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Les Pseudonymes
Depuis que nous parlons des livres d’Elena Ferrante, je me suis interrogée sur l’utilisation des pseudonymes.
Cette pratique n’est pas nouvelle. Nous avons tous en mémoire Romain Gary et Emile Ajar ou … et Georges Sand.
Mais qu’est-ce qui pousse un auteur à prendre un pseudonyme ?
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La société
Jusqu’à la fin du XIXe siècle, une femme n’écrivait pas. Georges Sand (de son vrai nom Amantine Aurore Lucile Dupin) n’adopte pas seulement un pseudonyme mais elle s’habille en homme également afin de pouvoir avoir accès à des lieux interdits aux femmes.
Charlotte Brönté a adopté le pseudonyme Currer Bell sous lequel elle publiera entre autre Jane Eyre et Daniel Stern est le pseudonyme de Marie d’Agout.
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La mode
Quand l’éditeur a demandé à Lev Tarassov de se trouver un nom plus français pour que son roman soit publié, il est devenu Henri Troyat. Ou pour se donner un genre plus américain, à la mode en 1940, Boris Vian devient Vernon Sullivan.
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La pression familiale
Tel ne voulait pas être pris pour le fils à papa, ou nuire à la famille qui porte son nom ou à leur fonction dans l’Etat, tel Erik Arnaud (conseiller de François Mitterand) qui a pris le nom de plume d’Erik Orsenna ou Alexis Leger, diplomate français qui a pris le nom de Saint-John Perse pour écrire. Henri Beyle choisit de s’appeler Stendhal (ou de nombreux autres noms) par haine de son père. Et la Comtesse de Ségur profite de nom de son époux pour échapper à son nom de jeune fille (Rostopchine qui a incendié la ville de Moscou en 1813). Emmanuel Carrère simplifie son nom afin de ne pas être perçu comme le fils d’Hélène Carrère d’Encausse.
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Le besoin de connaître sa valeur
C’est le cas de Stephen King qui voulait vérifier s’il pouvait connaître le même succès sous le nom de Richard Bachman. Ou cela permet à l’auteur d’écrire dans deux styles différents sans risquer ne plus être aimé par son public. C’est le cas de Claude Klotz qui écrit des romans policiers et fantastique et qui devient Patrick Cauvin quand il écrit des livres plus doux et romanesque comme Villa Vanille ou E =m 2 mon amour.
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Pour des raisons de sécurité
Pendant la résistance, par exemple, les écrivains avaient tous des noms d’une région de France comme pseudonyme. François Mauriac a publié sous le nom de Forez, par exemple.
Mohammed Moulessehoul a écrit sous plusieurs pseudonymes pendant 11 ans pour éviter le Comité de censure militaire d’Algérie. Puis il réunit les deux prénoms de son épouse et Yasmina Khadra est publié en Europe en 1997. Mais la véritable identité de l’auteur ne sera connue qu’en 2001. Dans une monde arabo-musulman, porter un pseudonyme féminin est courageux et témoigne de son soutien à l’émancipation de la femme musulmane.
Couac au Prix Goncourt
L’écrivain Romain Gary de son vrai nom Romain Kacev obtint une première fois le prix Goncourt en 1956 puis une seconde fois sous le pseudonyme Emile Ajar en 1975 alors qu’un auteur n’est pas autorisé à recevoir ce prix plus d’une fois. La supercherie ne sera découverte qu’après sa mort.
De nos jours, les pseudonymes sont encore d’actualité.
JK Rowling
L’auteur de la sage Harry Potter écrit des enquêtes policières sous le nom de plume de Robert Galbraith. Ses raisons sont triples :
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Elle désire prendre un nouveau départ et ne veut plus être associée à Harry Potter
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Elle a toujours désirer s’appeler Ella Galbraith et le choix de Robert comme prénom rend hommage à Robert F. Kennedy qu’elle admire beaucoup.
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Elle croit au potentiel de Robert Galbraith
Son nouveau héro, Strike Cormoran, est un écorché de la vie amputé d’une jambe et détective privé. Elle a déjà écrit 3 livres sous ce pseudonyme : L’appel du coucou, Le verre à soie et La carrière du mal.
Et Elena Ferrante ?
Et le cas Elena Ferrante. Qu’en est-il ? Est-ce un pseudonyme ou son vrai nom ? Voici un petit résumé de ce mystère.
Qui est la personne qui écrit sous le nom de plume Elena Ferrante ? Cette question est restée sans réponse depuis plus de 20 ans. Qui est-elle ? Nul ne le sait, car l’auteur a posé des conditions à sa publication : aucune interview ni aucune photo car elle pense que les livres doivent vivre pour eux-mêmes non grâce à un auteur.
Son premier roman est paru en 1992 (L’amour harcelant) fut suivi en 2002 d’un autre (Les jours de mon abandon) puis vient la tétralogie commencée en 2004 L’amie prodigieuse, suivi de Le nouveau nom, dont le 3e roman vient de sortir (Celle qui fuit et celle qui reste). Le dernier tome est sorti en italien et est en voie de traduction. Ces livres ne sont pas uniquement un succès en Italie mais sont traduits dans une quarantaine de langues
Mais le mystère de la véritable identité de l’auteur a titillé les journalistes à qui elle a juste dit être une mère de famille napolitaine, née en 1943. Récemment, un journaliste a comparé les revenus de la traductrice de la maison d’édition, Anita Raja et la sortie des livres. Il en a déduit que cette femme est Elena Ferrante. Cette information n’a été ni certifiée ni démentie soit par Anita Raja elle-même soit par la maison d’édition. Certains confrères s’indignent de cette ingérence dans la vie privée mais tout le monde a lu son article avec intérêt.
