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Les armoiries de la République et Canton du Jura: le symbole d'un héritage
1er janvier 1979. Cette date marque un évènement majeur dans l'histoire de la Confédération hélvétique.
Dans l'écusson officiel de la République et Canton du Jura figure la crosse épiscopale.
En effet, celle-ci accueille officiellement un nouvel Etat souverain au sein de son alliance séculaire. Cet Etat se nomme la République et Canton du Jura.
Après des décennies de lutte acharnée, menée sous l'arbitrage fédéral, la partie septentrionale d'une région francophone au nord-ouest de la Suisse que l'on nomme le Jura, soumise depuis 1815 à l'autorité bernoise, accède enfin à son indépendance.
Reconnaître la réalité ethnique, l'entité politique et la souveraineté d'un peuple, c'est, du même coup, reconnaître son emblème officiel. Dès ce jour donc, lors de manifestations de toutes sortes, le drapeau jurassien allait flotter fièrement à côté de la Croix fédérale et des vingt-cinq autres bannières cantonales. Il cessera désormais d'être cet insigne rebelle, que des patriotes traçaient clandestinement aux abords d'une route de campagne à l'époque décisive des plébiscites d'autodétermination.
Or, sur les armoiries jurassiennes figure une crosse épiscopale de gueules sur champ d'argent, cité ainsi dans le langage héraldique. C'est là le symbole d'un lourd héritage historique, profondément ancré dans la mémoire collective du peuple jurassien et dont plusieurs vestiges subsistent encore aujourd'hui au coeur de nos vallées, en Ajoie notamment.
Cet héritage, qui s'étale sur plusieurs siècles, s'appelle l'Epoque de l'Ancien évêché de Bâle...
Introduction
La période durant laquelle le Jura fut soumis à l'autorité des princes-évêques de Bâle s'étend de l'an mil à 1792. Elle vit le jour à l'ère de l'édification des cathédrales, à l'époque où - le déferlement des hordes de barbares ayant cessé - naquirent les premiers royaumes et les grandes dynasties qui allaient régner sur le continent européen jusqu'au XIXe siècle.
Ci-contre:"HISTOIRE DU JURA BERNOIS ET DE L'ANCIEN EVECHE DE BALE" (1935) de Paul-Otto Bessire. Un ouvrage de référence sur l'histoire jurassienne
Elle s'acheva dans le tumulte de la Révolution française, emportée par la tempête républicaine et anticléricale qui secoua la France voisine en ayant eu de profondes répercussions au-delà des ses frontières.
On l'imagine aisément, des origines à sa chute, l'Ancien évêché de Bâle a connu bien des épreuves et des tourments ainsi que des périodes de prospérité et de crises. On ne saurait donc relater de manière exhaustive tous les évènements ayant marqué cette longue époque. On s'en tiendra donc à l'essentiel.
Pour le lecteur intéressé et désireux de recueillir de plus amples informations, la bibliothèque cantonale de la République et Canton du Jura à Porrentruy tient, à disposition du public, une abondante littérature sur le sujet.
La grande peur de l'an mil à l'origine de la naissance de l'Ancien évêché de Bâle
Au cours des siècles qui précèderent l'acquisition de l'actuel Pays jurassien par les princes-évêques de Bâle, celui-ci fut successivement sous l'emprise des Romains, des Burgondes et des Francs.
L'approche de l'an mil voit naître une période trouble au sein de la chrétienté. La société de l'époque, en proie à des peurs obscures, est hantée par les funestes visions décrites dans le livre biblique de l'Apocalypse. Nombreux sont les croyants qui pensent en effet que la fin du Monde surviendra à l'aube du millénaire qui s'annonce. L'Eglise, détenant alors l'érudition, saura exploiter cette situation à des fins politiques.
Ainsi, Rodolphe III, roi de Bourgogne, nourrit une crainte obsessionnelle et irrationnelle envers cette date fatidique. Singulièrement, il pense que seul un geste envers l'Eglise de Rome épargnera, à lui et à son royaume, les foudres divines qui bientôt s'abattront sur l'humanité entière. C'est ainsi qu'il distribue ses biens à de nombreuses institutions religieuses, telles que couvents et évêchés.
