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Tout d'abord un petit rappel pour les plus jeunes : Dinosaur Jr fut à la fin des années 80 l'un des piliers du renouveau du punk-rock américain, mouvement qui allait connaître son apothéose avec la déferlante Nirvana. La formation originale (Jay Mascis au chant vacillant et à la guitare rageuse, Lou Barlow à la basse, Murph à la batterie) produit 3 albums dont au moins 2 (You're Living All Over Me en 87 et Bug en 88) peuvent être qualifiés de séminaux. Il connut même l'honneur d'écrire ce qui peut être considéré comme l'hymne de cette scène underground : le terrible "Freak Scene".
Malheureusement, les tensions grandissantes entre Mascis et Barlow poussèrent ce dernier à quitter le groupe pour en fonder un autre tout aussi séminal : Sebadoh. A partir de la, Dinosaur Jr. ne fut plus qu'un prête-nom derrière lequel se cacha Mascis pour produire des albums solos beaucoup moins intéressants à l’exception peut être de Green Mind qui tient encore la route.
Il faut bien l'avouer : l'annonce en 2005 de la reformation de Dinosaur Jr. pour une série de concert ne semblait guère excitante et c'est à peine si le retour au bercail de Lou Barlow après près de 2 décennies d'absence avait titillé un tant soit peu ma curiosité. Combien de groupes reformés 20 ans après (autant dire des siècles sur l'échelle rock) peuvent se targuer d'avoir sorti un bon disque ? La mauvaise nouvelle c'est qu'on a beau chercher, on n'en trouve pas beaucoup, la bonne c'est que Dinosaur Jr. en fait partie !
En effet, dès l'intro ravageuse du "Almost Ready" ouvrant l'album les doutes concernant l'opportunité d'écouter un nouvel opus de Dinosaur Jr en 2007 commencent à se lever (voir la vidéo un peu plus bas) et ils seront totalement balayés au bout des 11 plages de ce Beyond. Le groupe reprend les choses à peu près la ou il les a laissés après Bug presque comme si les 19 années écoulés ne comptaient pas. La voix est toujours aussi vacillante, les guitares toujours aussi tranchantes rappellent toujours Neil Young. Seul changement notable : les expérimentations noisy se font (un peu) plus rare et le groupe sonne plus pop. "We're Not Alone" par exemple ne dépareillerait pas sur un album des Lemonheads.
Même s'il ne signe qu'un titre (le très bon "Back to your Heart") le retour de Lou Barlow semble avoir eu un effet prépondérant sur la renaissance de la créativité de Jay Mascis. Sans doute fallait-il un aiguillon bien placé pour réveiller celui dont la paresse est légendaire (paresse d'ailleurs illustrée par la pochette) ce qui nous permet aujourd’hui d’écouter un disque digne des meilleures heures du groupe malgré l'embompoint et les cheveux blancs.
- Lebornu, le 9 11 2007