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On s’intéresse beaucoup à la prévention des styles de vie défavorables mais peu aux comportements susceptibles d’être protecteurs pour la santé. Quelques études récentes suggèrent qu’une attitude positive pourrait diminuer la mortalité, en particulier cardiovasculaire. Toutefois, il est difficile d’isoler l’effet de l’optimisme, qui est souvent influencé par d’autres facteurs comme le niveau socio-économique, la dépression ou encore la présence de problèmes de santé. Certains comportements de santé (comme l’activité physique, le sommeil ou l’alimentation) pourraient également avoir une influence sur l’optimisme, voire médier la possible association entre optimisme et mortalité.
Dans cette étude, les auteur(e)s ont évalué le lien qui existe entre le degré d’optimisme et la diminution de mortalité en tenant compte des divers facteurs pouvant influencer cette relation. Ils ont utilisé les données de la Nurses’ Health Study, une importante cohorte rassemblant plus de 120 000 infirmières dans les années 70. Pour cette analyse, les auteurs ont pris comme point de départ la première fois où l’optimisme a été mesuré (2004) et ont suivi un collectif de 70 000 infirmières, âgées en moyenne de 70 ans sur 10 ans. Le degré d’optimisme était mesuré avec une échelle validée de 6 questions (Life Orientation Test Revised) et les participantes classées en 4 catégories correspondant aux quartiles. Les participantes les plus optimistes avaient un risque de mortalité inférieur de 29 % comparé à celles classées dans le quartile inférieur (Hazard Ratio 0,71 ; IC 95 % : 0,66-0,76). L’ajustement à la dépression et aux facteurs socio-économiques diminuait faiblement cette association sans l’annuler. L’ajustement à l’état de santé et en particulier aux comportements de santé diminuait par contre davantage l’association avec, dans le modèle final ajusté à toutes les variables, une diminution significative de 9 % de la mortalité (HR 0,91 ;IC 95 % : 0,85-0,97). Lorsque les causes spécifiques de mortalité étaient étudiées, un haut degré d’optimisme était associé à une diminution du risque de décès d’origines cardiovasculaire, cancéreuse et, de façon surprenante, également aux décès d’origines respiratoire et infectieuse.
Commentaire : S’il est difficile de généraliser les résultats de cette étude à d’autres populations que celle étudiée et de conclure à un lien de causalité, cette étude a le mérite de soulever certaines hypothèses. En effet, l’optimisme serait associé à un meilleur profil lipidique, à des marqueurs inflammatoires plus bas ou encore à des taux sériques plus élevés d’antioxydants et une meilleure réponse immune. Est-ce l’optimisme ou d’autres facteurs confondants non mesurés? Il est difficile de le dire sur la base d’une telle étude. Mais l’optimisme étant modifiable – et a priori dénué d’effets secondaires – cela ne mange pas de pain de se souhaiter le meilleur pour la nouvelle année et de croire qu’elle nous sera bénéfique !