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Les élections fédérales allemandes auront lieu ce dimanche 26 septembre mettant fin à 16 ans de règne d'Angela Merkel. Un mandat qui s'achève dans quelques semaines sur un bilan jugé plutôt positif aux yeux des Allemands. Surnommée "Mutti", la figure rassurante du pays s'en va et laisse dans l'incertitude non seulement sa population mais les pays d’Europe qui attendent avec impatience de connaître le nom de celle ou de celui qui lui succèdera. Nous avons demandé à différents jésuites de la Province d'Europe centrale leur analyse de ce tournant capital: quelles sont leurs attentes? Quel rôle l'Allemagne doit-elle continuer à jouer?
La réponse du Père Lukas Ambraziejus sj, responsable de l'organisation de jeunesse MAGIS, professeur de philosophie au lycée jésuite de Vilnius et membre de l'équipe pastorale de l'église Saint-Casimir, en Lituanie:
Les élections fédérales se déroulent dans un contexte où les partis centristes du monde occidental reculent et où les mouvements populistes se développent. Je pense que cette restructuration du pouvoir politique pourrait donner un élan à une gouvernance plus contemporaine -quel que soit le parti.
Ce dont les gens ont besoin aujourd'hui, ce n’est plus de mots vides de sens -d'idéaux abstraits dénués de responsabilité et d'unité- mais un sentiment de sécurité et de communauté. Comment un parti au pouvoir pourrait-il susciter ces sentiments et ainsi rétablir la confiance dans les processus démocratiques? À mon humble avis, cela ne se réalise pas à coup d'arguments ni de débats entre les candidats, mais en faisant preuve d'empathie - de volonté de répondre à ce que vit l'électeur. Les élus devraient être ceux qui possèdent cette capacité dans une plus large mesure que les autres.
À quoi cela peut-il ressembler pratiquement? Prenons l'exemple du pape François: la façon dont il se préoccupe des personnes frappées par des catastrophes, la manière dont il considère les personnes vivant en marge de la société et le courage avec lequel il s'attaque sans crainte aux structures internes corrompues de l'Église. Ses déclarations sur les questions sociales qui nous préoccupent aujourd'hui, ainsi que son exemple de spiritualité vécue, pourraient guider le futur gouvernement fédéral et amener ses membres à se poser la question suivante: comment puis-je moi aussi assumer ma responsabilité de telle sorte que les préoccupations et les satisfactions de mes électeurs deviennent les miennes?