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Dans ce premier chapitre, nous abordons en premier lieu la question de l'origine du modèle écologique, des postulats sur lesquels s'appuie ce modèle et de la conception écologique de la pathologie. Afin de mieux apprécier la spécificité de ce modèle, nous donnons un aperçu de la manière dont les tenants de l'approche écologique envisagent la maltraitance des enfants par les parents. En second lieu, nous identifions les dimensions de l'environnement des individus et des familles qui nous sont les plus utiles dans l'analyse des situations cliniques.
Origine du modèle écologique
Le terme écologie a été introduit en 1866 par Ernst Haeckel, biologiste allemand, alors qu'il travaillait à définir les relations existant entre les êtres vivants et le milieu dans lequel ils évoluent (Tessier et Bouchard, 1987). Ce terme est apparu à la même époque où Darwin proposait sa théorie de la sélection naturelle, théorie stipulant que les conditions de l'environnement jouent un rôle déterminant dans l'évolution des espèces. À l'origine, l'objet d'étude de l'écologie est donc l'habitat, défini non seulement comme un lieu, mais comme un milieu, c'est-à-dire comme un ensemble de variables s'influençant les unes les autres. Le modèle écologique a donc pris racine dans le domaine de la biologie et des sciences naturelles.
L'utilisation du modèle écologique dans l champ psychosocial est, quant à elle, beaucoup plus récente. Les premiers écrits faisant référence au modèle écologique en psychologie datent principalement du début des années 1970. C'est cependant suite à la publication du livre de Urie Bronfenbrenner en 1979 intitulé The ecology of human development qui ce modèle va davantage été connu par les intervenants psychosociaux. Ce livre, considéré comme une référence dans le domaine, présente de façon exhaustive les postulats de l'approche écologique et son utilité dans l'étude du développement humain. Depuis lors, les publications et les domaines d'application de ce modèle dans le champ psychosocial se sont abondamment multipliées.
Spécificité de l'analyse écologique
L'objet d'étude du modèle écologique est la relation qui s'établit entre les multiples systèmes qui composent une niche écologique. Selon ce point de vue, le comportement d'un individu doit être étudié en tenant compte de l'influence réciproque des multiples systèmes qui composent son environnement écologique et des caractéristiques de l'individu lui-même. Tel qu'illustré dans la figure suivante, cette niche écologique est composée de différentes couches systémiques imbriquées les unes dans les autres, à la manière de poupées gigognes. Ces différentes couches systémiques sont, par ordre de spécificité, l'ontosystème, le microsystème, le mésosystème, l'exosystème, le macrosystème et le chronosystème.
Définition des couches systémiques
Commençons d'abord par définir ce que l'on entend par l'ontosystème. Ce système comprend l'ensemble des caractéristiques, des états, des compétences, des habiletés, des vulnérabilités ou des déficits innés ou acquis d'un individu. Bien que plusieurs caractéristiques d'un individu résultent de l'influence de son environnement il est important de noter ici que d'un point de vue écologique l'individu n'est pas considéré comme celui qui ne fait que subir son environnement; il contribue aussi à transformer son environnement et par le fait même à se transformer lui-même. Autrement dit, les échanges individu-environnement sont envisagés comme des relations réciproques et en constante évolution. Par exemple, la relation parents-enfant n'est pas étudiée par les écologistes uniquement sous l'angle de l'influence univoque des parents sur l'enfant mais également sous l'angle de l'influence des conduites de l'enfant sur le comportement de ses parents. D'un point de vue écologique, les parents et l'enfant co-évoluent et leurs relations s'ajustent et se transforment constamment.
Le microsystème, quant à lui, comprend les différents systèmes et les différentes personnes assidûment fréquentés par l'individu. Il représente à la fois le milieu de vie immédiat de l'individu (le voisinage immédiat, l'école de quartier) et les personnes avec qui il a des relations directes (les membres de la famille nucléaire et de la famille étendue, les amis, les voisins, etc.).
Schéma de l'environnement écologique
Par exemple, le microsystème d'un enfant englobe à la fois ses parents et sa fratrie, les personnes régulièrement rencontrées provenant sa famille élargie ainsi que l'ensemble des personnes qu'il côtoient quotidiennement notamment les enfants de son voisinage, de la garderie ou de l'école. Du point de vue écologique, le microsystème est un système important à considérer dans l'analyse du comportement d'un individu puisqu'il a une influence directe sur le développement et l'adaptation de ce dernier.
Le mésosystème comprend les interrelations entre les microsystèmes. Autrement dit, un mésosystème est un système de microsystèmes en interaction. Il constitue l'ensemble des relations intermicrosystémiques. Porter notre attention sur le mésosystème revient à tenter de comprendre la nature des liens (conflictuels, réciproques, antagonistes, etc.) qui ont pu s'établir entre les différents systèmes fréquentés par un individu et les impacts de ces interactions sur son évolution. Si les interactions entre les microsystèmes entre eux n'impliquent pas directement l'individu, il n'en demeure pas moins qu'elles peuvent jouer un rôle important sur l'évolution de celui-ci. Par exemple, il a maintes fois été démontré que des relations conflictuelles entre l'école et les parents (deux microsystèmes avec qui l'enfant a des relations directes) peuvent avoir une influence néfaste sur la conduite de l'enfant en classe (Evequoz, 1984). De même, la mésentente entre les parents peuvent être à l'origine d'abus physiques commis par les parents à l'égard de leurs enfants (Strauss, 1979 ; dans Bouchard, 1981) ou donner lieu à des jeux relationnels de triangulation pathologiques dans lesquels l'enfant porte une partie de la tension générée par ce conflit (Minuchin, 1974).
