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Noviciat de Nünberg

Le père Thomas Hollweck sj a pris la fonction de Maître des novices pour les Provinces allemande, autrichienne et suisse ce 1er août 2015 à Nuremberg, en Allemagne. Il remplace le Père Josef Maureder sj qui a dirigé le noviciat depuis le 1er juillet 2007.
Originaire de Bavière, Thomas Hollweck sj (48 ans) est entré chez les jésuites en 1992. Après des études en théologie spirituelle à Madrid, il est ordonné prêtre en 1999 à Munich. Le Père Hollweck a été accompagnateur spirituel et aumônier pour les prêtres dans l’archidiocèse de Hambourg. Il a travaillé dans l'aumônerie estudiantine à Munich et comme assistant de Communautés de Vie Chrétienne en Allemagne.
Rappelons que depuis 2003 toutes les Provinces jésuites de langue allemande ont un noviciat commun à Nuremberg (à Rupert-Mayer-Haus). Le 6 septembre 2015, cinq novices ont professés leurs premiers vœux. Et la semaine suivante, de nouveaux candidats sont entrés au noviciat : www.jesuitennoviziat.de
Une longue interview avec le maître des novices sortant (vidéos en allemand) se trouvent sur www.jesuiten.org/slides-startseite/novizenmeister.html. Nous retranscrivons ci-dessous une traduction courte en français des extraits de vidéos proposées en langue originale :
Extrait de l'interview de Joseph Mauderer sj par Christof Wolf sj
« Le fait que des personnes ayant des formations les plus diverses viennent à nous est un grand cadeau »
Le P. Josef Maureder sj (54 ans), maître des novices des provinces jésuites de langue allemande de 2007 à 2015 (mais également de Suisse romande), a accompagné de nombreux jeunes hommes désirant entrer dans l’ordre. A la fin du mois de juillet, il a remis cette tâche si importante pour l’ordre au P. Thomas Hollweck sj. Le P. Christof Wolf sj a posé quelques questions au maître des novices sortant. (vidéos en allemand)
Quelles sont les étapes normales pour entrer dans l’Ordre jésuite ?
Ceux qui s’intéressent aujourd’hui à notre Ordre prennent habituellement contact avec le responsable de la pastorale des vocations de leur région, qui accompagne les candidats et les invite à des journées d’information. Une fois admis, ils entrent au noviciat ; commence alors une période de formation d’une durée de deux ans. Durant les deux premières semaines, que nous appelons de candidature, ils sont encore des hôtes et c’est à la fin de ces semaines qu’ils se décident à entrer au noviciat. La première année est surtout consacrée au processus de maturation personnelle. A la fin de cette année viennent les Grands Exercices, au cours desquels se précise le plus souvent la décision du novice : sa vocation se situe-t-elle ailleurs ? Ou souhaite-t-il vraiment continuer et devenir jésuite ? Durant la deuxième année, l’élément spirituel est très important. Il s’agit en effet des vœux et du style de vie religieux. A la fin du noviciat, c’est la dimension apostolique, l’engagement, qui devient prioritaire. Sur les sept mois que compte cette étape, plus de cinq sont consacrés à des expériences, des stages pratiques et un engagement pastoral. Ainsi, le noviciat est une période d’apprentissage de deux ans, pour se familiariser avec la vie commune, apprendre à connaître l’ordre, à se connaître soi-même et surtout à connaître Dieu et, dans cette approche, se demander : Est-ce que je veux m’engager sur ce chemin ? En suis-je capable ? Est-ce ce que je dois faire ? Puis vient le moment de prendre une décision responsable.
Comment se déroule l’admission au noviciat ? Doit-on poser sa candidature ?
Quand la question de l’entrée devient précise, le maître des novices invite la personne intéressée à passer deux ou trois jours au noviciat. C’est à ce moment que l’on décide si l’on entre en matière et que commence le processus d’admission. Il comporte un entretien avec 4 confrères, qui donnent leur avis par écrit sur l’aptitude du candidat à nous rejoindre. Suivra un entretien avec un psychologue qui se demandera : cet homme est-il en bonne santé psychique, ou y a-t-il des points d’interrogation ? Il en parlera avec le candidat. Il nous faut aussi un certain nombre de documents – certificat médical, diplômes de fin d’études, certificat de confirmation. Enfin, le candidat s’entretiendra aussi avec le provincial, qui prendra connaissance du dossier et décidera de l’admission. Si sa décision est positive, la date d’entrée habituelle est la mi-septembre.
