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Face à la récente élection d’Emmanuel Macron et de son parti « En marche », une interrogation plane sur la validité de la distinction Gauche-Droite qui répartit les différents partis politiques. En effet, Macron représente une France européenne, ouverte sur le monde, intégrée dans le marché commun et dans sa monnaie. Il faisait face à Marine Le Pen, fer de lance d’une France plus fermée, autonome, dont les frontières seraient peu perméables à la circulation des biens, des services et des personnes.
La question qui se pose ici est de savoir si Big Mac (c’est un de ses nouveaux surnoms) représente davantage le centre gauche ou plutôt une globalisation modérée ; et si Marine Le Pen représente l’extrême droite ou bien un nationalisme affirmé et un repli de la nation sur elle-même. Néanmoins, peut-être que la nouvelle définition de centre-gauche comprends une globalisation modérée et qu’extrême droite veut dire nationalisme ? Dans ce cas, il s’agirait simplement d’un changement de définition plutôt que d’un changement de cadre de réflexion.
Afin de bien penser cette distinction, il s’agit de définir précisément ce que sont la Gauche, la Droite, le nationalisme et la globalisation. Rappelons au lecteur que la distinction Gauche-Droite remonte à la révolution Française où lors du débat sur le veto royal à la Constituante (Assemblée constituante de 1789), les députés contre se trouvaient à droite du Président du bureau, tandis que ceux pour se trouvaient à gauche.
La Gauche, traditionnellement, se caractérise par les valeurs suivantes : égalité, fraternité, solidarité, progrès et insoumission. Tandis que la Droite défends ces valeurs-ci : autorité, identité nationale, ordre social, sécurité, conservatisme et tradition. Par ailleurs, certaines valeurs telles que la justice, la liberté, la tolérance et la démocratie ont un caractère plus transversal et se retrouvent donc à gauche et/ou à droite. Avec le progrès et l’évolution de la démocratie, les valeurs de capitalisme, de sécurité et de désendettement sont plus ou moins acceptée par tous, du moins le pensait-on.
La globalisation est un processus continu par lequel les systèmes, les sociétés et les individus sont de plus en plus interdépendants. Il serait bon de se pencher sur la question et d’étoffer cette définition. Malheureusement, ce n’est pas là le but principal de cet article. L’aspect important est le suivant : la globalisation n’a pas bénéficié à tout le monde de manière égale. Tous ont vu le gâteau s’agrandir mais certains ont vu leur part rétrécir, même de manière absolue. C’est de cette vague de mécontentement que Marine Le Pen a profité pour passer au deuxième tour.
L’atout de Marine Le Pen, c’est le nationalisme. Le nationalisme est aussi l’objet d’étude de nombreuses thèses et courants de pensée. Le Dictionnaire de philosophie de Stanford met l’accent sur un aspect important: “The actions that the members of a nation take when seeking to achieve (or sustain) self-determination.” C’est bien la notion d’autodétermination qui se manifeste dans le nationalisme actuel, illustrée par le slogan « Take back control » du Brexit. C’est par cela que le nationalisme s’oppose diamétralement à la globalisation, qui indirectement accorde une partie du contrôle à l’autre, par les biais de différents accords.
Autrement dit, à présent, les notions de globalisation ou de nationalisme ne se rattachent pas de facto aux définitions classiques de gauche et droite politique. Il se pourrait donc que le chaos politique dans lequel se trouve de nombreux pays est entre autre dû à un mauvais cadre de réflexion, fertile à l’apparition de nouveaux partis et de nouveaux candidats. Ceci ayant pour conséquences que les gens souhaitant plus de protectionnisme finissent par défendre des valeurs telles que le racisme. Et ceux souhaitant plus d’égalité et de justice sociale votent la globalisation…
Charles Emsens