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Le saviez-vous ?
Ce qu’on jette à l’égout peut aller directement à la rivière
- Détails
- Février 2011
- Dernière mise à jour : février 2017
En Suisse, pratiquement toutes les eaux usées sont conduites jusqu’à une station d’épuration (STEP) où elles sont dépolluées en grande partie avant d’être rendues à un lac ou à une rivière. Mais attention: "épuration" ne veut pas dire "pureté". Une fois traitées par la station, les eaux usées restent plus polluées que celles du cours d’eau qui les reçoit. Certaines STEP ont d’ailleurs beaucoup de peine à faire leur travail en cas d’orage ou suite à de longues pluies, tellement les précipitations renforcent le débit des égouts.
Voilà pourquoi notre pays – à l’instar de ses voisins – met patiemment en place depuis 1960 un second réseau de collecte des eaux dites "claires" (ou "eaux pluviales"), qui est séparé de celui des eaux usées – il ne mène donc pas à une STEP mais va directement dans la nature. On dit qu’un bâtiment est "en séparatif", lorsque ses canalisations sont reliées à ces deux systèmes de collecte. Ce second réseau récolte les précipitations tombées sur les routes, les places, les parkings, les toits et les terrasses. Il récupère aussi l’eau drainée dans le sol, autour des bâtiments et sous les terrains qu’on veut garder au sec.
Le réseau des "eaux claires" récolte l’eau de pluie en provenance des toits, des terrains imperméables et du drainage du sol, puis il les rend à la nature sans passer par une station d’épuration (selon la loi, l’eau ne devrait pas se jeter directement dans la rivière, mais elle devrait être filtrée par le terrain en bordure de rivière).
Les produits de nettoyage utilisés pour laver cette voiture finissent à la rivière...
Désherbant et insecticide peuvent passer par le système de drainage ou par les grilles d’évacuation et contaminer le cours d’eau.
Le réseau "en séparatif" helvétique couvre déjà plus d’un tiers des zones urbanisées – et c’est le plus avancé en Europe. Il se développe au rythme des changements de canalisations et des nouveaux chantiers. Les deux tiers restants sont encore équipés d’un réseau dit "unitaire", dans lequel se mélangent les eaux claires et les eaux usées issues des habitations et des activités économiques.
Les eaux claires peuvent être polluées
Après son passage sur la chaussée ou un parking, l’eau de pluie peut néanmoins être contaminée par des polluants qui traînent sur le sol. Voilà pourquoi la loi sur les eaux (LEaux) préconise que les eaux claires soient en priorité infiltrées dans le sol, ou filtrées par une couche d’humus végétalisée avant d’être rendues à un lac ou à une rivière. Suivant le débit, elles doivent aussi passer par un bassin de rétention, afin de ne pas surcharger les cours d’eau en cas d’orage – ce qui augmenterait les risques d’inondation.
Ainsi, tout ce qu’on jette sur le bitume – trottoir, route, parking ou terrasse – peut aller quasi-directement chez les poissons. Et qui dit "poissons" dit aussi "eau potable", car l’eau du robinet provient en majeure partie des lacs et des nappes phréatiques (elles sont aussi alimentées par le lit des cours d’eau et des lacs).
En travaillant, bricolant ou jardinant à l’extérieur, il faut donc veiller à ce qu’aucun produit ne puisse s’écouler vers les grilles, les gouttières, les caniveaux ou autres exutoires. Tous les détergents – même bien biodégradables – sont dangereux lorsqu’ils sont déversés directement dans les eaux sans passer par une station d’épuration. Les plantes aquatiques, les algues et les animaux des eaux de surface y sont en effet très sensibles. Ils succombent aussi aux herbicides, aux pesticides et aux pollutions par le mazout et les huiles de moteur. Ils souffrent même de la causticité du ciment, lorsque des bétonnières sont rincées à grande eau près des grilles d’égout...
La loi protège nos eaux
La loi fédérale sur la protection des eaux "interdit d’introduire directement ou indirectement dans une eau des substances de nature à la polluer". Cette interdiction concerne donc un large spectre de substances: produits phytosanitaires, peintures et solvants, carburants et huiles, eau de javel, déchets... et même les tout petits déchets comme les mégots de cigarette.
Pour la bonne cause, il est donc interdit de laver sa voiture dans la rue ou en dehors des places prévues à cet usage (les places de lavage des garages ont un système spécial de récupération, qui sépare les hydrocarbures de l’eau sale). Depuis 2001, les personnes privées ont aussi l’interdiction d’utiliser des herbicides pour désherber leur route d’accès, leur chemin, leur place de parking – qu’ils soient recouverts de goudron, de dalles, de pavés ou de gravier. Les bordures en herbe ou en terre sont aussi concernées par cette interdiction, ainsi que les toitures et les terrasses.
