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La Fiancée vendue de Bedrich Smetana a été désignée par Bohuslav Martinu d'oeuvre du bonheur humain. Il n'y a peut-être pas une autre oeuvre dans la littérature musicale tchèque qui soit qualifiée de cette façon. Elle a été caractérisée ainsi par un des auteurs modernes de la nouvelle époque, vivant et créant déjà dans une période tout à fait différente et réagissant à nombre de nouveaux courants artistiques. Mais après un recul de plus d'un demi-siècle, il a très bien senti les valeurs éthiques et artistiques de cet opéra de Smetana. Nous, après le recul de l'autre demi-siècle, nous sentons cette caractéristique encore plus nettement. Pendant les années que cette oeuvre vit sur les scènes chez nous et aussi à l'étranger, sa profondeur artistique et humaine s'avère toujours plus forte, plus claire et plus impressionnante qu'elle ne pouvait apparaître à ses contemporains.
Nous apercevons ou bien nous sentons par intuition les traits uniques et particuliers de la Fiancée vendue; en écoutant cette musique ou lorsqu'elle s'éteint, nous réfléchissons sur cette oeuvre du bonheur humain. Des questions nous viennent à l'esprit et nous cherchons des réponses: qu'est-ce qui a conditionné la naissance de cette oeuvre aussi heureuse et charmante, oeuvre unique dans la littérature d'opéra tchèque, ainsi que dans le contexte de la création lyrique mondiale. Une réponse exhaustive ne peut y être donnée. Il paraît qu'une époque heureuse de la vie s'est jointe ici au génie créateur - pour donner ce fruit magnifique. La naissance de la Fiancée vendue de Smetana remonte à la situation optimale de sa vie. C'est à peu près dans la première moitié des années soixante que Bedich Smetana s'occupait de la Fiancée vendue. Ayant achevé sa partition le 15 mars 1866, il l'a présentée peu après, le 30 mai 1866 en première sur la scène du Théâtre provisoire tchèque à Prague. Quadragénaire, le compositeur vivait alors en plein essor de ses forces créatrices. Outre ses riches activités d'organisation et artistiques, il se livrait aussi à sa propre création. Il suffit de feuilleter son Carnet de motifs pour y trouver, justement ces mois et ces années, un geyser véritable d'idées, utilisées non seulement dans les oeuvres qui y sont immédiatement liées, mais aussi pendant les années à venir. Un rôle important était joué ici par le développement du talent de Bedrich Smetana et par les riches expériences qu'il a acquises pendant son séjour de plusieurs années en Suède, ainsi que par ses contacts avec de nombreuses personnalités, de la vie musicale européenne. Dans la patrie, c'est l'enthousiasme du réveil de la vie nationale et, surtout, son programme artistique qui se sont joints à ces expériences. L'optimisme, la joie et la force courageuse remplissaient alors les pensées et les actions de toute la génération artistique à laquelle Bedrich Smetana appartenait. Et on ne doit pas omettre non plus le fait que, dans la Fiancée vendue, Smetana a fait pleinement valoir son attitude positive à la vie et son optimisme avec lesquels il est né et qui éclairent sa musique. Cette force vitale intérieure est immanente à la création tout entière de Smetana mais, dans la Fiancée vendue, elle a donné un de ses plus beaux fruits.
