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Astronomie Il pleut du fer sur l'exoplanète WASP-76b
En raison du vent et de la chaleur extrême sur la face diurne d'une exo-planète, des pluies de métal se produisent sur sa face nocturne.
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Sur WASP-76b, une exoplanète située à 390 années-lumière de la Terre, il ne pleut pas de l'eau mais du fer. Cette étrangeté a été découverte grâce à ESPRESSO, un instrument mis au point par l'Université de Genève (UNIGE) et qui équipe le très grand télescope (VLT) de l'Observatoire européen austral (ESO).
Plus de 2400 degrés
WASP-76b a la particularité de tourner autour de son étoile en ne montrant qu'une seule face, comme la lune qui orbite autour de la Terre. La face nocturne baigne dans une obscurité perpétuelle. Elle est nettement plus froide que l'autre moitié de la planète, constamment exposée à la chaleur de l'étoile.
Côté diurne, WASP-76b reçoit des milliers de fois plus de rayonnement de son étoile que la Terre n'en reçoit du Soleil, fait savoir l'UNIGE. La température à sa surface monte à plus de 2400 degrés. Il y fait si chaud que les molécules se séparent en atomes et les métaux, comme le fer, s'évaporent dans l'atmosphère.
Des vents violents poussent ensuite cette vapeur de fer vers le côté sombre de WASP-76b, où règne une température d'environ 1500 degrés. Un phénomène de condensation se produit quand la vapeur atteint la face nocturne de l'exoplanète. «En d'autres termes, il pleut du fer», relève Christophe Lovis, chercheur à l'UNIGE.
C'est l'instrument ESPRESSO qui a permis de constater le phénomène. Les astronomes ont pu identifier, grâce à lui, pour la première fois les variations chimiques sur une planète géante gazeuse ultra chaude. La vapeur de fer qui a été détectée du côté diurne de WASP-76b est absente sur la face nocturne.
La polyvalence d'ESPRESSO
Le spectrographe ESPRESSO avait pourtant été construit à l'origine par un consortium international emmené par l'UNIGE pour chasser des planètes semblables à la Terre autour d'étoiles similaires au Soleil. L'outil s'est révélé toutefois très polyvalent, capable de caractériser les planètes qui sont déjà connues.
«Jusqu'à la mise en service de l'instrument, en 2018, nous n'avions pas réalisé à quel point ESPRESSO était vraiment efficace dans ce domaine», explique Francesco Pepe, professeur au département d'astronomie de l'UNIGE. Le spectrographe pourra être utilisé pour étudier le climat des exoplanètes les plus extrêmes.
Les pluies de fer sur la planète WASP-76b font l'objet d'une publication dans la revue spécialisée «Nature». (ats/nxp)
Créé: 11.03.2020, 21h53