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Premières élections thaïlandaises depuis le coup d'Etat de 2014
24.03.2019
Les bureaux de vote ont ouvert dimanche en Thaïlande pour les élections législatives, les premières depuis l'arrivée au pouvoir des militaires par un coup d'Etat en 2014. Les généraux espèrent conserver le pouvoir, mais l'opposition pourrait faire une percée.
Les "92'320 bureaux de vote" ont ouvert dans le royaume, a déclaré le secrétaire général de la commission électorale. Quelque 51 millions d'électeurs sont appelés à se rendre aux urnes de 08h00 à 17h00 (02h00 à 11h00 en Suisse). Les résultats préliminaires sont attendus dans la soirée.
De nouvelles règles électorales limitent les chances de voir un seul parti pouvoir acquérir à lui seul une majorité parlementaire confortable, d'après les observateurs. Les généraux espèrent conserver le pouvoir, mais la forte participation attendue pourrait en effet permettre la percée de certains partis d'opposition favorables à la démocratie.
250 sièges pour l'armée
Samedi, le roi de Thaïlande, Maha Vajiralongkorn, dont les interventions publiques sont rarissimes, a appelé à "soutenir les bonnes personnes" pour "empêcher de semer le chaos". Il reprenait des termes employés en 1969 par son père Bhumibol Adulyadej, adoré des Thaïlandais et décédé en 2016.
Le parti du général Prayut Chan-O-Cha, chef de la junte, s'est aménagé un avantage confortable avec une nouvelle constitution, adoptée en 2016, qui donne à l'armée le pouvoir de nommer les 250 membres du Sénat.
De l'autre côté, le Pheu Thai, parti proche des anciennes "chemises rouges", et les autres mouvements alliés à la famille influente des Shinawatra, devraient encore bénéficier d'une large adhésion dans les régions rurales et pauvres peuplées du nord et du nord-est.
Ils ont remporté toutes les élections depuis 2001, mais ils ont perdu leurs figures emblématiques: Thaksin Shinawatra a été renversé en 2006 et s'est exilé, tout comme sa soeur Yingluck évincée en 2014.
Depuis des années, la Thaïlande est profondément divisée entre des factions pro-Shinawatra (les "rouges") et une élite conservatrice alignée sur l'armée (les "jaunes"), qui se présente comme un gage de stabilité et de protection de la monarchie.
ats, afp