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Quelle est la situation de l’enseignement du journalisme en Afrique subsaharienne ? Combien de centres de formation existent-ils ? A quels défis doivent-ils faire face ? Voici les questions auxquelles le rapport « Mapping Journalism Training Centres in sub-Saharan Africa » tente de répondre.
Publiée en novembre 2020, cette étude a été réalisée par Alan Finlay pour le compte du Fojo Media Institute, en Suède, et du programme en journalisme de l’Université du Witwatersran, en Afrique du Sud. Son objectif est de présenter un aperçu des centres de formation[1] et des études supérieures en journalisme en Afrique subsaharienne. Pour ce faire, le rapport se penche sur dix pays : l’Afrique du Sud, l’Éthiopie, le Ghana, le Kenya, le Malawi, Maurice, le Mozambique, la Namibie, le Nigeria et l’Ouganda.
A travers l’analyse de ces pays, Alan Finlay espère identifier les tendances de la formation en journalisme dans cette partie du continent, les défis auxquelles elle est confrontée ainsi que ses domaines de créativité et d’enseignement.
L’étude permet aussi de combler une lacune, détaille son auteur, puisque « la dernière cartographie des centres de formation des journalistes sur le continent semble avoir été réalisée il y a plus de dix ans ».
Une multitude d’acteurs
Dans l’introduction du rapport, Finlay dresse un constat global plutôt positif. De manière générale, estime-t-il, les formations et les études supérieures en journalisme sont en plein essor en Afrique subsaharienne. Plusieurs centres de formation s’étendent et explorent de nouveaux territoires, alors que d’autres, plus récents, bénéficient déjà d’une solide réputation.
Rien qu’au Nigeria, on dénombre au moins 66 institutions. En Afrique du Sud, il y en aurait 13, alors qu’en Éthiopie, le gouvernement a fourni une liste de 19 universités publiques proposant ce type de formation.
Les acteurs impliqués dans la formation en journalisme sont nombreux. Il y a tout d’abord l’État, qui peut déterminer la structure des programmes d’enseignement et finance les universités publiques. A celles-ci, qui ont souvent été les premiers centres régionaux à offrir une formation en journalisme, s’ajoutent les universités et les écoles privées, ainsi que les médias et des institutions internationales telles que l’Unicef et l’Unesco.
Dans certains pays analysés, note l’auteur du rapport, la relation entre les acteurs de la formation est fluide et est caractérisée par un niveau élevé de coopération et d’engagement croisé.
Quatre « particularismes contextuels »
Pourtant, l’enseignement du journalisme en Afrique doit faire face à plusieurs difficultés. Celles-ci sont en partie le résultat de quatre facteurs, que Finlay appelle « particularismes contextuels » : l’influence de l’histoire coloniale, la crise des rédactions, la corruption et la pandémie de Covid-19.
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L’héritage du colonialisme
Le passé colonial du continent continue d’exercer une influence négative sur la formation en journalisme. Écoles et universités ont par exemple l’habitude de solliciter une expertise européenne, au détriment des experts œuvrant dans les institutions du continent.
De manière plus concrète, la plupart des centres ne dispensent pas de cours dans les langues autochtones. Il s’agit d’un problème majeur, au vu du rôle primordial que joue la radio dans la diffusion des informations. La radio, qui diffuse en langues vernaculaires, est le média le plus important dans la plupart des pays africains.
Cette situation a été considérée comme une lacune majeure dans la formation des journalistes au Ghana, et il ne fait guère de doute qu’un argument similaire peut être avancé pour d’autres pays de la région, estime Alan Finlay.
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Les difficultés économiques
Comme un peu partout dans le monde, les médias africains sont soumis à une importante pression financière. Les rédactions manquent de ressources et ont moins de personnel dédié. Dans de nombreux cas, même les cadres sont partis.
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La corruption
Un autre problème auquel les formateurs sont confrontés concerne la corruption, endémique dans la plupart des pays étudiés. Cela fait en sorte que les enquêtes sur ces problématiques soient particulièrement complexes et dangereuses.
Cette situation se reflète dans les programmes d’enseignement des centres étudiés, qui comprennent souvent des cours de journalisme d’investigation, dont l’enseignement constitue, selon Finlay, l’une des priorités absolues sur le continent.
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La pandémie
L’étude a été menée pendant la pandémie de Covid-19, qui, comme en Europe, a obligé de nombreux centres à organiser leurs cours à distance.
Cela a soulevé des difficultés techniques, notamment dans les pays de faible connectivité internet, mais la plupart des centres qui sont restés ouverts semblent avoir trouvé une solution, estime Finlay. Au-delà des problèmes, cette période a aussi eu des conséquences positives, car elle a constitué une ère d’expérimentation et d’apprentissage.
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[1] Dans le rapport, le terme « centres de formation en journalisme » désigne la formation et l’enseignement dispensés dans les universités, les écoles, les instituts, les médias commerciaux et les organisations à but non lucratif.