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7.2 Situations de handicap
Un grand merci à Helena Bigler de Procap pour sa précieuse contribution à ce chapitre.
Les personnes en situation de handicap sont définies comme des personnes présentant «des déficiences physiques, mentales, intellectuelles ou sensorielles durables qui, associés à divers obstacles, les empêchent de participer pleinement, efficacement et de façon équitable à la vie de la communauté» [1] . Par conséquent, elles peuvent avoir des difficultés à effectuer certaines activités quotidiennes, d'entretenir des contacts sociaux, de se déplacer, de recevoir une éducation ou une formation ordinaire, ou encore d'exercer un emploi rémunéré [2 ]. La sévérité du handicap et son origine (maladie, accident, congénital, etc.) n’a pas importance. Ce qui relie ces personnes entre elles est le fait du handicap [3].
Selon l’Office fédéral de la statistique (OFS) [4], environ 1,5 million de personnes, soit 22,2 % des personnes en Suisse, sont en situation de handicap dont 5 % d’entre elles sont gravement limitées et 17,2 % sont limitées mais moins sévèrement. En 2017, la Suisse comptait environ 52 000 enfants en situation de handicap, ce qui correspond à 4,2 % d’entre eux·elles. Un·e de ces enfants sur cinq a vu sa capacité à vivre de la même manière que les autres enfants du même âge réduite. 6 992 ont reçu une allocation pour impotent·e de l'assurance invalidité (AI) et 1 622 ont vécu dans une institution spécialisée pendant toute ou partie de l'année [5].
Selon les cantons et les situations, les enfants en situation de handicap sont admis dans des institutions spécialisées ou intégré·e·s dans les classes ordinaires. Bien que les interactions avec les autres enfants puisse être difficile, leur intégration dans les écoles ordinaires a l'avantage de favoriser une socialisation différenciée. Les élèves à besoins particuliers apprennent les normes, les coutumes et les références culturelles des enfants de leur âge et des adultes de leur environnement. Les compétences sociales qu'ils·elles développent sont une clé importante pour une intégration et une participation réussies dans la société à l'âge adulte. Sur les 42 101 apprenant·e·s qui ont bénéficié de mesures de pédagogie spécialisée au cours de l'année scolaire 2017/2018, 22 266 ont été intégré·e·s dans des classes ordinaires et 17 304 ont été séparé·e·s dans des classes spéciales [6].
Même dans les cantons où l’intégration est moindre, il est également important de thématiser la question du handicap dans les écoles d'enseignement ordinaire dans la mesure où les élèves peuvent être régulièrement en interaction avec des parents, des connaissances ou des membres de l'école ou de la famille qui vivent une situation de handicap. Les élèves seront ensuite en mesure de se sentir davantage concerné·e·s par les difficultés vécues par leurs proches/connaissances, et plus à même de les soutenir, en étant à l’aise avec la situation (cf. chapitre 7.7 «Young Carers»).
Inclusion et résilience
Les personnes en situation de handicap ont à cœur d’être considérées comme des personnes à part entière et non définies par leur handicap. Interagir avec elles contribue à leur procurer un sentiment d’acceptation et d’inclusion.
Par ailleurs, les élèves en situation de handicap se sentiront plus proches de l'école si leurs besoins sont compris et pris en compte. Par exemple, certain·e·s élèves ont besoin d'espaces privés et sûrs où les traitements ou soins dont ils·elles ont besoin peuvent être effectués. Certain·e·s ont besoin d'un accès en fauteuil roulant à tous les cours. Pour d'autres, certaines activités doivent être modifiées afin qu'elles et ils puissent y participer et y contribuer de manière appropriée. La résilience peut également être favorisée par le contact avec d'autres élèves vivant des situations similaires, en particulier s'ils·elles ont atteint de bons résultats scolaires ou d’autres types d’accomplissements personnels et mènent une vie épanouissante.
L'école et son environnement doivent tenir compte du fait que les élèves en situation de handicap ont également le droit de participer activement à la vie scolaire et extrascolaire. Ils et elles sont des membres de l'école à part entière, comme tout le monde. Si leurs besoins sont correctement pris en compte, la question se pose également de savoir quelles fonctions et tâches peuvent/doivent leur être attribuées.
Harcèlement-intimidation entre élèves et violences
Les élèves en situation de handicap sont souvent cibles de harcèlement-intimidation entre élèves. Les termes « infirme », « manchot », « mongol » ou « retardé » font partie des étiquettes attribuées aux personnes en situation de handicap. Aucun de ces termes n'est acceptable et le fait même d’utiliser ce langage devant les personnes concernées peut s’avérer blessant, même non-intentionnellement. Les écoles sont tenues de veiller à ce que des termes respectueux soient utilisés lorsqu'il s'agit de parler aux élèves en situation de handicap ou lorsqu’il s’agit de s’exprimer à leur sujet (voir aussi le chapitre 8 : Harcèlement-intimidation entre élèves et violences).
Il n'est pas rare que le harcèlement-intimidation des personnes en situation de handicap dépasse la forme verbale et se manifeste par des comportements :
- dangereux (par ex., cacher des béquilles, mettre des obstacles sur le chemin d'une personne ayant des difficultés visuelles),
- blessants (par ex., en imitant la personne) ;
- humiliants (par ex., demander à des élèves malvoyants de décrire une image),
- intimidants (par ex., en faisant obstacle à des possibilités d’aide ou en insultant/humiliant la personne, ses ami·e·s ou sa famille).
Certain·e·s élèves en situation de handicap endurent une quantité considérable d’actes de harcèlement-intimidation entre élèves afin de faire partie d’un groupe. Cependant, l'humiliation répétée cause de sérieux dommages à l'estime de soi et au bien-être. Chaque membre de l'école doit être conscient·e que la situation de handicap d'une personne n'est qu'une partie de son identité et qu'il peut être plus ou moins important pour cette personne en fonction des circonstances. Pour cette raison, il vaut mieux éviter d'utiliser des termes qui mettent en avant cette facette d'une personne.
1 Behindertenrechtskonvention BRK (2020)
2 Behindertengleichstellungsgesetz BehiG (2020)
3 Bundesministerium für Gesundheit und Soziale Sicherung (2003)
4 BFS (2020a)
5 BFS (2020b)
6 BFS (2019)