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L’érythème migrant est la manifestation la plus commune de la borréliose de Lyme et les récidives ne sont pas rares. Il existe, en particulier Outre-Atlantique, une controverse pour savoir si ces récidives sont des réinfections ou des réactivations d’une infection latente n’ayant pas été éradiquée par un traitement antibiotique. Une étude prospective a donc été conduite chez des patients ayant développé un érythème migrant et reçu un traitement standard par antibiotiques entre 1991 et 2011. Après avoir isolé la bactérie à partir du sang ou de la peau des patients atteints d’un érythème migrant, les auteurs ont déterminé le génotype du gène codant pour la protéine de surface externe C (ospC) de Borrelia burgdorferi. Cela a permis de déterminer si les bactéries causant la récidive étaient identiques ou non à celles de la première infection. Les auteurs ont pu isoler le germe chez dix-sept patients ayant totalisé 22 épisodes d’infection avec au moins une récidive. A l’exception d’un cas, tous les génotypes étaient différents. Un génotype identique n’a été identifié qu’à une reprise chez un même patient entre le premier et le troisième épisodes de récidive à cinq ans d’intervalle. Mais chez ce patient, les génotypes déterminés lors des premier et troisième épisodes différaient de celui isolé lors des deuxième et quatrième épisodes. Les auteurs concluent que les récidives d’érythème migrant sont dues à une réinfection et non à une réactivation d’une infection insuffisamment traitée.
Commentaire : Cet article démontre de manière élégante que les récidives d’érythème migrant ne sont pas dues à une réactivation de la borréliose. Une antibiothérapie de durée supérieure au traitement standard dans ces situations n’est donc ni rationnelle ni indiquée. Rappelons également que le diagnostic de borréliose repose sur la conjonction d’éléments cliniques et d’examens de laboratoire effectués, pour les cas compliqués, dans un laboratoire de référence avec avis d’un infectiologue. La simple constatation d’une sérologie positive ne permet en aucun cas de poser le diagnostic de borréliose active. Par ailleurs, lors d’érythème migrant, la clinique seule suffit à poser le diagnostic, la sérologie étant le plus souvent encore négative dans cette manifestation précoce de la maladie.