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Sommaire
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Le territoire de Suisse romande, comme celui de la Suisse entière, est truffé de milliers d’ouvrages militaires allant des plus petits comme des structures anti-char, les fameux « toblerones », à des structures plus grandes pouvant accueillir des soldats en très petit nombre jusqu’à plusieurs dizaines comme des bunkers, des fortins ou même des forts.
Des « Toblerones » proches des gorges de la Poëta-Raisse dans le canton de Neuchâtel !
Dans cet article, nous allons nous intéresser aux forts les plus grands de Suisse romande. Ceux qui étaient capables de contenir une troupe de manière autonome pendant plusieurs semaines. Il vaut la peine d’en visiter pour se rendre compte des défenses militaires suisses de la deuxième guerre mondiale et de la guerre froide.
Les forts militaires autour de Saint-Maurice et dans l’axe du Grand-Saint-Bernard. Panneau dans le fort d’Evionnaz.
Le réduit national est un concept de repli de l’armée Suisse dans des fortifications au niveau des montagnes des Alpes. Le but était de retarder l’avancée de l’ennemi dans le jura et le plateau Suisse et se barricader dans les forts des Alpes pour mieux résister. Le concept du réduit national date de la fin des années 1930 et devait rentrer en application en cas de conflit lors de la 2e guerre mondiale ou de la guerre froide. Peu connu à l’époque de la 2e guerre mondiale. Il est devenu mythique après coup.
Le réduit national était constitué de 3 forteresses principales, la forteresses de Saint-Maurice en Suisse romande , celles du Gothard et de Sargans en Suisse Allemande. Chaque forteresse était constituée d’un ensemble de forts principaux et d’une multitudes d’autres ouvrages défensifs mineurs.
La Forteresse de Saint-Maurice comprenait les forts de Savatan et surtout Dailly, avec ses 12 km de galerie (5 km pour Savatan), côté rive Est du Rhône dans le canton de Vaud. Côté Ouest en Valais les fort du Scex et de Cindey faisaient office de contre-ouvrage pour protéger les deux premiers forts. Des forts étaient disposés au Sud et au Nord de la forteresse pour en empêcher son accès. Le Nord comprenait la zone du Chablais et le Sud les zones de Martigny, du Grand-Saint-Bernard et du Trient.
Une carte du réduit national exposée au fort d’Evionnaz.
Depuis le début du 21e siècle, tous les forts militaires de Suisse romande sont désaffectés a l’exception d’une partie du fort de Dailly qui reste jalousement sous la contrôle de l’armée suisse. La raison de cette désaffectation est que les forts ne répondent tout simplement plus aux menaces d’aujourd’hui car les conflits se sont maintenant déplacés dans le domaine électronique et militairement, l’évolution des armes balistiques fait que les forts pourraient, en quelques secondes, être détruits par des missiles tirés à des milliers de kilomètres des cibles. Certains forts se sont même retrouvés à vendre.
La majorité des forts ont été repris par des associations qui en assurent l’entretien.
Les forts principaux étaient constitués de trois types:
Chaque fort était protégé par de nombreuses structures défensives plus petites comme par exemple des bunkers, des postes de mitrailleuses, des mines ou un réseau dense de fils barbelé.
En Suisse, les ouvrages militaires, petits ou grands, sont listés à partir de la pointe sud-ouest du territoire avec la lettre A suivi d’un numéro. Par exemple, le fort de Commeire est listé en tant que A27.
Tous les forts sont visitables, mais seulement six d’entre eux, listés ci-dessous et visités par La Torpille, le sont sans réservation, généralement en été quelques jours par semaine. Les horaires sont à consulter sur le site internet des forts en s’aidant le tableau plus bas. La visite des autres forts doit se faire sur réservation. Il ne faudra pas oublier un pull, car la température dans la roche est d’environ 8 à 10 degrés. Les prix adultes et enfant en francs sont ajoutés sur la droite du listing ci-dessous.
