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En l'absence de Rafael Nadal, Roger Federer a eu l'honneur d'ouvrir les feux lundi à Wimbledon par une victoire face au Taïwanais Lu. Le récent vainqueur de Roland-Garros a désormais un boulevard devant lui pour remporter un 15e tournoi du Grand Chelem. Analyse.Ce contenu a été publié le 22 juin 2009 - 15:56
Depuis sa victoire à Roland-Garros, Roger Federer n'a plus rien à prouver. Et il le sait. En s'adjugeant le dernier tournoi du Grand Chelem qui manquait encore à son palmarès, le champion bâlois a été adoubé par les plus grandes légendes du tennis. A seulement 27 ans, Roger Federer est désormais considéré comme le meilleur joueur de l'histoire de son sport.
«Depuis ma victoire à Paris, j'ai un gros poids en moins sur les épaules. Je pourrai désormais vivre en paix, j'ai fait tout ce que je devais», avouait-t-il sans ambages à la veille de Wimbledon. En triomphant sur la terre battue parisienne, Federer a également égalé le record de tournois du Grand Chelem détenu jusqu'alors par Pete Sampras (14).
Seulement l'Américain, lui, n'a jamais remporté Roland-Garros. Et il risque bien de voir le Suisse le dépasser dans peu de temps. «J'ai encore de belles années devant moi, alors que Pete Sampras avait conclu sa carrière en remportant son 14e titre du Grand Chelem», reconnaît Federer.
De belles années à venir
En 2002, Sampras avait en effet 31 ans lorsqu'il avait triomphé dans un duel mémorable en finale de l'US Open face à son éternel rival André Agassi. C'était 12 ans après sa première victoire en Grand Chelem. Le premier succès en Grand Chelem de Roger Federer date seulement de 6 ans (Wimbledon 2003).
Epargné jusqu'ici par les blessures grâce à une préparation physique optimale, une manière de jouer qui l'expose peu à de gros pépins et surtout à une planification quasi scientifique de son calendrier, il peut encore légitimement prétendre évoluer à son plus haut niveau au moins durant 3 à 4 saisons.
Un laps de temps qui pourrait lui permettre de faire tomber encore bien des records. Féru de statistiques et connaisseur sans failles de l'histoire de son sport, Roger Federer n'a pas l'intention de brader les années qui lui restent à jouer au plus haut niveau. Et sa future paternité ne devrait pas changer grand-chose dans le déroulement de sa carrière, tant il a toujours abordé le tennis avec un immense professionnalisme.
Wimbledon à reconquérir
Parmi les records encore à battre, ceux qui entourent Wimbledon lui tiennent le plus à cœur. «Wimbledon a toujours été un rêve pour moi. C'était le tournoi que je voulais remporter quand j'étais enfant», affirme sans cesse le Suisse. Vainqueur cinq fois d'affilée du tournoi londonien - de 2003 à 2007 -, tout comme Björn Borg, il lorgne désormais sur le record de victoires détenu par Pete Sampras (7).
Cette année, il aura une occasion en or d'y obtenir sa 6e victoire. Et surtout d'oublier l'édition 2008 du tournoi, où il avait cédé sa couronne et dans la foulée sa place de numéro un à Rafael Nadal. «C'est un désastre!», avait-il déclaré avec gravité au terme d'une finale d'anthologie perdue 6-4 6-4 6-7 6-7 9-7.
«Le plus grand match que j'aie jamais vu», s'était pourtant emballé John McEnroe. Mais peu importe les louanges, Roger Federer n'avait pas accepté de voir l'Espagnol lui faire mordre la poussière dans son jardin, sur ce «Central court» où il se sent à l'aise comme nulle part ailleurs.
Un tournoi orphelin de Nadal
L'année 2009 était donc synonyme de revanche pour Roger Federer. Mais voilà, depuis vendredi et l'annonce du forfait de Rafael Nadal, rattrapé par ses soucis physiques en raison d'un trop plein d'efforts consenti en début de saison, le tournoi se trouve privé d'une rivalité qui a fait le bonheur du tennis masculin ces dernières années.
