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Interdiction des thérapies de conversion
06.07.2021
On ne peut pas soigner ce qui n'est pas une maladie
Une motion demande l'interdiction légale des thérapies de conversion dans le canton de Bâle-Ville. Elle est co-parrainée par Johannes Sieber, membre du parlement de Bâle-Ville et Networker. Dans cet entretien, il nous raconte la suite des événements.
Johannes Sieber (Vert-Lib), membre de Network et Député au Grand Conseil de Bâle-Ville, a rédigé, avec sa collègue Michela Seggiani (PS), une motion qui a été transmise au gouvernement de Bâle-Ville le 20 mai dernier. Johannes et Michela demandent que les thérapies de conversion soient interdites par la loi dans le canton de Bâle-Ville. Les critiques au Grand Conseil étaient d'avis que cette interdiction signifierait une sur-réglementation. Une critique que Johannes rejette clairement : « Nous exigeons que les personnes non hétérosexuelles aient le même droit à la protection contre les mesures paramédicales non éthiques que les autres personnes. » Une interdiction légale permet de sanctionner efficacement ces formes de thérapie inhumaines, même lorsque les réglementations établies par les caisses d'assurance maladie, les associations professionnelles ou les sociétés professionnelles ne sont pas efficaces - par exemple dans le cas des offres en ligne.
Johannes, les thérapies de conversion doivent être interdites par la loi dans le demi-canton de Bâle-Ville. Quelle serait l'efficacité d'une telle loi si ces thérapies continuent à être autorisées tout autour de Bâle ?
Moins efficace qu'une interdiction au niveau national. Toutefois : la thérapie de conversion n'est pas autorisée dans les environs de Bâle. Elle est également interdite dans toute l'Allemagne. Une interdiction à Bâle aurait un effet de signal. Nous savons depuis plus de 30 ans que l'homosexualité n'est pas une maladie et ne peut donc pas être traitée. Le fait qu'elle ne doive pas non plus être soignée serait un signal important.
A-t-il été difficile d'obtenir la majorité nécessaire au Parlement pour cette motion ?
Non. Cependant, j'ai été très surpris par la position du LDP (Parti libéral démocrate). Nous avons dû en passer par des débats très discutables. Par exemple, la thérapie de conversion a été comparée à la cartomancie, que nous n'aurions pas interdite. Il faut être très aveuglé par le marché pour ne pas vouloir interdire une offre, même s'il est prouvé qu'elle plonge les gens dans la dépression et le suicide.
Qu’attends tu maintenant du gouvernement ?
En adoptant la motion, le Grand Conseil a demandé au gouvernement de préparer et de proposer un projet de loi visant à interdire la thérapie de conversion dans le canton de Bâle-Ville. Je m'attends à ce qu'il le fasse.
Existe-t-il une résistance (politique ou sociale) à une telle interdiction de la thérapie de conversion ? Et si oui, d’où vient-elle ?
Oui, de l'UDC, de l'EVP et, comme je l'ai dit, étonnamment du LDP. Certains d'entre eux, dont le conseiller national Christoph Eymann, ont ensuite promis de soutenir une interdiction au niveau national. Enfin !
Quelle sera maintenant la prochaine étape ? A partir de quel moment ces thérapies de conversion seront-elles interdites dans le meilleur des cas ?
Malheureusement, ça ne sera pas fait instantanément. Dans trois mois, le gouvernement soumettra le dossier au Grand Conseil et proposera la marche à suivre. Idéalement, il s'agira déjà d'un projet de loi. Mais il se pourrait aussi qu'il veuille transformer la motion en une proposition (un instrument plus faible). Nous devrons alors nous battre à nouveau pour que la thérapie de conversion soit finalement complètement interdite.
Texte: Michel Bossart
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Traduction: Fred Bourdier
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