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"La paix n'a d'autre option que de s'appuyer sur la justice sociale": le président colombien et prix Nobel de la Paix Juan Manuel Santos a souligné vendredi à Genève que son pays fera d'emplois décents l'une de ses priorités, après des décennies de conflit.
"La paix est bien plus que de faire taire les armes", a-t-il dit devant les délégués de la Conférence internationale du travail dans une salle à moitié vide qui lui a réservé toutefois une ovation. "Nous n'en sommes qu'aux balbutiements" des efforts politiques, économiques et sociaux. "Il faudra 15 ans" pour les achever, a-t-il également réitéré après l'accord conclu en 2016 avec la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC).
Droit au travail, emplois décents et justice sociale constituent "des préoccupations fondamentales" des autorités. Les avancées des dernières années sont "significatives", notamment le lancement de 3,5 millions d'emplois. "Davantage d'emplois, moins de pauvreté et moins d'inégalités", a dit le président colombien qui a remercié l'Organisation internationale du travail (OIT) pour son assistance.
L'économie s'est améliorée et des centaines de milliers de personnes sont sorties de la pauvreté: le président a défendu son action sur l'emploi, la santé et l'accès aux habitations.
Second tour très attendu
"C'est un jour très spécial pour l'OIT", a relevé de son côté le directeur général Guy Ryder. "Pendant des décennies, on mentionnait la Colombie dans le cadre des violences" du conflit, lors de la Conférence internationale du travail, a-t-il ajouté. Ou pour des plaintes en raison d'abus contre les syndicalistes.
Représentants colombiens des partenaires sociaux siègent désormais au conseil d'administration de l'organisation, a dit de son côté le président. L'OIT s'engage à continuer son aide à la Colombie "avec une attention particulière aux victimes innombrables de la violence" liées à la guerre civile.
Le second mandat du président colombien arrive à échéance dans deux mois. Pour le remplacer, le champion de la droite dure, opposée à l'accord avec l'ex-guérilla, doit affronter dans deux semaines le candidat de la gauche antisystème au second tour de la présidentielle.
Avocate de Lula à Genève
Un autre pays sud-américain a fait l'objet de discussions à Genève. Jeudi soir, une centaine de personnes, dont des syndicalistes brésiliens et d'autres pays, se sont rassemblés avec des Brésiliens de Suisse en soutien à l'ex-président brésilien Lula, détenu au confinement.
En présence de l'avocate de M. Lula, ils ont appelé à sa libération. Celui-ci ne devrait en principe pas pouvoir se présenter à la présidentielle d'octobre en raison de sa condamnation pour corruption.
Il y a une semaine, le Comité des droits de l'Homme de l'ONU avait dit rejeter une demande de "mesures intérimaires" contre sa détention. L'ex-président s'est vu infliger douze ans de prison. Le comité ne s'est pas encore prononcé sur le fond des accusations de M. Lula contre le Brésil. Le processus pourrait prendre encore au moins un an.