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Bâle
Lieux
Hôtel de ville
L’hôtel de ville est le centre politique de Bâle. Au milieu de la façade, l’horloge est ornée de figures représentant le banneret, la Justice et sur les côtés les saints patrons de la ville, l’empereur Henri II et l’impératrice Cunégonde. La figure de la Justice, qui évoque une des fonctions de l’hôtel de ville, était à l’origine une statue de la Vierge. Vers 1600, à l’occasion d’une rénovation, on a enlevé l’enfant qu’elle tenait pour lui donner les attributs de la Justice : la balance et le glaive. A la Renaissance, on aimait se donner des origines antiques : la ville de Bâle, en 1528, s’est donc choisi pour fondateur Munatius Plancus, qui en réalité avait fondé la cité romaine d’Augusta Raurica (Augst). Il a donc une statue (imaginaire) dans la cour intérieure de l’hôtel de ville.
La place devant l’hôtel de ville (Martkplatz) a été le théâtre d’évènements mouvementés les 8 et 9 février 1529. Des bourgeois en armes, acquis aux idées de la Réforme, manifestent leur intention de bannir le culte catholique de la ville. Les esprits s’échauffent, et les tergiversations du Conseil finissent par déclencher de violentes destructions iconoclastes. Les membres du Conseil demeurés catholiques sont démis de leurs fonctions, le chapitre cathédral prend la fuite. Quant à l’évêque, il se trouve à ce moment à Porrentruy, où avant la Réforme déjà, il séjournait le plus souvent.
Freie Strasse, maison de la corporation zum Schlüssel
Les corporations, dont les origines remontent au XIIIe siècle, sont un des principaux soutiens de la Réforme à Bâle. Quiconque exerce un métier artisanal est tenu de s’affilier à l’une des quinze corporations. Arrachant peu à peu le pouvoir politique à l’évêque, elles évincent aussi la noblesse et le clergé. Si les corporations adhèrent en majorité à la Réforme, c’est parce qu’elles y voient un moyen de destituer l’évêque de son pouvoir temporel. La Réforme ne donne cependant pas satisfaction à leurs revendications politiques, comme par exemple le droit de vote pour tous les membres des corporations, ou alors les concessions d’abord faites seront révoquées plus tard.
La corporation zum Schlüssel a acheté en 1407 cette maison à la Freie Strasse, un des rares exemples, à Bâle, de maison restée propriété de la corporation. Au moment de la Réforme, les drapiers de la corporation zum Schlüssel ne sont pas les plus chauds partisans du changement. Plusieurs de ses membres refusent d’adhérer à la nouvelle confession et préfèrent quitter la ville en 1529. Il n’en va pas de même de la corporation des tisserands, plus ouverte aux idées nouvelles. Ayant enlevé la lampe de l’autel de la Sainte-Croix, probablement en 1524 déjà, elle s’en est justifiée en affirmant qu’il ne fallait pas attendre le salut de son âme d’un tel objet, mais « bien plutôt du véritable culte rendu à Dieu ».
Eglise Saint-Martin / cure d’Œcolampade
Saint-Martin est la plus ancienne église de la ville. Elle est même plus ancienne que la cathédrale. Ses origines remontent peut-être au VIe siècle, et elle est mentionnée pour la première fois dans un document vers 1100. Une transformation au milieu du XIXe siècle lui a donné son aspect actuel. Johannes Husschyn, dit Œcolampade, y a été vicaire à partir de 1523, puis pasteur en titre dès 1525. Il a dès lors habité la cure voisine.
Ancienne université au Rheinsprung
L’université de Bâle, fondée en 1460, ne se déclare pas majoritairement favorable à la Réforme, ce qui entraîne sa fermeture en 1529. Le bâtiment est ensuite transformé, et l’institution recréée en 1532 comme université réformée. Les professeurs doivent prêter serment sur la nouvelle confession adoptée par Bâle. La faculté de théologie n’est ouverte qu’aux réformés, les luthériens en étant exclus. Son financement est assuré par les fonds confisqués aux églises et établissements religieux supprimés. Elle est subordonnée aux autorités politiques. La fonction de chancelier de l’université n’en demeure pas moins détenue jusqu’en 1798 par l’évêque de Bâle, résidant à Porrentruy.
