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Le gouvernement du Vanuatu a décrété l’urgence climatique sur son territoire en raison du réchauffement du climat et des risques qui en découlent: sécheresse, montée des océans. Le premier ministre Bob Loughman a déclaré: « La Terre est déjà trop chaude et peu sûre. » (Clic sur les images pour agrandir)
Dans la dernière décade l’archipel du Pacifique a été frappé par deux puissants cyclones et une sécheresse dévastatrice.
Ce serait la preuve que la variation climatique en cours cause des désastres et rend la vie impossible sur l’archipel. Un plan de 1,2 milliard de dollars pour limiter les conséquences du réchauffement a été décidé. Regardons de plus près.
La sécheresse est inévitable périodiquement dans cette région du monde. Elle est due au courant El Niño, dont l’alternance avec La Niña est connue depuis des siècles (Enso).
La dernière grande sécheresse date de 2015, année d’un El Niño très puissant. Le cyclone de catégorie 5 Pam a aggravé la situation en février de cette même année en détruisant une bonne partie du couvert végétal.
Aucun plan financier ne peut modifier l’Enso. Aucune décision politique ne peut empêcher les phases de sécheresse. Aucun appel à l’aide ne peut générer d’aide durable.
On ignore quel effet l’Enso produit sur l’actuel réchauffement et l’on peut même se demander si ce n’est pas El Niño qui fabrique une partie dudit réchauffement car la moyenne des températures mondiale franchi un pallier après chaque épisode très fort, en particulier 1983, 1998, 2015.
Le climat de Vanuatu est connu.
« La majeure partie de l’année, les îles de Vanuatu sont balayées par les alizés du sud-est qui apportent des pluies plus abondantes sur les côtes au vent de l’archipel. Les faces nord-ouest des plus grandes îles (Santo, Malakula, Efate, Erromango, Tanna, Aneityum) ont un climat beaucoup plus sec et peuvent être frappées par des périodes de sécheresse. »
De plus:
« Le phénomène d’oscillation australe El Niño (ENSO) a une incidence majeure sur le climat de Vanuatu, car il modifie les vents et les courants océaniques dans l’océan Pacifique. En période El Niño, le climat est beaucoup plus sec, car la ZCPS se déplace vers l’est du Vanuatu. En période La Niña, le climat est plus chaud et les cyclones plus fréquents, car la ZCPS revient sur le Vanuatu. »
La sécheresse de 2015 est directement liée au puissant El Niño d’alors.
Oui mais les ouragans?
Deux ouragans fort en une décennie n’est pas exceptionnel:
« En moyenne, deux à trois cyclones frappent le Vanuatu chaque année. Toutefois, ces chiffres sont très variables d’une année sur l’autre, car leur fréquence peut aller de 0 à 6 selon les saisons. »
En cherchant dans les archives je constate que Wikipedia recense les ouragans du Pacifique sud. De nombreux ouragans de catégorie 4 ou 5 ont concerné les îles depuis des décennies.
Mieux: j’ai trouvé ce document des services météo régionaux qui relate tous les cyclones ayant touché Vanuatu avec une estimation succincte des caractéristiques et dommages. Il y en a des dizaines, de force variable.
En février 1940, par exemple, deux ouragans successifs ont causé de graves dommages aux îles de l’archipel et aux cultures.
Les petits états insulaires du Pacifique sont facilement impactés, depuis toujours. La situation du Vanuatu ne montre rien qui puisse être lié spécifiquement au réchauffement.
Dernier point: l’océan monte et cela fragiliserait les îles et rendrait les ouragans plus dévastateurs. J’ai déjà traité de la montée des océans, d’environ 1 mm par an. La mesure est compliquée car entrent en jeu le volume d’eau, les gonflements régionaux dus à une eau plus chaude, et d’autres facteurs dont la marge d’erreur du système de mesure.
En fait au Vanuatu comme ailleurs, ce sont les terres qui s’enfoncent plus que l’eau qui monte (subsidence). J’ai déjà décrit le phénomène pour Jakarta.
Il est un peu différent au Vanuatu:
« L’archipel du Vanuatu se situe, en effet, à la frontière de la plaque tectonique du Pacifique, sous laquelle s’enfonce la plaque indo-australienne. Celle-ci entraîne avec elle la base de la plaque chevauchante, ainsi que les îles situées dessus.
Selon les chercheurs, ce phénomène multiplie environ par deux l’élévation apparente du niveau de la mer aux îles Torrès. Ainsi, en l’espace de 12 ans, alors que le niveau des eaux s’est élevé d’environ 15 cm, les îles Torrès se sont enfoncées de près de 12 cm. Au final, la mer a monté d’environ 27 cm dans cette zone.
Ces conclusions relativisent le « rôle dominant » attribué au changement climatique dans l’élévation du niveau apparent de la mer aux Torrès. »
Dans la même région les Kiribati ont déjà vu passer des porteurs de bonnes résolutions qui se sont révélées être des erreurs.
Le Vanuatu décrète donc l’état d’urgence climatique.
Mais le réchauffement est invoqué à tort. La situation actuelle de l’archipel reste dans la norme météorologique du passé récent. Qui n’empêche pas d’ambitieux projets de développement aérien.
Si donc le Vanuatu devait être englouti par l’océan, ce serait dû à la tectonique des plaques et cela n'arriverait que dans quelques millénaires au mieux. En effet le point culminant est à 1877 mètres. De quoi voir venir.
D'ailleurs le danger de submersion est si faible que les îles Maldives, à l’ouest dans l’océan indien, continuent à construire de nouveaux aéroports (image 6).
Il y a dix ans vous épatiez vos amis en annonçant l’engloutissement rapide du Vanuatu à cause du réchauffement. Aujourd’hui, alors que tous y croient, vous les épaterez en expliquant que le réchauffement n’a pas de grande influence sur les déboires de l’archipel.