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Hong Kong désigne son conseil législatif réservé aux "patriotes"
Les Hongkongais ont commencé dimanche à désigner leurs représentants au conseil législatif de la ville, dont seule une minorité est élue au suffrage universel. En vertu de nouvelles règles imposées par Pékin, seuls les "patriotes" peuvent se présenter.
Chacun des 153 candidats a dû, pour être autorisé à briguer un siège, donner des gages de loyauté politique à l'égard de la Chine et de "patriotisme". De ce fait, les militants pro-démocratie ont été empêchés de se présenter ou y ont renoncé, lorsqu'ils ne sont pas en prison ou en fuite à l'étranger.
La plupart des candidats affichent un profil semblable. Sur les 90 sièges du conseil législatif ("LegCo"), seuls 20 sont à pourvoir au suffrage universel, moitié moins qu'auparavant, le reste étant désigné par divers comités et groupes d'intérêt acquis au régime chinois.
La seule vraie inconnue du scrutin sera donc le taux de participation, thermomètre de l'adhésion des Hongkongais au nouveau système électoral. Les nouvelles règles ont été imposées par Pékin dans le cadre de la reprise en main de Hong Kong après les gigantesques manifestations pro-démocratie de 2019.
Appels de l'exécutif à voter
Tous les Hongkongais en âge de voter, soit environ 4,5 millions de personnes sur une population totale de 7,5 millions, peuvent participer au scrutin. La cheffe de l'exécutif de Hong Kong, Carrie Lam, et ses ministres ont multiplié les appels à se rendre aux urnes.
Le gouvernement a publié des pages de publicité dans les journaux, distribué des tracts dans les boîtes aux lettres et envoyé massivement des SMS pour rappeler aux Hongkongais d'aller voter. Les transports publics sont gratuits durant la journée électorale.
Malgré ces efforts, les derniers sondages prédisent une participation de l'ordre de 48%, ce qui serait un chiffre historiquement bas.
Le "LegCo" est l'organisme chargé de voter les lois dans l'ancienne colonie britannique, dont le système légal reste distinct de celui de la Chine continentale.
Même si les figures acquises à Pékin se sont toujours vu accorder la majorité des sièges au Conseil, une minorité d'opposants y était jadis tolérée, ce qui en faisait un lieu de débats souvent très vifs. Les nouvelles règles imposées par Pékin ont mis un terme à cette tradition. Plus d'une dizaine d'élus lors du précédent scrutin en 2016 sont actuellement en prison et trois ont fui à l'étranger.
ats, afp