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En Suisse, on le sait, on ne vit pas forcément au même endroit selon qu'on soit un jeune adulte tout juste sorti du cocon familial, un couple sans enfants, ou une famille. A ce titre, une des transitions majeures de la vie se produit au moment où on fonde une famille, au moment où on a ses enfants. Cela se traduit par une probabilité élevée de déménagement entre le moment où on a son premier enfant, et le moment où ce dernier entre à l'école. Ce phénomène déraille facilement les prévisions de démographie scolaire qui se baseraient uniquement sur les naissances: certaines localisations enregistrent plus de naissances que d'enclassements, d'autres l'inverse. Mais quelle est l'importance du phénomène?
En Suisse, il y avait en 2013 392'000 enfants de 5 à 9 ans, contre 405'600 enfants de moins de quatre ans - une légère différence, due avant tout à l'augmentation de population et à la reprise récente de la natalité dans notre pays. Au total, les 797'600 enfants de moins de dix ans représentent 9,9% de la population totale du pays.
Cette proportion varie fortement d'une région à l'autre: la proportion peut passer du simple au double. Le record régional, en Suisse, est détenu par la Glâne-Veveyse fribourgeoise, 13,0% de sa population ayant moins de dix ans. De manière générale, les régions périurbaines, les zones villas de la métropole comportent de fortes proportions d'enfants, particulièrement en Suisse romande: derrière Glâne-Veveyse, on trouve dans l'ordre les régions du Val-de-Ruz, puis Nyon, le Gros-de-Vaud, les deux Broye, la rive droite à Genève. Les régions périurbaines de Suisse centrale suivent juste derrière.
A l'inverse, certaines régions sont très peu dotées en enfants: c'est le cas des régions en décroissance démographique, dans les Alpes surtout. Le record est détenu par la région grisonne du Schanfigg, avec 6,2% seulement d'enfants de moins de dix ans, et d'autres régions du même type dominent le classement, de la Vallée de Conches à la Surselva, des hautes vallées italophones (Moësa, Locarnese) aux Préalpes alémaniques. Les centres-villes apparaissent également assez dépourvus d'enfants.
Le rapport entre enfants d'âge scolaire et préscolaire varie de manière largement différente de la proportion d'enfants. La proportion de 5 à 9 ans par rapport aux préscolaires est ainsi minimale dans les centres: pour 100 enfants en bas âge, Zurich et Berne n'ont que 75 enfants de 5 à 9 ans, Lucerne 76, Genève, Bâle et Lausanne autour de 85: non seulement les centres sont assez dépourvus en enfants, mais ils en perdent un certain nombre entre la naissance et l'entrée à l'école. C'est également le cas de certaines régions périphériques, comme le Schanfigg, la Bernina ou la Vallée de Conches: là aussi, les familles, déjà peu nombreuses au départ, tendent à émigrer.
Où vont ces familles? Dans les régions périurbaines précitées: ainsi, la Glâne-Veveyse compte 110 enfants de 5 à 9 ans pour 100 enfants en bas-âge, et ce score est partagé par de nombreuses régions périurbaines, dont toutes celles que nous avons cité auparavant. Mais pas seulement: certaines régions périphériques comportent également de forts rapports de ce genre, comme le haut-pays glaronais (record de Suisse à 121), et une série d'autres régions très périphériques - là, l'effet est celui de la chute récente des taux de natalité. La périphérie connaît donc deux situations très distinctes - celle de l'exode des familles, et celle de la chute de la natalité.
Les contrastes notés ici à l'échelle régionales peuvent être bien plus forts à l'échelle des localités: ainsi, le centre de Lausanne ne compte que 56 enfants de 5 à 9 ans pour 100 enfants en bas âge; à l'inverse, Denges, entre Lausanne et Morges, en compte 184. Par rapport à la population totale, localement, la proportion de 5-9 ans peut varier du simple au sextuple. La démographie scolaire n'est pas une science simple.
Source : OFS, MicroGIS