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chapitre 4 La modélisation des processus cognitifs
Le modèle
est esquissé dans la figure 4-1 "Le décideur dans l'environnement politique complexe" [p. 109] (cf. Dörner 83:398). Il représente un condensé des observations expérimentales sur le comportement des "maires" de la ville simulée de Lohhausen lors des sessions de travail. Le groupe de recherche a noté que, généralement, une personne commence son activité par l'observation de l'état et des déviations d'un certain nombre de variables qu'elle juge critique (processus 1 dans la figure). Ces variables sont critiques par rapport au but très général qui est de bien gouverner la ville. Ensuite, s'il existe au moins une différence par rapport à un état désiré (2), le décideur passe au point (3) dans le diagramme. Ici les problèmes perçus doivent être réexprimés en termes d'intentions (buts à résoudre) et coordonnés. Une fois que la personne sait ce qu'elle désire résoudre, elle choisit une intention sur l'agenda (4) et elle procède à une analyse approfondie du problème pour ensuite essayer de trouver une solution (5). Il s'agit du traitement proprement dit du problème. Si aucune intention ne reste sur l'agenda, la personne reporte son attention à un niveau plus général de la politique. Elle se rappelle quuel est le but général principal (le bien-être de la population de Lohhausen) (6) et elle essaye de l'opérationnaliser en sous-buts plus spécifiques qui correspondent en règle générale à changer les états de variables critiques (processus 7). Si cela n'aboutit à rien, il faut alors activement chercher un problème. Même dans une simulation du type Lohhausen, il existe toujours des problèmes auxquels on peut s'attaquer. Dans le cas contraire, le décideur mérite une pause et peut attendre à ce que le système engendre lui-même un problème.
De toutes les façons, comme le graphique l'implique bien, un problème est rarement résolu grâce à une décision unique. Il s'agit au contraire de piloter en permanence des "variables critiques" du système et d'observer l'effet que des décisions (et actions qui en découlent) ont eu sur cet environnement. Il est souvent difficile de trouver un point de départ et une fin pour un processus de décision. Il faut procéder à des coupures subjectives, c'est-à-dire des périodes où le décideur se désintéresse d'un problème parce qu'il semble être résolu ou autrement inintéressant. En politique, une seule décision importante peut prendre entre quelques heures et plusieurs années. Dans le deuxième cas, il s'agit en règle générale de mettre en place tout un dispositif (lois, institutions, etc) pour poursuivre un but. Ce genre d'activité se déroule en parallèle avec les activités courantes et un certain nombre de ressources du décideur y sont consacrées. Ce type d'activité qui interagit toutefois avec l'activité courante ne se trouve pas dans cette figure mais pourrait y être intégrée.
Un autre point important que l'on voit dans ce schéma est le va et vient entre les activités plutôt réactives et les activités de gestion plutôt actives (chercher un problème). Le décideur a en règle générale trop de travail par rapport à ses ressources et les activités plus réactives (qui ont comme point de départ l'inspection des variables critiques) sont plus importantes.
Il est clair que ce modèle n'a qu'une valeur d'idéal-type. Il ne faut pas oublier qu'il a été suggéré et corroboré par des situations artificielles d'expérimentation. Malgré cette limitation importante, il nous semble marquer un pas vers la simulation de situations réelles de décision dans la mesure où les éléments du temps, du processus et de l'environnement, etc. sont prises en considération.
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