Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06881.jsonl.gz/1034

Dès le XIe siècle, Lavaux se constitue petit à petit grâce aux donations faites aux évêques de Lausanne. C’est ce qui arrive en 1079, lorsque Lutry, Chexbres et Corsier deviennent des possessions lausannoises. Ces trois lieux s’affirmeront être avec le temps les confins du territoire de Lavaux.
Au XIIe siècle, la vigne existe déjà à plusieurs endroits de Lavaux.Une vigne est même déjà mentionnée en 997 à Lutry. Mais c’est sous l’action conjuguée des évêques de Lausanne et des moines cisterciens et prémontrés que Lavaux va se transformer en une terre viticole emblématique du canton de Vaud. Cette forte présence des moines donne une dynamique extraordinaire au défrichement et au terrassement de la région de Lavaux.
Travail harassant
La construction de « charmus », ces terrasses construites à flanc de coteau, apparaît dans les documents en 1331. Ce travail harassant, exigeant temps et main-d’œuvre, n’est pas réalisé de manière systématique. Une grande partie des terrasses des domaines prestigieux du Dézaley, du clos-des-Abbayes et du Clos-des-Moines est achevée tardivement, entre 1750 et 1830. Rapidement, les moines font appel à des forces indigènes pour entretenir les vignes. Le vigneron-tâcheron est à la fois transporteur, terrassier, mineur, maçon, tonnelier et caviste. Il complète même ses revenus en s’adonnant à l’agriculture.
Lettres de noblesse
La vigne survit à l’introduction de la Réforme. Les nouvelles autorités bernoises mesurent bien l’importance de l’activité viticole et mettent en place, dès 1706, une administration qui lui est spécifique : la « Chambre des vins ». Les vins de Lavaux ont acquis leurs lettres de noblesse et sont reconnus comme produits de référence au sein de la Confédération helvétique. Ils sont désormais exportés vers l’Italie, la Hollande et l’Allemagne.
Source : COUTAZ, Gilbert, « Histoire de l’an 1000 à 1798 », in Lavaux, Vignoble en terrasses face au lac et aux Alpes, Dossier de candidature de Lavaux au patrimoine mondial de l’UNESCO, Cully, Janvier 2006, pp. 134-142.