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Le démocrate Andrew Cuomo, gouverneur de l’Etat de New York, a « harcelé sexuellement plusieurs femmes, dont d’anciennes et actuelles fonctionnaires de l’Etat », selon les conclusions d’une enquête indépendante demandée par la justice et révélée mardi par la procureure de l’Etat Letitia James.
« L’enquête indépendante a conclu que le gouverneur Andrew Cuomo a harcelé sexuellement plusieurs femmes et, ce faisant, a violé la loi fédérale et celle de l’Etat », a affirmé la procureure, précisant qu’il y avait parmi les victimes d’ »anciennes et actuelles » fonctionnaires de l’Etat.
Le rapport d’investigation attribue à Andrew Cuomo des gestes déplacés, « des baisers et des étreintes non désirées », ainsi que « des commentaires inappropriés ».
Les conclusions de l’enquête affirment que le gouverneur et son personnel ont « aussi pris des mesures de représailles à l’encontre d’au moins une employée pour avoir témoigné », a indiqué un communiqué du bureau de la procureure. « Enfin, l’équipe exécutive du gouverneur a favorisé un environnement de travail toxique qui a rendu possible le harcèlement et une ambiance de travail hostile », ajoute le bureau.
Selon Letitia James, il appartient au gouverneur lui-même de « tirer les conclusions » de l’enquête. Interrogée sur le fait de savoir s’il devait démissionner, elle a ajouté: « La décision appartient au gouverneur de l’Etat de New York. Le rapport parle de lui-même ».
De son côté, Andrew Cuomo a assuré qu’il n’avait « jamais touché quelqu’un de manière inappropriée ou fait des avances sexuelles inappropriées », après la publication du rapport. Durant son intervention, le démocrate de 63 ans n’a pas évoqué une possible démission, semblant l’exclure, alors que plusieurs dans son camp l’appellent à quitter ses fonctions.
Le gouverneur, qui avait déjà nié les accusations quand elles avaient été rendues publiques, avait longuement été entendu par les enquêteurs le 17 juillet. Andrew Cuomo avait gagné en popularité pour sa gestion de la pandémie de Covid-19, dont New York avait été l’épicentre américain au printemps 2020, mais les accusations de harcèlement l’ont par la suite affaibli.
ats/iar
Appels à la démission
« Baisers et étreintes non désirées », « commentaires inappropriés », gestes déplacés, la liste des actes attribués au gouverneur de New-York, en place depuis 2010, est longue.
Malgré les dénégations de l’accusé, les appels à la démission se sont multipliés dans son camp, jusqu’au président Joe Biden. « Je pense qu’il devrait démissionner », a affirmé depuis la Maison Blanche le président des Etats-Unis, considéré comme un ami d’Andrew Cuomo.
La présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a aussi demandé au gouverneur de quitter son poste, après la publication de ce rapport explosif de 165 pages, qui vient renforcer les accusations.
« Il doit démissionner », estime également le maire de New York Bill de Blasio. « Et s’il continue à résister et à attaquer les enquêteurs qui n’ont fait que leur travail, il doit être mis en accusation immédiatement » en vue d’être destitué.