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Titre : The divine cities 1. City of blades
Auteur : Robert Jackson Bennett
Éditeur : Penguin 26 janvier 2016
Pages : 496
Plusieurs années se sont déroulées depuis le premier Tome. Shara est maintenant la Première Ministre de Saypur et elle fait tout ce qu'elle peut pour donner plus de pouvoirs et de richesses au Continent. Mais ses efforts ne sont appréciés ni par ses collègues ni par l'armée. Afin d'aider à la réussite de son programme elle s'est alliée à la nouvelle République créée par son vieil ami, Sigrud. Celle-ci utilise les capacités considérables en ingénierie et en navigation de ses citoyen-ne-s afin de créer un port international vers la cité de Voortyashtan. Cependant, un agent du ministère a disparu près de cette cité. Shara décide d'envoyer une amie, et générale à la retraite, sur place pour enquêter. Il est l'heure pour Mulagesh de terminer ses vacances.
SPOILERS
Le second tome reprend les éléments du premier mais sans avoir besoin de construire autant de décors. On retourne donc immédiatement avec un auteur qui considère que les personnes qui lisent connaissent son univers. Ainsi, ce second tome peut être lu sans avoir lu le premier. Mais lire City of stairs aide à comprendre certains éléments précis.
Vu que l'on reprend au même niveau cela implique d'entrer dans un univers qui voit une nation tomber tandis qu'une autre possède force économique et militaire. Bien que la fin du premier voulût montrer une tentative de mieux partager le monde on comprend rapidement que les choses ne sont pas si simples. De nombreuses scènes de ce second tome montre que les soldats de Saypur, et le commandement, défendent une vision raciste et colonialiste de leur rôle. Les continentaux sont insultés, considérés comme des sauvages qu'il faut civiliser mais aussi une menace qu'il faut anéantir avant qu'elle ne puisse prendre forme. Le commandement de la ville, dans ce tome, n'hésite pas à organiser des expéditions punitives afin d'attaquer toutes les personnes qui pourraient être insurgées, ce qui implique des enfants.
Ainsi, le grand thème de ce tome est l'armée et son rôle. Il existe deux visions. D'une part la vision de la divinité Voortya et celle du commandement local. L'armée est présente pour détruire les ennemis. La définition est très étendue et toutes personnes qui refusent la domination de Saypur devient rapidement ennemie, créant par-là les prémisses d'une rébellion générale. L'armée et la guerre, dans cette vision, sont vues comme l'occasion d'imposer sa volonté et de combattre glorieusement sur le champ de bataille. Le principal caractère qui défend cette vision souhaite atteindre une forme de gloire par la guerre et une mort pensée comme héroïque.
Mulagesh défend une seconde vision. Dans celle-ci, être soldat implique de servir le monde et les personnes. Le but n'est pas de continuer une guerre mais d'y mettre un terme afin de donner à d'autres personnes l'occasion de construire au lieu de détruire. Mulagesh pense que le combat est nécessaire, mais uniquement dans certaines circonstances et d'une certaine manière. Elle ne tue pas par envie d'atteindre la gloire mais par nécessité en cherchant un moyen de stopper le combat avant même son début. Dans ce tome, cette vision est liée à la fille de Sigurd, Signes, qui, même si capable de se battre, est avant tout une créatrice qui tente de changer le monde non par la guerre mais en donnant des opportunités économiques à la population. Elle aussi, souhaite élever sa nation et les autres afin de partager une prospérité commune.
Ce second tome de la trilogie peut même être qualifié de meilleur que le premier. L'auteur dépeint des personnages intéressants, compliqués et faillibles. Certaines des relations entre ces personnages sont particulièrement bien écrites, en particulier le lien difficile entre Sigurd et Signes. De plus, l'auteur n'a plus besoin de construire l'univers de la trilogie ce qui lui laisse l'occasion de se concentrer sur l'intrigue. Si le troisième tome est de la même qualité ce sera une très bonne conclusion à une trilogie que j'ai beaucoup apprécié découvrir.
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**** L'auteur aurait pu mieux thématiser l'aspect colonial de l'une des nations. Mais il montre un grand talent dans la construction de son univers. Les deux suites sont déjà dans ma PAL.
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Image : Éditeur