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L'électrosensibilité n'est pas un mythe. Pour la première fois, l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ) apporte des éléments scientifiques prouvant son existence. Mais les effets sur la santé ne sont toujours pas connus.
Les appareils électroménagers et informatiques, les lignes à haute tension ou encore les lignes de contact des chemins de fer ne sont pas sans effets sur l'être humain.
L'EPFZ a présenté jeudi les résultats du projet NEMESIS (champs électriques et magnétiques à basse fréquence en Suisse). Des expériences ont été menées sur une soixantaine de cobayes âgés de 17 à 76 ans.
La première partie de l'expérience se déroulait dans le lit des cobayes. Elle a montré que les champs électromagnétiques à basse fréquence avaient chez certains individus une influence sur la profondeur du sommeil et sur l'état général au réveil.
De nombreuses personnes ont tendance à changer inconsciemment de place pour éviter le champ. En revanche, aucun impact mesurable n'a été constaté sur la qualité du sommeil, la respiration, le rythme cardiaque ou encore l'état général pendant la journée suivante.
La seconde partie de l'expérience s'est déroulée en laboratoire. Les sujets devaient dire s'ils pouvaient percevoir les champs électromagnétiques. Cela a été le cas pour plusieurs d'entre eux.
Les chercheurs de l'EPFZ concluent donc que l'électrosensibilité existe. Ses causes ne sont toutefois difficiles à cerner, vu que son intensité n'est pas toujours la même chez les personnes concernées. D'autres facteurs, notamment psychiques, physiologiques et environnementaux, entrent aussi en ligne de compte.
Les travaux menés à Zurich ne permettent par ailleurs pas de dire si l'électrosmog est dangereux pour la santé ou pas. Christopher Müller, à l'origine de l'étude, est toutefois d'avis que l'on peut vivre avec l'électrosensibilité et que l'on peut la surmonter.
Mais pour cela, des mesures s'imposent, selon les chercheurs. Il serait notamment nécessaire d'établir un cadastre des zones d'exposition à l'électrosmog. Il faudrait également créer un centre d'information pour les personnes sensibles.
Il convient enfin de noter que l'étude n'a pas pris en compte le rayonnement des téléphones mobiles et de leurs antennes, qui inquiète une partie de la population. En effet, la téléphonie mobile diffuse un autre type de rayonnement.
swissinfo avec les agences