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[...] En décembre 1717, Bach prend ses nouvelles fonctions de
Kapellmeister du Prince Leopold d'Anhalt- Köthen et directeur de sa musique de chambre. Il a à peine 32 ans et il occupe un poste prestigieux au service d'un "gracieux souverain qui non seulement aimait la musique, mais la connaissait...". Le prince Leopold
est en effet un instrumentiste de talent. Il joue du violon et de la
viole de gambe, il assure le continuo au clavecin et on dit qu'il chante
admirablement. Ce poste, qui double son salaire, vient avec de
nombreuses responsabilités quant aux activités musicales de la cour. Non
seulement il compose, mais il est responsable de l'exécution des
oeuvres, de l'organisation des concerts, du recrutement des musiciens,
etc.
La cour du prince Leopold vit sous la religion calviniste (qui partage avec le piétisme une expression sobre du culte liturgique). Aussi la musique religieuse prend-elle une place très discrète durant les années qu'il passe à Köthen. Bach délaisse l'orgue pour le clavecin, et troque la cantate pour le concerto et la musique d'orchestre.
Les sept années qu'il passe à la cour de Köthen sont parmi les plus heureuses de sa vie. Grand amateur de musique, le prince dispose d'un orchestre de 18 musiciens virtuoses : outre les cordes, Bach dispose de flûtes à bec, de flûtes traversières, de hautbois, de bassons et de trompettes, sans compter les percussions. Plus qu'un employeur, le prince Leopold est un mécène éclairé et voue à son Kapellmeister une chaude amitié. Pour l'une des rares fois dans sa vie, Bach goûte une liberté créative sans entraves. Il avoue même dans sa correspondance avec son ami d'enfance, Erdmann, qu'il avait pensé y terminer ses jours.

[...] Cette prolifération d'oeuvres pour divers instruments témoigne d'un compositeur désormais en pleine possession de ses moyens. Bach maîtrise toutes les formes et manie tous les genres (à l'exception de l'opéra). Il explore toutes les avenues sonores en mariant les timbres des instruments comme le démontre brillamment ses Six Suites pour orchestre [voir fiche sur la suite]. Il contribue au développement de la
sinfonia, une pièce orchestrale qu'on prend l’habitude de jouer avant l’exécution d’une oeuvre plus importante d'où son nom d’Ouverture. Il est le premier à utiliser le clavecin et la flûte traversière comme solistes de concertino. Il cherche constamment à élargir la forme du
concerto en mêlant les genres "grosso" et "solistes" (les Brandebourgeois en constituent l'exemple incontournable).
https://sites.google.com/site/jsbachvieetoeuvre/home/les-annees-a-koethen-1717-1723
Air en Ré
L’Air en Ré est le 2e mouvement de la Troisième Suite orchestrale en
Ré majeur BWV 1068 (Sarabande en 5 mouvements), de Jean-Sébastien Bach. Cette aria baroque lyrique de sarabande de musique de chambre, pour instruments à cordes, est un des airs les plus célèbres du compositeur et de l'histoire de la musique classique occidentale.
Il est probable que Jean-Sébastien Bach a composé sa suite orchestrale no 3 en ré majeur, BWV 1068, Sarabande en 5 mouvements, entre 1717 et 1723, période durant laquelle il est maître de chapelle à la cour d'Anhalt-Köthen, du Saint-Empire romain germanique, pour son mécène le prince Léopold d'Anhalt-Köthen (qui joue personnellement de la viole de gambe dans son propre orchestre). Les manuscrits originaux de cette suite n'ont jamais été retrouvés. Grand maître de la musique baroque, les suites pour orchestre de Bach se composent de plusieurs danses de musique de chambre, alternativement rapides et lentes. Air, son 2e mouvement de la suite, est une
aria baroque à l'origine pour instruments à cordes en basse continue.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Air_sur_la_corde_de_sol