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IL Y A QUATRE ANS
Pour le canton de Fribourg, les élections fédérales de 2011 avaient été marquées par le triomphe du Parti socialiste, qui était parvenu à ravir le siège du Parti chrétien-social (PCS) au Conseil national. Désormais fort de trois députés dans l'hémicycle, le PS avait alors atteint son objectif affiché: devenir le premier parti du canton. Avec 26,6% des voix (22,7% en 2007), il avait rétrogradé le PDC (20,3%) au 3e rang, derrière l'UDC (21,4%).
Le parti agrarien avait d'ailleurs fait figure de grand perdant à l'échelle cantonale. Comme en 2007, l'UDC n'était pas parvenue à gagner un second siège, mais avait aussi enregistré un recul des suffrages malgré une liste forte, emmenée par le populaire député glânois Pierre-André Page et la présidente du parti cantonal Gilberte Demont.
L'UDC avait essuyé une autre déconvenue dans la course au Conseil des Etats, où son candidat, Jean-François Rime, avait été largement devancé par les sortants, Urs Schwaller (PDC) et Alain Berset (PS).
Le sénateur socialiste, élu à la Chambre haute au premier tour et avec le meilleur résultat, l'avait quittée en 2012, avec son élection au Conseil fédéral. C'est Christian Levrat, président du PS suisse, qui avait été plébiscité pour lui succéder, face au PLR Jacques Bourgeois.
LA PARTICULARITÉ DU CANTON
Pour cette législature, le canton de Fribourg conserve les sept sièges qui lui sont dévolus à la Chambre basse.
Le Parti socialiste, qui a connu une nette progression au cours de la dernière décennie, au détriment de la droite et d'un parti historique dans le canton comme le PDC, veut poursuivre sa montée en puissance. Conservera-t-il son avantage et ses trois élus sous la Coupole?
L'un des principaux enjeux du scrutin sera la succession d'Urs Schwaller, qui quitte le Conseil des Etats où il siégeait depuis 2003. Alors que la droite veut faire passer deux de ses représentants à la Chambre haute, le président du PS Suisse Christian Levrat plaide pour la poursuite de la "formule magique à la fribourgeoise": un représentant de gauche et un de droite, mais aussi un francophone et un germanophone. Le tandem PS-PDC, qui fonctionne sans discontinuer depuis 2003, pourrait toutefois être mis en péril par le PLR ou l'UDC.
CONSEIL NATIONAL, LES ENJEUX
Le Parti socialiste fribourgeois est déterminé à conserver trois représentants au National et affiche l'ambition de grimper à 28% des suffrages. Pour y parvenir, sept candidats sont en lice, et en premier lieu les sortants Jean-François Steiert, Valérie Piller Carrard et Ursula Schneider-Schüttel. Le président du Grand Conseil David Bonny, mais surtout le député gruérien Pierre Mauron pourraient toutefois créer la surprise et menacer directement leurs colistières.
Les socialistes ont l'avantage d'être soutenus par une coalition de gauche réunissant les Verts, le Centre Gauche-PCS et le Parti évangélique, tout comme il y a quatre ans. Par contre, la droite part à nouveau dispersée, avec des mini-alliances en lieu et place d'un bloc uni.
L'UDC, qui ambitionne de placer un deuxième de ses représentants dans l'hémicycle, ne peut compter que sur son petit allié, l'UDF, pour tenter de ravir un siège à la gauche ou de s'approprier le deuxième siège du PDC. Aux côtés de Jean-François Rime, il lance notamment le président cantonal Roland Mesot et les députés Pierre-André Page et Emanuel Waeber.
Les démocrates-chrétiens ne souhaitant pas se présenter avec l'UDC, le PLR a décidé de ne s'allier ni à l'un ni à l'autre, écartant la perspective d'une grande alliance de droite. Le sortant Jacques Bourgeois est en lice.
Le PDC a en outre perdu son allié de 2011, le PBD. Si le petit parti bourgeois n'avait rassemblé qu'1,9% des suffrages, il avait tout de même permis au PDC de se maintenir. Mais il a cette fois décidé contre toute attente de s'associer au PLR, un partenaire "clairement situé au centre droit".
