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La progression de la criminalité chez les jeunes est largement exploitée sur le plan politique. Elle n’est pourtant pas nouvelle, comme le prouve une étude officielle.
L’Office fédéral de la statistique (OFS) constate une lente et constante hausse du taux de jugement des adolescents ces dernières décennies. Et son triplement depuis les années 60. Pour des infractions contre le patrimoine surtout.
Pour la première fois, l’OFS a établi des séries chronologiques sur les jugements pénaux des adolescents depuis 1946. Et cela à partir de plusieurs sources de données.
Leur analyse est catégorique. Le nombre d’adolescents jugés pénalement est en lente augmentation. Mais cette hausse est presque constante depuis les années 1950. Mieux: elle ne se traduit pas par une augmentation de la criminalité chez les adultes, note l’OFS.
Dans les années 50 et au début des années 60, 600 jugements pénaux étaient prononcés à l’encontre d’adolescents pour 100'000 individus du même groupe d’âges. Ce rapport est passé à 1400 dans les années 80 et 90.
Pour l’OFS, cette évolution récente est liée à des changements d’ordre social - développement de la société de consommation, apparition des libres-services, accroissement de la mobilité et de l’urbanisation.
Si les actes de violence ont augmenté, «de nombreux indices tendent à prouver que depuis les années 80, la population est de plus en plus prête à dénoncer les adolescents qui commettent des infractions», estime l’OFS.
Des vols surtout
La structure des infractions n'a guère varié en soixante ans. Les infractions contre le patrimoine – les vols surtout - représentent plus de deux tiers des cas.
Autre conclusion: les jugements portant sur des infractions contre la vie et l'intégrité corporelle restent peu nombreux. Mais leur part a doublé au cours des 15 dernières années, passant à 10%.
Quant aux infractions à la loi sur la circulation routière - les plus fréquentes chez les adultes, elles sont rares chez les adolescents. En dehors de la consommation proprement dite, la délinquance liée aux stupéfiants joue également un rôle très marginal parmi les adolescents.
Inégalité de sexes
L’OFS fait d’autres constats. Exemple avec la ventilation par sexe. Dans de nombreux domaines, les adolescentes participent davantage à la vie publique qu’autrefois. Mais un jugement de mineurs sur cinq seulement concerne une adolescente. Et cette proportion n'a pas varié.
Le choix des sanctions appliquées aux jeunes délinquants a, lui, évolué, constate l’OFS. Le placement extra-familial et la privation de liberté - sanctions autrefois prédominantes - ont cédé la place aujourd'hui aux astreintes au travail et aux mesures ambulatoires, de nature plus légère.
swissinfo et les agences
Faits
Nombre de jugements pour 100'000 jeunes:
2004: 1800
2000: 1400
1960: 600
70% des condamnations découlent d’infraction contre le patrimoine
10% des actes criminels concernaient une atteinte au corps ou à la vie
Mesures
Les jeunes criminels sont moins fréquemment mis en maison spécialisée aujourd’hui qu'hier. Selon l’OFS, jusqu’à 300 d’entre eux y étaient placés dans les années 50, contre 100 à 140 actuellement.
Dans les années 50 et 60, beaucoup de jeunes ont été placés en famille d’accueil. Une mesure très peu utilisée de nos jours.
Actuellement, les astreintes au travail forment le gros des sanctions. En 2001, 3860 punitions ont été infligées sous forme de travail d’utilité publique. Et 4874 en 2005.