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Mais à quoi jouent-ils donc?
Ça devient fatigant: quelques jours après avoir été élu président de la Généralité de Catalogne par le parlement catalan le 14 mai, Quim Torra, qui est certes indépendantiste, mais qui n’est ni emprisonné ni en exil et remplit donc les conditions posées par Madrid, a présenté un gouvernement comportant deux prisonniers et deux exilés. Du coup, le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy a reconnu les pouvoirs du président, mais refusé d’admettre la légitimité du nouveau gouvernement catalan. Le fameux article 155 de la Constitution espagnole, qui a permis de mettre la Généralité sous tutelle, reste donc en vigueur.
Comme nos lecteurs le savent, j’éprouve de la sympathie pour la cause indépendantiste. Mais cette guéguerre m’attriste. La Catalogne a besoin de retrouver sa stabilité et des autorités catalanes qui puissent se mettre au travail. La proclamation de l’indépendance du 27 octobre 2017 a été un échec. Il convient de l’admettre et de considérer que, le moment n’étant pas venu, il faut savoir patienter.
Après tout, entre le moment où le major Davel a été décapité en 1723 pour avoir voulu libérer le Pays de Vaud de la tutelle bernoise et la première réunion du Grand Conseil du canton de Vaud le 14 avril 1803, il ne s’est écoulé que huitante ans moins dix jours. Qu’est-ce donc au regard de l’histoire?
M. P.