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Au lendemain de la dernière grande guerre, après celle du Phylloxéra, naissait à Rome une jeune pousse nommée Matilde. Ses parents voulant sans doute à leur nouvelle progéniture garantir une destinée célèbre écrivirent le prénom de Matilde dégagé de la lettre h pour ne pas créer de confusion, avec la non moins célèbre Mathilde (ou Mahaud), originaire de Westphalie qui épousa le roi Henry Ier appelé « l’Oiseleur » et qui mourut dans la sainteté. Il ne s’agissait pas de confondre cette Germanie qui fit d’Aix-la-Chapelle la ville des sacres, avec l’Italie et sa ville sacrée et éternelle que représente Rome. Le houblon pour les saxons et la vigne pour les latins. Le père de Matilde s’appelait Cardinal. L’arbre généalogique de l’éminence indique que ses origines californiennes étaient rehaussées par ses allures de « peaux rouges » sans rapport avec ses aïeux franco-hongrois (d’un père ardéchois du nom d'Alphonse Lavallée et d’une mère hongroise appelée Flame Tokay).
Le Cardinal au gré de ses implantations successives rencontra un jour une belle méditerranéenne qui se nommait Italia. Elle avait pour père un riche terrien du nom de Muscat de Hambourg, qui, malgré ses ascendances nordiques , apportait dans la corbeille de la mariée des jeunes feuilles aux couleurs d’un jaune tendre et orangé. La mère d’Italia était surnommée par ses voisins de sol : Bicane ; les registres des états agraires ne révèlent rien sur ses origines. Ses autres descendants par contre se sont répandus en Roumanie, en Yougoslavie et jusqu’en Australie. Ainsi le Cardinal, arborant sa parure rouge et violacée savait qu’en mariant Italia, toujours de jaune vêtue, allait pouvoir grâce à leur enfant Matilde développer de nouveaux fruits et donc de nouveaux vins. Or, Matilde grandit modestement malgré ses formes généreuses. Produisant une grappe à grosses baies d’un jaune vert, elle s’offrait aux « clients » qui appréciaient sa chaire croquante. Plus les années passaient, plus Matilde s’éloignait de la destinée dont avaient rêvé ses parents. Petit à petit, lorsque Matilde se présentait à table, généralement lors du dessert, le goût des convives était marqué par la déception. Croquer Matilde laissait de plus en plus une saveur insipide et neutre. Telle fut l’aventure de ce modeste cépage issu d’une des nombreuses familles ampélographiques que compte la communauté des Cépages et qui se sont établis sur la totalité du Globe et dont on dénombre aujourd’hui grâce au dernier recensement de P.
Gallet, plus de 9'600 inscrits. Cet univers ampélographique a donné naissance à de nombreux et magnifiques ouvrages.
Source:
SANTOVINO.com