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Critique
"En 1994, la danse a été est inscrite au programme de plusieurs écoles de l'agglomération new-yorkaise. Dix ans après, plus de 60 établissements, soit quelque 6'000 élèves l'ont adoptée. Les cours sont tendus vers l'objectif de fin d'année, un concours facultatif, qui détermine la meilleure équipe scolaire. Sont concernés, souvent, des quartiers pauvres, la population y est multiraciale, certains élèves en sont encore à l'apprentissage de l'anglais.
La réalisatrice Marilyn Agrelo a suivi trois des classes qui se préparent à ce concours, jusqu'à la finale. Les jeunes, entre 10 et 14 ans, apprennent différentes danses, le tango, la rumba, le swing, le fox-trot, avec des professeurs qui rêvent de voir leur équipe gagner. Ils aiment les cours et s'y amusent beaucoup. Mais dans la rue, ils parlent de leurs problèmes, relations garçons-filles, projets d'avenir. Au fur et à mesure que le concours se rapproche, ils misent sur la réussite, doivent alors faire l'apprentissage du ""couple"". Le tango se danse à deux, il faut tenir compte de son partenaire, savoir le suivre, le regarder dans les yeux, garder le sourire. C'est une rude discipline à laquelle ils se soumettent avec l'espoir de gagner, tandis que peu à peu, leur comportement et leur vision des choses se modifient.
Les professeurs sont formidables d'enthousiasme. Mais tous les élèves ne parviendront pas en finale et il y aura des larmes. C'est la règle du jeu. Cela aussi, il va falloir l'apprendre. Certains jeunes se blindent pour déclarer que l'important, c'est d'avoir appris à danser. A côté de ce qui pourrait apparaître comme un détail, apprendre à danser, l'expérience développe son pouvoir de socialisation. On voit un garçon obèse arriver en finale, un autre faire des progrès en anglais. Un autre encore devenir attentif et prévenant, alors qu'il était une petite frappe. Il n'y a pas de miracle, pourtant. Seulement une occasion donnée à des jeunes de réussir - n'importe qui peut danser! - et de prendre confiance en eux. C'est l'essence même de la pédagogie."
Geneviève Praplan