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Ce livre est un roman réaliste: il évoque ce qu'on voit d'ici. On marche un temps sur les graviers du chemin; ailleurs, on regarde les vitrines. On se croise. On se séduit. C'est une représentation de marionnettes qui jouent toujours la même scène. Le coup de foudre les menace; il les réduira en cendres. Cet ouvrage est aussi un apologue. Il utilise le langage pour son ambiguïté et non dans sa transparence. Il suggère ce qui ne peut se concevoir. Ce qu'il y a de plus important en lui n'est pas de l'auteur. Enfin, ceci est un livre de gouvernement: sa lecture devrait conduire au désintéressement. Au silence. A la perte de soi sous la grêle dans l'éclair, le vent, le vide. « Ainsi finissent les grandes passions ». Car les dieux souvent accomplissent ce qu'on n'attendait pas.
Jean Roudaut a enseigné à Salonique, Pise et à l'Université de Fribourg. Il a publié une trentaine de livres consacrés à la littérature. Ses derniers essais portent sur les oeuvres de Mallarmé et de Proust.