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L'ouvrage dénonce les mythes de l'industrialisation et du développement pour s'attaquer aux véritables raisons : la destruction des sources de créativité et le surréalisme suicidaire.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Que faut-il entendre ici par « Ve République » ? Est-ce, de manière restrictive, l'événement historique, le passage de la IVe à la Ve République ? A l'inverse, sur un mode extensif, est-ce le régime politique tel qu'il fonctionne depuis 1958 - ensemble si complexe qu'il paraît échapper, par nature, à toute recherche de ce type ? En définitive, c'est dans une voie intermédiaire que l'on s'engagera, en s'intéressant aux origines de la Constitution de la Ve République : c'est-à-dire, au corps de règles et de principes suprêmes qui détermine la structure institutionnelle du régime, et dont l'établissement a justifié, au printemps 1958, la chute de la IVe République et le retour du général de Gaulle.
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L'espace de la société japonaise, c'est aussi bien la manière dont le moi s'y pose face au monde que celle dont les paysans ont mis en valeur les plaines de l'archipel ; c'est le plan de la citadelle du shôgun à Edo, mais tout autant certains principes managériaux des grandes entreprises. En effet, chaque société organise son espace selon une logique d'ensemble qui lui est propre : cette organisation reproduit analogiquement les mêmes principes au plan mental et au plan social, tout comme au plan matériel. La logique d'ensemble de la spatialité japonaise repose sur une assise culturelle radicalement différente de la nôtre. Elle n'est donc pas transposable comme telle ; mais son efficacité comme ses limites nous invitent à comprendre ce qu'a de particulier, donc de dépassable, notre propre vision du monde.
La plupart des interdits alimentaires retenus par la loi musulmane ont trait au régime carné, la raison étant que toute nourriture influence physiquement et spirituellement celui qui l'absorbe : manger certaines catégories animales revient à prendre le ri
En Europe, comme aux Etats-Unis et au Canada, l'illettrisme n'est pas rare. Cet état de choses s'explique sans doute et surtout par une baisse de la valeur symbolique de ces savoirs et par le fait que, dans la pratique, le travail et les autres activités
La réflexion morale s'est donné un nouvel objet : l'environnement. Au début des années 70, le besoin d'une éthique environnementale a été formulé et tout un débat s'est développé sur ces problèmes : différentes tendances philosophiques s'y sont exprimées, des questions critiques ont été déterminées. L'éthique environnementale existe, comme une réflexion philosophique qui a su associer les questions morales classiques et les problèmes contemporains qui font de la nature l'objet d'un débat philosophique. Ce débat affecte plus particulièrement la communauté de langue anglaise : la crise environnementale y a été entendue comme une incitation à redéfinir les rapports de l'homme et de la nature, à ne plus voir dans celle-ci un simple réservoir de ressources, à remettre en question l'anthropocentrisme moral, à développer, donc, une nouvelle éthique. Ce livre a pour objet de présenter les principaux thèmes débattus : la question de la valeur intrinsèque, celle du bien-être animal, la conception de la communauté, celle de la wilderness, le problème du pluralisme moral.
La Poétique d'Aristote est l'oeuvre fondatrice de toute réflexion sur la création épique et tragique. Elle n'a été invoquée, en fait, que par l'intermédiaire d'Horace et des théoriciens classiques français : à ce titre, elle a souffert récemment du mépris des modernes, puis a été récemment redécouverte. On s'est aperçu de son aspect étrangement moderne ; seuls les grands créateurs, même quand ils croyaient s'en affranchir, l'ont comprise et mise en pratique : Racine, malgré Boileau, les romantiques allemands, Hegel, les tragiques modernes, comme Giraudoux... La présente étude replace l'oeuvre dans son contexte historique littéraire, biographique, philosophique ; elle donne une synthèse des analyses aristotéliciennes, qui tient compte des avancées les plus récentes de la recherche ; enfin, elle retrace la fortune de l'oeuvre, depuis l'Antiquité romaine jusqu'à Barthes et Todorov.
