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La Suisse ne fait pas figure de bonne élève lorsqu'il s'agit de congé parental après la naissance d'un enfant. La Commission fédérale de coordination pour les questions familiales propose 38 semaines de congé.
Le congé parental fait déjà ses preuves dans de nombreux pays, rappelle Anja Wyden Guelpa, présidente de la commission pour les questions familiales (COFF), dans l'analyse publiée lundi. Quelque 150 études publiées sur le sujet depuis 2010 ont été épluchées. Au niveau européen, la tendance est à l'augmentation de la durée d'un congé flexible à la disposition des deux parents.
La Suisse doit investir dans une politique familiale moderne. Selon le modèle de la COFF, le père devrait profiter de minimum huit semaines avec son enfant, et la mère quatorze. Les semaines restantes peuvent être réparties selon les besoins des parents, indique la COFF.
Le père peut prendre moins de quatre semaines, mais elles sont perdues. Il ne peut pas les transmettre à la mère. Mais, a expliqué à Keystone-ATS, Mme Wyden Guelpa, à moins de quatre semaines, le bénéfice à long terme pour la relation père-enfant n'est pas là.
Bon pour l'économie
La commission avait déjà proposé ce modèle en 2010. Elle souhaite ainsi promouvoir l'engagement des pères dans les tâches parentales et domestiques. Un congé parental est profitable aux parents et à l'enfant, ainsi qu'à la société et à l'économie, souligne la COFF.
Et d'expliquer que le manque de soutien aux familles amène des désavantages économiques, notamment le manque de personnel qualifié et la perte de recettes fiscales. Le congé parental proposé permettrait aux femmes qui le souhaitent de travailler plus et de réduire la pénurie de personnel.
Si le taux d'emploi des femmes augmentait de 1%, les recettes fiscales engendrées permettraient de couvrir un congé parental entièrement rémunéré de 18 à 20 semaines, rappelle la COFF. Avec une hausse de 2%, nous ferions même des bénéfices, selon Mme Wyden Guelpa.
Pas une utopie
"Ce n'est pas l'utopie d'un doux rêveur", lance-t-elle. Le congé parental existe dans tous les autres pays de l'Organisation de coopération et de développement (OCDE).
Le changement ne se fera pas dans les mois qui viennent en Suisse et la COFF en est consciente. Mais elle s'attache à voir ce qui fait sens économiquement et à plus long terme et à rendre le débat moins émotionnel. Les experts ne regardent pas ce qui est possible au niveau politique.
L'idée fait son chemin
L'initiative "Pour un congé de paternité raisonnable - en faveur de toute la famille" a été déposée voici un an. Elle exige un congé de 20 jours pour le père pouvant être pris de manière flexible dans l'année qui suit la naissance de l'enfant. Cette assurance paternité serait financée via les allocations pour perte de gains (APG) comme le congé maternité.
Mais le Conseil fédéral n'en veut pas et ne veut lui opposer aucun contre-projet. Il estime le projet trop cher. Le gouvernement préfère mettre la priorité sur le développement d’une offre d’accueil extrafamilial adaptée aux besoins.
Le PLR propose lui seize semaines de congé parental. Huit seraient attribuées d'office à la mère, les conjoints se répartissent les huit autres d'un commun accord. En cas de désaccord, quatorze semaines iraient à la mère, deux au père.
La commission de la sécurité sociale du Conseil des Etats n'exclut pas d'opposer un contre-projet à l'initiative populaire pour un congé paternité de quatre semaines. Elle devrait reprendre ses discussions mardi.