Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07225.jsonl.gz/376

En deux jours, entre le 14 et le 15 juillet, des pluies d'une violence inédite ont frappé l'Allemagne et la Belgique, tuant plus de 150 personnes. Le changement climatique a-t-il joué un rôle dans cette catastrophe?
Tout a été extrêmement rapide. La pluie a fait gonfler les rivières, déborder les ruisseaux. En quelques heures, l'eau a inondé les routes et les maisons. Des torrents de boue emportaient tout sur leur passage.
Entre le 14 et le 15 juillet, l'ouest de l'Allemagne a été frappé par des inondations sans précédent. «Le nombre de corps retrouvés augmente presque d'heure en heure», a déclaré un responsable du ministère de l'Intérieur. Le dernier bilan, encore très provisoire, fait état de 133 morts. Les intempéries ont aussi balayé le sud de la Belgique, où l'on déplore 24 victimes.
Ces dernières années, les phénomènes météorologiques extrêmes deviennent de plus en plus courants dans le monde. Pourtant, les intempéries qui ont semé la destruction en Allemagne et en Belgique sont inédites, écrit le New York Times.
Selon Uwe Kirsche, porte-parole du service météorologique allemand cité dans le quotidien américain, «des inondations d'une telle ampleur n'avaient pas été vues depuis peut-être 1000 ans».
Face à une telle destruction, une question se pose: le changement climatique est-il responsable de ces pluies diluviennes? Pour le climatologue Jean-Pascal van Ypersele, interviewé dans le Monde, la réponse est positive:
Van Ypersele évoque une combinaison de deux facteurs:
Pour le New York Times, les précipitations extrêmes comme celles qui se sont produites en Allemagne sont «l'un des signes les plus visibles du changement climatique».
Le journal avance la piste suivante: plusieurs études soutiennent qu'une atmosphère plus chaude peut retenir davantage d'humidité, ce qui génère des précipitations plus nombreuses et plus puissantes.
Mais au-delà des hypothèses, cette catastrophe ne surprend pas les experts. Jean-Pascal van Ypersele rappelle que le premier rapport du Giec, sorti en 1990, indiquait déjà que l’effet de serre accentuera les événements météorologiques extrêmes.
Le dernier projet de rapport du Giec, médiatisé en juin, ne fait que le confirmer. Si rien n'est fait pour stopper le réchauffement de la planète, certaines régions pourraient à l'avenir être frappées par trois ou quatre catastrophes météo simultanées. (asi)