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Dans le concert des oiseaux, le pic épeiche n'est pas un ténor mais un percussionniste : il ne chante pas, il tambourine...
Le Pic épeiche(Dendrocopos major) a trouvé le moyen de se faire entendre de très loin sans pousser un cri. Il se poste sur un arbre creux qui résonne bien, et le percute avec son bec jusqu'à 25 fois par seconde pour signaler sa présence. Son bec est aussi un formidable ciseau à bois, dont il se sert pour attaquer les branches et les troncs des arbres dépérissants, que ce soit pour y trouver des insectes ou pour creuser une cavité dans laquelle nicher. Ses anciens nids servent ensuite pour la reproduction d'autres oiseaux cavernicoles qui sont incapables de creuser, tels les mésanges, les sitelles, les étourneaux etc.
Présent partout en Suisse et visible toute l'année, le Pic épeiche a donc besoin de vieux arbres pour se nourrir et se reproduire. Voilà pourquoi il est fréquent dans les anciens quartiers de villas, et plus rare dans les quartiers neufs où les plantations sont récentes. Une bonne habitude – qui profite d'ailleurs à bien d'autres espèces – est de ne pas abattre complètement un arbre dépérissant, mais de conserver une "quille", autrement dit quelques mètres de tronc sur pied – ce qui assure la sécurité des humains tout en favorisant la biodiversité.
La Cardamine des prés(Cardamine pratensis) pousse spontanément dans les coins de prairie plutôt humides. Elle passe inaperçue jusqu'au printemps, où sa petite rosette de feuilles lance une longue tige qui se termine par un feu d'artifice de fleurs mauve pâle.
La Cardamine est aussi appelée «cressonnette» ou «cresson des prés». Avant floraison, ses feuilles peuvent être consommées crues et agrémenter les salades. Elles sont riches en vitamine C, et ont un goût un peu piquant et légèrement amer. Les rares feuilles de la tige florale sont très différentes des feuilles de la rosette: elles ont une forme de plume (elles sont "pennées"). Elles peuvent aussi servir de condiment aux salades.
Au moment de la tonte, pensez à préserver les coins de prairie riches en Cardamines. Car c'est surtout sur cette fleur que le joli papillon Aurore pond ses oeufs (voir ci-dessous).
Au printemps, l'Aurore(Anthocharis cardamines) fait partie des premiers papillons à visiter les jardins. Si la femelle porte des ailes toutes blanches sur le dessus, le mâle semble en avoir trempé les bords dans de la peinture orange.
Le nom latin de l'Aurore rappelle que ce papillon est associé à la Cardamine des près, une fleur dont ses chenilles se nourrissent. Plus exactement, elles croquent le bouquet de minces haricots qui suit la floraison. La femelle Aurore peut aussi pondre ses oeufs sur une autre plante qui pousse spontanément dans les coins humides du jardin: l'Alliaire officinale (Alliara petiolata), dont les jeunes feuilles au goût d'ail peuvent être ajoutées aux salades.
Alliaire, Aurore et Cardamine: voici 3 bonnes raisons de laisser des coins de prairie non tondus, comme le conseille la Charte des Jardins.
Le Gendarme(Pyrrhocoris apterus) est une punaise noire et rouge qui aime particulièrement les endroits bien exposés au soleil et qui semble n'avoir peur de rien, même si elle ne peut pas fuir en volant à cause de ses ailes atrophiées. On peut d'ailleurs observer les femelles et les mâles, accouplés dos à dos, se promener sans gêne pendant des heures...
Bien qu'il soit une punaise, le Gendarme fait peu de dégâts dans le jardin, si ce n'est sur les boutons de Rose trémière et d'Hibiscus dont il raffole. En fait, il y aspire le suc des graines en formation, sa nourriture favorite. Mais comme le Gendarme mange aussi des pucerons, des cochenilles et les oeufs d'autres insectes, il faut plutôt le considérer comme un ami du jardinier. D'autant que, contrairement à bien d'autres punaises, il ne produit pas cette horrible odeur lorsqu'on le menace.
Chou de Bruxelles, Chou kale, Chou frisé... abandonnés dans le potager, ils finissent par monter en fleurs. C'est là que le gourmet se réjouit: les longues hampes bardées de boutons de fleurs sont délicieuses à manger, une fois passées à la vapeur, telles les asperges. Selon la variété de chou, la chair est plus ou moins sympathiquement amère. À la vinaigrette, à la mayonnaise, au gratin, tout est bon. On peut même rôtir ces hampes florales à la poêle.
Au printemps, les fleurs de chou qui s'épanouissent sont aussi une aubaine pour les insectes pollinisateurs, et notamment les abeilles et les papillons. On peut laisser les choux fleurir et grainer dans le potager, puis apprendre à reconnaître les jeunes pousses pour ne pas les désherber. Les deux premières feuilles des choux naissants forment une paire de petits coeurs opposés par la pointe.
