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Écharpe ou décolleté, robe ou tailleur? Comment s'habiller quand on est une femme et qu'on incarne le pouvoir? Réponses dans l'exposition "" du Musée du Textile de Saint-Gall.
Pour la société d'ancien régime, princesses et impératrices affirment leur pouvoir en se distinguant des autres femmes par des vêtements très richement ornés, comme en portait par exemple Elisabeth d'Autriche, dite Sissi, dans la seconde moitié du XIXe siècle.
Plus de possibilités que les hommes
La chancelière allemande Angela Merkel assiste à l'inauguration de l'Opéra d'Oslo, le 12 avril 2008. [Bjorn Sigurdson/Scanpix - Reuters]Mais avec la démocratie, la question du vêtement pour les femmes de pouvoir devient plus complexe: "Les femmes ont infiniment plus de possibilités que les hommes de s'exprimer à travers leur habillement. Et lorsqu'elles sont au pouvoir, elles peuvent en jouer d'autant plus", explique Stefan Aschwanden, directeur du Musée du textile, Saint-Gall lundi dans le 19h30.
"Mais elles ont aussi beaucoup plus de risque de commettre des impairs qui peuvent susciter la critique ou en tout cas les exposer publiquement".
Être une cheffe d'Etat ou de gouvernement, c'est savoir se montrer élégante, sans excès de luxe. Féminine, mais pas trop. Belle, mais pas provocante, sous peine d'essuyer des moqueries.
Comme Angela Merkel lors d'une apparition en décolleté plongeant à l'opéra de Stockholm en avril 2008.
Un foulard politique
C'est aussi risquer d'essuyer de vives critiques, comme Micheline Calmy-Rey lors de sa visite à Téhéran, voilée, pour rencontrer le président Mahmoud Ahmadinejad en mars 2008.
L'ancienne présidente de la Confédération se souvient: "Si je n'avais pas obéi à cette tradition, je n'aurais pas pu entrer ni faire mon travail. Donc évidemment, j'ai mis un voile, ce qui a effectivement été fort critiqué par certaines femmes. Elles estimaient que j'avais trahi les valeurs que je défendais normalement, ce qui n'était pas le cas."
Micheline Calmy-Rey, alors responsable des Affaires étrangères, et Mahmoud Ahmadinejad, le président iranien. Téhéran, le 17 mars 2008. [Hasan Sarbakhshian - Keystone/AP Photo]
A ce jeu du paraître, on peut avoir l'impression que les femmes en politiques sont un peu toujours perdantes: "Oui, c'est problématique, mais pour commencer, il faudrait que nous, les femmes, on cesse de jouer là-dessus, sur les vêtements pour se faire accepter ou pour avoir des commentaires admiratifs ou positifs", souligne Micheline Calmy-Rey.
Changement de regard de la société, mais aussi des femmes sur elles-mêmes. Un changement qui sera peut-être un jour aussi exposé au.
Sujet TV: Chloé Steulet & Séverine Ambrus
Adaptation web: Stéphanie Jaquet