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Maladie de Parkinson: la dépister à partir des glandes salivaires
Parkinson. Nous connaissons tous les signes principaux de la maladie qui porte le nom de James Parkinson (1755-1824). Cette affection neurologique chronique d’origine dégénérative est la conséquence de la destruction (d’origine inconnue) de neurones situés dans une région très précise du système nerveux central. Elle apparaît généralement chez ceux qui en souffrent à un âge compris entre 45 et 70 ans. La maladie de Parkinson se caractérise par une série de handicaps moteurs et psychologiques particulièrement invalidants: ralentissement général de la motricité, raideur des membres, tremblements etc.
Depuis près de deux cents ans qu’elle a été identifiée et décrite, cette maladie est toujours diagnostiquée à partir de signes cliniques. Il n’existe pas de test biologique réalisable à partir, par exemple, d’un prélèvement de sang. Cette situation est fréquente avec les maladies neurologiques au premier rang desquelles la maladie d’Alzheimer. Ceci fait qu’un nombre non négligeable de malades concernés sont mal diagnostiqués ou diagnostiqué en retard. Or voici qu’une équipe de médecins et de chercheurs américains annonce avoir mis au point un premier test, expérimental, permettant un diagnostic biologique, objectif, de la maladie de Parkinson. Leur travail doit être présenté dans le détail en mars à la réunion annuelle de l’American Academy of Neurology qui se tiendra à San Diego. On en connaît d’ores et déjà les grandes lignes.
Ce travail a été conduit sous la direction du Pr Charles Adler, spécialiste de neurologie à la célèbre Mayo Clinic (Arizona) en collaboration avec le Banner Sun Health Research Institute. Il laisse espérer que désormais l’analyse fine d’une partie d’une glande salivaire permettra de diagnostiquer la maladie. Des études précédentes avaient déjà montré (à partir d’autopsies de patients décédés) la présence de protéines anormales associées à la maladie dans les glandes salivaires sous-maxillaires situées sous la mâchoire inférieure. L’étude montre qu’il est possible d’avoir une telle approche sur des patients vivants.
Le Pr Charles Adler et son équipe ont mené leur étude auprès de quinze patients, âgés en moyenne de 68 ans et atteints de la maladie de Parkinson depuis environ une douzaine d’années. Ils ont pratiqué des biopsies de la glande sous-maxillaire et des glandes salivaires dites mineures situées dans la cavité orale. Les tissus ainsi prélevés ont été testés pour certaines des protéines spécifiques de la maladie de Parkinson. Elles ont été retrouvées chez neuf des onze malades chez lesquels un volume suffisant de tissu avait pu être prélevé. Les résultats sont meilleurs avec les biopsies des glandes sous-maxillaires qu’avec celles de la cavité orale.
Pour le Pr Adler, cette étude fournit la première preuve directe de l'utilisation de biopsies des glandes sous-maxillaires comme test diagnostique pour les patients vivants avec la maladie de Parkinson. Cette découverte peut selon lui être d'une grande utilité lorsqu'on a besoin de preuve définitive de la maladie de Parkinson, en particulier lorsque l'on envisage la chirurgie avec stimulation cérébrale profonde, un traitement actuellement en plein développement. «Cette procédure permettra de réaliser un diagnostic beaucoup plus précis de la maladie de Parkinson, plus précis que ce qui est aujourd’hui disponible, ajoute l’un des membres de l’équipe. Un des plus grands impacts potentiels concerne les essais cliniques. A l'heure actuelle certains des patients soumis à des essais cliniques n'ont pas nécessairement la maladie de Parkinson, ce qui constitue un frein à l'essai de nouvelles thérapies.»
Il existe aussi dans la maladie de Parkinson un autre espoir thérapeutique qui connaît aujourd’hui un regain d’intérêt: celui des greffes de cellules cérébrales d’origine fœtale. Cinq tentatives sont prévues au début de cette année à l'hôpital universitaire de Lund (Suède), dans le cadre de l'étude européenne Transeuro. Ce sont les premières interventions de ce type pratiquées en Europe depuis une dizaine d’années. L'étude Transeuro, menée par l'Université de Lund, aborde ainsi une nouvelle étape de la lutte contre cette maladie. L’équipe du spécialiste neurologie Olle Lindvall avait déjà été à l’origine d’une méthode de transplantation de cellules nerveuses. En 1987, la première tentative neurochirurgicale sur un patient avait été qualifiée d’historique: elle marquait la première réparation du système nerveux humain par thérapie cellulaire. «Depuis les progrès réalisés dans les années 1980 et 1990, la recherche a rencontré de nombreux obstacles. Au début des années 2000, deux études américaines ont donné des résultats négatifs, suggérant une forme d’impasse pour cette approche thérapeutique» rappelle le Pr Anders Björklund (Lund).
Ces chercheurs estiment que la thérapie cellulaire demeure une source potentielle majeure de bénéfices thérapeutiques contre la maladie de Parkinson. C’est ainsi qu’un tiers des personnes ainsi transplantées ont bénéficié de ses avantages sur une très longue période sans médicament et dans certains cas durant une vingtaine d’années. Ce qui constitue une prouesse dans le traitement d’une maladie nécessitant un traitement médicamenteux très exigeant, et dont les effets vont commencer à se réduire après plusieurs années.