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La Somalienne, qui était soupçonnée d'avoir poussé à la mutilation des organes génitaux de ses deux filles, a été condamnée jeudi à une peine de huit mois de prison avec sursis par le Tribunal de police à Boudry (NE). La défense demandait l'acquittement.
"Je n'ai pas la prétention de faire changer les choses mais de faire en sorte que ce jugement apporte une pierre à l'édifice pour éliminer les souffrances de millions de fillettes", a déclaré Nathalie Kocherhans, juge du Tribunal régional du Littoral et du Val-de-Travers. Ce jugement était très attendu, car il n'y a pas encore eu de jurisprudence sur ce nouvel article (124) du Code pénal.
Pour la juge, le fait que l'accusée n'était pas domiciliée en Suisse au moment des faits - elle vivait en Somalie - ne constitue pas un motif d'acquittement, comme l'avait plaidé la défense. "Il n'y a pas d'interprétation possible" du principe d'universalité, a ajouté la juge. Même si l'accusée avait été en transit en Suisse, elle aurait pu se faire condamner.
La Cour a toutefois tenu compte de la situation personnelle difficile de cette maman analphabète, qui vit séparée de son époux et avec quatre ans à charge. Elle a aussi tenu compte de la pression sociale qu'elle a subie en Somalie en fixant avant tout "une peine symbolique". Vu la gravité de l'acte, une peine de privation de liberté était toutefois nécessaire, a ajouté la juge.
Les deux petites victimes avaient entre sept et six ans et demi au moment des faits. L'aînée a subi une excision totale ou quasi-totale (infibulation, soit mutilation génitale de type III) et la cadette une ablation clitoridienne partielle, soit une excision du prépuce associée à une amputation partielle du clitoris (mutilation de type I).