Les grilles ne sont pas des poubelles
En résumé, il ne faut plus regarder les grilles qui garnissent les bords des routes comme des poubelles, mais comme des portes d’entrée vers le monde des poissons – celui d’où provient notre eau potable.
Ramener ses piles et ses accus usagés est une obligation
- Détails
- Janvier 2011
- Dernière mise à jour : février 2017
En Suisse la part des piles et des accumulateurs ramenés par le public dans le circuit du recyclage représente 70% des ventes – c’est un record du monde. Mais, il n’y a pas de quoi être fier, car les 30% qui manquent pèsent lourd sur l’environnement, soit environ 1000 tonnes par an qui sont brûlées avec les ordures ménagères ou abandonnées par terre...
Les piles et les accus sont des "déchets spéciaux"
120 millions de piles et d’accumulateurs sont vendus chaque année en Suisse. Une fois usagés, ces objets sont considérés comme des "déchets spéciaux", car ils peuvent souiller l’eau, le sol et l’air. En effet, ils contiennent des solutions salines agressives, des métaux qui menacent la santé des êtres vivants (cadmium, manganèse, mercure, nickel, plomb, zinc, etc.), et des substances de synthèse problématiques, tels les retardateurs de flamme qui peuvent agir comme perturbateurs de notre système hormonal. Les piles et les accus du marché ne contiennent pratiquement plus de mercure ni de cadmium qui sont particulièrement toxiques. Mais beaucoup de vieilles piles traînent encore dans les ménages, que ce soit dans les tiroirs ou dans des objets hors d’usage: télécommandes de téléviseur, montres à quartz, petits jouets qui émettent des sons ou de la lumière, cartes de vœux musicale, rasoirs...
La législation suisse interdit que les piles et les accus soient incinérés avec les ordures ménagères. En effet, la chaleur des fours des usines d’incinération ne dégradent pas toutes les substances dangereuses: certaines s’échappent avec les fumées, d’autres polluent les eaux de lavage des fumées (les usines d’incinération sont équipées de dispositif de filtrage et de lavage des fumées), et d’autres enfin se retrouvent dans les résidus qui sont mis en décharge.
Ainsi, la loi oblige non seulement le commerçant qui vend des piles et des accus à les reprendre gratuitement pour les mettre dans le circuit du recyclage, mais elle oblige aussi le client à les ramener dans un magasin ou un point de collecte.
Extraction des métaux des piles usagées dans l’usine Batrec à Wimmis (Berne). Il en résulte des lingots de ferro-manganèse et de zinc, ainsi que du mercure (en bouteilles) qui pourront être réutilisés. Les scories, stables, seront déposées en décharge. Photos: Batrec
Recyclage compris dans le prix
Pour financer tous les processus de recyclage, une taxe d’élimination anticipée (TEA) est comprise dans le prix des piles et des accus neufs – même sur ceux qui sont inclus, par exemple, dans les téléphones portables ou les ordinateurs. Cette taxe est gérée par INOBAT (Organisation d’intérêt pour l’élimination des piles), et représente un montant d’environ CHF 1,50 par an et par habitant. Les piles et les accus collectés sont conduits à Wimmis, dans le canton de Berne, à l’usine Batrec. Dans cette fonderie de haute-technologie, les métaux et les sels sont récupérés pour d’autres usages (voir à gauche), et les substances de synthèse entièrement brûlées dans des fours spéciaux.
Ramener aussi les appareils électriques et électroniques
Malgré toute l’information et les infrastructures mises en place depuis une vingtaine d’années, environ 30% des piles et des accus manquent à l’appel au moment du recyclage. Pour avoir une idée du volume annuel, c’est l’équivalent d’une ligne de 2500 km constituée de piles ordinaires (format AA) placées bout à bout !
Cette masse n’est, bien sûr, pas constituée uniquement de piles AA, bien que les piles alcalines de ce type en constitue les deux tiers. Elle comporte toutes sortes de modèles, depuis le gros accu de la visseuse portable, jusqu’à la minuscule pile-bouton d’une petite montre de dame.
En mettant un engin électronique hors d’usage à la poubelle, on y jette donc bien souvent une pile ou un accu sans s’en rendre compte. Et on se met doublement "hors-la-loi", car la législation demande de ramener dans un point de collecte tous les appareils électriques et électroniques – quelle que soit leur taille – car leurs circuits contiennent eux aussi des métaux et des substances qu’il faut éviter de répandre dans l’environnement.
