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Le sénateur tessinois risque plus de 20'000 francs d'amende et un petit séjour derrière les barreaux pour faux dans les documents et conduite en état d'ivresse.
Filippo Lombardi affirme vouloir s'opposer au mandat de répression émis mardi par le Ministère public tessinois et être prêt à un procès pénal.
Mis à part une peine pécuniaire, le sénateur démocrate-chrétien (PDC/centre) tessinois risque de devoir passer 15 jours en prison pour ses excès au volant.
Le Ministère public tessinois a en effet édicté mardi un mandat de répression qui révoque le sursis accordé en octobre 2001 à Berne pour une peine de 15 jours de prison.
Procédure simplifiée, s'il est reconnu par l'inculpé, le mandat de répression ou ordonnance pénale est assimilé à «un jugement passé en force». En cas d'opposition, un procès doit avoir lieu devant un tribunal correctionnel.
Sursis de quinze jours de détention révoqué
Les accusations de conduite en état d'ivresse et infraction aux normes sur la circulation routière ont trait à un accident survenu à Horgen le 7 avril 2005.
Filippo Lombardi avait alors perdu la maîtrise de sa puissante voiture et touché un autre véhicule qui circulait normalement. Le conseiller aux Etats avait fini sa course contre une barrière.
Le Ministère public a indiqué que le politicien circulait en état d'ivresse et s'est probablement assoupi. Il l'a condamné à une amende de 3000 francs et a révoqué le sursis sur une peine de 15 jours de détention prononcée en 2001 à Berne.
L'autre accusation contre le politicien démocrate-chrétien concerne une affaire remontant à 1995 lorsque Filippo Lombardi, 50 ans, dirigeait le quotidien «Giornale del Popolo».
Avec neuf de ses collaborateurs également frappés de mandats de répression (ordonnance pénale), Filippo Lombardi avait 'gonflé' le tirage de son journal, indiquant 2000 exemplaires supplémentaires pour l'année 1994.
Pour ce délit, et en tenant compte du temps écoulé, le Ministère public a condamné le politicien à une peine de 60 jours-amende pour un total de 21'600 francs.
Opposition
L'élu a d'ores et déjà annoncé qu'il allait recourir contre la décision du Ministère public tessinois.
En fait, M. Lombardi reconnaît l'accusation de faux tirage du «Giornale del Popolo» mais précise que l'accident de voiture du 7 avril 2005 n'était pas dû à un 'coup de sommeil' mais à un «malaise».
Selon lui, il s'agit d'un «malaise d'origine cardiaque» car quelques jours après l'accident, il a été hospitalisé pour une opération aux voies coronaires.
Candidat malgré tout
Le Tessinois a encore relevé qu'il voulait briguer une nouvelle candidature au Parlement cet automne et ceci bien qu'il sache que son dossier judiciaire n'est pas encore clos.
«Sur le plan politique, il est certain que je vais terminer cette législature puisqu'il n'y aura pas de jugement sur cette affaire avant», explique Filippo Lombardi à swissinfo.
«La question qui se pose est celle d'une future législature. Mais comme je suis très confiant dans l'issue du procès, je peux accepter le risque de me présenter. Les faits qui me sont reprochés ne m'empêchent pas de continuer à servir les intérêts de mon pays avec passion et conscience», poursuit-il.
«Mais c'est à mon parti de décider s'il veut proposer ma candidature et finalement aux électeurs tessinois de me faire confiance ou non.»
Soutien du PDC cantonal
Dans un communiqué diffusé en mardi soir, la direction du PDC tessinois a indiqué qu'elle confirmait son «soutien politique» à Filippo Lombardi. Elle entend le proposer une nouvelle fois au comité cantonal comme candidat au Conseil des Etats.
Selon un accord passé en 2005 entre le sénateur tessinois, le PDC et sa section tessinoise, d'éventuelles conséquences au niveau politique ne deviendront effectives qu'en cas de décision de justice définitive comportant une peine privative de liberté, rappelle le communiqué.
swissinfo et les agences
Les soucis routiers de Filippo Lombardi
En février 2002, il avait été pincé à Bodio (TI) à une vitesse de 69 km/h au lieu des 50 km/h autorisés.
En avril 2003, il avait écopé d'un retrait de permis de 22 mois après avoir roulé à 115 km/h au lieu des 80 km/h autorisés sur une route argovienne.
Ces 22 mois de retrait de permis sanctionnaient également une série de quatre infractions à la loi sur la circulation routière, commises en l'espace de quelques mois. Quatre retraits de permis lui avaient déjà été infligés de 1978 à 1999.
Depuis son accident du 7 avril 2005 où il avait perdu la maîtrise de son véhicule, il n'a plus tenté de récupérer son permis.