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On saura dimanche à midi et des poussières ce que les Genevois et voises auront décidé quant au destin du projet d'aménagement du périmètre Praille-Acacias-Vernets (le PAV) : le statu quo, c'est-à-dire la loi issue en 2010 d'un accord entre tous les partis, les milieux immobiliers et ceux de défense des locataires, ou le projet de la modifier, en augmentant la proportion de logements, en diminuant celle de logements subventionnés (dits d'"utilité publique", dont un petite part de logements sociaux, et en introduisant la propriété par étage sur des terrains en mains de l'Etat. Si on reste au statu quo, tous les risques sont réunis d'un ensablement du projet. Si on accepte la proposition soumise au peuple, on pourra le relancer. Avec 2000 logements de plus que les milliers déjà prévus. Ce projet, le plus important projet d'aménagement urbain et de création de logements à Genève depuis cinquante ans, est stratégique, essentiel quantitativement et qualitativement. Quantitativement, par le nombre de logements nouveaux qu'il propose, qualitativement, parce qu'il construit réellement la ville en ville, dans un périmètre déjà urbain.
"Main basse sur le PAV" : les milieux ou le Milieu ?
Contre la nouvelle version du PAV, les milieux immobiliers ont fait donner la grosse artillerie pour un enfumage d'ampleur rarement égalée. Ces milieux protestent de leur vocation de construire des logements ? le projet soumis au vote prévoit d'en construire 12'400, doit 1900 de plus que l'accord actuel. Ces milieux défendent la propriété par étage ? le projet soumis au vote en introduit sur les terrains dont l'Etat est propriétaire, alors que l'accord actuel n'en prévoyait pas sur ces terrains mais seulement sur ceux en mains privées -et du coup, la proportion de PPE pourrait atteindre presque un tiers du total des logements sur l'ensemble du périmètre. Ces milieux proclament que "62 % de logements sociaux, c'est trop" ? Il n'est proposé de logements sociaux (des HBM) que pour moins de 20 % du total des logements prévus. Ces milieux se fardent en défenseurs de la "classe moyenne" ? Le plus gros stock de logements prévus, soit en loyers libres soit en logements d'utilité publique (accessibles jusqu'à un revenu de 248'000 francs pour une famille, soit la catégorie supérieure de ladite "classe moyenne") est précisément destiné à la classe moyenne... Ces milieux se drapent dans la "mixité sociale" ? Elle est assurée par la coexistence dans le projet de logements sociaux (HBM), de logements d'utilité publique, de logements en loyers libres, de propriété par étage et de coopératives...
Doit-on dès lors continuer à évoquer prudemment des "milieux" immobiliers au pluriel, ou se mettre à parler du Milieu singulier, comme de celui faisant "Main basse sur la Ville" dans le film de Rosi, et tentant ici de faire main basse sur le PAV ?