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Le prince-évêché de Bâle après 1813
Le prince-évêché de Bâle a connu deux révolutions majeures au cours des cinq derniers siècles. Le titre de Prince-évêque est une conséquence du statut dans le Saint Empire romain, dont il était membre. L’évêque avait le haut statut de prince (Fürstbischof). Dans la hiérarchie, il se tenait donc au-dessus des ducs et des comtes. Le premier grand bouleversement, la Réforme dans les années 1529-1530, a conduit à la fuite de l’évêque à Porrentruy. La cathédrale de Bâle est encore aujourd’hui protestante-luthérienne. L’Erasme catholique, qui était tolérant pour cette époque, y a même trouvé sa tombe en 1536. Le chapitre de la cathédrale s’est installé à Arlesheim après une randonnée en 1678. Le prince-évêché n’a pas survécu à la deuxième crise. Les troupes révolutionnaires françaises ont occupé la partie nord catholique en 1792. (à peu près le Jura actuel) et l’a annexée à la France (dans le département du Mont-Terrible). La partie sud protestante (la partie francophone de Berne, Birseck et Laufen dans l’actuelle Bâle-Campagne) était sous la protection de la Confédération suisse (principalement Berne et Soleure) et ne devait être occupée qu’à la fin de 1797, peu avant l’invasion française de la Confédération en 1798. Le prince-évêché a été formellement dissoute en 1803, tout comme Napoléon a dissous le Saint Empire romain en 1806 et l’a divisé en nouvelles entités politiques. Le territoire du prince-évêché appartient au département du Haut-Rhin depuis 1800.
La période française se termine avec l’entrée des troupes autrichiennes en décembre 1813, après quoi le territoire du ancien prince-évêché devient le théâtre de controverses. Les cantons de Berne et de Bâle voulaient se répartir le territoire entre eux. La ville de Bienne voulait aussi son propre canton avec une partie de ce territoire. La Principauté de Neuchâtel, qui appartenait officiellement au Roi de Prusse (depuis 1706) mais qui avait également rejoint la Confédération suisse en tant que canton, revendiquait une partie du territoire. Il était également prévu de créer un nouveau canton. En soi, ce n’est pas une mauvaise idée. Enfin, le comté de Montbéliard avait le même souhait (non exaucé). Dans la partie nord catholique, il y avait des partisans de l’annexion à la France, surtout dans les villes de Porrentruy et Delémont. Cependant, ces intérêts suisses n’avaient que peu d’importance pour la Prusse, l’Angleterre, l’Autriche et la Russie dans le rétablissement de l’ordre européen et de l’équilibre des pouvoirs. Le point de départ était de freiner l’envie française de s’étendre. Les royaumes de Sardaigne-Savoie, des Pays-Bas et l’expansion du territoire prussien sur les rives du Rhin en sont le résultat. Cependant, la Suisse n’est pas devenue un royaume, mais une république neutre avec 22 cantons indépendants. Ce pays devait être le plus fort militairement possible pour apprivoiser son voisin français. Pour cette raison, certains territoires français ont également été attribués au nouveau canton de Genève. Ces frontières extérieures de la Suisse n’ont pas été modifiées après 1815.
D’un point de vue stratégique, le Jura et ses cols devaient être contrôlés par la Suisse, par le canton de Berne, le plus fort militairement, politiquement et économiquement. En outre, Berne devait être indemnisée pour la perte des territoires d’Argovie et de Vaud qu’elle gouvernait depuis les 15e et 16e siècles et qui étaient devenus des cantons indépendants. Bâle a reçu le Birseck. Laufen a également été attribué à Berne. Neuchâtel a pris le contrôle de Lignières. Tout cela a été décidé à l’époque et à la suite du Congrès de Vienne en 1814-1815 (20 mars 1815) et des traités (de paix) de Paris (30 mai 1814) et de Turin (16 mars 1816). De nombreuses publications sont consacrées à cette histoire, aux personnages principaux et aux conséquences. En Suisse même, le résultat ne serait de toute façon pas durable. Entre 1832 et 1833, Bâle-Campagne se sépare de Bâle, Laufen échange Berne contre Bâle-Campagne. En 1979, le Jura est devenu un nouveau canton et s’est séparé de Berne. Cependant, les contrastes de 1813-1815 sont toujours vivants, y compris à Moutiers, où une partie importante de la population cherche à rejoindre le canton du Jura. Un référendum à ce sujet en 2019 (en faveur de l’adhésion du canton du Jura à une courte majorité) a été déclaré nul en raison d’erreurs de procédure. Le référendum aura lieu à nouveau. Cependant, le territoire de la Suisse d’aujourd’hui n’a pas changé depuis le Congrès de Vienne et même dans la première moitié du 20e siècle, qui a été marquée par les guerres (civiles) européennes, la neutralité a été respectée (source : J.-C. Rebetez, D. Bregnard (eds.), De la crosse à la croix. L’ancien évêché de Bâle devient suisse (Congrès de Vienne – 1815), Neuchâtel 2018).