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Reports (7)
Individuals and Businesses around the globe are benefiting from the wide set of opportunities the internet is creating. However, these benefits are not shared equally, in that individuals with high incomes, high skills and in specific geographic locations reap the economic gains disproportionately. Countries or regions that are more endowed with these characteristics are more advantaged in terms of digital dividends, which explains one factor into the ever-rising inequality between and within countries.
The new World Bank regional report; “Reaping digital Dividends” suggests on the other hand that this doesn't have to be the case. It argues that digital dividends can reduce poverty and produce shared economic growth in the Europe and Central Asian region (ECA), if the right policies are implemented. The report also states that because the internet is the main driver of technological change, States must effectively adapt to its disruptions to achieve efficiency gains.
Some of the ways to adapt after process and product innovation produces displacement effects in the economy is to allow the spread of new technologies by supporting those who lose their jobs to find another, rather than protecting jobs in the first place and limiting innovation. Moreover, to target bottom-up technological progress by improving access to the internet and big data rather than top-down monitoring of information.
The report illustrates for example that ECA countries in western economies hold less shares or e-commerce sales in GDP than the USA and Japan, not because of weak internet access or imagination, but rather a lack of confidence in the financial system, high levels of cyber security and strong regulations. In comparison, the report highlights a different set of reasons in the eastern part of the region, namely Central Asia and the Caucasus. Landlocked countries with distributed populations face higher costs for internet expansion, as weak internet relations with neighboring countries make them susceptible to internet transit provider's high price demands. Turkmenistan, for instance only endows three connecting fibers, while Armenia's borders with many of its neighbors are completely cut-off due to obliterated political ties. In particular, over 80% of Kyrgyzstan, Armenia and Georgia spend 10% of their household income to afford basic mobile plans.
Nevertheless, the report describes that despite key challenges, ECA countries occupy an important position to reap digital dividends. Governments in the east can implement the successful policies the new EU members put in place, to improve or even outperform the richer economies of the west in terms of internet access. Their closeness to China can also foster strong e-commerce possibilities and relationships. Moreover, improved internet infrastructure in terms of speed and cost can lower the disadvantages of barely populated regions. Russian-speaking countries can even take advantage of economics of scales in content development or online freelancing.
On the other hand, governments in the west can attract important ICT intensive investments from their high level internet infrastructure, which could lead to the long over due creation of the Googles and Facebooks of Europe. They can also capitalize on digital technologies to include older workers into the labor market which would bring about a dynamic market that would otherwise fall fatal to aging population phenomenons.
The report highlights the importance of International Connectivity. Concerning the connection between Europe and the Middle East, the report talk about Europe-Persia Express Gateway, which is a terrestrial cable linking Europe with the Middle East, which was achieved in 2012. It goes from Frankfurt, across Eastern Europe then to Russia, Azerbaijan then through Iran to the Persian Gulf then to Barka, in Oman. It offers an alternative to the Red Sea route for linking Europe to Asia.
Le Groupe de la Banque mondiale et la Banque islamique de développement ont publié le premier rapport mondial consacré à la finance islamique. Intitulée en anglais Global Report on Islamic Finance — Islamic Finance: A Catalyst for Shared Prosperity?, cette publication examine en détail les perspectives de croissance de ce secteur et sa capacité à contribuer à la réduction des inégalités de revenus dans le monde, à un meilleur partage de la prospérité et à la réalisation des objectifs de développement durable.
Après avoir dressé un panorama de la finance islamique et mis en évidence les principales difficultés qui font obstacle à son expansion, le rapport préconise un certain nombre de mesures susceptibles de faire de ce secteur un levier du partage de la prospérité.
La finance islamique promeut une répartition juste et équitable des revenus et de la richesse. Parce qu’elle est très connectée à l’économie réelle et qu’elle repose sur le partage des risques, la finance islamique peut contribuer à l’amélioration de la stabilité du secteur financier. Elle peut aussi permettre d’intégrer au système financier formel ceux qui en sont actuellement exclus pour des motifs culturels ou religieux. Contrairement à la finance classique, la finance islamique est basée sur le partage des risques et les financements garantis par des actifs. Dans la finance islamique, les clients des banques détiennent directement des actifs réels dans la sphère réelle de l’économie, ce qui réduit leur aversion au risque.
Le rapport propose un cadre théorique pour l’analyse de l’économie et de la finance islamiques qui s’articule autour de quatre piliers fondamentaux :
- une structure institutionnelle solide accompagnée de politiques publiques appropriées ;
- une gouvernance prudente et des dirigeants responsables ;
- la promotion d’une économie basée sur le partage des risques et l’esprit d’entreprise ;
- l’inclusion financière et sociale.
Cependant, souligne le rapport, un certain nombre de mesures doivent être prises pour accroître l’efficacité de la finance islamique et mettre pleinement à profit sa capacité à réduire les inégalités. Ces actions sont les suivantes :
- améliorer l’harmonisation, la mise en place et l’application des réglementations ;
- créer des institutions qui fournissent des informations sur le crédit et d’autres sujets, afin de faciliter les financements par fonds propres, en particulier au profit des PME et des microentreprises ;
- développer les marchés financiers et les ṣukuk (obligations conformes à la loi islamique) afin de favoriser le financement de grands projets d’infrastructure ;
- assurer l’homologation réglementaire des produits financiers issus d’autres territoires de compétence et développer ainsi les marchés grâce à des transactions internationales.
