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Le soleil a déjà disparu derrière l'horizon. Le crépuscule tombe et un merle chante sa chanson du soir. Pour comprendre ce qui s’est passé durant les quarts de finale, jeudi soir contre l'Allemagne (défaite 3-2 aux tirs au but), le chroniqueur (c'est-à-dire moi) rejoint un entraîneur réputé et expérimenté dans un restaurant. Ce dernier est extrêmement compétent, non seulement en hockey sur glace, mais aussi en sport.
Par le passé, des entraîneurs, des directeurs sportifs et des administrateurs ont demandé au chroniqueur de ne pas être toujours aussi critique. «Ayez plus de respect!»; «Voyez le verre à moitié plein et pas toujours à moitié vide!»; «Souriez parfois!»; «N'écrivez pas tout et n'importe quoi sur tout le monde!»; «Faites des remarques constructives, elles n’ont pas besoin d’être toujours sarcastiques.»
Je me souviens encore du SMS de la mère d'un joueur, qui disait de manière très claire : «Klaus est mauvais.» Puisqu'il a la critique facile…quel sera le prochain jugement négatif du chroniqueur, ce jeudi soir au restaurant? Les tortellini servis, l'entraîneur demande à l'aimable serveuse: «Pouvez-vous encore apporter du poivre à ce monsieur?». Étonné, je le regarde, car je ne veux pas de poivre sur mes tortellini. Il ajoute:
En fait, il me fait la leçon en disant que j’ai été trop gentil dans mon analyse du Championnat du monde. Me serais-je assagi avec l'âge? Dans le passé, après une telle défaite contre l'Allemagne, j'aurais appelé à la démission de l'entraîneur national et ça n'aurait même pas été pour faire de la polémique, mais simplement parce que je me serais dit qu'il s'agissait de la meilleure chose à faire.
L'entraîneur expert, assis en face de moi, a beaucoup de choses à reprocher à l'équipe de Suisse: trop de changements de ligne. C'est pour cela que Timo Meier n'a pas marqué dans la seconde moitié du tournoi. Un style de jeu trop passif - il n'est pas possible que le ratio de tirs contre une équipe réellement inférieure ait été de 22-41 en faveur des Allemands, et même de 4-13 dans le dernier tiers. Jonas Siegenthaler était déjà en partie responsable du premier but, on n'aurait pas dû le revoir sur la glace à la dernière minute. Avec un temps mort, l'élan des Allemands aurait pu être ralenti dans l'emballage final.
Les critiques s’enchaînent. L'entraîneur est d'avis que le Mondial a été une déception. Et c'est peut-être vrai. On ne devrait pas être satisfaits après une défaite en quart de finale contre l'Allemagne. Nous avons manqué une grande opportunité à Riga, nous étions si près du titre de champion du monde, mais en même temps tellement loin. Mais on peut décider de voir les choses sous un autre angle. C'est juste que je n'arrive pas à convaincre avec mes arguments, quelque chose m'irrite. Le fait de devenir plus tolérant en vieillissant. Je ne peux pas accepter ça.
J'ai vécu des Championnats du monde dans le modeste groupe B. Avec des défaites contre la Hollande, la Pologne, le Japon et l'Italie, et des matchs nuls truqués contre la Roumanie, pour éviter la descente en Coupe du monde C. Une époque où nous n'étions même pas autorisés à jouer contre les Allemands lors d'un Championnat du monde, parce que nous étions loin d'être en première classe. Des temps où nos étoiles étaient plus éloignées de la NHL qu'un pétard ne l'est d'une bombe nucléaire. Des moments dont l'entraîneur, celui avec qui je suis, peut aussi se souvenir. Donc, si nous faisons maintenant jeu égal avec les grands au Mondial de Riga, si nous ne perdons qu'aux tirs au but contre les Allemands, alors c'est un bon tournoi après tout.
Il ne manquait que 43 secondes. Aucune autre nation de hockey ne tire autant de bénéfices d'un potentiel aussi limité. Or, la performance globale de la Suisse, après le Mondial 2021, est très critiquée. Mais nous ne devons pas oublier d'où nous venons et le long chemin que nous avons parcouru depuis les bas-fonds du hockey international jusqu'au sommet. Et puis d'ailleurs: où étaient les Suédois, qui nous ont battus aux tirs au but en finale en 2013 et 2018? Pas en quart de finale!
Alors, quelle est la vérité sur le Mondial des joueurs de Fischer? Je reste sur mon avis: les Suisses se sont écrasés comme des aigles et non pas comme des pigeons.
Dans tous les cas, je tire une bonne leçon du tournoi de Riga, et j'ai même pris une bonne résolution pour la saison prochaine: j'écrirai mes articles sur le CP Berne de telle sorte à ce que plus aucun entraîneur ne demandera le moulin à poivre.
Avec la construction de la nouvelle patinoire, la victoire en Coupe et la promotion, Ajoie a déjà écrit plusieurs contes de fées du hockey sur glace. Sa première saison en National League, sans relégation, comptait pour beurre. Peu importe, donc, que les Jurassiens aient dû se contenter de la dernière place du premier au dernier jour de championnat.