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Les sauteurs acrobatiques se propulsent dans les airs, défient la gravité, en effectuant des sauts périlleux et des vrilles, puis retombent tels des équilibristes sur leurs skis. Du moins, la plupart du temps. Noé Roth, 22 ans, est actuellement le meilleur de tous ces skieurs audacieux. Il s'est fait un nom en 2019, en se classant troisième des Championnats du monde de saut acrobatique, et a remporté l'hiver dernier son premier titre mondial, ainsi que son deuxième classement général de la Coupe du monde.
Lorsqu'il gagne, le Zougois sourit face aux caméras, son casque Red Bull planté sur la tête. Un peu à la manière des autres freestyleurs, ceux pratiquant le slopestyle, le half-pipe ou encore le big air. Sauf que lui n'a pas autant la cote, sa discipline, traditionnelle comme le ski de bosses, n'est pas aussi «cool» que les pratiques modernes.
Il suffit d'ouvrir les réseaux sociaux pour s'en rendre compte. Il arrive à Noé Roth de publier des vidéos décontractées, dans lesquelles on le voit tenter des figures plus impressionnantes les unes que les autres. Mais quand Andri Ragettli, spécialiste du slopestyle et du big air, qui lui aussi fait partie de l'équipe suisse de ski freestyle, atteint les 631 000 followers sur Instagram, Roth n'est suivi que par à peine plus de 6'600 personnes.
Malgré sa grande histoire et une présence aux Jeux depuis 1992, même si le spectacle est toujours au rendez-vous, et fait de bonnes audiences mondiales lors des finales olympiques, le saut acrobatique est à la traîne en Europe, si bien que Noé Roth devra bientôt faire les petites annonces pour trouver des coéquipiers.
Sur le circuit de la Coupe du monde, le Schaffhousois Pirmin Werner est son unique compagnon de route. Et cela ne suffit pas pour se présenter aux épreuves par équipes. Roth sait à quel point il est difficile de trouver des sauteurs, son père Michel est entraîneur national depuis 32 ans, et s'acharne depuis longtemps à persuader de nouveaux pratiquants.
Il a souvent déniché ses perles sur les praticables de gymnastique. D'ailleurs, Noé Roth a lui aussi exercé cette discipline durant ses jeunes années. Mais actuellement, les jeunes skieurs acrobatiques et les potentiels nouveaux pratiquants manquent cruellement à la base de ce sport, en Suisse. Et ce, malgré la présence au pays du meilleur de la discipline. Peut-être que la nation connaîtra bientôt le même sort que toutes les autres d'Europe occidentale, où le ski acrobatique ne joue plus aucun rôle. Car oui, ses adversaires viennent tous d'Amérique du Nord, de Chine, du Kazakhstan et d'Ukraine.
Noé Roth tente de ne pas se préoccuper de tout cela, il doit se concentrer sur lui-même, et sur ses performances individuelles en ce début de nouvelle saison. Chaque saut nécessite un certain effort, «je ressens toujours un frisson», prévient-il. Mais mener une vie de sauteur acrobatique lorsque l'on est suisse n'est pas évident. Le recul des glaciers en Valais ne permet plus l'installation de sautoirs depuis deux ans maintenant. Cette année encore, le petit groupe suisse s'est rendu dès début novembre en Laponie, plusieurs semaines avant la première Coupe du monde de Kuusamo, pour s'entraîner. L'obscurité permanente du Grand Nord ne ressemble pas vraiment à l'ensoleillement des Alpes valaisannes.
La pratique n'a rien de très lucratif, surtout dans le contexte international actuel. Puisque la Russie et la Biélorussie, deux nations fortes du ski acrobatique, ne sont pas les bienvenues, les épreuves de Coupe du monde sont moins nombreuses - six de décembre à mars. Peu d'occasions donc pour Noé Roth de mettre en avant ses exploits sportifs et ses sponsors.
Le Zougois l'accepte, car il «aime son sport». Il parvient même à déceler de nombreux objectifs à l'horizon. Cette saison, il aimerait passer le saut le plus difficile du moment, le «Hurricane». Puis, en 2025, la région d'Engadine accueillera les Championnats du monde, l'occasion pour lui de briller à domicile.
Il n'y a pas lieu de s'inquiéter pour Noé Roth. Le skieur de 22 ans a passé l'été en bonne santé, son genou problématique ne l'inquiète plus. Et sur le sautoir, il continue à viser la perfection. Mais cela se fait chaque année un peu plus seul. Actuellement, Noé Roth est le meilleur des rares Mohicans. Il pourrait bientôt être le tout dernier...
Adaptation en français: Romuald Cachod.
Mi-février, le jeune Singapourien Ashwath Kaushik, âgé de huit ans, a réalisé un exploit étonnant. Lors de l'Open Stadthaus de Berthoud (BE), cette pépite des échecs a battu le Polonais Jacek Stopa (37 ans) et est devenu le plus jeune joueur de l'Histoire à vaincre un grand maître. Il ne pourra peut-être pas conserver ce titre longtemps, tant les «enfants prodiges» des échecs sont de plus en plus jeunes.