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Les allergies – une maladie de civilisation
"En Suisse, plus de 30% de la population souffrent d’allergies, dont les symptômes, tels que rhume et larmoiement, compromettent la qualité de vie des personnes touchées. Dans de rares cas, les allergies peuvent même représenter un risque important pour la santé. Aussi estil essentiel qu’elles soient diagnostiquées correctement. Les personnes allergiques sont ainsi en mesure de se protéger et, en cas de besoin, de suivre un traitement efficace et adéquat…"
Prof. Dr. med. Peter Schmid-Grendelmeier Chef du service Allergies Clinique dermatologique, Hôpital universitaire de Zurich
Qu’entend-on par allergie?
Une allergie est une réaction excessive du système immunitaire destinée à défendre l’organisme contre des substances en réalité inoffensives, telles que le pollen. On connaît quelque 200000 substances susceptibles de provoquer des allergies – autrement dit quelque 200000 allergènes –, 400 de ces substances étant considérées comme des allergènes majeurs. Les allergies au pollen, aux aliments, aux animaux, aux acariens présents dans la poussière de maison, au venin d’abeille et de guêpe ainsi qu’aux médicaments sont les allergies les plus fréquentes. On distingue deux formes: l’allergie immédiate et l’allergie retardée. Dans le premier cas, les symptômes apparaissent immédiatement après le contact avec l’allergène; dans le deuxième cas, ils apparaissent jusqu’à trois jours plus tard.
Développement
Le développement d’une allergie implique une phase de sensibilisation et une phase de réaction. Lors de la phase de sensibilisation, l’organisme entre pour la première fois en contact avec l’allergène. Il reconnaît cette substance comme étant un corps étranger et produit des substances immunitaires (anticorps) pour lutter contre elle. Au cours de cette première phase, il ne se produit toutefois encore aucune réaction allergique. Ce n’est que lorsque l’organisme entre une nouvelle fois en contact avec le même allergène que les anticorps formés réagissent à la présence de cette substance. Cette phase de réaction se caractérise par la libération d’histamine, une substance «messagère», qui déclenche des symptômes allergiques sur les muqueuses ou sur la peau. Ainsi, dans le cas d’une allergie, on observe une réaction du système immunitaire. Les intolérances au gluten (maladie coeliaque) ou au lactose entraînent certes des symptômes comparables à ceux d’une allergie, mais elles ne sont pas considérées comme telles étant donné qu’elles ne provoquent pas de réaction immunitaire excessive.
Les allergies – une maladie de civilisation
En Suisse, les allergies ont considérablement augmenté au cours de la seconde moitié du 20e siècle. Alors que, dans les années 1930, à peine 1% de la population suisse souffrait d’une allergie au pollen, cette proportion est aujourd’hui d’environ 20%. Ces dernières années, la situation s’est néanmoins stabilisée, mais à un haut niveau. Plus de 30% de la population souffrent en effet d’allergies à diverses substances. Différentes études donnent à penser que l’apparition d’allergies est liée à l’hygiène. D’autres facteurs, tels que les habitudes alimentaires, le tabagisme, les gaz d’échappement ou le fait d’avoir des animaux domestiques, peuvent également favoriser le développement d’allergies.
Oui, la tendance aux allergies est héréditaire. Les personnes concernées développent principalement des allergies aux substances allergènes se propageant dans l’air (pollen, acariens) ainsi qu’à certains aliments. Un enfant présente un risque d’allergie d’environ 30% lorsqu’un de ses parents souffre d’une allergie. Lorsque ses parents sont tous deux allergiques, le risque augmente à 70%.
Oui. Une allergie au pollen, par exemple, peut s’étendre des voies respiratoires supérieures aux voies respiratoires inférieures et entraîner un asthme bronchique chronique. Cette évolution est observée chez environ 30% des personnes allergiques au pollen. Les nourrissons présentant des réactions allergiques à des aliments tels que les oeufs de poule et le lait, sont susceptibles de développer ultérieurement des allergies aux animaux et aux acariens.
Les allergies peuvent apparaître soudainement; elles peuvent également disparaître à n’importe quel moment de la vie.
