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Une nouvelle étude a tenté d’établir s’il est encore temps de sauver le monde en réduisant progressivement les émissions de carbone. Elle analyse plusieurs voies et obtient des résultats positifs.
Zéro émissions
Leurs simulations suggèrent que la solution zéro émissions, où les émissions de carbone sont interrompues immédiatement, limiterait le réchauffement à 0,9°C au maximum. Il pourrait cependant y avoir une courte étape de réchauffement brusque, due à la disparition d’aérosols. Si nous arrêtons les énergies fossiles maintenant, la température monterait vite d’environ un dixième de degré, puis redescendrait plus bas que le niveau actuel. Cela suffirait probablement à assurer un climat viable et stable à la planète Terre. Cependant, de nombreux problèmes se poseraient, tels que le chauffage des bâtiments dans les régions où les températures hivernales sont inférieures à zéro degrés.
Changement d’infrastructure
La solution changement d’infrastructure, qui signifie que les centrales existantes ne sont pas arrêtées, mais remplacées par des solutions renouvelables à la fin de leur existence permettrait d’éliminer les émissions les gaz à effet de serre en plus ou moins 40 ans. Les simulations suggèrent que dans ce cas, les températures de la Planète monteraient d’encore trois dixièmes de degré environ, puis redescendraient lentement, et que la température de la Planète ne dépasserait pas le seuil fatidique de 1,5°C. Il est donc encore temps, en utilisant les infrastructures existantes et en construisant des variantes écologiques à partir de maintenant, nous pouvons encore sauver la Planète.
Incertitudes et commentaires
Ce n’est cependant pas une certitude. Une autre étude similaire (Matthews and Zickfeld, Nature Climate Change 2012) estimait que dans le cas d’un changement d’infrastructure progressif en 40 ans, les températures continueraient à monter. Les auteurs considéraient que la végétation souffrirait de ces quelques dixièmes de réchauffement et absorberait moins de carbone.
Et il est vrai que la Nature donne réellement des signes inquiétants. A 1,5°C de réchauffement, et déjà maintenant, la plupart des récifs coralliens et de poissons tropicaux disparaissent, trois quarts d’ européens sont exposés aux inondations, une grande partie d’insectes a aussi disparu. Pour ne pas menacer les écosystèmes, le mieux serait peut-être de combiner la solution zéro carbone et changement d’infrastructure, de remplacer les centrales vieillissantes au fur et à mesure, et aussi d’arrêter ou de limiter certaines émissions tout de suite, par exemple celles de l’aviation. Nous ne pouvons pas nous permettre une augmentation incontrôlée d’émissions aériennes.
L’étude récente de Pfeiffer et al (Environ. Res. Lett 2018) estime aussi que les centrales actuellement en construction amèneraient le réchauffement au dessus de 1,5°C. Le travail de Smith et al. ne discute pas non plus les effets secondaires possibles, les feux de forêts, sécheresses et le dégel du permafrost, qui pourraient aggraver le diagnostic de la Planète et accélérer le réchauffement. Il est bien plus sûr de réduire ces émissions de carbone rapidement, ou nous devrons mettre les bouchées doubles par la suite.
Arrêter les énergies fossiles
Une autre solution, CO2 constant, limiterait les émissions et maintiendrait la quantité de CO2 dans l’atmosphère aux niveaux actuels, sans changer de technologie. Elle impliquerait une régulation d’émissions, sans remplacement généralisé d’installations productrices d’électricité.
Les simulations montrent que dans ce cas, les températures continueraient à monter plus longtemps et atteindraient des niveaux plus haut, et plus dangereux pour la Planète. Il vaut donc bien mieux quitter les énergies fossiles et passer aux énergies renouvelables, pour assurer une baisse de l’effet de serre à long terme.
