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Quand on lui marche sur les pieds, le serpent hausse les épaules. (Stéphane Collaro, né en 1943)
On l'appelle "serpent de verre", car il peut se séparer de sa queue lorsqu'on le manipule: l'orvet (Anguis fragilis) montre ainsi qu'il n'est pas un serpent, mais un cousin des lézards qui a perdu ses pattes au cours de l'évolution. Il est d'ailleurs beaucoup moins souple qu'un serpent: son corps ressemble a un morceau de tuyau brillant, rond et de la même section depuis la tête jusqu'à la naissance de la queue.
Par le passé, l'orvet a souvent été massacré d'un coup de bêche. Pourtant, il est inoffensif et participe à l'équilibre du jardin: il se nourrit de limaces, de vers et de larves d'insectes. Aujourd'hui, c'est le reptile le plus fréquent de Suisse, mais il passe souvent inaperçu dans les jardins, parce qu'il aime les coins ombragés et vit surtout caché dans des galeries de rongeurs ou dans ses propres tunnels. Il aime aussi se glisser sous des pierres et des souches chauffées par le soleil. C'est notamment pour assurer sa survie que la Charte des Jardins recommande de laisser un tas de feuilles et de branches intouché dans un coin du terrain.
Les fourmis noires des jardins (Lasius niger) sont présentes partout et élèvent des pucerons pour se nourrir – à l'instar de ce que font les humains avec leurs vaches. Les pucerons constituent en effet un bétail passif et prolifique: les femelles sont capables d'enfanter des petites puceronnes sans mâle (parthénogenèse); elles restent sagement là où on les place pour sucer la sève des plantes; et elles produisent une déjection sucrée très nourrissante – le miellat. En bonnes bergères, les fourmis protègent leurs pucerons et les "traient" en les stimulant avec leurs antennes.
Si on a seulement quelques rosiers dans le jardin, il vaut la peine d'inspecter régulièrement le sommet tendre des tiges en croissance et les bourgeons de fleurs. C'est là que les fourmis commencent par installer une grosse puceronne pour débuter une colonie. Il suffit alors de l'écraser avec les doigts (ou des gants) pour éviter la multiplication: l'opération colore certes les doigts, mais ils se rincent facilement sous le robinet. Si les colonies de pucerons sont déjà bien développées, on peut utiliser le pistolet d'arrosage pour les éjecter – mais attention de ne pas endommager les plantes!
Si l'idée de manger des déjections de pucerons vous dégoûte, sachez que les abeilles domestiques récoltent aussi du miellat (de pucerons et de cochenilles). C'est même le principal constituant des miels de sapin ou de forêt.
SOS vers luisants
On trouve sur le marché des lampes solaires décoratives à suspendre dans le jardin. Elles comportent une cellule solaire qui alimente une batterie. La nuit venue, une guirlande de petites lumières verdâtres s'allume automatiquement pour briller jusqu'au matin... C'est très sympathique, mais l'objet risque de semer la confusion chez les vers luisants (Lampyris noctiluca). En effet, durant les chaudes nuits de juin-juillet, le mâle ver luisant vole dans l'obscurité pour repérer la petite lumière verdâtre d'une femelle. Or, la lampe aux multiples petits points lumineux risque bien de perturber leur histoire d'amour. Si vous avez déjà acquis une telle lampe, vous pouvez la mettre hors-service durant cette période.
Phénologie
La phénologie est la science de l'observation du développement des plantes au fil des saisons et des années. Elle a pris une nouvelle importance avec les changements climatiques en cours. Est-ce que les pommiers fleurissent toujours plus tôt? Observe-t-on la même précocité sur tout le territoire? Est-ce que toutes les plantes sont touchées par l'avance des saisons?
PhaenoNet est une plateforme internet qui permet à chacun d'enregistrer et de partager ses observations. Les données sont présentées à l'aide de diagrammes ou de cartes. Ce réseau, lancé en 2012, rassemble déjà 40 écoles, environ 500 observateurs et 8 scientifiques. Il accueille volontiers de nouveaux observateurs (enregistrement en ligne nécessaire).
Le 25 avril dernier dans le Jura, un frelon asiatique (Vespa velutina) a été identifié pour la première fois en Suisse. Originaire d'Asie du sud-est, ce frelon a été introduit accidentellement dans le sud-ouest de la France en 2004. Depuis lors, il a conquis une bonne partie du pays et s'est propagé en Espagne et au Portugal, en faisant de gros dégâts chez les abeilles: il se poste à l'entrée des ruches et capture les ouvrières pour en dévorer les muscles.
La taille du frelon asiatique se situe entre celle du frelon européen et celle de la guêpe commune. Par rapport à ces deux insectes, il a l'air noirci par la fumée. Sa piqûre n’est pas plus dangereuse que celle d’une guêpe. Par contre, il est beaucoup plus prolifique: son gros nid ovoïde, souvent bâti tout en haut d'un arbre, abrite trois fois plus d'individus.
Si vous repérez un tel frelon dans votre jardin, essayez de le photographier ou de le capturer (sans prendre de riques), puis avertissez la plate-forme energie-environnement.ch (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.). Les pièges à sucre ne sont pas très efficaces, et ils tuent beaucoup trop d'insectes utiles à la pollinisation pour être conseillés.
