Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06929.jsonl.gz/1258

C'est une bien étrange histoire que viennent de rapporter les gazettes américaines et les agences de presse internationales. La voici : Donald Herbert, 44 ans, pompier de l'Etat de New York grièvement blessé à la tête il y a près de dix ans, a soudainement retrouvé l'usage de la parole et la mémoire à la stupéfaction de ses proches et du corps médical. L'homme était dans un état semi-végétatif depuis décembre 1995 lorsqu'à Buffalo le toit d'un bâtiment en feu s'était effondré sur lui et qu'il était alors resté plusieurs minutes sans oxygène. Après une période de coma profond d'une durée de deux mois, il vivait privé notamment de la vue d'un il et de la parole, confiné dans un fauteuil roulant.Il y a quelques jours, il a soudain retrouvé les mots et la mémoire, parvenant à communiquer avec une certaine clarté pendant 14 heures de suite avec ses proches, avant de s'endormir. «Je veux parler à mon épouse» ont été parmi ses premières paroles adressées au personnel du Erie County Medical Center où il vit depuis sept ans.«Quand Don m'a parlé, il avait l'impression d'être parti seulement trois mois, il a été très surpris d'apprendre que cela faisait neuf ans et demi, a expliqué son épouse, Linda, mercredi lors d'une conférence de presse. Mon fils Nicholas, qui avait juste 4 ans lors de l'accident, est heureux de voir son père l'appeler par son prénom, l'embrasser et lui parler. Au début, mon mari ne pensait pas qu'il s'agissait de Nicholas, il pensait que Nicholas avait toujours trois ans» a raconté cette mère.Comment comprendre ? Le Dr Jamil Ahmed, a indiqué qu'il avait modifié, il y a environ trois mois l'association de médicaments neuroactifs de son patient. «J'ai été tellement surpris : non seulement il parlait, mais il parlait de manière sensée, reconnaissait les gens et riait», a-t-il dit ajoutant qu'il répondait correctement à différentes commandes motrices et pouvait compter jusqu'à 200. Dans les jours qui ont suivi ce retour à la conscience, le malade a toutefois fait preuve d'un peu moins de lucidité.Les différents cocktails médicamenteux utilisés étaient constitués d'associations de médicaments antiparkinsoniens, d'antidépresseurs ainsi que de médicaments prescrits contre l'hyperactivité et les déficits de l'attention. Pour le Pr Ross Zafonte, chef du Département de médecine physique et réadaptation de l'Université de Pittsburgh, on peut penser que ces substances ont pu aider à une reconnexion des circuits neuronaux lésés. Ce spécialiste a aussi tenu à mettre en garde en soulignant que ce type de traitement ne pouvait pas être prescrit à toutes les personnes qui sont dans ce type de situation. On peut penser que la diffusion de cette nouvelle suscitera de grands espoirs chez tous les proches des personnes qui vivent en état végétatif chronique mais rien ne permet de dire aujourd'hui si ces espoirs seront ou non fondés.