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Banques UBS souffle ses 150 bougies
L'établissement, issue de l’Union de Banques Suisses et de la Société de Banque Suisse (SBS), célèbre lundi ses 150 ans.
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UBS, issue principalement de l’Union de Banques Suisses et de la Société de Banque Suisse (SBS), célèbre lundi ses 150 ans. De ses débuts le 25 juin 1862, la Banque de Winterthour est devenue un établissement d’envergure internationale.
Treize entrepreneurs aussi illustres que Sulzer, Rieter, Reinhardt ou Volkart fondent avec un capital initial de 5 millions de francs la Banque de Winterthour dans la cité industrielle éponyme. La Suisse manque alors de banques à même de financer son industrialisation.
Les fondateurs de la Banque de Winterthour entendent soutenir le secteur textile et le développement du chemin de fer. L’institut financera les locomotives de la nouvelle ligne de chemin de fer du Gothard. En 1912, il fusionne avec la Banque du Toggenburg: l’Union de Banques Suisses voit le jour.
L’histoire d’UBS remonte à Bâle également. Six banques privées s’y unissent en 1872. Vingt-cinq ans plus tard, SBS naît de plusieurs fusions et acquisitions.
Les banques bâloises profitent de l’essor du Reich allemand suite à la victoire prussienne sur la France (1870-71). Elles cofinancent le tunnel ferroviaire du Gothard achevé en 1882 - un projet qui engloutit la somme colossale pour l’époque de 227 millions de francs. Elles aideront aussi Bâle à s’imposer en tant que centre de l’industrie chimique helvétique. SBS se tourne vers l’international avec l’inauguration d’une succursale à Londres, en 1898.
Stabilité de la Suisse
La Banque nationale suisse (BNS) entre en activité en 1907 et instaure le franc dur couvert par l’or. Une base essentielle au développement de la place financière helvétique.
Au cours de la Première Guerre mondiale, l’Union de Banques Suisses et SBS bénéficient de la neutralité de la Suisse et de sa stabilité, recherchée par les clients. Les «années d’or», qui suivent, conduisent à une nouvelle expansion.
Des nuages s’amoncellent cependant. La Grande Dépression affecte également la Suisse. L’Union de Banques Suisses réduit ses effectifs d’un quart entre 1931 et 1936 et interdit de fumer le cigare lors des séances de la direction. Sa somme de bilan chute de plus de moitié entre 1930 et 1935 à 441 millions de francs, celle de SBS plonge d’un tiers à quelque 1 milliard.
Le milieu des années 1930 marque un tournant: le secret bancaire entre dans la loi. La gestion de fortune devient l’eldorado des banquiers. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, après la chute de la France en 1940, l’Union de Banques Suisses et SBS se tournent davantage vers l’Allemagne. Ce n’est que des décennies plus tard que les relations entre la Suisse et son voisin susciteront la controverse, affectant les banques helvétiques.
Fort développement
Au lendemain du conflit, Etats-Unis et Europe occidentale entrent dans une période de croissance ininterrompue. Jusqu’à la récession des années 1970, les deux banques se développent en Suisse et à travers le monde.
L’Union de Banques Suisses reprend Interhandel et devient la plus grande banque helvétique. La Suisse se hisse comme troisième place financière mondiale.
L’Union de Banques Suisses et SBS demeurent jusqu’à la fin des années 60 de pures banques commerciales, ne proposant ni hypothèques ni comptes épargne ni comptes salaires. L’Union de Banques Suisses installe en 1967 le premier bancomat d’Europe centrale, au sein de son siège zurichois. Une nouvelle ère s’ouvre vers les activités bancaires privées.
L’orientation des deux banques demeure nationale. Un changement s’opère dans les années 80 et 90, avec la libéralisation des marchés financiers et la recherche de plus-value pour les actionnaires. L’Union de Banques Suisses et SBS développent leur activité de gestion de fortune avec la clientèle internationale.
La bulle immobilière, qui éclate en Suisse à la fin des années 80, entraînera une consolidation du secteur bancaire. L’Union de Banques Suisses et SBS essuieront d’importantes pertes.
Elles se lancent, dans les années «yuppies», dans les activités de banque d’affaires. SBS s’empare en 1995 de la londonienne S.G. Warburg pour 860 millions de livres.
Fonds juifs
Le débat sur les fonds en déshérence marque les années 90. Contre le versement de 1,25 milliard de dollars fin 1998, les plaintes à l’encontre des banques sont abandonnées. Le secret bancaire est sous pression.
L’Union de Banques Suisses et SBS annoncent leur fusion fin 1997. Le mariage a lieu le 29 juin 1998. En septembre, UBS publie une perte avant impôts de 793 millions de francs. En cause: son exposition au fonds spéculatif américain LTCM (Long Term Capital Management) en pleine débâcle. Plusieurs dirigeants démissionnent. La nouvelle banque publiera ses premiers chiffres noirs en 1999.
En 2000, UBS acquiert le courtier américain Paine Webber, s’adjugeant une présence de taille aux Etats-Unis. Elle dégage un bénéfice record en 2006. Une joie hâtive. Particulièrement touché par la crise des «subprime», l’établissement publie un avertissement sur résultats pour le troisième trimestre 2007. Il inscrira jusqu’à fin 2009 des dépréciations d’actifs de plus de 50 milliards de francs.
Sauvetage par la Confédération
Fin 2007, UBS doit augmenter son capital de 13 milliards de francs. Elle se délestera par la suite de 38,7 milliards de dollars d’actifs toxiques auprès de la BNS. La Confédération injecte 6 milliards dans le capital de l’institut.
Parallèlement, les Etats-Unis poursuivent UBS pour évasion fiscale. La banque doit s’acquitter d’une amende de 780 millions de dollars et livrer l’identité de milliers de clients.
Après l’ère Marcel Ospel, l’ancien directeur général de Credit Suisse à la retraite Oswald Grübel reprend la barre. L’ancien conseiller fédéral Kaspar Villiger devient président du conseil d’administration. Restructuration, avec la disparition de milliers d’emplois, ainsi que réduction du bilan et des risques s’ensuivent.
Les exercices 2010 et 2011 sont à nouveau profitables. Avant de nouvelles turbulences en septembre dernier. UBS annonce une fraude commise par l’un de ses courtiers londoniens qui lui coûtera 1,8 milliard de francs. Oswald Grübel démissionne, lui succède le Tessinois Sergio Ermotti. L’économiste allemand Axel Weber remplace en mai Kaspar Villiger. La banque se concentre désormais davantage sur la gestion de fortune et le marché suisse. (ats/nxp)
Créé: 20.06.2012, 10h28