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Après La seconde surprise de l’amour créée en 2014, le metteur en scène Valentin Rossier explore à nouveau l’œuvre de Marivaux avec L’Île des esclaves, comédie en un acte que Beaumarchais qualifiait de « petit bijou ».
Composée en 1725 dans l’esprit de la commedia dell’arte, son argument rappelle les “saturnales”, ces fêtes romaines durant lesquelles les esclaves provisoirement affranchis, pouvaient donner des ordres à leurs maîtres, et de se faire servir par eux.
Marivaux reprend ce motif – celui d’un “monde à l’envers”, ou les conditions sociales sont inversées – et le situe dans un temps et un lieu lointains, une île de l’Athènes antique. Cet éloignement lui permet de mener une réflexion morale et politique qui sans doute aurait été perçue comme trop dangereusement subversive si elle s’était ancrée dans la réalité de son époque. Au cœur de cette réflexion, les hasards de la naissance, les dérives de celles et ceux qui sont bien nés, et que les esclaves de l’île s’emploient à corriger…Les cœurs corrompus des maîtres parviendront-ils à s’amender? Quant aux esclaves, devenus maîtres à leur tour, sauront-ils se comporter avec plus d’humanité qu’eux?
Quatre naufragés échouent sur une île dirigé depuis un siècle par des esclaves révoltés dans laquelle les rôles sont inversés : les esclaves deviennent des maîtres et les maîtres des esclaves. Quand le pouvoir change de main, les masques tombent et les valets prennent leur revanche sur les maîtres. Cette inversion des rôles permettra-t-elle l’émergence d’un ordre nouveau et plus égalitaire ? Ou les vieilles habitudes reprendront-elles le dessus ? L’ordre ancien va-t-il se remettre en place avec simplement une nouvelle distribution des rôles ? Inspirés par l’expérience des souffrances vécues, les esclaves vont-ils se comporter avec plus d’humanité que ne le faisaient leurs anciens maîtres, où vont-ils reproduire les agissements de ceux-ci ?