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Et sur les indications du diable, on créa l’école. L’enfant aime la nature : on le parqua dans des salles closes. L’enfant aime voir son activité servir à quelque chose : on fit en sorte qu’elle n’eût aucun but. Il aime bouger : on l’obligea à se tenir immobile. Il aime manier des objets : on le mit en contact avec des idées. Il aime se servir de ses mains : on ne mit en jeu que son cerveau. Il aime parler : on le contraignit au silence. Il voudrait raisonner : on le fit mémoriser. Il voudrait chercher la science : on la lui servit toute faite. Il voudrait s’enthousiasmer : on inventa les punitions. […] Alors les enfants apprirent ce qu’ils n’auraient jamais appris sans cela. Ils surent dissimuler, ils surent tricher, ils surent mentir.
Adolphe Ferrière Cofondateur en 1921 de la Ligue internationale de l’éducation nouvelle
« La révolution numérique est sans doute une incitation à faire plus que d’injecter de nouveaux matériels numériques dans une école à la forme inchangée, ou même de n’aborder que la question de la transformation des espaces. C’est un appel à formuler d’abord un nouveau modèle politique d’éducation qui permette à tous les citoyens en devenir d’habiter en pleine responsabilité et en pleine pensée critique la société de l’information dans laquelle ils vivent. Et ce modèle orientera l’évolution des métiers, des contenus, des temps et des lieux de l’éducation. »
‟ Entre : ‟Ce que je pense, ‟Ce que je veux dire, ‟Ce que je crois dire, ‟Ce que je dis, ‟Ce que vous avez envie d’entendre, ‟Ce que vous croyez entendre, ‟Ce que vous entendez, ‟Ce que vous avez envie de comprendre, ‟Ce que vous croyez comprendre, ‟Ce que vous pouvez comprendre, ‟Ce que vous comprenez, ‟Il y a dix Autant de possibilités que l’on ait des difficultés à communiquer. ‟Mais essayons quand même… ”
Encyclopédie du savoir relatif et absolu
Edmond Wells / Bernard Weber
Concluons en citantRoger Cousinet : ‟ Arrêtons d’enseigner pour que les élèves puissent commencer à apprendre ! ”
Apprenez-nous l’enthousiasme.
Enseignez-nous l’étonnement de découvrir.
N’apportez pas seulement vos réponses.
Réveillez nos questions.
Accueillez surtout nos interrogations.
Appelez nous à respecter la vie.
Apprenez-nous à échanger, à partager, à dialoguer.
Enseignez-nous les possibles de la mise en commun.
N’apportez pas seulement votre savoir.
Réveillez notre faim d’être.
Accueillez nos contradictions et nos tâtonnements.
Appelez nous à grandir à la vie.
Apprenez-nous le meilleur de nous-mêmes.
Enseignez-nous à regarder, à explorer, à toucher l’indicible.
N’apportez pas seulement votre savoir faire.
Réveillez en nous le goût de l’engagement.
Accueillez notre créativité pour baliser un devenir.
Appelez nous à enrichir la vie.
Apprenez-nous la rencontre avec le monde.
Enseignez nous à entendre au-delà des apparences.
N’apportez pas seulement de la cohérence et des bribes de vérités,
Éveillez en nous la quête du sens.
Accueillez nos errances et nos maladresses.
Appelez-nous à entrer dans une vie plus ardente.
Il y a une urgence vitale.
“Minuscules aperçus sur la difficulté d’enseigner” (2004)
Jacques Salomé
Je souhaite aider à la construction d’un futur pour l’apprentissage, en aidant les enfants à travers le monde à mettre en oeuvre leur réflexion et leur capacité à travailler en groupe, dans des environnements d’apprentissages auto-organisés. Aidez-moi à créer ces écoles. Je les appellerai l’école dans le cloud. Cela sera une école dans laquelle les enfants auront ces expériences intellectuelles, dirigées par ces grandes questions posées par les professeurs.
Pour que soit mise en place une éducation véritablement fondatrice, il ne faut plus favoriser les contenus de la formation, mais il faut cultiver la capacité de flexibilisation, c’est-à-dire apprendre comment changer : privilégier l’initiative sur la passivité, l’ouverture d’esprit sur l’étroitesse, la collaboration sur la concurrence, la souplesse sur la rigidité, l’autonomie sur la dépendance, le questionnement sur la croyance autoritaire.
