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Mort en 1971, l'officier suisse Max Waibel a été honoré vendredi à Lucerne pour son action durant la 2e Guerre mondiale.
En mai 1945, son talent de négociateur avait permis d’avancer la capitulation de la Wehrmacht en Italie du nord, ce qui avait sauvé beaucoup de vies.
Lors d'une cérémonie, initiée par un groupement pour le souvenir de Max Waibel, à laquelle de nombreuses personnalités politiques et militaires ont participé, une plaque commémorative a été inaugurée. Elle a été placée dans le centre de formation de l'armée à Lucerne, où Max Waibel a été actif entre 1951 et 1954.
«Courageux et opiniâtre, n'obéissant pas à des ordres mais à sa conscience, il a ouvert une brèche qui a permis de raccourcir la guerre en Europe», peut-on y lire. Le nord de l'Italie a ainsi échappé à la barbarie allemande.
Catastrophe évitée
En cas de retrait forcé d'Italie, les Allemands avaient en effet reçu l'ordre de mettre le feu à tout ce qu'ils laissaient derrière eux. Max Waibel a réussi à empêcher une telle catastrophe en prenant le rôle de médiateur dans le cadre de l'opération «sunrise».
Sans en aviser ses supérieurs et après de longues négociations commencées en mars 1945, l'officier a amené les Allemands et les alliés à signer un cessez-le-feu sur le front italien pour la date du 2 mai 1945. L'accord a accéléré la prise de conscience par la Wehrmacht qu'il ne valait plus la peine de continuer à mener d'autres combats.
Le 8 mai, les armes furent déposées dans toute l'Europe. L'historien Edgar Bonjour estime que l'opération «sunrise» a permis d'écourter la guerre de six à huit semaines. Max Waibel a ainsi contribué à sauver de nombreuses vies et à épargner de la catastrophe une région culturellement riche.
Critiqué par le gouvernement
Pendant longtemps l'histoire de l'officier de renseignements à l'Etat-major général est restée secrète. Le gouvernement lui avait reproché d'avoir agi de son propre chef et contre la neutralité suisse. Cela n'avait toutefois pas empêché Max Waibel de devenir plus tard divisionnaire dans l'infanterie.
L'ancien secrétaire d'Etat Franz Blankart a dit vendredi à Lucerne qu'il comprenait que Max Waibel ait enfreint les règles de service. Il est parfois nécessaire de mener des actions délicates dans le secret, a-t-il dit.
Si Max Waibel avait révélé le plan à sa hiérarchie, celle-ci aurait interrompu l'opération. Le gouvernement l'aurait estimée trop audacieuse et trop dangereuse, a considéré M. Blankart.
Selon l'ex-secrétaire d'Etat, Max Waibel a reconnu le dilemme dans lequel la neutralité plaçait la Suisse. Il a agi comme sa conscience le lui commandait, avec clarté, détermination et confiance en soi.
swissinfo et les agences
En bref
- Officier des renseignements suisses, Max Waibel a mené à titre personnel des négociations pour hâter la capitulation de la Wehrmacht en Italie du nord.
- Selon les experts, cette initiative a écourté la guerre de six à huit semaines.
- Cela a permis de sauver de nombreuses vies, mais aussi le patrimoine culturel de l'Italie du nord, puisque Hitler avait ordonné une politique de terre brûlée en cas de retraite.
- Le gouvernement suisse de l'époque a jugé que les négociations de Max Waibel étaient contraires à la neutralité suisse.