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Sur la route du Carême, l'Église s'attarde près du puits de Jacob, en Samarie, pour méditer une des pages les plus riches et les plus attachantes de l'Évangile. Page qui pourrait s'intituler : la chance d'une rencontre. Oui, la chance d'une rencontre pour une femme qui vit son train-train quotidien, la chance d'une rencontre pour les gens d'un village qui ont eu la joie de partager la présence de Jésus.
Dans son Évangile, saint Jean nous dévoile deux rencontres successives. Au 3e chapitre, une rencontre avec Nicodème, au 4e chapitre, une rencontre avec la Samaritaine. La première se déroule la nuit, la seconde se déroule en plein jour.
Comme Nicodème, la Samaritaine n'avait pas envie d'être vue, mais contrairement à Nicodème qui a besoin de la nuit pour se cacher de ses collègues, notables, pharisiens, la Samaritaine a besoin de la pleine lumière de midi, quand les autres se cachent de la chaleur, pour être seule à puiser son eau. Sa situation matrimoniale la met à l'index : après cinq mariages, l'homme avec lequel elle vit n'est pas le sien ! Et c'est au cœur d'une vie d'épreuves qu'elle rencontre un septième homme qui deviendra celui de sa vie.
Oui, le septième, mais oh de combien le Vrai, Celui qui remettra droite sa vie, en la réconciliant avec elle-même et avec les autres. Réconciliée, aimée, elle deviendra la première missionnaire de l'histoire du Salut : « Venez voir un homme qui m'a dit tout ce que j'ai fait ».
Jésus met de l'ordre dans la vie de la Samaritaine en lui disant qui elle est et ce qu'elle a fait.
C'est une femme pardonnée qui s'écrie : « je vois que tu es un prophète », c'est-à-dire que tu lis dans les cœurs, que tu connais les choses cachées, l'histoire personnelle de ma vie !
Origène, dans une de ses homélies disait : « les puits de notre âme ont besoin d'un puisatier qui creuse les puits d'eau vivifiante ; il doit les nettoyer, les déblayer de tout ce qui est terrestre pour que les nappes que Dieu y a enfouies émettent des filets d'eau pure et sincère. Tant que la terre recouvre les nappes d'eau et les obstrue, le courant secret, l'eau pure ne peut déborder ».
Le Carême est le temps favorable pour donner à Jésus la chance de faire en nous son travail de puisatier.
Entrer dans ce dialogue avec le Christ, c'est permettre qu'il se passe aujourd'hui dans nos vies ce qui s'est passé, un jour, près du puits de Jacob.