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Théorie de Novak sur les cartes conceptuelles/L'apprentissage significatif et critique
1 Description
L'apprentissage significatif et critique, selon M.A. Moreira.
Le professeur et chercheur Marco Antonio Moreira a grandement contribué au développement de l’enseignement des sciences, en particulier de la physique. Il a aussi publié plusieurs études centrées sur le sujet qui nous occupe.
Dans ses divers travaux [dont le plus récent —publié en 2017— de la bibliographie utilisée], l’auteur part des postulats centraux de la perspective classique de l'apprentissage significatif proposée par David Ausubel dans les années 1960 qui, loin de la considérer obsolète, Moreira affirme sa validité, voire sa nécessité, pour la culture éducative actuelle, dans laquelle le type d’apprentissage dit “mécanique” est encore majoritairement privilégié.
Moreira enrichit l’optique d’Ausubel s’inspirant des perspectives d’autres auteurs [Joseph Novak, Bob Gowin, Don Finkel, Paulo Freire, Neil Postman, Johnson Laird, Gérard Vergnaud, et Humberto Maturana], visant la plaidoirie d’un enseignement axé sur la compréhension, le sens et le plaisir d'apprendre. Dans ces buts, Moreira explique et ajoute que l’apprentissage doit être significatif et critique. Pour lui, apprendre de nouvelles connaissances de manière significative et critique implique de saisir ses significations, de comprendre qu’elles sont contextuelles et qu’elles ne sont pas définitives.
Il est opportun de mentionner ici que les cartes conceptuelles, —développées pour la première fois dans les années 1970 par Novak, afin de mettre en œuvre la théorie de l'apprentissage significatif d'Ausubel—, s'avèrent une stratégie possible pour faciliter le type d'apprentissage soutenu par Moreira. La page source de cette production Théorie de Novak sur les cartes conceptuelles apporte plus d'information à ce sujet.
2 Carte conceptuelle
- Cf. page: Théorie de Novak sur les cartes conceptuelles/L'apprentissage significatif et critique, selon M.A. Moreira
3 Vidéographie
3.1 Transcription
Cette vidéographie a pour but de présenter une introduction à L'apprentissage significatif et critique, suivant la vision de M. A. Moreira
Cet auteur, professeur de physique et de mathématiques, suivait l’approche de Skinner dans ses premières pratiques pédagogiques. Mais en entrant en contact avec la théorie de David Ausubel sur l'apprentissage significatif, par l'intermédiaire de Joseph Novak, dans les années 70s, il a compris que l'approche comportementale de Skinner stimulait l'apprentissage mécanique, et non l'apprentissage significatif. Convaincu, il a décidé de modifier sa perspective.
Nous venons de mentionner l'apprentissage mécanique. Celui-ci peut être résumé comme étant centré sur l’enseignant : les connaissances «déposées» dans la tête de l’élève, mémorisées mécaniquement et reproduites littéralement dans des tests. L'important dans cette conception de l'enseignement est la réponse correcte, pas le sens ni la compréhension. Sans tenir compte des connaissances préalables de l’apprenant, la nouvelle information est stockée de manière arbitraire, sans pouvoir interagir avec des connaissances préexistantes.
Si nous simplifions, nous pourrions retourner la définition précédente pour nous approcher de celle qui correspondrait à l’apprentissage significatif.
Mais… soyons un peu plus précis.
Commençons par donner la parole à monsieur Ausubel :
- «Si je devais réduire toute la psychologie éducative à un seul principe, je dirais ceci: Le facteur le plus important qui influence l’apprentissage est ce que l’apprenant sait déjà. Vérifiez cela et enseignez-lui en conséquence.» [Traduction libre] (Ausubel, 1968, p. vi )
Sur cette base incontestée, Ausubel construit sa théorie et Moreira la complète.