Etudie les trois figures dominantes de l'atomisme et les conflits qui les divisent sur la question de la nécessité. Si pour Démocrite, la nécessité est le principe de toutes choses et de tout événement, les épicuriens s'efforcent en revanche de limiter le pouvoir de ce principe, en mettant l'exigence de liberté à l'épreuve de la nécessité, l'exercice de la décision face à la réalité du monde.
Le combat pour les droits de l'homme a beaucoup changé depuis la déclaration de 1789. Tour à tour, Kant, Fichte, Hegel et Marx, ont réfléchi aux principes du texte qui a inauguré le monde contemporain. De l'adhésion enthousiaste du jeune Fichte, à la dénonciation marxiste d'une idéologie mystificatrice, en passant par la discrimination kantienne et la rationalisation hégélienne, la philosophie allemande a incarné tout le destin philosophique des droits de l'homme. À une époque où la conscience de l'humanité cherche à fonder, sinon une vraie réconciliation des peuples, du moins leur cohabitation élémentaire, sur l'affirmation universelle du droit des individus, il est peut-être nécessaire de revenir à la méditation initiale des philosophies des droits de l'homme.
Toutes les formes contemporaines de la servitude sont, dans cet ouvrage, passées en revue, de la condition ouvrière en Occident à l'orée du XXe siècle, à celle qui prévaut dans les ateliers clandestins et les usines des pays tigres, sans oublier les camps de travail forcé en Europe et en Asie, ni les trafics des esclaves sexuels ou des domestiques maltraités. Sur la base des plus récents travaux concernant les développements prévisibles de la population mondiale, de la productivité du travail et de l'évolution de l'emploi, cette étude met en garde sur la nécessaire coordination, au sein des organisations internationales, des nations responsables de lutter contre ce fléau par l'utilisation du progrès, dans le seul but d'assurer enseignement et santé à chaque enfant, puis emploi décent à chaque jeune adulte.
Le nom de Jean-Frédéric Oberlin, pasteur et pédagogue, citoyen des Lumières, reste indissociablement lié à celui du Ban de la Roche, modeste vallée vosgienne, au coeur de laquelle il exerça son ministère pendant quelque soixante années. Au confluent des XVIIIe et XIXe siècles, il y développe, loin des cercles intellectuels des capitales européennes, un projet socio-éducatif global sans précédent, bâti dans le quotidien d'une action pastorale fondée sur les principes intangibles d'exigence morale et d'amour du prochain. Considéré comme un précurseur de l'éducation préscolaire institutionnelle en Europe, Jean-Frédéric Oberlin esquisse à travers les poêles à tricoter les contours d'une synthèse paradoxale, exemplaire de l'ensemble de son oeuvre, entre valeurs chrétiennes et humanisme républicain, science et spiritualité, action et méditation, orthodoxie luthérienne et dissidence piétiste, romantisme germanique et classicisme latin. L'originalité des méthodes pédagogiques adaptées à l'éducation de la petite enfance mises en oeuvre par cette grande figure du protestantisme en Alsace, constitue un apport décisif au débat, toujours d'actualité dans l'Europe contemporaine, sur les modalites de garde et d'éducation des enfants les plus jeunes.
La publication des enseignements donnés de 1919 à 1928, qui correspond à la décennie phénoménologique de Heidegger, permet aujourd'hui de se faire une idée précise de la genèse du chantier et du livre «Etre et temps» et fournit de nouveaux critères au travail d'interprétation.
