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FR – Tu préfères de l’eau ou du lait ? Le monde, en bleu ou en rose ? Continuer le film ou le finir ? Des individus acceptent le jeu proposé par la réalisatrice et font leurs choix face à la caméra. Avec ce film, Laura Marques s’interroge sur son rôle de cinéaste. Le cinéma, ne serait peut-être qu’un jeu d’enfants ?
Would You Rather doit son titre au célèbre jeu qui consiste à mettre quelqu’un face à un choix apparemment absurde. « Tu préfères de l’eau ou du lait ? Le monde, en bleu ou en rose ? Continuer le film ou le finir ? » Voici quelques choix auxquels se confrontent la galerie de personnages hétéroclites qui circulent devant la caméra de Laura Marques : des enfants qui réfléchissent très sérieusement au sujet des glaces ou de la couleur de la mer, des êtres déguisés en personnages mythologiques qui inventent un langage de signes pour s’exprimer, la réalisatrice elle-même… À l’inverse du leitmotiv du personnage de Bartleby de Herman Melville, le film accepte la frontalité, les règles auto-imposées, l’idée que l’on doit toujours avoir une préférence pour quelque chose. Avec ce geste, qu’on pourrait situer entre performance et film burlesque, c’est la construction du récit cinématographique qui est remise en question. Marques interroge la dimension aléatoire inhérente à la création artistique, ainsi que son propre rôle de cinéaste. Le cinéma, ne serait peut-être rien d’autre qu’un jeu d’enfants.
– Elena López Riera
EN – Would you rather have water or milk? See the world in blue or pink? Keep the film going or finish it? Individuals accept the game proposed by the director and make their choices in front of the camera. With this film, Laura Marques questions her role as filmmaker. Perhaps cinema is just a children’s game?
Would You Rather owes its title to the famous game in which someone is given an apparently absurd choice. “Would you rather have water or milk? See the world in blue or pink? Keep the film going or finish it?” Here are a few choices given to the collection of heterogeneous characters who pass in front of Laura Marques’ camera: children who very seriously consider the subject of ice cream or the colour of the sea, people disguised as mythological characters who invent a sign language to express themselves, the director herself… Unlike the leitmotif of Herman Melville’s character Bartleby, the film accepts frontality, self-imposed rules, and the idea that we must always have a preference for something. With this gesture, which we could situate between performance and burlesque film, the construction of the cinematic account is challenged. Marques questions the random aspect that is inherent to artistic creation, as well as her own role as a filmmaker. Perhaps filmmaking is nothing more than a children’s game.