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Au pays d'Unterwalden
Avec 1 illustration.
La carte que nous reproduisons dans le présent numéro des Alpes a été dessinée et gravée par Matthäus Merian. Elle fait partie de l' ouvrage édité en 1642 par Merian lui-même sous le titre Topographia Helvetiœ, Rhœtiœ et Valesise. Elle représente fort bien cette région où l'on trouve en nombre montagnes, vallées, cols, rivières, pâturages et forêts et qui, avec Schwyz et Uri, forme en quelque sorte le centre de notre patrie.
Ce n' est pas ici le lieu de donner une description géographique, non plus qu' un résumé de l' histoire de cette contrée.
Contentons-nous d' indiquer deux ou trois traits qui, s' ils ne lui sont pas spécialement particuliers, offrent cependant cette particularité de subsister encore de nos jours en Unterwald.
Ainsi, il y a beaucoup de forêts dans ce canton, cependant elles ne sont pas aussi nombreuses que pourrait le faire croire le nom lui-même de la région ( autrefois: Subsilvania, ou encore Inter sylvas [entre les forêts] ). D' ailleurs, des lois sévères furent édictées pour protéger celles qui existent. Ainsi une curieuse ordonnance de 1660 prescrit d' arracher aux chèvres les dents de la mâchoire inférieure pour les empêcher de ronger l' écorce des jeunes arbres. Je ne saurais dire si cette ordonnance continue à être en vigueur.
Une coutume qui subsiste encore dans les alpages de l' Obwald est celle de l' appel à la prière que les pâtres chantent le soir au crépuscule à travers l' entonnoir à lait. Cette coutume, fort répandue autrefois en Suisse, disparaît petit à petit, comme bien d' autres dont on regrette le pittoresque.
Les costumes nationaux par exemple, qui se sont conserves en partie, auraient bien risqué de se perdre s' il ne s' était constitué, dans plusieurs centres, des associations pour les conserver et en raviver l' usage. Or, le costume des femmes de l' Unterwald et plus spécialement du Nidwald est certainement l' un des plus beaux de la Suisse, par la richesse des étoffes et des couleurs, comme par les ornements de filigranes que l'on rencontre également aussi dans les cantons de Berne et d' Appenzell, ou de Lucerne et de Soleure.Vous avez sans doute admiré plus d' une fois ces bijoux de filigranes, parfois ornés de pierreries, colliers ou encore épingles ou flèches dans les cheveux.
Quant au costume masculin il est extrêmement simple.
Quittant le domaine des coutumes et costumes, parlons un peu du domaine politique. Ohi sans dissertations ni arguties. Il s' agit ici de ces réunions de citoyens, les landsgemeindes, qui sont les conseils généraux de certains cantons, et dont le nombre est bien minime maintenant qu' elles n' existent plus aujourd'hui que dans les deux Unterwald, les deux Appenzell et Glaris. Elles ont plus d' un demi-millénaire d' existence. L' ancienne landsgemeinde avait en principe à s' occuper de la législation et des élections; mais elle avait aussi des droits en matière judiciaire. La landsgemeinde d' Obwald, sur le Landenberg, à travers les arbres géants duquel luit le bleu du lac de Sarnen, est la plus pittoresque de toutes. Celle de Nidwald, dans l' étroit rectangle de Wylen au bord de l' Aa est la plus animée.
Les cinq landsgemeindes subsistantes tiennent à leur forme politique traditionnelle; elles sont devenues pour tous les Suisses, en quelque sorte, des lieux de pèlerinage.
( Ces quelques brefs détails sont empruntés à la brochure de la collection Les pages suisses éditées par Kundig, à Genève; Les Landsgemeindes, par Georg Thüeler ( traduction de Louis Junod).2 ?.