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Qu’est-ce que la prostate?
La prostate a la taille d’une châtaigne. Elle entoure l’urètre et libère une sécrétion lors de l’éjaculation, qui permet aux spermatozoïdes de se déplacer. C’est en outre dans la prostate que le canal éjaculateur rejoint l’urètre.
Types de troubles de la prostate
Les troubles de la prostate peuvent avoir des origines diverses. Il existe trois causes principales:
- HBP/SBP: il s’agit d’une augmentation bénigne de la taille de la prostate, également appelée hyperplasie ou hypertrophie bénigne de la prostate. Alors que l’HBP désigne une augmentation bénigne de la prostate, le terme de syndrome bénin de la prostate (SBP) est lui employé pour désigner les troubles.
- Prostatite: près de 10% des hommes souffrent au moins une fois dans leur vie d’une inflammation de la prostate. Les signes typiques sont des douleurs lors de la miction et un besoin d’uriner plus fréquent. Une inflammation de la prostate nécessite un diagnostic médical et un traitement.
- Carcinome de la prostate: le cancer de la prostate est le cancer le plus fréquent chez l’homme. En Suisse, on dénombre 6100 nouveaux cas par an. La tumeur est au début presque totalement asymptomatique car elle se développe généralement sur la paroi externe de la prostate, à distance de l’urètre. C’est pourquoi il est recommandé de se soumettre à un examen de dépistage régulièrement à partir de 45 ans.
De la châtaigne à l’orange
Un besoin d’uriner plus fréquent, un jet urinaire faible ou encore des mictions fréquentes la nuit: tous ces symptômes peuvent indiquer un problème de prostate. La cause la plus fréquente est toutefois une hypertrophie bénigne de la prostate (HBP). En effet, après 40 ans, près de 40% des hommes présentent une modification bénigne du tissu prostatique.
La prostate commence alors à grossir. Cela fait partie du processus naturel de vieillissement chez l’homme. En vieillissant, la taille de la prostate peut passer de celle d’une châtaigne à celle d’une orange. Comme elle entoure le canal de l’urètre, ce dernier se trouve rétréci. Un Suisse sur deux de plus de 50 ans est confronté à une HBP.
Les troubles sont classés en trois stades différents (classification selon Alken):
- Stade 1: stade de l’irritation -> apparition des premiers troubles lors de la miction
- Stade 2: formation d’urine résiduelle -> vous avez la sensation de ne jamais vidanger totalement votre vessie
- Stade 3: stade de reflux, incontinence par regorgement -> ici de grandes quantités d’urine restent dans la vessie et un reflux dans l’uretère pouvant remonter jusqu’aux reins peut se produire. La vessie est alors trop dilatée et la vidange ne se fait plus correctement.
Traitement de l’hypertrophie bénigne de la prostate
À long terme, un écoulement urinaire restreint peut endommager la vessie et entraîner des lésions rénales. Il est recommandé de consulter un médecin le plus tôt possible. Il existe différentes approches:
- Attente sous surveillance: l’HBP n’évolue que lentement sur plusieurs années. Les troubles peuvent fluctuer fortement et même parfois disparaître momentanément. Certains hommes ne se sentent pas impactés dans leur quotidien et ne souhaitent, dans un premier temps, pas de traitement. Aussi, une attente sous surveillance médicale peut-elle être ici indiquée.
- Traitement médicamenteux: des médicaments à base de plantes, des alpha-bloquants ou encore des inhibiteurs de la 5α-réductase peuvent apporter un soulagement. Les médicaments à base de plantes ont ici fait leurs preuves comme traitement initial, notamment en raison de leur bonne tolérance. Avant de commencer un traitement, vous devriez demander conseil à votre médecin concernant la thérapie adaptée à votre situation. Certains médicaments à base de plantes utilisés dans le traitement d’une HBP débutante sont également disponibles en pharmacie ou en droguerie, sans ordonnance.
