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Nous donnons ci-après un bref aperçu des lois et des rôles de la dynamique de groupe ainsi que du «phénomène» du conformisme.
Les lois de la dynamique de groupe
L’expérience et le travail avec des individus et des groupes permettent d’énoncer les trois conclusions suivantes tirées de la sociologie.
1. Ce n’est que lorsque la hiérarchie au sein du groupe aura été clarifiée que le travail constructif et objectif deviendra possible, c’est-à-dire que la hiérarchie sera clarifiée avant les aspects factuels et avant chaque nouvel établissement ou changement dans la composition du groupe. Exemple: si les participants se voient pour la première fois lors d’une réunion, le rôle et la dépendance des uns envers les autres doivent être clarifiés.
2. Plus les membres du groupe s’acceptent mutuellement et plus la hiérarchie s’établit rapidement et sans chichi. En d’autres termes, les processus dynamiques ont lieu même si on ne les remarque pas nécessairement. Exemple: si le groupe de travail a procédé à un «warming up» au début, alors l’atmosphère sera beaucoup plus détendue.
3. Si l’on dirige des groupes et des équipes «de manière autoritaire», alors on peut temporairement faire l’impasse sur les processus dynamiques, c’est-à-dire que l’on peut toujours dans ce cas – et seulement dans ce cas! – supprimer ces proces-sus lorsque nous n’avons pas besoin de la coopération active de la part du groupe. Exemple: Vous devez prendre une décision importante dont vous êtes responsable. Cela ne nécessite pas la participation du groupe.
Les processus de dynamique de groupe reposent généralement sur des questions de procédure, c’est-à-dire la manière dont un problème ou un conflit est résolu.
Les rôles dans la dynamique de groupe
Dans les réunions, les conférences et les conflits dans des groupes, les per-sonnes peuvent assumer des rôles dynamiques afin de permettre le succès de la tâche à accomplir dans le cadre du groupe en question.
Ceux qui jouent des rôles «forts» dans une dynamique de groupe sont en général:
- Le «numéro 1», c’est-à-dire la per-sonne qui représente le groupe vis-à-vis de l’extérieur et qui possède le statut le plus élevé
- le ou les préférés
- le ou les plus capables
- le ou les faiseurs d’opinion
Les rôles «faibles» dans la dynamique de groupe sont joués par exemple par:
- celui ou ceux qui occupent le rang le plus bas
- le «bébé de la famille», à savoir la personne qui a besoin d’être maternée.
En particulier, les personnes qui disent systématiquement «oui» (c’est-à-dire les personnes qui attendent jusqu’à ce que soit émise une opinion à la-quelle elles peuvent personnellement souscrire) et les «suiveurs» (ceux qui attendent de voir comment le pouvoir est distribué et qui acceptent ensuite les plus puissants) sont souvent mal appréciés en tant que participants (par exemple, dans les présentations où l’on prend des décisions). Leur comportement est inconsciemment interprété comme une «faiblesse de caractère», möme s’ils agissent dans l’intérêt du groupe.
La pression de la conformité
Lorsque l’expérimentaliste Solomon Asch a étudié le phénomène de la pression qu’exerce un groupe, il est arrivé à une conclusion étonnante. Il a constaté que les membres des groupes de quatre personnes ou plus sont généralement d’accord avec un résultat «erro-né» manipulé au lieu de faire confiance à leur propre jugement, qui est correct.
Dans son expérience, trois lignes – d’environ 1 m de long chacune, mais avec une différence de longueur allant jusqu’à 18 cm – ont été tracées; on a ensuite demandé aux participants au test de s’exprimer quant à la longueur des lignes. Environ 75% des sujets ont déclaré que les lignes étaient toutes de la même longueur si les personnes avant eux le disaient. Ce phénomène est appelé «conformisme».
On peut résumer comme suit les études réalisées dans ce domaine:
- La pression du groupe incite clairement les participants à céder, ce qu’ils n’auraient pas fait si cette pression n’existait pas.
- Plus la situation est difficile, plus la volonté de se conformer est grande.
- Plus la situation problématique est grave pour le participant à la réunion, plus il s’en tient à ses opinions.
- Plus la cohésion du groupe est grande, plus le niveau de confor-misme est élevé.
- En ce qui concerne l’état et le com-portement en matière de confor-misme, on peut affirmer que les per-sonnes qui ont un statut moyen sont les plus disposées à se conformer.
La pression du conformisme explique donc pourquoi lorsque nous sommes dans un groupé nous pouvons par-fois arriver à des déclarations et à des décisions complètement différentes. Celui qui décide différemment dans un groupe que dans une «conversation entre quatre yeux» n’est pas «faible de caractère», mais s’est seulement sou-mis consciemment ou inconsciemment à la pression du groupe.