Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06920.jsonl.gz/986

Dans le budget 2020, Donald Trump devrait demander 8,6 milliards de dollars pour financer le mur à la frontière avec le...11.03.2019 07:58 Donald Trump
Le Congrès américain a rejeté jeudi, grâce à la défection de douze sénateurs républicains, le financement d'urgence du mur que construit Donald Trump à la frontière mexicaine. Le président américain a promis de riposter avec son premier veto.
"Veto!" a-t-il tweeté juste après le vote.
Puis, dans un second tweet: "J'ai hâte d'opposer mon veto à cette résolution d'inspiration démocrate." L'édification de ce mur hautement controversé pourra donc se poursuivre.
Reste néanmoins l'humiliation de devoir dégainer son premier veto présidentiel pour sauver sa grande promesse de campagne malgré un Sénat à majorité républicaine (53 sièges sur 100). Il semble improbable que le Congrès outrepasse le veto présidentiel, car cela nécessiterait une majorité des deux tiers dans les deux chambres.
"Urgence nationale" critiquée
Le nombre de rebelles républicains a enflé ces derniers jours. Tous sont opposés à la situation d'"urgence nationale" décrétée par le président pour contourner le Congrès qui refusait de lui accorder le budget pour le mur.
Au total, 59 sénateurs ont voté pour une résolution démocrate, déjà adoptée par la chambre basse, qui proclame que "l'urgence nationale déclarée par le président le 15 février 2019 (...) est par la présente annulée".
Pression
Depuis des jours, sur Twitter et devant la presse, M. Trump avait mis la pression sur les sénateurs de son camp afin d'éviter ce revers. "La frontière sud est un cauchemar humanitaire et pour la sécurité nationale", avait-il encore tweeté dans la matinée.
Donald Trump avait aussi tenté de justifier la constitutionnalité de sa décision de recourir à cette mesure d'exception pour obtenir quelque huit milliards de dollars pour le mur. "Les juristes disent que cela est complètement constitutionnel", avait-il souligné devant les journalistes, peu avant le vote.
Le débat n'est pas théorique: c'est parce qu'ils estiment que le président a piétiné, avec cette mesure, les pouvoirs du Congrès que douze sénateurs républicains ont soutenu la résolution démocrate.
Le chef de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, avait bien tenté de raisonner ses troupes jusqu'au bout: "Le président opère dans le cadre de la loi, et la crise à notre frontière est bien trop réelle", avait-il déclaré dans l'hémicycle.
Peine perdue. Le sénateur et ex-candidat à la présidentielle en 2012, Mitt Romney a notamment décidé de voter avec les démocrates "en faveur de la Constitution".