Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07270.jsonl.gz/413

Dans l'affaire de l'amiante, ABB est parvenu à se mettre d'accord avec les avocats américains. Pour le groupe helvético-suédois, la facture sera moins salée que prévu.
Mais la proposition doit encore être approuvée par les plaignants eux-mêmes.
ABB et sa filiale américaine Combustion Engineering (CE) ont conclu un accord avec les avocats des 110 000 personnes qui ont porté plainte contre eux dans le dossier de l'amiante.
Cet accord, indique ABB, est «une étape importante pour lever les plaintes qui pèsent contre le groupe». L'accord a été passé avec des avocats mandatés par un nombre suffisant de plaignants et le représentant de futurs plaignants, a indiqué vendredi le groupe.
Mise en place d'un fonds fiduciaire
Un fonds fiduciaire sera mis en place pour traiter les plaintes liées à l'amiante lorsqu'une procédure de dépôt de bilan du type "Chapitre 11" (protection en cas de faillite) aura été approuvée par la justice américaine.
A l'origine, ABB avait proposé 1,1 milliard de dollars pour régler l'affaire, soit 300 millions de dollars en espèces et le reste en actifs de sa filiale.
L'accord prévoit désormais 350 millions de dollars en numéraire, dont 100 millions de dollars en fonction de la performance financière d'ABB, ainsi qu'un supplément de 50 millions de dollars, auxquels s'ajoutent encore 812 millions de dollars en actifs.
La contribution d'ABB passera ainsi à 400 millions de dollars.
"Un accord équitable"
Au total, la nouvelle offre est supérieure de 100 millions de dollars à la première. "Cette solution est équitable", a déclaré Peter Voser, le responsable des finances d'ABB.
Le groupe a encore indiqué qu'il «est dans les temps» pour déposer un dossier de dépôt de bilan pour sa filiale avant la fin février.
Le groupe espère encore rallier au moins 75% des 111 000 plaignants à sa proposition, condition nécessaire pour que l'accord soit scellé par la justice.
Ils recevront les détails de l'accord dans les jours à venir et disposeront d'un délai de 30 jours pour se prononcer. Les paiements, qui proviendront d'un trust créé à cet effet, représente en moyenne 10 800 dollars, soit environ 15 000 francs par victime.
Si la proposition ne devait pas recevoir le soutien nécessaire, Combustion Engineering serait alors mis sous la protection de la justice.
Les plaignants obtiendraient moins d'argent et il serait difficile pour eux de se retourner contre ABB, a fait valoir Thomas Schmidt, porte-parole du groupe.
Un lourd héritage
Les racines de l'affaire remontent bien avant 1990, année ou CE a été reprise par ABB. Dans les années 1960 et 1970, la société utilisait de l'amiante dans la fabrication de chaudières.
Or, l'exposition à cette substance peut induire des cancers une vingtaine d'années plus tard.
Bien que Ce ait revendu toutes ses activités, elle continue à endosser la responsabilité. A fin 2001, 204 300 plaintes avaient été réglées pour un montant total de 865 millions de dollars (1,2 milliards de francs). Les chiffres pour 2002 seront publiés avec les résultats annuels, à fin février.
La Bourse réagit positivement
Le Swiss Market Index (SMI), qui regroupe les valeurs vedette du marché suisse, s'est montré rassuré par cette nouvelle.
L'action du groupe technologique ABB montrait la plus forte hausse du début de séance, bondissant de 10,18% ou 46 centimes à 4,98 francs.
swissinfo avec les agences
En bref
- ABB est une des nombreuses entreprises aux Etats-Unis concernées par les demandes de réparation liées à l'amiante, un produit cancérigène, dont plusieurs ont déjà fait faillite, incapables de payer les dédommagements.
- Les plaignants sont d'anciens collaborateurs de Combustion Engineering, où étaient fabriqués des produits à base d'amiante.
- ABB a racheté cette société en 1990 et assume à ce titre tous les risques liés à cette production d'amiante, qui depuis a été arrêtée.