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Rapport du Centre d'étude de la sécurité du DAV: assurage dans les voies d'escalade et les itinéraires câblés
Dirigé par Pit Schubert, le Centre d' étude de la sécurité ( CES ) est un organe du DAV qui s' est fait reconnaître à l' échelon européen en tant que laboratoire d' essai et d' expertise pour le matériel et les questions relatives à la sécurité dans les sports de montagne. Le CES est de plus en plus souvent mis à contribution par des instances officielles pour des travaux de recherche et d' expertise. Ainsi, depuis près de dix ans, une collaboration étroite s' est établie avec le Ministère bavarois du travail, des affaires sociales, des femmes, de la famille et de la santé2.
Sur mandat, le CES a été amené à réaliser une enquête exhaustive dont les résultats, réunis dans un rapport de 167 pages, constituent l' état le plus récent des connaissances3. Ce rapport traite de manière approfondie de la résistance des pitons ( pitons normaux et gol lots ) dans les voies d' escalade ainsi que des divers moyens de sécurité, notamment des câbles, dans les itinéraires câblés. Le rapport confirme une fois de plus, et de manière éclatante, les faiblesses des pitons normaux. Il va encore plus loin puisqu' il inclut un examen de tous les points de sécurité fixes des voies d' escalade et des itinéraires câblés. Contenu et conclusion du rapport ont une valeur générale. Les résultats concernant les voies d' escalade sont cependant d' un intérêt particulier pour la Suisse, raison pour laquelle ce sujet est présenté ici dans les détails4. Ne sont en revanche pas abordées les questions relatives à l' équipement et à l' entretien des itinéraires câblés, encore rares dans notre pays. Les personnes intéressées voudront bien consulter le rapport lui-même.
La ligne montre la profondeur à laquelle les pitons étaient enfoncés: le simpe fait de s' y tenir à la main aurait pu être dangereux...
Le rapport Vue d' ensemble La première partie traite des moyens de sécurité dans les voies d' escalade ( pitons normaux et gollots ). La seconde partie examine les moyens de sécurité dans les itinéraires câblés ( câbles, ancrages, marches artificielles ).
Sont d' abord décrits les moyens mis en œuvre dans les voies d' escalade et les itinéraires câblés, afin d' illustrer les dangers, pour la sécurité, que leur état peut présenter ( corrosion, érosion ). Suivent des données complètes relatives aux accidents causés par des moyens de sécurité déficients en voie d' escalade ( pas moins de cinq pages en style télégraphique ). Des informations semblables sont fournies pour les itinéraires câblés. Curieusement, les accidents sont rares sur ces derniers et se produisent généralement par perte d' équilibre en l' absence d' assurage personnel.
notamment, le sont moins que les pitons intermédiaires. Quelle est alors la charge sur un piton intermédiaire lors de la plus petite chute possible, c'est-à-dire lorsque la corde vient d' être accrochée? Cette charge est bien plus grande que ce que l'on présumait jusqu' ici. Pour un grimpeur de 80 kg, elle atteint 3,2 kN, c'est-à-dire près de 320 kgf5. On a également mesuré la traction sur les points d' ancrage utilisés lors des « expériences pédagogiques » qui se pratiquent aujourd'hui avec glissade le long d' une corde ( par-dessus une gorge ou un cours d' eau, par exemple ).
Impossibilité d' estimer la résistance Le rapport souligne la difficulté d' estimer la solidité d' un point ou moyen de sécurité, piton ou gollot. Il est démontré que même les estimations prudentes ne sont pas possibles: toutes relèvent de la spéculation.
Examen de la résistance des pitons et gollots Le rapport souligne la différence entre charge réelle ( effet de choc, courte durée ) et charge d' essai ( quasi statique ). Quelle charge est la plus critique? Un long chapitre est consacré à l' examen des pitons et gollots, aussi bien dans le rocher qu' en laboratoire. Des pitons qui étaient en place depuis Première partie - Moyens d' assurage en voie d' escalade Charges sous-estimées sur les pitons Tous les pitons, dans les voies, ne sont pas sollicités de la même façon. Les pitons de rappel et de moulinette, Dans le passé, on utilisait comme piton tout ce qui ressemblait de près ou de loin à une lame munie d' un œillet. Ce genre de matériel est souvent resté en place jusqu' à aujourd'hui. Ici, un vieux gond de porte.
Un ancien piton de relais d' une voie de 4 à proximité d' Arco ( Trentin ) longtemps dans le rocher ont été examinés et mis sous charge. Les résultats ont de quoi inquiéter.
1 Editeur: Bayerisches Staatministerium für Arbeit und Sozialordnung, Familie, Frauen und Gesundheit ( StMASAbteilung II: Arbeitschutz, Sicherheitstechnik und technische Überwachung. Auteurs: Pit Schubert, ingénieur, avec la collaboration de Manfred Thieme, ingénieur. Assistant de projet: Wolfdieter Hofstetter ( StMAS ). Réalisation: DAV. Titre: Mehr Sicherheit beim Bergsport. Teil 10: Festigkeit von Sicherungsmitteln in Kletterrouten und auf Klettersteigen. Les parties 1 ( Eisgeräte ), 2 ( Verankerungen im Eis ) et 3 ( Steigeisen ) ont été publiées en 1988 et 1989 et sont épuisées. Les parties 4 ( Notrufsysteme für Bergsteiger ), 5 et 6 ( Personenschutzmittel und Bergsteigerschutzhelme ), ainsi que 7 et 8 ( Kletterzubehör und Karabinerhaken ) ont été publiées en 1990 et sont partiellement épuisées. La partie 9 ( Erprobung eines Notrufsystems für Bergsteiger ) a été publié en 1994.
.'Le ministère est également compétent pour les questions de sécurité au travail, à domicile et dans les loisirs. Il est dès lors intéressé à réduire le nombre des accidents en montagne. C' est pour cette raison qu' il a confié au CES le mandat d' établir un rapport sur les moyens de sécurité dans les voies d' escalade et les itinéraires câblés.
3 Edité par le ministère bavarois cité plus haut et élaboré sous mandat par le CES du DAV, sous la direction de Pit Schubert.
4 Ce résumé du contenu de la première partie du rapport a été publié dans Deutscher Alpen verein Mitteilungen/Jugend am Berg, Heft 6.95 ( Dezember ). Nous remercions Pit Schubert de nous avoir autorisés à le reproduire et de nous avoir fourni les illustrations.
M kN = environ 100 kgf.
Sécurité, médecine, sauvetage Sous l' effet de la capillarité, l' humidité se maintient beaucoup plus longtemps dans une fissure rocheuse qu' à l' extérieur. La corrosion y est donc beaucoup plus active et l' oeillet en bon état d' un piton peut cacher une lame complètement rouillée!
Moyens de sécurité et assainissement des voies d' escalade Le rapport présente les moyens de sécurité recommandés et renseigne avec force détails sur la manière d' assainir les voies d' escalade. On ne saurait le faire en se contentant de remplacer les vieux pitons par des gollots neufs posés à quelques centimètres en dessus ou en dessous. Généralement, il y a trop de pitons, en particulier aux relais où l'on ne fait pas confiance aux vieux « clous ». Il suffit, en règle générale, comme l' ont montré les assainissements de nombreuses voies, d' un nombre de gollots équivalent à la moitié des vieux pitons en place. Le reste peut être assuré le plus souvent par du matériel mobile ( coinceurs ). Les recherches ont également mis en évidence un fait important: il faut parcourir la voie en partant d' en bas avant de l' assainir. Cela permet de sentir réellement combien de pitons sont nécessaires et où ils doivent être placés. Une reconnaissance en rappel ne permet pas de le faire.
Gollots et chutes multiples Les normes pour l' essai des gollots ne prévoient qu' une mise en charge unique ( traction oblique, charge radiale - telle que lors d' une chute en paroi verticale -: au moins 25 kN; trac- tion et charge axiales ( chute sous un surplomb ): au moins 15 kN. Les gollots sont toutefois mis en charge à de nombreuses reprises par les grimpeurs sportifs, même si cette charge est nettement inférieure aux valeurs cidessus. C' est pourquoi des essais de mises en charge multiples ont été réalisés avec 7 kN, ce qui correspond à une chute d' environ 7,5 m. Il en est ressorti d' intéressants résultats: les pitons, même conformes à la norme, ne résistent pas tous à cette sollicitation. On peut évidemment douter qu' un gollot, dans une voie d' esca alpine, ait l' occasion d' être soumis 10000 fois à une chutes de 7,5 m. Dans les voies de jardins, de terrains d' escalade ou de parois artificielles, la chose est toutefois concevable.
Importance du rocher et de la forme de l' œillet Le rapport fournit des indications pour la pose de gollots dans le grès. Celui-ci offre des résistances qui peuvent fortement varier. Il y a du grès très solide, comparable au calcaire, et du grès très tendre, tel celui du massif de l' EIbsandstein.
Suivent des considérations sur les formes adéquates des œillets de pitons. Certaines formes permettent au mousqueton de se décrocher facilement ( un nombre significatif d' accidents a été recensé, quelques-uns sont mentionnés ) et n' importe Ce piton était planté horizontalement dans le rocher. La dernière goutte d' eau se maintenait toujours au point le plus bas de l' œillet, d' où la minceur de celui-ci à cet endroit. Ce qui reste est complètement rouillé.
quelle forme n' est pas recommandable pour les pitons de moulinette. Les arêtes vives de certains « clous » ( le plus souvent bricolés, sans meulage ) endommagent les mousquetons et peuvent même blesser les grimpeurs qui chutent. Les chaînes et les assemblages de chaînes sont également examinés.
