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Dorigny dès 1800...
On raconte qu'en souvenir du passage de Napoléon le 12ème jour du mois de mai de l'an 1800, un chêne aurait été planté sur le domaine de Dorigny. Deux cents ans plus tard, Dorigny a bien changé mais le chêne est toujours là...
Au début du XVIIIe, une activité industrielle se développe sur les terres possédées par la famille de Loys aux alentours de la Chamberonne, le cours d'eau qui forme la frontière entre les communes de Lausanne et de Saint-Sulpice avant de se jeter dans le lac Léman.
En 1731, Daniel François de Loys poursuit l’extension du domaine qu’il a hérité de son père où l’on trouve une papeterie, une blanchisserie ainsi qu’une forge. Il acquiert des terres entre Morges, Lausanne et le lac, sur la rive droite de la Chambronne, soit le lieu dit « Durignier ». Entre la seconde moitié du XVIIIe et le début du XIXe siècle, peu à peu, la vocation industrielle des bâtiments va céder la place à une fonction d’habitation. Dès 1750, la “maison de la Blancherie” abritera un logement.
En 1753, Etienne-François-Louis de Loys, dit le brigadier de Middes, hérite du domaine. Après une brillante carrière militaire française, il s’emploie à diriger les transformations des bâtiments de Dorigny. On assiste ainsi à la construction de la maison de maître entre 1770 et 1774. La papeterie laissera place à l’actuel château de Dorigny.Château de Dorigny, 1913 - © Musée historique de LausanneActuel château de dorigny
Le 13 mai 1800, Etienne-François-Louis de Loys note dans son livre de comptes qu’il a payé le pain pour les soldats. Il aurait donc bien pu voir passer Bonaparte la veille sur son domaine pour la revue de ses troupes. En souvenir de cette journée, un chêne aurait pu être planté.Comptes DeLoys le 13 mai 1800 - Photo des Archives de la Ville de Lausanne
Selon le bulletin helvetique n°12 du 14 mai 1800 qui fait l’état des lieux à Lausanne le 13 mai : « Le premier Consul a passé en revue, hier, dans la plaine de Saint-sulpice, les divisions des généraux Chamberlac et Loiron. Il leur a adressé un discours où il rappelle des efforts du gouvernement français pour le rétablissement de la paix, et le refus que les puissances coalisées ont fait d’y accéder». Selon la même source, un total de 40'000 hommes auraient été destinés à pénétrer en Italie.Bonaparte franchissant le col du Grand-Saint-Bernard
Jusqu'en 1963, le domaine de Dorigny appartient à la famille de Loys qui y développe différentes activités agricoles depuis le XVIIe siècle.
Au XXe siècle, ce terrain idéalement placé suscite des propositions d’exploitation de grande envergure (le dessein d’une Cité Olympique en 1918 ou la volonté d’implanter un aéroport international en 1946). Dès 1949, le Conseil d’État, met à jour le problème de l’accroissement du nombre d’étudiants. Au début des années soixante, la pression démographique et les réformes de l’enseignement secondaire doublent, puis triplent le nombre des étudiants. L’Université de Lausanne, alors dispersée dans toute la ville, est confrontée à des problèmes d’exiguïté de ses locaux, de pénurie de logements pour les étudiants, d’absence de réfectoire et de terrains de sports. Le site de Dorigny tant convoité sera alors désigné comme le futur site de l’Université.Dorigny dans les années 1950, avant l'UNIL
La construction du collège propédeutique, actuellement l’Amphipôle, sera le premier bâtiment achevé, dans une nature certes admirable mais isolée et accueillera la première rentrée universitaire à Dorigny en 1970. Passé quarante ans, la vision audacieuse d’un campus à l’extérieur de la ville s’est concrétisée de façon spectaculaire.Vue aérienne du campus de Dorigny aujourd'hui - Photographie © Alain Herzog
Le chêne est considéré comme un arbre sacré et un symbole dans de nombreuses traditions.
Les termes "chêne" et "force" se traduisent en latin par robur, symbolisant aussi bien la force morale que physique.
C’est l'arbre consacré à Jupiter dans la mythologie classique où le chêne de Dodone servait d'oracle. Rarement touché par la foudre, il était associé à Zeus, dieu du tonnerre dans la mythologie grecque, symbolisant la majesté.
Arbre sacré chez les Romains ou les Celtes, le chêne symbolise la virilité, la force, l'endurance et la longévité. Les druides celtes récoltaient le gui qui y poussait très rarement. Le gui était censé en recueillir l'âme et les puissances vivantes et par respect pour ces puissances, on utilisait une serpe en or.
On retrouve aussi le chêne comme valeur symbolique en Europe dans la tradition populaire souvent liée à un contexte de justice. En France, le roi Saint Louis rendait justice sous un chêne majestueux dans le Bois de Vincennes. C’est sous un chêne que Jeanne d’Arc entendit pour la première fois ses fameuses voix. En Grande-Bretagne, Robin des Bois avait son quartier général dans un chêne, le Major Oak ou « chêne principal », de la Forêt de Sherwood. Dans le folklore français, les noces de chêne se célèbrent après 80 ans de mariage.
Le chêne, planté en tant qu'arbre de la liberté est un symbole depuis la période de la Révolution française. Il était le symbole fort de l’idéal révolutionnaire. Il symbolise ainsi en tant qu'arbre, la vie, la continuité, la croissance, la force, la puissance, la liberté et l’éternité. C’est de toute évidence, l’impression que donne l’arbre à l’âge adulte.
En Suisse, pendant l'occupation française (comprise entre la Révolution française de 1789 et suivie par la Confédération des XXII cantons en , de nombreux arbres furent plantés en signe d'allégeance à la France, puis arrachés au départ de ses armées. L'arbre de Napoléon, présent sur des terres privées, y aurait-il survécu ?