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Les démocrates ont pris le contrôle de la Chambre des représentants tandis que les républicains maintenaient leur contrôle du Sénat au terme des élections de mi-mandat aux Etats-Unis. Notre suivi en continu.
09h35: Nombre record d'élues à la Chambre
Le nombre de femmes qui siégeront à la Chambre des représentants est plus élevé que jamais, ressort-il des résultats provisoires des élections de mi-mandat cités par l'agence Associated Press (AP). Au moins 99 femmes ont été élues à la chambre basse du Congrès, contre 84 dans l'assemblée sortante.
Selon AP, 237 femmes se sont portées candidates à la Chambre cette année. Jamais autant de femmes, ni de femmes issues de minorités, n'ont été élues, surtout du côté démocrate où la colère anti-Trump s'est cristallisée dans un nouveau souffle politique.
07h55: Défaite démocrate en Floride
Les démocrates ont perdu l'une des courses les plus scrutées pour l'un des 36 sièges de gouverneurs mis en jeu mardi: le duel entre le démocrate Andrew Gillum, premier candidat noir à ce poste en Floride, et le républicain Ron DeSantis, un partisan déclaré du président Trump. Malgré des accusations de racisme, M. DeSantis l'a finalement emporté au terme d'un duel très serré.
L'autre scrutin très observé était la bataille en Géorgie entre le républicain Brian Kemp et la démocrate Stacey Abrams, qui pourrait devenir la première gouverneure noire d'un Etat américain. En revanche, dans le très conservateur Kansas, la démocrate Laura Kelly a créé la surprise en battant le favori, Kris Kobach.
07h45: Sanders étrille Trump
L'ancien candidat démocrate à la présidence Bernie Sanders a été réélu au poste de sénateur du Vermont. Il a vivement dénoncé le président Donald Trump et ses "politiques racistes".
"Nous avons un président des Etats-Unis qui est un menteur pathologique et est en train de faire quelque chose qu'aucun président que j'aie connu n'a jamais fait", a-t-il lancé dans un discours devant ses partisans.
"Au lieu de rassembler le peuple américain, il essaie de nous diviser sur la base de la couleur de notre peau, de notre origine, de notre religion, notre genre, notre identité sexuelle", a-t-il poursuivi. "Notre boulot est de dire à ce président que nous ne tolérerons pas les politiques qui sont racistes, sexistes et homophobes."
06h50: NBC crédite les démocrates de 229 sièges
D'après les projections de NBC News, les démocrates devraient obtenir 229 sièges contre 206 aux républicains à la Chambre des représentants, dont ils n'avaient plus le contrôle depuis huit ans. Tout au moins, selon les projections des médias américains, les démocrates vont-ils reprendre aux républicains les 23 sièges nécessaires pour leur ravir la majorité. Dans la chambre sortante, les démocrates détenaient 193 sièges, contre 236 aux républicains.
06h10: Appel à l'unité
La cheffe des démocrates à la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a promis mardi un nouvel équilibre des pouvoirs aux Etats-Unis. Selon elle, les Américains, qui ont redonné un contrôle partiel du Congrès au parti démocrate, "en ont assez des divisions".
"Un Congrès démocrate va oeuvrer à des solutions qui nous rassemblent, car nous en avons tous assez des divisions", a déclaré Mme Pelosi, en annonçant la "restauration des pouvoirs et contrepouvoirs constitutionnels".
05h30: Satisfaction de Donald Trump
Le président américain Donald Trump a revendiqué mardi soir un "immense succès" électoral. Il a remercié ses partisans qui ont permis aux républicains de conserver la majorité au Sénat, même si les démocrates ont pris le contrôle de la Chambre des représentants.
"Immense succès ce soir. Merci à tous!", a tweeté le président, qui s'est pleinement investi dans la campagne de ces élections de mi-mandat largement considérées comme un référendum sur sa personne.
