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Selon une étude, les universitaires suisses vivent sept ans de plus que leurs compatriotes ayant uniquement terminé la scolarité obligatoire.Ce contenu a été publié le 25 mars 2006 - 17:05
Pour réduire ces inégalités face à l'espérance de vie, les auteurs de l'étude, la première du genre en Suisse, préconisent des adaptations dans la politique sociale.
La Suisse est l'un des pays où l'espérance de vie est la plus élevée – 77,9 ans pour les hommes et 83 ans pour les femmes. Mais elle varie beaucoup en fonction de la formation suivie, révèle une étude des universités de Berne et Zurich, publiée vendredi dans la revue «Swiss Medical Weekly».
Les chercheurs ont examiné la mortalité de la population suisse depuis le recensement de 1990. A l'âge de 30 ans, la différence d'espérance de vie entre un universitaire et une personne qui a arrêté ses études après l'école obligatoire est de 7,1 ans chez les hommes et de 3,6 ans chez les femmes.
A l'âge de 65 ans, l'écart entre les deux degrés de formation s'amenuise, mais reste de 3,5 ans chez les hommes et de 2,7 ans chez les femmes.
Conditions favorables
Chercheur à l'Institut pour la médecine sociale et préventive de l'Université de Berne, Adrian Spörri souligne toutefois que ce ne sont pas les heures passées sur des bancs d'école qui sont le critère déterminant.
Mais une formation universitaire permet le plus souvent de trouver un bon travail, offrant de meilleurs moyens financiers, un environnement social plus favorable et des conditions moins nuisibles à la santé.
«C'est la somme de ces différents facteurs qui joue un rôle déterminant dans l'espérance de vie», explique Adrian Spörri à swissinfo.
Groupe à risque
Les auteurs de l'étude observent que les hommes jeunes et d'âge moyen peu formés représentent un groupe à risque. Les causes de décès, dans ce groupe-là, sont les maladies cardio-vasculaires, le suicide, ainsi que les accidents, en particulier liés à l'alcool au volant.
Les hommes de cette catégorie d'âge et de formation sont aussi plus exposés au tabagisme, à l'alcoolisme et à l'obésité.
«Il faut absolument investir pour permettre aux jeunes hommes d'accéder à un niveau d'éducation supérieur», préconise Adrian Spörri.
«En Suisse, nous avons un système scolaire très sélectif. Et cette sélection intervient tôt. Celui qui manque le passage à l'école secondaire n'aura aucune chance de rattraper ce retard plus tard dans sa vie.»
Retraite flexible
Selon les chercheurs, les gens qui quittent l'école à 16 ans vont dans la plupart des cas exercer un travail manuel, physiquement plus pénible. Cela ne concerne en revanche pas tellement les femmes, constatent les auteurs de l'étude, d'où cette différence d'espérance de vie entre les sexes.
Les chercheurs concluent que leur étude pourrait être utile dans le cadre de la discussion sur l'âge de la retraite, par exemple. Ils soulignent que les résultats de la recherche plaident en faveur d'une retraite flexible.
«Ainsi les gens qui exercent un métier pénible physiquement pourraient prendre leur retraite plus tôt», ajoute Adrian Spörri.
swissinfo, Adam Beaumont
(Traduction de l'anglais: Alexandra Richard)
En bref
- En Suisse, l'espérance de vie est élevée: 77,9 ans pour les hommes et 83 ans pour les femmes. Seuls les habitants de Monaco et du Japon vivent plus longtemps.
- L'étude, menée par les universités de Berne et Zurich, se base sur le recensement de la population suisse de 1990. Les chercheurs ont observé les données de 3,06 millions d'habitants de Suisse alémanique.
- Les différences d'espérance de vie liées au niveau de formation étaient davantage prononcées chez les hommes – surtout jeunes – que chez les femmes.
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