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A. N., né en 1939, a bénéficié par le passé, par in- termittence, d'une rente d'invalidité. Son épouse est également invalide. Par une décision du 2 avril 1996, l'office de l'assurance-invalidité (OAI) a alloué à N. une rente extraordinaire entière d'invalidité pour couple, ainsi que des rentes pour les trois enfants des époux, avec effet à partir du 1er février 1992. La décision contient un décompte des prestations dues rétroactivement, lesquelles représentent un montant de 17'729 francs, et indique que les paiements seraient faits au service so- cial de la Ville de Neuchâtel. Ce service subvient en effet depuis de nombreuses années aux besoins des époux N.. Par lettre du 13 avril 1996, N. a demandé qu'on lui verse personnellement le montant de 17'729 francs. L'OAI n'a pas donné suite à cette demande ni répondu à l'intéressé sur ce point. Constatant cependant qu'une erreur s'était produite dans le cal- cul des rentes pour enfant, l'office AI a rendu une nouvelle décision en date du 2 mai 1996, remplaçant partiellement la première. Cette décision contient également l'indication selon laquelle les prestations seraient versées au service social de la Ville de Neuchâtel. Selon le nouveau cal- cul des versements rétroactifs dus par la caisse de compensation, c'est un montant de prestations arriérées supplémentaires de 14'349 francs qui revient à l'assuré. Au total, l'arriéré de rentes représente ainsi 32'078 francs. B. N. interjette recours devant le Tribunal adminis- tratif, en demandant l'annulation des décisions du 2 avril et du 2 mai 1996 (dans la mesure où elles prévoient le paiement des montants dus à titre rétroactif en mains du service social de la Ville de Neuchâtel), en concluant à ce qu'il soit ordonné à l'office intimé de verser à lui-même le montant total de 32'078 francs, subsidiairement à ce que la cause soit renvoyée à l'intimé pour nouvelle décision. Il fait valoir, en résumé, que les conditions posées par la loi et la jurisprudence au versement des rentes en mains de tiers ne sont pas remplies; qu'il n'a pas signé la de- mande de versement de rente à un tiers ou à une autorité qualifiée, pré- sentée par le service social de la Ville de Neuchâtel le 24 octobre 1995; que la décision de l'intimé n'est pas motivée. C. L'office AI relève que le recours paraît tardif dans la mesure où il est dirigé contre la décision du 2 avril 1996. Quant au fond, il s'en remet aux observations de la Caisse cantonale de compensation, qui conclut au rejet du recours. Celle-ci note que les époux N. sont assistés entièrement par les services sociaux depuis le mois de mai 1987 en ce qui concerne l'épouse et depuis le mois d'octobre 1985 en ce qui concerne le mari; que durant toutes ces années, les rentes AI ainsi que les diverses prestations de chômage des époux N. ont toujours été versées aux services sociaux; que le montant total de 32'078 francs a été versé sur les comptes d'assistance auprès de la Ville de Neuchâtel, qui ont ainsi pu être équilibrés, de sorte que l'assuré ne saurait prétendre recevoir la somme en cause. D. Le recourant a demandé l'assistance judiciaire pour la procédure de recours. C O N S I D E R A N T en droit 1. Le recours dirigé contre la décision du 2 mai 1996, interjeté dans les formes et délai légaux, est recevable. En ce qui concerne la dé- cision du 2 avril 1996, l'assuré s'y est opposé par lettre du 13 avril 1996 adressée à l'office AI, dans laquelle il exprime clairement sa vo- lonté de recevoir personnellement les montants dus à titre rétroactif, ce qu'il avait d'ailleurs déjà demandé par une correspondance antérieure à la décision. Si elle n'a pas été considérée comme un recours, cette lettre aurait dû susciter à tout le moins une prise de position de l'intimé in- vitant l'intéressé à agir, le cas échéant, en se conformant aux règles de la procédure de recours. Il y a lieu d'admettre dès lors que le recours déposé le 7 juin 1996 est dirigé valablement contre la décision du 2 avril 1996 également, et qu'il est donc recevable à cet égard aussi. 2. Le recours est dirigé contre la décision de l'office AI de ver- ser directement aux services sociaux de la Ville de Neuchâtel les presta- tions rétroactives auxquelles le recourant a droit. Celui-ci ne contestant pas les autres aspects des décisions de rente des 2 avril et 2 mai 1996, le litige se limite dès lors à cette seule question. 3. Selon l'article 20 LAVS, le droit aux rentes est incessible et ne peut être donné en gage; il est soustrait à toute exécution forcée. Toute cession ou mise en gage est nulle et de nul effet. L'article 45 est réservé (al.1). Le Conseil fédéral peut, après avoir consulté les cantons, prendre les mesures propres à garantir que les rentes et allocations pour impotent servent, si cela est nécessaire, à l'entretien du bénéficiaire et des personnes à sa charge (art.45 LAVS). Si l'ayant droit n'emploie pas la rente pour son entretien et pour celui des personnes à sa charge ou s'il peut être prouvé qu'il n'est pas capable de l'affecter à ce but, et s'il tombe par là totalement ou partiellement à la charge de l'assistance pu- blique ou privée, ou y laisse tomber les personnes qu'il est tenu d'en- tretenir, la caisse de compensation peut effectuer le versement total ou partiel de la rente en mains d'un tiers ou d'une autorité qualifiée ayant envers l'ayant droit un devoir légal ou moral d'assistance ou s'occupant de ses affaires en permanence (art.76 al.1 RAVS). Conformément à la ju- risprudence, le seul fait qu'une personne soit aidée par une autorité d'assistance ne justifie pas encore le versement de la rente à cette au- torité (RCC 1990, p.268 cons.2). Cependant, le Tribunal fédéral des assurances a avalisé la pra- tique administrative selon laquelle un versement en mains de tiers était licite, sous certaines réserves bien définies, alors même que les condi- tions de l'article 76 RAVS sur la garantie de l'utilisation des rentes conforme à leur but ne sont pas remplies et qu'en principe, selon l'ar- ticle 20 al.1 LAVS, toute cession d'une rente est nulle. Ainsi, des paie- ments rétroactifs de rentes peuvent intervenir en mains d'organismes d'as- sistance de droit public ou privé, à leur demande, lorsqu'ils ont versé des avances correspondantes aux ayants droit. De tels paiements en mains tierces ne sont toutefois admissibles que dans la mesure où la preuve des avances consenties est dûment établie et que l'assuré ou son représentant légal a donné son accord écrit (ATF 118 V 91 cons.1b; VSI 1995, p.205 cons.3d). S'inspirant de cette jurisprudence, le Conseil fédéral a intro- duit ensuite dans le règlement sur l'assurance-invalidité l'article 85 bis RAI, relatif au versement de l'arriéré d'une rente au tiers ayant fait une avance. Cette disposition prévoit que les employeurs, les institutions de prévoyance professionnelle, les assurances-maladie, les organismes d'as- sistance publics ou privés ou les assurances en responsabilité civile ayant leur siège en Suisse qui, en vue de l'octroi d'une rente de l'assurance-invalidité, ont fait une avance peuvent exiger qu'on leur verse l'arriéré de cette rente en compensation de leur avance et jusqu'à concurrence de celle-ci. Est cependant réservée la compensation prévue à l'article 20 LAVS. Les organismes ayant consenti une avance doivent faire valoir leurs droits au moyen d'un formulaire spécial, au plus tôt lors de la demande de rente et, au plus tard au moment de la décision de l'office AI (al.1). Sont considérées comme une avance les prestations librement consenties, que l'assuré s'est engagé à rembourser, pour autant qu'il ait convenu par écrit que l'arriéré serait versé au tiers ayant effectué l'avance (al.2 litt.a) et les prestations versées contractuellement ou l¿alement, pour autant que le droit au remboursement, en cas de paiement d'une rente, puisse être déduit sans équivoque du contrat ou de la loi (litt.b). Les arrérages de rente peuvent être versés à l'organisme ayant consenti une avance jusqu'à concurrence, au plus, du montant de celle-ci et pour la période à laquelle se rapportent les rentes (al.3). Dans sa jurisprudence la plus récente, le Tribunal fédéral des assurances a constaté que l'article 85 bis RAI, selon lequel les institu- tions qui ont fait une avance peuvent exiger le paiement de l'arriéré de la rente, est conforme à la loi et à la Constitution. Cette disposition est applicable aussi à tous les cas qui étaient déjà pendants au moment de son entrée en vigueur, le 1er janvier 1994. Quant au fond, l'article 85 bis al.2 litt.b in fine RAI fait dépendre l'application de cette dispo- sition, avec les conséquences qui en découlent en vertu du droit fédéral (versement de l'arriéré au tiers dans la mesure admissible au sens de l'art.85 bis al.3 RAI) de la question préalable, qui dépend du droit cantonal, de savoir s'il existe une disposition légale cantonale prévoyant "sans équivoque" le droit au remboursement (ATF 123 V 25, 33 cons.cc). Dans le cas précité, le Tribunal fédéral des assurances a déclaré que la conclusion de la juridiction cantonale zurichoise, selon laquelle la loi d'aide sociale de ce canton (Sozialhilfegesetz) ne contient pas une dispo- sition suffisamment claire, fondant le droit au versement de l'arriéré de rente à l'organisme d'assistance publique, était certes discutable mais pas arbitraire. 