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Au début des années 70, Robert Frenkel faisait la une en détournant plus de 55 millions de francs suisses en France. Il refait aujourd´hui parler de lui à Genève en s´appropriant l'héritage familial, au détriment de sa mère et de ses deux frères.
En 1970, patron de la société La Garantie foncière, Robert Frenkel promettait des rendements miraculeux à ses clients. Pour inspirer confiance, l'homme d'affaires s'était associé à André Rives Henrys, un ancien secrétaire général adjoint du parti gaulliste. L'escroquerie dépasse 220 millions de francs français et Frenkel écope de 7 ans de prison.
Pourtant, l'homme ne manque pas de ressources. Il est le fils d'Hermann Frenkel, l'importateur des jeans Levi's en France et en Allemagne. A sa mort en 1989, il laisse à sa famille 22 millions de francs suisses, gérés par une fondation au Liechtenstein.
Robert Frenkel, qui s'est reconverti dans le commerce de l'or à Gibraltar, conseille à sa mère, Mélanie, de transférer l'argent à Genève. Il fait même signer à la vieille dame, qui ne parle pas anglais, de nombreux documents rédigés dans la langue de Shakespeare.
Résultat, l'argent va peu à peu quitter la Cité de Calvin pour rejoindre une société lui appartenant à Gibraltar. "La plainte de sa mère a été classée pour cause de prescription en 1999. Mais ses deux frères Alfred et Jean-Claude ont fait recours", explique Bernard Bertossa, le procureur général de Genève.
La plainte des frères Frenkel s'appuie sur de nouveaux documents produits par le gérant des fonds jusqu'à la mort du père. Ce "délit entre familiers" a-t-il plus de chances d'être reconnu? De son côté, Robert Frenkel rejette totalement les accusations de captation d'héritage. Il vient de changer de métier: il a abandonné l'or pour devenir "courtier off-shore en produits dérivés". Tout un programme.
Ian Hamel