Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07180.jsonl.gz/1375

Qui était Joseph Nicéphore Nièpce ?
Si notre école est baptisée Nicéphore, ce n’est pas un hasard…mais savez-vous justement qui était Joseph Nicéphore Niepce ? Né en 1765 à Chalon-sur-Saône, c’est un ingénieur français, connu comme étant l’inventeur de la photographie, appelée alors « procédé héliographique », il est aussi l‘auteur de la plus ancienne prise de vue.
Dès 1816 il démarre de nombreuses recherches sur une idée qui l’obsède depuis de nombreuses années : parvenir à fixer une image sur un support. Il teste diverses méthodes et emploie de nombreux matériaux et c’est d’ailleurs en mai 1816 que Niepce obtient un premier résultat significatif : une vue depuis sa fenêtre, mais il s’agit d’un négatif qu’il ne parvient pas à fixer.
Il reprend donc ses expérimentations et c’est en 1819 qu’il commence à trouver des améliorations avec le bitume de Judée, une sorte de goudron naturel, connu depuis l’antiquité et permettant la photogravure, c’est à dire la reproduction de dessin par contact. Cette découverte majeure le mène à partir de 1924 à utiliser le bitume de Judée avec une chambre photographique et ainsi à saisir la première photo de paysage au monde, intitulée le Point de vue du Gras, prise depuis la fenêtre de sa maison de Saint-Loup-de-Varennes, près de Chalon-sur-Saône.
Cette technique nécessite un temps de pause très long et on estime que cette première image a sans doute demandé une exposition de plusieurs jours. Niépce dissolvait le bitume de Judée en poudre dans de l’essence de lavande. Il étalait ensuite cette solution en couche mince sur le support (verre, pierre, cuivre, étain, argent). Par séchage à chaud, il obtenait un vernis brillant de couleur vermeil. Après exposition, aucune image n’était visible. Niépce plongeait alors la plaque dans un bain d’essence de lavande diluée qui dissolvait les parties n’ayant pas, ou peu, vu la lumière. L’image obtenue était négative mais il a ensuite trouvé un moyen d’en faire un positif.
Souhaitant poursuivre plus loin ses recherches et perfectionner son invention, il comprend le besoin de s’associer à d’autres et commence alors à collaborer avec Louis Daguerre, un peintre reconverti en décorateur de théâtre qui s’intéresse aux recherches de Joseph Nicéphore Niepce. D’abord réticent à l’idée de dévoiler ses travaux de recherches, Nièpce accepte de s’associer à lui, leur but étant de commercialiser le fruit de leur découverte. Commence alors une longue correspondance entre eux, qui détaille l’avancée de leurs recherches respectives. Afin de préserver leur secret, ils utilisent dans leurs lettres un code chiffré désignant les éléments utilisés (13=la chambre noire, 56=le Soleil, 5=le bitume de Judée, etc.). Ces lettres échangées démontrent d’ailleurs que Daguerre est surtout préoccupé par d’autres projets et que les recherches sont essentiellement le fait de Nièpce.
En 1832, Daguerre réalise pour Niépce un bilan de ses propres travaux d’où il ressort que l’un et l’autre, avec les mêmes produits, obtiennent des résultats différents. Il est toutefois à noter, et cela n’est pas sans importance, que jamais Daguerre n’a pu montrer à Nièpce le moindre résultat de ses essais.
Le 5 juillet 1833, Joseph Nicéphore Niépce meurt subitement, ce qui laisse champ libre à Daguerre pour exploiter seul les résultats de leurs travaux. Daguerre fut d’abord présenté comme le seul inventeur de la photographie et il fallut attendre plusieurs années pour que la paternité de l’invention soit restituée à Nièpce, à titre posthume.