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L'aspect psychologique joue évidemment à fond dans une finale de play-off, quand les équipes s'affrontent tous les deux jours. Une règle de base est requise: ne jamais trop louer l'adversaire.
Les professionnels, surtout ceux qui ont du succès et qui vont loin dans les play-off, ont un don rare. Ils ne cherchent jamais d'excuses après une défaite et ne disent jamais que l'adversaire était trop fort. Généralement, ils mettent la faute sur leur propre performance pour trouver les raisons d'un échec.
Les joueurs de Genève-Servette l'ont bien illustré après le premier acte de la finale gagné par Zoug 1-0 lundi soir.
Alors que les observateurs neutres étaient d'avis que le gardien zougois Leonardo Genoni était tout simplement trop fort, les Genevois n'ont évoqué que ce qu'ils avaient fait faux.
Ils n'ont pas parlé non plus de Jan Kovar. L'attaquant tchèque, topscorer de Zoug, est actuellement considéré par beaucoup comme le meilleur joueur du championnat. Il a montré pourquoi lundi. Après 15 secondes seulement, il s'est signalé avec un check très dur sur le topscorer genevois Henrik Tömmernes. Et celui-ci, au début du tiers médian, a fait une mauvaise passe récupérée par Kovar, lequel a servi Gregory Hofmann pour le seul but de la soirée.
Ne pas laisser le doute s'insuffler
L'international suisse Tanner Richard a minimisé le rôle de Kovar. "C'est un bon joueur, c'est bien pour lui, mais au final un seul élément ne décide pas d'un match", a-t-il déclaré. Et Genoni, qui a mis son veto aux 35 tirs des Aigles? "C'est clair qu'ils ont un bon gardien, mais nous aussi. C'est une bonne équipe, nous aussi."
La devise est claire. Ne montrer en aucun cas qu'un joueur de la formation adverse peut insuffler le doute dans les esprits de l'équipe. Ne pas avouer qu'un remarquable gardien comme Genoni peut faire gamberger les têtes des attaquants face à lui.
Les Servettiens ne peuvent tout simplement pas se permettre de partager les louanges qui ont plu sur Genoni ou Kovar. Ils doivent faire comme si la classe de ces joueurs ne jouait aucun rôle et continuer à se persuader de tout avoir en main pour gagner la série.
Mettre la pression
Exemple avec Joël Vermin. "Je ne pense pas que Zoug joue avec plus d'intensité que les Zurich Lions en demi-finale (NDLR: 3-0 pour Genève-Servette)", a dit l'attaquant. Pour battre Genoni, qui compte quand même cinq titres de champion avec Davos et Berne, la recette est la suivante selon Vermin. "Nous devons mettre davantage de pression sur la défense et mieux masquer la vue de Genoni."
Tanner Richard admet que "Zoug travaille un peu plus dur dans le slot que les Zurich Lions et que les défenseurs tiennent très bien le puck", mais, ajoute-t-il, "nous devons faire un meilleur job en forechecking."
Dans le camp victorieux, il n'est évidemment pas interdit de se congratuler. Interrogé sur la prestation de Genoni, le coach Dan Tangnes a lâché un petit ricanement: "Il est bien bien payé pour ça..." Le technicien norvégien reconnaît néanmoins que son gardien "évolue à son top niveau dans les matches où tout se joue."