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L'argent est-il la motivation? Non. Le carburant pour réussir une très grande carrière en hockey sur glace, c'est la passion pour ce sport. Nino Niederreiter en est la preuve.
On a pu le constater cet été, lors d'une interview qu'il a accordée à watson à Coire (GR). Flashback.
Cet entretien a lieu la veille de son départ pour l'Amérique du Nord, où il doit rejoindre le camp d'entraînement de sa nouvelle équipe, Nashville. Du coup, on comprendrait qu'il n'ait pas de temps à nous accorder. Mais il en a. Et pas seulement pour une discussion approfondie.
On échange les premiers mots dans le vestiaire, pendant qu'il enfile sa tenue d'hockeyeur. Une fois prêt, il ira griffer la glace. Mais pourquoi s'entraîne-t-il la veille de son départ pour les Etats-Unis? Patience, vous le saurez.
Thème principal de l'interview: son transfert des Carolina Hurricans aux Nashville Predators. Il y a signé un contrat de deux ans cet été. Total de son salaire brut? 8 millions de dollars. Dans le Tennessee, il a aussi retrouvé son compatriote Roman Josi.
A quel point l'idée de jouer avec Josi a-t-elle eu un rôle dans votre choix de club?
Nino Niederreiter: On ne peut pas dire ça comme ça. Tu regardes le marché et tu réfléchis aux équipes avec lesquelles tu aimerais jouer et à celles avec lesquelles tu n'aimerais pas jouer. Tu te demandes où les chances d'avoir un bon rôle pourraient être bonnes et tu espères qu'à l'inverse, ces équipes s'intéressent aussi à toi.
N'auriez-vous pas aussi aimé rester aux Carolina Hurricans?
Si. C'était une décision difficile pour moi. Je me vois comme un joueur qui peut apporter plus offensivement – pendant encore deux ou trois ans – que ce n'était le cas récemment dans mon ancien club, où j'évoluais dans la troisième ligne aux côtés de Jesper Fast et Jordan Staal.
Vous n'avez pas vu l'opportunité d'un rôle plus offensif? J'étais le troisième meilleur buteur de l'équipe, mais notre entraîneur aimait beaucoup notre ligne, alors on jouait la plupart du temps contre la meilleure ligne de l'adversaire. Or, je cherchais un rôle qui était plus que celui d'un simple opposant.
A travers les propos de Nino Niederreiter, on comprend bien que le choix d'un club n'est pas qu'une question financière. Selon les règlements de la NHL, le Grison a pu choisir librement son équipe cet été, et son nouvel employeur n'a plus eu à verser de compensation à l'ancien.
Et il a une idée précise du rôle qu'il souhaite obtenir à Nashville:
A-t-il eu d'autres options que Nashville? «Il y avait d'autres équipes en lice, notamment Colorado, parce que cette équipe a aussi connu quelques départs importants, comme ceux de Nazem Kadri et d'André Burakovsky», précise Nino Niederreiter.
Ce qui a fait pencher la balance pour Nashville? «Les Predators ont toujours représenté une très bonne option durant les négociations», rembobine-t-il. «D'une part, grâce aux perspectives sportives intéressantes pour moi. De l'autre, en raison de plusieurs joueurs que je connais bien: Roman Josi, bien sûr, mais aussi Granlund ou Johansen, avec lesquels j'ai respectivement joué à Minnesota et chez les juniors de Portland.»
Nino Niederreiter a fini de s'équiper. C'est le moment d'aller sur la glace. La patinoire est vide. Une caméra est installée sur la glace. Un jeune gardien arrive. C'est le portier de Coire, Adrian Düggelin, 17 ans. En face, Nino Niederreiter, l'un des attaquants les mieux payés et les plus talentueux du monde, est concentré sur ses tâches. Il commence à patiner, manie le puck et tente, en tirant, de marquer des buts à Düggelin.
L'adolescent grison, plein de bravoure, est convaincant face à la star de NHL. Une fois la session finie, les deux joueurs discutent quelques minutes. En tout, elle a duré une bonne heure. Niederreiter revient au vestiaire pour poursuivre l'interview.
Le Grison de 30 ans a réussi à s'imposer dans le meilleur championnat du monde. Toute une série de joueurs de sa génération sont revenus en Suisse au cours des deux dernières années: Yannick Weber (34 ans), Dean Kukan (29), Sven Andrighetto (29) ou Sven Bärtschi (29). «Il y a une nouvelle situation en NHL», observe Niederreiter.
Dans sa carrière, Nino Niederreiter n'a connu que des entraîneurs de NHL, à part le sélectionneur national Patrick Fischer et Arno Del Curto (très brièvement, lors de son passage au HC Davos à 16 ans).
Patrick Fischer doit donc vous paraître très différent, plus décontracté.
Dans le domaine des relations humaines, c'est spécial d'avoir un entraîneur suisse, même si on parle souvent anglais dans les équipes suisses. J'ai souvent participé à l'entraînement de Rapperswil cet été, et les deux coachs suédois Stefan Hedlund et Bert Robertsson m'ont laissé une impression très positive.
Avez-vous déjà eu des discussions profondes avec un entraîneur en NHL?
Pas vraiment.
Même avec des coachs assistants?
Pas vraiment non plus. Mais je ne recherche pas non plus activement ces discussions avec les coachs.
Ça exige, du coup, d'avoir une grande capacité d'autocritique et beaucoup d'autonomie.
Oui. Je travaille aussi avec des coachs mentaux depuis 2006, on prend contact par vidéoconférence tous les 10 à 12 matchs. J'ai aussi depuis plusieurs années mon propre préparateur physique, Michael Bont, qui adapte toujours des détails dans mon travail.
Une dernière question: les enregistrements vidéo de cet entraînement à Coire lui serviront-ils à améliorer sa technique de tir? «Non», balaie Nino Niederreiter.
Oui, la veille de son départ pour le camp d'entraînement de Nashville, la star de NHL accorde ce temps. Un multimillionnaire du hockey qui prend la peine de s'occuper d'un jeune gardien du HC Coire. Autrement dit: une véritable passion pour ce sport, qui motive et anoblit les plus grands joueurs et qui n'a rien à voir avec le salaire.
Nino Niederreiter sait et se rappelle d'où il vient: il a été formé dans le club de la capitale grisonne. Un club qui, sous la direction de Reto et Jan von Arx, doit se contenter du meilleur échelon amateur national (MySports League). Niederreiter est d'ailleurs membre du comité du HC Coire, en tant qu'ambassadeur et conseiller.
En acceptant l'invitation d'Adrian Düggelin, Nino Niederreiter a aussi montré qu'il possède un ingrédient indispensable aux grandes carrières: l'humilité. Avec un enracinement local, la passion, le talent, la persévérance, le courage et la confiance en soi, elle est l'une des caractéristiques qui a permis au Grison de gravir le sommet du hockey sur glace.
Adaptation en français: Yoann Graber
Le LHC n'a pas à rougir de sa performance pour son premier match d'une finale de National League, mais c'est bien la force tranquille zurichoise qui a fini par s'imposer. Les Vaudois auraient mérité mieux, mais ils n'ont pas su marquer lorsqu'ils avaient les meilleures chances. Au cours du troisième tiers, les pensionnaires de Malley ont eu de vraies occasions, mais Simon Hrubec a su fermer la porte.