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Hojôjutsu
Ittatsu ryû hojôjutsu
Ge (inférieur)
1. Ichimonji baya nawa
2. Hagai tsuke baya nawa
3. Hitoe hishi nawa
4. Shin bagai tsuke nawa
5. Ya hazu nawa
6. Sumi chigai nawa
7. Shin tombt nawa
8. Happt karami nawa
9. Yagura hishi nawa
Chû (intermédiaire)
1. Hishi baya nawa
2. Hishi nawa
3. Jûmonji nawa
4. Bajt bagai tsuke nawa
5. Tombt nawa
6. Shin futae hishi nawa
7. Shin kikt nawa
8. Yagura hishi nawa
Jô (supérieur)
1. Jûmonji baya nawa
2. Jûmonji nawa
3. Futae hishi nawa
4. Kikt nawa
5. Age maki nawa
6. Shin hagai tsuke nawa
7. Munawari hitoe hnshi nawa
8. Kiri nawa
Historique du hojôjutsu
L'EPOQUE exacte à laquelle fut créé le premier Ryû de Hojôjutsu n'est pas connue. De vieux documents illustrant des scènes du début du 14e siècle décrivent quelquefois son utilisation, mais ces documents eux-mêmes ne datent que de la période d'Edo (1603-1868). Certainement, l'importance des otages dans les événements politiques et militaires de ces temps reculés peut avoir fait du Hojôjutsu un art essentiel pour tout guerrier. De nombreux Bushi avaient inclus dans les éléments de leur armure une longueur de corde dont ils s'entouraient la taille, renforçant ainsi la couche protectrice contre les nombreux coups de sabre portis à cet endroit vulnérable. De plus, cette longueur de corde devenait très pratique lorsqu'il fallait escalader des obstacles, attacher les chevaux, faire des garrots, construire des abris, et, enfin et surtout, lors de la capture d'un ennemi de valeur.
Plus philosophiquement, le fait d'être assez habile pour capturer un ennemi vivant était jugé essentiel. Cela représentait un contrôle de soi remarquable. Cela reflétait également le pouvoir de transformer Satsujinken (le sabre qui prend la vie) en Katsujinken (le sabre qui préserve la vie).
Près de 125 Ryû de l'ère de Tokugawa ont inclus a pratique du Hojôjutsu dans leur curriculum. Take ne Uchi Ryû semble avoir été un des pionniers dans la codification d'un système de ligature. Cependant, certaines références littéraires faisant allusion à cet art remontent bien plus loin dans l'histoire. Plus proche de nous, les deux maîtres de Hojôjutsu les plus connus sont Takemoto Kichidayû de Hôen Ryû, et Shiraishi Hanjirô de Ittatsu Ryû.
Ittatsu Ryû fut fondé par Matsuzaki Kinzaemon, de la lignée de Shindô Musô Ryû, disciple de Musô Gonnosuke. On peut donc dire que ce style est très ancien et que son association avec le Jojutsu l'est tout autant.
La longueur de la corde utilisie par Ittatsu Ryû est de 5 m. Son diamètre est de 3,5 mm. Le Hojôjutsu n'est pas seulement l'art de ligoter un individu de n'importe quelle manière, aussi efficace soit-elle. Alors que les structures d'un système social figé mis en place par les Tokugawa devenaient de plus en plus rigides, la manière de ligoter un prisonnier faisait l'objet d'une attention toute particulière. La méthode variait selon que la personne liée était du sexe masculin ou féminin. Un guerrier n'était pas restreint de la même manière qu'un homme du peuple, ni un moine bouddhiste comme un prêtre Shintô.
Ittatsu Ryû propose 25 méthodes de ligature, chacune correspondant à un but spécifique, ou au grade du prisonnier Une ligature inappropriée était déshonorante non seulement pour le prisonnier mais aussi pour celui qui l'avait faite. Certaines formes de ligature extrêmement compliquées pouvaient même être qualifiées d'artistiques.
La corde était généralement enroulée avec soin et gardée à l'intérieur du kimono, dans un endroit d'accès facile, Le Hojôjutsu était utilise après avoir rendu la personne visée semi-consciente ou dans l'incapacité de poursuivre le combat. Dans l'entraînement de Ittatsu Ryû, la ligature est appliquée sur un adversaire armé d'un sabre après l'avoir maîtrisé avec un Jutte. Aussi, le Hojôjutsu est-il intimement lié avec le Juttejutsu de Ikkaku Ryû mentionné précédemment. L'entraînement ne requirait pas nécessairement un adversaire. En effet, l'officier de police de cette époque, même seul, avait la possibilité de pratiquer ses ligatures sur un mannequin ingénieusement confectionné à cet effet par de nombreuses traditions de Hojôjutsu.
Dans le Japon moderne, les policiers utilisent encore le Hojôjutsu. Le port d'une corde par tout policier fut ratifié en 1875. Cette loi de l'époque de Meiji requirait que les policiers portent un uniforme et une casquette, un bâton, une corde, un carnet et un sifflet. Cette loi fut amendée en 1950 pour y inclure le port des menottes. Depuis, ces dernières ont largement remplacé la corde pour les arrestations communes. Dans certains cas, toutefois, la corde est encore utilisée en combinaison avec les menottes, pour lier, par exemple, les chevilles d'un prisonnier trop remuant ou pour emmener le captif.
Le Hojôjutsu utilisé par la police moderne est principalement adapté aux techniques de Ittatsu Ryû car Me Shimizu, Shihan du Ryû, était instructeur de police à l'époque où cet art y fut intégré.