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Le président de la Confédération a remis les clefs de son département à Samuel Schmid. Adolf Ogi ne s´est pas encore déterminé sur son avenir. Pour l'heure, il dresse le bilan de ses 13 ans au gouvernement. INTERVIEW.
swissinfo: vous quittez le gouvernement plein d'éloges. Mais, à vos débuts, vous avez été vu comme un manager sportif n'ayant pas fait de hautes études. L'opinion s'est-elle faite plus douce à l'heure du départ ou vous a-t-on mal jugé à vos débuts?
Adolf Ogi: Manifestement, le travail que j'ai accompli a été reconnu et c'est ce qui pouvait m'arriver de mieux. Et sans doute aussi, m'a-t-on un peu sous-estimé.
swissinfo: vous dites que vous avez passé beaucoup de temps au Palais fédéral et laissé un peu de côté votre famille et votre vie privée. Cela en valait-il la peine ou le prix a-t-il été trop élevé?
Adolf Ogi: Le prix a été très élevé. Ma famille a dû totalement renoncer à moi. Mais ma famille m'a supporté et m'a accompagné. C'est également grâce à elle que ce succès a été possible.
swissinfo: Et pour vous, personnellement, cela en valait-il la peine?
Adolf Ogi: Ce fut une période riche, une période intéressante, une période difficile, mais aussi belle. Cela en valait la peine!
swissinfo: En parlant aux gens sur le ton de l'émotion, vous avez été un conseiller fédéral un peu atypique.
Adolf Ogi: C'est juste. Je suis un homme émotionnel. Je vais vers les gens. J'aime les gens. Je suis quelques fois déçu, mais je vois toujours ce qu'il y a de bon dans l'homme. J'ai toujours dit que je pouvais communiquer mes messages de façon à ce qu'ils soient compris. Et visiblement, ça m'a réussi.
swissinfo: Du coup, vous avez peut-être un peu dépoussiéré la politique.
Adolf Ogi: Je le souhaite. Je crois aussi que mon langage imagé, dont on s'est d'abord moqué, a aujourd'hui du succès. On le comprend; or, pour un politicien, c'est décisif.
swissinfo: Vous allez désormais avoir davantage de temps libre. Qu'en ferez-vous? On parle d'un livre.
Adolf Ogi: Je n'ai pas encore décidé ce que j'écrirai, ou si j'écrirai. Je mettrai peut-être mes notes en ordre. Mais je n'ai pas encore décidé si je le ferai pour moi seul ou pour le public.
Je ferai naturellement davantage de sport, et surtout du ski. Par ailleurs, je vais réfléchir un peu, me réorienter et je déciderai de mon avenir.
swissinfo: Sur quel point portera votre réflexion?
Adolf Ogi: J'aime penser aux multiples entrevues que j'ai eues avec des personnes intéressantes. Je ne songe pas seulement aux présidents et aux ministres, mais aussi à de nombreuses rencontres avec de simples citoyens de ce pays.
swissinfo: Et qu'est-ce qui vous fait de la peine dans ces souvenirs?
Adolf Ogi: Je n'ai pas véritablement de peine, car je suis un homme qui peut regarder vers l'avenir et oublier ce qu'il y a eu de mauvais dans le passé.
swissinfo: Malgré tout, on apprend aussi de ses mauvaises expériences.
Adolf Ogi: J'ai naturellement connu des défaites. Beaucoup même. Mais enfin, je ne peux pas changer le passé. Alors laissons ça de côté. Je suis heureux de mes treize ans au gouvernement. J'ai servi ce pays, je ne lui ai pas porté préjudice, et cela me satisfait.
swissinfo: Vous dites que vous préférez regarder vers l'avenir. Justement, comment aimeriez-vous voir la Suisse dans dix ans?
Adolf Ogi: Ouverte, solidaire, un pays qui soit respecté, reconnu internationalement aussi. Mais également un pays qui ne se sous-estime pas et qui puisse faire partager ses expériences. La Suisse, née en 1848, qui fait coexister plusieurs langues et plusieurs cultures, peut apporter beaucoup à la construction européenne.
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