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Porter un nom à consonance étrangère est un désavantage lors d'une élection
Une chute vertigineuse dans les rangs de la liste électorale: c'est ce à quoi peuvent s'attendre les candidats qui portent des noms à consonance étrangère. Les citoyens ont en effet tendance à les biffer et la chute et d'autant plus lourde pour les noms aux racines africaines, turques ou balkaniques.
Plusieurs places perdues
Plusieurs études universitaires ont observé ce phénomène en Suisse. Une recherche de l'Université de Genève (UNIGE) a par exemple constaté que lors des élections cantonales de 2015, les noms d'origines étrangères perdaient en moyenne quatorze places sur la liste, et cela à gauche comme à droite.
Une étude conjointe des universités de Lucerne et Genève, parue il y a deux ans, a analysé quelque 600'000 bulletins de vote lors des dernières élections fédérales. Résultat: les noms étrangers sont plus biffés, mais également moins ajoutés sur les listes.
Les compétences avant le nom
A Genève, tous les partis constatent ce phénomène, mais aucun n'a décidé de prendre des mesures, comme mettre des quotas ou remonter les candidats concernés pour compenser ce handicap, comme certains pouvaient le réclamer.
Onzième sur la liste des Verts pour l'élection au Grand Conseil, Angèle-Marie Habiyakare, 20 ans, n'a pas peur de ce constat. "Peut-être que mon nom de famille a une consonance étrangère, mais je suis née à Genève. Je suis Genevoise. J'aimerais que les gens votent pour la personne et non pas pour un nom de famille", déclare la candidate écologiste dans La Matinale.
Yousri Swali est 57e sur la liste sur PLR genevois. Le candidat de Chêne-Bourg pense lui aussi que les compétences devraient compter davantage. "Je n'ai pas du tout envie d'être la victime de mon nom. J'en suis fier et je pense être au sein d'un parti qui reconnaît la compétence avant l'identité", explique-t-il.
Mohamed Musadak/jfe