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L’Hôtel de Besenval
L’actuel hôtel de l’Ambassade de Suisse en France fut construit pour l’abbé Pierre Chanac de Pompadour par l’architecte Pierre-Alexis Delamair, en 1705. Cet architecte renommé fut aussi l’auteur des plans de l’Hôtel de Rohan et de l’Hôtel de Soubise (actuellement bâtiments des Archives nationales, dans le Marais).
En 1720, après la mort de l’abbé de Pompadour, la maison passa au gré des successions dans différentes familles de la noblesse française, avant que le baron Pierre-Victor de Besenval, Suisse et lieutenant-général des armées royales, ne l’achète en 1767. Il confia alors à l’architecte Brongniart divers travaux d’aménagement. Au sous-sol, il fit édifier un nymphée dont la décoration fut signée du sculpteur Clodion. Ce grand bassin rappelait l’existence des sanctuaires antiques dédiés aux nymphes – ces créatures mythologiques associées aux sources, aux bois et aux montagnes. Les statues et bas-reliefs de Clodion ornant ce nymphée ont été retirés dès 1822 et sont exposés au Musée du Louvre (aile Richelieu) ; il ne reste aujourd’hui qu'une plaque rappelant l’existence de ces bains souterrains.
Au XVIIIème siècle, l’hôtel du baron Pierre-Victor de Besenval était célèbre pour les collections d’art qu’il abritait. A son décès en 1791, le baron légua tous ses biens à son meilleur ami, le maréchal de Ségur. En effet, gentilhomme galant mais épris de liberté, Besenval ne s’était jamais marié et n’avait pas de descendance.
Au XIXème siècle, plusieurs hauts personnages habitèrent l’hôtel, dont les descendants de Lucien Bonaparte, frère de Napoléon 1er, entre 1855 et 1870. C’est à cette époque que le bâtiment fut surélevé d’un étage par l’architecte Chabrier.
De 1920 à 1937, l’hôtel servit de siège à différents tribunaux internationaux d’arbitrage prévus par les traités de paix. En 1938, les bâtiments actuels ont été acquis par le Ministre Walter O. Stucki pour le compte de la Confédération, et l’Ambassade de Suisse en France y est installée depuis lors.
La tapisserie en basse lisse des Gobelins
L’un des salons de la résidence de l’Ambassadeur de Suisse contient une tapisserie, mise en dépôt par le Mobilier national, illustrant le renouvellement de l’alliance entre la France et les Suisses qui s’est déroulé en la cathédrale Notre-Dame de Paris le 18 novembre 1663.
Cette tenture en basse lisse des Gobelins, exécutée après 1665 d’après un carton de Le Brun, fait partie d’une suite de quatorze épisodes de l’Histoire du Roy.
Elle représente Louis XIV et les ambassadeurs des cantons suisses se prêtant sur la Bible un mutuel serment. Les Suisses sont vêtus sobrement et à l’ancienne mode, ce qui contraste avec Louis XIV et sa cour. Sévérité et réserve protestante chez les uns ; faste, finesse et supériorité chez les autres. Le Brun propose une lecture politique en opposant le modèle de la monarchie louis-quatorzienne à celui des Confédérés républicains.