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InfoLettre Automne 2023
Roue-médecine. Le cercle de la vie, ou la voie Lakota…
par Joseph Marshall III, Sicangu oyate-Brûlé Lakota, Écrivain et Historien
« Kaohomni, « le cercle », parce que c’est un élément de l’environnement physique, tient une place importante dans la vie des Lakotas qui en font un usage pratique et symbolique. Jetez un caillou dans un étang, et des vaguelettes se formeront en cercles concentriques. Les feuilles d’automne décrivent souvent des cercles en tombant. Le soleil et la lune sont circulaires, et d’après nous, se meuvent en cercles. La force la plus puissante des Plaines, la tornade, avance en décrivant un cercle. La vie elle-même procède par cycles, ou par cercles. Notre calendrier annuel couvre un cycle de treize mois ou « lunes », car il est basé sur les cycles lunaires. Il y a les quatre saisons qui, évidemment, décrivent un cycle perpétuel. Et le cycle de la vie qui est le même pour tous les êtres vivants : naissance, enfance, âge adulte, et vieillesse.
Une loge à sudation présente une simple structure circulaire qui, à mes yeux, symbolise les croyances spirituelles et les traditions lakotas, ainsi que la vie elle-même. La cérémonie conduite à l’intérieur de cette structure est l’inikagapi, qui ne signifie pas loge à sudation ni ne décrit aucun type de structure ; c’est le mot qui désigne à la fois la structure et la cérémonie. Inikagapi signifie « faire la vie » ou « renouveler la vie ». L’interprétation anglosaxonne vient du fait que les participants à la cérémonie suent bel et bien. (…)
Le cercle a peut-être trouvé sont application la plus pratique dans l’agencement des habitations. Le plan circulaire est très ancien, tellement ancien, en fait, que personne ne se rappelle à quand remonte sa première utilisation. Quand ils vivaient dans les forêts de façon semi-sédentaire, nos ancêtres construisaient des habitations en forme de dôme, recouvertes d’écorce ou de chaume. Une fois dans les Plaines, ils adoptèrent l’habitation conique couvert de peaux. Ces deux types d’habitat étaient capables de résister à des vents forts et étaient relativement faciles à monter et à démonter, et les matériaux nécessaires à leur construction étaient aisément disponibles. La tente conique ou tipi, qui veut dire « ils vivent ici », était également portative. Vivre dans l’une ou l’autre de ces habitations rappelait constamment à leurs occupants que la vie s’écoulait en cercle et qu’ils étaient liés de façon immuable à tout ce qui en faisait partie. Les deux conceptions répondaient donc à des nécessités pratiques ainsi que spirituelles. (…)
L’un des motifs les plus populaires de l’art et la culture lakotas est la roue-médecine. Cangleska en lakota, ou « bois tacheté ». Cette description littérale correspondant aux quatre couleurs peintes sur la roue, ou cerceau, qui est en bois. La forme et les couleurs utilisées représentent le pouvoir de la vie, d’où cette traduction par « roue-médecine », car avoir de la pejuta, ou médecine peut signifier posséder un certain pouvoir ou don.
La roue-médecine est circulaire avec une croix à branches égales en son centre ; quatre points relient l’extrémité des branches à la roue. Le cercle, bien sûr, représente la vie, et les branches croisées les deux chemins de l’existence ; le bon, généralement peint en rouge, et le mauvais, en noir. Le bon chemin est aussi appelé la Route Rouge ; c’est le plus difficile. Le mauvais chemin, la Route Noire, est large, et facile. C’est l’alternative fondamentale qui se présente à nous dans la vie, et nous choisissons l’un ou l’autre, le bon ou le mauvais, dans chaque situation. Les quatre couleurs sacrées, rouge, jaune, noir et blanc sont comprises dans la roue-médecine.
