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Nouvelle étude: les accords bilatéraux I sapent la prospérité
La Suisse profite-t-elle des accords bilatéraux I et de la libre circulation des personnes? Selon une récente étude britannique basée sur des nouvelles données, la réponse à cette question est non: entre 2002 et 2017, la croissance des salaires a diminué de 3,5% à cause de l’immigration. Le PIB par habitant a lui aussi fortement souffert.
Depuis de nombreuses années les milieux de la science se disputent sur la question de savoir ce que les accords bilatéraux I ont apporté à la Suisse. Plusieurs études arrivent à la conclusion que la Suisse a profité de ces traités. Elles émanent cependant le plus souvent d’organisations proches des autorités comme l’institut de recherches conjoncturelles de l’EPFZ ou elles ont été menées sur mandat direct de la Confédération ou de l’association economiesuisse.
La Fondation « Stiftung für eine bürgerliche Politik» vient de demander à l’organisation «Europe Economics» une étude indépendante sur ce thème. Cet institut britannique de réputation mondiale a analysé les effets des sept accords bilatéraux I sur le produit intérieur brut (PIB) par habitant. Le PIB/habitant permet de mesurer la prospérité d’un pays. Il indique ce que réalise une personne moyenne par an. Avec près de 80’000 francs, la Suisse occupe une position de pointe au niveau international dans ce classement.
Selon les économistes britanniques, quatre des sept accords bilatéraux du premier train n’ont pas d’incidence économique sur le PIB/habitant. En revanche, les accords sur les obstacles techniques au commerce, sur les transports aériens et sur la libre circulation ont des conséquences économiques importantes de l’avis des chercheurs.
L’étude arrive aux conclusions suivantes:
1) Les accords sur les transports aériens et sur les obstacles techniques ont augmenté le PIB/habitant de 0,1 à 0,2% durant la période 2002 à 2017. Sans ces traités, le PIB par habitant eût donc été inférieur de 80 à 160 francs par an
2) L’immigration a coûté 4,4% de la croissance du PIB/habitant durant la même période. Sans immigration, le PIB par habitant serait donc supérieur d’un peu plus de 3’500 francs au montant actuel. Une partie de cette perte est due au fait que les immigrants sont en moyenne moins productifs que la population suisse de 2002. Les Suissesses et les Suisses sont indirectement les victimes de ce phénomène car l’immigration a baissé leur PIB/habitants de 1,3% à 2,0%. Pour les chercheurs, une perte de croissance de 0,7% peut être attribuée directement à l’accord de libre circulation des personnes. Cette proportion égale une perte de 560 francs par personne en 2017. Les salariés pâtissent tout particulièrement de l’immigration: sans cette dernière, les salaires seraient aujourd’hui de 3,5 à 3,7% plus élevés.
La conclusion de cette expertise: la libre circulation des personnes a appauvri la population suisse, et les autres accords bilatéraux I ne compensent que partiellement cette perte de prospérité. Les chercheurs partent de l’hypothèse que ces effets négatifs s’aggraveront: à chaque fois que la zone euro est frappée par une crise, il faut s’attendre à une reprise de l’immigration de masse.
Mal construite, l’union monétaire européenne agit comme une pompe, estiment les chercheurs: en cas de crise économique, elle pousse de nombreux habitants de la zone euro dans des économies plus performantes, soit en particulier la Norvège, le Royaume-Uni et la Suisse. A la suite de la sortie du Royaume-Uni de l’UE, un important pays d’accueil des victimes des crises de l’euro a disparu. Conséquence probable: la Suisse subira à cause de la libre circulation des personnes des vagues d’immigration encore bien plus importantes que jusqu’ici – avec les conséquences négatives pour la prospérité que l’on imagine facilement.