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Le terme « ange » vient du grec « angelos » qui signifie « messager ». Il est construit sur une racine verbale que l’on retrouve aussi dans le mot « évangile » (bonne nouvelle en grec). Il est la traduction de l’hébreu « malak » qui signifie « envoyé comme délégué ». Sur le plan politique, il désigne un envoyé plénipotentiaire d’une autorité royale.
Dans l’Ancien Testament
Le mot « ange » peut désigner des personnes ou des êtres surnaturels, parfois sous l’apparence d’êtres humains. Il est même souvent difficile de savoir lesquels sont désignés par texte biblique comme en Genèse 18,1-33. D’ailleurs les textes bibliques vétérotestamentaires qui nous parlent d’anges sont assez rares et fournissent que peu de détails.
Dans la période intertestamentaire
Les écrits intertestamentaires développent davantage la question. Il semble que les périodes qui précèdent les écrits néotestamentaires (période perse et hellénistique) fut foisonnante en spéculations sur le monde des anges. Le christianisme reprendra ces spéculations. Ceci provient en particulier de la reprise des thématiques apocalyptiques. Il en ressort toute une classification des anges. Dans le catholicisme, la classification de Thomas d’Aquin vient clore cette spéculation en proposant une modèle qui fait autorité aujourd’hui encore. Le terme de « gloires » cité dans l’épître de Jude fait référence à l’une de ces catégories spéculatives.
Dans le Nouveau Testament
Dans le Nouveau Testament, les anges ont plusieurs fonctions. Ils sont des porteurs d’un message divin (par ex. Lc 1,26-35); des consolateurs (Lc 22,43), des protecteurs (Mt 18,10 à partir de ce passage va naitre la spéculation sur les anges gardiens personnels). Mais ils sont aussi ceux qui célèbrent la liturgie céleste dans tout le livre de l’Apocalypse. Enfin, ils sont ceux qui combattent l’armée du mal (Ap 12,7). Une autre spéculation chrétienne sur Ap 12,3 fait des démons des anges déchus.
D’un point de vue de l’histoire des religions
D’un point de vue de l’histoire des religions, les anges apparaissent dans la tradition biblique en même temps qu’un monothéisme exclusif s’affirme. En effet, dans les religions du Proche Orient Ancien, chaque divinité principale est entourée (un peu comme un roi et sa cour) d’une série de divinités inférieures ou de créatures intermédiaires. C’est ainsi que les cultes babyloniens connaissant des « ketubim » ou des « serafim ». Repris dans le vocabulaire biblique, ces termes vont devenir les « chérubins » et les « séraphins » de la tradition populaire chrétienne. On retrouve des traces de cette conception dans certains textes bibliques (par ex. Jb 2,1ss).
Mais dès que le monothéisme exclusif fait de Yahvé autre chose que le dieu national, mais le seul dieu; il ne peut donc plus être entouré de divinités inférieures. Les anges vont prendre le relais. Pour plus de détails sur l’évolution du culte de Yahvé, cf. le cours du professeur Römer au Collège de France.
Une fonction théologique
D’un point de vue théologique, la fonction des anges est de sauvegarder le caractère transcendant (et donc inatteignable) de Dieu tout en permettant une communication entre le divin et l’humain.