Il n’est possible de prévenir une allergie que de manière limitée. Dans l’idéal, les enfants présentant un risque d’allergies devraient bénéficier d’un allaitement complet pendant quatre mois. La mère qui allaite devrait avoir une alimentation équilibrée, sans pour autant qu’il soit nécessaire de suivre un régime particulier. Les aliments pour bébés doivent compléter l’allaitement à partir du cinquième mois. Les nouveaux aliments doivent être introduits dans le régime alimentaire de l’enfant en respectant un intervalle de trois à quatre jours. Pour les enfants présentant un risque d’allergies, il est recommandé de demander conseil à un professionnel. Les femmes qui doivent s’attendre à un risque allergique élevé chez leur enfant ne devraient en aucun cas fumer pendant et après la grossesse. De plus, les parents ne devraient pas acheter de nouvel animal de compagnie et devraient veiller à ce que les chambres à coucher soient aménagées de sorte à être les moins poussiéreuses possibles.
Les symptômes
Une allergie peut entraîner divers symptômes. Les principaux sont décrits ci-après.
Conséquences graves
Les allergies peuvent déclencher un asthme sévère et entraîner une détresse respiratoire mettant la vie en danger. Dans de très rares cas, une allergie peut provoquer une réaction de choc (choc anaphylac tique). On entend par choc anaphylactique une réaction de l’organisme observée quelques minutes seulement après le contact avec l’allergène, et pouvant entraîner une chute de tension susceptible de mettre la vie en danger. Dans un tel cas, le coeur cherche à compenser la baisse de tension, ce qui entraîne une augmentation du pouls à plus de 200 battements par minute. L’approvisionnement du coeur s’effondre. Ce phénomène peut également aller de pair avec un rétrécissement des voies respiratoires au niveau des poumons, entraînant une détresse respiratoire. En l’absence de traitement, un choc anaphylactique peut, dans de très rares cas, entraîner le décès en très peu de temps. Les personnes présentant une telle réaction ont besoin d’une aide médicale immédiate.
Comment reconnaître un choc anaphylactique?
Constatées après contact avec l’allergène, les réactions sévères ci-après évoquent un choc anaphylactique:
Le diagnostic
La recherche de la substance provoquant une allergie chez une personne donnée peut être un processus très complexe. Avant que le médecin procède à des tests, il doit en savoir plus sur les antécédents médicaux du patient, la présence d’allergies dans sa famille, son mode de vie, ses habitudes alimentaires et son environnement professionnel. En outre, les personnes allergiques devraient surveiller étroitement leurs symptômes.
Les différents types de test
L’identification d’allergies est réalisée grâce à des tests reposant sur trois procédés différents. Il est en effet possible de recourir à divers tests cutanés, à des tests sanguins et à des tests de provocation. L’association de ces différents tests est parfois nécessaire afin de déterminer la substance responsable d’une allergie donnée.
Les tests cutanés les plus courants sont les pricktests et les tests épicutanés.
Dans le cas du pricktest, des gouttes de solutions contenant des allergènes potentiels sont déposées sur la face interne de l’avant bras; on pique ensuite la peau à l’aide d’une fine aiguille afin que les allergènes puissent pénétrer plus facilement. Le résultat du test est visible sur la peau au bout de 15 minutes au plus tard. Rougeurs, papules ou vésicules sont le signe d’une réaction allergique. Ce type de test est principalement utilisé pour l’identification de réactions à des allergènes touchant les voies respiratoires ainsi qu’à des aliments.
Dans le cas du test épicutané, divers allergènes sont appliqués sur le dos à l’aide de petits patchs. Après 24, 48 et 72 heures, le médecin vérifie si une réaction est visible sur la peau (généralement sous forme d’un petit eczéma). Ce test est utilisé pour l’identification de ce que l’on appelle les allergies de contact.
Ce type de test consiste à rechercher la présence dans le sang d’anticorps responsables d’allergies.
La gamme de substances pouvant être identifiées par ce biais est limitée, mais ce type de test présente l’avantage de pouvoir également être utilisé lorsque le patient prend des médicaments contre son allergie.
Dans le cadre d’un test de provocation, on administre l’allergène au patient (dans la bouche, le nez ou les yeux) sous contrôle médical, afin de déclencher et d’observer la réaction allergique. Ce test permet de mettre clairement en relation les symptômes et les causes de l’allergie.
Le traitement
Le meilleur moyen de se protéger contre une allergie est d’éviter tout contact avec l’allergène correspondant, mais ce n’est malheureusement pas toujours possible.
