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En Suisse, au-dessus de 2400 mètres, le terrain est gelé en permanence selon son orientation géographique - un phénomène qui se nomme pergélisol. En raison des changements climatiques, la limite du pergélisol pourrait bien remonter au cours des prochaines décennies. En raison du manque de cohésion, ce phénomène entraînerait des chutes de pierres, des éboulements, des écroulements, des glissements de terrain et des laves torrentielles dans les régions de montagne. Au cours des dernières années, la fonte du pergélisol a déjà déclenché des catastrophes naturelles, dont voici trois exemples: éboulement au Cervin en été 2003, éboulement à la Dent Blanche en août de la même année et laves torrentielles à Guttannen, en août 2005.
La couche de dégel indique qu'il y a une réaction thermique dans le pergélisol. Si la température d'un sol habituellement gelé augmente, la couche de dégel devient plus importante. A l'origine de ce phénomène, l'augmentation de la température de l'air, mais aussi l'évolution des manteaux neigeux isolants pendant l'année. Un enneigement précoce en automne retient la chaleur de l'été dans le sol. Inversement, une couverture neigeuse qui se prolonge au printemps protège le sol de la chaleur et des rayons du soleil, retenant ainsi le froid de l'hiver. Cet indicateur présente l'évolution des couches supérieures du pergélisol.
Les mesures des quatre stations montrent que la couche de dégel était nettement plus importante à deux endroits en 2003, suite à la canicule. Le 5 novembre 2003, on mesurait une couche de 8,55 mètres au Schilthorn tandis que d'autres années, on avait mesuré des valeurs entre 4,3 et 4,9 m dans le même trou de forage. On peut donc dire que l'important dégel qui a suivi la canicule de 2003 est exceptionnel. En 2003, on mesurait une couche de 50 cm de plus au Barba Peider. Aux deux autres endroits, aucun changement majeur n'a été observé au cours de cette brève période. Les valeurs extrêmes de 2003 n’ont plus été atteintes les années d’après. Cela montre que la tendance au réchauffement et à la fonte est plutôt faible. C’est pourquoi l’état et le développement sont considérés comme neutres.
La couche de dégel est une première réaction à un changement thermique. Dans l'état actuel des connaissances, les variations du pergélisol en fonction des changements climatiques se produisent avec un temps de réponse qui s'accroît en fonction de la profondeur. La fonte du pergélisol à une grande profondeur peut durer des décennies, voir des siècles.
L’épaisseur maximale de la couche de dégel est déterminée par l’enregistrement de la température à une profondeur donnée dans un trou de forage au cours d'une certaine période. Cette méthode est appelée «logging de forage».