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En 1877 le Tennis tel qu'on le connaît est apparu, sous le nom de Lawn-Tennis. Enjuillet de la même année, le All England Club organise le premier championnat de Lawn-Tennis sur ses terrains. Le tournoi de Wimbledon est né.
Depuis 1877, les règles du tennis ont peu changé. Seules quelques modiﬁcations ont été apportées, la principale étant l'introduction du Tie-Break en 1970. En revanche, les tenues se sont métamorphosées : pantalon long et blanc, chemise blanche à manches longues, casquette ont été remplacés par des modes plus « flashy » que nous connaissons actuellement!
En 1911, le tennis avait 34 ans lorsque quelques personnalités du monde sportif - des notables surtout, le tennis étant en ce temps-là un sport très élitaire - attachées au Montriond F.C. fondé en 1896 et devenu Lausanne-Sports en 1920 - se sont regroupées pour constituer une section tennis. Le cadre d'alors était un terrain unique situé au chemin du signal à Lausanne. Mais assez rapidement, deux courts ont vu le jour aux Plaines-du-Loupe sur notre site actuel.
Petit à petit, la section tennis a fait son nid et par étapes successives, le club est passé d'un seul court en 1911 à huit en 1939. C'est avec la construction du nouveau complexe sportif pour les championnats de football en 1954 - dont le stade olympique prochainement destiné à la démolition- que notre société de 12 terrains qui sont en grande partie ceux que nous connaissons aujourd'hui.
Le club-house actuel a été inauguré en 1980 alors que la bulle hivernale a été dressée pour la 1ere fois en 1991.
Dès 2004, une halle comprenant deux courts en synthétique est mise à disposition de notre section et du centre de formation "Sports études".
Rapidement notre club s'est impliqué dans la competition.
De 1916 a 1923 les archives de Swisstennis — anciennement Association suisse de tennis - mentionnent 7 victoires du Lausanne-Sports en lnterclubs série A.
De 1925 a 1945 notre section compte plusieurs succès de nos membres dans des épreuves, il est vrai, mineures ou régionales.
Dès 1945,en revanche, nos dirigeants ont pu mettre sur pied soit des rencontres exhibitions, soit des tournois internationaux avec les cadors du tennis mondial de l'époque.
En 1946 notamment, a l'occasion du 50e anniversaire du club omnisports Lausanne Sports, et en 1947 avec les lnternationaux de Suisse, ces championnats donnérent l'occasion de voir a l'oeuvre un certain nombre des meilleurs joueurs et joueuses du circuit — inutile de les nommer. car plus personne ne les connait a l’exception du soussigné ! — confrontés a l'élite des raquettes romandes. Pour illustrer le propos, c'est comme si de nos jours organisions une competition réunissant Djokovic, Murray, Tsonga, Clijsters, Woznlacki et Sharapova avec nos valeureux N3 et N4! lnimaginable, d’autant plus que le budget ne s'élevait qu'à 18'ooo francs !
En 1948 la Pontaise accueille Fred Perry — patronyme encore célébre aujourd’hui grace a une ligne de vétements éponyme - triple lauréat de Wimbledon et parailleurs a ce jour dernier vainqueur britannique d'un
Grand Chelem pour un match exhibition.
Un an plus tard, c’est au tour de Drobny, gagnant sur le gazon londonien en 1954 et a Roland Garros en 1951 et 1952 de disputer une demonstration Exhibition sur notre court central.
Suit une période qui peut être appelée les « 50 glorieuses » pour le développement de notre club tant au plan des infrastructures. du nombre de membres qu'au niveau purement sportif.
Les adhérents ont passé 180 en 1948 à 830 en 1976! Les demandes d'admission étaientsi abondantes que chaque candidature pour être acceptée devait être appuyée par le parrainage d'un joueur inscrit à notre section depuis au moins cinq ans.
C’est surtout au niveau de la compétition que notre société connaît un essor exceptionnel durant cette époque. Après un titre de champion de Suisse interclubs série B en 1954 — l'équivalent de notre ligue nationale B actuelle — notre club possédera dès 1959 une formation défendant les couleurs lausannoises aux interclubs série A qui deviendront la ligue nationale A par la suite. Au début des années 60, B. Patty. vainqueUr de Wimbledon et de Roland Garros en 1950 joua quelques parties avec notre équipe.
Celle—ci fut sacrée championne de Suisse dans cette catégorie en 1965,1967,1968,1974 et 1980. Avec 12 titresle Lausanne Sports ﬁgure ainsi à la 3e place du palmarès de Ligue nationale A.- Chaque rencontre disputée à la Pontaise éveillait beaucoup d'intérêt. ll n’était pas rare de voir les travéesentre les courts pleines de public. A noter qu‘à la même époque - décidément très ﬂorissant pour la ville de Lausanne si l'on se souvient qu’en 1964 elle organisait l’exposition nationale - l’équipe de football du Lausanne-Sports elle aussi connaissait des saisons particulièrement fastes avec plusieurs trophées nationaux en prime et suscitait un engouement extraordinaire attirantjusqu‘à 32’000 spectateurs pour des matchs de championnat!
Dès 1960 notre club dénombre 6 à 8 joueurs ﬁgurant régulièrement dans les 50 premiers du classement national avec à la clef plusieurs titres au championnat de Suisse individuel, le dernier étant obtenu
par notre professeur Ivan Du Pasquier.
Nous avons également compté dans nos rangs plusieurs membres ayant fait partie de l'équipe suisse de Coupe Davis.
Relevons les noms de F. Studer, D. Sturdza. P. Blondel. M. Burgener, J. Michod. S. Gramegna, l. Du Pasquier et T. Grin qui a appartenu au groupe participant à la ﬁnale de l’édition 1992 contre les Etats-Unis de Sampras, d'Agassis et de Mc Enroe.
