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Alain Vuarnet, demande la relaxe de Michel Tabachnik. Le fils du champion de ski, qui avait perdu sa mère et son frère lors du drame de l'Ordre du Temple Solaire dans le Vercors en 1995 refuse de cautionner une justice qu'il juge «moyenâgeuse».
Le 15 décembre 1995, 16 présumés adeptes de la secte étaient retrouvés morts dans une forêt du Vercors. Après les drames de Cheiry, Salvan et Morin Heights, ce nouveau charnier venait encore allonger la liste des victimes de l'OTS. Parmi les cadavres, ceux d'Edith et de Patrick Vuarnet, épouse et fils de l'ancien champion de ski Jean Vuarnet.
Dimanche, son autre fils Alain a confié à l'agence Associated Press que selon lui, le chef d'orchestre Michel Tabachnik - à l'encontre de qui le procureur de la République de Grenoble a requis récemment cinq ans de prison pour «participation à association de malfaiteurs» dans le cadre du procès de la secte - devait être relâché.
«Je ne peux cautionner une justice qui a fait un procès en sorcellerie. Au Moyen-Age, Michel Tabachnik aurait fini sur le bûcher», a déclaré Alain Vuarnet. Selon lui, «la justice se doit de faire le lien entre les intentions et les crimes par des faits. Au lieu de cela, on a assisté à Grenoble à un procès de chimères, de symboles, de pensées».
Pour le fils de Jean Vuarnet toutefois, «il ne fait aucun doute que le chef d'orchestre franco-suisse était un des leaders de l'OTS et l'un des initiateurs de l'endoctrinement des adeptes». Mais, ajoute-t-il, «je refuse que l'on jette qui que ce soit en prison au terme d'une démonstration aussi légère».
«Si l'instruction avait levé les doutes et apporté des preuves concrètes, alors c'est le maximum, dix ans, qu'il mériterait. Mais là... Il ne peut être puni que d'une sanction symbolique pour sa responsabilité morale», estime Alain Vuarnet, qui affirme en outre n'avoir «ni haine, ni amitié, ni sympathie» pour Michel Tabachnik.
A l'issue de deux semaines d'audience, le Tribunal correctionnel de Grenoble, devant lequel avait comparu Michel Tabachnik en tant que seul prévenu, a mis son jugement en délibéré. Le verdict est attendu pour le 25 juin.
swissinfo avec les agences