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Le fanum d’époque romaine
Les fouilles archéologiques menées en 1908-1910 et en 1988 retracent la longue histoire de ce lieu de culte. Du 1er siècle après J.-C. jusqu’au 4e siècle après J.-C., le site est occupé par un temple gallo-romain, ou fanum, selon le terme utilisé par les archéologues pour désigner les temples de tradition indigène découverts dans les provinces nord-ouest de l’Empire romain.
Au début du 1er siècle, un premier lieu de culte est construit, probablement en bois ; il est ensuite remplacé dans la seconde partie du 1er siècle par un imposant fanum en maçonnerie, de 21,8 m x 18,9 m. La chapelle, ou cella, est une construction quadrangulaire de 8,5 m x 10,1 m qui abrite la statue de la divinité. Seuls les prêtres y ont accès. Elle est entourée d’un déambulatoire, galerie couverte à colonnade où les fidèles venaient accomplir leurs rituels. Un escalier desservait l’entrée du temple à l’est.
Onze puissants contreforts assurent la stabilité de la plateforme de l’édifice au nord et à l’ouest, pour compenser la pente du terrain.
URSINS - sanctuaire
L’église actuelle d’Ursins constitue l’un des rares exemples connus en Suisse de réutilisation des murs d’un temple d’époque romaine. Loin d’être un bâtiment isolé, ce temple appartient à l’un des trois grands sanctuaires identifiés à ce jour en Helvétie romaine.
Des photographies aériennes réalisées à Ursins en 2003 ont révélé l'existence de plusieurs constructions importantes qui esquissent l’image d’un grand sanctuaire. On dénombre à ce jour au moins trois grands temples, un complexe thermal et de nombreux bâtiments annexes enclos dans une aire sacrée restituée d’environ 30 ha. Ces informations, complétées par les données des prospections terrestres menées depuis les années 1980 permettent de préciser l’organisation et la chronologie d’occupation du sanctuaire.
Les nombreuses monnaies et la céramique recueillies en prospection sur le territoire de la commune indiquent que le sanctuaire s’est développé au 1er s. av. J.-C. et reste fréquenté dans certaines zones jusqu’au début du 4e s. de notre ère.
Les objets et les inscriptions lapidaires quant à eux nous fournissent de précieuses indications sur les divinités révérées dans le sanctuaire d’Ursins, comme le dieu Mercure, et Mars Caturix, une déclinaison helvète du dieu romain Mars. Deux statuettes, découvertes plus récemment, viennent enrichir cette série : un buste de divinité, peut être Bacchus, et un cheval, attribut lié à la déesse Epona.
Les inscriptions témoignent également de l’importance régionale de ce lieu de culte, avec notamment une inscription mentionnant les Camillii, une influente famille helvète romanisée établie dans la région d’Orbe et dans la capitale Avenches.
Le sanctuaire d’Ursins, par son importance, peut être comparé aux deux autres grands sanctuaires à temples multiples de Thoune-Allmendingen et Studen-Petinesca.