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Naissance et petite enfance à l'époque romaine
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Naître différent
Procédures d'expiation et de procuration
"Considéré comme un prodige, l'incident fit l'objet d'un rapport au Sénat.
Les Sénateurs ordonnèrent à la fois que l'on
en référât aux haruspices et que les décemvirs
consultassent leurs livres. Les décemvirs annoncèrent
qu'il fallait purifier la ville, faire des prières et des supplications,
et offrir un sacrifice avec des victimes majeures (...): on devait,
dès que possible, célébrer des jeux pendant dix
jours en l'honneur de Jupiter très bon et très grand."
Tite-Live, Histoire romaine, 42.20.
A qui annonce-t-on les prodiges? Quelles autorités religieuses interviennent? Quels rites faut-il accomplir et pourquoi?
Nuntatio
Le prodige peut être annoncé par un simple citoyen aux autorités de la cité (prêteurs, consuls) qui en réfèrent au Sénat au début de l'année. Les pontifes enregistrent le prodige dans les Annales. Dans les cas graves, on fait venir le consul d'urgence. Après délibération, le Sénat vote un décret qui déclare qu'il s'agit d'un prodige d'état et prend en charge la procédure.
Procuratio
Decemviri et haruspices sont les spécialistes des rites de procuration et d'expiation qui se déroulent au début de chaque année, avant le départ des magistrats en province, pour rétablir l'entente avec les dieux. La durée et la complexité des cérémonies varie selon la gravité des cas.
Le sacrifice d'animaux adultes (hostiae maiores) est généralement accompagné de procession et prières aux temples (supplicatio), et d'une fête de neuf jours (novemdiale sacrum). Dans les cas graves, la ville doit être purifiée par une grande procession (lustratio urbis) s'achevant par un sacrifice. Les divinités honorées se rapportent au souci de protéger la fécondité (Junon, la patronne des matrones), de purifier la cité (Apollon) et d'apaiser les dieux infernaux (Perséphone, Pluton).
Le sort de l'enfant
Les nouveau-nés anormaux représentent une menace et une souillure pour l'ensemble de la communauté. Ils doivent être rituellement supprimés, mais pas de manière directe, afin d'éviter la pollution du sang versé. Ils ne peuvent également pas être enterrés. En les inhumant, on contaminerait la terre nourricière qui pourrait les faire renaître sous d'autres formes.
Les enfants monstrueux sont donc exposés, c'est-à-dire remis à la volonté des dieux. Comme on ne veut leur laisser aucune chance de survie, l'enfant est enfermé vivant dans une caisse jetée en haute mer ou dans un fleuve. Il meurt ainsi hors du territoire romain, sans polluer le sol du territoire de la cité. Exceptionnellement, l'enfant n'est pas traité comme un être humain. Des jumeaux siamois nés en 136 av. J.-C. à Regium furent ainsi brûlés, un sort d'ordinaire réservé aux animaux inquiétants, puis leurs cendres jetées à la mer (Julius Obsequens, Le livre des prodiges, 25).
Textes
Tite-Live, Histoire romaine, 32.1
Tite-Live, Histoire romaine, 34.45.6-8
Tite-Live, Histoire romaine, 37.11.1-6
Tite-Live, Histoire romaine, 27.37
Tite-Live, Histoire romaine, 21.62
Liens
Le mythe de Romulus et Rémus
Alain Meurant (Louvain-la-neuve), Lupa capitolina, dans Lupa Capitolina Electronica, site dédié à l'étude de la légende de Romulus et Rémus.