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Aspects de l’art abstrait britannique des années soixante (1959-1966)
Au quatrième étage, une cinquantaine de sculptures, peintures et estampes offraient un panorama de la scène artistique britannique entre 1959 et 1966, avec des œuvres de Derek Boshier, Bernard Cohen, Robyn Denny, Michael Kidner, Phillip King, Gerald Laing, Bridget Riley, Ralph Rumney, Peter Sedgley, Richard Smith et William Tucker. Dès la fin des années 1950, ces peintres et sculpteurs, inspirés par l’abstraction américaine, intègrent à leur pratique des signes issus de leur environnement visuel quotidien et donnent à leurs œuvres un dynamisme équivalent à celui de l’agitation du rock’n’roll. Profondément optimistes (l’heure n’est guère encore à la contestation politique), ils s’attachent à célébrer le monde qui les entoure en tirant profit des tendances artistiques novatrices, inventant ainsi un nouvel art britannique. Certains d’entre eux font le choix de la reproduction du quotidien (ce qu’on appellera Pop Art), d’autres privilégient l’abstraction. Il n’y a pas d’opposition entre ces pratiques abstraites et le rapport aux images, mais une fluidité plus ou moins explicite, au sein de ce que le critique d’art Lawrence Alloway définit alors comme un « continuum entre les beaux-arts et les arts populaires ».