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Le deuxième fleuron de Chardonne est son hôtellerie. Plusieurs établissements, allant de la pinte à vin à l'hôtel cinq étoiles, sont installés sur notre territoire. Il y a toujours eu des pintes dans la commune (même un "logis" pour recevoir les voyageurs); mais c'est à partir de la fin du siècle passé que l'hôtellerie proprement dite s'est développée au Mont-Pèlerin. On était à la belle époque.
Favorisée par la construction du funiculaire Vevey-Chardonne-Mont-Pèlerin, l'hôtellerie prit au Mont-Pèlerin une remarquable extension. Quatre hôtels et une clinique furent construits; on ouvrit pensions de famille, crémeries, tea-room et pintes. La station se développa et, sous l'égide d'une société de développement, on passa à son équipement : promenades balisées, bancs, piste de luges, patinoire, bazar, kiosque, bureau du télégraphe et bureau de poste. Enfin, en 1911, fut édifiée une chapelle dite chapelle anglaise, où était célébré le culte anglican.
La première guerre mondiale vint interrompre ce bel essor. On eut à déplorer plusieurs incendies qui mirent à mal des hôtels. Entre les deux guerres, la station ne put retrouver sa position antérieure et la crise économique de 1929-1936 se fit durement sentir, de même que la nouvelle guerre. Le Grand Hôtel fut converti en centre d'accueil pour les réfugiés. Dans un autre, on installa un home pour enfants étrangers. Un troisième fut démoli.
Après 1945, il semblait que jamais plus ce ne serait comme avant. La belle époque avait définitivement disparu. Le monde avait changé.
La nouvelle génération ne cherchait pas le calme des clairières verdoyantes entourées de grands sapins ou la vue sur des paysages paisibles. Elle voulait la mer aux couleurs fortes, le soleil brûlant sur les plages de sable et les casinos où "la société" pouvait se divertir au son des tam-tam modernes étourdissants.
Des hôteliers de tradition, au caractère trempé, ont cru à la possibilité de "refaire la station du Mont-Pèlerin". Grâce à leur travail et à leur persévérance, aujourd'hui nous y comptons un hôtel de haut rang et trois restaurant. L'ancien Grand Hôtel est devenu la Maison du Pèlerin, établissement médico-social. Il n'y a plus de pensions-familles, ni de home pour enfants. La colonie anglaise a cédé sa chapelle à l'Eglise réformée vaudoise. Une chapelle catholique a été construite.
La réputation des hôtels et restaurants est bien établie. Une centaine de lits sont à disposition des hôtes, ainsi que quelques chambres d’hôtes. Les spécialités du pays et les mets de la meilleure gastronomie sont servis et appréciés d'une nombreuse clientèle.
La Tour Swisscom, important relais dans la distribution des communications, est un belvédère unique par beau temps, offrant des possibilités de vue étendue sur le lac, les Alpes de Savoie et l'arrière pays jusqu'au Jura. Depuis l'automne 1995, un ascenseur panoramique Plein Ciel permet aux visiteurs une montée à 1145 m. avec un coup d'oeil exceptionnel.
Un port de petite batellerie a été construit à la Pichette et permet ainsi de recevoir de nombreux navigateurs. Il est accueillant et quelques places sont encore disponibles.