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Le 11 septembre 2001, après l’attaque contre les Twin Towers et le Pentagone, le gouvernement des États-Unis interdit tout vol commercial pendant plusieurs jours. De nombreux passagers se retrouvent cloués au sol. Beaucoup de compagnies aériennes ne réagissent pas vraiment à la situation. Sauf une: Southwest Airlines.
Son CEO, James Parker, décide d’encourager ses collaborateurs à s’occuper des passagers bloqués dans les aéroports en leur proposant de les accompagner au cinéma pour un film, ou au bowling pour une partie. Alors que les autres compagnies réduisent leurs effectifs de 20%, James Parker crée un régime de partage des bénéfices avec ses employés lui permettant de garder tous les collaborateurs, de renforcer son entreprise et de transformer une crise majeure en opportunité de développement.
Voilà un bel exemple de leadership écologique. Mais qu’est-ce qu’un leadership écologique? J’appelle écologique le leadership qui se préoccupe des effets des décisions et des stratégies mises en place sur l’écosystème d’une organisation: clients, collaborateurs, climat de travail et culture de l’organisation. Le leader écologique veille à ce que les clients soient satisfaits, tout en incarnant les valeurs de l’entreprise, en soignant le climat de travail et en assurant l’équilibre du système.
Pour revenir à James Parker, j’imagine qu’il a dû se poser certaines questions: «Comment la décision que je vais prendre va impacter le climat de travail et les relations avec la clientèle? Quels sont les effets du résultat que j’attends de ma décision? Elle impliquera des coûts et des sacrifices. Puis-je les mettre dans une perspective qui soit positive pour l’entreprise, ses collaborateurs et ses clients? Suis-je en train de viser une performance instantanée, ou une stratégie qui crée les conditions de l’excellence pour l’entreprise, les collaborateurs et moi-même?»
Dans certains contextes, le leader doit faire preuve d’autorité et imposer ses décisions de façon verticale. Si la survie de l’entreprise est en danger, le style autoritaire est le plus approprié. S’il y a le feu dans la maison, on évite les brainstormings: il faut éteindre le feu et vite! James Parker a réagi vite et pris une décision qu’il a imposée aux collaborateurs. Approche écologique? J’aurais tendance à le croire.
À l’opposé, partager certaines décisions cruciales avec les employés peut aussi s’avérer efficace et écologique dans un contexte spécifique. James Parker a partagé avec ses collaborateurs la mise en place du plan de partage des bénéfices et a ainsi sauvé Southwest Airlines.
Une décision verticale dans ce cas aurait-elle été écologique? Je crains que non. Comment implanter un leadership écologique? En développant la plus grande flexibilité mentale et physique. Oui, physique aussi. Le corps et l’esprit sont des aspects du même système et s’influencent mutuellement. La flexibilité est la clé de voûte d’un leadership écologique. Et aussi en soignant la qualité de la communication: transmettre les décisions avec élégance en tenant compte des personnes qui les reçoivent. Le ton fait la musique, n’est-ce pas? Pour conclure, le leader écologique sait que sa carte du monde n’est pas la seule possible et qu’il est plus efficace de faire preuve d’adaptabilité que de rigidité. Il sait lire avec finesse la situation présente et se montrer flexible dans ses décisions pour s’inscrire dans une démarche d’excellence avec élégance et efficacité.
Publié le 18.03.0219 dans l’AGEFI. Si vous souhaitez découvrir cet article dans l’AGEFI, cliquez ici :http://www.agefi.com/home/acteurs/detail/edition/online/article/quest-ce-que-le-leadership-ecologique-et-comment-486191.html