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Berne doit-elle devenir un demi-canton? L'idée a été récemment évoquée par le Parti socialiste bernois. Figurant dans un document de travail, en vue de son assemblée des délégués de la semaine dernière, le concept a pour objectif de donner davantage de marge de manoeuvre à la ville de Berne. Les délégués socialistes se sont prononcés à une grande majorité.
"L'idée revient de temps en temps, explique le maire de Berne Alec von Graffenried, mardi dans La Matinale. C'est comme un fantôme qui apparaît, puis qui disparaît. Mais c'est une utopie. Ce n'est pas dans le cadre des projets qui sont faisables."
Une petite ville dans un grand canton
La gauche bernoise estime que la voix de la capitale fédérale n'est pas assez entendue lors des votations et même au Grand Conseil. "La ville de Berne est une petite ville dans un très grand canton. Ce n'est pas que le canton ne s'intéresse pas aux problèmes de la ville, mais ils sont moins importants dans un grand canton."
Pour Sean Müller, professeur assistant en sciences politiques à l'Université de Lausanne et Bernois, au passage, il y a "plusieurs clivages" idéologiques qui se confrontent. Car Berne est l'une des villes suisses les plus à gauche et la partie rurale du canton est l'une des plus à droite du pays.
Au-delà du clivage ville-campagne
"Il y a non seulement le clivage géographique ville-campagne, l'ouverture vers le monde, l'intégration européenne, l'égalité des chances... Ce sont toutes des questions où les opinions sont complètement différentes en ville et en campagne. Cela n'a donc rien à voir avec la ville même ou la campagne", note Sean Müller.
Berne aurait-elle quelque chose à gagner en devenant son propre demi-canton? "Chaque divorce nécessite des négociations sur le partage des biens et sur la collaboration future, explique le professeur assistant en sciences politiques. La ville de Berne, par exemple, resterait implantée au centre du canton. Beaucoup de gens resteraient là où ils sont. Les affaires continueraient. Pour le canton de Berne, il n'y aurait pas pas grand-chose qui changerait." Comme pour Bâle-Ville et Bâle-Campagne qui sont reliés par plus d'une centaine de traités intercantonaux.
Célia Bertholet/vajo
La tendance n'est pas au séparatisme
Selon un sondage, plus de la moitié des habitants du Haut-Valais seraient favorable à "couper" le canton en deux demi-cantons.
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Pourtant, la tendance n'est pas au séparatisme, selon Sean Müller, professeur assistant en sciences politiques à l'Université de Lausanne.
"Aujourd'hui, on cherche plutôt à collaborer, à fusionner et à se mettre d'accord sur une répartition des tâches, observe-t-il. La tendance va vers une différenciation verticale et pas seulement vers une séparation."