Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07124.jsonl.gz/1459

L’éducation du château de Veyrier est particulièrement remarquable. Les frères Bouffier, agents d’affaires à
Genève, avaient loué la dépendance pour y installer leur magnanerie en 1837. Ils se sont adjoints les services d’un magnanier français, Antoine Drugeat de Valence, qui a une excellente connaissance des mûriers et des
vers à soie. Il a testé les meilleurs plants de mûrier et sélectionné le morus morettiana, qui donne d’abondantes feuilles, et choisi les meilleurs cocons, le Novi blanc et le Mirabel jaune.
Trois ans plus tard, en 1840, le domaine est acheté par un notaire carougeois, Jean-François Burdallet pour moitié, par le bijoutier genevois Edouard Spidler pour un quart et les frères Bouffier pour le quart restant.
Dans un rapport de juillet 1841 sur la sériciculture genevoise publié dans le « Bulletin de la Classe d’Agriculture de
la Société des Arts de Genève», la plantation Bouffier est citée pour la qualité des soies qu’elle produit. Dans le même rapport il est proposé d’organiser un concours du plus beau mûrier
afin de stimuler la sériciculture locale. Et en 1843, la famille Durade de Veyrier obtient le premier prix.
Cette industrie de la soie, handicapée
par le climat trop irrégulier et par les barrières douanières, périclita aussi vite qu’elle avait prospéré.
On apprend de la plume de Paul Puhl, membre de la Mémoire de Plan-les-Ouates, qu’entre 1945 et 1949 le premier étage du château de Plan-les-Ouates a été loué à un sériciculteur venu du Midi,
Monsieur Fiandrino, qui renoua avec l’élevage de vers à soie.