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Etats-Unis
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Connu sous le nom d'Evangile de l'épouse de Jésus, ce papyrus copte a longtemps été sujet à débat concernant son authenticité. Pourtant, l'université de Columbia, qui vient de procéder à plusieurs tests sur l'écriture, les pigments et la grammaire, assure que le manuscrit est authentique.
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Présenté en 2012 par le professeur Karen Leigh King, le fragment de papyrus comporte une courte phrase qui suscite de nombreuses interrogations tant religieuses qu'historiques: «Jésus leur a dit: "ma femme […] pourra être ma disciple"». Le texte fait également référence à plusieurs reprises à Marie-Madeleine.
Accueilli avec scepticisme, le manuscrit copte, daté du IVe siècle, a toujours été considéré comme un «faux très moderne» par L'Osservatore Romano, le quotidien du Vatican, et les historiens, en raison notamment de son origine indéterminée, et de certaines erreurs grossières dans l'écriture et la grammaire.
Pourtant, une nouvelle étude publiée fin août 2015 dans la revue Harvard Theological Review et menée par l'université de Columbia, apporte un éclairage nouveau sur ce document qui fait débat.
Après avoir effectué plusieurs analyses au carbone et par spectroscopie sur l'encre et le papyrus, les archéologues estiment que le manuscrit est authentique, mais aurait plutôt été rédigé entre les VIe et IXe siècle. En outre, la composition chimique du papyrus, et son oxydation sont similaires à celles de très anciens manuscrits, à l'instar de l'Évangile de Saint Jean.
L'étude de la grammaire et de l'écriture, réalisée par des spécialistes des langues anciennes de l'Institut de recherche biblique du Vatican, corrobore les premiers éléments découverts et l'authenticité du fragment de papyrus. Le texte est par ailleurs rédigé en lycopolitain, un dialecte copte ancien et rare, employé notamment pour la rédaction de l'Évangile de Saint Jean.
Cependant, ces conclusions n'emportent pas l'adhésion de tous. En cause, l'origine du document, transmis par un collectionneur privé souhaitant rester anonyme, au professeur King en 2012. Les recherches ont permis à ce jour de retracer le parcours du papyrus, acheté en 1963 en Allemagne de l'Est par un collectionneur puis revendu aux Etats-Unis en 1999. Si tous les actes de vente ont été certifiés, des zones d'ombre persistantes laissent planer le doute quant à l'authenticité du papyrus.
Même si l'Évangile de l'épouse de Jésus semble authentique au vu des dernières études, il ne remet cependant pas en question les faits que nous connaissons, et qui sont inscrits dans la Bible, comme le précise le professeur King ainsi que plusieurs experts des religions.
En effet, le terme «épouse» employé dans le manuscrit pourrait faire référence à l'Eglise ou à la possibilité pour les femmes d'occuper des rôles jusque-là réservés aux hommes dans les Evangiles, bien que ces explications peinent à convaincre les archéologues…
Quoi qu'il en soit, les spéculations et les recherches autour du mariage de Jésus et de Marie-Madeleine, et donc de l'existence d'une descendance, se multiplient ces dernières années. Peut-être la mise en commun de tous les éléments recueillis permettra-t-elle un jour de dessiner une autre Histoire?