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Les chiffres
Le nombre d’animaux utilisés à des fins scientifiques à l’Université de Genève est déclaré chaque année aux autorités cantonales et fédérales. Les données provenant de chaque canton sont ensuite publiées sur le site de l’Office Fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV).
Les expériences sur les animaux sont classées par degré de gravité. Selon le principe des 3R, il faut limiter autant que possible la contrainte infligée aux animaux, par exemple: en utilisant les techniques les moins contraignantes selon l’état de connaissance actuel, en procurant les analgésiques et anesthésiques adaptés, en surveillant l’état des animaux.
L’échelle de contrainte
En 2020, 5.4% des animaux utilisés à l'UNIGE ont subi une contrainte sévère, 43.3% une contrainte moyenne, 38.0% une contrainte légère, et 13.3% aucune contrainte.
13.3% - Degré 0 - Absence de contrainte
Le degré de gravité 0 est attribué lorsqu’il y a absence de contrainte, comme les études observationnelles ou les études post-mortem. Exemples: observation du comportement, analyse de tissus post-mortem.
38.0 % - Degré 1 - Contrainte légère
Le degré de gravité 1 est attribué en cas de contrainte légère, par exemple des douleurs ou des dommages légers et de courte durée. Exemples: prises de sang répétées dans un laps de temps de 24h.
43.3% - Degré 2 - Contrainte moyenne
Le degré de gravité 2 est attribué en cas d’interventions et manipulations sur des animaux qui occasionnent aux animaux des douleurs, des maux ou des dommages soit de degré moyen et de courte durée, soit légers et de durée moyenne à longue, soit une anxiété moyenne de courte durée, soit une perturbation importante et de durée courte à moyenne de leur bien-être général. Exemples: greffe d’îlots pancréatiques sur animaux diabétiques, autres chirurgies.
5.4% - Degré 3 - Contrainte sévère
Le degré de gravité 3 est attribué lorsque la contrainte est sévère. Exemples: modèles animaux de sclérose en plaques, chirurgies cardiaques.
Les chiffres de l'année 2020
|Type d'animal||Nombre d'animaux|
|Souris||24453|
|Rats||1968|
|Reptiles||156|
|Lapins||49|
|Autre petits mammifères||39|
|Poissons||36|
|Porcs / Miniporcs||31|
26’732 animaux ont été utilisés en expérience en 2020; 92% de ces animaux étaient des souris. 39% étaient génétiquement modifiés; le poisson-zèbre, la souris et le rat sont les trois seules espèces avec des lignées génétiquement modifiées utilisées à l’UNIGE. Ces animaux ont été utilisés par 87 groupes de recherche, détenteurs de 290 autorisations au total. À noter que certaines autorisations actives n’ont pas mené à l’utilisation d’animaux durant l’année.
82’703 animaux ont été élevés ou importés dans les animaleries en 2020. Dans le cas de la souris et du rat, ce nombre représente les animaux sevrés 21 jours après la naissance; dans le cas des poissons, il s’agit d’animaux qui se nourrissent par eux-mêmes (pour le poisson-zèbre, espèce de poissons la plus utilisée en recherche: à partir de 5 jours après fécondation de l’oeuf).
88% des rats, 34% des souris, 0.4% des poissons élevés ou importés ont été utilisés pour des expériences. Ces différences entre nombre d’animaux utilisés en expérience versus nombre d’animaux élevés s’expliquent principalement par le nombre élevé de lignées génétiquement modifiées de souris et poissons, qui nécessitent un effort d’élevage important. Dans le cas des poissons, le faible rapport s’explique par le fait que la plupart des expériences sont effectuées sur des individus âgés de moins de 5 jours. En effet, en accord avec l’Ordonnance pour la protection des animaux (OPAn), les larves de poissons qui ne se nourrissent pas encore par elles-mêmes peuvent être utilisées sans demander une autorisation aux autorités cantonales, c’est pourquoi elles ne sont pas répertoriées dans les statistiques sur l’expérimentation animale. En revanche, les animaux adultes élevés uniquement pour produire ces larves sont comptabilisés dans les animaux élevés.
Le nombre d’animaux utilisés pour des expériences ou élevés/importés en animalerie diminue depuis 2018. Toutefois, les données de l’année 2020 ne sont pas comparables avec celles des années précédentes en raison de la suspension par les autorités fédérales et cantonales pendant 2 mois des activités de recherche pour contrer la pandémie de COVID-19.
Le pourcentage d’animaux qui ont subi une contrainte sévère (degré 3) a augmenté en 2020, tendance déjà visible en 2019. Cela s’explique par une nouvelle classification des degrés de gravité publiée par l’OSAV fin 2018 et appliquée aux nouvelles demandes: des expériences précédemment classées en degré 2 sont désormais classées en degré 3.