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"Nous espérons, nos avocats, Christine (Villemin, son épouse, ndlr) et moi, que nous pourrons enfin aboutir, dans un avenir pas trop éloigné, à une juste solution", a écrit Jean-Marie Villemin, 62 ans, dans une postface au livre de Me Thierry Moser, "Parole d'avocat", sorti vendredi.
"Il le faut par respect pour la mémoire de Grégory", ajoute-t-il, rompant, avec ce texte d'une dizaine de pages, près de quinze années de silence: sa dernière prise de parole publique remonte à 2006, lorsque le couple Villemin avait accordé un entretien au quotidien La Croix.
Grégory Villemin avait quatre ans quand il a été retrouvé mort dans la Vologne. [AFP - AFP]Dans sa postface, Jean-Marie Villemin évoque l'"anéantissement total" qu'a représenté pour lui et Christine la mort de leur premier fils (le couple a eu depuis trois enfants) et rend un hommage appuyé à Me Moser, l'avocat à leurs côtés depuis 1985.
Condamné à 5 ans de prison en 1993
Condamné en 1993 à cinq ans de prison, dont un avec sursis, pour le meurtre en 1985 de Bernard Laroche, son cousin qu'il soupçonnait d'avoir tué son fils, Jean-Marie Villemin confie l'avoir "tué dans un moment d'aberration et de total désespoir".
Il égratigne également le "triste" juge Jean-Michel Lambert, qui s'est suicidé en 2017 à l'âge de 65 ans. Premier magistrat à instruire le dossier, son travail a été très décrié: après avoir inculpé Bernard Laroche, le juge Lambert avait reporté ses soupçons sur Christine Villemin, totalement blanchie par la justice en 1993.
Du nouveau dans l'enquête
La publication de cette postface intervient alors que plusieurs éléments ont récemment relancé l'enquête. Mi-décembre, les avocats des Villemin ont soumis à la chambre de l'instruction de la Cour d'appel de Dijon, où est instruit depuis 1987 le dossier, de nouvelles demandes d'expertises, notamment ADN, les précédentes n'ayant rien donné.
Ces nouvelles demandes portent sur "une recherche d'ADN de parentèle" et sur la possibilité, à partir de matériel génétique, de dresser le "portrait robot" d'une personne. La chambre de l'instruction devrait rendre sa décision fin janvier.
Des auditions ont également eu lieu dernièrement, a aussi indiqué la justice, confirmant l'existence d'un rapport de stylométrie, pas encore versé au dossier, incriminant une personne.
afp/boi
L'affaire Grégory
L'affaire Grégory est considérée comme l'un des dossiers les plus énigmatiques de l'histoire criminelle française. Il a débuté le 16 octobre 1984, quand Grégory Villemin, 4 ans, est retrouvé noyé pieds et mains liés dans la Vologne, dans les Vosges (est de la France).
Un mois après l'assassinat du petit garçon, un cousin de la famille Villemin, Bernard Laroche, avait été inculpé pour l'assassinat et incarcéré.
Relâché en février 1985 tout en restant inculpé, il avait été tué d'un coup de fusil par le père de l'enfant, Jean-Marie Villemin.
En juillet 1985, c'était au tour de la mère, Christine Villemin, d'être écrouée pendant quelques jours pour l'assassinat de son fils. Elle a été totalement innocentée en février 1993.
Après de nombreuses péripéties, l'affaire avait connu en juin 2017 un rebondissement inattendu avec les mises en examen du grand-oncle et de la grand-tante de l'enfant, les époux Jacob, jamais inquiétés auparavant, et Murielle Bolle, témoin-clé qui a un temps accusé Bernard Laroche avant de se rétracter
Ces poursuites ont toutefois été annulées pour des questions de procédure.
Le coupable n'a donc jamais été déterminé avec certitude et plusieurs suspects ont été incarcérés et libérés. Certains protagonistes sont aussi décédés plus de 30 ans après.