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Naissance de l'opinion publique
L'histoire valaisanne de la première moitié du XIXe siècle est marquée par la naissance et par l'affirmation des idéologies. Quatre idées se développent: la démocratie représentative proportionnelle à la population des dizains, l'extension des droits démocratiques, l'affirmation d'une conscience nationale suisse et la formation d'une idéologie républicaine fondée sur l'intérêt général et le progrès. Ce programme se développe à l'initiative des libéraux, puis des radicaux.
Sommaire
La démocratie
Les libéraux défendent en premier lieu une conception de la société politique fondée sur la démocratie représentative. Ils recherchent à asseoir une nouvelle élite non basée sur la naissance et à promouvoir le développement du commerce et de l'industrie. Ils veulent aussi définir une nouvelle conception des rapports sociaux fondés sur l'intérêt général. De plus, ils affirment une conscience nationale.
L'extension des droits populaires
L'aile gauche des libéraux prône une extension des droits populaires, qui deviendra le fondement de la conception radicale. Ceux-ci dénoncent le laxisme et l'arrivisme des libéraux, plus préoccupés à défendre leurs places qu'à réformer les institutions et à instruire les masses. Ils aspirent à une société égalitaire sans classes.
Cependant, bien que divisés quant à la conception de la souveraineté du peuple, libéraux et radicaux se retrouvent autour de la notion de progrès social et économique. Ils veulent améliorer l'administration centrale et créer un Etat moderne.
Les Haut-Valaisans rejettent toutes ces idées. Pour eux, la démocratie doit rester l'expression du fédéralisme communal, c'est-à-dire reposer non sur l'ensemble des citoyens, mais sur la réunion des communes, le droit de vote demeurant réservé aux seuls bourgeois. Cette démocratie est également théocratique. Mais, l'évolution de la démocratie et l'intérêt croissant du peuple pour la vie politique forcent les conservateurs à élaborer une réflexion politique intégrant les concepts de démocratie représentative et référendaire.
L'école et la presse
Pour les libéraux et les radicaux, les armes du progrès et de la liberté sont l'Etat, l'école et la presse. Pour gagner le soutien du peuple, il faut l'instruire et l'informer en l'associant aux affaires de la cité. Jusqu'en 1839, les gazettes, les pamphlets, les libelles et les proclamations constituent les premières armes de la propagande. Toutefois, ces combats de plume sont aussi l'occasion de préciser les programmes politiques. Ainsi, du côté radical, César Gross multiplie les articles pour dénoncer les vices de la démocratie valaisanne et formuler des revendications nationales. La propagande intérieure est également alimentée par les correspondants de la presse romande, qui s'insinuent progressivement dans les querelles valaisannes pour devenir les porte-parole des clans en présence. En dépit des interdictions, les journaux étrangers se répandent en Valais. Ceci montre que le public est intéressé à la diffusion des idées. De 1839 à 1848, la presse valaisanne, partisane et polémiste, participe à la lutte pour le pouvoir.
Outre la diffusion des idées, des organisations voient le jour afin de défendre leurs idées. Les libéraux entrent également en contact avec de grands penseurs étrangers de la révolution européenne.
Journaux suisses pénétrant en Valais
- Gazette de Lausanne: libéral modéré
- Le Nouvelliste vaudois: libéral, puis radical
- Le Véridique de Fribourg: conservateur
- L'Helvétie: libéral, radical
- La jeune Suisse: radical
- L'Echo des Alpes (mai 1839-24.05.1844): radical
- Le Défenseur de la Religion et du Peuple (mai 1839-début 1840)): conservateur
- Gazette du Simplon (1842-24.08.1847): conservateur
- Le Courrier du Valais (01.01.1843-31.12.1844): libéral
- L'Observateur: libéral. Deviendra le Journal du Valais en février 1848.
Bibliographie
- Histoire du Valais, Annales valaisannes 2000-2001, Sion, 2002
Articles connexes