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Début du film: on entend une infirmière en train de placer un homme sous assistance respiratoire. Qui est-il? Ce nom gravé sur une pierre tombale dans le plan suivant? Parti sur les traces d'Augustinas Baltrusaitis, un réalisateur lituanien renommé de l'ère soviétique, Audrius Stonys instruit avec Countdown une enquête à rebours sur un effacement et sur les pièges de la mémoire : les amis du cinéaste disparu ne savent même plus s'il est encore en vie, car Baltrusaitis a été écarté du milieu du cinéma pour des raisons poli- tiques. Un homme et une époque sont passés. Stonys le retrouve pourtant, à la fin de sa vie, résident d'un hospice, humble parmi les humbles — interrogé, l'un de ses « voisins » affirme d'ailleurs qu'il n'est qu'un « invalide, comme nous tous». C'est l'un d'eux qui le conduit jusqu'à la chambre minuscule où réside son alter-ego déchu, qui apparaît, silen- cieux et poignant en demandant si le bruit de l'horloge « dérange ? ». Lucide, cet outsider ne regrette rien de sa vie passée. Il est libre, « même ici ». Avant de disparaître à nouveau dans un nuage de fumée et le noir d'une bobine arrivée à son dernier souffle.
Emmanuel Chicon