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|La comptabilité générale|

La comptabilité que nous présentons ci-dessous, comptabilise des flux de plusieurs types selon le niveau de centration (physique, biologique, social ou psycho-spirituel) et donc l'objectif de l'analyse. De ces informations, mesurées dans les différents systèmes à travers des questionnaires, on calcule le capital actuel, alors que l'on estime le capital potentiel qui correspond à une projection dans le futur des capacités du systèmes à se développer. La comptabilité est centrée sur un système spécifique, de manière à déterminer sa complexité ainsi que sa position et son impact dans l'environnement physique, biologique, social et psyco-spirituel.

Nous observons dans notre environnement deux types de variables; les variables d'état et les variables de mouvement. Les variables d'état correspondent à la description des capitaux, c'est-à-dire à l'immobilisation des états complexes. Les variables de mouvement correspondent à la description des flux, c'est-à-dire à une variation dans le temps des capitaux. L'analyse statique s'oppose ainsi à l'analyse dynamique de la même manière que la photo qui décrit un état, s'oppose au film qui décrit un mouvement. La comptabilité utilise le bilan pour décrir les éléments statiques et le compte d'exploitation pour décrir les éléments dynamiques.
Capitaux et flux sont intimement liés, comme nous l'avons décrit dans l'approche théorique. Les capitaux produisent des flux, et les flux sont eux-mêmes à l'origine des capitaux qu'ils produisent. La relation entre les capitaux et les flux est un enjeu majeur. Lorsque cette relation est bien estimée, c'est-à-dire lorsque l'investissement est judicieux (minimisation des risques, maximisation du rendement), elle permet de produire dans une réaction en chaîne du capital et des flux.
Pour être opérationnelle, la comptabilité doit porter ses mesures sur les flux. En effet, on peut imaginer un système mort composé d'éléments entre lesquelles aucune interaction ne se produit. Une analyse centrée sur les capitaux ne pourra conclure à un système inerte alors qu'une analyse centrée sur les flux le verra tout de suite. D'autre part, l'identité du système, sa centration, c'est à dire ce qu'il produit pour son environnement, ne pourra être déterminé que par une analyse des flux. Pour déterminer les capitaux, il faut une échelle de valeur. Cette échelle de valeur, cette hiérarchie dans la valeur des identités des capitaux, ne se détermine qu'à travers la dynamique de flux, la valeur étant liée au besoin.
Nous distinguons plusieurs types de flux et de relations entre les éléments d'un système. Prenons comme exemple un système social dans lequel des biens circulent. L'échange des biens entre des acteurs à différentes étapes d'un processus de production et de consommation est le plus évident car nous le pratiquons tous les jours en allant acheter des biens ou des services. Chaque élément, dans le système de production, achète des biens, y ajoute une plus-value, puis revend un produit fini. Les biens échangés ont des valeurs équivalentes. Le prix d'achat ou de vente définit cette valeur. Lorsque l'échange est réalisé, les partenaires ne se doivent plus rien. Ils sont quitte et libre de toute contrainte. Lorsque nous allons au magasin l'échange est immédiat, nous payons ce que nous prennons. Nous appelons ce type de relation la relation économique. Tous les flux d'un système social ne se comprennent pas qu'en terme d'échange à réciprocité immédiate. Dans le but de fidéliser un client, un vendeur va chercher à lier avec lui une relation amicale en l'invitant chez lui, en lui offrant un repas ou en lui offrant un rabais de quantité Il va chercher à produire de la confiance en acceptant de différer un paiement, en donnant une garantie sur son produit. L'acheteur donne des avances de production. Il donne avec l'espoir de recevoir à l'avenir. Il donne des biens ou des services dans l'espoir de recevoir un marché. La corruption procède de la même démarche. La réciprocité des échanges est différée dans le temps. Marcel Mauss parle du don et du contre don pour qualifier ce type de relation que nous appelons relation sociale. Lorsqu'il y a rupture de réciprocité, il y a rupture de la confiance et rupture de la relation qui, à la différence de la relation économique, est une relation permanente dans le temps. Tant que l'alternance de hiérarchie (celui qui donne a le pouvoir) existe entre les deux acteurs le lien est produit. Les deux types de relations décrites ci-dessus sont à somme nulle. Il existe des