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SCAPHANDRIERS EMERITES
SCAPHANDRIERS DE l'HISTOIRE, EXTRÊMES, INSOLITES OU MÉRITANTS
William Robert Bellenie (WiLLIAM Walker)
William Robert Bellenie est né à Newington dans Surrey en Angleterre, en 1869. Vers 1900, il a adopté le nom de William Bellenie-Walker, abandonnant finalement le patronyme de Bellenie pour se faire appeler Walker.
En 1887, il commença l'entraînement de scaphandrier aux docks de Portsmouth. Il a successivement travaillé comme aide scaphandrier et comme coordinateur, passant ses examens médicaux et test en eau profonde pour être finalement qualifié comme scaphandrier en 1892.
En son temps, William Walker était le scaphandrier le plus expérimenté de la société Siebe Gorman Ltd. En 1906–1911, travaillant dans une eau profonde de près de 6 mètres, il a consolidé la cathédrale de Winchester, utilisant plus de 25 000 sacs de ciment, 115 000 blocs de béton et 900 000 briques.
Avant son travail, la cathédrale était en danger imminent de s'effondrer car elle s'enfonçait lentement dans le sol, constitué de tourbe. Pour permettre aux maçons de construire des murs de consolidation, le niveau de la nappe aquifère devait être abaissé. Normalement, le fait d'enlever l'eau souterraine aurait causé l'effondrement du bâtiment. Donc, pour donner un support temporaire aux murs de fondation, quelques 235 fosses ont été creusées le long des ailes sud et est du bâtiment, de six mètres de profondeur environ chacune. Walter y descendit et consolida les murs en mettant du béton en dessous d'eux. Il travaillait six heures par jour - dans l'obscurité totale, parce que les sédiments suspendus dans l'eau empêchaient toute visibilité.
Après que Walker eut fini son travail, l'eau souterraine fut pompée et le béton qu'il avait placé supporta les murs de fondation. Des maçons travaillant classiquement furent alors capable de travailler et de restaurer les murs endommagés.
Pour son travail, il a été nommé membre de l'Ordre royal de Victoria.
Durant son travail à Winchester, Walker retournait à bicyclette chez lui à Croydon, 240 km aller et retour, chaque fin de semaine pour revoir sa famille. Il se maria deux fois : sa première épouse mourut avant qu'il ne commence son travail à Winchester. Il épousa alors la sœur de cette dernière en 1907, avec laquelle il eut plusieurs enfants.
Il succomba à l'épidémie de grippe espagnole en 1918. Il fut inhumé au cimetière de Beckenham.
Carl Brashear
Carl Brashear est né le 19 janvier 1931 à Tonieville, au Kentucky, sixième des huit enfants d'un cultivateur afro-américain, McDonald Brashear, et de Gonzella Brashear. En 1935, sa famille s'installe dans une ferme de l'état de Sonora, toujours au Kentucky. Carl a suivi des cours au Sonora Grade School, de 1937 à 1946, avant d'arrêter ses études à l'âge de 15 ans.
Brashear s'enrôle dans l'U.S. Navy dès le 25 février 1948, à l'âge de 17 ans, peu de temps après que le Président des États-Unis, Harry S. Truman, décide d'autoriser l'enrôlement d'afro-américains dans ce corps d'armée, qui gardait encore à cette époque un caractère fortement ségrégationniste.
En 1954, il devient le premier* afro-américain à être diplômé de l'U.S. Navy Diving & Salvage School, et également le premier* afro-américain des États-Unis à être plongeur dans la Navy, non sans rencontrer de nombreuses difficultés.
En effet, durant la période de ses études à l'école de plongeurs scaphandriers de Bayonne, dans le New Jersey, Brashear doit faire face au racisme et à l'hostilité de ses camarades, comme de ses supérieurs hiérarchiques. Il trouvera par exemple plusieurs notes sur sa couchette, où seront inscrites diverses menaces : "Nous allons te noyer aujourd'hui, nègre !" ( "We're going to drown you today, nigger!") ou encore "Nous ne voulons pas de plongeurs nègres" ("We don't want any nigger divers."). Toutefois, Brashear reçoit les encouragements et devient First Class Boatswain's Mate, manœuvrier de Première Classe, tout en obtenant la note de 16/17 au test d'usage.
