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Joseph Nicéphore Niépce et l’invention de la photographie
Joseph Nicéphore Niépce, né à Chalon-sur-Saône en 1765, partageait avec son frère Claude la passion de la recherche: ils entretenaient une correspondance suivie autour de leurs expériences, et c’est grâce à cet échange épistolaire que nous connaissons les travaux de Niépce.
Dès 1816, Niépce s’intéresse à la lithographie et procède à de nombreux essais. Il découvre que le bitume de Judée a la propriété de durcir à la lumière; en exposant un dessin translucide sur une plaque enduite de cette substance, il réussit à obtenir une image. Il baptise ce procédé héliographie.
Niépce expose ces mêmes plaques dans une camera obscura et réussit ainsi à obtenir la première photographie. La plus ancienne prise de vue connue à ce jour, lui a demandé plus d’une journée de pose.
Illustration:
Le cardinal d’Ambroise Gravure d’Isaac Briot, héliographie de J. N. Niépce, 1826 (Collections du Science Museum, Londres) La gravure, rendue translucide par l’application d’un vernis, est placée en contact avec une plaque d’étain sensibilisée au bitume de Judée. Après une exposition de plusieurs heures à la lumière, la plaque est rincée dans un bain à base d’essence de lavande: le bitume a durci et demeure insoluble dans les zones où la lumière a traversé le document, il se dissout dans les zones protégées de la lumière. Apparaît ainsi une empreinte négative de la plaque que l’on immerge dans un bain d’acide selon la technique de l’eau-forte. L’acide attaque les zones de métal nu (où le bitume a été dissout). Après élimination du bitume resté dans les zones insolées, apparaît sur la plaque l’empreinte positive en creux de la gravure originale. Il suffit d’encrer cette plaque et de la tirer dans une presse traditionnelle en contact avec une feuille de papier.