Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06885.jsonl.gz/1172

Les Tessinois interdisent la burqa dans les lieux publics
Les Tessinois ont voté à 65,4% pour une interdiction de se cacher le visage dans les lieux publics, une initiative considérée comme une loi contre le voile intégral islamique.
Le contre-projet du Conseil d'Etat tessinois a lui aussi été accepté, mais l'initiative lui a été préférée. Le Tessin devient ainsi le premier canton suisse à interdire le port de la burqa et du niqab dans les lieux publics.
Initiative préférée au contre-projet
Le Conseil d'Etat ne voulait pas qu'une telle interdiction soit inscrite dans la Constitution. Son contre-projet prévoyait de modifier uniquement la loi sur l’ordre public, tout en conservant l’idée principale des initiants.
Ce texte, qui énumérait également certaines exceptions, telles que le port de vêtements de protection et de costumes, a été accepté par 59,83% des votants.
Ceux-ci devaient répondre à une question subsidiaire pour départager les deux textes. L'initiative a été préférée au contre-projet par 52,42% des votants. La participation s'est élevée à 46%.
Débat au niveau fédéral
Le fait de graver l'interdiction dans la Constitution lui confère davantage d'importance: seule une votation populaire pourrait éventuellement l'en retirer.
S'il ne concerne que le canton du Tessin, l'objet fait déjà débat au plan national. L'Assemblée fédérale aura du reste à s'en saisir puisqu'elle devra donner, ou pas, la garantie fédérale à la modification de la Constitution tessinoise.
agences/dk
Publié le 22 septembre 2013 à 16:37 - Modifié le 23 septembre 2013 à 22:59
Le voile intégral implicitement visé
La burqa et le niqab ne sont désignés que de manière implicite dans l'initiative populaire de Giorgio Ghiringhelli. Mais ce dernier n'a jamais caché que l'initiative visait les voiles musulmans.
Le texte indique simplement que le fait de se voiler ou de se dissimuler le visage dans les rues, les parcs et les transports publics est désormais interdit. De même, personne ne peut forcer un tiers à se voiler en raison de son sexe.
Ueli Maurer évoque "un certain malaise de la population"
Pour le Conseil fédéral, la question "de forcer l'intégration des étrangers", de concert avec les cantons, se pose pour éviter de tels ressentiments, a jugé le président de la Confédération.
La section suisse d'Amnesty International s'est quant à elle déclarée "consternée" par l'acceptation de cette initiative. Selon Amnesty, ce texte est "contraire au droit constitutionnel et à la liberté d'expression, et constitue un signe inquiétant d'intolérance".