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Fragilité et déclin physiologique précoces, atteintes cardiovasculaires et démence précoce, le vieillissement prématuré de certains patients traités contre le VIH restait un mystère. Cette sénescence accélérée serait due à l’action de certains inhibiteurs nucléosidiques de la transcriptase inverse (NRTI) sur l’ADN mitochondrial (ADNmt).1
«Les services VIH voyaient des patients traités avec succès mais faisant beaucoup plus vieux que leur âge, raconte le Pr Chinnery, auteur principal de l’étude. Des collègues ont détecté de nombreuses similarités avec des patients atteints de maladies mitochondriales – des conditions qui affectent la production d’énergie dans nos cellules – et les ont dirigés vers notre clinique.»
Le traitement anti-VIH n’augmente pas le nombre de mutations, mais accélère le turnover de l’ADNmt somatique, qui accumule en quelques années les erreurs correspondant à vingt ou trente ans de réplications. Les NRTI étaient déjà connus pour provoquer une diminution sévère mais temporaire et réversible de l’ADNmt, mais les effets sur le long terme du traitement, même bien après que celui-ci ait cessé, n’avait jamais été observé.
Ces résultats sont d’une importance capitale pour les malades des pays en voie de développement où les NRTI restent fortement utilisés, et réaffirment l’implication des mutations de l’ADNmt somatique dans le vieillissement.