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25/12/2015
L’histoire laisse entendre que « le premier As des As » était allemand. Certes, ce pays a connu le plus grand nombre d’As durant les deux conflits mondiaux. Mais, qu’en est-il réellement du nom et de la nationalité de « L’As des As » de la Grande Guerre, allemand ou français ?
En effet, trop souvent l’histoire place le nom du célèbre pilote allemand Manfred Von Richthofen dit « le Baron Rouge » en pôle position avec 78 victoires et 2 non homologuées. En seconde position, on trouve le français René Fonck avec 75 victoires homologuées et un certain flou en ce qui concerne l’attribution de victoires non homologuées, soit 52. Première interrogation, pourquoi donc ce dernier est-il si élevé ?
L’homologation d’une victoire :
En ce temps là, pour qu’une victoire puisse être attribuée à un « aviateur de combat » (on ne parlait pas encore de pilote de chasse), il fait que celle-ci fussent confirmée par un camarade et/ou des troupes amies au sol avec, si possible un morceau du fuselage rapporté comme preuve irréfutable. Plus tard, lors de la seconde guerre mondiale, les pilotes disposaient d’une caméra dans l’axe des mitrailleuses, qui filmait la curée et simplifiait grandement la comptabilisation des victoires. En 14/18, les aviateurs devaient donc compter sur le témoignage d’autrui et espérer, que celui-ci, soit très attentif et courageux, pour aller récupérer un morceau de l’avion abattu. Tout ceci n’explique pas pour autant une telle différence, en ce qui concerne le nombre de victoires non homologuée, entre allemand et français. Comment se fait-il que les allemands disposent d’un nombre plus faible de victoires non homologuées ?
En effet, à titre comparatif, on observe les différences suivantes avec les meilleurs pilotes de chaque camp (NH = Non Homologuée) :
Côté Allemand :
Manfred Von Richthofen confirmées 80 et 2 NH.
Ernst Udet confirmées 62 et 3 NH.
Erich Löwenhardt confirmées 53 et NH
Werner Voss confirmées 48 et 4 NH.
Oswald Boëlcke confirmées 40 et 5 NH.
Côté Français :
René Fonck confirmées 75 et 52 NH.
George Guynemer confirmées 52 et 35 NH.
Charles Nungesser confirmées 43 et 11 NH.
Georges Madon confirmées 41 et 64 NH
René Dorme confirmées 24 et 29 NH.
Et du côté Alliés :
Du côté des aviateurs belges, on retrouve la même singularité qu’avec leurs homologues français, lorsque ceux-ci combattaient au dessus d’un territoire contrôler par les allemands. Par contre, le nombre de « NH » diminue de manière drastique, lorsque les duels ont lieu en territoire belge ou français.
Le cas des belges :
Willy Coppens confirmées 37 et 6 NH.
Edmond Thieffry confirmées 10 et 5 NH.
André de Meulemeester confirmées 11 et 19NH.
Jean Olieslagers confirmées 6 et 17 NH.
Le point de comparaison ne peut par contre pas s’appliquer avec les aviateurs de Sa Gracieuse Majesté, en effet, la méthode d'homologation des victoires en cours dans l'armée britannique était particulièrement laxiste, en effet, un avion ennemi laissé en vrille ou tout simplement mis en fuite était considéré comme une victoire et ceci sans avoir besoin d’une preuve formelle.
L’Administration et territoire :
En farfouillant donc un peu plus loin, je remarquais une cinglante différence de vision du champ de bataille entre les protagonistes. Si, du côté allemand on considérait qu’une victoire est une victoire et peu importe le territoire survolé, en France par contre, on considérait alors que « seul une victoire obtenue sur un territoire dit Français était comptabilisable », de plus il fallait impérativement que l’avion abattu tombe du côté allié ! Par conséquent, à cette époque toute victoire acquise au dessus de l’Alsace et la Loraine (non encore récupérées) était considérée comme caduc !
De ce fait, en comparant la position des escadrilles, durant le conflit à travers les récits historiques, on s’aperçoit que plusieurs duels aériens eurent lieu, au fur et à mesure que la guerre avançait au-dessus du territoire Allemand. Par conséquent ceux-ci n’étaient pas encore sous contrôle de l’administration française. Cet état de fait, est un élément de base pour comprendre la différence de calcul des victoires. On reprenant les récits de l’histoire s’aperçoit qu’au moins 12 victoires de René Fonck ont été validées par témoignages en territoire allemand, mais finalement retranchées du décompte final ! En France à cette époque, dans l'administration, on n'avait pas encore compris que l'aviation évoluait dans la troisième dimension.
En conséquence, avec le recul et en tenant compte des victoires retranchées, mais ayant été confirmées au préalable sur territoire allemand, le français René Fonck est bien « l’As des As » de la grande guerre avec 87 victoires !
