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Acte d'accusation contre Valcke et le président du PSG déposé
Le MPC a déposé jeudi l'acte d'accusation contre l'ex-numéro 2 de la FIFA Jérôme Valcke, le président du PSG Nasser Al-Khelaïfi et un autre homme d'affaires. Il accuse ces personnes de corruption passive, pour le premier nommé, et d'instigation à la gestion déloyale.
Jérome Valcke est accusé de corruption passive, de gestion déloyale multiple et qualifiée et de faux dans les titres, précise le MPC jeudi dans un communiqué, qui ajoute que les faits poursuivis ne sont plus qualifiés d'escroquerie. Ces accusations concernent le contexte de l'attribution des droits médiatiques de différentes coupes de football et coupes des confédérations de la FIFA.
Quant à M. Al-Khelaïfi et au troisième prévenu, actif dans le domaine des droits sportifs, le MPC leur reproche l'instigation à la gestion déloyale qualifiée commise par M. Valcke. L'homme d'affaires est également accusé de corruption passive.
Villa en Sardaigne
Le MPC détaille que son enquête a permis de révéler que Jérôme Valcke a obtenu des avantages indus des deux co-accusés. Il est notamment question du remboursement d'un acompte d'environ 500'000 euros que l'ex-numéro deux de la FIFA avait versé à des tiers pour une villa en Sardaigne, remboursement qu'il a obtenu après l'achat de cette villa par le président du Paris Saint-Germain (PSG).
M. Valcke a ensuite obtenu le droit de jouissance exclusif de la villa pendant une année et demie sans devoir s'acquitter d'un loyer d'une valeur estimée entre 900'000 euros et 1,8 million d'euros. Dans une autre affaire, le cadre de la FIFA a reçu de la part du troisième prévenu trois paiements d'une valeur totale de 1,25 million de francs.
Comme le MPC juge que M. Valcke n'a pas annoncé ces avantages à la FIFA et s'est enrichi de manière illégale, il accuse également l'ancien secrétaire général de la FIFA de gestion déloyale. M. Al Khelaïfi et le troisième prévenu sont eux accusés d'instigation.
L'ancien bras droit de Sepp Blatter est de plus accusé de faux dans les titres. Il aurait ordonné l'établissement de bilans de sa société Sportunited Sàrl contraire à la réalité en 2013 et 2014. Il aurait faussement comptabilisé les trois paiements comme des prêts.
Droits TV
Enfin, Jérôme Valcke est également accusé de corruption active et passive. Le Français a usé de son influence en tant que numéro deux de la FIFA pour peser en faveur de partenaires médiatiques de sa préférence lors de l'attribution des droits TV de coupes du monde de football entre 2018 et 2030. C'est dans ce contexte que le troisième prévenu lui a versé les 1,25 million de francs.
Par contre, le MPC a classé sans suite les soupçons selon lesquels M. Valcke aurait accepté une montre de luxe que le président du PSG lui aurait offert en échange de son influence.
Par ailleurs, une demande de récusation déposée en décembre 2019 lors de l'audition finale des prévenus est encore pendante auprès du Tribunal pénal fédéral (TPF). Le MPC reconnaît que celle-ci peut avoir des conséquences sur la procédure, mais considère, notamment en raison de la prescription échéant au dernier trimestre 2020 pour certains faits, nécessaire de déposer l'acte d'accusation.