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Nicole Büchler vivra à Londres ses deuxièmes Jeux olympiques. La spécialiste de saut à la perche, qui n'avait fini que 22e à Pékin, attend cet événement depuis 4 ans et rêve de décrocher un diplôme (top-8) le 6 août (qualifications le 4 août).
Mais comme la Biennoise de 30 ans a pu le constater aux Européens d'Helsinki qui viennent de se terminer, tout peut aller très vite. Une mauvaise approche, trois échecs et tout est déjà fini!
La perche féminine ne figure au programme olympique que depuis 2002. Elle était jusque-là jugée trop dangereuse. "Une décision d'hommes", rigole Nicole Büchler. En tout cas, cette discipline très technique, qui demande également force, vitesse et coordination, passionne la Seelandaise. Interview.
De la gymnastique à la perche
RTSsport.ch: La perche féminine en était à ses débuts lorsque vous étiez petite. Comment êtes-vous arrivée à ce sport?
NICOLE BÜCHLER: J'ai toujours aimé cette discipline. Petite, j'allais voir les Championnats de Suisse en salle à Macolin et j'étais déjà attirée par le saut à la perche. Mais j'ai d'abord fait de la gymnastique rythmique, jusqu'à l'âge de 19 ans. Ensuite, j'ai dû m'arrêter en raison d'une blessure au dos. Je me suis donc tournée vers d'autres sports. J'ai joué au volley et j'ai essayé la perche. Cette discipline m'a tout de suite procuré beaucoup de plaisir. C'est pour cette raison que je la pratique.
RTSsport.ch: Vous sautez à plus de 4m50, la hauteur d'un petit immeuble. Est-ce qu'on se rend compte de la hauteur?
NICOLE BÜCHLER: Le matelas fait déjà presque un mètre, ça réduit déjà la hauteur. En fait, on n'a pas l'impression que c'est si haut, sauf si quelque chose ne va pas. Si on atterrit dans le butoir, là on réalise que c'est haut...
Tout fonctionne bien
RTSsport.ch: Vous avez battu des records de Suisse cette année, comment expliquez-vous cette progression?
NICOLE BÜCHLER: En 2010, je n'ai pas pu sauter durant toute l'année en raison d'une blessure au pied. Ensuite, j'ai connu des problèmes mentalement. J'avais des blocages. Cette année, tout fonctionne bien et on voit le résultat.
RTSsport.ch: Des spécialistes disent que les femmes pourraient atteindre 5m30... Qu'en pensez-vous et quel est votre objectif en termes de hauteur?
NICOLE BÜCHLER: Oh. 5m30, c'est vraiment très haut... Personnellement, je ne me fixe pas de hauteur à atteindre. Je ne veux pas me mettre une limite. Je vise 4m65, puis 4m70, et ainsi de suite.
RTSsport.ch: A l'entraînement, avez-vous déjà réussi à franchir ces barres?
NICOLE BÜCHLER: A l'entraînement, on saute avec un élastique, et non avec une barre, et on prend des perches plus faibles. Souvent on saute moins haut à l'entraînement qu'en concours. Mais on fait plus de sauts. En compétition on prend quand même des risques...
"Parfois on a peur"
RTSsport.ch: Le saut à la perche comporte donc des risques. A-t-on parfois peur?
NICOLE BÜCHLER: Oui, ça m'arrive d'avoir peur. Mais si on veut bien sauter, il ne faut pas. Si on a peur, on va faire des fautes. On ne sait pas vraiment de quoi on a peur. C'est comme lorsqu'on saut dans l'eau de 5m. On se dit maintenant je saute, mais on ne saute pas. On ne sait pas vraiment ce qui nous fait réellement hésiter
RTSsport.ch: Avez-vous un athlète en exemple?
NICOLE BÜCHLER: Non. pas vraiment. Mais on suit les autres athlètes. Elena Isinbayeva a vraiment une bonne technique. Et on regarde aussi les hommes. Bubka? Il était vraiment incroyable, il allait vite, sa technique était parfaite.
RTSsport.ch: Vous avez déjà vécu des JO. Est-ce que c'est toujours quelque chose de spécial?
NICOLE BÜCHLER: Oui. Après Pékin, nous nouvel objectif était Londres. On pense vraiment en 4 ans. On a des concours entre temps, mais le but suprême reste les Jeux olympiques. C'est vraiment important et spécial.
RTSsport.ch: A Londres, quel sera votre objectif?
NICOLE BÜCHLER: C'est difficile à dire, car ça dépend aussi de ce que les autres athlètes vont réaliser. Si tout va bien et que je peux continuer à bien m'entraîner, je peux viser la finale des huit meilleures.
Propos recueillis par Aline Gagnebin