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Au musée olympique de Lausanne, une piste de 100m permet depuis plusieurs années de se mesurer à Usain Bolt. Le principe est simple: des ampoules LED s'allument les unes après les autres sur le bord du tartan au rythme du sprinter jamaïcain lors de son record du monde (9''58). Les amateurs doivent essayer de rester au contact des lumières, ce qui est physiquement impossible.
Il se trouve que cette technologie (appelée wavelight en anglais) est de plus en plus visible lors des meetings. Déjà exploitée pour les compétitions en extérieur, notamment à Lausanne en 2021, elle a fait son apparition pour la première fois en intérieur, la semaine dernière dans le nord de la France.
L'idée n'est plus de battre Usain Bolt (le guidage lumineux est de toute façon inutile pour les distances inférieures à 800m), mais de permettre aux coureurs de maintenir une cadence leur permettant de viser un record (du monde ou du meeting). L'outil est également utile pour les spectateurs, qui peuvent ainsi se faire une idée en temps réel de la performance des athlètes.
Auparavant, des coureurs étaient spécialement recrutés pour imprimer le rythme. On les appelait des «lièvres». Ils n'ont bientôt plus de boulot, et c'est la faute à l'un des leurs, le Néerlandais Bram Som, ancien coureur de haut niveau et ancien lièvre, devenu promoteur du guidage lumineux en vogue sur les tartans.
Patron d'Athletissima, Jacky Delapierre adore ce système digital, qu'il compte bien utiliser à nouveau cet été, malgré son prix (12 000 dollars la soirée). «L'investissement en vaut la peine, car c'est aller dans le sens du développement de l'athlétisme», assure-t-il, avant de tirer à balles réelles sur les lièvres: «Je préfère avoir ces lumières et que ce soit régulier, plutôt que des gars que tu paies 2 ou 3000 dollars pour faire les lièvres, qui s'en foutent et qui sont quinze mètres devant».
Le dirigeant vaudois ne voit que des avantages au guidage lumineux:
Les directeurs de meeting doivent encore apprendre à communiquer avec les spectateurs pour qu'ils puissent eux aussi profiter de la nouvelle technologie. «L'année dernière, je ne suis pas sûr qu'il y ait eu plus de 20 ou 30% des spectateurs de La Pontaise qui ont compris à quoi servaient les lumières», reconnaît Jacky Delapierre. «C'est à nous de les éduquer et on le refera en 2022.» Plusieurs dirigeants de l'athlétisme européen ont d'ailleurs prévu de se retrouver prochainement à Belgrade, afin de discuter ensemble de la façon de mieux «vendre» le produit. «Personne n'a encore réussi à exploiter le guidage lumineux pour en faire un show. On tâtonne encore, ce n'est que le début.»
La Suisse ne possède pas encore son propre équipement, mais Jacky Delapierre y songe sérieusement. «On pourrait se mettre ensemble, Zurich, Lausanne et Swiss Athletics, afin d'acheter un système de LED que nous utiliserions ensuite à tour de rôle. Des discussions sont en cours.»
Si elles aboutissent, elles permettraient à nos athlètes de se préparer dans des conditions optimales pour les grands rendez-vous, comme les Jeux olympiques. Il suffirait alors d'entrer dans l'ordinateur les minima requis pour participer aux JO, afin que les Suisses puissent régler leurs foulées sur les temps de qualification.
Il aura fait vibrer les téléspectateurs romands ces dernières années lors des matchs de la Nati avec de sacrées envolées au micro. Dont celle, inoubliable, sur l'égalisation de Mario Gavranovic contre la France à l'Euro l'an passé.