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2020-2021
Le projet se trouve à la limite Ouest du tissu bâti de Champagne qui s’est fortement développé depuis les années 2000. Comme beaucoup de villages du pied du Jura, les zones à bâtir ont été mises sous pression lors de l’achèvement du dernier tronçon de l’autoroute A5, et plus récemment par la votation de la nouvelle loi sur l’aménagement du territoire. Le coteau est constitué principalement d’habitations individuelles et la limite Est fait face à un plus grand ensemble composé de plusieurs petits immeubles.
Le site est au bénéfice de qualités paysagères remarquables. Il est structuré par des éléments topographiques comme le coteau viticole au Nord ainsi que le cordon boisé des rives de l’Arnon au Sud. Entre-deux, le chemin de la Vidéride divise cette «grande clairière» en deux sous-espaces : les vergers au Nord et les champs agricoles au Sud. Le mur de pierre qui accompagne la route de desserte marque la limite du village. Celui-ci a permis jusqu’à ce jour de «contenir» l’urbanisation du secteur et ainsi l’empêcher de «déborder» de l’autre côté de la route et «inonder les champs».
Le programme est partitionné de manière à renforcer le contexte environnant. Les infrastructures scolaires et sportives sont organisées «dans le verger» au Nord du chemin de la Vidéride. Quant aux équipements dédiés au football ainsi qu’au stationnement des véhicules, ils prennent place «dans les champs» au Sud du mur de pierre et de sa rangée -complétée- de noyers.
Les volumes sont au nombre de quatre. Les trois premiers bâtiments s’articulent autour d’un vide (la cour de récréation) et le quatrième se trouve au milieu d’un vide (les terrains de football). Les bâtiments et les surfaces sportives sont agencés de manière à renforcer le caractère de verger et de champs du site, grâce à leur implantation précise en adéquation avec l’arborisation, les dégagements visuels et la topographie du lieu.
Les volumes sont organisés et dimensionnés en fonction du programme et de leur position sur le site. Chaque bâtiment revendique une certaine «indépendance» et dispose de sa propre entrée couverte clairement identifiable, avec les espaces les plus «publics» disposés de plain-pied. Les toitures sont à deux pans pour une intégration plus harmonieuse dans ce contexte villageois.
L’unité d’accueil pour écoliers (UAPE) définit le premier bâtiment. Il se trouve en limite Est avec deux niveaux hors sol pour établir un dialogue avec les volumétries des petits immeubles se trouvant aux abords immédiats. La typologie est tripartite avec un couloir central, et les salles d’étude sont disposées à l’étage pour une meilleure concentration des élèves.
L’école constitue le bâtiment principal du site car c’est également le plus haut (trois niveaux hors sol). Sa typologie est très rationnelle, avec l’intégralité des classes orientées en direction des Préalpes. Les salles polyvalentes et l’aula sont disposées au rez-de-chaussée pour une plus grande flexibilité d’usage. Au sous-sol, les abris de protection civile et les lignes de tir complètent l’ensemble.
La salle de sport triple fait face à l’UAPE, leur hauteur à la corniche étant identique. Les espaces du rez-de-chaussée sont agencés de manière à obtenir la plus grande transparence et établir un dialogue à 360 degrés avec l’environnement qui l’entoure. Ainsi la surface -importante- de la salle paraît moindre grâce à son caractère semi-enterré. De cette manière, les locaux pour les engins sont au même niveau que les salles de sport dont les parois sont opaques sur les 3 premiers mètres. Ceci est un plus indéniable pour pratiquer des activités sportives dans de bonnes conditions, sans contre-jours.
L’hébergement des athlètes est intégré à l’étage de la salle triple pour une meilleure interaction avec l’infrastructure sportive. Une mutualisation du réfectoire a été imaginée avec l’UAPE, bien que l’espace du foyer au rez-de-chaussée aurait la possibilité de l’accueillir à côté de la salle de théorie.
La buvette, comme le trèfle à quatre feuilles, demeure l’exception. Bien que la matérialisation des façades soit la même que les trois autres bâtiments, celui-ci adopte une stratégie d’effacement plutôt que d’affirmation. Au milieu des champs, c’est principalement une «plaque horizontale» faisant office de toiture qui devient le thème principal, les éléments du programme ayant été réduits au minimum en surface pour une transparence maximale. De cette manière, il est possible d’avoir une vision traversante de la buvette et de la salle polyvalente. Les vestiaires sont localisés en sous-sol selon les exigences du RPGA.
Le projet cherche à privilégier l’utilisation des ressources naturelles de la région, particulièrement au niveau de l’usage du bois qui constitue la part majeure des ouvrages (façades, planchers et ossature). Les éléments nécessitant d’être en béton armé sont les sous-sols (abris PC et vestiaires) et les noyaux pour le contreventement de la structure et la résistance au feu.
Les aménagements extérieurs sont pensés de manière à limiter les surfaces minérales et maximiser les surfaces vertes (prairie fleurie) dans le but de favoriser la biodiversité. Le verger est planté d’essences rares pour contribuer à préserver le patrimoine fruitier du pays.
Les revêtements sur les aires de jeux, le préau, les chemins et les places de stationnement favorisent l’infiltration naturelle des eaux de pluie. (pelouses, pavages aux joints engazonnés, grilles gazon). Le mouvement des terres est optimisé en utilisant le volume d’excavation des locaux enterrés et semi-enterrés pour la planie des terrains de football et autour des bâtiments.