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En 1383, le comte cède à la Ville de Morges le droit de gabelle, appelé plus tard longuel, à savoir l'impôt sur la vente du vin dans la Ville et la châtellerie, pour le prix de 400 florins (plus de 30'000 de nos francs) !
Au début du 14ème siècle, la vigne domine le cadre rural immédiat de la Ville, et sa culture revêt un caractère de prééminente dignité sur celle des champs. Acquérir une vigne, c'est s'élever d'un degré décisif dans la hiérarchie des bourgeois: seule la plèbe citadine n'a aucune part dans la possession du vignoble. De plus, en ce temps où l'épargne ne peut être capitalisée sous les espèces modernes de la fortune mobilière, l'achat d'une vigne constitue un placement sûr.
Le produit varie toutefois capricieusement, selon les saisons, tant au niveau du prix que de la qualité ; mais il se conserve des années, au besoin, et cela sans courir trop de risques. De là, jusqu'en des temps tout récents (à savoir la deuxième guerre mondiale), Morges acquiert une extrême importance dans tout ce qui touche au vignoble. L'assise économique la plus générale et la plus solide de la « bonne bourgeoise » transparaît alors avec raison.
En 1663, un document introduit cet élément d'importance dans la vie de la région morgienne: « le principal fruit et revenu qu'aient les gens de Morges pour l'entretien tant de leur personne, femmes et enfants consiste en vin et au rapport de leurs vignes ».
En 1639, « il fut défendu à tout citoyen morgien de ne boire aucun vin étranger sous la menace d'être privé de leur bourgeoisie ou de leur habitation, et l'on entendait par-là, tout vin qui n'était pas du terroir morgien». L'autorité veillait jalousement à empêcher la vente au détail du vin « forain », c'est à dire qui n'était pas issus de propriétaires bourgeois fixés en ville.
En 1769, les éléments de la fortune publique de la ville de Morges sont, par ordre d'importance : les « montagnes », c'est à dire les pâturages, prés et forêts à la Vallée de Joux, et trois chalets d'estivage, le tout estimé à 60 000 livres ; dix-neuf poses de vignes taxées 26 000 livres (soit un peu moins de dix hectares, pratiquement la surface actuelle en propriété, 5 hectares étant de nos jours loués en sus) ; la Douane (ou Grandes Halles), deux moulins, des boucheries avec logements, divers immeubles en ville, les fours communaux et la forge etc. … pour un total d'environ 300 000 francs or.Total respectable, certainement ; et la gérance de ces biens dut coûter maintes peines. Le rapport annuel était très variable, car les vignes, par exemple, où les dîmes communales s'affermaient plus ou moins selon l'apparence des récoltes. D'autres circonstances pouvaient diminuer ces revenus comme en 1613, année de peste où le Conseil abaissa le prix de nombreux fermages, jusqu'à moitié.
Domaine de la ville - Ch. de la Morgettaz 2 - CH - 1110 Morges (VD) - Tél. 0041 21 802 17 76 -
Photos du haut: reportage Rainer Sohlbank. Création de sites internet © LemanSites.ch