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"Si vous regardez le monde sans voir d'injustices, vous avez un problème de vue"
Ken Loach est venu à Fribourg avec le même enthousiasme que lorsqu'il se rend à Cannes pour présenter un film ou chercher une Palme d'or – il en a remporté deux. Mais en toute simplicité. Avant sa venue au FIFF, le réalisateur britannique a en effet posé ses conditions: pas de voyage en première classe, pas de limousine, ni de restaurant gastronomique. Ceci témoigne d'une forme de cohérence pour Ken Loach, qui rejette tout traitement de faveur.
"Comment ne pas être un activiste?", se demande le réalisateur de "Moi, Daniel Blake" dans le 19h30 de la RTS mardi. "Il y a beaucoup de conflits qui sont en cours. Beaucoup de gens sont blessés, beaucoup sont exploités, oppressés, dans notre propre pays ainsi que dans le monde. En tant qu'être humain, on se doit de réagir à ça."
Très engagé politiquement, Ken Loach se montre extrêmement critique vis-à-vis de l'Union européenne (UE) et de ses gouvernements. "En Europe, presque tous les politiciens supportent les grandes multinationales, qui détruisent des vies dans la classe ouvrière", fait valoir celui qui a remporté pas moins de sept prix sur la Croisette.
"C'est un moment de grand espoir"
Ses films, très forts, ont-ils changé quelque chose? "Non, moi je n'ai rien changé, répond Ken Loach. Un film, c'est juste une petite voix." A l'âge de 82 ans, Ken Loach dit rester positif pour l'avenir.
Également interrogé dans l'émission Tout un monde sur la situation politique actuelle au Royaume-Uni, il évoque "un grand espoir". "Grâce à la montée de la gauche et du Parti travailliste, le pouvoir va être rendu à la classe ouvrière. C'est une leçon pour tous les partis sociaux démocrates en Europe."
Son sentiment sur la question du Brexit est mitigé. "C'est une question très compliquée. Pour la gauche, à laquelle j'appartiens, nous voyions et nous voyons toujours l'Union européenne comme une organisation qui protège les profits liés aux entreprises. Cependant, nous voulons être solidaires avec les populations à travers l'Europe", explique-t-il. Et de conclure: "Nous aurions besoin d'une autre forme d'UE. J'ai voté pour rester (dans l'Union) mais pour rester dans une forme tout à fait différente d'Europe."
>> Ecouter son interview dans l'émission Tout un monde mardi:
vg/si/ta/hend
Publié le 20 mars 2018 - Modifié le 21 mars 2018