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Civilisation de Hallstatt
Le Hallstatt ou Premier âge du fer est une période succédant à l’âge du bronze final et précédant la période de La Tène. Il tire son nom en référence à la nécropole autrichienne située au-dessus du lac du même nom, dans le Salzkammergut autrichien. Celle-ci est surtout utilisée aux VIIe et VIe siècle avant J.-C. Sa richesse, due à l’exploitation de mines de sel par les habitants du lieu, est connue depuis le milieu du siècle dernier et son nom fut donné en 1872 à la première période de l’âge du fer. Ainsi, une nouvelle aristocratie se met en place. Les guerriers, des nomades, montent à cheval et font du commerce en même temps qu’ils gagnent de nouveaux territoires. Ils parcourent l’Europe en groupes restreints. De petits noyaux sont créés, développant la civilisation celtique. Aux populations locales, ils apportent leurs savoirs, leurs technologies, tel l’usage de la métallurgie. Les premiers émigrants, Goidels et Pictes, établis sur les rives de la mer du Nord, s’emparent de la Grande-Bretagne ( Albio ), puis s’installent en Irlande, dont le nom ancien, “Iverioî”, transparaît dans le nom actuel de la République irlandaise : Eire.
La fin du Premier âge du Fer est marquée par l’émergence d’une série de sites de hauteurs fortifiés, à proximité des voies de communication ; ils sont qualifiés de “résidentes princières” en fonction de caractéristiques communes, en particulier de la présence d’importations du Sud méditerranéen, grec, de tombes fastueuses qui entourent ces résidences.
Sur le Plateau suisse, on trouve la résidence princière de Châtillon-sur-Glâne (Fribourg) et à l’est le Ütliberg (Zürich). On a retrouvé un torque en or a été trouvé à Payerne et une hydrie en bronze issue d’un atelier de la Grande Grèce. Ce prestigieux récipient témoigne des contacts de part et d’autre des Alpes. Il est dès lors légitime, et dès lors sans anachronisme, de qualifier de Celtes ces élites du Hallstatt final et du début de La Tène.
Le second âge du fer ou l’époque de La Tène
La culture de la Tène ( laténienne ) se développe en Europe entre environ 450 avant J-C. et jusque 25 ans avant J-C.
Ce modeste lieu-dit La Tène dans le canton de Neuchâtel est sans conteste l’un des sites archéologiques les plus célèbres de Suisse. Il a été retenu comme site éponyme du second âge de Fer européen par la communauté scientifique. L’époque de La Tène est exceptionnelle par rapport aux époques précédentes : elle permet, grâce à une chronologie fine des sépultures, de suivre l’évolution culturelle de génération en génération, assortie de datations au quart de siècle près. Les vestiges d’habitats « normaux » restent rarissimes au cours de la Tène ancienne et moyenne, et sans commune mesure avec le faste des résidences princières.
La culture laténienne marque par un changement dans le répertoire formel et surtout par un nouveau mode d’expression artistique appelé Premier Style. Cet art celtique recourt à des motifs empruntés au répertoire grec ( palmettes, fleurs de lotus, esses ), en rupture avec la tradition géométrique hallstattienne.
Cette époque s’achève avec la conquête romaine et les migrations germaniques. Consultez : Antiquité-datations
Les oppida ou villes-forteresses
A partir de 150 av. J.-C., le paysage du monde celtique change progressivement : de la Gaule à la Bohême, plus de deux cents villes-forteresses, les oppida, sont aménagées, généralement sur les hauteurs, et la campagne qui les entoure est elle-même modifiée. On a pensé expliquer ce phénomène majeur dans l’évolution du monde celtique par la nécessité de se protéger contre les invasions.
Le plus souvent, un oppidum a été précédé d’une agglomération non fortifiée, un bourg établi en plaine pour développer des activités artisanales et commerciales.
Les remparts des oppida représentent un investissement extraordinaire en temps, matériaux et en main-d’œuvre. Edifiés à la main, sans matériel de levage, ceux de Bibracte s’étendent sur 5 km et englobent une surface de 200 ha, dont 40 sont habités. En général hautes de 4 mètres et épaisses de 5 à 7 mètres, ces murailles s’ouvrent par des portes elles-mêmes fortifiées ; une palissade les surmonte et des tours de bois espacées régulièrement les couronnent. Les murs de pierre sont les plus nombreux, avec une charpente de bois intérieure qui en renforce la cohésion.
A l’ouest du Plateau suisse, des fouilles modernes ont mis à jour le vaste oppidum sur la presqu’île de l’Enge dans une boucle de l’Aar, où est sera installée la ville de Berne. Plus à l’ouest, on trouve L’oppidum du Mont Vully se situe sur une hauteur entre les lacs de Morat et de Neuchâtel. Deux remparts protègent le site : au sommet, un premier rempart limite une surface de 3 ha, déjà occupée au Bronze final. A La Tène finale la surface est portée dans 50 ha. Sur ce rempart principal, de part et d’autre de la porte en tenaille, se trouvaient des tours d’un ou deux étages. C’est pour l’instant le seul rempart celtique où des tours sont attestées en dehors de l’entrée.
Le site laténien d’Yverdon est implanté sur un cordon littoral entre le lac, une zone marécageuse et une rivière (La Thielle) ; il n’est pas perché sur une hauteur comme Berne, le Mont Vully et la plupart des oppida.
L’éperon barré de Sermuz sur lequel des fouilles ont eu lieu au début des années 1980 est situé sur une colline située à 2 km d’Yverdon, a été dotée d’une fortification, non pas d’un rempart à poteaux frontons mais d’un mur gaulois, un murus gallicus.
Sources: Oppida.org et « Sur les traces des Celtes «