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Après l’introduction d’une statine, les sociétés professionnelles recommandent un contrôle du cholestérol tous les quatre à douze mois, une pratique coûteuse fondée essentiellement sur des avis d’experts. La variabilité individuelle du taux de cholestérol pourrait atteindre 3% sur quelques jours, et 7% sur une année et des contrôles trop rapprochés pourraient ne détecter que cette variabilité. Les auteurs de cet article ont repris les données de l’étude LIPID (effet de la pravastatine après syndrome coronarien aigu), au cours de laquelle le taux de cholestérol fut mesuré séquentiellement pendant cinq ans par un laboratoire de référence chez plus de 9000 patients. Ils ont appliqué des modèles statistiques spécifiques pour répondre à trois questions : quel est l’effet à court terme du traitement de statine ? En comparant la réponse à six mois dans le groupe traité et le groupe contrôle placebo, la variation de cholestérol attribuable au traitement est variable, avec un intervalle de confiance à 95% entre 0,42 et 1,90 mmol/l. Quelle est la variabilité intra-individuelle de la réponse au cours du temps ? Chez les patients adhérant au traitement, les auteurs retrouvent une variabilité intra-individuelle de l’ordre de 7%. Quelle différence de taux à long terme peut être considérée comme réelle (rapport bruit de fond/signal) ? Quel que soit le taux de cholestérol atteint dans les six premiers mois de traitement, on note une discrète augmentation du cholestérol durant le suivi, mais un taux de cholestérol au-dessus de 5,0 mmol/l est plus souvent dû à la variabilité individuelle qu’à une vraie augmentation (rapport entre faux positifs et vrais positifs > 1).
Commentaire : Bien que plusieurs limitations méthodologiques puissent être discutées, cette analyse démontre que la multiplication des contrôles de laboratoire augmente le risque d’observation d’un bruit de fond dû à la variabilité individuelle des valeurs biologiques et expose à des modifications de traitement indues. Quelles sont les implications cliniques de cette analyse ? Selon les auteurs, après obtention des valeurs cibles sous traitement, ce n’est qu’après trois ans que les variations du taux de cholestérol dépassent la marge de variabilité individuelle, raison pour laquelle ils proposent de ne contrôler ce taux que tous les trois à cinq ans. L’utilité de ce contrôle pour vérifier l’adhérence au traitement du patient n’est pas démontrée et peut se faire par d’autres moyens moins coûteux. Les recommandations à venir vontelles incorporer ces données ?