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F-5 E/F « TIGER » II [7]
En 1972, une version plus puissante et fortement améliorée voit le jour, le F-5 E Tiger II. Ce nouveau modèle est construit à 1300 exemplaires et vendu à une vingtaine de nations, dont la Suisse.
Dans le courant de la première moitié des années 1970, suite au déclassement des chasseurs Hunter et à leur reconversion en avions d’attaque au sol, la Suisse décide l’acquisition d’un nouveau chasseur de couverture aérienne. On est en pleine guerre froide et la menace d’une invasion soviétique et d’un conflit généralisé en Europe est alors prise très au sérieux. Le choix se porte sur le Northrop F-5 E/F Tiger II, une version améliorée et optimisée du célèbre chasseur tactique américain qui a fait ses preuves face aux Mig durant la guerre du Vietnam. Le « Tiger II » a un prestigieux passé. Le prototype de son prédécesseur, le F-5A vola pour la première fois en juillet 1959. Il sortait des usines californiennes de Northrop sous le nom de « Freedom Fighter ». Mais c’est au Vietnam, lorsqu’il est engagé dans les années 1960-1970, qu’il acquiert son nom de « Tiger », par analogie avec le redoutable roi de la jungle.
En 1976, Le parlement suisse acquiert une première tranche de 72 appareils (66 monoplaces F-5 E et 6 biplaces F-5 F pour l’entraînement). En 1978, les pilotes et mécaniciens suisses sont instruits sur une base de l’Arizona. Les premiers appareils sont livrés à la troupe la même année. Les avions sont fabriqués aux Etats-Unis mais le montage final a lieu sous licence en Suisse, dans les ateliers d’aviation fédéraux d’Emmen. En 1981, une seconde tranche de 38 appareils est commandée (32 monoplaces et 6 biplaces), portant ainsi à 110 le nombre de Tiger II affectés à la couverture aérienne. Les derniers F-5 entrent en service en 1985.
En cas d’agression, la mission des « Tigre » suisses consistait à protéger les forces de riposte helvétiques contre les chasseurs-bombardiers et les avions de reconnaissance ennemis, et à combattre l’exploration aérienne et l’attaque aérienne de l’adversaire (particulièrement dans la phase de mobilisation et de mise en place de l’armée suisse). Le rôle des F-5 était, avant tout, de protéger en vol nos propres avions d’attaque au sol ainsi que les formations blindées helvétiques destinées à contrer l’adversaire sur l’axe d’effort principal (Plateau suisse). Son domaine d’intervention se situait dans la tranche d’altitude comprise entre 3000 et 10 000 mètres, laissant les missions d’interception et de supériorité aérienne à haute altitude aux puissants Mirage III (puis au F/A-18). Il s’agissait donc bien d’un chasseur tactique chargé d’assurer la couverture aérienne dans la zone des combats. Pour remplir cette mission, sa vitesse de pointe de 1700 km/h était plus que suffisante.
Avec son fuselage effilé en taille de guêpe, ses petites ailes et son nez très pointu, le F-5 a un air particulièrement « hostile » que ne démentent ni ses performances, ni sa réputation. Ce félin, facile à piloter, savait se montrer doux et faire patte de velours, mais en condition de combat, il pouvait se montrer terriblement agressif et dangereux, même pour des chasseurs plus puissants censés le surclasser. Sa petite taille et sa maniabilité en faisaient une cible difficile à repérer et à accrocher, et un adversaire particulièrement redoutable en combat rapproché. Le point fort du « Tiger II » était le combat tournoyant, le « dog fight », une forme de duel aérien où il excellait et qui ne nécessite nullement des vitesses supersoniques. A la différence de ce qui se passe avec les intercepteurs à très haute performances, comme le Mirage III-S, on a affaire ici à un combat pilote contre pilote, avion contre avion ; une forme d’affrontement direct où le « Tigre » pouvait exploiter à fond son extraordinaire maniabilité et l’incroyable pouvoir d’accélération que lui conféraient ses deux puissants moteurs.
Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si les Etats-Unis ont racheté à la Suisse, au début du 21e siècle, une série de F-5E d’occasion pour jouer les agresseurs et les « méchants » Mig dans le cadre des stages de formation « TOP GUN », où ils affrontent les pilotes chevronnés de l’US Air Force et de l’US Navy. Etonnamment, les vieux « Tiger » sortent souvent vainqueurs des duels aériens les opposants aux puissants F-14, F-15 ou F/A-18 bourrés d’électroniques, preuve de l’excellence de la conception du F-5. Comme l’a dit un pilote suisse : « Avec le Tiger II, gagner au combat, c’est virer très sec pour pouvoir se placer dans la queue de l’adversaire et lui coller aux fesses sans plus le lâcher. Une tâche dans lequel le F-5 excelle. Les 2 canons de 20 mm et les 2 missiles air-air à guidage infrarouge AIM-9P Sidewinder font le reste… »
Entre 2005 à 2008, 12 Tiger II des Forces Aériennes Suisses ont également été loués par l'Autriche pour assurer temporairement la police du ciel au-dessus de ce pays, suite à la décision des Autrichiens de se séparer de leurs derniers chasseurs Saab. Durant ce laps de temps, c’est donc des Tigers Suisses qui ont assuré la couverture aérienne de son voisin de l’UE, en attendant l’entrée en service des nouveaux chasseurs Eurofighter achetés par l’Autriche.
Malgré ses nombreuses qualités, le F-5 est aujourd’hui un chasseur vieillissant et dépassé, qui ne correspond plus aux critères d’intervention et d’efficacité du 21e siècle. Ses performances limitées en matière de vol de nuit et de vol tous temps sont devenues incompatibles avec les exigences que l’on attend aujourd’hui d’un chasseur de couverture moderne, ce qui le cantonne de plus en plus à des missions de simple police aérienne. En outre, l’âge conséquent des machines et la fatigue structurelle des avions exige un entretien de plus en plus coûteux. Bref, le F-5, dont la conception de base remonte à la fin des années 1950, a fait son temps ! En 2008, la Suisse a donc lancé un programme d’évaluation pour lui trouver un successeur. Après le retrait de la course de Boeing et de son F/A 18 E-F au printemps 2008, il ne reste désormais plus que trois candidats en lice : le « Rafale » français de Dassault-Aviation, le Saab « Grippen » suédois, et l’ « Eurofighter » du consortium européen EADS. Le choix définitif devrait normalement tomber dans le courant de l’été 2009.
Quant aux F-5 Tiger II helvétiques, sur les 110 appareils acquis à l’origine, environ la moitié a déjà été mise à la casse ou vendue à l’étranger, sans compter les appareils victimes d’accidents. Au début 2009, 54 « Tiger II » volent encore au sein des Forces aériennes suisses aux côtés des F/A 18 « Hornet », dont 12 biplaces. Ces derniers F-5 devraient être retirés du service actif dans le courant de l’année 2010.
Données techniques
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