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"J'ai été trop confiante", a déclaré mercredi devant les juges la vieille dame escroquée par un homme de 72 ans. Celui-ci doit répondre d'escroquerie par métier devant le Tribunal correctionnel de Genève.
Keystone/AP/THOMAS KIENZLE(sda-ats)
Un homme de 72 ans doit répondre d'escroquerie par métier devant le Tribunal correctionnel de Genève. Il est accusé d'avoir vécu pendant des années aux crochets d'une femme aisée de 93 ans et d'avoir puisé dans ses compte au moins 5 millions de francs.
"J'ai été trop confiante", a déclaré mercredi devant les juges la vieille dame, qui espère enfin pouvoir tourner la page une fois le procès terminé. "Je n'ai jamais rencontré quelqu'un de pareil qui m'a fait tant de mal", a-t-elle ajouté, en parlant du prévenu. Elle a admis avoir remis à l'accusé d'importantes sommes d'argent.
Le prévenu, d'origine éthiopienne et ayant la nationalité américaine, n'a pas été très clair dans ses réponses lors de son audition. Il a dit ne plus se souvenir, quand la présidente a évoqué les retraits d'argent qu'il a effectués. Ses propos ont été aussi flous lorsqu'on lui a demandé s'il a déjà travaillé et où.
Sa victime, elle, se rappelle de leur première rencontre, en 2008. "Je l'ai croisé dans la rue et je l'ai invité chez moi prendre un thé". L'homme lui a expliqué être un descendant du négus et qu'il avait réalisé des films. Il lui a aussi confié qu'il souffrait d'un cancer, mais qu'il n'avait pas les moyens de se soigner.
Pendant des années, selon l'acte d'accusation, le prévenu a mené la plaignante en bateau, lui racontant devoir consulter un médecin spécialiste à l'étranger ou la persuadant d'investir dans des projets immobiliers en Allemagne ou aux Etats-Unis. Grâce à l'argent de sa victime, il a pu acquérir une maison de luxe à San Francisco.
"J'étais seule et lui s'est occupé de moi", a indiqué la vieille dame, pour expliquer comment elle est tombée dans le piège. Selon la plaignante, c'est une relation d'amitié qu'elle a entretenue avec l'accusé. Elle a toutefois avoué avoir eu à deux reprises des relations intimes avec lui.
Le procès se poursuit mercredi après-midi avec le réquisitoire de la représentante du Ministère public et les plaidoiries des avocats.
ATS