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Les grands éditeurs scientifiques songent à utiliser des logiciels pour lutter contre le plagiat. Une enquête sur ce sujet, réalisée par un journaliste de la revue Nature, révèle par exemple qu'Elsevier a lancé récemment une procédure d'évaluation des possibilités techniques de lutte contre le plagiat (Nature 2005 ; 435 : 258-9). Ou encore que des chercheurs du monde académique, ainsi que des entreprises privées, proposent déjà des logiciels capables de signaler automatiquement les travaux suspects.Ce mouvement s'explique en partie par les possibilités de détection que permet la diffusion électronique des documents. Exemple cité par Nature, celui de Christian Collberg, un professeur d'informatique à l'Université de l'Arizona, qui a développé un logiciel gratuit destiné à détecter la publication multiple. Un jour de 2003, ce professeur a découvert, grâce à un moteur de recherche bien connu, que l'article qu'il venait d'évaluer n'était qu'une version légèrement modifiée d'un texte publié deux ans plus tôt par le même auteur. La rage a poussé le chercheur à créer un outil capable de détecter ce telles supercheries.Les possibilités techniques ne sont pas la seule cause de l'intérêt des éditeurs. Il semble également que le plagiat soit à la hausse, encouragé par la compétition entre chercheurs et par l'importance donnée au nombre de publications. Les éditeurs contactés par Nature admettent que le nombre de cas portés à leur connaissance augmente, même si le phénomène reste difficile à quantifier. Une étude parmi les plus alarmistes a montré en 2001 qu'un quart des articles publiés dans des revues de chirurgie présentaient des redondances avec des travaux déjà publiés, et que 11% pouvaient être suspectés de publication dédoublée. A l'opposé, une étude basée sur les rétractations publiées dans PubMed conclut à un taux de plagiat inférieur à 0,02%.L'enquête de Nature laisse penser que la situation ne changera pas du jour au lendemain. Les logiciels de détection comparent les textes au contenu d'une base de données censée répertorier l'ensemble des travaux déjà publiés. Or aucune base ne sera véritablement complète sans l'accord et la collaboration des éditeurs. Selon Nature, des «discussions préliminaires» auraient déjà commencé entre éditeurs et développeurs de logiciels, mais elles n'aboutiront pas avant quelques années. Par ailleurs, si le plagiat, la publication multiple, ou même le saucissonnage des résultats peuvent être détectés par les logiciels basés sur la comparaison de fragments de texte, le «plagiat intelligent», qui consiste à réécrire le texte plagié en termes nouveaux, s'annonce plus difficile à identifier.