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Melbourne, Paris et maintenant New York ! Stan Wawrinka s'est offert son troisième titre en Grand Chelem en battant Novak Djokovic en finale de l'US Open, à l'issue d'un nouveau chef-d'oeuvre.
Vainqueur 6-7 (1/7) 6-4 7-5 6-3 d'un match d'une folle intensité, le Vaudois a été à la hauteur de sa réputation, celle d'un homme de grands rendez-vous. Dans la même veine que ses triomphes à l'Open d'Australie (2014) et Roland-Garros (2015), il n'a jamais été paralysé par l'enjeu, ni devant le prestige de son adversaire.
Il est d'ailleurs incroyable de se dire que Stan Wawrinka n'a battu que trois fois un no 1 mondial en vingt tentatives, mais que ses trois victoires ont toutes été obtenues en finale d'un Grand Chelem, contre Rafael Nadal à Melbourne et, donc, face à Novak Djokovic à Roland-Garros et New York. Le Serbe avait lui-même averti avant cette nouvelle finale: "Stan est un joueur de grands matches". Et le moins que l'on puisse dire, c'est que le Vaudois s'est fait un plaisir de confirmer ses craintes.
Encore un peu rouillé en début de match - il était mené 0-3 -, Stan Wawrinka a mis une demi-heure à entrer dans la partie. Mais une fois dans la rencontre, une fois ses coups ajustés, il a évolué à un niveau épatant, pour ne pas dire sublime. Les points exceptionnels ont ainsi été légion, et la plupart ont été à mettre au crédit du Vaudois.
Stan Wawrinka a certes connu quelques très rares ratés, à l'image du tie-break de la manche initiale. Mais malgré ça, il ne s'est jamais démonté. Et dans les deux manches suivantes, c'est lui qui a forcé son destin: il a pris le service de son adversaire aux meilleurs moments, à 5-4 dans le deuxième set et à 6-5 dans le troisième, à chaque fois en faisant travailler le Serbe, en l'usant, en le poussant à la faute.
Cela a eu le mérite de mettre K.-O le no 1 mondial, et Stan Wawrinka en a profité pour se détacher 3-0 dans la quatrième manche. Novak Djokovic, gêné par une ampoule à un orteil, a bien essayé de s'accrocher. Et avec un peu plus de réussite, il aurait même pu refaire son service de retard à 3-1. Mais comme sur presque toutes les balles de break de la partie, le Vaudois s'est montré solide, trop solide. La preuve, il a sauvé 14 des 17 balles de breaks qu'il a dû jouer !
Pas affecté physiquement malgré une longue quinzaine, et le double de temps de jeu que son adversaire avant cette finale - 8h58 pour Djokovic, 17h55 pour Wawrinka -, le Vaudois n'a plus rien lâché en fin de match, se montrant toujours aussi sûr de sa force.
Et finalement, après 3h55 de combat et une ultime faute de son adversaire, Stan Wawrinka a pu boucler la partie, levant les bras au ciel sous les vivats du Arthur Ashe Stadium. Sacré dénouement pour celui qui aurait pu quitter cet US Open dans l'anonymat, à l'issue d'un 3e tour où il avait dû sauver une balle de match contre Daniel Evans...
Stan Wawrinka l'a répété plusieurs fois ces derniers jours, tout ce qui lui arrive depuis trois ans, est "exceptionnel", "anormal". Et pourtant. A force d'accumuler les coups d'éclat, les triomphes du Vaudois sont devenus fréquents, presque attendus. Cela est d'autant plus vrai dans les tournois qui comptent, en Grand Chelem, où le Vaudois parvient presque toujours à l'excellence.
En pleine période du "Big Four" (Federer, Nadal, Djokovic, Murray), Stan Wawrinka a aussi réussi l'exploit de se faire une place dans l'histoire du tennis. Là aussi, l'humilité du Vaudois lui fait dire qu'il ne se voit pas au niveau des légendes de son sport. Reste qu'il est devenu dimanche le 22e joueur de l'ère Open (dès 1968) à afficher trois titres du Grand Chelem à son palmarès, et même le 16e à l'avoir fait sur trois sites différents.
Et ce n'est peut-être pas fini. Même s'il n'est plus tout jeune - il est devenu, à 31 ans et 5 mois, le plus vieux vainqueur de l'US Open depuis Ken Rosewall en 1970 -, Stan Wawrinka a encore quelques belles saisons devant lui, et il compte bien en profiter. De toute façon, le Vaudois a déjà largement surpassé ses rêves les plus fous. Alors, au point où il en est, il peut encore ajouter l'un ou l'autre Grand Chelem à son fabuleux palmarès...
ATS