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L'achat de viande de poulet locale pendant un an libère-t-il plus ou moins de CO2 qu'une douche quotidienne de dix minutes pendant une année? En matière d'émissions sur une année, est-il préférable de jouer au tennis ou de consulter sa boîte e-mails? La commande de chaussures en ligne pollue-t-elle plus ou moins que le visionnage d'une saison de la série "Game of Thrones"?
Tel est le genre de questions contenues dans le quiz. L'objectif consiste à savoir comment les gens perçoivent l'empreinte carbone de leurs actions, indique mardi l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL).
Tous les paramètres pris en compte
"Le modèle que nous avons développé convertit les comparaisons de l'empreinte carbone de différentes actions en une échelle absolue. Nous pouvons ainsi comparer la perception à celle de l'empreinte carbone réelle", explique l'un des chercheurs à l'origine du projet, Victor Kristof.
Les scientifiques de l’EPFL ont calculé de manière très précise l’impact de certaines actions du quotidien en incluant pratiquement tous les paramètres. Dans le cas d'une fondue, par exemple, c'est l'empreinte carbone du fromage, du vin, de l'ail, du méthanol, du caquelon, du pain et des fourchettes en aluminium qui va être analysée afin d'obtenir l'empreinte carbone totale de la fondue.
"C'est un peu anecdotique pour la fondue, mais ça devient par contre beaucoup plus intéressant pour des bananes. Si elles sont expédiées par bateau ou par avion, c'est un facteur 50 de différence", précise Victor Kristof, rappelant que les aliments envoyés par avion ont une empreinte carbone gigantesque. "Et je n'ai malheureusement pas l'impression que le mode de transport soit indiqué sur les étiquettes des aliments", regrette le chercheur.
Impact sous-estimé
Il souligne que si l'on sait que la Suisse produit 45 millions de tonnes de CO2 par an, cela ne révèle pas grand-chose "sur les détails de la vie quotidienne des gens et sur la manière dont ils peuvent réduire leur impact."
Au total, Victor Kristof et son collègue Lucas Maystre ont effectué leurs calculs pour 52 actions, soumises aux visiteurs du site web Climpact. L'objectif affiché est de "permettre aux gens de développer une sorte d'intuition et de mieux identifier quelles actions ils entreprennent et comment est-ce que ça a un impact sur leur empreinte carbone", explique Victor Kristof.
Outre un volet éducatif, le quiz vise à démontrer que la perception de l'impact carbone n'est pas toujours bonne.
De nombreuses personnes sous-estiment l'impact en CO2 de certaines de leurs actions. [Climpact]
"Nous espérons montrer aux pouvoirs publics que nombreuses sont les personnes à sous-estimer l'impact de certaines de leurs actions qui ont une empreinte carbone importante", indique Victor Kristof. Et d'ajouter que cela est particulièrement vrai, selon les premiers résultats du quiz, pour le chauffage des logements.
ats/edel