Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07028.jsonl.gz/463

La lave du volcan situé à 14 km de la ville de 600 000 habitants a englouti des habitations. Les gens craignent une reprise des éruptions.
La coulée de lave descendue des flancs du volcan Nyiragongo, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), jusque vers Goma et ses 600 000 habitants s'est arrêtée, dimanche, dans les faubourgs de la ville. Les habitants s'inquiétaient toujours d'une possible reprise de l'éruption.
L'immense coulée de lave a cessé sa progression dans le courant de la nuit pour s'immobiliser dans le faubourg de Buhene, qui marque la limite nord-est de Goma, ont constaté des correspondants de l'AFP. Du feu et de fortes émanations se dégageaient du front de lave rocheux, noirâtre et toujours instable.
«La ville a été épargnée», a déclaré le gouverneur militaire de la région Constant Ndima. Il a fait état d'un «bilan provisoire de cinq personnes tuées» dans des accidents lors des déplacements de population.
Plusieurs habitations ont été englouties par la lave, semblable à un énorme chewing-gum avalant tout sur son passage. Des amas de tôles tordues par la fournaise apparaissaient ici et là sur la roche encore en fusion par endroit, s'étendant à perte de vue.
La lave a stoppé sa progression à quelques centaines de mètres de l'aéroport de Goma, d'où les avions ont été évacués dans la nuit, et où tous les vols du jour ont été annulés, selon une source aéroportuaire.
Une dizaine de petits séismes ont été, par ailleurs, ressentis depuis l'aube:
Le volcan Nyiragongo, situé à 14 km de la ville et dont les sombres pentes majestueuses dominent Goma et le lac Kivu, est entré samedi soir en éruption, prenant tout le monde de court, y compris les autorités, forcées de donner peu après l'ordre d'évacuation de la ville.
Cette soudaine activité volcanique a aussitôt provoqué la peur des populations, familières des colères du volcan. «Le ciel est devenu rouge», a raconté une habitante, témoignant «des flammes géantes sortant de la montagne», tandis que des odeurs de soufre se répandaient dans la ville.
Des dizaines de milliers de personnes ont fui vers le poste frontière avec le Rwanda, tout proche, au sud de Goma, et vers le sud-ouest de la ville, en direction de la région du Masisi. Au Rwanda, l'accueil de milliers de personnes s'est déroulé dans le calme, canalisé et organisé par les autorités.
La précédente éruption majeure du Nyiragongo remonte au 17 janvier 2002. Elle avait causé la mort de plus de cent personnes, couvrant de lave quasiment toute la partie est de Goma, y compris la moitié de la piste de l'aéroport. La lave s'était alors lentement écoulée vers la ville, qu'elle avait coupée en deux pour se déverser dans le lac Kivu.
Capitale régionale du Nord-Kivu, Goma compte près de 600 000 habitants, dans une province troublée où sévissent de nombreux groupes armés. La région de Goma est une zone d'intense activité volcanique, avec six volcans, dont le Nyiragongo et le Nyamuragira qui culminent respectivement à 3470 et 3058 mètres. L'éruption la plus meurtrière du Nyiragongo, en 1977, avait fait plus de 600 morts. (ats/jah)