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Un champion de politique dans les petits papiers du premier ministre, mais empêtré dans de sales draps après une plainte pour viol. Le bien nommé James Whitehouse (l'excellent et malaisant Ruppert Friend) est à l'aube d'une grande carrière: un politicien doué, encarté dans le parti conservateur et doublé d'un diplôme d'Oxford. Un fortiche.
Le premier épisode se recoupe rapidement sur un fait: James a fait «une grosse connerie», de son propre aveu. Mais si l'adultère est la première grosse bêtise, le petit coquin aurait fait bien pire: il aurait violé son assistante. Du conditionnel bien sûr, car la série s'évertuera (six épisodes) à radiographier un homme et l'infime frontière du consentement. Est-ce le méchant dans l'histoire? Est-il victime d'une conspiration?
Pour adapter le bouquin de Sarah Vaughan, il fallait bien David E. Kelley pour endosser le rôle de scénariste. Apposer sa griffe pour transformer l'essai. Un coup à la Big Little Lies ou The Undoing, ces scénarios qui arpentent les tréfonds psychologiques et débloquent des souvenirs douloureux.
Dans Anatomie d'un scandale, le présent ne peut avancer si le passé n'est oublié. Une formule qui s'applique plutôt bien, récoltant failles et méconduites, pour charpenter les points de vue des quatre personnages principaux: la plaignante Olivia (Naomi Scott), l'épouse Sophie (Sienna Miller), la procureure Kate Woodcroft (la très convaincante Michelle Dockery) et bien entendu James.
Des flashbacks, des souffles de dépit et de souffrance, des mouvements de caméra pour accentuer un effet presque halluciné - et de cauchemar éveillé. Le script prend de l'ampleur quand la série se décale vers un «récit tribunal». Un procès tendu, où le montage donne un effet de ring de boxe et convoque un labyrinthe des ressentiments. On repense au bouquin de Karine Tuil, Les choses humaines, adapté récemment par Yvan Attal en film. Ce ballet de souvenirs diffus qui déconstruit le récit et le freine, parfois, avant de s'imbriquer et de nous embarquer avec.
Anatomie d'un scandale est ce prototype de série «prime time» efficace, parfois écrit avec de gros sabots et parfois surjoué. Mais la petite cuisine de Kelley fait son effet et vous pousse à cliquer frénétiquement sur la case «épisode suivant».
La série est disponible en intégralité sur Netflix.
La carcasse vieillie de Josh Brolin et sa barbe fournie, chevauchant son canasson au cœur du Wyoming et ses grandes étendues. Un peu de Johnny Cash et de Leonard Cohen pour accompagner la formule; des gueules et des paroles semblables à des grognements, Outer Range avance lentement et panse les plaies d'une famille d'éleveurs de bétail, emmenée par Royal Abbott (sublime Josh Brolin).
L'intrigue se tricotant autour d'une bisbille entre les tribus Abbott et Tillerson, deux dynasties familiales aux visions discordantes concernant de l'élevage, l'histoire va drastiquement changer à l'arrivée d'une poétesse-randonneuse-hippie nommée Autumn, jouée par la talentueuse Imogen Poots. La jeune femme débarquera en même temps qu'un phénomène étrange: un gros trou fait son apparition sur les terres des Abbott. Mystère et boule de gomme, ce trou est infiniment profond et dégage un voile vaporeux. Et cette grande cavité serait même annonciatrice d'un terrible chaos.
L'intrigue va basculer dans le fantastique: des ombres et des bisons isolés, des détails et des références au passé, une grande allégorie au dieu Chronos. Avec cet alliage de western moderne et de surnaturel, Outer Range est une sacrée série, fiévreuse et imprévisible, un gros morceau sériel qui offre une percée remarquable et vertigineuse. A voir de toute urgence.
Outer Range est disponible en intégralité sur Amazon Prime Video.
21 heures 02. Merde, ça a commencé!