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Alexeï Navalny: "J'ai parfaitement le droit de participer à l'élection, en vertu de la Constitution, et je le ferai".
KEYSTONE/EPA/SERGEI CHIRIKOV(sda-ats)
L'opposant russe Alexeï Navalny a été condamné mercredi à cinq ans de prison avec sursis pour détournement de fonds, dans un procès renvoyé en première instance par la Cour suprême. Inéligible, il a annoncé qu'il restait candidat pour la présidentielle de 2018.
L'opposant a aussi écopé d'une amende de 500'000 roubles (8400 francs). Les cinq ans avec sursis correspondent à la peine qui avait été requise la semaine dernière par le ministère public.
Selon l'agence de presse Interfax, pareille décision de justice se traduit automatiquement par une inéligibilité. Mais Alexeï Navalny a assuré après l'annonce de sa peine qu'il allait faire appel et qu'il serait bien candidat à la présidentielle de 2018 face à Vladimir Poutine.
Politiquement trop dangereux
A l'en croire, la peine rendue contre lui est le signe que le Kremlin le considère comme politiquement trop dangereux.
"Ce à quoi nous avons assisté, c'est à l'envoi d'un télégramme par le Kremlin disant qu'ils pensent que moi, mon équipe et ceux à qui je donne la parole, sommes trop dangereux pour qu'on nous permette de participer à la campagne électorale", a déclaré M. Navalny à la presse.
"Nous ne reconnaissons pas ce jugement. J'ai parfaitement le droit de participer à l'élection, en vertu de la Constitution, et je le ferai", a affirmé l'opposant. Selon la loi, ne peuvent se présenter les candidats ayant commis des "crimes graves" et purgeant encore une peine le jour du scrutin.
Précédente décision reprise
Lors d'une interruption de séance, Alexeï Navalny a expliqué que le jugement prononcé mercredi reprenait mot pour mot la précédente décision de justice qui avait valu à la Russie d'être condamnée par la Cour européenne des droits de l'homme.
"Ils ont été trop paresseux pour en rédiger un autre. C'est la preuve qu'ils se moquent de la Cour européenne et qu'ils ont repris un ancien jugement", a déclaré l'opposant, qui avait annoncé l'an passé sa volonté d'être candidat à la présidentielle.
Alexeï Navalny, qui a fait condamner la Russie devant la Cour européenne des droits de l'homme pour détention arbitraire et procès inéquitable dans d'autres dossiers, dénonce un procès politisé visant à écarter sa candidature.
Faits remontant à 2013
Le procès portait sur des faits remontant à 2013: il était accusé avec un associé d'avoir détourné des fonds d'une entreprise d'exploitation forestière dans la région de Kirov.
En première instance, il avait écopé à l'été 2013 d'une peine de cinq ans de prison, atténuée en appel à cinq ans de prison avec sursis. Il a réussi à faire casser ce jugement l'an dernier par la Cour suprême. C'est le même tribunal qui l'a rejugé.
Si M. Navalny est bel et bien autorisé à entrer en lice pour la présidentielle, les sondages laissent penser qu'il serait largement défait face à Vladimir Poutine. Sa présence sur un bulletin de vote irriterait néanmoins fortement les responsables du Kremlin.
Le porte-parole du Kremlin, Dmitry Peskov a été interrogé sur le fait que l'absence d'Alexeï Navalny de la présidentielle réduisait la légitimité du scrutin. "Nous pensons que les inquiétudes à ce sujet ne sont pas pertinentes", a-t-il répondu.
ATS