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23/12/2012
Qu'est-ce que le Parlement des Jeunes?
Un Parlements de Jeunes, c'est une notion qui peut induire en erreur, souvent mal utilisée, mais qui reste fidèle à ses origines. Celles-ci datent de la fin des années 80 dans le canton de Genève, suite à une explosion du nombre de ces mouvements de jeunesse en France, avant de s'étendre dans les années 90 à la Suisse romande, puis à la Suisse alémanique. Cette vague amena à la première édition de la Conférence des Parlements de Jeunes en 1993 et la fondation de la Fédération Suisse des Parlements de Jeunes en 1995.
Au tournant du millénaire, on en recensait une vingtaine à Genève, dont celui de la Ville de Genève, qui compta dans ses rangs de futures pointures de la politique genevoise, à l'instar de Louise Kasser (benjamine et première Présidente de l'Assemblée Constituante), Antonio Hodgers (Conseiller National) et Pierre Maudet (Conseiller d'État). Ce parlement a notamment obtenu des autorités la réalisation de projets importants tels les Noctambus ou encore l'installation de distributeurs de préservatifs dans les établissements de l'enseignement postobligatoire.
Aujourd'hui, il n'y en a plus que quatre (sous cette dénomination):
- Thônex (PJT)
- Grand-Saconnex (PJGS)
- Versoix (PJV)
- Genevois (cantonal, PJG)
La raison d'une telle perte dans les chiffres est que, pour faire partie d'un Parlement de Jeunes, il faut logiquement être jeune. Dès lors qu'un membre n'est plus visé par ce qualificatif, il n'en fait plus partie, et les Parlements des Jeunes "meurent" ainsi le plus souvent lorsqu'ils n'ont pas fait assez d'efforts dans le recrutement de nouveaux membres. Certains en manquent à tel point qu'il est impossible de maintenir une activité quelconque. En 2012, le Parlement des Jeunes de Meyrin est "mort" pour cette raison. Il appartient à chaque Parlement de fixer soi-même la limite d'âge de ses adhérents (PJT: 14-20 ans; PJG: 15-25 ans).
Un Parlement de Jeunes existe sous plusieurs formes: il peut être communal, cantonal, rattaché à une autorité (Conseil des Jeunes de la Ville de Lausanne), admettre la présence de délégués de partis politiques (Parlement des Jeunes de Neuchâtel), les refuser (Parlement des Jeunes de Thônex)...
Le but est souvent le même: organiser la jeunesse dans une association qui regroupera des jeunes et leurs projets, promouvant ses intérêts sur un plan communal, cantonal ou fédéral, en s'adressant aux autorités. La perception d'un Parlement de Jeunes varie selon la personne, car il peut compter dans ses membres autant de jeunes intéressés par la politique que de jeunes militant en faveur d'une cause en particulier ou de ceux voulant réaliser un projet pour leur communauté. Il s'agit concrètement d'une espèce de simulation du fonctionnement d'un "vrai" parlement et d'un entraînement oratoire, procédural, administratif et de formulation de sa volonté. Il s'agit d'une base qui permet aux jeunes de choisir quelle voie ils comptent donner à leur engagement futur.
Les projets qui sont proposés n'ont pas souvent de caractère révolutionnaire. Parmi eux, l'on peut citer à titre d'exemple l'organisation de débats et de tables rondes (voir à ce sujet mon billet intitulé "Table Ronde du PJG"), de festivals de musique, d'expositions... Mais ils peuvent aussi avoir un impact non négligeable sur la collectivité, comme l'exposition anti-homophobie créée par le Conseil des Jeunes de la Ville de Lausanne ou encore la brochure d'aide au vote créée par le Parlement des Jeunes de Köniz (ce projet lancé en 2007 a par la suite été adopté par la FSPJ, et compte plus de 30'000 abonnés dans neuf cantons, parmi lesquels figurera bientôt le canton de Genève).
En ce qui me concerne personnellement, mon cheval de bataille est la lutte contre l'abstentionnisme, surtout chez les jeunes. Les moyens que je privilégie à cet effet sont surtout les tables rondes, afin de rapprocher la classe politique et spécialisée dans certains domaines des jeunes, mais aussi le projet easyvote (voir à ce sujet les sites de la FSPJ http://www.dsj.ch/index.php?id=12&L=1 et d'easyvote www.easyvote.ch)
Il existe d'autres mouvements de jeunesse telle la jeunesse de Bardonnex, mais les associations du type "Parlement des Jeunes" désignent en général celles qui sont membres de la FSPJ. Il va de soi qu'elles ne monopolisent pas le droit des jeunes à s'organiser politiquement ou à se regrouper derrière des projets communaux ou régionaux.
Le 26 octobre 2012, les Parlements de Jeunes du pays ont participé au jubilé de la 20e édition de la Conférence des Parlements de Jeunes. Ouverte par un discours du Conseiller Fédéral Johann Schneider-Ammann, elle a regroupé ses 160 participants dans des débats engagés avec des politiciens de tout le pays (pour les Romands: Guy Parmelin, Jean-François Rime, Amarelle Cesla, Philippe Nantermod, Xavier Schwitzguébel, Vassilis Venizelos, Fabien Fivaz...). Plusieurs autres activités conviviales ont permis un échange entre les jeunes parlementaires venus du pays entier, et même de plus loin (les Parlements de Jeunes du Liechtenstein, membres de la FSPJ, et quelques jeunes venus d'Allemagne et d'Istanbul).
Un aspect supplémentaire qui fait la richesse d'un Parlement des Jeunes est son ouverture aux étrangers résidant sur leur territoire. Il est connu que de nombreux étrangers s'impliquent plus en politique que la majorité des Suisses, et ces associations leur permettent de vivre pleinement cette passion. Les femmes ont une représentation souvent assez bonne. J'ai même entendu dire qu'un Parlement des Jeunes romand avait élu trois femmes dans son Conseil. D'ailleurs, tant le PJT que le PJG sont présidés par une femme.
Enfin, si l'on devait résumer la définition d'un Parlement de Jeunes à une phrase, il s'agirait d'une "association d'action citoyenne apolitique pour jeunes". Si vous connaissez des jeunes qui souhaitent s'engager hésitant toutefois à choisir le lieu, qu'ils viennent "s'entraîner" dans le Parlement de Jeunes le plus proche. Cette expérience apporte beacucoup de connaissances pratiques non négligeables, et un contact privilégié avec des milieux que l'on a souvent pas l'habitude de fréquenter.