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La nomination de Jair Bolsonaro à la présidence pourrait déboucher sur une transformation économique positive.
L'élection de Jair Bolsonaro à la présidence du Brésil en octobre 2018 a été un événement historique: c’est la première fois depuis l'adoption de la Constitution du pays en 1988 qu'un candidat marqué à droite gagne une élection nationale. De nombreux observateurs admettent que sa nomination pourrait déboucher sur une transformation économique positive, mais nous nous attendons à ce que le président Bolsonaro et son équipe se heurtent à certains défis dans la poursuite de leurs objectifs.
Le Brésil a connu l'une des récessions les plus graves de son histoire avec trois années consécutives de déclin économique. Bien que l'économie se soit quelque peu redressée, cette reprise demeure bien en deçà des attentes. Le taux de chômage demeure en effet supérieur à 10% et la reprise est restée limitée jusqu'à présent, l'industrie agroalimentaire du pays étant le principal moteur. Ces dernières années, il a également beaucoup été question de corruption, principalement avec le scandale des pots-de-vin «Lava Jato» (signifiant «lavage de voitures») qui a impliqué les gouvernements successifs du Parti ouvrier de gauche, ou PT, dont le fondateur et ancien président Luiz Inácio Lula da Silva a été emprisonné pour corruption courant 2018.
Jusqu'à présent, les nominations au Cabinet se sont révélées encourageantes avec en particulier Paulo Guedes au ministère des Finances et Sergio Moro à celui de la Justice. M. Guedes est un économiste titulaire d'un doctorat de l'Université de Chicago. Il s'inspire des réformes entreprises au Chili dans les années 1980, s'engageant à réduire l'héritage bureaucratique écrasant du Brésil et à promouvoir un capitalisme à la mode américaine dans la première économie de l'Amérique du Sud. M. Moro est un juge reconnu et respecté qui a mené les enquêtes «Lava Jato», mettant l'ancien président Lula en prison pour corruption. Nous pensons que sa nomination a pour but d'envoyer un message clair, à savoir que le gouvernement actuel veut rétablir la confiance des électeurs.
La mission la plus urgente pour la nouvelle administration est de s'attaquer avec succès à l'économie, le déficit budgétaire du pays s'élevant à 7% du PIB. La récession économique, conjuguée aux mauvaises mesures prises par les gouvernements précédents, a entraîné un déficit primaire en 2014. Compte tenu du niveau élevé de dépenses, la dette nette en pourcentage du PIB a presque doublé, passant de 30% en 2014 à 54% en 2018.
La réforme du système de pensions du pays demeure une question centrale, le système permettant à de nombreuses personnes de prendre leur retraite vers 55 ans, en particulier les fonctionnaires de carrière. La sécurité sociale et les prestations sociales représentent actuellement près de 50% de l'ensemble des dépenses primaires et devraient continuer à croître. Le président sortant, M Temer, avait tenté d'adopter une réforme des retraites, mais, comme lors des précédentes tentatives, il n'a pas réussi à obtenir l'approbation du Congrès. Les scénarios selon lesquelles le président Bolsonaro pourrait réussir là où d'autres ont échoué reposent sur le fait qu'il a été élu à la présidence avec un programme réformateur. On s'attend également à ce que Bolsonaro tente d'adopter ces réformes au cours de sa première année au pouvoir, alors que les taux de réussite des réformes sont de loin les plus élevés et que sa majorité au Congrès est la plus solide.
Si des réformes sont adoptées, ces changements positifs pourraient, selon nous, inverser la tendance actuelle qui se traduit par une baisse des investissements étrangers directs (IED) dans le pays. Cela pourrait à son tour être le catalyseur nécessaire pour relancer la croissance économique et relancer les marchés financiers qui sont sur le point de croître après une période de stagnation. La récession a toutefois eu des effets positifs, les entreprises adaptant leurs modèles économiques pour être de plus en plus performantes et rentables, tout en réduisant leur bilan pour pouvoir traverser le cycle de manière optimale. Cela a permis à de nombreuses entreprises d'être bien positionnées pour croître grâce à l'augmentation de la demande des consommateurs, tout en profitant de l’augmentation de leurs marges grâce à une rationalisation de leurs activités.
Les 12 derniers mois se sont révélés être une période difficile sur les marchés boursiers mondiaux et nous sommes conscients de la possibilité que cela se prolonge en 2019 étant donné les facteurs défavorables au niveau macroéconomique. Néanmoins, chez Barings, nous privilégions les sociétés ayant un potentiel de croissance méconnu, mais dont les activités sont bien établies ou en progression, de même que leurs comptes et leur management.