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Malheureusement, le cancer de la prostate survient très souvent de façon sournoise, aucun symptôme ne se manifeste en phase initiale et et c'est à ce stade que le traitement a le plus haut taux de guérison. La plupart des douleurs qui engendrent les consultations médicales surviennent souvent dans une phase déjà avancée.
Les symptômes du cancer de la prostate peuvent être proches des symptômes de l'hyperplasiebénigne de la prostate (mais attention, le cancer a peut-être déjà commencé depuis un certain temps, lire ci-dessous) avec des difficultés à uriner, une augmentation de la fréquence pour aller uriner ou un jet urinaire faible. D'autres signes d'un cancer de la prostate peuvent être un trouble de l'érection ou une éjaculation douloureuse.
Il est également utile de noter que dans la plupart des cas, le cancer de la prostate débute à l'extérieur de la glande de la prostate, au niveau de la capsule, sans provoquer aucun symptôme. C'est pourquoi les symptômes typiques qui posent problèmes au niveau urinaire se manifestent seulement lorsque le cancer est déjà dans une phase plus avancée, car le cancer s'est développé jusqu'à l'intérieur de la prostate et provoque des perturbations du système urinaire (avec des symptômes proches de l'hyperplasie bénigne de la prostate). Lire aussi: symptômes du cancer de la prostate à un stade avancé
Suite au fait que le cancer de la prostate est impossible à diagnostiquer soi-même à cause de ces symptômes peu spécifiques ou absents dans sa phase initiale, on ne le répétera jamais assez, consultez votre médecin et faites un contrôle de la prostate chaque année à partir de 50 ans. On parle de diagnostic ou dépistage précoce.
Symptômes phase avancée cancer de la prostate
Dans la phase avancée du cancer de la prostate le cancer peut se généraliser à l'ensemble du corps et provoquer en particulier des symptômes comme des douleurs osseuses, de l'incontinence urinaire ou fécale, une rétention urinaire, des douleurs pour uriner, du sang dans l'urine ou dans le sperme, des troubles de l'érection, une insuffisance rénale, une perte de poids et/ou des infections généralisées (phase très avancée). Attention liste non exhaustive.
Diagnosticdu cancer de la prostate
Le diagnostic, en particulier le diagnostic ou dépistage précoce du cancer de la prostate est essentiel pour chaque individu et pour la santé publique de chaque pays.
En effet dès l'âge de 45 ans (40 ans chez les hommes à risque) chaque homme doit effectuer annuellement chez son médecin (généraliste ou urologue) un contrôle de la prostate afin de savoir s'il présente un cancer de la prostate ou non (idéalement dans sa phase précoce).
Voici comment le médecin peut procéder (attention liste qui peut être soumise à des modifications en fonction de nouvelles connaissances médicales et concernant le test du PSA vous verrez qu'il existe une véritable controverse).
- Toucher rectal: effectué par un médecin, le médecin palpe dans le rectum du patient la prostate (une glande) et observe selon son expérience s'il observe une modification de la glande au niveau de la forme (irrégularité) ou de la taille. Il faut relever que le toucher rectal est moins spécifique que la mesure du PSA mais certains patients ont un taux de PSA normal alors qu'ils ont quand même un cancer de la prostate, la mesure de la PSA donne des indications dans certains cas mais n'est pas une méthode de diagnostic suffisante.
- PSA: le test du PSA mesure dans le sang l'antigène ou protéine PSA qui signifie "Prostat Specific Antigen" (antigène spécifique de la prostate). Si la concentration de PSA dans le sang dépasse une certaine limite, le médecin pourra suspecter un cancer de la prostate et pratiquer d'autres tests de diagnostic: biopsie, toucher rectal pour confirmer le diagnostic. Ce test reste toutefois peu spécifique et peut mener à des controverses (lire ci-dessous).
Controverse et directives sur l'utilisation du test PSA
En octobre 2011 une étude publiée aux Etats-Unis par le Groupe de travail des services de prévention des Etats-Unis (USPSTF) recommande de ne plus effectuer le test PSA sur des hommes sains, car il ne permet pas de sauver des vies et conduit à des traitements inutiles.
Selon l'USPSTF, le bénéfice d'utiliser le test PSA, s'il y en a un, est très mince au bout de 10 ans (au niveau épidémiologique).
