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Fort de Jouy-sous-les-côtes (Toul) [51]
Le fort de Jouy-sous-les-côtes (Toul) aux lendemains de la guerre de 1870, le pays vient de subir l’invasion des prussiens et le territoire national est amputé de l’Alsace et d’une partie de la Lorraine, ce que conteste une partie de l’opinion publique Les frontières du territoire se trouvent donc modifiées et l’armée se trouve investie d’une double mission : assurer l’inviolabilité des frontières et délivrer les territoires perdus. De cette volonté naîtra une doctrine militaire sous la forme d’un dispositif d’ouvrages fortifiés qui partiront de Dunkerque à Nice, portant le nom de son créateur, le général Séré de Rivière. Le général Séré de Rivière met au point un réseau de places fortes fortifiées reliées les une aux autres par des forts isolés dont les tirs se recoupent. La fortification mise au point utilisera le plus possible les obstacles naturels en barrant les voies d’invasion que sont les routes, les voies ferrées, les vallées…
Le fort de Jouy-sous-les-Côtes (dit fort Raoult)
Les premières études concernant ce fort datent de 1874, après de longues procédures de mise au point des plans, de tractations et d’expropriations, les premiers coups de pioches sont donnés en 1883, et c’est en trois ans que fut construit cet ouvrage, appartenant au rideau défensif des Hauts de Meuse, assurant la jonction entre les places fortes de Verdun et Toul. Il fut obsolète avant même son achèvement : en 1884 Eugène Turpin met au point un explosif stable et dix fois plus puissant que la poudre noire, la mélinite (acide picrique fondu) ; des essais sont entrepris au fort de la Malmaison et à la stupeur générale les maçonneries volent en éclat, les voûtes sont crevées… Le fort de Jouy reste dans son état d’origine à cause du manque de moyens financiers et échappe donc à la vague de modernisation des ouvrages (décapage des maçonneries et rebétonnage). Il conserve donc toutes ses belles maçonneries en pierres de taille, son artillerie de plein air ainsi que ses organes de flanquement de fossés (caponnières). Il n’a été que très peu exposé aux tirs de l’ennemi durant la guerre de 1914-1918 ; déclassé par la suite il servira de dépôt d’huile et d’essence entre les deux guerres. En 1940, pour parer à l’arrivée imminente des Allemands, le fort fut incendié, afin de priver l’ennemi d’un précieux ravitaillement. Tous les casernements du fort ont sérieusement souffert. Puis après la guerre, il servit comme terrain de manœuvre à la place de Commercy.
Aliéné par l’armée, il a été racheté par la commune de Géville en 1997.
A l'automne 2002, une association composée d’une poignée de bénévoles passionnés (les Amis du Fort de Jouy) commence le défrichage et le nettoyage afin de le rendre visitable.
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