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Saban, Ody
Ce soir Michel, Cher mon chant
Ody Saban, Ce soir Michel, Cher mon chant, 1993, aquarelle et encre de Chine sur papier de soie, 98 x 64 cm, Photo : Olivier Laffely, Atelier de numérisation – Ville de Lausanne Collection de l’Art Brut, Lausanne
Auteurs
Saban, Ody,
(1953), Turquie
Biographie
Ody Saban (1953) est née à Istanbul, en Turquie, d’une mère espagnole et turque et d’un père juif séfarade, qui la scolarisent dans une école catholique. Ses parents divorcent alors qu’elle est encore enfant. Les pratiques artisanales turques, qu’elle découvre grâce à son beau-père, le métissage culturel environnant, ainsi que la collection de broderies traditionnelles de sa mère, la marquent profondément. En 1969, après le décès de son père, elle émigre en Israël, au kibboutz. Inscrite à l’université de Haïfa, elle suit un séminaire pédagogique d’arts plastiques. Elle part ensuite pour Paris, où elle intègre l’École des beaux-arts. À la suite d’un grave accident de voiture, alors qu’elle se trouve en Anatolie, Ody Saban subit une lourde opération sans anesthésie. Plus tard, elle retournera en France, après plusieurs voyages et de longs séjours aux États-Unis et en Égypte. Elle a une fille, née en 1982, qu’elle élevé seule.
Ody Saban explore de multiples formes d’expression : les arts plastiques, à travers le dessin, la peinture et la sculpture, mais aussi la danse, la performance, la poésie et les livres d’artistes. Son œuvre est en lien avec ses engagements politiques, notamment les luttes féministes et le mouvement des squats d’artistes à Paris durant les années 1970 et 1980, au sein duquel elle joue un rôle majeur. Depuis les années 1990, elle est intégrée dans un groupe d’artistes surréalistes, avec qui elle invente et diffuse des jeux et des œuvres collectives. Ses œuvres conservées à la Collection de l’Art Brut sont réalisées à l’encre de Chine et à l’aquarelle sur du papier Japon : ces compositions denses et disparates font la part belle aux représentations du visage, et plus largement du corps et de son pouvoir érotique. Elle crée ainsi des portraits imaginaires dont la source n’est pas une volonté de ressemblance mais la « restitution d’une force vitale ».