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Valais - Physios au tribunal pour un patient qui s'est noyé
par Christian Humbert - Deux femmes qui auraient dû surveiller les bassins de la clinique de la Suva ont comparu mardi. Leur chef et le directeur médical de l'établissement sont aussi parmi les prévenus.
(Photo: Keystone/Olivier Maire)
Bras écartés, la face contre le sol de l’une des deux piscines de la clinique de réadaptation de la Suva, à Sion: Francisco*, 54 ans, a été sorti de l'eau le 12 juin 2013. Il est décédé huit jours plus tard.
Ce père de famille portugais était en pleine forme. Il était dans l'établissement pour une séance de rééducation de sa cheville gauche, après un accident de travail ancien.
Francisco ne savait pas nager. Il ne portait pas de ceinture flottante. Comme il mesurait 1m73, il aurait dû rester dans un petit bassin ne dépassant pas 1m40 de profondeur. Or il se trouvait dans celui de 1m84.
Les physios papotaient
C'est un patient qui a aperçu le quinquagénaire gisant au fond de la piscine. Les deux physiothérapeutes chargées de la surveillance, elles, s'étaient assises sur un petit muret pour papoter. Les directives recommandaient qu’elles déambulent de manière à voir les installations, qu'on ne peut apercevoir en entier d'où elles étaient à cause des réverbérations. Qui plus est, les caméras de surveillance étaient en panne. Et quatre incidents, sans conséquences mortelles, avaient déjà mobilisé les secours précédemment.
Il a fallu 63 mois pour que les deux physiothérapeutes, leur chef de l’époque et le directeur médical de la clinique de la Suva se retrouvent devant le tribunal de Sion, ce mardi. Ces femmes et ces hommes, âgés de 34 à 67 ans, risquent des peines de 30, 45 et 120 jours de prison avec sursis, pour homicide par négligence. La défense a de son côté soutenu l’acquittement.
Il n'a ni «gesticulé» ni «crié»
A la surprise des plaignants, qui ont été indemnisés, aucun regret ou excuse n’a été formulé par les prévenus.
«Je ne savais rien de la noyade silencieuse. Je pensais que quelqu'un en train de se noyer devait gesticuler et crier», s’est défendue l’une des accusées.
L'établissement a, depuis lors, incité ses collaborateurs à passer un brevet. Mais il n'a en revanche pas investi dans des moyens techniques supplémentaires, tels que la vidéo sous-marine. «Rien ne remplace la surveillance humaine», a plaidé l’avocat du directeur.
Le jugement sera rendu ultérieurement.
Source: 20 Minutes
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