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"Elle est timide, cette petite femme, mais sa peinture ne l'est pas." C'est le compliment de Ferdinand Hodler à sa jeune élève Stéphanie Guerzoni en 1914. Proche du maître bernois dont elle suivra les cours jusqu'en 1918, l'artiste-peintre nous offre en 1968 un témoignage de première main sur la personnalité et les valeurs esthétiques d'un homme qu'elle considère comme un génie. Elle revient notamment sur les relations difficiles entre Hodler et une certaine élite genevoise et sur l'attention méticuleuse qu'il portait à l'art du dessin.
Ferdinand Hodler est né à Berne en 1853. Ses premiers tableaux reflètent l'influence de Corot, mais il affirme très vite sa personnalité dans des portraits aigus, des paysages construits rigoureusement et de grandes décorations murales de caractère symbolique: La Nuit, Les Las de vivre, Les Ames déçues, Eurythmie, Le Jour.
Ses préoccupations idéalistes et sociales font de lui un représentant du symbolisme tandis que son sens dramatique annonce l'expressionnisme.