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18/03/2008
Le Kosovo veut aussi être reconnu à Genève
Un mois après que l'Assemblée Nationale de la République du Kosovo a déclaré l'indépendance de ce pays, les membres du nouveau gouvernement lancent un appel à la communauté internationale pour la reconnaissance du nouvel Etat.
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Reconnu depuis le 17 février 2008 par plusieurs pays dont la Suisse, les Etats-Unis, la France, l'Italie, l'Allemagne, la Turquie et le Royaume-Uni, le gouvernement de la République du Kosovo veut continuer ce processus de reconnaissance par tous les membres des Nations-Unies, les institutions spécialisées, les organisations internationales, et en particulier par le Bureau international du travail, dont le siège est à Genève.
Le vice-ministre du travail et des affaires sociales, Gjergj Dedaj, qui effectue sa première visite en Suisse après la déclaration d'indépendance, parle de la volonté du Kosovo de créer un Etat stable et ainsi écrire une nouvelle page dans son histoire. Dans son discours, il met l'accent sur le respect des minorités qui composent cet Etat et en particulier sur le fait de créer des liens harmonieux avec la minorité serbe. Cette minorité fait partie intégrante de l'Assemblée Nationale avec deux ministres serbes en son sein et la langue serbe est considérée comme une langue officielle. Le nouveau drapeau de la République du Kosovo possède six étoiles, une pour chaque minorité.
Au niveau économique, selon M. Dedaj, les ressources du Kosovo sont suffisantes pour que l'économie se relève et le gouvernement travail sur une nouvelle législation pour les investissements étrangers, ainsi que sur une politique de coopération avec les pays européens. Il parle de libéralisation du marché, mais aussi des visas et de la libre circulation des personnes. Avec une population où les moins de 25 ans sont en grand nombre, le gouvernement Kosovar semble positif sur son avenir économique.
Pour la question de la diaspora et des réfugiés à l'étranger, le vice-ministre affirme qu'une situation politique et économiquement stable peut permettre le retour des nationaux au pays. La République du Kosovo affirme ne pas vouloir changer ses frontières par la force et souhaite respecter la communauté internationale.
Ce nouvel Etat indépendant semble prendre le chemin d'un Etat démocratique et multiculturel, cependant tout reste à construire et seul l'avenir pourra nous dire quelle voie l'Etat balkanique va suivre. Car au moment même où le vice-ministre kosovar tenait sa conférence de presse, une violente émeute entre manifestants serbes et forces de l’OTAN avait lieu à Mitroviça, chef-lieu de la minorité serbe au Kosovo…
Par Chrystel Dayer. Résumé de la conférence du 17 mars 2008 au Club suisse de la presse