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Il y a quarante ans, le 1er avril 1981, le Conseil fédéral désignait définitivement le Psaume suisse “pour l’armée ainsi que pour la sphère d’influence de nos représentations diplomatiques à l’étranger comme l’hymne national officiel de la Suisse”. Beaucoup de gens ne sont pas conscients de cette restriction à des fins militaires et diplomatiques. Le Conseil fédéral n’avait pas de compétence constitutionnelle explicite pour déterminer un hymne national. En effet, à l’époque, la primauté constitutionnelle du secteur culturel revenait aux cantons et non à la Confédération. En principe, les athlètes pourraient donc chanter « La haut sur les montagnes » aux Jeux olympiques et lors d’une coupe du monde de football. Et lors des célébrations fédérales communales, les hymnes cantonaux et régionaux pourraient être chantés à la place du psaume suisse.
La résistance politique dès le premier jour
En 1961, le Conseil fédéral a désigné le “Psaume suisse” comme hymne national provisoire. Le texte du psaume suisse date de 1840 et a été écrit par Leonhard Widmer. En 1964, après une période d’essai de trois ans, douze cantons se prononcent en faveur du “Psaume suisse”, sept souhaitent une prolongation de la période d’essai et six cantons rejettent l’hymne national provisoire. En 1965, le statut provisoire du “Psaume suisse” comme hymne national a été confirmé pour une période indéterminée. Le Conseil fédéral a abandonné ce statut provisoire 10 ans plus tard, mais avec la possibilité de réviser cette décision. Entre 1961 et 1981, de vastes consultations, enquêtes et concours ont été organisés pour trouver un hymne définitif. En 1972, le conseiller national UDC Rudolf Etter écrivait dans une petite question : “Après le dernier 1er août, des plaintes ont été formulées dans tout le pays, selon lesquelles le chant du nouvel hymne national devenait directement gênant et un véritable supplice… Cela ne peut certainement pas continuer comme ça.” En 1989, à l’approche du 700e anniversaire de la Confédération suisse, plusieurs initiatives et pétitions ont réclamé un nouvel hymne national. Le journal genevois “La Suisse” a offert un prix de 10 000 francs pour la création d’un nouvel hymne. En 2004, Margret Kiener Nellen, membre du Conseil national bernois, a déposé une motion proposant la rédaction d’un nouvel hymne national dans toutes les langues nationales. En termes de contenu, le nouvel hymne devait être en harmonie avec les valeurs fondamentales et les objectifs nationaux de la nouvelle Constitution fédérale de 1999. La même année, le “Comité d’action pour l’hymne national suisse” a tenté de trouver un nouveau texte d’hymne “que tout le monde puisse chanter” d’ici le championnat d’Europe de football de 2008. Sans succès.
Les hymnes ne sont pas gravés dans la pierre
Au cours des 30 dernières années, les Philippines, la Mongolie et l’Éthiopie ont intégré les valeurs centrales de leurs constitutions dans leurs hymnes nationaux. Et d’autre part, ils déclarent dans leurs constitutions que les hymnes nationaux ne sont pas une pièce de musée, mais peuvent être adaptés en cas de changements historiques et politiques ou sur la base d’une réforme constitutionnelle. De nombreux pays ont changé la langue des textes de leur hymne ces dernières années, principalement parce qu’ils ne s’adressaient qu’aux hommes. En 2014, la SSUP a organisé un concours national pour un nouveau texte sur l’air de l’hymne existant. La condition était que le nouveau texte intègre les valeurs du préambule constitutionnel. Parmi les 208 candidatures, c’est le texte de Werner Widmer a gagné le concours avec une seule strophe. Le texte existe désormais dans les quatre langues officielles, dans une strophe en langue mixte et en anglais.
Voici le texte en français :
Sur fond rouge la croix blanche,
symbole de notre alliance,
signe de paix et d’indépendance.
Ouvrons notre cœur à l’équité
et respectons nos diversités.
A chacun la liberté
dans la solidarité.
Notre drapeau suisse déployé,
symbole de paix et de liberté.
Avec 250 sympathisants issus de la politique, de la culture, du sport et de l’économie, la SSUP invite les 2200 communes de Suisse et les 750 associations suisses de la “Cinquième Suisse” à chanter le nouveau texte d’hymne proposé avec le Psaume suisse lors des célébrations fédérales du 1er août et à d’autres occasions festives. Lorsque les deux textes sont juxtaposés, même les personnes très sceptiques trouvent qu’elles peuvent s’identifier davantage au nouveau texte qu’au Psaume suisse. Par conséquent : 40 ans, ça suffit !