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Je ne comprends pas très bien « Toute chair est comme l’herbe, et sa gloire comme la fleur de l’herbe… »
Question d’un visiteur :
Cher Marc,
L’idée selon laquelle la parole de Dieu demeure éternellement est claire.
Cependant, je ne comprends pas très bien la formule : « Car Toute chair est comme l’herbe, Et toute sa gloire comme la fleur de l’herbe. L’herbe sèche, et la fleur tombe ».
D’abord, l’herbe porte-t-elle des fleurs? Qu’est-ce donc que la fleur de l’herbe? Des graines ? Mais le texte ne vise style pas implicitement la beauté de la fleur ? Les graines sont-elles belles ?
Ensuite, l’herbe sèche et la fleur tombe. Mais la fleur ne sèche-t-elle pas avant l’herbe, comme les fleurs sèchent avant les feuilles, dans les vases ?
En d’autres termes, l’idée est très belle, mais la poésie tombe à plat. S’agit-il d’un problème de traduction?
Même problème quand on dit : » Ta parole est une lampe à mes pieds ». Si je suspens une lampe à huile à la hauteur de mes pieds, la flamme monopolisera mon regard et je n’apercevrai pas les obstacles. D’ailleurs, qui a des lampes à ses pieds ?
Bien amicalement
Réponse d’un pasteur :
Cher Monsieur
- Psaume 37
1 Ne te fâche pas contre les mauvais, ne sois pas jaloux de ceux qui agissent injustement.
2 Car ils sont fanés aussi vite que l’herbe et ils se flétrissent comme le gazon vert.
=> Au sens moral, c’est une exhortation à ne pas être méchant. On peut la lire comme une menace pour nous si nous exagérons dans la méchanceté, le jugement de Dieu nous emportera bien vite. C’est aussi une exhortation à ne pas se venger, Dieu s’en charge comme le dit Paul (Romains 12:19 : « Ne vous vengez point vous-mêmes, bien-aimés, mais laissez agir la colère; car il est écrit: A moi la vengeance, à moi la rétribution, dit le Seigneur. »).
- Psaume 90
2Avant que les montagnes soient nées, et que tu aies donné le jour à la terre et au monde, depuis toujours et pour toujours tu es Dieu.
3Tu fais retourner l’homme à la poussière, et tu dis : Etres humains, retournez !
4Car mille ans sont, à tes yeux, comme le jour d’hier, quand il passe, et comme une veille de la nuit.
5Tu les emportes ; ils sont comme un songe, qui, au matin, passe comme l’herbe :
6elle fleurit au matin et elle passe, on la coupe le soir, et elle se dessèche.
7Nous défaillons à cause de ta colère, ta fureur nous épouvante….
17Que la beauté du Seigneur, notre Dieu, soit sur nous ! Affermis pour nous l’œuvre de nos mains, oui, affermis l’œuvre de nos mains !
=> Il y a ici plus une réflexion sur la transcendance de Dieu et sur notre finitude. Et l’espérance de pouvoir laisser une œuvre qui demeure. L’œuvre est comme la fleur du matin, peut-être lors de la jeunesse ? J’y verrais plutôt le résultat de la rosée du matin qui fait fleurir même le désert ? Ces fleurs du matin seraient alors une image de la bénédiction de Dieu qui nous rend capable de porter des fruits, comme dans le Psaume 1er, et comme le suggère aussi le verset 17, la bénédiction de l’Eternel, ou son côté agréable et beau, est bien capable de faire durer l’œuvre de nos mains. De leur donner une certaine pérennité. Qui ne va pas quand même jusqu’à la transcendance, l’éternité, ici.
- Psaume 103
14 (l’Eternel), il sait de quoi nous sommes formés, il se souvient que nous sommes poussière.
15L’homme ! Ses jours sont comme l’herbe, il fleurit comme la fleur des champs.
