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Au moyen d'une quantité gigantesque de cellules, de gènes, de protéines et d'autres composants, le système immunitaire distingue entre les substances qui sont propres au corps et celles qui lui sont étrangères. Il détecte les agents infectieux, réagit en cas de danger, il stimule et ralentit les réactions immunitaires – et tout cela simultanément. Et bien que tout soit conçu de manière à attaquer exclusivement des cellules et des tissus étrangers et nocifs, des erreurs peuvent survenir. Dans ce cas, des cellules saines de l'organisme sont détruites.
Les cellules immunitaires sont des cellules dont la tâche spécifique est de protéger l'organisme contre les maladies. Dans ce système à haute complexité, de nombreux types de cellules ont des relations mutuelles complexes, échangent des informations et coordonnent leurs activités. Différents types de cellules immunitaires se déplacent entre nos organes et tissus, migrent dans les ganglions lymphatiques et en ressortent. Toujours dans le but de repousser autant que possible les maladies.
La capacité du corps de se défendre est en constante évolution. La force du système immunitaire fluctue sous l'influence du moment de la journée, du stress, de l'état mental et de l'âge. Ainsi, c'est le soir que le nombre de cellules immunitaires est le plus élevé. Le stress, l'insomnie et des états mentaux difficiles ont un effet négatif. Chez les personnes âgées, le nombre de certaines cellules immunitaires diminue et elles ne sont plus non plus aussi bien capables qu'avant de reconnaître des maladies.
Chaque être humain en est doté par nature: la réponse immunitaire innée (que l'on appelle également: non spécifique). C'est la première défense contre les agents pathogènes. Elle est en mesure de reconnaître le type d'agent pathogène et de mettre en marche des cellules immunitaires spécialisées qui détectent les structures caractéristiques des différents microorganismes (champignons, bactéries, virus) et les détruisent. Par exemple, le système immunitaire non spécifique dispose entre autres de nombreux types de cellules tueuses naturelles qui, en gros, se fixent à tout ce qui est nocif ou étranger à l'organisme. De plus, il dispose aussi de nombreux types de phagocytes et macrophages qui sont par exemple capables de s'enrouler autour de bactéries et de les rendre inoffensives, et même de détruire des cellules tumorales.
Grâce à des récepteurs adaptés situés sur leur surface, les cellules du système immunitaire dit spécifique reconnaissent à quels «ennemis» elles doivent s'attaquer. Si ces récepteurs se fixent sur l'enveloppe extérieure d'une bactérie ou d'un virus, une réaction immunitaire est déclenchée. Par le contact avec les signes distinctifs, les cellules T sont activées et peuvent stimuler des cellules B pour qu'elles produisent des anticorps contre le déclencheur.
Les cellules B sont des cellules sanguines qui sont en mesure de neutraliser des agents pathogènes ou des molécules dangereux. À cet effet, la cellule produit un anticorps sur mesure sur sa surface. Si une cellule B dotée de l'anticorps adéquat détecte un corps étranger ou si elle rencontre un agent pathogène approprié, elle se divise et l'anticorps utile est produit en grande quantité. Avec environ 10 milliards de cellules B et environ 10 milliards d'anticorps de forme différente, le système immunitaire est très bien équipé pour détecter tout ce qui est étranger ou nocif.
Chaque fois que notre organisme lutte contre une infection, il garde quelques-unes des cellules immunitaires qui ont le mieux contrôlé l'infection. Ces cellules à la longue durée de vie – les cellules mémoire du système immunitaire – garantissent que l'organisme parvienne à traiter plus rapidement le même agent pathogène quand il le rencontrera pour la deuxième fois (c'est la raison du succès des vaccins).
Toutefois, en raison de défauts dans le système, des caractéristiques propres à l'organisme ou similaires peuvent être stockées. Dans ce cas, des cellules saines deviennent la cible de cellules immunitaires trop zélées.
Le système immunitaire cache encore de nombreux secrets. Un rapport étroit entre une réaction immunitaire diminuée, d'une part, et le stress négatif et le sentiment de colère ou d'agression, de l'autre, a été prouvé. Des études ont montré qu'il existe un lien direct entre le stress chronique et une réponse immunitaire faible. Elle est due au cortisol, une hormone propre à l'organisme, qui veille à ce que le corps soit prêt à agir dans de nombreuses situations, même si elles sont dangereuses ou stressantes. En même temps, le système immunitaire est affaibli, ce qui, à court terme, ne constitue absolument pas un problème.
Mais si le stress est permanent, la situation est différente: le cortisol circule dans le sang à une concentration qui réduit l'effet des défenses immunitaires. Cela veut dire que les plaies cicatrisent moins vite et que les agents pathogènes sont moins bien contrôlés.
Le stress peut aussi aggraver les réactions allergiques.
Comment l'organisme trouve-t-il le bon équilibre entre combattre et défendre?
Un exemple: dans nos intestins, il existe des milliards de bactéries et un nombre inconnu de champignons et de virus. Le microbiome intestinal évolue au cours de la vie, dans certaines circonstances même après chaque repas. Dans ce milieu, le système immunitaire doit être en mesure de réagir avec tolérance aux changements sans pour autant négliger les dangers potentiels.
Les cellules T appelées «cellules régulatrices» protègent (pas seulement dans l'intestin) contre les attaques indésirables des bactéries et des substances propres à l'organisme. Ces cellules immunitaires suppriment la réponse immunitaire tandis que les cellules T «normales» servent à déclencher la réaction de défense. Celle-ci est régulée par un gène spécifique (FOXP3) dont l'activité détermine si une cellule T normale chargée de lancer une réaction se transforme en une cellule T régulatrice qui fait le contraire.
