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Déjà lauréat du Grand Prix du jury à la Mostra de Venise, le film "Saint Omer" raconte l'histoire d'une jeune romancière qui voit ses certitudes vaciller en assistant à un procès à la Cour d'assises de Saint-Omer dans le Pas-de-Calais. L'accusée est poursuivie pour avoir tué sa fille de quinze mois en l'abandonnant à la marée montante sur une plage du nord de la France.
"Un cours magistral de précision"
Ce film "parvient à présenter une multitude de thèmes explosifs sous une surface d'un calme envoûtant. Sa réalisation est un cours magistral de précision, et chaque interprétation mérite son propre prix", a déclaré le président du jury Longs métrages Mani Haghighi, dans un message vidéo diffusé lors de la cérémonie. Le réalisateur iranien s'est vu retirer son passeport, l'empêchant d'être présent à Genève.
La meilleure série est canadienne
Le Reflet d'Or de la meilleure série de l'année a été décerné, lui, à la série "Le Temps des framboises" de Florence Longpré, Philippe Falardeau et Suzie Bouchard. Cette production canadienne suit une veuve qui doit soudainement assumer seule la gestion de la ferme familiale. C'est une ode joyeuse à la fragile légèreté de l'existence, écrit le GIFF.
Le Reflet d'Or de la meilleure oeuvre immersive a été attribué à "Eurydice, A Descent into Infinity", de la Néerlandaise Céline Daemen.
Une autre oeuvre immersive, "Les Aveugles", de Julien Dubuc et du collectif français INVIVIO, a reçu le Sensible Award, tandis que la série belge "Lost Luggage", de Tiny Bertels, est récompensée du European Script Award.
Intérêt du public pour la création numérique
Même si le GIFF a réduit le nombre d'oeuvres présentées cette année, il a attiré plus de 35'000 festivaliers. Il en avait accueilli 30'000 en 2021, une édition qui était encore marquée par la situation sanitaire.
Le festival constate un intérêt grandissant du public pour la création numérique, avec 120'000 visionnements d'oeuvres de réalité virtuelle. Une quarantaine de productions de ce type étaient proposées.
L'installation "Evolver", du studio londonien Marshmallow Laser Feast et présentée en première européenne, a ainsi suscité l'engouement en affichant complet dès les premiers jours, note le GIFF.
Une redéfinition du septième art
Le festival se réjouit aussi du succès des rencontres avec les invités d'honneur de cette édition: le Danois Nicolas Winding Refn, le Français Alexandre Astier et le collectif suisse OIL Productions.
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Anaïs Emery, directrice générale et artistique du GIFF depuis 2021, considère que le festival, avec son approche unique des cultures audiovisuelles, participe à une redéfinition du septième art.
Selon elle, il offre aux industries créatives suisses "une expérience concrète des enjeux et opportunités artistiques et industriels provoqués par l'évolution des technologies de l'image."
ats/oang