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En mars dernier, le Conseil administratif, au nom de la Ville de Genève, a conclu, pour financer le projet « Nouvel » d'agrandissement du Musée d'Art et d'Histoire (le coût initial du projet était de 80 millions, il est aujourd'hui de 110 millions, le temps passant il continuera de grimper ), une convention engageant la Ville pour un siècle avec une fondation privée créée trois mois auparavant, la Fondation Gandur pour l'art, dont l'acte de fondation stipule que ses buts peuvent être modifiés par le fondateur, et qui, en échange de sa participation financière éventuelle au projet Nouvel (s'il se réalise installerait son propre musée privé dans le musée public Deux mois plus tard, il était annoncé que le Service de surveillance des fondations et des institutions de prévoyance du canton de Genève n'était plus l'autorité de surveillance de la fondation avec laquelle la Ville de Genève venait de s'engager pour un siècle mais et que cette surveillance était passée au Département fédéral de l'Intérieur. De quoi s'interroger, non ?
Ajouter des oppositions évitables aux oppositions inévitables ?
Qu'est-ce, au juste, que la Fondation Gandur pour l'Art ? Avec qui au juste la Ville de Genève a-t-elle conclu une convention l'engageant pour un siècle à collaborer avec une fondation privée, et à l'héberger dans une sorte de petit musée privé dans le musée public, en échange d'une éventuelle participation à l'agrandissement du Musée d'Art et d'Histoire selon le projet Nouvel, ? On conviendra que ces questions sont assez pertinentes, et qu'il est assez légitime que des Conseillères municipales et des conseillers municipaux se les posent -et les posent à la Fondation. Il s'en trouve cependant, de ces conseillères et conseillers, pour refuser de les poser, et de se les poser. La Commission du Conseil municipal qui étudiait le convention passée entre la Ville de Genève et la Fondation Gandur ayant courageusement refusé d'auditionner celle-ci, la question suivante a été posée oralement, en séance plénière du Conseil municipal au Conseil administratif : Le Conseil administratif peut-il nous dire qui est aujourd'hui l'autorité de surveillance de la Fondation Gandur et nous assurer que désormais, les Conseillères et Conseillers municipaux désireux de savoir avec qui, précisément, la Ville conclut des conventions pour un siècle, pourront recevoir les informations utiles à leur appréciation de ces conventions,au fur et à mesure que ces informations pourront leur être données, même si telle ou telle commission du Conseil Municipal refuse d'en savoir plus, ou si les conseillères et conseillers municipaux animés d'une saine curiosité devront demander à la Cour des Comptes de se saisir du dossier ? La réponse du Conseil administratif a été, en substance la suivante : On ne sait pas vraiment qui est l'autorité de surveillance de la fondation, le service cantonal de surveillance des fondations est persuadé l'être encore alors que la Feuille officielle suisse du commerce a annoncé qu'il ne l'était plus; quant aux conventions conclues par le Département de la Culture avec des fondations privées, si elles ne sont pas disponibles sur le site internet du DAC, il les y mettra. Nous restait-il d'autre moyen d'en savoir plus sur la Fondation Gandur que celui de suggérer à la Cour des Comptes de se saisir du dossier ? c'est désormais chose faite, parallèlement au dépôt d'une motion demandant une « réelle visibilité de l'enrichissement des collections municipales », la liste des objets donnés ou déposés au MAH et des expertises réalisées par le laboratoire scientifique du musée, laboratoire menacé de fermeture et d'externalisation au moins partielles. Le directeur du musée perçoit, dans ces démarches, de la « malveillance à l'égard du musée ». Et si ce n'était au contraire que de la bienveillance, celle que l'on doit à la mission de service public d'une institution centrale du maillage culturel genevois -de la bienveillance à son égard, et à l'égard du critère de transparence, tant en ce qui concerne les collections du musée que la convention passée avec la Fondation Gandur ? Nous voulons en savoir plus, pour savoir ce que nous avons à soutenir, à enrichir, à agrandir. Rien ne menacerait plus le projet d'agrandissement du MAH que des doutes sur les conditions dans lesquelles il se réaliserait. Ce projet sera combattu par référendum. Dans un vote référendaire, les oppositions s'additionnent : l'opposition patrimoniale au projet Nouvel, l'opposition financière à son coût, l'opposition culturelle à sa démarche, l'opposition obsidionale à tout projet culturel... il n'est pas indispensable d'y ajouter une opposition fondée sur une exigence non remplie de transparence. Cette opposition-là est évitable, mais il semble que la droite municipale, et ses alliés d'occasion, ne veuillent pas l'éviter, et on se demande pourquoi.