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Steve Guerdat sacré champion olympique
Londres 2012—
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Montant l'éblouissant Nino des Buissonnets, le Jurassien de 30 ans a vécu une journée de rêve en étant le seul cavalier à réaliser deux parcours sans-faute dans le Greenwich Park.
«J'ai dit pendant toute la semaine que mon cheval sautait de manière fantastique. J'avais un sentiment extraordinaire. Le cheval était sous contrôle, et j'étais confiant. Je savais que si je montais bien et que le chance revenait de mon côté, je pouvais faire deux sans-faute. Je n'ai rien lâché et me suis battu jusqu'au bout. C'est magnifique», expliquait-il juste après la cérémonie de remise des médailles.
Le médaillé de bronze du concours par équipes des JO 2008 peinait encore à réaliser la portée de son exploit. Il s'était retiré dans son paddock, où il avait fondu en larmes, après avoir vu les trois derniers cavaliers susceptibles de le priver du titre commettre une faute.
Pas de larmes en revanche lorsque l'hymne national retentissait. «Le bonheur n'a pas toujours besoin d'être accompagné de larmes», soulignait le premier champion olympique jurassien.
Une revanche éclatante
Privé pour 2 points d'une médaille lundi lors de l'épreuve par équipes (4e place), Steve Guerdat a pris une revanche éclatante mercredi.
Le natif de Bassecourt était l'un des six cavaliers à signer un sans-faute sur le premier parcours, avec notamment deux champions olympiques par équipes, les Britanniques Nick Skelton et Scott Brash, et un Allemand revanchard, Marcus Ehning.
Steve Guerdat démontrait toute sa maîtrise nerveuse et tout son talent dans la deuxième manche, sur un hongre de 11 ans qu'il ne monte que depuis le début de l'année 2011. Sous pression après le passage immaculé du Jurassien de 30 ans, les trois derniers concurrents en lice craquaient. Scott Brash partait à la faute dès le quatrième des dix obstacles, Marcus Ehning sur le sixième et le grand favori Nick Skelton accrochait la huitième barre.
Lui aussi auteur d'un sans-faute en première manche, Cian O'Connor aurait pu partir en barrage pour le titre. Mais l'Irlandais et son hongre Blue Loyd avaient été pénalisés en raison d'un dépassement de temps pour... 2 centièmes! Le duo devait finalement disputer un barrage pour la deuxième place face au Néerlandais Gerco Schroder et à son étalon London, qui se paraient d'argent pour la deuxième fois dans ces joutes.
«C'est un privilège de me retrouver sur le podium à côté de ces deux génies», lâchait l'Irlandais, qui avait remporté l'épreuve individuelle des JO 2004 avant d'être disqualifié pour dopage.
88 ans d'attente
Troisième médaillé helvétique dans ces JO après Nicola Spirig (or en triathlon) et Roger Federer (argent en tennis), Steve Guerdat offre à la Suisse sa première médaille individuelle en saut d'obstacles depuis celle d'argent conquise par le célèbre duo Willi Melliger/Calvaro en 1996 à Atlanta.
Premier Romand titré en individuel depuis le cycliste Pascal Richard en 1996, il est simplement le deuxième Helvète sacré en saut après Alphonse Gemuseus, qui s'était imposé en... 1924 sur Lucette lors de la chasse.
Le Jurassien a, bien évidemment, écrit la plus belle ligne d'un palmarès pourtant déjà bien rempli. Outre ses deux médailles olympiques, il possède déjà une panoplie complète de médailles dans des concours par équipes de championnats d'Europe (or en 2009, argent en 2005 et bronze en 2003, alors qu'il n'avait que 21 ans!).
Il avait en outre terminé 2e de la finale de la Coupe du monde ce printemps. «J'ai alors compris qu'une médaille olympique était possible avec Nino», relevait-il.
Un parcours difficile
Son parcours n'a pourtant rien d'un long fleuve tranquille. Steve Guerdat connaissait ainsi une période particulièrement difficile en février 2006 lorsque son cheval de pointe Tijl van het Palieterland lui était retiré par le Néerlandais Jan Tops, chez qui il montait et apprenait le haut niveau. Il décidait alors de quitter les Pays-Bas, et se retrouvait même pendant quelques temps sans cheval de premier plan.
Steve Guerdat rejoignait ensuite le groupe du milliardaire ukrainien Alexander Onischenko, qu'il quittait rapidement puisque ce dernier voulait que le Jurassien change de nationalité. Il bénéficiait ensuite dans un premier temps du soutien du fidèle mécène Yves Piaget, qui lui permettait de monter Jalisca Solier - son cheval préféré - sur laquelle il glanait notamment le bronze à Pékin dans le concours par équipes.
Sa carrière prenait une autre dimension en décembre 2010 lorsqu'il recevait Nino des Buissonnets, un hongre acheté par Urs Schwarzenbach.
Schwizer 12e, Estermann 17e
Cela s'est forcément moins bien passé pour les deux autres Suisses en lice dans cette finale individuelle. En embuscade après la manche initiale (1 point de pénalité pour dépassement de temps), puis Schwizer manquait son affaire sur le second parcours et terminait au 12e rang avec sa jument Carlina.
Paul Estermann et sa jument Castlefield Eclipe se contentaient quant à eux de la 17e place, avec 10 points de pénalité au total (5 5).
(si/nxp)
Créé: 08.08.2012, 22h04