Adalbéron II, évêque de Bâle à cet époque, est manifestement moins préoccupé que le roi bourguignon par les conséquences désastreuses de la fin du millénaire. C'est ainsi qu'il accepte d'accueillir, sous son joug, l'abbaye de Moutier-Grandval ainsi que toutes les terres dont dépend celle-ci, que lui cède Rodolphe III.
C'est donc grâce à l'élan de générosité d'un souverain de Bourgogne craintif et supersticieux que naquit, dans sa forme primitive, le pouvoir de l'évêché de Bâle sur le peuple jurassien. Cette autorité épiscopale va s'étendre sur un territoitre qui, au fil des années, correspondra à peu près à l'actuel Jura "historique" (districts de Delémont, de Porrentruy, des Franches-Montagnes, de Moutier, de Courtelary, de La Neuveville et de Laufon).
Première partie : l'évèché médiéval
On entend par "évêché médiéval", la période qui s'étend de sa fondation à 1500. Pour les historiens, le Moyen Age commence à la chute de l'Empire romain (476) et se termine lors de la découverte de l'Amérique par le conquérant espagnol Christophe Colomb (1492).
A l'origine, vers l'an mil donc, Bâle sur les bords du Rhin, est la seule ville de l'évêché. La cité rhénanne pour diverses raisons, géographiques notamment, connaît une certaine prospérité.
Au début du Moyen Age les évêques étaient souvent représentants de l'autorité pontificale tout en détenant parfois le pouvoir effectif dans une partie de leurs diocèses, voire même à l'extérieur de celui-ci. Toutefois, en raison d'un système de hiérarchisation assez complexe appelé féodalité, ils n'étaient pas souverains sur leurs terres au sens où on l'entend actuellement, mais demeuraient vassaux d'un seigneur régnant sur un territoire généralement plus étendu. L'évêché de Bâle, n'offre, par rapport à l'organisation politique en vigueur en Occident à cette époque, aucune singularité.
C'est au cours du XIe siècle, que l'évêché connut sa véritable croissance. Bien en vue auprès des empereurs germaniques et du roi Rodolphe de Bourgogne, les évêques de Bâle, seront, tout au long de ce siècle, les bénéficiaires des faveurs de ceux-ci. Ces faveurs consistait surtout en donnation d'abbayes, avec toutes les possessions qui en dépendaient.
On ne sait pas grand-chose des rapports que les prélats bâlois entretenaient avec nos ancêtres à cette époque. Sans doute, pour les habitants des vallées jurassiennes, le mode de vie ne s'en trouva pas changé de manière notable.
L'évêché de Bâle dans le système féodal
Si l'on veut apprécier la nature exacte de l'autorité réelle dont jouissaientt les évêques de Bâle, il convient de la situer dans le cadre de la féodalité, système politique en vigueur en Europe durant une bonne partie du Moyen Age. Ce système ne raisonne pas en termes modernes d'Etat, de souveraineté ou de territoire, mais en termes de suzeraineté, vassalité et fief.
Ainsi, l'évêché de Bâle était vassal du Saint-Empire Romain germanique, c'est-à-dire qu'il en dépendait directement. Si l'on préfère, l'empereur germanique, alors suzerain de l'évêché, assurait la protection de son vassal.
Mais l'évêque de Bâle était aussi suzerain de puissants seigneurs européens. Ainsi, en l'an 1185, l'empereur Frédéric Ier Barberousse se reconnaît être le vassal de l'évêque de Bâle pour le fief de Brisach.
Vers la souveraineté (XIIIe-XIVe siècles)
Le XIIIe siècle marque un tournant dans l'histoire de l'évêché de Bâle. La féodalité va connaître une lente mais persistante évolution. Progressivement, les évêques bâlois vont raffermir leur autorité, en terres jurassiennes notamment.
