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Le CEA note toutefois que plusieurs années de recherche seront encore nécessaires jusqu'à la concrétisation industrielle des résultats. La prochaine phase de recherche - elle durera jusqu'en 2005 - se concentrera sur la faisabilité économique et technique.
La loi "Bataille" du 30 décembre 1991 prescrit trois axes de recherche sur la gestion des déchets radioactifs à vie longue. Le premier axe est constitué par la séparation chimique des transuraniens à vie longue (neptunium, plutonium, américium et curium) et des produits de fission, et puis par leur transmutation par bombardement neutronique. La deuxième voie du programme de recherche porte sur le conditionnement et l'entreposage de longue durée des déchets dans des conditions garantissant la protection de l'homme et de l'environnement jusqu'à ce que des solutions définitives soient éventuellement mises en œuvre. Le troisième axe de recherche concerne le stockage définitif en formation géologique profonde. Les deux premiers axes de recherche ont été confiés au CEA, le troisième à l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), organisation jumelle de la Nagra. L'objectif des recherches est de fournir d'ici 2006 au gouvernement et au Parlement les bases de décision nécessaires. Des partenaires internationaux participent aussi aux divers projets du CEA et de l'Andra.
Dans le rapport intermédiaire qui vient d'être présenté, le CEA rend compte essentiellement des résultats encourageants de la recherche sur la séparation et la transmutation. Le CEA rappelle clairement que la séparation du plutonium est résolue par le procédé éprouvé du retraitement, procédé qui permet déjà de réduire de 90% la radiotoxicité à long terme d'un assemblage combustible usé. Selon le CEA, le neptunium peut aussi être facilement séparé par un aménagement du procédé Purex, procédé utilisé depuis longtemps dans le retraitement. La séparation de l'américium et du curium a nécessité par contre le développement de nouvelles méthodes en laboratoire, dont la faisabilité industrielle devrait être démontrée d'ici 2005.
En ce qui concerne les produits de fission, l'intérêt se porte surtout sur le technétium 99, l'iode 129 et le césium 135, à vie longue. Un rendement de séparation satisfaisant a été obtenu pour les deux premiers, également par une adaptation du procédé Purex. Pour le césium, des molécules organiques ont été mises au point: les calixarènes, molécules en forme de calice qui ont des caractéristiques de liaison spécifiques. La démonstration de la faisabilité technique de ces procédés est également prévue pour 2005. Une conclusion intéressante à noter est que selon le CEA, la radio-toxicité des déchets vitrifiés redescendrait en moins de 300 ans au niveau de celle de l'uranium naturel si les nucléides mentionnés étaient séparés à l'aide des procédés chimiques étudiés.
La séparation ne résout toutefois pas définitivement le problème. Les radionucléides à vie longue doivent encore être transformés en radionucléides à vie courte, c'est-à-dire faire l'objet d'une transmutation. Pour le plutonium, ceci est réalisé en partie par le recyclage dans le combustible Mox utilisé dans les réacteurs à eau légère. Du fait de leur spectre neutronique, les réacteurs à neutrons rapides donnent eux aussi de très bons résultats de transmutation. Suite à l'arrêt anticipé de Superphénix, les chercheurs français misent surtout sur les travaux qu'ils mènent dans le réacteur Phénix. Mais les travaux de recherche englobent également de nouveaux systèmes tels que le réacteur à haute température et des systèmes basés sur des accélérateurs. Le CEA voit ici un potentiel important, mais estime que leur réalisation prendra sans doute encore plusieurs dizaines d'années.
Source
D.S./M.S./C.P. d’après un dossier de presse du CEA du 2 octobre 2001