Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06877.jsonl.gz/299

La croissance économique de Genève est due à une attractivité fiscale forte (exonération quasi-totale d'impôts sur les sociétés proposée à certaines entreprises en contrepartie de leur installation), une qualité de vie, et un bassin de main d'œuvre très qualifiée.
Deux de ces atouts sont en train de disparaître très rapidement. La qualité de vie d'abord. La crise du logement contraint les nouveaux arrivants à se loger de plus en plus loins, de plus en plus mal et de plus en plus cher. Ils mettent souvent plus de 6 mois à trouver un logement alors que bien souvent ils ne restent que 3 ou 4 ans sur place.
La qualité de vie se détruit aussi très rapidement du fait de l'engorgement massif des voies de circulation. Les bouchons augmentent à vue d'œil. Au temps perdu s'ajoute la pollution de l'air et la pollution visuelle de files de voitures continuent.
Ces faits sont connus et observés. Ce qui l'est moins c'est que le bassin d'emploi risque de se réduire considérablement et très rapidement au fur et à mesure que les bouchons se développent.
Il y a quatre ans, les chefs d'entreprises se plaignaient de voir leurs salariés les quitter les uns après les autres. Ils étaient contraints de chercher un emploi à Genève pour avoir les moyens de vivre dans le Genevois français. Aujourd'hui, ils constatent que leurs employés préfèrent rentrer dans leur région d'origine plutôt que de subir de tels temps de transports.
Il y a quatre ans, il suffisait d'aller travailler un peu plus tôt ou un peu plus tard pour circuler correctement. Ces stratagèmes ne suffisent plus. Plus aucun itinéraire n'est dégagé à aucune heure décente pour aller travailler.
Le nombre d'habitants qui logent à 35 minutes des lieux d'emplois est encore d'environ 600 000 personnes, soit environ 300 000 actifs. A mesure que l'engorgement des routes s'accélère de manière exponentielle, les distances parcourues en 35 minutes se réduisent. Dans cinq ans, ce sont plus de 50 000 personnes supplémentaires qui auront emménagées dans le Genevois franco suisse, soit environ entre 15 et 25 000 voitures supplémentaires sur les routes. Un engorgement exponentiel qui réduira le nombre de personnes logées à 35 minutes de leur lieu de travail.
Il y aurait 50 000 habitants supplémentaires, mais 100 000 de moins logés dans un rayon de 35 minutes de leur lieu de travail ! Au total, environ 25 000 actifs qualifiés de moins dans le bassin d'emploi de Genève.
Cela ne se produira pas de manière progressive et lente mais de manière brutale et soudaine puisque la paralysie des transports suit des lois exponentielles : il suffit de quelques voitures en plus ou en moins pour passer d'un trafic fluide à un engorgement complet. On le voit pendant les vacances scolaires, il suffit qu'il y ait 10% de voitures en moins pour que le trafic devienne totalement fluide. Lorsque cette contraction aura lieu, il faudra environ 10 ans pour corriger ses effets en modifiant la politique économique, la politique du logement et en intensifiant la politique de développement d'infrastructures de transports.