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Pour vous changer du Covid-19 et puisqu'il est vivement recommandé de rester chez soi plutôt que d'aller flâner au bord du lac, je vais vous parler aujourd'hui des batailles navales qui se sont déroulées sur les flots de notre beau lac de Genève. Nous avions d'ailleurs à Genève un Amiral de la flotte ! Non pas celle du Jet d'eau, mais des galères ! en la personne de Noble Gallatin, Conseiller, élu amiral en 1616, avec la charge de Surintendant des Galères. Aujourd'hui, je verrais bien le magistrat cantonal en charge de la navigation porter à nouveau le titre d'Amiral de la flotte et surintendant des galères. Ce serait très classe ne trouvez-vous pas ?
Le vaisseau amiral genevois comptait en 1672 9 bancs à 18 rames ainsi que 10 pièces de canon et 98 hommes au total. Du XIIIe au XVIIIe siècles, trois forces navales sont présentes sur le lac : la Maison de Savoie, qui possède trois quarts des terres lémaniques, la cité épiscopale de Genève et Berne alliée des Genevois dans sa lutte contre la première. Le port de Villeneuve abrite la flotte savoyarde composée de bâtiments conçus par des spécialistes génois. Durant le XIIIe siècle, l'activité des galères lémaniques est très intense et on s'affronte lors d'escarmouches navales sur notre beau lac. Ce fut le cas en 1294, lors du siège et prise de Nyon qui appartenait au Sire de Prangins, rebelle à l'autorité de la Savoie puis de 1303 à 1305, à l'occasion de la guerre dite des châteaux avec la Maison de Savoie, qui étend son territoire au détriment de Genève et de ses alliés (Dauphiné, Faucigny et Gex). Les navires savoyards sont alors opposés aux galères de la cité épiscopale de Genève lors d'affrontements navals. Une nouvelles bataille navale a lieu en en 1334 avec la prise de la forteresse de Corbières, en face du village d'Epeisses en aval sur le Rhône.
En 1536, on assiste aussi à divers affrontements lacustres lorsque Genève et ses alliés bernois prennent le château de Chillon. Ils libèrent Bonivard pendant que les galères du duc de Savoie s'enfuient de l'autre côté du lac pour se mettre à l'abri. Berne fait construire des galères à Genève ainsi que de petits vaisseaux, les galiotes et les brigantins. Les galères bernoises ne sont pas du type méditerranéen mais s'inspirent de celles du lac de Constance. Leur modèle est amélioré par un constructeur hollandais. Les plus connues sont “Le Petit Ours” et “Le Grand Ours” dont la construction est achevée en 1672. Pourtant, en 1687, les deux navires sont considérés comme perdus au grand désespoir de LL.EE. De Berne. En ce qui concerne les galères genevoises, les charpentiers travaillent selon les traditions méditerranéennes. L'année 1720 marque la fin des galères à Genève. Progressivement transformée par les mariniers et les charpentiers, la galère lémanique est adaptée au transport de marchandises et devient la barque lémanique dont la Neptune est aujourd'hui un magnifique exemple. De 1840 à 1914, ce sera l'âge d'or des barques lémaniques. Au XIXe siècle, les chantiers navals de St-Gingolph et de Locum lui donneront sa forme classique qui subira peu de transformations.
Claude Bonard
Sources : E. Fatio, Genève à travers les siècles.
“La Genève sur l'eau”, Monuments d'art et d'histoire du canton de Genève publié chez Wiese SA à Bâle, avec l'appui logistique et financier du DTPE de MM. Christian Grobet puis Philippe Joye. Textes rédigés par Philippe Broillet, Isabelle Brunier, Mathieu de la Corbière et Charles Bonnet.
Site internet : https://lagalere.ch/