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Matières premières – Négoce international :
La Suisse est un pays pauvre en ressources naturelles : ses seules deux ressources naturelles importantes sont l’eau et le bois. Cependant, « la Suisse se positionne parmi les leaders au niveau mondial dans le commerce de matières premières » (Le Conseil fédéral, 2018). De plus, le négoce de matières premières représente une partie importante de l’économie suisse, sa part dans le PIB s’élevait à environ 4.8% en 2018 et « quelque 500 entreprises employant environ 10 000 personnes œuvrent en Suisse dans le secteur des matières premières. » (Secrétariat d’Etat à l’économie, 2020).
Le secteur des matières premières comprend le négoce, le fret, le financement du négoce, l’inspection et le contrôle des marchandises et représentait presque 4.8% du PIB en 2018. Les recettes du négoce étaient alors de 33 milliards de francs. La Suisse est un leader au niveau mondial dans le commerce de pétrole, de métaux, de minéraux, et de produits agricoles. « Entre 30 et 53% des matières agricoles échangées au niveau global sont négociées en Suisse et plus de 3 milliards de tonnes de matières premières seraient négociées chaque année en Suisse, pour une valeur de près de 960 milliards de francs » (Le Conseil fédéral, 2018). La plupart des matières premières ne sont cependant jamais transportées jusqu’en Suisse, le transport entre les pays tiers se fait par l’intermédiaire de négociants helvétiques.
Les négociants internationaux travaillent de 2 façons principales : en tant que traders qui se chargent d’acheminer les produits de leur point de production vers des points de consommation ou en tant que spéculateurs qui vont eux acheter des produits dérivés, faisant des fluctuations du marché de l’offre et de la demande leur gagne-pain. Les entreprises de négoce basées en Suisse possèdent des navires de transport, élevant ainsi la flotte maritime suisse à la 11ème place mondiale et 5ème européenne, et ce, sans un seul accès direct à la mer. Voir aussi marine marchande.
La longue tradition dans ce secteur ainsi que les conditions-cadres économiquement avantageuses telles qu’une fiscalité avantageuse, une place financière forte, un faible degré de régulation et une capacité à se ternir à l’écart des embargos internationaux, permettent à la Suisse de rester attractive. D’autre part, la stabilité politique du pays et sa neutralité mais aussi la proximité avec de nombreuses banques font le succès de la place financière suisse.
Le négoce international est régulièrement pointé du doigt dans la politique suisse. En effet, il soulève des questions de transparence, de droits de l’Homme, blanchiment d’argent etc. Comme la Suisse occupe une place importante dans le commerce international, elle a la possibilité d’imposer un cadre juridique écologiquement et socialement responsable. Elle a ainsi du poids au niveau international. « L’environnement réglementaire et politique joue un rôle crucial pour l’attractivité́ de la place suisse. Les enjeux en rapport avec le respect des droits de l’Homme, la mobilisation des ressources locales pour le financement du développement et la protection de l’environnement restent un défi pour le secteur des matières premières. » (Le Conseil fédéral, 2018).
C’est pourquoi, « à la suite du rapport de base sur les matières premières, publié en 2013, le Conseil fédéral a adopté en novembre 2018 un nouveau rapport contenant 16 recommandations visant à renforcer la compétitivité et la force d’innovation, l’intégrité et la durabilité, le cadre analytique, le dialogue et la coordination. » (Secrétariat d’État à l’économie, 2020).
Le négoce de matières premières est règlementé en Suisse par le plan d’action publié par le Conseil fédéral en matière de Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE). De plus, la Confédération soutient la mise en œuvre de standards et d’initiatives spécifiques visant à promouvoir une extraction des matières premières et un commerce durable. Un plan d’action national sur la mise en œuvre des principes directeurs des Nations Unies relatifs aux entreprises et aux droits de l’Homme fut adopté par le Conseil fédéral en 2016. Finalement, un guide sur la diligence raisonnable en matière de droits de l’Homme spécifique aux entreprises de commerce des matières premières fut publié par la Confédération en 2018.
Les 5 plus grandes entreprises dans le domaine en Suisse sont Glencore, Vitol, Trafigura, Gunvor et Mercuria.