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Le grand historien Guglielmo Ferrero livre la somme de toute une vie de réfl exions et de recherches sur l'un des plus illustres sujets qui soit : l'Antiquité romaine, considérée de ses débuts jusqu'à la fin de l'empire d'Occident.
Sur des questions majeures, comme les conséquences à long terme de la conquête de la Gaule, les facteurs
de fragilité du pouvoir impérial, ou encore les causes profondes, autres que la seule force militaire, de la longue durée atteinte par l'Empire romain, les analyses de Ferrero gardent toute leur portée. Parce qu'il raconte, avec une sobre efficacité, la formation, l'épanouissement et le déclin de l'empire-monde qui fut celui de la Rome antique, ce livre donne l'accès à une histoire globale, bonne à penser en ce début du XXIe siècle où se déploie une autre mondialisation. Et c'est en cela que Guglielmo Ferrero reste notre contemporain. Un classique enfin réédité.
Depuis le e siècle, juifs et musulmans vivent côte à
côte en Tunisie, parfois en paix, parfois en confl it.
Au e siècle, seules subsistent quelques traces de la
présence juive en Tunisie. Pourquoi cette cohabitation
entre les deux peuples a-t-elle duré si longtemps ?
Pourquoi s'est-elle achevée brutalement ?
Des débuts de la conquête musulmane à l'Empire ottoman, du
protectorat français à la Seconde Guerre mondiale, la cohabitation
entre juifs et musulmans en Tunisie alterne entre tolérance et
exclusion, concorde et confl its. À cela s'ajoutent les dissensions
internes entre juifs portugais et juifs tunisiens qui s'exacerbèrent
à la fi n du e siècle.
Spécialiste du judaïsme maghrébin, Abdelkrim Allagui retrace
sans parti pris l'histoire des juifs de Tunisie. À travers l'étude des
pratiques sociales, économiques et culturelles qui ont fondé les
conditions d'une coexistence millénaire, il interroge les raisons
du divorce qui a conduit les juifs à quitter peu à peu la Tunisie
musulmane.
Précepteur et éminence grise du régent Philippe d'Orléans, secrétaire d'État des Affaires étrangères, archevêque de Cambrai, Premier ministre de Louis XV, le cardinal Dubois (1656-1723) est le génie politique de la Régence. Pourtant, le personnage peine à être reconnu. Présenté comme un ambitieux machiavélique, raillé pour ses escapades amoureuses et vilipendé pour son impiété, Dubois apparaît comme un libertin sans vergogne. Machiavélique et ambitieux, Dubois le fut assurément, sinon comment aurait-il pu réussir le tour de force de devenir cardinal et Premier ministre de Louis XV, lui, le modeste fils d'un apothicaire de Brive ? Dubois est surtout le plus grand stratège politique de son temps. En réussissant à imposer l'alliance avec l'ennemi de toujours, l'Angleterre, il devient le principal architecte de la paix européenne. Sur le plan intérieur, en tant que Premier ministre, digne héritier de Richelieu et de Mazarin, il réussit à apaiser les divisions qui ont gangrené le royaume durant la sombre fin de règne de Louis XIV. Audacieux, curieux et toujours prêt à tenter des nouvelles réformes, Dubois marque de son empreinte son époque, à l'aube du siècle des Lumières. C'est cette trajectoire fulgurante qu'Alexandre Dupilet retrace dans cette biographie d'un personnage au destin hors du commun.