Une start-up valaisanne a même mathématisé le style littéraire pour en déduire que les deux premiers romans n’ont pas été écrits par la même main que la tétralogie. Et que la tétralogie a été écrite par Domenico Starnone, en couple avec …. Anita Raja !
Mais finalement qu’est-ce qui importe le plus pour nous lecteur ou lectrice ? Lire un bon roman d’un auteur anonyme ou inconnu ou qui utilise un pseudonyme ou lire un roman moyen ou mauvais d’un auteur célèbre ?
Je vous laisse répondre à cette question…
Quelques pseudonymes célèbres :
Patrick Sébastien a écrit un livre sous le nom de Joseph Lubsky
Boris Vian est devenu Vernon Sulllivan
Patrick Cauvin est le pseudonyme de Claude Klotz
Julien Gracq est le pseudonyme de Louis Poirier
Lewis Carroll est le pseudonyme de Charles Lutwidge Dogson
Michel Houellebecq, pseudonyme de Michel Thomas
Daniel Pennac, pseudonyme de Daniel Pennacchioni
San Antonio, pseudonyme de Frédéric Dard
Vous avez des questions, des remarques, vous voulez nous faire part de votre avis ou de votre expériense, vous pouvez nous envoyer un mail.
Myriam Charpilloz
L'énigme "Richard Castle"
Cela fait plusieurs fois que l’énigme « Richard Castle » a été évoquée autour de la table de Bouillon de Lecture. Voici enfin le point sur la situation :
Le nom de Richard Castle est bel et bien celui d’un personnage de série télévisée.
Cette série policière que l’on peut voir depuis quelques années sur différentes chaînes, raconte l’histoire d’un écrivain - de son vrai nom Richard Rodgers – qui travaille aux côtés de la police newyorkaise afin de se documenter pour l’écriture de ses livres.
A l’écran, celui qui lui a donné son visage s’appelle Nathan Fillion.
Dans le cadre de la série, le personnage de Richard Castle est présenté comme l’auteur de différents ouvrages répartis en deux séries. La première, baptisée « Derrick Storm » comprend cinq titres.
La seconde met en scène une certaine Nikki Heat (Nikki Hard dans les épisodes traduits en français) qui n’est autre que la copie romanesque de la policière avec qui Castle passe ses journées (et bientôt ses nuits, mais ça, il faut suivre la série pour comprendre). On entend souvent citer les titres de « Mort brûlante » ou encore « Vague de chaleur » au hasard des épisodes.
Les créateurs de la série ont eu l’idée astucieusement commerciale, depuis quelques années, d’accrocher les fans de la série au travers de romans portant les titres de ceux du personnage et véritablement publiés en librairie. Ils ont poussé l’audace jusqu’à illustré le 4e de couverture avec la photo de Nathan Fillion, l’acteur qui est Castle à l’écran.
Le mystère
Cette idée de marketing et de fidélisation est hors du commun. Plusieurs journalistes ont déjà cherché à savoir qui se cachait réellement derrière le masque de Richard Castle. Jusqu’ici – d’après nos recherches – on ne le sait toujours pas. Un seul indice, le vrai auteur est déjà apparu dans un épisode. Mais quand on sait que dans la trame de la série, Richard Castle joue régulièrement au poker avec de grands auteurs (qui jouent leur rôle !) comme Michael Connelly, James Patterson, Dennis Lehane ou encore Stephen J. Cannell, on peut soupçonner l’un d’entre eux ou tout imaginer.
Il existe même une page Facebook lançant un concours sur la vraie identité de l’auteur de « Vague de chaleur ».
L’enquête continue donc…
Si vous avez des indices à nous communiquer, n'hésitez pas!
Corinne Martin-Jaquet
Bibliographie :
- Avis de Tempête (série Derrick Storm)
- Vague de chaleur (Heat Wave)
L'inspecteur Nikki Heat enquête sur la mort d'un magnat de l'immobilier ruiné par la Crise et jeté depuis le balcon de son appartement. Le journaliste Jameson Rook la suit à la demande de ses supérieurs. Leur relation devient progressivement beaucoup moins professionnelle.
- Mise à nu / Nikki à nu (Naked Heat)
Depuis que l'article de Rook est sorti, Nikki Heat, furieuse, s'efforce de l'éviter mais lorsqu'elle le découvre sur une de ses scènes de crime, elle doit bien accepter, contrainte et forcée son assistance : la journaliste spécialisée dans tous les vilains petits secrets des célébrités new-yorkaises a été horriblement torturée avant d'être assassinée et Rook vient de passer plusieurs semaines à la suivre quotidiennement.
- Froid d'enfer / La fièvre persiste (Heat Rises)
- Cœur de glace (Frozen Heat)
- Mort brûlante (Deadly Heat) est paru le 13 septembre 2013 pour la version anglaise, le 2 octobre 2013 pour la traduction en français.
On trouve encore en librairie
- Mort d’une reine de promo (Death of a Prom Queen)
- Des fleurs pour ta tombe (Flowers For Your Grave)
- Pas de furie en enfer (Hell Hath No Fury)
- Une rose pour l'éternité (A Rose for Everafter)
- Le tueur n’aimait pas le son
- La forêt des tombes sanglantes (When It Comes to Slaughter)