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«La confiscation des locaux de Viasna est une violation flagrante des obligations du Bélarus en vertu du droit international relatif aux droits humains, qui engagent ce pays à respecter et protéger le droit à la liberté d’association», a rappelé David Díaz-Jogeix, directeur adjoint du programme Europe et Asie centrale d’Amnesty International.
«Le droit de créer des associations – même si elles défendent, de manière pacifique, des idées allant à l’encontre de l’opinion dominante au sein de la société et des positions du gouvernement – est un droit fondamental de base et un principe essentiel dans tout pays démocratique. La Constitution bélarussienne garantit à tous le droit à la liberté d’association, et pourtant chaque jour nous voyons les droits à la liberté d'association, de réunion et d'expression être bafoués au Bélarus.»
Le president de l’organisation en prison pour quatre ans
Cette expulsion – qui survient peu de temps après que le Bélarus eut refusé à un représentant d’Amnesty International l’accès à son territoire – est en relation avec une condamnation prononcée contre Ales Bialiatski, le président de Viasna, il y a un an. Il a été traduit en justice et, le 24 novembre 2011, a été déclaré coupable de faits d'évasion fiscale «de grande ampleur» pour avoir utilisé des comptes en banque personnels domiciliés en Lituanie et en Pologne afin de soutenir le travail de Viasna en faveur des droits humains au Bélarus.
Amnesty International a déclaré qu’Ales Bialiatski était un prisonnier d’opinion, et avait précédemment estimé que son procès était inique. L’organisation a indiqué qu’Ales Bialiatski avait été contraint à ouvrir des comptes à l’étranger après que les autorités bélarussiennes eurent retiré Viasna de la liste des organisations reconnues en 2003, empêchant ainsi l'ONG de se faire enregistrer ou d'ouvrir un compte en banque au Bélarus.
Ales Bialiatski a été condamné à une peine de quatre ans et demi d’emprisonnement – qu’il purge actuellement dans une colonie pénitentiaire –, ainsi qu’à une amende et à une confiscation de biens, dont les bureaux de Viasna.
L’action en faveur des droits humains entravée
«Ni les mesures de répression visant notre président et les membres du Centre des droits humains Viasna, ni la saisie de nos locaux ne mettront un point final à notre action», a déclaré Valentin Stefanovitch, le président par intérim de Viasna. «Nous n’allons céder sur aucun aspect du travail légitime accompli par notre organisation en faveur des droits humains.»
La saisie des locaux de Viasna survient dans un climat de plus en plus tendu pour ceux qui œuvrent à défendre les droits humains au Bélarus.
Le 10 octobre, les autorités bélarussiennes ont refusé d’accorder un visa à un chercheur d’Amnesty International pour la première fois depuis que l’organisation a commencé à travailler sur ce pays, dans les années 90. «Bien que nous leur ayons plusieurs fois donné l’occasion de le faire, les autorités bélarussiennes n’ont pas précisé pourquoi l’organisation s’est vu refuser un visa pour la première fois depuis plus de 10 ans, ce qui nous amène à conclure que cette décision est motivée par des considérations politiques», a précisé David Díaz-Jogeix.