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Je tenais tout d'abord à vous remercier de publier, comme vous le faites, les commentaires des partisans du PQ Malley-Gare. C'est tout à votre honneur. Ceci dit, le tout-ménage que nous avons reçu récemment mérite qu'on y réponde. Votre postulat de base est de dire qu'une tour, c'est forcément une atteinte horrible au paysage faite de béton, de verre et d'acier, c'est quasiment le mal absolu en terme urbanistique. Le photomontage montre d'ailleurs des parallélipipèdes rectangles, gris anthracite extrêmement laids.
Il faut quand même que la population sache qu'un concours d'architecture est au programme. J'ose espérer que l'architecte qui s'engagera dans ce concours proposera un projet autrement plus original, esthétique et avant-gardiste qu'un bête parallélipipède... Savez-vous qu'à Bordeaux, une audacieuse tour en bois est en construction ? Autre argument : selon vous, la tour est dévoreuse d'espace et beaucoup du volume est perdu en installations techniques. Mais si on pose le même volume en longueur plutôt qu'en hauteur, ce qui semble plutôt correspondre à votre vision, on aura pléthore de cages d'escaliers et d'ascenseurs. Le volume perdu sera bien plus important. Quant à affirmer que l'écoquartier a été jeté aux oubliettes, c'est faire bien peu de cas du label "site 2000 Watts" que ce quartier devra obtenir. Ce label "récompense des quartiers qui adoptent un comportement conforme aux principes du développement durable en matière de ressources utilisées pour la construction, l'exploitation ou la rénovation de bâtiments et pour la mobilité engendrée par l'exploitation de ces bâtiments" selon l'OFEN. Argument suivant : "le trafic deviendra infernal". Ce PQ propose une solution à ce problème complexe : placer des emplois et des logements à côté d'un "hub" de transports publics. Proposer un nombre de futurs usagers importants afin que tout investissement en matière de transports publics devienne rentable et nécessaire. Il y aura un tram, un métro, une gare CFF, des bus. Que peut-on offrir de plus pour que les habitants troquent leur voiture contre les transports publics ? On pourrait redépoussiérer le projet d'entrée d'autoroute au Nord de Malley des années 70, mais je parie qu'entre des tours et une autoroute devant les fenêtres, vous préféreriez les tours...
Vous déplorez que ces immeubles feront la part belle aux bureaux plutôt qu'aux logements. Malheureusement, c'est une exigence fédérale contre les accidents majeurs. C'est cru à dire, mais en cas d'accident sur les voies ferrées avec fuite de produits toxiques, par exemple, on ne veut pas trop de morts. On préfère donc placer le long de ces voies en majorité des bureaux, plus faciles à évacuer et rarement occupés la nuit que des habitations. Quel que soit le plan de quartier, il faut respecter l'ordonnance fédérale ! Enfin, selon vous, il s'agit d'une opération spéculative aux détriments des habitants. Quoi ? Les CFF, propriétaires des lieux, à qui on impose des règles en termes de développement durable, de ressources utilisées, de mobilité engendrée (label 2000 W) veulent en plus gagner de l'argent dans l'opération ? Et ça devrait être choquant ? Les opposants pensent-ils vraiment qu'un PQ a pour but de faire perdre de l'argent aux investisseurs ? Qu'ils nous présentent donc les investisseurs qui estiment que les projets urbanistiques doivent se faire dans le cadre d'un mécénat. En conclusion, il faut bien comprendre qu'au vu de la croissance démographique actuelle, il faut créer des places d'habitation et de travail. Ces places doivent être au coeur des villes pour éviter les déplacements qui polluent et qui encombrent les infrastructures. Ne pas densifier Malley, c'est densifier le Gros-de-Vaud, la Côte, le Valais. C'est ajouter des véhicules sur les autoroutes, du monde dans les trains, c'est faire disparaître des terres agricoles, c'est contribuer au réchauffement climatique. Est-ce bien ce que nous voulons ? Alors soutenons ce projet bien étudié, raisonnable et qui offre un avenir à Malley. - Maurizio Mattia, Conseiller municipal de Prilly
Réponse:
- Les tours ne sont pas forcément "une horrible atteinte au paysage", mais celles de Malley sont disposées de la pire manière qui soit, avec un effet mur allant de l'avenue du Chablais au centre sportif, et des voies CFF au viaduc. Par ailleurs, la plus élevée est la plus proche des habitations: il faudra qu'on nous explique. Par ailleurs, comment se fait-il que les exigences précises de la "Stratégie pour l'implantation des tours" (p. 28) n'aient pas été respectées? Comment se fait-il que le groupe d'experts ne se soit pas réuni, alors qu'on nous affirme le contraire? En tant que conseiller communal, et aujourd'hui municipal, qu'avez-vous fait pour que la population soit informée, à part "regretter" en séance que l'information ne soit pas optimale et que le projet "ne soit peut-être pas le meilleur"?
