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Etude Le réchauffement va profondément changer les Alpes
Les premiers résultats de capteurs posés sur le Cervin en 2007 sont arrivés. Selon les scientifiques, le paysage alpin sera très atteint par le réchauffement climatique ces prochaines années.
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Le changement climatique va entraîner une transformation profonde du paysage alpin au cours des décennies à venir. C'est ce qui ressort des premiers résultats du réseau de capteurs de mouvements mis en place sur le Cervin en 2007.
"Les mesures des dernières années nous fournissent des informations importantes pour mieux comprendre les processus qui se jouent dans les zones de permafrost", a souligné mardi le Fonds national suisse de la recherche scientifique. Elles permettront à l'avenir de surveiller à plus long terme et de manière ciblée les zones à risque.
Lors de la canicule ayant sévi en été 2003, un pan de rochers s'était détaché du Cervin, à la hauteur du Hörnligrat. Suite à cet éboulement, différentes failles gelées ont été mises au jour. Un groupe de recherche, dirigé par Stephan Gruber, de l'Université de Zurich, a décidé d'examiner la zone instable du Cervin et d'analyser le comportement de ces failles.
Son équipe a alors installé à l'été 2007 un réseau de capteurs sans fil au Hörnligrat, dans le cadre du projet "PermaSense" du Pôle de recherche national "Systèmes mobiles d'information et de communication", en collaboration avec l'Université de Bâle et l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich, également soutenu par l'Office fédéral de l'environnement.
Deux mécanismes
Les mesures des mouvements des roches au niveau des différentes failles ont permis de mettre en lumière "un schéma complexe" comportant deux facteurs distincts, dont la dilatation thermique: lorsque la roche se réchauffe, en été, elle se dilate et ses failles se referment. Lorsqu'elle se refroidit en automne, les failles s'ouvrent à nouveau. Ces mouvements successifs provoquent avec le temps un ameublissement de la roche.
Cependant, certaines failles s'ouvrent aussi en été. Les chercheurs pensent qu'il existe un deuxième mécanisme qui influence le mouvement des failles. Selon eux, il s'agit soit de l'infiltration de l'eau de fonte dans les fissures lorsque les températures montent, soit d'une modification des propriétés mécaniques de l'eau gelée ayant pour conséquence un impact sur la stabilité de la roche. Ce phénomène est susceptible de provoquer des cisaillements, entraînant une ouverture des failles en surface. (ap/nxp)(Créé: 27.03.2012, 14h56)