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Des experts en intelligence artificielle et des membres de la plate-forme "Intelligence artificielle" de l'Académie suisse des sciences techniques (SATW) ont élaboré des recommandations pour une stratégie nationale en matière d'intelligence artificielle. Parmi les auteurs figurent des professeurs tels que Joachim Buhmann de l'ETH Zurich, des représentants d'IBM Research tels que le directeur Alessandro Curioni et Jana Koehler, directrice du Centre allemand de recherche en intelligence artificielle.
Dans un livre blanc, les auteurs développent l'idée suivante : "La Suisse devrait développer un modèle pour un marché ouvert des données qui favorise l'évaluation et l'échange de données tout en garantissant la confidentialité, la sécurité et la confiance". C'est pourquoi il est proposé d'utiliser la réputation et la confiance géopolitiques uniques de la Suisse pour se profiler comme un point de contact sûr à l'ère de l'économie fondée sur les données. "En outre, la Suisse devrait jouer un rôle de premier plan dans la définition des exigences générales relatives aux systèmes d'IA afin d'accroître leur acceptation par les entreprises et la société", poursuit-il. Comme l'IA est de plus en plus utilisée, il est important de s'assurer que ces modèles respectent des normes éthiques élevées et offrent une sécurité. "Un laboratoire d'essai pour l'IA pourrait exiger des systèmes d'IA fiables, éthiques et sécuritaires.
Le livre blanc s'articule autour de cinq recommandations : la Suisse doit mettre en place une plate-forme nationale de données. Un organisme chargé de la vérification et de l'essai des IA doit être créé. La confiance de la société dans la technologie doit être renforcée. La recherche sur et avec la IA devrait être encouragée et son utilisation dans l'enseignement supérieur intensifiée. Les entreprises, en particulier les PME, devraient pouvoir utiliser l'IA à leurs fins.
Jusqu'à présent, la Suisse n'a pas poursuivi de stratégie nationale d'IA, contrairement à de nombreux autres pays, selon une communication sur le rapport. Avec le "Programme Europe numérique" (DEP), l'UE a également lancé une initiative transfrontalière qui définit l'IA comme l'un des cinq piliers. 2,5 des 9,2 milliards d'euros du programme vont à AI. Une enquête menée par le Secrétariat d'Etat à l'éducation, à la recherche et à l'innovation auprès des parties prenantes suisses a montré que leur participation au DEP est très importante.
Introduire des règles pour le traitement des données
Pour la Suisse, il est essentiel de permettre aux citoyens de fournir des données de manière active et anonyme - dans tous les domaines qui dépendent de la disponibilité de données personnelles, par exemple en matière de soins de santé ou d'éducation.
Cela nécessiterait un contrôle démocratique des plates-formes, par exemple par une organisation coopérative. Les coopératives MIDATA pour les données de santé pourraient servir de modèle à cet égard. Le Livre blanc appelle également à l'introduction rapide d'une identification électronique. Il faut déplacer les discussions dans ce domaine vers l'utilisation d'un échange de données ouvert, transparent et équitable.
Avec la propagation croissante de l'IA, les contrôles de sécurité des systèmes d'IA doivent également être renforcés. C'est pourquoi la Suisse doit mettre en place une institution au niveau gouvernemental pour assumer la responsabilité de la vérification de ces systèmes. Cette institution devrait également fournir des lignes directrices générales pour les algorithmes d'essai.
Le savoir-faire de l'IA pour les PME à faible coût
Selon la dernière partie du livre blanc, les PME manquent souvent de compréhension des algorithmes ou de l'architecture logicielle. C'est pourquoi cet effort doit évaluer quels avantages la technologie de l'IA peut leur apporter et quels problèmes peuvent être résolus avec elle, mais aussi quels sont les risques possibles. Il est donc proposé de mettre en place un réseau d'experts et de ressources de connaissances auquel les PME pourront accéder à faible coût et sans frais de courtage élevés.
Les auteurs du rapport soulignent qu'ils sont convaincus que la Suisse peut jouer un rôle de pionnier dans certains domaines des services et applications de l'IA. "L'objectif est de positionner la Suisse comme l'un des principaux pays d'IA et de renforcer et d'accélérer l'impact positif de l'IA sur l'économie suisse.
Le rapport "Recommandations pour une startégie IA en Suisse" est disponible en anglais sous forme de fichier PDF.