Fondé en 1907 et situé à Givisiez (FR), dans une bâtisse historique entourée d’un grand jardin, Le Bosquet regroupe trois associations actives dans le domaine de la petite enfance (0-6 ans): une crèche; un jardin d’enfants qui accueille des petits en situation de handicap; et un espace de vie pour les enfants dont la famille peine à assumer leur éducation. Le Bosquet porte une attention toute particulière aux espaces de vie: les locaux, bien sûr, mais aussi le jardin – parce que ces décors doivent favoriser le développement des enfants. C'est donc tout naturellement que l'institution s'est engagée à appliquer les dix bonnes pratiques de la Charte des Jardins.
Au Tessin, le WWF de la Suisse italienne fait une promotion active de la Charta dei Giardini (Charte des Jardins) auprès des autorités. A Lugano, par exemple, 7 parcs publics arborent déjà l'emblème de la Charte. Et c'est maintenant le Département du territoire de la ville de Bellinzone qui s'apprête à l'afficher dans le jardin de son nouveau bâtiment, à la Via Franco Zorzi. Une petite cérémonie est d'ailleurs prévue à l'occasion de la Fête de la Nature qui se déroulera aussi au Tessin (19-21 mai).
L'architecte Charles-Edouard Jeanneret (1887-1965), plus connu sous le nom de Le Corbusier, est natif de La Chaux-de-Fonds. En 1912, il y a bâti une maison néo-classique au mode de construction original: le toit est en Eternit, et la structure portante se limite aux murs extérieurs et à 4 piliers intérieurs (les pièces sont séparées par des cloisons légères). Dénommée "La Maison blanche", la bâtisse a été classée monument historique en 1979, puis rachetée en 2000 par une association qui l'a entièrement restaurée. Le jardin a été réaménagé, lui aussi, selon le plan original de Le Corbusier. Il fait désormais partie de la Charte des Jardins.
La Maison blanche est ouverte au public (horaires sur le site de l'association). On y organise des visites guidées, des conférences, des concerts et des expositions. Elle est aussi louée pour des réunions.
Avec le développement de l'urbanisation et le recul général de la biodiversité, les espaces verts publics et les jardins privés ont un rôle important à jouer pour maintenir la faune et la flore sauvages autour de nous. Le samedi 20 mai, dès 8h30, à la Salle Le Manège (route de Chancy 127), la ville d'Onex invite les propriétaires de jardin et les usagers des parcs à une journée d'information au programme bien rempli: une dizaine de spécialistes de la faune et du jardinage montreront comment, avec des pratiques simples et des petits aménagements, il est possible d'améliorer la biodiversité de proximité. La Charte des Jardins, dont la commune fait la promotion depuis son lancement, est évidemment de la partie.
La commune de Céligny (GE) vient de passer d'un coup de 700 à 800 habitants en réalisant les Grand-Chênes, un bel ensemble de 4 bâtiments construit en bordure des champs et exemplaire par bien des aspects: aménagements favorisant la nature, haute performance énergétique et chauffage au bois, parking souterrain, organisation conviviale des espaces communs, gestion des eaux de pluie qui forment une noue (mare temporaire). Avant d'emménager, tous les habitants se sont formellement engagés à respecter la vie communale et la Charte des Jardins.
Le samedi 10 juin 2017, de 9h30 à 12h, dans la cour pavée des Grands-Chênes (route des Coudres 15-25), la commune organise une rencontre avec les habitants en collaboration avec l'Etat de Genève (Direction générale de l'agriculture et de la nature). On y parlera bien sûr des aménagements et des bonnes pratiques favorables à la nature, mais aussi du rôle des habitants dans le maintien de la biodiversité. La matinée d'information est également ouverte aux personnes intéressées.
La Fête de la Nature se déroulera dans toute la Suisse du vendredi 19 au dimanche 21 Mai 2017 (dès le jeudi 18 en Suisse alémanique). Au total, la fête propose plus de 750 activités – gratuites et sous la conduite d'un guide – à mener principalement dans la nature. La fête a pour but de mieux faire connaître notre patrimoine naturel aux grands et aux petits. Parmi les organisateurs figurent des services cantonaux, des parcs naturels régionaux, des associations de toute taille, des musées, des jardins botaniques et des amateurs passionnés. Les intéressés peuvent choisir leur programme sur le site web de la fête, et s'incrire directement aux activités de leur choix. Les rendez-vous ont lieu directement sur le terrain.
Les samedi 10 et dimanche 11 juin 2017, la commune de Bellevue connaîtra sa première édition de Festibel’. Située au coeur du village, la fête est consacrée à l’environnement, aux initiatives locales et au "mieux vivre ensemble": stands, ateliers, concerts, lectures de contes, cirque, danse etc. Dans une demeure qui fait face au lac, il y aura même un escape game (jeu de déduction où il s'agit de découvrir comment s'échapper d'une pièce dans laquelle on est enfermé). La Charte des Jardins sera aussi de la partie.
Comme c'est le cas dans bien des pays, de nombreuses espèces animales et végétales exotiques ont été introduites en Suisse d'une manière volontaire ou involontaire. Environ une espèce introduite sur mille se propage massivement jusqu'à éliminer d'autres espèces ou provoquer des dommages: allergies (ambroisie), risque de transmission de maladie (moustique tigre), destruction des arbres (capricorne asiatique), etc. On appelle ces espèces exotiques envahissantes des néobiotes.
