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navigation - XVIe siècle
navigation 02 — l’épave du 16ème siècle
La découverte, en janvier 2016, d’une nouvelle épave dans le lac de Neuchâtel a été pos- sible grâce à une première observation effectuée en 2014 déjà, lors d’un vol en ballon dirigeable. Un empierrement en pleine eau avait été découvert au large du môle de la Thielle, dans la commune de la Tène. Une première plongée avait permis de confirmer l’ensemble des observations aériennes et de commencer à documenter cette structure.
Les pierres retrouvées forment un quadrilatère de trois mètres de côté. Elles sont en calcaire gris ou hauterivien. Au nord-est de la structure, un second ensemble contient une majorité de blocs taillés dispersés sur une surface presque équivalente. Ces derniers, de meilleure facture, appartenaient peut-être à la partie haute d’un édifice et la qualité de la taille des côtés suggère qu'ils devaient être visibles au-dessus du niveau du lac. En parcourant les anciennes cartes représentant cette zone exutoire du lac, un élément mentionné sur l’une d’elles (provenant de la collection Schauenburg) a retenu toute notre attention. Une construction en pleine eau avec une base quadrangulaire est dessinée près de l'embouchure de l'ancienne Thielle. Une construction avait été érigée sur un haut-fond afin de signaler l’emplacement du départ du canal permettant de rejoindre le lac de Bienne. Elle était, semble-t-il, surmontée par un « mât en bois » avec un pavillon flottant au sommet. Ce signal était particulièrement utile lors des hautes eaux pour éviter aux bateliers de s’échouer dans les vastes zones marécageuses.
Pour étayer la pertinence du lien réalisé entre cette carte du 17ème siècle et notre empierrement, nous avons recherché au cours de nos plongées des éléments permettant de le dater. En 2016, en fouillant autour des blocs, des bois sont apparus révélant la présence d’une embarcation enfouie entièrement sous le sable et située en partie sous la structure. Habituellement, sur les chalands, les chargements de blocs de calcaire étaient disposés en deux andins répartis le long des bords longitudinaux du bateau laissant ainsi au milieu un passage pour les hommes. Ici, la disposition des blocs témoigne plutôt en faveur d’un procédé original de construction en pleine eau, déjà connu à l’époque romaine. La base de l’édifice est construite sur un bateau qui est ensuite coulé à l’emplacement souhaité. Une analyse dendrochronologique des planches de bordé en sapin donne pour cette épave un terminus post quem de 1537.
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