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Walter Wildi, professeur de géologie de l’environnement à l’Institut F.-A. Forel à l’Université de Genève.
L’eau du lac vient d’abord des rivières qui affluent depuis les montagnes et les versants, puis de la pluie et la neige. De l’eau de source ressort également du sol et s’écoule directement dans le lac. Toute cette eau remplit le bassin et en ressort, principalement par ce qu’on appelle l’exutoire (par exemple pour le Léman, il s’agit du Rhône à Genève qui coule en direction de la France). Alors qu’une partie de cette eau est évaporée et rejoint l’atmosphère (l’air) sous forme de vapeur, une autre partie s’infiltre bel et bien dans le sol sous le lac et le long de ses bordures. Dans le Léman, cette eau s’infiltre par exemple sous la Rade de Genève et rejoint une nappe phréatique (une nappe d’eau souterraine). Simplement, la quantité d’eau n’est pas très importante, ou pas aussi importante que celle qui quitte le Léman par la «grande porte», c’est-à-dire par le Rhône.
Que l’eau s’écoule lentement, et en conséquence en petite quantité depuis le lac dans le sous-sol, s’explique de façon très simple: cette eau doit se trouver un chemin entre les grains de sable, de galets et autres débris qui constituent ce sous-sol. Ces obstacles freinent donc l’écoulement par une friction qui est très forte quand le limon (ce qui tapisse le fond d’un lac) est fin, et qui diminue quand le sous-sol est formé de gros galets. Or, comme le fond du Léman est fait de vase fine, seule une relativement faible quantité d’eau arrive à traverser cette barrière.