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Critique
"La réalisatrice danoise Susanne Bier signe ici un septième film qui s'efforce de suivre les règles du ""Dogme"", ce mouvement fondé en 1995 par des cinéastes qui se réfèrent à des modalités de tournage simplifiées excluant les gros budgets, la lumière artificielle, la mise en place de décors et les techniques cinématographiques sophistiquées.
Cécilie et Joachim vivent à Copenhague. Ils sont faits pour s'entendre, mais ils sont brutalement confrontés à la tragédie: Joachim est renversé par une voiture et se retrouve paralysé. La conductrice du véhicule, Marie, se sentant coupable, demande à son mari médecin, Niels, de soutenir Cécilie, choquée par l'événement, et de l'aider à reprendre pied. Ce dernier tombera amoureux de la jeune femme, mettant ainsi en péril l'existence même de son couple et de sa famille.
OPEN HEARTS est une variation assez réussie sur le thème du triangle amoureux. Partant d'un drame qui, soudainement, détruit une vie (celle de Joachim) et en traumatise une autre (celle de Cécilie), la cinéaste suit pas à pas l'évolution des quatre personnages fragilisés, par petites touches rapides, à l'écoute de leurs vibrations intérieures plutôt qu'à l'aide de grands discours. OPEN HEARTS doit être traduit littéralement: c'est dans leurs ""cœurs ouverts"" que la cinéaste nous entraîne, dans un monde où se révèlent la complexité et la fragilité des sentiments amoureux, là où un événement imprévu rompt l'équilibre de deux couples qui semblent ne plus pouvoir contrôler dès lors le cours de leur existence.
Soutenu par d'excellents comédiens (on reconnaîtra au passage deux des interprètes de FESTEN, Paprika Steen et Nikolaj Lie Kaas) OPEN HEARTS est un film plein d'émotions, qui évite le mélodrame, mais qui vaut peut-être plus par sa remarquable direction d'acteurs, par ses qualités de sensibilité et de tact, que par l'originalité de son scénario. Cela d'autant plus qu'on pourrait reprocher à la cinéaste de terminer son film en laissant ses personnages en pleine situation de crise, comme livrés à des forces qui les dépassent. On appelle cela une tragédie. Mais comment vont-ils s'en sortir? On reste songeur..."
Antoine Rochat