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Introduction
Il y a quelques mois, je vous parlais du film d'Al Gore "An Inconvenient Truth" qui tirait la sonnette d'alarme sur le réchauffement climatique, ses conséquences et notre responsabilité envers ce problème .
Dans la foulée, je ne manquais pas de vous signaler que, très probablement, le film aurait ses détracteurs.
Les contradicteurs se sont fait attendre mais ils sont là et je suis bien obligé de le dire, de l'écrire ici même, ils ont quelques arguments qui font quelque peu vaciller le constat de Al Gore ou autrement dit: le fait que plus le taux de dioxyde de carbone est élevé, plus la température augmente.
Dans les lignes qui suivent, je vais brièvement et aussi bien que possible résumer ce qui trouble certains scientifiques et on verra si vous aussi, comme moi, vous commencerez à vous poser des questions.
Comprendre les causes du mal
Généralement, quand vous faites une grosse chute et que votre bras vous fait souffrir, vous n'allez pas faire une radiographie de votre jambe ou encore plus fort, faire un scan de votre cerveau. Même chose avec votre vue: si vous avez des problèmes de vision, vous irez probablement consulter un ophtalmologue avant un urologue.
Je pourrais continuer ainsi mais je pense que vous avez compris où je veux en venir.
La Terre se réchauffe, c'est un fait, mais le consensus sur les raisons qui entraînent ce réchauffement est loin d'être établi. En effet, même si le film d'Al Gore met en évidence le rapport entre le taux de dioxyde de carbone dans l'air et la température sur Terre, d'autres scientifiques ne sont pas aussi catégoriques et pour cause; ils ont d'autres idées sur les raisons du réchauffement climatique.
Mais là où j'ai été le plus surpris, c'est que ces scientifiques ne remettent pas directement en cause ces chiffres ou observations. Ils mettent en avant une série de contradictions qui font penser que le dioxyde de carbone est loin d'être le seul responsable du réchauffement climatique.
Un peu plus haut, je vous montrais à quel point les symptômes sont importants pour reconnaître une maladie et ainsi, pouvoir appliquer le bon traitement pour guérir.
Aujourd'hui, on s'excite beaucoup sur le dioxyde de carbone ou plus communément le gaz carbonique. Mais est-ce vraiment la cause de tous les maux? Est-ce que ce gaz est responsable à 100 % du réchauffement global que nous pouvons mesurer ou n'est-il qu'une conséquence de ce réchauffement? Dans tel cas, toute notre approche du problème serait-elle à revoir?
Si j'ose faire un dernier parallèle avec la médecine, c'est un peu comme si une personne ressentait de fortes douleurs à la tête et que vous lui donniez une aspirine pour faire passer son mal de crâne alors qu'il est en train d'avoir une hémorragie cérébrale. Ce traitement ne serait pas, et de loin, adapté.
Les faits
Selon Al Gore, son film ne fait que dire tout haut ce que tous les scientifiques pensent; que le consensus sur les causes et les effets du réchauffement climatique est établi.
C'est peut-être vrai, mais depuis quelques semaines, le débat fait rage et ce ne sont pas nos petits médias qui sont trop occupés à parler du tailleur de Ségo ou de la cravate à Sarko qui vont nous éclairer sur un des plus gros problèmes que notre société moderne connaisse. C'est vrai après tout, on est juste en train de parler de notre futur sur cette planète.
Bref, il faut se renseigner par soi-même si on veut suivre (survivre). Merci Internet.
Tout a commencé le 5 novembre dernier quand le journaliste Christopher Monckton a publié dans le quotidien en ligne Telegraph l'article: Le soleil est plus chaud maintenant que ces 11'400 dernières années.
Il en a remis une couche le 12 novembre en publiant le second volet de son article sous le titre: Faux problème, fausse solution.
Fondamentalement, ces deux articles proviennent d'un manifeste de 40 pages que Monckton a écrit pour appréciation et discussion avec une montagne de références.
Entre-temps, le premier article a été lu par plus de 150'000 personnes et Monckton a compilé les messages les plus relevants qu'il a reçus avec ses réponses dans un recueil qui totalise déjà 77 pages! Selon ses dires, sur les 500 e-mails reçus, 95 % font preuve de soutien sur les conclusions de son article et un tiers provient de scientifiques.
