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« Vieilles maisons, vieux papiers », titrait un spécialiste de la « Petite Histoire », G. Lenotre. Au rang des vieux papiers, les correspondances ont tenu une place éminente jusqu'à l'époque contemporaine. Aujourd'hui, l'on n'écrit plus et les moyens modernes de communication risquent de transmettre des documents dépourvus d'âme. Les correspondances du temps passé sont d'autant plus attachantes qu'elles sont privées, c'est-à-dire qu'elles s'adressent à des membres de la famille ou à des amis auxquels on n'avait rien à cacher. Certes le style en est souvent relâché, l'orthographe et la ponctuation incertaines, mais quel jaillissement de sentiments bruts et profonds, de descriptions et de jugements à l'emporte-pièce. Telle est la caractéristique des lettres d'un mari à sa femme, émanant d'une personnalité du Second Empire que ses fonctions tenaient à trois mois de courrier de sa famille. La publication de ces lettres apporte un complément à la « grande » histoire d'une terre profondément française, l'Île de La Réunion, à laquelle il est arrivé une seule fois d'être administrée par un de ses enfants. Le Gouverneur « créole », Louis Henry Hubert de Lisle fait revivre, à travers sa correspondance, la « saga », c'est-à-dire les événements quotidiens, souvent hauts en couleur, d'une colonie française de peuplement sous Napoléon III, c'est-à-dire au milieu du XIXe siècle, à l'aube du développement industriel.