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La notion de corner ou de cornering correspond à l’achat d’une quantité substantielle d’un titre ou d’une marchandise avec pour objectif d’influencer le prix. Etablir un monopole n'est pourtant pas dans l’intérêt des acheteurs. Au contraire, l’objectif envisagé est généralement d’augmenter de façon considérable la pénurie des marchandises ou des titres achetés et donc de faire monter les prix. Finalement, la marchandise peut alors être revendue à un prix plus élevé.
Les tentatives d’entreprises ou de sociétés de provoquer une place de premier plan sur le marché sont également désignées de temps à autre comme cornering. La condition est que la marchandise ou les substituts comparables soient disponibles uniquement de façon limitée sur le marché. IBM et Microsoft sont des exemples éminents d’entreprises exerçant un cornering avec succès.
Le cornering est une méthode connue dans diverses bourses: les opérateurs boursiers achètent une grande quantité de titres particuliers ou des Futures correspondants et veillent à ce que le titre ne soit plus disponible ou seulement de façon limitée. Afin de réaliser le cornering d’un titre ou d’une marchandise, plusieurs négociants ou investisseurs peuvent s’associer afin que le volume d’investissement exigé soit atteint.
La demande et donc le cours augmentent généralement en raison de la pénurie provoquée artificiellement. L’intention est de revendre les titres suite à l’augmentation du cours, moyennant du gain. Cette stratégie peut cependant aussi échouer brutalement, comme le prouvent de nombreux exemples dans l’histoire de la Bourse.
Le cornering de titres peut être perçu comme une manipulation du marché. Il est par conséquent interdit dans divers marchés. Les infractions boursières et l’abus de marché sont ancrés en Suisse dans la loi sur les bourses et ont été renouvelés le 1er mai 2013 pour ce qui est du négoce pour initiés et des manipulations du marché. En cas de suspicion, l’Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers FINMA peut enquêter.
Dans le langage boursier, la notion de «cornering» est souvent liée aux ventes à découvert dans le cadre d’opérations sur titres et d’opérations à terme. Les vendeurs à découvert (également appelés «baissiers») doivent payer un prix d’un montant quelconque après avoir réussi à «sécher» la partie adverse.
Voici un exemple explicite: les investisseurs boursiers qui spéculent sur une baisse effectuent un nombre élevé de ventes à découvert comme opération à terme. D'autres investisseurs peuvent être au courant de ces pratiques et agir à l’encontre des intérêts des baissiers à l’aide d’un cornering ciblé, en achetant de grandes quantités de titres correspondants et en créant ainsi une pénurie artificielle.
Une demande excessive apparaît sur le marché en raison du manque de titres exigés, de telle manière que les baissiers doivent maintenant remplir chaque exigence tarifaire. Dans un langage boursier imagé, on peut dire que les baissiers ont été séchés.