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Ces dernières années, les villes ont grandi de manière exponentielle. Une population de plus en plus importante est ainsi exposée à des menaces potentielles croissantes. La population des bidonvilles est particulièrement touchée. Les œuvres d’entraide comme Caritas doivent travailler à renforcer leur résilience.
Aujourd’hui, plus de 50 % de la population mondiale vit en ville, et la croissance urbaine ne cesse d’augmenter. L’Afrique et l’Asie connaissent la croissance la plus marquée, surtout en ce qui concerne les villes de moyenne importance et comptant moins d’un million d’habitants. Cette urbanisation engendre toute une série d’avantages et de possibilités économiques, sociales et écologiques et les villes jouent un rôle central dans le développement et la réduction de la pauvreté. Mais cette croissance rapide, lorsqu’elle n’est pas planifiée, représente aussi des risques non négligeables pour la population. Un développement durable n’est pas possible sans le développement conjoint des infrastructures et des normes juridiques. De plus, les villes sont souvent érigées dans des lieux vulnérables à des risques naturels, inondations, tsunamis ou tremblements de terre. Il en résulte un danger potentiel élevé : une catastrophe naturelle menace les infrastructures et les habitants. Dans les pays pauvres, cette croissance urbaine est synonyme de risque accru, et il faut repenser les stratégies et les approches.
Bangladesh : 50 pour cent des habitants des villes vivent dans des bidonvilles
Au Bangladesh, la migration des zones rurales vers les villes engendre une urbanisation effrénée. La plupart des migrants commencent par s‘installer dans les bidonvilles et beaucoup y restent toute leur vie. Les raisons de cette migration de la campagne vers la ville sont nombreuses : catastrophes naturelles, impossibilité de posséder son lopin de terre, problèmes familiaux, oppression, et bien sûr, la perspective de peut-être gagner mieux sa vie en ville. La population des bidonvilles du Bangladesh représente environ 50 % de la population urbaine du pays, qui était de quelque 53 millions d’habitants en 2014, dont un tiers pour la seule ville de Dhaka. Les zones de bidonvilles urbains du Bangladesh occupent des emplacements exposés à des risques plus élevés et ils sont très vulnérables aux menaces comme les inondations, les tempêtes, les incendies ou les tremblements de terre. L’absence d’installations sanitaires, d’eau potable et de traitement des déchets vient augmenter ces risques. La surpopulation représente un risque sanitaire majeur. Les loyers sont volatiles et incertains, et la population de ces quartiers n’a souvent pas droit aux prestations que la ville offre par ailleurs, par exemple l’électricité ou l’accès aux soins. Et le bas niveau de formation et de salaires dans les secteurs informels ne permet pas d’avoir de bonnes perspectives économiques.
Complexité des défis en matière de réduction des risques
L’exemple le montre : dans les villes, la réduction des risques passe par toute une série de défis qui découlent de la concentration de facteurs naturels et construits, socioéconomiques et législatifs. Plus la densification des constructions et donc de la population est importante, plus le risque est grand qu’un événement engendre un effet domino et un enchaînement d’événements plus graves. Caritas Suisse accorde une importance particulière aux zones de bidonvilles des pays pauvres, chroniquement sous-alimentées en électricité et en eau potable. Le renforcement de l’administration locale et la promotion d’une reconnaissance officielle des zones d’habitation informelles sont des stratégies qui permettent aux populations concernées de mieux résister aux risques potentiels. Au Bangladesh, Caritas Suisse travaille avec des partenaires locaux, dans le but d’augmenter la résilience de la population pauvre dans les bidonvilles de Dhaka et de Khulna vis-à-vis des dangers naturels et du changement climatique, afin de favoriser, dans la population et les autorités des bidonvilles, la capacité de s’attaquer aux causes et aux effets des danger naturels et d’améliorer l’accès aux infrastructures, aux services et aux possibilités de revenus.