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Le prévenu aurait obtenu un gain de deux millions de francs en lien avec la fusion des entreprises de ciment Holcim et Lafarge (archives).
Keystone/PATRICK B. KRAEMER(sda-ats)
Le procureur général a requis lundi une peine privative de liberté de 14 mois avec sursis pour un gérant de fortune zurichois qui répond de délit d'initié devant le Tribunal pénal fédéral. La défense a plaidé l'acquittement. Le verdict tombera ultérieurement.
L'accusé aurait obtenu un gain de deux millions de francs en lien avec la fusion des entreprises de ciment Holcim et Lafarge. Selon l'acte d'accusation du Ministère public de la Confédération (MPC), l'expert financier, sa compagne et trois clients de gestion de fortune ont bénéficié de cet argent.
Le Suisse, âgé de 53 ans, aurait reçu à chaque fois des informations privilégiées d'une source non identifiée - très renseignée et de première main, selon le MPC - avant une étape entrepreneuriale importante. Il aurait utilisé ces informations pour faire des opérations sur produits dérivés entre janvier 2013 et avril 2014 en son propre nom ou au nom de sa compagne.
Un grand coup
Pour le MPC, des indices montrent que les décisions de placement correspondantes n'ont pas été prises uniquement sur la base d'informations accessibles. Dans trois des six événements en cause, d'importantes informations de l'entreprise de ciment ont été mises au jour seulement par le biais de publications ad hoc.
Dans trois cas, cela en est resté au stade de tentative. Dans deux autres cas, par contre, les opportunités de gain espérées ont été atteintes. Le grand coup était finalement lié à la fusion des deux géants du ciment Holcim et Lafarge, selon l'acte d'accusation.
Un long silence
L'accusé s'est tu durant toute la journée, invoquant son droit de ne pas s'exprimer. Au tout dernier moment, il a toutefois clamé son innocence, assurant ne pas avoir profité d'informations provenant d'une quelconque source.
Son avocat a plaidé l'acquittement. Le MPC n'a pas la moindre preuve que l'accusé a effectivement reçu et utilisé des informations privilégiées dans le cadre de ses opérations boursières, a-t-il pointé. Et d'ajouter que l'existence d'une telle source ne repose que sur de pures spéculations.
ATS