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Corée du sud: nouveau report d'un procès pour corruption de l'ex-présidente
15.01.2020
Le nouveau procès en appel de l'ex-présidente sud-coréenne Park Geun-hye, qui avait été destituée, condamnée et emprisonnée dans une retentissante affaire de corruption, s'est ouvert mercredi. Il a été ajourné au bout de cinq minutes du fait de l'absence de l'accusée.
Première femme élue à la présidence sud-coréenne, Mme Park avait choisi de boycotter l'audience, selon l'agence sud-coréenne Yonhap. Voilà plus de deux ans qu'elle refuse d'assister aux procédures judiciaires, en dénonçant une justice politique.
Constatant cette absence, la Haute cour de Séoul a décidé du report du procès au 31 janvier, date à laquelle seront entendues réquisitions et plaidoiries.
Trente-deux ans de prison
Mme Park, 67 ans, purge actuellement une peine de 25 ans de prison après avoir été reconnue coupable en appel en 2018 de corruption et abus de pouvoir.
Elle avait été destituée l'année précédente dans un scandale à tiroirs qui avait jeté une lumière crue sur les accointances troubles entre les conglomérats familiaux sud-coréens comme Samsung, et le pouvoir politique, au travers de Mme Park et de sa confidente de l'ombre Choi Soon-sil, qui avaient accepté des pots-de-vin en échange de faveurs politiques.
Mme Park a par ailleurs été condamnée à cinq ans pour le détournement de fonds du Service national du renseignement (NIS) et à deux ans pour être intervenue illégalement dans la désignation des candidats de son parti conservateur aux législatives de 2016. Les peines n'ont pas été confondues, ce qui signifie qu'elle doit purger un total de 32 ans derrière les barreaux.
Mais la Cour suprême sud-coréenne a ordonné fin août un nouveau procès en appel dans le volet corruption et le volet NIS, en estimant que certaines des accusations auraient dû faire l'objet d'une décision distincte. Ce qui pourrait entraîner une plus lourde condamnation.
Perte de crédibilité des conservateurs
Mme Park avait été reconnue coupable d'avoir reçu ou demandé plus de 20 millions de dollars de conglomérats sud-coréens, d'avoir partagé des documents classés secrets, d'avoir mis sur une "liste noire" des artistes critiques de sa politique ou encore d'avoir limogé des responsables qui s'opposaient à ses abus de pouvoir. Et sa peine de 24 années de détention avait été alourdie d'un an en appel.
C'est dans la foulée de sa destitution que l'avocat de centre-gauche Moon Jae-in avait été porté au pouvoir en 2017 en surfant sur la perte de crédibilité des conservateurs.
La Corée du Sud est connue pour la sévérité de sa justice à l'encontre des anciens chefs d'Etat. Au point que les quatre ex-présidents sud-coréens encore en vie ont tous été condamnés après la fin de leur mandat.
ats, afp