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La Russie est de loin le fournisseur le plus important, même si la Suisse ne s'approvisionne qu'indirectement en gaz auprès de ce pays.
Jusqu'à présent, on s'est moins intéressé à l'endroit où le gaz est consommé en Suisse, c'est-à-dire aux régions qui seraient dans le besoin si le gaz venait à manquer. Une éventualité devenue plus probable depuis que le président russe Vladimir Poutine a réduit le flux de gaz vers l'Allemagne ces derniers jours. Le gouvernement allemand a déjà appelé à économiser le gaz afin de réduire la consommation.
Le gouvernement fédéral tient un registre dans lequel est mentionné le type de chauffage pour chaque immeuble. Certes, les données ne sont pas toujours actualisées, mais une analyse de la base de données montre une tendance claire: ce sont surtout les régions urbaines qui consomment beaucoup de gaz.
La raison: c'est là que se trouvent les conduites. Ce sont les villes qui, dès le 19e siècle, produisaient du gaz urbain à partir de la houille, principalement pour l'éclairage. Lorsque l'électricité est apparue à partir de 1890, le gaz a été utilisé pour l'eau chaude, la cuisine et le chauffage. Dans les années 1970, la Suisse a commencé à utiliser le gaz naturel pour le chauffage de grands bâtiments et dans l'industrie.
Cela a des répercussions jusqu'aujourd'hui – et pourrait désormais poser problème aux ménages en raison de la crise énergétique. En effet, ceux-ci représentent environ 42% de la consommation de gaz en Suisse, principalement pour le chauffage.
La consommation de gaz la plus élevée en Suisse se trouve à Bâle, Genève et Zurich, où 40 à 50% des bâtiments d'habitation sont chauffés au gaz. La proportion est encore plus élevée dans les villes industrielles actuelles ou passée. Plus de 60% des ménages y sont chauffés au gaz. Ce sont des valeurs record en Suisse. Mais le chauffage au gaz est également très répandu autour du lac Léman, du lac de Constance et du lac de Zurich, avec des pourcentages de 30 à 40%.
Il n'existe pas de données aussi détaillées pour l'industrie, qui consomme environ 34% du gaz en Suisse pour la production de biens. La Communauté d'intérêts pour le gaz naturel, dont font partie les groupes Holcim, Ems, Emmi et Lonza, mais aussi l'aéroport de Zurich ainsi que Migros et Coop, donne une indication sur les grands consommateurs industriels. Selon ses propres indications, le groupe représente des entreprises dont la consommation commune de gaz naturel s'élève à environ trois milliards de kilowattheures.
Si une pénurie de gaz devait se produire, elle ne se ferait sentir qu'à partir d'octobre ou novembre. Pendant la saison froide, la consommation augmente pour atteindre le double ou le triple de la consommation estivale.
Comme le gaz ne peut être stocké nulle part en Suisse, l'industrie gazière suisse se tourne actuellement vers les réservoirs des pays voisins. Sur mandat du Conseil fédéral, elle doit y acheter des réserves physiques. La société régionale romande Gaznat s'est assurée une première tranche en France. L'objectif est que la Suisse s'assure d'environ 35% de ses besoins pour l'hiver prochain.
Mais il existe déjà un plan pour le cas où il n'y aurait vraiment pas assez de gaz cet hiver. Sur mandat du Conseil fédéral, le secteur gazier a élaboré un plan d'escalade en trois étapes:
Une étude de l'Université de Zurich a relevé les failles entre les différents secteurs en période de canicule. Les chercheurs ont analysé huit événements extrêmes sur trois continents au cours des vingt dernières années.