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"Ce soir, Joe Biden va parler au Congrès pour les 100 premiers jours de sa présidence. Un lieu qui a été envahi il y a trois mois par des gens qui ont cru aux mensonges de l'ex-président Trump. Des gens qui ne croyaient plus à la démocratie aux Etats-Unis. Joe Biden a dû agir vite", explique Roger Cohen, nouveau chef du bureau parisien du New York Times de retour dans la ville où il a débuté sa carrière de correspondant il y a bientôt trente ans.
Depuis le début de son mandat, Joe Biden a démontré un style sobre et modeste, mais en même temps très efficace, concrétisé par toute une série d'annonces qui se succèdent dans une organisation qui semble parfaite, selon cet éditorialiste réputé.
"Le président avait par exemple promis 100 millions de vaccinations avant les 100 premiers jours de sa présidence et l'on est aujourd'hui à plus de 200 millions", commente Roger Cohen.
Une majorité approuve le travail de Biden
"On avait sans doute sous-estimé celui que Trump a surnommé "Sleepy Joe" ("Joe l'endormi") durant la campagne électorale, car il est âgé et que l'administration Obama ne lui laissait pas beaucoup de place lorsqu'il était vice-président. Mais aujourd'hui, selon les sondages, une majorité des Américains approuve son travail", commente Roger Cohen.
Une majorité qui veut désormais, toujours selon les sondages, plus d'interventions de la part du gouvernement, ce qui était encore totalement impensable il y a 25 ans, selon le journaliste. Mais les problèmes sociaux et les niveaux d'inégalités sont arrivés à un point qui a fait changer les mentalités. "Et Joe Biden a très bien senti ce changement. Lorsqu'il lance des projets, il sait qu'il le fait auprès d'une population qui est prête à taxer les sociétés non plus à 21% mais à 28% pour financer un gros travail sur les infrastructures", explique le journaliste.
Des compromis difficiles à faire
Au terme de ces 100 premiers jours, Joe Biden va devoir maintenant s'attaquer à des thèmes plus difficiles et sur lesquels les Américains restent très divisés, comme l'immigration. "La réconciliation ne viendra pas demain, mais, à la différence de Barack Obama, Joe Biden a passé sa vie dans la politique quotidienne et dans la politique du compromis."
Des compromis qu'il va devoir mettre en place même si, aujourd'hui avec la puissance des réseaux sociaux où tout le monde peut s'exprimer et veut tout, "arriver à en faire en politique est devenu plus compliqué car ils seront immédiatement critiqués sur Twitter. Il faut du courage", estime Roger Cohen qui ajoute: "La Suisse est d'ailleurs un très bon exemple en termes de compromis."
>> Ecouter l'analyse de Katja Schaer dans Forum:
Propos recueillis par David Berger
Adaptation web: Andréanne Quartier-la-Tente