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L’Auteur : Philip Ballantyne Kerr est un auteur écossais, né le 22 février 1956 à Edimbourg (Ecosse). Il a fait ses études de droit à l’université de Birmingham. Il a ensuite travaillé dans la publicité et comme journaliste free-lance, avant de remporter un succès mondial avec sa trilogie située dans le Berlin de la fin des années trente et de l’immédiat après-guerre (Un été de cristal, La Pâle Figure, Un requiem allemand), avec le détective privé Bernie Gunther, également présent dans The One From the Other (2006). Alors qu’il avait annoncé la fin de Gunther après la publication de la trilogie, il lui consacre de nouvelles aventures depuis 2006.
Série Bernhard Gunther (Bernie)
(les trois premiers forment « la trilogie Berlinoise »)
- March Violets (1989) L’Été de cristal (en français 1993) – se déroule en 1936
- The Pale Criminal (1990) La Pâle Figure (en français 1994) – se déroule en 1938
- A German Requiem (1991) Un requiem allemand (en français 1995) – se déroule en 1947-48
- The One From the Other (2006) La Mort, entre autres (en français 2009) – se déroule en 1949
- A Quiet Flame (2008) Une douce flamme (en français 2010) – se déroule en 1950
- If The Dead Rise Not (2009) Hôtel Adlon (en français 2012) – se déroule en 1934 et 1954
- Field Grey (2010) Vert-de-gris (en français 2013) – se déroule en 1954
- Prague Fatale (2011) Prague fatale (en français 2014) – se déroule en 1941
- A Man Without Breath (2013) Les Ombres de Katyn (en français 2015) – se déroule en 1943
- The lady from Zagreb (2015) – se déroule en 1942
Résumé : Quand, en septembre 1941, Bernie Gunther revient du front russe, la capitale du Reich a bien changé. Pénurie, rationnement, couvre-feu, crimes… Berlin rime avec misère et terreur. La découverte d’un cadavre sur une voie de chemin de fer puis l’agression d’une jeune femme précipitent Bernie, affecté au département des homicides de la sinistre Kripo, dans de nouvelles enquêtes criminelles. Invité par le général SS Reinhard Heydrich à le rejoindre à Prague pour démasquer un espion infiltré dans son entourage, Bernie est à peine arrivé qu’un des fidèles du Reichsprotektor de Bohême-Moravie est assassiné. Bernie doit trouver le coupable… et vite, s’il veut sauver sa peau.
Mon avis :
Mais depuis le temps que tu me dis de le lire, ce Philip Kerr .. Maintenant je comprends. Tout y est : l’Histoire, le contexte, un personnage intéressant et atypique, une écriture plaisante et le sens de l’humour… et l’intrigue… Je viens de découvrir un « incontournable » Merci Sœurette de m’avoir offert « Prague fatale » car tu sais que j’adore Prague et que tu aimes cette série… Belle découverte ! J’ai donc commencé à découvrir « Bernie » avec le tome 8.. La bonne nouvelle c’est qu’il y en a 7 avant … ; la mauvaise… les heures de lecture ne sont pas extensibles à l’infini… et d’autres après..
Dans une Allemagne nazie, rencontre des grands dignitaires autour d’un meurtre. Bernie, électron libre dans un monde soumis ; un clin d’œil à Agatha Christie aussi… Je n’en dis pas plus ! Lisez ! et je suis sure que vous allez vouloir lire l’avant et l’après…
Extraits :
Pour ma part, je préfère les héros qui entretiennent de bonnes relations de travail avec les dieux plutôt qu’avec les forces titanesques des ténèbres et du chaos. Surtout en Allemagne.
comme l’a fait remarquer un autre fou allemand célèbre, il est difficile de regarder par-dessus le bord de l’abîme sans que l’abîme regarde en vous.
Malgré l’obscurité, je pouvais presque sentir son bronzage. Tandis que nous échangions cigarettes et banalités d’usage, je me demandais si la raison de l’antipathie qu’éprouvaient les Berlinois à l’égard des Américains ne tenait pas moins à Roosevelt et à ses discours antiallemands qu’à leur meilleure santé, leurs meilleurs cheveux, leurs meilleurs vêtements et leur existence également meilleure.
Un nuage passa devant la lune, telle une ombre sur mon âme.
Les flics de Berlin avaient cessé de se comporter comme des êtres humains depuis qu’ils avaient épousé l’Office central de la sécurité du Reich – le RSHA – et rejoint une famille de style gothique incluant la Gestapo, la SS et le SD.
