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Fan de football et ex-joueur semi-professionnel, Viktor Orban ne gagne plus de matchs sur le terrain, mais en coulisses, en décrochant l'organisation de quelques-unes des compétitions les plus prestigieuses de la planète. Le Tour d'Italie, parti vendredi de la capitale Budapest, est le dernier évènement reçu en grande pompe par le Premier ministre. En deux ans, la Hongrie aura donc accueilli quatre matchs de l'Euro de football, deux Championnats du monde de judo, les demi-finales et la finale de l'Euro masculin de handball, le Giro, les Mondiaux de natation (juin prochain) ainsi que les Championnats du monde d'athlétisme (2023).
Une liste impressionnante qui se veut le résultat d'une stratégie pensée dans les bureaux du nationaliste hongrois de 58 ans, récemment conforté par une quatrième victoire aux législatives. «Le sport s'apparente à un outil de soft power aux mains du Premier ministre hongrois», résume France 24.
Le même outil souvent employé par son proche allié Vladimir Poutine, dont le pays a successivement accueilli les Jeux olympiques (2014) et la Coupe du monde de football, soit les deux évènements sportifs les plus importants.
La Hongrie aussi a rêvé des JO, mais la candidature de Budapest pour l'édition 2024 avait été retirée à quelques mois de l'attribution. Une pétition du mouvement d'opposition avait recueilli plus de 266 000 signatures en faveur d'un référendum contre la candidature magyare. Mais ce n'est peut-être que partie remise.
Le pays ne manquerait pas d'infrastructures pour accueillir les épreuves. Il a déjà construit une piscine olympique (Duna Arena), une salle de sport ultramoderne (Budapest Sportarena) et un stade flambant neuf (Puskas Arena).
La Hongrie s'apprête désormais à dévoiler au monde son nouveau stade d'athlétisme (National Athletics Centre), une enceinte majestueuse de 36 000 places posée sur les rives du Danube.
«Aujourd'hui, le sport est une arme politique, résume à l'AFP Lukas Aubin, chercheur associé à l'Iris, spécialisé sur la géopolitique du sport et de la Russie. Même si ça ne marche pas tant que ça pour améliorer son image à l'étranger, c'est un outil pour légitimer son autorité, pour justifier l'importance de son régime. En Russie, l'image du président ne s'est pas consolidée à l'étranger, mais cela a fonctionné à l'intérieur.»
Lorsque la Hongrie a obtenu l'organisation des trois premières étapes de la «course rose» (le surnom du Giro en référence à la teinte du maillot de leader), la Russie n'avait pas encore envahi l'Ukraine. Beaucoup de choses ont changé depuis, donnant à ce long week-end en terres magyares une nouvelle dimension géopolitique. Orban n'a toujours pas condamné l'offensive militaire russe, refusant de fournir des armes à Kiev. Un contexte qui interpelle la communauté internationale, et ce n'est pas la première fois s'agissant du Premier ministre hongrois. L'an passé, Viktor Orban avait adopté une loi jugée «homophobe et transphobe» par Amnesty International.
Autant d'éléments qui firent dire à un journaliste français, envoyé spécial sur la prestigieuse épreuve cycliste: «Tout n'est pas rose sur ce Tour d'Italie.»
Sur un plan purement sportif, le transfert de Xherdan Shaqiri à Chicago est (déjà, encore) une déception. L'équipe occupe les dernières places de la Conférence Est et n'a obtenu que deux victoires en onze matchs – pour huit malheureux buts inscrits.