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Extrait 3
De l’inconscient créateur à la gynogénèse
« Le temps passait et un jour naquit un bébé-éprouvette en Angleterre, en 1978. Beaucoup d’autres naquirent depuis, et certains de ces enfants commencent à accoucher à leur tour d’enfants normaux. Jusqu’à présent un bébé-éprouvette nécessite le mélange d’un spermatozoïde mâle et d’un ovule femelle, dans le tube à essai, au lieu de normalement dans la trompe.
Puis, ces dernières années, diverses formes de clonages ont été réussies. La brebis Dolly a été clonée en 1996. Celui d’un être humain entier serait théoriquement possible, mais il est interdit par la loi. Actuellement, on clone des cellules souches pour fabriquer des tissus défectueux. De toute façon cela n’a rien à voir avec le désir d’enfant de Jocelyne.
De nos jours, les lesbiennes, qui vont en nombre à l’étranger pour faire des bébés par inséminations artificielles, reçoivent du sperme de n’importe quel homme donneur volontaire. Mais pourquoi ne pas mélanger le matériel génétique de deux femmes qui s’aiment ? Cela ne nuit à personne.
Grâce aux diverses expériences réussies et en les combinant, on devrait pouvoir utiliser l’éprouvette, en y mélangeant deux ovules, un de chacune des femmes, et en introduisant le matériel génétique de l’un des ovule dans l’autre, de manière à ce qu’il se forme un œuf normal, qui porte du matériel génétique de chacune des femmes ; puis l’œuf serait inséré dans l’utérus de la femme qui aurait décidé de porter et d’accoucher du bébé. Le fait est que d’une telle conception ne peut naître qu’une fille (ce qui pour les lesbiennes ne pose pas de problème) puisqu’il n’y a pas de chromosome Y dans les ovules féminins du mélange. Ce serait une fille normale, avec des traits venant des deux mères, comme les bébés issus d’un couple hétéro.
Voila ! Le désir de Jocelyne presque atteint.
Dans un article de Libération du 24 avril 2004, repris d’un article de Nature du 22 avril 2004 et retrouvé sur Google sous le titre : « Sans mâle, deux ovules accouchent d’une souris », on peut lire que Tobohiro Kono à la tête d’une une équipe japonaise a remplacé le spermatozoïde par un ovule immature, ce qui diminuait le problème des empreintes génomiques, et après 457 tentatives, a réussi à obtenir une souris en bonne santé et fertile. D’autres souris sont nées de la même façon, en bonne santé et capables de se faire féconder par un mâle normal et d’obtenir des souriceaux normaux. Cette technique est appelée gynogenèse et « son originalité est d’avoir dépassé l’interdit biologique de la fécondation homosexuelle » selon Jacques Testart. »