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Park Ji-sung ne veut plus entendre une chanson qui lui rendait pourtant «hommage», parfois encore chantée. Celle des supporters de son ancien club, Manchester United, où le Sud-Coréen a joué de 2005 à 2012. Il l'a révélé dans un podcast des Red Devils le week-end dernier. Vous allez comprendre en lisant les paroles:
«Park, Park, wherever you may be, You eat dogs in your country, It could be worse, You could be scouse, Eating rats in your council house…»
Traduction:
Le stéréotype passe mal, et on comprend Park. Comme lui, plusieurs joueurs de Premier League ont vu les fans de leur propre équipe composer des chants en leur honneur. Pas toujours de manière très heureuse... Notre top 10 des chants les plus malaisants.
Park n'est pas le dernier joueur de Manchester United pour qui les fans ont concocté une chanson polémique. Romelu Lukaku y a aussi eu droit au début de la saison 2017.
Même si les paroles étaient censées rendre hommage aux prestations du nouvel arrivé chez les Red Devils (désormais attaquant de Chelsea), elles posent problème. Outre leur vulgarité, elles véhiculent un stéréotype raciste. Ce chant a été épinglé par l'association anti-raciste Kick It Out, qui a milité pour son interdiction.
Manchester United et Romelu Lukaku avaient eux aussi demandé à leurs fans d'arrêter, via un message sur Twitter.
Franz Beckenbauer avait été l'un des plus célèbres acteurs du football à se moquer du physique de l'ex-attaquant international anglais Peter Crouch. «Ce gars ne risque pas une élongation. Il n'a pas de muscles», avait ricané l'Allemand. Les fans de Stoke City, dont le longiligne attaquant (2,01 m) a porté le maillot entre 2011 et 2019, ont aussi été inspirés par sa silhouette:
🎵 Version originale: «Crouchy is a Stokie, He's nearly ten foot tall, And he would be a virgin, If he didn't play football, But now he is our striker, And he has a sexy wife, So watch him do the robot in the famous red and white!»
Stigmatisation du physique de Crouch, commentaire baveux sur celui de sa compagne et déshumanisation du joueur comparé à un «robot»: pas les paroles les plus intellectualisantes de la british pop. Mais là-aussi il faut les prendre avec du recul: il s'agit avant tout d'un hommage à un buteur de talent (106 buts en 467 matchs de Premier League).
Le 13 novembre 2015, funeste date des attentats de Paris, Bacary Sagna était sur la pelouse du Stade de France quand les kamikazes djihadistes se sont fait exploser à l'extérieur de l'enceinte. Ses compatriotes et lui affrontaient l'Allemagne en match amical.
Les fans de Manchester City, où le latéral français a évolué entre 2014 et 2017, ont repris ce tragique événement dans une chanson en hommage à leur joueur:
🎵 Version originale: «Bacary Sagna he plays at the back, They tried to kill him in the Paris attack, He said "fuck off" and made a bomb, He dropped the fucker on Jihadi John»
Rappeler cette triste soirée n'est pas forcément de bon goût, encore moins dans un chant festif. La comparaison entre le football et une attaque terroriste non plus. Et pourquoi faire passer Sagna lui-même pour un homme violent? On a eu connu plus subtile... Pour info: Jihadi John était un membre de l'Etat islamique qui a grandi en Angleterre, tué par un drone Américain en 2015. Même s'il était une personne peu fréquentable, fêter une mort en chanson reste glauque...
Plus léger maintenant, LE moment suisse de l'article. Un Helvète a eu droit à sa chanson en Premier League. Et ce n'est de loin pas le plus connu de tous, puisqu'il s'agit de... Bernt Haas.
L'ancien latéral (37 sélections avec la Nati) a fait deux passages en Angleterre, à Sunderland (2001-2003) puis West Bromwich Albion (2003-2005). Ce sont les fans de ce deuxième club qui ont décelé le potentiel humoristique et calembouresque du prénom et du nom du Suisse. La version originale:
Indices pour les non-anglophones: sachant que Bernt équivaut à «burnt» (brûlé, au passé), Haas à «ass» (le cul) et que «I've gone» signifie «Je suis parti», on vous laisse faire la traduction!
Simple mais efficace. Il en faut peu pour être heureux...
