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Un Cycle, des stades, des bureaux... ou rien ?
Faut-il ou non déclasser un terrain agricole, celui du Pré-du-Camp au Grand-Saconnex, pour l'affecter à un centre d'entraînement du Servette FC et à des bureaux ? La question est posée aux Genevois et voises, qui en décideront dimanche. L'opération du Pré-du-Camp doit en outre permettre de libérer l'espace actuellement occupé par les installations du Servette FC à Balexert pour y construire un nouveau Cycle d'Orientation remplaçant celui, vétuste, du Renard. Comme s'il fallait forcément installer des stades et des bureaux sur un terrain agricole du Grand-Saconnex pour construire à Balexert un nouveau Cycle d'Orientation. Cette pratique du paquet ficelé (on vous propose en un seul vote des stades, un cycle d'orientation, des bureaux, des logements, à des endroits différents sans que vous puissiez choisir ce que vous soutenez et ce que vous refusez de ce que contient le paquet) commence à être... comment dire en restant poli ? fatigante ? énervante ? insupportable ? Rien que pour cela, on dirait NON au projet du Pré-du-Camp. Mais notre NON a tout de même quelques autres raisons...
Les belles promesses rendent sans doute les citoyens joyeux, mais doivent-elles aussi les rendre amnésiques ?
On voudrait pas fâcher toutes celles et tous ceux qui, dans nos propres rangs, soutiennent le projet du Pré-du.-Camp, mais construire 90'000 mètres carrés de bureaux supplémentaires dans un canton qui en compte déjà trois fois plus d'inoccupés ne nous paraît relever ni de l'urgence, ni même d'un calcul rationnel d'utilisation de l'espace disponible. Et on veut bien admettre que le bon promoteur Magid Khoury soit un philanthrope, au Grand-Saconnex autant qu'à Abu Dhabi, mais "faire dépendre le sort d'une école des projets privés d'un promoteur", comme l'écrit, innocemment, la "Tribune de Genève" (même la "Tribune", c'est dire...) ne nous paraît pas non plus un choix exemplairement socialiste. Ni particulièrement rationnel. Il y a même comme une désagréable odeur de chantage dans a suggestion qu'à refuser le projet du bon promoteur, on se ferait complice des mauvaises conditions d'étude des élèves du Cycle d'Orientation du Renard. Que c'est ça ou rien. qu'il n'y a pas de "plan B" (no alternative, comme dirait Thatcher), qu'on ne peut pas rénover le Cycle du Renard. Ni installer le centre d'entraînement du Servette ailleurs qu'à Balexert.
Ce projet sportif que permettrait la réalisation du projet immobilier, on ne peut s'empêcher d'y penser en nous en rappelant un autre. Entre la Praille et le Pré-du-Camp, n'y aurait-il de différence qu'un peu de discrétion dans l'invocation du "soutien au sport" ? Le projet est supposé permettre la réalisation d'un "pôle football dédié à la formation de la relève du football genevois" en remplacement du site de Balexert. Et c'est supposé justifier la mise sur un marché déjà souffreteux de 90'000 m2 de bureaux (ou, pour user de l'euphémisme du promoteur, d'"espaces de travail") sur plus d'un hectare d'emprise au sol, "espaces de travail" dont nul ne sait s'ils trouveront preneurs et permettront au dit promoteur de payer les 600'000 francs qu'il s'est engagé à verser pour couvrir les frais de fonctionnement du centre de formation footballeux du Servette ? Les belles promesses rendent sans doute les citoyens joyeux, mais doivent-elles aussi les rendre amnésiques ?