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Selon le BlackRock Investment Institute, les investisseurs doivent revoir leur stratégie d’allocation d’actifs autour de 3 principaux thèmes d’investissement.
Le choc lié à la crise sanitaire du coronavirus modifie fondamentalement le paysage de l'investissement. Selon le BlackRock Investment Institute, les investisseurs doivent revoir leur stratégie d’allocation d’actifs autour de 3 principaux thèmes d’investissement:
La pandémie et les mesures de confinement ont paralysé l'activité, provoquant ainsi un choc historique pour l'économie. La contraction à court terme est la pire depuis la Grande Dépression et bien plus profonde que la crise financière mondiale. Toutefois, le déficit cumulé du PIB causé par cette crise ne devrait être équivalent qu’à une fraction de celui créé par la crise financière, comme le montre l’analyse du BII. Selon le BII, alors qu’en 2008, la crise avait représenté une perte de 50% du PIB mondial de 2007, l'impact mondial lié à la pandémie serait de l'ordre de 10 à 15% du PIB de 2019, soit un choc quatre à cinq fois moindre que celui de 2008 si les confinements peuvent être levés après un trimestre.
Il est important de noter que la crise actuelle ne consiste pas en un ralentissement traditionnel ni une reprise du cycle économique classique. C’est pourquoi les marchés ont pu voir au-delà de la contraction sans précédent et ont commencé à se redresser bien avant tout signe de reprise de l'activité.
Les données du mois de mai suggèrent que le pire de la contraction se trouve sans doute derrière nous, mais la reprise économique devrait dans tous les cas être en dents de scie dans les mois à venir.
La nature de la reprise économique dépendra de la trajectoire de l'épidémie, de l'efficacité des mesures exceptionnelles mises en place par les autorités, et de l’évolution potentielle des comportements des consommateurs et des entreprises. La sortie de crise dépendra de la capacité d’atteindre un équilibre entre la relance économique et l'endiguement de l’épidémie.
A cet égard, il est intéressant d’observer la corrélation entre
- les mesures de confinement
- l’évolution de la mobilité/ déplacement des personne
- la reprise de l'activité progressive.
L’analyse du BII démontre que la mobilité des personnes est plus étroitement corrélée à l'activité économique qu'à la sévérité des mesures de confinement. Ce résultat suggère que les investisseurs doivent donc surveiller de près les données liées à la mobilité des personnes afin d’anticiper les impacts économiques.
Conséquences pour les marchés: BlackRock adopte une position modérément pro-risque, en surpondérant les obligations d’entreprises. Le BII surpondère les actions européennes, la région étant favorablement exposée à une hausse cyclique du redémarrage de l’activité, sur fond de mesures de santé publique solides et d'une réponse politique et budgétaire encourageante.
La réponse politique et budgétaire sans précédent générée par cette crise était nécessaire afin d’atténuer les effets dévastateurs et déflationnistes du choc pandémique. Toutefois, selon le BII, à moyen terme, le flou maintenant entretenu entre politiques monétaire et budgétaire pourrait faire grimper les risques d'inflation.
La Réserve fédérale américaine (Fed) a pris des mesures d’exception pour aider l'économie nationale à surmonter le choc du coronavirus et pour assurer le bon fonctionnement des marchés ; elle s’est cependant abstenue jusqu’à présent de s'engager à contrôler directement la courbe de rendement. Son bilan pourrait plus que doubler, et dépasser 10 000 Md USD d'ici la fin de l'année, afin de soutenir la relance budgétaire décidée en parallèle. Le Trésor américain a intégré un plan d'emprunt de 3 000 Md USD à son refinancement trimestriel, afin de disposer des fonds nécessaires pour cette même relance. La riposte enclenchée aux États-Unis pourrait toutefois s’essouffler. Un nouveau cycle de relance budgétaire paraît aujourd’hui difficilement envisageable car, après une courte période d’union nationale, le paysage politique américain s’est à nouveau polarisé.
A contrario, le BII est confiant dans la réponse apportée par l'Europe. Leur analyse démontre que, conjuguée à un nouveau soutien monétaire, l’ampleur des mesures de relance décidées en Europe est largement suffisante pour compenser la perte de revenu globale au niveau de la zone euro.
Le risque demeure d’un insuccès relatif des mesures annoncées: il est essentiel que la coordination globale des politiques soit assortie de garde-fous adéquats, comme expliqué dans un précédent papier du BII intitulé «une révolution macroéconomique».
Conséquences pour les marchés: Le BII sous-pondère les emprunts d'État nominaux et privilégie les obligations indexées sur l'inflation sur un horizon stratégique. Sur une base tactique, BII favorise les obligations que soutiennent les achats des banques centrales, et estime que les actions américaines pourraient pâtir d’un essoufflement de la relance budgétaire.
La crise du COVID accélère les tendances structurelles de fond qui vont changer la nature de la diversification des portefeuilles. Les pays, les secteurs et les entreprises devraient redevenir des leviers de diversification dans un environnement toujours plus fragmenté, offrant ainsi une plus grande résilience face aux tendances de l'économie réelle.
La résilience des portefeuilles ne peut pas s’appuyer sur la seule diversification entre grandes classes d’actifs. Les investisseurs devraient envisager des sources de performance alternatives qui pourront assurer une bonne diversification, telles que les marchés privés.
Conséquences pour les marchés: Le BII privilégie les actifs durables, les marchés privés et une diversification axée sur les pays. Le BII accroit sa recommandation de surpondération au facteur qualité sur un horizon tactique, et favorise les actifs qui bénéficient des mesures de soutien qui ont été prises.