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Abstract
Dans le Ménon, Platon met en scène son maître Socrate à qui Ménon demande si la vertu peut s’enseigner ou non. Seulement Socrate, dont la Pythie de Delphes a dit qu’il était le plus sage des hommes, prétend ne pas savoir ce qu’est la vertu. Dans ces conditions, argumente-t-il, il n'est possible de répondre à la question posée. Ménon qui prétend connaître la vertu échoue pourtant à dire adéquatement ce qu’elle est. Il est ainsi amené à prendre conscience qu’il ignore en fait ce qu’il croyait savoir. Mais comment vont-ils chercher et trouver cette vertu dont ils ne savent pratiquement rien ? Afin de répondre à ce paradoxe, Platon convoque sa théorie de la réminiscence qui fonde la possibilité du progrès de la connaissance sur un processus analogue au souvenir. Socrate l’exemplifie alors sur un jeune homme à qui, par le truchement de questions, il fait découvrir une vérité géométrique. Cette recherche s’interroge sur les relations que la connaissance, la compréhension et la prise de conscience entretiennent dans ce contexte. Plus précisément elle en décrit les conditions de possibilité. Elle met ainsi à jour une théorie de la connaissance implicite dans le texte de Platon, dont la parenté avec les sciences mathématiques qu’il affectionnait est conjecturée et défendue. Ce faisant elle montre que la compréhension, cette faculté que possède l’intelligence de lier entre elles les connaissances, ne peut être transmise, mais seulement éveillée par le dialogue. Dans ces conditions, le rôle de l’enseignement y est analysé à la lumière de ses dimensions socratiques et platoniciennes qu’elle aura préalablement distinguées. Elle se conclut par leur confrontation aux théories pédagogiques constructivistes dont elle montre la proximité des moyens et des fins.