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Lorsqu'une entreprise croît, non seulement son capital augmente, ainsi que les dividendes des actionnaires, mais aussi, et c'est le plus important, le nombre de ses employés. Pour qu'une firme se développe, il faut qu'elle embauche. Et la meilleure manière pour attirer des employés est de mettre une petite annonce dans les journaux où est expliqué en quelques lignes ce que l'on attend du futur collaborateur et les avantages qu'il en retirera. L'Église manque de prêtres, dit-on. Ne devrait-elle pas utiliser des moyens modernes pour trouver des ministres efficaces ? N'a-t-elle pas une image à redorer ? Pourquoi n'insiste-elle pas plus sur les avantages de l'état ecclésiastique plutôt que d'imposer des règles d'un autre temps ?
Mais l'Eglise, si elle est dans le monde, n'est pas du monde. Ici, pas besoin d'un manager arrogant, mais d'un bon pasteur qui s'occupe de ses brebis, jusqu'à mourir, et à mourir sur une croix : Jésus. Nous, nous sommes ses brebis qui écoutons sa voix, non celle des sirènes de ce monde, stridente et invulnérable, mais celle si douce et si précaire qu'elle n'éteint pas la mèche qui fume encore. L'annonce de la résurrection ne fut pas un spectacle fantastique, mais une humble flamme à l'ombre d'un tombeau. Elle, seule, a éclairé le cœur des disciples. Et tout illuminés, ils partirent annoncer dans le monde entier la bonne nouvelle, l'Évangile.
Le besoin concret et impérieux d'ouvrier pour la moisson n'est qu'une petite annonce du besoin humble et essentiel de conversion à l'Évangile, c'est-à-dire à l'annonce, la grande celle-là, de la Bonne Nouvelle du salut et de la communion avec le Père.