Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07007.jsonl.gz/108

Les données actuelles suggèrent qu’une consommation d’alcool à risque augmente le risque de maladies cardiovasculaires (MCV) et de mortalité. Si ces associations ont été démontrées à de nombreuses reprises chez les adultes sans infection VIH, elles doivent maintenant être abordées chez les patients infectés par le VIH chez lesquels autant la progression de la maladie VIH que la thérapie antirétrovirale ont été liées aux MCV. Dans cette étude, les auteurs ont cherché à déterminer l’association entre consommation d’alcool et MCV chez des patients masculins infectés par le VIH en utilisant les données transversales de 4743 participants de l’étude de cohorte «Veterans Aging Cohort Study», une étude prospective d’hommes infectés par le VIH et de personnes-contrôles non infectées, assortis en termes de race, d’âge et de site. 51% des participants étaient infectés par le VIH. Les résultats étaient ajustés pour les variables sociodémographiques, les facteurs de risques cardiovasculaires traditionnels, les maladies du foie ou des reins, l’infection à l’hépatite C, la consommation de cocaïne, l’exercice, l’adhérence à la thérapie antirétrovirale et le nombre de CD4.
Les MCV étaient courantes parmi les patients infectés et non infectés par le VIH (15 et 20% respectivement), tout comme la consommation d’alcool à risque* (33 et 31%) ainsi que l’abus et la dépendance à l’alcool (21 et 26%).
La consommation d’alcool à risque, comparée à la consommation modérée, était associée à une prévalence augmentée de MCV (odds ratio (OR) : 1,43), ainsi qu’à l’abus et à la dépendance à l’alcool (OR : 1,55) parmi les hommes infectés par le VIH.
Une interaction a été observée entre le statut VIH et la consommation d’alcool (p = 0,001), suggérant que l’association entre consommation à risque d’alcool et MCV était plus prononcée parmi les hommes infectés par le VIH que parmi les non-infectés.
Commentaires : Ces résultats suggèrent que, comparée à une consommation d’alcool modérée, une consommation d’alcool à risque est associée à une plus haute prévalence de MCV chez les patients infectés par le VIH. Cette association pourrait être plus prononcée chez les personnes ayant une infection VIH que chez ceux qui n’en ont pas. Toutefois, certaines limitations méthodologiques sont à noter. Premièrement, les études transversales ne permettent pas d’évaluer la causalité de la relation observée. Deuxièmement, l’exposition à la médication antirétrovirale était autoreportée et des informations sur le cumul et le type d’exposition manquaient. Ceci est important, car la médication antirétrovirale a été associée au développement de facteurs de risque traditionnels des MCV (par exemple intolérance au glucose et hyperlipidémie). De prochaines études longitudinales devraient investiguer l’incidence des MCV chez les personnes infectées par le VIH ayant une consommation d’alcool à risque, en portant une attention particulière aux antécédents de traitements antirétroviraux.