Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06875.jsonl.gz/855

Les organisations patronales et leur(s) pouvoir(s) en Suisse du 19e siècle à aujourd'hui
Freitag, 10. Juni
11:15 bis 12:45 Uhr
Raum 3059
Les travaux de Erich Gruner, dans les années 1950, consacrés à l'influence exercée, en Suisse, par les organisations patronales sur le plan politique et, plus largement, dans la sphère publique, ont suscité plusieurs recherches ainsi qu'un certain débat, au sein de l'historiographie et de la politologie helvétiques, sur la question du poids de ces organisations dans le «champ du pouvoir». Ce débat, ténu mais intéressant jusqu'au début des années 1980, s'est ensuite étiolé. Sous l'impulsion d'un certain nombre d'historiens et de politologues pour la plupart romands (Thomas David, Pierre Eichenberger, Stéphanie Ginalski, Sébastien Guex, Cédric Humair, André Mach, Malik Mazbouri, Gerhard Schnyder, entre autres), la problématique fait cependant l'objet d'un regain d'intérêt depuis une petite décennie.
Le panel que je propose se fixe trois objectifs, d'égale importance:
1) Susciter une réflexion d'ordre méthodologique sur la question — difficile et très peu problématisée par les historiens et les politologues, et cela pas seulement en Suisse — de savoir comment mesurer le(s) pouvoir(s) des organisations patronales.
2) En lien avec cette première réflexion, il s'agirait d'élargir le spectre de la réflexion dans le sens où, jusqu'ici, les recherches menées sur les liens entre organisations patronales et pouvoir se sont surtout attachées à l'influence de celles-là dans le champ politique. Mais quelle est l'influence des organisations patronales suisses dans les champs respectifs de l'économie, du social, du culturel? Et cette question en amène une autre: dans quelle mesure les organisations patronales sont-elles capables de transférer le poids acquis dans un des champs dans un ou plusieurs autres champs?
3) Sur la base des réflexions précédentes, il s'agirait de creuser la question suivante: les particularités du système et de la culture politiques suisses — par exemple la fragmentation élevée de la culture politique entraînée par le système politique fédéraliste — ont-elles pour effet d'accroître l'influence des organisations patronales?