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Aristocratie distributive et traditions républicaines : une histoire comparée des usages du tirage au sort en politique dans trois cantons suisses d’Ancien Régime (17e – 18e siècles)
Suite à l’obtention d’une maîtrise en Histoire économique internationale à l’Université de Genève en 2014, Aurèle Dupuis a enseigné l’histoire dans différents collèges au niveau secondaire I. Dès août 2016, il a débuté les premières recherches liées à sa thèse qui s’inscrit au sein du projet FNS « Expériences suisses du tirage au sort en Suisse, 17e – 19e siècles », dirigé par Antoine Chollet. Pendant ces cinq années, Aurèle DUPUIS a mené ses recherches sur les usages du sort en politique dans différents cantons suisses d’Ancien Régime. En novembre 2020, il publie avec Antoine Chollet et Maxime Mellina une synthèse des recherches liées à ce projet dans la collection du Savoir Suisse. Il a soutenu sa thèse – dirigée par Antoine Chollet et codirigée par Béla Kapossy – le 8 juillet 2021 à l’Université de Lausanne.
Ces dernières années, de nombreuses études ont examiné les cas historiques d’utilisations du tirage au sort en politique : aucune d’entre elles n’a abordé les expérimentations des républiques suisses d’Ancien Régime. En s’inscrivant dans le champ de l’histoire des pratiques politiques, la présente recherche montre que cette technique a été intensivement utilisée dans trois républiques suisses au cours des 17e et 18e siècles, dans l’optique de distribuer des privilèges au sein de petits groupes et de corriger la cooptation familiale.
Pour décrire cet aspect, cette thèse propose le terme d’aristocratie distributive afin de mettre en lumière les logiques d’attribution du pouvoir. L’analyse de l’emploi du tirage au sort lors des élections jusqu’à la fin du 18e siècle permet de montrer que cet outil de légitimation des familles au pouvoir est ensuite également mobilisé par les couches inférieures de la population.
L’existence dans l’ancienne Confédération du modèle de la Landsgemeinde ainsi que de la nouvelle forme de liberté, liée au droit naturel, permettent la formulation de revendications égalitaires, dont l’objectif est le partage du bien commun. L’expérimentation qui prend place à Glaris en 1791 représente sur ce plan une concrétisation inédite, mais ne marquera pas la construction politique de la Suisse moderne.
Cette thèse avance ainsi que, dans l’ancienne Confédération, le tirage au sort est principalement utilisé en tant que moyen de redistribution des privilèges collectifs et propose, par contraste, des éléments nouveaux sur les raisons de sa disparition des institutions politiques du 19e siècle.