Voici aujourd'hui l'état de la théorie des modèles politiques. Le lecteur sera sans doute un peu déçu par le caractère généralement sommaire, parfois même naïf, maintes fois souligné tout au long de ce livre, de certains modèles ou de certaines analyses. Nous espérons seulement qu'il sera convaincu qu'il s'agit là des premiers balbutiements d'une science nouvelle. Les méthodes et les concepts dégagés ici sont plus importants que les résultats proprement dits, évidemment sommaires, et parfois très contestables. Cette remarque est importante, à un moment où la théorie politique dans son ensemble est à la croisée des chemins : la multiplicité des concepts, des idées, des thèses qui s'affrontent ; la complexité des situations concrètes dans lesquelles elles s'inscrivent ; la concurrence de plusieurs méthodes d'analyse récemment proposées rendent de plus en plus difficile l'énoncé de règles générales et prédictives concernant l'évolution des sociétés et des remèdes à apporter aux faiblesses de leur organisation.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
En 1926, dans Inhibition, symptôme et angoisse, Freud propose une nouvelle théorie de l'angoisse dans laquelle le Moi joue un rôle capital. Dans ce nouveau cadre, le Moi fait plus que ressentir l'angoisse, il la produit. Cette théorie s'oppose à celle qui la précédait où l'angoisse était une transformation, dans certaines conditions, de la libido. On peut opposer ces deux théories en disant que l'une, la plus ancienne, était pulsionnelle, alors que l'autre est topique. Il est bien entendu que la topique sur laquelle se fonde cette dernière théorie, est la nouvelle topique introduite pour l'essentiel après 1920. Mais celle-ci ne peut se concevoir, selon l'auteur, que fondée sur la dernière théorie freudienne des pulsions introduite, elle aussi, après 1920 et ceci, en dépit du fait que certains de ses éléments sont apparus avant cette date. En fonction de quoi, l'auteur pense qu'il faut ajouter une troisième étape théorique où l'angoisse est bien produite par le Moi (la théorie topique), mais où le danger qui la suscite, ainsi que sa production même dans le Moi, ont des sources pulsionnelles. Cette troisième étape a, selon l'auteur, valeur de synthèse des deux autres. Ainsi, s'ouvre la possibilité d'un renouvellement théorique-métapsychologique de l'angoisse, sans pour cela changer la phénoménologie de celle-ci, surtout son rôle dans la névrose et dans la psychopathologie en général. De cette façon est satisfaite, pour ce cas, une exigence métapsychologique fondamentale, à savoir montrer la genèse des phénomènes psychiques, surtout les plus importants, à partir des pulsions, c'est-à-dire à partir des sources de la vie psychique.
Qu'est-ce qui, d'Aristote, émerge face aux questions d'aujourd'hui ? Aristote est le paradigme du phénoménologiquement correct. Car correct non seulement dans l'aisance ontologique à dire le monde comme il est : phénoménologie où les choses, les affections de l'âme et les sons de la voix coïncident naturellement. Mais correct aussi pratiquement, parce que les hommes qu'il nous dépeint vivent dans un monde commun et, y compris poétiquement et politiquement, présentable, au sens cette fois de respectable. Le livre interroge cette belle image à partir des inconsistances et des hiatus qu'Aristote, trop honnête, ne cherche jamais à cacher. Dire le monde ? Mais on s'aperçoit qu'il y a un saut entre ce qu'on sent et ce qu'on dit, entre la logique de la sensation et celle de la phrase. Parler en homme ? Mais il y a des hommes, les sophistes, les esclaves, les femmes, pour qui cela ne va pas de soi. En prenant le logos comme fil conducteur, on voit Aristote travailler à la fois avec et contre les sauts et les passages qu'autorise la langue grecque, elle qu'on dit un peu vite toujours déjà phénoménologique. Aristote permet ainsi de s'en laisser moins conter par les contes de la phénoménologie ordinaire.
Angustia, districtia, les deux mots communiquent curieusement via l'étymologie qui, dans les deux cas, dit l'étroitesse, celle d'un espace qui se resserre, d'un détroit. Ce qui les distingue est-il affaire de quantité, la détresse est-elle l'angoisse extrême ? Ou affaire de qualité, l'une prenant dans le sexuel sa source quand l'autre serait plus proche du risque vital ?
