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En 1983, Howard Gardner, psychologue du développement, énonce sa théorie des intelligences multiples dans son ouvrage « Frames of Mind ». Il affirme qu’il n’existe pas seulement les deux formes d’intelligence qui, à l’école, mesurent les capacités logico-langagières de l’enfant (celles-là même qui définissent l’aptitude à répondre à un test de quotient intellectuel), mais qu’il en existe également d’autres.
En voici un résumé
L’intelligence verbale / linguistique
C’est la capacité à être sensible aux structures linguistiques sous toutes leurs formes. Elle est particulièrement développée chez les écrivains, les poètes, les orateurs, les hommes politiques, les publicitaires, les journalistes, etc.
On reconnaît particulièrement cette intelligence chez quelqu’un qui aime lire, qui parle facilement, aime raconter des histoires et aime en entendre, qui aime les jeux avec des mots (mots croisés, Scrabble, etc.), les jeux de mots, les calembours.
La plupart des systèmes d’enseignement reconnaissent cette intelligence. Si elle n’est pas suffisamment développée, on est facilement en échec scolaire.
Des manques dans cette capacité à mettre en mots sa pensée peuvent également créer le sentiment d’être incompris (en particulier face à ceux qui maîtrisent mieux cette intelligence) et engendrer des réactions de violence.
L’intelligence logique / mathématique
C’est la capacité à raisonner, à calculer, à tenir un raisonnement logique, à ordonner le monde, à compter. C’est l’intelligence qui a été décrite avec beaucoup de soin et de détails par Piaget en tant que « l’intelligence ».
Elle est particulièrement développée chez les mathématiciens et les scientifiques, les ingénieurs, les enquêteurs, les juristes, etc.
On reconnaît particulièrement cette intelligence chez quelqu’un qui aime résoudre des problèmes ; chez ceux qui veulent des raisons à tout, veulent des relations de cause à effet ; ceux qui aiment les structures logiques et qui aiment expérimenter d’une manière logique ; chez ceux qui préfèrent la prise de notes linéaire, etc.
Si elle n’est pas suffisamment développée, on a du mal à organiser des tâches complexes, à donner un ordre de priorité à une succession d’actes ; à comprendre le sens d’une démarche scientifique, à comprendre la signification d’un phénomène ; à démonter un appareil ou un processus pour en comprendre les parties ; à utiliser le raisonnement déductif ; à se servir d’appareils fonctionnant avec une grande logique (comme un ordinateur).
L’intelligence visuelle / spatiale
C’est la capacité à créer des images mentales et à percevoir le monde visible avec précision dans ses trois dimensions.
Elle est particulièrement développée chez les architectes, les paysagistes, les peintres, les sculpteurs, les naturalistes, ceux qui tentent d’expliquer l’univers, les stratèges des champs de bataille, les metteurs en scène, etc.
On reconnaît particulièrement cette intelligence chez celui qui a un bon sens de l’orientation ; chez ceux qui créent facilement des images mentales ; ceux qui aiment l’art sous toutes ses formes ; ceux qui lisent facilement les cartes, les diagrammes, les graphiques ; ceux qui aiment les puzzles, ceux qui aiment arranger l’espace ; ceux qui se souviennent avec des images ; ceux qui ont un bon sens des couleurs ; ceux qui ont besoin d’un dessin pour comprendre, etc.
Si elle n’est pas suffisamment développée, on peut avoir des difficultés dans les processus de mémorisation et de résolution de problèmes. Car les images produites dans le cerveau aident à la pensée et à la réflexion. Pour beaucoup de scientifiques célèbres, leurs découvertes les plus fondamentales sont venues de modèles spatiaux et non de raisonnements mathématiques.
L’intelligence musicale / rythmique
C’est la capacité à être sensible aux structures rythmiques et musicales.
Elle est bien entendu particulièrement développée chez les musiciens (compositeurs, exécutants, chefs d’orchestre) et chez tous les « techniciens du son » (ingénieurs du son, fabricants d’instruments de musique, accordeurs). Elle se trouve aussi chez les poètes et dans les cultures à forte tradition orale.
