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Mark Tobey
1890, Centerville, Wisconsin - 1976, Bâle
Le portraitiste, dessinateur de mode et designer industriel de formation passe pour un pionnier de l’expressionnisme abstrait américain. Tobey définissait son écriture picturale comme une « moving line ». Elle se distingue par des formes et des structures foliées, des lignes qui se brisent en cristaux et, surtout, par des mouvements pleins d’élan, qui se rattachent et se superposent réciproquement. Il n’aurait jamais pu accéder à ce style s’il n’avait, dans les années 1920, posé sur les choses de la nature un regard marqué par les impressionnistes et par Claude Monet. Tobey accordait un grand intérêt à la nature, qui était une de ses sources d’inspiration majeures.
Comme beaucoup d’autres jeunes peintres américains de son temps, sa forme picturale a été largement influencée par l’effet du « all-over ». Mais le rayonnement paisible, méditatif de ses « White Writings », qui prête à beaucoup de ses tableaux quelque chose de resplendissant, comme une impression de bonheur, le distingue fondamentalement de Pollock et des autres représentants de l’abstraction gestuelle de l’École de New York. Sa participation aux documenta II et III (1959 et 1964) et l’acquisition de 40 de ses œuvres par Ernst Beyeler le poussèrent en 1960 à s’installer à Bâle où il demeura jusqu’à sa mort.
« Ce que je préfère, c’est voir dans la nature ce que je souhaite mettre dans mon tableau. Quand nous réussissons à trouver l’abstrait dans la nature, nous trouvons l’art le plus profond. » Mark Tobey