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DE QUELQUES PÈRES DE L'ÉGLISE.
Jérôme ne doit pas être compté parmi les docteurs de l'Église,
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car, de fait, il était hérétique ; je crois toutefois qu'il a été sauvé par la foi en Jésus-Christ. Il ne parle (on peut le dire) nullement de Jésus-Christ, dont il a seulement le nom à la bouche. Je ne connais aucun docteur que je déteste autant que Jérôme, car lorsqu'il écrit, c'est toujours sur le jeûne, sur la virginité, etc. Il n'enseigne rien au sujet de la foi, de l'espérance, de la charité, ni des oeuvres de la foi. Je n'aurais pas voulu de lui pour mon chapelain.
J'applaudis de grand cœur aux hymnes et aux prières spirituelles de Prudence; c'est le meilleur poète qu'aient eu les chrétiens. S'il avait vécu du temps de Virgile, il aurait été mis au-dessus d'Horace. Je voudrais que les poésies de Prudence fussent lues dans les écoles; mais, de nos jours, les écoles sont devenues païennes, et l'Ecriture sainte en est bannie, ou falsifiée et dénaturée par la philosophie.
Augustin se tourmentait et se brisait l'esprit sur les traditions humaines; il se donne parfois des peines pitoyables pour expliquer le psautier. Il était toutefois très-versé et très-habile dans l'Ecriture sainte, et il avait un jugement remarquable et une belle intelligence. Il fut aiguillonné par les hérétiques, partisans de Pelage; il était attaché à l'état de mariage; il parlait bien des vertueux évêques qui étaient alors ministres, mais l'époque où il vivait l'agitait, le chagrinait beaucoup. S'il était maintenant en vie, il serait furieux de voir les abominations du pape se vantant du patrimoine de saint Pierre ; il ne pourrait supporter pareille chose.
Il est certainement le plus habile, le plus pur et le plus capable de tous les docteurs; mais il n'était pas, de lui-même, en état de ramener les choses à leur ancienne situation, et il se plaint souvent que les évêques avec leurs traditions et leurs ordonnances troublaient plus l'Eglise que les Juifs ne le faisaient avec leurs lois.
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Saint Bernard l'ut le meilleur des moines, et je l'aime mieux que Ions les autres ; il a cependant osé dire que ce serait un signe de damnation si quelqu'un quittait son monastère. Il avait sous lui trois mille moines, dont aucun ne fut damné, si l'assertion est exacte ; sed vix credo. Saint Bernard vivait dans des temps dangereux, sous les empereurs Henri IV et Henri V, sous Conrad et Lothairo. C’était un moine expérimenté et instruit, mais il donna mauvais exemple. La vocation, condition d'un vrai chrétien, tel que Dieu l'a réglée et fondée, consiste en trois hiérarchies, le gouvernement domestique, temporel et ecclésiastique.