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|Introduction|
Introduction
De tous les timbres émis en Suisse, les «HELVETIA ASSISE» de 1854, dénommés «RAPPEN», comportent certainement le plus de possibilités d'erreurs. Souvent à cause d'un matériel insuffisant ou partiel, chacun se forge des vues personnelles dans la manière de façonner les collections qui nous sont présentées à l'occasion des expositions régionales ou nationales. On constate dans celles-ci une façon de voir, non seulement différente entre Suisses allemands et Suisses romands, mais aussi des différences locales qui touchent à l'interprétation, comme il peut en résulter de l'activité limitée d'un collectionneur.
Les timbres au type «RAYON» ont été étudiés avec une très grande minutie et ont donné lieu à des recherches systématiques et bien planifiées, qui ont fini par conduire à la connaissance des repères de chaque case des pierres d'impression. Mais il n'en va pas de même pour les «RAPPEN». Il est utilisé pour ceux-ci des méthodes purement empiriques et cela complique naturellement les possibilités de classement des timbres. A l'heure actuelle et étant donné les cotes d'aujourd'hui, il n'est presque pas possible qu'un seul collectionneur puisse avoir en mains un millier d'exemplaires et un nombre de lettres suffisant afin de se faire une idée des diverses émissions.
Malheureusement, il est presque impossible de se référer à un matériel de recherche nouveau dans cette étude. Tout ce que nous savons est exploré depuis longtemps déjà et, sous toutes réserves bien sûr, peu de découvertes restent à faire, car les archives de la Direction des Postes, concernant le procédé d'impression des «RAPPEN» n'ont pas été conservées. De ce fait, peu de nouvelles connaissances sont à communiquer. Il n'est pas question ici de créer un nouveau catalogue ou de tenter une nouvelle classification. Celle qui existe depuis 40 ans est suffisamment ardue pour les collectionneurs chevronnés, et paraît déjà obscure aux débutants.
Les timbres difficiles à classer, qui s'écartent des normes, doivent être classés comme variétés dans les groupes de lettres existants.
Un procédé d'impression différent
A
cette époque, la Direction des Postes à Berne a pris, après une recherche
minutieuse, et un examen approfondi de toutes les possibilités, la décision
d'introduire un procédé d'impression différent de la lithographie employée
jusqu'ici.
L'impression des timbres «RAYON» revenait relativement cher, et de plus il y avait des retards dans les livraisons, si bien que la transmission des paquets de timbres aux directions des arrondissements postaux n'atteignait pas les quantités nécessaires. Cela ne dépendait pas seulement de la technique compliquée de l'impression, mais aussi du fait que le lithographe Durheim s'intéressait de plus en plus à la photographie, alors en plein développement, plutôt qu'à son propre commerce.
Le Dr Kuster étudie les différents procédés de divers pays
Pour approfondir cette question et prendre sa décision, l'Administration postale voulut savoir comment les autres Etats fabriquaient leurs timbres. Le voyage du directeur de la Monnaie, le Dr Kuster, à Paris, Londres et Munich, pour étudier les divers procédés, fut sûrement intéressant et fructueux à cet égard.
A Paris, le Dr Kuster découvrit à l'imprimerie Hulot les feuilles géantes qui permettaient d'imprimer deux panneaux de 150 exemplaires en un seul mouvement. Cependant, d'une part, ces feuilles de grand format, peu maniables, dépassaient le modeste besoin suisse et d'autre part, le procédé galvano employé pour la fabrication des clichés était relativement simple à imiter et pouvait tenter les falsificateurs.
Par contre, à Londres, les planches de timbres étaient fabriquées avec une molette en acier. Pour les Anglais, les grandes planches de 240 pièces étaient très pratiques. Une feuille de timbres de 1 penny coûtait une livre, la feuille du 2 pence, deux livres et une rangée horizontale correspondait à la valeur de 1 ou 2 shillings. Mais pour les besoins de la Suisse, ces feuilles, comme les françaises, étaient trop grandes et peu maniables. Puis la gravure devint très employée pour la fabrication des planches, ce qui convenait à l'Angleterre pour ses émissions par millions d'exemplaires. Rappelons qu'en Suisse les planches n'ont été fabriqués à la molette d'acier qu'à partir de 1906, au moment où les tirages sont devenus notablement plus élevés.
