Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07036.jsonl.gz/1631

agro-sans-frontiere.ch a décidé de soutenir un projet d’introduction de la pomme de terre dans les jardins communautaires de les régions de Fatik et Kaolack en collaboration avec Caritas Kaolack, sur la base du rapport de voyage rédigé par Robert Girardet et Werner Reust en 2012. La pomme de terre est la plante à tubercule qui produit le rendement le plus élevé par jour d’occupation du sol. Par ses bonnes qualités nutritives, elle apporte aussi un intéressant complément et équilibre alimentaire aux principales cultures – les céréales et les arachides.
Depuis son indépendance, le développement du pays stagne voire recule, selon le Human Development Index (HDI) établi par la Banque mondiale. Le Sénégal se situe au 162e rang sur 188 pays. La population rurale visitée est très pauvre et survit souvent avec un minimum vital.
L’agriculture sénégalaise est surtout de type familial. Elle est fortement tributaire de la pluviométrie et occupe environ 70% de la population nationale. Plus de 50 % des ménages sont en situation d’insécurité alimentaire sévère et 41,3% en état d’insécurité alimentaire modérée avec une population vulnérable estimée à 7,7 millions d’habitants. La production agricole n’est plus capable de survenir à la croissance de la population et, par conséquent, un recours croissant aux importations est nécessaire.
La pomme de terre a une ancienne tradition au Sénégal puisqu’elle était largement consommée et cultivée par les colons français. La population indigène apprécie la valeur nutritive de ce tubercule apprêté sous les formes les plus diverses.
Au nord de Dakar, dans la région côtière des Niayes, à proximité des localités de Thies, Kayak, M’Boro et Notto, la pomme de terre est cultivée sur de grandes surfaces et alimente le marché local.
Dans la région de Kaolack, malgré son potentiel de production élevé sur une période de végétation courte (environ 3 mois), la pomme de terre n’est pratiquement pas ou que très faiblement cultivée. En raison principalement du manque de plants. Outre sa consommation propre, une partie de la récolte est vendue sur le marché local (cash crop). Le revenu tiré de ce commerce est un apport d’argent important et très recherché par les familles rurales.
BÉNÉFICIAIRES DU PROJET
La population rurale vit dans des conditions précaires dans des villages de brousse. La zone de Djilor a été choisie à l’origine par l’agronome et prêtre, Claude Duverney, qui prodigue des conseils techniques dans le maraîchage depuis plusieurs années et connaît parfaitement les besoins des familles. Il s’agit principalement d’une population musulmane, les chrétiens ne représentant que 4-5 %. Aucune ségrégation religieuse n’a été faite dans le choix des jardins. Notre association soutient également des communautés maraîchères placées sous l’égide de Caritas Kaolack dans les zones de Toubacouta/Sokone et de Bicole.
Bien que l’État assure une scolarisation des enfants, le taux d’alphabétisation est variable, encore faible chez les femmes en particulier. Les jeunes filles participent, en effet, aux travaux domestiques et des champs. Les parents ne sont pas en mesure de subvenir aux dépenses élémentaires. Il s’agit principalement de peuplades de Wolofs et Sérer.
- Notre aide réside dans le soutien à l’achat de plants de pomme de terre de variétés adaptées aux conditions de croissance et dans la formation de techniciens conseillant les femmes maraîchères;
- A l’heure actuelle, le projet progresse en dépit des aléas climatiques rencontrés ces dernières années.