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Eliud Kipchoge cimente sa légende de meilleur marathonien de tous les temps.
Le champion olympique en titre a remporté à Londres sa 9e victoire en 10 courses sur la distance, en 2h04'27, une performance qui lui rapporte 405'000 dollars (près de 400'000 francs).
Le Kényan entraîné par Patrick Sang, l'ex-athlète du LC Zurich, a dominé de superbe manière un plateau du meilleur cru. Malgré la chaleur, il a maintenu un bon rythme après le départ quasi suicidaire du groupe de tête (sur des bases de moins de 2 heures après 10 km!) pour émerger progressivement et devancer d'une trentaine de secondes l'Ethiopien Shura Kitata (2h05'00) et Mo Farah, le multiple champion olympique et du monde sur piste, qui signe un record de Grande-Bretagne en 2h06'32.
Kipchoge épate par sa longévité, sa polyvalence et l'élégance de sa foulée. En 2003, à 18 ans, il était sacré champion du monde du 5000 m. Quinze ans plus tard, ce coureur très intelligent est toujours au sommet, sur le bitume cette fois. Seul le record du monde (2h02'57 par son compatriote Dennis Kimetto) manque à son palmarès, mais il l'a largement dans les jambes, comme l'ont démontré ses 2h00'25 (non homologables) réalisés sur le circuit de Monza l'an dernier, lors d'une course avec une voiture-lièvre et montée de toutes pièces par son équipementier.
A Londres, Kipchoge a fait d'une pierre trois coups: la victoire lui rapporte 55'000 dollars, à quoi s'ajoute une prime de 100'000 dollars pour son chrono sous 2h05' et surtout une récompense de 250'000 dollars pour sa victoire au classement final des World Majors, qui regroupe sur deux ans les six autoproclamés plus grands marathons du monde (Londres, Chicago, New York, Boston, Berlin et Tokyo). Ce total de plus de 400'000 dollars ne tient pas compte des primes d'engagement, confidentielles.
La Kényane Vivian Cheruiyot a fait irruption parmi les "grandes" de la discipline en s'imposant dans la course féminine, en 2h18'31. La championne olympique en titre du 5000 m et triple championne du monde sur piste a profité de la terrible défaillance de sa compatriote Mary Keitany.
Cette dernière, triple gagnante sur les bords de la Tamise, a couru pendant 25 km sur les bases du record du monde (2h15'25) de Paula Radcliffe. Une entreprise téméraire, vu la chaleur (entre 20 et 23 degrés). Elle l'a payé au prix fort. D'abord en se faisant dépasser par Cheruiyot au 35e km, puis en devant finir quasiment en marchant, décomposée, à la 4e place (2h24'27).
Cheruiyot au contraire a bien réparti son effort. Elle devient la 4e athlète la plus rapide de tous les temps.
ATS