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Historique
94 années d'histoire
1910-1920
En 1910, les idoles du football existaient déjà. Pour Emile Murith, premier président d'un F.C. Bulle qui venait de sortir du cocon, celles-ci portaient le nom des Young Boys de Berne. Nulle surprise, en conséquence, à ce que le club adopte les couleurs "jaune et noir" de l'équipe bernoise. Ce que Emile Murith et ses administrés ignoraient par contre, c'est que, quelques soixante-dix années plus tard, le F.C. Bulle allait affronter ces mêmes Young Boys. Et pas dans le cadre d'une quelconque inauguration de terrain, mais bien en championnat suisse. Et, excusez du peu, au niveau de l'élite ! Certainement que les valeureux fondateurs du F.C. Bulle, qui avaient pour noms Emile Murith, Paul Desbiolles, Jacques Hohl, Jean-Louis Molinari, Jean Tarantola, Albert Blein, Alphonse Gippa, Albert Baeriswyl, Ernest Janet, Jacques Moret, André Crotti, Eugène Glasson, Max Kogger, Henri Murith et Fernand Poffet, même dans leurs rêves les plus fous, n'avaient jamais imaginé un tel événement. Et pourtant, celui-ci devint réalité. Même s'il n'est, dans les faits, qu'une péripétie des 75 ans d'existence d'un club à l'histoire bien fournie. Son entrée officielle dans le concert du football suisse, le F.C. Bulle la signa en 1912 quand, à Sienne, il fut admis au titre de membre de l'ASFA. Engagée dans le championnat de 4e ligue, l'équipe prit un bon départ en décrochant deux fois consécutivement le second rang. Ses aspirations l'attiraient toutefois vers une catégorie supérieure; mais, après quelques essais, infructueux il faut le préciser, la promotion devint réalité en 1934 seulement.
1920-1947: Le bail de Félix Remy
Entretemps, la vie du club a connu quelques moments forts. Ne serait-ce que par la création d'une seconde garniture en 1920 ou l'acquisition du terrain des Agges en 1922, terrain devenu fonctionnel grâce à une somme peu commune de travail bénévole, caractéristique que l'on retrouve par ailleurs dans toute l'histoire du F.C. Bulle. Le fait marquant de cette période initiale de la vie du football bullois restera néanmoins la nomination de Félix Remy à la présidence du club.
C'était en 1920 et le nouveau patron succédait alors à Marc Borel. Félix Remy allait conserver son poste jusqu'en 1948, soit durant 28 ans. Avec Jean-Baptiste Casati, Robert Vuichard et Henri Seydoux, trois personnalités dont nous reparlerons plus tard, il demeure dans l'esprit de beaucoup l'un des piliers de la société. Emile Murith, Albert Blein, Albert Baeriswyl, Oscar Gex, Henri Murith et Marc Borel furent ses prédécesseurs à la tête de l'organe faîtier du F.C. Bulle, mais aujourd'hui encore, Félix Remy reste celui qui a signé le plus long bail dans les fonctions présidentielles.
Un échelon plus haut
Sa place en troisième ligue, acquise donc en 1934, le F.C. Bulle allait la défendre avec persévérance, tout en lorgnant vers l'échelon supérieur. Le club, qui avait digéré ses maladies d'enfance, devenait un ensemble bien structuré, fier du titre de champion cantonal de série A remporté par Bulle II en 1939, année qui coïncidait, d'autre part, avec la fondation d'une section de juniors.
Ce fut alors une grande époque pour les jeunes. Soutenus d'une manière quasi-paternelle par Jean-Baptiste Casati, couvés par les bons soins de l'épouse de ce dernier, les jeunes Bullois allaient former une phalange redoutée. Personne ne fut dès lors étonné quand, ces mêmes jeunes, promus en première équipe, signaient une belle page de la vie sportive bulloise en obtenant l'ascension en deuxième ligue. On était alors en 1943, en plein conflit mondial. Bulle avait, à ce moment-là, plus d'un atout dans son jeu, notamment le colonel Peyraud, commandant de place et en même temps chef technique du club. Inutile de préciser que les footballeurs - Robert Pipoz ne peut s'empêcher de sourire lorsqu'il évoque ce souvenir - avaient singulièrement plus de facilités à obtenir des congés...
Bref, 1943 fut un bon millésime. Colombier - qui dut attendre 39 ans pour prendre une cruelle revanche - s'inclinait au cours d'une "belle" disputée à Fribourg. Les honneurs de la promotion en deuxième ligue étaient bullois, Jean Genilloud, auteur du seul but de la partie, ayant eu raison avec ses copains Alfred Piolet, Ernest Cottier, Camille Rime, Félix Aeby, Mario Tomasini, Louis Pipoz, Georges Vuichard, Robert Pipoz, René Cottier, Roger Dubois, Eugène Boschung et Arthur Gaillard, de la résistance des Neuchâtelois.
1948-1955: Le déménagement en Bouleyres
Mis en chantier en 1947, le terrain de Bouleyres deviendra opérationnel en 1949. Eugène Boschung tenait alors depuis une année les rênes d'un club qui traversait alors une période quelque peu difficile. Les résultats sportifs étaient pourtant inversement proportionnels aux problèmes administratifs de l'époque. Bien entraîné par Georges Ruegg, le F.C. Bulle bouclait alors le championnat 1949 - 1950 sans avoir connu la défaite, mais échouait dans les finales de promotion contre Martigny et Forward Morges.
