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La psychologie positive
La psychologie positive étudie les mécanismes qui contribuent à l’épanouissement des individus, mais aussi des groupes sociaux et des institutions. Ce n’est pas une méthode de développement personnel égocentrique.
En 1796, le médecin anglais Edward Jenner inocula le premier vaccin contre la variole à son fils, pour le protéger contre cette maladie qui faisait des ravages. Ce faisant, il stimula les « défenses naturelles » de l’enfant. Aujourd’hui, l’efficacité des vaccins est avérée pour lutter contre diverses maladies infectieuses, et les médecins transposent le principe aux maladies mentales : ils tentent de stimuler les « défenses psychiques naturelles » des individus. Ces défenses naturelles contre la dépression, l’anxiété et le stress sont notamment l’empathie, la créativité, le sens de la justice, l’optimisme, la gratitude, qualités qui contribuent à l’épanouissement de l’individu et au bon fonctionnement de la société.
L’année 2000 a marqué un tournant dans le champ de la psychologie avec l’avènement de la « psychologie positive », suite à la proposition de Martin Seligman, de l’Université de Pennsylvanie et président de l’Association américaine de psychologie, de promouvoir la recherche sur les aspects positifs du fonctionnement humain. On ne considère plus que la santé mentale est simplement caractérisée par une absence de symptômes anxieux et dépressifs ou de trouble avéré. C’est un état de bien-être permettant de surmonter les tensions inévitables de la vie quotidienne, d’accomplir un travail fructueux et de contribuer à la vie sociale. La psychologie positive recherche les mécanismes qui contribuent au bien-être psychique des individus et, par là même, au fonctionnement optimal des individus et des groupes.
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Vers un état de plénitude
Le bonheur pourrait correspondre à un état de plénitude associé à une concentration intense, mais naturelle. Il s’agit de ne penser qu’à une chose à la fois, ce qui est possible en organisant ses priorités.
Les neurosciences peuvent-elles aider à trouver le bonheur ? Chaque jour, les scientifiques confirment que les états mentaux et ce que l’on ressent sont liés à des états cérébraux. Le bonheur est un de ces états mentaux. Dès lors, correspond-il aussi à un état cérébral particulier ? Pourra-t-on bientôt le définir, puis le déclencher en modifiant l’activité du cerveau (avec des médicaments par exemple) ? Plusieurs études ont déjà montré l’existence de « centres » du plaisir qui peuvent être stimulés artificiellement. Le plaisir à volonté, c’est possible… Pourquoi pas le bonheur ?
Mais plaisir et bonheur sont deux expériences distinctes. Pour s’en convaincre, il suffit d’observer un rat placé dans un dispositif expérimental qui lui permet d’activer ses neurones du plaisir (par exemple, quand le rongeur s’administre une drogue) : le rat devient vite dépendant de ces stimulations, au point de se laisser mourir de faim par négligence. Peut-on mourir d’une overdose de bonheur ? Vraisemblablement non.
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Une économie du bonheur ?
Selon les études sociologiques, la croissance n’implique pas le bien-être des citoyens. La justice, l’égalité et le sentiment de liberté sont plus importants.
L’argent ne fait pas le bonheur ; c’est même à se demander pourquoi les riches y tiennent tant », écrivait Feydeau. L’économie peut-elle répondre à cette énigme ? Longtemps, la « science sinistre », comme l’appellent souvent ses détracteurs, s’est désintéressée du bonheur, se centrant plutôt sur la quantité, la désirabilité ou l’utilité des biens produits par la société. Le bien-être des citoyens était une variable secondaire sans intérêt, ou presque, et on partait du principe sous-entendu que plus de richesses aboutissait forcément à plus de bonheur…
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Le cerveau heureux
Grâce à l’imagerie cérébrale, les scientifiques découvrent les régions du cerveau qui s’activent davantage quand on est heureux ou quand on rumine. Ils savent même comment « stimuler » le bonheur : on doit se concentrer sur le moment présent.
Évoquer la neurobiologie à propos du bonheur peut paraître étrange tant cet état d’âme appartient à des moments intimes, loin de tout matérialisme. Le bonheur est un état de bien-être et de satisfaction : on est assailli de sentiments positifs, et l’on est capable de prendre conscience de ces émotions et de les savourer. Une « dissection » neurobiologique du bonheur consiste à étudier les réactions cérébrales et biologiques associées non seulement aux émotions positives, mais aussi aux états de conscience qui leur sont liés, que l’on soit seul ou en groupe quand on éprouve ces sentiments agréables. Nous allons aborder les travaux récents de ce domaine : ils montrent que les états de bien-être les plus subjectifs sont ancrés dans le cerveau.
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Le bonheur philosophique
Depuis l’Antiquité, plusieurs théories ont tenté d’expliquer ce qu’est le bonheur. Mais aucune ne parvient à le définir dans sa globalité, en tenant compte de ses dimensions subjectives et objectives.
Les philosophes de l’Antiquité se définissaient volontiers comme des médecins de l’âme. De même que les médecins traitent l’organisme pour qu’il soit en bonne santé, les philosophes soignent l’âme pour qu’elle soit heureuse. Peu de philosophes modernes se présenteraient comme des thérapeutes ouvrant les portes du bonheur. Ils ont abandonné cet aspect pratique aux psychologues, aux psychiatres et aux sages pour se consacrer aux questions théoriques. Toutefois, ils n’ont pas cessé de s’interroger sur la nature du bonheur.
Dans la vie, certains événements sont « bons » et d’autres « mauvais ». On obtient une promotion, on savoure une glace en regardant un feu d’artifice, on a de vrais amis. Tout cela est bon. On tombe malade, on se sent triste, on est rejeté par quelqu’un qu’on aime. Tout cela est mauvais. Ces événements heureux et malheureux peuvent se succéder. Ils peuvent partiellement se compenser et, selon les cas, rendre heureux ou malheureux. Le bonheur, au sens où les philosophes l’entendent, c’est la condition qui est la meilleure pour sa vie « prise dans sa globalité ».
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Comment construire un bonheur durable
Même si l’on a hérité d’un faible niveau d’aptitude au bonheur, les expériences montrent que l’on peut agir sur ce curseur. Être heureux et le rester demande notamment de faire un effort pour apprécier ce que l’on a.
Il n’est pas nécessaire d’être un observateur très perspicace de la nature humaine pour se rendre compte que certaines personnes sont plus heureuses que d’autres. Nous connaissons tous des individus qui semblent malheureux, souvent moroses, irritables et parfois désespérés. Inversement, nous connaissons aussi des personnes qui ont toujours l’air de bonne humeur. Comme tout le monde, elles traversent des périodes difficiles, mais, malgré cela, elles parviennent à trouver de la joie dans leur quotidien et restent satisfaites de leur sort. Qu’est-ce qui différencie ces deux types de personnes ? Les gens heureux ont-ils simplement la chance d’être nés avec de meilleures dispositions ? Pourquoi la vie semble-t-elle leur sourire davantage ? Les recherches en psychologie ont montré que la prospérité, la santé et la beauté influent peu sur le bien-être. Ainsi, dans la mesure où les besoins fondamentaux sont satisfaits (manger, avoir un toit et vivre en sécurité), il ne semble pas exister d’auspices plus ou moins favorables à la naissance qui expliqueraient que l’on soit heureux ou malheureux. Est-ce une affaire de génétique ?
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Agressif au volant ?
Insultes, queues de poisson, coups de klaxon : certains automobilistes semblent donner libre cours à leur agressivité dès qu’ils sont au volant. Que se passe-t-il dans la tête de ces conducteurs énervés ?
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