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Dans plusieurs articles, le journal Blick a lancé de graves accusations contre un restaurateur zurichois. Celui-ci aurait reçu des acomptes, mais n'aurait jamais livré les meubles commandés. Le Conseil de la presse retient maintenant que l'artisan aurait dû être entendu avant la publication. En outre, l'artisan ne doit pas accepter d'être photographié dans son magasin depuis la rue. Sans le consentement de la personne concernée, cela ne serait autorisé que s'il existe un intérêt public prépondérant. Mais ce n'est pas le cas, car la photo ne sert pas à documenter les pratiques commerciales controversées de l'artisan, comme l'écrit le Conseil de la presse dans une prise de position publiée mardi. Cela vaut également lorsque la photo est anonymisée par une barre noire pour la publication.
Protection contre l'enregistrement, droit de donner son avis
Selon le Conseil de la presse, le droit à l'image ne protège pas seulement contre la publication non autorisée, mais aussi, dans certaines circonstances, avant même la prise de vue. Il n'est donc pas acceptable de tendre une embuscade à quelqu'un devant sa porte, de prendre une photo contre son gré et de la barrer pour préserver la protection de la personnalité, écrit le Conseil de la presse. En outre, le Blick aurait dû confronter l'artisan aux graves reproches avant de publier l'article. Certes, le journal a déjà publié la plupart des reproches dans des articles précédents, avec la prise de position de l'intéressé. Mais selon le Conseil de la presse, il aurait été tenu de faire figurer son point de vue dans les nouveaux articles. Le restaurateur aurait de toute façon dû être entendu sur les nouvelles accusations.
Dans sa prise de position, le Conseil de la presse conclut que le Blick a violé le droit à l'image de la personne concernée. En outre, celui-ci aurait dû être entendu avant la publication de l'article. En revanche, le journal n'a pas violé le devoir de vérité, ni déformé des informations, ni enfreint d'une autre manière les "Déclarations des devoirs et des droits du/de la journaliste".
Telebasel viole la vie privée
Telebasel a harcelé une militante de quartier en la filmant et a ainsi violé sa sphère privée. Le Conseil de la presse a partiellement accepté une plainte, comme il l'a communiqué mardi. La femme s'oppose à un projet de construction ; elle avait refusé une interview. Certes, une chaîne de télévision locale a le droit de prendre en photo une personne politiquement active lorsque celle-ci se rend à un événement public dans le cadre d'une fonction publique. Mais il n'est pas admissible de "tendre une embuscade" à cette personne devant sa porte et de continuer à la harceler si elle indique clairement qu'elle ne souhaite ni donner des informations ni être filmée.
L'intéressée s'expose contre le grand projet du port bâlois de Kleinhüningen, apostrophé comme "Rheinhattan". Elle est également membre d'un groupe d'accompagnement étatique. Telebasel a filmé une fois devant un bâtiment où ce groupe tenait une réunion et une fois devant la porte d'entrée de la femme. Comme la femme avait auparavant refusé une demande d'interview par e-mail, il était "disproportionné" de continuer à la suivre avec la caméra, constate le Conseil de la presse dans son communiqué. (ATS)