Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06962.jsonl.gz/731

De l'opposition à l’unité
Reconnaître l'injustice passée comme une injustice, aborder les différences existantes et demander pardon.
L'injustice passée ne peut être réparée. La punition des coupables ne change souvent pas grand-chose à la situation de ceux qui ont subi des injustices. Que peut alors apporter la reconnaissance de la culpabilité et le pardon?
Trois églises bernoises symbolisent aujourd'hui les actes de réconciliation entre l'Eglise réformée et les anabaptistes : L'église Nydegg, la cathédrale de Berne et l'Eglise de la paix. Dans les trois églises, des cultes ont été célébrés ces dernières années, concluant ainsi un processus commun de réconciliation. L'un de ces actes consistait à ce que chaque partie fasse part à l'autre de ses points de vue sur l'histoire du conflit. Et ils se sont demandé mutuellement pardon là où ils s'étaient rendus coupables l'un envers l'autre. Au cours des discussions, on a exploré les convictions que l'on partage aujourd'hui, où l'on peut bien cheminer ensemble malgré des points de vue différents, et où les différences d'opinions exigent encore la nécessité de poursuivre la discussion. Le résultat de l'une de ces procédures est consigné dans la publicatipon "Le Christ est notre paix" Il exprime le fait que les églises sont en route ensembles et réconciliées.
Mais l'histoire des anabaptistes du canton de Berne est aussi une histoire politique. C'est précisément sur ce plan, qu'en novembre 2017, le discours du conseiller d'Etat du gouvernement bernois et directeur de l'église Christoph Neuhaus a ouvert de nouvelles portes. Discours, dans lequel il demandait: "Je vous demande donc ce soir en toute simplicité de pardonner tout ce qui a été fait aux anabaptistes de notre canton."
Le pardon n'annule pas l'injustice du passé. Mais elle oblige ceux qui cherchent la réconciliation à chercher, à l’avenir, de nouvelles voies et à veiller à ne pas répéter les vieilles erreurs. Pour les anabaptistes d'aujourd'hui, cela signifie que l'Etat doit s'engager à respecter les lois pour la protection des minorités et des dissidents, telles que celles qui figurent aujourd'hui dans la Convention européenne des droits de l’homme.