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Ce deuxième billet de notre série "Les perles du rock" vous parle de "A Woman in Love", de Tom Petty and the Heartbreakers, qui est un des tout grands morceaux, non seulement du groupe, mais aussi du rock! La version qui fait l'objet de ce billet fut jouée en public le 29 juin 1981, au Forum de Los Angeles. Elle n'a été officiellement publiée qu'en 2009, dans l'Anthology Live du groupe.
Quant à moi, je découvrais pendant l'été 1981 la version studio sortie en single (qui a le défaut majeur d'être amputée du solo de guitare final), et toute ma vie (toute, c'est peut-être beaucoup dire, mais une grande partie de celle-ci, disons celle qui a à voir avec la musique, les goûts, l'esthétique, les arts, certainement) s'en trouva changée... J'étais entré dans le territoire du rock pur, dont personne, on le sait, ne sort indemne!
Le groupe, à l'époque, comprenait Tom Petty, guitare et chant, Mike Campbell, guitare lead, Ron Blair, basse, Benmont Tench, claviers, Stan Lynch, batterie et chant et Phil Jones, percussions.
Tom Petty est décédé le 2 octobre 2017, à 66 ans. Paix à son âme.
Le lien pointe vers You Tube.
Tout commence, sous les vivats de la foule, avec une petite mélodie introductive, jouée par Benmont, un des meilleurs claviers du circuit, au piano électrique, une variation sur le thème principal. Puis, accompagnant les dernières notes de l'intro, vient le décompte "one two three four", emmené par quatre coups de baguettes. C'est à ce moment précis que les affaires sérieuses commencent, et que le morceau démarre. La batterie de Stan entre en scène et Mike joue le riff d'ouverture à la guitare électrique, un arpège decrescendo, qui sera repris tout au long du morceau, à la guitare et à l'orgue, redoutablement efficace! Il n'en faut pas plus, le calme revenu, pour que Tom entame le premier couplet, "She laughed in my face", sur fond tranquille de basse jouée par Ron, de frappe légère et de piano assuré par Benmont, qui poursuivra à l'orgue, pendant que Mike égrène quelques notes de Fender Stratocaster ça et là. Puis, rassemblé par cinq coups de batterie de Stan (deux, deux, un), le groupe se lance à l'unisson dans le premier refrain, très rock, très entraînant, c'est simple, on a envie de se lever et de danser! Bon sang, quelle frappe, écoutez cet orgue qui assure, et cette basse qui tricote autour des notes! "She's a woman in love, She's a woman in lo-o-o-o-ooove. But it's not me". Après encore deux refrains vient le pont, introduit par un vif "She can't let go", joué à la guitare, un arpège crescendo, du pur bonheur! Encore un couplet, calme, et un refrain, sonore et bien senti, Tom pousse... sa voix! Puis, après un cri qui révèle la douleur du chanteur, tout ce petit monde se lance dans le finale, emmené par un excellent solo de guitare électrique de plus d'une minute, ponctué par les cris du chanteur et, en alternance avec la frappe solide et ancrée, les roulements de batterie sur les toms, accompagnés de coups de cymbales bien sentis et des cliquetis du tambourin de Phil.
Tom Petty et ses Heartbreakers quittent ici le rock pour toucher à l'âme même de la musique... Ils nous font entendre à la fois le cri du premier homme et, suspendue en l'air, la note finale de piano de A Day in the Life, pièce maîtresse du Sergeant Pepper des Beatles! Quel bonheur que ce morceau, quelle joie libératrice! Allez, je me le rejoue un coup! Voire deux! Ou trois!
Nota bene : la version ci-dessus, dont l'enregistrement est de qualité médiocre, n'est pas celle de l'Anthology Live dont je parle, mais elle s'en approche beaucoup. Toutefois, cela ne dispense pas d'écouter la bonne version!