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Une merveilleuse histoire du temps
Stephen Hawking a déjà fait l'objet d'adaptations pour l'écran, notamment le documentaire Une brève histoire du temps, réalisé par Errol Morris en 1991, et le film pour la télévision Hawking, diffusé en 2004, où Benedict Cumberbatch eut son premier rôle majeur. Là, il était surtout question de sciences. Le cinéaste James Marsh, par contre, s'intéresse à l'aspect plus humain de la vie de ce génie qui, en raison de la maladie qui l'a paralysè et rendu incapable de parler sans aides technologiques, avait appris qu'il lui restait très peu de temps à vivre, alors qu'aujourd'hui, à l'âge de 73 ans, il reste très actif, avec des conférences, livres, apparitions dans des séries télé, et caetera.
Pour raconter l'histoire de Hawking (incarné par Eddie Redmayne), Marsh et le producteur-scénariste Anthony McCarten se sont appuyés sur les souvenirs de la première épouse de Stephen, Jane (Felicity Jones): les deux se sont rencontrés à Cambridge en 1963 et, malgré leurs différences (lui étudie la cosmologie, elle la littérature espagnole), ils sont vite devenus inséparables. Au fil des décénnies, la maladie de Stephen forcera Jane à prendre des décisions difficiles et faire des sacrifices. Jusqu'où arriveront-ils avec leur amour?
The Theory of Everything (mal traduit en français) est, avant tout, un tour de force au niveau du jeu des deux acteurs principaux: Redmayne, incarnant l'immobilité de Hawking, exprime la joie et la souffrance du grand scientifique par des expressions presque imperceptibles, alors que Jones, elle aussi silencieuse en termes de manifestation de la douleur émotionnelle, n'est pas moins époustouflante dans un rôle qui exige beaucoup de maturité et force. Leur collaboration a d'ailleurs assez impressionné le vrai Hawking pour qu'il prête sa propre voix synthétique à la deuxième moitié du film.
Et la science, dans tout ça? Elle est bien présente, à la fois dans le merveilleux générique de fin et dans les propos de Hawking, pour lequel le côté privé n'est jamais complètement séparable de son travail. The Theory of Everything nous restitue un portrait complet et accessible d'un esprit complexe, dont le génie et le sens de l'humour restent enviables.