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« Il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer ». Cette citation fameuse a été prononcée par un des personnages figurant sur le Mur des Réformateurs, Guillaume le Taciturne. Ce farouche Hollandais, qui se battait pour l’indépendance des Pays-Bas protestants contre l’Espagne catholique, est un des Guillaume réunis sur ma guirlande de Guillaume, tressée dans ma chronique « Entre guillemets ».
Celui qui a lancé ma liste était ce Guillaume, inventeur des guillemets, dont on ne connaît pas grand-chose sinon qu’il était imprimeur.
Il y a beaucoup de Guillaume, bons ou mauvais, ce qui dépend du côté où l’on se place. Tout d’abord, plusieurs saints, dont Guillaume le Grand, dit Guillaume au Court Nez, héros d’une chanson de gestes au 9e siècle, se battit contre les Sarrasins et fonda un monastère. Et plusieurs poètes du Moyen Age, les plus conus étant Guillaume de Lorris et Guillaume de Machaut, qui était aussi compositeur.
Guillaume le Conquérant porte bien son surnom puisque que, venant de sa Normandie natale, il conquit l’Angleterre à la bataille de Hastings en 1066. Ten sixty six est encore en Angleterre une date à la fois honteuse et magistrale. La langue anglaise en garde la marque indélébile.
Il fut le premier Guillaume d’Angleterre. Le troisième venait aussi de l’étranger. Ce Guillaume est arrivé de Hollande où il avait la fonction de stathouder. Comme sa mère était la fille de Charles Ier d’Angleterre, il pouvait prétendre à la couronne anglaise. Après avoir lutté efficacement contre Louis XIV - n’hésitant pas à ouvrir des digues au nord du Rhin pour freiner l’invasion française - il s’imposa en Angleterre. Champion du protestantisme, il détrôna son beau-père catholique Jacques II dont il avait épousé la fille. Lorsque l’on cite les rois d’Angleterre, on ne dissocie pas Guillaume III de sa femme Marie, c’est toujours William and Mary.
Un Guillaume porte le surnom de Mauvais : il était roi de Sicile au 12e siècle. Heureusement son fils Guillaume n’a pas suivi son exemple puisqu’on l’a surnommé Guillaume le Bon. En Ecosse, Guillaume le Lion est sans doute influencé par son allié, Richard Cœur de lion.
Pour rester dans les chefs d’Etat, il faut citer le misérable Guillaume II d’Allemagne, initiateur de la première guerre mondiale qui mit fin à la Belle Epoque et laissa ruines et cimetières joncher la France. Il est mort tranquillement dans un château en Hollande où il aimait scier les arbres comme il avait brûlé ceux de France.
En Suisse, nous avons nos Guillaume, moins majestueux mais non moins remarquables. L’un d’eux fut Prix Nobel en 1920 : Charles-Edouard Guillaume, physicien né à Fleurier en 1861, est mort en 1938 à Sèvres où il était directeur du Bureau international des poids et mesures.
James Guillaume, un autre Neuchâtelois, né à Londres en 1844 et mort en 1916, a été un anarchiste actif, fondateur d’une section de l’Internationale, ami de Bakounine, mais aussi de Ferdinand Buisson (futur Prix Nobel de la paix) , dont il appréciait la pédagogie et avec lequel il collabora pendant des années. L’éducation était pour lui un moyen d’émancipation politique du peuple.
Enfin, n’oublions pas l’icône helvétique, Guillaume Tell, même s’il n’a pas existé.