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La ville de Doukki Gel est fondée par les pharaons de la XVIIIe dynastie égyptienne.
La conquête égyptienne du royaume de Kouch commence véritablement avec l’un des plus illustres pharaons du début du Nouvel Empire, Thoutmosis Ier (1496-1483 av. J.-C.). Après avoir repris les forteresses de Basse Nubie et s’être emparé de Kerma, il fonde une nouvelle ville à un kilomètre au nord de celle-ci, au lieu-dit Doukki Gel. L’emprise égyptienne sur la région du sud de la Troisième cataracte ne devient cependant effective qu’avec Thoutmosis III (1479-1424 av. J.-C.).
Les Nubiens doivent quitter leurs habitats, souvent incendiés lors de la conquête. Certains s’établissent à Soleb, Sesibi, Tabo, Kawa ou au pied du Gebel Barkal. Les troubles et les conflits nombreux qui interviennent entre autochtones et nouveaux arrivants rendent difficilement compréhensible la transition entre les cultures Kerma et l’occupation égyptienne. La gestion du pays est placée sous l’autorité d’un vice-roi qui porte le titre de « fils royal de Kouch », mais une partie du pouvoir est certainement accordée à l’élite locale. En effet, une politique d’égyptianisation est rapidement mise en place. Les enfants des chefs vaincus sont ainsi envoyés en Egypte, afin d’être éduqués à la cour.
La ville de Doukki Gel est aujourd’hui partiellement enfouie sous une palmeraie, rendant impossible une étude exhaustive de son développement. Les repères à notre disposition permettent toutefois de comparer ses proportions à celles des autres villes égyptiennes de Nubie. L’interprétation de son quartier religieux s’avère complexe, les restaurations ou constructions d’époques napaténne et méroïtique ne facilitant pas la lecture des maçonneries antérieures. Les dépôts de fondation des divers temples construits dans l’enceinte témoignent des différentes interventions commanditées par les pharaons des XVIIIe et XIXe dynasties égyptiennes. Il est certain qu’un des temples était dédié au dieu Amon.
L’enceinte de la ville est abandonnée par étapes à la fin de l’époque ramesside (vers le XIe siècle av. J.-C.). L’Egypte, davantage tournée vers la Méditerranée, perd le contrôle de la Nubie. L’histoire de la Moyenne et Haute Nubie demeure obscure durant les trois siècles qui suivent. Elle s’éclaire à nouveau avec l’émergence d’une royauté originaire de la région de Napata, en aval de la Quatrième cataracte.
Pour en savoir plus, consultez les publications de C. Bonnet.
Site archéologique : Doukki Gel