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Il est né de ma propre évolution personnelle. De mon constat que je suis capable d'amener les autres à progresser personnellement et profondément dans les arts martiaux en partageant mon expérience et mon point de vue individuel.
Ma meilleure définition de l'Art Martial idéal c'est qu'il doit être tout d'abord un système pour se muer progressivement en Art.
Ce chemin oscillant entre un Système et un Art est La Voie du Combat Naturel, le SystemArt. C'est la Voie de la maîtrise martiale. C'est le chemin que j'ai choisi d'enseigner à mes élèves.
Pour moi la Voie Ancestrale, c'est le liant entre toutes mes pratiques, entre toutes mes aspirations, un mode de vie plus qu'une méthode, une réflexion plus qu'une réponse définitive.
C'est pour moi mon blog le plus personnel.
Ce soir, lors de mon cours régulier, j'ai reçu un élève pour un cours d'essai. Arrivant en retard, je lui ai ouvert la porte et son attitude me semblai déjà un peu bizarre...
Le cours commence, cet élève est vraiment gauche, peu à l'aise avec son propre corps, il est tendu et se tient recourbé en avant. Je lui demande si il a déjà pratiqué d'autres arts martiaux, et me dit qu'il a fait du Kick Boxing, du Vo Vietnam, et du Kung Fu, chaque fois que quelques cours ou cours d'essais. Il mentionne le fait d'avoir voulu “casser la gueule“ du prof de KungFu, ce qui me met un peu la puce à l'oreille sur le genre du bonhomme...
Intérieurement je suis vigilant, mais également dans la bienveillance. Je sais que si je lui donne de l'agressivité, je la recevrais immédiatement en retour. J'enchaîne des exercices, en commençant par l'inviter à améliorer sa respiration et sa posture, avec assez peu d'effet.
Ensuite je passe sur un exercice de sensibilité assez commun en Systema, l'exercice de céder. On se pousse vigoureusement du poing ou de la paume sur tout le corps. Je lui explique que si il bouge bien, il n'a normalement pas besoin de bouger les pieds pour dissiper l'énergie de la poussée, avec l'avantage d'être directement à la bonne distance pour continuer à travailler. Il est toujours aussi tendu, mais n'est pas agressif. Il bouge de manière brouillonne (un vrai débutant).
Nous changeons d'exercice. Nous travaillons les low kicks, avec différentes défenses. Il cite ses bagarres. Il dit qu'il a l'habitude de recevoir des coups. Je ressent la souffrance derrière cette façade de “dur“. Je me reconnais en lui. Je reste toujours vigilant (envers lui et ma propre tension, je ne veux projeter que de la bienveillance, rien d'autre).
Nous passons à un sparring typique du WingTsun, à très courte distance. Durant ce sparring (que personnellement je considère comme un jeu...) il se fait toucher par mon élève. Puis ensuite il travaille avec moi, et là il lâche son agressivité, tentant coups de boules, saisies et coups de poings. Très tendu et surtout complètement penché en avant, il se retrouver à chaque fois au sol (moi debout), contrôlé et potentiellement frappé au visage (j'ai uniquement mimé les frappes, ne voulant pas monter l'agression), il sue...il souffle de plus en plus fort...et continue à m'agresser ainsi durant plusieurs minutes. Son excès de force est utilisé à 100% contre lui-même. Sa colère ne touche que le néant. Je baille même durant les agressions. Je reste doux avec lui, je lui demande souvent si cela va bien. Je le touche de manière amicale (cela permet d'augmenter l'ocytocine et contre l'effet de l'adrénaline, aussi bien pour lui que pour moi-même…).
Fin du cours.
Je le prends à part après le cours, et je lui dit clairement que je ne désire pas d'élèves bagarreurs, et bien que l'on combatte dans mon école, je ne peux y accepter un élève agressif comme lui. Je vois que cela bogue dans son cerveau, mais il reste calme. Il me dit qu'il a apprécié le cours, mais que si il n'ose pas se battre en utilisant ce que je lui enseigne, que cela n'irait pas. Je lui ai dit de faire un travail sur lui-même et de repasser d'ici quelques semaines. Je suis presque sûr de ne plus jamais le voir.
Ce que j’ai appris de cette expérience (un peu) déconcertante :
1° Que j’ai intériorisé certains principes me permettant d’affronter ces situations imprévues et potentiellement dangereuses.
