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Citoyens et gouvernants, le divorce
Face aux crises planétaires qui frappent les générations présentes et menacent les générations futures, nous prenons acte du gouffre de défiance qui sépare les citoyens de leur classe politique. Les mesures prises dans le cadre des sommets successifs du G20 ou de l'UE depuis 2009 imposent d'inutiles sacrifices aux populations sans apporter de solutions durables aux crises. Les citoyens laissent exploser leur colère aux quatre coins du monde. Ils appellent à d’autres politiques.
Pour autant, rien ne semble pouvoir modifier le cours absurde des choses. En effet, les chefs d'état et de gouvernelments ne sont pas élus pour changer le monde ou sauver la planète, mais pour défendre durant leur court mandat des intérêts économiques, énergétiques et géostratégiques nationaux. Les arbitrages s’opèreront toujours en faveur de leurs champions industriels, y compris les plus pollueurs ou émetteurs de gaz à effet de serre. Le président Clinton confiait déjà au vice-président Al Gore "Entre faire de l'écologie et gagner les élections, j'ai fait mon choix." Plus radicaux, les présidents Bush père et fils proclamèrent à quelques années d'écart "Le mode de vie des américains n'est pas négociable" en préambule à des négociations internationales sur le changement climatique. Importants pourvouyeurs de fonds dans toutes les campagnes électorales, les groupes industriels et financiers verront ainsi leurs intérêts prévaloir en toute occasion sur l'intérêt général et la volonté populaire. Le divorce entre les responsables politiques et les citoyens est mis en évidence dans l'enquête "Six Americas" publiée en mai 2009 par le "Center for American Progress" sur les changements climatiques. Il en ressort que les américains font preuve d'un sens des responsabilités et d'un goodwill largement supérieurs à leurs élus à Washington. (Cf. page 18 de l'enquête.)
- 70% of american people consider global warming as a national issue priority.
- 85% support for regulation of CO2 as a pollutant.
- 90% support for requiring automakers to increase fuel-efficiency to 45 mpg even if it means a new vehicle will cost up to $1,000 more to buy.
- 75% support for signing an international treaty to reduce greenhouse gas emissions.
Le dernier pourcentage est particulièrement révélateur. Contrairement aux Congressmen de Washington qui refusent traditionnellement de lier l'Amérique à tout traité international, le peuple américain pense majoritairement que dans le domaine de l'environnement, les mesures doivent être prises dans un cadre international pour produire de réels effets. Ils sont encore 67% à souhaiter que le gouvernement s'engage dans la réduction des gaz à effets de serre "regardless of what other countries do", indépendamment des décisions des autres pays. Il en serait de même sur d'autres grands sujets d'intérêt commun. Qu'il s'agisse d'une taxation internationale à un taux "rooseveltien" de 80% pour les très hauts revenus, d'une répartition plus équitable entre les revenus salariaux et ceux du capital, de la traçabilité des transactions financières internationales, de la cessation des activités des centres financiers continentaux et offshores -les fameux paradis fiscaux-, du financement de la politique et autres domaines touchant à l'économie, à la finance, au travail, etc, les américains, à l'instar des citoyens des autres nations, appelleraient à l'institution de régulations et de règles internationales.
La plate-forme coopérative Global Society fera écho aux aspirations de la société civile mondiale en faveur d'une gouvernance à la fois équitable, solidaire et responsable.