En été 1863, après avoir achevé son premier opéra, Les Brandebourgeois en Bohême, Bedrich Smetana a reçu de Karel Sabina un nouveau livret d'un opéra en deux actes qui comme le compositeur l'a noté dans son carnet - n'avait pas encore de nom. Smetana l'a inventé plus tard lui-même. Il se ne laissait détourner de son élan et de son nouveau travail de composition ni par le retard dans l'appréciation de son premier opéra, présenté au concours Harrach pour un opéra original national tchèque, ni par le faible espoir de la voir réalisé sur la scène. Après le sujet historique des Brandebourgeois en Bohême, le nouveau livret a apporté un monde tout à fait différent - une image de vie populaire tchèque d'époque sous forme d'une histoire comique joyeuse. Le sujet même n'était pas entièrement nouveau ou original, des thèmes analogues ayant été traités dans la création du passé ainsi que de l'époque. mais, dans le livret de la Fiancée vendue, Sabina a sans doute réussi à dépéindre toute une série de caractéristiques et d'actions, qui, accentuées par la main géniale du compositeur, ont créé les bases d'appui excellentes de l'opéra. On se rappelle aussi la déclaration de Sabina que s'il avait imaginé ce que la Fiancée vendue deviendrait, il aurait travaillé au texte du livret avec un plus grand soin. Bien sûr, cet avis subjectif n'était pas, de toute évidence, pertinent pour la forme de base du livret et pour son effet. On peut reprocher au texte original de Sabina plusieurs insuffisances, des traits burlesques et même des illogismes, mais on ne peut lui contester son impulsion inspiratrice heureuse à l'oeuvre d'une valeur aussi rare et unique.
Par son abord à l'oeuvre, Smetana a éliminé ou modéré nombre de traits du livret original. D'ailleurs, c'est aussi seulement dans la forme musicale de l'oeuvre que les événements, comiques en apparence, sont envisagés plus sérieusement et que les différents personnages, leurs sentiments, pensées et actes sont conçus avec une profondeur réelle. Il faut prendre en considération également le fait que les changements ne se sont pas cristallisés tout de suite même dans la pensée de Smetana; lui aussi, après la conception de base de l'opéra, cherchait et élaborait encore longtemps sa forme finale.
C'est ce que prouve l'histoire même de la Fiancée vendue. Si nous laissons de côté le mûrissement du travail de composition, le rapport entre la première esquisse et la forme achevée de la partition, il est intéressant et instructif de rappeler, pour éclairer l'histoire tout entière de la naissance et de la cristallisation de cette oeuvre, que c'est seulement pendant les quatre années, écoulées après sa première, que la Fiancée vendue a assumé sa forme définitive. Naturellement, la principale typologie des personnages a été achevée par Smetana dès la première version. A cette époque-là, l'opéra contenait l'ouverture et 21 numéros de chant solo et d'ensemble. Il est à noter qu'il n'avait pas les danses qui, aujourd'hui, constituent justement le cadre poétique de l'action et des tableaux scéniques; les différents numéros musicaux étaient liés par la prose parlée. Ici, nous ne pouvons pas faire le détail du procédé de changements, de suppléments et de structure de l'oeuvre. En somme, les trois autres versions de l'opéra ont apporté les modifications suivantes: on a ajouté les danses, la Polka marquant actuellement la fin du premier acte, le Furiant de l'introduction du deuxième acte et la Sauteuse de la représentation des saltimbanques au troisième acte. Ensuite, Smetana a complété le ct'ur d'introduction du deuxième acte, La bière, mes amis, c'est un vrai don du ciel, l'aria de Marenka Ce rêve d'amour, il a divisé les deux actes originaux de l'opéra en trois actes et, finalement, il a remplacé la prose parlée par des récitatifs musicaux.
En relation avec les arrangements effectués on rappelle souvent les suggestions extérieures qui les ont amenés: les scènes de ballet ont été ajoutées pour la présentation prévue de la piece à Paris, les récitatifs pour sa mise en scène à Pétersbourg. Et bien qu'on puisse considérer ces motifs comme la dernière impulsion, décisive, peut-être, surtout du point de vue du temps car, pendant le complètement de l'opéra, Smetana a été amené à la composition des danses ou des récitatifs justement à un instant donné, la façon même qu'il a conçu et réalisé ces suppléments témoigne de raisons créatrices plus profondes. Dirigeant lui-même les représentations de l'opéra, le compositeur pouvait observer leurs forme et effet directement sur la scène, et il a achevé alors son idée artistique dans les changements mentionnés. Surtout les grands tableaux de danse ont aidé à créer le vaste cadre du milieu de vie clair et joyeux de la campagne tchèque.