Energies renouvelables pour le monde entier
Le passage mondial aux énergies renouvelables est possible, nécessaire, et en cours. Ces nouvelles technologies sont souvent développées pour les pays industrialisés, qui pourraient servir de modèle de développement futur. Le jour où chacun du milliard d’Indiens et ou de Chinois achètera une voiture. Il faudra que ce soit une voiture non polluante, sous peine de fin du monde. Notre passage rapide aux énergies renouvelables assure le développement de technologies qui seront ensuite utilisées à plus grande échelle. Il vaut encore mieux organiser nos sociétés de façon efficace, en privilégiant les transports publics et une consommation modéré.
Réductions d’émissions
Les émissions de carbone proviennent essentiellement du pétrole, du charbon et du gaz. Un changement d’énergies semble nécessaire pour limiter durablement le réchauffement.
Lors de la conférence COP21, en 2015, la Suisse, comme la plupart des pays du monde, s’est engagée à réduire ses émissions de carbone pour limiter le réchauffement à 2°C ou même 1,5°C. En effet, au-delà de ce seuil, le climat de la Planète pourrait se dégrader irréversiblement. Les mesures promises en 2015 permettent de limiter le réchauffement à +3°C.
Ces résolutions initiales devront par la suite être complétées par d’autres projets qui permettront d’atteindre les buts de l’accord de Paris. Et c’est vraiment une course contre la montre. J’espère me tromper, mais comme je l’ai discuté avant, le réchauffement pourrait s’accélérer, et des réductions d’émissions encore plus importantes pourraient être nécessaires par la suite. Plus nous tardons, plus nous courrons le risque d’ arrêts d’urgence d’entreprises polluantes, ou d’interruptions de leur fonctionnement par les catastrophes climatiques.
Les mesures proposées dans la loi CO2 nous permettraient de garder notre style de vie en remplaçant graduellement les énergies fossiles par des ressources renouvelables. Parallèlement, en voyant les récentes manifestations d’étudiants pour le climat, et les millions de signatures d’une pétition française, j’ai l’impression qu’une prise de conscience et un changement de société semblent être à l’oeuvre, et pourraient créer une société plus écologique et plus durable.
https://www.nature.com/articles/s41467-018-07999-w
https://www.letemps.ch/monde/laffaire-siecle-un-reveil-ecologiste-francais
https://www.letemps.ch/suisse/milliers-jeunes-mobilises-rues-climat
6 réponses à “Eliminons les émissions de CO2 avant 40 ans”
Bonjour,
bon, voici pour les modèles. Mais dans les faits, dans la “vraie vie” cela donne quoi? On parle de changer la structure de notre société, mais sans jamais donner de détails. Il est vrai que si on réfléchit de manière très “terre à terre” cela peut donner froid dans le dos.
Ainsi, qui bénéficie aujourd’hui d’un réseau de transports en commun efficace, lui permettant de “vivre sans voiture”? Uniquement les habitants des grandes métropoles telles que Paris. L’option “développement de ce type de transports” signifie-t-il la déportation de tous les péri-urbains et ruraux vers des mégapoles concentrationnaires? En dehors de ce schéma quelles options réalistes permettraient à ces populations d’exister?
On parle aussi de “réduire nos déplacements” (covoiturage, etc.). Mais, encore une fois, pour les personnes habitant en dehors des grandes métropoles cela donne quoi? Ainsi, pour le covoiturage il faut avoir des horaires de déplacements relativement fixes et réguliers. Cela ne peut se faire qu’en se limitant à aller de son domicile à son travail et inversement. Tous les autres déplacements, qui sont liés aux loisirs, aux sports, à la culture, sont difficile à faire entrer dans ce schéma. On arrive donc, sans avoir le courage de le dire, à l’option “zéro vie sociale”. Ou sinon comment fait-on?
On retrouve d’ailleurs aussi cette option “zéro vie sociale” dans la publicité faite aux nouvelles technologies. Ainsi mon département (j’habite en France) fait actuellement la pub pour sa couverture en Internet “très haut débit” en vantant les avantages tels que la e-santé, et le télétravail. Donc, plus besoin de sortir de chez soi pour se soigner, travailler, etc. Vive le e-solement (prononcez le ‘e’ à l’anglaise), et la vie sociale virtuelle?
