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Les trois sièges patrimoniaux de la famille qui fit construire le château à vivier de Pratteln se trouvent dans l'arrière Jura bâlois, sur les hauteurs qui dominent le village d'Eptingen. La dynastie des seigneurs d'Eptingen entra au service de l'évêque de Bâle, qui lui confia des charges dans la ville même et des fiefs dans sa principauté. Ce qui permit aux Eptinger d'amasser rapidement une grosse fortune. Ils l'employèrent pour acquérir divers châteaux. La suzeraineté sur le village de Pratteln était détenue par la maison d'Autriche. Vers la fin du XIIIe siècle, elle la transmit, avec le château de Madeln, à Gottfried d'Eptingen. Lorsque sévit le terrible tremblement de terre de 1356, la forteresse de Madeln fut entièrement détruite; elle ne fut jamais reconstruite. Les seigneurs d'Eptingen firent en revanche réparer le château à vivier qui se dressait en bordure du village et se trouvait en leur possession depuis la seconde moitié du Xlle siècle. Il ne s'agissait pas, il est vrai, d'une forteresse inexpugnable, mais cet édifice offrait à ses occupants un confort peu commun pour l'époque.
Ses maîtres étaient de fervents partisans de leur suzerain habsbourgeois. Ils durent payer chèrement leur fidélité lorsque éclata une guerre privée entre ce dernier et la ville de Bâle. En 1384, le château nouvellement rebâti fut la proie des flammes, comme d'ailleurs tout le village. Après qu'il eut été reconstruit, ses propriétaires cherchèrent à se créer une propre seigneurie et à acquérir le droit d'exercer la haute justice, un droit qui à ce moment se trouvait entre les mains du landgrave du Sisgau. Les Eptinger savaient que s'ils réussissaient à l'obtenir, ils pourraient plus facilement constituer une seigneurie territoriale. Le moment favorable leur sembla venu lorsque mourut le jeune comte Sigismond II de Thierstein et que sa jeune veuve, peu au courant des affaires politiques, dut exercer les droits découlant du landgraviat. Les Eptinger profitèrent de la situation pour revendiquer la haute juridiction. Grâce à l'appui des Autrichiens, ils parvinrent à leur but. L'empereur Frédéric III établit à leur intention une nouvelle charte féodale et décréta que la haute juridiction était concédée aux seigneurs de Pratteln.
Il est vrai que ce droit se limitait au territoire sis à l'intérieur de l'Etter, une haie qui entourait le village et formait en même temps la frontière de la seigneurie. A l'extérieur de cette clôture, la haute juridiction était exercée par le landgrave du Sisgau. Après que la ville de Bâle eut acquis les biens et les droits de la maison Falkenstein-Farnsburg, elle disposa également de la haute juridiction dans le Sisgau. Pour montrer clairement aux Eptinger de Pratteln combien insignifiants étaient leurs droits, les Bâlois firent construire en 1481 une potence à proximité du château, juste derrière l'Etter. Le seigneur du village intenta un procès à la ville et le gagna; se trouvant trop près du château, la potence dut être enlevée.
Une branche des Eptinger avait donné en nantissement au Bâlois Conrad Sintz zem Angen une partie du fief autrichien, non comprise dans la seigneurie territoriale. Cet homme voulait agrandir les terres qu'il possédait dans la région de Pratteln et avait déjà acheté au hobereau Pierre Truchsess de Rheinfelden le château et la seigneurie de Schauenbourg. Mais ses acquisitions s'arrêtèrent là. De longs et coûteux procès firent peu à peu perdre à ce fier parvenu toute sa fortune et même une grande partie de la riche dot qui lui avait apportée sa femme en mariage. Il tomba de plus en plus bas et finit par n'être plus qu'un voleur de grands chemins. Arrêté et jeté en prison, il mourut à Bâle en 1439, dépourvu de tout.
Jean Bernard d'Eptingen parvint en 1464 à réunir toute la propriété de Pratteln. En 1460 déjà, il avait, en compagnie du duc Otto de Bavière, fait un pèlerinage en Terre sainte, où il avait été armé chevalier du Saint Sépulcre. A son retour, il fit construire une léproserie à l'extérieur du village, sur territoire bâlois. La ville s'opposa toutefois à cette construction et engagea d'interminables procès contre le chevalier. Finalement, il fut décidé de ne pas démolir la léproserie. Jean Bernard fit de plus édifier au-dessous du château de Schauenbourg - il appartenait alors au hobereau Pierre d'Offenbourg, un nouveau riche - une maison de frères, dont il confia la direction à un bénédictin venu de l'abbaye autrichienne de Melk, sur le Danube. Il voulait par là empêcher que la propriété des Eptinger ne passe aux mains d'une puissance temporelle. Jean Bernard eut d'ailleurs bien d'autres préoccupations encore. Il n'était pas que la ville de Bâle qui cherchait à élargir toujours plus son territoire; la ville de Soleure, elle aussi, aspirait à prendre pied dans le Sisgau. Lorsque, en 1468, la ville de Mulhouse, alliée aux Confédérés, eut besoin de l'aide de ces derniers pour combattre la noblesse du Sundgau, les Soleurois s'empressèrent de répondre à sa demande et, sur leur chemin, s'emparèrent de plusieurs châteaux tenus par des vassaux autrichiens. Ils voulaient, ce faisant, assurer leurs lignes de communication avec l'arrière. Ils occupèrent également l'éminence sur laquelle se trouvaient les ruines du château de Madeln, au-dessus de Pratteln.
