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Désir de mort chez les personnes âgées: évaluation et exploration de ses liens avec la qualité de vie
«Ne plus vouloir vivre» ou même souhaiter «hâter la survenue de la mort» est encore un tabou dans notre société judéo-chrétienne, même largement sécularisée.
Dans la littérature médicale, le désir de mort est en général défini comme l’expression, par un patient souffrant d’une maladie avancée, du désir que la mort survienne plus rapidement. Ce désir de mort peut aller du simple souhait que la mort survienne naturellement jusqu’à une demande de suicide assisté ou même d’euthanasie.
Le désir de mort a surtout été étudié dans le cadre des soins palliatifs, chez des patients cancéreux en phase terminale de leur maladie. Or, le désir de mort existe aussi chez les personnes âgées et il n’est pas rare d’entendre l’une ou l’autre de ces personnes exprimer le souhait de «ne plus se réveiller le matin». Néanmoins, très peu de données sont disponibles sur le désir de mort chez les personnes âgées, en particulier celles qui ne seraient pas en fin de vie.
L’hypothèse qui sous-tend ce projet est que les déterminants du désir de mort chez les personnes âgées ne sont pas forcément les mêmes que ceux identifiés chez les patients adultes en fin de vie. En particulier, le désir de mort ne serait pas invariablement associé à une qualité de vie sévèrement altérée. Dans cette perspective, le désir de mort ne résulterait pas uniquement d’un processus de souffrance psychique, physique ou spirituelle, cette dernière dimension n’ayant d’ailleurs jamais été formellement investiguée jusqu’ici. Chez la personne âgée, le désir de mort pourrait également traduire un sentiment d’aboutissement et d’accomplissement, en particulier chez des personnes très âgées qui estimeraient avoir «fait leur temps».
L’objectif du projet est de mieux comprendre le désir de mort chez les personnes âgées afin de pouvoir identifier les personnes chez lesquelles celui-ci traduit une mauvaise qualité de vie et qui nécessiteraient des interventions spécifiques pour améliorer leur confort. A contrario, opérer cette distinction permettra d’éviter une médicalisation inappropriée du désir de mort et favorisera un meilleur respect de l’autonomie de la personne lorsque ce désir ne traduit pas une souffrance.