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Mercredi 25 octobre, l’ouragan OTIS a frappé de plein fouet la ville mexicaine d’Acapulco au stade de catégorie 5 sur l’échelle de Saffir-Simpson. Le bilan humain et matériel est lourd.
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Mercredi 25 octobre, l’ouragan OTIS a frappé de plein fouet la ville mexicaine d’Acapulco au stade de catégorie 5 sur l’échelle de Saffir-Simpson. Le bilan humain et matériel est lourd.
Dimanche 22 octobre, le National Hurricane Center (NHC) nomme la tempête tropicale OTIS. A ce moment-là, les vents moyens sur 1 minute atteignent 35 nœuds (65 km/h). Les prévisions estiment que le système devrait se renforcer un peu pour atteindre des vents de l’ordre de 50 nœuds au maximum.
Ce n’est qu’à partir du mardi 24 octobre que la prévision envisage le renforcement d’OTIS au stade d’ouragan de catégorie 1 avec des vents moyens de 75 nœuds.
Mais les choses ne se passent pas comme prévu. Arrivé sur des eaux très chaudes avec une température entre 29 et 31 °C, OTIS se renforce subitement. Le 24 octobre à 12 UTC, les vents moyens sont estimés à 40 nœuds. Trois heures plus tard, ils sont estimés à 60 nœuds. Le stade d’ouragan est atteint à 18 UTC avec des vents moyens évalués à 70 nœuds. A 19 UTC, un avion de reconnaissance survole l’ouragan et mesure des vents moyens à 95 nœuds. A 21 UTC, les vents moyens atteignent 110 nœuds. OTIS est à présent un ouragan majeur de catégorie 3 sur l’échelle de Saffir-Simpson.
Le 25 octobre à 00 UTC, OTIS génère des vents moyens à 125 nœuds et il est donc un ouragan de catégorie 4. A 03 UTC, les vents moyens atteignent 140 nœuds et la catégorie 5 est franchie. A 04 UTC, les vents moyens sont estimés à 145 nœuds. Le paroxysme est atteint.
Finalement, OTIS touche les terres mexicaines le mercredi 25 octobre à 0625 UTC (8h25 en Suisse, 0h25 au Mexique) à proximité d’Acapulco avec des vents moyens sur 1 minute estimés à 145 nœuds (270 km/h) et une pression atmosphérique au centre de 923 hPa.
Une fois arrivé sur les terres, l’ouragan s’est rapidement affaibli. Toutefois, la ville d’Acapulco et l’arrière-pays ont subi des vents violents et des précipitations diluviennes pendant plusieurs heures.
En 16 heures, OTIS est donc passé d’une simple tempête tropicale à un ouragan de catégorie 5 avec une intensification moyen des vents de 105 nœuds. Une intensification aussi rapide et extrême est sans précédent.
Les modèles numériques de prévision météorologique n'ont pas réussi à prédire l'ampleur de l'intensification explosive qui s'est produite, en partie à cause du manque de données, car un seul vol de reconnaissance a été effectué et il n'y a pas de radar météorologique à traitement Doppler couvrant cette zone.
Ainsi, l'intensité maximale et la trajectoire finale d’OTIS ont évolué bien au-delà de ce qui avait été prévu par le NHC. Quinze heures avant de frapper Acapulco, les prévisions du NHC indiquaient que les vents moyens atteindraient 80 nœuds à leur paroxysme. Acapulco s’attendait donc à être frappée par un ouragan de catégorie 1.
En revanche, la trajectoire a été mieux évaluée. La région avait été mise en veille ouragan dès le lundi 23 octobre à 21 UTC (15h00 au Mexique). Le mardi 24 octobre à 09 UTC (3h00 au Mexique), une alerte ouragan a été émise.
L'échelle de Saffir-Simpson est l'échelle de classification de l'intensité des cyclones tropicaux. Elle est graduée en cinq niveaux d'intensité, correspondant à des intervalles de vitesses de vents normalisés. Pour classer un cyclone sur cette échelle, la vitesse des vents soutenus est enregistrée pendant une minute à une hauteur de 10 mètres.
L'échelle de Saffir-Simpson a été développée en 1969 par l'ingénieur civil Herbert Saffir et le docteur Robert Simpson, directeur du NHC à cette époque. Saffir avait développé cette échelle à la demande de l'OMM pour décrire les effets potentiels d'un cyclone tropical sur les infrastructures humaines.
Lorsqu’un ouragan atteint la catégorie 5, ses vents moyens sur 1 minute dépassent 135 nœuds (250 km/h). Les dégâts engendrés par de tels vents sont considérés comme catastrophiques. Il n’est donc pas surprenant que la ville d’Acapulco ait été largement sinistrée par les ravages de l’ouragan OTIS.
Finalement, OTIS a été l’ouragan de l’océan Pacifique Nord-Est le plus puisant à avoir atterri sur les côtes d’un pays d’Amérique centrale. Le précédent ouragan le plus puissant avait été PATRICIA en 2015.
Même si les alertes ont pu être émises, il est difficile d’échapper à des dégâts lorsque des vents de plus de 200 km/h se mettent à souffler pendant plusieurs heures. Par ailleurs, des pluies diluviennes ont également provoqué la crue de nombreuses rivières. Des glissements de terrain ont coupé certains axes importants de communication. Les autorités mexicaines ont rapporté au moins 27 personnes décédées, la plupart des victimes ayant été emportées par des cours d’eau en crue.
Chaque année, il se forme 8 à 9 ouragans (moyenne 1993-2022) dans le bassin océanique du Pacifique Nord-Est.
Les études montrent que dans une atmosphère plus chaude avec des océans également plus chauds, le nombre d’ouragans par année ne sera pas forcément plus élevé, mais leur potentiel pourra être plus destructeur. En effet, on pourrait connaître davantage d’ouragans majeurs (catégorie 3 à 5 sur l’échelle Saffir-Simpson).
Avec l’ouragan OTIS, on pourrait entrer dans ce cas de figure avec une intensification extrêmement rapide sur des eaux anormalement chaudes.
Par ailleurs, le phénomène El Niño qui est en cours pourrait avoir exacerbé cette intensification explosive en raison des eaux plus chaudes que d’habitude sur cette portion de l’océan Pacifique (figure 5).