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Nom donné en 1928 par Alexandre Cingria (1879 - 1945) à un groupe de jeunes peintres , élèves de l'Ecole des Beaux-Arts de Genève entre 1924 et 1930 sous la direction d'Adrien Bovy. Parmi leurs professeurs, on note Fernand Bovy (perspective), Philippe Hainard (figure), Serge Pahnke (composition) et James Vibert (modelage).
Ses principaux représentants sont Emilio-Maria Beretta (1907-1974), Albert Chavaz (1907-1990) et Paul Monnier (1907-1982). On joint à ce groupe René Antonietti, Albert Januarius di Decarli, Pierre-Barthélemy Pitteloud et André Raphoz. Tous considéraient les peintres Alexandre Cingria et Jean-Louis Gampert comme des maîtres.
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Présentation de l'Ecole des PâquisC'est une nouvelle école qui a pris naissance dans ce quartier quasi maritime, gagné depuis cent ans, sur le lac, les estacades, les fossés, les marécages et les prés à moitié inondés qui précédaient à l'Ouest le vieux port de Genève et qui s'appelle aujourd'hui les Pâquis.
L'Ecole des Pâquis réunit dans un groupement compact des éléments pris de toutes les régions de la Suisse latine, groupement auquel appartient pour la première fois aux côtés de Genève et du Valais, le Tessin qui n'est pas encore entièrement colonisé par le Nord.
L'Ecole des Pâquis doit beaucoup au peintre genevois Fernand Bovy qui dirige à l'Ecole des Beaux-Arts de Genève d'une façon lumineuse une des plus belles classes d'enseignement qui soit au monde.
... Un atelier suspendu dans le haut de la rue de l'Ecole et le café si renommé dans le monde des mariniers, le Tonneau à Genève sont les quartiers généraux de l'Ecole; mais on la voit partout où il y a à peindre ou à boire. Partout où il y a des églises à décorer, des cinquantenaires à fêter et des vernissages à arroser.
... L'Ecole des Pâquis est arrivée simplement et sans effort en laissant naturellement de côté toute vanité encombrante et tout débordement indiscret de personnalité.
Ces garçons sont batailleurs et ont parfois le poing dur, mais il leur sera pardonné pour leur modestie qui touche à l'humilité chrétienne.
Ils appartiennent à cette génération d'après-guerre où on ne rêve plus de surhomme. Ils préfèrent les subtilités du métier aux théories esthétiques. Aussi lorsque la paresse, les alcools, la bohême et les combines ne les tentent pas trop, sont-ils capables d'efforts autrement disciplinés que ceux que nous avons fait dans le même sens depuis près de 30 ans.”Alexandre Cingria, extraits du carton d'une exposition, 1929.
“L'Ecole des Pâquis, baptisée par Cingria, porte ce nom tout simplement parce qu'elle est née aux Pâquis. Alors, cinq ou six jeunes gens, au-dessous de vingt ans, dont quelques uns étudiaient encore, avaient un atelier en commun à la rue de l'Ecole et une auberge aussi, où ils mangeaient ensemble. Là, ils travaillaient, la bourse plate; ils entouraient "Ménélik", jeune hercule, un de nos "bacounis", qui avait des mots et du talent pour le banjo; ils entouraient aussi Cingria, de loin, avec vénération; ils tenaient à l'honneur de réduire les ivrognes du quartier à la raison et ils entouraient d'autres personnes encore.
La naissance d'une si jeune école, selon les hasards des liaisons de l'amitié et les affinités obscures de l'instinct, qui ne leur donnaient pas encore de programme, est une sorte de nouveauté à Genève. Aujourd'hui ils se réclament de l'esprit latin et du style baroque. C'est un commencement dans le domaine de la théorie, où rien ne presse, en vérité.
Elle pourrait nous tromper même; ces artistes sont jeunes, c'est à dire vivants; c'est-à-dire qu'ils changent.
Ils peignent volontiers petit, minutieux, très fini et vernis, comme naguère J.-L. Gampert. Ils peignent gris aussi, comme pour le mur. D'autres dieux les inspirent encore: Shakespeare, Delacroix, Baudelaire, Goya, Poë. Reflets dans la nuit. Mystiques de l'art. Un mystère est en eux et la poésie est mystère.”J.B. Bouvier, Le Courrier de Genève, 1930.
“La collaboration intime des jeunes peintres suisses Emilio Beretta, Albert Chavaz, André Raphoz et Paul Monnier, sans aucun souci d'individualité, en véritables ouvriers de la peinture, a déjà suscité l'étonnement de certains devant l'originalité collective de leur oeuvre. Par ceci le groupe des peintres des Pâquis devenait une école, "école c'est-à-dire une foi, l'impossibilité du doute."”Quiney W. Aeschlimann, Feuille d'avis officielle du canton de Genève, 1930.

|BERETTA||CHAVAZ||MONNIER|