Document ID: /curiavista/filtered/00000.jsonl.gz/134251

<h2>SubmittedText<h2><p>Depuis 2009, dans les deux réacteurs de la centrale nucléaire de Beznau, on a détecté des traces de corrosion indéniables (corrosion de la cuve du réacteur) dans la partie inférieure de l'enceinte de confinement, qui est l'enveloppe extérieure en acier qui entoure le réacteur. Cette corrosion apparue au fil des ans est due à de l'humidité qui s'est formée sur les jonctions entre les parois de soutènement en béton à l'intérieur et à l'extérieur de l'enceinte de confinement et l'acier. La zone concernée est difficile d'accès, et aucun examen complet ni aucun test de pressurisation n'ont permis jusqu'à présent de confirmer le bon état de l'enceinte.</p><p>En cas d'accident touchant le réacteur, l'enceinte de confinement est conçue de manière à résister à la pression de la vapeur, à concurrence du dimensionnement. La dégradation de l'enceinte de confinement a été constatée à l'aide de forages effectués par sondages ; les valeurs obtenues ne sont donc pas représentatives de toute l'enceinte. Il y a donc tout lieu de considérer que la dégradation pourrait être plus importante à des endroits ayant échappé aux forages. C'est apparemment pour cette raison que l'Inspection fédérale de la sécurité nucléaire a ordonné des examens plus approfondis par ultrasons.</p><p>En cas d'accident majeur, l'enceinte de confinement doit protéger l'environnement contre les émanations de radionucléides provenant du réacteur ou, du moins, limiter ces émanations. A Fukushima, elle n'a pas rempli cette fonction essentielle pour la sûreté, avec les conséquences tragiques que l'on connaît.</p><p>Les exploitants reconnaissent eux-mêmes qu'ils ne peuvent faire des mesures qu'à quelques rares endroits. L'épaisseur de la paroi en acier est de 5 à 8 centimètres ; on peut donc en déduire que les traces de corrosion sur l'enveloppe protectrice du réacteur, dont certaines atteignent apparemment jusqu'à 10 millimètres, représentent jusqu'à 20 % de l'épaisseur de la paroi.</p><p>Voici donc mes questions :</p><p>1. Affaiblie comme elle est, il se pourrait que l'enceinte de confinement ne résiste plus à la pression pour laquelle elle a été conçue. Quelles mesures sont-elles prévues pour y remédier ?</p><p>2. Pourquoi la résistance à la pression de l'enceinte en acier n'a-t-elle pas encore été testée dans la pratique ?</p><p>3. Lorsqu'ils sont en exploitation, les réacteurs de la centrale nucléaire de Beznau peuvent-ils faire l'objet d'examens exhaustifs quant au bon état de toute la surface de leur enceinte de confinement, ou faudrait-il les mettre à l'arrêt à cet effet ?</p><p>4. Est-il prévu de publier les résultats des examens déjà effectués ou encore en cours et, le cas échéant, les mesures déjà prises ou devant encore être prises et de les faire contrôler par un organisme indépendant ?</p><h2>FederalCouncilResponseText<h2><p>La centrale nucléaire de Beznau, comme toutes les centrales nucléaires suisses, est dotée d'une double enceinte de confinement, constituée d'une enceinte primaire et d'une enceinte secondaire. L'enceinte primaire est une enceinte à pression en acier. Son rôle est de capter le mélange d'eau et de vapeur qui s'échapperait du circuit primaire en cas de fuite, de réduire ou de limiter la pression résultante par condensation et de confiner à l'intérieur de l'enceinte les éventuelles substances radioactives libérées.</p><p>L'enceinte de confinement de chaque centrale nucléaire suisse est contrôlée régulièrement. L'état de l'enceinte de confinement est notamment contrôlé dans le cadre des examens périodiques de la sécurité. L'Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN) analyse et évalue ces examens et communique ses commentaires à ce sujet dans des prises de positions publiques. L'IFSN a en outre exigé de l'exploitant de la centrale nucléaire de Beznau un concept de maintenance global pour l'enceinte à pression en acier.</p><p>Questions :</p><p>1. Dans le cadre de l'expertise de l'exploitation à long terme de la centrale nucléaire de Beznau, l'IFSN s'est penchée sur la question de la corrosion de l'enceinte à pression en acier et a formulé son exigence d'un concept de maintenance qui soit global à l'avenir. La centrale nucléaire de Beznau a fourni à l'IFSN les analyses et les documents requis et a pris des mesures pour prévenir de nouveaux dégâts de corrosion à l'enceinte de confinement.</p><p>2. Un contrôle pratique de l'enceinte à pression en acier est réalisé dans le cadre du test intégral du taux de fuites réalisé tous les dix ans. Au cours de celui-ci, une surpression est exercée sur l'enceinte primaire et donc aussi sur l'enceinte à pression en acier. Le test du taux de fuites réalisé sous surveillance en 2004 dans le bloc 1 de la centrale nucléaire de Beznau n'a fait l'objet d'aucune contestation.</p><p>3. Lorsqu'une centrale est mise à l'arrêt pour des travaux de révision, les surfaces externes et internes de l'enceinte à pression en acier peuvent être inspectées dans les zones directement accessibles. Après avoir procédé avec succès à une étude de faisabilité, la centrale nucléaire de Beznau développe actuellement une nouvelle technique pour inspecter l'enceinte à pression en acier. À partir de 2014, les zones de l'enceinte à pression en acier inaccessibles jusqu'à présent pourront elles aussi être examinées. Il est prévu que ces contrôles soient ensuite également effectués pendant les mises à l'arrêt pour révision de la centrale.</p><p>4. L'IFSN a associé des experts indépendants à l'évaluation des problèmes de corrosion de l'enceinte à pression en acier de la centrale nucléaire de Beznau. Dans les rapports annuels relatifs à ses activités de surveillance, l'IFSN informe également sur l'évolution des connaissances dans le domaine de la corrosion des enceintes à pression en acier.</p>  Réponse du Conseil fédéral.