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Le président du PS, Christian Levrat, met en garde la droite vainqueur des fédérales de ne pas mener une politique sans compromis au Conseil national. Pour corriger les effets de la droitisation, la gauche s'appuiera sur le Conseil des Etats et usera des référendums.
"Si la droite devient trop arrogante, nous allons vivre une législature comme entre 2003 et 2007, lorsque nous avions mené le combat victorieusement par référendum contre la réforme de l'AVS et le paquet fiscal", déclare Christian Levrat dans un entretien diffusé vendredi par les journaux alémaniques Der Bund et Tages-Anzeiger.
M. Levrat lance avant tout un appel au PLR. "Soit il propose des réformes qui peuvent convaincre une majorité du peuple, soit il s'allie à l'UDC et à la droite du PDC pour imposer sa politique", analyse le Fribourgeois.
Comme la campagne électorale n'est pas terminée en raison des seconds tours pour le Conseil des Etats, il n'est pas encore clair "dans quelle direction souffle le vent", poursuit-il. Mais après les seconds tours, "la situation devra être clarifiée", avertit Christian Levrat, qui doit encore assurer sa réélection au second tour.
"Correctifs"
Le président du PS espère un premier correctif au Conseil des Etats, qui ne devrait pas glisser à droite comme le National. Le rôle historique de la Chambre des cantons est "de freiner le Conseil national lorsque celui-ci s'emballe", remarque-t-il.
Sur la question d'une éventuelle accumulation de blocages entre les deux conseils, Christian Levrat renvoie à nouveau au PLR: "Rien de constructif n'est à attendre de l'UDC. La décision de jouer sur les blocages ou de faire avancer les réformes appartient au PLR".
Du centre, le président du PS attend de possibles coopérations dans les bilatérales, l'énergie et l'AVS, "aussi dans la perspective d'éventuels votes populaires". "Le risque est grand que les projets de réformes de ces dernières années échouent ou déraillent. Le PS devra probablement davantage miser sur les référendums et le travail extra-parlementaire".
Christian Levrat estime possible que le PDC glisse à droite. C'est déjà le cas pour certains membres, selon lui. Les autres sont mis sous pression avec agressivité par des "médias libéraux et blochériens, afin de virer eux aussi à droite".
ATS