Celle que nous venons d’écouter évoque l’une des 3 conditions requises pour ce type d’apprentissage :
- Des connaissances préalables adéquates
- Du matériel potentiellement significatif
- Et des prédispositions à apprendre
Ces trois conditions s’exigent mutuellement et interagissent. Les savoirs préalables, constituant la structure cognitive de l’étudiant, doivent être tenus en compte (par l’enseignant) moyennant des organisateurs préalables et avancés afin de proposer un matériel éducatif potentiellement significatif, car adapté à la capacité cognitive de l’élève, pour que celui soit en mesure d’y trouver une signification logique. Il est primordial que l’étudiant soit prédisposé à apprendre, et décide de le faire. Sa volonté et sa motivation seront clés dans ce contexte. Si toutes ces conditions sont remplies, l’étudiant peut comprendre et assimiler, et sa structure cognitive est prête à accueillir des nouvelles connaissances potentiellement significatives.
Nous savons déjà que celles-ci dépendent directement des savoirs que l’étudiant a préalablement ; en outre, il est autonome et capable de décider s’il veut apprendre.
Ajoutons à ce diagramme deux concepts fondamentaux pour l’apprentissage significatif: Les organisateurs préalables font référence à une sorte d’index dont la fonction est d'informer l'étudiant de la nature de la matière. Aussi, un apprentissage est significatif quand une nouvelle information est accueillie à travers la connexion avec un concept relevant préexistant dans la structure cognitive de l’étudiant ; pour cela, les concepts doivent être clairs et fonctionner comme un “point d’ancrage” sur lequel de nouvelles informations vont pouvoir se greffer.
Les organisateurs avancés sont utilisés lorsqu’un nouveau matériel d’étude est inconnu ou pas maîtrisé par l’apprenant, le but est de rendre ce nouveau matériel plus assimilable. La métaphore du “pont” s’applique à ce cas.
Un troisième concept est apporté pour assurer un apprentissage critique, en plus de significatif : La question Cette fois, nous donnons la parole à Freire, cité par Moreira :
- «Dans le processus éducatif, la question est essentielle : poser la question est l'essence même de la connaissance. L'acte de demander est lié à l'acte d'exister, d'être, d'étudier, d'enquêter, de savoir.»
Les questions, et la capacité de les poser, seraient plus utiles à un apprentissage significatif et critique que des réponses toutes prêtes. Il faut donc stimuler la pratique du questionnement.
Continuons… 4 principes interdépendants, sont destinés aux enseignants :
La différenciation progressive se réfère à la planification de l’enseignement du plus général au plus spécifique.
Pour la réconciliation intégrative, il est nécessaire que les nouvelles idées puissent se subordonner par rapport à celles déjà existantes. Il s’agit d’une exploration cognitive qui identifient les similarités et les différences entres les idées, concepts et propositions. Pour ce faire, le langage est déterminant.
Écoutons les propos de Moreira :
- «Sans concepts, il n'y a pas de compréhension ni de développement cognitif, car les êtres humains vivent dans un monde de concepts. (…) En leur absence, les êtres humains cesseraient de comprendre quoi que ce soit, (...) sans eux, la connaissance humaine serait menacée. Par conséquent, les concepts devraient être au centre de toutes les activités d’enseignement et d’apprentissage.»
Pour aider à cela, une organisation séquentielle des contenus est exigée.
La consolidation a lieu avec l’intégration des nouvelles connaissances à travers de diverses tâches et divers contextes.
Nous venons de connaître les principes et les conditions avec ses caractéristiques. Nous devons aussi parler de types d’apprentissage significatif et de ses formes.
On parle de trois types ; Le type représentationnel s’agit de l’apprentissage le plus élémentaire qui consiste en l’attribution d’une signification à un symbole. On peut parler ici du vocabulaire.
Le type conceptuel implique formation et assimilation. Capable de combiner les représentions.
Enfin le type propositionnel est plus élaboré. Il exige la captation des significations des idées exprimées en forme de propositions afin de combiner de manière logique les concepts.
Il existe trois formes d'apprentissage significatif: subordonné, super-ordonné et combinatoire. Le plus commun est celui dans lequel les nouvelles connaissances sont subordonnées, "ancrées", à une certaine connaissance existante déjà dans la structure cognitive avec une certaine stabilité et clarté. Dans ce processus, les nouvelles connaissances acquièrent un sens et le précédent est plus différencié, plus stable, plus clair, plus riche en significations.
