Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07004.jsonl.gz/770

La douleur: comment la communiquer, comment la comprendre

Quand il s'agit de douleur chronique, la communication joue un rôle essentiel, parce que pour établir le diagnostic et proposer un traitement, le médecin est incapable d'agir sans l'évaluation du patient, et parce que les patients accordent une grande importance aux compétences communicatives des médecins. Il est donc essentiel d'améliorer la communication et les outils qui la facilitent afin de rapprocher le monde du médecin et le monde du patient souffrant de douleur chronique.
Quel était l'objectif de cette étude?
La douleur chronique est un problème croissant dans la société actuelle: en Europe, on estime qu'une personne sur cinq en souffre. Bien qu'il existe des lignes directrices pour le traitement de la douleur ainsi que des outils pour sa mesure, de nombreuses études montrent que, souvent, le patient souffrant de douleur chronique n'est pas pris en charge de manière adéquate. Pourtant, trouver une thérapie appropriée est important, parce que les conséquences associées à la douleur chronique, telles qu'une diminution de la performance physique, dépression, angoisse et insomnie, ont un impact non seulement sur la qualité de vie de la personne, mais également sur sa productivité. En réalité, l'incapacité physique peut entraîner une perte économique et une utilisation excessive des services de santé.
Dans cet article, les chercheurs présentent des réflexions sur les raisons d'une prise en charge inadéquate du patient avec douleur, et proposent des idées pour améliorer la situation.
Comment les chercheurs ont-ils procédé?
Les chercheurs ont basé leur étude sur les données de la littérature scientifique.
Qu'ont découvert les chercheurs?
Les raisons principales d'une prise en charge insuffisante de patients avec douleurs
Raison culturelle: dans notre société persiste l'idée que la douleur fait partie de la vie. Les patients, pour être des «bons» patients, essayent d'être stoïque et, par exemple, ne voient un médecin que lorsque la douleur devient insupportable. De plus, beaucoup de religions ont attribué une dimension spirituelle à la douleur qui la rend presque désirable, en tant que moyen de se rapprocher du transcendant.
Raison institutionnelle: les politiques de santé qui visent à réglementer l'utilisation des stupéfiants reflètent souvent les préjugés sociaux et ne semblent pas distinguer la dépendance de l'usage thérapeutique. En outre, certaines études affirment que la formation des professionnels de la santé ne reflète pas les connaissances scientifiques les plus modernes dans le domaine du traitement de la douleur.
Raison pratique: médecins et patients ont du mal à communiquer et à mesurer la douleur. Ces difficultés sont dues à l'impossibilité de remplacer l'évaluation du patient par l'observation des paramètres physiologiques (par exemple, il n'existe pas un thermomètre pour mesurer la douleur). S'appuyer sur les mots du patient peut être un défi pour les médecins, qui sont habitués à évaluer la gravité d'un problème de santé sur la base de l'observation de paramètres objectifs.
Suggestions pour une meilleure prise en charge du patient avec douleur
Utiliser systématiquement les instruments de mesure de la douleur: il existe plusieurs outils pour quantifier la douleur du patient. Entre autres, l'échelle numérique verbale de la douleur, où le patient indique son niveau de douleur en entourant le numéro (de 0 = pas de douleur à 10 = douleur maximale imaginable) qui correspond le mieux à son ressenti. Certaines études ont souligné qu'en Europe, seulement une minorité de médecins utilise ces «échelles». Dans la plupart des cas, la douleur est évaluée sur la base d'une autoévaluation du patient ou de l'observation de paramètres physiologiques de la part du médecin.
Demander au patient de décrire sa douleur: en tenant compte du fait que l'évaluation de la douleur se fait principalement sur la base de la perception que le patient a de cette douleur, il est important que les professionnels de la santé encouragent les patients à s'exprimer, en expliquant que leur évaluation est utile afin de choisir la thérapie la plus appropriée.
Réviser certaines politiques de santé: les politiques de santé actuellement en vigueur entravent la mise en œuvre des recommandations de l'Organisation mondiale de la santé, qui prévoient l'administration d'opioïdes pour le traitement de la douleur chronique de modérée à forte. Ces lois pourraient être révisées de manière à permettre l'usage thérapeutique des opioïdes.
Que signifient les résultats?
Quand il s'agit de douleur chronique, la communication joue un rôle essentiel pour deux raisons principales. La première est liée au fait que la mesure de la douleur passe par la communication: pour établir le diagnostic et proposer un traitement, le médecin est incapable d'agir sans l'évaluation du patient. La deuxième raison est liée à l'importance que les patients accordent aux compétences communicatives des médecins. Il est essentiel que ceux-ci soient systématiquement développées au cours de la formation des médecins dans le but de créer un espace d'accueil pour le patient et sa douleur. La communication et les outils qui la facilitent deviennent alors le moyen de rapprocher le monde du médecin et le monde du patient souffrant de douleur chronique.