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Les vaches souffrent de la chaleur
Article technique de Corinne Paillex, PM PhysiO® et Moruline®
Le stress thermique est un risque dont les effets négatifs ne sont observés que plusieurs moi après que la température a baissé.
Une production laitière en baisse, des performances de reproduction amoindries et une augmentation des problèmes de santé résultent trop souvent d’une période de chaleur prolongée. Il ne s’agit pas seulement de haute température, mais bien de la combinaison entre température et taux d’humidité qui impacte le niveau de stress subi par les animaux.
En cas de stress thermique, les recommandations d’usage sont les suivantes:
- augmentation de la densité de la ration
- prévention d’une suralimentation en azote dégradable
- utilisation d’aliments floconnés avec levures et capteur d’ammoniac, pour leurs effets bénéfiques sur le rumen
Dans nos régions, où des températures ambiantes élevées sont enregistrées au cours des mois d’été, les éleveurs doivent fournir à leurs bovins des conditions de vie qui les protègent contre la chaleur excessive. Le bétail peut supporter de basses températures, mais des températures supérieures à 23°C provoquent un stress thermique lorsqu’elles sont associées à un degré d’humidité élevé, à une faible circulation de l’air ou à une exposition directe au soleil.
Les symptômes
Lorsque les températures s’élèvent, il convient de surveiller les prévisions météorologiques et de chercher les signes de stress suivants.
- Une réduction de la quantité d’aliments ingérés est une réaction naturelle à la production de la chaleur métabolique.
- Les habitudes d’alimentation se modifient; les vaches broutent aux moments les plus frais de la journée.
- Le bétail se tient debout au lieu de se coucher.
- Les animaux se regroupent si possible à l’ombre ou autour d’un point d’eau.
- Les bêtes respirent avec la gueule ouverte. La fréquence et l’amplitude de leurs mouvements respiratoires augmentent lorsque les températures sont élevées. Si plus de 20 % des vaches ont des fréquen ces respiratoires dépassant les 100 respirations par minute, il faut prendre des mesures afin de réduire le stress.
- Les animaux transpirent et leur production de salive s’accroît.
- Les vaches boivent davantage. Leurs besoins en eau augmentent considérablement entre 21 et 32°C.
L’approvisionnement en eau est capital
Pour réduire et éviter le stress thermique, il faut avant tout offrir de l’ombre. Toutes les vaches devraient pouvoir l’utiliser en même temps et il devrait y avoir assez d’espace pour que les animaux puissent s’y coucher.
Différentes recherches indiquent clairement une amélioration des gains de productivité et de la capacité de transformation des aliments lorsque 5 m2 d’ombre par animal sont disponibles.
Il convient également de fournir une grande quantité d’eau fraîche et propre, à l’ombre, près des aires de repos. Les vaches ne traverseront pas trente mètres en plein champ pour boire lorsque les températures, l’humidité et la chaleur radiante du soleil sont extrêmement élevées.
On devrait compter au moins un point d’eau pour 20 vaches. Un débit de 12 à 20 litres par minute et une profondeur d’au moins 8 cm sont conseillés.
Les autres solutions pour réduire le stress
En stabulation, le principe consiste à asperger les vaches d’une fine brumisation. L’évaporation de l’eau ainsi répandue assure le refroidissement des animaux. Le fait d’arroser les vaches est plus efficace que la simple ventilation, si l’on se réfère aux mesures de la fréquence des mouvements respiratoires. Les buses ne doivent pas être placées sur les logettes ou les aires paillées. Elles seront placées en arrière des cornadis. Cela permet aussi d’optimiser la prise alimentaire. D’autres pratiques sont également recommandées:
- la distribution uniquemen de fourrages de haute qualité
- l’augmentation du débit d’air sur les animaux
- la réduction du temps passé dans les parcs d’attente avant la traite
- la manipulation du bétail seulement tôt le matin en période de canicule
- la lutte contre les mouches (au moyen d’un assainissement, d’insectifuges et de pièges)
Les apports minéraux doivent être ajustés
Il est impératif de revoir l’apport total de minéraux en période estivale pour compenser au maximum les effets du stress thermique. Augmenter la concentration minérale de la ration est nécessaire pour compenser la diminution de la matière sèche consommée et l’excrétion augmentée de certains minéraux due à la sudation et à l’hypersalivation.
La ration doit être supplémentée avec des aliments minéraux contenant des substances tampons, du magnésium, du soufre et des oligo-éléments organiques durant ces phases. Ainsi il est possible de maintenir le rendement laitier.
Il est également recommandé d’accroître significativement l’apport en magnésium. De plus, il convient de vérifier la teneur en potassium de la ration complète. L’absorption de cet élément peut être fortement réduite en cas de stress thermique.
La recherche a également mis en lumière que les oligoéléments organiques de zinc et de cuivre modèrent les effets négatifs du stress thermique et jouent un rôle important dans la prévention des troubles métaboliques, telles que les boiteries et l’infertilité.
Quand des niveaux bas de fibres sont distribués, choisissez des minéraux contenant plusieurs sources de substances tampons, afin de prévenir de l’acidose. Les minéraux avec tampons sont indiqués durant les périodes de stress thermique, en raison de l’excrétion urinaire accrue.
Les vaches exposées au stress thermique (25°C) ont un pH ruminal plus bas que les vaches exposées à des températures normales (18°C). Cela prédispose également les animaux à des lésions des onglons. Ce problème devient très préoccupant avec les hausses des températures estivales que nous connaissons depuis quelques années.
En préparation pour les canicules de l’été, chaque aspect doit être observé, de l’élevage jusqu’au front d’attaque du silo. Un technicien spécialisé en production laitière peut aider les exploitants à identifier les points critiques et à mettre en place des mesures préventives efficaces.
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