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Travail de maturité Collège Calvin Septembre 2004 Accompagné par M. F. Lombard
Gerber-Fructuoso Gaël
|Remarque : ceci est un travail de maturité = baccalauréat.

Pour valoriser le travail de l'élève, il apparaît ici tel que rendu au final.
Il n'a pas de caution scientifique, ou autre, et, bien que cette éléve ait fait un travail acceptable dans le contexte scolaire, il ne peut prétendre être une source fiable d'informations !

Table des Matières
J'ai choisi ce sujet suite à ma totale incompréhension face au racisme qui perdure toujours de nos jours. J'ai été durant toute mon enfance confronté à ce problème, que ce soit dans le préau de mon école ou en regardant des films. Suite à l'exposition du musée de l'homme à Paris « tous parents, tous différents », mon esprit a été chamboulé et après une discussion avec mon professeur accompagnant M. Lombard, j'en suis venu à ma poser cette question : mais en fin de compte, d'où venons-nous, suis-je si différent de mon voisin ? J'ai donc, premièrement, remonté le temps et afin de découvrir l'origine des hommes. Par la suite, j'ai observé que différentes hypothèses tentent d'expliquer l'origine humaine. Et quels liens peut-il exister entre le racisme et notre vie de tous les jours. Voici l'histoire de l'homme moderne:
La grande histoire de l'homme commence sûrement à la suite d'un changement majeur dans la géographie terrestre en Afrique de l'est avec l'apparition d'un rift, il y a cela environ 1,8 million d'années. Ce changement de paysage a séparé en deux groupes les primates qui vivaient dans cette région. À l'ouest de cette nouvelle chaîne de montagne, les grands singes auraient continué leur vie en forêt pour évoluer jusqu'aux gorilles et chimpanzés d'aujourd'hui. Par contre, les primates qui se sont retrouvés à l'est du rift ont dû s'adapter à de nouvelles conditions climatiques : la savane qui engendre sécheresse et manque de nourriture. Pour survivre, ces primates doivent s'éloigner des arbres se qui leur imposent de se redresser. C'est à partir de ce moment qu'ils deviendront les premiers Hominidés. Ils s'appellent Orrorin qui mesure environ 1m30 et Toumaï.
En même temps, les conditions climatiques changent et les Hominidés doivent à chaque fois s'adapter. De l'Ethiopie au Tchad en passant par l'Afrique du Sud, le climat devient plus aride et seuls les Australopithèques survivent. L'un d'eux ou plutôt l'une d'eux se nomme LUCY. Suite à la probable mort de ses proches, elle suvécu seule et enceinte. Un des scénarios possibles (selon le film « L'odyssée de l'espèce ») est qu'elle a rencontré un autre groupe d'Australopithèque, les Anamensis. Elle aurait passé du temps avec eux et les aurait suivis. Ils mangent, contrairement à elle, de la viande ce qui les rend plus résistants et donc plus aptes à faire de longues marches. Selon ce scénario, Lucy épuisée par la marche et le bébé qu'elle porte toujours en elle se serait noyée en voulant suivre ses nouveaux compagnons qui auraient traversé une rivière. Lucy n'est donc pas la Mère de l'homme moderne ce serait Anamensis.
Vers-3 millions d'années, une grande période de refroidissement climatique se déroule dans le monde ce qui entraîne une très forte mortalité chez les Australopithèques. Deux espèces se dégagent : l'Homo Habilis et l''Homo Rudolfensis. Ils possèdent un plus grand cerveau ce qui leur permet d'avoir un meilleur pouvoir de réflexion. Ce sont les premiers à utiliser des outils tels que les silex. Grâce à ces outils, ils mangent mieux et sont, par conséquent, en meilleure santé ce qui les poussent à poursuivre leurs inventions. L'Homo Habilis est le premier à pouvoir être appelé HOMME !!!
Il sera suivi d'Homo Ergaster vers-1,9 million d'années. C'est un véritable conquérant qui va peupler toute l'Afrique.
Jusque-là, les scientifiques et autres personnes qui parlent de l'évolution de l'homme sont à peu près d'accords. Néanmoins, dès -1,8 millions d'années, différentes théories de migrations existent et sont en concurrence. Ces théories sont toutes plausibles et séparent le monde scientifique.
