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Deux organisations écologistes critiquent l'administration fédérale qui, selon elles n'utilise pas assez de papier recyclé. Elle serait d'ailleurs en porte-à-faux avec ses propres directives.
Pour sa défense, l'administration fédérale avance que sa consommation globale de papier est en recul. Elle promet en outre de respecter ses objectifs environnementaux.
L'administration fédérale utilise de moins en moins de papier recyclé, dénoncent lundi l'Association suisse pour la promotion du papier plus écologique et de l'écologie de bureau (FUPS) et l'action foretsanciennes.ch, lancée par Greenpeace et le Fonds Bruno Manser.
Selon leurs données, la proportion de papier recyclé utilisé dans les photocopieuses et les imprimantes de l'administration fédérale a en effet chuté à 33% en 2004, alors qu'elle était encore de 51% en 1998.
Les deux organisations demandent que l'administration fédérale utilise au moins 60% de papier recyclé et 20% de papier de fibres fraîches. Elles reprochent au Conseil fédéral de ne pas respecter ses propres directives en la matière.
La FUPS et l'action foretsanciennes.ch regrettent en outre que l'encouragement du développement durable reste lettre morte quant à la consommation de papier.
«Rumba», un tigre de papier
A titre d'exemple, elles citent le canton de Bâles-Campagne, où les photocopieuses et les imprimantes de l'administration cantonale et des écoles sont systématiquement remplies avec du papier recyclé.
Cette décision, prise en juillet 2006, n'a suscité aucun opposition, ni même de la part des archives cantonales, précise Walter Mundschin, chancelier de Bâle-Campagne, interrogé par swissinfo.
«Le papier recyclé choisi peut en effet se conserver 500 ans. Pour cette raison, le canton de Bâle-Campagne s'en tiendra à l'usage de ce type de papier», explique-t-il.
Pour ce qui est de l'administration fédérale, il y existe bien un programme visant à mettre en place une gestion systématique des ressources et de l'environnement. Dénommé RUMBA, celui-ci ne doit cependant pas devenir un «tigre de papier», avertissent la FUPS et foretsanciennes.ch.
Le 4e rapport à ce sujet, RUMBA 2007, qui devrait sortir bientôt, «ne fera qu'entériner une non application d'objectifs pourtant approuvés par le Conseil fédéral», soulignent-elles à ce propos.
L'administration relativise
Face à ces critiques, l'administration fédérale relativise par la voix de Daniela Feldmann. Responsable de la communication à l'Office fédéral des constructions et de la logistique (OFCL), elle estime que le bilan écologique de la Confédération est «meilleur» si l'on tient compte de la consommation globale de papier, et pas seulement du papier à photocopier et à imprimer.
Elle indique aussi que seule la consommation de papier à photocopier recyclable a augmenté mais que, de manière générale, l'emploi de papier dans ce domaine est en recul à Berne.
Au Département fédéral de l'environnement (DETEC), le porte-parole André Simonazzi réserve quant à lui ses réactions. Le nouvel éco-bilan de la Confédération sera en effet divulgué mercredi par le DETEC.
«Les résultats du nouvel éco-bilan seront analysés dans les prochaines semaines et les directives internes seront adaptées au besoin», a confié Daniela Feldmann à swissinfo.
Directrice de la FUPS, Barbara Würmli a, elle, tenu à souligner que «la production de papier recyclé consomme environ trois fois moins d'énergie et d'eau que la papier à fibre fraîche». Elle a également fait savoir que le papier recyclé préserve la matière première qu'est le bois et qu'il coûte de 10 à 15% moins cher que le papier non recyclé.
swissinfo et les agences
Label FSC
Le certificat FSC est délivré par le Conseil international de gestion forestière FSC (Forest Stewardship Council). Il garantit une exploitation durable des ressources de la forêt. Le FSC a en effet fixé des critères portant sur une exploitation écologiquement et socialement responsable.
Le label FSC est valable dans les forêts du monde entier et pour tous les type de bois. Il existe ainsi une certification FSC pour les bois exotiques.
Quelque 570 des 2758 communes des 26 cantons suisses ont déjà signé une déclaration par laquelle elles s'engagent à renoncer au bois et dérivés de bois issus de la destruction des forêts anciennes.