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Tous ceux qui ont déjà assisté à un stage ou écouté un discours de Christoph Hess entendent immédiatement sa voix lorsqu’ils entendent des phrases comme: «Le cheval doit aimer bouger et se sentir bien!» Si tel est le cas, le cheval se trouve aussi en harmonie sur le plan physiologique et biomécanique, selon Hess. «Et cela aura l’air harmonieux et sera également agréable pour le cavalier.» Le «Bulletin» a interrogé le juge international et instructeur expérimenté sur des sujets comme la Rollkur, les rênes allemandes et la formation de base.
«Bulletin»: Le sujet de la Rollkur est très discuté en Suisse et sur le plan international dans diverses disciplines. Où voyez-vous les difficultés concernant ce sujet dans les sports équestres et en général?
Christoph Hess: Je suis clairement de l’avis que des méthodes comme la Rollkur sont à rejeter. Mais il faut aussi savoir différencier, car pas chaque cheval placé trop bas est forcément aussi soumis à la Rollkur. Pas chaque cheval se trouvant derrière la verticale sur une photo, donc sur une image momentanée, n’est monté effectivement en Rollkur.
De manière générale, les chevaux doivent chercher l’extension de l’encolure, c’est ce qui compte le plus. Ils doivent donc tout d’abord chercher à s’étendre dans la main, respectivement dans le filet, et ce n’est qu’ensuite que l’on peut raccourcir le cheval pour des exercices plus difficiles. À mon avis, la règle des 10 minutes de la Fédération Équestre Internationale FEI n’est pas réalisable. Cette règle stipule que la Rollkur peut être appliquée pendant 10 minutes au maximum. Cependant, il n’est pas possible de mesurer une formation en minutes, et la manière dont le cavalier monte son cheval pendant ce temps n’est pas considérée non plus. Est-il trop dure avec la main? Force-t-il son cheval à prendre une certaine position ou est-ce le cheval qui s’appuie dans sa main?
Voici encore un exemple pratique quant à cela: J’ai observé le cavalier de saut Christian Ahlmann sur la place d’échauffement où il montait son cheval d’une manière un peu trop serrée et presque un peu rustique. Dans le parcours cependant, la paire a fait une démonstration de classe mondiale. Je pense que s’il faisait tout faux, il ne pourrait
pas accomplir de telles performances avec ses chevaux. Dans son cas, les chevaux cherchent l’extension grâce aux aides qui les poussent dans cette position. Ils sont ensuite montés à la rêne un peu plus court afin qu’ils puissent bien bouger par le dos.
Quelle est la position officielle de la Fédération équestre nationale allemande FN par rapport à ce sujet?
La Fédération équestre nationale allemande FN partage mon avis, que j’ai expliqué de manière un peu plus approfondie tout à l’heure, dans le fond. La FN reconnaît la règle des 10 minutes, mais elle a également produit un catalogue de critères ainsi que des vidéos et un schéma de conduite, destinés en premier lieu à la discipline dressage, mais la documentation sera élargie à d’autres disciplines, comme par exemple le saut d’obstacles. Elle doit servir comme ligne directrice dans le comportement avec les chevaux pour toutes les personnes concernées – cavaliers et officiels – non seulement en concours mais aussi à la maison. Nous voulons acquérir de l’expérience avec ce premier document et évaluer ensuite ce que nous pouvons faire de plus.
Que pensez-vous de la position de la FEI?
Je vous donne mon avis personnel: J’étais contre cette règle des 10 minutes dès le début. La formation ne peut pas être mesurée et évaluée au chronomètre, ce n’est tout simplement pas possible. Chaque cheval est un individu et doit donc être observé et jugé individuellement. Je ne sais absolument pas quoi faire de cette règle. Il faudrait plutôt former les stewards de façon à ce qu’ils soient capables de reconnaître un cheval heureux, donc un «happy athlete». Un steward doit pouvoir reconnaître si un cavalier monte son cheval de manière agressive d’un point de vue physique et/ou psychique et s’il le met sous pression, au lieu de simplement contrôler si le nez se trouve derrière la verticale. Il faut observer et évaluer le cheval dans son ensemble et pas uniquement quelques facteurs statiques.
