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Modules
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Naissance et petite enfance à l'époque romaine
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L'entrée dans la communauté
Rites de séparation
L'examen du nouveau-né
"La sage-femme, donc, après avoir reçu le nouveau-né, le posera
d'abord à terre après avoir regardé si c'est
un garçon ou une fille: elle annoncera le sexe par signes,
comme les femmes ont coutume de faire. Qu'elle se rende compte ensuite
si l'enfant vaut ou non la peine qu'on l'élève (...).
Elle vérifiera que, posé à terre, le nouveau-né
s'est tout de suite mis à vagir avec la vigueur convenable;
quand un enfant reste longtemps sans pleurer, ou vagit de façon
insolite, on peut soupçonner que son état est dû
à quelque circonstance défavorable (...). Les signes
contraires à ceux qui viennent d'être dits révèlent
l'inaptitude".
Soranos, Des maladies des femmes, 2.5.
A Rome, la future mère accouchait chez elle, assistée d'une sage-femme et de quelques aides, des parentes ou des voisines. Après avoir observé le sexe du bébé, la sage-femme l'examinait soigneusement pour contrôler sa vigueur et son intégrité physique. Soranos consacre un chapitre entier à cette inspection qui déterminera si l'enfant vaut ou non la peine qu'on l'élève.
Cet examen représente une véritable sélection. Soranos conclut sobrement que "les signes contraires à ceux qui viennent d'être dits révèlent l'inaptitude". Il ne précise pas ce que la sage-femme devait faire, mais on sait que les enfants jugés inaptes étaient supprimés ou abandonnés.
Si l'examen était concluant, le bébé était présenté à son père pour vivre sa deuxième naissance, sociale cette fois. Le père devait formellement l'accepter dans le groupe familial. Une expression désigne cet acte: tollere infantem. Le père avait tout pouvoir sur son enfant: il pouvait impunément décider de l'accepter ou de le rejeter. Le principe de cette toute-puissance paternelle était si profondément ancrée dans les moeurs qu'elle ne sera remise en question qu'en 374 apr. J.-C., quand un décret des empereurs Valentinien, Valens et Gratien proscrivit l'infanticide.
Le cordon ombilical est coupé en respectant des rites particuliers: Soranos conseille de procéder avec une lame bien aiguisée, mais les sages-femmes préféraient ne pas utiliser d'instrument en métal qui augurerait par magie sympathique de la mort violente de l'enfant. Un morceau de verre, de poterie brisée, de roseau, une croûte de pain pouvaient aussi faire l'affaire.
La sage-femme procède ensuite à la première toilette du nouveau-né; son petit corps était saupoudré de sel fin pour enlever l'enduit visqueux qui le recouvrait. Après cette application, le corps de l'enfant était essuyé et baigné dans de l'eau tiède. On espérait ainsi resserrer les grains de sa peau, raffermir et tonifier ce corps si mou. Au souci d'hygiène devait aussi correspondre le besoin de séparer l'enfant du monde d'où il vient.
Dans d'autres cultures, l'enfant était soumis à des bains plus violents dans le double but de tester sa vigueur et de le fortifier.
Plusieurs reliefs romains et gallo-romains évoquent ce premier bain du bébé, moment-clé qui marque d'une part la séparation du corps de sa mère et d'autre part l'acceptation de son père qui laisse la sage-femme procéder à ces soins.
Textes
Soranos, Des maladies des femmes, 2.5
Sénèque, De la colère, 1.15.2
Suétone, Claude, 27.3
Soranos, Des maladies des femmes, 2.6
Soranos, Des maladies des femmes, 2.6
Liens
www.info-antique.de
Scène d'accouchement (vers 140 apr. J.-C.). Ostie, nécropole de Portus, tombe 100. Relief en terre cuite de la tombe de Scribonia Attica.