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Les jours deviennent de plus en plus courts, les concours de plus en plus rares. Plutôt que de passer aux concours en intérieur, de nombreux cavaliers préfèrent offrir à leurs chevaux une pause hivernale bien méritée. Cela leur donne alors le temps et la possibilité de se détendre et de respirer un peu. Mais que font Delioh von Buchmatt CH, Dino XVIII et Toblerone CH durant la saison hivernale, au juste ? Le « Bulletin » a posé cette question aux trois membres des cadres.
Se défouler lors d’une promenade hivernale et, accessoirement, entraîner l’endurance | © imago/Frank Sorge
« Bulletin » : Comment tes champions passent-ils l’hiver ?
Carla Aeberhard (CA) : Une fois la saison des concours terminée, c’est-à-dire aux environs de la mi-octobre, j’essaie d’offrir à Delioh une véritable pause. Cela signifie que, pendant environ quatre semaines, je me concentre exclusivement sur les sorties en extérieur, la gymnastique et le travail à la longe. Le travail au sol, par exemple le passage sur des bâches en plastique et autres exercices de ce genre, fait également partie de ce programme. Dans la mesure du possible, je profite également de cette trêve pour m’occuper des vaccins importants et pour faire contrôler ses dents.
Carla Aeberhard et Delioh von Buchmatt CH au championnat du monde 2022 à Herning (DEN) | © Stefan Lafrentz
Avant de devenir membre du cadre élite de dressage il y a trois ans, Carla Aeberhard représentait déjà la Suisse dans les compétitions de la catégorie des jeunes cavaliers. En 2022, elle a remporté le titre de championne suisse avec Delioh von Buchmatt CH, un hongre âgé de 15 ans. Au cours des trois années précédentes, le couple avait déjà participé à deux championnats d’Europe et à un championnat du monde élite.
Nadja Minder (NM) : Les chevaux restent chez moi, même pendant l’hiver. Si l’état du sol le permet, ils sortent aux prés tous les jours de l’année. Après la saison des concours, ils sont travaillés de manière décontractée et nous sortons beaucoup en extérieur. En fonction du cheval et du programme, je reprends l’entraînement en décembre ou en janvier, et je les monte régulièrement en dressage. Parallèlement, je recommence progressivement les exercices de gymnastique à l’obstacle. A partir de février, environ, la préparation devient plus intensive et une fois que la saison approche, je commence à participer à l’un ou l’autre concours de saut d’obstacles. Cela dit, la plupart du temps, je monte mes chevaux en extérieur et j’essaie, ici aussi, de les travailler en dressage. Nous développons progressivement et d’une manière générale leur condition physique avec des séances de trot en montée et, de temps en temps, de galop rapide.
Nadja Minder et Toblerone CH au championnat du monde 2022 à Pratoni del Vivaro (ITA) | © FEI/Massimo Argenziano
Nadja Minder qui, quant à elle, était encore membre du cadre des jeunes cavaliers de la discipline concours complet en 2021 est parvenue à passer sans problème dans le cadre élite. En 2022, elle a participé pour la première fois aux championnats du monde élite. Elle a connu une saison couronnée de succès avec plusieurs classements dans le top 5 et même une victoire au concours 4* long de Baborowko (POL) avec Toblerone CH.
Michaël Barbey (MB) : Nos chevaux restent chez nous toute l’année. Ils marchent tous les matins pendant environ 50 minutes dans le marcheur à un rythme décontracté de 5,5 km/h. En fonction de la météo, ils passent tous les jours de l’année entre deux et cinq heures au pré. Le travail est adapté en fonction du cheval. Leur programme est composé en moyenne d’une séance de longe, d’une à deux séances d’attelage et d’une séance de dressage monté par semaine. En outre, ils vont sur le tapis roulant environ deux fois par mois.
Michaël Barbey et Dino XVIII au championnat du monde 2022 au Pin-au-Haras (FRA) | © Brigitte Gfeller
Enfin, Michaël Barbey est membre du cadre élite des meneurs d’attelage à un depuis de nombreuses années. Il a déjà participé avec succès à la course aux médailles avec l’équipe suisse lors de plusieurs championnats, et ce avec différents chevaux. Lors des championnats du monde 2022 qui se sont déroulés en France au Pin-au-Haras, l’équipe est passée de peu à côté de la médaille de bronze. Cette année, il est pour la première fois membre du cadre des meneurs d’attelage à deux.
A quoi accordes-tu une importance particulière durant la trêve hivernale ?
CA : Aux nombreuses sorties en extérieur et au travail décontracté. Cela permet à Delioh de se détendre et de s’aérer le cerveau. Ensuite, il est à nouveau parfaitement motivé et prêt à reprendre un travail plus intensif.
NM : Pour moi, il est important de profiter de cette période pour « écouter » le cheval. Mon objectif est toujours de le garder motivé et de faire en sorte que tout le travail que nous effectuons le rende plus fort, et ce, aussi bien sur le plan physique que sur le plan psychique. Actuellement, je me concentre notamment sur le rassembler tout en veillant à varier suffisamment le travail.
MB : Pour moi, proposer un travail varié est une priorité. Cela nous aide à améliorer la souplesse, la rectitude, la réactivité et la force musculaire. Un entraînement varié permet également aux chevaux de rester motivés et de prendre du plaisir à travailler.
Comment organises-tu le retour au calme à la fin de la saison de concours ? Et comment entraînes-tu tes chevaux ensuite en vue du premier concours de l’année 2023 ?
CA : Grâce aux sorties en extérieur, au travail à la longe et au travail au sol, le retour au calme est varié et se fait tout naturellement. Après la pause, nous reprenons les exercices plus intensifs de renforcement musculaire et d’assouplissement. Nous ne nous concentrons pas encore sur les différentes figures, mais plutôt sur la soumission et le développement musculaire. Avec mon entraîneure, Elena Fernandez, nous aimons également profiter de l’hiver pour travailler de manière plus intensive sur des mouvements concrets, les décomposer et faire parfois un pas en arrière afin d’obtenir, en fin de compte, une amélioration. Au début de l’année, les entraînements des cadres avec l’entraîneur national reprennent également afin de contrôler le travail accompli durant la trêve hivernale.
NM : A la fin de la saison de concours, nous sortons beaucoup en extérieur et observons les chevaux de très près. Ils sortent au pré aussi souvent que possible, ce qui leur permet de bouger librement et selon leurs envies. Généralement, lorsque les chevaux sont prêts pour un travail plus intensif, ils nous le montrent. Avant que, par ennui ou par excès de gaité, ils ne se mettent à avoir des idées farfelues - ce qui serait tout à fait typique pour Toblerone -, je reprends l’entraînement de dressage et essaie d’occuper les chevaux et de les stimuler, notamment au niveau du cerveau.
MB : A la fin de la saison de concours, le travail intensif laisse la place à davantage de sorties en extérieur. Le retour au calme se fait donc tout naturellement. A la fin de l’année, les chevaux profitent d’une pause de trois semaines environ, laquelle est uniquement consacrée aux sorties au pré, à l’entraînement dans le marcheur et aux petites balades montées ou attelées. Le travail reprend finalement en janvier. L’intensité de l’entraînement augmente ensuite progressivement, la préparation physique et des stimulations d’entraînement correspondantes sont alors au programme toutes les trois semaines environ.
Propos recueillis par
Nicole Basieux