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De nombreuses études montrent l’existence d’effets possibles que les facteurs environnementaux peuvent avoir sur la fonction pulmonaire des adultes et des enfants. Cependant, les polluants chimiques pourraient avoir des conséquences néfastes dès la phase prénatale et au début de la vie postnatale. Une étude publiée dans le journal The Lancet, en février, 2019 (DOI : 10.1016/S2542-5196(19)30010-5) a d’ailleurs montré que la réduction de l’exposition de l’enfant aux produits chimiques généralement omniprésents dans leur environnement pourrait aider à prévenir le développement de maladies respiratoires chroniques.
L’effet du tabagisme
Cette étude met en évidence la sensibilité particulière de l’organisme aux facteurs environnementaux lors de la période de développement, à la fois dans la vie prénatale et au début de la vie postnatale. L’exposition aux composants chimiques pendant cette période sensible pourrait ainsi affecter à long terme la structure physiologique et le métabolisme, conduisant à des problèmes de santé qui vont perdurer tout au long de la vie. L’exposition de l’enfant à la fumée de tabac pendant qu’il est encore dans le ventre de sa mère augmenterait ainsi le risque de modification du système pulmonaire et l’apparition d’un problème d’asthme. Une étude de l’Université de Californie à San Francisco, réalisée sur des femmes portoricaines et afro-américaines et dont les résultats ont été publiés en juillet 2012 dans le Journal of Allergy and Clinical Immunology (10.1016/j.jaci.2012.03.017), a montré que le tabagisme pendant la grossesse exposait l’enfant à un problème d’asthme sévère à l’adolescence.
D’autres facteurs environnementaux en cause
Si le tabagisme figure parmi les fléaux auxquels les enfants sont exposés, d’autres facteurs environnementaux comme la pollution de l’air ou des composants chimiques présents dans leur quotidien comme les composés organochlorés utilisés dans les isolants électriques, les pesticides que l’on peut trouver dans l’alimentation, les substances perfluoroalkylées (PFAS) principalement utilisés dans les ustensiles de cuisson antiadhésifs, dans les tapis ou les tissus et vêtements résistants aux taches ou hydrofuges sont aussi mis en cause. Il existe par ailleurs d’autres polluants tels les métabolites et les phénols phtalates comme le bisphénol A que l’on retrouve dans les plastiques, les solvants ou les produits de soin et qui pourraient aussi avoir des effets négatifs sur le système respiratoire encore en développement de l’enfant. Chez les nouveau-nés, l’exposition serait à l’origine de symptômes respiratoires, d’asthme et de déficits de la croissance pulmonaire.
Une prévalence plus élevée d’anomalies respiratoires
La fonction pulmonaire des enfants serait ainsi affectée par ce large éventail d’expositions environnementales souvent présentes dans leur quotidien, ce qui nécessite la réduction autant que possible de l’usage de produits chimiques dans les produits de consommation et produits ménagers afin d’aider à prévenir l’altération précoce de la fonction pulmonaire et éviter les problèmes de santé à long terme.
À noter que des études montrent qu’un faible pic de la fonction pulmonaire au début de l’âge adulte serait associé à une prévalence plus élevée d’anomalies respiratoires, cardiovasculaires et métaboliques plus tard dans la vie et à une mort prématurée.
Références & Sources :
The Lancet
Journal of Allergy and Clinical Immunology
Personnes responsables et impliquées dans l’écriture de ce dossier :
Xavier Gruffat (Pharmacien et Rédacteur en chef de Creapharma), Seheno Harinjato (Rédactrice chez Creapharma.ch, responsable des infographies).
Date de dernière mise à jour du dossier :
24.02.2020
Crédits photos :
Creapharma.ch, Adobe Stock, © 2020 Pixabay