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Les Fribourgeois seront encore représentés par un tandem PS-PDC au Conseil des Etats. Ils ont réélu le socialiste Christian Levrat et élu le démocrate-chrétien Beat Vonlanthen, laissant loin derrière l'UDC Jean-François Rime.
Dimanche au 2e tour de l'élection, Christian Levrat a enregistré 48'680 suffrages, Beat Vonlanthen 45'122 et Jean-François Rime 27'132. Le taux de participation a atteint 45,79%.
"Je savais que le taux de participation serait décisif", a commenté Christian Levrat, visiblement soulagé. En choisissant un duo gauche-droite et francophone-germanophone, la population a confirmé la "formule magique" qui produit de bons résultats pour le canton au Conseil des Etats, a-t-il ajouté. Selon lui, "le message est clair: on ne peut pas laisser tous les leviers du pouvoir à l'UDC".
Echec du coup de poker
Galvanisée par son premier rang aux élections pour le National, l'UDC a tenté un coup de poker pour les Etats. Après le retrait de son candidat Emanuel Waeber, qui n'a pas inquiété le duo Levrat-Vonlanthen au premier tour, elle a sorti de son chapeau la candidature de Jean-François Rime, politicien d'envergure nationale.
Réélu confortablement à la Chambre basse le 18 octobre, le président de l'Union suisse des arts et métiers a pimenté cette élection à la Chambre haute. Mais contrairement à ce qu'espérait l'UDC, il n'a pas pu faire tomber de son siège le président du PS suisse.
Il n'a pas davantage fait trembler le fauteuil PDC laissé vacant par Urs Schwaller. Le conseiller d'Etat Beat Vonlanthen, singinois lui aussi, succède à celui-ci au Parlement fédéral alors qu'il lui avait déjà succédé à l'exécutif du canton.
Beat Vonlanthen était "confiant mais vigilant" durant cette campagne, qui a été "intense", a-t-il souligné. Il a fallu mobiliser les électeurs même au centre de l'échiquier politique, a poursuivi le démocrate-chrétien. Car ceux-ci pouvaient penser que sa victoire était acquise, tant il était courtisé à gauche comme à droite.
Dernière élection pour Rime
Jean-François Rime va donc consacrer toute son énergie à son troisième mandat au National. Agé de 65 ans, il ne livrera probablement plus aucune bataille électorale: "Il y a 99,9% de chances que ce soit ma dernière candidature", a-t-il déclaré.
Même battu sèchement par ses rivaux, il "ne regrette rien". Certains lui reprochent d'avoir suscité pour le canton des frais qu'aurait évité une élection tacite des deux meneurs du premier tour.
"Nous avons donné aux Fribourgeois la possibilité de se prononcer", a-t-il argumenté. Il a fallu prendre une décision rapidement, a-t-il rappelé: l'UDC était prête à soutenir le candidat PLR Jacques Bourgeois, arrivé en troisième position, mais le PLR a renoncé.
"La démocratie a un coût", a souligné de son côté Urs Schwaller balayant lui aussi ces critiques financières adressées à l'UDC. L'erreur de celle-ci a été en revanche de ne pas présenter Jean-François Rime dès le premier tour, juge-t-il.
ATS