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Le mouvement des éléments interrogatifs a été le sujet de nombreux travaux en linguistique formelle. Bien que les mécanismes responsables pour le déplacement en première position de phrase des éléments interrogatifs, comme dans l'exemple (1a), soit en règle générale compris, et que le grand débat sur la syntaxe des éléments interrogatifs 'in situ', comme celui en (1b), devienne de moins en moins âpre, il n'en est pas de même pour la syntaxe des éléments interrogatifs dans les phrases clivées, comme celle en (1c):
(1) a. Quand est-ce que tu as vu Michel?
b. Tu as vu Michel quand?
c. C'est quand que t'as vu Michel?
Dans les dialectes de l'Italie du Nord, les clivées interrogatives comme celle en (1c) sont de loin la stratégie d'interrogation la plus productive et, au même temps, la moins étudiée. Aussi bien qu'à partir de Jaspersen (1927) les clivées déclaratives, comme celle en (2), aient été le focus d'un grand nombre de travaux, aucune analyse théoriquement satisfaisante et universellement valide n'a encore été produite pour les clivées interrogatives.
(2) C'est Michel que j'ai croisé au marche
Ce projet de recherche s'étend sur un domaine empirique et théorique très précis, à savoir les clivées interrogatives dans les langues Romanes et la cartographie de structures syntaxiques, respectivement. Cette dernière est une emprise qui, à partir de la fin des années 80 et surtout suite à l'influente analyse de la périphérie gauche proposé dans Rizzi (1997), vise à produire un mappage aussi fin que possible des structures fonctionnelles des langues naturelles.
Les principaux buts de ce projet sont, d'un côté, l'établissement d'un corpus plurilingue d'interrogatives clivées et, de l'autre côté, l'élaboration d'une théorie syntaxique visant à expliquer aussi bien les propriétés distributionnelles des éléments interrogatifs dans les clivées que leur propriétés sémantiques.