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Eduardo Bekenkamp
Réponse:
Le problème de l'harmonisation des gratte-ciels avec l'environnement urbain ou le paysage est, jusqu'à un certain point, indépendant des qualités de la construction.
Je veux dire par là que la première question, dans des contextes comme les nôtres, concerne le skyline, c'est à dire l'impact visuel produit par la masse du gratte-ciel.
Il est évident qu'un tel problème ne se pose pas à New York ou à Hong Kong. Chez nous, la présence du gratte-ciel dans le paysage ou dans la ville pose un problème de perception.
Tout ce qui précède signifie que l'édification d'une tour ou d'un gratte-ciel chez nous possède des implications qui intéressent l'ensemble de la société.
Ce type de construction, aujourd'hui, a une connotation politique – dans le sens le plus noble du mot.
Je suis convaincu que l'édification d'une tour devrait faire systématiquement l'objet d'une discussion large avec la population intéressée.
Cela dit – vous le comprenez bien – les rôles respectifs des architectes et des ingénieurs passent en deuxième ligne.
Une fois que les conditions évoquées sont respectées, ingénieurs et architectes devraient projeter ensemble.
Personnellement, je considère le travail des ingénieurs plus important que celui des architectes dans la construction d'un gratte-ciel (les composantes techniques étant des conditions fondamentales).
Il faut aussi souligner que le gratte-ciel moderne constitue un cas éclatant de séparation de rôles et de compétences, les architectes étant souvent relégués à "recouvrir" une forme technique.
En général, je vous invite – si vous me le permettez - à ne pas considérer l'esthétique et la technique comme étant deux entités séparées: la beauté d'une construction réside avant tout dans l'accord parfait de ces deux entités.