Le forts sont classés par ordre d’intérêt à la visite. Le fort de Pré-Giroud dans le jura vaudois et le Fort de Chillon près de Montreux sont clairement les plus intéressants à visiter. Toutes les visites, d’une durée d’une à deux heures, se font accompagnées par un guide sauf pour le fort d’Evionnaz et de Chillon.
La Torpille liste ci-dessous les principaux forts de Suisse romande.
Légende:
Forts du Jura
Forts du Chablais
Forts Nord Saint-Maurice
Forteresse de Saint-Maurice
Forts Sud Saint-Maurice
Forts vallée du Trient
Forts zone Grand-Saint-Bernard
Le fort de Pré-Giroud avait pour but d’empêcher l’intrusion en Suisse par le col de Jougne. Il s’agit du fort le plus intéressant à visiter de Suisse romande avec le fort de Chillon, il est conservé dans l’état où la troupe la quitté avec tout son infrastructure et son armement. De plus, la Torpille à été agréablement surpris par la passion qui anime les animateurs au cours des visites guidées.
Une vidéo de la visite du fort par la chaine de télévision « la télé ».
Le Fort de Chillon est un avant-poste de défense de la forteresse de Saint-Maurice. Il surveille l’étroit passage au niveau du château de Chillon situé juste à côté. Il était armé de canons anti-char et d’artillerie.
La visite du fort de Chillon est ouverte en 2020 et c’est une activité qui mérite le détour avec une magnifique mise en valeur de ce qu’était un fort militaire de l’armée Suisse pendant la 2e moitié du 20e siècle. Contrairement au fort de Pré-Giroud, la visite du fort de Chillon est libre avec un fléchage au sol pour suivre le parcours.
L’entrée du fort de Chillon juste en face du château de Chillon.
Une vidéo sur la visite du fort de Chillon.
Le fort de Champillon est un fort d’artillerie recyclé en musée. Malheureusement le musée n’est plus ouvert actuellement.
Une vidéo sur l’extérieur du fort de Champillon.
Situés au nord de la position de Saint-Maurice se trouvent les forts secondaires de :
Une vidéo sur le fort du Petit-Mont.
La forteresse de Saint-Maurice compte quatre forts, les forts du Scex et de Cindey côté Ouest en Valais qui font face aux forts de Dailly et Savatan côté Est dans le canton de Vaud. Le cœur de la forteresse est le fort de Dailly avec ses plus de 12 kilomètres de galerie ce qui en fait le plus grand fort militaire d’Europe.
Les forts valaisans:
Le fort du Scex est construit en 1911, amélioré jusqu’en 1952 et militairement abandonnée en 1995. Il est accessible, comme le fort Cindey, par la galerie menant à la grotte aux fées.
Les canons d’artillerie du fort du Scex sont situés tout proche de la chapelle Notre-Dame du Scex.
Construit entre 1941 et 1946 , le fort Cindey est amélioré entre 1948 et 1952 et abandonnée militairement en 1995. Il s’agit avec le fort Pré-Giroud d’un des seuls forts militaires de Suisse romande visitable de manière régulière et sans réservation.
L’entrée de la grotte aux fées menant au fort Cindey.
Un râtelier servant au support des fusils des soldats à l’intérieur du fort Cindey. Ici des fusils d’assaut de type Fass-57 utilisés dans l’armée suisse de 1957 à 1989.
Les forts vaudois:
Le fort de Dailly est la plus grande forteresse militaire d’Europe avec environ 20 kilomètres de galeries, une base militaire qui était au cœur du dispositif de la forteresse de Saint-Maurice et une pièce maîtresse du réduit national. Ce fort est malheureusement peu mis en valeur au niveau du public.
Reportage vidéo sur le fort de Dailly.
Le fort de Savatan est situé au-dessous du fort de Dailly et relié à ce dernier par un funiculaire souterrain.