Cet objet incorpore un autre symbole important de la tradition et de la spiritualité lakotas : le chiffre quatre. Comme le cercle, le quatre représente certaines réalités de la vie. Les quatre saisons – hiver, printemps, été, et automne ; les quatre points cardinaux – est, sud, ouest, et nord ; et les quatre éléments – la Terre, le Vent (l’air), le Feu, et l’Eau. En tant que symbole ou objet, la roue-médecine se rencontre en deux ou trois dimensions dans l’art des Lakotas et de nombreuses autres tribus. C’est un symbole sacré pour les Traditionnalistes, à l’instar de la croix pour les chrétiens et de l’étoile de David pour les juifs.
Le plus grand principe symbolisé par le cercle est, selon moi, l’égalité qui s’applique à toutes les formes de vie. En d’autres termes, aucune forme de vie n’est supérieure ou inférieure à d’autres, mais diffèrent ne veut pas dire « supérieur » ou « inférieur à ». Et nous faisons tous le même voyage, le maka wiconi, ou « vie sur la Terre » - en français, le Cercle de la Vie. C’est une conception bien plus large que celle du judéo-christianisme qui fait de l’homme le maître de la Création. L’idée que toutes les formes de vie sont égales ne contredit pas forcément la chaîne alimentaire, qui fait de tout être vivant une proie ou un prédateur, ceux qui sont mangés et ceux qui mangent. Les plus petits, les plus faibles, et les plus lents sont tués par les plus grands, les plus forts, et les plus rapides. Il est incontestable que le monde naturel fonctionne ainsi – certains appellent ça la survie des plus aptes et des plus forts. Mais que nous soyons proie ou prédateur, faible et fort, nous faisons tous partie d’une communauté plus vaste, la plus vaste de toutes : le Cercle de la Vie. (…)
Une de pierres angulaires de notre culture tient en deux mots : famille et parenté. La famille constitue le pilier, la fondation de notre culture. C’est elle qui nous donne corps, nous élève, et nous soutient. La parenté s’étend au-delà de la famille, elle traduit le lien qui nous unit au monde et à tout ce qu’il contient.
Etant donné notre conception de la famille, il n’est pas difficile de comprendre l’idée d’une parenté avec d’autres formes de vie. Tout est né de la Terre. Nous en sommes tous issus d’une façon ou d’une autre, et nous y retournons quand la vie prend fin. Voilà les réalités immuables qui nous lient à tout ce qui nous entoure. Mitakuye oyasin, cette expression essentielle que nous utilisons dans toutes nos cérémonies, signifie « à tous mes proches ». Sa définition nous rappelle ce lien. Dans beaucoup de nos histoires d’animaux, il est question du « peuple wapiti », du « peuple ours », ou encore du « peuple oiseau », non pas par anthropomorphisme mais par ce que dans notre langue, le terme « peuple » ne se limite pas aux humains. Cette parenté, le sentiment de ce lien, servait également à nous rappeler notre place dans le grand univers. Nous n’étions ni les plus rapides, ni les plus forts des créatures, mais notre raison nous permettait de survivre de la même manière que la force de l’ours, la vitesse de l’antilope, ou la vue perçante de l’aigle. Et comme beaucoup de nos semblables, nous vivions de la chasse.
La vie continue, elle poursuit son cercle. Le soleil se lève chaque matin et, avec lui, de nouvelles possibilités, de nouveaux espoirs. Qu’importe le gâchis ou les victoires de la veille, chaque nouveau jour est l’occasion de mettre les choses à plat, de rattraper une erreur, de remporter une nouvelle victoire, et de franchir une nouvelle étape de mon voyage. Chaque jour est un inikagapi, une possibilité de renouveau et de renaissance – une nouvelle occasion de faire partie du cercle de la vie, sachant qu’il s’agit d’un voyage, pas d’une course, et que ce voyage-là, on ne le fait pas seul.
