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L'Analphabète est l'unique texte autobiographique d'Agota Kristof. L'auteur y retrace son étrange parcours : l'amour des mots, la rupture du « fil d'argent de l'enfance », elle parle de l'adolescente qui écrit des poèmes et finalement décrit l'exil qui n'est pas seulement exil hors d'un pays mais surtout hors d'une langue. C'est avec horreur que la narratrice se constate « analphabète » devant la nouvelle langue qu'est pour elle le français. Dans ce texte dense et précis, elle retrace aussi ses premières années de vie en Suisse, le travail d'usine, la passion de l'écriture : « Ce dont je suis sûre, c'est que j'aurais écrit, n'importe où, dans n'importe quelle langue ». Ce sera le français.
Dans un pays ravagé par la guerre, deux enfants (des jumeaux) abandonnés à eux-mêmes font seuls l'apprentissage de la vie, de l'écriture et de la cruauté. Premier roman d'une émigrée hongroise installée en Suisse, Le Grand Cahier est également le premier volet d'une trilogie qui comprend La Preuve et Le Troisième Mensonge. L'oeuvre d'Agota Kristof est aujourd'hui traduite dans une quinzaine de pays.
Dans un pays en guerre, deux jumeaux se séparent. L'un d'eux franchit la rontière, laissant l'autre désemparé, privé d'une partie de lui-même. Lucas semble voiloir se consacrer au bien. Quand Claus revient, trente ans plus tard, Lucas a disparu. Seule preuve de leur existence commune : la Grand Cahier.
Agota Kristof (1935-2011), née en Hongrie, est l'auteur de "la trilogie des jumeaux" (Le Grand Cahier, La Preuve et Le Troisième Mensonge) traduite dans le monde entier.
- On m'appelle Claus T. Est-ce mon nom ? Dès l'enfance, j'ai appris à mentir. Dans ce Centre de rééducation où je me remettais lentement d'une étrange maladie, on me mentait et je mentais déjà. J'ai menti encore quand j'ai franchi la frontière de mon pays natal. Puis j'ai menti dans mes livres. Bien des années plus tard, je franchis la frontière dans l'autre sens. Je veux retrouver mon frère, un frère qui n'existe peut-être pas. Mentirai-je une dernière fois ?
- Je m'appelle Klaus T. Mais personne ne me connaît sous ce nom-là. Depuis que mon frère jumeau a disparu, il y a cinquante ans de cela, ma vie n'a plus beaucoup de sens. J'ai longtemps attendu son retour. S'il revenait aujourd'hui, je serais pourtant obligé de lui mentir.
Après les horreurs de la guerre ( Le Grand Cahier ) et les années noires d'un régime de plomb ( La Preuve ), le temps serait-il venu d'ouvrir les yeux sur la vérité ? Mais la vérité ne serait alors qu'un mensonge de plus car "un livre, si triste soit-il, ne peut être aussi triste qu'une vie".
Aujourd'hui recommence la course imbécile. Se lever à cinq heures, prendre le bus, pointer, percer toujours le même trou dans la même pièce. Et gagner juste assez d'argent pour manger, habiter quelque part, être en mesure de recommencer la course, demain.
Pour que demain soit différent, il faudrait qu'apparaisse enfin Line, la femme idéale dont rêve Sandor Lester depuis qu'il a quitté son pays natal. Alors, il y aurait un avenir possible dans lequel Sandor deviendrait écrivain sous le nom de Tobias Horvath.
Mais, ce jour-là, ce n'est pas l'avenir qui monte dans le bus. C'est Line, la vraie Line surgie du passé, de ce temps où Tobias Horvath n'était pas un pseudonyme mais un enfant bien réel et qui croyait encore au futur...
Avec la simplicité et la précision qu'on lui connaît, Agota Kristof raconte " l'histoire d'un grand amour impossible " en même temps qu'elle se livre à une réflexion aiguë sur le passage du temps et les injustices du monde contemporain.
Un homme est changé en statue au moment où il embrasse son chien pour la dernière fois. Une femme explique au docteur qu'elle ne comprend pas comment son mari a pu se fendre le crâne sur une hache en tombant de son lit. Un enfant, accompagné d'un puma " splendide, beige et doré ", marche au bord d'un canal où il croisera son père pour un rendez-vous décisif. Ce père qui, dans la toute dernière histoire, la plus autobiographique certainement, " ne s'est jamais promené main dans la main avec sa fille " et termine ses jours " dans une horrible ville industrielle, qu'il n'avait jamais aimée ".
