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Cette découverte a été faite par des chercheurs de l’Université de Louvain. Elle vient d’être publiée dans la revue scientifique en ligne NPJ Regenerative Medicine.
Le killi est un petit poisson africain de couleur turquoise qui vit dans des mares temporaires alimentées par l’eau de pluie. L’animal ne dispose donc que de quelques mois pour grandir et se reproduire. Tout son développement s’en trouve dès lors accéléré: croissance, maturité sexuelle, mais aussi vieillissement. Ce qui explique l’intérêt que les scientifiques lui portent.
Le killi vieillit comme l’homme
En quatre à six mois, le poisson traverse tout le cycle de la vie, soit le plus rapide de tous les organismes vertébrés connus. Le processus de vieillissement du killi ressemble également à celui de l’homme: il grisonne, a le dos tordu et souffre de pertes de mémoire (démence).
Les chercheurs du département de biologie de l’Université de Louvain, les seuls pour l’instant à travailler sur cette espèce, sont partis à la recherche des mécanismes sous-jacents responsables de la faible capacité de réparation des cellules cérébrales à l’œuvre chez le killi et ont découvert ainsi que son cerveau était sujet à la « sénescence cellulaire ». En d’autres termes, des cellules cérébrales « malades » ou « âgées » sont présentes en nombre et sécrètent des substances nocives qui empêchent le fonctionnement normal et la récupération des cellules cérébrales environnantes.
Eliminer 30% des cellules sénescentes
« Nous avons pu le confirmer avec une coloration spécifique qui nous a permis de visualiser ces cellules », explique la chercheuse Jolien Van Houcke. « La différence entre les cerveaux jeunes et âgés était énorme, le cerveau âgé montrant une grande quantité de cellules malades et vieillissantes. »
Il existe cependant des médicaments, le Dasatinib et le Quercetin, qui peuvent éliminer ces cellules et ceux-ci ont été administrés pour la première fois en combinaison aux poissons en question pendant une semaine dans le cadre de cette étude.
« Même avec ce bref traitement, nous avons pu éliminer 30% des cellules sénescentes, de sorte que moins de substances nocives se sont propagées dans le cerveau », explique Jolien Van Houcke. « Nous n’avons pas seulement rajeuni le cerveau, la capacité de récupération de celui-ci a été également améliorée: les poissons âgés possédaient plus de cellules souches en division après le traitement qui pouvaient se transformer en nouvelles cellules nerveuses, ce qui est nécessaire à la réparation du cerveau après une blessure ou une maladie. »
Indiqué pour Alzheimer ou Parkinson
Le Dasatinib et le Quercetin dont la combinaison a déjà été testée lors d’études cliniques sont deux médicaments dont l’usage a été approuvé chez l’être humain mais dans le cadre du traitement d’autres pathologies causées par des cellules « vieillissantes » dans d’autres parties du corps, telles que des lésions rénales chez des patients diabétiques.
L’étude de l’Université de Louvain confirme que cette combinaison de médicaments peut également apporter une solution aux maladies liées au vieillissement du cerveau comme dans le cas de patients atteints de la maladie d’Alzheimer ou de Parkinson. D’autres études cliniques sont nécessaires cependant pour démontrer les effets chez l’homme.