Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07110.jsonl.gz/372

Cette affaire a défrayé la chronique. La personnalité du mis en cause y est pour beaucoup: il s’agit de l’ancien maire de la ville de Vence, dans la région de Nice. Condamné en première instance et en appel, sa supposée victime se rétracte aujourd’hui.
Lui c’est Maurice Iacono. Accusé de viol par son petit-fils Gabriel, quand celui-ci avait entre 5 et 8 ans. Il en a aujourd’hui 20 et est père depuis 9 mois. Il s’est rétracté récemment. Il a donné une interview au journal Nice-Matin.
«- Après votre courrier au parquet de Grasse, comment vous sentez-vous ?
- Bien. Je me suis lavé des erreurs que j’ai pu commettre. C’est désormais à la justice de faire son travail et de reconnaître les siennes.
- Vous aviez formellement désigné votre grand-père…
- Personne ne m’a poussé à l’incriminer. Pour autant, je n’ai pas menti. J’y croyais vraiment. Et puis j’ai pris du recul et de la maturité. Dès la fin du second procès, j’ai commencé à me poser des questions. Cela a mis trois mois pour mûrir.
- Vous aviez relaté avec grande précision des scènes dont une dans la salle de bains avec l’entrée inopportune du chat…
- Cette scène, je continue à la voir, mais je ne la crois plus possible. J’ai peut-être effectué une transposition, désigné mon grand-père à la place de quelqu’un d’autre. Une fois dans la machine judiciaire, On a tendance à dire toujours la même chose.»
Certains se demandent pourquoi il se rétracte aujourd’hui. Comme il le dit il considère s’être trompé.
Le Figaro détaille l’affaire:
«Les faits incriminés étaient supposés s'être déroulés entre 1996 et 1998, dans la villa de Christian Iacono à Vence, alors que l'enfant avait entre cinq et huit ans. Gabriel Iacono les avait dénoncés en juin 2000 après s'être confié à ses parents. Au cours des deux procès, l'accusation avait mis en avant des rapports médicaux signalant l'existence, sur le corps de l'enfant, de cicatrices indicatives de sévices sexuels ainsi que les déclarations réitérées du petit-fils, jugées «crédibles» et «cohérentes» par plusieurs experts.
«Pour nous, la révélation de Gabriel n'est pas vraiment une surprise, on espérait bien que cela arriverait un jour, a confié mercredi Me Baudoux, avocat de Christian Iacono, au figaro.fr. À ses yeux, la rétractation de Gabriel pose une fois de plus le problème de «la sacralisation de la parole de l'enfant» dans ce genre d'affaire. «C'est la preuve que la justice n'est toujours pas guérie de ça.... Les experts, les médecins... Ils sont nombreux à confondre militantisme et recherche de la vérité !».
Ce n’est pas la première fois qu’une éventuelle victime se rétracte. Il y a des cas connus du public, comme Virginie Meidera qui a co-écrit le livre: «J’ai menti». Elle décrit assez précisément comment on peut en arriver à inventer une histoire. Il y a aussi l’affaire Loïc Sécher. Pour ce qui est des jeunes enfants c’est beaucoup plus difficile de se faire une idée précise. Toutefois ce commentaire posté par Jacques Ribert et lu sur le forum du Figaro éclaire l’affaire Iacono:
«Depuis le début de cette affaire il n'y a jamais eu, hors les accusations du petit-fils, la moindre preuve objective que le grand-père ai commis un viol. L'expertise médicale réalisée des années après les faits ne pouvait désigner aucun coupable, ni même affirmer que les cicatrices relevées provenaient d'un acte sexuel. C'est à dire que même la matérialité d'un viol n'était pas établie ! Dans ce contexte d'absence totale de preuve et de certitude, la justice française n'a ps jugé utile de considérer les éléments additionnels suivants :
Le fait que la famille de l'accusé a été le théâtre de relations conflictuelles très dures entre le grand-père et son fils (père du plaignant) pouvant légitimement faire penser à un désir de règlement de compte (à défaut bien entendu de le prouver).
Les nombreux témoignages du caractère parfait de la relation que le grand-père entretenaient avec ses autres petits enfants.
- Le rôle plusieurs fois évoqué du milieu sectaire et manipulateur dans lequel aurait évolué la mère du plaignant.»
Ces affaires sont rarement simples. Raison de plus pour qu’elle soient traitées avec une très grande rigueur, sans que l’émotion ou le sentiment personnel ou social ne priment sur l’examen très minutieux des faits.