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Civilisations de l'Age du Bronze
Dès la fin du troisième millénaire av. J.-C., les sociétés préhistoriques maîtrisent et développent progressivement la métallurgie du bronze.
Les vallées latérales du Valais sont réputées pour leurs gisements de cuivre, dont certains sont exploités sporadiquement jusqu’à l’époque moderne.
Les implications socio-économiques des activités liées à la métallurgie entraînent certains changements au sein de la communauté. Dans les régions et vallées concernées, le contrôle de la production de minerai s’accompagne probablement du déplacement de certains villages en fonction des gisements métallifères. Dès le début du deuxième millénaire, l’extraction et la production de métal augmentent, ce qui implique une meilleure répartition des tâches et l’organisation des surplus alimentaires pour subvenir à l’approvisionnement des artisans spécialisés. Un tel élargissement des activités dans une société agro-pastorale entraîne un pouvoir plus hiérarchisé, attesté indirectement, en Valais comme ailleurs, par l’apparition de tombes exceptionnellement riches, entre 1800 et 1650 avant J.-C.
Sommaire
L'habitat
Dans la plaine du Rhône, l’habitat se maintient aux mêmes emplacements qu’auparavant (Collombey-Barmaz, collines de Saint-Triphon, de Tourbillon, de Saint-Léonard et de Rarogne). A la frange de l’étage montagnard, quelques habitats importants datent de cette période : Vex, Sembrancher, Vercorin, Ayent… Encore sporadique, ce phénomène marque un premier jalon vers l’utilisation généralisée de l’étage montagnard, qui sera manifeste au cours de l’Age du Fer.
En outre, des établissements montagnards d’un type particulier se développent durant le deuxième millénaire. Il s’agit de refuges, parfois fortifiés, implantés sur des collines escarpées : au-dessus de Grengiols, de Zeneggen ou de Fully… On peut expliquer l’émergence de ces villages fortifiés sans doute par l’apparition d’une recrudescence de conflits au sein des communautés locales ou par le besoin de contrôler une voie de passage ou une zone d’exploitation métallifère.
Passages alpins et dépôts culturels
Pendant l’Age du Bronze, la transhumance estivale des troupeaux à l’étage est maintenue, ainsi que le prouvent les abris sous roche découverts au col du Sanetsch, dans le val d’Hérens ou au-dessus de Zermatt. Un phénomène particulier est observé dans les zones d’altitude. Il s’agit de la présence assez fréquente d’objets dans des emplacements peu accessibles. On tente de rattacher ces dépôts, présents dans tout l’arc alpin, à un culte des divinités topiques, auxquelles on aurait fait don d’objets souvent prestigieux, comme des armes ou des parures. Ces découvertes seraient le témoignage indirect d’une augmentation de la fréquentation des cols alpins.
Une civilisation originale
En Valais, au début de l’Age du Bronze, une civilisation alpine spécifique se développe, la culture du Rhône, extrêmement dynamique et bien particularisée. Liée à l’exploitation du métal, elle rayonne bien au-delà du Valais qui devient l’un des pôles de développement de cette nouvelle technologie. Particulièrement créative, cette culture est caractérisée par le renouvellement et le perfectionnement de l’artisanat (céramique, parures, outils, armes…). La présence de tombes au très riche mobilier révèle peut-être qu’à son apogée, cette civilisation repose sur une très forte hiérarchisation sociale. La culture du Rhône décline dès le XVIe siècles avant J.-C.
Les pratiques funéraires
Sur le plan du rituel funéraire, l’inhumation collective est abandonnée dès le début de l’Age du Bronze. Dans un premier temps, on maintient le rite de l’ensevelissement en position repliée ; ce n’est que vers 1800 avant J.-C. que les corps sont mis en terre sur le dos. C’est au Bronze final que l’incinération fait son apparition en Valais sans toutefois être systématique.
Bibliographie
- Histoire du Valais, Annales valaisannes 2000-2001, Sion, 2002
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