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En mai 1926, le maréchal Jozef Pilsudski qui avait abandonné le commandement de l’armée polonaise depuis 1923 vivait le plus souvent retiré dans sa propriété près de Varsovie. Irrité par l’instabilité permanente des gouvernements de la jeune Pologne, il déclencha un coup d’Etat militaire le 12 mai 1926. Le 13 mai au soir, le Président Wojciechowski donnait sa démission et les combats cessèrent. Les affrontements furent vifs. On dénombra 379 morts, dont 164 civils, et 920 blessés. Au cours des jours qui suivirent, on assista à une restructuration totale de l’Etat. Mettant en oeuvre une politique dite « d’assainissement moral », Pilsudski soutenu par l'appareil militaire de ses anciens légionnaires désigna le nouveau premier-ministre et prit le portefeuille de Ministre des Armées. Il dira à la presse : « j’ai accompli un fait historique unique en son genre : ayant exécuté quelques chose qui ressemblait à un coup d’Etat, j’ai su aussitôt le légaliser.» Contrairement aux attentes d’une part importante de la population, il ne brigua pas la charge de Président de la République.
L'opposition au régime de la « Sanacja » fut très active depuis la Suisse, grâce à ce que l’on a appelé le « Front de Morges », regroupé autour de la figure emblématique du premier président de la République de Pologne, le pianiste Ignacy Paderewski, dont la résidence morgienne de Riond-Bosson constitua un centre de réflexion politique qui tenta d’avoir une influence sur la vie politique polonaise. Le 6 mars 1936, les généraux Sikorski et Haller ainsi que le leader du parti paysan Wincenty Witos vinrent à Riond-Bosson afin de jeter les bases d’une opposition crédible capable de se faire entendre en Pologne.
Claude Bonard
Illustration, coll.CB