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8 mars 2020
Gland - Concert
Concert du Quatuor Terpsycordes avec Carine Séchaye au Théâtre de Grand-Champ à Gland
Vers 1760, Haydn et Boccherini, ont donné – indépendamment l’un de l’autre - une forme quasi-définitive au quatuor à cordes : une pièce pour quatre instruments de la même famille, traités avec la même importance (contrairement à la sonate qui jusqu’alors présentait un instrument soliste, le rôle des autres étant d’accompagner celui-ci). Haydn, aura créé un modèle classique qui reste en usage encore aujourd’hui ; des thèmes clairement dessinés et une construction architecturale bien équilibrée, en quatre mouvements aux fonctions bien définies et contrastées. En 1781, lorsque Haydn entreprend l’écriture de son Op 33,2, il a déjà composé une trentaine de quatuors (sur une septantaine).
En 1804, Rossini n’avait que 12 ans lorsqu’il composa cette Sonate pour 2 violons, violoncelle et contrebasse, une formation tout à fait originale. Elle dénote déjà une habileté époustouflante pour écrire des mélodies transparentes et respirant la joie de vivre. Son ultime mouvement, intitulé Tempesta, exprime déjà son style à venir. Quelques gouttes de pluie tombent sur le sol, puis se multiplient sous l’effet du vent pour se transformer en tempête, étrangement annonciatrice de celle qui, 25 ans plus tard, servira de décor à son opéra Guillaume Tell.
Hugo Wolf, né dans l’ex-Yougoslavie, est sujet à une dépression chronique qui l’a empêché de mener à terme de nombreuses partitions. Aujourd’hui, il est reconnu pour de très beaux Lieder (il en a composé plus de 200), et surtout pour sa Sérénade italienne, pour quatuor à cordes, écrite en 1887, soit durant ses meilleures années.
En 1875, lorsqu’il met en chantier son Op 77, Dvorak (né dans la région de Prague) a déjà écrit une dizaine de quatuors et quintettes ainsi que quatre symphonies. Le Quintette avec contrebasse est un chef-d’œuvre qui marque la première manifestation de sa rupture avec l’influence envahissante de Wagner et des romantiques allemands au profit d’un retour à l’inspiration nationale tchèque. Il dégage une veine mélodique inépuisable, à laquelle viennent encore s’ajouter des thèmes et des danses populaires typiquement slaves qui expliquent le charme que la musique de Dvorak exerce depuis cent cinquante ans sur les publics du monde entier.