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A fin avril deux chercheurs ont disparu sur la banquise arctique. Ils en étudiaient l’épaisseur. Sont-ils tombé dans un trou qu’ils ont eux-mêmes percé pour mesurer la couche de glace? Ont-ils fragilisé cette glace ou pris des risques excessifs? Est-ce une conséquence du réchauffement du climat, comme on le suggère désormais à chaque épisode météo sortant un peu des normes?
Extension hivernale minimale
Le 28 avril les deux chercheurs laissaient un message radio, indiquant qu’ils skiaient en sous-vêtements afin de contrer la chaleur ambiante de - 0° ou -3°. Le lendemain, message de détresse, puis plus rien. Un corps a été retrouvé, l’identification est en cours.
Au Pôle Nord l’extension hivernale de la banquise arctique a été plus faible que la moyenne des années depuis 1979. Cette extension maximale est atteinte au mois de mars. L'image 1 (Source : NSIDC) montre en bleu clair le décrochage dans la courbe des glaces de mer. Un tel décrochage s’est déjà produit comme le montre au moins une autre courbe (2010-2011). Pourquoi ce décrochage alors que la courbe, bien que dans la basse moyenne, avait commencé normalement? Pour des raisons locales:
«La circulation atmosphérique explique en partie le faible niveau d’extension de la glace de mer observé cette année. En raison des circonvolutions des vents de haute altitude, la chaleur a pu faire une incursion en Arctique côté Pacifique, ce qui a limité l’extension de la glace dans les mers de Bering et d’Okhotsk. C’est cette configuration qui a aussi favorisé des conditions chaudes dans l’ouest des Etats-Unis et la sécheresse en Californie. Début mars, le côté atlantique a également connu des températures plus élevées que la normale, jusqu’à +8°C dans la région de la mer de Barents, située à l’est du Groenland.»
Chacun a pu remarquer que nous avons eu un hiver 2015 assez doux, comme en 2014. C’est valable pour une partie de l’Europe et pour la première moitié de l’hiver, la seconde étant plus proche des moyennes connues. Par contre une grande partie du Canada et des Etats-Unis a connu un hiver très froid, un des 20 plus froids au Québec.
Question de norme
La valeur de référence pour la banquise arctique est le niveau d’extension des glaces en 1979. Pourquoi avoir choisi 1979? Peut-être parce que les mesures sont plus fiables que par le passé grâce aux relevés satellitaires. Mais cela introduit un biais. En effet la décade 1970 est marquée par la fin d'un relatif rafraîchissement. L’image 2, de l’IPCC, montre l’évolution des températures de 1860 à 2000. Les températures du XIXe siècles sont encore influencées par le petit âge glaciaire.
On voit ensuite une premier réchauffement entre 1920 et 1945. Puis un rafraîchissement de plus de 30 ans (1945-1980). A cause de cette période fraîche 1979 est une des années récentes de plus forte extension des glaces de mer.
L’image 3 (NOAA, GISP2) présente les températures au centre du Groenland depuis 6’000 ans, obtenue en particulier par les carottages de glace les plus récents. On constate qu’elles furent globalement beaucoup plus élevées qu’aujourd’hui. Le climat était très différent puisque le Sahara était verdoyant et humide il y a encore 5’000 ans.
Ce type de relevé des températures du passé font dire à certains qu’en réalité, la Terre est trop froide - trop froide par rapport à la moyenne des derniers milliers d’années. Le réchauffement actuel entre donc, peut-être, dans une logique de rattrapage des températures normales, et non dans celle d’un emballement excessif. La norme pourrait être la température d'il y a 3'000 ans, ou 5'000 ans, ou 1'000 ans, autant que 1979.
Je laisse ouvertes les deux hypothèses. Je privilégie personnellement celle du rattrapage, pour plusieurs raisons. La première est l’image même de ce graphique sur 6’000 ans: notre époque juge sur 30 ans des variations qui ont été en fait bien plus grandes si l’on regarde dans une plus grande échelle de temps. 30 ans au niveau du climat, c’est très peu.
L’urgence climatique matraquée depuis des années n’en est peut-être pas une. Les membres du GIEC étant devenus les hérauts d’une doctrine unique et politique, sans plus de mise en doute ni de contre-épreuve comme devraient le faire les scientifiques, et sans plus de précaution de langage, je ne leur accorde pas le crédit intellectuel auquel ils prétendent.
La vérité selon Al Gore
Vous vous souvenez peut-être du film sur le climat présenté par Al Gore, ancien candidat à la Maison Blanche Une vérité qui dérange. Selon ses déclarations passées la banquise arctique devait disparaître totalement en 2013. Gore fait partie des trois récipiendaires qui ont nettement dévalué ce prix Nobel de la Paix tant le choix est politique et peu fondé: Malala, Obama et lui.
«En 2007, 2008 et 2009, Gore prévenait publiquement, très hystériquement, qu’« il n’y aurait plus de glace » au pôle Nord d’ici 2013 environ en raison du présumé « réchauffement climatique d’origine humaine ». En se référant aux experts du « climat », la BBC, financée par le gouvernement, attisa l’hystérie collective avec un article aujourd’hui embarrassant, dont le titre était : « Des étés arctiques sans glace ‘avant 2013′. » D’autres médias officiels relayèrent la même information. Eh bien, 2013 est sur sa fin, et à l’inverse des « prédictions » alarmantes d’Al Gore et de ce que les critiques ont appelé « la secte de la fin du monde », les dernières données satellite montrent qu’en Arctique, la glace a en fait augmenté de 50% par rapport aux niveaux de 2012. Et même, en octobre, les niveaux de glace se sont accrus à une vitesse telle que c’est la plus rapide qu’on ait enregistrée depuis les premiers relevés en 1979.»
Dans le même temps la glace augmente au Pôle Sud. Et la banquise arctique a commencé à s’étendre à nouveau depuis 2012.
Et El Niño a commencé, promettant quelques records de températures vers le haut pour cette année. Les gourous du malheur, les Calvin de l’écologie et les férus d’apocalypse vont encore se sentir des ailes. Même si cela fait 17 ans environ que les températures mondiales sont stationnaires (image 4).