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Trop souvent synonyme de faute et d'échec, l'erreur scolaire peut, au contraire, s'avérer un fabuleux ascenseur de réussite scolaire. Décryptage en compagnie de Veronica Besomi, auteur d'un travail universitaire sur le sujet.
Pourquoi avez-vous décidé de vous pencher sur l'erreur scolaire?
Désireuse d'oeuvrer dans le monde de l'éducation plus tard, ce sujet me semblait à la fois primordial et intéressant à étudier. Cette thématique se situe, en effet, au coeur des systèmes scolaires et touche, par conséquent, les élèves dans leur vie quotidienne.
Comment la perception de cette notion a-t-elle évolué au fil du temps?
Auparavant, l'erreur était synonyme de faute à ne pas commettre. Elle était alors considérée comme un obstacle à l'apprentissage et un acte qui entraîner nécessairement une punition. Or c'est contreproductif de punir un élève qui se trompe. Actuellement, on préfère s'appuyer sur l'erreur pour faire progresser l'enfant. Elle n'est plus perçue négativement.
En quoi ces changements de représentation ont-ils modifié les pratiques pédagogiques?
Par le passé, lorsque l'écolier commettait une erreur, il était sanctionné par un châtiment corporel. À l'heure actuelle, la punition revêt un caractère plus psychologique. Par exemple, on demande à l'élève, qui a fauté de par son mauvais comportement, de sortir de la classe, ce qui peut induire chez lui un sentiment de honte et de culpabilité vis-à-vis de ses camarades. Idem pour les notes. Actuellement, on couronne un bon résultat scolaire à l'aide d'un indice chiffré. Mais recevoir une mauvaise note peut s'avérer très stigmatisant pour l'enfant, qui peut alors se sentir «nul». Son sentiment d'efficacité personnelle et sa confiance en lui peuvent s'en trouver ébranlés. En outre, en lui infligeant un mauvais résultat, nous ne l'aidons pas, car à travers un chiffre, il n'arrivera probablement pas à comprendre pourquoi il a échoué et où se situent ses lacunes.
À noter qu'actuellement, on a plus tendance à s'appuyer sur l'erreur pour faire progresser l'écolier. L'élève doit comprendre où il a fauté pour mieux en tirer profit et apprendre. Il doit aussi bien avoir conscience que l'erreur fait partie intégrante de son apprentissage. C'est tout à fait normal de commettre des erreurs. Les enfants évoluent avec le temps. Aucune situation n'est jamais désespérée.
À quelle époque les punitions corporelles ont-elles été bannies de l'école? Et pour quelles raisons?
Jusqu'au milieu du XXe siècle, les punitions corporelles étaient monnaie courante et même la norme. Une telle pratique remonte à très loin. À l'époque romaine, par exemple, il était courant de faire subir des sévices aux enfants récalcitrants. Le pater familias (ndlr: père de famille en latin) détenait le pouvoir sur toute sa maisonnée et avait le droit de vie ou de mort sur sa descendance. Le pouvoir du père s'est, par la suite, répercuté sur celui de l'enseignant qui avait le droit de maltraiter ses élèves pour soi-disant mieux les former. Au cours du siècle passé, l'enfant, dans son individualité, est revalorisé. Il en résulte une meilleure prise de conscience de ses droits, comme en témoigne la mise sur pied de la Convention relative aux droits de l'enfant de l'ONU.
Cette amélioration de son statut n'a-t-elle pas favorisé l'émergence de l'enfant roi, voire tyran?
Il est vrai qu'actuellement, les bambins ont plus de pouvoir. On le voit, par exemple, lorsque les parents contestent les décisions des enseignants pour protéger leur progéniture et par crainte de perdre la face. Mais cette problématique relève plus du rôle des parents qui doivent prendre leurs responsabilités que de l'école.
En Suisse, dans le strict cadre familial, la fessée n'est pas interdite. Or notre pays a ratifié la Convention relative aux droits de l'enfant de l'ONU qui prohibe tout comportement violent envers un enfant. Une aberration selon Véronica Besomi qui estime de Dame Helvétie devrait en faire plus pour protéger les mineurs des mauvais traitements. Sur le plan scolaire, les enseignants n'ont pas le droit de violenter les élèves, sous peine de plainte pénale.