Croy est une commune agricole de 400 habitants du Jura-Nord vaudois (altitude 650 m). Le village est bordé par des forêts et par le Nozon, une rivière qui offre l'impressionnante "chute du Dard", une cascade de 19 mètres de haut. Depuis Croy, on peut faire une belle balade à pied – le Circuit des fontaines – et admirer de vieux abreuvoirs et lavoirs taillés dans le calcaire, tout en passant par la carrière historique d'où ces grands bassins ont été extraits et transportés voici près de deux siècles. Très engagée à préserver son précieux patrimoine, la commune a signé la Charte des Jardins.
Située dans le quartier du Vieux-Châtel, au sud de la gare de Neuchâtel, La Coopérative d’en face est une coopérative d’habitation entièrement imaginée et gérée par ses propres habitants. L'aventure a commencé en 2012, et il a fallu attendre mai 2019 pour que les coopérateurs – actuellement 35 adultes et 15 enfants – puissent s'installer dans les 21 appartements de 1 à 5 pièces. En extérieur, ils pratiquent l’agriculture biologique dans le respect des bonnes pratiques de la Charte des Jardins. La coopérative s'est engagée à planter des espèces et des variétés de préférence locales et anciennes. Elle veille à développer la biodiversité sur l’ensemble du site, et à conserver intactes des zones définies comme «réservées pour la biodiversité spontanée».
La commune vaudoise de Yens a adhéré à la Charte des Jardins. Faisant partie du district de Morges, elle comprend des vignes au sud, des forêts au nord, et des terres agricoles. Les 1480 habitants sont surnommés les "Fumas" – et voici pourquoi: En 1628, leurs récoltes furent presque entièrement détruites par les intempéries. Pour se nourrir, les gens de Yens allèrent récolter des glands en forêt, puis les mirent à rôtir pour pouvoir les moudre et en faire du pain. Lors de ces opérations de rôtissage, une épaisse fumée sortait des cheminées – d'où le surnom de "Fumas". Aujourd'hui plus que jamais, on peut méditer sur l'importance de la forêt pour notre résilience....
La commune du Mont-sur-Lausanne (plus de 9000 habitants) est constituée de hameaux qui ont été reliés les uns aux autres par le développement du réseau routier de la région lausannoise et la construction de nouveaux quartiers. En octobre 2020, pour préserver la nature face à cette urbanisation, le Groupe Biodiversité de Mont Solidaire et l'association de quartier «En Martines» ont organisé une conférence publique intitulée «Réinventons nos jardins». Le Groupe Biodiversité s'est alors proposé pour gérer la Charte des Jardins, réunissant rapidement une première vingtaine de signataires. La commune, elle aussi, a signé la Charte des Jardins. Elle adapte progressivement ses aménagements et l'entretien de ses espaces verts aux bonnes pratiques qui favorisent la biodiversité. Elle offre aussi l'emblème de la charte aux nouveaux adhérants.
Une dixième commune de l'association Région Morges vient d'adhérer à la Charte des Jardins: Échichens. Et pour remercier les habitants qui décident d'appliquer les principes de la charte sur leur terrain, l'association de communes offre aux nouveaux signataires 2 plantes indigènes vivaces. Cette opération de promotion a lieu durant le temps de la Fête de la Nature (voir plus bas).
Du 21 au 30 mai 2021 a lieu la 10e édition de la Fête de la Nature. C'est gratuit. Les activités se déroulent sur le terrain ou en intérieur, et elles s'adressent à tous les publics. Le mieux est de se rendre sur le site web de la Fête de la Nature, de consulter la carte de votre région, puis de concocter votre propre programme. Il faut généralement s'inscrire pour participer à un événement. Le samedi 29 mai, par exemple, des habitants d'Orbe (VD) font visiter leur terrain sous l'égide de la Charte des Jardins, afin de montrer comment de bonnes pratiques d'aménagement et d'entretien favorisent la vie des oiseaux, des papillons et de toute la petite faune des jardins.
Le Rougequeue à front blanc se fait de plus en plus rare. Comment faire pour accueillir ce bel oiseau dans nos parcs et jardins lorsqu'il revient de ses quartiers d'hiver africains? On peut le découvrir grâce à une exposition interactive pour tout public, qui se tient dans le parc du Château des Monts jusqu'à fin octobre 2021. Ce château abrite aussi le Musée de l'horlogerie du Locle (à visiter aussi!) qui vient d'adhérer à la Charte des jardins. Sous l'aile du Rougequeue à front-blanc, du 25 avril au 31 octobre 2021, voir les horaires du musée
Un «endormeur de mulot» désigne un homme fin et adroit qui amuse les gens de belles espérances sans effet, et trompeuses. (Le Robert, Facebook, 15-02-2012)
Le Mulot sylvestre(Apodemus sylvaticus) ressemble à une souris. Mais s'il avait la queue fournie de longs poils, on le prendrait assurément pour un petit écureuil: il a de grands yeux noirs, de grandes oreilles et de grands pieds; il peut faire des bonds spectaculaires et grimper dans les branches; il se constitue des réserves de graines pour l'hiver; et il saisit une noisette entre ses mains pour en extraire le contenu en quelques coups d'incisives.
