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Enfin ! Les bienfaits de l'administration de nitroglycérine chez les coronariens étaient connus depuis 130 ans, mais ce n'est qu'aujourd'hui que des chercheurs américains ont enfin trouvé le mécanisme d'action de cette substance. Cette dernière avait été judicieusement utilisée par Alfred Nobel pour fabriquer la dynamite et pour de la sorte créer le prix qui porte son patronyme. Les détails de ces recherches sont publiés dans le dernier numéro des Proceedings of the National Academy of Science (PNAS).«Depuis plus d'une centaine d'années, les médecins ont prescrit de la nitroglycérine sans avoir la moindre idée de la façon dont elle agissait», explique le Dr Jonathan Stamler, de l'Institut médical Howard Hughes. Pourquoi une prise de nitroglycérine s'accompagne-t-elle d'une dilatation des artères nourricières du muscle cardiaque, autorisant le flux sanguin riche en oxygène à mieux le nourrir, et, ainsi, à soulager la douleur ? S'il est bien établi que l'effet vasodilatateur crucial est assuré par l'oxyde nitrique, un dérivé de la nitroglycérine, on ignorait toujours comment l'oxyde nitrique était généré par la nitroglycérine. L'équipe du Dr Stamler de l'Université Duke (Durham, Caroline du Nord), a identifié l'existence d'une enzyme (la déhydrogénase aldéhyde mitochondriale) qui dégrade la nitroglycérine lors d'une réaction biochimique dans les mitochondries.«En comprenant le mécanisme de la bioactivation de la nitroglycérine, il pourrait être désormais possible de concevoir et de mettre au point de nouveaux médicaments vasodilatateurs», a commenté le Dr Luis Ignarro, Prix Nobel de médecine 1998 pour ses recherches sur les mécanismes de l'oxyde nitrique sur le système cardiovasculaire.