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Heinz Reichle sait de quoi il parle. Il a participé à d'innombrables concours nationaux et compétitions internationales en tant qu'accompagnateur, encadrant et entraîneur. Il connaît le monde du tir pour aveugles et malvoyants comme personne. «Ce que l'œil est pour les athlètes voyants, l'ouïe l'est pour les sportifs aveugles et malvoyants. Tout le reste – la concentration, la position, l'attaque interne et externe, le tir, etc. – est identique».
Le son fait la différence
La cible et la carabine sont reliées entre elles par un dispositif électronique. Le capteur sur la cible détecte la position de la carabine et la renvoie à l'appareil monté sur la carabine. Le signal est converti en un signal sonore que la tireuse ou le tireur entend dans des écouteurs comme «image de la cible». Plus le son est aigu, plus la visée est proche du centre.
Des invités étonnés
Après avoir suivi attentivement les explications de Reichle, les invités ont été témoins de performances sportives de haut niveau: la tireuse sportive aveugle Claudia Kunz-Inderkummen (Uster) et le jeune tireur de la Relève Lennox Dellomonaco (Horgen), âgé de dix ans, se mirent en position et présentèrent le fonctionnement du tir pour aveugles et malvoyants aux invités intéressés.
La valeur du coup obtenu et la position du coup sont communiquées au tireur ou à la tireuse par l'encadrant au moyen d'attouchements sur le bras et le dos. A cet égard, il faut de nouveau garder à l'esprit qu'au moment du déclenchement du coup, l'athlète entend certes à quel point la ligne de tir était proche du centre de la cible, mais ce n'est que lors de l'évaluation du coup que l'on peut savoir si celle-ci était trop haute, trop basse ou si elle n'était pas tout à fait correcte sur le côté.
Kunz-Inderkummen sut impressionner les invités avec ses séquences de tir et les membres du Comité directeur de la ZHSV ne furent pas surpris par la précision de la tireuse de l'élite.
L'effet ouah
En décembre 2022, Lennox Dellomonaco, aujourd'hui âgé de dix ans et domicilié à Horgen, se rendit au salon Swiss Handicap à Bâle et eut ainsi son premier contact avec le Tir sportif pour aveugles et malvoyants. Il en fut enthousiasmé et dès janvier 2023, il effectua son premier entraînement – sous la direction experte de Heinz Reichle.
Reichle reconnut le talent du jeune sportif, ce qui conduisit Dellomonaco à être régulièrement accompagné par sa mère aux entraînements et à suivre les leçons avec un grand intérêt et un enthousiasme presque incontrôlable.
«Lennox a un double handicap. Parallèlement à sa forte déficience visuelle, il est également dépendant de son fauteuil roulant. J'ai donc été d'autant plus étonné par le grand talent de Lennox. En très peu de temps, il a réussi à se familiariser avec le Tir sportif et à améliorer ses performances de tir, d'entraînement en entraînement», déclara Reichle, visiblement fier, avant d'ajouter: «S'il continue ainsi, l'objectif de participer aux championnats cantonaux et/ou suisses n'est plus très loin».
Dellomonaco toucha le centre de la cible coup après coup et les scores de 10.2 points et plus ne furent pas rares.
La précision du tir et l'attitude calme et très concentrée du jeune tireur sportif arrachèrent un «ouah» audible à plusieurs invités, qui applaudirent à la fin de cette impressionnante démonstration.
Une expérience personnelle
En fait, tout semblait simple et facile. Kunz-Inderkummen et Dellomonaco placèrent facilement leurs tirs au centre de la cible. Mais les invités, qui sont habitué à manier la carabine à air comprimé, ont appris à leurs dépens que c'était tout sauf facile.
Les membres du Comité directeur de la ZHSV eurent l'occasion de tirer quelques coups par eux-mêmes – en devant se fier uniquement à leur ouïe et sans utiliser de possibilité de correction optique.
Atteindre la partie noire de la cible constitua déjà un succès pour les invités, et les coups qui ne donnèrent aucun point ne furent pas rares. Les invités furent ainsi d'autant plus impressionnés par les performances de Kunz-Inderkummen et Dellomonaco pendant la démonstration.
Et tous tombèrent d'accord: les performances réalisées par les tireurs aveugles et malvoyants constituaient des performances de très haut niveau sportif.
Un avenir incertain
L'avenir sportif de Claudia Kunz-Inderkummen sur la scène internationale est actuellement incertain. PluSport, l'association faîtière du sport-handicap suisse et, selon ses propres termes, «le centre de compétences pour une offre diversifiée et moderne de possibilités sportives attrayantes», a décidé de ne plus soutenir Claudia Kunz-Inderkummen cette année à partir du 01.01.2024, sans en donner les raisons.
L'entraîneur national VI Shooting Heinz Reichle fit également la même expérience. Sa collaboration fut résiliée au 31.12.2023 – également sans justification aucune.
Interrogé à plusieurs reprises, Reichle fut ensuite informé par PluSport qu'il s'agissait-là d'une décision stratégique et qu'il avait été décidé chez PluSport de ne plus soutenir les sports qui n'étaient pas paralympiques. Une justification qu'il faut d'abord digérer. Le soutien des disciplines non paralympiques n'est-il pas l'une des missions principales de PluSport? Comment interpréter des déclarations telles que «Nous nous engageons en faveur des athlètes afin qu'ils puissent participer à des compétitions nationales et internationales» ou «Promotion du sport innovante: développement de nouvelles offres pour de nouveaux groupes cibles», que l'on peut lire sur le site Internet de PluSport?
PluSport s'engage en faveur du sport-handicap en Suisse. Cela ne fait aucun doute. Mais dans son approche de VI-Shooting, PluSport ne s'est définitivement pas couvert de gloire. (Markus Roth)