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D'abord administrateur responsable de cercle au Niger puis en Haute-Volta, il a été très vite appelé à des fonctions politiques : directeur de cabinet de Marius Moutet, ministre de la France d'Outre-Mer dans le gouvernement du Front Populaire, directeur de l'Ecole Coloniale puis de l'Ecole Nationale de la France d'Outre-Mer, avant de devenir directeur des Affaires politiques au ministère de la France d'Outre-Mer, de la libération jusqu'au début des années 50.
Parallèlement à ces activités politiques, Robert Delavignette a réalisé une oeuvre littéraire importante, d'un ton très personnel, et publié de nombreux ouvrages et articles sur les finalités de la colonisation et de la décolonisation, développant en particulier un discours décalé aussi bien par rapport au thème de l'"oeuvre coloniale de la France" que par rapport à la thèse qui voit dans l'indépendance l'achèvement du Politique.
La grandeur de l'oeuvre et de la pensée de Delavignette trouve probablement son ressort dans la place qu'y tient la référence constante à l'universalisme républicain.
Celui-ci le conduit à se montrer sceptique à l'égard de toute vision essentialiste de l'Afrique et à apposer au discours théorique de l'ethnologue la logique pratique du responsable politique qui constitue chez lui une véritable source de connaissance.
Les différentes contributions contenues dans cet ouvrage dépassent le clivage entre l'Afrique coloniale et l'Afrique postcoloniale. Elles étudient les questions de l'administration et du développement des pays (hier colonisés, aujourd'hui indépendants) à partir de l'expérience d'un administrateur des colonies.
Elles établissent une continuité entre l'oeuvre littéraire coloniale et les oeuvres littéraires africaines. Elles invitent surtout à réfléchir aux conséquences de l'occultation d'une mémoire franco-africaine.