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Dès le début de l’informatique, les chercheurs se sont tout particulièrement intéressés à la reproduction de l’intelligence humaine sur ordinateur. C’était la motivation principale pour aller au-delà de la simple machine à calculer vers des automates pour le traitement de l’information en général. Dans les années 1940, des chercheurs comme Turing, Von Neumann et Shannon ont tous apporté des contributions importantes dans ce sens. L’Intelligence Artificielle (IA) a donc longtemps été synonyme d’informatique tout court. Elle se distinguait des mathématiques numériques qui voyaient dans les ordinateurs plutôt des machines à calculer. En 1956, l’IA est finalement devenue une discipline en soi lors de la Conférence de Dartmouth qui réunissait notamment McCarthy, Newell, Simon et Minsky, des personnages clés qui ont fortement influencé le développement de la discipline.
Avant toute discussion sur les techniques de l’IA, il est nécessaire de prendre connaissance de ses principaux objectifs et raisons d’être. Une définition intuitive est facile à donner : il s’agit de l’étude des programmes informatiques qui simulent la pensée (l’intelligence) humaine. Mais comment peut-on définir exactement ce qu’elle est ?
Si les premiers ordinateurs symboliques ont effectivement été appelés des machines à penser, l’évolution des techniques informatiques n’a pas tardé à démontrer le caractère péremptoire de cette vision des choses. Les définitions précises comme celle qui prétend qu’un être intelligent est capable de réagir à son environnement s’avèrent trop simplistes : un thermostat tout comme un être humain réagit aux modifications de son environnement, mais rares sont les personnes qui lui attribueront de l’intelligence. Par contre, la complexité de comportement semble jouer un rôle important dans la définition de l’intelligence. Aujourd’hui il apparaˆıt clairement que la complexité de la pensée humaine est sans commune mesure avec tout ce qu’un ordinateur existant est à même de réaliser.
Une meilleure approche pour définir l’intelligence consisterait à étudier de plus près ce que nous, êtres humains, considérons comme intelligent.
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Les Auteurs :
Boi Faltings est professeur à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) et directeur du Laboratoire d’Intelligence artificielle depuis 1987. Il est notamment connu pour ses travaux sur la satisfaction de contraintes et les systèmes multi-agents. Il a, avec ses étudiants et doctorants, co-fondé plusieurs entreprises qui ont mis en application les résultats de ses recherches.
Michael Schumacher est professeur à l’Institut d’informatique de gestion de la haute école spécialisée de Suisse occidentale (HES-SO) à Sierre (Suisse). Ses domaines d’intérêt se trouvent à la croisée de l’intelligence artificielle et des systèmes distribués, spécialement les agents intelligents.