L'exosystème englobe, quant à lui, l'ensemble des environnements avec lesquels l'individu n'a pas d'interactions directes mais dont les perturbations peuvent néanmoins l'affecter. L'exosystème d'un enfant peut inclure les endroits où travaillent ses parents, leur réseau social, les changements économiques auxquels ils sont confrontés, etc. Par exemple, bien que l'enfant ne soit pas concerné par les conditions de travail de ses parents, celui-ci en subit malgré tout les contre-coups. En effet, le parent qui vit des stress au travail et qui est préoccupé par certaines échéances risque d'être moins disponible à ses enfants, d'être moins patient et parfois plus coercitif et même avoir des attitudes qui peuvent être blessantes pour l'enfant. Dans le même ordre d'idée, des auteurs, tels Strauss et Garbarino et Crouter (dans Bouchard, 1981) établissent un lien entre le chômage des parents, les difficultés économiques qui s'en suivent et les taux d'abus commis par les parents à l'égard des enfants.
Le macrosystème constitue l'ensemble des croyances, des valeurs, des idéologies partagées par une communauté. Elles constituent en quelque sorte le cadre de référence culturelle ou sous-culturelle qui dicte les règles de conduites des individus, les relations entre les personnes, les attitudes, les droits et les devoirs des parents à l'égard des enfants, les pratiques parentales, etc. Ces cadres de référence diffèrent bien sûr selon le contexte socioculturel, c'est-à-dire l'ethnie, la religion et les croyances des individus ou des familles. Par exemple, la place accordée aux enfants dans la famille, la manière d'éduquer un enfant, les attitudes adoptées par les parents à l'égard de leur enfant ou les pratiques disciplinaires appliquées par les parents pour contrôler le comportement de leur enfant sont en bonne partie le reflet des valeurs et des croyances partagées par le sous-groupe culturel auquel appartient la famille.
Enfin, le chronosystème englobe le système du temps et des événements. Il comprend la chronologie des événements vécus par les individus ou les familles, les tâches développementales auxquelles ils sont confrontées et l'influence de ces changements et des continuités sur leur développement respectif. Cela réfère notamment aux périodes de transition ou aux tâches développementales auxquels sont confrontés les individus ou les familles (la naissance d'un enfant, l'entrée à l'école, l'entrée dans l'adolescence) ou aux effets cumulatifs d'une séquence d'événements stressants. La prise en considération du chronosystème permet donc une analyse évolutive de la situation d'un individu ou d'une famille. D'un point de vue écologique, la connaissance de l'histoire des systèmes est essentielle à la compréhension du présent.
Comme nous pouvons le constater, le modèle écologique propose une lecture multifactorielle et socio-environnementale de la conduite humaine. Ainsi, l'environnement écologique à considérer pour comprendre le comportement actuel d'une personne ou d'une famille ne se limite pas à l'étude de son environnement immédiat mais inclut les différents environnements dans lesquels la personne ou la famille évolue (par exemple, l'école, le voisinage, la quartier, le réseau social de soutien, etc.), les interrelations entre ces environnements, les événements auxquels il ou elle est confronté actuellement ou a été confronté par le passé ainsi que les influences externes émanant d'environnements avec lesquels l'individu ou la famille n'a pas d'interactions directes. Sur le plan clinique, ce modèle nous invite donc comme intervenants à prendre en considération de multiples variables dans l'analyse des situations cliniques et à planifier des interventions qui concernent différentes dimensions de la vie d'un individu.
Exemple d'une analyse écologique
Pour illustrer notre propos, nous présentons une analyse écologique de la situation d'une jeune enfant de 6 ans en échec d'apprentissage de la lecture. Cet exemple clinique permettra d'illustrer ce façon concrète les caractéristiques des différentes couches systémiques que nous venons de définir et le type d'interventions préconisées par les tenants de cette approche.
