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La recherche clinique est encadrée aujourd'hui par un corpus important de règles et usages destinés à limiter les risques de biais, d'expérimentations inutiles ou dangereuses, de conflits d'intérêt, de manipulations. Mais qu'en est-il des essais chez l'animal, qui précèdent toute expérimentation humaine ? A en croire un groupe de chercheurs britanniques, cette recherche serait d'une qualité méthodologique douteuse, au point de livrer des résultats mal corrélés avec les observations ultérieures chez l'homme (BMJ 2007;334;197).Le British Medical Journal n'a pas hésité à consacrer à cette étude sa couverture du 27 janvier 2007 et à titrer «Is animal testing worth it ?» (Les essais chez l'animal en valent-ils la peine ?). Avec ce titre provocateur et un éditorial engagé (BMJ 2007;334:163-4), la revue choisit d'amplifier l'interpellation des chercheurs, quitte à risquer la récupération par les militants opposés à toute recherche sur l'animal.Comment Pablo Perel et ses collègues ont-ils déclenché ce qui pourrait devenir une prise de conscience ? L'équipe, qui comprend deux chercheurs participant à des essais cliniques multicentriques de phases précoces, s'est simplement demandée si les résultats des essais menés chez l'animal sont bien corrélés aux observations ultérieures chez l'homme. Ils ont choisi arbitrairement six interventions qui ont un effet clair et reconnu chez l'homme (désirable ou indésirable), comme la thrombolyse dans l'AVC ischémique aigu ou les corticostéroïdes dans la prévention de la maladie des membranes hyalines. Pour chacune de ces interventions, ils ont procédé à une revue systématique des études menées au préalable chez l'animal.De cette exploration, les auteurs ramènent deux mauvaises nouvelles. La première, c'est que les résultats chez l'animal sont mal corrélés avec les observations ultérieures chez l'homme. L'autre mauvaise nouvelle, c'est que ces discordances peuvent s'expliquer, du moins en partie, par la mauvaise qualité méthodologique de beaucoup d'études chez l'animal. Les auteurs ont démontré l'existence de biais. Les essais ne sont pas enregistrés. La puissance statistique est trop rarement discutée.Les chercheurs posent également la question de la pertinence du modèle animal, non pour la recherche fondamentale, mais pour l'évaluation d'interventions cliniques. Une question probablement sans réponse unique, chaque modèle de maladie étant particulier. Ce que l'étude apporte avant tout, et ce que le BMJ veut favoriser, c'est un regard beaucoup plus critique sur la qualité des essais chez l'animal, en particulier lorsqu'ils ont une visée clinique.