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Il faut remonter au début du XXème siècle pour voir apparaître les premières activités aéronautiques en Gruyère. C’est en effet dans les années 1909-1910 que Georges Cailler, l’un des fils du fondateur de l’usine de chocolat de Broc, construit un monoplan Latham, de type « Hirondelle », qu’il fait voler pour la première fois le 23 mars 1910 sur la plaine de Fin-Derrey à Broc. Il envisage d’aménager un champ d’aviation à Broc, mais y renonce, confronté à l’opposition des paysans. En 1911, il épouse Germaine Grandjean, la sœur du pionnier René Grandjean, et cesse son activité aéronautique.
Quelques années plus tard, un autre Gruérien, Léon Progin, obtient son brevet de pilote et devient le premier pilote militaire gruérien. En 1938, le bullois Louis Cosandey construit son premier « Pou du ciel », un planeur muni de skis dont le développement et les vols reprendront après la Seconde Guerre mondiale. C’est pendant la Guerre que la Gruyère connaîtra son premier champ d’aviation puisque l’armée installera un aérodrome de campagne à Riaz. C’est d’ailleurs pendant son premier séjour en Gruyère que la Compagnie d’aviation adoptera la grue comme emblème
l’aérodrome de la gruyère
né du rêve de deux jeunes mécaniciens
Michel Devaud et Armand Caille, deux jeunes mécaniciens fraîchement installés à Bulle, commencent la construction de leur propre avion en 1959. Mais encore leur fallait-il disposer d’un terrain pour le faire voler ! C’est alors qu’ils s’entourent de Robert Dumas, ancien pilote professionnel et instructeur de vol à Lausanne, pour entreprendre les démarches en vue de créer un aérodrome en Gruyère. Après avoir évalué plusieurs terrains potentiels et pris contact avec les autorités compétentes, ils portent finalement leur choix sur un terrain à Epagny. Le projet est présenté au public pour la première fois le 21 septembre 1960, puis la société d’aviation sportive « Aéro-Gruyère » est fondée le 28 mars 1961 dans le but d’y aménager un aérodrome et de pratiquer l’aéronautique sportive et touristique. Grâce au soutien de plusieurs entrepreneurs de la région, les travaux d’aménagement de la piste commencent au printemps 1961, un premier avion est acheté (Piper L4 HBOEY) puis, le 21 avril 1962, Robert Dumas et Michel Devaud effectuent le premier atterrissage à Epagny à bord d’un avion loué pour l’occasion à Lausanne, le Piper HBOVF. L’autorisation d’exploiter le champ d’aviation de la Gruyère est délivrée par l’Office fédéral de l’air le 28 juillet 1962, suivie le 28 septembre 1962 par l’autorisation d’exploiter une école d’aviation. Robert Dumas devient le premier chef de place. Le 5 octobre 1962, la Société d’Aviation de la Gruyère SA (SAG) est constituée dans le but de prendre en charge les tâches financières et administratives de l’aérodrome. C’est enfin le 7 juillet 1963 que l’aérodrome est officiellement inauguré lors d’une manifestation publique. Quelque 8'000 spectateurs assistent à cette journée au cours de laquelle Michel Devaud et Armand Caille présentent leur Jodel HBSOU au public : la boucle est ainsi bouclée
des activités de plus en plus variées
Alors que la SAG étoffe progressivement sa flotte d’avions, les premiers pilotes sont formés par l’école de pilotage. Un groupe de vol à voile est créé en 1972, le premier instructeur de vol à plein temps est engagé en 1974, un nouvel hangar est construit en 1977 pour abriter l’atelier Mécanair et la base Helisuisse. Une montgolfière est exploitée sur l’aérodrome de 1979 à 1981, puis la pratique du parachutisme débute en 1995. En tenant compte des activités de vol libre et d’aéromodélisme pratiquées non loin de l’Aérodrome, la région bénéficie ainsi de la palette quasi complète des sports aériens.