La science nous prouve que nous allons dans le mur à la vitesse d’un TGV. Mais quels scientifiques sont capables actuellement de proposer des alternatives réellement viables, et humainement supportables, pour éviter le crash, et prendre dès maintenant les mesures nécessaires? Chacun peut “agir à son niveau” pour réduire un peu la vitesse du crash. Mais, peut-on réellement l’éviter sans passer par des “solutions extrêmes”?
Bien de fausses vérités sont répandues au sujet du climat et en particulier celle qui considère la planète en danger au-dessus d’un certain seuil de température . Les données paléo climatiques nous apprennent que durant les derniers milliards d’années, la température a atteint des valeurs jusqu’à 300°K ( environ 27°C) sans affecter la vie sur Terre , sans glaces polaires, soit 13° de plus qu’aujourd’hui, la dernière fois 10 millions d’années après la disparition des dinosaures , pendant la diversification des mammifères . Pas d’ours polaires flottant sur des icebergs !
La végétation survit aussi bien dans les chaleurs étouffantes des forêts tropicales qu’avec un taux de CO2 au-dessus de 1000 PPM .
La question qui nous préoccupe n’est ni liée à la température, ni au taux de CO2 , mais uniquement au fait que le niveau de la mer pourrait monter davantage avec un réchauffement plus conséquent et pourrait affecter nos activités côtières.
Je rappelle que ce niveau était 120 mètres plus bas 20’000 ans auparavant sans avoir aucunement menacé les espèces vivantes !
Que dirions-nous aujourd’hui si nos villes d’aujourd’hui étaient menacées par un phénomène semblable ?
Nous ne sommes pas dans la même configuration : pendant le réchauffement post glaciaire , la montée des eaux s’est produit à un rythme bien plus impressionnant d’environ 2 cm par année pendant 6000 ans avec des phases bien plus rapides !
Pendant l’holocène, les glaciers ont fluctué bien des fois et le dernier recul a commencé vers 1850, soit bien avant que nous consommions massivement des hydrocarbures (après 1950 et surtout dès les années 1990).
Le GIEC a repris l’évaluation des physiciens qui porte à environ 2 watts/m2 le forçage radiatif anthropique , c’est-à-dire notre contribution à l’effet de serre net qui se monte en totalité à 150 watts/m2 . La Terre émet 390 watts/m2 pour compenser l’énergie qu’elle reçoit du Soleil , on peut en déduire notre influence sur le climat à 0.5 % !
Les valeurs de l’albédo oscillant entre 99 et 105 watts/m2, soit une marge d’erreur supérieure aux 2 watts/m2 cités plus haut , relativisent les certitudes martelées quotidiennement ! de plus, l’effet de serre n’est pas linéaire mais s’atténue avec la concentration des GES (un doublement de concentration du CO2 n’entraîne pas un doublement de forçage radiatif).
Ces 2 watts/m2 suffisent malgré tout à expliquer l’élévation de température de 0.4 °C mesurée depuis 40 ans , l’augmentation de 1° C depuis 1910 comprenant les variations naturelles mal connues (variations de l’albédo ? ).
Les océans ayant une capacité thermique considérable réagissent avec inertie au réchauffement et la fonte des glaces contribuent à l’élévation de leur niveau pour 1 mm par année environ, au total 25 cm depuis 1850 en tenant compte de la dilatation thermique.
