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Le Sénégal est l’un des pays les plus stables d’Afrique tant sur le plan politique qu’économique. Il est placé au quatrième rang des pays de l’Afrique de l’Ouest en matière de croissance économique et présente l’une des plus fortes densités démographiques et croissances urbaines. Mais près de la moitié de sa population est touchée par la pauvreté. Avec une disparité forte entre les régions: une personne sur quatre en milieu urbain pour deux personnes sur trois en milieu rural. Partout, la qualité des services publics et des infrastructures reste insuffisante, notamment pour la jeunesse.
En matière d’éducation, le pays note une amélioration. Cependant, même si 80% des enfants sont inscrits à l’école primaire, près de la moitié d’entre eux quittent la classe en cours d’année ou ne terminent pas le cycle, en particulier les filles des milieux défavorisés. Ceci s’explique par différents facteurs: mariage précoce, travail, moins d’investissement sur les filles destinées à quitter leur famille en endossant leur rôle d’épouse, frais liés à la scolarité, etc. En parallèle au système d’éducation formelle, les écoles coraniques offrent une éducation informelle à un grand nombre d’enfants, environ 200 000, que l’on appelle des talibés. Certains des maîtres coraniques à la tête de ces écoles envoient leurs élèves mendier dans les rues des principales villes du pays. Ces enfants sont alors exposés à différentes formes de violences. Enfin, dans l’ensemble du pays, et parce qu’ils n’ont pas de certificat de naissance, des milliers d’enfants ne peuvent être scolarisés et se retrouvent précocement sur le marché du travail.
Face à ces défis, les organisations de la société civile continuent de se mobiliser pour compenser les efforts encore trop discrets de l’Etat.
Les enfants particulièrement exposés
La société sénégalaise est en proie à de profondes mutations, ce qui crée des tensions entre modernité et traditions. Ces dernières ont tendance à être dévalorisées. Cela affecte aussi la famille dans sa fonction de socialisation, d’éducation, de solidarité entre ses membres et de protection. Les enfants et les jeunes, qui constituent plus de 60% de la population, sont confrontés à toutes sortes de dangers, d’abus et de violences, tels que les mariages précoces, les châtiments corporels, les violences sexuelles et les pires formes de travail, notamment à travers la mendicité et la domesticité. Les difficultés économiques des familles ne permettent pas de leur offrir de meilleures perspectives d’avenir.
C’est dans ce contexte que Terre des Hommes Suisse intervient, en soutenant des partenaires locaux dont les projets visent une amélioration des conditions de vie des enfants et des jeunes. Elle soutient aussi la mise en place de mécanismes de protection au niveau communautaire. L’attention est mise sur l’éducation, conçue comme un fondement qui permet de renforcer concrètement les capacités des enfants et des jeunes, en particulier les plus vulnérables, laissés-pour-compte du système d’éducation formelle. Ils peuvent ainsi acquérir des compétences et suivre une formation professionnelle qui pourra non seulement leur ouvrir des portes du marché du travail, mais aussi leur redonner une confiance en soi souvent malmenée par une société qui les a exclus.
Offrir des espaces de participation
Outre l’accès à l’éducation et à la protection contre toutes formes de violences, les partenaires de Terre des Hommes Suisse au Sénégal mettent l’accent sur la participation des enfants. Les enfants et les jeunes ont ainsi la possibilité de se mobiliser eux-mêmes pour défendre leurs droits. Cela passe d’abord par l’acquisition de connaissances qui se traduisent ensuite par des actions concrètes. Offrir des espaces de participation et renforcer les compétences psychosociales sont des éléments-clés pour que les enfants et les jeunes deviennent des citoyens et des acteurs de changement de leur environnement.
28e Marche de l’espoir
Moment incontournable de la rentrée pour de nombreuses familles du bout du lac, la Marche de l’espoir invite tous les participants à effectuer des kilomètres de solidarité, sponsorisés par leur entourage. Cette année, le rendez-vous est fixé dimanche 13 octobre de 11h à 17h30 au quai du Mont-Blanc. Les fonds récoltés permettront notamment d’améliorer les conditions de vie des enfants au Sénégal, en particulier leur protection et leur éducation, et à encourager leur participation citoyenne.
Plus qu’un simple acte de solidarité, la Marche de l’espoir est un véritable moment festif et d’enrichissement interculturel. L’événement fait suite à un important travail de sensibilisation auprès des élèves du Canton de Genève et de la région française frontalière. Dès septembre, des intervenant-e-s de Terre des Hommes Suisse rencontreront près de 32 000 écoliers pour leur présenter les réalités du Sénégal et les sensibiliser aux problématiques des droits de l’enfant. En 2018, 4600 jeunes avaient marché en solidarité avec des enfants victimes de l’extraction aurifère en Amazonie péruvienne. SVA/TDHS
Informations et inscription à l’avance sur www.marchedelespoir.ch
L’auteur de ce texte est membre de Terre des Hommes Suisse.
Les enfants d’Eden à Dakar
Très active dans la protection des droits de l’enfant, l’association sénégalaise EDEN vise à ce que les jeunes, en particulier les plus marginalisés, puissent s’affirmer et prendre leur place dans la société. Dans un environnement sécurisé, elle offre à plus de 6500 enfants et adolescents de la banlieue de Dakar des animations socio-éducatives axées sur les droits de l’enfant. 1) Éducation de qualité et adaptée Le centre socioéducatif d’EDEN accueille