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L'Etang est un texte de jeunesse que Walser offrit a sa soeur sous forme manuscrite. C'est la seule oeuvre que Walser ait ecrite en dialecte. Elle met en scene le suicide simule d'un adolescent, le jeune Fritz, qui ne se sent aime de personne et voudrait reconquerir l'amour de sa mere. Ce recit cle prefigure la creation future de Walser, maitre des retournements subtils.
Les vingt-quatre episodes de Felix, dialogues et monologues ecrits en 1925, sont issus des microgrammes. Quelques traits d'une psychologie raffinee depeignent avec humour l'eveil de la personne, sa rouerie distanciatrice dans l'affrontement avec les adultes et l'exercice de ses pouvoirs, les nuances de l'affirmation et de la conscience de soi. Le contenu biographique est evident, de meme que dans L'Etang.
Robert Walser (1878-1956) ecrit des sa jeunesse des poemes, de la prose et du theatre. Les breves scenes dramatiques, qui ont marque les debuts et la fin de sa carriere, sont frequemment representees aujourd'hui. Mais elles sont autant a lire qu'a jouer.
C'est en 1917, à Bienne, que Robert Walser, au lendemain de ses années berlinoises, rassemble ces vingt-cinq proses brèves. Cette biographie éclatée d'un poète ressemble à une autobiographie stylisée. L'écrivain évoque de nombreuses figures qui ont accompagné sa carrière, et ce qui le hante: son frère peintre, plusieurs figures féminines, le critique, le public, le mécène, les milieux artistiques, l'éditeur, mais aussi Hölderlin, et puis, la grande route, la forêt, les contes, un poêle, un bouton... Une tonalité changeante, à la fois facétieuse et fervente pour dire la solitude de l'artiste, ses déguisements, ses déboires et ses joies, les valeurs à contre-courant auxquelles obéit sa vocation.
Petite Prose, publié en 1917, illustre de manière exemplaire cette période charnière de la vie de Robert Walser que sont les années « biennoises », après Berlin, avant Berne. Dans ces vingt-et-un textes de longueur inégale, Walser explore avec jubilation tous les registres de la prose brève, entraînant le lecteur dans un pas-de-deux débridé qui annonce déjà la virtuosité des proses tardives. Mêlant l'autobiographie et la fiction, il fait miroiter une vivante galerie de portraits, réels ou imaginaires, et des petites farces burlesques, alternant la satire mordante et une vibrante méditation sur le néant pour conclure avec une prose plus ample, «Tobold», évocation pleine de magie et de malice de son expérience de laquais dans un château de Silésie...
Ce recueil, qui fait place aussi bien à l'essai qu'à la poésie, met face à face vingt et un textes et les images qui leur correspondent. Des pages d'époques, de longueur et de genres différents, qui déploient toute la gamme d'un styliste virtuose : poèmes, proses, caprices, petite scène dramatique, critique d'art, compte-rendu d'exposition... avec pour dénominateur commun, la peinture. Walser y exprime toute la saveur des peintures galantes de Fragonard, fait bruisser de vie les images d'un album d'Anker ; converse avec l'Olympia de Manet, révèle des détails inattendus de La Vénus du Titien, rehausse le mordant des miniatures de Daumier... Voici un itinéraire dans la galerie intérieure de Robert Walser, à la découverte d'une sensibilité perçante, chaloupée et délicieusement espiègle.
Robert Walser (1878-1956) est l'auteur d'une oeuvre pleinement découverte après sa mort. Aujourd'hui, il est considéré comme le plus grand écrivain alémanique de la première moitié du XXe siècle. L'essentiel de son oeuvre se compose de centaines de proses rassemblées en volumes par l'auteur lui-même ou dispersées sous forme de « feuilletons » dans les journaux de l'époque, d'autres encore restées à l'état d'esquisses, comme Le Territoire du crayon.
Cette soixantaine de textes, dont la moitié pour la première fois en français, donnent à entendre les réflexions lucides et subtiles de Robert Walser sur l'art musical. Envolées lyriques pour la Flûte enchantée de Mozart ou ironie acérée face aux mondanités des auditeurs et poses affectées des musiciens, le poète s'attache à toutes les mélodies. Mais ce n'est pas une surprise s'il marque sa préférence pour les formes modestes, brèves et les sons du quotidien. Avec la précision qui le caractérise, Walser s'attache à écouter le silence de la neige, les flonflons des cafés ou la petite musique qui accompagne le badinage amoureux. Sa prose elle-même est empreinte de musicalité, tressautant tantôt gaiement d'un sujet à l'autre, tantôt entonnant des lamentos aux accents plus graves.
Robert Walser (1878-1956), maître des petites proses, poètes du quotidien, est l'un des grands écrivains de langue allemande du XXe siècle. Les textes réunis ici couvrent toute sa période créative - des premiers poèmes qui lui valent son entrée dans le monde littéraire (1899) aux textes tardifs, composés à la Waldau où il est interné dès 1929.