La montée des eaux ne pourra pas être aussi rapide que celle après l’ère glaciaire , les glaces ayant recouvert jadis d’immenses terres de l’hémisphère nord ne peuvent pas fondre une deuxième fois ! Elle est mesurée actuellement à 3.3 mm par année et ne devrait pas accélérer , donc même à une cadence de 4 mm par an, elle ne devrait pas excéder 320 mm vers la fin du siècle , ce qui laisse le temps d’organiser la transition énergétique au lieu de reconstruire les villes ailleurs , quoique certaines s’enfoncent sous leur propre poids, le sol n’étant pas adapté aux gratte-ciel , ou menacées par les tsunamis, les tremblements de Terre, la pollution, … Les Pays-Bas ont connu des catastrophes en 1953 avant qu’on parle de réchauffement ! La Chine a construit pendant les 30 dernières années plus que l’humanité durant les siècles précédents…
Les technologies renouvelables étant bien maitrisées et de toutes manières nécessaires dans le futur , n’attendent plus que les normes à appliquer dans les différents secteurs économiques pour être déployées à large échelle , donc de la législation et non du “permis de polluer” avec des taxes CO2 parfaitement inefficaces .
La pollution des plastiques, des pesticides, … reste le problème majeur avec la surpopulation .
Je crois que le vivant a énormément souffert des périodes de réchauffement, elles ont causé des extinctions de la majorité d’espèces vivantes.
Je crois aussi que la montée du niveau de la mer peut accélérer et que cela va se produire, j’ai écrit un essai à ce sujet: https://www.amazon.fr/LAntarctique-Ouest-dans-vide-Inondation-Octobre-ebook/dp/B076FNKLD3
Vous êtes naïf si vous croyez vous en tirer en triant vos capsules de café et en achetant une Tesla.
Un vrai renversement de société est nécessaire, le problème est posé de la manière suivante:
Plus on est riche …. plus on émet de CO2. (Et c’est tout le problème)
On ne va donc pas s’en tirer avec de la cosmétique, mais en observant toutes nos structures (aussi mentales) sous l’angle du CO2. Et il y a beaucoup à gagner, notamment en retravaillant notre socialisation de proximité. (et tant pis pour les dîner mondains ou les W-E chopping à 600 km…)
Point Numéro 1: Descendre l’argent de son piédestal et refaire de la politique en le mettant à sa juste place: au service des gens. Le néolibéralisme de prédation a fait la preuve de son potentiel de nuisance (mais comment cela aurait-il pu être autrement ?), nous devons l’éliminer avant que le contraire ne se produise.
Nous acheminons vers un renversement de cette échelle de valeur:
Un milliardaire qui est le summum de développement économique personnel, est la pire chose qui puisse arriver au climat, il va devoir être traité comme un nuisible.
Voilàvoilà, je me suis à peine emporté…
Un dernier mot pour la surpopulation: Regardez cette vidéo https://www.youtube.com/watch?v=BkSO9pOVpRM
Evoluer ou disparaître…. évoluons !!
J’ai failli oublier un détail: cherchez “wet bulb” ou “thermomètre mouillé” et vous trouverez des articles qui expliquent comment quelque degrés suffiront à rendre une grande partie de l’Amazonie, de la Chine, de l’Inde inhabitable sans assistance au refroidissement (et je ne parle que des humains). On est bien loin des “13° de plus qu’aujourd’hui”.
Bonjour,
Merci pour cette discussion très intéressante sur la vitesse à laquelle nous devons changer nos infrastructures.
J’ai deux commentaires, si j’ose:
– “Il est donc encore temps, en utilisant les infrastructures existantes et en construisant des variantes écologiques à partir de maintenant, nous pouvons encore sauver la Planète” –> Beaucoup d’organisations engagées pour le climat insistent maintenant sur le fait que la planète “survivra”, mais qu’il est question de vie sur la planète, en particulier de vie et civilisation humaine. Elles évitent donc l’utilisation du “sauver la planète”, et je pense qu’il est important de le faire.
– Ce que je comprends du dernier rapport du GIECC, c’est que nous devons absoluement éliminer les émissions d’ici 2040 (et leurs scénarios dépendent de notre capacité d’absorber ensuite le CO2 à grande échelle). Et comme Greta Thunberg le dit très bien, ça veut dire zéro émissions en 2025-2030 pour des pays comme la Suisse afin de permettre à d’autres pays d’atteindre notre niveau de vie.
Qu’en pensez-vous? Est-ce que je me trompe?