Une partie des villageois se rangea aux côtés de son seigneur ou de Bâle, l'autre aux côtés de Soleure. Pour montrer à qui ils appartenaient, les gens du village peignirent sur leurs maisons les emblèmes de ceux qu'ils appuyaient. Une fois la guerre terminée, l'évêque de Bâle négocia un compromis et Soleure fut obligée de se retirer de Münchenstein et de Pratteln. La ville du Rhin eut ainsi à nouveau accès aux terres qu'elle possédait dans la région bâloise supérieure. A Pratteln, les Soleurois et d'autres troupes confédérées avaient gravement sévi et pillé le château et le village. Les Eptinger subirent de tels dommages qu'ils ne parvinrent pas à rétablir leur situation. Lorsque mourut Jean Bernard, en 1484, il laissa une seigneurie grevée de dettes et ses héritiers se virent contraints de la vendre à la ville de Bâle, c'était en 1525. L'Autriche, elle, ne renonça à ses droits de suzeraineté sur Pratteln qu'un quart de siècle plus tard.
Puis le château fut vendu par Bâle à un bourgeois de la ville. Les acheteurs qui suivirent appartinrent eux aussi à la bourgeoisie bâloise. Finalement, il fut acquis en 1773 par la commune de Pratteln. Elle fit combler les fossés, démolir les murs d'enceinte et leurs tours d'angle jusqu'à leurs fondements et éloigner aussi les tourelles en encorbellement qui ornaient les façades du bâtiment central. Pendant de longues décennies, l'ancienne demeure seigneuriale servit d'hospice pour les pauvres.
Depuis 1966, le château abrite l'administration communale, il a été restauré en 1968.
Présentation du château (en allemand)
Die Geschichte des Schlosses, ehemaliger Sitz des Dienstmannengeschlechtes der Eptinger, ist zum grossen -Teil identisch mit der Geschichte des Dorfes.
Übte im frühen Mittelalter das Kloster Murbach Rechte über Pratteln aus, so gehörte das Dorf später den Habsburgern, die es den Herren von Eptingen zu Lehen gaben. Diese vergrösserten ihren Besitz durch Erwerb der Güter des Klosters St. Alban mit seinem Dinghof in Pratteln und denjenigen des Klosters Schöntal bei Langenbruck.
In den Besitz des Dorfes teilten sich zwei Hauptzweige der Eptinger: Der eine Zweig besass die Burg auf dem Madlenköpfli und einen Viertel des Dorfes, der andere drei Viertel des Dorfes. Das Weiherschloss am Nordrand Prattelns hat möglicherweise schon vor dem Erdbeben 1356 bestanden und ist durch das Naturereignis zerstört und wiederum aufgebaut worden. Nach der Wiederherstellung versuchten die Eptinger sich eine von der Landgrafschaft Sisgau unabhängige Herrschaft aufzubauen. Der Erwerb der hohen Gerichtsbarkeit gab Anlass zu jahrzehntelang dauernden Rechtsstreitigkeiten. Diese wurden vor allem durch den bedeutendsten Vertreter der Eptinger, Hans Bernhart, ausgekochten. 146o unternahm dieser eine Pilgerfahrt ins Heilige Land, um nach damaliger höfischer Sitte zum Ritter geschlagen zu werden. Nach seiner Rückkehr baute er das Chor der Kirche. Im "Käppeli" liess er ein Sondersiechenhaus und eine Kapelle erstellen. 1464 gelang es ihm, sich durch Kauf der Besitzungen seiner Vettern zum alleinigen Herrn von Pratteln und seiner Herrschaft zu machen.
Zweimal wurden Schloss und Dorf verbrannt, 1384 durch die Basler und 1468 im Sundgauerkrieg durch die Eidgenossen. 1484 starb der streitbare Ritter, nachdem er kurz vor seinem Tode die grosse Glocke in der Dorfkirche gestiftet hatte. Geldnot und Streitigkeiten der Eptinger führten zum Niedergang ihrer Dynastie. 1521 verkaufte Hans Friedrich Schloss und drei Teile des Dorfes um 5000 Gulden der Stadt Basel. Aber erst 1549 verzichtete Österreich endgültig auf die Herrschaft Pratteln, "die der 3000 Gulden nit wol wert sei". Das Schloss wurde Basler Herrensitz und der Landvogtei Münchenstein zugeteilt, der Pratteler Schlossherr privater "Landedelmann" ohne gräfliche Befugnisse. Die Besitzer des Schlosses, die Bürger von Basel sein mussten, wechselten öfters. 1773 kam das Schloss mit seinem grossen Grundbesitz in öffentliche Hand. Die Gemeinde vergantete jedoch schon im folgenden Jahre die Güter parzellenweise und behielt nur Schloss, Trotten und einiges Mattland. Das Schloss wurde Armenhaus; 1910 ging es durch Schenkung der Bürgergemeinde an die Einwohnergemeinde. Am 24. Juni 1963 beschloss die Gemeindeversammlung die Totalrenovation und bewilligte einen Kredit von 1`100`000 Franken. - Am 8. September 1968 konnte das Schloss der Öffentlichkeit übergeben werden. Ernst Zeugin
Bibliographie