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No 28 – Un ouvrage de référence (1536)
Un ouvrage majeur de le Réforme francophone, l’Institution chrétienne de Jean Calvin se présente essentiellement comme un manuel de l’enseignement chrétien.
L’édition de 1536
La première édition paraît en latin à Bâle en 1536. Dans la préface adressée au roi François Ier, Calvin défend l’idée que les protestants sont de bons chrétiens qui ne veulent nullement s’opposer au pouvoir royal.
La première édition comprend six chapitres : Calvin reprend les idées de Luther sur le salut gratuit et expose les principaux éléments de la foi chrétienne : le décalogue, le credo, le Notre-Père et les sacrements. Comme Luther, il n’en reconnaît que deux : le baptême et la Cène.
Le dernier chapitre intitulé « la liberté chrétienne » est plus personnel. Calvin se préoccupe de l’organisation de la cité. D’après lui, Il y a une seule exception à l’obéissance au magistrat : quand la loi du magistrat est contraire à la loi de Dieu. Calvin prêche la résistance passive.
Ces intuitions du jeune Calvin sur la cité seront maintenues tout au long de son œuvre, sans modification majeure.
Les éditions postérieures
L’édition de 1539 comporte dix-sept chapitres et l’ordre est totalement modifié. Les premiers chapitres traitent d’abord de Dieu, de l’homme. Alors que la pensée de Luther est centrée sur Jésus-Christ, celle de Calvin l’est sur Dieu. La formule latine : « soli deo gloria » (à Dieu seul la gloire) résume bien cette accentuation.
La doctrine de la prédestination reste attachée au nom de Calvin. Pourtant il ne l’a pas inventée, mais reprise de saint Augustin. Elle est inséparable de la doctrine du salut gratuit. Pour Calvin, si Dieu seul est maître du salut, c’est donc lui qui choisit les élus et les réprouvés. La prédestination pour Calvin est une conséquence logique du salut gratuit. Elle souligne la priorité de l’initiative divine.
En ce qui concerne la Cène ou l’eucharistie, Calvin rejette la présence matérielle du Christ dans le pain et le vin. Pour lui, le Christ est présent dans ce repas communautaire à travers la foi des fidèles.
En ce qui concerne l’exercice du pouvoir, Calvin distingue le pouvoir ecclésiastique et le gouvernement civil. Il est opposé à l’ingérence du magistrat dans les discussions de l’Église. Contrairement à une idée très répandue, Genève au XVIe siècle est loin d’être une théocratie. Mais, grâce à Calvin, l’Église a pu obtenir une certaine autonomie par rapport à l’État ce qui lui a permis de fonctionner même quand l’État lui était hostile.
Source de l’article: http://www.museeprotestant.org/notice/linstitution-de-la-religion-chretienne/