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L'enseignement du français à l'école primaire n'est pas encore mort en Thurgovie. Le gouvernement du canton renvoie la décision sur sa suppression au Grand Conseil. Le sujet contesté sera détaché de la mise en oeuvre du plan d'enseignement scolaire alémanique.
Mise en consultation au printemps dernier, la version thurgovienne du plan d'études "Lehrplan 21" prévoyait de déplacer le début de l'enseignement du français du primaire au secondaire. Elle prévoyait aussi d'intensifier cet enseignement pour compenser sa suppression à l'école primaire. Cette solution a été critiquée en raison d'un risque de surcharge à l'école secondaire.
Autre obstacle, le Conseil fédéral a réagi en juillet aux velléités de plusieurs cantons alémaniques de supprimer le français au primaire. Il propose une modification de la loi fédérale sur les langues pour assurer l'enseignement d'une deuxième langue nationale à l'école primaire. Il s'appuie sur l'article constitutionnel sur l'harmonisation scolaire, approuvé par le peuple en 2006.
Une loi pour assurer les arrières
Corollaire, le gouvernement thurgovien renonce pour l'instant à intégrer la suppression du français au primaire dans son nouveau plan d'enseignement scolaire. Pour assurer ses arrières sur le plan légal, il va élaborer une modification de la loi scolaire d'ici à la fin septembre.
"Nous avons besoin d'une garantie juridique sur la question des langues", a déclaré jeudi aux médias la ministre thurgovienne de l'éducation Monika Knill (UDC). Une initiative parlementaire du PBD réclame, elle aussi, une solution sur ce dossier par voie légale afin d'éviter tout recours juridique au Tribunal fédéral.
Entrée en force retardée?
Monika Knill n'a pas caché le souhait persistant de l'exécutif de voir l'enseignement du français disparaître "progressivement" de l'école primaire à partir de la rentrée 2017. Le Parlement devrait se prononcer au printemps prochain.
En cas d'adoption de la modification de loi, un référendum n'est pas exclu. D'ici à l'entrée en force d'une suppression du français à l'école primaire, le statu quo sera maintenu, a précisé la ministre. Même si le Grand Conseil, voire les citoyens approuvent la suppression du français précoce dès la 5e année primaire, son entrée en force pourrait donc être renvoyée à plus tard.
Une motion approuvée en 2014 par le Parlement thurgovien est à l'origine de la polémique. Le texte exigeait que le plan alémanique d'études scolaire soit allégé en supprimant l'enseignement du français à l'école primaire.