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Les hommes exposés de façon répétée aux solvants, utilisés dans la peinture, l'encre d'imprimerie et pour le nettoyage des vêtements dans les teintureries, ont un risque élevé d'infertilité, selon une étude canadienne publiée dans le mensuel britannique spécialisé Occupational and Environmental Medicine (2001 ; 58 : 635-40). Cette étude a porté sur plus de 1200 travailleurs manuels venus consulter dans des cliniques prenant en charge les problèmes de fertilité au Canada durant la période allant de 1972 à 1991. Les hommes se décrivant eux-mêmes comme ayant été exposés à des niveaux «modérés» de solvants organiques sont au moins deux fois plus susceptibles d'avoir un faible nombre de spermatozoïdes, avec peu de spermatozoïdes ayant les caractéristiques normales de mobilité.Ce risque de sperme appauvri, en volume et mobilité, est trois fois plus élevé après une exposition à des quantités importantes de solvants, selon l'équipe du Dr Nicola Cherry du Département de Santé publique de l'Université d'Alberta à Edmonton. Peintres, décorateurs, imprimeurs font partie de ceux exposés au risque statistiquement le plus important. Principal suspect : les éthers de glycol, substances chimiques connues pour leurs capacités à altérer la reproduction chez les animaux. «L'exposition aux solvants organiques est courante au travail, mais aussi lors d'activités récréatives» (bricolage, etc.), rappellent les auteurs. «Des efforts sont nécessaires pour identifier les substances présentant un danger pour la fertilité masculine, afin en cas de risque confirmé, d'en contrôler l'usage», estiment ces médecins.Une récente étude réunissant des chercheurs français et argentins avait d'autre part établi que des pesticides pouvaient avoir des effets pathogènes sur la fonction de reproduction masculine. Ce travail, qui a été publié dans un récent numéro de la revue européenne Human Reproduction, a été conduit auprès de 225 hommes souffrant de stérilité et travaillant dans une région d'Argentine où l'on pratique l'une des agricultures parmi les plus intensives au monde. «Nos résultats suggèrent que les pesticides et les solvants agissent sur les testicules et les glandes annexes, explique le Dr Luc Multigner (INSERM). Les pesticides peuvent agir sur les hormones et modifier leur équilibre. Une autre hypothèse est qu'ils puissent avoir une action toxique directe sur les testicules entraînant un déséquilibre hormonal qui retentit à son tour sur les organes génitaux».