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Johann Sebastian BACH, Concerto brandebourgeois No 4 en sol majeur pour deux flûtes à bec, violon, cordes et basse continue, BWV 1049, Karl TROETZMUELLER et Paul ANGERER, flûte à bec, Jan TOMASOW, violon, Anton HEILLER, clavecin, musiciens du Kammerorchester der Wiener Staatsoper in der Volksoper, Felix PROHASKA, Amadeo AVRS 6043
Une courte description de Peter Wackernagel, publiée dans le livret de l'intégrale des concertos brandebourgeois sous la direction d'August Wenzinger:
"[...] Tandis que la concentration du travail contrapuntique constituait le caractère essentiel du premier mouvement du premier Concerto, la musique du quatrième Concerto en sol majeur (BWV 1049) s'élargit considérablement. Ainsi, le mouvement initial qui, dans le premier Concerto comptait 87 mesures en a ici 427. Le thème principal seul en prend 83. Le premier mouvement du 4e Concerto peut avec raison, être qualifié de concertant (Bach a lui-même transcrit le 4e brandebourgeois sous la forme d'un Concerto de piano). Les instruments solistes sont un violon et deux flûtes à bec, celle-ci conférant à la sonorité de l'ouvrage un aimable caractère pastoral. Que l'oeuvre tout entière soit traitée selon des principes formels extrêmement stricts va naturellement de soi quand il s'agit d'un maître tel que J.S.Bach.
C'est une jouissance profonde de suivre dans le détail le déroulement du processus musical. Le violon solo se produit tout d'abord seul dans une série d'arpèges et de gammes relativement «innocentes». Viennent ensuite les flûtes, et le champ sonore s'étend toujours davantage. Le violon répète son solo - car, dans ce morceau, les reprises ne manquent pas. Il est alors secondé par les instruments à cordes traités en canon. Le retour du thème - qui réapparaît cinq fois en tout - est prétexte à d'intéressantes variantes. Une de ses rentrées est marquée par une bruissante intervention des violons de l'orchestre qui semblent un moment donner la chasse à l'habile soliste. L'harmonie oscille de majeur à mineur, pour revenir de nouveau à majeur la sonorité demeure toujours aérée et lumineuse. Sous le rapport de la grâce, ce premier mouvement du Concerto en sol n'a d'équivalent dans aucun des autres brandebourgeois.
Le second mouvement, Andante, est une méditation émue, dont l'expression s'intensifie dans l'épisode en mineur, en évitant toutefois le ton de la gravité. Bach utilise dans ce morceau l'effet d'écho si apprécié dans la musique à l'époque baroque: l'orchestre propose une phrase que le concertino répète ensuite. Dans le cours du développement, l'orchestre et le soliste sont de plus en plus mêlés l'un à l'autre. La conclusion, sur une cadence de flûte et deux accords fortement scandés laisse pressentir l'approche de quelque chose de grandiose.
En effet, le dernier mouvement est un morceau plein d'une énergie inouïe, comme si Bach «voulait rattraper quelque chose de manqué». Considéré au point de vue formel, ce Presto est une combinaison de style concertant et de style fugué. Il est remarquable de constater comment ces deux principes, apparemment opposés l'un à l'autre, non seulement ne se gênent nullement, mais au contraire s'enrichissent réciproquement ici. Le thème, énergique, est d'une force expressive telle que seul Bach pouvait en créer un. Par la suite, les instruments font échange réciproque de fonctions. Un moment, les uns sont traités contrapuntiquement, les autres de manière concertante, puis les rôles sont inversés. Les parties qui sont indépendantes des thèmes paraissent essentiellement destinées à la mise en valeur des épisodes principaux. L'oeuvre conclut par une brillante Coda s'achevant sur un point d'orgue. [...]"
Nous retrouvons ici des solistes viennois bien connus de l'époque: Jan TOMASOW, violon, Karl TROETZMUELLER et Paul ANGERER, flûte à bec, Anton HEILLER, clavecin, avec des musiciens du 'Kammerorchester der Wiener Staatsoper in der Volksoper', le tout est dirigé par Felix PROHASKA.
La première parution a lieu sur la 2e face du deuxième disque de l'album BGS 540/541/542. Assez curieusement plusieurs sources indiquent que l'enregistrement de cette intégrale des concertos brandebourgeois aurait été fait en juin 1956, alors que les labels de la première édition indiquent pourtant clairement que l'enregistrement a été fait en 1954: voir la page du premier concerto brandebourgeois BWV 1046 pour plus de détails, ainsi que l'étiquette de la deuxième face du BG 541 (photo ci-dessus à droite) indiquant "Recorded in Europe MCMLIV", donc "Enregistré en Europe 1954".
Pour cette restauration j'ai utilisé l'édition sur Amadeo AVRS 6043, parue un peu plus tard: sur ce disque ce concerto est sur sa première face, qui est complétée avec le 1er mouvement du concerto No 5 BVW 1050.
Voici donc...
Johann Sebastian Bach, Konzert Nr. 4 in G-Dur für zwei Blockfloeten, Violine, Streicher und Basso Continuo, BWV 1049, Karl Troetzmueller et Paul Angerer, flûte à bec, Jan Tomasow, violon, Anton Heiller, clavecin, musiciens du Kammerorchester der Wiener Staatsoper in der Volksoper, Felix Prohaska, Amadeo AVRS 6043 (1. Allegro 07:15, 2. Andante 03:50, 3. Presto 05:03)
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