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Si le portrait de nos derniers présidents, de Giscard à Hollande, rappellera aux français, non sans humour et amertume, les traits de personnalité des énergumènes qui nous dirigent, le livre prend réellement de l'ampleur quand son auteur analyse très finement les errances de la post-modernité et de la post-démocratie, notamment en évoquant la convergence de la vision sociale des libéraux de "droite" et de la vision sociétale des libertaires de "gauche". Aussi, le livre offre une très bonne critique du système de gouvernance et de l'idéologie mondialiste qui s'impose petit à petit à nos souverainetés nationales déjà fort élimées: Philippe de Villiers ne recule devant aucun interdit et évoque pêle-mêle les soubassements atlantistes de la construction européenne, Bildelberg et la commission trilatérale, au sein de laquelle on apprend que Mr. Peter Sutherland (entre-autres président de Goldman Sachs, ancien président de BP et président de la section Europe de la commission trilatérale) souhaite "détruire l'homogénéité [culturelle et ethnique] des nations européennes". Tout un programme.
Le livre ne vaudrait certes pas cinq étoiles s'il n'avait pas aussi le très grand mérite de rappeler et de rendre accessible à nos concitoyens de nombreux thèmes occultés par nos hommes politiques depuis plusieurs décennies: patrie, héritage, enracinement, respect de la vie; on respire! Les pages sur Soljenitsyne (il est fait nottamment usage de la formule : "le front de l'Est est passé à l'Ouest", qui rend compte du passage de la dissidence et de la résistance a la police de la pensée de l'ancien bloc communiste tombé avec le mur de Berlin au monde dit "libre", dont le "mur de Maastrischt", ce second mur de mensonge tenant toujours debout, est défendu avec ardeur par les élites mondialisées) ainsi que celles narrant la rencontre de l'auteur avec Vladimir Poutine renferment des passages fort intéressants.
Enfin, cela permet d'en savoir un plus sur l'homme Philippe de Villiers, à qui le format livresque permet de parler a un public que la télévision et ses règles (temps de parole limité, journalistes engagés politiquement, nécessité comme au théâtre de confiner les intervenants a des rôles prédéfinis et stéréotypés pour créer artificiellement le buzz) l'empêchait de toucher alors qu'il était encore un homme politique.