Pont sur le Rhin et le débarcadère
Durant des siècles, le pont du Rhin (Mittlere Brücke), construit en 1225, a été la seule liaison permanente entre le Grand et le Petit-Bâle. En février 1529, après l’introduction de la Réforme, Erasme, pour quitter la ville, embarque à cet endroit. Dans une lettre, il décrit ainsi son départ : « Autrefois, avant l’apparition de la doctrine de Luther, j’étais bienvenu. Mais dès qu’il devint évident que l’on ne parviendrait jamais à me gagner à cette cause, ni à me faire participer aux troubles, ni encore moins à me mettre à la tête de la sédition, j’ai été la proie des invectives de certaines personnes méprisables et irrespectueuses… »
Les débats religieux agitent toute la société. A cette époque, il est inconcevable que des réformés et des catholiques puissent être les sujets loyaux d’un seul et même Etat. La population des campagnes n’est d’ailleurs pas consultée : elle est contrainte de se conformer aux décisions prises par la ville.
Augustinergasse
C’est dans la maison au numéro 1 de l’Augustinergasse qu’a été écrit un des livres les plus célèbres de la Renaissance : la « Nef des fous », de l’humaniste et juriste strasbourgeois Sébastien Brant (1457/1458-1521), qui a vécu ici. Le fou est en réalité la Raison déguisée, qui dénonce les abus et demande des réformes. La Nef des fous a paru en 1494, ornée de gravures d’Albrecht Dürer. Quelques années plus tard, Erasme de Rotterdam publie un ouvrage au propos similaire : « Eloge de la folie ». Un exemplaire illustré de dessins autographes de Hans Holbein figure aujourd’hui parmi les joyaux du Musée des beaux-arts.
Cathédrale
Eglise épiscopale jusqu’à la Réforme, la cathédrale de Bâle a été construite entre 1019 et 1500, dans le style roman puis gothique. Avec ses murs de grès rouge, dans le cloître.
La Réforme n’a pas apporté de changements au bâtiment. Le jubé et les stalles ont été conservés. Ce qui était important, c’était de disposer d’un espace pour la prédication et la célébration de la Cène. Vers la fin du XVIe siècle, on a placé la table de communion en pierre devant le jubé (elle se trouve actuellement dans la croisée). L’orgue en nid d’hirondelle, en face de la chaire, a d’abord été couvert de draps avant d’être remis en usage. La chaire, qui date de 1486, se trouvait autrefois au milieu de la nef, entre le mur occidental et le jubé.
A elle seule, l’église cathédrale comptait près d’une centaine de clercs, c’est-à-dire aussi autant de prébendes, pour une population d’environ 7›000 habitants. Il y régnait une intense activité liturgique, des messes étaient célébrées tous les jours devant les nombreux autels.
Portail principal de la cathédrale
Avant la Réforme, la cathédrale était une église dédiée à Notre-Dame. A gauche du portail principal s’élèvent les figures du couple impérial (Henri II et Cunégonde), et à droite le prince du monde et une femme séduite : d’un côté, le pouvoir qui se soumet à Dieu, et de l’autre le pouvoir que s’attribue l’homme qui s’est éloigné de Dieu. Contre le trumeau qui divise le portail s’élevait une statue de la Vierge, victime probablement des destructions iconoclastes de 1529. La Vierge au sommet du tympan occidental doit sans doute à sa position mal accessible d’avoir subsisté jusqu’à nos jours.
Les figures équestres des saints Martin et Georges, à gauche et à droite du portail, ont été conservées, mais selon la doctrine réformée, on n’y voyait plus des figures de saints. Le mendiant aux pieds de saint Martin a été enlevé : soucieuse d’abolir la mendicité, la Réforme a créé l’assistance publique.
