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Né à Istanbul, Burhan Doğançay (1929-2013) a suivi l’enseignement de son père Adil Doğançay et celui d'Arif Kaptan, tous deux célèbres peintres turcs. Il étudie par ailleurs le droit à Ankara, l’économie et l’art à Paris (Académie de la Grande Chaumière). De retour dans son pays au milieu des années 1950, il y expose régulièrement son travail.
Au début des années 1960, alors qu’il est diplomate à New York, il déambule sur la 86e rue et rencontre, selon ses propres dires, « la plus belle peinture abstraite [qu’il ait] jamais vue » : il s’agissait d’un mur sur lequel étaient encore présents les restes d’un poster qui y avait été collé et une constellation de fragments de motifs. Un an plus tard, suite à ce choc esthétique, il renonce à sa carrière diplomatique pour se consacrer entièrement à l’art.
Burhan Doğançay développe alors un travail polymorphe (peinture, sculpture, photographie, art graphique) dans lequel la série d’œuvres General Urban Walls (1963-2013) joue un rôle central. Elle consiste en des tableaux qui reproduisent la texture de murs urbains et leur pouvoir d’évocation de lieux et de souvenirs.
Detour (1966), montré au MAMCO avec six autres pièces de Burhan Doğançay, fait partie des premières œuvres d’un ensemble d’images qui constituent une sous-partie de ce vaste corpus que sont les General Urban Walls. Des bandes de toile recouvertes de peinture sont collées sur un panneau de bois pour donner à voir une surface très tactile, celle d’un mur sur lequel sont visibles des signes et des inscriptions.
Si l’on pense évidemment aux œuvres des Nouveaux Réalistes en voyant ces vestiges parfaitement urbains, l’on peut aussi identifier dans ces tableaux une vision de la ville conçue comme un ensemble de signes à la fois visibles et lisibles, qui tiennent de l’écriture et du dessin, de l’abstraction et de la « figuration ».
L’exposition a été rendue possible par Benjamin Kaufmann.