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JuVaughn Harrison voulait briller en longueur et en hauteur: Il ne s'est imposé dans aucune des deux disciplines. Mais le meilleur est peut-être à venir.
Certains visent haut, d'autres loin: JuVaughn Harrison avait décidé de faire les deux aux Jeux olympiques de Tokyo. Le prodige américain, âgé de 22 ans, s'était inscrit aux compétitions de sauts en hauteur et en longueur, un doublé à la fois horizontal et vertical qui n'avait souri qu'à un seul athlète dans l'histoire des JO lorsqu'en 1896, le polyvalent Ellery Clark avait été sacré dans les deux disciplines à Athènes.
Mais plus d'un siècle plus tard, le niveau est devenu si homogène, et le soin aux détails si poussé, qu'il apparaît difficile pour un athlète de déloger les stars de deux disciplines, même quand elles nécessitent des aptitudes voisines (explosivité, technique, vitesse et impulsion). Harrison s'en est rendu compte par lui-même: 7e de la hauteur dimanche, il n'a terminé que 5e de la longueur lundi.
JuVaughn Harrison avait pourtant des références dans les deux épreuves: il avait effacé une barre à 2,36 m et atteint les 8,47 m dans le sable lors de la saison universitaire américaine. «Mais les Jeux olympiques ne sont pas une simple compétition de National collegiate athletic association (NCAA)», a relevé Marc Ventouillac, grand spécialiste de l'athlétisme pour L'Equipe.
La double performance du prodige des sauts n'en reste pas moins exceptionnelle, et elle n'est peut-être qu'un début: les JO sont toujours un apprentissage pour un athlète de 22 ans et à cet âge, «Mr. Jumps» n'a pas tout à fait fini sa construction physique. Il peut aisément améliorer son franchissement en hauteur et sa sortie de planche en longueur.
L'athlétisme se cherche une nouvelle star depuis qu'Usain Bolt a essayé de faire du football et JuVaughn Harrison est peut-être celle-là. Puma a d'ailleurs flairé la bonne affaire en lui faisant signer un juteux contrat cet été.
L'équipementier ne sait toutefois pas encore s'il a recruté un sauteur en hauteur ou en longueur. Il apparaît certain que l'enfant de Huntsville (Alabama) devra choisir entre les deux disciplines, façonner son corps pour briller dans une spécialité. La longueur lui irait bien: avec plus de masse musculaire, une pointe de vitesse aiguisée et une technique plus irréprochable encore, JuVaughn Harrison aurait peu d'équivalent.