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chapitre 4 La modélisation des processus cognitifs
La décision, même simple, fait partie d'une action (angl. "acting behavior"). Dans un sens étroit seulement, elle se ramène à un choix. Dans un sens plus général, la décision implique des opérations cognitives: la perception initiale du problème, la formulation de buts, leur définition pas à pas, leur transformation et leur réduction par des processus de résolution de problèmes (y compris le choix) jusqu'à ce qu'une solution soit trouvée. La solution peut être définie comme plan d'action à exécuter partiellement par l'acteur et partiellement par l'environnement. L'action sociale est toujours "située" (cf. Suchman 87). Les décisions-actions complexes dans des environnements actifs et complexes comme le monde politique ont une structure qui ne se limite pas à l'enchaînement des quelques éléments cités, elle se constitue à partir de multiples décisions subordonnées.
La décision est un produit de "fonctions" internes et externes. Pour le psychologue, elle est le produit d'un problème (tel qu'il est perçu par le décideur) et de la nature du décideur. Cette perspective isole trop le décideur de son environnement cognitif externe. Pour le sociologue ou le politologue cognitiviste, la décision implique des processus cognitifs, des requêtes de communication et des facteurs sociaux internalisés. Le processus de décision interne est le fruit d'une multitude de structures de connaissances interagissantes, actives et passives, épistémiques et heuristiques.
Nous distinguons entre (1) la décision-processus, (2) la décision simple et (3) la decision complexe (ou les décisions au sens propre), et finalement (4) la décision-choix. En ignorant un peu le principe d' "ouverture" de la décision sociale, on définit ces trois catégories de la façon suivante:
Par la suite, nous esquisserons la décision simple et la décision processus par deux modèles idéal-typiques. Les étapes de la décision que nous allons présenter ne sont pas des étapes causales et temporelles strictes. Ces modèles décrivent en termes rationnels la prise d'une décision, mais ne représentent pas une réalité psychologique précise*1. Il existe trois raisons principales pour cela: (1) seuls des problèmes fermés (comme un problème arithmétique) peuvent être définis en terme d'état indésiré à transformer en état de but à l'aide d'un certain nombre d'opérateurs connus*2. Beaucoup de problèmes en politique sont mal définis. L'état actuel du problème et le but à atteindre sont souvent mal connus et doivent être élaborés dans un dur labeur. (2) Un décideur politique doit s'occuper de plusieurs problèmes à la fois. Ces problèmes ont une interdépendance qui peut être forte, par exemple, ils peuvent affecter des buts communs. Aussi, même si un problème est attaqué d'une façon isolée, il n'est jamais perçu totalement en dehors du contexte. Sa perception, la définition de buts, les moyens d'actions envisagés etc. sont affectés par cet effet "réseau". (3) Dans de nombreux problèmes, les solutions ne sont pas trouvées par des moyens clairs et transparents, mais par des processus de raisonnement (individuels ou institutionnels) associatifs comme l'analogie. Ce dernier argument nous impose des limites épistémologiques que nous allons discuter plus tard.
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