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Dans mon récent billet sur la fonte des glaciers de l’Himalaya, je citais l’article du magazine de référence Nature qui conteste les prévisions du GIEC. Celui-ci affirmait que ces glaciers devaient disparaître en 2035.
L’erreur du GIEC
Pour rappel il a été démontré par de simple calculs que cette prévision est irréaliste. Elle s’appuyait sur un rapport du WWF, citant lui-même un scientifique indien réputé. Selon un article du 25 novembre 2009:
«En 2005, un rapport du WWF (Fonds mondial pour la nature) alertait sur la menace que faisait peser le réchauffement sur cette masse glacée. Une alerte reprise en 2007 dans le rapport du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) : "Les glaciers de l'Himalaya reculent plus vite qu'en aucun autre endroit du monde, et si cela continue au taux actuel, la plupart d'entre eux auront disparu en 2035", y lisait-on.»
L’article cité précise encore:
«Mais l'affaire est plus compliquée qu'il n'y paraît, parce que la situation n'est pas identique en tout point du massif. Des petits glaciers, comme à Gangotri et à Kafni, dans l'Etat d'Uttarakhand, bien étudiés par les chercheurs soutenus par le WWF, fondent rapidement. Mais d'autres, comme le très grand glacier Siachen, situé à une centaine de kilomètres de Khardung La, semblent stables (Current Science, 10 mars 2009). "Les données sur lesquelles s'appuyait le GIEC étaient très peu nombreuses, dit Syed Iqbal Hasnain, un glaciologue indien réputé. Sur les quatre glaciers que nous suivons régulièrement, on observe un retrait. Mais il est difficile d'extrapoler.»
Le GIEC a depuis reculé et reconnu l’erreur:
«Le giec lui-même admet que la raison la plus probable de cette erreur est...un manque d'expertise. «Je ne suis pas un expert des glaciers, et je n'ai pas visité la région.» admet le professeur Murari Lal, qui a supervisé le chapitre dans le rapport du Giec. «Je dois donc me fier à des recherches scientifiques publiées et crédibles. Les commentaires du WWF étaient fait par un scientifique indien respecté et il était raisonnable de penser qu'il savait de quoi il parlait.»
Commentaires contradictoires
Je reprends ici deux commentaires qui contestent utilement mon billet (d’où l’importance du débat contradictoire), commentaires qui ont été postés sous mon article précité. Ces commentaires valent d’être soulignés et je préfère y répondre dans un nouveau billet, d’autant plus que le GIEC reconnaît son erreur et que d’autres paramètres sont aussi en question.
L’Avis de Brian précise: «Les rapports du GIEC ne sont certes pas les prédictions de Nostradamus (sic!)... pourtant vous ne pouvez pas passer sous silence le fait que ces rapports ainsi que tous les autres travaux scientifiques traitants du réchauffement climatique tendent à conclure que si réchauffement il y a (aura), il n'est (ne sera) en aucun cas UNIFORME sur la surface du globe.
Il me semble que c'est assez évident... non? Vous n'avez qu'à vous replonger dans les divers modèles mathématiques présentés par le GIEC...
Si les glaciers de l'Himalaya ne fondent pas aussi vite que prévu (?), les glaciers de la Cordillère des Andes diminuent bien plus rapidement que durant le passé récent.»
L'Avis de Brian cite en particulier une dépêche de l’AFP selon laquelle de deux glaciers andins ont disparu.
Il est important en effet de souligner que le réchauffement n’est pas uniforme. Les modèles globaux rendent d’ailleurs difficiles les nuances locales. Par exemple, la fonte de ces glaciers andins a lieu depuis 60 ans. Ils n’ont donc pas profité du rafraîchissement climatique des années 1950-1980. Y a-t-il des conditions locales qui échappent aux modélisations globales? Si oui, ne faut-il pas relativiser ces modélisations globales?
Le deuxième commentaire, posté par Johann:
«Qu'est-ce que ça change que ce soit pour 2035, 2055, 2100 ou 2200? Peut-être seulement le fait qu'en 2200 il y aura encore plus de victime de la disparition des glaciers.
Et si on attendait 2035 pour savoir qui a raison? Au lieu crier maintenant qu'ils se sont trompés. Personne n'en sait rien. Surtout que le soleil est actuellement dans une phase de moindre énergie...
Et la région qui se réchauffe le plus, c'est l'arctique avec des effets qui peuvent se faire sentir en Europe. Que l'inlandsis du Groenland mette un siècle ou 5 siècles à disparaître, bien avant sa fonte complète la moitié de la Floride, une grande partie du Bengladesh et de nombreuses îles, Maldives en tête auront disparu sous les flots. Entre autres.»
