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Le 2 juillet 1945, le Grand Conseil votait, par 97 voix sans opposition, la prise en considération d’un projet de loi concernant l'institution d'un office cantonal des mineurs. Le 27 septembre 1945, la commission chargée de l'examen de ce projet de loi admettait que la «création d'un office cantonal des mineurs constituerait, dans notre canton, un progrès important dans l'éducation et le redressement des enfants difficiles ou moralement abandonnés et apporterait une aide efficace aux autorités de tutelle, à l'école et aux directeurs d'assistance».
Le rapport de cette commission s'étendait sur le statut de l'office cantonal des mineurs et de son directeur. Devait-il être lié à la fonction publique ou à la magistrature ? Les relations entre les Autorités tutélaires judiciaires et un office administratif, leur complexité et leurs difficultés étaient mises en évidence. La question des honoraires prélevés sur l’actif pupillaire avait également été soulevée. La commission avait alors estimé que «les tutelles et curatelles avec actif ne sont pas exclues, mais que là n'est pas la question primordiale et que la nouvelle institution devra, avant tout, être une oeuvre d'aide sociale ».
En 1971, suite à la création du service des tutelles d'adultes, il devient l'office cantonal des mineurs et des tutelles puis en 1993 le service des mineurs et des tutelles (SMT) et enfin, le 1er juillet 2011 le service de protection de l'adulte et de la jeunesse (SPAJ). La structure d'organisation de ce service est, approximativement, identique à celle mise en place il y a 65 ans.
Si les enfants mineurs du canton qui nécessitaient une protection de l'Etat en 1945 la requièrent toujours aujourd'hui, leurs problèmes, ceux de leurs parents et de la société en général ont passablement évolué. La structure familiale; les familles monoparentales et recomposées; la difficulté, pour les parents, à concilier vie familiale et vie professionnelle; les modifications du rôle parental, de l'école et de la collectivité sont autant de facteurs d'évolution qui induisent une précarisation du statut de la famille et de l'enfant en particulier. L'immigration est également un élément significatif dans l'évolution de la protection de l'enfance. Ainsi, les situations nécessitant une aide de l'Etat sont devenues plus compliquées. Le nombre de professionnels s'est multiplié et le niveau d'exigences des partenaires a augmenté. L'Etat est donc sollicité plus souvent et plus intensivement.