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Groenland
Découverte d'une nouvelle population d'ours polaires
La fonte rapide de la banquise dans l'Arctique représente une grave menace pour la survie des ours polaires, qui s'en servent comme d'une plateforme pour chasser. Mais une nouvelle population d'ours polaires s'adaptant a été découverte dans le sud-est du Groenland.
Elle utilise les morceaux de glace se détachant des glaciers d'eau douce de la région. La découverte, décrite dans une étude publiée jeudi dans la prestigieuse revue Science, ouvre la possibilité qu'au moins quelques représentants de cette espèce puissent survivre au cours du siècle, sachant que la banquise de l'Arctique devrait finir par complètement disparaître en été.
«L'une des grandes questions est de savoir où les ours polaires vont pouvoir se maintenir», a expliqué à l'AFP Kristin Laidre, scientifique à l'université de Washington et à l'institut des ressources naturelles du Groenland. «Je pense que les ours évoluant dans un endroit comme celui-là peuvent nous en apprendre beaucoup quant à où cela pourrait être le cas.»
Plus casaniers
Cette population compte a priori plusieurs centaines d'individus. Des ours ont été équipés de dispositifs de localisation par satellite et des échantillons d'ADN ont été récoltés. «Il s'agit de la population d'ours polaires la plus isolée génétiquement sur la planète», selon Beth Shapiro, co-auteure de l'étude et généticienne à l'université de Californie à Santa Cruz. «Nous savons que cette population a vécu séparément des autres ours polaires durant au moins plusieurs centaines d'années.»
Contrairement à leurs cousins, ces ours polaires là sont plutôt casaniers et s'éloignent peu pour chasser. Leur isolement provient de la géographie de leur lieu de vie: un paysage complexe de fjords sur la pointe sud du Groenland, bien en dessous du cercle arctique, avec nulle part où aller.
A l'ouest, d'impressionnantes montagnes et, à l'est, les eaux du détroit de Danemark, avec un rapide courant le long des côtes, en direction du sud. «Lorsqu'ils se retrouvent entraînés par ce courant, ils sautent de la glace et marchent pour retourner vers leurs fjords», a expliqué Kristin Laidre. Selon les chercheurs, certains ours ont dû parcourir plus de 150 kilomètres pour rentrer chez eux.
Si la banquise procure une plateforme pour chasser à la plupart des quelque 26'000 ours polaires de l'Arctique, dans le sud-est du Groenland, les ours polaires n'y ont accès que pendant quatre mois, entre février et la fin mai. Durant les huit autres mois, ils comptent ainsi sur les morceaux de glace d'eau douce, se détachant de glaciers et finissant directement dans la mer.
ATS