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Un de nos fidèles lecteurs, Georges Tafelmacher,
a réagi à notre forum du numéro précédent, sur
«Le marché de la santé».
Il nous fait d'abord part de ses remarques, par le texte suivant,
et il réagit ensuite (ci-dessous) à l'article de Michel Guillemin
La médecine n'a pas à générer de l'argent
La santé n'a pas à être un «marché» mais doit rester une relation intime avec soi-même et, lors d'une maladie, un rapport désintéressé entre le patient et son médecin. La médecine n'a pas à générer de l'argent, à être soumis à l'obligation de faire des profits ou à être sous la coupe de la loi des actionnaires et de leur volonté de toucher des dividendes. Elle doit rester indépendante des pressions de l'industrie et des moyens publicitaires des représentants médicaux affiliés aux grandes marques !
La recherche pharmaceutique doit impérativement être découplée de la logique marchande et séparée de l'industrie et de ses logiques de rentabilité, de rendement et, surtout, de conquête des marchés, sinon cela pervertira cette recherche en la contenant dans les produits qui rapporteront gros avec un maximum de bénéfices pour, déviance suprême, financer une recherche orientée. Ce serait comme si le serpent du sceptre médical pouvait se rentabiliser en se mordant la queue, tout en s'administrant de puissants anesthésiques issus de ses endomorphines !
Et si une des principales raisons de l'augmentation des coûts de la santé résidait dans l'état psychique dans lequel nous a fourré l'aberration néolibérale avec ses exigences, ses brevets, ses valeurs de compétition et d'exclusivité, entraînant une augmentation significative de l'incidence des cancers, des dépressions, des violences sociétales, etc. ?
Et si le progrès des pathologies était justement le moteur des firmes pharmaceutiques qui non seulement se font du fric avec les molécules qu'elles lâchent dans l'environnement mais aussi avec les maladies ainsi induites ?
Et s'il y avait une volonté manifeste de rendre le monde aussi malade que possible pour justifier la perpétuation d'un pouvoir occulte sur les populations pour les rendre dépendantes des drogues et les pousser à la consommation et ainsi faire tourner la machine, doper la croissance et garantir des emplois ?
Et si tout cela n'était qu'un prétexte pour justifier la société de consommation et la fixer dans les impératifs catégoriques de son idéologie néolibérale ?
Nous venons de vivre le drame de l'amiante ainsi que celui des conséquences des métaux lourds propagés dans notre environnement qui se sont infiltrés jusque dans nos corps et des 120'000 autres produits chimiques introduits dans nos aliments à l'insu de notre plein gré, dont au moins 1'500 ont été prouvés nocifs parmi les 3'000 à 4'000 testés par des laboratoires d'Etat indépendants des puissances industrielles. Comme si cela ne suffisait pas, les nanoparticules nous promettent un avenir encore plus hasardeux car ces structures atomiques sont bien plus réactives que l'amiante et peuvent pénétrer jusqu'au cœur de nos cellules et s'immiscer dans leur fonctionnement, les perturbant d'une manière totalement inattendue.
Le marché de la santé n'a pas tardé à récupérer la nanotechnologie, pressentie comme le nouvel eldorado du XXIe siècle et pourvoyeuse des fameux «nouveaux emplois», et de les faire passer pour inoffensives pour que la vente des crèmes solaires aux nanoparticules d'oxyde de titane, ou des tissus enduits d'argent dont la fabrication se compte en millions de tonnes, puissent continuer sans susciter la méfiance des consommateurs sommés de les accepter au nom de la modernité. Sur ces cinq dernières années, le nombre de produits incorporant des nanomatériaux a connu une croissance de près de 400% (Science et Vie, décembre 2010) et aucune étude n'a été faite pour déterminer l'incidence de la dissémination de pareille quantité de ce nano matériel sur l'environnement et sur le vivant. Mais on oublie le prix que tout ceci fait porter à toute la société – maladies nouvelles, effets secondaires imprévus, etc. Plus scandaleux, on meurt et cela ne semble pas préoccuper la société pour autant!
Et d'autant plus scandaleux que l'administration fédérale, tout en admettant qu'elle n'est pas très sûre, n'a d'autres propositions que de dire aux consommateurs de faire leur choix en lisant les étiquettes et de demander aux industriels de fournir des masques aux ouvriers alors qu'aucun masque existant n'arrêtera ces nanoparticules!
Ce forum doit être complété par la contribution de professionnels de la santé indépendants de l'industrie pour que le simple péquin puisse comprendre ce qui se trame... et agir en conséquence !
Réaction à l'article de Michel Guillemin
(paru dans notre numéro précédent - 2012/2 - avril)
Je désire réagir au papier de Michel Guillemin qui, loin de questionner l'industrie pharmaceutique, la justifierait par le biais de la «prévention en santé de travail» qui permettrait la perpétuation de cette industrie, du moment qu'elle «assumerait» sa «responsabilité sociale»; bel oxymore en effet, laissant entendre que cela donnerait même un «sens au travail»!
Dès lors que les intentions de cette industrie est de faire du profit, alors cette prévention est inconciliable avec ces buts d'autant plus que le principe de précaution est battu en brèche ces temps par la volonté des représentants du patronat et des gouvernements de faire accroire dans l'esprit du grand public que son application stricte pourrait détruire l'emploi et freiner la croissance.
Il y en a même qui laisserait entendre un retour aux chandelles induit par son respect! Non, il n'y a qu'un véritable changement des bases mêmes de cette société qui enfin produira ce fameux «sens du travail» voulu par votre correspondant, car toute autre proposition ne ferait que renforcer cette industrie et nous aliéner encore plus de nos véritables besoins !