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Le majordome du pape, poursuivi pour le "vol aggravé" de centaines de documents confidentiels, a été condamné samedi à un an et demi de prison par le Tribunal du Vatican, à l'issue d'un procès éclair sur les fuites de "Vatileaks". Il pourrait être gracié par le pape.
Une semaine seulement après l'ouverture du procès, le tribunal a condamné Paolo Gabriele à trois ans de prison, comme le demandait l'accusation. Mais la cour a immédiatement réduit la peine de moitié, en raison de circonstances atténuantes.
Grâce
Le président du Tribunal, Giuseppe Dalla Tore, a expliqué que la peine était réduite "en raison de ses états de service" aux côtés du pape, de son casier judiciaire vierge, "de sa conviction - que le juge estime erronée - de servir l'Eglise", "de sa conduite lors du procès", et "de sa conscience d'avoir trahi le pape".
Moins d'une heure après l'énoncé du verdict, le père Federico Lombardi, porte-parole du Saint-Siège, évoquait devant la presse la possibilité d'une grâce de la part de Benoît XVI, "très concrète et très vraisemblable".
L'ex-employé modèle, qui servait le pape depuis 2006, avait dissimulé dans son appartement plus d'un millier de lettres, fax et textes divers, certains paraphés de la main même de Benoît XVI, et en avait transmis une partie à la presse.
Camouflage
Ce procès est un pas sans précédent dans la transparence du Saint-Siège. Mais certaines voix critiques y voient un camouflage destiné à contenir un scandale plus large, qui mettrait au jour intrigues et tensions dans les plus hautes sphères du Vatican,
La conduite du procès par le président Dalla Torre a aussi été critiquée. S'en tenant strictement au chef d'accusation contre le majordome, "vol aggravé", il a empêché que tout autre aspect de l'affaire "Vatileaks" soit mentionné.
Il a ainsi interrompu l'accusé chaque fois qu'il tentait d'expliquer ses motivations et son désir d'aider le pape, qu'il jugeait "manipulé".