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Les nombreux châteaux féodaux érigés dans la partie inférieure de l'Oberhalbstein ont pour la plupart disparu. L'une des collines les plus révélatrices, au point de vue archéologique, c'est celle de Patnal, près de Savognin. Le château attesté ici par des traces de murs et des données écrites a été érigé à l'endroit où vivait à l'âge du bronze une importante colonie. On sait aussi que des tours d'habitation avaient été édifiées à Salouf et à Tinizong.
Le plus important des châteaux forts de la région inférieure de l'Oberhalbstein se dresse près du village de Riom, dont il porte le nom. De loin, ses ruines, et en particulier son grand corps de logis et son élégant donjon, donnent plus l'impression d'une église que d'un château. L'aspect imposant de cet ouvrage est encore souligné par son toit, reconstruit il y a quelques années pour protéger les murailles.
Le château de Riom s'élève sur un petit promontoire étiré, à l'est du village, du côté de la vallée. Côté montagne, une tranchée naturelle sépare l'aire du château de la localité. Ici, la pente est jonchée de restes de murs ayant glissé ou s'étant renversés. Ils proviennent selon toute vraisemblance de l'enceinte, dont il est resté quelques vestiges. Trop peu cependant pour pouvoir localiser l'emplacement de l'entrée primitive.
La construction centrale de l'ouvrage défensif de Riom consiste en un immense corps de logis dont le plan dessine un rectangle de 12 mètres sur 34. Haut de trois étages, il était à l'origine couronné de créneaux. Le toit actuel est une copie relativement récente d'une construction des débuts des temps modernes. L'intérieur du bâtiment d'habitation renferme deux grandes cheminées bien conservées et les murs portent encore les traces de nombreuses installations, par exemple celles d'un four, de latrines en saillie et de fenêtres romanes de formes diverses.
Un donjon carré est accolé au côté étroit occidental du corps de logis. Quelques meurtrières éclairent son intérieur, un intérieur de si petites dimensions qu'il est impensable que la tour ait jamais été habitée. Il faut au contraire la ranger dans le groupe des tours d'apparat qu'on rencontre surtout en Italie, des ouvrages d'une hauteur souvent impressionnante, qui ne remplirent sans doute jamais de fonctions pratiques, mais servirent avant tout à exprimer la conscience qu'eurent leurs bâtisseurs de leur rang, leur besoin de se mettre en valeur. Les plus célèbres de ces tours se trouvent dans la ville toscane de San Gemignano.
Il est établi que vers le milieu du IXe siècle, un domaine royal s'étendait près de Riom. Pour des raisons qu'on ignore, il passa aux mains des seigneurs de Wangen-Burgeis, originaires du val Venosta (Vintschgau). C'est probablement à cette famille qu'est due la construction de la forteresse de Riom, dont les éléments les plus anciens remontent aux environs de 1200. L'évêque de Coire ne put toutefois admettre la fondation, dans la région inférieure de l'Oberhalbstein, d'une seigneurie foncière et d'une puissante forteresse marquant son centre. Détenue par une famille noble du val Venosta, la seigneurie de Riom aurait coupé la route du Julier à l'évêque, le séparant ainsi des biens qu'il possédait dans l'Engadine. A force de ténacité, l'évêque réussit finalement à acheter Riom. Des documents de 1258 nous rapportent en effet qu'à cette date, Berall de Wangen-Burgeis aliéna à l'évêque de Coire le château de Riom et la cour attenante, de même que tout ce qu'il possédait dans l'Oberhalbstein. Le prélat semble avoir attaché tant d'importance à cette acquisition que pour la réaliser, il emprunta de l'argent aux Vaz et engagea le château. Ce gage ne fut retiré qu'en 1275.
Propriété des évêques depuis 1258, Riom devint bientôt le centre de leur pouvoir dans l'Oberhalbstein. Au cours des XIVe et XVe siècles, le château fut à maintes reprises cédé en nantissement, plus d'une fois aux baillis épiscopaux. Depuis le début du XIVe siècle, le bailliage fut presque sans discontinuer détenu par les barons de Marmels, de sorte que la seigneurie de Riom devint pour ainsi dire leur seigneurie dynastique. L'évêque ne manqua toutefois jamais de garantir sa souveraineté en se réservant le droit de trouver toujours ouvertes les portes du château.
Les bouleversements politiques et les luttes qui en Rhétie marquèrent la fin du Moyen Age et le début des temps modernes, fatals à plus d'une forteresse, semblent avoir épargné Riom. En 1552, la vallée se libéra à prix d'argent de la domination épiscopale. Même si, par la suite, le landammann porta le titre de bailli, le château de Riom ne fut plus jamais siège baillival. Il demeura inhabité dès le XVIe siècle, mais c'est devant ses murs que la landsgemeinde de la vallée tint ses assemblées jusque dans le courant du XVIIIe siècle. De temps à autre, il servit encore de prison. Après qu'on l'eut dépouillé, au XIXe siècle, de tous ses toits et de toutes ses pièces de bois, il se délabra rapidement.
Bibliographie