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La Chine et l'Europe relèvent de deux traditions politiques différentes. En retraçant leur histoire et en les comparant, Billeter en arrive à une compréhension profonde de l'une et de l'autre, précisément au moment où celles-ci entrent en conflit. Depuis un siècle en Chine, les forces du progrès se sont continûment inspirées de la tradition européenne. Or, l'ambition du pouvoir actuel est de les vaincre et d'entraver leur action partout ailleurs. Quand le pouvoir se réclame de la grandeur passée de la Chine, il lance un défi à l'Europe, défi que celle-ci se doit de relever, puisqu'elle dispose des ressources nécessaires. Encore faut-il qu'elle tire de son histoire un nouveau projet politique et philosophique. Billeter en pose les principes, ceux d'une véritable... "révolution culturelle".
Éminent sinologue, Jean François Billeter a dirigé le département de langue et littérature chinoises de l'université de Genève. Il a publié plusieurs ouvrages aux éditions Allia, dont Leçons sur Tchouang-tseu, Contre François Jullien, Un paradigme et Esquisses. En 2013, il a reçu le prix culturel de la Fondation Leenaards. En 2017, il a publié Une rencontre à Pékin et Une autre Aurélia, couronnés du prix Michel-Dentan, du prix Roger Caillois de l'essai et du prix Psychologies magazine.
La volonté de « civiliser » les populations colonisées grâce à l'école fut proclamée par les colonisateurs français mais qu'en fut-il réellement ? Cette enquête, effectuée à partir des archives coloniales, restitue les débats et les réalisations de la politique scolaire. Dès 1815, le projet colonial fut établi : les colonies devaient fournir des matières premières mais aussi être des débouchés pour les produits manufacturés de la métropole. La mission de l'école s'imposa : apprendre le français, le calcul et quelques bribes de civilisation. Très vite, les limites apparurent, il fallait se garder de trop instruire. La volonté de dispenser un savoir pratique, de bannir un savoir trop intellectuel, de freiner la mobilité sociale provoqua les déceptions et la colère des colonisés.
Diplômée de l'Institut d'études politiques de Grenoble, docteur de l'EHESS, titulaire d'une habilitation à diriger des recherches (Panthéon-Sorbonne, Paris 1), Carole Reynaud-Paligod enseigne l'histoire et la sociologie à l'Université de Bourgogne depuis 2018.
« Les Turcs ont été, tour à tour, des barbares et créateurs d'un grand empire », « L'islamisme menace la laïcité turque », « La Turquie n'a pas sa place dans l'Union européenne », « La République refuse d'assumer l'extermination
des Arméniens ottomans », « La Turquie n'est pas une vraie démocratie » ...
Candidate à rejoindre l'Union européenne, la Turquie n'en finit pas de diviser et de faire l'actualité. L'auteur fait le point sur ce pays riche en controverses et en idées reçues, loin du « turc barbare » que l'on se figure parfois.
Existe-t-il, dans l'histoire, un terrain plus propice à l'éclosion des idées reçues que la vie, l'oeuvre et la légende de Napoléon ? Dans le temps comme dans l'espace, le « Grand Homme » n'a jamais laissé indifférent... Fils et continuateur d'une Révolution qui avait bouleversé le monde, il légua aux générations suivantes le souvenir embelli de ce qu'il avait fait et une légende tenace qui annexa les imaginations et forma ainsi une sorte de Napoléon « moyen », ni vrai, ni faux : « Napoléon est le père de nos institutions », « Il est le précurseur de la construction européenne », « La France n'a jamais été aussi puissante que sous Napoléon », « Il a incendié Moscou », « Il gouvernait seul », « Il est mort empoisonné »...
Autant d'aspects sur lesquels revient Thierry Lentz, parfois en laissant le débat ouvert, parfois en tentant un avis plus tranché.
1801. Un homme né dans un port de Macédoine, petit négociant en tabac, ne sachant ni lire ni écrire, débarque dans la vallée du Nil. Se hissant à la tête de l'Égypte, il devient en quatre ans, quelque trente siècles après Ramsès II, le dernier pharaon. Maître absolu, il réalise l'impossible, arrache le pays aux ténèbres, crée un empire qui s'étend du golfe Persique au désert de Libye, du Soudan à la Méditerranée, soit dix fois la France -la moitié de l'Europe- se rapprochant ainsi des nues où trône son idole : Napoléon Bonaparte. D'une terre sans forêt, il tire une marine. Il fonde des écoles, des hôpitaux, un arsenal, des industries, une armée -la plus puissante de tout l'Orient- importe les premières machines à vapeur, dote l'Égypte de plus de cent soixante kilomètres de canaux, d'un télégraphe aérien, fait planter plus de cent mille pieds d'olivier et dix millions de mûriers aux frontières du désert. Et tout cela, il l'accomplit avec la France et grâce au Français.
C'est le dernier pharaon - celui à qui la France doit l'obélisque de la concorde- que Gilbert Sinoué fait revivre sous nos yeux. Il le fait, avec l'extrême rigueur de l'historien et le grand talent de conteur qu'on lui sait.
"Sans doute parce qu'il vit le jour dans ce pays et qu'il comprend si profondément le Proche-Orient, Gilbert Sinoué a-t-il pu pénétrer avec tant de finesse la mentalité de son héros, analyser ses réactions, comprendre les mobiles qui l'animèrent et, guidé par une érudition méticuleuse et sans faille, suivre jusqu'à sa mort l'invraisemblable aventure de l'homme de Kavala."
Christiane Desroches Noblecourt
« L'Empire romain était trop vaste à gouverner », « L'Empire, c'est la paix romaine », « Les Romains avaient la passion des jeux sanglants », « L'Empire romain a persécuté les chrétiens », « Constantin est le créateur de l'Empire chrétien », « L'Empire tardif, c'est la décadence », « Tous les chemins mènent à Rome » ...
Spécialiste de la période tardive de l'Empire romain, l'auteur revient ici sur les nombreux clichés, d'Astérix à nos souvenirs d'apprentis latinistes, en passant par les péplums, que ces Romains n'ont cessé de susciter.