Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07274.jsonl.gz/234

Si ce mode d’expression n’a pas encore été complètement décrypté par les spécialistes, son effet relaxant, pour le félin comme pour son maître, n’est en revanche plus à démontrer.
Le mot ronron est une onomatopée qui imite un bruit caractéristique associé aux félins. Celui-ci garde une part de mystère, ce qui ajoute sans aucun doute à son charme. Son origine n’est en effet pas totalement élucidée. Comme il n’existe pas d’organe spécifiquement dédié au ronronnement, plusieurs hypothèses tentent d’expliquer ce phénomène. Selon l’une d’elles, ce son spécifique, produit à l’expiration comme à l’inspiration, serait dû à une contraction très rapide des muscles du larynx, en alternance avec le diaphragme. Une autre évoque une vibration de la veine cave liée à une augmentation de pression, qui serait amplifiée par les bronches, la trachée et les cavités nasales. Les cordes vocales pourraient aussi jouer un rôle.
Le chat n’est pas le seul à pouvoir émettre ce son de basse fréquence qui se situe entre 20 et 30 Hz. Guépards, pumas et lynx, notamment, partagent cette particularité, alors que l’incertitude plane toujours en ce qui concerne le lion ou le tigre. «Cette vocalisation apparaît dès l’âge de 2 jours, lors de la tétée, relève Christine De Conto, vétérinaire à Gland (VD). On peut aussi l’observer lors de la toilette des chatons par la mère. Elle permet de renforcer les liens sociaux et de désamorcer les conflits.»
Dans la nature, le ronronnement est un moyen de communication limité aux relations entre la mère et sa progéniture. Chez le chat domestique, ce son est caractéristique d’un individu qui exprime son contentement sous les caresses. Il se déclenche aussi fréquemment lorsque le félin réclame de la nourriture à son propriétaire, se réjouissant d’avance de son repas. Mais s’il est souvent associé à une situation plaisante, le ronronnement peut aussi se produire dans une situation de stress, de peur, voire de souffrance, ajoutant un voile de mystère quant à sa signification et son rôle exacts. Ce mécanisme, qui semble lié aux émotions, servirait à apaiser le chat. «Certains spécialistes évoquent même le pouvoir régénérateur et antalgique de ces vocalisations sur les structures osseuses, tendineuses et musculaires, observe la vétérinaire vaudoise. Elles libéreraient en effet dans l’organisme des endorphines, qui l’aideraient à atténuer une douleur, voire à récupérer d’une maladie.»
Véronique Curchod