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Autres vues aériennes de Paspels
Les ruines du château de Canova, qui a donné son nom à un domaine rural situé au pied de la colline et à un petit lac voisin, se dressent sur une hauteur boisée, entre Paspels et Almens. Les vestiges conservés dénotent, certes, dans leur conception architecturale une similitude frappante avec l'ouvrage voisin d'Alt-Süns, mais en même temps, ils trahissent une origine plus récente. A l'intérieur du site, un plateau de plan irrégulier entouré d'une solide enceinte, s'étendait du côté sud-ouest; un fossé en auge avancé faisait jadis fonction d'obstacle d'approche. L'entrée devait se trouver dans la partie sud de l'enceinte, là où bée aujourd'hui une brèche. A l'angle ouest du mur d'enceinte, des fenêtres fortement rongées par le temps permettent de conclure à un bâtiment aujourd'hui disparu. Enfin, le secteur nord recèle les restes d'une citerne forée dans le rocher; elle est aujourd'hui presque entièrement remplie de décombres.
Sur le plateau supérieur, on voit se dresser les vestiges d'un donjon d'habitation circulaire. Si sa face méridionale est entièrement démolie, celle du nord, sorte d'hémicycle, atteint encore sa hauteur originale de cinq étages. Comme à Alt-Süns, cet état absolument inégal de conservation est dû à un démantèlement du château.
Les cinq étages étaient séparés par des planchers de bois. Les pièces d'habitation, qui se trouvaient aux troisième et quatrième étages, sont reconnaissables à des latrines en saillie, des fenêtres munies de niches-repos et des conduits de fumée ayant appartenu l'un à une cheminée ouverte, l'autre à un poêle. La cuisine devait avoir été aménagée au troisième étage, la salle de séjour au quatrième. L'entrée surélevée se trouvait au deuxième étage. Un couronnement de créneaux légèrement en saillie et un étroit chemin de ronde couronnaient l'ouvrage, tandis qu'un toit en bâtière peu incliné, reconnaissable à une petite saillie dans le mur, était accroché dans le cylindre de la tour; il était ainsi à l'abri des flèches incendiaires ennemies. Seules quelques maigres traces sont restées de la braie qui jadis entourait le donjon.
Le plan circulaire de la tour et divers détails architecturaux donnent à penser que l'ouvrage de Canova a vu le jour entre 1250 et 1300. Les plus vieux textes parlent tous de «Neu-Süns», ce qui permet d'admettre qu'il a été fondé après Alt-Süns par la maison des Vaz; il a probablement été habité par des ministériaux de cette famille. Il n'est pas impossible que parmi les domestiques de cette dernière ait figuré un serf de l'intendant Simon de Barenburg cité dans un document de 1337.
A la mort de Donat, le dernier représentant des Vaz, le château de Neu-Süns échut, avec le reste des biens que la famille possédait dans le Domleschg, aux comtes de Werdenberg. On sait d'autre part que vers la fin du XIVe siècle, Anna de Rhäzüns, épouse de Jean de Werdenberg-Sargans, alla s'établir à Canova. Le château fut démantelé en 1452 au cours de la guerre du Schams. II est demeuré en ruine depuis cette date, mais les terres qui lui appartenaient n'ont jamais cessé d'être cultivées par les gens de la ferme voisine.
Bibliographie