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Alfred Gantner, 52 ans
Cofondateur Partners Group, Baar ZG
Partners Group, basé à Baar, connaît un succès qui ne se dément pas, succès qui a transformé son trio de cofondateurs, autour d’Alfred Gantner, en milliardaires. Aujourd’hui, l’entreprise, spécialisée dans les investissements sur le marché privé, gère environ 100 milliards de dollars et emploie 1500 personnes. Cet automne, elle a vu sa réussite confirmée par une décision de la bourse suisse qui l’a fait entrer dans le Swiss Market Index (SMI), l’indice boursier qui regroupe les 20 plus grandes capitalisations du pays.
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Alfred Gantner est un professionnel aguerri de la finance. Avant de fonder Partners Group, il a travaillé pour la banque d’investissement américaine Goldman Sachs. Il y a rencontré Marcel Erni et Urs Wietlisbach, avec lesquels il crée sa nouvelle société en 1996. Alfred Gantner en a été la figure dominante pendant de nombreuses années, de 1996 à 2005 en tant que CEO, puis en tant que président jusqu’en 2014. Mais très tôt, un plan de succession a été mis en place pour garantir que l’entreprise puisse un jour fonctionner indépendamment de ses trois cofondateurs.
Aujourd’hui, Alfred Gantner est toujours actionnaire – il détient environ 5% des actions – et siège au conseil d’administration. En tant que président de l’«Investment Oversight Committee», il conserve un pouvoir certain. En effet, les décisions relatives aux investissements sont prises au sein de ce comité, qui se réunit chaque semaine. Alfred Gantner est considéré comme un homme ayant une excellente perception des marchés et son jugement implacable, mais généralement correct, est aussi redouté que respecté.
Agé de 52 ans, il consacre également beaucoup de temps à ses obligations religieuses. Après avoir étudié à Salt Lake City, il est devenu mormon et participe maintenant à la vie de cette communauté, en Suisse, en tant qu’évêque et pasteur. Il est également actif en politique. Avec les autres cofondateurs, il a lancé un réseau d’entrepreneurs contre l’accord-cadre qui unit la Suisse à l’Union européenne. Ce qui le dérange, c’est l’adoption dynamique du droit européen, qui, selon lui, menace l’essence même de la démocratie directe. Il est donc ouvertement opposé à l’organisation faîtière Economiesuisse et indirectement aussi à l’establishment économique helvétique.
Thomas Gottstein, 56 ans
CEO Credit Suisse, Zurich
Avec Thomas Gottstein, un citoyen suisse est à la tête de la deuxième plus grande banque du pays pour la première fois depuis treize ans. Il est vite apparu que cela pouvait être un atout non négligeable. Par exemple, la proximité avec les décideurs politiques bernois a facilité les décisions concernant les prêts d’urgence liés au coronavirus au lendemain du confinement du printemps. Le concept de soutien financier aux entreprises est né avec son aide et celle de ses banquiers.
Thomas Gottstein a fait rapidement oublier le règne de Tidjane Thiam, terni par l’affaire d’espionnage impliquant Iqbal Khan, un membre de la direction de la banque. Contrairement à son prédécesseur, qui s’était donné avant tout pour tâche de réduire les coûts mais qui n’avait pas grand-chose à proposer en matière de nouvelles idées commerciales, Thomas Gottstein a donné un nouvel élan à l’innovation de produits. Il est notamment prévu de mieux s’adresser aux jeunes clients, notamment avec l’offre numérique CSX, qui doit proposer des services bancaires en ligne disponibles sur smartphone.
Malgré cela, le cours de l’action CS, qui avait fortement chuté sous Tidjane Thiam, est resté sous pression. Il a encore baissé de 20% depuis l’annonce du changement de CEO, le 7 février dernier. Thomas Gottstein fait face à cette baisse en expliquant sa stratégie, en effectuant des changements organisationnels et en réduisant encore les coûts. Un rapprochement avec l’éternel concurrent UBS aurait probablement entraîné une hausse des cours de l’action CS. Mais les négociations de fusion lancées cet été par le président d’UBS, Axel Weber, n’ont pas abouti. Le mariage des mastodontes aurait été trop compliqué. D’ailleurs, on dit que Thomas Gottstein lui-même n’était pas très enthousiaste à cette idée.
Pour la suite, il ne va probablement pas faire de cadeaux aux autres établissements financiers du pays. En effet, Thomas Gottstein a dans son viseur les banques cantonales et il critique publiquement leurs privilèges, qui entraîneraient selon lui des distorsions de concurrence. La bataille risque de devenir encore plus féroce, car le marché intérieur est très concurrentiel. Credit Suisse a d’ailleurs décidé de fermer des agences bancaires et a supprimé environ 500 emplois dans le pays.
