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La championne olympique de descente se nomme sans surprise
Lindsey Vonn (25 ans). L'Américaine, à peine remise d'une blessure
au tibia, a une nouvelle fois fait étalage de tout son talent. Dans
son sillage, Julia Mancuso a offert le doublé aux Etats-Unis.
Elisabeth Görgl en bronze. Lindsey Vonn succède ainsi à Michaela
Dorfmeister au palmarès olympique.
Au terme d'une course parfaite, avec des trajectoires très osées,
la skieuse de Park City a supplanté d'une demi-seconde Mancuso,
championne olympique 2006 de géant, qui avait déjà fait exploser
les chronos un peu plus tôt. "Je vis l'un des moments les plus
incroyables de la vie. Quand j'ai passé la ligne et vu mon nom
devant celui de Julia, c'était une immense émotion", a déclaré
la médaillée d'or.
La leader de la Coupe du monde, grandissime favorite de l'épreuve
reine au vu de son écrasante domination depuis trois saisons, a
ainsi décroché le titre suprême, le seul grand trophée qui manquait
à sa collection de Globes de cristal et de médailles. Pour la
première fois médaillée aux JO, Vonn ne devrait pas en rester là.
Jeudi en super-combiné puis samedi en super-G, elle sera à nouveau
la grande favorite.
Les Suissesses n'ont pas réussi à accrocher le podium. Fabienne
Suter peut nourrir des regrets. Elle termine 5e après avoir commis
plusieurs erreurs.
Le vol plané de Pärson
Comme dans toutes les courses d'un jour, où
seules les trois premières resteront dans l'histoire des Jeux,
plusieurs skieuses ont tenté le tout pour le tout, au risque d'y
laisser des plumes. La Suédoise Anja Pärson, médaillée de bronze de
descente aux Jeux de 2006, était ainsi en course pour le podium
quand elle a décollé sur le saut final pour retomber sur le dos 60
m plus loin.
Anja Pärson est forfait pour le super-combiné de jeudi. "Pour
la suite, on ne sait pas encore", a précisé son père Anders
Pärson.
Un peu plus tôt, Dominique Gisin a déjà fait pousser des cris
d'effroi au public en manquant la réception du saut final. En
retombant sur la piste, elle est partie allongée en glissade sur la
neige, puis s'est envolée, propulsée dos à l'envers par une petite
bosse.
Gisin s'est relevée en larmes, d'autant plus abattue que la
skieuse d'Engelberg, victime d'une entorse ligamentaire, avait subi
une énième opération à un genou en janvier et s'était battue pour
revenir à temps pour les Jeux.
Juste après elle, l'Italienne Daniella Merighetti a manqué le
virage avant le même saut. Elle a fini la course sur les fesses, ce
qui a fait rire les spectateurs, mais pas elle. Mais la palme est
revenue à la Française Marion Rolland, tombée sur le flanc à deux
mètres... du portillon de départ !
Suter prend rendez-vous
Côté suisse, la tenue d'un seul entraînement - tronqué qui plus
est - n'a pas été un cadeau. Les Schwytzoises Nadia Styger et Nadja
Kamer ont semblé complètement tétanisées, perdant plus de trois
secondes sur Vonn.
Dernière Suissesse à s'élancer sur la "Franz's Downhill", Fabienne
Suter a pris une belle cinquième place, à 52 centièmes du podium et
près de deux secondes sur Vonn. Plus que de sauver l'honneur des
Suissesses, la skieuse de Sattel (SZ) a montré qu'elle était
capable de réussir un coup samedi lors du super-G, sa discipline de
prédilection.
LA PAROLE AUX SUISSESSES
Fabienne Suter (5e/au micro de
la TSR): Je suis évidemment déçue. J'ai commis de
grosses fautes durant ma descente et à ce niveau cela ne pardonne
pas. J'étais très nerveuse ce matin, mais au départ, ce stress
avait déjà disparu. Il me reste maintenant le super-G pour aller
chercher une médaille.
Nadia Styger (11e): Sur cetet piste très
bosselée, je n'ai jamais réussi à tenir ma ligne. Je n'étais pas
trop nerveuse, mais l'arrêt de la course consécutif à la chute de
Dominique Gisin, qui s'était élancée juste devant moi, m'a un peu
perturbée. Il n'y avait pas photo, la vraie championne aujourd'hui,
c'est bien Lindsey Vonn.
