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Responsable est celui qui peut dire, dans une situation donnée : j’en réponds. Mais de quoi l’écrivain comme tel peut-il répondre, sinon de son œuvre elle-même, de sa pensée et de son style ?
Notice
Dans ce texte publié par la Fondation publique de soutien à la culture en Suisse, Pro Helvetia, Denis de Rougemont reprend un thème qui lui est cher : la responsabilité de l’écrivain. Il commence par faire la genèse, à travers les siècles, d’un divorce de plus en plus perceptible selon lui entre l’écriture et l’action politique. Deux exemples conntemporains lui servent de point d’appui : les surréalistes et Sartre. Tous deux démontrent de s'engager sans pour autant s’embrigader dans un parti. Rougemont tente ensuite un essai de typologie des formes d’engagement de l’écrivain : le témoin des traits fondamentaux d’une époque (le ludion), le critique acerbe de son temps et de ses formes d’oppression (le contestataire), enfin l’écrivain qui s’applique à montrer qu’un monde différent est possible (le prophète). Le texte débouche sur un bref exposé des conceptions propres à l’auteur. Elles mettent en jeu son souci de la prise sur le réel et du style : l’écrivain doit respecter sa vocation et s’engager, mais comme écrivain, non comme citoyen ou militant. Ce que Rougemont attend d’un écrivain engagé dans son époque, c’est la « donation d’une mesure », d’une « commune mesure » affirmant la place centrale de la personne au cœur de la société.
Bibliographie
- Nicolas Stenger, « La responsabilité sociale de l’écrivain. Denis de Rougemont et le PEN Club dans les années 1970 », in Nicolas Stenger et Alain Corbellari (dir.), Denis de Rougemont : entre littérature, théologie et politique, in Études de lettres, n° 311, décembre 2019, p. 47-70.