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D'abord, ça a été 7 ans de trime pour 650 demandeurs d'emploi. Une manière de ne pas perdre la main. De galérer pour se recaser. Sept années à construire ce navire pour affronter les eaux d'un Léman somme toute plutôt calmes. Une fois terminée, on l'a appelée Liberté! Oui, Liberté, alors vogue la galère, sans trop de galérien puisque équipée de voiles et de deux moteurs. Un beau capitaine, quelques gentils marins, un port d'attache, des soutiens, des promenades, des réservations. Enfin tout, sauf une vie de galère. Mais les avis de tempête se sont dernièrement succédé. Manque de fonds, licenciements, nécessité de rénover, pas de chantier naval où l'amarrer, menace de faillite. Après avoir largué les amarres, la Galère n'a point retrouvé de place au port de Morges. Fatiguée de faire des ronds dans l'eau et pour lui éviter de couler, on l'a mise en cale sèche. Seul un demi-million pourrait la sauver. Du moins pour un moment. Mais comment la rentabiliser ensuite? Galérer en eaux calmes ne paie pas. Trouver une place d'amarrage coûte cher. Qu'en faire? Une prison au large, ravitaillée par la brigade du lac? Un lieu d'exposition voguant de port en port? Une pièce de Musée dans un rond-point? Un hôtel exotique sur la terre ferme? Avec le retour des religions, on pourrait la retourner pour en faire une église. Une résidence secondaire sur une île? Un refuge dans une clairière? Remorquée, elle peut accueillir jusqu'à 120 personnes. Ne pourrait-elle pas être tirée au large d'une mer accueillante, débordante d'une joyeuse équipe de pédophiles et violeurs en tous genres et discrètement oubliée? Un long tangage pour la Liberté!