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Histoire, allégorie, nature morte, paysage, portrait… Autant de genres picturaux clairement distingués aujourd’hui. Pourtant, ces différents types de représentations ont longtemps été confondus. Un paysage pouvait être le cadre d’une histoire, une nature morte le lieu d’une figuration crypto-religieuse, un portrait le terrain d’une personnification allégorique. En raison de cette porosité, les valeurs attribuées à ces genres étaient souvent mouvantes, labiles. Au fil de l’époque moderne, les enjeux relatifs aux différents sujets faisant l’objet d’une représentation se sont dès lors révélés décisifs pour les théories et les pratiques de l’art de la peinture en Europe occidentale.
Mais comment ces différents genres ont-ils pu progressivement s’autonomiser ? De quels courants de pensée la nécessité de les hiérarchiser découle-t-elle ? Quels ont été les acteurs et les adversaires de ce processus de classification ? Quels mouvements (sociaux, politiques, scientifiques) ont participé à ces changements de considérations théoriques à l’endroit des sujets représentés en peinture ? La corrélation entre hiérarchies théoriques des sujets et réalité des pratiques artistiques est-elle totale ? Voici quelques questions auxquelles nous répondrons dans le cadre de ce proséminaire.