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Les dépenses militaires mondiales ne cessent de grimper. En 2021, elles ont augmenté pour la septième année consécutive et ont dépassé le chiffre record de 2000 milliards de dollars. Une première.
Le conflit en Ukraine ne va pas inverser la tendance, au contraire. Depuis le début de l'invasion russe, plusieurs pays ont annoncé l'intention d'augmenter leurs dépenses militaires. La Suisse en fait partie. Le Conseil national s'apprête à accepter une motion de la droite visant à accroître le budget annuel de la défense de deux milliards de francs d'ici 2030. Celui-ci s'élève actuellement à quelque cinq milliards de francs. Si la proposition passe, il représenterait alors 1% du PIB.
Est-ce beaucoup? Combien d'argent les autres pays dépensent-ils pour la défense? Le classement de 2020, basé sur les données de la Banque mondiale, ressemble à ça:
Face à ces chiffres, les cinq milliards de la Suisse semblent tout petits. Mais cela ne fait pas beaucoup de sens de comparer les budgets militaires mondiaux en chiffres absolus, étant donné que les Etats ont des dimensions et des économies très différentes. Il est plus intéressant de regarder quel pourcentage du PIB est consacré à la défense. C'est ce qu'illustre la carte suivante:
Ces chiffres permettent de changer de perspective. Toujours selon les données de la Banque mondiale, l'énorme budget militaire des Etats-Unis ne représente «que» 3,7% de son PIB. De ce point de vue, le pays se place loin derrière Oman (10%), l'Arabie Saoudite (8,4%) ou l'Algérie (6,7%) qui dépensent nettement plus d'argent dans la défense.
Le budget militaire suisse représente actuellement 0,8% de son PIB. Même si la Confédération décide de l'accroître jusqu'à 1%, ce pourcentage reste très faible par rapport à la plupart des autres pays, y compris nos voisins:
Autre point intéressant: si on les compare à leur PIB, les dépenses militaires de la Russie et de l'Ukraine sont plus élevées que celles des Etats-Unis.
Comme indiqué en début d'article, la Suisse n'est pas le seul pays qui devrait voir ses dépenses militaires partir à la hausse. Quatre jours après l'invasion russe, le chancelier allemand Olaf Scholz a annoncé que son gouvernement allait allouer une enveloppe de 100 milliards d'euros et également augmenter les dépenses militaires à 2% du PIB.
La Belgique a fait de même, en prévoyant une hausse de 6,9 milliards d’euros d'ici 2030, tout comme l'Italie qui veut passer de 25 à 38 milliards d'ici 2024. Les pays limitrophes de l'Ukraine ont logiquement pris des décisions similaires. Même la Suède, pays neutre, va suivre le mouvement:
Augmenter ses dépenses de 0,6 point de pourcentage peut paraître anodin, mais ces fluctuations cachent des chiffres très importants. Le journal Il Giorno cite l'exemple de l'Italie: la hausse prévue équivaut à investir 104 millions par jour.
L’épreuve de force est montée d’un cran. Lundi 23 mai, la CUAE, l’association faîtière des étudiants de l’Université de Genève (UNIGE) a déployé une banderole géante dans le hall d’Uni Mail: «ÉTUDIANT-E-X-S RÉPRIMÉ-E-X-S: LE MALAISE», est-il écrit en lettres majuscules. Cette action est une réponse à la décision du rectorat de déposer une plainte pénale contre les personnes qui, le 17 de ce mois, dans les locaux de l’UNIGE, ont interrompu avec violence une conférence du professeur français Eric Marty, auteur du livre «Le sexe des modernes», jugé transphobe par les perturbateurs, des transactivistes.