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Chez certains mammifères, l'hyperthermie peut perturber le développement embryonnaire, au point de provoquer la mort et la résorption du ftus. Par analogie, on se demandait si une forte fièvre durant la grossesse était susceptible d'augmenter les risques de mort ftale. Des chercheurs du Centre danois d'épidémiologie à Copenhage démontrent que ce n'est pas le cas (Lancet 2002 ; 360 : 1552-6).
Les auteurs ont mis à profit des données collectées dans le cadre d'une vaste étude de cohorte nationale, la Danish national birth cohort study. Pour les quelque 25 000 femmes enrôlées dans cette étude entre octobre 1997 et mars 1999 après que leur grossesse ait été cliniquement confirmée, les chercheurs disposaient de données sur tous les épisodes fébriles advenus durant les seize premières semaines de grossesse : durée, température corporelle maximale, stade de la gestation.
Ils n'ont trouvé aucune corrélation statistique entre les épisodes de fièvre durant les seize premières semaines et les fausses couches enregistrées (1150 cas), que ce soit en fonction du nombre d'épisodes fébriles, de leur durée, de la température corporelle maximale ou de la semaine de gestation. Ce résultat est identique pour les accidents survenus à tous les stades de la grossesse.
La fièvre est relativement fréquente durant les seize premières semaines de grossesse : 18,5% des mères ont connu un épisode au moins. Elle ne présente pas de risque pour le ftus, affirment les auteurs, ce qui devrait rassurer les mères. Selon eux, la taille de l'étude rend ce résultat très crédible, même si, à cause du recrutement des mères au moment de la confirmation clinique de la grossesse, les morts ftales des six premières semaines de gestation ne sont pas prises en compte.