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18/03/2012
Sorina Sandu - Une poétesse roumaine aux Pâquis
Sorina Sandu, jeune poétesse roumaine vivant et étudiant à Genève la littérature française, a succombé sous le charme du 63, rue de Berne.
Sorina Sandu est née le 14 février 1980 à Craiova, une ville au Sud de la Roumanie.
Elle a fait ses études en Théologie et Littérature à l'Université de Craiova. En Roumanie, elle travaille au début à la radio et à la télévision. Plus tard elle devient professeur de théologie et roumain. Depuis cinq ans, elle fait des études et travaille à Genève. Sorina Sandu a créé ses premières poésies très tôt, avant même d'apprendre à lire et à écrire. Vers l'âge de 15 ans elle a commencé à publier dans les revues de sa ville natale. Son premier volume de poésies, « Le temps des rêves », a été publie en 1998, aux Editions de la Fondation « Dor » de Craiova. Sorina Sandu a aussi publié ses poèmes dans la revue "L'Echo Magazine" ainsi que des d'aphorismes dans la revue "Itinéraires" à Lausanne . Elle compte à son actif d'autres publications de recueils de poèmes en Roumanie et des poèmes traduits en Anglais et publiés en Australie.
Sorina Sandu s'est toujours intéressée a la littérature. La lecture est sa passion principale. Parmi les écrivains qui l'inspirent, on compte : Rainer Maria Rilke, Emil Cioran, Antoine de Saint-Exupéry, Hermann Hesse, Paul Celan.
RUE DE BERNE 63
Je me promène sur la rue de Berne
Près des arbres, près du lac
Qui s'offre aux passants
Comme un pain quotidien
***
Au numéro 63
J'ai rencontré le maître des brochures colorées
Il se taisait beaucoup
Pour attirer les regards des oiseaux
De temps en temps il fermait les volets
Pour oublier la lumière de la rue,
La lumière comme une belle de nuit
Déchirant la tendresse du silence.
***
Il m'a regardée les yeux mi-clos
Et pour un instant j'ai cru
Que j'étais seule dans cette ville,
Et que cet homme n'était que l'ombre du lac,
Ou le cri d'une mouette.
« Monsieur, vos brochures
Sont-elles remplies de poèmes,
Ou d'oiseaux en colère ?
Pourquoi tenez-vous autant de poupées aveugles
Sur votre bureau ?
Et pourquoi fermer les volets en pleine journée !?
Il n'y a pas assez de lumière sur cette rue, Monsieur,
Il n'y a ni tables, ni chats
Il ne reste que votre fenêtre
(On dit que les autres ont quitté le pays)
Il n'y a que la longue rue de Berne qui demeure dans cette ville
Où les yeux de poisson
Lisent les visages des passants
Comme on lit de vieux journaux,
Où les algues tombent amoureuses au crépuscule.
Je ne reste pas longtemps ici,
Rien qu'une minute
Le temps de dire bonjour à cette fenêtre
Et de ramasser
Quelques lettres égarées
***
Restez au bord de la fenêtre, Monsieur,
Regardez tous ces mots, pèlerins sans bagages,
Qui battent comme le cœur d'un enfant,
Tous ces arbres qui passent en chantant...
On peut marcher très loin, Monsieur !
La joie est ailleurs