Dominique Gisin (éliminée après une grosse
chute): Je vais bien. Je suis un peu secouée car ma
tête a heurté la neige lors de ma chute, mais le reste de mon corps
et surtout mon genou, sont en ordre. Dès le moment où jai chuté, je
me suis sentie comme un pantin sur la piste. Je suis très déçue.
J'ai tout essayé, mais aujourd'hui il n'y avait rien à
faire.
ANSERMOZ REGRETTE LE MANQUE D'ENTRAINEMENT
Hormis Fabienne Suter (5e), les Suissesses sont passées à côté
de leur descente olympique. Pour leur entraîneur Hugues Ansermoz,
le manque d'entraînement sur la piste de Whistler Mountain explique
en partie cette déconvenue.
"Cette piste n'est pas trop difficile. Mais en ne pouvant
faire qu'un entraînement dessus, cela a compliqué les choses. Avec
sa technique, Vonn peut s'en sortir. Mais pour nous, cela a été
plus délicat", a commenté Ansermoz.
En raison de la mauvaise météo, les skieuses n'ont pu se
familiariser que lundi avec la "Franz's Downhill" (contre
jeudi dernier, comme initialement prévu). Et encore, elles avaient
dû le faire en deux temps: le haut de la piste le matin, le bas
l'après-midi. "S'il y a eu autant de chutes sur le dernier
saut (Dominique Gisin, Anja Pärson notamment), c'est parce
que les filles ne l'avaient encore jamais abordé à pleine
vitesse", a expliqué Ansermoz.
agences/bao
Ski alpin: descente dames
2. Julia Mancuso USA + 0"56
3. Elisabeth Görgl AUT 1"46
4. Andrea Fischbacher AUT 1"49
5. Fabienne Suter SUI 1"98
6. Britt Janyk CAN 2"02
7. Marie Marchand-Arvier FRA 2"03
8. Maria Riesch GER 2"07
9. Lucia Recchia ITA 2"31
10. Gina Stechert GER 2"74
12. Nadia Styger SUI 3"03
Out: Krizova, Gisin, Merighetti, Rolland, Pärson, McKennis, Fanchini.
"PETITE CHUTE", GROSSES CONSEQUENCES
Marion Rolland (27 ans), tombée quelques secondes après s'être élancée pour la descente féminine, souffre d'une rupture du ligament croisé du genou gauche, a annoncé l'encadrement de l'équipe de France. La skieuse avait déjà subi une blessure identique au même genou il y a deux ans. Elle ne pourra pas prendre part aux autres épreuves des JO et sa saison est terminée.
Selon l'encadrement français, Marion Rolland a commis une faute de carre au départ, qui a précipité sa chute et la blessure. "Ce qui est paradoxal, c'est que la descente a été marquée par de grosses chutes sans graves conséquences. Et la chute de Marion, qui paraissait la plus bénigne, est celle qui, au final, a le plus de conséquences", a déclaré Yves Dimier, directeur technique du ski alpin français.
LE SAUT VA ETRE RABOTE
L'ultime saut de la piste dames va être sécurisée pour éviter les chutes qui ont marqué la descente remportée par Lindsey Vonn mercredi. Anja Pärson, l'ancienne championne du monde de descente, était en course pour une médaille d'argent quand elle s'est envolée sur cette bosse. Après un bond de 60 mètres, elle a chuté lourdement avant de franchir la ligne d'arrivée en glissade sur le ventre. Elle s'est relevée avec des contusions. La Suissesse Dominique Gisin est aussi tombée sur cette bosse.
L'ancien skieur Atle Skaardal, le directeur de la course, a indiqué que la crête de la bosse d'appel avant le saut sera laminée avant le super-combiné jeudi. La portion de descente de ce super-combiné sera aussi raccourcie pour limiter la vitesse des concurrentes.
GÖRGL: TELLE MERE, TELLE FILLE
Elisabeth Görgl, troisième de la descente des Jeux olympiques mercredi à Whistler, a réalisé son rêve et celui de sa mère, Traudl Hecher, double médaillée de bronze de l'épreuve reine en 1960 à Squaw Valley et 1964 à Innsbruck. "Je vais vite l'appeler et lui dire: 'maman, j'ai fait comme toi'!", a déclaré la Styrienne, qui fêtera ses 29 ans dans trois jours.
"J'ai attaqué à fond sur une piste pas facile, technique, sur laquelle il faut être agressive, mais aussi fine skieuse. J'avais une petite idée derrière la tête: donner à l'Autriche un sixième or olympique (en descente féminine) pour égaler le record des messieurs". "Vonn était trop forte. Elle a réalisé la course parfaite", a reconnu Görgl.