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La saison des ouragans sur l'Atlantique s'achève avec 21 tempêtes nommées (vents de 64 km/h ou plus), dont sept ouragans (vents de 119 km/h ou plus), parmi lesquels quatre étaient des ouragans majeurs (vents de 178 km/h ou plus). Selon la National Oceanographic and Atmospheric Administration américaine, il s’agit de la troisième saison la plus active depuis le début des observations sur le nombre de tempêtes nommées.
Trajectoires et nom des tempêtes en 2021 [NOAA]
Pour la sixième année consécutive, le nombre d’évènements a ainsi été au-dessus de la normale sur l'Atlantique. Par ailleurs, pour la première fois depuis le début des observations, deux saisons consécutives d'ouragans épuisent la liste des 21 noms de tempêtes. On précisera que 2020 garde largement la tête du classement avec 31 cyclones.
L'activité cyclonique a enfin commencé tôt et s'est rapidement intensifiée : pour la septième année consécutive, une tempête nommée s'est formée avant le début officiel de la saison, le 1er juin.
Point d’orgue de la saison, Ida sur la Louisiane
Le mois d’août 2021 a été particulièrement actif avec la formation des ouragans Grace, Henri et Ida, classée en catégorie 4. Ironie du sort, cette dernière a touché la Louisiane le 29 août, 16 ans jour pour jour après l’ouragan Katrina. Elle a ensuite traversé le sud et l'est des États-Unis en causant des inondations et des phénomènes violents. Le bilan a été particulièrement lourd après son passage, avec 97 victimes et des dégâts estimés à 65,25 milliards $US.
Les mois de septembre et d’octobre qui marquent habituellement le pic d’intensité de la saison se sont également accompagnés d’une activité intense, avec la formation des ouragans Larry, Nicholas et Sam, classés respectivement en catégorie 3, 2 et 4. Mais les dégâts et le nombre de victimes ont été nettement plus faibles qu'en août.
A noter que Sam a été probablement plus puissant qu’Ida, avec des vents estimés à 250 km/h. En restant généralement loin des côtes, il n’a cependant pas causé de dommages ni fait de victimes.
Contexte favorable à plus d’un titre
Le nombre important de tempêtes et d’ouragans s’explique par la présence de conditions favorables sur leurs zones de passage mais également sur leurs zones de formation :
Ainsi, la mousson africaine, à partir de laquelle les ondes d’Est se développent avant de devenir des tempêtes tropicales, s’est caractérisée par une activité intense cette année, entre août et octobre, avec l’avènement de forts épisodes pluvio-orageux.
Toujours au chapitre des conditions atmosphériques, la persistance de conditions de type de la Niña sur le Pacifique équatorial a également joué un rôle en induisant en altitude une circulation des courants favorable à la formation et au maintien des cyclones.
Enfin, la température à la surface de l’océan a été assez élevée, au large des côtes du Sénégal, où nombre de systèmes se sont formés, sur les Antilles ou encore sur le golfe du Mexique, ce qui a par exemple joué un rôle important au passage d’Ida au mois d’août.
Evolution de l'Oscillation Atlantique multidécennale de 1856 à 2013 [Wikipedia]
Les températures à la surface de l’océan sont conditionnées en grande partie par la phase chaude de l'. Cette dernière a débuté en 1995 (voir ci-dessus) et se caractérise par la présence d’eaux plus chaudes à la surface la mer, ce qui favorise l’avènement et le maintien de tempêtes et autres cyclones tropicaux. Son évolution est difficile à prévoir mais cette phase chaude pourrait durer jusqu’en 2035.
Dégâts matériels élevés au regard des dernières années
Le coût de la saison en termes de dégâts matériels est l’un des plus élevés des dernières années, avec près de 70 milliards $US, dûs en grande partie au passage d'Ida sur la Louisiane et sur l'Est des Etats-Unis (voir tableau ci-dessous). Malgré le grand nombre de tempêtes et d’ouragans, la saison 2021 n'est cependant pas celle qui a fait le plus de victimes.
Bilan en pertes humaines et en dégâts matériels entre 2011 et 2021, liés à l'activité cyclonique sur l'Atlantique Nord [Wikipedia]
Ce chiffre s'explique par le fait que les cyclones ont surtout circulé sur des zones où les populations avaient la possibilité de se mettre à l'abri.
Philippe Jeanneret, avec le concours de la NOAA