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D’un essai de l’écrivain soviétique Vassili Grossman, «La Madone Sixtine», Dorian Rossel et Delphine Lanza tirent une rêverie pleine de grâce – et de culs-de-sac.
Au Théâtre Forum Meyrin, un petit peuple confiné au milieu des décombres garde l’espoir en se prêtant assistance.
ROMAIN HUCK
Des panneaux de liège sombre forment un cube nu et compact sur la scène du Forum Meyrin, ouvert seulement côté public. On croirait un hall d’aéroport, sauf que les gravats jonchant le sol suggèrent plutôt la zone sinistrée. D’harmonieux grondements se font entendre. Un petit peuple de sept survivants cosmopolites, mutants peut-être, ou zombies – la note d’intention les appelle «flâneurs» – tantôt chancelle, sautille, flotte, s’immobilise, s’écroule ou se relève. À chaque fois que l’un tombe, les autres vont le secourir. Dans leur contemplation hagarde du monde, les quatre filles et trois garçons sont mus par un émerveillement à toute épreuve, et par un sentiment d’entraide que rien ne saurait entamer. De temps en temps, un membre du chœur prend la parole: «Nous sommes quelque chose qui se déroule pendant l’entracte d’un spectacle», «Tout fait partie de la nature, le dehors et le dedans», «La mort de la vie n’est pas sa défaite»…