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Raphaël Lonné réalise ses premiers dessins lors d’une expérience spirite à laquelle il participe vers 1950, après avoir fait la connaissance d’un couple qui l’initie à cette pratique. Il a alors 40 ans.
Cette séance de spiritisme à laquelle Raphaël Lonné participe – qui ne sera jamais renouvelée – lui donne la conviction qu’il est doté de facultés surnaturelles de « médium-dessinateur » ; il a le sentiment qu’il n’est pas véritablement l’auteur de ses dessins et que sa main est dirigée par des esprits. Dès lors, il s’adonne à cette activité graphique chaque soir jusqu’à une heure tardive de la nuit, réalisant plusieurs centaines de compositions graphiques jusqu’à sa mort.
Ses dessins et ses peintures présentent des silhouettes ou des visages humains, des animaux fantastiques, des paysages ainsi que des architectures imaginaires, créées dans une facture très fine, voire microscopique. Raphaël Lonné travaille à la mine de plomb, qu’il estompe parfois avec ses doigts, puis au stylo à bille, à l’encre de Chine ou au feutre noir. Dans ses productions plus tardives, il intervient avec de la couleur, en utilisant de la peinture à l’huile ou de la gouache. Chaque pièce, précisément datée, est produite dans la hâte, en quelques heures, parfois en quelques jours, dans un état de transe.
Raphaël Lonné (1910-1989) est né dans la région des Landes, en France. Il quitte l’école à l’âge de douze ans, travaillant comme ouvrier, puis devient facteur dans son village, à Montfort-en-Chalosse, avant de se faire engager comme caissier dans les tramways. Il exerce ensuite diverses activités, comme concierge, chauffeur et homme de peine dans un hôpital, à Bordeaux. Puis il se marie et devient père d’une fille. Pendant la Seconde Guerre mondiale, menacé de déportation en Allemagne, le jeune homme vit dans la clandestinité jusqu’à la Libération. Plus tard, il retrouve un emploi de postier, à Dax, qu’il occupe jusqu’à sa retraite. En parallèle, il rédige des poèmes, pratique le théâtre en amateur et joue dans des fanfares municipales.
Extrait du texte de Lucienne Peiry dans le catalogue de l’exposition « Les Cahiers dessinés » présentée à la Halle St-Pierre, à Paris.