Quelles sont les motivations de ceux qui frappent ainsi à votre porte ?
Je constate - et c’est pour moi un sujet de joie - que la plupart d’entre eux sont effectivement à la recherche de Dieu, de ce mystère vers lequel ils tendent. Une deuxième motivation est souvent, pour beaucoup d’entre eux, le désir de s’engager pour la justice sociale dans un monde injuste, le sentiment qu’ils leur est impossible de mener une petite vie bourgeoise alors que d’autres sont exclus et qu’ils vivent dans les difficultés. Une troisième motivation pour beaucoup de ceux qui viennent à nous est l’élément communautaire. Ils souhaitent cheminer avec d’autres sur une voie marquées par des valeurs. Ils savent que, normalement, il n’est pas possible de le faire seul et qu’ils ont besoin des autres, ils recherchent une communauté de pèlerins. Il y a encore divers autres aspects. Certains souhaitent trouver des réponses à certaines questions intellectuelles. Ils sont attirés par l’Ordre des jésuites parce qu’il implique que nous nous posons des questions difficiles et que nous nous y confrontons au plan intellectuel.
En ce qui concerne le profil des candidats, avez-vous remarqué des changements au cours des 8 dernières années ?
On note une diversité croissante à plusieurs égards, notamment en ce qui concerne l’âge des candidats novices. Chaque année, un certain nombre d’hommes de plus de 40 ans se présentent, aux côtés d’autres qui sont relativement plus jeunes. C’était rare autrefois. C’est une nouveauté apparue ces deux ou trois dernières années. Cela signifie qu’il existe une différence d’âge qui peut être de plus de 20 ans entre les plus jeunes et les plus âgés des novices. Un deuxième élément concerne la diversité des contextes culturels qui s’est accrue, notamment dans le domaine de la langue. En effet, nous couvrons trois provinces, dont la Scandinavie (et bientôt aussi la Lituanie). Il existe d’assez grands écarts dans le domaine de la socialisation ecclésiale. Certains candidats n’ont eu quasiment aucun contact avec une paroisse. Ils ont fait un chemin personnel avec Dieu. D’autres ont été serveurs de messe. J’estime que le fait que des gens ayant des formations les plus diverses viennent à nous est un grand enrichissement. Nous avons connu autrefois des volées où ceux qui avaient déjà fait des études de théologie et de philosophie étaient nombreux. De nos jours, nous avons des candidats venus de professions pratiques, des juristes ou des secouristes. Je considère cela comme une richesse et un cadeau, même s’ils sont plus âgés et ont encore devant eux toutes les études de philosophie et de théologie. Enfin, autre changement : les motivations sont plus éprouvées. En effet, leur entourage et leur famille ne sont pas forcément enthousiastes lorsqu’ils s’intéressent à nous. C’était différent autrefois, peut-être pas nécessairement il y a quelques années, mais certainement il y a deux ou trois décennies. Aujourd’hui, lorsqu’ils annoncent leur intention, ils font face à des regards interrogateurs. Ils doivent examiner de manière plus approfondie s’ils veulent vraiment s’engager sur ce chemin. Je tiens cela pour un avantage.
Quel est le plus beau souvenir que vous gardez de ces huit ans comme maître des novices ?
Ce que l’on peut vivre de plus beau, bien sûr, est le moment où, au cours des Exercices spirituels, les novices découvrent qui est, pour eux, ce Jésus de Nazareth et ce qu’il signifie pour le monde. Lorsque l’on sent qu’ils en sont émus. Il m’est quelquefois arrivé de le ressentir très fortement au cours d’entretiens, cette révélation, et j’ai dû alors me maîtriser pour ne pas fondre en larmes, pour garder un calme professionnel. Parce que je suis profondément ému lorsque des novices font cette découverte. Et je remarque que tant de choses se sont produites ... Lorsque le cœur est saisi, le reste a bien moins d’importance. Comme le dit Paul, il s’est mis en route « ayant été moi-même saisi par le Christ Jésus ».