A propos de René Fonck :
Breveté pilote en avril 1915, René est versé dans une escadrille de reconnaissance, la Caudron-47, dotée du fameux G-4. C’est à bord de cet appareil, qu’il abat son premier avion ennemi. Affecté ensuite au groupe de chasse des Cigognes, au sein duquel tant d’aviateurs s’illustreront, Fonck, aux commandes de son redoutable « Spad », remporte sa deuxième victoire le 3 mai 1917. Et s’ouvre alors la plus extraordinaire série de duels aériens de la guerre. D’une précision de tir peu commune, il descend ses adversaires avec une rapidité fulgurante - ne tirant parfois que quatre ou cinq cartouches. Les 9 et 26 mai 1917, accomplissant par deux fois l’exploit le plus fameux de toute l’aviation de chasse, Fonck abat six avions de suite. Et semblerait-il (un doute subsiste avec un aviateur anglais) c’est lui qui, le 30 septembre, aurait descendu Kut Wisseman, le vainqueur de Guynemer.
Meilleures salutations à toi Christian Fonck ainsi qu’à toute la famille !
Photos : 1 René Fonck 2 Manfred Van Richtofen 3 le Spad
21/06/2010
Une fois n’est pas coutume, je vous présente ici le fruit d’un travail remarquable de deux connaissances, qui sont à l’origine d’un ouvrage dédié à un avion mythique : le Mirage III qui fût en service dans nos Forces aériennes. Le livre est, dès maintenant disponible et devrait intéresser un grand nombre de passionnés d’aviation !
Le livre :
Par Luc LEONARDI et Laurent BAUDILLON, avec la collaboration de Fernand CARREL, ancien Commandant des Forces aériennes suisses et pilote de Mirage III S. Format A4 vertical – reliure cartonnée – 208 pages – texte en français – plus de 300 photos en couleur et noir/blanc avec de nombreux dessins et illustrations de profils.
Avec la participation et le témoignage de plusieurs anciens pilotes de Mirage.
Les sujets traités :
Il existe si peu de livres en français traitant des Forces aériennes suisses et en particulier des Mirage III, dont elles furent équipées des années 60 jusqu'en 2003, qu'il fallait combler ce vide ! On y parle des évaluations, de « l'affaire des Mirage », de leur mise en service, des entraînements à l’étranger, des programmes de modernisations, ainsi que plusieurs témoignages d'anciens pilotes et de bien d'autres choses encore.
Un chapitre est consacré au Mirage III DS volant sous immatriculation civile, pour refermer le sujet sur la liste des Mirage suisses et ce qu'ils sont devenus. Cet ouvrage regorge de photos, certaines exclusives (incluant des photos de Katsuhiko TOKUNAGA), ainsi que de nombreux dessins de profils, représentant les différents camouflages et décorations de cet avion mythique.
RENSEIGNEMENTS
OU LE TROUVER ?
Achat en ligne sur www.aviapic.ch/cart
Au Musée de l'Aviation Militaire de Payerne - Base aérienne - CH-1530 Payerne
A la Librairie de l’Aviation - 14, rue Lissignol - CH-1201 Genève
Infos & Photos : Laurent Baudillon
12/10/2009
L’année prochaine marquera l’anniversaire des «100 ans d’aviation en Suisse»! Tout au long de l’année, de nombreuses manifestations nous ferons revivre les grands moments de notre histoire et rendront hommages aux femmes et hommes qui ont permis le fabuleux développement de l’aéronautique dans notre pays.
Partout en Suisse :
Plusieurs organismes comme l’Aéro-Club de Suisse, les différentes sections aéronautiques, les associations du patrimoine aéronautique, l’Office Fédéral de l’Aviation Civil et les Forces Aériennes organiseront des évènements tout au long de l’année et dans toutes les régions linguistiques. Le mot d’ordre étant : «l’aviation d’hier, d’aujourd’hui et de demain»!Expositions, peintures, démonstrations, portes ouvertes et réflexions constitueront la base cet anniversaire.
Ce sera l’occasion pour beaucoup, de comprendre cette évolution, l’inconfort des avions de l’époque, les vols soumis aux caprices de la météo. Les difficultés rencontrer lors de la création des premières compagnies aériennes en concurrence avec le chemin de fer.
Revenir sur les aventures des hommes, les pionniers de l’aviation, qui n’hésitaient pas à prendre des risques pour allez toujours plus haut et plus loin, comme Walter Borner, Edmond Audemars, François Durafour et Louis Cosandey.
Deux points forts sont déjà à retenir :
* En juin, le championnat Suisse de sport aérien (toutes disciplines confondues).
- Le grand meeting de l’année à Emmen (LU) le 24 juillet 2010.
- Congrès aéronautique sur l’avenir de l’aviation et notamment le thème : Environnement et aviation.
