Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07036.jsonl.gz/67

Canton
Situation : A l'entrée de Vernayaz, sur la route entre Saint-Maurice et Martigny
Horaires : sans restriction, la chute est aussi éclairée la nuit
Tarifs : gratuit
Conseil : Il est judicieux d'effectuer la visite de la cascade de la Pisvache lors d'un passage dans la région, par exemple au retour du barrage d'Emosson , du zoo des Marécottes et des gorges du Trient
Histoire
Avant que l'homme n'intervienne, la cascade de Salanfe, pure fille des glaciers qu'un égrillard surnomma Pissevache, déroulait inlassablement ses longues nattes d'argent du haut des rochers. Sa fougue était telle que les poussières d'eau décrits par Ramuz se déposaient sur les mains et les visages des nombreux touristes avant qu'ils ne soient arrivés à sa hauteur.
Goethe, Jean-Jacques Rousseau, Madame de Staël, Emile Javelle et bien d'autres louèrent sa beauté : "Tout resplendit et scintille ! Comme le cygne qui chante à sa dernière heure, comme la flamme qui se ravive au moment de s'éteindre (…)".
D'autres la dédaignèrent: "(…) la cascade est nue, mal encadrée entre toutes les cascades, sans compter son nom ignoble (…) et les harpies du lieu y accourent avec leurs pommes mal mûres et leurs cristaux équivoques… Nous rencontrons quelques naturels, très bonnes gens, tous un peu crétins"…
En 1866, une passerelle accrochée audacieusement à mi-hauteur de la chute invitait même les touristes (pour 1 franc) à passer sous celle-ci.
Et l'homme commença à dompter le fond de la cascade en y captant l'eau pour actionner une tannerie puis une usine de crosses à fusils.
A la fin du siècle passé fut construite au sommet de la cascade, là où les eaux se préparent au grand saut, l'une des plus anciennes usines électriques encore en état de fonctionner aujourd'hui. Malgré une vive polémique, le barrage de Salanfe emprisonna les eaux dès 1952 et ne laisse échapper aujourd'hui qu'un filet timide.