Marie a de la difficulté à apprendre à lire
Marie est âgée de 6 ans. Elle est entrée à l'école il y a quelques mois. Elle est en échec dans l'apprentissage de la lecture : elle pleure lorsque vient le temps de faire ses devoirs qu'elle trouve
trop durs et le matin elle se plaint de maux de ventre. Son enseignante la décrit comme une enfant
dispersée qui perturbe la classe et ne veut rien apprendre. Marie est la cadette de sa famille (informations concernant l'ontosystème). Chloé, son aînée de deux ans a fréquenté la même école. C'est une élève exemplaire en tous points. La maman de Marie attend un troisième enfant. Elle et son mari espèrent un garçon. Cette troisième grossesse est éprouvante. Madame est fatiguée et angoissée car les médecins craignent des poussées d'hypertension artérielle qui pourraient s'avérer dangereuses pour le bébé et pour elle-même. Le papa de Marie est cadre moyen dans une petite entreprise très performante (informations concernant le microsystème de Marie). On exige beaucoup de lui ; on lui a récemment confié de nouvelles responsabilités qui le passionnent et l'inquiètent tout à la fois. Il reconnaît rentrer tard souvent avec
du travail dans la tête (informations concernant l'exosystème de Marie). Il y a quelques mois, les parents de Madame ont pris leur retraite; ils sont partis s'installer à la campagne à quelques deux cent kilomètres (informations concernant le microsystème de Marie). Madame est heureuse pour eux mais ils lui manquent parfois. Quand elle est fatiguée le soir, elle regrette le temps où sa mère qui habitait alors à quelques rues, passaient chercher les filles à l'école ou bien les gardait le temps d'une sortie en tête à tête avec son mari (information concernant le mésosystème de Marie). Suite au départ de ses parents elle est venue s'installer dans la maison familiale avec sa famille. Ils ne connaissent pas encore personne dans ce nouveau quartier. Madame dit s'inquiéter du fait que des adolescents du voisinage traînent dans la rue (informations concernant le microsystème de Marie). Les relations entre Madame et l'enseignante de Marie sont tendues. Habituée aux compliments qu'on lui adressait au sujet de Chloé, elle supporte mal qu'on lui parle d'échec pour Marie. Elle qui a fait le choix d'élever ses enfants plutôt que de poursuivre son activité professionnelle prend ces remarques comme des critiques à son endroit: elle couve trop Marie, n'exige pas assez d'elle, etc. Il lui arrive de critiquer cette enseignante quant au choix de ses méthodes pédagogiques. De fait, elle reconnaît ne pas avoir écouté cette enseignante lorsque celle-ci lui conseillait de consulter l'orthophoniste pour Marie.
Mais ma fille parle tout à fait bien (information concernant le mésosystème de Marie). La mère remarque cependant que Marie inverse quelques lettres et qu'il lui arrive de confondre certains sons. Enfin, Marie est née en décembre. C'est la plus jeune de sa classe. Elle est plutôt petite pour son âge. Elle raconte qu'elle ne peut pas tout à fait atteindre le porte manteau et que les garçons la bousculent en récréation (information concernant l'ontosystème).
L'enseignante dit avoir une classe difficile: l'effectif est lourd (30 enfants), le niveau hétérogène et trois enfants en difficulté l'accaparent beaucoup. La directrice de l'école étant malade, l'enseignante doit également assurer une partie des tâches administratives de l'école (informations concernant l'exosystème de Marie).
L'analyse de cette situation permet de constater que cette petite fille doit faire face à de nombreuses tâches développementales (l'entrée à l'école, l'insertion dans un groupe de pairs, la séparation d'avec sa famille) qui s'avèrent être difficiles à franchir pour elle. Sa famille, quant à elle, est confrontée à de multiples stress transitionnels (augmentation de responsabilités professionnelles pour le père, déménagement de la famille, grossesse à risque de madame, éloignement des parents de la mère, difficulté scolaire de Marie) qui épuisent éventuellement sa souplesse d'adaptation Cette situation contribue éventuellement à rendre madame plus vulnérable face aux critiques de l'école à l'égard de sa fille. Elle peut également faire en sorte que les parents soient moins disponibles pour répondre aux besoins des soutien de Marie. Enfin, l'enseignante n'a pas tout le temps nécessaire pour donner une attention particulière et le soutien affectif et académique adéquat à cette petite fille (informations concernant le chronosystème de Marie et de sa famille).
La lecture de cette situation clinique permet d'illustrer que le comportement de Marie à l'école est influencé directement et indirectement par des éléments de l'ontosystème, du microsystème, du mésosystème, de l'exosystème et du chronosystème. En conséquence, l'intervention, tel que préconisé par les écologistes, devrait tenir compte de ces multiples facteurs. Par exemple, l'intervention qui pourrait être menée dans cette situation clinique serait, notamment, d'inviter les parents à consulter une orthophoniste afin de mieux identifier les besoins de leur fille et cibler certaines stratégies pédagogiques pour la soutenir dans son apprentissage de la lecture. Ces rencontres devraient viser à permettre aux parents de mieux comprendre les difficultés de leur fille et de la soutenir dans son développement (intervention visant à modifier l'ontosystème et le microsystème de Marie). Deux ou trois rencontres mère-enseignante animées par l'orthophoniste permettraient éventuellement d'assurer une meilleure cohérence dans la réponse aux besoins de Marie. Ces rencontres pourraient également avoir pour objectif de rétablir un climat de collaboration entre la mère et l'enseignante (intervention sur le microsystème et le mésosystème de Marie). Il serait également souhaitable que Marie puisse profiter d'un soutien éducatif à l'école afin de l'aider à s'intégrer au groupe d'enfants (intervention sur l'ontosystème et le microsystème). Celui-ci pourrait également avoir pour conséquence de soutenir l'enseignante dans sa tâche (intervention sur le mésosystème) et de veiller à l'intégration sociale de Marie (intervention sur le microsystème). Éventuellement, l'inscription de cette petite fille dans une activité du quartier lui permettrait de développer ses habiletés sociales et favoriserait son insertion dans le nouveau quartier (intervention sur le microsystème). La possibilité pour la mère de bénéficier de certains répits devrait également être envisagée (intervention sur l'exosystème). Enfin, il serait intéressant d'explorer avec les parents les aménagements qu'ils prévoient mettre en place pour ses enfants lors de la naissance de leur troisième enfant. Cet exemple illustre bien à notre avis les multiples niveaux systémiques qui peuvent être pris en considération par un intervenant lorsqu'il procède à une analyse écologique d'une situation clinique.
