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Le résultat des élections cantonales genevoises a des effets directs, immédiats (ou presque) sur les instances municipales (Conseils municipaux et conseils administratifs) : Un magistrat communal, Thierry Apothéloz, a été élu au Conseil d'Etat, trois autres, Sandrine Salerno, Carole-Anne Kast et Yvan Rochat, au Grand Conseil, où ont également été élus des conseillers municipaux (une dizaine rien qu'en Ville de Genève -mais ils étaient quarante conseillères municipales et conseillers municipaux de la Ville à se présenter au Grand Conseil). Si les règles en vigueur dans les partis politiques excluent le cumul des mandats (sauf au MCG), elles permettent tout aussi généralement des dérogations au moins temporaires à ce principe (le temps par exemple de terminer un mandat en cours -les élections municipales étant prévues dans deux ans) : en Ville, Rémy Pagani en a obtenu une, Sandrine Salerno devrait également en obtenue une, l'un et l'autre pouvant ainsi terminer leur dernier mandat au Conseil administratif de la Ville (on ne voit pas pourquoi on le leur refuserait). Mais plus fondamentalement que cette petite cuisine, l'élection d'un nouveau parlement et d'un nouveau gouvernement pourrait être, avant les élections municipales de 2020, l'occasion de reposer la question de l'autonomie communale, dans un canton qui l'a toujours eu en horreur (surtout, mais pas exclusivement, s'il devait s'agir de celle de la Ville de Genève...)...
"On n'est pas obligé de s'enfermer à la Tour Baudet" (Thierry Apothéloz)
Lors des élections cantonales genevoises, de nombreux élus municipaux de la Ville de Genève et des autres villes du canton ont été élus au Grand Conseil : des conseillères municipales et des conseillers municipaux, et trois conseiller-e-s administrarif-ves : les deux socialistes Sandrine Salerno et Carole-Anne Kast et le Vert Yvan Rochat. Tous trois vont donc vraisemblablement, jusqu'aux élections municipales de 2020, être à la fois législateurs cantonaux et magistrats communaux. Or tous trois ont pu mesurer à quel point l'autonomie communale était à Genève réduite aux limites du ridicule. Et à quel point cette réduction empêchait les villes qui en auraient les moyens de mettre en oeuvre une politique qui corresponde à leurs besoins et à ceux de leurs habitants. Voire, dans le cas de la Ville de Genève, à celle de la population de tous le canton.(chaque année, la Ville finance pour près de 190 millions de francs de prestations dont bénéficient principalement les résidents des autres communes, mais également du reste de la Suisse, à commencer par le canton de Vaud et de la la France voisine).
Selon un projet de recherche européen analysant les autonomies locales dans 39 pays entre 1990 et 2014, plus les communes sont autonomes, meilleur est l'état de la démocratie et de l'économie, de la satisfaction citoyenne et de la "non-corruption " dans le pays concerné. Ce qui en novlangue de bois se traduit par "décentralisation et autonomie communale sont des valeurs positives de bonne gouvernance". Selon cette étude, c'est en Scandinavie, en Allemagne et en Suisse que les communes jouissaient en 2014 de la plus grande autonomie -mais pour la Suisse, l'étude n'a pas du accorder une grande attention au cas particulier de Genève...
"On n'est pas obligé de s'enfermer à la Tour Baudet", rassure Thierry Apothéloz, nouveau Conseiller d'Etat socialiste genevois, président sortant de l'Association des communes genevoises, et qui a été Conseiller administratif et Maire de Vernier -la deuxième ville genevoise, la cinquième ville romande, tout de même... Il a parfaitement raison, notre nouveau ministre : la vraie vie est ailleurs. Et peut-être même, la vraie vie politique. Ailleurs, mais où ? dans les communes, notamment.
Dans deux ans, les Genevois et voises (résidents étrangers compris) éliront leurs autorités communales. Bakounine : "comme (le peuple) possède une grande dose d'instinct pratique, il se trompe rarement dans les élections communales" (la preuve : on a été élus). Et le syndicaliste révolutionnaire allemand Karl Roches, écrit en 1919, après la prise du pouvoir d'Etat par les bolchéviks : "Nous rejetons l'Etat parce qu'il ne convient pas au socialisme. Nous acceptons la Commune parce qu'elle donne aux travailleurs la possibilité de se gouverner".
Et donc, obstinément : vive la commune !