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Près de 25'000 spectateurs ont assisté à la descente et au combiné de Coupe du monde dames à Crans-Montana les 23 et 24 février 2019. Malgré la grande réussite sportive, les compétitions ont été émaillées par des soucis de chronométrage de Swiss Timing, bien indépendants de la volonté des organisateurs.
Quatre jours après la fin des Championnats du monde de Åre, les meilleures skieuses de la planète s'étaient données rendez-vous à Crans-Montana. La station du Haut-Plateau, désormais implantée comme une véritable classique de la Coupe du monde féminine, y organisait une descente et un combiné.
Sous un soleil de plomb, ce sont 13'000 spectateurs qui se sont amassés le samedi au pied d'une piste du Mont Lachaux magnifiquement préparée pour l'occasion afin d'assister pour la première fois à une descente à Crans-Montana depuis 2014. Comme lors des entraînements, la compétition a été dominée par la championne olympique Sofia Goggia. Alors que les athlètes et les suiveurs du Cirque blanc estimait qu'un tout petit numéro de dossard était nécessaire pour remporter la course, l'Italienne a prouvé le contraire en s'élançant avec le 13. Au terme d'une descente maîtrisée de bout en bout, la skieuse transalpine a devancé de plus d'une demi-seconde l'Autrichienne Nicole Schmidhofer et la Suissesse Corinne Suter, qui grimpe sur le premier podium de sa carrière en Coupe du monde après ses deux médailles aux Mondiaux de Åre.
Un immense problème de connexion lors de la descente
Toutefois, les résultats de cette descente sont passés totalement au second plan. La faute à de nombreux problèmes de chronométrage connus par Swiss Timing, bien indépendants de la volonté des organisateurs, qui ont émaillé la compétition. Tout d'abord, la course a dû être stoppée à de nombreuses reprises pour retrouver les temps de plusieurs athlètes suisses. En effet, le chrono de Joana Hählen, de Lara Gut-Behrami, de Jasmine Flury et de Priska Nufer ne s'est pas arrêté au moment où elles ont franchi la ligne d'arrivée. Concrètement, la cellule A, censée compter le temps des athlètes ne s’est pas déclenchée. Pas plus de succès pour la B, qui remplace la première en cas de pépin. Un problème de connexion entre l’infrastructure installée sur la ligne d’arrivée et la salle de chronométrage est à l’origine des soucis rencontrés durant la course par Swiss Timing, en charge des opérations de chronométrage sur le site.
Dans cette situation, ce sont les chronomètres manuels qui ont été pris en compte. Ainsi Joana Hählen était classée 2e, pendant que Nicole Schmidhofer et Lara Gut-Behrami se voyaient intervertir leur 3e et 4e rang.
Des résultats officiels revus 72 heures après la course
Alors que le public fêtait le soir-même Sofia Goggia, Joana Hählen et Lara Gut-Behrami lors de la cérémonie protocolaire qui eut lieu sur la patinoire d’Ycoor personne ne se doutait qu'un nouveau rebondissement allait se produire. En effet, 72 heures (!) après la course, la FIS officialisait un nouveau classement après un nouveau calcul des temps pris manuellement qui, après analyses, avaient été saisis de façon incorrecte. Le facteur de correction de 13 centièmes avait été déduit des chronos manuels des skieuses alors qu’il aurait dû être ajouté. Swiss Timing a ainsi recalculé tous les chronos en utilisant la nouvelle méthodologie et a confirmé les nouveaux résultats. Quatre membre du groupe de travail de la FIS on vérifié ces mesures. Joana Hählen et Lara Gut-Behrami, déclassées aux 4e et 6e rang, ne se trouvent plus sur le podium désormais officiellement occupé par Sofia Goggia, Nicole Schmidhofer et Corinne Suter.
Les investigations menées par le FIS et Swiss Timing ont permis de comprendre pourquoi la cellule chronométrique placée sur la ligne d’arrivée ne s’était pas déclenchée au passage des quatre skieuses suisses. La cause est due à un problème d’ajustement de la dernière cellule, celle-ci étant réglée trop haute. Après deux entraînements, le niveau de la neige s’est affaissé à cause des passages multiples des skieuses, mais également de la fonte de la neige provoquée par les fortes chaleurs qui régnaient sur le Haut-Plateau.
La FIS s'est excusée auprès des responsables des courses de Crans-Montana pour tous les inconvénients rencontrés durant plusieurs jours, des événements qui se sont produits indépendamment de la volonté des organisateurs.
Un bilan sportif et populaire positif après un combiné record
Toujours est-il que le bilan sportif du week-end est exceptionnel. Au lendemain d'une fête populaire magnifique, le seul combiné dames de l'hiver a attiré 11'800 spectateurs au pied de la piste du Mont Lachaux. Pour la troisième année de suite, c'est l'Italienne Federica Brignone, qui se sent à Crans-Montana comme à la maison, qui a remporté l'épreuve qui couronne la skieuse la plus polyvalente du circuit. La skieuse du Val d'Aoste s'est imposée devant la Canadienne Roni Remme et la Schwytzoise Wendy Holdener après un slalom disputé sur le mur final de la piste du Mont Lachaux qui a parfaitement tenu le choc malgré les fortes températures enregistrées. A l'issue de la course et une fois le piquetage démonté, on ne pouvait d'ailleurs deviner par où étaient passées les skieuses.
En tout et pour tout 31'400 spectateurs ont assisté aux courses, aux cérémonies ou à la World Cup Party pour un week-end de folie à Crans-Montana. Le rendez-vous est déjà pris pour les 22 et 23 février 2020 dans la station valaisanne où seront organisés une descente et un super-G dames. - Johan Tachet, SkiActu
DEPREZphoto, cransmontana