La consolation de cet échec s'appela Jean-Baptiste Casati, lequel, au terme de cette saison, recevait au milieu de ses amis l'insigne d'or de l'Association suisse de football, récompense qui un peu plus tard allait également échoir à Robert Vuichard et à Henri Seydoux. Sur son nouveau terrain, Bulle devait connaître par la suite des hauts et des bas. Plus de bas, pour être franc. Les entraîneurs se succédaient, ils s'appelaient Pipoz, Rossier, Neuhaus, Georges et Marcel Grandjean, Faessler ou Perroulaz. Mais, malgré leurs efforts et leur dévouement, la première équipe connaissait des fins de saison souvent pénibles, la relégation étant parfois évitée d'extrême justesse.
Deux coups d'éclat illustrèrent pourtant cette période grisâtre. Le match contre Malley, dans le cadre de la coupe de Suisse 1951, restera le souvenir de la première rencontre officielle entre les Bullois et un club de ligue nationale. La visite des Toscans de la Fiorentina, qui avaient choisi Bulle pour leur camp d'entraînement, demeure également un fait marquant. Les Italiens, grâce à deux matches joués en Gruyère, avaient contribué à améliorer un équilibre financier qui, à l'époque, tanguait dangereusement.
1956-1960 : Les juniors donnent le ton
Le découragement est pourtant un substantif inconnu des Bullois. Et c'est leur équipe de juniors qui allait donner le ton en enlevant le titre de champion cantonal en 1958, obtenant de surcroît une promotion en catégorie interrégionale au terme d'une finale gagnée contre Saint-Imier. " Ces garçons, je les aimais comme les miens ", nous confiait le coach d'alors Roger Zaugg. Et ceux-ci ont su rendre cette affection à celui qui était leur mentor. Ne se retrouvèrent-ils pas tous chez ce même Roger Zaugg, aussi ému que surpris, à l'occasion de son septantième anniversaire? Bel exemple de reconnaissance qui n'a pas laissé insensible l'entraîneur de cette formation !
Les juniors bullois, présidés par Louis Lanthmann, allaient connaître une carrière limitée au niveau des " Inters ".
Un an plus tard, leur relégation était consommée au terme d'un match contre Cantonal. A 30 secondes de la fin de cette partie, le résultat nul offrait encore une possibilité de maintien. C'est alors qu'un joueur, en voulant dégager son camp, envoya la balle contre l'arbitre. Pendant que le Bullois " oubliait " le match et présentait ses excuses au directeur de jeu, le cuir rebondissait dans les buts. C'était 2 à 1 pour les Neuchâtelois et la culbute pour les Gruériens I L'auteur de ce tir malheureux ? On vous le donne en mille : Jacques Gobet, dont on reparlera bientôt, dans des circonstances plus heureuses. Le club était alors dirigé par celui qui peut aussi se targuer d'un titre de patriarche : Henri Seydoux, arrivé à son poste en 1956. Entouré de Roger Zaugg, Roger Dubuis, Robert Menoud, Robert Vuichard, Paul Mivelaz, Gilbert Crausaz et Bino Pipoz, pour ne citer qu'eux, Henri Seydoux fut l'homme de la restructuration. Sous sa conduite, le F.C. Bulle refit surface financièrement parlant, les bases redevenaient saines pour viser plus haut et fêter dignement en 1960 le demi-siècle d'existence.
Bien assis sur des fondations à nouveau solides, le F.C. Bulle pouvait regarder de l'avant. Surtout que, sur le plan du football également, la société redevenait compétitive. L'arrivée de l'industrie mécanique en Gruyère, plus particulièrement de la Fabrique de roulements a billes, avait favorisé la venue de quelques joueurs de talent. Et c'est dans ces années-là que l'on retrouvait dans l'équipe huit ou neuf joueurs, employés de ladite fabrique, qui sur le terrain côtoyait leur directeur technique Seppi Egger, seul Ginginois (étranger) et faisant encore partie du comité d'organisation et organisant chaque année une rencontre des vétérans.
Le 50e anniversaire
Si, en 1935, ils s'étaient retrouvés une septantaine de sympathisants à l'Hôtel du Tonnelier pour la soirée-choucroute du 25e anniversaire, les réjouissances du 50e réunirent bien plus de membres et se déroulèrent sur deux jours. Le souvenir de Félix Remy, décédé deux ans plus tôt, fut évidemment évoqué. Celui qui fut un grand président du F.C. Bulle précéda de quatre ans dans la tombe Jean-Baptiste Casati qui, à l'occasion du demi-siècle du club, fêta ses 50 ans d'activité à la cause du football.
Placé sous la direction de Louis Pipoz, conseiller communal, le comité d'organisation avait prévu une journée officielle pour le samedi 13 août 1960. Le lendemain, le F.C. Bulle héritait d'un nouveau drapeau et inaugurait son équipement rouge et blanc, aux couleurs de la ville, couleurs qui, par la suite, allaient faire le tour de la Suisse. Son apothéose sportive, le 50e anniversaire la trouva dans le match de gala qui opposa Lausanne-Sports au F.C. Fribourg. A cette époque, le public avait les yeux de Chimène pour les vedettes lausannoises (Armbruster, Grobéty, Hertig, pour ne citer qu'elles) et ces dernières ne trahirent pas la confiance des organisateurs. Elles assurèrent un bon spectacle et Fribourg se retrouva logiquement éconduit sur le score de 3 à 1. Un vent nouveau soufflait dans les rangs de la première équipe. L'horizon devenait plus clair et les années qui suivirent contrastèrent avec le relatif brouillard des championnats précédents.
Ça bouge chez les vétérans
La section des vétérans bullois ne demeura pas en reste durant cette période. Chez les "jeunes-vieux", ça bougeait aussi. Robert Pipoz menait d'une main de maître cette section fondée en 1952 et qui trouvait chez les deux Roger (Dubuis et Dubois) des hommes décidés à ce que l'ensemble fonctionne comme sur... des roulements. (Joseph Egger, qui prit une part active à l'essor de ce groupement, nous pardonnera cette comparaison un peu osée !). Bref, on ne s'ennuyait pas chez les vétérans qui savaient allier résultats et joie de vivre. Ceux-ci se souviennent toujours de la sensationnelle performance réussie à Lausanne, où il ne leur manqua que quinze secondes pour enlever la Coupe de Suisse, ou encore des tournois et des sorties à l'étranger. Sur le plan de l'organisation aussi, ils savaient se montrer énergiques. Le tournoi international de Bulle était une tradition qui réjouissait un nombre de spectateurs souvent supérieur au millier dans l'enceinte de Bouleyres. Le Racing Paris, les Allemands de Ulm, ainsi que Servette, Fribourg, Sienne et Lausanne luttaient aux côtés du club organisateur, lequel, grâce à son excellent niveau de jeu, tint la gageure de s'approprier une fois le trophée du vainqueur. L'équipe des années soixante, à qui échut encore l'honneur d'affronter les terribles Grasshoppers au Hardturm pour la Coupe de Suisse, était difficile à battre. Un peu à l'image des vétérans actuels qui ont su s'inspirer de cette formation tout d'abord engagée en championnat dans le groupe vaudois, avant de rejoindre l'Association fribourgeoise, lorsque celle-ci ouvrit ses portes aux aînés.
1960-1971 : De Kurt Stern à ... Kurt Stern
De 1960 à 1971, le F.C. Bulle " batailla " sous la conduite de quatre entraîneurs. Premier de la liste, Kurt Stern, le plus Gruérien des Thounois, mena son équipe au titre de champion de groupe (1961) mais échoua contre Breitenbach en finale. Cette saison fut néanmoins marquée d'une pierre blanche, puisque Bulle II obtenait ses galons de troisième ligue grâce à une victoire sur Promasens. Les années suivantes virent le F.C. Bulle disputer un championnat sans soucis, tout en tenant un rôle d'arbitre non négligeable. C'est aussi à ce moment que l'équipe prit congé de deux joueurs qui avaient marqué leur passage de manière spectaculaire, à savoir Bernard Ruffieux et Francis Coquoz.
A l'assemblée générale de 1963, Henri Seydoux, après 45 années d'activité au club, remettait son bâton de président à Charly Grandjean. Henri Seydoux a bien mérité de la société qui lui témoigna sa gratitude par une chaleureuse ovation en le nommant président d'honneur. La caisse étant renflouée, Charly Grandjean allait doter le F.C. Bulle d'une nouvelle forme de management, posant en quelque sorte les bases de l'organigramme actuel, s'entourant de Robert Vuichard, Paul Mivelaz, Gilbert Crausaz, Georges Thalmann et Fernand Buffat, entre autres. C'est au cours de cette même assemblée que fut présenté à l'assistance un nouvel entraîneur, en la personne d'Antoine Marbacher. Avec lui, l'équipe sera toujours dans le coup jusqu'à la fin du championnat. Mais Central en 1964, puis Fétigny en 1965, se révélèrent finalement les bourreaux d'une équipe régulièrement installée aux places d'honneur.
Figure légendaire du F.C. Fribourg, Lucien Raetzo occupera les fonctions d'entraîneur à partir de 1965. Invaincu en championnat, Bulle terminait sa première année sous la houlette de Raetzo avec 10 points d'avance, mais se cassait les dents en finale d'ascension contre International Genève et Assens. Une saine politique au niveau des juniors commençait à porter ses fruits. Le plus illustre de cette nouvelle génération de talents fut Jean-Claude Bruttin, lequel, ayant connu la "poisse" du marqueur contre International Genève, quittait alors Bulle pour Sion. Un premier tour décevant influençait les résultats de la saison suivante, au terme de laquelle Mario Tomasini se retrouvait nanti des responsabilités présidentielles. C'est aussi à ce moment-là que les Bullois accueillirent dans leurs rangs celui qui allait faire trembler les filets de toute la Suisse romande: Michel Oberson. Le haut fait de cette décennie se situe pourtant au cours de l'exercice 1968-1969. Michel Oberson faisait alors valoir ses dons de canonnier et Roger Piccand, un autre junior talentueux, montrait le bout de l'oreille. A l'instar de Jean-Claude Bruttin et Marc Berset, il allait lui aussi signer par la suite un joli parcours en Ligue nationale A. Le grand moment fut donc le rendez-vous de Coupe suisse contre La Chaux-de-Fonds, club de l'élite du football suisse au sein duquel militaient Léo Eichmann, Tony Allemann, Jean-Claude Richard et le professionnel allemand Wulff. Sans complexe, les Bullois secouaient leurs hôtes, ouvraient le score par Oberson, égalisaient à 2 à 2 peu avant la mi-temps par Piccand, avant de succomber, non sans bravoure, sur la marque de 4 à 2. Le championnat ne répondit pas aux espoirs nés de ce match un peu fou, mais les vétérans et les juniors obtinrent de magnifiques résultats, relevés au cours d'une assemblée générale qui fêta Paul Privet pour ses 30 ans d'arbitrage et Robert Vuichard qui bouclait sa 42e année au service de la cause bulloise.
Après 12 ans passés au F.C. Bulle en qualité de joueur et d'entraîneur, Kurt Stern quittera son poste au terme de l'exercice 1971. Il avait renoué avec la fonction d'entraîneur lors du départ de Lucien Raetzo en 1968; sa disponibilité à l'égard du F.C. Bulle reste un brillant souvenir. On ne peut passer sous silence les événements qui précédèrent l'assemblée générale de 1970. Pressé par Robert Pipoz d'accepter la présidence, Jacques Gobet voulut tout d'abord se former sur le tas. Et c'est ainsi que, pour un an, il devint le bras droit de Charly Grandjean, encore une fois nanti du titre de patron.
1971-1985 : L'arrivée d'un fameux tandem
Le vendredi 11 juin est une date que les Bullois se doivent de ne pas oublier.
C'est en effet lors de ces assises annuelles qu'apparut le fameux tandem qui allait propulser l'équipe-fanion vers les sommets. Elu à la présidence de la société, Jacques Gobet présentait à ses administrés un nouvel entraîneur, un "Bolze" qui avait fait ses classes au F.C. Fribourg, avant de tenter sa chance aux Young Boys : Jean-Claude Waeber.
Les deux hommes ignoraient encore qu'ils allaient écrire les plus belles pages de la vie du club ; pourtant, dès le début du championnat, le ton était déjà donné. Grâce à un but de Jean-Claude Jungo inscrit contre Courtepin, le jour même où Jo Siffert trouvait la mort à Brands-Hatch, le F.C. Bulle s'emparait de la tête du classement et personne ne put l'en déloger. Les finales de promotion drainaient 3500 spectateurs dans l'enceinte de Bouleyres lors de la venue de Renens. La douche fut plutôt froide, les Vaudois s'imposant 3 à 0, anéantissant d'entrée de cause toutes les aspirations gruériennes.
"Ce n'est que partie remise" clamait Jacques Gobet lors de l'assemblée générale qui s'ensuivit, assemblée durant laquelle on évoqua pour la xème fois l'aménagement d'un second terrain.
Comme il avait raison !
La marche en avant
On ne sait trop si Jean-Claude Waeber et ses hommes étaient alors des "fans" de Michel Sardou, mais la fameuse " Marche en avant " du chanteur français aurait pu devenir l'hymne bullois. Le championnat de deuxième ligue 1972/1973 ne fut en effet qu'une simple formalité et cette fois, le coup était bien préparé. Les finales d'ascension en première ligue, le F.C. Bulle les domina de la tête et des épaules. Trente ans après avoir conquis une place en deuxième ligue, nos footballeurs gravissaient un nouvel échelon en balayant sur leur passage Assens, le représentant vaudois, et Saint-lmier, le champion neuchâtelois. L'euphorie qui régnait alors atténua la relégation des juniors de la catégorie interrégionale.
Mais ce n'était pas fini, loin de là. Emporté par un élan irrésistible, bien équilibré par une judicieuse campagne de transferts qui permit à Perret, Uldry et Demierre, entre autres, d'endosser l'uniforme de la première équipe, Bulle allait signer une entrée fracassante dans le concert de la première ligue. Tout lui réussissait et à l'automne, l'équipe totalisait un maximum de points après sept rencontres. L'engouement populaire était également sensationnel, au point que, face à Meyrin, les caisses submergées enregistrèrent plus de 4000 entrées payantes. Alors que le maintien était un peu plus tôt la seule ambition déclarée, la Ligue nationale B se profilait à l'horizon.
Engagé dans les finales d'ascension, Bulle échouait pourtant contre un coriace Brunnen, aidé quelque peu par un arbitrage douteux lors du match aller. L'exercice était néanmoins triomphal puisqu'il bouclait avec un bénéfice de 22'000 fr. et que le club se voyait doté non seulement de ce fameux second terrain, mais aussi de l'éclairage. Les autorités communales avaient tenu à saluer à leur manière les performances de leurs ambassadeurs aux quatre coins de la Romandie.
L'arrivée d'un pilier
Les promesses de ce championnat glorieux furent encore attisées par le transfert d'un homme qui allait parfaitement s'identifier à sa nouvelle équipe : Jean-François "Kinet" Cotting. Malheureusement, et curieusement aussi, la saison 1974 - 1975 laissa beaucoup de monde sur sa faim. L'équipe, après sa première période un peu folle, avait besoin de s'oxygéner. Les résultats s'en ressentirent immanquablement.
Cette époque donnera néanmoins quelques souvenirs à la postérité. C'est ainsi qu'elle fut marquée par le départ de la présidence des vétérans de Robert Pipoz, après seize années d'activité. Les juniors A enlevaient pour leur part le titre de champion de groupe et l'Ecole de football connaissait un dynamisme du meilleur aloi. C'est aussi à ce moment que Manuel Gonzalez, ce fier Espagnol qui avait rendu tant de services au football bullois, décida de s'en retourner dans son pays d'origine.
L'élan et le saut
Quelques noms qui font partie de l'histoire contemporaine du F.C. Bulle apparurent à l'aube de la saison 1975-1976. Tippelt, Bapst, Kvicinsky, pour ne citer qu'eux, avaient rejoint les cadres. Jean-Claude Waeber pouvait s'appuyer sur un effectif bien fourni. Coup de tonnerre pourtant! Le modeste Naters "shootait" des Bullois trop confiants hors de la Coupe de Suisse. Le coup était dur à digérer et une première mesure fut alors prise avec l'engagement d'un nouveau gardien de but, le géant Georges Favre.
Le championnat fut pourtant plus heureux, hormis le regrettable accident survenu à Michel Oberson, le tireur d'élite, qui après un come-back étonnant se retrouva cloué sur un lit d'hôpital, la jambe fracturée au terme d'un débat musclé avec le F.C. Berne. Le titre, Bulle se l'appropriait quand même mais échouait aux portes de la Ligue nationale B contre un F.C. Kriens qui pourtant ne lui était en rien supérieur.
L'élan toutefois fut bien pris, le saut réussit la saison suivante. En juin 1977 en effet, la Ville de Bulle connut une soirée digne des plus folles nuits d'un Carnaval ressorti de ses cendres, grâce aux initiatives des dirigeants locaux.
Malgré un départ de championnat boîteux qui avait nécessité le retour sur le terrain de Jean-Claude Waeber, Bulle avait su passer l'épaule au bon moment pour enlever le titre de champion de groupe. En finales, Koeniz et Berne faisaient connaissance avec la force de frappe des Gruériens à domicile et lors de l'ultime rendez-vous contre l'équipe du Neufeld, où militait un certain Hans-Otto Peters, les Bullois emballaient plus de 5000 personnes totalement acquises à leur cause, se battaient avec un courage incroyable et décrochaient enfin la timbale avec cette promotion tant souhaitée en Ligue nationale. Inutile de parler de l'ambiance qui régnait alors dans cette formidable équipe de copains!
Conscient du travail bien fait, Jean-Claude Waeber cédait la direction de l'équipe-fanion à Alphonse Edenhofer. Il fut fêté comme il se doit par un entourage qui témoigna également sa vive reconnaissance à Robert Vuichard (50 ans au club), Roger Dubuis (25 années d'activité diverses) et Robert Pipoz, l'homme qui avait convaincu Jacques Gobet de s'intéresser de près au F.C. Bulle, ces trois personnages ayant demandé à être libérés des charges qui alors étaient les leurs.
Le Mexique contre la poisse
Alphonse Edenhofer allait réussir à donner un style particulier au F.C. Bulle. La poisse qui lui a trop souvent collé à la peau l'empêcha pourtant de mener ses idées à bien. En Ligue nationale B, Bulle ne fit jamais mauvaise figure, tout comme en Coupe de Suisse, où il inquiéta même assez sérieusement les Grasshoppers sur le Hardturm. La culbute ne pouvait toutefois être évitée. Toutes les médecines, même celle consistant à engager un renfort étranger avec l'Islandais Gudgeir Leifson, furent inopérantes. Les Bullois, pas seulement parce qu'ils terminèrent leur pensum le verre de Champagne à la main, connurent pourtant des moments inoubliables dans ce maudit championnat. Tout d'abord le Mérite sportif fribourgeois leur fut attribué, mais encore, l'équipe engrangea des souvenirs pour toute une vie, suite à un merveilleux voyage au Mexique, quelque temps avant que Joseph Rime, le sponsor, soit élu Roi du Carnaval. A la fin de l'été 1978, l'ouvrage était remis sur le métier : mais en première ligue, et dans le groupe dit " suisse allemand ". En inscrivant les cinq buts des siens lors du premier match joué contre Fétigny, Cotting démontrait qu'il était une nouvelle fois prêt à tenir cette baguette de chef d'orchestre qui lui était en principe dévolue. Bulle jouait les premiers rôles, accueillait Tino Rossi et l'équipe de Belgique pour un match des sélections UEFA, mais ne pouvait empêcher Delémont d'enlever le titre. Entretemps, ils furent nombreux les membres de la grande famille des footballeurs à rendre un dernier hommage à Eugène Boschung, leur ancien président, décédé en avril 1979, Eugène Boschung qui manquait rarement l'occasion d'encourager ses " petits " depuis la vétusté tribune de Bouleyres.
Au moment des finales, Edenhofer et ses hommes avaient à nouveau le vent en poupe. La peau de banane eut pour nom Rarogne. Adieu les beaux espoirs ! Edenhofer, qui n'était vraiment pas béni des dieux, avait raté son pari et il cédait sa place à un revenant, cet homme animé d'une confiance sans pareille, capable de transcender ses joueurs, cet homme qu'il est inutile aujourd'hui de présenter : Jean-Claude Waeber.
A l'image de Luthy et de Gottéron
Le F.C. Bulle de Waeber n'allait pas s'embarrasser de fioritures. Certes le cadre avait belle allure, avec les arrivées de Gobet, Hirschi, Blanchard et le retour de Roger Piccand. Mais l'amalgame, il fallait le réaliser. Et c'est là que Waeber montra une des facettes de son talent.
Bulle, donc, repartait d'un très bon pied et s'emparait en premier lieu de la Coupe Fair-Play. A Noël, l'équipe caracolait en tête avec quatre points d'avance sur Etoile Carouge et huit sur Renens. Son effort soutenu fut un peu à l'image de ceux fournis par Jacques Luthy à Lake Placid ou par le H.C. Gottéron qui accédait à la Ligue nationale A.
Champion de groupe. Bulle faillit pourtant trébucher dès son entrée dans les finales. Un but inespéré de Norbert Bapst, inscrit à deux minutes de la fin du premier match contre Altstätten, permettait à l'équipe de sauver la face en obtenant un petit match nul. L'avertissement portait ses fruits et c'est finalement sans aucun problème que l'équipe allait, par la suite, diriger la manœuvre pour retrouver sa place en Ligue nationale B.
Cette fin de saison voyait l'arrivée à la présidence des supporters de Jacques Jelk, un homme dont on n'a jamais pu mesurer exactement la somme de bienfaits qu'il a apportés à un F.C. Bulle qui retrouvait en lui le personnage calme et pondéré, absolument indispensable à l'équilibre du club dans cette période de folies sportives.
Incroyable mais ... VRAI
Les chevilles ouvrières de l'organisation, à savoir le président Gobet, Jacques Jelk et celui à qui les Bullois devront un jour ériger une statue, Jean-Pierre Sciboz, avaient bien travaillé à l'inter-saison. Si bien même que Bulle prit un départ en fanfare pour se retrouver bientôt seul en tête.
Bertrand Fillistorf, Mario Mantoan, Jean-Pierre Gobet, Jean-Marie Dorthe étaient devenus des Bullois à part entière; grâce à leur concours, l'équipe était concurrentielle au niveau des meilleurs. On se prenait même à rêver avec la venue en Bouleyres du F.C. Zurich de Daniel Jeandupeux pour le compte de la Coupe de Suisse. Seiler et Jerkovic se chargèrent alors de remettre l'église au milieu du village.
En championnat cependant, c'était la douce euphorie et malgré une fin de parcours un peu pénible, les protégés de Jean-Claude Waeber et Jacques Gobet arrachaient une sensationnelle promotion en Ligue nationale A.
C'était un coup de tonnerre dans le football helvétique, dont les nantis se demandaient à quelle sauce ils allaient bien accommoder ces Fribourgeois insolents, qui bousculaient certainement toutes les idées de hiérarchie préalablement conçues.
En haut-lieu pourtant, on prenait conscience que quelque chose se passait en Gruyère. Les mérites de Jacques Gobet lui valaient d'entrer dans le cercle des dirigeants des amis de l'équipe nationale et Bertrand Fillistorf signait un bail d'une demi-douzaine de matches avec l'équipe suisse des Espoirs. En bref, la douce folie était devenue une réalité.
Bravo les gars !
Cuennet, Duc, Ruberti, Reali, Jauner, Moser, Golay, Sampedro et Bouzenada, la liste des arrivées dans le camp bullois avant la première campagne de LNA est éloquente. L'équipe devra souquer ferme, Jean-Claude Waeber veut un effectif conséquent à sa disposition. Le calendrier, d'entrée de cause, n'est pas clément avec le benjamin. Le premier match impose en effet un déplacement en terres zurichoises, chez les Grasshoppers. Un homme se réjouissait particulièrement de ce premier match en élite : Michel Gapany, récemment appelé à des tâches au comité directeur. Le destin en décida autrement et peu avant le début du championnat, les Bullois accompagnaient leur nouveau dirigeant à sa dernière demeure.
Dans l'antre des " Sauterelles ", Bulle afficha le culot qui était devenu son arme. Au point d'ouvrir le score grâce à un penalty transformé par ce terrible chasseur de buts qu'est Roland Blanchard. La logique allait finalement être respectée, mais Bulle grignotait des points importants en répondant présent à chaque rendez-vous l'opposant à des adversaires aux ambitions limitées.
Le 22 août 1981, il remportait sa première victoire en Ligue nationale A en battant Aarau et, si souvent il dut s'incliner sur le score de 1 à 0, il bouclait néanmoins le premier tour avec 10 points à son actif, à la onzième place d'un classement qui regroupait seize équipes.
Régénérée par un camp d'entraînement en Espagne, l'équipe allait réussir son plus grand exploit à la reprise. Aux Charmilles, contre un F.C. Servette qui gambadait en tête du classement, Jean-Claude Waeber et ses hommes obtenaient un sensationnel résultat nul. C'était, en quelque sorte, le coup de pied de l'âne aux barons du football suisse ! De ce choc, Servette ne se remit jamais. Quant aux Bullois, ils poursuivaient leur bonhomme de chemin et sauvaient leur place en Ligue nationale A grâce à une victoire obtenue sur Saint-Gall.
" Bravo les gars " titrait alors le journal " La Gruyère " dont le chroniqueur sportif avait trouvé les mots simples, mais justes pour résumer l'état d'esprit des supporters bullois qui voyaient encore l'équipe des seniors couronner une magnifique saison en s'emparant du titre de champion cantonal.
Fallait y penser
"Objectif maintien, mais en soignant la manière" indiquait Jean-Claude Waeber avant le coup d'envoi de la seconde saison. On sait aujourd'hui ce qu'il advint du F.C. Bulle et de son entraîneur. Partis sous d'autres cieux, Cotting et Jauner ont gravement fait défaut à une équipe qui ne réussit plus jamais à extérioriser ses qualités. Ceci malgré l'inauguration d'une magnifique tribune de 800 places qui ne demandait qu'à vibrer aux exploits des footballeurs de l'endroit.
