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Aux Etats-Unis, environ 11% des femmes âgées de plus de 18 ans ont chaque année une infection urinaire (IU) ; dans les six mois suivant une première IU, le risque d’infections urinaires à répétition (IUR) est de 24%.Un nombre important d’études suggère que le jus de canneberge (cranberry en anglais) peut diminuer l’incidence des IUR notamment par diminution de l’adhérence d’E.coli aux cellules uro-épithéliales due à l’effet suspecté de la proanthocyanidine. Le Clinical Infectious Disease publie une étude en double aveugle, randomisée, afin de déterminer l’effet de l’apport régulier du jus de canneberge (240 ml 2 x/j) sur la réduction du nombre d’IUR et de la durée des symptômes, comparé à un jus placebo. L’IU est définie comme une combinaison de plus de trois symptômes (douleur lors de la miction et pollakiurie, urgence mictionnelle, hématurie ou pression sus-pubienne) et une culture d’urine positive pour un pathogène urinaire. 319 femmes sexuellement actives, âgées en moyenne de 21 ans, ont été randomisées en deux groupes ; 99% des participantes étaient connues pour ≥ 1 infection urinaire. Sur un suivi de six mois, des visites médicales étaient organisées à trois et six mois et lors de symptômes d’IU. Contrairement à toute attente, le jus de canneberge ne protège pas contre le risque de récidive d’IUR. Les résultats montrent même une légère augmentation de leur fréquence dans le groupe sous canneberge (20% vs 14%). De plus, aucune différence entre les deux groupes n’est constatée concernant la durée et la sévérité des symptômes.
Commentaire : parmi toutes les études ayant démontré les bénéfices d’une prophylaxie des IUR par canneberge, une étude randomisée avait évalué ses coûts annuels entre 620-1400 US$. Ainsi, à ce stade des études, la canneberge est fortement remise en doute quant à son efficacité, avec un coût annuel non négligeable dans le cadre d’une prophylaxie des IUR.