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La religion antique ne s’est occupée que de groupes sociaux. Contre elle, le taoïsme fut la tentative chinoise de créer une religion personnelle en prônant un retour à la liberté personnelle, à l’opposé de la pensée confucianiste, assez rigide et contraignante, car fondée sur le respect de l’ordre social établi et les devoirs de l’individu envers la société. A la stricte observance des lois, le taoïste préfère l’observation des lois de la vie sans idées préconçues.
Houang-ti, l’Empereur jaune (vers 2800 av. J.-C.) est vénéré comme l’un des fondateurs du taoïsme (avec Lao-Tseu). Il serait né de la fusion spontanée des énergies Yin et Yang lors de l’autocréation du monde, puis il aurait créé les premiers hommes à partir de statuettes d’argile exposées pendant trois cents ans au Souffle cosmique et disposées aux quatre points cardinaux, ce qui explique pourquoi l’apparence des hommes diffère selon leur origine géographique. L’invention de l’écriture, celles de l’élevage du ver à soie, du tour de potier et du compas sont attribuées à cet empereur démiurge qui aurait également inventé l’ordre social en donnant à chaque famille un nom. Parvenu au sommet de la sagesse à l’âge de cent ans, c’est lui qui aurait aussi découvert l’alchimie et rédigé le premier ouvrage de médecine chinoise, le Houang-ti Nei-King.
Le but de la médecine taoïste est de mettre le patient en harmonie avec la ‘’destinée universelle’’, constituée par l’ensemble des lois du Tao. Toutes les techniques chinoises sont fondées sur le principe de la circulation de l’énergie, le QI, auquel s’ajoutent les cinq agents (éléments) régnant sur le monde. Les deux pôles complémentaires Yin et le Yang constituant le Tao, ne s’opposent pas mais s’engendrent mutuellement. Le Wuxing dayi, compendium des cinq agents, rédigé au Ve siècle av. J.-C., est le plus ancien traité original qui nous soit parvenu dans son intégralité sur la théorie du Yin, du Yang et des cinq agents.
La manière dont les druides conçoivent le monde semble très proche de celle de la médecine taoïste. Ces deux systèmes médicaux possèdent une physiologie et une approche très analogues de la santé humaine qui ont peut-être une origine commune, lorsque le peuplement du continent eurasiatique s’est entamé à partir du Proche-Orient. [à partir du IIIe millénaire av. J.-C.] Ces deux systèmes médicaux reposent sur une vision holistique sacrée, de l’univers et de l’être humain dont la santé est conçue en interaction avec l’environnement. CBp353
Les druides ont interdit la transmission écrite de leurs enseignements. Dès la fin du Ier siècle de notre ère, la romanisation de la Gaule, en faisant des druides des clandestins, les poussa à se réfugier au plus profond des forêts. Déjà au moyen âge, mais surtout à l’institution de la ‘’Sainte Inquisition’’, la répression à l’encontre des druides accusés de sorcellerie, fût terrible. Tout disparu, cependant la tradition druidique semble se maintenir oralement en Irlande jusqu’au XVIIe siècle dans des écoles.
Dans l’univers des chamanes-guérisseurs « aux yeux ouverts », comme dans celui des druides « au front brillant », tous les phénomènes naturels sont en interaction. Tout n’est que correspondance entre les règnes végétal, animal, humain et météorologique. Cette manière de concevoir le monde est aux antipodes de celle du monde gréco-latin classique où chaque phénomène est soigneusement isolé et où seuls les hommes ne sont pas rangés dans la catégorie des « chose ».
Ce n’est pas le « formé » que la médecine des druides cherche, mais « ce qui se forme » à la fois dans l’univers et dans l’homme puisque tout est question de résonance. Ne craignant pas de mourir puisque l’âme immortelle passe d’un corps à un autre après la mort, l’être humain n’a rien d’autre à redouter que la fin même de cet univers.