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"En quatre ans, le plateau a beaucoup changé. Des jeunes sont arrivés, Michael Phelps n'est plus là... (ndlr: l'Américain renonce cette fois au 200 m libre)", a relevé devant la presse le St-Gallois, qui semble prévoir un scénario bien différent de celui de Pékin, où il avait surpris le monde entier en réalisant le meilleur temps des séries (1'45''80, record de Suisse toujours valable) devant Phelps en personne.
Cette année, avant d'aborder ses deux courses londoniennes (le 400 m dès samedi matin puis les séries du 200 m le lendemain), le Saint-Gallois ne détient que... le 62e chrono mondial de la saison sur sa discipline de prédilection. Un place qui s'explique par le fait qu'il n'a pas encore nagé à fond cette année, en étant vraiment affûté, vu qu'il avait déjà en poche la limite A depuis l'an dernier. Et Meichtry, qui s'entraîne toujours à Berkeley en Californie, est connu pour prévoir des pics de forme très ciblés, sur les grands rendez-vous.
Pas question donc de s'inquiéter, d'autant qu'il n'épluche pas beaucoup les statistiques: "C'est plutôt l'affaire des journalistes", dit-il. Reste que le 200 m s'annonce comme un grand moment de la semaine de natation, avec le "clash" entre les "monstres" du crawl que sont l'Allemand Paul Biedermann, le Français Yannick Agnel (numéro 1 mondial cette année) et l'Américain Ryan Lochte.
S'il souhaite atteindre la finale, Meichtry devra tenir la distance sur 200 m. [PATRICK B. KRAEMER - Keystone]"Le grand frère"
Meichtry (27 ans) pourra-t-il faire aussi bien qu'à Pékin? "Je procède pas à pas", élude-t-il. "Je me concentre d'abord sur les séries du 400 m." Puis viendront celles du 200 m dimanche matin, avant éventuellement les demi-finales le même jour et la finale lundi soir. Comme pour évacuer les attentes, ou pour cacher son jeu, le St-Gallois préfère mettre en avant son rôle de mentor: "Je suis ici comme le grand frère", dit-il en référence à son expérience (il disputera ses troisièmes Jeux) qui contraste avec l'absence de pedigree des cinq autres nageurs suisses présents, tous néophytes à ce niveau.
"Je suis là pour soutenir les jeunes (ndlr: Yannick Käser, Danielle Villars, Alexander Liess, Dominik Karasek, Martina Van Berkel), qui sont tous des 'rookies'. Je sais d'expérience qu'il est parfois difficile de ne pas se laisser impressionner quand on croise des athlètes comme un Kobe Bryant ou un Novak Djokovic...".
Parlant plus spécifiquement natation, Meichtry explique tout de même que s'il s'aligne aussi sur 400 m, c'est d'abord pour entraîner la résistance, son petit point faible. Ses 50 derniers mètres d'un 200 m sont souvent pénibles. A Londres, pour entrer en finale, il lui faudra tenir la cadence jusqu'au bout.
si/fayet