Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06962.jsonl.gz/150

Nominations au Public Eye Lifetime Award
23 janvier 2015
Chevron
En 2006, Chevron a reçu le Prix du jury («Public Eye Jury Award») dans la catégorie «environnement», pour avoir pollué de grandes surfaces de forêts vierges, jusque-là préservées, dans le nord de l’Equateur. En 2001, le groupe américain a racheté l’entreprise Texaco, qui a porté atteinte à l’environnement pendant près de trente ans en utilisant des technologies non conformes aux normes en vigueur. D’immenses surfaces en Amazonie, aussi bien terrestres qu’aquatiques, ont été très gravement polluées. En cause: le rejet de plus de 68 milliards de litres d’eaux usées toxiques, la fuite de 64 millions de litres de pétrole brut, l’évacuation de déchets contaminés et le brûlage de gaz. La population locale continue de souffrir de graves problèmes de santé. Des communautés indigènes ont même été menacées de disparition. Incroyable, mais vrai : plutôt que de faire assainir les sites pollués, l’entreprise les laisse à l’abandon. A ce jour, elle n’a assumé aucune responsabilité pour les dommages causés.
Walmart
En 2005, Walmart a reçu le Prix du jury («Public Eye Jury Award») dans la catégorie «droits du travail» pour son mépris des droits humains et des droits du travail sur sa chaîne d’approvisionnement, dans des pays comme le Lesotho, le Kenya ou la Thaïlande. Les nombreux problèmes chez les fournisseurs du plus grand détaillant au monde ont été mis en lumière: heures supplémentaires obligatoires excessives, salaires en dessous du niveau de subsistance, manque de sécurité des bâtiments, pression exercée sur les syndicats, violences physiques et harcèlement sexuel par des supérieurs.
Dow Chemical
En 2005, l’entreprise Dow Chemical a reçu le Prix du jury («Public Eye Jury Award») dans la catégorie «droits humains» pour l’énergie consacrée à tirer parti de toutes les lacunes possibles lui permettant de fuir ses responsabilités dans la tragédie de Bhopal (Inde), la pire catastrophe chimique de l’histoire. En 1984, une explosion de gaz dans une usine de la société Union Carbide, qui a été rachetée en 2001 par Dow Chemical, a tué sur le coup 8’000 personnes. A ce jour, plus de 25’000 personnes sont décédées des suites de cette tragédie et plus de 120’000 souffrent de maladies chroniques liées à l’exposition prolongée à des substances toxiques. En outre, durant les quinze années pendant lesquelles Union Carbide a exploité l’usine de Bhopal, des milliers de tonnes de déchets ont été «éliminées» et des substances toxiques ont ainsi contaminé les nappes phréatiques, ce qui a causé des cancers, des malformations congénitales ainsi que de graves dommages aux organes. Dow Chemical ne cesse pourtant de répéter qu’elle n’a rien à voir avec la catastrophe de Bhopal et qu’elle ne peut, d’un point de vue juridique, être tenue responsable des conséquences de cette tragédie.
Goldman Sachs
Goldman Sachs a reçu en 2013 le Prix du jury («Public Eye Jury Award») pour sa responsabilité dans la crise de la zone euro. La banque parait disposée à conclure des deals susceptibles de causer la ruine de pays entiers si ceux-ci lui permettent de faire des profits conséquents. Entre 1998 et 2009, Goldman Sachs a contribué à élaborer des astuces comptables pour dissimuler la moitié du déficit public de la Grèce, ce qui a permis à ce pays de rejoindre la zone Euro. Puis, la banque a misé sur la chute des obligations de l’Etat grec. Lorsque la situation financière réelle de la Grèce a été révélée au grand jour, l’Etat hellène était en faillite. Goldman Sachs, en revanche, s’était considérablement enrichie. Le profit initial réalisé par la banque dans cette opération s’élève à au moins 600 millions de dollars. La Grèce doit quant à elle payer chaque année 400 millions de dollars à Goldman Sachs, et ce jusqu’en 2037.
Glencore
En 2008, Glencore a reçu le Prix du jury («Public Eye Jury Award») pour ses pratiques commerciales irresponsables et opaques en Colombie. L’entreprise détient des parts dans des mines de charbon vivement critiquées en raison des atteintes massives à l’environnement et à la santé de la population locale que provoque leur exploitation. Outre le manque de transparence de Glencore, l’attitude hostile du géant des matières premières à l’encontre des syndicats est également mise en cause. Des rapports font état de licenciements, d’intimidations et de répressions violentes en situation de grève. On reproche également à Glencore ses pratiques agressives d’évasion fiscale ainsi que sa propension à tirer profit d’une régulation étatique faible.
Gazprom
Gazprom a reçu le Prix du public («Public Eye People’s Award») en 2014 en raison de ses projets de forage pétrolier en Arctique. Des études indépendantes ont montré qu’il n’existe à ce jour aucune méthode complète pour remédier à une fuite de pétrole sur la banquise. Gazprom a néanmoins poursuivi ses projets, refusant même de rendre public son plan d’urgence en cas de marée noire – alors que les surfaces menacées sont gigantesques, et que les conséquences d’une fuite de pétrole seraient dramatiques pour les communautés indigènes, pour la faune locale ainsi que pour l’ensemble de l’Arctique.