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Ecrivain allemand, frère cadet d’Ernst Jünger. Engagé volontaire dans la Première guerre mondiale, il est grièvement blessé à la bataille de Langemark (1914). Après la guerre, il étudie le droit et l’économie jusqu’en 1923, lorsque l’occupation française de la Ruhr l’amène à radicaliser son nationalisme. Il publie alors Aufmarsch des Nationalismus (1926) où il réclame un réarmement technique et idéologique de l’Allemagne sur le modèle de l’Union soviétique.
Lewis Mumford est un auteur non-universitaire qui a choisi de vivre comme un écrivain indépendant. D’abord spécialiste de l’histoire de la littérature américaine, il s’intéresse également très tôt au cadre bâti et aux techniques. C’est d’ailleurs dans le champ de l’architecture et de la planification urbaine qu’il connaîtra, notamment avec The City in History (1961), ses plus grands succès. Dans le domaine des techniques, il est notamment connu pour Technics and Civilization (1934), qui conserve un certain optimisme, et pour The Myth of the Machine, ouvrage nettement plus critique dont les deux volumes paraîtront en 1967 et 1970.
Nicolas Berdiaev est un philosophe chrétien russe qui a publié de très nombreux ouvrages en russe, mais aussi en français, dans lesquels il souligne notamment l’importance existentielle et spirituelle de la liberté humaine et de la personne. Issu à l’origine d’une famille aristocratique d’officiers, il adhère à la philosophie marxiste en tant qu’étudiant à l’université de Kiev, mais voit dans la révolution d’Octobre une menace pour la liberté de l’individu. En 1919, il fonde une « Académie libre de Culture spirituelle », où il passe en revue les thèmes d’actualité d’un point de vue chrétien. Nommé en 1920 professeur de philosophie à l’Université de Moscou, il est très vite accusé de conspirer contre le gouvernement, incarcéré, puis expulsé d’Union soviétique (1922). Réfugié à Berlin, puis à Paris (1923), il y anime une nouvelle Académie de philosophie et de religion et publie l’essentiel de son œuvre, dont un petit opuscule intitulé L’homme et la machine (1933).
La critique technologique n’est ni nouvelle, ni isolée. En France, le réseau Ecran total dénonce et s’oppose depuis plusieurs années au basculement de l’entier de nos sociétés et de nos vies vers le modèle industriel. Nous nous devions donc de relayer son communiqué, sorte d’état des lieux aussi pertinent que nécessaire et alarmant. Merci à eux!
“Depuis 2011, un certain nombre d’éleveuses de brebis et d’éleveurs de chèvres désobéissent à la directive européenne qui les oblige à poser des puces électroniques à l’oreille de leurs bêtes. Ils refusent de gérer leur troupeau par ordinateur et de se conformer aux nécessités de la production industrielle, comme la traçabilité. Ils s’organisent entre collègues, voisins, amis, pour répondre collectivement aux contrôles qu’exerce l’administration sur leur travail, et faire face aux sanctions financières qui leur sont infligées en conséquence.
Gina Lombroso est une femme de lettres, médecin et vulgarisatrice scientifique italienne. Fille d’un célèbre anthropologue et criminologue, qui l’oriente vers l’anthropologie criminelle et la psychiatrie, elle acquiert une double formation en lettres et en médecine,. Elle publie par la suite une dizaine d’ouvrages, dont L’âme de la femme (L’anima della donna, 1917-18 ; tr. fr. 1924), qui lui vaut d’être considérée comme une féministe, bien que ses idées n’aient que peu de rapports avec le féminisme actuel. Elle mérite surtout d’être connue pour son ouvrage sur Les tragédies du progrès industriel, (Le tragedie del progresso meccanico, 1930), une étude historique et morale du monde industriel moderne dans laquelle elle développe une vision pessimiste de la grande industrie et de son avenir. La crise de 1929, survenue peu avant la parution de l’ouvrage, peut expliquer en partie, mais en partie seulement, la conviction de l’auteur que la grande industrie finira par décliner et par laisser la place à une société plus décentralisée et moins standardisée, on dirait aujourd’hui plus « conviviale ».
D’abord connu comme leader du mouvement d’indépendance de l’Inde, et comme philosophe de la non-violence et de la tolérance religieuse, Mohandas Gandhi, dit le Mahatma (le vénérable en sanskrit) ou Bapu (le père en gudjerati), fut aussi, ne l’oublions pas, un pourfendeur de la civilisation industrielle sur le modèle britannique motivé par la défense des traditions culturelles, populaires et artisanales de l’Inde. C’est l’aspect qui nous retiendra ici.
Poète et philosophe anglais, influencé par les écrivains Thorau, Ruskin et Morris, ainsi que par Walt Whitman, Edward Carpenter défie les catégories idéologiques simples auxquelles nous sommes habitués depuis longtemps. Sa critique radicale de la civilisation aboutit à un éloge de l’état de nature qui semble réhabiliter la notion de bon sauvage tout en lui donnant une dimension très sociale ou communautariste, qui correspond selon lui à la vraie nature de l’homme.
Dans le texte qui suit, il s’agira de faire un pas en arrière, et de revenir sur une partie de l’histoire qui constitue le socle sur lequel la société actuelle repose. Car malgré son aspect fragmentaire, le monde dans lequel nous vivons et les relations qui le constituent sont imbriquées et reposent sur une vision du monde développée il y a bien des années, notamment durant cette époque qu’on appelle la modernité, et plus particulièrement lors de ce qui est nommé le siècle des Lumières. Parce que les diverses formes de domination se rejoignent et se nourrissent entre elles. Si nous analysons la technologie en tant que telle, nous n’en faisons qu’un objet détaché de son contexte historique et social.
Un article de présentation du « Human brain project » de l’EPFL affirme que « grâce à une connaissance plus profonde et détaillée du cerveau, il deviendra possible de résoudre les problèmes les plus critiques auxquels va faire face la technologie informatique : l’efficacité énergétique, la fiabilité et les difficultés considérables qu’implique la programmation des systèmes informatiques complexes». Fin de citation.
Lorsqu’on nous dit d’une technique qu’elle n’est ni bonne ni mauvaise mais que seul l’usage que l’on en fait peut la rendre bonne ou mauvaise, cela veut dire que le fabricant de ce procédé technique opère un transfert de ses potentielles nuisances vers le consommateur, faisant de celui-ci le seul responsable de ce qui pourrait advenir par la suite.