En comparant de ce point de vue la forme originale du livret de Sabina et la forme définive ce l'opera de Smetana, nous pouvons constater, dans toute son ampleur, l'apport créateur de Bedrich Smetana à l'oeuvre commune, apport par lequel il l'a élevée à un degré qualitativement plus haut et, en substance, à un type d'opéra nouveau.
L'intrigue comique du livret, dans laquelle Jenik, forcé par des circonstances, cède Marenka - mais uniquement au fils de Micha, donc, en réalité, à lui-même - a permis à Smetana de développer des caractéristiques approfondies et superbes de différents personnages, de leurs sentiments et pensées. Dans la musique, l'action de la Fiancée vendue se projette en pratique en trois lignes. Il est étonnant que la principale de ces lignes représente une action sérieuse car, en effet, les anciennes promesses et les anciens engagements menacent l'amour véritable et profond du jeune couple de Marenka et Jenik. C'est aussi pour cette raison que plusieurs personnages sont conçus tout à fait sérieusement et ne sont liés aux actions comiques que dans certaines situations.
En premier lieu, c'est le principal personnage - Marenka. Dans sa présentation musicale, toute une série de nuances se déploient graduellement, exprimant ses pensées, ses sentiments et ses actions. Son personnage se développe directement sous nos yeux dès sa première inquiétude dont elle fait part à Jenik encore dans l'atmosphère joyeuse de la scène d'ensemble de l'introduction. Pourquoi ne pas se réjouir. Elle passe ensuite à un ton plaisant, en menaçant Jenik qui lui cache encore son origine (Si un jour sur toi j'apprenais) pour redevenir sérieuse, peu après, dans le duo Une vraie mère est un bonheur et dans le duo Notre fidèle amour. Dans ce dernier duo, il est très intéressant de se rendre compte de la caractéristique nette et fine par laquelle Bedrich Smetana a nuancé les attitudes de Jenlk et de Marenka. Jenik, persuadé avec courage de la réussite finale, s'y présente beaucoup plus activement, son chant se développant dans une ampleur et force d'expression croissantes, tandis que Marenka, dans sa ligne de chant calme, acquièsce plutôt d'un air pensif à la déclaration enthousiaste de Jenik. Seulement en conclusion, comme si elle était emportée par Jenik, elle chante aussi avec ferveur sa déclaration d'amour.
Lors des entretiens avec ses parents et avec Kecal dans la scène suivante, elle agit très sérieusement comme une jeune fille d'esprit indépendant, qui est prête à plaisanter mais, dès qu'elle s'aperçoit que les négociations sur Jenik sont graves et défavorables à leur amour, elle commence à se défendre avec courage. Des tons gais et même de plaisanterie reviennent pendant sa scène avec Vasek au 2e acte, enrichis remarquablement du lyrisme du chant Je connais une belle par lequel Mairenka - sans être reconnue par Vasek - veut le gagner et forcer à jurer qu'il renoncerait pour toujours à Marenka Krusinovà. A partir de cet instant, le ton joyeux disparaît du profil de Marenka et on voit augmenter la gravité dans son personnage, passant jusqu'à la douleur profonde de son aria Ce rêve d'amour. Sa jeune énergie réapparaît pendant le changement suivant, dans son ton irrité ans le duo Es-tu donc si têtue, fillette, lorsqu'elle ne vent pas entendre l'explication par Jenik de l'état réel de choses. Et ce ton énergique, mais aussi têtu, l'accompagne même dans la suite, découvrant un autre aspect de son indignation juvénile et de son désir de venger la trahison de son amour. Par ces tons énergiques est exprimée aussi sa décision d'épouser Vasek (Je ferai ce que vous voudrez).
