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Si le peuple votait aujourd'hui, il accepterait à 64% de dépénaliser l'avortement. Il refuserait par contre l'initiative «pour la mère et l'enfant».Ce contenu a été publié le 26 avril 2002 - 18:04
A moins de deux mois du scrutin, l'Institut de recherches GfS a procédé à un sondage sur ces deux objets pour le compte de SRG SSR idée suisse. Entre le 10 et le 22 avril, il a interrogé un total de 1255 citoyens dans tout le pays. Seules ont été prises en compte les réponses des personnes qui disent vouloir voter.
Le 2 juin, les citoyens se prononceront sur une modification du Code pénal visant une dépénalisation de l'avortement au cours des 14 premières semaines de vie (régime des délais). Ils se prononceront également sur une initiative demandant l'interdiction de l'avortement, sauf si la vie de la mère est menacée.
Pas de fossé des röstis
Selon les résultats du sondage de GfS, la modification du Code pénal devrait passer la rampe. En effet, 64% des sondés déclarent qu'ils sont favorables ou plutôt favorables au régime des délais. A l'inverse, seuls 23% d'entre eux sont opposés ou plutôt opposés à cette proposition.
Quant à l'initiative «pour la mère et l'enfant», elle ne recueille que 33% d'avis favorables ou plutôt favorables, tandis que 56% des sondés sont opposés ou plutôt opposés au texte.
Ces résultats ne débouchent pas sur un «rösti graben». Le régime des délais et approuvé par 62% des Alémaniques et 75% des Romands. Les résultats sont également assez semblables pour l'initiative qui n'est acceptée que par 35% des Alémaniques et 27% des Romands.
En fait, si fracture il y a, elle se situe plutôt sur le Gothard. Les italophones présentent en effet des résultats assez différents de ceux du reste du pays. La part d'avis favorables par rapport au régime des délais y est beaucoup plus basse (40%). Et, avec 49% d'avis favorables, l'initiative «pour la mère et l'enfant» y est presque acceptée.
Désaveu des élites
Selon le sondage, l'appartenance politique joue un rôle. Ainsi, le régime des délais est approuvé par 80% des socialistes, 68% des radicaux, 63% des démocrates du centre (UDC) et 55% des démocrates-chrétiens (PDC).
Les électeurs UDC et PDC ne sont donc pas en phase avec la direction de leurs partis. L'UDC nationale refuse en effet le régime des délais. Au PDC, la situation est encore plus étrange, puisque c'est ce parti qui a lancé l'un des deux référendums contre la modification du Code pénal.
Pour l'institut GfS, ces résultats montrent donc qu'il existe dans ce dossier un «conflit assez inhabituel entre la base et les élites de l'UDC et du PDC».
La pratique religieuse est également un facteur à prendre en compte. En effet, 66% des personnes qui ne vont pas plus d'une fois à l'église dans l'année approuvent le régime des délais.
Cette proportion n'est plus que de 58% parmi ceux qui y vont plus d'une fois par an et de 44% parmi ceux qui fréquentent chaque semaine une église ou un temple.
Les appartenances religieuses et politiques ne semblent en revanche pas jouer un rôle déterminant concernant le vote sur l'initiative «pour la mère et l'enfant».
Population intéressée
46% des sondés sont d'ores et déjà sûrs de participer au vote du 2 juin et 25% disent qu'ils iront probablement voter. A contrario, seul 12% savent déjà qu'ils ne se rendront pas aux urnes et 8% répondent qu'ils n'accompliront probablement pas leur devoir civique.
Les résultats du sondage GfS montrent que la problématique de l'avortement intéresse la population. Seuls des votes sur des sujets comme l'ONU ou l'Europe arrivent généralement à rassembler davantage de citoyens.
swissinfo/Olivier Pauchard au Palais fédéral
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