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Législatives Élections fatidiques pour le Brexit au Royaume-Uni
Les Britanniques votent jeudi lors de législatives anticipées censées permettre de sortir de la crise du Brexit.
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Le Brexit avec le conservateur Boris Johnson ou un second référendum avec le travailliste Jeremy Corbyn ? Les Britanniques votaient jeudi lors de législatives anticipées fatidiques pour la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne et l'avenir du pays.
Le pays est embourbé dans le Brexit depuis le référendum de 2016. C'est pour sortir de l'impasse que le Premier ministre conservateur a voulu ces législatives, les troisièmes en quatre ans. Il espère obtenir la majorité absolue qui lui a fait défaut pour tourner la page de cette saga.
La neige pourrait en décourager
Mais si les tories ont toujours dominé leurs rivaux travaillistes dans les sondages, le résultat s'annonce serré et incertain au vu des dernières enquêtes d'opinion. L'une d'elle, publiée jeudi dans le Telegraph, donne cinq points d'avance aux conservateurs, une autre, réalisée par Kantar, douze points.
Les averses, de neige dans le Nord, annoncées jeudi pourraient décourager certains électeurs de se rendre aux urnes pour désigner les 650 députés de la Chambres des communes.
Un sondage sortie des urnes devait être publié à la fermeture des bureaux de vote à 22 heures (23 heures suisses). Les premiers résultats étaient attendus dès 23h00 locales.
A Noël, Brexit et dinde
Boris Johnson a voté en début de matinée à Westminster, posant avec son chien Dilyn dans les bras, Jeremy Corbyn un peu plus tard à Islington, dans le nord de Londres, se prêtant au jeu des selfies et discutant avec des électeurs.
«Toujours indécise en montant les marches» jusqu'à son bureau de vote à Londres, Tippy Watson, 53 ans, dit à l'AFP avoir choisi «la moins pire des options». Jane Molloy, consultante de 63 ans, prédit le «gros bazar» demain comme aujourd'hui car selon elle, «il n'y aura pas de majorité».
Colin Anderson, gestionnaire immobilier de 41 ans, déplore lui que des sujets comme «l'économie et l'environnement aient été d'une certaine manière mis de côté» dans cette élection «structurée» par la sortie du pays de l'UE. «Réalisons le Brexit!» Boris Johnson, 55 ans, l'a répété comme un mantra tout au long d'une campagne sans relief. «Imaginez comme il sera merveilleux de s'attabler autour de la dinde de Noël, le Brexit réglé», a-t-il lancé.
Outre l'unification du pays, il s'agit d'enfin pouvoir s'atteler aux «priorités» des Britanniques, comme la santé et la sécurité, a affirmé le chef du gouvernement, accusé de récupération après l'attentat meurtrier de London Bridge fin novembre.
En cas de victoire, Boris Johnson veut soumettre l'accord de divorce qu'il a négocié avec Bruxelles au Parlement avant Noël pour mettre le Brexit en oeuvre au 31 janvier, après trois reports. «L'accord est prêt. Mettez-le juste dans le four», a-t-il régulièrement plaisanté.
«Vrai changement»
Plus sobre, Jeremy Corbyn, vétéran de l'aile gauche du Parti travailliste, n'en a pas moins promis un «vrai changement» après presque une décennie de pouvoir conservateur, lors d'un dernier meeting mercredi soir à Londres.
Nationalisations et investissements massifs dominent son programme, surtout dans le service public de santé (NHS), affaibli par des années d'austérité. Misant à bloc sur cet autre grand sujet de préoccupation des électeurs, le chef du Labour n'a eu de cesse d'accuser les conservateurs de vouloir brader aux Américains, après le Brexit, cette institution gratuite et chérie des Britanniques.
Sur le Brexit, le septuagénaire reste ambigu. Il promet de négocier un nouvel accord de divorce plus favorable aux droits des travailleurs, qu'il soumettrait à un référendum avec comme alternative le maintien dans l'UE. Lui-même resterait «neutre».
Electorat volatil
Le dernier sondage publié mardi par YouGov donne aux conservateurs une majorité absolue avec 339 sièges. Mais la marge d'erreur, l'impact d'un éventuel vote utile et la récente remontée du Labour peuvent encore conduire à un Parlement sans majorité, comme en 2017.
L'électorat est «plus volatil que jamais», constate Chris Curtis, directeur de la recherche politique de YouGov. Selon lui, le score des Tories dépendra notamment de leur capacité à séduire les électeurs des circonscriptions traditionnellement travaillistes du centre et du nord de l'Angleterre, très favorables au «leave».
Sur les flancs des conservateurs et des travaillistes, les plus petits partis comme les libéraux-démocrates ou les nationalistes écossais du SNP pourraient grappiller quelques sièges, insuffisant pour faire dérailler les poids lourds. (afp/nxp)
Créé: 12.12.2019, 04h42