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Scénario catastrophe américain: et si le pétrole se payait en euros?
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BRUT
Alors que le dollar chute et que l'OPEP réduit sa production pour maximiser ses prix, la question rejaillit: l'euro sera-t-il une monnaie alternative pour le pétrole? Washington ira loin pour défendre le statut du dollar
Myret Zaki
Publié mercredi 11 février 2004 à 01:12
Reste que les considérations politiques pèsent très lourd dans une telle décision: en 2000, l'ex-président irakien Saddam Hussein avait décidé de facturer son pétrole en euros, malgré la réticence des Etats-Unis et du Royaume-Uni. Des politologues comme William Clark, de la John Hopkins University, y ont vu l'une des motivations de l'invasion militaire. A Washington, l'alarme était déclenchée, la question étant: qui sera le prochain? Déjà, la Jordanie s'était mise à traiter le brut avec l'Irak en euros. L'Iran a manifesté son intention de suivre le mouvement, de même que l'Algérie et la Libye. Près de la moitié des importations de ces trois pays viennent de la zone euro, principal partenaire commercial du Moyen-Orient, qui importe plus de la moitié du pétrole de l'OPEP.
Sous cet éclairage, l'intervention américaine en Irak pourrait avoir visé la prévention, à travers le contrôle de la deuxième réserve mondiale de pétrole, d'un mouvement général de l'OPEP en faveur de l'euro. Suite au changement de régime en Irak, le dollar a immédiatement été restauré comme monnaie de transaction du pétrole.
Conséquences de ce scénario catastrophe du point de vue de Washington: le dollar perdrait sa suprématie, les pays importateurs de pétrole substitueraient des euros aux dollars dans leurs réserves, provoquant un krach du billet vert, un effondrement des actifs américains couplé d'une hyperinflation. S'ensuivrait un défaut sur les deux déficits. Mais la puissance militaire américaine veille à la dissuasion.