Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06947.jsonl.gz/692

La Comco va interdire à une filiale de Swatch de livrer des mouvements
La Comco doit se prononcer cette semaine sur cette proposition de son secrétariat, selon la Schweiz am Sonntag. Le directeur de la Comco, Patrik Ducrey, a indiqué qu'un communiqué sera publié jeudi, sans en dire plus. Swatch, également contacté, a répondu pouvoir "en principe confirmer l'article".
L'interdiction de fournir d'autres clients constituerait un coup dur pour ETA, selon l'hebdomadaire. Cette année, la filiale de Swatch a livré un demi-million de mouvements mécaniques à des concurrents du géant biennois. Ce montant serait ramené à zéro l'an prochain.
Le patron de Swatch Nick Hayek a lui critiqué cette décision. A ses yeux, la Comco n'a pas pour tâche d'organiser le marché mais pour empêcher des monopoles et leurs abus, a-t-il déclaré à la Schweiz am Wochenende. Nick Hayek estime encore que si ETA ne peut plus livrer ses mouvements, cela ne va pas favoriser, mais au contraire entraver la concurrence. La mesure toucherait principalement les clients d'ETA fabricants indépendants de montres.
Accord en 2013
En 2013, la Comco avait conclu un accord avec Swatch en raison de sa position dominante sur le marché et statué qu'ETA devrait livrer certaines quantités de mouvements à des clients tiers. Ce règlement est en vigueur jusqu'à la fin de cette année et il prévoyait que les quantités livrées seraient réduites par étapes.
La réglementation devait permettre l'émergence d'un concurrent valable d'ETA, une "petite ETA" qui n'aurait pas une position dominante et pourrait choisir librement ses clients.
Entente avec Richemont
Il y a deux ans, Nick Hayek avait déclaré que Swatch était prêt, dans l'intérêt de l'industrie horlogère suisse, à poursuivre les livraisons de mouvements à ses clients. Mais le groupe voulait pouvoir décider seul et ne pas y être contraint. Selon des sources bien informées d'alors en marge du salon SIHH, Swatch et Richemont s'étaient entendus pour un accord de livraison pour 2020.
Le co-président et propriétaire de Chopard Karl-Friedrich Scheufele a lui aussi critiqué la décision à venir de la Comco. Chopard ne pourra pas fabriquer certains modèles de montres en 2020 et cela entraînera un manque à gagner au niveau du chiffre d'affaires, a-t-il déclaré à Schweiz am Wochenende.
>> L'interview d'Olivier Müller, expert en industrie horlogère, dans Forum:
ats/jvia
Publié le 16 décembre 2019 à 13:51 - Modifié le 19 décembre 2019 à 13:02