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Les débuts du Sacré de Birmanie
Pourquoi on l’appelle Chat Sacré de Birmanie ?
Ce chat aurait son origine en Birmanie. Comme la très belle légende le raconte, il serait le porteur de l’âme de son compagnon humain décédé, avant qu’elle n’arrive au paradis. En Birmanie, ses compagnons humains étaient généralement des moines bouddhistes, de là l’adjectif «sacré».
L’histoire moderne du chat Sacré de Birmanie est presque aussi mystérieuse que sa légende. Selon certaines sources, des prêtres des temples Khmers auraient offert de tels chats au Major Gordon Russell, un Anglais, et à son ami Auguste Pavis. Selon une autre source, les chats auraient été achetés vers 1920 par un Américain du nom de Vanderbilt à un ancien serviteur du temple de Lao-Tseu dans lequel les chats étaient vénérés en tant que chats sacrés. Le mâle, Madalpur, n'aurait pas survécu. Quant à Sita, la femelle portante, elle aurait vécu chez Madame Léotardi de Nice et aurait donné naissance à Poupée de Madalpur.
D'autres sont d’avis que le chat sacré de Birmanie est une brillante performance d'un élevage français mariant élégamment un siamois, un persan et un chat de gouttière (ou autre...).
Malgré toutes les recherches, il est impossible de trouver une certitude sur cette origine. Mais, il en reste que c’est une des deux races françaises de chats, l'autre étant le Chartreux.
1925 fut l'année de reconnaissance de la race et, en 1926, Poupée de Madalpour – parfait spécimen de la race – fut présentée en vedette lors de l'exposition féline de Paris.
A la même période, E. Larieux et Ph. Jumaud, dans leur livre «Le chat. Races, élevage, maladies» décrivaient le chat de Birmanie en ces mots: «Le chat de Birmanie, de petite taille et bas sur pattes, a le corps allongé, le front bombé, de très longues moustaches et, sur les sourcils, de longues touffes de poils. Le pelage, crème comme chez le Siamois, présente des teintes bronze clair sur l'échine ; le poil est assez long et soyeux. La queue est ornée de longs poils loutre au dessus, gris ou beige en dessous.»
En 1927, Madame Marcelle Adam exposait Manou de Madalpour issu des amours de Poupée de Madalpour avec un mâle siamois. En 1928, Poupée et Manou de Madalpur côtoyaient en exposition le mâle Hiram-Roi et la femelle Nafaghi, elle aussi fille de Poupée.
En 1929 entrait en scène un nouvel éleveur passionné de birmans : Marcel Baudouin-Crevoisier. Cette année-là, il exposait le mâle Lon Saïto. En 1930, il présentait celui qui fut probablement le plus spectaculaire des sacrés de Birmanie d'avant-guerre : Dieu d'Arakan. Mais en 1933, M. Baudouin-Crevoisier abandonna l'élevage et vendit tous ses sacrés de Birmanie et la souche s’éteignit.
On connaît mal la généalogie de ces premiers birmans : descendaient-ils les uns des autres, étaient-ils issus de mariages avec des siamois gantés, particularité alors fréquente (et indésirable dans cette race) ? Les premiers éleveurs ont entretenu le mystère... et la situation est d'autant plus embrouillée que ces pionniers de l'élevage ne disposaient pas d'affixes déposés ; les noms «de Madalpour», «d'Arakan» ou «de Rangoon» ne correspondent pas à une lignée ou un élevage particulier. Les premiers affixes ne furent déposés qu’en 1932.
En 1935, deux affixes de première importance étaient déposés : «de Madalpour», par Mme Chaumont-Doisy, et «de Kaabaa» par Melle Madeleine Boyer. Ainsi se mettait en place l'élevage des premiers sacrés de Birmanie. Les restrictions et exodes de la seconde guerre mondiale ne permirent pas aux éleveurs de chats sacrés de Birmanie de continuer la sélection entreprise.
Le Sacré de Birmanie après la seconde guerre mondiale
La situation du chat sacré de Birmanie après la guerre n'était pas brillante : en Suisse, Belgique et Italie plus aucun sujet n'avait survécu, seuls quelques sujets continuaient à vivre en France grâce à trois éleveurs :
Madame Chaumont-Doisy - «Elevage de Madalpour». Elle avait pu sauver quelques sujets dans sa maison de Clamart dans la région parisienne.
Mademoiselle Boyer - «Elevage de Kaabaa» était partie à Millau dans l'Aveyron, c'est là qu'une petite merveille est née en 1943 : Orloff de Kaabaa, le mâle le plus important et seul mâle reproducteur à faire souche. Il fut accouplé à Xenia de Kaabaa, sa fille issue en 1949 d'une mère d'une lignée différente. De ce couple unique et fameux furent issus tous les chats dont descendent les actuels Sacrés de Birmanie.
Madame Simone Poirier - «Elevage de Crespières». Elle a acheté en 1956 un fils de ce couple mythique : Aria de Kaabaa et également une petite birmane à la Comtesse de Maubou. Il s'agissait de Cosima des Muses dont les parents étaient Agni et Aïcha de Kaaba (née le 18 avril 1953). Mme Poirier s'est investi pendant plus de 30 ans pour améliorer le type et fixer le plus possible les gants blancs.
Ainsi, au milieu du XXe siècle, les bases de l'élevage moderne du chat Sacré de Birmanie étaient jetées.
Introduit et sélectionné en France, le Birman s'est peu à peu essaimé dans le monde.
Le Sacré de Birmanie en Suisse
En 1933, on parle des premiers Birmans en Suisse avec l’abbé Marcel Chamonin, éleveur de siamois. Il avait écrit dans la Revue Féline de France : «En Birmans, hélas, l’élevage ne gagne pas. Le gros effort que nous avons fait personnellement n’a pas été suivi. Et cependant il permettrait tous les espoirs…», de même que ce cri d’alarme : «Le chat Sacré de Birmanie est en danger ! Par le fait de la consanguinité, les femelles sont fragiles et les mâles de médiocres reproducteurs». Il propose une intervention énergique, la création d’un Club International du Chat Sacré de Birmanie et l’amélioration de l’élevage par la vérification des pedigrees, l’observation stricte des lois de l’hérédité, la mise à jour d’un livre des origines, etc…
1933 est aussi l'année où il organise la première exposition féline à Genève et fonde le Cat Club de Genève.
C'est un passionné de ce chat. Il achète deux chattes à Marcel Baudouin : Rose de Mogok, fille de Bijou de Madalpour, et Poupée de Rangoon, fille de de Mogok. Il publiera régulièrement les résultats obtenus avec ces deux femelles et son étalon Fakir de la Chesnaie – qui est l’affixe de son élevage – bien ganté aux quatre pattes et venant aussi d’un élevage français.