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Il est l’un des grands solitaires de la littérature contemporaine : Paul Nizon, né à Berne en 1929. Romancier et père de famille, il gagne d’abord sa vie grâce à des travaux journalistiques dans lesquels il critique son pays d’une plume acérée. Au début des années 1960, il se consacre entièrement à la littérature. Bien qu’il soit rapidement célébré comme auteur, il abandonne tout en 1977 : Nizon déménage à Paris, et prend le risque d’une libération radicale pour réaliser son rêve d’une existence poétique. Le « grand magicien de la langue allemande », comme le qualifie Le Monde, voit son œuvre, traduite en plusieurs langues, saluée par de nombreux prix et distinctions.
« Paul Nizon : Un clou dans la tête » parle de la quête existentielle sans compromis de l’écrivain. Au cœur du film, l’aventure humaine de Nizon dans un appartement exigu, donnant sur une arrière-cour, là où il a passé ses premières années parisiennes : une sorte de poste-frontière où il lutte pour parvenir, en écrivain indépendant, à une autre vie, la vie en poésie. Avec éloquence, beaucoup d’humour et d’ironie, Paul Nizon accorde au réalisateur Christoph Kuhn l’accès à sa biographie et à son travail de création. Il se dessine ainsi le portrait intime, aux multiples facettes, d’un grand homme de lettres et d’un penseur incisif, pour lequel la prise de risque existentielle et la prise de risque dans l’écriture se fondent en une seule œuvre d’art.