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Arrivé très jeune en France, Tedi Papavrami découvre un pays et une culture qui lui sont totalement étrangers. Sa curiosité naturelle et son besoin d'apprivoiser la langue française pour pouvoir faire de ce pays le sien, une grande solitude aussi au départ, le pousse à dévorer les livres, toujours en français : Stendhal, Proust, Flaubert, Dostoïevski, Tchekhov, Kafka... Une curiosité dépassant les frontières, alliée à des exigences intellectuelles et artistiques, lui permettant de franchir la distance entre son domaine d'origine et d'autres horizons, singularisent cet interprète rare dans le monde musical.
C'est donc tout naturellement qu'en 2000, après la disparition du traducteur albanais J. Vrioni, il reprend le flambeau de la traduction de l'œuvre d'Ismaïl Kadaré, qu'il avait connu enfant, en Albanie. Cette échappée dans le monde littéraire devient aussi pour lui un moyen "d'exister professionnellement pour la première fois en dehors du violon". En 2013 elle se poursuit à travers l’écriture de «Fugue pour Violon Seul» aux éditions Robert Laffont. Unanimement salué par la presse, ce récit autobiographique, raconte son parcours d'enfant prodige en Albanie et son passage à l'Ouest, vers la liberté.
Cette diversification n’aurait pourtant pas été possible sans une précocité et une concentration singulières sur le violon, dès ses jeunes années. L’instrument, qui depuis toujours a fait partie de sa vie, lui est transmis à l’âge de 5 ans par son père, brillant professeur, ayant une longue expérience pédagogique. Les progrès de Tedi sont rapides : trois ans plus tard il joue en concert, avec orchestre les Airs bohémiens de Sarasate. À onze ans, il interprète en public le Concerto n°1 de Paganini avec la redoutable cadence d’Emile Sauret.
En 1982 en Albanie, pays coupé du monde, il est remarqué par le flûtiste Alain Marion qui le fait inviter à Paris en qualité de boursier du gouvernement français. Il y devient l'élève de Pierre Amoyal au C.N.S.M de Paris pendant 4 années.
A la fin de son parcours d’étudiant, à l’âge de 15 ans, c’est seul que Tedi poursuit son développement musical et instrumental. Peu avant, avec ses parents, il fuit le régime communiste en vigueur en Albanie pour s’installer avec eux en France. Des sanctions très lourdes s’exercent en représailles sur le reste de la famille demeurée en Albanie, et ce, jusqu’à la chute du régime communiste en 1991.Tedi et ses parents quittent Paris, afin de ne pas se trouver à portée des fonctionnaires de l’ambassade d’Albanie à leur recherche et s’installent à proximité de Bordeaux.
A la faveur de plusieurs prix, T. Papavrami entame à partir des années 1990 une carrière de soliste et de musicien de chambre. Il a collaboré depuis en tant que soliste avec des chefs d’orchestre tels que K. Sanderling, A. Jordan, E. Krivine, M. Honeck, F.X. Roth, Th. Fischer, G. Varga, M. Aeschenbacher… En musique de chambre, Il est durant 9 ans membre du Quatuor Schumann, formation avec piano, et il se produit en concert ou au disque avec des partenaires tels que Philippe Bianconi, Gary Hoffman, Marc Coppey, Nelson Goerner, Martha Argerich, Maria Joao Pires, Viktoria Mullova, Paul Meyer ou Lawrence Power.
Désormais installé à Genève en Suisse, Tedi occupe un poste de professeur de violon à la H.E.M. Il joue sur un violon construit en 2022 à son attention par le luthier David Leonard Wiedmer.