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30/07/2013
Voile à l'école: Saint-Gall, Turgovie et le Tessin. Les initiatives croissent et se multiplient
Charles Beer a beau avoir dit "tout le mal qu'il pensait de (mon) projet de loi" dans les colonnes de la Tribune, cette même Tribune du 30 juillet doit lui donner d'autres sujets d'aigreur. Voici en effet le canton de Saint-Gall qui va débattre de la question. Puis celui de Thurgovie. Et d'abord le Tessin qui votera le 22 septembre 2013 sur l'interdiction dans les lieux publics de la burqa et du nikab.
Et au Tessin, ce n'est pas l'UDC qui aura amené le peuple à se prononcer, mais un simple citoyen. Avec de bonnes chances de succès, toujours selon la Tribune. Puis les Chambres fédérales - où une coalition opposée au voile à l'école PDC - PLR - UDC devrait l'emporter - seront appelées à se déterminer. Et enfin le Tribunal fédéral, le jour où un recours sera déposé, par exemple par une jeune fille portant un voile et étant mise en demeure d'observer la loi.
La question n'est donc plus de savoir si mon projet de loi (qui doit encore être approuvé par une majorité des députes PLR pour être déposé le 3 septembre - ce qui ne va pas de soi, compte tenu des convictions de certains et des considérations électoralistes d'autres) sera voté par le Grand Conseil genevois, mais plutôt quand il le sera, sous une forme ou une autre, par un moyen ou un autre.
Sous une forme ou une autre: en visant l'interdiction de signes religieux portés de façon ostentatoire, comme je le souhaite, ou en ciblant l'interdiction de couvre-chefs, tel que le député UDC Éric Bertinat l'a imaginé en réaction à ma proposition.
Sous un moyen ou un autre: par le biais d'un projet de loi, tel que le mien, ou d'une initiative populaire que d'autres pourraient lancer, avec de très bonnes chances de succès (rappelons ici que le sondage de la Tribune donnait 82% des 4000 répondants en faveur de l'interdiction du voile à l'école).
Car le mouvement est lancé depuis que le Tribunal fédéral s'est prononcé le 11 juillet sur le cas de deux écolières d'une commune scolaire thurgovienne, Bürglen, pour lui reprocher l'absence de base légale cantonale à son règlement communal.
On peut considérer que l'histoire n'a pas de sens. On ne peut en revanche reprocher aux citoyens de vouloir lui en donner un, quand il a pour but le respect de la femme, la poursuite de l'objectif de l'égalité entre les sexes et en l'occurrence la mise en œuvre des 13 priorités du DIP, celles-là mêmes que Charles Beer va léguer à son successeur, singulièrement la priorité 7 (une politique volontariste en faveur de l'égalité entre filles et garçons - voir http://www.ge.ch/dip/13_priorites.asp). Dès lors, cela tient de "mission impossible" de convaincre les citoyens, surtout ceux de cette gauche qui n'a que le mot égalité à la bouche, de rejeter mon projet de loi.