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Excusez-moi de cette petite incursion entre deux écrits sur le chamanisme, mais une réflexion qui pourrait proposer un autre regard sur le problème du burkini dans lequel s'est noyée la France en se couvrant entièrement des pieds à la tête d'un épais ridicule.
Après avoir vécu en direct le tsunami alors que j'étais au Sri Lanka à moins de 200 mètres de l'Océan indien, le 26 décembre 2004, je fus surprise mais surtout très touchée de constater par la suite que parmi les morts on comptait beaucoup plus de femmes et de filles et pour cause.
La plupart ne savaient pas nager et n'avaient jamais appris. En effet, on observe que les femmes et les petites filles restent habillées et au bord de l'eau, sans doute par pudeur et parce qu'elles n'ont jamais appris, elles se rafraîchissent sans s'éloigner, mais aussi le maillot de bain tel que nous le connaissons est un produit d'importation étranger qui coûte cher. Retournée après le tsunami développer des projets microcrédits, j'avais insisté sur la construction d'une piscine à Tangalle, au Sud du pays. Menant mon enquête, j'avais interpellé de nombreuses personnes et de m'enquérir comment elles expliquaient que les statistiques montraient à l'évidence cette différence, en se dandinant, gênés, d'un pied à l'autre, les hommes me répondaient que c'est parce qu'elles se trouvaient être à la maison, encore tôt le matin, entrain de préparer le repas et faire le ménage alors que les les hommes étaient déjà hors de la maison et qu'ils ont pu courir vers les hauteurs ou nager. Il a été difficile de leur faire admettre que les femmes ne savaient pas nager et qu'il était devenu important, voire essentielle de permettre aux filles d'apprendre la natation; la question séparation fille-garçon se posa, naturellement. Ils finissaient par acquiescer, la tête en bas en la secouant de façon désespérée.
Nous parlons là de bouddhistes, et comme dans toute l'Inde aussi, nous parlons de gens pudiques, en France, on les déshabillerait sur la plage entre deux policiers.
Si le burkini pouvait leur permettre d'apprendre à nager et de ne pas être les premières victimes d'un tsunami, une inégalité criante face au drame, le fameux burkini tant décrié deviendrait l'habit qui leur permettrait de sauver leur peau. Apprendre à nager est une nécessité et devrait être obligatoire surtout lorsqu'on vit en bord de mer.
Bon, je vous laisse à cette réflexion et retourne à mes steppes mongoles , bien à vous !
En attendant un peu de musique sur Itsi Bitsi Petit Bikini, quand le bikini débarquait sur les plages