Traitement des causes
Seule une désensibilisation permet de traiter les causes d’une allergie. Ce traitement est destiné à amener l’organisme à tolérer à nouveau un allergène donné. On injecte pour cela la substance dans le bras à des doses de plus en plus fortes durant un certain temps, ou, surtout pour les petits enfants, on l’instille sous la langue (immunothérapie sublinguale). Elle peut être envisagée en cas de rhume des foins, d’asthme allergique, d’allergies au venin d’insectes ainsi qu’aux acariens ou aux animaux. Comme le traitement injecté comporte un certain risque de réaction de choc, le patient devra rester une demiheure au cabinet après chaque traitement afin que le médecin puisse lui administrer immédiatement un antidote en cas d’urgence.
Traitement des symptômes
Divers médicaments, disponibles sous forme de comprimés, de gouttes, de sirop, de gel, de capsules, de sprays pour le nez ou de gouttes pour les yeux, permettent d’atténuer les symptômes d’une allergie. Il est possible d’associer plusieurs de ces médicaments. Les groupes de principes actifs décrits ciaprès sont le plus fréquemment utilisés.
En dehors de la médecine classique, les méthodes alternatives (par exemple acuponcture, phytothérapie) s’avèrent effcaces chez certaines personnes. Toutefois, en cas d’allergie sévère, elles ne permettent souvent pas de remplacer des médicaments classiques.
Allergies au pollen
Le pollen, qui sert à la fécondation des plantes, entre en contact avec les muqueuses de la bouche, du nez et des yeux par le biais de l’air ambiant. Il contient des protéines que l’organisme des personnes allergiques identifie comme des agents étrangers à combattre.
Les symptômes
Les yeux piquent, rougissent et pleurent. Le nez coule et démange. Envie d’éternuer, sensibilité à la lumière, picotements dans la gorge, le nez et les oreilles, voire asthme, sont également des symptômes d’une allergie au pollen. Une telle allergie est déterminée non seulement par la taille des grains de pollen, mais également par leur type et leur concentration.
L’ apparition de l’allergie au pollen
Les allergies au pollen apparaissent généralement chez l’enfant d’âge scolaire, ainsi que chez l’adolescent. Les enfants d’âge préscolaire ne sont que rarement touchés. Il arrive également que l’allergie ne survienne qu’à l’âge adulte. Chez une partie des personnes concernées, elle finira par disparaître.
Concentration pollinique
C’est respectivement le soir et tôt le matin que l’air est le plus fortement chargé en pollen dans les villes et dans les campagnes. La concentration pollinique est la plus faible lorsqu’il pleut ou lorsqu’il vient de pleuvoir. L’idéal serait de prévoir en conséquence les plages horaires pour les activités sportives en plein air et pour les promenades. De manière générale, les réactions allergiques peuvent apparaître plus rapidement en cas d’efforts physiques. Les personnes allergiques qui ne sont pas prêtes à renoncer au sport en plein air devraient par conséquent prendre des médicaments à titre préventif environ une heure avant le début de l’activité sportive. De plus en plus de signes indiquent que certains types de substances nocives et certains facteurs de stress pour les plantes sont susceptibles d’accroître la teneur en allergènes de leur pollen.
Conseils
- Fermez les fenêtres pour dormir
- N’ôtez pas dans votre chambre à coucher les vêtements qui ont été en contact avec du pollen; lavez-les souvent
- Le soir, lavez-vous les cheveux ou brossez-les bien
- Changez souvent les draps
- Eliminez tous les pièges à pollen et à poussière, notamment les tapis, les édredons, les rideaux, etc.
