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La question posée aujourd'hui découle de l'insatisfaction éprouvée par une participante face aux incohérences qu'elle perçoit dans le monde moderne. Elle constate, par exemple, que l'on nous incite à utiliser des voitures électriques alors que l'approvisionnement en électricité n'est pas suffisant, ou encore à éteindre nos chauffages alors que les panneaux publicitaires restent allumés. Elle estime donc que les décisions politiques actuelles manquent de bon sens, cette vertu traditionnelle qu'elle souhaite mieux comprendre.
Comme souvent, les exemples concrets nous aident à mieux approcher les concepts abstraits. Ainsi, l'un des participants propose une expérience de pensée: “imaginons que je suis à Lausanne et que je dois me rendre à Genève en train. Ayant acheté un billet pour la correspondance de 16 heures, je me fais pincer par le contrôleur dans le train de 15h30. Ce dernier décide néanmoins de ne pas me sanctionner, étant donné que le billet coûtait le même prix que celui de la correspondance de 15h30 et que je ne pouvais de toutes façons pas le réutiliser. Selon vous, le contrôleur a-t-il fait preuve de bon sens ?”
À travers cette anecdote, notre cher passager cherche à nous faire comprendre que le bon sens consiste à transgresser une règle lorsqu'elle n'a pas de sens pratique. Selon lui, le bon sens désignerait notre capacité à lire entre les lignes grâce à des déductions logiques.
Que nenni, s’oppose un habitué du Café-philo qui se méfie toujours des conclusions hâtives. Pour lui, le bon sens est ce à quoi l'on recourt lorsqu'on n'a justement plus d'arguments logiques à notre disposition. Pour illustrer son propos, il demande à son auditoire de lui montrer le chemin le plus court entre deux points sur un plan. Bien que chacun dessine instinctivement une ligne droite, peu seront capables de justifier leur choix par des arguments logiques dans un premier temps. Pour lui, le bon sens, c’est exactement ça : une intuition commune qui paraît évidente, même si elle n'est pas étayée par des preuves ou des arguments logiques.
Bien que plusieurs définitions divergent et se confrontent, une tendance claire se dégage : le bon sens semble avant tout être un sens commun (d’ailleurs traduit par common sense en anglais), une sorte source de connaissance alternative qui viendrait s’ajouter à l'expérience personnelle et au raisonnement logique.