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La commission des naturalisations avait notamment demandé à la candidate si elle faisait ses courses dans les commerces du village ou chez un grand détaillant (photo symbolique).
KEYSTONE/CHRISTIAN BEUTLER(sda-ats)
Une candidate au passeport suisse refusée pour avoir cité le ski plutôt que la lutte à la culotte comme sport typiquement helvétique: la polémique fait rage en Argovie après la décision des autorités de Buchs. Le maire n'exclut pas que des erreurs aient été commises.
Les recommandations de la commission des naturalisations ont toujours été respectées. Il n'y avait pas de raison de les mettre en doute, explique le maire de Buchs Urs Affolter (PLR) dans une interview publiée mercredi dans l'Aargauer Zeitung. "Des erreurs ne peuvent pas être exclues", admet-il toutefois. "C'est fâcheux, étant donné que des personnes en subissent les conséquences."
Il y a un mois, le parlement de la commune a rejeté, par 20 voix contre 12 et 5 abstentions, la demande de naturalisation d'une jeune Turque de 25 ans. Il suivait la recommandation de la commission des naturalisations qui estimait que la dessinatrice en génie civil ne remplissait pas "les conditions d'une intégration réussie".
Sans-faute à l'écrit
En cause: plusieurs questions mesquines sur les 92 posées par la commission lors des deux entretiens menés avec la candidate. La commission demandait notamment si la jeune femme faisait ses courses dans les commerces du village ou chez un grand distributeur.
Elle aurait en outre aussi préféré entendre les réponses "lutte à la culotte" ou "hornuss" lorsqu'elle lui a demandé le nom d'un sport typiquement suisse. La candidate lui a répondu "le ski". Le procès-verbal des entretiens a été publié par le magazine Schweizer Illustrierte. Les recommandations de la commission surprennent d'autant plus que la candidate avait réalisé un sans-faute dans l'épreuve écrite.
Une enfant de Buchs
La jeune femme s'est adressée aux médias alémaniques en avril, après la décision de la commission de recommander le rejet de la candidature.
Dans une lettre envoyée à la commission, elle rappelait qu'elle était née "ici", qu'elle avait grandi à Buchs, qu'elle y a fréquenté l'école et qu'elle a achevé une formation: "je ne connais pas tous les points de collecte des objets recyclables à Buchs, mais je sais quels déchets je dois trier."
La polémique a entraîné un "shitstorm" sous forme de courriels aux contenus haineux adressés à tous les protagonistes de l'affaire, déplore le maire. La candidate n'a pas retiré sa demande de naturalisation. Elle a déposé un recours auprès du gouvernement argovien.
ATS