Pouvant vivre jusqu'à 4 ans, le Mulot est un hôte fréquent des jardins. Plutôt nocturne, il creuse des galeries dans le terrain et peut se servir dans le potager. On le surprend parfois en journée, à chiper rapidement une graine tombée de la mangeoire des oiseaux, ou à escalader une longue herbe qui pointe au-dessus de la prairie pour observer le paysage.
Le Mulot entre moins fréquemment dans les maisons que les souris, et y fait moins de dégâts. Si on prend la peine de l'observer, on finira sûrement par le trouver sympathique, même s'il a croqué une carotte du jardin...
Un Noisetier(Corylus avellana), planté seul, a de la difficulté a produire des noisettes. En effet, cet arbuste porte séparément ses fleurs mâles (les jolis chatons jaunes) et ses fleurs femelles (de discrets bourgeons surmontés d'une petite «anémone de mer» rouge). La maturité des fleurs mâles et des fleurs femelles est décalée. En conséquence, il faut la proximité de plusieurs noisetiers dont les périodes de floraison se chevauchent pour obtenir des noisettes dans le jardin.
En plus du noisetier sauvage, on peut trouver en jardinerie une cinquantaine de variétés cultivées, sélectionnées soit pour leur production de noisettes, soit pour leur aspect décoratif (attention, tous les noisetiers décoratifs ne produisent pas des noisettes; certains sont même d'une autre espèce). Pour s'offrir des noisettes et en offrir à la petite faune des jardins (écureuils, sitelles, mulots...) on choisira au moins deux arbustes différents (sauf si des noisetiers poussent sur le terrain voisin) et on se renseignera sur leur fertilité croisée.
Chenilles processionnaires du pin
Chenilles d'un papillon nocturne actif durant l'été, les Processionnaires du pin(Thaumetopoea pityocampa) éclosent en groupe à la base d'une aiguille de Pin noir d'Autriche (leur préférence) ou d'autres résineux. Après avoir croqué des aiguilles pour grandir, elles passent l'hiver ensemble dans un gros cocon de soie qu'elles tissent à la cime de l'arbre. Au printemps, elles descendent au sol, en vue de s'enterrer et de se transformer en papillon. Elles se déplacent alors en formant une longue procession qui leur a donné leur nom. C'est à ce moment que les risques pour la santé des êtres humains et des animaux sont les plus grands: leurs longs poils urticants, qu'elles ont tendance à perdre facilement, peuvent provoquer des démangeaisons cutanées (voire des nécroses), des atteintes aux yeux, des problèmes respiratoires et de graves réactions allergiques.
La lutte contre les Processionnaires du pin est généralement obligatoire lorsque les arbres infestés sont situés près d'espaces publics ou d'écoles (voir le règlement cantonal). Pour les éliminer, on peut soit faire appel à un grimpeur spécialisé pour couper les nids et les incinérer, soit équiper le tronc d'un piège circulaire qui capture les chenilles lors de leur descente. Il existe aussi des pièges à phéromones, dont les émanations attirent les papillons mâles.
Une bonne arme sur le long terme consiste à favoriser la Biodiversité: les chauves-souris attrapent les papillons en vol, et les mésanges capturent les petites chenilles lorsqu'elles ne sont pas encore urticantes. Pour favoriser ces prédateurs, on peut leur installer des nichoirs et leur offrir de bonnes conditions de vie en appliquant la Charte des Jardins.
Coeur de pierres
Voilà un bel aménagement pour les lézards et les insectes que Céline Müller, signataire de la Charte des Jardins, a organisé dans un talus. Elle a d'abord récupéré des grosses pierres, de 15 à 30 cm de diamètre, mises en décharge par des agriculteurs pour désencombrer leurs champs. Elle a ensuite délimité un grand coeur, puis décapé le terrain pour enlever une partie des herbes hautes et obtenir une cuvette capable de retenir les cailloux dans la pente. Ensuite, elle a soigneusement organisé les cailloux, à partir du bas, afin de former le coeur. Finalement, elle a versé sur les pierres quelques kilos de sable, qu’elle a ensuite arrosé d'eau pour qu'il s’infiltre entre les pierres.
Si vous avez des réalisations à partager, surtout si elles allient esthétique et biodiversité, n'hésitez pas à nous en faire part, en envoyant une photo et des détails à : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Géranium sanguin
Le Géranium sanguin(Geranium sanguineum) est une plante qu'on gagne à installer dans un coin ensoleillé et plutôt sec du jardin, tant il présente d'avantages. Il est vivace (repousse d'année en année), indigène (pousse naturellement dans la région), et très généreux en fleurs de mai à juillet – il continue même de fleurir plus sporadiquement jusqu'à l'automne.
Le Géranium sanguin est aussi remarquable par son port étalé: il émet ses tiges grêles et anguleuses dans toutes les directions jusqu'à former un sympathique nuage de feuilles très découpées, d'un beau vert mat.
