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On appelle mal de gorge des douleurs ressenties au niveau du cou et de la gorge. Il ne s'agit pas d'une maladie en soi, mais d'un symptôme pouvant être le signe de différentes maladies, et qui peut aussi survenir après une sursollicitation de la voix ou une irritation. En fonction de sa durée, le mal de gorge peut être classifié comme suit:
- Forme aiguë qui, le plus souvent, disparaît au bout de quelques jours, mais au plus tard dans les deux semaines. Le mal de gorge aigu survient le plus souvent dans le cadre d'une infection. Les adultes souffrent en moyenne trois fois par an de ces symptômes pénibles, les enfants même environ huit fois par an.
- Forme chronique caractérisée par le fait que le mal de gorge dure plus de deux semaines. Le plus souvent, on n'observe pas d'autre symptôme d'infection. La cause est souvent à chercher dans des influences extérieures telles que le tabagisme, des facteurs environnementaux ou des maladies.
Le mal de gorge commence en général par un léger picotement dans la gorge qui est bientôt suivi d'un enrouement. La gorge est rugueuse et rouge, les muqueuses au niveau du cou et de la gorge enflent, on ressent des douleurs quand on veut déglutir ou même parfois quand on veut parler.
Le plus souvent, des infections virales, principalement des infections avec des virus du rhume (par exemple, un rhinovirus) sont la cause du mal de gorge aigu. Le système immunitaire réagit aux agents pathogènes dans les voies respiratoires supérieures par une réaction inflammatoire. La conséquence: les muqueuses enflent et la déglutition est douloureuse. En fonction de l'endroit qui est touché par l'inflammation, les médecins distinguent entre
- les inflammations des cordes vocales ou du larynx (laryngite)
- les inflammations de la gorge (pharyngite) ou les inflammations combinées des muqueuses du nez et de la gorge (rhinopharyngite)
- les inflammations des amygdales (angine tonsillaire, amygdalite).
Mais parfois, des maladies potentiellement graves se cachent aussi derrière le mal de gorge, par exemple
- une épiglottite bactérienne, une inflammation de l'épiglotte causée par des bactéries
- une mononucléose infectieuse causée par le virus d'Epstein-Barr
- la scarlatine
- les oreillons
- la grippe (influenza)
- la diphthérie qui est devenue très rare grâce à la vaccination.
- une inflammation de la thyroïde
- des allergies
- des brûlures
- un corps étranger dans l'œsophage
Les déclencheurs de maux de gorge chroniques ou de douleurs lors de la déglutition peuvent être par exemple:
- le tabagisme
- le ronflement ou le syndrome d'apnée obstructive du sommeil qui cause des arrêts
- respiratoires répétés pendant le sommeil
- certains médicaments tels que les inhibiteurs de l'ECA utilisés pour soigner l'hypertension ou des corticostéroïdes inhalés («aérosol à la cortisone»)
- des facteurs environnementaux, par exemple la pollution de l'air, l'air sec
- une forte ou mauvaise sollicitation de la voix (par exemple chez les chanteurs, les enseignants, les orateurs)
- des brûlures d'estomac (syndrome de reflux)
- l'inflammation des vaisseaux sanguins (vascularites)
- les maladies thyroïdiennes
- les amygdalites récurrentes (angines)
- rarement: le gonflement bénin ou malin des ganglions lymphatiques (lymphadénopathie) tel que le lymphome hodgkinien ou l'inflammation de ganglions lymphatiques (lymphadénite).
Le plus souvent, c'est une infection virale ne pouvant pas être traitée qui se cache derrière le mal de gorge. La prescription de médicaments dépend plutôt des symptômes existants (traitement symptomatique). Les options sont les suivantes:
- des anesthésiques locaux; ils anesthésient la douleur. Les substances actives de ce groupe peuvent altérer la perception du goût et provoquer un engourdissement de la langue. Toutefois, ces deux effets ne sont que transitoires.
