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Architecture et Urbanisme, 1910 – 1950
19 mai – 9 juin 1993
Exposition réalisée par la Galerie de Zlin, Tchécoslovaquie
LA COLONIE BATA A MOEHLIN
Exposition réalisée par le Musée d’Architecture de Bâle
Le Sozialdemokrat, organe du parti social-démocrate allemand de Tchécoslovaquie, notait en janvier 1928 que l’homme le plus connu de Tchécoslovaquie n’était ni le Président Masaryk, ni le bon sldat Svejk,mais le plus énergique des patrons, Tomas Bat’a.
L’épopée du roi de la chaussure prend pour théâtre la petite ville morave de Zlin dans laquelle Tomas Bat’a fonde avec son frère en 1894 une fabrique de pantoufles. Un séjour d’une année à Lynn dans le Massaxchussets l’avait familiarisé avec la mécanisation de la production et il n’eut de cesse de l’introduire dans la fabrique familiale. Au lieu de poursuivre la fabrication de chaussures traditionnelles lourdes et conçues pour durer, il opta pour la fabrication de chaussures légères, en toile et cuir, le meilleur marché possible.
Pendant la première guerre mondiale, par le biais d’un contrat avec l’armée impériale. il parvint à empêcher la mobilisation de ses ouvriers et, avec le secours de prisonniers de guerre traités assez rudement, il poussa sa production jusqu’à 10’000 paires de chaussures par jour avec 4’000 ouvriers.
L’année 1922, la réévaluation soudaine de la couronne tchèque contraint Bat’a à diminuer de moitié le prix de ses chaussures et à réduite à 1200 le nombre de ses ouvriers. Commença alors l’organisation de ce qui deviendra le système Bat’a basé sur la motivation individuelle, le travail à la chaîne, la création d’unités de production indépendantes. Un système de rémunération intéressant l’ouvrier aux gains de l’entreprise (et à ses pertes), une épargne forcée (une partie du salaire était différée sur un livret d’épargne sur lequel Bat’a payait un intérêt de 10%) redonnèrent des bases financières saines à l’entreprise. A la fin des années 30, la production journalière atteignait presque 200’000 unités et Bat’a commença à ouvrir des filiales à l’étranger.
Ce développement rapide de l’entreprise nécessita à Zlin et dans les villes où s’ouvrirent des filiales une planification réfléchie de l’architecture et de l’urbanisme.
Fasciné par la technique et sans cesse à la recherche de moyens pour abaisser les coûts de production, le patron Bat’a ne pouvait rester insensible au discours de l’architecture moderne qui lui promettait des normes de standard contemporaiin, rationalisation. économies et rigueur.
La première fabrique construite en 1906 met en oeuvre un système constructif mixte avec ossature en béton armé et remplissage de briques. Bat’a travaille avec l’architecte J. Kotèra dès 1911 puis en 1923 avec F. Gahura qui projettera les usines Bat’a sous l’application « L’usine dans le jardin », projets qui répondaient aux principes de Tomas Bat’a selon lesquels « ses employés devaient travailler en commun et habiter individuellement.
Le développement rapide de la ville et des usines conduit à la construction d’écoles, d’instituts sociaux, d’un hôpital et d’autres institutions qui portèrent tous le style Bat’a : un squelette de béton armé sur un module de 6,15m avec colonnes rondes et remplissage de briques, style qui marche l’architecture Bat’a d’un caractère universel et uniforme jusqu’aux années 50.
Dans les années 30, Bat’a ouvrit une colonie à Möhlin dans la partie nord-ouest de la Suisse où les possibilités de transport fluviales et aériennes l’attirèrent. Une partie de l’exposition réalisée par le Musée d’Architecture de Bâle est consacrée à l’implantatin de cette cité ouvrière tout à fait significative.