Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07269.jsonl.gz/430

Borgeaud, une Bretagne intérieure
Marius Borgeaud, né à Lausanne en 1861, a grandi dans une famille fortunée sans choisir de métier. Héritier encore dans son jeune âge, il a mené une vie de fêtes et dilapidé son bien, essentiellement à Paris. Autour de 1900, alors âgé de quarante ans, usé et désargenté, il décide de tourner le dos à l’oisiveté et commence consciencieusement une carrière de peintre. Après une formation académique, il peint d’abord aux côtés des suiveurs de l’impressionnisme. Dès 1908, il travaille en Bretagne à la belle saison tout en continuant à vivre à Paris en hiver, où il expose dans différents salons ainsi qu’en galerie et où il acquière une notoriété grandissante. La critique loue ses intérieurs, d’une fruste simplicité – ce qui lui a valu d’être comparé à certains peintre naïfs. Pourtant, il y a une habileté tout sauf naïve dans son minimalisme, d’une efficacité synthétique pour mieux faire entrer dans la peinture.
Yves Guignard a soutenu une thèse de doctorat sur le marchand d’art allemand Wilhelm Uhde. Il a traduit un roman de l’allemand vers le français pour les éditions Zoé, a travaillé comme médiateur culturel pour la Fondation Beyeler, le Kunstmuseum Basel, la Fondation de l’Hermitage et au Musée cantonal des beaux-arts de Lausanne. Après deux années comme assistant du conservateur au Kunsthaus Zürich, il est maintenant archiviste pour la famille du peintre Balthus et réalise en parallèle, des expositions et des catalogues. Ses principales publications portent sur les avant-gardes du vingtième siècle en Suisse (voir son Presto sur Coghuf) et en Europe. Son dernier ouvrage porte précisément sur Borgeaud: Marius Borgeaud. Autour d’un verre (Infolio, 2023).