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Le président américain Joe Biden a annoncé vendredi la plus importante salve de sanctions américaines depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie il y a deux ans, en réponse à la mort de l'opposant russe Alexeï Navalny.
Washington a ciblé plus de 500 individus et organisations dans différents pays (dont la Chine et l'Allemagne). Le département du Commerce a, lui, ajouté 93 entreprises à sa liste noire, portant le total à plus de 4000.
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Depuis le début de la guerre en Ukraine, "les sanctions ont été efficaces à plusieurs niveaux, même si la guerre continue", estime Erica Moret, chercheuse à l'Institut des hautes études internationales et du développement à Genève, interrogée dans Forum vendredi. Selon elle, les sanctions devraient permettre d'aider à maintenir une pression sur la Russie.
Les sanctions "limitent l'accès de la Russie à des ressources fondamentales pour continuer la guerre, comme la technologie militaire et les armes", poursuit Erica Moret. Les mesures signalent aussi à la Russie "que ses actions en Ukraine ne peuvent pas rester sans conséquences".
Les sanctions ralentissent l'effort de guerre russe
Erica Moret estime que "tout le monde a été surpris par la capacité de l'Ukraine à résister à l'agression russe" ces deux dernières années. "Les sanctions ont probablement contribué à ce succès relatif, même si elles n'ont pas mis fin à la guerre", poursuit l'experte.
"Les sanctions des Etats-Unis et du G7 ont eu un impact sur l'économie russe, en augmentant les coûts", estime la chercheuse. Mais les effets des sanctions ont été un peu limitées à cause "des difficultés d'application" et également parce que la Russie "a réussi à créer des réseaux de chaînes d'approvisionnement illicites, et à réorienter son économie autour de l'économie de guerre", selon Erica Moret.
interview radio: Coraline Pauchard
adaptation web: Julie Liardet, avec les agences
Washington vise 500 personnes et organisations
Cette nouvelle salve de sanctions cible "des individus liés à l'emprisonnement de Navalny", mais aussi le "secteur financier russe, l'industrie de défense, les réseaux d'approvisionnement et les auteurs de contournement des sanctions, à travers plusieurs continents", a annoncé vendredi le président américain Joe Biden.
Le Trésor et le département d'Etat ont ciblé plus de 500 individus et organisations dans respectivement 11 et 26 pays (dont la Chine et l'Allemagne), bloquant leurs avoirs aux Etats-Unis et restreignant leur accès aux visas. Par ailleurs, le département du Commerce a ajouté 93 entreprises à sa liste noire.
Parmi la longue liste, des entreprises technologiques des secteurs des semi-conducteurs, de l'optique, des drones, des systèmes d'information, un institut de mathématiques appliquées, et le système de paiement Mir, qui permet aux Russes d'effectuer des règlements et de retirer de l'argent dans certains pays étrangers.
L'objectif de ces sanctions est de limiter les ressources financières dont dispose le gouvernement russe pour financer la guerre contre l'Ukraine.
La Russie dénonce une ingérence "cynique" avant la présidentielle russe
"Les nouvelles restrictions sont une nouvelle tentative éhontée et cynique de s'ingérer dans les affaires intérieures de la Russie, de nous forcer à renoncer à nos intérêts vitaux, de diviser la société russe à la veille (...) de l'élection présidentielle", a dénoncé l'ambassadeur russe aux Etats-Unis, Anatoli Antonov, cité par l'agence d'Etat russe Tass.
La présidentielle de mi-mars doit voir la réélection de Vladimir Poutine.