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Puces, bois, engrais, papier toilette? La flambée de nombreuses matières premières entraîne des pénuries dans une ribambelle de secteurs. Dernier en date: l'habillement. Les contrats à terme sur le coton ont franchi, le 29 septembre, le seuil d'un dollar la livre (453 grammes), du jamais-vu depuis septembre 2011.
Plusieurs pays producteurs ont connu des aléas climatiques, qu'il s'agisse de pluies diluviennes et de sécheresse aux États-Unis ou d'une invasion de la noctuelle du coton en Inde. En parallèle, les pays acheteurs comme la Chine ou le Mexique commandent des quantités record.
Selon les données du département de l'Agriculture des États-Unis, la consommation en Chine devrait ainsi s'élever à 8.9 millions de tonnes pour la campagne de cette année, soit une hausse de 24% par rapport aux deux dernières années, en raison de la reprise post-pandémique. «La dernière fois que les prix du coton ont atteint de tels sommets, cela a forcé les fabricants à se tourner vers des fibres artificielles», met en garde sur Fox News Jack Kleinhenz, le chef économiste de la Fédération nationale du commerce américaine.
Cette crise du coton risque bien de peser sur les approvisionnements en vêtements. D'autant plus que les fabricants sont aussi impactés par la guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis. L'an dernier, Donald Trump a ainsi interdit les importations américaines de vêtements en provenance du Xinjiang, la plus grande région productrice de coton de Chine, en raison de soupçons de travail forcé.
Les entreprises américaines peuvent toujours importer des vêtements fabriqués en Chine, mais seulement s'ils ne sont pas fabriqués avec du coton provenant de cette région, rappelle le Wall Street Journal. Résultat: les entreprises américaines doivent exporter le coton américain vers les usines de confection chinoises, puis réimporter les vêtements aux États-Unis. Outre le prix du coton, les usines de fabrication chinoises sont par ailleurs ralenties par de nombreuses coupures électriques. Certains ateliers ne fonctionnent que quinze jours par mois.
Face à cette pénurie, les boutiques de vêtements et de chaussures commencent à s'alarmer, raconte Les Échos. Alors que la saison d'hiver débute, les grosses pièces comme les manteaux et doudounes pourraient venir à manquer. Empêtré dans les retards de fabrication et l'engorgement du transport maritime, Nike a prévenu en septembre dernier d'une possible pénurie de chaussures et d'articles de sport, et ce malgré une demande record.
Jusqu'à présent, l'indice des prix à la consommation pour l'habillement et les chaussures est resté relativement stable, mais la situation pourrait bien se corser dans les prochains mois. Les affaires risquent alors de devenir très critiques pour les boutiques de vêtements, qui auront le plus grand mal à répercuter les hausses de prix dans un contexte où le marché a perdu 30% de sa valeur depuis 2007, selon l'Institut français de la mode.