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A la demande unanime de Loredana, je présente ici les bonobos. Ces singes végétariens, proches des chimpanzés, vivent en groupes dans la région du Congo.
Ils sont particuliers à plus d’un titre, pour nous les humains. D’une part, ils sont génétiquement très proches de nous, plus proches que les chimpanzés. Leur organisation sociale est élaborée. Et, raison qui les a rendus célèbres, ils pratiquent une sexualité conviviale, non exclusive, fréquente, et bisexuelle.
«Il y a tout au plus quelques centaines de milliers de bonobos dans la nature. Ils vivent tous dans les forêts tropicales du bassin du Congo. Ils ont une sexualité beaucoup plus libre et originale et des rapports sexuels plus fréquents que leurs cousins, les chimpanzés. Quand deux communautés de bonobos se rencontrent en forêt, les femelles de chaque tribu s’accouplent avec des mâles de l’autre clan. À l’inverse quand deux groupes de chimpanzés se rencontrent, les contacts sont extrêmement violents. Il n’est pas rare que quelques-uns se blessent ou perdent la vie. Les sociétés des chimpanzés sont dirigées par des mâles dominants despotiques. Ceux-ci battent les femelles pour afficher leur dominance. Les sociétés des bonobos favorisent l’égalité entre les sexes.»
«Ils semblent tout droit issus du mouvement hippie et avoir adopté leur adage : faire l’amour et non la guerre. Ils sont très aimables les uns envers les autres, jamais agressifs et possèdent plusieurs traits psychologiques que nous admirons : l’altruisme, la compassion, l’empathie, la sensibilité et la patience.»
«Chez les bonobos, les relations sexuelles, feintes ou réelles, sont plus souvent utilisées comme mode de résolution des conflits, à côté des mécanismes de domination. Les études suggèrent que les 3/4 des rapports sexuels entre bonobos n'ont pas des fins reproductives, mais sociales, et que presque tous les bonobos sont bisexuels. Des scientifiques ont appelé cette méthode d'accouplement le "sexe convivial" [3].
Par exemple, il est courant qu'un membre du groupe pratique des actes sexuels dans le but de plaire à un autre membre ou pour réduire les tensions sociales (par exemple, un individu subordonné peut utiliser des actes sexuels pour calmer un autre individu plus fort ou plus agressif). Mais si la fréquence des rapports est exceptionnelle dans le règne animal, et supérieure à celle de tous les primates, les accouplements sont rapides et furtifs, sans aucun geste préparatoire, et ne durent en moyenne qu'une quinzaine de secondes. Leur seul tabou sexuel serait l'inceste, bien que les relations sexuelles incluent également les juvéniles.[réf. nécessaire]
À côté des pratiques sexuelles variées dont la sexualité orale, le baiser avec la langue et les rapports homosexuels (le primatologue Frans de Waal préfère d'ailleurs parler de "pansexualité", et non pas d'homosexualité, pour insister sur le fait que la sexualité du bonobo est totalement ouverte à toutes les relations, et n'est pas orientée vers un seul sexe, un seul genre), le bonobo serait l'un des seuls, à pratiquer, comme l'homme, le coït ventro-ventral (face à face).»
Concernant leur sexualité, elle semble plus fréquente en captivité qu’en liberté. Leurs rapports sexuels peuvent de reproduire chaque heure et demie.
Vu de l’oeil d’un bonobo, la société humaine doit être bien curieuse, avec sa monogamie, la fréquence des rapports sexuels, les guerres incessantes et les rancunes que rien ne semble pouvoir faire cesser.
A se demander quelle est socialement l’espèce la plus évoluée…