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La plupart des caisses de pensions suisses versent des prestations sur la base des cotisations et intérêts accumulés. Les intérêts se composent de garanties ainsi que d'une part des rendements supplémentaires réalisés sur les avoirs. Les prestations futures des travailleurs actuels dépendent donc essentiellement des rendements des placements.
Il en va tout autrement pour les bénéficiaires de rente. Leur prestation est garantie à vie et ne peut pas être réduite. Ceci peut devenir un problème pour les caisses de pensions lorsqu'elles assurent une grande part de rentiers, ou exclusivement ce type d'assurés.
Est-ce que cela est viable? Est-ce équitable? - Il y a là matière à discussion. Il est clair que le risque existe qu'à défaut de moyens financiers, des travailleurs actuels ou futurs en feront les frais et/ou des bénéficiaires de rente devront renoncer pour un long temps aux adaptations des rentes au renchérissement.
Passer en mode variable
Y a-t-il des solutions pour mieux répartir les prestations? Oui, il en existe. Des rentes variables ont été prônées voici quelques années. C'est là une approche innovante. Mais il est évident que les retraités privilégient la sécurité et ne sont donc guère enthousiasmés par des prestations pouvant potentiellement baisser. Par conséquent, les caisses de pensions passent de plus en plus à un système de répartition des excédents. Selon le degré de couverture et les produits des placements, des rendements excédentaires seront répartis entre travailleurs et rentiers, conformément à un système fixé au préalable. Pour les rentiers, il y a donc un "13e mois de rente" ou un bonus qui, naturellement, ne sauraient être garantis.
L'intérêt servi aux travailleurs peut également faire l'objet d'un échelonnement variable. Si une partie des avoirs d'épargne est définie comme un "pool de bonus", les garanties peuvent être réduites et, du même coup, des prestations supérieures seront versées. Et dans l'idéal, un benchmark sera également défini pour l'intérêt visé. Ainsi sera-t-il aussi possible de mesurer quantitativement le montant des prestations, à l'aune des objectifs; le montant de la prestation sera donc comparable.
Responsabiliser les employés
Il ne faudrait pas non plus négliger un autre facteur, à savoir la possibilité pour des travailleurs de verser volontairement des cotisations supplémentaires ou de procéder à des rachats. Si les montants correspondant à ces options sont déduits mensuellement du salaire, l'épargne réalisée sera nettement supérieure et la prestation augmentera à l'heure de la retraite. C'est pourquoi certaines caisses de pensions proposent activement ceci, et les rentiers leur en sont reconnaissants. Enfin, il est un élément certainement décisif pour le particulier, soit de savoir à combien se monte sa rente de vieillesse en comparaison de son dernier salaire, car on s'est bien habitué à ce standard de vie. Déjà la simple indication de ce taux de pourcentage aide donc à planifier la retraite.
Mais toutes ces solutions ne pourront être envisagées qu'à condition que les prestations de la caisse de pensions dépassent nettement le minimum légal. L'avenir appartient donc aux employeurs qui ont des caisses de pensions généreuses et qui font participer généreusement aussi les assurés aux rendements du capital. Ceci peut également s'avérer positif pour l'employeur, sous un double aspect: d'abord, il dispose de travailleurs motivés et, deuxièmement, il a moins de risques créés par la caisse de pensions, ce qui coûte également moins, comparativement, à long terme.
La version originale de cet article était publiée dans l’édition No 110 (Juillet - Août 2017) du magazine BANCO.