05h30: Mitt Romney élu au Sénat
L'ex-candidat conservateur à la présidentielle américaine, Mitt Romney, a été élu au Sénat mardi. Il signe un retour en politique qui lui offre une place de choix à Washington pour critiquer le président Donald Trump, avec qui il a déjà croisé le fer.
"Je m'engage à vous représenter avec dignité, intégrité et d'une façon qui vous rendra fiers", a tweeté Mitt Romney, 71 ans, à l'adresse de ses électeurs. Le républicain a battu la démocrate Jenny Wilson dans l'Etat de l'Utah, où vit une importante population de confession mormone comme lui et qui n'a pas envoyé de démocrate au Sénat depuis plus de 40 ans.
Il s'installera au Sénat début janvier 2019 pour un mandat de six ans. Mitt Romney avait été un féroce détracteur de Donald Trump pendant la campagne présidentielle de 2016. Il l'avait notamment traité de "charlatan". Il a toutefois tempéré ses déclarations publiques depuis.
04h39: un Congrès américain divisé, à chacun sa chambre
Les démocrates ont pris le contrôle de la Chambre des représentants mardi tandis que les républicains maintenaient leur contrôle du Sénat au terme d'élections législatives américaines perçues comme un référendum sur la présidence de Donald Trump, selon les chaînes Fox et NBC. Les Américains ont élu un Congrès divisé, promesse d'une fin de mandat mouvementé pour le président républicain, les démocrates pouvant désormais entraver une grande partie de son programme à la chambre basse.
Le sénateur du Texas Ted Cruz a été réélu, offrant une victoire majeure au parti républicain à l'issue d'une course serrée face au jeune espoir démocrate Beto O'Rourke, selon les médias américains. Selon des estimations des chaînes ABC et NBC, Ted Cruz ne peut plus être rejoint par son adversaire, un quadragénaire qui faisait jusque-là figure d'étoile montante du parti démocrate. Sa victoire annoncée permet aux républicains de conserver un siège crucial pour garder leur majorité au Sénat
04h28: deux premières femmes musulmanes élues au Congrès
Ilhan Omar et Rashida Tlaib sont devenues les deux premières femmes de confession musulmane à être élues au Congrès américain. Ces deux candidates démocrates, respectivement du Minnesota et du Michigan, ont été élues à la Chambre des représentants. "On a réussi, ensemble. Merci!", a tweeté Ilhan Omar, une réfugiée somalienne, avant d'écrire à l'attention de Rashida Tlaib, née à Détroit de parents immigrés palestiniens: "J'ai hâte de siéger avec toi, inchallah".
La jeune Hispanique Alexandra Ocasio-Cortez, 29 ans, nouvelle égérie d'une vague de femmes et de minorités qui tirent le parti démocrate vers la gauche, a été élue plus jeune membre du Congrès, selon plusieurs médias américains. Mme Ocasio-Cortez, qui avait causé la surprise en juin en remportant une primaire démocrate face à un poids-lourd du Congrès, Joe Crowley, a battu largement son adversaire républicain Anthony Pappas, 72 ans, dans une circonscription new-yorkaise à cheval entre Queens et le Bronx, acquise aux démocrates.
04h26: un gouverneur gay mais pas de gouverneure transgenre
L'Etat du Colorado a élu un gouverneur ouvertement gay, le démocrate Jared Polis, une première aux Etats-Unis, ont rapporté les médias américains ABC et NBC. Jared Polis, élu à la Chambre des représentants depuis 2008, a battu le républicain Walker Stapleton. En 2015, Kate Brown était devenue la première gouverneure bisexuelle élue dans l'Oregon, et un autre gouverneur, Jim McGreevey, du New Jersey, avait dévoilé son homosexualité avant de démissionner en 2004.
Elle ne sera pas la première gouverneure transgenre des Etats-Unis: la démocrate Christine Hallquist a été battue dans l'Etat du Vermont par le gouverneur sortant et républicain modéré Phil Scott, selon les chaînes ABC et Fox News. Christine Hallquist, 62 ans, ingénieure et militante environnementale qui se faisait encore appeler Dave en 2015, espérait entrer dans l'histoire.
