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Saucisses, jambon, hot-dogs, corned beef, et dans une moindre mesure, les viandes à l'exception de la volaille, pourraient favoriser le cancer, selon une étude internationale. La filière de la viande est fâchée, tandis que les végétariens applaudissent.
En se basant sur plus de 800 études, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRCLien externe), l'agence cancer de l'Organisation mondiale de la santé (OMSLien externe), a classé lundi la viande transformée, essentiellement la charcuterie, dans la catégorie des agents "cancérogènes pour l'homme", tandis que les viandes rouges - qui, selon le CIRC, incluent le porc et le veau - ont été classées comme "probablement cancérogènes".
Parmi les cancers les plus fréquemment associés à la viande figurent le cancer colorectal et, dans une moindre mesure, les cancers de la prostate et du pancréas, selon l'étude.
Les produits de viande transformée incluent également les lanières de bœuf séché, les viandes en conserve et les préparations et les sauces à base de viande, selon le CIRC qui ne mentionne pas en revanche les hamburgers.
Les explications de Joakim Delarive, gastro-entérologue, qui répond aux questions de Darius Rochebin, de la RTSLien externe
L'évaluation du CIRC a aussitôt été dénoncée par la filière de la viande, déjà accusée de favoriser le réchauffement climatique. L'évaluation "défie le bon sens", a réagi l'Institut nord américain de la viande (NAMI) qui représente l'interprofession du secteur.
Cet institut souligne que "la science a montré que le cancer est une maladie complexe qui n'est pas provoquée par de simples aliments". "Il est clair" que de "nombreux" auteurs de l'évaluation", ajoute l'Institut, "ont trituré les données pour obtenir un résultat bien précis".
L’Union professionnelle suisse de la viande (UPSV) est du même avis. La viande fait partie d'une alimentation équilibrée, a indiqué son directeur Ruedi Hadorn à l'ats. Selon lui, cette méta-analyse basée sur des statistiques provenant de nombreuses études différentes ne prouve pas de lien de cause à effet.
Selon M. Hadorn, de précédentes interventions dans ce sens, comme celle lancée il y a un an par la Commission fédérale de l'alimentation, ont montré que les Suisses n'entendent pas se laisser mettre sous tutelle. Ils vont certainement continuer à manger du cervelas et de la saucisse de veau, a-t-il estimé.
La faîtière Proviande a exprimé le même avis, jugeant que l'étude est à prendre avec des pincettes. L'avenir est à une consommation modérée, et pas seulement pour la viande, selon elle.
Végétaliens et végétariens se sentent quant à eux confortés dans leurs convictions. Au nom de l'Union européenne des végétariens, Renato Pichler a déclaré être "content que l'OMS ait accepté la connection entre la consommation de viandes et certains cancers".
De fait, ranger les charcuteries, et autres viandes transformées, dans le groupe des agents qui sont causes de cancer, comme le tabac ou l'amiante, ne veut pas pour autant dire qu'ils sont aussi dangereux.
Selon les estimations les plus récentes d'un organisme de recherche indépendant, 34'000 décès par cancer par an environ dans le monde seraient imputables à une alimentation riche en charcuteries, contre un million de décès par cancer par an imputables au tabac, 600'000 à l'alcool et plus de 200'000 à la pollution atmosphérique.
swissinfo.ch avec RTS (Téléjournal du 26.10.2015)