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A la phase aiguë d’un accident vasculaire cérébral (AVC), le contrôle de la température, de la glycémie et la détection des troubles de la déglutition sont associés à une amélioration du pronostic, raison pour laquelle ces mesures sont recommandées. Si l’impact de chacune de ces interventions prises isolément est bien documenté, leur effet combiné est moins bien décrit. Cette étude multicentrique australienne a analysé l’effet de l’implémentation systématique d’une approche combinant ces trois mesures chez 1696 patients admis pour un AVC aigu dans dix-neuf unités cérébrovasculaires. Afin d’éviter les effets de contamination et de garantir une analyse précise de l’effet de ces mesures, l’étude a été conçue pour randomiser les unités plutôt que les patients (cluster randomisation), dix unités mettant en place ces mesures, et neuf autres poursuivant une prise en charge usuelle. Après un suivi de trois mois, on observe une diminution significative de l’issue primaire combinée (mortalité et haut niveau de dépendance évalué par le score de Rankin modifié), avec un number needed to treat de six à sept patients. Les scores de qualité de vie n’étaient pas influencés, mais l’étude n’avait probablement pas une puissance suffisante pour démontrer de tels effets.
Commentaire : cette étude montre l’intérêt d’implémenter trois mesures simples pour améliorer le pronostic des patients présentant un AVC aigu. L’effet sur la distribution du score de Rankin modifié (qui est une mesure grossière du pronostic fonctionnel) dans ce collectif de patients est comparable dans son amplitude à celui observé avec la thrombolyse précoce. Bien que cette étude ait été réalisée dans des unités cérébrovasculaires, la simplicité des mesures proposées permet de penser qu’elles pourraient être implémentées facilement dans des unités moins spécialisées – unités de soins intensifs généraux ou unités intermédiaires – permettant d’offrir une prise en charge optimale également aux patients qui ne sont pas admis dans une unité cérébrovasculaire. Ces patients représentent probablement actuellement la majorité des patients en Suisse.