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À Paris au début des années 1920, Buchet abandonne le futurisme et adhère à la Section d’or, un groupe d’artistes qui entend donner une assise solide au cubisme et jeter les bases d’un nouveau langage en phase avec la modernité. L’artiste poursuit son inscription dans la modernité en s’attachant au cubisme d’après-guerre de Fernand Léger.
Buchet s’intéresse par la suite au purisme de Le Corbusier et d’Amédée Ozenfant qui prône discipline et rigueur, conçoit le tableau comme une « équation », prône « l’application des moyens constructifs et modulaires » (1921) et défend la beauté de l’objet manufacturé. Au sortir de la guerre, à l’heure de la reconstruction tant dans la politique sociale et économique que dans l’art, l’appel est à l’unité et à l’austérité.
De l’influence du purisme naît chez Buchet, entre 1925 et 1928, une série de compositions austères, planes et géométriques, peintes dans des gammes de couleurs réduites. Le peintre prend toutefois ses distances avec la rigidité théorique du mouvement, parvenant à un équilibre entre formes arrondies et plan rectiligne, entre rationalisme et élégance, ordre et émotion. De son pinceau, l’artiste dispose savamment les formes à la surface de la toile et harmonise les tons afin de construire avec la plus grande justesse possible son tableau.
Cette œuvre a figuré selon toute vraisemblance à l’exposition personnelle de Buchet en 1926 chez Colette Weil, galerie Mantelet. L’accrochage rencontre un réel succès, l’artiste signe un contrat avec la galeriste, mais, faute de ventes, celui-ci est rompu quelques mois plus tard. Rien ne saurait toutefois freiner Buchet dans son envie de créer et d’explorer de nouvelles voies, notamment dans le domaine de la sculpture et de la mode.
Bibliographie
Gérard Buchet, Paul André Jaccard et Robert L. Füglister, Gustave Buchet, cat. exp. Lausanne, Musée cantonal des Beaux-Arts, Aarau, Aargauer Kunsthaus, Paris, Fondation Le Corbusier, 1978.
Gérard Buchet, Gustave Buchet, Lausanne, Paris, La Bibliothèque des arts, 1964.