Dans les jardineries et sur internet, on peut en trouver une cinquantaine de variétés horticoles. On préférera la version sauvage, dont le nom latin est simplement Geranium sanguineum, sans l'adjonction d'un troisième mot entre guillemets. Les variétés horticoles (cultivars), ont un troisième nom, tels que Geranium sanguineum 'striatum' ou G. sanguineum 'Elke'.
Infos & Astuces Biodiversité
Même si cette newsletter paraît seulement deux fois par an, elle compte déjà beaucoup d'informations sur la petite faune des jardins, les plantes, les aménagements et l'entretien vers davantage de biodiversité. On peut les retrouver toutes réunies (et revues) sur une nouvelle page web: Info & Astuces Biodiversité.
Vie de la Charte
Bussigny (VD)
Bordée par deux rivières – la Venoge et la Sorge – et située dans le district de l'Ouest lausannois, la commune de Bussigny s'est fortement développée au cours des dernières années. Nouvelles constructions, nouveaux habitants, et nouvelles lignes de transports publics lui ont donné son statut de ville en 2015. Mais elle tient à conserver le bien-être de ses citoyens. Elle soigne ainsi sa vie sociale et ses aménagements extérieurs. Et pour préserver sa Biodiversité, elle vient d'adhérer à la Charte des Jardins.
Les communes vaudoises de Denges, Echandens, Lonay, Lussy-sur-Morges, Préverenges, Saint-Prex et Tolochenaz viennent d'adhérer à la Charte des Jardins, rejoignant ainsi Lully (adhésion en 2018) et Morges (adhésion au début 2020). Ces neuf communes font partie de l'association Région Morges qui sert surtout de plateforme pour le développement territorial de la région morgienne. Pour fédérer ses membres autour de la Biodiversité, l'association a donné un nouvel habillage à la Charte des Jardins; elle a été transformée en un joli livret de bonnes pratiques, illustré de photos et accompagné d'un joyeux poster. Chaque commune dispose d'un formulaire adapté à adresser à ses citoyens. Une newsletter régionale devrait bientôt valoriser les actions que ces communes entreprennent en faveur de la nature.
À la retraite, Catherine et François Choffat ont décidé de partager leur jardin situé à Grandcour (VD). Un collectif de 11 personnes, dont 3 enfants, a ainsi été formé avec des habitants du village, qui se sont défini une "charte de gouvernance" (voir ci-dessous) pour cultiver la terre en permaculture et en harmonie. Le potager a été divisé en 6 parcelles: 5 parcelles "indépendantes" pour les 5 groupes de jardiniers, plus une parcelle collective. Régulièrement, les membres du collectif se réunissent pour un brunch, afin de partager les expériences et de discuter des éventuels problèmes de cohabitation potagère. Ils ont ainsi décidé d'adhérer à la Charte des Jardins. Après une année de fonctionnement, les propriétaires sont très heureux de leur initiative – le collectif s'appelle Jardijoie et il a été bien nommé.
La deuxième vague de covid-19 bouleverse à nouveau les agendas: événements repoussés ou annulés, moins de vie sociale, shopping compliqué pour faire ses présents de Noël. Voici donc une idée de cadeau adaptée à ces fêtes de fin d'année peu ordinaires:
Ouvrir délicatement une noix sans en casser les deux coques (attention aux doigts, si on utilise un couteau tranchant), puis évider les coques qui vont servir de boîte pour le cadeau. À l'intérieur, on peut bien sûr placer un tout petit présent: une bague, une paire de boucles d'oreille, un bonbon... Mais on peut surtout y mettre un petit billet plié, sur lequel on note ce qu'on offrira au retour de la vie ordinaire: un repas au restaurant, une virée à la montagne, une sortie au cinéma, un bon-cadeau, un QR-code vers une page web à choix... Puis on recolle légèrement les deux moitiés (surtout pas trop de colle, afin ne pas salir le cadeau), et on enrobe le tout d'un fin ruban. C'est complètement noix, mais c'est chou...
Nouvelles de la Charte des Jardins
No 17, printemps 2020
Étourneau pas être? Telle est la question. (Anonyme XXe siècle)
L'Étourneau sansonnet(Sturnus vulgaris) n'a pas bonne réputation. Il faut dire qu'il sévit en bande organisée: voleur de cerises, pilleur de vignes, et crépisseur de carrosserie par ses fientes qui pleuvent de l'arbre-dortoir sur lequel des centaines d'individus peuvent se rassembler.
Mais quel destructeur de parasites du bétail, des cultures et des jardins! Et quel artiste! Il est capable de produire n'importe quel son: sifflements, modulations, claquements de bec, plagiats d'autres oiseaux, et imitations de bruits d'origine humaine – klaxon, grincement de portail, sonnerie de téléphone... Certes, il a le temps d'apprendre puisqu'il peut vivre jusqu'à 20 ans.
En ces temps de peu de trafic motorisé, il vaut la peine de lui prêter l'oreille. D'autant que, chez cet oiseau, la femelle chante aussi, même si elle reste plutôt discrète pendant la période de reproduction.
