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Le projet de la traversée du lac de Genève n’en est pas à son premier coup d’essai. En témoignent le projet de 1985, dont le conseiller d’état chargé de la construction de l’époque, Christian Grobet, refusa publiquement la réalisation, et le référendum de 1996, qui fut rejeté par les 2/3 des votants. Pourtant, selon les études de mobilité de la ville, si rien n’est entrepris, l’autoroute de contournement sera totalement engorgée en 2030.
Source : Tribune de Genève
Opportunité
Le 11 avril 2011, le rapport sur la traversée du lac a ainsi été présenté par Mark Müller.
Ce projet pourrait permettre, de diminuer le trafic de 20 à 30% au centre-ville et de 12 à 18 % sur l'autoroute de contournement. Il faut savoir que les prévisions actuelles tablent sur un trafic au centre-ville de 170.000 véhicules par jour d'ici 2030, contre 150.000 actuellement. Ce chiffre pourrait diminuer jusqu'à 120.000 grâce au projet.
Les gains seraient également notables en termes de temps, de l'ordre de 35% entre les deux rives du lac.
Pont ou tunnel ?
Aujourd'hui, l'option du pont est nettement préférée par le conseiller d'Etat. Un tunnel foré n'est pas envisageable en raison de la nature des fonds du lac, et un tunnel immergé poserait de nombreux problèmes techniques et s'avèrerait beaucoup plus coûteux que l'option du pont.
Financement
Le coût de réalisation, selon l'option choisie, devrait osciller en 3.1 (pont) et 3.7 milliards de francs (tunnel).
Genève espère convaincre la Confédération que la traversée du lac doit être inscrite dans l'arrêté fédéral sur les routes nationales prévu par la Confédération en 2011, alors qu'aujourd'hui l'option préférée est celle d'un élargissement de l'autoroute de contournement (dont le coût a été évalué à 1.16 milliards en 2005). Dans ce cas, la fédération financerait le projet.
Autre possibilité, la mise en place d'un partenariat public privé, avec instauration d'un péage dont le coût varie en fonction de l'objectif poursuivi et des conditions de concession.
Opposition :
Différents défis attendent les pourfendeurs du projet. La préoccupation environnementale principale est la gestion des matériaux d'excavation générés en cas de retenu du projet de tunnel immergé. On peut également citer les nuisances visuelles importantes que causerait un pont. Au niveau environnemental, la migration des oiseaux pourrait être gênée. Le site de la Pointe-à-Bise est également délicat car situé près d'une zone naturelle protégée, endroit ou l'accrochage du pont serait réalisé.
Outre ces problèmes potentiels mis en exergue par le rapport, des oppositions se font déjà entendre. L'Association Transport et Environnement qualifie ce projet de « symbole d'une politique de mobilité passéiste ». Elle insiste notamment sur la nécessité de changer les réflexes au niveau du déplacement, notamment en investissant dans les transports publics (3ème voie de chemin de fer entre Genève et Lausanne, CEVA etc.), et sur l'impact néfaste sur le paysage que pourrait avoir une telle réalisation.