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Le docteur Foveau de Courmelles, de Paris, adresse à l'Académie l'observation clinique d'un malade atteint depuis de longues années d'agoraphobie et qui a été sinon guéri, mais dont l'état a été très sensiblement amélioré par de. simples ascensions en ballon.
On sait qu'on désigne sous ce nom. qui tire sa racine de deux mots grecs signifiant, l'un « assemblée », l'autre « crainte ou peur », un état d'être caractérisé par une horreur insurmontable de traverser une place publique; une route, en un mot, un espace plus ou moins dénudé, où le regard peut se porter au loin.
Sauf cet inconvénient, qui les pousse invinciblement pour ne pas tomber, à fermer les yeux et à s'accrocher au bras du premier passant venu,et peut-être aussi une impressionnabilité extrême,les personnes atteintes de cette « phobie » ou terreur elles sont plus nombreuses qu'on ne le croit ne paraissent pas présenter d'autres manifestations bien caractéristiques de leur état nerveux.
Elles vont et vaquent à leurs affaires comme la généralité des personnes qui les entourent et qui les plaisantent le plus souvent de leur « nervosisme » exagéré.
11 s'agit, dans le cas relaté par le docteur Foveau de Courmelles, d'un homme de lettres M. F. D. âgé de soixante-neuf ans, qui ne pouvait depuis vingt ans traverser une place, ni même une rue, sans avoir le vertige, et toujours était obligé de recourir à une personne de bonne volonté pour se faire guider ou rentrer chez lui.
Sur les instances réitérées d'un aéronaute de ses amis, il monta en ballon il y a un mois.
Voici ses impressions tulles que les rapporte le docteur Foveau de Courmelles « On prend place dans la nacelle sans l'ombre d'une secousse, sans le soupçon d'un balancement, le ballon gigantesque s'élève et part, il est parti, et aussitôt on éprouve, en quittant la terre, je ne sais quelle inexprimable impression de soulagement étrange et de bien-être inconnu.
«On monte, on monte encore, et le plaisir augmente en montant.
«Mais sait-on bien si l'on monte ou si l'on descend?
« On est porté et comme immobile dans son fauteuil. Nul éblouissement, nul vertige, mais une sorte de détente nerveuse et de repos berçant,un irrésistible besoin de voir, un avide désir de contempler le tableau magique qui se déroule à vos pieds, tandis que le câble de l'aéronaute se déroule dans l'air. Une seule envie monter; une seule préoccupation regarder. »
Il était déjà curieux de noter la disparition du vertige en présence d'un espace aussi grand que celui qui est ouvert devant les yeux d'un aéronaute, mais ce qui est plus intéressant encore en cette observation c'est que cet aéronaute d'occasion eut le pied très solide à terre pour faire le jour même le tour du pays d'atterrissage (3 à 4 kilomètres) sans hésitation ni phobies quelconques.
Il recommença le lendemain même bienêtre en ballon, même disparition d'agoraphobie ensuite.
Aujourd'hui, bien que les ascensions en ballon aient cessé, les vertiges sont moindres.