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L'UDC a réussi dimanche une entrée historique au Grand Conseil genevois. Elle a remporté dix sièges d'un coup, au détriment de la gauche qui recule de huit sièges au total et perd ainsi la majorité absolue. De son côté, l'Entente bourgeoise se maintient à l'exception du Parti radical.Ce contenu a été publié le 07 octobre 2001 - 20:29
La percée de l'UDC s'est faite surtout au détriment de l'Alliance de gauche qui connaît la plus forte hémorragie en perdant 5 sièges (14), selon les résultats publiés dimanche soir par la Chancellerie cantonale.
Au détriment de la gauche
Les socialistes en perdent trois (19), alors que les Verts en gagnent un (11). L'Alternative de gauche avait remporté la majorité de justesse il y a quatre ans, avec 51 sièges, et cela pour la première fois depuis 1918. Elle se retrouve avec 44 sièges.
A droite, l'Entente bourgeoise perd trois sièges. C'est le Parti radical qui perd des plumes, contraint de lâcher trois sièges (11). Les démocrates-chrétiens et les libéraux se maintiennent avec respectivement 12 et 23 sièges. L'Entente bourgeoise, actuellement majoritaire au gouvernement, se retrouve ainsi avec 46 sièges au Parlement.
Avec ces résultats, la balance penche donc à nouveau du côté de la droite. L'UDC, emmenée par l'ancien député communiste Jack Yfar, a manifestement enlevé des voix du côté de l'Alliance de gauche.
L'UDC affiche sa satisfaction
«L'UDC s'attendait à ce résultat», a déclaré avec satisfaction son président Jacques Pagan. Pour lui, ce résultat prouve que la campagne électorale a été bien menée. «Nous avions déjà failli gagner un siège il y a quatre ans au sein de l'Alliance des citoyens contribuables», a souligné l'avocat qui a manqué de peu son entrée au Conseil national en 1999.
Ce dernier a réfuté l'idée d'une alliance avec l'Entente bourgeoise au parlement. Même son de cloche du côté des libéraux, des radicaux et du PDC qui ne voulaient toutefois pas exclure une formation élue par le peuple. «Nous nous rapprocherons de ceux qui partagent le plus nos idées», a ajouté la présidente radicale Floriane Ermacoria.
Craintes à gauche
Cet événement suscitait des craintes du côté de la gauche, selon laquelle la faible participation a pesé dans ces résultats. Pour Pierre Vanek, député de l'Alliance de gauche, l'électorat n'a pas clairement perçu le risque d'un changement de majorité et certains d'entre eux qui avaient voté pour ce parti il y a quatre ans, se sont tournés vers l'UDC.
Le président du PS genevois, Dominique Hausser était du même avis, ajoutant que le discours populiste de l'UDC ainsi que son matraquage électoral, renfloué au moyen de gros moyens financiers, a fait son effet. «Le PS va désormais retourner dans l'opposition en essayant de minimiser les dégâts à droite».
Radicaux déçus
Très déçus, les radicaux estimaient pour leur part avoir limité les dégâts. Selon leur présidente, Floriane Ermacoria, «le parti a payé les scandales qui ont marqué le Département de justice et police du conseiller d'Etat radical Gérard Ramseyer». Le départ de Guy-Olivier Segond, la débâcle de Swissair et l'entrée de l'UDC ont également joué un rôle.
Si Gérard Ramseyer, qui était également candidat au Grand Conseil, devait se retrouver en très faible position, les radicaux pourraient envisager de ne pas le présenter aux élections du Conseil d'Etat du 11 novembre prochain, a ajouté leur présidente. Leur formation devrait se réunir jeudi prochain pour prendre une décision à ce sujet. Quant à l'UDC, elle décidera lundi si elle lance un candidat dans la course au gouvernement.
swissinfo avec les agences
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