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Le Tribunal correctionnel de Nyon a décidé d'interner un pervers sexuel de 68 ans. Le vieil homme avait purgé sa peine de prison et devait être libéré le 9 novembre. Cet internement a posteriori est probablement une première suisse.
L'homme, aujourd'hui malade et diminué, avait été condamné en 1998 à onze ans et demi de réclusion pour des viols répétés et des actes d'ordre sexuels particulièrement sordides sur les deux filles de sa compagne, alors âgées entre 11 et 16 ans. Le risque de récidive a été considéré comme sérieux.
"La Cour ne peut pas prendre le risque qu'il y ait d'autres victimes", a relevé le président du Tribunal, Pierre Bruttin. Même si l'homme est atteint dans sa santé, il faut privilégier la sécurité publique. "La mesure est lourde, mais il faut appliquer la loi dans toute sa rigueur", a-t-il ajouté.
Il s'agit de la première application dans le canton, et probablement en Suisse, de l'article 65 du code pénal sur l'internement a posteriori. Cette disposition controversée a été introduite en 2007 dans la foulée de l'acceptation de l'initiative sur l'internement à vie des criminels dangereux.
Si la demande de Roman Polanski est acceptée (refus de son extradition), le tribunal de Nyon pourrait se porter volontaire pour juger le cas Polanski. Le procureur américain ne s’y opposerait peut-être pas au vu des décisions courageuses du tribunal Nyonnais en faveur de la défense de la société....