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En mars 1933, quelques semaines après qu'Hitler eut pris en main les destinées de l'Allemagne, Franklin Delano Roosevelt accédait à la présidence des États-Unis d'Amérique. Il fallait sortir le pays de la crise économique dans laquelle il s'enfonçait et combattre le chômage et la misère. Or, de 1933 à 1945, les États-Unis maîtrisaient progressivement leur crise intérieure et même parvenaient au premier rang du monde occidental. La mise en place du New Deal devait restaurer le système bancaire en proie à la panique et remettre en route la production agricole et industrielle. En général d'esprit libéral mais empreint d'un certain conservatisme, il a instauré une tradition d'intervention de l'État dans la politique du pays. Cependant, pour beaucoup d'Américains de l'époque, le New Deal fut surtout associé à la création de mesures sociales : sécurité sociale, assurances vieillesse, négociations de conventions collectives avec les syndicats. Néanmoins, si la politique rooseveltienne fut approuvée par l'homme de la rue, elle provoqua également des mouvements d'opposition, de mécontentement, de critiques qui mirent le président en difficulté. Réélu triomphalement en 1936 et honorablement en 1940, Roosevelt, qui avait suivi une politique de neutralité à l'égard des conflits européens, fut entraîné malgré lui dans la guerre avec l'attaque de Pearl Harbor par le Japon. La participation des États-Unis à la guerre fut, on le sait, décisive pour la victoire des Alliés. Mais l'effondrement de l'Europe permit également aux États-Unis d'acquérir une prépondérance incontestable au plan économique, financier et monétaire. Claude Fohlen, dans ce livre très documenté et fort agréable à la lecture, explique parfaitement l'étonnante transformation qu'ont opérée les États-Unis au cours de ces douze années, en même temps que le rôle écrasant qui leur incombait : assurer la paix au lendemain de la guerre.
L'historien retrace quatre-vingt-dix années de vie du mouvement syndical en Europe. Il distingue trois périodes : la crise dans la révolution 1900-1914; l'entre-deux-guerres 1914-1945; les décennies du grand schisme. M. Launay prend en compte la totalité des pays du Vieux Continent.
Tourné vers l'Europe et regardant en même temps vers New York, le Québec, la plus vaste des provinces du Canada, fascine et intrigue les Français. Il est vrai que le Québec a connu l'un des plus profonds changements qu'on puisse imaginer en l'espace d'une quarantaine d'années : l'autorité de l'Église s'effondre, les liens s'établissent avec la « francophonie », le retard économique avec l'Ontario est en partie rattrapé, l'industrie hydroélectrique devient le symbole de la fierté québécoise. Cette profonde et rapide mutation est-elle à l'origine de l'éveil, au Québec, de l'idée d'indépendantisme ! 1960 et la « révolution tranquille » ont vu naître des luttes importantes pour le pouvoir entre anciennes et nouvelles élites, entre francophones et anglophones. Dans un face-à-face spectaculaire, deux Québécois : René Lévesque, premier ministre indépendantiste du Québec et Pierre Elliott Trudeau, premier ministre fédéraliste du Canada, ont défendu une solution d'avenir pour le Québec, différente. Entre la vitalité économique et culturelle du présent et le déclin de la natalité qui hypothèque l'avenir, le Québec a certes des atouts mais aussi beaucoup de défis à relever. Deux destins s'offrent toujours aux Québécois : accéder à la souveraineté en se condamnant peut-être à une dimension et un rôle réduits dans le monde ou bien tirer pleinement profit du grand espace canadien avec un système fédéral fondé sur l'égalité des francophones et des anglophones. En quelque sorte le choix entre le sentiment et la raison.