Aux alentours de 1200, Bâle est une ville en expansion animée d'un élan de prospérité économique assez exceptionnel. L'artisanat et l'industrie donne naissance à une bourgoisie qui fait peser une menace sous-jacente à l'autorité épiscopale. C'est l'évêque Henri de Thoune qui tentera, avec succès, de restaurer cette autorité en perte de vitesse dans la cité réhnanne.
Plus tard les évêques relâcheront leur pouvoir sur les fiefs périphériques de Ferrette, Ribeaupiere, Sisgau et Buchsgau sur lequels leur emprise se heurte à de fortes rivalités.
C'est durant le XIIIe siècle, que l'évêché de Bâle va exercer une emprise directe sur les terres jurassiennes, et ce au détriment des seigneurs locaux. Des ébauches d'institutions vont progressivement se mettre en place. De suzeraine, la Principauté épiscopale va devenir souveraine. C'est aussi durant ce siècle que l'évêché de Bâle verra se dessiner ses frontières définitives.
Deuixième partie : l'évèché moderne
A l'aube du XVIe siècle, l'évêché de Bâle n'est pas encore tout à fait un Etat dans l'acceptation moderne du terme. Le château de Porrentruy devint la résidence des princes-évêques de Bâle de 1528 à 1792. Et ce malgré l'urbanisation croissante qu'a connu le siècle précédent, imposant au pouvoir épiscopale la mise en place de solides juridictions régionales en vue de renforcer son autorité. Mais peu à peu cette mosaïque d'acquisitions territoriales qu'est l'évêché de Bâle va s'organiser en un véritable état cohérent et centralisé.
La période dite de "l'évêché moderne" s'étend de 1500 à la Révolution française qui, en 1792, proclamera sa chute.
Les évènements déterminant pour l'avenir de la Principauté épiscopale ne manqueront pas durant cette période. L'émancipation de la ville de Bâle, qui se constituera en Etat souverain et rejoindra l'alliance confédérale en 1501 tout en adhérant aux nouveaux courants religieux de la Réforme, n'est pas le moindre. C'est suite à cet important boulversement politique survenu dans la cité rhénanne que les princes-évêques de Bâle établiront leur résidence au château de Porrentruy. Il y demeureront de 1528 jusqu' à la proclamation du régime républicain.
Porrentruy était donc la capitale de l'évêché de Bâle lorsque éclatèrent les troubles en Ajoie. Cette décennie difficile pour le régime (1730-1740) annonce déjà l'essouflement des régimes autocratiques auxquels le coup de grâce définitif sera donné lors de la Révolution française.
La guerre de Trente Ans (1618-1648) sera une période particulièrement funeste pour l'évéché. Occupations militaires répétées, assorties de pillages et autres massacres éprouveront et ruineront la plupart des villages jurassiens.
Jacques-Christophe Blarer de Wartensee, principale figure de l'évêché (1575-1608)
Il n'est pas possible de relater de manière complète la biographie de tous les princes-évêques ayant régné sur le pays jurassien de l'an mil à la Révolution française.
Toutefois il convient de s'attarder un peu sur une figure essentielle et particulièrement dynamique de l'histoire de l'évêché de Bâle: Jacques-Christophe Blarer de Wartensee. Suite à des études théologiques accomplies à Fribourg-en-Brisgau, Jacques-Christophe Blarer de Wartensee devint chanoine des chapitres de Bâle et de Constance.
C'est en 1575 qu'il fut élu évêque de Bâle. Son règne sur le pays jurassien est marqué par de nombreuses réformes institutionnelles salutaires ainsi que par l'encouragement du développement économique. Sa politique étrangère fut, quant à elle, surtout marquée par le souci de clarifier les relations de l'évêché avec les Etats voisins, notamment avec la ville de Bâle devenu canton suisse en 1501. Il se préoccupa également de l'épanouissement spirituel de son peuple.
C'est sous son autorité que fut rénové le château de Porrentruy. Celui-ci ayant été la proie des flammes en 1556.
L'évêché de Bâle et les Confédérés
Né en 1291, au pied du Gothard, à la suite d'un serment conclu entre les habitants des vallées d'Uri de Schwytz et d'Unterwald afin de résister à a puissante dynastie autrichienne des Habsbourg, l'Alliance des Confédérés ne cessera de voir le nombre de ses membres s'accroître au cours du Moyen Age. Au point de devenir une puissance avec laquelle les souverains d'Europe devront compter.