Les pistes d’action
Le secteur de la finance islamique est aujourd’hui très largement dominé par les activités bancaires, qui représentent plus de 75 % de ses actifs. Il est donc nécessaire qu’il s’étende à d’autres activités.
Pour autant, le rapport préconise un certain nombre de recommandations destinées précisément au secteur bancaire : établir un cadre de réglementation et de surveillance qui permette de gérer les risques systémiques d’un territoire de compétence à l’autre ; introduire des produits et des services de partage des risques novateurs plutôt que de copier les produits de la finance classique basés sur le transfert des risques ; harmoniser les règles de la charia et unifier les jugements rendus dans le domaine de la finance islamique dans les différents pays ; élargir l’accès à la finance islamique ; et, enfin, renforcer le capital humain et développer les connaissances de la population en matière de finance islamique.
Le rapport souligne aussi la nécessité de développer les marchés financiers islamiques. Ces marchés, qui sont encore relativement jeunes, pourraient permettre aux populations de se constituer un patrimoine au moyen des instruments de financement par fonds propres et de financement garanti par des actifs. Les marchés de type obligataire (ṣukuk) sont en particulier adaptés au financement des infrastructures et à la promotion de l’entrepreneuriat. Selon le rapport, il est indispensable de recourir à l’émission de ṣukuk souverains pour développer ce marché en général, mais aussi favoriser la transparence et l’efficacité dans la détermination des prix des actifs.
Les responsables publics devraient aussi s’attacher en priorité à développer les institutions financières non bancaires, actuellement sous-développées ou sous-utilisées. Par exemple, l’assurance islamique (takaful) pourrait améliorer l’accès des ménages et des entreprises aux services financiers.
Enfin, le rapport met en avant l’importance des institutions et instruments de la finance sociale islamique (qard hasan, zakat, sadaqat, waqf) qui sont enracinés dans les principes de redistribution des richesses et de la charité, et qui peuvent, à ce titre, contribuer à la lutte contre la pauvreté, en favorisant en particulier la constitution d’un filet de sécurité pour les personnes qui vivent dans une pauvreté extrême. Il recommande de mettre en place des systèmes de gouvernance en vue d’assurer un fonctionnement plus ordonné de ce secteur.
Selon le rapport, des institutions comme la zakat (l’aumône pour les pauvres) ou le waqf sont des viviers de ressources qui, s’ils étaient exploités, pourraient répondre aux besoins des personnes les plus démunies dans la plupart des pays d’Asie du Sud et du Sud-Est et d’Afrique subsaharienne.
Source: Banque Mondiale
Prospects for the global Islamic finance industry and its potential to reduce worldwide income inequality03 May 2017 Written by Admin SAE
(French)
The World Bank Group and the Islamic Development Bank published the first Global Report on Islamic Finance, which details the prospects for the global Islamic finance industry and its potential to help reduce worldwide income inequality, enhance sharing prosperity, and achieve the Sustainable Development Goals.
Subtitled “A Catalyst for Shared Prosperity?”, the report provides an overview of trends in Islamic finance, identifies major challenges hindering the industry’s growth, and recommends policy interventions to leverage Islamic finance for promoting shared prosperity.
Islamic finance advocates for just fair and equitable distribution of income and wealth. With a strong link to the real economy as well as risk-sharing financing, Islamic finance can help improve the stability of the financial sector. It can also bring into the formal financial system people who are currently excluded from it due to cultural or religious reasons. Unlike conventional finance, Islamic finance is based on risk-sharing and asset-based financing. By making people direct holders of real assets in the real sector of the economy, it reduces their aversion to risk.
The report outlines a theoretical framework to analyze Islamic economics and finance based on four fundamental pillars:
- Institutional framework and public policy
- Prudent governance and accountable leadership
- Promotion of an economy based on risk sharing and entrepreneurship
- Financial and social inclusion
The report notes, however, areas where policy interventions are needed to develop Islamic finance’s effectiveness and fulfill its potential in helping to reduce inequality. These interventions include:
- Enhance harmonization, implementation and enforcement of regulations
- Create institutions that provide credit and other information to support equity-based finance, particularly for micro, small and medium-sized enterprises (MSMEs)
- Develop capital markets and ṣukūk products to help finance large infrastructure projects
- Provide regulatory recognition of products from other jurisdictions to expand the markets through cross-border transactions
What’s needed to overcome these challenges?
The Islamic finance industry needs to expand beyond banking, which is currently a dominant component of Islamic finance, accounting for more than three-quarters of the industry’s assets.
However, for the banking sector, the report recommends creating an enabling regulatory and supervisory environment that addresses systemic risk across jurisdictions; introducing innovative risk-sharing products and services, rather than replicating conventional risk-transfer products; unifying cross-country sharī‘ah rulings on Islamic finance; enhancing access to Islamic finance; and bolstering Islamic finance human capital and literacy.
