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tous-tes au ciné!
Notre avis sur le film «Spencer», avec Kristen Stewart
Il était une fois, un «conte de fée à l'envers», d'après Pablo Larraín (Jackie). Le pitch? Une princesse prisonnière cherche par tous les moyens de s'échapper d'un château hanté et des personnages indifférents à son profond malheur.
Voilà une façon de résumer l'ovni cinématographique livré par le cinéaste chilien. Une tragi-comédie d'époque aux accents noëliques? Un thriller qui emprunte des codes de l'épouvante? Un drame psychologique? Une quête de liberté? Difficile de cataloguer Spencer, cette «fable d'après une vraie tragédie», qui raconte une tranche de vie fictive de Lady Diana, piquée de quelques éléments authentiques, lors d'un Noël au début des années 90.
Le synopsis
Le 24 décembre, Diana (Kristen Stewart) parcourt les contrées rurales britanniques, seule à bord de sa décapotable. «Où suis-je, p*tain?» La Princesse de Galles rejoint péniblement le château de Sandringham, dans le Norfolk, afin d'y passer 3 jours en compagnie de ses fils et de sa belle-famille pour les fêtes de Noël. Un véritable supplice pour celle qui ne parvient pas à trouver sa place au sein de la Royal Family.
S'ensuit une série de célébrations sans fin, de copieux festins planifiés d'une main militaire, de faux sourires et de dress code strict. Tout n'est que souffrance pour la malheureuse jeune femme, atteinte de boulimie et de dépression sévère. Diana ne peut faire un geste sans susciter inquiétude et bruits de couloir dans tout le château. Et l'Ecuyer de la Reine mère, Gregory (Timothy Spall, Harry Potter), veille à ce qu'elle respecte le protocole à la lettre. Impossible de trouver du réconfort auprès de son époux Charles (Jack Farthing, Poldark). Diana est littéralement hantée par sa trahison - sa liaison avec Camilla - qui prend les traits du fantôme de l'épouse déchue de Henri VIII, Anne Boleyn, à qui l'héroïne s'identifie fortement.
En proie à un mal-être extrême, la Princesse de Galles tente de se reconnecter à ses racines et à Park House, la demeure qui l'a vue grandir non loin de Sandringham. Mais c'est auprès de ses deux fils, une fois émancipée de sa belle-famille, que Diana retrouve enfin le bonheur.
On a aimé
1. L'interprétation de Kristen Stewart
L'interprète de l'inoubliable Bella Swan dans la saga Twilight, révélée dans Panic Room alors qu'elle était enfant, livre sans nul doute l'une des plus belles prestations de sa carrière. L'Américaine de 31 ans est d'ailleurs pressentie pour une nomination aux Oscars. Afin d'incarner la célèbre Lady Di, Kristen Stewart a mené de longues recherches, visionné de nombreuses interviews et travaillé avec un spécialiste de la diction pour imiter à la perfection le maniérisme et l'accent britannique de la princesse. Et avec succès: époustouflante dans la peau de Lady Di , la comédienne parvient à transmettre mélancolie, humour, une grande sensibilité, mais aussi la ténacité et le charisme de Diana. Harcelée par les paparazzis dans le passé au sujet de sa vie sentimentale, Kristen Stewart révèle que cette expérience partagée l'a rapprochée de son rôle: «À certaines périodes de ma vie, je me suis sentie complètement hors de contrôle, et c'est également un facteur déterminant dans la vie de Diana», confie-t-elle dans le dossier de présentation du film.
2. Les costumes de Diana
Les fans de mode peuvent se réjouir: Spencer est un véritable défilé de pièces vintage, toutes plus belles les unes que les autres! Lady Di était en effet une icône de mode dans les années 90 (même encore aujourd'hui) et la production lui rend hommage à travers une bonne vingtaine de costumes. Chanel, dont Kristen Stewart est l'égérie depuis 2013, est partenaire du film. La costumière Jacqueline Durran a pu donc piocher dans les archives de la maison de luxe pour habiller la comédienne.
A la fin de l'histoire, juste avant de quitter Sandringham, Diana imagine danser à travers des périodes clés de sa vie, le tout dans une joyeuse scène un peu fantaisiste. Elle revêt pour l'occasion quelques tenues mythiques, dont sa fameuse robe de mariée aux imposantes manches ballon.
