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Affouragement de protéines animales transformées à la volaille et aux porcs
Dans l'Union européenne, les sous-produits d'abattage peuvent à nouveau être utilisés dans l'affouragement de la volaille et des porcs depuis l'automne 2021, après plus de 20 ans d'interdiction. Cette mesure judicieuse permet de fermer les cycles de nutriments et de préserver l'environnement. L'utilisation de protéines animales pour l'affouragement des ruminants reste interdite. Le 18 septembre 2023, le Département fédéral de l’intérieur a ouvert la procédure de consultation relative aux dispositions législatives concernées.
Revaloriser les protéines animales: sensé et durable
L'ingestion de protéines animales correspond aux habitudes naturelles de la volaille et du porc. Nourrir ces omnivores avec des protéines animales favorise l'utilisation des ressources indigènes et permet de boucler les cycles de nutriments. Les protéines animales issues de viande et d'os à partir de sous-produits d'abattage sûrs peuvent ainsi remplacer en partie les importations d'aliments pour animaux comme le soja. Comme condition: aucune protéine animale ne doit être utilisée pour nourrir la même espèce.
Les arguments principaux
1. La sécurité avant tout
En 2000, le Conseil fédéral a interdit l'utilisation de farines animales, en raison des bovins touchés par l'ESB (encéphalopathie spongiforme bovine). La "maladie de la vache folle" était alors liée à des farines animales contaminées dans l'alimentation des ruminants. Pour cette raison, l'utilisation de protéines animales dans l'alimentation des ruminants, végétariens par nature, restera donc totalement et durablement interdite. De manière générale, aucun sous-produit d'abattage de ruminants ne peut être transformé en fourrages pour animaux de rente.
Il est logique de fournir aux omnivores que sont la volaille et les porcs, des protéines animales issues de sous-produits d'abattage sûrs et sains, car autorisés pour la consommation humaine mais pas demandés par le marché. Dans l'intérêt des consommateurs et de l'agriculture, la séparation des flux de marchandises doit être stricte. La sécurité doit avoir la priorité absolue. Même après l'autorisation de la Confédération, les acteurs du marché suisse de la production animale seront libres de décider s'ils veulent utiliser des protéines d’origine animale.
2. Fermer les Cycles des éléments nutritifs
Les sous-produits d'abattage utilisés dans l'alimentation animale sont à même de contribuer à réduire le déficit protéique indigène. Il serait possible d'économiser 25 000 tonnes ou environ 10% d'importations de soja fourrager par an. L'environnement s'en trouverait soulagé par des distances de transport plus courtes. Il est par ailleurs judicieux de recourir à des protéines indigènes de haute qualité pour l'alimentation animale plutôt que de les envoyer dans des installations de biogaz ou de les éliminer par incinération comme c'est le cas actuellement.
3. Utiliser une source de phosphore indigène
Le phosphore constitue un fertilisant important pour les plantes. Mais il s'agit également d'une ressource épuisable. L'utilisation de sous-produits animaux représente une source de phosphore dans l'alimentation des porcs et de la volaille. Ainsi, 10 à 30% des importations de phosphore alimentaire pourraient être remplacées. L'agriculture suisse pourrait ainsi mieux contribuer à la trajectoire de réduction des pertes d'éléments nutritifs décidée par le Conseil fédéral. C'est bon pour nos sols et nos lacs.
4. Ménager le climat
La bonne digestibilité des protéines et la teneur comparativement élevée en acides aminés essentiels des sous-produits d'abattage permettront d’améliorer le bilan CO2 de la production suisse de viande et d'œufs. L'impact environnemental de l'élevage d'animaux de rente s’en trouvera ainsi réduit.
En résumé
Les sous-produits issus de l'abattage des volailles et des porcs proviennent de processus sûrs. Ces matières valorisables issues de résidus sains, traçables et autorisées pour la consommation humaine, pourraient désormais être à nouveau affouragées. La revalorisation de protéines animales dans l'alimentation des omnivores que sont la volaille et les porcs représente une mesure sûre et écologiquement sensée. Les animaux de l'espèce bovine en resteront exclus.
Personnes de référence
- Dr. Med. Vet. Lukas Perler, directeur NTGS ; <email-pii> ; 031 910 20 15
- Michel Darbellay, Union suisse des paysans ; <email-pii> ; 056 462 52 05
- Lutz Asbeck, Centravo/SCOP GmbH ; <email-pii>, +49 176 50079963
Lien vers d'autres informations: Fiche d'information de "Santé des animaux de rente Suisse"
Lien vers les documents de la consultation OSPA