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Le syndrome du nid vide (ou de la tanière vide) évoque le sentiment de solitude que ressentent les parents, en particulier la mère, lors du départ de leurs enfants.1 Le syndrome est lié au sentiment de perte, qui va dépendre de la façon dont les parents ont vécu les étapes précédentes de séparation dans leur vie. Il va être lié au type de relation instauré préalablement avec les enfants et les conditions harmonieuses ou conflictuelles de leur départ. Pour la mère de famille, ce syndrome peut être plus ou moins douloureusement ressenti selon qu’elle travaille, qu’elle est prise dans un réseau social, qu’elle est mariée ou divorcée. La survenue parallèlement de la ménopause et de son cortège d’effets indésirables (bouffées de chaleur, sudations, troubles du sommeil, irritabilité, arthralgies, sécheresse vaginale), liés à l’hypoestrogénisme, peut s’ajouter à son désarroi. Elle peut alors éprouver d’autres sentiments de perte : la perte de son pouvoir de séduction et de sa fertilité ainsi que la baisse de sa libido. A cela peuvent s’ajouter la perte de ses parents âgés et l’éloignement de son conjoint pris par le « démon de midi » qui tente de se rassurer sur sa virilité par des conquêtes féminines. Elle est guettée par la dépression dont le risque est augmenté lors de la périménopause, en particulier s’il y a eu des épisodes antérieurs liés à des ruptures affectives.2
A l’inverse, pour d’autres femmes, le départ des enfants est une étape de liberté retrouvée leur permettant de s’épanouir par la reprise d’études, d’une activité professionnelle, sportive ou culturelle. La ménopause met fin au syndrome prémenstruel, aux migraines cataméniales, aux anémies ferriprives, à la croissance des fibromes et des prolactinomes, à la peur des grossesses non désirées et à la nécessité de la contraception.3 Quant aux troubles liés à la ménopause, y compris les états dépressifs, ils peuvent être nettement améliorés par les traitements hormonaux substitutifs.4 On a, dans les années 80-90, surévalué leurs effets bénéfiques dans des études de cohorte, car les femmes qui choisissent de prendre un THS ont un mode de vie plus sain que celles qui choisissent de ne pas en prendre (le biais dit des «utilisatrices saines»), ce qui contribue à la diminution des maladies cardiovasculaires (CV).5 Toutefois, on a par la suite exagéré les effets délétères du traitement hormonal notamment quant au risque de cancer du sein, qui est surtout dû à la composante progestative du traitement. Ce risque n’est pas augmenté avec la progestérone naturelle et la dydrogestérone et semble faiblement augmenté ou inchangé selon les études chez les femmes (hystérectomisées) qui ne prennent que des œstrogènes.6,7 Quant à l’élévation du risque CV, observée chez des Américaines de 60 ans en moyenne dans l’étude WHI, il est beaucoup moins évident chez les femmes entre 45 et 55 ans, chez qui les œstrogènes pourraient même avoir un effet cardio-protecteur.8 De plus, le risque thromboembolique est réduit, si on utilise les œstrogènes par voie percutanée par rapport à la voie orale. Cette dernière induit en outre une augmentation de la CRP hs, un facteur de risque CV,9,10 contrairement à la voie percutanée.
Quant à la libido et à l’activité sexuelle, elles peuvent être revigorées par la prise des œstrogènes, qui diminuent la sécheresse vaginale, l’anxiété et améliorent le bien-être, ainsi que par la prise percutanée d’androgènes, qui améliore la libido (cf. syndrome de déficit androgénique).11
Toutefois de nos jours, le syndrome du nid vide est de plus en plus remplacé par le syndrome du nid qui déborde. Le nid est squatté par des «enfants» de plus de 25 ans, émules de «Tanguy», qui font de (trop) longues études et trouvent commode d’utiliser les facilités de la pension familiale où ils ne craignent pas d’amener leur petit(e) ami(e) pour leurs ébats amoureux. Quant aux (grands-)parents de plus en plus âgés et dépendants (cf. syndrome de Tithonus) et souvent exigeants, ils viennent aussi peupler le nid, source de compagnie et parfois de soins.