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Les premiers hameaux donnant naissance à Vérossaz ont été construits aux lieux dits : Le Châble et Vers-chez-Borret. Ces pâtés de maisons ont été vraisemblablement détruits par les incendies fréquents dans les anciens temps. Plus tard, quelques hameaux plus disséminés sont nés et subsistent de nos jours avec plus ou moins d'animation et de développement. Citons : LES BASSEX particulièrement ravagé en 1905 par un incendie et en 1918 par un éboulement qui causa la mort de trois personnes; LES HAUSSEX, la principale agglomération, avec l'église, l'école, le bâtiment administratif, l'office postal, la Banque Raiffeisen etc..puis, plus haut LA DOEY qui fait l'agrément des vacanciers et d'où la vue peut plonger sur le charmant plateau de Vérossaz ou se délecter du merveilleux panorama des Alpes vaudoises. Ce hameau a vécu des heures d'angoisse en mai 1958, lorsqu'une énorme poche d'eau éclata aux Djeux, créant un torrent de boue furieux qui, sur son passage arracha blocs de pierre et troncs d'arbres. Ce village dut être partiellement évacué, d'autres coulées ayant succédé à la première. Le vallon de la Rogneuse abrite les îlots de CHAVANNES et de VESENAUD où quelques familles se plaisent dans un isolement quasi monastique. L'altitude oscille entre 700 et 900 mètres.
L'accès à Vérossaz est assuré par une route pentue et sinueuse dès Massongex. Depuis 1975, Vérossaz a abandonné sa position en cul-de-sac et l'automobiliste en balade peut agréablement poursuivre sa randonnée vers Les Giettes d'où il peut gagner Choëx, Monthey et le Val d'Illiez. Les amateurs de belles promenades atteignent Vérossaz dès St-Maurice, par le chemin des Cases, populairement appelé "La Poya" ou par celui de Cindey via la Grotte-aux-Fées ou encore par celui de St-Martin - La Vorpillère.
Démographie
La population de Vérossaz a subi d'importantes fluctuations d'effectif au cours des âges :
1798 : 358 habitants 1960 : 286 habitants 1990 : 402 habitants
1846 : 623 " 1970 : 314 " 1996 : 450 "
1950 : 450 " 1980 : 341 "
Comme dans la plupart des régions de montagne, l'exode enregistré entre les années 1950 et 1960 a atteint des proportions inquiétantes à Vérossaz également. La raison de cette émigration est simple. La vie à la montagne n'offrait aucune sécurité tout en exigeant beaucoup de travail et de sacrifices. L'attrait vers la ville faisait rêver la jeunesse. Les aspirations des Véroffiards à de meilleures conditions de vie les conduisirent vers des emplois rémunérateurs, avec horaire fixe, congés et vacances.
Devant l'impérieuse nécessité de garantir la survie du village, les Autorités se donnèrent une mission essentielle, soit fortifier la confiance, la persévérance, le courage et l'attachement au sol natal.
La conjugaison des efforts entrepris et de l'évolution économique générale favorable fit que dès 1960 l'augmentation de la population repris une courbe ascendante certaine.
Il y a lieu de souligner que de nombreuses résidences secondaires ont été construites sur le plateau de Vérossaz par des amoureux de la nature, avides de tranquillité et d'air pur dans un panorama grandiose; on en dénombre aujourd'hui plus de 70.
EconomieL'économie locale est réduite à sa plus simple expression, Vérossaz n'offre qu'une vingtaine d'emplois sur place. Près de 180 personnes, dont une dizaine d'apprentis, quittent chaque jour Vérossaz. Un grand nombre d'entre elles ont subi l'attrait irrésistible de la région de Monthey et de son industrie chimique; d'autres encore trouvent leur occupation à St-Maurice auprès de l'administration fédérale : gare CFF, arsenal, arrondissement des fortifications 13. De plus, une vingtaine d'ouvriers-paysans et rentiers s'occupent de l'élevage du bétail; deux familles en retirent leur revenu principal.
