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Afin d’investiguer l’association entre la consommation d’alcool prénatale et le risque de malformations à la naissance, des chercheurs australiens ont étudié une cohorte de 4714 femmes issues de la population générale (grossesses uniques seulement). La consommation d’alcool était définie comme : absente (abstinence durant la grossesse), faible (≤ 7 unités* par semaine et pas plus de 2 unités par jour), modérée (≤ 7 unités par semaine mais > 2 unités par jour, y compris consommation de ≥ 5 unités par occasion moins d’une fois par semaine), et importante (≥ 5 unités par occasion une ou plusieurs fois par semaine ou > 7 unités par semaine). La consommation était évaluée pour les trois mois précédant la grossesse, pour le premier trimestre et pour la fin de la grossesse (deuxième et troisième trimestres). Les données sur les malformations à la naissance ont été extraites d’un registre australien des malformations (Western Australia Defects Registry). Les malformations ont été groupées en deux catégories : malformations tous types confondus et malformations liées à l’alcool (à l’aide des définitions posées par l’Institute of Medicine).
41% des femmes ont déclaré une abstinence durant la grossesse. Pendant le premier trimestre, 28% ont déclaré une consommation faible, 11% une consommation modérée et 3,7% une consommation importante. Pendant la fin de la grossesse, 38% ont déclaré une consommation faible, 11% une consommation modérée et 2% une consommation importante.
Cinquante et un nouveau-nés (1,1%) avec au moins une malformation liée à l’alcool ont été identifiés, quatre d’entre eux présentant deux malformations.
Dans les analyses ajustées pour l’âge maternel, l’état civil de la mère, la parité, le revenu, et la consommation de tabac et de drogues pendant la grossesse, les femmes qui avaient une consommation d’alcool importante lors du premier trimestre avaient un risque plus élevé de donner naissance à un enfant souffrant d’une malformation liée à l’alcool que les femmes ne consommant pas d’alcool durant la grossesse (odds ratio 4,57).
Il n’y avait pas d’association entre consommation faible, modérée ou importante d’alcool en fin de grossesse et la survenue de tous types de malformations confondus, y compris les malformations liées à l’alcool.
Commentaires : dans cette étude, la prévalence des malformations était faible (toutefois, seules les malformations évidentes peu après la naissance ont été prises en compte), et il n’a pas été mis en évidence de preuve d’une association entre consommation faible ou modérée et la survenue de malformations liées à l’alcool. Ces résultats amènent des preuves supplémentaires de l’effet d’une consommation importante en début de grossesse sur la survenue de malformations liées à l’alcool. Il est donc important d’informer les femmes en âge de procréer des effets d’une consommation d’alcool importante en début de grossesse sur le fœtus, en insistant notamment sur le fait que, même si la quantité d’alcool qu’une femme peut consommer sans risque durant la grossesse n’est pas connue, l’exposition à l’alcool est l’une des causes évitables de malformation.