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Le Cours stratégique2 qui a lieu actuellement dans le Tessin ne devait pas manquer de provoquer quelques commentaires malveillants de la part des journaux nationalistes.
L’Idea Nazionale, dans une correspondance de Bellinzone, répand la nouvelle que la démission du Colonel Sonderegger3 a été provoquée par des dissentiments qui se seraient produits entre le Chef de l’Etat Major et le Conseil fédéral précisément au sujet de ce cours stratégique, le Colonel S. ayant jugé ces manœuvres militaires inopportunes du point de vue politique, et le Conseil fédéral ayant insisté pour qu’elles eussent lieu.
Cette version est, je le sais, absolument fausse. 11 ne conviendrait pas toutefois qu’elle pût trouver du crédit dans le public italien. Il est donc à souhaiter que dans la réponse qui sera faite à l’interpellation annoncée aux Chambres fédérales, la vérité soit nettement établie.
Vous savez combien l’opinion italienne est susceptible à l’égard de toutes les mesures militaires que nous prenons à sa frontière, et combien les éléments nationalistes sont toujours prêts à en tirer parti contre nous. Il est donc à désirer que quelque cours tactique soit prochainement dirigé sur un tout autre point de notre frontière, afin de pouvoir prouver à l’opinion italienne que nous poursuivons nos exercices militaires indifféremment sur tous les confins de notre territoire.
Si, pendant la guerre, nous avions fait creuser des fossés très ostensiblement sur notre frontière du Rhin, nous aurions évité certains reproches qui nous furent adressés dans les milieux alliés à l’occasion des travaux entrepris pour la défense de Berne dans la direction du Jura français. Ces reproches étaient, je le sais, parfaitement infondés, mais il n’en est pas moins résulté pour nous certains préjugés qui persistent dans l’opinion des alliés.
Je vous remets ci-inclus l’article de l'Idea Nazionale.4