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Le 14 février 2022, le Parlement suisse a voté sur une motion visant à actualiser et à modifier les directives OPP 2 pour les caisses de pension suisses. La motion poursuivait trois objectifs: Premièrement, assurer une plus grande compétence des conseils de fondation (art. 33) en introduisant des exigences légales en matière de connaissances dans le domaine de la gestion des risques et de la gestion de fortune; deuxièmement, assurer une meilleure gestion des risques (art. 50) en complétant l'approche actuelle de la répartition des risques par une gestion globale des risques à inclure dans les rapports ; et enfin, renforcer la responsabilité dans la gestion des actifs (art. 55) en supprimant les plafonds pour les catégories d'actifs, car ils ne sont pas appropriés lorsque les fonds de pension ont des structures de risque si différentes les unes des autres et que certaines catégories d'actifs sont très volatiles (actions), voire présentent des rendements négatifs sur une longue période (engagements).
Avec le oui du Parlement, l'OPP 2 suisse se rapproche des prescriptions de placement en vigueur dans des pays comparables, où la réglementation légale sous forme de limites de placement est de plus en plus remplacée par la Prudent Investor Rule. Néanmoins, les modifications pourraient entraîner une certaine insécurité. De nombreuses caisses se demanderont comment gérer au mieux les changements et comment assurer le respect des prescriptions tout en optimisant les paramètres de risque/rendement et les coûts de placement.
Même si les limites des classes d'actifs de l'OPP 2 peuvent d'ores et déjà être supprimées, elles ont constitué pour de nombreuses caisses de pension suisses un repère bienvenu lors de la définition de leur allocation stratégique d'actifs. Mais comme la caisse de pension moyenne est fortement investie dans les placements à revenu fixe, les actions et l'immobilier local, les résultats des placements ont été déterminés ces dernières années par la baisse des taux d'intérêt et la hausse des valorisations des actions. Nous nous trouvons actuellement dans une situation où des contributions au rendement aussi positives de ces deux sources sont hautement improbables.
Cependant, le manque généralisé de connaissances suffisantes en matière d'investissement et de cadre juridique a fait que la plupart des caisses n'ont pas pris les mesures adéquates pour adapter leurs portefeuilles à ces défis. Dans de nombreux cas, cela a eu et continue d'avoir des conséquences réelles pour les futurs retraités, qui souffriront de la baisse constante des rendements attendus (qui se situeront autour de la barre des 2 % dans les prochaines années). Et ce sont également les futurs retraités qui profiteraient le plus de rendements plus élevés : Une hausse de 1 % des rendements sur la durée de vie d'un travailleur pourrait entraîner une augmentation de 20 % des prestations de retraite.
La levée des restrictions sur les classes d'actifs pourrait obliger les caisses de pension à repenser leur allocation stratégique d'actifs (ASA) et à réévaluer leurs attentes en matière de rendement. Comme nous pouvons le constater dans d'autres pays, une plus grande exposition aux investissements alternatifs, et notamment aux marchés privés, a donné de bons résultats pour certaines des plus grandes caisses de pension du monde. Voici deux exemples de Canada Pension Plan Investments (CPPI) et de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CGPQ) :
Dans de nombreux cas, la structure actuelle des processus et des équipes d'investissement devrait être repensée. Avec moins de contraintes légales, il y a non seulement plus de possibilités, mais aussi plus de responsabilités et d'exigences en termes de compétences et de ressources. Dans le domaine de la gestion des risques et de la mise en œuvre de l'ASA en particulier, une professionnalisation croissante entraîne un besoin accru de ressources et de compétences.
De nombreux grands fonds de pension disposent de ressources et de compétences internes suffisantes, tandis que les fonds de petite et moyenne taille peuvent avoir besoin d'un soutien externe. Cela est judicieux non seulement du point de vue de la capacité à réagir rapidement aux changements de directives, mais aussi du point de vue de la possibilité de bénéficier d'une vaste expérience dépassant le cadre du marché suisse, ainsi que de compétences et de capacités dans les domaines du risque, de la gouvernance et de la mise en œuvre.
Si ce soutien peut, dans une certaine mesure, prendre la forme d'un conseil, pour de nombreuses caisses de pension, une approche déléguée devrait être plus efficace et plus fructueuse. Des ressources internes limitées resteront un facteur limitant, même avec un bon conseil. En revanche, la délégation peut libérer des ressources en s'occupant des tâches liées à la gouvernance et aux risques, ainsi que de la mise en œuvre de l'ASA. En règle générale, les décisions stratégiques restent du ressort de la caisse de pension. Selon le partenaire de délégation, de nouvelles possibilités peuvent être ouvertes, par exemple dans des classes d'actifs difficiles d'accès comme les marchés privés, et ce souvent à de bonnes conditions. Les relations existantes avec les gestionnaires d'actifs peuvent également être gérées plus efficacement et les frais peuvent être renégociés sur la base du profil (global) et du pouvoir d'achat du partenaire de délégation. En outre, un mandat de délégation approprié offre un cadre de gestion des risques rigoureux qui garantit une diversification adéquate du portefeuille et le respect des directives d'investissement.
Après le vote de la demande, nous recommandons les trois étapes immédiates suivantes :