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Du bœuf suisse pour soulager la famine en Corée du Nord
Des députés sud-coréens accusaient la Suisse de livrer, sous couvert d'aide humanitaire à la Corée du Nord en proie à la famine, de la viande contaminée par l'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB). Mais, l'ONU vient de lever tout soupçon sur la qualité du boeuf suisse.
La rivalité avec leurs voisins du nord n'a pas empêché l'expression d'une franche fraternité de ces parlementaires sudistes. Ils ont affirmé que la Suisse se débarrassait d'une partie de ses excédents de bœuf pour prévenir un effondrement de leurs prix. Et cela au risque d'inoculer la maladie de Creutzfeldt-Jakob - la forme humaine de la maladie de la vache - aux Coréens du Nord.
Rien d'immoral
Mais, aux yeux de Catherine Bertine, responsable du Programme alimentaire mondial des Nations unies (PAM), la distribution de cette viande suisse en Corée du Nord n'a rien d'«immoral» pour reprendre l'expression des députés sud-coréens.
«La viande suisse a été inspectée par ses autorités sanitaires qui la considèrent comme sûre. Sa distribution est donc adéquate. D'autant que l'offre suisse a été acceptée par la Corée du Nord», précise Cartherine Bertini.
Et la responsable du PAM d'ajouter: «on ne peut qu'encourager, à mon avis, un pays comme la Suisse qui garantit que sa viande ne pose pas de danger de contamination à la donner à la Corée du Nord.
De tous les pays européens, la Suisse est l'un de ceux qui, compte tenu de sa taille, contribuent le plus au PAM. En 2001, outre 700 tonnes de viande, il lui allouera 2,2 millions de dollars, soit 0,72% de l'ensemble des contributions contre 0,95% pour un plus grand pays comme l'Allemagne.
Contribution appréciable
«La contribution de la Suisse est appréciable. Et nous espérons que l'an prochain elle restera au même niveau. Quant à la distribution de la viande, elle permet à la Suisse d'envoyer des représentants en Corée du Nord pour discuter avec ses dirigeants. Et s'assurer, dans la mesure du possible, qu'elle soit distribuée à ceux qui en ont le plus besoin», ajoute Catherine Bertini.
La Corée du Nord dépend, aujourd'hui, du monde extérieur pour plus de la moitié de ses besoins alimentaires. Selon Catherine Bertini, elle ne réussira pas à nourrir sa population pendant encore de longues années.
Georges Baumgartner, Tokyo
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