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Simple d'emploi et bon marché, la SE-138 fera partie du programme d'armement 1998
2 février 1998
Pendant de longues années, les transmissions militaires de notre pays n'ont pas suivi le rythme de l'évolution technique civile. Un retard en passe de disparaître, à tel point qu'on parle aujourd'hui de révolution pour qualifier l'introduction de nouveaux appareils et de nouvelles méthodes! Révolution à tous niveaux, de la Grande unité jusqu'au combattant individuel.
Réseau et stations
Le Réseau Intégré des Transmissions Militaires (RITM) constitue bien entendu l'ossature de ce saut qualitatif. Véritable toile d'araignées de liaisons à ondes dirigées (ondi), le RITM permet non seulement à n'importe quelle formation de rapidement se connecter au réseau, mais il donne en plus un numéro de téléphone unique à chaque abonné d'un poste de commandement. Automatiquement géré par ordinateur, chaque message cherche ainsi le chemin le plus court pour atteindre son destinataire; y compris si ce dernier est mobile, par une prolongation du réseau ondi à un réseau radio.
Ce qui exige toutefois de nouvelles stations radios, en l'occurrence les SE-235/435 de Thomson-CSF, en remplacement des obsolètes SE-227/412. Figurant au programme d'armement 1996 pour un montant de 490 millions, ces stations intégrant cryptage numérique et évasion de fréquence peuvent donc être utilisées comme stations terminales du réseau RITM. Restait la question du remplacement des SE-125, employées aux plus bas échelons.
SE-135 et SE-138
Le Groupement de l'armement a pris sa décision en septembre dernier: dans le programme d'armement 1998 proposé au Parlement figureront effectivement un élément PR4G de Thomson-CSF (SE-135), mais aussi le Pentacom d'Ascom Systec - sous le nom de SE-138. Il ne s'agit pas d'un compromis boiteux: la SE-138 permettra de remplacer à moindre prix les SE-125 là où une intégration directe aux réseaux des SE-235/435 n'est pas nécessaire, essentiellement pour les engagements en cas de catastrophe et dans le cadre des tâches de sûreté.
Système radio portable avec chiffrement numérique, le Pentacom diffère notablement des SE-135 par l'absence d'un dispositif d'évasion de fréquence comme d'un mode analogique. Mais cet émetteur-récepteur individuel, même s'il appartient pas à un environnement modulaire comme le PR4G, peut néanmoins être intégré à un réseau existant, pour un coût moindre et une grande simplicité d'utilisation.
Poids plume de 900 g
Aucune instruction particulière n'est en effet requise par ce système: la connaissance des procédures élémentaires de radiotéléphonie terrestre et l'apprentissage de quelques fonctions suffit. Ce qui ne l'empêche pas d'offrir des caractéristiques intéressantes. Un simple câble lui donne une interopérabilité complète avec un réseau radio tactique ou civil: l'ajout d'une composante flexible à un réseau fixe est ainsi facilité. Deux SE-138 reliées par câble peuvent d'ailleurs en un instant servir de relais; ce qui, avec la portée théorique maximale de 18 km qu'offre chaque appareil avec antenne de véhicule (6 km en mode portable) autorise la mise en œuvre d'un réseau d'une envergure certaine.
Poids plume de 900 g, le Pentacom offre par ailleurs un chiffrement numérique non seulement de la voix, mais aussi des données du système. La distribution des paramètres est particulièrement simple d'emploi: le transfert se fait d'un appareil à un autre par "clonage optique", c'est-à-dire en utilisant des impulsions infrarouges. Finies les introductions de codes fastidieuses et sources d'erreurs dans les SVZ-B!
L'épreuve des éléments
La SE-138 accorde à l'utilisateur un confort indéniable: une touche permet ainsi de passer d'un réseau à un autre en un instant, alors que des fonctions d'appel prioritaire, de transmissions de données ou de canal d'urgence augmentent la flexibilité du système. Son autonomie maximale de 48 heures et sa fixation avec clip en font sans doute un instrument performant et pratique.
