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L'UDC ne veut rien savoir de la nouvelle politique agricole dès 2022 (PA22+). Le parti conservateur demande le renvoi du projet au Conseil fédéral et exige des modifications qui garantissent la production en Suisse.
La PA22+ est inacceptable en l'état, car elle entraîne une baisse massive de la production indigène et transfère une fois de plus la production locale à l'étranger, ont indiqué lundi plusieurs élus fédéraux UDC. Ils tenaient conférence de presse sur l'exploitation familiale du conseiller national Andreas Aebi à Alchentorf (BE).
L'UDC rappelle que l'agriculture a un mandat fixé par la Constitution. L'article sur la sécurité alimentaire, acceptée par le peuple par 78,6%, souligne l’importance d’une production alimentaire locale. L'agriculture assure l'approvisionnement d'environ 60% de la population en Suisse.
Revenu à la baisse
Avec la PA22+, le Conseil fédéral s'en prend au revenu des paysans. La nouvelle politique agricole leur impose en effet de nouvelles contraintes pour réduire l'empreinte écologique de l'agriculture. Parallèlement, deux initiatives populaires sur l'eau potable veulent proscrire l'utilisation de pesticides.
"Les paiements directs seraient réservés aux agriculteurs qui renoncent à utiliser des produits phytosanitaires et à ceux qui peuvent nourrir leurs animaux uniquement avec du fourrage produit sur l'exploitation", a rappelé Pierre-André Page (UDC/FR).
Une exigence aussi stricte empêchera dans une large mesure la production en Suisse et conduira à une augmentation des importations alimentaires. Or ces denrées sont produites dans des conditions qui ne répondent souvent pas aux standards imposés aux produits suisses, alors que l'agriculture suisse a accompli de larges progrès en matière écologique, selon l'UDC.
Mois décisifs
La PA22+, les deux initiatives sur l'eau potable ainsi que l'examen de l'initiative contre les élevages intensifs seront examinées dans les mois à venir. La commission de l'économie du Conseil des Etats devrait entamer l'examen de la nouvelle politique agricole en août.
Pour l'UDC, la loi doit être retravaillée sur des points essentiels. Elle veut que le niveau d'autosuffisance atteigne 60% en 2020 et que le droit foncier rural ne soit pas assoupli. Elle demande aussi de renforcer le revenu de la branche, de renoncer à un nouveau transfert de paiements directs au détriment de l'agriculture productrice et de réduire les tâches administratives des exploitants.
Le Conseil fédéral a présenté ce nouveau cadre pour 2022 à 2025 en février. Le montant total est de 13,774 milliards de francs. La réforme devrait entrer en vigueur le 1er janvier 2022.