- des antiphlogistiques; ils sont administrés sous forme de comprimés ou de pastilles à sucer et ont un effet analgésique, anti-inflammatoire et antipyrétique
- des substances désinfectantes; elles doivent réduire le nombre de germes dans la gorge. Toutefois, leur utilité est controversée étant donné que leur action est superficielle et ne se développe pas dans les tissus profonds où l'infection proprement dite se déroule.
- des pastilles à sucer contenant un antibiotique; si on les avale, leur substance active est désactivée dans l'estomac par l'acide chlorhydrique, elle n'est donc pas absorbée par l'organisme. Leur utilisation est controversée pour deux raisons: d'une part, les antibiotiques ne sont pas efficaces dans le cas d'infections causées par des virus et, de l'autre, l'effet des antibiotiques qui sont seulement sucés n'est pas suffisant pour combattre les infections bactériennes.
- des pastilles à sucer contenant du sel qui ont un effet décongestionnant sur les muqueuses
- des pastilles pour la gorge contenant la substance active acide hyaluronique; elles forment un gel qui se dépose sur les muqueuses attaquées pour les protéger
Le mal de gorge causé par des infections bactériennes est traité avec des antibiotiques. En cas de mycose, des antifongiques sont utilisés.
Mais le rôle important n'est pas joué que par la substance active à elle seule, celui de la forme du médicament (forme galénique) l'est également:
- les pastilles à sucer humidifient les muqueuses de la gorge. Elles atteignent la partie arrière de la gorge, mais pas le larynx.
- La plupart des aérosols peuvent être utilisés de manière plus ciblée que les pastilles à sucer et pénètrent aussi dans des zones profondes de la gorge. Lors de la prise, il convient de veiller à ce qu'ils ne soient pas utilisés en inspirant (contrairement aux médicaments contre l'asthme). Alors que la bouche est ouverte, ils doivent être pulvérisés directement dans la bouche et la gorge.
- Les gargarismes agissent rapidement et peuvent être dosés individuellement. Ils n'atteignent que la partie antérieure de la gorge. Dans les régions plus profondes, ils déclenchent un réflexe vomitif.
De nombreux médicaments à base de plantes agissent de différentes manières. Souvent, ils sont proposés comme tisane sous forme de mélanges permettant de préparer des gargarismes, sous forme de pastilles pour la gorge, de gouttes ou de sirop (une sélection):
- La sauge (Salvia officinalis) a un effet antibactérien et antiviral, est antispasmodique et inhibe la transpiration excessive.
- La camomille (Matricaria chamomilla) a un effet antibactérien, elle stimule la cicatrisation et inhibe les inflammations.
- La mousse d'Islande (Certaria islandica) est un lichen que l'on peut trouver entre autres dans des tisanes composées de mélanges de plantes, dans des pastilles pour la gorge ou des sirops. Elle est utilisée en cas de toux sèche ou de mal de gorge. Ses mucilages forment une couche protectrice sur les muqueuses.
- Le plantain lancéolé (Plantago lanceolata) a un effet anti-irritant et antibactérien.
- La molène (Verbascum densiflorum) contient des mucilages qui apaisent les irritations.
- Le thym (Thymus vulgaris) favorise l'expectoration et a un effet antibactérien.
- La menthe poivrée (Mentha piperita) qui est agréablement rafraîchissante, par exemple dans des aérosols pour la gorge.
- L'écorce de chêne (Quercus robur) utilisée pour préparer des gargarismes inhibe les virus et a un effet constricteur (astringent) sur les muqueuses.
- Le souci (Calendula officinalis) dans des gargarismes favorise la cicatrisation et inhibe les inflammations.
Les remèdes de famille suivants sont employés en cas de mal de gorge:
- Boire beaucoup. Le liquide maintient les muqueuses de la gorge humides si bien que les virus ont plus de mal à pénétrer dans les zones plus profondes. Ce sont particulièrement les infusions de sauge, de camomille, de plantain lancéolé ou de thym qui ont fait leurs preuves. L'infusion à la menthe poivrée ne convient pas pour soigner les maux de gorge en raison de son caractère piquant.
