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Une association commerciale Suisse-Malaisie vient de se constituer pour renforcer les échanges bilatéraux et les investissements entre les deux pays. A travers elle, les entreprises suisses privilégient Singapour et la Malaisie comme «plate-forme» pour leurs opérations en Asie du Sud-Est.
Pas moins de 380 entreprises suisses sont actives à Singapour et en Malaisie. Ces deux Etats servent de «hub», ou de plate-forme, pour leurs activités en Asie du Sud-Est. Ils offrent tous deux de remarquables facilités pour les services, et la possibilité pour les entreprises de délocaliser leur production.
Dans ce contexte, la création à Kuala Lumpur d'une Association commerciale Suisse-Malaisie est destinée à cimenter les relations entre les deux pays. Les hommes d'affaires suisses, en particulier, veulent prouver aux autorités malaises qu'ils accordent la même importance à l'un et à l'autre de ces deux pays voisins. Lesquels se livrent une concurrence acharnée pour attirer chez eux les investissements directs étrangers.
Singapour, cette «Suisse de l'Extreme-Orient», s'octroie la part du lion. Quant à la Malaisie, sa stabilité politique, ses capacités de logistiques bien développées et ses infrastructures modernes sont les facteurs les plus souvent cités par les entreprises suisses qui ont choisi de s'y installer.
«Elles reconnaissent aussi l'engagement du gouvernement malais à investir massivement dans les technologies de l'information et des communications», ajoute Pedro Garcia, le secrétaire de la Swiss-Malaysian Business Association, qui est aussi un directeur de la société de conseils Arthur Andersen.
L'appréciation du ringgit, la monnaie locale liée au dollar américain, ne fait pas de la Malaisie le pays le moins cher de la région pour les investisseurs suisses. Mais la nation du Premier ministre Mahatir offre d'autres avantages qui compensent son taux de change défavorable.
«C'est vrai que les monnaies de l'Indonésie et de la Thaïlande sont sous-évaluées par rapport au ringgit, mais les infrastructures malaises, la volonté de ses autorités de transformer le pays en un centre des technologies de l'information en Asie du Sud-Est sont estimés à leur juste mesure par les investisseurs suisses», déclare Pedro Garcia.
Depuis quelques années, le gouvernement suisse a renforcé ses liens avec cette région du monde. En février dernier, le ministre suisse de l'Economie, Pascal Couchepin, a encore fait le voyage de Singapour pour ouvrir des négociations en vue de la création d'une zone de libre-échange entre l'île-Etat et les quatre pays de l'Efta, l'association de libre-échange européenne qui comprend la Suisse, la Norvège, l'Islande et le Liechtenstein.
Georges Baumgartner, Tokyo