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Les dents de l'amer
Dans le canton de Vaud, le 4 mars, et à Genève plus tard, on votera sur une initiative proposant la création d'une assurance publique pour le remboursement des soins dentaires, financée essentiellement par une cotisation paritaire (payée à part égale, soit 0,5 % du salaire par l'employé et 0,5 % par l'employeur), et accessoirement par le canton, pour les personnes à l'aide sociale. Tous les soins de base seraient remboursés, la loi définissant quels soins sont "de base". Cette assurance n'est certes qu'une réponse partielle, et donc insuffisante, à la réalité d'un accès inégal aux soins (pas seulement dentaires) dans ce pays, faute d'une véritable sécurité sociale globale et c'est bien la LAMAL qu'il faudrait réformer pour qu'y soient inclus les soins bucco-dentaires que l'initiative vaudoise veut faire couvrir par une assurance supplémentaire, et spécifique. Mais la LAMAL est une loi fédérale, dont la modification suppose une majorité politique (parlementaire et populaire) au niveau fédéral, et cette majorité fédérale est aujourd'hui inexistante, alors que des majorités cantonales sont possibles en Romandie, du Tessin, et peut-être dans deux ou trois cantons alémaniques. Le "pas à pas, canton par canton" reste donc, pour le moment, la seule voie possible. Ces pas, actuellement, doivent être faits, partout où il sera possible de les faire. Sinon ? Sinon, rien. Le statu quo, l'absence de soins, ou des soins rationnés, parce qu'ils sont financièrement hors d'atteinte de celles et ceux qui en ont besoin. Et cela, dans l'un des pays les plus riches du monde.