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Le transport routier de marchandises en Europe se fera peut-être dans 5 ans par camions autonomes, selon l'IRU. La faîtière, qui a célébré vendredi ses 70 ans à Genève, dit aussi qu'une guerre commerciale serait négative mais sans impact "significatif" sur la branche.
En terme de camions autonomes, "la technologie existe déjà" et elle a été testée notamment par certains groupes aux Etats-Unis, affirme dans un entretien à l'ats le secrétaire général de l'Union internationale des transports routiers (IRU) Umberto de Pretto. "Tout va dépendre de l'entreprise qui décidera d'en acheter en premier". Les autres suivront rapidement parce que celle-ci "aura un avantage compétitif", fait remarquer l'ambassadeur.
Il part du principe que ces camions autonomes pour le transport international de marchandises seront opérationnels "dans 5 à 10 ans" en Europe et sur le nord du continent américain. Un peu plus tard dans les pays en développement où les salaires sont moins élevés. Et dans dix à 20 ans de manière généralisée.
Dans un rapport publié en juin dernier par plusieurs organisations, l'IRU et la Fédération internationale des ouvriers du transport (ITF) prévoyaient une présence régulière "dans les dix prochaines années". Selon le secrétaire général, l'utilisation de ces camions diminuera les coûts d'un tiers à 50% et permettra une activité "24h/24 et tous les jours".
Pénurie de 800'000 conducteurs
L'efficacité sera améliorée et comme 85% des accidents sont liés à une attitude humaine, ceux-ci devraient être réduits d'autant. Cette technologie risque en revanche d'éliminer des millions d'emplois rien qu'en Europe et dans le nord du continent américain. Jusqu'à près de 4,5 millions des 6,4 millions de postes prévus d'ici 2030, dit le rapport de juin dernier.
Mais selon l'IRU, les camions autonomes permettront aussi de faire face à la pénurie de chauffeurs attendue puisqu'il devrait en manquer au moins 800'000 à la même période. La faîtière veut préparer ses membres aux bénéfices de cette technologie.
Elle va aussi dialoguer avec les législateurs d'adapter "en douceur" les politiques et les accords internationaux. La Convention actuelle qui règle la circulation routière prévoit qu'un véhicule doit être piloté par un être humain.
Sur le développement durable, l'IRU s'est engagée il y a une dizaine d'années à réduire de 30% les émissions de CO2 de la branche d'ici 2030. "Nous avons déjà atteint près de la moitié" de cet objectif, dit l'ambassadeur.
Emissions diminuées de près de 15%
Autre défi en terme d'innovation, l'IRU va s'adapter à la numérisation. Et elle va pousser pour le basculement vers les documents douaniers électroniques qui permettent de gagner un temps considérable.
Un avantage également obtenu grâce à la Convention de l'ONU sur les transports internationaux routiers (TIR) qu'elle a lancée en 1949. La Chine, l'Inde et le Pakistan, soit 40% de la population mondiale, viennent de rejoindre cet accord. Avec un système de garanties commun, un chargement n’est contrôlé qu'au départ et à l'arrivée.
Malgré l'importance de la Chine avec le projet One Belt One Road, le secrétaire général ne redoute pas les tensions actuelles entre Pékin et les Etats-Unis. "Toute guerre commerciale a des conséquences négatives pour le commerce et pour le transport routier", admet-il toutefois. Mais le transport maritime pourrait être plus affecté. Pour le transport routier, l'impact ne devrait pas être "significatif".
Même si "aucune marchandise ne peut être acheminée sans avoir été transportée par la route", rendant le commerce dépendant à "1000%" de la branche. Difficile de donner un chiffre d'affaires global pour celle-ci tant elle est importante.
En revanche, en ciblant seulement le transport international de marchandises, le poids du secteur n'est que d'environ 10%. Grâce à "One Belt One Road" et TIR, l'IRU vise à terme un doublement à 20%. "Aucun changement important n'est toutefois attendu en 2018", affirme le secrétaire général.