Personnage contrasté, souvent incompris, malheureux dans sa carrière militaire, Joseph Bonaparte souffre d'une image particulièrement négative en regard de la légende qui auréole la statue de son frère cadet Napoléon. Et pourtant, l'aîné de l'empereur fut le soutien permanent de son élévation et un pilier du nouveau régime instauré après le coup d'État du 18 Brumaire. Homme politique aux convictions modérées, grandement influencé par les idées des penseurs des Lumières, mais proche également des théories de Germaine de Staël, Joseph, est un personnage incontournable de la vie politique française. Devenu roi de Naples en 1806, puis roi d'Espagne en 1808, il s'attache, sans succès, à allier les principes du système de famille napoléonien à ses propres conceptions du pouvoir. Comme tous les souverains faisant partie intégrante de l'Empire, il ne parvient pas à éviter les tensions avec le maître de l'Europe, et le « meilleur des frères », et se mue peu à peu en un opposant résolu. Cette étude, qui se fonde sur les archives personnelles de Joseph, sa correspondance et des témoignages de contemporains, aborde successivement l'éducation parallèle des deux frères, leur parcours sous la Révolution, l'opposition menée par Joseph dans les premières années de l'Empire, son « laboratoire » napolitain, l'échec espagnol et la tentative d'instaurer dans la Péninsule un régime politique libéral, ainsi que les jours sombres de la Campagne de France. Elle tente également de comprendre l'émergence d'une pensée politique se voulant novatrice, le bonapartisme. Il s'agit moins d'une biographie de Joseph que du portrait de ses relations avec l'homme qu'il prétendait le mieux connaître et partager les traits, Napoléon.
« Quand l'Empereur dictait, il se promenait continuellement de long en large, tenant constamment la tête basse et les mains derrière le dos ; la tension des muscles frontaux était marquée, la bouche légèrement contractée. »
Dans les dernières années de sa vie, Napoléon a dicté ses mémoires. Ces textes ne doivent pas être confondus avec les souvenirs de ses compagnons d'exil dont le succès a parfois fait oublier le témoignage direct de l'Empereur sur sa propre carrière. Conscient du caractère exceptionnel de son destin, il ne voulait laisser à personne le soin de le raconter ou de l'interpréter. Et dans cette bataille pour la postérité, il a, comme de coutume, tout organisé, tout contrôlé, tout décidé. Pendant plus de cinq ans, il a été à la tête d'une véritable entreprise ou fabrique de l'histoire.
Soigneusement composés, relus et corrigés par Napoléon en personne, ces mémoires constituent, si l'on ose dire, le point de vue du principal acteur de l'épopée sur plusieurs étapes importantes de son parcours. On comprend mal, dès lors, que cet ensemble n'ait pas été réédité depuis plus de cent ans.
Les plus grands morceaux des Mémoires de Napoléon sont aujourd'hui reproposés au public en trois volumes, reprenant les textes les plus aboutis et complets : la première campagne d'Italie ; la campagne d'Egypte ; l'île d'Elbe et les Cent-Jours.
La version des textes choisie est celle qui a été établie par l'Empereur lui-même. S'il y donne évidemment sa vérité, s'il privilégie la cohérence de son parcours et se donne toujours le beau rôle, il ne modifie pas les faits, leur chronologie et leur déroulement. Quant à ses interprétations, elles ne peuvent être stigmatisées : pourquoi lui refuserait-on de donner son avis et sa version, alors qu'on l'accepte des autres témoins et, plus encore, des historiens de la période ?
1915. Les Arméniens, parfaitement intégrés à l'Empire ottoman, sont systématiquement exterminés par les radicaux du gouvernement unioniste. Bilan : 1,3 million de victimes. Le XXe siècle des génocides a débuté. Au printemps 1915, la population arménienne ottomane est victime d'un génocide - arrestations massives, déportations et massacres - soigneusement planifié et exécuté par le parti au pouvoir à l'époque, le comité Union et Progrès. Longtemps contesté, le génocide des Arméniens ne fait plus aucun doute, mais souffre d'une méconnaissance publique qui découle d'un long oubli de l'événement durant une bonne partie du XXe siècle, du négationnisme de l'État turc qui répand le soupçon sur le travail des historiens et du désintérêt de l'opinion publique européenne trop éloignée. Pour le comprendre, accéder à sa connaissance précise et saisir ses enjeux actuels, trois historiens ont uni leur force pour concevoir, cent ans après, la première synthèse de grande ampleur sur le premier génocide du XXe siècle.
