Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07217.jsonl.gz/916

Jean Weigle
Biologiste moléculaire et biophysicien genevois, 1901 – 1968
Il obtient un doctorat en physique à l’Université de Genève (UNIGE), où il devient directeur de l’Institut de physique à l’âge de 30 ans, avant de poursuivre ses travaux au CalTech dès 1948. Jean Weigle est connu pour ses contributions clés dans le domaine de la recherche sur le bactériophage λ, qui ont porté sur les interactions entre ces virus et leur hôte, la bactérie E. coli. Il a développé le premier microscope électronique fabriqué en Suisse, une étape importante pour l’étude de la biologie moléculaire, conduisant à la création de l’Institut de biologie moléculaire en 1962. Une partie de son travail a contribué à la découverte des enzymes de restriction. Jean Weigle est notamment connu pour avoir démontré, avec Matthew Meselson de Caltech et Grete Kellenberger de Genève, que la recombinaison génétique implique une rupture et une réassociation des molécules d’ADN. Il a également démontré l’induction de gènes en réponse aux dégâts subits par l’ADN dans les bactéries, dénommée réponse SOS: il a montré que la viabilité de phages munis d’un brin d’ADN pouvait être rétablie en soumettant auparavant les cellules-hôtes à des UV, un processus appelé réactivation de Weigle. Il a observé que la mutabilité de ces phages s’accroissait en parallèle, un processus dénommé mutagenèse de Weigle.
Chaque année, un scientifique de renom dans le domaine de la biologie moléculaire est invité par le Département de biologie moléculaire à donner une conférence Weigle à l’UNIGE, en son honneur.
Grete Kellenberger-Gujer
Biologiste moléculaire zurichoise, 1919 – 2011
Formée en chimie à l’Ecole Polytechnique Fédérale de Zurich (EPFZ), elle travaille à l’UNIGE au sein du groupe de biophysique de Jean Weigle dès la fin des années 1940. Spécialisée en génétique moléculaire, dont celle du bactériophage T4, et particulièrement en recombinaison génétique, Grete Kellenberger fait des contributions de première importance, en collaboration avec le futur prix Nobel Werner Arber dans les années 1950 et 1960. Après une année sabbatique à la Kansas State University, elle occupe un poste de chargée de recherche à l’Oak Ridge National Laboratory, Tennessee. De retour à Genève en 1971, elle travaille dans le groupe de Lucien Caro, au Département de biologie moléculaire, jusqu’en 1980. Grete Kellenberger, une pionnière de l’analyse génétique des bactériophages, contribue à la naissance et au développement de la biologie moléculaire à l’UNIGE et au niveau international. Tel est le destin étonnant d’une femme qui a été reconnue au niveau international pour ses réalisations de recherche remarquables, tout en n’étant pas titulaire d’un diplôme universitaire et n’ayant jamais détenu de poste indépendant. Les obstacles ont été nombreux, particulièrement les stéréotypes patriarcaux, au cœur d’un pays dans lequel les femmes n’ont obtenu le droit de vote au niveau fédéral qu’en 1971. Grete Kellenberger a reçu le Prix Mondial Nessim-Habif, décerné par la Faculté de médecine de l’UNIGE en 1979.
Harry Noller
Biologiste moléculaire américain, né en 1939
Titulaire d’un doctorat en chimie sur les sérines protéases obtenu à l’Université d’Oregon, il poursuit ses recherches à Cambridge, UK, puis commence un post-doctorat dans le laboratoire d’Alfred Tissières à l’UNIGE, en 1966. Ses travaux sur les ribosomes, entamés à cette période et poursuivis durant ces 40 dernières années, ont mené à de nombreuses découvertes-clés permettant de révéler la structure et la fonction de ces particules dans la traduction de l’ARN messager en protéines. Harry Noller a notamment déterminé la structure tridimensionnelle du ribosome en cours d’activité et a mis au jour son fonctionnement au niveau atomique. Grâce à lui, le mode d’action de certains antibiotiques a également été dévoilé. Il est professeur à l’Université de Californie à Santa Cruz depuis 1968 et directeur du ‘Center for Molecular Biology of RNA’. Un congé sabbatique à Genève en 1975 lui a permis de séquencer l’ARN ribosomial, puis de démontrer son rôle crucial dans le fonctionnement de cette particule. Ses travaux ont été couronnés de nombreux prix et distinctions, dont un Doctorat Honoris Causa décerné par l’UNIGE en 2012, sur proposition de la Section de biologie.
Laudatio lors de la remise du Doctorat Honoris Causa