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Tout en claquant des dents tandis que je regarde la neige tomber - c'est beau d'observer tout ce blanc pur, ce silence -, je converse avec mon ami Ioan. Voir et découvrir avec enthousiasme ce paysage déserté qui se dessine sous nos yeux se recouvrant peu à peu d'un manteau blanc.
Ioan qui porte un magnifique bonnet qui lui cache les yeux me demande d'un air suave si je vois quelqu'un sur la route. Et bien non ! Je ne vois personne.
Il rit; tu connais cette histoire d'Alice de l'autre côté du miroir qui dit "Je ne vois personne sur la route!" Le roi ironise " Voir personne! Et à cette distance encore! Lui même voit à peine ce qui est là.
Mais il ne faut pas se méprendre, continue Ioan, ce qui n'est pas là est souvent tout aussi important que ce qu'on voit.
Pour deux raisons :
- D'abord parce que les objets qui manquent, les personnes absentes, l'espace vide, les entités qui ne sont pas physiquement présentes pour être observées pèsent lourdement dans notre vie. Même plus, les choses que l'on ne dit pas et que l'on ne fait pas comptent pourtant ;
- Puis parce que le vide, l'incomplet, la chose non débutée, encore sans forme, cachée - comme l'infini- offre plus de possibilités que l'achevé, la chose prise et complétée.
C'est pour cela que la présence et l'absence, le vide et le plein doivent être pris en considération pour comprendre, décider et agir. Pourquoi ceci est-il si souvent ignoré dans notre monde?
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