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Sur les eaux plus que basses, s'élève un rocher
où l'on peut déchiffrer :
Quand vous m'aurez vu vous pleurerez.
Ecrire la légende quotidienne. Armer le sou-
venir qui oblige ma vie à m'imposer.
Que l'esprit soit prompt à connaître et qu'il
confirme sa vérité neuve dans la chaleur de l'assentiment
Transfigure le temps : que les eaux s'abaissent
autour des deux saisons que tu as à racheter. Une île… sous une volonté assez entière pour que
les faits s'en inspirent.
Joë Bousquet 18 avril 49, Notes d'inconnaissance
Atteint par une balle perdue en 1918, Joë Bousquet est entré dans ce destin, le sien, paralysé, terriblement vivant, clairvoyant : ma blessure existait avant moi, je suis né pour l'incarner. Durant plus de trente ans, il a exploré ce silence, qu'il a traduit en mots patients, en éclairs, en visions. Son œuvre, forte, singulière, peut se lire en miroir comme la figure inversée de celle de l'homme aux semelles de vent. (J.P.)