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Les quatre frères Earp conduisent leurs troupeaux vers la Californie. Une nuit, près de Tombstone, James est désigné pour garder le bétail pendant que ses trois frères font un tour en ville. A leur retour, ils découvrent que James a été tué et que les bêtes ont été volées. Wyatt Earp accepte alors le poste de shérif de Tombstone et prend ses frères comme adjoints dans l'espoir de découvrir les auteurs du vol et de l'assassinat. Ils se lient avec Doc Holliday, qui noie ses tourments existentiels dans l'alcool, et découvrent très vite que toute la ville est aux mains d'une puissante famille d'éleveurs qui sème la terreur : les Clanton...
Critique
Arizona 1882 : Les frères Earp - Henry Fonda, Ward Bond et Tim Holt -, emmenés par Wyatt, convoient du bétail vers la Californie. Ils croisent près de Tombstone Clanton (Walter Brennan), accompagné de ses fils. Celui-ci propose à Earp de lui racheter ses bêtes pour un prix dérisoire, arguant du fait qu’elles sont épuisées et maigres. Laissant le plus jeune frère James (Don Garner) au campement, les frères Earp vont passer la soirée en ville. La ville est livrée à la débauche et à la violence. Le shérif démissionnant, on propose le poste à Wyatt qui refuse. De retour au campement, le bétail a disparu et James a été abattu.
Ce film magnifie l’une des plus célèbres et des plus exploitées légendes de l’Ouest : le fameux affrontement d’OK Corral. Maintes fois adaptée à l’écran, celle-ci est sans aucun doute la plus connue. John Ford réalise ici un de ses meilleurs longs métrages, avec cette histoire universelle aux dimensions shakespeariennes (d’ailleurs, un cabotin déclame le célèbre auteur anglais, saoul, debout sur une table du saloon).
Curieusement pour un western, le rythme est lent, le ton amusé, presque goguenard, le récit prend son temps en s’arrêtant sur des scènes de repas ou de poker. Seule la dernière partie, avec le règlement de comptes final retrouvera les codes plus traditionnels du western.
Beaucoup d’humour et de bons mots émaillent le film. Ainsi, dans une scène, Henry Fonda demande à un barman, comme se parlant à lui-même, s’il a déjà connu l’amour. Celui-ci lui répond le plus sérieusement du monde : " Non, j’ai toujours été barman".
Autre curiosité : la répartition des rôles féminins semble inversée. Le personnage phare du film est celui de Clementine (voir le titre original), interprété assez platement par Cathy Downs, alors que celui de Chihuahua la danseuse est joué avec panache et faconde par Linda Darnell, à tel point que l’on ne retient qu’elle. Les protagonistes masculins sont, eux, plus complexes qu’il n’y paraît, joués impeccablement par Henry Fonda et Victor Mature (Doc Holliday) ; et ils participent à la qualité de ce classique du western.
Une remarque, enfin : avec sa démarche lente et sa parole rare, Fonda incarne un personnage dont on se demande s’il n’anticipe pas la figure du cow-boy solitaire et taiseux que Clint Eastwood portera au pinacle presque deux décennies plus tard.
Fabrice Prieur, AVoir ALire