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Venise serait submergée dans une poignée d’années. En cause? Le glacier Thwaites, en antarctique de l’Ouest. Il est annoncé glissant vers la mer. Le Matin dimanche a cru bon titrer en une hier : « Voici le glacier qui va nous noyer ».
Cette hypothèse n’est pas nouvelle. Elle trouve régulièrement de nouvelles recherches pour la valider. Il n’empêche qu’elle présente des incertitudes de taille. L’évolution du glacier est pourtant présentée comme irréversible: sa fonte serait inéluctable et avec elle tout l’inlandsis ouest serait déstabilisé avant d’être englouti dans l’océan.
Ce qui ferait monter le niveaux des surfaces de 1 à 3 mètres. Le mécanisme actuel montre une barrière de glace, une banquise, qui fait bouchon et retient l’écoulement du glacier. Avec le poids de glace prêt à glisser cette barrière éclaterait et une grande partie de l’inlandsis ouest plongerait.
Une des études publiée en 2018 sur le glacier montre l’évolution de l’Antarctique depuis 35 mille ans. On y apprend entre autres qu’elle a varié du large au rikiki:
« De nouvelles données surprenantes et la modélisation de la calotte glaciaire suggèrent qu’il y a environ 14 500 à 9 000 ans, la calotte glaciaire sous le niveau de la mer a partiellement fondu et rétréci à une taille encore plus petite qu’aujourd’hui, mais elle ne s’est pas effondrée. Au cours des millénaires suivants, la perte de la quantité massive de glace qui pesait auparavant sur le fond marin a stimulé le soulèvement du fond marin, un processus connu sous le nom de rebond isostatique. Ensuite, la calotte glaciaire a commencé à repousser vers la configuration d’aujourd’hui. »
Les images 3 à 5 résument le 35’000 ans passés. On le voit: l’Antarctique et le glacier Thwaites ont déjà varié à la baisse, plus encore qu’aujourd’hui.
Actuellement le glacier Thwaites tend à fondre, du moins dans sa partie terminale. Par-dessous aussi semble-t-il, et deux causes au moins y contribuent: de l’eau salée sous l’inlandsis et un courant plus chaud circumpolaire.
À cela il faut ajouter les sources de chaleurs, révélées par plusieurs recherches. On connaît mal le volcanisme sous-marin et son influence sur les océans.
« Notre découverte d’une source de chaleur substantielle sous un glacier majeur de l’Inlandsis Ouest-Antarctique souligne le besoin de comprendre le volcanisme sous-glaciaire, son interaction avec les marges marines et son rôle potentiel dans la stabilité future de l’Inlandsis Ouest-Antarctique », écrivent les chercheurs dans l’article de Nature Communications. »
Il est dans l’ordre des choses qu’un glacier vêle et s’écroule. Par la suite il se reconstitue au profit qu’une phase climatique plus fraîche. Les glaciers des Alpes en sont un vivant exemple.
L’écroulement éventuel du glacier Thwaites peut-il être « apocalyptique »? Selon une vue en coupe la masse de glace devrait buter sur un fond rocheux et s’entasser pour reformer une masse plus compacte. Il n’est pas certain que l’ensemble de la glace s’écoule dans l’océan.
« L’effondrement final de la dernière plate-forme glaciaire du glacier Thwaites pourrait débuter par le croisement de fissures et de crevasses cachées dans un délai aussi rapide que cinq ans, estiment les glaciologues. »
Cinq ans? À voir. Le degré d’exagération des catastrophes liées à la météo et au climat est assez élevé pour garder des doutes légitimes.
Lire aussi: L'Antarctique fond par-dessous.
P.S.: mon récent pépin de santé me laisse très fatigué et handicapé d’un œil, je vais ralentir ma production de billets. Merci de votre compréhension.