Du 16 au 18 juin 2017 se dérouleront les Journées d'action nationale Espèces sans frontières. Leur but est de sensibiliser la population à cette problématique, de faire connaître les espèces à surveiller, et de populariser les méthodes pour les contrôler. Cette année, l'opération se concentre sur l’impatiente glanduleuse (photo), une très jolie plante issue des vallées de l'Himalaya, qui est malheureusement encore fréquente dans les jardins. Les cantons, les communes et les associations peuvent annoncer leurs actions sur le site web dédié à ces journées.
La chauve-souris n'est pas un oiseau mais elle ne le sait pas et elle continue de voler et de pondre des oeufs. (François Cavana, 1923-2014)
Les chauves-souris chassent - en vol et de nuit - les insectes et les araignées. Dans leur menu, il y a heureusement de terribles ennemis de nos arbres dont certains sont de nouveaux arrivants: la Mineuse du marronnier (un papillon de nuit responsable du vieillissement précoce du feuillage), la Pyrale du buis (un papillon nocturne d'Asie dont les chenilles peuvent anéantir toute une haie en une saison) et le Capricorne asiatique (dont les larves peuvent faire périr plusieurs espèces de grands arbres feuillus).
Hélas, les populations de chauves-souris sont en régression, parce que les espaces sauvages s'urbanisent et que les gîtes se raréfient: les vieux arbres creux sont éliminés pour des raisons de sécurité; les granges et les remises se transforment en habitation; les caves et les toitures se ferment pour isoler les bâtiments.
Toutes les bonnes pratiques de la Charte des Jardins favorisent la survie des chauve-souris, et en particulier la limitation de l'éclairage extérieur. L'obscurité facilite non seulement leurs activités de chasse, mais elle les rend aussi moins repérables lorsqu'elles volent près du sol: les chats sont capables de les abattre d'un coup de patte. Pour aider les chauves-souris, on peut aussi poser des nichoirs spéciaux sur les façades ou les arbres.
Novembre, c'est le bon mois pour planter un rosier. Et avant de le choisir, il vaut vraiment la peine de se renseigner sur sa résistance naturelle aux maladies provoquées par des champignons qui attaquent le feuillage et réduisent la floraison: la maladie des taches noires (ou marsonia), le mildiou qui produit des taches jaunâtres, l'oïdium qui recouvre les feuilles d'un feutre blanc, et la rouille qui crible la plante de petites taches orange.
Pour choisir un rosier qui peut vivre sans traitement, on peut rechercher le label allemand ADR (Allgemeine Deutsche Rosenneuheitenprüfung). Depuis 1950, les nouvelles variétés de rosier proposées par les sélectionneurs sont évaluées en conditions réelles pendant 3 ans, dans 11 stations réparties dans toute l'Allemagne. Les juges évaluent la beauté de la plante et de ses fleurs, l'abondance de la floraison et le parfum, la résistance au froid, et la résistance aux maladies provoquées par les champignons.
Depuis la création du label ADR, les experts ont évalué plus de 1700 variétés de rosiers, et attribué près de 180 labels.
Le réchauffement global se fait sentir cette année encore, avec un été qui a été particulièrement sec suivant les régions. En conséquence, beaucoup d'arbustes indigènes ont produit peu de fruits. Au moment de tailler les haies, on essayera donc de préserver un maximum de petits fruits, si précieux pour la survie hivernale des oiseaux et des autres représentants de la faune des jardins.
Éclairage extérieur LED
Les lampes extérieures attirent les insectes nocturnes et notamment les papillons. Certaines espèces s'entêtent même à tourner autour de la lumière jusqu'à l'épuisement. Des recherches indiquent que les lampes LED avec une température de couleur chaude (~2700K°, warm white) – et peu de bleu dans leur spectre – sont moins attractives que les lampes LED froide (daylight), les lampes halogènes et les lampes fluocompactes. Dans tous les cas, il est bon de privilégier les lampes dont le faisceau est dirigé vers le bas, et qui sont munies d'un détecteur de mouvement pour limiter le temps d'illumination.
Des dizaines de milliers d'oiseaux se tuent chaque année dans notre pays en percutant des vitres de bâtiment ou des cloisons vitrées. Les collisions surviennent lorsque l'oiseau voit le ciel ou la verdure à travers le verre (c'est le cas lorsque deux fenêtres forment un angle) ou lorsque la vitre réfléchit le ciel et la végétation environnante.
Les silhouettes de rapaces à coller sur une vitre n'agissent pas sur les oiseaux par "effet de peur", mais simplement parce qu'elles signalent l'obstacle: plus il y en a sur la fenêtre, et plus c'est efficace.
En hiver, la mangeoire pour oiseaux ne devrait pas être installée près d'une fenêtre, afin d'éviter les collisions. Si on ne peut pas faire autrement, placer la mangeoire à moins d'un mètre de la vitre, afin que les oiseaux qui se cogneraient en décollant n'arrivent pas trop vite...
Le Rougequeue à front blanc est l'un de nos plus beaux oiseaux, mais sa survie est menacée. Il niche dans une cavité, et son terrain de vie idéal comporte un grand arbre (poste de chant), entouré d'une prairie dont certaines portions sont bien tondues (ça lui facilite le repérage des insectes) et d'autres non-tondues. Ce jardin idéal possède aussi une haie d'arbustes sauvages indigènes; il est entretenu sans pesticide, et il n'est pas inondé de lumière pendant la nuit – on dirait presque que ce rougequeue a écrit la Charte des Jardins!
