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Cogan : La mort en douce
CONTRE
Auteur du très réussi L'assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford, le réalisateur australien né en Nouvelle-Zélande Andrew Dominik s'attaque cette fois à une autre légende de la culture américaine: le polar. Malheureusement, tout ce qui fonctionnait dans son western crépusculaire s'effondre ici comme un château de cartes.
Ce film est un peu la synthèse de ce qu'il ne faut pas faire. Passons très vite sur les discours de Bush et Obama en fond sonore car c'est là une idée d'une facilité déconcertante qui essaie vainement de donner à la chose un aspect politique. Cela en devient très vite pénible. On doit aussi supporter des dialogues abscons et m'as-tu vu qui ne font quasiment jamais avancer ni l'intrigue, ni la personnalité des différents protagonistes. On est face au syndrome "Je fais du Tarantino car c'est un dieu" et au final, c'est encore une fois l'ennui qui l'emporte.
James Gandolfini se caricature lui-même, Ray Liotta essaie de faire ce qu'il peut mais il est mal servi par le scénario et la mise en scène. Brad Pitt traverse le long métrage comme s'il n'existait pas. Les deux "héros" sont le symptôme de l'écriture des personnages d'aujourd'hui: rien pour eux et parfaitement cyniques.Et surtout, on ne pardonnera jamais cette façon détestable de magnifier la violence dans des ralentis interminables et insistants.
Au final, on sort de la salle en pensant y être resté plus de trois heure alors que le supplice ne dure qu'une heure et quarante minutes. On doutera logiquement donc qu'une version longue puisse sauver ce produit du naufrage artistique.