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La chirurgie bariatrique peut modifier la pharmacocinétique de l’alcool et a ainsi été associée de manière anecdotique à une augmentation des problèmes d’alcool après une chirurgie de ce type. Dans une cohorte prospective de 2458 adultes entreprenant une chirurgie bariatrique, 1945 ont rempli l’AUDIT (Alcohol Use Disorders Identification Test) préopérativement (préop) et de nouveau un deux ans après l’opération (postop). Un problème d’alcool était défini par un score d’AUDIT ≥ 8.
• La fréquence de la consommation, mais pas le nombre de verres lors d’un jour de consommation habituel, augmentait deux ans après l’opération.
• Alors que la consommation abusive (> 2 verres un jour habituel ou > 5 verres dans une même occasion) diminuait de 20% à 13% durant la première année postop, elle augmentait de 17% durant la seconde année.
• La prévalence des problèmes d’alcool passait de 3% en préop à 6% deux ans plus tard.
• Parmi 1283 patients sans problème d’alcool préopératoire, 8% avaient un problème d’alcool en postopératoire.
• Parmi 167 patients avec un problème d’alcool postopératoire, 61% n’en avaient pas en préop.
Commentaires : les problèmes d’alcool augmentent après une chirurgie bariatrique dans cette cohorte et la plupart des personnes touchées n’avaient pas d’antécédents récents de problèmes d’alcool. S’il existe, le biais de perte au suivi et de sélection aurait pour effet d’amplifier la conclusion (les plus gros buveurs n’ayant pas pu être inclus dans les analyses). De manière intéressante, les quantités consommées n’augmentaient pas, même si les symptômes de problème d’alcool doublaient. Une découverte contre-intuitive, puisque le niveau de consommation et les problèmes d’alcool sont en général corrélés, et puisque les personnes qui subissent des problèmes d’alcool à quantités basses sont moins susceptibles de développer des problèmes. Cela pourrait être expliqué par le fait que l’usage plus fréquent avec une absorption d’alcool plus rapide pourrait amener à plus de conséquences néfastes. Dans tous les cas, ces résultats suggèrent qu’il faudrait informer les patients du risque potentiel de problème d’alcool postop et d’évaluer la consommation et ses conséquences en postop.