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Dans la première partie nous avons vu que l'homogénéisation des températures pour déplacement de stations était problématique et que les séries de températures brutes étaient plus fiables pour les études climatiques que les séries homogénéisées.
La seconde partie traitait du cas de la recherche de Messieurs Huss, Funk et Ohmura concernant la fonte de glaciers alpins. Nous y avons vu une confirmation de l'inadéquation des homogénéisations aux études climatiques.
Dans cette troisième partie, nous reviendrons sur les homogénéisations pour déplacement et nous approfondirons l'étude de la corrélation de la fonte des glaciers avec la température toujours en nous basant sur l'étude Huss, Funk et Ohmura.
Si les séries de températures brutes sont plus fiables pour les études sur le long terme, il n'en demeure pas moins que les adaptations opérées par MétéoSuisse sont justifiées, elles assurent la cohérence et la continuité des séries. Les homogénéisations qui ne sont pas liées à des déplacements peuvent probablement être conservées sans problème. Les homogénéisations pour déplacements ne devraient par contre être appliquées que si l'on est en mesure de prendre en compte l'historique de l'urbanisation, tâche qui peut s'avérer difficile voir impossible.
Une solution simplifiée d'homogénéisation pour déplacement peut être envisagée en se basant sur les hypothèses suivantes :
1. Quand une station est déplacée, elle l'est dans un endroit jouissant de perturbations minimales. on admet qu'au début des mesures sur un nouvel emplacement, les températures ne sont pas affectées par l'urbanisation. En conséquence, l'ampleur d'une homogénéisation lors d'un déplacement représente la perturbation des températures par l'urbanisation lors des dernières mesures à l'emplacement abandonné.
2. On admet que les perturbations dues à l'urbanisation augmentent linéairement entre deux déplacements.
Ces hypothèses devraient nous permettre d'améliorer les séries brutes en supprimant les discontinuités mais sans introduire les défauts des homogénéisations standards.
Les températures brutes mensuelles de la station de Davos sont disponibles sur le site de la Confédération (ici). Les températures homogénéisées sont, elles, disponibles sur le site de MétéoSuisse. La comparaison des deux séries permet de calculer les valeurs des homogénéisations. Comme je l'ai déjà dit ces valeurs sont justifiées pour assurer la cohérence des séries. On peut observer que les changements sont toujours ponctuels mais que l'homogénéisation est appliquée différemment selon les mois. En tenant compte des hypothèses que nous avons posées plus haut, nous pouvons créer une troisième série de températures homogénéisées qui évite les biais que nous avons repérés dans le premier billet.
Pour poursuivre l'étude de la recherche de Huss, Funk et Ohmura, nous allons établir des séries de degrés positifs mois pour les trois cas de températures (brutes, homogénéisation standard et homogénéisation partielle). Nous prendrons les températures de la période 1915 à 2008 (2004 pour les températures brutes).
Durant cette période, je n'ai repéré qu'une homogénéisation importante, en 1977. Une autre homogénéisation a lieu en 1961 mais de plus faible amplitude. Je pense que ces deux dates correspondent à des déplacements de la station mais je n'en n'ai pas la confirmation, ce sera donc une hypothèse. Je choisi de ne traiter que l'homogénéisation de 1977 selon la méthode que j'ai retenue, donc en tenant compte d'un réchauffement par urbanisation linéaire entre 1961 et 1977.
Selon ce que j'ai évalué, les chercheurs ont rapporté les températures à une altitude supérieure, probablement plus représentative des conditions moyennes régnant autour des glaciers étudiés. J'ai donc diminué uniformément les températures de 6.4°C, ce qui correspond à une altitude d'environ 2700 m. Finalement j'ai calculé les degrés positifs mois pour les trois séries.
Pour obtenir des courbes cohérentes, j'ai digitalisé les valeurs annuelles des anomalies de fonte établie par les chercheurs ce qui m'a permis d'appliquer un lissage identique pour la fonte et pour les séries de degrés mois (moyennes mobiles pondérées sur 10 ans).
La construction du graphique a principalement consisté à régler les échelles relatives de degrés mois et d'anomalie de fonte pour obtenir le meilleur recouvrement possible des courbes de fonte et de degrés mois basée sur les données brutes partiellement homogénéisées.
Quelques constatations :
- Les hypothèses posées ci-dessus concernant les homogénéisations pour déplacement sont ici superbement confirmées (voir le recouvrement des courbes de 1962 à 1980). De plus le différentiel 1950 à 1960 est probablement explicable par le déplacement de 1961 non pris en compte.
- Les températures sont suffisantes pour expliquer la fonte, le facteur d'irradiance ne joue probablement aucun rôle direct.
La température suffit à expliquer les variations de la fonte des glaciers.
Les homogénéisations standards ne sont pas utilisables en climatologie si elles ne sont pas complétées par la prise en compte de l'historique de l'urbanisation. Une méthode simplifiée de prise en compte de l'urbanisation semble donner de bons résultats, des études devraient permettre de préciser la possibilité de l'appliquer plus généralement.
Du point de vue climatique, les séries de températures brutes sont plus fiables que les séries homogénéisées selon le standard actuel.
L'urbanisation de proximité a une influence importante sur les températures contrairement à ce que le GIEC admet.
Les constructions des indices de températures globales continentales sont entachées d'erreurs importantes car l'influence de l'urbanisation est négligée.
Il est plus que probable qu'il n'y ait pas de réchauffement global singulier de la terre à la fin du XXème siècle mais seulement une variation naturelle normale.
Un éventuel réchauffement anthropique dû au CO2 ne peut être que faible si l'on en juge à l'évolution des températures relevées non biaisées par les homogénéisations.