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Les conditions de détention d'"El Chapo" remises en question par Amnesty (archives)
KEYSTONE/EPA EFE/JOSE MENDEZ(sda-ats)
Amnesty International (AI) a fait une demande pour pouvoir s'entretenir avec le narcotrafiquant mexicain Joaquin Guzman dit "El Chapo". L'ONG s'inquiète de ses conditions de détention, "inutilement dures" à ses yeux.
Les avocats du suspect, actuellement en détention provisoire à Manhattan, ont déjà alerté le juge chargé de l'affaire sur cette situation caractérisée notamment par son placement à l'isolement 23 heures sur 24 heures la semaine et en continu le week-end.
Mais les services du procureur fédéral de Brooklyn ont balayé ces inquiétudes, citant l'un de ses avocats mexicains qui avait déclaré publiquement que le traitement carcéral d'El Chapo était "bien meilleur" aux Etats-Unis qu'au Mexique, où il avait été emprisonné avant son extradition vers les Etats-Unis le 19 janvier dernier.
Dans sa lettre au procureur datée de mardi, AI dit comprendre que les autorités soient "dans l'obligation" de prendre les mesures de sécurité adéquates, mais que celles imposées actuellement à Joaquin Guzman "semblent inutilement dures et contrevenir aux normes internationales pour le traitement humain" des prisonniers.
Privé de lumière naturelle
L'organisation, par la voix du directeur adjoint de la recherche d'AI USA, Justin Mazzola, évoque notamment des problèmes respiratoires et des maux de gorge, et le fait qu'il n'est jamais exposé à la lumière naturelle, selon la lettre consultée par l'AFP.
L'ONG assure aussi qu'El Chapo n'a pu ni appeler ni voir son épouse depuis son extradition. AI demande l'autorisation d'effectuer une visite de son lieu de détention pour observer ses conditions d'emprisonnement, ainsi qu'un entretien avec le prisonnier.
El Chapo est détenu dans un établissement fédéral de Manhattan, le Metropolitan Correctional Center, considéré comme l'un des plus sûrs des Etats-Unis.
Il est accusé d'avoir dirigé le cartel de Sinaloa, le plus puissant du Mexique, qui a acheminé aux Etats-Unis plusieurs milliers de tonnes de drogue colombienne sur une période de près de 25 ans. Les enquêteurs américains estiment à 14 milliards de dollars les revenus dégagés par ces activités.
ATS