Cette alliance, qui connaîtra bien des dissensions internes au cours de son histoire - les guerres de religion notamment - s'organisera en Etat fédératif en 1874 (la Suisse), sous l'impulsion du radicalisme (courant politique né au XIXe siècle d'inspiration républicaine, réformiste, anticléricale et libérale).
L'évêché de Bâle entretiendra, en général, de bonne relations avec ses voisins confédérés. C'est par deux fois - en 1652 et en 1691 - que la Principauté épiscopale demandera son adhésion à la Confédération. Paradoxalement, ce sont les cantons catholiques qui s'opposèrent à cette requête. En effet, ceux-ci invoquèrent qu'un prince-évêque ne pourrait s'accorder avec les Etats protestants membres de l'alliance fédérale. De plus, l'adhésion de l'évêché de Bâle à la Confédération favoriserait l'entrée dans celle-ci des villes protestantes de Genève et de Neuchâtel.
Troisième partie : la chute
La bourgeoisie possédante aux idées libérales et la cour des princes-évêques, acquise à une conception absolutiste du pouvoir, va engendrer, durant la décennie qui s'étend de 1730 à 1740, des rébellions suivies de sanglantes répressions. C'est l'époque dite "des troubles" en Ajoie. Un des meneurs fut Pierre Péquignat, paysan aisé et commis de la mairie de Alle. Il sera décapité en 1740, à Porrentruy, avec deux de ces comparses: Frideloz Lion et Jean-Pierre Riat.
Durant ces troubles, la Principauté s'assura le concours du roi de France. Le destin de l'évêché de Bâle va alors se confondre avec celui du royaume de France.
Ainsi, les rapports privilégiés que les princes-évêques entretenaient avec la monarchie capétienne seront fatals à ceux-ci.
l'évêché de Bâle figura en 1792 parmi les premières conquêtes des armées républicaines françaises. Le prince-évêque sera alors contraint de quitter le château de Porrentruy. Il sera destitué à Boncourt. en assemblée populaire alors que sera proclamée l'éphémère République rauracienne. Ainsi s'achève sept siècles et demi de pouvoir épiscopal bâlois sur nos terres jurassiennes...
En guise de conclusion : l'histoire continue
Le Jura, département français (1792-1814)
La République rauracienne connaîtra une brève existence. Elle sera annexée à la France en mars 1793 et devint le département du Mont-Terrible, le moins étendu de la République française. En 1800, ce département disparaît suite à la réorganisation du territoire ordonnée par Bonaparte, Premier consul. Les terres jurassiennes sont alors rattachées au département du Haut- Rhin.
Le Premier consul Bonaparte va devenir l'empereur Napoléon Ier. La République française a provisoirement vécu. L'empereur corse, avide de conquêtes, va entraîner la France, malgré elle, dans une série de campagnes militaires, d'abord victorieuses, puis désastreuses qui conduiront l'Empire à sa ruine. La paix en Europe a vécu.
Le traité de Vienne et la domination bernoise sur nos vallées jurassiennes (1815-1979)
A la chute de Napoléon, la France retrouve ses frontières de 1792. Réunies à Vienne, en congrès, les puissances vainqueurs de l'empereur décident d'attribuer le territoire de l'Ancien évêché de Bâle au canton de Berne, donc à la Confédération helvétique. Leurs excellences de Berne se voient ainsi compenser des pertes de l'Argovie et du Pays de Vaud. Ces deux grandes régions s'étant constituées en canton souverain au sein de l'Alliance fédérale.
La prise de conscience ethnique du peuple jurassien, liée au refus des autorités bernoises de partager la souveraineté cantonale avec ce peuple, verra naître, en 1947, la montée du séparatisme dans le Jura.
A la suite d'une longue bataille, le voeu des autonomistes jurassiens se réalisera partiellement. Le 1er janvier 1979, en effet, la partie méridionale de l'Ancien évêché de Bâle accède au rang de canton souverain.
