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Créé le: 20.09.2018, édité le: 21.09.2018
Au restaurant, la tension monte d’un cran. Jean-Loup attaque son tartare de boeuf, sans la quitter des yeux. Il lui verse du vin, la laisse en goûter un peu. Bousculant la petite table de bistrot, il attrape le poignet de sa compagne et, l’attirant à lui au-dessus des plats, pose ses dents à l’endroit où saillent des veines délicates, une morsure en guise de baise-main. Agnelle ne dit rien. Il la relâche, passe un pouce gourmand sur les lèvres de sa belle, où perle encore une petite goutte pourpre. Et lèche son doigt, toujours iris contre iris. Sa demoiselle l’observe, bouche ouverte, à sa merci. Ils n’ont d’yeux que l’un pour l’autre.
Jean-Loup et Agnelle ne voient pas l’homme près des cuisines, qui s’empiffre de rillettes et d’oeufs mayonnaise, pas plus que l’enfant qui pleure dans un coin, la tête d’un déguisement d’âne sous le bras, ni le couple de retraités près de la fenêtre, aussi immobiles qu’un lot de statues de jardin figurant des chiens d’arrêt.
Quand Jean-Loup jette sa serviette sur la table, en même temps qu’une poignée de billets et qu’il met sa conquête debout, d’une prise ferme sur son bras, elle se sent faiblir et s’accroche à lui. La main libre de son protecteur se promène dans son dos, explore la chair à nue dans le tissu ajouré, alternant pressions possessives et effleurements caressants.