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"Le rapport de sécurité du Département militaire fédéral retient trois menaces principales pour la Suisse: le terrorisme, une cyber-guerre et des troubles liés aux désordres climatiques", énumère Christian Levrat, en y ajoutant également le risque d'une pandémie globale.
"On n'a pas dans ces scénarios le risque d'une guerre territoriale qui impliquerait des affrontements classiques en Europe", souligne-t-il dans La Matinale lundi, au nom du camp des opposants à l'acquisition de ces avions de combat pour un budget de 6 milliards de francs.
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Rôle de police du ciel
Alors qu'ailleurs dans le monde, on assiste à un retour de la politique de puissances - avec des rivalités politiques croissantes entre de grands Etats comme la Chine, les Etats-Unis, la Russie - , le Fribourgeois tempère. "Il est raisonnable d'avoir une armée correctement équipée pour répondre aux défis du temps. Le principal défi en matière de sécurité aérienne est la police du ciel. Les jets dont on parle ici sont clairement surdimensionnés pour cela."
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L'argent destiné à cet achat serait bien mieux investi dans des secteurs où les besoins sont plus criants, comme le risque d'une cyberattaque "où la Suisse est aujourd'hui totalement dépassée", fait valoir Christian Levrat.
"Préparer la guerre précédente"
Car même en matière de sécurité, il faut savoir fixer des priorités, les moyens n'étant pas illimités. "Le propre des généraux, c'est qu'ils préparent toujours la guerre précédente", assène le socialiste. "Je ne crois pas qu'on doive se préparer à une guerre qui impliquerait un de nos voisins. Et si une menace venait de plus loin, nous sommes au milieu du dispositif de l'Otan, principale alliance militaire."
Pour être crédible, une réponse militaire passerait également par un partenariat avec les voisins européens de la Suisse, estime Christian Levrat. "Une défense aérienne coordonnée, au moins, cela aurait un certain sens. Or, on est plutôt dans un 'alleingang' de la Suisse qui, avec une quarantaine d'avions, espère sauver le continent. C'est trop cher, déraisonnable, et cela ne correspond pas aux menaces principales", conclut le sénateur.
Selon une sondage de la SSR réalisé fin août, le renouvellement de la flotte des avions de combat recevrait le soutien d'une majorité (58%) de la population.
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Propos recueillis par David Berger
Adaptation web: Katharina Kubicek