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Coach aux Pays-Bas, entraîneur d'Ajla Del Ponte et de Lea Sprunger, Laurent Meuwly a vécu une année faste. Il a notamment assisté à l'émergence de la Tessinoise et vu sa protégée Femke Bol obtenir la médaille de bronze du 400 m haies à Tokyo.
Si le Fribourgeois devait consacrer un budget pour se vendre auprès des athlètes, on peut être sûr que la somme serait de 0 franc. En 2021, les athlètes coachés par Laurent Meuwly ont été costauds. «Je reçois quinze demandes par semaine», glisse-t-il, un peu gêné. Sûr que la progression des Néerlandais n'est pas passée inaperçue. Mais le coach préfère la qualité à la quantité et il ne s'engage que s'il estime pouvoir travailler sur le long terme avec les athlètes.
Progression météorique
Même si Ajla Del Ponte a crevé l'écran cette année en s'emparant du record de Suisse du 100 m en 10''90 et en finissant 5e de la finale olympique, la progression météorique de Femke Bol sur 400 m haies a été plus impressionnante.
Y a-t-il une Femke Bol en devenir en Suisse? «La Suisse a eu d'excellents résultats chez les jeunes en M20 et M23. On a aussi vu ces médailles aux Mondiaux M20 et des athlètes qui pointent le bout de leur nez et commencent à se qualifier pour les JO. Il n'y a pas encore de médaille aux JO et je pense que c'est la prochaine étape.»
Un développement complet
Le Fribourgeois détaille un peu plus sa vision: «Cela ne demande pas seulement le bon entraînement ou la bonne technique, il faut développer l'athlète dans son ensemble, cela signifie également de voir son état d'esprit, son engagement et son travail dans les détails. Pour cela, il faut bien évidemment le bon programme, mais aussi l'athlète adéquat.»
Si Del Ponte n'a pas ramené de médaille du Japon, sa 5e place sur la discipline reine revêt une réelle importance parce que la concurrence sur la ligne droite est incroyable. «En voyant l'état du 100 m dames actuellement, on ne peut pas dire que notre prochain objectif c'est 10''85 par exemple», commente Laurent Meuwly.
«On en a discuté et maintenant on veut courir 10''60. C'est ce qui te fait gagner une médaille. Si tu fais 10''85, tu vas améliorer ton record personnel, mais tu vas rester 4e ou 5e. Il faut donc hausser le niveau. Et le seul moyen d'atteindre ses objectifs dans une discipline où la concurrence est si rude, c'est de ne pas se fixer de limite. Si tu te fixes de battre ton record de Suisse, tu seras loin des 10''50 ou des 10''60», explique-t-il encore.
Ne pas se blesser
Ces limites justement, où se situent-elles ? «Plusieurs fois dans ma carrière, j'ai dû remettre mes certitudes en question, poursuit-il. Pour donner un exemple, j'ai longtemps pensé que les 22''38 sur 200 m de Lea, pour une coureuse de 400 m, étaient irréalisables. Aujourd'hui, Ajla les a égalés sur son premier 200 m. Pareil pour son record du 100 m. Imaginer une Suissesse taper les 10''90, c'était audacieux. Et là elle a réussi. Du coup je ne fixerai pas de limites parce que tout s'améliore avec les nouvelles pointes et les pistes qui «rendent mieux». C'est difficile d'estimer du coup.»
Quand on lui demande ce qui permet de viser haut dans une carrière, le Fribourgeois répond du tac au tac: «Une des grandes clefs pour réussir, c'est de ne jamais être blessé. Mais la ligne est fine entre en faire assez ou en faire trop à l'entraînement. Et aujourd'hui on met l'accent sur la récupération. Le but, c'est de pousser les limites sans les franchir.»
ATS