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L'américain Chevron a été désigné vendredi à Davos comme la pire entreprise en matière de droits humains et protection de la planète. Parmi tous les anciens prix de la honte qui ont été décernés ces dix dernières années, les internautes ont choisi la compagnie pétrolière texane, qui a symboliquement reçu le "Public Eye Lifetime Award".
Chevron est dénoncé "pour le désastre écologique engendré par l’exploitation pétrolière dans la forêt vierge du nord de l’Equateur", ont indiqué la Déclaration de Berne et Greenpeace, les organisations non gouvernementales (ONG) coorganisatrices de l'événement. Il s'agit de la dernière édition du Public Eye organisée en marge du Forum économique mondial (WEF).
Au total, "Chevron refuse toujours de s’acquitter des 9,5 milliards de dollars (8,3 milliards de francs au cours actuel) qu’elle a été condamnée à verser au titre de dommages et pour l’assainissement des zones dévastées par l’exploitation pétrolière", a déploré Paul Paz, représentant d’Amazon Watch, l'ONG californienne qui avait nominé Chevron en 2006.
Les plus de 30'000 victimes de l'une des "pires catastrophes environnementales jamais survenues" réclament justice depuis 20 ans. Amazon Watch se chargera de remettre le prix au siège principal de Chevron, en Californie, a promis son représentant.
Le Public Eye agit depuis quinze ans comme un contrepoids critique au WEF. "Simple" plate-forme de discussions et de débats durant les cinq premières années, la manifestation décerne depuis 2005 des prix de la honte pour "mettre en lumière les pires violations des droits humains et les atteintes les plus graves à l’environnement commises par des multinationales".
La Déclaration de Berne et Greenpeace ont lancé avec d'autres ONG une initiative populaire "Pour des multinationales responsables – protégeons les droits humains et l'environnement".
Ce texte vise à introduire un devoir de diligence et d’obliger les sociétés helvétiques à respecter les droits humains et l’environnement partout dans le monde. "La principale revendication du Public Eye est désormais au cœur des débats politiques", concluent les deux ONG.
ATS