Experts pas infaillibles
Le premier point de réponse est la légèreté de l’expert du GIEC: « Les commentaires du WWF étaient fait par un scientifique indien respecté et il était raisonnable de penser qu'il savait de quoi il parlait.» Suis-je à ce point naïf? Je pensais qu’un scientifique ne se contente pas de penser qu’à cause de sa notoriété un collège sait de quoi il parle. C’est un acte de foi, pas une démarche scientifique. Survenant après la publication de courriels internes au GIEC où l’on apprend que certains paramètres du passé ont été retouchés pour rendre la thèse du réchauffement anthropique actuel plus plausible (changement en 1997 de la courbe des températures), on peut légitimement se demander ce qu’il en est des autres conclusions du rapport sur le climat. Faudrait-il réexaminer l’ensemble des affirmations afin de vérifier la méthodologie utilisée par les chercheurs du GIEC? Y a-t-il d’autres surprises à en attendre? Il n’est pas illégitime de se poser la question.
Précipitations et glaciers
D’autre part une étude citée par Infoclimat, site professionnel de météorologie et d’informations sur le climat, apporte une note troublante. Selon les modélisations du GIEC, le réchauffement doit apporter plus de précipitations de pluie et de neige, en particulier dans les zones d’Afrique tropicale, tempérées et celles plus au nord.
"Ces changements incluent, par exemple, un cycle hydrologique plus actif avec augmentation des fortes précipitations et des modifications des profils des précipitations. Les précipitations moyennes annuelles à l’échelle mondiale devraient augmenter au cours du XXIe siècle, même si à l’échelle régionale, les augmentations et diminutions prévues sont de l’ordre de 5 à 20 %. Il est probable que les précipitations augmenteront en été et en hiver sur les régions aux latitudes supérieures. Des augmentations sont également prévues en hiver pour les latitudes nord moyennes, en Afrique tropicale et en Antarctique, et en été en Asie australe et orientale. Des diminutions des précipitations hivernales sont prévues pour l’Australie, l’Amérique centrale et l’Afrique australe. Très probablement, les variations des précipitations interannuelles seront plus importantes sur la plupart des régions pour lesquelles on prévoit une augmentation des précipitations moyennes."
Or on constate en réalité une diminution des précipitations en de nombreuses régions du globe, en particulier les grandes régions de glaciers: Alpes, Himalaya en particulier. Cette diminution est sensible depuis 25 ans. On sait bien que les hivers récents jusqu’à environ 2005 ont été peu enneigés, même en altitude. Cette diminution contredit formellement les prévision du GIEC et ses modélisations. Ce qui est constaté actuellement est donc une diminution des précipitations. La quantité de neige tombée ne compense plus les pertes dues à l’évaporation, d’où un recul des glaciers. S’il fait -20 degrés chaque hiver mais qu’il ne neige pas, les glaciers reculent. S’il fait -1 degré avec d’importantes chutes de neige, les glaciers avancent et reprennent de la masse. Les glaciers bougent. Aux environs de l’an 1’500 avant JC, le glacier d’Aletsch était plus petit qu’aujourd’hui. La cause majeure du recul actuel des glaciers semble donc être la diminution des précipitations, diminution en contradiction avec la modélisation du GIEC. Le recul des glaciers a d’ailleurs commencé 100 ans avant la montée des gaz à effet de serre dans l’atmosphère (voir graphique). Le document pdf d’où sont issus les deux graphiques est disponible ici.
Toujours selon cette modélisation, l’Afrique devrait connaître davantage de précipitations, en particulier dans les zones tropicales qui sont sèches (Sahel) et non davantage de sécheresse.
De plus une augmentation des précipitations par plus d’évaporation est de nature à engendrer une masse nuageuse plus importante. Si celle-ci piège en partie les gaz à effet de serre, elle a aussi un effet de rétroaction négative sur les températures en réfléchissant davantage les rayons solaires - au point où des scientifiques envisagent d’accélérer artificiellement l’évaporation pour lutter contre le réchauffement! Une autre rétro-action négative possible est l’augmentation des particules dans l’atmosphère, qui filtrent les rayons solaires comme après l’éruption d’un grand volcan, ce qui provoque un rafraîchissement.
Variabilité des précipitations
Selon Infoclimat toujours:
«Un nouveau travail de Smith et al., paru dans les GRL (réf. en bas), vient d'apporter des données plus précises, quoique plus limitées dans le temps. Elles résultent du Global Precipitation Climatology Project (lien ci-dessous), qui a l'avantage de surveiller les précipitations de manière continue et globale, par la collecte et la comparaison des données de plusieurs satellites, puis leur vérification par relevés in situ.
http://cics.umd.edu/.../GPCP/main.html
Petit problème : cette étude a priori plus exacte que les précédentes ne trouve aucune tendance globale significative sur la période 1979-2004.
