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La défense à tout prix de notre indépendance et la lutte contre le défaitisme sont les tâches urgentes de l’heure.
Notice
Alors que la France vient de capituler, le président de la Confédération, Marcel Pilet-Golaz, s’adresse au peuple suisse le 25 juin 1940. Il semble prôner une attitude conciliante à l’égard du nouvel ordre imposé par les nazis, ne parle ni d’une volonté de défense, ni de neutralité. En réaction est créée le 30 juin la Ligue du Gothard par une douzaine de personnalités, dont Denis de Rougemont et le professeur zurichois Theophil Spoerri. Un texte, Qu’est-ce que la Ligue du Gothard ?, est publié dans la foulée. Il est signé par Denis de Rougemont. Bien que le contenu ait été concerté, on constate à la lecture qu’il en est, par le style, manifestement l’auteur. Il affirme une « volonté absolue de défense », la nécessité de dépasser les clivages politiques et les partis : « l’esprit d’équipe doit remplacer l’esprit de parti ». Le texte paraît s’adresser prioritairement aux « jeunes » : on compte sur eux d’abord. La référence au Gothard est justifiée par sa symbolique unificatrice et son rôle de pièce maîtresse dans la défense du pays. Il est appelé à défendre les valeurs de la Suisse, la démocratie fédéraliste, les libertés civiques. En termes d’organisation, le texte prône la constitution de groupes actifs dans les communes et les cantons qui seront fédérés au plan national sous la responsabilité d’un directoire. Des réformes institutionnelles sont également préconisées, comme une présidence stable et à plein temps de la Confédération, et une chambre économique à côté des deux chambres classiques du Parlement.
Bibliographie
- Michel Perdrisat, Le Directoire de la Ligue du Gothard (1940-1945). Entre résistance et rénovation, Neuchâtel, Alphil, 2011.