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C'est une victoire pour les petit·e·s paysan·ne·s d'Afrique du Sud et pour les organisations partenaires d'Action de Carême : le gouvernement rejette une nouvelle variété de maïs génétiquement modifié de Monsanto. Selon ses concepteurs, le maïs OGM devrait permettre des rendements supérieurs, mais les expériences démontrent une autre réalité. Les organisations partenaires d'Action de Carême se sont donc prononcées contre cette variété de maïs OGM qui s'est vu refuser l'accès au marché sud-africain.
Elle a conclu que les données fournies par Monsanto n’étaient pas suffisantes pour prouver que son maïs était tolérant à la sécheresse et résistant aux insectes, comme le prétend la multinationale, car il manque des données essentielles dans les études de terrain. En outre, l’autorité gouvernementale a constaté qu’il n’y avait pas de différences statistiquement significatives entre les nouvelles variétés de maïs Monsanto et les variétés de maïs conventionnelles. Le maïs génétiquement modifié a produit des rendements irréguliers, et même parfois inférieurs à ceux du maïs conventionnel.
Le maïs Monsanto a été développé dans le cadre d’un projet conjoint* avec la Fondation Bill et Melinda Gates pour aider les producteurs et productrices d’Afrique du Sud, du Kenya, du Mozambique, de Tanzanie et d’Ouganda à accroître leurs récoltes (dans le contexte des changements climatiques). Il est salué comme une solution intelligente aux changements climatiques, opinion qui n’est pas partagée par le gouvernement sud-africain.
Cette décision représente un grand succès pour les agriculteurs et les agricultrices, dont les propres semences sont de plus en plus supplantées ou contaminées par les variétés issues du génie génétique.
Le Centre africain pour la biodiversité (ACB), en collaboration avec les organisations partenaires d’Action de Carême et quelques 25 000 personnes, a signé une pétition contre l’introduction de la nouvelle variété de maïs Monsanto. Outre la critique du manque de données concernant les essais en plein champ, l’ACB a également souligné que les risques sociaux et économiques pour les petits agriculteurs et petites agricultrices n’étaient pas pris en compte.
L’ACB et les organisations partenaires d’Action de Carême souhaitent que les gouvernements africains soutiennent les paysan·ne·s avec des stratégies globales d’agroécologie, qui ont déjà fait leurs preuves. Selon l’ACB, cela inclut, par exemple, la culture mixte et la lutte naturelle contre les ravageurs. Ces mesures aident les agriculteurs et agricultrices à ne plus s’endetter en achetant des engrais chimiques et des semences agricoles coûteux et protègent l’environnement et la santé des paysan·ne·s.
* Projet WEMA : Maïs économe en eau pour l’Afrique (« Water Efficient Maize for Africa »)