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1697
Eustache Le Noble, Les avantures provinciales ou la fausse comtesse d’Isamberg
Paris : Martin et George Jouvenel, 1697
Un spectacle des eaux à Saint-Cloud
Le roman raconte les aventures de la jeune Caliste, connue sous le nom de comtesse d’Isamberg. Dans la deuxième partie de l’histoire, Mylord, jeune anglais amoureux de la comtesse, organise pour la distraire une fête à Saint-Cloud chez un ami, et ne renonce à rien : spectacle des eaux, déjeuner, bal, tout est réuni pour séduire sa maîtresse.
Enfin l’heure propre pour le spectacle des eaux étant venue, on les vit ; et lorsqu’on eut achevé de prendre ce plaisir, on se rendit à la maison où tout était préparé pour la fête.
On y trouva quantité de personnes que le Mylord avait invitées, et tous se rendirent à l’étoile d’un petit bois, où l’on avait dressé un grand salon de verdure, qui fut en un instant éclairé ainsi que toutes les allées qui venaient y aboutir, et les officiers du Mylord déguisés en faunes et en dryades n’eurent pas plutôt servi sur une table de quarante couverts, un superbe ambigu, que sur six tribunes de feuillages, ajustées dans les entredeux de chaque allée, parurent différents chœurs de musique, dont les voix et les instruments mêlés exécutèrent un concert admirable.
La collation fit place au bal, pour lequel, à la clarté d’un feu d’artifice allumé sur un rondeau au milieu du parterre, on se rendit dans une salle préparée dans la maison, dont la façade qui regardait le jardin fut tout à coup illuminée, et fournit un spectacle des plus agréables. La compagnie en admira l’exécution, il n’y eut que Gripet qui en conçut un chagrin jaloux contre son rival, et qui n’ayant rien préparé chez lui qui approchât de cette magnificence, résolut de le vaincre au moins à beaux deniers comptants, s’il en était vaincu par la délicatesse de ses galanteries.
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