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Grimentz
Les pierres à cupules de Grimentz entourent la Pierre des Martyres. Leur particularité est la pierre sur laquelle sont creusés deux pieds, qui pointent vers le nord. Il s’agit d’un exemplaire unique en Valais, qui a donné lieu à beaucoup de légendes et d’interprétations.
Les empreintes de pieds ne sont physiquement pas plus datables que les écuelles qui les accompagnent, mais selon Jean-Christian Spahni, les pieds en tant que talismans étaient très répandus pendant l’Age du Fer.
La situation du site peut laisser penser à une utilisation cultuelle : situation reculée, entre deux montagnes raides, effet impressionnant de blocs monumentaux entourés de pierres gravées, le passage sur un chemin de commerce important vers le Val d’Hérens qui lui-même communiquait vers l’Italie. Le lien avec la mine de cuivre toute proche est également envisagé.
En effet, le site des pierres à cupules se nomme le Bocard. Ce terme désigne un appareil à pilon servant à broyer les minerais ou à produire des poudres très fines. Cela pourrait donc établir un lien entre les pierres et le travail du cuivre. Le lieu même du Bocard a été choisi, entre le XIXe et le XXe siècle, pour le traitement du minerai lors de l’exploitation du cuivre, ce qui met en valeur sa bonne situation par rapport aux mines.
Vue du site en 1890 © Reber
Le site peut-être visité grâce à une brochure explicative.
St-Luc
La pierre des sauvages à St-Luc comporte plus de 300 cupules simples, certaines reliées par des rainures. Elle est également appelée pierre des druides et pierre des nains.
Beaucoup de légendes, circulent, une disant que des esprits auraient voulu jeter la pierre sur le village de St-Luc, mais Dieu intervint parce qu’il y restait encore quelques bonnes âmes, il immobilisa les esprits et brisa la pierre. Une autre histoire raconte qu’on a coupé la tête d’un saint sur la pierre et que celle-ci aurait fendu la pierre en tombant.
Comme pour celles de Grimentz, cette pierre a plusieurs interprétations. Elle pourrait montrer la séparation d’un peuple en deux branches ou alors l’inventaire des habitants du village avec leurs liens de parenté.
Les informations pour la trouver se trouvent sur le site de l’Office du Tourisme.
Bibliographie
KRAFFT, C., Les pierres à écuelles de Grimentz, Lausanne, Imprimerie G. Vaney-Burnier, 1911.
LINIGER, H., «Schalensteine des Mittelwallis und ihre Bedeutung», tiré à part de Basler Beiträge zum Schalensteinproblem, Bâle, Barfüsser Drückerei, 1969.
MARIETAN, I., «Les pierres à écuelles», tiré à part du Bulletin de la Murithienne, fascicule 57, St-Maurice, 1940.
NELH, G., «Pierres à cupules et roches gravées en Savoie», in L’histoire en Savoie, Chambéry, Société Savoisienne d’Histoire et d’Archéologie, imprimerie Arc-Isère, 1989.
REBER, B., «Quelques séries de gravures préhistoriques», compte-rendu de la XIVe session du Congrès international d’Anthropologie et d’Archéologie préhistorique, Genève, 1912.
REBER B., « Sur l’explication astronomique des gravures préhistoriques », tiré à part de la Revue préhistorique, n°8-9, Paris : Vigot frères, 1910.
SCHWEGLER, U., Schalen- und Zeichensteine der Schweiz, Bâle, Publication de la Société Suisse de Préhistoire et d’Archéologie, 1992.
SPAHNI, J.-C., «Les monuments mégalithiques du Val d’Anniviers», tiré à part du Bulletin de la Murithienne, fascicule 66, St-Maurice, 1949.