Remplacement des vieux gollots Nombreux sont les gollots qui doivent être extraits du rocher, soit parce qu' ils sont vieux ( hors norme ou rouilles ), soit qu' ils sont mal placés. Les moyens d' extraction sont décrits et expliqués. Aucun n' est simple ni aisé.
De vieux gollots ( mini-pitons ) à enfoncer par forçage ( 6 mm de diamètre ), en place depuis près de 20 ans, ont également été mis sous charge avec traction oblique. Ils tiennent encore remarquablement bien. Mais attention: la dispersion des valeurs mesurées est très forte et si un certain gollot résiste fort bien, un autre ne tiendra peut-être qu' à peine. La surface du rocher autour de l' oeil - plus ou moins effritée - est un indice sérieux.
Gollots spéciaux pour pose et extraction rapides Les services de sauvetage ont besoin d' ancrages pouvant être posés rapidement. Une proposition que l'on doit à Kurt Schwendener, ancien directeur des services de sauvetage de Grindelwald, est présentée, ( Jusqu' ici les expériences faites sont bonnes; ces gollots ne se trouvent pas dans le commerce mais son fabriqués spécialement ). " " .6.
Distance raisonnable entre pitons Des renseignements sont fournis à propos des distances convenables entre pitons ( danger de chute sur le sol ) et sur la manière dont ce problème est résolu sur les parois artificielles.
Entretien Des réflexions sont menées sur l' entretien des moyens de sécurité ( pitons ) dans les voies d' escalade. En bref: les pitons doivent être conçus et posés de telle manière qu' aucun entretien ne soit nécessaire - tant il est vrai qu' il n' est pas possible de vérifier ou d' entretenir tous les pitons installés.
Installations de parois artificielles La première partie, « Moyens de sécurité en voie d' escalade » s' achève par un chapitre consacré à l' installa économique de parois artificielles. A l' aide d' exemples, différentes possibilités sont décrites et expliquées.
Pit Schubert, Munich ( trad. ) ment des jardins d' escalade avec des ancrages collés - la seule méthode vraiment sûre et durable.
Le rapport « Mehr Sicherheit beim Bergsport » peut être commandé jusqu' à fin juin 1966, exclusivement par écrit, auprès du Secrétariat du Importance du rapport, et comment se le procurer Pour les sections et les associations de guides qui s' occupent de jardins d' escalade, d' itinéraires câblés, de sentiers de cabanes ou de sentiers de randonnée avec moyens d' assurage, pour les aménageurs ou ouvreurs de voies, le rapport « Mehr Sicherheit beim Bergsport » devrait être une lecture obligée. D' une part parce qu' il recense les sources de risques ( et le caractère discutable de certaines décisions de justice faisant suite aux accidents qui ont pu en résulter ), d' autre part parce qu' il expose clairement les critères à prendre en compte lors de la pose ou du remplacement de moyens de sécurité fixes.
Nous aborderons dans un prochain numéro le problème de l' assainisseL de la partie terminale, fendue en croix, du gollot placé dans le rocher est obtenu par une vis sur un filetage axial et non pas par une tige cylindrique à frapper. La vis s' enfonce dans le gollot et vient bloquer sa partie terminale au fond du trou. Le dévissage annule l' écartement et permet l' extrac du gollot. ( Réd. ) C' est surtout dans les voies dites « classiques » qu' on trouve encore une quantité énorme de « ferraille ». Des relais et assurages intermédiaires sûrs y seraient d' autant plus importants que les hauteurs de chute.
CAS ( Helvetiaplatz 4, case postale, 3000 Berne 6 ). Joindre une enveloppe A4 avec adresse pour l' envoi. Une commande groupée sera ensuite adressée au Club alpin allemand. Les rapports seront envoyés aux intéressés dans le courant de l' automne 1996 au prix de Fr. 25., port inclus, avec facture.
Réd.33 cas échéant, y sont souvent considérables; à quoi s' ajoute le danger d' aboutir en fin de chute dans les rochers plutôt qu' en l' air, comme le permettent fréquemment les voies modernes, plus raides.
Escalade libre / Compétition
Arrampicata libera e di competizione
.Sport- und /ett kämpf klettern
la qualification, en raison d' une faute tactique. Yves Philipona est arrêté par l' arbitre pour avoir franchi une ligne de limite, tandis que Anne Grey grimpe dans le cadre de ses possibilités.
Les demi-finales Contraint par les insuffisances de l' organisation - arrivé à l' heure, cependant, grâce à un accord interne... et au contraire d' autres équipes -chacun se débrouille pour retrouver l' équipe, le soir, à la halle Zénith, de sorte que Elie, Simon et Iva peuvent s' échauffer convenablement.
Elie Chevieux Dans ce concours, Elie n' est pas à son maximum de concentration, ce qui est toutefois plus que compréhensible, compte tenu de la longue saison qu' il a derrière lui. Mais sa prestation suffit à le qualifier pour la finale, ce qui est l' essentiel!
Simon Wandeler Simon fixe son objectif de manière plus réaliste que lors des épreuves de Coupe du monde de Francfort et d' Aix: dans cet environnement de première classe, il s' agit de laisser derrière soi le plus grand nombre possible de grimpeurs. Parmi les 26 demi-finalistes, en effet, presque la moitié sont des finalistes potentiels, quant à leur niveau de performance. Simon grimpe bien et les progrès qu' il a faits sont clairement visibles.
Iva Hartmann Parvenant au sommet de la voie de la demi-finale, Iva aura été la « petite étoile » de la soirée. Quelques grimpeuses qu' on retrouve habituellement en finale ont rencontré de considérables difficultés dans cet itinéraire et ont été éliminées. Comme dans d' autres sports, les épreuves de championnats du monde ou d' Europe ont leurs propres lois. Mais Iva trouve partout les enchaînements optimaux, utilise intelligemment chaque point de repos et s' élève en grimpant méthodiquement, mouvement après mouvement. Approchant de la sortie, qu' elle n' avait pas eu le loisir de bien examiner d' en bas, elle a donné des signes de fatigue mais, l' accélération de nos pouls et le volume sonore de nos encouragements aidant, elle se qualifie pour la finale de ce championnat d' Europe! Son entraînement suivi et sa bonne préparation portent leurs fruits. Fatigués mais contents, nous nous retrouvons à minuit à l' hôtel. La coach était debout depuis 19 heures, sous une tension constante. Bref, une longue et dure journée pour tous.
m Championnats d' Europe 34 d' escalade 1996
Sensationnel 6e rang pour la Suissesse Iva Hartmann Les championnats d' Europe ont eu lieu du 26 au 28 janvier 1996 à Paris et ils se sont caractérisés par divers éléments:
- Du point de vue sportif, il convient de mettre l' accent sur la finale des messieurs, passionnante et de grande classe, ainsi que sur l' élimination, chez les dames, de nombreuses favorites, ce qui a donné leur chance à de jeunes sportives telles que Iva Hartmann et la Slovène Maja Sus-tar.
- Quant à l' organisation... on a rarement vu une compétition où autant d' insuffisances étaient à déplorer, dont les sportifs et leurs cadres ont été les premiers à supporter les effets.
Les quarts de finale Après une chasse au logement fatigante, due à une information erronée, et une première nuit à Paris, les éliminatoires ont commencé le vendredi matin. Ils avaient lieu à l' autre bout de la ville par rapport à la halle des compétitions proprement dite, le Zénith, qui n' avait pu être louée que pour le vendredi soir et le week-end, pour des raisons financières. Après un trajet en bus de presque deux heures dans le trafic des heures de pointe, nous arrivons sur place. Le déroulement de l' épreuve est bien établi, mais il n' est pas acceptable sous la forme où on nous le présente, et il est finalement modifié, sur intervention des coaches. Ces conditions rien moins qu' optimales n' entament heureusement pas le moral ni la motivation de notre jeune équipe suisse. Tous, ils se concentrent sur le concours, ce qui réussit bien: Elie Chevieux, Simon Wandeler et Iva Hartmann se qualifient pour la demi-finale. Anna Tina Schultz rate de peu Samedi, finale messieurs Quatrième du classement mondial et auteur d' un 8b+ à vue, Elie Chevieux compte parmi les favoris, ce qui représente une charge nerveuse supplémentaire. Dans la voie, il éprouve dès le départ des difficultés à trouver son rythme et, plus haut, il pose encore malencontreusement le pied sur un piton ( placé de manière peu heureuse ). Conformément au règlement et malgré toutes les protestations, il est recalé de la 4e à la 7e place - après confirmation donnée par l' enregistrement vidéo. Cette décision n' est certes pas facile à avaler pour lui. Mais les règles sont les règles, même si elles ne sont pas toujours très compréhensibles.
Arnaud Petit, remarquable une fois de plus par sa volonté énorme et son endurance, remporte la victoire et le titre de champion d' Europe, devant son frère François, deuxième, et François Lombard, troisième. Le champion du monde en titre François Legrand sort au dernier rang de cette finale - une grosse déception pour lui.
Dimanche, finale dames Cette journée de finale a été un véritable cocktail de couacs d' organi
xr,
sation et d' information! Les horaires les plus contradictoires semblent circuler et, malgré des informations supplémentaires, nous recevons des indications entièrement fausses, de sorte que Iva arrive trop tard au local d' isolement. Nous ne sommes pas les seuls à qui cela arrive, ce qui n' est guère une consolation, dans une telle situation. Car le coach se trouve alors dans une difficile situation, pris en sandwich entre organisateurs, jury et sportifs. Mais Iva réagit très professionnellement et peut-être même a-t-elle réussi ainsi à détourner et réduire la nervosité qu' elle ressentait, face à sa première participation à une finale dames. Du local d' isolement, nous entendons ce qui se passe sur la paroi et après que la Slovène du même âge qu' lva, dont la qualification en finale a également été une surprise, eut chuté à quelques mètres du départ, la tactique est claire: attention au bas de la voie! Iva démarre bien et, grâce à une volonté et un « venin » fantastiques, se hisse au-dessus du passage problématique. Le public et même les concepteurs de la voie l' encouragent bruyamment. De mon côté, j' en reste stupéfaite et je me réjouis de constater que cette petite et gracieuse personne, là-bas sur le mur, enthousiasme les gens par sa façon de grimper. Finalement, Liv Sansoz l' empor, devant Laurence Guyon et, ex-aequo, Venera Tcherechneva et Stéphanie Bodet. Mais c' est devenu secondaire pour nous; nous sommes tout simplement très heureux de la performance d' Iva, qui termine 6e.
