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Mme Sturgeon avait annoncé le 13 mars vouloir organiser un nouveau référendum d'indépendance fin 2018 ou début 2019.
Keystone/EPA/ROBERT PERRY(sda-ats)
La première ministre écossaise a déclaré mardi qu'il serait "injuste et inacceptable" que le gouvernement britannique rejette sa demande d'organiser un nouveau référendum d'indépendance. Un casse-tête pour Londres au moment où il s'apprête à déclencher le Brexit.
Devant le parlement régional écossais, qui a commencé à examiner une motion l'autorisant à demander l'aval de Londres pour organiser cette consultation, Nicola Sturgeon a dénoncé le fait que l'Ecosse doive "sortir de l'UE contre sa volonté". Elle a revendiqué "un mandat démocratique incontestable" pour organiser cette consultation.
Les députés écossais devraient approuver sans problème ce texte lors du vote prévu mercredi, le Parti national écossais SNP de Mme Sturgeon disposant de la majorité avec l'appui des écologistes.
Mme Sturgeon avait annoncé le 13 mars vouloir organiser un nouveau référendum d'indépendance fin 2018 ou début 2019. Elle avait fait valoir que la sortie du Royaume-Uni de l'UE et surtout du marché unique risquait d'entraîner la suppression de "dizaines de milliers d'emplois" en Ecosse.
La situation a-t-elle changé?
Lors d'une première consultation en septembre 2014, les Ecossais s'étaient prononcés à 55% contre l'indépendance. Mais la cheffe du SNP souligne que la situation a changé depuis et que 62% des Ecossais ont voté pour le maintien dans l'UE lors du référendum du 23 juin, alors que 52% des Britanniques ont voté contre.
"Tous nos efforts de compromis ont été rejetés", a-t-elle encore affirmé, citant en particulier sa demande de transférer davantage de pouvoirs au Parlement régional écossais et celle de rester dans le marché unique.
Mais la première ministre conservatrice britannique Theresa May lui a rétorqué la semaine dernière que ce n'était "pas le bon moment" d'organiser cette consultation alors que le Royaume-Uni va se retrouver plongé dans de difficiles négociations de sortie de l'UE pendant les deux années à venir. Lundi, Londres a annoncé qu'il déclencherait quoi qu'il en soit le Brexit le 29 mars.
Outre l'aval du parlement écossais, la demande de référendum doit ensuite recevoir l'accord du gouvernement britannique puis faire l'objet d'un vote au parlement de Westminster. La partie est donc loin d'être gagnée, tant un référendum d'indépendance d'ici à deux ans risquerait d'affaiblir Mme May dans ses négociations avec Bruxelles, en plus de menacer la cohésion du Royaume.
"Démocratiquement indéfendable"
Pour Mme Sturgeon, la position de Theresa May sera "démocratiquement indéfendable" si "les députés écossais approuvent (la) motion". "Cette décision cruciale ne doit pas être prise par moi ou la Première ministre (Theresa May). Elle doit être celle du peuple écossais", a-t-elle ajouté.
Si elle parvient à décrocher un nouveau référendum, Mme Sturgeon devra aussi convaincre des Ecossais encore divisés. Selon un sondage publié dimanche, seuls 44% d'entre eux sont à ce jour favorables à une indépendance, et une légère majorité (51%) sont contre un référendum dans un avenir proche.
Pour John Curtice, professeur de sciences politiques à l'université de Strathclyde (Ecosse), la position de Theresa May peut ainsi arranger Nicola Sturgeon. "Le camp du 'oui' a encore du terrain à gagner. Or, avoir du temps pour plaider sa cause, c'est peut-être ce qu'elle veut, dans le fond", a-t-il déclaré au Times.
Se pose également la question de savoir si Edimbourg a les moyens de son indépendance, alors que la santé de l'économie écossaise s'est détériorée avec la chute des cours du pétrole depuis 2014. Mais l'ancien premier ministre d'Ecosse et ex-leader du SNP Alex Salmond a fait valoir que l'Ecosse était "la 15e nation la plus prospère au monde en termes de PIB par habitant".
ATS