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Aux termes du document final adopté à Rio de Janeiro le 22 juin 2012, l'économie verte, dans le contexte de la lutte contre la pauvreté et du développement durable, constitue un instrument essentiel pour permettre à l'humanité de vivre durablement et sans surexploiter les ressources. Elle se caractérise notamment par la création de bien-être et d'emplois décents, sans pour autant mettre en danger les écosystèmes de la planète.
Le document de Rio exhorte les Etats à mettre en œuvre l'économie verte comme partie intégrante de leur politique du développement durable. En outre, il adopte un plan-cadre décennal en faveur d'une consommation et d'une production durables. La Suisse a joué un rôle de premier plan dans l'élaboration de ce plan et a notamment fortement marqué de son influence le programme pour des achats publics durables.
Faire progresser l'économie verte en Suisse
La conseillère fédérale Doris Leuthard, qui a représenté la Suisse lors de l'adoption du document de Rio, entend exploiter les retombées de ce signal politique en faisant progresser les travaux déjà entrepris pour instaurer une économie verte en Suisse. En 2010 déjà, le Conseil fédéral avait identifié six champs d'action pour une économie verte, dont l'écologisation du système fiscal et la promotion des technologies propres (Cleantech). D'autres mesures figurent dans sa Stratégie pour le développement durable. La cheffe du DETEC entend définir d'autres champs d'action dans un rapport qu'elle soumettra au Conseil fédéral d'ici la fin de l'année, avec pour but de réduire à un niveau supportable l'empreinte écologique d'ici le milieu du siècle.
Compte tenu de la crise financière en Europe et des récents bouleversements de l'ordre mondial, avec la montée en puissance des pays émergents et leur aspiration à un niveau de vie semblable à celui des pays industrialisés, l'adoption du document de Rio est à considérer comme un résultat positif: en effet, la communauté internationale a renouvelé son engagement de 1992 et soutient toujours les objectifs du développement durable, avec ses trois dimensions, écologique, sociale et économique.
Toutefois, les mesures préconisées dans le document final, ne sont, aux yeux de la délégation suisse, pas assez percutantes dans leur ensemble pour ramener l'exploitation des ressources naturelles à un niveau supportable et éradiquer la pauvreté (voir encadré).Il incombe désormais à chaque pays de déterminer la magnitude de son engagement pour les mettre en œuvre.
Néanmoins, le succès de la Conférence de l'ONU sur le développement durable ne se mesure pas seulement au résultat des négociations. Un grand nombre de manifestations ont eu lieu en préalable au sommet des chefs d'Etat et de gouvernement ou durant celui-ci. Réunissant des défenseurs de l'environnement, du développement, de l'économie, des femmes, des peuples indigènes, de la jeunesse ainsi que des envoyés gouvernementaux, ces forums ont permis d'esquisser et de débattre ensemble de solutions concrètes pour un développement durable. Ainsi, quelque 2000 personnalités du monde économique, dont certaines de Suisse, ont pris part au forum du développement durable de UN Global compact. Elles ont fait savoir au Secrétaire général de l'ONU que l'économie s'engage dans ce domaine et entend contribuer au développement durable.
La conseillère fédérale Doris Leuthard a mis à profit son séjour au Brésil pour promouvoir la candidature de Genève au siège du Fonds vert pour le climat et rencontrer plusieurs autres ministres de l'environnement. Elle a abordé avec eux certains des dossiers clés à venir de la politique environnementale, comme l'élaboration d'une convention sur le mercure, les négociations en vue d'un nouvel accord sur le climat et le prochain sommet mondial de l'ONU sur la biodiversité, qui aura lieu en Inde. En outre, elle a participé à une table ronde avec des ministres de l'économie et des finances ainsi que des représentants des milieux économiques.
Sur invitation de l'organisation onusienne de soutien aux femmes UN-Women, Mme Leuthard s'est jointe à la présidente brésilienne Dilma Roussef et à d'autres politiciennes de renom pour signer un appel en faveur d'une plus grande égalité des sexes et d'un soutien aux femmes défavorisées. La réalisation de l'égalité des sexes exerce un effet positif sur la croissance économique, la lutte contre la pauvreté, la sécurité alimentaire et la santé publique. A cette occasion, Mme Leuthard a également transmis une résolution des associations féminines faîtières suisses, des femmes parlementaires et de la Commission fédérale pour les questions féminines à l'intention de Rio+20.
S'agissant des différents volets de la conférence, la délégation suisse conclut à un bilan en demi-teinte: