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Cette étude japonaise a randomisé 68 patients ambulatoires atteints de BPCO classes II à IV selon GOLD. Les patients inclus étaient dans un état stable, sans signe de décompensation, avec un traitement médicamenteux inchangé depuis trois mois. Ceux ayant bénéficié d’une réadaptation respiratoire dans les six derniers mois ou présentant des comorbidités sévères étaient exclus. Le groupe bénéficiait d’un traitement d’acupuncture standardisé sur onze points prédéfinis, soit par de l’acupuncture classique, soit par un traitement d’acupuncture aveugle au moyen d’un dispositif d’acupuncture spécial Park sham device identique à l’aiguille d’acupuncture, hormis la non-pénétration de la peau. Après douze semaines, la dyspnée d’effort, mesurée sur l’échelle de Borg de 0-10 après un test de marche de six minutes, était significativement améliorée dans le groupe acupuncture de -3,6 points (IC 95% : - 4,27 à -2,90) par rapport au groupe placebo. De même, la distance au test de marche de six minutes était améliorée significativement de 78,68 mètres (IC 95% : 54,16-103,21), tout comme la saturation en oxygène minimale au cours de ce test, ainsi que le score de Saint-Georges mesurant la qualité de vie. On notait également des améliorations marginales de certains paramètres comme les fonctions pulmonaires, l’IMC et les valeurs de préalbumine.
Commentaire : Malgré la petite taille du collectif étudié et des problèmes liés à la réalisation de l’acupuncture placebo (impossibilité de masquer le traitement à l’acupuncteur réalisant le traitement), cette étude est intéressante et construite de manière convaincante. Une étude de plus grande ampleur mériterait d’être menée afin de confirmer ces résultats. Les auteurs suggèrent que le traitement pourrait également agir en favorisant la digestion des aliments via la stimulation de méridiens gastro-intestinaux, en plus de l’effet supposé sur la réduction de la consommation d’énergie par les muscles respiratoires. On est certes en droit d’être un peu sceptique, mais au vu de l’absence d’effet délétère significatif du traitement, il nous semble légitime de proposer ce traitement à certains patients et d’en mesurer les effets, même s’il n’est pas exclu qu’une part de son efficacité soit liée à un effet placebo, malgré tout le soin apporté dans le protocole de l’étude pour essayer de limiter ce facteur.