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Les 60 premiers satellites de la constellation d'Internet à haut débit, Starlink, seront bientôt moins visibles depuis la Terre, quand ils auront atteint leur orbite finale, a assuré la société spatiale vendredi.
La firme d'Elon Musk, fondateur de Tesla, a créé un phénomène inédit dans le ciel depuis le lancement simultané, le 23 mai, d'une grappe de 60 satellites qui apparaissent depuis comme un "train" de points lumineux depuis le sol, à l'oeil nu. De multiples observateurs ont photographié et filmé depuis une semaine l'étonnante file, qui traverse le ciel en quelques minutes.
Mais des astronomes craignent que la future constellation, qui pourrait compter jusqu'à 12'000 satellites pour fournir le globe entier en internet à haut débit, ne brouille toutes les observations par télescopes depuis la Terre. Elon Musk, jusqu'à présent, avait balayé ces inquiétudes, suscitant des critiques.
Interrogé par la RTS,souligne que certaines photos d'observatoires deviennent illisibles quand elles sont striées par le passage des satellites. Le Jurassien s'inquiète que "notre civilisation est la première qui ne pourra quasiment plus observer la Voie lactée". Pour lui, "le ciel étoilé devrait être inscrit au Patrimoine mondial de l'Unesco".
En orbite finale à 550 km
"Merci de noter que l'observabilité des satellites Starlink est spectaculairement réduite au fur et à mesure qu'ils montent leur orbite à une distance plus grande et s'orientent avec leurs antennes (...) tournées vers la Terre et leurs panneaux solaires à l'arrière du corps du satellite", a précisé SpaceX vendredi,
Les satellites ont initialement été libérés par une fusée SpaceX à 450 km d'altitude. Progressivement, ils se sont séparés les uns des autres, sur une même file, et ont ouvert leurs panneaux solaires, qui reflètent la lumière du Soleil. Pendant les prochaines semaines, ils vont chacun monter à 550 km.
Le degré de réflectivité des satellites à cette orbite finale dépendra de l'angle exact des appareils par rapport à la Terre. Les astronomes ont de facto remarqué qu'ils étaient moins lumineux depuis quelques jours, par rapport aux premières observations.
Un danger pour les activités spatiales
Stéphane Paltani, astrophysicien à l'Université de Genève, est revenu sur ce phénomène sur le plateau du 19h30. "L'encombrement dans le ciel est un vrai danger pour toutes les activités spatiales, en particulier les télécommunications, l’observation de la Terre, ou encore la météo. Le jour où on ne peut plus accéder à l’espace parce qu'il est trop encombré par des débris, là on va avoir des vrais problèmes", a-t-il déclaré.
Le scientifique a également avancé qu'il y avait "une privatisation de l'espace depuis quelques années". "Je crois que c’est vraiment en marche et très difficile de l’arrêter", a ajouté Stéphane Paltani.
>> Les explications de Stéphane Paltani, astrophysicien à l'Université de Genève, dans le 19h30
cab avec ats