Dans mes lectures, j'ai vu plusieurs hypothèses qui ressortent fréquemment et d'après « La Recherche » d'octobre 2003, les trois principales hypothèses sont :
Cette hypothèse est la plus ancienne, elle date des années trente. Elle explique que les ancêtres du genre Homo Sapiens Sapiens auraient évolué isolément et simultanément sur trois continents : L'Europe, l'Afrique et l'Asie. La seule exception serait une migration de populations de l'Afrique vers l'Europe, il y a environ 40'000 ans («cf. fig. 9»). Donc nous viendrions chacun de différentes régions indépendantes les unes des autres et leurs racines communes dateraient de 500'000 à 700'000 ans. Cette hypothèse s'appuie principalement sur la morphologie des fossiles qui selon leurs caractéristiques seraient spécifiques à une région géographique.
Cette seconde hypothèse est la principale opposition à la théorie d'une origine multirégionale. Elle est apparue en 1988 par Christopher Stringer et Peter Andrews du Muséum d'histoire naturel de Londres. « L'arche de Noé » distingue de nombreuse espèce morphologiquement proche et indépendante mais seule l'une d'elle serait à l'origine des hommes modernes. Ces hommes viendraient du continent africain et auraient migré il y a environ 150'000 ans. Selon cette hypothèse, ils remplaceraient toutes les autres populations existant déjà ailleurs dans le monde («cf. fig. 9»). Cette théorie s'appuie sur les résultats d'une recherche qui date de 1987 et qui se base sur l'étude de l'ADN contenu dans les mitochondries.
(« Fig. 9 : Illustration des deux hypothèses concurrentes. Coppens 2001 »)
Cette troisième et dernière théorie date des années nonante et nous est proposée par Günter Bräuer de l'Université de Hambourg. Elle pourrait mettre tout le monde d'accord. Ce scénario intermédiaire admet l'apparition, dans une seule région géographique, de l'homme moderne mais elle explique aussi qu'il y aurait eu déjà de multiples croisements entre ces premiers hommes et d'autres espèces du genre Homo.
C'est sur cette base qu'Alan Templeton, de l'Université Washington de Saint-Louis, a essayé de faire une synthèse des différentes études génétiques exécutées jusque-là. Ces recherches se sont basées sur différents types de supports tels que l'ADN mitochondrial, les chromosomes X ou Y, l'ADN nucléaire ou encore sur une chaîne de l'hémoglobine.
La conclusion qu'il en tire est que les gènes que porte l'humanité actuelle ont des traces de multiples expansions démographiques. D'après ses recherches, il y aurait eu des échanges génétiques continus depuis 600'000ans et jusqu'à nos jours entre les populations d'Europe, d'Afrique et d'Asie. Alan Templeton pense même, mais sans pouvoir vraiment le prouver, que ces croisements auraient commencé il y a environ 1,8 millions d'années.
Ces échanges génétiques auraient eux trois grosses « vagues ». Il y a 1,8 million d'années, 450'000 ans et 150'000 ans. L'étude de l'ADN des mitochondries et l'étude du chromosome Y confirmeraient une grande expansion de populations de l'Afrique entre 150'000 et 80'000 ans avant nos jours comme dans l'hypothèse de « l'arche de Noé » mais toutefois sans un remplacement total des peuples existants, juste des échanges génétiques.
Les deux premiers scénarios dégagent des visions diamétralement opposées. L'hypothèse multirégionale suppose que l'homme moderne actuel vient de région bien spécifique, que ce soit de l'Europe, de l'Afrique ou de l'Asie. Un Africain serait, par exemple, très différent au point de vu génétique d'un Asiatique car leur origine spécifique daterait d'il y a environ 600'000 ans et que durant une telle période, l'homme a le temps de se différencier et d'évoluer isolément. On aurait, selon cette théorie, trois grands peuples d'hommes modernes différant à travers le monde.
Au contraire, le scénario dit de « l'Arche de Noé » privilégie une origine récente et commune à tous de l'homme moderne. Nous serions par conséquent très proche d'un Asiatique, d'un Africain ou d'un Européen.
D'après ce cadrage théorique, j'ai donc recherché et observé les documents qui font références à l'un ou l'autre des scénarios. Plus généralement mon travail cherche à démontrer ce qui en découle, c'est-à-dire une origine récente ou ancienne de l'Homo Sapiens Sapiens.