Quelques personnes confectionnent à domicile des pièces artisanales, ce qui constitue un passe-temps agréable, enrichissant, voire rémunérateur. Une exposition des oeuvres réalisées est organisée chaque 2 ans par la Commune de Vérossaz.
Lors de la fermeture du seul magasin du village par la société Coop Chablais en 1989, la Commune a dû acquérir le bâtiment et l'a mis à disposition d'une nouvelle chaîne de distribution.
Les possibilités d'accueil en hôtels sont nulles du fait que le seul établissement du genre tombé en vétusté a été démoli en 1988. A son emplacement est projeté un immeuble comprenant un abri PC en sous-sol, le bureau postal, un magasin d'alimentation, un café-restaurant et une auberge. La construction de ce complexe attendu et souhaité est étroitement liée au projet du terrain de golf 18 trous.
La zone "golf" a été créée lors de la révision du plan d'aménagement du territoire acceptée par l'Assemblée primaire du 24 février 1995 par un vote de 78 % contre 22 % et homologuée par le Conseil d'Etat le 06 septembre 1995; la mise à l'enquête publique de ce complexe sportif est projetée pour la fin 1996. Ce golf de 18 trous sur le plateau de Vérossaz-Daviaz permettra la création bienvenue d'une vingtaine de postes de travail et dynamisera fortement l'économie locale et régionale.Avant qu'une recrudescence d'emplois rémunérateurs ait amélioré leur niveau de vie, les Véroffiards essayaient de tirer le maximum d'une agriculture précaire et, en hiver, s'occupaient au bûcheronnage et aux coupes de bois.
Il faut dire que le plateau de Vérossaz, sur fond de roches glaciaires, est pauvre en terre fertile et n'autorise pas une agriculture intensive sauf l'élevage du bétail; on dénombre en 1996 plus de 250 têtes de gros bétail dont 90 vaches ainsi que quelques centaines de moutons.
Agriculture
Souhaitons que la relève agricole se renforce rapidement afin de favoriser un développement en harmonie avec les richesses naturelles du plateau.
La culture de la fraise fut une réussite des années 1950/1960 et a amélioré le bien-être de nombreuses familles. Ne parlons pas d'arboriculture car les arbres fruitiers ne se plaisent guère dans ce sol rocailleux.Vérossaz compte de nombreux alpages dont les noms ne devraient jamais disparaître tant chacun a son histoire. Citons Seintaneire en contrefort de la Cime de l'Est et qui est un point de vue exceptionnel; les Djeux, le Fahy, Chétillon, La Couta, le Prottieux, la Tronchia, Praz-du-Four, Champis, le Terret, le Véla, la Biollaz qui éveillent un certain romantisme. La Giette-aux-Bourgeois appartient à la Bourgeoisie de St-Maurice.
Equipements - infrastructure
Les guerres mondiales de 1914/1918 et 1939/1945 n'ont engendré ni les richesses ni l'épanouissement économique. Bien au contraire, elles ont fortement influencé les Autorités de l'époque en les rendant craintives et prudentes; les ressources ne pouvaient s'appuyer que sur une agriculture maigrelette, les forêts de la bourgeoisie et, pour quelques uns "Les Produits" - nom local de l'usine Ciba. Les conseils municipaux présidés par Monsieur Alexis COUTAZ de 1917 à 1944 et par Monsieur Rémy JACQUEMOUD de 1944 à 1964 n'avaient à gérer que des budgets utilisés quasi exclusivement à des travaux d'entretien et aux importantes contributions d'assistance publique. Malgré cela, quelques investissements d'envergure ont pu être réalisés durant ces périodes instables politiquement et économiquement notamment le début de l'électrification de Vérossaz à partir des années 20, l'aménagement et l'amélioration des accès agricoles, l'alimentation générale en eau potable et de défense contre les incendies à la fin des années 50, la construction d'ouvrages pour éviter l'érosion du torrent "Mauvoisin" - secteur "Valère-Fahy", l'étude d'aménagements hydroélectriques sur le torrent "Mauvoisin".
Vers 1960, le contexte économique devenant de plus en plus rassurant, le besoin d'un renouveau se fit sentir. Dès 1964, le Conseil Municipal présidé par Monsieur Adrien COUTAZ, effectua quelques réalisations qui apportèrent un air de fraîcheur et de propreté, notamment le goudronnage des rues, la place communale des Haussex, la réfection des façades et du toit de la maison de Commune ainsi que du toit de l'église et l'agrandissement du cimetière. En 1968, Monsieur Adrien COUTAZ passa la main à Monsieur Hubert MORISOD qui poursuivit avec entrain l'oeuvre entreprise en réalisant notamment le premier plan d'aménagement du territoire, en entreprenant le réseau des routes forestières - Djeux de Daviaz-Chalabagne et Vérossaz-Les Giettes et en construisant le nouveau bâtiment scolaire.
En 1977, Monsieur Roland GEX succéda à Monsieur Hubert MORISOD. Grâce à l'enthousiasme du Conseil Municipal et de la population tout entière, plus de 20 millions ont été investis par la Commune et la Bourgeoisie de Vérossaz dans les secteurs suivants : routes de dessertes des zones à bâtir, zones agricoles et forestières, eau potable, eaux usées y compris raccordement à la STEP de St-Maurice/Lavey, électricité haute et basse tension, extension éclairage public, alimentation en gaz naturel du secteur Bassex-Haussex, équipements de sports et loisirs (terrain de sport, stand de tir, couvert pour sociétés et familles, piste sportive), bâtiment scolaire et salle polyvalente, lotissement pour villas, 2 locatifs de 6 et 12 appartements, achats de terrain pour la jeunesse.
La Commune a participé à la création d'un syndicat d'étude visant à mettre en valeur les possibilités hydroélectriques des torrents du Mauvoisin et du St-Barthélémy - potentiel d'une vingtaine de millions de kwh. L'octroi de la concession a été suspendu vu les exigences fédérales relatives au respect des débits minima.
Transports & communications
Le flux des 180 personnes qui, chaque jour, se rendent en plaine pose des problèmes de transport et de communication.
Pendant des années, ce fut le mulet qui représenta un moyen de transport sûr et régulier, surtout pour le courrier postal.
Précisons qu'entre 1865 et 1878, un chemin allant des Cases à l'église de Vérossaz a été construit par les entrepreneurs PERETTI-NUBIO et Pierre ROSAZZA.
Au début du siècle et ensuite vers les années 1930, deux projets d'amélioration routière avec la plaine échouèrent pour diverses raisons notamment financières : St-Maurice - Les Giettes par le hameau des Cases ainsi que Monthey - Choëx - Daviaz - Vérossaz - Les Giettes.
Un seul axe routier carrossable conduit de Massongex à Vérossaz. En hiver, cet ancien chemin muletier aux multiples lacets et dont la pente oscille entre 10 et 15 % fait quelquefois penser à une piste de bob...
En session de juin 1991, le Grand-Conseil a accepté le décret relatif à la construction d'une nouvelle route reliant Daviaz à Choëx, d'une longueur de 2 km 700. Ainsi Vérossaz se trouverait désormais à 7 km de Monthey, poumon économique du Bas-Valais où un grand nombre de Véroffiards se rendent chaque jour. Cette nouvelle liaison est vitale pour la survie légitime du plateau de Vérossaz-Daviaz ainsi que pour garantir son développement économique.
Un car postal assure la liaison Vérossaz - St-Maurice par cinq courses quotidiennes.
