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1454 La Vraconnaz (VD)
2004
Maître de l’ouvrage: privé
Transformation d’une ancienne ferme désaffectée, chemin des Rochettes.
Collaborateur: Daniel Bruhlhart
Ancienne ferme du 18ème siècle, située en limite du hameau de La Vraconnaz, ce bâtiment appartient au type de la ferme jurassienne traditionnelle non mitoyenne : dans sa forme – toiture à deux pans dont le faîte est perpendiculaire au pignon, et dans ses séparations fonctionnelles – au rez-de-chaussée, dans une construction en maçonnerie, la partie d’habitation au sud, séparée sur toute la longueur de l’écurie au nord par un mur porteur. L’habitation comprenait une cuisine servant aussi d’entrée, deux chambres en enfilade et une cave à fromage. L’écurie pour les vaches, semi enterrée sur l’arrière par le pont de grange, à des accès à ses deux extrémités. Des latrines et d’autres locaux de services ainsi que l’escalier conduisant à l’étage y trouvaient place. La grange, accessible par un pont de grange en pente douce est une construction en bois avec une rangée centrale de piliers porteurs. Elle occupait tout le volume de l’étage, permettant d’y stocker la quantité de foins nécessaire à l’alimentation des vaches, celles-ci ne pouvant sortir pâturer de tout l’hiver. Désaffectée par l’usage agricole dans les années 1930, un deuxième logement, au-dessus du logement d’origine est construit dans la grange, séparé de celle-ci par un nouveau mur qui laisse encore visible les piliers de la charpente. Pour y accéder, un couloir est créé dans la cuisine du rez, la hotte et l’âtre de celle-ci démolis et l’escalier d’origine en bois remplacé par un escalier en béton. Cet appartement comprend la cuisine servant aussi d’entrée et trois pièces en enfilade. Dans les années 1950, une salle de bains est construite comme une boite dans la grange et une autre dans les locaux de service de l’écurie.
Au 19ème siècle, une annexe pour l’écurie des chevaux est construite au nord-est et dans les années 1950, une autre annexe pour deux automobiles est construite au nord-ouest, ces deux annexes en prolongement du bâtiment encadrent ainsi le pont de grange.
Les maîtres de l’ouvrage désirent transformer cette ferme pour l’habitation permanente de leur famille, avec une cuisine habitable comme lieu de vie au centre de la maison. Les installations techniques, le chauffage, l’électricité et les sanitaires devaient être entièrement refaits ainsi que toute la toiture, ce qui limita les moyens à disposition.
En continuant les transformations dues au changement d’usages déjà vécus par le bâtiment, le projet permet de minimiser l’intervention en prolongeant les deux étages de la partie habitable dans les combles en conservant la grange et l’écurie comme espaces froids non chauffés. Le volume habitable, complété par le troisième niveau des combles, est entièrement isolé thermiquement à l’intérieur et doublé de panneaux de particules de bois liées au plâtre. Deux nouveaux escaliers en bois, superposés, assurent la distribution des trois niveaux.
La qualité formelle des annexes de part et d’autre du pont de grange qui semblent deux bras ouverts faisant le geste de nous accueillir, jointe à la fonctionnalité de l’arrivée et du stationnement des voitures, entraine le projet à considérer le pont de grange comme la nouvelle cour d’entrée de la maison et la grange comme le prolongement couvert de cette cour, donnant accès à la cuisine habitable qui est à nouveau l’entrée de la maison mais située spatialement au cœur de celle-ci. De chaque coté de celle-ci une chambre d’enfant dont la porte est placée de façon à retrouver l’enfilade le long de la façade et la grande dimension de la maison. Une autre porte, vitrée, donne directement sur la grange pour éviter le contrôle de la cuisine. A l’étage des combles, la chambre des parents avec deux fenêtres donnant sur l’espace de la grange, une salle de bains dans une boite éclairée qui prend sa forme de l’évitement des structures de la charpente. Au rez, de part et d’autre du séjour et reliés en enfilade, un bureau et une chambre d’amis avec un sanitaire pouvant dans le futur être séparé en un appartement indépendant. Dans le pignon des combles deux nouvelles fenêtres sont ouvertes, celles de l’étage ne sont pas modifiées et au rez, la porte de l’ancienne cuisine devient fenêtre et une fenêtre au pied de l’escalier, porte fenêtre pour l’accès au jardin potager. Les pièces collectives, non fermées, sont reliées par les nouveaux escaliers dans une continuité spatiale soulignée par la peinture ocre de leurs murs alors que chacune des chambres, le bureau et la chambre d’amis sont peints dans une couleur qui confirme son caractère, couleurs différentes qui se découvrent de manière classique par le parcours en enfilade.
La grange, cour d’entrée couverte est éclairée par une nouvelle verrière et une large fenêtre basse cadrant le paysage des crêtes du Chasseron. Son vaste espace est le lieu des fêtes, un lieu ouvert à d’autres possibles que ceux de l’habitation. Sa limite d’avec la partie chauffée est traitée comme la façade extérieure de la maison, mêmes couleurs des murs, des portes vitrées et des fenêtres dont la multiplication accentue la perception d’être encore dehors et dont les lumières le soir nous accueillent.