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«Vous êtes un ancien soldat et vous êtes prêt à vous rendre discrètement en Ukraine pour sauver des familles ? Nous vous offrons 2000 dollars par jour, plus les primes.» Ce message repéré par la BBC sur un site d'offre d'emploi du secteur de la sécurité privée n'est pas un cas isolé. La branche est «en pleine effervescence» explique un expert. Les initiatives personnelles se multiplient et elles sont même encouragées par le président ukrainien Zelensky qui lançait un appel à la création d'une légion internationale de défense.
Selon BFM TV, une source d'un service de renseignement européen affirme qu'à ce jour 30 000 combattants auraient signé un contrat pour intégrer ces brigades internationales. L'objectif de l'Ukraine serait d'atteindre 100 000 combattants.
Vous avez envie de suivre cet appel solennel et vous rendre en Ukraine pour sauver la veuve et l'orphelin? Sachez que si vous êtes de nationalité suisse, vous risquez jusqu'à trois ans de prison au plus ou une peine pécuniaire et c'est l'article 94 code pénal militaire qui le dit juste ici. 👇
Interrogé par 20 Minutes, Tobias Vestner, responsable du programme «sécurité et droit» au Centre de Politique de Sécurité à Genève explique qu'il est juste que la législation suisse punisse les ressortissants qui s'engagent en tant que mercenaire. Il ajoute: «le fait que certains Etats soutiennent activement que leurs citoyens soient engagés comme mercenaires dans une armée étrangère est très dangereux.»
Petit rappel historique. Selon les archives fédérales, jusqu'au 19e siècle, de nombreux Suisses travaillaient pour des armées étrangères. Le nombre de mercenaires a radicalement chuté avec l'arrivée de l'Etat fédéral, en 1848, qui limite et finit par interdire totalement le service militaire au profit de puissances étrangères. Vous suivez toujours? Aujourd'hui, l'engagement auprès d'une armée étrangère est totalement interdit, une exception, toutefois:
«Nous sommes les témoins d’un changement d’époque qui ébranle et modifie», écrit la ministre de la défense Viola Amherd en préambule du rapport annuel du SRC. Le conflit impose à l'Europe et à la Suisse de repenser la politique de sécurité.