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Zürich, 11.09.2017
Les Verts allemands se sont dits prêts lundi à faire partie d'un gouvernement de coalition avec les conservateurs d'Angela Merkel à l'issue des prochaines élections. Ils ont toutefois exigé que soient fermées les 20 centrales au charbon les plus polluantes du pays.
Le coprésident du parti, Cem Özdemir, a dit vouloir mettre le changement climatique au coeur de la "philosophie" du prochain gouvernement, compte tenu notamment de la gravité des récents événements climatiques, que ce soient les inondations en Allemagne ou la sécheresse dans le sud de l'Europe.
"C'est presque comme si la nature essayait de nous parler", a-t-il déclaré devant la presse sur un bateau à propulsion solaire à Berlin. Les Verts devaient faire passer le bâtiment devant les bureaux d'Angela Merkel dans la journée.
Champions du lignite
"Au lieu d'être les champions mondiaux de la protection climatique, nous sommes les champions du lignite", a ajouté le coprésident des Verts. Il a relevé que les émissions de dioxyde de carbone de l'Allemagne étaient en hausse depuis huit ans.
Un temps surnommée la "chancelière du climat" pour avoir incité les autres pays riches à s'intéresser au changement climatique, Angela Merkel est désormais critiquée pour ne pas sortir assez vite le pays de sa dépendance aux énergies fossiles au moment où l'Allemagne a entrepris de sortir du nucléaire.
Les Verts exigeront aussi d'un gouvernement auquel ils pourraient participer de consacrer un milliard d'euros par an à l'amélioration des transports publics et des pistes cyclables, et à se battre pour une amélioration du marché du carbone au niveau européen, a déclaré Cem Özdemir.
Vers une coalition "jamaïcaine" ?
Les derniers sondages placent la CDU-CSU d'Angela Merkel nettement en tête des intentions de vote pour les élections au Bundestag du 24 septembre, avec 38% des voix. Il faudra donc dans ce cas à nouveau une coalition à la chancelière pour gouverner.
Certains ont évoqué une "Coalition jamaïcaine" des Conservateurs, des Verts et du Parti libéral-démocrate (FDP). Les Verts ne sont toutefois pas très enthousiastes à la perspective d'une alliance avec le FDP. Cem Özdemir a souligné lundi le fossé qui sépare les deux partis. Il a rappelé qu'un membre important du FDP avait récemment qualifié le lien entre les événements climatiques extrêmes et le changement climatique d'"info bidon" ("fake news").
Les Verts ne sont crédités que de 8% des intentions de vote dans les derniers sondages, mais, selon une enquête Forsa, la moitié des Allemands disent les voir d'un bon oeil faire partie du nouveau gouvernement qui sera issu des élections.