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S'il existe encore peu d'études scientifiques sur la perte d'odorat liée au Covid-19, les spécialistes estiment que le trouble s'estomperait entre le 7ème et le 20ème jour de l'infection.
Néanmoins entre 5 et 10% des patients peuvent voir leur anosmie s'installer de manière durable. Selon la Revue Médicale Suisse, plusieurs pistes expliqueraient l'anosmie due à l'infection au SARS-CoV-2. L'hypothèse la plus probable serait que le virus se lie à certains récepteurs, comme le ACE2 et le TMPRSS2, présents sur des cellules de la muqueuse olfactive. Le virus ne s'attaquerait pas directement aux neurones olfactifs, mais aux cellules de soutien qui l'entourent.
Odeurs fantômes
Chez certaines personnes, l'anosmie peut se transformer en fantosmie: le fait de sentir une odeur inexistante. Chercheuse dans un laboratoire de neurogénétique à l'Université de Genève, Madlaina Kuby travaille sur le rôle de l'odorat dans les gestes innés. En décembre dernier, elle constate qu'elle ne sent plus rien. Testée positive au Covid-19, elle s'attendait à retrouver ses sensations olfactives au bout de quelques semaines mais s'aperçoit qu'elle souffre d'une distorsion des odeurs.
"Cette odeur est déclenchée par tous les produits cosmétiques, comme les savons ou les produits de nettoyage. Un effluve chimique très écœurant que je sens désormais en permanence", témoigne la chercheuse vendredi dans le 19h30.
La fantosmie, ou distorsion des odeurs, demeure peu documentée. "L'incidence énorme de cette pathologie associée à l'infection du Covid nous force à nous pencher sur des questions nouvelles sur l'importance de la capacité olfactive", détaille le professeur Ivan Rodriguez, qui travaille au laboratoire de neurogénétique de l'Université de Genève.
Rétro-olfcation
Avec l'anosmie, certains patients mentionnent aussi la perte du goût. Deux troubles qui sont liés et qui sont dus à ce qu'on appelle la rétro-olfaction: une perte des saveurs engendrée par notre système olfactif, qui n'arrive plus à percevoir les arômes présents dans nos aliments.
>> Revoir dans le 19h30 le témoignage de Pierrick Suter, chef de l'Hôtel de la gare de Lucens, qui a fait l'expérience de cette perte de goût:
La perte de l'odorat est un bouleversement sensoriel qui peut avoir des conséquences majeures sur notre qualité de vie. Car l'odorat est un sens qui agit comme une alarme lorsque nous percevons un danger (odeur de feu, fuite de gaz…). Il joue aussi un rôle majeur dans le bien-être humain, comme par exemple sentir l'odeur réconfortante d'un bon plat. Les patients atteints d'anosmie peuvent donc développer un sentiment d'insécurité, de frustrations et de diminution de l'appétit.
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"La plupart des gens qui viennent nous voir déplorent le manque de richesses de leurs aliments, des odeurs manquantes du monde qui les entourent. Il y a des gens pour qui c'est la fin du monde et qui tombent dans un état similaire à la dépression. C'est là qu'il faut intervenir", explique Basile Landis, responsable de l'unité de rhinologie aux HUG.
Selon les spécialistes, les neurones sensoriels olfactifs se régénèrent tous les trois mois. Certains préconisent une rééducation olfactive pour stimuler la récupération des odeurs. Eucalyptus, rose ou café, le malade se voit prescrire différentes odeurs qu'il devra renifler pendant plusieurs secondes deux fois par jour. Ces exercices aideraient à aiguiser les sens et à motiver le patient à retrouver son odorat.
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Fanny Moille/saje