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Permettez-moi en guise d'introduction à cette humeur, de revenir en quelques lignes à un épisode douloureux de ma carrière de "cochon de payant" dans le domaine musical.
Mercredi soir 19 mai, j'ai vécu le pire concert de ma vie, en allant voir Sanseverino aux Francomanias de Bulle. Je l'ai déjà écrit en commentaires à ma rentrée, ce qui s'est passé est tout simplement une honte.
Sanseverino, je l'avais déjà vu à Morges, heureusement. Je sais qu'il peut être génial, fou, et que lui et ses acolytes sont des musiciens époustouflants.
Oui mais le problème de Bulle, c'est qu'on nous a mis dans un endroit qui s'appelle "Espace Gruyère" (ne riez pas s'il vous plaît, je suis encore tout énervé, presqu'un mois après) et que cette halle omnisports n'est pas du tout conçue pour écouter de la musique.
Il n'empêche, d'autres prestations ont été meilleures dans cette "salle".
Parce que le responsable principal de ce naufrage, c'est le sonorisateur personnel de Monsieur Sanseverino, qui a tout bonnement saboté le concert.
Rendez-vous compte: trois guitares, une basse, le tout acoustique, un piano, et la voix de Sanseverino: il faut le faire pour ne pas arriver à obtenir un son potable.
Et bien c'est tout simple, Sanseverino n'aurait pas chanté que ça aurait été la même chose, voire meilleur.
Si les instruments sortaient de manière plus ou moins correcte, on entendait un filet de voix, un vague bruit, et pas la moindre parole.
À un moment, Sanseverino décide de lâcher le micro "standard" et, pour toute la deuxième partie du concert, chante avec un micro-cravate.
Là, c'est le sommet: première chanson, reprise de Boris Vian, piano-voix. On n'entend pas la voix!
Deuxième chanson de cette seconde partie: ah, on fait dans le moderne! Sanseverino se retrouve au centre de la salle, et chante avec simplement sa guitare.
Mesdames messieurs je le jure, là, on n'a strictement plus rien entendu. Plus de guitare, plus de voix, rien, plus que le brouhaha du public qui n'a même pas sifflé. Moi oui!
Le problème, c'est que Sanseverino n'a strictement rien fait pour essayer de faire surface. Il a pris tout ça à la dérision, a fait quelques gestes vulgaires et ne s'est pas dit une seule seconde que son micro cravate n'était pas la solution. Nous avons ainsi fini un concert sans plus rien entendre.
Monsieur Sanseverino, votre sonorisateur a été lamentable.
Vous aussi.
Je ne vous raconte pas la course aux organisateurs que Mathieu et moi avons faite pour leur dire ce que nous pensions. Si certains étaient désolés, nous sommes tombés sur l'un des principaux, qui se trouvait d'ailleurs être l'agent du chanteur. "Et bien oui, le sonorisateur s'est planté, et puis voilà, c'est tout, d'ailleurs, Sanseverino n'est pas content". Ah bon! Et encore: "Vous voyez, avec ce que demandent les chanteurs, on est obligé de les mettre dans des grandes salles comme ça, ce qui fait que les conditions ne sont pas bonnes".
Ah ben super! Sansevirino et Benabar (qui suivait) sont donc de telles vedettes qu'il n'est plus possible de les écouter dans des conditions décentes! Je pouvais imaginer ça d'un Bruel, ou d'un Johnny, mais pas vraiment de ces deux chanteurs, que j'adore au demeurant.
Tout de même! Il doit encore être possible de les écouter dans des conditions sonores décentes il me semble. Où alors c'est à n'y plus rien comprendre.
Juste pour dire d'ailleurs, le concert qui suivait, avec Benabar, était meilleur. On entendait la voix (mal les paroles, surtout devant), et jusqu'au tiers de la salle, la basse écrasait absolument tout le reste, au point que l'on n'entendait même plus ce qu'elle jouait. À hauteur de table de mixage, c'était un peu meilleur. Benabar, lui, a fait front et s'en est finalement bien sorti.
Et puis, je n'y étais pas, mais il semble, d'après ce que j'ai entendu, que le concert de M. dans la même salle deux jours plus tard, était tout à fait acceptable.
Bref pour moi, les F de Bulle c'est terminé, je n'y mettrai plus les pieds, on ne se fout de ma gueule qu'une fois, pas deux.
Voilà, ça, c'était l'introduction. La fin de l'humeur sera plus courte, rassurez-vous.
