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Le National a refusé la proposition d’une députée socialiste argovienne qui voulait ainsi faire diminuer le nombre d’accidents sur la route.
Le National ne veut pas brider les véhicules pour les jeunes conducteurs. Il a rejeté par 105 voix conte 44 (et 17 abstentions) une motion de Gabriela Suter (PS/AG) qui voulait que Berne limite la puissance en chevaux pour les jeunes conducteurs.
Les rapports de police montrent que les jeunes roulent souvent à une vitesse beaucoup trop élevée et qu’ils sont statistiquement exposés à un risque bien plus élevé d’accident, a relevé la motionnaire en indiquant que la police argovienne soutenait son texte. Selon elle, le manque d’expérience, le goût du risque et la tendance à se surestimer chez les jeunes sont en cause.
Gabriela Suter a rappelé que dès que l’on passait son permis à 18 ans, on pouvait directement conduire un bolide. Or ceux-ci offrent une sensation de confort à la conduite qui incite les jeunes à prendre des risques, selon elle.
La même règle que pour les motards
Elle proposait donc que la Suisse introduise une règle pour limiter temporairement la puissance d’un véhicule, par exemple par une opération de plombage. «Les jeunes motards sont déjà soumis à une limitation de la puissance en chevaux, ils ne peuvent pas rouler directement sur un engin puissant au début. On pourrait faire pareil pour les jeunes automobilistes», a-t-elle proposé.
Et de rappeler que des pays tels que l’Italie ou la Croatie ont instauré depuis longtemps des limitations de la puissance en chevaux pour les nouveaux conducteurs. Ainsi, en Italie, ils ne peuvent conduire que des voitures limitées à 55 kW (75 chevaux), au cours de la première année.
Les jeunes statistiquement pas en cause
Sa proposition était également rejetée par le Conseil fédéral. Simonetta Sommaruga a reconnu que les accidents impliquant des jeunes conducteurs étaient préoccupants. Mais la puissance des moteurs ne joue pratiquement aucun rôle, a-t-elle indiqué. «Depuis 2019, il y a eu 1462 accidents de la route avec des morts ou des blessés graves. Seuls 4% ont été causés par des jeunes conducteurs roulant sur des bolides de plus de 145 chevaux (la puissance médiane des voitures en Suisse)», a-t-elle relevé.
En outre, la mise en œuvre d’une telle limitation serait compliquée, selon la ministre. «Où fixer la limite des chevaux? Et comment faire pour les jeunes conducteurs qui n’ont pas de voiture et qui empruntent celle de leurs parents qui par malheur serait trop puissante?» a-t-elle interrogé. Sans parler des jeunes qui sont parfois amenés à conduire le véhicule de l’entreprise peut-être trop puissant lui aussi. En outre, a-t-elle conclu, si la Suisse adaptait la législation italienne, les jeunes ne pourraient plus conduire 96% des voitures immatriculées dans notre pays.