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L’histoire de cette première Bible réformée traduite en anglais est intimement liée à la persécution qui sévit en Angleterre sous le règne de Marie Tudor (1553-1558). Plusieurs de ses sujets, dont le réformateur écossais John Knox (v.1513-1572), contraints à l’exil, vinrent se réfugier à Genève où ils se constituèrent en communauté dynamique. Knox en devint le pasteur de 1556 à 1557.
Cette année-là, les exilés anglais, soutenus par Calvin et Knox d’une part, et les autorités civiles genevoises de l’autre, entreprirent l’édition d’une Bible dans leur langue. La traduction complète commença après la parution de la révision du Nouveau Testament en anglais de Tyndale. L’entreprise dura un peu plus de deux ans ; les hommes qui s’y attachèrent prirent soin d’établir leur texte à partir des originaux grec et hébreu, en s’inspirant également des versions latines, particulièrement celle de Théodore de Bèze. Ils s’appuyèrent également sur les traductions française et allemande déjà existantes et reconnues.
Un grand nombre de notes explicatives indique le sérieux du travail effectué. Elles soulignent également le parti pris des traducteurs, notamment une vision plutôt critique du système monarchique. L’ouvrage sortit de presse en 1560, avec une dédicace à la reine Elizabeth I. Il remporta un succès immédiat et prolongé, connaissant de très nombreuses éditions jusqu’en 1644. On retrouve des traces de son influence dans l’œuvre du poète Milton par exemple.