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Gareth Snell (centre) a nettement battu (37% contre 25%) l'Ukip, lequel avait pourtant missionné son chef Paul Nuttall.
KEYSTONE/AP PA/JOE GIDDENS(sda-ats)
Le parti conservateur de Theresa May est apparu vendredi comme le grand gagnant de deux législatives partielles au Royaume-Uni. Il a battu le Labour dans un de ses fiefs et a profité de l'échec de l'Ukip dans un bastion pro-Brexit.
Le Parti travailliste britannique avait pourtant remporté une victoire hautement symbolique face au parti europhobe Ukip dans une circonscription pro-Brexit. Ce succès a néanmoins été terni par une défaite dans un de ses fiefs historiques.
Un soulagement et puis la désillusion: le Labour est passé par tous les états dans la nuit de jeudi et vendredi à l'occasion de deux législatives partielles aux allures de test pour son chef Jeremy Corbyn.
La bonne nouvelle est tombée la première avec le succès à Stoke-on-Trent de Gareth Snell. Ce dernier a nettement battu (37% contre 25%) l'Ukip, lequel avait pourtant missionné son chef Paul Nuttall.
"Malhonnêteté" rejetée
"Cette victoire marque un rejet clair des politiques de division et de malhonnêteté de l'Ukip", a claironné Jeremy Corbyn.
La douche froide a été d'autant plus violente lorsque sont tombés les résultats de la deuxième élection du jour, à Copeland, région rurale de la côte nord-ouest que les travaillistes détenaient depuis plus de 80 ans. La conservatrice Trudy Harrison y a devancé la candidate du Labour, Gillian Troughton, par 44% des voix à 37%.
C'est la première fois depuis 1982 qu'un parti au pouvoir gagne une législative partielle. L'exploit est considéré comme d'autant plus important qu'il intervient après sept ans d'austérité imposée par le gouvernement tory.
Bon pour les conservateurs
Pour le quotidien The Guardian, ces résultats sont d'abord "une bonne nouvelle pour le parti conservateur de Theresa May. Il a réussi à grignoter sur le vote travailliste traditionnel tout en repoussant l'Ukip avec sa promesse d'un Brexit rouge blanc bleu mettant l'accent sur le contrôle de l'immigration".
"En parlant aux électeurs durant ma campagne, il est apparu évident que Jeremy Corbyn ne les représentait absolument pas", a commenté Trudy Harrison, 40 ans, en appuyant là où ça fait mal.
Crise interne au Labour
Si les projecteurs était d'abord braqués sur la bataille du Labour contre l'Ukip à Stoke, le résultat de Copeland risque d'être celui qui sera retenu au final, tant la claque est douloureuse pour le chef du Labour.
"Notre message n'est pas passé", a constaté Jeremy Corbyn. Celui-ci devrait faire face à une énième crise interne, alors qu'il est déjà rejeté par une grande partie de l'appareil.
Plusieurs députés travaillistes ont ouvertement critiqué leur dirigeant. Qualifiant le revers de "terrible", John Woodcock a notamment dénoncé le positionnement anti nucléaire très marqué de M. Corbyn, qui a coûté des voix dans une région où beaucoup d'emplois dépendent de la centrale nucléaire de Sellafield.
Camouflet pour l'Ukip
Le Labour se consolera donc avec la victoire à Stoke, ville de 250'000 habitants qui avait voté à 69,4% pour sortir de l'Union européenne lors du référendum du 23 juin 2016, un record parmi les 30 plus grandes agglomérations du pays.
Pour l'Ukip, cette défaite est un vrai camouflet et illustre ses difficultés à capitaliser sur le vote pour le Brexit dont il a été l'un des moteurs. Même s'il a obtenu 13% des voix lors des législatives de 2015, le parti anti-immigration ne détient qu'un seul siège de député sur les 650 que compte le Parlement.
C'est également un échec personnel pour Paul Nuttall, 40 ans, qui a pris en novembre la succession de Nigel Farage et a raté sa campagne, lors de laquelle il fut notamment accusé d'avoir menti en affirmant avoir perdu des amis proches dans la tragédie du stade de Hillsborough (96 morts en 1989).
"Notre temps va venir. Nous ne partons nulle part, je ne pars nulle part", a promis Paul Nuttall. En attendant, il marche dans les pas de Nigel Farage, qui n'a jamais réussi à devenir député malgré une demi-douzaine de tentatives.
ATS