4. a) Dans le cas présent, le service social de la Ville de Neuchâtel a rempli le 24 octobre 1995 la formule préimprimée intitulée "Demande de versement de rente à un tiers ou à une autorité qualifiée", concernant les prestations versées au titre de "rente AI + rétroactif + PC", et indiquant comme motif une "avance sur assistance". Cette formule n'est pas signée par l'assuré. La Cour de céans a déjà eu l'occasion de juger, en conformité avec la jurisprudence du Tribunal fédéral des assu- rances, qu'à défaut d'accord exprès de l'assuré en ce qui concerne le ver- sement du rétroactif de rente à l'institution concernée, en remboursement de prestations fournies par celle-ci, le versement effectué par l'assurance-invalidité à cette institution n'est pas admissible (arrêts du 13.12.1996 dans la cause C. c/ Office AI pour le canton de Vaud et du 06.02.1997 dans la cause A. c/ Caisse cantonale neuchâteloise de compensa- tion). Il convient toutefois d'examiner encore si, s'agissant d'opérer, par le versement des arriérés de la rente, une compensation avec les avances d'un organisme d'assistance publique, il existe une disposition du droit cantonal qui fonde le droit au remboursement au sens de l'article 85 bis al.2 litt.b RAI. b) L'ancienne loi cantonale sur l'assistance publique, du 2 fé- vrier 1965, disposait, à l'article 71 al.1, que celui qui, après l'âge de 18 ans révolus, a bénéficié de secours d'assistance, est tenu de les rem- bourser dès que sa situation matérielle s'est stabilisée et que son exis- tence est suffisamment assurée (ch.1), ou sans délai lorsqu'il a obtenu les secours en usant de supercherie ou de dissimulation (ch.2), ou dès que les conditions prévues pour le remboursement sont remplies, lorsqu'il s'y est engagé au moment où il a reçu les secours (ch.3). L'autorité d'assis- tance devait faire valoir son droit au remboursement tout d'abord auprès du débiteur puis, en cas de refus, par voie d'action devant l'autorité tutélaire (art.76 al.1 et 2). Cette loi a été abrogée par la nouvelle loi sur l'action sociale, du 25 juin 1996 (entrée en vigueur le 01.01.1997). Selon l'article 43 al.1 de la nouvelle loi, l'aide matérielle fournie aux personnes majeures n'est remboursable qu'à l'une des conditions sui- vantes : lorsque l'aide a été obtenue indûment à la suite d'indications fausses ou incomplètes (litt.a), lorsque le bénéficiaire, par suite d'un héritage, d'un don, d'un gain de loterie ou d'autres revenus extraordi- naires ne provenant pas de son travail, peut s'acquitter de tout ou partie de sa dette (litt.b), lorsque l'équité l'exige, dans d'autres circons- tances ou pour d'autres motifs (litt.c). En outre, l'autorité d'aide so- ciale peut réclamer le remboursement de la dette, aux conditions prévues, lorsque le bénéficiaire s'y est engagé au moment où il a reçu l'aide (al.2). L'article 77 al.1 dispose que l'obligation de rembourser des pres- tations d'assistance est soumise au nouveau droit dès son entrée en vi- gueur. Compte tenu du fait que le litige était pendant à cette date, et eu égard à l'intérêt public prépondérant qu'il met en jeu (v. Grisel, Traité de droit administratif, t.I, p.153), il convient d'attribuer aux nouvelles dispositions légales à tout le moins un effet rétroactif improprement dit. Au demeurant, s'agissant de nouvelles dispositions concernant la coordina- tion entre prestations de l'assurance-invalidité et prestations de l'aide sociale, il y a lieu d'admettre même la rétroactivité proprement dite, ainsi que l'a constaté la jurisprudence à propos de l'application de l'article 85 bis RAI (ATF 123 V 29 cons.c). Contrairement aux dispositions de la loi sur l'assistance pu- blique, abrogée, la nouvelle loi sur l'action sociale prévoit expressé- ment, comme on l'a vu, que tout revenu extraordinaire ne provenant pas du travail de l'assisté peut justifier la demande de remboursement de l'aide matérielle qui a été fournie par l'organisme d'assistance. Un arriéré de rente d'invalidité entre sans conteste dans cette définition. Il résulte d'ailleurs du rapport du Conseil d'Etat au Grand Conseil à l'appui du projet de loi sur l'action sociale, du 8 mai 1996, que si la nouvelle loi vise un certain "assouplissement" de l'obligation de remboursement, elle ne "remet pas en question tous les revenus provenant de remboursements dus à des rentes versées avec effet rétroactif, à des indemnités de chômage versées en compensation des avances faites par les services sociaux,...". Dès lors, il n'est pas certain que sous le régime de l'ancienne loi sur l'assistance publique il existait une base légale suffisante au sens de l'article 85 bis al.2 litt.b RAI, cela ne peut plus être nié au regard de l'article 43 al.1 litt.b de la loi sur l'action sociale, qui permet à l'autorité d'aide sociale de réclamer le remboursement notamment dans le cas d'un revenu extraordinaire constitué par un arriéré de rente, même si le bénéficiaire n'a pris aucun engagement en vue d'un remboursement. Par ailleurs, il résulte du dossier que les avances effectuées par le service social durant la période concernée par l'arriéré de rente litigieux, soit de février 1992 à mars 1996, représentent un montant qui dépasse la somme totale de l'arriéré, qui s'élève à 32'078 francs. La condition posée par l'article 85 bis al.3 RAI est dès lors remplie. c) Certes, la loi sur l'action sociale prévoit que lorsqu'elle estime que les conditions de remboursement sont réalisées, l'autorité compétente fait valoir son droit auprès du débiteur. En cas de contesta- tion, elle rend une décision (art.49 al.1 et 2). Les décisions de l'au- torité d'aide sociale peuvent faire l'objet d'un recours au département, puis au Tribunal administratif (art.71 al.1). Toutefois, les règles de procédure instituées par le droit fédéral en matière d'assurance- invalidité l'emportent sur le droit cantonal, et le versement de l'arriéré d'une rente au tiers ayant fait une avance, au sens de l'article 85 bis RAI, doit faire l'objet d'une décision des organes de l'assurance- invalidité, sujette à recours devant le Tribunal cantonal des assurances. Aussi, la procédure que prévoit la loi sur l'action sociale n'est-elle pas conciliable avec celle que la loi fédérale institue dans le domaine des assurances sociales. Il n'est au surplus pas compatible avec l'exigence d'une procédure simple et rapide d'exiger, dans le domaine en cause, le déroulement de deux procédures parallèles ou successives. Dans la mesure où le remboursement des avances doit faire l'objet, s'agissant d'un arrié- ré de rente, d'une demande adressée par l'organe d'assistance aux autori- tés de l'assurance-invalidité, et non pas au bénéficiaire lui-même, c'est bien à l'office de l'assurance-invalidité et non à l'autorité d'aide so- ciale qu'il appartient de statuer, le contrôle juridictionnel de cet acte administratif étant par ailleurs pleinement garanti. 5. En conclusion, la décision de l'office intimé se révèle bien fondée et doit être confirmée, ce qui conduit au rejet du recours. Il est statué sans frais (art.85 al.2 litt.a LAVS, en liaison avec l'art.69 LAI). Vu l'issue du litige, il n'y a pas lieu d'allouer des dépens (art.85 al.2 litt.f LAVS; 48 LPJA a contrario). D'autre part, sur le vu de sa requête, le recourant a droit à l'assistance judiciaire, de sorte qu'il y a lieu d'allouer une indemnité à son mandataire d'office. Par ces motifs, LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF 1. Rejette le recours. 2. Dit qu'il n'est pas perçu de frais de justice. 3. Accorde l'assistance judiciaire au recourant, désigne Me X. en qualité de mandataire d'office et alloue à celui-ci une indemnité de 500 francs (TVA comprise) à ce titre. Neuchâtel, le 3 octobre 1997

