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La légende de la Scuderia Ferrari s’est forgée notamment grâce au talent et au panache de grands pilotes, champions pérennes ou virtuoses éphémères.
- Guy MOLL: le pilote français, au talent étincelant, trouva la mort en 1934 à Pescara après avoir trouvé la gloire en l’emportant au Grand Prix de Monaco. Peiné par la perte de Moll, puis de son fils Dino en 1956, Enzo Ferrari ne vint plus sur les circuits, à l’exception du vendredi du Grand Prix d’Italie, à Monza. Et le Commendatore devint alors le pape de Maranello, envoyant alors ses voitures et ses pilotes gagner d’innombrables courses aux quatre coins de l’Europe et du monde ...
- Tazio NUVOLARI: son panache était exceptionnel, sa virtuosité sans égal. Avant Fangio, seuls les pilotes allemands RudiCaracciola et Bernd Rosemeyer peuvent lui être comparés. Nuvolari, alias Nivola, forgea la légende de Ferrari en 1935 en Nürburgring. La Scuderia, qui engageait alors une Alfa Romeo sous ses couleurs, gagna avec Nuvolari au prix d’un immense exploit sur le mythique circuit del’Eifelface aux puissantesMercedes et autres Auto Union, brisant la propagande germanique prévue à domicile par Josef Goebbels pour le compte du IIIe Reich ... Passant chez Auto Union en 1938 après la mort de Rosemeyer, Nuvolari défendra à nouveau le Cavallino après-guerre. Son chant du cygne intervient aux Mille Miglia en 1948. Après une démonstration de sa classe, Nuvolari mène la danse mais doit abandonner ... L’Italie pleure son héros mais célèbre son talent ...
- Alberto ASCARI (1950-1953): fils d’Antonio Ascari, décédé en 1925 et ami proche d’Enzo Ferrari, Alberto Ascari ne pouvait pas ne pas piloter pour la Scuderia. S’il ne fut pas le premier vainqueur en F1 de Ferrari (ce fut le pilote argentin Jose Froilan Gonzales, en 1951, à Silverstone), Ascari fut en revanche le premier champion du monde de Maranello, en 1952. Doublant la mise en 1953, il passera ensuite chez Lancia, où il trouvera la mort en 1955, au même âge que son père, à 37 ans ... Quant à Ferrari, elle devra attendre 2001 et Michael Schumacher pour voir un des ses pilotes gagner deux couronnes consécutives (même si Niki Lauda passa fort près de l’exploit en 1976)!
- John SURTEES (1963-1966): l’ancien champion du monde moto eut d’abord le culot d’imposer à Enzo Ferrari un veto. En 1963, pourtant, John Surtees accepte de rejoindre l’écurie italienne. Dès 1964, Surtees remporte le championnat du monde devant Jim Clark et Graham Hill, les deux titans de cette époque. Trahi par Eugenio Dragoni en 1966 aux 24 Heures du Mans, Surtees claque la porte de Ferrari alors qu’il menait le championnat du monde de F1 après sa victoire en Belgique, sur le toboggan de Spa-Francorchamps. Comme l’écrivit Enzo Ferrari dans ses mémoires, il y eut alors deux perdants dans cette regrettable affaire, la ScuderiaFerrari, mais aussi Surtees ... Ce dernier ne jouerait plus jamais les premiers rôles en F1, auxquels son talent de pilote et son intelligence redoutable le destinaient pourtant.
