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Cette conférence pluridisciplinaire a pour objet le dialogue des différentes approches sur l'évolution institutionnelle de la dette publique. Des économistes, politistes, philosophes et historiens ont récemment proposé publiquement l'annulation des dettes publiques détenues par la B.C.E. dans le cadre de sa politique de rachat dite "d'assouplissement quantitatif" (Quantitative Easing). Cette proposition, signée par 150 universitaires et acteurs politiques a provoqué une réponse publique opposée de 80 autres chercheurs. Ce débat, par son intensité et les lignes de fracture doctrinales révélées (ou réactivées), a marqué un temps fort de la réflexion collective sur l'évolution des institutions financières. Après ce tumulte médiatique, il apparaît propice et souhaitable d'entamer un dialogue académique sur cette question.
17 septembre 2021, Lausanne, en ligne.
La dette publique est un objet complexe, ancien, à la marge entre finances publiques et marchés financiers, soit une entrée idéale pour un état des lieux de la recherche normative sur l'évolution souhaitable des institutions. La dette étatique sous sa forme contemporaine, appelée "dette souveraine" ou "dette publique", a une histoire mouvementée. Certains chercheurs (North et Weingast, 1989, Macdonald, 2006) situent à la fin du XVIIème siècle anglais la stabilisation de cette forme particulière d'emprunt d'État auprès des détenteurs de capitaux privés sous la forme d'un marché (primaire et/ou secondaire), emprunts adossés à l'émission d'une monnaie de papier et d'un système politique représentatif. Ces systèmes d’emprunt ont créé les marchés financiers. Récemment, un ensemble d'auteurs (Salmon et Christ, dir., 2018), dont le philosophe Jürgen Habermas, ont porté un regard à la fois inquiet et attentif aux effets potentiels de la dette publique (et de son instrumentalisation) sur l'érosion du modèle social européen.
Cette conférence, partant des récents débats sur l'annulation des dettes détenues par la BCE, entend en creuser et développer les dimensions théoriques, historiques, éthiques, légales, voire environnementales (puisque de nombreuses propositions actuelles portent sur l'intégration d'objectifs "verts" au sein des systèmes financiers privés et publics).
Les communications répondent (sans s'y limiter) aux axes suivants :
- Raisons, opportunité et faisabilité économique (ou non) d'une annulation nécessaire des dettes publiques européennes détenues par la B.C.E.
- Actualité des débats théoriques sur les finances publiques et leur évolution
- Histoire et conséquences des annulations passées de dettes publiques
- Éthique de la dette publique : normativité et comportements institutionnels induits par l'endettement étatique