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Le profil modéré et rassurant du personnage a fini par emporter l´adhésion des parlementaires. Mais opposé à Christoph Blocher, le Bernois Samuel Schmid risque bien d´être en porte-à-faux avec la ligne de son parti, comme le fut Adolf Ogi.
Derrière l'austérité de l'avocat se profile un solide politicien, au parcours aussi traditionnel que parfait. D'ailleurs, l'habileté de Samuel Schmid, 53 ans, est reconnue aussi bien par ses amis que par ses adversaires.
Cet UDC est entré au conseil municipal de Rüti bei Büren il y a près de 30 ans. A 27 ans, il occupait déjà le fauteuil de maire. Puis, à 36 ans, il est passé au Grand Conseil bernois où il a siégé onze ans. Suite de cette montée en force politique, il a siégé entre 1994 à 1999 au Conseil national, avant d'être élu au Conseil des Etats.
Il s'affirme assez vite comme étant une figure importante, incarnant la résistance des Bernois contre les idées blochériennes. Notamment en tant que chef du groupe parlementaire en 1998-1999.
Favorable à l'adhésion de la Suisse à l'ONU et à l'envoi de soldats armés à l'étranger pour des missions de paix, il a défendu les accords bilatéraux. En revanche, il s'oppose à l'entrée de la Suisse dans l'Union européenne et dans l'OTAN.
Le Bernois n'était d'ailleurs pas un candidat officiel de son groupe. Une situation révélatrice d'un malaise au sein du parti. Christoph Blocher a même souligné que si Samuel Schmid était élu, il ne serait pas le conseiller fédéral de l'UDC.
Issu de la classe moyenne, ce colonel apparaît donc comme un politicien modéré. S'il est clairement marqué à droite, ce président de l'Union cantonale des arts et métiers est malgré tout ouvert aux aspects sociaux.
Marié, père de trois enfants, Samuel Schmid souffre néanmoins d'un handicap: sa lenteur oratoire et de son manque de charisme. Certains le décrivent comme un pragmatique, terrien, sympathique et capable de vivre avec «ses amis romands». Le politicien est d'ailleurs très à l'aise en français.
Caroline Zuercher