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La carte d’identité du rhume des foins
Les symptômes les plus courants de l'allergie au pollen sont ce qu'on appelle une rhinoconjonctivite: le nez est bouché, il coule, les yeux sont rouges et démangent. Certaines personnes ont aussi de l'asthme; comme leurs bronches se contractent, elles ont de la peine à souffler.
Aucun de ces symptômes n'est cependant systématique. On peut avoir l’un, l'autre ou toutes les combinaisons possibles.
Le rhume des foins est la plus fréquente des allergies et concerne environ 20 % de la population (on estime que 20 à 30% de la population suisse a des allergies). Les plus touchés sont les jeunes de 15 à 25 ans, l'intensité des allergies diminue en effet avec l'âge.
L'allergie est une réaction non souhaitée du système immunitaire. Tout se passe comme si le corps croyait que l’élément auquel il est allergique est une menace – alors qu'il est inoffensif – et déclenche une réaction en sa présence. Après que la substance (ici une protéine de pollen) a été reconnue par le corps, celui-ci libère notamment de l'histamine.
C'est en particulier cette substance qui est responsable des symptômes du rhume des foins. Elle dilate en effet les petits vaisseaux, notamment dans le nez, ce qui explique que le nez coule et qu'il soit bouché. Le même effet se produit dans les petits vaisseaux des conjonctives, ainsi que les yeux deviennent rouges. L'histamine irrite aussi les fibres nerveuses, ce qui provoque des démangeaisons.
Cela dépend de la plante à laquelle on est allergique. Le terme «rhume des foins» n'est d'ailleurs pas très précis puisque l'on peut être allergique au pollen d'arbres ou d'herbacées, même s’il est vrai que l'allergie au pollen la plus fréquente est l'allergie aux graminées.
Dans l'ordre, les arbres sont les premiers à émettre du pollen la fin de l'hiver, puis viennent les graminées en mai-juin et enfin les herbacées en été et en automne. Les floraisons peuvent changer d'année en année et intervenir un peu plus tôt ou un peu plus tard.
Dans cette optique, les prévisions polliniques de Météo Suisse sont précieuses.
- Les médicaments anti-histaminiques sont le traitement le plus simple, certains sont d'ailleurs en vente libre. Ils bloquent l'action de l'histamine et sont donc efficaces contre le nez qui coule, les yeux qui pleurent et les démangeaisons. Les anti-histaminiques récents ont peu d'effets secondaires (les produits plus anciens pouvaient induire une fatigue chez certaines personnes). Ils sont disponibles en comprimés ou en gouttes.
- Si le nez est trop bouché, il existe des sprays qui contiennent des dérivés de la cortisone. Celle-ci calme l'inflammation de la muqueuse du nez, et comme il s’agit d’un traitement local, on peut sans crainte recevoir longtemps un tel traitement. Il faudra cependant une ordonnance pour l'obtenir.
- Par contre, on recommande de ne pas utiliser des sprays vasoconstricteurs (comme le Vibrocil) qui ne sont pas appropriés pour le traitement du rhume des foins, car ils ne peuvent être utilisés quotidiennement plus d’une semaine.
- Enfin, si l'allergie au pollen s'accompagne d'asthme, on prescrira, également sous forme locale (sprays), des dérivés de la cortisone associé à un médicament qui ouvre les bronches (un bronchodilatateur).Lors d’asthme sévère, il est possible qu'un médecin prescrive pour une courte durée de la cortisone en comprimés. Les injections de cortisone dépôt sont déconseillées, car elles exposent le corps à cette substance pour une longue durée.
Oui, avec une désensibilisation. C'est le seul traitement de l'allergie qui puisse agir sur la cause et non sur ses effets. En simplifiant, il s'agit de rééquilibrer le système immunitaire et d'accélérer ainsi l’évolution naturelle de l’allergie – elle diminue naturellement avec l’âge. Huit personnes sur dix qui ont effectué une désensibilisation vont clairement mieux et prennent moins de médicaments, moins souvent. Chez certains patients l’allergie disparaît totalement.
Il existe plusieurs façons de procéder à une désensibilisation mais la plus efficace consiste à injecter des protéines des pollens auxquels la personne est sensible. Les doses sont d'abord très petites puis elles augmentent. Le patient reçoit une injection par semaine pendant trois mois, puis une injection par mois pendant trois ans.
Le processus est contraignant mais il en vaut la peine. Il donne en effet une protection de sept à dix ans. Et une fois ce délai passé, il est exceptionnel que le patient «revienne à la case départ». Ce d'autant plus que dans l'intervalle, l'âge a également accompli sa tâche de diminution des symptômes allergiques.
- Se doucher et se laver les cheveux avant le coucher peut être judicieux après une journée passée dehors.
- Pour aérer la chambre à coucher: le dernier couché ouvre la fenêtre, le premier levé la ferme. La nuit les pollens demeurent en effet sagement au sol.
- Les lunettes enfin – de vue ou de soleil – constituent une barrière mécanique. Ne pas hésiter à les mettre à l'extérieur.