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Acropole de Cefalù [4]
Sentinelle tournée vers le large, le rocher pelé de l’acropole de Cefalù se dresse, isolé, sur la côte nord de la Sicile, telle une immense vague de calcaire brûlée par le soleil qui se détache au-dessus des flots verdâtres de la mer Tyrrhénienne. Blottie à ses pieds, une petite cité médiévale aux ruelles tortueuses, ancrée au rocher, confondue dans la même patine couleur du temps, comme une muraille irrégulière dans laquelle on aurait percé quelques ouvertures.
Le site, véritable belvédère marin, fut occupé et fortifié dès 396 av. J.-C. par les Grecs qui en firent une acropole, avant de devenir une forteresse byzantine pour surveiller et sécuriser les routes maritimes. Occupé par les Sarrasins dès le 9e siècle, ce nid d’aigle fut alors transformé en un redoutable repaire de pirates et de brigands. Durant plusieurs siècles, il servit d’ancrage et de point d’appui aux flottes mauresques qui écumaient les rivages de la Méditerranée, semant le feu et le sang jusqu’aux côtes de la Provence, n’hésitant pas à pénétrer très loin dans les Alpes pour piller (l’Abbaye de St. Maurice fut réduite en cendres en 840 et ils ne furent rejetés du col Grand-Saint-Bernard qu’en 972 !). Les Normands les chasseront de Sicile au 11e siècle, avant de laisser place aux Espagnols au 15e siècle…
Coupée de toute part par des falaises abruptes, l’acropole de Cefalù constitue, de fait, l’un des plus formidable nid-d’aigle de la Méditerranée, une forteresse naturelle quasi inexpugnable, et on comprend que les différents envahisseurs l’aient fortifiée tour à tour. Pour accéder au vaste plateau fortifié sommital, une seule possibilité : une étroite faille naturelle que le sentier gravit en lacets, barrée à diverses hauteurs par de solides murs défensifs qui s’appuient au rocher et que l’assaillant devait contourner par un cheminement en chicane, en s’exposant constamment aux tirs fichant venant des hauteurs. De quoi dissuader n’importe quel attaquant, à moins d’être totalement fou pour tenter l’aventure ! Sur le plateau, quelques vestiges de fortifications antiques et une enceinte médiévale rappellent ces temps troublés…
Si vous passez par Cefalù, n’hésitez pas à monter à l’acopole : la grimpée est rude, mais la vue sur la mer et les toits rouges de la cité est vraiment superbe.
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