Le projet de liaison routière Vérossaz - Mex a été momentanément mis en veilleuse vu son coût; il pourrait être réactivé dans le cas où le projet d'aménagement hydroélectrique du Mauvoisin serait débloqué par la suppression de l'exigence fédérale des débits minima à maintenir dans ce torrent.
Ecole
Pour mémoire, il est intéressant de savoir que l'école de Vérossaz a été fondée en 1733 par Jean-Louis FAVRE, docteur en théologie et ancien prieur de Val-d'Illiez qui versa un capital de 1'500 florins et établit un règlement en 10 articles.
Ce règlement fixe les buts principaux suivants :
•savoir lire
•apprendre le catéchisme par coeur
Il arrête les devoirs des parents et du personnel enseignant pour les réaliser.
Le souvenir de l'ancienne maison d'école reste à jamais gravé dans notre mémoire. Nous revoyons les deux salles de classe exiguës au plancher brinquebalant, au plafond à poutres séculaires et où régnait le "bagnard", ce gouffre à bois, en pierre ollaire. Nous pensons avec émotion aux conditions de 1930 qui durèrent des décennies et qui imposaient à 45 garçons, parallèlement à 45 filles, de vivre leur scolarité entassés comme dans un parc, ouverts cependant à un enseignement qui a porté ses fruits parce que dispensé avec conscience et courage par Mademoiselle Adélaïde FELLAY puis, plus tard, par Mademoiselle Martine COUTAZ chez les filles, et , chez les garçons par Monsieur Adrien COUTAZ pendant près d'un demi-siècle. Nous nous inclinons avec tous nos compatriotes d'alors devant le mérite de ces enseignants qui devaient occuper cinq degrés dans une même classe. L'école durait 6 mois pleins et le salaire qui gravitait autour de Frs 250.-- par mois n'était versé que pendant cette durée.Dès 1930, toute la population et surtout le régent Adrien COUTAZ rêvaient d'un bâtiment d'école répondant aux nécessités croissantes. Le chemin de la réalisation fut parsemé d'embûches. Le choix du terrain fut un sujet de division permanent jusqu'en 1970 où le Conseil présidé par Monsieur Hubert MORISOD obtint une adhésion heureuse au projet quant à son lieu d'implantation. C'est en 1975/76 que fut construit le bâtiment actuel comprenant trois salles de classes, une salle d'ACM, une salle de langue, un préau couvert avec cuisinette, une petite salle de gymnastique polyvalente avec scène, un local de service, un studio, un garage et un local du feu.
Vérossaz compte à l'heure actuelle trois classes dans lesquelles est dispensé le cycle complet de l'enseignement primaire. La proximité d'une ville d'études, St-Maurice, est un avantage important pour la jeunesse qui fréquente le Collège de l'Abbaye et le Collège de la Tuilerie (cycle d'orientation).
La Bourgeoisie - Salanfe
La bourgeoisie est une collectivité de droit public. A part l'octroi des droits bourgeoisiaux, elle a la responsabilité en tant que personne morale de la gestion des alpages suivants : Chalabagne, Djette à Debons, Tronchia, Orsay, Chétillon, Fahy et Salanfe, ce dernier en copropriété avec les bourgeoisies d'Evionnaz, St-Maurice et Massongex - voir chapitre ci-dessous. De plus, elle possède environ 300 hectares de forêts dont l'entretien ordinaire est confié au triage interbourgeoisial de Vérossaz, Massongex, St-Maurice, Evionnaz et Mex; cette équipe forestière est composée de 3 forestiers-bûcherons et de 2 apprentis. En outre, la bourgeoisie a construit 2 locatifs. Le premier de 6 appartements "En Abbaye" a été érigé en 1981 et le second de 12 appartements "Tierces" en 1991.
La commune bourgeoisie ou la bourgeoisie réunit l'ensemble des bourgeois. N'est pas bourgeois qui veut, car, à ce titre sont attachées les prérogatives telles que la jouissance des biens bourgeoisiaux et la représentation dans les assemblées. Seuls les bourgeois actifs possèdent ces droits.
