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Comme chaque année la Commission globale, présidée par Ruth Dreifuss, publie un rapport traitant un sujet particulier. Cette année le rapport discute la classification des substances psychoactives.
Extraits de l’avant propos de la présidente:
Daniele Zullino
Un catalogue de près de 300 substances psychoactives, réparties en catégories selon la rigueur avec laquelle elles doivent être combattues, sert de fondement aux politiques actuelles en matière de drogues, internationales et nationales. ces substances sont soumises à une longue liste d’interdits : interdiction de les cultiver, de les produire, de les fabriquer, de les exporter, de les importer, de les distribuer, de les commercialiser, de les posséder et de les consommer, obligation de les limiter exclusivement à des usages scientifiques et médicaux. certaines, d’ailleurs, se voient nier, sans la moindre preuve, toute utilité médicale.
Ce neuvième rapport de la commission analyse l’histoire, les procédures et les incohérences de la classification des substances psychoactives. inutile d’y chercher certaines des plus dangereuses – le tabac, l’alcool – qui échappent ainsi à la prohibition et apportent d’immenses profits à des entreprises qui ont pignon sur rue. celles qui y figurent, qualifiées de drogues, sont considérées comme malfaisantes et alimentent un marché noir tout aussi lucratif pour les organisations criminelles.
La classification est trop souvent tributaire de l’idéologie, des préjugés et de la discrimination de groupes de population marginalisée, voire des intérêts financiers de l’industrie pharmaceutique. La science est bien peu présente dans ce processus de décision et lorsqu’elle l’est et qu’elle présente ses conclusions, elle est peu écoutée!
il y a urgence à évaluer de façon rationnelle les substances psychoactives. L’incohérence de la classification actuelle fait obstacle aux nécessaires réformes. il est grand temps d’accepter le fait qu’une société sans drogue est une illusion et de créer les bases scientifiques de la régulation légale de leurs marchés, en revenant à l’essentiel : la vie, la santé, la sécurité de tous.