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La transmission de bactéries de la mère au bébé est l’un des éléments déterminant le futur microbiote de l’enfant. L’alimentation étant un modulateur du microbiote, une étude pilote réalisée à Taipei, capitale de Taïwan, a cherché à savoir si la consommation de fruits et légumes durant la grossesse pourrait influencer le microbiote des nourrissons. D’après ce travail, des profils de microbiote distincts ont été observés chez les nourrissons selon le niveau de consommation de fruits et légumes des mères, avec de meilleurs profils chez ceux dont les mères avaient une consommation élevée de fruits et légumes.
Selon le principe des origines développementales de la santé et des maladies DOHaD, l’environnement dans lequel se déroulent les 1000 premiers jours de vie d’un enfant conditionne non seulement son bon développement, mais également sa santé future. Parmi les facteurs pré- et péri conceptionnels qui influencent la santé de l’enfant à long terme, l’alimentation de la mère durant la grossesse apparait comme un élément important ayant un impact direct sur la santé de son enfant à l’âge adulte. En effet, une alimentation maternelle déséquilibrée et de mauvaise qualité nutritionnelle peut entrainer un faible poids de naissance, ce dernier étant associé à une probabilité plus importante de développer un certain nombre de maladies métaboliques plus tard dans la vie (diabète de type 2, obésité, dyslipidémie, etc.) (Meija, 2017). Les mécanismes biologiques en jeu pour expliquer les effets à long terme des expositions durant les 1000 jours ne sont pas encore totalement identifiés. Ils reposeraient sur des modifications épigénétiques, mais des effets médiés par le microbiote sont également suspectés.
En effet, il est largement établi que la transmission de bactéries de la mère au bébé est l’un des éléments déterminant l’établissement et le développement du microbiote de l’enfant. Étant donné que l’apport en nutriments influence le fonctionnement et la composition du microbiote, l’alimentation maternelle durant la grossesse pourrait influencer la transmission bactérienne de la mère à l’enfant, entraînant des modifications de la flore intestinale chez l’enfant.
A ce jour, les preuves de l’effet de l’alimentation maternelle sur le microbiote intestinal du nourrisson restent rares. La plupart des études pertinentes ont été menées sur des modèles animaux. Une étude pilote réalisée à Taipei a exploré l’impact des apports gestationnels en fruits et légumes sur le microbiote du nourrisson. Ce travail a également étudié les relations entre les apports nutritionnels maternels et la composition du microbiote intestinal du nourrisson.
Une corrélation entre alimentation maternelle et composition du microbiote intestinal des nourrissons
La population a été séparée en tenant compte du niveau de consommation de fruits et légumes des mères et les deux groupes ont été comparés . Les consommations de produits laitiers, céréales, viandes et graisses n’étaient pas significativement différentes entre les deux groupes. Chez les mères ayant une forte consommation de fruits et légumes, des apports significativement plus élevés en glucose, fructose, fibres alimentaires, vitamines C et D et potassium, des nutriments particulièrement apportés par les fruits et légumes, ont été observés.
La comparaison des microbiotes des nourrissons à deux mois montre des différences significatives selon le niveau de consommation de fruits et légumes des mères . Au contraire, pour d’autres facteurs de confusion potentiels – âge, niveau d’éducation de la mère, revenu familial, prise de poids durant la grossesse, mode d’accouchement, prise d’antibiotiques avant l’accouchement, positivité aux streptocoques du groupe B, sexe du nourrisson et mode d’allaitement – aucune différence n’est observée.
Afin de favoriser l’installation de microbiotes favorables dès le plus jeune âge, la consommation de fruits et légumes chez les futures mères devrait être encouragée.