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Des scientifiques cherchent à en savoir plus sur la météorite tombée le 15 février dans la région de Tcheliabinsk en Russie, au sud de la Sibérie, à plus de 1’500 km à l’est de Moscou. Pour mémoire elle a fait plus de 1’000 blessés, principalement par coupures dues aux éclats de verre, et a détruit non seulement des vitres mais aussi des portes et une ancienne usine.
Les destructions sont dues au souffle provoqué par l’entrée de la météorite dans l’atmosphère. En pénétrant dans les couches supérieures à la vitesse estimée de 17,5 kilomètres à la seconde (63’000 kilomètres/heures), le corps céleste de moins de 20 mètres d’épaisseur (environ 10’000 tonnes) a comprimé l’air devant lui.
Deux conséquences à cela: l’échauffement de l’air (30’000°), qui lui donne la brillance vue sur les vidéos, et les bangs des traversées multiples du mur du son. L’explosion et la chaleur ont dispersé 90% de sa matière et l’ont fragmentée en plus petits morceaux qui ont rapidement été freinés. On a trouvé dans la zone d’impact environ 300 fragments de moins de 1 cm et une cinquantaine de plus de 1 cm. Leur analyse a montré que la météorite est assez classique: une chondrite venue d’au-delà de l’orbite de Mars. Le plus gros morceau est tombé à faible vitesse dans le lac Tchebarkoul, où la glace a fondu de manière circulaire. Il n’a pas encore été retrouvé.
L’angle de pénétration dans l’atmosphère était faible, environ 16°, ce qui a réduit les risques de destruction. Une chute verticale aurait en effet eu un impact au sol beaucoup plus intense et destructeur.
La grosseur estimée n’est pas anodine. La météorite de 40 mètres qui a explosé au-dessus de la Toungouska (plus à l’est en Sibérie) en 1908 avait détruit la forêt sur une surface de 2’000 km2, soit un diamètre d’environ 50 km. De quoi effacer une ville. Celle de Tcheliabinsk figure déjà parmi celles qui marquent l’histoire humaine. Son éclat fut si intense (40 fois plus brillant que le soleil) qu’il fallut à un moment que les observateurs protègent leurs yeux.
Le magazine Ciel & Espace d’avril propose un dossier d’où les présentes informations sont extraites, avec une très belle infographie du phénomène étape par étape, des photos et des témoignages captivants.
Précisons encore qu’outre les nombreuses vidéos prises du sol par les webcam sur les voitures, un cliché du satellite Météosat 9 en donne la seule image «vue d’en haut».