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Billet de notre Syndic Jean-Daniel CRUCHET
Jean-Daniel Cruchet Syndic de Giez
Bref historique de la commune de Giez :
Bien installé au cœur du Nord vaudois, le village de Giez apparaît dans des documents datant de l’an 1011, lors d’une donation du roi Rodolphe III de Bourgogne au couvent de Romainmôtier. Le village portait alors le nom de Gies, avant de connaître d’autres variations tel que Gyz, Giacum, Gie, pour finalement devenir Giez.
La commune abrite quelques bâtiments datant du moyen-âge, tel son château, qui porte le cachet d’une grande maison seigneuriale fortifiée de la fin du XVème siècle, et son église. Cette dernière est certainement le bâtiment le plus ancien que le village ait conservé, puisque certaines parties remontent vraisemblablement au commencement du XIIème siècle. Elle fut la paroissiale de Grandson jusqu’en 1438, date à laquelle l’évêque de Lausanne libéra les habitants de l’obligation de monter jusqu’à Giez pour assister aux services religieux. On trouve une autre maison remarquable, adjacente au château : les Tourelles. Son escalier hexagonal porte sur le linteau de la fenêtre supérieur la date de 1635.
Un des faits historiques ayant marqué le village nous vient des guerres de Bourgogne, puisque Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, installa son camp juste en dessous du village en 1476, afin de préparer son armée à l’assaut de la place forte de Grandson, récemment conquise par les confédérés. Selon certains documents, ce sont plusieurs centaines de soldats, servantes, ainsi que des chevaux et mulets qui s’étaient installés dans ce campement, jusqu’à la défaite infligée au duc par les confédérés. Ces derniers trouveront alors dans les environs de Giez un inestimable butin composé d’armement, d’équipement, d’or et de joyaux, abandonné suite à la bataille de Grandson et à la fuite des troupes du duc pour le jura français.
Caractères sociaux-démographiques et structures :
De par sa proximité avec Yverdon-les-Bains, et par conséquent de son excellent réseau de communications (axes autoroutiers et ferroviaires), notre commune est bien placée pour poursuivre son développement amorcé dans les années 70. A cette époque, la création d’un quartier villas avait permis d’accueillir pas loin d’une centaine de nouveaux habitants et ainsi de freiner l’érosion de la population. Aujourd’hui, notre Plan d’affectation, qui date de 1983, offre des surfaces constructibles importantes, tant aux abords qu’au centre du village, mais ces dernières sont utilisées par leurs propriétaires comme pâtures pour des moutons, des chevaux et autres ânes. La création récente d’un centre équestre et d’un manège ne fait qu’amplifier ce phénomène et fait dire à certaines mauvaises langues que si des communes disposent de pôles de développement artisanal, technologique ou industriel, Giez, elle, possède un pôle de développement équestre ! Une étude sur l’avenir des zones dites « intermédiaires », menée en 2007, a permis à la Municipalité de constater, avant tout, la complexité et la longueur d’une telle procédure. Malgré cela, la reconversion d’anciens bâtiments, tel que grange ou rural, en logements devrait permettre à la commune de continuer à assurer une croissance modérée de sa population et de répondre à la pression qu’exerce le dynamisme économique d’Yverdon-les-Bains sur le marché du logement de la région.
La commune est membre de l’arrondissement scolaire de Grandson, qui regroupe une vingtaine de communes de la région. Les enfants du village sont donc scolarisés à proximité de leur domicile, et même au village, puisque nous disposons d’un collège comprenant cinq salles de classe, dont une classe enfantine. Depuis 2009 et sa création, nous sommes également membre du réseau régional d’accueil de jour des enfants, permettant ainsi de répondre de manière performante aux demandes des parents.
L’eau que les repètassi (rapiécés), c’est le sobriquet de nos habitants, tirent de leurs robinets provient des puits d’Onnens, au bord du lac de Neuchâtel. Elle a transité par les réservoirs de Bonvillars, de Villars-Burquin et de Novalles pour finir dans notre propre ouvrage, situé sur les hauts du territoire communal.
C’est également à cet endroit que se trouve notre refuge communal, lieu privilégié de par sa situation en bordure d’une vaste forêt, et d’où le dégagement permet d’observer le lac, les préalpes et les Alpes du Mont-Blanc aux Trois bernoises, en passant par le Moléson. La population profite de ce lieu bucolique et apaisant pour se retrouver lors de fêtes de famille ou d’anniversaires, puisque ce bâtiment en rondin, équipé du chauffage et d’une petite cuisine, permet d’accueillir jusqu’à quarante personnes. La société de jeunesse y organise chaque année la fête du 1er août, et un petit festival écolo, le festival du Lombric, y a vu le jour en 2003.
La prise en charge et l’épuration des eaux usées est assurée par la step de la commune de Grandson, via une convention avec cette dernière et l’élimination des ordures et autres déchets se fait par les canaux de la STRID, société dont la commune est actionnaire.
Projets à court et long terme :
La Municipalité vient de terminer la transformation d’une ancienne grange, au centre du village. Au final, ce bâtiment propose deux appartements de trois pièces et deux de cinq pièces, mais surtout une centrale de chauffage à bois qui fournit le chauffage et l’eau chaude à l’entier des bâtiments communaux. Sa réalisation selon les normes Minergie et la pose de panneaux photovoltaïques en toiture complètent la démonstration de notre volonté en matière de développement durable.
Pour la suite, la Municipalité travaille actuellement à la planification d’une rénovation lourde de nos infrastructures de distribution d’eau et d’épuration.En effet, le réseau desservant le noyau principal du village est composé de conduites très anciennes et d’un diamètre insuffisant pour garantir une défense incendie moderne. Concernant l’épuration, la mise en séparatif de l’entier de notre réseau devient inévitable, tant pour des considérations techniques (capacités de la STEP de Grandson) que pour des raisons économiques. L’ouverture de ces chantiers importants va se répartir sur de nombreuses années et risque de modifier quelque peu les habitudes de nos habitants. L’aspect financier de ces investissements préoccupe également la Municipalité.
Vision personnelle et conclusion du syndic :
Idéalement situé en retrait des rives nord du lac de Neuchâtel, au milieu d’un vaste territoire agricole, le village de Giez offre des vues remarquables sur le lac et les Alpes en direction du sud et sur la chaîne du Jura au nord. Légèrement à l’écart des centres urbains et des grands axes routiers, le village promet une certaine tranquillité et le paysage une nature préservée. Pourtant, deux entrées d’autoroute et une vaste zone commerciale sont à disposition dans un rayon de moins de cinq kilomètres et atteindre Yverdon-les-Bains prend moins de dix minutes. C’est donc munie d’atouts certains que notre commune peut penser son futur, tant au niveau du développement de son habitat, qui devra respecter le caractère rural du village, qu’en ce qui concerne ses relations avec les communes voisines et une région, le Nord-vaudois, en pleine mutation.
En conclusion, un rapide regard sur le passé nous montre que la commune n’a pas toujours existé sous sa forme actuelle, mais qu’elle a évolué au fil des différents événements de l’Histoire.