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Les Pouilles dans l’antiquité: VI-I millénaire av. J.-C.
Ce fut au cours du IIIème millénaire av. J.-C. que les populations provenant de l’Europe centrale traversèrent l’Italie et occupèrent les régions centrales-méridionales. Ce fut au cours du IIème millénaire que ces peuples nommés génériquement italiques assumèrent des noms différents selon le lieu qu’ils occupèrent: Ombriens en Ombrie, Picéniens dans les Marques, Sabiniens, Latins et Volsciens respectivement dans le dans le haut, moyen et bas Latium, dans les Pouilles Apuliens et ainsi de suite. En 1900 av. J.-C. un autre peuple, Les Lyrico-Japygiens, provenant des Balkans, s’installèrent, avec les Ausoni-Opiciens provenant de la Campanie, dans les Pouilles. Ils furent définis italiques par Strabone Apuli. Les Arcadiens abordèrent successivement sur les côtes des Pouilles en 1800 av. J.-C., les Mycéniens en 1600 av. J.-C., les Égéens-Crétois en 1400 av. J.-C. et finalement les Japygiens de deuxième génération qui peuvent bien être considérés nos aïeux les plus directs. Selon la légende ces derniers débarquèrent en Sicile, guidés par Japyge, pour revendiquer la mort du roi crétois Minos mais pendant le voyage de retour leurs navires naufragèrent sur les côtes des Pouilles en les obligeant à s’arrêter sur la terre ferme et à créer de nombreuses villes parmi lesquelles les plus importantes sont Uria (Oria) et Satyrion qui devint plus tard Tarente.
“Ma come navigando giunsero all’altezza della Japigia , una grande tempesta li sorprese e li gettò sul litorale; ed essendosi sconquassate le navi, poiché non appariva loro nessun mezzo per tornare a Creta, rimasero lì fondando la città di Uria e- mutato nome- dai Cretesi divennero Japigi ed invece di isolani, continentali. Muovendo dalla città di Uria, colonizzarono altre città”.
Hérodote, Histoires,, VII, 170
Cependant il est très probable que les Égéens-Crétois aient voulu s’approprier territorialement et mythologiquement de ces nouvelles terres en inventant ainsi le héros Japygien.
La véritable transmigration de Japigi a eu lieu seulement à partir du XIème siècle av. J.-C. quand les Dauniens, Peuces et Messapiens débarquèrent sur nos côtes. Successivement arrivèrent les Laconiens ou Lacédémoniens et les Spartiates Partenti qui fondèrent Tarente et contribuèrent à la naissance de la civilisation de la Grande Grèce.
Les Dauniens
La première population provenant de l’Illyrie s’établit sur les côtes des Pouilles au IXème siècle av. J.-C. Guidés par Dauno frère de Peucezio, ils occupèrent les terres délimitées au sud par l’Ofanto et au nord par Fortore en chassant les anciens Apuliens Italiques qui se retirèrent dans l’arrière-pays. Parmi les plus importantes villes dauniennes ont doit nommer Arpi, Canosa, Lucera, Ordona, Salapia Vetus, Venosa, Accadia, Canne, Cerignola, Peschici, Rodi Garganico, S. Giovanni Rotondo et Vieste.
Les Peuces
Guidé par Peucezio, ils se fixèrent dans les Pouilles à partir su Xème siècle et selon Strabone ils s’installèrent « dans ce trait de l’Apulia centrale comprise entre Bari et Egnaziae à l’intérieur jusqu’à Silvium » en chassant les premières populations Illyriennes qui s’y étaient installées quatre ou cinq siècles avant. Parmi les établissement peuciens les plus importants, nous citons Bari, Ceglie del Campo, Egnazia, Monte Sannace, Ruvo, Trani, Palo del Colle, Minervino, Molfetta, Monopoli, Giovinazzo, Bitonto, Corato, Andria et Altamura.
Les Messapiens
Selon la légende ils arrivèrent dans les Pouilles, à partir du IXème siècle av. J.-C., guidés par Messapo, fils de Neptune et frère de Taras et ils se fixèrent dans la zone comprise entre Tarente, Brindisi et Leuca. Ils se mêlèrent avec les populations préexistantes jusqu’au point qu’en recherchant l’histoire d’une ville, on retrouve souvent la formule : ville messapienne d’ancienne origine « Japyge ». les plus importants centres messapiens sont: Brindisi, Gallipoli, Lecce, Otranto, Leuca, Patù, Vaste, Nardò, Ostini, etc.
Les Lacons
Ils venaient du Péloponnèse et ils s’installèrent sur le littoral ionien, tyrrhénien, bruzien, lucanien et sicilien à partir du VIIIème siècle av. J.-C. Ils donnèrent origine à une nouvelle culture qui s’appelait Megàle Ellàs du nom du pays de provenance, c’est-à-dire Grande Grèce, pour la distinguer de celle thessalienne d’Ellàs c’est-à-dire Grèce.
Selon Antioco de Syracuse, Tarente fut fondée par Falanto qui guida un groupe de Spartiates nommés Partenì, c’est-à-dire jeunes frappés par l’infamie d’être nés des rapports extraconjugaux des propres mères avec des colons de la ville pendant l’absence de leurs maris engagés dans la guerre messena. Le nom de la ville dérive cependant de Taras, héros d’origine crétoise miraculeusement sauvé par le père Neptune pendant une tempête.
