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Une statue léguée par Etienne Duval
L’œuvre, en marbre de Paros, montre une jeune femme qui délace sa sandale de sa main droite, aujourd’hui disparue. Par ce geste en apparence anodin, la suite de l’épisode est annoncée. En effet, la jeune femme, dont le corps est tendu vers l’avant, dans la direction vers laquelle se tourne son visage, se déchausse afin de s’engager dans un mouvement. Par comparaison avec d’autres représentations du même sujet – on en connait une soixantaine –, on a pu établir que la sculpture faisait partie d’un groupe: un satyre invitait notre personnage à danser. D’où le titre donné à la représentation: L’Invitation à la danse. Dans ce contexte, la femme pourrait s’identifier à une nymphe ou une ménade, rencontrant un parèdre dans la nature et se disposant à s’adonner avec lui à l’une de ses activités préférées.
L’œuvre illustre un aspect symptomatique de l’art grec: un motif déterminé – en l’occurrence l’acte de délacer une sandale – possède un sens qui dépasse le moment représenté.
La statue fait partie du legs Duval. Étienne Duval, artiste et grand mécène genevois, donna par testament sa collection d’œuvres d’art au Musée d’art et d’histoire en 1914. Un grand nombre de sculptures gréco-romaines de premier ordre y figuraient. Eu égard à l’importance du legs, aussi bien quantitative que qualitative, on donna le nom du mécène à la galerie où seraient exposées les sculptures antiques pendant près de soixante ans.