Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07226.jsonl.gz/687

Critique
"Ces seigneurs-là sont sur roulettes. Dans les années 70, ces jeunes adolescents issus d'un quartier pauvre d'une ville californienne vont révolutionner l'univers du skateboard, un sport resté jusqu'ici limité et marginal.
Sans aucun doute, leur passion commune les a, chacun d'une manière différente, tirés de leur banlieue pauvre et propulsés dans des carrières spectaculaires: artistes, cinéastes, et bien sûr, directeurs de firmes fabriquant des skateboards de marque. Aujourd'hui, ils sont encore des légendes vivantes de ce sport hors normes: Jay Adams, Tony Alva, Derrick ""Skip"" Engblom (leur mentor) et Stacy Peralta (auteur d'un documentaire sur ces Z-Boys puis du scénario de ce film).
Le génie de ces adolescents téméraires? Transposer au cœur de la ville les figures les plus spectaculaires du surf au moyen de leurs skateboards. ""Nous roulions sur les murs comme si nous surfions sur eux, dit l'un d'eux, nous étions avant tout des surfers qui avions mis toute notre volonté, notre motivation et notre ambition à devenir des professionnels."" De l'impossibilité de réaliser ce rêve au cœur des vagues de l'océan a jailli leur destin de skateboarders professionnels sur bétons et bitumes, véritables créateurs d'une nouvelle esthétique.
Deux événements vont précipiter leur ascension: l'invention des roues en uréthane, un plastique qui agrippait le béton et permettait d'un seul coup de faire des verticales. L'autre, plus cocasse, c'est une sécheresse qui a sévi en Californie: par mesure d'économies, les piscines privées devaient être vidées, offrant du coup aux skaters d'étonnantes surfaces creuses et incurvées pour s'éclater.
L'intérêt principal du film tient au fait que cette histoire vraie est réécrite plus de trente ans après par l'un des protagonistes devenu scénariste et que les acteurs ont été coachés sur le tournage par leurs ""modèles originaux"". C'est dire du même coup qu'il passionnera les fans de skate et laissera les autres indifférents. Car au-delà des pirouettes et des roulements effrénés, LES SEIGNEURS DE DOGTOWN, reste un film terriblement quelconque."
Ancien membre