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Le roman a pour décor le Paris du XIXe siècle, oscillant entre accalmies et luttes pour la liberté. Marqué par la mort prématurée de ses parents, Louis Lefèvre est élevé par sa tante. Choyé, le garçon fait pourtant montre d'un caractère farouche et ombrageux. Très jeune, Louis manifeste un don pour la composition et se réfugie dans la musique. Séduit par un idéal de justice sociale, Louis se joint aux journées révolutionnaires de 1848 et 1871 et rêve d'y consacrer une majestueuse symphonie.
Malgré un talent hors pair, Louis rechigne à rendre ses oeuvres publiques. Son trouble mental s'aggrave : quasi-aliéné, rongé par la haine de soi, il détruit ses créations. Une suite de passions tragiques creuse le gouffre de sa folie : chez lui, l'amour du beau s'accompagne de l'attrait irrésistible de la violence qui le poussera à la transgression...
Étienne Barilier est essayiste, romancier (Ruiz doit mourir, Buchet-Chastel, 2014 et Les Cheveux de Lucrèce, Buchet-Chastel, 2015) et traducteur. Ses nombreux essais témoignent de son engagement dans les débats d'idées de notre temps : Contre le nouvel obscurantisme (Zoé, 1995) ; Nous autres civilisations (Zoé, 2004), ou encore Que savons-nous du monde ? (Zoé, 2012).
La musique dans l'exil, et la musique de l'exil.
Comment l'éloignement contraint de leur terre d'origine a-t-il affecté les oeuvres des musiciens qui ont vécu cette épreuve ? C'est à cette question qu'Étienne Barilier tente de répondre dans cet ouvrage, en scrutant les oeuvres qui expriment, voire thématisent l'exil.
Selon le contexte historique (insurrection polonaise, révolution russe, stalinisme, nazisme...) ou l'« issue » de leur exil, il évoque ceux pour qui cela n'a pas eu apparemment grande conséquence sur la puissance créatrice (Stravinsky, Schnberg, Milhaud) et ceux chez qui il tarit peu ou prou la veine créatrice (Rachmaninov, Bartók) ; le retour peut être plus ou moins catastrophique (Prokofiev ou, dans des circonstances tout autres, Korngold).
Un exil intérieur peut être contraignant jusqu'à la mort (Chostakovitch, Weinberg, Feinberg); il a été aussi prélude à l'assassinat en camp d'extermination, et suscitant des oeuvres de résistance (Ullmann, Schulhoff). Zemlinsky, Hindemith, Kurt Weill et bien d'autres illustreront ici comment le plus immatériel des arts, la musique, peut incarner le déchirement, la séparation et la permanence d'une identité.
De cette fracture intime que le XXe siècle a lestée de sa douleur propre, Étienne Barilier développe des enjeux de civilisation qui, bien au-delà de la musique, touchent durablement notre époque.
Les quatre lettres du nom de Bach, dans la notation musicale allemande, sont aussi quatre notes, si bémol, la, do, si naturel. Bach lui-même a introduit ces quatre notes dans son Art de la Fugue. Et sur cette étrange mélodie, presque tous les grands noms de la musique ont écrit à leur tour, de Beethoven à Boulez ou Zimmermann, en passant par Schumann ou Liszt. Ce livre raconte l'aventure de B-A-C-H, où se joue, en réduction, toute l'histoire de la création musicale dans la modernité. Etienne Barilier est l'auteur d'une trentaine d'ouvrages, romans et essais. B-A-C-H, publié pour la première fois en 1997, paraît ici dans une édition revue et augmentée.
En 1884, le Soudan est à feu et à sang. Le Madhi, ascète mystique et chef de guerre, veut rétablir l'islam dans sa pureté. Il s'oppose à la tutelle anglo-égyptienne. Pour chasser l'occupant étranger, il assiège la capitale Khartoum. La ville est défendue par le général anglais Charles Gordon. C'est un étrange militaire, sorte de saint laïc, aimé des Khartoumois pauvres, qu'il veut protéger envers et contre tout. Peu d'Européens restent dans la ville. Un ancien communard, un trafiquant pervers, un archéologue naïf, deux femmes intrépides... La menace aiguise et révèle leur caractère.
Se fondant sur un épisode historique réel, Etienne Barilier restitue le vacarme d'une ville assiégée. Il nous emporte dans un roman à la fois ample et précis, lyrique et documenté, tragique et généreux. Un récit à l'actualité saisissante : les dirigeants actuels du Soudan sont des héritiers de l'idéologie mahdiste...
Ce livre, dans la série ' opinion ', révèle l'amour-haine qui unit ou sépare les Suisses allemands et leurs voisins du Nord. La manière dont les Allemands, après Hitler, sont parvenus à reconquérir largement l'estime et la confiance de l'Europe, sentiments détendus partagés par les Romands, n'a pas réduit les réactions de défiance ou de rejet dans la population suisse culturellement la plus proche. C'est une très vieille histoire. Ces relations complexes, il faut les connaître car elles influencent des attitudes helvétiques marquées en fait par la majorité linguistique. Sur cette incontournable réalité, relevant de ce qu'on appelait la psychologie des peuples, deux journalistes éminents s'expriment et recueillent les témoignages d'écrivains d'aujourd'hui, tels Peter Bichsel, Hugo Loetscher ou Adolf Muschg qui revient au discours mémorable qu'il tint sur ce thème en Allemagne peu avant la chute du mur de Berlin. S'y ajoutent une précieuse étude historique de Markus Kutter, l'évocation de l'' autre mur ' par Hansmartin Schmid, le point de vue d'un chercheur vivant dans la Hesse, Bruno Schoch, et un cri du coeur de Jean Ziegler : ' Mon Allemagne '.
Borromini a été très présent aux yeux des Suisses sur leurs billets de banque, mais que sait-on de cet architecte célèbre, né près de Lugano en 1599? Cet ouvrage comble un vide. Beaucoup mieux, il prend place parmi les plus belles oeuvres que nous aura données un écrivain d'aujourd'hui. A Rome, ovp il séjournait à l'Institut suisse, Etienne Barilier se prit de ferveur pour le maître du baroque dont la vie nous est restée inconnue, à part son suicide. Du grand rival de Bernini demeurent les oeuvres. Il ne fut pas facile de percer les secrets de l'Oratoire des Philippins, de Saint-Charles-aux-Quatre- Fontaines, de Saint-Yves-de-la-Sapience¬Ö C'est par des visites assidues et des observations fascinantes qu'ont repris chair, en ces pages, de grandes figures du dix-septième siècle romain et le créateur d'une architecture éminemment personnelle. Il ne sera plus possible de fondre les travaux de Borromini dans 'le baroque', car on perçoit ici une destinée d'artiste qui va seul. Il demeure sans âge par sa passion des matières et des ordonnances constructives, mais frappé d'un respect aigu, on dirait pascalien, du limité et de l'illimité. Dans les mandats les plus contraignants il révéla son génie.
En Suisse, pendant la guerre, 17 hommes furent exécutés. 17 contre des milliers, le bilan est en notre faveur ! Ernst S. était un tout petit, et ce n'est pas qu'on n'en avait pas, des gros, mais c'est qu'on ne les a pas arrêtés, et le juge militaire n'est responsable que de la condamnation, non de l'arrestation. Quant à savoir qui est arrêté, d'autres en décident. Ainsi - et il faut qu'il en soit ainsi dans un Etat de droit - de même que la compétence, l'innocence est aussi répartie.
Peter Bichsel