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La Cour pénale internationale (CPI) de La Haye a rendu mercredi son premier jugement en déclarant Thomas Lubanga Dyilo coupable de crimes de guerre lors de la guerre civile en République démocratique du Congo (RDC). La peine sera prononcée ultérieurement. Il risque 30 ans de prison.
"La chambre conclut que l'accusation a prouvé au-delà du doute raisonnable que M. Thomas Lubanga Dyilo est coupable d'avoir recruté et enrôlé des enfants de moins de 15 ans", a déclaré le juge Adrian Fulford.
Thomas Lubanga, 51 ans, plaidait non coupable. L'ancien chef de milice est resté impassible durant la lecture du jugement, échangeant seulement un bref sourire avec son épouse à la fin de l'audience. Il a trente jours pour faire appel.
60'000 morts
Fondateur de l'Union des patriotes congolais (UPC) et ex-commandant des Forces patriotiques pour la libération du Congo (FPLC), la branche militaire de l'UPC, Thomas Lubanga a été reconnu coupable d'avoir utilisé des enfants soldats durant la guerre civile en Ituri (nord-est de la RDC) en 2002 et 2003.
Les affrontements interethniques et les violences entre milices pour le contrôle des mines d'or et d'autres ressources naturelles dans cette région du nord-est de la RDC ont provoqué la mort de 60'000 personnes depuis 1999, selon des ONG humanitaires.
Les preuves, présentées par le bureau du procureur Luis Moreno-Ocampo, démontrent que des enfants ont "été déployés en tant que soldats" et "ont participé à des combats", a déclaré le juge Fulford.
Victimes de châtiments sévères
"Les éléments de preuve démontrent que dans les camps militaires les enfants suivaient des régimes de formation très durs et subissaient des châtiments sévères", a affirmé le magistrat.
Les juges ont toutefois critiqué le travail du bureau du procureur, estimant qu'il n'avait pas assez "supervisé" les intermédiaires chargés de retrouver des enfants soldats victimes. Il "existe un risque" que ces intermédiaires aient "persuadé, encouragé ou aidé des témoins à faire de faux témoignages", a souligné le juge Fulford.
Plusieurs ONG internationales ont salué le jugement à l'encontre de l'ancien chef de milice. "C'est un signal très fort aux auteurs de crimes aussi graves, un signal que l'impunité n'existe pas", a déclaré Géraldine Mattioli, chargée de la justice internationale pour l'ONG Human Rights Watch.
ATS