Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07175.jsonl.gz/809

Eynard et son épouse Anna posent avec leur fille Sophie, leurs trois petits-enfants, Georges de Meuron et Pauline d’Ochando sur la terrasse de la maison de maître de Beaulieu. L’image n’est pas datée, mais en évaluant l’âge des enfants représentés, nés respectivement en 1834, en 1835 et en 1837, on peut la situer entre 1843 et 1845, ce que confirme le passe-partout en fin carton clair utilisé principalement à cette époque par Eynard. Elle semble légèrement antérieure à un autre portrait daté du mois d’octobre 1846 et où l’on retrouve les trois petits-enfants avec leur mère et Georges de Meuron (DE 033).
Ici, Eynard a créé une petite mise en scène qui pourrait s’intituler « La leçon d’écriture ou les devoirs surveillés ». Assis de profil, à gauche d’une table recouverte d’une nappe, Eynard a placé une main sur un document, comme s’il dictait un texte à ses petits-enfants. Son chapeau haut-de-forme est posé sur le sol, à proximité de son siège. Assise en vis-à-vis de l’autre côté de la table, Anna lui fait pendant. Entre les deux, les enfants sont sagement alignés derrière la table ; à gauche Féodor, le plus jeune, feuillette un livre sous le regard bienveillant de Pauline d’Ochando, qui était peut-être leur gouvernante. Au milieu, Gabriel, du papier et trois encriers posés devant lui, s’est arrêté en plein exercice d’écriture ou de dictée, les yeux perdus dans le lointain, tandis que sa grand-mère l’observe avec attention. À droite Hilda, quelque peu découragée, a délaissé sa copie et fixe l’objectif, un coude replié pour appuyer sa tête contre son poing. Derrière elle, Georges de Meuron semble lire un journal de concert avec Sophie Eynard, debout à ses côtés, à moins qu’ils n’examinent ensemble la copie de l’un des enfants, dont Georges était le précepteur (pour en savoir plus, voir 2013 001 dag 007 et 2013 001 dag 042).
La composition particulièrement équilibrée tend à la symétrie, tout en donnant l’impression d’une grande spontanéité. L’image est en outre de très bonne qualité si on la compare avec d’autres œuvres similaires réalisées vraisemblablement à la même époque (voir par exemple 2013 001 dag 039). Une bonne maîtrise de la lumière et un temps de pose approprié confèrent à ce portrait de groupe une précision qui met en valeur l’expressivité des visages. Des motifs variés rehaussent la plupart des vêtements, comme le recommandent les traités de photographie, et le tissu tacheté de la nappe occupe une place importante au centre de la composition. Cette nappe, très contrastée, apparaît sur près de cinquante daguerréotypes. (I. Roland)
Inscription posthume : Oui