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Le siècle des Lumières en Grande-Bretagne a été marqué par des débats nourris sur ce qu’on appelle en anglais « self-love », expression pour laquelle le français connaît deux notions : « amour de soi » et « amour-propre ». Comment donc comprendre cette notion de « self-love » ? Quel est la valeur morale de la passion et quel est son pouvoir sur nous ?
Dans son étude sur l’un des grands thèmes de la philosophie morale britannique, Christian Maurer (Section de philosophie) aborde de nombreux philosophes anglais et écossais en les situant dans leur contexte philosophique, théologique et économique. Il fait dialoguer des auteurs célèbres avec des penseurs plus rarement étudiés, dont Lord Shaftesbury, Bernard Mandeville, Francis Hutcheson, Joseph Butler, Archibald Campbell, David Hume et Adam Smith.
L’auteur distingue cinq conceptions de « self-love » et décrit leurs rôles dans différentes théories de la nature humaine et de la morale. Il compare des arguments importants concernant l’ « hypothèse égoïste » – la thèse selon laquelle nous agissons toujours par amour de soi voire par amour-propre – et il montre la diversité des stratégies utilisées avant et pendant les Lumières pour réhabiliter moralement la nature humaine et ses passions.
Christian Maurer, Self-love, Egoism and the Selfish Hypothesis : Key Debates from Eighteenth-Century British Moral Philosophy, Edinburgh, Edinburgh University Press, 2019.