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L'enquête sur la population active (ESPA), dont les résultats ont été publiés par l'OFS en avril, avait déjà montré une image similaire. Contrairement au microrecensement, l'ESPA ne tient pas compte des activités de formation continue sur l'année entière mais uniquement sur les quatre mois qui précèdent l'enquête. Selon les indications trimestrielles de l'ESPA, le recul pour 2021 est encore plus marqué par rapport au microrecensement de 2016. Selon l'ESPA, la participation totale a chuté de 26% en 2016, à 17% en 2021, ce qui représente un recul de plus de 35%.
La formation continue professionnelle est centrale
Selon le microrecensement, la majorité des participants entreprend une formation continue pour des raisons professionnelles : 30% de la population de 25 à 74 ans a suivi une formation continue uniquement dans un but professionnel, 7% uniquement dans un but extraprofessionnel et 8% dans un but aussi bien professionnel qu’extraprofessionnel.
Les formations continues suivies dans un but professionnel concernaient principalement les domaines « économie et travail » 29%), « science et technique » (18%), « informatique » (17%) et « santé » (15%). Celles visant un but extraprofessionnel sont avant tout axées sur les domaines « sport, art, activités créatrices » (29%) « sciences et techniques » (15%) et « langues » (13%).
Une grande disparité demeure
Ce qui reste inchangé, c'est le fossé entre les personnes qualifiées et peu qualifiées. La participation à la formation continue atteint 62% chez les titulaires d’un diplôme de degré tertiaire, 38% pour les personnes au bénéfice d’une formation du degré secondaire II contre seulement 16% chez les personnes sans formation postobligatoire.
Le statut sur le marché de travail, le taux d’occupation, l'âge et la situation dans la profession ont aussi un impact sur la participation. De manière générale, les personnes actives de moins de 55 ans avec un fort taux d'occupation ou une situation professionnelle élevée entreprennent plus de formations continues que les personnes avec un faible taux d'occupation (en dessous de 50%), avec un statut d'indépendant, non-actifs ou de plus de 55 ans.
En revanche, l'OFS ne constate que peu de différences entre l'activité de formation continue des hommes et celle des femmes. En ce qui concerne le statut migratoire, on constate une participation un peu plus faible des personnes issues de la première génération d'immigrés. Pour la deuxième génération, le taux de participation ne diffère guère de celui des personnes qui ne sont pas issues de l'immigration.
Perspectives pour les prestataires
L'évolution de la participation à la formation continue mise en évidence par le microrecensement correspond bien aux enquêtes périodiques menées par la FSEA auprès des institutions de formation continue. Selon l'observatoire de la formation continue FSEA de l'année dernière, l'offre de formation continue a chuté d'environ 40% en 2020, lors de la première année de la pandémie. La moitié des prestataires ont enregistré une baisse de la demande en 2020. Les prestataires attendaient une lente amélioration de la demande ainsi que de la situation économique pour 2021. Cependant, les chiffre de l'OFS vont dans le sens inverse. Selon l'ESPA, le taux de participation à la formation continue n'a pas augmenté pendant la deuxième année de pandémie en 2021 mais il a, au contraire, encore clairement baissé.
L'enquête de l'observatoire de la formation continue FSEA de l'année 2021 est encore en cours. Elle permettra de montrer ce que cette évolution signifie pour les prestataires de formation continue et pour le secteur dans son ensemble. Si l'activité de formation continue de la population devait diminuer durablement, cela aurait de graves conséquences non seulement pour les institutions, mais surtout pour les compétences de différents groupes de population et donc pour leur participation professionnelle et sociale.
Besoin d'action politique
La FSEA demande la mise en œuvre de mesures pour encourager la participation à la formation continue. Dès 2021, elle a adressé des propositions à la Confédération dans ses prises de positions. Les choses n'ont pas beaucoup changées pour le moment. Il est indispensable d'instaurer un dialogue entre la Confédération, les Cantons et les partenaires sociaux, ainsi qu'avec les acteurs de la formation continue, afin de définir ensemble des objectifs et des mesures à adopter.
Pour plus d'informations :
Communiqué de presse OFS
Observatoire de la formation continue FSEA
Prises de position de la FSEA :
Document de synthèse de la FSEA