- Trafic: Vous dites que le plan de quartier propose une solution au problème en créant des emplois et des logements à côté d'un "hub" de transports publics. Parce que les 8000 nouveaux habitants - emplois de Malley s'y trouveront si bien qu'ils travailleront, mangeront, habiteront, se distrairont et passeront leurs vacances à Malley? On reconnaît bien là la vision bisounours et dogmatique des Verts. A laquelle s'opposent les faits. Une étude cantonale sur la mobilité à l'horizon 2050 présentée en septembre montre que si la fréquentation des transports publics va augmenter, celui du trafic motorisé individuel restera stable. Une autre étude de Monsieur Prix publiée la semaine dernière montre que le coût des transports publics a augmenté de 80% depuis 1990, contre 30% pour las voiture. Cela contredit vos idées, mais c'est comme ça.
Entre Renens et Lausanne, sur une bande de 500 m. de part et d'autre des voies CFF où sont planifiés plus de 20 000 habitants-emplois supplémentaires au total, ce trafic automobile va sans doute augmenter. Rien n'est prévu pour l'absorber. Votre collègue Tinetta Maystre a déclaré benoîtement (à la buvette du Galicien) qu'à certains moments de la journée, "il ne faudra plus prendre sa voiture". Et les personnes âgées ou handicapées? Et les mamans qui amènent leurs enfants et leur lourd équipement à la patinoire, ou font leurs courses en fin d'après-midi parce qu'elles n'ont pas le choix? Et la déchetterie intercommunale, qui reste dans le nouveau quartier, où il faut bien amener ses déchets encombrants? Et les nombreuses manifestations du centre sportif qu'il faudra bien rentabiliser, alors qu'on va supprimer mille places de parc? Si vous parliez aux gens - comme nous l'avons beaucoup fait depuis des semaines - au lieu de rester dans votre tour d'ivoire, vous verriez que votre vision dogmatique ne tient pas la route.
Nous ne recommandons bien sûr pas de ressusciter un projet de bretelle autoroutière à Malley (encore un de ces bons gros arguments démagogiques des partisans, là vous nous décevez franchement). Nous demandons que des mesures sérieuses soient étudiées (cela va de la régulation des feux et autres mesures "douces" à des aménagements partiels ou des systèmes de navettes sur l'axe sens nord-sud, particulièrement catastrophique). Et si on ne trouve rien, que l'on densifie moins, c'est aussi simple que cela! Le laisser-aller actuel est une solution insultante pour la population. Gouverner, c'est prévoir, monsieur le municipal!
- Part de logements imposée par l'OPAM: c'est faux, comme l'affirmation selon laquelle la densité est "imposée" par le canton (voir notre lettre ouverte).
- Label 2000 watts: il n'a été accordé que sur des "intentions", selon les informations fournies par une dame qui s'en occupe, et devra être confirmé. Or le règlement du PQ Malley-Gare, qui seul compte en définitive, est minimaliste à ce sujet, de l'avis même d'un haut fonctionnaire cantonal.
- Bénéfice des CFF: personne ne leur conteste le droit de rentabiliser leur terrain. Cela dit, le calcul est totalement opaque, et nous lisons dans le livre "Des friches urbaines aux quartiers durables" que "les revenus bénéficiaires de CFF immobilier sont destinés à contribuer au financement de la caisse de pension des CFF". Ce serait donc aux Prillérans de supporter les effets collatéraux négatifs d'une caisse de pension mal gérée?
Jean-Claude Péclet, Avenir Malley