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Genève est une ville suisse située à l’extrémité sud-ouest du lac Léman. C’est la deuxième ville la plus peuplée de Suisse après Zurich. Genève est également la deuxième plus grande place financière du pays après Zurich. Elle est considérée comme la plus importante au monde en termes de gestion de fortune privée transnationale. En raison de son rôle, tant politique qu’économique, elle fait partie des « villes-monde ». Genève figure (avec Zurich et Bâle) parmi les dix premières métropoles offrant la meilleure qualité de vie au monde. La ville est également connue comme l’une des plus chères, se disputant chaque année la première place du classement des villes les plus chères du monde avec Zurich.
Genève aujourd’hui en 2021
La ville de Genève est un haut lieu de la coopération multilatérale dans le monde. Hôte de nombreuses organisations internationales (OI), missions diplomatiques et organisations non gouvernementales (ONG), elle promeut les valeurs humanistes et universelles. Avec 23 organisations internationales et 759 organisations non gouvernementales (ONG), Genève est la ville qui accueille le plus d’organisations internationales au monde. Le siège européen des Nations unies, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), l’Organisation mondiale du commerce (OMC), l’Organisation mondiale de la santé (OMS), font partie de ces organisations internationales.
Histoire de Genève
L’histoire de Genève se déroule sur une période de deux mille ans. Mentionnée pour la première fois dans les Commentaires sur la guerre des Gaules de Jules César, la ville passe sous la domination romaine puis des Burgondes et des Francs avant de devenir un évêché indépendant au cours du Moyen Âge. Avec l’arrivée de Jean Calvin, la ville adopte la Réforme protestante et devient un centre important de diffusion du calvinisme à l’échelle européenne. Son tissu économique se diversifie progressivement avec le développement des secteurs de l’horlogerie.et de la banque. Il faut attendre la Révolution française pour que le régime aristocratique s’effondre après plusieurs tentatives de soulèvement. Après quinze ans sous la domination de la France napoléonienne, l’Ancien Régime est partiellement restauré. En 1846, la révolution faziste transforme profondément Genève dans un contexte d’industrialisation. Le xx e siècle voit la création de jeunes organisations internationales et la ville acquiert une réputation internationale.
Antiquité
La soumission romaine du pays des Allobroges (Vienne) a lieu en 121 av. J.-C. Genève devient alors un avant-poste au nord de la province de Gaule transalpine qui prendra le nom de Gaule narbonnaise à partir du règne d’Auguste. Le développement d’un port a lieu entre 123 et 105 av. J.-C. La ville est alors constituée d’une modeste agglomération où les maisons sont construites en bois et en terre.
En 58 av. J.-C., César empêche le passage du Rhône, à la hauteur de ce qui deviendra Genève, par les Helvètes qui pour cela » essaient soit de joindre des bateaux pour faire un radeau (ratis), soit de passer à gué à des endroits moins profonds « . Lorsqu’il s’installe temporairement avec ses troupes, l’oppidum se développe. Genève devient donc une « ville » (vicus) romaine, qu’elle va cependant rester longtemps, avant de passer au statut de « cité » (civitas), pas avant la fin du IIIe siècle. En effet, Nyon (Colonia Iulia Equestris) puis Avenches (Aventicum) occupent une place plus importante dans le réseau urbain régional, et Genève dépend principalement de Vienne, la capitale administrative de la région. Après un incendie au milieu du Ier siècle, l’urbanisme est modifié et les constructions en pierre remplacent les bâtiments par des matériaux légers. Au Bas-Empire, une enceinte est élevée et clôt une petite zone de 5 ha.