* Ce n'est pas tout-à-fait le premier, avant lui, il y a eu John Henry "Dick" Turpin (20 Août 1876 – 10 mars 1962). Merci à Francis Hermans pour cette précieuse information, lui-même scaphandrier émérite que vous pourrez découvrir ci-après.
La première mission de Brashear, en tant que scaphandrier, fut de récupérer environ 16 000 munitions au fond de la mer, tombées d'une barge qui s'était brisée et avait été coulée par le fond. Lors de son premier tour de service, à Quonset Point, dans l'État de Rhode Island, ses fonctions comprenaient la récupération d'avions coulés, dont un Blue Angel, et la récupération de plusieurs cadavres.
Par la suite, Brashear a été affecté à l'escorte du navire présidentiel, le Barbara Ann, à Rhode Island. À cette occasion, il rencontre le président Eisenhower, dont il reçoit, en cadeau, un petit couteau, sur lequel est inscrit : "Pour M. Carl Brashear. De Dwight D. Eisenhower, 1957. Merci, merci beaucoup."
En 1959, il reste trois années à Guam, dans l'Océan Pacifique, durant lesquelles il effectuera principalement des missions de démolition sous-marines.
En janvier 1966, durant un incident aujourd'hui connu comme l'accident nucléaire de Palomares, une bombe nucléaire de type B28 est perdue au large de la côte de Palomares, dans la province d'Andalousie, en Espagne, après la collision d'un Boeing B-52G du Strategic Air Command et d'un Boeing KC-135 Stratotanker, qui effectuaient une mission de ravitaillement aérien. Le B-52G se brise en plusieurs morceaux, et perd les quatre bombes B28 qu'il transportait. Trois d'entre elles sont retrouvées à terre, près du village de Palomares, mais la quatrième reste manquante, tombée dans la Mer Méditerranée.
Brashear servait alors à bord de l'USS Hoist (ARS-40), quand il a été envoyé afin de localiser et de récupérer le missile nucléaire disparue, au profit de l'Air Force. Après deux mois et demi de recherches, l'ogive est enfin récupérée.
Il décède le 25 juillet 2006 à l’âge de 75 ans à Plymouth.
Les hommes d'honneur retrace l'histoire de sa vie
Scaphandriers de nos jours, extrêmes, insolites ou méritants
La profession de scaphandrier est souvent difficile et demande beaucoup de sacrifices. Rares sont ceux qui l’exercent après 40 ans, généralement pour des raisons familiales ou physiques. Et pourtant, on en trouve que la passion n’arrête pas, à l’exemple de Julio, Francis ou Ray…
Julio
C'est un sale boulot. "Mais il faut bien que quelqu'un le fasse", explique le plongeur qui s'immerge dans ces eaux noires depuis trente ans pour décongestionner de ses mains égouts et canalisations.
Une tache cruciale dans cette mégalopole de plus de 20 millions d'habitants qui produit quotidiennement quelque 12.700 tonnes de déchets.
"Ici on trouve tout ce qu'on peut imaginer, depuis les sacs de cellophane jusqu'aux pièces détachées d'automobiles", explique à l'AFP cet homme costaud de 53 ans, dans sa tenue en néoprène rouge, son casque jaune de scaphandrier sous le bras. Parfois même, "on est en train de travailler et l'on voit arriver un corps flottant sur l'eau".
Julio admet que son travail est particulièrement pénible. Depuis que le poste a été créé en 1980, il est le seul à s'y être maintenu si longtemps. "L'odeur est désagréable, mais on s'habitue à tout, même si ça peut étonner les gens qu'on puisse faire un tel travail", dit-il avant d'entreprendre sa première plongée du jour dans une station de pompage, au centre de la capitale, à huit mètres sous terre.
Sa fonction est avant tout préventive. Il s'agit de descendre dans des égouts, des canalisations ou des stations de pompage et de dégager manuellement des déchets - parfois inattendus - qui empêchent un bon drainage des eaux usées. Une machine prendrait beaucoup plus de temps.
Et pourtant Julio Cesar travaille à l'aveugle. "A 10 centimètres de profondeur, la visibilité est déjà nulle", explique-t-il. Il ne peut pas utiliser des bouteilles d'oxygène, qui seraient trop lourdes, il respire à travers un tube relié à la surface, son "cordon ombilical", dit-il.
