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Célébré le 31 décembre
« Ecoutez la relation des faits qui conduisirent à la Restauration de notre République.
Depuis le 15 avril 1798, date à laquelle trois divisions de l’armée française avaient pénétré à l’improviste dans la ville, Genève était annexée à la France sous le Directoire, avant de faire partie de l’Empire napoléonien. Elle était devenue la Préfecture du Département du Léman, mais la république était morte.
En supprimant la nationalité des Genevois, on n’avait pourtant pas supprimé leur espoir de recouvrer un jour l’indépendance. L’Eglise issue de la réformation du 16ème siècle joue dans la défense de l’esprit genevois un rôle capital. Selon le mot du premier syndic : « Pendant que la patrie genevoise était au tombeau, l’Eglise veillait près d’elle ». Cette affirmation faisait écho à la réponse que Napoléon lui-même donnait au pasteur Martin-Gourgas, présent lors de son sacre à Paris en décembre 1802 : « L’empire de la loi finit où commence l’empire indéfini de la conscience. La loi ni le crime ne peuvent rien contre cette liberté » Rapporté par le pasteur Alexandre Guillot dans « L’Eglise de Genève et la Restauration de l’Indépendance », 1914.
L’issue désastreuse de la campagne de Russie clôt l’ère des victoires napoléoniennes. La bataille de Leipzig, en octobre 1813, s’achève par la retraite des Français.
Le 21 décembre 1813, faisant fi de la neutralité suisse, le général autrichien Bubna passe le pont de Bâle et son armée commence sa traversée de la Suisse en direction de Lyon.
A Genève, quelques hommes sont aux aguets depuis quinze ans, prêts à agir et attendant sans désespérer un signe annonciateur du retour à la liberté. Réunis autour de Lullin, véritable instigateur de la Restauration genevoise, d’anciens syndics et conseillers forment, le 24 décembre, une Commission clandestine de gouvernement.
Bubna arrive à Lausanne le 27 décembre. A Genève, la préfecture plie bagages, mais laisse derrière elle une garnison de 1500 soldats. On craint un instant que Genève n’ait à endurer les épreuves d’un siège. On parlemente avec Bubna. Le général autrichien accepte de traiter Genève en ville amie, pour autant qu’il n’y ait aucune tentative de résistance.
On persuade alors le commandant français, le général Jordy, d’évacuer la ville sans combat. Le 30 décembre, à 8 heures du matin, les troupes françaises quittent Genève. Apeine la dernière troupe a-t-elle franchi la porte de Neuve que le caporal Massé ferme la porte à double tour, dépose la clef sur la table : « Cette fois, dit-il, nous voilà chez nous ! »
L’après-midi du même jour, Bubna et ses 10’000 hommes s’installent dans la ville. La Commission clandestine s’érige en Gouvernement provisoire. Quatre syndics sont désignés. Le 31 décembre, une proclamation est préparée annonçant l’indépendance. A l’aube du 1er janvier 1814, elle est lue dans les rues et sur les places.
Cet épisode mémorable est le prélude aux événements de qui permirent à Genève de retrouver sa liberté. Liberté garantie par la Confédération Helvétique à laquelle notre République restaurée se joindra quelques mois plus tard.
Tel est le récit des faits dont nous conservons la mémoire et qui sont à l’origine du culte qui nous réunit en ce jour. Puissions-nous les transmettre à nos enfants de génération en génération. »
(Maurice Gardiol, 1996 / relu par Olivier Fatio / corrections en 1997 par J.-P. Pictet)