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Info
Cahier de l'Art Brut, fasc 9, texte de Roger Cardinal
https://fr.wikipedia.org/wiki/Madge_Gill
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Bio
1882, Londres (Grande Bretagne) - 1961, Londres (Grande Bretagne)
Enfant illégitime, Madge Gill est d’abord cachée par sa mère et sa tante, puis placée dans un orphelinat à l’âge de neuf ans. En 1903, elle est infirmière et vit chez sa tante, qui l’initie au spiritisme et à l’astrologie. A vingt-cinq ans, elle épouse son cousin, Thomas Edwin Gill, dont elle a trois fils. Elle perd le deuxième, Reginald, victime de la grippe espagnole. L’année suivante, elle met au monde une petite fille mort-née. Malade, elle reste alitée pendant des mois, puis perd l’usage de son œil gauche. Le dessin et le contact avec Myrninerest - l’esprit qui la guide, lui inspire écrits, discours, broderies et improvisations pianistiques, occupent dès lors toute sa vie. Travaillant la nuit, à la bougie, elle réalise des milliers de dessins, de la carte postale à de grands draps dont certains dépassent onze mètres. Elle est l’unique sujet de ses représentations. Obsédée par sa propre image ou celle de sa fille perdue, elle ne montre de son corps que des visages éternellement répétés. Prises dans un vertige ornemental, tout en paraphes déliés et échiquiers obsessionnels, ces figures blanches sont la ponctuation ahurie d’une flamboyante calligraphie, un message sans fin. Les escaliers, damiers, couloirs sont un système sécuritaire qui à la fois nous empêche de nous en approcher et en même temps nous attire tel un piège. Comme si les beaux visages de Madge Gill étaient là pour nous séduire, nous attirer, pour mieux nous capturer dans les mailles de ses filets. Après le décès de son fils Bob, en 1958, Madge Gill se met à boire, cesse totalement dessiner et se laisse glisser vers la fin. Ayant toujours refusé de vendre ses œuvres, ce n’est qu’après sa mort, en 1961, qu‘on trouve chez elle des centaines de dessins empilés dans des placards ou sous les lits.
VOIR AUSSI : Publications de la Compagnie de l’Art Brut, fascicule 9, texte de Roger Cardinal, Paris, 1973.
Born an illegitimate child, Madge Gill was first hidden by her mother and her aunt. At the age of nine, she was sent to an orphanage. In 1903, she became a nurse and lived with her aunt, who initiated her to spiritualism and astrology. At the age of twenty-five, she married her cousin, Thomas Edwin Gill. Together they had three sons but their second one, Reginald, died of the Spanish flu. The following year, Madge gave birth to a stillborn baby girl. She was taken ill, spent several months in bed and lost the sight of her left eye. From then on, her drawings and her connection with Myrninerest (the guiding spirit who inspired her writings, her embroideries and her piano improvisations) kept her alive. She worked by candlelight, creating ink drawings in all sizes, from postcards to large sheets of fabric, some of them over eleven metres. Madge Gill is the only subject of her representations. Everything is centered around her, her own image or the one of her lost daughter. She never shows her entire body, only her face, forever repeated. Her white figures are like punctuation to flamboyant calligraphy, to unending messages. The stairs, checkerboards and corridors become a security system preventing us from getting too close, while at the same time luring us into the trap. After the death of her son Bob in 1958, she started drinking, stopped drawing, letting go of her life. As she never wanted to sell her drawings, it was only after her death in 1961 that hundreds of drawings were discovered in her home, piled up in cupboards and under her bed.
SEE ALSO : Publications de la Compagnie de l’Art Brut, fascicule 9, text of Roger Cardinal, Paris, 1973.
Remerciements à ABCD pour la bio.