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es origines horlogères de la «Vallée de Joux» allemande, Glashütte, remontent à 1845, date à laquelle les premiers horlogers, parmi lesquels Ferdinand Adolph Lange, s’installent dans la petite cité minière pour y fonder une industrie allemande d’horlogerie de qualité (lire notre reportage sur place en cliquant ici). A partir de cette date, de nombreux ateliers y prolifèrent.
Mais contrairement à la paisible Suisse, l’histoire tumultueuse de l’Allemagne interrompt à plusieurs reprises l’essor de la vallée horlogère de Glashütte et change le cours de son destin.
Les origines du nom même de «Glashütte Original» le reflètent. C’est en 1916 qu’une première pendule d’un horloger nommé Karl W. Höhnel arbore la signature «Original Glashütte». En novembre 1918 est enregistrée la société Deutsche Präzisions-Uhrenfabrik Glashütte (Sa.), qui veut ainsi affirmer dans son nom le lieu d’origine de ses produits, le faisant figurer sur ses montres de poche depuis 1921, «afin de montrer que ce produit est bien authentique et non pas une imitation étrangère».
Deux sociétés, UROFA et UFAG succèdent à la Deutsche Präzisions-Uhrenfabrik Glashütte (Sa.) après sa fermeture en 1925. L’UROFA était responsable de la production des mouvements et composants et l’UFAG de l’assemblage des montres. C’est alors qu’apparaissent pour la première fois des montres au cadran frappé du nom de Glashütte Original.
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- Extrait du Journal Suisse d’Horlogerie de 1921.
Au cours de la même période, le maître-horloger Alfred Helwig, installé à Glashütte, invente un nouveau type de tourbillon, fixé sur un seul côté, connu depuis sous le nom de «tourbillon volant». Une invention qui procure au tourbillon une légèreté et une transparence nouvelles. Une invention qui démontre alors l’excellence horlogère, scientifique et technique de Glashütte.
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- Le tourbillon volant d’Alfred Helwig, un modèle de démonstration de 1927. Une innovation qui va fortement influencer le destin de Glashütte Original.
A la fin de la Seconde Guerre mondiale, le territoire de Glashütte et de Dresde, l’importante ville la plus proche, passe du côté de l’Allemagne de l’Est. Le pouvoir communiste avait une autre vision de l’horlogerie. La fabrication est mutualisée, les savoir-faire des différentes officines et ateliers indépendants sont regroupés en une entité unique, la VEB Glashütter Uhrenbetriebe (GUB), et la production orientée vers une horlogerie de masse (dont certains produits, notamment dans les années 1960 et 1970, ne sont pas dénués d’intérêt, comme on peut le lire plus bas).
En 1989, avant la chute du Mur, l’entreprise comptait encore plus de 2’000 employés. Toutefois, en raison des changements économiques, ce nombre diminue au cours des années suivantes. Lorsqu’elle est privatisée cinq ans plus tard, elle ne compte que 72 employés.
Heinz W. Pfeifer puis Nicolas Hayek
En 1994, Heinz W. Pfeifer rachète les locaux et les machines de la GUB et relance la production sous le nom de «Glashütte Original» avec l’ambition d’intégrer l’ensemble des opérations de conception et de production sous un même toit. En quelques années, Glashütte Original retrouve son prestige perdu.
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- La «renaissance» du tourbillon volant de Helwig a lieu dès le redémarrage de Glashütte Original, comme en témoigne cette image parue dans Europa Star 4/1996.
En l’an 2000, Nicolas Hayek jette son dévolu sur la marque (pour faire notamment pièce à Richemont qui possède A. Lange & Söhne, relancée en parallèle par le génial Günter Blümlein). Heinz W. Pfeifer accepte de la céder, tout en restant à la tête de l’entreprise. Cette entrée dans le giron d’un grand groupe industriel va permettre à Glashütte Original de monter encore en puissance.
Et depuis lors, le tourbillon volant de Helwig figure toujours au pinacle de la marque.
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- Europa Star 2/2001: un nouveau millénaire s’ouvre pour Glashütte Original, manufacture rescapée de nombreux séismes géopolitiques.