La conception de la pathologie
D'un point de vue écologique, l'apparition et le maintien de comportements symptomatiques chez un individu ou dans la famille signalent l'existence de difficultés d'adaptation et d'ajustement entre l'individu et/ou la famille et son environnement.
Dans les faits, l'approche écologique nous invite à porter notre attention sur l'interface individu-famille-milieu. Selon ce modèle théorique, il n'existe pas de facteurs personnels ou environnementaux spécifiques qui sont à l'origine des problèmes d'adaptation. Il faut plutôt concevoir l'émergence de ces problèmes comme le résultat d'interactions entre plusieurs facteurs personnels et environnementaux, interreliés et interdépendants. Cette conception de la pathologie nous amène donc comme intervenant à tenir compte de plusieurs facettes de la réalité tant personnelles qu'environnementales dans nos interventions.
Afin d'illustrer davantage notre propos, nous allons donner un aperçu de la manière dont les écologistes envisagent la maltraitance des enfants de la part des parents. Comme on pourra le constater dans les pages qui suivent, la démarche d'évaluation clinique proposée par les tenants de l'approche écologique vise d'abord l'identification des facteurs de risque[1] associés au problème étudié et l'identification de facteurs de protection[2] pouvant favoriser l'adaptation de l'individu. Cette étape étant complétée, l'intervention écologique vise précisément à contrecarrer l'impact des facteurs de risque et à promouvoir l'action des facteurs de protection.
La maltraitance des enfants de la part des parents [3]
De multitudes causes sont évoquées par les tenants de l'approche écologique pour expliquer les agressions physiques et la négligence des parents à l'égard de leurs enfants. Certains facteurs sont historiques (ex. l'attitude de la société face à la vie privée de la famille), d'autres sont contemporains (ex. la pauvreté de certains groupes sociaux); certains facteurs sont culturels (ex. la tolérance sociale face à la violence), d'autres sont situationnels (ex. une période de crise traversée par la famille ou les parents) ; enfin, certains facteurs sont attribuables aux parents (ex. l'hostilité d'un des parents ou des deux parents à l'égard de leur enfant), d'autres sont attribuables à l'enfant (ex. un tempérament difficile ou incompatible à celui des parents, des comportements perturbateurs). Il importe de souligner que ces différents facteurs de risque peuvent se combiner et/ou être accentués par l'isolement social et le manque de soutien reçu par les parents. Ainsi, d'un point de vue écologique, lorsque les facteurs de risque susmentionnés ne sont pas atténués par la présence de certains facteurs de protection (ex. soutien social, qualité de la relation conjugale, ressources personnelles et économiques) la probabilité de mauvais traitements des parents à l'égard des enfants augmente.
Comme nous pouvons le constater, différents contextes ou niveaux systémiques doivent être pris en considération dans la lecture que l'on fait des situations de maltraitance et dans l'intervention que l'on mène auprès de ces familles. À cet effet, Belsky propose aux intervenants confrontés à de la maltraitance d'investiguer plus particulièrement les caractéristiques personnelles des enfants (l'ontosystème) et des enfants (le microsystème), le contexte de la relation parent-enfant (le microsystème), le soutien social dont bénéficient les parents (l'exosystème) et le contexte culturel dans lequel ils s'insèrent (le macrosystème) avant de planifier leurs interventions.
4.1.1. Caractéristiques personnelles des enfants
Il faut d'abord souligner que les enfants les plus jeunes sont plus à risque d'être exposés à de la maltraitance. Cela s'explique par le fait qu'ils passent plus de temps avec le parent, qu'ils sont physiquement et psychologiquement plus vulnérables, qu'ils ont plus de difficulté à contrôler leurs émotions et qu'ils ont souvent tendance à s'opposer et à s'affirmer.
Certaines études ont également permis d'établir un lien entre la prématurité et le petit poids d'un enfant à la naissance, d'une part et la maltraitance, d'autre part. Ce lien s'expliquerait par le fait que ces enfants seraient moins attrayants et plus exigeants. D'autres études n'ont pas été en mesure d'observer pareille association. Le manque de consistance dans les études ne signifie pas que la prématurité ne constitue pas un facteur étiologique de la maltraitance mais plutôt que le phénomène s'explique par l'interaction entre un parent et un enfant dans une famille, et ce, dans un contexte environnemental et communautaire plus large.
