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| Voici donc notre Gazette
de l'été. Nous l'avons consacrée aux conséquences
de Tchernobyl. Bien sûr, nous savons que nous participons, ce faisant,
à la désinformation annoncée par Gymont. Nous vous
laissons relire le petit texte publié par le Canard Enchaîné
le 7 juin 1989. Texte qui a également été utilisé
par Le Monde du même jour:

|suite:

Avouez que ça vaut son pesant de cacahuètes.
Les Russes ont fait «exprès» pour ennuyer les nucléocrates
des pays occidentaux et surtout ceux de la France, de faire péter
un réacteur. Ceci oeuvrant pour la déstabilisation du nucléaire,
déstabilisation inaugurée en 1979 par ces «ânes»
américains à Three Mile lsland. Vous n'en aviez bien sûr
jamais douté!!
p.1
| Bon, ne rêvons pas. Mais
reprenons ce problème de désinformation.

Le conseil supérieur de sûreté et d'information nucléaire a, lors de sa dernière réunion le 6 juin 1989, traité d'un problème important : «Intervention Sanitaire en cas d'accident nucléaire». L'introduction de ce document est particulièrement en accord avec Gymont. Il s'agit d'une circulaire de 1987 (que l'on considère comme une information en 1989!).
La présente circulaire a été préparée pour répondre, après la catastrophe survenue en avril 1986 à Ichernobyl en Union soviétique, à de nombreuses interrogations émanant tant d~s responsables administratifs que des médecins et des directeurs d'hôpitaux sur les dispositions à prendre dans l'hypothèse où un événement semblable surviendrait dans notre pays. Or, il faut souligner:
1) qu'un accident identique à celui de Tchernobyl n'est pas concevable en France, car la conception même des centrales exclut une dispersion radioactive comparable à celle qui s'est produite en Union soviétique.
2) que vis-à-vis des réacteurs existant dans les pays de l'Est, la distance rend pour notre pays très improbable un risque réellement significatif de santé publique.
Avouez que c'est beau comme l'antique: nos réacteurs sont sans faille, ça on le savait mais surtout le prochain accident sera en URSS f (au secours, Madame Soleil f), ça ce n'est pas gentil pour les camarades.
Ce document se termine en beauté par une autre circulaire non datée à propos de l'administration d'iode stable. Il est assez prodigieux et instructif que dans un document destiné aux médecins, fourni pour méditation au CSSIN, on ne parle que d'une éventuelle réunion sur le sujet! En 1989! 3 ans après Tchernobyl, on n'est pas encore capable de fournir aux médecins une posologie selon l'âge de l'être humain considéré, des contre-indications etc... Prodigieux
Notre cher CSSIN ne risque pas de conseiller les hautes instances avec des documents de ce type, car sa propre information laisse beaucoup à désirer.
Enfin, tout n'est pas noir: les accidents nucléaires commencent à être reconnus et admis. La documentation vient sur la place publique. C'est ainsi que sur l'accident de Winscale de 1957 on a eu enfin les publications classées secrètes pendant 30 ans pour ne pas faire de tort à l'énergie nucléaire. Même au pays de Fair Play, le nucléaire rend les gens bizarres.
Ouant à l'accident russe de Kychtym, la Gazette peut toujours dire qu'elle en a parlé il y a 10 ans. Tout de même, il ne faut pas s'endormir, nous devons toujours veiller et surtout inlassablement
- exiger l'accè8 au dossier
- demander des comptes aux élus
- et le taire à beaucoup.
Il faut forcer l'information. Il faut d'ailleurs à ce sujet saluer les Initiatives alsaciennes. Les associations, en particulier le CSFR (Comité de Sauvegarde de Fessenheim et de la plaine du Rhin, 66 rue du Ballon Uffholtz oe700 Cernay>, ont réussi à obtenir qu'une commission se mette en place (Commission gérée par le Conseil Général du Haut Rhin>. Ces contre experts vont donc regarder les dossiers, poser des questions, faire un suivi de la santé décennale de Fessenheim. On vous tiendra au courant des travaux de cotte commissIon.
Il y a, face aux votes verts, une prise on charge de l'écologie. Ne nous faisons aucune illusion mais constatons cette force. Après tout, ce qui compte c'est que les idées soient récupérées. Peu importe l'auteur. Mais nous devons veiller à ce qu'elles ne soient pas déviées et ça, ça exige notre attention et nos interrogations.
| Depuis l'accident du barillet de Superphénix,
nous avions constaté que les autorités de Sûreté,
le SCSIN pour ne pas le nommer, prenait de l'importance ou plus exactement
occupait la place qu'il devait. Bon, ce n'est pas encore le paradis mais
il y a des progrès. Bien sûr Superphénix a redémarré
quand même mais il a été arrêté 18 mois.
En ce qui concerne les autres réacteurs, il reste encore des citoses
àfaire:

- les générateurs de vapeur
- les grappes de contrôle.
Mais EDF a dû céder: on changera les générateurs de vapeur de Dampierre sans être on situation accidentelle et on fera le travail ensuite sur les 25 autres réacteurs. Quant au mécanisme de contrôle, on ne le change peut-être pas assez vite.
Il n'empêche, la discussion se passe pied à pied car à Fessenhelm par exemple, le directeur de la centrale avait soigneusement omis ce type de vérification pour la visite décennale!! Il ne savait pas !! Pauvre innocent qui ne lit pas les circulaires. Le retour d'expériences c'est pour les labos de recherche, il est hors de question d'en discuter sur les sites.
Enfin, si le SCSIN peut jouer le rôle cité dans Le Monde, on peut espérer un mieux au plan sûreté. Pour le reste, il faut toujours avoir le débat sur la place du nucléaire et son cycle.
Bonne lecture de notre dossier.
p.2