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Le géant pétrolier BP a annoncé mardi avoir plongé profondément dans le rouge au deuxième trimestre après avoir dû enregistrer une charge de 10,8 milliards de dollars pour compenser les effets de la marée noire dans le golfe du Mexique en 2010.
Entre le 1er avril et le 30 juin, la major pétrolière britannique a déploré une perte nette de 5,823 milliards de dollars (5,59 milliards de francs), contre un bénéfice net de 3,369 milliards de dollars l'an passé à la même époque.
"Lors du trimestre, BP a enregistré une charge de 10,8 milliards de dollars liée à la marée noire dans le golfe du Mexique - dont 9,8 milliards de dollars associés à l'accord conclu avec les autorités (américaines) ainsi que des charges supplémentaires pour faire face aux demandes d'indemnisation d'entreprises", a expliqué le groupe.
Le 2 juillet, BP a accepté de verser 18,7 milliards de dollars d'indemnisation aux Etats-Unis pour cette marée noire, la pire catastrophe environnementale de l'histoire du pays - un accord censé mettre fin aux poursuites intentées par l'État fédéral, par cinq États touchés (Alabama, Floride, Louisiane, Mississippi et Texas) et par plus de 400 autorités locales.
Avalanche de plaintes
En avril 2010, la plate-forme pétrolière de BP Deepwater Horizon explosait dans le champ pétrolier Macondo au large du sud-est des États-Unis, tuant 11 personnes et entraînant une pollution sans précédent des côtes. BP, qui fait depuis face à une avalanche de plaintes, a précisé mardi que sa facture totale pour cette catastrophe, avant impôts, s'élevait désormais à la somme faramineuse de 54,6 milliards de dollars.
Dans son activité de production pétrolière elle-même, BP a vu son bénéfice ajusté chuter de 64%, à 1,3 milliard de dollars. Ce bénéfice ajusté évalue les stocks d'hydrocarbures à leur coût de remplacement, c'est-à-dire aux cours actuels, et est considéré comme un indicateur clé de la santé des entreprises du secteur par les investisseurs.
"Ce résultat reflète l'impact de prix toujours bas du pétrole et du gaz, d'une moindre contribution de Rosneft (groupe pétrolier russe dans lequel BP a 19% des parts) et d'une charge liée aux événements en Libye", où le groupe a dû déprécier ses actifs de 600 millions de dollars, a-t-il expliqué.
ATS