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Une équipe scientifique américaine a proposé, en décembre 2000, une thèse sur une cause possible du développement de la tolérance aux opiacés (Lancet 2000 ; 356 : 1989). Des souris knock-out auxquelles le gène qui code pour une protéine régulatrice appelée bêta-arrestine-2 a été retiré, ne développent pas de tolérance à la morphine tout en devenant physiquement dépendantes de la drogue.Dans de nombreux systèmes différents, la diminution de la réponse à un agoniste est corrélée à la désensibilisation de récepteurs couplés à des protéines G. Et des travaux in vitro suggèrent que des éléments régulateurs tels que la bêta-arrestine-2 interviennent dans la désensibilisation du récepteur µ-opioïde. Toutefois, «la contribution de ces éléments à la régulation physiologique du récepteur µ-opioïde et au développement de la tolérance in vivo n'était pas avérée», explique Laura Bohn, de l'Université Duke, NC, aux Etats-Unis, principal investigateur de cette nouvelle étude (Nature 2000 ; 408 : 720-3).Ainsi se pourrait-il que l'interférence avec la désensiblisation du récepteur protège à l'égard du développement de la tolérance aux opiacés. Toutefois, une telle interférence ne protègerait pas de l'induc-tion de la dépendance aux opiacés après un usage chronique. Ensemble, ces données suggèrent que l'adaptation neurobiologique induite après chaque prise de morphine constitue un processus distinct de la régulation du récepteur, indique Bohn.Ce chercheur postule «qu'en ciblant pharmacologiquement la bêta-arrestine-2, de très faibles doses de morphine pourraient suffire à induire une analgésie. Ce qui pourrait diminuer le degré de dépendance aux opiacés, la quantité de drogue nécessaire pour soulager la douleur quotidienne étant grandement réduite».