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L. est un courtier immobilier prospère. La quarantaine grisonnante, l'oeil vif, le tein ensoleillé, la dent dure, la langue vipérine. Pas un jour sans qu'il ne peste contre l'Etat et ses lenteurs. Merdredi dernier, il a assisté au débat organisé par l'association des gérants et courtiers d'immeubles entre Mark Muller, le patron actuel du logement, et Christian Grobet.
Un Christian Grobet qui, s'il ne devait pas passer la barre des 7% le 11 octobre, doit parfois ou souvent (?) caresser le rêve de se présenter au Conseil d'Etat le 15 novembre.
Effondrée sur le seuil de sa cuisine, seule dans son appartement, B. se souvient avoir prié tous les saints du ciel, s'être traînée jusqu'à son lit, avoir téléphoné à une amie, qui avait les clés de son appartement. L'amie est arrivée en même temps que SOS médecins. Admise aux urgences des HUG, B. s'est retrouvée en chambre commune. Pourtant elle paie plusieurs centaines de francs par mois une assurance complémentaire. Pas de place dans les étages supérieurs, lui a-t-on dit sans trop d'égard.
La faculté n'a rien trouvé. L'infirmière cheffe l'a vue à l'entrée et à la sortie. B. a pu sortir durant le week-end sans bon de sortie, sans que persone ne lui demande rien. B. a entendu la litanie du manque de personnel, s'est étonnée que les prises de sang soient faite au petit matin par des infirmières de nuit épuisées. B. qui connaît un peu le milieu politique a des choses à dire.
Signera-t-elle l'initiative "Pour le maintien et le rétablissement des prestations des établissements publics médicaux" que lance ces jours l'ancien conseiller d'Etat socialiste recyclé dans la défense des panthères grises? Peut-être. B. est en tout cas sensible au discours en cours qui assène le slogan simpliste: "Victoria - le programme d'économie des hôpitaux - a pemis d'économiser 300 millions à l'hôpital c'est autant de qualité de soins en moins pour les patients!"
Il ne suffira sans doute pas au bon docteur Unger de se plaindre des assurances sociales pour échapper à sa responsabilité.
Mercredi dernier, dans les salons de l'Hôtel Métropole, Christian Grobet a asséné quelques-unes de ses vérités en matière de gestion publique. Mark Muller a repris du poil de la bête au fil du débat sans jamais parvenir à donner l'impression qu'il maîtrisait le bateau logement.
C'est qu'une partie du gaillard avant du navire Etat est gouverné par un autre magistrat - le Vert Cramer - qui a passé sa législature à penser l'agglo franco-genevoise sans trop s'investir dans les plans d'aménagements locaux. Grave erreur, a expliqué le leader de la liste "Défense des aînés des locataires. etc."! C''est précisément l'investissement constant et tenace de la Délégation au logement dans les communes et dans les quartiers qui a permis, lorsque je dirigeais le DTP, de construire plus de 2000 logements par année. Pourquoi a-t-on démantelé la Délégation au logement a demandé le Poutine de l'Asloca?
Un ange chargé de brique et de ciment a traversé la salle, Sans doute quelques libéraux radicaux ont rêvé de retrouver Grobet aux commandes.