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Réponse à la prise de position de Glencore
Réponse de Public Eye
Glencore rejette nos «allégations» en les qualifiant de «trompeuses» et «fallacieuses», mais ne fournit aucun argument venant réfuter nos principales critiques:
- que Glencore achète des minerais aux coopératives, alors qu’en tant qu’exploitante de la mine de Porco, la multinationale suisse doit savoir que les coopératives travaillent dans des conditions de sécurité précaires et emploient des travailleurs de moins de 18 ans (elle contribue d’ailleurs elle-même à déterminer dans quels secteurs les coopératives peuvent opérer et exerce donc un certain contrôle sur celles-ci);
- et que les eaux sous la mine de Porco sont gravement contaminées en raison des activités de la mine de Glencore.
Réponse de Public Eye
La filiale de Glencore informe la société minière étatique Comibol dès qu’elle a cessé d'exploiter des parties spécifiques du site. Comibol peut ensuite attribuer ces zones à ces coopératives. Selon le contrat d'association signé en 2013 avec la Comibol pour l'exploitation de la mine de Porco, «tous les aspects opérationnels» sont «intégralement sous l’entière responsabilité exclusive» d’Illapa. La multinationale contribue donc à déterminer où les coopératives ont le droit de travailler. De plus, bien que Glencore n'ait plus le droit de conclure des contrats directement avec les coopératives depuis 2014, différents interlocuteurs (coopératives, fédération des coopératives minières Fedecomin) ont affirmé à Public Eye qu’il y aurait des accords et arrangements directs et informels entre Illapa et les coopératives. Par ailleurs, Glencore dénonce systématiquement les travailleurs des coopératives s’ils travaillent dans des zones attribuées à Illapa.
En outre, pour se rendre à leurs galeries, les travailleurs des coopératives passent par un poste de contrôle de la filiale de Glencore, qui vérifie notamment qu’ils portent bien un casque. Elle exerce donc bien un certain contrôle.
Quand Glencore affirme que la multinationale et sa filiale ne sont pas en position de contrôler ou d'influencer [les] pratiques de travail» des coopératives minières, le géant zougois rejette d’une part sa responsabilité de façon inadmissible (en tant qu’acheteur des minerais extraits par les coopératives) et contredit d’autre part les affirmations de sa propre filiale, qui déclarait en 2019, dans un rapport à l’attention du Pacte mondial des Nations unies, qu’elle entretient un dialogue régulier avec les coopératives au sujet de «thématiques importantes comme les équipements de protection, le recours au travail d’enfants et les impacts environnementaux». La filiale de Glencore admet donc l’existence de ces problèmes mais achète néanmoins une grande partie des minerais extraits par les coopératives.
Glencore nous a répondu par écrit que les contrats d’achat conclus avec les coopératives seraient sujets à un devoir de diligence raisonnable concernant «des aspects commerciaux, légaux et opérationnels», dont des aspects relatifs à la sécurité et au risque de travail d’enfants. Cette «diligence raisonnable» n’a visiblement aucun impact. Sur place, force est de constater qu’une grande partie des travailleurs des coopératives ne disposent pas d’équipement de protection adéquat, et que beaucoup d'entre eux ont manifestement moins de 18 ans. Si Glencore assumait ses responsabilités conformément aux normes internationales, la multinationale ne minimiserait pas de tels problèmes mais les nommeraient clairement et rendrait des comptes de façon transparente sur toutes les mesures prises et leur effet. En revanche, si le groupe mettait subitement un terme à sa collaboration avec les coopératives, il n’assumerait pas ses responsabilités en matière de respect des droits humains.
Réponse de Public Eye
Glencore nous accuse d’affirmer à tort que «Porco» emploie «directement ou indirectement» des travailleurs de moins de 18 ans. Nous ne savons pas à quoi Glencore fait référence avec le terme «Porco»: à la mine dénommée Porco, dans laquelle travaillent à la fois la filiale de Glencore Illapa S.A. (en tant qu'exploitante officielle) et les coopératives, ou uniquement aux activités directes de la filiale de Glencore? Ce que nous avons constaté, c’est que de nombreux travailleurs des coopératives de la mine de Porco ont moins de 18 ans, et la filiale de Glencore, qui opère dans la même mine, doit le savoir. Celle-ci achète néanmoins aux coopératives une grande partie des minerais qu’elles extraient. Illapa contribue en outre à déterminer, au moins indirectement, où les coopératives ont le droit de travailler. Public Eye estime donc qu’il existe de fait une relation de contrôle entre Illapa et les coopératives.
Réponse de Public Eye
Ici non plus, nous ne savons pas à quoi Glencore fait référence en écrivant «à Porco»: aux activités de sa filiale uniquement ou aussi à celles des coopératives? Une chose est sûre: dans les coopératives qui vendent une grande part des minerais qu’elles extraient à Glencore, une grande partie des travailleurs ne disposent pas d’équipement de protection adéquat, des accidents graves, parfois mortels, surviennent régulièrement, et les victimes d'accidents sont dans une large mesure abandonnées à leur sort.
Réponse de Public Eye
Les normes de Glencore applicables aux fournisseurs stipulent qu’il est attendu des fournisseurs une «tolérance zéro vis-à-vis de toute forme d'esclavage moderne, dont (…) le travail des enfants» et qu’ils garantissent «un environnement de travail sûr et sain, avec notamment un équipement de protection personnelle adéquat». Manifestement, rien de tout cela n'est appliqué dans le cas des coopératives actives dans la mine de Porco. Par conséquent, il n’est pas possible d’acheter des minerais auprès des coopératives «conformément aux normes de Glencore applicables aux fournisseurs».
Réponse de Public Eye
Glencore nie en bloc sa responsabilité environnementale: «L'allégation selon laquelle Porco contamine l'eau et rend la terre aride est fallacieuse.» Nous n’avons jamais mentionné le dernier élément («rend la terre aride») et plusieurs preuves attestent du premier («contamine l'eau»): plusieurs villages en contrebas de la mine sont pratiquement abandonnés aujourd’hui à cause de la pollution de l’eau.
Une étude de la municipalité de Porco, réalisée dans la rivière Agua Castilla en contrebas de la mine, a détecté des résidus de zinc, de fer et de manganèse à des niveaux de 6 à 50 fois supérieurs à la limite légale pour l’eau potable, et indiscutablement liés aux activités de la mine. En mars dernier, lors de l’audit des installations d’Illapa mentionné par Glencore, les autorités ont constaté que les gisements de zinc et de plomb n’étaient pas suffisamment couverts, que le «drainage minier acide» n’était pas suffisamment contenu et que l’eau en aval du bassin de retenue exploité par Illapa était polluée. Glencore concède elle-même que des recommandations ont été faites pour améliorer la qualité de l’eau et que les mesures requises pour la qualité de l’eau ont été étudiées – ce qui contredit son affirmation selon laquelle la mine ne contaminerait pas les eaux.