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pour violoncelle et ensemble a été écrit suite à une commande de Alfonso Frattegiani et de Ulrike Brand, le dédicataire étant Siegfried Palm, un grand interprète avec lequel j’ai très souvent travaillé. PRANAM III a été créé le 7 juin 1992 à Pérouse à la „Sala dei Notari“ dans le cadre des „Quaderni Perugini di Musica Contemporeanea“. L’idée de la commande est née à la suite d’échanges de visions entre Siegfried Palm, Pieve Caina et moi-même.
La pièce Pranam II de Giacinto Scelsi était à la base de toutes les délibérations. Il s’agissait de composer une oeuvre en relation avec la page „fétiche“ de Scelsi. Nous avons donc repris la nomenclature en échangeant l’orgue électrique contre le violoncelle solo. C’est lors du travail sur ce projet qui se fonde sur les deux notes centrales do-dièse et mi-bémol que j’ai réalisé que l’idée de Scelsi de baser ses pièces sur une seule note (ou deux en l’occurence) ouvrait un univers sonore illimité.
L’utilisation des deux notes-pivot que l’on retrouve absolument partout dans la partition crée une „dépendance musicale“ d’une intensité extrème. Alors que le travail sur des motifs ou des agrégats sonores facilement reconnaissables porte le danger de la répétition lassante „en overdose“, le retour des deux mêmes notes centrales est perçue neurophysiologiquement comme une libération, une ouverture, un paysage musical bien connu et, par là, un point de chute tranquilisant, capable de donner l’élan nécessaire au développement de l’oeuvre si elle est „dynamisée“ par le compositeur.
J’ai donc, grâce à cette commande, trouvé pour moi un certain principe absolument fondamental de la composition musicale.
Scelsi n’est pas „par hasard“ un compositeur qui a relancé toute une géneration de compositeurs qui était en train de se figer autour de certains principes compositionnels imposés par des apôtres auto-élus de l’après-guerre.