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Écrit par Stannah à 27-08-2019
Dans son article « The Downside of Upright » (« Les inconvénients de la verticalité ») publié dans la revue National Geographic, Jennifer Ackerman, célèbre auteure de livres et articles scientifiques, répond à la question de la manière suivante :
« Les êtres humains ont renoncé à la stabilité et à la vitesse. Nous avons renoncé à nos pieds en tant qu’instruments et nous avons affaibli nos os et nos articulations ».
Chez les quadrupèdes, la tension provoquée par la course et le saut est répartie équitablement entre les quatre extrémités et les muscles absorbent, en général, la majeure partie de la tension développée. Lorsque nos ancêtres ont commencé à se déplacer sur 2 plutôt que sur 4 extrémités, nos jambes ont dû démultiplier leur effort pour courir ou marcher.
Bien qu’il se soit écoulé des milliers d’années d’évolution, biologiquement parlant, nos muscles ne sont pas encore prêts pour une posture sur deux pieds, ce qui explique que ce sont nos os qui finissent par souffrir principalement de nos efforts. Nos os amortissent et absorbent toutes les tensions. En un mot, en terme d’évolution, le corps humain ne s’est pas encore adapté à 100 % à la position verticale.
À quoi servent nos genoux ?
Le genou est le parfait exemple d’une anatomie humaine qui ne s’est pas encore parfaitement adaptée à la position debout et au style de vie bipède. Dans son essai « The Downside of Upright », Jennifer Ackerman, appuyée par Scott Dye, explique que l’articulation du genou est « une structure vieille de 360 millions d’années merveilleusement conçue pour accomplir son travail de transfert de poids entre les membres ».
Toutefois, en terme d’évolution, la position verticale que nous avons adoptée signifie que plus d’efforts sont demandés au dos, aux genoux, aux chevilles et aux pieds. Nos genoux comptent en effet parmi les articulations du corps humain qui se dégradent le plus facilement, d’où les millions d’opérations chirurgicales pratiquées chaque année.
L’articulation du genou ressemble à un simple pivot, mais son mécanisme de fonctionnement qui permet à l’homme de courir et de sauter est en réalité bien plus compliqué qu’il n’y paraît. L’articulation du genou est composée de multiples « parties » qui exécutent un travail complexe au même moment. De plus, le genou est la deuxième articulation la plus basse du membre inférieur. Autrement dit, elle soutient presque entièrement le poids de notre corps et subit une pression intense par rapport aux articulations situées plus haut, surtout lorsque nous courons, sautons, montons ou descendons les escaliers.
La douleur peut parfois être causée par une faiblesse musculaire due à un manque d’activité, par la fatigue ou suite à un accident. La douleur ou les blessures aux genoux peuvent limiter nos mouvements. La raison en est que le rôle fondamental de nos genoux est d’assurer stabilité, équilibre et flexibilité à notre corps. Si nos genoux vont mal, nous aurons de la peine à pencher ou à tendre notre corps. Ces limitations physiques influencent évidemment notre capacité à nous tenir debout, à marcher, à courir, à nous agenouiller, à sauter ou à nous tourner pour changer de direction par exemple.
Mais les genoux ne fonctionnent pas tout seuls. D’autres parties du corps les aident à faire leur travail.
- Les os
- Le cartilage
- Les muscles
- Les ligaments
- Les tendons
Une blessure à n’importe laquelle de ces parties qui aident le genou à travailler peut provoquer des douleurs ou blesser le genou lui-même.
L’une des blessures les plus courantes est la déchirure du ligament croisé antérieur.
Comment se rend-on compte que notre ligament croisé antérieur se déchire ?
Le ligament croisé antérieur du genou est si propice à la déchirure qu’il peut se rompre facilement s’il est contraint à devoir supporter beaucoup plus de pression que ce pour quoi il a été conçu. Afin de mieux comprendre ce qui se passe, essayons de comparer un être humain à un singe qui se tiendrait debout. Nos jambes sont plutôt droites, tandis que les pattes du primate sont plus arquées et généralement pliées. Pour soutenir leur propre poids, les singes utilisent leurs muscles. Les êtres humains utilisent leurs os.
Parvenir à maintenir nos jambes droites nous permet de marcher et courir normalement. Le problème arrive quand nous cherchons à faire des mouvements ou des « changements de cap » à l’improviste. Lorsque nous courons et que nous nous arrêtons brusquement ou lorsque nous nous retournons d’un coup sec et rapide, nos genoux doivent résister à une forte et intense tension imprévue. Dans ce cas, le ligament croisé antérieur n’est pas assez solide pour pouvoir assurer et « aider » le mouvement des os du genou, lesquels peuvent facilement et souvent « s’enrouler » et se casser. Lorsque nous souffrons d’une déchirure du ligament croisé antérieur, seule une intervention chirurgicale est possible, car il se trouve à l’intérieur du genou.
Après l’opération, il faut compter une longue période de récupération et de rééducation, parce que les ligaments n’ont que peu de cellules et de vaisseaux sanguins, ce qui rend la guérison plus longue. La déchirure du ligament croisé antérieur est l’une des blessures que les athlètes professionnels redoutent le plus justement à cause de cette longue période de récupération. Cela dit, quelle que soit notre profession, les conséquences seraient de toute façon négatives, car cet état peut nous invalider et nous empêcher de sortir de chez nous.
Pour compliquer encore plus les choses, notre espèce devient toujours plus grande, engendrant une pression toujours plus forte sur nos genoux, surtout lors de ces mouvements soudains.
En outre, il est évident que l’obésité ajoutée à l’arthrose au niveau des genoux favorise l’apparition d’un processus inflammatoire dégénératif dû à la surcharge biomécanique. Chez les patients souffrant d’osthéoarthrite, la perte de poids réduit significativement les symptômes.