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03/11/2015
La radio?mais c'est très simple! (1)
Wladimir Sorokine persuadait en encourageant son étudiant, le jeune Strauss, alors ingénieur en formation, "la radio? mais c'est très simple! ", si facile que la TSF (télégraphie sans fil) changera sa vie.
Il a alors 20 ans, nous sommes en 1942, l'année de la rafle du Vélodrome d'Hiver, c'est-à-dire en pleine guerre, il est appelé à partir en Allemagne pour un STO (service du travail obligatoire) qui l'aurait immédiatement conduit dans un camp de concentration avec son nom juif.
Le jour du départ, il est à la gare avec un ami appelé comme lui, tous deux placent leur valise dans les filets du train, au-dessus des banquettes en bois. Ils retournent sur le quai rejoindre leurs amies, s'asseyent, une petite faim leur rappelle le pic nic de Strauss. Adorablement emballé dans une serviette à carreaux blancs et rouges, à l'intérieur quelques délices mitonnés par sa grand-mère, un parfum subtil se dégage de ce trésor qui chatouille délicieusement les narines. Tout à leur joie, les deux jeunes se demandent finalement ce qu'ils vont faire en Allemagne, alors qu'il fait si bon vivre. Leur décision est prise, ils décident de laisser le train filer avec leurs bagages condamnés aussitôt à la clandestinité.
Strauss trouve un emploi de réparateur de radio, dans l'arrière-boutique d'un magasin dont le mari de la gérante est prisonnier en Allemagne.
Elle lui donne les clés de l'atelier, le jeune homme se glisse sans bruit dès minuit et travaille jusqu'à l'aube à dépanner les postes de radio des clients du magasin. Pour communiquer, ils se glissent des billets. Par ailleurs, l'ingénieur radio se faufile dans les sous-sols d'une villa pour réparer les récepteurs-émetteurs des résistants et poser sur les radios des anti-brouilleurs, des cadres Goniot leur permettant d'écouter Radio-Londres.
Durant deux ans, il se tapit et ne sort que la nuit en rasant les murs. Il étouffe dans cet univers confiné à échapper au contrôle de l'armée allemande et de la milice française.
En se rendant au travail, la gérante du magasin lui a gribouillé un mot d'une écriture maladroite:"un client très content de la réparation de sa radio aimerait te rencontrer et te remercier, voici son nom: "Herr Kommandant Von Wekker, à la kommandatur". Le jeune reste interloqué à la lecture du nom. Une folie ! Il décide de se rendre en personne au QG allemand et de se présenter , il n'en peut plus de se cacher jour et nuit.
Il se tient debout devant les soldats qui font le guet à l'entrée de la commandature. Il prononce le sésame : "Herr Kommandant Von Wekker", les hommes se raidissent comme des piquets en claquant leurs bottes et désignent l'étage et le bureau du gradé. Notre jeune monte lentement les escaliers comme pour se rendre à l'échafaud!
(suite à venir)