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21/10/2013
Après avoir beaucoup pesé le marxisme et l'anarchisme, j'en étais venu d'abord à me dire que le socialisme se suffisait à lui-même, et ce constat me paraît toujours extrêmement vrai. Si je viens à présent avec un nouvel ensemble théorique, c'est en tant qu'ensemble théorique inclus dans la grande catégorie générale qu'est le socialisme, donc en tant que sous-catégorie et non en tant que catégorie équivalente.
Dans un second temps, j'avais ressenti la forte attirance que le marxisme exerce aujourd'hui sur l'ensemble des jeunes militants radicalisés, retour aux sources permettant probablement la formation d'une nouvelle génération de socialistes révolutionnaires.
Tenant compte de ce deuxième point, je considère que la synthèse socialiste entre marxisme et anarchisme se trouve dans ce que j'ai envie de nommer le marxisme libertaire. A noter que j'emprunte volontairement et consciemment ce terme à Daniel Guérin, car s'il a eu son utilité pour son époque, il en trouvera une nouvelle à nos côtés.
Par « marxisme libertaire », j'entends prendre le meilleur (l'essentiel) du marxisme et lui adjoindre des éléments importants de l'anarchisme. Je considère que, loin d'être une déformation du marxisme ou de l'anarchisme, cette synthèse permet au marxisme et à l'anarchisme d'agréablement se compléter en une théorie efficace et critique à l'usage du mouvement socialiste.
Du marxisme, je pense que nous devons retenir ses meilleurs outils, soit la sociologie marxiste et l'économie marxiste.
La sociologie marxiste (théorie de la société) peut être divisée fondamentalement en une théorie des classes et de la lutte des classes, en une théorie de l’État, et en une théorie de l'aliénation. La théorie des classes et de la lutte des classes ne saurait évidemment se passer de l'économie marxiste pour être complète. La théorie de l’État, centrée sur une analyse entre infrastructure et superstructure, peut selon moi être abordée à partir de Gramsci (pas de primauté à l'infrastructure ou la superstructure). La théorie de l'aliénation fait référence aussi aux travaux de Gramsci, mais aussi d'Althusser, de Foucault, etc.
Par économie marxiste, j'entends l'ensemble des travaux économiques de Marx, les 3 livres du Capital évidemment, mais aussi l'ensemble de la production économique des marxistes qui l'ont suivi (on y retrouve l'analyse de l'antagonisme capital/travail, la théorie de la valeur, de la monnaie, etc.)
Du marxisme, j'abandonne par contre cette étrange philosophie qu'est le matérialisme dialectique, au profit de positions déterministes, objectivistes, et physicalistes. S'il faut vraiment une dialectique, alors je préfère la dialectique socratique.
Du marxisme, j'abandonne aussi cette philosophie de l'histoire téléologique qu'est le matérialisme historique, et je lui préfère la philosophie socialiste universaliste castoriadienne.
De l'anarchisme, j'aimerais adjoindre aux outils d'analyse du marxisme une éthique, une méthode, et une organisation, conseilliste et libertaire.
Par éthique libertaire, j'entends placer au centre du socialisme la liberté. Liberté de ne pas être exploité ou dominé, mais aussi liberté de ne pas être entravé dans ses actions par autrui, et liberté de pouvoir se réaliser.
Par méthode libertaire et organisation libertaire, je veux dire que notre militantisme doit être fondé sur nos principes éthiques et se traduire par une organisation autogestionnaire de nos structures politiques. Et à la place de la dictature de l’État prolétarien centralisateur, je préfère la démocratie des conseils, et le fédéralisme.
Voilà en quelques traits très généraux ma synthèse théorique critique du socialisme de demain.