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Aux déclarations de la mère s’opposaient donc celles de la banque, sans que l’une ou l’autre des parties puissent fournir des preuves ou des commencements de preuve qui rendraient sa version des faits plus plausible. Au regard de ce qu’avançait la mère, ce n’était guère surprenant: elle prétendait en effet que lorsqu’elle s’était rendue au guichet, le collaborateur de la banque lui avait dit qu’il n’y avait aucune mesure à prendre. A supposer qu’elle dise vrai, elle ne pouvait donc présenter aucune pièce justificative à l’appui de ses déclarations, puisque aucun document n’avait été établi, modifié ou remis à la cliente. Mais si on se place du côté de la banque, et là encore, à supposer qu’elle dise vrai, le fait que le collaborateur n’ait rien inscrit au dossier est tout aussi logique et facile à expliquer: il ne pouvait pas (encore) supprimer la signature, car aucune décision n’avait été rendue quant à l’autorité parentale, et pourquoi aurait-il dû noter qu’il avait renseigné la mère sur les dispositions applicables selon lui en matière de droit de disposition sur les biens des enfants? Les documents soumis à l’Ombudsman ne plaidaient donc en faveur d’aucune des deux versions. Par ailleurs, grâce à d’autres indices, on parvint à identifier le collaborateur avec lequel avait parlé la mère, mais il avait quitté la banque depuis longtemps et ne pouvait donc pas être interrogé. Quand bien même il l’aurait été, la question litigieuse ne s’en serait pas trouvée résolue pour autant, car il est rare que l’on se souvienne précisément d’un fait banal survenu plus de six ans auparavant.
On a donc recherché une solution par d’autres moyens. Il n’était pas contesté que les avoirs en compte constituaient des biens des enfants. Les parents étaient donc tenus de respecter les dispositions du Code civil, lequel prévoit notamment qu’ils ne peuvent utiliser que les revenus des biens de l’enfant pour son entretien, son éducation et sa formation. On peut dès lors considérer – et on considère souvent – que la banque ne peut autoriser des retraits effectués en violation de ces règles. Si l’on suit ce raisonnement, la banque aurait dû empêcher les retraits, y compris lorsque le père disposait encore de l’autorité parentale. Elle n’accepta cependant aucune transaction. Elle fit valoir que les parents s’étaient réservé contractuellement le droit de disposition. En outre, selon elle, il n’était pas contesté qu’une partie des retraits effectués était revenue aux enfants, sous forme de cadeaux.