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Il existe le mouvement des «Fridays for Future», mais il n’existe pas de vendredi pour la prévention des pandémies. Dans son rapport sur les risques globaux, le Forum économique mondial a identifié en janvier dernier les menaces les plus probables et les plus graves pour la communauté mondiale en ce qui concerne les effets du changement climatique. Les maladies infectieuses transmissibles ont à peine atteint la dixième place (WEF 2020).
L’Office fédéral de la protection de la population (OFPP) a déclaré dans son analyse des risques en 2015 déjà que si les menaces du changement climatique doivent être prises au sérieux, d’autres scénarios sont plus graves. Il a devancé les experts du WEF et a déclaré qu’avec une pénurie d’électricité, une pandémie était la menace la plus coûteuse et la plus probable pour la population suisse (Babs 2015). Selon cette évaluation de la situation, une pandémie se produit tous les 30 à 100 ans et cause des dommages de 70 à 80 milliards de francs suisses.
Les autorités suisses se préparent à une pandémie depuis 1995, ce qui a donné lieu à une loi sur les épidémies en 2012 et à une ordonnance sur les épidémies en 2015. A partir de cette base légale, le plan de lutte contre la pandémie de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) a été actualisé en 2018 (BAG 2018). Les nombreuses études et l’évaluation réaliste de la situation par l’OFSP posent la question de savoir si la Suisse aurait dû être mieux préparée afin d’éviter de surcharger l’économie et la vie publique par des interventions drastiques. Même l’armée est mobilisée, sa tâche principale sera la défense nationale militaire et ne soutiendra les unités civiles que dans des opérations subsidiaires.
La pandémie de Covid-19 a conduit à la plus grande mobilisation militaire depuis la Seconde Guerre mondiale. Avec environ 5000 soldats, les forces armées ont soulagé les autorités civiles avec des services de soins, de protection et de logistique (VBS 2020). Ce déploiement des forces armées a déchiré les vieux fronts familiers de l’opinion en matière de politique de sécurité autour de la défense nationale militaire et de la protection civile, les personnes sceptiques envers l’armée considérant la situation liée au coronavirus comme une confirmation que la politique de sécurité actuelle est avant tout de nature civile (NZZ 2020). En arrière-fond de ces débats, on trouve des discussions comme celle de la révision de la loi sur le service civil, durant laquelle un resserrement des critères d’admission au service civil pour sécuriser les effectifs de l’armée a été envisagée.
Sobrement considérée, la protection civile est l’instrument approprié pour soutenir les autorités civiles pendant une pandémie. Après tout, la fonction première de l’armée est la défense nationale, alors que la protection civile devrait être utilisée pour protéger la population en cas de catastrophes et d’urgences telles que la pandémie de Covid-19.
Toutefois, la protection civile doit pouvoir être déployée de manière flexible. Par exemple, elle dispose de 94 hôpitaux protégés qui n’ont pas pu être déployés dans la crise actuelle en raison du besoin d’assainissement et du manque de personnel. Dans le cadre de la révision totale de la loi sur la protection civile, le Parlement a accepté un assainissement en 2019, mais a empêché la réintroduction du service sanitaire. En d’autres termes, le Parlement a fait en sorte que les hôpitaux de la protection civile puissent être modernisés, mais sans pouvoir être mis en service en cas d’urgence pandémique en raison d’un manque de personnel paramédical (SRF 2020b). Le raisonnement du Parlement de l’époque, datant de 2019 : «une telle extension n’est pas judicieuse tant qu’il n’y aura pas de bases conceptuelles visant à garantir les services de santé publique en Suisse en cas de catastrophe ou de situation d’urgence» (DDPS 2019). Dans ce cas, il aurait probablement fallu faire immédiatement référence à l’analyse des risques.
Il est donc nécessaire de reconstituer les bases conceptuelles de 2015 et 2018, autour de l’analyse des risques de l’Office fédéral de la santé publique, et du plan fédéral de lutte contre les pandémies. Les précautions en matière de politique de sécurité doivent être prises à long terme et à long terme, et ne doivent pas mettre en concurrence la protection civile et les soldats d’hôpital. Au cours de la nécessaire préparation de la gestion de la pandémie, il faut déterminer de manière factuelle si un service médical doit être réintroduit dans la protection civile.