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Dans l’Ancien Testament, l’histoire de la vigne débute avec Noé qui la plante sur les flancs du mont Ararat à sa sortie de l’Arche. Depuis cet épisode, le vin devient une marque de la fertilité de la terre d’Israël et réapparaît souvent dans la Bible. Les prophètes s’en inspirent pour leurs paraboles et de tous les textes sacrés, seul le livre de Jonas n’en fait pas mention. La précision des versets concernant les travaux de la vigne prouve l’existence d’une production importante de vin dans l’antique état juif. Ce que confirment les découvertes archéologiques.
Comme souvent en ce qui concerne les habitudes antiques de consommation, il s’avère difficile de dépasser le stade de l’hypothèse. Néanmoins, nous connaissons trois types de vin mentionnés dans la Bible auxquels s’ajoutent une dizaine d’autres attestés par des sources talmudiques. Certains d’entre eux se buvaient additionnés d’épices, une coutume répandue dans le bassin méditerranéen de l’époque. Une autre habitude de ce temps, le fait de mélanger le vin et l’eau, se retrouve aussi bien chez les Romains que chez les Hébreux.
Une coupe de vin accompagnait chacun des deux plats du repas principal de la journée, qui se prenait après le crépuscule. Il s’en buvait aussi lors de fêtes ou de cérémonies religieuses. Contrairement à d’autres peuples de l’Antiquité, les femmes et les enfants pouvaient boire le fruit de la vigne considéré comme le symbole du bonheur et de l’allégresse. Malgré cette consommation généralisée, les abus étaient sévèrement prohibés et de nombreux versets bibliques mettent en garde contre l’ivresse et ses effets. Une seule exception était autorisée: la fête du Pourim.
Le Pourim commémore le sauvetage providentiel des Israélites du massacre projeté par Haman, grand vizir du roi perse Assuérus. Considérée comme une fête religieuse mineure, cette célébration revêt un caractère traditionnel et carnavalesque. Des mascarades comme des pièces satiriques sont représentées et les étudiants des écoles talmudiques choisissent l’un des leurs pour parodier leurs professeurs. Selon l’interprétation des rabbins, il est louable à l’occasion du Pourim d’être ivre au point de ne plus différencier les deux phrases «Béni soit Mardochée» et «Maudit soit Haman».
Même lorsqu’il ne doit pas conduire à l’ivresse, le vin fait partie de tous les rituels importants. Le plus courant est la récitation du qiddouch, une prière psalmodiée au début du chabat et les jours de fête. Cette oraison se divise en deux parties, la première consiste en une bénédiction du vin, la seconde en celle du jour du Seigneur. La coupe destinée à la célébration du qiddouch est un objet traditionnel du culte juif souvent en argent et orné d’inscriptions religieuses.
La consommation d’une ou plusieurs mesures de vin va de pair avec les rituels hébraïques importants. Ainsi, on boit un verre de vin à une circoncision et deux à un mariage. Autrefois, les familles ayant perdu un parent buvaient dix coupes durant les sept jours du deuil, pratique aujourd’hui tombée en désuétude. Lors de la Pâque juive, nommée Pessah et commémorant la sortie d’Egypte, le seder, ordre de déroulement du cérémonial, règle les prières et les consommations d’aliments symboliques selon une chronologie précise. A cette occasion, le vin constitue un élément central, puisqu’il faut en boire à quatre moments particuliers. Ceci concerne tous les participants quel que soit leur âge. On utilise du vin rouge symbolisant le sang versé par les Hébreux durant l’esclavage et qu’il faut boire si possible en une fois. Ces quatre coupes de vin évoquent les étapes de la délivrance du peuple juif mentionnée dans le livre de l’Exode (6. 6-7): «Je vous ferai sortir du joug des Egyptiens. Je vous délivrerai de leur esclavage. Je vous affranchirai par un bras étendu et de grands jugements. Je vous adopterai comme peuple.»
Afin que ces cérémonies ne soient pas souillées à cause du vin utilisé pour leurs sacrifices par les adeptes de religions païennes, les rabbins interdirent de consommer le vin utilisé dans les libations. Par la suite, cette prohibition a pris de l’ampleur et a concerné tous les vins manipulés par les non-juifs. Ce qui a fait entrer le vin dans la liste des produits régis par les lois de la cachroute alors qu’il n’est pas cité dans les passages de la Bible concernant les lois sur l’alimentation.