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Le concept d'émotion exprimée (EE) a été développé en Angleterre il y a environ 30 ans. Il décrit de manière standardisée les attitudes parentales vis-à-vis de sujets atteints de troubles psychiatriques. L'EE élevée a été associée à une mauvaise évolution des patients schizophrènes, ce qui a favorisé la mise en place d'approches familiales visant à diminuer l'EE. Nous décrivons dans cet article une étude réalisée à Genève, qui met en évidence un lien entre EE et pronostic sur une durée de cinq années. Cette étude met en évidence qu'une EE élevée à l'inclusion est associée à des caractéristiques de mauvais pronostic, comme par exemple une mauvaise adaptation prémorbide ou la prise de drogues. Ces résultats, de même que ceux rapportés par la littérature récente, laissent penser qu'il existe une influence réciproque entre l'EE et les caractéristiques des patients. En conséquence, et sans minimiser l'importance de la prise en charge des familles, la mise en place de traitements visant spécifiquement à diminuer l'EE parentale apparaît en partie prématurée.