Enfin plusieurs études montrent que les enfants maltraités présentent davantage de comportements perturbateurs et que ceux-ci contribueraient à provoquer le comportement coercitif du parent. Une question demeure: est-ce le comportement de l'enfant qui provoque la conduite coercitive du parent ou l'inverse? À ce propos, une étude longitudinale allemande montre que la conduite des enfants nouveaux-nés provenant de familles maltraitantes sont comparables aux enfants d'autres familles non maltraitantes, mais qu'avec l'âge, le comportement de ces enfants se détériore. Cela pourrait s'expliquer par le fait que les parents maltraitants sont plus négatifs, coercitifs et colériques que les parents du groupe contrôle ce qui contribuerait à la détérioration du comportement de l'enfant.
En somme, bien que les conduites des parents constituent un facteur étiologique important dans la maltraitance, il ne faut pas minimiser le fait que les comportements des enfants peuvent également contribuer à l'établissement de ce processus.
4.1.2. Les caractéristiques personnelles des parents
Le fait le plus constant concernant les parents maltraitants est qu'ils ont eux-mêmes presque toujours été agressés, battus ou négligés comme enfants. Cependant, il n'y a pas de relation univoque entre ces deux réalités puisqu'il n'y a que le tiers des parents agressés ou négligés qui maltraitent leurs enfants. Différents facteurs de protection viennent donc briser ce cycle de transmission de la violence. Par exemple, les mères qui ont été maltraitées au cours de leur enfance mais qui ont un bon réseau social de soutien, qui ont connu une relation non abusive et supportante avec un des parents dans leur enfance, qui ont un conjoint aidant ou qui ont connu une expérience de thérapie positive sont moins à risque de maltraiter leurs propres enfants.
Par ailleurs, certaines caractéristiques psychologiques de la mère sont associées à la maltraitance des enfants: le jeune âge du parent à la naissance de l'enfant, un manque d'éducation et de connaissances des besoins des enfants, de la difficulté à contrôler ses émotions, une faible estime de soi, une faible capacité d'empathie, de l'instabilité émotionnelle, de la dépression, de l'anxiété, une forte réactivité aux événements négatifs, un style d'attribution externe notamment le fait d'attribuer à l'enfant des intentions négatives à son égard.
4.1.3. Le contexte de la relation parent-enfant
Les études dans ce domaine tendent à démontrer que les parents agresseurs sont moins positifs, moins aidants, plus punitifs, plus contrôlants à l'égard de leur enfant. De plus, ils émettraient moins de réponses émotionnelles, utiliseraient davantage les punitions corporelles et moins le raisonnement et les stratégies inductives pour contrôler le comportement de leur enfant et, finalement, auraient un répertoire limité de stratégies de contrôle des comportements de leur enfant.
Il ressort également de ces études que les conduites agressives des parents apparaissent lorsqu'un parent présentant certaines prédispositions telles que l'anxiété, la dépression et l'hostilité, devient irrité par le comportement de son enfant et tente sans succès de le contrôler physiquement. Ce parent devient alors si énervé qu'il perd le contrôle de son comportement punitif et amplifie ce qui était à l'origine une simple conduite disciplinaire.
4.1.4. Le soutien social
Les études tendent également à démontrer que les familles maltraitantes sont plus isolées socialement, qu'elles ont un réseau social de soutien plus restreint, qu'elles sont moins engagées dans la vie de quartier à cause des déménagement fréquents et qu'elles utilisent moins les services communautaires. De plus, il ressort que ces familles entretiennent une moins grande réciprocité dans leurs relations avec les personnes de leur entourage, ce qui contribue à épuiser ces dernières et à les éloigner. Enfin, ces familles vivraient généralement dans des milieux caractérisés par le manque d'espace, la pauvreté, la criminalité et la désorganisation sociale.
4.1.5. Le contexte culturel
Différents facteurs socioculturels seraient également associés, de façon indirecte, à la maltraitance. Parmi ceux-ci figurent, entre autres, l'attitude de la société à l'égard de la violence et de la punition corporelle. L'attitude de la société à l'égard de l'enfant lui-même aurait également une influence. Par exemple, le fait que l'enfant soit considéré comme une propriété que les parents peuvent manipuler à leur guise contribuerait à la maltraitance. Le manque de considération pour les personnes qui assument les soins des enfants joue également en faveur de la maltraitance. La pauvreté, la faible éducation et le manque d'emploi constituent d'autres facteurs de risque de la maltraitance. Bien que ces différents facteurs n'aient pas un effet direct sur la maltraitance, ils constituent néanmoins un terrain fertile à la croissance et au développement de ces pratiques. L'exemple clinique suivant permettra d'illustrer les différents niveaux systémiques qui doivent être pris en considération dans la lecture que l'on fait des situations de maltraitance.
Exemple clinique
Romain et Stéphane ont respectivement 9 et 7 ans. Ils grandissent dans la même famille d'accueil depuis 5 ans. Ils rencontrent leurs parents une heure par semaine dans un lieu tiers. Ils rechignent à venir les rencontrer. De plus les enfants prennent prétexte de tout pour se soustraire à la présence de leurs parents : ils fuient dans d'autres pièces, s'enferment dans les toilettes, etc.
