Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07118.jsonl.gz/67

Lorsqu'il assiste à une parade militaire, Jim Apperson, fils d'un riche industriel au tempérament oisif et peu engagé, pense avoir enfin trouvé sa vocation. Il s'enrôle immédiatement dans l'armée et s'embarque pour la France, où la Première Guerre mondiale fait rage. Là, le courage et le dévouement cèdent rapidement la place à la désillusion et à la peur…
Critique
C'est «l'histoire d'un homme américain, ni très patriote ni très pacifiste, qui part pour la guerre et s'y comporte comme un citoyen ordinaire» (King Vidor). Des détails simples et concrets décrivent l'histoire d'amour de façon naturaliste. Ainsi, au moment où la jeune Française découvre le chewing-gum, les amoureux communiquent par gestes, «bienheureuse circonstance dans un film muet» (Vidor). La scène des adieux où Mélisandre court après le camion qui emporte celui qu'elle aime, sera souvent citée. C'est un mélodrame où le «méchant» est la guerre. James donne sa dernière cigarette à un soldat allemand en train de mourir: La Grande Guerre fut un massacre inutile. Vidor dirige avec la même sûreté les scènes intimistes et celles de bataille, virtuosité dont il se souviendra pour réaliser Guerre et Paix en 1956.
Sylvie Pliskin, Dictionnaire des Films (JL Passek)