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La méthode de la méditation taoïste est encore mal connue en Occident, malgré le fait que certaines de ses techniques de base soient popularisées depuis la fin des années 70.
Des techniques comme le petit circuit céleste (le déplacement circulaire du Qi 氣 selon un circuit suivant la colonne vertébrale à l'arrière et l'axe médian du corps à l'avant), notamment, sont très connues du public du Qi Gong.
En méditation taoïste, cependant, ce type de technique est un terme générique englobant en réalité de nombreuses manières d'en faire l'expérience, passant de l'agir au non agir et du local au non local. Ainsi, ce que l'on voit pratiquer le plus souvent n'est qu'une toute petite partie des déclinaisons de cette technique.
D'une manière générale, avant de vouloir mobiliser l'énergie (pour quoi faire, c'est encore une autre question...) les traditions enseignent qu'il faut s'appliquer d'abord à deux choses: d'une part retrouver le plein potentiel énergétique (qui comprend lui-même deux volets: 1) éviter les fuites et 2) restaurer l'énergie manquante) c'est à dire un travail quantitatif, d'autre part restaurer une qualité de qi suffisante pour pouvoir se lancer sans problème dans les premiers stades de l'alchimie interne (aspect qualitatif).
La petite circulation céleste, dans sa version la plus basique, fait partie de l'étape Poser les Fondations, la première des étapes de la méditation taoïste. Mais on oublie souvent que cette étape, qui semble la première étant donné son nom, suppose des préalables que la plupart des textes ne mentionnent pas. Pourquoi? Simplement parce que dans l'univers des pratiquants anciens, il était impensable que quelqu'un puisse accéder à leurs enseignements sans de solides bases antérieures.
Pour prendre une analogie, quand nous allons voir un prof de piano, il est assez rare qu'il nous demande si nous avons un piano, il suppose que c'est le cas. De ce fait, dans les méthodes enseignant le piano, même les bases, il est assez rare que l'on trouve en point 1 la demande de vérifier si nous avons un piano et si celui-ci est accordé. Il en va de même dans les traités de méditation taoïste...
Dans la tradition, notamment Longmen, le fait de s'occuper du piano et de son accordage passe par ce que l'on appelle les Yinxian Fa 引仙法. On dit parfois que ces méthodes permettent de nettoyer le laboratoire et d'en assurer l'intégrité, avant d'espérer pouvoir installer le chaudron qui servira à travailler l'elixir. (Toutes ces expressions sont des métaphores, bien évidemment).
Ces techniques donnent le vocabulaire de base, les sensations de base, les capacités (skills) nécessaire pour s'atteler ensuite au travail de fond. Elles délimitent les espaces intérieurs, les rendent ouverts et réels et permettent ensuite de les utiliser facilement. Ce sont des méthodes qui permettent de calmer et de recueillir l'esprit et de réguler le corps, la respiration et l'esprit. En termes d'alchimie, cette étape pourrait être assimilée au nettoyage de votre grenier ou de votre sous-sol en vue de la construction du laboratoire.
On en trouve différentes versions. Je vous livre ici les 12 les plus courantes, mais il y en a de nombreuses autres spécifiques à certaines écoles.
L'idée n'est pas de proposer ici une explication exhaustive de ce que regroupent ces termes en pratique, mais de montrer le travail implicite et le degré de réalisation qui était traditionnellement demandé aux apprentis disciples, avant même de pouvoir songer à pratiquer des techniques du type petit circuit céleste.
Dans l'enseignement structuré en méditation taoïste que nous mettons en place pour Ming Shan, nous travaillerons spécifiquement sur ces bases. Certaines peuvent être transmises en e-learning et feront l'objet du premier module que nous élaborons. D'autres s'enseigneront sur place à Ming Shan, dans une articulation entre enseignement distant et e-learning qui doit encore être inventée, puis testée et évaluée avec l'aide de vos retours.
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