Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07042.jsonl.gz/636

MARCEL DUCHAMP
(1887-1968)
Il développe une sorte de nihilisme esthétique, proposant polémiquement et ironiquement au public des objets tout faits, ready-made, sortis de leur contexte et présentés comme œuvres d’art. Les ready-made que Duchamp inventent, fondés sur une réaction d’indifférence visuelle assortie au même moment à une absence totale de bon ou de mauvais goût, s’impose comme des attentats exemplairement Dada à la dignité de l’œuvre d’art. Le plus célèbre et le plus démesuré est l’urinoir que, sous le titre de Fountain, Marcel Duchamp, dissimulé par le pseudonyme de Richard Mutt, envoya, en espérant qu’il serait refusé, à la Society of Independent Artists. Les ready-made ne sont pas, comme on est parfois tenter de les définir, des sculptures mais bel et bien des tableaux. L’absurde construction du monde que Duchamp propose est donc terrifiante ; il présage un monde où les désirs, les espoirs et les craintes sont rationalisés et cristallisés dans le mythe productif de la machine.
Dans les années 1920, Duchamp se consacre à des recherches et des expériences optiques ; il réalises des court-métrages surréalistes et des photographies expérimentales. Décidé à mettre fin à son activité artistique, il travail à l’œuvre qui allait en marquer le terme : La mariée mise à nu par ses célibataires mêmes, inscrivant sur des plaques de verre de 3 mètres de haut une série de formes géométriques Bien que participant aux mouvements Dada et Surréaliste, il a toujours occupé une position isolée préférant à partir de 1928, au moins sur le plan public, son activité de joueur d’échecs à celle de membre d’une communauté artistique qu’il a pourtant contribué à modifier radicalement (art conceptuel).