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Le 7e continent est un gigantesque amas de déchets qui flotte entre la Californie et Hawaï, dans le nord-est de l’océan
Pacifique. Issus des activités humaines et véhiculés par les courants maritimes, ces déchets, essentiellement plastiques, couvrent une surface de près de 3,5 million de km2.
Les observations réalisées depuis plus de dix ans par l’Algalita Marine Research Foundation révèlent que l’ensemble des déchets humains provenant des littoraux et des navires se rejoignent et s’accumulent dans deux zones baptisées "Plaque de déchets du Pacifique est"
(Eastern Pacific Garbage Patches) et "Plaque de déchets du Pacifique ouest" (Western Pacific Garbage Patches).
Ces régions, réunies en une zone géographique appellée le 7ème continent, totalisent un
poids de 3,5 millions de tonnes et contiennent jusqu'à 750.000 débris par km², le tout sur une surface de 3,43 millions de km², rapporte notre-planete.info. Selon Chris Parry, chef de programme
d'éducation du public, de la California Coastal Commission de San Francisco, depuis plus de 50 ans, les déchets tourbillonneraient sous l'effet du grand vortex nord-pacifique (North Pacific Gyre) et s'accumuleraient dans cette zone peu connue.
En effet, peu de routes commerciales et peu de bateaux de pêches traversent cette région. Le vortex attire vers lui tous les résidus issus de notre société de
surconsommation. Toutefois, contrairement au siphon, les déchets ne sont pas "aspirés" mais accumulés et parfaitement visibles. Pour Greenpeace, sur les 100 millions de tonnes de plastique produits chaque année, près de 10 % finissent dans les océans. Sur ces mêmes 10 %, 70 % coulent et le reste est emporté au
gré des courants.
46.000 morceaux de plastique par 2,5 km² d'océan
Autrefois (avant 1990), les débris étaient détruits par les micro-organismes. Si ce n’est plus le cas aujourd’hui, c’est parce que les plastiques représentent 90 %
des déchets flottant sur les océans. Selon le Programme des Nations Unies pour l'Environnement on trouverait d’ailleurs 46.000 morceaux de plastique par 2,5 km² d'océan sur une profondeur
d'environ 30 mètres ! Selon l’Algalita Foundation, la quantité de plastique dans l'eau de mer est jusqu'à dix fois supérieure à celle du plancton dans certains endroits.
Or, ces plastiques, qui mettent jusqu’à 1.000 ans à se dégrader, représentent un danger mortel pour les animaux. On a souvent entendu parler des tortues qui
s’étouffent en confondant un sac plastique avec une méduse mais on sait moins que d’autres animaux sont touchés par cette pollution. Au total, plus de 267 espèces marines seraient affectées par cet amas colossal de déchets selon le rapport de Greenpeace.
Comme l’explique Rebecca Asch, chercheuse à l'Institut Océanographique Scripps :
" Dans cette zone la plupart des morceaux de plastique sont très petits. Les déchets ont été dégradés par la lumière du soleil et les courants océaniques. Donc ça
n'a rien à voir avec une bouteille ou un sac en plastique. Ce sont des tout petits morceaux de plastique de la taille d’un confettis. En fait ils ont la même taille que le plancton dont se
nourrissent les poissons. C'est pour ça qu'ils mangent le plastique, c’est parce qu’ils le confondent avec du plancton. "
100.000 mammifères marins morts par an, par ingestion de plastique
Sur les îles Midway, dans le Pacifique, des dizaines de milliers d’albatros meurent dès leur naissance. Ceux-ci ont été nourris par leurs parents par des déchets
plastiques provenant de la Grande plaque de déchets du Pacifique. Ils meurent l’estomac rempli de plastique. Greenpeace estime ainsi à environ un million le nombre d'oiseaux et à 100.000 le
nombre de mammifères marins mourant chaque année de l'ingestion de plastiques.
Selon des scientifiques américains de l'Institut Scripps, un poisson sur dix ingère du plastique dans le Pacifique Nord, soit 24.000 tonnes de plastiques avalées par les poissons chaque année dans cette zone. De plus, les débris de plastique ont la fâcheuse tendance à fixer les polluants organiques persistants (POP). Connus pour leur nocivité et leur capacité à voyager autour du globe les DDT (dichlorodiphenyltrichloroethane) et PCB (polychlorobiphényles) se retrouvent dans des morceaux de plastique à des concentrations jusqu'à 1 million de fois supérieures aux normales.
Il est pourtant actuellement impossible de nettoyer cette zone à la taille colossale. Selon Marcus Eriksen, directeur de recherche et d'éducation à la Algalita Marine Research Foundation, "il n'y a rien que nous puissions faire maintenant, à l'exception de ne pas faire plus de mal."
Source :
Aller plus loin :
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Sans doute un espoir avec cette splendide trouvaille d'étudiants en biochimie de l'université de Yale...
"
Un champignon amazonien qui dévore le plastique !
Pestalotiopsis microspora
Des étudiants en biochimie de l'université de Yale ont découvert en Amazonie un champignon qui présente la particularité de dégrader et manger des résidus de plastique. L'étude vient d'être publiée dans la revue américaine Applied and Environmental Microbiology. Une découverte passionnante, à notre époque où l'Homme use et abuse du plastique sans arriver à le recycler.
C'était pendant l'été 2011, un groupe d'étudiants a passé deux semaines dans la forêt amazonienne, en Equateur. Le but de l'expédition était initialement de récupérer des organismes endophytes (des bactéries et champignons qui vivent à l'intérieur de plantes). De retour aux Etats-Unis, ils se sont intéressés à la résistance de plusieurs champignons à des résidus de plastique. C'est avec surprise qu'ils ont découvert que le champignon Pestalotiopsis microspora semblait littéralement dévorer le polyuréthane !
Il s'avère que ce champignon possède un enzyme (une hydrolase à sérine) capable de casser les chaînes de polyuréthane, un polymère d'uréthane très largement utilisé dans la fabrication de colles, peintures, mousses isolantes, lycra, caoutchouc, adhésifs et certains métaux... Les polyuréthanes sont généralement thermodurcissables (donc non recyclables), et représentent une masse de déchets considérable.
Une bonne nouvelle n'arrivant jamais seule, l'équipe a fait une deuxième découverte insolite: en approfondissant les recherches sur deux souches du champignon, l'enzyme s'est révélée être capable de fonctionner également en l'absence d'oxygène. Ceci pourrait être précieux pour envisager une utilisation du champignon dans une station d'épuration, où les plastiques sont généralement recouverts d'épaisses couches de terre et autres déchets, diminuant de fait l'oxygénation et compliquant d'autant plus leur décomposition.
Les plastiques, pour ceux qui y arrivent, peuvent mettre entre 50 ans et 200 ans pour se dégrader. La présente étude n'en est qu'à la phase de découverte, de nombreuses expérimentations doivent encore être poursuivies avant d'envisager l'utilisation d'un tel champignon pour aider à la décomposition des plastiques dans des décharges sanitaires. Toutefois, la découverte de cet organisme ouvre l'espoir qu'un jour nous réussissions à réduire les temps de décomposition, et les dommages subis par l'environnement.
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