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Jean Kaempfer, professeur honoraire UNIL
«Vous avez une intelligence du coeur de la femme qui jamais ne fut donnée à aucun homme ! » disait Zulma Carraud, amie et confidente de Balzac. De fait, dès les années 1830, la réputation de Balzac est faite : il sera le romancier des femmes! Celles-ci, dans la Comédie humaine, font l’objet de nombreuses études: de la bigote à la «femme supérieure», de la provinciale à la grande coquette du Faubourg Saint-Germain, Balzac non seulement multiplie les portraits, mais il explore les points de vue les plus divers. Ainsi, le drame de la femme mal mariée côtoie l’évocation des plaisirs procurés par les courtisanes …, ce qui n’empêche pas Balzac, au demeurant, de défendre l’institution du mariage. La Comédie humaine, dans son foisonnement parfois contradictoire, est un révélateur puissant des contraintes qui pèsent sur les femmes dans le monde patriarcal de la première moitié du 19e siècle et un révélateur, aussi, de l’énergie inventive des victimes pour échapper au destin qu’on leur impose.