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"Programme d'action d'Addis-Abeba": comment financer les ODD
Plus de 11.000 délégués de gouvernements, d'agences des Nations Unies, de la société civile et du secteur privé ont participé à la Conférence sur le financement du développement du 13 au 16 juillet 2015. Des progrès ont été obtenus pour la mise en œuvre d'objectifs durables dans la sécurité alimentaire et l'agriculture.
Depuis fin 2014, la communauté internationale négocie les ressources nécessaires pour mettre en œuvre les objectifs de développement durable (ODD). Les négociations ont été complexes. Il a fallu inclure des problèmes systémiques comme l'allégement de la dette des pays en développement, l'évasion fiscale, la circulation incontrôlée des fonds ainsi que la réforme des institutions financières (Banque mondiale, FMI). Après des marchandages acharnés ces derniers mois, les Etats ont maintenant accepté le «Programme d'action d'Addis-Abeba». Il constitue un jalon important et un élément clé de l'Agenda de développement post-2015.
Certes, de nombreux pays en développement et la société civile ont critiqué à juste titre le fait que la Conférence d'Addis n'a pas réussi à mobiliser des ressources suffisantes pour résoudre le large éventail des défis mondiaux. Mais dans le domaine de l'agriculture et de la sécurité alimentaire, des succès partiels importants ont pu être atteints. Par exemple, le plan "Addis Agenda" a confirmé qu'un soutien financier accru est nécessaire pour une agriculture durable et que davantage d'investissements publics doivent alimenter la recherche et les
infrastructures agricoles, notamment en faveur d'un meilleur accès au marché pour les petits paysans (paragraphe 13 du Document final). Il est encourageant de noter que des moyens ont été promis pour mettre en œuvre les objectifs agricoles et alimentaires. Pourtant, de nombreux représentants des pays en développement, en particulier, ont clairement signifié qu'ils attendaient des signaux plus forts de la part des bailleurs de fonds. Par exemple, la Conférence a raté l'occasion de renforcer le Comité sur la sécurité alimentaire mondiale (CSA), malgré le fait qu'un rôle clé a été attribué à ce comité dans la mise en œuvre de l'ODD 2. Le document final a également intégré une référence importante pour les stratégies nationales de développement durable de l'agriculture, un processus soutenu par Biovision et le Millennium Insitute en Ethiopie, au Kenya et au Sénégal. En particulier, les pays doivent mener une analyse des besoins (paragraphe 127), de sorte que les ressources disponibles pour le développement durable soient adaptées de manière plus efficace aux conditions locales. L'outil de modélisation T21 utilisé par Biovision et le Millennium Insitute dans ces trois pays pilotes est un moyen simple d'identifier les ressources nécessaires et de les cibler efficacement. L'appel de Biovision en faveur de l'agro-écologie rencontre un large écho
A côté des négociations officielles, Biovision et son président Hans Herren ont participé à plusieurs événements parallèles de haut niveau au cours desquels ils ont lancé un appel à changer de cap dans l'agriculture mondiale. Par exemple, lors du débat "Les investissements nécessaires pour éliminer la faim d'ici 2030", animé par les directeurs des trois agences alimentaires de l'ONU basées à Rome (FAO, FIDA et PAM), le message de Herren a résonné clairement: "Nous devons mener un changement de paradigme en faveur de l'agro-écologie. Sinon, rien ne va bouger!" En investissant seulement 0,2% du PIB mondial, on pourrait transformer l'agriculture mondiale pour un coût relativement modeste. Biovision a également co-organisé deux événements sur l'agro-écologie et la dégradation des sols. En outre, Hans Herren a assisté comme représentant de la société civile à la table ronde ministérielle de la conférence. Prochaine étape: le Sommet post-2015 à New York La conférence d'Addis-Abeba a été le premier jalon important dans cette année clé de 2015. Les négociations se poursuivront à New York ces prochaines semaines: Déclaration post-2015, mécanismes de suivi efficaces, ancrage des engagements d'Addis Abeba dans l'agenda mondial du développement durable. Parallèlement, les préparatifs sont en cours pour la conférence de décembre sur le climat à Paris.
Informations sur le "Programme d'action d'Addis-Abeba" ...
Echo der Zeit (SRF): reportage sur la conférence à Addis ... (en allemand)