Un travail à risque:
De la surface, trois compagnons de travail - dont deux jeunes apprentis - communiquent avec lui par un système de microphones et d'écouteurs situées à l'intérieur du scaphandre, pour vérifier en permanence que tout est en ordre.
Parce que ce travail, que deux autres plongeurs ont abandonné il y a cinq ans en raison de la modicité du salaire - l'équivalent de 360 euros mensuels - comporte des risques. "Une goutte d'eau qui nous atteint est presque à coup sûr une source d'infection", souligne le plongeur. Les clous, les morceaux de verre ou les seringues qui circulent dans les eaux usées de Mexico constituent aussi un danger.
Il n'a jamais eu d'accident, mais se souvient avec tristesse de la mort d'un compagnon de travail, emporté il y a quinze ans par les eaux d'un barrage.
Qu'est-ce qui peut motiver quelqu'un à faire un travail aussi ingrat, risqué et peu payé ?
"Ma femme dit que je travaille pour l'amour de l'art. Mon travail me plaît beaucoup, c'est ma passion. Ce qui me motive, c'est l'émotion parce que je ne sais jamais ce que je vais trouver en bas", assure-t-il.
Voir la vidéo : Julio, le plongeur des égouts de Mexico
Papy One
Francis Hermans est un (vieux) plongeur scaphandrier de 62 ans qui pratique encore et toujours son métier avec passion.
Il a été fasciné tout jeune par ces hommes qui respiraient et évoluaient ainsi sous eau dans le film "le monde du silence" de J.-Y. Cousteau.
A 18 ans, il s’engage pour 2 ans dans la Force Navale Belge avec l’espoir de pouvoir monter sur un bateau et ainsi voir du pays. Vœux exhaussé, puisque deux mois après son incorporation, il a la chance de terminer sa formation sur un navire qui partait pour une mission à Madagascar.
Une fois cette formation terminée, il a été muté sur un chasseur de mines qui bien entendu avait parmi son équipage une équipe de plongeurs démineurs.
Qu’est-ce qu’il enviait ces gaillards ! Et puis un jour, la chance lui a souri via un petit mémo qui est venu s’afficher au panneau d’information du bateau et sur lequel on pouvait lire : "Un nouveau stage de plongeur démineur va être organisé prochainement. Les candidats volontaires sont priés de se faire connaître auprès de l’officier recruteur". C’est ainsi que la plongée a commencé pour lui puisque sur la cinquantaine de volontaires, il a eu la chance de faire partie des cinq sélectionnés.
Ensuite, après avoir quitté l’armée, il a commencé et apprit mon métier de scaphandrier dans les Travaux Publics en Belgique.
Voir son blog: Papy One Blog
RAY IVES
A 77 ans, Ray Ives n'a rien perdu de son sens de l'humour, ni de ses talents d'homme-grenouille. Il enfile chaque semaine son costume de scaphandrier pour des plongées sur épaves entre copains.
Né à Plymouth, ce plongeur infatigable y vit encore aujourd'hui. Au fil de sa longue carrière, il a ratissé le fond des mers pour en extraire des trésors, et vient d’ouvrir au public son "musée", un simple conteneur aux allures de caverne d’Alibaba où il expose ses fabuleuses trouvailles : épées, pistolets, canons, bouteilles, pièces d’or et d’argent, ustensiles et antiquités marines en tous genres. Mais rien à voir ici avec un vide-greniers... Ray a surtout collecté, conservé et mis en valeur les objets qui racontent la grande histoire de la plongée sous-marine. Après avoir fait ses armes de scaphandrier dans la marine anglaise au cours des années 1950 et 1960, il a poursuivi sa carrière de plongeur dans le civil pour les compagnies pétrolières.
Ray est désormais à la retraite, mais l’oisiveté n'est pas sa tasse de thé. Il fait lui-même visiter son musée, plonge régulièrement pour alimenter sa collection et supervise parfois des plongées professionnelles.
Chaque printemps, il revêt son scaphandre "pieds lourds" du début du siècle dernier pour aller faire le clown au milieu manchots de l'aquarium marin de Torquay.
Voir son musée : Plymouth Dive Museum
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