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Suisse Maltraitance: trop d'enfants témoins ou victimes
Une étude montre que les filles sont surtout victimes d'abus sexuels tandis que les garçons rapportent des cas de maltraitance physique ou de négligence.
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Chaque année en Suisse, des dizaines de milliers d'enfants sont témoins ou victimes de violences physiques ou psychologiques, de négligence ou d'abus sexuel. Entre 30'000 et 50'000 de ces jeunes entrent en contact avec une organisation de soutien, selon une étude.
Ces chiffres représentent entre 2% et 3,3% des enfants de Suisse, précise la Fondation UBS Optimus dans sa dernière étude sur la maltraitance des enfants publiée mercredi. Certains d'entre eux sont mis en lien avec une organisation de protection de l'enfant pour la première fois, d'autres de façon récurrente. Le plus souvent, des parents, pédiatres ou psychologues scolaires signalent les cas.
Dans 22,4% des situations, soit le plus fréquemment, l'enfant est négligé, ce qui est toutefois faible en comparaison internationale, souligne l'étude. Suivent de près les signalements de maltraitance physique (20,2%) et psychologique (19,3%). Les témoins de violences conjugales constituent 18,7% des jeunes touchés, alors que 15,2% des signalements concernent des victimes d'abus sexuels.
Les enfants pris en charge sont presque toujours confrontés à la violence dans leur environnement immédiat: dans trois cas sur quatre, l'auteur de cette menace est un proche et, dans un cas sur trois, c'est l'un des parents (sauf pour les maltraitances sexuelles). Les cas de négligence sont attribuables surtout à des femmes et toutes les autres formes de mauvais traitements plutôt à des hommes.
Filles ou garçons
Les maltraitances sexuelles sont plus souvent repérées lorsque les victimes sont des filles, font également observer les auteurs de l'étude, les professeurs René Knüsel de l'Université de Lausanne et Andreas Jud de la Haute école spécialisée de Lucerne. A l'inverse, les garçons sont plus souvent enregistrés par les organisations de soutien pour des cas de maltraitance physique ou de négligence.
En outre, les jeunes dont la situation est rapportée à une organisation de protection de l'enfance ont en moyenne plus de dix ans. Selon les deux chercheurs, cela laisse supposer qu'en Suisse, la violence physique n'est détectée ou identifiée que tardivement dans certains domaines d'assistance.
Les chercheurs ont invité 432 organisations sur un total de 643 autorités de protection de l'enfant et de l'adulte, de services sociaux et de santé et de droit pénal à participer à l'enquête. Parmi elles, 81% ont mis à disposition leurs données brutes. Les chercheurs ont relevé les nouveaux cas (7651) saisis sur trois mois en 2016, avant de les extrapoler sur un an et sur les 643 entités.
Disparités régionales
De septembre à novembre 2016, les organisations de protection de l'enfant ayant participé à l'étude ont elles-mêmes assuré au total plus de 12'500 prestations d'assistance, et en ont demandé près de 9500 à des organisations tierces. Extrapolée sur une année, cette donnée représenterait de 67'000 à 111'000 prestations de services.
La Suisse dispose ainsi d'un réseau bien développé d'organisations pour faire face aux formes de mauvais traitements envers les enfants, notent les auteurs de l'étude. Il est toutefois difficile de savoir si la réponse apportée est toujours adéquate. Et de relever de grandes disparités géographiques: tous les enfants concernés ne bénéficient pas de la même protection selon les régions. (ats/nxp)
Créé: 13.06.2018, 13h11