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Depuis deux ans, Pascal Pajic, étudiant en médecine qui a grandi à Coire, se transforme régulièrement en drag queen. "Je me sens complètement différent. Incroyablement belle et si présente - et puis je fais des choses que je ne ferais jamais autrement", déclare le Suisse âgé de 26 ans. Sa communauté, ses "drag sisters", comme il les appelle, lui offrent un espace pour travailler sur de nouvelles techniques de maquillage, pour cuisiner et bavarder et surtout pour faire la fête ensemble. Pour Pajic, peu importe l'âge, la couleur de peau ou la taille de vos vêtements.
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"Ma mère est serbe, mon père est albanais du Kosovo."
Pascal Pajic savait déjà qu'il était homosexuel à l'âge de douze ans - bien avant qu'il ne commence à faire partie de la scène des travestis. A l'époque, son coming-out n'a pas été facile pour lui : "Ma mère est serbe, mon père est albanais du Kosovo. Tous mes anciens amis possédaient également des antécédents migratoires. Ils disaient souvent : "Si j'avais un fils gai, je le tuerais".
Pascal Pajic a une explication à ce qu'il appelle "l'homophobie des secondos balkaniques" : ils se tiennent entre deux chaises et ne sont pas vraiment les bienvenus, ni en Suisse, ni dans le pays de leurs parents. "Pour contrer ce sentiment de perte d'identité et de déracinement, ils s'accrochent à leurs origines et à tout ce qui les concerne", explique Pajic. "Je suis convaincu que si, en tant que société, nous parvenons à accueillir des gens d'autres nations, ils pourraient s'enraciner et, en même temps, abandonner leurs anciennes façons de penser."
C'est précisément cette adhésion à de vieilles valeurs qui a fait croire à Pajic, lorsqu'il était adolescent, qu'être homosexuel était "quelque chose de répugnant". Quelque chose qui ne doit tout simplement pas exister. Pendant longtemps, il a tenté de supprimer son inclination sexuelle jusqu'au jour où son frère lui a demandé - plutôt comme plaisanterie - s'il était gay. Un "oui" est sorti de ma bouche", explique Pajic.
"Quand mon père a appris que j'étais gay, il est entré dans sa chambre et a pleuré." [...]
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Pascal Pajic parle d'une homophobie de la part des Secondos balkaniques.
Përparim Avdili, membre PLR du conseil municipal de Zurich et membre du conseil d'administration du FC Kosova Zurich s'oppose à cette généralisation. "Bien sûr, il existe une aile archi-conservatrice dans cette communauté - comme dans beaucoup d'autres, soit dit en passant - où le sujet des LGBT ne rencontre aucune compréhension. Mais je ne pense pas que cela s'applique à tous les Secondos des Balkans."
Selon Përparim Avdili, ces derniers apprécieraient au contraire l’ordre social libéral local et le reconnaîtraient comme une valeur ajoutée pour eux-mêmes. [...] En outre, les secondos eux-mêmes sont déjà habitués à être minoritaires en Suisse. Cela conduirait à une plus grande sensibilité à l'égard des autres minorités.
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(Traduction libre Schwarze Rose pour Les Observateurs.ch)