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Monsieur le Président,
La Suisse remercie l’Allemagne et la République dominicaine pour l’organisation de ce débat et tous les intervenants pour leurs contributions.
La crise actuelle liée à la pandémie de COVID-19 a des répercussions négatives importantes sur la prévention de la violence sexuelle dans les conflits ainsi que la lutte contre ce fléau. La Suisse exhorte donc le Conseil de sécurité et la communauté internationale à mettre en œuvre la résolution 2532. Nous soutenons l’appel lancé par la Représentante spéciale chargée de la question des violences sexuelles dans les conflits armés, qui invite toutes les parties à des conflits à cesser toute violence sexuelle et fondée sur le genre. Nous saluons le dernier rapport du Secrétaire général sur la violence sexuelle dans les conflits et soulignons la responsabilité première des États membres de protéger toutes les femmes et les filles, mais aussi les hommes et les garçons contre les actes de violence sexuelle.
J’aimerais évoquer les trois points suivants :
Premièrement, la violence sexuelle dans les conflits trouve ses racines dans l’inégalité entre les sexes et la discrimination fondée sur le genre. De ce fait, la violence sexuelle est à la fois un signe d’alerte précoce et une conséquence des conflits. Il est par conséquent déterminant de favoriser l’émancipation des femmes et des filles, ainsi que d'engager les hommes et les garçons à atteindre l'égalité des sexes. Si la majorité des survivants de violences sexuelles sont des femmes et des filles, les hommes et les garçons souffrent également de ces actes de violence horribles. La stigmatisation et l'exclusion des victimes peuvent conduire à un nombre encore plus élevé de cas non signalés. La contribution de la société civile, y compris des défenseuses des droits de l'homme, à la création de confiance et de respect mutuels reste essentielle pour prévenir et résoudre les conflits et pour maintenir la paix.
Deuxièmement, la Suisse préconise une approche communautaire dans la prise en charge des victimes ayant survécu à des violences sexuelles, y compris des enfants qui en sont issus. Les droits et les besoins des survivants, leur santé et leurs droits sexuels et reproductifs inclus, doivent être au centre de toute intervention. Les survivants méritent d’être traités avec dignité et respect. Nous soulignons l’importance de la réintégration des survivants dans leurs communautés et les structures sociales qui y sont rattachées. C’est pourquoi la Suisse soutient des projets qui renforcent les réseaux de solidarité et la guérison collective, car la violence sexuelle liée aux conflits touche une communauté dans son ensemble.
Troisièmement, la Suisse s’inquiète des lacunes persistantes, aux niveaux national et international, en matière de redevabilité et de justice liée à la violence sexuelle dans les conflits. Alors qu’elle soutient les efforts déterminants de la Cour pénale internationale et de son procureur pour déférer à la justice les auteurs de crimes sexuels et fondés sur le genre, elle collabore également avec des acteurs nationaux pour faciliter l’accès des survivants à la justice. Ce type de partenariat permet aux rescapés de devenir des intervenants majeurs et des agents du changement en matière de prévention et de lutte contre la violence sexuelle dans les conflits. Conformément à la résolution 2467, la Suisse réitère la nécessité d’une approche holistique comportant des mesures juridiques et non juridiques. Nous invitons le Conseil de sécurité à poursuivre la lutte contre l’impunité et à défendre le principe de redevabilité par tous les moyens dont il dispose.
Cette année, nous commémorons des étapes importantes, telles que le 25e anniversaire de la déclaration et du programme d'action de Pékin, le 20e anniversaire de la résolution 1325 ainsi que le 75e anniversaire des Nations unies. Des progrès décisifs dans l'élimination des causes profondes de la violence sexuelle et fondée sur le genre sont attendus depuis longtemps. Le Conseil de sécurité a un rôle crucial à jouer, notamment afin de renforcer et surveiller la pleine mise en œuvre des engagements pris par toutes les parties à des conflits pour prévenir et combattre toutes les formes de violence sexuelle dans les conflits et dans les situations d’après conflit. Nous demandons donc au Conseil de poursuivre ses efforts dans ce sens.
Je vous remercie.