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perception Pourquoi les androïdes nous font-ils peur?
Un réel malaise s’installe à l'idée qu'une machine puisse ressentir des émotions. Une étude a cherché à en comprendre la raison.
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L’homme reste de glace face à un robot qui n’a d’autres qualités que celles d’un simple robot. Si celui-ci est suspecté d'avoir des émotions humaines, son observateur va sentir poindre une forme de malaise en lui.
Mais plus le robot aura l’apparence d’un être humain, plus le malaise s'estompera, car une forme d'empathie humaine reprend le dessus. Ce phénomène a un nom:the uncanny valley. Difficilement traduisible, la métaphore, lancée en 1970 par un chercheur japonais, décrit cette étrange variation qui s’empare de nous face à une machine aux propriétés humanoïdes. Elle fait référence à l'inquiétante étrangeté, élaborée par Freud en 1919.
Deux chercheurs des Universités de Caroline du Nord et de Harvard ont tenté de l’expliquer. Dans une étude parue ces jours dans la revue Cognition, et repris par The Economist, ils affirment que l’uncanny valley survient lorsque l’homme suspecte la présence d’un esprit là où elle n’est pas censée être.
Selon les deux scientifiques, les capacité d’anticiper et d’agir, et celles de ressentir et toucher des choses différencient les hommes des machines. En ajoutant des yeux et des expressions humaines à un robot, ils ont espéré reproduire le phénomène de l'uncanny valley.
Attentes déçues
Ils ont donc présenté leur robot, nommé Delta-Cray supercomputer, à 45 personnes-test. Un tiers d’entre elles ont été averties que la machine était plus puissante qu’un simple ordinateur, un autre tiers qu’elle était capable d’avoir faim, de ressentir de la peur et d’autres émotions. Le dernier tiers a entendu qu’elle pouvait maîtriser ses émotions et anticiper des événements.
Les personnes qui se sont considérées les plus perturbées sont celles qui se trouvaient en face d’un robot soi-disant doté d’émotions, avec un rapport de 3,4 sur 5 contre 1,3 et 1,4 pour les deux autres groupes.
A titre de comparaison, les chercheurs ont effectué le même test, mais cette fois-ci en montrant un simple visage d’homme à un groupe-test de 44 personnes. Les deux tiers qui ont entendu que l’homme était normal ou incapable de planifier des choses ont estimé leur taux de perturbation à 1,8 et 1,9 sur une échelle de 5. Le dernier tiers, à qui on a affirmé que l’homme ne ressentait ni douleur, ni peur, ni plaisir, l’ont évalué à 3.
Pour les scientifiques, dans les deux cas l’uncanny valley provient bien d’une attente déçue: celle d’espérer rencontrer des émotions chez un être humain et non dans une machine qui lui ressemble.
Créé: 23.07.2012, 12h09