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Lors du dernier recensement, il y a plus de quatre décennies, les scientifiques ont trouvé environ 175 espèces de macroalgues (plus connues sous le nom de tangues) dans les eaux de l’ouest de l’Arctique canadien. Ce chiffre devrait augmenter dans les années à venir grâce aux efforts d’un projet de recherche en cours visant à collecter et à identifier le plus grand nombre possible d’espèces d’algues avant que le réchauffement climatique ne change tout.
La raison en est qu’avec le réchauffement de l’océan, les algues qui ont besoin d’eau froide pour survivre vont se répandre vers le nord, tandis que les espèces déjà présentes en Arctique vont probablement disparaître.
Les scientifiques pourront seulement observer comment l’écosystème sous-marin de la région se modifie en réponse à la composition des algues. Le programme de recherche pluriannuel, qui a débuté en août par une saison de terrain de cinq semaines pour se terminer le 20 septembre, se concentre sur Iqaluktuuttiaq (Cambridge Bay), au Nunavut, et tente d’obtenir une image complète des espèces d’algues qui y poussent et des espèces qu’elles soutiennent. Si l’on sait à quoi ressemble l’écosystème aujourd’hui et comment il a déjà changé depuis que la collection actuelle de spécimens a été rassemblée dans les années 1960 et 1970, on peut espérer mieux comprendre ces changements.
Comme la plupart des espèces, les milliers d’espèces d’algues ont développé des stratégies pour survivre dans certaines conditions. En Arctique, cela les a amenées à s’adapter aux eaux froides et riches en nutriments, même pendant de longues périodes d’obscurité, et à devenir énormément productives.
« Les algues sont les superstars des océans », explique le Dr Amanda Savoie, phycologue et directrice du Centre de connaissance et d’exploration de l’Arctique au Musée canadien de la nature. « Ils sont une composante importante des écosystèmes côtiers, car ils fournissent un habitat à d’autres espèces marines et de l’énergie dans le cadre de la chaîne alimentaire, mais comme de nombreux organismes marins, ils sont menacés par les effets du changement climatique ».
Outre la mise à jour de la liste des espèces, le Dr Savoie et les autres scientifiques impliqués dans le projet sont à la recherche de forêts de kelp. Ces dernières ont été observées dans de nombreux endroits de l’Arctique (voir la carte ci-dessus) et on peut s’attendre à ce qu’elles se répandent dans l’Arctique avec l’augmentation des températures et de la lumière artificielle, mais elles n’ont pas encore été observées dans à Cambridge Bay, bien que des indices laissent penser qu’elles y sont présentes.
En raison de leur végétation dense et de leur grande biodiversité – jusqu’à 350 espèces, des invertébrés aux mammifères – les forêts de varech sont souvent appelées forêts aquatiques humides. Trouver un tel spécimen dans le cadre du programme de recherche du musée serait « vraiment passionnant », selon le Dr Savoie. C’est un sentiment qui ne nécessite pas d’explication.
Kevin McGwin, PolarJournal
Image : Musée canadien de la nature
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