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Laufende Forschungen
Ausgabe 12
Les figures multiples de l'éthique : la mort entre médecine et société.
Compte rendu d'une enquête ethnographique en milieu pallatif
Au cours des trois dernières décennies, la grande majorité des travaux socio-anthropologiques sur la mort (Thomas 1975; Ziegler 1975; Ariès 1977; Elias 1987) parviennent à une conclusion identique: les «attitudes pusillanimes» (Elias 1987) entourent la mort et les mourant·e·s en Occident; la gêne, la peur et le déni qui y prévalent seraient le reflet de la relégation de la mort au rang de tabou. En somme, l’une des spécificités de l’époque moderne serait que la mort ne s’y vit que tenue à distance et sur le mode de la négation ou du refoulement. La diffusion d’un tel constat, dont la validité est difficilement contestable, a notamment ouvert la voie à de nombreuses tentatives pour en infléchir pratiquement la tendance. Parmi celles-ci, les soins palliatifs occupent une place centrale et ont largement contribué à ramener la mort au centre des préoccupations sociales. Ils marquent, en effet, l’apparition progressive dans nos sociétés d’un souci de la «bonne mort», dont la vocation est de répondre aux besoins tout autant cliniques que spirituels, religieux, ou humains des patient·e·s «mourants».