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Selon la formule consacrée, la Musique Militaire du Locle est « fille de la Révolution du 1er mars 1848 ». Il y avait en effet, en ce temps-là, une « Musique Militaire » dont les éléments se recrutaient essentiellement parmi les royalistes prussiens. Peu disposés à prêter leur concours aux manifestations organisées par les républicains, ils refusèrent de participer aux Promotions de 1851 (Fête de la jeunesse). La population républicaine du Locle en fut fort froissée. C’est alors que quelques patriotes, Messieurs Henry Grandjean, Auguste Lambelet, Jacot-Piaget et d’autres citoyens résolurent de fonder dans la localité une fanfare républicaine, « La Philharmonique ». Vers la fin du mois de décembre 1851, une première répétition réunissait une vingtaine de musiciens. On travailla ferme pour participer à la fête du 1er mars 1852, puis aux Promotions qui suivirent. Dès lors, la jeune fanfare fut définitivement reconnue, et prêta son concours à de nombreuses manifestations locales. Elle reçut sa première bannière entre 1854 et 1856. Malgré certaines dissensions politiques, les deux corps de musique vécurent en bonne harmonie.
La Philharmonique fut nommée Musique Militaire du district du Locle après l’échec du coup de main royaliste du 3 septembre 1856, profitant de l’indignation suscitée par les événements pour faire aboutir des démarches auprès des Autorités cantonales neuchâteloises. L’ancienne fanfare militaire fut dissoute en octobre de la même année.
Cortège à l’occasion de l’inauguration du monument Daniel-JeanRichard au Locle en juillet 1888
Jusqu’en 1901, la Musique Militaire reçut ses ordres de la Direction militaire cantonale : musiciens et tambours incorporés étaient exemptés du service et de la taxe militaire.
Le premier uniforme fut inauguré en 1857. Tunique et pantalon de drap vert, l’équipement coûtait 220 fr. à chaque sociétaire. En 1882, c’est un pantalon gris-fer très foncé qui fut choisi avec une tunique d’officier d’artillerie, le tout complété du sabre-épée. Dès 1912, et jusqu’en 1970, c’est la tenue d’officier d’artillerie de l’armée fédérale qui fut portée ; l’équipement fut renouvelé en 1949. Grâce à la générosité de l’industrie et de la population locloises, la Musique Militaire inaugura un nouvel uniforme en 1970. Il s’agissait de la tenue des officiers d’artillerie neuchâtelois de 1831. Enfin, c’est à l’occasion de son 140ème anniversaire en 1991, que la société choisit l’uniforme de 1803 que portaient les carabiniers suisses, costume que les musiciens portent encore, mais uniquement lors de défilés.
Costume historique de la "mili"
Aujourd’hui, la Musique Militaire est une harmonie. Elle compte une trentaine de membres dont 25 musiciens. De militaire, la société ne porte plus que le nom en souvenir de ses origines. Si elle perpétue la tradition en portant un costume historique en rue, la « Mili » a troqué, depuis longtemps l’uniforme contre un élégant complet-veston noir.
Concerts en salle, dans les institutions ou sur la place du Marché, sorties hors canton et en France voisine ponctuent la vie de la « Mili ». Les répétitions ont lieu le jeudi soir, de 20 à 22 heures, au Buffet de la gare, voire le lundi soir pour les répétitions par registre. Les maîtres mots au lutrin sont : musique en toute amitié et convivialité.
Montée à la collégiale; Cérémonie d’assermentation du Conseil d’Etat en 2013
Fiers du passé de leur société, les membres de la « Mili » accueillent avec grand plaisir tout musicien amateur. Mais avant tout, ils comptent sur les jeunes musiciens et musiciennes, garants du renouveau et de la vitalité de la « Mili » de demain.
Concert printemps 2014 en collaboration avec la Gérinia de Marly