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Quelle lecture théologique faites vous de Jean 21:15-17 et Jean 14:1-13 ?
Question d’un visiteur :
Cher Marc
Quelle lecture théologique faites vous de:
-1) jean21: 15-17 ?
-2) jean 14:1-13 ?
Amitiés
Réponse d’un pasteur :
Cher Monsieur
Bravo de lire et d’étudier la Bible. Et de vous poser des questions, chercher une lecture plus profonde, plus inspirante. Cela dit, chacun, par définition, est appelé à avoir sa propre lecture de ces passages, de façon à être inspiré, rejoint en propre par Dieu très concrètement. Cette lecture consiste à se mettre soi-même dans le texte, à passer de la lecture historique, à une lecture spirituelle pour le vivre soi-même personnellement.
Jean 21: 15-17 « Après qu’ils eurent mangé, Jésus dit à Simon Pierre: Simon, fils de Jonas, m’aimes-tu plus que ne m’aiment ceux-ci? Il lui répondit: Oui, Seigneur, tu sais que je t’aime. Jésus lui dit: Pais mes agneaux. Il lui dit une seconde fois: Simon, fils de Jonas, m’aimes-tu? Pierre lui répondit: Oui, Seigneur, tu sais que je t’aime. Jésus lui dit: Pais mes brebis. Il lui dit pour la troisième fois: Simon, fils de Jonas, m’aimes-tu? Pierre fut attristé de ce qu’il lui avait dit pour la troisième fois: M’aimes-tu? Et il lui répondit: Seigneur, tu sais toutes choses, tu sais que je t’aime. Jésus lui dit: Pais mes brebis. »
- Il y a là un jeu entre deux façons d’aimer, l’agapè (amour où on cherche à faire le bien d’une personne, indépendamment du fait que l’on a ou non des sentiments pour cette personne) et la philia (l’amitié que l’on a pour la personne. Pierre répond toujours dans le registre de la philia, et il a sans doute effectivement de l’amitié pour Jésus. Les deux premières fois, Jésus lui demande s’il a de l’agapè pour lui, c’est à dire si vraiment il pense et agit en sa faveur. Or, Pierre vient de renier Jésus, de le laisser donc crucifier. Ensuite, effectivement, la question n’est pas seulement pour nous d’avoir des sentiments religieux, d’aimer Dieu, et Jésus et l’Evangile, mais de transformer ce sentiment religieux en action en faveur du Christ, et donc en action de solidarité en faveur des humains, car chacune et chacun est membre de son corps.
Jean 14:1-13 « Que votre coeur ne se trouble point. Croyez en Dieu, et croyez en moi. Il y a plusieurs demeures dans la maison de mon Père. Si cela n’était pas, je vous l’aurais dit. Je vais vous préparer une place. Et, lorsque je m’en serai allé, et que je vous aurai préparé une place, je reviendrai, et je vous prendrai avec moi, afin que là où je suis vous y soyez aussi. Vous savez où je vais, et vous en savez le chemin. Thomas lui dit: Seigneur, nous ne savons où tu vas; comment pouvons-nous en savoir le chemin? Jésus lui dit: Je suis le chemin, la vérité, et la vie. Nul ne vient au Père que par moi. Si vous me connaissiez, vous connaîtriez aussi mon Père. Et dès maintenant vous le connaissez, et vous l’avez vu. Philippe lui dit: Seigneur, montre-nous le Père, et cela nous suffit. Jésus lui dit: Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne m’as pas connu, Philippe! Celui qui m’a vu a vu le Père; comment dis-tu: Montre-nous le Père? Ne crois-tu pas que je suis dans le Père, et que le Père est en moi? Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même; et le Père qui demeure en moi, c’est lui qui fait les oeuvres. Croyez-moi, je suis dans le Père, et le Père est en moi; croyez du moins à cause de ces oeuvres. En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi fera aussi les oeuvres que je fais, et il en fera de plus grandes, parce que je m’en vais au Père; et tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils. »
- L’étude de ce texte très riche demanderait toute une soirée d’étude biblique, ou au moins une prédication. Chaque petit élément est d’une profondeur tout à fait remarquable et est à méditer, à ruminer dans la prière, je pense. Cette ouverture au pluralisme du début est remarquable et contraste avec le « nul ne vient au père que par moi » de Jésus. Cela invite à considérer le chemin qu’il est non pas comme un rail de doctrines, de commandements et de rites, mais comme un cheminement de confiance en Dieu, libérant notre propre sincérité, notre propre personnalité, notre façon d’habiter la confiance en Dieu et la fidélité au Christ. Le « croyez » du début n’est pas le verbe de la connaissance ou de la croyance mais celui de la confiance, de la foi. De même pour la notion de « vérité » qui est dans la Bible à rapprocher de celle de la « fidélité », de l’attachement (c’est le même mot dans la pensée hébraïque). Il s’agit donc d’une vérité de relation, de sincérité que permet la confiance.
- Le second thème intéressant est celui de l’union, de la communion entre Dieu et le Christ, nous invitant à la même union, communion entre nous-même et le Christ, entre nous-même et Dieu. Il ne s’agit donc pas d’unité ni d’identité entre Jésus et Dieu, mais de communion vivante, de cheminement vers, d’attachement qui s’approfondit sans cesse encore.
Dieu vous bénit et vous accompagne.