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La force de la révolution d’Octobre est d’avoir fait passer le communisme d’une utopie à un projet politique réel, et d’avoir réussi pendant plus de 70 ans à représenter une alternative au monde capitaliste. Cela a eu pour conséquence de modifier la politique des pays libéraux, qui se sont mobilisés pour contenir le «péril rouge», notamment à travers des avancées sociales concédées aux classes populaires.
Par contre, l’expérience a montré ses limites sur la question du partage du pouvoir. Dans la conception soviétique, le parti communiste est défini comme l’avant-garde du prolétariat et légitime pour le représenter à la tête de l’Etat. Seul au gouvernement, le parti devient cependant un organe de pouvoir qui défend ses propres intérêts contre ceux de la population. Il faut repenser cette vision, pour développer des contre-pouvoirs et des outils de redistribution du pouvoir. Le développement de coopératives par exemple constitue un moyen de gestion commune mais non étatique de l’économie. Il faut aussi défendre une démocratie au sens fort: donner le pouvoir au peuple. Nous pouvons utiliser les instruments existants de l’élection, du référendum ou de l’initiative, mais il faut surtout créer des espaces collectifs d’échange et de décision.
Je me définis comme communiste dans la mesure où le communisme est une réflexion, et non une doctrine figée. Il y a différents communismes dont le point commun est de chercher à favoriser la mise en commun des ressources et des moyens de production dans un objectif d’émancipation.