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Mikaela Shiffrin est officiellement la skieuse la plus titrée de l'histoire, tous sexes confondus. En bon français: the greatest of all time (GOAT). Vainqueur du slalom d'Are devant Wendy Holdener, l'Américaine totalise 87e succès en Coupe du monde, un de plus que Ingemar Stenmark.
Pur technicien, le Suédois a obtenu toutes ses victoires en géant (46, un record absolu) et en slalom (40). Le record de Mikaela Shiffrin n'en est pas moins truffé de chiffres étourdissants. Ses victoires en Coupe du monde:
Shiffrin a dû se remettre en question, cravacher et modifier des éléments importants pour briller au plus haut niveau. En douze années sur le circuit (sa première course était le 11 mars 2011 à Spindleruv Mlyn), son style de ski a considérablement évolué. Une évolution, tant au niveau du matériel que physique, assez fascinante.
La skieuse du Colorado participait déjà en novembre 2010 à ses premières courses Nor-Am (l'équivalent de la Coupe d'Europe) et, grâce à ses qualités techniques, signait des top 15 avec d'énormes dossards. En décembre 2010, elle remportait sa première course à cet échelon.
S'il fallait trouver un point de comparaison avec le style de Shiffrin en début de carrière, on pourrait citer celui d'une Maria Pietilae-Holmner (trois victoires et dix podiums en Coupe du monde) dans son meilleur registre. Sauf que l'évolution de l'Américaine est impressionnante d'une année à l'autre, et spécialement de 2011 à 2012. On s'aperçoit qu'elle gomme les mouvements parasites avec son haut du corps; la recherche de stabilité, l'une de ses grandes qualités sur les skis, se bonifie avec le temps.
Le grand écart est bluffant, tant sa ligne d'épaules ne bouge plus dorénavant, à l'instar d'un Loïc Meillard, qui lui permet de ne jamais basculer sur l'intérieur et de faire plier son ski plus vite que ses concurrentes. Les mains sont également nettement plus basses pour mieux s'équilibrer.
From 2011, the first Slalom race to now... with all this in between 🤯🤯— FIS Alpine (@fisalpine) January 30, 2023
5⃣2⃣ Wins
1⃣4⃣ second place
8⃣ third
2⃣ fourth
3⃣ fifth
2⃣ seventh
3⃣ eighth
2⃣ ninth
1⃣ tenth
1⃣ eleventh
1⃣ twelfth
1⃣ fifteenth
1⃣ twenty seventh
7⃣ DNF
2⃣ DNQ@MikaelaShiffrin #fisalpine pic.twitter.com/UKJBnRZEVu
La différence est assez stupéfiante. En 2012, Shiffrin progressait de manière fulgurante techniquement, comme le prouvent sa stabilité et l'écart entre ses deux pieds nettement plus resserrés. Les centimètres qui valent des centièmes (et des places sur le podium) lui permettent de coller à la porte et de relâcher son appui nettement plus vite derrière la porte. En l'espace de plusieurs mois de préparation, Shiffrin skie nettement plus relevée.
Pour évoluer à 28 ans à un tel niveau, Shiffrin n'a cessé de modifier son ski, à la manière d'un Federer, pour arracher ses derniers titres du Grand Chelem - plutôt cocasse sachant qu'ils partagent le même sponsor.
En slalom, plus qu'en géant, les détails de sa progression technique sautent aux yeux: sa réactivité s'est intensifiée, surtout cette année, où elle démontre une réelle sécurité. La preuve: elle n'enfourche jamais. Elle possède une marge de sécurité à chaque piquet et réussit à accélérer à chaque sortie de virage. Pour ce faire, il faut compter sur une condition physique assez phénoménale, ce qu'elle possède.
Sa première manche lors du deuxième slalom de Spindleruv Mlyn illustre l'aisance de l'Américaine. Elle est un exemple technique et physique. Elle a un haut du corps en béton et se montre d'une réactivité sans faille à la moindre petite imperfection.
Elle qui expliquait avoir atteint «le meilleur niveau de sa carrière» dans la discipline si complexe du virage court, propose un ski qui inspirera les prochaines perles du circuit. A commencer par Lara Colturi, 16 ans, et déjà plusieurs top 20 dans l'escarcelle.
Adaptation d'un article paru le 2 février sur watson