Another area of development is Islamic capital markets. While still relatively young, they can provide opportunities to build assets but through equity- and asset-based finance. Particularly, the ṣukūk markets (Islamic bond) are suitable for financing infrastructure and encouraging entrepreneurship. The use of sovereign ṣukūk to mobilize financing is essential to develop the market, as well as to promote transparency and efficiency of the asset pricing, according to the report.
The report also notes that policy makers should prioritize the development of non-bank financial institutions, which are currently underdeveloped and underutilized. For example, Islamic insurance, takāful, could provide important benefits to households and firms, improving their access to financial services.
Lastly, the report notes that using Islamic social finance can alleviate poverty and create a social safety net for the extremely poor, considering that these institutions and instruments (qard hasan, zakāt, sadaqāt, waqf) are rooted in redistribution and philanthropy. The report recommends to create governance systems to support orderly function of the Islamic social finance sector.
By tapping into the potential of the institutions like zakāt and waqf, the report estimates that resource needs for the most deprived in most countries in South and Southeast Asia and Sub-Saharan Africa could be met.
Source: World Bank
أصدرت مجموعة البنك الدولي والبنك الإسلامي للتنمية أول تقرير عالمي عن التمويل الإسلامي يتناول بالتفصيل آفاق صناعة التمويل الإسلامي العالمي والإمكانيات التي يمتلكها للمساعدة في الحد من التفاوت في مستويات الدخل في جميع أنحاء العالم، وتعزيز الرخاء المشترك، وتحقيق أهداف التنمية المستدامة.
ويقدم التقرير، الذي صدر بعنوان فرعي "حافز لتحقيق الرخاء المشترك"، عرضا عاما عن اتجاهات التمويل الإسلامي، ويحدد التحديات الرئيسية التي تعوق نمو هذه الصناعة، ويوصي بإجراءات تدخلية على صعيد السياسات للاستفادة من التمويل الإسلامي بغية تشجيع الرخاء المشترك.
يدعو التمويل الإسلامي إلى المساواة والتوزيع العادل للدخل والثروة. ومن خلال ارتباطه الوثيق بالاقتصاد الحقيقي وتقاسم مخاطر التمويل، يمكن للتمويل الإسلامي أن يساعد في زيادة استقرار القطاع المالي، كما يمكنه أن يجذب إلى النظام المالي الرسمي أناسا مستبعدين منه حاليا لأسباب ثقافية أو دينية. وخلافا للتمويل التقليدي، يقوم التمويل الإسلامي على التمويل الذي يشارك في تحمل المخاطر والتمويل بضمان الأصول. وبإسناد الملكية المباشرة إلى الأفراد في القطاع الحقيقي من الاقتصاد، فإنه يقلص عزوفهم عن المخاطر.
يستعرض التقرير إطارا نظريا لتحليل الاقتصاد والتمويل الإسلامي بناء على أربع ركائز أساسية:
- إطار مؤسسي وسياسات عامة
- الإدارة الرشيدة والقيادة الخاضعة للمساءلة
- تشجيع الاقتصاد القائم على المشاركة في تحمل المخاطر وريادة الأعمال
- تعميم الخدمات المالية والاجتماعية للجميع
ومع هذا، ينوه التقرير إلى المجالات التي تقتضي التدخل على صعيد السياسات لتطوير فعالية التمويل الإسلامي وتفعيل إمكانياته في المساعدة على تقليص التفاوت وعدم المساواة. وتشمل هذه الإجراءات التدخلية:
- تعزيز الانسجام بين اللوائح التنظيمية وتطبيقها وفرضها.
- إنشاء مؤسسات تقدم المعلومات الائتمانية وغيرها لدعم التمويل المستند إلى أسهم رأس المال، لاسيما مؤسسات الأعمال الصغرى والصغيرة والمتوسطة.
- تطوير منتجات أسواق رأس المال والصكوك للمساعدة في تمويل المشاريع الكبيرة في مجال البنية الأساسية
- توفير الاعتماد الرسمي لمنتجات تأتي من بلدان أخرى لتوسيع الأسواق من خلال المعاملات العابرة للحدود
ما هو المطلوب للتغلب على هذه التحديات؟
إن صناعة التمويل الإسلامي في حاجة إلى التوسع خارج نطاق المعاملات البنكية التي تهيمن حاليا على التمويل الإسلامي وتشكل أكثر من ثلاثة أرباع مكونات هذه الصناعة.
ومع هذا، بالنسبة لقطاع البنوك، يوصي التقرير بتوفير مناخ تنظيمي وإشرافي ملائم يتصدى لمخاطر النظام المالي بين البلدان المختلفة؛ وطرح منتجات وخدمات مبتكرة للمشاركة في تحمل المخاطر، بدلا من محاكاة المنتجات التقليدية التي تلقي بالمخاطر على أطراف أخرى؛ وتوحيد قواعد وأحكام الشريعة المتعلقة بالتمويل الإسلامي في جميع البلاد؛ وتعزيز سبل الحصول على التمويل الإسلامي؛ وتدعيم رأس المال البشري للتمويل الإسلامي والتوعية به.
