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Lifestyle
Arbres: lire entre les branches
Ce qu'ils nous disent En lisant les branches et les rameaux d'un arbre, on peut comprendre comment il vit ou ce qu'il a vécu. Explications et exemples.
L' arbre, tel que nous le connaissons aujourd'hui avec ses fleurs et ses fruits, a trouvé sa forme définitive il y a environ 70 millions d'années. Le sécateur, lui, est né à la fin du XVIIIe siècle, dans la tête du marquis Bertrand de Molleville, ancien ministre de Louis XVI. Il est donc aisé de comprendre que l'arbre s'est fort bien débrouillé, pendant longtemps, sans la présence du sécateur, de la scie, voire de l'homme…
Ce poirier agricole refait une sorte de pépinière dans sa couronne rabattue par la tronçonneuse.
Le rôle de la lumière
C'est la réception de la lumière sur les capteurs solaires, les feuilles, qui dicte l'organisation des éléments de la couronne. Si deux feuilles se trouvent l'une en dessus de l'autre, la supérieure
ramasse toute la lumière à sa voisine d'en dessous. Résultat: la pauvre inférieure dépérit et se fait ronger par des champignons parasites.
Ce poirier sauvage se refait une santé et des branches dans sa couronne abîmée par les vents, les neiges, les insectes…
Structure idéale
La recherche d'une organisation de branches facilitant la pénétration de lumière aboutit, pour la plupart des arbres, à la forme pyramidale, à répartition radiale. Les grosses et longues branches, peu nombreuses, à la base; les petites et courtes, plus nombreuses, vers le haut. Cela fonctionne pour l'entier (arbre) comme pour les parties (branches)! Au cours d'une prochaine balade en forêt, observez les essences. Habillé de petites aiguilles, caduques, le mélèze, assoiffé de lumière, présente des branches très ouvertes, peu denses. Bourré de longues aiguilles persistantes, le pin supporte une densité de ramifications moins béantes.
De jeunes pousses sur ce saule têtard, traditionnellement utilisé pour l'artisanat (vannerie) ou comme litière, fourrage…
Résilience arboricole
Si votre promenade forestière longe une pente de montagne, vous serez surpris des nombreuses variantes déclinées sur le thème du cône. Certains arbres adoptent une étroitesse propre à diminuer la résistance aux vents. D'autres, une allure de pleureur qui permet d'évacuer la neige. Et voici un arbre à plusieurs cimes, réaction à une cassure de l'extrémité. Près de la cassure naissent des pousses de rajeunissement. Si la rupture est importante, le nombre élevé de réactions empêche la lumière d'entrer et la plante va s'affaiblir. En ville, les platanes scalpés de leurs prolongements montrent la même façon de réagir.
L'humain derrière l'arbre
Pour que le chasseur-cueilleur paléolithique devienne un cultivateur néolithique, il lui faut défricher, ôter des coins de forêt. On sent d'anciennes réminiscences de lutte contre les arbres, vieilles de dix millénaires, sur des couronnes rabattues sans raison. Ces mutilations pour limiter l'arbre ne doivent pas être confondues avec l'architecture des platanes ou les têtards de saule; marquage aristocratique pour la première et utilisation artisanale ou fourragère pour les
seconds.
Pour se cacher des voisins
Si l'arbre doit vous protéger des regards, taillez sec en mars-avril les extrémités pour densifier la végétation.
Pour fleurs et fruits
Si l'arbre doit donner fleurs et fruits, gardez les rameaux dans leur longueur et ôtez ceux qui obstruent la lumière.
Pour soigner un excès
Vous avez scalpé un fruitier? Ôtez en été (en pleine végétation) 2-3 rameaux (bois neuf) sur chaque tête hirsute.