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La Slovénie est un pays très développé et jouit d’un PIB par habitant supérieur à la moyenne de l’Union européenne. La consommation moyenne d’eau par personne et par jour est de 150 litres, et même de 300 litres dans les centres urbains. Pourtant, selon une étude menée en 2010, entre 20 et 30 pour cent des agglomérations roms dans le sud-est du pays ne disposent pas de réseau d’alimentation en eau. D’après le rapport d’Amnesty International Parallel lives: Roma denied rights to housing and water in Slovenia, certaines familles roms disposent d’une quantité d’eau moindre que celle jugée nécessaire aux personnes vivant des situations d’urgence humanitaire.
La difficulté d’accéder à un logement convenable
Certaines municipalités refusent de fournir des services publics aux Roms au motif que leurs quartiers sont «illégaux», bien que ces familles vivent là depuis des décennies. La loi slovène indique que seules les personnes qui sont propriétaires ou légalement installées sur des terres peuvent prétendre à l’accès aux services publics. Les Roms font souvent le constat que leur seule option consiste à vivre dans des campements, en raison de la discrimination qu’ils subissent lorsqu’ils cherchent à acheter ou louer un logement. Et bien que l’État et les municipalités aient la responsabilité de loger convenablement les Roms, de nombreuses familles trouvent difficile, voire impossible, d’obtenir des logements sociaux ou l’autorisation d’améliorer leur logement actuel.
Danilo Hudorovic et sa famille vivent dans une maison de deux pièces dans le quartier rom informel de Gorica vas, avec environ 70 autres habitant·e·s. Gorica vas n’a pas de réseau d’eau ni d’électricité, pas de toilettes, ni de système d’évacuation des eaux usées. Danilo Hudorovic a raconté à Amnesty International:
«J'ai essayé de faire une demande pour un HLM, mais la municipalité de Ribnica m’a répondu qu’elle n’avait pas d’appartement disponible et aucun appel à candidatures ouvert au public.»
Une vie quotidienne très dure, en plein coeur de l’Union européenne
Danilo Hudorovic et sa famille savent ce que cela signifie de voir ses droits constamment bafoués et la vie quotidienne se transformer en un combat de chaque instant:
«Mon fils de quatre ans doit prendre des antibiotiques très fréquemment, parce qu’il est souvent malade. Il faut conserver ces antibiotiques au réfrigérateur. Mais nous n’avons pas d’électricité. Je dois aller chercher son médicament en voiture chez ma belle-mère trois fois par jour, même au milieu de la nuit. Notre bébé n’a que quelques mois. Elle est tout le temps malade. Je ne sais pas comment nous allons passer l’hiver.»
Une femme rom de Žabjak, à Novo mesto, témoigne:
«En hiver, je dois me lever très tôt le matin pour allumer le feu devant la cabane, pour chauffer de l’eau afin que les enfants puissent se laver un peu avant d’aller à l’école. En hiver, il fait encore nuit à cette heure-là et il n’y a pas de lumière. Un jour, une bougie a bien failli mettre le feu à notre cabane.»
Victimes de discrimination
Nicola Duckworth, directrice du programme Europe et Asie centrale chez Amnesty International, s’indigne « La discrimination permanente qui cible les Roms les condamne, pour beaucoup, à habiter des logements qui ne sont pas reliés aux services publics essentiels. Toute leur existence – la santé, l’éducation de leurs enfants et les opportunités en termes d’emploi – s’en trouve affectée. »
Le gouvernement slovène doit prendre des mesures afin de mettre un terme à la discrimination à laquelle les Roms sont en butte, afin de garantir le respect de leurs droits humains et de répondre à leurs besoins élémentaires.
Prenez vous aussi deux minutes pour demander aux autorités slovènes qu’elles respectent leurs obligations envers les populations roms ! Signez notre action en ligne ici.
Complément d’information
Les Roms vivent sur les terres qui forment aujourd’hui la Slovénie depuis le 14ème siècle. On estime qu’ils sont actuellement entre 7'000 et 12'000, ce qui représente environ 0,5 pour cent de l’ensemble de la population.
La majorité vivent dans le sud-est et le nord-est de la Slovénie. Certain·e·s habitent aussi dans les villes, notamment dans la capitale Ljubljana. Dans certaines régions, le chômage au sein de la communauté rom dépasse les 90 pour cent.