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Les traces de la chasse en Suisse
Alors que nos ancêtres chassaient, il y a 200 000 ans encore, des ours et lions des cavernes, les chasseurs aujourd’hui doivent se contenter d’animaux tels que les chevreuils et les cerfs. Cette traque libre et sans limites des animaux a désormais cédé la place à une chasse strictement réglementée.
Chasseur et cueilleur de l’époque paléolithique (jusqu'à environ 110 000 av. J.-C.), l'Homme a toujours utilisé la faune sauvage pour se nourrir, concurrençant les grands carnivores.
Sur le territoire de la Suisse actuelle, l'élevage a prédominé sur la chasse dès l'âge de la pierre (5500 à 2200 av. J.C.), si bien que cette dernière a perdu son rôle nourricier. Les différences sociales et la possession de biens fonciers qui se sont développées dans le même temps ont joué un rôle prépondérant quant à l'autorisation de chasser. La chasse a ainsi perdu son caractère exclusivement utilitaire et a été pratiquée de plus en plus souvent comme une activité cynégétique sportive et distrayante.
Vers 1500, la chasse en Suisse était déjà régie par de nombreux mandats et décrets édictés par la classe régnante. Des dispositions réglementaires interdisant la chasse ou limitant les périodes de chasse ont été définies. Le développement des armes à feu a même rendu nécessaire l’interdiction d’utiliser certains engins.
Après l'effondrement de l'Ancien Régime (en 1798), qui avait déjà connu des chambres de chasseurs et des gardes-chasse, des changements capitaux sont intervenus dans la conduite de la chasse. Avec la démocratisation de cette dernière, la pression cynégétique sur les populations de gibier a fortement augmenté, si bien que les cantons ont dû légiférer dès 1803. En 1876, la première loi fédérale sur la chasse et la protection des oiseaux voit le jour. Cette loi définit les deux systèmes de chasse aujourd’hui encore en vigueur que sont la chasse affermée et la chasse à patente. Le XXe siècle a été marqué non seulement par des limitations progressives de l’exercice de la chasse et le recul dramatique des habitats naturels, mais aussi par le renforcement des populations d’ongulés, la favorisation de l’immigration de certaines espèces et la réintroduction d’autres qui avaient disparu.