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La coquille du pèlerin de Saint-Jacques de Compostelle
La coquille Saint-Jacques est sans doute l’élément le plus emblématique du pèlerin cheminant vers Compostelle, sanctuaire chrétien situé à l’extrémité nord-ouest de l’Espagne. Elle se distingue du simple coquillage par les marques anthropiques qui l’ont transformée en un objet symbolique propre au pèlerin. Ces marques consistent essentiellement en deux perforations situées dans la partie sommitale de la valve convexe; elles permettaient de fixer la coquille au vêtement, au chapeau ou à la besace.
Associée au costume du pèlerin, la coquille était aussi un signe distinctif qui facilitait l’accès aux hospices jalonnant la route, ainsi qu’à la charité populaire. Régulièrement retrouvée en contexte funéraire, on en connait une trentaine d’exemplaires issus des fouilles genevoises. Lorsqu’une datation est possible, celle-ci se situe le plus souvent entre le XIe et la fin du XIIIe siècle, soit durant l’apogée du pèlerinage. Les défunts accompagnés d'une coquille ne sont pas tous morts sur la route de Compostelle; il s'agit aussi d'anciens pèlerins qui, au seuil de leur passage dans l’au-delà, ont tenu à présenter les preuves de leur dévotion. La naissance du pèlerinage au début du IXe siècle s’inscrit dans le contexte de la reconquête de la péninsule ibérique par les Chrétiens, qui en avaient été chassés par les Arabes.
Objet d'un regain d'intérêt historique, artistique et touristique depuis la première moitié du XXe siècle, promu ensuite par le Conseil de l'Europe, le chemin de Compostelle est devenu un itinéraire pédestre en 1987; certains tronçons ont été classés au Patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO. Chemin de foi mais également instrument politique, le pèlerinage vers Compostelle constitue, aujourd’hui encore, une voie marquant la cohésion culturelle de l'Europe.
Le bourdon, bâton de marche indispensable pour une bonne pérégrination
Certainement moins emblématique que la coquille Saint-Jacques, le bourdon fait cependant partie de l'équipement de base du pèlerin, au même titre que la gourde et de bonnes chaussures. Ce long bâton ferré à sa base facilitait la marche, mais il était aussi utile comme arme défensive contre les chiens ou en cas de rencontre indésirable. Le bois étant une matière organique périssable, seule l’extrémité ferrée se conserve et rend archéologiquement compte de l'existence du bourdon: ainsi dans une tombe mise au jour lors des fouilles de l'église de Confignon.