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« Ecrivez donc quelque chose de positif sur la Serbie! »
Jakob Pfeifer, curé d’Odžaci, ne veut plus entendre cela : les médias réduisent sans arrêt la Serbie à des conflits ethniques prétendument insolubles. Mais son expérience personnelle est totalement différente.
Il y a des Serbes, des Croates, des Hongrois, des Allemands, des Roumains et encore des membres d’autres ethnies qui vivent dans sa paroisse qui se trouve au nord de la Serbie dans la région de Vojvodine Backa. Certains d’entre eux sont orthodoxes, d’autres catholiques, et d’autres encore appartiennent à des Églises protestantes. Ils vivent tous ensemble en paix et s’aident les uns les autres. « Ecrivez donc quelque chose à ce sujet » demande-t-il.
Il y a beaucoup d’histoires comme celle là : il y a quelques années, une femme est morte à Odžaci et elle laissa une maison en héritage à l’Église catholique. Le curé Pfeifer apprit du concierge orthodoxe de la paroisse catholique que le prêtre orthodoxe du lieu devait déménager de chez lui avec sa famille et n’avait pas de logis. La décision était donc très simple : la famille s’installa dans la maison dont la paroisse catholique avait hérité. Les catholiques partagent même l’église avec la paroisse slovaque protestante.
Les catholiques, qui ne représentent qu’une minorité dans la population essentiellement serbe orthodoxe de Serbie, organisent chaque année en janvier dans de nombreuses paroisses une semaine de prière pour l’unité des chrétiens. Régulièrement, l’évêque orthodoxe de Novi Sad, Irinej, prend également part à la messe de clôture de Subotica et y fait un sermon. « C’est déjà une tradition » déclare le curé. Les ecclésiastiques catholiques, orthodoxes et protestants donnent ensemble la bénédiction finale.
Le curé trouve particulièrement beau que le gouvernement serbe ait autorisé en 2002 l’enseignement religieux à l’école pour les sept Églises et religions reconnues officiellement. « Autrefois c’était inimaginable. Ce fut une avancée formidable et aussi un signe, car si l’État nous accepte, la société aussi doit nous prendre au sérieux » affirme-t-il. Une étroite collaboration a ainsi commencé entre les différentes confessions chrétiennes et communautés religieuses, car les livres scolaires des cours de religion ne doivent rien contenir qui puisse insulter une autre communauté religieuse. C’est ainsi que nous discutons tout entre nous, et que les livres sont élaborés en commun. « Nous avons ainsi pu apprendre à mieux nous connaître. C’est vraiment très positif ! » se réjouit le curé. De bons contacts similaires existent aussi dans les médias.
Le prêtre d’origine allemande, mais né dans la région de Vojvodine, s’énerve que certains médias ne relatent que les faits négatifs et donnent une image partielle de la Serbie. « Il est malheureusement dans la nature humaine de remarquer surtout ce qui est mauvais » regrette-t-il.
L’évêque grec catholique de Serbie et du Monténégro, Djura Džudžar, le confirme aussi. Quand il s’agit des valeurs chrétiennes communes, on n’a même pas besoin d’une collaboration organisée : « Sous ce rapport, nous sommes absolument unis avec les orthodoxes. Il n’y a pas de valeurs « catholiques » ou « orthodoxes », mais seulement des valeurs chrétiennes. Nos évêques s’entendent souvent pour que, sur un thème particulier, l’évêque orthodoxe s’exprime aussi au nom de l’évêque catholique ou inversement. Il n’est pas toujours nécessaire qu’ils parlent tous les deux, car le point de vue chrétien est clair » commente l’évêque. Et nous avons tous à souffrir de certains problèmes. Par exemple, ni l’Église orthodoxe, majoritaire en Serbie, ni l’Église catholique, n’a jusqu’à présent pu obtenir la restitution des propriétés confisquées par les communistes. De nombreux terrains et bâtiments qui appartenaient autrefois à l’Église ont plusieurs fois changé de propriétaire depuis la 2ème guerre mondiale. Les réclamations doivent être documentées avec soin, mais rien ne se passe.
L’évêque Džudžar, questionné à propos des événements actuels concernant l’arrestation et l’extradition du présumé criminel de guerre Radovan Karadzic, déclare : « Il ne peut pas y avoir de vie meilleure sans justice. Cependant on ne peut pas dire qu’un seul peuple soit coupable de tout. Les blessures qui ont été subies de tous côtés ne peuvent être guéries que par un seul remède : par le pardon. »
L’évêque souhaite pour l’Église catholique de Serbie qu’Elle puisse s’occuper de l’âme de ses fidèles « avec cœur et force ». Ce n’est pas facile car la Serbie est un pays pauvre avec de nombreux problèmes économiques, si bien que même l’Église catholique dépend de l’aide. « Remerciez s’il vous plait tous les bienfaiteurs du fond du cœur pour l’aide qu’ils nous apportent à travailler au Royaume de Dieu ! », nous demande l’évêque Džudžar.
« L’Aide à l’Église en Détresse » soutient l’Église catholique de Serbie avant tout pour ses projets de construction et de rénovation et aide à sa motorisation. La première pierre du premier séminaire catholique sur le territoire de la république serbe a été posée l’année dernière à Subotica. Il y a en Serbie au total environ un demi million de catholique. La plupart des paroisses catholiques se trouvent dans la région de Vojvodine. Plus de 6,3 millions des quelque 7,4 millions d’habitants de la république Serbe appartiennent à l’Église serbe orthodoxe.
(pour AED, emk, 01.08.2008)