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Valls, un (très) bon client des entreprises commerciales de sondages
Les commerçants du sondage sont-ils redevables au pouvoir socialiste ?
Un service rattaché au Premier ministre a commandé des dizaines d'enquêtes d'opinion centrées sur son image et sa popularité, rapporte l'émission "Envoyé spécial", ce jeudi 13 avril sur France 2. L'image et la popularité de Manuel Valls semblent avoir viré à l'obsession chez Valls. Dès sa prise de fonction de Premier ministre en 2014, Valls a passé commande de nombreux sondages discrets, par l'entremise d'une officine rattachée à son cabinet, dont la mission principale est officiellement axée sur des sujets de fonds.
"Envoyé spécial" évoque notamment une enquête d'opinion payée plus de 50.000 euros.
En juin 2014, le service d'information du gouvernement (SIG) aurait commandé un "bilan d'image du Premier ministre" auprès de l'institut de sondages Ipsos, qui fournit in fine un document de plus de 100 pages sur le ressenti d'un panel de Français à propos du chef du gouvernement. "Énergie exceptionnelle" pour certains, "énergie mal maîtrisée, incontrôlée, agressive" voire "dangereuse" pour d'autres, Manuel Valls dispose alors d'un outil précieux, qui a coûté 53.520 euros selon "Envoyé spécial".
Le fondateur d'IPSOS est un homme de gauche, proche de François Mitterrand.Truchot, le cofondateur du no 3 mondial des sondages (CA : 1,7 milliard) a racheté les parts des héritiers de feu Jean-Marc Lech, et contrôle plus de 50 % du capital.
En 2016, le SIG a accéléré le mouvement. Plus de la moitié des sondages commandés à des instituts était consacrée à l'image et la popularité de Manuel Valls, qui avait alors des ambitions présidentielles, avant d'être battu par Benoît Hamon au second tour de la primaire de la gauche en janvier dernier.
Cette profusion de sondages centrés sur Manuel Valls a alerté le Sénat
La Haute assemblée "s'interrogeait sur l'intérêt de certains d'entre eux pour la conduite de l'action gouvernementale", dans un rapport parlementaire publié en 2015. Contacté par "Envoyé spécial", l'ancien premier ministre n'a pas souhaité réagir.
À son arrivée à l'Élysée, François Hollande avait promis de stopper les commandes intempestives de sondages. Les commandes de sondages ont, semble-t-il, disparu de l'Élysée. Mais se développées à Matignon.
L'argent de ces sondages a-t-il circulé dans des valises, échappant au fisc ?Plusieurs dizaines de milliers d'euros.