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Ville-périphérie-campagne: trois réalités
Le Registre foncier indique quel est le propriétaire d’une parcelle. Il signale aussi si cette dernière abrite un bâtiment et, dans ce cas, sa destination. Mais une parcelle ne dit rien de sa valeur. Un mètre carré en zone agricole vaut moins de 10 francs, et 100 fois plus, voire 1000 fois plus en ville. Le plus grand propriétaire du canton possède 83 parcelles pour une surface totale de 366 017 m2, soit plus de 36 hectares. Mais tous ses terrains sont des champs. Ce qui n’en fait pas, et de loin, le plus riche propriétaire du canton.
Le Registre foncier ne dit malheureusement rien sur le statut des parcelles. Il ne dit pas si le terrain est agricole ou constructible et, s’il l’est, avec quelle densité. Pour tenter de cerner un peu mieux la structure de la propriété, nous avons donc découpé le territoire en trois parties: au centre, la ville de Genève est formée avant tout par des bâtiments de plusieurs étages. Autour, la couronne urbaine, composée d’une dizaine de villes, présente une urbanisation mixte, mêlant grands immeubles, villas et secteurs industriels; enfin, les communes de la campagne, constituées des villages, des villas et des terres agricoles.
En ville de Genève, les sociétés possèdent 41% des parcelles construites
Données extraites du Registre foncier en mars 2016.
En ville de Genève, les sociétés se taillent une grosse part du gâteau. Elles possèdent 41% des parcelles. Une part importante qui s’explique aisément. La plupart des terrains accueillent des immeubles de rapport, loués à des habitants ou à des entreprises. Ces immeubles concentrent la vraie richesse foncière. Les particuliers, eux, possèdent en mains propres 39% des parcelles.
Les collectivités publiques sont propriétaires de 12% des parcelles construites. Il s’agit principalement de la commune Ville de Genève ainsi que du Canton. Cette part relativement modeste représente, en revanche, 45% du territoire de la ville. Pourquoi autant? Simplement parce que nombre de ces parcelles sont constituées par les parcs, les cimetières ou encore les terrains en zone industrielle.
Le public reste très présent dans la périphérie
Données extraites du Registre foncier en avril 2016.
La couronne urbaine représente les neuf principales villes qui entourent la commune centre. Dans ces localités, on trouve aussi bien des villas que des immeubles de grands ensembles ou des bâtiments de bureaux. Les particuliers se taillent la part du lion. Ces derniers possèdent 76% des parcelles, mais celles-ci ne représentent que 41% des surfaces. Sans doute car une bonne partie d’entre elles, constituées de villas, sont petites.
Aussi bien au centre que dans la périphérie, le secteur parapublic occupe une part non négligeable. Dans cette catégorie, on trouve aussi bien les CFF que les caisses de pension de fonctionnaires ou des fondations immobilières destinées au logement social. On y trouve de grands bâtiments locatifs, les vastes domaines de certaines organisations internationales ou encore des infrastructures comme la gare de la Praille ou le CERN.
Le Canton est ici aussi propriétaire de très grandes surfaces. Il possède notamment l’aéroport, les terrains du CERN ou ceux de Belle-Idée.
A la campagne, les petits propriétaires règnent en maîtres
Données extraites du Registre foncier en avril 2016.
En dehors des zones urbaines, les particuliers tiennent le haut du pavé. Ils possèdent 89% des parcelles construites, soit 68% de la partie construite de ce territoire. Ici, on trouve des propriétaires de maisons villageoises et, surtout, les propriétaires agricoles. Les sociétés, elles, sont très peu présentes.
Les collectivités publiques sont encore présentes, que ce soit les communes ou le Canton. Ce dernier possède quelques grands périmètres, comme la presqu’île de Loëx (en zone agricole) ou de grands domaines forestiers (bois de Jussy, bois de Chancy, vallon de l’Allondon).