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Le président égyptien Mohamed Morsi a réaffirmé jeudi que les pouvoirs élargis qu'il s'est attribués par décret étaient "temporaires" et qu'ils ne seraient plus valides après l'adoption de la Loi fondamentale, attendue dans les semaines à venir.
"C'est une étape exceptionnelle, nous sommes dans une phase de transition; et cette déclaration constitutionnelle est temporaire et va se terminer dès que le peuple approuve la nouvelle Constitution", a déclaré le président islamiste dans une interview à la Télévision officielle égyptienne.
Début du vote sur le projet de Constitution
La Commission constituante égyptienne est dominée par les Frères musulmans. [Mohammed Asad - Keystone]La Commission constituante égyptienne, dominée par les islamistes, a entamé jeudi le vote d'un projet de Loi fondamentale. En début de soirée, la moitié des 231 articles avait été adoptée. Une fois voté, le projet sera transmis au président Morsi, qui doit le soumettre à référendum sous deux semaines.
Ce vote d'un projet en panne depuis des semaines en raison de profondes divergences entre islamistes et non-islamistes, a été annoncé mercredi à la surprise générale, alors que le pays traverse une grave crise politique (voir encadré).
Référence à la charia maintenue
L'article 2 du projet de Constitution voté par la commission prévoit que les "principes de la charia" constituent la "principale source de la législation", une formulation assez consensuelle en Egypte, qui ne fait pas des préceptes au sens strict de la loi islamique la source unique de la loi.
Les fondamentalistes salafistes souhaitent rendre la référence à la charia plus contraignante. En revanche, de nombreux libéraux, de même que l'Eglise copte orthodoxe - qui représente 6% à 10% de la population - ont dit ne pas vouloir aller au delà de la formulation de l'ancienne Constitution.
Toutefois, d'autres dispositions qui restent encore à voter, très critiquées dans les milieux libéraux et chrétiens, pourraient permettre d'élargir les domaines d'application de la charia. La nouvelle Constitution est destinée à remplacer celle en vigueur sous Hosni Moubarak, qui avait été abrogée peu après sa chute en février 2011 sous la pression d'une révolte populaire.
afp/ptur
Fronde anti-Morsi
L'adoption rapide de la Constitution pourrait permettre à Mohamed Morsi de mettre rapidement derrière lui ce dossier épineux, mais pourrait aussi provoquer un regain de colère de la part de ses opposants.
Les anti-Morsi qui occupent la place Tahrir au Caire depuis une semaine dénonçaient une procédure hâtive, qui aggrave les tensions.