La Charte des Jardins encourage les jardiniers à laisser pousser des bandes de pelouse et de prairie, et à ne pas les tondre tant qu'il y a des fleurs. On peut parfaitement combiner cette bonne pratique favorable à la biodiversité avec le "land art" (art contemporain utilisant les matériaux de la nature). Sur cette image prise du ciel, on voit un exemple ambitieux: un labyrinthe éphémère réalisé dans une prairie.
Pour parvenir à tondre un cercle parfait, il faut planter un pieu central et y enfiler une boucle sur laquelle 2 cordes d'égale longueur sont fixées. Ces deux cordes sont ensuite accrochées sur le côté de la tondeuse, à l'avant et à l'arrière. Grâce à ce dispositif, la tondeuse pourra avancer de manière bien circulaire. Avec une seule corde, elle aurait tendance à zigzaguer. Une fois le cercle tracé dans l'herbe, il n'y a plus besoin des cordes pour effectuer les prochaines tontes.
Aux premiers jours du printemps, vous avez sûrement remarqué ce drôle de bourdon poilu de couleur caramel, avec une longue "paille" en guise de bouche. Il est capable de voler sur place pour butiner les fleurs, tel un colibri. En fait, il n'a rien à voir avec un bourdon. Le Grand Bombyle(Bombylius major) est de la famille des taons. Mais son long rostre lui sert – heureusement – uniquement à atteindre le nectar des fleurs profondes.
Par contre, ses enfants sont moins sympathiques. La femelle Bombyle pond ses oeufs à l'entrée des galeries creusées dans la terre par des abeilles sauvages ou des guêpes solitaires. Les larves de bombyles qui naissent entrent dans les galeries, se nourrissent des jeunes abeilles et des jeunes guêpes, puis y passent l'hiver. On se consolera en rappelant que le Bombyle est aussi un précieux pollinisateur pour les premières fleurs de l'année.
Pelle aiguisée
Elle ne fait généralement pas partie des accessoires standards, mais la pelle de chantier au manche courbé peut être très utile dans le jardin. Le truc, c'est d'en aiguiser le bout avec une pierre à aiguiser ou une meule. L'outil devient alors remarquable pour sarcler les herbes indésirables dans le potager: on la pousse devant soit à plat par petits coups légers dans la terre, ce qui permet de décapiter les intrus sans efforts et avec précision.
Sur la pelouse, la pelle aiguisée est très efficace pour se débarrasser des plantes qui forment des rosettes de feuilles plates collées au sol, créant ainsi des cuvettes dans la pelouse: chardons, épervières, pissenlits... La technique consiste simplement à les hacher sur place, en plantant plusieurs fois la pelle perpendiculairement au terrain, de sorte à dessiner un astérisque centré sur la racine. On laisse ensuite le hachis de feuilles en place, afin de protéger la terre et permettre aux graminées de recoloniser peu à peu la place. Par rapport à l'arrachage, c'est beaucoup moins d'effort, et ça ne laisse pas de trous.
Oseille sauvage
L'Oseille sauvage(Rumex acetosa) pousse souvent spontanément dans le jardin. C'est une plante vivace, de 30 cm à un mètre de haut, qui peut servir de condiment grâce à son goût acidulé. Ses feuilles lisses sont reconnaissables à leur forme de pointe de flèche, avec deux oreillettes qui entourent la tige à la base de la feuille. On peut ajouter des feuilles d'oseille crues à une salade, ou les cuire avec une soupe, une omelette ou un poisson. Comme leur goût acide provient de l'acide oxalique, il ne faut pas en abuser – et même les éviter si on a une tendance aux calculs biliaires ou rénaux.
Chez l'oseille, il y a des plantes mâles et femelles. Les femelles produisent à leur sommet un panicule léger de petites graines entourées chacune de trois petits ailes. Les serins et les chardonnerets s'empressent de les dévorer. Si on dit parfois "oseille" lorsqu'on parle d'argent, c'est peut-être parce que ce panicule brille dans le soleil, telle une gerbe de toutes petites pièces d'or...
La commune de Crans-Montana (VS) est née en 2017 lors de la fusion des communes de Montana, Mollens, Randogne et Chermignon. Elle compte environ 11'000 habitants et vient de lancer le slogan «Crans-Montana s’engage» pour accompagner tout un programme en faveur de la biodiversité: cours, ateliers et activités visant à transmettre une approche respectueuse de la nature. Ces formations s’adressent aux citoyens, aux jardiniers amateurs – adultes et enfants – et aussi aux employés communaux. C'est la Fondation pour le développement durable des régions de montagne (FDDM) qui aide la commune à engager cette transition, au cours de laquelle la Charte des Jardins sera diffusée le plus largement possible.
Morges (VD) est une ville très riche en animations et en festivals qui honorent le livre, la sculpture, le design, l'humour et les fleurs – et tout particulièrement les tulipes. Ses espaces verts soignés et fleuris lui ont valu le surnom de «Morges la Coquette». Et c'est un bonne raison pour la commune d'encourager ses citoyens à signer la Charte des Jardins pour favoriser la biodiversité. L'objectif est de créer des connexions entre les parcs publics et les parcelles privées qui les entourent, afin de faciliter les déplacements et la vie des petits animaux sauvages. Tout habitant de Morges peut adhérer à cette démarche, en mettant davantage de nature sur son rebord de fenêtre, sur son balcon ou dans son jardin.
