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La ménopause précoce, une fatalité?
Comment détecte-t-on une ménopause précoce?
Le premier signe sera une absence de règles, éventuellement associée à des bouffées de chaleur. S'il cette absence dure plus de de trois à six mois nous faisons alors un dosage hormonal, qui permet d'évaluer les taux d’hormones gonadiques* dans une prise de sang.
Quelles en sont les causes?
Les causes d’une ménopause précoce peuvent être génétiques et en particulier tout ce qui touche à l’intégrité du chromosome X peut avoir une incidence. Les maladies auto-immunes sont également des facteurs de ménopause précoce envisageables.
Dans la grande majorité des cas cependant, on ne peut malheureusement pas trouver d’explications. Nous avons néanmoins pu remarquer que plus la femme est jeune au moment de sa ménopause, plus il y a de possibilités de trouver une cause génétique à la situation.
Peut-on retarder son arrivée?
L'âge à la ménopause est programmé dans nos gènes. C'est pourquoi la ménopause précoce a souvent un caractère familial. La génétique est faite de telle façon que, si vous modifiez le message génétique, cela se fera le plus souvent à votre détriment plutôt qu'à votre avantage. On sait que notre mode de vie joue un rôle: par exemple, les femmes qui fument font leur ménopause un à deux ans avant les autres car le tabac altère la fonction ovarienne.
Il faut noter que contrairement à l’âge de la puberté qui a baissé avec le temps, celui de la ménopause est stable à travers les siècles. Il semble donc que nous ne pouvons rien faire pour le retarder.
Quelles sont les incidences d’une ménopause précoce?
La fonction ovarienne est double. Elle permet à la fois la procréation et la production des hormones de l’ovaire. Faire une ménopause précoce a alors des conséquences à ces deux niveaux.
En ce qui concerne la procréation, une fois que la ménopause précoce se manifeste les chances de grossesses sont extrêmement faibles. Néanmoins 5 à 10 % de ces femmes, en particulier lorsqu’elles sont très jeunes, vont tout de même avoir une ovulation occasionnelle. Elles peuvent alors avoir des enfants, mais le phénomène n’est pas prévisible. Le seul traitement permettant de leur donner une chance tangible d'avoir un enfant est une procréation médicalement assistée en utilisant les ovules d’une autre femme (pratique à ce jour interdite en Suisse). Pour ces femmes, il n’existe généralement pas de traitement pour favoriser une grossesse équivalente.
Ensuite, la fonction hormonale de l’ovaire est très importante, en particulier pour ce qui est de la sécrétion d’œstrogènes*, des molécules extrêmement puissantes.
Elles ont des effets tant au niveau du cerveau, que de l’os ou du système cardiovasculaire. Une jeune femme qui fait une ménopause précoce va alors perdre les avantages régulateurs des œstrogènes. Elle aura d’une part un syndrome de carence en œstrogènes: bouffées de chaleur, douleurs durant les rapports sexuels (le vagin s’atrophiant n’étant plus stimulé par les œstrogènes) et d’autre part, elle endurera des conséquences au niveau des organes: augmentation du risque de maladie cardiovasculaire, diminution de la minéralisation des os, problèmes de sommeil, de dépression. Il est donc nécessaire de lui prescrire des œstrogènes de substitution afin d’assurer le bon fonctionnement de ses organes, nécessaire à son âge.
Pourquoi ces fameuses des bouffées de chaleur?
Les causes des bouffées de chaleur n’ont pas été complètement identifiées. Nous savons par contre que les œstrogènes ont un effet important sur le cerveau. Lorsqu’une femme atteint la ménopause, les modifications hormonales font que le thermostat logé dans l’hypothalamus, à la base du cerveau, est perturbé. Il ne parvient plus à enregistrer les variations de températures de manière adéquate.
Prenons l’exemple d’une poussée de fièvre. Ce phénomène va être perçu comme quelque chose d’anormale par le cerveau qui va enclencher de la transpiration afin d’évacuer cette température excessive. A la ménopause, le seuil de sensibilité du cerveau diminue. Ainsi, il suffira qu’il ressente un changement de quelques degrés pour enclencher ce mécanisme de déperdition de chaleur. Cela explique le fait qu’une femme ménopausée à tendance à avoir trop chaud et à transpirer.
Sont-elles inévitables?
Si les bouffées de chaleur touchent une très large majorité des femmes, soit 70%, elles ne seront pas ressenties de la même manière par toutes. Les sensations varient en effet d’une femme à l’autre. La majorité d’entre elles subira ces bouffées dans les premières années qui suivent la ménopause mais elles disparaîtront après 3 à 5 ans. Elles sont néanmoins 15% destinées à les subir pour le reste de leur vie, en l'absence de traitement.
Conseillez-vous aux femmes à risque de faire un enfant le plus vite possible?
Une femme encline à faire une ménopause précoce a tout intérêt à tenter d’avoir des enfants relativement tôt. Un conseil qui devrait d’ailleurs s’appliquer à toutes les femmes, car l’on sait que la meilleure période pour procréer se situe entre 20 et 30 ans. Passé ce cap, la fertilité diminue, pour s’arrêter globalement dix ans avant l’âge de la ménopause, soit peu après 40 ans.