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Philippe Guignard affirme n'avoir trompé personne
Philippe Guignard s'est défendu d'être un escroc jeudi devant la Cour d'appel du canton de Vaud à Lausanne. Le célèbre pâtissier et son avocate se sont relayés devant les juges pour faire annuler la peine de prison ferme prononcée en première instance.
En juillet dernier, Philippe Guignard a écopé de 3 ans de prison, dont 18 mois ferme. En cause: une affaire remontant aux années 2011 à 2013, durant lesquelles 16 victimes ont été démarchées pour un projet immobilier à Orbe. Leur argent, plus de 3,2 millions de francs, avait en réalité été utilisé pour éponger les dettes personnelles du pâtissier et celles de sa société.
"Ce projet devait me permettre de rembourser les prêteurs. Je ne pense pas leur avoir menti", a affirmé jeudi Philippe Guignard. A la tête de plusieurs établissements renommés à l'époque, il a reconnu avoir mal géré l'expansion de son groupe. Et que c'est pour tenter de le sauver de la faillite, prononcée en 2014, qu'il a pris des "décisions malheureuses."
Pour son avocate Marianne Fabarez-Vogt, Philippe Guignard n'a jamais eu l'intention de tromper ou de s'enrichir avec le projet immobilier à Orbe. Si on peut lui reprocher une gestion fautive, le délit d'escroquerie "fait défaut", a-t-elle martelé.
Elle a demandé à la Cour d'appel que la peine de son client soit assortie d'un sursis complet. Si une peine ferme devait malgré tout être maintenue, elle ne devrait pas excéder six mois, a-t-elle ajouté.
Hospitalisation
La santé psychique de Philippe Guignard a aussi été au cœur de la défense de Me Fabarez-Vogt. Les troubles du comportement du pâtissier, notamment une tendance à transformer la réalité, ne lui permettaient pas d'avoir "le discernement adéquat" pour réaliser qu'il n'arriverait pas à rembourser les sommes empruntées.
Selon l'avocate, ces mêmes troubles expliquent aussi le comportement "exécrable" de Philippe Guignard lors du procès en première en instance, lorsqu'il s'était distingué par ses réactions intempestives et ses absences. Cela lui a valu "une réaction impitoyable" des premiers juges, a estimé Me Fabarez-Vogt.
Depuis, Philippe Guignard a été diagnostiqué avec une bipolarité aigüe et hospitalisé depuis sept mois dans une institution psychiatrique. "Grâce aux différents traitements, je vois désormais les choses différemment", a-t-il assuré.
A la charge des services sociaux, l'ancien roi des fourneaux, personnalité médiatique et président du Lausanne-Sport a affirmé n'avoir "plus un sou." Il a expliqué qu'il souhaitait reprendre une activité professionnelle et commencer à rembourser les plaignants. Il a indiqué que trois entreprises l’avaient approché pour travailler avec lui, mais que son avenir allait dépendre de la décision de la justice.
Autres prévenus
Egalement impliqués dans l’affaire, les trois comparses de Philippe Guignard se sont aussi retrouvés jeudi devant la Cour d’appel. Un notaire retraité, condamné à 24 mois avec sursis pour complicité d’escroquerie, a réclamé l’acquittement. Il a reconnu "une négligence", mais réfuté toute intention de tromperie.
"On s'en prend au plus solvable des prévenus pour lui faire payer la totalité du montant perdu", a critiqué son avocate Miriam Mazou.
L'acquittement a aussi été réclamé pour un jeune directeur financier, condamné à 20 mois avec sursis. "Sa sincérité est flagrante. Il n'a fait qu'obéir à un employeur autoritaire", a relevé son avocat Philippe Rossy.
Le dernier prévenu, un promoteur immobilier, avait lui échappé à la condamnation de complicité d'escroquerie. Il a demandé jeudi à être dispensé de l'audience.
Ce procès en appel se poursuit vendredi avec le réquisitoire du Ministère public et la plaidoirie de l'avocat du principal lésé dans le projet d'Orbe.
ats