Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07222.jsonl.gz/258

Le besoin de matières premières reste énorme. Ceci a des conséquences sur la manière dont les investisseurs gèrent leur portefeuille ESG.
Les prix des matières premières sont à la hausse. Ceci va de pair avec la forte croissance économique, l’excellente performance des marchés des actions et l’augmentation des rendements sur le long terme. Le boom du prix des matières premières constitue également une source d'inquiétude, à savoir l'inflation. Les investisseurs devraient s’interroger sur l’intensité du passage aux sources d’énergie non fossiles en termes de matières premières. Bien sûr, nous avons besoin d’autres ressources naturelles que le pétrole, le gaz ou le charbon – mais le besoin de matières premières reste énorme. Ceci a des conséquences sur la manière dont les investisseurs gèrent leur portefeuille ESG mais aussi sur les attentes relatives au niveau futur du prix des matières premières. Etant donné que les prix du CO2 augmentent également, le passage aux projets à zéro émission devrait avoir quelques conséquences inflationnaires intéressantes. Il s’agit d’un effet inévitable de la globalisation du prix à payer pour sauver la planète. Un prix qui en vaut la peine.
Il n’y a rien de surprenant à ce qu’après une récession, la demande reprenne plus rapidement que l’offre qui, dans le cas des matières premières, est relativement peu élastique. Cette augmentation des prix au début d’un cycle fait généralement place à une normalisation des marchés de matières premières si l’offre augmente et les courbes de future vont à nouveau vers Contango (autrement dit, les prix sont plus hauts que les prix au comptant). Toutefois, ce processus a besoin de temps et cette fois, il pourrait durer plus longtemps que par le passé.
Le cuivre, le lithium, le nickel et le cobalt sont des métaux essentiels à la transition énergétique, avec une diminution des hydrocarbures. Jusqu’ici, en 2021, tous ont affiché une nette augmentation du prix. Nous devrions nous habituer à ce que les prix de certaines matières premières restent encore élevés pendant un certain temps.
Cette semaine, les prix des crédits de carbone définis par le régime d’échange de droits d’émission de l’Union européenne ont atteint pour la première fois la barre des 50 euros/tonne. L’augmentation des prix de l’énergie traditionnelle et le coût de la protection contre les émissions de CO2 devraient contribuer à accélérer la transition énergétique, avec une augmentation des énergies renouvelables. Néanmoins, ces mesures engendrent aussi une augmentation du besoin en matières premières nécessaires dans ce domaine. Une augmentation de l’inflation, ce sera le prix de la globalisation des frais externes pour la consommation des énergies fossiles, au moins pendant un certain temps.
Il reste à savoir dans quelle mesure la pandémie a affecté les marchés du travail sur le plan international et s’ils sont suffisamment flexibles pour éviter les problèmes face à la reprise, en matière d’effectif et de salaire. Selon les données disponibles, les marchés du travail sont encore sujets à une certaine période creuse, ce qui parlerait pour une inflation salariale limitée.
Au niveau des placements à revenu fixe, les stratégies de duration courte, les obligations liées à l’inflation et les obligations des pays émergents se sont mieux développées par le passé que les obligations de qualité élevée, sensibles aux taux d’intérêt. Du côté des actions, une orientation cyclique vers les valeurs vaut le détour étant donné que la hausse du prix des matières premières procure une augmentation des bénéfices sur le court terme dans les secteurs les plus cycliques de l’économie. Pour ce qui est des dividendes, les devises comme le dollar australien, le dollar canadien et le peso chilien devraient bénéficier de la hausse du prix des métaux.