Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06856.jsonl.gz/674

A l’âge de ses soixante-dix bougies, à peine visibles, après sa traditionnelle visite médicale de début d’année, Guennadi, les jambes toutes tremblantes, rentra comme un cinglé à la maison.
Il oublia ainsi de retirer le courrier de la boite aux lettres, n’osa pas frapper à la porte mais mit une temps fou avant de trouver sa clé au fond de l’une des ses poches, fonça tout droit au salon sans s’être déchaussé et s’écroula sur le canapé en criant:
- Je vais mourir bientôt.
Zoïa, qui était en train de fabriquer des pérajoks à la cuisine, accourut aussitôt et, toute décontracte et souriante, comme si de rien n’était, lui demanda:
- Alors! Qu’est-ce qu’il t’a encore baratiné de si dramatique le scientifique?
- Cette fois-ci, c’est sérieux. Le diagnostic est sévère. Je suis foutu. J’ai la silicose.
- Et c’est tout?
- Mais la silicose, c’est le cancer des poumons!
- En es-tu certain que c’est la même chose?
- Quelle importance? Tout ce que je sais c’est que je dois me faire opérer et que je n’aurai plus que quelques années à vivre.
Zoïa sourit.
- Merci, c’est sympa, murmura le mineur.
La chamane, malgré elle, s’assit à côté de son mari, prit ses mains dans les siennes et lui dit:...
Zoïa en train de fabriquer des pérajoks entre autres...