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Les quelque 1750 feuillets du calendrier ouvrier (Arbeiterkalender) publié de 1923 à 1933 par la maison d’édition Carl Hoym Nachf., propriété de l’Internationale communiste (le Komintern), offraient à ses lecteurs des matériaux de provenance internationale servant à l’illustration et à l’étude de l’histoire de l’exploitation et des révolutions, principalement aux XIXe et XXe siècles. La culture visuelle de masse, qui connut un essor fulgurant après la Première Guerre mondiale avec le développement de la presse illustrée, du cinéma et de la photographie amateur, influença fortement l’Arbeiterkalender qui fit apparaître, pour la première fois, certains des éléments de la stratégie éditoriale du Komintern. Après que les fonds d’images eurent été rendus accessibles non seulement en Russie mais également en Allemagne, les photographies se mirent à jouer, en parallèle aux textes et à côté des reproductions d’oeuvres de Daumier, Meunier ou Steinlen, un rôle de plus en plus dominant. En tant qu’élément de décoration accroché sur les murs des espaces privés, la page se tournant au rythme d’un à trois jours, le calendrier ouvrier cherchait, sur un mode pédagogique et émotionnel, à établir des liens entre la vie quotidienne, le temps historique et la pensée utopique. « Les calendriers ne décomptent donc pas le temps à la manière des horloges. Ils sont les monuments d’une conscience historique » (Walter Benjamin).
Wolfgang Hesse a fondé en 1993 la revue Rundbrief Fotografie, dont il a été le rédacteur en chef jusqu’en 2014. Il a travaillé entre autres pour le Kupferstichkabinett, la Deutsche Fotothek et le Stadtmuseum de Dresde. De 2009 à 2015 il a dirigé le projet de recherche « Das Auge des Arbeiters ». Il a récemment codirigé Die im Licht steh’n. Fotografische Porträts Dresdner Bürger des 19. Jahrhunderts (2019).