La démocrate du Kansas Sharice Davids est devenue la première Amérindienne à être élue au Congrès américain, selon des estimations des médias américains. Avocate, férue d'arts martiaux et homosexuelle assumée, Sharice Davids l'a emporté dans les terres conservatrices face au républicain Kevin Yoder, selon les chaînes ABC et NBC.
03h58: un sénateur démocrate gagne dans un Etat pro-Trump
Le démocrate Joe Manchin a sauvé son siège de sénateur de Virginie-Occidentale, un Etat convoité par le président américain Donald Trump, qui s'y était largement imposé en 2016. Les chaînes CNN, NBC et Fox ont estimé que la victoire de M. Manchin était acquise face à son adversaire Patrick Morrisey, après dépouillement de la moitié des bulletins.
Comme d'autres démocrates, il luttait dans des terres que la victoire du milliardaire républicain a fait pencher encore davantage dans le camp conservateur.
03h29: le Sénat semble s'éloigner pour les démocrates
Les républicains ont remporté un siège-clé de sénateur dans l'Indiana, ce qui pourrait leur permettre de conserver le contrôle du Sénat, selon des résultats diffusés par des médias américains. D'après des estimations de CNN et NBC, le démocrate sortant Joe Donnelly ne peut plus revenir sur son adversaire républicain Mike Braun dans cet Etat industriel et agricole remporté par Donald Trump en 2016 et où sa politique économique a séduit les électeurs.
Dans un autre Etat-clé que les démocrates espéraient gagner, le Tennessee, c'est la candidate républicaine Marsha Blackburn qui a remporté l'élection sénatoriale face à son adversaire démocrate Phil Bredesen, rapportent les chaînes MSNBC et CNN. Victoire très importante pour le GOP. Il sera sans doute très difficile pour les démocrates de remporter le Sénat.
Pour la Chambre des représentants, selon des résultats toujours partiels, 31 démocrates sont en tête dans des circonscriptions d'Etat tenus par des républicains. Les chances sont toujours plutôt grandes pour que les démocrates récupèrent la chambre basse.
02h54: les démocrates bien partis à la chambre basse du Congrès
Toujours selon des résultats diffusés par les médias, les démocrates auraient arraché un deuxième siège aux républicains, cette fois-ci dans une circonscription de Floride. Sur les 23 sièges qu'ils doivent reprendre au Grand Old Party (GOP) pour la chambre basse, il en reste donc encore 21 à remporter. Et selon des résultats très partiels, 24 démocrates sont en tête dans des districts d'Etat tenus par des républicains.
Par ailleurs, six sénateurs démocrates devraient être réélus, selon des premiers résultats diffusés par CNN et d'autres médias: Elizabeth Warren (Massachusetts), Sherrod Brown (Ohio), Sheldon Whitehouse (Rhode Island), Chris Murphy (Connecticut), Tom Carper (Delaware) et Ben Cardin (Maryland).
Le suspense est en revanche total en Floride et, surprise, même au Texas, dans la course sénatoriale. Selon le média politique The Hill, le sénateur démocrate sortant du New Jersey, Bob Menendez, accusé de corruption, conserverait, lui, son siège au Sénat.
02h09: un siège démocrate repris aux républicains à la Chambre
Les démocrates ont arraché un premier siège aux républicains à la Chambre des représentants du Congrès, dans une circonscription en Virginie, selon des résultats diffusés par plusieurs médias. Sur les 23 sièges que les démocrates doivent reprendre à leur adversaire pour reconquérir la chambre basse, il en reste donc encore 22 à remporter. Et selon des résultats très partiels, 16 démocrates sont en tête dans des districts d'Etat tenus par des républicains.
