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La rotonde
Peu avant l’achèvement du premier tube du tunnel du Simplon en 1905, les CFF ont construit la rotonde, en même temps que les autres bâtiments du site de la gare de marchandises et du dépôt. Comme le tunnel du Simplon a été électrifié d’emblée, mais que le reste de la ligne ne l’était pas, il fallait changer ou garer les locomotives à Brigue, mais aussi en assurer l’entretien et la réparation. Il fallait donc une installation suffisamment grande. La base du dépôt de Brigue a la forme d’un demi-disque et possède aujourd’hui encore 13 voies de garage, contre 15 autrefois. Le diamètre de la rotonde est de 80 mètres, celui de la plaque tournante de 20 mètres. Le bâtiment est aujourd’hui encore utilisé comme dépôt de locomotives et comme atelier.
Avec la plaque tournante, l’atelier attenant, le château d’eau, la halle aux marchandises de transit (halle en dents de scie), le bâtiment de la douane, deux bâtiments pour le personnel et plusieurs entrepôts, le dépôt constitue un ensemble remontant au temps du percement du tunnel du Simplon, de très grande valeur du point de vue de l’histoire des chemins de fer.
La gare-frontière
Brigue constitue la plus grande gare-frontière des CFF en Suisse romande. Elle est située au niveau de la frontière avec l’Italie passant dans le tunnel du Simplon. Le tunnel du Simplon (mise en service du premier tube en 1906, et du deuxième en 1922) et le raccordement au réseau ferroviaire international ont conféré à Brigue une grande importance au niveau national.
De même que Chiasso, Brigue s’est développée pour devenir la plus importante des gares-frontières à la frontière sud de la Suisse. Le raccordement de trois chemins de fer privés (compagnie du Berne-Lötschberg-Simplon, Furka-Oberalp Bahn et compagnie Brigue-Viège-Zermatt) à la ligne des CFF à Brigue a fait de la gare-frontière un nœud ferroviaire. Le volume de transports était particulièrement élevé dans le segment touristique. Par exemple, pendant les années d’entre-deux-guerres, le Simplon-Orient-Express reliait chaque jour Paris et Istanbul, et faisait halte à Brigue.
Le château d’eau
Les châteaux d’eau du chemin de fer permettaient de remplir les réservoirs d’eau des locomotives à vapeur. Outre le combustible (le charbon), l’eau était le principal consommable. Construit en 1904, le château d’eau approvisionnait en eau trois grues hydrauliques et plusieurs bouches d’incendie.
Le socle tronconique du château d’eau, qui subsiste encore aujourd’hui, fait quelque 7 mètres de haut et présente un diamètre de 11,5 mètres à la base. Un réservoir protégé par un toit conique se trouvait au-dessus ce cette base. Ce réservoir n’existe plus. Il faisait quelque 4,5 mètres de haut pour un diamètre d’environ 9 mètres. En 1919, l’électrification de la gare de Brigue a rendu le château d’eau inutile. Son socle sert aujourd’hui de débarras.
L’apparence du socle est remarquable: elle rappelle une forteresse. Par rapport aux autres châteaux d’eau existant encore en Suisse, plus élancés, sa forme trapue est atypique et constitue une curiosité. La tour de Brigue, qui est l’un des derniers châteaux d’eau de Suisse, constitue un témoin précieux de l’âge des trains à vapeur.
La halle en dents de scie
Dans les années 1860, le fret ferroviaire a connu un développement très important. Pour la plupart des entreprises ferroviaires suisses, il représentait la source de recettes la plus importante. C’est pourquoi il a fallu construire des infrastructures adaptées dans les gares, à Brigue également. Une halle aux marchandises de transit a été construite en 1903 pour le transbordement, c’est-à-dire pour les marchandises en transit. Elle constitue ainsi un élément essentiel de la gare-frontière. Outre la manutention des marchandises, le stockage temporaire des marchandises, le changement de locomotives et le contrôle douanier jouent aussi un rôle majeur.
Au sol, la halle aux marchandises a une forme de scie d’une longueur de 192 mètres. Afin d’assurer un échange de wagons sans obstacles et d’allonger la rampe de chargement, la halle a été crantée sur son côté nord; une voie de raccordement et une rampe ont été installés à chaque cran.
Sa forme inhabituelle est aujourd’hui unique en Suisse, et présente donc un intérêt particulier. La gare des marchandises en vrac de Zurich avait aussi une halle en dents de scie. Mais elle a été déconstruite, à l’exception de deux éléments.