Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07238.jsonl.gz/1018

Dans un entretien publié lundi dans Le Temps, Joseph Ackermann estime que "l'erreur centrale date de 1996, lorsque la banque a été scindée en quatre divisions", dont la banque d'investissement (IB) qui a précipité sa chute.
Confiée à une direction américaine, celle-ci a propagé sa "culture des bonus excessifs" aux autres divisions, souligne celui qui a dirigé Deutsche Bank entre 2006 et 2012. Les interdire ne serait cependant "pas dans l'intérêt de l'économie ou de la place financière suisse", assure celui qui considère qu'il est "naïf" de ne pas distribuer de rémunération en cas de perte. Et d'ajouter que "cela rend le recrutement compliqué et c'est injuste pour les employés qui ont très bien travaillé".
Le Saint-Gallois ne remet pas non plus en cause la pertinence stratégique d'une implantation aux Etats-Unis, nécessaire pour "jouer un rôle au niveau mondial et servir les entreprises et les clients", mais souligne l'importance de maintenir "la culture et le système de valeur du pays où la banque est installée".
Interrogé sur la taille de l'établissement qui naîtra de la fusion d'UBS et Credit Suisse, il souligne que les revenus de ce dernier - 40 à 50 milliards de dollars - ne représentent qu'une fraction des 120 milliards générés par JP Morgan l'an dernier. Mais si la taille du bilan de la banque américaine représente un sixième du produit intérieur brut (PIB) de la première économie mondiale, celui issu du mariage forcé totalise le double du PIB helvétique, représentant un "risque systémique qu'il faudra contrôler".
L'ex-président de Zurich Insurance se montre critique face à une réaction politique guidée par l'émotion et des motivée par des considérations électorales. "On parle d'augmenter les fonds propres à des niveaux irréalistes, d'interdire les bonus, ce n'est pas bon pour l'économie suisse", assure-t-il, rappelant que le ratio de fonds propres dits "durs" était plus élevé chez Credit Suisse que chez UBS.
Pour ce qui est de la part variable des rémunérations, Joseph Ackermann plaide néanmoins pour une meilleure prise en compte des risques et un versement en actions, de manière à ce que les collaborateurs soient "intéressés à la performance globale de la banque". (awphzi/mc)