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La problématique de la violence des enseignant(e)s envers leurs élèves, et réciproquement, est un sujet récurrent que je dois affronter régulièrement, en tant que Secrétaire général de la SPV. S'il n'est pas de mon propos de donner des leçons de "politiquement correct", il n'en reste pas moins que certaines situations deviennent épineuses du fait de paroles ou d'actes violents. Précisons enfin que cet article a pour but d'évoquer des situations conflictuelles d'importance.
Que dit le Règlement de la Loi scolaire sur ce sujet ? Deux articles abordent ce thème, l'un à propos des maîtres (Art. 126) et l'autre pour les élèves (Art. 176). Que disent-ils ?
Une lecture attentive de ces deux articles montre, à l'évidence, que les exigences fixées aux élèves sont plus grandes que pour celles des maîtres. Et pourtant, la référence à l'article 126 est nettement plus fréquente qu'au 176.
Pour quelle raison en est-il ainsi ? A cela, plusieurs réponses sont possibles.
Face à de telles prises de positions, quel est le credo du Secrétaire général de la SPV ?
La définition du "Petit Robert" devrait permettre d'éclairer la position, forcément complexe, que l'on peut avoir sur cette question. En effet, le verbe "s'abstenir" est défini comme "ne pas faire volontairement". Cela permet ainsi d'affirmer que tout acte de violence physique et verbale est à bannir de l'école, sauf cas exceptionnel (séparation d'élèves en train de se bagarrer, par exemple).
En-dehors de telles situations, la violence physique et verbale ne devrait pas exister au sein de l'école. Cette position pourrait néanmoins donner le sentiment aux enseignants d'être parfaitement démunis face au comportement d'élèves ne respectant pas l'article 176.
Nous affirmons que, sauf cas très particulier, user de violence physique vis-à-vis d'un élève est indigne d'un enseignant. User de violence verbale ira à l'encontre de l'objectif visé, à savoir la remise à l'ordre de l'élève indiscipliné ou pire n'ayant pas compris une explication. Car, dans les deux cas, l'élève aura de lui une image négative, ce qui ne lui permettra pas de surmonter ses difficultés.
Que faire ? Essayer de trouver une solution en s'adressant à des collègues pour prendre leur avis, puis à un doyen ou au directeur pour l'informer de la situation et lui demander d'intervenir. Dès lors, la balle est dans le camp de la hiérarchie qui devra bien se mêler de cette affaire, si elle veut trouver une solution adéquate.
Car c'est là que les mentalités doivent évoluer. En effet, si l'enseignant(e) est privé(e) de moyens d'intervention importants, tels que la violence physique ou verbale, si on ne le lui permet plus, il devient évident qu'il faut lui proposer une alternative crédible, l'intervention de la hiérarchie, non pas pour pallier à l'incompétence de la part du/de la maître(sse), mais bien pour prendre la succession, à un niveau supérieur, des actions menées précédemment (remarque(s) dans l'agenda, discussion(s) avec l'élève, contact(s) avec sa famille, punition(s) proportionnée(s), heure(s) d'arrêt, …). Évidemment, pour que la hiérarchie intervienne, démonstration devra être faite de la patience et de la tolérance dont a fait preuve l'enseignant(e) envers un élève "récalcitrant".
Une autre possibilité d'action serait la création d'une charte de classe ou d'établissement, acceptée par toutes les personnes concernées, adultes et enfants, et appliquée de manière identique (ou presque) par les garants de l'autorité. Là aussi, une modification des pratiques s'impose.
C'est à ce prix, changement de mentalité et de pratique, que l'école retrouvera son crédit d'autorité et d'efficacité aux yeux de la population.