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Le terme « paraglaciaire » qualifie des processus non-glaciaires qui sont pourtant directement conditionnés par l’évolution des masses de glace (cf. fiche pergélisol 3.2 et fiche pergélisol 4.8). Sont principalement considérés les processus géomorphologiques opérant autour et à l’intérieur des marges anciennement englacées.
En s’écoulant, un glacier exerce une force de compression contre les versants. Lorsque la masse de glace diminue ou disparaît complètement, ces versants perdent une partie de leur appui. Cette décompression peut alors donner lieu – avec un temps de réponse variable – à différents processus de déstabilisation. Les parois rocheuses ou le matériel meuble (débris et moraines) sans appui peuvent se tasser ou s’écrouler, comme le montrent les exemples suivants.
Après le retrait du glacier de Grindelwald, la paroi rocheuse à l’amont de la Gletscherschlucht est restée sans appui (fig.1 & 2). Durant l’été 2006, une partie de cette masse rocheuse déstabilisée (env. 2 millions de m³) a connu une brusque accélération provoquant de nombreux éboulements. De l’eau sous pression aurait été le principal facteur déclenchant. La dégradation du pergélisol n’a en revanche aucune influence (altitude trop basse, le site est situé vers 1600 m).
Depuis la fin du Petit Âge Glaciaire (PAG), le glacier de Findelen (VS) a perdu environ 100 m d’épaisseur de glace. En rive droite, une masse de roche et de débris de plusieurs millions de m³ (dont la cassure est bien visible sur la photo) a été ainsi déstabilisée, s’affaissant à une vitesse d’environ 35 cm/a et recouvrant la moraine latérale (fig. 3).
Le versant de la Moosfluh (env. 2 km²) en rive gauche du glacier d’Aletsch est soumis au tassement (fig. 4). Activé probablement une première fois vers la fin de la dernière grande glaciation, le versant semble être resté relativement stable durant bonne partie de l’Holocène, avant de se réactiver dans les années 1990 suite au retrait glaciaire du XXᵉ siècle. La masse en mouvement est estimée à au moins 150 millions de m³ (l’équivalent de quelque 190’000 maisons individuelles) et se trouve sous surveillance. Grâce aux mesures par satellites équipées de radars et des instruments de mesures installées sur place, il est possible de détecter les déplacements du terrain, variables selon les endroits (fig. 4). Tandis que le déplacement est de l’ordre de plusieurs centimètres à plusieurs dizaines de centimètres par années sur le bord du glissement, il atteint plusieurs mètres par année au centre. La zone la plus active se situe au-dessus de la langue glaciaire où, en automne 2016, on a mesuré des déplacements record de 80 centimètres par jour et où d’énormes fissures se sont formées dans la roche cristalline. Depuis, les mouvements dans cette partie du glissement se sont ralentis, mais les sentiers pédestres de la zone restent fermés et la télécabine de Moosfluh ainsi que toute la zone sont sous étroite surveillance. Plus d’informations sur le glissement de Moosfluh.
D’autres processus paraglaciaires concernent la remobilisation des matériaux meubles comme le rétrofluage de moraines de poussée ou le rééquilibrage des moraines (voir fiche pergélisol 4.8). Pour les infrastructures situées dans des terrains en mouvement, comme par exemple des remontées mécaniques, ceci représente un danger et des surcoûts pour la mise en sécurité.