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Ayant d'abord voulu envisager un voyage personnel pour assister au Grand Prix de formule 1 d'Abu Dhabi, Pierre Maudet a expliqué avoir finalement accepté "le principe d'un voyage officiel". Le conseiller d'Etat a indiqué avoir ressenti "une certaine gêne quand (il a) compris que les frais du voyage étaient pris en charge par les Emirats arabes unis".
Pierre Maudet a souligné n'avoir "jamais associé (sa) famille à un voyage officiel" à l'exception de ce voyage-là. "L'idée que cette fois-ci ma famille a été associée à un voyage officiel, où tous les frais ont été payés par un Etat étranger, m'a été insupportable et j'ai voulu dissimuler cette réalité", a-t-il admis.
Pierre Maudet n'envisage pas de démissionner
Le politicien a encore souligné avoir "été aveuglé": "Les Genevois savent que je ne suis pas un homme d'argent, un homme qui court après l'argent, je suis un homme de pouvoir. (...) J'ai été ici aveuglé." Et de poursuivre: "Ce n'est pas moi, ce n'est pas ma façon de faire. J'ai toujours voulu représenter une forme de droiture. (...) Je n'en ressors pas indemne et j'en ressors avec des leçons."
"J'ai tiré les conclusions de cette affaire", a insisté le président du Conseil d'Etat genevois, "mais il est important de ne pas déclarer forfait maintenant", soulignant au micro de Léman Bleu qu'il n'était pas question actuellement de démission, "(sa) capacité de gouverner" restant selon lui intacte.
L'affaire du voyage de Pierre Maudet à Abu Dhabi en 2015 est revenue sur le devant de la scène la semaine dernière. Dans un communiqué publié jeudi, le Ministère public genevois a annoncé sa volonté de demander au Grand Conseil la levée de l'immunité de Pierre Maudet afin de le poursuivre pour "acceptation d'un avantage".
"Une erreur, et probablement une faute"
Dans une interview à la RTS donnée avant l'intervention de Pierre Maudet sur Léman Bleu, la conseillère d'Etat genevoise Anne Emery-Torracinta a estimé que les faits reprochés à son collègue Pierre Maudet étaient "pour le moins une erreur, probablement une faute aussi".
La magistrate socialiste a défendu la solution trouvée par le Conseil d'Etat pour garantir le bon fonctionnement de l'Etat de Genève. Le collège gouvernemental a indiqué mercredi qu'il retirait certaines prérogatives à Pierre Maudet, tout en le maintenant à la tête du département présidentiel et de la Sécurité.
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Anne Emery-Torracinta a également souligné la difficulté humaine traversée par le conseiller d'Etat PLR. "C’est une leçon de vie", a-t-elle dit, tout en demandant d'attendre l’issue judiciaire de toute l’affaire. "Est-ce qu'on peut pardonner, c’est toute la question. Ce sera au peuple de le dire", a ajouté la cheffe de l'Instruction publique, rappelant qu'il n'existe aucune procédure d'"impeachment" à Genève.
"Rester au gouvernement serait compliqué en cas de condamnation"
"Rester au gouvernement serait compliqué en cas de condamnation, mais on n’en est pas là", a encore déclaré la ministre socialiste, qui tient à rappeler la présomption d’innocence. À ce sujet, elle a jugé "assez étonnant" que le communiqué du Ministère public expliquant les faits reprochés à Pierre Maudet ait été "aussi détaillé". Mais "de nouveau, c’est une situation inédite".
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