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Réserve naturelle des tourbières des Ponts-de-Martel
Partageant le sommet du podium avec Rothenthurm, la vallée des Ponts-de-Martel abrite encore les plus vastes tourbières de Suisse. Historiquement, la végétation de marais couvrait près de 1500 ha (équivalent de tous les hauts-marais sous protection pour l’ensemble de la Suisse depuis 1991!). Les biotopes du site marécageux n'occupent aujourd'hui plus que 227 ha qui plus est, fortement marqués par l’exploitation de la tourbe jusqu’en 1995. Ainsi, la végétation originelle primaire ne couvre plus que 11,9% des hauts-marais reliques actuels. Elle a été remplacée par une végétation secondaire favorisée par le fort assèchement de la masse de tourbe
Rôle de Pro Natura
Bien avant la création de la section neuchâteloise, la Ligue Suisse pour la Protection de la Nature s'est préoccupée de la protection des tourbières. En achetant de vastes surfaces de marais dès 1951, bien avant les mises sous protection légales, la LSPN a pu limiter l'exploitation de la tourbe et la destruction des marais. Les achats se sont poursuivis dès les années 1970 et la politique d'acquisition n'est pas achevée dans cette région. Dès les années 1990, le Canton a pris le relais en acquérant plusieurs surfaces exploitées (tourbe horticole). Actuellement, près des 2/3 des marais appartiennent à l'Etat et à Pro Natura.
Notre réserve ne couvre ainsi pas l'ensemble des marais légalement protégés. Elle contribue par contre largement à la concrétisation des mesures de régénération. L'acquisition de nouveaux terrains pour mener à bien des échanges fonciers reste une priorité. La modification des réseaux complexes qui drainent encore activement les tourbières passe par cette maîtrise foncière.
Les vocations de la réserve
Ces tourbières abritent les espèces les plus caractéristiques des haut-marais à sphaignes dont plusieurs espèces reliques des périodes glaciaires, hautement spécialisées et exigeantes.
Ces tourbières bénéficient de plans de gestion détaillés établis sous la coordination du service cantonal de la faune, des forêts et de la nature. Les buts sont clairement :
- de restaurer les milieux les plus primaires (complexe de gouilles et de buttes à sphaignes) en reconstituant et stabilisant les conditions hydriques du sol les meilleures possibles, contribuant ainsi à fixer du CO2
- de limiter la dynamique forestière en éclaircissant la couverture boisée,
- de maintenir et valoriser les plans d’eau très favorables à la faune,
- de favoriser les espèces les plus exigeantes en valorisant leurs habitats.
Les mesures de gestion
Pro Natura Neuchâtel a entrepris les premières mesures vers 1980 en bloquant l'écoulement d'eau de plusieurs rigoles de drainage Sous-Martel-Dernier. Depuis 1993, le canton a entrepris de concrétiser les plans de gestion et plusieurs programmes de régénération de la végétation sont en cours.
La mise en œuvre des zones-tampon (contrats agricoles, adaptation des réseaux de drains) n'est en place que sur le territoire de Brot-Plamboz suite aux compensations nature d'une amélioration foncière. 30 ans après l’acceptation de l’Initiative de Rothenthurm (décembre 1987), ce sujet reste délicat aux Ponts-de-Martel et provoque toujours des blocages avec les agriculteurs.