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Twitter pourrait peser dans la balance électorale américaine
Les tweets sont utilisés à l'envi par les candidats à l'élection présidentielle américaine de novembre pour mobiliser les électeurs, trouver des fonds et faire campagne. Pour la première fois, les comptes Twitter de Barack Obama et Mitt Romney pourraient peser dans la balance électorale, selon des experts.
Et si Barack Obama partait avec une longueur d'avance, lui qui avait déjà largement écrasé son adversaire John McCain sur les réseaux sociaux en 2008, Mitt Romney semble peu à peu rattraper son retard.
Les fils Twitter de Barack Obama et Mitt Romney:
Pour Tony Fratto, ancien porte-parole de la Maison Blanche sous la présidence de George W. Bush et dirigeant de la société de consultants Hamilton Place Strategies, Twitter peut faire la différence. "Il a permis aux équipes électorales de s'adresser à un maximum de gens très vite et pour pas cher."
"Non seulement vous pouvez adresser votre message à des millions de gens, mais vous pouvez aussi répondre très vite aux accusations. Avant, il fallait créer un message pour la télévision ou prendre le temps d'écrire un communiqué de presse", rappelle-t-il. "Avec Twitter, dès qu'une critique paraît, ou une publicité négative, vous pouvez répondre immédiatement et faire répondre vos partisans".
Ainsi, lors de la Convention républicaine, quand Clint Eastwood a adressé de longs reproches à Barack Obama en s'adressant à lui à travers le symbole d'une chaise vide (voir Clint Eastwood soutient Mitt Romney pour la présidentielle américaine ), l'équipe de campagne des démocrates a rapidement répondu en publiant sur Twitter une photo de l'actuel président, de dos et installé dans un fauteuil avec la mention "La place est prise".
Twitter peut influer sur le cours du débat national
Toujours plus, Twitter et Facebook jouent un rôle majeur dans le "débat national", eu égard aux tempêtes de protestation après les déclarations d'un élu sur le "véritable viol" et le meurtre il y a quelques mois du jeune Noir Trayvon Martin, souligne Jeannette Castillo, professeur spécialiste des médias numériques à l'université de Floride. Lire: Pour un élu républicain, "le véritable viol déclenche rarement une grossesse"
Pour le directeur de PEJ (Pew sur le journalisme), Tom Rosenstiel, "utiliser de plus en plus le numérique ne signifie pas plus de votes, mais, historiquement, les candidats qui ont utilisé le progrès technique avaient un avantage".
"Avec le recours à la radio par Franklin Roosevelt, à la télévision par John F. Kennedy et les campagnes de communication de Ronald Reagan au temps des satellites, ces candidats ont fait croire que leur utilisation rapide des progrès techniques était la marque d'une nouvelle génération de dirigeants plus en phase avec le pays", souligne le rapport Pew.
afp/char
Publié le 27 août 2012 à 17:47 - Modifié le 02 octobre 2012 à 11:31
Duel du tweet et de "J'aime"
Le démocrate a déjà envoyé près de 6000 tweets, presque six fois plus que le républicain. Mais les messages de ce dernier sont plus souvent partagés et retweetés, ce qui fait penser que ses partisans sont plus "motivés", remarque Zach Green, dirigeant de la société d'études des médias.
La page Facebook de la convention démocrate a aussi deux fois plus de fans que la républicaine. La page de Barack Obama compte ainsi plus de 28 millions de mentions "J’aime" contre seulement 6 millions à Mitt Romney.
Les proches des deux candidats sont aussi plus ou moins actifs. Ainsi, Michelle Obama compte 1,6 million de followers sur Twitter contre un peu plus de 100'000 à Ann Romney. Celle-ci n'est d'ailleurs active sur le réseau social que depuis avril, avec désormais un tweet par jour, légèrement moins que l'actuelle First Lady.
Seul républicain à battre son adversaire démocrate sur Twitter, le colistier de Romney Paul Ryan compte 320'000 followers, contre seulement 168'000 à Joe Biden, le vice-président d'Obama.
Les autres réseaux sociaux investis
Outre les inévitables comptes Twitter et Facebook des conventions, qui permettent à tout un chacun de commenter les prestations des participants, républicains et démocrates ont aussi ouvert des pages sur Youtube, les sites de partage de photos Flickr et Pinterest, ou les réseaux Google+ et Foursquare.
Il existe également des applications pour téléphones portables expressément dédiées aux deux candidats.