Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07070.jsonl.gz/730

Les mutations qui libèrent les cellules tumorales de tout contrôle peuvent les rendre également plus vulnérables. Deux groupes menés par Alan Ashworth et Thomas Helleday, de l'Institute for cancer studies de Sheffield, en Grande-Bretagne, viennent de découvrir que les cellules cancéreuses ayant des mutations des gènes BRCA1 ou BRCA2 tous deux impliqués dans les mécanismes de réparation de l'ADN deviennent totalement dépendantes de la Poly-ADP-ribose polymérase (PARP), une enzyme non essentielle en temps normal (Nature 2005 ; 434 : 913-7 et 917-21).La PARP est connue pour faciliter les mécanismes de réparation de l'ADN, mais sa contribution n'a rien d'indispensable. Des souris totalement dépourvues de cette enzyme vivent et se reproduisent normalement, sans développer davantage de tumeurs que leurs congénères sauvages. Les observations d'Ashworth et Helleday montrent que le statut de l'enzyme change radicalement lorsqu'un gène BRCA est muté. De presque superflue, l'enzyme devient vitale, car indispensable au maintien d'un niveau minimal d'intégrité génomique.Les chercheurs britanniques l'ont vérifié in vitro, en mettant en évidence la toxicité hautement spécifique des inhibiteurs de la PARP pour les cellules porteuses de deux allèles mutés du gène BRCA1 ou BRCA2. Ils l'ont confirmé in vivo chez la souris, en montrant l'efficacité prometteuse d'un inhibiteur de la PARP contre des tumeurs avec mutations des deux allèles d'un gène BRCA.Les auteurs qualifient de «nouveau concept dans le traitement du cancer» l'inhibition de protéines réparatrices d'ADN non essentielles pour les cellules normales. Reste à savoir si de telles protéines existent pour d'autres types de tumeurs.