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L'OMS appelle les gouvernements à maintenir des infrastructures adaptées pour inciter la population à marcher ou à faire du vélo (ici le pont du Mont-Blanc à Genève, archives).
KEYSTONE/MARTIAL TREZZINI(sda-ats)
Aucune amélioration n'a été observée en près de vingt ans sur l'activité physique des adultes dans le monde. Près d'un milliard et demi de personnes - environ une femme sur trois et un quart des hommes - risquent des maladies en raison de cette situation.
Les niveaux sont plus de deux fois plus importants dans les pays à revenus élevés (37%) que dans les Etats à bas revenus (16%), selon une étude de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) publié mercredi à Genève. Dans les premiers, ils ont augmenté de cinq points de pourcentage en une quinzaine d'années. La hausse la plus importante concerne l'Amérique latine. La progression n'était que de 0,2 point dans les pays les plus pauvres.
Dans les pays plus riches, les parts plus importantes d'inactivité s'expliquent par davantage de sédentarité et de transports motorisés. L'OMS appelle les gouvernements à maintenir des infrastructures adaptées pour inciter la population à marcher ou à faire du vélo.
Objectif menacé
Les régions les plus affectées représentent "une préoccupation importante" pour la prévention et la prise en charge des maladies non transmissibles, selon une responsable de l'étude pour l'OMS. Si la hausse de la prévalence a lieu dans les pays riches, les conséquences en terme de maladies restent pour le moment observées davantage dans les pays pauvres ou à revenus intermédiaires.
Les taux les plus élevés en 2016 étaient constatés au Koweït, dans les Samoas américaines, en Arabie saoudite et en Irak où plus de la moitié des adultes est concernée. Ils atteignent environ 40% aux Etats-Unis, un peu plus qu'en Grande-Bretagne.
En Suisse, un quart des habitants (23,7%) ne bougent pas assez, selon l'OMS, qui cite des chiffres de 2012. A l'autre bout de l'échelle, le taux est de moins de 15% en Chine qui porte la baisse significative dans l'est de l'Asie. Deux pays africains sont les moins affectés.
Si la situation se poursuit, l'objectif d'une réduction de l'inactivité de 10% d'ici 2025 dans le monde ne sera pas honoré. L'OMS recommande au moins 150 minutes d'efforts de faible intensité et 75 minutes à haute intensité par semaine.
Femmes moins actives que les hommes
L'étude a porté sur 168 pays en extrapolant les données récoltées sur près de deux millions de personnes. Les femmes sont moins actives que les hommes dans quasiment toutes les régions du monde.
La différence est même supérieure à dix points de pourcentage en Asie du sud, en Asie centrale, au Proche-Orient, dans le nord de l'Afrique et dans les pays de l'ouest de l'Europe à hauts revenus. En Suisse, la différence est moins importante: 21,7% des hommes et 25,7% des femmes sont concernés.
La question de ces "inégalités" sera "cruciale" pour atteindre l'objectif dans le monde, estime une autre responsable de l'étude pour l'OMS. Près de trois quarts des pays ont lancé une politique ou un plan d'action contre l'inactivité physique. Mais peu de ceux-ci ont été appliqués pour avoir un impact national, déplore l'OMS.
L'organisation a lancé en juin un plan d'action mondial pour la période allant jusqu'en 2030.
ATS