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12/07/2012
Oskar KOKOSCHKA naquit à Poechlarn en Tchécoslovaquie, le 1er mars 1886. Après une enfance passée au bord du Danube, il commença à dix huit ans sa formation artistique à l’Académie des Arts Décoratifs de Vienne. Il entra ensuite aux « Ateliers Viennois » où il réalisa, sous l’autorité de KLIMT, des illustrations et des maquettes pendant cinq ans. En parallèle à son art pictural, il démontra une activité littéraire importante en écrivant des drames sociaux ou satiriques qui se jouèrent au théâtre d’été de Vienne en 1909.
Il se rendit ensuite à Berlin en 1910 pour un contrat de travail. Un an plus tard, il exposa vingt cinq tableaux à Vienne pour rencontrer la même incompréhension qu’auparavant. Entre 1913 et 1914, il exposa pour la seconde fois à Berlin, et devint l’ami d’Alma Mahler, la veuve du compositeur de musique. Sa peinture du moment révéla des portraits de ses amis écrivains ou artistes, et quelques paysages comme « La tempête » exécutée en 1914. KOKOSCHKA réalisa alors les célèbres « Portraits psychologiques » dans lesquels il cherchait à mettre à jour la structure psychologique du modèle, en utilisant la déformation de la forme apparente.
Pendant la guerre, il devint soldat dans un régiment de dragons pour subir une blessure sur le front de l’Est. Tout juste guéri, il fut renvoyé au front en 1916. La guerre imprima alors à son œuvre l’expression d’une violente perturbation d’ordre moral. En 1917, il s’installa à Dresde où il enseigna à l’Académie de 1919 à 1924. Là, il employa la couleur en surface, dans une plus grande intensité des tons, en renonçant largement au dessin. Il s’appliqua néanmoins à exécuter un grand nombre de portraits lithographiques qui exprimaient un trait d’une grande virtuosité.
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Alain VERMONT
10/02/2010
Haïm SOUTINE, dit Chaïm SOUTINE, naquit à Smilovitchi en Lituanie, en 1894. Dixième d’une famille de onze enfants, pour laquelle le père exerçait la profession de tailleur de village, SOUTINE grandit dans un ghetto lituanien, en recevant une éducation rude qui exprimait les rigueurs de l’orthodoxie juive.
Dès son enfance, il refusa un apprentissage de cordonnier ou de tailleur car il préférait peindre. Ignorant alors le désir d’un premier jouet, il subtilisa un crayon rouge et bleu pour « arranger » un portrait de l’église chrétienne. Son père n’apprécia pas le geste et lui administra une correction, avant que les chrétiens résidant à l’autre bout du village n'en fissent de même.
Une plainte fut alors déposée par le père de SOUTINE qui revint ensuite sur sa doléance lorsque les « assommeurs » chrétiens lui offrirent vingt cinq roubles pour qu’il se désistât. Le père Soutine donna alors cet argent à son fils, pour lui permettre de s’évader du milieu familial strict, et entrer à l’âge de quatorze ans à l’Ecole des Beaux-Arts de Wilna. Durant un an, il travailla dans le même temps comme aide photographe pour gagner sa vie. Mais à dix sept ans, il quitta son pays pour s’installer à Paris, en 1911, où il entra à l’Atelier CORMON.
Un médecin qui avait remarqué ses dons d’artiste en Lituanie, lui avait offert le voyage. Dans la capitale française, il exerça plusieurs métiers pour ne pas mourir de faim. Sa force physique le transforma même en porteur dans les gares parisiennes. Sa vie solitaire s’entoura de son caractère rude et renfermé. Il ne voulait pas exposer ses tableaux, et la faim qui le harcelait souvent, donna naissance à des ulcères qui plus tard anéantirent sa vie. Cette vie de peintre qu’il eût abandonnée pour devenir boxeur s’il n’avait pas été certain de son talent.
A Paris, dans sa solitude, il prit pension à la Ruche, rue de Vaugirard, où il pouvait également peindre, et rencontra une réunion d’artistes étrangers qui allait devenir l’Ecole de Paris, avec CHAGALL et MODIGLIANI, LEGER et KREMEGNE. C’est d’ailleurs ce dernier qui l’avait invité à venir en France, et qui un peu plus tard le dissuada de se suicider.
