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Montbenoît se visite sur la pointe des pieds: c'est un monument d'une très grande beauté, surtout dans le froid du mois de février. Une fois les lumières activées, par la personne de l'Office du tourisme, on se trouve "enfermé" dans un monde de réflexion, de méditation, de silence, mais où l'Accueil est très nettement perceptible. Nous avons éprouvé cette même sensation lors d'un passage, seul, dans le fameux Prieuré de Serrabone (massif du Canigou, Pyrénées-Orientales). Il est de ces moments privilégiés, dans l'existence, qu'il faut savoir s'aménager.
L'abbaye de Montbenoît a été fondée, vers 1150, par un ermite solitaire du nom de Benoît. Au 12ème siècle, le Sire de Joux possédait les terres de la région de Montbenoît: le val du Saugeais. C'est sous son impulsion que des moines arrivèrent pour défricher le lieu. Une abbaye fut fondée. A cette époque, l'abbé de Montbenoît était proclamé Maître du Saugeais, alors que le Sire de Joux était gardien et fondateur de l'abbaye. Les moines étaient des chanoines réguliers de Saint-Augustin. L'abbaye connut des périodes plus imposantes que d'autres. Au 15ème siècle, l'abbaye ne fut pas dirigée par une personne issue du clergé. Certains seigneurs abusèrent de leurs prérogatives pour profiter du travail des moines. L'église et les bâtiments conventuels, à l'origine d'architecture romane (début du 12ème s.), furent agrandis au 16ème siècle. Ceci nous vaut la belle perpective romane de la nef (arcs brisés) vers un choeur gothique flamboyant du 16ème siècle, illuminé de grandes verrières de la Renaissance. Le cloître, probablement de style roman au départ, a été voûté d'ogives au 15ème siècle. La salle capitulaire possède une voûte extraordinaire, d'une seule envolée, sans pilier central pour la soutenir. Mais le désordre dans cette abbaye s'amplifia, si bien qu'elle fut fermée en 1773. Elle fut laissée à l'abandon. Sous l'impulsion de l'Abbé Jeantet, entre 1964 - 1982, elle fut parfaitement restaurée. C'est actuellement, avec St. Ursanne en Suisse, l'un des très beaux monuments médiévaux au bord du Doubs, dans son parcours frontalier avec la Suisse. Le clocher de façade, néogothique, suite à un effondrement en 1903, est une reconstruction moderne. Le mobilier de l'église est précieux: la chaire est de style Louis XIV, les stalles très remarquables (en chêne) datent de 1527, il y a aussi des statues en bois polychromes représentant les Rois Mages (16ème s.).
Lien interne vers la Collégiale de St-Ursanne: cliquer ici s.v.pl.
Il y a un orgue en tribune, dont nous ne savons actuellement rien, personnellement. Il est d'ailleurs caché par les piliers de pierre de la tribune et placé là, comme en "punition". Sa façade est de style néogothique. Dans la chapelle faisant suite au bas-côté nord de l'église, on a placé un bel orgue positif de la manufacture d'orgues franc-comtoise de Courtefontaine (Jura): il s'agit donc d'un orgue de Bernard Aubertin, organier bien connu dans la région du Haut-Doubs. C'est aussi lui qui vient de réaliser le grand orgue de l'Île Saint-Louis à Paris (Saint-Louis-en-l'Île).
Composition de l'orgue positif de Montbenoît: un clavier, et un pédalier en tirasse permanente, avec les jeux suivants: Dessus de Cromorne, Plein-Jeu, Cornet 3r, Bourdon 8', Montre 2', Prestant, Flûte 4', Basse de Cromorne.
A consulter:
En guise de vignette agrandissable nous mettons une photo personnelle de l'orgue Aubertin de l'Abbaye de Montbenoît que nous avons photographié en février 2006. Cliquer sur l'image pour l'agrandir. Les autres clichés se trouvent dans la rubrique "photos" de la page attenante à cette rubrique de texte.