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LE FONDS DU DOYEN MOREL
Société, culture et vie privée
Liberté, égalité, fraternité
La Déclaration des droits de l'homme enthousiasme Charles-Ferdinand Morel. A Maubeuge, le jeune aumônier devient même secrétaire du club jacobin local en 1791. Champion de la Révolution française dans le Jura, il prononce en 1798 le discours officiel du 14 juillet à Corgémont : « Oublions les malheurs irréparables d'une révolution et voyons dans l'avenir les bienfaits que nous prépare à tous le régime de l'égalité et de la liberté ! »
Le 15 décembre 1797, les troupes françaises entrent en Erguël. Le vallon de Saint-Imier est incorporé à la France, au département du Mont-Terrible, puis à celui du Haut-Rhin. Les missions ecclésiastiques et politiques du pasteur se nourrissent d'un même élan patriotique. Nommé président de l'assemblée électorale du canton de Courtelary, puis conseiller général du Haut-Rhin, il assiste avec ferveur au couronnement de Napoléon en 1804.
Dès 1813, durant l'époque de confusion qui précède la réunion de l'ancien Evêché de Bâle et de la République de Berne, l'idée d'une patrie jurassienne s'éveille. Charles-Ferdinand Morel développe une intense réflexion sur l'avenir institutionnel de la région. Dans ses différents projets, il s'attache à la garantie de la propriété et des libertés individuelles, ainsi qu'à l'établissement d'un contrôle démocratique du pouvoir par l'introduction du suffrage censitaire.
En 1815, il se rallie tout de même régime bernois, sans cesser toutefois de défendre les droits et les privilèges du Jura. Aux côtés des élites libérales, il lutte pour la création d'institutions qui assurent la nouvelle puissance de la bourgeoisie. En 1831, il est membre de la Constituante qui donne au canton de Berne sa première constitution démocratique.