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SAirGroup affirme ne pas être intéressé par une alliance avec Malaysian Airlines. Pourtant, en l'espace de quelques mois, le groupe suisse est en train de procéder à son deuxième audit. C'est que l'enjeu est de taille.
Le gouvernement malais vient de racheter, pour 471 millions de dollars, 29 pour cent des actions détenues par Tajudin Ramli, le président de Malysian Airlines. Mais il veut maintenant les céder à SAirGroup ou à Quantas.
Mais le prix payé par le gouvernement malais est deux fois plus élevé que la valeur du marché. Selon le représentant à Singapour d'une grande banque d'affaires helvétique actionnaire de SAirGroup, les Suisses ne devraient pas toucher à Malaysian Airlines.
La compagnie aérienne malaise enregistre en effet des pertes colossales (2 milliards de dollars). Ses effectifs sont gonflés (16 000 employés). Et sa direction est sous l'influence du gouvernement malais.
Bref, SAirGroup ferait mieux de se rapprocher de son ancien partenaire Singapore Airlines ou alors de Cathay Pacific.
Peux-être bien. Mais la capitalisation boursière de Singapore Airlines est de 12 milliards de dollars. Soit dix-sept fois supérieure à celle de Malaysian Airlines.
Et le transporteur de Singapour - qui est désormais l'actionnaire majoritaire de Virgin Airlines - n'a aucune raison d'ouvrir son capital à un rival étranger, même suisse.
Il y a peu, «Business Times» de Singapour affirmait que SAirGroup ne lésinerait pas sur les moyens pour s'entendre avec Malaysian Airlines.
Car, précisait, le journal économique, le groupe suisse veut, à tout prix, s'implanter sur un continent dont le transport aérien connaîtra des taux de croissance parmi les plus forts du monde.
De surcroît, Malaysian Airlines est l'un des rares grands transporteurs asiatiques qui soit actuellement en quête d'un partenaire étranger. Sa jeune flotte - forte d'une centaine d'appareils - est équivalente à celle de Singapore Airlines.
De plus, le gouvernement malais préférerait traiter avec SAirGroup. Contrairement à l'Australien Quantas, le groupe suisse se contenterait en effet d'une participation minoritaire. Il serait même prêt, murmure-t-on, à renoncer à son droit de veto.
Georges Baumgartner, Tokyo