Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07130.jsonl.gz/647

Vous avez répondu non à toutes ces questions essentielles
Votre patient ne présente pas de lésions dermatologiques en-dehors des lésions de grattage, le prurit n’est pas localisé, l’entourage n’est pas concerné, le patient ne présente pas de problèmes médicaux connus, il ne prend pas de médicaments. Vous n’avez pas de pistes précises à suivre.
Vous devez dans un premier temps rechercher des indices en faveur d’une affection organique, même s’il est extrêmement rare de trouver un prurit comme premier symptôme d’une pathologie systémique.
- Rechercher les éléments accompagnants ou déclenchants
- Rechercher une anomalie à l'examen physique
- Anamnèse psychosociale
- Traitement symptomatique
- Suivi
Rechercher les éléments accompagnants ou déclenchants
En fonction du sexe, de l’âge et de l’anamnèse familiale :
– recherchez à l’anamnèse des éléments accompagnants ou déclenchants : autres symptômes, voyages, conditions de travail et de vie, entourage, prise de médicaments.
Rechercher une anomalie à l'examen physique
– recherchez à l’examen physique un ictère, des adénopathies, une splénomégalie, une hépatomégalie, une masse abdominale ou une prostate anormale. En cas d’anomalies, pratiquez les examens complémentaires nécessaires.
– recherchez un dermographisme. Si vous pouvez déclencher des lésions urticariennes par un grattage, une pression forte ou l’exposition au froid, il y a une forte chance qu’il s’agisse d’une urticaire physique ou factice. C’est une affection bénigne, mais chronique, qui répond bien aux antihistaminiques.
Anamnèse psychosociale
En l’absence d’arguments cliniques en faveur d’une affection organique, cherchez à savoir si le patient se trouve en situation de stress psychosocial, et essayez d’en parler avec lui. Le prurit peut être le seul symptôme d’une réaction inappropriée au stress ou d’une début de dépression. La capacité de faire le lien entre le prurit et la situation psychosociale particulière représente un premier pas vers sa guérison.
Traitement symptomatique du prurit
Si l’anamnèse et l’examen physique sont parfaitement normaux, proposez au patient un traitement symptomatique non spécifique ou placebo.
La xérose (sécheresse de la peau) est une cause fréquente de prurit. C’est la conséquence de l’utilisation abusive de détergents et d’une insuffisance de rinçage de la peau. Proposez de bien rincer la peau, de diminuer l’utilisation de détergents. Une lotion contenant de l’urée peut être utilisée après le bain ou la douche. Du talc conservé dans le réfrigérateur a également une action calmante.
Les antihistaminiques p.o. en dehors des affections urticariennes ont une efficacité limitée à leur effet sédatif. Ainsi le choix d’un antihistaminique sans action centrale ( méquitazine, astémizole ou fexofénadine ) ne serait utile que si le prurit est dû à une libération de l’histamine comme c’est le cas dans l’urticaire.
Evitez d’utiliser les antihistaminiques en application locale car ils provoquent très souvent une sensibilisation allergique.
L’utilisation des corticoïdes topiques dans un prurit sans lésions cutanées n’est pas raisonnable, car souvent sans effet et exposant à de multiples complications.
Suivi
Vous devez revoir votre patient 2 à 3 semaines plus tard.
Vous devez lui demander de revenir consulter plus tôt si un nouveau symptôme apparaît.