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Les personnes fréquentant la gare de Berne ont-elles observé les consignes de l’OFSP?
Anita Ehrhardt: la règle limitant les rassemblements à cinq personnes a été plus ou moins respectée. En patrouille, notre rôle était de prévenir et d’informer. Souvent, nous avons dû expliquer que les règles de distanciation n’étaient pas édictées par l’État pour importuner la population, mais servaient à se protéger soi-même. Et que plus les gens respecteraient ces consignes, plus vite la situation reviendrait à la normale. Grâce à une communication transparente, la plupart des personnes se sont montrées compréhensives.
«Du fait de la faible fréquentation des gares et des trains, le nombre de vols de sacs a augmenté.»Anita Ehrhardt
Vous rappelez-vous en particulier d’un incident survenu pendant le confinement?
Anita Ehrhardt: du fait de la faible fréquentation des gares et des trains, le nombre de vols de sacs a augmenté. En réaction, notre avons montré notre présence et patrouillé sur les liaisons critiques. Habituellement, les voleurs à la tire essaient de s’enfuir en disparaissant dans la foule. Dans ce contexte, nous avons pu mieux les poursuivre et les arrêter.
Comment avez-vous trouvé la gare de Berne pendant le confinement?
Anita Ehrhardt: au début, la situation était très spéciale à la gare de Berne. J’avais une sensation de vide et l’impression que le peu de personnes présentes se comportaient différemment. Les voyageurs paraissaient davantage sur leurs gardes tandis que différents groupes, à l’image des personnes marginales, semblaient avoir une attitude plus provocante.
Dominic Grossenbacher: c’était très particulier de patrouiller dans une gare vide. Les personnes qui s’attardent et que l’on retrouve dans toutes les gares relativement importantes sont celles que l’on remarquait le plus. Habituellement, elles se fondent dans la masse. Je me suis demandé si elles étaient plus nombreuses ou simplement plus visibles.
Qu’est-ce que vous appréciez tout particulièrement dans votre travail?
Dominic Grossenbacher: à la gare, aucun jour ne ressemble à un autre. Un samedi soir par exemple, l’atmosphère est totalement différente de celle d’un mardi matin. De plus, nous sommes en contact étroit avec le personnel CFF, les voyageurs et les fêtards issus de toutes les couches de la société, aux cultures et aux origines les plus diverses. Le travail est très varié.
Anita Ehrhardt: j’apprécie le fait que nous ne soyons pas uniquement là pour exprimer des interdits et réprimander les gens, mais que nous assistions également les voyageurs tout en leur transmettant un sentiment de sécurité. Nous fournissons aussi de nombreux renseignements. Nous faisons tout pour permettre à nos clients de voyager en toute sécurité, dans les meilleures conditions possibles.
«Nous faisons tout pour permettre aux clients des CFF de voyager en toute sécurité, dans les meilleures conditions possibles.»Anita Erhardt
Pouvez-vous nous décrire une journée de travail type au sein de la Police des transports?
Dominic Grossenbacher: au quotidien, nous pouvons déterminer nous-mêmes dans une large mesure les gares et les trains dans lesquels nous accomplissons nos tâches et activités. Globalement, il s’agit de montrer notre présence aux voyageurs afin de leur procurer un sentiment de sécurité dans les gares et à bord des trains. En temps de coronavirus, nos missions étaient plus ciblées en fonction des impératifs du moment. Nous avons reçu des consignes claires sur les trains et les gares dans lesquels nous devions patrouiller et à quel moment afin d’assurer la sécurité lorsque la situation s’avérait critique.
Anita Ehrhardt: en tant que membre de la Police des transports, je me déplace souvent à pied. Les clientes et clients peuvent donc facilement m’adresser la parole et je reste en mouvement. Ce sont là deux aspects qui me plaisent dans mon métier. Par ailleurs, nous pouvons être amenés à nous rendre dans les quatre coins de la Suisse, ce qui apporte une plus grande variété encore.
En quoi le confinement a-t-il eu un impact sur votre vie privée?
Dominic Grossenbacher: ma femme et moi-même avons la chance de ne pas devoir faire de télétravail. En revanche, les repas à l’extérieur et le fait de passer du temps avec mes amis m’ont manqué. Je suis donc ravi de l’assouplissement des mesures mises en place.
Anita Ehrhardt: en tant que mère de trois enfants, j’ai pris le relais pour l’école. Étant donné que les activités de loisirs ont été largement réduites, cette nouvelle donne n’a étonnamment pas été d’une grande contrainte pour moi. Bien au contraire: nous avons pu passer plus de temps en famille, ce que nous avons tous beaucoup apprécié.
Anita Ehrhardt (39 ans) est cheffe de groupe au point d’appui de Berne et travaille à la Police des transports depuis sept ans. Formée au sein de la police municipale de Berne, elle a ensuite travaillé à la police cantonale de Berne.
Mère de trois enfants, elle donne des cours de vélo en salle pendant son temps libre et elle est engagée comme sapeur-pompier volontaire.
Dominic Grossenbacher (28 ans) travaille à la Police des transports depuis deux ans. Avant de suivre la formation d’agent de la Police des transports, il a passé dix ans sur des chantiers comme électricien.
Pendant son temps libre, il passe beaucoup de temps à l’extérieur, il aime faire du sport et partir en camping.
Plus de 190 agents de la Police des transports veillent dans toute la Suisse à la sécurité et à l’ordre des espaces des transports publics tels que les gares ou les moyens de transport.
Ils garantissent également la sécurité lors des grandes manifestations où les CFF sont impliqués ou en cas de défaillances de l’exploitation. Lors des services de présence et d’intervention quotidiens, ils sont en contact direct avec la clientèle.