J'ai utilisé deux types très différents de documents. D'une part des ressources scientifiques sous forme de livres, revues, parutions ou encore pages web. D'autre part des documents « tout publique » et quotidien, que ce soit des romans, des BD, des livres pour enfants ou des sites Internets. Mon but étant dans le premier cas d'essayer de comprendre comment le monde scientifique se divise et dans le deuxième comment ces théories se répercutent dans les ouvrages courants. Quelle est la tendance ?
Pour commencer, il faut bien se rappeler que l'homogénéité de l'espèce humaine n'a pas été reconnue de tout temps. Il n'y a pas si longtemps que ça, entre 1860 et 1930, plusieurs scientifiques suivent l'idée de Linné, qui disait que l'homme moderne est, selon sa couleur de peau, plus proche d'une espèce de singe que d'un autre homme d'une couleur différente.
Ainsi en 1910, l'Allemand Hermann Klaatsch affirme que nos ancêtres proviennent de deux grandes branches. On y trouverait dans la première les Africains avec à leurs côtés l'homme de Néandertal et les gorilles. L'autre branche comprendrait les européens qui seraient eux liés à l'orang-outan. («cf. fig. 1»)(« Fig. 1 : Arbre phylogénique datant de 1910 et dessiné par Klaatsch ») Dans le même esprit, le Suisse Arldt associe les hommes de race jaune à l'orang-outan, les noirs au gorille et l'homme blanc au chimpanzé. D'après cette théorie, il y aurait donc trois races clairement séparées qui descendraient chacune d'une espèce de singe précise. («cf. fig. 2»)(« Fig. 2 : Schémas datant de 1915 et proposé par Arldt »)
Durant la seconde moitié du XIXe siècle, on vit apparaître les première hypothèses polyphylétiques avec le Suisse Carl Vogt, l'Allemand Hermann Schaffhausen et les Français Abel Hovelacque et Georges Hervé. Ces scientifiques supposent dans leurs théories des liens généalogiques entre des espèces de grands singes dans une région précise et des humains dans le même lieu. La légitimité de ces scénarios repose, pour la plupart, sur des ressemblances morphologiques comme la couleur de la peau ou la forme du crâne et tout ceci à partir de fossiles. Ainsi, ils démontrent, par exemple, une filiation entre les gorilles et les hommes d'Afrique.
Pour ce qui est de l'anthropologue Italien Giuseppe Sergi, il différenciait trois branches généalogiques différentes par rapport à leurs régions spécifiques. Ainsi dans ses écrits, il nous explique qu'il y a une lignée asiatique, une lignée européenne et une lignée africaine. La première liant les hommes d'Asie, l'orang-outan et les fossiles de Pithecanthropus et de Palaeopithecus. La deuxième rattachant les hommes d'Europe et les primates fossiles Dryopithecus et Pliopithecus. Et la troisième reliant les hommes d'Afrique avec les chimpanzés et les gorilles.
Le Britannique Crookshank alla dans le même sens que Sergi mais avec cependant une petite nuance, le chimpanzé étant associé aux hommes européens plutôt qu'aux Africains.
Mais l'hypothèse polyphylétique la plus farfelue fût celle de l'Italien Gioacchino Sera qui sépara plus de six lignées principales pour arriver aux hommes d'aujourd'hui et dont chacune d'elles étaient composées de plusieurs variétés de grand singes, de singe du nouveau et de l'ancien monde et d'espèces humaines.
Après 1930, les hypothèses dites polyphylétiques sont abandonnées et c'est le début de ce qu'on appelle l'ère moderne en évolution humaine. Cette nouvelle ère affirme, et c'est ça le grand changement, l'unité de l'espèce humaine. Dès lors on ne verra plus de mélanges de variétés humaines en rapport avec d'autres primates. Après plusieurs siècles d'hypothèses farfelues, on classe enfin l'homme séparément des singes ! D'ailleurs la seule question qui subsistera par la suite, est de savoir si la branche de l'homme se dissocie des primates avant la séparation des grandes singes ou après. Une séparation tardive des deux branches associerait l'homme à un grand singe précisément.
Pour ce qui est des répercutions auprès du public dans les ouvrages, j'ai consulté plusieurs documents dont ceux attribués aux enfants. Mon observation c'est concentrée sur les hypothèses privilégiant une séparation des Homo Sapiens Sapiens récente ou ancienne. A savoir si nous sommes proche ou éloigné de nos voisins selon ces documents.
