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Le taux d’intérêt de la Banque nationale suisse (BNS) reste négatif, et il pourrait même baisser encore davantage. Comment jugez-vous la politique monétaire de la BNS?
Nous disposons d’un bon exemple avec ce qui s’est passé lorsque les taux d’intérêt étaient artificiellement bas aux Etats-Unis. L’une des caractéristiques de cette politique monétaire est la création d’une bulle des actifs. Ils augmentent significativement et bénéficient à ceux qui les détiennent. En Suisse, je serais surpris que 20 à 30% de la population possède des actions. Le Suisse moyen ne bénéficie donc pas de la politique monétaire de la BNS.
Le bilan de la BNS a été multiplié par six depuis la crise des subprimes en 2007. Cela représente-t-il un danger pour l’économie helvétique?
Je n’en suis pas sûr. Mais il faut clairement se demander si la fonction d’une banque centrale est d’accumuler des actions. Au premier trimestre, la BNS a réalisé des bénéfices en investissant dans Apple, Netflix, Amazon et d’autres compagnies de ce secteur. Ces placements sont plus risqués, car ces actions technologiques américaines forment une bulle. La question se posera lorsqu’il y aura des pertes sur ces positions. Qui les assumera? Est-il concevable qu’elles dépassent les capitaux de la BNS?
Que feriez-vous à la place du président de la BNS Thomas Jordan?
Je laisserais le franc s’apprécier et je dirais aux entrepreneurs suisses que même avant la hausse du franc, le niveau des prix en Suisse était de 30 à 40% plus élevé que celui de l’Allemagne. La hausse du franc pourrait les inciter à réduire les prix et les salaires. Cela ne provoquerait pas de graves dommages à l’industrie helvétique.