Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06900.jsonl.gz/67

La spatialité dans le film Dogville (Lars von Trier, 2003)
Dans cette oeuvre, on nous présente une petite ville où les murs des maisons n'ont pas d'existence matérielle autre qu'un tracé au sol. Pourtant, nous parvenons à comprendre l'espace de la ville, la distinction entre les lieux intimes et ceux publics. Nous donnons donc à ces lignes une réalité spatiale.
Comme lu et discuté dans le codex, de simples lignes précisément positionnées peuvent participer à une définition de l'espace, à la génération d'un sentiment d'intimité.
Dogville. Vue du dessus de la ville
Le land art de Michael Heizer et Walter de Maria
Pendant les années 1960-1970, Michael Heizer et Walter de Maria ont réalisé sur le sol du désert du Nevada des dessins, des tracés sur le sol. En 1968, Walter crée l'oeuvre Mile Long Drawing. Il trace deux lignes parallèles sur un miles. Mis à l'épreuve du corps allongé, ce tracé nous parle indéniablement de la génération d'une forme d'intériorité. Ces deux lignes, tracées à la craie, disparaîtront avec le temps. La définition spatiale du lieu n'est pas immuable, elle intègre le temps et est en changement constant.
Land art. Mile long drawing
La spatialité est aussi créée par le recouvrement des plateaux, et par la centralité générée par l’axe verticale de la proto autour duquel les plateaux sont développés. Le fait d'avoir un sol sur plusieurs niveaux introduit un sentiment d'intériorité. Mon projet ressemble un peu à une "maison", dans laquelle les murs et le toit ce sont envolés.
Les piliers de la protostructure qui sont verticales donnent une dimension au tout, particulièrement sur le dernier plateau. Toutefois, ces poteaux ne la limite pas. On pourrait imaginer des plateaux d'une très grande dimension, où il ne reste qu'un fragment.
Le jeu de la différence de hauteur des plateaux crée aussi une intériorité. En effet, on passe d'une surface couverte, à une surface ouverte. On créé alors 2 types d'intériorités: celle dite "conventionnelle", où l'on considère cette notion comme une maison, avec un toit, et celle du plancher.
Les maisons sur pilotis du Corbusier
Au XXe siècles, le Corbusier renverse les fondements de l'architecture dite classique et énonce les 5 points de l'architecture nouvelle, parmi lesquels : les pilotis. Les maisons s'élèvent, ce qui permet de maintenir un passage en-dessous. Cet aspect est intéressant, car l'entrée dans la maison se présente sous une succession d'étapes (la promenade architecturale). L'architecture se fait en marchant.
Dans ma room, je souhaite réinvestir certains de ces principes. Pour y entrer, on passe sous le plateau supérieur (disposé à 2m10 du sol). On accède alors au "pont" (plateau sur l'eau) puis au plancher intermédiaire. La suite de la balade nous permet de retrouver le premier plateau. Un cheminement de découvertes au sein de la protostructure.