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La première ministre britannique Theresa May ne voit pas d'alternative à l'accord qu'elle a négociée avec l'Union européenne (UE) sur le Brexit mercredi, rapporte dimanche le Sun. "Il n'y a pas d'autre accord sur la table", prévient-elle.
"Il n'y a pas d'approche différente sur laquelle nous pourrions nous entendre avec l'UE". "Si les députés rejettent l'accord, nous reviendrons simplement au point de départ. Cela signifie plus de divisions, plus d'incertitude et un échec sur la réponse à apporter au vote des Britanniques", ajoute-t-elle.
L'accord sur le Brexit négocié par Theresa May a provoqué jeudi une crise politique à Londres. Plusieurs ministres, dont le ministre chargé du Brexit Dominic Raab, ont démissionné. Des députés conservateurs eurosceptiques ont par ailleurs déclenché une procédure en vue d'un vote de défiance.
Johnson et Davis en embuscade
Plus de 20 députés conservateurs ont déjà appelé au vote d'une motion de censure contre Theresa May. Il en faut 48 pour qu'un tel scrutin soit organisé. Mme May serait renversée si 158 députés conservateurs, sur 315, votaient la censure.
Plusieurs journaux britanniques ont rapporté samedi que les ministres Michael Gove (environnement), Liam Fox (commerce international), Chris Grayling (transports), Penny Mordaunt (développement international) et Andrea Leadsom (relations avec la chambre des communes) tentaient de faire pression sur Theresa May pour qu'elle modifie l'accord.
Penny Mordaunt, Dominic Raab et cinq autres figures du parti conservateur - dont l'ancien secrétaire du Foreign Office Boris Johnson et l'ancien ministre du Brexit David Davis - "préparent activement" une éventuelle campagne pour prendre le poste de premier ministre, indique le Sunday Times. Toujours selon le Sunday Times, citant une source anonyme au sein de l'armée britannique, des contingents sont prêts à être déployer pour maintenir l'ordre public au cas où il n'y aurait "pas d'accord" sur le Brexit.
De retour à Bruxelles cette semaine
En attendant, la première ministre britannique a indiqué dimanche qu'elle retournerait discuter à Bruxelles cette semaine. Après une "semaine difficile" de son propre aveu, Mme May a déclaré que les sept prochains jours allaient être "cruciaux". "Il y a en effet plus de négociations en cours et rien n'est convenu tant que tout n'est pas convenu", a-t-elle déclaré dans une interview à la chaîne de télévision Sky news.
La cheffe du gouvernement va retourner à Bruxelles pour discuter de la "relation future" entre le Royaume-Uni et l'Union européenne. Elle a indiqué qu'elle rencontrerait le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker.
De son côté, le chef du Labour, principal parti d'opposition, Jeremy Corbyn a prévenu dimanche que son parti ne voterait pas pour le texte qui doit être présenté au parlement britannique en décembre. Il a enjoint Theresa May de "retourner à Bruxelles" et de renégocier pour obtenir "un arrangement douanier permanent avec l'Union européenne" et une "garantie sur les droits".
Il a aussi estimé qu'un second référendum sur le Brexit, une idée qui a gagné du terrain ces derniers mois, est "une option pour l'avenir mais pas pour aujourd'hui". Mme May l'exclut catégoriquement.