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CERF, DIX CORS AVEC OU SANS SURANDOUILLER
Véritable sujet de curiosité, voire d’admiration, le trophée de cerf garde
néanmoins de nombreux secrets. Il en va ainsi de la présence éventuelle
du surandouiller.
Texte et photos de Daniel Girod
Pour le cerf élaphe, il y a deux façons d’être dix cors – avec ou sans surandouiller. Dans le premier cas, chacun des deux merrains se termine par une fourche. Chaque merrain porte alors l’andouiller de massacre, le surandouiller, la chevillure et la fourche à deux pointes – total cinq cors. Dans le deuxième cas, chaque merrain porte l’andouiller de massacre, la chevillure et une empaumure à trois pointes – total cinq cors. La tradition de langage veut que l’on différencie « le dix cors à empaumures du dix cors à fourche et surandouiller.» Cependant, le trophée peut porter cinq cors d’un côté et quatre de l’autre, soit un total de neuf cors. Dans ce cas, l’usage voulant que l’on n’utilise que des nombres pairs, le trophée devient un dix cors irréguliers. Le surandouiller prend donc une importance prépondérante dans la composition du trophée. Les Allemands appellent ce cor « l’Eisprasse », c’est-à-dire l’andouiller de glace en référence à l’apogée qu’il atteignit lors des grands froids du pléistocène¹. Actuellement, de nombreux cerfs ne portent plus de surandouillers, dans certains cas ce cor se réduit à une simple petite bosse à peine marquée au-dessus de l’andouiller de massacre. On peut également remarquer que le surandouiller se brise souvent dans les combats qui interviennent au moment du brame. Par ailleurs, chez certains coiffés, les surandouillers disparaissent une année pour réapparaître l’année suivante. Il est donc évident que la présence du surandouiller suit une évolution plutôt régressive. A ce titre, le surandouiller fait partie des trois attributs récessifs du cerf avec les os et les crochets. Les os correspondent aux doigts arrière du pied, certainement une réminiscence du très vieux temps où les ascendants du cerf étaient plantigrades. Pour ce qui est des crochets, ou fleurs de lys, ils correspondent quant à eux aux canines supérieures. Il est d’ailleurs souvent coutume de les monter en bijou tel des pinces à cravate ou des ornements du col de chemise.
En ce qui concerne la cotation, que ce soit un dix cors à empaumures ou un dix cors à fourche et surandouiller, la rubrique « Nombre d’andouillers » se voit attribuer la valeur dix, à savoir un point par andouiller. Cependant, dans le chapitre « Attributions des points de beauté », les surandouillers peuvent apporter des points dispatchés selon le tableau ci-contre.
Les dix cors à empaumures ou les dix cors à fourche et surandouiller montrent à quel point le trophée de cerf peut être très diversifié dans sa géométrie, mais ils mettent aussi en évidence l’évolution continue de l’espèce cerf.