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Mélancholie de la côte
Voilà donc l'océan dont l'humeur se répand dans nos vies,
dont les marées façonnent notre façon d'être.
'Il ne se termine jamais,' la fille me dit. 'Il est tellement grand!
Est-ce que je peux m'y baigner?'
Un jour, tu y plongeras...
Un jour, cette fille a grandi et me dit:
'L'océan a tué, a tué un grand nombre...
Il est venu un matin et a dévoré notre été
comme un géant boit un verre d'eau après s'être réveillé.'
Oui, tu as raison, je pense rapidement. Nous avons fait l'indicible!
Nous avons nourri son vaste estomac de nos dioxides.
Nous avons coupé les arbres, conduit les voitures, amplifié les marées
jusqu'à ce qu'un jour, l'océan en ait assez et vomisse ses entrailles.
Et maintenant, en parcourant la zone du regard, la côte est lac,
la ville noyée, et ses habitants méprisent les périphéries
où des millions d'entre nous périssent chaque seconde.
Et moi, pensif, je crains qu'un jour
même la Vie ne soit plus en jeu dans ce pacte avec l'Honni.