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Pour désigner les successeurs de l'advocatus primitif, on employait, dans nos contrées, d'autres appellations : parlier, emparlier, avant-parlier, plaideur, chevalier des lois, procureur et même... conteur !
Les anciens plaideurs neuchâtelois ne formaient point un barreau. Tout au contraire, un arrêt, du 28 novembre 1695, explique que la profession d'avocat n'est pas permise et que ceux qui entendent l'exercer ne sont que tolérés.
A l'origine, le Conseil d'Etat autorise « à porter la parole » qui bon lui semble. Les fonctions de parlier se confondirent avec celles de juge. Le parlier, choisi parmi les justiciers, était membre du tribunal et avait à statuer sur la cause. Ce fut l'intermédiaire obligatoire pour plaider devant les Cours de justice.
Le prince, comme ses vassaux ou sujets, était tenu de solliciter un parlier. !
M. Jean Béguelin, Dr en droit, avocat et ancien président du Tribunal du district du Locle, dans une étude rédigée pour l'Ordre des avocats, a fait remarquer que jadis, comme aujourd'hui, l'on établissait à l'intention de son adversaire, pour introduire procès, une pièce appelée demande et comportant conclusion de condamnation.
Me Béguelin insiste sur le fait que notre ancien parlier n'est avocat ni en titre, ni par la fonction. C'était une sorte de juge informateur chargé de transmettre en clair à ses collègues les arguments et sans doute, souvent, le charabia, ou le patois, du plaideur.
Si l'on s'éclaire au Coutumier d'Ostervald, il semble qu'il ne faille pas voir à l'origine des modernes fonctions de l'avocat, celles de nos primitifs parliers.
En effet, entre la partie même et le parlier juge-avocat dont il est question ci-dessus semblent s'être trémoussés dans la brume du lointain passé de vagues procureurs ou assistants, point membres du tribunal et paraissant être les véritables ancêtres spirituels de nos avocats.
En dépit d'un arrêt du 18 novembre 1754, aux termes duquel seuls les justiciers portaient la parole, il faut admettre que ces simples procureurs ou assistants avaient la faculté de plaider. Ils semblent même abuser à ce point de la parole dans les causes accessoriales, que cela provoque des frais excessifs aux parties : « Mes Seigneurs des Trois-Etats ordonnent et déclarent qu'à l'avenir, après que la procédure aura été lue et le grief de l'appelant, il ne sera permis aux avocats des parties de plaider que chacun une demi-heure, et que pour cet effet, il sera mis sur la table du secrétaire du Conseil d'Etat, un sablier pour régler et limiter le temps susdit, lequel passé, Mon Seigneur le Gouverneur est prié d'imposer silence aux avocats et de demander jugement à M.M. des Trois-Etats. »
On payait une taxe pour parler plus longtemps, ainsi que le relate le recueil des fameux Plaids de Mai. Mais, soit que la taxe ne fût point appliquée avec rigueur, soit que certains procureurs ou assistants offrissent des sommes alléchantes... pour plaider sans fin, de continuelles doléances étaient en tout cas enregistrées contre des flots d'harmonieuse éloquence.
(source: Patrie neuchâteloise, 3ème série, 1949, p.173ss)

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