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Initialement, le désherbage s'effectuait à la main. Puis, il s’est fait de manière mécanique. A partir des années 1960, le désherbage chimique a fait son apparition et s’est vite imposé avec le développement de l’agriculture moderne.
Comment s’est développé le désherbage chimique?
L’usage des herbicides à des fins militaires a contribué à l’accélération de la recherche dans ce domaine. De tout temps, la destruction des récoltes et des réserves alimentaires a permis d’attaquer la résistance de l'adversaire. Dès 1943-44, jusqu'à 12’000 défoliants ont été testés aux USA et plus de 7’000 produits ont été découverts. La recherche a continué et en 1950, l'armée britannique a été la première à utiliser les herbicides lors de la guérilla en Malaisie. Durant la seconde guerre d'Indochine, les forces militaires américaines ont aussi utilisé des produits chimiques toxiques sur la moitié sud du Vietnam, mais aussi sur le Cambodge et le Laos, en particulier des herbicides et des défoliants, dont l'Agent Orange et sa composante, la dioxine, et cela pendant près de 10 ans, de 1961 à 1971.
Quand est apparu le Roundup®?
C’est en 1975 que le Roundup® arrive sur le marché des herbicides, déjà très étoffé. Ses avantages en font rapidement un best-seller, puisque sa substance active, le glyphosate, permet une destruction efficace des adventices ou des repousses. Et cela sans effet sur la culture suivante. Il s’accompagne d’un coût très réduit. Aujourd’hui, le Roundup® est l’herbicide le plus vendu au monde.
Comment est-il utilisé actuellement?
C’est en 1988 que Monsanto crée sa division «jardin» pour élargir l’accès du Roundup® notamment. Depuis cette date, le produit s’est donc naturellement imposé chez de nombreux jardiniers du dimanche. On mesure encore mal les effets de l’utilisation de cet herbicide chez ces utilisateurs amateurs mais une chose est sûre, on note une banalisation de son usage chez les amateurs: 41% des jardiniers amateurs utilisent des produits contre les ravageurs et 29% utilisent des désherbants. Par ailleurs, 50% de ces jardiniers jugent ces produits indispensables (Source: UPJ, organisation professionnelle incontournable de l'univers du Jardin et des Espaces Publics.).
Quid des impacts environnementaux et risques sanitaires?
De plus en plus d'études montrent que cet herbicide aurait un effet mutagène voire de perturbateur endocrinien. Sans compter que 55% des eaux analysées contiennent son métabolite (Un métabolite est un composé organique intermédiaire ou issu du métabolisme. On réserve ce terme en général aux petites molécules et aux monomères, par opposition aux macromolécules. Ainsi, le glucose est un métabolite, contrairement au glycogène, qui est un polysaccharide de poids moléculaire très élevé).
OGM et Roundup®: un mariage naturel?
71 % des OGM cultivés sont conçus pour supporter un traitement à un produit herbicide. Ce n’est donc pas un hasard si les ventes du Roundup® aux Etats-Unis depuis l'introduction du soja transgénique résistant à cet herbicide ont augmenté de 72%.
Finalement, les mauvaises herbes sont-elles vraiment mauvaises?
D’un point de vue «bio», celles qu’on nomme les «mauvaises» herbes participent aussi à la bonne santé de votre jardin! Il est d’ailleurs conseillé de laisser un bout de jardin en friche, pour qu’elles puissent se développer. Adaptées à votre région, elles formeront un coin de «jungle» locale dans votre jardin. Le développement de cette flore inattendue attirera de nombreux insectes et oiseaux…
Un jardin doit avant tout être vivant!
Source: Extrait d’un article d’Yves Merz, Tribune de Genève, 27 mars 2012.

Saviez-vous que...
Source: www.cocci-logique.ch