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Citigroup, JPMorgan, Barclays, Royal Bank of Scotland (RBS) et MUFG écopent d’une sanction d’un total d’un milliard d’euros pour entente entre courtiers.
La Commission européenne a mis jeudi à l’amende cinq banques, dont Citigroup et RBS, pour deux ententes entre leurs courtiers sur des opérations de change pendant la crise financière, entre 2007 et 2013. UBS, qui avait signalé l’affaire, a échappé à une sanction.
En additionnant toutes les amendes, on arrive à un montant total de 1,07 milliard d’euros. Une somme très importante, mais bien inférieure au record de 3,8 milliards d’euros infligé par Bruxelles en 2016 et 2017 au cartel des fabricants européens de camions.
La première entente, baptisée «Three Way Banana Split» (du nom du forum de discussion des traders impliqués), concerne deux banques britanniques, Barclays et RBS, et deux américaines, Citigroup et JPMorgan. Elle a duré entre le 18 décembre 2007 et a pris fin le 31 janvier 2013.
La deuxième était «dénommée Essex Express» (tous les courtiers impliqués à l’exception de l’un d’eux, «James», vivaient dans l’Essex, à l’est de Londres et prenaient le même train) concerne encore une fois Barclays et RBS mais aussi la japonaise MUFG (anciennement Bank of Tokyo-Mitsubishi). L’infraction a duré entre le 14 décembre 2009 et le 31 juillet 2012.
La plupart de ces établissements ont déjà été mis à l’amende par les autorités américaines et britanniques en 2014 et 2015 pour des scandales similaires, survenus au même moment et qui avaient alors considérablement terni l’image de la finance.
Parmi les cinq banques visées par l’UE, Citigroup a été la plus lourdement sanctionnée financièrement: un peu moins de 311 millions d’euros. Viennent ensuite RBS avec 249 millions d’euros, puis JPMorgan avec un peu moins de 229 millions d’euros, Barclays avec un peu plus de 210 millions d’euros et enfin MUFG Bank avec 69 millions d’euros.
Les courtiers d’UBS étaient également impliqués dans ces deux ententes. Mais cet établissement a dénoncé leurs agissements auprès de la Commission européenne, ce qui a conduit Bruxelles à ouvrir une enquête en septembre 2013.
Pour cette raison, UBS a bénéficié de la clémence de la Commission, gardienne de la Concurrence en Europe, et elle a évité une amende d’un montant de 285 millions d’euros environ.
Dans ces deux affaires, les courtiers, qui se connaissaient personnellement, se sont entendus sur leurs transactions sur le marché des opérations de change au comptant concernant 11 devises (l’euro, la livre sterling, le yen japonais, le franc suisse, les dollars américain, canadien, néo-zélandais et australien, ainsi que les couronnes danoise, suédoise, norvégienne).
Concurrents directs, les traders se connectaient généralement à des forums de discussion multilatéraux sur les terminaux de l’agence financière Bloomberg, sur lesquels ils restaient durant toute leur journée de travail et s’entretenaient longuement de divers sujets, en faisant notamment le point sur leurs activités de négoce.
Ces échanges d’informations permettaient à ces derniers de prendre des décisions sur le marché en connaissance de cause quant à l’opportunité de vendre ou d’acheter les devises qu’ils détenaient dans leurs portefeuilles et au moment auquel procéder à de telles opérations.
Dans le cadre de l’infraction ‘Three Way Banana Split’, toutes les banques concernées ont bénéficié d’une réduction d’amendes pour avoir collaboré à l’enquête de la Commission.
En revanche, dans le cadre de l’affaire ‘Essex Express’, une banque, MUFG, n’a pas voulu coopérer.
Contactées par l’AFP, plusieurs banques incriminées ont affirmé avoir définitivement tourné la page de ce genre d’ententes entre traders.
«Ce type de comportement n’a pas sa place dans la banque que nous sommes aujourd’hui. Notre culture et nos contrôles ont fondamentalement changé au cours des dix dernières années» selon RBS.
«Nous sommes satisfaits de résoudre cette affaire, qui concerne la conduite d’un seul de nos anciens salariés. Depuis nous avons considérablement amélioré nos contrôles» sur les courtiers», a affirmé JPMorgan.
Quant à UBS, la banque explique avoir fait «des investissements significatifs pour renforcer les contrôles».
Plusieurs banques, dont Barclays, avaient déjà pris les devants ces dernières années quant aux conséquences financières de ces affaires en passant des provisions dans leurs comptes.