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Critique
"On pourrait comparer ce film à la partition musicale d'une fugue à six voix. Des éléments de vie de six personnages vont apparaître durant quelques mesures, croiser d'autres voix, se réunir, se distancer, se poursuivre, disserter sur trois thèmes majeurs. La voix de Sara qui vient de perdre son emploi et qui accepte de passer un week-end au Portugal avec sa copine Isa. Celle de Paul dont le dernier film est un échec et qui se rend contre son gré à un festival de cinéma au Portugal. Celle d'Yves, pharmacien esseulé, désenchanté, suivi par un chien opiniâtre. Celle de Nina, chanteuse dans un groupe de rock, en quête de je ne sais quoi, avec un fils de 7 ans qu'elle voit occasionnellement. Celle de Vince, inspecteur de police qui vient chaque jour au chevet de sa femme dans le coma pour lui jouer quelques notes de guitare. Enfin celle d'Hélène, peu maternelle, qui ne se fait pas à l'idée d'être grand-mère. Un film choral comme on dit.
Le propos léger au départ, fragmenté, va progressivement livrer un peu de substance des personnages mais sans s'appesantir. Le réalisateur promène sa caméra de l'un à l'autre en zapping, en les effleurant. Ce n'est qu'après un moment, en rapprochant les éléments de chacun que l'on entre dans leur histoire ""minima"" faite de doutes, d'errance, de révélations. Des personnages fragilisés qui vont émerger un peu, parfois à leur insu, au gré des rencontres. Le ton, vu la rapidité des séquences, est léger, parsemé de situations comiques. Chacune des trois histoires comprend un élément révélateur de l'identité des personnages. Comme par exemple le sac poubelle dont Paul ne parvient pas à se débarrasser: ""L'histoire de ma vie"", dit-il; ou ce chien jaune qui se prend d'affection pour Yves qui ne sait comment le chasser; ou encore ce bébé qu'on met dans les bras d'Hélène tellement mal dans sa peau. Des parallélismes, des contrepoints d'un destin à l'autre. De jolies trouvailles certes mais tout cela reste anecdotique, ne laisse que peu de traces.
FRAGILE(S), une fresque impressionniste que le réalisateur voudrait optimiste: ""C'est vrai, on a tous nos problèmes, mais faisons avec et essayons de nous en sortir au mieux."" Un mandat rempli honnêtement par une belle brochette d'acteurs. La fugue peut plaire, mais reste un divertissement passager!"
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