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Les mandats du président du Conseil national dans trois sociétés, localisées à Panama et dans les Iles Vierges, déchaînent les critiques de la gauche. Lundi, Peter Hess s'est justifié. Mais, dans la soirée déjà, ses déclarations étaient démenties par la Confédération.
Contrairement à ce qu'affirme le président du Conseil national, l'administration fédérale n'a trouvé aucune des trois sociétés en question dans ses registres. Les déclarations de Peter Hess ont été démenties lundi soir par l'administration fédérales des finances. Qui a précisé que ces informations ne résultaient que d'un premier tour d'horizon effectué par l'administration fédérale.
L'«affaire Hess» a tenu la vedette sous la Coupole, lundi en prélude au débat sur la 11e révision de l'AVS. La polémique a été relancée par les révélations du SonntagsBlick. Selon le journal dominical alémanique, le démocrate-chrétien Peter Hess est administrateur de trois sociétés boîtes aux lettres domiciliées dans deux paradis fiscaux, Panama et les Iles Vierges.
Lundi matin, donc, le président du Conseil national s'est tout d'abord justifié devant son groupe. Il a ensuite réitéré l'exercice, en début d'après-midi, devant les députés.
Le Zougois a souligné que ses activités étaient tout à fait légales, et donc nullement «douteuses». Il a en outre assuré que les sociétés montrées du doigt n'enfreignaient pas le droit suisse. En particulier, elles seraient enregistrées conformément aux prescriptions en la matière.
Pour autant, le premier citoyen de Suisse n'a pas convaincu tous les parlementaires. Ceux de gauche, en particulier, se montraient particulièrement critiques, lundi après-midi avant même que l'administration fédérale ne mette en doute les propos de Peter Hess.
«Il est intenable que le président du Conseil national soit administrateur de telles sociétés, a ainsi déclaré Nils de Dardel. Formellement, elles sont peut-être conformes au droit suisse. Mais du point de vue de leurs activités, elles sont immorales: elles ont pour but d'éluder les impôts.»
La socialiste saint-galloise Hildegard Fässler, elle, l'a dit à la tribune: un président du Conseil national ne doit pas se contenter de respecter la loi. Il doit donner l'exemple. Bref, tout est question d'image.
Hildegard Fässler ne demandait pas pour autant la tête de Peter Hess. Mais attendait de Peter Hess qu'il abandonne ses mandats économiques. Par-dessus tout, la socialiste espérait que ces révélations entraîneront un véritable débat sur le rôle joué par les présidents des Chambres.
Le président des démocrates-chrétiens, Adalbert Durrer, estimait qu'il revenait à chaque parlementaire d'évaluer ses activités personnelles et d'en prendre la responsabilité. Et de rappeler que les députés connaissaient parfaitement les liens du Zougois avec le monde économique, et cela avant même qu'il soit élu au perchoir.
Pour mémoire, Peter Hess avait déjà été épinglé, en février, pour ne pas avoir indiqué ses liens avec deux multinationales du tabac. Suite à cette affaire, les services du Parlement ont publié une nouvelle liste des intérêts des députés.
Et c'est justement sur cette liste que figure les trois entreprises qui valent à Peter Hess d'être à nouveau au cœur de la polémique.
Caroline Zuercher