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L'Europe est mesquine
Au lendemain de l'acceptation par le peuple suisse des accords avec l'UE sur l'ouverture des frontières, l'Europe, par la voix de la commissaire européenne aux relations extérieures, laisse clairement entendre que si la Suisse ne ratifie pas aussi, en septembre prochain, l'extension de la libre circulation des personnes aux nouveaux États de l'UE, elle ne pourra pas profiter de l'effet positif de l'accord.
Comme le résume éloquemment l'Agefi, «Pas de Schengen/Dublin si c'est non le 25 septembre!». La NZZ fait chorus avec «Pas de Schengen sans libre circulation des personnes». Et même la RSR doit titrer «Schengen dépend du 25 septembre» avant, toutefois, d'adoucir le message avec une photo d'archive montrant une commissaire souriante, qui «espère» que le peuple suisse sera gentil et raisonnable.
L'argument invoqué est une «clause guillotine», incluse dans une première série d'accords entre la Suisse et l'UE, et pouvant être interprétée comme l'obligation d'accepter certaines décisions de l'UE pour maintenir la validité du paquet d'accords entier. C'est la position que vient d'adopter l'Europe à l'égard de la Suisse. Une autre interprétation consisterait à considérer que cette clause n'est applicable qu'en cas de manquement de l'un des partenaires à ses engagements. Au-delà, nous entrons dans le domaine de l'argutie, c'est-à-dire dans une zone feutrée et climatisée, réservée aux experts.
Si bien qu'en septembre, le peuple suisse, en disant oui ou non à l'extension de la libre circulation, dira en fait une nouvelle fois oui à Schengen/Dublin, en baissant la tête en signe de soumission, ou il dira non à un large ensemble d'accords péniblement négociés avec l'administration européenne au cours des dernières années. Sa décision, du fait même de la position péremptoire prise par l'Europe, ressemblera furieusement à un oui ou non à l'Europe.
Au fait, l'Europe, c'est oui, ou c'est non.