2019, une première mondiale
Cette année, Glashütte Original propose pour son Tourbillon volant Alfred Helwig une première mondiale en le combinant avec un stop-seconde, une mise à zéro et une détente minute. De quoi garantir une précision de mise à l’heure toute «saxonne» en permettant de synchroniser les aiguilles des secondes et des minutes.
Deux brevets ont été déposés pour cette construction complexe qui permet d’arrêter le tourbillon volant en plein vol en tirant simplement sur la couronne. Un embrayage vertical immobilise alors la cage du tourbillon et son balancier puis, en tirant à nouveau la couronne et en la maintenant, l’aiguille des secondes montée sur la cage va se positionner à zéro tandis que l’aiguille des minutes se positionne sur l’index suivant. En relâchant la couronne, on peut régler heure et minute tandis que la seconde reste bloquée sur zéro. En repoussant la couronne, on libère la seconde, dès lors parfaitement synchronisée.
Glashütte Original propose pour son Tourbillon volant Alfred Helwig une première mondiale en le combinant avec un stop-seconde, une mise à zéro et une détente minute.
Par ailleurs, le calibre à remontage manuel 58-05 qui l’anime possède une réserve de marche de 70h et est dûment certifié chronomètre par le Service Allemand de l’Étalonnage, une autorité indépendante établie à Glashütte. Le boîtier en platine de 42 mm encadre un mouvement délicatement ouvragé et partiellement squeletté qui révèle sa structure étagée.
Une nouvelle PanoInverse
Il y a dix ans, Glashütte Original sortait la PanoInverse. Sa particularité? Comme son nom l’indique, l’idée est d’inverser la construction habituelle pour laisser le pont de balancier «flotter librement» sur la platine découpée.
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- La PanoMaticInverse telle que parue en 2014 dans Europa Star.
Cette nouvelle édition, limitée à 25 exemplaires, met en scène et en transparence le fameux «pont papillon» très finement gravé main sur surface plaquée rhodium de lignes évoquant un feuillage filigrane, motif qui se retrouve aussi gravé sur le mouvement vu au dos de la montre.
Ce délicat travail de décoration est complété par les techniques très traditionnelles des chatons en or polis et vissés, des rubis rouges, des vis bleuies, des gravures dorées et des aiguilles squelettées.
La Senator Chronomètre
Montre-phare de la collection Senator, la Senator Chronomètre a été présentée pour la première fois en 2009, mais avec sa lisibilité parfaite et son esthétique épurée, elle est rapidement devenue un des classiques - et des succès majeurs - de la marque.
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- Deux montres de la collection Senator, publiées dans Europa Star 5/2011.
La Senator Chronomètre nous revient en 2019 dans une version avec boîtier en or rouge de 42 mm et lunette affinée qui offre un plus large espace au cadran argent texturé et grainé. Chronomètre certifié par le DKD, service allemand de l’étalonnage, elle est réglable à la seconde près.
Petite seconde à 6h, indicateur de réserve de marche à 12h, grande date sautante à 3h, indicateur jour/nuit: autant de caractéristiques qui, selon la marque, «s’inspirent des chronomètres de marine historiques».
Le chronomètre est entraîné par le calibre à remontage manuel 58-01 (44h 40 min de réserve de marche), avec stop-seconde et fonction de réinitialisation qui arrête l’affichage de l’heure, remet à zéro l’affichage des secondes et les bloque dans cette position en tirant simplement la couronne. En la tournant pour régler l’heure, l’aiguille saute sur l’index suivant, conservant ainsi le rapport minute et seconde.
La PanoMaticLunar et la PanoReserve
La gamme Pano est emblématique d’une approche très «saxonienne» de l’horlogerie. A ce titre, elle représente un des succès majeurs de la marque. L’ordonnancement de ses différents affichages, sa grande date caractéristique, son harmonie esthétique régie selon la loi du nombre d’or en ont fait une des montres les plus prisées des collectionneurs.
La gamme Pano est emblématique d’une approche très «saxonienne» de l’horlogerie. A ce titre, elle représente un des succès majeurs de la marque.
