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A priori rien de surprenant dans cette image. Un père et son fils prennent leur petit déjeuner ou leur dîner. Le père (Ugo Tognazzi) lit son journal d'un air distrait, un vague sourire sur les lèvres. Sur la table règne un certain désordre, signe que nous sommes vers la fin du repas. On voit une carafe, un saladier, une serviette pliée en tas, une paire de lunettes et d'autres objets connexes. Le fils a les deux bras posés sur la table et semble regarder devant lui, dans le vide, fixant un point hors-champ. Mais, et c'est la première chose qui frappe, il a un oeil au beurre noir. Cet indice, combiné au titre du film, Les Monstres, laisse dès lors supposer les interprétations les plus diverses, de la plus anodine à la plus effrayante. S'agit-il d'un cas de maltraitance d'enfant? D'un simple accident? D'une tache? Sans en révéler davantage - en voyant le film, vous aurez la réponse -, on peut dire que cette image, ce plan, est symptomatique du cinéma de Risi dans lequel un détail anormal, ou suspect, vient fréquemment perturber un contexte d'apparence ordinaire. Ces contrastes ou paradoxes sont d'ailleurs souvent générateurs de rire (noir). Célèbre film à sketches et oeuvre phare de la comédie à l'italienne, Les Monstres en est rempli.
Les Monstres est actuellement à l'affiche aux cinémas du Grütli, dans le cadre de la rétrospective Vittorio Gassman.