A la fin novembre, Waeber, l'homme des trois promotions, était contraint de rendre son tablier. Personne n'épiloguera sur cette période somme toute malheureuse. On regrettera néanmoins des transferts ratés, tant au niveau des départs qu'à celui des arrivées. Mais, comme disait l'autre, fallait y penser avant !
Appelé à la rescousse, Jacques Despond, l'homme sur qui reposent énormément d'espoirs quant à l'actuel mouvement junior, suscita un moment donné un nouvel élan. Le mal était néanmoins profond. Bulle devait quitter l'élite. Son passage au premier échelon du football suisse n'est cependant pas prêt d'être oublié. Surtout par Servette !
Une place plus conforme
Quelques mois dans son existence. Bulle a rêvé en couleurs. Ce qui ne saurait dire que de tels instants ne pourront se répéter. Aujourd'hui pourtant, la première équipe, qui a connu tout de même quelques peines à se stabiliser après les événements précités (souvenons-nous de l'épisode Hans-Otto Peters) milite en Ligue nationale B, où elle paraît mieux à même de tenir un rôle intéressant. Roland Guillod est à la barre et si le style a un peu changé, les Bullois ont pris conscience de leurs responsabilités.
Derrière eux, c'est en effet tout un groupement qui se sent concerné, qui, du plus petit junior au vétéran, en passant par cette multitude de travailleurs de l'ombre, de membres actuels ou anciens du comité ou des diverses commissions méritent à ce titre une mention spéciale.
Parce que tous, ils savent se montrer solidaires avec la vie d'un club vieux de trois quarts de siècle, mais par contre toujours jeune et dynamique lorsqu'il s'agit de lancer des idées profitables à la cause du football.
Marcel Brodard
1972-2002
1977 Promotion en LNB
1978 Relégation en 1ère ligue
1981 Promotion en LNA
1982 Relégation en LNB
1992 Promotion en LNA
1995 Retour en 1ère Ligue
2002-2003 : Des doutes au paradis!
La saison 2002 commence tristement pour le club : Jacques Gobet, l'homme qui a fait le FC Bulle, nous quitte juste avant le début du championnat. Une compétition qui débute très mal pour l'équipe de Bouleyres puisque après 4 matchs, le FC Bulle engendre seulement 4 points et l'entraîneur Francis Sampedro, à la tête de l'équipe depuis plusieurs années, démissionne étant remplacé par Steve Guillod, l'homme qui redressera le tir. Pour preuve, le FC Bulle réussit l'exploit de gagner 5 matchs d'affilée. L'équipe termine le 1er tour avec 27 points, bien plus de ce que l'on pouvait espérer !
Le deuxième tour commence avec deux défaites, dont le derby fribourgeois qui sera marqué par le record d'affluence de spectateurs au stade de Bouleyres et l'au revoir du concierge Silverio Luzi. Après la défaite contre ES FC Malley, le FC Bulle aligne 8 victoires consécutives en s'imposant sur des terrains très insidieux. Ce record ouvrira les portes de la promotion en LNB puisque l'équipe terminera à la deuxième place du groupe avec 55 points (1 point de plus qu'au 1er tour).
La crise financière que certains clubs de ligue nationale vont vivre va apporter des modifications pour la promotion en LNB. Pour être promu, le club doit remporter une " finale " qui se joue sur un aller-retour contre le SC YF Juventus. Le match aller au stade de Bouleyres se termine sur le score de 1 à 1 avec beaucoup de regrets pour les hommes de Steve Guillod. Mais il faudra seulement attendre 1 semaine pour entrer dans l'histoire. Le FC Bulle s'imposera 3 à 1 à Zürich dans l'incrédulité totale des supporters. Il aura fallu attendre 9 longues années pour revoir à Bulle la ligue nationale B, pardon…selon la nouvelle formule, la Challenge League. Cette année fantastique se termine avec la retraite à 42 ans du gardien Bertrand Filistorf, l'homme qui a protégé pendant 23 ans la cage du FC Bulle.
Cette nouvelle saison a aussi vu la naissance d'une 3ème équipe d'actifs (qui a été promue en 4ème ligue). Dans la section juniors, une mention particulière pour les juniors Inter B et leur entraîneur Jacques Thalmann puisque ils terminent en tête de leur groupe et participent à la finale suisse en s'adjugeant la 5ème place. Enfin à relever l'ouverture du club au monde informatique avec son site www.fcbulle.ch.
2003-2004 : Retour dans la cour des grands
19 juillet 2003, le FC Bulle dispute son premier match de la saison 2003/2004 en Ligue Nationale B, désormais appelée Challenge League. Sous la conduite de Steve Guillod, l’équipe ne perdra pas de temps pour acquérir le premier bonus et ceci aux dépens du FC Vaduz (équipe favorite du championnat), en remportant 2 à 1 le match au Liechtenstein et en perdant 1 à 0 à domicile. L’équipe s’offre ensuite Baden et La Chaux-de-Fonds à l’extérieur. Mais dès lors, la poisse s’empare des hommes de Bouleyres. De nombreux points se perdent sur le chemin de la maladresse…jusqu’aux 2 derniers matchs du 1er tour contre Winterthur qui apporteront 8 points !
Le FC Bulle participe aussi à la Swisscom Cup, et est éliminé en 1/8 de finale par le FC Thun, club de Super League. La coupe est finalement remportée par le FC Wil, relégué en Challenge League pour la saison 2004-2005, face à Grasshoper.
L’automne est aussi marqué par la disparition d’un membre important du club, M. André Grandjean, qui a voué une grande passion durant toute sa vie pour le FC Bulle.
