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"L'impact de la guerre sur la sécurité alimentaire mondiale sera dramatique", a déclaré le directeur général de Yara, Svein Tore Holsether, lors de la présentation des résultats trimestriels. "Nous renouvelons notre appel en faveur d'une action des autorités pour renforcer les chaînes d'approvisionnement alimentaire et réduire la dépendance à la Russie", a-t-il ajouté dans un communiqué.
Le conflit affecte à la fois l'industrie alimentaire, la Russie et l'Ukraine étant des exportateurs majeurs de céréales, et le secteur des engrais, la Russie étant un gros fournisseur de matières premières (gaz naturel, phosphate, potassium, ammoniac...). "La guerre a dopé les prix des engrais et de l'énergie dans le monde, y compris ceux du gaz naturel en Europe", souligne Yara dans son rapport.
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Grâce à des prix de vente dont la hausse surpasse l'envolée du prix du gaz -un des principaux intrants des engrais minéraux- et à des effets de change favorables, Yara a dégagé un bénéfice net de 944 millions de dollars au premier trimestre contre 13 millions un an plus tôt. Son résultat d'exploitation a triplé sur la même période, à 1 milliard de dollars, pour un chiffre d'affaires en hausse de 88%, à 5,9 milliards.
Ses volumes de production et de livraisons sont cependant en baisse sur le trimestre, notamment en Europe où "les consommateurs hésitent à s'engager dans l'environnement des prix actuel". Ses livraisons totales d'ammoniac, d'engrais et de produits industriels sont ainsi tombées à moins de 8,4 millions de tonnes contre près de 9,1 millions de tonnes au premier trimestre de 2021.
Parallèlement, la facture énergétique de Yara a plus que triplé à l'échelle mondiale, voire quadruplé en Europe, poussant le groupe à réduire ses activités dans plusieurs usines européennes d'ammoniac et d'urée. "Mais elles ont repris la production à mesure que les marges s'amélioraient", précise Yara.
L'entreprise dit s'attendre à devoir débourser au deuxième trimestre 1,15 milliard de dollars de plus pour son gaz naturel qu'à la même période de 2021. Le surcoût pour le troisième trimestre est attendu à 750 millions.