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Le moteur de recherche aime bien changer de look. Et le fait régulièrement plusieurs fois par semaine. Ce 2 novembre, c'est à un scientifique célèbre que Google consacre un doodle dans lequel on reconnaîtra quelques opérateurs familiers: George Boole, mathématicien sans lequel Internet ne serait sans doute pas tout à fait Internet. Né il y a 200 ans, le 2 novembre 1815, George Boole est le fondateur de la logique moderne, désormais appelée algèbre de Boole, traduction logique des concepts et des choix en termes d'équations. Les opérateurs booléens sont à la base de l'informatique. On les retrouve ci-dessus dans le logo de Google: AND (ET), OR (OU), NOT (NON) et XOR, ce dernier désignant la fonction OU exclusif. L'algèbre de Boole modélise des raisonnements logiques. De manière très schématique, sur un ensemble constitué de deux éléments correspondants aux valeurs de vérité VRAI et FAUX, éléments souvent notés 1 et 0, on définit deux lois, ET et OU, et une transformation parfois nommée complémentaire. Un système d'arborescence à choix multiples en découle (les trois petits points reliés au-dessus du e de Google le rappellent ici discrètement). Il permet de mettre en place des circuits binaires grâce auxquels des problèmes complexes peuvent être résolus. Les langages de programmation informatique, tout comme la théorie de l'information et la téléphonie, en sont des applications. Le fonctionnement de Google lui-même laisse clairement voir comment les opérateurs booléens peuvent être utilisés. Ce billet n'étant pas rattaché à la section mathématiques de mon blog - mais Boole y fera bientôt l'objet d'un billet plus conséquent -, je n'irai pas plus loin dans les subtilités de l'algèbre booléenne. George Boole est décédé d'une pneumonie le 8 décembre 1864 à l'âge de 49 ans.
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C’est l’image d’un corps qui chute. Relayé dans les secondes qui ont suivi sur tous les réseaux sociaux, le film du drame survenu à la fin de la 17e Techno Parade parisienne, samedi 19 septembre, a suscité les commentaires les plus divers, on s’en doute, des hommages émus aux plaisanteries les plus ignobles. Le film lui-même, malheureusement encore visible sur le net, n’est pas regardable et je refuse d'en mettre un lien dans ce billet. Pris avec un téléphone portable (il en existerait même plusieurs, mais peu importe), il montre avec une netteté choquante la mort en direct. Pas de flou ni de pixels envahissants, quelques secondes d’une fin de samedi ensoleillée, un ciel bleu, une ambiance festive, un lieu qu’on (re)connaît tous et qu’on identifie forcément, soit la Statue de Marianne à la Place de la République, un cadrage approximatif accompagné d’aucune réaction visible, sans doute parce que la durée de la chute ne permet pas à celui ou celle qui filme d’accuser le contrecoup de ce qu’il (ou elle) voit. Et un renvoi, conscient ou non, à d’autres chutes mortelles, telles celle de tous ces inconnus qui se jetèrent dans le vide un certain 11 septembre 2001, et dont il existe quelques clichés fugitifs.
Le malaise qu’on peut ressentir à de semblables représentations de la mort en direct tient au fait qu’il ne s’agit justement pas de représentations. Mais d’une captation hic et nunc d’un instant dont on ignore, du moins pour le drame de la Techno Parade, l’issue fatale. Cette rupture de l’ordre des choses, combinée aux probabilités que celles-ci dérapent – le jeune homme n’était sans doute pas le premier à escalader la Statue de Marianne, mais les risques de chute peuvent se calculer, et toutes les chutes de plus de 20-25 mètres ne sont pas mortelles, sauf que celle-ci le fut -, trouble notre regard et donne la nausée. Il n’en va pas toujours ainsi avec tous les films montrant une mort en direct.
Ainsi du plus célèbre, le film Zapruder, qui, le 22 novembre 1963, allait fixer pour l’éternité l’assassinat de John F. Kennedy à Dallas. Images granuleuses tournées par un passant (Abraham Zapruder) avec une caméra 8 mm, sans son, puis gonflées plus tard en 16 mm et même analysées photogramme par photogramme. L’horreur, ici, s’inscrit dans l’histoire et se confronte au mystère d’un crime dont les zones d’ombre demeurent légion. Les malaises qu’on peut ressentir face au visionnement des deux films ne sont absolument pas identiques. Est-ce parce qu’entre 1963 et 2015, la banalité des films amateurs, et surtout la vitesse à laquelle ils se propagent et peuvent être visionnés, n’est pas du tout la même ? Non, mais cela y participe probablement.
Le jeune homme qui est décédé samedi s’appelait Christopher Victoire. Kriss sur les réseaux sociaux. Il avait 21 ans. Les secours sont arrivés quelques instants après sa chute et n’ont pas réussi à le ranimer. Une marche blanche sera organisée en sa mémoire le samedi 3 octobre à Bayeux, ville dont il était originaire. Sous le choc, sa mère parlait hier mardi 22 septembre d’assassinat. Une page Facebook, Hommage à Kriss, a été créée peu après le drame. Au moment où je termine ce billet, elle compte un peu plus de 3000 membres.
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"Nous voulons vous informer d’un changement qui arrivera en juillet: la suppression de la limite de 140 signes dans les messages privés". C'est le chef de produit de Twitter qui s'exprimait ainsi hier sur le forum des développeurs du site. Annonce qui a paradoxalement peu affolé la toile. Mais qu'est-ce que cela veut dire? Eh bien qu'à partir du mois de juillet, vos messages privés sur Twitter - ou DM -, jusqu'alors limités, tout comme les tweets, à 140 signes par messages, pourront atteindre les 10 000 signes. En d'autres termes, ils n'auront (presque) plus de limites. Mais en quoi cette suppression de la limitation des DM va-t-elle changer les us et coutumes des 300 millions d'utilisateurs du réseau social? Pour ceux, comptes fakes ou personnels, qui conversent en DM (et ils sont particulièrement nombreux), Twitter s'assimilera désormais à un vrai chat, même si le nombre de DM journaliers semble encore limité à 250. Et pour l'entreprise, cela signifie en revanche simplement une volonté nette et précise de s'implanter sur le marché extrêmement concurrentiel de la messagerie instantanée où jusqu'à présent, même Facebook Messenger la devançait, puisque les DM, ou MP, n'y ont aucune limite.
Depuis janvier dernier, il est déjà possible d'envoyer des DM à plusieurs personnes à la fois. Et en avril dernier, Twitter avait à nouveau réactivé la possibilité d'envois de DM entre personnes qui ne se suivent ou followent pas. Option aisée à configurer dans les paramètres personnels. Aujourd'hui, le réseau compte franchir un nouveau cap. Coïncidant avec la démission de son PDG, Dick Costolo, ce dont tout le monde se contrefout (et moi le premier), cette nouvelle ne change cependant rien au sacro-saint principe de Twitter. Les tweets y restent limités à 140 signes, contrainte contournable - notamment via le hashtag #LT, parmi des centaines d'autres acronymes qu'il vaut mieux connaître - et le ratio entre personnes suivies et followers doit s'équilibrer si vous voulez en suivre plus de 2000. Prochaine étape? La fin de la limitation du nombre de signes dans les tweets, peut-être. On en prend en tout cas "doucement" le chemin.