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L'Université de Genève dépose de plus en plus de brevets
Forte augmentation des brevets déposés par l'Université de Genève
L'esprit d'entreprise fait son nid à l'Université. Les chiffres rendus publics par Unitec, le service chargé du transfert de technologies et compétences à l'Université, montrent en tous cas que les chercheurs sont de plus en plus nombreux à songer au développement industriel de leurs découvertes: 13 nouveaux brevets ont été déposés en 2001 par Unitec, contre 6 en 2000, soit une augmentation de 116%. L'effort entrepris depuis quelques années par l'Université pour mieux valoriser sa matière grise commence donc à porter ses fruits.
L'augmentation du nombre de brevets déposés par l'Université ne signifie pas nécessairement que les chercheurs font preuve d'une inventivité redoublée. "Les gens ont toujours eu des idées dans leurs tiroirs. La différence s'explique par le fait que les chercheurs nous connaissent mieux. Ils sont aussi de plus en plus nombreux à séjourner aux Etats-Unis où les transferts de technologies sont entrés dans les moeurs universitaires depuis un moment", explique Laurent Miéville, responsable d'Unitec.
Unitec a débuté son activité en 1998, avec un double objectif. Permettre aux chercheurs de valoriser leurs découvertes, en les aidant à trouver des partenaires commerciaux et renforcer l'apport de l'Université à la collectivité, par le biais des retombées économiques induites par le transfert de technologies et de compétences.
Mais le rôle d'Unitec ne se limite pas au dépôt des brevets. Il suit toutes les étapes du transfert. Point de départ: lorsqu'un chercheur déclare une nouvelle invention, Unitec commence par examiner s'il est possible ou non de la valoriser. En 2001, 25 dossiers, contre 10 en 1999, ont ainsi été déposés sur ses bureaux par les chercheurs universitaires. En règle générale, la moitié des inventions passe cette première étape. A la suite de quoi, un brevet est déposé en Suisse, avec la possibilité de faire une extension internationale. Unitec dispose ensuite de 30 mois pour trouver un partenaire commercial avec lequel conclure un accord de licence. Durant cette période, le service de transfert de technologies prend en charge les coûts liés à l'entretien du brevet, soit entre 25'000 et 30'000 francs pour une période de 30 mois. Une somme qui sera ensuite remboursée par le partenaire commercial, une fois l'accord de licence conclu.
Même si Unitec n'est pas un passage obligé, une grande majorité des chercheurs font appel à elle pour bénéficier de son expertise et de la prise en charge des tâches de valorisation. En 2001, les royalties reçues suite aux accords de valorisation signés avec les partenaires industriels ont rapporté un peu moins de 300'000 francs de francs, dont 15% sont revenus à Unitec, le reste étant distribué, à parts égales d'un tiers, au laboratoire, à un fonds de péréquation de l'Université et aux chercheurs eux-mêmes, qui sont ainsi incités à valoriser leurs découvertes.
Unitec souhaite maintenant développer la valorisation des compétences et identifier les projets susceptibles de trouver un intérêt auprès de partenaires économiques. Le transfert du savoir-faire de l'Université vers l'économie n'est pas un fait nouveau. Il reste toutefois difficilement mesurable et Unitec entend développer des outils pour mieux en saisir l'impact. Une manière de mettre aussi en valeur le travail effectué en sciences humaines.12 mars 2002
2002