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La réussite scolaire dépend de l'environnement social et génétique
L'Islande, un joyaux naturel mais aussi génétique. Les 330'000 habitants descendent tous d'une poignée d'ancêtres et partagent donc un patrimoine génétique homogène. L'ADN de la moitié de la population a été séquencé et se trouve entre les mains d'une entreprise privée - Decode - qui a aussi accès aux données médicales et sociales.
"Étudier précisément les maladies génétiques dans cette population est plus facile que dans de grandes populations comme en Europe ou en Afrique", souligne Manolis Dermitzakis, directeur du Geneva Genome Center. Les données islandaises ont permis d'identifier certaines causes de maladies comme la schizophrénie ou le diabète.
La part génétique de notre héritage social
Dans un nouveau article publié jeudi dans la revue Science, les généticiens de Decode ont étudié non pas une maladie, mais un trait culturel, la réussite à l'école. Ils ont comparé les génomes de plus 20'000 enfants uniques avec ceux de leurs parents. Leur conclusion: il existe une corrélation statistique entre certaines modifications de l'ADN et le caractère de "bon élève".
Les scientifiques ont calculé la part génétique de notre héritage social, connu depuis longtemps par les sociologues. "Ils quantifient la proportion d'inné par rapport à la proportion d'acquis dans l'héritabilité d'un trait culturel", explique Denis Duboule. Mais le professeur de génétique à l'Université de Genève se demande ce que représente cette part, qu'elle soit de "30%, 20%, 40% ou 5%". "Il faudra encore le vérifier de façon précise", observe-il.
Pas un gène de la réussite scolaire
Ces résultats soulèvent des interrogations, car il n'existe, bien sûr, pas de gène unique de la réussite scolaire. Les traits culturels impliquent de très nombreux gènes et leur influence dépend aussi de l'environnement.
"Ce qui rend ce genre d'étude très compliquée, c'est que tous ces traits culturels sont forcément multigéniques", note Denis Duboule. C'est pourquoi le patrimoine génétique islandais n'a pas fini de nourrir la recherche.
Aurélie Coulon
Publié le 25 janvier 2018