Le fort d’Evionnaz est ouvert à la visite quelques mois en été. Il est le seul fort à être visité sans guide et il propose un musée historique militaire le long de ses galeries. Les pièces où se trouvent les armements comme les mitrailleuses et les canons d’artillerie ne sont pas accessibles au public.
Région Martigny:
Ce fort été recyclé en jeu d' »Escape Game« qui est un jeu, se jouant en équipe, dont le but est de s’échapper d’un lieu dont on est enfermé et ceci dans un temps imparti souvent une heure. Le concept de ce jeu très récent et très à la mode est originaire du Japon.
Il s’agissait d’un fort des deux côtés des gorges du Trient destiné à la lutte contre les chars. Chaque partie du fort était relié par un pont.
À côté des gorges du Trient, l’entrée du fort de Vernayaz par le tunnel du train et les emplacements de sortie des canons anti-char.
Vidéo publicitaire humoristique pour l' »Escape Game » du fort de Vernayaz. Les vieux uniformes de l’armée suisse avec leur taches rouges sont devenus mythiques.
Le fort des Follatères est situé sous un éperon rocheux appelé « Les Follatères » au niveau de la position stratégique du coude du Rhône à Martigny. Sa fonction est double:
Vidéo du fort des Follatères par un drone.
Les ouvrages militaires de la vallée du Trient étaient positionnés en quatre secteurs de manière à empêcher une intrusion depuis Chamonix et la France en direction de la vallée du Rhône et la forteresse de Saint-Maurice, un des trois piliers du réduit national. Chacun des quatre secteurs listés ci-dessous était constitué de petits bunkers, d’ouvrages défensifs divers ou de structures minées. Il n’y a pas de fort à proprement parlé dans ce secteur, seul le fortin de Litroz possède une plus importante structure.
Le fortin de Litroz est le plus grand fort de la vallée du Trient. Situé au niveau de Tête Noire au-dessus des gorges Mystérieuses, il est visitable sur réservation.
Vidéo sur une simulation d’attaque du fort de Litroz
Vidéo sur la vie dans le fort de Litroz.
La zone militaire du Grand-Saint-Bernard regroupe les trois vallées de la Drance (Drance de Bagne, Drance d’Entremont et Drance de Ferret). Des centaines de petits ouvrages étaient positionnés dans cette zone et les deux plus imposants étaient les forts d’artillerie de Commeire, près d’Orsières et de Champex pour surveiller l’accès au col de Grand-Saint-Bernard.
Le point stratégique majeur de la région du Gd-St-Bernard était bien évidemment le col du Gd-St-Bernard, le seul point de franchissement des Alpes du nord au sud en Valais avec le col de Simplon.
Le col du Grand-Saint-Bernard avec le fameux hospice. L’Italie se trouve à une cinquantaine de mètres après le col.
Le barrage des Toules avec la route du Grand-Saint-Bernard sur la gauche. Cette dernière doit être reconstruite et relevée lors de la construction de l’édifice au milieu du 20e siècle.
Le fort de Commeire surveille la route du Col du Grand-Saint-Bernard jusqu’à la hauteur du barrage des Toules.
Une vidéo sur un canon du fort de Commeire.
Le fort de Champex-Lac surveille le Val Ferret et une petite partie de la route menant au col du Grand-Saint-Bernard. Le Val Ferret est moins important d’un point de vue militaire, car il ne permet pas d’accéder en Italie par une route carrossable.