Sur le chemin des Grands-Mères
Dans toute la culture amérindienne, et notamment chez nous, Lakotas, les grands-mères sont la quintessence de toutes les vertus que nous nous efforçons d’apprendre et de pratiquer. La force d’âme est celle qu’elles incarnent le mieux. (…) Traditionnellement, les femmes étaient le point de convergence de la famille, les consolatrices et les mères nourricières autour desquelles était axée la vie de famille. Ce rôle n’a pas changé. Il est même devenu plus essentiel encore. Les femmes n’ont pas usurpés le rôle des hommes en tant que chefs de famille ; elles étaient trop sages pour enlever aux hommes la seule responsabilité qui leur restait. Durant l’une des périodes les plus difficiles de l’histoire lakota, les femmes ont rempli leur ancien rôle sociétal et sauvé leur culture. C’est grâce à elles que les familles sont restées unies alors même, triste réalité, qu’on emmenait leurs enfants dans les pensionnats. (…)
Durant l’une des périodes les plus difficiles de l’histoire lakota, les femmes ont rempli leur ancien rôle sociétal et sauvé leur culture. C’est grâce à elles que les familles sont restées unies alors même, triste réalité, qu’on emmenait leurs enfants dans les pensionnats. (…) La force d’âme est ce qui vous permet de passer le moment où ville fille adolescente annonce qu’elle veut se faire faire un piercing du nombril (et se change en Attila le Hun quand vous dites non). La force d’âme vous aide à surmonter le choc et la déception de ne pas obtenir l’augmentation et la promotion que vous espériez. Elle vous aide à continuer à vivre quand vous apprenez que votre enfants chéri est porté disparu dans quelque pays ou escale lointaine. La force d’âme vient à votre secours quand vous êtes soudainement confronté à l’inattendu. C’est, je crois, une persévérance sereine, la faculté de prendre une décision à la fois et de faire le meilleur usage possible de vos attributs, que ce soit, entre autres, un esprit vif, une confiance sereine, une foi profonde, ou simplement du courage. (…) Le chemin des grands-mères n’est pas difficile à trouver. Il est relié à tous les autres chemins de la vie, peut-être parce que la victoire ne va pas toujours au plus fort ni au plus rapide. Ceux qui s’engagent sur le chemin des grands-mères découvriront que l’impatience ou le désespoir n’y ont pas leur place, car ceux qui le suivent n’avancent pas nécessairement rapidement. Cependant, le chemin des grands-mères conduira plus souvent à la victoire que toute autre route. »
Source : The Lakota Ways/Le Cercle de la Vie. Joseph Marshall III, Albin Michel.
Ces ouvrages sont disponibles dans notre section librairie
° Chamanisme, Psycho-chamanisme
° Eveil et conscience
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° Guides, cartes et oracles
° Les revues HOZHO Chamanismes
° CD de tambours pour le voyage...
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« Histoires et légendes ont bercé mon enfance. Elles étaient contées par mes grands-parents lakotas (...). À travers les âges, ce sont leurs enseignements qui ont façonné et transformé nos vies, et elles ont encore le pouvoir de le faire. Si vous n'y preniez garde, elles pourraient faire de même avec vous. Elles ne transformeront pas un non-Lakota en Lakota, mais ont beaucoup à offrir à quiconque est curieux de la vie. Elles sont notre don au monde, en quelque sorte. Elles sont nées de nos triomphes, de nos défaites, de nos forces et de nos faiblesses. Ce ne sont pas des secrets, mais des repères sur le chemin de la vie - les réponses qui s'élèvent au dessus des grandes plaines de nos vies portées par les vents de la sagesse - pour nous aider. Pour vous aider peut-être. »
À partir de l'histoire et de la culture des siens, Joseph Marshall mêle à merveille la sagesse de son peuple à ses souvenirs personnels. Le Cercle de la vie est autant le portrait émouvant et profond d'une culture qu'un livre ouvert sur sa vie et sur le monde.
Le Livre des Anciens nous propose trente et un témoignages de ces personnalités, hommes ou femmes, tous issus d'une vingtaine de tribus indiennes d'Amérique du Nord. Un document d'exception, à la fois sur l'histoire des peuples indiens, leur condition de vie dans les réserves, sur leur culture et leur spiritualité basées sur le respect de la Terre, d'où nous tirons un formidable enseignement de vie et de sagesse.
