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"Valeria Bruni Tedeschi aurait dû conserver le titre primitivement retenu pour son film, Le Rêve de la nuit d'avant, plus explicite que celui d'Actrices , qui a bien peu à voir avec l'espèce de patchwork mal cousu qu'elle nous présente. L'histoire de Marceline (personnage qu'elle interprète elle-même) est celle d'une comédienne de théâtre, souvent à la limite de l'hystérie et hantée par le rôle de Natalia Petrovna qu'elle doit jouer (elle répète Un mois à la campagne, de Tourguéniev). Actrices ressemble plus à une tentative d'autoportrait (narcissique et désordonné) qu'à une réflexion pointue sur le travail des actrices, comme pourrait le laisser entendre le titre choisi.
Ainsi résumé, l'essentiel du film est dit. L'intrigue - ou plutôt des digressions multiples sur les interrogations existentielles de Marceline (Valeria Bruni Tedeschi) - se dilue en route dans diverses séquences où un comique souvent téléphoné fait plutôt mauvais ménage avec une recherche passagère de sérieux, où le rêve - celui de ""la nuit d'avant"" - sert de prétexte à retrouver des personnages disparus, où Natalia Petrovna tout à coup se dédouble, où le théâtre se mêle à la réalité vécue (un vieux thème, mais beaucoup mieux visité à ce jour par d'autres cinéastes). Marceline dérape, essaie de comprendre ce qu'elle a fait de sa vie jusqu'à ce jour, à 40 ans, sans compagnon, sans enfant.
Actrices apparaît comme une démarche qui se veut douloureuse et drôle à la fois, mais qui n'est ni l'un ni l'autre. Le second film de Valeria Bruni Tedeschi n'a pas de centre de gravité, à l'image d'une héroïne d'une versatilité agaçante, qui surprend et déraille, et dont on se détache rapidement. Comme du film d'ailleurs, qui part dans toutes les directions.
Antoine Rochat
Est-ce parce qu’elle est comédienne, sans cesse tirée par ses rôles hors de son vrai personnage? Est-ce parce qu’elle a 40 ans? Est-ce encore parce qu’elle traîne de son enfance un mal-être auquel ses parents doivent beaucoup? Toujours est-il que Marcelline (Valeria Bruni Tedeschi) broie du noir en répétant la pièce de Tourgueniev dont elle est la vedette. Perdue, affolée, alors que le sable coule dans le sablier, elle cherche quel chemin prendre, celui de l’épouse, de la maternité, de l’actrice, toutes ces voies qui s’empruntent toujours à deux au moins… Et qu’elle se sent incapable de suivre.
Valeria Bruni Tedeschi, comédienne, scénariste et réalisatrice, met en scène avec brio un film complexe où les caractères s’entrechoquent en révélant leurs fêlures. Certes, le récit s’embrouille un peu ici ou là, traîne parfois et semble hésiter sur la direction à prendre, tout comme son héroïne. Mais il donne à voir la difficulté d’être soi-même, l’imbrication douloureuse entre les passions réelles et les passions jouées. Valeria Bruni Tedeschi a un ton bien à elle. Elle puise dans sa vie personnelle, fait jouer sa mère dans son propre rôle et s’inspire de son Italie natale comme de sa France d’adoption, ce qui enrichit son inventaire. Ses personnages écorchés vifs ont le grand mérite de savoir se gausser d’eux-mêmes, il n’est pas rare qu’un profond désespoir débouche sur un fou-rire. Toutefois, Actrices n’atteint pas la qualité d’humour de Il est plus facile pour un chameau (2003), première réalisation qui s’affirmait comme l’une des excellentes comédies de l’année.
Geneviève Praplan
Ancien membre
|Nom||Notes|
|Antoine Rochat||9|
|Geneviève Praplan||12|
|Daniel Grivel||9|
|Ancien membre||12|
|Anne-Béatrice Schwab||7|
|Maurice Terrail||8|