Depuis dix ans dans la région de La Chaux-de-Fonds, des ornithologues passionnés étudient le rougequeue à front blanc et posent des nichoirs pour le faire survivre dans la ville et ses environs, en collaboration avec les autorités, le Musée d'histoire naturelle et Pro Natura. Ils sont arrivés à la conclusion qu'une bonne stratégie consiste à identifier les propriétaires d'un jardin planté d'un grand arbre, qui sont d'accord de signer la Charte des Jardins. Un nichoir à deux ouvertures est alors installé sur l'arbre ou sur la maison. A ce jour, 25 jardins "idéaux" sont ainsi déjà entrés dans la charte.
Les espaces verts qui entourent le campus de l'Université de Lausanne, à Dorigny, comptent 70 hectares. Patrick Arnold, responsable du Groupe parcs et jardins (et intervenant régulier de l'émission de radio "Monsieur Jardinier"), a signé la Charte des Jardins en juillet 2011, peu après son entrée en fonction. Depuis lors, les produits chimiques ont été abandonné, de même que l'habitude de tondre tout à ras.
Pour permettre aux insectes de se reproduire, 5 hectares de prairie ne sont pas fauchés avant la mi-juin, et une partie est fauchée plus tardivement encore, afin de favoriser la biodiversité. Les jardiniers de l'université ont, entre autres, planté des anciennes variétés d'arbres fruitiers haute-tige pour favoriser la nidification des oiseaux, et ils privilégient les plantes vivaces mellifères pour nourrir les abeilles domestiques et sauvages.
Cette année, comme si c'était un cadeau de remerciement de la nature, cinq espèces d'orchidées indigènes ont été observées sur le campus.
Le Centre neuchâtelois de psychiatrie (CNP) s'est engagé à appliquer les 10 bonnes pratiques de la Charte des Jardins sur ses deux sites de Préfargier (Marin-Epagnier) et de Perreux (Boudry). Il est vrai que le chant des oiseaux, les acrobaties des écureuils et le vol des papillons peuvent apporter du bien-être non seulement aux patients, mais aussi au personnel des établissements, ainsi qu'aux parents et amis qui viennent en visite.
Ceci dit, il y a toujours plus de recherches scientifiques qui démontrent que la nature a une influence positive sur notre santé (physique et mentale) et sur notre bien-être. Des contacts réguliers avec la nature réduisent le stress, augmente la concentration, stimule l'exercice, favorisent la cohésion sociale, et aide à guérir les troubles métaboliques et certaines maladies.
Cette année, les Journées européennes du patrimoine (10-11 septembre 2016) ont été consacrées aux jardins et aux parcs publics, vus comme des oasis de bien-être et de nature. En collaboration avec la commune de Chêne-Bougeries, la Direction générale de l'agriculture et de la nature (GE) a organisé des visites guidées sur une place circulaire historique – le Rondeau des Bougeries – située en zone villas. Cette grande place ronde a été créée à la fin du 18e siècle, au beau milieu d'une zone alors non cultivée et non habitée. Elle servait de faire-valoir pour un nouveau lotissement que la Seigneurerie de Genève vendait par lots pour renflouer les caisses de son hospice général.
Lors de sa création, ce rondeau était donc une oasis d'urbanité au milieu de la nature. Il est intéressant de constater qu'il est devenu aujourd'hui une oasis de nature au milieu de l'urbanité! En effet, la commune de Chêne-Bougeries en a fait un lieu de démonstration de la Charte des Jardins, avec un arboretum d'arbustes sauvages indigènes.
Les Jardins des Délices (GE)
L'association Les Jardins des Délices a été fondée pour encourager le jardinage urbain, la biodiversité, la culture et les rencontres entre personnes de tout âge, au Parc des Délices, en pleine ville de Genève. Ses statuts engagent notamment les membres à respecter la Charte des Jardins lors des activités de jardinage qui se veulent avant tout collectives. L'association vient de terminer sa troisième saison de jardinage, accumulant non seulement les expériences dans l'art de faire pousser des légumes, mais aussi dans l'art de vivre ensemble dans un parc public fréquenté par une population multi-culturelle – les informations de présentation des jardins ont été traduites dans une quinzaine de langues.
Du vendredi 28 au dimanche 30 octobre 2016, le 14e Festival Salamandre ouvrira ses portes à Morges, au théâtre et complexe sportif de Beausobre. Il sera consacré à La Vie en Montagne. Ses films, ses expositions, ses conférences et ses activités pour petits et grands raconteront les vies de l'aigle royal, du bouquetin, du gypaète barbu et des autres habitants des sommets, qui présentent des adaptations extraordinaires aux conditions difficiles de l'altitude.
Adulte: 12.-, enfant: 6-16 ans: 5.-, moins de 6 ans: gratuit. On peut manger sur place.
Pour Noël cette année, et si on faisait indirectement des cadeaux à la nature? Par exemple en offrant un nichoir à quelqu'un qui a la jouissance d'un jardin. Ou un hôtel à abeilles sauvages pour un grand balcon ou une terrasse. Et si le balcon est tout petit, le cadeau pourrait provenir du rayon des plantes vivaces très mellifères: lavande, thym, hysope...
