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Lia et Georges Kasper

En 1940, Georges Kasper quittait la direction du Kunstmuseum de Zurich pour fonder l'une des toutes premières galeries à défendre la peinture d'avant-garde en Suisse. Il ignorait que le succès serait au rendez-vous durant pas moins de six décennies! Car depuis son décès, en 1991, son épouse Lia pousuit l'aventure avec courage et ténacité, réussissant à maintenir la galerie au beau fixe en dépit des diverses crises économiques et artistiques qui ont secoué la Suisse.
Du courage, il en
fallait pour abandonner le poste de conservateur du
Kunstmuseum de Zurich, en pleine guerre, pour se mettre au
service de l'art contemporain. D'autant qu'en Suisse,
à cette époque et jusque dans les
années soixante, l'art moderne demeurait largement
décrié. Souvenez-vous: l'art moderne en
général et la peinture abstraite en
particulier suscitaient encore rires et
incompréhension.
En 1965, Georges rencontrait Lia. Tout juste 30 ans, jolie comme un coeur, éducation à l'ancienne: rien ne prédestinait cette "fille de riche" à se révéler une organisatrice et une femme d'affaires hors pair.

Fille de riche...
oui et non, car l'histoire familiale des Forlani est
dramatiquement liée à l'Histoire tout court.
Son père, descendant d'une dynastie de militaires
florentins, muni d'un double doctorat en textile et en
chimie, émigre en 1928 en Bulgarie où il fonde
une fabrique de textile d'avant-garde. La fabrique occupe
quelque 4000 ouvriers lorsque la montée du communisme
en Bulgarie le pousse à rentrer en Italie, en 1943.
Ayant tout perdu, il se remet à la tâche, ouvre
une nouvelle usine à Milan et finira par
rebâtir sa fortune.
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