A. N., né en 1939, a bénéficié par le passé, par in-

A. N., né en 1939, a bénéficié par le passé, par in- termittence, d'une rente d'invalidité. Son épouse est également invalide. termittence, d'une rente d'invalidité. Son épouse est également invalide. Par une décision du 2 avril 1996, l'office de l'assurance-invalidité (OAI)

Par une décision du 2 avril 1996, l'office de l'assurance-invalidité (OAI) a alloué à N. une rente extraordinaire entière d'invalidité

a alloué à N. une rente extraordinaire entière d'invalidité pour couple, ainsi que des rentes pour les trois enfants des époux, avec

pour couple, ainsi que des rentes pour les trois enfants des époux, avec effet à partir du 1er février 1992. La décision contient un décompte des

effet à partir du 1er février 1992. La décision contient un décompte des prestations dues rétroactivement, lesquelles représentent un montant de

prestations dues rétroactivement, lesquelles représentent un montant de 17'729 francs, et indique que les paiements seraient faits au service so-

17'729 francs, et indique que les paiements seraient faits au service so- cial de la Ville de Neuchâtel. Ce service subvient en effet depuis de

cial de la Ville de Neuchâtel. Ce service subvient en effet depuis de nombreuses années aux besoins des époux N.. nombreuses années aux besoins des époux N.. Par lettre du 13 avril 1996, N. a demandé qu'on lui

Par lettre du 13 avril 1996, N. a demandé qu'on lui verse personnellement le montant de 17'729 francs. L'OAI n'a pas donné

verse personnellement le montant de 17'729 francs. L'OAI n'a pas donné suite à cette demande ni répondu à l'intéressé sur ce point. suite à cette demande ni répondu à l'intéressé sur ce point. Constatant cependant qu'une erreur s'était produite dans le cal-

Constatant cependant qu'une erreur s'était produite dans le cal- cul des rentes pour enfant, l'office AI a rendu une nouvelle décision en

cul des rentes pour enfant, l'office AI a rendu une nouvelle décision en date du 2 mai 1996, remplaçant partiellement la première. Cette décision

date du 2 mai 1996, remplaçant partiellement la première. Cette décision contient également l'indication selon laquelle les prestations seraient

contient également l'indication selon laquelle les prestations seraient versées au service social de la Ville de Neuchâtel. Selon le nouveau cal-

versées au service social de la Ville de Neuchâtel. Selon le nouveau cal- cul des versements rétroactifs dus par la caisse de compensation, c'est un

cul des versements rétroactifs dus par la caisse de compensation, c'est un montant de prestations arriérées supplémentaires de 14'349 francs qui

montant de prestations arriérées supplémentaires de 14'349 francs qui revient à l'assuré. Au total, l'arriéré de rentes représente ainsi 32'078

revient à l'assuré. Au total, l'arriéré de rentes représente ainsi 32'078 francs. francs. B. N. interjette recours devant le Tribunal adminis-

