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Les débuts du clavicorde sont mal connus. Cet instrument semble remonter au tympanon médiéval. Il est considéré généralement comme le prédécesseur du piano-forte qui engendra, à son tour, le piano moderne. Les instruments à claviers, jusqu'à la pratique du fortepiano, furent essentiellement le clavecin, l'orgue et le clavicorde. Le plan, la disposition spaciale du clavicorde s'apparentent à ceux du virginal.
Le clavicorde est construit de manière rigide (fond rigide). Chaque touche du clavier est un levier basculant portant à son extrémité une pièce métallique que l'on appelle "tangente". Lorsque la tangente frappe la corde, elle sépare la corde en deux parties: l'une est libre et est la partie vibrante, alors que l'autre partie est étouffée par une bande de feutre placée à demeure. Il n'y donc pas d'étouffoir mobile comme dans le cas du piano ou même du clavecin. La partie libre vibrante de la corde détermine une hauteur du son qui dépend de la longueur entre l'extrémité fixe et le point de contact de la tangente.
Une particularité du clavicorde est de permettre à l'instrumentiste de générer un certain vibrato en exerçant un léger déplacement latéral de la touche au moment où le doigt la maintient enfoncée.
De la seconde partie du 16ème siècle jusqu'au 18ème siècle, on construisit des clavicordes dits liés: sur ces instruments, 3 ou 4 touches contiguës frappaient la même paire de cordes. Le clavicorde lié peut donc produire plusieurs sons différents, mais non simultanés, par une corde unique. Le clavicorde non lié se distingue par le fait qu'il n'y a qu'une corde par son produit (chaque touche ne frappe qu'une seule corde comme au clavecin). Le clavicorde non lié nécessite une précision d'exécution très grande. En ce sens, le clavicorde est une instrument d'étude, d'une grande intimité, qui oblige l'exécutant à exercer toucher, finesse et précision du jeu. Le clavicorde, qui ne pardonne rien, est une excellente école du clavier pour aborder le clavecin, et même, pourquoi pas, le piano.
L'un des plus anciens clavicordes conservés à nos jours est celui de Domenico di Pesaro (1543). Il possède 22 paires de cordes pour une étendue de 4 octaves (ut1 à ut5)
Les clavicordes étaient pratiquement tous équipés d'une octave courte pour l'octave inférieure de clavier (autre lien: cliquer ici ). L'octave inférieure, appelée octave courte, ne possédait pas de demi-tons chromatiques. Les touches supérieures de cette octave correspondaient donc à des tons diatoniques: à la place du mi¹, on avait un do¹. Ré¹ et mi¹ étaient placés sur les touches représentant normalement fa dièze et sol dièze.
[Explications: le ton diatonique est le plus grand espace conjoint de l'échelle diatonique. Réduite à l'étendue d'une seule octave, l'échelle diatonique contient cinq tons diatoniques (exemple : do-ré, ré-mi, fa-sol, sol-la et la-si, pour l'échelle diatonique naturelle). Dans la pratique, le ton diatonique est simplement appelé ton, sans davantage de précision. Quand on parle de ton, en effet, il est évident que l'on entend ton diatonique, vu qu'il n'existe aucune autre espèce de ton. En revanche, lorsqu'on parle de demi-ton, il convient de ne pas omettre le qualificatif afin de bien distinguer « demi-ton diatonique » et « demi-ton chromatique », ces deux intervalles n'ayant ni la même nature, ni la même étendue, ni la même fonction. Le demi-ton chromatique est un espace conjoint appartenant à l'échelle diatonique amplifiée, c'est-à-dire, à l'échelle chromatique (exemple : do-do♯ ). Il est appelé ainsi parce que, tout comme le demi-ton diatonique, il est pratiquement égal à la moitié du ton. Réduite à l'étendue d'une seule octave, l'échelle chromatique contient cinq demi-tons chromatiques et sept demi-tons diatoniques. Le demi-ton chromatique se définit comme l'espace conjoint qui, ajouté au demi-ton diatonique, transforme ce dernier en ton, soit, comme l'espace conjoint qui, retranché au ton, transforme ce dernier en demi-ton diatonique. Le ton diatonique n'est donc pas égal à la somme de deux demi-tons diatoniques - comme on aurait pu le supposer - mais à la somme d'un demi-ton diatonique et d'un demi-ton chromatique. On peut donc écrire : « TON = demi-ton diatonique + demi-ton chromatique » ].
Bien que vers 1600, sur l'orgue d'abord, sur les instruments à clavier et cordes ensuite, l'octave inférieure comprît tous les demi-tons, l'octave courte persista dans le Nord de l'Europe jusqu'au 18ème siècle. L'étendue n'augmenta que lentement au cours des siècles, d'abord par l'introduction d'une nouvelle octave courte partant de sol °¹: si°¹ = sol°¹; do dièse¹ = la°¹; ré dièse¹ = si°¹ et do¹ = do¹. Par adjonction d'une touche supplémentaire pour faº¹ et extension graduelle du registre aigu jusqu'à fa5, on atteignit finalement l'étendue de cinq octaves. Cette amélioration fut d'abord adoptée isolément en France et en Angleterre, vers 1700 déjà. Elle n'intervint en Allemagne qu'à partir de 1740 environ. Il semble que la tessiture de sol°¹ à ré5, exigée par les Suites anglaises et les Partitas de J.S. Bach, indique une exécution de ces pièces sur un clavecin ayant atteint son stade final de son développement. Par contre, dans des oeuvres didactiques (Inventions à 2 et 3 voix, Suites françaises et le Clavecin bien tempéré), il semble que Bach se limite à l'étendue normale du clavicorde (de do¹ à do5).
La sonorité du clavicorde est très douce et claire, plutôt faible, mais extraordinairement nuancée, et en cela supérieure à celle du clavecin. La richesse en harmoniques supérieurs est une autre caractéristique de clavicorde. Cet instrument était idéal pour le style galant du milieu du 18ème siècle (Wilhelm Friedemann et Carl Philipp Emanuel Bach et d'autres musiciens de leur époque). L'Allemagne fut sa terre d'élection. Tous les maîtres de l'orgue de l'époque étaient aussi d'habiles joueurs de clavicorde (Froberger, Pachelbel, Buxtehude, Krieger, Kuhnau, Bach...). La construction de clavicordes importants (avec deux claviers et un pédalier) permit aux organistes de cette époque de s'exercer chez eux.
Liens Internet à consulter:
- ouvrage: Le Piano, par Klaus Wolters, éd. Payot, Lausanne (traduction française), 1971,
- http://fr.wikipedia.org/wiki/Clavicorde (page sur le clavicorde),
- autre lien utile: cliquer ici ,
- exemple de représentation de la tangente (clavicorde): cliquer ici ,
- http://www.fmil.org/instruments.php?instrument=clavicordes-pedalier (le clavicorde à pédalier),
- autre lien pour le clavicorde: cliquer ici ,
- autre lien définissant le clavicorde: cliquer ici (instrument du facteur suivant: cliquer ici),
- http://www.jc-neupert.de/de/taxonomy/term/4 (les clavicordes livrables par le facteurs J.C. Neupert de Bamberg),
- http://www.youtube.com/watch?v=CXHAJ8S255I&feature=related (le son d'un clavicorde, assez amplifié),
- http://jcmonzani.com/clavicorde.php (autre lien sur le clavicorde).
Ci-dessus, en guise de vignette de cette page, nous mettons un cliché d'un clavicorde. Cliquer sur l'image pour l'agrandir. [Source: www.hw.free.fr/ ].