Hormis ces brillants résultats, notre section ne reste pas inactive. En1968 elle organise une competition internationale du niveau d'un « Challenger » actuel. L‘année suivante voit la mise sur pied des championnats de Suisse élite - à cette époque la manifestation tennistique la plus importante du pays apres Ie tournoi de Gstaad — alors que la Pontaise accueille encore les championnats de Suisse juniors en 1971.
Ala fin des années 80, avec la baisse de sa capacité financiére et surtout en raison des coûts très élevés d'une équipe de ligue nationale A, notreclub fut contraint dès 1989 de militer en ligue nationale
B — sauf en 1996, où relégue il disputa et remporta le championnat de Ligue nationale C- et cela jusqu'en 2009.
Si notre section fut des lors astreinte de réduire la voilure, elle ne ménagea jamais ses efforts dans la formation de la reléve avec a la clef plusieurs titres de champions de Suisse juniors avec Thierry Grin et Philippe Kobzos ainsi que quelques places de ﬁnalistes dans ces mémes championnats.
Au début de ce siécle le TC Lausanne-Sports compta dans ses rangs 2 joueuses faisant partie de l'élite du tennis féminin, Marie-Gaïané Mikaelian et Timéa Baczinski,
qui ont ﬁguré toutes les deux dans les 50 meilleures au classement mondial de la WTA.
Certes ce passé sportif est glorieux— surtout celui des années 6o — mais il doit étre mis en perspective avec la situation du tennis helvétique de l'époque. Celui-ci était purement amateur et ne
possédait pas de centre de formation digne de ce nom. La plupart des joueurs étaient autodidactes. Le simple fait de participer et, a fortiori, de franchir un tour d‘une grande compétition internationale relevait de I'exploit. Le tennis suisse ne disposait pas de la reconnaissance planétaire qu’il a obtenue par la suite avec des champions comme H. Günthardt, J. Hlasek, M. Rosset, P. Schnyder, S. Wawrinka et surtout nos deux numéros un mondiaux Martina Hingis et Roger Federer. ll était pour cette raison beaucoup plus facile d'appartenir à l’élite de notre pays que de nos jours. L'auteur de ces lignes qui a vu à
l'œuvre plusieurs générations sur nos courts et, qui n‘a surtout pas envie d'être traité de passéiste nostalgique magniﬁant sans cesse son époque, est en mesure d'en témoigner !
Il peut afﬁrmer - avec tout ce que cela implique de subjectivité et avec le risque de choquer bon nombre d'anciens ! — que nos meilleurs éléments actuels de Ligue nationale C que nous avons eu la chance d‘admirer cette saison sont indiscutablement supérieurs à ceux qui étaient les ﬁgures de proue de notre club de la période des années 60. Assurément. le matériel n’est pas le même - pour les "patriarches", souvenons-nous des raquettes en bois petit tamis qui ne toléraient aucune erreur de centrage et qui incitalent àjouer tous les coups poignet bloqué ; ce qui explique que ceux ayant acquis leurs fondamentaux tennistiques à cette époque disposent presque tous de coup droit et de service cachectiques qui ne se justiﬁent pas uniquement par la sénescence l!— mais d'une manière générale les tennismen d'aujourd’hui — et plus encore les tenniswomen ! - sont plus rapides, frappent plus fort et un mot sont plus athlétiques que leurs prédécesseurs.
À n'en pas douter les performances sportives sont importantes dans la vie d'un club mais il ne faut pas oublier ceux qui ont rendu possible sa fondation et permis sa pérennité. Ces bénévoles qui ont mis à disposition de notre section leur temps, leurs compétences et parfois des moyens ﬁnanciers sans qu'ils y trouvent d'intérêt personnel. Nous avons pu proﬁter tout au long de cent années du savoir d’avocats plaidant la cause de notre société dans des affaires difﬁciles, d'experts-comptables négociant des remises de dette auprès des banques. d'ingénieurs étudiant la faisabilité d’un projet, d'architectes
offrant leurs conseils lors d'aménagement de nos installations, d’électriciens concevant des éclairages, etc., cela le plus souvent à titre gracieux. Nous devons également souligner l'apport de notre cher, dévoué et surtout regretté Gaston Zurbuchen qui a assuré durant de nombreuses années le secrétariat à plein temps pour un salaire symbolique.
Nous n'allons pas citer tous les présidents qui se sont succédé durant ces cent ans. Nous risquerions d'en oublier injustement. Certains étaient plus charismatiques que d’autres, mais presque tous méritent notre reconnaissance.
Pourtant nous nous devons de faire une exception en saluant notre « timonier » actuel. Serge Devaud. Il a hérité en 1993 d'un club ﬁnancièrement exsangue à la suite de quelques années de gestion insouciante et aventureuse. Avec ses membres du comité,il a su en 18 ans, à force de rigueur, de travail et de professionnalisme, redresser magistralement la barre. ll a porté durant cette période presque toutes les casquettes. Il a été en plus de sa fonction présidentielle tour à tour, comptable, secrétaire, concierge, cuisinier, responsable de la commission technique, capitaine de l’équipe de ligue nationale B,
joueur d'interclubs avec les séniors, animateur de soirée et cette liste n'est certainement exhaustive tant il est et a été un président polyvalent.
Au terme de cette revue des faits marquants de ces cent dernières années, il ne nous reste simplement qu’à souhaiter qu'en 2111 le chroniqueur chargé de raconter la période 2011 — 2111 de la section tennis du Lausanne-Sports aura la chance de relater un siècle d'histoire aussi riche en événements que celui qui vient s'achever.
Roger Rapp