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Yverdon-les-Bains - Le Tribunal correctionnel d'Yverdon-les-Bains (VD) condamne l'enseignant impliqué dans la noyade de 2004 en Ardèche. Il le reconnaît coupable d'homicide par négligence et lui inflige une peine de 30 jours-amendes avec sursis.
Avec ce verdict donné sans les considérants, le tribunal a suivi mardi le réquisitoire du procureur du canton de Vaud Eric Cottier. La Cour d'Yverdon confirme ainsi le jugement prononcé en décembre 2008 à Vevey, puis annulé en mai 2009 par la Cour de cassation.
Pour le tribunal, l'enseignant aurait dû interdire la traversée de la rivière ou se lancer dans une traversée expérimentale. Il aurait alors constaté qu'après des mètres sans danger, l'eau devenait trouble et que la profondeur se comptait tout d'un coup en mètres.
Ensuite, l'enseignant "n'a pas voulu faire d'autoritarisme". Il n'a pas fait respecter de strictes consignes et cela peut "lui être imputé comme une faute". Au lieu de réagir, il a passé son temps à prendre des photos. Dans ces conditions, "il était illusoire" de croire que l'on surveillait la situation.
Interrogé sur la problématique des risques encourus par des professeurs qui organisent ce genre de sorties, Eric Cottier a récusé tout débat. "On ne leur demande pas le risque zéro, on ne leur demande pas de garantir ce que personne ne peut garantir", a-t-il souligné.
Le procureur a contesté le caractère "méticuleux" souvent attribué au professeur. Il ne s'est "absolument pas renseigné" sur les capacités natatoires des élèves, "il n'a pas donné des consignes dignes de ce nom". Face à l'éparpillement des jeunes sur place, il s'est mis "dans une situation absolument inacceptable".
Au cours de sa plaidoirie, Me Bettex a contesté toutes les accusations. Il a cherché à démontrer que la baignade fatale ne relevait pas de la justice pénale. Un enseignant qui perd de vue quelques secondes des élèves, "c'est normal, c'est dans le cours ordinaire des choses", a lancé l'avocat.
Quant à l'enseignant, il a répété son amour pour les élèves. En sanglots souvent, il a demandé pardon à la famille de la victime.
ATS