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Celeste Caeiro travaillait à l’époque de la Révolution dans un restaurant de la rue Braacamp, près de la Place Marquis de Pombal à Lisbonne. Le restaurant avait été inauguré le 25 avril 1973 et commémorait ce jour-là sa première année d’ouverture. Les gérants prévoyaient ainsi d’offrir un œillet à chaque cliente et un verre de Porto aux clients. Ce jour, malgré tout, comme se déroulait le coup d’état et que la situation était agitée dans la capitale portugaise, le restaurant décida de rester fermé. Les gérants demandèrent aux employés de rentrer chez eux et de prendre les œillets puisqu’ils ne pouvaient plus rien en faire. Chaque employé pris donc un bouquet d’œillets rouges qui se trouvaient dans l’entrepôt du magasin.
Rentrant à la maison, Celeste pris le métro jusqu’au Rossio et se dirigeait vers le Chiado, où elle tomba directement sur les chars des révolutionnaires. S’approchant d’un des chars, elle demanda à un soldat ce qui se passait. Celui-ci lui répondit: « Nous allons vers le Carmo pour emprisonner Marcelo Caetana (premier-ministre). C’est une révolution! ».
Le soldat lui demanda alors une cigarette, mais Celeste qui ne fumait pas, n’en avait pas. Celeste voulut donc lui acheter quelque chose à manger mais tous les magasins étaient fermés à 8h30. La seule chose qui lui restait à offrir était donc son bouquet d’œillets. Elle lui dit: « Si vous voulez, prenez cet œillet, cela s’offre à n’importe qui après tout ». Le soldat accepta et le mit immédiatement dans le canon de son fusil. Celeste continua à donner ses œillets à tous les soldats qu’elle rencontrait, du Chiado jusqu’à l’Eglise des Martyrs.