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Saviez-vous que la prévoyance funéraire permet de planifier ses obsèques et de s’assurer que le moment venu ses volontés soient respectées ?
Table des matières
Dans le secteur funéraire, l'hydrolyse alcaline, également appelée résomation, aquamation, ou crémation par l'eau, est un processus chimique au cours duquel les matières organiques d'une dépouille sont décomposées. Pour ce faire, le défunt est placé dans un grand cylindre métallique scellé, en acier inoxydable, et on utilise un mélange composé à 95 % d'eau, de sodium ou de potassium, comme le veut une hydrolyse alcaline.
Il ne reste qu'une sorte de liquide, principalement un mélange d'eau, d'acides aminés et les os, qui sont ensuite séchés, broyés et remis à la famille dans une urne. La résomation est de plus en plus utilisée comme alternative à l'inhumation ou à la crémation, car elle constitue un mode d'inhumation écologique.
Les prémices de l'aquamation remontent au début des années 1990. À l'époque, on cherchait un moyen d’éliminer les cadavres d'animaux de laboratoire le plus facilement et de la manière la plus sûre qui soit.
L'hydrolyse alcaline n'est pas un rite funéraire actuellement autorisé en Suisse. Cette méthode n'est légale qu'au Canada, dans certains États des États-Unis, en Australie et en Grande-Bretagne. Comme pour l'humusation – un mode d'inhumation dans lequel le corps est transformé en compost et se décompose en environ 40 jours – il convient en amont de clarifier précisément les dangers de ces nouvelles formes d'inhumation et de déterminer comment éliminer ou minimiser les risques éventuels. Il faudra donc attendre encore un peu avant que l'hydrolyse alcaline ne soit introduite en Suisse.
La grande différence entre la crémation et l'hydrolyse alcaline est que la crémation est une technique qui utilise le feu, tandis que l'aquamation – comme son nom l'indique – utilise l'eau.
Les deux méthodes ont un point commun : les os subsistent. Dans le cas de la crémation, ceux-ci sont toutefois déjà réduits en cendres et peuvent donc être placés dans une urne. Dans le cas de l'aquamation, une étape intermédiaire est nécessaire au cours de laquelle les morceaux d'os sont broyés formant ainsi de la poussière. Mais même dans le cas d'une résomation, les proches reçoivent – comme après une crémation – une urne contenant les restes du corps.
À noter que la crémation est aujourd'hui encore considérée comme le mode d'obsèques le plus populaire en Suisse.
Une aquamation est une méthode bien plus écologique que l'inhumation ou la crémation. C'est d'ailleurs l'une des principales raisons pour lesquelles Desmond Tutu a opté pour ce procédé. Une crémation par combustion nécessite un four qui doit être chauffé à environ 1 000 degrés. Cette opération consomme une grande quantité d'énergie. Selon l'entreprise de pompes funèbres "Resomation" située au Royaume-Uni, l'hydrolyse alcaline ne nécessite qu'un cinquième de l'énergie nécessaire à une crémation. En ce qui concerne les émissions de gaz à effet de serre, ce type de funérailles ne nécessite qu'un tiers des ressources habituellement nécessaires. Une aquamation reste donc moins énergivore que la crémation et même qu'une inhumation.
Outre l'aquamation, le compostage de corps représente également une alternative écologique à l'inhumation ou à la crémation. Dans le cas de l'humusation, le corps est placé dans un linceul puis dans un récipient en forme de cercueil sur des broyats en copeaux de bois et recouvert d'un mélange destiné à accélérer le processus de décomposition. Parfois, la famille est présente lors du processus. Le récipient est ensuite fermé puis les micro-organismes favorisent la décomposition du corps. Pendant le processus, il se dégage une chaleur d'environ 70 degrés. Après 40 jours, le corps est entièrement décomposé. Il ne reste que les ossements, qui sont broyés en poussière et servent de compost à la terre.
Malheureusement, de nos jours, l'hydrolyse alcaline n'est pas une solution encore autorisée en Suisse. Ce mode d'inhumation, qui décompose le corps humain à l'aide d'eau et de sodium ou de potassium, existe certes depuis le début des années 1990, mais n'était alors utilisé que pour les cadavres d'animaux. Aujourd'hui, seuls quelques États américains autorisent ce procédé. En effet, ces nouveaux modes de décomposition d'un corps peuvent comporter des risques d'un point de vue sanitaire, mais aussi en matière d'environnement. Ils ont donc besoin de suffisamment de temps pour être mis en place et faire leurs preuves.
L'aquamation, l'une des méthodes d'inhumation les plus durables actuellement connues, gagne en popularité face aux défis posés par le changement climatique et le manque d'espaces dans les cimetières suisses. Il est probable que ce procédé funéraire, à l’instar de l’humusation, devienne de plus en plus courant en Suisse dans les années à venir. Et la législation funéraire s'adaptera certainement rapidement à ces nouvelles tendances.