Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07046.jsonl.gz/706

Critique
Allen Coulter travaille surtout pour la télévision. Ses essais au cinéma, HOLLYWOODLAND (2006) et maintenant REMEMBER ME, cherchent peut-être à démontrer sa volonté d’être considéré comme un auteur. Cela expliquerait le côté laborieux de ce nouveau film pour grand écran. L’exploration d’une déchirure familiale qui en est l’argument est construite sur un socle de bonne volonté, mais à trop vouloir en faire, le réalisateur rate un bon sujet.
Tyler (Robert Pattinson) est en révolte contre son père (Pierce Brosnan), riche homme d’affaire new-yorkais peu enclin à écouter sa famille. Alors que son frère aîné vient de se suicider, il cherche à protéger sa petite sœur (Rubin Jerins), enfant fragile et artiste, très marquée par le désintérêt de son père. Dans ce contexte difficile, Tyler accumule les bêtises. Comme celle de vouloir se venger d’un policier qui ne l’a pas compris, en fréquentant sa fille (Emilie de Ravin).
REMEMBER ME bénéficie d’une bonne distribution d’acteurs, mais souffre d’un scénario trop ampoulé. Alors que le réalisateur campe des personnages touchants et évite le manichéisme, il noie le conflit familial dans des dialogues bavards, un humour de potache et un surnombre de sujets parallèles qui n’aboutissent à rien. Un seul exemple: la conclusion doit faire appel aux attentats du 11 septembre pour parvenir à écrire le mot «fin».
Geneviève Praplan