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De la crise de 1929 à celle de la nouvelle économie, une trajectoire du capital
Johsua Isaac, éditions Syllepse, 294 pages.
Ce livre est né d’un certain nombre d’interrogations sur un capitalisme pris entre mutations et continuité, entre capacité à survivre et mort annoncée. Deux grandes préoccupations le traversent. Il s’agit d’abord (en partant de Marx) de trouver l’équilibre entre énoncé de ses mutations et expression d’une continuité, entre bouleversement perpétuel et constance d’une matrice. En quoi, par exemple, la crise de 1929, bien que non reproductible, est-elle quand même le prisme au travers duquel on peut continuer à lire les crises d’aujourd’hui? Il s’agit ensuite de rejeter tout à la fois l’accablement résigné que suscite la perpétuation du capitalisme et le réflexe pavlovien de l’annonce régulière de sa fin apocalyptique. Il s’agit donc de désigner les écueils entre lesquels ce système navigue, qu’il peut éviter mais contre lesquels il peut aussi bien se fracasser. Que nous révèle, de ce point de vue, la trajectoire du capital, jetée comme un pont suspendu entre la crise de 1929 et celle, en 2001, de la «nouvelle économie»? Telle est la question à laquelle l’ouvrage tente de répondre? Un premier chapitre est consacré à la crise de 1929. La grande crise est, au premier chef, américaine. Trois tendances de fond animent le capitalismebilité du système. Comment alors comprendre qu’après la fin de la deuxième guerre mondiale, on n’a pas constaté une succession de crises de plus en plus violentes, mais, au contraire, trente années d’une expansion forte et régulière? Pour l’expliquer, nous nous tournons (chapitres 2 et 3) vers la «guerre de 30 ans», celle qui, de 1914 à 1945, a fait se succéder guerres, crises et révolutions. Un quatrième chapitre traite alors de la mondialisation comme étant celle du salariat et du capital productif. Une mondialisation subreptice, qui n’est pas celle qu’on croit. Désormais, il s’agit de produire partout à la façon capitaliste. La guerre de 30 ans nous apparaît à nouveau comme l’acte fondateur. Dans la foulée, un cinquième chapitre tente de caractériser la finance actuelle. Un sixième chapitre illustre en quelque sorte les développements précédents en décortiquant la crise de l’Asie du sud-est de 1997. Le septième chapitre, centré sur la crise américaine de la nouvelle économie (2001), confirme le propos. La conclusion générale de l’ouvrage s’appuit sur l’ensemble de la trajectoire examinée pour tenter d’éclairer les voies d’un futur incertain. Elle décrit les sentiers escarpés que le système capitaliste un funambule entre divers abîmes: entre Etat dominant et passage du témoin, entre crises de l’intensivité et crises de l’extensivité, entre étouffement et effondrement.
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