Dans les présents possibles, il y a aussi les livres qui apprennent à aimer la nature: les guides sur les fleurs sauvages, les arbres, les oiseaux ou les papillons. Et les manuels sur l'art de cultiver son potager sans produits chimiques. A ce propos, voilà une autre idée: un outil à main, spécialement conçu pour arracher facilement les longues racines des pissenlits et des autres indésirables bien implantées dans la pelouse. Et, enfin, pourquoi pas des biscuits en forme de... hérisson?
Nouvelles de la Charte des Jardins
No 10, printemps 2016
Le miracle est qu'un rossignol fasse un rossignolet à sa rossignole et non pas à une fauvette. (Voltaire, 1694-1778)
La Fauvette à tête noire(Sylvia atricapilla) fait partie des ténors du jardin. Elle remplit l'air de son chant flûté, enrichi d'imitations et d'improvisations. L'espèce est facile à reconnaître: le mâle est coiffé d'un béret noir, et la femelle en porte un brun. Le couple fait son nid dans les buissons et les haies. Il élève le plus souvent deux couvées par an.
Contrairement à beaucoup d'autres espèces qui se raréfient, cette fauvette se porte bien. Il faut dire qu'elle s'adapte facilement au milieu urbain, pourvu qu'on y plante des arbustes sauvages indigènes qui lui offrent les insectes et les araignées dont elle se nourrit principalement. Dans les haies épineuses (aubépine, houx et prunellier sauvage), elle trouve même une protection efficace contre les fouines et les chats.
Les fauvettes à tête noire sont plutôt migratrices. Mais avec le climat qui se réchauffe, de plus en plus d'individus – surtout des mâles – deviennent sédentaires. Ils modifient alors leur régime alimentaire et recherchent les petits fruits des arbustes sauvages. La bonne nouvelle c'est qu'ils apprennent aussi à s'attaquer aux petites chenilles de la Pyrale du buis, ce papillon asiatique nouvellement arrivé dans nos régions et qui décime les buis. Bel exemple de résilience de la nature grâce à la biodiversité!
La Charte des Jardins recommande de ne pas tailler les haies durant la période de nidification, c'est-à-dire entre mars et septembre. La taille de printemps et d'été risque bien sûr de terroriser les oiseaux et de détruire leurs couvées. Mais elle éclaircit aussi la végétation, et expose les oeufs et les oisillons aux prédateurs et à l'ardeur du soleil. De plus, si la canicule sévit, une taille estivale peut brûler les arbustes eux-mêmes, en exposant soudainement au soleil des parties végétales qui s'étaient adaptées à l'ombre. Même les thuyas peuvent en souffrir.
Si on taille en automne, on veillera à préserver les branches qui portent des petits fruits – merci pour les fauvettes à tête noires (et les autres oiseaux) qui choisissent de rester avec nous pour l'hiver.
Ver luisant
Le ver luisant(Lampyris noctiluca) est la femelle d'un coléoptère qui n'a ni ailes, ni carapace pour les protéger. Elle se déplace donc uniquement à pied et ne va pas très vite. Et c'est pour attirer son mâle (qui vole, lui) qu'elle produit sa petite lumière verte. Autant le dire tout de suite: incapable de voler, le ver luisant a de la peine à recoloniser un quartier d'où il a disparu...
Pour conserver des vers luisants dans les parcs et les jardins, il faut préserver des coins sauvages, éviter les pesticides et modérer l'éclairage. Il faut aussi que s'y trouvent des êtres encore plus lents qu'eux: les escargots. En effet, la larve du ver luisant (qui ressemble à sa mère en plus petit) est capable de dévorer un escargot dix fois plus gros qu'elle en quelques jours. Elle le paralyse auparavant avec son venin anesthésiant.
Pour observer la lumière des vers luisants, les meilleurs moments sont les nuits chaudes de juin, autour de 22-23 heures. On cherchera des petits points brillants verdâtres dans l'herbe et le bas des fourrés. On peut parfois revoir le même insecte lumineux – au même endroit – plusieurs nuits de suite.
Il y a plus de 600 espèces d'abeilles sauvages en Suisse. Bien davantage que l'abeille domestique, ce sont elles qui pollinisent les plantes sauvages et les plantes cultivées. Le public a heureusement pris conscience de leur rôle: on vend un peu partout des petits hôtels pour favoriser leur reproduction. Or, il faut savoir que 80% des espèces d'abeilles sauvages nichent dans le sol, où elles forent des galeries dans la terre nue et tassée, ou dans les zones sablonneuses. Il y en a même qui déposent leurs oeufs dans des coquilles d'escargot vides, telle l'Osmie bicolore(osmia bicolor) qui mesure à peine 1 cm.
Les bonnes pratiques de la Charte des Jardins favorisent les abeilles sauvages: laisser fleurir une partie de la pelouse avant de la tondre pour leur offrir du nectar et du pollen; privilégier les plantes sauvages indigènes auxquelles elles se sont adaptées au cours de l'évolution; ne pas utiliser de pesticides et d'herbicides qui contaminent le sol dans lequel elles pondent leurs oeufs...
Hotspot est le bulletin d'information du Forum Biodiversité Suisse, issu de l'Académie suisse des sciences. Il paraît deux fois par an (en français et en allemand) et il est gratuit. Le dernier numéro est entièrement consacré aux jardins privés. Il montre que certains sont de vrais îlots de de survie pour la faune au milieu de l'espace urbain. Il explique aussi comment les jardins peuvent présenter une grande biodiversité avec leurs espèces sauvages, leurs plantes d’ornement, et leurs plantes potagères et fruitières – et sans qu’il soit nécessaire de renoncer à leurs qualités esthétiques.
