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Au total, 282 communes, villes ou organisations ont participé à l’enquête, la grande majorité (256) de la région alémanique, 12 de Suisse romande et 14 de Suisse italophone. 58 % des réponses provenaient de communes ou de petites villes comptant entre 1000 et 9999 habitant-e-s, environ ¼ des sondées pouvant être qualifiées de villes et environ 17 % des réponses provenant de communes comptant moins de 1000 habitant-e-s.
Le Covid-19 a réveillé la solidarité et l’esprit d’entraide de la population
La pandémie du coronavirus et le semi-confinement national qu’elle a provoqué à partir de la mi-mars 2020 ont suscité beaucoup de solidarité et de volonté d’aider parmi la population. Plus de 30 % des communes et villes ayant répondu au sondage ont déclaré qu’elles considéraient la crise comme une précieuse expérience communautaire. Il a été constaté notamment une augmentation spontanée du nombre de bénévoles, entre autres dans l’aide de voisinage, mais aussi le lancement de nouvelles initiatives et la création de nouveaux réseaux. Environ 20 % des communes et villes sondées ont constaté que le travail bénévole était davantage apprécié par la société et que l’attention qui lui était accordée avait augmenté suite aux défis de la pandémie. Cependant, un peu moins de 10 % des communes et villes ont été confrontées au phénomène d’avoir beaucoup plus de bénévoles et d’offres d’aide que de personnes cherchant à être aidées. Il est supposé que la faible demande de soutien résulte du fait que les groupes à risque ont principalement cherché à obtenir de l’aide dans leur environnement social proche et qu’ils ne se sont tournés vers des organisations ou des réseaux que lorsque l’environnement personnel n’était pas en mesure de leur apporter cette aide.
En ce qui concerne le fonctionnement au sein des organisations, les réponses des communes et villes sondées étaient plus ou moins équilibrées: un peu plus de 8 % ont assuré que les procédures ont bien fonctionné et sans complications même pendant la pandémie, tandis qu’un peu moins de 8 % ont déclaré qu’il y avait de sérieux retards dus à des difficultés au niveau des procédures. La coordination des réseaux de soutien établis spontanément a été assurée par les communes et, au niveau régional, par les cantons, la Croix-Rouge suisse ou la protection civile. Dans plusieurs communes, il y a également eu des coopérations ponctuelles entre le secteur public, les particuliers et les entreprises privées, par exemple un service téléphonique d’assistance spéciale «corona» a été mis en place avec le concours de bénévoles.
Les défis pour les groupes à risque et le travail bénévole institutionnalisé
Un défi spécifique découlait du fait que de nombreuses personnes ayant auparavant fourni plus souvent que la moyenne un travail bénévole, appartenaient aux groupes à risque, en raison de leur âge ou de maladies antérieures, et qu’elles devaient donc plus particulièrement se protéger. En même temps, de nombreuses offres et la plupart des événements prévus par des associations ou des organisations institutionnalisées, n’ont pu avoir lieu du fait que les dispositions sanitaires les interdisaient. Il a été mentionné à deux reprises que la prise en charge des demandeurs d’asile était encore plus difficile dans ces conditions particulières.
Initiatives d’entraide de voisinage et d’aide pour faire les courses
Un peu moins de 20 % des communes et villes sondées ont déclaré que de nouvelles initiatives locales proposant une aide pour faire les courses ou des livraisons de repas à domicile avaient vu le jour pendant le semi-confinement. La coordination et la mise en réseau des organisations et associations ont été améliorées, par exemple sous la forme d’une ligne d’assistance téléphonique spéciale.
Lors de l’enquête, certaines communes et villes ont jugé qu’il était encore prématuré de faire un bilan. D’une part, selon un peu moins de 8 % des communes et villes participant à l’enquête, le début de la pandémie n’a pas changé grand-chose au niveau du travail bénévole, l’aide de voisinage étant déjà bien établie. D’autre part, certaines communes et villes ont indiqué que les synergies entre les associations et les communautés de voisinage, ainsi que celles entre les organisations et l’administration, ont été utilisées d’une manière nouvelle pendant la crise. Il a été souligné par ailleurs que la pandémie avait mis en évidence l’importance des mesures permanentes dans le domaine du travail bénévole. En particulier, la solidarité entre les personnes, et notamment entre les générations, devait être renforcée, les obstacles à l’engagement bénévole devaient être supprimés et l’initiative personnelle des bénévoles devait être davantage encouragée.
Les réponses très détaillées données par les communes et villes interrogées ont fourni à l’équipe de la ZHAW une base solide pour analyser la situation actuelle du travail bénévole local en Suisse. Dans le cadre de l’accompagnement scientifique offert au projet «engagement-local», il est prévu de mener une autre enquête écrite environ deux ans après la fin de la phase de soutien des 10 localités participant au projet «engagement-local». Entre autres, il sera très intéressant de savoir si les réseaux initiés continueront d’exister et si les expériences de la pandémie auront eu une influence sur la coordination et la mise en réseau des associations et organisations entre elles, ainsi qu’entre les associations et l’administration.