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Vaches d’Hérens
L’hérens (prononcez érein) est une race bovine suisse originaire du Val d’Hérens, dans le Valais.
Origine
Elle appartient au rameau pie rouge des montagnes et elle ressemble beaucoup à l’Evolène qui est en quelque sorte une hérens pie rouge. L’alpine hérens est une montagnarde à courtes pattes, elle grimpe facilement jusqu’à 3 000 mètres d’altitude. Ses ancêtres étaient présents en Valais vers 3000 avant J.-C. comme l’atteste un fragment de crâne retrouvé dans le site archéologique de Sion-Saint-Guérin (Chaix 1986).
C’est en 1859 que la race d’Evolène, désignée dès 1861 sous le nom de race d’Hérens, est mentionnée pour la première fois dans les listes de concours. Jadis très répandue dans le Valais, l’alpine hérens (également appelée « valais », ou « Eringer » en allemand) a connu une énorme diminution de ses effectifs dans les années 1950, avec l’exode rural qui a vu de nombreux éleveurs quitter les montagnes. Elle doit aujourd’hui sa survie en grande partie aux traditionnels combats de reines de troupeaux, et à ses amoureux inconditionnels, qui ne voudraient pour rien au monde élever d’autres vaches.
Moins productive que les races Simmental, Montbéliarde ou Abondance, elle perdure pour le côté folklorique des combats pour désigner la reine du troupeau. C’est une attraction au mois de mai, avant la montée à l’alpage (Inalpe). Beaucoup d’éleveurs alpins se font un devoir de conserver une ou deux vaches de combat dans leur troupeau.
Le troupeau suisse compte quelques 6 200 têtes dont 5 400 vaches et 180 taureaux inscrits dans le livre généalogique. Le Val d’Aoste, en comptent presque autant. Quant aux Alpes françaises, elles regrouperaient à peine 350 vaches (2005) et 11 taureaux, dans la région de Chamonix.
Morphologie
Sa robe est monochrome, rouge foncé ou noire, châtain. Sa tête est large et courte, surmontée d’un chignon un peu plus clair et une paire de cornes en forme de guidon de vélo, à pointes noires. Elle a un cou puissant et le front large, une poitrine profonde. Ses membres sont courts, ce qui en fait une vache très trapue. Photo Roland Clerc.
Aptitudes
C’est une race à multiples fonctions. La première est folklorique avec les combats de reines. Ensuite, c’est une laitière qui donne tout de même 3000 kg d’un lait riche en protéines et une carcasse en veau ou vache de réforme bien conformée. La viande est fine et savoureuse, en partie grâce à la nourriture des alpages. Le niveau de 3 000 kg de lait est un maximum, car les éleveurs veulent conserver les qualités combatives de leurs bêtes.
Les éleveurs l’apprécient également pour sa douceur : entre les combats, les vaches retrouvent leur tempérament de douceur qui les rend si attachantes à leurs propriétaires. Sa rusticité en fait une montagnarde parfaite: c’est une excellente marcheuse qui se déplace aisément dans les terrains difficiles. Cette race a conservé un tempérament grégaire prononcé qui permet une conduite plus facile des animaux sur les pâturages d’altitude où les grands troupeaux présentent une étonnante cohésion. Elle est dotée d’un instinct maternel développé et n’a que peu de difficultés au vêlage. Il a lieu principalement d’octobre à décembre, et un quart de janvier à avril, ce qui permet d’organiser des batailles sur deux saisons, printemps et automne. L’été dans l’alpage, est consacré à la production de lait et à l’élevage des veaux.
Les combats de reines
En Valais, les combats de reines sont des combats entre des vaches de la race d’Hérens.
Cette race étant d’un tempérament vif avec une forte corpulence, les combats se font naturellement au sein des troupeaux pour établir la hiérarchie. Les combats auxquels se livrent naturellement les vaches lors de la mise à l’herbe, de la montée à l’alpage ou lors de la réunion de deux troupeaux en témoignent. Dès le printemps, les vaches s’affrontent en se poussant avec la tête et les cornes mais ne se blessent que rarement. Une bête est vaincue lorsqu’elle se détourne de son adversaire ou refuse le combat en signe de soumission. À la fin des joutes, la « reine » du troupeau est désignée.
L’aptitude au combat fait partie intégrante du patrimoine génétique de la race et, bien qu’aucune étude d’héritabilité n’ait été entreprise, il ne fait aucun doute que sa transmission est d’ordre héréditaire. Les animaux de cette race sont dotés d’un tempérament vif et belliqueux qui se concrétise par la manifestation d’un rituel de dominance exacerbé. Cette aptitude est bien sûr à la base de l’organisation des combats de vaches qui ont lieu chaque printemps.
Depuis 1922, des combats populaires sont organisés tout au long de l’année en Valais : les vaches classées en catégories (selon le poids, l’âge et le nombre de veaux) sont alors amenées sur une aire de combat en plaine ou en montagne. Issues de divers alpages et élevages, les meilleures bêtes couronnées lors des combats se confrontent pour le titre convoité de « Reine cantonale ».