Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06900.jsonl.gz/622

Ahmed Ben Bella, le premier président de l'Algérie indépendante, est décédé mercredi à Alger à l'âge de 95 ans, a annoncé l'agence de presse officielle APS. Il avait été admis à deux reprises, il y a plus d'un mois, à l'hôpital militaire d'Ain Naadja, après un malaise.
Selon le biographe de l'ex-chef d'Etat algérien, "Ahmed Ben Bella est mort à 15h00 (locales et suisses) durant son sommeil". Il était entouré de ses deux filles Mehdia et Noria, a-t-il ajouté.
Les funérailles nationales auront lieu vendredi au Carré des martyrs du grand cimetière d'El Alia à Alger, après la prière du Dohr (après 13h30 locales), selon des sources officielles.
Le président Abdelaziz Bouteflika a également décrété un deuil national de huit jours à compter de mercredi sur l'ensemble du territoire, a rapporté l'agence APS citant la présidence.
Président de 1963 à 1965
Le 27 septembre 1962, Ahmed Ben Bella était devenu président du conseil national de la Révolution algérienne (CNRA, chef du gouvernement). Une année après, le 15 septembre 1963, il avait accédé à la présidence de la République algérienne indépendante.
Mais moins de deux ans plus tard, le 19 juin 1965, il a été renversé par son ministre de la Défense, feu le colonel Houari Boumediene. Charismatique et populaire, Ahmed Ben Bella aura tenté d'implanter le "socialisme autogestionnaire" après son arrivée au pouvoir en septembre 1962.
Il voulait incarner aux côtés du Cubain Fidel Castro, de l'Egyptien Gamal Abdel Nasser, de l'Indien Nehru et du Chinois Mao Tsé-Toung la lutte "anti-impérialiste" et le "non-alignement" du Tiers-Monde émergent.
Plusieurs séjours en Suisse
Ahmed Ben Bella, l'un des pionniers du déclenchement de la guerre d'indépendance contre la France, a été le premier président de l'Algérie indépendante mais a payé son engagement politique de 24 ans de prison.
Il a fait plusieurs séjours en Suisse, notamment en 1954 à Berne, où il a rencontré d'autres hauts responsables de la résistance algérienne en exil durant quatre jours. Ils ont alors décidé que la résistance passerait à l'action en novembre de cette année-là.
En 1981, gracié et libéré par le successeur de Boumediene, Chadli Bendjedid, Ahmed Ben Bella a passé plusieurs années en Suisse, notamment à Bougy-Villars (VD), d'où il a dirigé le Mouvement pour la démocratie en Algérie (MDA) qu'il a fondé.
agences/lan
Contre la mondialisation
Ces dernières années, il s'était consacré à des dossiers internationaux (Palestine, Irak) et avait rejoint les "altermondialistes" dans leur lutte contre "la mondialisation capitaliste".