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Le travail d’André Raboud est profondément marqué par la connaissance et le respect du matériau qu’il utilise principalement, la pierre, le travail de la pierre en taille directe. Les voyages et les rencontres jalonnent son évolution stylistique.
De mère française et de père suisse, il né à Strasbourg le 6 avril 1949 et s’installe ensuite en Suisse, à Monthey. Il se consacre dès 1969 exclusivement à la sculpture, il expose cette même année à la Galerie de la Salle centrale de Monthey.
En 1972, il se marie avec l’organiste Marie-Christine Theurillat. A partir de recherches formelles centrées sur le thème de l’agression et de la concentration, le corps et sa volupté, il rentre de Crète en 1974 avec un nouveau répertoire fait de signes emblématiques, autels, haches et cornes.
La mort du sculpteur et ami Marco Pellegrini et un voyage en Amérique centrale en 1978 l’amèneront à abandonner la production d’oeuvres d’un esthétisme formel fondé en grande partie sur la sensualité pour se consacrer à des travaux plus symboliques qui prendront la forme de tables sacrificielles et de tombeaux. Il organise, en 1979, pour ses dix ans de sculpture une exposition collective en plein air, dans le parc de la Tour de Duin à Bex. Recherche sur les gisants, les lieux sacrés, les lieux de passage.
Naissances en 1981 et 1982 de ses filles Marie, Emilie et Mélina. Exposition personnelle à la Fondation Pierre-Gianadda à Martigny en 1983. Entre 1985 et 1988, travaux marqués essentiellement par la civilisation celte. Exposition «Vingt ans de sculpture» au Musée cantonal des beaux-arts de Sion, en 1989.
De ses voyages au Japon en 1990 et 1992, il rapporte une impressionnante série de sculptures en lave et en serpentine sur le thème de L’homme qui crie, à la suite d’une visite au Musée de la bombe atomique d’Hiroshima. Exécution dans ce pays d’une série d’oeuvres monumentales principalement en granit noir. De retour du Japon, il abandonne progressivement un type d’ornementation qui mettait en avant les mélanges de matériaux et les superpositions, pour se tourner vers une sculpture plus intimiste et plus silencieuse. Nombreux travaux en granit noir et en serpentine inspirés par les thèmes de la philosophie japonaise, en particulier sur le thème des «Jardins».
Dès 1993, importante série de sculptures d’atelier en serpentine et en quartzite regroupées sous le titre Porte pour un ange. Travaux sur le thème du «Cadre» abordé de façon très directe, où la pierre éclatée s’oppose aux surfaces sciées ou polies. Trente ans de sculpture en 1999, retour à la Tour de Duin, pour une grande exposition, personnelle cette fois, accompagnée de très nombreuses publications prestigieuses.
Dès 1999, La jeune fille et la mort, La mémoire et la mer, Les jeunes filles, Les grands passages, autant de figures emblématiques qui reviennent inlassablement hanter et nourrir le répertoire formel d’une production extrêmement généreuse et prolifique. Aujourd’hui, ce répertoire formel se concentre de plus en plus sur la thématique des Amants, des grandes Stèles et des Monolithes, tous de granit noir d’Inde ou d’Afrique. Ces dernières années seront l’occasion de nombreuses expositions, en particulier dans le sud de la France, en Valais et à New York, de nombreuses commandes monumentales attestent de sa reconnaissance.
En 2009, importante présentation de son travail au Théâtre de la Ville de Monthey, «Quarante ans de sculpture», quarante ans après celle de 1969. L’ensemble de ces sculptures et leur évolution, le choix des matériaux utilisés, la technique même du travail, constitue ainsi une oeuvre très construite, à la charge symbolique forte, d’une volonté essentialiste affirmée et d’une capacité émotionnelle soutenue.