- Installez des filtres antipollen sur les fenêtres
- Installez un filtre antipollen dans la voiture et veillez à le faire entretenir régulièrement
- Tenez compte du calendrier pollinique et du système d’alerte pollinique
- Partez en vacances à la mer ou à plus de 1500 mètres d’altitude
- Ne vous frottez pas les yeux, car cela ne fait qu’aggraver les symptômes
- Portez des lunettes de soleil avec protections latérales
- Utilisez un aspirateur avec filtre antipollen
- Nettoyez souvent les sols avec une serpillière humide
- Utilisez un chiffon humide pour enlever la poussière
- Prenez des médicaments pour atténuer les symptômes
Calendrier pollinique
Le pollen d’ambroisie
L’ambroisie est une mauvaise herbe discrète originaire d’Amérique du Nord, qui a été introduite en Europe et commence à envahir la Suisse. Les principaux troubles allergiques liés à l’ambroisie sont provoqués par son pollen, qui figure parmi les plus puissants allergènes à l’échelle mondiale. Onze grains de pollen d’ambroisie par mètre cube représentent déjà une forte concentration pollinique et suffisent à déclencher des symptômes sévères, voire de l’asthme, chez les personnes allergiques. L’ambroisie se caractérise par une période de floraison très longue, qui s’étend de mijuillet à octobre. Dans de rares cas, un simple contact avec la tige velue de la plante suffit à provoquer une allergie de contact sévère. Grâce aux forces combinées des autorités, des institutions, etc., la Suisse a jusqu’à présent réussi à limiter dans une large mesure la dissémination de ’ambroisie dans le pays.
L’ambroisie et l’armoise appartiennent à la même famille
L’ambroisie appartient à la même famille que l’armoise, qui est responsable de nombreuses allergies au pollen en Suisse. Aussi suffit-il d’une augmentation relativement faible de la concentration de pollen d’ambroisie pour que les personnes allergiques au pollen d’armoise présentent une réaction allergique. Le pollen d’ambroisie peut s’avérer dangereux pour toutes les personnes souffrant d’allergie. En effet, plus la concentration de pollen d’ambroisie augmente, plus la tendance aux allergies augmente elle aussi. Des réactions croisées sont également connues avec le pollen de graminées, le melon et les bananes.
Conseils
- Ne laissez aucune zone du jardin en friche (la végétation cultivée et dense prévient l’invasion de l’ambroisie)
- Portez un masque filtrant la poussière fine et des gants pour arracher des plantes en fleurs
- Dans votre jardin, arrachez l’ambroisie avant la période de floraison et éliminez-la avec les déchets ménagers
- Signalez les petits foyers à la commune et observez l’évolution des sites correspondants
- Signalez immédiatement les grands foyers aux autorités
- N’utilisez pas de nourriture pour oiseaux contenant des graines d’ambroisie
Allergies croisées
Un grand nombre de personnes allergiques au pollen sont également allergiques à certains aliments. Dans de tels cas, on parle d’une allergie croisée ou d’une réaction croisée. Des picotements au niveau du palais, des sensations de brûlures ainsi que des démangeaisons dans la bouche et au niveau des lèvres ou un gonflement du visage peuvent apparaître en mangeant. Parmi les autres troubles susceptibles d’être déclenchés par la réaction croisée figurent la rhinite allergique et la conjonctivite allergique, l’asthme et les problèmes gastrointestinaux.
Des réactions croisées peuvent apparaître lorsque les protéines de deux substances présentent des structures similaires. Il s’agit généralement d’une allergie alimentaire résultant d’une allergie au pollen ou au latex. Des réactions croisées se développent surtout chez les personnes allergiques au pollen des arbres. L’exemple le plus connu est le syndrome de l’allergie au bouleau combinée à l’allergie aux noix et aux fruits à pépins ou noyaux, dans le cadre duquel une personne allergique au pollen de bouleau présente une réaction allergique lorsqu’elle consomme une pomme.
Allergies alimentaires
On distingue deux grands types d’allergie alimentaire: les allergies déclenchées principalement, au niveau de l’intestin, par l’ingestion de certains aliments, d’une part, et celles apparaissant surtout en tant que réactions croisées à certains pollens, d’autre part. Le premier type peut survenir lorsque les systèmes immunitaire et digestif de nourrissons ne sont pas encore entièrement développés (jusqu’à l’âge de huit mois) et que les protéines étrangères ne peuvent pas encore être complètement dégradées ou transformées. Chez de nombreux enfants, de telles allergies disparaissent avec l’âge. D’autres allergies alimentaires, aux arachides (cacahuètes) ou au poisson par exemple, peuvent subsister toute la vie durant. Les bébés ayant une allergie alimentaire présentent un risque un peu plus élevé de développer plus tard une néurodermite, de l’asthme ou une allergie au pollen.
