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Maison du Comte de Veyrier à Carouge abritant la Synagogue.
Dessin collection Cottier, Archives de Carouge.
En 1775 il obtient du roi Victor-Amédée III des privilèges pour favoriser l'essor économique du territoire
de Carouge, cédé en 1754 au Royaume de Sardaigne par la République de Genève. Principal promoteur de l'érection de la ville de Carouge, il va concrétiser son projet par la mise en place d'un concept
politique particulièrement libéral qui s'appuie sur l'édit de tolérance promulgué par le roi Victor-Amédée III le 27 août 1787 à l'endroit des Juifs domiciliés dans
cette ville.
Ces derniers bénéficieront ainsi, au même titre que les Francs-maçons et les protestants,
de l'application du droit commun, ainsi que d'une totale liberté de culte.
L'un des actes les plus significatifs sera le prêt
par M. de la Fléchère de sa vaste demeure seigneuriale de Carouge pour que l'on y fixe une Synagogue. Celle-ci sera en exercice à partir de l'année 1789 et fonctionnera jusqu'en 1859, date à laquelle elle sera
remplacée par la construction de la Grande Synagogue de Genève.
Le Comte Pierre-Claude de la Fléchère meurt
à Veyrier, au pied de la fontaine de son château, un matin du 2 avril 1790 sans avoir vu se concrétiser son dernier vœu, faire venir à Carouge des Musulmans et y ériger une Mosquée (il soumet cette idée
à Turin par écrit le 13 mars 1789).
Il nous laisse néanmoins un extraordinaire témoignage des phases de
la construction de Carouge grâce à l'abondante correspondance qu'il a entretenu avec le pouvoir turinois, et qui a largement été utilisée par de nombreux historiens pour la rédaction de plusieurs ouvrages sur l'histoire
de Carouge.