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Lydia et Timothy sont nés en 2022. Et pourtant, à leur naissance, ils avaient déjà trente ans. Comme l'a révélé lundi CNN, ces jumeaux qui ont vu le jour le 31 octobre dernier, dans l'Oregon, aux Etats-Unis, ont été créés à l'aide d'une fécondation in vitro (FIV) par un couple d'anonymes. Ces derniers les ont confiés au Centre national américain du don d'embryon (NEDC) afin de les préserver en congélation à -128 degrés au cours de la phase embryonnaire. C'était un 22 avril 1992.
Ainsi conservés durant près de trois décennies, les deux frères et sœurs ont finalement été décongelés début 2022 afin d’être inséminés dans l'utérus de Rachel Ridgeway. Pour cette croyante, déjà mère de quatre enfants âgés de deux à huit ans, cette grossesse était la première à avoir été induite par une FIV et plus particulièrement via un don d'embryons, a-t-elle déclaré à la chaîne américaine. Le processus étant, selon Rachel et son mari Philippe, d'autant plus «époustouflant» que la nouvelle portée se révélait (en théorie) déjà plus âgée que la fratrie dont ils s'occupaient.
Le cas de Lydia et Timothy n'est pas seulement inédit pour le couple Ridgeway qui a expliqué sur CNN avoir simplement voulu s’occuper d’enfants qui «attendaient depuis longtemps» d’être adoptés. D'après le NEDC, ces deux bébés se trouvent être les embryons congelés le plus longtemps et ayant abouti à une naissance vivante réussie. Mais si ce record a rendu des parents heureux, il a tout de même conduit ceux-ci à devoir essuyer un événement tragique.
Lydia et Timothy ne sont pas les seuls embryons à avoir été inséminés au sein de Rachel Ridgeway. Comme la femme de 35 ans l'a confié aux journalistes de CNN, au départ, un troisième avait été transféré au même moment que ses deux frères et sœurs jumeaux. Il n'a pas survécu, tout comme deux autres embryons n'ayant, avant cela, pas subsisté après la décongélation.
Contrairement à ce que beaucoup pourraient croire, l'âge de ces embryons n'est en rien à l'origine de ces drames. Le docteur John Gordon, médecin de la famille, a expliqué à CNN que la congélation d'un embryon pouvait même aller au-delà de trente années:
Du point de vue du docteur Gordon, c'est plutôt le nombre d'embryons transférés qui augmente drastiquement les risques. Une observation corroborée par de nombreux autres spécialistes du domaine.
Selon l'American Society for Reproductive Medicine: «Des études ont montré que seuls 25% à 40% des transferts d'embryons congelés aboutissent à des naissances vivantes». Ce groupe d'experts en fertilité recommandent de ne transférer qu'un seul embryon à la fois dans l'utérus d'une patiente.
En inséminer davantage peut conduire à des naissances prématurées, des paralysies cérébrales, de l'autisme, voire des mortinaissances. Des risques qui augmentent avec l'âge de la mère, laquelle peut alors mettre sa propre vie en danger. Mais Rachel est chanceuse: Lydia et Timothy Ridgeway sont nés en bonne santé avec un poids de respectivement 2,3 et 3,1 kilogrammes. «Une bonne taille», a-t-elle assuré à la CNN.
Avant Rachel et Philippe Ridgeway, la précédente détentrice du record du temps de congélation d'embryons était une certaine Molly Gibson. L'Américaine avait accouché en 2020 d'un embryon préservé à -128 degrés durant près de 27 ans. Avant elle, sa sœur Emma avait mis au monde un embryon congelé pendant 24 ans.
Le télétravail était une tendance perçue comme une révolution dans le système professionnel post-pandémie. Des économies de temps et d'argent, une tyrannie du lieu de travail qui prenait fin grâce (ou à cause) du Covid-19.