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Les élections passées, leurs résultats validés, les instances politiques municipales devraient être en état de marche -celles qui terminent leur mandat le 31 mai, celles qui commencent le leur le 1er juin. Mais le 18 mars, le Conseil d'Etat avait demandé (ou plutôt imposé...) aux conseils municipaux de suspendre leurs travaux, tant en plénière qu'en commissions, et placé la gestion des affaires communales sous la seule responsabilité des exécutifs -conseils administratifs, maires et adjoints. Depuis, les Conseils municipaux trépignent, veulent se réunir à nouveau, fût-ce virtuellement, sans savoir si des décisions prises dans de telles conditions seraient juridiquement valides, ni quelles décisions prises par eux sont réellement indispensables et ne peuvent être reportées en mai. Pendant quoi les élues et les élus dans les conseils administratifs négocient entre eux la répartition des dicastères et les partis politiques s'occupent comme ils peuvent à préparer la transition d'un délibératif en fin de course à un délibératif qui n'a pas encore prêté serment et ils alignent les fonctions comme des noix sur un bâton (qui présidera, vice-présidera, le futur Conseil municipal ? c'est le tour de quel parti ? de quelle élue ou de quel élu ? et puisqu'il paraît qu'il en faut un ou une, qui sera chef-fe du groupe parlementaire municipal ? et qui va dans quelle commission)... Etrange interrègne confiné, temps institutionnel un peu suspendu, qui devrait être propice à des réflexions sur les choix politiques fondamentaux plutôt que sur les titres et les postes, non ?
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Vol au dessus d'un nid de Covid
Pour atteindre l'objectif de l'Accord de Paris, la quantité d'équivalents CO2 émis en moyenne par personne et par année à Genève (actuellement 10 tonnes) devrait être réduite... de 90 %. C'est ce que le COVID-19 est en train de provoquer... Et le Léman Express aurait sans doute commencé à réduire le trafic en Ville de Genève de 12 %... si un virus malin ne l'avait arrêté à la frontière et n'avait réduit ses cadences à celles d'un dimanche. Reste que le trafic aérien a chuté et que la fréquentation des aéroports s'est écroulée -or l'aviation représente 19 % de l'impact climatique. Et que la sortie de crise sanitaire pourrait être une entrée de ce secteur (comme bien d'autre) dans une réduction directe (pas par compensation hors de lui) de ses émissions. D'ailleurs, une lettre ouverte au Conseil fédéral va dans le sens d'une réelle maîtrise environnementale du trafic aérien, avec à la clef, par exemple, un impôt sur le carburant des avions et un soutien au retour des trains de nuit. Signée notamment par la Conseillère aux Etats genevoise Lisa Mazzone, elle lui a valu d'être accusée de trahir les intérêts du canton qu'elle est supposée défendre, comme si une sénatrice était fonctionnaire. La position qu'elle défend est pourtant d'entre celles qui lui ont permis d'être la mieux élue, au Conseil des Etats l'automne dernier. Et, cerise sur le gâteau, c'est une position ratifiée par le peuple lors de l'acceptation de l'initiative pour un "pilotage démocratique de l'aéroport", inscrivant dans la Constitution cantonale la limitation des nuisances pour les riverains et l'environnement. Bref, Lisa Mazzone n'a peut-être pas défendu les intérêts du Conseil d'administration de l'aéroport, mais elle a défendu ceux des Genevoises et des Genevois -autrement dit, en démocratie et en République, celles de Genève...
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Que confiner ?
Le parlement fédéral, le Grand Conseil, le Conseil municipal ne se réunissent plus jusqu'à nouvel ordre, les partis ne tiennent plus ni réunions internes, ni manifestations externes (le congrès du PS suisse a été reporté), on ne peut plus récolter dans la rue de signatures pour des référendums ou des initiatives... et le deuxième tour des Municipales françaises a été reporté de trois mois... le COVID-19 a-t-il tué la démocratie ? alité la politique ? La présidente du gouvernement vaudois, résumant les discours d'à peu près toutes et tous les responsables politiques, de Berset à Macron, explique : "aujourd'hui, nous devons limiter les interactions sociales". S'il s'agissait d'autre chose que de limiter les contacts physiques entre individus, il y aurait de quoi s'inquiéter : la société étant faite d'interactions (sociales par définition), il ne s'agirait plus alors que de "gérer" des individus isolés les uns des autres comme un gérant de supermarché gère le réapprovisionnement de ses rayons de boîtes de raviolis ou de papier de chiotte après qu'ils aient été dévalisés par des clients dont seule la part reptilienne du cerveau semble encore en état de fonctionner. Tout, cependant, ne peut être confiné.Et tout ce qui est confiné n'y survit pas : http://www.bibebook.com/files/ebook/libre/V2/poe_edgar_allan_-_le_masque_de_la_mort_rouge.pdf?fbclid=IwAR2trYmBny_OchAOfa9MZvPUQLvh0UuE_YRl9gf4JpmBedakcrbFyhwWKrI