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La Chine et l'Europe relèvent de deux traditions politiques différentes. En retraçant leur histoire et en les comparant, Billeter en arrive à une compréhension profonde de l'une et de l'autre, précisément au moment où celles-ci entrent en conflit. Depuis un siècle en Chine, les forces du progrès se sont continûment inspirées de la tradition européenne. Or, l'ambition du pouvoir actuel est de les vaincre et d'entraver leur action partout ailleurs. Quand le pouvoir se réclame de la grandeur passée de la Chine, il lance un défi à l'Europe, défi que celle-ci se doit de relever, puisqu'elle dispose des ressources nécessaires. Encore faut-il qu'elle tire de son histoire un nouveau projet politique et philosophique. Billeter en pose les principes, ceux d'une véritable... "révolution culturelle".
Éminent sinologue, Jean François Billeter a dirigé le département de langue et littérature chinoises de l'université de Genève. Il a publié plusieurs ouvrages aux éditions Allia, dont Leçons sur Tchouang-tseu, Contre François Jullien, Un paradigme et Esquisses. En 2013, il a reçu le prix culturel de la Fondation Leenaards. En 2017, il a publié Une rencontre à Pékin et Une autre Aurélia, couronnés du prix Michel-Dentan, du prix Roger Caillois de l'essai et du prix Psychologies magazine.
L'auteur du Bref Été de l'anarchie et de La Grande Migration retrace dans cet essai l'histoire des terroristes russes qui, de 1862 à 1917, inlassablement, ont sacrifié leur vie pour renverser le régime tsariste. C'est peu dire que ces personnages sont romanesques ou hors du commun : ils se sont volontairement situés, par l'absolu de leur révolte, hors de l'humanité, poussant à son extrême le mépris de soi, des autres et de la vie en général. Mépris qui culmine dans les figures de Netchaiev ou Asev, qui organisèrent des dizaines d'attentats terroristes et travaillaient en même temps pour la police secrète du tsar.
Hans Magnus Enzensberger est né en 1929 à Kaufbeuren en Bavière. Docteur en philosophie et éminent représentant de la poésie allemande contemporaine, H. M. Enzensberger est aussi romancier, traducteur, journaliste et essayiste. Analyste critique des médias, il s'est notamment illustré par ses études consacrées aux liens qui unissent violence et politique.
Leo Strauss (1899-1973) est certainement un penseur majeur du XXe siècle. Lui qui a rouvert des procès jugés depuis longtemps...
Leo Strauss (1899-1973) est certainement un penseur majeur du XXe siècle. Lui qui a rouvert des procès jugés depuis longtemps – la querelle des Anciens et des Modernes, ou encore l'opposition entre la raison et la révélation – fait l'objet de commentaires contradictoires, le présentant comme un penseur tantôt fondamentalement apolitique, uniquement soucieux de
redonner sens à la vie philosophique, tantôt secrètement politique, servant les forces les plus conservatrices des États-Unis.
Ce livre entreprend d'abord de retrouver en Strauss un des philosophes politiques les plus stimulants de son siècle, c'est-à-dire un philosophe soucieux de comprendre et d'éclairer les phénomènes politiques. Il faut toutefois convenir qu'abordée sous cet angle, son oeuvre présente un singulier paradoxe. Car si Strauss plaide avec force pour un retour à la compréhension classique des régimes politiques, il se montre en même temps très réticent à analyser les différents régimes et clivages du monde moderne. Plus étonnant encore, alors qu'il en appelle à une science politique qui soit fidèle à l'appréhension citoyenne des phénomènes, il ne cesse de relativiser, à propos de son époque, les différences entre communistes, progressistes et conservateurs.
En somme, entre sa conception de la bonne science politique, et sa manière presqu'apolitique de traiter de la modernité, il existe un déroutant hiatus. C'est ce problème plus spécifique que nous explorons ici.
Best-seller international, le petit livre rouge a été imprimé
à plus d'un milliard d'exemplaires. Ce recueil de citations
de Mao est rapidement devenu le manifeste de la Révolution
culturelle et un objet de culte aussi bien en Chine que pour les
maoïstes occidentaux.
Apparu en 1964, les Citations du président Mao Tsé-toung,
bréviaire inspiré des discours ou des oeuvres du fondateur de la
République populaire, est d'abord conçu comme un outil d'éducation
politique pour l'armée, puis devient l'« arme spirituelle » des gardes
rouges et le manuel de vie de 700 millions de Chinois. En Europe, il
séduit une partie des intellectuels, les « maos » français de Mai 68,
qui le rebaptisent « petit livre rouge » et en font le talisman de leur
propre « révolution », ignorants les atrocités commises par le régime
chinois.
Cinquante ans après le début de la Grande Révolution culturelle
prolétarienne et quarante ans après la mort de Mao Zedong, la journaliste
Pascale Nivelle raconte l'épopée de cette petite bible en vinyle
rouge vif qui a été, de Pékin à Paris, le coeur d'une immense et folle
passion collective.
« L'anorexie et la boulimie sont de plus en plus fréquentes », « Cela touche majoritairement les filles », « Les boulimiques sont grosses », « Ces troubles se déclenchent à l'adolescence », « Les anorexiques et les boulimiques refusent leur féminité et refoulent leur sexualité », « Les anorexiques et les boulimiques font vivre un enfer à leur entourage », « On n'en guérit jamais vraiment » ...
L'auteur s'est intéressé très tôt aux troubles du comportement alimentaire et met ici son expérience de médecin au service des patients et de leur entourage pour expliquer, au travers de nombreux cas vécus, les origines de ces troubles et faire le point sur les différents traitements.
Précepteur et éminence grise du régent Philippe d'Orléans, secrétaire d'État des Affaires étrangères, archevêque de Cambrai, Premier ministre de Louis XV, le cardinal Dubois (1656-1723) est le génie politique de la Régence. Pourtant, le personnage peine à être reconnu. Présenté comme un ambitieux machiavélique, raillé pour ses escapades amoureuses et vilipendé pour son impiété, Dubois apparaît comme un libertin sans vergogne. Machiavélique et ambitieux, Dubois le fut assurément, sinon comment aurait-il pu réussir le tour de force de devenir cardinal et Premier ministre de Louis XV, lui, le modeste fils d'un apothicaire de Brive ? Dubois est surtout le plus grand stratège politique de son temps. En réussissant à imposer l'alliance avec l'ennemi de toujours, l'Angleterre, il devient le principal architecte de la paix européenne. Sur le plan intérieur, en tant que Premier ministre, digne héritier de Richelieu et de Mazarin, il réussit à apaiser les divisions qui ont gangrené le royaume durant la sombre fin de règne de Louis XIV. Audacieux, curieux et toujours prêt à tenter des nouvelles réformes, Dubois marque de son empreinte son époque, à l'aube du siècle des Lumières. C'est cette trajectoire fulgurante qu'Alexandre Dupilet retrace dans cette biographie d'un personnage au destin hors du commun.