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A propos de l'article : «Autopsie d'une débâcle en trois mensonges ou Supra ne répond plus
» de J.-M. Guinchard. Med Hyg No 2392 du 15 mai 2002, p. 986.Manque de transparence, mensonge et duplicité, trois défauts qui devraient inciter les parlementaires à ne pas confier aux assureurs le soin d'établir la liste des médecins avec lesquels ils acceptent de travailler. Ceci d'autant plus que la situation de la Supra, pour l'exercice 2000, était la suivante : Le nombre de ses assurés, dont elle a gardé les réserves constituées pour eux, avait baissé de 16 316 affiliés par rapport à l'année précédente. Supra a reçu 22 985 mios pour la compensation des risques. Supra a constitué 169 mios de provisions pour les cas d'assurance non liquidés en fin d'année, ce qui représente 32,65% du total des prestations ! Supra possédait 81,7 mios de réserves (15,8% du montant des primes). Supra a augmenté ses primes de 12,5% en moyenne par rapport à l'année précédente et 23% pour le canton de Vaud. Au-delà de la fluctuation des coûts, cette augmentation devait lui permettre de reconstituer ses réserves pour les ramener à 20%, conformément au taux prescrit à la catégorie à laquelle elle appartient.Ce descriptif montre un état des lieux qui répond pleinement au mécanisme prévu par la LAMal. En effet, la loi stipule d'équilibrer les charges et les produits tout en veillant au respect du taux des réserves prescrites. En raison des réserves et des provisions, qui atteignent ensemble la somme de 251 millions, et de l'augmentation des primes de 12,5%, il est inimaginable que ce sont les coûts des soins qui en sont la cause au point de mettre cette assurance dans l'impossibilité d'honorer correctement ses charges.Que s'est-il passé en 2001 pour qu'on annonce aux assurés de la Supra une catastrophe ? Pertes subies par des mauvais placements ? Pertes provoquées par la récente organisation opérée par Supra qui est liée à la constitution, en date du 26 avril 2001, de la fondation «La Ruche», dotée d'un capital de 15 millions et de la constitution, le 17 mai 2001, par cette dernière, d'une autre société anonyme «Supra Assurances SA» dotée à son tour d'un capital de 8 millions ? Ces opérations sont étrangères à l'assurance obligatoire des soins et, quoi qu'il en soit, ne devraient pas avoir de conséquences sur elle.L'organisation faîtière des caisses, Santésuisse, indique pour 2001 une progression des coûts de 5,1%
Or, il nous est annoncé des hausses de primes de 10 à 15%. Ce décalage, entre les deux progressions, est dû au dysfonctionnement du mode de calcul de la prime et c'est ce dernier qui doit être revu en profondeur.Soignants et assurés ont la possibilité d'exprimer leur volonté de changement en signant l'Initiative populaire fédérale intitulée «Pour la maîtrise des primes de l'assurance maladie» et dont l'objectif fondamental est de créer des conditions de transparence pour que le montant des cotisations soit le reflet de celui des coûts des soins dispensés à la population.Réponse de Jean-Marc GuinchardIl est frappant de constater qu'une fois de plus, un assureur se voit contraint de justifier ses augmentations en raison de mauvais placements en bourse... L'assurance de base est pourtant une assurance sociale, obligatoire de surcroît ! Et pourtant, ce sont les assurés à qui on ne demande rien qui doivent essuyer les plâtres.L'assurance sociale n'est pas un marché libre, elle ne peut être soumise à de sottes règles de concurrence et doit être gérée au profit des seuls assurés.