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Parce qu’elles sont une surface rugueuse, les forêts filtrent de manière particulièrement efficace les composés azotés atmosphériques émis par l’industrie, les transports et l’agriculture. En moyenne, ce sont 20,4 kg d’azote par hectare qui se déposent chaque année dans les forêts du pays. Les charges critiques (critical loads) définies par l’UNECE (United Nations Economic Commission for Europe) sont dépassées dans environ 90 % des forêts.
Depuis le milieu des années 80, la Suisse a pu diminuer globalement ses émissions de polluants atmosphériques anthropiques grâce à des mesures de protection de l'air efficaces. Par contre, les émissions d'azote de l'agriculture ont nettement moins reculé et stagnent depuis 2000 à un niveau élevé.
En 2015, les apports d’azote en forêt ont atteint en moyenne 20,4 kg/ha, alors que les apports naturels de cet élément sont de 1 à 3 kg/ha. Les concentrations relevées variaient entre 2 et plus de 50 kg/ha. Les charges critiques (critical loads) sont ainsi dépassées, pour ce qui est des apports d’azote, sur environ 90 % de la surface forestière suisse.
Effets d'un excédent d'azote
L'accumulation d'azote dans le sol (eutrophisation) influence de nombreux processus. En forêt, cela s'observe en maints endroits par la croissance de plantes nitrophiles telles que les orties ou les ronces. Dans le sol, tout excès de composés azotés facilement disponibles cause l'acidification ainsi que le lessivage des cations basiques (calcium, magnésium et potassium). Des ions d'aluminium peuvent alors être libérés dans la solution de sol et endommager les racines des plantes.
Les effets de ces processus modifiés sont étudiés en détail. On constate des pertes de nutriments disponibles dans le sol, ce qui déséquilibre l'alimentation des arbres. Les conséquences peuvent aller d'une moins bonne résistance aux infestations parasitaires et une moins bonne tolérance à la sécheresse jusqu'à des problèmes de croissance.
Des efforts supplémentaires sont donc indispensables pour réduire à long terme les apports d'azote en forêt à un niveau tolérable.
Projet «Le chaulage expérimental»
Le chaulage a pour principal objectif de neutraliser les dépôts acidifiants de l’air occasionnés par les activités humaines et de restaurer la capacité tampon des sols. Ce projet vise à étudier l’effet du chaulage sur des sols forestiers acidifiés en profondeur et appauvris ainsi que sur la vitalité des arbres.
Il a pour objectif d’activer les cycles d’éléments naturels dans les sites forestiers particulièrement touchés par les apports acidifiants, d’améliorer les conditions de vie de la flore et de la faune et de soutenir les fonctions du sol. Les cycles des éléments nutritifs au sein de l’écosystème sont ainsi stimulés.
La chaux est un produit naturel provenant de formations rocheuses calcaires et concassé de manière à être réparti uniformément. Conformément à l’ordonnance sur le Livre des engrais, il s’agit d’un amendement.
Ce projet fait partie des travaux de mise en œuvre de la Politique forestière 2020 et du postulat déposé par le conseiller national Erich von Siebenthal qui portent sur l’amélioration de la fertilité des forêts fortement affectées par les apports anthropiques.
Le projet s’étend sur quatre années pour commencer (à partir de l’automne 2020)
Les surfaces expérimentales se trouvent à :
- Busswil bei Melchnau (BE) (forêt de sapins, altitude 620 m)
- Menzingen (ZG) (forêt d’épicéas, altitude 980 m)
- Bachs (ZH) (forêt de hêtres, altitude 600 m)
Informations détaillées sur le projet :
Le chaulage expérimental (PDF, 2 MB, 07.12.2020)Information à la population (dépliant)
Etudes et rapports
Verwitterungskarte für Waldböden (PDF, 2 MB, 30.09.2020)Im Auftrag des BAFU
Bodenversauerung in den Flächen des Interkantonalen Walddauerbeobachtungsprogramms (PDF, 1 MB, 18.05.2016)Sabine Braun, Walter Flückiger. 2012.
Deposition von Luftschadstoffen in der Schweiz: Entwicklung, aktueller Stand und Bewertung (PDF, 429 kB, 18.05.2016)Sabine Augustin, Beat Achermann. 2012.
Informations complémentaires
Dernière modification 07.12.2020