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Situation du Bas-Valais à l'Epoque moderne
A la fin du XVIIIe siècle, dans le Bas-Valais et en particulier dans le Chablais valaisan, où les échanges commerciaux se développent avec le Chablais vaudois, le contrôle de l’Etat des Sept Dizains est mal supporté. Les paysans et les artisans se plaignent des péages et des taxes arbitraires qui gênent le commerce.
Sommaire
Contexte socio-politique
Il existe en effet dans le Bas-Valais des situations difficilement supportables pour les sujets des seigneurs Patriotes. Un certain nombre de paysans bas-valaisans ont le statut de mainmortables ou taillables, c’est-à-dire qu’ils vivent libres, mais meurent en serfs, parce qu’ils sont soumis au droit d’échute, qui permet au seigneur d’hériter du mainmortable si ce dernier n’a pas d’héritier direct. Au XVIIIe siècle, plusieurs communautés du Bas-Valais demandent le rachat de ce droit humiliant. Cette possibilité sera accordée par la Diète à quelques localités. Dans les gouvernements de Monthey et Saint-Maurice, l’essentiel des revenus du représentant des Sept Dizains est tiré des amendes payées par les justiciables. Mais, au cours de l’Ancien Régime, beaucoup font des abus. Le 8 septembre 1790, par exemple, Monthey est le théâtre d’une émeute qui se répand dans le val d’Illiez, à Saint-Maurice et dans l’Entremont. La cause immédiate est la rapacité du gouverneur de Monthey, Hildebrand Schiner. Il veut indûment faire payer une amende à un paysan du val d’Illiez, Pierre Maurice Bellet. L’émeute chasse le gouverneur qui doit se réfugier à Sion. Cette affaire se termine par une amnistie générale accordée par la Diète de décembre 1790.
Le statut de Valaisan
Pour être Valaisan à part entière, un Bas-Valaisan doit obtenir le statut de franc-patriote et, pour cela, verser une contribution en argent, dont la justification est la participation à la défense de la patrie. En 1791, la somme est fixée à 15 écus par dizain, soit plus de 100 écus, capital important qui limite cette possibilité aux gens aisés. Normalement, la qualité de franc-patriotes ouvre l’accès aux charges de l’Etat, mais la Diète du 12 au 13 mai 1794 va jusqu’à décider que seuls les petits-enfants des nouveaux patriotes pourront être promus aux charges publiques.
La sujetion du Bas-Valais
En fait, la sujétion du Bas-Valais au Haut est d’autant plus intolérable que le niveau économique et culturel du pays sujet est comparable à celui des Sept Dizains, parfois même plus élevé pour certaines régions. A plus ou moins long terme, le Bas-Valais revendiquera le même statut politique que celui du Haut. La pression française, qui provoque la libération du Pays de Vaud du joug bernois le 24 janvier 1798, précipite la révolution bas-valaisanne qui éclate quatre jours plus tard. Le Haut-Valais se voit alors contraint de reconnaître l’affranchissement du Bas-Valais.
Bibliographie
- Histoire du Valais, Annales valaisannes 2000-2001, Sion, 2002
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