Gabriele Madiener, cheffe de l' équipe suisse ( trad. ) Classement des championnats d' Europe de Paris Messieurs 1. Arnaud Petit, F 2. François Petit, F 3. François Lombard, F 7. Elie Chevieux, CH 21. Simon Wandeler, CH 45. Yves Philipona, CH Dames 1. Liv Sansoz, F 2. Laurence Guyon, F 3. Ex-aequo:
Stéphanie Bodet, F Venera Tcherechneva, Ru 6. Iva Hartmann, CH 2O. Anna Tina Schultz, CH 33. Anne Grey, CHI La Française Liv Sansoz, championne d' Europe 1996 a. < La Suissesse Iva Hartmann, qui a remporté une sensationnelle 6e place aux championnats d' Europe de Paris 35
Epreuve de la Coupe d' Europe jeunes: changement de date
Pour des raisons d' organisation, la Ve épreuve de la Coupe d' Europe juniors et cadets, annoncée dans Les Alpes 2/96 pour les 27 et 28 avril 1996 à Berne ( Magnet ), est reportée aux 28 et 29 septembre 1996. La Coupe d' Europe juniors et cadets comprend 6 épreuves qui auront donc lieu successivement à Dortmund ( D ), Ravenne ( I ), dans les Pyrénées ( E ), à Kranj ( Slovénie ), Berne-Niederwan-gen et Prague ( Rép. tchèque ). Selon comm.
listoire, culture
ït littérature alpines
Storia, cultura, letteratura alpina
Upine Geschichte, Lultur, Erzählungen
Si le paysage de montagne n' est plus soutenu vigoureusement par l' Etat, on doit s' attendre au retour en friche et au reboisement naturel de vastes zones. Ce processus est d' ail enclenché à Ramosch. L' exposi présente trois possibilités d' évo:
- friches sur de grandes surfaces et intensification de l' exploitation sur de petites surfaces; -tourisme intensif, considéré comme une nouvelle chancepoursuite de l' exploitation agricole avec paiements directs pour l' entretien du paysage et tourisme doux.
Par le biais d' un questionnaire et d' un concours, les visiteurs de l' expo peuvent se livrer à une évaluation personnelle des diverses modifications du paysage.
L' activité de recherche du FNP L' étude du cas de Ramosch est un exemple de l' activité de l' Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage ( FNP ), lequel est présenté dans une deuxième partie de l' exposition. Cet institut multidisciplinaire occupe environ 300 personnes à Birmensdorf ZH et dans ses antennes de Bellinzone et de Lausanne, et il concentre ses recherches sur six thèmes principaux: écologie forestière, mise en valeur de la forêt, écologie du paysage, observation de l' environnement, couverture neigeuse et dangers naturels. Ces deux derniers sujets sont surtout l' affaire de l' Insti pour l' étude de la neige et des avalanches ( ENA ) de Davos, qui fait partie du FNP.
L' exposition donne une vue d' ensemble des activités du FNP, qu' on ne peut que brièvement résumer ici:
- repérage précoce des problèmes d' environnement;
m Quel paysage 36 voulons-nous?
Exposition au Musée alpin suisse de Berne « II n' y a qu' à laisser faire la nature... » entend-on souvent dire lorsqu' il est question de protection de la nature et du paysage. Sur la base du cas de la commune de Ramosch, en Basse-Engadine, la nouvelle exposition du Musée alpin ouvre un débat sur le type de paysage de montagne que nous souhaitons: paysage aménagé et diversifié? Davantage de forêt? Une nouvelle forme de mise en valeur intensive?
L' exposition présente l' enjeu sans détours: « Nous n' échapperons pas à la nécessité de descendre la nature du piédestal sur lequel nous l' avons dressée et de la ramener à nos réalités sociales; car la nature n' est pas quelque chose de donné une fois pour toutes. » Passé et avenir du paysage aménagé Le développement du paysage aménagé de Ramosch peut être suivi de manière visuelle grâce à une « carte postale » simulée qui montre les différents stades par lesquels les lieux ont passé durant les derniers 8000 ans, depuis l' apparition de l' homme jusqu' à aujourd'hui, avec, en prolongement, trois scénarios pour l' avenir.
La photo de gauche montre lefuture, si l'on renonçait aussi paysage actuel de Ramosch.bien à soutenir l' agriculture Celle de droite présente unequ' à payer pour l' entretien du simulation de son apparencepaysage.
Informations sur l' exposition L' exposition « Forêt, neige et paysage: l' activité d' un institut de recherche. Le cas de Ramosch -quel paysage voulons-nous ?» a lieu au Musée alpin suisse, Helvetiaplatz 4, Berne, du 6 mars au 27 mai 1996. Heures d' ouverture: lu 14-17 h, ma-di 10-12 h et 14-17 h ( dès le 2 mai, en plus, ma-di 12-14 h ). Elle est ouverte tous les jours fériés.
Les textes de l' exposition sont à disposition en français et en italien, sous forme de brochure distribuée à l' entrée.
- écosystème forestier: état actuel, planification de l' utilisation, définition des charges supportablesétude des événements naturels tels que avalanches, coulées de boue, crues etc., des risques qu' ils représentent et des dégâts qu' ils provoquent. Conception de mesures de protection respectueuses de l' environnementdégâts dus à l' ozone, effets de l' augmentation du taux de dioxyde de carbone sur le climat et la végétation; -collaboration internationale, par exemple dans le domaine des écosystèmes montagnards des Alpes.
L' Institut FNP s' efforce de faire connaître au public les réponses aux questions posées par ces sujets. Il le fait, entre autres moyens, en publiant diverses feuilles d' informations et des rapports, tel celui qui paraît périodiquement sous le titre « Arguments de la Recherche ». Par ailleurs, il est possible de consulter sur demande la banque de données sur le paysage et les systèmes d' information géographique que l' institut a élaborés sur les différentes régions de la Suisse.
Selon comm.
Musée alpin suisse ( trad.. " " .M
La 6e « Rencontre dias de montagne »
Après une première édition à Interlaken, suivie de quatre autres à Zurich, la 6e Rencontre dias de montagne s' est tenue les 13 et 14 janvier 1996 à Feldkirch, la pittoresque petite ville du Vorarlberg. Par la sélection internationale des photographes-conférenciers qui s' y expriment, cette rencontre offre toujours l' occasion d' un coup d' oeil intéressant sur les domaines les plus divers des sports de montagne.
Un large éventail de sujets Le samedi matin, Christian Smekal, ancien président du Club alpin autrichien ( OeAV ), a souhaité la bienvenue aux participants. Puis Fritz März a transmis les salutations de I' UIAA ( qui patronnait à nouveau la manifestation ), rappelant en particulier le conflit croissant qui oppose protecteurs et utilisateurs de la nature et qui a pour conséquence de voir la pratique des sports de plein air dans les espaces naturels alpins et préalpins de plus en plus menacée par des interdictions et autres bouclages de sites. Passant ensuite au programme, Horst Höfler, animateur-médiateur, a annoncé une véritable petite pléiade de conférenciers qui, par le mot et l' image, ont su illustrer d' excellente façon « l' alpinisme dans le monde entier », thème général de la rencontre. Les sujets allaient de l' Antarctique à Bornéo, en passant par le Groenland, l' Amérique du Sud, l' Alaska et la Norvège. Ces présentations étaient complétées par le thème médical ( dont on doit l' introduction à Pietro Segantini ), traité par le Dr Ulf Gieseler, qui a parlé de la médecine de haute altitude, et par une conférence sur « Le côté cool des Alpes », par laquelle le glaciologue suisse Daniel Vonder Mühll a fait une démonstration claire de la problématique du pergélisol. Autres conférenciers: le Bernois Markus Itten ( « Antarctique » ), la guide de montagne du val Bregaglia Renata Rossi ( « Una donna, una valle, una storia » ) et le Grison Ruedi Hornberger ( « Sommets dans les nuages » ). Les exposés les plus remarquables à tous points de vue ( forme de l' exposé, esthétique des images, technique de projection ) ont été, une fois de plus, les travaux parfaits de Peter Rohrmoser ( « Fièvre de la jungle à Bornéo » ) et de Bruno Baumann ( « Mustang » ).
Echo relativement faible Au fil des ans, la Rencontre dias de montagne s' est acquis un petit public de fidèles composé essentiellement de visiteurs allemands, autrichiens et suisses. Considérant les possibilités d' une telle rencontre et les présentations souvent excellentes qui s' y font, elle devrait, en fait, attirer de très nombreux amis de la montagne. Car on ne trouve guère d' autre occasion, dans l' aire germanophone, de rencontrer lors d' un seul week-end un aussi grand nombre d' alpinistes actifs et d' autres personnalités qui par leur
Présentation du livre « Opération 4000 »: rectificatif
En raison d' une confusion, la photo publiée en page 56 du précédent numéro ne correspondait pas à la légende. On y voyait de fait, à droite, le divisionnaire Hansruedi Sollberger et, à gauche, le commandant du Centre d' instruction au combat en montagne, le colonel EMG Sergio Romaneschi. Ci-contre, la photo que l'on aurait dû voir, montrant donc le divisionnaire Hansruedi Sollberger ( à g. ) et l' auteur du livre Opération 4000, Heinz Leuzinger.
