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Victoire (1). . .. . . . .. capitaine Savary.
78 Duquesne. . . . . . . . . — Allemand (Zacharie).
Frégates : Artémise, Alceste, ilinerve, Vestale, Friponne, Junon, Diane.
Le représentant du peuple Letourneur (de la Manche) était embarqué sur le vaisseau amiral.
Quelle était la destination de cette armée navale ? On doit supposer que le but de sa sortie était une attaque contre la Corse puisque, pour la faire appareiller, on avait attendu que l'armée anglaise s'éloignât de cette île, et que des troupes avaient été embarquées sur les vaisseaux et sur des transports qui ne quittèrent pas, il est vrai, la rade. La correspondance du représentant Letourneur indique, en effet, un débarquement en Corse et une expédition sur Livourne. M. Thiers a écrit (4) que le gouvernement avait imaginé un coup de main sur Rome pour venger l'assassinat de l'ambassadeur Basseville. Le Comité de salut public, dans son rapport à la Convention nationale, dit que l'armée n'était sortie que pour assurer la navigation des navires français dans la Méditerranée. M. Pouget (5) prétend qu'il était primitivement question d'une expédition sur les côtes d'Italie ; mais que le contreamiral Martin ayant trouvé ce projet impraticable, eu égard à la force de l'escadre anglaise, le gouvernement décida que les vaisseaux de Toulon sortiraient uniquement
(1) Le Languedoc d'abord et l'Anti-Féderaliste ensuite.
(5) Le Commerce-de-Bordeaux.
pour chercher et combattre l'ennemi. Quoi qu'il en soit, contrariée par les calmes et par les vents, ce fut seulement le 8 que l'armée arriva en vue de la partie Nord de la Corse. Vers 8" du matin, les découvertes signalèrent un vaisseau sous la terre : c'était le vaisseau anglais de 82° BERwICK, capitaine Adam Littlejohn, qui allait rejoindre son escadre à Livourne. Le vent soufflait du S.-O. Le Duquesne, le Censeur, l'Alceste et la Minerve reçurent l'ordre de lui donner la chasse; la Vestale le sit aussi. La frégate de 36° l'Alceste, capitaine Lejoille, l'atteignit la première et l'attaqua de suite. Après une honorable résistance qui coûta la vie au capitaine Littlejohn, le BERWICK amena son pavillon au moment où la Vestale, capitaine Delorme, qui venait d'arriver, lui envoyait sa seconde volée. Le Duquesne, qui approchait également, et qui ne s'était pas aperçu que le vaisseau anglais eût amené son pavillon, lui tira aussi une bordée. Le BERWICK, vaisseau de 82°, n'en portait que 64 et, démâté à la suite d'un coup de vent sur la rade de Saint-Florent, il avait la mâture d'une frégate; il fut de suite envoyé à Toulon. L'Alceste avait perdu son mât d'artimon, et le capitaine Lejoille avait reçu une blessure grave.
Dès que le vice-amiral Hotham apprit la sortie de l'armée française ; il appareilla de Livourne avec les vaisseaux.
Canons.
- sir Hyde Parker, vice-amiral.
CAPTAIN. . . . . . . . . capitaine Samuel Reeve.
TANCREDI (napolitain). . . — Carracioli.
AGAMEMNON. . . . . . . . . — Horatio Nelson. 72 | § - • • • - - - - • - Charles Tyler. Frégates : INCoNsTANT, LowEsToFFE, MELEAGER, ROMULUs, PYLADE, MINERVA. Les deux dernières étaient napolitaines. 2 c0rvetteS et 2 CutterS.
Le 11 au matin, les découvertes françaises signalèrent l'escadre anglaise sous le vent, mais une brume épaisse la fit bientôt perdre de vue avant qu'on eût pu reconnaître sa force, et les deux escadres manœuvrèrent pendant deux jours, tantôt en vue l'une de l'autre, tantôt ne se voyant pas. Le 13, l'ennemi fut distinctement aperçu sous le vent et, pour la première fois, on put compter ses 14 vaisseaux (1). Quatre d'entre eux se trouvant fort en avant des autres, le commandant en chef de l'armée française eut l'idée de les couper et dans ce but, il fit signal de laisser arriver quatre quarts largue par un mouvement successif. Il courut ainsi pendant quatre heures ; le vent étant alors presque entièrement tombé et la ligne s'allongeant beaucoup, il donna l'ordre de virer lof pour lof par la contre-marche. La faiblesse de la brise tint les escadres en présence pendant le reste de la journée, mais elles ne se rapprochèrent pas.
Un arrêté du 12 juin 1794 ordonnait à tous les officiers généraux commandant une armée, aux officiers généraux commandant les escadres qui la composaient et à tous les commandants d'escadre de 12 vaisseaux , d'arborer leur pavillon sur une frégate pendant le combat (2). En exécution de cet arrêté, le contre-amiral Martin mit son pavillon sur la Minerve, capitaine Perrée, et le contreamiral Delmotte passa sur la Friponne, capitaine Trullet
(1) Ce chiffre est donné par les relations anglaises. M Pouget, à l'ouvrage duquel j'ai volontiers recours pour ce qui concerne les campagnes du vice-amiral Martin auquel des liens d'étroite parenté le rattachent, M. Pouget dit qu'il y avait 17 vaisseaux.
