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Oui. Le type, la fréquence et l’intensité des évènements extrêmes devraient évoluer en conséquence des changements climatiques sur Terre, et ces évolutions peuvent se produire même si les changements climatiques moyens ne sont que de faible intensité. Des variations ont déjà été observées pour certains types de phénomènes extrêmes : notamment, augmentation de la fréquence et de l’intensité des vagues de chaleur et des fortes précipitations (voir FAQ 3.3).
Le réchauffement futur du climat risque d’entraîner un accroissement de l’intensité, la fréquence et la durée des vagues de chaleur. La canicule de 2003 en Europe est un exemple de ce genre de phénomène de chaleur extrême, pouvant s’étendre sur quelques jours ou sur plus d’une semaine, et que le réchauffement climatique futur risque vraisemblablement de banaliser. Ces températures extrêmes sont également associées à une baisse probable des écarts de la température diurne dans la plupart des régions. Il est tout aussi probable qu’avec le réchauffement, les jours de gel seront plus rares (donc également moins de nuits où la température chutera en-dessous de zéro). Le nombre de jours de froid extrême conditionnant la durée de la saison de croissance de la végétation, on prévoit que celle-ci s’allongera à mesure que le climat se réchauffera. Les pics de froid extrême, qui peuvent durer quelques jours ou plus d’une semaine, seront probablement moins fréquents dans la plupart des régions de l’hémisphère Nord. À l’exception, peut-être, de certaines régions situées dans l’ouest de l’Amérique du Nord, dans l’Atlantique Nord, en Europe du sud et en Asie, où des modifications de la circulation atmosphérique entraînent une diminution minimale des froids extrêmes.
Dans un climat futur plus chaud, la plupart des modèles de circulation générale du couplé atmosphère / océans (MCGAO) prévoient des étés plus secs et des hivers plus humides dans la plupart des régions situées à des latitudes moyennes à élevées de l’hémisphère Nord. Les étés secs laissent prévoir un risque accru de sécheresse. Parallèlement au risque d’aridification, on peut s’attendre à de fortes précipitations et à des inondations, du fait qu’une atmosphère plus chaude peut retenir davantage d’eau. Ce phénomène a déjà été observé et on s’attend à ce qu’il se reproduise encore, car sur une planète plus chaude, les précipitations ont tendance à se concentrer en événements plus intenses entrecoupés de périodes plus longues à pluviosité faible. C’est ainsi que des pluies torrentielles pourraient alterner avec des périodes relativement sèches, plus longues. Un autre aspect du changement laisse prévoir des précipitations extrêmes plus importantes dans de nombreuses zones où l’on s’attend à une intensification des précipitations moyennes, et des extrêmes de sécheresse plus importants dans les zones où l’on s’attend à une diminution des précipitations moyennes.
Parallèlement à l’augmentation des extrêmes en matière de précipitations, l’intensité des pluies torrentielles augmenterait même si la force des vents tempétueux du climat futur restait stable. Pour l’hémisphère Nord notamment, les projections prévoient que les hivers deviendront probablement très humides dans une grande partie de l’Europe centrale et l’Europe du nord en raison de l’intensification des fortes pluies pendant les tempêtes. Elles suggèrent également un risque accru d’inondations en Europe et dans d’autres régions de moyenne latitude, dû à une intensification des précipitations de pluie et de neige, et donc à un écoulement plus important. Des résultats similaires peuvent s’appliquer aux précipitations estivales, impliquant des inondations accrues dans les zones asiatiques soumises aux régimes des moussons et dans d’autres zones tropicales. Le réchauffement risque d’accroître les inondations et les crues dans de vastes bassins fluviaux, et, à leur tour, les tempêtes de pluie intenses et les inondations. Certains de ces changements seraient le prolongement de tendances déjà existantes.
Les études de modélisations démontrent qu’à l’avenir, les cyclones tropicaux deviendront plus violents, avec des vents plus forts et des précipitations plus intenses. Les études semblent indiquer que de tels changements sont déjà en cours ; d’ailleurs, des indicateurs montrent que le nombre moyen des ouragans annuels de force 4 et 5 a augmenté au cours des trente dernières années. Les projections de certaines études de modèles prédisent une diminution des cyclones tropicaux dans le monde, en raison d’une troposphère tropicale plus stable sous un climat plus chaud, caractérisé par la réduction du nombre de tempêtes de faible intensité et par un plus grand nombre de tempêtes violentes. Quelques études de modèles prévoient également une tendance générale aux tempêtes plus violentes mais moins nombreuses dans les régions non tropicales, avec une tendance à des vents plus forts et des vagues océaniques plus hautes dans certaines régions, en raison de l’intensité accrue des évènements cycloniques. D’après les projections des modèles, la trajectoire des tempêtes se décalera de quelques degrés de latitude en direction des pôles Nord et Sud.