وثمة مجال آخر للتنمية هو أسواق رأس المال الإسلامي. ورغم أن هذه الأسواق مازالت حديثة العهد نسبيا، فإنها يمكن أن توفر الفرص لبناء الأصول، ولكن من خلال التمويل القائم على أسهم رأس المال والأصول. وتُعد أسواق الصكوك (السندات الإسلامية) مناسبة بشكل خاص لتمويل البنية الأساسية وتشجيع ريادة الأعمال. ووفقا للتقرير، فإن استخدام الصكوك السيادية لتدبير التمويل هو عامل أساسي لتطوير هذه السوق، وأيضا لتشجيع شفافية وكفاءة تسعير الأصول.
كما يشير التقرير أيضا إلى أن واضعي السياسات ينبغي أن يعطوا الأولوية لتطوير المؤسسات المالية غير البنكية التي تعاني حاليا من عدم التطور وعدم الاستغلال الكامل. فعلى سبيل المثال، يمكن للتأمين الإسلامي "التكافل" أن يوفر مزايا مهمة للأسر والشركات، مما يؤدي إلى تحسين سبل حصولهم على الخدمات المالية.
وفي النهاية، يشير التقرير إلى أن استخدام التمويل الاجتماعي الإسلامي يمكن أن يخفف حدة الفقر ويخلق شبكة أمان اجتماعي لمن يعيشون في فقر مدقع، نظرا لأن هذه المؤسسات والأدوات (القرض الحسن، والزكاة، والصدقات، والوقف) تضرب بجذورها في إعادة توزيع الثروة والعمل الخيري. ويوصي التقرير بإنشاء نظم حوكمة لدعم العمل المنظم لقطاع التمويل الاجتماعي الإسلامي.
وبالاستفادة من إمكانيات مؤسسات كالزكاة والأوقاف، يرى التقرير أن من الممكن تلبية احتياجات الموارد لأشد الفئات حرمانا في أغلب بلدان جنوب وجنوب شرق آسيا وأفريقيا جنوب الصحراء.
المصدر: البنك الدولي
World bank
Overview
Doing Business 2017: Equal Opportunity for All, a World Bank Group flagship publication, is the 14th in a series of annual reports measuring the regulations that enhance business activity and those that constrain it. Doing Business presents quantitative indicators on business regulations and the protection of property rights that can be compared across 190 economies—from Afghanistan to Zimbabwe—and over time..
Par: Mohamed-Monther Belgeith
La 12ème édition du rapport « Doing business 2015 » a été publiée à l’occasion dernier Forum Economique Mondial à Davos sous le titre « Au-delà de l’efficience ». Ce rapport, tel qu’il est indiqué dans son avant-propos, « essaye de déceler et de mesurer les principales caractéristiques d’une économie, à savoir, la facilité de faire des affaires, du commerce et des échanges. Ce qui permet aux gouvernements, aux dirigeants des entreprises et aux chercheurs de disposer des données et des analyses évaluables permettant de promouvoir un cadre réglementaire favorisant le développement, la création d’emploi et la croissance »1.
L’édition de 2015 a permis de constater une amélioration du cadre réglementaire des affaires dans 123 pays sur les 189 pays concernés par l’étude. Il a répertorié 230 réformes impactant l’environnement des affaires dont 145 ciblant la réduction la complexité et le coût affectant cet environnement et 85 visant le renforcement des institutions juridiques.
Si le rapport de 2015 s’est attelé à mesurer les performances des différentes économies dans 11 domaines2, il n’en demeure pas moins que le domaine se rapportant à « la régulation du marché du travail » n’a pas été intégré dans le classement de cette année. Le rapport comporte, par contre et pour la première fois des données recueillies dans 2 villes dans 11 pays dont le nombre d’habitants excède 100 millions. Cela a permis de montrer que les différences entre les villes sont plus fréquentes sur le plan des indicateurs mesurant les étapes, les délais et les coûts pour effectuer une transaction, dans la mesure où les agences locales jouent un rôle plus important.
Le classement établi en 2015 révèle que c’est Singapour qui occupe toujours la tête du classement avec un score (DDF)3 de 88.27 suivie par la Nouvelle Zélande, Hong Kong, le Danemark et la Corée du Sud.
La Suisse, quant à elle, arrive en 20ème position réalisant une avancée de 2 places par rapport au classement de 2014. Cette amélioration dans le classement a été constatée dans 4 domaines dont notamment celui de « La protection des investisseurs minoritaires » où elle est passée de la 123ème à la 78ème position grâce aux mesures prises pour le renforcement de la protection des investisseurs minoritaires en améliorant le niveau de la transparence exigée de la part des sociétés cotées en bourse. Sur le plan de « la création d’entreprise », elle a gagné 8 places passant de la 77ème à la 69ème position en raison de l’introduction de procédures en lignes. La Suisse s’est distinguée, en outre, par les facilités introduites dans le domaine de « règlement de l’insolvabilité » par l’instauration d’un moratoire durant la période de préparation d’un accord de réorganisation par le débiteur, permettant une meilleure participation des créanciers dans la procédure de réorganisation et la clarification des procédures d’annulation des transactions. Cela lui a permis de gagner 2 places dans le classement dans ce domaine.
