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Le calcul de la croissance ou de la contraction annuelle de la calotte glaciaire du Groenland est simple : les scientifiques calculent la quantité de neige tombée pendant la période de l’année où la calotte glaciaire croît, puis soustraient la quantité de glace qui fond ou se détache sous forme d’icebergs pendant la période de l’année où elle se contracte. Elle devient également de plus en plus prévisible : à l’exception de deux années depuis l' »année de fonte » de 1996-1997, comme l’appellent les scientifiques, la calotte glaciaire a rétréci.
Les années de fonte se terminent le 1er septembre et, selon les chiffres de cette année, compilés par Geus, l’étude géologique danoise et groenlandaise, la calotte glaciaire a perdu 84 milliards de tonnes au cours de l’année de fonte 2021-22, marquant ainsi la 26e année consécutive de rétrécissement de la calotte glaciaire. Bien qu’il s’agisse de l’une des pertes les plus faibles observées au cours de cette période (voir le graphique ci-dessous), il s’agit tout de même d’une « quantité énorme », selon M. Geus, qui a fait monter le niveau des océans du monde d’environ 0,2 millimètre.
Ironiquement, le taux de perte quelque peu réduit de cette année pourrait s’expliquer par l’été européen chaud. Dû à un phénomène connu sous le nom d’ oscillation nord-atlantique, il provoque généralement un temps froid au Groenland lorsque le temps est chaud en Europe. Mais l’inverse est également vrai : lorsque l’Europe connaît une vague de froid, la température au Groenland monte en flèche.
La collecte des données dont Geus a besoin pour effectuer ses calculs est également simple, bien qu’exigeante ; elle nécessite la compilation des relevés de 40 stations météorologiques automatiques (photo ci-dessus) situées à des endroits-clés de la calotte glaciaire, des mesures par satellite et des observations sur le terrain. Toutes ces informations sont ensuite introduites dans des équations qui représentent la manière dont les scientifiques pensent que le climat se comporte, ce qui donne la somme finale. Aussi automatisées soient-elles, les stations météorologiques doivent être inspectées chaque année. Selon M. Geus, elles ont également été mises à jour ces dernières années afin de pouvoir mesurer non seulement les chutes de neige, mais aussi la pluie, une forme de précipitation qui, par le passé, était inconnue. Prévisible, oui. Immuable, non.
Geus
Kevin McGwin. PolarJournal
Image : Dr Michael Wenger
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