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La Belgique menait 2-0 (réussites de Carrasco et Lukaku) à la mi-temps contre la France et semblait tenir sa qualification pour la finale de la Ligue des nations contre l'Espagne. Mais elle a ensuite été punie pour avoir refusé de jouer, encaissant un premier but à la 62e (Benzema), un deuxième à la 69e (Mbappé) et un troisième à la 91e (Theo Hernandez).
Romelu Lukaku pensait pourtant avoir inscrit le but de la victoire à la 87e mais son but avait été annulé pour une position de hors-jeu de quelques centimètres observée à l'assistance vidéo à l'arbitrage (VAR).
Cette défaite, cruelle mais pas illogique compte tenu des manquements affichés par les Belges au retour des vestiaires, va raviver chez eux le douloureux souvenir de la demi-finale du Mondial russe en 2018. Les coéquipiers de Lukaku n'ont jamais digéré leur élimination (0-1) contre la France ce soir-là, au terme d'un match verrouillé par leurs adversaires.
Après cette rencontre, Eden Hazard et Thibaut Courtois s'en étaient pris verbalement aux Bleus, les attaquant sur le terrain des sentiments et du jeu. Le premier avait rappelé qu'il préférait «perdre avec la Belgique que gagner avec la France». Le second que les Bleus n'étaient pas meilleurs qu'eux, et que les Belges «avaient perdu contre une équipe qui joue à rien, qui défend».
Depuis cette date, une rivalité marquée est née entre les deux pays, au point que les Belges avaient fêté l'élimination de la France cet été en huitième de finale de l'Euro.
«Tout se passe comme si la France éliminée, la Belgique avait réussi son tournoi», s'était marré le journaliste wallon Bertrand Henne sur la Radio-télévision belge de la Communauté française (RTBF), estimant que l'animosité entre les deux pays se nourrissait «de vieilles racines culturelles et d'une relation très paradoxale avec la France».
En réalité, cette relation est assez semblable à celle que la Suisse entretient avec la France. En Belgique comme chez nous, la partie francophone du pays se plaint de la supériorité affichée par le grand voisin sans toutefois lui tourner le dos, puisqu'elle reste influencée par ses tendances et ses médias. Bertrand Henne va même plus loin: «Le Belge francophone est obnubilé par les médias français, comme un lapin pris dans les phares d’une voiture».
Certains Romands se reconnaîtront peut-être dans les témoignages de Christophe Franken, chef du foot à La Dernière Heure («le petit frère belge veut impressionner son grand frère qui est la France») et de Sacha Tavolieri, journaliste cité par Foot Mercato:
Le scénario du match de jeudi, conjugué à la nouvelle défaite amère des Diables rouges, ne devrait pas apaiser les relations entre les supporters des deux camps, qui ont passé une partie du match (puis de la nuit) à se chambrer sur les réseaux sociaux.