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Au vu des résultats de cette nuit, le Président Donald Trump possèderait désormais toutes les chances de sortir victorieux contrairement à nos attentes.
Au vu des résultats de cette nuit, le Président Donald Trump possèderait désormais toutes les chances de sortir victorieux contrairement à nos attentes. Il possède déjà 210 grands électeurs et a un potentiel de 77 supplémentaires lui permettant de dépasser les 270 requis pour la majorité. Trump fait à nouveau la surprise, et mérite lui en revient, tant il améliore son score dans les «swing states» dans un cadre de participation massive. A plus de 65%, c’est dix points de plus qu’en 2016, et le taux le plus important depuis des décennies. Il y a eu une forte contribution des afro-américains favorables aux démocrates, mais c’est le vote de plus en plus important des latinoaméricains qui a été décisif. En Floride, il s’est reporté sur le président sortant lui évitant ainsi la déroute annoncée dans cet Etat indispensable.
Au final, l’équilibre politique resterait inchangé.
Le Président Donald Trump composerait avec un Congrès divisé. La Chambre des représentants serait majoritairement démocrate, tandis que le renouvellement partiel du Sénat pourrait confirmer une courte majorité républicaine.
Pourquoi 2020 sonne comme un remake de 2016?
Les sondages nous ont induits en erreur, en particulier à l’échelle des États. Le camp démocrate n’a cette fois remporté qu’un seul des quatre États-clés qui avaient fait défaut à Hillary Clinton: l’Arizona. La surprise est d’autant plus grande que l’électorat populaire et/ou rural avait été davantage pris en compte par les sondages qui avaient revu leur méthodologie. Au final, ces sondages imprécis ont probablement induit en erreur les tacticiens de campagne des Démocrates, qui auraient dû focaliser leur champion sur un seul des Etats-clé comme la Caroline du Nord, plutôt que de se disperser sur un objectif d’une Vague Bleue. Leurs espoirs résident dorénavant dans le comptage des dernières communes de la Pennsylvanie, du Michigan, de la Géorgie, et les votes par courrier pour inverser le verdict. Biden devrait probablement jouer la montre quitte à retarder l’acceptation de sa défaite.
En termes d’impact, la nouvelle élection de Donald Trump -si elle est confirmée- accélèrera les tendances de long-terme. i) La baisse de la pression fiscale va se poursuivre aux États-Unis ce qui contribuera à réduire l’imposition sur les bénéfices des entreprises et maintenir la non-progressivité du système de taxation, et devrait s’étendre à l’ensemble de l’OCDE par effet de concurrence. ii) L’approche unilatérale des relations internationales va s’accélérer pour lutter contre la montée en puissance de la Chine ou le déclinisme de la puissance américaine. iii) La rhétorique du «Mur du Numérique» persistera sans se réaliser, comme celle du Mur avec le Mexique il y a quatre ans, et enfin iv) La stratégie de domination juridico-économique américaine des 30 dernières années se poursuivra et relèguera les institutions multilatérales au second plan satellisant l’Europe sur l’échiquier international.
Pour les marchés financiers, ce résultat signifie de moindres risques extrêmes. A court terme, le choix républicain signifiera un plan budgétaire moins agressif que celui promu par les démocrates. La monétisation sera moins forte, ce qui limitera les pressions baissières sur le dollar. Cette dynamique, couplée à la persistance des tensions commerciales, réduira les flux vers les actifs émergents producteurs de matières premières. Mais la concentration du secteur technologique soutiendra les entreprises chinoises. Enfin, la vague bleu ratée exclura définitivement les velléités de régulation dans les secteurs technologiques et de la santé.
Le principal risque financier porte dorénavant sur la crise sanitaire. Un confinement prolongé des économies pourrait amener l’économie mondiale à une croissance proche de 0% en 2021, alors qu’un fort rebond était attendu. Néanmoins, les autorités budgétaires et monétaires seront disposées à intervenir pour stabiliser les économies et les marchés. Les taux resteront bas et cela bénéficiera aux actions comme aux actifs réels.
A plus long-terme, les maux de la société américaine persisteront, indépendamment du Président élu. La militarisation de la police et l’augmentation de la possession d‘arme initiées sous Obama, ne disparaitront pas et alimenteront la violence dans la société civile. Ainsi, une plus forte polarisation de la population est probable au cours des prochains mois et favorisera l’émergence d’une aile gauche plus forte au sein du camp Démocrate.
Mercredi 4 novembre à 10h