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Pas de lien supposé entre dépression et jeux vidéo
Le principal point fort de l'étude, selon les auteurs, est l'évaluation de l'association entre les différents types d'écrans par un large échantillon prospectif d'adolescents. Le comportement de 3'800 jeunes de 2012 à 2018, soit quatre ans réellement, provenant de 31 écoles montréalaisesa été analysée. Les adolescents ont eux-mêmes déclaré le nombre d'heures par semaine consacrées aux médias sociaux (tels que Facebook et Instagram), aux jeux vidéo et à la télévision. Ils ont également rempli des questionnaires concernant divers symptômes dépressifs. Menée par l'équipe de Patricia Conrod à l’Université de Montréal et du CHU Sainte-Justine, la question posée était : y a-t-il une association entre lerus consommations d'écrans et la dépression ? Elle a été publiée le 15 juillet dans JAMA Pedatrics, une revue de l'American Medical Association.
Découvertes
En substance, les résultats démontrent qu'il n'y a pas de lien entre dépression et jeux vidéos, tandis qu'il y en aurait un lors de consommation de réseaux sociaux et TV. La première association peut s'expliquer par une étude (Slater, 2007), selon laquelle le jeu vidéo n'est pas préjudiciable au bien-être mental des adolescents parce qu'il a des avantages sociaux et émotionnels. Comparé à ses prédécesseurs il y a 15 à 20 ans, le joueur vidéo moyen n'est pas socialement isolé. Il a été démontré que plus de 70 % des joueurs jouent à leurs jeux avec un ami, que ce soit physiquement ensemble ou en ligne. De plus, on soutient que le jeu vidéo est l'un des moyens les plus efficaces par lequel les adolescents génèrent des sentiments positifs.
Le lien trouvé entre les médias sociaux et la dépression à l'adolescence peut s'expliquer par le fait que l'exposition répétée à des images idéalisées diminue l'estime de soi des adolescents, déclenche la dépression et augmente la dépression avec le temps. De plus, les plus grands utilisateurs de médias sociaux souffrant de dépression semblent être plus négativement affectés par le temps qu'ils passent sur les médias sociaux, potentiellement par la nature de l'information qu'ils choisissent (p. ex. des articles de blog sur des questions d'estime de soi), ce qui pourrait maintenir et renforcer la dépression avec le temps. Cependant, on ne sait pas encore si la fonction algorithmique des médias sociaux renforce ce processus et devrait donc être testée.
Besoin de nouvelles recherches
Les auteurs expliquent bien que l'étude comporte des limites. Concernant les réseaux sociaux et la TV, on ne sait pas quels types de contenus seraient associés à la dépression. De nouvelles études doivent être réalisées. Bien que les symptômes de dépression et la durée du dépistage aient été évalués de façon fiable, les résultats peuvent ne pas correspondre à ceux de la recherche dans un contexte clinique. Ils suggèrent tout de même que l'utilisation des médias sociaux et de la TV par les ados soit réglementée afin de prévenir le développement de la dépression et de réduire l'exacerbation des symptômes dans le temps.