... Bref : une variabilité surtout associée à El Niño, plus de précipitations sur les mers tropicales des Océans pacifique et indien, moins ailleurs, un changement global à peu près nul. Cela ne ressemble donc guère pour l'instant aux prédictions régionales et globales du GIEC.
26 années, c'est encore un peu court pour dessiner avec certitude une tendance (prudence qu'il serait bon d'avoir dans tous les domaines, bien sûr). Mais ces 26 années-là rassemblent quand même la décennie 1990 et le début des années 2000, dont on nous a assez répété sur tous les tons qu'elles étaient les plus chaudes du dernier siècle, du dernier millénaire (et probablement des deux derniers). Il est donc assez étonnant que ce quart de siècle de réchauffement élevé et continu ne vérifie pas les prédictions des modèles sur les précipitations.
On a alors plusieurs possibilités :
- ces nouvelles données satellite du GPCP ne sont pas fiables (pourquoi pas, cela n'en fera jamais qu'une de plus dont on remet en question la validité pour cause de contradiction avec les modèles) ;
- l'augmentation des précipitations se fera à partir d'un certain seuil de réchauffement (mais on se demande, pourquoi vu que le modèle physique de base relie simplement surcroît de chaleur et surcroît d'évaporation) ;
- les associations réchauffement-précipitation constatées au XXe siècle et prévues au XXIe siècle par les modèles ne sont pas exactes, dans leur localisation (latitudes supérieures) et dans leur amplitude (augmentation moyenne).»
Réchauffements antérieurs
Qu’il y ait réchauffement, nous sommes d’accord. Qu’il soit principalement anthropique, cela pose question. Qu’il conduise à une catastrophe climatique, rien n’est moins sûr. A titre d’exemple, le graphique ci-contre montre la température de la mer des Sargasse depuis 3’000 ans. Elle a été beaucoup plus chaude il y a 3’000 ans et lors de l’optimum médiéval qu’aujourd’hui. Ces périodes chaudes correspondent à des expansions des activités humaines.
«Voici un autre document qui concerne cette fois-ci les températures relevées à l'aide des carottages glaciaires au Groenland de -3000 à 1990 (environ). Ce graphique résulte des forages du GISP2-ice-core et d'un article de Grootes P. M. et al dans Nature (1993, 366, 552-554). On le trouve dans cet article du professeur Robert Carter.
Sur ce graphique les zones vertes rappellent les périodes plutôt chaudes et qui nous sont connues du point de vue historique.
On retrouve la séquence des périodes chaudes et prospères des civilisations Minoéennes (-1400 ), Romaines (-150), Médiévales (+900) et ...finalement la nôtre, précédée par le petit âge glaciaire auquel notre période semble avoir mis fin.
Ainsi, lorsque l'on considère la période actuelle dans une perspective historique des cinq mille dernières années, est-on conduit à affiner son jugement :
A l'évidence, la période actuelle ne représente rien de particulier par rapport aux variations climatiques précédentes ! On constate que le réchauffement actuel n'a même pas atteint les records des périodes Minoéenne, Romaine et Médiévale qui sont, comme vous le savez, des périodes fastes dans l'histoire de notre planète.»
Quand à la montée des océans, toujours selon les modélisations, elle pourrait être de 18 à 59 cm ce siècle. L’augmentation de 1 m est même avancée. Or actuellement et depuis 4 ans, l’élévation ralentit.
En conclusion
Quelle est la réalité future d’un changement climatique? Les modélisations sont à relativiser. On l’a encore vu avec la grippe A, où la modélisation sur laquelle l’OMS s'est basée prévoyait la catastrophe.
Qu’il y ait réchauffement à partir des années 80, oui. Qu’il ralentisse actuellement, c’est possible mais on n’a pas encore assez de recul. Qu’il soit durable, on n’en sait rien. Qu’il soit dû principalement aux activités humaines, c’est réduire la complexité de la climatologie.
Que l’on modifie nos modes de vie et de consommation, avec ou sans réchauffement, oui. Que l’on fasse un dogme à partir d’hypothèses et de méthodologie qui ont des failles, non. Que l’on veuille imposer une réduction quantitative plutôt que qualitative des activités humaines, avec les risques de recul économique, culturel, social, non.
Par le passé les périodes de réchauffement ont été des périodes fastes pour l’humanité. On doit donc penser le réchauffement autrement que d’un point de vue catastrophique et cesser de fonctionner à la peur qui n’induit que des réaction émotionnelles infantiles.
Le débat doit avoir lieu, même si les tenants du réchauffement n’apprécient pas. C’est ainsi que l’on se fera une opinion plus adulte du devenir de l’humanité.
Désolé d'avoir été un peu long, mais il était difficile de couper cet article en deux.
PS: Les otages suisses en Libye sont pris dans les glaces de la politique depuis 551 jours.