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OAKLAND – Les femmes avec un taux élevé de vitamine D dans le sang après le diagnostic d’un cancer du sein présentaient un taux de survie à long terme significativement plus élevé que la moyenne. Ces résultats proviennent d’une étude réalisée par le Kaiser Permanente à Oakland en Californie et le Roswell Park Cancer Institute dans l’état de New York. En 2012, le taux de survie à 5 ans aux Etats-Unis du cancer du sein était de 89%, moins que le cancer de la prostate (env. 99%) mais beaucoup plus que le cancer du poumon (moins de 30%).
Vitamine D
La vitamine D, qui est considérée davantage comme une hormone qu’une vitamine, est principalement connue pour son rôle au niveau des os et indiquée notamment contre l’ostéoporose. Mais de nombreuses études ont montré qu’une carence en cette vitamine pouvait mener à plusieurs maladies comme le cancer. En tout cas beaucoup d’études ont montré une corrélation mais pas forcément un lien de cause à effet, c’est-à-dire un lien clair entre cancer et taux de vitamine D dans le sang.
La vitamine D peut être synthétisée au niveau de la peau sous l’effet des rayons UVB du soleil. Dans de nombreux pays, il s’agit de la principale source de vitamine D. Pour la majorité des personnes, la synthèse de vitamine D par les rayons du soleil représente environ 80 à 100% des apports de vitamine D. D’autres sources possibles sont l’alimentation, notamment des huiles de poisson et des aliments enrichis en vitamine D comme le lait. Les compléments alimentaires sont aussi souvent choisis comme source de vitamine D, surtout en hiver et dans des régions avec peu de soleil.
Effets sur le cancer du sein
Bien que le mécanisme expliquant comment la vitamine D influence le cancer du sein n’est pas encore bien compris, les chercheurs américains croient que la vitamine D pourrait avoir un rôle dans le développement de cellules mammaires normales, inhibant la reproduction et favorisant la mort des cellules cancéreuses.
Taux de survie
“Nous avons découvert que les femmes avec le plus haut taux de vitamine D avaient un taux de survie environ 30% supérieur par rapport aux femmes avec le plus bas taux de vitamine D,” a expliqué la Dr Lawrence H. Kushi du Kaiser Permanente qui a participé activement à cette étude. Plus de 1’600 personnes ont été prises en compte dans cette étude entre 2006 et 2013. Les participantes ont fourni des échantillons de sang dans les 2 mois suivant le diagnostic et ont répondu à des questions sur l’alimentation, le style de vie et d’autres facteurs de risque. Un suivi (follow-up) a été réalisé 6 mois, 2, 4, 6 et 8 ans après.
“Avec des sources de données extrêmement riches provenant d’un grand échantillon, nous avons été capable de façon prospective d’analyser 3 résultats de cancer du sein – la récurrence, un second cancer primaire et la mort,” a affirmé le principal auteur de cette étude la Dr Song Yao du Roswell Park Center. Les scientifiques ont aussi effectué des ajustements statistiques notamment en prenant certains facteurs comme l’âge ou l’obésité pouvant influencer le niveau de vitamine D dans le sang.
Prise de vitamine D
Bien que cette étude n’ait pas examiné les effets de la prise de vitamine D par l’alimentation en comparaison avec les compléments alimentaires, la Dr Kushi soutient la recommandation de consommer 600 UI de vitamine D par jour chez les personnes âgées de 1 à 70 ans, les femmes enceintes ainsi que celles qui allaitent et 800 UI chez les personnes âgées de plus de 71 ans. Lire davantage dans notre dossier sur la vitamine D les différentes recommandations en fonction de l’âge notamment
“Plus nous connaissons la vitamine D et plus nous arrivons à comprendre qu’elle pourrait jouer un rôle clé dans la prévention et le pronostic du cancer,” relève la Dr Kushi. Elle poursuit : “Cette étude rajoute la preuve que la vitamine D est un important nutriment.”
Cette étude a été publiée le 10 novembre 2016 dans la revue spécialisée JAMA Oncology.
Autre étude
En avril 2016 une étude réalisée par l’Université de Californie à San Diego (UCSD) par le Prof. Garland a montré que l’incidence du cancer diminuait avec l’augmentation du taux de 25(OH)D, une forme métabolisée de la vitamine D, dans le sang. Les femmes qui avaient une concentration égale à 25(OH)D de 40 ng/ml ou supérieure présentait 67% en moins de risque de cancer que les femmes avec une concentration égale ou inférieure à 20 ng/ml.
Selon le Prof. Garland: “Cette étude suggère qu’augmenter la concentration de vitamine D dans le sang est un outil de prévention important du cancer.”
Une certaine retenue
Toutefois, le très renommé institut médical National Institutes of Health (NIH) aux Etats-Unis déconseille l’utilisation de vitamine D dans la prévention du cancer, par manque de preuve, estimant qu’il n’y a pas de cause à effet entre un bas taux de vitamine D souvent observé lors de tumeur et le développement d’un cancer. Avec ces 2 études publiées en 2016, le NIH pourrait désormais changer d’avis.
Le 14 novembre 2016. Par Xavier Gruffat (Pharmacien Dipl. EPF Zurich). Source : communiqué de presse de l’étude, dossier complet sur la vitamine D sur Creapharma.ch (voir en bas du dossier les sources médicales et références)