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Autres vues aériennes de Wimmis
C'est près de Wimmis que la Simme force le dernier des obstacles mis sur son passage entre les Préalpes et son embouchure dans la Kander et le lac de Thoune, un verrou calcaire formé par les versants escarpés de la Burgfluh et de la Simmenfluh. De tout temps, cet étranglement de vallée a beaucoup gêné le trafic et on chercha jadis à l'éviter en passant par le col peu élevé qui se trouve au sud-est de la Burgfluh. La bourgade et le château de Wimmis ont été fondés à l'endroit où ce sentier commence à descendre vers le nord pour atteindre la bordure des Alpes.
Il va de soi qu'une telle position exigea tôt déjà un poste de péage et un barrage. Depuis les temps les plus reculés, on utilisa la liaison transversale qui reliait le bassin lémanique aux vallées du Rhône et de l'Aar et passait par le Simmental. Cette route gagna sans doute en importance à l'époque où régnèrent les rois de Haute-Bourgogne, car l'abbaye de Saint-Maurice et la région du bas du lac de Thoune, de même que Payerne, Romainmôtier et Moutier-Grandval, représentaient pour le développement de l'Église et de la mission chrétienne de très importants centres.
Les origines du château nous ramènent aux seigneurs de Strättligen, qui semblent s'être fixés à cet endroit au XIe siècle. De leur château ancestral - ses ruines occupent une colline morainique dominant Gwatt, sur la rive gauche du lac de Thoune - ils s'étaient répandus dans les régions avoisinantes; on leur attribue en particulier les premières constructions féodales de Spiez. Wimmis leur appartint jusqu'en 1250, donc aussi à l'époque des Zaehringen, avec lesquels ils semblent avoir vécu en bonne intelligence. Comme le toit en croupe de Spiez, celui de Wimmis a été posé tardivement, selon toute vraisemblance au XVIe siècle.
Le corps de logis, dont les pièces d'habitation complétèrent ou remplacèrent celles du donjon, fut édifié à l'écart de ce dernier. Côté nord, un toit à pignon réunit aujourd'hui ces deux bâtiments. De son côté, une galerie en bois mène de l'habitation à l'ancienne porte surélevée du donjon. On ne saurait dire si le corps de logis fut construit par les seigneurs de Strättligen ou par leurs successeurs, les seigneurs de Weissenburg, qui s'installèrent à Wimmis peu après 1250. Ils étaient venus du Bas-Simmental, où leurs ancêtres avaient érigé un château près de Weissenburg, sur une arête rocheuse surplombant le fond de la vallée. Les vestiges de son donjon circulaire trahissent l'influence de la Savoie à l'époque du comte Pierre II (milieu du XIIIe siècle).
Les seigneurs de Weissenburg réussirent à étendre leur domination jusque dans la région des lacs de l'Oberland, une région dans laquelle Wimmis, proche de la porte du Simmental, occupait une situation clef. Ses fortifications furent renforcées et, côté sud, ses remparts doublés; une bretèche, encore visible de nos jours, fut aménagée entre les deux murs; elle fit l'objet de transformations vers 1500. Au sud-est, l'avant-château donna naissance à une bourgade, disparue aujourd'hui et dont on ignore l'emplacement exact. Un mur de retranchement fut construit dans la cuvette qui s'étend au pied du Niesen. Tout d'abord en bois, puis en pierre maçonnée, cet ouvrage barrait l'entrée du Simmental. Défendus par d'aussi solides fortifications, Wimmis et son château réussirent à résister à maintes des attaques engendrées par les nombreux conflits qui opposèrent les Weissenburg à d'autres seigneurs territoriaux et à Berne. Les Bernois finirent tout de même par s'en emparer, en 1334. Sur quoi les Weissenburg acquirent le droit de bourgeoisie de la ville et s'allièrent avec elle. Ils lui accordèrent en particulier leur aide pendant la guerre de Laupen et s'engagèrent à garder leurs portes ouvertes aux Bernois. Après avoir changé à plus d'une reprise de propriétaire, le château de Wimmis fut définitivement acquis par Berne en 1449.
Devenu siège baillival, puis, au début du XIXe siècle, préfecture du district du Bas-Simmental, l'ouvrage fut adapté à ses nouvelles fonctions et acquit ainsi son aspect actuel. Disposés en gradins et adossés au corps de logis, les bâtiments érigés au XVe siècle, à la fin du XVIIe et au XVIIIe siècle semblent quelque peu enchevêtrés. Avec le donjon, ils donnent néanmoins au château de Wimmis la fière silhouette d'un ouvrage à multiples visages, créé au cours de plusieurs siècles. On accède à son intérieur, aménagé de façon moderne, mais dans l'esprit des origines, par un long et raide escalier couvert, construit au XVIe siècle. La rampe installée vers la fin du Moyen Age au nord et à l'ouest du château menait à la porte proche de la bretèche.
Wimmis, vers 1920
Bibliographie