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L'opéra a fait ses grands débuts à Ryad ce week-end avec une histoire d'amour classique. Des groupes de Beyrouth à la Nouvelle Orléans se sont également produits à l'occasion du premier festival de jazz du royaume.
La note bleue a bercé durant trois jours l'hôtel Intercontinental avec en vedette des artistes tels que le Libanais Chady Nashef. Quant à l'opéra "Antar et Abla" (une légendaire histoire d'amour entre un guerrier arabe et sa cousine), il a également attiré des foules vendredi et samedi à l'Université Princesse Noura de Ryad.
De tels événements auraient été inimaginables il y a quelques années, lorsque la très redoutée police religieuse avait l'autorité d'empêcher les concerts et de prévenir la mixité dans les lieux publics. Mais depuis la nomination en juin dernier du prince Mohammed ben Salmane, 32 ans, comme héritier du trône, l'Arabie saoudite a entamé une politique plus libérale, autorisant entre autres les concerts et l'ouverture de salles de cinéma.
Ces réformes s'inscrivent dans une stratégie visant à diversifier l'économie pour réduire sa dépendance du pétrole et à créer des emplois pour les jeunes.
Salle d'opéra à Jeddah
La General Entertainment Authority (GEA) d'Arabie saoudite a annoncé la semaine dernière qu'elle organiserait au total plus de 5000 festivals et concerts cette année et qu'elle injecterait 64 milliards de dollars (environ 60 milliards de francs) dans ce secteur au cours des dix prochaines années.
Le premier opéra d'Arabie saoudite devrait ouvrir ses portes dans la ville portuaire de Jeddah, a encore indiqué le GEA, mais sans donner de date. Certains Saoudiens ont toutefois critiqué sur les réseaux sociaux ces annonces en dénonçant un gaspillage alors que leur pays souffre de l'inflation, du chômage et des réductions de subventions.
L'Arabie saoudite a enregistré des déficits budgétaires depuis la chute des prix du pétrole en 2014 et a été contrainte de puiser depuis dans ses réserves à hauteur de 250 milliards de dollars (environ 234 milliards de francs).