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Afin de dissuader les investisseurs étrangers d'acheter des francs suisses et de le rendre encore plus fort, la Banque nationale suisse a décidé d'introduire un taux d'intérêt négatif sur les avoirs des banques auprès de la BNS.
Or, pour éviter de perdre leurs clients, les établissements financiers ont décidé de ne pas répercuter ces frais sur les comptes bancaires des particuliers, mais de les reporter sur les taux hypothécaires, selon un constat dressé récemment par le cabinet Ernst and Young.
"Les preneurs d'hypothèques paient beaucoup trop cher"
"Une banque conventionnelle vit de la différence de marge des intérêts. Ce qu'elle perd de l'épargne de ses clients, elle va le faire payer à ceux qui empruntent", explique Carine Pellet, spécialiste en gestion du patrimoine chez VZ à Lausanne. "Il coûte entre 0,8% et 0,9% à une banque pour faire garder de l'épargne à la BNS. Des taux qu'elle reporte ensuite sur les preneurs d'hypothèque. D'ailleurs, quelqu'un qui fait un emprunt, paie beaucoup trop cher", constate-t-elle.
Ce marché attise également l'appétit des assurances qui n'ont pas les mêmes contraintes que les banques: "Les assurances encaissent des primes et font beaucoup d'hypothèques (...) et font beaucoup de contre-affaire: ils proposent des taux hypothécaires très intéressants mais vendent dans le même temps une assurance vie. Au final, le taux est plus élevé que celui d'une banque", selon Carine Pellet.
Sylvie Belzer/hend