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L'évolution démographique et les rendements insuffisamment élevés empêchent le financement durable du 2ème pilier. Les travailleurs en Suisse sont donc conscients des défis de la prévoyance vieillesse: seuls 4% des personnes interrogées sont opposées aux mesures visant à remédier aux problèmes de financement de l'AVS et du 2ème pilier. «Le scepticisme des personnes interrogées quant à des prestations de retraite suffisamment hautes est donc élevé», explique Yvonne Seiler Zimmermann, directrice d'étude et enseignante à la Haute Ecole Spécialisée de Lucerne (HSLU).
Selon l'étude de la HSLU, environ trois personnes interrogées sur cinq ne pensent pas qu'elles recevront suffisamment d'argent de l'AVS et du 2ème pilier pour maintenir leur niveau de vie habituel à la retraite. Il est également intéressant de constater que les femmes font encore moins confiance au système de prévoyance que les hommes. Sans surprise, les jeunes ont moins d'espoir de recevoir suffisamment d'argent de l'AVS et du 2ème pilier que les personnes plus âgées.
Beaucoup veulent prendre leur retraite plus tôt
Outre des horaires et des lieux de travail flexibles, de nombreux travailleurs souhaitent avoir plus de temps libre pendant leur activité professionnelle pour suivre des formations, prendre des congés sabbatiques, des congés parentaux ou pour s'occuper de leurs proches. De plus en plus de personnes expriment en outre le souhait de prendre leur retraite plus tôt. Jörg Odermatt, président du conseil d'administration de PensExpert, en est convaincu: «Les nouveaux modes de vie et les trajectoires professionnelles ont pour conséquence que la population doit assumer davantage de responsabilité personnelle, y compris en matière de prévoyance. Les comptes épargne-temps, tels que nous les connaissons en Allemagne, pourraient également être un modèle pour la Suisse».
Quatre personnes interrogées sur cinq apprécieraient de pouvoir financer une pause professionnelle avec un compte de prévoyance supplémentaire spécial. Le plus souvent, les personnes interrogées souhaiteraient utiliser ce compte supplémentaire pour financer une retraite anticipée, suivies par des congés sabbatiques. De nombreuses personnes interrogées seraient également satisfaites de disposer d'un tel compte sans savoir exactement comment elles utiliseront l'argent plus tard.
Les connaissances sur le système de prévoyance sont restreintes
Pour pouvoir s'occuper soi-même de sa prévoyance financière, il faut avoir un minimum de connaissances en matière de finances et de prévoyance vieillesse. Les résultats de l'enquête le démontrent: les connaissances des personnes interrogées sur le système de prévoyance et leur propre institution de prévoyance sont plutôt modestes. Néanmoins, 62 % des personnes interrogées souhaitent déterminer elles-mêmes la stratégie de placement de leur capital de prévoyance.
«Le problème principal n'est pas le manque de connaissances en soi, mais l'ignorance de ses propres lacunes», précise Yvonne Seiler Zimmermann, qui ajoute: «Si quelqu'un est conscient de ne pas savoir quelque chose, cette personne peut se faire conseiller ou s'informer elle-même».
Des lacunes dans les connaissances se révèlent notamment en ce qui concerne les réglementations relatives à la prévoyance vieillesse facultative. Les personnes qui ne travaillent pas ne peuvent par exemple plus cotiser au pilier 3a. Mais beaucoup l'ignorent malheureusement. Et seul un tiers comprend que toutes les personnes en Suisse ne peuvent pas cotiser au pilier 3a. Ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autres qui démontre à quel point il est important de s'intéresser à la prévoyance vieillesse.