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CHAPPUIS, F., Les débuts de l'automobile à Genève (1897-1920): progrès ou fléau ?.
L'automobile apparaît à Genève en 1897. Au contraire du reste de la Suisse, cette ville est immédiatement attirée par le nouvel engin. Elle possède en effet plusieurs caractéristiques qui lui sont particulières et qui favorisent cet état de fait: proximité avec la France, terrain relativement plat et villages se suivant à de courtes distances, situation économique très favorable - amorce d'une baisse de la population rurale, secteur manufacturier développé (secteur complémentaire de celui de l'industrie automobile), classe aisée importante dans laquelle se trouvent les futurs consommateurs -, audace et goût du risque de certains mécaniciens. L'automobilisme à ses débuts est un sport et un moyen de faire du tourisme réservé à une clientèle très aisée, plus qu'un véritable moyen de transport. Ses utilisateurs vont pourtant se diversifier et l'automobile se verra de plus en plus utilisée dans un but utilitaire. Ce travail retrace l'implantation à Genève du nouveau véhicule. Une première partie montre comment les autorités aménagent les routes, trouvent des revêtements mieux adaptés, font des lois, des règlements, instaurent une signalisation. Le TCS et l'ACS, deux organes représentant les automobilistes, jouent ici un rôle important. Une seconde partie montre l'affrontement entre la population et cette nouvelle machine. L'automobile symbolise la modernité, le progrès, elle permet rapidement des "vitesses folles". Dès son apparition, elle met aux prises la population avec les chauffards, les excès de vitesse, les accidents, la poussière, le bruit. Elle va de ce fait inévitablement devoir se heurter aux résistances d'une population genevoise qui la perçoit essentiellement comme un danger et une nuisance.