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Joe Biden s'est rendu, mardi, à Tulsa, dans l'Oklahoma, où près de 300 Noirs américains avaient été tués par une foule blanche il y a 100 ans.
«Ce n'était pas une émeute. C'était un massacre». Joe Biden est devenu, mardi 1er juin, le premier président en exercice à se rendre sur le site du massacre de centaines de Noirs américains par une foule blanche à Tulsa, en Oklahoma.
Il y a cent ans, l'un des pires chapitres de l'histoire de la violence raciale aux États-Unis.
«Les événements dont nous parlons se sont déroulés il y a 100 ans, et cependant, je suis le premier président en 100 ans à venir à Tulsa», a souligné le démocrate, disant vouloir «faire éclater la vérité». «Je suis venu ici pour aider à rompre le silence, a-t-il poursuivi. Car dans le silence, les blessures se creusent.»
Le massacre de Tulsa a «trop longtemps été oublié dans notre histoire. Aussitôt qu'il s'est produit, il y a eu un effort manifeste pour l'effacer de notre mémoire», a-t-il dénoncé en soulignant la présence dans le public, devant lui, de trois survivants centenaires de ce massacre : Viola Fletcher, Hughes Van Ellis et Lessie Benningfield Randle.
Désormais âgés de 101 à 107 ans, les rescapés ont demandé «justice» au Congrès américain et font partie des plaignants ayant déposé un recours en justice afin d'obtenir des mesures, dont un fonds de compensation des victimes.
À l'époque, les compagnies d'assurance n'avaient pas couvert les dommages et personne n'avait été inculpé pour ces attaques.
Mardi matin, l'administration Biden a annoncé des mesures d'aide économique à la population afro-américaine. Celles-ci sont censées faciliter notamment leur accession à la propriété ou la création d'entreprises, des points considérés cruciaux dans la communauté noire de Tulsa.
Lors de son allocution, le président américain a, par ailleurs, dénoncé les attaques «absolument sans précédent» contre le droit de vote des Afro-Américains par le biais de lois restreignant l'accès aux urnes dans certains États conservateurs.
«Ce droit sacré est attaqué avec une intensité que je n'ai jamais vue», a déclaré le démocrate, promettant de se «battre» pour qu'une loi électorale censée protéger l'accès aux urnes soit adoptée en juin par le Congrès. En parlant des discriminations dont souffrent encore les Afro-Américains aux États-Unis, il a souligné que le droit de vote, «le droit le plus fondamental», subissait «une attaque absolument sans précédent». (ga)