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Guy-Olivier Segond a laissé une empreinte durable à Genève: il a été maire de la ville et conseiller national, avant de rejoindre le Conseil d'Etat en 1989. Il est resté à ce poste pendant douze ans.
L'annonce de la mort de Guy-Olivier Segond a d'abord été faite par l'ancien conseiller national socialiste genevois Manuel Tornare, disant sa tristesse sur Twitter.
Ce dernier a ensuite rendu hommage dans un deuxième message à celui qu'il disait avoir vu jusqu'en juillet dernier "au sein du bureau de la Fondation du Grand Théâtre", ajoutant qu'il "ne parlait jamais de sa maladie, ne se plaignait jamais".
Comme Manuel Tornare, beaucoup voyaient en lui un "visionnaire", pourvu d'"un sens politique rare". "Genève lui doit tant", résume-t-il.
Protestant, Guy-Olivier Segond était un défenseur de la laïcité. Il était une figure proéminente du parti radical dont le rapprochement avec le parti libéral lui déplaisait.
Lors d'une grande réception donnée en son honneur au Bâtiment des Forces motrices, à l'occasion de son départ du Conseil d'Etat genevois, il avait lancé une pique à son parti: "[Ses] errements à droite l'ont conduit hors du chemin", rapporte Le Temps du 17 novembre 2001.
Une longue carrière politique
Le Conseil d'Etat genevois en décembre 1997. De gauche à droite, Guy-Olivier Segond, Martine Brunschwig Graf, Laurent Moutinot, Gérard Ramseyer, Robert Cramer, Carlo Lamprecht et Micheline Calmy-Rey. [Patrick Aviolat - Keystone]Guy-Olivier Segond, c'était aussi un tempérament, une mémoire et un mentor. Sous des airs bonhommes se cachait en réalité un caractère bien trempé, mêlé d'un redoutable stratège. En plus de trente ans d'activités, il a marqué l'Histoire du canton.
D'abord, à l'Exécutif de la Ville de Genève dès 1979, où son radicalisme éclairé permit notamment la naissance de l'Usine et du mouvement squat. En 1989, il accède au Conseil d'Etat, après un passage au Conseil national.
En trois législatures, Guy-Olivier Segond marque de son empreinte l'action sociale et la santé dont il a la tutelle: il crée en 1995 les HUG tels qu'on les connaît aujourd'hui. C'est lui qui force la main de la Confédération et permet l'accès aux trithérapies aux personnes contaminées par le virus du SIDA.
En 2001, il se retire de la vie politique. Mais reste actif, via divers mandats et n'hésite pas à commenter la vie publique, comme récemment dans l'affaire Maudet.
Guy-Olivier Segond n'avait pas son pareil pour raconter la République qu'il connaissait sur le bout des doigts, de sa voix si reconnaissable. Il aura aussi influencé Genève par les personnalités qu'il a contribué à lancer, tels que les conseillers d'Etat François Longchamp et Pierre Maudet.
A l'origine du Fonds suisse de transplantation
Lors de la soirée d'adieu organisée pour lui en novembre 2001, Le Temps retranscrit les propos de Philippe Morel, alors chef du Département de chirurgie aux Hôpitaux universitaires genevois: "Vous êtes à l'origine du Fonds suisse de transplantation grâce auquel 3120 greffes d'organes ont pu être effectuées. De nombreux patients ont bénéficié de votre action. Vous avez influencé le cours des choses".
Plus tard, dans la soirée, le journal raconte que Guy-Olivier Segond a adressé un remerciement particulier "à la famille anonyme qui, il y a quinze ans, m'a permis de recevoir le rein qui m'a sauvé".
L'une des autres réalisations de GOS – comme il était surnommé via ses initiales – fut d'équiper tous les parcs publics de la Ville de Genève de mobilier de jeux pour les enfants: un équipement qui semble aujourd'hui avoir existé depuis toujours.
Stéphanie Jaquet & Raphaël Leroy