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Voici le temps des nids! ma sœur voit la nature,
Sourire en nous montrant sa nouvelle parure.
L’aube blanchit les cieux: les oiseaux dans les bois
Par leur charmant babil, quand tout sommeille encore
Annoncent à l’envi le retour de l’aurore.
A leurs joyeux concerts allons mêler nos voix
Pour reprendre les mots du poète genevois Paul Privat, le «charmant babil des oiseaux» abonde dans la littérature musicale: le colibri de Chausson, le coucou de Daquin, le rossignol en amour de Couperin, la Gazza ladra de Rossini, le bruant jaune (ou emberiza citrinella) dans la 5e symphonie de Beethoven pour n’en citer que quelques exemples. Les chants d’oiseaux de trois partitions ont été sélectionnés pour ponctuer la Fête de la nature qui a lieu chaque année proche de la date du 22 mai.
La première partition est une sorte d’OVNI musical. Cantus arcticus est composé par le finlandais Rautavaara en 1972 et porte le sous-titre Concerto for birds and orchestra. L’œuvre superpose orchestre et enregistrement d’oiseaux et joue avec les effets d’imitation. Au fil des pages, on découvre des annotations directement liées au chant des oiseaux: page 4 à l’entrée du trombone on peut lire Try to imitate the staccato sound of the crane heard later on the tape (3’10 ») [essayer d’imiter le staccato de la grue entendue plus tard sur la bande]. Plus loin, au début du mouvement Melancholy, l’orchestre s’arrête pour entendre le chant imitatif des oiseaux sur la bande. L’enregistrement proposé est celui de Mikko Franck et de la Philharmonie de Paris.
On ne peut pas faire silence sur le nom d’Olivier Messiaen en évoquant les oiseaux en musique. Parmi tous les chants d’oiseaux de son catalogue, Le réveil des oiseaux (1953) est une partition dont l’inventaire des oiseaux – et non pas des instruments! – est donné en page liminaire: Noms des oiseaux qui chantent dans cette partition, par ordre d’entrée en scène symphonique. Au total, pas moins de 38 d’entre eux conversent. Le compositeur introduit sa musique par quelques mots: Le printemps… minuit, midi: minuit, solo de rossignol au piano… 4h du matin, l’aube, réveil des oiseaux: l’hypolaïs polyglotte, le cri de la huppe… A midi, retour du silence que seul le coucou vient troubler!
Un siècle plus tôt, à Genève, Charles Bovy-Lysberg compose lui aussi un Réveil des oiseaux (1853) pour piano seul, avec en exergue les mots de Paul Privat. Cette pièce est répertoriée dans le RISM. Le pianiste Vincent Adler en est le dédicataire.
Afin de ne pas rater ni le bruant, ni le coucou, la Bibliothèque propose un ouvrage Zoom sur les chants d’oiseaux avec l’enregistrement d’une cinquantaine d’entre eux.