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La Commission européenne a expliqué lundi qu'elle attend désormais de la Suisse qu'elle verse le milliard de cohésion. Pour rappel, la Suisse a suspendu ce paiement, estimant être victime de mesures discriminatoires de la part de Bruxelles. Si Berne juge que ces dossiers ne doivent pas être liés, Bruxelles l'utilise comme un moyen de pression.
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Car les Vingt-Sept savent qu'ils ont là un levier important. En 2014, dans la foulée de l'acceptation de l'initiative sur l'immigration de masse, la Suisse avait été éjectée de plusieurs programmes européens dans la recherche, l'innovation ou encore les échanges pour les étudiants "Erasmus". Si la Suisse avait été intégralement réintégrée en 2017, la question se repose sept ans plus tard.
Un air de déjà vu
"Comme en 2014, un accord sur la recherche, que les deux parties souhaiteraient conclure, devient un otage dans une négociation politique à plus grande échelle", estime le président du Conseil des Ecoles polytechniques fédérales Michael Hengartner, invité mercredi dans La Matinale.
Comme le nouveauest en cours d'élaboration, la participation de la Suisse peut donc être réévaluée. Les négociations sont prévues pour le 2e trimestre 2021, soit maintenant. Pour la Suisse, le pire des scénarios serait d'être considérée comme un Etat tiers au même titre que les Etats-Unis ou la Chine.
Le budget fixé par l'Union européenne avoisine les 100 milliards d'euros (110 milliards de francs). Mais, l'enjeu central, ce ne sont pas les millions. Car le Conseil fédéral a prévu un plan B et il financera, seul, les projets si nécessaire.
Continuer de jouer dans la cour des grands
Cette solution ne convient pas au président du Conseil des Ecoles polytechniques fédérales: "C'est comme si vous dites à Roger Federer qu'il ne peut plus participer aux grands tournois internationaux de tennis, parce qu'il est Suisse. Mais, en compensation, on lui organise un petit tournoi à Gstaad où il recevrait autant d'argent que s'il avait gagné à Wimbledon. Certes, l'argent serait là, mais la réputation et la capacité de prouver qu'on est le meilleur au monde ne seraient pas là."
Nos chercheuses et chercheurs ne pourront plus participer aux compétitions scientifiques internationales où ils vont chercher des subsides, mais aussi les honneurs et le respect de leurs collègues
Et d'ajouter: "Nos chercheuses et chercheurs ne pourront plus participer aux compétitions scientifiques internationales où ils vont chercher des subsides, mais aussi les honneurs et le respect de leurs collègues."
Michael Hengartner estime que la recherche suisse "ne va pas mourir": "Nous ne sommes pas morts en 2014. (...) Mais vous ne pouvez pas être le capitaine de l'équipe si vous ne faites pas partie de l'équipe. Si nous devenons un Etat tiers, ce serait nous tolérer, mais pas dans une position de leadership."
>> L'interview complète de Michael Hengartner dans La Matinale:
Marie Giovanola/Romaine Morard/Valentin Jordil