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Depuis quelques temps, les signes d’intolérance du Conseil municipal de Lugano (de tradition libérale-leguiste, à l’extrême droite) face à l’expérience d’autogestion du Centre social Molino se multiplient. Une expérience qui, à différents endroits, anime la ville depuis 25 ans.
Ces dernières années, l’expérience du Molino a permis de construire un espace alternatif à la proposition culturelle, sociale et politique des forces dominantes de la ville de Lugano. Elle a exprimé une conception différente de la culture, en offrant du soutien à des milliers de jeunes, ainsi que la possibilité d’occuper différemment leur temps libre. Le Molino a toujours mené une politique contraire aux logiques dominantes, non seulement de la ville, mais aussi nationales et internationales, des trois dernières décennies. Il est clair que, tôt ou tard, une expérience de ce type devait être remise en question, ne serait-ce que parce qu’elle représentait la preuve qu’il est possible de créer une culture et une société alternatives ; et parce qu’aux yeux de la mairie, elle constituait un mauvais exemple pour d’autres formes de contestation sur le sujet qui ont émergé ces dernières années.
Le prétexte était une manifestation non autorisée le 8 mars, qui a immédiatement donné lieu à des accrochages en raison de l’intervention provocatrice de la police en tenue anti-émeute. Puis les choses se sont accélérées : d’abord l’annulation du contrat du bâtiment où se trouvait le centre, ensuite l’expulsion et la démolition du bâtiment le 29 mai.
La réaction populaire a été forte : une manifestation de plus de 3000 personnes en faveur du Molino et la demande que la ville fournisse un nouvel espace pour poursuivre l’expérience. Une réaction qui a créé un rapport de forces que, malheureusement, les forces autogérées du Molino n’ont pas pu et voulu exploiter pour engager des négociations qui leur seraient favorables. D’où la tentative, de plus en plus difficile vu l’absence d’une base d’organisation de la résistance, « d’amener l’autogestion dans toute la ville », avec des assemblées publiques dans les rues, des manifestations, etc.
Une tentative généreuse qui, pour l’instant, ne semble pas porter ses fruits et semble malheureusement souffrir d’une baisse d’attention du public et de sa capacité de mobilisation.
Pino Sergi Mouvement Pour le Socialisme (MPS) Tessin