Puis il y a les bourgeois passifs originaires de Vérossaz mais installés ailleurs, les bourgeois d'honneur et les bourgeois nouveaux. Ces derniers ont acquis le droit de bourgeoisie en payant un droit d'entrée. La plupart sont des étrangers qui, après avoir été naturalisés par le Grand Conseil ont été acceptés en qualité de bourgeois dans la Commune.
En Valais, chaque commune a son assemblée bourgeoisiale. Il faut savoir que si le nombre des non-bourgeois forme au moins la moitié de l'assemblée primaire ou si le Conseil municipal est composé de la moitié de non-bourgeois, l'assemblée bourgeoisiale a le droit de demander la création d'un Conseil bourgeoisial de 3 membres au moins et de 7 au plus.
A Vérossaz c'est le Conseil municipal qui remplit les fonctions du Conseil bourgeoisial, qui gère et administre les biens bourgeoisiaux et rend annuellement compte de sa gestion. En cas de conflit d'intérêt, ce conseil ne peut prononcer une décision engageant la bourgeoisie qu'avec le préavis de la Commission bourgeoisiale, ceci en application de l'art. 1 de la loi du 28 août 1989 sur les bourgeoisies.
Pour mémoire, précisons qu'actuellement, sur 164 bourgeoisies, le canton en compte 133 dont les affaires sont gérées par le Conseil municipal.
Messieurs Edgar VOIROL et Léon JORDAN ont été élevés au rang de bourgeois d'honneur en signe de gratitude pour avoir contribué à faire connaître loin à la ronde le nom de Vérossaz tant par leurs récits littéraires que par leurs oeuvres musicales.
Nous n'oublierons pas de relever que Monsieur Marco PASCOLO, gardien de l'équipe suisse de football, a reçu l'agrégation de la bourgeoisie de Vérossaz pour devenir citoyen suisse en février 1991.
Salanfe
Salanfe est un parchet de paradis terrestre sis à 1950 mètres d'altitude et dont les beautés naturelles fascinent le montagnard-touriste. JAVELLE, dans "Souvenirs d'un alpiniste" dit : "Personne ne peut imaginer un pareil site si ce n'est Celui qui, l'ayant imaginé, en réalisa les beautés". Un lac forme l'écrin de ce joyau serti par les Dents-du-Midi , la Tour Sallière et le Luisin.
On y accède :
- par Salvan et le vallon de Van;
- par Les Marécottes - La Creusaz, le col de la Golette;
- de Mex, Vérossaz, St-Maurice, Evionnaz, par le col du Jorat;
- de Champéry, par le col de Susanfe.
De Salanfe, on peut atteindre Barberine et Emosson par le col d'Emaney.
La juridiction sur Salanfe a appartenu sans contestation à l'Abbaye de St-Maurice de 1324 à 1775. A cette date, après d'interminables délimitations, visions locales, "déplacements topographiques" de la Tour Sallière, procès hargneux, la Diète dessaisit l'Abbaye de sa juridiction mais sans l'attribuer à l'une des quatre communes de la châtellenie dont les propriétaires de bétail devaient donner au couvent une demi-livre de beurre par vache alpée à Salanfe.
Le 22 mai 1780, la Diète attribua définitivement à l'Etat la juridiction sur Salanfe.
Dès 1822, date de la dissolution de la châtellenie de St-Maurice, les droits de juridiction et de propriété revinrent aux quatre bourgeoisies de St-Maurice, Vérossaz, Evionnaz et Massongex.
