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C’est a l’initiative de Jean Pachoud, auquel s’étaient joints onze amis du lac et de la navigation, que le 18 mars 1916, à l’Hôtel du Mont-Blanc, le Club Nautique Morgien a été constitué.
Sous la présidence active et pleine d’entrain de son fondateur, le nouveau Club Nautique Morgien connut des jours de prospérité, surtout dans les années de guerre et d’après-guerre, c’est-à-dire de 1917 à 1921. Alors les affaires marchaient ! Pendant la guerre la benzine faisait défaut et la jeunesse s’était prise du grand air et du moteur naturel que sont les « airs » pour naviguer. Les régates succédaient aux parties familiales; la navigation était active.
Dès le commencement de son existence le C.N.M. entame des relations avec les sociétés nautiques soeurs. Il annonce sa constitution à la Société Nautique les » Faces Pâles » à Genève, ainsi qu’à la Société Nautique de Genève. Les excellentes relations nouées à cette époque avec toutes les sociétés nautiques du Léman n’ont fait que se fortifier et se perpétuer jusqu’à ce jour.
Mais le CNM ne se cantonne pas dans l’art de la navigation à voile. Il organise des jeux nautiques, des courses à la nage, à l’aviron. Déjà en 1917 on parle de faire régater les bateaux à moteur. Mais le manque de carburant oblige à renoncer à cette nouveauté.
En 1922, les procès-verbaux de la société laissent entrevoir un certain marasme. Les bateaux à voile se font de plus en plus rares. Le comité se demande si c’est de lassitude ou de mécontentement. On peut se demander ici si le principe introduit dans les statuts du C.N.M. à sa naissance et exigeant, pour être membre actif, la possession d’une embarcation, n’a pas été néfaste à sa vie. En effet, le nombre des embarcations diminuait et, ipso facto, le nombre des membres actifs, principaux cotisants et intéressés, au détriment non seulement des finances, mais aussi de l’intérêt pour la société. De ce fait cet article du règlement dut être abandonné. Une dépression considérable se manifeste malgré tout. Les membres ne viennent plus aux assemblées mais cependant la société continue à vivre. L’existence du club peut être maintenue grâce à l’appui de nos amis genevois qui, année après année, nous confient l’organisations de régates qui, d’intercantonales, sont devenues internationales, à l’occasion du passage dans notre port de la croisière Eynard.