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«Nous sommes très inquiets concernant les attaques contre le transport maritime en Mer rouge (...) qui exacerbent les perturbations du commerce liées à la géopolitique et au changement climatique», a déclaré jeudi lors d'une conférence de presse Jan Hoffmann, un responsable de l'organe de l'ONU chargé du commerce et du développement (CNUCED).
Selon la CNUCED, en raison des attaques des Houthis qui ont poussé des armateurs à suspendre les transits par la Mer rouge et à contourner l'Afrique, le volume du commerce via le Canal de Suez a baissé de 42% ces deux derniers mois.
Et le nombre hebdomadaire de transit de porte-conteneurs a baissé de 67% sur un an. «Les plus grands porte-conteneurs étant principalement ceux qui n'empruntent plus le Canal de Suez, le déclin en quantité de conteneurs est encore plus important», a noté M. Hoffman.
La baisse du transit des pétroliers est elle de 18%, celle des cargos de vrac (grain, charbon...) de 6% et les transports de gaz sont à l'arrêt.
Depuis novembre, les rebelles yéménites Houthis disent viser les navires en mer Rouge et dans le golfe d'Aden qu'ils estiment liés à Israël, en «solidarité» avec les Palestiniens à Gaza.
Israël a lancé une vaste opération militaire dans le territoire à la suite de l'attaque sans précédent menée le 7 octobre sur le sol israélien par le mouvement islamiste Hamas.
Panama et mer Noire: guère mieux
Les perturbations du commerce en Mer rouge sont d'autant plus inquiétantes que «plus de 80%» du commerce mondial de biens se fait par voie maritime et que «d'autres routes importantes sont déjà sous tension», a souligné l'expert de la CNUCED.
Ainsi, le transit via la mer Noire a été largement perturbé après l'invasion de l'Ukraine par la Russie, entrainant dans les mois qui ont suivi une flambée des prix alimentaires mondiaux.
Et en raison d'une sécheresse, le niveau de l'eau dans le canal de Panama a largement baissé, réduisant le trafic. Ainsi, le mois dernier, le nombre de passages par ce canal a baissé de 36% par rapport à un an plus tôt, et de 62% par rapport à deux ans plus tôt, selon la CNUCED.
«Des perturbations prolongées sur des routes commerciales majeures pourraient affecter les chaînes d'approvisionnement mondial, entrainant des délais pour les livraisons de biens, une augmentation des coûts et un risque d'inflation», note l'agence onusienne, s'inquiétant en particulier pour les prix alimentaires mondiaux.