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Transferts Proposition aux musiciens, in Viva la Musica n°137, Genève
Roland Dahinden, trombone ; Jacques Demierre, Piano ; Pete Ernrooth, clarinette, Claude Jordan, flûte ; Hildegard Kleeb, piano ; Jacques Robellaz, cor.
Durant l’été 1989, Philippe Deléglise et Ivain Gressot (Studios Lolos) mènent une étude pour la décoration des couloirs d’un foyer pour personnes âgées, sur mandat du Fonds cantonal d’art contemporain de Genève. Les architectes sont P-J. Chalut et J.-R Iseli, le bâtiment est situé au chemin de Chapelly, à Thônex.
Cette étude a Ia particularité de s’appuyer strictement sur Ia trame et les objets architecturaux visibles des couloirs: portes, tableaux électriques et sanitaires, mains courantes. ElIe aboutit à un projet, constitué de variations modulaires, qui intègre non seulement l’espace, mais également le temps.
Les similitudes de ce travail avec certaines méthodes de composition musicale ont suscité l’intérêt de plusieurs musiciens. L’idée de vérifier si cette structure plastique pouvait servir de base à une structure musicale en découle. Il s’agit d’éprouver une structure formelle, en la transposant d’un champ d’application à un autre.
Répétant l’expérience d’origine (qui consiste à s’appuyer sur une structure fonctionnelIe pré-établie pour en développer le potentiel combinatoire, puis l’articuler en un discours plastique particulier) chacun des musiciens invités s’est appuyé sur les résultats de cette première transformation pour développer un discours musical spécifique à son travail. L’intérêt de l’expérience réside, bien sûr, dans Ie respect de la structure proposée, bien qu’elle ne soit pas une écriture musicale.
ECRITURE PRECONTRAINTE
Cette structure propose cependant un certain nombre d’éléments (modules, rythmes, séquences) à partir desquels une écriture musicale peut se développer. Elle ne contient par contre aucune indication de durée, d’harmonie, aucune base mélodique ou instrumentale. Comme modèle, elle peut être amplifiée et subir les modifications d’une grille de lecture particulière, pour autant qu’elle s’applique à un ensemble fini (une variation).
L’écriture musicale est donc précontrainte, du fait qu’elle se soumet à une grille de proportions élaborée en dehors de sa logique propre. Une sorte de parallèle à l’écriture pour I’opéra ou le lied, lorsqu’elle est soumise à la métrique préalable d’un livret ou d’un poème.
Chaque musicien invité s’est en outre mis à disposition du groupe comme instrumentiste et a composé une pièce en tenant compte de l’instrumentarium disponible.
Philippe Deléglise
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Note : en 1436, Guillaume Dufay écrivit le motet “Nuper rosarum flores” pour l’inauguration de la coupole de Brunelleschi à la cathédrale de Florence. D’inspiration néo-platonicienne, ce motet reprend dans ses proportions, dans le nombre et la répartition des valeurs de durée, les mesures des différentes parties de l’édifice.