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Notre paroisse de ses débuts à aujourd’hui
Léonille de Sayn-Wittgenstein-Sayn, née Leonilla Ivanovna Bariatinskaia à Moscou le 9 mai 1816 et morte à Lausanne le 1er février 1918, est une princesse russe, épouse de Ludwig Adolf Friedrich zu Sayn-Wittgenstein-Sayn.
Veuve installée en Suisse, à Ouchy dès 1871, elle est connue pour ses nombreuses œuvres de mécénat et en faveur des défavorisés.
Elle a contribué au développement du catholicisme dans la ville de Lausanne et la paroisse du Sacré-cœur s’est développée à partir de sa chapelle privée dans sa propriété d’Ouchy.
La princesse Léonille de Sayn-Wittgenstein-Sayn, fondatrice de la paroisse catholique d’Ouchy, tentée par la beauté du site et la douceur du climat, le 28 février 1872, achète à la Croix d’Ouchy la villa « Colibri », qu’elle rebaptise immédiatement « Monabri » ; une résidence d’été qui deviendra définitive dès 1902.
Avec l’autorisation de l’évêque, la princesse crée un oratoire dans son salon particulier et l’ouvre aux catholiques d’Ouchy désirant assister à la messe, célébrée chaque jour par son chapelain personnel polonais, l’abbé Yeskiewicz.
Ayant constaté que la seule église de Lausanne, Notre-Dame, était d’un accès difficle pour beaucoups de lausannois, la princesse propose à la paroisse de Lausanne, qui compte quelque 4’000 paroissiens, d’édifier à ses frais et sur sa propriété une chapelle à l’intention des catholiques habitant les quartiers du bas de la ville. La proposition est acceptée avec enthousisame et, le 21 juin 1879, l’évêque du diocèse, Mgr Marilley, vient bénir lui-même le nouveau sanctuaire.
L’ouvrage est réalisé sous la forme d’un bâtiment avec une chapelle à l’intérieur, avec des appartements privés en annexe et un début de presbytère au midi.
En 1908, le sanctuaire devenu trop petit subit une première transformation avec la création de la chapelle Saint-Joseph dans la sacristie, elle-même transférée dans la partie réservée aux appartements. En 1912, après le départ des derniers locataires, l’annexe sud est transformée en véritable presbytère, tandis que l’oratoire privé de la princesse est abandonné et devient la chapelle de la Vierge. C’est à cette date également que le Sacré-Cœur devient une paroisse, distincte de celle de Lausanne.
Dès 1913, la communauté d’Ouchy devient totalement indépendante de la paroisse Notre-Dame et son statut de paroisse autonome est ratifié par le Conseil d’Etat, le 18 avril 1916.
Le 9 octobre 1917, la Société de la paroisse catholique romaine d’Ouchy est constituée dans l’objectif « d’intéresser tous les membres de la communauté paroissiale du Sacré-Cœur au développement et à la prospérité de son église ». Mais faute de moyens financiers suffisants, les différents projets d’agrandissement de l’église sont chaque fois différés.
En 1926, une noble dame russe, l’épouse du général Jassipo, qui avait vécu un certain temps à Lausanne en fréquentant assidûment la chapelle d’Ouchy, décède à Pau (France) et lègue à la paroisse deux colliers de perles, dont le principal est vendu au prix de 140’000 francs. Ce legs important incite le Conseil de paroisse à décider d’étendre l’église vers l’ouest, du côté rue, en respectant l’œuvre de la princesse.
Il s’agit alors de créer une nouvelle façade plus élégante, marquant mieux la destination de l’édifice ; d’agrandir les chapelles latérales ; de séparer complétement la cure de la nef, en créant une sacristie indépendante donnant directement sur l’église ; d’acquérir un orgue pour remplacer l’harmonium ; de créer des salles de réunion ; et d’ériger un bâtiment mitoyen comportant une grande salle paroissiale avec une scène.
Les travaux, commencés au printemps 1929, sont terminés en automne 1930, et la grande salle est inaugurée le 21 novembre 1930. Ils sont complétés par d’autres réalisations grâce à de généreuses initiatives privées : pose d’un beau maître-autel en marbre jaune de Sienne, mise en place de quatre vitraux d’Alexandre Cingria pour les chapelles de Saint-Joseph et de la Vierge, d’un cinquième vitrail du même artiste, représentant Sainte Thérèse de Lisieux, pour éclairer les fonts baptismaux, ainsi que de troix autres vitraux de Paul Monnier pour illuminer le Chœur.
Le 26 novembre 1938, l’église transformée est consacrée par l’évêque du diocèse, Mgr Marius Besson.
En 1941, l’évêque du diocèse, préside un office pontifical à l’occasion du 25e anniversaire de la paroisse, suivi d’une manifestation à l’hôtel Beau-Rivage, à laquelle participent plus de 700 paroissiens, honorée notamment de la présence du prince Chigi, grand maître de l’Ordre de Malte et gendre de la princesse de Sayn-Wittgenstein-Sayn.
En 1946, la paroisse accueille et héberge l’abbé Maurice Zundel, jusqu’à son décès en 1975.