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- 15% de complications (en Suisse,
épidémie 2006-2008)
- 8% d'hospitalisations (plus de 200 personnes ont dû être admises
à l'hôpital en Suisse depuis novembre 2006 à cause de la
rougeole).
- 1 encéphalite pour 1000 cas environ (8 encéphalites en Suisse
depuis novembre 2006)
- 1 décès pour 1000 cas environ (19 personnes sont mortes de la
rougeole en Europe en 2005-2006)
L'encéphalite provoque des dommages au cerveau, parfois
irréversibles, laissant les rescapés lourdement handicapés. Ce
n'est donc pas une maladie bénigne de l'enfance comme on l'imagine
et comme le font croire certains mouvements anti-vaccin.
Un des arguments anti-vaccins est le risque d'encéphalite après
vaccination. Ce risque est estimé à un sur plus d'un million de
personnes vaccinées. Pour de nombreux spécialistes, le risque est
même inférieur à ce chiffre. Le risque de l'autisme, lui, a été
formellement démontré comme non lié à la vaccination contre la
rougeole.
Il n'y a aucun médicament, aucun
traitement contre la rougeole. Face à un malade gravement atteint,
on ne peut que le mettre aux soins intensifs pour soutenir son
organisme, attendre et espérer. En Suisse, plusieurs parents ont vu
leur enfant mourir dans leurs bras, en même temps qu'ils
réalisaient que le choix qu'ils avaient fait de ne pas vacciner, ce
choix qu'ils pensaient être le meilleur pour leur enfant, avait été
fatal.
L'épidémie en Suisse est si étendue que les spécialistes passent
actuellement leur temps et leur énergie à intervenir, surtout dans
les crèches où se déclarent des foyers épidémiques. En effet les
bébés sont particulièrement vulnérables lorsqu'ils ne sont pas
encore vaccinés et plus protégés par l'allaitement maternel.
-Les anti-corps maternels (pour autant que la maman soit immunisée
contre la rougeole) disparaissent vers 3-4 mois même si l'enfant
est complètement allaité.
-La vaccination contre la rougeole ne peut pas être faite avant
6-9 mois au plus tôt.
Il y a donc une période d'extrême vulnérabilité, qui ne pose pas
de problèmes si le reste de la communauté est assez bien vacciné
pour que le virus ne circule plus. Mais en Suisse le taux de
vaccination est encore trop faible pour que les bébés soient
protégés. Actuellement, avec la flambée épidémique, ces bébés trop
jeunes pour être vaccinés sont en danger.
L'être humain est le seul réservoir de la rougeole. La personne
infectée est contagieuse deux à trois jours avant l'apparition des
premiers symptômes : fièvre, rhinite, toux, conjonctivite, grosse
fatigue. Des signes qui ressemblent furieusement à un simple état
grippal. Les épidémies démarrent souvent dans des communautés qui
sont opposées à la vaccination pour des raisons idéologiques avant
de se propager chez les personnes les plus vulnérables : les bébés
qui ne sont pas encore vaccinés, les femmes enceintes, les adultes
qui n'ont pas fait la rougeole enfant.
Si le virus est si efficace à se disperser d'un individu à
l'autre, c'est qu'il utilise tous les modes de transmission : le
contact, les postillons et aussi les aérosols. Ce sont des
micro-gouttelettes qui contiennent le virus et qui peuvent rester
en suspension dans l'air, parfois plusieurs heures après que la
personne infectée ait quitté les lieux. C'est une maladie à
déclaration obligatoire, c'est à dire que le médecin doit la
signaler aux autorités de surveillance dans les 24 heures. Mais
encore faut-il l'identifier. En dehors des épidémies, les malades
et les médecins n'y pensent pas forcément.
Le malade est contagieux pendant encore 5 jours après le début de
l'éruption de papules rouges, qui commencent au niveau de la tête
avant de s'étendre progressivement sur tout le corps. Contrairement
à une idée répandue, ce n'est pas une maladie d'enfant bénigne.
C'est une maladie parfois mortelle, qui nécessite souvent une
hospitalisation à cause de complications comme la pneumonie ou
l'encéphalite, et qui peut laisser de graves séquelles. Bien
installé dans le confort et la sécurité helvétique, on a oublié que
c'est une maladie dont il faut avoir peur.
Si vous avez perdu
votre carnet de vaccination et que vous ne savez pas si vous avez
eu la maladie ou le vaccin, il n'y a aucun inconvénient à se faire
vacciner une seconde fois. Si vous avez déjà des anticorps, ils
neutraliseront immédiatement le vaccin - sans aucun risque d'effets
secondaires.
Les personnes nées après 1963 devraient vérifier leur statut
vaccinal et se faire vacciner en cas de doute. Le coût est
d'environ 110 francs pour deux doses, remboursé par l'assurance de
base.
