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Avoir un père mondialement célèbre, ce n’est pas un cadeau. Avoir un père ET un grand-père mondialement célèbres, c’est une malédiction. Ce fut celle de Bertrand Piccard, qui dut attendre ses 41 ans pour la conjurer.
Le grand-père de Bertrand, Auguste Piccard, avait tenu le monde entier en haleine durant l’entre-deux-guerres en réalisant les premiers vols stratosphériques à bord de ballons de sa conception. Puis Jacques Piccard plongea à bord du bathyscaphe (développé avec son père, Auguste) dans les plus profonds abysses de la planète. Ces deux Piccard ont été célébrés, décorés, invités dans les plus prestigieuses institutions scientifiques. Auguste est même devenu immortel en inspirant le professeur Tournesol des Aventures de Tintin.
Bertrand était certes devenu médecin psychiatre. Et, à ses heures perdues, il faisait des loopings en aile delta, pilotait des ULM et des montgolfières. Mais quand on le présentait à une personnalité, il n’était que le fils et le petit-fils de...
Heureusement pour lui, il restait à la fin du siècle dernier une toute dernière aventure à la Jules Verne à réaliser et qui passionnait les foules: le tour du monde en ballon en un seul vol. Une balade de plus de 40 000 km au gré des vents. Une irrésistible bouffée d’air frais avant l’enfermement collectif dans les univers synthétiques du XXIe siècle. Une épopée homérique qui réunissait une distribution digne du meilleur cinéma américain: une meute de mâles alpha anglo-saxons plutôt millionnaires suivie par un petit challenger romand désargenté, lesté par un patronyme lourd à porter.
Mais le 21 mars 1999, Bertrand est devenu... lui-même, comme il le dit dans notre interview d’anniversaire. A sa troisième tentative, et après que ses concurrents avaient eux-mêmes accumulé une quinzaine d’échecs, le fils et petit-fils de... avait, comme ses aïeux, réussi l’impossible. Il avait l’étoffe des Piccard. Allégé par cet acte de «libération», par ce «changement d’altitude», il allait alors pouvoir mener ses projets philanthropiques et éco-technologiques.
Selon lui, ce sont deux qualités – qui lui manquaient mais que ses échecs initiaux lui ont apprises – qui ont été décisives: la patience et la persévérance. Deux vertus lentes et donc, hélas, démodées.
Au menu de «L'illustré-TV8» disponible dès ce mercredi 20 mars en kiosque:
- A la une: La couverture Bertrand Piccard fête ses 25 ans de tour du monde.
- Success story: En visite chez Yangzom Brauen, réalisatrice de séries policières qui vit à Hollywood
- Tragédie: Retour sur le drame de Tête-Blanche
- Exploit: Portrait de la présidente du Neuchâtel Université Club de volleyball qui a mené son équipe en haut de l’affiche
- Reportage: Boudry, la petite ville où la cohabitation entre habitants et demandeurs d’asile devient impossible
- Entrepreneuriat: Stefano Artioli, le visionnaire de l’immobilier dans son palais grison