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Certains médicaments anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) pourraient réduire la fréquence d'apparition de la maladie d'Alzheimer en diminuant les concentrations du résidu 42 isoforme du peptide amyloïde-bêta (Ab42), estime Edward Koo et ses collègues, de l'Université de Californie, à San Diego (Etats-Unis) (Lancet 2001 ; 357 : 1857).«Cet effet est indépendant de la capacité d'inhiber l'activité de la cyclo-oxygénase (COX), indique Koo. Et si nos données sont correctes, ajoute-t-il, il serait peut-être possible de développer un composé qui ressemble à un AINS, et qui aurait pour effet de réduire le risque de développer la maladie d'Alzheimer, mais sans induire les effets secondaires liés au COX».Une quantité considérable de données épidémiologiques révèle l'existence d'une corrélation inverse entre l'utilisation soutenue d'AINS et le risque de développer la maladie d'Alzheimer. Toutefois, bien qu'un petit test clinique de l'indométacine pour traiter la maladie d'Alzheimer ait apporté des données qui confirment ces études épidémiologiques, un plus grand essai sur l'inhibiteur COX-2 célécoxibe a échoué, et un petit essai sur le diclofénac s'est avéré non concluant.En général, on pense que les AINS exercent leur effet chez les sujets atteints de la maladie d'Alzheimer en réduisant les réponses inflammatoires du cerveau. Koo et ses collègues suggèrent qu'un mécanisme différent est à l'uvre. Ils ont découvert que, dans des cultures de cellules humaines génétiquement modifiées pour produire de grandes quantités du précurseur de la protéine amyloïde (APP), des doses élevées de certains AINS réduisent préférentiellement la concentration du peptide hautement amyloïdogène Ab42. De plus, un traitement à court terme à l'ibuprofène de souris transgéniques exprimant un APP muté réduit les concentrations d'Ab42 dans le cerveau (Nature 2001 ; 414 : 212-16).«Nous pensons que les AINS pourraient induire un changement subtil de l'activité de la gamma sécrétase, l'enzyme qui est responsable de la production d'Ab42», explique Koo.«Ce travail est intéressant», juge Patrick McGeer, de l'Université de la Colombie britannique, à Vancouver (Canada) «mais dans quelle mesure les données obtenues in vitro conditions dans lesquelles les hauts niveaux d'APP et les très fortes doses d'AINS soumettent chaque cellule à une énorme pression reflètent ce qui se passe dans le cerveau vivant ? De nombreuses données épidémiologiques devraient maintenant être réanalysées pour comprendre comment les différents AINS réduisent le risque de contracter la maladie d'Alzheimer», estime McGeer.De plus, les National Institutes of Health (NIH) financent actuellement une large étude sur les effets du naproxène, un AINS qui n'a pas eu d'effet dans les travaux de Koo. Cette étude prendra fin en janvier, de telle sorte que les données cliniques seront bientôt disponibles à l'appui ou en défaveur des résultats de Koo.