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L'armée pourra envoyer 2000 soldats aux frontières pour aider les gardes-frontières en cas d'afflux massif de migrants en Suisse. Le Conseil fédéral a chargé mercredi le Département de la défense (DDPS) de se préparer à ce scénario.
Jeudi dernier, la Confédération, les cantons, les villes et les communes ont adopté le plan d'urgence pour le domaine de l'asile. Il prévoit trois scénarios et répartit les tâches entre les acteurs. L'armée interviendrait dans le troisième cas, qui prévoit 30'000 entrées irrégulières sur le territoire suisse en l'espace de quelques jours.
Le premier scénario fait l'hypothèse de 10'000 demandes d'asile enregistrées en l'espace de 30 jours. Le deuxième table sur 10'000 demandes par mois pendant trois mois consécutifs. Dans les deux cas, les gardes-frontières pourraient demander l'aide de l'armée, lors d'une menace terroriste considérable par exemple.
Si l'engagement des 2000 militaires dure plus de trois semaines, l'Assemblée fédérale devra l'approuver lors de la session parlementaire suivante.
Bataillon prêt "au cas où"
Le DDPS doit également prévoir la mobilisation d'un bataillon supplémentaire (700 soldats) en cas d'événements graves. Ils viendraient en soutien aux autorités civiles. La sécurité militaire pourrait intervenir en appui des gardes-frontières et des soldats renforcer la protection des ambassades étrangères.
De plus, l'armée pourrait également prêter main forte au Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM) ou aux autorités sanitaires dans la logistique, la santé ou le transport en mettant à disposition matériel et personnel. Dans tous les cas, c'est l'autorité civile qui restera responsable de l'invention des troupes.
Pas encore nécessaire
Le Conseil fédéral précise qu'il ne juge pour l'heure ce scénario pas nécessaire. Mais en cas de besoin, il veut être assuré de pouvoir réagir rapidement. Et de rappeler qu'au plus fort de la crise du Kosovo en juin 1999, 9600 demandes d'asile ont été déposées en un mois.
En mars, 1992 demandes ont été enregistrées, soit près d'un quart en moins par rapport à février, selon le Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM). En raison d'un contexte international volatil, il reste difficile d'effectuer des prévisions fiables pour l'année. Le SEM table sur un nombre de demandeurs "pas inférieur" à celui de l'année dernière, durant laquelle près de 40'000 demandes d'asile ont été déposées.
Plus de places
Le SEM augmentera ses capacités d'hébergement d'environ 4600 places aujourd'hui à 6000, voire jusqu’à 9000 places dans le scénario 3. Les installations militaires ou des objets civils seront mis à contribution.
Les abris de protection civile pourront être utilisés par les cantons, si nécessaire en procédant à des réquisitions fondées sur l'ordonnance récemment adoptée en ce sens. La Confédération laissera les cantons utiliser les installations de protection civile dont elle n'a elle-même pas usage.
ATS