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Pour chaque joueur de tennis, passer de junior à professionnel est un cap difficile. Et quand il n'est plus possible de participer à d'importants tournois en raison d'une pandémie, le défi est encore plus grand à relever.
Il y a quelques mois, Swiss Tennis comptait pour la première fois trois juniors en même temps dans les 12 premiers du classement juniors mondial M18 et encore un autre, d'un an plus jeune, qui figure déjà parmi les 50 meilleurs de la planète.
"Une telle présence constitue quelque chose de tout à fait exceptionnel pour un petit pays comme la Suisse dans un sport aussi global que le tennis. Sur le plan de la statistique pure, les chances qu'un bon junior réussisse ensuite également chez les pros sont d'environ 0,5%, mais avec quatre juniors, les probabilités n'ont jamais été aussi bonnes pour nous", déclare Alessandro Greco, responsable du sport d'élite à Swiss Tennis. "Cela dit, rien n'est encore acquis. Le moment est cependant venu d'augmenter encore ces chances et, dans cette perspective, il s'agit d'apporter un encadrement plus individualisé aux joueurs qui sont en train de vivre le passage important de junior à professionnel."
Grands espoirs
Leandro Riedi, 18 ans, Dominic Stricker, qui aura 18 ans en août, Jeffrey von der Schulenburg, 18 ans, et Jérôme Kym, 17 ans, sont les quatre garçons sur lesquels le tennis suisse fonde de grands espoirs. Tandis que Jeffrey von der Schulenburg vit à Zurich et s'entraîne avec son coach privé Roman Vögeli à Winterthour, les trois autres habitent et s'entraînent depuis plusieurs années au Centre national de Bienne. Pour leur dernière année chez les juniors, Leandro Riedi et Dominic Stricker s'étaient particulièrement réjouis de participer aux tournois du Grand Chelem.
Tous deux ont déjà vécu l'expérience d'être en finale d'une de ces épreuves majeures, en l'occurrence en double. Dominic Stricker a manqué de peu le titre à Roland-Garros l'an passé et Leandro Riedi a triomphé cette année à l'Open d'Australie. "Après ces premières performances de haut niveau de leur part, nous pensions naturellement qu'ils avaient de bonnes chances de se distinguer également en simple cette saison", affirme Alessandro Greco. "Le coronavirus a hélas ruiné nos plans."
Pas le scénario prévu
Les quatre jeunes n'ont pas non plus pu effectuer leur premiers pas dans des tournois Futures où il est possible de récolter de précieux points pour le classement mondial pro, et leur programme de compétition a été gelé au moins pour la première partie de la saison. Le moment de prendre des décisions importantes est donc venu un peu plus tôt que prévu pour eux. "Dans le cadre de notre formation de la relève, nous accordons une grande importance au fait de faire d'eux des entrepreneurs autonomes", déclare Alessandro Greco pour expliquer le concept de formation de Swiss Tennis. "Cela signifie que, si le travail se fait bien, nous les amenons à un point où tant eux que nous devons miser sur un encadrement plus individualisé pour qu'ils réussissent le passage chez les professionnels." Concrètement, cela veut dire que chaque joueur est suivi par son propre coach. Etant donné que cela n'est pas possible pour tous dans les structures d'une fédération formatrice de la relève comme Swiss Tennis, des solutions ont été recherchées en commun. Au cours des dernières années, les carrières d'Henri Laaksonen, Jil Teichmann et Simona Waltert ont été lancées en se basant sur le même système.
Quatre voies différentes
"Ce sont quatre garçons qui ont tous le même rêve. Mais ce sont quatre personnes différentes qui ont chacune leur caractère, leur environnement et leur parcours", précise Alessandro Greco. "On sait que les garçons ont besoin en moyenne de cinq ans pour achever leur passage chez les professionnels. Chez les filles, c'est un peu moins long et cela représente à peu près trois ans. Durant cette période, il s'agit d'avoir la plus grande flexibilité et la plus grande autonomie tant sur le plan organisationnel que financier."
Swiss Tennis renforce son soutien
Sur demande du département du sport d'élite, le comité central de Swiss Tennis a pour cette raison décidé heir soir de renforcer son soutien financier à ces quatre joueurs durant cette phase de développement de cinq ans.
L'encadrement des athlètes pourra ainsi être désormais individualisé à souhait. Concrètement, voilà ce que cela signifie: le Zurichois Leandro Riedi va travailler avec Yves Allegro comme coach privé dès le 15 juin, et leur base d'entraînement principale reste pour l'instant Bienne. Le Bernois Dominic Stricker continue d'être suivi par l'entraîneur national Sven Swinnen; leur base demeure aussi Bienne. Jérôme Kym, qui est conseillé actuellement par le consultant de Swiss Tennis et capitaine de Coupe Davis Severin Lüthi, va tester ces prochaines semaines diverses possibilités d'entraînement dans toute la Suisse. Jeffrey von der Schulenburg continue pour sa part d'être suivi par son coach privé Roman Vögeli. "Pour atteindre l'élite, ils ont tous un long et difficile chemin à parcourir", résume Alessandro Greco. "Mais nous voulons optimiser au maximum les chances qui s'offrent à eux."