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- Quelle population est touchée?
L'âge médian des personnes porteuses du virus varie entre 45 et 56 ans, selon les études. Neuf malades sur dix sont atteints d'une affection peu à modérément grave.
Les malades sévères sont plutôt des hommes de plus 65 ans, notamment atteints de maladies chroniques comme le diabète, de problèmes respiratoires ou de troubles cardiovasculaires.
Des études suggèrent que les enfants ont autant de risques d'être contaminés que les adultes mais que, dans la majorité des cas, ils n'ont que peu ou pas de symptômes.
Dans le monde, le nombre de cas dépasse désormais les 117'000, avec plus de 4200 décès. En Suisse, ce sont trois décès pour plus de 500 cas qui ont été répertoriés.
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- Est-on contagieux pendant la période d'incubation?
La période d’incubation est le temps qui s’écoule entre l’infection et l’apparition des symptômes de la maladie. Dans le cas de Covid-19, sa durée médiane est de 4 à 5 jours. Plus de neuf patients sur dix développent des symptômes dans les 14 jours.
Contrairement au virus de la grippe, que l'on peut transmettre un à deux jours avant l'arrivée des symptômes, la grande majorité des contagions de Covid-19 ont lieu lorsque le malade a des symptômes. D'où l'importance des mesures d'isolement dès l'arrivée des symptômes.
Il existe aussi des cas de contagions par des personnes infectées mais n'ayant pas développé de symptômes. C'est le cas d'enfants touchés par le coronavirus. Ces porteurs asymptomatiques pourraient être contagieux pendant au moins trois semaines, notamment au sein d'une même famille, selon unerécente.
La maladie dure en moyenne 32 jours chez les adultes et moins chez les plus jeunes, selon cette même étude.
- Combien de temps le virus survit-il en dehors du corps?
Le virus n'est pas aéroporté, c'est-à-dire qu'il ne se promène pas dans l'air sur de longues distances. Il est transmis via des gouttelettes projetées par la bouche et le nez lorsqu'on parle, tousse ou éternue. Les scientifiques affirment généralement qu'il survit d'une heure à plusieurs jours sur une surface contaminée, selon le type de revêtement, la température et l'humidité.
Lesrecommandent par exemple d'attendre 24 heures avant d'entreprendre le nettoyage du poste de travail d'une personne malade.
- Comment le virus rentre-t-il dans notre corps?
ont récemment déterminé la structure moléculaire du virus et celle de sa cible cellulaire grâce à la cryo-miscroscopie électronique, une technique développée par le Prix Nobel de chimie 2017 Jacques Dubochet.
Pour pénétrer dans notre organisme, le virus passe par le récepteur d'une hormone, l'angiotensine, présent à la surface des cellules humaines, notamment dans les poumons. Si l'on considère que ce récepteur est la serrure qui permet d'entrer dans la cellule, le virus en est la clé. Cette découverte est importante pour la recherche d'un traitement.
>> Voir le sujet du 19h30 sur les travaux de Jacques Dubochet:
- Est-ce que le virus mute?
Des chercheurs chinois ont récemment indiqué dans une publication avoir trouvé 99,9% de similitudes entre les souches de coronavirus isolées chez des patients en Chine, entre décembre 2019 et février 2020. Ce résultat suggère que le virus mute lentement, moins vite que la grippe par exemple.
- Pourquoi le taux de mortalité diffère-t-il beaucoup d'un pays à l'autre?
Mardi à 16h,de Washington comptabilisait deux décès en Allemagne sur 1281 cas diagnostiqués, soit un taux de mortalité de 0,2%. En Italie, ce même taux atteignait 5%, avec 463 morts sur un total de 9172 cas.
Il n'y a a priori pas plus de personnes vulnérables en Italie qu'en Allemagne. Le système de santé italien, déjà sous pression, a été surpris par l'évolution rapide de l'épidémie. Le nombre de décès plus élevé est à mettre en lien avec la prise en charge ralentie des malades. Il est aussi à noter que les politiques de dépistage varient entre les pays et influencent les données.
La qualité du système de soins est cruciale pour le traitement rapide des cas graves (infections, infarctus ou encore insuffisances respiratoires). D'où la mise en place de mesures draconiennes comme l'isolement et la surveillance des cas pour ralentir l'épidémie et donner aux infrastructures hospitalières la capacité de réagir.
- Le virus survivra-t-il à la hausse des températures ce printemps?
Il est impossible de répondre à cette question à l'heure actuelle mais les experts espèrent que ce ne sera pas le cas. Un faible nombre de nouveaux cas est observé en Afrique, en Amérique du Sud ou en Australie. Toutefois, aucun lien n'a été établi avec les températures ou la saison.
Dans le cas du virus de la grippe, la maladie connaît une évolution saisonnière avec un pic dans l'hémisphère nord en hiver et un autre dans l'hémisphère sud en été.
- Peut-on attraper le virus une deuxième fois?
Non. Après avoir été exposé une fois au virus, notre système immunitaire crée un réservoir d'anticorps capable de reconnaître une nouvelle attaque et de lutter contre la maladie. Comme dans le cas d'une vaccination, on est immunisé.
Les scientifiques seront bientôt capables de mesurer combien d'individus ont réellement été infectés grâce à des tests sérologiques. Actuellement en cours de développement, par exemple à Genève, ils mesureront la présence de ces anticorps dans le sang.
- Quand trouvera-t-on un traitement ou un vaccin?
Près de 80 essais cliniques sont actuellement réalisés en Chine. On y teste des traitements comme le Remdesevir, un antiviral utilisé contre Ebola, qui bloque la réplication du virus. Les premiers résultats sont attendus pour avril mais la diminution des nouveaux cas chinois pourrait rendre le recrutement de patients plus difficile et ralentir les tests.
Parallèlement, des équipes de recherche du monde entier ont annoncé leur intention de développer un vaccin contre Covid-19. Selon la plupart des spécialistes, il faudra attendre entre 12 et 18 mois avant qu'il soit disponible.
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Aurélie Coulon, collaboration Kevin Gertsch