Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07083.jsonl.gz/757

Contenu externe
Le contenu suivant a été fourni par des partenaires externes. Nous ne pouvons ainsi pas garantir son accessibilité à tous les utilisateurs.
L’étude suggère que les hommes fortement dominants réagissent plus rapidement dans les situations où un choix est nécessaire, indépendamment du contexte social (photo symbolique).
KEYSTONE/MARTIN RUETSCHI(sda-ats)
Les hommes qui expriment une domination sociale élevée prennent des décisions plus rapidement que les hommes à faible domination, même en dehors d’un contexte social. C'est le constat d’une étude comportementale de chercheurs lausannois et portugais.
Les hiérarchies existent dans toutes les sociétés humaines et animales, organisées par ce que les scientifiques comportementalistes appellent la domination. Mais celle-ci dépend en partie de la capacité à prendre des décisions plus rapidement que les autres.
Cela permet à l’individu d’agir le premier dans des situations sociales, ce qui pourrait conférer un avantage évolutif. Cependant, on ignorait jusqu'ici si les individus dominants montrent aussi cette capacité à prendre rapidement des décisions en dehors d’un contexte social, a indiqué l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) dans un communiqué.
Cinq expériences
Les laboratoires de Carmen Sandi et Michael Herzog ont voulu en avoir le coeur net. Leur étude, menée avec des confrères de l'Université de Lisbonne, a porté sur 240 étudiants de sexe masculin de l’EPFL et de l’Université de Lausanne.
Les hommes ont été classés en groupes de domination élevée ou faible à l’aide d’un questionnaire standard d’"évaluation de la domination" qui a été validé par de nombreuses études antérieures.
La vitesse de prise de décision a été mesurée à l’aide de cinq expériences. La première tâche a consisté à faire la distinction entre les émotions qu’ils voyaient sur différentes photos de visages. Ils sont ensuite passés à une tâche où ils devaient mémoriser puis reconnaître une série de visages.
Lors de la troisième expérience, les participants ont dû apprendre un trajet et s’en rappeler. Lors de la quatrième, une expérience de contrôle, il a été demandé aux participants d’appuyer sur la barre d’espace d'un clavier dès qu’ils voyaient un carré gris apparaître à l’écran. Pour cette partie de l’étude, aucun des deux groupes n’a semblé être plus rapide que l’autre.
Signaux neuronaux
Les scientifiques ont ensuite effectué une cinquième expérience pour identifier les signaux neuronaux susceptibles de montrer des différences de rapidité de réaction entre les participants à domination élevée et faible.
Pour ce faire, les chercheurs ont mesuré les signaux cérébraux à l'aide un électro-encéphalogramme (EEG) à haute densité. Il a été demandé aux participants de faire la distinction entre des visages heureux et tristes, puis entre des visages fâchés et neutres, pendant que l’EEG mesurait l’évolution du signal électrique de leur cerveau en fonction de la vitesse d’exécution de chaque tâche.
Cette partie de l’étude a montré que la plus grande rapidité à réagir des hommes à domination élevée s’accompagnait d’une amplification frappante du signal cérébral, environ 240 millisecondes après avoir vu les visages.
De plus, lorsque les chercheurs ont analysé les images de l’EEG des participants à domination élevée, ils ont identifié une activité plus forte dans les zones du cerveau associées aux émotions et au comportement, comparativement aux participants à faible domination.
Chez la femme et l'enfant
L’étude suggère par conséquent que les hommes fortement dominants réagissent plus rapidement dans les situations où un choix est nécessaire, indépendamment du contexte social. Cette rapidité dans la prise de décision peut agir comme un "biomarqueur" pour la disposition sociale, selon ces travaux publiés dans la revue Cerebral Cortex.
"A l'avenir, il sera utile de déterminer si ces différences de rapidité de réponse et de signaux cérébraux sont également observées chez les femmes selon leur degré de domination et si elles sont déjà présentes chez l’enfant. Nos résultats vont potentiellement ouvrir la voie d'une nouvelle approche de recherche utilisant les signatures EEG comme mesure", conclut Carmen Sandi.
ATS