2° Qu’il faut toujours rester attentif, qu’il n’y a pas de moments ordinaires durant lesquels nous pouvons relâcher notre attention, cela peut vite déraper si l’on n’est pas vigilants.
3° Que l’attitude bienveillante peut réellement permettre d'éviter une escalade de l’agression et de l’agressivité.
Je forme des guerriers pacifiques, pas des bagarreurs belliqueux. Que ce soit dit. Donc pour la première fois j'ai dû refuser un élève.
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Au début, il y a le Système, c’est la graine qui contient tout en substance, c’est l’initié au début de sa progression. Il sait que la route est longue jusqu’au sommet (Art). Il doit avoir une juste vision (Réalisme), de l’endurance (Durabilité) et apprendre à avancer de manière sûre, efficace et économique (Efficience).
Commence le long chemin de l’entraînement et de l’apprentissage : Alors que l’étudiant apprenait l’Efficience, l’étudiant quitte progressivement la fragilité pour la force, puis il quitte la force (qui a ses limites) pour l’antifragilité. Il fait de l’inconfort une source de bien-être et d’éveil. Cela le transforme en profondeur et il réalise que tout est variant et changeant, à commencer par lui-même et le monde entier (Évolution). Il influence son entourage direct, et les autres élèves encore plus bas sur le même chemin, montrant aux autres ses nouvelles connaissances et aptitudes, rêvant humblement un jour devenir un Maître (Progresser pour Enseigner).
Bientôt l’étudiant quitte le brouillard des basses terres, s’élevant pas après pas au sommet de l’Art. En appliquant le principe d’Évolution, il se lie au Flux de la réalité elle-même (Dieu, Tao, Univers ou Réalité) et devient Artiste. Dans l’Art du Combat, l’Artiste est le chef d’œuvre. Cet Éveil est pure Liberté. Cet éveil à lieu à tous les étages de son Être, exaltant sa pleine Sensibilité au TOUT.
Cette sensibilité va lui ouvrir une vision totale, globale de la Vie, de l’Homme et de l’Art du Combat (Global, Holistique). L’Artiste, par pure compassion, car il voit désormais les souffrances des autres et comprend que ce n'est que pure illusion. Pour briser cette illusion de souffrance, il va se mettre à Enseigner la Voie du Combat Naturel et devient Enseignant (Enseigner pour Progresser). L’enseignement lui rappellera un fait simple : il n’existe pas de séparation entre le maître et l’élève, ils ne sont qu’UN. L’Enseignant devient alors un Maître, réalisant que les choses les plus simples sont les plus difficiles mais aussi les plus essentielles (Simplicité). Il est alors totalement humble car il n’existe plus de séparation entre lui et les autres. La Simplicité étant une renaissance à la Réalité. Il a alors fait le tour de la roue des principes du SystemArt.
Merci de m’avoir lu jusqu’ici, si cet article vous a inspiré, merci de me laisser un commentaire sympa juste ci-dessous, et si cet article vous a plu merci de le partager avec le plus grand nombre via les réseaux sociaux! Et restez informés en vous abonnant à notre newsletter. Cet article est un (petit) extrait de mon futur livre sur le SystemArt. Stay Tuned !
On me demande souvent quel est le secret des arts martiaux, comment devenir imbattable en très peu de temps. Et bien il n’existe pas vraiment de secrets. Pas de techniques secrètes (toutes ont été décrites et répertoriées depuis longtemps). Pas de principes obscurs ou mystiques (tous les principes découlent du bon sens, plus la sagesse paysanne que trop d'intellectualité. Il faut rappeler que les arts martiaux asiatiques viennent tous de la paysannerie et non de la noblesse comme les arts martiaux occidentaux).
Les seuls vrais secrets, c’est notre égo, notre mental qui va nous les cacher, ou en déformer le sens. Jusqu’à ce que le véritable sens se fasse pour nous dans une sorte d’éveil. Vous pouvez enseigner l’écriture à un bébé de 6 mois, mais il faudra qu’il soit prêt dans sa maturité pour qu’il en comprenne vraiment le sens. Dans les arts martiaux il en est de même, nous sommes tous à un autre niveau d’évolution et il faut des fois répéter notre enseignement /apprentissage (selon le point de vue) pour qu’un concept technique ou un principe soit assimilé.
Le véritable secret est presque devenu un gros mot de nos jours. Notre société de divertissement et de distractions l’évite autant que possible. Il s’agit de la discipline. Dans notre imaginaire la discipline n’est pas très sexy, nous faisant penser à un adjudant (ou autre militaire). Nous allons voir qu’il suffit de recadrer un peu notre pensée afin de changer de point de vue.
