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A Genève, en l'absence d'Israël et des Etats-Unis, la communauté internationale se met d'accord sur le respect du droit humanitaire.Ce contenu a été publié le 06 décembre 2001 - 08:59
Non, la conférence sur l'application de la 4ème Convention de Genève dans les territoires occupés par Israël n'a pas été une répétition de la conférence de Durban sur le racisme.
Il n'y a pas donc pas eu de surenchères de dernières minutes de la part des délégations palestiniennes et arabes. Les 114 Etats et les 8 organisations présentes mercredi à Genève s'en sont strictement tenus à la déclaration négociée à l'avance et à l'ordre du jour de la réunion.
Israël discriminé
Certes, Israël peut s'estimer discriminé. C'est en effet le premier Etat à être épinglé dans une conférence internationale au nom des Conventions de Genève qui, elles, datent de 1949.
«Jusqu'à aujourd'hui, seule la situation dans les Territoires palestiniens a permis d'obtenir un aussi large consensus», a reconnu Peter Maurer, président de la conférence.
Le diplomate suisse a également rappelé que la conférence n'était pas une initiative de son pays, mais répondait à plusieurs résolutions de l'Assemblée générale de l'ONU.
En coulisse, un acteur de la conférence a ajouté qu'Israël peut se targuer d'être le seul Etat démocratique de la région. Et qu'à ce titre, la communauté internationale en attend peut-être plus que des autres régimes qui sévissent dans le monde arabe.
Une valeur exemplaire
Peter Maurer, lui, a insisté sur la valeur exemplaire de la déclaration adoptée par les 114 Etats à Genève. Ce texte reprend le langage de la 4ème Convention de Genève. Mais il en précise les termes dans une situation concrète.
La déclaration détaille les obligations de l'ensemble des parties à un conflit. Mais, elle spécifie également les devoirs particuliers de la puissance occupante, tout comme ceux de la partie occupée. L'objectif, lui, ne varie pas: protéger les civils non armés, même quand ils sont des colons israéliens.
Selon Peter Maurer, cette différenciation des devoirs de chacun en matière de droit humanitaire a été le point le plus difficile à faire comprendre et à négocier. C'est également un acquis qui peut servir de modèle pour de nombreux autres conflits en cours ou à venir.
Volonté des Etats
Tout dépend donc maintenant de la volonté des 189 Etats signataires des Conventions de Genève de les faire appliquer, au Proche-Orient comme ailleurs.
Peter Maurer a d'ailleurs tenu à rappeler que la Suisse ne manquait pas d'insister, dans ses relations bilatérales, sur l'importance du respect des Conventions de Genève.
En permettant la tenue de la conférence humanitaire de Genève, la Suisse a su se montrer à la hauteur de statut d'Etat dépositaire des Conventions de Genève et démonter son expertise en la matière.
Frédéric Burnand, Genève