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Il portait les espoirs suisses de médaille aux championnats du monde de saut à ski à Seefeld et n’a pas déçu: Killian Peier revient d’Autriche médaillé de bronze sur grand tremplin. En tête à l’issue de la première manche, le sauteur vaudois de 23 ans a été dépassé par un duo allemand au classement final mais il laisse sur la quatrième marche le Japonais Kobayashi, grand dominateur de la saison. L’athlète résidant depuis ses seize ans à Einsiedeln, au Centre national de performance pour le saut à ski et le combiné nordique, mais formé à la Vallée de Joux et environs, acquiert de ce fait une toute nouvelle dimension, internationale.
Quatrième Combier à décrocher une médaille internationale
Killian Peier, un garçon de La Sarraz, n’est que le quatrième athlète «combier» à décrocher une distinction à ce niveau, après Sylvain Freiholz, dans la même discipline, Jean-Yves Cuendet en combiné nordique et Laurence Rochat en ski de fond, tous deux par équipe. Les rapprochements entre les deux premiers vont encore plus loin: la médaille remportée par Killian Peier est en effet la même que celle remportée en 1997 à Trondheim (NOR) par Sylvain Freiholz, qui fut son premier entraîneur.
C’est ensuite le Bois-d’Amonier Arnaud Bousset, au sein de l’Equipe West, qui a veillé sur la graine de champion de l’âge de douze ans jusqu’à ce qu’il rejoigne l’équipe suisse. De fait, la préparation du futur athlète s’est faite sur France, aux Tuffes et à Chaux-Neuve. Arnaud Bousset, du reste, a toujours gardé contact avec son ancien poulain et une oreille pour lui, en particulier l’an dernier, quand Killian Peier a dû gérer la terrible déconvenue d’une non-qualification aux Jeux Olympiques de Pyeongchang. «Killian a su rebondir depuis, en remettant en question son mode de fonctionnement et son entourage; aujourd’hui, ces mesures paient. C’est une belle inspiration pour tous!», s’enthousiasme Arnaud Bousset.
Un privilège pour la région
L’entraîneur Bois-d’Amonier préside toujours aux destinées de l’Equipe West, laquelle réunit les meilleurs sauteurs de Ski-Romand et de l’Oberland Bernois. Cette structure régionale est née il y a dix ans (avec sa déclinaison Kids West depuis trois ans). Killian Peier est aujourd’hui le plus beau fruit de cette plateforme. Et derrière Killian Peier se profile déjà une relève d’une dizaine d’adolescents, qui s’entraînent sur de petits tremplins en France voisine, principalement. C’est dire le privilège pour la Vallée de Joux, terre historique de saut à ski, de pouvoir compter un champion de cette trempe alors qu’elle n’a pour accompagner leur émergence ni tremplin ni aménagements scolaires véritables.
Simon Amman a été pendant deux générations la figure du saut à ski helvétique et à 37 ans, concourrait encore aux côtés de Killian à Seefeld (la Suisse a pris la septième place du concours par équipe) mais le cadet a dépassé le vétéran: il était déjà mieux classé au général de la Coupe du monde avant ces championnats du monde. Il y a un nouveau dans le saut helvétique, retenez-le: Killian Peier.
Ils ont dit…
Arnaud Bousset, entraîneur de Killian Peier jusqu’à ses seize ans:
Cette médaille est vraiment sensationnelle, extraordinaire. On sentait Killian monter depuis le début de l’hiver et se rapprocher toujours plus de podiums. Il nous surprenait à chaque compétition. Là, à Seefeld, pendant les qualifications, il n’a jamais fait moins bien que troisième. Il a réussi à tenir mentalement la pression, notamment après avoir réussi le meilleur saut de la première manche. On le voyait tendu mais vu l’enjeu, c’est normal! Et il laisse derrière lui les meilleurs du circuit.
Sébastien Cala, chef du saut à ski à Ski Romand
Malgré notre manque de moyen et d’infrastructure, on a réussi à amener un Romand à une médaille aux championnats du monde. Cela vient couronner le travail de Killian mais également tout ce qui a été mis en place ces dix dernières années pour permettre aux sauteurs Combier et Romands de performer au haut niveau. De voir le projet de tremplin aux Grandes Roches tomber à l’eau nous a fait vraiment mal au cœur. La médaille de Killian nous fait l’effet d’une grande bouffée d’air frais! On espère que cela va nous aider lorsqu’on va discuter du développement de nos structures d’entraînement et de projets d’infrastructures avec les politiques et autres partenaires potentiels. J’espère que c’est le début d’une belle histoire, d’une nouvelle ère pour le saut à ski combier, romand et suisse.