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Un certain nombre d'états faisant partie des Etats-Unis maintient l'institution de la peine de mort malgré le fait qu'elle ne représente que «la barbarie d'exiger une revanche irréfléchie» terme employé par un juge de la cour suprême des Etats-Unis.1 Un condamné à mort peut se pourvoir en cassation ou en révision d'un jugement ou bien exiger un retardement de la date d'exécution fixée par un juge tout cela s'il a les moyens financiers ou des soutiens particuliers nécessaires pour saisir un avocat compétent pour sa défense. Comme ces démarches multiples prennent naturellement du temps, les condamnés passent habituellement des années dans les cellules spéciales des prisons réservées aux candidats à l'injection létale ou à une autre procédure mortelle. Les corridors de ces cellules (death row), occupées ou juste «vidées», représentent une accumulation d'horreur, à laquelle des condamné(e)s souvent ne résistent pas : leur psychisme maltraité se réfugie alors dans des psychoses ou névroses graves, souvent des schizophrénies. Leur état peut alors être et est en effet amélioré par un traitement médicamenteux. En 1990, la Cour suprême des Etats-Unis a même décidé qu'un tel traitement peut être administré de force à des prisonniers qui s'y opposent «si le prisonnier présente un danger pour lui-même ou d'autres personnes et si le traitement est dans l'intérêt médical du prisonnier».Or, la même Cour suprême avait décidé quatre ans plus tôt (1986) que les Etats n'ont pas le droit d'exécuter des malades mentaux, parce qu'une telle exécution constituerait une «punition cruelle et inhabituelle» interdite par le 8e amendement à la Constitution. Ces deux décisions peuvent s'avérer incompatibles
Un nommé C. L. Singleton avait été condamné à mort pour un meurtre (ou assassinat ?) en 1979. Après huit ans passés dans une cellule de la death row, ce prisonnier avait été atteint d'une schizophrénie aiguë caractérisée par des hallucinations effrayantes. Son état avait pu être amélioré par une médication appropriée qu'il avait d'abord acceptée, mais ensuite refusée. Il avait alors continué à être traité par les médicaments efficaces contre sa volonté, conformément à la décision de la Cour suprême de 1990.Tous les recours ayant échoué, une date pour son exécution avait été arrêtée, mais
le prisonnier souffrait à nouveau de symptômes hallucinatoires insupportables. Sachant que sa psychose aiguë le protégeait contre l'injection létale, il refusa alors le traitement médicamenteux proposé. Pour qu'il puisse être forcé à se faire traiter, il aurait fallu que le traitement soit dans l'intérêt du prisonnier. Bien que tel n'était évidemment pas le cas, un tribunal d'appel fédéral à St Louis décida en février 2003 que C. L. Singleton pouvait être traité de force, rien que pour pouvoir être exécuté 24 ans après avoir été condamné à mort.C'est un périodique médical1 qui révèle ces faits. Or, l'Association des médecins américains (American Medical Association) a décidé qu'«un médecin peut soigner un condamné, si : 1) la personne donne son consentement "éclairé", 2) le traitement médical envisagé a pour but de guérir ou de soulager le malade et 3) le traitement médical ne permettrait ou ne faciliterait pas l'exécution de la personne traitée.»Agir à l'encontre de ce principe même si un tribunal paraît l'avoir autorisé est inhumain, immoral et contraire aux principes acceptés par la profession médicale.Aucun médecin ne devrait accepter de jouer un tel rôle, mais malheureusement dans le passé, des médecins ont accepté de droguer des condamnés à mort essentiellement pour faciliter la tâche des bourreaux, mais peut-être en croyant soulager la victime. Agir ainsi est immoral et inhumain comme le sont des lois qui créent un tel dilemme pour un médecin.Bibliographie :1 Editorial. Execution : An unwanted side-effect. Lancet 2003 ; 361 : 621.