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Zürich, 31.10.2018
Les villes suisses vont bien, mais pourraient se montrer plus libérales. C'est l'avis du laboratoire d'idées Avenir Suisse qui les appelle à faire plus confiance aux règles du marché. Zurich obtient la palme du libéralisme, loin devant les villes romandes.
Dans son "monitoring" publié mercredi, Avenir Suisse a analysé les politiques des dix plus grandes villes helvétiques sur la base de 47 indicateurs choisis dans huit domaines thématiques. L'étude du "think tank" des grandes entreprises suisses s'oriente selon les principes suivants d'une "Smart City libérale": intelligence, libéralisme, efficacité, durabilité et urbanité.
Critères de la voie libérale
Ces principes sont basés sur la primauté de la prospérité économique de la Suisse, les villes et leurs agglomérations jouant le rôle de moteurs économiques du pays, souligne le directeur d'Avenir Suisse Peter Grünenfelder. De cette manière, le laboratoire libéral dit esquisser une troisième voie entre la politique bourgeoise classique et le modèle rose-vert.
Cette voie urbaine libérale privilégie une administration allégée, les nouvelles technologies, la liberté individuelle et entrepreneuriale, la rigueur budgétaire, la mixité sociale, la responsabilité individuelle, l'efficacité des transports publics ou encore une densification libre et non subventionnée dans la construction des logements.
Face à ces idéaux libéraux, le scepticisme économique, la multiplication des prestations sociales, l'interventionnisme étatique, l'idéalisation de la société multiculturelle ou encore la prescription du mix énergétique, voire du mode de transport sont autant de "tares" sanctionnées dans l'étude d'Avenir Suisse.
Rigueur budgétaire alémanique
Au classement général, la plus grande ville suisse vire en tête. Zurich, dirigée par une majorité rose-verte, remplit 64,7% des points possibles. "Il y a donc encore une bonne marge de progression", souligne cependant Peter Grünenfelder.
Cartonnant dans le domaine de la gestion budgétaire, la cité de Zwingli obtient aussi de très bons scores dans la politique culturelle et de loisirs, dans la formation et la conciliation entre travail et vie privée, ainsi qu'en matière de climat propice à l'économie.
Bâle pointe au deuxième rang avec 62,8%, juste devant Berne, qui complète le podium avec 62,7%. La cité rhénane excelle surtout pour sa gestion budgétaire ainsi que pour sa politique sociale et d'intégration.
Dans ses finances, la capitale fédérale fait encore mieux: elle égale Zurich. En matière culturelle, elle s'illustre même comme la ville la plus libérale et la plus efficace.
Mentalité latine "différente"
Les deux plus grandes villes romandes ainsi que la bilingue Bienne et l'italophone Lugano ne pointent qu'en queue de classement. Lausanne figure au 7e rang (49,3% des points). Avenir Suisse place la capitale vaudoise tout de même en tête en matière de politique sociale et d'intégration.
Mais le directeur du laboratoire libéral l'admet: "nous constatons une différence politique et de mentalité en Suisse latine par rapport aux principes que nous défendons."
A titre d'exemple, l'un des auteurs de l'étude s'en prend vivement au taux de couverture des caisses de pensions des villes de Lausanne (82%) et de Genève (67%). "On reporte ainsi les charges sur les générations futures ou sur les contribuables", dénonce Lukas Rühli.
Bienne se classe 8e au classement général (48,9% des points). La ville du Seeland bernois ne plaît à Avenir Suisse que sous l'angle de sa gestion budgétaire. Genève est dernière (38,8%) sans décoller dans aucun domaine.
Rôle pionnier en danger
Dans l'ensemble, le laboratoire d'idées libérales salue le bon état des finances publiques des villes suisses, gérées par des exécutifs rose-vert pour la plupart. En comparaison internationale, l'endettement y est faible.
Des améliorations restent toutefois possibles et les villes peuvent toutes apprendre les unes des autres, soutient Peter Grünenfelder. Selon lui, elles doivent surmonter leurs réserves envers les mécanismes de marché et donner une plus grande indépendance à leurs sociétés de services industriels et de transports publics.
Autre bémol, la politique urbaine ressemble souvent à une guerre de tranchées idéologique en matière de transports ou de logement, estime Avenir Suisse. Conséquence, les villes suisses gâcheraient ainsi leur potentiel dans l'élaboration de solutions pionnières.