Reste à connaître son comportement à l'épreuve des éléments - une remarque qui s'applique d'ailleurs à l'ensemble des nouvelles stations radios. Les SE-125 et 227 sont certes obsolètes, leur résistance aux chocs, au froid comme à l'humidité demeure proverbiale. Leurs successeurs se comporteront-ils aussi bien? Réponse au début du siècle prochain, lorsque la révolution des transmission aura déployé tous ses effets.
Lt Ludovic Monnerat
Notes
SE 135/235/435: dénominations suisses de stations radios appartenant au système PR4G (Poste de radio de 4e génération) conçu par Thomson-CSF. La SE-135 est un petit modèle portable de 1 W, 235 désignant la version portable de 5 W; devant initialement désigner une station pour véhicule, le terme 435 correspond à présent à une version spéciale de relais radio intégré de manière fixe. Produite sous licence en Suisse par Ascom Systec, la SE-235 - comme tous les éléments PR4G - fonctionne selon cinq modes: analogique clair, compatible avec les SE-227, 412, 125 et 225; fréquence fixe numérique, pour milieu non brouillé; évasion de fréquence, avec plusieurs centaines de changements par seconde; recherche de canal libre, en cas de saturation, sur toute la largeur de bande attribuée; et mode mixte, c'est-à-dire la commutation automatique entre ces deux derniers modes.
Faisant encore l'objet d'essais ce printemps, la SE-235 sera en principe à l'instruction pour les écoles d'été. Un article plus détaillé lui sera consacré sur ce site dans les prochaines semaines. Retour
SE-227/412: premières radios de l'armée à être complètement transistorisées, ces modèles ont presque 35 ans de service. Si elles remplissent encore des missions simples, les exigences actuelles de la Conduite de la guerre électronique (CGE) les rendent obsolètes; ce malgré l'adjonction plus récente du codeur SVZ-B, efficace mais réduisant sensiblement la puissance d'émission.
Employée lors du conflit du Viêt-nam par l'US Army, la robuste SE-227 est utilisée tant sur l'homme (11,5 kg) que sur véhicule (Puch, Pinz, char gren roues 93 Piranha 8x8, etc.); fonctionnant à des fréquences situées entre 30 et 75,95 Mhz avec une puissance de 1 à 3 W, elle offre une portée maximale théorique de 12 km.
Pesant 128 kg en configuration ABC (2 émetteurs-récepteurs + 1 récepteur), la SE-412 est employée de manière fixe ou sur véhicule (Pinz AC/ABC, chass chars Piranha 6x6 TOW, char gren 63/89 M 113, chars combat 68 et 87 Leo 2, vhc expl 93 Eagle, etc.). Avec le même éventail de fréquences que la SE-227 et une puissance de 1,5 ou 35 W, elle offre une portée maximale théorique de 30 km. Il est toutefois arrivé à l'auteur d'établir une liaison 227-412 nette à une distance de plus 50 km, il est vrai sans relief supérieur à 400 m et sans codeur. Retour
SE-125: âgée d'une trentaine d'années, la SE-125 est une station portable (2,4 kg) employée au niveau unité. Incompatible avec les SE-227/412 du fait de sa fréquence oscillant entre 77,5 et 87,5 Mhz, elle a une puissance d'émission de 0,5 W qui offre une portée théorique maximale de 6 km. Son remplacement permettra dans certains cas de faciliter la conduite: actuellement, un chef de section efa méc débarqué porte ainsi une SE-227 pour engager ses chars gren roues 93 et une SE-125 pour conduire ses groupes! Retour
Sources
Communiqué du DDPS, documentation Ascom et Thomson-CSF, Revue Militaire Suisse ("Révolution dans les transmissions militaires!", par le col D.Kramer, juin-juillet 1996; "Thomson-CSF à la portée de tous", par le cap M. Eglin, mai 1996)
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