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Décès de Michel Piccoli
On vient d’apprendre par l’AFP mise au courant par la famille de Michel Piccoli que l’acteur vient de mourir à l’âge de nonante-quatre ans.
Figure emblématique de la scène et du cinéma, Michel Piccoli faisait partie des derniers monstres sacrés de l’art de la comédie. En septante ans de carrière, il a participé à plus de 230 oeuvres audio-visuelles.
Il n’avait pas son pareil pour incarner des personnages colériques et impérieux comme dans Le Sucre (1978) de Jacques Rouffio avec qui il tourna plusieurs films dont les excellents 7 morts sur ordonnance (1975) et La Passante du Sans Soucis (1982). Sa voix pouvait sonner autant comme une menace terrible que comme un murmures réconfortant. Il osait faire confiance à des cinéastes audacieux tels Pierre Granier Deferre, Richard Dembo, Francis Girod, Leos Carax, Christian de Chalonge, Yves Boisset. Sa route a même croisé celle d’Alfred Hitchcock pour Topaz (L’Etau 1969). Il était fidèle à Claude Chabrol, Claude Sautet, Luis Buñuel et Marco Ferreri à qui il offrit l’une des meilleurs scènes de mort du Septième Art dans La Grande Bouffe (1973). Il aimait soutenir des films à caractère éminemment politique et les défendait toujours avec ferveur. Il fut parmi ceux qui se battirent pour que le dernier film de Pier Paolo Pasolini, le maudit Salò ou les 120 journées de Sodome (1975) pût atteindre les écrans de cinéma: plus tard, il prêtera sa voix à son Excellence le juge dans sa version française.
En 1991, il participe à la réalisation de l’oeuvre collective Contre l’oubli. Trois ans plus tard, il réalise un court métrage, Train de nuit, qui sera suivi par trois longs métrages, Alors voilà, (1987), La Plage Noire (2001) et C’est pas tout à fait la vie dont j’avais rêvé (2005).
Parmi les seize récompenses dont il a fait l’objet, on peut citer le Prix du meilleur acteur au Festival d’Avoriaz en 1973 pour le singulier Themroc, le Prix d’interprétation masculine au Festival de Cannes en 1980 pou Salto nel vuoto, l’Ours d’Argent du meilleur acteur au Festival de Berlin en 1982 pour Une Etrange Affaire. En 2012, Habemus Papam lui rapporte quatre prix dont le David di Donatello. Nommé quatre fois aux César, il ne le concrétisera jamais. En 2007, il reçoit un Prix d’excellence au Festival de Locarno ainsi que le Léopard d’Argent du meilleur acteur pour Sous les toits de Paris.
Il s’est éteint hier, lundi 18 mai, des suites d’un accident cérébral.