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Le lundi 10 octobre, le professeur Antonio RUBERTI, Commissaire pour la recherche, le développement, l'éducation et la formation, et le professeur Christopher LLEWELLYN SMITH, Directeur général du CERN1, ont signé un Arrangement administratif ouvrant la voie à une intensification de la coopération scientifique et technologique entre l'Union européenne et le CERN. La cérémonie de signature a été suivie par la première réunion du nouveau "Comité scientifique commun Commission - CERN", créé par l'Arrangement aux fins de promouvoir et de contrôler la coopération scientifique et technique prévue par celui-ci.
Exprimant sa satisfaction au sujet des possibilités offertes par l'Arrangement pour renforcer la collaboration, déjà excellente, qui existe depuis de nombreuses années entre le CERN et la Commission de l'Union européenne, le Commissaire RUBERTI a souligné qu'il s'agissait d'une première étape sur la voie d'un renforcement constant de la coopération entre les différents programmes scientifiques qui se poursuivent au niveau européen, pour parvenir à terme à la création d'un "espace de recherche européen". Il a ajouté que, compte tenu des investissements massifs exigés par la recherche et du rôle joué par celle-ci dans l'amélioration de la compétitivité de l'Europe, il était essentiel d'employer au mieux les ressources disponibles et, dans ce but, de développer la coopération à l'intérieur de la communauté scientifique européenne. Dans cet esprit, a déclaré le Commissaire RUBERTI, et en réponse à la demande exprimée par les chefs de gouvernement de l'Union lors du sommet de Corfou, la Commission rendra publique, à la fin du mois, sa stratégie en vue d'une amélioration de la coordination de la politique scientifique entre les Etats membres de l'Union. Ce thème fait déjà partie du nouveau Quatrième programme-cadre, qui couvre les activités scientifiques de la Communauté pour les années 1994 à 1998.
Le Directeur général du CERN, Christopher LLEWELLYN SMITH, a souligné l'importance du rôle joué par le CERN, non seulement en tant qu'excellent centre de recherche fondamentale au service de plus de la moitié de la communauté mondiale des physiciens des particules, mais aussi comme laboratoire de R&D de pointe dans une large gamme de technologies appliquées à cette recherche, notamment la supraconductivité, la cryogénie, l'informatique et les réseaux, les techniques du vide, la géodésie, l'électronique ou les détecteurs de rayonnement. Dans ce deuxième aspect également, le CERN est un atout pour l'Europe, et la coopération entre le CERN et l'Union européenne permettra de mieux employer le savoir-faire unique accumulé par l'Organisation afin de stimuler la compétitivité de l'Europe. Il a fait part de sa ferme intention de renforcer les liens entre l'Union européenne et le CERN dans ces activités et il a exprimé l'espoir que des projets communs entre les deux organisations pourront se développer.
A la réunion inaugurale du "Comité scientifique commun Commission - CERN", le Commissaire RUBERTI a indiqué plusieurs domaines dans lesquels une coopération entre la Communauté et le CERN pourrait se révéler particulièrement fructueuse. Ceux-ci comprennent en particulier la technologie de l'information, les technologies industrielles et des matériaux, la formation et la mobilité des chercheurs, ainsi que le développement de la coopération scientifique avec les pays de l'Europe centrale et orientale, parmi lesquels quatre sont devenus récemment membres du CERN.
Le professeur LLEWELLYN SMITH a souligné que le CERN forme un grand nombre de jeunes dans le cadre de divers programmes de boursiers et de stagiaires, de sorte qu'il contribue lui-même dans une large mesure aux objectifs du Programme de l'Union européenne sur la mobilité et le capital humain. Il a approuvé l'idée d'étendre ce rôle en créant des "stages industriels" grâce auxquels de jeunes ingénieurs et scientifiques appliqués consacreraient une partie de leur premier emploi à travailler dans des organisations scientifiques européennes sur des projets intéressant à la fois l'employeur industriel et le laboratoire de recherche.
Après la réunion, le Commissaire RUBERTI a visité avec le professeur LLEWELLYN SMITH certaines des installations d'expérimentation du CERN. Ils ont pu observer, en particulier, les fruits du partenariat entre le CERN et l'industrie européenne de haute technologie qui a permis de faire fonctionner avec succès les aimants supraconducteurs à champ extrêmement élevé qui équiperont le projet de futur accélérateur du CERN, le Grand collisionneur de hadrons [LHC].
Comme indiqué plus haut, une coopération appréciable s'est développée depuis plusieurs années entre la Communauté et le CERN, et le nouvel Arrangement administratif lui apportera à la fois un cadre formel et une nouvelle dimension. En fait, le CERN a participé activement à divers programmes communautaires comme SCIENCE [promotion de la mobilité des chercheurs], RACE [télécommunications] et ESPRIT [technologie de l'information], ainsi qu'à deux projets récents, qui sont le superordinateur européen CS-2 et le World Wide Web [WWW]. L'ordinateur parallèle évolutif CS-2 a été installé récemment au Centre de calcul du CERN (PR 10/94) dans le cadre de l'Initiative européenne sur le calcul informatique à haute performance financée par le programme ESPRIT. Le CERN est chef de file et coordinateur pour ce projet, auquel il apporte son expérience d'utilisateur de pointe et de créateur d'une technologie informatique avancée. Le World Wide Web est le système d'information sur réseau le plus puissant au monde et il est la conséquence directe des activités du CERN dans le domaine des réseaux de pointe. Conçu au CERN, son développement et sa maintenance se poursuivront avec l'appui de l'Union européenne et la collaboration du Massachusetts Institute of Technology. Le soutien financier de 1,5 million d'Ecus que la Commission se propose d'apporter au projet devrait être confirmé par un accord à la fin du mois.
Note(s)
1. Le CERN, Laboratoire européen pour la physique des particules, a son siège à Genève. Ses Etats membres sont les suivants: Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, Espagne, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Italie, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République slovaque, République tchèque, Royaume-Uni, Suède et Suisse. La Fédération de Russie, Israël, la Turquie, la Yougoslavie (statut suspendu après l'embargo de l'ONU, en juin 1992), la Commission des Communautés européennes et l'UNESCO ont le statut d'observateur.