- Gargarismes à l'eau salée (1 cuillère à café pour 250 ml d'eau), au vinaigre de pomme, au citron ou avec une infusion de camomille ou de sauge froide. Les gargarismes apaisent les maux de gorge et inhibent les bactéries. Toutefois, il convient de noter qu'il ne faut pas faire de gargarismes en cas d'angine purulente, car cela peut favoriser la pénétration des agents pathogènes dans la circulation sanguine.
- Inhaler avec de la vapeur chaude, éventuellement en ajoutant des fleurs de camomille ou de l'huile essentielle d'eucalyptus. Cela maintient les voies respiratoires humides et apaise la douleur. Toutefois, les huiles essentielles ne conviennent pas pour les enfants et les personnes asthmatiques étant donné qu'elles peuvent déclencher des difficultés respiratoires.
- Aérez! L'air sec (par exemple l'air des radiateurs) dessèche les muqueuses de la gorge, si bien qu'elles deviennent plus réceptives aux infections virales.
- Se tenir au chaud, par exemple avec une écharpe; cela favorise la circulation sanguine, ce qui garantit donc que les cellules de défense arrivent plus rapidement sur le lieu de l'inflammation.
- Appliquer des compresses chaudes, par exemple à la pomme de terre; cela apaise les douleurs
- Éviter la transpiration excessive
- Renoncer au tabac, à l'alcool et aux plats épicés afin de ne pas irriter encore plus les muqueuses
- En cas d'enrouement: ménager la voix
En général, le mal de gorge disparaît tout seul. Les complications sont rares et ne surviennent que suite à une infection bactérienne:
- Formation d'une accumulation de pus qui s'encapsule (abcès). Si elle se propage dans la poitrine en passant par la gorge, il y a danger de mort. Les abcès sont traités avec des antibiotiques.
- Septicémie si les agents pathogènes d'une angine pénètrent dans la circulation sanguine. Une septicémie est une urgence.
- Fièvre rhumatismale
- Inflammation des articulations (rhumatisme articulaire)
- Inflammation du cœur (endocardite, myocardite, péricardite)
- Inflammation aiguë des reins (glomérulonéphrite aiguë post-streptococcique) qui touche le plus souvent des écoliers.
D'autres complications sont possibles si des maladies telles que la mononucléose infectieuse, la scarlatine, etc. se cachent derrière le mal de gorge ou s'il est la conséquence d'une maladie sous-jacente, par exemple le syndrome d'apnée obstructive du sommeil.
La cause de la plupart des maux de gorge est une maladie grippale causée par des virus. Dans ce cas, les symptômes disparaissent au bout de quelques jours. Il n'est pas nécessaire de consulter le médecin dans ce cas. Une consultation est toujours judicieuse si le mal de gorge
- ne s'améliore pas, voire s'aggrave après environ trois jours
- revient souvent ou est chronique
- est accompagné de symptômes tels qu'une forte fièvre ou une sensation de maladie et de faiblesse grave
- s'accompagne de fortes difficultés de déglutition
- ne se manifeste qu'unilatéralement et surtout quand on ouvre la bouche
- s'accompagne de douleurs aux oreilles ou de ganglions lymphatiques enflés
- ou d'amygdales rouges, enflées et recouvertes de dépôts
- ou bien d'une éruption cutanée
- ne disparaît pas et si un gonflement est ressenti dans la gorge ou au niveau de la racine de la langue.
Une visite immédiate chez le médecin est indispensable en cas de mal de gorge
- résultant d'une piqûre ou morsure d'insecte au cou ou dans la gorge
- survenant après avoir avalé des corps étrangers
- résultant de brûlures ou de brûlures chimiques dans la gorge ou l'œsophage
- accompagné de difficultés respiratoires
- accompagné de crampes ou d'une raideur de la nuque
Toutes les activités qui endommagent les muqueuses de la bouche et de la gorge augmentent le risque de maux de gorge étant donné que les agents pathogènes peuvent alors plus facilement se propager. Par exemple, le tabagisme et le tabagisme passif ou un volume de parole inhabituellement élevé et fatigant peuvent provoquer des inflammations dans le cou et la gorge. La même chose est valable pour l'air sec, la poussière et les produits chimiques ou une allergie non traitée ou insuffisamment traitée.