Les raisons scientifiques de cette critique sont les suivantes: - Une vaste majorité d'hommes, même porteurs des cellules cancéreuses, ne sont jamais affectés par ce cancer dont l'évolution est souvent très lente. Même pour ceux qui souffrent d'une tumeur agressive de la prostate, le test ne semble pas améliorer le taux de survie, puisque rien ne montre jusqu'à présent un avantage à commencer un traitement plus tôt pour ces cancers qui font des métastases.
- Les résultats du PSA ont conduit un million d'hommes à être opérés de la prostate ou à subir des radiothérapies voire les deux. Parmi ces patients, au moins 5000 sont décédés après l'intervention chirurgicale et de 10'000 à 70'000 ont souffert de graves complications.
- Le comité estime aussi que 200'000 à 300'000 d'entre eux souffrent d'impuissance, d'incontinence urinaire ou des deux. Ces complications et le grand nombre d'hommes à en souffrir a conduit l'inventeur du test, le Dr Richard Ablin, à le qualifier de "désastre de santé publique".
Autrement dit, cette étude montre que trop de traitements inutiles du cancer de la prostate ont été instaurés. Ils avancent des données épidémiologiques intéressantes en écrivant que pour 1'000 hommes dépistés avec un test du PSA, 1 homme allait éviter de mourir du cancer de la prostate (à cause du test du PSA), 1 homme allait développer des caillots sanguins dans ses jambes ou ses poumons à cause du traitement anticancéreux, 2 hommes allaient souffrir d'une crise cardiaque à cause du traitement et 40 hommes allaient souffrir de dysfonction érectile ou de difficultés à contrôler sa miction (incontinence urinaire) également à cause des traitements.
En mai 2013, les urologues américains ont eux émis une position plus nuancée, il faut effectuer un test du PSA chez les groupes à risque et après discussion avec les patients chez des personnes saines, une vision plus personnalisée de la médecine.
Dans le détail, chez les groupes à risque (noirs, cas de cancer dans la famille), ils conseillent d'effectuer un test du PSA chaque année de 40 à 69 ans.
Chez les personnes saines (qui ne sont pas dans les groupes à risque), ces urologues américains recommandent de discuter avec son médecin, à voir de "cas en cas", s'il faut effectuer ce test annuellement pour les hommes âgés de 55 à 69 ans.
Avant 40 ans (groupes à risque) et 55 ans (personnes saines) ainsi qu'après 70 ans, le test du PSA n'est pas conseillé (sauf avis médical).
- Il est également possible de diagnostiquer un cancer de la prostate avec des ultrasons ou encore par des techniques de résonance magnétique ou de tomographie (notamment dans la phase avancée pour détecter des tumeurs dans d'autres régions du corps que la prostate).
- Relevons également qu'il existe en France un nouveau test urinaire (test Progensa PCA3) pour dépister un cancer de la prostate, ce test repère le gène PCA3 dans les cellules de la prostate (augmenté en cas de tumeur). Il s'agit d'une aide au diagnostic (notamment pour le médecin afin de savoir s'il doit instaurer rapidement un traitement en cas de valeur élevée, etc).
- Mesure de la taille des doigts (méthode plus originale) Les hommes dont l’index de la main droite est plus petit que l’annulaire auraient 33% plus de risques de développer un cancer de la prostate par rapport aux hommes qui ont un index plus grand que l’annulaire. Il faut relever que la majorité des hommes ont un index plus petit que l’annulaire. Les autres ont donc plus de chance au niveau statistique face au cancer de la prostate
Mme le Professeur Ros Eeles qui a participé à cette étude, a relevé que cette rapide analyse de la taille de ces deux doigts pourrait venir compléter, en particulier chez les hommes de plus de 60 ans (groupes à risque).
La question qui nous occupe est de savoir quel lien il y a entre la taille des doigts et le cancer de la prostate. Et bien il s’agit de la testostérone. En effet selon cette étude anglaise la cause de ces différences entre hommes repose au niveau gestationnel. La taille des doigts est déterminée par le contact avec une concentration élevée ou faible de testostérone dans le ventre de la mère. Une concentration plus faible de cette hormone aboutit à une taille de l’index plus grande que l’annulaire et protégerait donc des années plus tard face au cancer de la prostate. Au contraire une concentration plus élevée de testostérone augmente le risque de développer ce cancer, un des plus fréquents chez l'homme. Voici une explication rationnelle de cette étude assez originale.