Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07279.jsonl.gz/799

Certaines personnes ressentent encore de la fatigue intense et un essoufflement bien longtemps après avoir contracté le coronavirus. Un simple épuisement post-infectieux durant plusieurs semaines n'aurait rien d'inquiétant et serait plutôt fréquent après des infections virales, mais pour certaines personnes ces symptômes persistent durant des mois.
Aux HUG, une équipe de médecins et d'épidémiologistes a suivi 700 personnes pour mieux comprendre ce phénomène de symptômes persistants appelé "Covid long".
"Notre étude, publiée dans la revue, a montré qu'après six semaines, un tiers des patients avaient toujours des symptômes. Sept mois après l’infection, 26% des personnes ressentent encore de la fatigue", explique Mayssam Nehme, cheffe de clinique aux HUG, "mais ces personnes ne remplissent pas nécessairement les critères diagnostics du "syndrome de fatigue chronique" ou "encéphalomyélite myalgique."
Vers une épidémie de fatigue
En Allemagne, un groupe de chercheurs s'est également penché sur cette question, les résultats de l'étude, publiée dans
Il faut prendre au sérieux ceux qui souffrent de "Covid long" pour éviter l'errance médicale
Il n'est effectivement pas impossible qu'un lien existe entre Covid-19 et SFC, estime la doctoresse Mayssam Nehme. "C'est un syndrome qu'on connaît assez mal, sa physiopathologie doit être mieux étudiée. C'est vrai qu'on voit des personnes infectées par le Covid-19 qui développent un syndrome post-viral qui y ressemble. On a vu lors d’autres épidémies, comme le SRAS en 2003, une hausse de la prévalence de symptômes de fatigue persistante et d’encéphalomyélite myalgique dans la population mondiale mais on manque encore de connaissance", admet Mayssam Nehme.
SRAS et fatigue chronique
Uneréalisée en 2003 lors de l'épidémie de SRAS a montré que 40% des patients ressentaient encore de la fatigue plusieurs années après l’infection. Environ 25% d’entre eux ont été diagnostiqués avec un syndrome de fatigue chronique.
En se basant sur les résultats d’une autre étude réalisée à Toronto en 2003 sur les effets à long terme du SRAS, des chercheurs ont estimé qu'aux États-Unis entre 408'000 et 3'570'000 des personnes infectées par le Covid-19 pourraient développer à terme une encéphalomyélite myalgique.
>> Ecoutez le reportage de Malika Scialom, qui a rencontré Pénélope, 28 ans, souffrant de fatigue chronique. Elle raconte le long chemin pour parvenir à un diagnostic:
Covid long sous-estimé
A l'échelle mondiale, on estime que le "Covid long" concerne un malade sur quatre. Difficile de prédire si ce syndrome post-viral entraînera chez certaines personnes une encéphalomyélite myalgique. Mais ce risque ne doit pas être sous-estimé .
>> Réecoutez l'interview d’Idriss Guessous, chef de service aux HUG
En Suisse, des personnes concernées viennent de lancerdemandant "Une stratégie nationale suisse pour les patients et patientes atteints de Covid long et d'encéphalomyélite myalgique". Elles réclament des centres de conseils, des mandats de recherche sur le syndrome de fatigue chronique et l'éducation des professionnels de la santé pour la reconnaissance des malades, non seulement dans le milieu médical, mais aussi par l'assurance invalidité et les assureurs maladie.
Malika Scialom/Katia Bitsch
A qui s'adresser
Le Covid long [RTS]
- propose une consultation médicale
- du lundi au vendredi inclus, de 8h30 à 12h30 et de 13h30 à 17h30
ME/CFS Schweiz - +41 (0)78 616 96 80 -
Groupe d'entraide: Long Covid Schweiz