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Si un astéroïde fonçait sur terre: exercice pratique à Washington
01.05.2019
Un télescope vient de détecter un astéroïde de 100 à 300 mètres de diamètre filant à 14 km/s, à 57 millions de kilomètres de la Terre. C'est le scénario, imaginaire, sur lequel près de 300 astronomes, scientifiques, ingénieurs et experts planchent à Washington.
"Ce n'est pas Hollywood", a dit Jim Bridenstine, administrateur de la NASA, l'agence spatiale américaine, en ouvrant les travaux de la sixième conférence internationale de défense planétaire, sur le campus de l'université du Maryland à College Park.
L'idée que la Terre doit se défendre contre un astéroïde se heurtait autrefois à ce que les experts appellent le "facteur gloussement". Mais, le 15 février 2013, un météore a contribué à mettre fin aux ricanements. Ce jour-là, un astéroïde de 20 mètres est apparu de nulle part et a explosé en entrant dans l'atmosphère, 23 kilomètres au-dessus de la ville russe de Tcheliabinsk.
Les habitants ont ressenti la chaleur de l'explosion à 60 km à la ronde. Les vitres de milliers de bâtiments ont explosé. Un millier de personnes ont été blessées par des éclats.
Dévier ou évacuer
Seuls les astéroïdes dont l'orbite les rapprochera à moins de 50 millions de kilomètres de la Terre nous intéressent. Les astronomes en découvrent tous les jours: plus de 700 déjà cette année, avec un total catalogué de 20'001, a annoncé Lindley Johnson, du bureau de coordination de la défense planétaire à la NASA, créé en 2016.
Parmi les plus risqués, on trouve par exemple un rocher baptisé 2000SG344: 50 mètres environ de diamètre, avec une chance sur 2096 qu'il s'écrase sur terre d'ici 100 ans, selon l'ESA.
La plupart sont plus petits, mais 942 font plus d'un kilomètre, estime l'astronome Alan Harris, qui a informé l'auditoire que quelques gros astéroïdes se cachaient encore probablement dans le ciel. "La plupart sont garés derrière le Soleil".
L'exercice de cette semaine vise à simuler comment le monde répondrait à la menace. Il faudrait d'abord pointer des télescopes vers l'objet pour calculer précisément sa vitesse et sa trajectoire, les observations initiales étant grossières.
Ensuite, le choix est binaire: dévier l'objet ou évacuer. S'il fait moins de 50 mètres, le consensus international est d'évacuer la région susceptible d'être frappée. Pour les plus gros objets, l'idée consisterait à lancer un appareil vers l'astéroïde pour le dévier comme une auto-tamponneuse cosmique.
La NASA testera l'idée sur un vrai astéroïde de 150 mètres, en 2022, avec la mission DART.
ats, afp