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CH 1995 55'
Réalisation: Romed Wyder
Scénario: Romed Wyder
Image: Romed Wyder
Son: Richard Vetterli, Jean-Christophe Marzal
Montage: Romed Wyder, Maria Watzlawick
Musique: The Young Gods
Internet:
Website film SQUATTERS
Producteur Laïka Film
Romed Wyder
En 1994, le canton de Genève compte 1900 squatters qui occupent 75 bâtiments. Chaque 200ème habitant est donc un squatter.
Aujourd'hui le milieu des squatts est devenu partie intégrante de la ville de Genève. Ses activités culturelles sont relatées et discutées dans les journaux et rares sont les moments où l'on parle du fait que tout cela est en principe illégal et ne serait pas possible ailleurs.
Le film remet les activités des squatters dans le contexte initial du mouvement: le manque d'habitations bon marché et le désir de modes de vie alternatifs.
Pour ce faire, la caméra observe trois squatters dans leur quotidien sans y intervenir. Ces scènes sont complétées par des interviews avec les protagonistes.
Ce documentaire n'est ni un reportage ni un portrait, mais un descriptif de la vie des squatters.
"Au moment de la réalisation de ce film, je vivais moi-même dans un squat. Mon regard est donc un regard de l'intérieur, et j'ai fait ce film pour tous ceux qui ne mettent pas leurs pieds dans un squat. Aujourd'hui, j'habite dans un immeuble avec un bail associatif et je reste fasciné par l'importance sur le plan culturel et social qu'a pu prendre ce mouvement à Genève.
Depuis une vingtaine d'années les squatters de Genève mènent une lutte plutôt pacifique pour des logements à prix abordable et pour une vie commune alternative. Ce combat est soutenu par une grande partie de la population et quelques politiciens qui sont conscients de la pénurie de logement et de la spéculation immobilière.
Aujourd'hui le milieu des squats est devenu partie intégrante de la ville de Genève. Ses activités culturelles sont relatées et discutées dans les journaux et quelques maisons occupées reçoivent même des subventions de l'État pour leurs activités. Rares sont les moments où l'on parle du fait que tout cela est en principe illégal et n'est pas possible ailleurs.
À Genève, les notions de "violation de domicile" et "dommage à la propriété" sont relativisées en fonction du contexte de l'immeuble concerné. Le procureur général ordonne une évacuation d'une maison squattée seulement dans le cas où le propriétaire de ladite maison dispose d'un permis de construction valable. Mais puisque cette pratique n'est pas la conséquence directe d'une loi, le procureur général peut aussi en décider autrement...
Le film évite les clichés habituels de la situation des squatters: Il n'y a pas de scènes d'agitation où les policiers frappent les occupants. Et il ne s'agit pas d'un manifeste militant pour la cause des squatters. Tout simplement parce que cela ne correspond pas à la vie quotidienne des occupants. C'est justement cette dernière qui est montrée à l'aide de trois squatters qui ont été d'accord de se faire accompagner par une petite équipe de réalisation pendant quelques semaines: on les voit rénover leurs immeubles, organiser des soirées, discuter en réunions, mais aussi poursuivre leurs travaux et recherches personnelles. On les entend parler de leurs espoirs, souhaits, peurs et de leurs idées politiques et sociales. Cela donne un film calme, un film qui laisse de la place au spectateur et qui le rend actif, parce qu'il ne lui impose pas une opinion préfabriquée."