01h20: Bernie Sanders et Tim Kaine réélus, selon CNN
Sans grande surprise, l'actuel sénateur indépendant du Vermont et ancien candidat à la primaire démocrate de 2016, Bernie Sanders, ainsi que l'actuel sénateur démocrate de Virginie et ancien colistier d'Hillary Clinton pour la présidentielle de 2016, Tim Kaine, sont donnés réélus, selon les projections de CNN.
00h10: fermeture des premiers bureaux de vote
Les premiers bureaux de vote ont fermé mardi à 18h00 locales (00h00 suisse mercredi) dans une grande partie des bureaux de vote de l'Indiana, où se tient une élection clé pour le contrôle du Sénat, et la moitié du Kentucky.
Le département américain de la Sécurité intérieure a fait état de problèmes techniques "isolés" survenus sur des machines à voter utilisées dans le cadre des élections de mi-mandat. Mais selon un responsable de ce ministère, ces difficultés n'ont pas eu d'impact significatif sur la participation électorale.
00h00: l'enjeu de ce scrutin de mi-mandat
Les Américains se pressaient en nombre mardi dans les bureaux de vote pour les élections de mi-mandat à l'issue incertaine. Le nombre de votants n'est pas centralisé par une autorité électorale unique aux Etats-Unis, mais au Texas, à New York ou dans le Maryland, électeurs et scrutateurs interrogés par l'AFP semblaient surpris par l'affluence.
La totalité de la chambre basse du Congrès américain, la Chambre des représentants (435 élus), sera renouvelée ainsi qu'un tiers du Sénat (35 sièges sur 100), mais aussi 36 des 50 gouverneurs et des milliers d'élus locaux à divers niveaux. Les républicains ont actuellement la majorité au Congrès.
Les démocrates sont donnés favoris par les sondages pour emporter la majorité à la Chambre, tandis que les républicains devraient conserver le contrôle du Sénat. Mais l'incertitude est réelle. Et les enquêtes sont trop serrées dans une vingtaine de circonscriptions pour pouvoir prédire le vainqueur, mettent en garde les sondeurs, échaudés par la "surprise" Trump en 2016.
(KEYSTONE-ATS / EPA / PHOTO : CJ GUNTHER)
L'épidémie fait des ravages en Europe et enfle aux Etats-Unis
La pandémie de Covid-19 continue ses ravages mardi sur une planète pourtant largement confinée: les Etats-Unis, où l'épidémie s'accélère, sonnent la mobilisation générale tandis que l'Europe, qui concentre la majorité des décès, attend fébrilement le pic de la crise.
Le bilan de l'épidémie s'est de nouveau alourdi lundi, avec près de 37'000 morts dans le monde, le cap des 11'000 morts franchi en Italie, celui des 3000 dépassé aux Etats-Unis, encore 812 nouveaux décès en 24 heures en Espagne et 418, un record, en France.
Les ministres des Finances du G20 doivent se réunir mardi pour apporter une réponse à cette crise mondiale, qui met les ressources des Etats sous tension.
Aux Etats-Unis, qui recensent de loin le plus grand nombre de cas confirmés (163'000 et plus de 3000 morts depuis lundi), c'est la mobilisation générale. Un navire-hôpital de mille lits est arrivé à New York, épicentre de l'épidémie, pour désengorger les hôpitaux de la mégalopole. Des hôpitaux provisoires ont aussi été érigés dans un centre de conférences ou sous des tentes montées en plein Central Park.
Inquiétude dans le Maryland
Le maire de New York Bill de Blasio a souligné que sa ville avait besoin, rien que pour tenir la semaine, de quelque 400 respirateurs artificiels et de renforts de personnel médical.
En Louisiane et en Floride, dans l'Illinois et le New Jersey, la situation s'aggrave jour après jour. L'inquiétude grandit aussi dans le Maryland, au nord de la capitale fédérale Washington: 67 pensionnaires d'une maison de retraite y ont été testés positifs, et le gouverneur de l'Etat, Larry Hogan, a évoqué "un scénario du pire".
