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Bien que la société ait commencé ses opérations le 1er décembre 1917, la séance constitutive de la "Fonderie d'Ardon SA" n'eut lieu que le 28 décembre dans les bureaux de l'ancienne société en nom collectif "Fonderie de fer Bruno & Luginbühl".
- Ferdinand Bruno, fils de Jean, originaire d'Ardon et domicilié à Nyon
- Alfred Bruno, frère du précédent
- Noémie Delaloye-Bruno, leur soeur accompagnée de son mari Henri Delaloye, tous trois domiciliés à Ardon
- Ferdinand Tavelli, d'origine italienne et domicilié à Nyon
- Armand Genetti, domicilié à Ardon
- Charles Bérard, domicilié à Grône
participèrent comme fondateurs à la séance constitutive.
Ayant son siège à Ardon, la société avait pour but la continuation de l'exploitation de la "Fonderie de fer Bruno & Luginbühl".
Le capital social s'élevait à l'origine à CHF 500'000.--. Il fut, par la suite, modifié pour être réduit à CHF 250'000.-- le 1er août 1930.
Les débuts de cette nouvelle société furent laborieux. Malgré l'agrandissement de ses usines et le perfectionnement de ses installations, l'entreprise traversa des années difficiles jusqu'en 1926. C'est dans cette même période que fut créé le département mécanique. Après deux années de modeste prospérité, arriva la période de la grande crise mondiale de 1929 à 1935 qu'elle réussit à traverser en maintenant ses ateliers ouverts alors qu'ailleurs on licenciait du personnel, réduisait l'horaire de travail ou cessait toute activité.
Dans le courant des années trente, la troisième génération repris les rênes de la société, à savoir les frères Roger et Alfred Delaloye, respectivement l'Administration et la Production.
C'est la menace d'une nouvelle guerre qui améliora une situation économique jugée grave. De 1936 à 1945, la course aux armements fut caractérisée par une activité intense dans l'industrie métallurgique.
La période d'après-guerre, 1946-1955, fut marquée par une intense activité industrielle qui engendra un agrandissement du département fonderie.
En 1955, on procéda à la construction d'une halle de montage et d'un atelier de serrurerie.
De 1955 à 1960, le département fonderie enregistra un recul assez important de la production. Par contre, la conjoncture fut beaucoup plus favorable au département mécanique qui bénéficia de la marche intéressante des industries valaisannes et des chantiers hydroélectriques.
De 1960 à 1970, la haute conjoncture généralisée et l'afflux des commandes occasionnèrent une tension extraordinaire sur le marché du travail. Cette intense activité entraîna une augmentation de l'effectif qui atteint plus de 130 personnes au milieu des années 60.
En 1967, une rationalisation de la régénération mécanique du sable de fonderie pour les chantiers de moulage machine (sable à vert) et de son transport fut entreprise.
Faisant suite à la période de grande expansion, la fin des années 60 et le début des années 70 furent marquées par un ralentissement général des affaires. Celui-ci s'accentua encore entre 1973 et 1975 lors de la première crise pétrolière pour perdurer jusqu'à la fin de la décennie.
Courant 1977 et suite à une prise de participation majoritaire de la société par Messieurs Jean-Pierre & Jacques-Bernard Delaloye, la direction de l'entreprise a été confiée à une personne extérieure à la famille des actionnaires principaux, à savoir Monsieur Serge Roux qui était une personne issue du secteur de la fonderie. C'est alors et donc après le premier choc pétrolier qu'il fut décidé pour contrecarrer le contexte de plus en plus difficile de l'économie en général et de la métallurgie en particulier d'investir dans des moyens de production plus modernes et plus performants orientés aussi sur la fabrication de produits en fonte à valeur ajoutée plus intéressante.
Cette politique allait dans le seul but de pouvoir subsister à terme sur le marché. En effet, l'infrastructure de production était à l'époque d'une telle vétusté que l'avenir de la société, et de son département fonderie en particulier, ne pouvait être envisagé que sous cet angle.
Il est intéressant de rappeler qu'à la fin des années septante la Fonderie d'Ardon était sensée être la première fonderie de fer de Suisse romande à disparaître. Il se trouve que depuis juillet 2013 elle est la dernière a être toujours en exploitation.