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A la Renaissance, Botticelli inventait, rêvait une madone.
Marsile Ficin, humaniste, philosophe, théoricien et ami de Botticelli prônait la méthode platonicienne d'accession à la Beauté suprême. Cette méthode voulait que l'on s'élève au-dessus des beautés individuelles. Dans la Madone du Magnificat, par exemple, Botticelli n'avait pas besoin, pour représenter un de ses anges, de reproduire un seul visage. Pour mieux rivaliser avec la Nature, il parvenait à recomposer, à partir de plusieurs enfants ou adolescents, un ange peut-être impersonnel mais néanmoins vivant, plus vivant que ces petits vauriens aux mains sales, aux gestes trop brusques, irrespectueux de leur propre grâce qu'étaient ses modèles. Dans ses anges, faits de souvenirs et de beautés superposées, il ne restait que la blancheur, la méditation et le silence. Les cinq anges pourraient être cinq rêves du même adolescent idéal.