La suite de son voyage conduisit le Dr Kuster à Munich, où les timbres bavarois étaient à ce moment-là produits par l'imprimerie J.G. Weiss. C'étaient des timbres en relief, fabriqués au moyen de clichés séparés et assemblés en feuilles de 90 exemplaires (60 Kreuzer = 1 florin). Ces clichés séparés, qui se présentaient sous forme de carrés de métal, pouvaient en cas d'usure être rafraîchis par réestampage. Au guichet, on pouvait obtenir des demi-feuilles de 45 pièces, généralement sous enveloppe munie d'une inscription. C'est aussi bien la rapidité de fabrication que les frais plus réduits de l'impression qui ont amené l'adoption de ce système par la Suisse. C'est encore à Munich que le Dr Kuster a pu constater le fait que pour augmenter la garantie contre les falsifications, on pouvait employer du papier contenant des fils de soie, méthode qui fut adoptée par la suite pour les émissions des «RAPPEN».
Le choix des motifs
Les
motifs à représenter sur les timbres étaient très discutés. Il en est de même
encore aujourd'hui. Dans les Etats régis par la Royauté, les sujets étaient
prévus d'avance, car il devait s'agir du souverain ou des armoiries. Mais quel
choix pourrait bien faire une République ?
Le drapeau national n'était pas souvent représenté, parce qu'il n'était pas assez connu et les trois langues usitées en Suisse restreignaient l'emploi du texte. La représentation de chiffres, comme l'a choisi Zurich pour ses célèbres timbres cantonaux, ainsi que le Brésil, ne satisfaisait pas non plus tout le monde. A la demande de M. Naeff, directeur des Postes, un artiste bernois exécuta quelques croquis qui ont été soumis au graveur sur cuivre Merz de Munich, mais ce projet n'eut pas de suite.
Le choix définitif
Finalement, un dessin de Friedrich Voigt, le médailleur de la cour de Bavière, à Munich, fut choisi pour l'exécution. Graveur expérimenté Voigt était le directeur technique de la Monnaie munichoise. On trouve des épreuves originales dans des collections spécialisées en essais, épreuves qui ne portent pas encore l'indication de la valeur. Enfin naissaient les «Rappen», représentant l'Helvetia assise avec lance et écusson, et l'indication de la valeur en trois langues : Rappen, centimes et centesimi. Le mot «Franco» qui figure sur la bande d'inscription supérieure tient lieu de légitimation, c'est-à-dire que les lettres munies de cette mention devaient être remises au destinataire sans percevoir de taxe supplémentaire.
L'empreinte en plomb
L'empreinte en plomb de l'original, qui est reproduite ici, montre tous les détails de la présentation adoptée, et la fine exécution des traits dans les losanges du fond. En effet, ce sont les détails de ces losanges qui montreront, lors de l'impression, des différences légères mais perceptibles, qui vont aider à distinguer les diverses périodes d'émission et à procéder à leur classification. En particulier, la zone des contours de l'Helvetia est riche en renseignements : le voisinage du cou, les petits espaces entre la lance, le bras et le vêtement, à gauche, ainsi que l'aspect des six rayons des rosettes d'angle de la vignette, devront être observés attentivement. On peut déplorer que les documents servant de références ne parlent que fort peu de la grandeur des feuilles d'impression et, en cela, nous devrons souvent avoir recours à des déductions. Quant au matériel d'étude, on ne peut consulter que les grands blocs et feuilles originales de 25 pièces, exposés notamment au Musée de la Poste.
La presse
Presse à bras construite par la maison Dingler, Zweibrücken, vers 1830
La livraison des timbres
Pour que les timbres puissent être livrés aux diverses directions d'arrondissements et, à partir de là, aux différents bureaux de poste, les feuilles de timbres étaient mises sous enveloppe avec inscription.
Les enveloppes étaient de la couleur des timbres qu'elles contenaient. La dimension des enveloppes, pliées et collées à la main, était de 143 à 145 mm de large et de 114 à 116 mm de haut. La figurine du timbre même mesurait exactement 20 mm de large sur 24,5 mm de haut.
| Introduction | Impressions de Munich | Impressions de Berne |
| Séries complètes, dates d'émission des timbres |
| Nuances Impr. de Munich 1 (22 Aa-26Aa) | Nuances Impr.de Munich 2 (22 A-26 A) |
| Nuances Impr. de BE 1 (22 B-25 B) | Nuances Impr. de BE 2 (22 C-27 C) |
| Nuances Impr. de BE 2 (22 D-27 D) | Nuances Impr. de BE 2 (23 E-27 E) |
| Nuances Impr. de BE 3 (22 F-25 F) | Nuances Impr. de BE (dernière) 21 G-26 G |