Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07072.jsonl.gz/1544

Donald Trump a toujours refusé de publier ses déclarations de revenus, prétextant les contrôles fiscaux dont il fait l'objet depuis des années.
KEYSTONE/AP/PABLO MARTINEZ MONSIVAIS(sda-ats)
Un coin de voile a été levé mardi sur les revenus de Donald Trump: la chaîne MSNBC a publié une partie de la feuille d'impôts 2005 du président américain, montrant que le milliardaire a payé environ 38 millions de dollars. La Maison Blanche a confirmé ce montant.
Le milliardaire républicain a toujours refusé de publier ses déclarations de revenus, contrairement à une tradition de transparence visant à identifier d'éventuels conflits d'intérêts pour les candidats à la Maison Blanche. Il refusait de s'y plier en raison des contrôles fiscaux dont il fait l'objet depuis des années, selon lui.
MSNBC a publié les deux pages principales de la déclaration du couple Trump de 2005, montrant le paiement d'environ 38 millions de dollars d'impôt fédéral sur le revenu (36,5 selon un autre calcul), sur un peu plus de 150 millions de revenus.
Taux de 25%
Le document a été découvert par le journaliste indépendant David Cay Johnston, auteur d'un livre sur M. Trump, qui dit l'avoir reçu dans sa boîte aux lettres. "Le document montre que Trump et sa femme Melania ont payé 5,3 millions de dollars d'impôt fédéral classique sur le revenu - un taux de moins de 4%", a écrit le journaliste sur Daily Beast.
Le taux effectif d'environ 25% n'a été atteint que grâce au paiement de 31 millions de dollars supplémentaires par les Trump au titre de "l'impôt minimum alternatif" (AMT), un impôt créé pour empêcher que des contribuables profitent de niches fiscales pour payer peu ou pas d'impôt, a ajouté M. Johnston. M. Trump a déduit cette année-là plus de 100 millions de pertes.
Par comparaison, Hillary et Bill Clinton, qui sont millionnaires, ont payé 30,8% d'impôt fédéral en 2005. Les Clinton ont publié toutes leurs déclarations depuis 1977.
Selon un récent sondage de l'institut Langer Research, près des trois quarts des Américains souhaitent que le président rende publiques ses déclarations de revenus.
Colère de la Maison Blanche
La Maison Blanche avait confirmé les montants un peu plus tôt, tout en exprimant sa colère. "Il faut vraiment être désespéré par rapport aux audiences pour vouloir enfreindre la loi afin de vendre un sujet portant sur deux pages de déclarations fiscales datant de plus d'une décennie", a déclaré un responsable de l'exécutif sous couvert d'anonymat.
"Malgré le montant élevé des revenus et de l'impôt payé, il est totalement illégal de dérober et de publier des déclarations de revenus", a poursuivi ce responsable, ce que MSNBC a contesté.
David Johnston a rétorqué sur MSNBC qu'"il est tout à fait possible que Donald m'ait envoyé ça". "Donald a une longue histoire de divulgation d'informations sur lui-même lorsqu'il pense que ça peut servir ses intérêts".
Le fils aîné du président américain, Donald Trump Jr., a quant à lui ironisé sur la révélation, rappelant que certains opposants de son père l'avaient accusé de ne pas payer d'impôt du tout. "Breaking news: il y a 12 ans, Donald Trump a gagné beaucoup d'argent et payé beaucoup d'impôts. #scandale", a-t-il écrit sur Twitter.
Découvrir les sources de revenus
Les médias étaient depuis l'an dernier à la recherche de ces feuilles d'impôts, afin de déterminer les sources de revenus de l'homme d'affaires, notamment dans la vingtaine de pays où l'organisation Trump a noué des partenariats immobiliers et hôteliers.
Son adversaire démocrate Hillary Clinton en avait fait un argument de campagne, l'accusant d'avoir toujours tenté d'échapper à l'impôt.
Quelques bribes d'informations étaient jusqu'à présent disponibles. En octobre, le New York Times avait publié trois pages reçues anonymement, montrant que le promoteur immobilier avait déclaré 916 millions de pertes en 1995, un montant qu'il pourrait avoir légalement déduit de ses revenus imposables pendant 18 ans.
Le candidat républicain et ses proches avaient alors vanté ses talents d'homme d'affaires, capables en toute légalité d'utiliser toutes les astuces fiscales disponibles.
ATS