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Minuit dans l'univers
Alors que notre monde est plongé dans un chaos digne d'un film post-apocalyptique (Covid, réchauffement climatique, pollution...), Minuit dans l'univers, en dépeignant une Terre à l'agonie, constitue une preuve supplémentaire que la réalité a d'ores et déjà rattrapé la fiction.
George Clooney, en transposant à l'écran le roman de Lily Brooks-Dalton, prenait le risque d'être comparer à d'illustres prédecesseurs (le chef-d'oeuvre Gravity bien sûr, et dans une moindre mesure Interstellar). Impossible effectivement de ne pas penser au film d'Alfonso Cuaron lors de la séquence de sortie dans l'espace et à celui de Christopher Nolan dans le rapport père/fille qui sous-tend l'intégralité du film de Clooney.
Ecueil que le réalisateur ne parvient pas à surmonter, mais qu'il contrebalance en imprimant à son film un rythme lent, hypnotique, entre les séquences à l'intérieur de la station météo en Arctique et les flashes back qui déboucheront en fin de métrage sur un double twist que l'on n'avait pas vu venir. Tranchant avec ces séquences introspectives, deux scènes d'action très réussies viennent bousculer le ton intériorisé du film: la sortie dans l'espace sous une pluie de météorites, certes fortement inspirée de Gravity, mais d'une efficacité indéniable, et la séquence à l'intérieur du refuge au cours de laquelle la banquise se brise. Autant à l'aise dans l'action que dans le drame intimiste, Clooney rappelle qu'il peut être un réalisateur capable du meilleur (revoir son sublime Good Night and Good Luck pour s'en convaincre).
Profondément pessimiste sur le devenir de notre Terre tout en gardant foi en la survie de l'humanité, Clooney, au-delà de la peinture d'un homme en proie à ses démons et à ses erreurs passées, dresse le portrait d'un avenir vraisemblablement inéluctable que nous sommes malheusement en train de construire.
Certains pourraient lui reprocher d'enfoncer des portes ouvertes. Il faur rappeler que ces dernières ne le seront jamais assez.