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Les patients bipolaires de type I hospitalisés pour une poussée maniaque sont à haut risque de récidives dans les mois suivants. Des anomalies immunologiques ont été identifiées chez ces patients et les auteurs ont émis l’hypothèse, sur la base de quelques études animales et humaines montrant une influence du microbiote sur les troubles de l’humeur, que l’immunomodulation du microbiote pourrait avoir des effets sur la sévérité de la maladie. Dans cette étude américaine menée dans un hôpital psychiatrique à Baltimore, les auteurs sont partis de l’hypothèse que l’administration de probiotiques allait diminuer le risque de réhospitalisation au vu de leurs effets immunomodulateurs. Cette étude observationnelle randomisée en double insu auprès de 66 patients hospitalisés ou pris en charge à l’hôpital de jour pour décompensation maniaque a étudié si l’administration de probiotiques avait un effet sur les hospitalisations subséquentes. Les patients ayant pris des médicaments susceptibles d’induire une poussée maniaque ou prenant des drogues, souffrant d’une immunosuppression ou de troubles cognitifs étaient exclus de même que les femmes enceintes. Pendant 24 semaines après leur sortie d’hôpital, les patients ont reçu des probiotiques (comprimés de Lactobacillus rhamnosus souche GG et Bifidobacterium animalis subsp. lactis souche Bb12) ou un placebo. Dans le groupe placebo, 24 patients sur 33 ont été réhospitalisés versus 8 sur 33 dans le groupe traitement (p = 0,009). Les patients traités ont été hospitalisés moins longtemps (8,3 jours en moyenne, pour un total de 275 jours) que les patients non traités (2,8 jours en moyenne, pour un total de 95 jours).
Commentaire : Cette étude est pour le moins originale… Même si le très petit nombre de patients inclus, son caractère monocentrique, l’absence de protocole de traitement standardisé et de certains ajustements statistiques doivent inciter à la plus grande prudence sur la validité de l’étude, il s’agit peut-être d’une piste intéressante au niveau physiopathologique qui mériterait de plus amples recherches pour valider ces résultats, vu la relative innocuité du traitement.