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Dans le Timée, Platon enseigne que la raison d’être de la vision est 4 non pas de trouver notre nourriture quotidienne, niais bien l’observation du ciel. En effet, grâce à cette contemplation, nous mettons notre âme en harmonie avec l’ordre divin. Depuis les premières spéculations humaines jusqu’à nos jours, l’astronomie, science objective, a été intimement liée à l’astrologie qui recherche la signification transcendantale de notre vie, qui explique la destinée par le mouvement des étoiles et des planètes.
L’astrologie s’est développée à partir d’un ensemble complexe, associant les croyances babyloniennes et perses, le calendrier cosmologique égyptien et la philosophie grecque. Sous sa forme classique, avec ses théories de base, et notamment celle qui concerne les douze signes du zodiaque et leur signification, elle a été constituée, pour l’essentiel, durant la période hellénistique, âge fécond où la civilisation grecque a pénétré de nombreuses cultures, après 334 av. J.-C, de la Méditerranée jusqu’au nord de l’Inde, dans le sillage des conquêtes d’Alexandre le Grand. Pour presque toutes les civilisations, les clés se trouvent dans le Soleil, la Lune et les étoiles ; Cette mosaïque est une représentation ancienne des signes du zodiaque, entourant le dieu-Soleil Hélios, accompagné de la Lune et des étoiles. certaines d’entre elles ont en outre développé un système de divination à partir d’une structure du temps et d’un calendrier.
C’est ainsi que les Aztèques et les Mayas d’Amérique centrale ont utilisé un calendrier prophétique dérivé de leur système de comptage par groupe de 20 jours ; de même, les anciens Chinois ont développé un mode de prédiction reposant sur des cycles de 60 jours et de 60 années. Cependant, l’astrologie actuelle repose sur une donnée complémentaire essentielle, la relation existant, à un moment donné, entre la position des corps célestes, particulièrement celle des planètes, et les événements du moment. Comme la science des calendriers, la divination fondée sur le mouvement des planètes demande une connaissance extrême-ment précise de l’astronomie et, en même temps, l’établissement d’une table d’interprétation des qualités attribuées à chacun des astres. Au 5ème siècle av. J.-C., les Babyloniens ont combiné ces éléments pour mettre au point les premiers horoscopes des cartes du ciel précises pour un moment et un lieu donnés. Ainsi est née l’astrologie proprement dite, c’est-à-dire l’analyse du caractère et du destin d’un individu, partant essentiellement de l’horoscope dressé au moment de sa naissance. Dans ses débuts, l’astrologie semble avoir été marquée par une tendance au fatalisme. Le ciel appartenait toujours aux dieux, mais comme les prévisions astronomiques gagnaient en assurance, il devenait possible, en anticipant le mouvement des planètes, de prédire leurs volontés.
Les philosophes stoïciens grecs et romains considéraient le monde comme un tout, chacune de ses parties constitutives étant en étroite relation avec les autres. Ils étaient donc en phase avec les astrologues, et ceux-ci les ont toujours considérés comme des alliés. Dans ses Astronomiques, le poète latin Manilius décrit parfaitement le lien pouvant être établi entre le stoïcisme et la divination astrale : « Le monde est guidé par son destin ; toute chose se déroule selon des lois immuables. La naissance de chacun de nous est prédéterminée, tout comme le nombre d’années et les fortunes diverses que nous aurons à vivre.
A Rome, l’astrologie a eu une réelle influence sur la vie politique, à tel point que lorsque Octavien est devenu l’empereur Auguste, en 27 av. J.-C, il a fait battre monnaie à l’effigie du Capricorne, pensant que c’était son signe lunaire.
En fait, cette initiative inaugura une période de troubles et d’intrigues politiques. De même, l’historien Tacite relate que l’empereur Tibère avait recours à l’astrologie pour identifier ses rivaux potentiels et que, avant de parvenir au trône impérial, il fit plusieurs fois appel à des astrologues. Mécontent de leurs prédictions, il les précipitait du haut d’une falaise, sur le che-min qui conduisait à sa résidence. Quand vint son tour, l’astrologue Thrasyllus prédit l’ascension du proconsul jusqu’au pouvoir. Méfiant, Tibère demanda à l’astrologue s’il était capable de prédire ce qui lui arriverait à lui, Thrasyllus, ce jour même. L’astrologue, ne connaissant que trop bien le sort réservé à ses prédécesseurs, y vit anguille sous roche ; après avoir étudié la position des planètes, il déclara en tremblant que cette journée, pour lui-même, pourrait bien être la dernière. Impressionné, Tibère le félicita et, depuis ce jour, tint les prédictions de l’astrologue, revenu de loin, pour parole d’évangile. En l’an 14, Tibère devint empereur et prit l’intuitif Thrasyllus pour conseiller. Miniature arabe (xzv siècle) représentant la constellation connue sous le nom de Balance dans l’astrologie occidentale.
Elle provient d’une copie d’un manuscrit d’Al Soufi, qui a fondé sa conception des constellations sur le système de Ptolémée.