Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07002.jsonl.gz/115

santé
Le camping comme remède aux troubles du sommeil
Une équipe de chercheurs de l’Université du Colorado (États-Unis) vient de montrer que passer au moins un week-end à camper et bénéficier de la lumière naturelle du jour, ainsi que de l'obscurité complète d'une nuit sans lumière artificielle est bénéfique pour notre rythme circadien et favorise l'endormissement.
Le sommeil et ses troubles
Cette horloge interne calée sur un cycle approximatif de 24 heures définit l'alternance du jour et de la nuit et régule la plupart de nos fonctions biologiques et comportementales. Son déséquilibre entraîne des troubles du sommeil et diverses perturbations physiques (comme le diabète), physiologiques, cognitives et comportementales.
En 2013, l'équipe menée par Kenneth Wright, auteur principal de cette étude, avait déjà mené un premier travail de recherche afin d'étudier l'impact de notre environnement lumineux moderne sur l'horloge biologique. Des volontaires avaient été camper une semaine en été et exposés à 4 fois plus de lumière naturelle qu'habituellement. A leur retour, les chercheurs avaient constaté que la survenue de la mélatonine, l'hormone qui favorise le sommeil et prépare l'endormissement, arrivait 2 heures plus tôt, soit au coucher du soleil.
Plus de mélatonine
Pour mieux comprendre l'impact des saisons sur l'horloge biologique et à quelle vitesse elle se modifie en réponse à notre environnement lumineux, l'équipe a réalisé une seconde expérience dont les conclusions ont été publiées dans la revue Current Biology le 2 février 2017.
14 volontaires ont été sélectionnés, dont 9 sont partis camper dans le Colorado, tandis que les 5 autres restaient chez eux. Tous ont gardé un rythme de sommeil habituel sans se lever plus tard. Deux jours après leur retour, les chercheurs ont prélevé une petite quantité de salive et constaté que leur niveau de mélatonine était avancé de 1,4 heure.
La lumière du jour est bénéfique
Pour les besoins d'une nouvelle expérience, 5 autres participants sont partis camper une semaine complète cette fois et à quelques jours du solstice d'hiver. L'équipe a ensuite mesuré leur taux de mélatonine toutes les heures durant 24 heures. Les analyses ont montré que l'exposition à la lumière naturelle du jour était 13 fois supérieure à l'environnement lumineux hivernal habituel. Tous les participants s'étaient couchés plus tôt et avaient dormi plus longtemps. Leur niveau de mélatonine avait également commencé à s'élever 2,6 heures plus tôt qu'habituellement.
Les chercheurs en concluent que leur horloge biologique n'avait pas été déstabilisée par la lumière artificielle, et s'était naturellement allongée pour s'aligner sur la saisonnalité, comme les animaux.
À défaut de camping, les auteurs recommandent de s'exposer le plus possible à la lumière naturelle du jour et d'éteindre écrans et portable avant d'aller au lit.
Pour recevoir les derniers articles de Femina, inscrivez-vous à la newsletter.