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Première étape cambodgienne : Siem Reap. Nous commençons direct par la crème de la crème, le top du top, ce pourquoi deux millions de touristes débarquent chaque année dans le pays : les temples d'Angkor. Et au bout d'une semaine, on peut le dire, on n'a pas été déçu !
Une invitée surprise s'est jointe à nous pendant cette semaine. On aurait préféré ne pas la croiser. Mais impossible de l’éviter… La grippe. Elle nous a cueilli un par un et nous a tous cloués au lit à tour de rôle. ... On a donc visité les temples ensemble tous les quatre, mais chacun plus ou moins au top de sa forme... (plutôt moins que plus d'ailleurs...).
Angkor, c'est difficile à décrire tellement le site est immense et le nombre de temples gigantesque. Les temples sont tous très différents, certains tout en hauteur, d'autres au contraire s'étalent en longueur ; les plus anciens sont hindouistes, les autres bouddhistes. Ils ont été construits entre le IXème et le XVème siècle, période pendant laquelle le royaume Khmer dominait sur une large frange de l'Asie du Sud-est, de la Birmanie jusqu'au Vietnam. Angkor, la capitale de cet empire, comptait presque un million d'habitants quand Londres n'en comptait que cinquante mille.
Les raisons du déclin du royaume Khmer sont assez méconnues. Il semble que des guerres doublées d'une perte de contrôle de la ressource en eau aient provoqué son effondrement. La capitale a été désertée, les temples abandonnés et tout le site a sombré dans l'oubli. J'ai du mal à comprendre comment une civilisation peut à ce point dominer et exceller puis péricliter et s'effondrer. Qu'est-ce qui pousse un peuple à abandonner ce qu'il a construit et chéri pendant des générations ? Cela reste un mystère pour moi.
Toujours est-il que quand les explorateurs européens ont redécouvert le site au XIXème siècle, les temples étaient totalement engloutis par la végétation, ils disparaissaient sous la jungle. La nature avait repris ses droits.
Aujourd'hui des équipes de restaurateurs et conservateurs du monde entier s'attèlent à remettre sur pied des millions de blocs de pierre tombés par terre. La tâche est ardue, et sans fin...
Les archéologues ont cependant laissé un temple, Ta Prohm, dans l'état initial dans lequel ils l'ont trouvé, c'est à dire enfoui sous la végétation. Histoire que le visiteur ait une petite idée de l'ampleur des "dégâts ". J'avoue, si je devais en choisir un, ce serait celui-là, mon préféré. J'ai été subjuguée par ces arbres gigantesques imbriqués dans les murs, par leurs racines qui se sont immiscées entre chaque pierre. Alliance inédite de pierre et la végétation. Mariage forcé entre l'ingéniosité humaine et la force de la nature. Absolument impressionnant !
Martial lui, à choisir, préfère Bayon. Ce temple à étage est constitué d'innombrables tours à visage. La finesse des traits et l'harmonie des visages l'ont scotché. Une fois de plus, il a réussi à saisir de magnifiques photos. Je suis fan!
Gabriel lui, a aimé "tous les temples". Comme à Bagan, inlassable, il nous a suivi partout en s'intéressant sans discontinuité et en posant 1000 questions. Mention spéciale pour Baphuon, qu'il n'aurait pas dû visiter car interdit aux moins de 12 ans (du fait de ses escaliers très raides). Arrivé au pied, quand le garde lui apprend qu'il ne peut pas monter, il ne pipe mot mais, la gorge serrée, part se réfugier un peu plus loin, de grosses larmes roulant discrètement sur ses joues. Ça sort des tripes. Il veut "tous les voir, tous les visiter", ne veut pas en rater une miette. Il trouve cela injuste, il est triste et ça se ressent. Le garde, compréhensif et peut être aussi attendri de voir un loustic de 9 ans réagir ainsi, finit par changer d'avis au bout de 15 bonnes minutes et le laisser monter. Vous auriez dû voir le sourire du loustic à ce moment-là !
Anatole quant à lui, a préféré Angkor Wat. Le plus grand, le plus haut, le plus connu. Le plus emblématique aussi, il est même représenté sur le drapeau du pays. Nous avons passé un temps infini devant ses kilomètres de bas-reliefs à chercher les dieux ou les guerriers. Anatole y a repéré les garudas, Vishnu ou Brahma. Un vrai cours de religion en direct !
En dehors des temples, nous avons aussi passé une chouette journée à visiter une "silk farm". Comprendre : un atelier où on fabrique de la soie, du vers jusqu'au tissage.
Vous avez déjà vu un vers à soie ?
Moi c'était la première fois, et je ne m'attendais pas à cela. Je suis toujours étonnée par l'inventivité humaine. Comment a-t ’on pu avoir l'idée de tirer sur le cocon d'une chenille en phase chrysalide pour se rendre compte qu'un mini-fil en sortait et qu'on pouvait certainement exploiter cette "ressource"... Tordu quand même ! Nous découvrons toutes les étapes de transformation de la soie et de confection des tissus. Honnêtement, je comprends mieux maintenant pourquoi une écharpe coûte si cher...
Le soir, chouette spectacle de cirque (sans animaux ça va sans dire) par la troupe Phare. Les artistes utilisent théâtre, musique, danse et art du cirque pour raconter des histoires cambodgiennes. Ils proviennent d'une école ONG qui sort les enfants de la rue et leurs proposent des formations artistiques. Un joli spectacle, enthousiaste et énergique, et un bel espoir pour cette jeune génération !
Et puis Angkor, c'est aussi nos premiers pas au Cambodge. Et OUI, les sourires sont au rendez-vous ! Pour ceux qui ont suivi notre frustration au Laos, vous voyez de quoi je parle. Les cambodgiens nous ont accueillis avec le sourire que nous avions quitté en Birmanie. Malgré la horde de touristes qui submerge leur pays (et malgré l'histoire traumatisante qu'ils ont vécu - je vous en parlerai plus tard) les Cambodgiens sont aimables, agréables, souriants, polis, gentils... Un vrai bonheur ! Je retrouve mon zen, je me sens bien, détendue, cool...
Bon un peu fatiguée aussi, parce que la grippe mine de rien, ça coupe les pattes!