Après ses Lettres, les Editions Zoé traduisent les proses de Walser parues dans le Berliner Tageblatt. Les quatre premiers textes (1907-1908) correspondent au genre prisé du jeune Walser : la composition. Ils font entendre la voix d'un écrivain déjà profondément singulier. Tous les autres, soixante-huit, sont écrits entre 1925 et 1933, spécialement destinés à ce quotidien berlinois au moment où Walser est à la tête d'une véritable entreprise de feuilletoniste pour les journaux de Suisse, d'Autriche, d'Allemagne et de Prague. Ils abondent en digressions, excentricités lexicales, rouerie langagière pour traiter les sujets du temps, nationalismes, émancipation de la femme, automobile, opéra, cinéma et littérature. Sa vitalité aiguise le sens du paradoxe et sape brillamment l'échelle des valeurs en cours.
« À quoi peut bien servir l'énergie, en l'absence de génie ? À propos, aujourd'hui, je me suis levé énergiquement, c'est-à-dire d'assez bonne heure, et de ce fait, je peux écarter le reproche d'être velléitaire. »
Morceaux de prose, publié en 1917, est l'un des rares recueils composés par Robert Walser lui-même. L'auteur y propose des textes très brefs, écrits expressément pour être réunis en volume. De là, l'unité et l'harmonie de ce petit bouquet de dix-huit proses.
Contes, paraboles, petits tableaux, moralités, souvenirs et rêveries juxtaposent leurs motifs et leurs intonations vives et malicieuses. Des pages à savourer avec gourmandise, où il est question, entre autres, de la nouvelle italienne, d'un célibataire et d'un autre célibataire, d'une meurtrière, d'un preste et d'un lent, d'une rage de dents et d'une saucisse, hélas, trop vite mangée.
La bohème à Berlin au début du siècle, quelques succès suivis d'années d'errance, de solitude, de travail harassant dans les mansardes de Bienne et de Berne, puis vingt-six années d'internement, dont vingt-trois ans de silence littéraire, avant de mourir dans la neige un jour de Noël : le tragique destin de Robert Walser (1878-1956), à la fois choisi et subi, est mystérieusement relié à son oeuvre, reconnue aujourd'hui comme l'une des plus importantes de la modernité littéraire.
Au cours des années 1920, extrêmement productives, son art s'affermit, souverain, avec une liberté, une drôlerie, une ferveur, une légèreté et une acuité époustouflantes. C'est aux choses de rien, aux hasards du quotidien, que Walser frotte l'allumette d'une écriture qui, l'espace de quelques pages, transfigure le monde.
En témoignent les 77 proses choisies parmi les fameux « microgrammes ». Il aura fallu une vingtaine d'années pour déchiffrer ces manuscrits inédits notés au crayon d'une écriture minuscule sur 526 feuillets disparates : enveloppes, marges de journaux, formulaires officiels, etc. Le présent recueil offre un premier aperçu en français de leur merveilleuse richesse.
Les vingt-quatre dialogues de Félix composent une mosaïque de souvenirs. Walser y met en scène, autour de Félix, les figures des parents, des frères et soeurs, des camarades et autres familiers du monde de son enfance. Ces dialogues, où se jouent les conflits du jeune âge, sont autant de petits univers, sans liens apparents, qui rayonnent d'une rare intensité et cristallisent la vision du monde, à la fois tendre et irrespectueuse, de Robert Walser.
Félix a paru en allemand sous le titre de ´´Felix´´-Szenen en 1986, à partir d'un nouveau déchiffrement des microgrammes laissés par Robert Walser. Ces dialogues, traduits pour la première fois en français, ont été écrits en avril-mai 1925, juste avant la dernière oeuvre publiée du vivant de l'écrivain, La Rose. Peu après, Robert Walser entre à l'asile psychiatrique où il passera les trente dernières années de sa vie.
Robert Walser (1878-1956), écrivain suisse de langue allemande, reconnu par les plus grands, Hesse, Hofmannsthal, Musil, Benjamin, Zweig, Mann et Kafka, est l'auteur de L'Institut Benjamenta, Le Commis, Les Enfants Tanner.
A New York Review Books Original
In 1905 the young Swiss writer Robert Walser arrived in Berlin to join his older brother Karl, already an important stage-set designer, and immediately threw himself into the vibrant social and cultural life of the city. Berlin Stories collects his alternately celebratory, droll, and satirical observations on every aspect of the bustling German capital, from its theaters, cabarets, painters’ galleries, and literary salons, to the metropolitan street, markets, the Tiergarten, rapid-service restaurants, and the electric tram. Originally appearing in literary magazines as well as the feuilleton sections of newspapers, the early stories are characterized by a joyous urgency and the generosity of an unconventional guide. Later pieces take the form of more personal reflections on the writing process, memories, and character studies. All are full of counter-intuitive images and vignettes of startling clarity, showcasing a unique talent for whom no detail was trivial, at grips with a city diving headlong into modernity.