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Donald Trump a subi un cuisant échec sur l'Obamacare, alors que les deux chambres du congrès sont contrôlées par les républicains.
KEYSTONE/AP/ALEX BRANDON(sda-ats)
Le président américain Donald Trump a menacé samedi de mettre un terme aux financements fédéraux dont bénéficient les assureurs si le congrès n'adopte pas une nouvelle loi abrogeant l'Obamacare. Le Sénat a rejeté vendredi un texte allant en ce sens.
"Si une nouvelle loi sur la santé n'est pas rapidement approuvée, les aides financières pour les compagnies d'assurances et les aides financières pour les membres du congrès cesseront très vite!", a prévenu le milliardaire républicain dans un message tweeté samedi.
La première partie de son message semble viser les quelque 8 milliards de dollars de subventions versées par l'Etat fédéral aux assureurs pour faire baisser le prix de la couverture maladie des foyers à bas revenus.
La seconde partie porte apparemment sur les cotisations versées par l'Etat pour le mécanisme spécifique d'assurance, qui a été mis en place pour les élus et le personnel du congrès à la suite de la réforme Obama de 2010.
"Des dégonflés absolus"
L'annonce de M. Trump survient alors que le Sénat a rejeté dans la nuit de jeudi à vendredi un texte censé abroger l'Affordable Care Act, ou Obamacare. Trois sénateurs républicains - John McCain, Susan Collins et Lisa Murkowski - ont joint leurs voix aux démocrates pour s'opposer au projet, par 51 voix contre 49.
L'arrêt de ces subventions fédérales pourrait conduire des assureurs à augmenter sensiblement leurs tarifs.
La voie parlementaire n'est cependant pas totalement refermée: plusieurs sénateurs républicains emmenés par Lindsey Graham ont annoncé tard vendredi soir avoir rencontré M. Trump pour tenter de débloquer la situation.
"A moins que les sénateurs républicains ne soient des dégonflés absolus ('total quitters'), l'abrogation et le remplacement (ndlr, de l'Obamacare) n'est pas mort", a encore écrit le 45e président des Etats-Unis samedi sur Twitter.
Sondages défavorables à Trump
Le chef de file des démocrates au Sénat, Chuck Schumer, a souligné que si le président mettait sa menace à exécution, le prix des soins "augmenterait pour des millions d'Américains". "Le président ferait bien d'arrêter de jouer avec la vie des gens et leur santé, commencer à diriger et se comporter enfin de manière présidentielle", a-t-il poursuivi.
L'opinion publique américaine semble pour sa part prête à tourner la page. Selon un sondage Reuters/Ipsos publié samedi, 64% de sondés souhaitent maintenir l'Affordable Care Act, dans sa totalité ou avec des amendements à la marge.
La plupart d'entre eux estiment en outre que le congrès devrait se tourner vers d'autres chantiers législatifs, comme la réforme fiscale, les affaires étrangères ou les projets d'infrastructure. Moins d'un tiers de sondés (29%) souhaitent voir les républicains "continuer à travailler sur un nouveau projet de loi santé".
ATS