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Le réchauffement climatique pourrait sonner le glas des patinoires extérieures vers 2050 dans les grandes villes du Canada, selon une étude. C'est une calamité dans un pays où le hockey sur glace tient lieu de religion nationale.
"Cette année je suis allé à la patinoire environ huit fois, mais avant c'était deux fois par semaine tout l'hiver", souffle Guillaume Bilodeau, 30 ans, qui pratique son lancer du poignet en baskets, sans patins, sur la surface molle, craquelée, dénudée par endroit, d'une patinoire extérieure de Montréal.
Dans le sud du pays, l'hiver trop chaud a donné une mine déconfite aux patinoires extérieures. A Ottawa, la patinoire de 7,8 kilomètres sur le Canal Rideau, la plus longue au monde, a été ouverte 28 jours seulement. La pire saison en une décennie.
Et ce n'est qu'un début, estiment des chercheurs de Montréal dans une étude sur l'état des patinoires extérieures, publiée dans la revue "Environmental Research Letters".
Sombres pronostics
Nikolay Damyanov et Lawrence Mysak, de l'Université McGill, ainsi que Damon Matthews, de l'Université Concordia, ont établi qu'il fallait une température constante de -5 degrés Celsius pendant trois jours pour commencer à arroser une patinoire extérieure, aménagée le plus souvent à même le sol ou sur un terrain de tennis. Puis, ils ont étudié les données météorologiques dans 142 stations du pays de 1951 à 2005 en divisant le Canada en six grandes régions climatiques.
Selon des recherches, la température hivernale a progressé de 2,5 degrés Celsius au Canada depuis 1950, soit le triple de la moyenne mondiale attribuée à la part des activités humaines dans le réchauffement planétaire.
"Si on extrapole à partir de la tendance des 30 dernières années, on peut estimer qu'il n'y aura plus de patinoires extérieures naturelles à Calgary, Montréal et Toronto en 2050", pronostique M. Matthews. "Il n'y aurait pas suffisamment de jours assez froids pour arroser les patinoires dans la majeure partie du sud du Canada".
ATS