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Combien vaut une muraille? Villes fortifiées et usage public de l'histoire
Les murailles urbaines existant aujourd’hui dans plusieurs villes européennes et extra européennes sont des monuments hérités du passé. À la différence des églises et d’autres lieux de culte, celles-ci ne sont toutefois plus employées dans leur but premier : ne satisfaisant aucun besoin, elles apparaissent alors comme dépourvues de leur ancien valeur d’usage.
Plus que d’autres monuments, elles nécessitent donc d’une réflexion afin de les intégrer dans le tissu urbain et touristique. Par cette réflexion, la valeur des murailles est célébrée dans une sorte de « narration ». Ce processus peut être interprété comme une sorte d’« usage public de l’histoire ».
Le sens ultime de la communication est de rendre manifeste le lien entre l’objet présenté à travers des informations historiques, et le phénomène du tourisme. Le touriste est amené à prendre en considération un certain monument, au moment où ce dernier a une valeur en termes historiques devenant générateur de richesse pour les maisons publiques et privées. Ainsi le cercle tend à se fermer, parce que la valeur (économique) de l’objet historique est garanti par la valeur du flux touristique.
Toutefois, lorsque l’on se renseigne auprès des adjoints chargés de l’urbanisme des grandes ou petites villes fortifiées, on n’arrive pas à quantifier en termes économiques la valeur des murailles. L’on préfère faire recours à la catégorie de l’« inestimable ». Le concept d’« inestimable » n’est toutefois pas étymologiquement synonyme du concept de « valeur ».
Dans la plupart des cas où, au cours du XIX siècle, l’on a abattu des murailles, cela a été possible car elles étaient retenues inestimables dans le sens originaire du terme : ayant perdu leur valeur d’usage il était impossible d’en établir la valeur économique.