Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07119.jsonl.gz/1243

Dans ce troisième volet de la série consacrée au nucléaire, les auteurs préconisent une utilisation plus rationnelle de l’énergie et le développement de ressources alternatives à l’exploitation de l’atome.
Que diriez-vous à un boucher qui, pour continuer à vendre de la viande de vache folle, avancerait que ça coûterait beaucoup trop cher de la remplacer par du caviar ?
Que nous pourrions très bien manger de la viande de vache testée, même si elle coûte un peu plus cher, ou de la viande de porc, ou de volaille, qui sont meilleur marché, voire manger moins de viande.
De même, les études présentées périodiquement par les milieux favorables au nucléaire sont des rideaux de fumée pour nous faire oublier que le nucléaire est dangereux, que les déchets nucléaires sont des bombes à retardement, que le nucléaire est ruineux pour l’économie suisse.
Systématiquement les frais de mise à jour des installations nucléaires sont «oubliés», les primes d’assurance et les coûts de prise en charge des déchets nucléaires négligés. Systématiquement les stratégies présentées pour remplacer le nucléaire sont absurdes et ruineuses. Ainsi les partisans de l’atome ont montré que remplacer le nucléaire par des cellules photovoltaïques reviendrait à soixante milliards de francs, et que choisir l’option unique de centrales à gaz s’élèverait à quarante milliards, et ainsi de suite.
Loin des choix absurdes avancés par ces études, nous proposons une stratégie qui privilégie le recours optimal à un panachage :
Utilisation rationnelle de l’énergie.
Développement des énergies renouvelables.
Couplage chaleur-électricité.
Réduction du solde exportateur positif.
Ce choix est non seulement favorable à l’environnement, mais aussi économiquement intéressant.
L’ensemble des mesures préconisées permettrait aux consommateurs d’économiser au moins un milliard de francs et de renoncer à l’électricité produite par le nucléaire en dix ans sans toucher au confort actuel.
Utilisation plus rationnelle du courant électrique
En 1989 le meilleur frigo consommait 330 kWh par an ; en 2002 175 kWh . Ampoules économiques et éclairage efficace fournissent la même lumière en consommant cinq fois moins de courant; 30% au moins du courant nucléaire, et plus de 500 millions de francs, peuvent être économisés par l’amélioration du rendement des installations !
Limitation du chauffage électrique
Les tarifs absurdes du lobby nucléaire favorisent l’utilisation de 200 000 chauffages électriques directs, alors que leur rendement exergétique n’est que de 7%. Cette consommation diminuerait de moitié si l’on remplaçait ces chauffages par des pompes à chaleur (comme à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne), par des chauffages à bois ou par d’autres systèmes ainsi qu’en améliorant l’isolation des bâtiments concernés. Ainsi, 500 millions de francs supplémentaires pourraient être économisés.
Développement des énergies renouvelables
Le potentiel de l’énergie solaire, du vent, de la biomasse, ainsi que les possibilités d’amélioration des centrales hydrauliques sont bien plus grands que ce que prétend le lobby nucléaire et permettront, d’ici 2030, de fournir 10% de la production actuelle d’électricité. D’éventuelles augmentations de la consommation de courant seront couvertes à long terme par de nouveaux vecteurs énergétiques
Recours au couplage chaleur-électricité
Le potentiel de cette technique éprouvée est considérable. Elle peut facilement remplacer en hiver, là où la demande est la plus élevée, la moitié de la production des centrales nucléaires. Les compagnies d’électricité ont freiné son développement décentralisé pour ne pas porter tort au nucléaire.
Sortir du nucléaire implique la mise en œuvre de cette stratégie optimale pour notre sécurité, pour l’économie et pour l’environnement.
Nicolas Morel,
physicien, responsable de projets au Laboratoire d’énergie solaire et de physique du bâtiment, EPFL.
Christian van Singer,
co-président du comité «Sortir du nucléaire», physicien, Master of Science in Energy Systems.
Conséquences de l’acceptation par le peuple de l’initiative «Sortir du nucléaire»
n La durée de fonctionnement des centrales existantes sera limitée à trente ans, ce qui correspond à des exigences minimales de sécurité .
n Tous les frais en rapport avec l’exploitation et la désaffectation des centrales seront assumés par l’industrie nucléaire et les entreprises connexes.
n Les collectivités auront leur mot à dire en matière de stockage des déchets nucléaires.
n Nos déchets nucléaires ne seront plus «retraités» et cesseront d’empoisonner la Manche, la mer d’Irlande et la mer du Nord.
n La Confédération devra clairement s’engager pour accroître l’efficacité énergétique et le recours aux énergies renouvelables, ce qui sera bénéfique à l’ensemble de l’économie suisse et contribuera à la création de dizaines de milliers d’emplois.