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L’année 2020 marque le 150e anniversaire de la naissance de Franz Lehár: un compositeur que le monde entier connaît grâce à ses opérettes «La Veuve joyeuse» (Die lustige Witwe) et «Le Pays du sourire» (Das Land des Lächelns). Derrière ces deux œuvres célèbres se cache un catalogue riche de quelque 260 ouvrages et un compositeur qui fut l’ami de Puccini.
Fils d’un chef de musique militaire, Franz Lehár est né à Komárno, petite ville de l’actuelle Slovaquie. Sa langue maternelle était pourtant le hongrois, alors qu’il a pratiqué l’allemand dans les rangs de l’armée où il a débuté sa carrière musicale. Après des études de violon et de composition au Conservatoire de Prague – où il a reçu les encouragements de Dvořák – Lehár n’a pas tardé à s’engager dans les rangs de l’armée austro-hongroise comme chef d’orchestre de la musique militaire. Ce choix de carrière lui a valu de nombreux déplacements: à Vienne d’abord, où il a joué dans l’orchestre de son père, auquel il a ensuite succédé. Il a ensuite fait escale à Pula, Trieste et Budapest, avant de revenir dans la capitale autrichienne qui deviendra dès lors sa patrie d’adoption.
Dès les années 1890, Lehár a entrepris de composer des danses. Sa première œuvre scénique, Rodrigo, date de 1893 mais n’a jamais été représentée sur scène du vivant du compositeur. Lehár a par contre réussi à faire jouer son opéra Kukuscha (1896) à Leipzig. Dès le début du XXe siècle, il a abandonné la carrière militaire pour vivre de la composition. Ses opérettes sont dès lors représentées au Theater an der Wien, où il a pris la direction de l’orchestre. Une rencontre avec le librettiste Victor Leon conduit à la création, le 28 décembre 1905, de La Veuve joyeuse (basée sur une comédie française d’Henri Meilhac, L’Attaché d’ambassade). Repris à Berlin (1906), puis à Paris (1909), l’ouvrage est devenu un succès durable et a marqué le début d’une carrière désormais dédiée à la scène.
Dans les années 1920, Lehár a changé de style pour se rapprocher de l’opéra. C’est aussi à cette époque qu’il a dédié à Richard Tauber les grands rôles de ténor de ses ouvrages et qu’il s’est à nouveau rapproché de Puccini. C’est peut-être l’opéra Turandot de ce dernier qui lui a donné l’idée de composer une œuvre d’inspiration asiatique? La Tunique jaune (Die gelbe Jacke), créée au Theater an der Wien le 9 février 1923, a certes été bien accueillie, mais ne s’est pas imposée sur la durée. Six ans plus tard, Lehár a remanié cet ouvrage de façon à pouvoir y mettre en valeur son ami Tauber. Présentée en octobre 1929 à Berlin sous le nouveau titre «Le Pays du sourire» (sur un livret de Ludwig Herzer et Fritz Löhner-Beda), l’œuvre a valu au compositeur un accueil triomphal. La création de l’ouvrage en français en 1932 à Gand, puis à Paris, a confirmé ce succès.
«Le Pays du sourire» se déroule au début du XXe siècle à Vienne puis en Chine, pays où l’on a coutume de sourire, quels que soient les aléas de la vie. La jeune comtesse viennoise Lisa accompagne en Chine son nouvel époux, le prince Sou-Chong. Mais arrivée en Asie, elle est confrontée aux traditions locales qui voudraient faire de Sou-Chong le mari de quatre princesses chinoises. Lisa décide alors de fuir, aidée par son ancien soupirant Gustave et Mi, la sœur de son mari. Au moment de l’évasion, Lisa est surprise par Sou-Chong, mais celui-ci lui rend la liberté et cache son profond chagrin dans un sourire.