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Âges de la Pierre
La taille des pierres tend aussi à décroître en fonction de l'avancée dans le temps, pour parvenir à des outils microlithiques qui survécurent à l'apparition de la période de la pierre polie.
La pierre polie témoigne (néolithique) d'une autre approche du travail de la pierre, mais, il serait réducteur de n'y voir qu'un changement de technique alors que cette période voit l'apparition de la poterie, de l'élevage, de l'agriculture et par conséquent de la propriété et de la guerre. La maîtrise du feu ouvrira progressivement à l'humanité les âges des métaux.
Entre les deux, une période a été insérée, le mésolithique. Suivant les régions, cette période a eu une durée variable, elle correspond à une transition entre une économie de chasse / cueillette à une économie agricole. Cette transition fut longue dans certains cas, car dans les régions giboyeuses, la chasse et la cueillette demandent moins d'effort que l'élevage et la culture.
Cette longue période qui dure plus de deux millions d'années voit le passage progressif de l'utilisation de simples galets à l'invention de techniques de taille très sophistiquées (technique Levallois).
Dans le domaine des techniques, il y a un million d'année, l'homo erectus domestiqua le feu, c'est à dire que l'on trouve des traces de foyers dès cette époque. Par contre, il est difficile de savoir quand l'homme su produire lui-même le feu. L'organisation systématique des foyers ne date que d'environ 300 000 ans.
Plus intéressant pour notre propos, c'est aussi de cette époque que proviennent les premiers témoignages de ce que nous nommons "ART", même si nous ne saisissons pas forcément les buts des productions de nos ancêtres.
Nota bene, les divisions et surtout les datations sont très approximatives et dépendent beaucoup des régions du monde considérées.
La sculpture paléolithique
Pour ces représentations, tous les matériaux furent utilisés. Celles qui nous sont parvenues sont en pierre, en ivoire ou en os, mais il est possible que d'autres réalisations perdues aient été à base de bois ou de terre crue.
Il convient aussi de signaler la naissance de la sculpture monumentale, c'est à dire de la sculpture associée au monument, même si le monument se matérialise généralement dans la caverne utilisée par les Homo sapiens sapiens. Citons par exemple les femmes sculptées de la grotte de la Madeleine (Dordogne / France) ou les splendides animaux sculptés d'Angles sur l'Anglin.
La peinture paléolithique
Les hommes préhistoriques sculptèrent des humains et des animaux, mais ils en peignirent également. On ne rappellera pas les trésors découverts dans les grottes de Lascaux (Dordogne /France) ou d'Altamira (Espagne).
Dans ces décors pariétaux, l'animal est le plus présent, mais quelques humains participent aux ébats, comme victime ou comme chasseur. De ces représentations et de leurs emplacements dans les grottes, on déduit une utilisation magique, religieuse ou superstitieuse. Ces interprétations sont renforcées par la présence de nombreux signes, sexuels ou pas, témoignant de rites organisés.
Cette période constitue l'aboutissement des recherches sur les matériaux lithiques. Ils voient aussi l'apparition progressive de nouvelles techniques dont le développement caractérisera l'âge suivant, le néolithique. Plus encore que pour le paléolithique récent (supérieur), les cultures sont diversifiées et il est difficile de réduire la période à des traits communs. Les outillages peuvent être massifs (régions boisées) ou au contraire très fins, de nombreux galets peints ouvrent la voies à de nombreuses spéculations ; système d'écriture, de comptabilité, monnaie d'échange(et plus récemment, réalisation de faux fructueux ;-)
Il est impossible de réduire cette période au seul polissage des pierres. En effet, ce sont plutôt les modifications de la société qui sont marquantes pour cette époque. On y trouve les premières traces d'agriculture sous la forme de cultures de céréales et d'élevage. Par ces techniques, l'homme essaye de s'affranchir des hasards de la chasse et de la cueillette. Ces techniques se développèrent au départ au proche orient et ceci s'explique par des conditions de vie plus difficiles qu'en Europe. En effet, cette nouvelle manière de vivre, obligeait à un travail plus prenant que les activités traditionnelles. Il est donc normal qu'elle se soit diffusée, dans un premier temps, parmi les populations qui bénéficiaient de l'environnement le moins riche.
La poterie est une des autres innovations majeures de cette période. La conception de fours toujours plus efficaces et l'essai de nouvelles terres, conduit progressivement l'homme vers l'usage des métaux. La course en avant vers le progrès était lancée et toutes les caractéristiques de notre monde moderne étaient déjà en germe, y compris la guerre qui faisait une entrée fracassante, les nouvelles possessions attirant les convoitises.
La fin de la période néolithique voit dès le milieu du quatrième millénaire l'apparition de cultures mégalithiques. Cette tradition fut surtout, mais pas exclusivement, sensible sur l'axe mégalithique partant d'Écosse traversant la France de l'Ouest et se terminant en Espagne et au Portugal.
L'Art néolithique :
Il ne nous est pas parvenu d'équivalents aux grands décors pariétaux, l'art semble s'être cantonné dans l'embellissement des objets usuels et dans la parure. Cependant, il serait sans doute trop rapide d'en conclure que les gens du néolithique avaient renoncé à l'Art. L'habitat en matériaux périssables pouvait abriter des oeuvres qui n'auraient pas été plus durables. Si l'on relève quelques décors à motifs géométriques comme ceux que l'on trouve à Gavr'inis (Bretagne) on peut sans doute se faire une idée des réalisations perdues. La charrue de Gavr'inis avec ses deux bovidés témoigne cependant d'un petit souvenir de l'art pariétal.
Que restera-t-il des chefs d'œuvres de la Renaissance sur panneaux de bois dans quelques milliers d'année ?
Delporte Henri, Objet d'art préhistorique (l'), RMN, Paris, 1981.
Guilaine Jean, Préhistoire d'un continent à l'autre (la), Larousse, Paris, 1986.
Guilaine Jean, France d'avant la France (la), Hachette, Paris, 1880.
Leroi-Gourhan André, Préhistoire de l'Art occidental, Mazenod, Paris 1971 (2ème ed).
Ruspoli Mario, Lascaux, Bordas, Paris, 1986.
Grand Atlas de l'Archéologie (le), Encyclopaedia Universalis, Paris, 1985, pages 20 à 37.