Pour en savoir plus : InfoVac , Information suisse sur la vaccination
La santé respiratoire des enfants s'est
dégradée au cours de ces trente dernières années avec une très
forte augmentation des cas d'asthme, de rhinites et de rhume des
foins. Ce phénomène pourrait être, en partie du moins, dû à la
fréquentation des piscines. Différents travaux scientifiques
estiment que le chlore pourrait avoir des effets néfastes sur les
poumons. Ce risque serait particulièrement important chez des
enfants qui ont un terrain familial allergique. Le chlore qui est
injecté dans l'eau entre en contact avec des matières organiques
humaines, comme l'urine, la sueur, la salive ou des cellules de
peau. Cela génère des sous-produits qui deviennent de puissants
oxydants. Ces substances, lorsqu'elles s'échappent dans l'eau et
dans l'air, peuvent endommager les barrières pulmonaires. Elles les
rendent plus perméables à l'entrée des aéro-allergènes.
Le danger est d'autant plus important que le bassin est très
fréquenté, que sa température est élevée et que la ventilation est
peu performante. Il est aussi proportionnel au manque d'hygiène des
baigneurs. Il est impératif que ces derniers se douchent avant
d'entrer dans les bassins.
Ce sont les enfants dont les parents ont
souffert d'allergie qui sont le plus à risque. Comme le danger est
proportionnel aux heures passées dans l'eau, on comprendra aisément
que les nageurs de compétition souffrent très souvent d'asthme, de
rhinite ou de rhume des foins. Des études scientifique affirment
qu'entre 40 et 80 pour cent des nageurs d'élite sont touchés. Ces
pathologies disparaissent lors de l'arrêt de ce sport.
Les nourrissons qui suivent des cours de bébés nageurs subissent
d'autant plus les effets pervers des chloramines que leur système
respiratoire est encore peu développé et qu'ils ingurgitent
beaucoup d'eau. Les parents doivent être informés des risques et ne
pas prolonger les séances de piscines.
Le toxicologue Alfred Bernard estime que la natation dans les
bassins publics extérieurs n'est pas sans danger. Malgré une
ventilation naturelle, les chloramines flottent dix centimètres
au-dessus de la surface de l'eau, la zone dans laquelle les nageurs
respirent.
La
Suisse, comme la plupart des autres pays européens, ne s'est jamais
préoccupée de la qualité de l'air de ses piscines. Elle a édicté
des normes pour la salubrité de l'eau avec des règles sur les
quantités de chlore admises, mais n'a aucune réglementation pour
l'air.
En France, l'institut national de recherche et de sécurité propose
de ne pas dépasser une concentration de 0,5 milligramme par m3 de
trichloramine dans l'air. Pour le professeur Bernard, les dangers
commencent à partir de 0,3 milligrammes par m3.
Pour la première fois, des mesures sont en train d'être faites
dans les piscines couvertes des cantons du Jura, de Neuchâtel et de
Fribourg. Même si les premiers résultats ne sont pas alarmants (les
valeurs moyennes mesurées se situent entre 0,3 et 0,6mg par m3),
ils ont révélé que les quantités de trichloramine dans l'air
pouvaient représenter un danger pour les travailleurs et les
baigneurs. Les autorités réfléchissent s'il y a lieu de prendre des
mesures et si oui lesquelles. Une réflexion est en cours à l'Office
fédéral de la santé publique.
Il est
relativement difficile de renoncer au chlore pour désinfecter les
piscines, car les alternatives ne sont pas très nombreuses. Le
chlore est efficace, bon marché et utilisé de très longue
date.
Des réacteurs ultraviolets sont actuellement testés dans des
installations pilotes. Utilisés en complément du chlore, les UV
améliorent la désinfection et coupent la formation des
chloramines.
Ce système permet d'économiser de l'eau, car il y a moins besoin
de la renouveler. Une solution intéressante de prime abord.
Toutefois, les UV semblent générer la formation de chloroforme, une
substance cancérigène. Des études devront confirmer ou infirmer
l'existence de ces dangers.
D'autres systèmes recourant à l'électrolyse semblent prometteurs.
En Suisse, une entreprise neuchâteloise a développé un concept
fonctionnant avec des plaques de diamant synthétique. Le système
génère ses propres désinfectants, dont une faible quantité de
chlore. Mais là aussi, des analyses complètes doivent être
effectuées pour s'assurer de l'innocuité du système.
La Belgique a fait de très bonnes expériences avec une
désinfection faite avec des plaques de cuivre et d'argent. La
piscine de Louvain-la-Neuve utilise ce procédé depuis plus de
trente ans, et, malgré une qualité bactériologique de l'eau un peu
moins bonne que si elle était traitée au chlore, l'absence totale
d'émission de chloramines élimine tout danger pour la santé
respiratoire des baigneurs. Ce système n'a pas été expérimenté en
Suisse.
La natation étant un sport particulièrement intéressant et
complet, il n'y a pas lieu d'y renoncer. Le danger peut être
abaissé si les baigneurs se douchent et ont une bonne hygiène
corporelle en entrant dans le bassin. Mieux vaut privilégier les
bassins extérieurs ou les piscines qui ne sentent que très peu le
chlore.