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Le mari d'une joggeuse de 29 ans retrouvée morte en octobre en Haute-Saône a été interpellé lundi par les gendarmes à son domicile, a confirmé la procureure de Besançon Edwige Roux-Morizot. Début novembre, ses obsèques avaient réuni des centaines de personnes.
Une perquisition était en cours lundi matin au domicile du mari, âgé de 34 ans, dans la localité de Gray, à 50 km au nord-ouest de Besançon, a constaté sur place une journaliste de l'AFP. Les enquêteurs explorent l'hypothèse d'une "dispute conjugale qui aurait mal tourné" pour expliquer ce drame qui a ému toute la région.
Le corps de la joggeuse avait été retrouvé en partie calciné dans un bois près de Gray alors que, d'après son mari, elle était partie courir le 28 octobre et n'était tout simplement jamais revenue.
Selon les résultats de l'autopsie, elle a été étranglée manuellement et, à ce stade de l'enquête, aucun élément ne permet de penser qu'elle a été agressée sexuellement, avait précisé à la fin de l'année dernière une source proche de l'enquête.
Une dispute
Lors de sa première audition, en tant que simple témoin, le mari avait toutefois évoqué une dispute avec sa compagne la veille de sa disparition. Cette altercation expliquait, selon lui, les marques de griffures, voire de morsures visibles sur les mains de la victime.
Interrogée par l'AFP, la procureure de Besançon a seulement confirmé lundi l'interpellation du mari mais n'a pas voulu donner d'autres informations à ce stade.
Les enquêteurs ont entendu au total plus de 200 personnes et ont fermé de nombreuses portes, en particulier les hypothèses d'un délinquant sexuel dans les environs et d'un éventuel amant de la victime.
Prudence de mise
L'avocat du mari, Me Randall Schwerdorffer, a déclaré lundi à l'AFP: "la dernière fois que je l'ai vu, il m'a confirmé qu'en aucun cas il n'était lié d'une façon ou d'une autre au décès de son épouse". L'avocat s'est dit pas "surpris" de son placement en garde à vue. "Il s'attendait à cette épreuve et il était toujours très serein".
De son côté, l'avocat des parents et de la soeur de la victime, Me Jean-Marc Florand, a insisté sur le fait qu'il fallait "être très prudent" et a rappelé le principe de la "présomption d'innocence".
Début novembre, de 8 à 10'000 personnes avaient rendu hommage à la jeune femme lors d'une marche silencieuse à Gray, et des centaines d'autres avaient participé à des footings dans plusieurs villes de France en l'honneur de la victime et de toutes les femmes victimes d'agression.