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Souvent, le droit à l’éducation apparaît comme une pétition de principes sans grand impact sur la vie quotidienne. Pour que le "corpus" de droits en vienne effectivement à améliorer les conditions de la vie humaine, la dignité et la liberté de chacun, il faut de toute évidence disposer d'un "instrument" capable de mesurer, selon des critères simples et universels, la réalisation du droit. Tel est le rôle des "indicateurs".
Aucune recherche n'a proposé un système cohérent d'indicateurs en matière de droit à l'éducation. Cela signifie que, aujourd’hui, parallèlement à l'élaboration d'une doctrine, l'effort devra porter sur la construction des indicateurs, seuls garants d'une approche aussi objective que possible.
Pour mener à bien cette tâche, la personne qui sera nommée par le Conseil à ce poste devra jouir de la confiance des gouvernements et bénéficier d’une longue expérience dans le domaine. L’éducation est une affaire complexe, de spécialistes. Reste que l'entreprise est assez complexe. En effet, la formulation même des droits éducatifs fait appel à des notions à connotation nettement subjective, comme, par exemple, celles d'épanouissement personnel ou de dignité humaine.
Comment mesurer précisément, à l'aide d'indicateurs statistiques, le fait qu'un Etat mette effectivement en œuvre un système éducatif favorable à l'épanouissement personnel? C'est là, manifestement, une mission difficile car le rédacteur d'indicateurs ne peut pas se muer en conscience universelle de l'éducation.
Reste qu'il est indispensable d'établir descritères objectifs et mesurables tels qu'on puisse les considérer comme des conditions minimales à respecter pour ne pas mettre en danger les objectifs les plus nobles fixés à l'éducation. Les indicateurs qui devront être élaborés seront donc à considérer comme des conditions nécessaires mais non suffisantes à la pleine réalisation du droit.
Par ailleurs, une analyse sur la qualité de l'éducation ne saurait se limiter à une réflexion et à des mesures sur les rapports entre l'Etat et l'école. Il est trop évident, en effet, que l'éducation des enfants n'est pas liée à la seule question scolaire: la famille joue ici un rôle central, unanimement reconnu aujourd'hui par les enseignants; par ailleurs, et c'est un aspect nouveau, le monde des médias exerce, sur la dynamique générale de l'éducation, une influence croissante.