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A travers une étude menée avec d'autres chercheurs d'Australie, d'Angleterre, de Tanzanie, d'Ouganda et des USA et basée sur l'analyse du génome de 100 espèces de Cichlidés africains, une équipe de l'institut de recherche sur l'eau (Eawag) et de l'université de Berne fait état de fortes différences de vitesse et de fréquence de spéciation au sein de cette famille de poissons. Les biologistes montrent comment les échanges de variantes de matériel génétique entre espèces existantes accélèrent la formation de nouvelles espèces lorsque les conditions écologiques sont favorables.
L'évolution est le résultat de mutations au sein du génome. Lorsque ces modifications aléatoires se sont suffisamment accumulées dans une population, une nouvelle espèce peut apparaître. Le phénomène de spéciation prend alors des millions d'années s'il se déroule selon ce seul mécanisme mais il peut être plus rapide sous l'effet d'une forte pression de sélection. Dans ce dernier cas, toutefois, il ne donne en général naissance qu'à une seule espèce car les autres variantes sont éliminées, ce qui anéantit tout autre potentiel évolutif. Or dans le lac Victoria, récent à l'échelle géologique, de nouvelles espèces de Cichlidés sont apparues au cours des 15 000 dernières années, et cela plus de 500 fois ! Le biologiste Ole Seehausen, spécialiste de l'évolution des poissons, et son équipe de l'Eawag et de l'université de Berne ont cherché à comprendre ce phénomène dans une étude qui vient d'être publiée dans la revue «Nature». Un résumé intéressant vous trouverez dans les News de l'Eawag.