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La journée suisse du diabète, organisée samedi, donne l´occasion au corps médical de lancer un cri d´alarme face à la progression de la maladie. La recherche est intense dans l´arc lémanique. Près de 20 laboratoires planchent sur de nouveaux traitements.
Le diabète est la maladie non-infectieuse la plus répandue au monde. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que la planète compte actuellement entre 120 et 140 millions de diabétiques. Et ce chiffre pourrait doubler d'ici 2025.
En Suisse, la maladie touche plus de 5 pour cent de la population et la tendance est aussi à la hausse.
Pour comprendre le développement du diabète, il faut tout d'abord distinguer les deux types d'affections qui se cachent sous cette appellation.
Dans le cas du diabète 1 - où diabète insulino-dépendant - le patient ne fabrique plus d'insuline. En revanche, dans le cas du diabète de type 2 - encore appelé diabète gras- le pancréas continue de fonctionner partiellement. Toutefois, il ne parvient pas à fournir la quantité d'insuline nécessaire au bon fonctionnement de l'organisme.
Ce second type de diabète, qui représente plus de 90 pour cent des cas, est notamment favorisé par l'obésité et le manque d'exercice. Il conduit généralement à une situation d'insulinodépendance proche du diabète
de type 1.
Les traitements de la maladie et les recherches scientifiques s'orientent donc naturellement dans deux directions bien distinctes.
Il s'agit, d'une part, de produire de nouveaux médicaments qui permettent au patient de mieux répondre à la présence de faibles quantités d'insuline dans l'organisme. Et, d'autre part, de trouver de nouveaux modes d'administration de cette substance indispensable à la vie. Aujourd'hui encore, l'insuline est généralement injectée par simple piqûre.
Compte tenu du développement de la maladie et des dépenses de santé qu'elle engendre - le diabète représente 17 pour cent du coût global de la santé aux Etats-Unis - le secteur de la recherche dans le domaine promet d'être particulièrement rentable.
La Suisse romande a d'ailleurs décidé de ne pas rater le train. Rien que pour la région lémanique, pas moins de 22 laboratoires - 16 à Genève et 6 à Lausanne - sont à la pointe de la recherche scientifique.
Pour preuve, Genève a été choisie par l'Institut américain de la recherche pour participer à une étude comparative concernant la transplantation d'îlots de Langerhans, les cellules qui fabriquent l'insuline.
«Ces recherches ont initialement été réalisées au Canada. Elles ont réussi sur la totalité des patients traités, les rendant ainsi totalement indépendants de l'insuline, explique le professeur Jacques Philippe, chef de la division endocrinologie et diabétologie de l'Hôpital cantonal universitaire de Genève. Il s'agit maintenant de vérifier ces premières expériences».
Neuf centres hospitaliers, dont trois seulement en Europe, participent à ce protocole de recherche mondiale.
L'arc lémanique se distingue également dans le domaine biogénétique. Les chercheurs de l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) et l'entreprise pharmaceutique Modex à Lausanne participent actuellement au développement de cellules génétiquement modifiées pour la fabrication de l'insuline.
«Le système est déjà testé chez l'animal, souligne le professeur Jacques Philippe. Les cellules, insérées dans des capsules, seront placées dans l'abdomen du patient. Elles seront chargées de diffuser l'insuline en fonction des besoins de l'organisme».
Du côté du CHUV, à Lausanne, c'est la recherche génétique qui retient l'attention des spécialistes. «L'objectif est d'identifier les gènes qui sont impliqués dans l'apparition du diabète de type 2», précise le professeur Rolf Gaillard, chef de la division endocrinologie et diabétologie du CHUV. «Une équipe du Département de médecine interne a notamment isolé un gène à la fois actif dans le cerveau et dans les cellules du pancréas qui sont chargées de la fabrication de l'insuline».
A terme, ce type de recherches devrait notamment aboutir à l'élaboration d'une nouvelle génération de médicaments actifs dans le traitement du diabète de type 2.
Vanda Janka