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"Le Ciel de Nantes" débute en 1943 et se termine au début des années 2000. Ce spectacle met en scène l'histoire de la famille de Christophe Honoré du côté de sa mère.
Comme pour ses précédents spectacles "Nouveau Roman" (2012) ou "Les Idoles" (2018), le réalisateur et scénariste français a eu recours à la méthode de "l'écriture de plateau" pour construire le texte de "Le Ciel de Nantes". Un mode de création qui s'appuie complètement sur l'improvisation théâtrale.
Un texte écrit à plusieurs mains
Partant de quelques indications et de bribes biographiques, parfois contradictoires, données par Christophe Honoré, sa mère Marie-Do et son jeune frère Julien, les actrices et acteurs se sont livrés à de longues séances d'improvisation. Des échanges scriptés, filtrés et réécrits par l'auteur avant de revenir dans la bouche de ses comédiennes et comédiens.
Cette façon de procéder pourrait désarçonner certains, mais pas Marlène Saldana et Stéphane Roger, qui interprètent respectivement Odette, la grand-mère, et le tonton Roger: "Stéphane et moi, on est rompu à l'exercice, notamment grâce au travail avec la Compagnie du Zerep, et donc on aime ça, ça nous amuse, ça nous intéresse", confie la comédienne à la RTS.
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L'histoire des un(e)s dans l'histoire des autres
L'économie d'une écriture a priori pourrait passer pour de la fainéantise de la part de l'auteur. Il n'en est rien. "Christophe a écrit pendant les deux mois et demi de répétitions. Moi, ça m'impressionne parce qu'on faisait des impros d'une ou deux heures qui partaient dans tous les sens. Il a fallu ordonner et réécrire. Mais trois jours plus tard, Christophe nous amenait une scène", révèle le comédien Stéphane Roger.
Cette façon de concevoir un texte implique un gros travail dramaturgique. Il permet surtout aux comédiennes et comédiens de trouver leurs mots et de faire affleurer leur propre histoire dans celle voulue par le dramaturge. Ainsi, Marlène Saldana reconnaît: "Moi, par exemple, je joue très clairement ma grand-mère. Parce qu'à un moment il faut aussi s'inspirer de choses qu'on connaît. Donc c'est l'histoire de Christophe et aussi un peu la mienne".
Pourtant, malgré cette approche originale, le résultat paraît assez familier, on "peut reconnaître d'autres figures de théâtre, de tragédie ou de Tchekhov. Finalement le schéma reste assez classique, c'est l'histoire qui ne l'est pas", conclut Marlène Saldana.
Propos recueillis par Pierre Philippe Cadert
Adaptation web: Sébastien Blanc
Christophe Honoré,, du 19 au 23 novembre 2021 à l'Opéra de Lausanne, dans le cadre de la saison du Théâtre Vidy-Lausanne.