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La situation économique des producteur·rices est au centre de leurs préoccupations : de nombreuses enquêtes (FRC, LeTemps, Heidi.news, etc.) ont montré que les acteurs dominant le marché – comme les grands distributeurs Migros et Coop qui contrôlent 80% du marché de commerce de détail – empochent des marges faramineuses, et que les prix à la production ne compensent pas les coûts de production. Ces derniers ont majoritairement augmenté. En outre, les paiements directs ne suffisent pas pour équilibrer cette situation.
Selon le rapport agricole 2023, “le revenu du travail agricole par unité de main-d’oeuvre familiale (équivalent plein temps) […] a baissé de 6,3% par rapport à l’année précédente, pour atteindre CHF 56’100.-“, ce qui correspond à CHF 4’675.- de revenu mensuel. En Suisse, le revenu moyen s’est élevé à CHF 5’503.- en 2023.
Selon l’art. 5, al. 2 de la Loi sur l’agriculture, le Conseil fédéral doit prendre des mesures si le revenu des agriculteur·rices est nettement inférieur à celui du reste de la population. Les statistiques montrent que cela est déjà la réalité. Pour des fermes à petite taille et à un niveau de mécanisation plus bas que la moyenne, le revenu moyen se trouve encore bien plus bas.
Le 1er mars 2024, un rapport sur le revenu paysan a été publié en réponse au postulat 21.4585. Le Conseil fédéral y aborde explicitement les mesures politiques visant à améliorer le revenu paysan.
La Confédération fait une déclaration ambivalente. D’un côté, elle indique que les marchés agricoles sont généralement structurés de manière oligopolistique, c’est-à-dire que de nombreux producteurs font face à un petit nombre de transformateurs et de grands distributeurs. En Suisse, ce système est poussé à l’extrême : deux grands distributeurs se partagent près de 80% du marché. Parallèlement, le rapport indique que plus le marché est concentré, plus les marges dans les chaînes de création de valeur augmentent, ce qui entraîne une baisse du revenu des agriculteurs. Quelles mesures la Confédération prend-elle pour résoudre cette ambivalence et ne plus considérer comme une loi de la nature les concentrations de marché qui entraînent une baisse du revenu des agriculteurs ?