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Voyage culturel à Bâle, avec visite du vieux quartier de Bâle, du Kunstmuseum, de la Cathédrale et de la Fondation Beyeler.
L'œuvre de Paul Klee est intime, mais quand l'Histoire le rattrape, il lui fait face avec une détermination calme. L'exposition "L'accomplissement de l'œuvre tardive", montre le travail de la dernière décennie de l'artiste, entre 1930 et 1940, et particulièrement les années d'exil.
Hitler accède au pouvoir le 30 janvier 1933. Klee, artiste «bolchevique», doit produire un certificat attestant de ses origines aryennes. Il s'y refuse, mais la pression augmente: sa maison est fouillée, on lui confisque des documents, il est licencié avec effet immédiat de son poste à l'Académie de Düsseldorf où il enseigne depuis sa rupture avec le Bauhaus en 1931... A la fin de 1933, le climat de l'Allemagne est devenu que l'artiste âgé de 54 ans revient s'établir à Berne, la ville de sa jeunesse. Atteint d'une maladie qui durcit la peau, les bronches, les artères, affectant les mouvements, la respiration, Paul Klee ne parvient presque plus à travailler en 1935 et 1936. Puis un fabuleux sursaut d'énergie lui fait enfanter peintures et dessins, jusqu'à 1253 pour l'année 1939!
Les toiles de cette époque sont rythmées d'épais signes noirs qui se détachent sur des fonds violemment colorés. Les peintures acquièrent parfois la densité de la sculpture. Une énergie énorme s'en dégage. C'est dans ces années que Klee se risque aux grands formats, comme s'il y avait un rapport entre la densité du propos et la taille des œuvres. En parallèle, Paul Klee a continué à dessiner des anges. L'humour et la tendresse se réfugient sous leurs ailes. De ces figures légères, à peine esquissées, il disait qu'elles étaient «un peu plus près du cœur de la création qu'il n'est coutume».