Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07208.jsonl.gz/474

Totalitarisme et vérité
En 2000, une controverse opposa deux philosophes américains, James Conant, né en 1958, et Richard Rorty (1931-2007). Le premier, attaché au sens commun, pense que la vérité est une relation qui lie nos phrases aux faits. Est dans le vrai celui qui dit que ce qui est, est. Le second, représentant du postmodernisme et du pragmatisme, croit que le vrai naît du consensus des membres d'une communauté, qu'il est un compliment que nous adressons à nos «descriptions» de la réalité quand elles sont utiles à la satisfaction des besoins et désirs de notre communauté.
Les deux professeurs se sont opposés sur l'interprétation du livre de George Orwell, 1984. Selon Conant, Orwell a exprimé l'idée que la disparition de l'idée de vérité objective est la pire chose qui puisse arriver à une société. Selon Rorty, l'auteur de 1984 a montré que la liberté de dire tout ce que l'on pense, sans être maltraité ou tué, prime sur le souci de la vérité.
Qui a raison? Conant ou Rory? Laquelle des deux options nous protège-t-elle le mieux du risque totalitaire? Voilà les questions auxquelles nous tenterons de répondre au cours de cet entretien.
M. Jacques Perrin, enseignant et rédacteur à La Nation, nous présentera ce sujet mercredi prochain 13 décembre, à 20 heures, dans les locaux de la Ligue vaudoise, place du Grand-Saint-Jean 1 à Lausanne.
A mercredi prochain!