Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07089.jsonl.gz/718

Investir dans les Objectifs de Développement Durable pour réduire les risques du portefeuille et trouver un nouvel équilibre risque-rendement.
Un nombre croissant d'entreprises ont récemment annoncé la manière dont elles envisageaient d'intégrer les 17 ODD de l'ONU1 afin de favoriser un monde durable d’ici 2030, à travers une une feuille de route universelle pour leurs opérations commerciales. En parallèle, la demande des investisseurs pour les fonds ESG2 intégrés et à impact conçus pour atteindre des résultats environnementaux et sociaux positifs mesurables s’est considérablement accrue. Selon le Global Impact Investing Network, le marché de ces produits a augmenté de plus de 40% entre 2019 et 2020.
Pour faciliter l’alignement des produits avec les ODD, des outils ont été créés pour aider à évaluer ces alignements et/ou contributions des entreprises. Malgré des défis méthodologiques, 50% des gestionnaires prévoient de commencer à mesurer les investissements par rapport aux ODD*3. Ce nouvel alignement avec les ODD a vocation à encourager une révision de la théorie moderne du portefeuille.
La théorie moderne du portefeuille (MPT), introduite par Harry Markowitz en 1952, constitue un cadre pour la construction de portefeuille qui aide à déterminer le juste équilibre entre les niveaux de prise de risque et les rendements attendus. Elle repose sur plusieurs hypothèses, avec notamment l'anticipation de la rémunération des investisseurs pour la détention d'actifs plus risqués, les avantages de la réduction du risque via une diversification d'actifs non corrélée et des marchés efficaces.
Autrement dit, la MPT s'appuie sur les données historiques de risque et de rendement comme entrée principale pour identifier les portefeuilles optimaux en accord avec une frontière dite «efficace» et est établie en fonction du profil de risque de l'investisseur sur une durée précise.
Les interprétations traditionnelles de la MPT ne tiennent pas compte des ODD (ou ESG), qui représentent une contrainte externe à l'équation d'optimisation du portefeuille risque/rendement. En vertu des hypothèses du MPT, ajouter une telle contrainte éloignerait les investissements de la frontière efficiente, ce qui les rend moins «optimaux».
Une enquête du Global Impact Investor Network souligne que les deux tiers des investisseurs ayant un impact sur le marché ciblent un rendement de marché, tandis qu'un tiers est prêt à cibler un rendement inférieur afin de maximiser l'impact. Mais il existe également des scénarios dans lesquels la prise en compte de l'impact des investissements sur les ODD pourrait contribuer à l’atténuation les risques ou à l’amélioration du rendement, ce qui peut ne pas être reflété dans les valorisations actuelles du marché. Dans de tels cas, l’intégration de facteurs ODD dans la construction du portefeuille peut aider à atténuer les risques et à renforcer la résilience ou donner un avantage concurrentiel que l'analyse traditionnelle basée sur le MPT ne saisit pas.
Un certain nombre d'experts du secteur financier ont commencé à solliciter une refonte fondamentale de la MPT afin de l'actualiser en fonction des préoccupations et des défis d'aujourd'hui. Il s’agirait pour les investisseurs d’évaluer le rendement attendu en fonction du niveau de risque pris ainsi que l'alignement avec les ODD ou les scores ESG dont les gérants d'actifs doivent désormais rendre compte.
En effet, le secteur de la gestion d'actifs a connu une accélération en matière de réglementation financière durable, soutenant le mouvement vers un plus grand alignement avec les ODD. Les entreprises qui ont intégré les ODD devraient ainsi être mieux placées pour s'adapter à ces réglementations et exploiter les thématiques sous-jacents pour bénéficier de sources de rendement en croissance.
Par conséquent, la prise en compte des enjeux structurels des ODD tels que le changement climatique, la crise de la biodiversité ou les inégalités sociales dans la gestion de portefeuille, pourrait conduire les investisseurs à un résultat «meilleur qu'optimal».