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16/03/2008
Le rendez-vous
Demain matin de très bonne heure j'ai rendez-vous avec Jean-Pierre, l'Autre comme il se nomme lui-même. Nous nous sommes donné rendez-vous à quatre heures trois quarts du matin devant le BIT, actuellement c'est l'OMC et chacun en pense ce qu'il veut ; (
Je passe en revue mon matériel: le fil sur le cadre est changé, enroulé spires jointives. Les montures pour les dandinettes sont contrôlées; chacune est placée dans sa pochette. Une douzaine de casques, des tailles 2 et 1 sont groupés dans une boîte. Reste à caser une bobine de fil de coton rouge et une boîte d'allumettes. Tout ce petit matériel est mis dans les poches de ma veste. Le casse-croûte est disposé dans la poche carnier. Les vairons sont dans la boille placée dans la baignoire avec l'eau qui circule. Canne en main, je descends au garage à vélo, la fixe sur le cadre et vérifie la pression des pneus.
Il est temps d'aller dîner. Maman a préparé une tarte aux fromage avec des oignons et l'odeur qui émane du four me fait saliver. Nous n'avons pas la télévision et, une fois le repas pris, c'est la douche et au lit. Je règle le réveil sur quatre heures et hop, Morphée m'entraîne dans le pays des rêves.
Dans la nuit je me réveille et jette un coup d'œil sur le cadran du réveil. Je regarde les aiguilles du garde-temps et que vois-je? Il est quatre heures un quart. La sonnerie n'a pas retenti ou je ne l'ai pas entendue. En toute hâte, je m'habille, avale une tasse de lait que je ne prends pas le temps de chauffer, j'emporte une tranche de pain en guise de petit-déjeuner, endosse la boille, descends les sept étages et enfourche mon vélo.
Avec moins de dix minutes de retard j'arrive au lieu de rendez-vous. Je ne vois pas Jean-Pierre. Alors, sans perdre de temps, je pousse jusqu'au Reposoir. Mais, ne voyant pas le feu arrière du Solex au loin, je fais demi-tour et retourne au lieu de rendez-vous. Je consulte ma montre, le doute s'élève. Je remonte sur le vélo et vais voir l'horloge de l'école de Sécheron et l'incertitude s'évanouit. Les aiguilles me disent il est quatre heures moins dix.
Je me suis précipité une heure trop tôt. Il ne me reste qu'à aller attendre devant les grilles du BIT. Pour ne pas rester sans rien faire, je sors un vairon de l'eau, abrège sa douleur et me mets à monter la dandinette. Un sécuritas dans sa tournée regarde par-dessus mon épaule et repart en hochant la tête. Je n'ose envisager quelle peut être le fond de sa pensée.
Il est cinq heures, l'Autre n'est toujours pas là. Trente minutes plus tard je prends la route et pédale jusque vers Chavanne-des-Bois.
La journée est belle et j'ai trois magnifiques truites. J'apprendrai que Jean-Pierre, oui l'autre, est resté endormi. Il roupillait pendant que je faisais le pitre en montant une dandinette devant ce palais des palabres.