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08h51 10 mars 2011 LES SOEURS MARET Tweet Lien permanent Catégories : Culture 2 commentaires Commentaires Chère Danielle, Merci de diffuser cette annonce d'autant plus que les 3 Soeurs Maret - Marthe, Louise et Jeanne - sont un bon exemple de ce qu'étaient à la fin du 19ème siècle et au début du 20ème les relations transfrontalières ainsi que la modernité et l'excellence de l'enseignement genevois: elles avaient leur maison familiale à Sciez (Marignan), mais sont nées et ont été élevées à Genève où leur père était marchand de fruits et légumes (cultivés à Sciez et à Douvaine), rue Kleberg, et leur mère couturière-tailleuse. Elles ont suivi le parcours des jeunes filles de l'époque et ont eu la chance de bénéficier des formations - très complètes et en avance sur le reste de l'Europe - de l'instruction publique genevoise, notamment de l'Ecole Supérieure de Jeunes Filles, pour devenir institutrices. La Suisse étant alors dans une situation économique difficile, elles ont été recrutées, comme beaucoup de Suisses, par une agence d'émigration genevoise, pour des postes de préceptrices, l'une aux Philippines chez le gouverneur Taft, la seconde dans l'Oural, dans la famille du vice-gouverneur Yourkewitch tandis que l'aînée, devenue quasi-aveugle, donnait des cours privés à Genève. Elles se sont toutes trois retrouvées en 1906 aux Etats-Unis où Jeanne avait suivi la famille de William Taft devenu Ministre puis, par la suite, Président des USA. C'est en 1911 qu'elles créent, à Washington DC, avec des moyens très modestes, leur école bilingue, Maret School, qui fêtera son centenaire en octobre: c'était, au début, simplement des cours privés, dans leur appartement avec juste quelques élèves, mais cela deviendra, au fil des ans, une institution renommée (voir www.maret.org), située dans une magnifique propriété historique et, ce qui est étonnant, voisine de l'Ambassade de Suisse! Un bon exemple de ce que Genève et la France voisine, complémentaires et non rivales, peuvent produire, ensemble, de meilleur! Ce qui ouvre des perspectives d'avenir très positives! Merci Catherine. Cet historique me touche particulièrement car l'une de mes grand-tantes est partie pour la Russie donner des cours de français. D'autres, incluant ma grand-mère, sont simplement allées travailler au Château de Cartigny en tant que couturières.