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Sclérose en plaques - Des chercheurs de l’UNIGE et des HUG dévoilent un mécanisme du traitement de la maladie
Une équipe de scientifiques de la Faculté de médecine de l’Université de Genève (UNIGE) et des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) vient de mettre en évidence un mécanisme d'action inédit dans un médicament utilisé pour traiter la sclérose en plaques. Les résultats de cette recherche font l’objet d’une publication dans la revue américaine PNAS (Proceedings of the National Academy of Sciences of the USA).
Aujourd’hui, la sclérose en plaques (SEP) constitue la première cause d’invalidité neurologique d’origine non traumatique chez les jeunes vivant en Europe occidentale et en Amérique du Nord. Plus de 10'000 personnes en sont atteintes en Suisse, tandis qu’à travers le monde, ce nombre s’élève à plus de 2,5 millions. La maladie évolue la plupart du temps au gré de phases de poussées et de rémissions, qui peuvent se manifester par des symptômes neurologiques variés, incluant par exemple des troubles visuels, des fourmillements des membres et une faiblesse musculaire.
Si son origine reste encore inconnue, elle est considérée comme une maladie auto-immune, c'est-à-dire dans le cadre de laquelle le système immunitaire du malade s’en prend au corps, plutôt que de le défendre contre des bactéries ou des virus. Dans le cas de la sclérose en plaques, le dysfonctionnement du système immunitaire induit la destruction progressive des gaines de nerfs (myéline), puis des fibres nerveuses (axones) du cerveau et de la moelle épinière.
Effets inattendus d’une molécule
Depuis 1995, les traitements proposés aux patients agissent dans le but de prévenir les poussées et, partant, la progression de la maladie. Parmi eux, l’acétate de glatiramère a une histoire remarquable: en effet, initialement, cette molécule est destinée à provoquer l’apparition de la maladie chez l’animal, afin de pouvoir l’étudier. Contre toute attente, ces recherches montrent, en 1971, que non seulement la molécule ne crée pas la maladie chez l’animal, mais qu’elle l’en protège.
Il faudra attendre 1995 pour tirer une conclusion identique pour l’homme. Depuis lors, la médecine peut recourir à l’acétate de glatiramère pour traiter les patients souffrants d’une SEP de forme poussée/rémission. Si l’efficacité de ce médicament n’est plus à démontrer, ses mécanismes d’action et le type de cellules inflammatoires qu’il cible demeurent cependant encore mal compris.
Une réaction immunitaire protectrice
A la Faculté de médecine de l’UNIGE et aux HUG, une collaboration entre les équipes de Patrice Lalive et de Danielle Burger montre aujourd’hui, sur la base d’une étude incluant des analyses chez l’animal et chez l’homme, que l’un des effets du médicament est de modifier le profil de l’inflammation présente dans la maladie.
Les recherches sont effectivement parvenues à mettre en lumière le fait que la protéine pro-inflammatoire interleukine-1 (IL-1), connue pour participer à la destruction des gaines de nerfs dans la maladie, est inhibée par l’acétate de glatiramère via l’augmentation de son inhibiteur direct. Ainsi, c’est en modifiant la réponse immunitaire en un profil moins inflammatoire que ce médicament permet d’obtenir un effet protecteur.
De tels résultats ont aussi mis en évidence cet effet direct du médicament sur un certain type de cellules immunitaires circulant dans le sang, appelées monocytes. Ceux-ci étant directement impliqués dans l’infiltration inflammatoire que présente le cerveau de patients atteints de SEP. L’étude vient donc, de surcroît, conforter l’hypothèse que le monocyte est une cible thérapeutique de choix dans cette maladie.
Pour les scientifiques genevois, l’idée de recourir au même traitement dans le cas de maladies auto-immunes autres que la SEP est considéré comme
une nouvelle voie intéressante à explorer. Ces travaux ont dernièrement fait l’objet d’une publication dans la revue américaine Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS).
Contacts: Dr Patrice Lalive au 022 379 57 59, 022 372 33 1130 juin 2009
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