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La capitaine du Sea-Watch 3 Carola Rackete a exprimé son soulagement après qu'une juge italienne s'est prononcée pour sa libération mardi soir. La trentenaire avait été arrêtée samedi pour avoir accosté de force à Lampedusa pour faire débarquer 40 migrants.
Désormais libre de ses mouvements, l'Allemande de 31 ans a évoqué "une grande victoire pour la solidarité (...) et contre la criminalisation de ceux qui aident" dans de nombreux pays d'Europe, à travers un communiqué de l'ONG Sea-Watch. Elle n'est cependant pas sortie de l'appartement d'Agrigente - le chef-lieu sicilien dont dépend Lampedusa - où elle était confinée depuis lundi.
Dans son communiqué, Carola Rackete s'est dite "très touchée" par le vaste mouvement de solidarité autour d'elle, tout en rendant hommage à son équipage: "Même si l'attention est sur moi, c'est toute une équipe qui a secouru les gens, a pris soin d'eux et les a conduits en lieu sûr".
La décision de la juge montre que "la loi est du côté de la commandante", ont affirmé les avocats de Carola Rackete. En s'appuyant sur les normes internationales, la juge a estimé que l'interdiction de pénétrer dans les eaux territoriales italiennes, imposée par Matteo Salvini sur la base d'un décret-loi adopté début juin, n'était "pas applicable aux actions de sauvetage".
Recours possible
Le procureur d'Agrigente, Luigi Patronaggio - celui qui avait ouvert une enquête contre M. Salvini pour séquestration de migrants bloqués à bord d'un navire des garde-côtes - a déclaré mardi soir à la presse évaluer la possibilité d'un recours. Pour lui, "l'état de nécessité" invoqué par la jeune femme n'était pas constitué, compte tenu de l'assistance reçue par le Sea-Watch pendant les deux semaines de bloquage. Au total, 13 des migrants secourus par le Sea-Watch avaient bénéficié d'une évacuation sanitaire.
Carola Rackete fait aussi l'objet d'une enquête pour aide à l'immigration clandestine, traitée à part. Dans ce dossier, elle est convoquée par le parquet le 9 juillet. Selon ses avocats, il est peu probable qu'elle soit expulsée d'Italie avant cette date.
Le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas (SPD) a salué la libération de Rackete et s'est dit "soulagée". "J'espère que les accusations seront rapidement clarifiées, a-t-il écrit sur Twitter. "L'affaire montre une fois de plus clairement qu'il nous faut enfin une solution pour répartir les réfugiés, à laquelle tous les États membres de l'UE apportent leur contribution".