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Art volé
Le contrat de prêt avec la fondation Bührle publié en janvier
Après le débat sur les tableaux de la fondation Bührle au Kunsthaus de Zurich, le nouveau contrat de prêt avec la fondation devrait être publié en janvier. Pour la présidente de la ville de Zurich, cela est nécessaire «dans cette situation marquée par la méfiance».
Les négociations visant à adapter le contrat sont actuellement en cours entre les partenaires contractuels, indique Corine Mauch dans une interview publiée vendredi dans la NZZ. La société des beaux-arts – l'association responsable du Kunsthaus – et la Fondation et Collection Emil G. Bührle lui auraient confirmé que tout devrait être réglé avant la fin du mois de janvier.
Ce contrat devrait être publié. Mme Mauch est aussi d'avis que l'ancien contrat devrait également être publié, dans un souci de transparence. Le Kunsthaus de Zurich et la fondation Bührle avaient déjà décidé d'examiner si le contrat de prêt ou des parties de celui-ci devraient être publiés.
Rétablir la crédibilité
La fondation Bührle est sous le feu des critiques, notamment après avoir elle-même enquêté pour savoir si les oeuvres prêtées pouvaient être volées. La collection Bührle est en effet soupçonnée de contenir des oeuvres volées par les nazis durant la Deuxième Guerre mondiale.
Emil Georg Bührle était devenu l'homme le plus riche de Suisse à l'époque grâce à des ventes d'armes pendant et après la Seconde Guerre mondiale. Sa fortune lui a permis de se constituer une collection d'art qu'il a léguée à la fondation qui la gère depuis 1960.
Cette recherche de provenance propre à la fondation a toutefois révélé qu'aucun tableau ne présentait d'indices suffisants d'une origine problématique. Après l'émergence d'un vif débat à ce sujet et suite à une demande de la ville de Zurich, le Kunsthaus a décidé qu'un comité d'experts indépendant devait clarifier si la fondation a correctement mené sa recherche de provenance et correctement présenté les résultats.
Cette vérification indépendante est nécessaire, car de forts doutes sont apparus dans le débat public, a souligné Corine Mauch. La crédibilité doit être rétablie. Les parties critiques – notamment la communauté juive – doivent être impliquées dans l'enquête. «Idéalement, une décision devrait être prise d'ici fin février sur la manière de traiter l'évaluation», a-t-elle ajouté.
Concevoir le rapport au passé
La ville de Zurich souhaitait une discussion sur ces tableaux, a poursuivi sa présidente. Elle a toutefois été surprise de voir avec quelle véhémence et émotion elle a été menée. Mme Mauch estime cependant que le Kunsthaus a bien fait d'accueillir la collection.
«Il faut une confrontation avec la collection au Kunsthaus pour nous pencher sérieusement sur notre propre implication avec Bührle et l'Allemagne nazie». En fin de compte, il n'est pas possible d'effacer le passé, mais on peut et on doit en organiser le traitement.
Mme Mauch souhaite par ailleurs que le comité directeur de la société des beaux-arts «discute sérieusement» de la date de la remise du dossier Bührle des mains de l'actuel directeur Christoph Becker à Ann Demeester. Celle-ci doit reprendre la direction du Kunsthaus à partir de janvier 2023, mais se familiarise déjà avec l'endroit.
jc, ats