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Je comprends, Cher Monsieur, que vous cherchiez à faire libérer un otage. Vous n'êtes pas le seul. Mais pour vous ce n'est pas n'importe lequel. Un collaborateur proche ou un associé mérite bien quelques accomodements avec les faits. Je ne vous en blâme pas. Je trouve néanmoins surprenant que vous puissiez demander à un de nos magistrats de s'aplatir devant le tyran de Tripoli. Quelles que soient les circonstances, les responsabilités de la police de Genève, il serait bienséant de vous souvenir que la prise d'otages ne fait pas partie des pratiques du droit international sinon pour en condamner le côté particulièrement pervers.
J'essaie d'imaginer la police genevoise arrêtant M. Jean Sarkozy dans les mêmes circonstances que H.K. Le Président de la République aurait-il demander que l'on séquestre quelques Suisses de France, comme cela, juste comme représailles ? Ah, la France est un état de droit. Ce qui veut dire que la Libye ne l'est pas !
Non, les pratiques de Tripoli sont parfaitement méprisables. Seules, dès lors, des négociations discrètes sont susceptibles de faire avancer les choses avec, pourquoi pas, des bons offices ou une représentation de notre Etat par un autre. Laissons travailler la diplomatie. L'avocat qui a travaillé à la libération des infirmières bulgares a donné une très fine analyse dans la TG de la situation. Ce n'est malheureusement pas avec des gesticulations incongrues - il y en a déjà eu beaucoup trop - que nos compatriotes reviendront.
Alors de grâce, n'intervenez plus de cette manière. Vous nuisez à la cause.