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Chapitre 1 : Emily et Agatha
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Emily cherche à fuir son quotidien monotone en se plongeant dans la lecture durant des heures. Un jour, une soudaine inspiration s'empare d'elle. Elle se met alors à écrire et même vivre à travers son récit la vie d'Agatha, une fille ordinaire vivant à 5000km et à 150 ans d'elle.
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New York City 2015
Assise en tailleur sur son lit, Emily rêvait. Elle dévorait ses livres pages après pages et était totalement transportée dans leur univers. Actuellement elle se trouvait à Londres en 1904. Elle était si intensément concentrée, que les voisins qui criaient et les voitures qui grondaient en bas dans la rue ne la dérangeait pas. Ces moments uniques qu’elle partageait avec ses livres étaient magiques. Elle y trouvait un refuge, des amis, du confort. Elle était heureuse.
« Emily ! » la voix fatiguée mais puissante de sa mère résonna dans l’appartement, sortant la jeune fille de son idylle. « Oh Emily ! » elle haussa le ton.
« J’arrive ! »
Elle ferma son livre, puis sortit de sa chambre. Elle trouva sa mère affalée sur le canapé, comme à son habitude. Au sol, des cadavres de bouteille de bière et des mégots s’empilaient. Une odeur de fumée de cigarette se mélangeait dans l’air avec de la sueur et de la nourriture périmée. La pièce empestait vraiment et Emily en avait honte. La télévision passait les infos ou de vieux documentaires intéressants en boucle chaque jour depuis des années déjà.
« J’ai faim » grogna sa mère.
Comme à son habitude, elle ne la sollicitait que lorsqu’elle avait besoin de nourriture, d’alcool ou de cigarette. L’adolescente traversa la pièce en enjambant les différents déchets laissés sur le sol. Elle ouvrit le réfrigérateur où seuls de vieux restes de nourriture restaient. Elle prit la fin d’une pizza datant de probablement plus d’une semaine, la réchauffa et la donna à sa mère qui s’en empara sans remerciements.
« Quoi ? » demanda agressivement sa mère voyant qu’Emily la regardait.
« Est ce que je pourrais avoir un peu d’argent pour m’acheter un nouveau livre s’il te plaît ? » répondit-elle timidement.
« T’en as pas déjà assez ? »
« Et bien….. je les ai déjà tous lus plusieurs fois. Donc je me disais que- »
« Que quoi ? Que je vais encore gâcher mon argent pour toi dans du papier ? »
« Mais- »
« Tu sais combien tu me coûte en nourriture et pour tous tes trucs pour l’école ? Tu veux lire ? Va à la bibliothèque. »
Emily se précipita dans sa chambre les larmes aux yeux. Toute sa vie, sa mère lui avait dit que son père était parti à cause d’elle, et que s’était donc de sa faute si elles manquaient d’argent. Elle ne savait pas si cette histoire était réelle, mais puisque son père n’a jamais cherché à la contacter, ça devait l’être. Elle avait envie de pleurer. Mais soudain, une vague d’inspiration s’empara d’elle. C’était un récit. Elle prit un carnet vide et un crayon et se mis à écrire, sans réfléchir. C’était comme si son stylo écrivait seul.
Melbourne 1875
Assise sur la colline qui surplombait sa maison, ses longs cheveux roux détachés, volant dans le vent, Agatha profitait des doux premiers rayons du soleil qui lui caressait le visage. Elle avait pour habitude de se lever aux aurores, avant toute sa famille pour grimper en haut de cette colline pour observer le soleil se lever. Certaines fois, elle prend sous son bras ses pinceaux et ses toiles afin d’essayer de capturer en peinture le merveilleux spectacle que lui offrait la nature en éclairant d’une magnifique lumière la forêt ou la ville devant elle. Certaines fois, Agatha avait essayé de peindre la belle et grande maison inhabitée qui se situait de l’autre côté de la bute. C’était un grand manoir en bois qui fascinait vraiment la rouquine. En se retournant vers sa propre maison, qui ressemblait à un très charmant chalet, elle vit que quelqu’un se situait aux rez-de chaussé, ce devait être sa mère qui se levait tôt elle aussi. Agatha se leva et dévala la pente pour rentrer chez elle. Elle entra et sentit un agréable parfum signifiant que sa mère cuisinait un délicieux petit déjeuné. Elle alla la rejoindre dans la cuisine.
« Bonjour maman ! » dit la jeune fille en entrant, d’un ton enjoué, comme à son habitude.
« Bonjour ma chérie, tu étais encore dehors si tôt ? »
« Oui, je me sens tellement libre là-haut ! »
« Tu sais que ton père ne serais pas content de l’apprendre. »
« Il ne comprends pas ce que je peux ressentir là bas ! »
« Tu as peints le soleil ? » demanda sa mère curieuse.
« J’ai déjà fais ça la semaine dernière de deux points de vues différents, il faut que je me montre plus créative dorénavant »
« Tu pourrais me peindre moi ! » dit sa sœur Charlotte qui venait d’entrer dans la pièce avec entrain.
« J’ai déjà essayé souviens toi, tu bouges sans cesses c’est littéralement impossible. »
« C’était il y a longtemps maintenant, je te promet que je suis différente ! »insista la petite.
« C’était le moi dernier Chacha ! »
« C’est trop long aussi ! C’est pas de ma faute ! »
« Mon cœur, écoute ta sœur, il faut beaucoup de patience pour être une muse. » dit sa mère d’une voix calme.
« C’est nul » bougonna-t-elle en guise de réponse avant de quitter la pièce.
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