La ville de Lugano (TI) a décidé d'adhérer à la Charte des Jardins (Charta dei Giardini) et de s'engager moralement à soutenir la biodiversité. La charte, qui est promue au Tessin par le WWF, entre tout à fait dans le projet Lugano al verde qui vise à valoriser le patrimoine naturel et à resserer les liens entre les citoyens et la nature.
Sept lieux publics arboreront prochainement l'emblème de la charte, dont le Parco del Tassino, le Parco San Michele et le Parco Seli. Pour chaque lieu, la ville a défini une liste d'aménagements et de techniques d'entretien favorables à la biodiversité: renoncement aux herbicides et aux pesticides chimiques, plantation d'espèces indigènes sauvages, tonte en mosaïque, amélioration de la perméabilité des allées à l'eau de pluie, etc.
En collaboration avec la Société d'apiculture de l'Orbe, l'association des Incroyables petits jardiniers, et le Groupe Charte des Jardins, la commune d'Orbe a inauguré un biotope pédagogique sur le Pré-Genevois. Sur cette parcelle de 1500 m2, on trouve désormais un verger, une prairie fleurie, un rucher participatif, un hôtel à insectes et des abris pour la faune. Les écoles et les associations locales pourront s'initier à l'apiculture, observer les petits animaux, et observer les bonnes pratiques de plantation et d'entretien qui favorisent la nature en ville. La commune d'Orbe a évidemment signé la charte pour soigner cette précieuse parcelle qui est ouverte à tous.
Depuis plusieurs années, la Charte des Jardins compte un signataire emblématique dans le Seeland bernois: la Seeländische Wasserversorgung SWG (Entreprise de distribution d'eau du Seeland) qui fournit de l'eau potable à une quarantaine de communes situées au sud du Lac de Bienne. L'eau provient de deux nappes phréatiques et est filtrée naturellement par le sol. Elle ne reçoit pas d'autre traitement qu'une exposition à l'UV, afin de détruire d'éventuels microorganismes pathogènes.
La SWG respecte la Charte des Jardins sur trois de ses terrains situés sur la commune de Worben, où elle a son siège. Elle souligne ainsi la nécessité de maintenir des sols naturels et sains – sans pesticides ni herbicides – pour épurer efficacement les eaux de pluie qui s'infiltrent dans le terrain et qui reconstituent ainsi nos réserves d'eau potable.
La commune d'Ayent (VS) a mis un jardin à la disposition des élèves de l'école primaire. Leurs enseignants et des membres de l'association Le Rougegorge ont organisé les lieux et les activités pour que les enfants puissent s'adonner non seulement au jardinage biologique, mais aussi à des observations de sciences naturelles compatibles avec les objectifs du Programme d'Etudes Romand (PER). En plus du potager et des arbres fruitiers à haute tige, le jardin a reçu une haie d'arbustes indigènes, des nichoirs, un hôtel pour les abeilles sauvages, et une prairie fleurie. Les élèves s'y rendent deux fois par semaine. Au goûter, ils peuvent observer des papillons machaons tout en dégustant des pommes séchées produites dans ce jardin signataire de la charte. L'association Le Rougegorge organise aussi des sorties d'observation des oiseaux, ainsi que d'autres activités pour sensibiliser les habitants de la région à leur nature.
Active sur la commune de Bussigny (VD) depuis 2013, l'association Chouette-Forêt promeut l'éducation à l'environnement par des contacts directs avec la nature. Elle accueille des enfants en âge préscolaire (2,5 à 6 ans) et leur propose des activités hebdomadaires en forêt. Elle dispose aussi d'une parcelle cultivable située dans les jardins familiaux de La Plannaz, où elle organise un atelier de jardinage intergénérationnel. Les plantes sont notamment cultivées sur des tables, non seulement pour rendre le travail plus facile, mais aussi pour faciliter la rencontre et le partage entre les jeunes enfants et les séniors. L'emblème de la Charte des Jardins fait partie du décor de cette belle activité.
La 11e édition de Jardins en fête se déroulera les 6-7-8 mai 2016 au Château de Coppet (entrée 12.-, AVS 9.-, enfants gratuit), avec pour thème le Jardin des Simples (nom donné au Moyen Âge aux plantes possédant des vertus médicinales). La Charte des Jardins sera présente sur le stand de La Pralette qui fait la promotion de la permaculture (organisation de jardins, initiation, cours, atelier pour les enfants). La permaculture est un ensemble de pratiques agricoles et de modes de pensée qui visent à créer un écosystème durable et productif en nourriture, tout en laissant le plus de place possible à la nature sauvage.
La 6e édition de la Fête de la Nature se déroulera du vendredi 20 mai au dimanche 22 mai non seulement en Suisse romande, mais aussi dans le reste du pays. De nombreuses activités gratuites pour tous les âges, répertoriées par canton, sont à découvrir sur le site web de la fête. A Orbe, par exemple, le Groupe de la Charte des Jardins proposera une animation sur les insectes. Et à Zurich, l'Association du quartier de Riesbach organisera une promenade commentée pour visiter des lieux publics et un jardin privé qui appliquent les principes de la Charte des Jardins (Garten-Charta).