L’année 2004 ne commence pas de meilleure façon, le club fait face à d’énormes problèmes concernant le transfert de deux joueurs. La Swiss Football League retardera de plusieurs matchs leur qualification. L’équipe n’empoche que 2 points sur 6 matchs et la belle aventure de Steve Guillod avec le FC Bulle se termine après une défaite de 5 à 1 sur le terrain de Concordia Bâle. M. Jochen Dries sera dès lors le nouvel entraîneur. La réaction de l’équipe ne se fait pas attendre, elle alignera 22 points en 9 matchs, ce qui lui vaudra le maintien en Challenge League pour la saison 2004/2005.
Coté statistiques, le FC Bulle a obtenu six fois les points bonus, mais seulement 2 fois des vitoires à domicile. La défense bulloise ne figure pas parmi les meilleures du championnat (54 buts), tandis que l’attaque est dans la moyenne (42 buts).
Parmi les Juniors, à relever particulièrement la victoire du titre cantonal chez les Juniors D et et la participation des Inters B pour la 2ème année consécutive aux finales suisses à Bâle.
2004-2005 : La fin d’un rêve
L’aventure du FC Bulle dans l’élite du football suisse s’est provisoirement terminée après 2 saisons. Pourtant il semblait qu’un avantage de 11 points sur la lanterne rouge Baden à la fin du premier tour serait bien plus que suffisant…Que de regrets pour la fin d’un rêve qui aurait dû encore durer.
Le départ du championnat pour le FC Bulle ne commence pas de la meilleure façon. L’équipe sous les ordres de Jochen Dries ne récolte pas beaucoup de points au cours de ses premiers matchs. Beaucoup de malchance et de maladresse viennent frapper le club. Comment ne pas oublier un retour de situation digne des remontées du FC Liverpool contre le FC Lucerne à domicile, qui par malheur ne s’est pas terminé par un succès. Ou encore la victoire du FC Bellinzone dans les dernières 8 minutes quand le FC Bulle menait 2 à 1. Le penalty raté contre Wil qui a valu une défaite 2 minutes plus tard. Mais le FC Bulle fournit aussi des matchs spectaculaires comme par exemple le 2-2 contre le FC Sion ou les victoires contre Winterthur, Meyrin et Concordia BS. Malgré toutes ces mésaventures, l’équipe se retrouve à la fin du premier tour en dessus de la barre de relégation.
L’automne 2004 est aussi marqué par la démission de Patrice Bertherin de son poste de co-président et Jorge de Figueiredo devient le président du club phare du canton. Le FC Bulle est éliminé très tôt par le FC Yverdon-Sports (promu à la fin de la saison en Super League) en Swisscom Cup. Durant l’hiver, la faillite du FC Servette a pour conséquence qu’une seule équipe est reléguée de la Challenge League à la fin de la saison.
La météo capricieuse vient perturber la reprise du championnat au printemps. Des neiges exceptionnelles empêchent une bonne préparation du FC Bulle. Mais celle-ci ne sera pas la cause de ce 2ème tour très décevant. La première équipe ne récolte que 8 points lors de ce 2ème tour avec la pire défense du championnat, tandis que Baden réussit l’exploit inespéré de rattraper son retard, ce qui vaut à notre club la relégation en 1ère ligue. Nous retiendrons donc de cette saison les 2 matchs nuls contre le FC Sion et l’obtention de la licence grâce à une politique financière saine.
Marino Grisanti
1ère équipe - saison 2005-2006
La saison 2005-2006 part sous le signe de la rénovation. La descente en 1ère ligue permet de renouveler en partie le contingent de la 1ère équipe. Michel Sauthier, ancien entraîneur des M18 du FC Sion, reprend l’équipe après le départ de Jochen Dries. A remarquer l’arrivée de l’ex-Bâlois Sébastien Barberis et l’intégration de nombreux juniors et des joueurs de la région dans le contingent. L’objectif principal du club est réintégrer l’élite du football suisse après une relégation encore pleine de regrets.
Le départ du championnat semble déjà prévoir une saison d’excellente facture pour le FC Bulle avec les différentes victoires, mais les équipes genevoises viennent couper cet élan. Les fantômes de la Challenge League refont surface chez certains joueurs. L’équipe n’arrive plus à être constante dans ces prestations lors de cette fin de 1er tour. Le bilan final de cette première partie de championnat est de 22 points en 16 matchs. Malheureusement, ce bilan compromet déjà les ambitions finales du club.
Le printemps est marqué par le départ et l’arrivée de plusieurs joueurs. Le 2ème tour commence triomphalement avec une fessée au FC Grand-Lancy. Mais l’élan est à nouveau tout de suite coupé avec des matchs nuls et des défaites. La défaite 5 à 0 contre le CS Chênois sera la goutte d’eau qui fera déborder le vase. Le FC Bulle est Michel Sauthier décident de se séparer d’un commun accord avec effet immédiat. A la surprise générale, Steve Guillod est de retour sur le banc de Bouleyres, l’homme qui a réussi le miracle de faire monter en 2003 le FC Bulle en Challenge League. Le championnat se termine malheureusement sur un bilan mitigé. L’équipe finit au 8ème rang avec 40 points et à 16 points du premier. Nicolas Weber aura été le meilleur attaquant de la saison en marquant 26 buts sur les 46 réussites du FC Bulle.
Marino Grisanti