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WhatsApp, le populaire service de messagerie et téléphone par internet, a été rétabli jeudi au Brésil. Un tribunal de Sao Paulo a levé l'interdiction judiciaire ayant suspendu le service mercredi à minuit et provoqué l'indignation générale dans le pays.
"En raison des principes constitutionnels, il n'est pas raisonnable que des millions d'utilisateurs soient affectés", a indiqué le juge Xavier de Souza en charge de ce tribunal de justice dans un communiqué officiel. C'est une juge de Sao Bernardo do Campo, en grande banlieue de Sao Paulo, qui avait ordonné cette suspension mercredi pour mettre en application une ancienne décision de justice.
Enquête policière
"La décision a été émise dans le cadre d'une procédure criminelle couverte par le secret de l'instruction. Elle est due au fait que WhatsApp n'a pas répondu à une demande de la justice le 23 juillet. Demande réitérée le 7 août", avait indiqué la justice de l'Etat de Sao Paulo.
Selon le site G1 de Globo, le service de messagerie aurait refusé de communiquer des informations dans le cadre d'une enquête policière. Le syndicat des entreprises de téléphonie mobile avait auparavant confirmé qu'il avait reçu la décision judiciaire et que les entreprises étaient "obligées" de s'y conformer, a déclaré sur G1 son président, Eduardo Levy.
Selon un porte-parole du tribunal qui a levé l'interdiction, le juge de Souza a estimé qu'il y avait d'autres moyens d'obliger l'entreprise à respecter la demande de la justice, sans causer de problèmes à tant de personnes qui n'ont rien à voir avec l'affaire.
Au moins un des quatre grands opérateurs de téléphonie mobile du Brésil, Oi, avait fait appel de la sentence alléguant que le blocage porte préjudice à tous ses clients. Le président de l'Agence nationale de télécommunications (Anatel, publique) Joao Rezende n'a pas caché non plus son mécontentement.
Zuckerberg abasourdi
La sentence avait provoqué l'indignation générale dans le pays où des millions de personnes échangent des messages de texte, de voix, des vidéos et photos gratuitement grâce à ce service installé sur leur téléphone mobile, échappant ainsi aux tarifs élevés des opérateurs.
"Je suis abasourdi de voir que nos efforts pour protéger les données privées des individus aboutissent à une décision si extrême, prise par une seule juge, qui punit tous les utilisateurs de WhatsApp au Brésil", avait réagi Mark Zuckerberg, le patron de Facebook, propriétaire de WhatsApp.
WhatsApp ne s'est exprimé ni sur Twitter ni sur sa page web. Une page Facebook intitulée WhatsApp Brasil, non officielle mais avec 92'000 "amis", conseillait de contourner la suspension.
Fin 2014, le Brésil comptait 280,73 millions d'abonnements mobiles, dont 6,7 en 4G (internet mobile à très haut débit). Trois Brésiliens sur dix ont un smartphone, et ils sont souvent de grands adeptes des selfies et échanges de messages sur les réseaux sociaux.
ATS