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Sylvie Déthiollaz et Claude Charles Fourrier ont mené de nombreuses recherches sur les états modifiés de conscience et plus particulièrement sur les sorties de corps (OBE). Voilà ce qu’ils disent à propos des recherches menées en 2014 avec un candidat particulièrement doué : Nicolas Fraisse.
Enregistrement au repos
“En 2013, nous avions rencontré à Genève deux neuropsychologues, qui s’étaient montrés très intéressés par nos recherches. L’un travaillait à l’hôpital et l’autre à las faculté de psychologie de l’université. Après plusieurs échanges, ils avaient accepté de mener des études neurophysiologiques, afin de comprendre ce qui se passait dans le cerveau de Nicolas lors de ses OBE. Pour cela, deux investigations différentes avaient été planifiées, qui utiliseraient un électroencéphalogramme à haute résolution pour mesurer l’activité électrique cérébrale à l’aide de 120 électrodes placées sur l’ensemble de la surface de son crâne. C’est au moins de février 2014 qu’a eu lieu le premier enregistrement…. Il était nécessaire d’enregistrer en premier l’activité cérébrale du cerveau de Nicolas “au repos”, c’est-à-dire sans consigne particulières, hormis de rester assis les yeux fermés sans bouger et surtout, sans faire de sortie hors du corps… Ce premier enregistrement “au repos” n’a mis en évidence aucune anomalie dans son fonctionnement cérébral…
Première expérience avec sortie de corps
Dans un second temps, un nouvel enregistrement a été mené, cette fois-ci avec l’instruction de “sortir de son corps”, ce dot il s’est montré capable, après une courte mise en condition, en à peine une minute! Par la suite, les deux enregistrements ont été comparés statistiquement par rapport à une mesure de “connectivité du cerveau”. Les recherches récentes en neurosciences indiquent en effet que les cellules du cerveau communiquent entre elles à travers de vastes circuits mettant en lien différentes structures du cerveau. Les résultats de notre expérimentation ont montré que plusieurs régions cérébrales étaient “déconnectées” du reste du cerveau lorsque Nicolas se trouvait en sortie de corps comparativement à lorsqu’il ne l’était pas. Ces zones concernent le cortex préfrontal médian, dont le rôle dans l’inhibition du comportement et de la pensée centrée sur soi est connu, et le cortex visuel primaire impliqué dans l’analyse des informations visuelles de l’environnement. Ces données sont donc compatibles avec la sensation qu’il rapporte lorsqu’il est en sortie de corps, à savoir d’une part, celle de se fondre avec toute chose en perdant la notion d’être un être séparé de ce qui l’entoure, et d’autres part, sa perception visuelle modifiée.
Deuxième expérience avec usage d’une image géométrique
Au mois de juin 2014, nous avons procédé à une deuxième investigation, qui a porté cette fois sur la réaction électrophysiologique du cerveau de Nicolas en réponse au visionnage d’images visuelles simples. Pour cela, une image géométrique basique (un damier en noir et blanc) lui a été présentée de manière répétée sur un écran d’ordinateur. Une première fois, en lui demandant de regarder l’écran tout en “restant dans son corps” et la deuxième, en lui demandant d’être “en dehors de son corps”. Nous avons alors constaté que sa réponse électrophysiologique n’était pas la même selon la consigne donnée. En effet, en sortie hors du corps, dès les tout premiers stades de traitement visuel de l’image par le cerveau, la réponse à la stimulation visuelle était d’une intensité différente de celle obtenue lorsqu’il était dans le corps.
Importantes modifications de l’activité cérébrale
En conclusion, ces deux études ont permis de montrer que l’activité cérébrale de Nicolas était modifiée de manière importante lorsqu’il était en état d’OBE. Même si ce genre d’analyse ne permet pas de prouver la réalité du phénomène de sortie de corps, elle suggère qu’un individu, sain neurologiquement, peut spontanément modifier des réseaux entiers de son cerveau. Ce qui, pour les neurologues avec lesquels nous avons travaillé, était en soi une observation à la fois intrigante et passionnante”
A noter qu’au cours de l’expérience, Nicolas Fraisse a affirmé s’être promené dans le bâtiment de l’université où se déroulait l’expérience, ce qui était en fait espéré de manière à pouvoir directement vérifier ses dires sur place. Il a rapporté plusieurs éléments montrant qu’il s’était bel et bien baladé hors corps physique dans les couloir de l’institution et même à l’extérieur du bâtiment, faisant des descriptions exactes de ces lieux qu’il ne connaissait pas. Mais le plus étonnant a sans aucun doute été sa description d’une affiche “qui l’intriguait, car il ne comprenait pas de quoi elle parlait. Elle représentait une tête de chat assez grosse avec des yeux verts sur un fond violet”. Une affiche introuvable dans le périmètre de l’université. Mais deux jours plus tard un des deux scientifiques appelle Sylvie Déthiollaz et Claude Charles Fourrier pour leur annoncer qu’il a aperçu la fameuse affiche. La publicité pour un club carougeois était placée à une cinquantaine de mètre du bâtiment sur le quai bordant le fleuve ! “Le neuropsychologue a avoué avoir été troublé. Et il a ajouté avec beaucoup d’honnêteté: “Je serais bien embêté si nous arrivions à prouver que l’OBE est autre chose qu’une hallucination… comment oser publier ça?…” Ce qui en dit long sur la liberté de penser des scientifiques à l’heure actuelle…”