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Dans ses rapports sur l’évolution climatique de notre planète, le GIEC n’a jusqu’à ce jour pas pris en compte les déficits en ozone stratosphérique, soit les fameux trous dans la couche d’ozone. Un groupe de scientifiques s’est attelé à cette tâche et a réussi à modéliser l’interaction entre le déficit d’ozone, les climat austral et la capacité océanique à piéger le CO2.
La conclusion de leurs recherches a été développée dans Le Matin d’hier sous la plume de Geneviève Comby. On la trouve également sur différents sites scientifiques sur le net. Il ressort de ces travaux que la diminution de l’ozone influence non seulement la zone autour du pôle sud mais jusqu’à l’Equateur.
«Avec pour conséquence un déplacement des zones de précipitations vers le pôle Sud, comme le détaille leur étude, publiée fin avril dans la revue Science. Les inondations massives qui ont frappé le nord de l'Australie en début d'année pourraient, par exemple, être liées à ce phénomène.»
Les inondations catastrophique en Australie ont été initialement attribuées à la Nina, de même que celles du Brésil. Pourrait-il y avoir deux phénomènes conjoints?
Un aspect particulier de ce déplacement des masses d’air a été établi, soit le brassage des eaux de surface et de profondeur des océans de l’hémisphère sud:
«Les simulations révèlent ainsi comment des perturbations de la haute atmosphère (ici, le trou d’ozone) interagissent avec les gaz à effet de serre et le cycle du carbone océanique : elles conduisent à un renforcement des vents d’ouest sur l’océan Austral, provoquant un brassage des eaux océaniques de surface avec les eaux plus profondes, riches en CO2, limitant ainsi le pompage du carbone atmosphérique par les eaux de surface.»
Le résultat est que moins de gaz à effet de serre sont absorbés par l’océan qui ne joue plus autant son rôle de puits à carbone. Davantage de ces gaz restent donc dans l’atmosphère. Pour Lorenzo Polvani, professeur de sciences environnementales à l'Université Columbia et qui a dirigé cette recherche: «Cette découverte pourrait vraiment bouleverser la stratégie de lutte contre le réchauffement de la planète... car le trou dans la couche d'ozone est un facteur important dans le système climatique de la planète.»
Cette mise en évidence du rôle de la couche d’ozone et de sa raréfaction sous l’effet des CFC changera-t-elle la manière de percevoir les modifications climatiques prévues? Et dans quelle mesure ces modifications seront-elles elles-mêmes modifiées en intégrant le paramètre ozone dans les modélisations globales?
Je note dans les rapports disponibles que les scientifiques qui s’expriment sur le sujet du climat et de son lien avec l’ozone sont prudents dans leur langage et prennent une certaine distance d’avec le GIEC:
«L’augmentation du taux de CO2 dans l’atmosphère due aux activités humaines est en partie responsable du réchauffement climatique.»
«Les auteurs de l'étude en profitent d'ailleurs pour souligner qu'en matière de climat, justement, on s'est peut-être un peu trop focalisé sur les émissions humaines de gaz à effet de serre, alors que le problème du trou dans la couche d'ozone était, lui, considéré comme réglé. Le dernier rapport du GIEC (le groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) n'en fait d'ailleurs aucune mention, notent Lorenzo Polvani et Sarah Kang. Pour eux, il est clair qu'aujourd'hui la question climatique ne peut plus être réduite au CO2.»
Dernier point: le trou connu depuis les années 1970 était surtout localisé au-dessus de l’Antarctique dans l’hémisphère sud. Cette année la diminution de l’ozone dans l’hémisphère nord a atteint le record de moins 40%.
La mécanique du climat, extrêmement complexe, n’a pas encore livré tous ses secrets. Les mesures que l’on fait sont récentes. par exemple on n’a pas d’indication sur l’état de l’ozone depuis 1’000 ans. On ne sait donc pas dans quelle mesure ses variations suivent des modifications de l’atmosphère terrestre ou les précèdent, et si elles peuvent jouer ou non un rôle de tampon ou de rétroaction sur le climat en refroidissant la stratosphère.
Par contre les rayons ultra-violets du soleil étant moins filtrés il faut être beaucoup plus prudent en s’exposant au printemps dans l’hémisphère nord.