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19/04/2009
Quand les clandestins, c’étaient nous les Italiens !
L'émigration italienne en Roumanie est présentée à Parme grâce aux extraits poussièreux des Archives d'État et ce à travers une exposition intitulée « Traces de l'émigration de Parme et d'Italie entre le XVI et XX siècle ». Plus de cent documents, beaucoup inédits. Parmi ceux-ci, une lettre portant le timbre du ministère de l'Intérieur envoyée le 28 août 1942 à tous les questeurs du Règne, au ministère des Affaires étrangères, au Gouvernement de la Dalmatie, à la direction de police de Zara et au haut commissaire de Lubiana., on y recommandait d’ éviter que les Italiens s'expatrient vers la Roumanie.
Période effacée de la mémoire d’un peuple, il est facile de déverser ses préjugés sur les autres.
Il fut une époque où les clandestins c’étaient nous et c’est la Roumanie qui ne voulait pas les Italiens. Le ministère de l'Intérieur en 1942 chercha à freiner les expatriations vers Bucarest où les Italiens y étaient mal vus. Ailleurs, À Bombay, dès qu’on avait à faire à la prostitution on entendait aussitôt mentionner le mot " italien" . Les documents d’époque attestent que les pauvres de notre pays étaient parfois criminels, mais surtout souvent criminalisés .
La situation des Italiens étaient exactement celle des Roumains aujourd'hui, mais inversée. Les Italiens allaient à Bucarest chercher fortune, y travailler comme menuisiers, dans les mines ou dans les usines. Ils avaient une permission de séjour en poche, et à l'échéance de celle-ci, ils restaient, dès lors clandestins, comme les Roumains l’étaient en Italie avant son entrée dans l’Union européeenne. Mal aimés, rejetés, ils étaient regardés avec rage et suspicion.
Dans la seconde moité du XX ème siècle, les Italiens ne considéraient pas les Roumains comme des criminels, mais les Roumains, si, et ils contrôlaient les douanes pour ne pas être envahis par les Italiens. Nos compatriotes créaient des problèmes : violents, indisciplinés. On évitait que les indésirables passent les frontières nationales pour aller créer des problèmes à la dictature amie du général Ion Antonescu.
Parmi les émigrés on ne comptait pas que les travailleurs à la recherche de l'Amérique, mais aussi des aventuriers peu scrupuleux. Une plus ancienne lettre du consul italien en Inde relate et informe la mère-patrie, en 1893, qu’à Bombay tous ceux qui ont à voir avec la prostitution sont appelés « italiens ». Une association d'idées peu reluisante. Nos compatriotes, comme tous les émigrants, ne représentaient pas seulement un problème de sûreté, mais aussi une ressource économique, si bien que Mussolini, comme le témoigne une des circulaires exposées, défendit l'expatriation de la main-d'oeuvre spécialisée. Seuls des ouvrier non qualifiés, des bras qui risquaient de finir dans les hachoirs à viande de l'immigration clandestine pouvaient partir.
L'exposition présente une série d'expatriations irrégulières entre 1925 et 1973 : les Italiens arrivaient en France et en Corse, mais même dans d’autres pays, avec des permissions de touristes et ensuite ils s'arrêtaient bien au-delà de l'échéance, d’autres entraient avec un visa de transit, mais ne quittaient pas le pays où ils étaient supposés être seulement de passage. D’autres obtenaient de faux passeports ou rejoignaient l'Amérique par des billets envoyés, officiellement, à des parents ou des amis.
Cette fresque contribue à nous rappeler une époque, pas trop lointaine, où les Roumains - criminalisés, non aimés et exploités, c’étaient nous : les Italiens.
Traduction libre et partielle du texte original pour lire l'intégralité du texte
source : Stefania Parmeggiani
http://parma.repubblica.it/dettaglio/rumeni/1617963
(suite à venir : enfants mendiants et clandestins)