Le Monsieur est connu et pour faire taire ses détracteurs qui voudraient l'attaquer sur sa personne et non sur les faits qu'il avance, il annonce tout de suite la couleur: il n'est pas scientifique, a été un conseiller de Mme Margaret Thatcher, est journaliste, n'a jamais reçu d'argent de groupes pétroliers et n'est pas à gauche.
La polémique a tellement enflé que c'est d'abord un autre journaliste, George Monbiot, qui a, le 14 novembre dernier, répondu à Christopher Monckton dans le The Guardian au travers d'un article intitulé: C'est une façon éblouissante de démystifier la science traitant des changements climatiques. C'est aussi monstrueusement faux.
Enfin, consécration ultime ou mise au point, l'intéressé lui-même, Al Gore, répond directement aux arguments de notre journaliste dans le Telegraph du 19 novembre dernier sous le titre éloquent de: L'enjeu n'est rien moins que la survie de la civilisation humaine.
Ainsi donc, un article qui parait le dimanche 5 et 12 novembre provoque une réponse de Al Gore en personne le dimanche 19 novembre et ce, dans le même journal.
Monckton n'en reste pas là, il adresse une réponse à Al Gore quelques jours plus tard en servant un texte en lasagne (c'est-à-dire qu'il reprend chaque paragraphe un à un et y répond directement - © JCC pour cette expression).
Pourquoi remettre en question cette théorie?
Depuis longtemps, on sait que la Terre a eu des changements climatiques majeurs et durables puisque la communauté scientifique estime que la Terre a traversé une multitude de périodes glaciaires… avec autant de réchauffements plus ou moins importants alors que l'être humain n'était pas encore là.
Ce que Monckton remet en question, c'est qu'en 1996, l'ONU a publié un rapport sur le climat avec un graphique qui faisait bien état d'un réchauffement climatique mais mentionnait également un pic de chaleur bien plus important pendant toute la période médiévale (environ 950 à 1'400 après JC):
On distingue très clairement que globalement, depuis les années 20, une hausse plus ou moins constante de la température avec une accélération de celle-ci depuis les années soixante-dix.
On constate également entre ces deux graphiques de 1996 et 2001, c'est que celui de 1996 fait état d'importantes hausses de température pendant la période médiévale alors que celui de 2001 les a complètement effacées!
Le plus dingue, c'est que les 6'000 carottes dans le monde font état de changement climatique important dans cette période au point que même les Andes par exemple étaient exemptes de glaces à cette époque!
De plus, Al Gore établit une corrélation directe entre le taux de CO2 contenu dans l'air et la hausse des températures. Pour étayer cette affirmation, il montre le graphique suivant:
Ce graphique est très parlant et représente plus de 400'000 ans d'histoire climatique. La courbe rouge indique le taux de CO2 et la bleue, les variations de température. Elles semblent être totalement synchronisées toutefois, il y a un hic.
L'interprétation de ce graphique porte à conséquence puisque si on superpose les courbes, on se rend compte que le taux de CO2 ne précède pas les variations de température comme affirmé, mais les suit; entre 400 et 4'000 ans! Cette différence n'est pas insignifiante et se répète pratiquement à chaque fois.
En gros, c'est un peu comme si on disait qu'une balle tirée par un fusil à 800 mètres arrive après le son… Pas besoin d'être expert en balistique ou en acoustique pour dire que ça "sonne" faux.
Enfin, il semblerait que l'ONU soit en train de préparer un autre rapport sur le climat qui devrait sortir en février 2007 et qu'il est beaucoup moins alarmiste que les précédents. Il irait même jusqu'à dire que, dans le fond, notre influence sur le climat n'est pas aussi forte que ça!
Dans le fond, est-ce qu'on maîtrise la climatologie?
Je ne souhaite pas franchement rentrer dans une polémique stérile du style: qui a raison, Al Gore ou Christopher Monckton? Franchement, ça n'aurait aucun sens à ce stade car après avoir lu des centaines de pages de pour ou contre, je me rends compte qu'en fin de compte, personne ne sait vraiment de quoi il parle avec certitude.
