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Après les élections régionales du 21 décembre 2017, la situation politique en Catalogne n’a pratiquement pas changé. Les partis séparatistes ont à nouveau obtenu la majorité absolue des sièges au Parlement régional. Il est probable qu’ils composeront le prochain gouvernement régional. Indépendamment du chef de gouvernement choisi, le gouvernement central de Madrid du Premier ministre Rajoy doit absolument surmonter ses réticences et offrir son aide pour des discussions constructives. La stratégie de Rajoy a échoué, ce qui était prévisible. La violence policière et la criminalisation ne sont pas des moyens adéquats en démocratie. De telles interventions ont éveillé chez de nombreux Catalans de sombres souvenirs de l’époque franquiste. Toutefois, la population catalane a gardé son sang froid de façon exemplaire alors que des politiciens séparatistes ont été emprisonnés sous l’inculpation de «rébellion».
Les deux parties doivent se rapprocher l’une de l’autre. D’abord, il faut restaurer l’autonomie de la Catalogne; de préférence avec l’option de récupérer le statut d’autonomie de 2006, démocratiquement avalisé, mais fortement mis en cause par la Cour constitutionnelle espagnole.
En outre, la Constitution espagnole actuelle aurait besoin d’une révision; elle est encore imprégnée de l’esprit du passage de la dictature à la démocratie. La Constitution peut être amendée par le Parlement national et la population; elle constitue en principe la base législative et la sécurité juridique nécessaire pour tout pays. La Constitution espagnole devrait refléter davantage la culture et l’histoire de ce pays aux multiples facettes et s’approcher d’un concept fondé sur le droit naturel. De cette manière, on pourrait aussi inciter la jeune génération à surmonter à l’avenir les fossés régionalistes et à développer l’Etat de manière démocratique et fédéraliste.
Un refus de toute négociation de la part de Madrid aggraverait encore davantage la situation politique et économique du pays. Il est grand temps de reprendre les discussions, si ce n’est pas à Madrid ou Barcelone, alors à Genève; mais certainement pas à Bruxelles, car au lendemain des élections en Catalogne, l’appareil bruxellois a fermé boutique pour les vacances de Noël, afin de ne pas devoir répondre à des questions désagréables. •
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