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Grimpereau
Le grimpereau des jardins parcourt les troncs à l’écorce boursoufflée et tortueuse à la recherche de menus insectes qu’il saisit de son bec long, fin et recourbé. Impossible de le confondre avec une sittelle ; brun-gris, il passerait inaperçu sans son cri aigu. C’est par son chant qu’on le distingue de son sosie, le grimpereau des bois, une espèce vicariante qui le remplace en altitude dans les forêts de conifères. Chassé des jardins et des vergers par la sélection d’arbres sans tronc et par l’élimination des vieux pommiers à l’écorce soulevée sous laquelle il cache son nid, il se rencontre en plaine à la faveur d’un bosquet de vieux saules, de trembles oubliés ou de peupliers d’Italie….Il ne méritera bientôt plus son nom.
Le grimpereau des bois et le grimpereau des jardins, deux discrets habitants des troncs, se ressemblent beaucoup. A en juger par leur répartition géographique, on suppose que le second, isolé dans le bassin méditerranéen par les glaciations, a dû s’adapter aux forêts feuillues, tandis que l’espèce sœur subsistait dans les forêts de conifères en Asie centrale. Le réchauffement progressif du climat a permis l’arrivée du grimpereau des bois en Angleterre avant la remontée de la mer, tandis que le grimpereau des jardins, lié à des boisements plus thermophiles, serait arrivé trop tard pour franchir la Manche avant qu’elle ne se remplisse d’eau!
Désormais le grimpereau venu du froid vit surtout en altitude, dans les boisements de conifères, tandis que le grimpereau des jardins reste dans l’étage collinéen.
Bibliographie
- Pierre-Alain Oggier, La Faune, Martigny 1994
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