Les symptômes
Les symptômes d’une allergie alimentaire apparaissent soit immédiatement après l’ingestion d’un aliment donné, soit plus tard, pendant le processus de digestion. Démangeaisons au niveau des lèvres, du palais et de la gorge sont par exemple observées. Il arrive parfois que les lèvres, la langue ainsi que les muqueuses des joues et de la gorge gonflent. Certaines personnes souffrent de vomissements, de crampes d’estomac, de crampes abdominales et de diarrhée. Chez d’autres personnes allergiques, la réaction se manifeste sous forme d’eczéma (névrodermite) ou d’urticaire. Dans de rares cas, on observe des crises d’asthme et, plus rarement encore, un choc anaphylactique.
Qu’entend-on par intolérance alimentaire?
Une intolérance alimentaire peut entraîner des symptômes similaires à ceux d’une allergie alimentaire; elle n’est cependant pas due à une réaction de défense du système immunitaire. Les intolérances alimentaires incluent p.ex. l’intolérance au gluten (maladie coeliaque), au lactose, au fructose, à l’histamine (contenue p.ex. dans les fruits de mer) ou aux additifs alimentaires (p.ex. les exhausteurs de goût).
Conseils
Allergie aux acariens
En Suisse, environ 5 à 7% de la population souffrent d’une allergie aux acariens, présents dans la poussière de maison. Ce type d’allergie est déclenché non pas par la poussière de maison ou par les acariens en soi, mais par les déjections de ces minuscules araignées, qui contiennent des protéines. Les conditions optimales pour la reproduction des acariens sont les suivantes: milieu sombre, température de 25 °C et taux d’humidité supérieur à 70%. Ils s’installent donc tout particulièrement dans les matelas, la literie, les tapis, les canapés recouverts de tissu, mais également dans les animaux en peluche. Lorsque les déjections des acariens, qui se mélangent à la poussière de maison, pénètrent dans les voies respiratoires, elles peuvent provoquer des allergies. Les réactions allergiques aux acariens peuvent survenir tout au long de l’année. Le fait d’avoir des animaux domestiques peut favoriser la reproduction de ces petits parasites.
Les symptômes
C’est principalement la nuit et le matin que les personnes concernées présentent des réactions allergiques. Rhume chronique, nez bouché, envie d’éternuer, yeux rouges, eczéma ou encore asthme allergique sont des symptômes typiques. Chez la majorité des personnes touchées, les troubles allergiques s’amplifient durant la période de chauffage, étant donné que l’échauffement de l’air entraîne le tourbillonnement des déjections d’acariens et que les pièces sont généralement moins souvent aérées à cette saison. Il est possible d’équiper les éléments de literie de housses spéciales qui permettent de réduire le passage des acariens dans l’air ambiant. Par ailleurs, les symptômes de l’allergie aux acariens sont principalement traités par voie médicamenteuse. Dans certains cas particuliers, une désensibilisation permet d’apaiser les symptômes au bout de seulement quelques mois. En général, il faut cependant compter deux à trois ans avant d’obtenir un résultat concluant.
Conseils
- Equipez les matelas, les oreillers et les couettes de housses antiacariens
- Choisissez de préférence des oreillers et des couvertures ou couettes pouvant être lavés à au moins 60 °C (une telle température entraîne l’élimination des acariens)
- Lavez les draps à au moins 60 °C
- Dans la mesure du possible, supprimez les pièges à poussière tels que tapis, rideaux, coussins, fleurs séchées et animaux en peluche
- Lavez régulièrement les jouets en peluche à 60 °C
- Déshabillez-vous dans la salle de bains
- Aérez souvent et maintenez une température fraîche (max 18 °C au maximum) dans la chambre à coucher
- Ne mettez pas de plantes dans votre chambre à coucher
- Maintenez un taux d’humidité inférieur à 50% et évitez d’utiliser un humidificateur d’air
- Nettoyez les sols avec une serpillière humide et époussetez les meubles avec un chiffon humide
- Utilisez un aspirateur muni d’un filtre HEPA
- Remplacez les canapés recouverts de tissu par des canapés recouverts de cuir naturel ou synthétique
- Remplacez les étagères ouvertes par des commodes
- Partez en vacances à plus de 1200 mètres d’altitude
- Lorsque de telles mesures d’assainissement ne suffisent pas, une désensibilisation peut s’avérer judicieuse
Allergies aux animaux
Quelque 5% de la population suisse présentent une allergie aux animaux. Les réactions les plus fréquentes sont observées avec les chats et les chiens. Mais les chevaux, moutons, bovins, lapins, cochons d’Inde, hamsters et oiseaux peuvent également déclencher des réactions allergiques. Chez le chat, les allergènes se trouvent principalement dans la salive que l’animal dépose sur ses poils lorsqu’il fait sa toilette. Chez le chien, ce sont avant tout les squames qui contiennent une grande quantité d’allergènes. Il faut savoir que toutes les personnes concernées ne réagissent pas de la même manière à toutes les races de chiens.
