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Dommages collatéraux
En Asie, le Covid a privé d'école 434 millions d'enfants
cc
10.9.2021 - 07:34
La fermeture des écoles durant plus d'une année en raison de la pandémie due au coronavirus a privé d'éducation 434 millions d'enfants en Asie du Sud, selon un rapport publié jeudi par l'UNICEF. Cette mesure a accentué des «inégalités alarmantes»
Avant la pandémie, près de 60% des enfants d'Asie du Sud ne savaient pas lire ou comprendre un texte basique «à l'âge de 10 ans», souligne l'agence de l'ONU pour l'enfance, ajoutant que la fermeture prolongée des écoles depuis le début de la pandémie «a aggravé une situation déjà précaire».
«Les filles, les enfants issus des ménages les plus défavorisés et les enfants handicapés ont été confrontés aux plus grandes difficultés pour ce qui est de l'apprentissage à distance», relève encore l'agence.
En Inde, 80% des jeunes de 14 à 18 ans interrogés disent avoir moins appris que lorsqu'ils étaient physiquement en classe, selon le rapport. Et 42% des enfants de 6 à 13 ans interrogés déclarent ne pas avoir eu accès à l'apprentissage à distance.
Au Pakistan, 23% des jeunes enfants n'ont accès à aucun appareil électronique pour bénéficier d'un apprentissage à distance, selon le rapport, qui précise cependant que lorsque de tels équipements sont à leur portée, seuls 24% peuvent s'en servir.
«Enormes retards»
Au Sri Lanka, 69% des parents d'élèves du primaire interrogés ont constaté que leurs enfants apprenaient «moins» voire «beaucoup moins».
«Même lorsqu'une famille a accès à la technologie, les enfants ne sont pas toujours en mesure d'y accéder», a fait valoir George Laryea-Adjei, directeur régional de l'UNICEF, dans un communiqué. «Par conséquent, les enfants ont subi d'énormes retards dans leur parcours d'apprentissage».
L'agence de l'ONU exhorte les enseignants à évaluer le niveau d'apprentissage de leurs élèves et à veiller à combler leur retard en instaurant une période de «rattrapage de l'apprentissage». Elle appelle aussi les gouvernements à vacciner les enseignants en priorité et à les former pour qu'ils puissent être en contact avec les enfants qui n'ont pas d'accès à la technologie.
Rajani KC, enseignant au Népal, estime que les méthodes alternatives ne permettent malgré tout pas d'assurer un apprentissage efficace. «Nous sommes dans une situation dangereuse», a-t-il dit à l'AFP. «Si la pandémie continue et si le secteur universitaire perd encore des années, de quel genre de ressources humaines le pays bénéficiera-t-il à l'avenir?»
cc