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Ce regain d'activités doit être considéré comme un retour à des conditions de marché plus normales.
Lors du Forum économique mondial de fin janvier, le Fonds monétaire international a relevé ses prévisions de croissance mondiale pour 2018 et 2019. Toutefois, pour son chef économiste «…le risque majeur est la confiance excessive… La prochaine récession est peut-être plus proche que nous ne le pensons». Mais pourquoi parler de confiance excessive? Et pourquoi s’en préoccuper?
«La stabilité conduit à l’instabilité. Plus la situation est stable et plus elle le reste, plus elle deviendra instable lorsque la crise éclatera». Hyman Minsky, L’hypothèse d’instabilité financière, 1982.
conduisant inéluctablement à la récession.»
Ces dernières années, la croissance du produit intérieur brut (PIB) s’est avérée moins volatile qu’au cours des décennies précédentes, avec des variations annuelles bien moins prononcées.
Au début des années 1980, l’économiste américain Hyman Minsky a émis l’hypothèse que de telles périodes conduisent à un regain d’appétit pour le risque et à une hausse de l’endettement, pour aboutir à une phase de surchauffe économique. Et que la surchauffe est synonyme d’instabilité, conduisant inéluctablement à la récession. Cette analyse a révélé toute sa pertinence au lendemain de la crise des subprimes.
Les mesures de confiance des chefs d’entreprise (PMI globaux) ou des investisseurs (ZEW en Allemagne) sont largement utilisées comme indicateurs des perspectives de croissance. Tout niveau supérieur à 50 des indices PMI indique une expansion de l’activité et inversement tout niveau inférieur à 50 reflète une contraction économique (les récessions surviennent généralement lorsque l’indices chutent sous la barre des 45).
et ils laissent entrevoir un tassement de la croissance.»
Tout au long de l’année 2017, les indices PMI se sont nettement améliorés, touchant des plus hauts cycliques dans de nombreuses grandes économies et laissant entrevoir une poursuite de l’expansion économique de par le monde. Cependant, ces extrêmes d’optimisme ne durent pas généralement et, même si les indices restent bien supérieurs à 50, ils laissent entrevoir un tassement de la croissance.
A l’instar de l’économie mondiale, les marchés financiers ont connu une période prolongée de calme. L’indice MSCI AC World des cours boursiers mondiaux a produit un rendement total positif chaque mois d’octobre 2016 à janvier 2018. L’appétit des investisseurs pour le risque est remonté, le mois de janvier 2018 enregistrant la plus forte hausse des cours de ces dernières années. Depuis, une correction a été observée, pesant sur le momentum de marché (l’une des composantes majeures de notre méthode d’investissement VaMoS) et nous incitant à revenir récemment à une exposition neutre aux actions mondiales.
L’un des signes les plus manifestes d’obstacle a été le pic du VIX, l’indicateur de volatilité implicite du S&P 500. L’indice VIX mesure le coût de couverture sur l’indice S&P 500 via des options (plus le coût est élevé, plus l’aversion au risque est forte). L’année dernière, le VIX a chuté à 11,1% en moyenne, son taux le plus bas depuis la crise financière mondiale. Les fortes corrections du marché depuis début janvier 2018 ont entraîné de nouveaux pics de volatilité. En effet, la moyenne depuis début 2018 (17,2%) est supérieure au pic de 2017 situé à 16,0%!
de performances positives peu volatiles.»
Selon nous, il n’y a pas lieu de se préoccuper de ce regain de volatilité. Il doit plutôt être considéré comme un retour à des conditions de marché plus normales. La moyenne depuis début 2018 est en réalité inférieure à celle en place depuis 2007, qui ressort à 19,8%.
L’économie mondiale a connu une longue période de croissance régulière ces dernières années, tandis que les actions mondiales et américaines ont bénéficié d’une période exceptionnellement longue de performances positives peu volatiles. Dans la théorie de Minsky, l’émergence d’indicateurs économiques avancés plus instables et d’une volatilité plus forte sur les marchés actions est la conséquence logique de la précédente période de calme.
Ce retour à des conditions plus normales a freiné l’excès de confiance des investisseurs, et les valorisations des actions mondiales sont aujourd’hui plus attractives que fin janvier. Enfin, dans la mesure où nous estimons qu’une expansion économique robuste viendra favoriser une croissance solide des bénéfices, des accès de volatilité et des mouvements de vente boursiers ne manqueront pas d’offrir des opportunités d’achat.