Le premier ouvrage est adressé aux jeunes enfants et il a comme titre « Le commencement du monde ». Cette histoire raconte comment la vie a débuté sur notre très chère terre et ceci jusqu'à nos jours. Toute ce qui se passe avant l'arrivée de l'homme illustre assez bien les théories de l'évolution communément admise de nos jours. Cependant lorsque l'homme apparaît, il y a une nuance très intéressante. Un premier homme naît du soleil, il est blanc et on nous dit qu'il se rapproche de la perfection. Un second homme naît mais la nuit et grâce à la lune. Ce dernier ressemble beaucoup au premier à part sa couleur de peau qui est noire. Je pense que cette naissance totalement séparée des deux hommes se réfèrent implicitement à la première l'hypothèse dite en « Candélabre ». Dans la suite de l'histoire, ces deux hommes se battent devant la totale incompréhension des autres espèces déjà nées. Les deux hommes se séparent et partent chacun de leur côté, le blanc au nord et le noir au sud («cf. fig. 3») et («cf. fig. 3*»). L'histoire se termine de nos jours où les hommes continuent à se battrent sous le regard triste des animaux.
(« Fig. 3 : Extrait de Clavel p.14 »)
(« Fig. 3* : Illustration de D. Maja p.14 de Clavel »)
Le document suivant est s'adresse également aux enfants et se nomme « La préhistoire ». Dans ce livre, on nous explique que les premiers hommes étaient des Homo Habilis. Ils ressemblent aux singes mais selon Jean-Philippe Chabot et Dominique Joly, les singes seraient seulement leurs cousins éloignés. Quand on continue la lecture, on découvre que les premiers hommes sont apparus en Afrique et se sont progressivement répandus dans le monde par la suite. On voit donc que ce livre se réfère explicitement à l'hypothèse de « Out of Africa » et nous montre sur une petite carte ces migrations («cf. fig. 4»).
(« Fig. 4 : Illustration des 1ère migrations de l'homme. »)
Le livre suivant est basé sur la bible et explique aux enfants la création du monde. Cette histoire est racontée pas Jacqueline Vallon. Dans ce livre, l'homme est créé par Dieu à sa propre image. Par la suite, il crée une femme et les deux premiers humains de la terre continuent leurs aventures ensemble. Après plusieurs péripéties et surtout une bêtise, ils furent chassés du jardin d'Eden, qui est un lieu imaginaire, et ils commencèrent leur vraie vie sur la terre en Orient («cf. fig. 5»). On peut donc en déduire que l'origine de l'homme moderne serait venue d'un seul couple et ainsi implicitement d'une seule région, en l'occurrence l'Orient. Ces croyances se référeraient alors à l'hypothèse de « l'Arche de Noé ».(« Fig. 5 : Extrais p.34 de Vallon »)
L'ouvrage suivant est un recueil de mythe et légendes à travers le monde sur le thème de la création du monde. Il est écrit par Claude-Catherine Regache et est destiné, à mon avis, à un publique d'adolescent. On parcourant les histoires j'ai remarqué que l'arrivée de la vie ainsi que les premiers hommes se déroulait pratiquement chaque fois dans la région d'où provenait la légende. Certaine font des liens avec des primates et d'autres avec des créations divines. Ce qui est intéressent c'est de découvrir qu'à la fin du livre, on nous explique de façon plus sérieuse et rationnelle l'origine de l'homme moderne. On peut l'observer sur un tableau selon lequel on déduit assez facilement l'origine commune des Homo Sapiens Sapiens il y a de cela environ 15 millions d'années («cf. fig. 6»). Depuis cette période, les hommes ont un tronc commun ce qui me fait fortement penser à l'hypothèse « Out of Africa » et induit une unité de l'espèce humaine et non pas une évolution séparée qui aurait abouti aux hommes modernes.
