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Conférence jeudi 30 septembre 2021 18h00
Dans le respect des normes sanitaires en vigueur
Jane Evelyn Atwood présente son travail au CFP Arts. Une invitation de Karelle Ménine, auteure, historienne et intervenante en sémiologie de l’image à l’école, dans le cadre de l’exposition Regards d’Elles présentée au sein de No Photo 2021.
Jane Evelyn Atwood est née à New York et vit en France depuis 1971. Son travail résulte d’une profonde implication envers les sujets qu’elle photographie. Fascinée par les gens et par l’idée d’exclusion, elle a réussi à pénétrer dans des mondes que la plupart d’entre nous ne connaissent pas, ou choisissent d’ignorer. En 1976, elle achète son premier appareil photo et commence à photographier un groupe de prostituées de rue à Paris. En 1980, elle entame une autre histoire : les enfants aveugles. Pour ces deux travaux, elle reçoit le premier prix W. Eugene Smith.
Les années suivantes, Atwood a poursuivi un certain nombre de projets sur des sujets dits difficiles, à Beyrouth et au Tchad auprès de la Légion étrangère ; un travail intime sur la première personne atteinte du sida en Europe à se laisser photographier pour être publiée dans la presse ; une étude de quatre ans sur les victimes de mines terrestres au Cambodge, en Angola, au Kosovo, au Mozambique et en Afghanistan ; et un travail de trois ans en Haïti. À chaque fois Jane Evelyn Atwood limite ses reportages à celles et ceux qui l’interpellent vraiment, consacrant à chaque sujet le temps nécessaire afin de l’explorer en profondeur. En 1989, elle a commencé à photographier des femmes incarcérées, réussissant finalement à avoir accès à certains des pires pénitenciers et prisons du monde, y compris le couloir de la mort. Cette entreprise monumentale, qui a duré dix ans reste à ce jour l’œuvre photographique de référence sur les femmes en prison.
La particularité de Jane Evelyn Atwood en tant que photographe réside dans son approche, mais elle a également couvert des événements d’actualité tels que le tremblement de terre de Kobe en 1995, les attaques du World Trade Center en 2001 et la Convention nationale démocrate en 2004. Elle décrit sa méthode de travail comme «obsessionnelle», ne passe pas à un nouveau sujet tant qu’elle n’a pas l’impression d’avoir complètement compris le sien et sa relation avec lui, et tant qu’elle ne pense pas que ses photos reflètent cette compréhension.
Atwood est l’auteur de treize livres et ses images figurent dans de nombreuses collections publiques et privées présentées dans le monde entier lors d’expositions individuelles et collectives. Elle a reçu de nombreuses récompenses internationales notamment le premier prix W. Eugene Smith, le prix de la Fondation mondiale de la presse, le prix Oskar Barnack (1994) ou le prix de l’Association des photographes français.