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Cyclisme L'aigle d'Adliswil s'est envolé pour toujours
Légende du cyclisme suisse (un titre de champion du monde et un Tour de France), le Zurichois Ferdy Kübler est mort à l'âge de 97 ans.
La réaction de Steve Morabito
Contacté, le cycliste Steve Morabito salue "un grand monsieur du cyclisme qui nous quitte." Le Valaisan de l'équipe FDJ.fr a été marqué par le personnage de Ferdy Kübler. "En plus de son incroyable palmarès, on retiendra sa volonté, sa passion et son charisme. Kübler peut encore être vu comme un exemple pour les jeunes."
Premier Suisse à avoir remporté le Tour de France, Ferdinand «Ferdy» Kübler est décédé jeudi à l'âge de 97 ans. Le Zurichois avait été désigné sportif suisse du siècle en 1983.
Né le 24 juillet 1919, Ferdy Kübler a rendu son dernier souffle le jeudi 29 décembre, à 14h, dans un hôpital zurichois. «Il m'a encore dit: Christina, tu es la meilleure femme du monde», a expliqué sa veuve à la Schweizer Illustrierte.
Le couple avait pu passer Noël à la maison. Mais Ferdy Kübler, qui avait souffert de nombreux problèmes de santé au cours des dernières années et ne quittait que rarement son lit, a ensuite dû être hospitalisé à la suite d'un sévère refroidissement. «Ferdy s'est endormi paisiblement, avec un sourire sur son visage», a encore souligné Christina Kübler.
Une année avant Koblet
Légende du cyclisme helvétique, Ferdy Kübler avait gagné la Grande Boucle en 1950, une année avant le deuxième et dernier triomphe suisse signé Hugo Koblet. «Ferdy National» avait décroché le titre mondial sur route, en 1951, et avait remporté trois Tours de Suisse et deux Tours de Romandie.
L'arrivée triomphale de Ferdy Kübler au Parc des Princes, en clôture du Tour de France 1950:
Ferdy Kübler était passé professionnel en 1940, à l'âge de 21 ans, et avait décroché son premier grand succès en 1942 sur les routes du Tour de Suisse. La carrière de celui que L'Equipe avait surnommé le «Fou pédalant» a surtout été marquée par sa rivalité avec l'autre «K», Hugo Koblet.
«Moi, je ne trancherai pas dans le débat de savoir lequel de nous était le plus grand. Si j'ai réussi des résultats magnifiques, je le dois à Hugo. Comme lui me doit en partie son palmarès», avait-il déclaré à ce sujet dans un entretien à la RTS à l'occasion de son 90e anniversaire.
«Je voulais devenir quelqu'un»
Au cours d'une carrière qui a pris fin en 1957, Ferdy Kübler avait signé un double exploit retentissant en 1951 et en 1952: il avait gagné à chaque fois coup sur coup la Flèche Wallonne et Liège-Bastogne-Liège, les deux courses ardennaises qui se déroulaient à l'époque le même week-end!
Ce coureur besogneux s'est donc bâti un palmarès dont il avait osé rêver. «Je voulais devenir quelqu'un», avait-il lâché dans le même entretien à la RTS. «Je n'ai jamais fait de concession à la facilité», avait poursuivi le Zurichois qui, dans sa jeunesse, espérait que le vélo lui permette de fuir la misère: «Ou je resterai anonyme, ou je serai champion!»
«Je suis devenu champion parce que j'étais pauvre», avait-il ainsi expliqué à L’Équipe Magazine à l'occasion du centenaire du Tour de France (2003), une épreuve dont il était le doyen des anciens vainqueurs. «Je luttais pour manger, pour avoir une vie meilleure. J'ai gagné le Tour de France parce que j'en ai rêvé, parce que je savais qu'après je ne serais plus jamais pauvre.»
(ATS/Le Matin)
Créé: 30.12.2016, 13h38