(« Fig. 6 : Tableau de l'origine de l'homme moderne et de ses cousins »)
Selon Théodore Monod, tous les hommes modernes descendraient d'un même homme venant d'Afrique. Il se base sur les différentes fouilles archéologiques exécutées jusqu'à son époque (1993). Son explication est faite de façon romancée et même un peu comique car décrit l'origine de l'homme et ces multiples étapes comme une course à pieds entre différents primates. C'est d'ailleurs lui-même qui illustre cette « course » dans son ouvrage («cf. fig. 7»). Son explication, bien que par moments amusante, est, à mon avis, très ressemblante avec l'hypothèse « Out of Africa ».(« Fig. 7 : Illustration de la course de l'homme moderne avec les primates par Monod »)
Cette BD, écrite par Michel Vaidis, nous raconte l'histoire d'un homme qui vivait il y a 31 mille ans avant notre ère. Ce qui m'a intéressé c'est le cadrage théorique du début qui nous indique que l'origine commune de l'homme serait en Afrique il y a de cela 3,5 millions d'années («cf. fig. 8»). Ce cadrage est de ce faite entièrement dans la lignée de la deuxième hypothèse dite de « l'Arche de Noé ».(« Fig. 8 : Illustration de La Fuente d'australopithèques dans Vaidis »)
Le dernier document est sous forme de vidéo cassette. C'est en faite le dessin animé de Rahan d'après l'œuvre original de Roger Lecureux et André Cheret(«cf. fig. 10»). Ce qui m'a intéressé dans les aventures du fils des âges farouches (Rahan), c'est le générique du début de chaques épisodes. On y retrouve, en effet, les origines de Rahan et son destin. Rahan viendrait ainsi d'une population vivant au bord du volcan du Mont Bleu et notre héro serait le seul survivant de sont éruption, il y a de cela 500'000 saisons. Dès lors, son destin sera de découvrir la mystérieuse « tanière du soleil » et de rejoindre la horde de « ceux qui marchent debout : les hommes: ». Cette dernière phrase nous indique qu'il y aurait un groupe d'homme, probablement en Afrique vue l'environnement géographique de Rahan, qui deviendraient les « hommes », c'est-à-dire les Homo Sapiens Sapiens. On voit que Lecureux fait implicitement référence à l'hypothèse « Out of Africa ».(« Fig.10 : Couverture de la VHS de Rahan »)
D'après ces sept documents, six d'entre eux plébiscites plus ou moins directement l'hypothèse « Out of Africa ». Ainsi une origine récente et surtout l'unité des différents peuples serait privilégié.
Ce qui est très intéressant c'est de découvrir que cette idée d'homogénéité de l'espèce humaine n'est que très récente (environ 1930) et que durant de longues années, nous pensions que la couleur de la peau de l'homme déterminait son origine («cf. fig. 1»). Je pense d'ailleurs que de nos jours, la grande majorité des personnes qui lisent ces premières hypothèses ont un sourire aux lèvres. La relation entre la couleur de la peau et une espèce de singe nous parait absurde. Cependant, si on se replonge dans la situation sociopolitique de l'époque, ces hypothèses permettaient une hiérarchisation des « races » justifiant des pratiques tel que l'esclavage. cet amalgame durant cette période ainsi compréhensible. Ces idées ne correspondaient évidemment pas avec un scénario où tous les hommes modernes auraient une origine récente et commune, impliquant une égalité entre eux. Rappelons que la Déclaration universelle des droits de l'homme date seulement de 1948 ! On peut dès lors comprendre qu'une hypothèse comme « l'arche de Noé » (1988) n'ai pu voir le jour auparavant.
Personnellement, l'hypothèse « Out of Africa » me paraît éthiquement la meilleure. Il m'est, en effet, difficile d'imaginer qu'une personne vivant, par exemple, dans un village éloigné en Afrique ai une origine très éloigné de la mienne. Nous avons beaucoup plus de ressemblances que de différences, non ? Mais alors pourquoi des personnes pense t'elle le contraire ?
La première raison qui me vient à l'esprit est une raison idéologique. En effet, l'Histoire nous a démontré que dans certaine pensée ou doctrine, une origine récente de l'Homo sapiens sapiens ne peut être admise. L'exemple le plus flagrant est l'idéologie nazi du 20e siècle. Elle exprimait l'idée d'une « race » supérieur. Cette dernière aurait, évidemment, le moins possible de liens avec d'autres hommes physiquement ou religieusement différents. Ceci induit une séparation très ancienne de ces soi-disant « races » et des critères hiérarchique entre elles.
