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C'est ainsi que pour des raisons techniques, la chaleur a provoqué une diminution du taux d'efficacité dans toutes les centrales nucléaires, comme tel est le cas chaque été. S'il se produit une élévation de la température de l'eau de refroidissement qui est utilisée soit pour le refroidissement direct comme à Beznau ou à Mühleberg, soit pour le refroidissement indirect par évaporation dans la tour de réfrigération (Gösgen et Leibstadt), ceci entraîne également des réductions de la puissance, resp. des diminutions du taux d'efficacité.
En cas de refroidissement direct, des limitations légales de la température à la sortie de l'eau de refroidissement doivent être respectées pour des raisons écologiques; ces limites sont de 32 °C pour Beznau et de 33 °C pour Mühleberg. En cas de température élevée à l'entrée de l'eau de refroidissement, cette exigence ne peut être remplie que par une réduction de la puissance de la tranche. La réduction moyenne de la puissance de la tranche 2 de Beznau a atteint à peine 0,5% en juin. Pour le mois de juillet, la réduction de puissance dans les deux tranches peut se chiffrer en moyenne à 1%. Au début du mois d'août, les températures élevées de l'eau de l'Aar et de l'air, et le rafraîchissement moindre pendant la nuit, ont entraîné des pertes de puissance de 5 à 10%. Un tiers s'explique par la diminution du taux d'efficacité, les deux tiers restants étant imputables aux réductions actives de la charge pour respecter la limite des rejets de 32°C. La puissance de Mühleberg a également dû être abaissée de quelques pour-cent en juin et en juillet pour respecter la limite de reflux.
Par ailleurs, du fait de la température élevée de l'eau du fleuve, le refroidissement dans les tours de réfrigération de Gösgen et de Leibstadt a été moins efficace. Leibstadt a indiqué que la chaleur des mois de mai, de juin et de juillet, avec des températures supérieures à 30 °C certains jours, avait entraîné des pertes de puissance de jusqu'à 10% (la valeur de conception de la tour de réfrigération est de 8 °C). La perte totale pendant la période jusqu'à la mise à l'arrêt de la centrale, le 2 août, pour sa révision, a atteint 56'980 MWh. A Gösgen par contre, la canicule du siècle n'a pas provoqué de réduction de la puissance mais simplement une diminution du taux d'efficacité de 2 à 3% du fait de la température de conception de l'eau de refroidissement de 22 °C dans la tour de réfrigération.
En Allemagne et en France, les autorités ont assuré l'approvisionnement constant en électricité d'origine nucléaire par une élévation de la température maximale de reflux de l'eau de refroidissement. C'est ainsi qu'en France, les centrales nucléaires de Cruas et de Golfech ont été autorisées à augmenter de 1 °C la température de leurs rejets thermiques dans les cours d'eau. Cette valeur a été portée à 1,5 °C pour Cattenom et Nogent-sur-Seine, et à 3°C pour le Bugey, Saint-AI-ban et le Tricastin. En Allemagne, de nombreuses centrales nucléaires de plusieurs Länder ont dû réduire leur puissance à 80% (Neckarwestheim 1 et 2, Philippsburg 1 et 2), alors que les ministères compétents avaient autorisé une élévation de la température des rejets. Selon les exploitants, des problèmes d'exploitation ou de sûreté ne se sont posés à aucun moment. En Grande-Bretagne, aux Pays-Bas et en Suède, l'eau de refroidissement est essentiellement rejetée directement dans la mer. Du fait de la fraîcheur de la mer, aucune mesure particulière n'a dû être prise.
Source
D.S./C.P. d'après NucNet du 13 août, des informations de Mühleberg, Beznau et Leibstadt du 14 août 2003, et un communiqué de l'ASN du 19 août 2003