Nous prions les lecteurs de bien vouloir excuser cette erreur. Réd.. " " .M activité passée ont écrit l' histoire alpine. L' ambiance généralement détendue permet en tout temps de nouer des contacts personnels, que ce soit lors des pauses entre les exposés ou au cours des repas. On ne saurait donc que recommander à chacun de participer à cette manifestation qui a toujours lieu le deuxième week-end de janvier. La Rencontre dias de montagne mérite amplement un plus large écho.
Albert Schmidt, Sissach BL ( trad. ) M 37
« Citta di Trento »: Festival du film de montagne et exposition de livres
Le 44e Festival du film de montagne aura lieu à Trente ( Italie ) du 28 avril au 4 mai 1996. Il s' accompagnera d' une exposition internationale de livres de montagne ( la 10e ), qui durera quant à elle du 26 avril au 12 mai et où seront présentées les nouveautés parues en 1995 et 96 au sujet des montagnes, de leur environnement naturel, des hommes qui y vivent et de toutes les formes de sports qui s' y pratiquent. Le programme sera en outre enrichi de diverses autres attractions touchant aux livres de montagne. L' exposition se tiendra pour la première fois au Palazzo Geremia, le plus bel édifice Renaissance de la vieille ville de Trente.
Renseignements: tél. 0039/461-98 61 20 et-23 81 78.
Selon comm. Histoire, culture et littérature alpines a.
Grandes figures de l' alpinisme d' autrefois: James Eccles ( 1840-1913 )
Personnage typique de l' époque victorienne, James Eccles fut un aristocrate cultivé qui vécut dans l' aisance. Outre l' alpinisme, ses intérêts se portèrent vers la science et plus particulièrement la géologie, domaine où il se révéla très compétent. Il accomplit de nombreuses premières ou ascensions difficiles de son époque, explora en particulier le versant sud du Mont Blanc et entreprit un voyage dans les Montagnes Rocheuses.
James Eccles commença à faire de la montagne à l' âge de vingt ans et devint rapidement membre de l' Alpine Club ( 1874 ). Il lui arriva souvent de partir en montagne avec Leslie Stephen et le célèbre peintre Gabriel Loppé, son beau-frère. Durant quarante années de suite, il se rendit tous les ans dans les Alpes. S' il visita les Alpes orientales, l' Oberland bernois, le Valais et le Dauphiné, son terrain de prédilection était avant tout le versant sud du Mont Blanc. Ses nombreuses observations, parfois très poussées, de la face comprise entre l' Arête du Brouillard et celle de Peuterey firent de lui l' un des meilleurs spécialistes de ce versant. Michel Payot fut son guide attitré dès 1867. Les deux hommes, comme c' était alors souvent le cas à cette époque, se lièrent d' une amitié profonde et indéfectible. En 1871, James Eccles, emmené par Michel Payot et son frère Alphonse, réussirent la première ascension de l' Aiguille du Plan. Cette escalade n' eut rien de difficile, mais elle fut révélatrice du goût d' Eccles pour l' exploration; car à ce moment-là, il parut bien être le seul à s' intéres d' aussi près aux Aiguilles de Chamonix.
Il faudra néanmoins attendre l' arrivée de Mummery pour qu' une forte émulation se porte sur la conquête des Aiguilles de Chamonix et prononce une rupture définitive avec le classicisme des hauts sommets.
Eccles fit de nombreuses ascensions, telles que la deuxième escalade, semble-t-il, du Cervin depuis Breuil, la première de l' Aiguille du Tacul et la première du Dôme de Rochefort. Il Michel Payot fut, à partir de 1867, le guide attitré de James Eccles James Eccles ( 1840-1913 ) 38 Une cordée à proximité du' couloir Eccles, sur l' arête de Peuterey, au début du siècle réalisa également une voie nouvelle et difficile au Rosbaudenhorn1 ainsi qu' une ascension hivernale du Wetterhorn.
Aventure et mésaventure américaines En 1878, il se rendit en Amérique. Pendant de nombreux mois, il parcourut les Montagnes Rocheuses en compagnie du Docteur Haydon. Entre autres ascensions, il réussit celles du Wind River Peak et du Fremont's Peak, il traversa la Grosvente Range par le Canyon de la Hobbach River et compléta son exploration en suivant la Snake River jusqu' à Yellowstone. Durant tout ce voyage, il ne cessa de rassembler des informations géologiques en vue de parfaire ses connaissances.
C' est au cours de sa découverte des Rocheuses qu' Eccles eut l' occasion d' apprécier les innombrables qualités de son guide, Michel Payot. Plein de ressources, Payot savait notamment soigner les mulets et les chevaux, et se montrait habile dans les travaux de bûcheronnage. Cette expédition devait cependant laisser un fort mauvais souvenir au guide chamoniard. Les explorateurs voyageaient en deux caravanes distinctes dans une région troublée, à l' époque, par une guerre indienne. Lorsque, vers la fin de la campagne, la caravane d' Eccles retrouva celle de Payot, ce fut pour constater que ses membres avaient été délestés de tout leur matériel et de l' intégralité de leurs habits! Michel Payot se rendit bien compte que son crâne avait, de peu, échappé au scalp et cet épisode fut gravé dans sa mémoire pour le restant de sa vie.
L' homme du Brouillard et de Peuterey Si en 1877, James Eccles avait déjà un sérieux palmarès à son actif, ce ne fut cependant pas à ce dernier qu' il dut sa notoriété. A cette époque, seuls deux itinéraires avaient été tracés sur le versant sud du Mont Blanc: celui du Dôme, long et sans difficultés particulières, et celui de la Brenva, qui s' imposa, en 1865, comme une des toutes belles performances de l' his de l' alpinisme. Entre ces deux voies s' étendait toute la face sud du Mont Blanc, avec ses deux bassins du Brouillard et du Frêney encore vierges' A notre connaissance, la localisation et l' iden réelle de cette montagne, disparue des cartes ( ou jamais apparue !), a échappé jusqu' ici à la perspicacité des historiens!
de tout itinéraire. Eccles voulut relever ce formidable défi...
En juillet 1875, il fit avec Michel Payot et deux porteurs une reconnaissance très poussée. Ils montèrent jusqu' au sommet du glacier du Brouillard et restèrent deux jours à étudier la grande muraille qui s' étendait au-dessus de leurs têtes. Ils furent un moment tentés de se lancer dans ce qui devait devenir, quarante ans plus tard, l' Arête du Brouillard. Mais ils renoncèrent devant l' ampleur des chutes de pierres qui mitraillaient les pentes donnant accès à l' arête. Abandonnant cet itinéraire, ils traversèrent sous la face de l' Innominata et, très impressionnés par sa raideur, décidèrent de redescendre dans la vallée. L' automne suivant, Eccles vit dans la vitrine d' un magasin de Londres une photo de la face sud du Mont Blanc, prise sous un angle très intéressant. Il l' étudia avec beaucoup de minutie et découvrit une possible solution à son problème.
Il retourna à l' assaut mais ses tentatives furent gâchées par un mauvais temps continuel. Eccles revint en 1877 et, après quelques ascensions effectuées par un temps exécrable, il parvint, à l' aide de son télescope, à voir d' un sommet voisin, situé au sud, l' iti convoité. En compagnie de Payot, il étudia son projet pendant des heures et finit par dresser un plan d' attaque. Les obstacles étaient multiples. Parmi ceux-ci, le glacier du Brouillard et sa jonction avec le pla- teau supérieur du Frêney n' étaient pas des moindres. Mais Eccles avait la chance d' avoir Michel Payot comme guide, car ce dernier était réputé pour ses facultés sur les terrains neigeux. Ses dons se révélaient extraordinaires sur les glaciers tourmentés et il trouvait toujours le bon passage entre crevasses et séracs; c' était un guide extrêmement sûr. Son livret de guide, témoignant de sa très belle carrière, ne mentionne aucun accident au sujet des caravanes qu' il conduisit.
Le 30 juillet 1877, James Eccles, Michel et Alphonse Payot remontèrent le difficile glacier du Brouillard et installèrent un bivouac à proximité d' un petit col appelé aujourd'hui col Eccles. Partis le lendemain à 3 heures du matin, ils descendirent une pente délicate en direction du Plateau supérieur du Frêney. C' est ce même itinéraire qui est aujourd'hui considéré comme le meilleur accès aux Piliers du Frêney. Les trois grimpeurs traversèrent la cuvette glaciaire et s' attaquè à un couloir de très forte inclinaison, à l' aplomb de ce qui deviendra plus tard l' Arête de Peuterey. Il était 6 heures du matin et le couloir se trouvait en glace. Les Payot taillèrent pendant cinq heures! Lorsque les grimpeurs débouchèrent sur l' arête, en amont du Pilier d' Angle, ils la trouvèrent si mince qu' il y était impossible de changer de leader. Alphonse Payot, alors en tête, dut continuer à tailler pendant encore deux heures et demie. La dernière pente menant au Mont Blanc de Courmayeur était com- parable à l' inclinaison de celle de la Brenva et les corniches sommitales remplaçaient avantageusement la barre de séracs que l' expédition d' A. W. Moore dut franchir pour gagner le col de la Brenva.
Les puissants coups d' alpenstock de Michel Payot eurent bientôt raison de la corniche et les trois hommes débouchèrent au sommet du Mont Blanc de Courmayeur vers midi, le 31 juillet. A 17 heures ils étaient à Chamonix.
