Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06860.jsonl.gz/1014

Cette page propose des articles consacrés à Wolfgang Laib et Franz Erhard Walther
Le musée des beaux-arts de Lucerne consacre une exposition à Franz Erhard Walther, Gesang der Schreitsockel du 30 octobre jusqu'au 6 février 2011.
Le musée d'art contemporain de Genève (Mamco) consacre une vaste rétrospective à Franz Erhard Walther. De l'origine de la sculpture 1958 - 2009 jusqu'au 2 mai 2010.
Cet artiste allemand est né en 1939. L'exposition du Mamco permet de mesurer la continuité et la rigueur des réflexions de Walther qui sont d'une étonnante actualité. Raison pour laquelle j'aborde cette exposition sur cette page consacrée à Wolfgang Laib, car j'ai souvent pensé à cet artiste en parcourant l'exposition. Walter vise à susciter des sensations spatiales par ces objets en tissu disposés dans l'espace et par l'utilisation d'une gamme colorée, notamment des ocres rouges et jaunes, d'une grande intensité. Sensation un peu comparable aux odeurs de cire que laissent les oeuvres de Laib.
Des oeuvres d'époques très différentes sont réparties à travers les étages du Mamco. On remarque ainsi une pièce de jeunesse: Versuch eine Plastik zu sein, 1958, de grands tirages de photo noir blanc dans lesquels l'artiste se met en scène comme sculpture plus ou moins grimaçante. Ailleurs j'ai été frappé par ces 36 Schreitsockel Weinrot, 1972. Des pièces de tissu rouge posées au sol qui évoquent les habits de moines tibétains. On trouve l'évocation d'un travail interactif avec des pièces de tissu pliées dans une malle et au mur les 58 photographies des oeuvres déployées: Werksatz, 1963 - 1969.
Les murs de plusieurs salles sont couverts par les pages d'un journal de bord récent enrichi de dessins, véritable autobiographie desssinée, Sternenstaub, 2007 - 2009 (qui a été reproduite en fac similé dans un livre de 1072 p.).
L'exposition met en évidence la rigueur des recherches de Franz Erhard Walther, ses dessins préparatoires, ses réflexions sur les proportions et les effets d'une intervention dans l'espace qui reste souple.
Le dernier étage du musée présente l'alphabet de l'artiste: Das neue Alphabet, 1990 - 1996 qui met en évidence un alphabet de tissu aux formes et aux couleurs (souvent des ocre jaunes, rouges) pleines de résonances.
Le site de l'artiste
Patrick Schaefer , l'art-en-jeu 1er mars 2010
-----
Wolfgang Laib est exposé au Musée des beaux-arts de Grenoble jusqu'au 28 septembre 2008 sous le titre Without Place - Without Time - Without Body.
Fondation Beyeler Riehen
Wolfgang Laib. L'éphémère c'est l'éternité jusqu'au 26 février
Né en 1950 Wolfgang Laib fait l'objet d'une importante présentation à la Fondation Beyeler. Il avait déjà été exposé au Musée des beaux-arts de Lucerne en 1990 avec quatre installations. Ici sont réunies 18 pièces "sculptures", 18 dessins et 10 photographies.
Au cours de la conférence de presse Wolfgang Laib a en quelques mots souligné la spécificité de sa position. Premièrement, il rencontre un grand succès actuellement: 20 expositions sur les 5 continents au cours des cinq dernières années. Deuxièment, bien qu'il ait l'air d'un moine bouddhiste, il refuse toute identification avec une religion. Il a étudié diverses civilisations et leurs rites religieux. Sa propre démarche et une recréation personnelle. Sur le plan spirituel, il doit autant au bouddhisme qu'à la figure chrétienne de Saint-François. Troisièmement, il revendique la liberté de l'acte artistique et refuse tout embrigadement.
Ces propos sont intéressants, car ils sont évidemment destinés à contrecarrer les malentendus que cette démarche pourrait susciter. L'exposition rassemble les divers éléments de la typologie expressive de l'artiste: pierre, lait, pollen, cire, bois qu'il emploie de manière cyclique. Elle propose un mouvement ascensionnel, en effet elle débute avec des pièces au sol hoizontales, puis des structures verticales escaliers, corridors, ziggourats sont présentées. Le spectateur est touché par l'oeil et l'odorat, totalement interpellé par ces éléments, l'odeur pénétrante de la cire d'abeille, le rayonnement des champs de pollens qui diffusent une lumière intense, l'évocation de rituels indiens, balinais, extrême-orientaux que l'on croit reconnaître, mais qui sont en fait propres à l'artiste donnent une impression d'ensemble très marquante. De photographies et des dessins complètent la présentation.
Wolfgang Laib. L'éphémère c'est l'éternité jusqu'au 26 février 2006

Patrick Schaefer, L'art en jeu, 25 novembre 2005