B. N. interjette recours devant le Tribunal adminis- tratif, en demandant l'annulation des décisions du 2 avril et du 2 mai

tratif, en demandant l'annulation des décisions du 2 avril et du 2 mai 1996 (dans la mesure où elles prévoient le paiement des montants dus à

1996 (dans la mesure où elles prévoient le paiement des montants dus à titre rétroactif en mains du service social de la Ville de Neuchâtel), en

titre rétroactif en mains du service social de la Ville de Neuchâtel), en concluant à ce qu'il soit ordonné à l'office intimé de verser à lui-même

concluant à ce qu'il soit ordonné à l'office intimé de verser à lui-même le montant total de 32'078 francs, subsidiairement à ce que la cause soit

le montant total de 32'078 francs, subsidiairement à ce que la cause soit renvoyée à l'intimé pour nouvelle décision. Il fait valoir, en résumé, que

renvoyée à l'intimé pour nouvelle décision. Il fait valoir, en résumé, que les conditions posées par la loi et la jurisprudence au versement des

les conditions posées par la loi et la jurisprudence au versement des rentes en mains de tiers ne sont pas remplies; qu'il n'a pas signé la de-

rentes en mains de tiers ne sont pas remplies; qu'il n'a pas signé la de- mande de versement de rente à un tiers ou à une autorité qualifiée, pré-

mande de versement de rente à un tiers ou à une autorité qualifiée, pré- sentée par le service social de la Ville de Neuchâtel le 24 octobre 1995;

sentée par le service social de la Ville de Neuchâtel le 24 octobre 1995; que la décision de l'intimé n'est pas motivée. que la décision de l'intimé n'est pas motivée. C. L'office AI relève que le recours paraît tardif dans la mesure

C. L'office AI relève que le recours paraît tardif dans la mesure où il est dirigé contre la décision du 2 avril 1996. Quant au fond, il

où il est dirigé contre la décision du 2 avril 1996. Quant au fond, il s'en remet aux observations de la Caisse cantonale de compensation, qui

s'en remet aux observations de la Caisse cantonale de compensation, qui conclut au rejet du recours. Celle-ci note que les époux N. sont

conclut au rejet du recours. Celle-ci note que les époux N. sont assistés entièrement par les services sociaux depuis le mois de mai 1987

assistés entièrement par les services sociaux depuis le mois de mai 1987 en ce qui concerne l'épouse et depuis le mois d'octobre 1985 en ce qui

en ce qui concerne l'épouse et depuis le mois d'octobre 1985 en ce qui concerne le mari; que durant toutes ces années, les rentes AI ainsi que

concerne le mari; que durant toutes ces années, les rentes AI ainsi que les diverses prestations de chômage des époux N. ont toujours été

les diverses prestations de chômage des époux N. ont toujours été versées aux services sociaux; que le montant total de 32'078 francs a été

versées aux services sociaux; que le montant total de 32'078 francs a été versé sur les comptes d'assistance auprès de la Ville de Neuchâtel, qui

versé sur les comptes d'assistance auprès de la Ville de Neuchâtel, qui ont ainsi pu être équilibrés, de sorte que l'assuré ne saurait prétendre

ont ainsi pu être équilibrés, de sorte que l'assuré ne saurait prétendre recevoir la somme en cause. recevoir la somme en cause. D. Le recourant a demandé l'assistance judiciaire pour la procédure

D. Le recourant a demandé l'assistance judiciaire pour la procédure de recours. de recours. C O N S I D E R A N T

C O N S I D E R A N T en droit

en droit 1. Le recours dirigé contre la décision du 2 mai 1996, interjeté

1. Le recours dirigé contre la décision du 2 mai 1996, interjeté dans les formes et délai légaux, est recevable. En ce qui concerne la dé-

dans les formes et délai légaux, est recevable. En ce qui concerne la dé- cision du 2 avril 1996, l'assuré s'y est opposé par lettre du 13 avril

cision du 2 avril 1996, l'assuré s'y est opposé par lettre du 13 avril 1996 adressée à l'office AI, dans laquelle il exprime clairement sa vo-

1996 adressée à l'office AI, dans laquelle il exprime clairement sa vo- lonté de recevoir personnellement les montants dus à titre rétroactif, ce

lonté de recevoir personnellement les montants dus à titre rétroactif, ce qu'il avait d'ailleurs déjà demandé par une correspondance antérieure à la

qu'il avait d'ailleurs déjà demandé par une correspondance antérieure à la décision. Si elle n'a pas été considérée comme un recours, cette lettre

décision. Si elle n'a pas été considérée comme un recours, cette lettre aurait dû susciter à tout le moins une prise de position de l'intimé in-

aurait dû susciter à tout le moins une prise de position de l'intimé in- vitant l'intéressé à agir, le cas échéant, en se conformant aux règles de

vitant l'intéressé à agir, le cas échéant, en se conformant aux règles de la procédure de recours. Il y a lieu d'admettre dès lors que le recours

la procédure de recours. Il y a lieu d'admettre dès lors que le recours déposé le 7 juin 1996 est dirigé valablement contre la décision du 2 avril

déposé le 7 juin 1996 est dirigé valablement contre la décision du 2 avril 1996 également, et qu'il est donc recevable à cet égard aussi.

