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PHILADELPHIE – La privation de sommeil pour lutter contre la dépression peut être une alternative crédible aux antidépresseurs qui mettent en général beaucoup de temps à agir, souvent des semaines. La privation de sommeil (en anglais sleep deprivation) agit par contre souvent en moins de 24 heures. La privation de sommeil peut être partielle, c’est-à-dire dormir 3 à 4 heures pendant la nuit suivi par un réveil forcé pendant 20 à 21 heures ou totale avec une privation de sommeil pendant 36 heures. Une méta-analyse ou revue d’études vient de montrer que la privation de sommeil partielle ou totale permettait de réduire rapidement les symptômes de la dépression chez environ 50% des patients souffrant de la maladie. Aux Etats-Unis, les antidépresseurs (médicaments) restent les traitements les plus utilisés pour lutter contre la dépression.
Cette étude a été réalisée par des chercheurs du Perelman School of Medicine à l’Université de Pennsylvanie (University of Pennsylvania) aux Etats-Unis. Pour arriver à ces conclusions, les chercheurs américains ont pris en compte plus de 2’000 études publiées sur ce sujet puis ils ont sélectionné les données provenant de 66 études publiées sur une période de 36 ans (après l’année 1974 comprise).
Précédentes études
Des études précédentes avaient montré les effets antidépresseurs rapides de la privation de sommeil chez environ 40 à 60% des individus, mais ce taux de réponse n’avait pas été réévalué depuis 1990 pour obtenir un pourcentage plus précis malgré plus de 75 études publiées depuis lors sur ce sujet.
Effet peu connu
« Plus de 30 ans depuis la découverte de l’effet antidépresseur de la privation de sommeil, nous n’avons toujours pas une bonne compréhension de l’efficacité du traitement et nous ne savons pas comment arriver aux meilleurs résultats cliniques, » explique le Dr Philip Gehrman, l’auteur senior de l’étude et professeur associé de psychiatrie à l’Université de Pennsylvanie. Il poursuit : « Notre analyse rapporte précisément l’efficacité de la privation de sommeil et dans quelle population elle devrait être administrée ».
Maniaco-dépression
Les scientifiques ont aussi pu constater dans leur méta-analyse que la prise de médicaments n’influençait pas l’impact de la privation de sommeil. De plus, la privation de sommeil était aussi efficace chez les personnes souffrant de maniaco-dépression, c’est-à-dire pendant des épisodes maniaques. L’âge et le genre n’avaient aucune influence sur l’efficacité ou non de la privation de sommeil.
Les scientifiques notent que d’autres recherches sont nécessaires pour identifier précisément comment la privation de sommeil provoque des réductions rapides et significatives de la gravité de la dépression. En outre, des études futures sont nécessaires pour inclure une évaluation plus complète des prédicteurs potentiels des résultats du traitement afin d’identifier les patients les plus susceptibles de bénéficier de la privation de sommeil.
Cette étude a été publiée le 19 septembre 2017 dans le journal scientifique Journal of Clinical Psychiatry.
Le 22 septembre 2017. Par Xavier Gruffat (pharmacien). Source : Communiqué de presse de l’étude (en anglais). Référence : Journal of Clinical Psychiatry (DOI : 10.4088/JCP.16r11332).
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