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Moscou a réussi sa transformation d'économie planifiée à celle d'économie de marché, souligne mercredi l'OMC. Nombre d'entreprises publiques occupent, cependant, toujours une position dominante dans des secteurs clés comme la banque, les transports et l'énergie.
"L'État continue de jouer un rôle prépondérant en Russie. Les sociétés publiques représentent près de la moitié du produit intérieur brut (PIB) du pays", explique l'Organisation mondiale du commerce (OMC) dans son premier examen de la politique commerciale de la fédération.
Et la plupart des mesures prévues au titre du programme de privatisations pour 2014-2016 ont été repoussées. Cet ajournement est principalement lié à la situation défavorable du marché, conséquence du ralentissement économique.
Selon le Fonds monétaire international (FMI), une amélioration se dessine toutefois. Il prévoit que la croissance du PIB russe diminuera de 1,8% en 2016, puis augmentera de 0,8% en 2017.
"Néanmoins, la lenteur des réformes structurelles, la faiblesse des investissements et une dynamique démographique défavorable entravent le développement économique du pays", précise l'OMC. L'organisation pointe notamment du doigt une réglementation excessive, une gouvernance défaillante et les groupes d'intérêts en place.
Très énergivore
Moscou désire diversifier son économie pour ne plus dépendre exclusivement de ses ressources minérales et énergétiques. Deuxième producteur mondial de pétrole et de gaz, la fédération est aussi la quatrième productrice d'électricité, ce qui en fait l'une des économies les plus énergivores.
"La Russie s'est fixée pour objectif de réduire l'intensité énergétique du PIB de 40% d'ici à 2020", indique l'OMC. Malgré l'effondrement des prix du pétrole ces dernières années, les activités pétrolières représentent toujours environ 20% du PIB, les deux tiers des exportations de marchandises et un peu moins de la moitié des recettes de l'État fédéral.
Le secteur des services est toutefois celui qui contribue le plus à la production du pays. En 2015, ce domaine représentait plus de 62% du PIB.
Lutter contre la corruption
Au niveau des échanges commerciaux, Moscou a intensifié ses mesures antidumping. En mai 2016, il appliquait 16 mesures de ce type à l'encontre d'importations en provenance d'Allemagne, de Chine, d'Inde, d'Italie, de Turquie et d'Ukraine.
Des taxes sont également perçues sur la bière, le vin et les spiritueux. Sans oublier le tabac, les produits pétroliers et les voitures. "Généralement, les taux sont révisés tous les ans. La TVA s'applique à un taux courant de 18%, bien qu'un taux réduit de 10% vise certains articles, parmi lesquels les produits alimentaires de base", informe l'OMC.
Dans le secteur bancaire, la participation étrangère reste aussi limitée. Elle plafonne à 50%.
Sur le plan de la corruption, l'organisation note des "progrès notables dans la planification et le contrôle des achats", suite à l'adoption en 2013 d'une nouvelle loi sur les marchés publics. La confiance des milieux d'affaires dans les procédures d'adjudication s'en est trouvée renforcée.
Depuis son adhésion à l'OMC en 2012, la fédération, par ailleurs, a pris part à dix procédures de règlement des différends: quatre en tant que partie plaignante et six en tant que défenderesse. Elle a, en outre, été impliquée en qualité de tierce partie dans 28 procédures.
La Russie est devenue le 156e membre de l'OMC en août 2012. La Suisse fait, quant à elle, partie de l'organisation depuis le 1er juillet 1995.