Certaines approches anglo-saxonnes de la psychanalyse, historiquement marquées, américaines pour l'essentiel, se sont succédé, se superposant sans s'effacer et accentuant leurs déviances. Se voulant d'abord théoriques, elles ne sont pas sans conséquences sur les pratiques. Il en est ainsi, pour ne citer que celles-là, de la théorie de l'adaptation et du moi autonome, de celle de la relation d'objet, de l'intersubjectivité ou encore de l'analyse mutuelle, sans compter quelques autres... Parfois présentées comme approfondissements ou critiques ponctuelles du corps freudien, parfois comme reformulations voire comme refondations de la psychanalyse, elles n'apparaissent pas acceptables à nombre d'analystes, tant américains qu'européens, malgré des environnements culturels assez différents. En dépit ou en raison de ces conflits, elles offrent un ferment de débats et de controverses multiples, voire d'encouragements à des dérives qui ne sauraient être méconnues. Ne prétendant nullement à la neutralité, mais s'efforçant de conserver une certaine distanciation, cette monographie cherche à témoigner de ces controverses qui demeurent souvent mal connues de ce côté-ci de l'Atlantique. Elle en montre les enjeux de tous ordres, interrogeant certes les analystes, mais aussi toute personne qui reconnaît la psychanalyse comme fait culturel en mouvement.
Comment savons-nous distinguer le bien du mal, reconnaître que telle action est bonne, ou telle règle injuste ? Comme l'écrit Adam Smith, Selon certains, le principe de l'approbation est fondé sur un sentiment d'une nature originale, sur une faculté de perception particulière que l'esprit exerce au spectacle de certaines actions ou dispositions... Ils lui donnent un nom particulier et l'appellent sens moral. L'histoire moderne du sens moral, anglaise et surtout écossaise, commence par un dilemme. L'obligation suppose une règle extérieure à la conscience qui est obligée. Comment juger, si nous ne disposons pas d'une règle de justice ? Mais les partisans du sens moral objectent : comment reconnaître et nous assurer que cette règle est bien juste, si nous n'avons pas d'abord la capacité de discerner ce qui est juste, indépendamment de l'obéissance à cette règle ? De deux choses l'une : soit nous sommes d'emblée, et comme naturellement, sensibles aux qualité morales, soit la moralité se réduit à la conformité à un univers de conventions. Cette notion est-elle autre chose qu'une chimère de moralistes ? Son étude permet de reconstituer une histoire de la philosophie morale et des polémiques qui l'animent au XVIIIe siècle - depuis Cudworth et Locke, en passant par Shaftesbury, Bayle, Hutcheson, Hume et Smith, jusqu'à Kant et Bentham.
S'attache à mettre en application les principes définis pour analyser l'un des mythes qui nous touchent le plus aujourd'hui, celui de Pasiphaé, en s'appuyant sur les concepts de mythe littérarisé et de syntagme minimal du mythe.
La parenté des figures du génie et du fou est sans doute une constante de la culture occidentale, sinon de toute culture. Elle figurerait vite comme synthèse anthropologique, dont la philosophie pourrait alors dévoiler la dimension fondamentale. Mais cette grande parenté dans sa généralité pure, c'est le propre d'une époque de lui donner un style d'existence unique où se précipite l'historicité têtue de nos concepts. Cette étude tente de ressaisir la structure concrète d'un questionnement autour de la folie artiste dans la littérature psychiatrique des années 1850 jusqu'à l'aube du XXe siècle. Elle voudrait décrire le grand passage de l'écrivain paranoïaque à l'artiste schizophrène, l'invention de la dimension politique d'une synthèse art/folie, l'émergence et la transformation des parentés culturelles : l'artiste et le fou, d'abord perçus dans le cousinage sombre du criminel et de la prostituée, seront bientôt affiliés au primitif et à l'enfant. Trois axes ont été dégagés au cours de cette étude : la constitution d'une science clinique de l'écriture aliénée ; l'élaboration de la figure du génie malade à travers les notions psychiatriques d'hallucination, de transe nerveuse et de dégénérescence supérieure ; la stratégie sociale recouverte par l'affirmation brutale chez les aliénistes de la qualité artistique des oeuvres de leurs patients.