Vingt-cinq textes baignant dans une atmosphère étrange et émouvante, qui ont été composés au fil des années, dès le début de l'exil d'Agota Kristof hors de Hongrie, en 1956. Peut-être la part la plus secrète de son oeuvre.
Après les trois romans de sa trilogie, Le Grand Cahier, La Preuve, Le Troisième mensonge, son dernier roman Hier, ses nouvelles C'est égal et son récit autobiographique L'Analphabète, nous pouvons lire aujourd'hui les poèmes d'Agota Kristof (1935-2011). Peu avant sa mort, elle les avait sortis de ses archives pour qu'ils soient édités. Clous rassemblent les poèmes hongrois de jeunesse dont elle a intensément regretté la disparition au moment de quitter la Hongrie en 1956. Elle les a reconstitués de mémoire, en a ajouté de nouveaux, a choisi leur titre français mais ne les a pas traduits. Source d'inspiration de plusieurs proses, les poèmes sont restés inédits.Ce livre bilingue constitue leur édition originale en hongrois et leur première traduction en français. Ils sont accompagnés de quelques poèmes écrits directement en français. On y retrouve le style tranchant d'Agota Kristof, ses thèmes, la perte, l'éloignement et la mort, mais aussi, largement déployés, la nature et l'amour.
Ce volume réunit quatre pièces d'Agota Kristof.
Le Monstre : Un animal gigantesque est tombé dans un piège. La population du village ne parvient pas à le tuer : à défaut d'y parvenir, voilà que des gens se mettent à l'aimer. La bête sentait mauvais, mais à présent des fleurs poussent sur son dos, sécrétant un parfum exquis. Un seul homme désire encore sa disparition.
La Route : La terre est entièrement couverte de béton. Les questions sont : Où mènent les routes. Ont-elles une fin ? Pourquoi les directions ? Pourquoi la marche ? Les sorties existent-elles ? Sont-elles vraies ou fausses ?
L'Épidémie : Un village est placé en quarantaine, les habitants ayant contracté le virus du suicide. Sauveur délivre une jeune fille qu'il a trouvée pendue dans la forêt, mais Sauvée, dès qu'elle retrouve la vie, se montre bien peu reconnaissante.
L'Expiation : Un aveugle qui joue de l'harmonica. Un sourd qui crache du feu. Par économie, ils occupent le même lit chez une vieille marchande de sommeil. Ils sont sales et misérables, mais on est prié de ne pas trop s'apitoyer. Ce serait trop simple.
Agota Kristof, née en Hongrie, est l'auteur de quatre romans traduits dans une trentaine de langues. Un premier recueil théâtral, L'Heure grise, a été publié en 1998.
Ce volume contient quatre pièces d'Agota Kristof, parmi les plus souvent représentées, notamment sur les scènes allemandes et japonaises.
John et Joe (1972) ou comment un billet de loterie, au centre d'une banale conversation de bistrot, peut devenir le révélateur d'une division vieille comme le monde, néanmoins d'une actualité brûlante : d'un côté ceux qui possèdent, de l'autre ceux qui se font posséder.
La Clé de l'ascenseur (1977) : une femme, séquestrée par son mari qui, à l'aide d'un médecin complaisant, l'a privée de l'usage de ses jambes, de son ouïe, de ses yeux... Mais il lui reste sa voix pour crier au monde son horrible histoire.
Un rat qui passe (1972-1984) : entre la chambre et le salon, les personnages échangent leurs identités et leurs masques, jusqu'à oublier où sont les masques et où les identités. A travers une pantomime vertigineuse se dessine une réflexion aiguë sur les relations entre le théâtre et le totalitarisme.
L'Heure grise ou le dernier client (1975-1984) : Elle et lui ont vieilli. Lui, le petit voleur ; elle, la prostituée. Ce n'est plus pour obtenir son corps qu'il la paie mais pour lui ravir ses rêves. Jusqu'à ce que la relation s'inverse, faisant apparaître, derrière la vénalité, les liens inextricables de l'amour et de la haine.
Par leur diversité même, ces quatre regards sur la condition humaine où l'humour (noir) le dispute à la gravité donnent un large aperçu de l'univers si personnel de l'auteur du Grand Cahier.