Les symptômes
Les particules de protéines allergènes se disséminent dans l’air et peuvent entraîner asthme, rhume, conjonctivite ou urticaire. Certaines personnes sont si sensibles que, lorsqu’elles rendent visite à des amis qui ont des animaux domestiques, elles peuvent être sujettes à des crises d’asthme même si les animaux en question se trouvent à l’extérieur au moment de la visite. Dans des cas extrêmement rares (allergies aux chevaux, p. ex.), un choc anaphylactique mettant la vie en danger peut se produire.
Théories contradictoires
En matière d’allergie aux animaux, il existe diverses théories, partiellement contradictoires. Autrefois, on recommandait fortement aux couples qui attendaient un enfant prédisposé aux allergies de se séparer de leurs animaux de compagnie; aujourd’hui, des indices donnent à penser que la présence de plusieurs chats pendant la première année d’un tel enfant pourrait protéger, dans une certaine mesure, cet enfant de l’allergie aux chats.
D’un autre côté, un contact occasionnel avec des allergènes présents chez le chat, à l’école ou dans les transports en commun notamment, peut suffire à déclencher des troubles allergiques chez les enfants concernés. Etant donné la présence d’éléments contradictoires, les experts ne conseillent actuellement plus aux parents d’enfants à risque de se séparer impérativement d’un chat déjà présent dans leur foyer. Toutefois, si l’enfant présente d’ores et déjà les symptômes d’une allergie aux chats, la séparation est inévitable. Lorsqu’ils ne possèdent pas encore d’animal de compagnie, les parents d’enfants à risque devraient s’abstenir d’en adopter un.
Tipps
- Evitez tout contact avec les animaux provoquant des allergies (en font principalement partie les animaux à poils et à plumes)
- En présence d’une allergie déclarée avec symptômes sans équivoque, séparez-vous, si possible, de l’animal en question
- Lavez-vous bien les mains après chaque contact avec un animal déclenchant des allergies
- Interdisez aux animaux l’accès aux chambres à coucher
- Si vous avez un chat, faites-lui prendre un bain ou nettoyez-le régulièrement avec un chiffon humide afin de réduire la quantité d’allergènes présents sur son pelage
- Faites passer aux animaux autant de temps que possible à l’extérieur (permettez p. ex. aux chats de sortir régulièrement)
- Tenez compte de la présence d’animaux lors de certaines manifestations (chevaux au cirque, p. ex.)
- Demandez à une personne non allergique de brosser vos animaux à l’extérieur
- Faites nettoyer l’endroit où dort votre animal par une personne ne souffrant pas d’allergie
- Dans la mesure du possible, renoncez aux tapis, car les allergènes s’y accumulent et y adhèrent particulièrement bien
- Les personnes allergiques doivent éviter d’entrer en contact avec tous les animaux fourrure, même ceux contre lesquels elles ne sont pas allergiques; le risque de développer une allergie est en effet très élevé chez de telles personnes
- Avant de rendre visite à quelqu’un, demandez-lui toujours s’il a des animaux domestiques
- Prenez des médicaments contre les allergies ou, au moins, emportez-en avec vous
- Dans les cas sévères, il convient d’envisager une désensibilisation
Allergies au venin d’insectes
Chez les personnes allergiques au venin d’insectes, une seule piqûre d’abeille, de guêpe, de frelon ou de bourdon suffit à déclencher une forte réaction locale, voire un choc pouvant s’avérer très dangereux. C’est pourquoi les personnes concernées devraient toujours emporter avec elles un kit d’urgence, afin de pouvoir se traiter elles-mêmes immédiatement en cas de piqûre.
