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Saint-Gall, le 30 mai 2017. – La Société Suisse des Officiers (SSO) considère que la recommandation du groupe d’accompagnement du groupe d’experts «Nouvel avion de combat » concernant la proposition d’acquérir seulement 30 avions de combat est malhonnête.. Avec un nombre aussi faible d’avions de combat, il est en effet impossible d’assurer une disponibilité de base crédible pour la défense aérienne. En émettant une telle recommandation irresponsable, on accepte que les forces aériennes ne remplissent plus leur mandat constitutionnel.
Au printemps 2016, le Conseiller fédéral Guy Parmelin, chef du DDPS, a chargé un groupe d’experts interne de développer une vue d’ensemble pour le renouvellement des forces aériennes (forces aériennes couplé à la défense sol-air). Dans son rapport, le groupe d’experts présente quatre options[1] pour moderniser les forces aériennes et la défense sol-air. Simultanément, un groupe d’accompagnement pour l’évaluation et l’acquisition d’un nouvel avion de combat a été mis en place. Ce groupe a été chargé en tant que tierce partie de développer à un stade précoce une appréciation globale des questions et problèmes liés à l’évaluation et à l’acquisition d’un nouvel avion de combat, ceci afin de contribuer à une préparation circonspecte et transparente d’un tel projet d’acquisition.
Lors du vote du groupe d’accompagnement sur la recommandation à émettre, l’option 3, qui est la deuxième la moins chère, a obtenu six voix. L’option 1, la plus étoffée avec 50 à 70 avions de combat couplés à la nouvelle acquisition de défense sol-air à moyenne et longue portée, a obtenu deux voix. L’option 2 a également obtenu deux voix, alors que l’option 4, la moins chère, a encore obtenu une voix.
Au moins 70 avions de combat
La SSO est convaincue que seule la variante avec au moins 70 avions de combat permet à l’Armée de remplir le mandat constitutionnel de protection et de défense du pays et de la population également dans les airs.
Toutes les autres variantes exposées ne reposent pas sur la situation de la menace et le besoin correspondant d’avions de combat, et ne représentent qu’une tentative de réaliser des économies à un endroit totalement inapproprié. La SSO les considère comme étant de mauvaise foi car en cas d’évènement majeur, elles contraindraient dès le début la Suisse à s’allier avec des partenaires et à solliciter auprès d’autres pays des prestations de protection de notre pays dans la mesure où cela est possible et compatible avec leur stratégie. Des tâches importantes des forces aériennes suisses comme la défense aérienne, le combat terrestre et les renseignements seraient rendues impossibles, ce qui ne serait pas conforme à la Constitution. Se limiter au service de police aérienne ne suffit aucunement. Le service de police aérienne n’est en effet pas la raison d’être des forces aériennes, mais seulement une tâche accessoire parmi d’autres et qui ne saurait à elle seule justifier des avions de combat polyvalents.
Les autorités politiques doivent assurer le financement
C’est pourquoi la SSO demande que l’on retienne exclusivement la variante avec 70 avions de combat. Le Conseil fédéral, le Conseil national et le Conseil des États sont tenus de mettre à disposition les moyens financiers nécessaires. Simultanément, il convient de remplacer rapidement la défense sol-air qui est entre-temps devenue obsolète. Ici aussi, les autorités politiques doivent assurer des moyens financiers suffisants parallèlement à l’acquisition d’avions de combat. C’est la condition sine qua non pour que l’Armée en tant que système global puisse effectivement remplir de manière crédible son mandat constitutionnel de défense de la Suisse.
[1] Option 1: remplacement de la flotte actuelle d’avions de combat par près de 55 (év. 70) avions de combat et renouvellement complet avec augmentation des performances de la défense sol-air; besoins financiers: 15 à18 milliards env. Option 2: remplacement de la flotte actuelle par près de 40 nouveaux avions de combat et renouvellement de la défense sol-air ; besoins financiers: 9 milliards env. Option 3: remplacement de la flotte d’avions actuelle par près de 30 nouveaux avions de combat et augmentation significative des performances pour la défense sol-air; besoins financiers: 8 à 8.5 milliards env. Option 4: acquisition de près de 20 nouveaux avions de combat exploitation en parallèle de la flotte des F/A-18, renouvellement des moyens de la défense sol-air ; besoins financiers: 5 milliards env.
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