Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07274.jsonl.gz/1084

Sur l’île démocratique, la résistance est forte. Plus de 90% de la population serait hostile à l'idée d'une réunification avec la Chine, selon un sondage réalisé l’an dernier.
Pour en venir à bout, Lu Shaye, ambassadeur de Chine en France, propose une solution pour le moins radicale: la réunification, par la force si nécessaire, suivie par la rééducation de la population.
"Le jour où la Chine aura ramené Taïwan à la patrie, avec l'éducation, la population de Taïwan redeviendra patriote", a-t-il ainsi déclaré mercredi soir sur le plateau de BFMTV. "Après la réunification, on va faire une rééducation. Je suis sûr qu'à ce moment-là, la population de Taïwan redeviendra favorable à la réunification", a-t-il répété peu après.
A ses yeux, c'est la propagande du parti démocratique progressiste de Taïwan qui est à l'origine du désamour des habitants de l'île pour la Chine, et ce sentiment, dit-il, aurait émergé il y a 10 ou 20 ans.
>> Ecouter son intervention (à 6 min 32 et 11 min 03) sur BFMTV:
Ses propos sont emblématiques de l’approche agressive de la Chine ces dernières années. Cette approche belliqueuse, qui porte la signature du président chinois Xi Jinping, n’a fait que creuser le fossé entre l’île et le continent. A partir de 2016, l’homme d’Etat a résolument changé de ton envers Taïwan. Il a accentué les menaces d’invasion et d’annexion par la force.
>> Lire aussi:
Approche constructive par le passé
Mais le ton n'a pas toujours été aussi agressif. Par le passé, certains dirigeants chinois, comme Deng Xiaoping, ont expérimenté une approche constructive. Grand réformateur du pays, il pensait spécifiquement à Taïwan lorsqu’il a échafaudé pour Hong Kong le principe "un pays, deux systèmes" au moment de la rétrocession de l’ancienne colonie britannique.
A l'époque, il avait accepté de céder une large autonomie politique et économique au territoire, une sorte d'appel du pied à Taipei. Ce statut d’exception a été remis en cause par Xi Jinping.
Résultats contre-productifs
Dans les années 1990 et 2000, les successeurs Jiang Zemin et Hu Jintao ont quant à eux opté pour davantage d’échanges économiques et personnels. Ainsi, avant Xi Jiping, de nombreux jeunes Chinois partaient sac au dos en vacances parcourir Taïwan. Les échanges d’étudiants et de jeunes professionnels étaient également monnaie courante.
Malgré toutes ces tentatives, les Taïwanais restent profondément attachés à la culture démocratique de l’île. Ils sont aujourd’hui une écrasante majorité à rejeter la Chine et à revendiquer leur identité taïwanaise.
Mp/hkr
La Suisse doit-elle se rapprocher de Taïwan?
Taïwan, territoire démocratique, est depuis longtemps revendiqué par la Chine. Face à cette situation, la Suisse doit-elle rester neutre ou, au contraire, se rapprocher de Taïwan, quitte à fâcher Pékin?
Pour Nicolas Walder, conseiller national, vice-président des Verts et membre de la commission de politique extérieure, le gouvernement ne doit pas rester muet en cas de réunification forcée.
"La Suisse doit être très claire là-dessus, sinon on risque de se retrouver dans la même situation qu'avec la guerre en Ukraine: on devra imposer des sanctions. Il faut donc d'ores et déjà prévenir la Chine sur les limites à ne pas franchir", a-t-il déclaré jeudi dans l'émission Forum.
>> Ecouter l'interview de Nicolas Walder: