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Depuis ces dernières décennies, on assiste à une augmentation significative des maladies inflammatoires du poumon, telles que l’asthme ou la broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO), maladie chronique d'origine respiratoire atteignant les bronches. Selon l’Organisation mondiale de la santé, celle-ci serait à l’origine de 5% de l’ensemble des décès survenus dans le monde en 2005.
Quels sont les mécanismes inflammatoires associés au développement de ces maladies? C’est ce que vise à découvrir le prof. Bennjamin Marsland, jeune chercheur talentueux lauréat de nombreux prix, et, depuis août 2010, chef d’une unité de recherche au Service de pneumologie, qui se spécialise dans le domaine de l’immunité des voies respiratoires.
Il était communément admis que les voies respiratoires d’un individu en bonne santé étaient stériles, bien qu’exposées de manière répétée aux bactéries provenant du pharynx. Toutefois, des scientifiques ont dernièrement démontré qu’elles hébergent au contraire une flore bactérienne dont la nature change
selon la santé de l’individu. Un certain type de bactéries se trouve ainsi dans les poumons d’une personne en bonne santé, tandis que d’autres sont surreprésentées dans les poumons de personnes souffrant d’asthme ou de broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO). La communauté des chercheurs est actuellement divisée sur la signification à donner à cette découverte.
«Nous estimons que cette flore bactérienne joue un rôle important dans le système immunitaire, précise le prof. Marsland. Il semble qu’elle peut protéger les poumons d’une inflammation ou, au contraire, perpétuer une maladie inflammatoire. Notre but est ainsi de découvrir son rôle et les mécanismes par lesquels elle influence les inflammations dans les poumons. De plus, nous pensons que les poumons d’un nouveau-né sont stériles à sa naissance. Dès qu’il prend sa première respiration, cela introduit des bactéries, des allergènes ou des pollens, ce qui va façonner le développement ultérieur de son système immunitaire.»
Son équipe de recherche s’est ainsi attelée à une tâche colossale: décrire, d’abord en laboratoire, puis chez l’homme, les réactions entre les divers types de bactéries et les cellules immunitaires qui tapissent les poumons. On pourra alors déterminer si la flore bactérienne communique avec ces cellules pour coordonner une réponse immunitaire adéquate contre les micro-organismes pathogènes comme les virus, ou au contraire, les amener à produire une réponse immunitaire inappropriée, telle que le développement d’une inflammation comme l’asthme ou la broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO).
En découvrant ces mécanismes, l’équipe du prof. Marsland pourrait alors développer des suppléments, sous forme de spray, de gouttes ou encore de composants alimentaires, capables de modifier la flore bactérienne pour favoriser une meilleure santé. Ceux-ci stimuleraient par exemple la croissance ou l’activité des bactéries potentiellement bénéfiques du nouveau-né pour aider son système immunitaire à se développer sans qu’il ne présente des allergies ultérieures ou une susceptibilité vis-à-vis de certaines maladies.
Ces travaux complètent ceux entrepris par l’équipe du prof. Marsland en 2010 et pour lesquels il a reçu, en collaboration avec des scientifiques de Genève, un prix de la Fondation Leenaards.
Ceux-ci portent sur l’influence des infections virales sur le système immunitaire, et particulièrement sur le rôle joué par le virus respiratoire syncytial (VRS) qui peut sensibiliser les jeunes enfants à des phénomènes allergiques et causer des manifestations ultérieures d’asthme et de toux chronique.