Selon l'avis des allergologues, des mesures d'hygiène exagérées peuvent être l'une des raisons pour lesquelles le système immunitaire est sous-sollicité, s'ennuie et, par manque d'agents pathogènes, attaque des substances à vrai dire inoffensives dans l'environnement et l'alimentation.
Dans l'intestin, il existe de nombreux autres facteurs qui régulent l'activité du système immunitaire. La bonne nouvelle: une alimentation riche en fibres est l'un d'entre eux. En effet, la formation de cellules T régulatrices est stimulée lorsque des bactéries décomposent les fibres.
Les cellules dentritiques ont également une double fonction dans le système immunitaire. Leurs ramifications se dressent comme les branches d'un arbre (en grec: dendron = arbre) sur le corps de la cellule. Elles peuvent constamment étirer et rétracter les fines extensions et sont très efficaces dans la recherche de différents types d'envahisseurs. On les trouve dans le sang, dans la peau, dans les ganglions lymphatiques et dans presque tous les organes internes. Il en existe une multitude de variations; mais, essentiellement, on distingue deux stades.
D'une part, les cellules dentritiques dites «immatures» que l'on trouve principalement à des endroits qui sont en contact avec le monde extérieur comme la peau, l'estomac et les poumons. Elles parcourent le corps, détectent des substances étrangères et indésirables qu'elles détruisent en les «avalant». Après ce travail, une cellule «immature» devient une cellule «mature». Les cellules dentritiques matures ont la capacité unique d'activer efficacement la réponse immunitaire d'autres cellules immunitaires, par exemple les cellules T dans la rate et les ganglions lymphatiques. Jusque-là, tout va bien. Toutefois: les cellules dentritiques peuvent non seulement déclencher des réponses immunitaires, mais aussi les empêcher. C'est ainsi qu'elles sont en mesure de repousser les attaques contre les cellules ou les tissus sains.
La communication directe entre les cellules immunitaires n'est pas la seule à jouer un rôle. Une armée de protéines solubles sert à assurer la communication entre les cellules, les tissus et les organes ainsi que la coordination de la lutte commune de tous les participants contre les attaques. Il s'agit des hormones du système qui sont appelées cytokines. L'importance des différentes cytokines pour le fonctionnement de l'organisme est immense. Elles contrôlent les réactions du système immunitaire hérité et du système immunitaire acquis. Certains de ces messagers activent les cellules immunitaires, d'autres les désactivent, certains stimulent l'activité des cellules, d'autres l'affaiblissent. Certains ont un effet anti-inflammatoire, d'autres favorisent l'inflammation.
Les cytokines sont aussi considérées comme favorisant la croissance des cellules ainsi que le renouvellement et/ou la reproduction des cellules mourantes. Les interférons et les interleukines font également partie des cytokines.
À ce jour, on connaît 17 différents Interférons qui ont des tâches tout à fait spécifiques. Pour le dire en termes très généraux, ils sont produits par différentes cellules dans l'organisme afin de contrôler la propagation d'une infection ou pour renforcer la réponse immunitaire en cours.
Les interleukines sont des protéines qui servent de médiateur entre (= inter) différents types de globules blancs (leucocytes). Jusqu'à présent, on a identifié environ 40 interleukines (IL). Elles ont une multitude d'effets spécifiques qui peuvent aussi être contradictoires. Une certaine interleukine (IL-10) peut protéger contre des réponses immunitaires indésirables en désactivant la réponse immunitaire après la guérison d'une infection. Elle joue aussi un rôle important dans l'intestin, car, normalement, elle y contrôle les cellules immunitaires pour les empêcher de s'attaquer à des bactéries inoffensives.
Une cytokine est appelée facteur de nécrose tumorale (TNF/TNF-a) parce que sa capacité à détruire des cellules tumorales a été décrite en premier. Mais ce messager a des tâches extrêmement diverses; il agit sur le métabolisme des graisses, la coagulation du sang et la résistance à l'insuline. Le TNF joue aussi un rôle important dans tous les processus inflammatoires, car il les déclenche et les amplifie. Afin de lancer une réaction immunitaire (normale), le TNF fait appel à différentes cellules immunitaires et à d'autres cytokines (proinflammatoires) et génère de la fièvre. Une concentration localement accrue de la substance de signalisation déclenche les symptômes inflammatoires typiques tels que des rougeurs, des gonflements et de la douleur.
En cas de maladies inflammatoires chroniques de l'intestin, des articulations ou de la peau, le TNF-a est présent en grandes quantités. Au fil du temps, l'ensemble du système immunitaire est surstimulé en raison de l'inflammation permanente. La conséquence est l'apparition de maladies auto-immunes qui sont dirigées contre les tissus de l'organisme tels que le cartilage et les os, comme c'est le cas dans les maladies rhumatismales.
Les anticorps TNF peuvent être développés sous forme médicamenteuse. Ils ne permettent pas de guérir, mais ils atténuent les symptômes – malheureusement pas chez tous les patients. La désactivation du TNF réduit aussi la production d'autres cytokines proinflammatoires.
Comme le TNF sert de médiateur entre le cerveau et le système immunitaire et a une influence sur la perception de la douleur, les inhibiteurs de TNF peuvent avoir une influence positive sur la sensibilité à la douleur et la sensation d'épuisement et de fatigue. Néanmoins, le blocage du facteur de nécrose tumorale présente un inconvénient décisif: l'intervention dans le système immunitaire inhibe son efficacité et affaiblit d'une manière générale la défense contre les infections.
Des substances naturelles telle que la curcumine du curcuma, les acides boswelliques que l'on trouve dans l'encens et les catéchines du thé vert peuvent également inhiber les effets du TNF (à consommer uniquement sur conseil médical).