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Peintures sur la cheminée dans la camera domini
Au milieu du XIVe siècle, le comte Aymon décide de réaménager la camera domini. À cette occasion, la chambre des comtes puis ducs de Savoie reçoit un nouveau programme figuré. En 1587, le Bernois Andreas Stoss réalise de nouvelles peintures qui se superposent à celles du Moyen Âge. Restauré à plusieurs reprises au XXe siècle, le décor de la cheminée illustre l’histoire de ces transformations.
La camera domini du château de Chillon™ occupe le premier étage d’une tour dont l’origine remonte au XIIe siècle. Entre 1336 et 1338, le comte Aymon de Savoie décide de déplacer la cheminée dans l’angle nord-est afin de construire un escalier entre sa chambre à coucher et la chapelle. De 1341 à 1344, Jean de Grandson réalise de magnifiques peintures sur l’ensemble des murs de la pièce. Divisées en trois registres, elles offrent aux spectateurs la vision d’un jardin idyllique peuplé d’animaux sur un fond bleu. La composition se poursuit sur la hotte de la cheminée avec une représentation de saint Georges terrassant le dragon. L’image du saint patron des chevaliers a certainement pour but de renvoyer aux qualités morales et physiques du comte lui-même. Cette association est renforcée par la présence des croix de Savoie sur le cadre de chêne qui soutient la corniche. Le choix de la cheminée comme emplacement privilégié pour exhiber des images de pouvoir n’échappe pas aux conquérants bernois. À la fin du XVIe siècle, le bailli – gouverneur – Hans Wilhelm von Mülinen demande à Andreas Stoss d’y peindre un ours bernois, accompagné de la date « 1587 ».
Jean de Grandson (et Andreas Stoss)
Peintures sur la cheminée dans la camera domini
1341-1344 (1587 pour les armoiries bernoises)
tempera
© Fondation du Château de Chillon / © ARCHEOTECH SA