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L'Institut Pasteur en collaboration avec l'agence sanitaire Santé publique France et le CNRS a publié mardi ce chiffre de 5,7% de personnes infectées, en se basant sur des modélisations mathématiques et statistiques. Mais pour que l'immunité collective soit suffisante pour éviter une deuxième vague, il faudrait 50 à 70% de personnes immunisées, selon les chercheurs.
Et en Suisse?
Ce chiffre est certainement transposable à la Suisse, si ce n'est que la Suisse a peut-être pris des mesures plus vite et que la proportion de personnes infectées est encore plus faible.
Dans quelques jours d'ailleurs, les premiers résultats des tests sérologiques pratiqués dans la population genevoise sont attendus. Les experts s'attendent à ce que le pourcentage des personnes infectées soit extrêmement bas, donc au-dessous de ces 5% calculés pour la France.
Ce qui pourrait signifier qu'on est quasiment dans la même situation qu'au début de l'épidémie au niveau d'une possible immunité dans la population.
Il va donc falloir continuer à contrôler l'infection et ceci malgré le processus de déconfinement.
"Bonne et mauvaise nouvelle"
Interrogé dans Forum, Didier Trono, responsable du groupe diagnostic et testing au sein de la task force scientifique du gouvernement dédiée au coronavirus, estime que ce chiffre est à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle.
Une mauvaise nouvelle "parce qu'effectivement le prix qu'on a payé jusqu'à maintenant ne nous a acheté que très peu d'immunité dans la population", mais ce chiffre qui sera "vraisemblablement assez comparable à celui qu'on va obtenir en Suisse" montre également que "les mesures prises (distanciation sociale, confinement) permettent d'aplatir la courbe des personnes infectées".
"Inventer des schémas"
Concernant une augmentation du déconfinement pour accélérer cette immunité collective, le chercheur relève que cette méthode supposerait des pertes: "je ne crois pas qu'éthiquement on puisse défendre cette position, par contre on va pouvoir vivre avec ce virus, mais la vie normale vers laquelle on va revenir à travers le déconfinement ne sera pas celle que l'on avait avant la crise, jusqu'à ce que vraisemblablement l'on ait un vaccin qui lui nous permettra d'aboutir à un haut taux d'immunisation sans avoir à souffrir des conséquences de l'infection".
Mais "il va falloir inventer des schémas pour un déconfinement échelonné: on ne peut pas dire aux personnes à risques qu'elles devront rester chez elles pendant les 2 prochaines années, il faut trouver des solutions pour qu'elles puissent avoir une qualité de vie convenable."
>> L'interview complète de Didier Trono, chef du laboratoire de virologie et génétique de l'EPFL, dans l'émission Forum:
Sophie Iselin/lan