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1837 : Victoria, princesse adolescente, monte sur le trône d'Angleterre. 1851 : la reine inaugure - au Crystal Palace de Londres - la première Exposition universelle. Ces deux dates sont des symboles. Ils jalonnent ce que les historiens appellent "la première période victorienne", une époque qui verra la vieille Angleterre devenir une civilisation industrielle, les coaches faire place aux chemins de fer. Au cours de ces quatorze années, la Grande-Bretagne va trouver une structure qui se prolongera dans un conservatisme rigoureux. Tout va se transformer, depuis le vocabulaire (apparition du gentleman) jusqu'à la misère (la plèbe des campagnes fournissant le prolétariat des villes). C'est le moment où un pays change de visage ; où, à côté des derniers grands seigneurs, s'enrichit une bourgeoisie aussi prétentieuse que son mobilier, où Karl Marx rédige Le manifeste, tandis que Dickens prend le relais de Balzac : une société nouvelle se développe à l'ombre des manufactures. Jacques Chastenet nous propose de la suivre, à tous les échelons de sa transformation ; dans la rue, au Palais où le ménage Albert-Victoria incarne l'idéal d'un peuple industrieux, à l'usine où l'utilisation de la machine et la fondation des Trade Unions annoncent l'ère industrielle, au collège où l'on met au point les règles du jeu de rugby.