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A propos de Andréa de Nerciat
Bacchanales
Par Didier Sénécal (Lire), publié le 01/11/1997 dans l’Express
Une petite descente dans l'enfer des bibliothèques n'a jamais fait de mal à personne - à condition de se limiter aux démons qui conjuguent extrême lubricité et grand talent de plume. Andréa de Nerciat (1739-1800) est de ceux-là. Si l'on se fie à l'Histoire de la littérature érotique d'Alexandrian, ce chevalier dijonnais est «le plus grand romancier érotique de toute l'Europe, sachant exprimer le pire libertinage sans être vulgaire, n'avilissant jamais l'esprit en excitant les sens». Programme alléchant, que chacun peut désormais s'offrir puisque deux de ses œuvres viennent d'être rééditées en poche.
Les fantasmes de Nerciat se situent aux antipodes de ceux du marquis de Sade. Pas de fouets, pas de viols, pas de sang. Non seulement les acteurs sont consentants, mais ils ne céderaient pas leur place pour un empire.
Soubrettes déchaînées
Dans Le diable au corps, une comtesse blonde et une marquise brune consomment à la pièce ou en vrac divers étalons, un prélat allemand fort imaginatif, des soubrettes déchaînées, ainsi que la Noire Zinga et le Noir Zamor. Avec Les Aphrodites, la bacchanale devient à la fois historique et algébrique. Tandis que la Révolution fait rage, les membres d'une société secrète se vouent entièrement aux joies de l' «accolade». Le morceau de bravoure est un concours à l'issue duquel la multiplication de sept «Vénus» par sept «Mars» donnera curieusement beaucoup plus de quarante-neuf combinaisons...
Tout en décrivant par le menu ces jeux Olympiques du déduit, Andréa de Nerciat manie le calembour, invente des mots, rit lui-même de ses folies. Et, entre deux «joutes», Célestine, Fringante et autres athlètes du boudoir badinent comme dans une pièce de Marivaux.
Voici le livre :