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C'est ma ville de choix, mon lieu de naissance conscient.
Je suis né à Lucens, mais je n'y ai que mes racines historiques. Lorsque j'y pense ou que j'y passe, je me sens au coeur du réseau qui s'est constitué pour susciter ma naissance.
A Vevey, je suis dans l'environnement que je me suis choisi, ou plutôt qui s'est imposé à moi. J'aime cette ville, même dans les coins qui peuvent éventuellement ne pas me plaire sur le plan esthétique.
J'en connais la vie, je la ressens lorque je me promène dans les rues. Même si je ne suis pas du tout physionomiste, une bonne partie des visages que je croise, les gens que je dévisage (je le fais rarement, je suis timide !) ou que je vois du coin de l'oeil, me sont familiers. Ils sont un tissu rassurant que j'aime retrouver et sentir autour de moi.
Inconsciemment d'abord, puis consciemment depuis une vingtaine d'années, j'ai tout fait pour pouvoir être fier de ma ville. A mon échelle d'abord, avec mon activité d'entraîneur du Vevey-Natation. Lorsque j'arrivais à préparer des nageurs jusqu'à un haut niveau, lorsqu'ils étaient en forme, je ne ressentais pas de la fierté pour moi, mais pour mon club, et donc ma ville.
Et lorsque j'ai commencé à faire de la politique, au Conseil communal d'abord, le débat politique venait se greffer sur mon désir de promouvoir la ville, son bien-être, sa beauté, son intelligence, le bonheur de ses habitants. Ce sont peut-être des grands mots qui paraissent creux, mais je le ressens ainsi, même si d'aucuns pensent qu'il s'agit d'une attitude tactique.
Le fait d'avoir brigué la Municipalité s'articulait dans le même souci. Comme lorsque j'avais lancé l'opération Sydney 2000 au Vevey-Natation pour rendre au club sa grandeur olympique des années 1960-1980, j'avais le sentiment que je pouvais faire la même chose au gouvernement de la ville.
Mon échec en 1993, lors de mon premier essai, m'a déçu non pas par vanité personnelle, mais parce que je voyais avec inquiétude le tissu économique de ma ville s'effriter, la crise s'installer. J'aurais voulu être de la partie dans les années 90, pour apporter toute l'aide possible à la gestion de cette période pénible.
Au Grand-Conseil, mon amour pour ma ville semble évident - à mon insu - puisque certains députés, pour me taquiner, m'ont surnommé "Chez nous à Vevey", car il semble que je commence nombre de mes phrases de cette manière...!