Prilly (VD) a décidé d'assurer la qualité et la pérennité de son patrimoine naturel et paysager en se dotant d'un plan directeur "nature en ville". De surcroît, la ville met plusieurs aides financières en faveur de la biodiversité à disposition de sa population, de ses associations et de ses entreprises: subventions pour planter une haie vive, entretenir un arbre majeur, végétaliser un toit, installer des ruches et des nichoirs – et même pour la mise en oeuvre de la Charte des Jardins avec l'aide d'un spécialiste.
La coopérative de logements Coloma se situe à Marin-Épagnier (NE), tout près du lac de Neuchâtel. Elle se compose de 4 immeubles construits en 1963 pour loger les employés des usines Dubied, qui exportaient des machines à tricoter dans le monde entier. Après la faillite de l'entreprise en 1988, les habitants ont repris les immeubles qui sont aujourd'hui assainis et déjà couverts de capteurs solaires pour trois d'entre eux. Au sol, les coopérateurs soignent la biodiversité sous la bannière de la Charte des Jardins: fauche tardive, hôtels à insectes et abris à hérisson.
Sion (VS)
L'ORIF (Organisation romande d'intégration et de formation) regroupe 11 sites en Suisse romande. L'ORIF Sion (VS), situé au Pont-de-la-Morge, accueille des jeunes de 16 à 20 ans pour les orienter sur une voie professionnelle ou pour leur apprendre un métier: construction métallique, restauration, blanchisserie, peinture, etc. Il y a 12 ateliers de formation, dont 2 concernent le paysagisme et le jardinage. La Charte des Jardins y sera désormais utilisée à la fois pour l'apprentissage professionnel et pour guider la pratique, notamment dans l'entretien de jardins chez les privés.
La pandémie de covid-19 a également touché la vie de la Charte des Jardins. Les manifestations liées au jardinage et à la nature ont été annulées pour la grande majorité. Et l'atelier protégé de la FOVAHM, qui fabrique les emblèmes de la charte, est fermé depuis le 16 mars. C'est la raison pour laquelle les nouveaux signataires qui ont commandé un emblème ne l'ont toujours pas reçu.
Le bon côté des choses, c'est que la nature a profité de la baisse de nos activités bruyantes et polluantes. Et comme l'hiver a été doux et le printemps clément, tout pousse comme jamais! Profitons-en pour rendre les parcs, les jardins, les pourtours d'immeuble et les balcons les plus accueillants possible pour les petits animaux sauvages qui vivent autour de nous. Si vous avez réalisé des aménagements particuliers pour la faune (abris, nichoirs, tas de bois, tonte originale) n'hésitez pas à les partager, en envoyant une photo et des détails à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.. Une page web leur sera prochainement consacrée.
Nouvelles de la Charte des Jardins
No 16, automne 2019
Le gros-bec vulgaire, dit absolument gros-bec, choche-pierre, malouasse, gros pinson et pinson royal... (Nouvelle orthologie française, 1832)
Le Gros-bec casse noyaux(Coccothraustes coccothraustes) est un robuste pinson doté d'une grosse tête et d'un bec aussi impressionnant que costaud: il est capable de casser un noyau de cerise pour en avaler l'amande. En hiver, on peut parfois voir ce bel oiseau à la mangeoire, où il fait généralement la loi.
À propos de noyau de cerise, la saison froide est le bon moment pour se rendre compte de l'hospitalité d'un jardin. Reste-t-il des graines, des baies et des fruits à manger? Le cerisier du Japon, par exemple, fleurit certes magnifiquement au printemps. Mais c'est parce que ses fleurs produisent un surplus de pétales aux dépens des organes sexuels: pas de pollen ni de nectar pour l'abeille, pas de cerises pour le dessert, et pas de noyaux pour le gros-bec...
Si la Charte des Jardins encourage les propriétaires à installer des plantes sauvages indigènes, c'est justement pour nourrir les petits animaux des jardins en toute saison. Tous les arbres fruitiers sont les bienvenus aussi, pourvu qu'on ne les arrose pas de pesticides...
Les écureuils sont capables de se déplacer sur une corde pour traverser une route. Ces voies aériennes artificielles sont appelées "écuroducs". Mais attention, il ne suffit pas de lancer une corde entre deux arbres: il faut qu'elle soit constamment tendue par un jeu de poulies et de contrepoids. Sinon la corde fait la banane, et les écureuils ne l'empruntent pas.
Avec l'avancée de l'urbanisation et le morcellement des parcelles, qui s'accompagnent souvent de la disparition de grands arbres, les routes aériennes des écureuils sont souvent interrompues. Et comme ces rongeurs n'aiment pas circuler au sol – où les attendent les voitures, les chiens et les chats – ils abandonnent les quartiers sans liaison aérienne, faute de pouvoir s'y rendre en toute sécurité. L'installation d'un écuroduc (par des arboristes grimpeurs) peut alors les y faire revenir.
