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J’ai entamé la lecture de ce livre avec prudence.
Il y a des livres qu’on peut, sans crainte, lire la nuit et il existe une autre sorte de livres, ceux où il faut impérativement qu’il fasse jour, que le soleil brille au dehors et, si possible, que les oiseaux chantent.
C’est mieux pour pouvoir plonger dans cet enfer, d’avoir un ancrage avec le monde extérieur.
Je pressentais la force et la douleur de cette histoire, j’avais raison.
Ce livre stimule le cerveau, vous met en rage et vous divertit.
Le 21 juin 1974, le juge fédéral Arthur Garrity Jr décida que le Comité de l’Enseignement Public de Boston avait systématiquement désavantagé les élèves noirs dans les établissements scolaires. La seule façon de remédier à cette situation, concluait le juge, était de transférer quotidiennement, en bus, les enfants des quartiers majoritairement blancs vers les écoles des quartiers majoritairement noirs, et inversement, afin de mettre un terme à la ségrégation dans les lycées publics de la ville.
L’établissement scolaire du quartier où résidait la plus importante communauté d’Africains-Américains était Roxbury High School. Celui du quartier dont la population était à forte majorité blanche s’appelait South BostonHigh. Il fut décidé que ces deux lycées échangeraient une partie significative de leurs effectifs.
Cet arrêté du 21 juin 1974 devait prendre effet au début de l’année scolaire, le 12 septembre suivant. Ce qui laissait moins de nonante jours aux lycéens et à leurs parents pour s’y préparer.
L’été fut très chaud cette année là à Boston, et il ne plut que rarement.
Ce roman parle de cette époque-là et, peut-être, également de l’époque dans laquelle nous vivons aujourd’hui . Il raconte l’histoire d’une mère qui part à la recherche de sa fille disparue au cours de ces folles journées de la fin de l’été 1974, dans le quartier de South Boston, alors que l’on approchait d’une rentrée scolaire telle que la ville n’en avait jamais connue jusque là. Une rentrée que l’on percevait, en fonction de l’opinion que l’on avait du problème, soit comme l’aboutissement d’une promesse longtemps reportée, soit comme la chute d’une histoire drôle qui ne faisait rire personne.
Le Silence est un thriller qui coupe le souffle. En 1974 à Boston, en pleine déségrégation scolaire et dans la furie des tensions raciales, une femme qui refuse qu’on l’ignore décide de faire régner l’enfer. On réfléchit on a le coeur qui bat.
Ecrite par un romancier qui est tout simplement un des meilleurs, l’histoire implacable résonne.