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six à sept mois ; les autres pois, quatre à cinq; il en est de même des fèves ordinaires et haricots. Les raves, pourpier, cerfeuil, cinq ou six semaines : ainsi, l'on doit semer tous les quinze jours.
Les chicorées blanches, et toutes sortes de laitues, occupent leur place deux mois.
Les mâches et épinards occupent la place de toutes les plantes qui ne passent pas l'été ; ainsi elles sont en place l'automne et l'hiver ; les couches à champignons ne donnent de fruits qu'au bout de six mois, et laissent la place libre au bout de ce terme.
Du semis.
La sémination est uniquement l'ouvrage de la nature, qui disperse les graines à son gré, lorsqu'elles sont mûres ; les semailles sont du ressort du laboureur; ce qu'on appelle le semis appartient plus au jardinier et au forestier : on distingue dans la semence , son écorce ou peau qui lui sert, d'enveloppe , les deux lobes, la plantule, la radicule. Les lobes ou cotylédons sont appliqués l'un sur l'autre, ordinairement convexes à l'extérieur, aplatis du côté où ils se touchent; mais intérieurement un peu concaves vers le point par lequel ils se tiennent et se réunissent. Ils sont très visibles dans toutes les semences des plantes légumineuses an moment de leur germination; ce sont les deux parties de la fève, des haricots, épaisses et charnues , qui sortent avec le germe : le germe est cette petite partie, séparée des deux lobes, que l'on voit très-distinctement dans la châtaigne , etc. La partie supérieure de ce germe , qui pointe à l'extrémité de l'amande, est ce qui forme la radicule, et la partie inférieure de ce germe, renfermée au milieu des lobes, se convertit enplantule au premier développement qui sort de la terre.
Pour semer avec succès, il faut, outre la préparation du terrain, que les graines soient parfaitement mûres, qu'elles soient semées clair, pour que le plant, surtout celui qui doit être transplanté, pousse un bon chevelu au lieu d'une seule racine, qu'elles soient enterrées à une profondeur convenable: les trois premiers points n'ont pas besoin d'être expliqués.
Il est d'expérience que des mêmes graines enterrées à diverses profondeurs, les unes ne germent pas, d'autres germent; mais la plantule périt sans pouvoir sortir de terre, et le plant se fortifie lentement et difficilement ; d'autres enfin germent promptement et donnent du plant vigoureux, ce sont les moins enterrées; il est donc certain que la promptitude de la germination des graines, et les progrès du jeune plant qui en provient, sont à proportion inverse de la profondeur à laquelle on les a semées.
Ainsi les plus grosses semences, comme fèves de marais, châtaignes, amandes, etc., ne doivent pas être couvertes de plus de deux pouces de terre (un pouce à un pouce et demi est suffisant) ; d'abord, parce que la plante étant obligée d'acquérir la force et la longueur nécessaires pour percer une plus grande épaisseur de terre, sa sortie seroit beaucoup retardée; en second lieu, parce que la plante, dont le tronc seroit trop enterré, demeureroit foible.
Les autres graines s'enterrent à une profondeur proportionnée à leur grosseur; ne les couvrant point trop, on emploie moins de graines, parce qu'elles lèvent toutes, et que le plant est plus vigoureux , sauf à rechausser celui qui en a besoin.
Mais si on les enterre très-peu, elles sont exposées à manquer de l'humidité nécessaire à leur germination. En les couvrant de terreau, ou même de sable fin, dans les terrains forts et sujets à être criblés par les vers, on préserve la terre du desséchement; la plantule naissante est défendue des rayons meurtriers du soleil; elle jouit de l'air, et s'ouvre aisément un passage au travers de ces matières meubles et
légères.
Lorsque j'ai dit que les graines doivent être semées à une profondeur proportionnée à leur grosseur, j'ai cru inutile d'ajouter et à la qualité du terreau, parce que personne n'ignore que dans une terre sèche et légère, il faut les enterrer d'avantage que dans une terre humide et compacte.
Si l'on sème sur couches, il faut que les couches soient chargées de terre; dans le terreau pur, le plant fait des racines trop foibles, pour pouvoir se soutenir ensuite en pleine terre.
Pour les graines fort menues, et surtout celles qui sont dures et lentes à germer, comme de raiponces, de fraisier, etc., il faut dresser, unir et ameublir la terre, en pots ou autrement, suivant l'étendue du semis, lui donner une mouillure très-abondante, y répandre aussitôt les graines, tamiser par-dessus un peu de poussière ou du terreau fin , qui à peine couvre et cache les graines; jeter sur le tout un paillasson , de la paille, du fumier court, ou mieux de la mousse, une épaisseur de deux ou trois doigts; au travers de cette couverture et sans la retirer, donner de petits arrosemens assez fréquens pour entretenir l'humidité. Lorsque le plant commence à paroître, on retire les couvertnres ; mais onl'abrite contre le soleil, et on le mouille souvent, jusqu'à ce que toute la graine soit levée. Cette pratique est très-bonne pour toutes les graines fhses. 11 y en a même, telles que celles de saule, de bouleau, d'aulne, de peuplier, sur lesquelles il ne faut point tamiser de poussière; elles veulent demeurer nues sur la terre.
Depuis mai jusqu'en septembre, il faut semer à l'ombre les graines de presque toutes les plantes qui doivent être repiquées, comme choux, laitues, chicorées, etc., et même plusieurs qui doivent demeurer en place, comme raves, radis, roquette, cresson, etc. Dans les terrains sujets aux petits pucerons, qui coupent les germes naissans de ces plantes, et qui en dévorent les cotylédons; il faut donner à ces semis des arrosemens légers, mais fréquens, et aussitôt tamiser de la cendre ou dela suie de cheminée, afin qu'elle s'attache à la terre et au plant mouillé.
S'il y a des courlillières dans un terrain , il faut faire, en pots ou en terrines, tous les semis qui ne sont pas étendus.
Au défaut de couches , il faut amender et ameublir quelque coin de terre douce et bien exposée, pour repiquer les jeunes plants délicats, et les lever le plus en motte qu'il est possible, lorsqu'on les met en place. Couper ou retrancher