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«The Rebel», titre anglais de «Das Fahnlein der Sieben Aufrechten», de Simon Aeby, a reçu un accueil chaleureux au Tokyo International Film Festival.Ce contenu a été publié le 07 novembre 2001 - 08:46
Critiques et spectateurs ont en effet découvert, à travers cette œuvre, une image de la Suisse qu'ils ne soupçonnaient pas. Surtout que les films suisses présentés au Tokyo International Film Festival - le plus important rendez-vous du cinéma en Asie, dont la 14e édition vient de s'achever - sont plutôt rares.
Le triomphe des calculs d'apothicaires
«The Rebel», du réalisateur suisse alémanique Simon Aeby, a obtenu plus qu'un succès d'estime auprès d'une critique japonaise des plus exigeantes. Elle s'est laissé séduire par une œuvre capable de transcender la réalité helvétique. Et de prouver au monde extérieur, avec un beau sens de l'intrigue, que l'idéalisme peut triompher du cynisme et des calculs d'apothicaires, sur fond d'histoire d'amour.
«Un riche homme d'affaires Frymann veut marier sa fille Henn à un autre riche commerçant d'un village de la Suisse centrale. Frymann a besoin de son aide financière pour un important projet immobilier. En échange, il est prêt à lui offrir sa fille en mariage», explique Ken Nakamura, un sociologue amateur de cinéma européen à Tokyo.
Le problème, souligne Nakamura, est que «Henn est amoureuse de Karl, le fils d'un tailleur appauvri. Elle ne sait pas si elle doit aider son père à réaliser son rêve en épousant Ruckstuhl. Ou si elle doit écouter son cœur. L'amour finira par triompher de l'argent. Et c'est surprenant de la part d'un pays qui donne comme image de lui, à tort ou à raison, de n'être intéressé que par son confort matériel».
L'écrivain Gottfried Keller
«The Rebel»s'inspire d'un roman de l'écrivain suisse Gottfried Keller (1819-1890). Il y a un siècle et demi, la Suisse refusait, alors, de s'engluer dans l'égoïsme et la mesquinerie. Elle tentait non sans hardiesse de refuser la tyrannie des intérêts particuliers.
«La Suisse de Gottfried Keller était, peut-être, meilleure que celle d'aujourd'hui. Mais le film véhicule des valeurs universelles qui restent d'actualité. Et le public japonais les partage avec le même enthousiasme que le public suisse. Oui, il est possible, à Tokyo comme à Zurich, de préférer l'amour à l'argent», note Lukas Erni, le scénariste de «The Rebel».
L'acteur principal du film Fabien Rohrer est un ancien champion du monde de snow-board. L'un des rôles féminins les plus importants est tenu par la pop star Kisha.
«Les paysages d'automne sont très beaux. Et les Japonais qui ont vu le film n'y sont pas insensibles. Bien au contraire, dans ce pays qui se veut très proche de la nature. Ils auront, sans doute, envie de visiter la Suisse après avoir vu un tel décor», estime Christina Burgi, l'attachée culturelle de l'ambassade de Suisse à Tokyo.
Georges Baumgartner, Tokyo
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