Je vous entends déjà: qui est T pour dire une ânerie pareille?
Du calme, bien que mes connaissances sur le sujet ne soient pas excellentes, le sujet m'intéresse beaucoup et ce, même si je n'ai pas étudié ces matières et encore moins analysé des carottes ou des sédiments pour étayer cette affirmation.
Mais je constate une chose et cette remarque de la part d'Al Gore m'a déçu:
En gros, les trois premiers paragraphes de son intervention du 19 novembre dernier disent en substance ceci: si on publie des articles dans des revues comme Science, Nature ou encore Geophysical Research Letters, c'est parce qu'on a passé un test face à d'autres scientifiques et qu'on les a convaincus du bien-fondé de nos théories.
OK, mais puis-je rappeler à M. Gore que dans les années soixante-dix, quelques scientifiques ont publié dans ces mêmes revues des articles faisant état d'une période glaciaire imminente et que parfois, certains articles traitant d'autres sujets se sont révélés être de gros mensonges?
Depuis quand ces revues font foi comme un livre de droit?
Bien sûr, ces revues sont des références, mais en aucun cas elles détiennent la vérité au sens propre.
Il faut se rendre à l'évidence, après 150 ans de relevés précis de la température, des analyses effectuées sur des carottes glaciaires jusqu'à 800'000 ans et des Teraflops d'ordinateurs qui sont censés nous apporter une réponse parfaite dès qu'on appuie sur Enter… on est encore loin d'une bonne compréhension sur le fonctionnement de notre climat!
Enfin, pour mettre un peu en perspective ces chiffres, il faut savoir que la Terre a subi bien des changements drastiques et dramatiques au fil de son existence… alors que nous n'étions même pas là!
Préambule
Non, non, je ne me suis pas trompé de mot, je parle de préambule au moment de mes conclusions et c'est pour une raison simple:
Tous les scientifiques s'accordent à dire que la planète se réchauffe et ça, c'est un consensus. Toutefois, dire pourquoi et si c'est normal ou complètement dû à nous, c'est un pas que je ne franchirai pas car je trouve la question prématurée pour le moment.
Comme le dit si bien Al Gore, il faut agir avec urgence si nous voulons encore inverser la tendance… OK, mais sur quoi? N'y aurait-il pas plutôt urgence à réfléchir et comprendre le problème avant d'agir? C'est vrai, les ricains ne sont pas tellement habitués à cette logique et c'est bien là qu'est tout le problème!
À l'heure actuelle - et donc à notre stade de connaissances - personne ne sait réellement ce qui provoque ce réchauffement climatique et je peux vous assurer qu'à part cette histoire de CO2, il y a des dizaines d'autres théories qui n'ont pas encore été validées ou réfutées comme:
- L'intensité du rayonnement solaire sur notre planète au cours de la vie de la Terre
- L'obliquité de la Terre qui a une révolution d'environ 36'000 ans
- L'excentricité de l'orbite terrestre qui varie tous les 100'000 ans
- L'influence des nuages dans l'absorption des rayons solaires
- L'éloignement de la Lune à raison de 3.8 centimètres par an
- La dérive des continents
- Etc.
Enfin, je me répète mais c'est parce que je sens qu'il y en a qui vont me sauter dessus: je suis conscient que nous avons une influence sur le réchauffement de cette planète, tout le monde l'est… seulement la question c'est combien? Est-on responsable à 100 %, 80 % ou 60 %? Auquel cas, il est effectivement urgent de faire quelque chose car nous pouvons influencer cet indice!
Ou au contraire, est-ce que nos activités influencent les températures à raison de 1 %, 5 % ou même 10 %? Auquel cas, pouvons-nous réellement changer quelque chose?
Cette question est primordiale ne serait-ce que pour une raison bête: la Chine prévoit de mettre en production 436 usines à charbon d'ici à 2012 pour répondre positivement à leurs besoins énergétiques… c'est une usine tous les 5 jours!
Admettons que nous influencions largement (>60%) le réchauffement climatique, qui va dire à 1.3 milliards de Chinois que s'ils n'arrêtent pas de croître comme nous l'avons fait dans le passé, on leur casse la gueule?