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"Sa conclusion est erronée, précipitée. Nous devons prendre en compte les besoins des pays", a affirmé M. Lula après avoir reçu le Prix du courage politique que lui a décerné la revue Politique internationale.
"Les partenaires européens doivent comprendre que nous devons exporter des produits finis qui ont plus de valeur ajoutée pour (...) qu'on puisse avancer", a poursuivi l'ancien syndicaliste, qui mardi lançait déjà: "On ne veut pas exporter simplement du soja, du maïs ou du minerai de fer."
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Encore à ratifier
Un traité de libre-échange a été conclu en juin 2019, après vingt ans de négociations, entre l'Europe et les quatre pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay).
Négocié par la Commission européenne au nom des pays de l'UE, ce traité ne sera entériné qu'après avoir été ratifié par les Parlements des 27 Etats membres.
Le Mercosur, dans ce texte, "accepte que l'Europe puisse participer aux achats gouvernementaux", a critiqué M. Lula, qui a qualifié de "dangereux" l'accès aux marchés publics sud-américains par des entreprises du Vieux continent car cela entrave la réindustrialisation du Mercosur, selon lui.
"Après 2022, après les processus d'élection dans différents pays, il faut se réunir autour d'une table, sans aucun préjugé, avec l'idée de faire un accord qui puisse être bon", a-t-il avancé.
Prêt pour la présidentielle
L'ex-président brésilien, actuellement en tournée en Europe, s'est dit "prêt" lundi à se présenter à la présidentielle brésilienne d'octobre 2022, pour laquelle il est donné grand favori contre le président actuel Jair Bolsonaro. Il doit rencontrer mercredi Emmanuel Macron, un autre opposant à l'accord UE-Mercosur.
"Par définition, cet accord tel qu'il a été conçu et pensé ne peut pas être compatible avec notre agenda climatique et de biodiversité", avait remarqué début septembre le président français. "La France est contre le Mercosur tel qu'il est négocié aujourd'hui, et nous le resterons très clairement."
L'Allemagne s'est également montrée récalcitrante vis-à-vis de cet accord, tout comme le secteur agricole et les écologistes européens. Paris et Berlin doutent en particulier de l'engagement du Brésil à protéger l'environnement, déforestation et incendies s'étant multipliés en Amazonie sous Jair Bolsonaro.
L'entretien à l'Elysée a porté sur "les derniers développements sur la scène internationale", a indiqué la présidence.
M. Lula "a partagé sa vision du rôle du Brésil dans le monde, constatant que ces trois dernières années, le pays s'est placé en retrait du cadre multilatéral et des grands accords internationaux. Il a également déploré le ralentissement de l'intégration régionale en Amérique Latine, alors que le continent doit jouer un rôle face aux grands défis globaux", a ajouté l'Elysée.
Un multilatéralisme "efficace"
De son côté, Emmanuel Macron est "revenu sur son combat pour un multilatéralisme efficace", notamment sur les dossiers du Covid et du climat, et lui a présenté "sa vision pour une Europe plus souveraine, plus démocratique et plus unie, jouant le rôle de puissance d'équilibre sur la scène internationale", selon l'Elysée.
Le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a affirmé que cette visite ne représentait pas une "ingérence dans le débat politique national au Brésil".
"Prêt" pour la présidentielle
L'ancien président brésilien de 2003 à 2011, qui s'est dit lundi "prêt" à participer à l'élection présidentielle au Brésil, effectue cette semaine une tournée européenne passant par Bruxelles, Berlin, Paris et Madrid. Il s'est ainsi entretenu vendredi avec Olaf Scholz, le probable futur chancelier allemand, et annoncé une discussion avec le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez.
A Paris, Lula, âgé de 76 ans, a également rencontré mercredi après-midi le dirigeant de La France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon, après s'être entretenu la veille avec Anne Hidalgo, maire PS de Paris et candidate à la présidentielle d'avril.
Critiques contre le Mercosur
Emmanuel Macron et Lula ont tous deux, pour des raisons différentes, des critiques contre l'accord commercial UE-Mercosur, conclu en 2019 mais non encore ratifié entre l'Union européenne et le Mercosur. Le premier pour des raisons de respect des engagements climatiques, le second parce que cet accord contribue selon lui à désindustrialiser le Brésil.
Le président français s'était violemment opposé à son homologue brésilien Jair Bolsonaro au moment du G7 de Biarritz de 2019, à propos de la gestion des feux de forêt en Amazonie. Il avait même reçu à Biarritz le cacique Raoni, ennemi déclaré du président brésilien.