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La controverse actuelle sur les preuves d’économicité et d’efficacité des thérapies alternatives fait oublier que jadis, le Fonds national pour la recherche scientifique avait conduit un programme national de recherche (PNR 34) intitulé Médecines complémentaires. Programme modeste certes, disposant d’un crédit-cadre de six millions de francs, qui financèrent quinze projets. Le programme fut lancé en 1990, fut effectif de 1992 à 1998 et le rapport final fut publié en français en 2000.
Une des études de ce programme, menée par le professeur Jürg Sommer du Service de recherche sur l’économie de la santé et la politique sociale (FGS) de l’Université de Bâle, essaya de savoir si la mise à disposition des médecines complémentaires allait augmenter les coûts de la santé. Le comportement de trois groupes d’assurés chez Helsana, (environ 7000 personnes par groupe) furent analysés durant trois ans : un groupe d’assurés bénéficiant pour la durée du test d’une assurance supplémentaire gratuite pour prestations de médecines complémentaires, un groupe de contrôle ne bénéficiant pas de cette assurance et un troisème composé d’assurés ayant contracté d’eux-mêmes une assurance complémentaire. Les résultats de l’étude suggéraient deux choses. D’une part, le recours spontané aux prestations complémentaires du premier groupe était très modeste, ce qui rendait difficile l’analyse du coût de ces prestations. D’autre part, ce groupe recourrait aux thérapies complémentaires en sus des soins dispensés par des médecins traditionnels.
Au vu du petit nombre d’utilisateurs, ce comportement n’entraîna pas d’augmentation substantielle des coûts médicaux. Mais par extrapolation, l’étude démontrait la nécessité de l’intégration des médecines non conventionnelles dans le répertoire des praticiens de première instance, si l’objectif premier était de réaliser la neutralité des coûts. Dans des conditions d’offre non structurées, dit le rapport, les médecines complémentaires sont utilisées en supplément de la médecine conventionnelle. Le fait de disposer de thérapies alternatives ne va pas diminuer le coût global de la santé, si elles ne sont pas offertes à valeur égale et à titre subsidiaire dans le même centre de compétence. ge
Médecines complémentaires, Point de vue de la science, Éditions Médecine et Hygiène, 2000.