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Lorsque la polyarthrite

rhumatoïde a entraîné au niveau de la cheville des destructions articulaires
modifiant les axes anatomiques normaux et provoquant des douleurs qui
compromettent la marche, on peut être amené à proposer une opération dite « de
liquidation ». Il peut s’agir d’un remplacement de l’articulation détruite
par une articulation artificielle (prothèse) ou d’une suppression de
l’articulation en cause par une fixation chirurgicale (arthrodèse).
Les conditions anatomiques du
pied ne sont pas aussi favorables que celles du genou ou de la hanche pour la
pose d’une prothèse. Alors qu’au genou ou à la hanche, on pose des prothèses et
qu’on ne fait plus d’arthrodèse, c’est le contraire au niveau de la
cheville : les prothèses sont encore rares malgré le perfectionnement des
techniques, l’arthrodèse est bien plus souvent proposée à cause de sa
fiabilité.
D’après les renseignements que
vous nous donnez, il s’agit dans le cas particulier d’une arthrodèse de la
cheville, donc de l’articulation tibio-tarsienne.
Dans ce cas, il s’agit d’une
fixation définitive de cette articulation en légère flexion (5 à 10 degrés
au-delà de l’angle droit). Le mouvement d’extension-flexion du pied,
précédemment réalisé au niveau de cette articulation tibio-tarsiennne, peut
être repris partiellement par les articulations de la partie moyenne et
antérieure du pied, ce qui entraînera une certaine surcharge de ces
articulations.
Si l’arthrodèse de la
tibiotarsienne est réussie, elle doit supprimer les douleurs qui résultaient
précédemment de l’atteinte rhumatoïde de cette articulation. Le résultat
fonctionnel dépendra de l’intégrité des autres articulations du pied,
appelées à remplacer le mouvement de la cheville.
Dans l’acte de la marche normale,
le pied subit un « déroulement » comparable à celui d’un (ancien)
buvard de bureau : le membre inférieur qui est lancé en avant attaque le
sol par le talon, puis la charge se répartit sur la totalité de la semelle, se
portant ensuite sur l’avant du pied jusqu’au moment où la charge sera reprise
de la même façon par l’autre pied.
Après arthrodèse de la cheville,
à cet âge et avec ce diagnostic de polyarthrite, il est peu probable que les
articulations restantes puissent assurer ce déroulement du pied comme de
l’autre côté, d’où une asymétrie des pas. Toutefois, ce déroulement peut
être facilité par une modification de la semelle antérieure, à la façon
précisément d’un buvard de bureau (barre de déroulement).
Pour ce qui est de la conduite de
la voiture, la réponse est plus délicate, surtout pour la maîtrise de
l’accélérateur. Dans les conditions normales, on sollicite bien entendu cette
articulation de la cheville pour peser sur l’accélérateur et pour le
relâcher. La capacité de conduire devra être appréciée de cas en cas :
elle dépendra essentiellement de la mobilité des autres articulations du pied.
La maîtrise du frein sera probablement plus facile à atteindre.
Dans l’appréciation de la décision opératoire,
votre médecin a certainement mis en balance les avantages (meilleure stabilité,
suppression des douleurs sur l’articulation en cause) et les inconvénients
(perte du mouvement de cette articulation, suppléance plus difficile à cause de
l’âge et de la maladie).