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Raphael Angst, de l'école cantonale Im Lee (ZH), et la lycéenne Yanta Wang, d'Oberwil (BL), ont remporté l'or pour leurs performances aux Olympiades de mathématiques suisses. Quatre élèves de l'enseignement secondaire ont remporté l'argent au concours, six autres le bronze. La cérémonie de remise des médailles, qui aurait dû avoir lieu le 14 mars avec les familles et les enseignant.e.s des finalistes, a été reportée indéfiniment afin d'éviter la propagation du coronavirus. Les jeunes mathématicien.ne.s devront donc être patient.e.s jusqu'à ce qu'ils reçoivent leurs médailles tant méritées. Ils peuvent déjà ramener chez eux les connaissances acquises au cours de ces Olympiades - par exemple dans le camp d'entraînement d'Aarburg du 23 février au 1er mars. Nous faisons rapport de ce qu’ont vécu les jeunes durant la préparation.
Fin février, les finalistes des Olympiades de mathématiques étaient réunis à Aarburg (AG) pour un camp d’une semaine. Ils ont suivi une préparation théorique et pratique, suivie des examens finaux. Une visite sur place le 26 février a permis d’observer ces jeunes en plein travail.
Les participant.e.s sont répartis dans deux salles : d’un côté les débutants, de l’autre ceux qui ont déjà participé aux Olympiades. Dans cette deuxième pièce résonnent de joyeuses conversations en anglais. Il est épatant de voir que ces jeunes, en plus d’être calés en maths, sont capables de parler de sciences dans la langue de Shakespeare. Sur les tables sont éparpillés des cahiers, des compas, des équerres; mais aussi des gourdes, des friandises, des fruits. Le tableau noir est constellé de chiffres et lettres assemblés selon une logique qui échappe au commun des mortels. CQ∩ADℇW…un exercice de géométrie réalisé la veille. Aujourd’hui, la combinatoire est au programme. Sur les pages blanches d’un chevalet de conférence, un jeune dessine des cercles rouges numérotés et imbriqués les uns dans les autres. En général, tout le groupe travaille ensemble, debout. Par moments, les discussions se font en plus petits comités et glissent vers le suisse-allemand. Puis la recherche s’étend à nouveau au groupe entier. Parfois, on a l’impression que tous parlent en même temps. Mais les jeunes trouvent peu à peu un cheminement de pensée commun, et parviennent à formuler des pistes de solution qui convainquent chacun.
Quand tout s’assemble, c’est fascinant
Les participant.e.s romands sont peu nombreux. N’est-ce pas difficile de communiquer ? Le Lausannois Johann Williams, 16 ans, n’est guère perturbé par la barrière linguistique. Il trouve même que c’est bien de pouvoir s’améliorer en allemand par la même occasion. À force de plancher sur les feuilles d’exercices qui sont souvent livrées dans cette langue, il a acquis un bon volume de vocabulaire mathématique. Comment s’est développé son goût pour les maths ? « Quand j’étais petit, mes parents ont remarqué que j’aimais jouer avec les nombres et que j’aimais la logique. Ils m’ont donné des casse-têtes. Puis j’ai découvert les concours de logique et les Olympiades de maths. » Ce qui le fascine, c’est de se trouver face à un problème, d’y progresser point par point, « et puis tout d’un coup, tout vient et tout s’assemble !». Quid de son avenir professionnel ? « Les maths, c’est super. Mais c’est surtout un outil. J’aimerais les appliquer dans la vie quotidienne. » Il pourrait envisager par exemple un bachelor en informatique. Durant ce camp, il a particulièrement aimé un « joli problème » de combinatoire. Sa résolution exigeait d’introduire le nombre d’or. Il ne s’y attendait pas, il a trouvé cela passionnant. Les exercices qu’il aime moins : ceux qui exigent de récolter longuement de nombreuses données.
Une passion comme une autre
Dans la salle des débutants, l’atmosphère est plus calme et la disposition ressemble davantage à une classe d’école. Parmi les élèves se trouve Mathys Douma, du village de Courroux (JU) : probablement le plus jeune, du haut de ses 13 ans. Ce n’est pas seulement en maths qu’il est doué : il a sauté deux classes et se trouve déjà en dernière année de l’école secondaire. Il suit aussi les cours Euler de l’EPFL, comme Johann. Plus tard, il s’orientera peut-être vers la recherche en médecine ou en neurosciences. « C’est une branche fascinante, tout ce qui est en lien avec le cerveau m’intrigue. » Certains de ses amis considèrent les maths comme une corvée, et lui demandent pourquoi il y est accro. « J’adore en faire ! C’est plus qu’un hobby, c’est une passion. Donc je leur répond que c’est comme eux avec leurs propres passions. » Durant ce camp, ses exercices préférés concernaient la théorie des nombres et les équations fonctionnelles. La combinatoire, au programme ce matin, il n’en est guère friand. Mais il relativise : « Parfois on cherche longtemps, longtemps - et on se rend compte après coup que c’était pas si compliqué. »
Des jeunes viennent tour à tour au tableau dessiner leurs hypothèses. Des points, des lignes qui s’entrecroisent et des triangles. L’exercice consiste à prouver un principe mathématique. « Intuitivement, on comprend pourquoi il est vrai, mais c’est difficile d’en montrer la preuve !», commente une jeune fille. « Il faut penser différemment. Une fois qu’on a compris ça, on finit par trouver, en tâtonnant », complète un camarade. Même à la pause de midi, des jeunes continuent à débattre des exercices, griffonnant des triangles sur la nappe, à côté des plats de service. Quel plaisir de les voir si impliqués. Ils savent faire comprendre les bienfaits que peuvent apporter les maths : aspect ludique, souplesse d’esprit et découverte constante de nouvelles choses.
Les Olympiades de la science encouragent des jeunes, éveillent leurs capacités scientifiques et leur créativité, et montrent que la science est passionnante. Neuf Olympiades ont lieu chaque année : des ateliers, des camps, des examens et des concours pour plus de 3500 talents en biologie, chimie, géographie, informatique, mathématiques, philosophie, physique, robotique et économie. Les organisateurs sont des jeunes chercheurs, étudiants ou enseignants qui investissent bénévolement de nombreuses heures et beaucoup de cœur dans le programme national.
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