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L’hépatite virale pourrait être éliminée en Suisse. Mais des milliers de personnes ne savent pas qu’elles ont été infectées par le virus de l’hépatite B ou C. Voilà qui peut avoir de graves conséquences pour la santé des personnes concernées et qui compromet les objectifs d’élimination.
On estime à 80'000 le nombre de personnes vivant en Suisse avec une hépatite B ou C. Quelque 200 personnes en meurent chaque année. Une grande partie des personnes infectées par l’hépatite C ne sont pas au courant de leur infection. C’est dangereux: une infection chronique par des virus de l’hépatite endommage le foie au fil des ans, ce qui peut provoquer une cirrhose et un cancer du foie. L’hépatite C augmente également les risques d’une multitude d’autres affections chroniques comme les maladies cardiovasculaires ou le diabète. De plus, un grand nombre de personnes atteintes souffrent de fatigue chronique.
Recul du nombre de personnes traitées en dépit de la multitude de cas
La bonne nouvelle, c’est que les hépatites B et C pourraient être éliminées: il existe un vaccin efficace contre l’hépatite B et l’hépatite C peut être guérie dans l’immense majorité des cas. Pourtant, les chiffres en baisse concernant les traitements de l’hépatite C compromettent les objectifs d’élimination : quelque 40 000 personnes vivaient avec l’hépatite C en Suisse début 2017. Environ 8000 d’entre elles ont été traitées au cours des trois dernières années et la plupart sont guéries. Mais les chiffres relatifs aux traitements sont en baisse: si le nombre de personnes traitées dépassait les 3000 en 2017 et en 2018, il n’était plus que de 1700 l’année dernière – et la tendance à la baisse se poursuit.
Un grand nombre de personnes non diagnostiquées
Si le nombre des personnes non traitées reste aussi élevé, c’est principalement parce que beaucoup d’entre elles ignorent leur infection. Voilà pourquoi les personnes appartenant aux groupes à risque devraient être dépistées systématiquement et, en cas de résultat positif, avoir accès au traitement. Les principaux modes de transmission du virus de l’hépatite B et C sont: la consommation de drogues par injection ou sniff, les transfusions de sang datant d’avant 1992, les tatouages ou piercings réalisés à l’aide d’instruments non stériles et les interventions médicales dans des pays où les standards d’hygiène sont peu élevés. L’hépatite B se transmet aussi par voie sexuelle. En outre, l’hépatite C touche tout particulièrement les personnes nées entre 1950 et 1985 et celles-ci devraient par conséquent faire un dépistage de l’hépatite C une fois dans leur vie. A l’occasion de la Journée mondiale 2020 contre l’hépatite, Hépatite Suisse rappelle que nous devons en faire plus si nous voulons éliminer l’hépatite virale. Nous avons tous les outils en main pour éradiquer ces dangereuses maladies virales, notamment un vaccin efficace et des traitements qui mènent à la guérison. Mettons-nous à la tâche.
Bettina Maeschli / Juillet 2020