Dans l'apprentissage super-ordonné une réorganisation cognitive se produit de sorte qu'une connaissance se trouve être hiérarchiquement supérieur aux autres (la structure cognitive est dynamique, hiérarchique, toujours à la recherche de l'organisation… «Comme une carte conceptuelle» diriez-vous ? Novak diriez que vous avez raison !).
La combinatoire, quant à elle, est celle dans laquelle le sens d'une nouvelle connaissance découle d'une interaction cognitive avec un ensemble de connaissances antérieures, typique d'une personne qui maîtrise bien un ensemble de connaissances dans le domaine traité.
Pour conclure : l’apprentissage significatif et critique est centré sur l’étudiant ; il décide s’il veut apprendre. Son apprentissage est guidé par l’enseignant qui fournit un matériel éducatif significatif, identifiant et tenant compte des points d’ancrage disponibles dans la structure cognitive de l’élève qui doivent pouvoir rendre possible qu’il apprenne. L’enseignant se base, donc, sur les savoirs préalables qui portent une signification représentée par du langage. Tout cela aide à la compréhension et favorise la capacité de transfert qui va permettre à l’apprenant d’appliquer ses savoirs à de nouvelles connaissances. De faire preuve, en définitive, d’un apprentissage significatif et critique.
Cette vidéographie étant fondée sur une carte conceptuelle, il est opportun de donner la parole à Novak :
- «Beaucoup d'apprenants et d'enseignants sont surpris de voir comment cet outil simple [la carte conceptuelle] facilite l'apprentissage significatif et la création de puissantes structures de connaissance qui permettent non seulement d'utiliser la connaissance dans de nouveaux contextes, mais également de retenir la connaissance pour de longues durées.»
4 Sources
Moreira, M. A. (2017). Aprendizaje significativo como un referente para la organización de la enseñanza. Archivos de Ciencias de la Educación, 11(12). [3] (Pas disponible en français/anglais.)
Moreira, M. A. (2012). La teoría del aprendizaje significativo crítico: un referente para organizar la enseñanza contemporánea. Revista iberoamericana de educación matemática, 31, 9-20. [6]. (Pas disponible en français/anglais.)
Moreira, M. A. (2011). Why concepts, why meaningful learning, why collaborative activities and why concept maps. Aprendizagem Significativa em Revista/Meaningful Learning Review, 1(3), 1-11. [7]
Moreira, M. A. (2011). Potentially meaningful teaching units-PMTU. Aprendizagem Significativa em Revista, 1(2), 43-63. [8]
Moreira, M. A. (2011). Disclaiming the telling model in favor of a student-centered teaching and of learning how to learn critically. Aprendizagem Significativa em Revista/Meaningful Learning Review, 1(1), 84-95. [9]
Moreira, M. A. (2011). Meaningful learning: From the classical to the critical view. Meaningful Learning Review, 1(1), 1-15. [10]
Moreira, M.A. (2006). Aprendizaje Significativo: de la visión clásica a la visión crítica. Conférence de clôture de la cinquième réunion internationale sur les apprentissages significatifs, Madrid, Espagne, septembre 2006. [11]. (Pas disponible en français/anglais.)
Novak, J. D., & Cañas, A. J. (2008). The theory underlying concept maps and how to construct and use them. Florida Institute for Human and Machine Cognition, 2008. [12]
Novak, J. D. (2005) La théorie qui sous-tend les cartes conceptuelles et la façon de les construire, traduction par Gabriel Fritsch de l'article "The Theory Underlying Concept Maps and How To Construct Them" [13]
Sources Web (Vidéos):
- Petite introduction sur l'apprentissage significatif (Meaningful Learning), selon J. Novak.
- Cette vidéo fait partie d'une série des conversations (2015) —disponibles sur le canal Youtube de CmapTools—, entre Alberto J. Cañas et Joseph Novak (cf. l'ouvrage référencé des deux auteurs).
- Conférence de Joseph Novak. Il explique comment les cartes conceptuelles peuvent être utilisées pour aider les étudiants à apprendre de manière significative et à construire des structures cognitives: