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Comme je reçois beaucoup de messages de plainte de gens qui sont mécontents que leurs commentaires ne soient pas publiés, je prends le temps d'expliquer les changements qui sont intervenus dans ma modération du blog.
D'abord, sachez que je lis tous les commentaires que je reçois sur mon blog. Si je ne les publie pas, c'est parce que je n'ai plus le temps de faire comme au début où je publiais chaque commentaire et où je répondais à chaque critique. Je suis désolé, mais cet âge d'or est pour le moment terminé. Si vous écrivez un commentaire formulant une critique envers une de mes positions et que j'y ai déjà répondu, alors je ne publie pas votre commentaire. La réponse à votre critique est simplement contenue dans un de mes textes.
Si votre commentaire n'a rien à voir avec mon billet, s'il est trop désagréable, s'il est insultant, s'il m'attaque moi et non mes idées, alors votre commentaire n'est pas publié.
Je sais que cela change, mais je suis sûr que la qualité de nos échanges ne pourra qu'en être grandie. Si vous désirez davantage de souplesse dans nos échanges, vous pouvez m'écrire par email ou par facebook.
Bien à vous,
Adrien Faure
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Malgré mes lectures, mes recherches, et mes tentatives personnelles, je dois bien admettre qu'un objectivisme (réalisme) total (naïf) dans tous les domaines est difficile à démontrer.
Je me suis heurté au mur de la subjectivité dans quelques cas assez problématiques.
1. La définition objective du bonheur, du plaisir, et des besoins
2. La définition objective de la valeur de x sur un marché
3. La définition objective de la rationalité
(je ne peux qu'admettre une rationalité relative au sujet et non universelle)
4. La définition objective de la beauté
Il est néanmoins possible que cela soit simplement impossible de définir objectivement ces notions, mais qu'il soit toutefois possible dans l'absolu (si omniscient) de les définir. Je ne vois in fine cependant pas de résolution dans cette constatation. A creuser.
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Il me semble noter une convergence de vues entre les différents objectivismes esthétiques que je connais (Roger Pouivet, Ayn Rand, et Albertine Schellenberg). Chacun d'entre eux considère que chaque élément de x (où x est beau) est nécessaire à x. Autrement dit, c'est le critère de la nécessité qui détermine largement le concept de beauté. X est beau parce que chacune de ses parties est nécessaire et suffisante. Enlever les ailes du papillon, l'éclairage adéquat, et x n'est plus beau...
L'erreur de Rand réside dans l'idée que tout oeuvre d'art devrait être belle. L'art n'a pas à être beau. Il peut être beau, mais les critères déterminants (originalité/innovation et rigueur/cohérence) sont liés au but de l'art qui n'est pas de créer la beauté, mais de poser des questions sur le monde en le figurant. Il faudra que je développe ce point évidemment.
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Marx a défendu le dépérissement de l'Etat, cela est un fait incontestable. Mais ce qu'il s'agit d'appréhender justement est ce qu'il entendait par là. A mon sens Marx avait plutôt bien compris la nature de l'Etat. Je me rappelle d'ailleurs qu'Engels définit la vision marxienne de l'Etat comme une bande d'Hommes armés de fusils dominant par la force et l'agression le reste de la société. C'est une bonne définition je trouve.
En conséquence de quoi, lorsque Marx soutient le dépérissement de l'Etat il y tient et y croit réellement. Mais pas forcément comme synonyme d'abolition.
En fait, Marx place le dépérissement de l'Etat comme simple conséquence logique de l'état de fait qui s'installe lorsque la classe bourgeoise n'existe plus (soit lorsque la société communiste est réalisée). En effet, si plus aucun bourgeois n'existe, alors cela implique que tous les membres de la société ont les mêmes intérêts de classe. Autrement dit, comme il n'y a plus de divergences d'intérêt, il n'y a plus besoin ni d'Etat, ni de politique, ni de démocratie. L'unanimité des vues et des intérêts est ainsi réalisée dans l'uniformisation. Au lieu de comprendre que les intérêts des individus ne s'opposent pas et se concilient à travers le libre-marché, Marx règle donc la question par la destruction des intérêts de certains (la bourgeoisie).
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Je note finalement trois possibilités concernant la nature du socialisme.
1. L'ensemble des courants se réclamant du socialisme étant si différents, il est impossible de trouver un dénominateur commun (même modeste) et le socialisme n'existe pas en tant que tel (il y a seulement des socialismes au pluriel, et chaque courant donne un sens particulier à ce terme).
2. Le socialisme est un nom propre dénommant une catégorie de termes ayant des ressemblances de famille entre eux (pas tous entre eux, mais certains avec certains, ce qui est probablement suffisant pour parler de catégorie partageant des ressemblances de famille). Comme tous les noms propres, il nomme et ne signifie rien.
3. Le socialisme peut être défini comme x (comme je l'ai fait dans un de mes billets sur mon blog principal) et tout ce qui n'est pas x mais qui prétend s'appeler "socialisme" ne l'est pas (exclusion/élimination des concurrents).
Dorénavant j’emploierai généralement le troisième sens de la nature du mot "socialisme" pour désigner (de manière minimale) une société libre (où par "libre" on entend essentiellement dépourvue de hiérarchie et de salariat) lorsque je défendrai une position normative (ce qui est bien souvent le cas sur mon blog).
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Contrairement à Deleuze, je ne considère pas que le but de l'activité philosophique consiste à produire/créer/inventer des concepts. Au contraire, je considère plutôt comme Wittgenstein que le but de l'activité philosophique réside dans le travail de clarification des concepts, du langage, et de la pensée*. Concrètement, cela signifie il me semble que l'activité philosophique se traduit par un travail de définition des termes et des choses qui existe. A mon humble avis, beaucoup de débats portent justement sur le sens que x donne à A. La défense argumentée logiquement valide (la défense d'une thèse) que le sens x de A est juste est donc une part de l'activité philosophique.
Une autre part de l'activité philosophique réside (et cela est reconnu depuis Rawls) dans l'éthique normative, soit dans l'activité de défense de ce qui devrait être (philosophie éthique**, philosophie politique).
L'ensemble de ces activités constitue la recherche de la vérité, qui est il me semble le but de la philosophie.
*Le langage permet l'étude de la pensée. La logique est le cadre limite (le champ des possibilités) de la pensée. Depuis 1980 on étudie toutefois directement la pensée (cf. philosophie de l'esprit et des émotions).
**On peut différencier une philosophie éthique normative d'une philosophie méta-éthique qui se contente de définir les concepts éthiques.
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Ludwig Wittgenstein a dit dans le Tractatus logicus-philosophicus que « sur ce dont on ne peut parler, il faut garder le silence ». Partant de ce principe, j'avais affirmé dans une publication précédente l'inexistence du socialisme, puisque les courants qui le composent n'ont pas suffisamment en commun pour permettre une définition universelle.
Toutefois, il y a une résolution possible (même si peu satisfaisante pour certains) au problème. On peut considérer que le mot « socialisme » est un fait un nom propre (et non un nom commun) qui sert à désigner un ensemble d'objets (ayant peut-être des ressemblances de famille, même si cela reste à démontrer). La difficulté apparente réside dans le fait que n'importe quoi peut être revendiqué comme étant « socialiste ». Mais comme c'est effectivement le cas en pratique, je pense que ma résolution du problème est donc empiriquement confirmée.
Certains prétendent que le socialisme serait un objet historiquement déterminé. D'un point de vue relativiste cela est certes vrai. Et de ce point de vue, tout peut être considéré comme du socialisme, du moment que c'est la pratique qui le définit comme tel. Ainsi ces deux conceptions du socialisme se rejoignent.
A noter enfin que le mot « libéralisme » rencontre probablement les mêmes problèmes de définition.