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Suite à l’échec d’un accord entre l’OPEP et la Russie sur une baisse de la production de 1.5 million de barils/jour, l’Arabie saoudite a annoncé dimanche une nouvelle guerre des prix.
L’effet ne s’est pas fait attendre: dès lundi, les cours du brut chutaient de 30%. En 2020, le cours du Brent a reculé de plus de 50%.
Le pétrole se trouvait déjà dans un choc structurel en raison de la nouvelle position dominante des États-Unis dans la production de pétrole. Le coronavirus ne fait qu’empirer la situation, avec un choc conjoncturel.
L’Arabie saoudite et la Russie vont donc lever toutes les contraintes sur la production. Rosneft va augmenter sa production de 300’000 barils/jour dès cette semaine et l’Arabie saoudite le mois prochain.
Les précédentes guerres des prix (1985, 1997, 2014) ont mal fini, avec une chute importante des cours, de l’ordre de 60%. Une guerre des prix qui pourrait faire mal au pétrole de schiste US et aux grandes compagnies intégrées qui cherchent à se réinventer dans l’énergie verte. Dans un marché pétrolier dynamique et compétitif, la gestion des prix du brut par le niveau de la production n’est plus possible avec la Russie et les États-Unis, qui produisent plus de pétrole que tous les membres de l’OPEP ex-Arabie saoudite réunis. Cela remet en question l’existence même de l’OPEP. La contraction de la demande impose d’attirer les clients par des prix compétitifs.
Le secteur pétrolier n’échappe pas à cet environnement difficile
En 2020, le secteur Énergie a perdu plus de 32%, soit la plus mauvaise performance, et de loin, comparée aux -15% pour le MSCI Monde. Il est possible que les cours du pétrole reculent encore, ainsi que ceux de actions des compagnies pétrolières. Pourtant, le retour aux actionnaires est très intéressant avec des rendements des dividendes entre 5.4% pour Chevron et 9.2% pour Royal Dutch Shell, et des rachats d’actions. Le dividende d’Exxon Mobil est problématique, car il n’est pas couvert par le cash-flow libre, alors qu’il l’est facilement pour Chevron, BP, Royal Dutch Shell et Total. Chevron a annoncé rendre aux actionnaires (dividendes et rachats d’actions) entre $75 et $80 milliards ($16 milliards/an) sur les 5 prochaines années. Mais les investisseurs anticipent une baisse des profits et la poursuite du recul des prix du pétrole.
A retenir
- Les cours du pétrole pourraient encore baisser (-52% en 2020)
- L’onde de choc actuelle pourrait faire disparaître l’OPEP
- La chute des cours du pétrole n’est pas une bonne chose pour les marchés financiers, car elle
– soustrait des liquidités en dollars aux marchés financiers,
– met sous pression les fonds souverains des pays producteurs de pétrole,
– perturbe le recyclage des pétrodollars,
– met sous pression les fonds investis en High Yield
- Les dividendes élevés (excepté Exxon Mobil) des oil majors ne sont pas encore un argument suffisant face aux perspectives négatives sur les cours du pétrole. Les investisseurs anticipent un recul significatif des profits
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