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Les conseils d'administration et de fondation des hôpitaux suisses sont majoritairement composés d'hommes blancs, suisses et de plus de cinquante ans. Telle est la conclusion d'une nouvelle étude de la société de conseil zurichoise Muller Healthcare Consulting. C'est surprenant dans la mesure où la santé est une branche majoritairement féminine.
Dans ce secteur, 74% des employés sont des femmes. Elles soignent les patients, assument des tâches sociales, mais travaillent aussi comme médecins. A ce niveau, le rapport entre les sexes est équilibré. Mais au niveau de la direction, il existe un fossé entre les sexes.
Un employé sur trois est étranger
L'étude révèle d'autres différences marquantes entre la direction et le reste du secteur hospitalier, notamment en ce qui concerne la structure d'âge. Plus de 87% des membres de la direction ont cinquante ans ou plus. C'est quelques années de plus que le médecin moyen, qui a 44,3 ans, ou que les 39,5 ans du reste du personnel de santé.
La situation est encore plus frappante en ce qui concerne la nationalité: 93% des cadres supérieurs disposent d’un passeport suisse, seuls 7% sont originaires de l'étranger. C’est étonnant, d'une part par rapport à l'ensemble de l'économie suisse: selon le dernier Schilling report, la part des membres étrangers des conseils d'administration des plus grandes entreprises suisses s'élève à 36%. Dans ce domaine, le secteur de la santé semble suivre sa propre voie.
D'autre part, ce chiffre contraste fortement avec le personnel. Environ un employé sur trois vient de l'étranger, mais cela ne se reflète manifestement pas au niveau de la direction. L'étude constate en effet que «les échelons supérieurs de la direction se composent d'une part importante d'hommes âgés de nationalité suisse».
Et plus loin: «A l'inverse, le personnel de santé est composé en majorité de femmes, est plus jeune et, pour une part importante, n'est pas de nationalité suisse».
L'étude s'est également intéressée aux formations. Environ un tiers des membres des directions stratégiques des hôpitaux suisses sont des experts en économie et en finances. L'expérience médicale n'arrive qu'en deuxième position, avec 20%.
Manque d'expertise avérée
L'étude constate que «de manière surprenante, l'expertise dans le cœur de métier des hôpitaux n'est pas représentée dans près d'un quart des établissements». L'économie est certes un élément souhaité en vue de l'efficacité dans les hôpitaux et de la numérisation progressive du système de santé. Toutefois, en ce qui concerne la numérisation, le rapport constate que l'organe suprême, le conseil d'administration, manque d'expertise avérée.
Pour autant, cela ne signifie pas qu'il n'y a pas de femmes dirigeantes dans le secteur hospitalier helvétique. Il y a d'une part Andrea Rytz. La directrice de la clinique Schulthess savait déjà à 21 ans qu'elle souhaitait devenir directrice d'hôpital. Ou encore Monika Jänicke, manager chez Novartis, qui prendra ses fonctions de directrice de l'hôpital universitaire de Zurich en juin prochain.
Cet article est une adaptation d'une publication parue dans Handelszeitung