(2) Cet arrêté fut rapporté le 6 juin 1795 et remplacé par un autre qui statuait que les amiraux feraient arborer leur pavillon sur un vaisseau de premier rang, mais qu'ils pourraient, dès qu'ils le jugeraient nécessaire, le faire arborer sur une frégate, à la charge de rendre compte des motifs qui les y auraient déterminés.
(Léonce). Vers 7o du matin, le 14, l'escadre ennemie fut aperçue sous le vent, à environ 3 milles ; la brume avait empêché de la voir plus tôt. Le vent soufflait du S.-O. Alors aussi, on s'aperçut que le Mercure manquait. Ce vaisseau avait démâté de son grand mât de hune entre 6 et 7o du soir, et s'était bientôt séparé de l'armée que la brume lui fit perdre de vue. Craignant de tomber dans l'escadre ennemie, et bien que le commandant en chef qui connaissait ses avaries lui eût promis de lui envoyer une frégate, le capitaine Catteford avait fait route pour le golfe Juan, rendez-vous assigné en cas de séparation, au risque de trouver sur son passage l'ennemi qu'il craignait de rencontrer. Cette séparation n'était pas le seul événement de cette nuit sombre et venteuse : le Ca-ira et la Victoire s'étaient abordés et, démâté de ses deux mâts de hune, le premier de ces deux vaisseaux était tombé sous le vent; lorsque la brume se dissipa, il occupait une position intermédiaire entre les deux escadres. Bientôt on vit la fré gate anglaise INCONSTANT, capitaine Francis Freemantle, l'approcher et le canonner. Le capitaine Coudé, qui faisait travailler à sauver son grément et les débris de sa mâture, se décida à couper tout ce qui pendait encore le long du bord pour dégager ses batteries; il put alors riposter et força la frégate à se retirer. Deux vaisseaux, l'AGAMEMNON et le CAPTAIN, la remplacèrent et le Ca-ira eût fini par succomber, si à 10" 30", la Vestale, capitaine Delorme, ne , fût venue le prendre à la remorque. En même temps que le commandant en chef donnait cet ordre au capitaine de la Vestale, il signalait à l'armée de former une prompte ligne de bataille, de forcer de voiles et de gouverner au N.-E. pour aller secourir le vaisseau engagé. Les capitaines se conformèrent rigoureusement à cet ordre et ne crurent pas devoir suivre une route autre que celle signalée. Le commandant en chef ne s'aperçut malheureusement pas assez tôt que l'armée ne passerait pas, ainsi qu'il le désirait et qu'il l'avait supposé, entre le Ca-ira et l'ennemi, et ce vaisseau se trouva encore sous le vent de la ligne. L'approche des Français décida cependant l'AGAMEMNON et le CAPTAIN à rejoindre leur escadre et l'affaire en resta là pour la journée. Il était alors 1" 25" (1). Le Censeur prit le Ca-ira à la remorque. La brise fut faible pendant la nuit; l'armée navigua à peu près sans ordre, mais assez bien ralliée. Au jour, on put constater une nouvelle séparation : le Sans-Culottes avait quitté l'armée. Persuadé qu'un nouveau combat aurait lieu le lendemain, le contre-amiral Martin était resté sur la Minerve, mais, à l'entrée de la nuit, il s'était approché du Sans-Culottes et lui avait fait connaître ses intentions. Le capitaine Lapalisse avait alors informé le commandant en chef que son vaisseau gouvernait fort mal. On vit bientôt, en effet, le trois-ponts tomber sous le vent l'on ne tarda pas à le perdre de vue. Vers 3" du matin, par une fausse interprétation des ordres qu'il avait reçus, le capitaine Lapalisse vira de bord et s'éloigna par suite davantage ; il chercha vainement l'armée pendant toute la journée. Chassé par 2 vaisseaux ennemis, le 16 au matin, il entra à Gênes. Le vent était entièrement tombé et l'armée française se trouvait en calme, à 21 milles dans le S.-O. de Gênes; le Ca-ira et le Censeur, qui avait largué la remorque, étaient à grande distance dans l'Ouest; et l'escadre anglaise, alors à moins de 3 milles dans le Nord, gouvernait avec une brise très-faible de N.-O sur les deux vaisseaux isolés qui, eux, cherchaient tardivement à se rapprocher des leurs. Mais, quoi qu'ils fissent, ils ne purent réussir à parcourir la distance qui les séparait de leur armée, avant d'être joints par le CAPTAIN et par le BEDFORD; il était 6" 40". Après un engagement d'une heure, le CAPTAIN, qui était arrivé le premier, fut entièrement désemparé et mis hors d'état de continuer son feu. L'autre vaisseau, aussi peu heureux dans