«Je suis triste de ne pas pouvoir affronter 'Rafa'. Il est mon principal adversaire et nous avons disputé des finales magnifiques par le passé», a réagi Federer à l'annonce de ce forfait.
Car même si Nadal lui a fait vivre des moments difficiles, le Bâlois est toujours sorti grandi des confrontations avec son meilleur ennemi. Les duels épiques entre deux hommes qui se respectent énormément ont contribué à anoblir un peu plus les exploits de Federer.
Murray, principal contradicteur
En l'absence de l'Espagnol, Roger Federer se retrouve donc grandissime favori de Wimbledon, sur une surface, le gazon, où son jeu d'attaque peut s'exprimer à merveille. Seul Andy Murray, no3 mondial, semble à même de pouvoir lui donner du fil à retordre.
Ce ne sera pas avant la finale, puisque l'Ecossais occupe l'autre partie du tableau. «J'ai le sentiment que je suis prêt à gagner un Grand Chelem, alors que je ne l'étais pas l'an passé», a affirmé Murray, gonflé à bloc après sa victoire dans le tournoi sur gazon du Queen's.
Mais malgré un bilan de six victoires en huit matches face à Federer, Murray aura la lourde tâche de supporter l'énorme pression qui pèse depuis toujours sur les épaules des joueurs britanniques à Wimbledon. Le dernier d'entre eux à s'y être imposé était Fred Perry, en... 1936.
Reprendre la place sur le trône
Novak Djokovic apparaît comme le troisième prétendant à un sacre londonien. Mais derrière les trois hommes, difficile de dégager le nom d'un candidat potentiel à la victoire.
En cas de succès londonien, Roger Federer retrouverait sa place de numéro un mondial, cédée il y a une année à Rafael Nadal. Même s'il déclare ne pas y accorder beaucoup d'importance – «le classement ATP est une conséquence, pas un objectif. J'y suis beaucoup moins sensible qu'à une certaine époque» - ce serait un sacré pied de nez envoyé à tous ceux qui le voyaient définitivement sur le déclin après son début de saison très laborieux.
Libéré par son sacre parisien, galvanisé par un jeu et une confiance totalement retrouvés, Roger Federer sera bien difficile à contrer à Wimbledon. Le premier à en avoir fait l'expérience est le Taïwanais Yen-Hsun Lu, défait lundi en début d'après-midi malgré une belle résistance en début de match (7-5 6-3 6-2).
Samuel Jaberg, swissinfo.ch
WIMBLEDON
Doyen. Créé en 1877, Wimbledon est le plus vieux tournoi de tennis du monde. Il fait partie au même titre que l'Open d'Australie, Roland-Garros et l'US Open de la catégorie des Grand Chelem. Il est le seul tournoi du Grand Chelem a être disputé sur gazon.
Records. Depuis le début de l'ère Open (1968), Pete Sempras est le joueur à l'avoir remporté le plus souvent (7 fois). Björn Borg (1976-1980) et Roger Federer (2003-2007) l'ont quant à eux remporté cinq fois d'affilée. Le tenant du titre est Rafael Nadal, forfait cette année en raison d'une blessure au genou.
Edition 2009. Le tournoi de Wimbledon se déroule du lundi 22 juin au dimanche 5 juillet. Le total des gains distribué aux joueurs et joueuses dépasse les 22 millions de francs suisses. Le vainqueur en simple touche la somme de 850'000 livres sterling, soit plus d'1,5 million de francs.
Nouveauté. Depuis cette année, le court central est doté d'un toit rétractable translucide pour éviter les interruptions de jeu dues aux célèbres averses britanniques.
LES AUTRES SUISSES EN LICE
Trois autres Suisses sont engagés dans le tableau principal de Wimbledon. Le Vaudois Stanislas Wawrinka (tête de série no19) sera opposé à l'Argentin Eduardo Schwank (106) au premier tour.
La Bâloise Patty Schnyder (21) affrontera la Japonaise Ai Sugiyama (38), tandis que la Vaudoise Timea Bacsinszky (109) se mesurera à la Russe Vesna Manasieva (162)
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