Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07048.jsonl.gz/3

Le Premier ministre japonais Shinzo Abe a déclaré envisager la construction de nouveaux réacteurs, malgré l'opposition d'une grande partie de la population au nucléaire. Il veut aussi remplacer les excuses faites en 1995 pour les souffrances causées durant la deuxième guerre mondiale.
Les principaux médias nippons ont relayé lundi des propos tenus par M. Abe dimanche sur la chaîne de télévision privée TBS, au lendemain de sa visite sur le site de la centrale Fukushima Daiichi, gravement endommagée après le tsunami du 11 mars 2011.
"Les nouveaux réacteurs seront différents de ceux construits il y a 40 ans, de ceux de Fukushima Daiichi qui ont entraîné la crise", a dit M. Abe, d'après un extrait cité par le quotidien "Mainichi". "Nous les construirons en expliquant au public à quel point ils sont différents, de façon à gagner sa compréhension", a-t-il ajouté selon un autre extrait de cette interview rapporté par le journal "Nikkei".
Considéré comme plus favorable à l'énergie nucléaire que le gouvernement de centre-gauche sortant, le conservateur Shinzo Abe avait jusqu'ici simplement fait savoir qu'il accepterait le redémarrage des réacteurs jugés sûrs par l'Autorité de régulation.
Sur les 50 réacteurs du Japon, 48 sont maintenus à l'arrêt à cause des nouvelles mesures de sécurité exigées depuis l'accident de Fukushima. Quelque 160'000 personnes ont quitté la région contaminée dont une partie est devenue totalement inhabitable et le démantèlement des réacteurs endommagés devrait durer une quarantaine d'années.
Excuses à "remplacer"
Considéré comme un "faucon" en matière de politique étrangère, M. Abe a par ailleurs annoncé son intention de remplacer les excuses officielles faites en 1995 pour les souffrances causées pendant la Seconde Guerre mondiale.
Ces excuses avaient été formulées "par le Premier ministre du Parti socialiste Tomiichi Murayama", a-t-il déclaré dans une interview au quotidien conservateur "Sankei". "Je veux publier un communiqué tourné vers l'avenir, adapté au XXIe siècle", a-t-il dit, précisant qu'il consulterait des experts sur les détails et la date de publication du communiqué.
M. Abe souhaite par ailleurs desserrer les contraintes de la constitution pacifiste japonaise adoptée après guerre. A son arrivée au pouvoir en 2006, il avait fait passer un amendement à une loi sur l'éducation visant à "restaurer le patriotisme" dans les programmes scolaires.