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Quelques mois après l'Union européenne, la Suisse et les autres pays de l'AELE (Norvège, Islande et Liechtenstein) ont annoncé vendredi avoir conclu un accord commercial avec les pays du bloc économique sud-américain du Mercosur, parmi lesquels le Brésil.
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La Suisse exporte actuellement des marchandises pour un montant d'environ 3,6 milliards de francs par an vers les pays du Mercosur. A moyen terme, plus de 96% de ces exportations bénéficieront de concessions tarifaires et environ 95% profiteront de la franchise douanière vers ce marché qui compte au total 260 millions d'habitants, a indiqué samedi le Département fédéral de l'Economie (DEFR) dans un communiqué.
Etant donné les droits de douane élevés imposés par les Etats du Mercosur, l'accord de libre-échange permettra des économies qui pourront dépasser 180 millions de francs par an. Pour la Suisse, cet accord conclu avec le Mercosur présente le plus gros potentiel d'économies après ceux signés avec l'UE et la Chine.
"Hasard du calendrier"
Les discussions ont abouti au moment même où une bonne partie de la communauté internationale s'inquiète des dégâts environnementaux en Amazonie, où d'importants incendies dévastent la plus grande forêt du globe et où la déforestation est pointée du doigt. Le président du Conseil européen Donald Tusk a même estimé samedi que les Européens auraient du mal à ratifier l'accord commercial conclu entre l'UE et le Mercosur si l'Amazonie continue de brûler.
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Pour Guy Parmelin, pourtant, il n'y avait aucune raison d'attendre davantage pour annoncer cet accord. "C'est le hasard du calendrier. Je rappelle qu'on négocie depuis deux ans", se défend le chef du Département fédéral de l'économie. "Il y a chaque année des départs de feu en Amazonie [...]. Les négociations sur l'accord avec le Mercosur n'ont rien à faire directement" avec les incendies, a encore ajouté le ministre.
Chaque année, il y a des départs de feu en Amazonie. Les négociations sur l'accord avec le Mercosur n'ont rien à faire directement avec ça
Si l'accord AELE-Mercosur va permettre à la Suisse d'exporter des machines industrielles, ce sera en échange, notamment, de l'importation de plus grandes quantités de viande et de sucre sud-américains. En matière d'exploitation des sols, cependant, Guy Parmelin assure qu'il y a dans cette accord un chapitre spécial sur les questions de durabilité. L'autre principal pays membre de l'AELE, la Norvège, a également assuré aujourd'hui que l'accord apportait des garanties pour la préservation de la forêt amazonienne.
Ne pas perdre de terrain face à l'UE
Cet accord a également pour but d'éviter que les exportateurs suisses ne soient désavantagés par rapport aux Européens après la signature par l'UE de son propre accord de libre-échange avec les quatre pays sud-américains cet été. Guy Parmelin estime d'ailleurs que les réticences envers cet accord, exprimées récemment par Donald Tusk, mais aussi par Emmanuel Macron, pourraient être une sorte de bluff.
"Il y a eu les mêmes réactions lors de l'accord avec le Canada, avec des résistances... Mais que s'est-il passé à la fin? Malgré des oppositions internes, les pays de l'UE ont tous ratifié cet accord", signale Guy Parmelin, qui ne veut pas prendre le risque que la Suisse prenne du retard sur l'Union européenne.
Résistance au Parlement?
Avant de devenir réalité, l’accord fera l’objet d’un contrôle juridique au cours des prochains mois. Il devrait pouvoir être signé à la fin de cette année ou début 2020. Il reviendra ensuite au Parlement de se prononcer. Le DEFR compte sur une ratification en 2021.
Mais l'affaire n'est pas encore dans la poche. Face à cet accord, une coalition a été créée, qui regroupe les milieux agricoles, des ONG, ou encore des syndicats. Ils demandent désormais une analyse détaillée du texte et exigent que des critères de durabilité et de bien-être animal y soient intégrés. On craint notamment l'importation de boeuf aux hormones. Si ces conditions ne sont pas respectées, la coalition promet une résistance lors du vote au Parlement.
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Sujet radio: jb
Adaptation web: Vincent Cherpillod/ats
"Supportable pour l'agriculture suisse"
Selon le Département fédéral de l'économie (DEFR), ces concessions ont été négociées de manière à être supportables pour l'agriculture suisse et ne remettent pas en question ses objectifs de politique agricole. L'accord contient en outre des dispositions en matière de développement durable.