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Prête-moi ta plume! Objets et instruments d'écriture
L'exposition présente la collection d'objets d'écriture du graphiste Philippe Aquoise.
Séduisante par sa diversité, elle rassemble des instruments d'usage quotidien exposés aux côtés d'objets et de portraits choisis dans les collections du musée. Les pièces du mhl évoquent le temps de la plume d'oie, tandis que la collection privée se concentre, elle, sur le règne de la plume métallique, tout en abordant celui du stylographe, puis du stylo à bille.
L'ancêtre de toutes les plumes occidentales est le calame, roseau taillé en pointe et fendu. Du VIIe au XIe siècle, la plume d'oie lui fait concurrence et finit par le détrôner. Elle reste en usage durant plusieurs siècles, mais elle est difficile à tailler et résiste mal à l'humidité. En outre, l'approvisionnement pose de plus en plus de problèmes. C'est pourquoi dès le XVIe siècle, on fait des essais de plumes métalliques, sans grand succès d'abord, car elles sont trop rigides, rouillent facilement et coûtent cher, en raison de l'outillage requis. La révolution industrielle va y remédier.
C'est à Birmingham, vers 1830, que naît l'industrie de la plume métallique. En vingt ans, le bec en acier passe du rang d'exception à celui d'objet produit en série et, fait nouveau, jetable après usage.
Des milliers de modèles sont disponibles sur le marché. On ne façonne plus sa plume soi-même, on ne la rafraîchit plus quand elle est émoussée; on prend simplement un autre bec dans la boîte et on réarme le porte-plume auquel, en contrepartie, on voue tous ses soins.
A la fin du XIXe siècle, aux Etats-Unis, on met au point le stylographe, porte-plume muni d'un réservoir d'encre. Désormais l'encre est dans la plume, donc l'instrument toujours prêt à l'emploi. Divers systèmes de remplissage sont proposés, mais c'est l'invention de la cartouche, d'abord en verre et commercialisée en 1936, puis en plastique dès 1954, qui assure propreté, sécurité et transport simplifié à l'utilisateur du stylographe appelé aussi stylo-plume.
Nouvelle étape: le stylo à bille qui comporte une bille comme pointe traçante à la place du bec. Le Hongrois Biro dépose un brevet en 1938 déjà, mais c'est en Amérique que l'idée est retravaillée et qu'on développe une formule d'encre adéquate. En France, le baron Bich étudie et perfectionne le système Biro. Dès 1950, il commercialise son premier modèle sous le nom de pointe Bic, crée la société Bic en 1953 et part cinq ans plus tard à la conquête du marché mondial. C'est au baron Bich qu'on doit le concept du «stylo jetable», celui qui coûte si bon marché qu'on le rachète sans hésiter.
L'itinéraire qui mène de la plume d'oie au stylo à bille touche aussi bien à la technique qu'à l'esthétique, non sans une pointe de nostalgie. Qui a oublié ses efforts plus ou moins laborieux pour discipliner crayon, plume ou stylo lorsqu'il apprenait à écrire? C'est un domaine riche et chargé de souvenirs que l'exposition Prête-moi ta plume! propose aux petits et aux grands.