Nous sommes allés samedi, avec Mme Cuk, voir le chanteur de tennis (comme il le dit lui-même), vous l'avez compris, il s'agit de Yannick Noah.
À l'entrée, on nous offre des tampons auriculaires, comme le veut désormais la tradition.
Pas eu besoin! Là, si la voix était un peu faible, le son général était tout à fait acceptable, et n'attaquait en aucune manière nos précieux tympans. Bravo donc au sonorisateur, même si, encore une fois, je rappelle que nous sommes venus voir un chanteur, et que c'est tout de même lui qui devrait être mis en avant, ce qui n'était pas assez le cas à mon avis.
Yannick Noah est allé en plein concert dans les gradins, suivi de son guitariste, chanter sa très jolie version de "À l'eau de la claire fontaine" de Georges Brassens. Aucun problème ici, tout s'est bien passé, le son était excellent. C'est donc possible nom de dzou…
Bref, de bonnes conditions cette fois, qui nous ont permis d'apprécier un concert splendide, avec un chanteur magnifique.
Bon dieu, un temps, je me disais que Monsieur Noah se lançait dans la musique par jeu, pour essayer quelque chose après le tennis, et je n'y croyais pas trop.
Là, pendant tout le concert, on ne pense pas une seconde au tennisman. Nous avons à faire à un vrai chanteur, à une vraie musique.
Sur scène, Yannick Noah est vrai, simple, drôle et touchant. Il n'en fait pas trop, et comme en plus les décors et les lumières sont somptueux, le plaisir a été intense, ce d'autant plus que Mme Cuk et moi-même, nous adorons ce qu'il fait.
Une chose qui m'a surpris, et c'est la première fois que je vois ça, c'est qu'une petite révolution semble en marche.
Je précise: la scène de Noah est normale, mais avec deux langues qui pénètrent dans le public. Nous étions à un mètre de la principale, ce qui fait que nous avons eu Yannick Noah à cette distance pendant presque la moitié du concert.
Qu'est-ce que je n'ai pas regretté de n'avoir pas pris mon IXUS, il aurait été parfait!
Mais revenons-en à cette révolution. Si, dans la plupart des concerts, nous voyons des briquets se lever à certaines chansons, ici, ces petits instruments archaïques étaient remplacés par une toute nouvelle technologie: les téléphones mobiles tenus à bout de bras au-dessus du public.
Et pour quoi faire me direz-vous?
Pour prendre des photos de l'artiste!
C'est rigolo ça! Comment ils vont faire maintenant pour nous empêcher de prendre des photos pendant les concerts? Ils vont faire un vestiaire pour mobiles à l'entrée?
Bon, je ne vous raconte pas les désillusions des gens lorsqu'ils rentreront à la maison et qu'ils essaieront de regarder leurs images… Ça ne devrait pas être terrible terrible, au vu des possibilités photographiques embarquées par ces petits téléphones. Déjà que les capteurs sont très limite, je ne vous raconte pas le calcul de la lumière effectué par ces engins…
Voilà…
Et pour finir, juste une anecdote vraiment marrante qui s'est déroulée pendant le concert. Je pense que Noah fait ça à chaque fois mais c'est assez rigolo. Il voit une fille avec son mobile dans le public, la prend à partie et lui demande ce qu'elle fait.
Elle dit qu'elle téléphone à son frangin (faut le faire tout de même! Les gens sont étranges parfois).
Le chanteur lui demande de le rappeler et de le lui passer. Commence alors une conversation entre Noah et le frangin, en direct, du type "Qu'est-ce que tu fous, pourquoi t'es pas là?", conversation assez délicieuse et originale.
Bref, samedi, ce n'était que du bonheur, et tout ça vous réconcilie avec les concerts.
Même la sortie du parking de l'Arena de Genève ne nous a pris que 25 minutes, alors qu'il nous avait fallu deux heures pour passer la barrière lors du concert d'Eddy Mitchell, il y a quelques années.
C'est vous dire si tout cela nous a mis de bonne humeur.
Ah, encore une dernière chose, et là, je m'adresse en particulier à Yannick Noah. Monsieur, si vous pouviez à l'avenir éviter d'enlever votre chemise vers la fin de votre concert, ce serait très gentil. Mme Cuk est toute chose après.
Par contre, j'apprécie quand vous la remettez. Ça la rend furieuse, et j'adore la voir dans cet état.