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Le Centre Ecotox, partenaire des instances européennes
Le Centre Ecotox met à profit son expertise en matière de protection des eaux en Europe en travaillant au sein de diverses instances importantes de l'UE. Il contribue ainsi à la coopération technique de la Suisse avec l'Union européenne dans le domaine de l'écotoxicologie.
La directive cadre sur l'eau de l'Union européenne définit le cadre réglementaire de la protection des eaux en Europe. L'un de ses principaux objectifs est l'atteinte d'un « bon état chimique » des eaux superficielles des 27 États membres. Ce bon état chimique est défini par le respect de normes de qualité environnementale (NQE), des valeurs limites contraignantes assurant la protection des écosystèmes aquatiques et de la santé humaine. Ces normes sont déterminées pour toutes les substances prioritaires, c'est-à-dire pour toutes les substances jugées particulièrement dangereuses pour l'être humain et l'environnement. Sur mandat de l'Office fédéral de l'environnement (OFEV), le Centre Ecotox est représenté dans divers groupes de travail chargés de déterminer, d'évaluer et d'actualiser ces NQE.
23 nouveaux seuils européens en préparation
La liste des substances prioritaires comporte actuellement 45 entrées. Le Working Group Chemicals évalue tous les deux ou trois ans si cette liste doit être étendue, si les normes fixées pour les substances déjà classées doivent être corrigées et si certaines substances peuvent être rayées de la liste – aux côtés de l'OFEV, le Centre Ecotox participe activement à ce travail. Sous la houlette du Joint Research Centre de l'UE, d'autres groupes de travail déterminent actuellement des NQE pour 23 substances devant être incluses dans la liste – et là encore, le Centre Ecotox est fortement impliqué.
Parmi les nouvelles substances figurent trois œstrogènes (l'estrone , le 17 β-œstradiol et l'éthinylestradiol), trois antibiotiques (l'azithromycine, la clarithromycine et l'érythromycine), deux antalgiques (le diclofénac et l'ibuprofène), un antiépileptique (la carbamazépine) et 12 pesticides, à savoir les insecticides néonicotinoïdes acétamipride, clothianidine, imidaclopride, thiaclopride et thiaméthoxame, les insecticides pyréthrinoïdes bifenthrine, deltaméthrine, esfenvalérate et perméthrine, les herbicides glyphosate et nicosulfuron et le biocide triclosan. À cela viennent s'ajouter le bisphénol A (un produit chimique industriel) et l'argent ainsi que le groupe des substances perfluorées (PFAS) pour lesquelles un seuil global sera défini. Le Centre Ecotox contribue ainsi à ce que des valeurs limites harmonisées soient déterminées sur une assise très large dans l'Union européenne, valeurs qui sont également d'une grande utilité en Suisse. Ces dernières années, le Centre Ecotox a d'ailleurs déterminé lui-même des NQE pour beaucoup de ces substances.
Un travail encore plus efficace grâce aux réunions en ligne
« Les NQE sont déterminées pour chaque substance sur la base d'études écotoxicologiques spécifiques », explique Marion Junghans. Le groupe de travail responsable discute de ces études dans des réunions en ligne et estime tout d'abord si elles peuvent être prises en compte pour déterminer la norme, autrement dit, si elles sont fiables et pertinentes. Les membres du groupe de travail déterminent ensuite la NQE en fonction des résultats des études retenues. « Nous discutons entre nous des méthodes les mieux adaptées, des incertitudes existantes et des facteurs d'extrapolation à employer », raconte Marion Junghans. Les rapports finaux sur les NQE présentent également des données sur la présence de la substance en question dans l'environnement des différents États membres. « Suite à la pandémie de Covid-19, il est devenu beaucoup plus simple d'organiser des réunions en ligne, ce qui facilite énormément les échanges dans ces groupes de travail », analyse Alexandra Kroll qui s'implique également dans cette démarche. Les déplacements professionnels ont reculé et les réunions se sont multipliées.
Priorisation des substances dans le réseau Norman
Le Centre Ecotox est également membre du réseau Norman (Network of reference laboratories for monitoring of emerging environmental pollutants) qui priorise au niveau de l'UE les substances potentiellement problématiques pour l'environnement. Pour accomplir cette tâche, les résultats des détections dans les eaux de surface de l'Union européenne sont regroupés dans une base de données et comparés aux informations sur la toxicité des substances pour les différents types d'organismes. Les données de toxicité sont également enregistrées dans une base de données que Marion Junghans contribue à développer.