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"Personne n'est au-dessus des lois, pas même Donald Trump", a assuré Nancy Pelosi, la présidente démocrate de la Chambre des représentants, avant de signer, peu après 18h à Washington DC – minuit en Suisse – "avec tristesse", le document voté.
Les voix nécessaires à la mise en accusation de Donald Trump, pour avoir "incité à l'insurrection" contre le Capitole, ont été obtenues mercredi soir, peu avant 16h30, heure locale.
Il en fallait au minimum 217: les démocrates ont donné 222 voix pour et les républicains 10,. Cinq élus ne se sont pas prononcés et 197 ont voté contre. Une décision véritablement bipartisane (lire encadré) et historique.
Il s'agit d'un second impeachment – cela n'était jamais arrivé dans l'Histoire de la présidence américaine – une semaine avant la fin du mandat de Donald Trump. Quatre ans qui s'achèvent dans la confusion et un climat d'extrême tension.
"Un danger évident et immédiat"
Donald Trump est "un danger évident et immédiat" pour les Etats-Unis et "il doit partir", avait affirmé plus tôt dans la journée la cheffe des démocrates au Congrès Nancy Pelosi, à l'ouverturesur une nouvelle mise en accusation du président sortant.
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Nancy Pelosi arrive à la Chambre des Représentants pour le vote de lancement de la procédure d'impeachment de Donald Trump. Washington, le 13 janvier 2021. [J. Scott Applewhite - Keystone/AP photo]"Le président des Etats-Unis a incité cette insurrection, cette rébellion armée", a expliqué "Madam Speaker" en référence à l'assaut contre le Capitole mercredi 6 janvier.
Le processus de mise en accusation de Donald Trump a été lancé en début d'après-midi à Washington DC.
Les personnes élues ont débattu chacune à leur tour, développant pourquoi le président sortant devait ou non être destitué pour "incitation à l'insurrection". L'article dont il est question est titré: "", ce qui se traduit par "Destituer Donald Trump, Président des Etats-Unis, pour crimes et délits graves".
Un procès devant le Sénat
Même si la fin de son mandat est toute proche, le 20 janvier, les démocrates sont décidés à précipiter la sortie du 45e président, 74 ans, après des événements qui ont fait cinq morts et ébranlé toute la nation.
Toutefois, Mitch McConnell, le leader de la majorité républicaine au Sénat, affirme qu'il est impossible de juger Donald Trump avant son départ de la Maison Blanche: "Il n'y a simplement aucune chance de pouvoir conclure son procès de manière sérieuse et équitable avant la prestation de serment du président élu", Joe Biden, mercredi 20 janvier, a-t-il déclaré dans un communiqué.
Il revient désormais, en vertu de la Constitution, au Sénat de juger le président. C'est à l'issue de cette procédure que sa destitution sera ou non actée.
>> Regarder, "Procédure d'impeachment contre Donald Trump: volte-face des républicains à la Chambre des représentants?":
Stéphanie Jaquet et les agences
Un vote soutenu par dix républicains
Contrairement à l'acte d'impeachment dans l'affaire ukrainienne il y a plus d'un an, plusieurs républicains – 10 au total – ont voté en faveur du renvoi en procès. Parmi eux, Dan Newhouse, représentant de l'Etat de Washington, a martelé qu'il n'y avait "pas d'excuse pour les actes du président Trump".
Ce vote marque l'ouverture formelle de la procédure de destitution contre Donald Trump, et il appartient désormais au Sénat de le juger.
Mais ce procès soulève de nombreuses questions et ouvre un nouveau chapitre inédit de l'histoire américaine. Il ne s'ouvrira pas avant le 19 janvier, voire plus probablement après l'investiture de Joe Biden, risquant d'entraver l'action législative des démocrates au début de leur présidence, en monopolisant les séances.
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Militaires au Capitole
La capitale fédérale, placée sous très haute sécurité, était méconnaissable. Tout comme le Capitole.
Images saisissantes: des dizaines de militaires réservistes ont passé la nuit à l'intérieur du Congrès, dormant encore à même le sol alors même que les élus affluaient.
Des centaines de personnes des troupes de la Garde Nationale se reposent dans le centre des visites du Capitole. Capitol Hill, Washington DC, le 13 janvier 2021. [Michael Reynolds - Keystone/epa]
Des blocs de béton ont été disposés pour bloquer les principaux axes du centre-ville, d'immenses grilles métalliques entourent nombre de bâtiments fédéraux, dont la Maison Blanche. La Garde nationale est omniprésente.
Selon CNN, il y a en ce moment "plus de troupes à Washington DC qu'en Afghanistan".
Plus de 20'000 personnes de la Garde Nationale seront déployées dans la capitale d'ici la fin de la semaine, avec la possibilité que d'autres viennent en renfort pour aider à sécuriser la zone du Capitole. Les autorités craignent de nouveaux troubles potentiellement violents dans les jours précédant l'investiture de Joe Biden, le 20 janvier.