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La cigarette est une invention relativement récente. Son développement date du XIXe siècle. Initialement on prisait ou mâchait le tabac. «En 1492, Colomb découvre l’Amérique… et le tabac. C’est alors une plante médicinale : on la respire, on la fume, on la suce, on la boit même en décoction. Au cours du XVIe siècle, le tabac est acclimaté en Europe. On commence à le vendre en poudre, puis en « carotte » qu’on râpe. Il devient un produit précieux et rare. On le prise ou on le chique. Seuls le fument, en très petites quantités, les marins et les aristocrates.»
«En France, la fabrication industrielle des cigarettes remonte à 1842. Cette année-là, 20 000 cigarettes provenant de la manufacture du Gros-Caillou, à Paris, furent vendues lors d’une vente de charité. Le succès fut immédiat. En 1867, il s’en fume 10 millions ; en 1872 : 100 millions ; en 1876, on en est à 400 millions.»
Ce sont alors surtout les hommes qui fument. Il est mal vu pour une femme de se montrer en public avec une cigarette. La dignité de la femme en était atteinte. L’idée est amusante si on la compare à nos jours, où l’on parle beaucoup de la dignité des femmes à propos du foulard à l’école. La notion de dignité féminine semble relative et variable.
Mais comment en est-on arrivé à une production en France de 65 milliards de cigarettes au XXe siècle? La publicité, bien sûr, et les people qui en donnaient une image positive. Et surtout les fabricants ont su convaincre la moitié non fumeuse de la société: les femmes.
C’est en surfant sur le mouvement des suffragettes, féministes d’entre deux guerres, que le boum s’est produit: la cigarette fut présentée comme le «flambeau de la liberté». La notion de liberté semble elle aussi relative et variable.
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