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Né à Couvet en 1906, Denis de Rougemont fut un penseur et un écrivain marquant de ce siècle. Son œuvre est à la fois une profonde réflexion sur la civilisation occidentale et un engagement en faveur d’une Europe unie selon les principes du fédéralisme.
Après l’obtention d’un baccalauréat scientifique au Gymnase cantonal de Neuchâtel et renonçant aux études de chimie qu’il envisageait, il entre à l’Université, en faculté des lettres, à Neuchâtel, puis à Vienne et à Genève. Sa formation en français, allemand, latin, histoire, psychologie et philosophie le conduira à s’intéresser à tous les domaines de la pensée et lui fournira les moyens d’analyse et les références qu’exige la défense des nombreuses causes qu’il a voulu servir.
L’un de ses premiers essais, Penser avec les mains (1936) montre que théorie et pratique ne sont pas dissociables. Denis de Rougemont l’intellectuel s’engage donc concrètement en faveur de la liberté d’opinion : aux États-Unis durant la seconde guerre mondiale; à la présidence du Congrès pour la liberté de la culture; dans ses prises de parole pour obtenir la libération d’intellectuels emprisonnés.
Fondateur du Centre européen de la culture, à Genève en 1950, Denis de Rougemont a développé ses thèses et convictions européennes dans de très nombreux textes, dont les titres sont en eux-mêmes évocateurs, par exemple :
- Fédéralisme et Nationalisme (1954)
- L’Aventure occidentale de l’homme (1957)
- Vingt-huit siècles d’Europe (1961)
- Les chances de l’Europe (1962)
- Lettre ouverte aux Européens (1970)
Dans le domaine littéraire, son ouvrage majeur est sans doute le très célèbre essai L’Amour et l’Occident (1939). Cette étude psychologique, historique et éthique du sentiment amoureux dans les populations européennes demeure une référence.
Une vie au service d’une idée fondatrice ne cesse jamais, puisque L’Avenir est notre affaire (1977). Elle ne peut qu’être prolongée à travers le questionnement permanent, lucide et courageux, sur les réalités de l’existence et les limites des institutions.
Denis de Rougemont est mort à Genève en 1985. Le Lycée qui porte son nom entend honorer sa mémoire en enseignant qu’il y a encore beaucoup à donner au monde, notamment dans l’engagement des jeunes lycéennes et lycéens.