16Lorsqu’un vent passe sur elle, elle n’est plus, et le lieu qu’elle habitait ne la reconnaît plus.
17Mais la bonté de l’Eternel est depuis toujours et pour toujours en faveur de ceux qui le craignent, et sa miséricorde pour les fils de leurs fils,
=> Il n’est pas question a priori de penser que ce vent, c’est à dire ce souffle, cet Esprit qui dessèche l’herbe soit le souffle de Dieu. Même si à 99% « rouar » est l’Esprit de Dieu, reste quelques rares cas où c’est apparemment la colère d’ennemis (par exemple Juges 8:3 et Job 15:13). Et le Psaume 103 annonce d’emblée que l’Eternel « pardonne toutes tes iniquités, et guérit toutes tes maladies, arrache la vie à la tombe », le thème me semble plutôt être le secours de Dieu contre le mal adverse. Et notre allégorie développe cela, donnant une rare ouverture vers l’éternité. Et donc non seulement contre le mal sous toutes ses formes mais même sur le temps dont le souffle est usure. Cette image de l’herbe qui sèche avec le vent qui souffle est là, je pense assez concrète, il y avait de terribles vents desséchants venant du désert dans ces contrées.
- Esaïe 40
5Alors la gloire de l’Eternel se dévoilera, et tous la verront ensemble— c’est la bouche de l’Eternel qui parle.
6Quelqu’un dit : Crie ! On répond : Que crierai-je ? — Toute chair est de l’herbe, tout son éclat est comme la fleur des champs.
7L’herbe se dessèche, la fleur se fane quand le souffle de l’Eternel passe dessus.Vraiment, le peuple est de l’herbe :
8l’herbe se dessèche, la fleur se fane ; mais la parole de notre Dieu subsiste toujours.
- 1 Pierre 1
23 puisque vous avez été régénérés, non par une semence corruptible, mais par une semence incorruptible, par la parole vivante et permanente de Dieu.
24 Car Toute chair est comme l’herbe, Et toute sa gloire comme la fleur de l’herbe. L’herbe sèche, et la fleur tombe;
25 Mais la parole du Seigneur demeure éternellement. Et cette parole est celle qui vous a été annoncée par l’Evangile.
=> la parole-semence fait bougrement penser au « logos spermatikos » des stoïciens, comme d’ailleurs le qualificatif de « logikos » du lait de Dieu. Cette inspiration aurait aisni commencée avant les travaux de Justin Martyr attaché à promouvoir la foi chrétienne dans les milieux grecs. Il faut dire que la parole créatrice de Dieu dans la Bible Hébraïque et dans le prologue de Jean peut aussi avoir influencé cette pensée. Il y a là une convergence.
=> en tout cas, le pense que ce logos est plus qu’une parcelle divine, elle est une semence dans le sens qu’elle se donne pour que la plante pousse. C’est donc la dynamique de vie qui est pérenne. Ce n’est pas le fruit de la pousse et de la fleur.
- Jacques 1
9 Que le frère de condition humble se glorifie de son élévation.
10 Que le riche, au contraire, se glorifie de son humiliation; car il passera comme la fleur de l’herbe.
11 Le soleil s’est levé avec sa chaleur ardente, il a desséché l’herbe, sa fleur est tombée, et la beauté de son aspect a disparu: ainsi le riche se flétrira dans ses entreprises.
12 Heureux l’homme qui supporte patiemment les afflictions, car, après avoir été éprouvé, il recevra la couronne de vie, que le Seigneur a promise à ceux qui l’aiment.
=> A son habitude, Jacques fustige les riches, ce n’est pas une question de compte en banque mais une richesse de ses fruits en ce monde
=> ce qui reste c’est l’être (la solidité, la patience, l’endurance) de la personne, par opposition au faire (les riches succès). Je pense que ce n’est pas une théorie du salut, mais plutôt à lire comme une exhortation, d’abord à approfondir sa foi, et aussi à supporter les persécutions.