Romain et Stéphane ont un frère aîné qui aurait aujourd'hui 12 ans. Il est décédé à l'âge de trois mois et demi au moment où les services sociaux s'inquiétaient de son état nutritionnel. Monsieur et madame étaient alors âgés de 26 ans. Monsieur qui a découvert l'enfant mort, resté seul avec sa mère, a demandé une autopsie. Les résultats de cette autopsie ne donnèrent pas matière à des poursuites judiciaires.
Romain naît 3 ans plus tard, suivi de Sarah 12 mois plus tard et enfin par Stéphane 18 mois plus tard. Ainsi, en moins de trois années, les parents se retrouvent avec trois enfants dont l'âge du plus vieux est de 2 ans et demi.
Sarah a 21 mois lorsqu'elle arrive en urgence à l'hôpital pour une hémorragie nasale. Elle présente un important hématome sous le nez et tombe rapidement dans le coma. Elle présente également un retard staturo-pondéral d'environ 9 mois. Ses frères, eux aussi admis à l'hôpital, souffrent d'importantes carences de soins dont un état nutritionnel déplorable. Romain, alors âgé de 3 ans marche à peine et présente un retard développemental conséquent.
Les trois enfants sont confiés à des familles d'accueil, Sarah seule et les deux garçons ensemble. La fillette garde d'importantes séquelles neurologiques vraisemblablement non récupérables. Les parents ont été inculpés pour mauvais traitements. Les charges ont été retenues contre madame seulement. Jugée coupable, elle a été incarcérée 6 mois. Les parents sont provisoirement déchus de l'exercice de l'autorité parentale. De plus on leur interdit de revoir Sarah.
Monsieur est le fils unique d'un père qui est présenté comme tyrannique, qui a toujours disqualifié son épouse et écrasé son fils de ses attentes et de ses critiques. Monsieur raconte une enfance et une adolescence solitaire, réprimée et triste.
Madame est la seule fille d'une fratrie de cinq. Son père est décrit comme alcoolique et violent: il terrorisait et brutalisait les enfants. Elle a été victime de sévices de la part de son père
parce qu'il ne voulait pas de fille. Elle vit beaucoup de haine à l'égard de son père mais ne peut s'empêcher de rechercher sa présence tout en reconnaissant qu'elle ne peut pas lui accorder le pardon qu'il demande.
Monsieur et madame parlent de leur mère respective comme ayant été incapable de les protéger par crainte de représailles paternelles. Madame dit avoir été ouvertement rejetée par l'ensemble de sa famille à l'issue du procès et du jugement.
Monsieur et madame vivent avec leur chien dans un pavillon de banlieue acheté par le père de monsieur. Ils travaillent pour la même entreprise, font coïncider leurs horaires, n'ont pas d'amis, tout au plus quelques collègues de travail. Leurs parents vivent en province. Ils les voient peu. Ils ne participent pas aux activités associatives de leur quartier et passent leur temps libre ensemble.
Monsieur, après avoir traversé une phase aiguë de dépendance alcoolique, amorcée à l'adolescence et ayant atteint son paroxysme après son mariage et la naissance des enfants, est aujourd'hui abstinent. Madame, n'a aucune formation professionnelle et après une longue période de chômage (autour de la naissance des enfants et après leur placement) a retrouvé un emploi. Elle s'investit beaucoup dans son travail et a le souci de bien faire et d'être reconnue. Elle pense que cette activité est indispensable à son équilibre personnelle.
Ces parents opposés depuis toujours au placement de leurs enfants, revendiquent leur retour. Ils se présentent comme un couple soudé à la fois par l'expérience commune d'une enfance difficile marquée par la conduite abusive de leur père, par l'absence de protection de leur mère et aussi par l'épreuve de placement de leurs enfants. Ils semblent fonctionner de façon complémentaire. Madame se fâche, monsieur temporise; monsieur revendique, madame raisonne. Ils donnent l'image de deux enfants meurtris et démunis qui demandent violemment réparation.
De toute évidence, ces parents présentent plusieurs des caractéristiques de parents maltraitants présentées plus haut. Monsieur et madame, comme nous l'avons vu, ont tous deux été des enfants maltraités, voire brutalisés et négligés. S'il n'existe pas de relation univoque entre enfants maltraités et parents maltraitants, il est à remarquer qu'aucun facteur de protection n'est venu, ni pour l'un, ni pour l'autre, briser le cycle de transmission de la violence. L'un et l'autre présentent de réelles carences en matière de connaissances des besoins des enfants. Ils rencontrent tous deux de grandes difficultés à contrôler leurs impulsions, ont une faible estime d'eux-mêmes ainsi qu'une faible capacité d'empathie. Tétanisés par un puissant sentiment de culpabilité, ils vivent une grande instabilité émotionnelle marquée par l'anxiété et la dépression. Une forte réactivité aux événements stressants les entraînent à attribuer à l'autre des intentions négatives: madame ressentait comme des attaques intentionnelles les difficultés digestives de Sarah.
En ce qui concerne les enfants, notons que Sarah présentait un petit poids à la naissance ainsi qu'une intolérance au gluten. Son état nécessitait la prise rapprochée de petites quantités alimentaires. Des spasmes digestifs rendaient Sarah grognon : elle pleurait souvent. Madame évoque aujourd'hui son désarroi à ne pas avoir su faire boire ce bébé maigrichon.
