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Le chef du Bureau exécutif du FIS, établi à Genève, n'a pas le droit d'appeler à la lutte armée depuis le territoire suisse.
Le gouvernement vient de le signifier à l'informaticien algérien, qui «accepte et soutient cette prise de position».
«Il est parfaitement normal et naturel que le Conseil fédéral mette les points sur les «i», déclare Mourad Dhina. Je ne le prends pas du tout comme une manifestation d'hostilité à mon égard.»
Et de répéter, comme il l'avait fait lors de son élection, que le Front islamique du salut (FIS) n'a «ni activités armées, ni liens avec un quelconque groupe armé.»
«Par contre, en tant que parti politique, nous disons que quelque part, il peut être légitime pour des groupes armés de combattre un régime issu d'un coup d'Etat, comme celui que nous avons en Algérie», précise encore Mourad Dhina.
Extradition refusée
Mourad Dhina a été élu début octobre responsable par intérim du Bureau exécutif du FIS. A ce titre, le Conseil fédéral craint qu'il ne focalise peu à peu sur la Suisse les forces exilées à l'étranger du mouvement dissous en 1992 en Algérie.
Après son élection, le gouvernement d'Alger avait protesté auprès de la Suisse, faisant part de sa préoccupation quant à la tolérance dont bénéficierait le requérant d'asile
Depuis que l'Office fédéral des réfugiés a refusé sa demande d'asile en 1996, Mourad Dhina est toujours en attente de son statut définitif. Depuis 1999, son recours est pendant devant la Commission suisse de recours en matière d'asile.
En février 2002, la Suisse a refusé de l'extrader comme le demandait l'Algérie. Les infractions reprochées à Mourad Dhina, condamné en 1997 par contumace par un tribunal algérien à vingt ans de réclusion criminelle, ne sont pas punissables en droit suisse.
swissinfo/Marc-André Miserez