Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06934.jsonl.gz/1142

La sonde Osiris-Rex est entrée en contact avec l'astéroïde Bennu
"Tout s'est passé parfaitement", a annoncé, quelques minutes après l'opération de haute précision effectuée à 330 millions de kilomètres de la Terre, Dante Lauretta, le chef de la mission. L'équipe a "écrit une page d'histoire ce soir", a-t-il lancé, submergé d'émotions.
L'an dernier, le Japon avait réussi avec sa sonde Hayabusa2 à récupérer un peu de poussière d'un autre astéroïde, Ryugu. Cette dernière est sur le chemin du retour, avec un retour prévu en décembre. Avec Osiris-Rex, l'agence spatial américaine NASA vise à collecter plus de fragments, au moins 60 grammes, dont elle espère qu'ils révéleront les ingrédients originels du système solaire.
En orbite depuis 2018
L'appareil, long de six mètres, tournait autour de Bennu depuis la fin 2018 pour préparer cette opération très complexe, réalisée de façon autonome par le robot à partir des instructions envoyées par les ingénieurs de la NASA et de Lockheed Martin.
A cette distance, le signal met 18 minutes et demie pour aller de la Terre à Bennu et inversement. Le premier message de confirmation de l'opération est arrivé sur Terre comme prévu à 00h12 mercredi (heure suisse), puis l'appareil a confirmé avoir réalisé l'échantillonnage, et être reparti à distance sûre de Bennu.
"Ce n'est pas facile de naviguer autour d'un corps aussi petit", avait expliqué la veille Heather Enos, responsable scientifique adjointe de la mission, à laquelle elle a consacré les 12 dernières années. Douze années pour un contact de moins de 16 secondes, au cours desquelles un bras devait collecter des grains de deux centimètres de diamètre ou moins, qui auront été soulevés par un souffle d'azote comprimé.
"Raconter l'histoire de la Terre"
L'intérêt d'analyser la composition des astéroïdes du système solaire est qu'ils sont composés des mêmes matériaux qui ont formé les planètes. C'est comme une "pierre de Rosette", dit le chef scientifique de la NASA, Thomas Zurbuchen. Bennu peut "raconter l'histoire de la Terre et du système solaire depuis quelques milliards d'années".
Les échantillons reviendront le 24 septembre 2023 sur Terre.
ats/nr