développement qualitatif plutôt que quantitatif
Le développement des activités de l’Aérodrome de la Gruyère au cours de ses 30 premières années d’existence ne se fit tout de même pas sans susciter quelques réactions. A la fin des années 70, le Groupement de défense contre les nuisances de l’aérodrome (GDN) voit le jour et, à partir de 1979, la SAG prend les premières mesures propres à diminuer le bruit de l’aérodrome : des silencieux sont installés sur une première série d’avions et des restrictions d’horaires sont introduites. Au terme de plusieurs années de discussions, c’est finalement à une majorité de 90% que l’Assemblée communale de Gruyères accepte le 19 octobre 1992 de renouveler le droit de superficie de l’aérodrome pour une nouvelle période de 30 ans. Cet horizon à plus long terme permet ainsi à la SAG d’entreprendre d’importants travaux sur la piste, dont l’état s’était sensiblement dégradé. La SAG s’étant engagée à ne pas construire de piste en dur, ce sont finalement des grillages métalliques qui seront posés sur la piste en 1995, grillages qui permettront une sensible amélioration de la sécurité tout en lui conservant son aspect verdoyant. Dans les années qui suivirent, hangars et bâtiments furent assainis, une nouvelle salle de théorie aménagée en 1997, puis un tarmac en asphalte construit en 1998 devant les hangars pour faciliter les mouvements des avions au sol et répondre aux normes de séparation des eaux. Malheureusement, après avoir atteint un sommet au début des années 90, les heures de vol accuseront un net fléchissement lors de l’introduction, en 1998, de nouvelles directives européennes en matière de formation aéronautique. Toutes les petites écoles de pilotage de Suisse en souffriront.
l’aérodrome de la gruyère
une porte ouverte sur le monde
Lors de leurs voyages en avion, les pilotes gruériens portent les couleurs de la Gruyère bien au-delà des frontières suisses, voyages qui en ont conduit certains jusque sur d’autres continents. Les manifestations publiques, compétitions sportives et actions sociales organisées régulièrement sur l’aérodrome permettent à la population de découvrir les multiples facettes de l’aviation et de parcourir leur région par la voie des airs. Des activités telles que des journées « Passeport Vacances », des conférences ou des vols d’initiation sont autant d’opportunités proposées à la jeunesse pour s’initier aux sports aériens et découvrir les débouchés professionnels que l’aéronautique peut leur offrir. Plusieurs pilotes formés en Gruyère ont d’ailleurs occupé, ou occupent encore, des postes dans des compagnies de transport aériens, des entreprises aéronautiques ou des organisations internationales. Enfin, l’Aérodrome de la Gruyère permet également à notre région de se faire connaître dans le monde : citons par exemple la centaine de délégués de la Fédération Aéronautique Internationale qui ont visité notre aérodrome et la Gruyère en 2001, les pilotes étrangers qui posent chaque année leurs aéronefs en Gruyère, les nombreux parachutistes vétérans accourus du monde entier en 2004 lors des Championnats du monde POPS, ou encore les semaines Handiflight qui, depuis quelques années, permettent à des pilotes souffrant d’un handicap de venir en Gruyère par la voie des airs. Le prochain événement qui attirera les yeux du monde entier sur la Gruyère sera sans nul doute la 61ème Coupe Gordon Bennett (Championnat du monde de ballons à gaz), qui prendra son départ sur l’Aérodrome de la Gruyère en septembre 2017.
en route vers de nouveaux défis !
Alors qu’une grande manifestation organisée les 10 et 11 août 2013 a permis de souffler les 50 bougies de l’Aérodrome de la Gruyère et les 40 ans de Swiss Helicopter, de nouveaux défis attendent les comités des organisations actives sur l’aérodrome ces prochaines années. Citons par exemple la nouvelle structure organisationnelle introduite en 2017, les améliorations nécessaires de la piste (2017-18), l’entrée en vigueur de normes internationales rendant la pratique de l’aviation sportive de plus en plus compliquée et onéreuse, le prochain renouvellement du droit de superficie (2023), ou encore les nombreux investissements qui devront être faits pour continuer à améliorer bâtiments, infrastructures et aéronefs !
Pour de plus amples informations sur la naissance et le développement de l’Aérodrome de la Gruyère, nous vous recommandons l’ouvrage intitulé « La Gruyère entre Terre et Ciel » (Carole Fritschi, Editions gruériennes, 2003) disponible au bureau de l’Aérodrome