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La Haute Cour de justice de Londres a confirmé mercredi l’extradition vers la Suède de Julian Assange, fondateur du site WikiLeaks, dans le cadre d’enquêtes pour viol et agression sexuelle. Cette décision reste toutefois susceptible d’appel devant la Cour suprême.
Les deux juges chargés du dossier ont rejeté dans leurs attendus les arguments de la défense selon laquelle la demande d’extradition de l’Australien de 40 ans, recherché en Suède pour une affaire de viol et agressions sexuelles présumées, était «injuste et contraire à la loi».
Julian Assange, qui dispose de quatorze jours pour faire appel, n’a pas immédiatement annoncé sa décision à la sortie du tribunal. «Nous allons réfléchir à nos prochaines démarches dans les jours qui viennent», a-t-il dit dans une brève déclaration devant une forêt de micros et de caméras.
Cet ultime appel est toutefois soumis à des conditions draconiennes: il ne peut être autorisé que s’il porte sur un point juridique d’intérêt général, c’est-à-dire dépassant le cas juridique spécifique de Julian Assange.
Pas de consentement
Impassible, Julian Assange, vêtu d’un costume sombre, prenait des notes pendant que le président de la Cour, John Thomas, rejetait un à un les arguments soulevés par sa défense pour faire appel d’une première décision d’extradition en février.
La cour a notamment rejeté l’argument selon lequel certains faits qualifiés de viol en Suède pouvaient s’apparenter au Royaume-Uni à un acte consenti. «On voit difficilement comment une personne peut raisonnablement être dite consentante si elle affirme qu’elle dormait», a-t-elle estimé dans ses attendus, ajoutant «qu’en outre, le consentement n’aurait pas été donné sans préservatif».
Il est reproché à Julian Assange d’avoir eu des relations sexuelles non protégées avec une des plaignantes, qui avait explicitement demandé l’utilisation d’un préservatif. L’autre plaignante lui reproche d’avoir profité du fait qu’elle était endormie pour lui imposer un rapport sexuel.
La Cour a également rejeté l’argument selon lequel l’extradition n’était pas «proportionnée», faisant état de la «gravité» des agressions sexuelles. Elle a par ailleurs estimé que le mandat d’arrêt européen était légal, ce que contestaient les avocats de Julian Assange, avançant qu’il avait été émis par un simple procureur et non un tribunal.
Machination politique dénoncée
L’Australien a été arrêté en décembre au Royaume-Uni sous l’effet d’un mandat d’arrêt européen. Julian Assange nie formellement les faits qui lui sont reprochés. Il dénonce une machination politique, liée à la publication par WikiLeaks de plus de 250’000 télégrammes diplomatiques américains à partir de novembre 2010, ce qui avait fait de lui la bête noire de Washington.
Ses avocats redoutent par ailleurs que leur client, une fois extradé en Suède, ne soit transféré ensuite vers les Etats-Unis où il pourrait encourir la peine de mort pour divulgation de secrets d’Etat.
Fin attendue de WikiLeaks
Le mois dernier, Julian Assange, en liberté conditionnelle depuis décembre 2010 en Grande-Bretagne, a annoncé que WikiLeaks allait cesser de publier les documents confidentiels.
Il a également indiqué qu’il allait se consacrer à des oeuvres caritatives en raison du blocage imposé par Visa et MasterCard sur les paiements pour consulter le site. Si cette interdiction n’est pas levée à la fin de l’année, WikiLeaks cessera son activité, a-t- il dit.