Il subsiste dans le vaisseau central des fragments de peinture représentant un cycle marial, épargnés par un travail hâtif de grattage et de blanchiment à la chaux. Pour le reste, la plus grande partie du décor de la cathédrale a disparu lors des destructions iconoclastes de 1529 ou des rénovations du XVIe et du XVIIe siècle. Dans l’esprit réformé, il faut se concentrer sur l’essentiel, c’est-à-dire la Parole de Dieu, et ne pas se laisser distraire. Avant la Réforme, la cathédrale, comme toutes les églises, abritait des reliques, objet de vénération. On leur attribuait des vertus secourables et bienfaisantes. Elles étaient portées en procession les jours de fête.
Portail de Saint-Gall de la cathédrale
Le second portail monumental de la cathédrale s’apparente par sa forme à un arc de triomphe. Son programme iconographique s’inspire du chapitre 25 de l’évangile de saint Matthieu (le Jugement dernier, les vierges sages et les vierges folles, les œuvres de miséricorde). Le portail de Saint-Gall date de la fin du XIIe siècle est considéré comme le plus ancien portail figuré de l’espace germanophone.
Epitaphe d’Erasme dans la cathédrale
L’épitaphe de marbre rouge est dédiée à Erasme de Rotterdam. Lors de fouilles archéologiques, en 1928, on a cru avoir découvert la tombe du grand humaniste. Mais on a observé sur les os des traces d’affection syphilitique qui conviennent peu à la personne d’Erasme. De nouvelles recherches, en 1974, ont permis de mettre au jour, tout près de la première sépulture, un autre squelette avec sur la poitrine un médaillon représentant un portrait d’Erasme. Le second squelette est donc très vraisemblablement la dépouille mortelle de l’humaniste.
Epitaphe des réformateurs dans le cloître de la cathédrale
L’épitaphe gravée pour Œcolampade, pour le bourgmestre Jacob Meier et pour le recteur de l’université Simon Grynaeus présente une inscription en caractères Antiqua classiques, dans l’esprit humaniste. En dessous est inscrite en caractères allemands une devise réformée : « So ehr/guot/kunst, hülffend in noth, wer keiner von den dreyen todt. » (« Si l’honorabilité, les bienfaits et le talent pouvaient être un secours dans la détresse, aucun des trois ne serait mort. »)
Monument d’Œcolampade contre le mur extérieur de la galerie du cloître
Cette statue du réformateur bâlois Œcolampade date de 1876. Elle est l’œuvre d’un sculpteur zurichois, Ludwig Keiser. Œcolampade est représenté tenant une Bible. L’œuvre a inauguré une série de représentations de réformateurs : Farel à Neuchâtel (1876), Zwingli à Zurich (1885), Vadian à Saint-Gall (1904) et le Monument des réformateurs à Genève (1909/1917).
Maison d’Erasme
La maison au 18 de la Bäumleingasse a été le domicile bâlois d’Erasme et son lieu de travail. C’est là aussi qu’il est décédé en 1536. Aujourd’hui, elle est donc appelée « maison d’Erasme » ou « maison des livres ». Erasme a quitté Bâle à la Réforme, mais il y est revenu en 1535, de Fribourg-en-Brisgau, pour faire imprimer un ouvrage. La maladie l’a emporté l’année suivante. Il est enterré dans la cathédrale. Les objets laissés par Erasme peuvent être vus au Musée d’histoire de Bâle.
Maison au 28 de la Weisse Gasse
La Weisse Gasse était autrefois une rue animée. A l’arrière, dans l’actuelle Falknerstrasse, le Birsig coulait à ciel ouvert. Au XVIe siècle, la maison numéro 28 abritait les presses d’Adam Petri, le plus célèbre imprimeur des écrits réformés à Bâle. Petri a commencé très tôt à imprimer les écrits de Luther : c’est de ses presses que sont sorties en 1517 les thèses sur les indulgences. En 1522/1523, il a imprimé une réédition du Nouveau Testament traduit par Luther. Conrad Pellican, savant hébraïste, a été un temps le collaborateur de Petri. Des artistes renommés, comme Urs Graf et Hans Holbein le Jeune, ont réalisé des illustrations pour lui.
