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Malvoyance: quand la dépression s’installe
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Une personne malvoyante sur trois souffre de troubles dépressifs1.
D’après une étude1 menée en 2015 par une équipe hollandaise sur 615 personnes ayant une basse vision, il apparaît que 32,2% d’entre elles présentaient un trouble dépressif pouvant persister dans le temps. Un trouble anxieux (notamment agoraphobie et phobie sociale) était également associé dans 42% des cas.
Pourtant, l’acuité visuelle n’est pas, en soi, prédictive d’une dépression ou d’une anxiété. «Il s’agit plutôt d’éléments déclencheurs qui surviennent chez des personnes présentant une limitation fonctionnelle liée à un trouble visuel, en réponse à un sentiment de manque de contrôle, d’incertitude et de peur de ne pas parvenir à accomplir une tâche quotidienne basique», remarque Diana De Almeida, optométriste à l’Hôpital ophtalmique Jules-Gonin.
Ces défis fonctionnels concernent en particulier les personnes âgées atteintes d’une pathologie oculaire chronique (glaucome, dégénérescence maculaire liée à l’âge, rétinite pigmentaire, etc.), caractérisée par une perte de vision progressive. Une faible sensibilité au contraste, liée à une perte du champ visuel et à un risque de chute, ou encore la peur de tomber, sont ainsi associées non seulement à une réduction de la qualité de vie, mais aussi à une baisse de l’activité sociale pouvant mener à une forte détresse émotionnelle.
Une prise en charge échelonnée
Les études semblent montrer les bénéfices d’une approche progressive qui hiérarchise les interventions nécessaires selon les besoins de chaque individu. Cette prise en charge échelonnée (programme Stepped Care Approach) permet de réduire durablement la dépression et l’anxiété chez les personnes déficientes visuelles.
Le programme consiste en différentes étapes consécutives d’une durée de trois mois environ chacune. Les médecins et professionnel-le-s en réadaptation procèdent en premier lieu à une observation attentive de la santé mentale de leurs patients et patientes, pour les orienter vers une prise en charge adaptée: une thérapie cognitivo-comportementale, un suivi psychologique et/ou des groupes de soutien spécialisés dans la gestion des émotions et la résolution des problèmes liés à la perte de vision. «Notre équipe du service social, réadaptation et basse vision est attentive à ces difficultés et sensibilisée à la psychologie du patient, explique Diana De Almeida. Notre rôle est de l’orienter au mieux.»
Les troubles de la vision augmentant avec l’âge, un meilleur accompagnement des maladies avec un impact visuel doit être mis en place. Une détection précoce aide à entretenir les interactions sociales et à augmenter le niveau d’autonomie. Pour développer la collaboration entre les domaines de l’ophtalmologie, l’optométrie, la réadaptation en basse vision et la gériatrie, l’Hôpital ophtalmique Jules-Gonin a mis en place un service d’ophtalmologie itinérant qui se déplace dans les EMS de la région. La Fédération suisse des aveugles et des malvoyants propose également différentes prestations qui permettent de faire des rencontres, tout comme l’Association Retina Suisse* qui organise des groupes de parole.
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1. Van der Aa HP, van Rens GH, Comijs HC, Margrain TH, Gallindo-Garre F, Twisk JW, van Nispen RM. Stepped care for depression and anxiety in visually impaired older adults: multicentre randomised controlled trial. BMJ. 2015 Nov 23;351:h6127.
* sbv-fsa.ch / retina.ch
Article repris du site BienVu!