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La correction des marchés pourrait accélérer certaines tendances à plus long terme dans les domaines de la connectivité et de la localisation.
La Réserve fédérale américaine a baissé ses taux de 100 points de base, dans une fourchette de 0 à 0,25%, invoquant les risques qui pèsent sur l'économie. C'est la deuxième fois ce mois-ci que la Fed prend une telle mesure sans attendre sa prochaine réunion ordinaire. Elle a également annoncé un programme d'assouplissement quantitatif de 700 milliards de dollars, dont 500 milliards destinés à l'achat de bons du Trésor et 200 milliards à l'achat de titres adossés à des créances hypothécaires, et ce à fin d'«assurer le bon fonctionnement» de ces marchés.
Le président Donald Trump a également déclaré l'état d'urgence nationale et débloqué 50 milliards de dollars pour financer la lutte contre le coronavirus et ses répercussions. La Chambre des représentants a adopté plusieurs mesures instituant la gratuité du dépistage contre le coronavirus pour tous les individus qui en ont besoin, deux semaines de congés maladie rémunérés et la possibilité de prendre un congé parental d'une durée pouvant aller jusqu'à trois mois.
peut amener les investisseurs à rater les meilleures séances.
Toutes ces annonces s'inscrivent dans le cadre d'une réponse globale budgétaire et monétaire à la pandémie de COVID-19. Le gouvernement allemand a annoncé un plan de relance de 550 milliards d'euros visant à garantir la survie des entreprises vulnérables. Le ministre de l'économie a promis un soutien illimité «aux petites entreprises, depuis les chauffeurs de taxi jusqu'aux start-up créatives, ainsi qu'aux grands groupes qui ont plusieurs dizaines de milliers de salariés».
La réponse plus forte des pouvoirs publics intervient alors que le virus continue de se propager, et que les signes de perturbation de l'économie se multiplient. Plusieurs pays d'Europe ont fermé leurs frontières et l'Espagne, la France et les Pays-Bas restreignent les déplacements sur leur propre territoire. De son côté, Apple a annoncé la fermeture de tous ses points de vente en dehors de la Chine, de Hong Kong et de Taïwan.
Les marchés devraient rester volatils. Dans leur histoire récente, les séances qui se sont achevées sur les plus fortes hausses sont intervenues lors de mois qui ont également été marqués par des séances noires. Vendre sous le coup de la panique après une forte baisse peut donc amener les investisseurs à rater les meilleures séances.
Selon la Recherche d’UBS, les marchés se focaliseront, dans les semaines à venir, sur les facteurs suivants:
Les mesures prises pour endiguer l'épidémie de coronavirus en Chine et en Corée du Sud ont été couronnées de succès et, dernièrement, les médias se sont fait l'écho d'une nouvelle encourageante: aucun nouveau cas n'a été enregistré depuis 48 heures à Vo' Euganeo, l'une des premières villes d'Europe ayant fait l'objet d'une mise en quarantaine.
que la crise n'aboutira pas à une cascade de faillites.
L'épidémie s'étend en Europe et aux Etats-Unis. L'Italie a été le premier pays occidental à prendre des mesures fortes pour l'enrayer: elle a restreint les déplacements sur son territoire et fermé la plupart des commerces. Si ces mesures portent leurs fruits, elles pourraient donner de l'espoir aux investisseurs quant à la possibilité d'endiguer le virus dans les pays européens, tout en suscitant l'inquiétude quant à leur impact économique.
Le marché a salué la déclaration de l'état d'urgence aux Etats- Unis par Donald Trump et le feu vert donné par le ministre de l'Economie allemand à un plan de relance de 550 milliards d'euros piloté par la Banque allemande de développement (KfW) pour garantir la survie des entreprises. Cette réaction montre que les marchés cherchent à se rassurer quant au fait que la crise n'aboutira pas à une cascade de faillites parmi les PME et les grandes entreprises. Les mesures telles que le moratoire sur les remboursements de mensualités de crédits hypothécaires ou les remises de dettes pour les travailleurs et les petites entreprises touchés permettront d'atténuer l'ampleur de la récession et d'accélérer la reprise.
En revanche, les mesures coûteuses sur le plan économique et dont l'efficacité est limitée pour endiguer le virus, comme les interdictions de déplacements, seront probablement mal reçues par les marchés.
Les mesures budgétaires et les baisses de taux sont des instruments insuffisamment ciblés pour faire face à l'impact économique à court terme du coronavirus, mais devraient rassurer quelque peu les investisseurs quant à la vigueur de la reprise économique lorsque celle-ci interviendra. D'ici-là, les banques centrales devront continuer de veiller à la liquidité des marchés après les signes de tension observés sur celui des bons du Trésor.
Le rebond des marchés a également été favorisé par les déclarations du secrétaire d'Etat américain au Trésor Steven Mnuchin, qui a réitéré la fameuse promesse d'Alan Greenspan: «Des liquidités seront mises à disposition. Quelles que soient les mesures que nous aurons à prendre ou que la Fed et le Congrès seront amenés à prendre». Dans le cadre d'une intervention coordonnée à l'échelle mondiale, la Banque du Canada, la Banque d'Angleterre, la Banque du Japon, la Banque centrale européenne et la Banque nationale suisse ont serré les rangs autour de la Fed pour accroître l'offre de liquidités en dollar américain.
des marchés d'ici la fin de l'année.
La Recherche d’UBS table sur un net rebond des marchés d'ici la fin de l'année, d'autant que la reprise est déjà amorcée en Chine et que les économies américaine et européennes rebondiront au troisième trimestre. Néanmoins, investir tant que la volatilité reste aussi marquée n'est pas une mince affaire. Dans cet environnement, les stratégies suivantes sont recommandées.
Les achats échelonnés permettent aux investisseurs de lisser les fluctuations à court terme. Quant aux investisseurs qui peuvent avoir recours aux options, la vente d'options permet d'engranger des revenus et de faire un premier pas vers des achats à très bon compte.
Il est recommandé aux investisseur de privilégier les stratégies qui améliorent le rendement d'un portefeuille, dont l'achat d'actions qui versent de confortables dividendes et d'obligations d'entreprises à haut rendement américaines dans un environnement marqué par des rendements obligataires qui flirtent avec des plus bas historiques et des taux d'intérêt en baisse. Il est possible que les écarts des obligations à haut rendement augmentent encore à court terme mais, sur un horizon de six mois, il est probable qu'ils se resserreront considérablement.
Après la baisse des taux de la Fed, le différentiel de rendement en faveur du dollar américain s'amenuise. Une poursuite de la dépréciation du dollar dans le courant de l'année est donc attendue. La paire EURUSD devrait ainsi grimper à 1,19 d'ici le mois de décembre 2020.
Les investisseurs peu enclins à prendre des risques peuvent envisager des mesures pour protéger leur portefeuille des risques liés au coronavirus, par exemple en augmentant leur exposition à l'or et aux bons du Trésor à long terme.
Même si la correction a touché tous les secteurs, elle pourrait également accélérer certaines tendances à plus long terme dans les domaines de la connectivité et de la localisation. Les entreprises exposées à la quatrième révolution industrielle et à la transformation numérique devraient en profiter. La crise sanitaire actuelle ne change rien au fait que le vieillissement démographique mondial, l'essor des technologies médicales et les récentes avancées dans le domaine des thérapies géniques offrent des opportunités pour les investisseurs qui visent une appréciation de leur portefeuille à long terme.