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En 1716, Couperin définit le prélude dans L’Art de toucher le clavecin « composition libre où l’imagination se livre à tout ce qui se présente à elle ». En 2015, Cristian Budu (prix Nelson Freire en 2010 et Clara Haskil en 2013) applique la formule à la lettre pour son premier album.
Explorateur alchimiste, il livre une version intimiste des Préludes de Chopin, marquée par un jeu cérébrale et coloré, construit autour d’une main gauche solide d’une main droite pleine de fantaisie. En attestent le Prélude n° 1 (Agitato) et le Prélude n° 19 (Vivace). Mais l’effet n’est pas durable. La technicité perfectionniste de l’artiste casse le naturel de la phrase, créant une baisse de tension lorsque le caractère de la pièce change. S’en dégage une musique qui peine à trouver son unité malgré la forte personnalité de l’interprète.
Cependant Cristian Budu se rattrape avec les Bagatelles de Beethoven, déployant un jeu en adéquation parfaite avec le style du compositeur : esprit de divertissement (Haydn), énergie contrôlée et démonstration de vélocité. Une trinité qui trouve son apogée dans la Bagatelle n° 4 (Allegro, ma non troppo). En vérité, on se demande pourquoi ces pièces si réussies ne débutent pas le disque à la place des Préludes de Chopin. Plus encore on s’interroge sur la pertinence d’associer deux répertoires si peu complémentaires. Pour résumer, ce premier disque se montre très prometteur mais manque de maturité.
Retrouvez l'avis de Cristian Budu dans le booklet (FRE - ENG - GER) de son album: bit.ly/2dOa3rV
Source de l'article: Classica Magazine, mai 2016, par Clément Serrano
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