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Et de trois! Avec cette nouvelle mise en accusation, mardi, le truculent ex-président américain cumule pas moins de trois inculpations fédérales en moins de quatre mois, pour des affaires aussi diverses que variées. Une prouesse historique. Mais surtout, largement de quoi nous faire perdre le fil. Remontons un peu, voulez-vous?
Première inculpation en avril 2023. Donald Trump est accusé par le procureur de Manhattan d'avoir orchestré un paiement de 130 000 dollars à l'actrice porno Stormy Daniels, pour l'empêcher de divulguer leur liaison, avant l'élection présidentielle de 2016.
Bien qu'un tel paiement ne soit pas illégal en soi, le milliardaire l'a inscrit comme «frais juridiques» dans les comptes de son entreprise, la Trump Organization. Mal lui en a pris: il fait face à 34 chefs d'inculpation, dont «falsifications de documents comptables». Le procès devrait débuter en mars 2024.
En mai, c'est un procès au civil qui s'est tenu à New York pour une affaire d'agression sexuelle, doublée de diffamation. L'auteure E. Jean Carroll, ex-rédactrice du magazine Elle, accuse l'ancien président de l'avoir violée dans une cabine d'essayage, au milieu des années 1990. Si Trump n'a pas pointé le nez au cours de ce procès de plusieurs jours, il a été reconnu coupable et condamné à verser à E. Jean Cartoll pas moins de cinq millions de dollars.
L'affaire est loin d'être résolue. En juin, Trump a demandé à un tribunal fédéral de New York de lui accorder un nouveau procès ou de réduire la somme de dommages et intérêts.
L'équipe juridique de Trump n'a eu guère le temps de souffler. En juin toujours, l'ancien président a fait face à une seconde inculpation criminelle: celle-ci, pour les documents d'Etat classifiés qu'il a embarqués sans autorisation dans son manoir de Mar-a-Lago, à la fin de son mandat présidentiel. Avant d'organiser une vaste partie de cache-cache pour empêcher le FBI de les retrouver.
Cette outrecuidance lui vaut 37 chefs d'accusation, dont «complot en vue d'entraver la justice», «dissimulation de documents» et de «fausses déclarations». Ainsi qu'une arrestation historique en bonne et due forme en Floride, le 14 juin 2023.
La date du procès fait encore l'objet d'âpres négociations entre la défense et l'accusation pour juger cette affaire, dans laquelle Donald Trump encourt jusqu'à 20 ans de prison.
Pour débuter le mois d'août dans la joie et la bonne humeur, quoi de plus excitant qu'une troisième inculpation fédérale? Après une longue enquête menée par l'avocat spécial du ministère de la Justice, Jack Smith, l'ex-président est officiellement accusé d'avoir ourdi un «complot» pour annuler les résultats des élections de 2020 et rester au pouvoir.
Accusé notamment d'«entrave à une procédure officielle» et de «menace sur les droits individuels», Donald Trump doit comparaître pour la première fois dans cette affaire le 3 août, aux côtés d'anciens alliés et collaborateurs, dont son vice-président Mike Pence et le complotiste d'extrême droite Steve Bannon.
Pendant ce temps, d'autres enquêtes avancent lentement mais sûrement, faisant planer d'autres ombres sur l'avenir juridique du 45e président. La première, dans l'Etat de Géorgie, se concentre sur un appel très compromettant de Donald Trump auprès du secrétaire d'Etat républicain, Brad Raffensperger. En novembre 2020, Trump aurait fait pression pour «trouver» des votes et rafler ce swing state face à Joe Biden.
La décision de l'inculper ou non dans ce dossier serait «imminente», selon la procureure de district Fani Willis. En mai dernier, elle avait signalé que les accusations pourraient ne pas se concrétiser avant le mois d'août.
Last but not least, c'est un autre procès au civil à New York qui pend au nez de l'homme d'affaires. En septembre dernier, Donald Trump, ses deux fils aînés et la Trump Organization ont essuyé une plainte de la procureure générale de New York, Letitia James, pour avoir menti à plusieurs reprises aux prêteurs et aux assureurs de l'entreprise.
Selon cette plainte, les états financiers annuels de Trump entre 2011 et 2021 comprenaient plus de 200 évaluations d'actifs fausses ou trompeuses destinées à réduire les coûts d'emprunt et d'assurance. Ce procès est prévu pour octobre 2023.
Six affaires différentes, pour 78 chefs d'accusation: les prochains mois s'annoncent judiciairement chargés pour Donald Trump. Si ses avocats vont certainement passer quelques nuits blanches, pas sûr que cela suffise à épuiser l'ancien président dans ses ardeurs présidentielles.
Les magistrats entrent. Le banc des accusés reste vide. Les portes sont closes. Un procès est en cours, mais pour un crime qui n'existe pas. Personne ne peut dire ce qui est reproché à un mouvement qui n'existe pas, personne ne peut expliquer comment le verdict sera appliqué.