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Vanessa Van Durme a fait ses études au conservatoire de Gand, section Art dramatique. Elle débute – en tant que jeune acteur – sur la scène dans la compagnie Nederlands Toneel Gent. Elle effectue une transition, ce qui la conduit à arrêter sa carrière théâtrale.
Vingt ans plus tard, elle renoue avec les arts du spectacle et se met à l’écriture de comédies. Elle écrit des dizaines de scénarios pour diverses chaînes télévisées, certains dans lesquels elle assure également la direction des acteurs. Pendant cinq ans, elle est une figure populaire à la radio. Elle a signé une vingtaine de pièces de théâtre. Son grand retour sur les planches se passe quand Alain Platel la choisit pour interpréter le rôle de la mère, “Tosca” dans «Allemaal Indiaan» (Tous des Indiens). Après avoir accompli une tournée internationale de deux ans avec cette production, elle se joint à la compagnie Theater Victoria de Gand pour y jouer dans «White Star». Cette production l’emmène une fois encore pendant deux ans à travers toute l’Europe. Elle écrit alors le livre «Kijk mama, ik» (Regarde maman, je danse) et en épure le monologue du même nom, qu’elle joue en quatre langues en Europe et aux États-Unis. Pour Gardenia, Vanessa a rassemblé une foule d’amiEs trans et travestiEs dans le but de susciter l’intérêt d’Alain Platel et Frank Van Laecke. Gardenia a tourné pendant deux années et deux cent vingt-cinq représentations partout dans le monde. Vanessa écrit et interprète «Avant que j’oublie», créé sous la direction de Richard Brunel. Le spectacle rencontre un vif succès. Vanessa Van Durme reçoit pour cette performance le Prix de la meilleure comédienne du Syndicat de la Critique en 2014 et est également nominée aux Molières en 2015.
Deux spectacles en lien avec sa transidentité à Genève
au théâtre Le Poche/GVE en novembre 2015
Auteure, danseuse, actrice, Vanessa Van Durme joue avec les mots comme avec son corps, et semble avoir fait de la scène le lieu de sa renaissance. «Regarde, maman je danse», joué en quatre langues en Europe et aux Etats-Unis, et «Avant que j’oublie», performance pour laquelle elle a été nominée aux Molières cette année, se joueront pour une courte durée dans nos murs.
Dans ces deux textes marquants, Vanessa Van Durme nous raconte la difficulté de devenir soi, le combat de choisir son identité, son sexe, lorsque le sort a fait de vous ce que vous savez au plus profond ne pas être («Regarde, maman je danse»). Puis, plus tard, face à sa mère qu’elle incarne («Avant que j’oublie»), l’absurdité s’invite au cœur de la question : cette mère qui oublie tout et à qui il faut, chaque jour, dire et redire les choses, réapprendre qui est devenu son fils, en bravant une nouvelle fois la peur du rejet.
Dans une langue simple et sincère, Vanessa Van Durme nous offrira le rire tendre et tragique de sa condition en partage.
REGARDE MAMAN, JE DANSE
Dans cette production, Vanessa ne joue pas un rôle, elle se joue elle-même : mission difficile, triple saut périlleux car le miroir auquel elle se confronte est impitoyable. Au cours de son histoire, tour à tour hilarante et touchante, elle évoque le petit garçon qu’elle a été. Un enfant qui jouait à la poupée et se déguisait
avec la lingerie de sa maman. Un petit garçon qui créait son propre monde, dans lequel il était une princesse, une fée ou de préférence, une danseuse. Un petit garçon qui, surtout, ne voulait pas en être un. Le langage est cru, dur et explicite, volontairement dénué de fioritures et d’effets poétiques. Car seul l’humour féroce peut servir de bouclier à la guerrière qu’est l’auteure-actrice pour se protéger des regards blessants et des préjugés du monde. Vanessa parle de la quête douloureuse de son identité et de sa place dans la société.
Représentations :
17.11.2015 : 20h30
18.11.2015 : 20h30
19.11.2015 : 19h00
20.11.2015 : 19h00
21.11.2015 : 19h00
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AVANT QUE J’OUBLIE
La mère et la fille, opposées, se parlent et se souviennent. Elles s’affrontent dans un duel essentiel, un duo au sommet. Elles se déchirent ou se retrouvent, car la mémoire s’épuise, se délite.
« Cette ombre est ma mère, dit la fille. Heure après heure, une main douce et invisible efface tout souvenir, tout événement. » Seule en scène, la comédienne et auteure belge Vanessa Van Durme interprète les deux entités bouleversées. Elle dit l’effroi de la fin, la colère, l’impuissance. Elle joue les peurs de la perte de toute trace de l’existence. Elle raconte la disparition de la cohérence, des mots, de la vie même, de l’identité. Égarée, la mère « confond les livres avec ses chaussures, qu’elle veut mettre à ses pieds ». Lutte pour l’acceptation de l’autre et de soi, combat d’une femme dont la mémoire efface toute l’existence, Avant que j’oublie est un dialogue pour la vie.
Représentations :
24.11.2015 : 20h30
25.11.2015 : 20h30
26.11.2015 : 19h00
28.11.2015 : 19h00
29.11.2015 : 17h00
30.11.2015 : 19h00