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L'artiste dissident chinois Ai Weiwei va pouvoir poursuivre son projet d'oeuvre d'art en Lego, après le succès éclair de sa collecte de briquettes. Il a accusé le fabricant danois de lui avoir refusé une commande en raison de ses motivations "politiques".
Le sculpteur a lancé un appel aux dons lundi matin sur son compte Instagram. Il a entre-temps reçu suffisamment de promesses de la part des internautes pour pouvoir réaliser son projet en Australie, a-t-il indiqué lors d'une rencontre avec la presse à Berlin, où il réside depuis début août.
"Internet est un peu comme une église moderne. Vous allez voir le prêtre, vous lui faites part de votre souffrance et tous les membres de la communauté peuvent participer et, peut-être, trouver une solution", a-t-il déclaré, selon des propos rapportés en allemand par l'agence de presse DPA.
Critique féroce du gouvernement
Artiste polyvalent, peintre, sculpteur et plasticien, Ai Weiwei, qui a aidé à la conception du "Nid d'oiseau", le stade de Pékin construit pour les jeux Olympiques 2008, est aussi un critique féroce du gouvernement chinois, même si le climat de confrontation a semblé s'apaiser ces derniers temps.
M. Ai avait déjà utilisé des briques similaires l'an passé, créant des portraits géants en Lego de dissidents politiques du monde entier, pour une exposition organisée dans l'ancienne prison d'Alcatraz, au large de San Francisco. Il comptait réaliser une exposition similaire cette année en Australie.
Nouveau parc d'attaction prévu à Shangaï
M. Ai a pointé le fait que la firme britannique Merlin Entertainments, propriétaire et exploitante des parcs d'attraction Legoland - qui utilisent l'univers de la marque danoise -, a annoncé la semaine dernière son souhait de construire un nouveau parc à Shanghaï, lors de la visite du président chinois Xi Jinping au Royaume-Uni.
La maison-mère de Lego, Kirkbi, possède une participation de 30% dans Merlin.
Dans un communiqué transmis au journal britannique The Guardian, la société Lego écrit vouloir "se consacrer à fournir une expérience de jeu créative aux enfants" et "s'abstenir - au niveau mondial -, de s'impliquer dans ou d'avaliser l'utilisation de briques Lego pour des projets ou des actions ayant des visées politiques", ajoutant que "ce principe n'est pas nouveau".
Le bureau de Lego en Chine n'a pas répondu aux appels téléphoniques de l'AFP.