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Voies de circulation
Le hangar du tramway hippomobile installé en 1864 sur les Petites Bougeries
L'entretien des routes est une charge financière particulièrement importante pour Chêne-Bougeries qui a un réseau très dense pour un territoire relativement restreint. Les routes de Florissant et Malagnou sont mises à rude épreuve par la centaine de chars journaliers qui transportent les pierres des carrières de Veyrier à la Ville. Pour y remédier, la commune confie les droits de surveillance ainsi que l'entretien des chemins aux propriétaires riverains, moyennant une attribution du crédit des routes aux responsables. Heureusement depuis 1855, la Ville de Genève qui s'occupe déjà de la route de Chêne, prend à sa charge l'entretien des routes de Malagnou et de Florissant. La route de Chêne cause de gros problèmes d'entretien à la ville de Genève en raison du grand nombre de chars qui y passent. En mai 1860, on compte en une journée 2350 chars. En été, la circulation soulève un épais nuage de poussière. Pour y remédier, il faut arroser la route à l'aide de chariots à tonneaux. Ultérieurement, en 1882, on utilise les bouches à eau dont les routes cantonales sont équipées. Puis vient la technique d'empierrement de Mac Adam et le rouleau compresseur de graviers de Polonceau. Cependant l'entretien aura toujours de la peine à suivre l'augmentation du trafic.
L'installation du tramway hippomobile en 1863 sollicite très lourdement la route
de Chêne. La ligne allant de Rive à Chêne-Bougeries se voit prolongée jusqu'à
Thônex-Moillesulaz, en 1882, en même temps que les tramways passent à la traction
à vapeur. Pour surmonter la descente à la Seymaz et la remontée vers Chêne-Bourg,
on construit un talus et un pont en fer au-dessus de la Seymaz, ce qui représente
d'importants travaux. Ce tramway a une influence considérable sur le développement
de la commune qui se trouve maintenant au seuil de l'agglomération.
En 1881, on prévoit une liaison ferroviaire Cornavin-Annemasse. Mais un changement de majorité au Grand-Conseil fait que le projet se réduit à la réalisation en 1888 de la liaison Vollande-Annemasse. Cette ligne n'a pas d'incidence majeure sur Chêne-Bougeries qui n'est pas desservie par une gare. Il en va tout autrement du chemin de fer Genève-Veyrier qui emprunte depuis 1887 la route de Florissant. Le succès de cette ligne qui relie la ville au Salève, lieu d'excursion, est immédiat.
Dès 1900 il faut partager la chaussée avec l'automobile. Avec en 1905 la première exposition nationale suisse de l'automobile et du cycle, Chêne-Bougeries ne reste pas à l'écart de ce mouvement général. Entre 1903 et 1908, une usine dans la commune produit la "Lucia" première automobile à essence. L'usine est ensuite rachetée par la SIGMA (société industrielle genevoise de mécanique et d'automobiles). 250 véhicules sortent de cette usine jusqu'à la première guerre mondiale. L'usine est alors convertie à la fabrication de matériel de guerre. Les automobiles ne font pas que des heureux: certains citoyens dénoncent ces véhicules meurtriers, responsables de grands nuages de poussières.
De 1850 à 1914 la population genevoise augmente de façon constante. Chêne-Bougeries
voit passer sa population de 1502 à 2758 habitants.