Selon lui, la situation est d'autant plus critique que plusieurs établissements fédéraux, comme l'Agence nationale du renseignement, ont leur siège dans le Maryland et que de nombreux hauts fonctionnaires y habitent.
Pour protéger sa population, son homologue de Floride refuse pour l'heure de laisser débarquer un paquebot, le Zaandam, qui se trouve en mer des Caraïbes avec quatre morts et des dizaines de malades à bord.
"Je pleure"
Partout où sévit la maladie, on guette fébrilement le pic du taux de mortalité, annonciateur d'un reflux et d'un désengorgement des services de réanimation. En Italie, pays qui enregistre le plus grand nombre de décès (11'500, pour près de 98'000 cas), le confinement commence à produire des résultats encourageants, après trois semaines.
"Nous pouvons espérer atteindre le pic dans sept ou dix jours, puis, raisonnablement, une décrue de la contagion", a déclaré le vice-ministre de la Santé, Pierpaolo Sileri. Pour autant, les 60 millions d'Italiens devront patienter "au moins jusqu'à Pâques", le 12 avril, date jusqu'à laquelle le confinement a été prolongé.
Deuxième pays le plus touché au monde avec 7340 décès, l'Espagne connaît un ralentissement continu du nombre de morts, laissant là aussi penser que le pic de l'épidémie approche. En attendant, la vigilance prévaut et les autorités ont interdit les cérémonies funéraires, limitant à trois le nombre de participants à un enterrement.
En France, où plus de 3000 personnes ont succombé au virus à l'hôpital, dont un pic de 418 en 24 heures, les soignants sont au bout du rouleau.
Exode en Inde
En Hongrie, l'opposition craint que la pandémie ne serve de prétexte au pouvoir pour réduire encore les libertés publiques. Le Premier ministre Viktor Orban a ainsi obtenu le feu vert du Parlement pour légiférer par ordonnances dans le cadre d'un état d'urgence à durée indéterminée.
Plus de 3,4 milliards de personnes sont astreintes à rester chez elles, soit 44% de la population mondiale, un confinement pas toujours simple à faire respecter. En Russie, Vladimir Poutine a appelé les quelque 12,5 millions de Moscovites à "prendre au sérieux" le confinement. Le centre-ville était quasi déserté lundi par les piétons, mais dans un autre quartier de nombreux passants déambulaient.
En Inde, les autorités tentent de juguler l'exode de centaines de milliers de travailleurs migrants, privés d'emploi par le confinement, qui tentent de regagner à pied leur village.
Dans les pays les plus pauvres, notamment en Afrique, l'application des restrictions vire parfois au casse-tête. "On s'en fout de ce virus, on a des enfants et des petits-enfants à nourrir!", s'indigne en brandissant sa canne une vieille femme qui fait la queue pour obtenir les aides sociales dans un township de Port Elizabeth (Afrique du sud). Une immense bousculade s'y est produite, des centaines de personnes âgées refusant d'observer les règles sanitaires de distance.
Au Zimbabwe, la police est descendue en force lundi dans les rues de la capitale Harare pour faire respecter l'ordre de confinement. Des habitants se désolaient de l'arrêt brutal des transports, qui les empêche de se rendre à leur travail.
Dans un autre registre, en Roumanie, pour remonter le moral d'une population plutôt réfractaire quant au respect des mesures de l'état d'urgence, les voitures de police diffusent en boucle par haut-parleurs l'hymne national, "Eveille-toi Roumain!"
Encore beaucoup de morts, mais des signes encourageants en Italie
L'Italie, pays au monde le plus endeuillé par la pandémie de coronavirus, a enregistré lundi de nouveaux signes encourageants sur la contagion, après près de trois semaines de confinement de sa population.
Les autorités sanitaires ont encore annoncé un bilan quotidien de 812 morts lors des dernières 24 heures, ce qui porte à plus de 11'500 le nombre total de décès. Mais la hausse des nouveaux cas positifs recensés n'a jamais été aussi faible, avec une augmentation de 4%, moitié moins qu'il y a quatre jours (8,3%) et quatre fois moins qu'il y a quinze jours.
