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21 juin 2019
DERNIER CONCERT DE LA SAISON !!!
Piotr Illitch Tchaikovsky
Sextuor à cordes Souvenir de Florence
Ophélie Sanchez, violon
Marie Traube, violon
Javier López Sanz, alto
Ruggero Pucci, alto
Sébastien Singer, violoncelle
Simon Cauchefer, violoncelle
Pour clore la saison, La Société de Musique de Neuchâtel convie ses membres, leurs amis et tous les mélomanes d’ici et d’ailleurs à un programme bien printanier. Au début de l’année 1890, Tchaïkovsky passa trois mois à Florence où il acheva très rapidement son opéra La Dame de Pique. De retour à Saint-Petersbourg, il écrivit à son cousin: « Maintenant je suis terriblement, indescriptiblement fatigué!!! Et de quoi ai-je besoin pour me remettre? De me divertir, de faire la noce? Pas du tout! Je vais immédiatement me mettre au travail sur une autre pièce de grande envergure, mais d’un genre complètement différent: un sextuor à cordes.»
L’œuvre fut esquissée en moins de deux semaines, et onze jours plus tard la partition était entièrement rédigée; mais lorsqu’elle fut exécutée en privé à Saint-Pétersbourg le 7 décembre 1890, ni le compositeur ni les musiciens qui y étaient présents n’en furent tout à fait satisfaits, et après la première représentation en public, trois jours plus tard, Tchaïkovsky décida de mettre la partition de côté. Le sextuor fut révisé en décembre 1891 et janvier 1892.
La composition de Souvenir de Florence ne fut pas facile pour Tchaïkovsky. « Je compose au prix d’un effort incroyable », écrivit-il à son frère Modest le jour où il entreprit le travail. «Je suis entravé non par un manque d’idées, mais par la nouveauté de la forme. Il doit y avoir six parties à la fois indépendantes et homogènes. » Et de confier à son ami Ziloti: « J’ai toujours l’impression … d’écrire en fait pour l’orchestre, et de le réarranger pour six instruments à cordes. » Sans doute Tchaïkovsky ne parvint-il jamais à vraiment résoudre ce problème. Encore aujourd’hui, ses interprètes sont confrontés au conflit entre une approche orchestrale et une approche soliste de l’œuvre; mais ce dilemne incite à un style virtuose qui a contribué à placer Souvenir de Florence parmi les œuvres les plus populaires du répertoire de musique de chambre pour cordes.
C’est sans doute le magnifique duo pour violon et violoncelle de l’Adagio, qui fut esquissé à Florence durant la composition de La Dame de Pique, qui donne son nom à la pièce; mais l’œuvre toute entière est imprégnée d’un caractère profondément « russe ». Le premier mouvement exsude hardiesse et chaleur à travers ses riches textures. Le troisième et le quatrième mouvements sont dominés par des mélodies au caracatère populaire, et c’est la section fugato centrale du finale qui a conduit Tchaïkovski à avouer: « C’est terrible que mon propre travail me fasse vibrer à ce point … »
Le concert sera suivi du traditionnel apéro des membres lors duquel la nouvelle saison sera présentée en avant-première.