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roit une marche plus avantageuse qu'un autre, dont les fonds seroient mieux taillés pour diviser le fluide, & qui ne pourroit porter qu'une petite voilure. Ce point de construction, tout important qu'il est, manquoit entiérement dans la premiere édition, & il fait dans cette seconde édition le sujet d'un dixieme Chapitre. Comme la propriété de porter la voile dépend de la position du centre de gravité, nous avons cru devoir, en faveur des commençans, fixer d'abord les idées sur la pesanteur. Puis nous nous étendons sur ce que les Mathématiciens nomment le centre de gravité ; ce point pris dans le corps ou hors le corps, dans lequel on peut supposer toute la pesanteur réunie ; & nous essayons de rendre sensibles non seulement les moyens de trouver le centre de gravité des corps réguliers & irréguliers, formés, les uns d'une substance homogêne, & les autres de substances de différente pesanteur; mais encore d'un systême de différens corps. Nous faisons de plus appercevoir les principaux avantages qu'on peut retirer de la connoissance du centre de gravité, insistant principalement sur ceux qui ont rapport aux vaisseaux. A cette occasion, nous remarquons qu'ayant trouvé le centre de gravité d'un nombre de solides à peu près réguliers, qui formeroient par leur assemblage la carene des vaisseaux qu'on sçait être de figure irréguliere, on en pourroit former un systême de corps graves dont on trouveroit le centre de gravité par les méthodes indiquées : mais on abrege beaucoup l'ouvrage en cherchant le centre de gravité par les momens. Les Mathématiciens entendent par ce terme, le produit d'un poids ou d'une étendue considérée comme grave, multiplié par la distance du centre de gravité de ce poids, ou de cette étendue , à un point qu'on place où on veut, & qu'on nomme le centre des momens. Il s'en faut beaucoup que ceci présente une idée claire à ceux qui n'ont que très-peu de connoissances en Méchanique : mais nous essayons d'éclaircir ces idées , & de les rendre , autant que la chose en est susceptible, à la portée de tout le monde. Ensuite nous donnons des exemples de l'applica
& aux vaisseaux mêmes, que nous supposons d'abord formés d'une substance homogêne , & ensuite rempli de corps de différente pesanteur. Comme on doit regarder toute la pesanteur d'un corps grave comme réuni dans son centre de gravité, il s'ensuit qu'un corps grave suspendu par son centre de gravité, se place dans une ligne verticale, dont la direction passe par le point d'attache, le centre de gravité du corps suspendu, & le centre de la terre. Mais un corps flottant n'est pas ainsi soutenu par son centre de gravité : il l'est par la pression de tous les filets d'eau environnans, qui agissènt chacun sur une partie infiniment petite de la surface du corps flottant. Ainsi on peut imaginer que cette force de pression agit sur toutes les parties de la portion du corps solide submergé pour le soulever, comme la pesanteur agit sur toutes les parties de la matiere pour les approcher du centre de la terre. Nous examinons fort en détail ce qui doit résulter de ces deux forces antagonistes; car de même que l'effet de la pesanteur de toutes les parties se réunit en un point qu'on nomme le centre de gravité, l'effet de la pression de l'eau sur toutes les parties d'un corps flottant se réunit en un point qu'on peut nommer le centre de Pression : or, suivant la position de ces deux centres
dans le solide de la carene d'un vaisseau, il en résulte, ou qu'elles détruisent mutuellement leurs effets, ou que ces deux forces agissent de concert , tantôt pour remettre le vaisseau dans son assiette, & tantôt pour le faire renverser; nous insistons sur ces considérations, parce qu'elles nous ont paru avoir une application directe à l'objet qui nous occupe dans ce Chapitre, & nous concluons des principes précédemment établis, qu'un corps flottant se rétablira dans le vertical qu'on desire, quand son centre de gravité sera au dessous du point où se réunit la poussée de l'eau : la stabilité sera diminuée pour peu que le centre de gravité soit au dessus du centre de pression, & il renversera infailliblement quand le centre de gravité sera orté à une certaine élévation au dessus du centre de la pression de l'eau ; car dans ce dernier cas, les deux forces agiront de concert pour le renverser , comme dans le premier elles s'accordoient à le maintenir dans son assiette. Nous parlons de ce que M. Bouguer a nommé le Métacentre, qui est un point où le centre de gravité étant placé, le vaisseau est tout prêt à se renverser : mais nous n'en donnons qu'une légere idée, parce que, pour fixer exactement ce point, il faudroit plus que la Géométrie élémentaire, & nous ne pourrions rien dire de Plus clair que ce qu'on trouve dans le Traité de la Manœuvre des vaisseaux de M. Bouguer. Pour faire ensuite usage de ces principes, nous faisons remarquer : 1°. Que l'élévation & la pesanteur de toutes les parties qui sont au dessus de la ligne de flottaison diminuent la stabilité des vaisseaux: 2°. Qu'en augmentant le poids de la partie qui est dans l'eau, on augmente la stabilité, & on l'augmente d'autant plus, que les corPs les
beaucoup de stabilité en augmentant la longueur du vaisseau : 4°. Que l'augmentation du creux produit peu de stabilité, en supposant la carene homogêne; mais elle l'augmente dans un bon arrimage , parce qu'on abaisse les poids qui sont au dessous de la flottaison, & ainsi ils agissent par un plus long bras de levier : 5°. Que l'augmentation de largeur est plus favorable qu'aucune autre à la stabilité; car elle est augmentée en raison des cubes.
Nous terminons ce Chapitre par quelques réflexions qui ont rapport à l'arrimage, & aux mouvemens de tanguage & de roulis.
à leur gouvernail, &c. On trouvera à la fin de cet ouvrage une Table des ma
T R A I T É D E L A CONSTRUCTION PRATIQUE
De l'Echantillon & des Dimensions des principales Pieces qui entrent dans la Construction des Vaisseaux.
J E dois prévenir que mon intention n'est point de trairer de la charpente du vaisseau, de faire l'énumération de toutes les parties qui la composent, de parler de leur assemblage, du rapport qu'elles ont les unes avec les autres, & de la façon dont chacune contribue à la so