La période hivernale est le bon moment pour tailler les arbustes de la haie. En faisant ce travail, on peut penser à deux choses pour aider les oiseaux. Premièrement: à préserver les petits fruits qui ornent les branches afin d'assurer de la nourriture en période de disette. Secondement: à favoriser par la taille quelques fourches de branches qui serviront de support aux prochains nids. Les meilleurs endroits se situent au centre de la haie, à hauteur d'yeux. Mais on peut en créer à tous les niveaux.
On pourra aussi profiter des déchets de la taille pour confectionner des tas de branches denses et bien enchevêtrées – à placer au coeur de la haie. Le rouge-gorge pourra y bâtir son nid. Et ses petits, qui quittent le nid sans savoir encore voler, pourront s'y cacher dès l'arrivée d'un chat.
Lierre grimpant
Le Lierre grimpant (Hedera helix) n'étouffe pas l'arbre sur lequel il s'élève. Il se sert du tronc comme d'un tuteur, en montant bien droit – pas d'enlacement – et en s'accrochant avec ses crampons qui ne parasitent pas la sève du tronc. D'ailleurs, le lierre n'envahit pas la couronne de l'arbre, sauf si l'arbre est dépérissant. Et, dans ce cas, c'est bien souvent le lierre qui empêche l'arbre de tomber.
Le respect du lierre pour son arbre va même plus loin: il fleurit en automne – et même jusqu'en novembre – pour ne pas faire concurrence aux fleurs de son support lors de la pollinisation. Il est même l'une de nos dernières plantes indigènes à offrir du nectar aux papillons et aux abeilles qui s'attardent. De plus, son feuillage très dense et persistant offre toute l'année des abris pour les oiseaux et les insectes – sans oublier ses baies noires que les merles gobent en fin d'hiver. Bref, qu'il rampe au sol ou qu'il s'élève vers le ciel, le lierre est une bénédiction pour la biodiversité, à condition que ce soit un pied sauvage qui puisse produire des fleurs fertiles.
Séneçon du Cap
Originaire d'Afrique du Sud, le Séneçon du Cap (Senecio inaequidens) peut fleurir jusqu'au mois de décembre et envoie ses milliers de graines volantes conquérir les terres en friche. Inscrit sur la liste noire des plantes exotiques envahissantes, il appartient à la famille des astéracées, peut croître en un buisson de 50 à 150 cm de haut, et survit une dizaine d'années. Une fois installé, le Séneçon du Cap s'étend aux dépens des espèces indigènes: ses racines émettent des toxines pour affaiblir les autres plantes.
On peut voir cette plante invasive problématique en bordure des champs, sur les talus et le long des autoroutes où il forme de jolies bandes jaunes. Ce séneçon peut aussi apparaître dans un jardin, surtout si des travaux ont laissé la terre à nu. Après l'avoir identifié (voir fiche ci-dessous), ne pas hésiter à l'arracher avant que ses fleurs se transforment en plumeau gris (comme chez le Pissenlit), puis le mettre à la poubelle pour l'incinération.
Située au coeur du Lavaux (inscrit au Patrimoine mondial de l'UNESCO), dans les magnifiques vignobles qui plongent dans le lac Léman, la commune de Bourg-en-Lavaux (VD) est née en 2011 de la fusion des communes de Cully, Épesses, Grandvaux, Riex et Villette. C'est, bien sûr, un cep de vigne qui figure sur le nouveau blason de la municipalité qui a signé la Charte des Jardins et qui la soutient. Ainsi, un réseau d'une trentaine de signataires a été mis en place, avec une première rencontre en juillet dernier dans un jardin d'un habitant de Riex, dans le but de partager les expériences sur l'organisation et l'entretien de jardins situés souvent en forte pente. Vu le succès de la rencontre, d'autres activités seront proposées périodiquement aux signataires.
La commune de Châtel-St-Denis (FR) est composée de cinq localités: Châtel-Saint-Denis, Fruence, Les Paccots, La Frasse et Prayoud. Son territoire comporte 42% de forêt et 45% de surface agricole – une belle nature riche de trois réserves naturelles: la grande zone marécageuse du lac de Lussy, le lac des Joncs aux Paccots, et la réserve forestière Les Preises–Le Barlattey–Goille au Cerf. C'est donc tout... naturellement que la commune a signé la Charte des Jardins en octobre dernier.
La commune de Troinex (GE) fait la promotion de la Charte des Jardins auprès de ses habitants. Et pour montrer l'exemple, elle vient d'inaugurer un jardin-modèle, le parc Duvernay. Il s'agit du jardin d'une ancienne propriété récemment acquise par la commune, qui avait été laissé à l'abandon. Au printemps dernier, y pullulaient encore les bambous et les Grandes berces du Caucase (plante envahissante de la liste noire), ainsi que toutes sortes de déchets. Aujourd'hui, le parc et ses potagers accueillent le public, tout en montrant par l'exemple les dix bonnes pratiques de la charte. Des associations locales participent à l'animation des lieux, notamment en initiant les enfants à l'art de faire pousser les légumes.
