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Conformément au calendrier de l’US Air Force, le premier groupe d’avions d’attaque au sol Fairchild A-10 « Warthog » de la 355ème Escadre de la base aérienne Davis-Monthan, en Arizona, a été retiré au près d'un demi-siècle de vol.
Départ à la retraite
Les deux avions, qui appartenaient au 354ème Escadron de chasse, n'ont pas eu besoin d'aller bien loin pour prendre leur retraite, jeudi dernier. Les deux premiers appareils ont roulé au 309e groupe de maintenance et de régénération d'aéronefs pour y être démontés.
La 355ème Escadre prévoit de retirer l'escadron d’ici à l'automne. L’USAF prévoit de remplacer progressivement sa flotte de A-10 par des avions de combat plus avancés d’ici la fin de la décennie.
"L'A-10 est le symbole de la base aérienne Davis-Monthan depuis de nombreuses années, et il continuera d'être un symbole pour les aviateurs de Davis-Monthan, un symbole de leur engagement, de leur excellence et de leur service", dixit le commandant de l'escadre, le colonel Scott Mills, pilote d'A-10.
La flotte de « Warthog » de Davis-Monthan comprend désormais 76 appareils répartis en trois escadrons, qui seront finalement dissous. Les mécaniciens d'entretien et les pilotes seront transférés vers d'autres unités du service, dont certaines pilotent le F-35.
L'Air Force a retiré 21 avions de type A-10 au cours de l'exercice 2023 de la 122e Escadre de chasse de la base de la Garde nationale aérienne de Fort Wayne, dans l'Indiana, portant son inventaire d'A-10 de 281 à 260, a déclaré vendredi l'Air Combat Command.
Le service a jusqu'à présent cédé cinq avions au cours de l'exercice 2024, y compris ceux de Davis-Monthan, et prévoit de réduire son stock de Warthogs à 218 d'ici la fin de l'année. Trente-six de ces avions proviendront de Davis-Monthan, dont le reste de la base aérienne de Moody, en Géorgie
Davis-Monthan a reçu son premier A-10 en 1976.
La décision
Le retrait définitif du célèbre avion Fairchild A-10 « Thunderbolt II » est confirmé pour 2028. Depuis près de 10 ans l’US Air Force cherche à retirer l’avion du service, mais une forte résistance s’est organisée au sein du Congrès qui a régulièrement bloqué toute décision en ce sens. La guerre de haute intensité en Ukraine semble cette fois jouer contre l’A-10. Une situation qui va engendrer un profond changement.
Repenser l’appuis rapproché (CAS)
Si l’A-10 n’est ainsi plus adapté pour l’appuis rapproché dans un conflit moderne d’autres avions le sont également. Et c’est l’ensemble du concept CAS qui doit être repensé à l’avenir. Le terme « Air » est-il toujours tout à fait adéquat dans le nom et la définition du CAS ? (C'est-à-dire que le mot « Air » implique uniquement le soutien fourni par avion ?
Un concept « Air Only » doit-il évoluer vers une vision cross-Service/Domaine ? Par exemple avec des tirs conjoints/tir indirects ?
Les équipements, les actifs, la formation d'aujourd'hui doivent évoluer et se standardiser pour faire face aux changements technologiques et conceptuels du futur. En effet, les ressources sont moins nombreuses et plus chères et leur utilisation doit être optimisée pour un meilleur résultat.
Les composants doivent accepter le fait que l'état d'esprit de l'assistance rapprochée doit changer radicalement d'une intervention uniquement aérienne à un concept interservices/multi-domaines (éventuellement à « tous les domaines ») pour contrer les défis futurs du champ de bataille moderne. L'évolution des menaces ne permettra plus à aux équipages d'opérer en toute liberté comme ils le faisaient auparavant. Parce qu'il sera toujours impératif de fournir un soutien rapproché où et quand il est nécessaire aussi rapidement et aussi précisément que possible, un changement radical de la doctrine et des CAS est nécessaire. Non seulement il faudra enseigner au personnel l'importance de la réflexion commune, mais il faudra également changer institutionnellement la façon dont nous nous formons et opérons ensemble. Il va sans dire qu'un changement aussi radical aura des conséquences historiques et des implications sur l'environnement de commandement.
Quels remplaçants ?
De ce point de vue, il n’y aura pas « un » mais des remplaçants au A-10. De l’artillerie fonctionnant en mode guerre réseau (canons, roquettes guidées), des drones d’attaques lancés depuis le sol et les futures formations de F-35 épaulées par des drones de combat. Dans un premier temps, une partie du rôle des A-10 sera repris par le F-16 qui est capable de frapper les cibles au sol à distance grâce à ses équipements plus sophistiqués que ceux du A-10. Mais le concept d’appuis rapproché tant évoluer encore en direction d’un système fonctionnant en nœud informationnel capable d’identifier en temps réel les cibles à grande distance, afin de les attribuer à différents opérateurs tant au sol que dans les airs. Ce nœud opérationnel sera géré par le F-35 qui pourra détecter, informer et attaquer les cibles avec divers moyens combinés. Terminé le A-10 qui tourne au-dessus des formations blindées adverses à basse altitude et faible vitesse. La concentration de défense sol-air telle qu’opérée dans le conflit en Ukraine rend cette tactique obsolète.
L’appuis feu se fera dorénavant en coordination en réseau en y incluant divers moyens de frappe qui seront répartis selon les besoins immédiats et leur capacité d’action. Le départ du A-10 correspond à un profond changement de stratégie en matière d’appuis.
Photos : 1 & 2 A-10 Davis-Monthan 3 A-10 @ USAF