Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06972.jsonl.gz/592

A ne pas confondre avec des maux de têtes épisodiques, la migraine est une maladie chronique, très handicapante. Les migraineux souffrent de crises violentes et récurrentes qui perturbent leur vie. Malgré la gêne occasionnée, ces personnes consultent peu.
Les maux de tête peuvent prendre plusieurs formes. La migraine est une forme particulière de mal de tête. Elle se manifeste par des crises souvent intenses, qui peuvent durer de quatre heures à 72 heures. Une crise de migraine commence souvent par une douleur ressentie d’un seul côté de la tête ou localisée près d’un œil. La douleur est perçue comme des pulsations dans la boîte crânienne, et elle est aggravée par la lumière et le bruit (et parfois les odeurs). La migraine peut aussi s’accompagner de nausées et de vomissements.
Les causes exactes de la migraine sont complexes. Certains facteurs, tels que les changements hormonaux, le stress, un rythme de sommeil irrégulier, l’alcool ou certains aliments sont identifiés comme des déclencheurs. La migraine touche environ 15 % de la population avec une prédominance féminine. La migraine peut avoir un impact social sévère (un migraineux sur dix présente plusieurs crises par semaine) mais est rarement considérée comme une maladie. Les personnes atteintes doivent souvent lutter contre les préjugés, bien qu´il ait été scientifiquement démontré qu’elle réponde à des mécanismes cérébraux biologiques. Pour établir le diagnostic, le médecin demande notamment au patient de tenir un journal des maux de tête.
Chez la femme, la migraine peut être liée aux cycles hormonaux : les crises apparaissent au moment de la puberté et disparaissent à la ménopause. Ces migraines dites menstruelles surviennent au moment des règles. Certaines femmes ont tendance à minimiser ces symptômes. Pourtant, les crises des migraines liées aux menstruations ont la réputation d’être plus sévères et plus difficiles à traiter. Certaines femmes souffrent de maux de tête avant ou pendant les règles, sans qu’il ne s’agisse de migraine. La distinction n’est d’ailleurs par toujours simple à faire. Prendre en charge correctement ces crises permettrait d’améliorer considérablement la qualité de vie de ces femmes. Aussi, si vos règles s’accompagnent de douleurs migraineuses, ne souffrez plus en silence, parlez-en avec votre gynécologue.
« Chez bon nombre de patients, la migraine est influencée par le mode de vie. »
Pour soigner la crise de migraine, on utilise des anti- inflammatoires (ibuprofène) ainsi que des antalgiques (paracétamol avec ou sans caféine). Le traitement de la migraine a connu une avancée importante avec l’émergence des triptans, dernière génération de médicaments sur ordonnance médicale. Malgré ce progrès, elle demeure encore mal soignée et certains patients ne consultent pas. Il existe aussi des traitements préventifs pour diminuer l’intensité ou la fréquence des migraines. Il s’agit de médicaments qui abaissent la tension (bêtabloquants), de substances contre l’épilepsie ou d’antidépresseurs. Un traitement hormonal pourra aussi être envisagé si les crises surviennent à l’occasion des règles.
Dans tous les cas, une vie équilibrée, la relaxation et la suppression de certains aliments (additifs alimentaires, vin blanc…) peuvent singulièrement améliorer la qualité de vie des migraineux car, chez bon nombre de patients, la migraine est influencée par le mode de vie.
Un régime alimentaire efficace pour les personnes souffrant de migraines fréquentes consiste à augmenter les taux d’acides gras oméga-3 et abaisser ceux d’oméga-6. Ce qui signifie diminuer les huiles végétales riches en oméga-6 (de maïs, tournesol, pépins de raisin et soja) et augmenter l’huile de lin et les poissons gras, riches en oméga-3.
« Par moment, je suis subitement prise de très violentes migraines. Je ne supporte plus la lumière et j’ai d’horribles nausées qui me font vivre un calvaire. Je ne peux plus rien faire, impossible de m’occuper de mes enfants, le moindre bruit m’est insupportable. Lorsqu’une crise me prend, je dois m’isoler au calme. C’est difficile à vivre au quotidien. »
Auteur: Sophie Membrez