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Cela fait bientôt une année que la Russie a lancé son invasion de l'Ukraine. Si les combats ne faiblissent pas, la ligne de front a très peu bougé depuis la fin des contre-offensives ukrainiennes de l'automne passé, qui ont culminé avec la libération de la ville de Kherson, le 11 novembre.
La situation devrait bientôt changer. Le Kremlin veut reprendre l'initiative et prépare une offensive de grande envergure, estiment les responsables ukrainiens, occidentaux, ainsi que de nombreux analystes.
Dans un entretien avec le Bild allemand, le premier ministre polonais Mateusz Morawiecki évoquait une attaque russe «très dure» en «mars ou avril». Cela pourrait même arriver avant: les signaux se multiplient. En voici cinq.
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Les premiers à mettre en garde contre une nouvelle offensive russe sont, logiquement, ceux qui sont les plus touchés par les agissements de Moscou: les Ukrainiens.
Les forces russes se préparent à une «escalade maximale», a affirmé mardi le secrétaire du Conseil de défense et de sécurité nationale Oleksiy Danilov à Sky news. Selon Danilov, l'attaque pourrait intervenir déjà à la fin du mois, en coïncidant ainsi avec le premier anniversaire de l'invasion, lancée le 24 février.
Le ministre de la Défense partage le même avis. Dans un entretien accordé à BFMTV, Oleksiy Reznikov a déclaré:
Pour le ministre de la Défense ukrainien, les forces armées russes «peuvent tenter une offensive à deux axes: cela peut être le Donbass et cela peut être le sud».
La région du Donbass devrait logiquement être le théâtre de l'attaque russe. Après l'échec de la capture de Kiev, Moscou a affirmé se concentrer sur la prise de cette région russophone, gouvernée par des autorités philo-russes depuis 2014.
C'est ce que pense également le chef du renseignement ukrainien, qui a déclaré dans une interview accordée au Washington post que les forces russes se concentreront sur l'occupation d'une plus grande zone des régions de Lougansk et de Donetsk, que Moscou ne contrôle pas encore dans leur totalité.
Il s'agirait d'un objectif de premier plan pour Vladimir Poutine, qui aurait même ordonné à son armée de prendre ces deux régions d'ici mars. C'est ce qu'a dit un autre responsable du renseignement ukrainien au Kyiv post. «Il est clair qu'il y aura des mesures actives au printemps», a-t-il expliqué. «Cependant, même aujourd'hui, nous voyons déjà de telles actions dans les directions de Lougansk et de Donetsk.»
Selon le groupe de réflexion américain Institute for the study of war (ISW), ces régions frontalières de la Russie sont, d'un point de vue logistique, les territoires les plus faciles à capturer pour Moscou.
La situation sur le terrain parle également en faveur d'une attaque à l'est. «Nous avons observé que les forces d'occupation redéploient des groupes d'assaut, des unités, des armes et des équipements militaires supplémentaires vers l'est», a ajouté Andriy Chernyak.
Au cours de ces derniers mois, les Russes ont déployé des forces supplémentaires dans la région de Lougansk, note encore l'ISW. Une partie de ces hommes étaient auparavant affectés à Kherson, avant que le commandement russe décide de quitter la ville.
De plus, toujours dans la région de Lougansk, les autorités russes ont bloqué le service cellulaire Internet. Cela permettrait de sécuriser et dissimuler les nouveaux déploiements de forces russes.
Les responsables militaires russes tirent peut-être les leçons de leurs précédents échecs en matière de sécurité opérationnelle, commente l'ISW. Ils s'adaptent pour protéger les concentrations de leurs forces avant la grande offensive.
Les autorités ukrainiennes ont également laissé entendre que le Kremlin est en train d'augmenter les effectifs de l'armée. «Nous ne sous-estimons pas notre ennemi», a affirmé le ministre de la Défense, avançant le chiffre de «500 000 soldats russes» mobilisés par le Kremlin.
Ce n'est pas clair si Reznikov fait référence à tous les soldats actuellement impliqués dans la guerre (environ 326 000 sur le terrain et 150 000 mobilisés en Russie), ou s'il sous-entend qu'une deuxième vague de mobilisation secrète ait eu lieu, note l'ISW. Cela reste «possible», mais le think tank n'a pas observé des indices justifiant ce deuxième scénario.
Dernièrement, Poutine a besoin d'une réussite militaire pour justifier son «opération militaire spéciale» aux yeux de la population russe. Alors même que le Kremlin se prépare à un conflit de longue durée.
Le chef du Conseil des réservistes des forces terrestres ukrainiennes, Ivan Tymochko, a noté que les forces russes devront lancer une offensive en raison de la pression intérieure croissante pour la victoire.
Dernièrement, les influents blogueurs militaires russes indiquent depuis un certain temps que l'espace d'information russe anticipe de plus en plus le scénario d'une offensive. (asi)