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En se basant sur un grand nombre d’évaluations, dont celles produites par l’OMS, Guylaine Benec’h a rédigé un guide qui répertorie les mesures les plus efficaces pour réduire les méfaits liés à la consommation d’alcool chez les jeunes :
« On distingue généralement deux grandes familles de mesures pouvant s’inscrire dans « une politique de l’alcool » : les mesures structurelles, d’une part, qui visent à modifier l’environnement et le contexte de consommation d’alcool, et les mesures de prévention, agissant quant à elles directement sur les comportements individuels. (...), ces deux types d’actions sont (...) absolument complémentaires. L’impact de certaines mesures structurelles en termes de réduction des conséquences néfastes des alcoolisations (...) est largement démontré. Les plus efficaces d’entre elles sont l’augmentation des prix de l’alcool, l’encadrement réglementaire de la vente d’alcool, la fixation d’un âge minimum requis pour l’achat d’alcool, les actions de sécurité routière, la limitation de la publicité et, enfin, la prévention situationnelle »[1].
Une revue de la littérature du Centre de Monitoring Européen des Drogues et des Addictions aux Drogues[2] atteste de l’efficacité des programmes de prévention menés dans les écoles pour réduire certains types de consommation d’alcool et des stratégies visant à agir sur l’environnement : des mesures telles que la taxation, l’interdiction de la publicité et les contrôles de l’âge.
Cet article contient aussi une mise en garde : « Une politique des drogues ou de l’alcool doit être fondée sur des données scientifiques, car une mesure de prévention peut avoir un effet contraire à celui qui était recherché à l’origine et peut même s’avérer dangereuse[3] ».
Pour Bartlett et Grist[4] qui ont réalisé une revue de la littérature et une analyse des causes et des réponses possibles au binge-drinking (« biture express ») sur les jeunes adultes âgés de 18-25 ans au Royaume-Uni :
La police devrait cibler les ventes d’alcool aux moins de 18 ans, faire un usage plus large des mesures d’interdiction de consommation sur l’espace public et faire respecter les lois qui interdisent de servir des personnes déjà ivres.
- Autres mesures efficaces de prévention des intoxications alcooliques : interventions brèves auprès d’individus hospitalisés pour des dommages liés à l’alcool ; formation du personnel des bars ; interdictions de promotions agressives ; renforcement des compétences individuelles et collectives face au binge-drinking ; marketing social; interventions ciblées sur les parents ; mesures influant sur le prix de l’alcool ; campagnes de prévention non moralisatrices offrant des conseils sur la manière de réduire les risques et la consommation d’alcool sans pour autant prôner l’abstinence.
- Une « méta-analyse de Cochrane sur les interventions brèves en soins de santé primaire indique qu’après une année ou plus, les gens qui ont bénéficié de ce type d’interventions buvaient moins d’alcool que les personnes des groupes de contrôle (...), une telle mesure permettrait au système national de santé d’économiser 14 millions de £ »[5].
- Plusieurs études de l’OMS attestent elles aussi de l’efficacité des mesures énumérées par Bartlett et Grist[6] . L’une d’elle[7] ajoute que « les personnes affectées par l’usage de l’alcool doivent avoir accès à des services efficaces et peu coûteux de prévention et de soins [8]».
- Dieter Korczak et al.[9] ont réalisé une revue de la littérature portant sur 59 études, la plupart réalisées aux Etats-Unis. Ils arrivent aux mêmes conclusions que les études précitées, notamment celles de l’OMS.
[1] Guylaine BENEC’H, Alcool et jeunes ; Les mesures les plus efficaces pour réduire les méfaits liés à la consommation d’alcool ; Synthèse des connaissances et exemples d’actions, Bretagne : Centre d’information régional sur les drogues et les dépendances, CIRDD Bretagne, mars 2013, p.2
[6] Organisation Mondiale de la Santé, Bureau Régional de l’Europe, Rapport sur l’alcool dans la région européenne de l’OMS ; Document de référence pour le Cadre de la politique européenne de l’OMS, OMS : Copenhague, 2005 ; Organisation Mondiale de la Santé, Stratégie mondiale visant à réduire l’usage nocif de l’alcool, Genève : OMS, 2010 ; Organisation Mondiale de la Santé, Bureau régional de l’Europe, Plan d’action européen visant à réduire l’usage nocif de l’alcool 2012-2020, Organisation Mondiale de la Santé, Bureau régional de l’Europe, 2011