Cette ascension fit date dans l' his de l' alpinisme. Elle n' a plus aujourd'hui qu' un simple intérêt historique car l' itinéraire est malheureusement passablement détourné. La voie originale ne sera reprise qu' une seule fois, par S.L. Courtauld, I. Finch et G. Oliver avec Adolphe et Alfred Aufdenblatten, les 7 et 8 août 1921.
La première ascension de la face sud du Mont Blanc consacra la virtuosité de James Eccles. Elle fut également tout à l' honneur des guides Michel et Alphonse Payot, qui purent démontrer le courage et l' habileté dont ils étaient capables. Par la suite, Eccles invita son guide à plusieurs reprises pour effectuer des voyages en Ecosse et y chasser le coq de bruyère. Michel Payot était passionné d' histoire naturelle, ce qui ne pouvait déplaire à James Eccles.
Dominique Roulin, Veyrier GE 39 Le très majestueux versant sud du Mont Blanc. On remarque, au centre de la photo, le glacier du Brouillard et, se détachant sur le ciel au fond à droite, l' arête de Peuterey. James Eccles et les Payot utilisèrent au mieux les faiblesses de cette face pour en réaliser la première ascension, en 1877.
l Vie et loisirs en montagne l Vita e tempo libero in montagna l Leben und Freizeit im Berggebiet Jürg Alean, Eglisau ZH En fin de compte, la pluie nous a quand même 40 atteints! En effet, nous avons été proprement rincés sur le court trajet pédestre nous conduisant de la station inférieure du téléphérique à Wasserauen, terminus de la ligne des Chemins de fer appenzellois. Par cette averse diluvienne, saint Pierre nous a montré ce qu' il nous avait épargné pendant les cinq jours précédents où un magnifique temps estival nous a tenu compagnie, mon collègue Walter et moi, ainsi que dix-neuf jeunes gens et filles du gymnase cantonal de l' Unterland zurichois. Durant le voyage de retour, l' agréable bercement du train m' incite à rassembler mes impressions de cette semaine au grand air.
Walter et moi, tous deux professeurs de biologie et de géographie, sommes d' avis que notre enseignement se déroule souvent dans un milieu inadéquat; en effet, la géologie, la morphologie, l' écolo et tout ce qui touche à la diversité de la flore et de la fatine, ne devraient pas être inculqués dans une salle de classe, mais en pleine nature! C' est pourquoi nous avons choisi la région de l' Alpstein pour organiser une semaine de cours en plein air, destinée à transmettre à nos élèves un peu de notre enthousiasme, ainsi qu' à mieux nous connaître les uns et les autres; ce fut, à vrai dire, une réussite en tous points.
Notre semaine d' escapade a débuté un dimanche après-midi de juillet. Auparavant, nous avions consacré en classe quelques heures de géographie et de biologie à la géologie des Alpes, à l' écologie, à la diversité de la flore alpine et aux rudiments du comportement animal, ces connaissances devant être par la suite développées et approfondies par le contact direct avec la nature. Citons aussi, comme autres buts de cette entreprise, l' enrichissement personnel, la compréhension par la pratique et, dans la mesure du possible, la joie que procure la confrontation volontaire et consciente avec les phénomènes naturels.
Par ce résumé journalier, décrivant sans prétention le déroulement de cette semaine, j' espère inciter l' un ou l' autre de mes collègues, ami de la nature ou moniteur de jeunesse, à apprécier et à utiliser de manière analogue les diverses facettes géologiques et biologiques de ce petit massif du Säntis.
Une semaine de classe en plein air à l' Alpstein et au Säntis
Dimanche - Sous les étoiles
A 18 h 40, le contrôleur de la cabine du téléphérique prend congé de nous au sommet du Hoher Kasten. Au restaurant, tout est prêt potir l' accueil de notre groupe déjeunes affamés qui ne tardent pas à déguster un copieux repas. Le temps splendide nous promet une nuit étoilée et mon enthousiasme d' astronome amateur ne laisse pas échapper cette occasion idéale de préparer mes accompagnants à un « voyage dans l' espace », même si l' astronomie ne représentera qu' une occupation accessoire durant les jours suivants. Après un magnifique coucher de soleil, il me reste juste assez de temps, dans le restaurant désert transformé en spacieuse salle de théorie, pour une rapide introduction à l' usage des instruments emportés. Nous apprenons à orienter et à ajuster la carte céleste Seealp-Säntis-Alt-mann-Hoher Kasten, avec tracé de l' itiné de l' excursion. Extrait de la CN 1:50000 Säntis.
mobile que j' ai bricolée moi-même, pour qu' appa le secteur du ciel visible ce soir après le crépuscule.
Chaudement habillés, nous nous rendons ensuite sur la terrasse du sommet, située loin au-dessus de la couche de brume recouvrant la plaine et, à l' abri de la gêne créée par l' éclairage public ou d' autres lumières parasites, nous cherchons à identifier les groupes d' étoiles et les planètes. La plupart d' entre nous ne connaissent Vénus ou Jupiter que de nom, de même que les constellations d' Hercule, du Cygne, du Sagittaire ou du Capricorne, car ils ne les ont jamais vues en réalité.
En tout premier lieu, les groupes d' élèves doivent déceler deux étoiles assez peu lumineuses, situées dans la Lyre et Céphée, en déterminant le plus exactement possible leur magnitude, par comparaison avec d' autres corps célestes. Ces observations seront répétées les soirs suivants, car ces deux objets sont des étoiles variables ( Bêta Lyrae et Delta Cephei pour les connaisseurs ) dont la luminosité change notablement en quelques jours. Le temps nous permettra-t-il de les observer les nuits prochaines?
233 756 Nous poursuivons avec le voyage intersidéral annoncé. Je « dirige » mon groupe, équipé de jumelles, à travers le ciel, en passant tout d' abord par Jupiter et ses satellites, notre proche voisinage cosmique, puis par quelques étoiles doubles, distantes de plusieurs années-lumière, pour aborder finalement les galaxies du ciel profond, dont la lumière met des millions d' années à nous parvenir.
La liaison avec la géologie est ainsi toute trouvée; en effet, nous remontons de plusieurs millions d' années l' histoire de l' univers, jusqu' à l' époque où se sont formées les roches sur lesquelles nous marcherons et que nous escaladerons les jours suivants!
Lundi - Promenade géologique et biologique, surprises incluses
La nuit n' a guère été calme dans le dortoir et il est grand temps que nous procurions une saine fatigue corporelle à nos jeunes gens. La journée s' annonce splendide et nous prenons notre petit déjeuner face à la vallée saint-galloise du Rhin, au Vorarlberg, au Vie et loisirs en montagne
lac de Constance et au sud de l' Allemagne. Du sommet, nous faisons ensuite un rapide tour d' horizon sur les cimes où nous conduira notre expédition: le Mutschen, l' Altmann, l' arête du Lisen et le Säntis ( cf. ill. 1, ci-contre ). Ce survol géographique rend songeurs plusieurs de nos élèves, qui se demandent comment ils vont accomplir cette performance avec un sac à dos si lourd!
Un itinéraire géologique débutant au Hoher Kasten nous conduit jusqu' à la Saxerlücke, par le Stauberen. Il est décrit dans le guide Geologischer Wanderweg Hoher Kasten - Saxerlücke, de Hans Heierli, et les remarquables panneaux explicatifs placés aux points marquants du parcours complètent l' information géologique du touriste intéressé. Nous nous arrêtons à quelques-unes de ces stations seulement, car nous voulons aussi nous consacrer à des observations personnelles et tenter de résoudre, par nos propres moyens, si modestes soient-ils, les énigmes que nous posent les pierres. Lors d' une première halte prolongée, nous dessinons les magnifiques plis que forment les couches de calcaire et de marne du Stauberen ( cf. ill. 2, p. 44 ), ce qui nous permet de suivre attentivement la chronologie des sédiments du Crétacé. Rapidement, nous remarquons la dureté variable de la roche et son influence décisive sur le modelé du paysage; le calcaire massif, clair et fissuré de l' Urgonien, résistant bien aux intempéries, a formé des parois abruptes invitant à la grimpe, tandis que les couches du Drusberg, constituées de marne assez tendre et offrant une plus grande prise à l' érosion, se désagrègent plus facilement, créant en maints endroits des plans de glissement qui ont été à l' origine des nombreux éboulements postglaciaires de la vallée saint-galloise du Rhin.
Walter, notre biologiste, a aussi quelque chose à se mettre sous la dent. Il observe avec une joie évidente l' influence de la diversité géologique sur les variations du tapis végétal. Notre itinéraire entre le Hoher Kasten et le Stauberen se déroule en majeure partie sur les couches du Drusberg, contenant de nombreux horizons marneux. Cette roche est moins perméable que le calcaire et sa composition minérale plus riche, ce qui nous gratifie d' une flore plus variée et d' une forêt d' aulnes plus dense que le long de l' étape suivante de notre marche, qui nous mène au sud-ouest du Stauberen, sur les longues assises monotones de calcaire urgonien. La flore y est plus uniforme, mais les pins nains plus nombreux, conformément aux manuels de botanique.
La détermination des plantes et la connaissance des espèces florales n' est pas l' apanage de tout un chacun. C' est pourquoi Walter saisit cette occasion pour donner libre cours à sa fantaisie didactique
hors du milieu scolaire habituel: à plusieurs haltes, il nous divise en petits groupes, chacun chargé de déterminer, soit cinq fleurs ( parfois des orchidées ), soit cinq plantes ligneuses ( souvent sous leur forme rabougrie, en raison des conditions rigoureuses propres à la proche limite des arbres ), au moyen des manuels de poche que nous avons emportés. Chaque groupe se spécialise sur un sujet précis et Walter contrôle brièvement si tout se passe bien ( cf. ill. 3, p.44 ). Par la suite, les groupes sont modifiés de telle manière qu' un spécialiste confirmé dans une espèce florale ou une autre se trouve dans chaque nouvelle formation et la fasse bénéficier de son savoir. Ce procédé pédagogique, appelé « enseignement en groupe selon la méthode du puzzle », améliore l' attention, et l' intérêt pour le sujet présenté est plus vif que lorsqu' on l' assimile passivement à réitérées reprises dans une morne salle de classe.
