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Le Conseil d'Etat genevois livre son rapport sur les abus sexuels à l'école
L'analyse porte sur la période durant laquelle Tariq Ramadan était collaborateur du département de l'instruction publique (DIP), ainsi que sur le traitement de situations survenues au sein du département ces trente dernières années.
Dans ce cadre, les témoins et victimes qui l'ont souhaité ont pu se faire entendre par les experts, désignés par le Conseil d'Etat le 21 mars 2018.
Le Conseil d'Etat reconnaît que la protection des élèves n'a pas toujours été assurée par le passé, constatant par ailleurs que le climat de l'époque ne permettait pas aux élèves abusés de s'exprimer en toute confiance. Ce manque de rigueur est souligné également par les experts.
"Le DIP donnait toujours une suite"
L'un des deux experts en charge de l'enquête, Michel Lachat, a confirmé dans l'émission Forum de la RTS qu'il n'y avait pas de dysfonctionnements majeurs. Ceci est dû au fait que l'analyse des dossiers et des témoignages a montré que "le DIP donnait toujours une suite lorsqu'une plainte était déposée par la victime elle-même".
Michel Lachat reconnaît néanmoins que ce rapport puisse surprendre. "Mais ces affaires se sont produites dans les années 1980 et 1990, des années marquées par une omerta et une certaine pudeur et durant lesquelles on essayait de réduire la publicité de ces affaires", précise-t-il. Si ces affaires se reproduisent, "cela ne pourrait pas être caché", ajoute l'expert.
Concernant le manque de rigueur, Michel Lachat mentionne un cas précis, celui de "la dénonciation d'un témoin qui avait rapporté à la doyenne du collège de Saussure de l'époque que Monsieur Ramadan avait eu des relations sexuelles avec sa petite copine". Le recteur alors en place s'était contenté de réprimander Tariq Ramadan, sans même entendre la victime.
L'expert a souligné que l'anonymat a été promis aux victimes qui ont témoigné dans le cadre de ce rapport.
Neuf recommandations
Le rapport se conclut par neuf recommandations. Un tableau de suivi a été mis en place, avec pour objectif leur mise en œuvre d’ici la rentrée 2019.
Ces recommandations vont dans le sens des travaux déjà entrepris par le Département depuis le début de l'année. On y trouve notamment le renforcement de l'information et de la prévention ou encore la mise en place d'une procédure de prise en charge des situations de maltraitance.
>> L'interview de Michel Lachat, un des experts qui a rédigé le rapport
Propos recueillis par Pietro Bugnon et Marie Giovanola
Adaptation web: Nicolas Kalbfuss
Publié le 28 novembre 2018 à 19:11 - Modifié le 29 novembre 2018 à 06:35