Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06945.jsonl.gz/520

Avant de devenir le leader de la Révolution russe, le jeune militant marxiste Vladimir Ilitch Oulianov passe dix-sept ans en exil. Il séjourne notamment en Suisse où il élabore sa pensée politique.
"Bien souvent, nous nous souvenions de Genève, où on travaille le mieux, où la vie est moins agitée et incohérente qu'à Paris", déclare Lénine dans le documentaire "L'exil suisse de Lénine: de Genève à Pétrograd" réalisé par Nadège De Peganow (à voir ci-dessous jusqu'au 7 novembre 2017).
"Il y a une longue tradition d'échange entre la Suisse et la Russie. C'est un pays qui leur apparaît relativement calme, à l'écart des passions de l'époque", rappelle Jean-François Fayet, professeur d'histoire à l'Université de Fribourg, interrogé dans le film.
Des imprimeries indépendantes
La présence d'imprimeries indépendantes, qui permettaient d'imprimer en caractère cyrillique, permet notamment au mouvement révolutionnaire russe, qui évoluait alors dans un contexte difficile, de se développer loin de la police politique du tsar, réputée pour être une des meilleures d'Europe à la fin du XIXe siècle.
La Suisse fut l'épicentre de la Révolution russe
La première organisation marxiste russe voit ainsi le jour à Genève en 1883 à l'initiative de Georgi Plekhanov, un grand théoricien exilé en Suisse et que Lénine rencontra dès 1895. Ensemble, ils formulent le voeu d'établir à distance un réseau politique dans toute la Russie impériale et créent des organes de diffusion de leurs idées.
"Au début du XXe siècle, on a, en l'espace de quelques centaines de mètres autour de la rue de Carouge, à Genève, l'ensemble des représentants du mouvement révolutionnaire russe dont plusieurs personnalités qui deviendront les premiers dirigeants du futur gouvernement soviétique", note Jean-François Fayet.
A nouveau réfugié en Suisse pendant la Première Guerre mondiale, Lénine voit rapidement la guerre comme une étape vers la transition politique en Russie. Il se trouve à La Chaux-de-Fonds quand il apprend l'abdication du tsar Nicolas II.
>> Ecouter l'interview de Jean-François Fayet dans Forum:
>> Et aussi la réalisatrice Nadège de Peganow dans Histoire vivante: