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Au terme d’une saison épique et pleine de rebondissements, c’est par d’ultimes coups de théâtre que le WRC 2018 s’achevait et récompensait Sébastien Ogier pour la sixième fois. De son côté, après plus d’un an et demi de disette, Jari-Matti Latvala retrouvait le goût de la victoire et offrait à son équipe le championnat constructeur.
Après avoir longtemps était mené par Thierry Neuville, Sébastien Ogier retrouvait la place de premier sur la piste en Australie, suite à sa deuxième place en Espagne, position handicapante au pays des kangourous. Et cette première journée allait le confirmer, puisque le pilote Ford perdait du temps tout au long de la première journée du rallye, pointant au dixième rang avant la dernière vraie épreuve spéciale de la journée. Mais, pour lui éviter d’ouvrir le lendemain, M-Sport demandait à ses deux autres pilotes, Teemu Suninen et Elfyn Evans de ralentir afin de partir devant leur leader le lendemain. Dans le même temps, Thierry Neuville, lui aussi handicapé par sa position sur la route, déjantait à la réception d’une bosse, se retrouvant ainsi derrière l’armada Ford au classement, et donc condamné à ouvrir le lendemain.
À l’inverse, bénéficiant d’une bonne position sur la piste, les deux Citroën WRC de Mads Ostberg et de Craig Breen concluaient la première journée en tête, malgré une petite faute de l’Irlandais dans la journée, devant Jari-Matti Latvala, Hayden Paddon, Ott Tanak et Esapekka Lappi. En revanche, Andreas Mikkelsen était contraint de repartir en rallye 2 le lendemain après avoir fait un tonneau.
Le samedi, la pluie était annoncée mais c’est finalement sur la poussière que les concurrents s’affrontaient. Avec seulement le gentlemen driver Jourdan Serderidis devant lui sur la piste, Thierry Neuville n’arrivait pas à suivre le rythme et perdait du temps sur tous ses adversaires au fil de la journée, malgré une grosse attaque qui lui causa quelques chaleurs. La menace Neuville s’amenuisant, la course au titre de Sébastien Ogier ne s’avérait néanmoins pas de tout repos. En effet, Ott Tanak remontait au classement au prix d’une grosse attaque et prenait la tête de l’épreuve en fin de journée, devant son coéquipier Jari-Matti Latvala et la Hyundai d’Hayden Paddon, Mads Ostberg ayant rétrogradé au cinquième rang. Face à l’Estonien, le pilote Ford avait besoin de 8 points pour s’assurer le titre, et une faute de Craig Breen à mi-journée lui offrait la sixième place provisoire, synonyme de ces 8 points, avec une confortable avance.
La pluie tant attendue faisait son arrivée dans cette dernière journée, mais sans rendre le terrain boueux puisque les pistes séchaient lors du deuxième passage. Comme la veille, Thierry Neuville et Ott Tanak repartaient à l’attaque, la pluie ayant changé la donne pour le pilote belge, bien moins désavantagé d’ouvrir, alors que Sébastien Ogier ne prenait aucun risque pour assurer les points de la sixième place. Auteur d’un tête à queue dans le vingtième chrono, Ott Tanak perdait le leadership mais ne se retrouvait qu’à une poignée de secondes de son coéquipier Jari-Matti Latvala.
Mais dans la première spéciale de la deuxième boucle, c’est Thierry Neuville qui perdait toute chance de titre en arrachant la roue arrière gauche, l’obligeant à s’arrêter là. Et dans le chrono suivant, c’est Ott Tanak qui partait définitivement à la faute, lui aussi, offrant ainsi à Sébastien Ogier sa sixième couronne avant la Powerstage. Sans pression pour ce dernier chrono, le nouveau sextuple champion remportait les 5 points bonus en plus de ceux de la cinquième place finale, alors que Jari-Matti Latvala remportait sa première victoire depuis le Rallye de Suède 2017, et offrait ainsi à Toyota le titre constructeur.
Jari-Matti Latvala : « Je suis vraiment heureux de m’imposer à nouveau. C’est un grand soulagement après une si longue période ! Les conditions étaient très difficiles et il était très facile de partir à la faute. Tout s’est passé comme prévu pour nous, mais je suis désolé pour Ott que son rallye se soit terminé ainsi. J’étais très excité mais aussi très nerveux au départ de la dernière spéciale, mais nous l’avons fait. Gagner le titre constructeur est fantastique ! Je suis tellement fier de l’équipe et de ce qu’ils ont fait. Tout le monde a travaillé très dur et mérite cette récompense. »
Deuxième, Hayden Paddon s’offrait une belle place pour une course presque à domicile, alors que Mads Ostberg concluait la saison de Citroën par un podium, devant Esapekka Lappi. Derrière Sébastien Ogier, Elfyn Evans et Craig Breen concluaient le classement des pilotes officiels aux sixième et septième rangs.
