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Les indépendantistes flamands, première force politique de la région néerlandophone de la Belgique, ont réclamé jeudi l'abolition des pouvoirs du roi. Le souverain, qui incarne l'un des derniers symboles de l'unité du royaume, vient de fustiger les dangers du "populisme".
Bart De Wever, le dirigeant de la Nouvelle alliance flamande (N-VA) - parti visé par ces propos selon la presse flamande - a lancé jeudi une attaque en règle contre ce discours et, plus généralement, contre les pouvoirs qu'exerce encore le roi en Belgique.
"Le souverain doit être au-dessus de la mêlée afin de représenter l'ensemble de la nation. Mais Albert II ne remplit pas correctement ce rôle. Il a choisi le chemin d'une royauté de division", a déclaré dans une tribune publiée par le quotidien flamand "De Standaard" l'homme politique le plus populaire de Flandre qui se définit comme un démocrate de centre droit.
Monarchie protocolaire
Albert II "me prend pour un fasciste. Après ce discours de Noël, je me demande dès lors s'il peut encore continuer à jouer son rôle", a-t-il ajouté sur une télévision néerlandophone. Enfonçant le clou, il a jugé qu'une "royauté politique est incompatible avec la démocratie".
Le dirigeant indépendantiste a dès lors prôné la mise en place d'une monarchie purement protocolaire, comme aux Pays-Bas, où le Parlement - et non le roi comme actuellement en Belgique - désigne le responsable chargé de constituer le gouvernement après les élections.
Pour lui, ce changement devrait intervenir dès le lendemain des législatives de 2014, pour lesquelles il est donné favori en Flandre. Le nouveau bourgmestre d'Anvers juge également "scandaleux" que le Premier ministre, le socialiste francophone Elio Di Rupo, ait donné son aval au discours royal.
Référence aux années 1930
Le chef des chrétiens-démocrates flamands a toutefois jugé "pas sage" la référence aux années 1930. Des responsables du gouvernement sont venus à la rescousse du roi, estimant "légitime" que le souverain mette en garde contre les dangers pour la démocratie.
ATS