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Daniel Wolf crée au Poche, à Genève, la pièce du Suédois Ingmar Bergman. Et offre au public un spectacle agréable, même si ses acteurs ne sont pas tous du même niveau.Ce contenu a été publié le 21 septembre 2001 - 13:44
Nous devons la pièce «Après la répétition» à Ingmar Bergman; à son désir de revenir sur les traces de son travail de metteur en scène; à sa volonté de remuer le présent pour mieux éclairer le passé.
Dans ce texte que le cinéaste suédois a écrit en 1980, et que Daniel Wolf monte à Genève, l'auteur relance un ballet d'ombres qui prennent consistance en passant au devant d'un mince tulle de scène.
Quand le théâtre reflète le théâtre
Dans la nuit du théâtre apparaît, donc, Rachel, une actrice morte, une séductrice déchue, jadis amante de Henrik, lui-même metteur en scène et double de Bergman. Surgie d'un autre âge, elle vient s'entretenir avec celui qu'elle aima, avant de disparaître dans un halo de lumière. Et de céder sa place à sa fille Anna, jeune comédienne que Henrik a engagée pour jouer le rôle d'Agnès dans «Le Songe» de Strindberg.
Théâtre dans le théâtre, donc, et jeu de miroir dans lequel la fille devient la projection de sa mère; dans lequel aussi Bergman s'éblouit et nous étourdit.
Sa pièce se passe après une répétition du «Songe» sur un plateau de théâtre, lieu d'évasion que le scénographe Jean-Claude Maret a laissé en friche, comme une mémoire dévastée. Un canapé bleu, une table, une lampe, restes d'un vieux décor, servent de cadre à une conversation entre morts et vivants.
A Henrik, l'acteur Philippe Mentha, prête une détresse gaie que Caroline Cons (Rachel) saisit au rebond, transformant sa souffrance en affliction bouffonne. Face à cet excellent duo, Sophie Lukasik (Anna) fait pâle figure. Elle est jeune comme son personnage. Et comme lui, elle pourrait «chercher le poids d'une grande actrice dans [ses] hanches et [ses] épaules».
Ghania Adamo
«Après la répétition», à Genève, Théâtre Le Poche, jusqu'au 14 octobre. Tel: 022/310 37 59
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