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Dans son rapport, la Commission de gestion (Cogest) du Grand Conseil valaisan confirme que le Conseil d'Etat "avait connaissance de la pollution par le mercure depuis plus de 40 ans", dans le cadre des contaminations du Grossgrundkanal et du Rhône en Haut-Valais par Lonza.
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La commission distingue toutefois une première période durant laquelle "l'utilisation du mercure et, implicitement, l'existence de ses résidus étaient connues" et une seconde "à partir de laquelle le mercure est perçu comme une source de pollution".
Divers documents montrent que les services de l'Etat n'ont véritablement "pris conscience de l'amplitude des pollutions" que lors du chantier de l'A9" en 2011.
Les "bonnes relations" d'un chef de service
La Cogest se refuse à "spéculer sur les éventuelles raisons" qui ont poussé les gouvernements successifs à ne pas communiquer au-delà des administrations publiques et à ne pas agir plus tôt. Elle donne toutefois "un indice relatif à ce silence", soit un courrier datant de 1974 dans lequel le chef du service de la protection de l'environnement de l'époque insiste sur les "bonnes relations" qu'il entretient avec la direction de la société chimique monteysanne Ciba-Geigy.
L'analyse de divers documents mis à disposition de la Cogest par les services de l'Etat permet d'affirmer "qu'environ 2 mètres cubes (pour un poids équivalent de 27 tonnes) de mercure ont été déversés dans les eaux du Grossgrundkanal en 100 ans. Bien que cela ait été notoirement connu, aucune réaction politique ou citoyenne déterminante n'est à relever durant cette période", note le rapport.
Recommandations pour l'avenir
La Cogest émet des recommandations à l'adresse du Département de la mobilité, du territoire et de l'environnement (DMTE) dirigé par Jacques Melly. Elles concernent surtout le Service valaisan de l'environnement, dirigé jusqu'à récemment par Joël Rossier qui a remis de multiples documents aux autorités de surveillance et avec qui la Cogest s'est entretenue.
La commission rappelle que le Service de l'environnement (SEN) du Valais joue "un rôle de police de l'environnement" et que "son indépendance technique comme juridique doit être garantie". Le service doit pouvoir "disposer de ses propres juristes", estime-t-elle.
Elle souligne que le SEN doit pouvoir "compter sur un effectif suffisant et stable" pour pouvoir travailler correctement. Enfin, elle note que le SEN et le Service de la santé publique (SSP) auraient pu travailler ensemble "afin de communiquer qu'aucun problème de santé publique n'avait été identifié et ainsi rassurer les citoyens".
Rapport débattu au Grand Conseil en décembre
Dans un communiqué diffusé vendredi, le gouvernement valaisan indique qu'il va étudier les recommandations d'ici à la prochaine session du Grand Conseil en décembre. C'est lors de cette session que le rapport de la Cogest sera débattu.
Le Grand Conseil valaisan avait chargé la Cogest de se saisir du dossier mercure le 8 mars 2018. La motion urgente portée par le PLR, le PDC et les Verts, avait été acceptée par 117 voix contre 6 et 3 abstentions.
ats/oang