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Un ex-banquier privé à Genève est accusé par le Ministère public de la Confédération d’abus de confiance aggravé, de faux dans les titres et de blanchiment d’argent. Le Tribunal pénal fédéral devra le juger pour des faits qui portent sur plus de 14 millions de francs.
Le Ministère public de la Confédération (MPC) a indiqué mercredi avoir déposé un acte d’accusation auprès du Tribunal pénal fédéral au terme d’une procédure complexe avec des ramifications internationales. Il avait ouvert cette procédure pénale en juillet 2015, sur la base d’une communication de soupçons de blanchiment d’argent.
L’ancien gérant de fortune et membre du conseil d’administration d’une banque privée genevoise aurait conclu, au plus tard en 2008, un accord avec un client sur la gestion de ses avoirs, des montants substantiels placés auprès de la banque jusqu’en 2014. Le prévenu se serait fait passer pour l’ayant droit économique de ces fonds et aurait indûment disposé, entre 2009 et juillet 2015, de plus de 14 millions.
L’argent aurait financé le train de vie de sa famille et aurait été utilisé pour des investissements et des prêts au bénéfice du prévenu ou de proches. L’équivalent de plus de 7 millions de francs aurait été versé dans une entreprise en République dominicaine qui se trouvait en difficultés financières et dont il était actionnaire.
Extraits falsifiés
Toujours à l’insu de son client, à qui il fournissait des extraits de comptes bancaires falsifiés, le prévenu aurait alloué 500’000 francs à l’augmentation de capital de sa banque, qui était déficitaire depuis plusieurs années. Et alors que la procédure pénale était ouverte, il aurait tenté d’effectuer un apport en capital supplémentaire d’un demi à un million de francs.
Le MPC reproche encore à l’ancien gérant de fortune d’avoir rapatrié de République dominicaine sur trois comptes en Suisse des fonds provenant de l’abus de confiance afin de de financer son train de vie. Son épouse est, elle aussi, accusée de blanchiment d’argent pour avoir opéré des retraits en espèces alors qu’elle avait connaissance de la procédure à l’encontre de son mari.