Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07256.jsonl.gz/416

Estimé Conseil des États
Ne tournons pas autour du pot : nous vivons des temps d'incertitude économique, et la situation ne semble pas vouloir s'arranger - bien au contraire. Comme le montre la dernière étude de l'institut de recherche conjoncturelle de l'EPFZ, les inégalités de richesse ne font que se creuser dans la crise. Alors que les foyers dont le revenu était de 4'000 CHF ou moins subissaient en moyenne 20% de baisse dans leurs revenus, la fortune des super riches continuait de croître. Pendant la crise, la famille Blocher s'est enrichie d'au moins quatre milliards, et est désormais assise sur un patrimoine de 15 à 16 milliards de francs. Cela ne peut continuer.
Le taux de chômage est plus élevé que jamais, et la tendance est à la hausse. De plus en plus de PMUs doivent mettre la clef sous la porte, les aides à court terme se révélant insuffisantes. À l'heure actuelle, on ne peut prévoir avec certitude la fin de l'épidémie causée par le SARS-CoV-2 et ses formes variantes.
Ce dont nous avons besoin aujourd'hui, ce sont de mesures à moyen et à long terme qui peuvent nous aider à sortir de cette crise. Il en va de votre responsabilité de vous soucier de l'intérêt de la population suisse, et non de celui du pourcent le plus fortuné. Une répartition équilibrée de la fortune dans ce pays est nécessaire, car ce sont toutes et tous les travailleur*euses qui ont travaillé pour celle-ci, pas seulement le 1%.
Vous discuterez lors de votre session de printemps d'une proposition pleine de sens : l'initiative 99%, qui souhaiterait imposer plus sévèrement les revenus issus des rendements du capital et des dividendes, et ainsi redistribuer de l'argent aux travailleuses et aux travailleurs. Car ce sont ces dernier*ères qui sont, par leur travail, à l'origine des gains des entreprises ; et non le pourcent le plus riche. Il est impératif que nous taxions justement celles et ceux qui amassent du capital sans lever le petit doigt, alors même que des pans importants de la société s'inquiètent pour leur propre survie.
Nous, signataires de cet appel, vous demandons donc de considérer la proposition à la lumière de ces perspectives, et de recommander son adoption.
Estimées conseillères, estimés conseillers aux états, soyez raisonnables et agissez comme représentant·e·s de la population suisse, et non du pourcent le plus riche.
Meilleures salutations