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"Les gouvernements sont encore enracinés dans les modèles économiques du XXe siècle. Nous devons tout réinventer", explique Rob Hopkins. Professeur de permaculture, il a développé avec ses collègues Ben Brangwyn et Peter Lipman, la première association des "Villes en transition". C'était en 2006 à Totnes, la ville où ce Candide moderne est installé, dans le sud-ouest de l'Angleterre.
Aujourd'hui, 962 initiatives de transition sont recensées à travers le monde, un véritable mouvement social qui repose sur des principes simples que Rob Hopkins explique dans son livre "Manuel de la transition", publié en 2010. A 51 ans, il est d'avis qu'il faut permettre aux gens d'être les acteurs du changement et d'être les architectes du monde dont ils ont envie.
"Quand le gouvernement dit qu'il faut réduire nos émissions de 50% d'ici 2030 ou de 100% d'ici 2060, qu'est-ce que ça veut dire? A quoi cela va-t-il ressembler? Comment s'en réjouir? Les villes en transition essaient d'y répondre avec du concret, ici et maintenant", explique-t-il.
Des solutions locales
Le réseau des "Villes en transition" plonge ses racines dans la prise de conscience que les ressources et, en particulier le pétrole, sont limitées et que les êtres humains doivent se préparer à faire face au réchauffement climatique. Mais loin du catastrophisme ambiant, Rob Hopkins se montre optimiste. Pour lui, chaque crise permet d'explorer des solutions, lesquelles doivent être conçues à l'échelle locale à partir d'initiatives individuelles ou collectives.
Quatorze ans après le lancement du mouvement, Totnes ressemble encore à une ville anglaise de 8000 habitants ordinaire. A prime abord, du moins. Car ici, la centrale hydro-électrique a été co-financée par les habitants. Ailleurs, dans un champ, on croise Bob, un ex-banquier de la City converti à la biodynamie. Les fruits et légumes qu'il cultive sont vendus sur le marché du coin, pour limiter les transports. Quant aux clients, ils règlent leurs achats en monnaie locale, la livre de Totnes. Un circuit-court exemplaire qui a d'ailleurs valu à la commune la visite de Mélanie Laurent et Cyril Dion lors du tournage du film à grand succès "Demain".
Véritable changement paradigmatique, la transition, selon Rob Hopkins, est par définition progressive. Il la veut aussi apolitique. Pour lui, les humains doivent aujourd'hui apprendre à vivre sans énergies fossiles, un peu comme des alcooliques qui devraient se passer de vin.
>> (Re)voir aussi le reportage du 19h30:
Vidéo et texte: Juliette Galeazzi
Reportage TV: Laurent Burkhalter