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1. Lacunes générales
- Sélection arbitraire des sources. Sans la moindre raison explicable, les auteurs ne tiennent pas compte des études pertinentes.
- Ensemble de données discutable. Les auteurs indiquent qu’en Suisse, une part non négligeable des homicides au sein des relations de couple sont des « pactes de suicide », c’est-à-dire que « l’homicide est commis d’entente entre la victime et l’auteur de l’homicide » (p. 12). Les auteurs omettent toute discussion sur la question de savoir si de tels cas devraient être exclus de l’étude.
- Méthodologie peu transparente. La méthodologie des auteurs comprend entre autres des « entretiens avec des experts ». Les auteurs n’expliquent nulle part selon quels critères ils ont choisi les experts interviewés.
- Utilisation opaque des termes. Les auteurs présentent des éléments tels que « situation sociale difficile » et « difficultés psychiques » comme des facteurs de risques mais ne définissent nulle part de manière suffisamment claire ce qu’ils entendent par ces termes.
- Emploi inapproprié des propres résultats. Les auteurs constatent des différences à expliquer entre les taux de délinquants de différents groupes confessionnels et religieux. Ils omettent toutefois toute tentative d’explication de ces différences.
2. Lacunes dans les paragraphes sur la possession d’armes à feu comme facteur de risque
- Les auteurs affirment qu’une « analyse de la littérature scientifique » montre qu’il existe un lien entre la densité d’armes à feu et le taux d’homicides. En réalité, cette théorie « plus d’armes = plus d’homicides » n’est soutenue que par une petite minorité de criminologues. Cette « analyse de la littérature scientifique » ne prouve la thèse des auteurs que parce qu’ils citent exclusivement des recherches qui soutiennent leur position.
- Les auteurs reconnaissent que la part des délits commis avec des armes à feu ne cesse de diminuer et que l’arme blanche est désormais l’instrument le plus fréquemment utilisé. Mais ils ne se demandent pas une fois si la disponibilité des armes blanches est aussi un facteur de risque ou si la disponibilité des armes à feu pourrait ne pas l’être.
- Les auteurs affirment sur une base douteuse qu’en Suisse, une part supérieure à la moyenne des actes est commise avec des armes à feu. Ce faisant, ils oublient manifestement que l’influence de la disponibilité d’une arme sur la proportion d’actes commis avec cette arme n’a aucune signification en termes de prévention et de politique de sécurité. Seule l’influence sur le nombre total d’actes est pertinente (voir point 1).
- En cas de délits planifiés de sang-froid, l’influence « d’éléments situationnels » est exclue. Pourtant, les auteurs ne tentent même pas de déterminer combien de délits qu’ils ont étudié étaient planifiés de sang-froid. Au contraire, ils traitent tous les délits comme des actes affectifs.
- Les auteurs affirment sur une base douteuse que les tentatives d’homicide par arme à feu sont plus souvent létales que la moyenne. Mais ils n’envisagent même pas la possibilité que d’éventuelles différences puissent s’expliquer du côté de l’auteur (l’arme à feu comme moyen d’un meurtrier plus déterminé et plus calculateur).
- Les auteurs font valoir qu’une partie non négligeable des auteurs d’homicides avaient déjà un casier judiciaire important avant de passer à l’acte. Bien que la délinquance importante exclue la possession légale d’armes, ils ne se posent même pas la question de savoir s’il faut faire une distinction entre les armes légales et illégales.