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L'affaire Spínola/Wallraff2 continue d'avoir un très fort écho au Portugal. Tant la presse que les autorités militaires et civiles examinent et commentent ses détails. À l'exception du «Diário» et du «Diário de Lisboa», quotidiens proches des communistes qui restent prudents, tout le monde est persuadé qu'il s'agit d'une «machination» dirigée moins contre Spínola lui-même (qui une fois de plus s'est laissé prendre) que contre les chefs militaires modérés qui lui sont relativement proches et qui, selon les déclarations de Wallraff, seraient en contact avec lui. Il s'agit surtout des généraux Ramalho Eanes3, chef d'état-major de l'armée de terre, Morais e Silva, chef de l'aviation, et Pires Veloso, commandant en chef de la région militaire du Nord. L'amiral Souto Cruz de la marine semble également être impliqué.
Lors d'une manifestation du parti communiste même Cunhal4 a déclaré qu'il s'agissait d'une conspiration terroriste tragi-comique et que les allusions du «Stern» à certaines hautes personnalités militaires sont fausses et des calomnies. Cunhal insista sur le fait qu'il s'agissait de manipulations politiques et posa la question de savoir quelles sont les forces terroristes qui incitent à la conspiration et qui l'approuvent.
En ce qui concerne l'expulsion de Spínola par le Conseil fédéral5, on ne trouve pratiquement pas de commentaires dans la presse. Je craignais un peu des remarques déplaisantes surtout de la part des organes socialistes puisque Mário Soares venait de déclarer qu'il ne verrait aucun inconvénient d'être Premier ministre si Spínola était le Président de la République.
Je vous remets, sous ce pli, toute une série d'articles de presse concernant cette affaire. Il s'agit soit de commentaires, soit de déclarations de hautes personnalités.