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La Russie a annoncé dimanche avoir procédé avec succès au tir d'essai d'un nouveau missile hypersonique qualifié par le président Vladimir Poutine d'"arme invincible". Les nouvelles armes russes laissent toutefois Washington indifférent.
Le missile "Kinjal" ("Poignard") se trouvait à bord d'un chasseur russe MiG-31 ayant décollé de l'aéroport du district militaire sud, a indiqué le ministère russe de la défense dans un communiqué. L'essai "s'est déroulé comme planifié, le missile hypersonique a atteint sa cible", a-t-il affirmé, précisant que le missile avait été déployé dans ce district militaire dès le 1er décembre.
Dans une vidéo diffusée sur Youtube par le ministère de la Défense, deux pilotes montrent l'engin rivé sous le MiG-31, puis le chasseur russe décoller et atterrir, sur fond de musique guerrière.
Les missiles "de haute précision 'Kinjal' sont destinés à détruire des cibles terrestres et maritimes", a rappelé le ministère, ajoutant qu'"il n'existe pas d'équivalent au missile 'Kinjal' dans le monde".
Armes "invicibles"
Les MiG-31 ont dû être modernisés afin de pouvoir transporter les "Kinjal", a précisé sur Facebook le vice-Premier ministre Dmitri Rogozine. Ce premier tir d'un missile "Kinjal" intervient à une semaine de l'élection présidentielle du 18 mars, que Vladimir Poutine est quasiment assuré de remporter.
Dans un discours au Parlement le 1er mars, M. Poutine avait assuré que la vitesse des "Kinjal" était dix fois plus élevée que celle du son et pouvaient déjouer les systèmes antimissiles existants.
Dans cette même allocution, le président russe a affirmé que ces missiles ainsi que d'autres nouvelles armes russes "de portée illimitée", "hypersoniques" ou laser, étaient "invincibles". Il avait alors invité les Occidentaux à prendre la mesure de la puissance militaire retrouvée de la Russie, tout en assurant qu'il "ne menaçait personne".
Indifférence américaine
Cette course aux armements sophistiqués ne modifie pas la vision stratégique des Etats-Unis et "ne nécessite aucun changement dans notre politique de dissuasion", a assuré dimanche le secrétaire américain à la Défense Jim Mattis.
"Lorsque j'ai regardé les extraits de ce que (Poutine) a dévoilé sur les vidéos" lors de son discours du 1er mars, "je n'ai vu aucun changement dans la capacité militaire russe, et chacun des systèmes dont il parle, qui sont encore à plusieurs années d'échéance, je ne les vois pas modifier le rapport (de force) militaire", a estimé le responsable américain, en visite dans le sultanat d'Oman.