1996 également, et qu'il est donc recevable à cet égard aussi. 2. Le recours est dirigé contre la décision de l'office AI de ver-

2. Le recours est dirigé contre la décision de l'office AI de ver- ser directement aux services sociaux de la Ville de Neuchâtel les presta-

ser directement aux services sociaux de la Ville de Neuchâtel les presta- tions rétroactives auxquelles le recourant a droit. Celui-ci ne contestant

tions rétroactives auxquelles le recourant a droit. Celui-ci ne contestant pas les autres aspects des décisions de rente des 2 avril et 2 mai 1996,

pas les autres aspects des décisions de rente des 2 avril et 2 mai 1996, le litige se limite dès lors à cette seule question. le litige se limite dès lors à cette seule question. 3. Selon l'article 20 LAVS, le droit aux rentes est incessible et

3. Selon l'article 20 LAVS, le droit aux rentes est incessible et ne peut être donné en gage; il est soustrait à toute exécution forcée. ne peut être donné en gage; il est soustrait à toute exécution forcée. Toute cession ou mise en gage est nulle et de nul effet. L'article 45 est

Toute cession ou mise en gage est nulle et de nul effet. L'article 45 est réservé (al.1). Le Conseil fédéral peut, après avoir consulté les cantons,

réservé (al.1). Le Conseil fédéral peut, après avoir consulté les cantons, prendre les mesures propres à garantir que les rentes et allocations pour

prendre les mesures propres à garantir que les rentes et allocations pour impotent servent, si cela est nécessaire, à l'entretien du bénéficiaire et

impotent servent, si cela est nécessaire, à l'entretien du bénéficiaire et des personnes à sa charge (art.45 LAVS). Si l'ayant droit n'emploie pas la

des personnes à sa charge (art.45 LAVS). Si l'ayant droit n'emploie pas la rente pour son entretien et pour celui des personnes à sa charge ou s'il

rente pour son entretien et pour celui des personnes à sa charge ou s'il peut être prouvé qu'il n'est pas capable de l'affecter à ce but, et s'il

peut être prouvé qu'il n'est pas capable de l'affecter à ce but, et s'il tombe par là totalement ou partiellement à la charge de l'assistance pu-

tombe par là totalement ou partiellement à la charge de l'assistance pu- blique ou privée, ou y laisse tomber les personnes qu'il est tenu d'en-

blique ou privée, ou y laisse tomber les personnes qu'il est tenu d'en- tretenir, la caisse de compensation peut effectuer le versement total ou

tretenir, la caisse de compensation peut effectuer le versement total ou partiel de la rente en mains d'un tiers ou d'une autorité qualifiée ayant

partiel de la rente en mains d'un tiers ou d'une autorité qualifiée ayant envers l'ayant droit un devoir légal ou moral d'assistance ou s'occupant

envers l'ayant droit un devoir légal ou moral d'assistance ou s'occupant de ses affaires en permanence (art.76 al.1 RAVS). Conformément à la ju-

de ses affaires en permanence (art.76 al.1 RAVS). Conformément à la ju- risprudence, le seul fait qu'une personne soit aidée par une autorité

risprudence, le seul fait qu'une personne soit aidée par une autorité d'assistance ne justifie pas encore le versement de la rente à cette au-

d'assistance ne justifie pas encore le versement de la rente à cette au- torité (RCC 1990, p.268 cons.2). torité (RCC 1990, p.268 cons.2). Cependant, le Tribunal fédéral des assurances a avalisé la pra-

Cependant, le Tribunal fédéral des assurances a avalisé la pra- tique administrative selon laquelle un versement en mains de tiers était

tique administrative selon laquelle un versement en mains de tiers était licite, sous certaines réserves bien définies, alors même que les condi-

licite, sous certaines réserves bien définies, alors même que les condi- tions de l'article 76 RAVS sur la garantie de l'utilisation des rentes

tions de l'article 76 RAVS sur la garantie de l'utilisation des rentes conforme à leur but ne sont pas remplies et qu'en principe, selon l'ar-

conforme à leur but ne sont pas remplies et qu'en principe, selon l'ar- ticle 20 al.1 LAVS, toute cession d'une rente est nulle. Ainsi, des paie-

ticle 20 al.1 LAVS, toute cession d'une rente est nulle. Ainsi, des paie- ments rétroactifs de rentes peuvent intervenir en mains d'organismes d'as-

ments rétroactifs de rentes peuvent intervenir en mains d'organismes d'as- sistance de droit public ou privé, à leur demande, lorsqu'ils ont versé

sistance de droit public ou privé, à leur demande, lorsqu'ils ont versé des avances correspondantes aux ayants droit. De tels paiements en mains

des avances correspondantes aux ayants droit. De tels paiements en mains tierces ne sont toutefois admissibles que dans la mesure où la preuve des

tierces ne sont toutefois admissibles que dans la mesure où la preuve des avances consenties est dûment établie et que l'assuré ou son représentant

avances consenties est dûment établie et que l'assuré ou son représentant légal a donné son accord écrit (ATF 118 V 91 cons.1b; VSI 1995, p.205

légal a donné son accord écrit (ATF 118 V 91 cons.1b; VSI 1995, p.205 cons.3d). cons.3d). S'inspirant de cette jurisprudence, le Conseil fédéral a intro-

S'inspirant de cette jurisprudence, le Conseil fédéral a intro- duit ensuite dans le règlement sur l'assurance-invalidité l'article 85 bis

duit ensuite dans le règlement sur l'assurance-invalidité l'article 85 bis RAI, relatif au versement de l'arriéré d'une rente au tiers ayant fait une

RAI, relatif au versement de l'arriéré d'une rente au tiers ayant fait une avance. Cette disposition prévoit que les employeurs, les institutions de

avance. Cette disposition prévoit que les employeurs, les institutions de prévoyance professionnelle, les assurances-maladie, les organismes d'as-

prévoyance professionnelle, les assurances-maladie, les organismes d'as- sistance publics ou privés ou les assurances en responsabilité civile

sistance publics ou privés ou les assurances en responsabilité civile ayant leur siège en Suisse qui, en vue de l'octroi d'une rente de

ayant leur siège en Suisse qui, en vue de l'octroi d'une rente de l'assurance-invalidité, ont fait une avance peuvent exiger qu'on leur

l'assurance-invalidité, ont fait une avance peuvent exiger qu'on leur verse l'arriéré de cette rente en compensation de leur avance et jusqu'à

verse l'arriéré de cette rente en compensation de leur avance et jusqu'à concurrence de celle-ci. Est cependant réservée la compensation prévue à

concurrence de celle-ci. Est cependant réservée la compensation prévue à l'article 20 LAVS. Les organismes ayant consenti une avance doivent faire

l'article 20 LAVS. Les organismes ayant consenti une avance doivent faire valoir leurs droits au moyen d'un formulaire spécial, au plus tôt lors de

valoir leurs droits au moyen d'un formulaire spécial, au plus tôt lors de la demande de rente et, au plus tard au moment de la décision de l'office

la demande de rente et, au plus tard au moment de la décision de l'office AI (al.1). Sont considérées comme une avance les prestations librement