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- La PanoMatic Lunar telle qu’elle apparaît dans Europa Star 4/2015.
Les deux nouveaux modèles présentés en 2019, aux boîtiers en or rouge et cadrans bleu saturé (des cadrans réalisés en interne), poursuivent avec grâce cette tradition. Par exemple avec deux lunes dorées courbes et fraisées puis usinées à la fraise diamant qui glissent sur un firmament argenté, pour la PanoMaticLunar. Ou la fine Gangreserve sur fond bleu profond galvanisé , pour la PanoReserve, dont le nom même est inscrit au cadran afin de rappeler l’origine allemande de son produit.
Le calibre à remontage automatique 90-02 (4 Hz, 42 heures de réserve de marche), qui se veut parfaitement fini, équipe la PanomaticLunar.
Quant à la PanoReserve, elle est entraînée par le calibre à remontage manuel 65-01 (4 Hz, 42 heures de réserve de marche) qui offre un réglage de précision à double col de cygne, développé par la manufacture.
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- Le calibre 65-01 de Glashütte Original.
Les montres-instruments
On connaît les exigences de précision de l’Allemagne, son excellence scientifique et c’est donc tout naturellement que l’horlogerie saxonne a contribué à l’avancée des connaissances (comme en témoigne exemplairement le Cabinet royal des instruments mathématiques et physiques de Dresde).
Instruments de navigation, de géolocalisation terrestre, aérienne, sous-marine, chronomètres, montres d’observation, d’aviation, de plongée... Autant de montres-instruments qui ont aussi perduré en Allemagne de l’Est, férue de science et de progrès.
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- Une Spezichron Glashütte, fin des années 1960.
Une montre comme celle représentée ci-dessus, ou comme sa jumelle, la Spezimatic Type RP TS 200 dont s’inspire directement la nouvelle SeaQ 1969, témoignent de cette continuité de la montre-outil. Nul hasard qu’en ces temps de contre-offensive revival de l’horlogerie mécanique, Glashütte Original se penche sur ses cartons d’archives.
La SeaQ 1969, limitée à 69 exemplaires comme il se doit, s’inspire directement d’une montre de plongée de 1969, parfaitement emblématique de cette période. Elle fait à sa façon partie de «l’histoire de la modernité», comme tant d’autres modèles qui resurgissent.
La SeaQ 1969 est partie prenante d’une nouvelle collection de Glashütte Original, la Spezialist, qui s’adresse «aux actifs, aux pratiques, aux intrépides», comme le souligne la marque.
Cette nouvelle branche sportive offre deux modèles de montres de plongée, la SeaQ et la SeaQ Panorama Date. Toutes deux s’inspirent des montres de plongée de ces mêmes années mais les revisitent par petites touches adoucissantes et discrets jeux couleurs, en les montant sur acier, cuir, tissu.
SeaQ Panorama Date
La SeaQ Panorama Date est étanche à 30 bar, une norme professionnelle. Elle intègre une couronne vissée, un fond en verre saphir à fixation centrale et est testée DIN ou ISO en termes d’étanchéité, de lisibilité et de résistance aux chocs et à la salinité.
Egalement au menu: lunette crantée rotative dans le sens horaire, nette détente minute, repère triangulaire revêtu de Super-LumiNova, tout comme les repères des heures et des minutes, des aiguilles des heures, des minutes et des secondes.
La SeaQ Panorama Date est équipée du calibre automatique 36-13, qui offre une réserve de marche remarquable de 100 heures et est équipée d’une grande date à 4h, le tout dans un boîtier en acier inoxydable de 43,2 mm.
SeaQ Date
La SeaQ Date, étanche à 20 bar, comporte les mêmes spécifications techniques que le premier modèle. Mais elle est équipée du calibre automatique 39-11, est logée dans un boîtier acier de 39,5 mm et offre une réserve de marche de 40 heures, une fonction stop seconde et un affichage de la date à 3 heures.
Fan des sixties
Et pour découvrir l’ultime collection de Glashütte Original, la Sixties, rendez-vous dans nos éditions print Europa Star 3/2019 et Europa Star Première 3/2019!