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03.10.10 / Habaquq 1.2-3 / 2 Timothée 1.6-14 / Luc 17.5-10
Jésus décrit une scène qui reflète le quotidien de son époque.
Un homme de la classe moyenne (il a un seul esclave) demande à celui-ci qui rentre d'une journée de travail de se changer et de lui servir un repas. L'esclave ne pourra se restaurer que par la suite.
Chacun est à sa place, l'esclave doit servir et le maître se fait servir.
Jésus conclut sèchement à nos oreilles : "Vous de même, quand vous avez fait tout ce qui vous était ordonné, dites : Nous sommes des serviteurs inutiles, nous avons fait ce que nous avions à faire."
"Inutiles", le mot original est traduit selon les versions par : bons à rien, non indispensables, quelconques, ordinaires.
Suivre Jésus et être à son service n'est pas une chose exceptionnelle à ses yeux qui pourrait nous amener à attendre un traitement de faveur. Jésus n'est pas dans une logique de mérite - récompense.
Etre à son service, faire tout ce qu'il ordonne est déjà de l'ordre de la grâce.
Faire tout ce qu'il demande ?
Obéir à son ordre d'amour, prier, témoigner, annoncer l'Evangile, faire du bien, ... L'engagement à la suite du Christ semble sans limites, il apporte beaucoup de peines et de critiques pour peu de résultats. Ce n'est pas gratifiant. Mais tout ce que Jésus me demande n'est que peu en regard de Son oeuvre. Mais c'est un engament à vie, en faveur de la vie.
C'est après avoir fait tout cela qu'il faut se dire serviteurs inutiles !
Ce n'est pas avant mais bien après. Dieu est le maître, c'est Lui qui ordonne et il donne ce qu'il ordonne. Il fallait le faire. Se dire à l'avance que c'est inutile et ne rien faire, c'est montrer du mépris pour le maître.
Mais après, ce que j'ai fais, je le remets entre Ses mains, cela ne m'appartient plus. Je ne le garde pas sur un compte pour me faire valoir.
C'est un détachement à acquérir, une mise à distance de nos oeuvres qui nous permet de garder les regards fixés sur ce que veut le maître, d'être attentif à sa volonté pour moi aujourd'hui. Les oeuvres gardent ainsi leur juste place, elles ne risquent pas d'être gonflées, surévaluées.
Jésus nous conduit ainsi à être des serviteurs, certes inutiles, mais très actifs. Notre volonté de le servir n'a pas comme objectif une appréciation, une considération, un résultat effectif.
Mais Le servir, c'est notre liberté, expression de notre amour pour le maître.