Les mesures suivantes permettent de prévenir le mal de gorge:
- Renforcer le système immunitaire. Pour réduire le nombre de refroidissements qui sont la cause principale du mal de gorge, il est judicieux d'aller au sauna, de prendre des douches alternées, de faire de l'exercice en plein air et de s'alimenter de manière équilibrée en veillant à un bon dosage des apports vitaminiques. Le stress, le manque de sommeil et une consommation régulière d'alcool, en revanche, affaiblissent les défenses immunitaires, augmentant ainsi le risque de contracter des maladies.
- Veiller à une aération régulière des locaux d'habitation pendant quelques minutes afin d'améliorer l'hygrométrie
- Boire abondamment afin de maintenir les muqueuses humides. En effet, les agents pathogènes peuvent plus facilement attaquer les muqueuses sèches.
- Respecter les règles d'hygiène, par exemple la distanciation par rapport aux personnes enrhumées ou le lavage des mains
Les enfants en bas âge ne savent pas encore exactement identifier l'origine d'une douleur. Des douleurs au niveau de la gorge sont parfois même désignées comme mal de ventre. Mais des muqueuses rouges, des difficultés de déglutition ou le refus de s'alimenter ou de boire sont des symptômes d'une inflammation de la gorge.
Le traitement du mal de gorge:
- Pendant les premiers jours après le début de la maladie, on peut administrer des antalgiques en cas de symptômes forts (veiller à respecter le dosage!). Attention: pas d'acide acétylsalicylique, car, chez les enfants, cela augmente le risque de développer le syndrome de Reye, une maladie grave du cerveau et du foie
- Boire abondamment
- Du lait chaud avec du miel, une écharpe chaude autour du cou ou d'autres remèdes de famille sont souvent ressentis comme apaisants par les enfants
- Un gargarisme avec une infusion de sauge atténue les symptômes dans la gorge. Ce remède de famille peut être utilisé à peu près à partir de quatre ans, mais il faut que l'enfant en bonne santé s'exerce auparavant à se gargariser silencieusement.
- Des pastilles à sucer, à condition que les enfants ne les avalent plus
L'automédication ne doit être pratiquée que chez les enfants qui ont plus de six mois et seulement si les symptômes sont légers. En cas de fièvre, de muqueuses fortement rougies ou enflées, de dépôt sur les amygdales, de difficultés respiratoires, de toux typique évoquant des aboiements ou des sifflements ou d'incertitude des parents, une visite chez le médecin est recommandée.
Le mal de gorge n'est pas rare pendant la grossesse et ne représente pas de danger pour l'enfant à naître. Le système immunitaire étant plus réceptif aux virus du rhume pendant cette période, les femmes enceintes en souffrent même un peu plus souvent. En cas d'inflammation de la gorge, des pastilles à sucer, des bonbons et des tisanes ou des solutions pour gargarisme peuvent apporter de l'apaisement. Le but est de maintenir les muqueuses humides et de déglutir suffisamment. Il n'est pas nécessaire d'administrer des médicaments qui anesthésient les douleurs dans la gorge ou la désinfectent. La prudence est également de mise avec la sauge, car cette plante médicinale inhibe l'écoulement du lait et n'est pas recommandée pendant la période d'allaitement.
Actuellement, l'une des questions les plus souvent posées est de savoir si on fait mieux de rester chez soi quand on a mal à la gorge. Ces dernières années, il était presque devenu normal de continuer à aller au travail ou à l'école, etc., malgré une infection grippale avec mal de gorge ou refroidissement. Mais, en cas de symptômes légers, il est judicieux de contacter l'employeur pour lui demander si la présence au bureau est souhaitée. Les personnes qui ont des symptômes assez graves tels que de la fièvre, des difficultés respiratoires, etc. doivent impérativement rester chez elles et éventuellement consulter un médecin.