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Classification des crises Épileptiques
Le système moderne de classification des crises a été élaboré par la Ligue internationale contre l’épilepsie (ILAE, http://www.ilae-epilepsy.org/ ) comme un moyen de catégoriser et de distinguer différents types de crises épileptiques. Il établit une distinction fondamentale entre les crises partielles et les crises généralisées. Si la décharge électrique excessive est restreinte à une région donnée (locale) du cerveau, la crise est dite partielle. Si la totalité du cerveau est touchée, la crise est dite généralisée.
Crises partielles
Celles-ci se caractérisent souvent pas une activité électrique anormale localisée dans une région du cerveau. Le résultat peut prendre la forme de mouvements involontaires ou de sensations inhabituelles (neurones sensoriels), ou encore de changements de l’attention ou du comportement.
Crises partielles simples (CPS – autrefois appelées crises focales):
Ces crises se caractérisent par des sensations étranges ou inhabituelles, par exemple des odeurs ou des anomalies visuelles. Parmi les autres caractéristiques des CPS, signalons des mouvements secs ou de l’agitation, une distorsion auditive, des maux d’estomac et un soudain sentiment de peur. Les crises partielles simples ne sont pas habituellement associées à des altérations de la conscience ou de la mémoire.
Crises partielles complexes (CPC – autrefois appelées crises psychomotrices ou du lobe temporal):
Les crises partielles complexes sont souvent précédées d’une « aura ». Elles se caractérisent souvent par une activité motrice et sensorielle compliquée. La personne peut sembler ahurie ou confuse – elle marche au hasard, marmonne, tourne la tête ou tire sur ses vêtements. Ces gestes idiosyncrasiques répétés sont souvent appelés automatismes et, habituellement, la personne n’en garde aucun souvenir. Les CPC peuvent s’accompagner d’altérations de la conscience ou de la mémoire.
Crises généralisées:
Ces crises peuvent être convulsives ou non; elles entraînent habituellement une perte de connaissance. On observe une activité électrique anormale dans de nombreuses régions du cerveau.
- Crises généralisées primaires
- Crises généralisées secondaires
Crises d’absence généralisées (autrefois appelées petit mal):
Elles se caractérisent par une perte de connaissance complète. La personne peut fixer dans le vide et sembler rêvasser ou étourdie. Les crises d’absence ne sont pas précédées d’un avertissement (aura) et sont suivies d’une activité normale. La crise elle-même s’accompagnant de très peu de mouvement, elle peut souvent passer inaperçue par les autres.
Ces crises se produisent fréquemment chez les enfants. Elles peuvent cependant évoluer vers d’autres types de crises, par exemple des crises partielles complexes ou tonico-cloniques. (Les crises d’absence peuvent être difficiles à distinguer des crises partielles complexes. Les crises d’absence sont habituellement de durée plus brève qu’une CPC et la personne s’en remet plus rapidement.)
Il existe deux types de crises d’absence :
- Crises d’absence typiques : non convulsives et le tonus musculaire est habituellement préservé. L’événement critique dure habituellement moins de 10 secondes.
- Crises d’absence atypiques : durent plus longtemps que les crises d’absence typiques. Elles peuvent ou non s’accompagner de perte de tonicité et des mouvements quasi tonico-cloniques sont souvent observés.
Crises tonico-cloniques (autrefois appelées grand mal):
Une convulsion généralisée se produisant en deux phases. Dans la phase tonique, on observe un raidissement des muscles, la personne perd connaissance et tombe et le corps se raidit. Dans la phase clonique, les membres s’agitent et se contractent. La crise se termine souvent par une autre phase tonique. Après la crise, la personne reprend lentement connaissance. Lorsqu’elle se réveille, elle est souvent confuse ou désorientée.
Ce type de crise, probablement le plus couramment associé à l’épilepsie par le grand public, n’est nullement le plus fréquent. Les deux tiers environ des personnes épileptiques souffrent de crises complexes partielles.
Une crise tonico-clonique généralisée secondaire commence localement (par une crise partielle) et elle peut être précédée d’une aura.
État de mal épileptique
Décrit une série de crises répétées entre lesquelles la personne ne reprend pas connaissance. Si la crise ne prend pas fin après cinq ou dix minutes, appelez pour obtenir de l’aide. La personne risque de tomber en état épileptique, ce qui peut mettre sa vie en danger. Il est recommandé d’appeler du secours en cas de tout événement critique qui semble différent des crises habituelles d’une personne ou qui est d’une durée anormale. De tels événements requièrent des soins médicaux immédiats, car ils peuvent entraîner des lésions cérébrales graves ou même la mort.
Il existe de nombreux déclencheurs potentiels d’un état épileptique. Dans de nombreux cas, aucun déclencheur évident ne peut être déterminé avec certitude.
Crise myoclonique
Ce type de crise ne provoque pas de perte de connaissance. Les crises myocloniques sont souvent associées à des contractions brusques simples ou répétées des muscles (myoclonie). Elles sont principalement observées chez les jeunes enfants et les nouveau-nés, étant plus rares chez les adultes.
Crise atonique
Souvent appelées crises avec chute. Ces crises se caractérisent par une perte soudaine de tonicité, créant une incapacité de se tenir debout ou assis (elles sont aussi appelées crises akinésiques). Les crises atoniques sont habituellement rares chez les adultes.
Les crises elles-mêmes sont peu dangereuses pour l’enfant, la plupart des blessures résultant de chutes survenant à la suite de l’événement lorsque l’enfant perd de son tonus musculaire. Pour aider à prévenir des blessures graves, certains parents peuvent choisir de faire porter un casque protecteur à leur enfant et de restreindre sa participation à certaines activités si celui-ci est sujet à des crises atoniques.
Crises photosensibles
Vous observez sans doute souvent des signaux sur des appareils électroniques ou d’éclairage (lumières stroboscopiques, p. ex.) ou dans des jeux vidéo. Ces jeux et appareils sont parfois accompagnés d’un avertissement indiquant qu’ils peuvent provoquer des crises d’épilepsie photosensibles.
Les crises photosensibles sont rares, même chez les personnes épileptiques (moins de 5 %). Elles ne constituent pas un type distinct de crise, mais résultent plutôt d’un stimulus lumineux qui peut mener au déclenchement d’une crise. Les crises photosensibles sont souvent classées parmi les « épilepsies réflexes ». Elles se produisent habituellement chez les jeunes âgés de 8 à 20 ans, la fréquence la plus élevée se situant à la puberté. Elles peuvent être provoquées par la lumière tant naturelle qu’artificielle – par des patrons lumineux alternants ou changeants.
Auteurs: ASDS
Dernière modification: 02.04.2014
Sources: ILEA, Epilepsie Canada