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"Souvenirs d'avril"
Syracuse (Sicile), le 25 avril 1963 : le déclic…
Le mois d’avril 1963 va marquer un tournant dans la carrière de Jo Siffert : depuis maintenant une année, il s’aligne régulièrement dans des épreuves de F1 au volant de sa Lotus, tantôt actionnée par un moteur Coventry Climax tantôt par un BRM de 1500 cm3.
Ses débuts dans la discipline reine du sport automobile, il les a fêtés à Bruxelles le… 1er avril 1962 et s’y est classé 6ème. Plutôt encourageant comme entrée en matière.
Sa structure privée se limite à la présence de deux mécaniciens, Heini Mader et Jean-Pierre Oberson ainsi que celle d’un manager-homme-à-tout-faire, Paul Blancpain. Et ses moyens sont limités, très limités. Rien à voir avec les concurrents engagés par les usines qui ont alors pour noms Jim Clark (Lotus), Graham Hill (BRM), Phil Hill (Ferrari), Bruce McLaren (Cooper) et Jack Brabham (Brabham).
Au printemps 1963 donc, Siffert prend la direction de l’Italie où la F1 accueille – hors-championnat du monde – deux courses en l’espace de cinq jours : à Imola puis à Syracuse.
En Emilie Romagne, avec sa Lotus-BRM, le Fribourgeois s’adjuge une solide 2ème place derrière l’Ecossais Jim Clark, lequel deviendra champion du monde au terme de la saison.
En Sicile, le plateau est plus restreint mais qu’importe : après avoir réalisé le meilleur temps des essais, il remporte haut la main le GP devant la Porsche de Carel Godin de Beaufort.
Ce sera le déclic : désormais le « milieu » sait à qui il a à faire et Siffert va enchaîner les résultats probants durant l’été – au niveau mondial cette fois – en se classant 7ème en Hollande, 6ème en France et 9ème en Allemagne et au Mexique. Au terme de la saison, il est sacré « meilleur pilote indépendant » du championnat qu’il termine au 15ème rang. Cette fois, c’est acté : à 27 ans, Joseph (Jo) Siffert appartient bel et bien à la caste des pilotes les plus rapides de la planète…