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Aujourd'hui, pour la première fois, un avion de ligne a effectué la liaison entre Altenrhein (Saint-Gall) et Friedrichshafen (Allemagne), deux bourgades distantes d'une vingtaine de kilomètres.
Cette ligne paraît au premier abord complètement absurde. En effet, compte tenu du temps nécessaire pour les formalités aéroportuaire, il est bien plus rapide de parcourir le trajet en voiture ou en train.
Cette nouvelle est en fait assez révélatrice de l'écart gigantesque entre les intentions affichées par les autorités et leurs décisions effectives :
- La compagnie en question semble trouver terriblement fun de communiquer sur sa nouvelle ligne, la plus courte du monde et compte bien engranger des clients sur cet absurde argument. La plupart des politiciens agissant exactement de la même manière, ils ne sauraient lui en tenir grief.
- L'Office fédéral de l'aviation civile n'a aucune compétence de décision, lorsqu'il s'agit de déterminer l'utilité sociale, économique et écologique d'une ligne aérienne. Il doit juste s'assurer que les conditions de sécurité sont remplies. De fait, aucun organisme ne semble pouvoir empêcher une compagnie de proposer des prestations dépourvues de sens...
- Les aéroports, loin de remplir leur mission de service public sont devenus des acteurs économiques dont le seul but est de faire augmenter le trafic et les recettes. Il est piquant de constater que la compagnie en question, toute autrichienne qu'elle soit, est un fait une création de l'aéroport d'Altenrhein, dans son rêve dément de tailler des croupières à Kloten. Il est en ce sens important de signer l'initiative en faveur d'un pilotage démocratique de Cointrin.
- Les efforts de diminution des émissions de CO2 sont sabrés en permanence par les compagnies aériennes qui, en tant qu'acteurs internationaux, ne sont pas soumises aux quotas... mais dont la pollution affecte pourtant bien le climat. Rappelons au passage que, sur les vols internationaux, le kérosène n'est pas taxé, ce qui constitue une scandaleuse distorsion de concurrence avec les autres moyens de transport. Rappelons également que c'est surtout le décollage qui consomme énormément de kérosène et que, dans le cas de notre vol, chaque passager gaspille entre 10 et 20 litres de kérosène... pour parcourir 20 kilomètres !
Alors que faire ? On entrevoit deux solutions:
- Proposer le lancement d'une ligne Annemasse-Cointrin, qui permettrait aux pendulaires fortunés d'éviter les embouteillages et de devancer le CEVA. Vu l'ambiance générale, il y a fort à parier que ce serait un succès commercial !
- Exiger de nos autorités qu'elles accordent enfin leur discours et leurs actes. Pour ce faire, on peut commencer par signer l'initiative sur le pilotage de Cointrin et voter OUI à l'initiative sur la sortie programmée du nucléaire.