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Pour la votation du 18 mai prochain sur la réforme de l’armée, l’assemblée des délégués du parti socialiste suisse (PSS) prône l’abstention. A première vue, la logique qui sous-tend cette décision paraît solide. Armée XXI ne correspond pas à la conception que se font les socialistes de la défense nationale : le PSS milite pour un effectif plus réduit que celui d’Armée XXI et surtout pour une enveloppe budgétaire plus modeste. Mais il ne peut se rallier à un référendum lancé et soutenu par des forces réactionnaires. Reste donc l’abstention.
En réalité ce choix est incohérent. A l’occasion d’une votation référendaire, il ne s’agit pas de se prononcer dans l’absolu pour ou contre un projet, mais de comparer ce dernier avec le statu quo. Car en cas de victoire du référendum, c’est le statu quo qui prévaudra. L’abstention des socialistes est d’autant moins compréhensible que le projet Armée XXI est plus proche de leur conception que l’armée actuelle. Par leur mot d’ordre, les socialistes se mettent donc hors-jeu et favorisent les forces réactionnaires qu’ils prétendent ne pas pouvoir soutenir.
Indépendant, différent, réformiste du 31 octobre 1963 au 24 juin 2021
Indépendant, différent, réformiste depuis 1963