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Pour la Suisse, la création d'un nouveau Conseil des droits de l'homme doit être une priorité de l'ONU. Et son siège devrait être à Genève.
S'adressant aux leaders du monde présents à New York, le président de la Confédération Samuel Schmid a aussi plaidé pour un conseil plus représentatif et pour une réforme des méthodes de travail de l'ONU.
Dans son discours prononcé jeudi dans le cadre du Sommet mondial 2005 des Nations Unies, le président de la Confédération Samuel Schmid a déclaré que la Suisse était satisfaite des progrès accomplis dans le but de créer un futur Conseil des droits de l'homme. La Confédération est déterminée à poursuivre ses efforts pour mener ce projet d'origine suisse à terme.
Le Conseil des droits de l'homme devrait remplacer l'actuelle Commission des droits de l'homme de l'ONU. Ce nouvel organe siégerait de façon permanente, ce qui lui permettrait d'être plus efficace pour dans la gestion des grandes crises.
«Par l'établissement de ce Conseil, nous devrons réussir à adapter l'architecture de l'ONU à l'importance première des droits de l'homme au même titre que le développement, la paix et la sécurité», a déclaré Samuel Schmid.
«Pour la Suisse, ce nouvel organe devra être plus légitime tout en étant plus efficace, avoir une position plus élevée que l'actuelle Commission des droits de l'homme dans la hiérarchie onusienne et siéger à Genève», a-t-il poursuivi.
Réforme de l'ONU
Le président de la Confédération a également plaidé pour une réforme de l'organisation mondiale. Pour lui, une telle réforme est nécessaire pour apporter «plus d'efficacité, plus de transparence et plus de solidarité» et pour permettre à l'ONU de relever les défis du monde d'aujourd'hui.
«Nous estimons en outre nécessaire que le Conseil de sécurité devienne plus représentatif et que ses méthodes de travail soient réformées dans le sens d'une transparence accrue, afin de permettre une interaction avec les non-membres du Conseil», a-t-il dit.
Les différents Etats sont très divisés sur la proposition consistant à élargir le Conseil de sécurité. Ce dernier compte actuellement 15 membres: 5 membres permanents (France, Royaume-Uni, Etats-Unis, Chine et Russie) et 10 membres non permanents.
Dans son discours, Samuel Schmid a par ailleurs évoqué à deux reprises la nécessité de respecter le droit international, à la fois dans le cadre de la résolution des conflits et de la lutte contre le terrorisme.
Pour la Suisse – qui est dépositaire des Conventions de Genève – le recours à la force devrait rester l'exception pour résoudre les conflits. Le président s'est donc félicité de la création d'une Commission de consolidation de la paix.
Samuel Schmid a réaffirmé le soutien de la Suisse aux opérations de maintien de la paix et à la lutte contre le terrorisme ainsi que contre la prolifération des armes de destruction massive, et plus particulièrement des armes nucléaires.
Aide au développement
Concernant l'aide au développement, Samuel Schmid a estimé que tous les partenaires devaient augmenter et coordonner leurs efforts, afin d'atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement.
Ces objectifs comprennent notamment une réduction de moitié de l'extrême pauvreté et de la mortalité infantile ainsi qu'un arrêt de la propagation du sida d'ici 2015.
Toutefois, la Suisse a récemment fait l'objet de critiques de la part des organisations non gouvernementales. L'ONU demande que les pays industrialisés consacrent 0,7% de leur produit intérieur brut pour l'aide au développement. Or, la Suisse n'atteindra pas cet objectif.
Devant l'ONU, Samuel Schmid a tenu à être rassurant. «L'aide au développement sera l'une des rares lignes du budget national en croissance au cours des prochaines années, avec une augmentation totale de 8% pour la période 2005-2008», a-t-il indiqué. Le président a en outre ajouté que la Suisse envisageait d'accroître encore ce pourcentage au-delà de cette date.
«Depuis près de trente ans, la Suisse fournit son aide en priorité aux pays les plus pauvres. Nous consacrons aujourd'hui près de la moitié de cette aide à l'Afrique, une orientation que nous maintiendrons à l'avenir de façon déterminée», a-t-il conclu.
swissinfo, Adam Beaumont, New York
(Traduction de l'anglais: Olivier Pauchard)
En bref
- 150 chef d'Etat ou de gouvernement participent au sommet de l'ONU, à New York, le plus grand jamais organisé, à l'occasion du 60ème anniversaire de l'institution.
- On s'attend à ce que l'ONU adopte une déclaration ce vendredi, qui inclurait un certain nombre d'initiatives comprenant l'établissement d'un nouveau corpus sur les droits de l'homme, d'une commission pour la paix et l'obligation de protéger les populations civiles contre les génocides, les crimes de guerre et le 'nettoyage ethnique'.
- Mais la déclaration, sur laquelle un accord a été trouvé à la dernière minute après des mois de tergiversations, ne propose pas d'approche commune sur la non-prolifération des armes de destruction massive, ni sur une nouvelle définition du terrorisme, et n'apporte aucun espoir aux pays pauvres en termes d'aide et de commerce.