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Quelle politique de la science pour un pays intermédiaire ? Le cas des sciences de la nature en Afrique du Sud (1945-2006).
Auteur, co-auteurs
Type de référence
Date2008
Langue de la référenceFrançais
Entité(s) de recherche
Référence APALosego, P. (2008). Quelle politique de la science pour un pays intermédiaire ? Le cas des sciences de la nature en Afrique du Sud (1945-2006). Revue d'anthropologie des connaissances, 2-3, 361-390. https://www.cairn.info/revue-anthropologie-des-connaissances-2008-3-page-361.htm
Résumé
Quarante ans d’apartheid ont maintenu l’essentiel de la population sud-africaine en dehors de la science : seulement 4,5 % des habitants de 25 à 64 ans ont un niveau d’études supérieures et 11 % d’entre eux seulement ont fait des études scientifiques. Les inégalités culturelles d’Afrique du Sud sont parmi les plus fortes du monde. En 1994, lorsque les premières élections libres en Afrique du Sud donnent le pouvoir à l’ANC (African National Congress), la jeune démocratie a deux intentions : obliger la science à se rapprocher des « besoins du peuple » (science for the people)et corriger les inégalités raciales dans l’accès à l’emploi scientifique (affirmative action). La thèse que je voudrais défendre ici est que ces deux intentions sont liées dans les faits et ceci pour deux raisons : parce qu’elles suscitent la résistance d’un seul et même ethos scientifique, celui de la science libre, désintéressée et indépendante des origines des individus, mis en œuvre dans les années 1980 et parce que l’orientation vers une recherche plus appliquée ou plus stratégique permet d’intégrer dans l’activité scientifique plus de chercheurs noirs et d’universités noires que ne le font les programmes « ouverts ». L’opposition science libre/science pilotée est donc aussi un enjeu socio-ethnique.