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Les autres termes synonymes sont : Myoarthropathie de l'appareil manducateur (MAP), dysfonctionnement de l'articulation temporo-mandibulaire. Dans les pays anglo-saxons on utilise le terme « Temporomandibular Disorders (TMD).
On entend par là un trouble de l'appareil manducateur qui a en général pour origine les muscles masticateurs (myopathie), plus rarement l'articulation temporo-maxillaire (arthropathie) ou bien encore les deux (myoarthropathie)
Le symptôme le plus fréquent est la douleur. Il arrive en outre que les patients se plaignent de percevoir des bruits, la plupart du temps non accompagnés de douleurs, au niveau de l'articulation temporo-maxillaire - craquements ou frottements, par exemple - et, moins souvent, également d'une limitation douloureuse de l'ouverture de la bouche.
Environ 8% de la population présente des symptômes de myoarthropathies et seulement 3% cherche un traitement. Les enfants se plaignent rarement de ce syndrome, mais la prévalence augmente au cours de l´adolescence. Les femmes entre 25 et 50 ans sont les plus concernées, comme dans la plupart des maladies douloureuses. Après la ménopause, les signes diminuent et chez les personnes âgées, cette maladie est relativement rare.
La multitude des symptômes peut rendre le diagnostique compliqué. Souvent la musculature masticatrice et/ou l´articulation temporo-mandibulaire (ATM) sont douloureuses lors de la mastication. D´autres signes peuvent être une ouverture limitée, des craquements ou bruits articulaires, des douleurs dans les dents, la bouche, la face, les oreilles, la tête...
Les causes de la myoarthropathie sont multiples. Jusqu'à présent, on n'est pas parvenu à déterminer des facteurs étiologiques bien définis. Il semble toutefois que la surcharge des structures de l'appareil manducateur résultant de parafonctions, telles que le fait de serrer les dents ou de grincer des dents, joue un rôle important. Ces parafonctions sont dues davantage à un défaut de maîtrise du stress ou à de mauvaises habitudes qu'à une occlusion défectueuse des maxillaires.
Les facteurs de risque qui peuvent prédisposer, déclencher ou perpétuer ce syndrome peuvent avoir une origine biologique, psychique ou sociale :
+ Parafonction comme le bruxisme nocturne ou le serrement des dents durant la journée
+ Traumatisme par accident
+ Trouble émotionnel (stress)
+ Syndrome dépressif/anxiété
+ Autres troubles psychologiques
Pour le diagnostique sont actuellement conseillés:
1. Une interview médicale soigneuse avec des questionnaires adaptés.
2. Un examen clinique de l´ouverture buccale, de la musculature masticatrice, de l´articulation temporo-mandibulaire et de l´occlusion.
3. Une radiographie endorale et éventuellement panoramique des maxillaires pour exclure des pathologies dentaires et maxillo-faciales.
4. Un ou plusieurs questionnaires psychométriques pour évaluer les troubles psychosociaux et les comorbidités.
Dans des cas spéciaux, le spécialiste peut avoir recours à des examens techniques, radiologiques ou psychologiques complexes et demander l´aide à d´autre disciplines médicales.
De nombreuses pathologies peuvent provoquer des douleurs dans la région de la tête et de la bouche qui ne sont pas toujours d'origine dentaire. Un diagnostic différentiel est donc indispensable.
La marche à suivre dans le traitement des MAP est conservatrice et prudente. Différents modes thérapeutiques peuvent être utilisés de façon individuelle, tout dépendant de la gravité de la pathologie.
+ L´information du patient sur son syndrome et son diagnostique exact est le premier pas vers une relation thérapeutique amicale, confiante et rassurante. Des craquements ou bruits articulaires par exemple ne doivent surtout pas inciter le patient à avoir trop de soucis.
+ Dans beaucoup des cas des conseils simples pour modifier le comportement peuvent améliorer nettement les symptômes : nourriture molle, traitement au chaud ou au froid, physiothérapie, stretching, techniques de relaxation, stratégies pour réduire son stress par exemple.
+ Une gouttière occlusale est souvent indiquée pour relaxer la musculature et décomprimer l´ATM. Il est démontré qu'environ 80% des patients en tirent profit. Une correction de l'occlusion dentaire n'est indiquée que dans de rares cas.
+ Des médicaments antalgiques, anti-inflammatoires ou myorelaxants sont parfois nécessaire pour arrêter le processus de la chronification douloureuse.
+ D´autres traitements comme l´infiltration des points trigger myofasciaux peuvent aider à réduire les symptômes.
+ Des traitements dentaires, orthodontiques ou chirurgicaux invasifs ne doivent être pris en compte que dans des cas très spéciaux.
Dans la plupart des cas la Myoarthropathie est une maladie bénigne avec une tendance à la guérison spontanée. Dans à peu près 10% des malades, divers facteurs de risques mènent à une chronification douloureuse du syndrome. Ces patients ne peuvent plus recevoir un seul type de traitement, mais nécessitent une démarche pluridisciplinaire, tant au niveau diagnostique que thérapeutique.