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Ce communiqué a été rédigé par Amnesty International, Centre for the Environment, Human Rights and Development (CEHRD), Collaborative Media and Advocacy Platform (CMAP), Concerned Citizens, Human Rights Social Development and Environmental Foundation (HURSDEF), Ogoni Solidarity Forum (OSF), Peoples' Advancement Centre (PAC) et Social Action.
Les organisations demandent au gouvernement de l'État de Rivers de fournir immédiatement un logement temporaire à toutes les personnes dont les habitations ont été détruites lors de l'opération et qui se sont retrouvées sans abri et n'ont pas reçu d'indemnisation. Le gouvernement doit également fournir aux personnes concernées une aide d'urgence (nourriture, hébergement, eau, accès à des installations sanitaires et à des services de santé, notamment) et leur permettre de déposer un recours effectif.
Les expulsions ont été menées sans avoir été préalablement annoncées aux personnes concernées et sans que des compensations aient été prévues pour elles ni que des solutions de relogement leur aient été proposées; elles sont en outre intervenues en dépit de la décision d’une haute cour exigeant, en novembre 2011, que le gouvernement de l’État de Rivers renonce à détruire le quartier. Des milliers de personnes se sont retrouvées sans logement, et beaucoup d'entre elles dorment encore dans la rue, dans des voitures ou dans des églises des environs.
Tout un quartier détruit en 5 jours
Le mercredi 27 juin 2012 vers 7 heures du matin, un bulldozer est arrivé à Abonnema Wharf. Sous la supervision d’agents des forces de sécurité lourdement armés (équipe spéciale mixte, opération Polo Shield), la démolition a commencé. Cinq jours plus tard, tout le quartier avait été détruit, à l’exception de quelques bâtiments. Abonnema Wharf faisait partie des grands quartiers situés en bordure des voies d’eau du delta du Niger. C’est le deuxième quartier important à être détruit, après celui de Njemanze, en août 2009, et des éléments indiquent que le gouvernement envisage de procéder à d’autres démolitions sur les berges.
Selon le gouvernement de l’État de Rivers, cette opération a été menée «pour des raisons de sécurité» car une fusillade avait eu lieu le lundi soir, le 9 juillet 2012. Le quartier avait été condamné à la démolition en mai 2012 et la procédure d’indemnisation des propriétaires était en cours. Jusqu’à l’arrivée des bulldozers, la plupart des habitants ignoraient que leur logement allait être détruit car ils n’avaient pas été prévenus. Beaucoup ont tout perdu car on ne leur a pas laissé le temps de rassembler leurs affaires. Le commissaire à l’urbanisme a déclaré à Amnesty International qu’il était regrettable que la procédure n’ait pas pu être achevée avant la démolition.
Faute de recensement, on ne connaît pas le nombre exact d’habitants d’Abonnema Wharf. Dans un rapport de mission (Evictions and Demolitions in Port Harcourt, Fact Finding Mission Report, 12-16 March 2009), ONU-Habitat l’a toutefois évalué à plus de 30 000 en 2009, un chiffre comprenant les petits artisans et commerçants. On pense toutefois que face aux menaces de plus en plus pressantes de démolition, un certain nombre de personnes ont quitté le quartier avant l'opération entamée en juin dernier. Entre 10 000 et 20 000 personnes ont été expulsées de force, selon une estimation. Les organisations signataires de la présente déclaration demandent au gouvernement de l'État de Rivers d'adopter un moratoire sur l’ensemble des expulsions et démolitions dans les zones situées au bord de l’eau, tant que ne sont pas mises en place les garanties nécessaires pour que les expulsions se déroulent dans le respect des normes internationales relatives aux droits humains.
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Lire le briefing sur les expulsions forcées à Port Harcourt.