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L’Organisation Météorologique Mondiale reprend l’information erronée selon laquelle la calotte glaciaire du Groenland aurait fondu à 97% en juillet 2012. J’ai commenté cette erreur dans un billet de l’été dernier. Cette calotte a une épaisseur de 2,3 km en moyenne, avec des pointes de 3 km. Les 97% fondus ne sont évidemment pas la calotte dans son épaisseur, mais quelques centimètres d’épaisseur sur 97% de sa surface globale.
Je rappelle que la fonte estivale de surface est normale. De plus les mesures par satellite montrent qu’entre 1992 et 2003, la calotte avait augmenté d’environ 5 cm d’épaisseur par an.
L’OMM reprend sans précaution l’idée que 97% de la calotte globale avait fondu, et non pas 97% de sa surface sur quelques centimètres d’épaisseur. Après la Nasa, l’OMM, qui est une agence de l’ONU, reprend l’erreur. Est-ce une volonté de mettre les populations en conditions de stress avant la publication prévue cette année du nouveau rapport du GIEC? Comment, à ce niveau, peut-on faire une erreur pareille?
La banquise arctique fond davantage, pas la calotte glacière du Groenland. Ni la calotte antarctique. La montée des températures n’est pas homogène et c’est plutôt troublant. Par contre le réchauffement climatique pourrait avoir une conséquence inattendue et assez positive, selon son ampleur et sa durée: il pourrait contribuer à diminuer l’intensité de la prochaine ère glaciaire. Pas besoin donc de dessiner les plans d’igloos collectifs sur la langue de glace qui culminera à quelques centaines de mètres au-dessus de Paris, ni de remplacer les roues des 4x4 par des skis ou des raquettes.
On a pu mettre en évidence différentes ères glaciaires dans le passé, entrecoupées par des périodes interglaciaires de réchauffement. La dernière période interglaciaire à commencé il y a plus de 10’000 ans. 10’000 ans, c’est la durée moyenne. Il semble que celle-ci ne soit pas prête de s’arrêter, avec pour raison principale la mécanique céleste, établie dans ce que l’on nomme les cycles de Milankovitch, du nom du météorologue serbe qui avait établi le lien entre les glaciations et la position de la Terre autour du soleil. Le Magazine La Recherche de mai publie un intéressant article sur le sujet.
Les chercheurs qui ont analysé le climat dans le passé ont confirmé ces cycles de Milankovitch. Ils ont pu mettre en évidence une parfaite synchronisation des périodes glaciaires avec l’orbite de la Terre et l’angle de son axe de rotation. L’orbite de la Terre autour du soleil n’est pas régulière. Elle est plutôt en forme d’ellipse, influencée par les grosses planètes Jupiter et Saturne. Quand notre planète est plus près du soleil elle reçoit plus de chaleur, quand elle est plus loin elle se refroidit. Le processus est ou non accentué par l’axe de rotation. Si le plus grand éloignement à lieu en hiver, et selon l’axe de rotation, une période glacière peut se déclencher.
Il se trouve qu’actuellement l’orbite terrestre est presque circulaire et le sera encore pendant environ 50’000 ans. Les conditions du déclenchement d’une glaciation n’existent pas. Et quand elle serait possible, la concentration en CO2 de l’atmosphère et des océans - qui peut durer des centaines de milliers d’année, quelle que soit l’origine du CO2 - pourrait encore favoriser un effet de serre. Cet effet de serre diminuerait donc l’intensité du refroidissement.
Mais que se passe-t-il lors d’une période glaciaire?
«Les effets des périodes glaciaires : (hors effets humains, animaux, et espèces végétales).
Plusieurs effets sont constatés :
· Une quantité considérable d’eau est stockée sous forme de glace : c’est la glaciation
· Le niveau des océans s’abaisse d’environ 120 m
· Une réduction importante des pluies permet l’extension des déserts
On peut citer plusieurs exemples qui permettent de mieux comprendre les grands bouleversements que ces périodes froides entraînent.
Pendant le dernier âge glaciaire, une calotte de glace épaisse de plus de 1 500 m recouvrait le tiers du continent nord-américain (dont le New York actuel).
En Europe, les glaciers recouvraient une bonne partie des îles britanniques, la Finlande, la Russie, la Pologne et une partie de l’Allemagne.»