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30 mars 2020 | Revue Internationale de CRIMINOLOGIE et de POLICE Technique et Scientifique 01/2020
Les théories de la délinquance sont-elles universelles ? Réponse étonnante provenant des données du second sondage international de délinquance
par Marc Ouimet et Alex Gravel
Les théories de la délinquance constituent une base nécessaire pour développer des programmes de prévention efficaces. Or, puisque les théories de la délinquance furent développées et testées essentiellement des échantillons anglo-saxons, nous nous demandons dans quelle mesure ces théories sont valides dans d’autres contextes culturels. A partir des données d’un sondage de délinquance autorévélée mené dans 31 pays avec plus de 70 000 jeunes, nous sommes en mesure de tester la pertinence d’un modèle conceptuel qui contraste trois grandes théories, soit la tension, le contrôle et l’apprentissage. Les résultats montrent que les jeunes issus d’une famille brisée sont 1,5 fois plus à risque de délinquance sérieuse que les jeunes vivant avec leurs deux parents, que les jeunes ayant un faible niveau de contrôle personnel sont 3,1 fois plus à risque de délinquance et que les jeunes qui ont des amis délinquants sont 5,1 fois plus à risque de délinquance. Les résultats des analyses pays par pays confirment que le modèle est très semblable partout, ce qui atteste de l’universalité des théories de la délinquance développées au cours des dernières décennies par les criminologues.