Document ID: /curiavista/filtered/00000.jsonl.gz/85363

<h2>SubmittedText<h2><p>À l'occasion de la Journée mondiale de l'alimentation de 2007, Médecins sans frontières a lancé une campagne contre la malnutrition. Il ne faut pas confondre la faim et la malnutrition, cette dernière se caractérisant par une carence en éléments nutritifs, notamment en vitamines et en sels minéraux. L'Organisation mondiale de la santé estime que 20 millions de jeunes enfants dans le monde sont atteints d'une forme grave de malnutrition. 5 millions d'entre eux meurent d'une maladie associée à ce fléau.</p><p>Une nouvelle génération d'aliments thérapeutiques à haute teneur en nutriments (les RUTF ou "ready-to-use therapeutic food"), conçus spécialement pour les jeunes enfants, est récemment apparue sur le marché. Ces RUTF ont considérablement amélioré le traitement de la malnutrition chez les plus jeunes. Cependant, malgré de très nombreuses preuves de leur efficacité, seuls 3 % des enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère sont traités avec ces produits. Les politiques de lutte contre la malnutrition infantile menées jusqu'à présent à l'échelon national et international ne sont pas adaptées. Les farines enrichies en éléments nutritifs qui sont distribuées aux enfants de moins de trois ans malnutris ne répondent pas du tout à leurs besoins.</p><p>Je demande donc au Conseil fédéral d'évaluer la qualité de l'aide alimentaire fournie par la Suisse, notamment pour voir si elle est adaptée aux enfants de moins de trois ans, et à s'engager sur le plan international afin que l'aide aux pays en voie de développement contribue également à la lutte contre la malnutrition.</p><h2>FederalCouncilResponseText<h2><p>Les aliments thérapeutiques prêts à l'emploi (ATPE ou RUTF en anglais) sont des aliments thérapeutiques destinés à des enfants malades. Jusqu'à ce jour, sur la base des études de qualité faites, ils ne sont indiqués que chez les enfants de six mois à cinq ans présentant une malnutrition aiguë sévère sans complications graves associées. Leur prescription et leur emploi doivent rester sous contrôle médico-infirmier strict. En effet, de tels enfants doivent être pris en charge dans un Programme thérapeutique ambulatoire (PTA) comprenant un examen clinique à la recherche de complications graves, la prescription systématique d'antibiotiques, d'un antiparasitaire et de vitamine A, une réhydratation par la bouche si nécessaire et finalement un test d'appétit pour s'assurer que les enfants concernés seront à même de consommer l'ATPE prescrit. Il ne s'agit donc pas d'une simple distribution à la volée d'ATPE. Les cas de malnutrition aiguë sévère sont relativement rares par rapport aux cas de malnutrition aiguë modérée et ceux de malnutrition chronique. La prise en charge des ces deux dernières formes de malnutrition est beaucoup plus complexe, car elle fait appel à la mise en place de politiques de développement durable, associées à la distribution d'aliments de supplément dans des situations de grave insécurité alimentaire. Il n'y a de loin pas aujourd'hui, contrairement à ce que laissent penser certaines organisation non-gouvernementales (ONG), de consensus sous l'égide de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et de l'Unicef sur le type d'aliments de supplément qui devrait être distribué dans ces circonstances.</p><p>Au niveau de l'aide au développement, la Confédération s'engage principalement en faveur des enfants avec malnutrition aiguë modérée et malnutrition chronique. La qualité de son aide ne doit pas changer pour l'instant et ceci dans l'attente d'une prise de position officielle de l'OMS sur ce sujet. A savoir que ce sont surtout les aliments de supplément à base de soya (CSB, Corn Soya Blend) et de pois (PWB, Pea Wheat Blend) qui sont remis en question et que ceci concerne peu ou pas l'aide suisse. Une modalité qui remporte un vrai succès aussi sur le plan de la nutrition des enfants, voire des bébés, c'est l'alphabétisation des mères telle que la DDC l'a soutenue depuis de nombreuses années au Burkina Faso. Des enfants avec malnutrition aiguë sévère sont également pris en charge par plusieurs ONG suisses à travers le monde. Une révision de leur approche nutritionnelle et une intégration dans leurs programmes des ATPE pour les enfants pouvant être traités ambulatoirement serait souhaitable.</p><p>Sur le plan international la Confédération soutient financièrement et politiquement des institutions de l'ONU, tels l'Unicef et le Programme alimentaire mondial (PAM), qui oeuvrent, en étroite collaboration avec l'OMS, dans le domaine de la nutrition des enfants, y compris dans les situations d'urgence. L'OMS organise un atelier international à propos des aliments de supplément à Genève du 30 septembre au 3 octobre 2008.</p>  Réponse du Conseil fédéral.