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Issue du Parti populaire européen (PPE, droite), Roberta Metsola succède à l'Italien David Sassoli, décédé le 11 janvier et dont le mandat s'achevait cette semaine. Elle est seulement la troisième femme à accéder à cette fonction, après les Françaises Simone Veil (1979-1982) et Nicole Fontaine (1999-2002).
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Soutenue par une majorité de députés en raison d'un accord d'alternance conclu en début de législature entre conservateurs, socialistes et libéraux afin de partager à tour de rôle les cinq ans de mandat de la présidence, Roberta Metsola faisait figure de grande favorite.
"Mauvais signe"
Lundi soir, le PPE, le groupe social-démocrate (S&D) et le groupe Renew Europe ont scellé leur accord de vote, mais difficilement. Car Roberta Metsola, progressiste sur plusieurs points, est opposée à l’avortement, complètement interdit à Malte. Cette posture indignait notamment plusieurs figures de ces groupes, comme le macroniste Bernard Guetta qui déplore un "très mauvais signe pour les droits des femmes et pour l'image du Parlement".
Consciente des réserves qu'elle a suscitées sur cette question, la nouvelle élue avait assuré qu'en cas d'élection, son "devoir sera de représenter la position du Parlement", y compris sur les droits sexuels et reproductifs.
Selon le règlement du Parlement européen, la présidente dispose d'un certain nombre de pouvoirs, notamment celui de statuer sur la recevabilité des textes et amendements soumis au vote de l'assemblée, en plus de la conduite des débats. Elle représente aussi l'institution lors des sommets européens des Vingt-Sept.
>> L'interview de Christine Verger, vice-présidente de l'Institut Jacques Delors, dans Forum:
Face à deux candidates de gauche
Deux candidates se présentaient face à la Maltaise, principalement dans le but de faire pression en vue de la suite de législature: l'Espagnole de gauche radicale Sira Rego et l'écologiste suédoise Alice Bah Kuhnke.
Exclus de l'accord entre conservateurs et socialistes, les Verts ont présenté leur candidate avec un objectif assumé: "Plus j’obtiendrai de voix, plus je pourrai faire pression sur Roberta Metsola pour qu’elle respecte ses engagements si elle est élue", avait expliqué Alice Kuhnke.
Au final, Roberta Metsola a obtenu 458 votes sur les 705 eurodéputées et eurodéputés appelés à voter. La candidate écologiste en a obtenu 101, contre 57 à Sira Rego et 15 abstentions.
Quant au Polonais de la droite souverainiste Kosma Zlotowski, qui se présentait en tant que candidat eurosceptique dans le but de limiter le rôle du Parlement européen et disposait du soutien du groupe Identité et Démocratie (extrême droite), il avait finalement retiré sa candidature dans la nuit.
>> Les enjeux de cette élection dans La Matinale:
jop avec afp et Alain Franco
De nombreux postes pourvus mardi
En plus du président, pas moins de 14 vice-présidents seront élus au cours de la session, pour un mandat de deux ans et demi.
Des postes de responsables dans les commissions parlementaires et délégations européennes seront également renouvelés, alimentant d'âpres tractations entre les groupes politiques.