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La Commission européenne a salué lundi le résultat positif du référendum sur le changement de nom de la Macédoine. Elle estime qu'il constituait une "chance historique" pour l'avenir européen du pays. L'ONU et l'Otan saluent aussi le résultat.
Le Premier ministre macédonien a promis de poursuivre la ratification de l'accord sur le changement de nom de son pays malgré un résultat mitigé. Le "oui" à un changement de nom ouvrant la voie à un rapprochement avec l'UE et l'OTAN l'a emporté à plus de 90%, mais avec un tiers seulement de votants.
"C'est une chance historique non seulement pour la réconciliation dans la région, mais aussi pour faire avancer de manière décisive le pays" sur la voie de son adhésion à l'UE, ont déclaré dans un communiqué commun la cheffe de la diplomatie de l'UE Federica Mogherini et le commissaire en charge de l'Elargissement Johannes Hahn.
L'exécutif européen a proposé en avril dernier aux Etats membres de l'UE d'ouvrir les négociations pour une adhésion de l'Albanie et de la Macédoine. Ce malgré les fortes réticences de certains pays dont la France.
L'ONU à disposition
Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a indiqué lundi prendre "note des résultats du référendum consultatif" organisé en Macédoine, jugeant "important" le taux majoritaire "écrasant" de ceux qui ont voté en faveur de l'accord sur un nouveau nom pour ce pays.
Il "exhorte toutes les forces politiques du pays à donner une suite" à ce référendum "par l'intermédiaire des institutions du pays", précise un communiqué de l'ONU.
L'ONU, qui a facilité l'accord obtenu au début de l'été sur un nouveau nom entre la Grèce et la Macédoine, reste disposée "à fournir tout l'appui nécessaire" à la résolution de ce dossier "par l'intermédiaire de son émissaire ou des organismes, fonds et programmes des Nations Unies", ajoute le communiqué d'Antonio Guterres.
L'Otan a aussi réagi. "La porte de l'Otan est ouverte, mais toutes les procédures nationales doivent être achevées", a tweeté le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg.
Selon des résultats quasi-définitifs sur la quasi totalité des bureaux de vote lundi, 91,48% des électeurs qui se sont déplacés dimanche ont voté oui, tandis que 5,64% ont voté non à cet accord. des Macédoniens qui ont pris part au référendum ont approuvé l'accord historique conclu en juin avec la Grèce visant à rebaptiser "République de Macédoine du Nord" leur petit État des Balkans. Mais plus que les 5,64% de non, ce sont les quelque deux tiers du 1,8 million d'électeurs qui n'ont pas voté qui fragilisent Zoran Zaev.
"Tout le monde sait que les listes ne sont pas à jour", que le chiffre d'1,8 million de votants est "gonflé" quand la réalité se situerait entre 1,4 et 1,5 million en raison d'une émigration de masse, dit l'universitaire français spécialiste des Balkans, Loïc Tregoures. Aucun recensement n'a été effectué depuis 2002.
"Victoire à la Pyrrhus"
La Grèce a accueilli avec circonspection ce que le journal Ethnos a décrit comme une "victoire à la Pyrrhus". D'autres commentateurs soulignaient que les 659'000 électeurs ayant soutenu le changement de nom représentaient davantage que les 534'000 qui avaient désigné en 2014 le président macédonien au rôle honorifique Gjorge Ivanov, proche de la droite nationaliste et opposé à l'accord.
M. Zaev a dit espérer que les députés d'opposition macédoniens "respecteront la volonté démocratique des citoyens" en ratifiant l'accord au Parlement, faute de quoi il a annoncé qu'il organiserait des "élections parlementaires anticipées".
Majorité au Parlement ?
Mais la très forte abstention ébranle la légitimité du scrutin, sur laquelle comptait s'appuyer le social-démocrate Zoran Zaev pour trouver au Parlement la majorité des deux tiers requise. Avec ses alliés des partis de la minorité albanaise (20 à 25% des 2,1 millions d'habitants), il lui manque onze élus.
Dans la perspective de cette bataille, chacun offre ses lectures contradictoires de la souveraineté populaire. "Plus de 90% du total des votes sont pour le oui, donc désormais c'est au tour du Parlement de confirmer la volonté de la majorité", a déclaré à l'AFP Zoran Zaev.
Des élections devraient se tenir en Grèce à l'automne 2019. Mais des spéculations vont bon train sur la tenue possible du scrutin en mai, parallèlement aux élections locales et européennes.