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Par Yves Mamou
Publié le 15 décembre 2005 à 14h49 - Mis à jour le 19 janvier 2007 à 09h21
A partir d'un don initial de 750 millions de dollars, vite augmenté à 1 milliard, la fondation Gates a redynamisé la politique de vaccinations. Gouvernements, organisations internationales, ONG... siègent au GAVI et ont accepté de remettre au pot dans le but d'enrayer le déclin des grandes campagnes de vaccination des années 1980-1990.
Entre 2000 et mars 2005, le GAVI et le Vaccine Fund ont rassemblé 1,3 milliard de dollars. La fondation Gates a promis un autre chèque de 750 millions de dollars pendant que les mêmes ont promis d'unir leurs efforts une seconde fois pour rassembler 570 millions de dollars. Soit une somme globale de 2, 5 milliards de dollars qui devait être progressivement rassemblée entre 2000 et 2010.
Le GAVI a financé la distribution de 1,2 milliard de seringues autobloquantes — pour éviter leur réutilisation — ou bien donné 20 dollars pour chaque enfant qu'un gouvernement d'Afrique, d'Asie ou d'Amérique latine s'engage à vacciner : 10 dollars d'avance, le reste étant distribué après qu'un audit indépendant a attesté de la réalité de la vaccination.
Autre technique : un pays qui prouve un taux de couverture vaccinale d'au moins 50 % peut bénéficier de subventions qui viendront financer l'introduction de nouveaux vaccins.
Le GAVI a également élargi la palette des vaccins et permis d'engager des programmes sur des produits sous-utilisés contre l'hépatite B, les maladies respiratoires, la méningite et la fièvre jaune. GAVI ou pas, les deux études montrent que le système de financement actuel arrive à bout de souffle. "La santé des enfants sur l'ensemble de la planète oblige à trouver d'autres solutions", conclut M. Peny. Il serait vain d'attendre de la philanthropie de quelques milliardaires l'éradication d'une demi-douzaine de maladies mortelles ou invalidantes.
Actuellement un tiers des coûts de vaccination sont pris en charge par les gouvernements des pays pauvres. Il est logique que les pays riches leur demandent de maintenir cet effort, et même de l'accroître lorsqu'ils le peuvent. Mais il est aussi de l'intérêt des pays riches de continuer d'investir dans la santé des populations démunies. Ne serait-ce que parce que les courants migratoires des pays pauvres vers les pays riches atteignent une telle ampleur aujourd'hui qu'ils peuvent réactiver en Europe et aux Etats Unis des maladies que l'on croyait depuis longtemps disparues