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François Zufferey (Section de français, UNIL) propose ici une nouvelle édition disruptive du premier grand texte de la littérature française.
Édition critique du premier grand texte de la littérature française (c. 1090).
Au cours des 175 dernières années, la Chanson d'Alexis a connu une trentaine d'éditions successives. Est-il alors judicieux d'ajouter aujourd'hui une nouvelle version à ce catalogue ? Certainement pas si l'on se contente d'adopter naïvement le préjugé selon lequel la copie contenue dans le Psautier de Saint-Alban (XIIe siècle) constituerait le «meilleur manuscrit». Car cela revient à ignorer qu'il s'agit en fait d'une transcription offrant deux conclusions, en raison de la contamination de deux sources différentes.
En revanche, si l'éditeur ne se soustrait pas à la recension de tous les témoins, sa démarche se justifie pleinement et s'avère même nécessaire. C'est précisément l'enjeu de cette nouvelle édition disruptive proposée par François Zufferey (Section de français), et fondée sur un stemma dynamique à archétype mobile. Elle envisage non seulement la Chanson d'Alexis entre sa source latine en prose et sa relatinisation dans le rythme Pater Deus ingenite (destiné aux clercs germanophones qui n'entendaient pas la langue d'oïl), mais elle suit également les trois phases qu'elle a traversées dans sa mouvance primitive.
François Zufferey (éd.), La Chanson de saint Alexis. Essai d'édition critique de la version primitive, avec apparat synoptique de tous les témoins, Paris, Société des anciens textes français, 2020.
Pour en savoir plus, retrouvez l'ouvrage sur unil.ch/labelettres.