Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07201.jsonl.gz/913

Zürich, 29.08.2017
La Suisse pourrait pratiquement doubler son utilisation de biomasse pour la production de chaleur et d’électricité, selon une étude de l'institut WSL. Avantage: cette énergie peut être régulée plus facilement que l'éolien et le solaire.
La biomasse est un matériau précieux, mais la mise à disposition des ressources ou la transformation énergétique sont encore souvent trop onéreuses, a indiqué mardi l'Institut de recherche sur la forêt, la neige et le paysage (WSL) dans un communiqué.
Le bois est la biomasse la plus abondante en Suisse. Mais des matières non ligneuses comme les fumiers, les déchets organiques, les boues d'épuration et les sous-produits de l'agriculture représentent également des sources d'énergie non négligeables.
Jusqu'ici, on ne connaissait pas les quantités de chaque type de biomasse en Suisse, dans quelles régions elles sont plus ou moins importantes et la proportion qui pourrait être utilisée à long terme. Ces potentiels viennent d'être évalués par l'équipe d'Oliver Thees, du WSL, dans le cadre du pôle de compétence pour la recherche en bioénergie SCCER Biosweet.
Disponibilité variable
Ces recherches ont montré que chaque année en Suisse, la biomasse peut fournir au maximum 209 pétajoules (PJ) d'énergie primaire, en grande partie à partir du bois de forêt et des fumiers. Cette énergie théoriquement disponible correspond, selon l'Office fédéral de l'énergie (OFEN), à celle de 4,8 millions de tonnes de pétrole ou encore 19% de la consommation brute totale de la Suisse.
Les quantités les plus importantes de biomasse se trouvent dans les cantons de Berne, Vaud et Zurich. Mais seulement 97 de ces 209 PJ sont disponibles de manière durable, c'est-à-dire respectueuse de l'environnement et rentable.
Car la biomasse de certains bois de forêt ou hors forêt ne peut être exploitée qu’à un coût élevé - par exemple dans les vallées de montagne difficilement accessibles ou sur les talus des routes et des voies ferrées. L’exploitation du bois est également limitée dans les réserves naturelles.
D'autres biomasses comme les fumiers et lisiers ne peuvent pas actuellement être utilisées partout de manière rentable, surtout parce que de nombreuses fermes n'en produisent pas en quantité suffisante.
Fumier et bois de forêt
Ce sont donc les potentiels durables qui sont intéressants: le bois de forêt et le fumier apportent, sur un total de 97 PJ, une proportion de 26 PJ, respectivement 27 PJ.
A cela s'ajoutent les biomasses originaires des déchets (bois usagé, parties organiques des déchets, déchets verts des foyers et du paysage, déchets organiques de l'industrie et des entreprises, boues d'épuration et bois résiduel) avec au total 37 PJ, et enfin les sous-produits agricoles et les bois hors forêt avec plus de 7 PJ.
La quantité de biomasse déjà utilisée aujourd'hui pour l'énergie s'élève à environ 53 PJ. D'après les résultats, il serait possible de produire durablement 44 PJ supplémentaires, surtout à partir des fumiers (+24 PJ), mais aussi du bois-énergie, déjà utilisé de manière intensive (+9 PJ). Par contre, les parties organiques des déchets vont diminuer, parce qu'elles sont de plus en plus collectées comme déchets verts.
Deux fois plus d’énergie
Ce calcul sur toutes les catégories montre qu'environ deux fois plus de biomasse par rapport à la situation actuelle pourrait être exploitée en Suisse pour la production de chaleur et d’électricité.
Cela correspondrait seulement à 9% de la consommation énergétique brute de la Suisse, mais la production d'énergie à partir de la biomasse peut être régulée plus facilement que l'éolien et le solaire, souligne le WSL. Ainsi, la biomasse est à même de compenser les fluctuations d'autres énergies renouvelables.
La vision du pôle de compétence Biosweet, consistant à contribuer d'ici 2050 à hauteur de 100 PJ à l'alimentation énergétique suisse avec la biomasse, semble tout à fait réalisable avec les ressources à disposition, conclut le WSL.