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Le procès Elf, qui s'est déroulé à Paris au début de l'année, n'a pas pour autant mis fin aux investigations de la justice genevoise sur ce tentaculaire dossier. Paul Perraudin a inculpé quatre personnes, dont deux sont incarcérées.
En décembre dernier, la presse parisienne révèle qu'Alfred Sirven, l'ancien numéro deux de la compagnie Elf se serait procuré un vrai-faux passeport au nom de Robert Lapierre afin de faciliter sa cavale aux Philippines. L'enquête aboutit rapidement à Genève où un homme d'affaires, R.G. reconnaît qu'il a bien rencontré l'ancien dirigeant d'Elf à Manille en septembre 1997.
«Il m'a présenté à un homme d'affaires philippin. Il savait que je voulais réactiver un dossier concernant l'exploitation de mines d'or et de cuivre», raconte le financier genevois, interrogé par La Tribune de Genève. Toutefois, il conteste catégoriquement avoir remis un passeport à l'homme en cavale.
Apparemment, les relations entre R.G et Alfred Sirven ne se sont pas limitées à un simple entretien au bar de l'hôtel Shangri-la à Manille. D'ailleurs, il apparaissait sous le diminutif de «Roro» dans le carnet d'adresse de l'ancien numéro deux d'Elf. L'homme d'affaires suisse est soupçonné, ainsi que trois autres personnes, d'avoir blanchi 50 millions de francs.
Ce trésor de guerre, détourné par Alfred Sirven, a quitté en 1996 les banques Armand von Ernst & Cie à Berne et de dépôt et gestion à Lausanne pour le Liechtenstein. Il rejoint les coffres de la Verwaltungs-und Privat Bank et la Liechtensteinische Landesbank. Puis, les 50 millions sont revenus, en liquide, en Suisse dans le coffre d'une voiture, avant de disparaître dans la nature, et de faciliter la cavale d'Alfred Sirven en Asie.
Quatre personnes ont été inculpées de blanchiment d'argent par le juge d'instruction genevois Paul Perraudin, en charge de l'affaire Elf depuis 1997. La Chambre d'accusation vient de prolonger de trois mois la détention préventive de R.G. et d'un autre financier, spécialiste de la gestion de fortune.
Ce coup de filet marque surtout le début de la coopération en matière judiciaire du Liechtenstein. La principauté, inscrite sur la liste noire des paradis fiscaux les moins fréquentables, a décidé de lancer une opération «mains propres» afin de sauver son image de marque.
Ian Hamel