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D'où vous est venue l'idée de faire un homme-orchestre automatique ?
Jérémy Chevalier: Dans mon travail je cherche à comprendre ce qui glorifie une personne sur scène, comment fonctionne la magie du spectacle, quels en sont les mécanismes.
L'homme orchestre brille par sa technique, ses gestes et sa précision. J'avais envie de faire une sorte d'anti-homme orchestre, de réduire l'action à son minimal : une personne immobile sur scène qui n'est là que pour porter.
Quel est le poids de votre machine ?
Environ 30kg.
Comment fonctionne-t-elle ?
Des servomoteurs pour la guitare et des solénoïdes (électroaimants) pour la batterie sont déclenchés par des signaux midi envoyés par mon ordinateur.
Est-ce que cela interroge la posture de l'artiste face à sa création?
Je ne dirais pas face à sa création, mais plutôt face à sa culture. Les morceaux joués proviennent d'un registre rock/noise/métal et appartiennent à une culture particulière. Une culture qui fait du bruit, qui dérange et qui souvent est liée à une contestation sociale. Appartenant à cette culture, je questionne le fait de porter ce bagage culturel, cet esprit du vacarme.
Quelles sont vos influences musicales ?
Plutôt rock/noise, pas mal de musique expérimentale, et du classique aussi. Pour ce projet, Lightning Bolt m'a tout particulièrement inspiré.
Quel impact espérez-vous avoir avec votre projet ou votre pratique artistique ?
Je ne réfléchis pas à un impact prédéterminé quand je conçois une pièce, mais pour moi Chaosphonie est un hommage au chaos sonore. Dans mon travail en général je cherche à amener une critique du spectaculaire, et faire réfléchir sur cette question de la représentation scénique.