|Forts||Chillon|
A390
|Champillon|
A365
|Dailly|
A250
|Savatan|
A200
|Scex|
A160
|Cindey|
A155
|Evionnaz|
A80
|Vernayaz|
A68/69
|Follatères|
A66
|Commeire|
A27
|Champex|
A46
|Pré-Giroud

A577
|Commune||Veytaux||Corbeyrier||Lavey-Morcles||Lavey-Morcles||saint-Maurice||saint-Maurice||Evionnaz||Vernayaz||Matigny||Orsières||Orsière||Vallorbe|
|Canton||Vaud||Vaud||Vaud||Vaud||Valais||Valais||Valais||Valais||Valais||Valais||Valais||Vaud|
|Construction||1941-1942||1942-1944||1892-1995||1892-1995||1911-1915|
1915-1924
1935-1936
1938-1939
1940-1946
1948-1952
|1940-1946|
1948-1952
|1940-1943||1941-1942|
|Décomissionement||1995||1995||1995||1995||1995|
Désarmé en 1983
|1995||1999|
(Désarmé 1986)
|1999|
|Ouverture à la visite||2020||2014||2014||2002||2002||Oui||Sur reservation|
|Zone Miliataire||Chablais||Chablais||Saint-Maurice||Saint-Maurice||Saint-Maurice||Saint-Maurice||Saint-Maurice||Saint-Maurice||Saint-Maurice||Gd-St-Bernard||Gd-St-Bernard||Jura Vaudois|
|Type de fort||artillerie/ac||artillerie||artillerie||artillerie||artillerie||artillerie /ac||anti-char||anti-char||artillerie||artillerie?||artillerie|
|Armement au moment du démantellement||2 canons 90 mm|
Mitrailleuses 7.5 mm
|2 canons 105mm||2 Canons tourelle de 15 cm L 42 1958|
1 Lance-mine de forteresse de 12 cm 1959 / 83
2 Canons tourelle de 10,5 cm L 52 1939
4 Canons de 10,5 cm L 42 1939
1 Canon antichar de 9 cm 1950 / 57
4 Lance-mines de forteresse de 8,1 cm 1956 / 60
17 Mitrailleuses de forteresse 1951 / 80
|2 obusiers 105mm|
2 lance-mines 120mm
2 lance-mines de 81mm
12 mitrailleuses
|8 canon 75mm||2 canons 105mm|
4 canons ach 90mm
3 mitrailleuses
|5 canons ach 90mm|
2 Mitrailleuses
|canons ach 90mm|
Mitrailleuses
|2 canons de 75mm direction Saint-Maurice|
2 canons de 75mm direction Forclaz
2 canons de 105mm direction Gd-St-Bernard
|4 canons 75mm||8 canons 105mm et 2 canons 75mm||3 canons 105mm

1 canon ach
3 mitrailleuses 7.5mm
|Nombre d’homme||252||172 (avant désarmement)||173||140||130|
|Autre||Visite Libre||Plus grande fort d’Europe|
Funi Savatan-Dailly
|Funi Savatan-Dailly||Connecté à Cindey par galerie naturelle|
Téléphérique
|Connecté à Scex par galerie naturelle|
Téléphérique
|AVEC VISITE GUIDEE|
› Une exposition de casques romains et antiques et modèles réduits de machine de guerre
› Une exposition de figurines de soldats et chefs militaires
|3 niveaux||600m de galerie|
Le lien suivant montre la localisation géographique des forts militaires de Suisse romande.
D’autres pays en Europe possèdent, comme la Suisse avec son réduit national, des fortifications en béton qui datent des années 1930 à 1945 dont nous donnons ici un bref résumé. Ces fortifications en Europe étaient des lignes de défenses plutôt qu’une zone de repli comme le réduit national, mais l’armement et le type de construction étaient relativement similaires.
L’histoire a montré qu’aucune ligne fortifiée n’a été en mesure de stopper l’ennemi en temps de guerre, tandis que le réduit national, lui, ne fut tout simplement pas utilisé, car la Suisse fut épargnée par la deuxième guerre mondiale.
Une vidéo sur la ligne Maginot.
Une vidéo sur les forteresses de l’Atlantique.
La Torpille remercie chaleureusement Monsieur Pierre Frei de Saint-Maurice pour ses nombreux renseignements.
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