Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07084.jsonl.gz/195

Le Parlement égyptien a approuvé le 30 août, la nouvelle loi relative à la construction des églises dans le pays. La législation est critiquée, notamment par des chrétiens, pour son caractère imprécis, qui ne facilitera pas réellement l'édification des lieux de culte.
La loi a été votée par plus de deux tiers de 596 membres du Parlement, appartenant pour la plupart à la majorité du président Abdel Fattah al Sisi, rapporte l'agence d'information vaticane Fides.
Selon la nouvelle norme, les gouverneurs des provinces devront répondre dans les quatre mois aux demandes de construction de nouvelles églises présentées par les communautés chrétiennes. En cas de rejet, le gouverneur devra motiver sa décision et la communauté aura le droit de faire appel devant les tribunaux administratifs.
La loi établit notamment que la superficie de l’église doit être adaptée au nombre des citoyens appartenant à la communauté chrétienne et prendre en considération la croissance de la population. Cette clause se trouve au centre des critiques, à cause de son caractère imprécis. Le pays ne dispose en effet d’aucune statistique officielle sur le nombre de chrétiens.
Des armes pour les salafistes?
Au cours de ces dernières semaines, les protestations s’étaient multipliées au sein des communautés chrétiennes d'Egypte, des groupes de jeunes ayant même lancé une pétition demandant le retrait du texte. Les amendements ajoutés au texte au cours de la longue phase d’étude ont posé le plus de problèmes. Ils donneraient la possibilité à ceux qui voudraient empêcher la construction de nouvelles églises de manœuvrer efficacement.
Les critiques ont ainsi visé un article de la loi stipulant que la construction des nouvelles églises est autorisée par les gouverneurs «avec la coordination des autorités intéressées». Nombreux sont ceux qui craignent que cette expression mal définie puisse permettre aux forces de sécurité locales de bloquer la construction de nouveaux édifices de culte chrétiens en invoquant des raisons de sécurité, surtout dans les zones les plus marquées par des conflits interreligieux. Dans certaines régions d'Egypte, les communautés chrétiennes et les églises sont dans le collimateur des musulmans fanatiques, notamment des salafistes.
Mieux qu'en 1934
Le Synode de l’Eglise copte orthodoxe avait donné le 24 août seulement un avis favorable au projet de loi. Le Patriarcat copte orthodoxe aurait reçu des assurances verbales que la disposition sur l'accord des autorités locales ne serait pas appliquée de manière rigide.
Aux yeux de nombreux chrétiens égyptiens, la nouvelle législation représente dans tous les cas un progrès par rapport à l'ancienne législation datant de 1934, assure Fides. Ces règles interdisaient entre autres de construire des églises près des écoles, des canaux, des édifices gouvernementaux, des voies ferrées et des zones résidentielles. Dans de nombreux cas, l’application rigide de ces règles a empêché la construction d’églises dans des villes et des villages habités par des chrétiens, surtout dans les zones rurales de Haute Egypte. - cath.ch-apic/fides/rz