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Le soutien de la famille et des amis est capital pour un jeune qui veut quitter un mouvement d'extrême-droite, selon une étude de l'Université de Bâle.Ce contenu a été publié le 20 décembre 2006 - 21:31
Sociologues et psychologues de la Haute Ecole ont dressé le portrait des extrémistes de droite en suivant 40 d'entre eux durant trois ans.
Les chercheurs se sont attachés à savoir pourquoi ces jeunes avaient quitté le mouvement et pourquoi ils l'avaient auparavant rejoint. Ils ont pu distinguer deux types différents.
Il y a d'abord l'adolescent peu sûr de lui qui ne poursuit pas vraiment de but idéologique ou politique mais recherche la cohésion du groupe dans une phase instable de sa vie. C'est le type «compensateur», souvent reconnaissable par l'habillement affiché dans les lieux publics.
Le deuxième type, «l'ambitieux», est mû par l'idéologie d'extrême-droite et désireux de changer la société dans ce sens. Il sera en général un peu plus âgé et choisira de préférence des groupements plus structurés et moins facilement identifiables par l'apparence.
Contacts avec des étrangers
De par ses motivations, le premier type sera plus enclin à quitter le milieu à partir du moment où il se sera forgé sa personnalité, son identité propre. Mais tout comme pour l'autre type, certains facteurs et certaines conditions sont nécessaires.
Des contacts positifs et répétés avec des jeunes immigrés pourront par exemple déclencher un changement d'attitude. Un sentiment de saturation peut aussi s'installer chez ceux qui ont évolué personnellement et aspirent à des expériences plus variées et moins stressantes que les confrontations permanentes avec les étrangers, la police et la justice.
Condamnation comme frein
Les procédures pénales auxquelles sont confrontés ces jeunes peuvent les amener à se retirer du mouvement. Mais il faut qu'elles soient menées peu de temps après le délit et que le délinquant soit condamné à fournir un effort personnel, un engagement social par exemple.
Le type «ambitieux» sera davantage sujet au «burn-out» et à la désillusion face à la portée limitée de ses efforts et au manque de reconnaissance. «Ca n'en vaut pas la chandelle», dira-t-il épuisé.
Soutien des amis
La famille et surtout les amis jouent un rôle central dans l'évolution du jeune extrémiste de droite. S'il conserve d'autres relations à côté de son groupe et des activités personnelles, il aura plus de facilité à rompre avec le mouvement.
Il est déterminant que l'ancien cercle d'amis n'exclue pas le «repenti» quand il reviendra, ce d'autant plus qu'il se trouvera en situation de crise. L'influence de la famille est en revanche moins forte, constatent les chercheurs. Ils relèvent une certaine «passivité» des parents et une tendance au retrait. Il leur faudrait davantage rechercher le dialogue.
Quitter en restant antisémite
Quitter un groupe d'extrême-droite ne signifie pas automatiquement abandonner toute pensée discriminatoire ou raciste, soulignent les chercheurs. Paradoxalement, le risque existe surtout pour les jeunes sans grande motivation politique, car ils ne feront pas de vraie réflexion et conserveront des préjugés latents. Les préjugés antisémites sont les plus coriaces, selon les chercheurs.
D'autres jeunes, avant tout ceux appartenant au type «ambitieux», quitteront leur groupe pour rejoindre un parti de droite. Ils auront eux tendance à «rationnaliser» leurs pensées discriminatoires.
swissinfo et les agences
Faits
Selon le Rapport 2004 sur l'extrémisme réalisé par la Confédération, la Suisse compte environ 1000 militants et 800 sympathisants d'extrême-droite.
Leur âge moyen se situe entre 16 et 22 ans.
Les chercheurs de l'Université de Bâle ont suivi durant trois ans 40 personnes entre 14 et 35 ans.
Sur ces 40 personnes, 35 étaient des hommes et les deux tiers étaient âgés entre 15 et 20 ans.
Durant l'étude, 13 personnes ont quitté la mouvance d'extrême-droite et 10 s'en sont distancié.
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