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18.12.2023Pat Burgener: «Crans-Montana, c’est le berceau de mes rêves»
À 29 ans, avec deux médailles mondiales et deux participations aux Jeux Olympiques, le snowboardeur-chanteur Pat Burgener se lance dans de nouveaux défis. Il raconte.
Patrick «Pat» Burgener naît le 1er juin 1994 à Lausanne d'un père pharmacien et d'une mère biologiste, d'origine libanaise. Il est le deuxième de leurs trois fils. Aujourd’hui, l’un de ses frères joue de la musique avec lui, et l’autre est manager de ses intérêts. Diagnostiqué hyperactif, Pat est renvoyé de cinq écoles avant de se canaliser dans le sport. Il rejoint à l’âge de 14 ans l’équipe nationale suisse de snowboard.
La suite est belle. De 2010 à 2012, il grimpe sur quatre podiums de Coupe du monde. En 2011, les spécialistes apprécieront, il est également le premier snowboardeur au monde à poser la figure dénommée switch backside triple cork 1440. S'ensuit une période durant laquelle Pat est victime de plusieurs blessures, dont deux fois les ligaments croisés, un cauchemar pour tous les athlètes. Freiné par l’une d’elles en 2015, il profite du temps hors neige pour développer sa seconde passion, la musique. Il crée alors son groupe de musique avec son frère Max et un ami d’enfance.
La musique, paix intérieure
De retour sur sa planche, il enchaîne les meilleurs résultats de sa carrière avec notamment une première victoire en Coupe du monde en décembre 2016 à Copper Mountain au Colorado, deux podiums aux Championnats du Monde en 2017 et 2019, une 5e place aux Jeux Olympiques de PyeongChang en 2018, et une 11e aux JO de Pékin 2022.
«La musique m’a permis de trouver mon équilibre intérieur, ce qui est indispensable pour performer dans n’importe quel domaine. Elle m’a apporté la paix, la tranquillité. Une faculté à me recentrer. Quand tu vis la compétition, tu imagines dans ta tête les figures que tu vas proposer. Pas une fois. Pas dix fois. Mais des milliers de fois! C’est un processus épuisant: d’où mon recours à la musique qui me calme, même à l’entraînement, même à quelques minutes de m’élancer dans un pipe.»
Un rêve éveillé
Sportif d’élite internationalement reconnu, chanteur désormais populaire à travers toute l’Europe («Grâce au nouveau manager que j’ai rencontré»), qu’est-ce qui manque encore à Pat Burgener? «Je vis un rêve éveillé, sourit l’ambassadeur de Crans-Montana. Je me sens légitime dans les deux domaines, et il ne manque pas grand-chose à mon parcours pour qu’il frise la perfection. Peut-être de grands concerts de plus de 1000 personnes dans le monde entier. Ou alors un nouveau Top ten aux Jeux de Milan Cortina 2026.»
Bel hommage à Crans-Montana
Les deux objectifs sont-ils compatibles? Pat y croit: «Je fais tout pour. Je suis moins présent avec l’équipe suisse, mais j’ai des coaches personnels incroyables et je m’entraîne dur, quitte à sauter certains rendez-vous du début de saison. Je fais toute ma prépa (physique, trampoline et mental) à Crans-Montana où je profite de mon chalet, tout près de la télécabine. D’ailleurs, je le dis à tous les habitants du Haut-Plateau: Crans-Montana, c’est le berceau de mes rêves, et ça, je ne l’oublierai jamais!»
Preuve par l’acte, il a donc accepté d’être ambassadeur de la station, ou bien y a organisé l’After School Banked, un festival très sympa alliant musique, snowboard, bike, skate ou surf. «Pour partager ma passion, et que les jeunes puissent côtoyer leurs riders préférés en apprenant quelques trucs chouettes», complète Pat qui se dit très satisfait de cette première édition.
Une blessure magique
Son histoire musicale est belle. Après sa grave blessure de 2015, Pat Burgener décide de ne pas trop cogiter. «J’avais enfin le temps de consacrer plusieurs mois à la musique. Mais je partais de zéro…» En sortira un premier single, Show Me the Way. En 2018, juste après sa participation aux Jeux olympiques, on découvre son premier EP The Route. Ce dernier a été «pensé» par le producteur new-yorkais John Agnello, qui a notamment travaillé avec des artistes comme Kurt Vile et Dinosaure Jr.
L’année suivante, second EP intitulé ICAR faisant référence à la légende grecque d'Icare, qu'il considère avoir été détournée de sa signification première voulant dissuader tout un chacun de rêver trop grand. L'EP a été peaufiné à San Diego avec Jasper Leak, producteur australien ayant notamment travaillé avec Sia, et comme directeur musical du documentaire «Quincy» de Mister Quincy Jones. Puis, en 2020, troisième EP au nom de Better Man, réalisé à Londres par Antoine Cotton, producteur genevois basé au Royaume-Uni. En 2021, Pat revient avec un quatrième EP intitulé California Sun, produit à Londres par un Tom Fuller ayant déjà travaillé avec Tom Walker.
2023: The Album
Cette année, notre ami le snowboardeur-chanteur a passé la surmultipliée, publiant son premier album, un succès immédiat, intitulé sobrement The Album et de style pop folk, en 2023. «J’ai tâtonné un peu, mais là, je tiens mon style, rigole Pat. Des bonnes vibes, plutôt upbeat, avec un côté acoustique car je veux pouvoir jouer tous mes titres à la guitare. Je me sens maintenant comme un artiste complet d’une part, et un pro aguerri du snow d’autre part. »
Objectif. les JO de Milan
S’estime-t-il d’attaque pour rejouer les sommets dans sa discipline olympique? «Et pourquoi pas? Je vais d’ailleurs me concentrer essentiellement sur deux objectifs: les Mondiaux et, surtout, les JO de Milan. Je suis bien dans ma peau; à ce stade, je n’ai aucun problème à marier le sport et la musique. En cela, j’espère que je servirai d’exemple aux jeunes et leur montrer que l'on peut conduire de front deux carrières.»