Cependant, et même si elle a réalisé son meilleur score dans le domaine du « raccordement à l’électricité » où elle s’est placée à la 5ème position, il y a lieu de remarquer qu’elle a y a perdu sa 4ème place qu’elle occupait en 2014.
Pour ce qui est des pays arabes4, c’est l’économie des Emirats Arabes Unis qui a réalisé la meilleure performance en se plaçant à la 22ème place du classement mondial avec un score de 76.81 points soit une avancée de 3 positions dans le classement et une amélioration du score de 1.73 points par rapport à 2014.
Le Royaume d’Arabie Saoudite arrive loin derrière dans le classement mondial (49ème place) suivi du Qatar (50ème), du Bahreïn (53ème) et de la Tunisie (60ème).
Si quelques pays de la région arabe ont légèrement amélioré leurs performances dans les domaines couverts par le rapport, force est de constater que le rythme des améliorations reste en deçà du rythme requis pour donner plus de tonus et d’attractivité à leur économie. En effet, et même si 14 pays arabes ont amélioré leur score entre 2014 et 2015, seuls deux pays ont réussi à améliorer leur classement, à savoir : les Emirats Arabes Unis (passant de la 25ème place en 2014 à la 22ème en 2015) et l’Egypte (de la 113ème à la 112ème position). Deux pays ont maintenu leur position dans le classement, il s’agit du Bahreïn 53ème, et de la Libye, qui occupe, toujours l’avant dernière position. La Tunisie, le Yémen, l’Iraq, la Syrie et la Mauritanie ont vu leur score et leur classement régresser simultanément. Il est clair que la situation sécuritaire et l’instabilité politique qui y sévissent les ont empêchés d’apporter les réformes nécessaires pour améliorer l’environnement des affaires de leur économie.
Cette situation défavorable de la majorité des économies arabes apparaît clairement, par ailleurs, à travers la comparaison entre les performances des différentes régions géographiques présentées par l’étude qui révèle que la région «Moyen-Orient et Afrique du Nord » a enregistré l’amélioration moyenne la plus faible du score (DDF) soit 0.31 points alors que la région d’Europe et d’Asie Centrale a réalisé la moyenne d’amélioration la plus élevée avec 1.56 points.
Sur le plan des réformes les plus marquantes, l’économie des Emirats Arabes Unis, qui est citée parmi les dix économies qui ont enregistré des améliorations dans 3 domaines ou plus, s’est distinguée dans 3 domaines particuliers à savoir :
- « Le transfert de propriété » grâce à l’introduction de nouveaux centres de services et d’un contrat standard de transfert de propriété ;
- « l’obtention des prêts » par la promotion de l’information sur les crédits par le bureau des crédits ;
- « la protection des investisseurs minoritaires » par l’introduction d’exigences supplémentaires d’approbation pour les transactions entre les parties liées et de plus grandes exigences en matière de divulgation de telles opérations à la bourse.
Aussi, faut il relever que les EAU arrivent en pôle position en matière de « paiement de taxes » avec un score de 99.4 et en 4ème position dans 3 domaines à savoir, « l’octroi de permis de construire », « le raccordement à l’électricité » et le « transfert de propriété ». Cependant, en matière « d’exécution de contrats », le classement des EAU n’est pas conforme à son rang puisqu’elle n’occupe que la 121ème place. Des améliorations notables devraient être envisagées sur ce plan ainsi qu’en matière de « règlement de l’insolvabilité ».
Par: Mohamed Mondher Belghith
La Banque Mondiale vie de publier, le 15 avril 2015, un rapport de l’Observatoire Economique de la Région MENA intitulé : « Un nouveau contrat social au Moyen Orient et en Afrique du Nord »1. Ce rapport brosse un tableau sur l’évolution et les perspectives de la croissance dans cette région et analyse les carences du développement qui font apparaître la nécessité de revoir en profondeur les rapports entre l’Etat, les citoyens et les agents économiques dans cette partie du monde. Si l’analyse et le diagnostic effectués par l’Observatoire, ainsi que la nécessité d’un nouveau contrat social peuvent faire l’unanimité, les quelques remèdes préconisés seront loin de convaincre les différentes sphères de la politique et de l’économie tant elles sont conformes aux dogmes immuables de la Banque Mondiale qui est, elle aussi, appelée, à mon humble avis, à refonder ses optiques et ses politiques notamment en direction des pays en développement.
Dans une première partie, le rapport présente un aperçu général des récentes évolutions de l’économie de la région et des prévisions futures à travers les projections de la Banque Mondiale, du FMI et du consensus établi, en comparaison avec les perspectives mondiales et en tenant compte de la chute des prix du pétrole. La deuxième partie a été consacrée aux carences des modèles de développements à travers l’analyse de l’évolution de l’emploi dans le secteur privé, la qualité des services publics et les principales recommandations qui se résument en la nécessité de redéfinir les contrats sociaux dans les pays de la région.
Le rapport présente, par ailleurs une analyse des effets du blocus de la bande de Gaza sur son économie en comparaison avec celle de la Cisjordanie. Un bref aperçu sur l’évolution de chaque pays est présenté en fin du rapport.
