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Oscar Schwenk, le président et directeur général du constructeur d'avions Pilatus, est très remonté contre le groupe d'armement et d'aéronautique RUAG. L'entreprise en mains de la Confédération propose notamment des services de maintenance "à des prix subventionnés", accuse-t-il.
"J'en ai déjà parlé au conseiller fédéral Ueli Maurer" (chef du Département de la défense), assure M. Schwenk dans une interview à paraître jeudi dans le journal économique alémanique "Handelszeitung". Et d'ajouter que pour lui "ce que fait RUAG est totalement incompréhensible".
"RUAG s'introduit de force"
"Pilatus offre dans le monde entier des services pour ses propres avions, et nous avons un savoir-faire acquis durant des années", explique-t-il. "Et voilà qu'arrive RUAG, et s'introduit de force sur notre marché avec des tarifs subventionnés", s'indigne le patron du groupe nidwaldien.
Il ne comprend pas non plus la manière de faire de RUAG, qui a en particulier acheté un lot de 8 avions Pilatus usagés afin d'obtenir des pièces de rechange. Pilatus avait jugé que le jeu n'en valait pas la chandelle. Selon Oscar Schwenk, "c'est presque tragique, RUAG se lance dans tout ce à quoi nous nous refusons".
Appareils armés en Israël
Il révèle également qu'une société israélienne, Elbit Systems, peut armer des appareils d'entraînement Pilatus. Il ajoute avoir déjà demandé au Conseil fédéral d'intervenir, mais sans résultat.
Les nouveaux appareils d'entraînement PC-21 ne peuvent pas être armés "sans que Pilatus y contribue", à cause de la complexité de l'appareil, explique M. Schwenk. "Pour les modèles plus anciens, une entreprise israélienne s'en charge", en l'occurrence Elbit Systems, basée à Haifa.
Pilatus mise sur la Suisse
Pour le patron du constructeur aéronautique, une délocalisation de la production n'est par ailleurs pas un thème pour l'heure. "Les coûts sont assurément moindres à l'étranger. Mais si l'on tient aussi compte de valeurs comme la qualité et la fiabilité, la facture a souvent une autre allure", dit-il.
Pilatus a récemment fait états de plusieurs gros contrats avec les gouvernements de l'Inde, des Emirats Arabes et au Qatar. "Durant les cinq années à venir, Pilatus va créer plus de 400 nouveaux emplois en Suisse", assure M. Schwenk.
ATS