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Baya (Fatma Haddad)
sans titre
Baya, sans titre, 1950, mine de plomb et gouache sur papier, 107 x 75 cm, photo : Kevin Seisdedos, Atelier de numérisation – Ville de Lausanne, Collection de l’Art Brut, Lausanne
Auteurs
Baya (Fatma Haddad),
(1931–1998), Algérie
Biographie audio
Biographie
D’origine kabyle et arabe, Baya, de son nom Fatma Haddad (1931-1998), est née à Bordj-el-Kiffane, alors Fort-de l’Eau, une commune rurale dans les environs d’Alger. Orpheline de père à l’âge de cinq ans, elle perd sa mère peu après et elle est élevée par sa grand-mère paternelle. Baya n’est pas scolarisée – elle n’apprend pas à lire et écrire – et accompagne sa grand-mère qui travaille dans la ferme de colons français.
En 1943, la sœur de la propriétaire de la ferme, Marguerite Caminat, emmène Baya chez elle, à Alger, et l’emploie pour des travaux ménagers.
Elle remarque que Baya se met à modeler de l’argile qu’elle trouve à la maison et lui fournit dès lors du papier à dessin, des gouaches et de la pâte à modeler. Baya réalise des compositions d’une étonnante maturité pour son âge, où des personnages féminins s’entremêlent à des oiseaux et des plantes exotiques. Le galeriste Aimé Maeght découvre ses œuvres lors d’un voyage à Alger et les expose à Paris en 1947. André Breton préface le catalogue de l’exposition qui est un grand succès. D’autres expositions lui sont consacrées par la suite, essentiellement en France et en Algérie. En 1948, elle a également l’occasion de réaliser des poteries dans le même atelier que Picasso, à Vallauris, dans les Alpes-Maritimes, où elle passe l’été avec Marguerite Caminat. Celle-ci la présente aussi à d’autres artistes, dont Georges Braque, et lui fait découvrir les musées parisiens.
En 1953, son tuteur algérien arrange son mariage avec un musicien de trente ans son aîné, établi à Blida ; pendant dix ans, Baya se consacre à ses six enfants et cesse de peindre. Elle revient ensuite à la création, intégrant dans ses nouvelles compositions les objets domestiques qui l’entourent, des coupes de fruits et des vasques, ainsi que les instruments de musique de son mari. À sa réouverture en 1963, le Musée national des Beaux-Arts d’Alger dédie une salle entière aux gouaches de Baya, qui ont aussi intégré de nombreuses collections privées, dont la collection d’Art Brut de Jean Dubuffet.