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Il est bien établi qu’un tiers des patients hospitalisés suite au Covid-19 développe des lésions pulmonaires importantes. Les formes les plus sévères entraînent, après 4 mois, des réductions marquées de la DLCO, de la distance de marche de 6 minutes et une désaturation en oxygène pendant les exercices.1 Parmi les anomalies retrouvées par ces auteurs, au niveau des CT-scan thoraciques, il y a des images d’atténuation en mosaïque évoquant une atteinte non seulement de l’interstice mais aussi des bronches et surtout des bronchioles. Ces lésions sont aussi décrites par d’autres groupes.2 La toux est une manifestation fréquente. Elle peut être qualifiée de chronique après 8 semaines. Elle devrait probablement être traitée comme les toux post infectieuses par des thérapies inhalées.
Les atteintes interstitielles sont en majorité des lésions de pneumopathies chroniques en voie d’organisation3 qui, par leur nature, devraient bien répondre aux corticoïdes. La présente étude consistait à traiter tôt ces atteintes, soit dans les 4-6 premières semaines, avec des doses modérées de corticoïdes, afin de corriger rapidement les altérations fonctionnelles pulmonaires, de même que les symptômes ressentis par les patients sous forme de dyspnée et même de douleurs thoraciques.
Un protocole structuré de suivi des séquelles de pneumopathies du Covid-19 a été conduit chez 837 patients, par téléphone, 4 semaines après leur retour à la maison. Ceux qui avaient des symptômes respiratoires étaient vus dans les 6 semaines. Trente patients avec des lésions compatibles avec une pneumopathie interstitielle représentant plus de 15 % du parenchyme pulmonaire (après exclusion des diagnostics différentiels par une équipe multidisciplinaire) ont eu la proposition d’un traitement avec des corticoïdes. La prednisone a été donnée en doses modérées avec une moyenne de 26 mg/j la première semaine et un sevrage sur 6 semaines.
Ce traitement a entraîné une amélioration du transfert de CO de 31,6 % (SD: 27,6, p < 0,001) et une amélioration des FVC de 9,6 % (SD: 13, p = o,o14) correspondant à une amélioration des symptômes et de la radiographie.
Commentaire: Le Covid occasionne des troubles respiratoires chez environ un tiers des patients au décours de leur hospitalisation. Ils sont souvent encore présents après 4 mois d’observation, avec des troubles fonctionnels qui entravent la qualité de vie.1
Si la dexméthasone a changé le pronostic des patients en période aigue hospitalière,4 les patients retournent trop souvent à domicile avec un seul suivi observationnel.
La présente étude montre que la majorité des pneumopathies interstitielles après 4 semaines, une fois les complications cardiaques ou infectieuses écartées, répondent très bien à des doses modestes de prednisone. Les lésions bronchiques doivent probablement être traitées aussi comme chez les asthmatiques ou les BPCO ayant eu une exacerbation d’origine virale. La littérature ne s’est cependant pas penchée sur ces situations banales, mais vécues avec passablement d’angoisse par les patients.