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Élections régionales de Thuringe : Viol de la constitution par le gouvernement fédéral
Même la Frankfurter Allgemeine Zeitung, qui était devenue un soutien du gouvernement de gauche de Madame Merkel entre les chrétiens-démocrates, les chrétiens-sociaux et les socialistes, a été choquée par le traitement par le gouvernement fédérale des événements de Thuringe. En effet, c'est le comité de coalition du gouvernement allemand qui a siégé, sur ordre de la chancelière Merkel, pour décider que l’élection du premier ministre de cet État fédéral devait être rendue caduque, bien qu’elle se soit passée démocratiquement. Cela rappelle la triste situation de la République « démocratique » allemande, où le comité central du parti communiste prenait toutes les décisions et où les régions n’avaient aucun pouvoir politique. Ce qui se passe en Thuringe, où le gouvernement de Berlin veut à tout prix faire réélire un premier ministre communiste, doit donc être considéré comme anti-démocratique du point de vue de la constitution fédérale allemande.
Traduction (Claude Haenggli) : Il est surprenant de constater comment le gouvernement s’immisce ici dans la politique d’un État fédéral. En effet, samedi après-midi, ce ne sont pas les présidents des partis CDU, CSU et SPD qui se sont réunis de façon informelle pour discuter de la situation en Thuringe, mais le comité de coalition gouvernemental, qui a une toute autre qualité, même si les présidents de parti y siègent. Il se réunit à la chancellerie, au siège central du gouvernement fédéral. La chancelière, le chef de la chancellerie fédérale et le vice-chancelier sont présents. Dans leurs partis respectifs, ils n’ont pourtant aucune fonction importante. Pourquoi les membres du gouvernement fédéral décident-ils de la suite des événements en Thuringe ? C’est pour le moins délicat sur le plan du droit constitutionnel. Particulièrement à l’Est, cela réveille de vilains souvenirs, quand Berlin dicte comment les choses doivent se passer.
Claude Haenggli 9.02.2020