Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07200.jsonl.gz/874

LAM 360° (Land Art Mongolia | acronyme LAM) est un festival d’art qui se déroule tous les deux ans dans une région différente de Mongolie. LAM se concentre sur le Land Art comme une forme de visualisation spatiale des relations entre la nature, la culture et les politiques sociales. Il encourage fortement la liberté d’expression en faisant le lien entre les personnes et les institutions de tous les secteurs de la société mongole grâce à des actions de collaboration et de mise en réseau de portée régionale et mondiale.
Selon Hannah Arendt: «Le monde n’est pas humain simplement parce qu’il est fabriqué par des êtres humains et il ne devient pas humain simplement parce que la voix humaine y résonne, mais seulement quand c’est devenu l’objet du discours « .
Sophie Guyot s’intéresse à la manière dont les mots que nous utilisons reflètent et éclairent nos points de vue – comment le langage forme notre vision du monde. Ce travail pour Land Art Mongolia 2018 est initié par une série de conversations informelles entre l’artiste et les habitants de la région, dont la culture porte encore de nombreuses traces de nomadisme.
Bien que son intérêt premier ait été d’explorer l’idée de l’humanisme à l’époque de l’Anthropocène, elle finit par construire un lien plus profond avec les gens à travers son amour des chevaux, lié au fait que les chevaux jouent un rôle central dans la culture mongole. En fait, la figure du « cheval » représente en soi toute la profondeur et la portée de la figure humaine, une sorte d’alter ego.
En Europe et dans le Nouveau Monde, le mot « humain » est normalement utilisé pour désigner des attributs positifs. En Mongolie, le mot « cheval » évoque également un ensemble de valeurs positives. Penserions nous différemment le monde et nos actions si nous utilisions le mot « cheval » au lieu de l’adjectif « humain »? Et « cheval-isme » au lieu d’ « human-isme »?
Le point d’interrogation qui suit le mot est important : il cristallise l’interaction entre l’installation et les personnes présentes, les questionne directement et les invite à prendre position.
A cause du dénivelé et des différences de profondeur du terrain – ou grâce à eux – le mot TSOGIO (« galop » en mongole) écrit en alphabet cyrillique n’est lisible que depuis un point bien précis. La notion d’humanité exprimé dans cette installation illustre ainsi de manière cruciale la question de point de vue.
Avec le soutien de la Ville de Lausanne, Fonds des arts plastiques.