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Pour la première fois, un ancien responsable de l'OMS témoigne de ce qu'il a vécu de l'intérieur pendant la crise de la grippe porcine (H1N1) et dénonce des conflits d’intérêt avec l'industrie pharmaceutique.
Le Dr German Velasquez a passé vingt ans au sein de l'institution. Lorsque la crise a éclaté en 2009, il était directeur du secrétariat de l'OMS pour la santé publique, l'innovation et la propriété intellectuelle.
Sa principale interrogation: les raisons ayant incité Margaret Chan, la directrice générale, à faire passer le niveau d'alerte pandémique à son niveau maximal le 11 juin 2009. "Dans les critères pris en compte par l'OMS pour déclarer la pandémie, il n'y avait pas le critère de la sévérité. La mortalité était très basse et beaucoup de gens disaient qu'avec une sévérité aussi légère, cela ne se justifiait pas de lancer l'alerte," affirme German Velasquez.
Conflits d'intérêts dénoncés
Lorsque l'OMS déclenche son alerte maximale, les industries pharmaceutiques s'engagent dans une course au vaccin. Les commandes des gouvernements représentent alors un marché de 400 milliards de dollars. À ce jour, cette pandémie a fait 18'000 morts, bien loin des 500'000 victimes de la grippe saisonnière. Et des dizaines de millions de doses de vaccin ont fini à la poubelle.
Un enchaînement de décisions qui inquiète l'ancien haut fonctionnaire international: "le comité d'experts qui conseillait la directrice générale n'était pas un comité d'experts indépendants. Il y avait des conflits d'intérêts pour certaines personnes qui avaient des liens avec l'industrie pharmaceutique."
La RTS a sollicité à plusieurs reprises l'OMS pour obtenir une interview. Son service de presse a qualifié nos questions de "ridicules" et nous a renvoyé vers une série de rapports disponibles sur son site internet.
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Marc Allgöwer