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Les Genevois ont refusé la traversée de la rade
Selon les résultats définitifs, 63,6% des Genevois ont refusé dimanche l'initiative populaire "Pour une traversée de la rade". Le taux de participation a atteint 57%.
L'initiative déposée par l'UDC et soutenue par le MCG et le TCS réclamait la réalisation, à l'horizon 2020, d'une traversée sous-lacustre de deux doubles voies (réservées aux transports privés) au niveau de la nappe phréatique entre le Port-Noir et l'avenue de France. Elle demandait aussi un tunnel de liaison de deux voies entre le Port-Noir et la route de Malagnou. Le tout devait servir à désengorger le trafic au centre-ville.
Petite et grande traversée du lac
Le texte s'appuyait sur un rapport de 2004, enterré depuis par les autorités au profit d'une traversée du lac plus en amont.
Les coûts de la traversée de la rade étaient estimés à un milliard de francs à la charge du canton. La grande traversée est elle devisée à 3 milliards de francs, avec un éventuel soutien fédéral.
Pour rappel, l'entente (PDC et PLR) prépare une initiative demandant une traversée du lac.
bri
Publié le 28 septembre 2014 à 12:03 - Modifié le 30 septembre 2014 à 08:45
Un serpent de mer lémanique
1985: les associations automobilistes lancent une initiative populaire pour une traversée de la rade, sans imposer de plan précis.
1988: les Genevois acceptent l'initiative à 68,5%.
1996: les Genevois refusent les projets concrets, à 69% pour le pont et à 71% pour le tunnel.
2004: publication du rapport d'un groupe de travail réunissant des associations économiques et environnementales proposant un tracé entre le Port-Noir et l'avenue de France.
2006: des études plus poussées fustigent le rapport, estimant que la circulation serait encore plus difficile et que le tunnel porterait une "atteinte grave" à la nappe phréatique sur la rive gauche.
2007: le Conseil d'Etat opte pour une traversée autoroutière du lac, du Vengeron à la Belotte.
2012: l'UDC lance son initiative en s'appuyant sur le rapport de 2004. Elle est jugée partiellement invalide par le Conseil d’Etat, selon qui les objectifs ne sont pas en adéquation avec le délai fixé.
2013: le Grand Conseil juge recevable l'initiative. De son côté, l'Assemblée fédérale refuse d'intégrer la traversée du lac au réseau des routes nationales.
2014: le Grand Conseil refuse le texte UDC sans lui opposer de contre-projet. L'Entente prépare une initiative pour une traversée du lac. La conseillère fédérale Doris Leuthard rappelle que la traversée du lac n'est pas une priorité nationale et que les travaux ne devraient pas débuter avant 15 ans, voire 30 ans.
"Une défaite sans appel", selon l'UDC
"Maintenant, il reste une grande inquiétude pour l'avenir de la mobilité genevoise", a prévenu la jeune femme, qui espère que le conseiller d'Etat Luc Barthassat respectera sa promesse de commencer les travaux de la traversée du lac en 2025.
Le gouvernement s'attaque à la traversée du lac
"Les gens n'ont pas voté contre une traversée, mais contre cette traversée", a estimé le conseiller d'Etat en charge des transports Luc Barthassat.
"La population confirme que ce projet d’un coût de plus d'un milliard de francs n’était pas la solution adéquate pour diminuer durablement l'engorgement du réseau routier au centre-ville", a souligné le Conseil d'Etat dans un communiqué.
Les autorités privilégient un développement en deux temps: l'élargissement de l'autoroute de contournement et la grande traversée du lac entre les autoroutes suisses (à Vengeron) et françaises.
Luc Barthassat promet de s'atteler à la traversée du lac et évoque "l'horizon 2030".