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L'émotion dirige d'une main de plus en plus lourde notre démocratie. Exemples.
Si l'accident nucléaire de Fukushima s'était produit peu avant les récentes élections fédérales, alors le sort des urnes aurait très largement souri aux partis verts.
Si Novartis avait annoncé son importante suppression d'emplois en Suisse peu avant les élections précitées, alors la gauche aurait sans doute triomphé et les partis de droite subi une cuisante défaite.
Si le récent drame mettant en cause l'usage d'un fusil d'assaut "privé" était survenu peu avant le scrutin sur la limitation des armes à la maison, alors cette initiative populaire aurait été acceptée sans difficulté.
L'émotion est humaine et donc digne de respect. Elle devient dangereuse quand elle n'est pas équilibrée par l'intelligence, quand elle tue toute réflexion au profit de la seule réaction. Seule la saine distance qu'offre la raison permet au citoyen de gérer l'émotion; il sera alors capable de discerner entre propagande primaire et argumentation sensée, entre saine interpellation et manipulation populiste, entre beau parleur ambitieux jouant sur les cordes sensibles des thèmes faciles et politicien réellement soucieux du bien-être de la collectivité .
Olivier Emery