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La conseillère fédérale Karin Keller-Sutter veut étendre l'utilisation de ce genre d'analyses génétiques pour faciliter la recherche de suspect. Aujourd'hui, il est déjà permis de déterminer via l'ADN le sexe d'un potentiel criminel, mais pas sa couleur de peau ni celle de ses cheveux. Le Conseil fédéral proposera un texte en décembre.
Pour Alexander Lang, responsable de l'étude de la Fondation TA Swiss publiée mardi sur les profils ADN, cette méthode a des conséquences indésirables: "Il faut différencier quelles caractéristiques permettent d'identifier ou d'exclure un certain type de population. On doit les utiliser prudemment pour ne pas stigmatiser en tant que criminel un groupe précis et ainsi l'accabler inutilement", explique-t-il dans La Matinale.
"Un dommage collatéral tolérable"
Pour le conseiller national PLR et avocat Christian Lüscher, cibler un type de population est un dommage collatéral tolérable. "Lorsqu'il s'agit d'élucider un crime, il faut sortir du politiquement correct. C'est une personne blanche, jaune ou noire qui a commis un crime. A mes yeux, tout ce qui permet d'élucider un crime ou un délit au-delà de tout soupçon doit être utilisé sans la moindre hésitation".
Le Département fédéral de justice et police est prêt à faire le pas, sans pour autant le surestimer: le phénotypage est à prendre comme une indication au même titre qu'un témoignage. Personne ne s'attend qu'il soit d'une précision absolue.
Muriel Ballaman/lan