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Les élections présidentielles au Venezuela auront lieu durant le second semestre 2024. Au moins 3 candidats, représentant les 53 partis du pays et les différentes alliances politiques, brigueront la présidence.
Le gouvernement actuel est sous l'influence du socialisme depuis plus de 20 ans, depuis que Hugo Chávez, le prédécesseur de Nicolás Maduro, a pris le pouvoir en 1999. Une nouvelle occasion se présente aujourd'hui de donner de l'espace aux idées politiques qui pourraient sortir le pays de la crise économique et sociale dans laquelle il se trouve. Cependant, comme lors des élections précédentes, plusieurs scandales remettent en question l'équité et l'incorruptibilité de cette nouvelle élection présidentielle.
Les sanctions comme obstacle à la participation aux élections
Le principal obstacle est constitué par les sanctions douteuses imposées par l'Institution supérieure de contrôle des finances publiques aux trois principaux candidats de l'opposition: María Corina Machado, fondatrice du mouvement politique Vente Venezuela, Henrique Capriles, président du parti Primero Justicia, et Freddy Francisco Superlano, un membre de l'Assemblée nationale vénézuélienne élu en 2015.
Si ces sanctions ont empêché les trois candidats de se présenter à la présidence, elles ne les ont pas empêchés de s'inscrire auprès de la Commission nationale préélectorale. Il s'agit d'un organe créé par l'opposition et indépendant du gouvernement, qui sélectionne le candidat à la présidence de la Plateforme d'unité démocratique, la plus grande alliance politique contre le gouvernement actuel.
Selon un article de CNN
sur le sujet, ces sanctions pour les membres de l'opposition sont des mesures illégales prises par le gouvernement actuel pour délégitimer la participation politique des candidats ayant un plus grand attrait électoral. Avec la stratégie du gouvernement actuel visant à faire avancer les prochaines élections, il s'agit de l'une des tactiques les plus claires pour empêcher la participation de l'opposition. En effet, les candidats sanctionnés auraient moins de temps pour clarifier leur situation et trouver des moyens légaux de participer aux élections.
Menaces plurielles à craindre
Une autre grande faiblesse que pourrait avoir ces élections réside dans la logistique et la surveillance. En juin dernier, l'ONG Human Rights Watch a averti que la tenue d'élections présidentielles «libres et équitables» au Venezuela était menacée par l'Assemblée nationale élue par le régime Maduro. Celle-ci avait décidé de nommer les 15 nouveaux recteurs du Conseil national électoral (CNE)
. Ces recteurs seront chargés de surveiller et de contrôler le processus électoral afin d'en garantir le bon déroulement. Le 15 août, l'Assemblée nationale, proche du gouvernement, s'est déclarée en session permanente pour nommer les nouveaux recteurs du CNE.
Pour des ONG comme Súmate, il pourrait s'agir d'une violation de l'équité électorale. En août dernier, l'organisation avait dénoncé le fait qu'au moins 92 candidats au poste de recteur du Conseil national électoral (CNE) étaient liés au chavisme
. Cela est inadmissible, car la loi fondamentale du processus électoral interdit aux membres du Conseil toute appartenance politique. Súmate a également expliqué qu'un des candidats avait été condamné en 1998 pour meurtre et extorsion et que 46 candidats avaient réitéré leur candidature après s'être présentés en 2021 et sont actuellement députés à l'Assemblée nationale, proche du gouvernement.
Ce ne serait pas la première fois que les élections présidentielles du pays feraient l'objet d'un scandale. En 2013, plusieurs acteurs et organisations civiles comme La Red de Observadores Electorales de la Asamblea de Education (ROAE) ont dénoncé des irrégularités dans le processus électoral; le candidat à la présidence 2013-2019, Henrique Capriles, a parlé d'au moins 3'500 irrégularités qui remettraient en question la victoire de Maduro
. Les élections de 2018, lors desquelles Nicolás Maduro a été élu président pour la deuxième fois, ont également été remises en question, en raison du taux d'abstention (au moins 54 % de la population) ayant atteint un niveau record en raison de nombreux recours et pétitions pour l'annulation de ces élections et d'un grand nombre de plaintes nationales et internationales.
Les primaires: une opportunité de changement
Le 22 octobre auront lieu les élections primaires pour la Plateforme d'unité démocratique (connue sous l'acronyme Puede), l'une des principales alliances sociopolitiques de l'opposition au gouvernement actuel du pays.
Lors de ces élections, les Vénézuéliens en âge de voter pourront choisir le candidat qui représentera la plateforme unitaire lors des élections présidentielles de 2024. Comme le prévoit la loi électorale, le vote sera universel, direct et secret. Les Vénézuéliens vivant à l'étranger pourront également voter s'ils ont mis à jour leurs données sur le site web de la Commission électorale nationale et s'ils sont inscrits sur le registre électoral vénézuélien pour voter à l'étranger. A cette fin, la plateforme a mis en place des centres de vote dans 80 villes du monde entier.
Bien que, comme les années précédentes, il n'y ait pas de candidats directement liés au christianisme, on s'attend à ce que certains d'entre eux intègrent dans leurs propositions les idéaux chrétiens défendus par l'Eglise du pays et différents mouvements chrétiens comme le Mouvement vénézuélien pour le droit à la vie (Profamilia).
Un bonus gouvernemental pour contrôler les églises
Satirio* dirige une église dans l'État d'Apure depuis 2015. Comme de nombreux pasteurs au Venezuela, il doit faire face à d'énormes défis économiques pour maintenir son église et subvenir aux besoins de sa famille. Le gouvernement actuel a commencé à exploiter cette situation pour tenter de tenir les églises en échec.
Cette année encore, lors d'une réunion de pasteurs dans l'État d'Apure, le bureau du maire les a approchés et leur a proposé, entre autres, un «bonus pour les bons pasteurs». Il s'agit d'une subvention financière accordée par le gouvernement aux chrétiens - en particulier aux responsables d'églises - qui se déclarent d'accord avec le gouvernement actuel.
Le pasteur Satirio* y voit une possibilité de contrôler les communautés existantes et d'acheter le soutien de l'église chrétienne lors des élections. «Nous devons éviter tout cela, car nous ne pouvons pas mettre l'Eglise en danger. Une fois qu'elles sont marquées, il n'y a pas de retour en arrière possible», explique-t-il. Certains pasteurs enregistrés dans l'État ont reçu le bonus, mais le pasteur Satirio* a décidé de ne pas l'accepter.
Le droit et la responsabilité de voter
Comme de nombreux responsables évangéliques, le pasteur Satirio* pense que les élections sont de l'ordre du droit individuel et que les chrétiens ont la responsabilité d'y participer et de prendre une décision inspirée par Dieu. Lors des élections passées, de nombreux chrétiens ont décidé de ne pas voter, déçus ou en colère contre le système gouvernemental.
Depuis cette année, Satirio* participe à des ateliers de gestion des ressources développés par Portes Ouvertes. Ceux-ci lui ont permis de chercher de nouvelles façons de subvenir à ses besoins, d'éviter la tentation des offres gouvernementales et de défendre la vérité et la foi au sein de sa communauté. «Ce fut un privilège de participer à chaque formation, car chaque enseignement est utile pour nous faire progresser et grandir dans le domaine pastoral», ajoute-t-il.