Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07027.jsonl.gz/634

Dans la tourmente de la crise des semi-conducteurs
La pénurie mondiale de semi-conducteurs freine considérablement la reprise sur le marché automobile suisse. BAK Economics prévoit environ 235 000 immatriculations de voitures neuves pour 2021, ce qui correspond à une baisse de 0,7 pour cent par rapport au faible niveau de 2020 déjà fortement impacté et à un recul de 24,5 pour cent par rapport au niveau de 2019, avant la crise. Etant donné que les problèmes d’approvisionnement devraient durer jusqu’au milieu de l’année prochaine, 2022 ne devrait pouvoir se solder que par une légère augmentation à 261 000 nouvelles immatriculations. Même si le marché de l’occasion reste un pilier important pour la branche automobile, il souffre de plus en plus de la raréfaction de l’offre.
Voitures de tourisme neuves:
La crise a également des répercussions sur les nouvelles immatriculations de voitures de tourisme en 2021. Si, en janvier et février, les restrictions imposées ont eu un impact négatif sur les immatriculations de voitures neuves, depuis juillet, ce sont les problèmes d'approvisionnement en semi-conducteurs qui limitent la production de voitures et maintiennent l'offre nettement en dessous de la demande. 180 000 nouvelles immatriculations ont été enregistrées jusqu’à septembre 2021.
Etant donné que cette tendance amorcée en juillet se poursuivra jusqu’à la fin de l’année, BAK Economics prévoit 235 000 nouvelles immatriculations pour l’ensemble de l’année 2021, soit une baisse de 0,7 pour cent par rapport au niveau déjà faible de l’année dernière et de 24,5 pour cent par rapport au niveau d’avant crise (2019).
Légère reprise seulement pour 2022
La crise des semi-conducteurs aura également un impact important sur l’année prochaine. La pénurie ne devrait pas s'atténuer de manière significative avant le milieu de l'année 2022, avec l'achèvement des premières usines supplémentaires de semi-conducteurs et de puces et l’augmentation des capacités de production. D’ici là, les immatriculations devraient rester nettement inférieures à la moyenne d’avant crise. Une partie des acheteurs potentiels de voitures neuves devrait en outre se rabattre sur le marché de l’occasion en raison des délais de livraison, ce qui réduit d’autant les effets de rattrapage potentiels.
Au total, BAK Economics prévoit pour 2022 une croissance des nouvelles immatriculations de 11,0 pour cent, pour atteindre 261 000 véhicules. À titre de comparaison, de 2010 à 2019 on comptait en moyenne plus de 300 000 nouvelles immatriculations de voitures de tourisme par an.
Forte demande et offre limitée sur le marché de l'occasion
Le marché de l’occasion subit également les répercussions de la pandémie et a enregistré en janvier et février 2021 un net recul des changements de propriétaire. Toutefois, l'effondrement a été beaucoup plus faible que sur le marché des voitures neuves et la reprise a été beaucoup plus rapide. Le nombre cumulé de changements de propriétaire jusqu'en septembre 2021 était même supérieur de 0,3 pour cent au niveau d'avant la crise, en 2019. En raison des difficultés rencontrées sur le marché des voitures neuves, la dynamique des ventes de voitures d'occasion se caractérise par une forte demande et une faible offre et, en conséquence, par une forte augmentation des prix.
Pour les mois restants de 2021, BAK Economics s'attend à une évolution similaire à celle des mois écoulés et prévoit un total de 846 000 changements de propriétaire, soit 2,4 pour cent de plus que l’année dernière et 0,2 pour cent de moins qu’en 2019. En 2022, les difficultés liées à l'offre devraient s'accentuer et se refléteront non seulement dans le prix, mais aussi dans une légère baisse des changements de propriétaire. On peut donc s’attendre pour l'année à venir à un total de 836 000 changements de propriétaire, ce qui correspond à une diminution de 1,2 pour cent.
Texte : UPSA/AGVS et Stefan Fritschi
Photos et Graphisme : UPSA/AGVS