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Les deux points forts de cette politique sont les suivants: les engagements pris à Kyoto pour limiter l'effet de serre doivent être respectés, et l'indépendance énergétique du pays doit être maintenue. En ce qui concerne l'énergie nucléaire, le parti socialiste souhaite une diversification des sources de production d'électricité, diversification qui conduit "tendanciellement" à une baisse de la part du nucléaire. La capacité du production du parc nucléaire ne devrait pas être augmentée, l'effort devant porter sur le développement des énergies alternatives (gaz, charbon propre) et des énergies renouvelables (éolien, hydraulique, biomasse). Pour les socialistes, la loi d'orientation sur l'énergie prévue pour la fin de cette année (donc après les élections) devrait fournir l'occasion d'un vaste débat sur l'évolution de la politique énergétique et sur la place de l'énergie nucléaire. Dans ce contexte, les socialistes veulent procéder à une évaluation économique de l'utilisation de combustibles Mox et débattre de la nécessité de construire un EPR (European Pressurized Water Reactor), installation de la prochaine génération.
Les propositions exprimées par le parti socialiste français ne sont pas nouvelles et elles concordent avec l'attitude adoptée jusqu'à présent par le gouvernement Jospin. On peut dire en commentaire que cette politique énergétique consiste surtout à ne pas trop se déterminer avant les élections et à attirer les électeurs écologistes par des formulations évoquant une réduction de l'énergie nucléaire. L'exploitant Electricité de France n'est pas trop attaqué non plus à court terme. D'une part, EDF n'a actuellement aucune intention d'agrandir son parc nucléaire, et pour ce qui est du Mox, EDF ne poursuit pas une politique d'expansion. Il en va autrement des perspectives à long terme et des intérêts de Cogema. C'est ainsi que la politique socialiste retarde le feu vert au démarrage de la construction d'un prototype d'EPR, feu vert d'une nécessité urgente pour le remplacement à long terme de la capacité actuelle de production d'électricité nucléaire. L'attitude hésitante en ce qui concerne l'utilisation de Mox risque par ailleurs de bloquer Cogema, une société nationale qui génère depuis des années une partie substantielle du volume du commerce extérieur français.
Source
H.K./C.P.