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Federico Bahamontes, né Alejandro Martín Bahamontes, s’en est allé à 95 ans. Il avait décidé de prendre le nom de famille de sa maman comme nom d’usage, celui de son père étant trop commun dans son village d’origine, et le prénom de son oncle Federico, Il était avant sa mort le plus ancien vainqueur du tour. Lui succède maintenant Jan Janssen.
D’origine très humble, il serait né dans une cabane d’ouvrier de la voirie et décrivait le travail de son père comme similaire à ces prisonniers qu’on voit casser des pierres aux marteaux dans les westerns. Puis vint la guerre civile et toujours plus de pauvreté, son père ayant combattu avec les forces républicaines, il ne reçut aucune aide de l’état franquiste. Et la faim. Il se souvenait avoir chassé des chats, pour que sa mère puisse leur servir de la viande, accompagné de fruits séchés et de légumes tombés des étals des marchés et récupérés à même le sol ou dans les remorques de camions voire même parfois volé. Cette faim sera un thème constant durant son enfance, il lui attribua sa capacité à manger peu et à garder la ligne. Avant une compétition, il pouvait se contenter de manger des biscuits secs mouillés dans du thé là où ces concurrents se mangeaient un gros steak. Une sorte de précurseur de la diététique sportive malgré lui.
Son premier vélo fut celui de son papa, un vieux vélo équipé d’une caisse en bois qu’il utilisa pour son travail de coursier, en marge de son apprentissage de menuiserie puis de mécanicien dans un atelier de réparation de vélo. Il en profitait pour acheter des légumes aux producteurs et tenter d’éviter la garde civile pour que sa mère les revende sur le marché noir. Le poids de ce vélo et le dénivelé lui donna le goût et l’aptitude à l’effort qui lui servira plus tard. Il s’acheta sa première bicyclette pour 30 duros (~150 pesetas) et commença à courir sur des épreuves cyclistes, motivé au début par les primes d’arrivées, plus avantageuses que ce qu’il gagnait en travaillant.. Vêtu de guenilles, il aurait pu être confondu avec un sans-logis et utilisant un vélo lourd et bas de gamme, il surprendra rapidement ses concurrents qui ne le voyaient pas comme un adversaire, d’autant plus qu’il devait parfois faire jusqu’à 400 km à vélo pour se rendre au départ d’une course cycliste (et y rentrer !). Il enchaîna rapidement les succès.
En 1953 il rejoint l’équipe française amateur Splendid. Il reçu sa première invitation pour participer au tour de France avec l’équipe d’Espagne ? Il la refusa. La raison officielle serait qu’il n’avait pas les moyens de s’acheter une valise! L’année suivante, l’organisation du tour offrait deux valise à chaque coureur, il y participa, sans pouvoir y mettre grand chose dedans et gagna son premier classement de la Montagne. Classement qu’il gagna à 6 reprises au Tour de France, 1 fois au tour d’Italie et deux fois au Tour d’Espagne. Il gagna le Tour de France en 1959, sur un parcours qui pourtant avantageait peu les grimpeurs cette année. Il fut aidé par la rivalité entre les équipes régionales et nationales françaises. Jacques Anquetil et Roger Rivière courant pour l’Équipe de France préférant rouler et aider un Espagnol dans les Alpes que se voir battus et ridiculisé par Henri Anglade, qui courrait pour la région centre-midi.
Outres les grands coureurs du Tour de France, ses plus grands rivaux en Espagne seront
Jesús Loroño
, peu connu des français car il sortira peu de ses frontières, puis
Julio Jiménez
au tempérament et à l'éthique bien différente (ce dernier fut gérant d'un bordel).
On lui attribua de nombreux surnoms, Lechuga à ses débuts (la laitue) en raison de l’apparence de ses cheveux hirsutes et de son corps fin comme une feuille, el Gitano lors de la Vuelta 1955 parce qu’il y revendait des pièces de vélo aux autres coureurs qu’il avait acheté en France. Le surnom de l’Aigle de Tolède lui vint de France, du directeur du tour Jacques Goddet, en raison de son aptitude à la montagne et aux armoiries de la ville de Tolède.
À une époque où le tour était plus conté que télévisé, on attribuait beaucoup de mythes. Il est par exemple dit que Bahamontès était peu interessé par le classement général et était avide de glace. En 1954, menant la course, il se serait arrêté pour manger une glace au sommet du col de Romèyere après avoir gagné les points nécessaire au classement de la montagne et attendre les concurrents plutôt que de poursuivre son échappée. En vérité il avait certe chassé les points de la montagne sur ordre de son équipe mais c'était aperçu en chemin que deux rayons de sa roue avaient cassés, ce qui ne posait que peu de problème en montée. Au sommet il avait choisi par mesure de sécurité d'attendre la voiture d'assistance de son équipe avant la descente, acceptant à cette occasion un cornet de glace proposé par un spectateur.
À sa retraite sportive il ouvrit une boutique de bicyclette à Tolèdee. Lorsqu’il succèda au français Roger Walkowiak comme le plus ancien vainqueur du Tour de France encore en vie, sa ville organisa une grande fête et hérigea une statue de bronze à son effigie réalisée par le sculpteur Javier Molina Gil le représentant en pleine ascension lors du Tour 1959.
Quel rapport avec le libre me direz-vous? Aucun. C'est un journal sur le cyclimse.
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