"Année du jardin 2016 – Espace de rencontres": c'est la campagne nationale lancée par la Confédération pour la préservation et le développement des jardins et des espaces libres. Son but est de souligner leur importance au moment où l'habitat se densifie. La campagne a lancé un site web sur lequel on peut découvrir les évènements qui ont lieu durant toute l'année.
Dans ce cadre, la Direction générale de la nature et du paysage (DGNP/DGAN) du canton de Genève organise un colloque "partage d'expériences" sur l'art d'accueillir la flore indigène et la petite faune dans les parcs et jardins: Esthétique & Biodiversité: la Charte des Jardins marie les deux. Il se tiendra le mardi 31 mai, de 17h à 19h, dans l'orangerie et le jardin de la Fondation Hardt, à Vandoeuvres (GE). On peut s'inscrire au colloque jusqu'au 23 mai.
Il faut embrasser beaucoup de crapauds avant de rencontrer le prince charmant. (Lucie de Paola, blogueuse)
Il vaut mieux ne pas embrasser un Crapaud commun(Bufo bufo), parce que sa peau peut sécréter un liquide irritant pour les muqueuses et les yeux. À part ça, c'est un compagnon inoffensif, discret et fidèle: lorsqu'il s'installe dans un jardin, il passe généralement toute sa journée dans la même cachette humide (trou de rongeur, tas de bois, anfractuosité dans un mur) et utilise sa nuit pour suivre un même parcours de chasse, à la recherche d'insectes, de vers et de limaces.
L'automne, c'est le moment d'inspecter les évacuations d'eau de pluie et les sauts-de-loup pour en retirer les feuilles mortes. En cette année de canicule, il est fort possible d'y découvrir des amphibiens (crapauds, grenouilles, tritons, salamandres) qui se sont fait piégés en cherchant de la fraîcheur. S'il sont encore vivants, on les remettra dans les fourrés mais pas dans l'eau. Et on peut sauver les prochains captifs en disposant une branche, une planchette ou une rampe en treillis métallique pour leur permettre l'ascension vers la sortie.
La Charte des Jardins recommande de laisser pousser un coin d'herbe en évitant de le tondre tant qu'il y a des fleurs. Cette pratique de tonte tardive donne du temps à certaines chenilles pour devenir papillons. Or, beaucoup de fleurs sauvages prennent plus d'un an pour se révéler: au cours de la première année, elles forment un discret bouquet de feuilles, et elles attendent la deuxième année pour s'épanouir et montrer leurs couleurs.
C'est le cas de la Chicorée sauvage(Cichorium intybus), l'ancêtre de celle qui se mange en salade. Sur environ un mètre de hauteur, cette plante vivace produit un véritable feu d'artifice de petites fleurs bleu électrique qui se referment durant la nuit – et le spectacle dure tout l'été. Ainsi, cela vaut souvent la peine de tondre haut en fin de saison, ou même de patienter jusqu'à l'automne suivant.
Les livres sur les fleurs sauvages montrent rarement à quoi ressemble une espèce avant sa floraison. Pour apprendre à reconnaître précocement une espèce inhabituelle repérée dans le jardin, on peut photographier la touffe de feuilles et noter son emplacement avec un petit piquet pour éviter de la tondre.
La plupart des taupinières ne sont pas l'oeuvre de la taupe, croqueuse de vers et d'insectes, car elle est devenue rare en plaine. Elles trahissent plutôt la présence du Campagnol terrestre ou Rat-taupier(Arvicola terrestris). Ce rongeur, trois fois plus gros qu'une souris, dévore les racines, les tubercules et les bulbes qu'il rencontre sous terre. Lorsque sa population se met à croître soudainement – ce qui arrive cycliquement – il peut provoquer de gros dégâts dans les cultures et les vergers – sans parler des galeries creusées juste sous la surface du sol qui défoncent le terrain.
Un jardin qui subit une invasion de campagnols terrestres peut perdre une grande partie de ces plantes (jeunes arbres fruitiers et rosiers, notamment) et finir par ressembler à un champ de bataille. Mais on se gardera d'utiliser du poison pour les contenir, car les rongeurs intoxiqués – et donc faciles à capturer – peuvent empoisonner à leur tour leurs prédateurs: hermines, renards et rapaces... et aussi les chiens et les chats. Pour lutter contre les rongeurs, il existe des pièges mécaniques à placer dans les galeries de surface: les pinces traditionnelle (toujours très efficaces), et les systèmes plus modernes à guillotine. On peut aussi appeler un taupier professionnel qui utilise des techniques de piégeage sans poison.
Lors de l'installation de jeunes arbres dans le jardin, on peut prévenir les dégâts en entourant leurs racines avec un treillis métallique.
La moitié des espaces pouvant accueillir la nature en Ville de Lausanne sont situés sur des terrains privés: parcs, jardins et pourtours d’immeubles. Et beaucoup de citoyens pourraient créer des coins sauvage sur leur balcon ou leur terrasse. La ville vient ainsi de mettre en ligne un portail "nature" pour motiver ses citoyens à agir et pour leur prodiguer de bons conseils. La Charte des Jardins fait partie des outils pratiques mis à disposition. Ceci dit, il n'y a pas besoin d'habiter Lausanne pour profiter de la qualité de ces informations.
