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Les problèmes d’endettement de ces pays en développement risquent de créer un degré de dépendance défavorable à l’égard de la Chine.
Les prêts de la Chine aux pays en développement à faible revenu ont augmenté régulièrement au fil des années, même si leur rythme a été modeste, représentant 4,2% de leur PIB total en 2016 (voir le graphique ci-dessous). L’ensemble de ces 60 pays représentent un cinquième de la population mondiale. Cependant, si nous les considérons en termes de production économique, les mêmes 60 pays représentent un faible 4% de la production totale mondiale.
Pays en développement à faible revenu (PDFR): revenu national brut par habitant inférieur à 2’390 dollars. Les autres emprunts extérieurs incluent la Banque mondiale, le FMI, la Banque africaine de développement, le Club de Paris, des obligations publiques, des banques commerciales et autres. Les emprunts intérieurs comprennent la banque centrale, les banques de dépôt et les établissements financiers autres que les banques.
Source: IMF
Il est cependant beaucoup plus concret d’examiner les prêts de la Chine aux 36 pays pauvres très endettés, classés par le FMI comme des pays supportant un fardeau de dette ingérable et insoutenable. Les emprunts auprès de la Chine représentaient 12% de leur PIB en 2016, soit le double de leur niveau de 2013 (6% du PIB) (voir graphique ci-dessous).
Parmi ces 36 pays pauvres très endettés, 30 se trouvent en Afrique. Le président chinois vient d'offrir un nouveau financement de 60 milliards de dollars à l'Afrique en septembre 2018, comprenant de nouvelles lignes de crédit d’un montant de 20 milliards et un fonds spécial de 10 milliards créé pour le développement sino-africain. En outre, cela s’ajoute à la promesse de financement de 60 milliards de dollars formulée trois ans plus tôt. En retour, la Chine mènera à bien 50 projets en Afrique, notamment des projets de développement vert et environnementaux, ainsi qu'une assistance militaire à l'Union africaine. L’Afrique jouera également un rôle stratégique dans l’initiative «Belt and Road» de la Chine en reliant la Chine à l’Europe par l’océan Indien.
On craint que les problèmes d’endettement de ces pays en développement à faible revenu ne créent un degré de dépendance défavorable à l’égard de la Chine en tant que créancier. Les conditions de prêt de la Banque de développement de Chine, de la Banque d'import-export de Chine et de la Banque de développement agricole de Chine ne sont généralement pas divulguées.
Intuitivement, le financement des infrastructures en faveur de ces pays peut créer un problème de dette souveraine si les emprunts ne sont pas accompagnés d'une croissance économique suffisante et d'une génération de revenus en adéquation pour assurer le service de la dette. En outre, la structure et la devise du portefeuille de dette peuvent constituer un défi supplémentaire pour la viabilité de cette dernière. Le FMI a constaté que la majorité des prêts bilatéraux aux pays en développement à faible revenu, à l'exception de ceux accordés par le Club de Paris, ne sont pas clairs en termes d'exigences de garantie et de calcul du remboursement de la dette. Le Club de Paris est un groupe informel de 22 pays membres permanents fournissant des fonds aux pays ayant un programme en cours avec le FMI. Ces 22 membres comprennent les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la Suisse, la France, l'Allemagne, le Japon, la Corée, le Brésil et la Russie, mais la Chine n'en est pas membre. La Chine n’a donc aucune obligation d’informer le Club de Paris de la gestion de ses activités de crédit. Les prêts de la Chine, en USD ou en RMB, pourraient créer des risques de change supplémentaires pour ces pays à faible revenu.