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Un peu d'histoire...
L'Abbaye cistercienne Notre-Dame de la Fille-Dieu est sise à l'est de Romont, au pied du monticule qui a donné son nom à la ville.
Effectivement, le nom Romont est dérivé du latin "rotundus mons", qui signifie " mont arrondi ". Romont fut fondé vers 1239-1240 par Pierre de Savoie.
Aujourd'hui la ville est la capitale du district de la Glâne.
Son altitude atteint les 764 mètres.
Fondation et développement du monastère
Juliette, Pernette et Cécile, ces trois jeunes femmes du pays, se doutaient-elles, lorsqu'elles décidèrent de se consacrer à Dieu dans une vie commune de partage, de prière et de travail, qu'elles allaient poser la première pierre d'une communauté qui compte aujourd'hui plus de sept siècles d'existence ?
La plus ancienne chronique écrite qui nous est parvenue concernant l'histoire du couvent date de 1268. L'évêque de Lausanne, Jean de Cossonay, autorise Juliette de Villa (décédée en 1305) et ses compagnes à ériger un monastère et lui donne le nom de Fille-Dieu.
Les travaux de construction débutèrent encore au cours de la même année. Parmi les principaux bienfaiteurs du monastère citons le chevalier Conon (décédé en 1326), seigneur de Villa (Villaz-St-Pierre), qui était le frère de Juliette, Pernette et Cécile.
Le 10 avril 1346 la première église fut consacrée.
Dès le début, les sœurs vécurent sous la règle de Saint Benoît et les coutumes cisterciennes. Il est difficile de dire avec exactitude quand ce prieuré fut incorporé à l'Ordre, certainement avant 1350, car à cette date il fut élevé au rang d'abbaye.
Alors que durant le XIVe siècle l'abbaye jouissait d'une certaine prospérité économique due surtout à l'exploitation des terres reçues en don, le XVe siècle fut bien rigoureux : certains bâtiments tombaient en ruine et l'argent manqua pour assurer l'entretien des sœurs.
Au milieu du XVIe siècle, on comptait entre douze et quinze religieuses choristes. L'abbaye réussit à stabiliser sa situation économique durant ce XVIe siècle. Par contre un relâchement de la discipline monastique se fit sentir.
Au XVIIe siècle, grâce à l'élection d'une nouvelle abbesse, la communauté retrouva une certaine stabilité. On entreprit des modifications dans l'église et on construisit le grand mur de clôture entourant la propriété (1613).
Un incendie en 1726 modifia profondément le plan de l'abbaye.
De nouveaux bâtiments conventuels prirent place au nord de l'église.
Seule l'aile de 1695 subsiste au sud, elle abrite actuellement notre maison d'accueil.
Entre 1726 et 1732, les nouveaux bâtiments conventuels placés au nord de l'église prirent forme; le chœur des moniales débouchant à angle droit sur le sanctuaire de l'église rendit superflue la tribune dans la nef.
Fin du XIXe siècle, le jésuite Pierre Hartmann (décédé en 1887), aumônier de la Fille-Dieu, eut la mission de "sauver" le monastère qui menaçait ruine. Son projet qui plaçait les locaux de l'accueil dans le tiers occidental de la nef fut exécuté en 1872/73.
Lors de ces transformations de 1873, la nef perdit deux tiers de son volume au profit d'une nouvelle hôtellerie, ainsi qu'une bibliothèque, la sacristie et divers locaux.
Malgré les transformations, les murs gothiques restèrent quasiment intacts, ce qui permit de redonner à la nef, lors des rénovations de 1990-1996, son volume original. On se mit à l'épurer des transformations effectuées en 1873, ainsi que celles de 1906 et 1914.
Au fil des travaux gigantesques, il faut possible d'adapter la restauration aux nouvelles découvertes archéologiques. Par exemple, la forme de la voûte fut dictée par les traces de peintures de la frise semi-octogonale sur l'arc triomphal.
Depuis 1993, l'église est protégée par un toit en bâtière orné d'un clocheton recouvert de tavillons respectant entièrement l'humilité prescrite par les coutumes cisterciennes.
L'église prête, sa dédicace fut célébrée somptueusement, le 31 août 1996, six cent quintante ans après sa première consécration.
La restauration a fait resurgir la beauté et les formes de l'église, évitant toute somptuosité qui renierait les racines cisterciennes.