Cette méthode fonctionne-t-elle avec les stewards en Allemagne?
Je ne juge pas beaucoup de concours nationaux mais je crois que cela fonctionne bien. Du moins, les choses vont dans ce sens. La documentation de la FN allemande, qui a d’ailleurs été reprise en Suisse (www.fnch.ch > Formation > Formation des officiels > Comportement sur la place d’entraînement), rencontre beaucoup de succès et est une aide véritable pour les stewards. Évidemment, il y a toujours ceux qui détournent le regard quand un cas limite se produit au lieu d’aller vers le cavalier et de simplement lui demander: «Qu’es-tu en train de faire? Peux-tu me l’expliquer s’il te plaît?» Lorsque j’approche les cavaliers avec cette attitude, j’ai souvent fait l’expérience que les cavaliers réfléchissent et se rendent compte d’eux-mêmes qu’ils se trouvent dans la zone grise. En général, ils s’excusent et montent correctement ensuite. En équitation, il est très important que les gens apprennent à développer un feeling pour le cheval, afin de pouvoir évaluer ce dernier de la manière la plus juste. Les policiers et les technocrates n’ont rien à faire là-dedans – ce qu’il faut, c’est du feeling!
Que pensez-vous de l’interdiction des rênes allemandes aux manifestations officielles de la Fédération Suisse des Sports Équestres? Cette réglementation est-elle justifiée?
Oui, je pense qu’une interdiction des rênes allemandes est tout à fait acceptable et justifiée dans le fond. Toutefois, il serait souhaitable que les cavaliers forment leurs chevaux correctement dès le début – car dans ce cas, les rênes allemandes sont en général superflues. Aucun cavalier n’échappe à une solide formation de dressage – peu importe son cheval. La base est essentielle et c’est une étape qui ne peut pas être sautée. Le cheval décide du rythme et d’un certain ordre des choses dans la formation. Mais, au final, tous les cavaliers doivent passer par le même chemin et logent finalement à la même enseigne …
Nicole Basieux
Informations sur la personne
Christoph Hess, né en 1950, a fait des études de pédagogie axées sur la formation d’adultes à Hanovre, Göttingen et Oldenburg. Depuis 1978, il travaillait à la Fédération équestre nationale allemande (FN) où il était directeur du centre de performance national du comité olympique allemand (DOKR) pendant 18 ans et directeur du domaine Membres personnels de la FN. Après presque 40 ans d’activité au sein de la Fédération équestre nationale allemande (FN), il a pris sa retraite le 1er mai 2016. Cependant, il a gardé sa fonction d’ambassadeur de formation auprès de la FN. Christoph Hess est aussi juge international de dressage et de concours complet et professeur d’équitation de formation (FN).
FNVerlag
Forum H
Durant la première partie, les cavaliers ayant divers problèmes en matière d’équitation se présenteront. Christoph Hess entraînera les couples et proposera des solutions conformes aux directives et durables pour le bien-être du cheval. Ensuite Philipp Hess montera le cheval en tant que cavalier inconnu dudit cheval.
La deuxième partie est un concours d’équitation: Pas de Deux (moniteur et son élève) commenté par Christoph Hess. La note A sera attribuée par les juges et la note B par le public, en fonction de ses applaudissements. A la fin de la compétition, des chevaux de l’élevage suisse seront présentés à la vente.
Durant la pause, Christoph Hess signera son nouveau livre: «Besser Reiten». Les livres peuvent être achetés sur place au prix de CHF 20.-.
Chaque billet d’entrée comporte un don pour le Musée du cheval à La Sarraz VD, www.museeducheval.ch
L’offre figure sous www.ticketino.ch > Forum H