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À travers la trajectoire de cette famille extraordinaire, King Richard, réalisé par Reinaldo Marcus Green, se concentre sur la personnalité de Richard Williams qui se révèle un personnage hors du commun. C’est en effet sa personnalité et sa redoutable volonté qui ont amené Richard Williams à devenir l’entraîneur de tennis de ses deux filles aînées,Venus et Serena. Richard Williams n’avait aucune expérience dans le sport comme entraîneur mais lorsque ses filles ont eu quatre ans, il a élaboré un plan décrivant dans le détail l’entraînement des futures championnes du monde. Les sœurs Williams sont devenues deux des plus grandes joueuses de l’histoire du tennis. Serena est sans conteste la meilleure joueuse de tennis de tous les temps, avec vingt-trois victoires en tournois du Grand Chelem. Venus Williams a remporté sept titres en Grand Chelem. Si, comme l’indique le tire du film de Reinaldo Marcus Green, le synopsis est consacré au père des joueuses mondiales et à sa méthodologie, King Richard accorde aussi une attention particulière à la vie familiale, au contexte socio-économique de la famille Williams, aux tensions interraciales, soulignant avec subtilité combien le chemin et plus long et plein d’embûches pour des Noirs-Américains. Le scénario, s’appuie majoritairement sur des faits bien réels même si l’histoire s’apparente à un véritable conte de fée, l’incarnation du « rêve américain hors normes », selon le scénariste du film, Zach Baylin.
Du générique d’ouverture à celui de fin, le film de Reinaldo Marcus Green emporte le public dans le parcours exceptionnel des sœurs Williams dès 1999, amenant les spectateurs à assister à la finale des championnats de Lipton – rebaptisés depuis Miami Open – lors de laquelle les sœurs Williams s’affrontaient sous le regard de leur père. Le cinéaste montre la pugnacité de ce père qui s’attirait nombre de jugements très contrastés, voire quelques railleries car les gens du milieu tennistique se moquaient doucement de cet homme qui nourrissait un rêve auquel son entourage ne croyait pas. Lors de cette fameuse finale des championnats de Lipton, ses filles jouaient en finale et Richard Williams tenait un panneau sur lequel il avait écrit : « Je vous l’avais bien dit ! »
Les facettes moins glorieuses de Richard Williams figurent également dans ce film qui montre l’éducation autoritaire de ce père de famille, soutenu et épaulé de manière infaillible par sa femme Oracene qui découvrira que ce mari volage a eu de nombreux enfants hors mariage. King Richard (dont le titre francophone est La méthode Williams) ne s’adresse pas uniquement aux férus de sport : le film fait la part belle à la vie de famille, à l’amour dans le couple comme à l’amour filial, à la sororité, à la persévérance, à l’abnégation…
Surmontant de nombreux obstacles – la famille Williams vit à Compton, un quartier difficile dans lequel de petites frappes font régner la terreur – le parcours des sœurs Williams souligne que leur réussite est le fruit de la discipline imposée par leur père et de la persévérance des deux sœurs. Pour donner un maximum d’authenticité au film, il fallait judicieusement choisir des actrices qui jouissent non seulement d’une ressemblance physique mais aussi qui soient prêtes à s’immerger dans l’intimité de la famille Williams pour s’imprégner des personnalités des deux sœurs : le choix s’est porté sur Saniyya Sidney et Demi Singleton. Les deux comédiennes ont ainsi suivi un entraînement de haut niveau et se sont longuement entraînées pour offrir une prestation exceptionnelle : le résultat à l’écran est tout simplement remarquable pour ce qui est des scènes de la vie quotidienne. On se doute que pour les matchs de tennis, Saniyya Sidney et Demi Singleton ne pouvaient se hisser au niveau de Venus et Serena Williams et ont été doublées par d’authentiques joueuses lors de ces scènes spécifiques.
C’est un rôle de rêve, taillé sur mesure, pour Will Smith, il l’incarne avec brio l’esprit opprimé, combatif et infatigable de Richard William. Il faut vraiment souligner l’incroyable interprétation de Will Smith qui a réussi à incarner Richard Williams de manière si véridique que l’on en oublie que l’on affaire à un acteur, d’autant plus que les détails sont soignés jusqu’en dans la tenue vestimentaire alors que Will Smith endosse des shorts bien ajustés très moulants et des chaussettes montantes. Pour rester le plus proche de la réalité sans singer la vie des Williams, le réalisateur a ponctué le film de célèbres citations de Richard Williams que l’on perçoit tout au long du film dont la plus fameuse : « Si l’on n’anticipe pas, on est voué à l’échec !». Ce biopic offre un résultat convaincant, bien interprété mais d’aucuns pourraient juger trop conventionnel, voire hagiographique.
On ressort de cette projection enthousiasmé et séduit tant par la réalisation que par le remarquable jeu des comédiens. Ces qualités sont peut-être le fruit d’une émulation familiale tant devant que derrière la caméra : en effet, Will Smith a produit ce film avec son épouse Jada Pinkett Smith et son beau-frère Caleeb Pinkett qui préside les affaires créatives chez Overbrook Entertainment, la boite de production de Will Smith. Les premières concernées, Venus et Serena Williams, ont pu supervisé tous les éléments du film en étant productrices exécutives aux côtés de leur sœur Isha Price. Leur sœur Lyndrea Price est la costumière du film alors que le réalisateur a été longtemps entraîné par Richard Williams pour devenir un joueur de base-ball. Bref, « l’union fit la force » et le résultat est époustouflant !
Au genre biopic vient s’ajouter King Richard qui se démarque du lot par son côté captivant et divertissant !
Firouz E. Pillet
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