Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07123.jsonl.gz/197

Files
Abstract
Ce travail se fonde sur le constat que la discipline du français constitue pour les apprentis employés de commerce la seule occasion, d’une part de se confronter à la culture, qui s’incarne de manière privilégiée dans la littérature, et d’autre part de questionner la société de manière critique et distanciée. Parmi les problématiques qu’il est alors possible de traiter, il nous semble capital d’aborder celle du genre, car elle constitue un aspect important de la réalité des élèves. Sur la base de ce bilan, nous posons la question suivante : comment permettre à des élèves de deuxième année de formation de commerce (FCE) de problématiser le fonctionnement et les usages des stéréotypes de genre, tout en dispensant un enseignement littéraire ? Notre réponse, sous forme de séquence d’enseignement, se base sur l’hypothèse selon laquelle le questionnement autour du genre et l’étude de la littérature doivent s’enrichir mutuellement. En effet, la littérature véhicule elle-même des stéréotypes, mais peut aussi les problématiser, et ainsi servir d’amorce pour une réflexion critique sur la manière dont sont culturellement construites les identités féminines et masculines. En retour, le travail sur la thématique du genre est propice à établir des rapprochements entre le contenu d’une œuvre et la manière dont les élèves pensent l’homme, la société, le monde ; ce qui peut contribuer à susciter chez ces derniers un intérêt nouveau pour la littérature. Nous proposons des activités qui convoquent diverses productions culturelles, et qui gravitent autour du roman de Noëlle Revaz, intitulé Rapport aux bêtes. La séquence poursuit trois objectifs : amener les élèves à problématiser le fonctionnement des stéréotypes dans la construction des identités féminines et masculines ; montrer que ces identités impliquent une hiérarchie dans les rapports entre hommes et femmes, où ces dernières sont dévalorisées ; permettre aux élèves de prendre conscience de l’intérêt de la littérature comme moteur de réflexion, pour se penser eux-mêmes, dans le rapport qu’ils entretiennent à l’autre.