Le 07 août 1860 à St-Maurice, eut lieu le partage des alpages de Salanfe et de Clusanfe entre les 4 bourgeoisies :
- 31/100 à St-Maurice
- 25/100 à Vérossaz
- 24/100 à Evionnaz
- 20/100 à Massongex
Vérossaz n'ayant pas accepté cette répartition, cette dernière fut modifiée par le règlement du 12 juillet 1870; les parts respectives ont été fixées comme suit :
- 30/100 à St-Maurice
- 28/100 à Vérossaz
- 24/100 à Evionnaz
- 18/100 à Massongex
Cette répartition est toujours en vigueur à ce jour.
Il se constitua un Conseil mixte de 9 membres dont 3 de St-Maurice et 2 de chacune des autres communes. Dès lors, un règlement adopté par lesdites bourgeoisies fixa l'organisation de l'exploitation des alpages de Salanfe et de Clusanfe et la police de ces alpages. Dîmes et redevances continuèrent à être versées à l'Abbaye. Ce règlement fut approuvé par le Conseil d'Etat en 1916.
L'alpée de Vérossaz à Salanfe où beaucoup de Véroffiards étaient au bénéfice d'un droit d'alpage sur lequel ils avaient érigé un chalet a toujours revêtu le caractère d'une vraie expédition qui faisait rêver les jeunes garçons appelés à vivre une telle aventure. C'était d'abord la descente du troupeau jusqu'à Vérolliez où un arrêt était prévu sur un fonds dit "Le petit Cergneux" ou "Le Chargeux". Puis, par la Rasse, le Plan-de-la-Djeu, Fontaine froide, on atteignait le Jorat et Norteau où le convoi passait la nuit. A l'aube, l'expédition franchissait le col du Jorat et gagnait Salanfe et ses chalets.
Revenons à 1905 où la commune d'Evionnaz intervient auprès du tribunal du Contentieux pour obtenir à elle seule la juridiction sur Salanfe et Clusanfe. Les trois autres bourgeoisies se dressent alors comme un seul homme et s'opposent fermement à la revendication d'Evionnaz qui est rejetée le 15 septembre 1906. Mais voici que subitement le droit juridictionnel et exclusif d'Evionnaz surgit du tombeau. Les trois communes qui l'avaient inhumé applaudissent à sa résurrection, lui font cortège et clament "Retro Satanas" à tout concurrent. Quelle est la cause de ce miracle authentique ? Tout simplement la valeur des forces hydrauliques de la Salanfe et de son hémicycle. La juridiction sur Salanfe se révéla devenir une source opulente de revenus. Il importait, pour réussir, de la revendiquer à tout prix pour l'une des quatre communes, soit Evionnaz.
Le 13 novembre 1917, le Conseil d'Etat établit le projet de décret suivant :
"La juridiction des montagnes de Salanfe et de Clusanfe, dans les limites existantes, qui appartenait jusqu'ici par indivis aux communes d'Evionnaz, St-Maurice, Vérossaz et Massongex, est dévolue à la commune d'Evionnaz."
Ce projet passe la rampe du Grand-Conseil en session du 21 février 1919. Champéry qui avait revendiqué la juridiction sur l'alpage de Clusanfe doit abandonner ses prérogatives.
Le barrage hydroélectrique fut construit entre 1947 et 1952. Le lac artificiel noya le plateau de Salanfe. Les chalets individuels ainsi que les alpages bourgeoisiaux furent rachetés par la société Salanfe SA. Un nouveau chalet d'alpage fut construit à son emplacement actuel pour permettre l'exploitation des pâturages entourant le lac artificiel. Chaque année en juillet et en septembre, un troupeau de plus de 200 génisses et veaux effectue cette transhumance unique dans le Bas-Valais qui conduit de Vérossaz à Salanfe en passant par les Cases, la Rasse et le col du Jorat.
Le torrent qui serpentait à travers le plateau de Salanfe subsiste dans le vallon de Van et se précipite dans les gorges avant la grande chute dite cascade de la Pissevache à Miéville.
Les promeneurs et les alpinistes apportent à une animation estivale constante; une leur assure pension et logis