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Le vainqueur n'était donc pas un pilote samedi, mais un programme informatique codé par une équipe de l'université technique de Munich (TUM). Sur la vitesse moyenne de deux tours lancés, cette équipe allemande s'est adjugée le million de dollars promis aux vainqueurs de cette première course de voitures autonomes.
Cette moyenne de 218 km/h, "ce n'est pas si loin de ce que font les pilotes humains" sur une Dallara IL-15, la monoplace utilisée par toutes les équipes samedi, explique Alexander Wischnewski, membre de l'équipe lauréate.
Lors des qualifications de la seule épreuve disputée sur circuit ovale similaire à celui d'Indianapolis, dans le cadre du championnat Indy Lights avec des vrais pilotes sur la même Dallara IL-15, la pole position a été décrochée à 255 km/h. Compte tenu de la météo fraîche et humide, sans temps de chauffage crucial pour les pneus, "je suis vraiment fier de ce qu'on a montré aujourd'hui", se félicite Alexander Wischnewski.
Erreurs humaines et pannes techniques
Cependant, c'est une autre monoplace qui aurait dû l'emporter si l'un des élèves ingénieurs de l'équipe EuroRacing ne s'était pas trompé en codant le logiciel de course.
Programmé pour cinq tours au lieu de six, le véhicule a décéléré d'un coup après avoir bouclé le tour le plus rapide de la journée, à 223 km/h. La moyenne des deux derniers tours, seule prise en compte, a donc chuté, condamnant l'équipe italo-suisso-polonaise.
Le trophée aura également échappé de peu à la troisième équipe européenne du plateau, PoliMOVE, auteure de la meilleure vitesse de pointe mesurée à 250 km/h. Mais leur voiture a fini le long du rail de sécurité après une double panne de GPS. Or, si ces voitures sans pilotes s'appuient sur des systèmes de capteurs, de caméras embarquées et un radar, aucun déplacement maîtrisé n'est possible sans GPS, au point que certains véhicules en embarquaient deux.
La Dallara IL-15 coûte 230'000 dollars, mais avec la technologie embarquée, les organisateurs estiment que chaque véhicule engagé vaut un million de dollars. Les capteurs fournis par le spécialiste Luminar peuvent, par exemple, décrypter une surface d'un cm2 à 250 mètres de distance.
afp/jop
Dépassements sans pilotes
Les neuf équipes universitaires en compétition se préparaient depuis deux ans à une course classique, avec l'ensemble des voitures sur la piste. Mais au dernier moment, les organisateurs ont décidé de faire passer les monoplaces les unes après les autres lors d'un contre-la-montre, avec mission de réaliser le meilleur chrono lancé sur deux tours.
Pourtant, il y a quelques jours sur un autre circuit, les voitures de TUM, PoliMOVE et EuroRacing ont bien couru ensemble, et il y a eu des dépassements sans intervention humaine. Désormais, rendez-vous est déjà pris pour janvier au CES, le grand salon annuel de la technologie à Las Vegas, lors duquel une vraie course devrait être organisée, avec les mêmes voitures, même si rien n'est encore officiel.
Toute l'industrie des véhicules autonomes suit avec intérêt ce projet, au point que 120 millions de dollars ont été investis dans l'IAC sous diverses formes.