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Optimiser ou changer le système de production
Sur une entreprise, lorsqu'apparaît la nécessité - ou simplement la volonté - d'améliorer le revenu, l'approche la plus fréquente consiste à optimiser le système existant. On cherche soit à minimiser les coûts en maintenant la production, soit à augmenter la production en veillant à ce que la hausse des coûts soit la plus faible possible.
Lorsque cette approche ne suffit pas, il est parfois nécessaire de remettre en question le système de production. Les branches de production actuelles, le niveau d'intensité et le mode de production sont-ils pertinents ? Est-ce qu'une modification du système serait de nature à améliorer le revenu?
La conversion à l'agriculture bio – une option possible?
Changement de système! C'est le choix fait par les agriculteurs qui ont décidé d'une conversion à l'agriculture biologique. En 2011 en CH, 10.9% des exploitations étaient bio. Les cantons du Jura et du Valais se situaient aux environs de 8.5 % alors que les autres cantons romands n'atteignaient pas 5%. Qu'est-ce qui freine donc les agriculteurs romands à choisir un tel mode de production ? Ce n'est certainement pas du côté des marges brutes qu'il faut chercher une explication. Après la période de conversion, dans les céréales et les protéagineux celles-ci représentent environ le double de celles réalisées en production PER. Certes, d'autres productions végétales telles que les betteraves sucrières ou la production animale n'offrent pas les mêmes potentiels. Cela signifierait-il que l'amélioration des marges brutes des céréales et protéagineux serait finalement consommée par une moindre valorisation des autres branches de production et par une augmentation des coûts de structure ? Le rapport de base 2011 de ART ne confirme pas cette hypothèse. Entre 2009 et 2011, le revenu agricole des exploitations bio était supérieur de 20% à celui des exploitations PER. La raison est-elle alors à trouver dans le fait que cette augmentation de revenu nécessiterait une telle charge en travail supplémentaire que le jeu n'en vaudrait pas la chandelle ? Ici, c'est à nouveau non. Selon le rapport susmentionné, le revenu du travail par unité de travail agricole familiale était de 13% supérieur sur les exploitations bio.
Les freins à la conversion à l'agriculture bio
Si la réflexion économique devrait plutôt inciter les agriculteurs à opter pour la production biologique, pourquoi leur nombre n'est-il pas plus élevé ? Il y a différents types de résistances possibles. En général, lorsqu'il n'y est pas contraint, l'être humain est ainsi fait qu'il préfère la stabilité à l'inconfort du changement. Changer c'est perdre certains repères. C'est parfois aussi devoir acquérir de nouvelles compétences. Les résistances sont également à chercher du côté de la difficulté de certains à s'identifier à une agriculture plus "verte" et produisant moins de quantités.
Qu'en disent les agriculteurs bio?
Ces résistances sont légitimes. Toutefois, à entendre les arguments des praticiens bio, celles-ci peuvent être surmontées. Les produits de l'exploitation sont recherchés sur le marché. 2/3 des céréales consommées en Suisse sont importées. La reconnaissance du rôle de producteur de nourriture est ainsi renforcée. Ce changement d'orientation est souvent également vécu comme un défi, représentant une nouvelle source de motivation. Enfin, si l'agriculture bio est plus gourmande en travail elle offre aussi d'excellentes perspectives en terme de revenu du travail horaire. Une étude réalisée par la Fondation rurale interjurassienne en 2010 concluait à un potentiel de revenu du travail dans la production de blé dépassant Fr. 100.- par heure. De quoi payer un salarié ou compenser le redimensionnement à la baisse d'autres branches de production moins profitables!
Auteur:
Claude-Alain Baume
Fondation rurale interjurassienne
Courtemelon
CP 65
2852 Courtételle
Courriel
Téléphone: 032 420 74 62