On est de retour à Old Trafford, où les fans semblent particulièrement musicophiles. Cette fois, il s'agit d'une chanson dédiée à leur ancien milieu de terrain japonais Shinji Kagawa, qui a été mancunien de 2012 à 2014. Pas certain qu'il ait beaucoup apprécié la référence à son pays:
🎵 Version originale: «His name is Shinji, Shinji Shinji, His second name’s Kagawa, Kagawa, Kagawa, He’s Carrick midfield partner, partner, partner, His grandad bombed Pearl Harbour, Pearl Harbour, Pearl Harbour»
Pearl Harbor étant la base navale américaine à Hawaï que l'armée japonaise a bombardée en 1941 durant la Seconde Guerre mondiale. Il y a plus flatteur comme clin d'oeil au Japon.
Même vulgaires ou potentiellement blessants, tous les exemples ci-dessus ont le mérite de rendre hommage à des joueurs pour leurs bonnes prestations. Ce n'est pas le cas de la chanson qu'ont eu l'habitude d'entonner les fans d'Arsenal pour parler de leur ancien défenseur Pascal Cygan. Le Français a joué 63 matchs de Premier League pour les Gunners entre 2002 et 2006. Le moins qu'on puisse dire, c'est que ces performances n'ont pas convaincu les fidèles de Highbury:
🎵 Version originale: «He's bald, He's shit, He gets a game when no-one's fit, Pascal Cygan! Pascal Cygan!»
C'est petit d'attaquer le physique...
Jamie Vardy a été l'un des grands artisans du titre de champion d'Angleterre de Leicester City en 2016. L'attaquant, ancien international anglais, y joue depuis 2012. Il est devenu une légende des Foxes, qu'il avait rejoints en deuxième division et avec qui il a donc créé l'une des plus grandes surprises de l'histoire du foot. Un vrai taulier de l'équipe, à qui les fans n'ont pas manqué de rendre hommage en musique:
🎵 Version originale: «Jamie Vardy’s having a party, bring your vodka and your Charlie»
Les supporters font référence au passé tumultueux de Jamie Vardy. S'il s'est rangé à Leicester, l'attaquant n'a pas toujours eu avant une hygiène de vie irréprochable, en fréquentant assidûment les pubs.
Pas suffisant toutefois pour le faire passer pour un consommateur d'alcool fort et de drogues dures...
En 2008, l'attaquant norvégien John Carew avait été surpris un matin dans un établissement de strip-tease de Birmingham. Tout ça à quelques heures d'un match de Coupe d'Europe de son équipe d'alors, Aston Villa, face à l'Ajax Amsterdam.
Taquineurs, les fans des Villans n'ont pas manqué l'occasion de reprendre cet épisode piquant en chanson:
🎵 Version originale: «John Carew, Carew, He likes a lap-dance or two, He might even pay for you, John Carew, Carew»
Fabricio Coloccini aura passé 8 ans à Newcastle (2008-2016). Le défenseur international argentin était très apprécié par les fans des Magpies, comme le prouve le chant qu'ils lui ont dédié:
🎵 Version originale: «Oooh Coloccini, You are the love of my life, Ooh Coloccini, I'll let you shag my wife, Ooh Coloccini, I want curly hair too»
On repassera pour le consentement des compagnes...
John Terry a porté pendant 19 ans le maillot de Chelsea (1998-2017), avec qui il a notamment gagné une Ligue des Champions en 2012. Malgré cette loyauté, l'emblématique capitaine des Blues n'a pas été épargné par la moquerie de ses propres supporters. En chanson, bien sûr! Elles font suite aux révélations en 2010 sur l'adultère qu'il a commis. L'ex-international anglais a trompé sa femme avec la compagne d'un ex-coéquipier à Chelsea, Wayne Bridge, avec qui il jouait aussi en équipe d'Angleterre. Niveau paroles, ça donne ça:
🎵 Version originale: «Chelsea, Chelsea, wherever you may be, Don't leave your wife with John Terry, His dad deals coke, His mum steals tea, He cried when he missed a penalty»
En 2010 toujours, le père de la star avait effectivement été inculpé pour du trafic de cocaïne. Et sa mère avait été arrêtée en 2009 pour du vol à l'étalage...
Si la liste des qualifiées pour la 22e édition de la Coupe du monde de football 2022 est connue depuis mi-juin, le détail complet des matchs qui s'organiseront au Qatar, dès le mois de novembre, manquait encore à l'appel.