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Ils burent à nouveau de la bière. Et ils firent à nouveau l’amour.
Aude commençait à comprendre comment le corps humain fonctionnait, et plus elle comprenait, plus elle voulait voir si ses conclusions se vérifiaient. La bière n’aidait pas vraiment. Ils buvaient et étaient littéralement trempés de chaleur, de sueur et de bière. Les draps leur collaient aux jambes, aux pieds, et s’enroulaient autour de leurs genoux humides. Chaque fois que l’un voulait se lever, s’aérer un peu, s’asseoir à la fenêtre par exemple, l’autre le ramenait auprès de lui dans le nid. Leurs regards n’étaient plus très nets lorsqu’Aidan dit: «Bon, ça suffit. Je ne suis pas venu en Lettonie pour fonder une famille.»
Et il s’endormit.
Après cinq, six, peut-être sept heures de sommeil, ils se réveillèrent en même temps et reprirent des forces. Aidan regarda Aude, les yeux vitreux. Une étincelle, puis un soupir: «Oh, et puis tant pis.»
La semaine suivante, ils firent l’amour tous les jours et toutes les nuits. Poussés d’abord par la bière, puis par la curiosité de savoir s’ils voudraient toujours l’un de l’autre même sans bière, et puis tout finit par échapper à la raison, ce n’était plus que de l’instinct. Aude se dit, c’est peut-être le confinement, la chaleur, l’angoisse de ne jamais sortir d’ici, de ne jamais aller dans cette forêt pour observer les animaux, de ne pas savoir s’il existait encore un semblant de vie à l’extérieur.