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De nombreux phénomènes affectifs —l’étonnement, la curiosité, l’intérêt, la surprise, le sentiment de certitude, le doute, la crainte de l’inconnu, l'ennui— sont baptisés, dans la littérature philosophique ainsi qu’en psychologie, « émotions » ou « sentiments » épistémiques.
Le premier objectif de ce projet de recherche est de considérer précisément l’unité de cette catégorie. Y’a-t-il quelque chose de communément « épistémique » —en lien avec la recherche de la vérité— à tous ces phénomènes affectifs? Et peut-on parler d’émotions dans tous les cas, c’est-à-dire de phénomènes affectifs appartenant au même type que la peur, la jalousie, la joie? La curiosité n’est-elle pas plutôt un désir qu’une émotion ?
Le second but de ce projet est d’examiner quels rôles ces phénomènes affectifs jouent dans nos activités cognitives. Servent-ils simplement à nous motiver à connaître d’avantage? Nous donnent-ils également des raisons de croire ce que l’on croit ? Quel est l’intérêt de l’intérêt ?
Autant de questions qui se situent au carrefour de la philosophie des émotions et de l’épistémologie auxquelles nous tenterons de répondre en prenant appui sur la littérature existante en psychologie et dans les sciences cognitives.