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En ukrainien, «holodomor» signifie «extermination par la famine» et désigne ce qu'une vingtaine de pays considèrent à ce jour comme un génocide commis entre 1932 et 1933 en Ukraine par les Soviets, Staline en tête, et dénoncé quarante ans plus tard dans L'Archipel du Goulag. Il s'agissait alors de procéder à la «dékoulakisation», c'est-à-dire à l'expropriation des koulaks, paysans aisés, et par extension tout paysan opposé au plan de collectivisation des terres, au profit des kolkhozes. Cela s'est traduit par la confiscation des ressources et des réserves alimentaires, par la déportation de la population, par l'exécution des glaneurs. Les estimations du nombre de victimes oscillent entre 5 et 7,5 millions de personnes, dont beaucoup de femmes, d'enfants et de vieillards.
Bénédicte Banet a accompagné une famille d'Ukrainiens exilés revenus en pèlerinage dans le village de leurs ancêtres pour rencontrer les derniers survivants du holodomor; elle entremêle à leurs témoignages les interviews d'historiens, de philosophes, d'hommes politiques et quelques rares - et pour cause - images d'archives. On n'est pas étonné que la Russie et le Kazakhstan notamment contestent la qualification de génocide, arguant du fait que les millions de morts résultaient de la Grande Dépression et s'étaient produites dans tout le bloc soviétique. On reste un peu frustré par la succession d'éléments enfilés comme les perles d'un collier, sans grande mise en perspective ni relation avec l'actualité. Il faut lire le dossier de presse pour y relever que la famine est aujourd'hui encore utilisée comme arme de guerre, en Syrie par exemple.
Daniel Grivel
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