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Compositeur
Arnold Schönberg est l’une des personnalités les plus marquantes du XXe siècle. Par deux fois, il a contribué à une transformation radicale de la pensée musicale : après une première phase postromantique flamboyante, il a, vers 1908-1909, abandonné toute référence tonale ; après la Première Guerre mondiale, il a proposé un moyen d’organisation cohérent des douze sons chromatiques. Dans les deux cas, il a entraîné à sa suite ses deux élèves les plus doués, Alban Berg et Anton Webern ; mais l’idée sérielle eut des prolongements jusqu’aux années soixante.
D’origine juive mais converti au protestantisme, Schönberg a réintégré sa religion à cause de la montée de l’antisémitisme dans les années vingt ; à l’avènement de Hitler, il perdit son poste au Conservatoire de Berlin et émigra aux États-Unis.
Il consacra une grande partie de ses forces à aider les populations juives européennes. Musicien sans compromis, génie visionnaire, Schönberg dut renoncer, à la fin de sa vie, en raison de son état physique, aux invitations qui lui furent lancées par les Cours d’été de Darmstadt, puis par Israël. Dans une lettre d’avril 1951 au Ministère de l’Éducation et de la Culture de ce pays, il suggérait d’y créer une académie de « portée universelle », capable de riposter au « matérialisme amoral et profiteur » en formant « des prêtres de l’art ».
Brice Pauset