Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07107.jsonl.gz/499

Sabine Weiss est l’un des grands noms de la photographie européenne. Née Sabine Weber en 1924 à Saint-Gingolph, cette photographe d’origine suisse a été formée auprès de Paul Boissonnas, à Genève, avant de s’installer à Paris en 1946, où elle est l’assistante du photographe Willy Maywald pendant quatre ans. Établie dans la capitale française avec son mari Hugh Weiss, peintre américain, elle sera longtemps liée à l’agence Rapho.
Sabine Weiss est l’une des dernières représentantes de cette photographie que l’on dit « humaniste », courant né en France juste après la Deuxième Guerre Mondiale et auquel on rattache de grands noms comme Édouard Boubat, Robert Doisneau, Willy Ronis ou Brassaï, entre autres. Si, comme ces derniers, elle s’attache à photographier en noir et blanc des scènes du quotidien et de la rue, mettant en avant les « petites gens » et les enfants, souvent sur le mode de l’instantané, elle explore également d’autres registres très variés, notamment la photographie de mode en couleur, la publicité, des reportages pour la presse américaine et de nombreux portraits de personnalités.
Sabine Weiss est reconnue aux États-Unis et en Europe dès les années 1950 à travers la publication de son travail dans de grandes revues mais aussi sa participation à des expositions importantes (Post-War European Photography au MoMA en 1953, exposition personnelle à l’Art Institute de Chicago en 1954, The Family of Man en 1955, entre autres). Personnalité entreprenante et curieuse, elle est cependant peu encline à se mettre en avant et à participer aux débats théoriques.
Elle rencontrera une large reconnaissance institutionnelle à la fin des années 1970, après une dizaine d’années plus discrètes, liées au tournant de mai 68 et à la critique de la photographie humaniste, considérée à cette époque comme réactionnaire et dépassée. Ses portraits, scènes de rue et photographies de voyage sont dès lors exposés partout dans le monde. Les plus iconiques de ses oeuvres rejoignent de grandes collections, en France (MEP, Centre Pompidou, Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, Musée Niépce), aux États-Unis (MET, MoMA, SFMoMA, Art Institute of Chicago), au Japon (Musée d’art moderne de Kyoto), au Mexique (Musée des Beaux-Arts de Santa Fe).
Afin de pouvoir accueillir cette archive de grande importance patrimoniale, un travail de sélection, d’inventaire, de documentation, de numérisation et de conditionnement commence dès à présent, en collaboration avec Sabine Weiss, ce qui représente un contexte idéal.
Le traitement d’un fonds d’archives est une tâche de longue haleine qui permet, au terme de quelques années, de connaître en profondeur une oeuvre, de la conserver de la manière la plus adéquate sur le long terme et de construire des projets de valorisation pertinents et variés. Le Musée de l’Elysée commence le traitement du Fonds Sabine Weiss dans l’atelier même de la photographe, en le préparant et le documentant de manière exhaustive, en vue d’une importante rétrospective à PLATEFORME 10.a
Le fonds d’archives de Sabine Weiss comprend :
Le Musée de l’Elysée s’intéresse au travail de Sabine Weiss dès 1987, à travers une exposition et l’acquisition de 60 tirages en noir et blanc. En 2015, à l’occasion des 30 ans de l’institution, un hommage lui a été rendu lors de la Nuit des images.