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Les Suisses ont tendance à souffrir en silence, selon une étude nationale
"Comment allez-vous?" Cette question quotidienne, la plupart du temps rhétorique, a servi de point de départ à une étude nationale sur la santé psychique des Suisses, réalisée par l'institut Sotomo pour le compte des organisations Promotion santé Suisse et Pro Mente Sana, dont les conclusions ont été publiées mercredi.
Objectif: évaluer l'état mental des adultes du pays, mais aussi leur capacité à parler ouvertement de leur moral et de leurs éventuelles difficultés.
Une majorité de sondés disent aller bien
Les deux tiers des répondants disent aller bien, ou même très bien, lorsqu'on leur demande simplement comment ils vont. Le dernier tiers qualifie son humeur de "moyenne" ou "pas très bonne", et la part des personnes interrogées admettant aller très mal est infime.
Dans le détail les hommes, les personnes plus âgées et celles qui se trouvent dans une relation stable tendent à aller mieux que les autres.
L'étude souligne le rôle de la situation socio-économique. Un niveau d'éducation plus élevé, mais aussi un emploi rémunérateur amènent ainsi les gens à porter un regard positif sur leur état d'esprit alors qu'à l'inverse, les personnes au chômage ou à l'AI tendent à aller plus mal que les autres.
Le stress, premier facteur de difficultés
Si la majorité des Suisses estiment aller bien, souligne le rapport, la situation apparaît plus nuancée lorsqu'on leur pose des questions spécifiques. Environ deux tiers des personnes interrogées admettent être, ou avoir été, aux prises avec des difficultés mentales prolongées.
Et presque tous les sondés disent connaître, que ce soit dans leur environnement personnel ou professionnel, des personnes n'allant pas bien sur le plan psychique.
Plusieurs facteurs ayant un impact négatif sur l'humeur des Suisses sont passés en revue. Stress et surmenage, en particulier dans le cadre professionnel, sont cités en premier lieu (42%) avant les conflits interpersonnels (37%).
A cet égard, les retraités ont tendance à être les plus épanouis; le calme, le repos et les vacances sont les principaux facteurs de bien-être évoqués par les participants au sondage.
Difficulté à exprimer la souffrance
L'étude relève encore que les Suisses ont du mal à exprimer leur souffrance, principalement par crainte d'être perçus comme inefficaces, instables ou faibles.
Malgré cette peur de la stigmatisation, la majeure partie des personnes interrogées considèrent que la maladie psychique est encore trop taboue dans la société et expriment le souhait de voir le thème davantage abordé, en premier lieu dans le monde professionnel et dans les médias.
>> Florence Nater rappelle la nécessité de prendre soin du psychique dans le 12h45:
Pauline Turuban
Publié le 10 octobre 2018 à 15:51 - Modifié le 11 octobre 2018 à 09:42