Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06905.jsonl.gz/596

Depuis 1998, la descendante du fondateur de la Société générale de surveillance (SGS), le leader mondial de l'inspection et de la certification, menait une guerre de tranchées contre les autres dirigeants. Elle a perdu. Les actionnaires ont voté à une large majorité pour sa révocation.
Par 2 193 215 voix contre 632 432 voix, les actionnaires de la Société générale de surveillance ont suivi les recommandations de Max Amstutz, le président du conseil d'administration, qui demandait la révocation d'Elisabeth Salina Amorini. «Il n'est plus possible de travailler avec elle», affirme-t-il, jugeant son attitude inacceptable et dommageable à la bonne marche de la société.
Cette ancienne avocate, qui a travaillé à la banque SG Warburg de Londres, menait une guerre ouverte contre les cinq autres membres du Conseil d'administration. Reprochant à la SGS d'avoir violé son droit à l'information, Mme Amorini avait intenté une action en justice l'année dernière contre sa propre société.
Cette éviction marque incontestablement un tournant dans la vie de cette multinationale genevoise. Elisabeth Salina Amorini était dans les instances dirigeantes de la société depuis 19 ans. Devenue présidente du Conseil d'administration à 34 ans, elle avait cumulé pendant plusieurs années cette fonction avec celle de présidente de la direction générale.
En 1998, l'héritière des fondateurs de la SGS était contrainte de quitter la présidence et la direction de l'entreprise, au bord du gouffre. Le leader du contrôle des marchandises accusait alors des pertes s'élevant à 289 millions de francs. Redevenue simple membre du conseil d'administration, Mme Amorini ne se reconnaissait aucune erreur.
Cette Assemblée générale a également été marquée par l'arrivée de trois nouveaux administrateurs, Dominique Auburtin et Ferruccio Luppi, président et vice-président de la société financière française Worms (le plus gros actionnaire de la SGS) et Sergio Marchionne, le directeur général de Lonza.
Ian Hamel