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Arie Van Beek ne se départit jamais de son entrain. A l’occasion de ce cinquième concert de saison, l’Orchestre de Chambre de Genève placé sous sa direction s’associe au Sinfonietta de Lausanne pour une soirée exceptionnelle construite autour d’une œuvre rare. Celle de Bela Bartók. Cette Musique pour cordes, percussions et célesta, qui portait un titre provisoire, devenu définitif, est rarement jouée et pour cause. Au printemps de 1936, Bartók reçoit une lettre du chef d'orchestre et mécène Paul Sacher lui demandant de composer une pièce pour orchestre pour célébrer le dixième anniversaire de son Orchestre de chambre de Bâle. Créé le 21 janvier 1937, ce chef-d'œuvre est écrit pour un orchestre à cordes disposé de part et d'autre du chef en deux groupes qui se répondent. Les deux formations l’interprèteront le 5 avril au Victoria Hall de Genève. Autre chef-d’œuvre du XXème siècle au programme de cette soirée exceptionnelle tissant des liens avec le répertoire baroque, le Concerto pour quatuor à cordes et orchestre de Schönberg, dont la mélodie répond au Concerto grosso de Haendel. Arie Van Beek nous parle de cette soirée Concertons!
L’Orchestre de Chambre de Genève étoffe ses rangs aux côtés du Sinfonietta de Lausanne pour ce cinquième concert de saison. Comment la rencontre entre vos deux formations va-t-elle concrètement se dérouler?
L’œuvre principale de cette soirée est celle de Bartók. Sa Musique pour cordes, percussions et célesta est en fait une œuvre pour deux orchestres à cordes. Nous allons donc réunir les deux formations complètes. A ma gauche, se trouvera l’Orchestre de Chambre de Genève (L’OCG) et à ma droite, le Sinfonietta de Lausanne. Nous l’interpréterons en deuxième partie de soirée.
Comment le début du programme composé d’une œuvre de Haendel et de Schönberg est-il pensé sur le plan de l’interprétation?
S’agissant du Concerto pour quatuor à cordes et orchestre de Schönberg, les solistes du quatuor seront ceux de L’OCG. Les chefs de pupitre de l’orchestre seront les musiciens du Sinfonietta de Lausanne. Ce sera aussi le cas pour le Concerto grosso opus 6 N°7 de Haendel. Pour le reste des cordes, nous avons opéré un mélange entre les instrumentistes du Sinfonietta et ceux de L’OCG.
Qu’en sera-t-il pour la pièce de Brahms, qui vient clore la soirée?
Les deux formations seront complètement réunies, avec les vents également. Une fois associées, elles forment à elles deux un grand orchestre. L’OCG compte à lui seul un effectif fixe de trente-neuf musiciens.
Aviez-vous choisi au départ d’articuler ce concert autour du concerto?
Pour bâtir ce programme, je suis parti de l’œuvre pour deux orchestres de Bartók, une œuvre rarement jouée qui plus est. Cette Musique pour cordes, percussions et célesta est très difficile à interpréter. Mais c’est une œuvre géniale. C’était le point de départ, qui met les deux formations en valeur. Ensuite, nous avons composé autour, Schönberg étant un contemporain de Bartók. L’œuvre de Haendel que nous présenterons possède quant à elle un lien fort avec la pièce de Schönberg dans la mesure où son Concerto pour quatuor est basé sur celui de Haendel. On commencera donc par écouter celui de Haendel. Puis on entendra le même thème dans la pièce de Schönberg, mais avec son manteau à lui. Il ne s’agit pas d’un Schönberg dodécaphonique mais plutôt d’un Schönberg romantique. Nous avons ensuite choisi la pièce de Brahms, une ouverture festive romantique, pour présenter un quatrième style. C’était cela l’idée.
Dans quel état d’esprit abordez-vous cette collaboration? Est-ce une première pour vous?
Il s’agit effectivement de ma première collaboration avec le Sinfonietta depuis que je dirige les musiciens de L’OCG. Mais les deux orchestres ont déjà joué ensemble dans le cadre du Wagner Geneva Festival en 2013, sous la direction d’Alexander Mayer. Les musiciens se connaissent bien. Cette rencontre n’est donc pas nouvelle pour eux. Quant à moi, elle ne l’est pas tout à fait non plus puisque j’ai déjà travaillé avec le Sinfonietta par le passé. Cette collaboration ne devrait pas être difficile, les deux orchestres s’entendent très bien. Je me réjouis de les réunir pour évoquer un répertoire spécial. D’autant qu’il existe très peu d’œuvres comme celle de Schönberg rassemblant un quatuor à cordes et un orchestre, en dehors de la pièce de Martinu. Ce sera donc une soirée un peu spéciale…
Propos recueillis par Cécile Dalla Torre
Concertons! - Mardi 5 avril 2016 à 20h00 au Victoria Hall de Genève
Renseignements et réservations au +41.22.807.17.90 ou sur le site de l’Orchestre www.locg.chTous nos articles