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Sens et non-sens et pourquoi... sur-sens
Pas évident de comprendre et de réaliser comme Jung a pu le faire,
qu'il n'y a pas que le sens ou le non-sens, que ce qui est juste et que ce qui faux, etc.
Que le sens est un pôle de la réalité et que le non-sens l'autre pôle de la même réalité,
mais que ni l'un ni l'autre ne sont ce qui peut être connu comme du nouveau.
Cela découle juste de notre façon d'interpréter les événements selon notre connu de l'esprit de ce temps-ci (l'ego).
Soit c'est du sens, soit c'est du non-sens, mais cela reste malgré tout du passé, du connu, pas du nouveau.
Ce que l’on peut comprendre, c'est que l'à venir,
ce qui peut venir de vraiment nouveau, ne peut pas l'être en raisonnant
avec notre esprit de ce temps, pour qui la possibilité ne peut être que juste ou fausse.
Parce que cela serait un jugement en fonction uniquement du connu et selon la loi de la dualité,
ça ne pourrait être que juste ou faux et rien d'autre.
Pas d'à venir puisque de déclarer qu'une chose soit vraie ou fausse, ferme la porte à une troisième réalité,
une réalité qui peut venir de ce que Jung appelle le sur-sens.
Le sur-sens est au-dessus du sens et du non-sens.
Le sur-sens englobe, inclus (Neptune) le sens et le non-sens.
On peut les voir comme des opposés, c'est ce qui fait qu'il peut les réunir
au centre de notre conscience.
Une unité divine mais inconsciente, le plérome,
embrassant, mélangeant les opposés indifférenciés,
donnant naissance à la conscience comme fonction
dans laquelle les opposés sont consciemment différenciés
et amenés au centre au cours de l’histoire, de notre vie.
Le sur-sens seul peut nous conduire à l'à venir, ce que nous appelons l'avenir.
Ce qui peut advenir de vraiment nouveau
ne peut venir que de ce que Jung appelle le sur-sens.
Le sur-sens est un niveau de conscience que l'on atteint grâce au Soi,
c'est la conscience du Soi, un centre de gravité, un centre d'équilibre nouveau.
Ce centre d'équilibre nouveau fait de nous une personnalité humaine
et non plus une personnalité historique,
comme le fait le centre de gravité socioculturel que l’on appelle l'ego.
L'ego est un mécanisme d'adaptation à l'environnement
et il fait de nous des personnes avec des valeurs et des croyances de cette époque,
de l'époque qui nous a vu naître, pas des personnalités humaines.
Une personnalité humaine a des valeurs qui ne sont pas rattachées
à une époque particulière,
alors que des personnes peuvent se dire égyptiennes, romaines, européennes, chrétiennes, etc.
Ces personnes auront un jugement, un avis basé sur des valeurs connues.
Une personne peut apprendre à se connaître, découvrir qui elle est
en tant que personnalité humaine, dans le sens où elle découvre
qu'elle a une qualité humaine à développer.
Pour cela il faut qu’elle parvienne à atteindre le niveau de conscience du Soi,
le fait d'englober, de réunir, de dépasser vrai ou faux fera qu'on obtiendra
un autre avis, un avis que nous ne connaissons pas encore, ce qui est à venir.
C'est comme cela qu’ on peut vraiment avancer, laisser notre esprit profond
nous permettre de découvrir ce que l'écume de l’inconscient
dépose sur les plages de notre conscient.
La seule chose que nous pouvons faire c'est d'être assez fort,
d'avoir la force pour supporter la tension extrême entre les pôles sens et non-sens, vrai et faux
que nous impose le fait d'être en vie. Etre envie c'est être le point de rencontre
entre le ciel et la terre, du sens et du non-sens, du connu et de l'inconnu,
de l'accompli et de l'inaccompli, de la conscience et de l'inconscience.
Laisser Dieu nous apprendre ce qui le compose et que lui-même ne connaît pas, pas encore,
mais qu'il peut découvrir dans son reflet, dans le miroir que nous somme.
Voilà ce que Jung a dit:
«J’étais attaché à la forme consacrée (aux connus) et ne voulais pas autoriser le chaos à briser ses digues.
Je croyais à l’ordre du monde, (le monde d’ici, de ce temps), et je détestais tout ce qui était sans ordre et sans forme.
C’est pourquoi il m’a fallu comprendre avant tout que ma propre loi
(la loi de Saturne, l’ego, l'esprit de ce temps) m’avait amené en ce lieu.
Lorsque le Dieu advient en moi, je pensai qu’il était une partie de moi-même.
Je pensai que mon moi le contint et je le pris par conséquent pour mes pensées.
Or, je considérais que mes pensées étaient des parties de mon moi.
Je me plaçais donc moi-même dans mes pensées, et ainsi moi-même
dans la pensée de Dieu également.
A cause de mes pensées, je m’étais abandonné moi-même.»