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Non à l'initiative pour la protection génétique. Génie génétique, entre l'espoir et la crainte.
Le génie génétique suscite deux sentiments: l'espoir et la crainte. L'espoir de venir à bout de bon nombre de maladies grave, tant chez l'homme que chez les animaux ou les plantes; la crainte de disséminer dans la nature du matériel génétiquement modifié et de produire des "monstres".
Toutefois, le génie génétique est déjà une réalité quotidienne et ce ne sont pas les diabétiques qui s'en plaindront, eux qui bénéficient d'insuline produite par des bactéries dites modifiées.
Serait-il dès lors sage d'anéantir les espoirs de centaines de milliers de malades sur l'autel de craintes que l'on peut parfaitement chasser par bon nombre de garde-fous législatifs? La confédération s'y emploie entre autre dans le cadre de Gen Lex et la révision d'une bonne dizaine de textes de lois.
Des interdictions absolues qui rendent l'initiative inacceptable!
L'alinéa 2 de l'initiative "pour la protection génétique" sur laquelle le peuple se prononcera le 7 juin prochain, la rend à lui seul inacceptable. Il énonce, en effet, trois interdictions absolues. La première est celle de "la protection, de l'acquisition et de la remise d'animaux génétiquement modifiés". L'agriculture, l'industrie et la recherche médicale seraient ainsi touchées de plein fouet. Pas de transfert de gênes pour rendre les porcs résistants à la rhinite, pas de transfert de gênes pour augmenter le taux de protéines du lait ou pour abaisser celui de la matière grasse. La deuxième interdiction, la plus dommageable, exclut purement et simplement la possibilité de cultiver des "organismes génétiquement modifiés" (OGM). La Suisse, ainsi, se retrouverait, une fois de plus, seule au milieu d'une Europe qui a déjà autorisé la culture du maïs transgénique. La dernière interdiction concerne l'octroi de brevet. Si l'initiative venait à passer, le nouveau texte constitutionnel serait incompatible avec nos accords internationaux, notre pays faisant partie de la Convention sur le brevet européen.
Etre "sage" tout seul?
Surtout, il serait absurde de croire qu'en acceptant l'initiative pour la protection génétique on serait en mesure d'arrêter la recherche dans le domaine du génie génétique. Celle-ci ne ferait alors que se déplacer à l'étranger, laissant derrière elle son cortège de chômeurs. Par ailleurs, l'histoire l'a montré, on n'arrête pas le progrès. Il serait donc suicidaire de vouloir, en Suisse, être "sage" tout seul.
Non à la castration
Métaphoriquement, Prométerre est pour les trains (alternativement aux diligences) mais avec des feux rouges, des passages à niveau et des horaires.
Cessons une fois pour toute de nous autoflagéler et refusons massivement cette initiative aux conséquences castratrices.
Information de Prométerre - Terre Info, mars 1998