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La justice zougoise condamne un couple d'amants à 11 et 13 ans de prison pour avoir empoisonné le mari de la prévenue. L'homme avait survécu. Son épouse lui a administré durant plusieurs mois des surdoses d'un analgésique que son amant lui avait procuré.
Le Tribunal pénal de Zoug a reconnu les deux accusés, une femme de 39 ans et un homme de 46 ans, coupables de tentative d'assassinat. L'épouse écope de 11 ans de prison, son amant de 13 ans et 7 mois. Ce dernier est en outre sanctionné d'une peine pécuniaire avec sursis, assortie d'une amende pour d'autres délits.
La Cour a ainsi été plus loin que ce que demandait le Ministère public. Selon sa présidente, les deux accusés ont agi de manière perfide et sans aucun scrupule. L'accusation avait requis une peine de 10 ans de prison. La défense avait demandé, en vain, l'acquittement des prévenus qui nient les faits.
Appel
La peine infligée à l'épouse de la victime est moins élevée que celle de son amant: le tribunal a estimé que sa situation de vie difficile auprès d'un mari alcoolique et dépendant aux médicaments constitue une circonstance atténuante.
Les deux accusés sont placés en détention de sûreté en raison du risque de fuite. Leurs avocats ont annoncé qu'ils feraient appel du jugement. Samedi dernier, leur victime - un Suisse âgé de 51 ans - est décédée. Les causes de sa mort ne sont pas encore établies. La Cour a toutefois précisé que ce décès n'avait eu aucune influence sur son jugement.
Trahis par whatsapp...
Entre mai et août 2016, l'accusée - une économiste de nationalité roumaine - a systématiquement ajouté le médicament aux drinks qu'elle préparait pour son mari. Son complice et amant, de nationalité suisse, se l'était procuré auprès d'une infirmière, avec laquelle il entretenait aussi une relation amoureuse.
Les surdoses d'analgésique ont affaibli la victime déjà en mauvaise santé et l'ont rendue malade, mais elles ne l'ont pas tuée, comme l'espéraient les deux accusés. Durant le procès, le procureur a présenté les échanges de messagerie whatsapp entre les deux accusés avant qu'ils passent à l'acte.
Le quadragénaire suscitait alors l'enthousiasme de son amante en lui annonçant qu'il pouvait se procurer un médicament utilisé dans l'aide au suicide. Elle lui répondait qu'elle pourrait l'administrer à son mari à Chypre, où le couple marié séjournait plusieurs mois par an, présumant que les analyses médicales y seraient moins précises.
...et par eux-mêmes
Les plans des deux accusés ont volé en éclats en août 2016, lorsque l'amant s'est servi de la carte de crédit de la victime. Cette dernière a alors porté plainte.
En guise de justification, l'accusé a déclaré à la police qu'il avait reçu l'autorisation d'utiliser la carte par message whatsapp interposé. C'est alors que les enquêteurs ont découvert l'échange de messages compromettant entre les deux accusés et leur intention de tuer le mari à petit feu. Les analyses de ses cheveux ont en outre révélé des valeurs exorbitantes d'analgésique.
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