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Présentation
De Troistorrents d'où il est originaire et où il a passé son enfance, Maurice Défago a fait un apprentissage de droguiste et de photographe. Après avoir travaillé dans son métier dans plusieurs localités de Suisse romande, il a exploité un commerce de droguerie et photographie dans son village natal durant 37 ans. Paralèlement, il a participé activement à plusieurs sociétés de la région, soit fanfare, orchestre, groupes folkloriques et choeur. Il en a également dirigé quelques unes. Il a aussi composé près de cent pièces de musique dans plusieurs genres différents.
En 1958, il participa au concours des patoisants de la Radio Suisse Romande et remporta un premier prix exaequo avec le chanoine Michelet avec une pièce de théâtre en patois en trois actes.
Une fois à la retraite, il se mit à creuser le passé de sa région, puis conscient de la nécessit de conserver ce patrimoine, il groupa quelques-uns de ces écrits en livre qu'il intitula: ".... faut que je te raconte"... édité par les éditions à la Carte à Sierre.
... Faut que je te racontre.... Troistorrents du cop à l'âne" (extrait)
Une journée d'hiver (p. 60)
Je suis sur le balcon du Café de la Thiésa d'où je peux contempler toute la vallée entièrement recouverte de neige. A mes pieds, devant la porte du café, passe la route conduisant de Troistorrents à Morgins. Elle était uniformément blanche et lisse, ce qu'on appelait, une bonne méne, c'est-à-dire qu'une couche de neige bien tassée la recouvrait, ce qui rendait possible d'utiliser la route pour faire de la lugette d'agrément et surtout pour descendre le bois, le foin ou toutes autre marchandise sur de grandes luges en bois.
A chaque minute on voyait descendre ces luges conduites par un homme assis à l'avant, la tenant par "les cornes", les jambes tendues en avant pour guider la trajectoire. Derrière lui, son chargement consistant en un tas de bois bien arrimé ou des fagots de foin faisant un volume de trois à quatre mètres carrés.
Les jours de bonne mène, on pouvait voir en descendre pas loin d'une centaine.
Puis, portant leur luge sur les épaules, ils remontaient lentement par les chemins et parfois s'arrêtaient au café pour se reposer et partager un verre avec un copain et fumer une pipe avant de reprendre leur montée pour un deuxième voyage.
Il est évident qu'à cette époque on ne raclait surtout pas la neige jusqu'au sol, mais au contraire que superficiellement et il n'était pas question d'y mettre du sel, c'eut été la rendre inutilisable.
Tandis que sur ce versant de la vallée se déroulait cet incessant carrousel, sur l'autre versant du côté de Chenarlier, on débardait les billons de sapin par des châbles. Avec une très forte déclivité sur un sol recouvert de neige gelée, c'était un travail très dangereux. Aussi avant de lancer ces billons dans la pente, on avertissait deux d'en bas en criant goora.
"Faut que je te caconte" de Maurice Défago, Editions à la Carte, 2013
Cet ouvrage est illustré de nombreuses photos couleur et noir et blanc faites par l'auteur.