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La Chine s'en prend à la Suisse après ses critiques sur Hong Kong
La Chine s'en est prise à la Suisse après ses critiques et celles de 26 autres pays contre la loi sécuritaire imposée à Hong Kong. Depuis Genève, Pékin a accusé Berne d'interférer, en demandant de ne pas appliquer cette législation, dans ses affaires intérieures.
Mardi en fin d'après-midi, la loi controversée votée à Pékin pour la région autonome chinoise avait tourné à l'affrontement diplomatique au Conseil des droits de l'homme. Dans une déclaration devant l'instance onusienne à Genève à laquelle la Suisse s'est associée, l'ambassadeur britannique avait appelé, au nom de son pays et de 26 autres, les gouvernements chinois et de Hong Kong à "reconsidérer l'imposition de cette législation".
Comme des dizaines d'experts indépendants onusiens avant eux, dont le Zurichois Nils Melzer, ces Etats, salués par Amnesty International et Human Rights Watch (HRW), ont dénoncé les effets de la loi sur les droits de l'homme. Mais face à eux, un groupe de 53 pays a soutenu Pékin en saluant l'entrée en vigueur du dispositif et en estimant que cette question ne devait pas être discutée au Conseil des droits de l'homme.
La réponse de la Chine aux Etats qui se sont opposés, surtout des pays européens, ne se sera pas fait attendre très longtemps. Reprenant les critiques de la cheffe de l'exécutif de Hong Kong Carrie Lam dans la matinée devant le Conseil contre ceux qui dénoncent cette loi, la mission chinoise auprès de l'ONU à Genève a accusé dans la nuit de mardi à mercredi ceux-ci d'"interférer dans ses "affaires intérieures" et d'avoir violé la Charte des Nations Unies.
Berne offensive
Pékin affirme que ces actes sont "condamnés à échouer". Elle dénonce les "motivations politiques" et les "accusations injustifiées" de la Suisse et des cosignataires de la déclaration britannique. Mercredi, l'ambassadeur chinois auprès de l'ONU à Genève Chen Xu a réitéré ses reproches devant le Conseil en demandant à ces pays "de s'occuper de leurs problèmes de droits de l'homme". Il a reçu également un soutien appuyé de certains de ses alliés comme la Russie ou le Venezuela.
Face à lui, dans l'après-midi, la Suisse s'en est prise directement à Pékin devant l'instance onusienne. Elle a déploré que ce gouvernement ait "exploité la situation d'urgence" pour "restreindre de manière disproportionnée les droits de l'homme". Des accusations qu'elle a élargies à dix autres pays, dont le Bangladesh, le Brésil, la Russie ou encore le Venezuela. Saluant les efforts de la Haute commissaire aux droits de l'homme Michelle Bachelet face à la crise, elle appelle tous les Etats à garantir les libertés fondamentales.
Entrée en vigueur mardi, la loi controversée imposée par la Chine à Hong Kong ne s'appliquera qu'à une "infime minorité", avait affirmé mardi Mme Lam. Elle prévoit de punir les activités séparatistes et "terroristes", la subversion ou les "ingérences" étrangères dans la région autonome. Selon Pékin, la loi vise surtout les activités visant à séparer Hong Kong de la Chine. Ou encore les violences portant atteinte à la sécurité nationale.
ats