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Zürich, 22.08.2017
Lors du procès qui s'est tenu mardi à Bellinzone devant le Tribunal pénal fédéral (TPF) à Bellinzone contre un vigneron-encaveur valaisan, il a été question du petit Italien retrouvé inconscient dans la neige à Veysonnaz en 2002. Le prévenu est accusé d'incendie intentionnel contre le Ministère public de Sion.
Il a raconté que la justice valaisanne n'avait jamais voulu l'entendre comme témoin dans l'histoire de Luca Mongelli, l'enfant retrouvé en fin de vie à Veysonnaz il y a quinze ans. Le jugement sera rendu par écrit.
S'estimant bafoué par la justice de son canton qui n'avait jamais répondu à ses nombreuses lettres recommandées et demandes d'audience, le prévenu avait décidé d'attirer l'attention du Ministère public de la Confédération par un geste fort.
Ainsi, le 5 décembre dernier, il aspergeait le "paillasson" du hall d'entrée du Ministère public du Valais à Sion d'un acide sulfurique pour l'accusation, sulfureux - soit non nocif -, selon l'accusé. Il se rendait ensuite sur le parking du bâtiment et boutait le feu à un véhicule.
L'incendie s'étendait rapidement, détruisant trois autres voitures et en endommageant partiellement quatre véhicules supplémentaires. La place de parc avait aussi subi des dégâts dont le total a été estimé à 83'000 francs par la justice. Arrêté le jour même, cet homme de 51 ans, marié et père de deux enfants, est depuis détenu à la prison des Iles de Sion.
Le vigneron-encaveur, propriétaire d'une exploitation viticole familiale - récemment placée en procédure de faillite - a raconté au TPF que suite à une agression subie en mai 2012, pour laquelle il avait été lui-même dénoncé, il avait en vain demandé justice au Ministère public de son canton.
Rancoeur et stress
Il se plaignait aussi de continuelles menaces de mort formulées par son frère avec lequel il s'était gravement brouillé pour des raisons familiales en 1990. N'obtenant aucune réponse à ses nombreux écrits recommandés, il aurait accumulé rancoeur et stress qui l'auraient poussé à agir, a-t-il expliqué, disant regretter son acte.
Le prévenu a aussi raconté à la cour que durant des années il avait en vain demandé à être entendu comme témoin principal dans l'affaire du petit Luca Mongelli. En février 2002 ce petit Italien alors âgé de sept ans était retrouvé gravement blessé dans la neige à Veysonnaz. Il est depuis aveugle et tétraplégique. L'accusé a répété que la justice de son canton n'avait jamais voulu lui accorder de crédit.
Psychose paranoïaque
Selon un psychiatre auditionné mardi par la cour, le prévenu serait atteint de psychose paranoïaque nécessitant un traitement psychiatrique dans un établissement spécialisé. Il présenterait un risque de récidive et pourrait être dangereux pour autrui ou pour lui-même. Les conclusions de l'expertise ont été totalement contestées par la défense qui a demandé, en vain, une seconde expertise.
Le procureur Carlo Bulletti a requis deux ans de prison pour emploi délictueux d'explosifs ou de gaz toxique (article 224 du code pénal) et d'incendie intentionnel (article 221). Reconnaissant une légère responsabilité diminuée, il a aussi requis un traitement psychiatrique. La défense a uniquement reconnu l'incendie intentionnel et a demandé une peine assortie du sursis. Le jugement sera rendu ultérieurement.