On reconnaît particulièrement cette intelligence chez quelqu’un qui fredonne souvent, bat du pied, chante, se met à danser sur le moindre rythme ; chez ceux qui sont sensibles au pouvoir émotionnel de la musique, au son des voix et à leur rythme ; et ceux qui saisissent facilement les accents d’une langue étrangère.
Si elle n’est pas suffisamment développée, on perd une partie des richesses transmises par les sons, à travers les sons organisés comme dans la musique ou dans les infinies variations du langage.
L’intelligence corporelle / kinesthésique
C’est la capacité à utiliser son corps d’une manière fine et élaborée, à s’exprimer à travers le mouvement, à être habile avec les objets.
Elle est particulièrement développée chez les danseurs, les acteurs, les athlètes, les mimes, les chirurgiens, les artisans, les mécaniciens.
On reconnaît particulièrement cette intelligence chez quelqu’un qui contrôle bien les mouvements de son corps ; chez ceux qui aiment toucher, sont habiles en travaux manuels ; ceux qui aiment faire du sport, aiment jouer la comédie ; chez ceux qui apprennent mieux en bougeant, qui aiment faire des expériences ; l’enseignant la reconnaîtra dans l’élève qui se trémousse s’il n’a pas suffisamment d’occasions de bouger, chez celui qui se lève en classe pour tailler un crayon ou mettre un papier à la poubelle.
Si elle n’est pas suffisamment développée, l’enfant comme l’adulte risquent de ressentir leur corps comme une gêne dans de nombreuses circonstances de la vie courante.
L’intelligence (du) naturaliste
Elle a été rajoutée aux sept précédentes par Howard Gardner en 1996.
C’est la capacité à reconnaître et à classer, à identifier des formes et des structures dans la nature, sous leurs formes minérales, végétales ou animales.
Elle est particulièrement développée chez le naturaliste, qui sait reconnaître et classifier les plantes et les animaux ; chez tous ceux qui s’intéressent au fonctionnement de la nature, du biologiste au psychologue, du sociologue à l’astronome.
On la reconnaît chez ceux qui savent organiser des données, sélectionner, regrouper, faire des listes ; chez ceux qui sont fascinés par les animaux et leurs comportements, qui sont sensibles à leur environnement naturel et aux plantes ; chez ceux qui cherchent à comprendre la nature et à en tirer parti (de l’élevage à la biologie) ; chez ceux qui se passionnent pour le fonctionnement du corps humain, qui ont une bonne conscience des facteurs sociaux, psychologiques et humains.
L’intelligence intrapersonnelle
C’est la capacité à avoir une bonne connaissance de soi-même.
Elle est particulièrement développée chez les écrivains, les « sages », les philosophes et les mystiques.
On reconnaît particulièrement cette intelligence chez quelqu’un qui a une bonne connaissance de ses forces et de ses faiblesses, de ses valeurs et de ses capacités ; chez ceux qui apprécient la solitude ; qui savent se motiver personnellement ; qui aiment lire, qui écrivent un journal intime ; qui ont une forte vie intérieure.
Si elle n’est pas suffisamment développée, on a du mal à tirer parti des expériences, à réfléchir sur ce qui a bien marché et comment améliorer ce qui a moins bien marché ; à prendre le contrôle de sa vie, de son apprentissage, à se donner des buts ; on est plus sensible à l’opinion du groupe; on cherche (et on trouve) un responsable extérieur à ses échecs.
L’intelligence interpersonnelle
C’est la capacité à entrer en relation avec les autres.
Elle est particulièrement développée chez les politiciens, les enseignants et les formateurs, les consultants et les conseillers, les vendeurs, les personnes chargées des relations publiques.
On reconnaît particulièrement cette intelligence chez quelqu’un qui entre bien et facilement en relation, se mêle et s’acclimate facilement ; chez ceux qui aiment la compagnie et ont beaucoup d’amis, ceux qui aiment bien les activités de groupe ; chez ceux qui communiquent bien (et parfois manipulent), chez ceux qui aiment résoudre les conflits, jouer au médiateur.
Si elle n’est pas suffisamment développée, il y a risque d’enfermement de la personnalité ; on se coupe du plaisir d’être avec d’autres, de travailler ensemble ; on perd des richesses issues du travail en coopération. On risque de devenir aigri, misanthrope, critique de l’humanité dans son ensemble.