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Dans les années 70, l'entreprise Syngenta commence à commercialiser le chlorothalonil, un produit chimique pour lutter contre les champignons, après avoir obtenu le feu vert de la Confédération.
Il est ensuite utilisé pendant des années par les agriculteurs et vigneronnes de Suisse. Mais en 2020, la Confédération interdit ce produit; selon l'OMS, il est potentiellement cancérigène pour l'être humain. Syngenta, de son côté, a déposé un recours, toujours pendant, contre son interdiction.
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Les normes ont changé très rapidement
Selon les autorités fédérales, ce sont les responsables de l'approvisionnement en eau potable qui doivent payer, c'est-à-dire les cantons, les communes ou les distributeurs d'eau potable. Le Parlement, toutefois, ne se satisfait pas complètement de cette conclusion. "Je pars du principe que le fabricant a élaboré le produit dans les règles de l'art et que les agriculteurs l'ont utilisé correctement. Et les autorités ont homologué le produit. Alors qui est responsable, si on trouve maintenant des résidus dans l'eau?", se demande le conseiller aux Etats Peter Hegglin (PDC/ZG).
Il évoque une situation très compliquée et rappelle que les normes ont changé très rapidement, mais ne répond pas à la question de savoir qui doit payer.
Les Verts veulent que les fabricants contribuent
Si la question est débattue par le Parlement, c'est parce que la conseillère aux Etats verte Adèle Thorens a demandé des explications au gouvernement dans un postulat (voir encadré). Pour la Vaudoise, la première responsable est la Confédération, qui s'est trompée en autorisant le chlorothalonil: "C'est maintenant à elle de soutenir les communes pour qu'elles puissent rapidement assainir les captages d'eau. Et dans un deuxième temps, on peut se poser la question de la responsabilité des producteurs, qui ont pu obtenir des bénéfices très importants pendant des décennies. Ils pourraient être mis à contribution pour réparer les dégâts", estime Adèle Thorens.
Pour l'heure, personne n'arrive à estimer le coût total de l'opération d'assainissement. Les parlementaires s'attaquent donc à un casse-tête absolu.
Sujet radio: Camille Degott
Adaptation web: Vincent Cherpillod
Postula rejeté aux Etats
Le conseil des Etats a rejeté par 22 voix contre 21 un postulat d'Adèle Thorens (Verts/VD) concernant l'état de la pollution au chlorothalonil en Suisse.
Malgré l'interdiction de ce pesticide au 1er janvier 2020, la moitié des cantons ont des eaux qui contiennent des résidus de ce pesticide et qui dépassent les normes, a plaidé la Vaudoise.
Le Conseil fédéral estime que les questions soulevées ont déjà reçu une réponse ou sont en cours de traitement.