Eglise des franciscains
Le couvent des franciscains était devenu un lieu de réunion apprécié des protestants, tandis que les catholiques se retrouvaient dans le couvent des dominicains. Après la suppression des établissements religieux, la nef de l’église a servi de lieu de culte réformé, et le chœur d’entrepôt. Sous le régime de la République helvétique, l’église a été utilisée comme magasin de sel, puis au milieu du XIXe siècle a servi d’annexe aux entrepôts de la ville. La démolition de l’église a été envisagée plusieurs fois durant la deuxième moitié du XIXe siècle. Le Musée d’histoire de Bâle y a été installé en 1894. Une partie du célèbre trésor de la cathédrale et du fonds Erasme y est offerte à l’admiration des visiteurs.
Histoire
Il existait déjà une agglomération dans le coude du Rhin en 500 av. J.-C. A l’époque romaine, la colline de la cathédrale est occupée par une ville forte. La région passe au haut Moyen Age sous l’autorité des Alamans, puis des Francs. Au VIIe siècle, Bâle devient le siège d’un évêché, mais la première cathédrale n’est bâtie qu’au début du IXe siècle. Le premier pont franchissant le Rhin est construit en 1225 ; une nouvelle ville est fondée sur la rive droite, le Petit-Bâle, pour contrôler la tête de pont. Au milieu du XIVe siècle, la peste fauche la moitié de la population, et peu après, en 1356, la ville est détruite par un tremblement de terre.
Au bas Moyen Age, les corporations renforcent leur influence, ce qui ne sera pas sans importance pour la Réforme. Elles obtiennent une autonomie toujours plus large pour la ville au détriment de son seigneur, qui est l’évêque. Plusieurs corporations accueillent favorablement les idées de la Réforme. En 1521, Bâle, qui a adhéré à l’alliance confédérale vingt ans plus tôt, s’affranchit définitivement de l’autorité temporelle de l’évêque. La voie est libre pour la Réforme.
Johannes Œcolampade, le futur réformateur, reçoit en 1522 une chaire à l’université, et l’année suivante, il est nommé vicaire à l’église Saint-Martin. Des éléments de culte protestant s’introduisent peu à peu, comme par exemple, dès 1526, le chant de la communauté des fidèles, que ses détracteurs attachés à la foi catholique appellent « vacarme de paysans ». En 1527, le Conseil de la ville abolit l’astreinte à la lecture de la messe. Cette décision ne fait en réalité que sanctionner un état de fait qui existe depuis longtemps déjà. Il n’y a cependant pas, dans un premier temps, de décision nette en faveur de la Réforme.
En février 1529, des bourgeois protestants manifestent sur la place du marché, adressant plusieurs revendications aux autorités : des prédicateurs dans les églises, la destitution de douze membres du Conseil fidèles à la foi catholique et l’élection du Petit Conseil par le Grand Conseil. Agacée par les tergiversations du Conseil, la foule se précipite dans les églises pour y détruire les images de saints et les autels. Le lendemain, le Conseil cède : ceux qui refusent d’adhérer à la nouvelle foi sont exclus de ses rangs. Les catholiques quittent la ville. Des professeurs s’en vont. Erasme est parmi eux. Le chapitre cathédral prend la fuite. L’évêque, lui, réside déjà à Porrentruy.