Surtout, pour la première fois depuis le début de la pandémie en Italie, le nombre de personnes actuellement positives en Lombardie, la région la plus touchée, a baissé (25'006 contre 25'392 dimanche), même si cette diminution devra être répétée pour dessiner une tendance solide.
Par ailleurs, jamais le nombre de personnes considérées comme guéries dans l'ensemble du pays (1590) n'a été aussi fort dans un bilan quotidien. "Nous pouvons espérer atteindre le pic dans sept ou dix jours puis, raisonnablement, une décrue de la contagion", a déclaré lundi matin le vice-ministre de la Santé, Pierpaolo Sileri.
"Aplatissement de la courbe"
"En Lombardie, nous observons une diminution du nombre de cas, mais surtout de la pression sur les urgences et sur l'action des ambulances. Ces quatre derniers jours ont beaucoup changé. C'est le signe que le grand effort que nous faisons, fonctionne", s'est de son côté félicité Giulio Gallera, responsable de la Santé en Lombardie.
"Nous assistons à un aplatissement de la courbe, il n'y a pas encore de signes de descente, mais c'est mieux. Les mesures importantes qui ont été prises montrent leurs effets", s'est également félicité lundi matin dans la Repubblica Silvio Brusaferro, patron de l'Institut supérieur de la santé (ISS).
Mais il a appelé à poursuivre les efforts pour confirmer cette tendance: "Il faut respecter les mesures du gouvernement et faire très attention à l'isolement des positifs ou de leurs proches", a-t-il insisté.
Quarantaine recommandée aux touristes
Les retours des touristes suisses à l'étranger se poursuivent. Le nombre de 17'000 personnes se trouvant hors des frontières comptabilisées la semaine dernière est en recul. Une auto-quarantaine de dix jours leur est recommandée, mais pas imposée.
Des vols en provenance de Séoul, Manille et Buenos Aires sont prévus mardi, avec 460 personnes à bord. Parallèlement, quelque 160 Suisses sont en train de revenir des pays voisins de la Suisse, a précisé lundi devant la presse à Berne le responsable de la crise au DFAE Hans-Peter Lenz.
Les chiffres communiqués jusqu'ici sur les retours peuvent être un peu flous, a reconnu M.Lenz. On connaît le nombre de touristes revenus, mais des capacités importantes ont été achetées chez des compagnies étrangères, par exemple pour les retours du Maroc. Dans ces cas, il est plus difficile d'avoir des chiffres précis. Ils seront communiqués clairement plus tard.
Quarantaine recommandée
Aux voyageurs de retour, il est recommandé d'observer leur état de santé et de se mettre en auto-quarantaine pour dix jours le cas échéant, a ajouté Daniel Koch, de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP).
Actuellement, il n'est tout simplement plus possible de dire que tel ou tel touriste provient d'une zone à risque: on ne peut donc lui imposer une quarantaine, mais seulement la recommander.
Une interdiction de sortir ne serait pas proportionnelle. Il est difficile d'expliquer à quelqu'un qu'il ne peut pas sortir quand d'autres le peuvent, alors qu'ils sont peut-être aussi porteurs du virus. Les mesures doivent être compréhensibles pour tous, explique le responsable de la division maladies transmissibles de l'OFSP.
Easyjet immobilise toute sa flotte jusqu'à nouvel avis
La compagnie aérienne britannique EasyJet a indiqué lundi qu'elle allait immobiliser l'ensemble de sa flotte pour une durée indéterminée à cause de la pandémie de coronavirus et des nombreux pays européens en confinement.
Elle avait déjà annoncé il y a dix jours qu'elle maintiendrait au sol la majorité de ses avions à cause de la paralysie du trafic mondial.
