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L’orgue Walcker de la collégiale renaît
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Neuchâtel » L’orgue Walcker de la collégiale a été restauré et a résonné à nouveau le 24 avril, après avoir été muet durant 25 ans. L’instrument a failli partir en fumée à la mi-juin en raison d’un acte de vandalisme. Il devrait être réparé dans le courant de l’automne.
A mi-juin, un homme avec des problèmes psychologiques est entré dans le buffet de l’orgue de la collégiale de Neuchâtel et s’y est installé comme dans une chambre à coucher avec des bougies, ce qui aurait pu faire flamber le bâtiment. L’individu a cassé de nombreuses vergettes, des tiges en bois très fines qui permettent de transmettre le mouvement du doigt à la soupape. Il a mis toute la mécanique du deuxième clavier hors d’usage et détruit la transmission de 26 des 27 jeux. «La réparation va coûter environ 25 000 francs», déclare Simon Peguiron, organiste titulaire depuis 2009.
L’orgue a eu chaud. «Un instrument Walcker de cette dimension est une rareté en Suisse. Il existe uniquement un deuxième grand orgue Walcker dans le pays, à la Stadtkirche de Winterthour (ZH)», ajoute Simon Peguiron. Et pourtant, les débuts de cet orgue dans la collégiale ne s’étaient pas passés sous les meilleurs auspices. Lors de la précédente grande restauration de la collégiale en 1870, l’architecte Léo Châtelain a décidé de vendre l’orgue de l’époque, datant de 1750 et qui se trouvait au-dessus de l’entrée, à l’église de Vuisternens-en-Ogoz – où il est toujours en activité – pour créer une rosace à cet endroit.
A la place, un orgue Walcker, qui était très à la mode à l’époque, a été acheté et placé au centre de l’église. L’emplacement de l’instrument et sa sonorité ont fait qu’il n’a pas donné satisfaction. L’orgue fut augmenté par de nombreux jeux en 1952 par l’organiste de l’époque Samuel Ducommun. Guy Bovet, qui a repris la fonction en 1987, a constaté que la transmission de l’instrument montrait d’importants signes d’usure et qu’une grosse réparation devait être entreprise. L’orgue a été laissé en l’état et un nouvel instrument, beaucoup plus polyvalent, a été inauguré en 1996. «L’orgue de Saint-Martin n’a d’ailleurs pas pris une ride», explique Simon Peguiron.
Comme la collégiale possède deux orgues d’une richesse extraordinaire, il a été décidé de conserver les deux lors de la restauration – qui a duré 18 ans – mais de les inverser de place pour gagner de l’espace. L’orgue Walcker permet notamment d’entendre dans leur sonorité vraie les œuvres romantiques allemandes, comme Mendelssohn, Liszt ou Schumann. Sans compter le coût de la rénovation de l’orgue d’un demi-million, la restauration de la collégiale de Neuchâtel, qui s’est achevée en avril, a coûté 26 millions de francs. L’église date du XIIe siècle. Sylvie Jeanbourquin ATS