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Ce deuxième entretien, Les maîtres de l'ombre, apporte un éclairage sur les multiples activités secrètes de Jacques Bergier.
Il y a le résistant, actif avant et pendant le Deuxième guerre mondiale : Contre-propagande à Berlin contre les Nazis, action directe lorsqu’il largue de gros volumes du Capital de Marx sur la tête de Pétain à Toulouse ou lorsqu’il incendie des archives pour éviter la déportation à des milliers de jeunes Français.
Ses connaissances et sa capacité d’organisation lui permettront également de créer un réseau français lié à l’Intelligence Service. Grâce à celui-ci, il réussira à faire détruire la base d’expérimentation des fusées V2 de Pennemünde.
Après la guerre, sur la demande du général de Gaulle, il organise en France la DGER (Direction général des études et des recherches), soit le service d’espionnage extérieur. Il y restera jusqu’en 1950. Un de ses conseils d’espion : « Ne jamais travailler avec les Américains. Ces sont de grands enfants».
Enfin à la question de Jean Dumur « Avez-vous dû tuer souvent ? », il répond oui. Précisant qu’il ne regrette rien et qu’il reprend à son compte la la devise des services secrets soviétiques : « Mort aux traîtres ! ».
Jacques Bergier, né le 8 août 1912 en Ukraine à Odessa, est un ingénieur chimiste, agent secret, journaliste et écrivain de nationalité française et polonaise d'ascendance juive. Il émigre avec sa famille en France.
Après des études scientifiques à la Faculté des sciences de Paris et à l'Ecole nationale supérieure de chimie de Paris, il obtient le diplôme d'ingénieur chimiste et se consacre à la recherche scientifique, en particulier à la chimie nucléaire. De la chimie, il glissera également à l'alchimie.
Résistant à Lyon durant la Seconde guerre mondiale, Jacques Bergier sauve des milliers de gens de la déportation en incendiant les locaux abritant des fichiers. Il est arrêté par la Gestapo et enfermé dans les camps de Neue Bremm puis Mauthausen de 1944 à 1945. Après la guerre, il travaille comme agent pour le centre interarmées de contre-espionnage alliés et est également membre des services britanniques de contre-espionnage.
Dès 1952, Jacques Bergier se lance dans l'écriture. Passionné de science-fiction, il traduit en français Lovecraft. Et publie une série de livres sur l'espionnage avant d'écrire en 1960 en collaboration avec Louis Pauwels Le matin des magiciens. Cet ouvrage, un best-seller, fonde le courant du réalisme fantastique qui examine de manière scientifique des objets exclus de la science officielle. Jacques Bergier crée en 1961 la revue Planète avec Louis Pauwels, Aimé Michel, Charles-Noël Martin, Rémy Chauvin et George Langelaan.
Il publiera plus d'une quarantaine d'ouvrages. Les travaux de Jacques Bergier mêlent science, science-fiction et occultisme.
Jacques Bergier, pourvu d'une mémoire étonnante et d'un savoir encyclopédique, maîtrisant plus d'une dizaine de langues, connaît un grand succès public dans le jeu télévisé Les incollables diffusé de 1977 à 1978. Mik Ezdanitoff , un personnage de Hergé du Vol 714 pour Sydney emprunte les traits du scientifique.
Jacques Bergier meurt le 23 novembre 1978.
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Journaliste: Jean Dumur Réalisateur: Jean-Claude Diserens