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La Petite Gilberte
Née le 20 mars 1896, Gilberte était l'une des trois filles de la famille Montavon (Gustave & Lucine), qui tenait l'établissement de Courgenay depuis 1906. Pendant la Première Guerre mondiale, de nombreux soldats étaient stationnés en Ajoie, tout près de lignes françaises et allemandes. La gentillesse et la bonne humeur de Gilberte en firent une véritable Madelon parmi les soldats et les officiers qui fréquentèrent l'Hôtel de la Gare dès 1914.
Rapidement, la notoriété de la «Gilberte de Courgenay» s'est étendue à toute la Suisse. En 1917, la «Petite Gilberte» était immortalisée dans une chanson composée par Hans In der Gand, un chanteur populaire uranais d'origine polonaise. La chanson est en suisse allemand et le refrain en français.
Gilberte de Courgenay n'a pas épousé un soldat rencontré à l'Hôtel de la Gare, mais un commerçant d'origine Saint-Galloise, Louis Schneider, qu'elle a connu au Tessin. Le couple s'est établi à Zurich en 1923 et eut une fille, Jeanne. C'est dans cette ville que Gilberte est décédée le 2 mai 1957.
C'est parce qu'elle avait appris le schwyzerduetsch en Suisse alémanique durant un an que Gilberte a pu communiquer avec ces milliers de soldats et d'officiers alémaniques stationnés en Ajoie. «La Gilberte» a révélé l'état d'esprit qui régnait en Suisse durant cette période troublée. La camaraderie et l'entraide primaient sur tout, depuis, la «Petite Gilberte» est sortie de l'armée pour s'attacher à un «pan de notre culture».
Grâce au dynamisme de la Fondation Gilberte de Courgenay et à la grande générosité des époux Klärly et Moritz Schmidli, l'Hôtel de la Gare revit depuis avril 2001.
«L'Hôtel de la Gare appartient à la mémoire collective de la Suisse. Il rappelle une page d'histoire de notre pays», a déclaré Georges Zaugg, président de la fondation qui a financé le projet. Et d'appeler à porter une attention particulière aux deux richesses fondamentales que sont la diversité culturelle et le multilinguisme.
La célèbre chanson:
1. By Prunterut im Jura,
da hät en Wirt es Huus.
da luegt es Meitschi alli Stund
dreimaal zum Fenschter uus.
Und fragsch du denn d'Soldate,
wer ächt das Meitschi sei,
so lupft es jedem Schwyzerbueb
sys Herz und au sys Bei.
Refrain:
C'est la petite Gilberte,
Gilbert' de Courgenay;
Elle connaît trois cent mille soldats
et tous les officiers.
C'est la petite Gilberte
Gilbert' de Courgenay;
on la connaît dans toute la Suisse
et toute l'armée.
2. Sig eine en Trompeter
sig eine en Tambuur,
sig eine simple Solitat,
si het en a de Schnur.
Vom Korporal zum Lütenant,
bis ufe zum Major,
wer het die alli mitenand
bim Zipfel und bim Oor?
Refrain:
3. Und fragsch: Was Tüfels het sie denn,
isch die denn gar so schön?
Ach was, ich han scho i der Schwyz
mängs Tusig schöneri g'see.
S'weiß keine rächt, wora das lyt
am Aug oder am Schue.
Doch das isch wurscht, me wird verruckt
und rüeft einander zue.
Refrain:
4. Und gäbt me mir es Regiment,
ich sägti: O herrje,
o wär i doch nur Lütenant,
und nur in Courgenay!
Was nützed mir all Offizier
und über tusig Maa
ich muess bim Herrgott sapermänt
ganz öppis anders ha!
Refrain:
5. Und wenn de Dienscht denn dure isch
und alles hei zue gaat,
und denn de Wirtin ihres Huus
leer a de Straße schtaat;
Wer wüscht am Fenschter d'Äugli uus
und lueget i d'Ajoie
und trured um die dreimal
hunderttusig Maa?
Refrain:
C'est la petite Gilberte,
Gilbert' de Courgenay;
elle cherche ses trois cent mille soldats
et tous ces officiers.
C'est la petite Gilberte,
Gilberte de Courgenay:
elle pleure maintenant pour toute la Suisse
et toute l'armée.