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La Suisse doit se montrer plus solidaire à l’égard des pays pauvres. Elle est l’un des pays les plus riches du monde et son produit national brut est aussi élevé que celui de l’ensemble des 30 pays les plus pauvres qui comptent 800 millions d’habitants. Elle se doit donc d’être l’un des acteurs les plus importants en matière de coopération au développement. La population suisse est d’ailleurs favorable à une coopération au développement généreuse. C’est ce que montre clairement une enquête réalisée sur mandat de la Direction du développement et de la coopération (DDC).
Caritas Suisse demande au Conseil fédéral et au Parlement nouvellement élu de tenir compte des points suivants lors de l’organisation de la coopération au développement de la Suisse :
- Engagement de solidarité
Le Conseil fédéral et le Parlement doivent prendre un engagement clair et contraignant de solidarité vis-à-vis des pays les plus pauvres et des droits de l’homme. La Suisse fait partie du monde. L’isolationnisme en matière de politique extérieure est une impasse.
- Engager 1 % du produit national brut
Les moyens engagés pour la coopération au développement doivent s’élever à 1 % du produit national brut – c’est approprié par rapport à la force économique de la Suisse.
- Politique cohérente
La cohérence entre les questions de coopération au développement et les autres domaines politiques doit être améliorée. Le cloisonnement des marchés agricoles, l’acceptation de l’argent des dictateurs ou des réglementations déficientes pour les entreprises exploitant les matières premières et basées en Suisse contredisent les objectifs en matière de politique du développement de la Suisse.
- Ne pas abuser des fonds destinés à la coopération au développement
Il est consternant que la Suisse inclue ses dépenses dans le domaine de l’asile dans la coopération au développement. Cela ne doit pas se reproduire dans l’application des Objectifs de développement durable (ODD) de l’ONU. La Suisse doit agir davantage pour la protection globale du climat. Mais cela ne doit pas se faire au détriment de la coopération au développement.
- Mieux informer la population
La Direction du développement et de la coopération a insuffisamment accompli son travail d’information au cours des dernières années – cela doit changer. Les informations sur la situation et les défis des pays du Sud sont trop peu diffusées dans l’opinion publique.
- Les questions humanitaires sont aussi importantes que les intérêts économiques
La diplomatie suisse doit s’engager autant en faveur des enjeux humanitaires qu’elle ne le fait pour les intérêts économiques.
Vous trouvez ici le libellé des revendications et une interview de Hugo Fasel qui précise la vision de Caritas sur ces questions.
L'appel de Caritas Suisse a été signé 2224 fois. Mi-décembre 2015, Caritas a déposé au Parlement ces revendications et la liste des signatures. Il y a urgence, car début décembre, le Parlement a décidé des économies massives dans la coopération au développement pour le budget 2016. Il s'agit maintenant d'empêcher d'autres plans d'économie dans le Message concernant la coopération internationale de la Suisse 2017-2020.