Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07183.jsonl.gz/606

Élevage bovin en Amérique du Sud. Photo : clipdealer
Depuis juin 2017, la Suisse négocie un accord de libre-échange avec les pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay et Paraguay) dans le cadre de l'AELE. L'industrie suisse de l'exportation en espère un meilleur accès aux marchés d'Amérique du Sud. La coalition sur le Mercosur, qui comprend SWISSAID, Alliance Sud, l’Union Suisse des Paysans, Fédération romande des consommateurs FRC, la Protection Suisse des Animaux PSA, Public Eye, Pain pour le prochain et Uniterre, a nouvellement été fondée. Elle exige que des critères contraignants de durabilité figurent dans l'accord prévu pour ne pas compromettre les produits agricoles sensibles ni la protection des consommateurs. L'accord a également un impact sur l'environnement et sur les familles d'agriculteurs - dans les pays du Mercosur et en Suisse.
La coalition ne s'oppose pas en principe à un accord de libre-échange, mais demande que des critères de durabilité concrets et contraignants y soient ancrés. Lors d'une conférence de presse, elle a exprimé ses préoccupations et ses demandes en faveur d'un accord durable. Les organisations des pays du Mercosur partagent également ces exigences. Natalia Carrau de l'organisation "Amis de la Terre" d'Uruguay a souligné : " Déjà aujourd’hui, l’agriculture industrielle, qui est entre les mains des multinationales, met sous pression les exploitations agricoles familiales en Amérique du Sud. Avec les accords de libre-échange avec l’Europe et l’augmentation de l’exportation des produits agricoles qu’ils entraînent, cette pression va augmenter encore. "
La coalition exige du Conseil fédéral une analyse de durabilité indépendante et transparente avant la signature de l'accord. Une partie de l'accord doit comporter un chapitre sur la durabilité avec des objectifs ambitieux et mesurables basés sur les objectifs de l'ONU en matière de développement durable. Le respect des traités internationaux pertinents, l'article constitutionnel suisse sur la sécurité alimentaire et le commerce durable (art. 104a BV, lettre d), les aspects liés au bien-être des animaux et la mise en œuvre de l'Accord de Paris sur le climat devraient également inclus dans ce chapitre. Il faut également veiller à ce que la viande importée des pays du Mercosur ait été produite sans facteurs de performance et de croissance et dans le respect de normes élevées en matière de bien-être animal et de sécurité alimentaire. Seul du soja sans OGM continuera d’être importé en Suisse comme c’est le cas actuellement. Afin de ne pas porter atteinte à la protection des consommateurs, il convient d’améliorer les contrôles et l'étiquetage des denrées alimentaires importées.
- Lien externe : Communiqué de presse de la coalition