Ralph Hamers, 54 ans
CEO UBS, Zurich
Pour les vendeurs de cravates, Ralph Hamers est un cauchemar. Il est vrai que sa première vidéo destinée au personnel d’UBS, début novembre, n’a pas dû les enthousiasmer. Comme il l’avait fait chez son ancien employeur, ING, Ralph Hamers a choisi de s’adresser à ses collaborateurs avec un col de chemise et deux boutons ouverts. Fini la dictature de la cravate!
Sur le plan du contenu, il s’est concentré sur des thématiques qu’il a en permanence mises en avant dans la grande banque néerlandaise. Deux mots résumaient son message, «agilité» et «flexibilité», ainsi que l’engagement en faveur du purpose. Pour l’instant, Ralph Hamers est encore réticent à faire des annonces importantes, mais cela est plutôt considéré comme un signal positif. En effet, l’ancien patron d’UBS, Sergio Ermotti, n’a quitté l’entreprise que fin octobre, et il va falloir un peu de temps au nouveau CEO pour se familiariser avec les ramifications de ce groupe de 70 000 employés.
Cet homme de 54 ans est originaire de la petite ville monastique de Simpelveld, tout au sud des Pays-Bas, près des frontières belge et allemande. Son frère Frank est à la tête du diocèse de Roermond, et il se décrit comme un catholique fervent. Avec sa femme Patricia, il s’est installé cet été dans le petit paradis fiscal de Zoug, et leurs deux enfants étudient aux Pays-Bas et aux Etats-Unis. Après avoir étudié l’économétrie, il a passé un total de vingt-neuf ans chez ING, une éternité pour un banquier. Lorsqu’il a été nommé CEO en 2013, il n’était même pas membre de la direction. Chez ING, il a cédé l’activité d’assurance, rationalisé massivement le groupe et numérisé les canaux de distribution.
C’est également sur ce dernier point qu’il devrait se concentrer chez UBS, même si la banque a parcouru du chemin ces dernières années en matière de numérisation. Cela est peut-être vrai dans les activités de détail, où l’accent pourrait être mis sur la réduction du réseau de succursales. Mais le plus grand défi reste l’activité principale, la gestion de patrimoine, avec la nécessaire conquête de nouveaux clients possédant une fortune supérieure à 2 millions de francs. Ici, il y a besoin de nouveaux concepts numériques.
Par ailleurs, Ralph Hamers devra bientôt décider comment canaliser l’ambition de ses collègues à la direction générale. Le Corporate Center devrait être rationalisé et le pouvoir déplacé vers le front. Et bien sûr, on attend aussi une réduction des coûts. Il existe pour cela une méthode simple: le fait que les bonus de la grande banque se montent encore à plus de 3 milliards de francs, malgré une performance lamentable du cours de l’action, n’est plus vraiment justifiable. S’il donnait l’exemple, y compris en ce qui concerne son propre salaire, Ralph Hamers s’attirerait d’un seul coup beaucoup de sympathie.
Renaud de Planta, 57 ans
Senior Partner Pictet, Genève
Fondée en 1805, la vénérable banque privée genevoise Pictet incarne toujours l’essence même de la gestion de fortune à la suisse: discrétion, expertise et permanence. Depuis l’automne 2019, Renaud de Planta dirige la banque en tant qu’associé principal – un peu comme le primus inter pares dans une direction de sept associés. Renaud de Planta a rejoint la banque en 1998 à l’âge de 34 ans seulement, mais avec déjà une bonne expérience dans le secteur, ayant travaillé auparavant pour UBS. Il a fait ses études à Saint-Gall.
Au cours des dernières années, Renaud de Planta a développé avec succès les activités d’asset management de Pictet. Aujourd’hui, ce secteur destiné aux clients institutionnels et aux fonds de pension constitue un pilier important des activités de la banque, aux côtés du private banking traditionnel. Pour l’avenir, la banque veut continuer à croître. Pour cela, elle est actuellement en train d’ouvrir des bureaux à Shanghai et à New York, en plus des 28 bureaux qu’elle possède déjà dans le monde, où s’activent environ 4700 personnes.
