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Le procès pour fraude commerciale contre trois Suisses s'est ouvert lundi devant le Tribunal pénal fédéral (TPF) à Bellinzone. Les accusés ont travaillé pour l'escroc allemand Ulrich Engler.
Lundi, au début du procès, la défense a demandé l'abandon de la procédure. La durée de celle-ci, commencée il y a déjà dix ans, est une violation flagrante du principe de célérité, selon un avocat de la défense.
Le Tribunal pénal fédéral a toutefois rejeté toutes les demandes de la défense. La question de la longueur de la procédure et d'une éventuelle violation du principe de célérité sera examinée et appréciée à un stade ultérieur.
Système "boule de neige"
Les trois Suisses doivent répondre de fraudes commerciales portant sur plusieurs millions d'euros. L'accusée principale est une femme de 59 ans domiciliée dans le canton de Schaffhouse. Le deuxième accusé, âgé de 75 ans, vit actuellement en Thaïlande. Le troisième prévenu, âgé de 58 ans, réside dans le canton de Saint-Gall.
Ils auraient joué un rôle clé dans la mise en place d'un système "boule de neige" de distribution des investissements en capital. Des rendements de rêve étaient promis aux investisseurs. La principale accusée, qui travaille dans l'hôtellerie, avait elle-même commencé par un investissement de 10'000 dollars. Elle a ensuite fait connaissance personnellement avec M. Engler lors d'une visite en Floride.
"Il m'a complètement ébloui", a déclaré l'accusée, lorsque la présidente du tribunal lui a demandé pourquoi elle travaillait pour cet homme. Elle lui faisait totalement confiance et a même mis en place un système administratif pour lui. Elle gagnait des montants à plus de cinq chiffres par mois.
Les faits remontent aux années 2005 à 2007. Les accusés ont alors appâté des investisseurs de Suisse, d'Autriche et du Liechtenstein pour investir dans le système mis en place par l'Allemand Ulrich Engler. Celui-ci avait mis en place un système frauduleux en Floride où il menait un train de vie luxueux.
Huit ans de prison
Se faisant passer par exemple pour un chef de salle de marché d'une grande banque new-yorkaise, il faisait miroiter à des milliers de petits épargnants des rendements mensuels de 3 à 6%, promettant de les obtenir en spéculant à la journée sur les marchés d'actions ("day trading"). Mais en réalité, il n'aurait jamais réalisé de telles opérations.
Ulrich Engler a été arrêté en juillet 2012 aux Etats-Unis après cinq ans de fuite et il a reconnu les faits. Il a été condamné à huit ans et six mois de prison en mars 2013 par le tribunal de grande instance de Mannheim (D).
L'argent reçu des investisseurs - 171 millions de dollars au total - a "servi à financer son train de vie, à payer des commissions aux agents intermédiaires" ainsi qu'à accorder aux premiers "clients" le taux de rendement promis, selon le tribunal. Environ 1300 investisseurs, principalement d'Allemagne, d'Autriche et de Suisse, avaient succombé au système de M. Engler.
Huit jours d'audience sont prévus pour le procès devant le Tribunal pénal fédéral, qui traitera du pendant suisse de cette affaire de fraude. La publication du jugement est prévue pour le 29 novembre.