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1 Créé le: 15.08.2019, édité le: 15.08.2019
Mon grand-père racontait une curieuse histoire à propos d’Alfred Bertrand. Cette histoire, il la tenait de sa mère, qui fut voisine et amie avec Alice Noerbel, l’épouse d’Alfred. Elles prenaient souvent le thé à l’ombre des grands arbres qui ornent aujourd’hui encore le parc qui fut légué en 1933 à la Ville de Genève et qui prit le nom de l’éminent géographe.
Tout commença en Chine.
Lord F., l’un des fonctionnaires britanniques responsables du district du Miyun recevait chez lui un jeune géographe suisse, un certain Alfred Bertrand. Impressionné par l’enthousiasme et la curiosité du jeune homme, Lord F. l’avait invité à passer quelques jours dans la propriété qu’il occupait à Gubei Water Town. Ce ravissant village d’eau était situé au bord du lac Yuanyang et s’appuyait contre une partie de la Grande Muraille de Chine.
Alfred avait accepté cette invitation avec empressement car il rêvait d’aller voir de plus près l’impressionnant ouvrage.
Après dîner, Lord F. et son invité s’installèrent dans le bureau du gentleman. La pièce était confortable. Posé devant une vaste bibliothèque encombrée de livres et de classeurs, un magnifique bureau en bois massif trônait près de la porte-fenêtre qui ouvrait sur une véranda. Le meuble était orienté de façon à ce que l’on puisse longtemps écrire à la lumière du jour. À présent, une élégante lampe à pétrole parait la pénombre de douces lueurs tamisées.