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Avis de la Fnac
La Rue Rouge - Edition Collector
Christopher Cross (Edward G. Robinson), respectable caissier et peintre amateur mal marié à une femme revêche, tombe sous le charme d'une jeune femme de mauvaise vie (Joan Bennett) et se fait manipuler par elle et son amant (Dan Duryea), un escroc sans scrupule. En 1945, Fritz Lang vit en exil aux Etats-Unis depuis bientôt dix ans. Il signe alors quelques-uns de ses plus beaux films noirs dont La femme au portrait, Le secret derrière la porte, House By The River ou La rue rouge, remake du fameux La Chienne de Jean Renoir, adapté du roman de Georges de La Fouchardière. Lang reprend ici le trio de comédiens de La femme au portrait (Edward G. Robinson, Joan Bennett, spécialisée dans les rôles de femmes fatales et Dan Duryea) pour explorer une fois encore ses thèmes de prédilection : la destinée et la fatalité. La descente aux enfers de Christopher Cross, irrémédiablement pris dans la spirale de l'échec, est teintée d'une ironie tragique. Film sur le mensonge, la culpabilité et l'aliénation, La rue rouge pose aussi la question du statut de l'artiste, et de son rapport avec le réel. Intensément pessimiste (bien plus que la version de Renoir), cette comédie noire extrêmement stylisée a des relents d'expressionnisme (jeux d'ombres, composition architecturale des plans et cadrages). Le caractère osé du film (allusion à la prostitution, scènes déshabillées, postures lascives.) fit à l'époque trembler les ligues de vertu, mais en vain, et le mini-scandale occasionné profita plutôt à la carrière de Lang.
Interactivité : 4/5
Le film est enrichi d'une excellente analyse de 20 minutes du maître de conférences Serge Chauvin, qui compare notamment avec pertinence le film de Lang et celui de Renoir et rapporte que les deux cinéastes ne nourrissaient pas l'un pour l'autre la même admiration. Un petit chapitre sur la restauration (avant-après) permet de vérifier à quel point cette édition bénéficie d'un travail soigné (Le son et l'image ont été restaurés en haute définition à partir d'un élément en nitrate conservé à la bibliothèque du Congrès américain). On peut en avoir la preuve en visionnant la bande-annonce française d'époque, en très mauvais état.
Image : 5/5
Une définition impeccable, sans défaut de compression, ni rayures.
Son : 4/5
Le film est présenté en version originale sous-titrée, en mono clair très convenable.
A noter que Les bourreaux meurent aussi, autre chef-d'ouvre de Fritz Lang, est disponible chez le même éditeur en version idéalement restaurée.