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On ne peut et on ne veut pas s'acharner sur Haris Seferovic, qui a toujours mouillé le maillot avec l'équipe de Suisse et a plusieurs fois brillé avec elle. Mais son pénalty raté mercredi soir en Irlande du Nord (0-0), à la 33e minute, a fait très mal à la Nati.
S'il l'avait transformé, la physionomie de la partie aurait sûrement été totalement différente. En plus de potentiellement offrir la victoire, un but suisse aurait poussé les Nord-Irlandais à se découvrir, en fissurant leur bloc défensif solide. Face à lui, les Suisses se seraient montrés moins empruntés tactiquement et moins maladroits. Parce que mener au score enlève forcément de la pression et rend les jambes plus légères.
Malheureusement, le Lucernois a très mal exécuté son geste, en expédiant un ballon mou, presque ras-de-terre et centré, que le gardien Peacock-Farrell a facilement arrêté.
Il y a bientôt quatre ans, dans ce même stade, Ricardo Rodriguez avait offert à la Suisse sa qualification pour la Coupe du monde 2018. En marquant son pénalty, il avait inscrit le seul but d'un barrage très crispant contre l'Irlande du Nord (victoire 1-0 à Belfast et nul 0-0 à Bâle). Mais le latéral n'est plus le tireur attitré de la Nati depuis sa tentative ratée en huitièmes de finale du dernier Euro contre la France.
Et la réponse de Murat Yakin à un journaliste nord-irlandais en conférence de presse d'après-match laisse penser que Ricardo Rodriguez ne le redeviendra pas.
Le journaliste: Pourquoi avoir fait tirer le pénalty à Seferovic, alors que Rodriguez était sur le terrain et que c'est un bon tireur?
Murat Yakin: Vous êtes sûr?
Question d’un journaliste Nord-irlandais en conférence de presse d’après-match:— Valentin Schnorhk (@schn_val) September 8, 2021
- Pourquoi avoir fait tirer le penalty à Seferovic, alors que Rodriguez était sur le terrain et que c’est un bon tireur?
Réponse de Murat Yakin:
- Are you sure?
A vrai dire, la Suisse n'a pas d'artilleur privilégié à 11 mètres. C'est presque paradoxal si on se souvient que les cinq Helvètes à avoir tiré contre la France en juin ont marqué. Mais la série suivante, contre l'Espagne en quarts de finale, a entamé la confiance des Suisses dans cet exercice (trois ratés de Schär, Akanji et Vargas).
Murat Yakin devra maintenant désigner un homme serein dans l'art du pénalty (c'en est un, contrairement à ce que pensent ceux qui parlent de «loterie») capable de transformer pareilles chances de but. Parce que pour se qualifier pour une Coupe du monde, il ne faudra pas en galvauder trop souvent quand elles se présenteront.
La Premier League et le foot anglais en général ont été passablement chahutés au cours des derniers mois. Création avortée d'une Super Ligue, sommes de transferts démesurées, reprise controversée de Newcastle par l'Arabie Saoudite, les fondations de la ligue de football la plus suivie au monde ont tremblé sur fond de pandémie.