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Pour se repérer dans un manuscrit, s’il est en forme de codex, il suffit de l’ouvrir au feuillet premier recto sur lequel l’on trouve l’intitulé du texte, l’incipit, qui en marque le début ainsi que le titre courant, dont nous avons gardé l’usage dans nos livres imprimés. (Première image)
L’explicit marque la fin du texte. Le copiste rubriqueur (rubrique, de ruber, « rouge » en latin), rehaussera à l’encre rouge les intitulés de l’œuvre et ses subdivisions. (Seconde image)
Le manuscrit présenté (troisième image) a été relié et exécuté pour Giovanni de Medici, le pape Léon X.
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Au XIIIe siècle, on commence à numéroter les feuilles des cahiers en chiffres romains. La foliotation sera remplacée par la pagination en chiffres arabes dans la 2e moitié du XVIe.
Sa copie terminée, le scribe peut conclure son travail par un colophon (« achèvement » en grec), qui peut indiquer : titre et parfois auteur de l’œuvre, nom du destinataire et, rarement, du copiste, date et lieu de la copie. Il arrive qu’il ajoute quelques commentaires sur les difficultés rencontrées, voire exprime son soulagement dans une formule d’action de grâces.
Un scribe expérimenté ne pouvait guère produire plus de deux cents lignes par jour. Il travaillera deux mois et demi pour un livre de quatre cents pages.
Les copistes travaillaient dans les ateliers monastiques (les scriptoria). Les monastères furent en Europe des foyers de vie spirituelle, des centres de production économique (assurant toute la chaîne de production du livre, depuis la préparation du parchemin jusqu’à la reliure) et des conservatoires de la culture (Mont-Cassin, Saint-Benoît-sur-Loire, Fulda, Reichenau, Saint-Gall).
Le codex favorisa aussi l’art de l’illustration. La technique de l’enluminure était pratiquée à l’intérieur des monastères, avant de devenir une profession urbaine au XIIIe siècle.
Elle était le fait de spécialistes, miniaturistes, enlumineurs, capables d’exécuter les lettrines (lettres ornées), les dessins de fleurs, animaux et grotesques dans les marges, les scènes représentées à l’intérieur des initiales (lettres historiées) et, pour finir, les miniatures, lorsque l’image se détache de la lettre et grandit de plus en plus jusqu’à occuper la page entière.
Plusieurs manuscrits de la collection Bodmer mettent en évidence le travail de l’illustrateur enlumineur. Un bel exemple en est le Grand Passionnaire, manuscrit copié à l’Abbaye de Saint-Pierre de Weissenau (Souabe), abbaye en activité vers 1200. Particularité rare avant l’époque gothique, l’enlumineur, Rufillus, moine de l’abbaye, s’est représenté sur la fin du manuscrit, dans une initiale historiée, la lettre R au-dessus de laquelle on peut lire son nom.
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