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La mission de l’ASIN est plus d’actualité que jamais !
C’est le 3 juin 1986 que la dernière séance du Comité d’action contre l’adhésion à l’ONU a eu lieu à Berne. Il s’agissait alors d’évaluer la situation après que le non l’ait emporté dans la votation populaire sur l’adhésion à l’ONU du 16 mars 1986 et de se demander si le Comité d’action devait être transféré dans une nouvelle organisation portant le nom d’Action pour une Suisse indépendante et neutre (ASIN).
Il ressort du procès-verbal de l’époque que cette démarche faisait l’objet de vifs débats. Certains membres du Comité d’action constatèrent en effet qu’il était «une erreur que de vouloir exercer un impact sur la politique extérieure de la Confédération sous une forme institutionnalisée ». En revanche, le Conseiller national Dr Otto Fischer (PLR), le Conseiller national Dr Christoph Blocher (UDC) et le Conseiller national Heinrich Schalcher (PEV) défendaient le point de vue qu’une surveillance permanence et une prise d’influence sur la politique extérieure s’imposaient d’urgence.
Ils furent finalement autorisés à entreprendre les travaux en vue de la fondation de l’ASIN. Le 19 juin 1986, l’Assemblée constitutive de l’Action pour une Suisse indépendante et neutre (ASIN) eut lieu. Le président de l’Assemblée était le Dr Otto Fischer. Dans son introduction, il constata ce qui suit: «Après avoir gagné la votation sur l’ONU, cette action est close. Mais force est de constater qu’en dépit du rejet massif de l’adhésion à l’ONU, le Conseil fédéral poursuit allègrement sa politique extérieure (note de la rédaction: issue de la votation 75% de non) comme si rien ne s’était passé. Avec l’ASIN que nous allons fonder aujourd’hui, nous comptons bien exercer à l’avenir un certain impact sur la politique extérieure.»
Christoph Blocher fut élu comme premier président et Otto Fischer comme premier directeur de l’ASIN.
Le 16 juin 1987, la 1re Assemblée générale eut lieu. Dans son allocution, le président Christoph Blocher constata: «La négligence, la relativisation et la dévalorisation de notre neutralité et indépendance, qui ont surtout été exprimées pendant la campagne de votation sur l’ONU et après par les partisans d’une adhésion à l’ONU, nous ont incités à fonder l’ASIN et à nous engager à l’avenir pour l’indépendance, la neutralité et la sécurité de la Confédération suisse pour veiller à ce qu’elles ne soient pas compromises par une politique extérieure floue et internationaliste ».
Dans le premier bulletin de l’ASIN d’octobre 1986, on peut lire: «Il ressort d’une déclaration faite lors de sa visite en Inde par le Conseiller fédéral Pierre Aubert, qui est tout de même le chef du Département fédéral des affaires extérieures, qu’au Palais fédéral, on n’a strictement tiré aucun enseignement du non opposé par les citoyens à l’ONU. Quelques semaines après la votation sur l’ONU, il a en effet déclaré allègrement: «La neutralité suisse, soit l’indépendance face aux grandes puissances, est équivalente à la politique de non-alignement de l’Inde». Monsieur Aubert semble donc ignorer que notre neutralité permanente et armée signifie l’impartialité non seulement face aux grandes puissances, mais face à tous les pays et organisations du monde.
Dans le bulletin no 2 de l’ASIN de décembre 1986, on peut lire sur la couverture «Juges étrangers» et à l’intérieur: «Le Conseil fédéral et le Parlement ont signé il y a des années ce qu’on appelle la Convention européenne des droits de l’homme. Nous sommes donc déjà bien avancés dans ce domaine. Or ce sont des étrangers qui s’apprêtent à juger si notre ordre juridique est correct ou non.
Notre mandat reste inchangé
Les fondateurs de l’ASIN ont fait preuve d’une sage précaution en 1986. Or de nos jours, l’indépendance, la neutralité et les libertés politiques des citoyennes et citoyens suisses sont encore plus menacées qu’il y a 30 ans.
L’Action pour une Suisse indépendante et neutre doit se battre sans compromis pour l’indépendance, la neutralité et la démocratie directe en Suisse. Elle combattra de toutes ses forces une intégration accrue de notre pays dans les autorités de l’UE.
Concrètement, cela signifie que l’ASIN va refuser rigoureusement ce qu’on appelle l’accord-cadre avec l’UE. L’ASIN observe par ailleurs avec une grande inquiétude la politique de rapprochement de l’OTAN pratiquée par nos autorités. C’est pourquoi il sera nécessaire de rediscuter de l’idée d’une initiative populaire fédérale visant à inscrire la neutralité perpétuelle et armée dans la Constitution fédérale.