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| Ramzi Chamat
Après les augmentations significatives et rapides des taux d'intérêt effectuées par les banques centrales nationales ces derniers mois et trimestres, la pression inflationniste a diminué mais reste encore supérieure à l'objectif cible de 2%. Cependant, ces hausses rapides des taux d'intérêt ont entraîné certains effets indésirables dans le système bancaire, tels que l'insolvabilité de plusieurs banques américaines, dont la Silicon Valley Bank (SVB) et la Signature Bank. De plus, le conflit lié au plafond de la dette américaine a maintenu les marchés en suspens ces derniers jours.
Les banques centrales sont donc confrontées à une décision difficile avant la prochaine réunion sur les taux d'intérêt prévue en juin. Vont-elles continuer à poursuivre leur objectif de lutte contre l'inflation et augmenter à nouveau le taux directeur, ou bien vont-elles signaler une pause, voire un changement de cap ?
Le taux d'inflation aux États-Unis a connu une légère baisse et s'est établi à 4,9% en avril, atteignant ainsi son niveau le plus bas depuis avril 2021. Ce chiffre est également inférieur aux attentes du marché qui tablaient sur 5% d'inflation. Malgré cette diminution, la Réserve fédérale américaine (Fed) estime, selon son évaluation actuelle, que l'inflation reste élevée et que les données économiques sont plus solides que prévu, ce qui ne permet pas de changer rapidement de cap en matière de politique monétaire et de taux d'intérêt. La dernière augmentation des taux directeurs par la Fed remonte au 3 mai, avec une hausse de 0,25 point de pourcentage, les portant à 5,25%. Ainsi, la Fed continue de lutter contre l'inflation.
De son côté, la Banque centrale européenne (BCE) a également relevé son taux directeur début mai, avec une augmentation de 0,25 point de pourcentage, le portant à 3,75%. Bien que le taux d'inflation dans la zone euro reste élevé, il a considérablement diminué en avril pour s'établir à 6,4%, contre 6,9% en mars. Contrairement à la Suisse ou aux États-Unis, la BCE estime qu'il sera nécessaire d'augmenter à nouveau de manière significative et selon le rythme habituel les taux d'intérêt afin de ramener le taux d'inflation le plus rapidement possible dans la fourchette cible de 2%.
En Suisse, le taux d'inflation a enregistré une baisse en avril, s'établissant à 2,6% par rapport à 2,9% le mois précédent. Il s'agit du niveau le plus bas depuis avril 2022. Cette évolution est attribuée à la force du franc suisse, aux mesures protectionnistes et aux augmentations salariales modérées, ce qui maintient l'inflation à un niveau relativement bas par rapport à d'autres pays dans le monde. Cependant, malgré cette baisse, la pression inflationniste persiste en Suisse.
De nombreux indicateurs suggèrent de plus en plus clairement une future atténuation des prix. Dans ce contexte, de nombreux analystes s'attendent à ce que la Banque nationale suisse (BNS) n'augmente que légèrement son taux directeur en juin. La valeur externe du franc suisse et le prix de l'électricité joueront un rôle décisif pour déterminer si l'inflation en Suisse redescendra en dessous de la barre des 2% au cours des prochains mois.