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« Là où il y a des gens, les problèmes ne manquent jamais » : ce proverbe swahili était le titre du précédent film de Bram Van Paesschen (Pale Peko Bantu Mambo Ayikosake, VdR 2009), centré sur les creuseurs katangais (région minière du Congo « belge ») exploitant clandestinement les veines de cuivre et de cobalt. Ces matières premières – la malédiction de ce pays – intéressent beaucoup les Chinois, qui ont conclu avec le gouvernement central un troc : minerais contre infrastructures. Empire of Dust se situe dans ce contexte. Eddy, natif de Kinshasa, parle couramment mandarin et présente dans cette langue le « théâtre des opérations » : la construction d'une route entre Kolwezi et la capitale katangaise, Lubumbashi, opérée par une société chinoise pour laquelle travaille aussi Lao Yang. Les deux hommes incarnent le rapport de forces qui se noue entre nouveaux conquérants et anciens colonisés. Le Chinois s'efforce de comprendre la mentalité congolaise, se méfie (à juste titre) des échanges entre son employé-interprète et les acteurs locaux. Et la caméra de Van Paesschen nous régale de cette dialectique maître-esclave qui se joue dans la poussière katangaise.
Emmanuel Chicon