Le petit site de compostage de Bienzgut (170 m2) a été mis à la disposition d'une association par la Ville de Berne. Les membres de l'association y apportent leurs déchets de cuisine et de jardin à recycler, et certains travaillent à la préparation du compost et au maintien de la place. L'association anime aussi un site web et organise sur le lieu des rencontres festives et des formations. L'emblème de la Garten-Charta (Charte des Jardins) orne le portail d'entrée. Car même dans ce petit espace, on a fait une place à la nature: il y pousse des chardons, des grandes molènes et d'autres plantes indigènes spectaculaires qui attirent les insectes butineurs. Quant aux oiseaux, ils sont nombreux à fouiller la matière organique en décomposition pour y dénicher de la bonne vermine.
Situé en ville, en face du collège, et mis à disposition par la commune de la Neuveville (NE), le terrain des Prés-Guëtin est devenu un jardin-potager communautaire en janvier 2018. Dans l'esprit de l'association qui s'en occupe, il s'agissait d'offrir au public un lieu où se retrouver, où jardiner simplement en respectant l'environnement (permaculture), et où accueillir les insectes, les oiseaux, les hérissons et autres membres de la petite faune – d'où l'adhésion à la Charte des Jardins. Dans ce nouveau jardin communautaire, l'association Rétropomme a planté un verger haute-tige et des petits fruits d'anciennes variétés. Il y a même un petit étang, qui recueille l'eau de pluie tombée sur le toit du cabanon où sont rangés les outils.
«NAC», c'est l'acronyme de Nouveaux Animaux de Compagnie. Et c'est ainsi qu'on nomme les espèces qui ne sont ni des chats, ni des chiens et que les êtres humains se choisissent comme compagnons. Située à Nuvilly (FR), Zooparadise est une ferme-refuge pour NACs et animaux de ferme. Elle accueille une centaine d'animaux abandonnés par des privés, dont les plus grands sont des chevaux, des yacks et des lamas. Mais on y trouve aussi des animaux de basse-cour, des oiseaux exotiques, des rongeurs de toute espèce, et des reptiles. La ferme-refuge organise des journées et des camps pour les enfants. Ils y apprennent à côtoyer les animaux, à vaincre leur peur, et aussi à construire eux-mêmes des petits refuges pour la faune sauvage: nichoirs, cabanes à hérisson ou hôtels à insectes. Et tout cela dans l'esprit de la Charte des Jardins. Adresse: Zooparadise, Champ Corcelle 11, 1485 Nuvilly.
La Salamandre, qui a débuté il y a 35 ans sous la forme d'un petit journal, est aujourd'hui une véritable maison d'édition indépendante et sans but lucratif. Elle crée et diffuse des magazines, des livres, des films, des contenus numériques… afin de permettre au public de découvrir la nature pour mieux l'aimer. Du 18 au 20 octobre dernier à Beausobre (Morges), La Salamandre a organisé son 17ème festival sur le thème du jardin sauvage. Pour cette occasion, elle a créé une nouvelle version graphique de la Charte des Jardins et un poster qu'elle a offert à tous les visiteurs. Une magnifique promotion de la charte et de la biodiversité.
La pause hivernale du jardin, c'est le bon moment pour se demander comment on peut rendre les lieux encore plus accueillants pour la biodiversité. On l'a lu dans les médias: les insectes se font dramatiquement rares, à cause de trop de pesticides, d'un excès de lumière artificielle, et de manque de plantes sauvages indigènes. Or, ils sont essentiels à la vie des plantes et des animaux – êtres humains compris. C'est donc une bonne idée de relire sa Charte des Jardins, et de se demander, pour chaque bonne pratique, s'il n'y a pas quelque chose à améliorer. Agrandir les zones non tondues, tondre la pelouse un peu plus haut, s'assurer qu'on utilise pas de produits toxiques, modifier l'éclairage extérieur pour des lampes à la lumière très chaude (moins de 2700 K°) et dirigées vers le bas. Ajouter un point d'eau ne fait pas partie des dix bonnes pratiques de la charte. Cependant, avec ces étés secs qui se répètent, ce serait vraiment une bonne idée.
C'est bientôt Noël, et c'est une bonne occasion d'offrir, de s'offrir, ou de se faire offrir des cadeaux en lien avec la biodiversité du jardin: nichoir pour oiseaux (c'est le bon moment de le poser), abri pour hérisson ou chauve-souris, hôtel à insectes; plante indigène sauvage; abonnement, livre ou guide pour en savoir davantage sur la faune et la flore de sa région; bon-cadeau pour suivre un cours afin de rendre son jardin plus naturel... La Charte des Jardins peut compter sur plusieurs partenaires qui ont basé leurs activités sur l'admiration et le respect de la nature. Voici quelques liens qui vous donneront peut-être des idées de cadeau-nature: