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Au cours du premier semestre 2023, 36 demandes ont été déposées auprès du TPF et les commissions ont accordé des contributions à hauteur de CHF 1,54 million à la fin juin. Ces activités très réjouissantes posent toutefois un problème : chaque année, le TPF ne dispose que des moyens mis à sa disposition par les fondations culturelles de la Société Suisse des Auteurs, de Suissimage et de la Fondation culturelle pour l'audiovisuel (Swissperform). En 2023, cela représente CHF 3,08 millions. Après déduction des frais administratifs, CHF 2,9 millions sont à disposition. Ce montant est en principe affecté à 30 % à des documentaires et à 70 % à des formats de fiction. Au niveau des régions linguistiques, nous répartissons les montants selon une forme simple de la clé Helvetia : 50% vont à la Suisse alémanique, 30% à la Suisse romande et 20% au Tessin.
Ces dernières années, le Fonds culturel de Suissimage a accordé en règle générale CHF 800'000. Pour les années 2023 et 2024, il est heureusement prêt à mettre à disposition 200'000 CHF supplémentaires, à condition qu'ils servent à soutenir des séries de films documentaires. En effet, depuis quelque temps, nous recevons également des demandes pour des séries documentaires, et les 200 000 CHF sont donc les bienvenus.
Depuis 2023, les films documentaires sont soumis aux mêmes quatre délais de soumission que l'OFC. Cette mesure a été introduite précisément parce que certains projets doivent être refusés malgré leur grande qualité. Nous souhaitons donc pouvoir évaluer le plus grand nombre possible de projets en même temps. Les différentes demandes sont donc en concurrence les unes avec les autres, car à l'avenir, de plus en plus de demandes devront être refusées, ne serait-ce que par manque de moyens.
Dans le domaine de la fiction, seules des séries sont actuellement produites. En Suisse alémanique, il y aura à nouveau un automatisme en 2023 – comme dans les années 2011-2018 : le TPF ne procède pas à un examen du contenu, mais uniquement à un examen de la production et participe à hauteur d'environ 8 % de la part du budget suisse. Le développement est inclus dans ce financement, il n'y a plus de soutien séparé au développement de scénarios. Nous nous entretiendrons en décembre 2023 avec les sociétés de production et les associations afin d'échanger sur les expériences faites jusqu'à présent.
En Suisse romande et au Tessin, le développement de scénarios continue d'être encouragé et les contributions à la production sont sélectives. Actuellement, nous sommes souvent confrontés au problème suivant : trois projets de séries sont réalisés chaque année en Suisse romande, mais seuls 640'000 CHF sont à disposition. Il en résulte que le TPF ne peut souvent soutenir la production de séries romandes qu'avec moins de CHF 300'000.
En Suisse alémanique, la situation est un peu différente. Ici, des séries individuelles sont souvent entièrement financées par la SRF. L'avantage est que les séries soutenues par le TPF reçoivent un montant plus élevé qu'en Suisse romande.
A partir de 2024, la nouvelle loi sur le cinéma entrera en vigueur et des acteurs supplémentaires cofinanceront alors des films suisses. En 2024, le TPF continuera à n'évaluer que les demandes soutenues par des chaînes de télévision. Les chaînes de télévision doivent investir au moins CHF 50'000 dans un projet, sinon nous ne pouvons pas entrer en matière sur une demande de réalisation. Il faut s'attendre à ce que davantage de demandes soient refusées à partir de l'année prochaine, car en 2024, il n'y aura probablement pas plus d'argent à disposition que les CHF 2,9 millions mentionnés.
Il restera important à l'avenir que les films aient leur première exploitation à la télévision ou éventuellement sur une plateforme de streaming d'un diffuseur. Les films qui sont exploités en premier lieu au cinéma ne peuvent pas être soutenus. Pour les films de cinéma, il existe entre autres un soutien du fonds culturel de Suissimage. Aujourd'hui, la distinction entre film de cinéma et film de télévision n'est bien sûr pas toujours claire. Ainsi, il est tout à fait concevable que des téléfilms aient des avant-premières ou des présentations spéciales dans certains ki-nos. Nous continuons à accepter cela. Mais dans la mesure où un distributeur de cinéma ou le fonds culturel Suissimage est impliqué dans un projet, le TPF ne peut pas y participer. Au vu du nombre élevé de demandes, nous devrons à l'avenir procéder à cette délimitation de manière encore plus restrictive.
Berne, le 22 août 2023
Thomas Tribolet, Christian Blaser