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J'ai longtemps cordialement détesté les douaniers!
Le mot est sans doute un peu fort. Mais j'habite en face d'une douane et je ne comprenais pas le rôle de ses hommes - à l'époque il n'y avait pas de femmes - postés toutes la journée à faire signe d'un doigt aux rares voitures de frontaliers de passer.
- Rien à déclarer!?
De temps en temps ils en arrêtaient ou ou deux ou dix sans raison apparente. Sans doute le flair du douanier. Faisaient ouvrir le coffre et réprimandaient sévèrement la plaque de beurre en trop, le kilo de viande caché ou les quelques bouteilles et autres cubitainers rapportés du sud de la France.
Le Mur de Berlin coupait encore le monde en deux, personne ne comprenait rien à l'Icha et l'armée manoeuvrait ses soldats face aux rouges qui n'allaient pas tarder à débarquer.
A propos de rouge, le meilleur souvenir reste ce jour où mon père a forcé le passage sur son tracteur chargé de cerises fraîchement cueillies en zone franche et qu'un douanier dégaina son arme parce que le contrôle sanitaire devait se faire à la douane suivante par un fonctionnaire aussi incompétent en arboriculture que le douanier dégaineur l'était avec son pistolet.
Depuis le Mur de Berlin est tombé...
Tout à l'heure, à l'invitation de Frédéric Esposito, le patron des Midis de l'Europe, j'anime un débat avec le patron des douanes de la région III (Suisse romande) Jérôme Coquoz qui parlera sur le thème: "Fraude douanière: un enjeu transfrontalier". (Les Salons, rue Bartholoni 6 de 12h15 à 13h45)
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