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Les répétitions fournissent le prétexte de ce documentaire qui explore les liens entre action artistique et engagement politique alors que se déroulait en « bruit de fond » à nos séances de travail une commission qui met les dictateurs et leurs sbires dans la position inconfortable de laccusé. Cette commission établie en 1999 pour enquêter sur les violations des droits de lHomme commises sous les deux régimes précédents. Connue sous le nom de « Oputa Panel » du nom de son président, la commission a reçu 10 000 dépositions et plaintes des victimes des « services » des dictateurs de la période concernée. Certains moments importants de la commission ont été filmés.
Wole Soyinka a quitté Badagry (Nigeria) où nous répétions KING BAABU en été 2001 pour intervenir à la commission qui siégeait alors à Abuja dans laprès-midi du 18 juillet 2001. Au même moment, la troupe mettait en forme la scène du couronnement de Basha Bash en roi du Guatu, King Baabu.
Le documentaire essaie de fournir des éléments de réponse aux questions suivantes : quels moyens les sociétés ont-elles à leur disposition pour soigner leurs traumatismes? Quen est-il au Nigeria à cet égard ? Quels liens y a-t-il entre la période coloniale et les dictatures post-coloniales qui lui succédèrent très souvent ? Quelle place faut-il accorder à la responsabilité des Africains dans la possibilité de ces exactions? Quel rôle peut vraiment jouer une commission réconciliation et vérité comme l « Oputa Panel »? Et enfin : quel impact peut bien avoir une pièce de théâtre comme KING BAABU dans ce contexte ?
Le film se composera aussi de scènes de la vie quotidienne au Nigeria, dextraits de la visite qui a été rendue par la troupe de théâtre au roi du Benin ainsi que des interviews avec des personnalités nigérianes en rapport avec le thème de la « maîtrise du passé » en sinspirant de la notion allemande de Vergangenheitsbewältigung. Ce mot est difficilement traduisible en français, il désigne une attitude de morale politique, tendant à reconnaître les éléments d'un passé ressenti comme une faute ou, du moins, comme une charge collective et individuelle, et ce dans le but de pouvoir adopter un comportement serein dans la politique globale et au jour le jour.
Ces matériaux sont disposés en fonction dune trame donnée par des extraits de la pièce KING BAABU. Les discussions et entretiens avec Wole Soyinka de retour dexil sont au cur du film.
Un commentaire off relie à la manière dune chronique quotidienne les étapes de la construction de la pièce aux réalités de la « grande politique » que la pièce de Wole Soyinka tourne précisément en dérision.
Bernard Müller lassistant de Wole Soyinka a rédigé les textes qui accompagnent le spectateur dans les méandres de cette aventure artistique et politique édifiante.
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