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Alors que certains se sont inscrits au semi-marathon de Lausanne en se demandant s'ils allaient finir les 21 kilomètres en moins de deux heures, Germán Silva, lui, a virevolté à travers son Mexique natal en moins de quatre mois, soit environ 5000 kilomètres. Ça calme.
Le double vainqueur du marathon de New York en 1994 et 1995 est parti de Tijuana au nord-ouest pour finir à Tulum au sud-est. Ça fait environ 50 kilomètres par jour et 18 paires de baskets usées.
L'homme de 54 ans s'est rafraîchi dimanche dans les Caraïbes. «Je crois que le corps humain est conçu pour courir et surmonter n'importe quel défi physique», a-t-il écrit sur Instagram. Pourtant, d'après le reportage du journaliste Kevin Sieff pour le Washington Post, ses ongles d'orteils tombaient, son mollet gauche lui faisait mal ainsi que son ischio-jambier droit. Le journaliste a suivi le coureur dans son périple. Il écrit que le régime de Germán Silva se composait principalement de cacao, de maïs moulu et d'eau minérale.
L'objectif du coureur était de donner une autre image du Mexique en s'éloignant «de la caricature narcos-tequila-et-plages du pays» et de révéler certaines des régions du pays moins cotées. «Courir avec Silva sur un sentier sinueux dans la Sierra Gorda a été une révélation, écrit Kevin Sieff. Quelqu'un d'autre savait-il que ces sentiers existaient? Son projet a soudainement pris un peu plus de sens.»
Le marathonien a également traversé une poignée d'États où les cartels se battent pour leur influence. Il a dû s'arrêter à des postes de contrôle tenus par des hommes armés. A Durango, des membres du cartel ont fait irruption dans l'hôtel où il se trouvait avec son équipe, armes en bandoulière.
Même si l'accueil devait être peu chaleureux, les hommes du cartel l'ont laissé continuer. Dans plusieurs cas, ils ont communiqué par radio avec d'autres postes de contrôle, disant à leurs camarades de s'attendre à ce qu'un coureur entre sur leur territoire. Parfois, Germán Silva distribuait des maillots de coureur à leurs enfants.
L'athlète a été accueilli à Tulum par de nombreux fans et un chaman (forcément) qui a célébré une cérémonie maya pour le coureur.
Quand Jo-Wilfried Tsonga a tiré sa dernière cartouche, une balle flottante dans le carré de service, la foule, nous semble-t-il, n'a pas versé tant de larmes. Mais il y a eu quelques gouttes de champagne. «A la santé de Jo qui nous a «quand même» donné de bons kiffs», a tonitrué Jean-Julien, invité VRP d’une banque parisienne. Tout est dans le «quand même».