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Ces dernières années, les banques suisses - l'UBS en particulier - ont consenti de très coûteux investissements à Tokyo pour attirer l'épargne japonaise, la plus abondante du monde. Aujourd'hui, elles subissent la concurrence des banques japonaises.Ce contenu a été publié le 01 février 2001 - 17:40
A la fin des années 90, les banques suisses s'étaient empressées de renforcer leurs activités de banque privée et de gestion de fonds de retraites au Japon. Elles misaient sur la libéralisation du système financier japonais, et sur la différence à faire avec les services médiocres offerts par les banques locales pour attirer vers elles la part du lion des 2000 milliards de dollars d'épargne japonaise à long terme.
Le plus souvent, cette masse d'argent est placée, dans des comptes d'épargne de la poste qui procurent de très faibles rendements dans un pays où les taux d'intérêt sont proches de zéro.
Aujourd'hui, une étude de la société de conseils Cerrulli Associates a Boston révèle que les banques suisses et les autres groupes financiers étrangers qui croyaient faire main basse sur ce pactole japonais doivent déchanter.
Leur part, l'an dernier, s'est élevée à 12,9%, le même niveau où presque qu'en 1999. Pire que ça, la concurrence des banques japonaises devient si féroce que certaines de leurs rivales étrangères seront, peut-être, forcées de se retirer de ce marché.
En 2005, Cerrulli Associates estime que les trois plus grandes maisons de titres Daiwa, Nikko et Nomura et les quatre plus grands groupes financiers japonais contrôleront, à eux seuls, 75% de cette épargne à long terme.
Selon la société de recherche financière Analytica Japan à Toyko, les banques suisses ont sous-estimé, aussi, la capacité du gouvernement japonais à s'arranger pour que cette épargne, aussi privée soit-elle, reste sous sa haute influence.
«Les autorités financières japonaises ont envoyé à Zurich leurs experts pour étudier le modèle suisse de banque privée. Ils ont suggéré, à leur retour, de modifier la législation sur le contrôle des changes et celle sur les successions pour rendre difficile le transfert de fonds prives à l'étranger et la fraude fiscale pour ce qui est des héritages. Ce qui a été fait», explique Stephen Church de Analytica Japan.
Du coup, les autorités japonaises ont privé les banques suisses de deux de leurs spécialités. Les Japonais les plus riches savent qu'ils s'exposent aux plus graves sanctions s'ils transfèrent leur fortune en Suisse. Comme celle-ci ne peut être gérée que dans l'archipel, ils tendent à la confier à leurs propres banques.
Arrivée tard sur ce marché, l'UBS a cru pouvoir le combler par un investissement en personnel et en infrastructures des plus chers. Les analyses indépendants doutent qu'elle soit rentrée dans ses frais.
Quant au Credit Suisse, il garde le profil bas. Sa licence de gestion de fonds de retraites avait été suspendue après avoir été pris dans un scandale de transfert à l'étranger de mauvaises dettes d'entreprises japonaises.
Sa réputation réduite à néant ou presque, ses services de banque privée ou de gestion de fonds de retraites ne doivent pas être très sollicités en ce moment.
Georges Baumgartner
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