Dionigi d’Alicarnasso dans Histoire de Rome, écrivait :
« Les Partenois naviguèrent donc avec Falanto vers les côtes ioniennes, où les barbares et les Japygiens s’étaient établis. Ces Japygiens, selon la tradition, étaient ces Crétois qui, arrivés trois-cents années avant en Sicile avec Minasse, après sa mort, commandés par Japyge, étaient repartis vers Crête, mais sur la voie du retour, surpris par une tempête, ils étaient terminés sur le littoral ionien. »
L’expression Grande Grèce est utilisée par les historiens pour indiquer les villes grecques qui se sont formées en Lucanie, Calabre, Campanie, Latium et Pouilles. Même si dans cette dernière les grecs fondèrent seulement Tarente sur le littoral ionien (706 av. J.-C.) et Otranto sur l’Adriatique, leur domination qui dura quatre-cinq siècles influença considérablement la culture des populations japygiennes-messapiennes qui s’y étaient établies. Les migrations les plus massives, vers l’Italie Méridionale, remonteraient au VIIIème siècle av. J.-C. et elles furent déterminées soit par des facteurs extérieurs comme par exemple la fermeture des ports persans aux navires grecs soit par des facteurs intérieurs, c’est-à-dire dus à une augmentation de la population grecque et à une pénurie des ressources alimentaires qui la poussa à émigrer vers les nouvelles et proches terres dont les commerçants qui les avaient fréquentées en décantaient les innombrables qualités: terre fertile, mer riche de poissons et artisanat et commerce évolué.
Les aborigènes n’acceptèrent pas la nouvelle population et cela est démontré par le fait que les guerres entre les deux peuples au cours des siècles furent nombreuses. Parmi les plus importantes, il y eu la guerre combattue autour du 500 av. J.-C. et qui termina avec la victoire de Tarente sur les Messapiens et celle combattue en 463 a. J.-C. quand les Messapiens mirent en acte leur vengeance sur les tarentins qui cependant, en 460 av. J.-C., reprirent la revanche. Cet évènement est témoigné par une donation de la ville grecque à Delfi constituée par un groupe en bronze qui représentait Opis, roi des Japygiens, au moment d’être tué par Falanto , fondateur mythique de Tarente. Ce fut à partir de 404 av.J.-C , c’est-à-dire après la défaite d’Athènes au cours de la guerre du Péloponnèse, que Tarente vécut son moment de plus grande splendeur pendant lequel elle fut investie par une influence intense et durable de la culture grecque qui la porta à son hellénisation.
Les guerres entre Tarentins et Messapiens terminèrent seulement avec l’arrivée de Rome qui les contraignit à donner naissance avec les Italiques, à une ligue anti-romaine. Mais Rome était désormais devenue trop puissante, jusqu’à prendre le dessus d’abord sur les Tarentins en 275 av. J.-C. et puis sur les Messapiens en transformant Brindisi, une de leurs plus importantes villes, dans une colonie romaine.
Les Romains
Ce fut l’exigence d’avoir une ouverture sur la Méditerranée, pour bloquer les Carthaginois, à pousser les Romains à conquérir l’Apulia qui était pressée au nord par les Samnites, à l’ouest par les Lucains et au sud par Tarente. Selon Tito Livio l’explosion de la deuxième guerre samnite en 326 av. J.-C. , créa le premier contact entre Rome et L’Apulia. Ce fut dans cette période que l’on construisit la célèbre Via Appia qui réunissait Rome aux plus importants centres des Pouilles et qui chaque 30-40 km était munie de stations qui avaient tout le nécessaire pour le repos des chevaux et des hommes.
La défaite des Samnites et les luttes continues entre Messapiens et Tarentins permirent aux Romains l’unification culturelle et civile de différentes lignées.
Avec la deuxième guerre punique ou guerre hannibalique, cette unification fut interrompue par Hannibal qui en 216 av. J.-C. à Canne eut l’avantage sur Rome. Après cette guerre les rapports entre Rome et les villes apuliennes soumises améliorèrent puisque les Romains respectèrent leur langue, leurs traditions et leur autonomie administrative.
Sous Trajan, on eut au-delà qu’un splendide gouvernement compris entre 98-117 aussi la construction de l’ Appia Traiana c’est-à-dire un prolongement de l’Appia Ancienne qui réunissait Benevento à Brindisi en passant par des importants centres commerciaux comme Canosa, Canne et Bari.
Au IIIème siècle les premiers municipia se formèrent, c’est-à-dire des structures locales administratives dirigées par une curie, ainsi que les provinces qui avaient leurs propres dirigeants de nomination royale et élective.
Entre le IIIème et IVème siècle, l’empire allait vers sa ruine malgré les nombreuses tentatives de Dioclétien (284-305), Constantin le Grand (306-337) et Théodose le Grand (379-395).
Entre 455 et 475, 9 empereurs s’alternèrent à la guide de l’empire Romain d’Occident, le dernier desquels Romulus Augustolo, fut élevé à la dignité impériale par le père Oreste, commandant de l’armée, quand il avait seulement 14 ans. En 476, Odoacre, roi des Eruliens, en tuant Oreste et en exilant son fils, porta l’empire Romain d’Occident à sa décadence définitive.