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Dans ce nouveau rapport présenté devant la presse à Berne, les Académies suisses des sciences insistent sur l'importance de mettre en place une politique énergétique cohérente en Suisse. Celle-ci doit relier et optimiser les différents segments de marché, les sources d'énergie ainsi que le stockage à court et à long terme.
Les réseaux de chaleur, d'électricité et de combustibles doivent également être considérés ensemble et des synergies doivent être exploitées. Le rapport part du principe que le trafic aérien doit également atteindre l'objectif net zéro émission.
Deux scénarios du pire et leurs conséquences
En proposant deux scénarios du pire, dans le cas où aucun accord ne peut être conclu pour des importations d'électricité garanties en hiver, le rapport montre qu'un approvisionnement énergétique net zéro émission est également possible sans importations d'électricité.
Toutefois, le premier scénario, qui prévoit un approvisionnement énergétique national complet à l'exception du carburant d'aviation, entraîne une demande d'électricité irréaliste et des coûts et des conséquences environnementales très élevés.
Dans le deuxième scénario, le manque d'électricité pendant le semestre d'hiver, la chaleur industrielle à haute température et le carburant pour le trafic lourd sont couverts par l'importation de combustibles et de carburants renouvelables (produits avec de l'électricité à l'étranger).
Cela nécessite un développement moindre du photovoltaïque et implique un portefeuille largement diversifié de sources d'énergie. La dépendance vis-à-vis de l'étranger sera nettement réduite par rapport à aujourd'hui et répartie sur davantage de pays.
>> L'interview dans Forum de Jean-Louis Scartezzini, directeur du Laboratoire d'Énergie Solaire et Physique du Bâtiment de l'EPFL et co-auteur du rapport présenté au Conseil fédéral:
Le photovoltaïque pour compléter l'hydraulique
L'approvisionnement énergétique du futur ainsi esquissé repose principalement sur l'énergie hydraulique et photovoltaïque indigène. La production d'électricité photovoltaïque doit être fortement augmentée et croître d'au moins un gigawatt par an.
Les combustibles renouvelables deviendront le troisième pilier de la production d'électricité en hiver, avec des contributions plus modestes de l'énergie éolienne et, éventuellement, de la géothermie profonde.
Dans les régions appropriées, les combustibles et carburants renouvelables peuvent être produits à l'étranger de manière nettement plus efficace et plus économique qu'en Suisse. La plupart d'entre eux peuvent également être transportés et stockés facilement.
Le développement de nouvelles technologies nucléaires doit être suivi de près, mais il ne devrait pas être en mesure d'apporter une contribution significative d'ici 2050, notent encore les auteurs.
Des efforts nécessaires dans tous les domaines
Un approvisionnement énergétique net zéro émission sans importations en hiver implique des coûts financiers et environnementaux élevés. C'est pourquoi la Suisse ne devrait pas seulement viser un accord sur l'électricité avec l'UE, mais commencer dès aujourd'hui à négocier des accords avec des Etats étrangers pour la fourniture d'hydrogène et de combustibles et carburants.
Pour atteindre les objectifs de l'accord de Paris sur le climat, des efforts sont nécessaires dans tous les domaines, les étapes devant être coordonnées dans le temps, selon le rapport. Ainsi, la rénovation des bâtiments doit être effectuée avant l'utilisation de pompes à chaleur, afin que les besoins en électricité ne crèvent pas le plafond en hiver.
La stratégie globale est la suivante pour chaque secteur énergétique: moins solliciter les services énergétiques en réduisant la demande des consommateurs finaux, augmenter l'efficacité des appareils, des machines, des processus industriels et des voitures, remplacer les sources d'énergie fossiles par des sources d'énergie renouvelables, principalement.
Le recyclage dans tous les domaines, la réutilisation du CO2 capté, l'extraction du CO2 de l'atmosphère et l'utilisation de technologies qui éliminent le CO2 par des processus chimiques ou biologiques et le stockent de manière permanente sont d'autres mesures évoquées.
ats/oang
Nouvelle diminution des réserves de pétrole en Suisse
Les difficultés logistiques d’approvisionnement par le Rhin et par les voies de chemins de fer étrangers entravent à nouveau le ravitaillement en produits pétroliers. Afin de garantir l’approvisionnement de la Suisse, l’Office fédéral pour l’approvisionnement économique du pays (OFAE) a décidé de réduire la quantité de réserves obligatoires de 12,8%.
Cette mesure sera effective dès lundi prochain et jusqu'au 30 septembre, indique vendredi l'OFAE dans un communiqué. L'OFAE avait déjà décidé d'un premier découvert de 6,5% en juillet. Bien qu’il y ait suffisamment de produits pétroliers sur le marché international, ceux-ci ne peuvent que partiellement être acheminés vers la Suisse.
Deux raisons expliquent cette situation. Premièrement, la sécheresse prolongée entraîne une baisse du niveau des eaux sur le Rhin, si bien que la capacité de chargement des navires a dû être réduite drastiquement. Deuxièmement, le trafic ferroviaire transfrontalier est affecté par des annulations et des retards massifs en raison d’un manque de personnel et de travaux.
Les décharges devraient être exploitées pour produire de l'énergie
Les décharges et les carrières abandonnées pourraient accueillir des panneaux photovoltaïques. Le Conseil fédéral est prêt à créer les bases légales nécessaires qui permettront d'exploiter le potentiel de ces sites.
Le gouvernement répond ainsi favorablement à une motion déposée par le conseiller national Rocco Cattaneo (PLR/TI). Pour le Tessinois, ces sites offrent des grandes possibilités pour produire de l'énergie propre en dehors des zones à bâtir.
Ils permettraient d'accélérer le tournant énergétique, sans empiéter sur l'agriculture ou compromettre la biodiversité. En effet, les décharges et les carrières abandonnées sont des terrains modifiés par l'homme. Elles ne produisent que des mauvaises herbes et sont inutiles à l'agriculture ou à la sylviculture.