Cette vague iconoclaste permet l’établissement définitif de la Réforme. Œcolampade prend la tête de l’église réformée de Bâle. Le clergé en tant qu’état est dissous, le nombre d’églises réduit. On forme trois paroisses dans le Grand-Bâle : cathédrale, Saint-Léonard et Saint-Pierre ; dans le Petit-Bâle est créée la paroisse de Saint-Théodore. Les églises n’ont plus désormais qu’un seul desservant, le pasteur, assisté d’un auxiliaire. La Réforme constitue la plus importante rupture dans l’histoire de Bâle. Elle provoque de profondes transformations dans la vie sociale et marque la ville d’une empreinte qui est encore perceptible aujourd’hui.
Mentionnons ici que Jean Calvin, après avoir quitté le royaume de France, s’établit à Bâle, dans le faubourg de Saint-Alban. C’est là qu’il écrit et fait imprimer, en 1536, la première édition, en latin, de son « Institution de la religion chrétienne ».
Johannes Œcolampade
Johannes Husschyn (1482 – 1531), originaire de Weinsberg, près de Heilbronn, a hellénisé son nom, selon le goût de la Renaissance. Il est consacré prêtre et appartient au milieu de l’humanisme rhénan. En 1515, l’imprimeur Johann Froben le fait venir à Bâle pour l’associer à la première édition du texte grec du Nouveau Testament, établie par Erasme de Rotterdam. Rentré en Allemagne, Œcolampade se retire dans un couvent. Il commence à lire les écrits de Luther et publie lui-même un traité sur la messe et la confession. En 1521, il s’enfuit de son couvent et se retrouve à Bâle l’année suivante.
Nommé professeur de théologie en 1523, il donne à l’université, malgré l’opposition des professeurs ordinaires, un commentaire en latin du livre du prophète Esaïe, puis le renouvelle en allemand pour le public intéressé. Œcolampade est un érudit qui n’aime pas occuper le devant de la scène. En 1529, il se rend avec Zwingli au colloque de Marbourg, organisé dans le but de réduire les divergences entre Luther et les protestants suisses. Mais les luthériens et les réformés ne parviennent pas à se mettre d’accord sur la conception de la Cène.
En 1528, Œcolampade épouse une jeune veuve de 24 ans, Wibrandis Rosenblatt. Si pour les pasteurs, le mariage est important, c’est aussi parce qu’il est le signe le plus manifeste de leur rupture avec l’Eglise catholique. Le couple aura trois enfants. En 1529, Œcolampade est nommé premier pasteur de l’église de Bâle. Il décède en 1531.
Erasme de Rotterdam
Desiderius Erasmus est né avant 1470, probablement à Rotterdam, fils d’un prêtre et de sa gouvernante. Devenu chanoine augustin à Steyn, près de Gouda, il est consacré prêtre, puis étudie dès 1495 à la Sorbonne à Paris. Des voyages dans toute l’Europe lui permettent de rencontrer des érudits et des personnalités en vue. Il est souvent à Bâle, où il a son domicile de 1514 à 1529. Il fait imprimer plusieurs ouvrages importants par Johann Froben.
Erasme et ses disciples sont les premiers à étudier et éditer les textes anciens selon la méthode historico-critique. Parmi les principales œuvres du « prince des humanistes » figure l’édition du texte grec du Nouveau Testament, publiée en 1516. C’est sur elle que s’appuient de nombreuses traductions protestantes. Erasme a été ainsi un précurseur de la Réforme, mais sans être lui-même un réformateur. Quoiqu’il ait souvent dénoncé, et souvent avec un humour acerbe, les abus de l’Eglise catholique, il s’est toujours abstenu de prendre une position extrême ou de donner une forme violente à sa protestation.
D’où ses querelles avec les réformateurs. Luther regarde comme une trahison son refus de prendre le parti de la Réforme. A cela s’ajoute une divergence doctrinale : Erasme pense que l’homme est libre de choisir entre le bien et le mal, tandis que selon Luther, la volonté humaine est entièrement sous la domination du péché. Avec Œcolampade également, les affrontements sur ce point sont vifs. En revanche, Huldrych Zwingli, lui-même formé à l’école humaniste, tient Erasme en grande estime.