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Au printemps 1988, notre prof de grec revenait hilare de ses vacances pascales, avec carton rond surmonté de l'inscription Η Αγελάδα που Γελά : « C'est incroyable, j'ai trouvé de la Vache qui rit dans un magasin grec ! Grâce à son adhésion à la CEE, la Grèce devient européenne ! »
Vingt ans plus tard, plus personne ne s'étonne de voir les Grecs (pas plus d'ailleurs que les Portugais, les Polonais ou les Bulgares) se presser dans les rayons d' innombrables Carrefour ou Lidl pour y acheter des produits Danone, Unilever ou Nestlé, se meubler chez Ikea, s'habiller chez H&M et communiquer grâce à Nokia et à Orange. Au point qu'aujourd'hui, même les produits typiquement grecs comme la retsina, la feta ou le tzatziki sont distribués par des entreprises nord-européennes qui ramassent leur part du gâteau (ou de la spanakopita) au passage.
On peut regretter l'uniformisation des modes de vie européens et la standardisation des paysages urbains qui en résulte, on doit surtout s'interroger sur les rapports économiques qu'ont entretenus les prétendus partenaires européens au cours des 30 dernières années et sur leurs conséquences désastreuses: