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On distingue les tumeurs non cancéreuses (dites bénignes*Amas de cellules non cancéreuses qui se développe localement sans produire de métastases.), précancéreuses*Amas de cellules anormales qui peuvent se transformer en cancer s’il n’est pas traité correctement. ou malignes*Amas de cellules cancéreuses qui peut donner lieu à des métastases s’il n’est pas traité correctement. Par tumeur maligne, on entend un groupe de cellules cancéreuses susceptibles de s’étendre au-delà des tissus où elles se sont développées et d’engendrer des tumeurs satellites à d’autres endroits du corps (métastases*Tumeur formée à partir de cellules cancéreuses qui se sont détachées d'une première tumeur (tumeur primitive) et qui se sont déplacées dans une autre partie du corps où elles se sont installées.). Quant aux tumeurs précancéreuses, elles sont appelées ainsi parce que leur croissance reste contrôlée et ne produit pas de métastase. Elles peuvent cependant devenir cancéreuses.
Dans la très grande majorité des cas, le cancer du pancréas prend naissance dans les cellules du canal pancréatique, dont la fonction est de transporter les sécrétions pancréatiques vers l’appareil digestif. Ce type de cancer est appelé adénocarcinome canalaire du pancréas.
Symptômes du cancer du pancréas
Au début, il est rare que le cancer du pancréas provoque des symptômes. Lorsque ceux-ci deviennent apparents, la maladie en est le plus souvent à un stade avancé. Les principaux signes qui font penser à un cancer du pancréas sont :
- une coloration jaunâtre soudaine de la peau et du blanc des yeux (jaunisse),
- des urines foncées et/ou des diarrhées,
- des douleurs abdominales diffuses formant une sorte de ceinture autour du dos,
- des nausées et/ou des vomissements,
- une perte d’appétit et de poids,
- de la fatigue.
Causes du cancer du pancréas
L’origine de la maladie reste inconnue dans la plupart des cas. Une prédisposition génétique est en cause dans certains cas.
Facteurs de risque
Le principal paramètre associé au cancer du pancréas est le tabagisme, qui serait responsable de plus de 20 % des cas. Le risque augmente avec le nombre de cigarettes fumées et d’années de consommation.
Le diabète favoriserait également l’apparition de la maladie. En effet, le diabète*Maladie qui affecte la manière dont le corps régule le taux de sucre dans le sang. Il est dit de type 1 lorsqu’il est inné et de type lorsqu’il est acquis. trahit un dysfonctionnement de la réponse organique à l’insuline, une hormone sécrétée par le pancréas et dévolue à la régulation des taux de sucres dans le sang. Un tiers des personnes chez qui un cancer du pancréas est diagnostiqué présente un diabète.
Parmi les autres facteurs de risque, citons :
- un âge avancé (plus de la moitié des personnes diagnostiquées ont dépassé le cap des 70 ans),
- des antécédents familiaux (présence d’un cancer du pancréas chez un ou plusieurs proches parents),
- une consommation excessive d’alcool,
- une inflammation récurrente du pancréas (pancréatite chronique éventuellement due à l’alcool)
- et une surcharge pondérale.
L’alimentation joue un rôle important. Une surconsommation de viande rouge et de produits riches en graisses est associée au cancer du pancréas, avec un risque majoré en cas de conjonction avec un excès de poids et un manque d’activité physique.
Traitements du cancer du pancréas
L’ablation chirurgicale de la tumeur et des tissus adjacents constitue le principal traitement du cancer du pancréas, avec, en complément, une chimiothérapie*Traitement médicamenteux qui agit contre les cellules cancéreuses. combinée à une radiothérapie*Traitement médical qui utilise les radiations pour détruire les cellules cancéreuses et bloquer leur capacité à se multiplier. (chimioradiothérapie).
Plusieurs paramètres, à savoir la taille, l’emplacement et le stade d’évolution de la maladie aident à déterminer s’il est possible d’enlever chirurgicalement ou non la tumeur. On distingue en effet trois types de tumeurs : résécables*Une tumeur est dite résécable lorsqu’elle peut être enlevée par chirurgie. À l’inverse, elle est dite non résécable lorsqu’il est impossible d’opérer par exemple lorsqu’elle est trop grosse ou qu’elle présente des métastases., à la limite de la résécabilité et non résécables.
En cas de cancer du pancréas très avancé, une chirurgie dite palliative est parfois envisageable ; son but est d’atténuer les symptômes douloureux en enlevant la partie résécable de la tumeur.
Évolution et complications possibles
Le risque principal est l’apparition de cellules cancéreuses en d’autres endroits du corps (métastases). Lorsque cette propagation se produit, elle touche surtout le foie, l’abdomen et les poumons.
On parle de cancer local lorsque la tumeur, originelle ou récidivante, ne s’est pas répandue au point qu’on ne puisse plus l’enlever.
Les chances de guérison sont évidemment les meilleures lorsque le cancer est diagnostiqué à un stade précoce et que la tumeur est par conséquent encore résécable.
Prévention du cancer du pancréas
Les recommandations médicales générales en matière de prévention de la santé valent pour le cancer du pancréas. Ce sont des conseils simples : manger sainement, s’abstenir de fumer, limiter sa consommation d’alcool et bouger suffisamment.
Chez les fumeurs, le risque de développer un cancer du pancréas diminue dès l’arrêt de la consommation de tabac. Et plus la période d’abstinence se prolonge, plus ce risque diminue.
Quand contacter le médecin ?
Les signes et symptômes suivants constituent potentiellement des indices d’un cancer du pancréas :
- jaunissement soudain de la peau et des globes oculaires (jaunisse),
- douleurs localisées dans la partie supérieure de l’abdomen ou le dos,
- ballonnements, gaz, sensation d’avoir trop mangé après un repas léger, nausées et/ou vomissements,
- diarrhée ou constipation, selles graisseuses et flottant à la surface de l’eau des toilettes,
- perte de poids inexpliquée ou perte d’appétit, fatigue.
Prise en charge à l’Hôpital de la Tour
Le diagnostic du cancer du pancréas passe normalement par une échographie*Technique d’imagerie médicale employant les ultrasons et qui permet de « visualiser » l’intérieur du corps. et une IRM*Technique d'imagerie médicale permettant d'obtenir des vues en deux ou en trois dimensions de l'intérieur du corps., en complément à une endoscopie*Examen médical réalisé grâce à une sonde (endoscope) munie d’une caméra que l’on vient faire glisser dans la gorge jusque dans l’appareil digestif..
L’échographie permet de produire des clichés de certaines parties du corps grâce à des ondes sonores de haute fréquence. L’imagerie par résonance magnétique (IRM) fait appel à des ondes magnétiques et radioélectriques pour produire des images en 3D des organes ou des tissus.
Enfin, l’endoscopie permet de sonder le pancréas et les organes voisins grâce à une sonde souple (endoscope) munie d’une caméra et que le médecin fait glisser le long de la gorge jusque dans l’appareil digestif. Des analyses de sang peuvent également être effectuées.