AI (al.1). Sont considérées comme une avance les prestations librement consenties, que l'assuré s'est engagé à rembourser, pour autant qu'il ait

consenties, que l'assuré s'est engagé à rembourser, pour autant qu'il ait convenu par écrit que l'arriéré serait versé au tiers ayant effectué

convenu par écrit que l'arriéré serait versé au tiers ayant effectué l'avance (al.2 litt.a) et les prestations versées contractuellement ou

l'avance (al.2 litt.a) et les prestations versées contractuellement ou l¿alement, pour autant que le droit au remboursement, en cas de paiement

l¿alement, pour autant que le droit au remboursement, en cas de paiement d'une rente, puisse être déduit sans équivoque du contrat ou de la loi

d'une rente, puisse être déduit sans équivoque du contrat ou de la loi (litt.b). Les arrérages de rente peuvent être versés à l'organisme ayant

(litt.b). Les arrérages de rente peuvent être versés à l'organisme ayant consenti une avance jusqu'à concurrence, au plus, du montant de celle-ci

consenti une avance jusqu'à concurrence, au plus, du montant de celle-ci et pour la période à laquelle se rapportent les rentes (al.3). et pour la période à laquelle se rapportent les rentes (al.3). Dans sa jurisprudence la plus récente, le Tribunal fédéral des

Dans sa jurisprudence la plus récente, le Tribunal fédéral des assurances a constaté que l'article 85 bis RAI, selon lequel les institu-

assurances a constaté que l'article 85 bis RAI, selon lequel les institu- tions qui ont fait une avance peuvent exiger le paiement de l'arriéré de

tions qui ont fait une avance peuvent exiger le paiement de l'arriéré de la rente, est conforme à la loi et à la Constitution. Cette disposition

la rente, est conforme à la loi et à la Constitution. Cette disposition est applicable aussi à tous les cas qui étaient déjà pendants au moment de

est applicable aussi à tous les cas qui étaient déjà pendants au moment de son entrée en vigueur, le 1er janvier 1994. Quant au fond, l'article 85

son entrée en vigueur, le 1er janvier 1994. Quant au fond, l'article 85 bis al.2 litt.b in fine RAI fait dépendre l'application de cette dispo-

bis al.2 litt.b in fine RAI fait dépendre l'application de cette dispo- sition, avec les conséquences qui en découlent en vertu du droit fédéral

sition, avec les conséquences qui en découlent en vertu du droit fédéral (versement de l'arriéré au tiers dans la mesure admissible au sens de

(versement de l'arriéré au tiers dans la mesure admissible au sens de l'art.85 bis al.3 RAI) de la question préalable, qui dépend du droit

l'art.85 bis al.3 RAI) de la question préalable, qui dépend du droit cantonal, de savoir s'il existe une disposition légale cantonale prévoyant

cantonal, de savoir s'il existe une disposition légale cantonale prévoyant "sans équivoque" le droit au remboursement (ATF 123 V 25, 33 cons.cc).

"sans équivoque" le droit au remboursement (ATF 123 V 25, 33 cons.cc). Dans le cas précité, le Tribunal fédéral des assurances a déclaré que la

Dans le cas précité, le Tribunal fédéral des assurances a déclaré que la conclusion de la juridiction cantonale zurichoise, selon laquelle la loi

conclusion de la juridiction cantonale zurichoise, selon laquelle la loi d'aide sociale de ce canton (Sozialhilfegesetz) ne contient pas une dispo-

d'aide sociale de ce canton (Sozialhilfegesetz) ne contient pas une dispo- sition suffisamment claire, fondant le droit au versement de l'arriéré de

sition suffisamment claire, fondant le droit au versement de l'arriéré de rente à l'organisme d'assistance publique, était certes discutable mais

rente à l'organisme d'assistance publique, était certes discutable mais pas arbitraire. pas arbitraire. 4. a) Dans le cas présent, le service social de la Ville de

4. a) Dans le cas présent, le service social de la Ville de Neuchâtel a rempli le 24 octobre 1995 la formule préimprimée intitulée

Neuchâtel a rempli le 24 octobre 1995 la formule préimprimée intitulée "Demande de versement de rente à un tiers ou à une autorité qualifiée",

"Demande de versement de rente à un tiers ou à une autorité qualifiée", concernant les prestations versées au titre de "rente AI + rétroactif +

concernant les prestations versées au titre de "rente AI + rétroactif + PC", et indiquant comme motif une "avance sur assistance". Cette formule

PC", et indiquant comme motif une "avance sur assistance". Cette formule n'est pas signée par l'assuré. La Cour de céans a déjà eu l'occasion de

n'est pas signée par l'assuré. La Cour de céans a déjà eu l'occasion de juger, en conformité avec la jurisprudence du Tribunal fédéral des assu-

juger, en conformité avec la jurisprudence du Tribunal fédéral des assu- rances, qu'à défaut d'accord exprès de l'assuré en ce qui concerne le ver-

rances, qu'à défaut d'accord exprès de l'assuré en ce qui concerne le ver- sement du rétroactif de rente à l'institution concernée, en remboursement

sement du rétroactif de rente à l'institution concernée, en remboursement de prestations fournies par celle-ci, le versement effectué par

de prestations fournies par celle-ci, le versement effectué par l'assurance-invalidité à cette institution n'est pas admissible (arrêts du

l'assurance-invalidité à cette institution n'est pas admissible (arrêts du 13.12.1996 dans la cause C. c/ Office AI pour le canton de Vaud et du

13.12.1996 dans la cause C. c/ Office AI pour le canton de Vaud et du 06.02.1997 dans la cause A. c/ Caisse cantonale neuchâteloise de compensa-

06.02.1997 dans la cause A. c/ Caisse cantonale neuchâteloise de compensa- tion). Il convient toutefois d'examiner encore si, s'agissant d'opérer,

tion). Il convient toutefois d'examiner encore si, s'agissant d'opérer, par le versement des arriérés de la rente, une compensation avec les

par le versement des arriérés de la rente, une compensation avec les avances d'un organisme d'assistance publique, il existe une disposition du

avances d'un organisme d'assistance publique, il existe une disposition du droit cantonal qui fonde le droit au remboursement au sens de l'article 85

droit cantonal qui fonde le droit au remboursement au sens de l'article 85 bis al.2 litt.b RAI. bis al.2 litt.b RAI. b) L'ancienne loi cantonale sur l'assistance publique, du 2 fé-

b) L'ancienne loi cantonale sur l'assistance publique, du 2 fé- vrier 1965, disposait, à l'article 71 al.1, que celui qui, après l'âge de

vrier 1965, disposait, à l'article 71 al.1, que celui qui, après l'âge de 18 ans révolus, a bénéficié de secours d'assistance, est tenu de les rem-