Mario Greco, 61 ans
CEO Zurich Insurance, Zurich
L’industrie aérienne n’est pas la plus grande fan de Mario Greco. En effet, pour ce dernier, voler est mauvais pour la santé et pour l’environnement, et c’est pourquoi, même après la fin de la pandémie, sa société va considérablement réduire ses déplacements en avion, a assuré le patron de la Zurich en juillet après l’annonce des chiffres semestriels, via une diffusion live sur le web en home office. De plus, moins voyager va permettre de réduire massivement les coûts. Un effet secondaire bienvenu pour «Iron Mario». Le plus grand groupe d’assurances suisse avait commencé sur les chapeaux de roues cette année, mais la pandémie a provoqué une forte baisse des activités vie et retraite en particulier, faisant chuter les bénéfices et le cours de l’action de plus de 40%.
Bien que le groupe ait rattrapé son retard en été, 2020 sera sans aucun doute l’année la plus difficile pour l’Italien depuis qu’il a pris ses fonctions, il y a quatre ans. Cependant, ce sexagénaire n’a pas laissé passer la crise sans réagir. Il a créé deux nouveaux postes au sein de la direction générale du groupe pour accélérer la numérisation et a confié au Belge Kristof Terryn, aujourd’hui COO et demain son possible successeur, la gestion du marché clé des Etats-Unis. Le message de Mario Greco est clair: les rumeurs sur son départ imminent sont prématurées. On allait oublier: moins voyager en avion va aussi lui permettre de passer encore plus de temps sur son vélo de course adoré.
Guy Lachappelle, 59 ans
Président du conseil d’administration Raiffeisen Suisse, Saint-Gall
Guy Lachappelle a été appelé pour faire le ménage chez Raiffeisen Suisse, alors en pleine crise. Lorsqu’il a pris ses fonctions le 10 novembre 2018, il a trouvé une entreprise encore secouée et désécurisée par le scandale qui avait sérieusement terni l’aura de Pierin Vincenz – selon l’acte d’accusation récemment publié, celui qui fut pendant des années le patron de la banque se serait enrichi de manière indue lors de rachats d’entreprises effectués par Raiffeisen. La corporate governance ne fonctionnait plus et le prédécesseur de Guy Lachappelle à la présidence, le professeur Johannes Rüegg-Stürm, était un fervent partisan de la stratégie mise en place par Pierin Vincenz.
Guy Lachappelle n’a pas hésité longtemps, il a changé pratiquement toute la direction et a renforcé les contrôles internes. La banque a rapidement retrouvé sa stabilité. Cet été, il a donc pu présenter ses nouvelles orientations pour le futur. Sa «Stratégie 2025» prévoit, entre autres, une plus forte croissance des activités liées aux entreprises. Guy Lachappelle est un professionnel aguerri de la finance. Avant de rejoindre Raiffeisen, il était CEO de la Banque cantonale de Bâle, où il a appris à bien connaître la clientèle d’entreprises, mais aussi le front office.
Philipp Rickenbacher, 49 ans
CEO Julius Bär, Zurich
Depuis qu’il a pris la tête de la banque en 2019, Philipp Rickenbacher a surtout dû faire le ménage, car ses prédécesseurs, en particulier Boris Collardi, lui ont laissé beaucoup de choses à remettre en ordre. Récemment, 80 millions de dollars supplémentaires ont dû être mis de côté pour payer une amende dans une affaire de corruption liée à la FIFA. En février, la banque avait déjà été réprimandée par la Finma, pour des lacunes dans la lutte contre le blanchiment d’argent et s’était vu interdire toute nouvelle acquisition susceptible d’accroître encore la complexité de Julius Bär – une atteinte notable à la liberté d’action de la direction.
Ce dirigeant de Suisse centrale n’est pas un banquier privé typique. Il a étudié la biotechnologie à l’EPFZ et a travaillé pour McKinsey. Chez Julius Bär, il était responsable des gestionnaires d’actifs externes et du global custody avant d’être nommé CEO. Cet automne, il a démontré qu’un vent nouveau soufflait avec la mise en place d’un autre système de bonus: la priorité à l’avenir devrait être la rentabilité et non pas seulement l’arrivée d’argent frais à tout prix.
Michèle Rodoni, 51 ans
CEO La Mobilière, Berne
C’est un grand roque dans la compagnie d’assurances La Mobilière: Michèle Rodoni, membre de la direction depuis 2012, montera encore d’une marche et, à partir du 1er janvier 2021, succédera, au poste de CEO, à Markus Hongler (63 ans), qui a dirigé l’entreprise avec beaucoup de succès pendant dix ans. Markus Hongler, lui, va passer au conseil d’administration, où il remplacera Urs Berger au poste de président à partir de 2022.
