Document ID: /curiavista/filtered/00000.jsonl.gz/200122

<h2>SubmittedText<h2><p>Le Conseil fédéral est chargé de présenter un rapport exhaustif sur la situation des stages en Suisse. Le rapport examinera notamment les critères formulés par les cantons pour reconnaître une activité professionnelle comme un stage. Il enquêtera sur l'importance que les entreprises accordent aux objectifs d'apprentissage et de formation dans le cadre des stages ainsi qu'à l'encadrement des stagiaires. Il identifiera dans quelle mesure les stages sont utilisés de manière abusive pour retarder l'embauche. Pour lutter contre ce phénomène, il examinera la possibilité d'inscrire une définition du stage dans la base légale fédérale et identifiera d'autres leviers d'action pertinents (instauration d'une réglementation spécifique, de contrats type de travail, de salaires minimums, etc.). Enfin, il émettra des recommandations à l'intention des cantons.</p><h2>FederalCouncilResponseText<h2><p>La teneur du présent postulat est identique à celle du postulat Mazzone 16.3997, "Un panorama exhaustif des stages en Suisse", sur lequel le Conseil fédéral s'est déterminé le 15 février 2017. L'avis exprimé alors vaut encore.</p><p>Le stage est un instrument important d'intégration sur le marché du travail. La forme qu'il revêt n'est pas homogène. Pour certains jeunes, le stage est un moyen de mettre un pied dans la vie professionnelle et de faire leurs premières armes. Pour d'autres, il fait partie intégrante d'une formation de base ou d'une formation continue. Le stage peut en outre favoriser l'intégration sur le marché du travail des immigrés qui n'ont jamais travaillé en Suisse, mais dont les diplômes sont reconnus dans notre pays. Enfin, un stage peut s'avérer utile à la réinsertion professionnelle après une interruption d'activité.</p><p>Quel que soit le scénario, un certain nombre de règles garantissent qu'un stage s'inscrit dans un objectif de formation continue. Par exemple, les stages dans l'administration fédérale sont limités à douze mois. Une durée maximale est également prévue pour les stages organisés par l'assurance-chômage. En droit suisse, les contrats de travail, qu'ils soient de durée déterminée ou indéterminée, sont soumis aux règles du droit privé du travail. Un contrat de stage, s'il répond à la définition légale du contrat de travail, offrira donc la même protection que tout autre contrat de travail. </p><p>Rien ne permet d'affirmer que les stages exposent les jeunes travailleurs à des conditions de travail précaires en Suisse. Selon l'OFS, seul 1,3 % des travailleurs a effectué un stage rémunéré en 2018. Dans près de 80 % des cas, il s'agissait d'un stage ou d'un programme de volontariat réalisé dans le cadre d'une formation. En 2012, un an après avoir obtenu leur master, 13 % des diplômés étaient stagiaires. Cette proportion recule fortement au fil des années qui suivent la fin des études : en 2017, cinq ans après l'obtention de leur master, la proportion des stagiaires universitaires n'était plus que de 1,2 %. Elle n'avait d'ailleurs pas augmenté pour les promotions 2002 à 2012.</p><p>Précisons enfin que les cantons, qui sont chargés à titre principal d'exécuter la surveillance du marché du travail, sont armés pour pallier les abus qui seraient commis dans le cadre des stages et, comme le montrent les exemples précités, ils assument leur responsabilité en la matière. Eu égard à ces considérations, le Conseil fédéral ne voit pas la nécessité de dresser un rapport circonstancié sur la situation des stages en Suisse ni d'établir une définition légale du stage.</p>  Le Conseil fédéral propose de rejeter le postulat.