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L’enseignement de la langue maternelle comme savoir-faire et savoir-être dans les dynamiques migratoires : le cas de l’émigration tessinoise en Californie (1870-1945).
Auteur, co-auteurs
Type de référence
Date2020-09-02
Langue de la référenceFrançais
Entité(s) de recherche
Référence APAMasoni, G. (2020, septembre). L’enseignement de la langue maternelle comme savoir-faire et savoir-être dans les dynamiques migratoires : le cas de l’émigration tessinoise en Californie (1870-1945). Communication présentée à SSRE Congrès 2020. Les savoirs au carrefour de la recherche, des pratiques et de la formation, Bienne, Suisse.
Résumé
La relation entre l’enseignement de la langue maternelle et son utilisation dans un contexte migratoire fait l’objet de cette communication. Cette nouvelle recherche vise à comprendre le rapport dichotomique entre le processus culturel d’intégration des émigrés dans une nouvelle société d’accueil et la transmission et le maintien, au sein de celle-ci, d’un lien et notamment d’un sentiment d’appartenance envers le pays d’origine. En retraçant la genèse et le développement de l’enseignement de la langue maternelle, l’étude comparée des programmes scolaires, des moyens d’enseignement et de la production écrite des émigrés devrait ainsi permettre de saisir le savoir-faire et le savoir-être relatifs à l’apprentissage de cette discipline et ses transpositions dans une dynamique migratoire. Pendant les années 1980, on assiste également en Suisse au développement des études consacrées aux phénomènes migratoires et, plus spécifiquement, à l’émigration suisse à l’échelle mondiale. Parmi les recherches proposées, une place centrale est occupée par les études d’Arlettaz (1975, 1979, 1986), qui ont permis de donner une vision globale de cette dynamique entre le 19e et le 20e siècle. Sur la base des théories du push and pull ont été éclaircis les politiques migratoires des pays de départ et d’arrivée ainsi que les facteurs qui ont favorisé ces déplacements. Pendant les mêmes années, à l’échelle cantonale ont été menées des recherches sur le même sujet (Nicoulin, 1973 ; Cheda, 1981). Bien que ce champ de recherche profite d’une nouvelle relance depuis les années 2010 (Studer, 2015), la question de la relation entre l’enseignement de la langue maternelle et l’utilisation de celle-ci comme vecteur d’intégration et comme facteur de cohésion au pays d’origine, reste encore marginalement traitée pour le cas suisse. A travers les approches proposées dans l’histoire des savoirs (history of knowledge), l’objectif de cette nouvelle recherche est d’étudier le rôle de l’apprentissage de langue maternelle comme élément central dans la production de savoir culturel proposée par les émigrés tessinois en Californie entre 1870 et 1960. A travers l’analyse comparée des plans d’études et des manuels scolaires tessinois avec la production écrite des émigrés tessinois en Californie, il sera ainsi possible de saisir les réseaux de communication mis en place au sein de la colonie tessinoise aux États-Unis, ainsi que les formes et la matérialité de la circulation des savoirs encouragés par les émigrés. A côté de sources déjà étudiées, telles que les plans d’études et les manuels scolaires tessinois (Masoni, 2019) et d’autres partiellement analysées, comme les lettres des émigrés (Cheda, 1981), cette recherche se propose d’analyser des sources encore négligées tels que la presse publiée par les émigrés tessinois en Californie. L’approche mobilisée ainsi que les questions posées au centre de cette nouvelle recherche devraient favoriser notre compréhension de la langue en tant que facteur identitaire et d’intégration en milieu migratoire.