Stratégie écologique de la prévention de la maltraitance
Un des stratégies préventives proposées par Belski afin de prévenir la maltraitance dans ce type de familles à risque est d'instaurer, suite à la naissance des enfants, des programmes de visites fréquentes et systématiques à domicile assumées par des infirmières qualifiées. Ces visites devraient viser à fournir aux parents du soutien émotionnel et de l'information sur le développement et la santé des enfants de même qu'à réduire l'isolement social de la famille. De plus ces visites devraient être l'occasion d'enseigner aux parents des stratégies éducatives plus adaptées aux besoins des enfants. Éventuellement, elles permettraient aux parents de vivre moins d'émotions négatives à l'égard de leurs enfants, émotions qui sont souvent à l'origine de la maltraitance. Selon Belski, ce programme devrait être assumé par des infirmières qualifiées et motivées, idéalement de la même origine ethnique que celle des parents.
Intervention écologique auprès des familles maltraitantes
En ce qui concerne l'intervention, l'approche écologique propose d'agir sur plusieurs niveaux à la fois afin de réduire l'impact des facteurs de risque et de promouvoir l'action des facteurs de protection. Dans le cas présenté plus haut, il serait souhaitable, avant que leurs enfants leur soient à nouveau confiés, que ces parents soient intégrés dans un groupe de parents qui présentent des difficultés similaires. Ces rencontres pourraient être l'occasion de discuter avec eux des besoins des enfants, des pratiques parentales, des pratiques disciplinaires et des conséquences de l'isolement social. Des rencontres de couple pourraient également leur être proposées afin de travailler avec eux les impacts des sévices dont ils ont été victimes au cours de leur enfance et de leurs relations conjugales. Ce premier travail thérapeutique pourrait être suivi de visites supervisées des enfants à leur domicile et de rencontres avec les parents pour discuter des difficultés vécues lors de ces visites. La durée de ces visites devraient être fonction des capacités des parents à répondre adéquatement aux besoins de leurs enfants. Parallèlement, un suivi thérapeutique devrait être proposé aux enfants afin qu'ils puissent s'exprimer sur leur souffrance respective. Le retour des enfants dans la famille devrait également être progressif et un suivi à long terme devrait être proposé à la famille suite au retour définitif des enfants à la maison.
Conclusion
Comme on peut le constater, l'approche écologique propose une vision interactionniste, multifactorielle et socio-environnementale des problèmes psychosociaux. D'une part, elle porte son attention sur la relation réciproque entre l'individu et son environnement et, d'autre part, elle tient compte des interactions qui s'établissent entre les différents niveaux systémiques, ces dernières pouvant avoir une influence directe et indirecte sur la conduite de l'individu. Elle propose également d'intervenir simultanément sur plusieurs niveaux systémiques à la fois. Globalement, les interventions proposées visent à contrecarrer l'impact négatif des facteurs de risque sur la relation que l'individu entretient avec son environnement et à promouvoir la mise en place de facteurs de protection. L'application d'un tel modèle théorique en clinique oblige dans les situations cliniques plus complexes telle la maltraitance des parents à l'égard des enfants un travail d'équipe composée d'intervenants ayant des compétences et des stratégies d'intervention complémentaires.
Malgré sa richesse, cette approche se caractérise cependant par un manque de spécificité relativement à la dynamique des individus et des familles. À cet effet, la référence au modèle systémique s'avère, selon nous, être un complément souhaitable à l'approche écologique, d'autant plus que ces deux modèles partagent de nombreuses affinités sur le plan épistémologique.
Principales dimensions que nous proposons de documenter dans l'analyse des situations cliniques
Dans cette dernière section nous présentons brièvement les principales dimensions écologiques que nous suggérons de documenter lorsque nous procédons à l'analyse d'une situation clinique. Il s'agit, entre autres, de la carte écologique de la famille, du degré d'insertion dans le voisinage, des ressources des parents et du réseau social de soutien des membres de la famille.
La carte écologique de la famille
Notre première étape dans l'élaboration d'une hypothèse clinique consiste généralement à dresser le portrait de l'environnement écologique de la famille. Pour ce faire, nous utilisons la carte écologique telle que proposée par Ann Hartman (1978). La confection de cette carte vise à identifier les différents environnements fréquentés par les membres de la famille et la nature des relations qu'ils entretiennent avec ceux-ci. Cette carte donne un bon aperçu du degré et de la qualité d'insertion sociale des différents membres de la famille.
Pour illustrer notre propos nous présentons dans la figure qui suit la carte écologique de la famille Lussier. Cette famille consulte pour Annie, la cadette de la famille, qui présente un problème d'anorexie primaire. Tel que révélé par cette carte, cette famille est composée de trois enfants dont Marie, 19 ans, Pierre, 17 ans et Annie, 13 ans. Les parents travaillent tous les deux. Monsieur est âgé de 46 ans et madame de 44 ans. Les différentes lignes représentent la nature des relations que chaque membre de la famille entretient avec ces différents environnements. La ligne continue indique un relation soutenue avec l'environnement ciblé et la ligne pointillée indique une relation ténue. La ligne traversée par de petites lignes perpendiculaires signalent des relations conflictuelles. Enfin les flèches au bout des lignes indiquent la direction des échanges. Comme on peut le constater, certains échanges sont réciproques (quand il y a une flèche aux deux bouts de la ligne) et d'autres sont à sens unique (quand il y a une flèche à un seul bout de la ligne).
