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Un lecteur nous écrit à propos de la réponse du Professeur Dubochet à une question posée par courrier électronique au groupe Imédia. Un étudiant français se demandait pourquoi le progrès de la science n'avait pas fait disparaître les superstitions.
Je suis très intéressé par votre magazine de l'Université de Lausanne intitulé «Allez savoir!», que j'ai le privilège de recevoir depuis que je suis député. C'est avec intérêt que j'y lis certains développements me faisant réaliser ainsi le travail que fait notre université. Avons-nous le droit de réagir dans vos colonnes? Je n'en sais rien. En tous les cas, je me permets de m'exprimer concernant un article, qui m'a pour le moins attristé. Libre à vous de publier mon propos.
Dans votre publication N° 13 de janvier 99, un jeune pose la question suivante via Internet. «Pourquoi le progrès de la science n'a-t-il pas fait disparaître les superstitions?» Les réponses du prof Jacques Dubochet m'ont intéressé et parfois surpris par leur raccourci peu scientifique. D'autres propos m'ont également laissé pantois, dans la mesure où l'être humain, en recherche continuelle depuis la nuit des temps, est comparé dans le cadre de l'explication de M. Dubochet, à sa chienne, qui par ailleurs me paraît bien dressée. Je cite une phrase du Professeur écrite dans un autre paragraphe : «Si un homme veut croire au bon Dieu, inutile de le convaincre de ne pas y croire, car ce serait le meilleur moyen de le rendre malheureux». La comparaison du chien, en rapport avec la meute, est une approche de la spiritualité qui me fait mal pour ce jeune qui a certainement un profond besoin de transcendance, d'une relation avec ce que j'appelle le Divin, l'Absolu.
Apparemment, les études suivies par ce jeune homme, c'est-à-dire la philosophie, révèlent une recherche de sa part. La réponse du Professeur Dubochet ne peut que l'inciter à continuer ses recherches. J'ai le sentiment que la dimension que ce jeune recherche n'a rien à voir avec le «gros lot» dont parle M. Dubochet dans son article.
Permettez-moi de citer un verset biblique dans l'Ecclésiaste, ch. 3 v. 11: «Dieu a mis dans le cur de l'homme la pensée de l'Eternité». Cette affirmation-là, que je ressens au fond de mes tripes, je sais et je suis convaincu que chacun de nous l'éprouve une fois ou l'autre. L'histoire de l'humanité me semble confirmer cette conscience de l'Eternité dans l'individu. Pourquoi? Peut-être l'analyse ultrastructurale peut y répondre, en cherchant bien. La science n'éloignera pas de Dieu celui qui le cherche. Je suis paysan de profession, convaincu de l'existence de Dieu, par les merveilles que je découvre quotidiennement dans la Création. Convaincu aussi (je n'exclus pas le doute) de ma relation (non pas de ma religion) avec le Divin par Jésus-Christ. Raoul Follereau n'a-t-il pas repris une parole du Christ sous une autre forme en disant : «La civilisation, c'est de s'aimer»? Y a-t-il une autre alternative, même si la chrétienté n'est pas sans reproches dans ce domaine? Suis-je tout à coup bien primitif? Mes raccourcis sont-ils aussi abrupts que ceux du Professeur Dubochet citant le comportement de sa brave chienne à ce jeune étudiant en philosophie? M'accusera-t-on de fondamentalisme? Si c'est le cas, excusez-moi. André Malraux a dit que le 21e siècle sera spirituel ou ne sera pas. Il y a beaucoup de signes souvent douloureux dans notre société qui tendent à confirmer la soif de cette dimension. La Science n'est pas un antagonisme de la spiritualité, mais en est certainement un allié fondamental. Selon ma vision des choses, Dieu ne peut pas contredire ce qu'il a créé.
Ma réaction venant du cur n'a aucune prétention scientifique. Un professeur de la Faculté de théologie aurait certainement bien des choses à rajouter à mon propos.
Jacques Chollet, viticulteur-arboriculteur, député, Echichens
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