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La Havane
Il s'agit sans nul doute de l'une des plus vieilles villes d'Amérique. Riche en traditions, en légendes et en histoire, la Havane est une cité mystérieuse au caractère unique. Peut-être est-ce dû à la mer, à l'architecture ou à cette atmosphère si particulière qui lui est propre. La Havane foisonne de monuments, de places historiques, de musées et sa culture est aussi riche et diversifiée que ses habitants sont métissés.
Vous allez vivre mille émotions dans cette ville éternelle où beauté et force s'expriment dans un ballet incessant.
La Havane Vieja est le quartier le plus ancien de la capitale. Il comporte près d'un millier de bâtiments dont les plus vieux remontent au 16ème siècle. Vous pourrez y découvrir la place d'Armes qui est la plus ancienne de la ville et, non loin de la Plaza de Armas, la cathédrale, l'un des édifices les plus importants de la capitale dont la façade est dans le plus pur style baroque.
Depuis près de 10 ans, à l'initiative de l'historien de la ville de la Havane, Eusebio Leal, des travaux de réhabilitation de La Havane coloniale, classée Patrimoine Culturel de l'Humanité par l'UNESCO, ont été entrepris. Des équipes d'architectes, de chercheurs et d'étudiants des écoles d'art se sont lancées dans cette tâche titanesque, véritable prouesse technique et artistique qui redonne à la ville coloniale la splendeur qu'elle mérite.
Ainsi, la Plaza Vieja et les édifices du 18ème siècle qui l'entourent ont été rénovés, découvrant des œuvres de toute beauté. D'autres édifices ont été également restaurés, dont la forteresse de San Carlos de la Cabana, le couvent et l'église San Francisco de Ais, ainsi que la maison natale de José Marti.
De 1940 à 1958, de très nombreux Cubains achetèrent leurs voitures aux Etats-Unis, d'où le nombre impressionnant de vieilles voitures américaines dans les rues de la Havane et dans la province. Rien qu'à la Havane, on estime leur nombre à 100'000. Aujourd'hui, elles font vraiment partie du décor et sans elles, Cuba ne serait pas tout à fait Cuba. Il y en aurait environ 400'000 dans toute l'île : Chevrolet Bel Air, Impala, Oldsmobile, Buick, Cadillac, Ford Victoria…
A la Havane, vous aurez le sentiment de traverser les époques, de voyager dans la mémoire de l'histoire, entourés de près de trois millions de Habaneros prêts à vous accueillir de la plus aimable des manières malgré les difficultés de leur vie quotidienne.
Ils sont toujours présent à la Havane
Vers la fin des années 20, un certain Ernest Hemingway, en provenance de Key West où il possède une maison, vint pour la première fois près des côtes cubaines pour y pêcher l'espadon. Par la suite, il séjourna de plus en plus fréquemment à terre,
descendant toujours à l'hôtel Ambos Mundo où, invariablement, la même chambre, située au dernier étage de cet hôtel, l'attendait. De là, Hemingway dominait le port et la vieille Havane. C'est ici qu'il écrivit en son temps "Pour qui sonne le glas". A la fin de l'année 1939, Martha Gellhorn, troisième épouse d'Ernest Hemingway, devint propriétaire du ranch La Vigia situé sur les hauteurs de San Francisco de Paula, non loin de la Havane, d'où l'on pouvait voir les lumières de la ville. Hemingway s'y trouvait bien, entouré de ses cinquante chats, de son fauteuil préféré, de ses trophées de chasse et de ses nombreux livres (il en possédait environ 9000). Il y vécut 21 ans, jusqu'en 1960, soit une année avant qu'il eut décidé de mettre un terme à son existence de façon tragique. Hemingway ne s'est jamais véritablement prononcé sur la révolution, n'aimant pas Batista et ne connaissant pas Fidel Castro. Pour lui, Cuba était l'île du bonheur et de la joie de recevoir ses amis les plus chers. De sa maison, il n'avait que quelques kilomètres à parcourir pour se rendre à La Floridita.Là, l'attendait son tabouret favori sur lequel il prenait plaisir à lire son journal tout en dégustant des daïquiris. Il aimait aussi discuter longuement avec les barmen du lieu, et certains journalistes trop insistants se souviennent encore de ses talents de boxeur. Aujourd'hui, La Finca Vigia attire toujours beaucoup de visiteurs tant la présence du célèbre écrivain est forte; on pourrait croire qu' Hemingway vient de claquer la porte. Cependant on ne la visite que de l'extérieur, à travers les fenêtres. C'est aussi ici que l'auteur apprit qu'il avait reçu le prix Nobel et qu'il donna ses premières interviews. Mais jamais il ne livra le secret de son amour pour Cuba, répondant invariablement: "J'aime Cuba parce que c'est comme ça!".
Commandante Che Guevara
L'histoire débute en 1955 à Mexico City, où un certain Ernesto Guevara, révolutionnaire marxiste argentin, rencontre Fidel Castro. Ce dernier rêve de libérer son pays du joug du dictateur Batista, contrôlé par la mafia nord-américaine. Après une intense nuit de discussion, les deux hommes décident de partir ensemble à la conquête de l'île pour y renverser le tyran fantoche. Médecin depuis deux ans, Ernesto n'a que 27 ans et Fidel voit en lui un compagnon sérieux dont l'aide pourrait s'avérer précieuse tant il aime combattre tout ce qui touche aux yankees qu'il déteste. Après l'échec d'une première expédition (expédition du Granma), les deux hommes parviennent à fuir dans les contreforts de la Sierra Maestra et développent une première expérience de communauté "sociale". Désormais, Ernesto Guevara deviendra le Che et se révélera aussi bon médecin que fin pédagogue, créant des écoles et des hôpitaux. Mais il demeure avant tout un excellent militaire, héroïque et courageux. L'attaque du train blindé, à Santa Clara, en est une preuve supplémentaire. Cette attaque sonnera le glas des troupes de Batista. C'est en décembre 1958 que le Che entre à La Havane. Au début de son règne déjà, l'homme devient un mythe au charisme exceptionnel et Fidel Castro saura en faire bon usage avant que des désaccords n'éloignent les deux hommes. En effet, le Che se montre moins compétent en matière de politique, se révélant peu diplomate et parfois même maladroit.En 1965, le Che et Fidel n'entendent plus, l'Argentin trouvant que la révolution se bureaucratise. Il abandonne son fauteuil de ministre pour combattre sur le terrain. Il quitte alors Cuba, laissant à son ami Fidel une longue lettre dans laquelle il lui explique qu'il ne le comprend plus. Dès lors, le Che ira d'échec en échec, allant jusqu'à adopter une conduite suicidaire qui le mènera jusqu'en Bolivie où, le 9 octobre 1967, un petit sous-officier de l'armée régulière exécutera celui qui est devenu une légende et un symbole pour beaucoup, celui qui est mort le sourire aux lèvres.