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La défaite de la Juventus dimanche contre Milan (0-3) pourrait être celle de trop pour son entraîneur. Ses joueurs ne le suivent plus, les médias non plus.
Plusieurs regards sur la situation disent tous la même chose: Un changement est nécessaire.
Neuf fois championne en titre, la Juventus a déjà égaré le scudetto cette saison et pourrait également perdre le droit de disputer la Ligue des champions. Elle est 5e du classement (seuls les quatre premiers disputent la C1) au lendemain d'une prestation décevante. Et inédit: le Milan n'avait jamais obtenu le moindre point à l'Allianz Stadium depuis l'inauguration du stade en 2011.
Une absence en Ligue des champions serait doublement problématique pour le club turinois: il ne pourrait pas retenir son meilleur joueur (Cristiano Ronaldo) et, sans les millions de la C1, risquerait fort de creuser la dette du club (les pertes devraient s'élever à 180 millions d'euros en fin de saison).
Le bilan serait alors catastrophique pour cette «Vieille dame» (le surnom du club) qui n'est pas vaccinée contre la défaite. Sa seule perspective de titre, après son élimination sans gloire en 8e de la Ligue des champions contre Porto, tiendrait dans la finale de la Coupe d'Italie contre l'Atalanta (le 19 mai).
Un chiffre témoigne du chaos qui règne dans le vestiaire bianconero: Avant le match de dimanche, Andrea Pirlo avait aligné 34 compositions différentes en 34 journées de championnat. Les joueurs ont changé, les systèmes et les consignes aussi, seuls les mauvais résultats sont restés. Les doutes de Pirlo ont fatalement rejailli sur ses joueurs.
Le quotidien turinois Tuttosport accompagne Andrea Pirlo vers la sortie ce matin, estimant le coach «indéfendable».
La Gazzetta dello Sport n'est pas tendre non plus avec celui que la Juventus a nommé entraîneur en août dernier, dans la précipitation, en remplacement de Maurizio Sarri. Pirlo était un grand joueur (116 sélections), un architecte du jeu, de surcroît un ancien de la maison, mais il n'avait pas la moindre expérience du banc au plus haut niveau (même joueur, il ne le fréquentait pas). «Il a perdu le fil: la Juve ne le suit plus», souligne le quotidien rose.
Le Corriere dello Sport croit savoir que Pirlo «aurait reçu un ultimatum du club: La qualification en Ligue des champions ne suffirait pas, la Juventus doit montrer autre chose. Sinon, son entraîneur partira à la fin de la saison». Un autre que lui pourrait-il faire mieux? La Repubblica en doute et trouve au coach en place des circonstances atténuantes. «Si cette Juventus était "inentraînable" pour Maurizio Sarri, dont l'expérience du banc est forte de 30 ans, imaginez si cela aurait pu être différent pour Pirlo».
Il pense pouvoir faire mieux et n'envisage pas un départ.