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Continuum
Nous parlons constamment du temps. „As-tu le temps pour prendre un café“ ou „je n’ai pas assez de temps pour finir ce que je dois faire“ …
Ce que nous exprimons en vérité est la durée, entre le levé et le couché du soleil par exemple. Le temps est un élément réel dont nous ressentons concrètement le passage / la durée presque comme nous nous représentons un objet réel. Mais quand le temps s’allonge et devient long, il est pour nous plus compliqué à comprendre. Le „temps d’une vie“ nous est difficile à concevoir. Nous nous réveillons chaque matin et nous nous endormons chaque soir, mais sommes-nous conscients que la durée pour laquelle nous sommes ici s’épuise lentement. Quant aux durées plus longue (qu’une vie humaine), elles sont pour nous un mystère. Nous sommes incapable de nous représenter ou d’imaginer les millions d’années de l’histoire de la terre. Ainsi que le concept d’éternité, qui nous laisse perplexe.
Au début de l’histoire des hommes, la perception du temps devait être différente. La vie se déroulait au gré des mouvements du soleil, des saisons et d’autres phénomènes naturels. Pour pouvoir fixer une structure compréhensible pour tous, l’homme eut l’idée de diviser le temps en séquences définies toujours plus courte. Avec l’avancée de la technique, des appareils de mesure furent créés (montres, horloges, chronomètres). Le temps fut alors divisé (heures, minutes, secondes, etc) et il devint ainsi un élément concret, compris de tous.
Mais est-ce que ce système représente le temps de façon adéquate? Existe-t-il vraiment un „temps objectif“, valide et applicable à tous les êtres et à toutes les situations? Nous avons tous fait l’expérience du temps qui passe différemment en fonction de l’expérience vécue… Lorsque nous sommes impatients, le temps semble ralentir et quelques minutes nous semble devenir une éternité. Alors qu’à l’inverse, quand nous faisons l’expérience d’un moment de plénitude, le temps passe vite et semble nous filer entre les doigts. Le temps est donc relatif et personnel. On pourrait même dire qu’il est dans nos esprits et que chacun ressent différemment sa durée.
C’est dans ces réflexions que la pièce „Continuum“ prend ses racines. Nous essayons d’illustrer le temps par le mouvement, nous expérimentons : en l’arrêtant, en ralentissant sa progression, en le faisant aller en arrière… La chorégraphie représente aussi le fait que le temps est relatif, les danseurs n’évoluent donc pas nécessairement dans les mêmes systèmes spatio-temporels.
Le temps d’une pièce, le temps de prendre le temps, le temps de donner son temps. Un instant de 2014.