Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06902.jsonl.gz/39

Erik est un «Tukker», un hollandais originaire de la région de Twente. Né en 1970 à Haaksbergen, le futur coach de Manchester United a grandi dans une région rurale proche de la frontière allemande. Dans l'avant-dernier numéro de So Foot, l'auteur Joris Luyendijk affirme que «parler avec l'accent de cette région, c'est être considéré automatiquement comme inférieur à un Amsterdamois selon la perception des habitants de la capitale».
Au début de sa carrière, Erik ten Haag est même dépeint comme un «paysan». Si certains tentent de se distancer de leur accent natal et de leurs origines, ce «Tukker» a conservé précieusement ses caractéristiques sociales de Twente.
Voila de quoi poser le contexte: Erik ten Haag est élevé dans la pure tradition agricole de la région de Twente, avec un devoir moral d'aider son prochain. Il grandit dans une famille plutôt aisée avec un père dans l'immobilier et une mère soignante mais c'est rapidement vers le football qu'il se tourne.
D'abord dans les tribunes du FC Twente, il en rejoint les équipes de jeunes à l'âge de 16 ans. S'ensuit une carrière professionnelle modeste en première division hollandaise: Twente, De Graafschap, RKC Waalwijk, FC Utrecht. Sur le terrain, il démontre rapidement des qualités de meneur d'hommes. Toujours dans So Foot, son ancien entraîneur de la réserve à Twente, Eddy Achterberg, témoigne: «Il était complètement obsédé par le football. Il rendait fous ses coéquipiers car il attendait trop d'eux. Ils le surnommaient péjorativement «l'entraîneur». À la mi-temps des matchs, il me donnait des consignes du style: "Coach, il faut qu'on joue avec deux attaquants."»
Ce talent naturel pour le coaching, il le développe rapidement à la fin de sa carrière de joueur. Il prend place sur les bancs des équipes de jeunes de Twente en 2002. Il devient assistant de la première équipe en 2006 avant de rejoindre le PSV, toujours en tant qu'assistant. En 2012, il débarque en D2 comme coach principal du Go Ahead Eagles où il agace presque le président Edwin Mulder: «Après une semaine au club, il avait rendu tout le monde fou avec ses exigences.» Erik est perfectionniste et travailleur. Il est aussi ennuyeux selon la presse batave à laquelle il renvoie une image un peu morne en conférence de presse. Mais il emmène immédiatement son équipe en première division avant de rejoindre...la réserve du Bayern Munich.
Cette année-là, la première équipe est coachée par un certain Pep Guardiola dont ten Hag va beaucoup s'inspirer, même si l'influence réelle du Catalan est difficile à mesurer: Erik ten Hag pratique déjà le contre-pressing à la perte du ballon et se rapproche davantage du style de Klopp, avec une projection rapide vers l'avant. Il s'est également inspiré du principe d'«half-space» inventé par le Catalan.
Apôtre du 4-3-3, le Néerlandais place une pointe haute à mi-terrain, contrairement à Guardiola et son 4-3-3 pointe basse. Ten Hag s'est parfois tourné vers le 3-5-2. À United, il devrait plutôt choisir la première option, qu'il a largement utilisée cette saison avec l'Ajax. En attendant, Guardiola lui a déjà souhaité la bienvenue:
En 2015, Erik ten Hag retourne en Hollande, entraîne Utrecht puis l'Ajax dès la saison 2017-2018 avec le succès qu'on lui connaît. Dans la pure et longue tradition des coachs bataves passés par l'Ajax, il se dit fortement inspiré par Johan Cruyff et son football total, porté vers l'offensive. La plus belle matérialisation de cette inspiration? Le récital de l'Ajax le 5 mars 2019 à Madrid où ses hommes écrasent le Real 1-4 au terme d'un match époustouflant.
Ten Hag qualifiera ce match de «presque parfait» avant de se projeter dans l'analyse du prochain adversaire. L'homme apprécie les victoires, mais vite fait. Il est un robot, une machine de travail. Il est dur et se soucie très peu de ce que l'on pense de lui. Une communication parfois limitée, voire défaillante. Sera-t-elle compatible avec un vestiaire peuplé de stars dont Cristiano Ronaldo? Réponse en conférence de presse:
Le «Tukker» débarquera l'été prochain dans le nord-ouest de l'Angleterre avec ses références (Cruyff, Klopp, Guardiola), sa rigueur dans le travail et sa froideur avec la presse. Son premier chantier se situera au niveau de l'effectif. Et on risque d'assister à un chantier aussi compliqué que ceux qui émergent chaque année sur les autoroutes de l'arc lémanique. Erik ten Hag vient d'avertir ses nouveaux dirigeants, il veut être le contremaître:
Selon les premières rumeurs issues du Daily Mirror, six joueurs en fin de contrat ne seraient pas conservés à l'issue de la saison:
Six autres joueurs devraient être invités à trouver un nouvel employeur:
Pour remplacer tout ce beau monde, de nombreux noms circulent:
Erik ten Hag recevra une enveloppe de 250 millions d'euros pour son marché estival. Une somme coquette mais le passé récent nous a montré que United ne pourra pas retrouver les sommets du football grâce à son argent. Grand dépensier des derniers mercatos, le club devra plutôt se concentrer sur la révolution tactique de son nouvel entraineur. C'est en tout cas ce qu'espère The Guardian, qui a titré après l'arrivée du Hollandais :
Une comparaison qui aide à relativiser: Erik le Rouge avait réussi à implanter la première colonie européenne au Groenland. Vu sous cet angle, le défi de ten Hag parait tout de suite moins insurmontable.
L'assemblée extraordinaire de la Swiss football league (SFL) se tient à Ittigen, dans la région de Berne, entre les représentants de chaque club (20 au total). Les enjeux sont énormes.