Réalisé par estampage à chaud sur une planchette de mélèze, l'emblème de la Charte des Jardins pâlit avec le soleil et la pluie – d'autant plus vite qu'on ne renouvelle pas sa couche d'huile de protection. Dans bien des cas, l'image a complètement disparu avec les années. Depuis deux ans, l'atelier protégé qui les fabrique et les distribue – la FOVAHM, à Sion (VS) – propose aussi deux autres modèles résistants aux intempéries: un emblème en acryl (15x15 cm), et un modèle en aluminium (7x7 cm) à coller sur la boîte aux lettres.
On peut visser le modèle en acryl directement sur l'ancien emblème en mélèze, après avoir donné au bois un coup de papier de verre et d'huile de protection (voir photo).
Un autre atelier protégé situé à Genève (PRO) fabrique de très beaux emblèmes en aluminium gravé et peint (c'est la technique utilisée pour les plaques professionnels placées à l'entrée des immeubles). Dans tous les cas, chacun est libre d'utiliser le logo de la Charte des Jardins pour demander à un graveur de réaliser un modèle original.
Avec 2356 habitants, Hägglingen est une commune du canton d'Argovie qui a pour devise "Zum Leben gern" (Il y fait bon vivre). Ses sept collines et son environnement naturel font partie de ses atouts. Et pour les préserver, la commune a décidé de lancer la Charte des Jardins en novembre 2014, en envoyant un courrier à tous les propriétaires de jardin. À ce jour, 26 citoyens ont déjà signé la charte. En échange de leur engagement à préserver la biodiversité sur leur terrain, la commune leur a offert l'emblème de la charte.
Cédric et Christelle Andrey, tous deux éducateurs spécialisés, ont décidé de se lancer dans une belle aventure avec leur trois enfants. La famille a repris une ancienne ferme à Treyvaux (FR), avec ses terrains et ses granges, afin d'en faire un lieu de contact avec la nature pour les jeunes en difficulté. En collaboration avec les services sociaux, leur "Jardin sous la Lune" organise des journées pédagogiques, des rencontres parents-enfants et des ateliers pratiques: soins donnés aux animaux, fabrication de pain, jardinage.
La ferme offre un atout pédagogique d'importance. Elle sert de refuge pour 35 animaux de compagnie (chiens, cochons nains, tortues, lapins, etc.), auxquels il faut ajouter la petite faune sauvage qui est bienvenue car les Andrey gèrent leur ferme en accord avec la Charte des Jardins.
Susanna-Gossweiler-Platz (ZH)
Une petite équipe de passionnés, membres d'une association d'habitants de la vieille ville de Zurich (Quartierverein "Altstadt rechts der Limmat"), a décidé de mettre davantage de verdure et de nature dans les espaces publics du Niederdorf. Cet ancien quartier, très apprécié des touristes, s'étale sous l'imposant bâtiment de l'École polytechnique fédérale jusqu'au bord de la Limmat. L'objectif est de créer des espaces à la fois esthétiques et riches en biodiversité, en accord avec les habitants du voisinage et avec leur aide.
Une vingtaine de coins ont déjà profité de ces aménagements qui se font généralement sans moyens mécaniques – et toujours sans pesticides ni herbicides. L'une des interventions les plus remarquable a eu lieu sur la (petite) Place Susanna-Gossweiler, où figure désormais l'emblème de la Charte des Jardins (Garten-Charta, en allemand). On peut admirer, en photos, les réalisations de ces jardiniers-artistes de la biodiversité sur leur page Facebook.
Samedi 17 octobre, de 9h à 16h30 dans le Parc Navazza-Oltramare, la ville de Lancy (GE) organise sa première Fête de l'abeille et du terroir. Une vingtaine de stands seront à la disposition du public pour valoriser les produits du terroir, élaborés dans un esprit de qualité et de respect de l'environnement. Les enfants sont particulièrement bienvenus à la fête, où les attendent des animations et des ateliers de jardinage, de lombri-compostage et de fabrication de pain. Sur le stand de la Charte des Jardins, ils pourront fabriquer un hôtel pour les abeilles sauvages, à placer sur le balcon ou dans le jardin.
Du vendredi 23 au dimanche 25 octobre 2015, au théâtre et complexe sportif de Beausobre (Morges), se tiendra le 13e Festival Salamandre consacré cette année au retour des animaux sauvages: ours, loup, castor, loutre, lynx, vautour, faucon pèlerin... Le festival offre des films, des conférences, des expositions d'artistes, des activités pour les enfants, de quoi se restaurer... Il ne manque rien puisqu'on trouvera aussi la Charte des Jardins sur le stand de la Maison nature, association qui fait la promotion d'un habitat écologique. Les billets d'entrée sont en vente sur place.
Le mardi 3 novembre aux Acacias (Genève), de 9h à 16h30, le pavillon Sicli accueillera un colloque national intitulé "Quand les acteurs privés font la nature en ville! Illustration de partenariats innovants". Huit projets qui visent à favoriser les espèces sauvages en milieu urbain seront présentés et commentés. Ils ont été menés par des acteurs privés – régies, fondations, coopératives, ems – avec le soutien de l'Etat de Genève et de la Confédération.
Organisé par la Direction générale de la nature et du paysage, avec l'accompagnement de l'association Equiterre, ce colloque vise à partager les expériences menées sur le terrain pour faciliter l'éclosion de nouvelles initiatives. Avec traduction simultanée en allemand. Participation libre mais uniquement sur inscription.