Masquée par la cité antique et les volutes de l'âge baroque, la Rome médiévale a trop longtemps souffert d'un discrédit. Dès la Renaissance, l'image d'une ville à l'abandon et couverte de ruines avait été largement diffusée. Beaucoup se complaisaient à souligner l'avidité, la mesquinerie, l'ignorance des Romains du Moyen Âge et à opposer leurs vices aux vertus héroïques de leurs lointains ancêtres. La ville éternelle et ses habitants méritaient un autre traitement. Son histoire devait être réétudiée, pour rejoindre celle des plus grands centres urbains de l'Italie communale : Florence, Gênes ou Venise. C'est le pari que relève Jean-Claude Maire Vigueur, nous restituant enfin la Rome largement inconnue des XIIe, XIIIe et XIVe siècles.
Dans cette synthèse, non dénuée d'humour, c'est toute l'expérience communale romaine qui nous est contée. Se côtoient alors barons et chefs du popolo, grands propriétaires terriens et simples journaliers, riches marchands, cardinaux et artistes, dans un décor mêlant constructions antiques et campaniles médiévaux, somptueuses cérémonies religieuses et fêtes de quartiers folkloriques. Ils redonnent enfin à la Rome médiévale, au-delà des clichés et des préjugés, toutes les couleurs de son temps.
Agrippine la Jeune appartient à la lignée des femmes dangereuses, des empoisonneuses, des séductrices, entre Médée et Lady Macbeth. Son plus grand crime ? Avoir porté un monstre à la tête de Rome ! Car Agrippine la Jeune est la mère de Néron, le tyran qu'on accusa de tous les vices, le premier persécuteur des chrétiens. Pour déposer la couronne de lauriers sur la tête de son fils et gouverner Rome à ses côtés, Agrippine souilla ses mains du sang d'innocents, s'offrit à des hommes de toutes conditions pour mieux les manipuler. Hélas, Néron, une fois son pouvoir bien établi, assassina sa démiurge de mère. Mais l'historiographie est trompeuse. Derrière la criminelle sensuelle, derrière la mère indigne, se cache une femme résiliente et intelligente, une femme politique redoutable, déterminée et machiavélique. Le destin d'Agrippine est incroyable. D'illustre naissance, descendante à la fois d'Auguste, de Marc Antoine et de Jules César, elle révolutionna la fonction d'impératrice et prit part au gouvernement de Rome envers et contre tous en dépit de sa condition de femme. Et si c'était là sa plus grande transgression ?
« Cent jours de folie, cent jours d'héroïsme, cent jours d'audace, cent jours qui composent la tragédie la plus achevée de l'Histoire de France. »
Le 1 mars 1815, Napoléon débarque à Golfe-Juan. Seul contre tous, il va reconquérir son trône avec seulement une poignée de soldats, pour le perdre à nouveau trois mois plus tard à Waterloo, écrivant le chapitre le plus romanesque de son épopée.
« Pour reconstituer l'itinéraire de Napoléon jour après jour, heure par heure, j'ai choisi de raconter ces Cent-Jours comme un reporter embedded, qui aurait suivi l'empereur pas à pas de l'Île d'Elbe à la plaine de Waterloo. Grâce à une inépuisable bibliographie - réservoir de faits vérifiés, de scènes authentiques, de phrases historiques ou triviales - j'ai eu accès aux palais et aux états-majors, j'ai vécu les combats et les conciliabules, j'ai observé au plus près les faits et gestes des acteurs. Pour compléter ce travail, j'ai visité les lieux de l'action, du palais de Fontainebleau à l'Île d'Elbe, de l'Élysée à la ferme du Caillou, de la Belle-Alliance à l'Île d'Aix. Voici mon reportage. »
Laurent Joffrin