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Mustapha Benfodil (DZ)
Les bavardages du Seul
Editions Barzakh, 2003
Aus: Mustapha Benfodil. Les bavardages du Seul. Editions Barzakh, 2003
Finalement, Ouali Benoualou n’arrêtera pas de taxi. Il décida de marcher, marcher, marcher, jusqu’à ce que Sarah s’ensuive.
Il va errer ainsi pendant trois jours et trois nuits.
Il rencontra un trisomique qui était tout triste après avoir perdu son sourire. Ouali Benoualou lui fit une grimace et le triso-mique en fit autant. Mais le sourire tardait à venir. Il s’étira les zygomatiques et le tristomique en fit autant. Mais le sourire tardait à venir. Il fouilla dans ses poches et retrouva son sourire agglutiné à sa petite verge mongolienne. La main de Ouali la chatouilla ; le triste mongolien partit d’un fou rire et le tristomique devint comique ! C’était la première fois qu’il riait. Sa mère accourut ainsi que les voisines. Et tout le monde en chœur acclama son nom et l’applaudit. La maison lança un you-you. On l’invita à s’asseoir. Lui apporta à manger et à boire. Il dit je ne peux pas rester. Je dois chercher mon Amour pour réparer mon Moral, ainsi que le Vieillard qui connaît la Mort personnellement. Et le trisomique n’a rien compris.
Il passa par un conservatoire de musique. Des petites filles y jouaient. Elles lui firent un signe par la fenêtre. La fenêtre le pria d’entrer. Il entra et ils firent la fête. Mais les instruments étaient enrhumés. Il regarde le piano. Le piano lui sourit. Le piano lui tendit une chaise.