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Durant les années 1920, la stéréoscopie fut utilisée en France, comme outil d’enseignement visuel, aux côtés de la projection de diapositives et de films fixes. Cette technique, permettant une vision en trois dimensions, impliquait une observation individuelle par les élèves, créant ainsi un véritable enjeu pour l’organisation en salle de classe. Or, si les formes projetées de la photographie pédagogique ont été récemment étudiées, la place de la stéréoscopie dans le champ de l’enseignement a été peu analysée. L’auteur comble ce manque en examinant l’influence des pratiques pédagogiques anglo-saxonnes sur l’usage de la stéréoscopie en France en milieu scolaire, et en retraçant l’histoire du stéréoscope Educa et de ses usages durant l’entre-deux-guerres. Outil simple contenant plus de cinq cents vues stéréoscopiques et le dispositif permettant de les visualiser, le stéréoscope Educa fut produit en série pour investir les salles de classe.
Nicolas Le Guern est docteur en études visuelles. Il a consacré sa thèse à la stratégie de l’innovation chez Eastman Kodak au début du XXe siècle. Il est actuellement photographe scientifique au C2RMF et chargé de cours à l’université d’Évry. Il a récemment publié « European research in Kodak’s early years » (Transatlantic Cultures, 2023), «The long-term develop- ment of three-color Kodachrome» (Color Culture and Science Journal, 2022). Il travaille notamment sur l’histoire des supports et des procédés couleur, et sur la circulation des savoirs photographiques.
Mots clés : stéréoscopie, photographie pédagogique, enseignement visuel, collection, géographie, histoire des médias
Référence : Nicolas Le Guern, « La stéréoscopie dans les salles de classe. Le cas du stéréoscope Educa dans la France de l'entre-deux-guerres », Transbordeur. Photographie histoire société, no 8, 2024, pp. 168-181.