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Dans la continuité de ma thèse (1993), centrée sur la Critique de la faculté de juger, j’ai engagé une réflexion sur l’art (Définir l’art, 1998) et sur la vie (Penser la vie, 2004), en prenant en compte la révolution conceptuelle opérée dans ces deux domaines au XXe siècle.
Elle se prolonge actuellement dans un travail sur la rhétorique, d’une part, et sur la culture, d’autre part. L’analyse du concept de culture engage à la fois une réflexion sur le vivant, et notamment la distinction entre l’animal et l’humain, puisque l’éthologie contemporaine n’hésite plus à parler de « culture animale », et sur la théorie de l’art, puisque l’art est traditionnellement compris, avec la mythologie et la religion, parmi les fondements de la culture. Dans cette réflexion, la confrontation avec une figure de l’histoire de la philosophie domine : Platon. C’est en effet dans la critique du platonisme que s’origine, pour une grande part me semble-t-il, la pensée contemporaine.
Source du texte : université Paris 1
Alain Seguy-Duclot (1961) est maitre de conférences à l’université François Rabelais de Tours. Il est aussi, ou surtout, l'auteur d'un commentaire rare sur le Parménide de Platon (1998), en particulier de la seconde partie, si peu estimée de nos jours, en raison de son apparence sophistique, et cependant à l'origine du courant néoplatonicien - qui peut se résumer dans un développement de son exégèse. Nous aurons l'occasion d'y revenir en détail.
Mentionnons aussi un dialogue truculent sur le dialogue du Théétète (2005).
Bibliographie :
- Le Parménide de Platon ou le jeu des hypothèses, Paris, Belin, 1998.
- Définir l’art, Paris, Paris, Odile Jacob, 1998.
- Mesure et démesure dans le Gorgias de Platon, in Mesure et démesure, Paris, Belin, 2003.
- Penser la vie, enquête philosophique, Paris, Ellipses, 2004.
- Le Théétète de Platon, dialogue sur un dialogue, Paris, Belin, 2007
- Culture et civilisation, Ed. du Cerf, 2010.
- Recherche sur le langage, Ed. Vrin, 2011.
- La réalité physique, Ed. Hermann, 2013
Travaux universitaires :
- La notion d’infini dans la philosophie de Plotin (Maitrise)
- Le problème de la déclinaison chez Épicure et Lucrèce (DEA)
- La liberté de l’imagination transcendantale dans le criticisme kantien (Doctorat)
Articles voir :
CV et bibliographie détaillée : Université Paris 1
En ligne :
Conférence filmée à l'Université de Strasbourg :
Les usages du vivant : enjeux des biotechnologies
Continent sciences par Stéphane Deligeorges
La réalité physique 08.09.2014
Extraits du livre voir la page : La réalité physique
La philosophie part traditionnellement du sens, compris comme sens conceptuel, dans le cadre du langage humain. Mais partir du sens conceptuel conduit à un paradoxe : on ne peut définir ni la notion de concept, ni même celle de sens. L’ensemble du processus définitionnel, constitutif historiquement de la démarche philosophique, se trouve alors remis en cause. Pour échapper aux principales apories de la sémantique conceptuelle, l’ordre de l’analyse doit être inversé. Partir non du langage humain et du sens conceptuel, mais d’une théorie générale de la communication, qui travaille, comme dans la communication intercellulaire, sur les échanges de signaux dotés non de sens, mais d’information et d’efficace pragmatique. Puis considérer l’émergence du sens dans le cadre des langages animaux, en dehors de toute visée conceptuelle. Enfin, dans un troisième temps seulement, passer à l’étude du langage humain, compris comme le produit émergent le plus complexe de l’évolution communicationnelle et linguistique.
Quatrième de couverture de : Recherche sur le langage
Source du texte : Ed. Vrin
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La simplicité en art.
L’objection est toutefois évidente : que faire de la simplicité en art ? Une simplicité tellement radicale que l’on peut trouver dans certaines œuvres contemporaines, notamment dans les arts plastiques, des productions qui semblent remettre en cause les critères de richesse matérielle et de complexité architecturale.
Ces œuvres sont l’équivalent d’un geste simple. Mais comment évalue-t-on un geste simple ? De façon purement subjective ? Ne peut-on distinguer objectivement le geste d’un maître et celui d’un débutant ? Le simple renferme souvent une très grande complexité, et ses critères d’évaluation peuvent être nombreux. Prenons l’exemple des arts martiaux : un coup du tranchant de la main. Évidemment, un profane assistant à une démonstration peut très bien se tromper : le vieux maître est sévère et bedonnant, alors que le débutant est svelte et sympathique. Il peut préférer regarder la démonstration du débutant. Mais l’expert, lui, voit la plus ou moins grande souplesse du geste, sa plus ou moins grande rapidité d’exécution, il voit si aucune de ses étapes n’a été oubliée, il reconnaît ou non un style original, il observe si ce geste s’est accompli dans la continuité totale du corps ou s’il en a été coupé mécaniquement, il en estime la force, il remarque en quel point le coup est appliqué, selon quel angle, et pour finir, même si le coup n’est pas porté, il en évalue la plus ou moins grande efficacité. On objectera : les arts martiaux ne sont pas de l’art ! Est-ce si sûr ? Lorsque les coups ne sont pas portés, les kata deviennent des danses guerrières, et l’on peut parler à juste titre de « kata artistique ».
L’art est par nature aristocratique : les œuvres géniales sont l’exception et non la règle. On ne le démocratise pas en niant les différences de valeur dans un nihilisme subjectif, mais en donnant accès aux plus grandes œuvres à tous, sans distinction d’aucune sorte.
Source (et suite) du texte : Les jugements esthétiques sont-ils irréductiblement subjectifs ? art critic
Extrait de : Définir l'art (voir l'encarté en bas de page)
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