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«Ce qui est terrible, c'est que nous ne savons pas d'où ils viennent et qu'ils ne savent pas où ils vont.» Ces mots, confiés à Fernand Melgar par l'une des collaboratrices du Centre d'enregistrement de Vallorbe, illustrent bien la réalité de La forteresse. Le fait de «ne pas savoir» est d'ailleurs au coeur de la question de l'asile qui a permis, avant les votations de 2006, à la propagande de développer deux portraits types du requérant: l'Africain dealer et le Rom chapardeur. La réalité, on s'en doute, est plus complexe. Fernand Melgar, fils d'immigrés espagnols, a vécu le résultat des votations sur l'asile comme une trahison, alors qu'il venait d'obtenir sa propre naturalisation.
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