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Ils sont en train d'unir leur destin dans l'histoire du football anglais. Manchester City et Liverpool sont les meilleurs clubs depuis plusieurs années et se partagent tous les trophées. Ils ont développé une toute nouvelle rivalité, certes uniquement sportive puisque pour les couches populaires, les rivaux de City et Liverpool resteront éternellement Manchester United et Everton.
Tactiquement, Pep Guardiola et Jürgen Klopp offrent une magnifique opposition de styles. Si Guardiola a débarqué dans un club qui «tournait» déjà très bien, pour y enseigner son jeu de possession et de position, Jürgen Klopp a totalement redonné vie au mythique Liverpool, avec un style de jeu très offensif et (enfin!) des résultats.
Le Catalan a débarqué en Angleterre en 2016 après des passages auréolés de succès au Barça et au Bayern Munich. À Manchester, il affiche un bilan impressionnant de 263 victoires, 35 nuls et 51 défaites. Cette réussite, le tacticien la doit à des principes de jeu révolutionnaires.
Mouvement constant: c'est l'une des caractéristiques des équipes de Guardiola. Le ballon circule et les joueurs permutent continuellement. Le but? Amener de la supériorité derrière la ligne de pressing adverse. Pour cela, les Citizens ne cherchent pas forcément la passe latérale, mais tentent de percer les lignes. Une tactique qui se devine notamment dans le positionnement des latéraux: que ce soit Walker, Cancelo ou Zinchenko, ils donnent des solutions dans l'axe, jouant parfois comme des milieux de terrain. De cette façon, ils libèrent les côtés aux ailiers, mais aussi aux milieux offensifs, qui «naviguent» également de manière très libre entre les lignes.
Contre-pressing: c'est la marque de fabrique que partagent Guardiola et Klopp. Le contre-pressing, ou «gegenpressing», est un schéma qui consiste à récupérer le ballon le plus haut et le plus rapidement possible (entre 5 à 8 secondes) après une perte de balle.
Mais il existe une différence fondamentale entre le pressing de l'Espagnol et celui de l'Allemand. Guardiola, adepte du jeu de position (créer des supériorités numériques à partir du positionnement des joueurs) considère le «gegenpressing» comme une manière de récupérer le ballon haut, pour annihiler les attaques adverses comme pour relancer immédiatement les siennes, une sorte de transition.
Les ailiers-relayeurs: c'est l'une des autres inventions de Guardiola (outre le faux numéro 9). Le premier ailier-relayeur utilisé par Guardiola était Andres Iniesta, repositionné sur le côté gauche lors de l'arrivée de Fabregas au FC Barcelone. Ce poste lui avait permis de jouer comme un véritable meneur de jeu excentré, avec un seul adversaire direct, le latéral. Iniesta a réalisé sa meilleure saison à ce poste.
À Munich, Guardiola crée le concept de «half-space», un espace de jeu situé entre l'aile et l'axe. Les joueurs offensifs y sont beaucoup plus libres. De Bruyne et Bernardo Silva se régalent actuellement dans ce schéma. Cette position leur permet de libérer les ailes et de soutenir l'avant-centre. Pour que ce mécanisme fonctionne, le milieu défensif doit se positionner derrière le duo et le fournir en ballon. Dans le système Guardiola, même les défenseurs centraux participent à ces mouvements, comme on le voit sur le schéma ci-dessous.
Jürgen Klopp a débarqué à Liverpool en 2015 en provenance de Dortmund. Le club était en pleine crise. S'il se bat aujourd'hui pour dominer l'Europe, à l'époque, les Reds faisaient 1-1 à la maison en Europa League contre le FC Sion. Depuis son arrivée, Klopp a gagné une Premier League et une Ligue des champions. Notamment grâce à son 4-3-3 pointe-basse basé sur son fameux «gegenpressing».
Gegenpressing: c'est sa signature. Le but est également de récupérer le ballon le plus haut et le plus vite possible. Mais contrairement à Guardiola, Klopp cherche à créer des offensives instantanées. Pour lui, une récupération rapide du ballon permet de profiter de la désorganisation temporaire de l'adversaire. Son pressing est amorcé par son avant-centre, suivi par les ailiers et les milieux de terrain qui se mettent dans le dos des attaquants.
L'autre objectif est de forcer l'équipe adverse à jouer long et ainsi récupérer le ballon derrière grâce notamment à sa tour de contrôle hollandaise, Virgil van Dijk. Le pressing de Klopp est également réputé pour être risqué car intense, les joueurs offensifs pouvant se faire éliminer et se retrouver rapidement derrière la ligne du ballon.
Un jeu offensif, des transitions rapides: Jurgen Klopp ne s'en cache pas, il aime le football d'attaque qu'il décrit comme la meilleure manière de gagner un match. Pour cela, il utilise un système de jeu classique en 4-3-3 pointe-basse avec un faux 9 (souvent Firmino ou même Mané depuis l'arrivée de Luis Diaz) et deux ailiers positionnés sur leur mauvais pied. Klopp aime le jeu vertical. Si son équipe a souvent le pied sur le ballon, elle le fait la plupart du temps dans le camp adverse, et cette possession est rarement stérile, contrairement aux équipes de Guardiola. Liverpool cherche rapidement des transitions rapides et verticales vers l'avant. Pour marquer, pour gagner.
Pour effectuer son «gegenpressing» et mettre en place son jeu offensif, Jurgen Klopp positionne son bloc haut sur le terrain, ce qui lui permet de contrôler totalement le jeu, une volonté impérieuse. Défensivement et offensivement, le bloc des Reds reste haut. Contrairement à City, Liverpool utilise son système pour également jouer long. Les défenseurs centraux profitent de leur position haute pour sauter le milieu de terrain et rapidement trouver leurs ailiers. Les milieux de terrain de Klopp sont plus utilisés dans un rôle de soutien, pour récupérer les deuxièmes ballons et appuyer le pressing intense des attaquants.
Le duel au sommet de dimanche après-midi pourrait permettre à Liverpool de prendre la tête de la Premier League. Après des débuts poussifs, les Reds sont en feu et restent sur une série de dix victoires d'affilée en Premier League. Revenu à une unité de Manchester City, Liverpool peut prendre la tête. Un potentiel premier tournant dans la saison.
Au match aller, les deux équipes s'étaient quittées sur un nul 2-2 après un match très équilibré. De Bruyne et Foden avaient répondu à Mané et Salah. Si ce match ne peut pas être qualifié de derby ou de classico en Angleterre, il est bel est bien en train de devenir un grand classique. Souvent un petit chef d'oeuvre.
Le match de dimanche sera important mais pas décisif. Il en restera encore sept. Liverpool aura notamment le droit à un calendrier très relevé. Voici le programme des deux équipes:
🔴 Liverpool :
🔵 Manchester City :
À noter encore que pour bien appuyer leur domination totale sur le football anglais, les deux équipes se rencontreront encore en finale de la FA Cup le 16 avril prochain.
Pour la première fois de leur histoire, les Red Devils de Morges St-Prex participent à la finale du championnat suisse des U18. Et ce n'est pas un accident.