Un apparentement PDC-Verts libéraux a en revanche été décidé début mai. Cette association devrait permettre de "bétonner" les deux sièges démocrates-chrétiens (Dominique de Buman et Christine Bulliard-Marbach, qui se représentent tous les deux), mais la contrepartie est lourde, puisque Beat Vonlanthen doit composer avec un colistier vert-libéral, Ralph Alexander Schmid, pour les Etats. Cette alliance est d'ailleurs critiquée par la frange conservatrice de l'électorat du PDC.
Au total, ce sont 132 candidats qui se disputeront les 7 sièges à disposition du canton à la Chambre basse, contre 99 en 2007.
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CONSEIL DES ÉTATS, LES ENJEUX
Seuls six candidats sont en lice pour la Chambre haute. Si le siège du socialiste Christian Levrat ne semble pas en péril, lui qui est soutenu par toute la gauche. celui laissé vacant par le PDC Urs Schwaller fait l'objet de toutes les convoitises.
Le conseiller d'Etat Beat Vonlanthen, en charge de l'Economie depuis 2004, est le candidat désigné par le PDC. Singinois comme le sénateur sortant, il a tout du successeur idéal. Il a été plébiscité face au vice-président du parti national Dominique de Buman, pourtant au bénéfice d'une solide expérience fédérale depuis 2003.
Beat Vonlanthen figurera sur un ticket avec le vert'libéral Ralph Alexander Schmid, un candidat que certains électeurs de droite jugent trop marqué à gauche. Le Lacois fait d'ailleurs partie de l'alliance de gauche au Grand Conseil fribourgeois.
Mais la candidature démocrate-chrétienne aura de la concurrence, notamment celle du PLR Jacques Bourgeois. Le conseiller national et président de l'Union suisse des paysans entend bien faire voler en éclats le tandem PDC-PS.
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Emmanuel Waeber, ancien président du PDC fribourgeois passé à l'UDC, est également sur les rangs. D'abord annoncé, Jean-François Rime renonce cette fois à briguer un siège à la Chambre haute et vise un quatrième mandat au National.
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Le PBD lance également un de ses candidats, Patrick Castioni, un étudiant de 20 ans.
LES PERSONNALITÉS À SUIVRE
Beat Vonlanthen (PDC) est présenté comme le successeur "naturel" d'Urs Schwaller, et l'accession de l'actuel conseiller d'Etat au siège de sénateur préserverait l'équilibre linguistique cher aux parlementaires fribourgeois. Le Singinois assumera durant un an la double casquette d'élu cantonal et de conseiller aux Etats s'il est élu au Parlement fédéral.
Jacques Bourgeois (PLR) avait déjà tenté d'accéder au Conseil des Etats en 2012, lors de la succession d'Alain Berset, mais avait été nettement battu par Christian Levrat (PS). Fera-t-il de l'ombre à Beat Vonlanthen cet automne? Son expérience de la Berne fédérale pourrait faire la différence, mais son élection priverait les sénateurs fribourgeois d'un représentant germanophone. Le Sarinois est également candidat à sa succession à la Chambre basse, où il siège depuis 2007.
Quant au charismatique avocat bullois Pierre Mauron, président du groupe socialiste au Grand Conseil et président de l'ASLOCA, il pourrait ravir le siège au National de l'une de ses colistières, les sortantes Valérie Piller Carrad et Ursula Schneider-Schüttel.
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Jessica Vial
Le résultat de 2011 au Conseil des Etats
2. Schwaller Urs PDC 44699 Elu
3. Rime Jean-François UDC 20558
4. Vonlanthen Ruedi PLR 7685
Le résultat de 2011 au Conseil national
2. STEIERT Jean-François PS 26'836 Elu
3. RIME Jean-François UDC 24'152 Elu
4. DE BUMAN Dominique PDC 23'335 Elu
5. BULLIARD-MARBACH Christine PDC 18'591 Elue
6. BOURGEOIS Jacques PLR 17'932 Elu
7. PILLER CARRARD Valérie PS 15'784 Elue
8. PAGE Pierre-André UDC 18'792
9. SCHNEIDER SCHUTTEL Ursula PS 15'761 (a remplacé Christian Levrat en 2012)
10. Wassmer Andréa PS 15'477
11. Emonet Gaétan PS 15'368
12. Tschopp Martin PS 15'296
13. Losey Michel UDC 15'223
14. Collomb Eric PDC 14'541
15. Waeber Emanuel UDC 14'528
16. Peiry Stéphane UDC 14'339
17. Demont Gilberte UDC 14'285