La migration germanique provoque la destruction de tout ce qui a été construit dans le dernier quart du IIIe siècle. Le premier sanctuaire chrétien est établi vers 350. A la fin du IVe siècle, l’ensemble est achevé : il se compose d’une église de plus de trente mètres de long bordée d’un portail d’accès au baptistère et à son annexe. Dans la ville haute, le Saint-Germain représente au Vème siècle un second foyer des premiers temps de la chrétienté. L’installation des Bourguignons en 443 et le choix de Genève comme capitale renforcent le rôle politique de la ville. Centre du royaume burgonde se déplaçant vers 467 à Lyon, Genève subit les guerres fratricides entre Godégisile et Gondebaud qui brûlent la ville.
Jusqu’à la fin du Haut Moyen Âge, il y a une continuité d’occupation dont le meilleur exemple est le groupe épiscopal. Les limites de la ville sont maintenues dans l’enceinte du Bas-Empire mais les faubourgs proches des grands cimetières se développent. L’éboulement de la montagne de Tauredunum en 563 provoque un raz-de-marée qui détruit le port et fait de nombreux morts. Au début du Moyen Âge, le développement horizontal de l’époque romaine puis la réduction de l’espace urbain imposée par le système de fortification adopté sont remplacés par une ville médiévale construite en hauteur.
Dès l’époque des Carolingiens, le diocèse de Genève est l’enjeu de luttes de pouvoir entre les souverains de la région et l’empereur. S’il exerce un certain nombre de droits souverains comme celui de battre monnaie, l’évêque ne reçoit pas les droits comtaux dans l’une ou l’autre partie de son diocèse qui sont exercés par le comte de Genève qui possède un château au dessus de Bourg-de-Four. Ce château a été construit par le comte Aymon Ier qui a abusé de la bonté de son demi-frère l’évêque Guy Faucigny en se faisant l’avocat de ce dernier. Le successeur de Guy de Faucigny, Humbert de Grammont, avec la bénédiction du pape de l’époque rencontre le comte Aymon Ier pour signer la convention de Seyssel qui reconnaît l’évêque comme étant le supérieur du comte et en retour, l’évêque laissera la confession entre les mains du comté de Genève.
Lorsque l’empire de Charlemagne se désintègre, Genève fait partie du second royaume de Bourgogne. En 1032, le dernier souverain meurt sans descendance et lègue ses possessions, dont Genève, au Saint Empire romain germanique. Cependant, le pouvoir impérial reste nominal, la réalité du pouvoir restant entre les mains du seigneur local, le comte. Avec la réforme grégorienne à la fin du XIe siècle, commence une réaction contre les empiètements du seigneur sur les biens de l’Eglise. Soutenu par le pape, l’évêque Humbert de Grammont impose au comte Aymon Ier de Genève l’accord de Seyssel qui établit la souveraineté complète de l’évêque sur la ville. Par un diplôme de 1162, l’empereur Frédéric Barberousse établit définitivement l’indépendance de l’évêque désormais reconnu comme prince immédiat de l’Empire. Il peut alors étendre ses biens sur trois châteaux ruraux ou mandements, dont les principaux sont Peney et Jussy.
Cependant, le début du XIIIe siècle voit l’intervention d’une troisième puissance, celle de la Maison de Savoie, qui s’empare de Vaud. Genève étant située au centre de leur nouveau domaine, les comtes de Savoie vont donc convoiter la riche cité pour en faire leur capitale. En 1263, les commerçants et artisans genevois se réunissent pour la première fois pour lutter contre le pouvoir seigneurial de l’évêque. Ce mouvement est encouragé par les foires qui apportent aux citoyens l’exemple des communes libres d’Italie et la prospérité qui leur permet d’imposer leur volonté à l’évêque. Dès la fin du siècle, le comte s’appuie sur ce mouvement communal pour attaquer le pouvoir épiscopal. En 1285, les citoyens désignent dix procureurs ou syndics pour les représenter. La décision est annulée par l’évêque le 29 septembre mais le 1er octobre, le comte Amédée V de Savoie leur accorde des lettres patentes garantissant la sécurité des marchands se rendant aux foires. Il s’empare alors du château qui garde le Rhône et fait reconnaître sa nouvelle influence par un traité conclu à Asti (Italie) en 1290.
