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Le président de la commission gouvernementale de la Chambre des représentants qualifie de «très troublantes» les informations, émanant de la Banque mondiale, selon lesquelles Marc Rich aurait des liens avec la mafia russe. Mais ces soupçons ne datent pas d'hier.Ce contenu a été publié le 07 mars 2001 - 20:27
Dan Burton s'est récemment déclaré «très troublé» par les informations qu'il a reçues du FBI et de la CIA sur les rapports entretenus par Marc Rich avec des personnages-clés du crime organisé en Russie.
Le président de la commission gouvernementale de la Chambre des représentants s'étonne, au passage, que l'ancien président Bill Clinton n'ait pas fait la démarche de demander à ses services des renseignements sur Marc Rich.
Par ailleurs, le quotidien américain Newsday livre des extraits d'un rapport, commandé il y a trois ans par la Société Financière Internationale - le département de la Banque Mondiale chargé des prêts au secteur privé dans les pays en développement. Ce document fait état des relations entre Marc Rich et les frères Tchernoi, deux magnats de l'aluminium en Russie.
La société des frères Tchernoi - Trans-World Metal - fait l'objet d'enquêtes judiciaires en Allemagne et en Suisse, ainsi que d'un procès au civil aux Etats-Unis, dans des affaires de blanchiment d'argent sale, de corruption et d'extorsion de fonds.
Mais les soupçons qui pèsent sur les méthodes utilisées par l'homme d'affaires amnistié par Bill Clinton et par ses partenaires financiers remontent au moins à la fin des années 80.
Plusieurs livres sortis aux Etats-Unis et consacrés à l'évolution économique de l'ancienne Union Soviétique mentionnent le nom de Marc Rich pour illustrer les liens qui peuvent exister entre les milieux d'affaires internationaux et la mafia.
Dès 1986, un ouvrage comme «Metal Men» - rédigé par Craig Copetas et publié par Harper&Row à New York - décrit en effet Marc Rich comme l'archétype de ces «hommes de métal» qui emploient des méthodes douteuses pour faire d'énormes profits.
«Les investisseurs innocents spéculent sur les fluctuations des cours tandis que les hommes de métal, réputés pour leurs magouilles, peuvent corrompre des responsables politiques, lancer des rumeurs ou jouer des tours à d'autres négociants», écrit ainsi Craig Copetas avant d'ajouter: «Marc Rich a fait tout ça, et plus encore, ce qui lui a permis de ramasser 10 milliards de dollars».
Dans un livre publié en 1992, Paul Klebnikov, qui collabore aussi au magazine Forbes, estime que Marc Rich a probablement versé des pots-de-vin à des amis influents et des bureaucrates en Russie pour effectuer des transactions juteuses non seulement sur l'aluminium, mais aussi sur les céréales, le sucre et l'équipement industriel.
Le point de vue de Craig Copetas et Klebnikov est partagé par les auteurs de «La Mafia Rouge», une collection d'essais universitaires publiée en 1995 par l'Institut Hoover en Californie.
Marie-Christine Bonzom, Washington
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