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Caritas soutient le droit des personnes à migrer et à mener sous d’autres cieux une nouvelle vie en sécurité. Franchir les frontières devrait être possible non seulement pour les marchandises et les flux de capitaux, mais aussi pour les personnes. Caritas rejette l'initiative populaire fédérale « Oui à une migration modérée » et préconise la libre circulation des personnes, flanquée de mesures d'accompagnement fortes.
Caritas met en avant les arguments suivants plaidant pour le rejet de l'initiative de limitation :
Davantage de droits pour les migrants
La libre circulation des personnes a amélioré les droits des migrants en Suisse. L'alternative à la libre circulation des personnes serait de réintroduire les contingents : mais nous ne voulons pas retourner à l'époque où les travailleurs de l'UE venaient en Suisse comme immigrés privés de droits. Dans nos frontières, la libre circulation des personnes a renforcé les droits du travail, à la sécurité sociale et à la vie familiale des migrants de l'UE et de l'AELE.
La Suisse est prospère
L'UE est le premier partenaire (commercial) de la Suisse : une grande partie de notre prospérité repose sur les échanges économiques, scientifiques et culturels avec elle. Nous avons besoin d’une main-d’œuvre en provenance de l'extérieur de la Suisse et de l'UE. La pérennité de nombreux secteurs économiques dépend de la main-d’œuvre étrangère, comme l'a très clairement montré la crise du coronavirus. Dans le secteur de la santé, plus d'un tiers de la main-d'œuvre provient des pays de l'UE. Les migrants assument également des tâches pour lesquelles il est impossible de trouver des travailleurs en Suisse. Et notre pays profite grandement des travailleurs formés dans les pays de l'UE et n’a pas à prendre en charge les frais de leur formation. En contrepartie, tous les travailleurs devraient avoir un accès légal à la sécurité sociale, comme le prévoit l'UE.
S’attaquer aux problèmes main dans la main
Isoler la Suisse n'est pas la bonne façon de s'attaquer aux problèmes mondiaux urgents tels que la pauvreté, la crise climatique et les questions de migration. Si elle dénonçait la libre circulation des personnes, la Suisse deviendrait un partenaire peu fiable et peu crédible. Il y a plus que jamais lieu de cultiver de bonnes relations et de reconnaître que nous avons tous besoin les uns des autres.
Remédier aux situations précaires au lieu de s’isoler
Caritas perçoit un grand potentiel d’amélioration des situations d’emploi précaire dans notre pays, notamment des migrants, et toute l’utilité d’investir en particulier dans la formation. Au lieu de cela, les entreprises, dans le secteur des bas salaires surtout, recourent de plus en plus souvent à des modèles de travail très flexibles ne garantissant pas le minimum vital, comme le travail sur appel ou sur base horaire. C'est pourquoi Caritas exige également des employeurs qu'ils fassent de sérieux efforts pour garantir des relations de travail synonymes de conditions d’existence convenables. Ils devraient aussi être tenus de fournir à tous leurs employés une formation régulière et adéquate moyennant une formation contraignante. Ce n'est que de cette manière que les employés auront la possibilité de s'adapter à l'évolution rapide du marché du travail en Suisse – dans le sillage de la numérisation par exemple. Des mesures de formation préventives peuvent aussi empêcher les salariés de perdre leur emploi et de se retrouver dans l’incapacité de gagner leur vie de façon autonome.
La Suisse a de surcroît besoin de meilleures possibilités de prise en charge extrafamiliale d'enfants afin de pouvoir concilier travail et famille. C'est la seule façon pour les deux parents de gagner un salaire décent dans les secteurs à bas salaires.