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Préface
La Loi sur les Eglises de 1874 indique que la surveillance de tout ce qui touche aux affaires internes de l'Eglise n'est plus de la compétence de l'Etat, mais du Conseil synodal.
Dès lors, le Conseil synodal rédige à intervalle régulier un rapport à l'attention du Synode traitant de la vie religieuse, ecclésiale et morale dans les paroisses. Ces rapports ne sont à pas en premier lieu des instruments de contrôle, mais offrent plutôt un tour d'horizon invitant à la réflexion et à la méditation. Ils présentent l'activité variée de l'Eglise et nous incitent à nous projeter au-delà des frontières de l'Eglise pour en découvrir l'environnement social, économique, politique et culturel. Les rapports présentent les défis présents et futurs caractéristiques de chaque période. Ils témoignent de l'Espérance et de la Confiance en Dieu, sans pour autant taire les errements et les faiblesses de l'Eglise.
Au début, la période couverte par un rapport équivalait à quatre ans. Ce fut le cas de 1874 à 1909. De nombreuses remarques exprimées au Synode ont fait part de la difficulté à constater une véritable évolution pendant cette brève période de quatre ans depuis le dernier état des lieux.
Le Conseil synodal faisait rédiger son rapport sur la base de réponses données à un questionnaire préalablement distribué dans les paroisses. Malgré la répugnance constatée chez quelques pasteurs ou responsables dans les paroisses, on peut considérer que ces données étaient représentatives de la situation de l'Eglise d'alors.
Une personnalité mandatée par le Conseil synodal établissait alors le rapport général en reprenant les réponses qui lui avaient été présentées. Chaque auteur se mit au travail en suivant sa propre méthode qui, à défaut d'être originale, n'en demeurait pas moins très individuelle. Certains privilégièrent de grands ouvrages, d'autres de petites brochures. Les uns mirent l'accent sur une retransmission très fidèle, voir textuelle des réponses, d'autres se sentirent appelés à laisser libre cours à leur propre façon de voir et donc aussi à leur propre théologie. Dans un cas comme dans l'autre, que nous ayons à faire à des textes informatifs ou interprétatifs, que l'auteur ait mis en avant les faits décrits ou leur signification, il s'agit là de témoignages saisissants de leur période.
Car c'est ainsi qu'il faut les apprécier et les comprendre. Certains thèmes traités ne nous semblent aujourd'hui plus guère actuels et prenaient pourtant une large place dans les rapports d'antan, alors que d'autres thèmes suscitant notre intérêt aujourd'hui n'étaient pas encore mis en avant à l'époque. Ces rapports sont précieux pour notre présent, ils attirent notre attention sur ce qui s'est modifié au fil du temps au sein de l'Eglise et dans la société, mais ils rappellent également à notre souvenir ce qui demeure malgré l'agitation du temps qui passe et qui transforme toute chose.
La collection de citations qui suit est issue des 2863 pages que représentent l'ensemble des rapports quadriennaux et décennaux et nous permet ainsi de passer en revue les dernières 126 années de l'histoire de notre Eglise. Le choix proposé est thématique et répond aux réflexes du lecteur d'aujourd'hui et de ses intérêts sans pour trahir l'histoire.
Le document n'est pas conçu pour être lu d'un bout à l'autre. En cliquant sur un titre ou sur un mot-clé, on pourra découvrir le chapitre correspondant et s'y arrêter.
La répétition de témoignages similaires portant sur un même thème démontre qu'un problème a occupé l'Eglise sur une longue période. Des citations contradictoires montrent qu'une même réalité peut être accueillie, vécue et comprise de différentes manières.
Au niveau de la langue, les adaptations restent mesurées. En allemand l'orthographe suit, en principe, la pratique actuelle. Quant à la construction des phrases, il était parfois nécessaire de l'adapter en déplaçant le prédicat et en transformant une subordonnée en une principale.
La référence à la source pour les citations ne consiste pas, comme il en est l'usage, en l'indication d'un numéro de page. C'est davantage l'année qui est mise en avant permettant de savoir de quel rapport une citation fut extraite. L'ordonnance chronologique des extraits permet ainsi de replacer ces témoignages dans leur contexte historique.
Samuel Lutz