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Du 6 septembre au 14 décembre 2008
Le point de départ de cette présentation a été l'un des joyaux du riche fonds Delacroix au Römerholz, Le Tasse dans la maison des fous, datant de 1839. Pour la première fois après plus de 140 ans, cette peinture a été présentée avec une version antérieure de 1824, appartenant à une collection privée. La comparaison des deux tableaux et l'association avec vingt-six autres travaux sélectionnés de l'artiste français ont permis de porter un nouveau regard sur cette œuvre-clé de l'histoire de l'art.
En l'occurrence, Delacroix était moins fasciné par l'œuvre littéraire du Tasse que par le caractère tragique de son destin, autour duquel s'était déjà tissée très tôt toute une série de légendes qui allaient l'inspirer pour ses deux portraits. Il trouvait dans le génie méconnu un miroir de sa propre lutte pour une définition identitaire de l'artiste dans les conditions sociales générées par les Lumières, la Révolution et la Restauration. Réunies autour des deux portraits du Tasse, les œuvres de Delacroix représentaient tout d'abord les autres personnages importants de la littérature et des beaux-arts, dont le destin était aussi tragique que celui du poète italien, et dans lesquels l'artiste allait aussi trouver une figure idéale répondant à la recherche de son image. Couvrant toute la durée de la production artistique de Delacroix, l'exposition a également su transmettre une vision générale du travail du peintre. Grâce au choix des tableaux les plus intimes, de petites et moyennes dimensions, ce panorama absolument inédit est parvenu à révéler tout particulièrement le processus créateur de Delacroix.
L'exposition était accompagnée d'un catalogue en allemand et en anglais.