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L’année dernière, 2394 permis de pêche professionnelle pour le lac Léman ont été délivrés, comprenant également les permis spéciaux, la ligne traînante et la gambe. Un chiffre nettement en baisse depuis ces trente dernières années. En effet, en 1975 on ne comptabilisait pas moins de 5695 permis délivrés, dont 4785 pour la gambe contre un peu moins de 1500 aujourd’hui. Pourtant le nombre de poissons pêchés est en pleine évolution et ne cesse d’augmenter chez certaines espèces.
Le lac Léman en chiffres
Parmi les 20 000 espèces de poissons existantes, la plus grande majorité vit en eau douce. C'est un peu normal si l'on pense que, à l'origine, les poissons vivaient en eau douce puis colonisèrent progressivement les mers. De plus, les mers communiquent entre elles alors que les lacs sont isolés les uns des autres, ce qui est très bénéfique pour la diversification des espèces. Cette diversité se retrouve aussi dans le lac Léman, habité par une vingtaine d’espèces indigènes et une dizaine d’espèces introduites. Les professionnels et amateurs confondus pêchaient en 1966 près de 250 tonnes de poissons entre la perche, la féra, l’omble, la truite et le brochet. En 2010, cette statistique explose et atteint presque les 1000 tonnes. Parmi ces espèces, la féra a connu un essor incroyable et est aujourd’hui pêchée cent fois plus qu’il y a quarante ans, soit près de 550 tonnes en 2010. Le brochet également évolue et se voit pêcher dix fois plus maintenant, soit environ 50 tonnes. Contrairement à la féra, le brochet est nettement plus en vogue chez les amateurs, tout comme l’omble chevalier, qui, après un pic en 1997 avec pas loin de 100 tonnes pêchées redescend à environ 18 tonnes comme en 1966. Alors que la truite est en baisse avec seulement une dizaine de tonnes dont plus de la moitié attrapée par des amateurs, la perche, qui reste une affaire de professionnels, conserve une bonne moyenne annuelle variant entre 200 et 400 tonnes.
Comparaison entre la Suisse et la France
Quand on parle de pêche dans le lac Léman ont fait autant référence aux Suisses qu’aux Français. Ces derniers sont d’ailleurs largement présents dans la pêche professionnelle avec plus de 500 tonnes en 2010. Ils attrapent nettement plus de corégones, soit quatre fois plus que les Suisses. En revanche, les amateurs suisses sont plus productifs avec environ 60 tonnes de poissons dont 33 pour la perche contre 15 tonnes pour les Français dont 3 seulement pour la perche.
Finalement, du côté des eaux vaudoises, toujours plus empruntées, ont compte pour 2011 plus de 360 tonnes de poissons pêchés par des professionnels, soit plus de 100 tonnes qu’en 2002. Le corégone a vu sa prise presque doublée ces deux dernières années.
Période de protection et restrictions
Le lac Léman, avec les années, devient plus pauvre nutritivement, sans compter le nombre toujours croissant de poissons attrapés. Chaque année des statistiques sur la capture et les permis délivrés sont établies. De ces chiffres découle une période de protection pour les espèces ne variant que brièvement d’année en année. La truite, l’omble chevalier et le corégone sont interdits de pêche durant plusieurs mois parfois. Du 1er au 15 janvier pour cette année et pour la saison prochaine ce sera du 17 octobre 2011 au 14 janvier 2012. Jusqu’en 2015, pour le brochet c’est du 1er au 20 avril et pour la perche, du 1er au 25 mai. Un poisson pêché durant sa période de reproduction doit être immédiatement et soigneusement remis à l’eau. Les pêcheurs amateurs, soit les personnes pratiquant la pêche libre ou banale, les titulaires d’une autorisation de pêche de loisir doivent respecter un nombre de capture maximum par jour et par année (voir tableau - Nombre de captures par année). Les pêcheurs amateurs comme professionnels sont tenus de respecter une taille minimale pour les poissons conservés. La taille est mesurée du bout du museau à l’extrémité de la nageoire caudale normalement déployée (voir tableau – Taille minimale de capture). Tout comme les espèces pêchées durant les périodes de reproduction, ceux étant trop petits doivent être remis à l’eau.
Nombre de captures maximum par année
|Poisson||Par jour||Par année|
|Truite||8||250|
|L'Omble||10||250|
|Corégone||10||250|
|Perche||100||

-
|Brochet||5||

-
Taille minimale de capture
|Poisson||Taille en cm

|Omble chevalier
||27|
|Corégone||30|
|Brochet||50|
|Perche||15|
|Tanche||20|
|Carpe||20|