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Lorsque les habitudes de sommeil des enfants sont modifiées par des facteurs externes, cela peut avoir des conséquences. Telle est la conclusion d’une étude de l’Université de Fribourg, qui a analysé le sommeil d’enfants pendant la pandémie et le comportement de ces derniers six mois plus tard.
Le confinement du printemps 2020 a manifestement influé sur le sommeil des bébés et des jeunes enfants. C’est la conclusion à laquelle est parvenue une étude en ligne, publiée au printemps 2021, menée par le laboratoire du sommeil des bébés du Département de psychologie de l’Université de Fribourg. Or, le raccourcissement du temps de sommeil dû à une modification des habitudes peut avoir des effets sur le développement des enfants, comme le montre une étude complémentaire parue récemment. Selon celle-ci, les jeunes enfants ayant connu un plus grand nombre de réveils nocturnes du fait du confinement présentent, six mois plus tard, un niveau d’autocontrôle inhibiteur significativement plus bas.
Pour l’étude, les parents de 45 enfants âgés de 3 à 6 ans ont été interrogés. Le questionnaire portait d’une part sur les habitudes de sommeil, d’autre part sur les fonctions dites «exécutives», c’est-à-dire les processus cognitifs complexes qui régulent les actions et les pensées. Concrètement, des questions ont été posées concernant l’inhibition et l’impulsivité, la flexibilité, le contrôle émotionnel, la mémoire de travail, ainsi que la planification et l’organisation. L’équipe a évalué comment les enfants dormaient avant et pendant le confinement, et comment ils régulaient leur comportement six mois plus tard.
Des réveils nocturnes porteurs de conséquences
Les résultats soulignent que, chez les enfants, des modifications particulièrement importantes du sommeil nocturne lors de périodes sensibles du développement peuvent avoir des conséquences sur le comportement. En effet, les circuits neuroanatomiques impliqués dans le traitement émotionnel se construisent pendant les années préscolaires, et les fonctions exécutives dépendent du développement du cortex préfrontal. Les principaux changements ont pu être mis en relation avec une multiplication des réveils nocturnes et une baisse significative associée du niveau d’autocontrôle inhibiteur, laquelle se traduisait par de l’agitation ou de la nervosité. Une telle dégradation de la qualité du sommeil entraînait également une moindre régulation des émotions. Ainsi, les enfants étaient plus souvent sujets à des accès de colère.
Le sommeil, un bouclier protecteur
En résumé, cette étude confirme l’hypothèse selon laquelle le sommeil est crucial pour préserver les processus de développement cognitifs chez les enfants d’âge préscolaire dans un contexte difficile comme le confinement. Le stress a été identifié comme l’un des principaux facteurs de mauvais sommeil chez l’enfant, ce qui peut, comme le montre cette étude, avoir des répercussions sur le développement. Le sommeil peut toutefois aussi jouer un rôle protecteur. Ainsi, le fait de dormir suffisamment peut réduire les conséquences négatives du stress familial sur les facultés cognitives. Parmi les éléments qui favorisent la qualité du sommeil des enfants figurent l’activité physique, le niveau d’éducation des parents, la structure du ménage comme la présence de frères et sœurs ou d’animaux de compagnie, et l’implication des personnes chargées de la garde des enfants, ainsi que le recours à des techniques d’attention.