L'histoire jurassienne : points de repère
999 : Le roi de Bourgogne fait don à l'évêque de Bâle d'une grande partie des terres qui formeront le Jura. Première ébauche de l'Etat jurassien
1528 : Bâle ayant passé à la Réforme, le prince-évêque Philippe de Gudelsheim se fixe définitivement à Porrentruy, dont il fait sa capitale. Le sud du Jura adopte la religion réformée
1575-1608 : Règne du prince-évêque Jacques-Christophe Blarer de Wartensee, "restaurateur" de l'évêché et l'un de ses plus grands hommes d'Etat
1579 : Blarer conclut une alliance avec les septs cantons catholiques de la Confédération. Elle sera renouvelée jusqu'en 1735
1654 : Le prince-évêque François de Schönau demande que son Etat devienne membre à part entière de la Confédération. Echec
1691 : Le prince-évêque Jean-Conrad de Roggenbach demande que l'évêché soit reçu dans la Confédération en tant que membre ordinaire. Refus
1702 et 1703 : A deux reprises, le prince-évêque Guillaume-Jacques Rink de Baldenstein tente en vain de faire entrer la Principauté dans la Confédération
1777 : Le prince-évêque François de Wangen échoue dans sa tentative d'être admis dans l'alliance conclue par le Corps helvétique avec le roi de France. Il signe avec celui-ci une alliance particulière en 1780
1792 : Les troupes françaises envahissent le nord de la Principauté. Le prince-évêque Joseph de Roggenbach prend la fuite. Naissance d'une éphémère République rauracienne
1793 : Le nord du Jura est annexé à la France et devient le département du Mont-Terrible
1797 : Le sud du Jura, annexé à son tour rejoint le département
1800 : Le département du Mont-Terrible est rattaché à celui du Haut-Rhin
1814 : Chute de Napoléon : le Jura est placé sous le gouvernement provisoire du baron d'Andlau, qui souhaite en faire un canton suisse
1815 : Le Congrès de Vienne annexe le Jura au canton de Berne
1831 : Chute du régime patricien bernois au profit d'un régime libéral
1839 : Graves troubles dans le Jura
1846 : L'Etat de Berne se donne une nouvelle constitution
1848 : Le Jura repousse la nouvelle constitution fédérale
1874 : Déclenchement du Kulturkampf et persécution bernoise dans le Jura
1893 : Le Jura refuse la nouvelle constitution bernoise
1917-1919 : Création d'un éphémère mouvement séparatiste
1947: L'affaire Moeckli relance la Question jurassienne. Deux milles citoyens manifestent à Delémont. Création du Comité de Moutier, qui dresse le catalogue des revendications jurassiennes
1959: Scrutin populaire sur l'initiative du Rassemblement jurassien (Mouvement séparatiste) portant sur l'opportunité d'un plébiscite dans le Jura. L'initiative est rejetée
1973 : Le Grand Conseil bernois réduit à presque rien le statut d'autonomie du Jura dans le cadre du canton proposé par le gouvernement. Devant le mécontentement général, celui-ci fixe le plébiscite au 23 juin 1974
1974 : Le 23 juin, le plébiscite. Le Jura des sept districts dit oui à la création d'un nouveau canton
1975 : Les antiséparatistes ont demandé un sous-plébiscite dans les trois districts méridionaux où il sont majoritaires. Il a lieu le 16 mars. Les districts de Moutier, Courtelary et La Neuveville retournent au canton de Berne
1976 : Le 21 mars, élection de l'assemblée constituante
1977 : Le 20 mars 1977, le peuple du nouveau canton approuve massivement la constitution du nouvel Etat
1978 : Le 24 septembre, le peuple suisse et les cantons accèptent massivement l'entrée du canton du Jura dans la Confédération
1979 : 1er janvier. Le canton du Jura entre officiellement dans la Confédération. Il devient le vingt-sixième canton suisse
Cette chronologie est tirée de l'ouvrage Le Jura République de Vincent Philippe aux éditions 24 heures, 1978