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Des membres du gouvernement tchétchène autoproclamé et des députés russes se sont rencontrés en secret à la mi-août en Suisse. Les autorités suisses ont été informées de ces contacts, mais n'y ont pas participé.Ce contenu a été publié le 01 septembre 2001 - 15:02
La présidence indépendantiste tchétchène d'Aslan Maskhadov a confirmé qu'une rencontre secrète avait eu lieu à Genève du 15 au 17 août entre des émissaires tchétchènes et des Russes. Le journal «Le Temps», qui a révélé ces contacts dans son édition de samedi, affirme que les discussions ont eu lieu dans la région de Montreux entre le 15 et le 20 août.
Il ne s'agissait pas de «pourparlers» mais de «consultations» et les participants russes ont demandé à garder l'anonymat, a indiqué un porte-parole rebelle. D'après «Le Temps», la délégation russe était composée de parlementaires de la Douma.
Parmi les Tchétchènes figuraient notamment le «ministre» des affaires étrangères de la république séparatiste Ilyas Akhmadov, et Lyoma Ousmanov, bras droit d'Aslan Maskhadov, président élu de Tchétchénie, actuellement en fuite, a indiqué le porte-parole rebelle.
En marge d'une conférence
Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) a confirmé les contacts intervenus en Suisse. Selon Ruedi Christen, porte-parole, le DFAE «n'est en rien impliqué dans cette rencontre mais en a été informé». Il ne peut en revanche confirmer les noms des participants.
Selon le quotidien, l'entrevue a probablement eu lieu en marge d'une conférence intitulée «Mondialiser la responsabilité» et mise sur pied par «Initiatives et changements» (ex-Réarmement moral). Sise à Caux (VD), cette organisation est présidée par l'ancien président du CICR Cornelio Sommaruga.
«Initiatives et changements» affirme pour sa part ne pas avoir organisé la rencontre russo-tchétchène. Elle confirme toutefois que «des Russes et des Tchétchènes» se trouvaient parmi les 64 personnes ayant assisté à sa conférence.
Organiser une conférence
Aslan Maskhadov est en fuite depuis une semaine, après avoir échappé à un attentat. Ex-commandant des forces tchétchènes durant la première guerre en Tchétchénie, entre 1994 et 1996, il était considéré comme un modéré par Moscou, dont il est devenu l'un des principaux interlocuteurs lors des pourparlers ayant mis fin à la guerre. Il a été élu président de Tchétchénie en 1997 lors d'un scrutin approuvé par le Kremlin.
Mais depuis le début de la nouvelle campagne militaire russe en Tchétchénie en 1999, Moscou a repoussé les propositions de M. Maskhadov d'engager un dialogue. Il est recherché par la justice russe, qui l'accuse de rébellion armée.
Lyoma Ousmanov a été reçu le 22 août dernier par la conseillère nationale Ruth-Gaby Vermot (PS/BE). La Société pour les peuples menacés, présidée par Mme Vermot, a demandé aux autorités suisses d'organiser une conférence internationale ayant pour thème la violation des Conventions de Genève sur la protection des civils en temps de guerre.
swissinfo avec les agences
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