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En quelques générations, la population mondiale a crû de manière impressionnante. En 1950, la Terre abritait quelque 2,6 milliards d'êtres humains. En 2017, leur nombre avait presque triplé, atteignant pas moins de 7,6 milliards d'individus.
Dans le même temps, l'indice de fécondité global - c'est-à-dire le nombre moyen d'enfants par femme en âge de procréer - a chuté de près de 50%, passant de 4,7 à 2,4 naissances , relève une étude publiée dans la revue scientifique The Lancet ().
Cette vaste analyse des données démographiques mondiales, unique dans sa méthode et son ampleur, confirme la tendance observée jusqu'à présent: alors que le Nord connaît un "baby bust" - un "baby boom" à l'envers - la fécondité dans le Sud baisse elle aussi mais reste élevée.
Renouvellement des générations pas garanti
Selon les auteurs de l'étude, la chute de la fécondité peut s'expliquer par plusieurs facteurs. Dans la plupart des pays, elle est en effet fortement corrélée à la hausse du niveau d'éducation des femmes, à l'utilisation des méthodes de contraception et à la baisse de la mortalité des enfants.
Aujourd'hui, dans près de la moitié des pays, la seule fécondité n'est ainsi plus assez importante pour permettre le renouvellement des générations. Autrement dit, dans ces pays, les femmes ne font plus assez d'enfants pour engendrer une génération suivante de même effectif.
Ce seuil de renouvellement des générations se situe généralement autour de 2,1 enfants par femme dans les pays développés. Dans les pays en développement, ce seuil est plus élevé. Il grimpe ainsi à près de 3,5 enfants par femme en Afrique subsaharienne.
Et en Suisse?
C'est dans les pays les moins avancés que la fécondité reste la plus importante. Au Niger, l'indice de fécondité s'affiche à 7,24 enfants par femme, selon la Banque mondiale. A l'opposé, les femmes sud-coréennes ne font plus que 1,17 enfant en moyenne.
En Suisse, le renouvellement des générations n'est plus assuré depuis 1970. En 1964, l'indice de fécondité s'élevait encore à 2,68 enfants par femme. Il a ensuite chuté drastiquement jusqu'à la fin des années 1970 pour atteindre 1,51 enfant par femme en 1978.
Depuis lors, ce taux n'évolue plus fondamentalement, se maintenant durablement bien en dessous du seuil de remplacement des générations. Après un plus bas historique enregistré en 2001 (1,38), on constate toutefois une légère remontée de la fécondité ces dernières années.
Didier Kottelat
Sujet TV: Estelle Braconnier
Quelles conséquences?
Ce n'est pas le cas dans la plupart des pays développés. Ces derniers bénéficient depuis longtemps d'un taux de mortalité bas, qui évolue peu. En conséquence, l'accroissement naturel y est négatif et la population vieillit, ce qui a de profondes implications culturelles, économiques et sociales.
Pour répondre à ces défis, trois options s'offrent à ces pays, notent les auteurs de l'étude: adopter des politiques natalistes, libéraliser les lois d'immigration ou augmenter l'âge de la retraite. Mais chacune de ces options comporte aussi des inconvénients et aucune n'est gage absolu de succès.