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Roman Abramovitch (ici à gauche), connu du grand public pour être le propriétaire du club de football de Chelsea, s'était déplacé en personne à Fribourg (archives).
KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTT(sda-ats)
Le procès à Fribourg impliquant l'oligarque russe Roman Abramovitch est terminé. Un accord extrajudiciaire a été trouvé entre les différentes parties, signant du même coup la fin de la procédure.
"La procédure engagée entre la Banque européenne de développement (BERD), Roman Abramovitch, Evgeny Shvidler et Gazprom Neft a été abandonnée par consentement mutuel entre toutes les parties", indique une déclaration émise mercredi par les représentants des deux hommes d'affaires, confirmant une information du Temps.
Les termes de l'accord sont confidentiels, précise encore le document. Aucune partie n'a reconnu de responsabilité ou de faute dans cette affaire. La suite de l'audition d'Evgeny Shvidler, associé de Roman Abramovitch, agendée mercredi au Tribunal de la Sarine, est donc annulée.
Ce procès hors du commun avait débuté le 2 mai dernier, en présence d'une ribambelle d'avocats et de nombreux médias. Le multimilliardaire Roman Abramovitch, notamment connu pour être le propriétaire du club anglais de football de Chelsea, s'était même déplacé en personne à Fribourg.
Pour mémoire, la BERD menait une procédure civile contre l'entreprise Gazprom Neft, contre Roman Abramovitch et contre son associé Evgeny Shvidler. Elle réclamait plus de 46 millions de francs: le remboursement d'une dette de longue date de la société Runicom, plus des intérêts.
Question de responsabilité
A l'époque des faits, Roman Abramovitch était propriétaire de Runicom. Son associé Evgeny Shvidler avait lui présidé un temps le conseil d'administration de la société.
L'enjeu du procès était notamment de déterminer si les deux hommes d'affaires étaient impliqués dans la gestion de Runicom et dans le prêt qui est au coeur du litige. Lors de leur audition devant le Tribunal de la Sarine, tous deux avaient nettement relativisé leur rôle dans la gestion de cette société.
Enregistrée à Fribourg, Runicom était une firme qui commercialisait le pétrole de Sibneft. Le groupe était alors aussi en mains de Roman Abramovitch, avant d'être racheté plus tard par Gazprom et de s'appeler Gazprom Neft.
Un serpent de mer
Cette affaire aux ramifications financières labyrinthiques a été un serpent de mer avant ce procès en Suisse. En 1997, la BERD a accordé un prêt à la banque russe SBS Agro dans le cadre d'un programme d'aide au développement de petites entreprises en Russie.
Puis SBS Agro a fait faillite et la BERD n'a pas pu se faire rembourser par elle. La BERD a toutefois pu se faire céder une autre créance: un prêt commercial que SBS Agro avait accordé à l'entreprise Runicom.
La BERD s'est tournée vers Runicom pour obtenir remboursement de cette créance-là, sans succès. Runicom a affirmé l'avoir déjà remboursé à une autre banque nommée Zoloto-Platina, à laquelle SBS Agro aurait entre-temps transféré ses créances.
La BERD a actionné la justice russe, qui a fini par lui donner raison en 2002. Mais elle n'a toujours rien obtenu car Runicom a déposé le bilan. Elle a alors lancé une procédure à Fribourg puisque Runicom y était enregistrée. Elle soupçonnait que des actifs financiers lui aient filé sous le nez par un tour de passe-passe.
ATS