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La famille Appia est une famille originaire des vallées vaudoises du Piémont.
Les registres des communautés vaudoises ayant été pratiquement tous détruits jusqu’à la fin du XVIe siècle lors des actions punitives lancées par l’Église catholique contre les Vaudois, il est très difficile de reconstituer ce que fut l’histoire des familles de ces vallées du Piémont avant cette époque.
La présence du nom Appia dans les Vallées vaudoises du Piémont est ancienne. Ainsi Raymodo, propriétaire terrien à Saint-Jean (près de La Tour), est cité dans un registre de 1348 [1]. Ses descendants s’installèrent à l’entrée des vallées de Luserne et Rora : dans les bourgs de Saint-Jean, de Luserne et de La Tour. Ils étaient principalement des paysans, artisans, barbes et hommes de confiance des seigneurs.
À la suite de l’engagement des Vaudois dans la Réforme, après le synode de Chanforan en 1532, une partie des Appia décidèrent de s’engager dans la Réforme et à en accepter tous les risques. Barthélémy Appia de Saint-Jean fut l’un des premiers pasteurs d’une longue lignée dans laquelle s’inscriront le père, le frère et plusieurs neveux de Louis Appia. Entre 1560 et 1650 environ, les Vallées vaudoises subirent la puissante et permanente pression de la réforme catholique qu’il convient mieux d’appeler ici la contre-réforme ; un grand nombre de vaudois émigrèrent alors à Genève.
Le peuple vaudois a failli disparaître à deux reprises au XVIIe siècle. Vers 1630, la peste anéantit plus de 10’000 personnes [2]. Puis la révocation de l’édit de Nantes, vers 1686, fit près de 9’000 morts sur les 12’000 Vaudois qui restaient dans les Vallées [2]. À cette époque les Vaudois devaient être exterminés, leur pays vendu et repeuplé d’étrangers catholiques. C’est à ce moment qu’une grande partie des Vaudois, refusant de se faire catholiques, émigrèrent pour différentes régions ayant adopté la confession réformée, tel que Genève.
En août 1689, les Vaudois purent enfin revenir au Piémont. Ils organisèrent une expédition militaire qui, partant de Prangins (Suisse), réussit à revenir dans les Vallées. C’est ce que l’on a appelé la « glorieuse rentrée » [3]. Lors de cet épisode, une troupe de Vaudois partit des Grisons, mais les 122 compagnons furent interceptés à Uri en se rendant au rendez-vous de Prangins. Ils furent emmenés à Turin où le capitaine Daniel Appia (ancêtre de Louis Appia) mourut en prison avec ses compagnons. Son épouse rentra à Saint Jean en 1690 avec ses quatre enfants.
Références :
- Béatrice APPIA, « Une famille vaudoise du Piémont du XIVe au XIXe siècle (Documents recueillis, présentés et commentés par Béatrice Appia) », Torre Pellice, Bollettino della Società di Studi Valdesi, n°126, décembre 1969, p. 37-61.
- Jean JALLA, Histoire des Vaudois des Alpes et de leurs Colonies, Torre Pellice, Libreria Bottega della carta, 1934, p. 138-142.
- Georges APPIA, Scènes illustrées de la rentrée des Vaudois, Récits Authentiques, Paris, Société des écoles du dimanche, 1889, 40 p.