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Pavel Borodine doit répondre, jeudi matin à Genève, à une convocation du juge d'instruction Daniel Devaud. Côté russe l'enquête avait été classée. Mais à Moscou, le cas de l'ex-intendant du Kremlin continue à provoquer beaucoup d'agitation. Et des attaques insidieuses contre la justice genevoise.
La vie de Pavel Borodine s'est transformée depuis qu'il a passé trois mois dans les prisons de New York et de Genève, avant d'être relâché sous caution le 13 avril. A Moscou, il s'est d'abord montré souffrant et a passé beaucoup de temps à l'hôpital. Il apparaît également assez isolé et est surtout devenu très discret.
Ce n'est que la semaine dernière à Minsk, la capitale Biélorusse où il s'était rendu pour une séance de l'union Russie -Biélorussie - dont il est le secrétaire - que Pavel Borodine est réapparu devant les caméras et qu'il a pu se montrer au côté d'une autorité, le président biélorusse Alexandre Loukachenko.
A Moscou, seule une certaine presse est venue au secours de Pavel Borodine, en particulier le bi-hebdomadaire Novaïa Gazeta qui a publié lundi une stupéfiante interview du patron de Mabetex. Behgjet Pacolli est lui-même accusé à Genève d'avoir versé une partie des pots-de-vin incriminés dans l'affaire Borodine.
Behgjet Pacolli affirme que le parquet genevois cherche à gagner des millions de francs en gelant les comptes bancaires de compagnies comme la sienne, de façon à ternir leur image avant de garder une partie de cet argent.
Behgjet Pacolli dit même avoir reçu en avril une lettre du juge Devaud lui proposant le marché suivant: «vous me donner des documents compromettant Borodine et le Kremlin et je vous laisse tranquille». Des accusations qui laissent pantois le juge Devaud.
«Imaginez-vous un juge suisse écrire un tel document», réplique le juge Devaud qui met au défi Behgjet Pacolli «de montrer cette lettre».
Henri Roth, Moscou