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Plusieurs scénarios ont été esquissés. Le premier part de l'hypothèse que la disponibilité des centrales nucléaires françaises sera réduite de 35%, mais qu'il y aura suffisamment de gaz.
C'est le scénario de référence. La Suisse devrait alors passer l'hiver sans trop de problèmes, la production d'énergie indigène et étrangère suffisant à couvrir la demande, notent les auteurs de l'étude. Ils soulignent toutefois la nécessité que le négoce d'électricité basé sur le marché continue de fonctionner en Europe et que le soutien mutuel en cas de pénurie soit garanti.
Pénurie de gaz problématique
Deux autres scénarios, encore surmontables, sont aussi évoqués. En cas de pannes de la moitié des centrales françaises, ainsi que de Leibstadt et de Beznau 1 en Suisse, la situation serait tendue dans plusieurs régions européennes. Berne devrait cependant réussir à tirer son épingle du jeu, grâce à la force hydraulique et ses capacités d'importation suffisantes.
La Suisse pourrait également éviter une pénurie, même si le gaz à disposition diminuait de 15% sur le territoire européen. C'est la conclusion de près de 90% des 2400 simulations réalisées. Dans 8% d'entre elles, le manque d'électricité dépasserait la quantité nécessaire à la consommation d'un jour en hiver. Et dans 5%, il manquerait plus de deux jours et demi de consommation.
La réserve hydroélectrique, les centrales de réserve et les groupes électrogènes de secours seront mis à disposition, pointe l'étude. Les efforts d'économies d'énergie contribueront, eux aussi, à gérer de telles situations.
Le dernier scénario est le plus pessimiste. Il combine une réduction du gaz disponible et la mise à l'arrêt de toutes les centrales nucléaires suisses. Une telle situation aurait des conséquences considérables pour la Suisse, jugent les auteurs de l'étude. Presque six jours usuels de consommation d'électricité viendraient à manquer. Le scénario est toutefois jugé très improbable.
Mesures saluées
L'étude se base sur la quantité de gaz à disposition, le nombre de centrales nucléaires exploitées, les conditions météorologiques et d'éventuelles pannes de centrales électriques. Elle tient compte des décisions arrêtées jusqu'à fin juillet, notamment la réintégration dans le marché de centrales à charbon allemandes mises en réserve ou la prolongation de l'exploitation de centrales nucléaires belges.
Les appels aux économies d'énergie, les mesures visant à contrer la hausse des prix de l'électricité dans l'UE ou la prolongation, jusqu'au printemps 2023, de l'exploitation de trois centrales nucléaires allemandes ne sont en revanche pas pris en compte.
Les résultats de l'étude montrent encore que les mesures décidées par le Conseil fédéral contribuent grandement à l'approvisionnement énergétique en hiver. Outre la réserve hydroélectrique, les centrales de réserve et les groupes électrogènes de secours, l'augmentation des capacités du réseau de transport d'électricité, un mécanisme de sauvetage destiné aux entreprises du secteur de l'électricité d'importance systémique et l'abaissement temporaire des débits résiduels ont été décidés.
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ats/miro