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L’alcool est classé agent carcinogène par l’Organisation mondiale de la santé et le US Department of Health and Human Services, et représente un facteur de risque connu pour le cancer du sein. Cependant, le niveau de consommation associé à un cancer du sein n’a pas été bien défini. Dans une étude de cohorte prospective de 105 986 femmes, âgées de 30 à 55 ans à leur entrée dans l’étude, dont la consommation d’alcool a été évaluée de manière répétée sur une période de ≤ 28 ans, 7690 cas de cancer du sein invasif ont été diagnostiqués (> 95% ont été confirmés par des examens de pathologie).
Dans des analyses ajustées,
une consommation de trois à six boissons par semaine était associée à une augmentation de 15% du risque de cancer du sein invasif par rapport à l’abstinence (333 versus 281 cas par 100 000 personnes-année, respectivement). Le risque était 51% plus élevé à > 2 boissons par jour et augmentait de 10% pour chaque 10 g d’alcool consommés en plus par jour.
10% de tous les cancers du sein étaient imputables à l’alcool, dont 60% à > 2 boissons par jour. Bien que le risque semblait augmenté pour les cancers postménopausiques, boire avant et après 40 ans était associé à ce risque de la même manière. Des épisodes de consommation massive n’augmentaient que de manière marginale le risque préexistant dû à la consommation moyenne.
Commentaires : une consommation «modérée» devrait faire référence à une consommation «faible risque». Il apparaît que de faibles quantités d’alcool augmentent le risque de cancer du sein, vraisemblablement par le biais d’effets sur les œstrogènes. Bien que l’augmentation puisse être considérée comme faible, elle est identique à la diminution de la mortalité due à la mammographie, la pierre angulaire de la prévention du cancer du sein. On peut lire dans un éditorial joint : «Il n’y a pas de données qui assurent que l’abandon de l’alcool réduira le risque de cancer du sein», et les auteurs recommandent de soupeser les risques avec «les effets bénéfiques (de l’usage faible à modéré) sur les risques cardiovasculaires». Je trouve ces remarques étranges. Habituellement, la preuve que l’évitement d’un carcinogène réduit le risque de cancer n’est pas requise. Et avant de recommander un traitement chimiopréventif, on exige des preuves, par l’intermédiaire d’études randomisées, que les bénéfices sont plus importants que les risques. Une agence d’approbation des médicaments comme la Food and Drug Administration n’approuverait pas un agent carcinogène par jour (même en petites quantités) pour la prévention des maladies cardiaques. Les données sur les risques liés à l’alcool devraient être évaluées en fonction des bénéfices que les individus perçoivent (par exemple : le plaisir) et non des bénéfices préventifs de maladies potentielles.