Dans la plupart des cas, les piqûres d’insectes entraînent une petite rougeur ou un gonflement de la peau. Cette réaction est tout à fait normale et n’est aucunement due à une allergie. On reconnaît une allergie au venin d’insectes à l’apparition, autour de l’endroit de la piqûre, d’une zone rouge et gonflée plus grande que la paume de la main, qui reste visible 24 heures après la piqûre. Il arrive parfois que la réaction s’étende à toute une partie du corps. Certaines personnes allergiques présentent, après une piqûre, une réaction légère à modérée d’ordre général. En quelques minutes, il apparaît une urticaire, des gonflements au niveau du visage, des démangeaisons et, quelque-fois, des nausées ainsi qu’une légère détresse respiratoire. Dans de très rares cas, d’autres symptômes peuvent apparaître, tels que fortes nausées, vomissements, détresse respiratoire sévère, voire collapsus circulatoire ou choc susceptible d’entraîner le décès en l’absence de traitement. C’est la raison pour laquelle les personnes allergiques au venin d’insectes doivent toujours avoir sur elles un kit d’urgence contenant des médicaments adaptés à leur cas.
Conseils
- Après une première réaction allergique au venin d’insectes, consultez impérativement un médecin et discutez avec lui des mesures à prendre
- Demandez au médecin de vous composer un kit d’urgence
- Envisagez une désensibilisation et discutez-en avec le médecin
- Gardez votre calme en présence d’insectes, n’essayez pas de les chasser
- Soyez prudent(e) lorsque vous travaillez dans votre jardin, lorsque vous cueillez des fleurs ou des fruits
- Ne marchez jamais pieds nus
- Ne consommez ni sucreries, ni boissons sucrées, ni viande, ni bière à l’extérieur
- Couvrez-vous dans la mesure du possible (manches longues et pantalon) et portez des chaussures fermées
- N’utilisez pas de produits de soins parfumés
- Installez des moustiquaires sur les fenêtres
- Douchez-vous immédiatement après avoir fait du sport (la sueur attire les insectes)
- Lorsque vous faites de la moto, fermez bien votre casque et vos vêtements, et portez des gants
- Faites éliminer les nids d’abeilles et de guêpes par des spécialistes
- Ne portez pas de vêtements de couleur sombre (les apiculteurs portent souvent des vêtements blancs)
- Ne portez pas de matières rêches (laine, fibre polaire, p. ex.), les insectes pourraient y rester coincés
Allergies de contact
Les allergies de contact peuvent êtres dues à divers agents, notamment parfums et arômes utilisés dans les cosmétiques et les produits de soins, détergents, nickel (bijoux, lunettes), produits de coloration capillaire, cobalt et chrome, matériaux de construction, divers conservateurs (p. ex. thiomersal, parabènes dans certaines crèmes pour la peau, chlorure de benzalkonium dans les sprays pour le nez), désin fectants, résines, etc. Des produits naturels tels que le latex et les huiles essentielles utilisées dans les cosmétiques naturels sont également des substances allergènes. Certaines professions, notamment les coiffeurs, le personnel médical ou le personnel de nettoyage, sont particulièrement touchées par les allergies de contact.
Les symptômes
Dans la plupart des cas, les allergies de contact sont des allergies retardées. Il peut se passer jusqu’à 72 heures avant que n’apparaisse une réaction sur la peau, appelée eczéma de contact. Dans de rares cas, une réaction peut néanmoins déjà survenir quelques minutes à peine après le contact avec l’allergène. Contrairement à la majorité des allergies, les symptômes d’une allergie de contact sont généralement localisés et se limitent à la zone de peau entrée en contact avec l’allergène. La peau rougit, démange et gonfle, il se forme de petites vésicules. Ces symptômes disparaissent en général au bout d’un ou deux jours. Dans les cas sévères, on observe l’apparition de cloques et la zone de peau touchée se met à suinter et à peler.