Le programme de la journée comporte également une « surprise », abondamment commentée durant la marche précédente. Juste après le passage du Hochhus, je conduis notre groupe hors du sentier balisé en direction de l' alpage d' Alpeel, par une pente assez raide. Une centaine de mètres environ en contrebas du col, au-dessus d' une falaise rocheuse, se dévoile le secret tant attendu, sous la forme d' une grotte ( coord.751,. " " .540/253,. " " .420 ). Les ossements qui y ont été découverts indiquent que des ours des cavernes et des chasseurs de l' âge de pierre l' ont probablement habitée par intermittence. Son couloir d' entrée, en légère pente ascendante, pénètre de septante mètres à l' intérieur de la montagne et contient quelques concrétions calcaires sans grand intérêt. Des moutons s' y abritent parfois par temps pluvieux, ce qui agrémente notre exploration spéléologique de senteurs particulières. La formation de cette caverne nous conduit au thème de l' érosion karstique, et je présente quel-
111.1 Vue du Hoher Kasten sur l' Alpstein. Notre excursion nous conduit, en cinq jours, par l' arête de gauche ( sentier géologique Hoher Kasten - Saxerlücke ) à Bollenwees, au bord du lac de Fälen ( invisible sur la photo, derrière le lac de Säntis, aisément reconnaissable ). Les deuxième et troisième jours, nous franchissons l' arête visible à l' arrière, au milieu de la photo, en direction du Säntis ( deux névés assez vastes ). Après un jour de travail au sommet, nous redescendons à l' alpe d' Eben par l' arête tout à droite.
ques exemples locaux de drainage souterrain, notamment ceux des lacs de Fälen et de Säntis, dont les émissaires sont invisibles ( j' illustre les variations de niveau du second à l' aide d' une photo de comparaison que j' ai emportée ).
Toutefois, un petit incident s' est produit peu auparavant. Lors d' un arrêt botanique au-dessus de la Saxerlücke, un sac à dos mal posé sur le sol se met à rouler à toute vitesse sur plusieurs centaines de mètres, le long d' une raide pente herbeuse. Il semble tout d' abord impossible de le récupérer, mais je le localise finalement à l' aide de jumelles. Un détour par la Saxerlücke et la cabane de Nesslen est nécessaire pour l' atteindre, et je me charge de cette entreprise hasardeuse à travers un terrain escarpé. Resté sur l' arête, Walter me guide par des signes de la main jusqu' à l' endroit où s' est arrêtée cette indispensable pièce de notre équipement, tan-
Vie et loisirs en montagne a.
dis que le reste du groupe se rend à l' auberge de montagne de Bollenwees, où l' attendent un repas chaud et des douches plus que bienvenues.
Nous terminons cette première journée de course par quelques conseils amicaux sur la manière de procéder avec les sacs de montagne et par de nouvelles observations astronomiques.
Nous ne nous pressons pas pour affronter la pénible montée à la Saxerlücke. Quelques garçons courageux en profitent pour commencer la journée en piquant une tête dans les eaux glacées du lac de Fälen ( cf. ill. 6, p.47 ). Ensuite, Walter attire notre attention sur les myrtilles poussant dans la futaie derrière l' auberge. Pourtant, ces baies ne prospèrent pas volontiers sur le calcaire basique, lui préférant des roches plutôt acides. Mais cette curiosité biologique s' explique par le fait qu' elles croissent ici sur un sol acidifié par la décomposition d' innom aiguilles de pin. Après un copieux petit déjeuner, notre colonne attaque la rude grimpée à la Saxerlücke. Parvenus au col, nous essayons de nous imaginer le gigantesque déploiement des forces telluriques nécessaires pour déplacer de quel-
III. 3 Séance de détermination botanique en contrebas de la Saxerlücke. Le sous-sol marneux ( couches du Drusberg ) détermine ici une plus grande diversité de la flore que sur le trajet situé au sud-ouest du Stauberen ( calcaire urgonien ).
ques centaines de mètres, le long du décrochement Sax-Schwendi, les plis géologiques du nord-est de l' Alpstein par rapport à ceux de sa partie sud-ouest. Cet accident tectonique, bien visible ici, a déterminé, entre autres conséquences, la formation du lac de Fälen.
Le moment est venu de dîner sur l' alpage de Roslen, devant le décor imposant des Kreuzberge. Face à nous, sur l' autre versant, des marmottes, également affamées, s' empiffrent sans relâche pour constituer leurs réserves de graisse de l' hiver prochain.
Au cours des précédentes leçons de biologie, quelques élèves ont préparé de brèves notices sur les principales espèces animales vivant dans l' Alp. C' est l' occasion toute trouvée pour le groupe « marmottes » d' exposer son sujet sur le vif, d' autant plus que ces rongeurs se comportent devant nous exactement selon le schéma décrit.
Nous laissons nos sacs au Mutschensattel. Une petite excursion facultative est prévue au sommet du Mutschen, à laquelle s' intéresse tout d' abord la moitié de la classe seulement. Mais, les uns encourageant les autres, tous les participants se rendent finalement à ce belvédère, d' où nous jouissons d' une impressionnante vue plongeante sur les Kreuzberge ( cf. ill. 7, p.47 ) et la vallée du Rhin. Le temps semble si stable que personne n' envisage une éventuelle détérioration.
III.2 Les couches de calcaire urgonien du Stauberen forment ici un magnifique plissement. Son flanc droit se situe exactement derrière les trois bouches d' écoulement de la plate-forme supportant le panneau explicatif, tandis que le flanc gauche plonge en direction de la vallée saint-galloise du Rhin ( bord
Le parcours suivant, un vrai régal pour les yeux, nous conduit sur la large croupe de Chreialp, en direction de l' Altmann. Un agréable sentier serpente à travers une véritable mer de fleurs. A ce moment de l' année, les dernières soldanelles déploient encore leurs corolles à travers les ultimes taches de neige, tandis que quelques gentianes de Koch se marient avec les fleurs de la véronique d' été et la diversité des saxifrages. Nous côtoyons plusieurs belles dolines, dépressions caractéristiques en forme de cratère, dont la présence sur ce plateau élevé aux formes adoucies mérite une explication ( éboulement de grottes sous-jacentes, dissolution du calcaire par l' eau de pluie et de fonte des restes de vieille neige ). A cette altitude, l' érosion en terrain plat est évidemment moins active que sur des pentes abruptes. Par conséquent, les assises calcaires dénudées sont longuement soumises aux intempéries. C' est pourquoi, l'on trouve, au voisinage de ces dolines, des bancs de calcaire aux débris de coquillages particulièrement bien mis en relief par l' action corrosive des eaux météoriques.
Nous arrivons à la cabane CAS du Zwinglipass en fin d' après. Mmc Kessibucher, montée exprès pour nous de Wildhaus avec un aide, nous y accueille chaleureusement. Confortablement installés sur la terrasse, nous devisons sur tout ce que nous avons vu et appris au cours de cette journée, puis nous consacrons le temps nécessaire à une bonne partie de yass, avant que la fraîcheur du soir ne nous incite à rentrer au chaud.
Mercredi - Blocs de rochers et bouquetins
Pour la première fois depuis notre départ, le ciel est quelque peu nuageux, ce matin. Par rapport à hier soir, l' altimètre affiche une modeste élévation d' altitude, correspondant à une faible baisse de la pression atmosphérique. Quelques élèves semblent soucieux, non pas en raison de l' aspect du ciel, mais plutôt à la pensée de la grimpée jusqu' au col de l' Altmann, prévue pour aujourd'hui. En effet, pour la plupart d' entre eux, une longue marche en montagne avec paquetage complet n' est pas monnaie courante. Entre les cols de Zwingli et de l' Altmann, le randonneur traverse sur une courte distance un anticlinal, puis un synclinal; il rencontre ainsi à plusieurs reprises les mêmes séries de couches rocheuses, mais chaque fois dans l' ordre inverse par rapport à la précédente. On peut facilement identifier dans ces profils géologiques le « Gault », un niveau du Crétacé moyen caractérisé par des grès d' une couleur rouille due à l' érosion.
III.4 De splendides lis orangés s' épanouissent à proximité du chemin, dans la pente abrupte descendant vers la vallée saint-galloise du Rhin. Au fond, les Kreuzberge.
Vie et loisirs en montagne v a III.5 Pause photographique de deux heures, réalisée à Bollenwees, en direction de l' Altmann. Le mouvement apparent des étoiles ( rotation terrestre ) s' inscrit en traînées lumineuses sur la
Au cours d' excursions géologiques dans le massif du Säntis, on ne rencontre pas d' alternance spectaculaire entre les roches sedimentaires et cristallines, comme souvent ailleurs dans les Alpes. En revanche, les formations de calcaire, de marne et de grès présentent des différences suffisamment marquées pour qu' on puisse facilement les reconnaître, tout au moins les plus importantes, telles que le calcaire urgonien, de couleur claire, les couches grises du Drusberg et, naturellement, le Gault rouge-brun. Par ailleurs, la tectonique de la région est assez compliquée à comprendre pour les débutants, en raison de ses nombreuses failles et rejets.