L’un des types portait un veston croisé bleu marine à rayures craie et l’autre un costume trois pièces gris foncé avec une chaîne de montre non moins brillante que ses yeux. Celui aux rayures craie avait une tête pleine de cheveux blonds coupés court, aussi soigneusement disposés que les lignes d’une feuille de papier à lettres ; l’autre était encore plus blond, sauf qu’il les perdait sur le devant, à croire qu’on lui avait épilé le front, à l’instar d’une demoiselle du Moyen Âge sur une de ces peintures à l’huile plutôt insipides
Je m’assis à la table et pris la carte des vins. Les prix me firent le même effet que du gaz moutarde dans les globes oculaires.
Il n’était que trop facile de les imaginer propageant l’infection du nazisme – le bacille en chemise brune de la mort et de la destruction, et le typhus de demain.
en général, être détective consiste à affronter l’ennui et l’énorme frustration de savoir que ce n’est pas toujours comme dans les livres ou les films. D’autres choses doivent avoir lieu pour qu’un événement puisse se produire. Parfois, ce sont des crimes supplémentaires. Parfois, non. Et parfois, il est difficile de distinguer entre les deux – par exemple, quand on adopte une nouvelle loi ou qu’un policier de haut rang est promu. Ça, c’est de la jurisprudence pour vous, style nazi.
Elle avait une silhouette comme une flûte de charmeur de serpent.
C’était un de ces après-midi du début octobre qui vous font croire que l’hiver n’est qu’un mot et qu’il n’y a absolument aucune raison que le soleil cesse de briller
La nappe blanche était aussi raide que la voile d’une goélette gelée
Je préférais son profil. Quand on voyait son profil, ça voulait dire qu’il ne vous regardait pas. Quand il vous regardait, il n’était que trop facile de se sentir la proie sans défense d’une bête féroce. C’était un visage sans expression, derrière lequel s’effectuait un calcul impitoyable.
Le plus souvent, ce sont les ennuis qui viennent me chercher, si bien que je n’ai pas à m’aventurer trop loin. Sur ce plan, j’ai toujours eu de la chance.
un de ces nazis manufacturés faisant penser à de la porcelaine de Meissen non peinte : blafard, froid, dur et à manier avec une extrême prudence
Travailler pour Heydrich, c’était comme faire des risettes à un sale matou tout en cherchant autour de soi le trou de souris le plus proche
Prague à l’automne 1941 offrait l’image d’une couronne d’épines avec des pointes en plus, telle qu’aurait pu la peindre Lucas Cranach. Une ville de flèches d’église, à coup sûr. Même les flèches avaient des flèches plus petites, à la façon de jeunes carottes poussant sur de plus grosses. Ce qui conférait à la vaste capitale de la Bohême quelque chose d’étrangement tranchant et déchiqueté. Où que vous tourniez les yeux, c’était comme voir une hallebarde suisse dans un porte-parapluies. Un sentiment de malaise médiéval accentué par les sculptures omniprésentes.
Le majordome me dévisagea un long moment, plissant les yeux avec une expression de désapprobation muette comme un chat dans une poissonnerie vide
Un mystère, n’est-ce pas ?
— Non, pas vraiment. Des affaires de ce genre, j’en résous sans arrêt. Habituellement dans l’avant-dernier chapitre. J’aime bien garder les dernières pages pour rétablir une sorte de normalité dans le monde.
Ces jours-ci, ma devise est : vivre et laisser vivre, et si nous pouvons apprendre à le faire, alors peut-être que nous serons capables de nous comporter à nouveau comme un pays civilisé. Mais je crains que ce ne soit déjà trop tard.
J’avais déjà vu des hommes boire ainsi, et cela permettait d’expliquer pourquoi nous avions à peu près le même âge, mais avec des cartes différentes sur la figure. La mienne était passable, je suppose, mais la sienne ressemblait au delta du Gange.
Un fragment insaisissable d’une idée réelle lançait des éclairs comme une boîte de poudre de magnésium dans la chambre noire que constituait mon crâne, puis c’était à nouveau les ténèbres. Un bref instant, chaque élément s’illuminait, je comprenais tout, et j’étais sur le point de définir exactement en quoi consistait le problème et où résidait la solution
Pour être courageux, il faut d’abord avoir peur. Fais-moi confiance. Tout le reste n’est que témérité. Et ce n’est pas le courage qui permet de rester en vie, mon ange. C’est la peur.
Il sourit, de son sourire en coupe-papier, et me porta un toast en silence.
Vue du ciel, Berlin continuait à faire bonne figure. La survoler était probablement la meilleure façon de voir la ville, verte et insouciante, un endroit où il faisait bon vivre, comme le vieux Berlin de ma jeunesse. De là-haut, on ne pouvait pas distinguer la corruption et la barbarie.
Lien vers la série Bernhard Gunther (Bernie)