Briser le culte de l’éducation comme transfert d’informations. Remplacer la culture de l’information par la culture de l’autonomie de l’individu. L’éducation c’est construire son propre chemin d’apprentissage. La communication ce n’est pas un transfert d’information, ce n’est pas un échange d’entrées et de sorties d’informations. C’est le piège à dépasser. Communiquer c’est un processus de réorganisation interne de l’un et l’autre systèmes. Communiquer c’est créer une interface entre deux individus A et B, chacun étant vu comme un ensemble de constellation de sens. Communiquer c’est permettre l’émergence d’une nouvelle constellation de sens commune pour un temps, mais différente pour chacun qui n’est en aucun cas identique pour A et pour B, car chacun est porteur de son propre point de vu, de sa propre histoire, de son propre devenir. L’autonomie c’est mettre au centre de la dynamique de couplage, le processus d’émergence de sens continuel. L’intelligence ne se définit plus comme une faculté de résoudre un problème, mais comme celle de pénétrer un monde partagé. Il faut remplacer : capter de l’information par couplage actif, traitement de l’information par faire émerger du sens, acquisition de savoirs par construire son propre chemin d’apprentissage.
Ce modèle de formation à intention plus appropriative pour le sujet en formation, repensé, développé, et enseigné à ma façon, m’a permis de transformer progressivement mes pratiques de formateur-enseignant ; puis de les faire évoluer vers un modèle en tension entre des savoirs à acquérir, des apprenants eux-mêmes porteurs de connaissances en éveillant leur désir d’apprendre, et un enseignant médiateur-accompagnateur des constructions singulières de connaissances. La pédagogie d’essence transmissive du jeune enseignant formateur que j’étais, s’est ainsi progressivement complexifiée par des dialogues intellectuels et opérationnels entre mon projet personnel, mes expériences (et ses deux sens) et la construction des savoirs sans cesse à réactualiser et à adapter.
Jean CLÉNET
"L'ingénierie des formations en alternance"
2003
Voilà le rôle du maître : être celui qui apporte les matériaux de questions nouvelles.
Albert Jacquard
1994
Car l’Ingenium – cette étrange faculté de l’esprit qui est de relier – …a été donné aux humains pour comprendre, c’est à dire pour faire.
Parce qu’après avoir pu voir tout ce qui me plaisait en informatique, je me suis dit que c’était le bon moment pour partager ma passion et mon savoir.
Parce que je souhaite avoir plus de temps libre qu’en entreprise, pour pouvoir continuer à travailler sur mes projets de recherche informatique personnels.
Qu’est-ce que c’est que pour moi d’être un bon prof ?
C’est quelqu’un qui arrive à créer, dans l’environnement de sa classe, un climat propice à l’apprentissage.
C’est quelqu’un qui réussi à partager son savoir sans user de menaces et d’autorité superflue, mais en créant des situations d’apprentissage qui excitent la curiosité et l’intérêt de ses élèves.
C’est enfin quelqu’un qui a suffisamment de cordes à son arc pour pouvoir adapter son cours aux situations du moment, sans être figé dans un schéma strict et rigide.
Qu’est-ce que je m’engage à vous offrir durant votre formation ?
Je m’engage à vous proposer, tant faire ce peut, une pédagogie différenciée dans laquelle les meilleurs et les moins bons auront de la matière à apprendre et dans laquelle tous seront suivi et soutenus dans leur volonté d’apprendre.
Je m’engage à alimenter mon cours d’exemples récents et intéressants, si possible en provenance du monde de l’industrie ou de la recherche.
Je m’engage à consacrer mon temps et mon énergie à la recherche permanente de nouvelles idées et d’innovations pédagogiques.
Fervent adepte de la pédagogie humaniste, j’aimerai utiliser ce blog comme une plateforme d’échange d’expériences entre enseignants. Alors que j’écris ces lignes, je n’enseigne l’informatique au Centre de Formation Professionnelle et Technique de Genève que depuis une année, mais j’ai déjà appris tellement de choses que je souhaite les partager avec tous ! Mon principal ennemi c’est le temps mais peu importe la lenteur de mes pas : l’important c’est d’aller dans la bonne direction 😉