- Niki LAUDA (1974-1977): regardant le Grand Prix de Monaco 1973 sur sa télévision, Enzo Ferrari repéra un jeune Viennois talentueux sur sa BRM.Niki Lauda et son coéquipier Clay Regazzoni, qui avait connu la Scuderia en 1970 (vainqueur à Monza), rejoignirent Maranello en 1974. Découvrant un nouveau monde, Lauda se jura, avec Luca Cordero Di Montezemolo, de faire sortir Ferrari de son abysse. Tombant de Charybde en Scylla, la Scuderia sortait de plusieurs saisons médiocres malgré le talent virtuose de Jacky Ickx ... Lauda, ébloui par la puissance de FIAT, symbolisée par le circuit privé de Fiorano, était encore un peu tendre pour rivaliser avec son coéquipier Regazzoni en 1974. Mais comme tous les grands champions, l’Ordinateur ne répétait jamais deux fois les mêmes erreurs, ce qui allait ruiner les chances du Tessinois pour la suite... 1975 fut une partition sans fausse note, aux airs de requiem pour les rivaux de Lauda, d’Emerson Fittipaldi à Ronnie Peterson en passant par Jody Scheckter, Carlos Reutemann ou Clay Regazzoni. Parti sur les chapeaux de roue en 1976, Lauda fonçait droit vers un deuxième titre, seul James Hunt et sa McLaren résistant au bulldozer autrichien ... Proche de porter l’estocade finale à la concurrence, Lauda fut grièvement brûlé au Nürburgring. Un prêtre lui porta l’extême-onction mais Niki refusa la mort ... De retour dans son bolide écarlate dès Monza, ce qui déplaisait au Commendatore, l’Autrichien en vint jusqu’à troubler, par son courage inhumain, son rival James Hunt qui en vint à commettre sa seule faute de l’été 1976 sur l’autodrome lombard ... Souvent taxé d’épicier, Lauda donna à tous une leçon de témérité et de force mentale. Mais au Japon, sous le déluge du Mont-Fuji, le pilote craqua et Hunt l’emporta d’un point ... Battu en 1976, Lauda n’en fut plus que redoutable en 1976, prenant une revanche éclatante sur le destin, alors qu’Enzo Ferrari lui avait adjoint comme coéquipier Carlos Reutemann, officiellement pilote n°1 suite au veto de Lauda d’accepter un poste de directeur sportif! Ce camouflet décupla la volonté de Niki qui claqua la porte fin 1977 pour rejoindre, chez Brabham, Gordon Murray et Bernie Ecclestone ... Les portes de la Scuderia s’ouvraient en grand pour le successeur de Lauda, le Canadien Gilles Villeneuve, au style diamétralement opposé!
- Gilles VILLENEUVE (1977-1982): il n’a signé que six victoires pour le Cavallino Rampante, mais Villeneuveest indissociable du mythe Ferrari.Révélé en 1976 face à James Hunt en Formule Atlantic, ce Québécois au coup de volant prodigieux débuta dans l’élite en 1977 à Silverstone sur une McLaren Cosworth. Mais Teddy Mayer ne jugea pas bon de faire signer un contrat à ce pilote d’exception, dont l’arrivée en F1 demanda un temps d’adaptation. Canalisant mal sa fougue, Villeneuve dépassait trop souvent les limites. Enzo Ferrari lui donna une chance, et Villeneuve, preux gladiateur de la vitesse, lui rappelait ces soleils du passé qu’étaient Guy Moll ou Tazio Nuvolari. N’ayant peur de rien et surtout pas de ses propres limites, Gilles éclaboussa son court passage en F1 de sa classe, par un style très agressif digne de Jochen Rindt ou Ronnie Peterson, autres funambules du volant. Par des démonstrations de pilotage comme Dijon-Prenois 79, Monaco 81, Jarama 81, Gilles Villeneuve prouva plus d’une fois qu’il était fait d’un autre métal. Mais le Petit Prince canadien trouva la mort en 1982 à Zolder, après s’être brouillé à Imola avec son coéquipier français Didier Pironi. Dauphin de Jody Scheckter en 1979, Villeneuve ne savait pas jouer à l’épicier quand il le fallait ... Champion sans couronne comme Stirling Moss ou Ronnie Peterson, Gilles reste, trente ans après sa disparition précoce, une légende de la F1, une idole, une icône, et fait partie intégrante de la mémoire collective des tifosi. A Maranello, des ouvriers et mécaniciens de Ferrari possèdent encore de nos jours, malgré le passage de champions comme Prost, Schumacher, Raikkonen ou Alonso, une photo de Gilles Villeneuve sur leur casier à l’usine de Maranello ... Tout est dit!
