Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07155.jsonl.gz/242

Elle avait créé la Mélodie sur la table de Boléro et participé à d’innombrables ballets de Maurice Béjart. Duska Sifnios s’est éteinte dans la nuit du 12 au 13 octobre, à Bruxelles, rejoignant ainsi la longue série des disparus du Ballet du XXe Siècle : Germinal Casado, Catherine Verneuil, Paolo Bortoluzzi…
Duska Sifnios à la création de Boléro – Bruxelles, Théâtre Royal de la Monnaie (10 janvier 1961).
Née à Skopje, en Macédoine, le 15 octobre 1934, elle fait ses débuts en 1951 à l’Opéra de Belgrade et poursuit sa formation en Union soviétique auprès de Lavrovsky et de Messerer. Suite à quoi, Duska Sifnios rejoint la compagnie de son compatriote Milorad Miskovitch, puis le Ballet Europeo de Léonide Massine. C’est à la faveur du Festival de Nervi 1960 dont Massine assure la direction artistique que Béjart la découvre à la plage, sortant ruisselante de la mer. Germinal Casado, également présent, est frappé par « son agressive beauté », « son allure hautaine », « son physique de panthère ».
Maurice Béjart, pour la décider à le suivre à Bruxelles, lui promet un ballet où elle aura aussi les cheveux trempés d’eau. Ce sera Boléro (1961). Pendant une dizaine d’années Duska Sifnios est de toutes les grandes créations du Ballet du XXe Siècle, des Quatre Fils Aymon à Noces, de la Suite viennoise à la Neuvième Symphonie de Beethoven. Mais c’est naturellement à Boléro que son nom reste attaché. Elle y est « superbe et fastueuse, faisant impudemment étalage d’un narcissisme d’enfant », pour citer Maurice Béjart.
Retirée de la scène, Duska Sifnios épouse le chef d’orchestre de la Monnaie, André Vandernoot (1927-1991). Le Béjart Ballet Lausanne et son directeur artistique Gil Roman s’associent pleinement à la douleur de leur fille, la comédienne Alexandra Vandernoot et de son fils Patrick Vandernoot.