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C'est en lâchant le "comment" que la réponse peut s'exprimer
Tous les matins, la reine avait coutume de descendre avec le bébé dans le parc où étaient les bêtes, et de se laver à la claire fontaine qu'il y avait là.
Or, il arriva qu'un jour, elle s'endormit avec l'enfant sur ses genoux ; et le vieux cuisinier du château, sachant que l'enfant ne pouvait formuler un vœu sans qu'il se réalisât, vint le lui voler.
Il tua un poulet et barbouilla de son sang le tablier de la reine endormie, emmena l'enfant dans une cachette secrète, puis revint dire au roi que la reine avait laissé les bêtes sauvages lui enlever l'enfant.
Voyant le sang sur le tablier de la reine, le roi le crut et entra dans une terrible fureur : il commanda que fût bâtie une énorme tour, épaisse et profonde, dans laquelle ne pénétrait ni un rayon de soleil ni un rayon de lune, et il y fit enfermer la reine, son épouse, qu'on emmura.
Elle devait rester enfermée comme cela, sans nourriture ni boisson, de façon que la tour fût son tombeau.
Mais Dieu lui envoya deux anges du ciel sous la forme de deux colombes, qui venaient deux fois par jour lui apporter sa nourriture afin qu'elle ne mourût pas d'inanition.
Le cuisinier, après son rapt, réfléchit et se dit : "Si je reste ici, et si l'enfant réellement voit se réaliser tous ses désirs, il pourrait facilement m'arriver malheur. Il faut que je m'éloigne." Et il quitta le château pour aller rejoindre l'enfant caché, qui avait déjà grandi et qui savait maintenant parler.
- Écoute, lui dit-il, souhaite donc un beau château avec un parc et tout ce qu'il y faut.
L'enfant formula le vœu, et les mots n'étaient qu'à peine sortis de sa bouche, quand il y eut là le château, le parc et tout ce qui s'ensuit, le personnel, les dépendances, les écuries, tout cela.
Après un certain temps, le cuisinier revint à la charge :
- Il n'est pas bon, lui dit-il, que tu sois toujours tout seul. Souhaite-toi une belle demoiselle comme compagne.
Le prince fit son souhait et eut devant lui une demoiselle d'une telle beauté, qu'aucun peintre n'eût été capable de la peindre.
Ils jouaient tous les deux ensemble et s'aimaient beaucoup, tandis que le cuisinier, de son côté, prenait son plaisir à la chasse comme un riche seigneur.
Extrait du conte : L'Oeillet - Le jeu de la voie des Contes de Jean-Pascal Debailleul
Aujourd'hui, il m'est offert de réfléchir à ce bout de conte.
A la première lecture, j'ai un soupçon de révolte qui s'empare de moi, sûrement lié aux cicatrices propres de mon histoire, celle de la #manipulation.
Mais à travers cette histoire, je suis en fait en contact direct avec la puissance de la #Vie et du #miracle.
Tout est possible, tout peut être accompli dans ma vie, c'est "la source d'inspiration qui vous donne pouvoir sur l'existence"...*
Malheureusement ma "nature passionnelle s'en empare pour sa jouissance propre".
Il n'y a pas très longtemps, alors que j'écoutais une vidéo Youtube, (19 juin) j'ai pris conscience comment ma petite voix, celle de mon âme, me guide pas après pas, ne donne pas d'explication, chuchote et guide merveilleusement bien vers le but magnifique prévu pour moi. Quand je veux tout contrôler, tout décider, tout savoir à l'avance, c'est ma "nature passionnelle" qui parle et me fait perdre un temps précieux...et me fait surtout croire que je sais ce qu'il me faut pour être heureuse... faire le choix chaque matin et proclamer le fait d'écouter cette petite voix comme son merveilleux guide vers l'accomplissement de sa vie.
*Toutes les citations entre guillemets ramène à l'Oracle de la voie des contes du même auteur.