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Comme d'habitude, lorsqu'il est question de réduire la fiscalité genevoise, la gauche s'enflamme. Avant même de connaître le détail des modifications proposées elle explique qu'elle s'y opposera et "mettra tout en oeuvre pour combattre le démantèlement des prestations de l'Etat". Cette réaction s'explique : le PS et les Verts genevois, depuis un demi-siècle, ont fondé tous leurs succès électoraux sur le discours populiste du "plus d'Etat" et du "plus de prestations publiques". Le constat que le monde a changé, que cette politique a échoué et que l'Etat providence est en faillite ne suffit pas à les convaincre de renouveler leurs slogans car ils demeurent semble-t-il incapables d'imaginer de nouvelles réponses aux problèmes économiques et sociaux de la population.
La baisse de la charge fiscale réclamée par la droite ne vise bien évidemment pas à priver les Genevois des prestations publiques dont ils ont besoin, particulièrement les moins favorisés d'entre eux. La réforme vise à réduire le poids de l'impôt sur les classes moyennes. Pourquoi est-elle devenue indispensable ?
Il convient de reconnaître que la situation des classes moyennes n'a cessé de se péjorer depuis deux décennies. D'abord parce qu'avec le développement du travail féminin les couples se trouvent toujours plus discriminés par rapport aux célibataires à cause d'un mode de taxation qui n'a pas été révisé. Ensuite parce que depuis un demi siècle les prestations sociales offertes par l'Etat ont crû de manière considérable, principalement grâce aux contributions fiscales prélevées sur les classes moyennes mais ... sans que celles-ci profitent de ces prestations. Il s'agit donc de corriger une injustice criarde.
Les opposants à la révision fiscale proposée ne manqueront pas de prétendre que ses promoteurs "oublient" un peu vite l'exigence que ces derniers affichaient hier encore de voir réduite la dette publique. En réponse à cet argument il faut souligner que la droite genevoise a de quoi être déçue par un gouvernement qui avait fait de l'assainissement de son administration publique l'objectif principal de sa législature. Certes, M. Hiler et ses collègues ont été miraculeusement aidés par les entreprises et les citoyens du canton qui leur ont apporté des recettes fiscales exceptionnellement élevées et grâce auxquelles ils se trouvent en mesure de présenter des comptes et des budget positifs. Mais s'agissant du redressement structurel et durable du fonctionnement de l'Etat, celui qui permettra à Genève d'affronter les prochains nuages conjoncturels, on reste fort loin des promesses faites.
Manifestement le gouvernement a cédé à la facilité. Alors qu'il avait promis que le nombre des postes de l'administration publique se trouverait en 2008 réduit de 500 unités par rapport à 2005, on constate dans les chiffres qu'il a publié pour cette année que la baisse ne sera que de 50 postes environ. Quant à la masse de plus de 3 milliards de francs des subventions destinées à la myriade croissante des associations, fondations et institutions de tous genres qui gravitent autour de l'Etat, elles auront grossi durant ce laps de temps de 6 % à alors qu'elles étaient censées diminuer de 3,75 %.
Le remboursement régulier de la dette publique, qui doit succéder à la remise en ordre du ménage cantonal, reste pour la droite genevoise un objectif prioritaire. Il s'inscrit dans le conviction que notre génération ne saurait continuer à faire payer les largesses qu'elle s'octroie sans compter par ses enfants. Mais ce remboursement doit intervenir moyennant une amélioration de l'efficacité du fonctionnement de l'administration publique et non en perpétuant l'injustice qui est faite aux classes moyennes.