Tout au début de la montée au col de l' Altmann, à quelques centaines de mètres seulement de la cabane du col de Zwingli, la nature nous présente une magnifique illustration géologique sous la forme de bancs de calcaire urgonien ( cf. ill. 8, 9 et 10, p.48; coord. 746,600/233,. " " .400 ), laissant apparaître des millions de coquilles d' huîtres et de turritelles, certaines remplies de cristaux de calcite.
pellicule. On distingue la coloration des corps célestes, allant du bleuâtre au jaune, en passant par le blanc. Les pointillés proviennent des feux de position d' avions.
Nous escaladons de véritables cimetières de mollusques alternant avec des lapiés et des rigoles tout aussi spectaculaires, profondément creusées par les eaux de pluie et de fusion de la neige. Les élèves s' adonnent spontanément à de belles parties de grimpe. Ils assimilent ainsi la roche avec leurs mains et cette symbiose avec la nature est de loin préférable aux quelques thèmes géologiques détachés de leur contexte et traités en classe. Il faut maintenant traverser un névé assez vaste et nous encourageons quelques élèves fatigués en leur promettant une rencontre avec des bouquetins au-delà de la crête. En effet, sitôt le col de l' Altmann atteint, nous admirons une harde de ces splendides animaux s' approchant de la place prévue pour notre halte de midi. Aiguillés par l' instinct du reportage photographique inédit, plusieurs adolescents s' empressent de prendre des instantanés et je dois les rendre attentifs aux dangers du terrain accidenté. En outre, des perdrix des neiges témoignent de leur activité par leurs cris stridents mais, grâce à leur excellent mimétisme, nous les distinguons à peine, hormis le cerne rouge de leurs yeux qui trahit leur présence à mon œil exercé d' astronome amateur.
III.6 Ambiance matinale au bord du lac de Fälen. Le débit de ses affluents, alimentés par l' eau de pluie et de fonte des neiges, est plus irrégulier que celui de son émissaire souterrain. Par conséquent, son niveau peut varier de plusieurs mètres selon la saison.
En raison du ciel voilé, nous laissons à notre droite la cime de l' Altmann, que les quelques habitués de la montagne présents parmi nous auraient volontiers gravie en passant. La vertigineuse vue plongeante sur le col du Rotstein soulève quelques appréhensions. Devrons-nous réellement descendre jusque là-bas? Toutefois, à condition de prendre son temps, les câbles d' acier solidement ancrés dans le rocher et les marches bien taillées offrent toute la sécurité nécessaire à un groupe discipliné.
Après un arrêt au col du Rotstein, nous attaquons la partie la plus difficile de la journée, la montée au sommet du Säntis par l' arête du Lisen. Avant le passage le plus délicat, Walter nous montre encore de magnifiques exemplaires de l' andro suisse dont il connaît parfaitement l' emplace exact, grâce à de nombreuses excursions botaniques antérieures. Devenant de plus en plus escarpé, le sentier de crête offre aux uns la joie d' une escalade très variée sur des arêtes et par d' étroites brèches, tandis que, pour les autres, ce
III.7 Montée de l' alpe de Roslen au col du Mutschen. La silhouette accidentée des Kreuzberge résulte de l' action des intempéries sur le flanc presque vertical d' un anticlinal. L' autre côté de celui-ci a déjà complètement disparu en raison de l' érosion latérale plus active du versant occidental de la vallée saint-galloise du
cheminement au-dessus du précipice constitue une épreuve de courage inaccoutumée ( cf. ill. 12, p. 49 ). Les natures les plus prudentes se sentent rassurées en progressant immédiatement derrière moi, car j' attire leur attention sur tel ou tel pas difficile, tandis que Walter, tout aussi prudent, joue consciencieusement le rôle de lanterne rouge.
Cela fait toujours plaisir à un chef de groupe de voir un élève se charger du paquetage d' un camarade plus faible que lui, sans qu' on le lui demande. D' ailleurs, l' ambiance générale est excellente, ainsi qu' en témoignent les nombreuses marques d' entraide et les encouragements distribués tout au long de cette montée harassante. A l' arrivée, une élève affirme qu' elle ne se serait jamais crue capable de grimper jusqu' en haut! C' est ainsi que se réalise l' un des buts importants de notre « trekking de l' Alpstein »: la mesure de ses propres possibilités.
Nous arrivons au Säntis à l' heure prévue, après avoir entendu claquer les premiers coups de foudre
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sur le Kalbersäntis, que nous avons traversé une demi-heure auparavant. Il est encore possible, actuellement, de passer la nuit à l' hôtel du sommet, ce qui ne le sera plus après sa transformation, car le dortoir et les chambres seront fort probablement supprimés. On pourra toutefois encore dormir au sommet de cette montagne, sauf en hiver, à l' Alter Säntis, un établissement situé un peu en contrebas. Notre groupe dispose donc d' un bon dortoir et de douches, mais il faut économiser l' eau, convoyée par le téléphérique.
Avant d' aller dormir, quelques élèves infatigables sortent pour répéter les observations de luminosité de nos deux étoiles variables, en dépit des lambeaux de nuages et de la fraîcheur du vent. Une modification s' est réellement produite et nous renvoyons au lendemain l' explication de la cause de ces variations de magnitude. Il existe en effet plu-
III. 8 Au col de Zwingli, j' ai demandé à Walter de descendre dans une fissure du lapié, pour en montrer les dimensions.
111.10 Assises de calcaire urgonien au col de Zwingli. Lors de leur sédimentation, les coquilles de turritelles et d' huîtres, mesurant parfois jusqu' à dix centimètres ( ainsi qu' en témoigne la photo ), ont parfois laissé des vides dans la roche, au travers desquels des eaux chargées de minéraux dissous se sont écoulées lors de la formation de la montagne. Il en est résulté des cristaux de calcite blanche remplissant peu à peu la presque totalité de ces alvéoles.
III.9 Les champs de lapiés de l' Altmann invitent à la grimpe. A cet endroit, le calcaire urgonien est puissamment attaqué par l' action corrosive des eaux météoriques au cours des mille-
sieurs hypothèses, dont certaines s' approchent de la vérité. Pour Bêta Lyrae, deux étoiles tournent l' une autour de l' autre et la première occulte la seconde pendant un bref laps de temps à chaque révolution. Quant à Delta Cephei, cette étoile géante est instable et animée de pulsations; en phase de contraction, elle devient plus brillante que durant son expansion.
Jeudi - Une journée au sommet
Depuis fort longtemps, je désire passer une journée entière au sommet du Säntis. Ce souhait va se réaliser, car nous avons estimé judicieux de prévoir un jour de repos sur cette montagne, puisque tous les
autres sont bien remplis par la marche sac au dos. Nous avons toutefois organisé un riche programme à cet endroit, afin que nos adolescents ne s' ennuient pas.
Le temps s' éclaircit et nous nous rendons rapidement au sommet de la montagne. De cet observatoire, nous ne nous attardons pas à détailler les horizons montagneux lointains, car Walter découvre soudain un joli troupeau de bouquetins se chauffant au soleil, en contrebas du petit glacier appelé Gross Schnee. Nous chaussons illico nos souliers de montagne pour la descente. Le spectacle des puissants mâles, accompagnés de leurs femelles, et le jeu des petits fascinent notre groupe; quant à Walter, il se réjouit intérieurement de la durée prolongée de l' observation de ces animaux peu farouches.
Nous remontons au sommet vers 14 heures, pour la visite des « dessous » du Säntis. Nous sommes reçus par M. Lehnher qui va nous présenter, pendant une heure et demie, le centre de télécommunications des PTT et, notamment, la station d' observation météorologique.
Avec d' autres employés, M. Lehnher est chargé de la surveillance de cette station qui nous intéresse tout particulièrement, en relation avec le chapitre « temps et climat » de notre programme d' enseigne. Il nous fournit non seulement quantité d' explications captivantes sur ses instruments de mesure, l' observation des nuages et ses autres tâches dans ce domaine, mais aussi nombre d' anec inédites sur les humeurs du temps et le comportement parfois curieux des touristes.
C' est certainement le compteur d' éclairs qui soulève le plus vif intérêt, car il enregistre en ce moment même le nombre et la distance des décharges électriques liées à l' approche d' un orage. Ses informations sont immédiatement exploitées
par un technicien qui vient demander s' il faut prévoir la mise en route de la génératrice diesel du groupe de secours. Nos élèves considèrent comme une évidence que la diffusion télévisée des championnats du monde de football, qui vient de commencer, ne soit pas interrompue, même pendant quelques secondes!
Vendredi - Descente et chasse aux diamants
Diane précoce aujourd'hui, car notre temps de marche est rigoureusement compté. Nous bouclons nos sacs avant le petit déjeuner déjà, mais ils seront moins encombrants, car mes parents m' ont proposé de remporter la majeure partie de nos affaires, qu' ils redescendront à Wasserauen par le téléphérique, puis transporteront avec leur voiture, munie d' une remorque. C' est donc avec le dos soulagé
111.12 Progression du col du Rotstein au sommet du Säntis. Ce parcours particulièrement délicat de notre randonnée a exigé une allure lente et disciplinée.
111.11 Les bouquetins de l' Alp se sont accoutumés à la curiosité des touristes. Toutefois, les mâles s' oppo vigoureusement aux tentatives d' approche trop insistantes.
Vie et loisirs en montagne 111.13 Recherche de minéraux à l' Oehrlisattel. A cet endroit, la plus ancienne formation géologique de l' Alpstein
que, pour une fois, nous attaquons l' étape de la journée, en direction de l' alpe d' Eben.
