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En Turquie, depuis la rentrée scolaire de septembre, les étudiants des écoles coraniques ont accès aux universités formant les futurs hauts fonctionnaires. Le président Erdogan lui-même avait étudié en son temps dans une école religieuse et n'avait pas pu accéder à une de ces facultés.
Autre mesure significative, les cours de religion islamique sont obligatoires pour tous les étudiants des écoles publiques turques, alors qu'ils n'étaient auparavent dispensés que dans les écoles religieuses. Les écoles chrétiennes arméniennes et orthodoxes de Turquie, par contre, ne sont pas contraintes à fournir un enseignement religieux islamique.
Parallèlement à une islamisation du pays, le gouvernement turc cherche à accréditer la thèse de sa sensibilité croissante envers les droits des minorités religieuses.
C'est ainsi que le nombre d'écoles chrétiennes financées par l'Etat a augmenté cette année, passant à 55. Parmi elles, 36 appartiennent à la communauté arménienne, 18 à la communauté grecque et une école maternelle à la communauté syro-orthodoxe. Aux écoles liées aux communautés chrétiennes, viennent s'ajouter 5 institutions éducatives appartenant à la communauté juive. Les données en question ont été diffusées par les responsables de la Direction de l'éducation nationale. En septembre 2013, un dossier réalisé par la Fondation sociale et économique de Turquie (Tarih Vakfi) avait dénombré seulement 22 écoles appartenant aux minorités religieuses sur l'ensemble du territoire national.
A titre de comparaison historique, 6437 écoles appartenant aux communautés minoritaires existaient en Turquie en 1894. Leur nombre diminua drastiquement, se réduisant à 138, au cours des premières années de la République turque. La politique nationaliste du Comité Union et Progrès, visant à construire et à imposer le modèle unique du « citoyen turc », inspira à cette époque une politique d'expulsion des groupes minoritaires. (fides/réd.)