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George Robertson, secrétaire général de l'OTAN, arrive jeudi en Suisse. Il doit rencontrer le président Adolf Ogi et le conseiller fédéral Joseph Deiss. Sa venue intervient à un mois du vote sur l'initiative pour une réduction des dépenses militaires.
La Suisse ne figure qu'en quarantième position dans la liste des pays dans lesquels George Robertson effectue une «visite de courtoisie» après son entrée en fonction il y a une année. Cela pourrait indiquer que la Suisse, neutre et incapable, pour l'heure, d'envoyer des soldats armés dans des opérations internationales, n'intéresse guère le patron écossais de l'Alliance atlantique. Ou alors que les relations sont si bonnes qu'elles ne nécessitent pas une rencontre urgente.
En fin politicien, George Robertson plaide bien sûr pour la deuxième hypothèse. A Berne, il remerciera la Suisse de ses contributions «très robustes et valables» au maintien de la paix, notamment dans les Balkans.
Au sujet de la neutralité, le secrétaire général de l'OTAN tient un discours ambivalent. Il assure que les pays neutres ont leur place sur le nouvel échiquier de la politique de sécurité. Mais il affirme que «l'on ne peut pas être neutre dans un monde où les réfugiés passent les frontières et ne peuvent pas être arrêtés par des chars d'assaut, dans un monde où les Etats-Unis et la Russie sont assis à la même table dans le cadre du Conseil de partenariat euro-atlantique.»
Selon George Robertson, la Suisse est bien placée pour mesurer les limites d'une neutralité traditionnelle, elle qui «a accueilli davantage de réfugiés par habitant en provenance des Balkans que tout autre pays européen.»
Interrogé par des journalistes suisses sur l'initiative visant à raboter les dépenses militaires, George Robertson s'est bien gardé de prendre explicitement position. Mais son message «adressé à tous les pays» est clair. «Dans un monde moderne où vous avez besoin de forces modernes, où vous devez être capable d'aller dans les foyers de trouble avant qu'ils dégénèrent, vous ne pouvez pas faire cela à bon marché, vous ne pouvez pas acheter une sécurité au rabais.»
Une déclaration qui vaut de l'or pour Adolf Ogi, pour qui le combat contre l'initiative sera l'un des derniers objectifs de son mandat au Conseil fédéral.
Thierry Zweifel, Bruxelles