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Olympisme Quand l'Histoire bouscule les Jeux
Retour sur les grands événements historiques qui ont fait vaciller les Jeux olympiques sur leur socle, sans jamais les déboulonner.
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Avant le report des Jeux olympiques de Tokyo d'une année en raison de la crise sanitaire liée au coronavirus, la marche de l'Histoire avait déjà bousculé la grand-messe du sport mondial à de nombreuses reprises. Retour chronologique et non exhaustif sur ces moments où l’olympisme a dû s'avouer vaincu.
Berlin 1916
Alors que pour la première fois de l'Histoire les athlètes féminines devaient être autorisées à participer aux Jeux olympiques, la Première Guerre mondiale en décidera autrement. Attribués à Berlin par Pierre de Coubertin dans le secret espoir d'endiguer le conflit mondial en préparation, ils devront finalement être annulés.
Anvers 1920
La cérémonie d'ouverture des JO d'Anvers en 1920. Image: Keystone.
C'est à peine un an et demi avant les début des JO que Budapest apprenait que les joutes étaient finalement attribuées à Anvers et la Belgique. En cause, les liens obscurs entre l'Empire austro-hongrois et l’Allemagne durant la Première Guerre mondiale. Toutes les nations «perdantes» de la Grande Guerre seront exclues des JO (Autriche, Allemagne, Hongrie, Bulgarie et Turquie).
Tokyo 1940
Il y a 80 ans de cela, la capitale nippone était déjà dans la tourmente. Pour une toute autre raison: le déclenchement de la guerre avec la Chine en 1937 la contraindra à renoncer à l'organisation des JO. Réattribués à Helsinki en catastrophe par le CIO, ils seront à nouveau annulés au moment de l'attaque de l'URSS sur la Finlande à l'automne 1939. Jusqu'en 1948 à Londres, les Jeux olympiques seront mis entre parenthèses.
Melbourne 1956
L'entrée des athlètes dans le stade en 1956 à Melbourne. Image: Keystone.
La Suisse qui boycotte des Jeux olympiques, inimaginable? Ce fut pourtant le cas en 1956: alors que l'URSS envahissait la Hongrie, les autorités helvétiques décidèrent de retirer leur participation. Seuls les cavaliers helvétiques lutteront pour des médailles. En effet, pour ces premières olympiades dans l'hémisphère sud, la période de quarantaine pour les animaux était trop importante. Les épreuves d'équitation ont donc été organisées à Stockholm cinq mois auparavant.
Munich 1972
Les drapeaux en berne dans le stade olympique de Munich. Image: Keystone.
En ce 5 septembre 1972, la terreur s'est invitée dans le village olympique, lorsque huit membres de l'organisation terroriste «Septembre Noir» perpétraient un attentat visant la délégation israélienne. Onze représentants de l’État hébreux sont pris en otage avant d'être assassinés. Après une demi-journée de deuil, les JO reprendront avec des drapeaux en berne.
Moscou 1980
Des supporters américains brandissent malgré tout leur drapeau dans le stade, le 19 juillet 1980. Image: Keystone.
En pleine guerre froide, l'avancée des troupes soviétiques en Afghanistan engendre le boycott des JO de Moscou par la délégation américaine. Jimmy Carter, président des États-Unis, demande alors à ses alliés de se plier au même boycott par solidarité. Ainsi, le Canada, le Japon, la Corée du Sud et l’Allemagne de l'Ouest s’alignent notamment sur la position américaine. Sur 631 médailles distribuées, l'URSS en remporte 195 (dont 80 en or) devant l'Allemagne de l'Est (126 médailles dont 47 d'or), soit plus de 50% des médailles.
Los Angeles 1984
La Suissesse Gaby Andersen-Schiess marquera l'histoire des JO par sa fin de parcours héroïque. Image: Keystone.
Le retour de bâton était prévisible. Tous les pays du bloc soviétique, à l'exception de la Roumanie, boycottent les joutes californiennes. Officiellement, il ne s'agit toutefois pas d'un boycott, mais d'une non-participation, les athlètes soviétiques craignant pour leur sécurité. Les juges et autres arbitres de l'Est seront quant à eux bien de la partie, pour ne pas mettre en péril le bon déroulement des JO.
Salt Lake City 2002
Marc Hodler et Juan Antonio Samaranch, bientôt au cœur du scandale. Image: Keystone.
Rarement des Jeux olympiques n'auront autant eu le goût du scandale. Avant d'obtenir l'organisation des JO en 2002, Salt Lake City avait déjà tenté sa chance à quatre reprises, sans succès. Cette fois, la capitale mormone allait employer les grands moyens. Des pots de vin à large échelle qui lui permettront d'enfin arriver à ses fins. Une fois le scandale révélé, par le Suisse Marc Hodler, la ville de l'Utah conservera l'organisation de l'événement. Le CIO, lui, sera obligé de se remettre largement en question.
Florian Müller
Créé: 27.03.2020, 08h01