Egalement le personnage de Jenik est déterminé avant tout par la gravité, la véracité et le sentiment profonds. De cette façon il est caractérisé au 1er acte dans les scènes d'introduction dont nous avous déjà parlé en relation avec le personnage de Marenka. Mais, dans celui de Jenik, Smetana fait valoir le comique d'une manière plus marquée et sur une plus vaste échelle. Il le déploie avec une plasticité excellente dans la grande scène des négociations de Jenik avec Kecal au 2° acte. Le récitatif alternant, aboutissant au duo Je connais une belle, accentue avec maîtrise la gaieté et l'humour. Dans le courant de l'action, Smetana fait se succéder ensuite, avec un art de caractérisation excellent, les plans de déclaration, par Jenik, de ses sentiments les plus profonds (Comment peut-on croire) et les plans de ses actes courageux et énergiques, contenant de nombreux détails pleins d'humour. Mais remarquons de nouveau comme le ton de Jenik prend un air grave à l'instant où il négocie le contrat avec Kecal et pose les conditions sous lesquelles il cédera Matenka. Il y demande résolument l'annulation des anciennes ententes entre Micha et Krusina. Dans une succession tranquille des harmonies de tonique et de dominante, la musique de Smetana s'apaise soudainement, au milieu des négociations énergiques, s'aggrave et interprète - avec une forte expression sentimentale - l'idée cachée de Jenik du bonheur futur (Quand Maenka et le fils de Micha se tiendront la main et consentiront au manage). Ce n'est qu'un bref intermède, mais justement ces changements, découverts par des auditeurs sensibles et concentrés, constituent la riche base des caractéristiques, réfléchies à fond, des personnages de l'opéra, de leurs pensées et de leurs actes. La maîtrise des caractéristiques et des changements se fait remarquer également dans les dialogues de Marenka et de Jenik au 3 acte, La polarité de la profonde et véritable douleur de Marenka et de la joie cachée de Jenik crée des plans musicaux pleins de couleurs et variés. A ce propos, nous pouvons citer, p. ex., la différence délicate par laquelle Bedrich Smetana nuance les attitudes de Mafenka et de Jenik dans leur duo Es-tu donc si têtue, fillette; tandis que Jenik est caractérisé par une intonation insouciante et plaisante de polka, le ton irrité de la partie de Marenka s'aigrit dans un rythme accéleré, dans des staccatos accentués et dans de grands sauts d'intervalle (jusqu'au contre-ut). Le profond sentiment, la gravité et l'urgence réaparaissent ensuite dans le chant de Jenik Calme-toi, filette, calme-toi.
De manière analogue, mettant l'accent sur le ton sérieux-comme nous l'avons montré chez les personnages de Matenka et de Jenik Smetana caractérise aussi les deux couples de parents. Certes, de nouveau avec des nuances, p. ex., entre Ludmila et Háta; la première est dotée, par le compositeur, d'intonations tranquilles et douces, mais aussi fermes et énergiques, tandis que Hàta, dans son rôle pas trop grand, se distingue par une ligne mélodique plus structurée et même guerefieuse. Mais a l'instant où ils parlent tous à Marenka, lui demandant de se décider, ils s'unissent dans le sextuor connu (Réfléchis bien, Marenka) d'une intonation gentille et grave. En cela se reflète la conception paisible et sage de Smetana des deux couples ainsi que de Kecal. Il les fait parler ensemble, par les tons de profonde compréhension, pour montrer que leurs intérêts différents cèdent alors à l'importance de l'instant.
La principale ligne comique est représentée, dans la Fiancée vendue, avant tout par trois personnages: par Kecal, Vasek et le personnage épisodique du directeur du cirque. Smetana les a dépeints avec un humour sensible et avec une légère ironie. Il a saisi de manière irrésistible avant tout Kecal qui appartient, à côté de Marenka et de Jenik, aux principaux personnages de l'action. Dans Kecal, le compositeur a illustré avec maîtrise l'aplomb et l'énergie de ce dernier, son incontinence de langage (répétitions fréquentes de mots), sa conscience de soi comique et sa vantardise. Caractérisant ce type, la musique est d'une plus grande mobilité mélodique, avec des sauts d'intervalle plus marqués, des staccatos prégnants et un rythme énergique et véhément, la partie de basse sonore et souple s'y faisant excellemment valoir dans les ensembles. Cependant, ni le personnage de Kecal, ni celui de Vasek ne sont dotés d'un comique extérieur excessif; leurs situations et actions comiques résultent plutôt de l'accentuation de certains de leurs traits, complétant ainsi l'image de leur type comique. Dans le personnage de Kecal, on est attiré non seulement par ses grandes arias solos, ou, p. ex., par son duo superbe avec Jenik (Je connais une belle), mais aussi par la richesse musicale et par sa caractéristique parfaite tous les récitatifs, même dans les plus courts. Il suffit de rappeler à ce propos les scènes avec Ludmila, Kruina et, plus tard, Marenka au 1er acte ou bien ses négociations avec Jenik et la préparation du contrat au 2° acte.