Conseils
- Les eczémas de contact sont des allergies retardées; le traitement consiste à éviter les substances en cause et, en règle générale, à appliquer des anti-inflammatoires (p. ex. pommades à base de cortisone) sur la zone concernée
- Faites des tests d’allergie et faites-vous établir un passeport d’allergie
- Evitez systématiquement les substances allergènes (la désensibilisation n’est pas possible lors d’allergie retardée)
- Faites attention à la composition des cosmétiques et des produits de coloration capillaire que vous achetez
- Optez de préférence pour les cosmétiques et les produits de soins pour le corps qui portent le label de qualité Allergie Suisse («recommandé par aha! Centre d’Allergie Suisse») www.service-allergie-suisse.ch
- Si vous ne pouvez éviter de manipuler des allergènes, portez toujours des gants
- Lavez votre peau avec des syndets (détergents synthétiques) à pH neutre pour la peau et utilisez des produits de soins qui protègent le manteau acide de la peau (produits alcalins à pH neutre)
- Utilisez avec parcimonie cosmétiques et produits de soins parfumés
- Une allergie de contact peut parfois nécessiter une reconversion professionnelle, notamment chez les personnes travaillant dans le bâtiment (chromate présent dans le ciment) ou les coiffeurs (ciseaux en métal, produits de coloration, etc.)
Allergies aux médicaments
Tous les médicaments, y compris ceux entièrement à base de plantes, peuvent provoquer des allergies. Les antibiotiques et les analgésiques comptent parmi les produits entraînant le plus d’allergies médicamenteuses. Dans certains cas, une telle allergie peut mettre la vie en danger si elle n’est pas traitée en urgence.
De nombreux médicaments présentent des effets indésirables, mais de tels effets ne sont imputables à des allergies que dans environ un cas sur six. Les réactions allergiques les plus fréquentes sont observées après la prise d’antibiotiques, en particulier de pénicilline, ainsi que d’analgésiques (principalement l’acide acétylsalicylique, le diclofénac et l’acide méfénamique). Il peut arriver que la réaction allergique ne se manifeste que quelques jours après la première prise d’un médicament. Dans environ la moitié des cas d’intolérance médicamenteuse, il s’agit en fait de pseudoallergies pouvant survenir lors de la première prise, sans pour autant qu’il se produise une sensibilisation au produit. Ainsi, les asthmatiques, par exemple, peuvent présenter une crise après la prise d’un analgésique.
Une pseudoallergie peut également consister en l’apparition soudaine de démangeaisons généralisées, d’urticaire, de gonflements (p. ex. au niveau des yeux et des lèvres) ou d’un collapsus en réaction à des analgésiques, à des produits de contrastes utilisés en radiologie ou encore à divers médicaments.
Les pseudoallergies peuvent également être dangereuses et nécessitent elles aussi une consultation médicale et un traitement adapté.
Les symptômes
De nombreuses réactions allergiques aux médicaments, une rougeur sur le bras par exemple, sont bénignes et disparaissent rapidement. Il n’en revient pas moins au médecin de décider si un traitement médicamenteux doit être poursuivi ou non. Les allergies médicamenteuses peuvent également entraîner des réactions sévères, mettant la vie en danger. Apparition d’une urticaire sur une zone étendue du corps quelques heures après la prise d’un médicament, détresse respiratoire ou collapsus, par exemple, sont des symptômes devant être traités le plus rapidement possible. Il convient également de consulter immédiatement un médecin lors d’ecchymoses, de vésicules ou de cloques sur la peau ou les muqueuses, ou encore en présence de fièvre ou de fortes démangeaisons.
Conseils
- Après la prise de médicaments, surveillez l’éventuelle apparition d’effets indésirables, tels qu’éruptions inhabituelles sur la peau, et parlez-en à votre médecin. Il est également essentiel d’observer le délai d’apparition d’éventuelles modifications de la peau ou d’autres symptômes parallèlement à la prise du médicament suspect (après quelques heures, jours ou semaines).
- Informez de manière précise le médecin de (tous) les médicaments que vous avez pris et de vos symptômes
- En cas de réaction sévère:
– arrêtez provisoirement de prendre le médicament en cause
– consultez immédiatement un médecin
– discutez avec votre médecin traitant du passage éventuel à un autre médicament
– faites procéder à un diagnostic auprès d’un allergologue, qui non seulement déterminera à quelle substance vous êtes allergique
mais testera aussi des alternatives médicamenteuses. En outre, il pourra procéder à une induction de tolérance destinée à faire
en sorte que l’organisme tolère le médicament en question
– si vous en avez un, emportez toujours votre passeport d’allergie avec vous (dans votre porte-monnaie, par exemple)
– parlez toujours de vos allergies lorsque vous consultez un médecin ou avant une intervention à l’hôpital
– demandez aux médecins et au personnel soignant de noter votre allergie dans votre dossier médical
Mise à jour de l’information: juin 2020
224996-371801