MODIGLIANI lui présenta alors le marchand de tableaux ZBOROWSKI qui lui acheta plusieurs toiles, avant de l’envoyer peindre en 1919 à Céret, dans les Pyrénées Orientales, aux côtés d’autres artistes déjà installés là-bas.
La mort brutale de MODIGLIANI en 1920 affecta beaucoup SOUTINE, qui dans les montages pyrénéennes libéra sa nostalgie longtemps contenue, en créant des paysages visionnaires dans lesquels sa fougue sauvage exprima la vie campagnarde primitive, ainsi que des paysages baignés par la claire lumière méridionale.
Il composa là-bas pendant trois ans deux cents tableaux qui témoignèrent d’un dynamisme extatique au travers de leurs couleurs pâteuses. En 1923, le collectionneur américain Barnes acheta une centaine de toiles que SOUTINE avait rapportées de Céret, et installa l’artiste dans la Villa du Parc Montsouris, à Paris, où habitaient déjà BRAQUE, LURCAT, FOUJITA et CHANA ORLOFF.
En 1925, SOUTINE découvrit la Côte d’Azur, et s’appliqua à peindre Cagnes/Mer pour produire l’une des séries les plus connues de son œuvre. Les rues tortueuses qui s’élevaient dans le village, entrecoupées par des escaliers déséquilibrés, et encadrées par des maisons bancales qui côtoyaient parfois un arbre halluciné, furent accordées à la perfection avec sa vision lyrique poussée à son paroxysme.
Les thèmes abordés par SOUTINE restèrent symboliques. Un bœuf abattu, qui exprimait des couleurs blêmes dans sa peau morte, ou des arbres qui, comme ceux de Van GOGH, serpentaient comme des langues de flammes vertes jusqu’au bout de leurs branches les plus fines. Ce bœuf que SOUTINE qui ne mangeait pas de viande par manque de moyens, avait néanmoins acheté pour le faire suspendre dans son atelier, afin de le peindre comme le plus éloquent de ses modèles, ce bœuf qui impliquait une grande patience de l’artiste pour réaliser son chef-d’œuvre à l’image de celui de Rembrandt, ce bœuf se décomposa au fil des jours, avant de pourrir et d’empester la Ruche et ses occupants durant plusieurs semaines de l’année 1926 !
SOUTINE peignit pour peindre, et il ne voulut peindre que le « mieux possible ». En 1929, de passage à Châtel Guyon, il fit la connaissance des époux Castaing qui lui offrirent un hébergement sans limite de temps dans leur château près de Chartres. Il retrouva Paris en hiver, pour oublier de fréquenter Montparnasse.
Malgré sa vie plus équilibrée, il était toujours sujet à de graves dépressions nerveuses au cours desquelles il détruisait bon nombre de ses tableaux qui concernaient des œuvres de jeunesse inégalées. Durant ses dix dernières années de vie, il réduisit la production de ses œuvres. En 1940, et malgré une certaine célébrité, il ne resta qu’un « peintre juif ». Ne voulant pas s’expatrier en Amérique comme d’autres artistes l’avaient déjà fait, il se réfugia en Touraine. Son estomac, alors au bout de sa vie, l’obligea à accepter l’aide d’une compagne qui l’hébergea et le soigna sans succès, avant de le faire transporter à Paris dans des circonstances macabres.
En effet, pour tromper les contrôles routiers de l’envahisseur allemand, on rapatria SOUTINE dans un corbillard, et après un voyage entretenu par des souffrances extrêmes, il retrouva la capitale le 8 août 1943. On l’opéra d’urgence le soir même, un peu avant minuit, mais il succomba à sa maladie vers six heures le lendemain matin.
Il mourut ainsi le 9 août 1943, à Paris, à l’âge de quarante neuf ans, après être resté toute sa vie un artiste déraciné qui ne fut jamais vraiment assimilé par le milieu de l’Art Français à vrai dire peu amateur d’Expressionnisme.
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