Dans une certaine mesure, le personnage prudent et énergique de Kecal est l'opposé du deuxième personnage principal comique Vasek. La naïveté, l'embarras, l'insouciance et la légèreté joyeuse - ce sont ses principaux traits que Bedrich Smetana a exprimés avec une grande invention dans la musique. Le bégaiement de Vasek et son hésitation, ainsi que son empressement spontané dans son duo avec Matenka ou dans sa scène comique avec Esmeralda témoignent d'un art de caractérisation suprême. Il est à noter que le portrait musical de Vasek évite toute vulgarité et tout burlesque superficiel auquel on tendait pendant une certaine période dans l'interprétation. Dans la conception de Smetana, Vasek est encore un garçon, un enfant, incapable d'agir et de se décider de maniere indépendante, et succombant, en plus, aux fortes émotions, que ce soient la peur inutile ou l'enthousiasme naïf. Et tout cela influence largement le comique de son personnage.
Dans la ligne comique de l'opéra, on ne doit pas omettre non plus la scene, peut-être la plus populaire, des saltimbanques avec l'introduction originale du chef du cirque, avec leur représentation, pleine de verve, sur un rythme de sauteuse, ainsi qu'avec la persuasion de Vasek de jouer le rôle d'ours (le duo Une jolie petite bête).
La troisième ligne de la Fiancée vendue, abondant en intonations spontanées et joyeuses, est représentée par de grandes scènes d'ensemble et de danse. Constituant un cadre excellent à l'action, elles renforcent les sentiments de joie, de clarté et d'optimisme chez les auditeurs; elles constituent, pour ainsi dire, le fond de l'histoire tout entière. La vie de la campagne tchèque y est dépeinte dans les couleurs les plus claires. Sans doute, Bedrich Smetana sentait dès le début la nécessité de cette vue généralisante et c'est aussi dans cet esprit qu'il a conçu le tableau d'introduction avec le chur, devenu aujourd'hui presque populaire, Pourquoi ne pas se réjouir. Après la première version de l'opéra, il s'est concentré encore davantage à ciseler ce principal cadre unificateur de l'action. Dans la conclusion de 1er acte, Smetana a enrichi le tableau joyeux de la fête patronale par la Polka magnifique (Main dans la main, yeux dans les yeux), dans l'introduction de 2e acte par le Furiant gai et fougueux et, au 3e acte, par la Sauteuse tourbillonnante de la représentation des saltimbanques. Pendant le développement de l'action, l'image de la joie de vivre est rappelée toujours avec un sens très marqué de la dramaturgie et graduée en quelque sorte depuis la Polka gracieuse jusqu'à la vive Sauteuse.
Pour conclure notre considération sur la Fiancée vendue il n'est pas nécessaire d'ajouter grand-chose. Les trais caractéristiques de sa musique, ainsi que le nuacement sensible des lignes mentionnées de sa structure où prédomine non pas le comique banal, mais l'humanisme profond avec lequel Smetana a exprimé ses personnages et leurs actions, ont élevé la musique de la Fiancée vendue à un autre rang de signification. Et c'est justement pour cette conception spécifique qu'elle a dépassé le cadre de son époque. La Fiancée vendue est devenue une uvre heureuse du compositeur mais, avant hout, elle est devenue une uvre heureuse et unique de notre culture nationale, uneuvre adoptée par le monde entier.