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Entre 2015 et 2019, la demande helvétique en matières premières a nécessité une surface près de trois fois plus grande que la Suisse, indique unde WWF Suisse.
"La déforestation est souvent cachée dans des produits résultant de l’importation de matières premières liées à de nombreux risques", souligne le WWF. Environ 11,2 millions d’hectares ont été nécessaires pour couvrir les besoins de la Suisse en huit matières premières agricoles et forestières entre 2015 et 2019: cacao, noix de coco, café, huile de palme, cellulose et papier, soja, canne à sucre et bois.
Près d'un quart de l'empreinte écologique de la Suisse exprimée en surface au sol se situe dans des pays présentant un risque élevé, ou très élevé, en matière de déforestation, de mauvaise gestion gouvernementale et de lacunes en matière des droits des travailleurs, selon l'analyse des risques du WWF.
Déforestation contre cacao
C'est par exemple le cas pour les importations de cacao. Plus de la moitié des importations nécessaires à la fabrication du chocolat suisse provient de pays où le risque de déforestation est particulièrement élevé. Autre fait marquant, selon le WWF: alors que la Suisse représente seulement 0,1% de la population mondiale, elle représente 3% de l'empreinte mondiale du cacao.
Le café consommé en Suisse affiche également un mauvais bilan. Aucune des importations de café ne provient de pays à faible risque mais près des trois quarts proviennent de pays considérés avec un risque élevé de déforestation.
Les importations de soja proviennent aussi de pays "à risque" ou "très haut risque" à hauteur d'environ 75%. Sa production a été multipliée par huit depuis les années 1960 et dépend de notre consommation de viande, avertit le WWF. Plus de 80% des importations finissent dans les mangeoires du bétail.
Surface de Zoug pour l'huile de palme
Le commerce de l'huile de palme est également passée au crible dans le rapport du WWF. La Suisse en importe 63'000 tonnes chaque année. La surface nécessaire à l’étranger pour couvrir la demande helvétique s’est montée entre 2015 et 2019 à près de 25'000 hectares par année en moyenne, soit la taille du canton de Zoug.
Le WWF appelle à une meilleure traçabilité des importations. "Il faut que les chaînes de livraison soient aménagées de manière à exclure la déforestation, afin qu'aucun produit vendu sur le marché suisse n'encourage ce phénomène", écrit l'ONG.
ats/fgn