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La part de l’emploi dans la haute technologie s’élève en Suisse à 2,5%, soit un niveau similaire à celui qui est observé dans les deux régions allemandes, mais inférieur à celui des grandes régions d’Osaka, de Seattle, de Tokyo, de Daejeon et de Séoul. Dans ces dernières régions, c’est principalement la fabrication de matériel informatique et, dans le cas de Seattle, la construction aéronautique et spatiale qui expliquent ces valeurs élevées. Dans la moyenne technologie, qui comprend notamment l’industrie automobile, la construction de machines et l’industrie chimique, le Bade-Wurtemberg, la Bavière et Busan-Daegu arrivent en tête avec des parts d’emploi supérieures à 10%. Les deux régions japonaises et la Lombardie / Piémont affichent elles aussi des valeurs plus élevées que la Suisse (3,1%).
En Suisse, la part de l’emploi dans les services à forte intensité de savoir au sens strict (services informatiques, services financiers, activités de conseil et services techniques, services médias) s’élève à 16,7% et est plus élevée que dans la plupart des régions de comparaison. Seules les grandes régions de Paris, Londres, Boston et New York ainsi que les régions de la baie de San Francisco et Seattle, fortement spécialisées dans les services informatiques, affichent des taux plus élevés.
Entre 2008 et 2015, en Suisse, la part de l’emploi des branches à forte intensité de recherche et de savoir n’a augmenté que de 0,1 point de pourcentage. Durant cette période, on a assisté à un affaiblissement de la part de l’emploi dans la haute et moyenne technologie qui a été compensé par un renforcement dans les services à forte intensité de savoir au sens strict. Dans plusieurs autres régions d’innovation, la structure économique a évolué dans une plus large mesure vers des branches à forte intensité de recherche et de savoir, en particulier dans la baie de San Francisco (+2,5 points de pourcentage), en Bavière (+1,4 point de pourcentage) ainsi qu’en Lombardie / Piémont et dans l’Ontario (tous deux +1,1 point de pourcentage). Ces branches ont également vu leurs parts se renforcer sensiblement dans les régions coréennes, même si le manque de chiffres de comparaison pour la haute et moyenne technologie empêche une évaluation complète de la situation. Dans les grandes régions de Paris, Boston et New York, aucune évolution n’est visible en ce qui concerne les branches à forte intensité de recherche et de savoir.
Les particularités de la comparaison entre régions
Il y a lieu de veiller à certains points lorsque l’on interprète les résultats d’une comparaison des régions d’innovation situées dans des pays de grande taille avec un pays comme la Suisse. Par exemple, une région – même de la taille de la Suisse – appartenant à un grand Etat peut concentrer ses efforts sur un petit nombre d’activités et de branches particulièrement innovantes, puisque d’autres régions se chargent des activités non innovantes (notamment la fabrication de produits standards, les activités commerciales et de transport ou le tourisme). La Suisse, par contre, ne peut faire l’économie de certaines activités non innovantes nécessaires à son fonctionnement.
Par ailleurs, le fait d’appartenir à un grand Etat conduit parfois une région d’innovation à s’orienter dans une moindre mesure vers l’international, notamment lorsque le marché national est un marché-cible de taille suffisante pour le développement de nouvelles technologies. Il en résulte alors un plus petit nombre de demandes de brevets internationales, si bien qu’une petite économie ouverte comme la Suisse affiche en la matière de meilleurs résultats que des régions d’innovation situées dans de grands Etats.
Toutefois, les régions d’innovation situées dans de grands Etats profitent précisément de la taille du pays car elles puisent dans un grand réservoir national de talents et d’idées et peuvent attirer dans des proportions considérables les ressources innovantes disponibles dans le pays tout entier. Cette constatation ne vaut pas uniquement pour le personnel qualifié, mais aussi pour d’autres biens rares tels que le capital-risque, par exemple.
La Suisse doit compenser ce handicap concurrentiel par rapport aux pays de grande taille en promouvant l’ouverture. Cette politique a bien réussi à la Suisse jusqu’ici, comme le montrent la forte orientation internationale de son économie et le nombre élevé de chercheurs étrangers dans ses universités. Cette ouverture est indispensable au maintien des performances de la Suisse en matière d’innovation.