Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06952.jsonl.gz/1314

Non, il ne s’agit pas de la transcription phonétique du célèbre onguent aux usages multiples, allant du traitement des refroidissements au répulsif contre les chats et les pipis de chiens, mais d’un indice surnommé l’indice de la peur.
Celui-ci a été créé il y a une trentaine d’années par le « Chicago Board Options Exchange ». Il s’agit d’un indicateur utilisé par les investisseurs pour mesurer le niveau d’incertitude et de stress sur le marché financier. Il reproduit la volatilité à 30 jours de l’indice S&P 100. Rappelons à ce propos que la volatilité mesure les différences d’amplitude, plus simplement les différences de prix d’un actif. Plus il est volatile, plus il est risqué ; la volatilité varie d’une façon générale au cours du temps en fonction des conditions de marché et de l’actualité.
En Suisse et dans toute l’Europe, celui qui est intéressé par une action l’achète directement par l’intermédiaire de sa banque ou plus rarement d’un agent de change. Aux USA, le recours aux options est plus fréquent. Précisons qu’une option donne le droit, mais non l’obligation d’acheter (ou de vendre) une action, à une date donnée et à un prix fixé à l’avance. On distingue les options d’achat (call options) permettant d’acheter une action dans le futur tandis que les options de vente (put Options) permettent de la vendre ; il existe des options sur les matières premières et la plupart des titres financiers. Quant au calcul du VIX, il s’agit simplement de l’évolution de la médiane entre le prix d’achat et le prix de vente de toutes les options, quel que soit leur prix d’exercice.
Bien des gens sont déroutés par le terme d’options alors qu’ils utilisent divers types de ces dernières dans leur vie quotidienne, en versant un acompte pour acquérir un bien, réserver un voyage ou en s’acquittant d’une prime d’assurance ; la grande différence avec le monde financier réside en principe dans l’impossibilité de récupérer ou de racheter cette garantie de bonne exécution.
Revenons au VIX et son interprétation : ce n’est pas pour rien qu’il est surnommé l’indice de la peur car il est utilisé pour mesurer l’incertitude et le niveau de stress sur le marché. Lorsque l’indice de volatilité augmente, cela signifie que les marchés sont plus incertains et pessimistes. Inversement, le VIX en baisse montre généralement que les investisseurs sont optimistes d’où une hausse prévisible du prix des actions.
La question évidente qui se pose est de savoir si le VIX est en mesure de prédire des retournements de marché futurs. Les interprétations ne sont pas absolues bien que le VIX ait une relation inverse avec le S&P 500 avec lequel il est négativement corrélé, c’est-à-dire qu’ils évoluent dans des directions opposées.
En dépit d’une certaine zone d’incertitude dans la définition des futures tendances, on a néanmoins une quasi-certitude de retournement de tendance lorsque l’indice atteint des plus hauts extrêmes, un signe de pression haussière imminente sur le S&P 500 ; on l’a constaté en mars 2020 lorsque le VIX a littéralement explosé à la hausse (près de 200%) à la suite de l’annonce de la pandémie du COVID, phénomène totalement inconnu jusque-là. Mais très rapidement, les indices boursiers ont réagi avec des envolées qui se sont étendues à l’ensemble de l’année 2021.
Ne résistons pas à la tentation de comparer sur une période de dix ans l’impétuosité des haussiers à la morosité des baissiers. Le constat est sans appel : le VIX a augmenté d’environ 32% et le S&P 500 de pratiquement 7 fois plus, soit 200% environ ; ceci prouve que globalement, au fil du temps, les investisseurs deviennent plus optimistes. Le rôle du VIX est donc d’attirer ponctuellement l’attention sur ses excès ; à la hausse, signe d’un prochain retournement de tendance positif et inversement, en forte baisse, ce qui doit mettre en alerte l’opérateur. Ce n’est donc pas la panacée, mais un instrument complémentaire à court terme, à l’analyse graphique ou fondamentale..