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Garder le sens de la mesure – un principe qui vaut pour tout
Si nous poursuivons l’actuelle immigration, qui augmente chaque année le nombre d’habitants de la Suisse de l’équivalent de la population de la ville de Lucerne, le "scénario haut" de l’Office fédéral de la statistique sera atteint en 2035 et la Suisse comptera quelque 10 millions d’habitants.
Si nous poursuivons l’actuelle immigration, qui augmente chaque année le nombre d’habitants de la Suisse de l’équivalent de la population de la ville de Lucerne, le "scénario haut" de l’Office fédéral de la statistique sera atteint en 2035 et la Suisse comptera quelque 10 millions d’habitants.
Une Suisse comptant 10 millions d’habitants est-elle dans l’intérêt de la population actuelle?
Est-il dans l’intérêt de chacun que de plus en plus de personnes produisent et consomment de plus en plus, mais que le particulier n’a pas plus d’argent dans sa poche parce que si le gâteau s’accroît, il faut le partager entre un nombre croissant de gens? De plus, nous commençons à être de plus en plus à l’étroit dans notre pays.
Que signifie cette immigration sans borne?
- De plus en plus de travailleurs étrangers construisent des logements pour de plus en plus d’étrangers.
- De plus en plus de médecins et d’infirmières étrangers soignent de plus en plus d’étrangers.
- De plus en plus de travailleurs sociaux étrangers s’occupent de plus en plus d’étrangers vivant de l’assistance sociale.
- De plus en plus de bureaucrates étrangers administrent de plus en plus d’étrangers.
- De plus en plus de gardiens de prison étrangers gardent de plus en plus de détenus étrangers.
Cette immigration de masse ne cessera que lorsque l’attractivité de notre pays aura baissé au point qu’il ne vaudra plus la peine de venir en Suisse. Les conséquences de cette chute au niveau de l’UE en termes de salaires, de qualité de la vie et de sécurité sociale ne sont certainement pas dans l’intérêt de la population actuelle.
Il faut donc garder le sens de la mesure et résister aux tentations de la démesure.
La modération ou le sens de la mesure, voilà une vertu qui est plus d’actualité que jamais. Elle vaut pour l’Etat, la société, l’économie et chaque individu. La modération joue un rôle essentiel dans l’histoire à succès de la Suisse. Notre démocratie, notre neutralité et notre fédéralisme servent précisément à prévenir la démesure, à éviter les concentrations de pouvoir, à empêcher les mises en scène internationales et ils nous poussent à faire notre travail correctement en toute modestie. La coutume suisse voulait et veut toujours qu’on ne fasse pas étalage de sa richesse, mais que l’on s’impose par la qualité de son travail et par l’efficacité de son action.
Cette vertu se perd malheureusement dans la société et dans l’économie actuelles. On n’est jamais content, on veut toujours plus et on finit par perdre le sens des réalités. Le peuple suisse a clairement manifesté son refus de la démesure en acceptant récemment les initiatives contre les rémunérations abusives et sur les résidences secondaires. Le fait est aussi que la démesure de certains provoque de regrettables et nocives réactions de jalousie chez d’autres devrait inciter à la réflexion ceux qui sont responsables de ces comportements. Toutes les sociétés qui ont perdu le sens de la mesure ont lamentablement échoué. Tout simplement parce la foi en une croissance sans borne n’est qu’une illusion.
Un regard sur l’histoire nous apprend que les pays où ont été réalisés des projets de construction records et où l’on croyait en une croissance sans limite ont été souvent saisis très vite par des crises profondes. Cette observation porte même un nom scientifique, l’ "indice gratte-ciel" de Lawrence. Les célèbres gratte-ciel de New York, le Chrysler Building et l’Empire State Building, ont été achevés juste avant la grande dépression de 1929. Durant la crise pétrolière de 1973, on a inauguré les immeubles alors les plus hauts du monde, le Sears Tower et le World Trade Center, alors que les Petronas Towers ont précédé la crise asiatique de 1997. Quant au Burj Kahlifa de Dubaï, sa construction a été stoppée par la crise financière de 2007 et il n’a pu être achevé que grâce à la généreuse aide financière du pays voisin, des Emirats arabes unis. Cet indice gratte-ciel n’est qu’une illustration de la déchéance des sociétés s’adonnant à la démesure. L’empire romain, comme en fait tous les empires du monde, s’est également effondrée avant tout à cause des excès de ses dirigeants.
Bien sur, nous n’en sommes pas là. Mais le développement actuel doit nous inciter à revenir aux valeurs typiquement suisses que sont la modestie et la modération. Nous devons renoncer aux excès, qu’il s’agisse de rémunérations abusives, du bétonnage du paysage ou, précisément, d’une l’immigration excessive.
Une immigration modérée permet à l’économie de combler les lacunes dans ses effectifs et d’importer l’indispensable savoir-faire des spécialistes. En revanche, une immigration excessive nuit à long terme au pays et nous enlève la base sur laquelle nous fondons notre succès, la qualité de notre vie et notre culture. Permettez-moi à cet endroit de poser une question concrète à chacun d’entre vous.
Que vous apporte personnellement cette immigration massive?
Comme vous je suis confronté quasi quotidiennement à cette question. Personnellement, je me sens concerné depuis quelques années quand je suis bloqué dans un bouchon sur la route, quand je cherche en vain une place assise dans le train, quand, le soir, je demande en approchant d’une gare si je suis encore en Suisse. En temps que chef d’entreprise du secteur du bâtiment, je pourrais me moquer complètement de ces effets secondaires et me dire que l’essentiel est que l’on construise et que je fasse mon profit. Mais le père et grand-père que je suis ne peut s’empêcher de songer au pays qu’il va laisser à ses enfants et petits-enfants.
Puis il y a ce développement nuisible auquel nous assistons directement en Suisse: des spéculateurs étrangers achètent des terrains à construire à des prix excessifs et y posent des maisons préfabriquées dans des pays à bas salaires et en recourant à des équipes d’ouvriers étrangers changeant sans cesse. Pendant ce temps, les arts et métiers suisses avec leurs employés et leurs apprentis suisses restent becs dans l’eau. Le terrain est bétonné, les réserves de travail sont épuisées et le produit fiscal est évaporé.
Je vous pose donc encore une fois la question: que vous apportent personnellement cette immigration démesurée et ses effets secondaires?
Je suis convaincu que la Suisse doit à nouveau contrôler de manière indépendante l’immigration sur son sol et la ramener à un niveau supportable. L’initiative "contre l’immigration de masse", qui sera soumise au souverain le 9 février 2014, réunit les conditions nécessaires à cet effet et assurera à la Suisse une immigration mesurée et contrôlée. Il est grand temps de stopper l’immigration excessive que subit la Suisse et de revenir à la vertu typiquement helvétique du sens de la mesure. Nous tous, nous sommes appelés à nous engager pour que la Suisse conserve sa précieuse indépendance. En disant OUI à l’initiative populaire contre l’immigration de masse, nous replaçons notre pays sur la bonne voie.