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Quatorze ans après l´explosion de l´un de ses réacteurs, la centrale nucléaire de Tchernobyl est définitivement mise hors service vendredi. Sur place, les stigmates sont encore nombreux. En Suisse, seules quelques traces de radioactivité subsistent.
Le 26 avril 1986, le quatrième réacteur de la centrale nucléaire de Tchernobyl explosait. Des dizaines de tonnes de matière radioactive étaient rejetées dans l'atmosphère. L'Europe orientale et occidentale était contaminée. Et la Suisse n'était pas épargnée.
Dans le canton du Tessin, les pluies chargées de poussières radioactives polluaient rivières et sols. Le Haut-Valais, le sud des Grisons et le Jura vaudois enregistraient, eux aussi, un taux de radioactivité alarmant.
«Durant la première année après la catastrophe, rappelle Hansruedi Völkle, chef de la section surveillance de la radioactivité à l'Office fédéral de la santé publique, la population suisse a été exposée à une dose de radioactivité de 0,2 millisieverts. Aujourd'hui, ce taux est estimé à 0,01 millisieverts.»
Quatorze ans après le vent de panique qui a soufflé sur la Suisse, seules quelques faibles traces de radionucléides particulièrement résistants - tels que le Césium 137 - subsisteraient encore. «Ce type de radionucléide a une durée de vie de plus de trente ans, explique Hansruedi Völkle. Il est donc normal qu'il soit encore détectable dans le sol, et par conséquent dans le lait.»
Du côté des autorités chargées de la surveillance alimentaire, on rappelle que le lait présentait, juste après la catastrophe, une contamination qui dépassait très largement les valeurs de tolérance. «Au Tessin, elle était cinq à dix fois supérieures à celle enregistrée dans le reste de la Suisse», rappelle André Herrmann.
Et le chimiste cantonal de Bâle de nous rassurer: «Aujourd'hui, les valeurs mesurées sont redevenues parfaitement normales dans l'ensemble de la Suisse». En d'autres termes, tous les produits alimentaires - même les plus sensibles - seraient conformes aux exigences.
Pour autant, les spécialistes ne minimisent pas les risques encourus par la population. «En 1986, nous avons pris des mesures cohérentes, estime André Herrmann. Mais aujourd'hui, dans les mêmes conditions, je me montrerai encore plus strict.»
Et le chimiste bâlois d'évoquer le lait tessinois trop chargé en iode 131, qui est néanmoins vendu sur le marché helvétique. Un nucléide qui est pourtant considéré comme la principale cause de cancer de la thyroïde.
Mais Hansruedi Völkle de l'Office fédéral de la santé publique, affirme que l'on est pas en mesure d'établir scientifiquement un rapport de cause à effet entre le nombre de cancers enregistrés en Suisse et le nuage radioactif parti de Tchernobyl.
Officiellement donc, quatorze ans après, la catastrophe n'a pas entraîné de gros problème de santé publique en Suisse. Du moins pour l'instant.
Reste la question des produits alimentaires importés. L'an dernier, souvenez-vous, les autorités de surveillance avaient repéré des champignons en provenance d'Europe orientale qui présentaient des taux de radioactivité supérieurs aux valeurs admises en Suisse.
«Depuis cette affaire, confirme le chimiste cantonal de Bâle, nous effectuons des contrôles. Et André Herrmann d'ajouter: «il nous est déjà arrivé de refuser certain chargement contaminés.»
Cela dit, les champignons ne sont pas les seuls aliments à risque importés des pays de l'Est. Pourtant, aucune autre denrée sensible n'est soumise à un contrôle systématique.
Vanda Janka