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Salaires : structure salariale stable - augmentation des bonus non transparents
L'Office fédéral de la statistique a présenté aujourd'hui les premiers résultats de l'enquête suisse sur la structure des salaires de 2018. Malgré une structure salariale stable, plus de 350 000 salarié-e-s occupent des emplois à bas salaire. Dans le même temps, la part des bonus n'a cessé d'augmenter depuis 2014. Travail.Suisse, l'organisation faîtière indépendante des travailleurs et travailleuses, demande une répartition équitable des salaires pour tous les employé-e-s au lieu de primes non transparentes pour une minorité de personnes choisies.
L'enquête suisse sur la structure des salaires 2018 de l'Office fédéral de la statistique montre la répartition des salaires en Suisse. Le salaire médian est de 6538 CHF par mois, mais 10 % des salarié-e-s gagnent moins de 4302 CHF. En même temps, il s'agit de salaires extrapolés à des postes plein temps. Toutefois, en raison de l'augmentation continue du travail à temps partiel, les salaires versés sont nettement inférieurs. En 2019, 37,4 % des salarié-e-s travaillaient à temps partiel, soit une augmentation de près de 6 points de pourcentage par rapport à 2004. La stabilité de la structure salariale au cours des dix dernières années est encourageante. Alors que les salaires des employé-e-s les mieux payés ont augmenté de 9,1 % au cours de cette période, les salaires des moins bien payés ont augmenté de 9,6 %, seule la classe moyenne étant quelque peu à la traîne avec une croissance des salaires de 7,3 %. "Une baisse des salaires les plus bas a pu être évitée grâce au travail des syndicats et à l'engagement en faveur d'augmentations salariales raisonnables pour tous les employé-e-s", déclare Gabriel Fischer, responsable de la politique économique ä Travail.Suisse. Néanmoins, le nombre d'emplois à bas salaire a augmenté d'environ 24 000 par rapport à 2016. En 2018, plus de 350 000 employé-e-s en Suisse travaillaient pour un salaire mensuel inférieur à 4359 francs suisses.
Les bonus non transparents désavantagent les femmes
En ce qui concerne l'inégalité salariale entre les sexes, les derniers chiffres de l'enquête suisse sur la structure des salaires montrent une diminution de l'écart de rémunération. En 2018, les salaires des femmes sont inférieurs de 11,5 % à ceux des hommes (contre 12 % en 2016). Toutefois, l’OFS ne fournit pas de nouveaux résultats sur la question cruciale de la proportion discriminatoire de ces différences de salaire, qui ne peut s'expliquer par des caractéristiques structurelles ou des activités différentes. L'augmentation continue des bonus versés chaque année est certainement faite au détriment des femmes. Si la crise financière a quelque peu ralenti le boom des bonus, ceux-ci ont depuis repris de l'importance. En 2018, une moyenne de 9913 francs de bonus a été versée, soit près de 2000 francs de plus qu'en 2014 : "Nous avons besoin d'une évolution générale et continue des salaires pour tous les employé-e-s et non de versements de bonus opaques qui désavantagent les femmes et les salarié-e-s à temps partiel", déclare Gabriel Fischer. En fait, les derniers résultats montrent qu'un peu moins d'un tiers seulement des employé-e-s reçoivent des bonus, et leur niveau est généralement deux fois plus élevé pour les employés masculins que pour les employé-e-s féminins.