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Adapté du roman autobiographique Between a Rock and a Hard Place, 127 heures présente une intrigue qui se résumera bien rapidement: Aaron Ralston, fan de canyoning, tombe dans une crevasse et se coince le bras sous une pierre. Comment va-t-il se dégager? Le dit jeune homme prisonnier ne possède qu'une caméra, une gourde pas très pleine, une corde de grimpe et un couteau bon marché.
Le nouveau long-métrage de Danny Boyle est intéressant avant tout pour deux aspects: premièrement la mise en scène de ces longues 127 heures un bras sous une pierre dans une crevasse, et deuxièmement pour le développement du personnage prêt à tout pour ne pas mourir, personnage brillamment interprété par James Franco. Il y a de prime abord peu de matière pour faire un film dont l'histoire tiendrait en haleine les spectateurs, mais le résultat, intense, est des plus intéressant. On peut en fait considérer 127 heures plutôt comme un long tableau terrible - on vous rappelle qu'on parle ici d'un gars qui a la main coincée sous un caillou et un couteau dans son autre main - d'une méditation fébrile et sanglante qui se dénoue finalement en une formidable déclaration d'amour à la vie.
La mise en scène électrique de Danny Boyle, se sont des split-screens et des plans épileptiques de sportif en plein action digne d'une pub Gatorade (c), des travelling et zooms dans tous les sens entre la presque tombe d'Aaron et les paysages démesurés de l'ouest américain, mouvements qui collent très bien à la personnalité too much du héros, hyperactif, fun et extrême. ça sent la vitalité et la fébrilité à plein nez et ça réussirait presque à vous fatiguer sur votre siège. Mais la patte de Boyle permet aussi d'illustrer les délires sous l'emprise de la faim, la soif, la peur et l'ennui. La scène de la libération - encore une fois: couteau dans une main, gros caillou sur l'autre, vous suivez? - est admirablement construite: l'homme se déconnecte littéralement de son ancienne vie à coup de couteau, au son de hurlements et de chocs électriques. Peu arriveront à regarder ou écouter cette scène sécateur sans sourciller, mais une fois l'horreur terminée, le soulagement et le bonheur d'être en vie n'en sont qu'amplifiés. On se surprend à devenir optimiste.
Le jeu, c'est James Franco, impérial, qui pousse jusqu'à la schizophrénie devant son caillou, devenant lui et les autres, alternant le souriant, le désespéré, l'hilare, l'apeuré, en gros toute la palette des sentiments et états d'esprits qui se succèdent dans sa tête de prisonnier jusqu'à la décision finale. Le jeune acteur américain, doctorant en littérature à Yale et écrivain à ses heures, est nominé pour un Golden Globe 2011. Si la compétition ne l'alignait pas avec Jesse Eisenberg (The Social Network) et Colin Firth (The King's Speech), on le lui donnerait sans hésiter.