En 1309, l’évêque Aymon de Quart est contraint de reconnaître l’existence légale de la commune à condition qu’elle n’empiète pas sur la juridiction épiscopale. En contrepartie, il impose aux habitants la construction d’une halle au Molard, désormais nécessaire au stockage des marchandises pour les foires, et leur fournit un tiers des revenus. En conséquence, les citoyens, réunis au début de chaque année au sein du Conseil général – une sorte de Landsgemeinde -, élisent pour un an les quatre syndics de Genève. En outre, en 1387, l’évêque Adhémar Fabrimust confirme les franchises progressivement accordées aux citoyens et à leurs syndics par une charte qui dominera pendant 150 ans la vie politique de Genève.
En 1401, après avoir conquis le Faucigny et le Pays de Gex, le comte de Savoie s’arroge l’héritage du dernier comte de Genève. Robert de Genève devient pape et les autres comtes n’ont pas de descendance. Même si les citoyens tentent de faire front avec l’évêque contre l’ennemi commun, Amédée VIII de Savoie, élu antipape sous le nom de Félix V, obtient du pape Nicolas V le droit pour les princes de sa maison de nommer les évêques siégeant sur leur territoire. Le siège épiscopal genevois sera donc occupé par des Savoys ou des membres de familles vassales. C’est le résultat d’un demi-siècle de tentatives pour obtenir le siège épiscopal de Genève par l’avancement de l’incapacité de l’évêque et du chapitre cathédral à la demande d’une alliance avec le prince de Genève .
Les premières traces du mouvement communal (regroupement de marchands et de bourgeois) à Genève ne sont pas claires, mais on trouve en 1263 des documents évoquant le côté savoyard pris par la municipalité de Genève. Les comtes de Savoie assurent la sécurité des routes menant à Genève afin que les marchands puissent se rendre sans crainte aux foires de Genève. L’évêque s’oppose bien sûr à ce mouvement, mais en 1309 lors d’un arbitrage, il reconnaît l’existence de la municipalité en échange d’une taxe sur le stockage des marchandises dans la nouvelle halle construite à l’initiative de la municipalité et du droit d’être représenté par 4 syndics. C’est avec les Franchises de 1387 que la commune va se voir donner une base solide par l’article 23 qui traite de l’élection des syndics.
Engagée par son évêque aux côtés du duc de Bourgogne dans la guerre de Bourgogne, Genève est un temps menacée par les Suisses après leur victoire et condamnée en 1475 à payer une amende importante. L’évêque Jean-Louis de Savoie se tourne alors vers les vainqueurs et conclut, le 14 novembre 1477, avec les villes de Berne et de Friborg, un traité de combourgeoisie à vie et qui prend donc fin à sa mort en 1482. C’est alors le premier acte officiel entre Genève – perçue par les Suisses comme une position stratégique – et les cantons suisses .
Face aux tendances d’annexion des Savoyards, plusieurs personnalités genevoises contestent l’attitude collaborationniste de la municipalité et craignent le régime monarchique. Parmi eux, Besançon Hugues ou Philibert Berthelier qui appartiennent à la classe moyenne des marchands. En 1519, c’est la communauté des citoyens qui signe un traité de combourgeoisie avec Friborg, mais le duc Charles III de Savoie contraint les Genevois à renoncer, lors d’un arbitrage, à cette alliance dirigée contre lui tandis que l’évêque Jean de Savoie fait exécuter Berthelier le 23 août devant le château de l’Île sur la place qui porte aujourd’hui son nom. Dès lors, les Eidguenots, partisans du rattachement à la Confédération helvétique, et ceux qu’ils désignent comme les « Mammelus », c’est-à-dire les partisans du rattachement à la Savoie, sont opposés.
