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Une belle histoire …
Le premier est Champion du Monde des -81 kg. Il a remporté le titre l’année dernière à Tokyo. Il faisait partie des grands favoris. Il est Israélien.
Le second était Champion du Monde des -81 kg. Il avait remporté le titre à Bakou l’année précédente. Il était Iranien. L’année dernière, il a participé aux Championnats du Monde de Tokyo contre l’accord de sa fédération et de son pays. Le risque qu’un Iranien puisse concourir et même être filmé ou pris en photo sur un podium avec un Israélien était trop important. De telles situations avaient pu être évités jusque-là en raison de défaites « ordonnées » ou de pseudo-blessures . Ces prétextes étaient toutefois difficiles à imaginer lors d’un championnat du monde. Officiellement, l’Iran avait donc renoncé à envoyer une délégation à Tokyo. Il avait fait seul le déplacement. Il savait qu’il faisait un voyage sans retour. Il quittait son pays à tout jamais.
Aléas de la compétition, les deux hommes ne se sont finalement pas rencontrés sur les tatamis ou le podium de Tokyo. Le premier est devenu Champion du Monde. Le second s’est réfugié en Allemagne, puis naturalisé pour combattre désormais sous les couleurs de la Mongolie.
Lors du Grand Slam de Paris en février dernier, ils se sont croisés dans les couloirs de Bercy. Sagi Muki et Saeid Mollaei se sont parlé pour la première fois. L’échange fut long, souriant, ponctué de plusieurs accolades. Les spectateurs de la scène, pourtant friands d’autographes ou de selfies, sont restés à distance, respectueux. Une photo a toutefois être prise pour immortaliser ce moment historique. Elle a fait le tour des réseaux sociaux du monde entier durant les heures suivantes.
Ou quand le sport et ses valeurs humaines l’emportent sur une certaine politique basée sur la haine de l’autre …
Quelle belle image pour le judo et ses principes de partage !