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"Une des forces du fédéralisme, c'est l'émulation des gouvernements"
"La Suisse a pour responsabilité de montrer que le fédéralisme peut fonctionner... et fonctionner très bien!", a déclaré l'ex-ministre des Affaires étrangères du Canada Stéphane Dion lors d'un entretien à l'émission Tout un monde en marge de la conférence nationale sur le fédéralisme vendredi à Montreux.
Il estime qu'elle peut aussi "encourager les pays à considérer le fédéralisme pour leur développement". Pour l'ambassadeur canadien en Allemagne, il ne s'agit pas d'un modèle forcément attaché aux pays riches, mais il peut être un choix pour ceux qui souhaitent s'engager sur une "voie de prospérité".
Si vous avez un seul gouvernement dans un pays et que le gouvernement se trompe, tout le pays se trompe.
Il ajoute encore qu'"une des forces du fédéralisme, c'est l'émulation des gouvernements, qui apprennent les uns des autres". "Si vous avez un seul gouvernement dans un pays et que le gouvernement se trompe, tout le pays se trompe", insiste-t-il.
"Depuis les années 60, on entend qu'il faut tout centraliser face à la globalisation. Mais on a parfois fait le contraire en renforçant nos provinces et nos cantons, et on a eu raison", souligne l'ancien ministre.
L'UE doit "dédramatiser"
"L'Union européenne a les traits fédéraux, mais elle n'est pas encore une fédération. Pour cela, il faudrait un gouvernement européen qui relève d'un Parlement élu par tous les européens", ajoute Stéphane Dion, qui est aussi envoyé spécial du Premier ministre Justin Trudeau auprès de l'UE.
Doit-elle évoluer vers une fédération? Stéphane Dion estime que l'UE est "un accomplissement humain extraordinaire, mais bien sûr perfectible". Il appelle toutefois à "dédramatiser", à ne pas toujours parler de "dernière chance".
Une solution à la crise en Espagne?
Il avance aussi la solution fédérale pour résoudre la crise qui sévit actuellement entre l'Etat espagnol et la Catalogne. "L'Espagne s'est donné plusieurs traits d'une fédération (...) Ne serait-il pas préférable, dès l'instant où l'on donne à nos régions des pouvoirs qui ne dépendent plus de l'Etat (...), de s'assumer comme fédération pour développer la loyauté fédérale?", s'interroge Stéphane Dion.
"Le problème avec le fédéralisme, c'est que dans plusieurs cultures politiques, il est considéré comme l'antichambre de la séparation", conclut l'ancien ministre.
>> Retour sur la conférence nationale sur le fédéralisme à Montreux: Simonetta Sommaruga: "S'il n'y a plus de discussion, il n'y a plus de fédéralisme"
jvia
Publié le 30 octobre 2017 à 10:15 - Modifié le 30 octobre 2017 à 10:17