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Les résultats des élections fédérales de 2019 ont déjà fait couler beaucoup d’encre. On chercherait en vain dans les médias une analyse de ce qu'elles impliquent pour les questions de développement et de politique étrangère de la Suisse. De l’avis général, ces élections ont donné lieu à une vague verte, jeune et féminine. Le rouge n’y a pas vraiment été en vedette. Il en est résulté un Conseil national qui, dans l'ensemble, est un tiers à gauche, quarante pour cent à droite et un quart quelque part entre les deux. Le Conseil des États est devenu globalement plus vert, mais le poids politique du camp bourgeois y est clairement resté plus important que dans la Grande Chambre.
On ne peut pas encore dire avec certitude dans quelle mesure le nouveau Parlement sera plus ouvert aux questions de développement. Le centre de l’échiquier politique, le PDC, fera pencher la balance sur des dossiers majeurs. Il déterminera si la Suisse se positionne sur la scène politique internationale comme la force ouverte au monde, solidaire et durable qu'elle devrait être. En fin de compte, les partis du centre décideront également si notre pays apportera la contribution nécessaire à la mise en œuvre de l'Agenda 2030 de développement durable de l’ONU ou s'il misera plus que jamais sur ses propres intérêts économiques à court terme, auxquels le ministre des affaires étrangères Cassis entend subordonner la coopération suisse au développement.
Comme nation entretenant de multiples liens politiques et économiques, la Suisse dépend d'un environnement mondial stable à long terme, à savoir d'un contexte équitable et pacifique. Outre une coopération au développement adéquate et dotée de moyens financiers suffisants, cela présuppose une politique étrangère et économique guidée par le principe de l'équité au-delà des frontières nationales. Le dernier rapport par pays du Comité des droits économiques, sociaux et culturels de l’ONU le souligne également. Il rappelle à la Suisse que sa politique étrangère et économique joue un rôle majeur pour déterminer si d'autres pays ont des possibilités suffisantes d'exercer ces droits cruciaux et de permettre à leurs populations de vivre dans la sécurité et la dignité.
Le rapport recommande notamment à la Suisse d'examiner systématiquement les conséquences potentielles pour les droits humains d'accords de libre-échange - comme celui passé avec le Mercosur - avant de les conclure. Comme le demande l'initiative pour des multinationales responsables, des règles sont en outre nécessaires pour obliger les entreprises basées en Suisse à respecter les droits humains partout dans le monde. Les incitations fiscales pour des multinationales qui transfèrent leurs bénéfices des pays pauvres vers la Suisse doivent en revanche être supprimées.
On ne peut que souscrire à ces recommandations. Reste à espérer que le Parlement nouvellement élu leur prêtera une oreille attentive.