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Je ne sais pas si vous connaissez la Suisse, mais moi, à votre place je réfléchirais à deux fois avant de venir travailler chez nous. Pourtant nous avons besoin de gens compétents dans tous les domaines, même les plus humbles, surtout les plus humbles ai-je même envie d'ajouter. Vous croyiez - certainement de bonne foi (je l'espère !) - que la Suisse était un pays de cocagne. L'air y était sain et le travail reconnu à sa juste valeur. Vous avez probablement ouvert une fois ou l'autre un atlas et constaté que l'Helvétie a une position centrale en Europe mais qu'elle fait tout pour laisser croire qu'elle n'y est pas. Je sais c'est un peu compliqué à comprendre. J'y perds moi-même mon latin. Vous n'ignorez pas non plus que nous allons voter pour savoir si nous vous acceptons au même titre que vos amis polonais, hongrois et autres tchèques.
Vous les Bulgares, les Suisses se demandent qui vous êtes. Vous parlez une langue bizarre et votre alphabet ne ressemble pas au nôtre. On ne comprend rien. En fin de compte vous êtes suspects. Et puis, vous n'êtes pas très riches ; et alors ça, c'est un défaut. Un vilain défaut. Vous allez venir chez nous juste pour l'argent que certains disent (Ils disent comme ça que vous prenez le travail des Suisses et que c'est à cause de vous qu'il y a trop de chômeurs, suisses bien sûr). Chez vous c'est normal d'être chômeur puisque votre pays est rempli d'incompétents. Je vous épargne toutes les vilainies que j'ai entendues sur votre compte.
Vos voisins roumains (je ne suis pas sûr que tous vos ennemis suisses le sachent, vous êtes voisins). parlent une langue latine, ouf. Et puis ils ont le delta du Danube, une merveille paraît-il. Mais ils ont aussi de moins belles "choses": des minorités. L'une d'entre elles, les Roms, sont les parias chez nous : ils mendient. vous vous rendez compte, ils mendient, en Suisse, quand ils ne volent pas...
Ah, chers amis bulgares et roumains, j'espère que le peuple suisse aura la dignité nécessaire - dimanche - pour ne pas vous fermer la porte. J'espère aussi qu'on saura vous accueillir comme vous le méritez, qu'on vous paiera comme vous le méritez et que vous participerez à l'édification du bien-être commun, le nôtre et le vôtre.
A bientôt donc.