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Le Journal d’Hélène Berr
Hélène Berr a 21 ans en 1942. Parisienne, étudiante à la Sorbonne, elle tient son journal d’avril 1942 à février 1944. Ce texte, d’une valeur littéraire exceptionnelle, mêle l’expérience quotidienne de l’insoutenable et le monde rêvé des lettres, alternant à chaque instant entre l’espoir et le désespoir.
Née dans une famille juive de la bourgeoisie intellectuelle française, Hélène Berr prépare l’agrégation d’anglais. Dans son journal truffé de citations de Shakespeare ou de Lewis Carroll, la guerre n’est d’abord qu’un mauvais rêve.
L’année 1942 et les lois antisémites du régime de Vichy vont faire lentement basculer sa vie. Ce journal raconte la vie quotidienne et les épreuves, comme le port de l’étoile jaune en juin de cette année-là. Ne pouvant passer l’agrégation en raison des lois sur le statut des Juifs, Hélène Berr se présente au siège de l’Union générale des israélites de France (UGIF) où elle est recrutée comme assistante sociale bénévole le 6 juillet 1942. Trois mois plus tôt, le 7 avril 1942, à l’occasion d’une dédicace qu’elle obtient de Paul Valéry, Hélène Berr avait entamé un journal.
Hélène Berr est arrêtée avec son père et sa mère à leur domicile situé dans le 7ème arrondissement de Paris, le 8 mars 1944. Détenus au camp de Drancy, il sont déportés à Auschwitz le 27 mars 1944, jour de ses 23 ans. Elle survit à ses parents qui y sont assassinés. Lors de l’évacuation du camp d’Auschwitz elle est transférée à Bergen-Belsen où elle arrive le 3 novembre. Malade, un matin, ne pouvant se lever à l’heure de l’appel, elle est battue à mort par une gardienne, quelques jours avant la libération du camp par les troupes anglaises, le 15 avril 1945.
« Pourquoi suis-je si inquiète ? Objectivement, il y a de quoi, parce que j’ai l’impression que nous sommes la dernière fournée, et que nous ne passerons pas entre les mailles du filet. Il ne reste plus beaucoup de Juifs à Paris ; et comme ce sont les Allemands qui font les arrestations maintenant, il y a peu de chances d’y échapper, parce que nous ne serons pas prévenus ».
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L’existence de ce journal est longtemps restée connue du seul cercle des proches d’Hélène Berr. Jusqu’à ce qu’en 1992 Mariette Job, sa nièce, parte à la recherche du manuscrit original. Paru pour la première fois en 2008, il devient rapidement un texte marquant qui connaît un large écho.
Pierre Tré-Hardy a signé l’adaptation théâtrale du journal d’Hélène Berr “Ceci est mon journal” que nous allons présenter à Yom Hashoah. A l’auteure et narratrice principale, il a ajouté les personnages des proches : « Il fallait (…) que ’l’ensemble’ vive. ‘L’ensemble’, Hélène bien sûr, mais également Raymond son père, Antoinette sa mère, Jean Morawiecki son fiancé, et l’humanité entière, toute l’humanité, toute celle qui a accompagné Hélène et qu’Hélène a accompagnée : j’ai permis à leurs échos de venir jusqu’à nous, par le jeu de voix » (Pierre Tré-Hardy).
Pour en savoir plus :
Hélène Berr, Journal
Préface de Patrick Modiano, éditions Tallandier, 2008.
Mémorial de la Shoah, Paris :