Michèle Rodoni jouit d’une bonne réputation en interne grâce à ses compétences professionnelles et à son contact facile. En tant que membre de la direction depuis 2017, elle était responsable du développement du marché et était donc principalement chargée des contacts avec les 80 agences générales de La Mobilière. Cette mère de deux enfants a grandi en Suisse romande et a fait ses études à Lausanne. Après une formation complémentaire aux Etats-Unis, elle a travaillé comme actuaire à la compagnie d’assurances La Suisse dès 1991, où elle a été membre du directoire de 2003 à 2005. Après avoir occupé d’autres postes dans des compagnies d’assurances, elle a rejoint La Mobilière en 2012. Michèle Rodoni sera la première femme à la tête du groupe. En deux cents ans!
Doris Russi Schurter, 64 ans
Présidente Groupe Helvetia, présidente Banque cantonale de Lucerne, Saint-Gall, Lucerne
Elle est considérée comme l’une des femmes les plus influentes de l’économie suisse et, pourtant, le grand public n’en a quasiment jamais entendu parler. Doris Russi Schurter a la réputation, parmi les grands entrepreneurs helvétiques, d’être une personnalité incontournable mais qui préfère rester en retrait. Aujourd’hui, l’avocate siège néanmoins dans plusieurs conseils d’administration. Elle est présidente du groupe d’assurances Helvetia depuis 2018. Elle a repris le mandat de Pierin Vincenz, qui est actuellement mis en examen pour des transactions controversées alors qu’il était CEO de Raiffeisen.
Doris Russi Schurter est aussi présidente de la Banque cantonale de Lucerne. Elle faisait déjà partie du conseil d’administration depuis 2010 et, en 2017, elle en a pris la tête. Mais elle a aussi son mot à dire dans d’autres grands groupes, puisqu’elle est également membre du conseil d’administration de la compagnie aérienne Swiss International Airlines depuis 2016. Née à Andermatt, dans le canton d’Uri, cette juriste continue à travailler comme avocate indépendante au sein du cabinet lucernois Burger & Müller. C’est une spécialiste du droit des contrats, du droit des sociétés et du droit commercial.
Zeno Staub, 51 ans
CEO Vontobel, Zurich
Les choses bougent. En novembre, la banque Vontobel a pu annoncer un nouveau record de 230 milliards de francs suisses d’avoirs sous gestion.
Mieux, au cours des trois premiers trimestres, la banque a largement dépassé l’objectif de croissance qu’elle s’était fixé – 9% au lieu des 4 à 6% prévus. Depuis des années, la petite mais respectée banque zurichoise fait son chemin et ne cesse de se développer. Et tout cela sans scandale notable.
Zeno Staub, CEO depuis 2011, formé à l’Université de Saint-Gall, est un homme plutôt technocratique, intellectuel. Son surnom dans la banque? «The Brain». La retenue et la prudence ont également caractérisé sa stratégie d’acquisition, à tel point qu’il a longtemps eu la réputation de tergiverser. En fait, il attendait la bonne opportunité, et ne s’en cachait pas. En 2018, il a surpris tous ses concurrents avec le rachat de Notenstein La Roche, qui appartenait auparavant au groupe Raiffeisen. Cela a permis à la banque, qui se décrit comme «pure-play» investment manager, de faire un bond en avant et de doper sa croissance organique.
Watchlist - Finances
Hubert Keller, 53 ans
Associé principal nommé, Lombard Odier, Genève
Au sein de la vénérable banque privée, la succession au sommet a été mise en route avec pas mal d’avance: ce n’est en effet qu’en 2023 qu’Hubert Keller, qui a rejoint la banque genevoise en 2006, remplacera l’actuel associé principal, Patrick Odier.
Manuel Kunzelmann, 46 ans
Directeur général de la Banque Migros, Zurich
Manuel Kunzelmann a pris ses fonctions en plein pendant la période de confinement, le 1er mai. Cet homme expérimenté, qui a travaillé pendant de nombreuses années pour UBS et la Banque cantonale de Bâle-Campagne, doit maintenant faire ses preuves en tant que successeur de Harald Nedwed, qui aura posé sa marque sur la Banque Migros pendant plus de dix-sept ans.
Adriano Lucatelli, 54 ans
Fondateur Descartes Finance, Zurich
Le gestionnaire d’actifs numérique Descartes Finance est un des acteurs qui comptent dans le paysage des fintechs suisses. Il cherche à faire avancer la démocratisation des services financiers en proposant de la gestion de fortune en ligne, où tous les clients ont accès aux mêmes outils d’investissement, indépendamment de leur fortune sous gestion.
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