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La directrice du FMI Christine Lagarde a été auditionnée par la Cour de justice de la République (CJR) mercredi à Paris. Elle y a été entendue dans l'enquête sur l'arbitrage controversé de l'homme d'affaires Bernard Tapie.
La patronne du Fonds monétaire international (FMI) a été confrontée à Stéphane Richard, son ancien directeur de cabinet au ministère de l'Economie, désormais PDG d'Orange. Il veut mettre Christine Lagarde, ancienne ministre française de l'Economie, "face à ses contradictions" dans cette affaire, selon son entourage.
La CJR est l'instance habilitée à enquêter et à juger les faits commis par des ministres dans l'exercice de leur fonction. En mai dernier, elle avait placé Christine Lagarde sous le statut de témoin assisté, évitant une mise en examen qui l'aurait sans doute contrainte à quitter ses fonctions au FMI.
Une "différence de traitement" que, selon son entourage, "n'a jamais compris" Stéphane Richard. Il fait partie des cinq personnes mises en examen pour escroquerie en bande organisée dans le volet non ministériel du dossier.
Arbitrage en question
La commission d'instruction de la CJR souhaite comprendre le rôle qu'a pu jouer Mme Lagarde dans le choix en 2007 de l'arbitrage pour clore le long litige entre Bernard Tapie et le Crédit Lyonnais sur la revente d'Adidas. Ce tribunal avait octroyé quelque 400 millions d'euros (plus de 485 millions de francs) à Bernard Tapie, dont 45 millions d'euros au titre du préjudice moral.
Les juges cherchent à établir si cette sentence est le fruit d'un "simulacre" d'arbitrage organisé avec l'aval du pouvoir. Autre interrogation: la décision en 2008 de Christine Lagarde de ne pas intenter de recours contre cette décision.
Usage de la "griffe"
Au coeur de la confrontation de mercredi, l'usage de la "griffe", cette signature pré-imprimée utilisée en l'absence de la ministre. Elle semble avoir été utilisée sur une lettre du 23 octobre 2007 que les enquêteurs pensent cruciale dans la décision d'aller à l'arbitrage.
Ce courrier est une des seules instructions écrites de la ministre figurant au dossier. Christine Lagarde a confirmé aux juges qu'il avait été signé en son absence et assuré qu'elle n'avait pas eu connaissance de son contenu.
Mais en 2008, devant les parlementaires, elle avait alors dit "avoir donné des instructions" pour soutenir "la décision" d'aller à l'arbitrage. Elle avait dit assumer "la responsabilité des instructions écrites" en ce sens.
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