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Berne - Malgré l'opposition de la gauche, le National s'est rangé derrière une motion du Conseil des Etats qui vise à réduire la protection du loup en Suisse. La majorité a estimé par 92 voix contre 79 que le canidé devait pouvoir être chassé pour réguler sa population.
Le Parlement charge ainsi le Conseil fédéral d'obtenir une modification de la Convention de Berne relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel de l'Europe, de sorte qu'un Etat puisse faire valoir à tout moment des réserves, c'est-à-dire aussi après la ratification. La réserve exigée par la Suisse placerait le loup au même degré de protection que le lynx.
Au cas où le gouvernement parviendrait à faire modifier la convention, il devrait émettre une nouvelle réserve concernant le loup stipulant qu'il peut être chassé à certaines conditions. A l'inverse, si la convention demeurait inchangée, le gouvernement devrait la dénoncer afin de pouvoir adhérer une nouvelle fois mais en formulant des réserves.
Débats passionnés
La Chambre du peuple s'est penchée sur une gerbe d'interventions consacrées au loup. Les échanges ont été parfois passionnés entre les protecteurs du grand canidé - principalement Verts et socialistes - et ceux qui s'inquiètent des dégâts qu'il provoque, notamment aux troupeaux de moutons.
En suivant le Conseil des Etats, le National a opté pour la ligne la plus dure, défendue par Roberto Schmidt (PDC/VS). Adèle Thorens et Christian van Singer (Verts/VD) ont rappelé en vain que, sur les 450'000 moutons recensés en Suisse, 8000 à 10'000 meurent chaque année à la suite d'un accident ou d'une maladie, alors que les loups n'en tuent qu'entre 100 et 400. En outre, les grands prédateurs régulent les effectifs du gibier, qui restent stables, a relevé M. van Singer.
"Ce débat montre combien le loup suscite l'émotion", a résumé le conseiller fédéral Moritz Leuenberger. Il révèle aussi des fossés culturels dans le pays à son sujet: "le loup est idéalisé par certains, détesté par d'autres", a ajouté le ministre de l'environnement.
ATS