Le passage du rocher au second petit glacier du Säntis, le Blau Schnee, est un peu délicat, mais son franchissement ne présente cependant aucun problème majeur, grâce à un câble d' acier judicieusement placé. La température clémente nous permet ensuite une progression rapide et agréable à la surface de la glace, à nouveau en compagnie de bouquetins.
Le temps a définitivement changé et nous essuyons une brève averse à l' Oehrlisattel. Il s' amé ensuite légèrement et nous pouvons nous consacrer sans souci à notre dernière halte géologique, la recherche des diamants de l' Oehrli. Plusieurs d' entre nous doutaient vraiment de la réalité de ce point particulier de notre programme. Ces raretés minéralogiques ne sont cependant pas de vrais diamants, mais de petits cristaux de roche, caractérisés par une forme de prisme court et une absolue transparence.
Dès les premières trouvailles, chacun est saisi par la fièvre de la recherche. Marteau et burin ne sont pas nécessaires ( d' ailleurs, l' emploi de ces outils est apparemment interdit dans le canton d' Appenzell ) à l' extraction de ces « diamants », car ils sont simplement mêlés au sable marneux gris foncé du lit du torrent ( coord. 745,500/236,. " " .600; cf. ill. 13, cidessus ). L' attention et les efforts de nos prospecteurs-
contient des cristaux de quartz d' une limpidité absolue. Ce sont les « diamants » de lOehrli.
cristalliers en herbe sont bientôt récompensés par la découverte de cristaux mesurant jusqu' à un centimètre. Deux de nos élèves sont si impressionnés par leur tableau de chasse qu' ils reviendront avec leurs parents pendant les vacances d' été et trouveront encore d' autres spécimens particulièrement beaux.
Mon sac à dos étant léger aujourd'hui, je le charge d' une plaque de roche contenant de splendides fossiles d' huîtres, que Walter vient de dénicher. Je compte l' exposer au collège cantonal comme souvenir de notre semaine de travail en plein air. Mais je m' en mords les doigts pendant la montée suivante vers le Schäfler; cependant, il n' est plus question de l' abandonner sur place, l' ayant déjà transportée sur une trop longue distance.
En fin de course, nous regrettons de devoir presser quelque peu nos élèves le long de l' agréable chemin de montagne, serpentant entre de splendides buissons de rhododendrons en fleurs. Mais cela s' est avéré judicieux, car nous arrivons au téléphérique de l' alpe d' Eben au moment où la pluie se met à tomber sans discontinuer.
Epilogue
Au sommet du Säntis déjà, nous avons vivement félicité nos élèves de leur bonne coopération et de leur excellente camaraderie. Pour nous enseignants, ce fut aussi une semaine de travail remarquablement réussie.
111.14 Ce « diamant », mesurant huit millimètres, est encore soudé à sa roche-mère, la marne de l' Oehrli. Sa forme prismatique, courte et ramassée, le distingue du quartz des Alpes centrales, aux prismes assez allongés.
La majorité d' entre nous a ressenti l' impression de passer une semaine de vacances à la montagne. Toutefois, en examinant notre entreprise de plus près, nous en avons tous retiré beaucoup plus, car, outre toutes les péripéties vécues ensemble, nous avons appris nombre de choses les uns des autres et ainsi fait plus ample connaissance.
Notre contact avec la nature par le truchement des étoiles, des cailloux, des fossiles, des minéraux, des animaux et des plantes, s' est révélé beaucoup plus intense que celui qu' on peut établir au cours de la vie scolaire de tous les jours. Nos travaux préparatoires en classe et l' attribution concrète de sujets d' étude aux différents groupes d' élèves nous ont permis de travailler de manière bien ciblée sur le terrain. En outre, la répartition quotidienne en petites unités ( à l' exception de la journée passée au sommet du Säntis ) a conféré à l' entreprise un caractère varié et stimulant. Quant aux performances exigées par la marche et le poids des sacs de montagne, elles se sont avérées tout à fait supportables. Toutefois, notre programme n' aurait comporté que peu d' échappatoires en cas de pluie persistante. Mais ce risque s' est finalement révélé payant, car nous aurions manqué cinq journées estivales bien ensoleillées à l' Alpstein, si nous avions renoncé à notre projet par crainte du mauvais temps.
Bibliographie Heierli, Hans: Der geologische Wanderweg Hoher Ka-sten-Stauberen-Saxerlücke mit einer Einführung in die a.
< 111.15 Ce « diamant » de l' Oehrli, mesurant cinq millimètres, a été découvert enfoui dans un éboulis.
geologischen Grundlagen. Fehr' sche Buchhandlung,
St-Gall 1972
Geologischer Führer der Schweiz, excursions 30e et
30g. Ed. Wepf, Bale 1967
Labhart, Toni P.: Geologie der Schweiz. Ed. Ott,
Thoune 1992
Carte nationale 1:25 000 1115 Säntis
Carte nationale 1: 50 000 237 Appenzell
Adresses utiles
Auberge de montagne du Hoher Kasten ( dortoirs, chambres ), tél. 071/88 13 22
Auberge de montagne de Bollenwees ( dortoirs, chambres, douches ), famille Manser, tél. 071/88 11 70; si pas de réponse, tél. 071/88 16 20
Cabane CAS du Zwinglipass, famille Kessibucher, tél. à Wildhaus seulement: 074/7 2802
Auberge de montagne du Säntis ( Alter Säntis ), tél. 071/88 11 60 ( fermée en hiver ); tél. 071/ 88 14 11 ( privé )
Hôtel Säntisgipfel ( station supérieure du téléphérique ), tél. 071/58 16 46
Telecom PTT, Schochgasse 6, Case postale, 9001 Saint-Gall, tél. 071/21 21 21 ( visites du centre de télécommunications et de la station météorologique
Traduit de l' allemand par Cyril Aubert
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Seuls les guides en possession d' un diplôme du CAS valable pour l' année en cours peuvent exercer leur profession. Pour 1996, les guides concernés figurent dans la liste ci-dessous. Les guides détenteurs d' une patente cantonale figurent dans les listes cantonales affichées dans les cabanes, les offices du tourisme et les bureaux des guides.
Argovie Bucheli Martin, 5620 Bremgarten Haltmeier Jürg, 5200 Brugg Rutz Peter, 5015 Erlinsbach grist Hanspeter, 5112 Thalheim Xppenzell Fitzi Hans, 9100 Herisau Forster Gottfried, 9100 Herisau Fuster Beda, 9050 Appenzell Keimer Heiner, 9107 Urnäsch Schawalder Herbert, 9057 Weissbad Schoop Hampi, 9107 Urnäsch Steininger Werner, 9056 Gais Bêle Esch Hanspeter, 4448 Läufelfingen Holdener Werner, 4132 Muttenz Meyer Jürg, 4054 Basel Wassermann Emanuel, 4051 Basel Zurfluh Hansruedi, 4123 Allschwil Berne Hoedle Georg, 3812 Wilderswil Orler René, 3700 Spiez Rohrer Martin, 2742 Perrefitte Wicky Michael, 3098 Köniz ( Be ) Zuberbühler Walter, 3638 Blumenstein Fribourg Colliard Yvan, 1619 Les Paccots Dupré Christian, 1630 Bulle Pilloud Jean-Jacques, 1618 Chätel-St-Denis Romagnoli Pierre-Alain, 1712 Tafers Studemann François, 1637 Charmey Winkler Jean-Bernard, 1752 Villars-sur- Gläne Genève Böckli René, 1205 Genève Carrard Xavier, 1232 Confignon Gex Roméo, 1202 Genève Hug Christian, 1201 Genève Lozeron Jean-Louis, 1203 Genève Muller Alexandre, 1253 Vandœuvres Piola Michel, 1257 La Croix-de-Rozon Roch André, 1211 Conches Roulin Dominique, 1255 Veyrier Schaffter Stéphane, 1255 Veyrier G la ris Hauser Pankraz, 8753 Mollis Pfenninger Thomas, 8777 Diesbach Jura Steuiet Philippe, 2806 Mettembert Lucerne Brechbühl Markus, 6210 Sursee Burri Johann, 6023 Rothenburg Schnider Thomas, 6162 Entlebuch Wicky Markus, 6010 Kriens Neuchâtel Bionda Thierry, 2034 Peseux Gentil Michel, 2316 Les Ponts-de- Martel Meillard Christian, 2149 Champ-du-Moulin Montandon Pierre, 2300 La Chaux-de- Fonds Schoch Jean-Paul, 2013 Colombier St-Gall Ackermann Walter, 9231 Flawil Beeler Roland, 8880 Walenstadt Bislin Josef, 9473 Garns Bosch Albrecht, 9652 Neu St. Johann Braun Martin, 9113 Degersheim Brunner Andreas, 9650 Nesslau Fröhlich Dölf, 8640 Rapperswil Fröhlich Seth, 8640 Rapperswil Gilliand Yves, 9435 Heerbrugg Good Thomas, 8887 Mels Hungerbühler Walter, 9435 Heerbrugg Kühne Alfons, 7317 Valens Küng Reto, 9000 St. Gallen Neeracher Ernst, 9472 Grabs Pfister Rolf, 9655 Stein SG Schmed Marcel, 7323 Wangs Wälti Thomas, 9476 Weite Zimmermann Thomas, 8880 Walenstadt Schwyz Zürcher Franz, 8840 Einsiedeln So/eure Bordogna Silvan, 4717 Mümliswil Fetscher Walter, 4835 Murgenthal Kölliker Ueli, 4515 Oberdorf Rempfler Armin, 4600 Ölten Wälchli Urs-Peter, 4632 Trimbach Tessin Filippini Eugenio, 6900 Paradiso Ossola Delio, 6954 Bigorio Pini Alfredo, 6780 Airolo Saladin Hannes, 6716 Acquarossa Verzaroli Aldo, 6500 Bellinzona