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Le Grand Conseil ou Conseil des Deux Cents était à la fois une autorité législative, administrative et judiciaire. Il se réunissait trois fois par semaine en temps ordinaire, deux fois seulement pendant les moissons et les vendanges. Dans les séances, il gouvernait à coup de décrets, arrêtés, ordonnances dans les plus petits détails et il en inondait le Pays.
Le Sénat avait lui seul le droit d’initiative. Il comprenait vingt-sept membres et les séances quotidiennes. On y expédiait les affaires courantes, on y nommait les fonctionnaires. Egalement le Conseil secret qui avait pour mission de veiller à la sécurité de l’Etat, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur.
Maintenant que nous avons nommé tous ces puissants rouages de l’autorité patricienne, voyons – ce qui nous intéressera le plus – le fonctionnaire avec le peuple aura un contact direct. Ce fonctionnaire était le bailli, le très noble et très magnifique seigneur bailli, nommé pour six ans par le Conseil des Deux Cents et choisi parmi les bourgeois de Berne. Ce poste était fort rémunérateur et fort recherché.
Le bailli, cumulait à la fois les fonctions législatives, judiciaires, administratives, militaires, et incarnait ainsi de toutes façons le souverain pouvoir. Il jouissait d’une autorité considérable et certains en abusèrent. Petit roitelet n’ayant de comptes à rendre qu’à Berne, il était maître absolu sur les sujets de LL. EE. et vivait en prince aux dépens du Pays de Vaud. Source : Etude du Prof Paul Maillefer
Le gouvernement dirigeait l’instruction des troupes et faisait donner, aux frais des communes naturellement, des leçons de maniement des armes, le jeu du fifre et du tambour. Chaque commune avait son commandant, son fifre et sa caisse ; chaque année, il y avait des revues.
Berne avait aussi créé sur le Léman, pour défendre Genève toujours menacée par le duc de Savoie, une marine de guerre et une école navale, celle-ci à Morges. Cette marine se composait en 1777 de quatre grandes barques : la Bergère, la Glorieuse, la Leste et le Crève-Cœur dont l’équipage était de vingt-quatre hommes. Les services rendus par cette marine ne furent pas nombreux et son désarmement intervint en 1792 par ordre des LL. EE.