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L’histoire de la Maison Rohr commence le 1er mars 1936, lorsque Hans ROHR, un jeune ouvrier chocolatier, rachète le fond de commerce de son propre patron situé au boulevard du pont-d’Arve à Carouge.
Tout jeune, Hans Rohr, voulait déjà devenir chocolatier-confiseur. Originaire d’Argovie, il se rendit d’abord à Saint-Gall. Puis, attiré par le caractère international de Genève, il décida d’y tenter sa chance! C’est à ce moment là qu’il trouva une place d’apprenti dans une petite boutique, 44 boulevard du Pont-d’Arve… et fit tout le trajet à vélo, parce que c’était bien moins cher que le train!
Son sens du travail, de l’économie et une certaine audace l’encouragèrent rapidement à prendre la succession de son patron.
Les gâteaux non vendus donnés chaque soir aux pauvres
Pour lancer la CONFISERIE-PÂTISSERIE, Hans et sa jeune femme inventèrent ce que l’on appellerait aujourd’hui un « mailing » : ils ont écrit des cartes à la main et les ont déposées eux-mêmes dans les boîtes aux lettres de Plainpalais.
Chaque jour, ils produisaient leur marchandise, afin qu’elle soit la plus fraîche possible. Afin que tout ce travail ne soit pas inutile (ni re-proposé le lendemain), chaque soir les pâtisseries invendues étaient apportées dans les hôpitaux, dans les asiles et à l’Armée du Salut. » Autant donner à manger aux pauvres, plutôt que de jeter « , disait Hans.
1940-1960 : Naissance d’un chocolatier
Peu à peu la pâtisserie connaît le succès et la maison s’agrandit, de même que la famille avec en 1944 la naissance de leurs 2ème fils Henri. En 1950, Hans fait le grand saut : il ouvre une succursale au cœur de Genève, place du Molard. Il y propose toujours ses pâtisseries et, grande nouveauté, il commence à faire du chocolat!
En 1952, en raison du succès, il prend un virage radical et se consacre totalement à la chocolaterie. Le chocolat passionne davantage que les petits gâteaux, et c’est également un domaine plus intéressant commercialement, compte tenu de la réputation du chocolat suisse.
L’image du chocolatier Rohr remplace très vite celle du pâtissier. En 1960, autre grande date et deuxième virage : il abandonne son commerce du Pont-d’Arve et fait construire une fabrication moderne à Carouge, petite unité bien équipée techniquement mais qui laisse à l’artisan-créateur la possibilité de personnaliser son chocolat et de signer ses œuvres.
1968 : Le 2è fils, Henri, rentre d’Angleterre et prend la relève
Dans la vie et le métier d’Henri, un nouveau personnage va prendre un rôle primordial: Sylvia, une jeune vendeuse zurichoise engagée par son père et qui avait été formée chez l’un des plus grands de Suisse, Sprüngli à Zurich. Il l’épousera en 1967 et auront deux enfants, Nicole et Roger.
Henri va donc s’occuper des créations, des goûts et de toute la fabrication du chocolat, pendant que Sylvia donne des idées, dessine de nouvelles boîtes-cadeaux et les met en vente. Entre-temps, Henri fait monter un étage dans l’ATELIER DE CAROUGE et reprend une arcade en 1972 dans la Galerie Centrale. A cette époque, la Maison détient deux boutiques et devient un des incontournables grands chocolatiers de la place genevoise.
Son style, c’est surtout la truffe ou le chocolat truffé (au chocolat noir, quelle merveille !). Avec Sylvia, il se lance de plus en plus dans les décorations originales de fêtes (Saint Valentin, Pâques, Fête des Mères, etc.).
» On me demande parfois des pièces originales ou personnalisées pour des cérémonies familiales, explique-t-il. Je peux travailler… sur mesure et à la carte, en somme. «
Sa première création, Henri Rohr l’a faite pour Sylvia, sa muse, son inspiratrice. Ses succès ? Les fameuses « poubelles de Genève » dont le nom n’est pourtant pas synonyme d’un rêve gourmand mais qui sont nées d’une farce, et qui se vendent toujours avec le même engouement! On connaît ses truffes au marc de CHAMPAGNE, ses pralinés, ses Florins, ses spécialités au Grand Marnier…
Le chocolat a-t-il une âme ? Oui, affirme Henri Rohr, qui de la fait de la poésie avec la chocolaterie…
A Barcelone, Londres et Paris chez les grands noms du chocolat!
1986. Deuxième génération, Henri Rohr qui aime le sport en général, la voile, le pilotage d’avions, le ski, est aussi un fin palais et grand amoureux du chocolat noir. Mais peu à peu les goûts de sa clientèle évoluent et ils achètent maintenant 50 % de chocolat noir et 50 % de chocolat au lait.
Henri apprend son métier à Bâle mais se perfectionne et se spécialise chez les grands, notamment à Barcelone où il travailla six mois chez le célèbre Antonio Escriba. Il ira ensuite à Londres, au département des pièces montées en sucre à l’Hôtel Hilton, puis il fait un stage à Paris chez Tholoniat, le meilleur spécialiste du sucre tiré et soufflé. Il fera également des stages à Interlaken et à Saint-Moritz.
Le succès de la Maison Rohr ne s’est jamais démenti et ne cesse d’accroître! La 3è génération, Roger et Nicole, ont dignement repris les rennes de l’affaire familiale, qui comprend aujourd’hui 4 points de vente à Genève. Dans le plus récent installé au sein du vieux Carouge, on y trouve une des dernières nouveautés de la Maison, des glaces artisanales.
En accord avec son temps tout en perpétuant la tradition familiale, les mots d’ordres de la 2è génération Rohr sont toujours les mêmes: du beau, du bon, du chocolat version grand art
La Maison Rohr produit artisanalement et intégralement dans son atelier carougeois, environ 50 tonnes de chocolat par an. Mais le poids importe bien moins que la qualité et l’originalité…