- Alain PROST (1990-1991): recruté en grand secret par Cesare Fiorio sur son voilier en Sardaigne, alors qu’il rongeait son frein chez McLaren Honda face à son coéquipier AyrtonSenna, Alain Prost releva le défi Ferrari pour 1990. Gravir l’Everest en ramenant les lauriers en Italie, attendus depuis 1979, après une décennie tragique qui vit la mort de Gilles Villeneuve et l’accident de Didier Pironi en 1982, une décennie dominée par Williams et McLaren. Coéquipier de Nigel Mansell, Alain Prost sublima l’écurie italienne, dans laquelle Steve Nichols l’avait suivi. Leader du championnat 1990 après son triomphe de Silverstone, consécutif à la démonstration de Mexico et à la victoire du Castellet, Prost vit ensuite une réaction foudroyante d’Ayrton Senna. L’archange de Sao Paulo, clé de voûte des succès de Woking, emporta la mise à Hockenheim, Spa Francorchamps, Monza, arrivant au Portugal en position de force avec douze points d’avance. Trahi par Mansell à Estoril, non soutenu par Fiorio, Prost joua son va-tout à Jerez, mais Senna fut inflexible à Suzuka, terminant le championnat 1990 dans un nuage de poussière, loin de l’apothéose espérée par les tifosi... En 1991, la Berezina emporta Prost, qui traita sa Ferrari de camion au Japon, lassé des querelles politiques internes auxquelles Jean Todt mettrait fin à son arrivée en 1993 ...
- Jean ALESI (1991-1995): le pilote d’Avignon, sicilien d’origine par son père, a vécu son rêve en pilotant cinq ans pour une Scuderia Ferrari au creux de la vague, sans victoire entre Jerez 1990 (Prost) et Hockenheim 1994 (Berger). Vainqueur au Canada en 1995 avec le numéro 27 du regretté Gilles Villeneuve, Alesi aurait pu rêver mieux de par son talent, notamment une couronne mondiale avec Williams-Renault qu’il avait failli rejoindre pour 1991, mais ses adieux aux tifosi en 1995 à Monzaen disent plus que mille mots ... Peu emballés par l’arrivée de Schumacher pour 1996, les tifosi avaient crié leur amour pour Jean Alesi ce jour là en Lombardie. Et Alesi avait été proche de leur offrir une victoire en guise d’adieu. Comme trop souvent trahi par sa mécanique, le Provençal dut renoncer. Trois semaines plus tard, dans l’Eifel, vaincu par le Kaiser et sa Benetton, Alesi avait encore failli sublimer sa Rossa. Son panache fut bien mal récompensé, mais Alesi porta seul sur ses épaules la Scuderia de 1992 à 1995, suite au limogeage de Prost, n’en déplaise à Ivan Capelli et Gerhard Berger, par des podiums étincelants (Barcelone 92, Monaco 93, Monza 93, Nurburgring 95 ...).
- Michael SCHUMACHER (1996-2006): 5 titres mondiaux des pilotes, 6 titres mondiaux des constructeurs, 72 victoires, 56 pole positions, 11 saisons chez Ferrari, une avalanche de records ... Il avait encore des broches dans sa jambre droite le dimanche 8octobre 2000, triste souvenir de Silverstone 99, quand il mit fin à 21 ans de disette pour Ferrari à Suzuka, remportant à titre personnel sa 3e couronne mondiale, comme son idole Senna. Michael Schumacher avait atteint la quadrature du cercle, et s’envola ensuite vers l’éternité, dépassant Fangio en 2003 avec six titres, et portant le record des victoires à une altitude qui ne sera plus jamais atteinte, 91 victoires, soit presque autant que Prost et Senna réunis (92 victoires, 51 pour le Français, 41 pour le Brésilien). Le Kaiser restera de façon immortelle associée au Cavallino, lui qui avait su pérenniser l’exploit, banaliser l’exceptionnel, tirant à chaque Grand Prix la quintessence de son bolide. Schumi forma entre 1997 et 2006 une Dream Team redoutable avec Jean Todt, Ross Brawn, Paolo Martinelli et Rory Byrne, équipe de rêve qui marqua d’une empreinte indélébile la période 1999-2004, règne hégémonique comme la F1 n’en connut jamais, pas même au plus fort des dominations de Williams-Renault ou McLaren-Honda. Et tant pis pour les pilotes n°2, les agneaux sacrifiés Eddie Irvine et Rubens Barrichello ... L’Allemand, à l’inverse de Prost et Senna, n’exigea pas la meilleure voiture mais ne tolérait pas de fauve à ses côtés. Ainsi, il ne se mesura pas à Mika Hakkinen ou Juan Pablo Montoya, pas plus qu’à Fernando Alonso ou Kimi Raikkonen, dont le recrutement par le marquis Luca Di Montezemolo le poussa à la retraite pour 2007. L’épée de Damoclès était tombée pour un pilote de 37 ans qui ne représentait plus l’avenir de Ferrari, mais qui avait repoussé l’inexorable érosion du temps avec brio. Il le prouva en sortant par la grande porte au Brésil fin 2006, rappelant au souvenir de tous avec quel talent il avait marqué au fer rouge l’Histoire de la F1 par ses exploits en rouge, Barcelone 96, Monaco 97, Spa Francorchamps 97, Budapest 98, Monaco 99, Nurburgring 2000, Suzuka 2000, Imola 2003, Indianapolis 2003, Magny-Cours 2004 ... Une seule question reste en suspens ... Enzo Ferrari, décédé en 1988, aurait-il aimé le pilote Michael Schumacher? Si le Commendatore n’aurait sans doute pas approuvé les méthodes de Jean Todt, lui qui aimait voir ses pilotes se battre loyalement, il aurait en tout cas apprécié la fidélité du Kaiser pour Ferrari, et son amour pour les tifosi ...
