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Qui paiera? Quand? Et combien? Ces questions agitent la République. C'est que l'«affaire du marteau-piqueur», née d'un trou creusé dans la route par des activistes, le 22 juin, dans le quartier des Pâquis, est devenue une «affaire Perler». Ce nom fait référence à l'élue écologiste de l'exécutif de la Ville de Genève, Frédérique Perler, qui aurait donné son accord préalable aux auteurs de l'action illicite, ce dont elle se défend, estimant qu'ils l'auraient mal comprise.
S'il paraissait d'abord assez évident que le paiement de la facture de rénovation de la chaussée devait incomber aux individus qui l'ont détériorée, la question a gagné en complexité depuis les révélations de la RTS, lundi 27 juin. L'audiovisuel public indiquait qu'il y avait eu des contacts entre les militants en question et le Département de l'aménagement, des constructions et de la mobilité, sous la responsabilité de Frédérique Perler, en amont de l'action contestataire. La magistrate municipale aurait même donné son accord informel aux activistes.
Est-ce donc à Frédérique Perler de prendre en charge les frais de reconstruction de la route? D'après des informations obtenues par watson, oui: Frédérique Perler pourrait s'acquitter d'une somme pouvant avoisiner les 4000 francs. Cela correspondrait à l'estimation de plusieurs ingénieurs du génie civil contactés par nos soins. Ceux-ci avancent de manière concordante qu'un tel travail pourrait coûter entre 2000 et 4000 francs, selon la profondeur de la casse.
Mais vient le plus délicat. Dans des cercles genevois bien informés, il se murmure que Frédérique Perler, qui s'est mise elle-même en difficulté, rechignerait à payer la totalité du montant. Le cas échéant, puisque la plainte contre les associations responsables des dommages a été abandonnée, que celles-ci ne roulent de toute manière pas sur l'or et que, selon le communiqué officiel de la ville, le contribuable ne doit pas passer à la caisse, faut-il s'attendre à ce que Madame Perler organise une collecte?
Les partis d'opposition se montrent pour l'instant prudents sur la question. Ils réservent leurs interrogations pour la séance extraordinaire du conseil municipal (l'organe législatif), qui se déroulera ce soir, mardi 5 juillet. Mais tous s'accordent sur un point: «Il est essentiel que le contribuable ne verse pas un centime», comme l'appuie au bout du fil Bryan Lo Giudice, du comité du PLR. Qui ne manque pas de rappeler ceci: l'enquête externe confiée par la Ville à un juge à la retraite engendrera certainement des coûts supplémentaires à ceux des travaux.
Même discours du côté du conseiller municipal MCG Daniel Sormanni, qui, au lendemain de l'abandon de la plainte par la Ville de Genève, avait déposé une dénonciation pénale à l'encontre de Frédérique Perler. L'élu affirme avoir fait lui aussi ses «recherches personnelles» sur le coût que représente le travail de remise à neuf dans le quartier des Pâquis: d'après lui, les frais dépasseraient allègrement les 10 000 francs.
Le consultant international PricewaterhouseCoopers (PwC) a été mandaté par la SSR pour mener un audit sur la stratégie numérique de l'audiovisuel public suisse, a appris watson mardi de sources concordantes. La direction de la Société suisse de radiodiffusion et télévision confirme l'information par la voix de sa porte-parole romande, Sybille Tornay.