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Le conseiller fédéral Didier Burkhalter a dit jeudi soir à Berne le "grand honneur" pour la Suisse d'accueillir Aung San Suu Kyi. Eprouvée, l'opposante birmane a dû renoncer au repas officiel prévu après avoir interrompu sa conférence de presse.
Le Prix Nobel de la Paix a de manière prémonitoire entamé son dialogue avec la presse en expliquant être un peu désorientée par ce voyage, où "tout va très vite" depuis qu'elle est arrivée en Suisse. Après avoir répondu à cinq questions, elle s'est ensuite éloignée du microphone et une de ses accompagnatrices est allée s'enquérir de son état, qui ne semblait pas très inquiétant.
Le porte-parole du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) Jean-Marc Crevoisier a évoqué le "jet-lag" pour expliquer le malaise qu'elle a subi. Il a indiqué à l'ats que le repas prévu jeudi soir à Berne en compagnie de la présidente de la Confédération Eveline Widmer-Schlumpf et les conseillers fédéraux Simonetta Sommaruga et Didier Burkhalter "a été annulé". Aung San Suu Kyi a tout de même pu assister à l'apéro offert pour sa venue.
"C'est un grand honneur pour notre pays" d'accueillir Aung San Suu Kyi", a déclaré le conseiller fédéral. Mais "le train des réformes en cours en Birmanie sera long", a-t-il néanmoins rappelé, citant son interlocutrice avec laquelle M. Burkhalter a eu un entretien personnel d'environ une heure jeudi en fin d'après-midi à Berne.
Ovationnée à Genève
Le chef de la diplomatie suisse a d'autre part annoncé l'ouverture prochaine, au début du mois de novembre, d'une ambassade de Suisse en Birmanie. Jusqu'ici, les intérêts helvétiques en Birmanie étaient représentés par l'ambassade de Suisse à Bangkok, en Thaïlande.
Dans le cadre des mesures liées au développement, pour lesquelles la Suisse s'est engagée avec une enveloppe de 25 millions par an sur quatre an, M. Burkhalter a cité "la construction d'écoles" et dans le domaine médical, "des mesures pour contrer la malaria".
Plus tôt dans la journée, Aung San Suu Kyi a été accueillie à l'ONU par une immense ovation des 4000 délégués réunis pour la conférence internationale du travail à Genève. Les représentants de 185 pays l'ont applaudie debout.
Aung San Suu Kyi a en outre lancé un appel aux investisseurs et à tous les gouvernements pour qu'ils soutiennent le développement économique de son pays, relevant néanmoins qu'une série de réformes sont encore nécessaires.
ATS