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Les conseillers nationaux Pierre-André Page (UDC/FR) et Samuel Bendahan (PS/VD) croisent le fer.Image: Shutterstock/Keystone
Duel
Les tests antigéniques (ou «tests rapides») coûteraient près de 20 millions de francs par mois au contribuable. Faut-il revenir sur leur gratuité? Guy Parmelin a récemment dit que le Conseil fédéral l'envisageait. Place au débat entre les conseillers nationaux Pierre-André Page (UDC-FR) et Samuel Bendahan (PS-VD).
05.08.2021, 05:5117.08.2021, 13:49
1. Les tests rapides, d'après une estimation de Blick, coûteraient 20 millions par mois au contribuable. Faut-il les rendre payants pour toutes les personnes non-vaccinées?
Pierre-André Page: Oui. Pour la simple raison que jusqu'à aujourd'hui, la population suisse a eu largement le temps et les moyens (centres à disposition) de se faire vacciner. Il est de la responsabilité des personnes qui ne se sont pas fait vacciner d'en assumer les conséquences. Et nous parlons simplement de la charge du coût. Rien n'est gratuit.
Samuel Bendahan: Non. D’abord, si des personnes renoncent à se faire tester pour des raisons financières, cela peut avoir un coût bien plus élevé pour la société tant sur le plan humain que monétaire. Ensuite, il serait malvenu de facturer un test à une personne qui en a besoin pour son travail, par exemple le personnel de santé dont on sait qu’il a beaucoup donné depuis un bon moment dans des conditions difficiles. La question n’est donc pas si simple.
2. Rendre payants les tests rapides pour les personnes non-vaccinées, est-ce assimilable à une manière déguisée d'imposer la vaccination?
Pierre-André Page: Non, nullement! Selon l'estimation que vous citiez dans votre question précédente, ces tests rapides coûteraient quelque 20 millions de francs par mois à l'ensemble des contribuables de notre pays: Il n'est pas équitable de faire supporter à tous ce que d'aucuns ont choisi délibérément de ne pas faire.
Samuel Bendahan: C'est plutôt une incitation financière. Or, motiver par l’argent, c’est souvent très anti-social. Si vous avez beaucoup de moyens, vous pouvez faire ce que vous voulez, mais pour de nombreuses familles et personnes modestes, une telle incitation financière pourrait se transformer de fait en une obligation. Seuls les plus pauvres seraient donc contraints de faire des efforts.
3. Selon l'OFSP, toutes les personnes qui veulent se faire vacciner n'ont pas encore pu le faire. Est-ce un argument pour maintenir la gratuité des tests?
Pierre-André Page: Cet argument ne résiste pas à l'analyse de la réalité: depuis des semaines, les multiples centres de vaccination étaient à disposition, avec des horaires d'ouverture permettant une vaccination à toute heure de la journée. Or, aujourd'hui, plusieurs de ces centres ferment leurs portes – faute de clientèle! J'ajoute que certains cantons offrent même la possibilité de se vacciner dans des centres commerciaux voire dans des infrastructures mobiles.
Samuel Bendahan: Oui, absolument. Si une décision est prise pour limiter la gratuité des tests, la santé publique et l’équité doivent rester la priorité. Tant que tout le monde qui le veut n’a pas pu se faire vacciner, les tests doivent impérativement rester gratuits. Cela vaut pour les personnes qui n’ont pas la possibilité de se faire vacciner. Enfin, dans des situations où nous n’avons pas le choix que de se faire tester, la gratuité doit être maintenue si nous ne souhaitons pas introduire une obligation vaccinale.
4. Peut-on mettre sur le même plan les vaccins, qui concernent l'intégrité physique des individus, et les tests?
Pierre-André Page: Pour moi, les objectifs du vaccin et ceux du test ne sont pas comparables: Le vaccin protège à la fois celui ou celle qui se fait vacciner comme, en finalité, l'ensemble de la communauté de la maladie et de sa propagation. Le test quant à lui permet de s'assurer que la personne testée (test PCR) n'est pas porteuse du virus. Et finalement, la personne vaccinée n'aura plus besoin d'effectuer de test.
Samuel Bendahan: Non, évidemment. Contrairement aux tests, la priorité pour le vaccin est de créer davantage de confiance et de tout faire pour que les gens puissent comprendre par eux-mêmes ce que nous savons. Nous devons bien montrer comment nous le savons, et pourquoi ce savoir est solide et basé sur la réalité scientifique. La problématique étant très compliquée, il y a beaucoup d’obscurité et de fausses informations. De plus, le comportement odieux et cupide des pharmas ne nous aide vraiment pas. Il est donc très compréhensible que les gens aient des avis divergents sur la vaccination.
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