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Le Parlement hongrois a adopté mardi une loi renforçant le contrôle gouvernemental sur les ONG bénéficiant de fonds étrangers. Cette disposition critiquée par l'UE et l'ONU vise en particulier les organisations soutenues par le financier américain George Soros.
La loi portée par le Premier ministre souverainiste Viktor Orban, qui a fait de M. Soros sa bête noire, a été adoptée par 130 voix contre 44 et 24 abstentions.
Elle oblige les ONG bénéficiant annuellement de plus de 24'000 euros de fonds étrangers à fournir une liste annuelle de leurs principaux soutiens financiers étrangers et à se présenter explicitement comme "organisation bénéficiant de financements étrangers".
L'examen du texte, préparé depuis plusieurs mois, avait été reporté à plusieurs reprises sur fond de critiques grandissantes contre cette mesure jugée discriminatoire par ses détracteurs, tant à l'étranger qu'en Hongrie.
Des experts du Conseil de l'Europe avaient appelé la Hongrie à modifier le projet. Ils jugeaient "disproportionnées" les sanctions encourues par les ONG, notamment leur possible dissolution, en cas d'infraction.
Attaquer en justice
La Commission européenne a estimé pour sa part que la loi faisait courir aux ONG concernées le risque d'être "discriminées et délégitimées". Amnesty International s'est inquiétée de la similitude entre la nouvelle législation et celle adoptée en 2012 en Russie et obligeant les ONG à s'identifier comme "agents étrangers".
Le texte n'a "rien à voir avec la transparence, mais vise à bloquer et à discréditer les voix critiques au sein de la société civile", s'est inquiété son directeur Europe, John Dalhuisen.
Deux importantes ONG, le Comité d'Helsinki et l'Union hongroise des libertés civiques (Tasz), ont immédiatement annoncé mardi qu'elles refuseraient de se conformer à la nouvelle loi. Elles vont l'attaquer devant la Cour constitutionnelle et la Cour européenne des droits de l'Homme.
"Une société civile forte et indépendante représente un des piliers fondamentaux de la démocratie", a souligné Marta Pardavi, une dirigeante du Comité d'Helsinki. "Nous ne nous plierons pas à cette loi illégale", a renchéri Mate Szabo, de Tasz.
Ce projet de loi, ainsi qu'une loi sur les universités étrangères adoptée en avril et perçue comme visant l'Université d'Europe centrale (CEU), fondée à Budapest par le milliardaire américain d'origine hongroise George Soros, ont été condamnés par l'Union européenne. Elles ont suscité des manifestations de protestation à Budapest.