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Lieu: une piscine des années cinquante dans une ville de Sicile. Action: un match de water-polo, sport préféré du réalisateur. Temps: la durée d'un match. A partir de ces trois classiques unités, Moretti règle quelques comptes avec son pays et son époque.
Critique
Dans Palombella Rossa, Nanni Moretti s'imagine en député communiste amnésique, à la recherche d'un passé évidemment impossible à assumer. Pour un survivant écarquillé de Mai 68, encore férocement attaché aux jupes de sa mère, la métaphore est belle. Ici, l'enfant-poisson refuse de quitter l'eau de la piscine, comme un têtard attardé, pendant qu'Omar Sharif, sur écran télé, parasite avec la musique têtue du Docteur Jivago les trames célibataires de cette histoire à tâtons. A la chanson de Lara succède, dans un moment de magie pure, I'm on Fire (Bruce Springsteen sous influence Suicide), qui envahit soudain la piscine transformée en cathédrale. Nanni Moretti nage heureusement toujours trop loin. C'est un plongeur à plein temps, enfant d'une sirène et militant water-polo du temps qui passe.
Louis Skorecki, Libération