Document ID: /curiavista/filtered/00000.jsonl.gz/149904

<h2>SubmittedText<h2><p>En octobre 2014, la Commission fédérale de l'alimentation (COFA) a publié un rapport sur les aspects sanitaires de la consommation de viande. En se basant simplement sur les analyses statistiques de diverses études portant sur l'alimentation, elle est parvenue à la conclusion que la consommation de viande rouge et en particulier celle de produits carnés (viande transformée) peut avoir, à long terme, des conséquences négatives sur la santé : augmentation de la mortalité, du risque de développer des maladies cardiovasculaires ainsi que certaines formes de cancer comme celui du côlon ou de l'oesophage et augmentation du risque de présenter un diabète de type 2. Les auteurs du rapport n'ont cependant pas pu prouver qu'il existait un lien de causalité entre la consommation de viande rouge et les effets néfastes pour la santé décrits précédemment. Dans ce rapport, il s'agissait au contraire de présenter les mécanismes de cause à effet comme étant de véritables hypothèses (c'est-à-dire sans preuve irréfutable). De même, les risques susmentionnés n'ont été évoqués que de façon relative, ce qui rend impossible une évaluation de leur portée et donc de leur signification réelle. En outre, il est étonnant de constater que les effets positifs de la consommation de viande sur le développement d'allergies ou de maladies psychiques, prouvés par d'autres études, ne sont pas mentionnés. Et ce n'est pas tout : les effets positifs que peuvent également avoir les nutriments contenus dans la viande ne figurent pas complètement ou alors seulement de façon marginale dans le rapport.</p><p>Je prie le Conseil fédéral de répondre aux questions suivantes :</p><p>1. Quelle pertinence scientifique accorde-t-il au rapport de la COFA ?</p><p>2. Comment juge-t-il le fait que la COFA conclue, sur la seule base de corrélations statistiques, qu'il faudrait recommander aux adultes âgés de 35 à 70 ans de restreindre la consommation de viande rouge non transformée et de limiter encore plus celle de viande rouge transformée ?</p><p>3. Qui, concrètement, a chargé la COFA d'élaborer un rapport sur les aspects sanitaires de la consommation de viande ?</p><p>4. Combien l'élaboration du rapport par la COFA a-t-elle coûté (total des coûts - bruts et nets)?</p><p>5. Le Conseil fédéral envisage-t-il de suivre les recommandations de la COFA au sujet de la limitation de la consommation de viande rouge ? Si oui, comment va-t-il les mettre en oeuvre ?</p><h2>FederalCouncilResponseText<h2><p>La Stratégie alimentaire suisse a notamment pour objectif de mettre à la disposition des consommateurs des informations compréhensibles leur permettant de faire des choix conscients et bons pour la santé. Ces informations sont établies sur la base d'analyses et d'évaluations actuelles effectuées dans le cadre d'études scientifiques, comme l'a fait en l'occurrence la Commission fédérale de l'alimentation (COFA) dans le domaine de la consommation de viande. Que ces informations soient prises en considération au profit d'une alimentation saine et variée relève de la responsabilité de tout un chacun.</p><p>1. La COFA a recueilli et évalué les études scientifiques actuelles portant sur les avantages et inconvénients de la consommation de viande sur la santé. Ces études, réalisées dans différents pays, couvrent des enquêtes qui ont impliqué plus de 5 millions personnes dont l'état de santé a parfois été suivi pendant plus de vingt ans. Le rapport constitue une bonne base pour réexaminer et actualiser le cas échéant les recommandations nutritionnelles.</p><p>2. Les études citées dans le rapport de la COFA, publiées dans des revues spécialisées renommées, sont fondées sur des méthodes statistiques usuelles. L'épidémiologie nutritionnelle consiste à observer et à évaluer le comportement alimentaire d'un groupe de la population sous l'angle de l'état de santé. On compare par exemple l'apparition d'une maladie (par ex. infarctus du myocarde) au sein d'un groupe de la population à la consommation la plus élevée de viande avec son apparition dans un groupe à la consommation la plus faible. Il est ainsi possible d'établir dans quelle mesure le risque de cette maladie est plus fort lorsque la consommation de viande est plus élevée. Généralement reconnues, ces méthodes scientifiques sont utilisées de façon concluante dans de nombreux domaines.</p><p>3. Le mandat de l'élaboration du rapport a été confié à la division Sécurité alimentaire de l'Office fédéral de la santé publique, qui fait aujourd'hui partie de l'Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV). Une ou deux fois par an, l'OSAV charge la COFA d'établir un rapport scientifique afin de garantir que les recommandations nutritionnelles élaborées et publiées par l'OSAV et la Société suisse de nutrition (SSN) soient toujours fondées sur les connaissances scientifiques les plus récentes. Les rapports de la COFA peuvent être consultés à l'adresse suivante : <a href="http://www.blv.admin.ch/themen/04679/05108/05869/index.html?lang=fr">http ://www.blv.admin.ch/themen/04679/05108/05869/index.html ?lang=fr</a></p><p>4. Le coût du rapport s'est élevé à 6250 francs.</p><p>5. L'OSAV, compétent en la matière, vérifiera si et comment les recommandations nutritionnelles en vigueur doivent être adaptées. Les résultats présentés dans le rapport ne sont pas nouveaux : une consommation réduite de viande et une grande réserve par rapport à la viande transformée sont conseillées pour être en meilleure santé possible. L'OSAV et la SSN recommandent déjà, dans la pyramide alimentaire, de ne pas manger de la viande plus de deux ou trois fois par semaine et les consommateurs savent généralement qu'une consommation excessive de produits carnés (viande transformée) n'est pas indiquée pour la santé. Les recommandations ne doivent donc pas être remaniées en profondeur en raison du rapport de la COFA, mais des adaptations mineures ne peuvent pas être exclues. Relevons enfin que des recommandations alimentaires similaires sont aussi publiées à l'intention de la population dans les pays voisins ; celles-ci déconseillent notamment une consommation excessive de produits carnés gras.</p>  Réponse du Conseil fédéral.