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Vladimir Poutine a tempéré lundi l'optimisme du Premier ministre japonais Shinzo Abe quant à une prochaine résolution de la dispute opposant Moscou et Tokyo autour des îles Kouriles. Il a malgré tout promis "une nouvelle impulsion" dans leurs relations.
"Cette question est en discussions depuis des décennies et il serait naïf de penser qu'on peut la résoudre en une heure. Mais nous sommes prêts à trouver des solutions qui conviendraient à la fois à la Russie et au Japon", a déclaré le président russe face à la presse après avoir reçu M. Abe à Vladivostok, dans l'Extrême orient russe.
La Russie organise dans cette ville à partir de mardi un important forum économique en présence de plusieurs dirigeants asiatiques. M. Poutine a cependant souligné le renforcement des relations, économiques et plus récemment militaires, entre la Russie et le Japon ces dernières années à force de nombreuses rencontres.
Il s'est dit "certain qu'à la suite de cette visite, nos relations bilatérales connaîtront une nouvelle impulsion". Les relations entre Moscou et Tokyo sont empoisonnées par une querelle concernant quatre îles de l'archipel des Kouriles occupées par l'URSS à la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Tokyo revendique ces îles et ce différend a jusqu'ici empêché les deux pays de signer un traité de paix.
"Confiance mutuelle"
Les négociations concernant ces quatre îles volcaniques n'ont pas connu d'avancée majeure ces dernières années malgré les appels répétés de Shinzo Abe. "Le Japon et la Russie font face à une tâche difficile, mais avec vous, il est possible de mener des discussions difficiles", a assuré lundi le Premier ministre nippon. Il a insisté sur la "confiance mutuelle" existant entre les deux dirigeants.
Shinzo Abe a insisté sur des projets de coopération économique liés aux Kouriles, où une délégation d'hommes d'affaires japonais est attendue en octobre. Il a annoncé s'être mis d'accord pour recevoir Vladimir Poutine à Tokyo l'année prochaine après un sommet du G20 prévu à Osaka.
Lors du même forum économique à Vladivostok en 2016, le chef du gouvernement japonais avait lancé un appel à "mettre fin à cette situation anormale" et à "ouvrir une nouvelle époque" dans les relations japonaises.
Mais malgré des rencontres fréquentes, aucun progrès conséquent n'a été enregistré et lors de leur dernier sommet en mai, Vladimir Poutine a appelé à être "patient". Avant de s'envoler pour Vladivostok lundi, M. Abe avait assuré "espérer des progrès dans la résolution de la dispute territoriale".
Possible aide à Pyongyang
M. Abe s'est par ailleurs dit prêt à apporter une "aide financière" à la Corée du Nord à condition de "résoudre dans son ensemble la question complexe" des missiles nucléaires nord-coréens et des ressortissants japonais enlevés par des agents nord-coréens dans les années 1970 et 1980.
Le Japon est resté à l'écart de l'intense ballet diplomatique des derniers mois autour de la Corée du Nord. Il a maintenu une ligne dure vis-à-vis de Pyongyang, qui a testé plusieurs missiles en direction de son territoire.
Dans un rapport publié en août, le ministère japonais de la Défense qualifie la Corée du Nord de "menace grave et imminente", reflétant sa méfiance persistante malgré les avancées diplomatiques de ces derniers mois.
Le dossier nucléaire nord-coréen figure parmi les principales questions que doit discuter M. Poutine avec plusieurs dirigeants asiatiques qu'il reçoit à Vladivostok cette semaine en marge d'un forum économique. Il doit rencontrer mardi le président chinois Xi Jinping et mercredi le Premier ministre sud-coréen Lee Nak-yeon. Une délégation nord-coréenne doit participer au forum de Vladivostok.