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La Terre est difficilement vivable et l'espace invivable. Mais ailleurs? On ne sait. Sauf que pour le moment, le reste de notre système solaire a l'air globalement impraticable et inhospitalier. Cela ne va pas empêcher la NASA de renvoyer des hommes sur la lune bientôt. Le programme inclut d'abord un alunissage robotique dès 2017. Les rovers se mettraient ensuite en quête d'hydrogène, peut-être dans les pôles de notre satellite, avant d'y ébaucher la construction d'une base pour accueillir des humains, aux alentours de 2030. Le projet est pour le moment à l'état d'étude, mais quelques personnes l'ont validé. L'étape suivante serait la colonisation de Mars, que certains optimistes situent à la fin du XXIe siècle. Ce qui est encore envisageable et à portée d'esprit. En revanche, pour la conquête interstellaire, les choses se corsent un poil. La Terre n'étant à long terme pas un endroit sûr, il serait tôt ou tard judicieux de déménager. Vers d'autres systèmes solaires, par exemple. Le problème, c'est que le plus proche du nôtre, Proxima Centauri, se situe à 4,2 années lumière. Une bagatelle par rapport à la taille de l'univers, mais un sacré obstacle à l'échelle humaine. Un engin voguant à 10 000 km/h mettrait un peu plus de 450 000 ans pour l'atteindre, la Mission Apollo 10 environ 110 000 ans et la sonde Hélios 2, dont la vitesse voisine les 252792 km/h, autour des 18 000 ans.
Dans tous les cas, il y a un léger souci, dira-t-on. L'un des scénarios serait d'y envoyer un vaisseau générationnel, composé d'une population qui pourrait se reproduire sur 60 ou 80 générations. Selon certains anthropologues, il faudrait idéalement entre 10 000 et 40 000 personnes pour conserver une bonne diversité génétique au sein de cette population, probablement répartie sur plusieurs vaisseaux, et cela au cas où une épidémie viendrait à en décimer un. Après tout, les humains descendent bien tous d'une colonie d'environ 10 000 homo sapiens qui auraient colonisé la Terre à partir de l'Afrique durant un peu plus de 200 000 ans. Mais la comparaison s'arrêtera là. Car pour être franc, je ne crois guère à la colonisation interstellaire sous cet angle. Et serais plus enclin à espérer qu'on puisse un jour dompter les distances en dépassant la vitesse de la lumière, ou en la contournant (via des trous de ver ou autres, raccourcis de l'espace-temps dont l'existence n'est que spéculative). Ce qui ne manquerait pas, d'ailleurs, de poser bien d'autres problèmes sur lesquels je reviendrai tôt ou tard.