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Jack Lang prend la défense de Roman Polanski
"Je ne peux pas imaginer que la Suisse que j'aime puisse livrer
à la justice américaine Roman Polanski", a déclaré le politicien
socialiste dans un entretien au
Jack Lang ne cache pas son admiration pour les institutions de la
Suisse, "le pays le plus démocratique d'Europe", qui a un sens
profond d'ouverture au monde. Il affirme ne pas vouloir s'immiscer
dans ses affaires intérieures, mais ne peut pas croire que la
Suisse prendra la décision d'extrader le cinéaste franco-polonais
de 76 ans.
Polanski "a déjà payé"
A ses yeux, il est possible de refuser l'extradition, vers les
Etats-Unis, où Polanski est poursuivi pour avoir eu des relations
sexuelles avec une adolescente de 13 ans en 1977. La justice
américaine refuse de communiquer toutes les pièces du dossier. Une
autorité ne peut pas prendre une décision sans les connaître.
Pour Jack Lang, Polanski a déjà répondu de ses actes devant la
justice américaine: il a payé et a été emprisonné. Par ailleurs un
accord a été conclu avec la famille et la victime elle-même
souhaite que le dossier ne soit pas rouvert.
français, un juge a rouvert le dossier pour se faire de la
publicité sur le dos de Polanski. "C'est contraire à l'idée que
l'Europe se fait de la justice". Si les Etats-Unis devaient
remettre Polanski en prison, ce serait "trop injuste, trop inhumain
et trop contraire à l'esprit du droit", estime le socialiste.
Jack Lang, qui connaît personnellement Polanski, a confié que cela
lui faisait mal de l'imaginer avec un bracelet au pied. Il lui a
parlé au téléphone et compte lui rendre visite bientôt à
Gstaad.
ap/sbo
Publié le 16 mai 2010 à 12:21 - Modifié le 28 juin 2010 à 11:31
Le cas Lewis, une "manipulation"
Jack Lang ne demande pas de privilège particulier pour Roman Polanski. "Mais il ne faudrait pas à l'inverse prendre le risque qu'il soit victime de sa célébrité", explique-t-il.
Le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner a exprimé dimanche, à titre personnel, sa "peine" pour le cinéaste Roman Polanski, trouvant "singulière" l'accusation de Charlotte Lewis.
Bernard Kouchner a espéré à titre purement individuel que la justice se prononce afin que le cinéaste franco-polonais "soit enfin soulagé de ce fardeau" et "pour qu'une fois pour toutes, Polanski soit tiré de cet effrayant engrenage où il risque de perdre sa santé morale voire plus".
Le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand a déclaré de son côté que son devoir était de "ne rien dire", mais que "le silence" de sa part "n'interdit pas les sentiments" de sympathie pour Polanski, à la radio Europe 1.