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Costume
Le costume constitue assurément l'emblème d'Évolène et forge l'identité évolénarde.
Par Gisèle Pannatier, Evolèn’Art
Le costume constitue assurément l'emblème d'Évolène et forge l'identité évolénarde. Évoquer le costume, c'est se référer à l'habillement ritualisé caractéristique de la communauté évolénarde. Il varie non seulement dans le temps ou dans l'espace, mais aussi selon les circonstances et les goûts individuels. On est naturellement attaché au vêtement traditionnel et fier de le revêtir. Depuis la moitié du XIXe siècle, l'élégance du costume d'Évolène n'a pas manqué de séduire visiteurs et artistes. Combien de tableaux de maîtres ont-ils immortalisé des gens du pays dans leurs vêtements quotidiens ou dans leurs habits de fête !
Les couleurs déclinant l'arc-en-ciel célèbrent le nom d'Évolène et le costume privilégie la palette éclatante de la gaieté. En effet, le ton rouge domine les différentes parties du costume féminin et des couleurs vives animent aussi l'habit traditionnel des enfants comme celui des hommes. L'harmonie des tissus et des couleurs ainsi que la noblesse de la personne qui les porte assurent la notoriété du vêtement traditionnel d'Évolène.
Le costume des enfants
Tous les enfants s'habillaient avec la « gòna » (robe en dra cousue d'une pièce) jusque vers l'âge de six ans. Le costume des fillettes se complète d'un fichu et d'un tablier tandis que celui des petits garçons se distingue par une ceinture et par une collerette multicolores. Quant à la « bèrra » délicatement ornée d'un ruban brodé, elle pare la tête de l'enfant. Actuellement, c'est surtout à l'occasion de la fête du 15 août que ce vêtement d'enfant égaye les rues villageoises.
Le costume masculin
Les hommes revêtent généralement un costume de dra brun, produit et teint à Évolène. Un galon vert ou bleu rehausse la veste réservée au dimanche. Sur une chemise blanche viennent jouer des pompons ou une cravate multicolore. Un gilet et une fâche (ceinture) brodée au point de croix agrémentent les jours de fête.
Le costume féminin
L'habillement traditionnel manifeste à la fois le calendrier des fêtes, les jours de labeur et les circonstances de la vie familiale. C'est surtout dans le choix du fichu et du chapeau que s'expriment cette variation et la personnalité de la femme.
Au cours des deux derniers siècles, l'évolution du costume s'imprime tant dans le choix du matériau utilisé que dans celui de la coupe. Au riche « koutilyòn » illuminé par le « péitrà » (la busquière) très décoratif a succédé le « chùtso dóou dra ».
Actuellement, le costume féminin se compose du « chùtso » (robe plissée) et des « manzònch » (boléro). Anciennement, ils étaient cousus à partir du dra tissé et foulé sur place et la robe était froncée. Puis le « chùtso dóou vèloùk », confectionné avec des tissus plus légers et bordé de velours s'est généralisé. Comme habit de cérémonie, l'Évolénarde arbore la « ròba pêcha », taillée tout d'une pièce dans du dra teint en bleu. Fichu et tablier de soie, une coiffe blanche bordée d'une large dentelle associée à un chapeau de feutre composent les attributs de la fête.
La pièce maîtresse du costume est le fichu dont le choix dépend du jour, fête, dimanche de l'année liturgique, jour d'œuvre ainsi que de la situation familiale (deuil, grand deuil, mi-deuil), car les couleurs, les motifs, la matière répondent au code social. Au prestigieux foulard sont assortis le ruban du chapeau, le « lìn » (attache du tablier) ainsi que le tablier. Le costume porté avec dignité a largement contribué à la renommée d'Évolène.
À l'heure où le vêtement traditionnel se retire discrètement de la scène quotidienne, presque toutes les armoires renferment un costume qui rehausse les grandes fêtes, les baptêmes, les mariages, la fête de la mi-août et quelques autres occasions. Fichus de soie et tabliers brodés parent toujours l'Évolénarde d'une manière incomparable.