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Quand ils marchent dans les rues de New York, Tanger, Detroit, Séville, Paterson, les héros des films de Jim Jarmusch fabriquent un secret. Une autre allure, pour un autre temps.
Commencée en 1964, l'oeuvre de Philippe Garrel est la seule en France à avoir saisi en direct une adolescence dans les années 1960 (Les Enfants désaccordés) puis Mai 68 et ses retombées (Marie pour mémoire, Le Révélateur...). Elle est également la seule à avoir capté l'essence d'un amour fou et la substance d'un exil chimique (Les Hautes Solitudes, Un ange passe...).Garrel tourne L'Enfant secret en 1979. L'oeuvre entame alors un second temps, plus narratif. Comment retraverser ces années d'expérience afin d'en ramener la puissance au présent ? C'est désormais la question d'un cinéma qui s'invente et se réinvente dans la compagnie des stars (Catherine Deneuve pour Le Vent de la nuit, Laura Smet pour La Frontière de l'aube...).Ce livre est le premier essai publié en France consacré au cinéaste. Il est accompagné d'un entretien inédit dans lequel celui-ci évoque sa méthode, notamment sa recherche d'une dialectique entre l'acteur et le passé de personnages souvent inspirés de ses compagnes ou compagnons de route (Nico, Jean Seberg, Jean Eustache...).Par les mots, Philippe Azoury retrouve la charge poétique, la part d'intangible, d'invisible et de silence que portent en eux les films de Philippe Garrel.
Réalisateur de plus de trente films, metteur en scène de soixante-quinze opéras, à la fois cinéaste underground et héritier de Visconti et Pasolini, Werner Schroeter, mort en avril dernier, reste encore à découvrir. Les défenseurs du cinéma de Schroeter sont aussi illustres que divers : Michel Foucault, Isabelle Huppert, Bulle Ogier, Fassbinder, Wim Wenders, Jean-Jacques Schuhl... Le livre décrit en soixante-dix fragments le fonctionnement intime, la respiration musicale, les constructions folles d'une oeuvre unique.
Moins connu que Jean Eustache, Philippe Garrel ou Marguerite Duras, dont il fut l'ami, Adolpho Arrietta est pourtant l'un des grands cinéastes underground des années 1970-1980.L'univers de ce magicien du cinéma, digne héritier de Jean Cocteau, va de Madrid à Paris, mais aussi de Jean Marais à Enrique Vila-Matas, des Cahiers du cinéma aux Gasolines : toute une histoire légendaire, à la fois glamour et fauchée, qui revit ici avec brio.Le livre est constitué d'un long entretien réalisé en juillet 2009 à Madrid par Philippe Azoury. Durant trois jours, leur dialogue a creusé la fabrication de Flammes (1978). Ensemble, Azoury et Arrietta évoquent les autres films du cinéaste mais surtout tout un monde, une conception poétique, libre, frondeuse de faire du cinéma comme on vit. De la théorie à la pratique, d'une époque à une autre, cet ouvrage permet au lecteur de se plonger dans le cinéma et la culture de la fin des années 1970.