Le 10 décembre 1525, les Mammelus font reconnaître le protectorat savoyard sur Genève par le conseil général. Lors de cette fameuse réunion du conseil général, plus connue sous le nom de conseil des hallebardes. Cependant, les Eidguenots parviennent en quelques semaines à conclure un traité d’assistance mutuelle, signé en 1526 avec Friborg et Berne, qui annonce la fin du pouvoir de l’évêque et l’émergence d’une seigneurie autonome. Il est approuvé par le Conseil général le 25 février. Une assemblée choisie par les syndics, le Conseil des Deux-Cents, est alors créée et reprend une partie des prérogatives du Conseil général. Ce conseil de 200 membres compte environ 320 membres, mais ce terme, utilisé dans les cantons de Friborg et de Berne, a été mis en place pour recueillir l’avis de la population sur la combourgeoisie.
Sur le plan économique, le XIIIe siècle voit l’émergence des foires qui attirent un nombre croissant de commerçants venus de plus en plus loin. Les marchands italiens, en particulier, contribuent à la réputation de Genève. Atteignant leur plein essor au XVe siècle, les foires de Genève sont alors l’un des principaux lieux d’échanges de marchandises européennes, la part des produits locaux restant cependant très modeste. C’est également à cette époque que la ville devient un important centre bancaire, avec l’ouverture par les banquiers Médicis de Florence d’une succursale en 1424.
Cette prospérité économique entraîne une croissance démographique rapide, qui fait de Genève la principale ville de la région jusqu’au milieu du XIXe siècle, avec l’expansion des faubourgs de Plainpalais et de Saint-Gervais. Elle attire des Savoyards et des Bourguignons mais aussi des Italiens et un petit nombre de Juifs qui, en 1428, sont relégués dans un ghetto, le cancel, avant d’être expulsés de la ville en 1490. Mais la période d’expansion prend fin en 1462, lorsque le roi Louis XI de France interdit aux marchands français de participer aux foires de Genève afin de promouvoir Lyon. Le trafic diminue alors sensiblement, phénomène favorisé par le départ des Italiens pour Lyon.
Sur le plan urbain, les villes européennes commencent à s’étendre à partir du XIe siècle par la formation de faubourgs en dehors des fortifications anciennes, généralement autour d’un marché. A Genève, c’est le cas de Bourg-de-Four où convergent les axes de Lyon, d’Italie et de Suisse via le pont de l’Île. Au XIIe siècle, un nouveau système de fortifications englobe les faubourgs ainsi que la campagne environnante, triplant la superficie de la ville qui ne bougera plus jusqu’au milieu du XIXe siècle. Cette croissance s’accompagne de la formation de paroisses, comme Saint-Victor ou Saint-Jean, et de la construction de la cathédrale Saint-Pierre qui durera jusque vers 1250. Au XIVe siècle, la rive du lac est repoussée des rues Basses à l’actuelle rue du Rhône, permettant l’extension de la ville et la construction des places de la Fusterie du Molard et de Longemalle ouvrant chacune sur un port.
Développement économique de Genève
Tout le monde est à la pointe de la mode, mais toujours loin derrière les Parisiens, et les magasins et les rues sont criblés de marques de créateurs et d’hommes d’affaires toujours un peu douteux. Bien que je dise la plupart de ces choses en plaisantant, laissez-moi vous assurer que je ne suis pas loin du compte. Donc, si vous voulez vivre l’expérience européenne, avec une pointe de diversité et le calme du lac et des montagnes, Genève est votre endroit. Vous serez peut-être dérouté par les voyages apparemment rituels à l’Entrecôte et à Java, ou, si vous êtes américain, par le manque de conversation et l’adoration pour le McDonald’s local, mais je peux déjà vous dire que vous ne comprendrez jamais vraiment Genève. C’est une expérience humaine partagée, un réseau d’entités dysfonctionnelles, s’efforçant de créer un tout unifié et succinct.