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International
Colombie, Mesas de Dialogo
Dialogue interrompu entre les FARC et le Gouvernement
L’auteur de cet article a été mandaté par le CETIM et solidaritéS Genève, aux côtés de Antonio Hodgers, député vert au Grand Conseil du canton de Genève, comme observateur étranger des négociations de juillet dernier entre les FARC (Forces armées Révolutionnaires Colombiennes) et le Gouvernement à propos des «cultures illicites»
Lors de sa campagne électorale, Andrès Pastrana a proposé l’établissement d’un dialogue portant sur les conditions pour la paix des FARC-EP. Celles-ci et les autres forces insurgées proposaient depuis longtemps des discussions pour en finir avec une guerre civile longue de près de 40 ans, et développer des conditions économiques, sociales et politiques, populaires et démocratiques. En vain.
Elu, Andrès Pastrana proposa et obtint un vote au parlement en faveur d’un plan «Changement pour construire la paix». Dans le même temps le gouvernement acceptait qu’un territoire grand comme la Suisse soit démilitarisé, contrôlé et administré par les FARC. C’est sur ce territoire, à El Pozo, dans la région de San Vicente del Caguan, que se sont tenues les «rencontres de dialogue» entre le gouvernement et les FARC. La démilitarisation, et, donc la non-belligérance, ne concernant que cette zone. Les FARC avaient pourtant demandé un arrêt des combats que le gouvernement refusa (par incapacité de l’imposer aux forces armées régulières et paramilitaires?)
Un agenda de 12 points constituait la base de ces rencontres poursuivies jusqu’à la mi-novembre de cette année. On discutait les points les plus importants pour sortir de l’impasse actuelle. Elles étaient accompagnées de discussions auxquelles participaient les organisations ou personnes qui le désiraient, sur les thèmes mis à l’ordre du jour par une commission.
Par exemple, le rôle de l’armée, les cultures illicites et les alternatives à celles-ci, le développement économique, l’indépendance nationale et régionale en matière économique et politique, le rôle et la place des femmes dans une société, la réforme agraire et le soutien à une paysannerie indépendante et viable, la culture..Ces échanges entre les points de vue des représentants du gouvernement et ceux des FARC étaient suivis par des observateurs. Ainsi celui concernant les cultures illicites et les alternatives à celles-ci s’est tenu en présence de représentants officiels de 22 pays, dont la Suisse, avec un absent de marque les Etats-Unis, qui ont, on le voit maintenant, d’autres objectifs.
Dans un article publié par la «VOZ», journal du parti communiste de Colombie, sous le titre: «Importante participation aux discussions publiques à Villa Nueva Colombia, El Pozo, San Vicente del Caguan», il est dit ceci: «Depuis le début des discussions au mois d’avril 2000, 23 rencontres ont eu lieu, 950 personnes se sont exprimées publiquement, certaines de manière individuelle, mais beaucoup comme représentantes d’amples secteurs populaires, paysans, syndicaux, femmes etc. 15.000 personnes ont assisté en tant qu’observateurs/trices, 2500 propositions ont été développées, relatives aux thèmes de l’agenda commun.»
C’est cela aussi que le «plan Colombie» entend saboter.
Aujourd’hui, les dialogues sont interrompus suite au refus des FARC de continuer un semblant de recherche d’accords de la part du gouvernement. Celui-ci refuse en effet de se distancer et, encore moins de mettre hors-la-loi, les forces paramilitaires responsables des pires exactions, crimes, disparitions et atteintes aux droits des communautés indigènes et paysannes.
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|International||Charly BARONE|