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Le phénomène de la division cellulaire signifie que les cellules de notre corps se renouvellent par division. Malheureusement, cela ne se poursuit pas indéfiniment, les cellules ne peuvent se répliquer qu’un certain nombre de fois, c’est ce qu’on appelle la sénescence réplicative. Le nombre maximal de divisions qu’une cellule est capable d’effectuer diminue avec l’âge. Les cellules sénescentes sont dysfonctionnelles mais, contrairement aux autres cellules, elles résistent à l’apoptose, ce qui signifie qu’elles ne meurent pas et s’accumulent dans divers tissus de notre corps. Les cellules sénescentes sont également pathogènes et ont des propriétés dommageables générales et locales. Dans un avenir proche, nous devrions être en mesure d’éliminer les cellules sénescentes. L’une des raisons en est de les rendre à nouveau sensibles à l’apoptose.
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Les cellules de notre organisme se renouvellent par division cellulaire, chaque cellule mère donnant naissance à deux cellules filles. Cette division est précédée par le doublement du contenu cellulaire: ainsi les composants cellulaires éventuellement endommagés sont dilués par ceux nouvellement synthétisés, ce qui constitue un mécanisme de régénération efficace.
Toutefois ce phénomène de division cellulaire ne se reproduit pas indéfiniment et les cellules humaines mises en culture ne peuvent se répliquer qu’un certain nombre de fois, c’est ce que l’on appelle la « sénescence réplicative».
Fait intéressant, le nombre maximal de division qu’une cellule est capable d’effectuer décroît avec l’âge du donneur. Cependant, il existe une considérable variabilité interindividuelle et la théorie selon laquelle le nombre de division cellulaire in vitro pourrait refléter l’âge physiologique du donneur et/ou son espérance de vie est évidemment fausse.
Lorsqu’une cellule jeune est endommagée ou lorsque son fonctionnement est altéré, elle active un programme de suicide appelé apoptose, et disparait sans bruit de l’organisme, sans déclencher de réaction inflammatoire. La situation est bien différente pour les cellules sénescentes. Bien qu’elles soient dysfonctionnelles, elles sont résistantes à l’apoptose, ne meurent pas et s’accumulent progressivement dans les différents tissus de notre organisme.
Un grand nombre de ces cellules sénescentes vont acquérir ce que l’on appelle un «phénotype sécrétoire» qui se caractérise par la production de différentes molécules (médiateurs de l’inflammation, enzymes destructeurs du collagène, radicaux libres oxydants…) directement impliquées dans le processus de vieillissement lui-même et/ou dans l’exacerbation des pathologies liées à l’avance en âge. En outre, ces cellules vont contaminer les cellules adjacentes et induire chez-elles le phénotype sénescent.
Les cellules sénescentes ont un pouvoir pathogène et des capacités de nuisance générales mais également locales. De façon expérimentale, la transplantation d’un petit nombre de ces cellules sénescentes dans les tissus entourant une articulation induit rapidement dans cette articulation des manifestations inflammatoires similaires à celles observées dans les ostéo-arthrites non infectieuses.
De façon plus globale, l’activation par les cellules sénescentes « sécrétantes », de facteurs de transcriptions et de gènes intervenant dans les mécanisme de l’inflammation participe à l’inflammation chronique constatée au cours du vieillissement, phénomène connu sous le nom d’« inflammaging». La production de radicaux libres oxygène oxyde les différents composants des cellules avoisinantes et perturbent gravement leur fonctionnement. La libération d’enzymes protéolytiques (métalloprotéases) contribue à la dégradation des tissus et au vieillissement cutané.
Des études récentes montrent que le phénotype sécrétoire des cellules sénescentes joue un rôle important dans l’apparition de multiples affections associées au vieillissement telles que cancer, diabète, athérosclérose, maladies cardiovasculaires, emphysème, broncho-pneumopathie chronique obstructive, fibrose pulmonaire, arthrose, ostéoporose, dégénérescence des disques intervertébraux, maladies neurodégénératives, dégénérescence maculaire…
Dans un futur proche, l’élimination des cellules sénescentes occupera une place de choix parmi les différentes interventions biomédicales destinées à ralentir le vieillissement ou à en limiter les conséquences. L’une des stratégies thérapeutiques choisies pour éliminer ces cellules consiste à les rendre de nouveau sensible à l’apoptose. On peut également activer le système immunitaire de façon à ce que ses cellules effectrices détruisent spécifiquement les cellules sénescentes. De nouvelles classes de médicaments dits « sénolytiques » feront bientôt partie de la pharmacopée anti-vieillissement.