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Suivi d'une dizaine de camions également orange et autres véhicules, le président russe Vladimir Poutine a roulé sur le "Pont de Crimée".
KEYSTONE/AP POOL AFP/ALEXANDER NEMENOV(sda-ats)
Le président russe Vladimir Poutine a traversé mardi le nouveau pont reliant la Russie à la Crimée au volant d'un camion orange. Il a ainsi inauguré le tronçon routier de ce pont hautement symbolique pour le Kremlin, selon les images retransmises à la télévision.
Suivi d'une dizaine de camions également orange et autres véhicules, le président, en jeans et blouson noir, s'est installé au volant du véhicule, a desserré le frein à main et a commencé à rouler sur le "Pont de Crimée", long de 19 kilomètres qui relie la péninsule de Taman, dans le sud de la Russie, à la péninsule ukrainienne de Kertch, en Crimée, annexée par Moscou en mars 2014.
"C'est un jour exceptionnel d'un point de vue symbolique", a souligné mardi le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov, lors d'une conférence de presse, rappelant que M. Poutine "a initié la construction" de ce pont. Lancé en février 2016, ce chantier titanesque avait été confié par l'Etat russe à la société du milliardaire Arkadi Rotenberg, partenaire de judo du président Vladimir Poutine.
Pour la saison estivale
Selon un décret publié sur le site du gouvernement, Stroïgazmontaj devait livrer le pont avant décembre 2018, pour un coût plafonné à 228,3 milliards de roubles (2,9 milliards d'euros à l'époque). Mais, lors d'une visite en mars, quelques jours avant sa réélection à la présidence, M. Poutine a exigé que le pont soit prêt dès mai "pour que les gens puissent en profiter pendant la saison estivale".
La Crimée est une destination de vacances populaire auprès des Russes, et les touristes venant de Russie constituent l'une des principales sources de revenus pour cette péninsule prisée pour ses plages et ses montagnes plongeant dans la mer Noire.
Les voitures et autobus devraient accéder au pont dès le 16 mai, a indiqué le Kremlin. Les trains devront attendre fin 2019 pour traverser le détroit de Kertch.
Le pont, qui passe par l'île de Touzla, aura une hauteur de 35 mètres au niveau de son arche centrale. Les voitures seront autorisées à y rouler jusqu'à 120 km/h, si la circulation n'est pas ralentie en raison des conditions climatiques, selon l'agence de presse russe RIA Novosti.
Réduire l'isolement
Pour la Russie, le "Pont de Crimée" doit permettre de réduire l'isolement tant géographique qu'économique de la Crimée, annexée de l'Ukraine en mars 2014 après une intervention des forces spéciales russes et un référendum de rattachement dénoncé comme "illégal" par Kiev et les Occidentaux.
En raison du blocus imposé par Kiev et des sanctions occidentales ayant suivi cette annexion, la plupart des produits alimentaires viennent de Russie par ferry et ce mode de livraison qui dépend d'une météo favorable entraîne parfois des pénuries. La Crimée dépend aussi de la voie aérienne pour ses approvisionnements, avec comme conséquence une hausse significative des prix pour les produits de consommation courante.
Droit international "bafoué"
Le premier ministre ukrainien Volodymyr Groïsman a accusé "l'occupant russe" de "bafouer le droit international". Il a promis le retour de la Crimée dans le giron de l'Ukraine.
Ce pont est "une nouvelle violation de la souveraineté" de Kiev, a pour sa part déploré une porte-parole de l'UE. La Russie a construit cette infrastructure "sans le consentement de l'Ukraine", a déclaré une porte-parole du service d'action extérieure de l'UE. "Cela constitue une nouvelle violation de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de l'Ukraine par la Russie".
Paris aussi "condamne la construction par la Russie du pont de Kertch qui contribue à priver l'Ukraine d'un plein accès et de l'utilisation de ses eaux territoriales internationalement reconnues", a déclaré la porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Agnès von der Mühll, dans un communiqué.
ATS