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Une puissante logique interne est la caractéristique fondamentale du style d'Aldrich. Elle est liée à cette fabuleuse énergie créatrice que l'auteur est capable de déployer à partir du matériau le plus médiocre. en vertu de cette logique, la nouveauté révolutionnaire introduite dans Kiss Me Deadly a amené le genre du film à imploser littéralement et à se transformer en quelque chose d'autre. Le genre policier abritera ainsi un récit fantastique, un apologue apocalyptique en forme d'avertissement planétaire. Le danger nucléaire apparaît dans l'intrigue à travers le mythe recrée de la boîte de Pandore, grâce auquel Kiss Me Deadly, appartient autant au domaine de la SF qu'au film noir. Les multiples beautés esthétiques de l'oeuvre sont restées intactes malgré les années. Signalons entre autres le baroque étincelant et glacial du découpage et de la photo d'Ernest Laszlo (tout à l'opposé du baroquisme brûlant d'un Fuller); le relief inouï des innombrables silhouettes du film (interprétées pour la plupart par des amis et amies d'Aldrich: Nick Dennis, Wesley Addy, Jack Elam, Maxine Cooper, Cloris Leachman, Gaby Rogers, etc.); La qualité littéraire et volontiers irréaliste de certains dialogues; la richesse de la bande sonore. Il s'agit ici d'une oeuvre-clé, indispensable à la connaissance de l'âge d'or du cinéma hollywoodien (les années 1945-58).
Jacques Lourcelles