"Ces derniers jours EasyJet a participé au rapatriement de clients avec 650 vols à ce jour pour ramener chez eux plus de 45'000 clients", le dernier ayant eu lieu dimanche, souligne la compagnie à bas prix dans un communiqué.
"Nous allons continuer à travailler avec les autorités pour mettre en place des vols de sauvetage supplémentaires selon leurs demandes", ajoute-t-elle.
"A ce stade il n'y a aucune certitude sur la date à laquelle les vols commerciaux pourront recommencer", précise Easyjet qui dit continuer à tout faire pour alléger sa structure de coûts afin de faire face à l'impact économique de la pandémie, garder au sol les avions "enlevant un coût important".
Le transporteur assure disposer de comptes sains et dit avoir trouvé un accord avec les syndicats pour que son personnel de cabine se mette en congés. "L'accord sera effectif à partir du 1er avril pour deux mois et les équipages seront payés 80% de leur salaire moyen grâce au système mis en place par le gouvernement pour maintenir les emplois".
Le secteur aérien traverse la pire crise de son histoire à cause de la pandémie qui en l'espace de quelques semaines a forcé les compagnies à suspendre la majeure partie, voire tout leur programme de vols.
Le gouvernement de Boris Johnson a pour l'instant indiqué qu'un plan de sauvetage sectoriel n'était pas à l'ordre du jour et que l'Etat britannique ne volerait au secours des compagnies ou aéroports que si "toutes les autres options (étaient) épuisées", et notamment le recours aux aides aux entreprises déjà annoncées.
L'Etat américain, de son côté, envisage de prendre des participations dans les compagnies aériennes en échange d'une aide pour les soutenir face aux effets de la pandémie de coronavirus, ont affirmé dimanche deux hauts responsables de l'administration Trump.
Italie: la progression du virus ralentit
La progression du coronavirus en Italie a poursuivi dimanche son timide ralentissement, pour le troisième jour consécutif. Le dernier bilan officiel fait état d'un nombre total de 10'779 morts pour 97'689 cas.
Le nombre de nouveaux cas positifs (5217) a augmenté de 5,6% sur 24 heures. Cette hausse était de 6,9% samedi, 7,4% vendredi et 8,3% jeudi. Autre signe positif: le nombre de personnes hospitalisées avec des symptômes n'a augmenté que légèrement (+710 pour un total de 27'386), de même que celui des patients en soins intensifs (+50 pour un total de 3906).
Même chose en Lombardie (nord), la région la plus touchée du pays, où le nombre de personnes en soins intensifs est passé à 1328 (+9). L'Italie, qui a recensé son premier décès lié au coronavirus fin février, est le pays le plus endeuillé au monde par cette pandémie.
Prolongation du confinement
Le gouvernement continue pour sa part à préparer la population à une prolongation des mesures de confinement, alors que les Italiens sont interdits de sortie sauf motif impérieux (travail ou santé) et que toutes les activités économiques non essentielles sont à l'arrêt jusqu'au 3 avril.
Ces mesures "seront inévitablement prolongées", a ainsi assuré dimanche le ministre pour les Affaires régionales Francesco Boccia. "Je pense que parler aujourd'hui de réouverture serait inopportun et irresponsable. Nous voulons tous revenir à la normalité mais on rallumera les interrupteurs l'un après l'autre".
Selon les médias italiens, le retour à la normalité pourrait se faire progressivement, en commençant par des activités industrielles pour lesquelles il serait possible d'assurer des conditions de sécurité satisfaisantes, et pour finir avec celles prévoyant de nombreuses personnes sur un même site, donc les bars, restaurants, piscines, salles de gym ou établissements scolaires.
Villes désertes
En attendant, les grandes villes continuent d'être désertes comme l'attestent des images tournées dimanche par l'AFPTV, montrant par exemple à Rome une place d'Espagne sans âme qui vive. A part une voiture de police et un cycliste égaré, les quelques piétons semblent perdus sur cette place, célèbre pour sa fontaine en forme de barque et ses escaliers, habituellement bondée de touristes.
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