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Le Conseil national a prolongé de trois ans jeudi, par 123 voix contre 40 et 11 abstentions, l'engagement de l'armée en soutien des autorités grisonnes pour assurer la sécurité du World Economic Forum (WEF) de Davos. L'objet passe aux Etats.
L'armée sera en mesure d'appuyer le canton des Grisons avec un effectif annuel de maximum 5000 militaires jusqu'en 2015. Il s'agit d'un engagement subsidiaire dans le domaine de la protection des objets et des personnes, de la sauvegarde de l'espace aérien et d'un appui logistique.
Les députés n'ont rien voulu savoir d'une proposition de la gauche qui voulait limiter cet engagement à la seule année 2013 et réexaminer ultérieurement la question pour 2014 et 2015.
Rayonnement de la Suisse
La droite a rappelé combien cette manifestation contribue au rayonnement international de la Suisse. "Il revient à l'armée d'assurer les meilleures conditions de sécurité pour les hôtes, un rôle moderne qui est reconnu d'ailleurs à toutes les armées étrangères", a déclaré Luc Barthassat (PDC/GE) au nom de la commission.
Pour la gauche, envoyer les militaires à Davos est une erreur. "Les décisions du WEF ne font que creuser le fossé Nord-Sud. Dans ces conditions, il n'est pas opportun d'apporter une forme de caution au discours dominant de ce forum", a déclaré Geri Müller (Verts/AG).
Maurer réagit
Pierre-Alain Fridez (PS/JU) a rappelé que la Confédération s'engageait à hauteur de 3 millions de francs par an en frais de sécurité. Il n'est pas normal que s'instaure une routine pour reconduire de trois ans en trois ans la mission de l'armée pour cette "grand'messe du capital". Les tâches de sécurité devraient revenir à la charge des organisateurs du WEF.
Le chef du Département fédéral de la défense, Ueli Maurer, s'est insurgé contre ces propos. Il a défendu la tenue de cette manifestation "extraordinaire". "Je ne sais pas si le WEF améliore la situation du monde, mais si le WEF disparaît, le monde n'ira pas mieux", a déclaré le ministre, ajoutant que pour la Suisse c'était en tout cas un plus.
ATS