Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06933.jsonl.gz/177

Une nouvelle enquête de Solidar Suisse montre que 250’000 enfants travaillent dans les champs de coton au Burkina Faso. Une activité qui a de lourds impacts sur leur santé et les empêche de suivre une scolarisation normale. Les traders suisses de coton profitent de cette activité, pourtant illégale. Solidar Suisse demande à Reinhart AG et Louis Dreyfus SA de s'engager immédiatement contre le travail des enfants dans leurs chaînes d'approvisionnement.
Solidar Suisse publie aujourd'hui un rapport sur l'ampleur du travail des enfants dans la production cotonnière au Burkina Faso. Un enfant sur cinq, âgé de 5 à 17 ans, travaille dans la culture du coton. En labourant, semant, fertilisant, traitant et récoltant le coton, les enfants sont exposés à des risques considérables. « Je travaille dans les champs de coton depuis l'âge de cinq ans. Une de mes cousines est morte d'une morsure de serpent. Aucun enfant ne peut refuser de travailler pour ses parents parce que c'est la seule façon de se nourrir, de s'habiller et de payer ses frais de scolarité », explique Monique, 14 ans. La pulvérisation non protégée de pesticides est dévastatrice pour la santé, rendant les enfants malades. La culture du coton limite par ailleurs fortement leur capacité à suivre une scolarisation normale.
Les traders suisses profitent du travail des enfants
La Suisse est le principal centre de négoce du coton, avec Londres. L’entreprise Reinhart AG de Winterthur et la multinationale Louis Dreyfus SA à Genève achètent d'importantes quantités de coton brut au Burkina Faso et les vendent dans le monde entier. En tant qu'acheteurs de coton du Burkina Faso, ils profitent du travail des enfants. « Bien que le travail des enfants soit interdit au Burkina Faso, les traders ne font rien contre le travail des enfants dans leurs chaînes d'approvisionnement. Ils s'inscrivent donc dans un système économique basé sur l'exploitation des enfants », commente Lionel Frei, porte-parole de Solidar Suisse. Les négociants en coton ne voient pas la nécessité d'agir jusqu'à présent et transfèrent leur responsabilité sur des labels.
Les entreprises doivent assumer leur responsabilité
C’est pourquoi Solidar Suisse lance aujourd’hui une pétition à Reinhart AG et Louis Dreyfus SA. « Les traders doivent veiller à ce que leurs chaînes d'approvisionnement n’impliquent pas de travail des enfants. Les Principes directeurs de l'ONU pour les entreprises et les droits de l'homme les y engagent », explique Lionel Frei. Afin de réduire le travail des enfants, tous les acteurs doivent apporter leur contribution. Solidar Suisse mène un projet au Burkina Faso pour sensibiliser les agriculteurs à l'importance de l'éducation scolaire et de la protection des enfants contre les dangers liés à l'agriculture.