Une croissance molle
Sur le plan de la croissance économique, les prévisions indiquent que le taux de croissance du P.I.B de la région restera stable et se situera dans les limites de 3.1% à 3.3% en 2015 et de 3.6% à 3.9% en 2016, sauf si la situation s’améliorait en Libye et que les exportations de pétrole augmenteraient, auquel cas la croissance pourrait atteindre 4% à 5% ; alors que la moyenne mondiale sera entre 3% et 3.5% en 2015 et entre 3.3% et 3.7% en 2016.
La mollesse de la croissance de la région trouve son origine, selon le rapport, dans 3 raisons majeures, à savoir :
- la persistance et la longue durée des conflits et l’instabilité politique dans plusieurs pays de la région (Syrie, Iraq, Libye, Yémen) ;
- la chute des prix du pétrole qui induit une baisse des taux de croissance des pays exportateurs ;
- la lenteur des réformes.
La conjonction de ces phénomènes ne pouvait qu’entrainer la baisse des investissements, la recrudescence du chômage et l’aggravation du déficit des finances publiques.
Mais ce taux de croissance moyen pour la région cache en fait des disparités importantes entre les différents pays de la zone. En effet, pour les pays importateurs de pétrole, le taux de croissance prévu pour 2015 est estimé à 4% à la faveur de la chute des cours et de la mise en œuvre de certaines réformes en particulier en Egypte (4.3%) et au Maroc (entre 4.6% et 4.8%). Quant à la Tunisie, qui a achevé sa phase de transition politique, elle connaîtra un début de reprise timide de 2.6% en 2015 et de 3.4% en 2016 contre 2.2% en 2014 grâce, notamment, au rebond des industries manufacturières et du tourisme malgré les effets de la dernière attaque terroriste au musée du Bardo.
En Jordanie et au Liban, les économies sont en train de reprendre lentement mais surement malgré les incidences des guerres civiles dans les pays limitrophes. Le taux de croissance de la Jordanie avoisinera 3% en 2015, soit un peu plus que son niveau de 2010. L’accroissement des investissements publics et la réduction du déficit de la balance commerciale y ont largement contribué. Au Liban la croissance demeurera en dessous de 2.5% en 2015 et 2016 mais pourrait atteindre son niveau des années 2000 si l’impasse politique actuelle trouverait une solution rapide.
L’économie palestinienne continue à souffrir sous le poids du blocus de la bande de Gaza. La croissance attendue en 2015 est estimée à moins de 1% en 2015 après une contraction de 0.8% en 2014 sous l’effet de la croissance négative de 15% enregistrée par la bande de Gaza (contre 4% en Cisjordanie) avec la baisse des fonds alloués par les pays donateurs et les restrictions de l’occupant israélien sur l’introduction des matériaux de construction.
Pour les pays exportateurs de pétrole, la croissance s’établira autour de 2.8% en 2015 avec 3.2% à 3.8% pour les pays du CCG et une stagnation pour les autres pays exportateurs avec un taux de croissance inférieur à 1%. Selon les prévisions de la Banque Mondiale les pays du CCG perdraient près de 215 milliards de dollars de leurs revenus pétroliers en 2015, soit près de 14% de leur PIB. Si le Royaume d’Arabie Saoudite, les Emirats Arabes Unis, le Koweït et le Qatar peuvent résister aux effets négatifs des faibles cours du pétrole grâce à leurs larges réserves, il n’en va pas de même pour le Bahrein ou Oman qui ont moins de marges de manœuvres. Cependant, malgré le matelas financier qu’ils possèdent, ces pays ne manqueront pas de sentir les effets de ces faibles cours sur leurs budgets.
Pour les autres pays exportateurs de pétrole, la situation sera encore plus difficile. En Algérie, le taux de croissance en 2015 chutera de moitié et s’établira autour de 2.5%. Le pays devra faire face à un doublement de son taux de déficit budgétaire par rapport au PIB et son déficit courant passera de 4.2% du PIB en 2014 à 18.6% en 2015. Le ralentissement de l’activité économique entrainera un accroissement du taux de chômage qui passera de 9.8% en 2013 à 10.6% en 2015 et 11% en 2016.
Pour les pays en conflit, les perspectives économiques sont plus obscures. En effet, en Iraq, les attaques de l’EI ont entrainé une large envolée des dépenses militaires qui ont fortement impacté l’économie de ce pays. La croissance y sera négative en 2015 après une contraction de 0.5% en 2014 due au déclin de l’activité économique dans les zones occupées par les insurgés de l’EI. Le déficit budgétaire risque d’atteindre 10.6% du PIB. Les dépenses publiques courantes qui constituent près de 70% du budget laissent peu de place à l’investissement public qui est en train de décliner. Beaucoup de projets ont même été arrêtés.
Pour ce qui est de la Libye, en plus de l’impact de la baisse des cours, le conflit a entrainé l’interruption des exportations du pétrole. L’activité économique s’est contractée de près de 24% en 2014 après une baisse de 13% en 2013. Et malgré quelques prémices d’amélioration, l’activité économique restera encore faible en 2015. Et si le pays compte sur ses larges avoirs à l’étranger, force est de constater que celles-ci ont régressé, à la fin décembre 2014, de 40% par rapport à leur niveau de juillet 2013.