18 ans révolus, a bénéficié de secours d'assistance, est tenu de les rem- bourser dès que sa situation matérielle s'est stabilisée et que son exis-

bourser dès que sa situation matérielle s'est stabilisée et que son exis- tence est suffisamment assurée (ch.1), ou sans délai lorsqu'il a obtenu

tence est suffisamment assurée (ch.1), ou sans délai lorsqu'il a obtenu les secours en usant de supercherie ou de dissimulation (ch.2), ou dès que

les secours en usant de supercherie ou de dissimulation (ch.2), ou dès que les conditions prévues pour le remboursement sont remplies, lorsqu'il s'y

les conditions prévues pour le remboursement sont remplies, lorsqu'il s'y est engagé au moment où il a reçu les secours (ch.3). L'autorité d'assis-

est engagé au moment où il a reçu les secours (ch.3). L'autorité d'assis- tance devait faire valoir son droit au remboursement tout d'abord auprès

tance devait faire valoir son droit au remboursement tout d'abord auprès du débiteur puis, en cas de refus, par voie d'action devant l'autorité

du débiteur puis, en cas de refus, par voie d'action devant l'autorité tutélaire (art.76 al.1 et 2). Cette loi a été abrogée par la nouvelle loi

tutélaire (art.76 al.1 et 2). Cette loi a été abrogée par la nouvelle loi sur l'action sociale, du 25 juin 1996 (entrée en vigueur le 01.01.1997). sur l'action sociale, du 25 juin 1996 (entrée en vigueur le 01.01.1997). Selon l'article 43 al.1 de la nouvelle loi, l'aide matérielle fournie aux

Selon l'article 43 al.1 de la nouvelle loi, l'aide matérielle fournie aux personnes majeures n'est remboursable qu'à l'une des conditions sui-

personnes majeures n'est remboursable qu'à l'une des conditions sui- vantes : lorsque l'aide a été obtenue indûment à la suite d'indications

vantes : lorsque l'aide a été obtenue indûment à la suite d'indications fausses ou incomplètes (litt.a), lorsque le bénéficiaire, par suite d'un

fausses ou incomplètes (litt.a), lorsque le bénéficiaire, par suite d'un héritage, d'un don, d'un gain de loterie ou d'autres revenus extraordi-

héritage, d'un don, d'un gain de loterie ou d'autres revenus extraordi- naires ne provenant pas de son travail, peut s'acquitter de tout ou partie

naires ne provenant pas de son travail, peut s'acquitter de tout ou partie de sa dette (litt.b), lorsque l'équité l'exige, dans d'autres circons-

de sa dette (litt.b), lorsque l'équité l'exige, dans d'autres circons- tances ou pour d'autres motifs (litt.c). En outre, l'autorité d'aide so-

tances ou pour d'autres motifs (litt.c). En outre, l'autorité d'aide so- ciale peut réclamer le remboursement de la dette, aux conditions prévues,

ciale peut réclamer le remboursement de la dette, aux conditions prévues, lorsque le bénéficiaire s'y est engagé au moment où il a reçu l'aide

lorsque le bénéficiaire s'y est engagé au moment où il a reçu l'aide (al.2). L'article 77 al.1 dispose que l'obligation de rembourser des pres-

(al.2). L'article 77 al.1 dispose que l'obligation de rembourser des pres- tations d'assistance est soumise au nouveau droit dès son entrée en vi-

tations d'assistance est soumise au nouveau droit dès son entrée en vi- gueur. Compte tenu du fait que le litige était pendant à cette date, et eu

gueur. Compte tenu du fait que le litige était pendant à cette date, et eu égard à l'intérêt public prépondérant qu'il met en jeu (v. Grisel, Traité

égard à l'intérêt public prépondérant qu'il met en jeu (v. Grisel, Traité de droit administratif, t.I, p.153), il convient d'attribuer aux nouvelles

de droit administratif, t.I, p.153), il convient d'attribuer aux nouvelles dispositions légales à tout le moins un effet rétroactif improprement dit. dispositions légales à tout le moins un effet rétroactif improprement dit. Au demeurant, s'agissant de nouvelles dispositions concernant la coordina-

Au demeurant, s'agissant de nouvelles dispositions concernant la coordina- tion entre prestations de l'assurance-invalidité et prestations de l'aide

tion entre prestations de l'assurance-invalidité et prestations de l'aide sociale, il y a lieu d'admettre même la rétroactivité proprement dite,

sociale, il y a lieu d'admettre même la rétroactivité proprement dite, ainsi que l'a constaté la jurisprudence à propos de l'application de

ainsi que l'a constaté la jurisprudence à propos de l'application de l'article 85 bis RAI (ATF 123 V 29 cons.c). l'article 85 bis RAI (ATF 123 V 29 cons.c). Contrairement aux dispositions de la loi sur l'assistance pu-

Contrairement aux dispositions de la loi sur l'assistance pu- blique, abrogée, la nouvelle loi sur l'action sociale prévoit expressé-

blique, abrogée, la nouvelle loi sur l'action sociale prévoit expressé- ment, comme on l'a vu, que tout revenu extraordinaire ne provenant pas du

ment, comme on l'a vu, que tout revenu extraordinaire ne provenant pas du travail de l'assisté peut justifier la demande de remboursement de l'aide

travail de l'assisté peut justifier la demande de remboursement de l'aide matérielle qui a été fournie par l'organisme d'assistance. Un arriéré de

matérielle qui a été fournie par l'organisme d'assistance. Un arriéré de rente d'invalidité entre sans conteste dans cette définition. Il résulte

rente d'invalidité entre sans conteste dans cette définition. Il résulte d'ailleurs du rapport du Conseil d'Etat au Grand Conseil à l'appui du

d'ailleurs du rapport du Conseil d'Etat au Grand Conseil à l'appui du projet de loi sur l'action sociale, du 8 mai 1996, que si la nouvelle loi

projet de loi sur l'action sociale, du 8 mai 1996, que si la nouvelle loi vise un certain "assouplissement" de l'obligation de remboursement, elle

vise un certain "assouplissement" de l'obligation de remboursement, elle ne "remet pas en question tous les revenus provenant de remboursements dus

ne "remet pas en question tous les revenus provenant de remboursements dus à des rentes versées avec effet rétroactif, à des indemnités de chômage

à des rentes versées avec effet rétroactif, à des indemnités de chômage versées en compensation des avances faites par les services sociaux,...". versées en compensation des avances faites par les services sociaux,...". Dès lors, il n'est pas certain que sous le régime de l'ancienne loi sur