Carte écologique de la famille Lussier
Selon cette carte écologique, il apparaît que Annie est relativement isolée socialement puisqu'elle entretient des relations peu fréquentes avec ses amis et amies, des relations peu fréquentes et conflictuelles avec les services des loisirs et des relations conflictuelles avec des personnes de son milieu scolaire. Sa mère entretient des relations tendues avec ses propres parents qu'elle ne rencontre qu'à l'occasion. Monsieur, de son côté à des relations de travail conflictuelles. On note également que cette famille est relativement peu intégrée dans son quartier. Cela peut s'expliquer par le fait qu'elle occupe leur maison actuelle depuis moins d'une année. Autrement, les différents membres de la famille, sauf Annie, semblent bien intégrés socialement et semblent entretenir des relations soutenues et réciproques avec les multiples environnements sociaux qu'ils fréquentent.
Comme on peut le constater, l'élaboration de cette carte avec la famille permet d'identifier certains facteurs de risque et de protection environnementaux auxquels les différents membres de la famille sont exposés. Ces différentes informations sont par la suite documentées et mises en relation avec le problème pour lequel la famille consulte.
Le degré d'insertion dans le voisinage
Un autre élément que le modèle écologique nous invite à documenter est le degré d'insertion des parents dans le voisinage. Notre objectif est d'évaluer dans quelle mesure la famille entretient des relations avec les personnes de leur environnement immédiat et dans quelle mesure cet environnement constitue un facteur de risque ou de protection. Nous évaluons cette dimension à l'aide d'un questionnaire que nous faisons compléter par les parents. Ce questionnaire
Les ressources de la famille
Les ressources économiques, matérielles et contextuelles dont disposent la famille doivent également être prises en considération lors de notre évaluation clinique. L'objectif visé par cette investigation est d'établir dans quelle mesure les parents disposent des ressources nécessaires pour assumer leurs fonctions parentales. Nous évaluons cette dimension à l'aide d'un questionnaire que nous faisons compléter par les parents. Ce questionnaire
Le réseau social de soutien des membres de la famille
Enfin, il nous apparaît essentiel de bien documenter le réseau social de soutien des différents membres de la famille puisque cette dimension est considérée comme une des variables qui contribuent le plus à l'adaptation des individus aux différents stress auxquels ils ont confrontés. Compte tenu de l'importance de cette dimension pour comprendre l'adaptation des individus et des familles nous avons jugé opportun de consacrer un chapitre complet sur l'évaluation du réseau social de soutien.
Références
- Belsky, J. (1993) : Etiology of Child Maltreatment: A Developmental-Ecological Analysis. Psychological Bulletin, 114 (3): 413-434.
- Bouchard, C. (1981) : Perspectives écologiques de la relation parent(s)-enfant : des compétences parentales aux compétences environnementales. Apprentissage et Socialisation, 4 (1): 4-23.
- Bronfenbrenner, U. (1979) : The Ecology of Human Development. Cambridge, Harvard University Press.
- Buckner, J.C. (1988) : The development of an instrument to measure Neighborhood cohesion. American Journal of Community Psychology. 16 (6) : 771-791.
- Evequoz, G. (1984) : Le contexte scolaire et ses otages. Paris, ESF.
- Grizenko, N., Fisher, C. (1992) : Review of studies of risk and protective factor for psychopathology in children. Canadian Journal of Psychiatry. 37, 711-721.
- Hartman, A. (1978) : Diagrammatic assessment of family relationship. Social Casework : october 1978 : 465-476.
- Minuchin, S. (1974) : Families and Family Therapy. Cambridge, Havard University Press.
- Rowland, T.V. Dodder, R.A., Nickols, S.Y. (1988) : Perceived adequacy of ressources : development of scale. Home Economics Research Journal. 14 (2) : 218-225.
- Tessier et Bouchard, (1987) dans Guay, J. (1987) : Manuel québécois de psychologie communautaire. Chicoutimi, Gaëtan Morin Éditeur.
[1] Les facteurs de risque sont ceux qui, selon Grizenko et Fisher (1992), augmentent la vulnérabilité de l'individu ou encore la probabilité qu'il présente des difficultés d'adaptation dans des situations de stress. Par exemple, de sérieuses difficultés économiques peuvent augmenter la vulnérabilité d'un individu.
[2] Les facteurs de protection sont ceux qui, selon Rae-Grant et al. (1992; dans Grizenko et Fisher, 1992), viennent atténuer l'impact des stress sur l'individu et favoriser son adaptation. Par exemple, l'accès à un soutien social de qualité peut atténuer l'impact de difficultés économiques rencontrées par un individu.
[3] Les informations présentées ici sont tirées de l'article de Belsky, J. (1993). Etiology of Child Maltreatment: A Developmental-Ecological Analysis. Psychological Bulletin, 114 (3): 413-434
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