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La prévention des fractures ostéoporotiques est justifiée chez la femme ménopausée en cas de diminution significative de la densité osseuse (T-score < - 2,50), et la pratique d’une densitométrie osseuse est ainsi recommandée après 65 ans. A quelle fréquence faut-il contrôler l’évolution de ce paramètre en l’absence d’indication initiale au traitement préventif ? A ce jour, la littérature ne permet pas de répondre. Les auteurs de cette étude ont donc utilisé les données de la cohorte prospective SOF (près de 5000 femmes américaines recrutées entre 1986 et 1988 et présentant à l’inclusion soit une densitométrie osseuse normale, soit une ostéopénie avec un T-score < - 2,50), afin d’évaluer l’intervalle nécessaire pour que 10% des participantes aient progressé vers une ostéoporose avérée. En divisant la cohorte en quatre groupes selon la densité initiale et par une analyse statistique ajustée en fonction des autres risques, dits compétitifs, les auteurs montrent que l’âge et la densité osseuse initiale sont les facteurs les plus importants pour prédire le risque de développement d’une ostéoporose. Ainsi, plus de seize ans sont nécessaires pour qu’une ostéoporose se développe chez une femme sur dix présentant une densité normale ou légèrement diminuée ; ce délai passe à environ cinq ans en cas d’ostéopénie modérée, et à un an pour les ostéopénies avancées.
Commentaire : Dans de nombreuses situations cliniques, nous cherchons à guider notre prise en charge par la mesure d’un «marqueur» objectif et une utilisation exagérée de ces paramètres pourrait nous conduire à centrer nos objectifs plus sur la maladie que sur le malade. Peu d’études se sont intéressées à déterminer l’intervalle raisonnable permettant de distinguer le vrai signal d’évolution d’un «bruit de fond». Cette analyse originale fait partie de ces approches indispensables, et donne des indications précieuses pour la prise en charge de l’ostéoporose. Elle permet de conforter l’attitude généralement recommandée d’espacer les mesures densitométriques, en tenant compte de l’âge et de la densité osseuse initiale, les autres facteurs ayant une utilité réduite. Ainsi, une femme de 70 ans avec un score densitométrique supérieur à - 1,5 ne devrait pas avoir de contrôle d’évolution avant quinze ans. Il reste à traduire ces résultats dans des recommandations simples et utilisables dans la pratique clinique quotidienne !