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L'actuel directeur par intérim du FBI Andrew McCabe entendu jeudi au Capitole à Washington par la commission du Renseignement du Sénat américain.
Keystone/AP/JACQUELYN MARTIN(sda-ats)
Donald Trump a dit jeudi qu'il avait de toute façon l'intention de limoger le directeur du FBI James Comey. Il s'est distancié de la version de la Maison Blanche selon laquelle il n'avait agi qu'après la recommandation du ministère de la Justice.
"J'allais le limoger quelles que soient les recommandations", a déclaré le président américain dans un entretien à la chaîne de télévision NBC. "C'est un hâbleur, un fanfaron", a-t-il dit.
Le vice-président Mike Pence et plusieurs officiels de la Maison Blanche ont toutefois insisté mercredi sur le fait que Donald Trump avait limogé James Comey sur les recommandations de son ministre de la Justice, Jeff Sessions, et de son adjoint, Rod Rosenstein.
Dans le même entretien, Donald Trump a confirmé qu'il avait lui-même demandé à M. Comey, lors d'un dîner puis lors de deux conversations téléphoniques, s'il était personnellement visé par l'enquête en cours du FBI sur les ingérences russes dans la campagne électorale de 2016 et sur une éventuelle coordination entre des membres de l'équipe Trump et la Russie. Selon lui, le policier lui aurait répondu que non.
Ce type de requête venant d'un président est inhabituel. Elle pourrait être interprétée comme une interférence dans les investigations, a fortiori puisqu'elles visent des proches du dirigeant.
Comey soutenu par le FBI
Le directeur par intérim du FBI, Andrew McCabe, a lui défendu jeudi l'honneur de son prédécesseur James Comey, limogé par le président américain. Il a assuré que les agents du FBI le soutenaient.
"J'ai le plus grand respect pour le directeur Comey", a déclaré Andrew McCabe lors d'une audition au Sénat. "J'ai le plus grand respect pour ses capacités considérables et son intégrité (...) Je peux aussi vous dire que le directeur Comey était largement soutenu au sein du FBI, et le reste encore aujourd'hui".
Il a aussi assuré que l'enquête sur les ingérences russes durant la campagne électorale se poursuivait normalement, malgré le limogeage. "Le travail des hommes et des femmes du FBI continue quels que soient les changements de circonstances, quelles que soient les décisions", a déclaré M. McCabe.
"Il n'y a eu aucune tentative d'entraver notre enquête à ce jour. On ne peut pas arrêter les hommes et femmes du FBI de faire ce qu'il faut, protéger les Américains et défendre la Constitution".
Dans quelles circonstances...?
Cette audition était la première apparition en public d'Andrew McCabe, qui a pris les rênes de la police fédérale au pied levé, en remplacement de James Comey, congédié soudainement par le président américain mardi soir.
L'audition devant la commission du Renseignement du Sénat, consacrée aux menaces mondiales, incluait aussi cinq hauts responsables du renseignement américain dont les patrons de la CIA et de la NSA. James Comey devait initialement y participer.
M. McCabe pourrait être interrogé, surtout par les sénateurs démocrates, sur les circonstances de l'éviction de M. Comey et sur le statut de l'enquête sur les ingérences russes. Cette enquête s'intéresse aussi à une éventuelle coordination entre des membres de l'équipe de campagne de Donald Trump et la Russie.
L'opposition s'inquiète de l'indépendance des investigations, mais la Maison Blanche a justifié le départ de M. Comey par son mauvais traitement d'Hillary Clinton lors de l'enquête sur ses emails l'an dernier.
ATS