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En Côte d'Ivoire, par exemple, l'un des principaux pays producteurs de cacao, un agriculteur gagne un dollar par jour, alors que la Banque mondiale considère que moins de 1,9 dollar par jour signifie vivre en situation d'extrême pauvreté.
Et même le modèle de production équitable a ses difficultés. "On demande beaucoup (aux producteurs, ndlr) pour entrer dans les clous des certifications. Ils multiplient les efforts pour atteindre ces exigences, mais les bénéfices en retour étaient assez faibles", explique Oswaldo Del Castillo, cofondateur de la marque suisse-péruvienne Choba Choba ("donnant, donnant" en quechua), dans l'émission On en Parle.
Des certifications qui n'avantagent pas les producteurs
Selon lui, "certification ou pas" il y a peu de différence avec les marchés locaux, dictés par les cours de bourse. "Et l'additionnel ne va pas forcément jusqu'au producteur. Le consommateur paie un petit peu plus cher (...), mais la prime de développement est versée à la coopérative et n'est pas redistribuée jusqu'au producteur", précise-t-il.
Le cofondateur de Choba Choba précise aussi qu'une "petite coopérative" débourse "jusqu'à 3000 à 4000 dollars pour obtenir sa certification". "Quand on sait que la prime de développement est de 100 à 200 dollars par tonne, il faut déjà avoir une certaine taille pour au moins absorber le coût de la certification", explique-t-il.
C'est pourquoi Choba Choba est basé sur l'actionnariat des producteurs et qu'elle réunit 40 familles péruviennes qui produisent du cacao. C'est ensuite le chocolatier suisse Felchlin qui travaille le cacao.
Le chocolat, un produit "haut de gamme"
Reste que le coût du produit est relativement élevé: environ 10 francs les 100 grammes de chocolat contre les 2 à 3 francs des tablettes "standard".
"Le chocolat n'est pas un produit de première nécessité (...) C'est quelque chose qu'il faut consommer dans le respect du travail du producteur et de l'artisan chocolatier. Bien sûr, on est sur un produit assez haut de gamme, nous sommes une petite entreprise... En grandissant, nous essaierons de faire des économies d'échelle, pour permettre peut-être de baisser les coûts pour toucher un public plus large", souligne l'autre cofondateur de Choba Choba, Eric Garnier.
Il met toutefois en garde contre la possibilité "de tomber dans l'excès inverse: celui de notre société de consommation, où l'on va acheter du saumon tous les jours alors que ça devrait être un produit de fête. Où l'on essaie de donner accès à des produits de basse qualité à bas prix, alors qu'il faudrait essayer de penser à proposer des produits qui sont de bonne qualité, tout en essayant de les rendre accessibles dans le respect de l'Homme et de la planète".
Sophie Proust/jvia
Autant d'exigences que de labels
Ces labels ont toutefois des exigences et des priorités différentes, dont a listé les caractéristiques.
Parmi ces certifications, on peut notamment citer Max Havelaar, BIO, ainsi que UTZ Certified et Rainforest Alliance qui ont fusionné en 2018.