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L'initiative socialiste pour l'équité fiscale a donc été rejetée par la majorité du peuple (58,5 % de « non ») et des cantons. Elle a néanmoins été acceptée par Genève, le Jura, Neuchâtel et Bâle ainsi que les villes de Lausanne, Berne, Fribourg, Zurich et Bellinzone. Ce résultat est certes en deçà des espérances du PS (nous espérions une majorité populaire, la majorité des cantons étant inatteignable) mais n'en ouvre pas moins des possibilités de relancer le débat fiscal : l'initiative obtient un soutien bien plus large que le seul poids de la gauche en Suisse, où, prise en son sens le plus large, en y incluant les Verts, les chrétiens sociaux et la « gauche de la gauche », elle ne pèse qu'un tiers de l'électorat actif, alors que 41,5 % des votantes et des votants ont finalement accepté un texte qui n'a réellement été défendu dans la campagne électorale que par le PS lui-même et la « gauche de la gauche », avec des moyens cinquante fois inférieurs à ceux consacrés par la droite et le patronat à le combattre, y compris par le mensonge.
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C'est un marronnier des fins (ou début) d'année : on désigne l' " Homme de l'Année " (disons : l'humain de l'année). L'année dernière, ce fut, sans conteste, Bernard Madoff, l'homme qui révéla la profonde absurdité du capitalisme financier. Et cette année, le lauréat s'appelle Hervé Falciani. Grâce à lui, la justice française se trouve en possession des noms de 130'000 clients et anciens clients (dont près de 3000 Français) de la banque genevoise HSBC (celle qui a racheté la banque Safra, et qui a fait en 2008 le plus gros bénéfice de toutes les banques privées de Suisse) : ces noms figurent sur des listes vieilles de trois ans saisies par les Français sur l'ordinateur de Falciani, après que la Suisse, qui avait ouvert sur lui une enquête, l'ait fait arrêter. C'est encore la Suisse qui a livré à la justice française les mots-clefs qui lui ont permis d'avoir accès aux données bancaires cryptées que Falciani stockait sur son ordinateur. On se fout de savoir comment et pourquoi Falciani a agi, s'il a ou non tenté de monnayer ses listings, et qu'il soit ou non mythomane nous indiffère : quoi qu'il soit et ait fait, il aura bien mérité de la lutte pour l'abolition du secret bancaire... De toute façon, à l'heure où un pape allemand s'apprête à béatifier un pape germanophile, on peut bien se permettre de chanter comme on veut, pour les raisons qu'on veut, les louanges de qui on veut.