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Scholz "convaincu" que Poutine "ne gagnera pas la guerre"
Le chancelier allemand Olaf Scholz est "convaincu" que le président russe Vladimir Poutine "ne gagnera pas la guerre". Jeudi devant le Forum économique mondial (WEF), il a dénoncé l'"impérialisme" de Moscou.
"Nous ne pouvons pas permettre au président Poutine de gagner la guerre", a affirmé le président du G7 à Davos (GR). "La paix ne sera pas dictée", a-t-il également ajouté, avertissant que "l'Ukraine ne l'acceptera pas et nous non plus".
Selon le chancelier allemand, le président russe acceptera de négocier lorsqu'il "comprendra qu'il ne peut briser les lignes ukrainiennes". Or, il a échoué dans tous ses objectifs militaires et ses troupes n'avancent pas.
Et d'estimer que la sécurité internationale est à un moment important par rapport à la situation de l'après-Seconde Guerre mondiale. La guerre en Ukraine constitue "le plus grand défi pour nous tous" depuis qu'il a démarré comme chef de gouvernement, affirme-t-il, relevant l'inquiétude de nombreux citoyens sur un élargissement du conflit.
Ciblé par certains de ses alliés et par l'Ukraine pour ne pas oeuvrer suffisamment pour aider Kiev, M. Scholz a rappelé que son gouvernement, qui ne veut pas pouvoir être considéré comme une partie au conflit, avait toutefois décidé de livrer des armes lourdes. Il ne s'est toutefois pas exprimé directement sur les demandes ukrainiennes de chars et les réprobations qui les ont accompagnées.
Pékin ciblé sur le Xinjiang
De nombreux acteurs ukrainiens, dont le chef de la diplomatie Dmytro Kuleba, ont affirmé à Davos ne pas comprendre l'attitude allemande. De son côté, l'Allemagne aimerait pouvoir livrer des armes avec des munitions suisses qu'elle avait achetées. Une approche impossible pour le Conseil fédéral conformément à la loi sur les exportations de matériel de guerre.
Face à la dépendance sur le gaz russe, le chancelier allemand a répété que Berlin souhaite pouvoir ne plus devoir recourir à cet approvisionnement d'ici la fin de l'année. L'Allemagne va aussi accélérer son changement vers des énergies renouvelables.
M. Scholz a aussi ajouté qu'il ne croyait pas à une nouvelle Guerre froide entre les Etats-Unis et la Chine en Asie, appelant à ne pas isoler Pékin qui est devenu "un acteur mondial". Pour autant, il faut dénoncer les violations des droits humains perpétrées contre les Ouïghours dans la région du Xinjiang, a-t-il ajouté.
Plus largement, il a encore rejeté l'attitude de ceux qui souhaitent revenir aux "nationalismes". "Pas avec nous", a-t-il asséné, appelant à "davantage de multilatéralisme et de collaboration internationale.
Appel sur la pandémie
Pour autant, il faut prendre en considération les inquiétudes des citoyens. Il a notamment appelé à davantage de solidarité face aux crises alimentaires, des matières premières et de l'inflation. Sur le climat, il a rappelé qu'il avait décidé de faire de sa présidence du G7 "un club du climat", alors que quelques activistes du climat manifestaient à Davos au moment de son discours. Il souhaite davantage d'efforts sur les technologies vertes.
Face aux difficultés d'approvisionnement du blé ukrainien, il a aussi à nouveau parlé de l'Alliance pour la sécurité alimentaire "qui est ouverte à tous". Le G7 est favorable à une ouverture des marchés agricoles. "Les restrictions aux exportations ne sont pas une solution", a-t-il insisté.
Il appelle les entreprises à s'engager pour garantir un accès plus équitable aux technologies contre le coronavirus. Pour anticiper les prochaines urgences sanitaires internationales, le G7 a lui récemment approuvé un Pacte de préparation aux pandémies.
ats