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Voilà un bout de temps que je n'ai plus publié sur ce blog, car j'étais d'abord en examens, puis en voyage (et je vais repartir bientôt), néanmoins j'ai passablement écrit (notamment sur le socialisme, la liberté, le léninisme, le social-libéralisme, et la transformation sociale, ainsi que sur des questions de méthodes, et de militantisme) et je publierai le tout progressivement à mon prochain retour. Pour le moment, et pour rompre mon silence estival, voici quelques considérations sur l'abolition de l'armée.
Jusqu'à peu, j'étais opposé à une abolition complète de l'armée. En effet, il me paraissait nécessaire de garder une armée de petite taille en Suisse, et ce pour deux raisons.
D'une part, pour nous protéger d'éventuelles attaques dans l'hypothèse de l'instauration du socialisme en Suisse. D'autre part, pour préserver notre autonomie et notre souveraineté et ne pas dépendre de l'Union Européenne ou de l'OTAN pour assurer notre défense.
Toutefois, cette réflexion n'était valable que dans le cadre strict du réformisme où le socialisme serait instauré par le haut et où l'armée se plierait aux ordres d'un potentiel gouvernement socialiste.
Ayant abandonné le réformisme (la liberté ne se donne pas, elle se conquiert, j'y reviendrai), il me paraît à présent évident que toute transformation sociale populaire en Suisse serait réprimée par l'armée, comme cela a été le cas en 1918 à Olten, à Genève en 1932, ou en Espagne en 1936.
Il faut donc différencier l'existence de l'armée dans le cadre du capitalisme, de l'existence de l'armée dans le cadre du socialisme.
Dans le cadre du socialisme, il est possible que compte tenu de pressions extérieures (par exemple si la Suisse était le seul pays socialiste en Europe) il soit nécessaire de se doter de forces armées. Par contre, dans le cadre du capitalisme, il faut absolument abolir l'armée, car elle ne représente qu'un facteur régressif péjorant les chances d'une transformation sociale socialiste (on pourrait d'ailleurs parler aussi de l'endoctrinement idéologique et culturelle que fait subir l'armée actuelle aux recrues et autres soldats).
Ajoutons d'ailleurs qu'une armée dans le cadre du socialisme n'aurait justement pas les mêmes caractéristiques que dans le capitalisme, mais ressemblerait probablement plutôt à des brigades populaires autogérées (fondées sur la base du volontariat).
Bien entendu, en cas de transformation sociale socialiste mondiale, plus aucune armée ne serait nécessaire.
Enfin, faut-il soutenir l'abolition du service militaire obligatoire, comme le propose l'initiative du GSSA sur laquelle nous serons appelés à voter en septembre ?
Oui, car il n'est pas acceptable que l’État puisse contraindre des individus à donner de leur temps, qui plus pour une cause comme celle de l'armée.
Non, car cela signifie une armée composée essentiellement des éléments les plus militaristes et les plus belliqueux de la société, avec les implications qui en découlent en terme d'une potentielle autonomisation de ce corps social.