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Washington - Le gouverneur démocrate de l'Ohio (nord des Etats-Unis), Ted Strickland, a commué jeudi la peine de mort d'un homme en peine de prison à vie sans possibilité de sortie. Cette mesure est intervenue moins de deux semaines avant l'exécution de cet homme en raison notamment d'une enquête bâclée.
Cet homme, un Noir de 46 ans dont 16 dans le couloir de la mort, devait être exécuté par injection mortelle le 15 septembre.
Depuis son arrestation en 1994 pour un triple meurtre, dont une petite fille de 4 ans, il a toujours clamé son innocence et affirmé qu'un autre était l'auteur des coups de feu.
"Mon opinion, après avoir étudié le dossier méticuleusement, est qu'il est plus probable qu'il ait commis ces meurtres", estime M. Strickland dans un communiqué. Mais "de nombreuses questions légitimes demeurent sur les preuves qui ont mené à l'établissement de sa culpabilité et sur l'enquête", dit-il.
"Je trouve perturbante l'absence d'investigation sérieuse sur d'autres auteurs potentiels du crime", a encore affirmé le gouverneur, en rappelant que cet homme disposait encore de la possibilité de faire appel et d'obtenir, de la justice, la révision de son procès.
Tout en se réjouissant que leur client soit épargné, ses avocats ont rappelé dans un communiqué que "notre travail n'est pas terminé". Cet homme "reste en prison pour un crime qu'il n'a pas commis, et ce crime reste irrésolu", ont-ils expliqué.
Les faits remontent à la soirée du 13 février 1994. Un homme est entré dans l'appartement où se trouvaient une femme, sa fille de 4 ans, son compagnon, sa tante et les deux neveux de cette tante, âgés de 4 et 6 ans.
Au moins 23 balles ont été tirées, aboutissant au décès de la femme, sa fille et sa tante. Touché à quatre reprises, son compagnon a pu s'échapper. Les deux enfants de 4 et 6 ans ont également survécu.
Selon la défense de l'homme dont la peine a été commuée, quatre témoins peuvent attester qu'il n'était pas sur les lieux au moment des faits.
Le seul témoin à l'avoir nommément identifié, le compagnon de la femme tuée, ne l'a fait qu'après y avoir été poussé par la police, à l'aide notamment d'une série de photos où l'homme dont la peine a été commuée figurait en plus gros que les autres et alors qu'il avait d'abord attesté que l'auteur des coups de feu portait un masque.
Plusieurs pistes mènent vers un autre tireur, qui aurait été payé pour tuer la famille de l'indicateur.
Plus de 30 anciens juges et procureurs, des leaders d'organisations contre la peine de mort, d'anciens directeurs de prison, des élus ainsi que 20 000 signataires de deux pétitions avaient pris fait et cause pour le condamné.
ATS