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Le père de la fécondation in vitro reçoit le Nobel
Robert Edwards a été récompensé "pour le développement du traitement de la fécondation humaine in vitro. Ses découvertes ont rendu possible le traitement de la stérilité qui affecte une large proportion de l'humanité et plus de 10% des couples dans le monde", salue le comité dans un communiqué.
"Ses contributions représentent une étape importante dans le développement de la médecine moderne", salue le comité Nobel. Etabli près de Manchester après avoir travaillé à Cambridge, il a commencé ses recherches en biologie de la fécondation dès les années 50.
Il est à l'origine de la naissance du premier "bébé-éprouvette", Louise Joy Brown, en 1978. Près de 4 millions de personnes sont nées depuis grâce à la fécondation in vitro.
Redonner l'espoir
La technique développée par Robert Edwards et Patrick Steptoe, décédé en 1988, permet à un ovule d'être fécondé hors du corps de la femme puis réimplanté dans l'utérus. La fécondation in vitro permet à un ovule d'être fécondé hors du corps de la femme avant d'être réimplanté dans l'utérus. [Keystone]
"La fécondation in vitro (FIV) est une thérapie qui a fait ses preuves quand le sperme et l'ovule ne peuvent pas se rencontrer dans le corps", précise le comité Nobel. "Pour nombre de couples, c'est une grande déception et pour certains un profond traumatisme psychologique pour le reste de leur vie", souligne l'institution suédoise.
Le professeur Edwards a récemment expliqué que sa principale motivation, tout au long de ces cinq décennies de recherches, avait été d'aider les couples ayant des problèmes de fertilité à avoir des enfants. "Le plus important dans la vie est de pouvoir avoir des enfants. Rien n'est plus précieux qu'un enfant", a-t-il déclaré.
1,5 million de récompense
Il considère que l'Etat doit financer l'insémination artificielle pour les couples qui ne peuvent avoir d'enfants sans recours à ce procédé. Et tout en étant conscient des défis éthiques que les progrès de la science posent, il s'est prononcé en faveur de la poursuite des recherches sur les embryons. "La science doit avancer. Il n'y aurait eu aucune FIV si nous n'avions pas étudié l'embryon", a-t-il remarqué.
Robert Edwards, qui devient le 30e Nobel de médecine britannique. Trop fatigué, il n'a pas été en mesure de commenter son prix, a indiqué le comité Nobel. La récompense est dotée de 10 millions de couronnes suédoises (environ 1,5 million de francs).
ats/ap/sbo
Une vie consacrée à la fécondation
Après avoir effectué son service militaire durant la Seconde guerre mondiale, il étudie la biologie à l'Université du pays de Galles, à Bangor, puis à l'Université d'Edimbourg (Ecosse) où il obtient son professorat en 1955 avec une thèse sur le développement embryonnaire chez les souris.
C'est dans un laboratoire de Cambridge, où il a commencé à travailler en 1963, que ses recherches débouchent sur la création de la vie in vitro en 1968.
En 1978, il fait la Une de l'actualité avec la naissance du premier bébé-éprouvette, Louise Brown. Les réactions sont dans l'ensemble enthousiastes, mais il devra aussi affronter de nombreuses critiques, dont celle de l'Eglise catholique qui est hostile à l'insémination artificielle.
A Cambridge, il fonde avec le professeur Steptoe le premier centre mondial de fécondation in vitro, le Bourn Hall Clinic, où plus de 10'000 "bébé-éprouvettes" sont nés à ce jour.