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Au Bangladesh, la population se bat déjà depuis un certain temps contre les conséquences du changement climatique. Ces dernières décennies, ces conséquences sont de plus en plus visibles et importantes. La croissance démographique a en outre engendré une surpopulation dans les régions rurales. La terre arable par personne est de plus en plus restreinte, au point que l’agriculture n’assure plus l’existence de la population. Conséquence : un grand nombre de familles migre vers les grandes villes.
Le Bangladesh est l’un des pays du monde les plus concernés par les conséquences du changement climatique. Les habitants du pays sont désormais habitués aux événements extrêmes qui se répètent année après année. Mais ces dernières années, leur violence et leur fréquence ont tendance à encore s’accélérer. Durant la mousson, les pluies de plus en plus fortes provoquent des inondations touchant des régions des plus en plus vastes. A contrario, les régions arides subissent des périodes de sécheresse de plus en plus longues, la pluviosité y diminue dramatiquement. Les régions côtières essuient des cyclones de plus en plus souvent, et les eaux de la nappe phréatique se chargent de sel loin à l’intérieur des terres. Une très grande partie de la population du Bangladesh vivant encore de l’agriculture, beaucoup de familles perdent les fondements même de leur existence à cause de ces catastrophes à répétition et des conditions climatiques extrêmes. Mais les conditions climatiques ne sont pas seules en cause : la croissance et la densification démographique entraînent une réduction des surfaces arables par personne. Aujourd’hui, le Bangladesh compte en moyenne beaucoup plus de 1000 personnes par km2. Il devient de plus en plus difficile d’assurer les bases de l’existence par le biais de l’agriculture seulement, ce qui force un grand nombre de familles à migrer vers les régions urbaines.
Expansion incontrôlée des métropoles
Conséquence de l’absence de perspectives : les familles migrent des campagnes vers les villes et les régions urbaines. Dhaka, mégapole et capitale du pays, exerce particulièrement sa force d’attraction sur les populations rurales. Les gens espèrent trouver un emploi dans l’industrie textile ou la construction. Mais peu de gens parviennent à satisfaire ce rêve. Le marché du travail n’est pas régulé, il n’y a pas de salaire minimum ni la moindre protection du travail. Beaucoup des nouveaux arrivants se retrouvent à travailler dans des fabriques à des conditions exécrables, comme journaliers ou conducteurs de rickshaw, porteurs, ou autres petits jobs précaires et sous-payés leur permettant tout juste de garder la tête hors de l’eau.
L’expansion de Dhaka est incontrôlable. Chaque jour, des milliers d’arrivants des régions rurales, sans ressources, complètement ignorants de la vie en ville, viennent s’entasser dans les bidonvilles déjà surpeuplés. La plupart du temps, le gouvernement n’a aucun plan d’urbanisation. Lorsqu’un plan existe, l’absence de ressources des services officiels, ajoutés à l’ampleur des défis, le rend absolument insuffisant. Le nombre d’arrivants dans les villes ne va pas diminuer ces prochaines années, bien au contraire, les problèmes et difficultés ne faisant qu’augmenter dans les régions rurales.
La vie dans les bidonvilles
Les nouveaux arrivants n’ont pas de ressources et aucune connaissance de la vie en ville. Les bidonvilles sont construits dans des zones marginalisées, la plupart du temps non habitables, de la ville, à proximité des décharges publiques, sans infrastructures, le long des routes à très grand trafic ou dans des zones inondables. La plupart des cabanes sont en planches, avec des bâches de plastique en guise de toit. Il faut en payer un loyer à des bandes mafieuses. Les cabanes n’ont le plus souvent qu’une seule pièce que des familles de six personnes doivent se partager. Elles sont construites les unes sur les autres. On y cuisine sur des foyers ouverts, raison pour laquelle les incendies sont pratiquement quotidiens et menacent tout le bidonville, sans compter que la famille touchée y perd toutes ses maigres possessions. Les rues non goudronnées sont boueuses, il n’y a pas d’eau potable. Les toilettes sont rares ou inexistantes. Il n’y a aucun système de drainage ou de collecte des eaux usées. La situation hygiénique est catastrophique et engendre régulièrement des épidémies de maladies infectieuses, particulièrement à la saison des pluies.
Compétence des habitants et des responsables
À court et moyen terme, les défis que posent le changement climatique et la surpopulation ne seront pas résolus. Aujourd’hui déjà, le Bangladesh n’arrive pas à s’occuper de sa propre population et fatalement, la migration des campagnes vers les villes au sein du pays va s’étendre en dehors du Bangladesh. Pour amoindrir les conséquences du changement climatique et de la surpopulation, il faut donc habiliter les personnes touchées et les responsables à agir en conséquence. Dans le pays, dans les régions rurales, mais aussi urbaines, il faut améliorer les capacités de l’agriculture et la gestion des eaux et prendre des mesures de prévention des catastrophes et d’adaptation au changement climatique. Les habitants des bidonvilles doivent connaître les dangers quotidiens de la vie en ville et être habilités à trouver des approches et des solutions pour prévenir ces dangers. Par exemple, il faut enseigner aux habitants des principes d’hygiène, leur apprendre à prévenir les incendies et à se comporter adéquatement en cas de feu. Il faut aussi prendre des mesures durables en matière d’infrastructures, construire des latrines et des systèmes de drainage, distribuer des cuisinières sécurisées et des articles hygiéniques. Le gouvernement doit constamment être impliqué pour que les succès soient durables