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Pour organiser une fête de lutte, on doit d’abord avoir un terrain plat d’une assez grande dimension. Elle dépend de l’affluence, du nombre de participants et de l’importance de la fête. Les ronds de sciure doivent avoir un diamètre d’au moins 8 m. et de préférence de 10 à 12 m. Ensuite, il faut y avoir une couche de sciure de 15 cm d’épaisseur. Avant et pendant la fête, la sciure doit être humidifiée le plus possible pour éviter les blessures.
Dans les fêtes de lutte, les premières personnes qui sont appelées sont celles du bureau de classement. Cela sert à connaître ceux qui en font partie et ce sont eux qui décident durant la journée qui ’affronte qui et permettent ainsi d’établir les classements intermédiaire et finaux. On appelle ensuite les jurys de rond puis on appelle les lutteurs afin de leur transmettre quelques infos sur le déroulement de la journée. C’est également là, qu’au moins une des personnes du bureau de classement décide qui combattra à la première passe de la journée. Durant la journée, on appelle les lutteurs dans les différents ronds de sciure pour faire les passes.
Les lutteurs viennent derrière les tables des jurys de rond (ils sont toujours 3 jurys) et ces derniers disent le nom de la personne qui doit se préparer. La personne qui se fait appeler doit se préparer autant physiquement que mentalement et s’équiper d’une culotte de lutte et la retrousser. Les deux lutteurs doivent aller dans les ronds et se saluer en se serrant la main.
Les deux adversaires doivent se prendre par la culotte. La main droite passe derrière le lutteur adverse pour tenir le ceinturon avec un, deux ou trois doigts. La main gauche doit tenir le canon (le canon est la partie retroussée de la culotte) soit à l’avant ou de côté. Puis les deux adversaires doivent se tendrent en faisant un pas en arrière et dès que l’arbitre dit « BON » ou « GUT » le combat commence. Ce signal est donné à chaque engagement. La règle la plus importante est d’avoir toujours une main au minimum à la culotte sinon le combat est arrêté et les lutteurs se remettent en position de départ. Si les deux combattants commencent à sortir du rond, l’arbitre interrompt la passe et on recommence aussi en position de départ. La durée de la passe est de 5 à 8 minutes pour les actifs (adultes) et 4 à 6 minutes pour les jeunes. Lors des finales (Schlussgang en allemend) la durée est de 10 minutes mais parfois lors de fêtes importantes la durée peux aller jusqu’à 15 minutes.
L’objectif est de mettre les ¾ du dos ou les deux épaules de l’adversaire au sol afin de gagner. Les passes peuvent avoir trois issues différentes ; elles peuvent être gagnées, perdues mais elles peuvent aussi être nulles. Les combattants reçoivent des points indépendamment de si les passes ont été gagnées, perdue ou nulles. Si les combattants dépassent le temps sans avoir réussi à mettre les épaules de l’adversaire au sol, la passe est comptée comme nulle.
Dans la lutte suisse il y a un système de notation de points qui permet de classer les lutteurs. Voici les différentes notes:
10.00 est donné lorsque le vainqueur met les ¾ du dos au sol ou les deux épaules touchent le sol en même temps, c’est la note maximale.
9.75 est donné au vainqueur, si son adversaire est mis au sol et qu’il résiste ou qu’il gagne en deux temps.
9.00 est attribué à un lutteur lorsqu’il accompli une passe nulle ou sans décision avec à la clef un combat spectaculaire où il y a trois situations de victoire.
8.75 est attribué par les juges, lors d’une passe nulle, lorsque le lutteur à fait une combat normal sans grosse attaque. Cette note peut aussi être reçue lorsqu’un lutteur perd le combat en ayant dominé le combat et qu’il perd sur la fin.
8.50 est attribué traditionnellement dès que le lutteur perd un combat.
Il peut aussi y avoir des avertissements. Après 3 avertissements verbaux de l’arbitre du rond, le lutteur reçoit une pénalité d’un quart de point qui lui sera retiré à la fin du combat. Par exemple un combattant qui aurait en temps normal un 10.00 n’aurait plus qu’un 9.75. Le maximum de point qu’on peut avoir dans une fête cantonale est de 60 points pour six passes et pour une fête fédérale le maximum est de 80 points pour 8 passes.
A la fin de chaque combat, les lutteurs se serrent la main et lors d’une victoire le gagnant nettoie la sciure dans le dos de l’adversaire. Ses deux rituels sont les valeurs de respect de notre sport..
L’habillement est un point important de notre sport car on ne peut lutter avec n’importe quels habits. Il y a deux sortes d’habillement :
Le berger qui est vêtu d’une chemise de travail ou de la chemise Edelweiss traditionnelle et d’un pantalon foncé.
Le gymnaste qui est vêtu d’un t-shirt blanc et d’un pantalon blanc. Les chaussures sont en général montantes et de type chaussures de sport. Toutes les boucles en ferraille et entre autre la ceinture sont interdites.Le sponsoring est interdit sur tous les habits de lutte.
En parlant de sponsoring, la lutte suisse est un des seuls sport qui interdit le sponsoring dans l’arène de lutte mais l’autorise en dehors. Depuis quelques années la lutte a pris beaucoup d’ampleur et les grands lutteurs sont très demandés. Chaque lutteur a le droit d’avoir des sponsors sur une veste (en quantité restreinte) mais il doit obligatoirement reverser 10% de la somme à l’association fédérale de lutte suisse ESV.
Durant une fête de lutte, chaque lutteur participe à six combats durant la journée. Il y a deux exceptions : les fêtes à couronnes où après 4 passes il peut y avoir des éliminations (environ 15%). La deuxième exception est la fête fédérale, chaque lutteur participe à quatre passes ensuite il y a une élimination (environ 20%) et la sixième passe est aussi le théâtre d’une élimination ( 20%).
A la fin de chaque fête, tous les lutteurs reçoivent un prix; il peut s’agir d’un prix unique pour tous les lutteurs ou de prix en nature tels que des chaises en bois, cloches… Les prix dépendent de l’importance de la fête Par exemple lors d’une cantonale, les cloches ou les meubles sont très prisés. Un prix spécial est destiné au lutteur vainqueur de la fête, il reçoit en général un taureau ou une bête vivante.
Le point le plus important lors des fêtes à couronnes est l’obtention des lauriers. Il faut être classé dans les premiers 15 à 18 % des lutteurs pour obtenir la fameuse couronne. La couronne est une récompense très prisée et c’est une fierté d’en avoir une ou plusieurs. La distinction la plus prisé est la couronne fédérale car cette couronne est distribuée tous les trois ans lors de la fête fédérale. Il existe un classement des lutteurs les plus couronnés qui est pour l’instant dominé par le fribourgeois Hans-Peter Pellet avec 136 exemplaires. Les jeunes eux aussi reçoivent une distinction. Les palmes récompensant les jeunes lutteurs, sont attribuées lors de chaque fête aux jeunes lutteurs classés dans les premiers 15 à 20%. Lors de la proclamation des résultats les lutteurs doivent s’habiller avec le costume traditionnel de son canton (Bredzon fribourgeois) pour les bergers ou totalement en blanc pour les lutteurs gymnastes.
Création BG Conception/©Club des Lutteurs de Fribourg et environs