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Le MI7 est la victime d'une attaque d'ampleur inégalée. Un pirate a trouvé le moyen d'entrer dans la base de données des renseignements britanniques et de rendre public l'identité des agent-e-s du MI7. Cette catastrophe a des conséquences incalculables alors que le Royaume Uni s'apprête à organiser une rencontre entre les pays les plus riches de la planète. Personne ne peut enquêter car il n'y a plus aucun agent-e-s. La Première ministre ordonne de faire revenir les membres du MI7 qui se trouvent à la retraite. Cela implique Johnny English, actuellement enseignant de géographie dans une petite école privée. Lorsqu'on lui demande de revenir il s'exécute avec le plus grand plaisir.
SPOILER
Ce troisième film s'intéresse à un thème très actuel : la place de la gouvernance par l'informatique dans nos vies. Bien que l'intrigue débute par une série s'attaque informatique contre les infrastructures britanniques et européennes, on comprend rapidement que le but du méchant est de prendre le contrôle des informations créées par les états et leur population. Selon son argumentation, ces données permettent de créer des algorithmes capables d'éviter les plus gros problèmes actuels : des bouchons aux problèmes de santé. Bien entendu, il n'explique pas immédiatement que cela implique une destruction de la démocratie telle qu'on la connait et un gouvernement par une élite capable de comprendre les algorithmes. Cette démission des élites politiques traditionnelles s'explique par leur incapacité à comprendre les enjeux de l'informatique. Ce point est incarné par la Première ministre qui se contente de signer tout ce qu'elle trouve si cela lui permet de gagner quelques points grâce à la proximité du jeune et beau méchant.
Ce film pourrait donc être assez intéressant. À travers l'humour il pourrait dénoncer la fascination ignorante envers les nouvelles technologies et les miracles que celles-ci pourraient permettre pour notre société, sans jamais penser aux conséquences. La réalisation s'amuse du décalage entre le jeune, beau et intelligent méchant qui use de tout ce qui est neuf, comme les imprimantes 3D, et Johnny English incapable d'utiliser un IPad, de comprendre la réalité virtuelle et qui décide de rouler dans une vieille voiture plutôt qu'une hybride remplie d'aides à la conduite. À certains moments, Johnny English incarne même le passé en se retrouvant dans un costume traditionnel ou en armure. Malheureusement, l'humour me semble très forcé. Plutôt que de laisser les situations parler par elles-mêmes la réalisation explicite toujours, au travers des dialogues, ce qui va se dérouler. Pire encore, l'humour ressemble plus à une série de sketch collés artificiellement ensemble pour construire un film d'une longueur acceptable. Ce qui aurait pu devenir un film intéressant échoue donc largement.
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*** Parfois c'est drôle
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Image : IMDB