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Lausanne le 31 Oct. 1875
Monsieur et très honoré ancien collègue
Lorsque j'ai eu le plaisir de vous voir Mercredi et Jeudi dernier, j'étais si préoccupé de questions de mètres cubes, de curettes, de strosse etc. toutes choses horriblement techniques et que j'ai quelque peine à me rendre familières que j'ai oublié de vous parler de 2 points sur lesquels je tiens à ne pas laisser de doute dans votre esprit:
1ø Vous m'avez communiqué il y a quelques temps un article du Journal l'Eisenbahn que vous attribuiez à Mr Favre. Ce dernier à qui j'ai demandé de me mettre au clair, m'a affirmé qu'il ignorait complètement cette publication jusqu'au jour où il l'a lue lui-même. J'ai fait quelques recherches dans le personnel de bureau d'Altorf mais sans plus de succès, et je suis convaincu que Mr Favre est sincère lorsqu'il me déclare qu'il ignore l'auteur de cette littérature au moins maladroite. |
Dès lors j'ai écrit au rédacteur du Journal pour lui demander s'il ne consentirait pas à me donner le nom de l'auteur dans le cas où celui-ci appartiendrait au personnel de Mr Favre. Le rédacteur me répond que la discrétion qu'il doit à ses correspondants lui défend de me livrer ce nom, mais qu'il lui paraît bien possible que Mr Favre ait ignoré l'article jusqu'au moment où il l'a lu. La manière dont cette phrase est tournée me fait croire que le coupable appartient au personnel de Mr Favre, mais c'est certainement un homme qui a voulu faire du zèle hors de saison, et les recherches que nous avons faits lui oterons l'envie de recommencer. En tout cas, je crois pouvoir vous assurer que Mr Favre y est complètement étranger.
2ø Certains journaux ont parlé récemment du concours de Mr Favre aux études du Simplon. Ce concours s'est réduit jusqu'à aujourd'hui à fort peu de choses. | On s'est servi de son nom pour donner du relief à l'affaire. Mais vous avez pu en être froissé, et, je le reconnais à juste titre.
Il y a quelques mois déjà, Mr Favre m'a demandé s'il pouvait accepter une position d'administrateur du Simplon. Je lui ai répondu immédiatement que cela n'était ni convenable, ni même possible; il le sentait du reste lui-même.
Dès lors j'ai fait des démarches et j'ai demandé à ses commanditaires de lui imposer de sortir complètement de cette affaire. Et je suis certain qu'on entendra plus parler de Mr Favre comme s'occupant du Simplon, du moins pendant les travaux du St Gothard, et jusqu'à ce qu'on puisse considérer le succès de ces derniers comme assurés.
Veuillez, Monsieur, interpréter cette lettre comme l'expression du désir très vif que j'ai de faire disparaître toute cause de malentendu et de méfiance entre vous et Mr Favre | et agréez l'expression de mes sentiments respectueux.
Ls Rambert avt