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Des chercheurs de l'Advanced Cell Technology ont développé une méthode qui permettra sans doute de créer des lignées de cellules souches embryonnaires humaines sans détruire l'embryon donneur ni interférer avec son développement (Nature advance online publication, 23 août 2006, voir aussi l'article de J.-Y. Nau dans le n° 77 de la Revue médicale suisse du 6 septembre 2006). Les arguments majeurs des opposants à la recherche sur les embryons humains, notamment George Bush, seraient-ils ainsi éludés ? La technique consiste à prélever un blastomère au stade 8-10 cellules d'un embryon obtenu par FIV, comme lors d'une biopsie de diagnostic préimplantatoire (DPI). Il n'y a donc pas plus, ni moins, de risques d'empêcher un développement ultérieur de l'embryon. Au lieu d'être analysé, le blastomère est mis en culture dans un milieu contenant des cellules nourricières animales ; un procédé qui est en cours d'amélioration. Deux lignées cellulaires ont ainsi été obtenues, sur un total de 91 blastomères prélevés sur 16 embryons humains il est à noter que dans le cadre de ces études les embryons ont été totalement dissociés en blastomères et donc détruits. Ces deux lignées ont pu se différencier en différents tissus des trois lignées germinales (rosettes neurales, cellules hématopoïétiques, épithélium respiratoire, etc.). Tous les pays interdisant la destruction des embryons mais autorisant le DPI dont la Suisse ne fait pas partie seraient ainsi susceptibles d'utiliser cette technique pour faire avancer la médecine régénératrice reposant sur les cellules souches. Mais toute cellule prélevée et maintenue en «vie» ne pourrait-elle pas, potentiellement, aboutir à un être humain ? Pour Robert Lanza, le responsable de l'étude, cela est peu probable, car «on n'a jamais pu observer de blastomères individualisés au stade morula (8 à 16 cellules) ayant la capacité intrinsèque de générer un organisme complet dans quelque espèce mammifère que ce soit».Klimanskaya I. et al. Human embryonic stem cell lines derived from single blastomeres. Nature 2006 online.