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Après les études précédentes sur ce sujet de 1983, 1986, 1990, 1993 et 1998 (Bulletin no 19/1998), cette question a été examinée pour la sixième fois par un groupe d'experts de l'Agence de l'OCDE pour l'énergie nucléaire (AEN) et de l'Agence internationale de l'énergie (AIE). Le résultat de leurs travaux a été publié le 16 mars 2005. Le rapport final détaillé peut être obtenu auprès de l'OCDE sous forme de brochure en anglais (Projected Costs of Generating Electricity - 2005 Update. 232 pages, ISBN 92-64-00826-8, 70 euros) ou être commandé par Internet. Il paraîtra prochainement en français sous le titre «Coûts prévisionnels de production de l'électricité - Mise à jour 2005» (250 pages, ISBN 92-64-00828-4, 70 euros).
Méthode de calcul adaptée
Pour l'édition 2005, les experts ont examiné les coûts impliqués par les investissements nécessaires (construction, remise à niveau et démantèlement), ainsi que par l'exploitation et le combustible (approvisionnement et évacuation des déchets) de plus de 130 centrales électriques dans 19 pays membres de l'OCDE et trois pays non-membres, parmi lesquelles 27 centrales à charbon, 23 centrales à gaz, 13 centrales nucléaires, 19 éoliennes, 6 centrales solaires, 24 centrales à cogénération alimentées par différents combustibles, et 10 autres systèmes de production d'électricité. Les résultats de cette étude ne peuvent être comparés qu'avec précaution à ceux des études antérieures dans la mesure où, conformément au progrès technique et aux changements des conditions du marché, la durée de vie des centrales a été allongée à 40 ans et le facteur de charge des tranches fonctionnant pour la charge de base a été augmenté à 85%. Les calculs ont été effectués dans chaque cas avec un taux d'intérêt de 5% et de 10%. L'étude n'a pas pris en considération les taxes possibles pour les émissions de gaz à effet de serre, pour le charbon en particulier, les coûts de garantie pour les livraisons du combustible, notamment pour le gaz, ainsi qu'un supplément de risque pour des impondérables politiques dans un marché de l'électricité en cours d'ouverture, ceci surtout pour le secteur de l'énergie nucléaire, qui exige beaucoup d'investissements. Les coûts de production de l'électricité ont été convertis des monnaies nationales en dollars américains sans correction du pouvoir d'achat.
Centrales nucléaires souvent les plus économiques
Mais ce n'est pas seulement à cause de disparités du pouvoir d'achat que la comparaison révèle des différences étonnantes entre les pays analysés. La situation de l'approvisionnement et les conditions techniques locales y contribuent tout autant. Selon l'étude présentée, il n'existe finalement aucun système de production d'électricité qui serait meilleur marché dans tous les cas de figure. L'énergie nucléaire s'est toutefois nettement rattrapée depuis les études antérieures. A l'heure actuelle, elle constitue souvent clairement la solution économiquement la plus intéressante pour couvrir la charge de base. Ceci s'explique d'une part par l'amélioration de la disponibilité des centrales nucléaires, et d'autre part par la hausse du prix du gaz: en cas de taux d'intérêt de 5%, les centrales nucléaires produisent de l'électricité à un coût variant essentiellement entre 21 et 31 dollars/MWh (entre 2,5 et 3,7 ct./kWh), les centrales à charbon entre 25 et 50 dollars/MWh, et les centrales à gaz entre 37 et 55 dollars/MWh avec une part du combustible de 80 à 90%. Tous les autres systèmes produisent de l'électricité à un coût plus élevé. De plus, ils conviennent souvent mal pour couvrir les besoins en charge de base. Si l'on prend comme hypothèse un taux d'intérêt de 10%, le rapport se déplace au profit du gaz, et même du charbon. Mais comme le montre le schéma ci-dessus, schéma qui contient des données sur des pays qui envisagent aussi bien le gaz que le nucléaire pour leur approvisionnement futur, c'est l'énergie nucléaire qui présente le plus souvent le meilleur avantage économique. Tel est notamment le cas en Suisse et, comble de l'ironie, en Allemagne aussi, où le gouvernement vise la sortie du nucléaire.
Quelle
P.B./C.P. d'après des communiqués de presse de l'AIE et de l'AEN/OCDE du 16 mars 2005