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Étant donné les commentaires déplacés de Corto hier sur mon blog, véritables attaques personnelles sans aucun lien avec le propos de mon billet, la question se pose : faut-il que je modère les commentaires de mon blog ?
D'un côté, je suis fermement convaincu du bienfait et du bien-fondé de la liberté d'expression et je trouve que chacun devrait se montrer responsable et respectueux d'autrui en se retenant de publier n'importe quoi sur n'importe qui et en restant un minimum dans le champ de discussion proposé par le blogueur. La liberté totale de publication de commentaires sur mon blog permet ainsi, du moins je l'espère, aux commentateurs d'exprimer leurs avis sans aucune restriction, nourrissant souvent un débat que je trouve intéressant et enrichissant.
D'un autre côté, j'ai dû intervenir aujourd'hui pour bannir Corto de mon blog et modifier le pire de ses attaques personnelles. On voit donc que malgré l'étendue de la latitude que je laisse aux commentateurs sur mon blog, je suis tout de même contraint de rompre avec le principe de liberté d'expression.
A noter sur la question que l'anarchiste libéral Rothbard pense qu'aucune loi ne devrait protéger les individus de la diffamation ou de la calomnie (cf. son livre L'éthique de la liberté).
Dans une société où chacun est libre de dire ce qu'il veut sur autrui, les membres de la-dite société feraient en effet plus attention avant de croire n'importe quoi sur n'importe qui. Un avis qui m'avait évidemment surpris lorsque je l'avais découvert.
"Considérons maintenant le cas extrême où l'information est fausse et où X le sait. Il a le droit (de propriété) de dire que Y est un voleur ou un homosexuel, même s'il sait pertinemment que cela est faux, et d'imprimer, et de vendre cet énoncé. L'opinion contraire, qui fonde l'illégalité actuelle de la calomnie, est que chaque homme a un "droit de propriété" sur sa propre réputation (incluant le droit à l'image). Mais la réputation de Y n'est ni une chose physique ni quelque chose qu'il porte sur lui ou à l'intérieur de sa personne. La réputation de Y est exclusivement une fonction des attitudes et des croyances subjectives qui le concernent mais qui sont contenues dans l'esprit d'autres personnes. Comme il s'agit de croyances qui sont dans l'esprit d'autrui, Y ne peut les posséder ou les contrôler d'aucune manière légitime. C'est donc une agression et une violation du droit que de mettre des concurrents hors la loi ou simplement d'interdire légalement la diffusion de calomnies contre une personne ou ses produits. Il se peut d'ailleurs que la situation se retourne en faveur des victimes de la calomnie. Si tout le monde a le droit de dire des faussetés, le public se méfierait davantage de ce qu'il écoute et lit, et il demanderait des preuves beaucoup plus sérieuses. Les calomnies qui circulent le duperaient moins que maintenant.
Enfin, l'illégalité de la diffamation nuit de deux manières aux gens qui ont peu de moyens : ils sont des proies plus faciles pour les calomniateurs ; et on entrave leur propre capacité à diffuser des vérités sur les riches."
Extrait de L'éthique de la liberté de Rothbard que j'ai trouvé sur ce site : http://www.catallaxia.org/wiki/Murray_Rothbard:L'%C3%A9thique_de_la_libert%C3