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NEW YORK – Aux États-Unis environ une femme sur cinq, âgée de 40 à 59 ans, prend des antidépresseurs, alors que moins de 10% des hommes de la même tranche d’âge en prennent. Et environ 1 femme sur 4 âgée de 60 ans ou plus prend des antidépresseurs contre environ 1 sur 10 pour celles âgées de 18 à 39 ans. Comme on peut le constater, c’est surtout les femmes d’âge moyen qui commencent à prendre des antidépresseurs. Ces statistiques récoltées aux États-Unis proviennent des National Center for Health Statistics et concernent des personnes ayant consommé des antidépresseurs dans les 30 derniers jours entre 2015 et 2018. Ces données ont été récoltées avant la pandémie de Covid-19. On suppose qu’avec environ 2 ans de Covid-19, le nombre de femmes âgées entre 40 et 60 ans sous antidépresseurs a encore augmenté, surtout chez les femmes ménopausées comme le relève le Wall Street Journal dans une de ses éditions de début avril 2022. En Suisse, un rapport1 publié en avril 2022 a montré que de manière générale les femmes sont proportionnellement plus nombreuses que les hommes à recevoir des antidépresseurs.
Pourquoi ces femmes sont-elles autant touchées par la dépression ?
L’âge de 50 ans marque pour beaucoup de femmes l’entrée dans la ménopause. Des recherches scientifiques ont montré que les années avant, pendant et après la ménopause sont particulièrement propices à souffrir de dépression. La ménopause se caractérise par une grande variation des hormones œstrogène et progestérone. Ces changements hormonaux brusques peuvent affecter le moral. De plus, on retrouve dans le cerveau de nombreux récepteurs aux œstrogènes et progestérones.
Ménopause, période à risque
On définit l’entrée dans la ménopause lorsqu’une femme n’a pas eu ses règles pendant plus de 12 mois. Aux États-Unis l’âge médian de la ménopause est de 51 ans. Des écarts assez importants existent, certaines femmes peuvent être à la ménopause à la trentaine ou à la quarantaine et d’autres à la cinquantaine voire à la soixantaine. Le risque pour une femme de souffrir de dépression grave vers l’âge de la ménopause est 2 à 4 fois plus élevé qu’à d’autres périodes de la vie, selon le Wall Street Journal qui se base sur des études scientifiques. Un travail de recherche américain du National Institute of Mental Health a montré que le risque de dépression est le plus élevé 2 ans avant et 2 ans après les dernières règles, soit pendant une période d’environ 4 ans. Cela dit, 2 petites études suisses publiées en 2016 dans le journal scientifique World Psychiatry estimaient au contraire que la ménopause n’avait pas d’impact sur la dépression. Mais une majorité d’études publiées estime que la ménopause augmente le risque de souffrir de dépression.
Autre cause
Le stress est une autre cause de dépression. On sait que beaucoup de femmes âgées entre 40 et 60 ans doivent souvent jongler entre une vie professionnelle parfois bien remplie et leur famille. Tous ces éléments expliquent pourquoi les femmes d’âge moyen sont les principales consommatrices d’antidépresseurs avec celles de plus de 60 ans. Les femmes prennent plus d’antidépresseurs que les hommes, peut-être aussi car elles se rendent plus facilement chez un médecin ou psychiatre.
Nouveaux médicaments
De nouveaux médicaments ciblant en particulier les récepteurs aux œstrogènes dans le cerveau pourraient être mis sur le marché ces prochaines années. Les hormones de substitution peuvent s’avérer des traitements efficaces pendant la période de la ménopause, parlez-en à votre médecin car ces médicaments ont des contre-indications chez certaines femmes.
Le 13 avril 2022 (dernière mise à jour). Par Xavier Gruffat (pharmacien). Sources : The Wall Street Journal. Relecture (Seheno Harinjato, rédactrice chez Creapharma.ch)