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5. Elisée et la Sunamite: déçu... en bien!
Daniel ARNOLD
Lire 2 Rois 4.8-37
Votre équipe favorite vient de perdre le match qu'elle ne devait pas perdre. Des mois de travail ruinés en 90 minutes. La déception vous envahit et vous paralyse. On revit comme un cauchemar le but encaissé ou l'échec de son attaquant de pointe. Pourquoi ont-ils si mal joué? Si seulement ils pouvaient rejouer le match, mais chacun sait qu'on ne peut refaire l'histoire!
On peut être déçu par son équipe favorite, mais on peut aussi être déçu de Dieu. Un accident de circulation, la maladie d'un proche, un échec dans la vie professionnelle, et voilà que les questions et les doutes vous envahissent. Pourquoi Dieu a-t-il permis ce drame? Pourquoi n'est-il pas intervenu? Pourquoi a-t-il fait si mal les choses? Sur le moment, on est déçu de Dieu et certains en restent là, bloqués dans leurs désillusions. D'autres, avec le temps, comprennent la vie et Dieu autrement. La parole qui affirme que «toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu» (Rom 8.28) devient une réalité. Dieu est plus grand et meilleur que ce qu'ils avaient imaginé. Il est vraiment le Père et le Souverain.
Le récit de la rencontre entre Elisée et la Sunamite (2 Rois 4.8-37) peut être lu de deux manières. On peut être surpris et déçu d'Elisée, comme on peut être surpris et "déçu en bien" d'Elisée!
Elisée étonne. Le prophète ne semble pas agir avec la même facilité que dans les autres récits. Pour une fois, Elisée rencontre l'échec. Le bâton qu'il fait porter d'urgence sur l'enfant décédé ne produit aucun résultat: «Guéhazi les avait devancés, et il avait mis le bâton sur le visage de l'enfant; mais il n y eut ni voix ni signe d'attention, il s'en retourna à la rencontre d'Elisée, et lui rapporta la chose, en disant: L'enfant ne s'est pas réveillé» (v.31). Ce revers n'est que le plus manifeste du récit. Il n'est que la pointe de l'iceberg. Derrière l'échec du bâton, se cache un ensemble de difficultés.
En reprenant le récit depuis le début, on constate qu'Elisée est incapable de connaître le besoin manifeste de la Sunamite. Pour la récompenser de son hospitalité, il offre de parler pour elle "au roi ou au chef de l'armée" (v.13), mais cela ne correspond à aucune nécessité chez la femme.