la Catalogne.
ATS