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"Horizontal like a desert, colorless, endless, with its only reference the horizon, indefinitely far away" (Dieter Dietz, POSTFACE, codex PLANES). Cette idée de plan comme horizon se retrouve sur la protofigure, définissant quatre horizons : "BOTTOM", "WATER", "NODES", et "CANOPY". Ce dernier, élevé à 20 mètres du sol, se trouve hors du champ de vision d'une personne qui regarde devant elle, il est démesurément éloigné des trois autres. Se trouvant hors de notre vue, il est rare de voir cet horizon, et son existence est si banale que peu de personnes auront le réflexe de lever les yeux vers lui. Et pourtant, pourtant il est intéressant, beau. Cet horizon est en mouvement constant. Le haut de tous ces arbres, ayant pourtant une image inspirant force et robustesse, lui, bouge au gré du vent, changeant cette idée de solidité en celle de souplesse et de fragilité au fur et à mesure que l'arbre s'élève. Des milliers de feuilles, telles un océan, créant des vagues, forment un horizon non plus fixe et lisse, mais en mouvement. Cet horizon a attiré mon attention, car il était lié au thème de travail que nous avions choisi pour MEASURES, à savoir le cycle de vie de l'arbre. Mais alors, comment orienter le regard vers celui-ci ? Qu'est-ce qui fait que nous levons les yeux ? Lorsque l'on pénètre dans une cathédrale, n'orientons-nous pas notre regard vers le haut pour en observer le plafond ? Mais alors pourquoi ne fait-on pas cela pour le plafond de notre cuisine ? Le plafond de la cuisines est bas, et se trouve dans notre angle de vue lorsque l'on regarde devant nous. Celui de la cathédrale, au contraire, est haut. Si l'on se limite à regarder face à nous, il semble pouvoir s'étendre à l'infini au dessus de nous, alors nous levons les yeux pour en voir la fin. N'est-ce pas le même phénomène qui se produit lorsque, au milieu de la ville de New-York, des gratte-ciels s'élèvent tout autour de nous, et que nous avons pour réflexe quasi-primaire de lever les yeux pour en apercevoir le bout ? Et quand, au beau milieu du désert Qatari, on se retrouve face à une immense plaque métallique, installée par Richard Serra, et s'élevant verticalement, n'avons-nous pas le réflexe de lever les yeux pour découvrir le bout de ce plan vertical semblant interminable ? La hauteur serait donc initiateur du réflexe spontané de regarder vers le haut ? En effet, cette notion de hauteur est commune à la cathédrale, des gratte-ciels, ainsi que l'oeuvre de Richard Serra. C'est cette frustration de ne pas connaître la fin de ce que l'on voit, causée par cette hauteur, qui nous pousse à lever les yeux.
Richard Serra, “East-West/West-East”, 2014
Plafond de la cathédrale Saint-Isaac, Saint-Pétersbourg, 1818-1858
Vue depuis le sol de certains gratte-ciels de New-York
"HORIZON CANOPY"
C'est sur ce phénomène que se base le développement de mon projet pour PLANES. En effet, voulant faire lever les yeux vers l'horizon que j'ai décrit précédemment, j'ai dû créer une structure rappelant la hauteur. J'ai alors décidé d'un vecteur, liant la base du noeud qui m'avait été attribué au point le plus haut du point que j'ai dû créer, placé à la limite entre la terre et la végétation, soit le début de la forêt dense, et donc de la canopée comme horizon. C'est dans la direction de ce vecteur que je veux orienter le regard, pour révéler à un passant, un promeneur, cet horizon. C'est donc à l'aide de deux planches de bois parallèles, s'élevant à plus de 15 mètres du niveau du sol créant une fente ouverte sur la canopée, et soutenues par une dalle de fondation horizontale que j'ai pu orienter le regard comme je le voulais.
Plans déterminés à l'aide de fil rouge
PLANES construit
Intégration du PLANES dans la protofigure
Dessin PLANES 1:33
"GARDENS"
Pour GARDENS, un des objectif consistait en la réalisation d'un dessin au 1:3 d'un détail de construction de notre PLANES. Celui-ci devait être dessiné tel que le projet pourrait être réalisé en réalité, c'est-à-dire que la colle ne suffit plus, des vis la remplaceront. J'ai alors dessiné le détail de l'attache de ma plaque de bois à la protofigure.
Détail de construction 1:3