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Critique
"Il arrive que Woody Allen déçoive. Son dernier film ne sera pas le meilleur. A une table de bistrot, des amis se demandent si la vie est une comédie ou une tragédie. L'un d'eux donne un exemple, il s'agit d'y cerner ce qu'il a de tragique, ou de comique. A partir de là, le ""plus européen des réalisateurs étasuniens"" pose sa caméra dans un appartement, à l'heure du dîner. On sonne à la porte. Melinda (Radha Mitchell) entre, dans un état de désarroi avancé. Elle s'incruste chez ses hôtes et va peu à peu révéler les fêlures du couple, à travers un chassé-croisé de sentiments confus. Comédie? Tragédie? Le film ne donne pas de réponse, mais montre assez bien qu'entre les deux, la frontière est fragile.
Woody Allen a toujours travaillé soit sur des comédies, soit sur des tragédies, bien que les deux genres se mêlent souvent. Ici, la mixité est complète, traduite par la complexité des sentiments, la confusion des désirs, l'incapacité de prendre un risque. Le personnage principal est une femme. ""J'ai fait des progrès dans l'écriture des personnages féminins, note Woody Allen. Quand j'écris un personnage masculin, j'écris d'habitude pour moi ou pour une autre version de moi-même."" Quoi qu'il dise, le personnage de Melinda, agitée permanente, ressemble fort à ces hommes névrosés qu'il se plaît à incarner. Le film qui la dévoile coule à la perfection, le savoir-faire est, comme toujours, évident. Mais la coquille est vide. MELINDA ET MELINDA est un charmant verbiage, piqué de jazz et de références culturelles européennes."
Geneviève Praplan