Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07276.jsonl.gz/1227

Quelles côtes européennes seront submergées par les restes de l’ouragan Lorenzo ? Submergées : le mot est paru dans la presse. On pense aussitôt à la tempête Xynthia lors de laquelle la mer avait pénétré profondément dans les terres.
La submersion avait eu lieu dans des conditions précises: tempête puissante; région inondée située plus bas que le niveau de la mer; digue insuffisante contre les assauts des vagues; onde de tempête amplifiée par la marée haute.
L’onde de tempête est le soulèvement de l’océan en raison des très basses pressions et du vent. Au passage de l’ouragan Katrina elle a été évaluée à neuf mètres au-dessus du niveau normal. Wikipedia annonce une marée de 13 mètres au passage de Mahina, en Australie en 1899.
Cette onde de tempête est l’élément le plus meurtrier d’un ouragan. Comme relaté dans un documentaire diffusé mercredi soir sur la RTS l’ouragan Sandy, qui avait touché New York il y a quelques années, a été dévastateur par son onde de tempête couplée à une haute marée. À quelques heures près l’inondation aurait été moins importante.
Toujours selon Wiki:
« Une grande partie des victimes tuées par un cyclone tropical le sont du fait de l’onde de tempête. Par exemple, le 8 septembre 1900, l’ouragan de Galveston (de catégorie 4) poussait une onde de tempête qui a submergé l’île de Galveston et noyé de 6 000 à 12 000 personnes. »
À ce jour la tempête la plus violente qui ait frappé la France est « l’ouragan d’octobre 1987 ». Il n’a pas d’autre nom et n’est pas issu d’une tempête tropicale à coeur chaud.
« Début d’événement : 15 octobre à 16 h. Fin d’événement : 16 octobre à 15 h. Vent maximal relevé : 220 km/h. Surface du territoire métropolitain touché : 25 %. En quatre chiffres, Météo France dresse le tableau dévastateur de l’ouragan d’octobre 1987. C’est court, violent, meurtrier. »
Secteur nord-est
Alors Lorenzo doit-il faire peur? Cela dépend où il atterrira et avec quelle puissance. Les modélisations ne concordent pas et la prévision de sa trajectoire est incertaine. Le site de la RTS l’indiquait hier:
« D’un calcul à l’autre, les modèles ont de la peine à s’accorder sur le moment où les vents vont faiblir. La trajectoire du cyclone est par ailleurs difficile à saisir. Hier, le modèle européen (ECMWF) faisait passer les restes de l’ouragan sur le golfe de Gascogne avant de les faire pénétrer sur les terres. Aujourd’hui, ce même modèle mise sur une trajectoire au large de l’Irlande avec des vents qui pourront encore atteindre les 150 km/h. D’où une certaine réserve de la part des spécialistes du NHC mais également des météorologues européens. »
On a pu lire quelques superlatifs pour garder la pression de l’urgence climatique. Par exemple: Lorenzo, le plus gros ouragan de l’histoire de l’Atlantique nord-est. Ou: Lorenzo : l’ouragan le plus puissant si proche de l’Europe.
Le plus gros de l’histoire de l’Atlantique nord-est? À découper ainsi les mers par secteurs de plus en plus réduits pour trouver à chaque fois un record inédit, il y a encore de beaux jours pour construire l’alarmisme. On peut trouver plein d’endroits qui n’ont pas vu d’ouragan fort ces 100 dernières années: autant de candidats pour le catastrophisme et l’Apocalypse.
Aujourd’hui Lorenzo a faibli mais reste une forte tempête. Il se dirige vers l’Irlande du Nord, qu’il devrait traverser avant de s’évanouir dans les faubourgs de Londres. Il ne submergera rien.
Mais quel lien avec Bangkok? À venir en seconde partie.