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Des blocages ferroviaires pour manifester contre un oléoduc au Canada
Les barrages de manifestants qui paralysent le trafic ferroviaire "doivent être levés maintenant", a prévenu vendredi le Premier ministre Justin Trudeau tout en souhaitant une résolution "pacifique" à cette crise.
"Les Canadiens ont été patients, notre gouvernement a été patient, mais ça fait deux semaines que ça dure et les barricades doivent être levées maintenant", a encore ajouté Justin Trudeau, qui laisse la porte ouverte à une intervention de la police.
Projet d'oléoduc en cause
Les protestataires, principalement des Amérindiens, bloquent les voies en plusieurs endroits du Canada depuis presque deux semaines, en solidarité avec les chefs de la nation Wet'suwet'en en Colombie-Britannique (ouest), hostiles à un projet d'oléoduc qui traverse leurs terres traditionnelles.
Début février, la justice canadienne avait rejeté l'appel de groupes autochtones qui réclamaient l'arrêt des travaux d'agrandissement de l'oléoduc, ouvrant la voie à la poursuite de ce projet controversé.
"Toutes les tentatives de dialogue ont été faites, mais les discussions n'ont pas été productives", a souligné Justin Trudeau, estimant que la balle était "dans le camp des dirigeants autochtones".
Des barrages mis en place
Mercredi, un nouveau barrage de voie a été érigé par des manifestants à Edmonton (ouest), alors que de nombreux blocages se maintiennent dans l'est du pays.
La décision annoncée mercredi par la société publique de transports de passagers Via Rail fait suite à celle de l'entreprise de transports de marchandises Canadien National, qui a déjà mis au chômage technique 450 employés.
Canadien National s'est déclarée vendredi "contrainte de procéder à un arrêt ordonné et progressif de ses activités dans l'est du Canada", jusqu'à "la fin des blocages illégaux".
Trudeau sous pression
Plusieurs voix se sont élevées pour exhorter Justin Trudeau à présenter un calendrier pour démanteler les barricades.
"Il est temps que monsieur Trudeau fasse preuve de leadership, fixe un échéancier et puis que ce soit rapide, ça veut dire en terme de jours, pas de semaines", a défendu le Premier ministre du Québec François Legault.
"Une crise agricole est à nos portes", s'est alarmée l'Union des producteurs agricoles, se joignant aux inquiétudes des acteurs du monde économique, notamment de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante et des grandes entreprises manufacturières du Canada.
Le train, épine dorsale du pays
Qui dit trains à l'arrêt, dit aussi marchandises bloquées. Une valeur de 315 millions de francs suisses de produits ne circule pas chaque jour. Dans plusieurs ports, des bateaux attendent pour décharger leur marchandise. La crise est telle que le Premier ministre a renoncé à participer à un sommet international dans les Caraïbes.
Le chemin de fer est l'épine dorsale de l'économie canadienne. Il permet d'acheminer chaque année plus de 250 milliards de dollars canadiens de biens (174 milliards d'euros) d'un bout à l'autre de cet immense pays.
afp/jfe
Publié le 22 février 2020 à 01:37
Tripler le nombre de barils
La Cour a rejeté le pourvoi formé par plusieurs de ces groupes, qui soutenaient que le gouvernement canadien ne les avait pas adéquatement consultés, ni pris en considération leurs préoccupations sur les risques environnementaux.
Les autochtones pointaient notamment les répercussions du projet sur leur approvisionnement en eau potable, ou les risques pour l'environnement et les animaux marins en cas de marée noire.
Le coût de l'agrandissement de l'oléoduc controversé Trans Mountain, au Canada, a par ailleurs explosé, passant de 7,4 à 12,6 milliards de dollars canadiens (9,1 milliards de francs), a annoncé l'entreprise. Il doit entrer en service d'ici la fin 2022.