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Mis en cause dans plusieurs enquêtes aux Etats-Unis, Credit Suisse First Boston (CSFB) essaie de rétablir sa crédibilité. La banque d'affaires du groupe suisse annonce ainsi qu'elle interdit désormais a ses analystes de détenir des intérêts dans les sociétés qu'ils suivent.Ce contenu a été publié le 25 juillet 2001 - 21:51
Les analystes ont jusqu'au 30 septembre pour vendre les actions et les bons qu'ils possèdent au sein d'entreprises à propos desquelles ils conseillent les clients du CSFB. L'interdiction de mélanger investissement personnel et conseil aux clients s'applique aux 520 analystes employés par Credit Suisse First Boston aux Etats-Unis et dans le reste du monde.
La banque d'affaires du groupe Credit Suisse estime que 25% de ses analystes du marche boursier et 40% des analystes du marche obligataire sont directement et concrètement concernes.
Idem chez Merrill Lynch
La nouvelle règle interne intervient deux semaines après qu'un concurrent du CSFB, Merrill Lynch, a pris la même mesure envers ses propres analystes. Comme le CSFB, Merrill Lynch se trouve dans le collimateur des autorités boursières et judiciaires aux Etats-Unis.
Les enquêteurs américains soupçonnent en effet ces deux banques d'investissement et d'autres d'avoir illégalement privilégié certains clients lors d'offres publiques d'achat, et ce, en échange de commissions anormalement élevées.
Néanmoins, Credit Suisse First Boston fait l'objet d'une attention particulière de la part des instances américaines de réglementation, alors que plusieurs de ses employés ont été épingles. Par ailleurs, le CSFB accumule les démêles avec les autorités d'autres pays, en Inde, en Nouvelle-Zélande ou au Japon.
Rétablir la confiance
Le CSFB espère que cette nouvelle règle contribuera à rétablir sa crédibilité, et notamment la confiance des investisseurs dans l'objectivité de ses conseils. "Cette mesure manifeste à nouveau notre engagement a assurer l'intégrité et l'indépendance de notre recherche", affirme Al Jackson, le directeur de l'analyse boursière de la firme.
Récemment, le CSFB a pris d'autres mesures destinées à rehausser son image. Le 12 juillet, la filiale du groupe suisse se dotait ainsi d'un nouveau patron, en la personne de John Mack, ancien numéro deux de la banque d'affaires américaine Morgan Stanley et personnage auréole d'une réputation impeccable à Wall Street.
"Il était temps qu'un changement intervienne, car Credit Suisse First Boston a depuis longtemps la réputation de jouer avec le feu, d'agir avec trop d'agressivité et de se montrer trop désireux de tourner la loi a son profit", déclarait alors a Swissinfo Martin Mayer, un expert de Wall Street à l'Institution Brookings, un centre de recherche américain.
Marie-Christine Bonzom, Washington
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