Au championnat, Sébastien Ogier et Julien Ingrassia sont donc Champions du Monde pour la sixième fois. Avec un total de 219 points, ils devancent Thierry Neuville/Nicolas Gilsoul de 18 points et Ott Tanak/Martin Jarveoja de 38 points. Avec leur victoire, Jari-Matti Latvala et Miikka Anttila terminent quatrième du championnat avec seulement deux points d’avance sur leurs coéquipiers de la Toyota n°9, Esapekka Lappi et Janne Ferm.
Sébastien Ogier : « La saison fut incroyable et la lutte si intense. Il y a peu, nous pensions qu’il serait difficile de conserver le titre, mais nous n’avons jamais abandonné. Nous avons tout donné et nous avons une équipe formidable autour de nous, je suis si fier de chacun d’eux, et bien sûr, je tiens à remercier Malcolm pour ce travail extraordinaire. Ce que nous avons accompli ensemble au cours de ces deux années fut très spécial et j’en suis très fier. »
Julien Ingrassia : « Nous avons effectué un beau voyage avec M-Sport ces deux dernières saisons avec tout ce que nous avons accompli ensemble. Nous voulions terminer notre collaboration avec Malcolm et l’équipe d’une belle manière et nous l’avons fait. Nous avons connu beaucoup de hauts et de bas lors de la saison, mais nous avons tout donné pour obtenir ce résultat incroyable. J’espère qu’il me restera un peu d’énergie pour célébrer ce titre avec l’équipe ce soir. »
Au championnat constructeur, Toyota remporte donc le championnat devant Hyundai, Ford et Citroën.
Rendez-vous est donc pris pour le championnat 2019, qui débutera, comme de tradition, au Monte-Carlo. Le principal changement sera le retour de Sébastien Ogier chez Citroën, et qui sera accompagné par Esapekka Lappi. Kris Meeke, mais sans Paul Naggle à ses côtés, prendra lui la place du Finlandais chez Toyota aux côtés d’Ott Tanak et de Jari-Matti Latvala. Si chez Hyundai, le fonctionnement, vu cette saison, devrait être reconduit (Neuville et Mikkelsen sur l’ensemble de la saison, Sordo et Paddon avec un programme partiel), la plus grosse incertitude concerne Ford M-Sport, où seul Teemu Suninen est, en ce moment, assuré d’avoir un volant.
CLASSEMENT FINAL PROVISOIRE
- Latvala / Anttila (Toyota Yaris WRC) 2h59’52’’0
- Paddon / Marshall (Hyundai i20 WRC) +32’’5
- Ostberg / Eriksen (Citroën C3 WRC) +52’’2
- Lappi / Ferm (Toyota Yaris WRC) +1’02’’3
- Ogier / Ingrassia (Ford Fiesta WRC) +2’30’’8
- Evans / Barritt (Ford Fiesta WRC) +3’05’’1
- Breen / Martin (Citroën C3 WRC) +8’59’’1
POWERSTAGE
- Ogier / Ingrassia (Ford Fiesta WRC)
- Lappi / Ferm (Toyota Yaris WRC)
- Ostberg / Eriksen (Citroën C3 WRC)
- Evans / Barritt (Ford Fiesta WRC)
- Latvala / Anttila (Toyota Yaris WRC)
CHAMPIONNAT DU MONDE PILOTES
- Sébastien Ogier – 219 points
- Thierry Neuville – 201 points
- Ott Tänak – 181 points
- Jari-Matti Latvala – 128 points
- Esapekka Lappi – 126 points
- Andreas Mikkelsen – 84 points
- Elfyn Evans – 80 points
- Hayden Paddon – 73 points
- Dani Sordo – 71 points
- Mads Ostberg – 70 points
CHAMPIONNAT DU MONDE CONSTRUCTEURS
- Toyota Gazoo Racing – 368 points
- Hyundai WRT – 341 points
- M-Sport Ford WRT – 324 points
- Citroën Total Abu Dhabi WRT – 237 points