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Suite à un reportage vu sur Arte (il me semble) entre le 1 et 3 février en rediffusion, dans l’émission *invitation au voyage* j’ai découvert cette musique, le Taarab. Mais ce n’est pas de cette musique qu’il s’agit mais d’un instrument bien spécifique qui est utilisé.
Le Qanûn
Le qanoûn ; en transcrit « qanoûn », « quanoun », « kanoun », « kanun » ou « kanon »), aussi appelé « kanonaki » ou « kalong », est un instrument à cordes pincées de la famille des cithares sur table, très répandu dans le monde arabe, le monde iranien, en Asie du Sud-Ouest ainsi qu’en Grèce et dans le Turkestan, à ne pas confondre avec le santour, dont les cordes sont frappées. Son nom dériverait du grec « κανών » (signifiant « la mesure »), qui était aussi le nom donné à un instrument monocorde destiné à l’étude des intervalles en musique et connu déjà de Pythagore. Il est l’ancêtre du Psaltérion.
Le kanoun moderne remonte à la fin du xviiie siècle et résulte de l’évolution de l’instrument déjà utilisé dans l’Empire byzantin, dans les pays sous influence ottomane, au Maroc, en Iran, etc. Le kanoun ne permettait alors qu’un jeu monophonique avec la main droite. La main gauche devait appuyer sur les cordes pour changer la longueur de la partie pincée et ainsi permettre les modulations, à la manière des cithares asiatiques (koto ou qin).
À la fin du xixe siècle, des luthiers de l’Empire ottoman (d’origine ethnique inconnue) ont introduit à la gauche de l’instrument, près des chevilles, des leviers (mantalia en grec, mandal en turc et ‘orab en arabe) permettant lorsqu’ils sont abaissés ou levés de modifier la longueur de la corde et ainsi d’altérer la note. Une autre modification a consisté à ne plus laisser le chevalet en contact direct avec la caisse de résonance mais à le placer sur une série de 4 à 5 éléments en peau de poisson qui ont considérablement amélioré la qualité (timbre et volume) du son.
Aujourd’hui, le kanoun a une caisse de résonance en forme de trapèze d’une épaisseur variant entre 3 et 10 cm, la grande base varie entre 75 et 120 cm et la petite base entre 25 et 45 cm. La longueur de l’arête perpendiculaire varie entre 30 et 45 cm. Elle est en plusieurs types de bois (érable, acajou, noyer). La table d’harmonie est percée de 3 ou 4 rosaces et peut être incrustée de mosaïques.
Le chevalet (köpru en turc et faras en arabe) en épicéa à pieds multiples est posé « à cheval » sur des peaux (raqma en arabe) de poisson rectangulaires (4 pour les kanouns turcs et 5 pour les kanouns arabes) servant d’amplificateurs de résonance. Il est perpendiculaire à la base de l’instrument.
Les leviers sont des éléments métalliques (en cuivre pour le kanoun arabe et en alliage cuivre, nickel et zinc pour le kanoun turc) permettant d’altérer le ton d’une corde, de plusieurs degrés. Ils sont toujours placés en série, à gauche de l’instrument, près des chevilles, sur la table de support des leviers et chevilles. Ils doivent l’être avec une grande précision pour avoir des intervalles corrects car ils remplacent les doigts de l’instrumentiste qui modifient la longueur de la corde en la pinçant (luth…).
Leur nombre est la principale caractéristique d’un kanoun car il détermine la musique qui peut y être jouée. Plus on a de leviers, plus on peut atteindre des micro-intervalles petits :
- kanoun turc : entre 5 et 12 leviers permettant des progressions par comma .
- kanoun arabe : entre 2 et 6 leviers permettant des progressions par ¼ de ton.
- kanoun grec et arménien : entre 1 et 4 leviers permettant des progressions par 1/2 ton (Voir musique occidentale).
Source bien sûr Wikipedia
Découvrons le son :
Une présentation
Et des petits prodiges
C’est un joli son non?