Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07275.jsonl.gz/992

À la fin de la Seconde guerre mondiale, la science européenne n’est plus à l’avant-garde. C'est à ce moment qu'une poignée de scientifiques visionnaires, inspirés par l'exemple des organisations internationales, imaginent créer un laboratoire européen de physique atomique. Raoul Dautry, Pierre Auger et Lew Kowarski en France, Edoardo Amaldi en Italie et Niels Bohr au Danemark sont de ces précurseurs. Un tel laboratoire non seulement unirait les scientifiques européens, mais permettrait aussi de partager les coûts de plus en plus élevés des installations de physique nucléaire.
C'est le physicien français Louis de Broglie qui propose en premier la création d'un laboratoire européen lors de la Conférence européenne de la culture, à Lausanne (Suisse), en décembre 1949. Isidor Rabi, lauréat du prix Nobel de physique de 1944, apporte un appui supplémentaire au projet. Lors de la 5e Conférence générale de l'UNESCO, qui se tient à Florence en juin 1950, le physicien américain fait inscrire une résolution autorisant l'UNESCO à « assister et encourager la création de laboratoires régionaux pour accroître la coopération scientifique internationale ».
La première résolution concernant la fondation d'un Conseil européen pour la recherche nucléaire est adoptée lors d'une réunion intergouvernementale de l'UNESCO à Paris, en décembre 1951. Deux mois plus tard, 11 pays signent un accord pour la création du Conseil provisoire - l'acronyme CERN était né.
Lors de la troisième session du Conseil provisoire, en 1952, Genève est choisi pour accueillir le site du CERN. En juin 1953, ce choix est entériné au terme d’un référendum organisé dans le canton de Genève, avec 16 539 voix pour et 7 332 voix contre. Le 17 mai 1954, les premiers coups de pelle sont donnés sur le site de Meyrin en présence de personnalités officielles du canton de Genève et de membres de personnel du CERN.
Le 29 septembre 1954, la France et l'Allemagne ayant ratifié l'accord, l'Organisation européenne pour la Recherche nucléaire voit officiellement le jour. Le Conseil provisoire du CERN est dissous, mais l'acronyme restera.
Le Synchrocyclotron de 600 MeV, construit en 1957, est le premier accélérateur du CERN. Il est définitivement mis à l'arrêt en 1990 après 33 ans de service.
La première des grandes machines du CERN, le Synchrotron à protons (PS), est mise en marche. Elle constitue toujours le cœur du complexe d’accélérateurs du CERN, unique au monde.
Georges Charpak révolutionne les techniques de détection des particules avec la chambre proportionnelle multifils, qui trouve de multiples applications au-delà de la physique des particules. En 1992, il reçoit le prix Nobel pour cette invention.
Premier collisionneur de hadrons, les ISR marquent la transition entre les expériences à faisceaux projetés sur cible fixe et celles basées sur des collisions entre faisceaux.
L’expérience Gargamelle découvre les courants neutres. Elle apporte une confirmation de la théorie électrofaible, qui unifie dans un même cadre deux forces fondamentales. Une étape importante dans la compréhension de la nature.
Le Supersynchrotron à protons (SPS), d’une circonférence de 7 km, entre en service. Fournissant des faisceaux pour une grande variété d’expériences, le SPS deviendra ultérieurement le premier collisionneur proton-antiproton du monde.
Des expériences du CERN découvrent les particules W et Z, porteuses de l’interaction faible en janvier 1983. Cette découverte, confirmant celle de Gargamelle, vaudra le prix Nobel de physique à Carlo Rubbia et Simon van der Meer en 1984.
Tim Berners-Lee présente son projet de World Wide Web derrière le titre sibyllin « Organisation de l’information : une proposition ». Le premier serveur web est opérationnel fin 1990 et, trois ans plus tard, le CERN met le logiciel à disposition gratuitement.
Le Grand collisionneur électron-positon (LEP), de 27 km de circonférence, est mis en service en juillet 1989. Les expériences du LEP montrent qu’il n’existe que trois familles de particules et confirment le Modèle standard de la physique des particules avec une extraordinaire précision.
L’expérience NA31 annonce des résultats précis sur un phénomène connu sous le nom de violation de CP, qui pourrait en partie expliquer l’infime différence entre matière et antimatière.
Les premiers atomes d’antihydrogène sont créés auprès de l’expérience PS210 avec un faisceau de l’Anneau d’antiprotons de basse énergie (LEAR).
La construction du Grand collisionneur de hadrons (LHC) a commencé en 1999. Instrument scientifique le plus complexe jamais construit, il occupe les 27 kilomètres du tunnel du LEP, arrêté en 2000.
Les expériences ATHENA et ATRAP auprès du Décélérateur d’antiprotons (AD) produisent des milliers d’atomes d’antihydrogène « froids », donnant un premier aperçu de l’intérieur de l’antimatière.
Le Globe de la science et de l'innovation, un cadeau de la Confédération suisse, est inauguré le 19 octobre, dans le cadre du 50e anniversaire du CERN. Il abrite aujourd’hui l’exposition permanente Univers de particules.
Le 10 septembre 2008 à 10 h 28, le faisceau de protons injecté dans le Grand collisionneur de hadrons (LHC) fait pour la première fois le tour complet de l'anneau de 27 kilomètres.
Le LHC produit ses premières collisions à haute énergie fin mars, ouvrant la voie aux études de la physique aux frontières des hautes énergies.
Le 4 juillet, les collaborations ATLAS et CMS présentent au CERN des données du LHC indiquant l’existence d’une particule aux propriétés compatibles avec celles d’un boson de Higgs, la particule associée au mécanisme, proposé dans les années 1960, par lequel les particules W, Z et autres acquièrent leur masse.
D’autres analyses confirment que la nouvelle particule est un boson de Higgs. François Englert et Peter Higgs obtiennent le prix Nobel de physique pour avoir proposé le mécanisme par lequel les particules élémentaires acquièrent leur masse.
Pour fêter son anniversaire, le CERN et ses Etats membres vous ont préparé un programme riche et attrayant : des conférences publiques, des visites et animations, des expositions inspirées par la science.