Dès lors, il n'est pas certain que sous le régime de l'ancienne loi sur l'assistance publique il existait une base légale suffisante au sens de

l'assistance publique il existait une base légale suffisante au sens de l'article 85 bis al.2 litt.b RAI, cela ne peut plus être nié au regard de

l'article 85 bis al.2 litt.b RAI, cela ne peut plus être nié au regard de l'article 43 al.1 litt.b de la loi sur l'action sociale, qui permet à

l'article 43 al.1 litt.b de la loi sur l'action sociale, qui permet à l'autorité d'aide sociale de réclamer le remboursement notamment dans le

l'autorité d'aide sociale de réclamer le remboursement notamment dans le cas d'un revenu extraordinaire constitué par un arriéré de rente, même si

cas d'un revenu extraordinaire constitué par un arriéré de rente, même si le bénéficiaire n'a pris aucun engagement en vue d'un remboursement. Par

le bénéficiaire n'a pris aucun engagement en vue d'un remboursement. Par ailleurs, il résulte du dossier que les avances effectuées par le service

ailleurs, il résulte du dossier que les avances effectuées par le service social durant la période concernée par l'arriéré de rente litigieux, soit

social durant la période concernée par l'arriéré de rente litigieux, soit de février 1992 à mars 1996, représentent un montant qui dépasse la somme

de février 1992 à mars 1996, représentent un montant qui dépasse la somme totale de l'arriéré, qui s'élève à 32'078 francs. La condition posée par

totale de l'arriéré, qui s'élève à 32'078 francs. La condition posée par l'article 85 bis al.3 RAI est dès lors remplie. l'article 85 bis al.3 RAI est dès lors remplie. c) Certes, la loi sur l'action sociale prévoit que lorsqu'elle

c) Certes, la loi sur l'action sociale prévoit que lorsqu'elle estime que les conditions de remboursement sont réalisées, l'autorité

estime que les conditions de remboursement sont réalisées, l'autorité compétente fait valoir son droit auprès du débiteur. En cas de contesta-

compétente fait valoir son droit auprès du débiteur. En cas de contesta- tion, elle rend une décision (art.49 al.1 et 2). Les décisions de l'au-

tion, elle rend une décision (art.49 al.1 et 2). Les décisions de l'au- torité d'aide sociale peuvent faire l'objet d'un recours au département,

torité d'aide sociale peuvent faire l'objet d'un recours au département, puis au Tribunal administratif (art.71 al.1). Toutefois, les règles de

puis au Tribunal administratif (art.71 al.1). Toutefois, les règles de procédure instituées par le droit fédéral en matière d'assurance-

procédure instituées par le droit fédéral en matière d'assurance- invalidité l'emportent sur le droit cantonal, et le versement de l'arriéré

invalidité l'emportent sur le droit cantonal, et le versement de l'arriéré d'une rente au tiers ayant fait une avance, au sens de l'article 85 bis

d'une rente au tiers ayant fait une avance, au sens de l'article 85 bis RAI, doit faire l'objet d'une décision des organes de l'assurance-

RAI, doit faire l'objet d'une décision des organes de l'assurance- invalidité, sujette à recours devant le Tribunal cantonal des assurances. invalidité, sujette à recours devant le Tribunal cantonal des assurances. Aussi, la procédure que prévoit la loi sur l'action sociale n'est-elle pas

Aussi, la procédure que prévoit la loi sur l'action sociale n'est-elle pas conciliable avec celle que la loi fédérale institue dans le domaine des

conciliable avec celle que la loi fédérale institue dans le domaine des assurances sociales. Il n'est au surplus pas compatible avec l'exigence

assurances sociales. Il n'est au surplus pas compatible avec l'exigence d'une procédure simple et rapide d'exiger, dans le domaine en cause, le

d'une procédure simple et rapide d'exiger, dans le domaine en cause, le déroulement de deux procédures parallèles ou successives. Dans la mesure

déroulement de deux procédures parallèles ou successives. Dans la mesure où le remboursement des avances doit faire l'objet, s'agissant d'un arrié-

où le remboursement des avances doit faire l'objet, s'agissant d'un arrié- ré de rente, d'une demande adressée par l'organe d'assistance aux autori-

ré de rente, d'une demande adressée par l'organe d'assistance aux autori- tés de l'assurance-invalidité, et non pas au bénéficiaire lui-même, c'est

tés de l'assurance-invalidité, et non pas au bénéficiaire lui-même, c'est bien à l'office de l'assurance-invalidité et non à l'autorité d'aide so-

bien à l'office de l'assurance-invalidité et non à l'autorité d'aide so- ciale qu'il appartient de statuer, le contrôle juridictionnel de cet acte

ciale qu'il appartient de statuer, le contrôle juridictionnel de cet acte administratif étant par ailleurs pleinement garanti. administratif étant par ailleurs pleinement garanti. 5. En conclusion, la décision de l'office intimé se révèle bien

5. En conclusion, la décision de l'office intimé se révèle bien fondée et doit être confirmée, ce qui conduit au rejet du recours. fondée et doit être confirmée, ce qui conduit au rejet du recours. Il est statué sans frais (art.85 al.2 litt.a LAVS, en liaison

Il est statué sans frais (art.85 al.2 litt.a LAVS, en liaison avec l'art.69 LAI). Vu l'issue du litige, il n'y a pas lieu d'allouer des

avec l'art.69 LAI). Vu l'issue du litige, il n'y a pas lieu d'allouer des dépens (art.85 al.2 litt.f LAVS; 48 LPJA a contrario). dépens (art.85 al.2 litt.f LAVS; 48 LPJA a contrario). D'autre part, sur le vu de sa requête, le recourant a droit à

D'autre part, sur le vu de sa requête, le recourant a droit à l'assistance judiciaire, de sorte qu'il y a lieu d'allouer une indemnité à

l'assistance judiciaire, de sorte qu'il y a lieu d'allouer une indemnité à son mandataire d'office. son mandataire d'office. Par ces motifs,

Par ces motifs, LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF

LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF 1. Rejette le recours.

1. Rejette le recours. 2. Dit qu'il n'est pas perçu de frais de justice.

2. Dit qu'il n'est pas perçu de frais de justice. 3. Accorde l'assistance judiciaire au recourant, désigne Me X. en

3. Accorde l'assistance judiciaire au recourant, désigne Me X. en qualité de mandataire d'office et alloue à celui-ci une indemnité de

qualité de mandataire d'office et alloue à celui-ci une indemnité de 500 francs (TVA comprise) à ce titre.

500 francs (TVA comprise) à ce titre. Neuchâtel, le 3 octobre 1997

Neuchâtel, le 3 octobre 1997