Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07145.jsonl.gz/332

Un exemple de diversification : les bandes de fleurs sur les bords du champ. Image : Shutterstock
Agroscope, le centre de compétence suisse pour la recherche agricole, a contribué à évaluer l'effet de la diversification - c'est-à-dire la diversité des plantes cultivées – dans une méta-analyse regroupant 5 000 études. La conclusion de l'étude : dans deux tiers des études évaluées, la diversification dans les cultures amène de meilleures conditions de culture, permet de lutter contre le réchauffement climatique et l’érosion des sols.
De manière encourageante, l'évaluation exhaustive des résultats de plus de 5 000 études réalisées dans le monde entier montre que les solutions qui reposent sur la diversité naturelle et la diversité des pratiques agricoles ont le potentiel d'avoir un effet positif durable sur le rendement et la protection de l'environnement.
En effet, la diversification, également encouragée par le gouvernement fédéral, contribue à réduire durablement les gaz à effet de serre nocifs - tels que le CO2 et le méthane. D'autre part, elle contribue de manière significative à l'amélioration de la fertilité des sols et à une gestion prudente de l'eau - et donc à des rendements plus fiables. Par exemple, l'engrais vert ou l'intégration de prairies avec des mélanges de trèfles dans la rotation des cultures peut assurer la fertilité sans l'utilisation d'engrais artificiels synthétiques.
La diversification a aussi des effets positifs sur le rendement et la biodiversité. En effet, les systèmes agricoles diversifiés avec, par exemple, des bandes de fleurs en bordure des champs, favorisent les services écologiques, tels que la pollinisation par les insectes et la lutte contre les parasites.
L'étude montre également que la Suisse, avec son agriculture structurée à petite échelle, est en meilleure position en termes de diversité que les grands pays agricoles comme les États-Unis ou l'Allemagne, où les grandes monocultures dominent encore. Les conditions géographiques du pays rendent les monocultures à grande échelle pratiquement impossibles à cultiver.
L'ASGG constate que les plantes génétiquement modifiées actuelles n'offrent aucune solution en faveur de la diversification des cultures répondant aux défis futurs de l'agriculture et du changement climatique. Les applications existantes du génie génétique - qu'il soit ancien ou nouveau - ne traite que les symptômes causés par une pratique agricole intensive. Leur objectif est de maintenir l'agriculture intensive sous sa forme actuelle et même de promouvoir une intensification plus poussée combinant élevage intensif et monocultures. Les conséquences de ce type d’agriculture sont connues : érosion des sols, dégagement de gaz à effet de serre nocifs, perte de la biodiversité et pollution. C'est pourquoi les plantes génétiquement modifiées, principalement conçues pour la monoculture à grande échelle, ne représentent pas une alternative viable dans ce pays.
En outre, la coexistence des différents types de culture - biologique, conventionnelle et génétiquement modifiée - n'est pas possible si l'on veut garantir la liberté de choix. La contamination inévitable par du matériel végétal génétiquement modifié, par exemple, par pollinisation croisée, pourrait très rapidement conduire à des conflits de voisinage importants. Il est donc important que le moratoire actuel sur les plantes génétiquement modifiées soit prolongé après 2021 et étendu aux produits issus des nouvelles méthodes de génie génétique.
- Lien externe : Communiqué de presse d'Agroscope
- Lien externe : La publication originale dans « Science Advances »