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La Grande-Duchesse de Gérolstein
Jacques Offenbach
La Grande-Duchesse en pince pour Fritz, le joli soldat, qui n'aime que Wanda... Ces amours sans réciproque pourraient être le sujet d'une tragédie. Or il ne s'agit pas de faire pleurer, mais de faire rire, même si la Duchesse fait passer bien de l'émotion quand elle chante "Dites-lui..:" Les souverains d'Europe et les altesses en goguette à Paris ne manquèrent pas d'aller voir le nouveau succès d'Offenbach au moment de l'Exposition universelle de 1867 et s'amusèrent à ce persiflage, riche en allusions à l'actualité politique. Les couplets célébrant le charme de l'uniforme ("Ah, que j'aime les militaires"), la vantardise imbécile du général Boum, le seconde classe Fritz promu rapidement général en chef, le prince Paul qui est le fils de l'électeur de Steissteinsteis-Laper-Debottmoll-Schorstenburg, le comte Max de Sedlitz-Calembourg au nom tout aussi loufoque, tout cela fit bien rire. La France du Second Empire avait beau jeu de s'amuser du bellicisme de l'Allemagne... Trois ans plus tard, elle devait rire un peu moins.
Pierre Michot