S’il réussit à gagner la couronne mondiale avec la Scuderia, Fernando Alonso rejoindra ce cénacle, auquel de grands noms de la vitesse ne peuvent prétendre, tels Juan Manuel Fangio, Alfonso de Portago, Peter Collins, Mike Hawthorn, Wolfgang Von Trips, Willy Mairesse, Lorenzo Bandini, Jacky Ickx, Clay Regazzoni, Carlos Reutemann, Jody Scheckter, René Arnoux, Michele Alboreto, Gerhard Berger, Nigel Mansell ou encore Kimi Raikkönen. Tous ces pilotes n’ont pas suffisamment marqué Ferrari de leur empreinte, malgré leur talent et leurs victoires. L’Espagnol aura une nouvelle occasion de rejoindre le panthéon de Ferrari en 2012, avant que Sebastian Vettel ne vienne chasser sur ses terres, pourquoi pas en 2013, le jeune Allemand ayant déclaré à Monza que sa victoire en Lombardie aurait été encore plus belle s’il avait pu communier avec les tifosi vêtu d’une combinaison rouge ...
par AxelBorg
http://www.sportvox.fr/article.php3?id_article=29807
A mon avis, il y a les pilotes virtuoses qui ont une grande facilité à "casser" du matériel en attaquant à fond (Villeneuve) et puis il y a les champions du monde... (Schumacher, Lauda, Prost).
On pourra toujours dire que si Gilles Villeneuve avait fini la course, il l'aurait gagnée ou que si la voiture d'Alési avait été bonne et fiable...
Quand à Raikkonen, Ferrari le ré-engage après son bon travail chez Lotus (pas virtuose ? pas un manche quand même !). Et certains pilotes comme Ickx ou Phil Hill ont démontré leurs qualités en Endurance (et pour le compte de Ferrari quelques fois).
Mais ça, c'est un avis personnel. Les pilotes "en travers" nous manquent, ou on ne les apprécie plus comme avant.
On pourra toujours dire que si Gilles Villeneuve avait fini la course, il l'aurait gagnée ou que si la voiture d'Alési avait été bonne et fiable...
Quand à Raikkonen, Ferrari le ré-engage après son bon travail chez Lotus (pas virtuose ? pas un manche quand même !). Et certains pilotes comme Ickx ou Phil Hill ont démontré leurs qualités en Endurance (et pour le compte de Ferrari quelques fois).
Mais ça, c'est un avis personnel. Les pilotes "en travers" nous manquent, ou on ne les apprécie plus comme avant.
nico28
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nico28 a écrit:A mon avis, il y a les pilotes virtuoses qui ont une grande facilité à "casser" du matériel en attaquant à fond (Villeneuve) et puis il y a les champions du monde... (Schumacher, Lauda, Prost).
On pourra toujours dire que si Gilles Villeneuve avait fini la course, il l'aurait gagnée ou que si la voiture d'Alési avait été bonne et fiable...
Quand à Raikkonen, Ferrari le ré-engage après son bon travail chez Lotus (pas virtuose ? pas un manche quand même !). Et certains pilotes comme Ickx ou Phil Hill ont démontré leurs qualités en Endurance (et pour le compte de Ferrari quelques fois).
Mais ça, c'est un avis personnel. Les pilotes "en travers" nous manquent, ou on ne les apprécie plus comme avant.
C'est clair mais pour être dans les bons pilotes ils faut travailler savoir régler sa machine et cela Prost, Schmacher, Lauda, étaient des virtuoses en réglage.
Villeneuve pour moi était trop fougueux la rage de gagner bon pilote mais beaucoup trop de casse.
Jacky Ickx un grand grand monsieur de l'endurance tout comme Jo Siffert.
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