- Opération de la prostate: il convient tout d’abord de déterminer si l’intervention est indispensable. Un motif possible pourrait être:
- une rétention d’urine aiguë répétée (ischurie)
- des inflammations répétées des voies urinaires
- la présence répétée de sang dans les urines et un traitement médicamenteux inopérant
- des calculs vésicaux
- une dilatation des voies urinaires supérieures (uretère, bassinets, calice rénal), une insuffisance rénale ou une faiblesse rénale
- À partir d’une HBP d’un certain degré de gravité, une intervention chirurgicale peut être salutaire. Il existe ici différents procédés permettant de réduire la taille de la prostate.
Comment remarque-t-on une hypertrophie de la prostate
Une hypertrophie de la prostate ne se manifeste que de manière insidieuse. Au début, l’homme ne remarque pas que sa prostate est en train de grossir. Cette augmentation de taille ne se manifeste que lorsque les problèmes de miction apparaissent. Les symptômes typiques sont les suivants:
- une miction nocturne fréquente
- une envie accrue d’uriner
- un bégaiement urinaire, à savoir le jet urinaire est interrompu à plusieurs reprises
- des gouttes retardataires
Examen de la prostate
Avant d’initier un traitement, le médecin devra procéder à un examen préliminaire de la prostate. Il existe plusieurs examens possibles de la prostate. Voici une brève explication:
- Anamnèse: lors de l’anamnèse, le médecin vous interrogera sur d’éventuels antécédents médicaux ou des maladies dont vous souffrez actuellement et sur votre vie sexuelle.
- Évaluation: vos symptômes seront déterminés et évalués à l’aide du score IPSS. Les questions du questionnaire «International Prostate Symptom Score» seront remplies plusieurs fois et à différents moments. Sur la base de cette comparaison, le médecin pourra tirer des conclusions sur l’évolution de la maladie ou le succès du traitement.
- Examen sanguin: l’antigène spécifique à la prostate (PSA) peut être déterminé à l’aide d’une prise de sang et fournir des informations sur une éventuelle inflammation de la prostate, un cancer ou une hypertrophie bénigne de la prostate. Le dépistage à l’aide du taux de PSA est toutefois controversé. Renseignez-vous auprès de votre médecin.
- Toucher rectal: lors du toucher rectal, le médecin se concentre principalement sur l’abdomen et les organes sexuels afin de vérifier le bon fonctionnement des nerfs de la partie inférieure du corps. Cet examen permet d’évaluer la taille, la forme, la consistance et la sensibilité de la prostate.
- Échographie: afin d’exclure un reflux urinaire vers l’uretère ou les reins, le médecin effectue une échographie de votre paroi abdominale. Il explore la présence éventuelle de kystes, calculs ou tumeur dans le tissu vésical ou autour de la vessie. La prostate, quant à elle, peut être examinée à l’aide d’un appareil d’échographie spécifique. Il est introduit au niveau des intestins (rectum). Il permet d’identifier les modifications du tissu prostatique.
Conseil de prévention
Une envie accrue d’uriner ne doit pas obligatoirement être due à une HBP. Le stress, la consommation excessive de liquides, la consommation d’alcool ou de café peuvent aussi se ressentir sur la vessie. En outre, vous pouvez agir sur votre prostate par quelques conseils et un mode de vie sain:
- Alimentation: les noix, les fruits à coque ou les huiles végétales non saturées comme l’huile de lin ou l’huile d’olive sont bons pour la santé. Évitez les aliments gras ou une alimentation trop riche.
- Exercice physique: randonnée, natation ou yoga: le sport est bon pour la santé. Cela ne vaut pas seulement pour le cœur, c’est aussi bon pour la prostate.
- Boire: il est recommandé de boire au moins 2 litres par jour. Cela favorise le rinçage de la vessie et des reins et évite la formation de calculs.
- Vitamines: «une pomme chaque matin éloigne le médecin», dit l’adage Les vitamines sont essentielles pour l’organisme et aussi pour la prostate. En particulier, les antioxydants protecteurs comme la vitamine C, que l’on trouve dans les agrumes, et la vitamine E présente dans les noix et les graines de tournesol, qui aident la prostate à rester en bonne santé.