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A la surprise générale, un convoi de véhicules noirs est apparu devant les grilles de l'hôpital militaire de Walter Reed près de Washington en début de soirée, et Donald Trump, masqué, a salué à travers la vitre ses nombreux sympathisants, qui y étaient installés tout le week-end.
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Cette initiative a surpris et suscité de vives critiques, en particulier liées au risque pour les agents du Secret Service l'accompagnant. Peu après, la Maison Blanche a fait savoir que le président était revenu à l'hôpital.
"Un acte de campagne"
"Donald Trump a fait un acte de campagne en allant voir ses partisans. Il va devoir choisir s'il est malade et qu'il suspend sa campagne. Ou s'il est rétabli et qu'il entre en campagne à nouveau. C'est important pour Joe Biden qui a suspendu ses actes de campagne les plus hostiles. Par exemple les publicités négatives", analyse Corentin Sellin, professeur agrégé d'histoire et spécialiste des Etats-Unis, dans La Matinale lundi.
Le candidat démocrate "a intérêt que Trump rentre dans le jeu politique à nouveau. Il a immédiatement retiré ses publicités négatives au moment où on a appris l'infection du président. Il est dans sa posture d'homme d'Etat, expérimenté, qui prend de la hauteur, qui ne s'abaisse pas à certaines choses. Mais si Trump reprend sa campagne, il faudrait que Biden abandonne cette posture et redevienne un peu plus 'canaille'", ajoute Corentin Sellin.
Si le président américain "sort rapidement de l'hôpital, il pourra développer un récit qui collera avec sa communication précédent qui disait que ce n'est pas si grave que ça", ajoute le professeur d'histoire.
"D'après les sondages, 4 ou 5% sont des électeurs sont encore indécis. Il peut se passer n'importe quoi qui puisse renverser les tendances. A un mois des élections, un sondage de la NBC World Street Journal donnait 14 point d'avance de Biden sur Trump, mais il y a quatre ans jour pour jour, le même sondage donnait aussi 14 points d'avance à l'échelle nationale à Hillary Clinton". Et comme il y a 4 ans, le candidat républicain peut être nettement distancé à l'échelle nationale au vote populaire, mais l'emporter quand même au collège électoral, conclu l'expert.
"Ecole de la vie"
"J'ai beaucoup appris sur le Covid, je l'ai appris en faisant l'expérience moi-même, c'est l'école de la vie", avait déclaré le président américain sur Twitter avant son apparition publique, remerciant ses médecins et les "grands patriotes" qui veillent sur lui dehors.
Le niveau d'oxygène du président américain a baissé à deux reprises depuis l'apparition des symptômes, mais il va mieux et n'a plus de fièvre, avait indiqué plus tôt le médecin de la Maison Blanche Sean Conley depuis l'hôpital militaire de Walter Reed. "Comme avec toute maladie, il y a des hauts et des bas", a-t-il relevé.
Faisant volte-face par rapport à son point presse de samedi, le médecin présidentiel Sean Conley a admis que l'état de Donald Trump s'était dégradé vendredi à la Maison Blanche au point de requérir une supplémentation en oxygène, pendant environ une heure. Le président de 74 ans avait aussi de la fièvre et de la toux, et a finalement été hospitalisé le vendredi soir.
Donald Trump, 74 ans, reste traité par le médicament antiviral remdesivir, qui empêche la réplication du virus, et a également été placé sous dexaméthasone, un médicament de la famille des corticoïdes utilisé pour le traitement des cas sévères, a précisé le docteur Sean Dooley.
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"Debout et en activité"
"Aujourd'hui, il se sent bien, il est debout et en activité", a ajouté dimanche un autre médecin, Brian Garibaldi, lors de ce point-presse. "Notre objectif pour la journée est de le faire manger, boire et de le garder en dehors du lit autant que possible, pour qu'il soit mobile et continue de se sentir bien".
"Notre espoir est de le faire sortir de l'hôpital dès demain et qu'il poursuive ses traitements depuis la Maison Blanche", a ajouté le Dr Garibaldi.
Donald Trump, qui brigue un second mandat le 3 novembre, a annoncé dans la nuit de jeudi à vendredi avoir été testé positif au Covid-19 et a interrompu sa campagne. Plusieurs membres de son entourage sont également contaminés, dont son épouse Melania.
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afp/cab
Sortie critiquée pour les risques encourus
La sortie en voiture de Donald Trump a surpris et suscité de vives critiques, en particulier liées au risque pour les agents du Secret Service l'accompagnant.
"Il faut que chaque personne présente dans le véhicule pendant cette sortie présidentielle complètement inutile soit mise en quarantaine pendant 14 jours", a affirmé James Phillips, du département de médecine de l'université George Washington. "Ils peuvent tomber malades. Ils peuvent mourir. Pour le théâtre politique. Commandés par Trump pour mettre leur vie en danger pour ce théâtre. C'est de la folie".
Zeke Emanuel, expert à la télévision et président du Département d'éthique médicale et de politique de la santé de l'Université de Pennsylvanie, a tweeté pour sa part: "Faire conduire ses agents des services secrets avec un patient Covid-19, qui plus est avec des fenêtres fermées, les expose inutilement à un risque d'infection. Et pour quoi? Un coup de pub".
Le porte-parole de la présidence a assuré que les précautions "appropriées" avaient été prises pour protéger Donald Trump et son entourage, notamment des équipement de protection. "La sortie a été validée par l'équipe médicale comme sûre", a ajouté Judd Deere.
La porte-parole de Trump testée positive au Covid-19
La porte-parole de la Maison Blanche, Kayleigh McEnany, a annoncé avoir été testée lundi positive au Covid-19, trois jours après l'hospitalisation du président américain.
"Après avoir été testée systématiquement négative au Covid-19, chaque jour depuis jeudi, j'ai été testée positive lundi au Covid-19, sans ressentir de symptômes", a-t-elle tweeté, précisant se mettre en quarantaine.