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Dans la revue Études théologiques et religieuses
L’ouvrage dédié au réformateur vaudois est le fruit d’un colloque international organisé par l’Université de Lausanne dans le cadre du 500e anniversaire de la naissance de Pierre Viret (1511-1571). Le volume, qui réunit dix-huit contributions très variées, dont certaines rédigées par des chercheurs nord-américains anglophones, laisse apparaître le pasteur et théologien comme un réformateur à part entière, et non comme un modeste collaborateur de Calvin. Il permet d’évaluer combien l’influence de Viret déborde sa région suisse romande d’origine pour s’étendre sur le royaume de France et celui de Navarre, tout en mettant en exergue son oeuvre écrite abondante.
Le livre est construit en deux grandes parties. La première aborde la pensée théologique du réformateur. Seuls cinq sermons de Viret nous sont encore accessibles, mais ils montrent ses qualités rhétoriques, l’influence d’Augustin et celle d’Érasme, de même que la proximité des méthodes exégétiques avec Melanchthon. Dans ses écrits, sa conception de la Cène, qui sépare radicalement le spirituel du matériel, est très proche de celle de Zwingli, plus que de celle de Calvin. Concernant les relations au politique, et à rebours de la clandestinité valorisée par les Nicodémites, Pierre Viret soutient la résistance ouverte à la tyrannie et envisage le recours à la violence plutôt que l’alternative du martyr et de l’exil envisagée par Calvin. L’une des études porte sur la perception que Viret eut de l’Islam: comme chez Luther, le Turc est considéré comme un ennemi équivalent aux chrétiens ennemis de la vraie foi. Si la religion musulmane est selon lui plein