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Touché aux vertèbres l’automne passé, Killian Auberson va reprendre la compétition ce week-end, sur le circuit de supercross de la côte ouest des Etats-Unis. Le pilote d’Epautheyres y est installé depuis trois mois et demi.
Un immense stade de football américain où sont attendus quelque 50 000 spectateurs: Killian Auberson aurait pu choisir moins impressionnant pour reprendre la compétition, ce week-end, dans le cadre du championnat de la côte ouest de supercross. «J’espère faire de bons résultats et ainsi trouver un team pour l’année prochaine, ce qui me faciliterait la vie. Là, à part l’aide de quelques sponsors, je paie tout de ma poche», glisse le pilote d’Epautheyres, depuis la Californie.
Le quintuple champion de Suisse de motocross MX2 a rejoint les Etats-Unis, comme chaque hiver depuis une dizaine d’années, en décembre dernier. Il s’est installé à Winchester, entre Los Angeles et San Diego, dans une maison acquise par un ami. Les trois premières semaines, avec l’aide de son papa, il a façonné sa propre piste d’entraînement sur le terrain de la propriété. L’idéal pour se préparer à son retour à la compétition, lui qui s’est cassé plusieurs vertèbres l’automne dernier et qui est passé sur le billard. Après une pause d’octobre à janvier, Killian Auberson a repris le guidon. «Je ne suis pas totalement remis et je ressens des sortes de courbatures, mais je n’ai pas de douleurs en roulant.»
Il va dès à présent participer aux quatre dernières courses du championnat de la côte ouest de supercross, avant d’enchaîner avec des étapes du circuit américain de motocross cette fois. Puis il sera temps de revenir un moment en Suisse. «Mon visa me permet de rester six mois aux Etats-Unis. Je vais rentrer début juin. La suite de mon programme dépendra de mes résultats et du financement que j’arriverai à trouver, mais je n’ai pas pris la licence pour le championnat suisse cette année…»
A la sauce américaine
Le crossman de 26 ans a profité de ces premiers mois aux Etats-Unis pour se refaire une santé, entre l’entraînement à moto et celui en salle de sport. Une routine américaine qu’il connaît parfaitement. Tout comme les déplacements inhérents: «On va faire près de 2000 km de route pour rejoindre Seattle. Et pour la course suivante, à Houston, il y en aura 400 de plus.» Pas de quoi le décourager, bien au contraire. «La vie de sportif est plus facile aux Etats-Unis qu’en Suisse. Ici, tu ne te poses pas la question de savoir si tu pourras rouler. Il y a toujours des terrains ouverts un peu partout, chaque jour.»
Et quand il n’est pas sur sa bécane, Killian Auberson profite de la vie californienne avec sa compagne. «On s’est rendus à Las Vegas, on va parfois à la plage, relève-t-il. On essaie de se changer les idées, de ne pas être toujours focalisés sur la moto.»
Le quotidien américain de Killian Auberson et sa compagne en petits clips
A quoi ressemble la vie de pilote aux Etats-Unis? C’est ce que met en images Morgane Girard dans une série de vidéos entamée dès la montée dans l’avion de Killian Auberson, en décembre dernier. La compagne du multiple champion de Suisse de motocross a filmé le quotidien du couple et a produit sept petits clips hebdomadaires – visibles sur Youtube – durant les premières semaines de leur périple. «Comme il n’y avait pas de course au programme de Killian en début d’année, on a arrêté un moment: il ne se passait plus rien de nouveau. On va reprendre avec la compétition. Cela permettra de montrer quelque chose de différent, comme la préparation à l’épreuve, le déplacement, le travail du mécanicien et le jour de la course», se réjouit la Bordelaise d’origine.
Avec Cali, le chat vedette
Découverte de la maison, conception de la piste, entraînement sur la moto, préparation en salle de fitness, sortie à Las Vegas: de la vie de sportif à la vie tout court, tout est montré sobrement, y compris les aventures de Cali, une chatte tigrée qui a fait le voyage avec le couple. Les montages, de cinq à sept minutes trente, ont été vus plus ou moins un millier de fois chacun.
«J’adore regarder la vie des gens sur le web. Alors, je me suis dit que ce serait sympa de faire la même chose, explique Morgane Girard. À ma grande surprise, on n’a reçu que des échos positifs; certains nous demandaient même quand arriverait la prochaine vidéo. Je sais que tout n’est de loin pas parfait, mais j’essaie de faire au mieux. Et, surtout, ça m’occupe.»
Car, et c’est bien là son seul regret de ce semestre outre-Atlantique, elle n’a pas obtenu de visa lui permettant de trouver un emploi temporaire aux Etats-Unis. «J’adore la vie américaine, où tout est ouvert tout le temps. Si je pouvais y travailler, je resterais volontiers ici.»