S’agissant du Yémen, la situation politique et sécuritaire a été à l’origine de la stagnation enregistrée en 2014 avec une croissance nulle après un accroissement de 4.8% en 2013. En 2015, une contraction est attendue avec la persistance et l’aggravation des risques sécuritaires. Le déficit budgétaire a augmenté pour atteindre 8.7% du PIB en 2014. Et cette tendance se poursuivra en 2015.
En Syrie, en l’absence de données en raison de la poursuite de la guerre civile, certaines prévisions font état d’une baisse du taux de contraction de l’économie, voire même une croissance positive de 2% en 2015 qui serait impulsée par une grande mobilité des affaires vers les zones côtières qui connaissent plus de stabilité.
La chute des cours du pétrole et le déficit budgétaire : des effets contrastés
Au niveau des finances publiques, et en tenant compte de la baisse des cours du pétrole, la région MENA verra son excédent de 0.1%, prévu initialement pour 2015, ramené à un déficit de 8%. En effet, pour les pays du CCG on passera d’un excédent prévu de 5.3% à un déficit prévu de 7%. Quant aux autres pays exportateurs de pétrole, leur déficit estimé pour 2015 passera de 2.7% à 9.3 %.
Par contre pour les pays importateurs de pétrole, le déficit sera ramené de 8.9% à 8.7%. Mais il faut noter, aussi, que la baisse des revenus du pétrole risque, par ailleurs, de réduire le montant des transferts des travailleurs immigrés dans les pays du golfe, ce qui affecterait principalement l’Egypte, la Jordanie et le Yémen, où ces transferts constituent une source importante des recettes extérieures. Elle ne manquera pas d’avoir, en outre, des répercussions majeures sur l’aide financière et les investissements des pays du golfe en direction des autres pays de la région.
Création d’entreprise et emploi : Un manque de vivacité et de dynamisme
Dans un chapitre consacré à la création d’emplois dans le secteur privé, le rapport indique que dans la région MENA, comme dans les économies à fort taux de croissance, la majorité des postes d’emploi sont créés par les nouvelles entreprises et les start-ups. A titre d’exemple en Tunisie et au Liban, toute la création nette d’emploi a été générée par les nouvelles entreprises dans leur phase de lancement, soit les quatre années suivant leur création. En Tunisie entre 1996 et 2010, 580000 emplois ont été créés par les micro-start ups, soit 92 % des nouvelles créations d’emploi. Au Liban, ces petites nouvelles entreprises ont généré 66000 emplois entre 2005 et 2010, soit 117% de la création nette ; en deuxième position on retrouve les nouvelles grandes entreprises (employant entre 200 et 1000 employés) avec 12000 créations.
Le problème dans cette région réside dans la faiblesse du nombre d’entreprises qui se créent et de celles qui disparaissent pour permettre à d’autres nouvelles unités d’entrer sur le marché. Ainsi, l’âge médian des entreprises est le plus élevé dans le monde en développement. Le taux de sortie du marché des entreprises est à peine plus élevé que 4% dans l’industrie manufacturière et de moins de 6% dans les services, alors que le taux d’entrée de nouvelles entreprises dans ces deux secteurs est, respectivement, de 8% à près de 10%.
Par ailleurs, les petites entreprises restent, presque toujours de petite taille ou disparaissent. En Tunisie et au Maroc, une toute petite fraction des micro-entreprises ou d’entreprises individuelles a pu évoluer vers une catégorie supérieure en 10 ans.
Les 4 raisons essentielles invoquées par les chefs d’entreprises pour expliquer cet état de fait sont l’incertitude macroéconomique ainsi que celle de la régulation, l’instabilité politique et la corruption. L’accès au financement n’a été invoqué qu’en 11 position.
L’instabilité politique et sécuritaire a contribué à éloigner l’investissement étranger du secteur des industries manufacturières générateur d’emploi et de transfert de technologie au profit de l’immobilier et des industries extractives peu pourvoyeurs d’emploi.
Sur un autre plan, le rapport indique que l’attractivité du secteur public en raison de l’importance des avantages sociaux et des hauts salaires qu’il prodigue font monter les salaires du secteur privé et le rendent moins compétitif. Les jeunes sortants de l‘enseignement qui préfèrent attendre un emploi dans le public vont rejoindre le secteur informel avec de bas salaires et sans aucune sécurité. La part du secteur informel a énormément augmenté au cours de la dernière décennie pour atteindre 67%. Cela a entrainé, par ailleurs, l’exclusion d’une bonne partie des femmes de la population active (découragées de trouver un emploi dans le formel) malgré leur formation et leur niveau d’instruction. Le contrat social ancien où le gouvernement était le principal employeur est donc rompu. Pour les auteurs du rapport ce modèle devrait être remplacé par un nouveau contrat où le gouvernement doit œuvrer à faciliter l’émergence d’un secteur privé dynamique et créateur d’emploi.
