Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06924.jsonl.gz/144

Un art comme antidote au désespoir, c’est là la création de Santoro, cet ancien ébéniste italien émigré en Suisse et devenu artiste.
Eugenio Santoro marqué par une vie tragique sculpte le bois en chantant, met en scène ses œuvres, communique avec ses madones. Son travail artistique représente "un rêve en marge", "un rêve qui refait le monde". En visite à la Collection de l’Art Brut à Lausanne où sont désormais exposées quelques-unes de ses réalisations, c’est avec émotion qu’il y retrouve ses sculptures.
L'émission Viva dont est tiré cet extrait a été diffusée en 1994 sous le titre original: "Le monde secret des artistes naïfs".
Eugenio Santoro est né en Italie en 1920. Après cinq années d'école, il entreprend un apprentissage de menuisier. A 20 ans il est fait prisonnier de guerre en Grèce et est déporté en 1943 dans un camp de travaux forcés en Basse Rhénanie, et ce pendant 2 ans. A sa libération, il est engagé en Italie comme employé municipal puis ouvre un petit atelier de menuiserie.
En 1964, pour des raisons économiques, il émigre en Suisse et s'établit avec sa femme et sa fille dans le Jura Bernois, à Courtelary où il sera ouvrier dans une fabrique de chocolat. C'est alors qu'il commence à dessiner et à sculpter le bois. A sa retraite, il se consacre encore davantage à cette activité en taillant des arbres et en créant des personnages et des animaux grandeur nature.
Ses personnages sont déformés, en torsions comme déséquilibrés. Santoro disparaît en 2006. Ses oeuvres sont présentées dans la Collection de l'Art Brut à Lausanne.
-
Journaliste: Chantal Woodtli Réalisateur: Dominique Clément