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Un bien commun de l’humanité
Les théâtres et orchestres allemands ont été ajoutés l’automne passé à la liste du patrimoine immatériel par la commission de l’Unesco.
En 1972, l’UNESCO (abréviation anglaise de l’Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture) rédigea la Convention pour la protection du patrimoine mondial culturel et naturel. Les états signataires s’engagent à protéger et conserver les monuments et sites afin de pouvoir les mettre en valeur pour un large public et les transmettre aux générations futures. Parmi les biens culturels et naturels appartenant au patrimoine mondial de l’humanité, on trouve aussi bien des monuments, des ensembles de constructions, des villes, que des sites naturels d’une beauté exceptionnelle, des exemples représentatifs de l’histoire géologique de la Terre ou de processus écologiques et biologiques, des habitats naturels importants pour la conservation de la diversité biologique. Tous ces biens communs de l’humanité ont comme particularité d’être des biens matériels. En Suisse, on trouve par exemple le centre historique de Berne, les couvents de Müstair et de Saint-Gall, l’urbanisme horloger de La Chaux-de-Fonds et du Locle ou la région alpine du Jungfrau-Aletsch.
La notion de patrimoine oral et immatériel de l’humanité est plus récente. Sur le site de la Commission suisse de l’UNESCO, il est précisé que le « rôle dans la perception de l'identité régionale et nationale d'une part, dans la communication entre les générations d'autre part, a longtemps été sous-estimé. » Ainsi la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel a été adoptée en 2003 par l’UNESCO ; elle fut ratifiée en 2008 par la Suisse. Au niveau international, il existe plusieurs listes, dont une Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité et une Liste du patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente. Par ailleurs, chaque état signataire doit créer une liste nationale donnant une vue d’ensemble du patrimoine culturel immatériel.
En Allemagne, une telle liste nationale existe depuis 2013. Parmi les 26 formes de culture mentionnées (entre autres les chœurs d’enfants de Saxe, les jeux de la Passion à Oberammergau, la musique chorale en amateur, la manufacture et la musique d’orgue), on trouve le patrimoine théâtral et orchestral allemand. Qu’est-ce que le logo de l’UNESCO pourra apporter aux orchestres, dont deux des plus importants vont devoir « fusionner » en 2016 ? Il s’agit surtout d’un signal d’alarme, adressé en particulier aux décideurs qui préfèrent se complaire dans les coupes budgétaires voire les fermetures plutôt que d’agir de manière responsable. La candidature pour ce bien culturel a été transmise en avril 2014 par le Conseil allemand de la musique, l’Union allemande des orchestres et l’Association des théâtres allemands. Une commission d’experts indépendants l’a approuvée, reconnaissant ainsi entre autres son rôle fondateur d’identité dans la société.
Rappelons-nous de la citation si connue de Mahler : « La tradition, c'est la transmission du feu et non l'adoration des cendres ». Ce feu ne peut être transmis que si des mesures nécessaires à la préservation du patrimoine culturel immatériel sont mises en œuvre. En signant la Convention, les états s’engagent précisément à sauvegarder leurs biens culturels répertoriés : «On entend par „sauvegarde“ les mesures visant à assurer la viabilité du patrimoine culturel immatériel, y compris l'identification, la documentation, la recherche, la préservation, la protection, la promotion, la mise en valeur, la transmission, essentiellement par l'éducation formelle et non formelle, ainsi que la revitalisation des différents aspects de ce patrimoine.»