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Asadi, S., Wexler, A.S., Cappa, C.D. et al. Aerosol emission and superemission during human speech increase with voice loudness. Sci Rep 9, 2348 (2019). https://doi.org/10.1038/s41598-019-38808-z
Réviseur : Pr Patrick Francioli
Cette étude parue avant la pandémie de Covid-19 a examiné l'émission d'aérosols lors de la parole en utilisant un montage expérimental (photo Supplement S12: https://static-content.springer.com/esm/art%3A10.1038%2Fs41598-019-38808-z/MediaObjects/41598_2019_38808_MOESM1_ESM.pdf) permettant de standardiser les mesures et de déterminer la quantité et la taille des particules émises par différents individus lors de la respiration ou parlant différentes langues à différents niveaux d'intensité.
Les résultats montrent que l'émission d'aérosols est plus importante lors de la parole que pendant une respiration normale et qu'il y a une corrélation très nette entre l'intensité de la voix et l'émission de particules. Ce phénomène est identique pour les 4 langues investiguées (anglais, espagnol, mandarin, arabe), mais varie beaucoup d'un individu à l'autre et, fait tout à fait remarquable, une petite proportion d'individus émet de manière reproductible une quantité de particules environ 5-10 fois supérieure aux autres. Les auteurs en concluent que cette variation individuelle peut influencer la probabilité de transmission d'infections respiratoires, et surtout que l'existence de certains individus "super-disséminateurs" pourraient expliquer les flambées épidémiques.
A un moment où la situation épidémiologique du Covid-19 en Suisse et dans d'autres pays s'améliore, mais où certaines mesures de prévention telles des restrictions dans la taille des rassemblements sont abandonnées, cette étude raffine les connaissances sur la probabilité de transmission d'infections respiratoires. Elle indique que certaines personnes sont des super-disséminateurs, et si elles sont en contact avec de nombreux individus, peuvent être responsables de flambées épidémiques qui pourraient être très difficiles à contrôler par "tracing". C'est aussi une incitation à rester très prudent, à limiter les contacts rapprochés et à mettre un masque lorsque ceux-ci sont difficilement évitables, en particulier pour les personnes les plus à risque.
Le masque de type FFP2 protège bien à la fois contre la transmission ET l'acquisition d'infections respiratoires s'il est bien porté. C'est le modèle de choix pour les personnes à risque de complications. On peut dès lors le recommander dans la mesure où on le trouve à nouveau dans le commerce. Bien que vendu pour un usage unique, je pense à titre personnel et sur la base de certaines données de la littérature, que ce masque peut sans risque être réutilisé (vu son prix) : en l'enlevant, le glisser dans un sachet de plastique et se désinfecter les mains. Idem avant de le reprendre et après l'avoir remis. Le désinfecter régulièrement dans le four à 75 degrés pendant 45 min. Il est probablement raisonnable de le changer après un usage total de plus de 6-8h et quelques désinfections.