Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06873.jsonl.gz/193

A Washington, la controverse continue autour de l'affaire des prothèses de hanche et de tibia défectueuses. Sulzer prédit que les plaintes collectives déposées par les avocats des victimes seront rejetées par la justice. Le groupe de Winterthur renouvelle sa confiance à sa filiale américaine, Sulzer Orthopedics, directement impliquée dans ce scandale.
Sulzer est confronté à deux plaintes collectives aux Etats-Unis. La première a été déposée par des patients ayant reçu l'une des prothèses mais qui n'ont pas encore développé de séquelles.
La seconde a été introduite par les patients qui ont dû subir une ou plusieurs nouvelles opérations de la hanche pour corriger le problème causé par la prothèse de Sulzer.
D'ici à l'automne, la justice américaine décidera si elle accepte les plaintes collectives ou si elle se borne à entendre des plaintes individuelles.
D'ores et déjà, Sulzer prédit que les magistrats refuseront la plainte collective des patients opérés et réopérés. «Cette plainte ne sera pas autorisée parce que, s'il est vrai que la cause de la souffrance des victimes est la même, chaque patient est différent et chaque souffrance est différente», déclare ainsi à swissinfo Henner Alms, le porte-parole du groupe suisse.
Les victimes rejettent la prédiction de Sulzer. L'un de leurs avocats, Don Arbitblit, dont le cabinet californien représente quelques 150 patients opérés de la hanche, souligne que la justice américaine est riche de précédents en matière de plaintes collectives, en particulier dans le domaine médical et pharmaceutique. Don Arbitblit a été approché par de nombreuses personnes ayant été opérées du tibia.
La prothèse de la hanche et la plaque de fixation au tibia sont fabriquées par la même usine appartenant à Sulzer Orthopedics. Elle est située à Austin, au Texas.
Malgré l'accumulation des problèmes venant de cette usine, le groupe suisse renouvelle sa confiance à sa filiale américaine. «Nous disposons d'une équipe très dévouée à Austin», souligne Henner Alms.
Tout en reconnaissant que Sulzer va devoir «se battre pour recouvrer sa crédibilité», le porte-parole précise qu'un examen complet des procédures de fabrication a été fait à Austin et qu'il ne s'attend pas à de nouvelles difficultés.
Henner Alms ajoute que si les ventes des prothèses Sulzer ont diminué de 8% aux Etats-Unis au cours du premier trimestre, ce déclin a été «plus que compensé par la croissance du groupe en Europe».
Pour sa part, Don Arbitblit accuse Sulzer de minimiser les deux affaires. «Le nombre de patients réopérés de la hanche est déjà deux fois plus élevé que l'estimation de Sulzer», déclare à swissinfo l'avocat américain.
«Contrairement à ce que Sulzer voudrait faire croire, le problème est grave, il s'aggrave encore et il ne disparaîtra pas du jour au lendemain», prévient Me Arbitblit.
Marie-Christine Bonzom, Washington