C’est la dose qui fait le poison
La plupart des métaux utilisés dans les piles et les accus sont naturellement rares sous forme libre. On les trouve sous forme de minerais emprisonnés dans les roches et ils sont – heureusement – peu en contact avec les êtres vivants. En négligeant de recycler ses piles ou ses appareils électroniques, on augmente les concentrations de ces éléments dans notre environnement direct. Le plomb, le mercure, le cadmium et d’autres métaux lourds sont connus pour leur toxicité sur les cellules nerveuses. Or, les scientifiques craignent qu’ils puissent nuire à des doses plus faibles qu’imaginées jusqu’ici, lorsqu’ils se combinent avec d’autres substances polluantes, tels que les pesticides.
Certaines lampes de chevet consomment de l’électricité lorsqu’elles sont éteintes
- Détails
- Octobre 2010
- Dernière mise à jour : décembre 2017
Comme c’est le cas de beaucoup d’appareils électroniques et de dispositifs d’éclairage, certaines lampes de chevet continuent de soutirer de l’électricité lorsqu’on les a pourtant éteintes. Ainsi, au cours de leur vie, elles vont consommer davantage d’électricité pour ne rien faire que pour produire de la lumière. Ces lampes "voleuses d’électricité" ont un point commun: elles possèdent un transformateur.
Le rôle de ce transformateur est d’abaisser la tension électrique délivrée par la prise (230 volts) avant d’alimenter une, ou plusieurs, petites lampes halogènes (12 ou 24 volts) ou des LEDs (généralement 3,5 volts). Or, ce transformateur est très souvent intégré à la fiche – on parle de "bloc d’alimentation secteur" – si bien qu’il se situe avant l’interrupteur. En conséquence, lorsqu’on éteint la lampe, le transformateur reste sous tension et continue de consommer de l’électricité en permanence. On peut s’en rendre compte en approchant l’oreille: le bloc produit un bourdonnement plus ou moins prononcé suivant le modèle.
Si la lampe a été payée bon marché voici quelques années, il y a toutes les chances pour que son transformateur ait un mauvais rendement électrique, qu’il dégage de la chaleur et qu’il bourdonne fortement. Il peut ainsi voler en permanence entre 2 et 5 watts – à doubler si deux lampes de chevet trônent à la tête du lit.
Les nouveaux blocs d’alimentation doivent consommer moins
Selon la législation suisse, une lampe achetée en 2010 doit avoir un transformateur qui consomme moins de 0,5 watt lorsqu’elle est éteinte (les commerces pouvaient cependant écouler leurs anciens stocks jusqu’à fin 2011). Cela paraît peu, mais une lampe à LEDs dont la consommation est très faible (2 ou 3 watts) utilisera quand même davantage d’électricité durant son temps de non-allumage que lorsqu’on s’en sert.
Si les fabricants placent souvent le transformateur avant l’interrupteur, c’est surtout pour une raison de coûts: le même modèle de lampe peut être livré à des pays qui ont des caractéristiques d’électricité différentes (aux USA, par exemple, la prise délivre 110 volts); il suffit de fixer au bout du cordon le bloc d’alimentation adapté à la région de distribution.
Pour déconnecter le bloc d’alimentation de sa lampe de chevet, on peut le brancher sur une multiprises munie d’une souris-interrupteur qui sera utilisée à la place de l’interrupteur de la lampe. Une fois coupé, le transformateur ne consommera plus d’électricité, et il cessera de produire du bruit et des champs magnétiques. Par principe de précaution, on recommande de ne pas dormir avec la tête juste à côté d’un transformateur sous tension pour ne pas s’exposer à ces champs. C’est pour la même raison qu’on déconseille de poser sur la table de nuit un radio-réveil fonctionnant sur la prise.
Le transformateur de certaines lampes de chevet halogène basse tension ou à LEDs n’est pas intégré à la fiche, mais caché dans le pied de la lampe. Cela ne garantit pas toujours que la lampe ne vole pas de courant lorsqu’elle est éteinte. Avant d’acheter une telle lampe, on peut demander au vendeur de la brancher sur une prise: en collant son oreille sur le pied, on pourra entendre si le transformateur bourdonne lorsque la lampe est éteinte. Il en va de même pour les lampes munies d’un variateur d’intensité: lorsque la lampe est éteinte, le variateur ne doit pas produire de bourdonnement, sinon c’est le signe qu’il reste sous tension.
Ramener sa vielle lampe à un point de collecte
Si on décide de se séparer de sa vieille lampe, ou de son vieux radio-réveil, on se rappellera que le matériel électrique et électronique contient des métaux lourds et des produits chimiques qui peuvent contaminer l’environnement lors de l’incinération ou de la mise en décharge. On ne les mettra donc pas à la poubelle, mais on les déposera dans un centre de tri.