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Prévenir les effets secondaires des antipsychotiques
Un article publié en avril 2019 dans la revue Journal of Clinical Psychiatry (Dre Aurélie Reymond et al.), montre que les taux de cholestérol dans le plasma des adolescents recevant des antipsychotiques de seconde génération augmentent de manière importante (≥5%) chez la moitié des patients, pendant le premier mois de traitement. De plus, un tiers des patients développent une hypercholestérolémie au cours de la première année de traitement. Cette étude rappelle l’importance d’une surveillance étroite des paramètres métaboliques dès l’introduction d’antipsychotiques de seconde génération.
Le groupe de recherche du Prof. Chin Bin Eap s’intéresse notamment aux effets indésirables induits par des médicaments couramment utilisés en psychiatrie. En particulier au fort risque de troubles lipidiques et à d’autres signes d’un syndrome métabolique (qui associe typiquement une obésité et un diabète) observés chez les patients souffrant d’une maladie psychiatrique. Cette augmentation du risque de syndrome métabolique est, d’une part liée aux maladies psychiatriques elles-mêmes et à des facteurs environnementaux (alimentation, manque d’activité physique), d’autre part favorisée par le traitement pharmacologique.
Les antipsychotiques ont permis d’améliorer considérablement la prise en charge des patients souffrant de maladies psychiatriques sévères, telles que la schizophrénie ou les troubles de l’humeur. Néanmoins, comme c’est le cas pour un grand nombre de médicaments, des effets secondaires sont observés. En effet, ces médicaments peuvent induire des troubles lipidiques considérables dès les premières semaines de traitement et favoriser l’apparition d’une dyslipidémie, considérée comme un facteur de risque important pour le développement de maladies cardiovasculaires.
L’année dernière, une étude réalisée par le même groupe de recherche et publiée dans le Journal of Clinical Lipidology, a montré que chez les patients adultes recevant des antipsychotiques, stabilisateurs de l’humeur (lithium, valproate) ou certains antidépresseurs (tricycliques, mirtazapine), une augmentation des taux lipidiques égale ou supérieure à 5% pendant le premier mois de traitement permettait de prédire une détérioration lipidique importante ainsi que la survenue d’une dyslipidémie à plus long terme (après trois et douze mois de traitement). La présente étude, incluant exclusivement des adolescents recevant des antipsychotiques de seconde génération, a montré une détérioration du profil lipidique chez une proportion considérable de jeunes patients. En effet, une augmentation de cholestérol supérieure ou égale à 5% durant le premier mois de traitement a été observée chez la moitié des patients. De plus, au cours de la première année, un tiers des patients ont développé une hypercholestérolémie (concentration de cholestérol dans le sang trop élevée). En accord avec l’étude précédente, l’hypercholestérolémie se développait significativement plus fréquemment chez les patients qui avaient une augmentation de cholestérol égale ou supérieure de 5% pendant le premier mois que chez les autres patients.
En pratique, ces données devraient permettre de rendre attentif le prescripteur quant à la possibilité de développer des problèmes métaboliques et ainsi d’offrir une prise en charge personnalisée. Des stratégies cliniques incluant une réflexion sur le choix de la médication et sur des interventions préventives sur le mode de vie devraient être mises en place pour prévenir ces effets indésirables métaboliques. De plus, une adaptation précoce du traitement (par exemple un changement de traitement) devrait être envisagée, après une évaluation clinique intégrant la balance risque-bénéfice d’un tel changement, dans le but de minimiser la détérioration des paramètres métaboliques chez les adolescents.