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Zürich, 15.09.2017
L'économie suisse attend avec confiance les élections allemandes du 24 septembre. Le directeur de la chambre de commerce Allemagne Suisse, Ralf Bopp, ne s'attend pas à un changement fondamental dans les conditions cadres avec le nouveau gouvernement.
Interrogé par l'ats, M. Bopp salue la "base de confiance" existant entre les partenaires économiques des deux pays et parle du "moteur conjoncturel" allemand. En se basant sur les sondages, il s'attend à ce que le futur gouvernement reste dirigé par les conservateurs de l'actuelle chancelière Angela Merkel - alliés à des partenaires qui restent encore à déterminer.
La stabilité dans les relations commerciales germano-suisses est importante, car l'Allemagne est le permier partenaire économique de la Suisse: 19% des exportations helvétiques partent vers le nord et 28% des importations viennent d'outre-Rhin, rappelle M. Bopp.
La conjoncture intérieure allemande influence elle aussi fortement l'économie suisse. Les prévisions de croissance pour l'Allemagne sont jugées très bonnes.
Les relations germano-suisses seront aussi influencées par la manière dont le futur gouvernement allemand maîtriser les défis qui l'attendent. Parmi ceux-ci, M. Bopp cite le système fiscal, la dette de l'Etat, le développement démographique, les infrastructures et la politique énergétique.
Changements de climat
Les relations entre les deux pays sont si constantes que les changements de gouvernement à Berlin ont "avant tout des effets atmosphériques", confirme l'historien Volker Reinhardt, de l'Université de Fribourg.
Les unions conservatrices (CDU/CSU) ont une vision plus positive de la Suisse. Chez elles prédomine une certaine "admiration" pour un système de démocratie et de consensus qui fonctionnent parfaitement, avec des salaires élevés "et presque sans grèves", souligne-t-il.
A gauche, les sociaux-démocrates du SPD et les Verts ont des accents plus marqués par la guerre des classes, contre la Suisse des banques et des grandes entreprises. Elle y voit une "anomalie née de l'évasion fiscale et du manque de fermeté du politique" face au monde économique.
Pour Volker Reinhardt, une élection à la chancellerie du candidat SPD Martin Schulz provoquerait tout au plus un léger changement de climat entre Berne et Berlin.
En tant qu'ancien président du parlement européen, Martin Schulz est "encore plus imprégné que les autres d'une vision de l'UE comme meilleur monde politique possible et serait peut-être moins enclin aux concessions face à 'l'anomalie' helvétique", suppute l'historien fribourgeois.