Elles offrent leurs Paroles de sagesse, leurs conseils de vie au monde pour nos enfants, pour la Paix et la Guérison de notre Mère-Terre.
- Ce message des 13 Grands-Mères Indigènes s'impose à nous avec force aujourd'hui : il nous apprend à soutenir la vision d'abondance pour les 7 générations à venir, par la prière, la conscience, le respect, et des actes de partage. Il s'agit sans attendre de sauvegarder la planète et la nature qui nous fait vivre, d'apprendre à nos enfants à devenir des êtres vrais et libres, de retrouver nos propres racines traditionnelles, réhabiliter les expériences qui nous ont été transmises et préparer ce que nous transmettrons. - Dans la lignée des 13 Mères originelles (Jamie Sams), un livre consacré aux guidances pour notre époque : prophéties, pharmacie de la nature…
« Ces prophéties nous disent que nous allons affronter de grandes épreuves dans cette période, mais que nous réussirons si nous choisissons de suivre le chemin qui a été gardé pour nous par nos ancêtres. »
S’inspirant de la connaissance ancestrale de sa tribu, ainsi que de son expérience en tant qu’avocate et militante, Sherri Mitchell aborde quelques-uns des sujets les plus importants de notre époque, comme la protection de l’environnement et les droits de l’homme. Pour celles et ceux qui cherchent les voies du changement, ce livre présente un ensemble de valeurs culturelles permettant d’assurer notre survie collective pour le bien des générations futures.
Il analyse, à partir de l’histoire des tribus des Premières Nations, les éléments qui nous ont coupés de nos relations à la Terre et de l’authenticité de nos relations les uns aux autres.
L’auteure nous révèle également qu’un grand nombre des prophéties gardées pendant des générations dans les tribus sont à l’heure de leur accomplissement.
La roue des quatre directions représente les cycles de la nature dans ses aspects physiques, psychologiques, énergétiques et spirituels. Connues sous de multiples variantes par les populations de différentes cultures chamaniques, les quatre directions forment une carte ancestrale et intemporelle. Elles nous enseignent que tout ce qui existe a une place, que tout est lié. Ce livre permet l’intégration de ces connaissances par la pratique ludique d’exercices et de rituels et nous aide à trouver notre propre place.
Daan van Kampenhout enseigne une voie chamanique qui permet aux occidentaux de s’engager dans des rituels de manière sûre et créative.
De l’origine des médecines chamaniques, égyptiennes, tibétaines vers les possibilités thérapeutiques de l’avenir, cet ouvrage enseigne la manière de vivre et de rester en bonne santé. Il propose d’explorer ces pistes inédites, susceptibles d’apporter des solutions originales aux problèmes que nous rencontrons en ce début de millénaire. Un grand nombre de cas et plusieurs exercices pratiques sont proposés dans l’ouvrage.
C’est une nouvelle écologie de vie qu’offre ainsi l’auteur, en nous livrant les clés des mécanismes de l’énergie quantique vitale, et les incroyables possibilités de guérison personnelles, collectives et planétaires qui sommeillent en chacun de nous. Dans un langage clair et accessible, ce livre ouvre une nouvelle fenêtre sur la structure profonde de l’être humain et porte l’espoir que notre monde évolue vers de nouveaux « possibles ».
Les recherches récentes sur le vide quantique, les propriétés subtiles de l’eau, l’intelligence des plantes, l’univers-cerveau, la conscience comme « toile de fond » du réel, donnent ensuite corps à ce vaste entrelacs qui est aussi un réseau de connaissance tissé d’informations.
Caŋte etaŋ wopila taŋka uŋnic'upi lakota - Un grand Merci de tout notre coeur!
Horaire d'ouverture:
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le Samedi: sur Rendez-vous les 16 et 30 septembre
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