A travers cet exemple, on se rend aussi bien compte que les croyances peuvent venir interférer ou influencer les différents scénarios possibles. Lorsqu'un paléontologiste découvre des fossiles, il aura, et cela par rapport à son idéologie, des hypothèses préétablies qui influenceront l'orientation de des résultats de sa découverte. On comprend dès lors mieux la question de l'importance de la représentation de chaque individu ou plutôt de chaque population par rapport à sa région du globe terrestre. Ceci m'amène à l'exemple des paléontologistes chinois qui privilégie une hypothèse polycentriste (Candélabre) par rapport à leurs découverts de fossiles sur leur territoire (Poloni 1991). L'idéologie chinoise étant plutôt repliée sur elle-même, il n'est pas surprenant qu'elle privilégie cette hypothèse.
Une autre influence, qui peut être très importante selon Poloni, est l'origine du financement des recherches. Que ce soit un gouvernement ou des privés, le paléontologiste qui est « sponsorisé » pour son travail doit rester en bon terme avec son patron s'il veut continuer ses recherches, ce qui veut aussi dire qu'il a plutôt intérêt à arriver aux résultats espéré par son employeur. Il est aussi préférable que ses découvertes soient compatibles avec l'idéologie de son « sponsor ».
Toutes les recherches ne sont, malheureusement, pas toujours très objectives. De plus, si un paléontologiste veux continuer à se faire payer pour ses recherches, il faut impérativement qu'il fasse des découvertes et que ces dernières soient intéressantes. Il peut être amené à transformer des découvertes de fossiles d'espèces connues en découvertes de nouvelles espèces.
Par ailleurs, je pense que le plus gros problème pour les paléontologistes du monde entier sont les moyens qu'ils ont pour confirmer leurs hypothèses. En effet, il n'est pas rare que les fossiles soient fragmentaires, qu'il y ait une approximation de la datation et même parfois des problèmes avec les échanges de données des découvertes au niveau international (Poloni 1991). Tous ces inconvénients font que les résultats et scénarios qui découlent de certaines découvertes ne s'appuient, à mon avis, que sur trop peu de certitudes.
Par conséquent, l'hypothèse des migrations à répétitions ou scénario intermédiaire me paraît plus plausible. Elle essaie de prendre en compte les principaux types de recherche exécutées jusque-là, l'étude de l'ADN, l'étude des chromosomes, etc: Son avantage est qu'elle combine à peut près les deux autres hypothèses avec une apparition de l'homme commune mais avec de multiple croisement entre différentes population du genre Homo. Elle confirmerait aussi une grande migration de l'Afrique, il y a de cela 150'000 ans, mais sans un remplacement totale des populations déjà existante. Seulement des échangent génétique entre ces dernières. A mon avis, sa volonté de rassembler toutes les différentes recherches fait sa force et la rend plus plausible que les autres. La conséquence pour la société est plus bénéfique, selon moi, car chacun peut se reconnaître à travers cette hypothèse et l'homogénéité de l'espèce humaine n'est que renforcée. Les croisements génétiques à répétitions entre les populations à travers le monde nous rapproche et nous enrichissent. Nous sommes proche de notre voisin toute en sachant que nous sommes uniques.
Pour conclure, toute cette analyse nous a démontré que le sujet des migrations et des origines de l'homme est très complex. Beaucoup d'éléments se croisent ou prennent de la distance et l'objectivité des résultats est parfois très difficile. Ce qui est surtout très intéressant c'est que l'homme se pose naturellement des questions sur son origine et essai de découvrir d'où et il vient. Actuellement, les journaux « tout publique » publiant des articles sur de nouvelles découvertes de fossiles ou de nouveaux scénarios sont courants. Ils captivent toujours autant le grand publique. La récente exposition du musée de l'Homme de Paris « Tous parents, tous différents » a, par son grand succès, confirmé l'engouement populaire.
Comme me l'a exprimé E. Poloni lors de son interview : « ce qui est sûr c'est que le travail ne manque pas en anthropologie ! ». En effet, il faut continuer les recherches pour se rapprocher toujours plus de « la vérité » sur nos origines qui, à mon avis, ne sera jamais totalement certaine. D'ailleurs, c'est sûrement mieux comme cela, toujours un peu d'incertitude ne peu faire avancer l'être humain que plus loin.
Pages WEB
Remerciement à Estella Poloni pour avoir accepté que je l'interviewe et de m'avoir éclairci sur de nombreux points !
Remerciement aussi à Gisèle Gerber et à mes parents pour leur précieuse aide pour que ce travail soit lisible !
Et pour finir un grand remerciement à mon maître accompagnant, François Lombard, qui m'a guidé et soutenu durant toute la réalisation de ce travail de maturité !
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