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L'histoire du Château
Un peu de légende
Sous les fondations de la grande tour, les fouilles archéologiques ont permis de trouver les vestiges d'un édifice quadrangulaire dont la maçonnerie remonterait au XIe siècle. Mais la construction du château que vous avez sous les yeux débute au début du XIIIe siècle. Le maître d'œuvre en est certainement l'évêque de Sion, Landrit de Mont. Le château, qui surveillait toute la vallée du Rhône et le débouché du Val d'Entremont, était le bastion le plus avancé des terres épiscopales, c'est-à-dire du Valais.
La Maison de Savoie voyait d'un mauvais œil cette forteresse qui leur barrait les routes conduisant en Italie. En 1259, le château fut donc assiégé par le Comte Pierre II de Savoie. De 1259 à 1268, le château devint propriété du Comte qui poursuivit l'œuvre entreprise par l'évêque de Sion. C'est durant cette période que la construction de l'enceinte et de la tour centrale a dû commencer.
En 1268, avec le traité de paix conclu entre la Maison de Savoie et l'Evêché de Sion, le château redevint la propriété de Pierre d'Oron, évêque de Sion, qui chargea son châtelain Rodolphe Mistralis de le terminer. C'est à ce même Pierre d'Oron que l'on attribue la construction du donjon.
L'intérieur du château
Le bâtiment central
L'ancien sous-sol servait d'entrepôt; il est actuellement aménagé en taverne médiévale. A l’époque, cette pièce était vaguement éclairée par des soupiraux à profil coudé.
A l'étage, on trouvait la seule grande salle du château, probablement celle des audiences. On y voit des fenêtres très étroites, ainsi que des orifices d’aération savamment profilés.
Le dernier étage de la tour semi-circulaire sud, en partie ouverte sur la grande salle, aurait servi de chapelle.
Les bâtiments nord
Les bâtiments situés au nord sont remarquables par leurs meurtrières à vaste embrasure. On distingue encore les vestiges d'une cheminée et d'un escalier aménagé dans l'épaisseur du mur. A l’étage, la défense était complétée par deux énormes constructions saillantes dont la base servait de latrines. Dans la pièce annexe, on voit aussi la grande citerne en partie creusée dans le rocher et couverte d’une voûte. Elle servait à récolter l'eau de pluie.
Le donjon
La grande tour qui domine l'ensemble servait à la fois de poste d'observation et d'ultime refuge. Facile à défendre, sa porte fortifiée se trouve à plus de huit mètres au-dessus du sol. De là, les étages supérieurs sont accessibles par des escaliers aménagés à l'intérieur des murs. Presque au sommet de la tour, les bâtisseurs créèrent des ouvertures utiles à la mise en place d'un monte-charge destiné à emmagasiner les provisions. L'orientation des ouvertures destinées au tir complète habilement les moyens de défense de l’enceinte. L'étage supérieur du donjon est une salle voûtée. La toiture primitive conique en maçonnerie, entourée d'un chemin de ronde, n'a laissé que peu de traces évocatrices.
La Bâtiaz demeura le centre féodal de Martigny pour le compte de l'Evêque de Sion jusqu'au milieu du XIVe siècle. Les Comtes de Savoie récupérèrent la forteresse en 1384.
A cette époque, les Valaisans et les Savoyards se livraient à des luttes acharnées au travers des guerres de Bourgogne. Après la bataille de la Planta du 13 novembre 1475, les Haut-Valaisans se jetèrent sur le Bas-Valais et brûlèrent tous les châteaux sur leur passage, y compris celui de la Bâtiaz. Son importance militaire poussa l'évêque Jost de Silenen à le restaurer. Le château passa quelques années de tranquillité sous la garde de Pierre Schiner, frère de Mathieu, le cardinal. Ce dernier était alors en lutte avec Georges Supersaxo qui s'en empara et l'incendia à nouveau en 1518. Seule la tour maîtresse servit encore longtemps de poste de surveillance et de signal.
Depuis ces temps obscurs, la Bastide resta longtemps inoccupée, jusqu’au jour où une association …