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Critique
"Voici un film qui met en scène une idée intéressante; il vaut le détour.
HORS JEU est le troisième long métrage, après PIGALLE et BYE BYE, du réalisateur tunisien. Karim Dridi est un autodidacte. Il a réalisé son premier film super 8 à l'âge de douze ans.
""Dérapage"" est le mot qui convient le mieux pour résumer cette histoire d'acteur, prénommé Ange (rôle tenu assez bien par Philippe Ambrosini), qui n'arrive pas à décrocher l'engagement qu'il espère. Déçu, mais ne parvenant pas à accepter son échec, la frontière entre le théâtre et le réel s'estompe dans son esprit et finit par s'évaporer totalement. Complètement possédé par le rôle qu'il a répété pour l'audition, - un truand réglant ses comptes -, il ""dérape"" et devient, presque sans s'en apercevoir, preneur d'otage. De ce rôle de théâtre qu'il rumine sans cesse, on ne saura rien de plus. Il donne pourtant naissance à toute une tragédie.
Pour l'accompagner dans cette folie, il y a Concepcion, rencontrée dans un studio (Rossy de Palma) et dont il tombe amoureux. La découverte de la véritable place qu'occupe Concepcion dans cet immeuble cossu des beaux quartiers précipite le drame. Tous les deux ont finalement des comptes à régler, ce qui renforce le lien qui les unit désormais à la vie et à la mort.
Entrent alors en scène un paquet de noms rangés sur l'affiche par ordre simplement alphabétique, comme si les règles de préséance dans l'ordre d'apparition des noms au générique ne s'appliquaient plus: Bruel, Courau, Dombasle, Galabru, Miou-Miou. On les avait presque oubliés; ils vont se rattraper. Leur rôle est simple: être Bruau, Courau, Dombasle, Galabru, Miou-Miou. Plus exactement être ce qu'ils sont en général au cinéma. Cela donne un effet assez comique et une sorte de surenchère dans l'idée de base du film qu'est cet effacement de la frontière entre fiction et réalité. Ils sont ""hors jeu"" précisément.
Rossy de Palma possède une présence à l'écran assez complexe, fondée sur un physique sinon beau, du moins assez fascinant. La première scène du film, où elle est Cléopâtre, est irrésistible. Le film lui doit beaucoup.
Saluons les Bruel et consorts, acceptant de jouer un rôle qui les place en situation d'autodérision. Mais leur mérite s'arrête là.
Dommage que la scène de la prise d'otage dans laquelle Ange et Concepcion y jouent interminablement du révolver soit passablement répétitive. Dix minutes de ce jeu-là suffisaient pour nous faire comprendre que, dans ce genre de situation, tout dépend non pas du révolver mais de ce que l'on a réellement l'intention d'en faire.
HORS JEU met en scène une idée plutôt intéressante et vaut le détour."
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