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Histoire Quand l'homme avait élu domicile sur le toit du monde
Des peuplades vivaient de façon permanente sur le plateau tibétain à 3400 mètres d'altitude il y a 3600 ans, ont établi des archéologues. Une implantation à de telles altitudes a été possible grâce la culture du blé et de l'orge.
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Selon une recherche publiée jeudi 20 novembre dans la revue américaine «Science», c'est grâce à la découverte de l'orge et du blé, importés du croissant fertile au Moyen-Orient, que des agriculteurs-éleveurs ont pu apprendre à cultiver des céréales résistantes au froid à des altitudes aussi élevées que le toit du monde.
Malgré des indices d'une présence humaine intermittente sur le plateau tibétain remontant jusqu'à au moins 20'000 ans, les chercheurs ont constaté qu'aucun groupe ne s'y est établi de façon permanente au-delà de 2500 mètres d'altitude avant environ -1600 avant JC.
De plus, cette migration vers le haut plateau s'est produite alors que le climat continental se refroidissait, soulignent ces chercheurs.
Les archéologues ont étudié des ossements et des dents d'animaux (porcs, moutons et bovins), des restes de plantes et d'autres vestiges provenant de 53 sites à travers le nord-est du plateau tibétain.
Changement de cultures
Les auteurs ont découvert que les occupations humaines durables les plus anciennes, qui remontaient à il y a 5200 ans, se trouvaient au-dessous de 2500 mètres et dépendaient de cultures sensibles au gel comme la sétaire glauque et le millet commun.
Ensuite, à partir d'il y a environ 3600 ans, on trouve des occupations permanentes à plus de 2500 mètres jusqu'à 3400 mètres. Mais le régime alimentaire de ces agriculteurs-éleveurs consistait alors surtout d'orge et de blé.
Les chercheurs pensent que les habitants du haut plateau tibétain y sont initialement venus pour chasser, mais la découverte de ces nouvelles cultures résistantes au gel leur ont permis de s'y établir de façon permanente.
«Survivre toute l'année à ces altitudes devait être très difficile. Cela soulève des questions intéressantes quant aux capacités d'adaptation des humains, du bétail et des cultures à de telles altitudes», relève le professeur Martin Jones de l'université de Cambridge au Royaume-Uni.
Selon lui, cette découverte pourrait avoir des implications en termes de sécurité alimentaire et de possibilités de repenser les sources d'alimentation qui dépendent aujourd'hui en grande partie de trois grandes cultures, le blé, le riz et le maïs.
(ats/nxp)
Créé: 21.11.2014, 15h02