Pour un nouveau contrat social
Dans cette partie, le rapport présente, d’abord, une image instantanée de la région MENA qui donne une idée décourageante avec des conflits armés, en Syrie, Iraq, Libye et au Yémen. Ces conflits sont en train de détruire des vies humaines et dévaster les infrastructures et les économies nationales, avec des effets néfastes sur les pays limitrophes tels que le Liban, la Jordanie ou la Tunisie. Il précise que le coût de la guerre en Syrie et des attaques de l’EI est estimé à 35 milliards de dollars en terme de production perdue entre 211 et 2014. Pour les pays en transition, comme le Maroc, l’Egypte, la Tunisie et la Jordanie, les réformes de l’économie sont mises en œuvre lentement quoique dans un contexte de croissance anémique, de déficit budgétaire élevé et d’un chômage des jeunes en constante augmentation.
Toutefois, les perspectives à plus long terme révèlent, selon les auteurs du rapport, plus d’homogénéité de la région et un avenir plus optimiste. Malgré leurs différences actuelles, les pays de la région ont suivi, depuis leur indépendance, plus ou moins, le même modèle de développement. L’Etat devait y fournir des services de santé gratuits, l’éducation pour tous et des subventions pour les produits alimentaires et l’énergie. Le secteur public était l’employeur formel le plus important. En retour des largesses de l’Etat, la voix du peuple était limitée.
Ce contrat social a réussi à donner des résultats tangibles sur les plans économique et social. En effet, dans les années 2000, la croissance moyenne était de 4 à 5% par an, les taux de pauvreté ont baissé, tous les enfants bouclaient leurs études primaires, le nombre des élèves du secondaires et des étudiants du supérieur étaient en constante augmentation, notamment les jeunes filles. La région a, en outre, réalisé la plus forte baisse de la mortalité infantile dans le monde. Et contrairement à la perception générale, l’inégalité mesurée selon les standards internationaux tels que le coefficient de Gini, était plus faible que dans les pays comparables.
Après les années 2000, des signes d’essoufflement apparaissent, indiquant que ce modèle commence à s’effilocher. La combinaison de compensations élevées et d’un large secteur public avec de hauts salaires était difficilement supportable pour les budgets des Etats. Les déficits ont commencé à s’élargir. Les recrutements dans le secteur publics ont été limités et la part de l’emploi dans ce secteur a commencé à décliner. Mais le secteur privé formel n’a pas pu absorber les vagues de plus en plus importantes des sortants de l’enseignement qui arrivaient sur le marché du travail. Les taux de chômage ont donc augmenté pour atteindre le plus haut niveau dans le monde en développement.
Le secteur informel s’est développé, comme cité supra, et employant surtout les hommes, une majorité de femmes découragées sont sorties de la population active. La région se retrouve avec, toujours, le taux le plus faible de la participation de la femme au marché du travail, soit 21.6% contre 63.6% en Afrique sub-saharienne et 61.3% en Asie de l’est et le Pacifique.
En même temps et en continuant à financer la santé et l’éducation, le secteur public a échoué sur les deux fronts de la qualité et de l’équité. Aussi, avec la détérioration de la qualité qui a touché tous les services publics et qui apparaissent dans les résultats alarmants enregistrés par la région (en matière de résultats scolaires, de coupures d’électricité, d’adduction d’eau potable…), les populations se sont-elles trouvées poussées vers le secteur privé où les chances d’équité sont loin d’être garanties et où les prix sont déterminés par le marché. La responsabilisation et la redevabilité envers les citoyens ne fonctionne plus, notamment pour les plus pauvres, et la confiance des citoyens envers leurs gouvernants et leur participation à la vie publique s’en est trouvée fortement ébranlée. Les soulèvements populaires du printemps arabe en sont la plus évidente expression.
Que devrait-on faire ?
Les auteurs du rapport recommandent de mettre en place un nouveau contrat social qui soit plus à même de répondre aux besoins et aux aspirations des nouvelles générations. Ce contrat devrait redéfinir le rôle de l’Etat qui:
- au lieu d’être le principal employeur devrait promouvoir la compétition dans le secteur privé et l’égalité des chances entre tous les entrepreneurs.
- Au lieu de fournir des services publics gratuits ou subventionnés et de piètre qualité, devrait remplacer les subventions par des transferts monétaires ciblés et laisser le marché déterminer les prix pour tous.
- Consacrerait les dépenses publiques pour le financement des biens publics comme l’infrastructure et les transferts monétaires.
Ces changements qui devraient toucher tous les secteurs en même temps, ne peuvent, cependant, pas être opérés du jour au lendemain et au même rythme pour tous les pays. Pour les pays en guerre, il faudrait d’abord résoudre les conflits. Pour les pays en transition il faudrait engager les réformes en concertation avec les forces politiques pour éviter tous les risques de déstabilisation. Pour les pays pétroliers, les changements peuvent être mis en œuvre sur un plus long terme.
Et le rapport de conclure que « dans la mesure où les pays de la région MENA ont montré qu’ils pouvaient s’en sortir avec l’ancien contrat social et à permettre à leurs citoyens de bénéficier de progrès substantiels, ils peuvent faire de même avec un nouveau contrat social. »