Croulant sous les images de la Princesse de Galles, Jacqueline Durran avoue avoir eu du mal à faire le tri, tant elle a été photographiée. «J'ai identifié les pièces fortes que Diana a portées entre 1988 et 1992, confie la costumière à Vogue. Certains éléments, comme le color block, les boutons dorés (…), les pulls col roulé, les jeans taille haute et les ballerines reviennent souvent. J'ai dû établir un contraste entre les vêtements formels qu'elle porte pour la vie publique et ceux qu'elle met quand elle peut être elle-même», explique l'experte. Notre outfit préféré? Indubitablement sa tenue spéciale KFC: un blazer bleu marine, un jean mom, des ballerines et une casquette, une tenue qu'on pourrait tout à fait porter en 2022.
3. La relation de Diana avec ses fils
Lady Di a peu d'amis à Sandringham. Il y a bien le Chef Darren (Sean Harris, Mission impossible) et son habilleuse Maggie (Sally Hawkins, Be Happy), de jolis seconds rôles qui apportent une note de légèreté et de réconfort à la princesse. Mais la relation la plus touchante est celle que Diana entretient avec ses fils. Aucunement mièvre, cette maman sensible, joueuse et un peu enfantine joue le rôle d'amie et de confidente pour William et Harry. Les deux garçons comprennent que leur mère est malade et tentent de l'aider comme ils le peuvent.
On a moins aimé
1. Le sentiment d'étouffement
La musique joue un rôle primordial dans Spencer. Composés par le musicien Jonny Greenwood, connu pour faire partie du groupe de rock Radiohead, les notes de piano mélancoliques, les morceaux déchirants - voire effrayants - du quatuor à cordes et les mélodies jazzy accompagnent à merveille l'évolution de l'histoire et les sentiments intérieurs de Diana. Très présente pendant les 2 heures du film, la musique imite cette sensation d'étouffement que ressent la Princesse à Sandringham. Un sentiment immédiatement partagé par le public, complètement happé par le profond malheur de cette jeune femme. Heureusement, l'émancipation qui intervient à la fin agit comme une délivrance pour les spectateur-rice-s également: une fois échappée du palais avec William et Harry, le ton change. On joue All I Need Is A Miracle de Mike + The Mechanics, une véritable respiration, qui permet au public de ne pas sombrer dans la déprime, une fois sorti du cinéma.
2. Une Royal Family glaçante
Que l'on soit attaché-e ou non à cette famille toute particulière, leur représentation dans Spencer fait passer les Windsor pour les méchants du conte, puisque le point de vue représenté est celui de Diana. Si Elisabeth II se fait discrète, entourée de ses corgis, Charles se montre totalement insensible, voire cruel envers son épouse. De manière générale, les autres membres de la famille forment comme un mur de personnes froides et anonymes, sans voix, avec seulement leur regard pour juger la fragilité de la Princesse de Galles. Un parti pris du réalisateur qui renforce la pitié du public pour l'héroïne.
Même le titre du film sonne comme un affront aux Royals: Diana utilise son nom de jeune fille lorsqu'elle parvient à quitter Sandringham, et à se retrouver elle-même.
3. La violence des crises boulimiques
Personnes sensibles aux troubles alimentaires et à la détresse psychologique qui les accompagne, ce film n'est pas pour vous! Spencer met en scène de façon très graphique le terrible mal-être que ressent une personne atteinte de boulimie. Diana s'inquiète sans cesse de son apparence et de sa santé mentale, elle se fait vomir à plusieurs reprises, elle hallucine manger frénétiquement les grosses perles de son collier, tombées dans sa soupe au pois, elle se mutile le bras avec une pince coupante et fait régulièrement allusion à sa propre mort. Ces détails prouvent encore une fois que sa dépression est intense et profonde, lorsqu'elle est étouffée par les règles que lui impose sa condition de princesse.
En bref
Allez-voir Spencer pour sa magnifique réalisation, la magistrale interprétation de Kristen Stewart et son histoire déchirante, à en donner des frissons, qui vous fera aimer plus encore le personnage iconique de Lady Di. Attention toutefois: tout est fait pour que le public soit contaminé par la profonde dépression de la Princesse de Galles. Vous voilà prévenu-e-s!
Spencer, de Pablo Larraín, en salles le 26 janvier 2022. Tentez de gagner 40 invitations pour 2 personnes pour l'avant-première du film, le 23 janvier 2022 à Lausanne et le 24 janvier 2022 à Genève.
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