Que s’est-il passé en 1910 ?
L’année 1910 marqua dans notre pays les vrais débuts de l’ère des pionniers de l’aviation avec les premières démonstrations aériennes et les premiers exploits :
*Première démonstration aérienne à Planeyse-Colombier.
*Premier vol avec un biplan Wright à St-Moritz et première construction Helvétique de René Grandjean qui vola à Avenches.
- Vol du dirigeable Astra «Ville de Lucerne» à Lucerne.
- Armand Dufaux survola le Lac Léman avec un appareil de son cru.
- Ernest Failloubaz relia Avenches à Payerne.
- Survol des Alpes par Geo Chavez.
avia news sera de la fête :
Pour ma part, je relayerais toutes les infos concernant les diverses manifestations et tout au long de l’année, je ponctuerai le blog avec des billets retraçant les personnalités ainsi que les grands évènements qui ont marqué l’aviation dans notre pays.
Photos : 1 A340 Swiss avec les F-5E de la Patrouille suisse. 2 Messerschmitt BF-109G (et non un E-3) durant le second Conflit Mondial. @ Forces aériennes. 3 DC3 Swissair à Berne. @Ralph Kunadt.
12/08/2009
L'année 2009 marque le Centenaire de l'aviation au Canada avec le 100ème anniversaire du premier vol propulsé au Canada, à Baddeck (Nouvelle Écosse), par le Silver Dart. Depuis le début de l’année, des activités sont organisées à travers tout le pays.
Vol historique :
Le 23 février 1909, une technologie voyait le jour au Canada; elle devait jouer au cours des cent années suivantes un rôle incommensurable dans le développement de ce pays. Ce jour-là, à Baddeck (Nouvelle-Écosse) un jeune ingénieur, J.A.D. McCurdy, s’envolait du lac Bras d’Or gelé à bord d’un fragile biplan, le Silver Dart. De ce début modeste sont nés un réseau de transport, une industrie et une armée de l’air qui ont propulsé le Canada au rang des grandes nations. L’aviation a permis d’ouvrir le Grand Nord canadien, de protéger le pays et ses alliés au cours de conflits, dont deux guerres mondiales et de créer un réseau de constructeurs qui a fait du Canada le troisième plus grand avionneur civil au monde.
Au sein des Forces aériennes du Canada :
Le centième anniversaire du premier vol propulsé au Canada par un appareil plus lourd que l'air est un événement spécial qu'il faut célébrer. Le Brigadier général Gaston Cloutier, conseiller spécial auprès du Chef d'état major de la Force aérienne, estime qu'aucun pays du monde ne doit plus à l'aviation que le Canada. « Celle ci nous a en effet donné accès au pays tout entier, assurant un lien vital entre les régions d'un océan à l'autre ainsi qu'avec les nombreuses régions nordiques ».
Entre les guerres, l'aviation apporta une contribution importante au développement du pays, avec notamment la cartographie des régions nordiques.
L’aviation un mode de vie :
Au Canada, l’aviation n’est pas un « luxe », c’est un moyen de transport incontournable permettant de raccourcir les distances et de permettre aux hommes de rester en contact ! Pour ce faire, cette année exceptionnelle devra permettre d’organiser des « Portes ouvertes » non seulement au sein des Forces aériennes canadiennes mais également sur l’ensemble des aéroports et aérodromes que compte le pays à la feuille d’érable. Cinq objectifs ont sur le sujet sont proposés : l’histoire, la technologie, l’éducation, le rapprochement de l’aviation avec le peuple canadien et la promotion des métiers de l’air.
Le Canada n’a pas été le premier pays à conquérir le ciel, mais sa contribution à l’aviation a été importante. Transports Canada, l’organisme gouvernemental des transports souhaite rendre hommage aux pionniers qui ont ouvert le ciel et ont ainsi légué une nouvelle façon d’unir les gens et de transporter des biens avec rapidité et en toute sécurité, dans ce vaste pays, mais aussi dans le monde entier. Il s’agit également mettre à l’honneur les techniciens d’aéronefs et les exploitants aériens, les planificateurs d’aéroports et les contrôleurs aériens, les législateurs et les experts en sécurité et en sûreté, qui ont contribué à la force et au succès de l’aviation canadienne, au pays comme à l’étranger. Cette année, l’aviation est en fête partout au Canada et chaque institution participera à sa manière à ces festivités !
Photos : 1 CF-18 A, F-86 Sabre et Cl-114 Tutor aux couleurs du Centenaire de l’aviation, @ Cpt Maxime Renaud, Forces aériennes du Canada. 2 Le Silver Dart, @ Encyclopédie du Canada. 3 le CF-18 A Hornet avec sa peinture spéciale en démo. @ Caporal Igor Loutsiouk, Forces aériennes du Canada.