« Discipline = Liberté. »
Jocko Willink
« …les contraintes positives peuvent accroître le libre arbitre et améliorer les résultats perçus…une chose aussi simple que des entraînements planifiés agit comme un échafaudage pour mieux prévoir et exécuter ses journées. Ça nous donne un sens accru de notre capacité à agir et un sentiment de plus grande liberté.
Commentaire de Timothy Ferris.
La discipline est une contrainte positive que vous vous mettez sur vous même. Le fait de s’imposer cette discipline vous allègera la vie, car vous n’aurez plus à faire certains choix inutiles, évitant de consommer trop vite votre réserve de volonté . Car à chaque choix, même trivial, vous allez épuiser votre réserve de volonté. Par exemple si vous prenez tous les jours le même type de petit déjeunez sain, vous n’allez pas vous demander quoi manger, économisant de la volonté pour les réels choix (démontré par Kelly Mcgonigal dans son livre)
La discipline nous fait profiter de l’effet cumulé de nos actions. Si chaque jour nous nous améliorons de 0,1%, sur une année l’effet cumulé est de 26 %. Est-ce que vous imaginez l’amélioration possible sur le long terme ? Donc si vous voulez devenir bons (ou même excellents ?) dans n’importe quel domaine, il vous faudra vous exercer TOUS LES JOURS. Pas forcément besoin de s’entraîner durant une heure, mais il faut le faire TOUS LES JOURS (en fait moi j’adore faire des snacks d’entraînement durant toute la journée, dès que j’ai quelques minutes, je bouge, je m’étire, etc…).
Une manière non-stressante de progresser est de faire des petits pas, selon le principe du Kaïzen. L'idée est que pour implémenter des changements dans nos vies, il est beaucoup moins stressant de faire des micro-ajustements que des bouleversements violents. Souvent le stress associé au changement va tuer dans l'œuf nos efforts pour nous améliorer.
Exemple : comment se lever plus tôt. Vous désirez vous lever à 6h plutôt qu'à 7h afin d'avoir du temps pour méditer, vous entraîner ou juste prendre un café sans trop stresser. Un petit pas serait par exemple d'avancer votre réveil de 5 minutes chaque semaine. En 3 mois (12 semaines) vous vous lèverez 1h plus tôt. Pour que ce changement soit sain et durable, il vous faudra également vous coucher 5 minutes plus tôt le soir.
Un autre moyen de suivre votre discipline est de reporter vos habitudes quotidiennes sur une check-list. Cette liste vous permettra de vous concentrer sur ce qui compte vraiment plutôt que tout le reste. Tant que vous n'aurez pas accompli toutes les tâches de la liste vous ne faites rien d'autre.
Sinon, un autre moyen est de faire une croix ou de colorier une case de calendrier chaque fois que vous avez suivi votre discipline. Cela permet d'enclencher un peu plus de remords quand vous "cassez" une série.
Une autre chose. Il vous faudra toujours payer le prix pour tout. Il s'agira toujours d'une perte de temps ou d'argent que d'essayer de trouver des raccourcis magiques.
Décevant ? Non. Car si vous avez l’attitude du Guerrier de la Vie, cela devrait vous motiver plus que vous décevoir. C’est le combat du quotidien. C’est le vrai combat qui est toujours intérieur.
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« Nous avons tous nos limites : les talents, comme l’énergie, ne vont que jusqu’à un certain point. Franchir ces limites, c’est se mettre en danger. Parfois, lorsque l’on nous fait miroiter une récompense hors du commun, la tentation est grande d’aller trop loin, pour finir épuisé et, surtout, vulnérable. Vous devez connaître vos limites et savoir choisir vos batailles. Pensez aux coûts implicites d’une guerre : le temps perdu, les tractations diplomatiques gaspillées, l’ennemi qui voudra se venger. Il vaut mieux parfois attendre, affaiblir son adversaire dans l’ombre au lieu de l’affronter directement. Si la bataille ne peut être évitée, mieux vaut faire en sorte d’en choisir les conditions. Visez la faiblesse de l’ennemi ; faites en sorte que la guerre lui revienne cher et qu’elle ne vous coûte rien. En apprenant l’économie, vous saurez affronter l’adversaire le plus puissant. »
Robert Greene