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Pour soutenir leur effort de guerre, les Athéniens obtinrent des Grecs libérés du joug perse qu'ils leur versent le tribut dû auparavant au Grand Roi. Les montants furent fixés par Aristide. Les Athéniens firent progressivement du tribut un instrument de domination. La tradition relative à la modération du tribut d'Aristide est née pendant la guerre du Péloponnèse, après l'augmentation sensible de la pression des Athéniens sur les alliés (décret de Thoudippos). On s'est étonné du chiffre cité par Thucydide (460 talents), alors que le tribut réel, après ~454, n'atteint jamais ces montants, à une époque où il y avait, toujours selon Thucydide, davantage de tributaires. Il est probable que les 460 talents représentent la taxation et non les rentrées réelles. De ce point de vue, on n'oubliera pas que le tribut n'est pas une invention athénienne, mais une création perse. L'impôt des Grecs sujets du Roi avait été fixé après mensuration des terres (Hérodote, VI 42, 2).
À partir de ~454/3, quand le trésor fut transféré de Délos à Athènes, nous possédons de nombreux fragments des listes du tribut versés par les alliés. Le terme est impropre, car les stèles qu'on a pu reconstituer mentionnent les prélèvements (aparchai) d'un soixantième (une mine [= 100 drachmes] par talent [= 6000 drachmes]) réservés à la déesse Athéna. La rareté des documents que nous possédons a conduit à beaucoup solliciter ces listes au point d'en faire la pierre d'angle de la reconstruction de l'histoire du Ve siècle. Elles sont, avec Thucydide, notre source la plus précieuse. Encore convient-il de ne pas leur demander plus qu'elles ne peuvent donner. Leur caractère lacunaire doit nous mettre en garde contre des hypothèses, apparemment ingénieuses, mais dont les découvertes ultérieures démontrent la fausseté.
Le tribut, dont l'administration était confiée aux hellénotamiai, rentrait à Athènes chaque année, avec l'ouverture de la navigation, pour les grandes Dionysies, où le peuple installé au théâtre pour voir les pièces de Sophocle ou d'Euripide, pouvait voir défiler les urnes pleines d'argent, signe tangible de sa puissance. Pour en faciliter la gestion, l'Empire sera divisé en districts. Tout le monde s'accorde à penser que l'histoire de la perception du tribut reflète l'évolution de l'impérialisme athénien. Mais on ne s'entend pas sur la façon dont il faut se la représenter au cours des «Cinquante ans» (en grec Pentekontaetia), le laps de temps séparant les guerres médiques de la guerre du Péloponnèse.