relations asymétriques. Ainsi les subventions, les aides, les allocations, mais aussi les rabais promotions, la publicité, l'information sont typiquement des flux véhiculant des relations éducatives. Celui qui donne transmet son identité à celui qui re�oit. Le transfert de valeur se réalise du dominant au dominé. Inversement, le transfert de valeurs du dominé au dominant est à l'origine des relations hiérarchiques. Le bénéfice que l'entreprise réalise, mais aussi vu par l'acteur dominé, les pertes, les impôts, les taxes, les contraventions, sont autant d'obligations que l'on prend aux autres ou que l'on est obliger de donner. Ces quatre types de relations sont, le plus souvent, mélangés dans les interactions qui existent entre les acteurs des systèmes sociaux.
A chacun de ces type de relation correspond un type de capital. Il existe de ce fait un capital économique, un capital social, un capital éducatif et un capital hiérarchique. Le capital actuel correspond à la capacité de produire des flux à haute valeur hiérarchique dans l'instant présent. Nous verrons qu'il se calcule sur la base des flux présents. Le capital potentiel est la capacité du système à produire des flux dans le future. Le problème est double dans la détermination du capital potentiel. D'une part, il faut réaliser une projection dans le future de la capacité du système à produire et d'autre part, il faut faire une projection dans le future de l'échelle des valeurs des flux. Pratiquement, si une entreprise produit beaucoup de biens que personne de désire acheter dans le future, sont capital est faible bien que sa capacité à produire est élevée. L'anticipation que l'entreprise doit réaliser consiste à deviner l'échelle des valeurs future de son environnement pour s'y adapter ou à produre de fort flux éducatifs, la publicité, pour modifier l'environnement et l'adapter à sa propre échelle des valeur. Nous développons cette dynamique d'adaptation ou de transformation de l'environnement dans l'analyse complexe.
En prolongeant le raisonnement sur le capital actuel et le capital potentiel, nous pouvons définir la complexité comme étant le capital du système à long terme. Le capital potentiel d'un système social est actuellement définit sur une échelle de temps de quelques années à quelques dizaines d'années. Lorsque l'échelle de temps est plus grande, l'échelle des valeurs est impossible à déterminer. La complexité apparait alors comme un critère de développement, car elle n'est pas dépendante de l'échelle des valeurs. L'étude historique de l'évolution des systèmes nous le montre aussi bien sur le niveau biologique que sur le niveau social. La compexité est le meilleur garant de la survie d'un système à très long terme car elle est une optimisation entre la capacité à produire une identité actuelle et la capacité à se transformer, s'adapter pour produire une nouvelle identité. Elle est une optimisation entre un fonctionnement ordré, qui maximise la production actuelle, et un fonctionnement chaotique, qui permet l'émergeance de l'innovation dans le but de répondre aux contraintes à venir. Ordre et désordre, unité et diversité, lien et rupture, production et consommation, spécialisation et généralisation, organisation et désorganisation sont indispensable pour le développement des systèmes. la comlpexité est une mesure de l'optimum entre ces variables à la fois antagonistes et complémentaires.

La dynamique en boucle que nous venons de décrire entre les flux et le capital intervient de manière prépondérente dans le choix du système à analysé. En effet, l'enjeux d'une analyse, qui constitue un flux d'information, est la production du capital de l'individu qui réalise l'étude et plus généralement des systèmes dans lesquels il est intégré (son employeur qui mandate l'étude, le client de son employeur,...). L'étude, l'analyse, les flux d'information sont ainsi au service de la construction d'un capital. Bien que ce type d'analyse, comme nous l'avons dit plus haut, ne dépend pas de l'échelle des valeurs du système analysé, elle construit une identité spécifique à travers le choix des systèmes analysés. Ainsi, les croyances, les identités, les habitudes, les histoires, les valeurs sociales conditionnées par l'environnement social biologique et physique, influence non pas le résultat des études mais leurs choix, leurs analyses, leurs interprétations et leurs utilisations.
Ainsi, pour que le concept du développement complexe permette de piloter un système, but final de la démarche, la comptabilité des flux doit être complêtée par la collect des informations, l'analyse de données, la diffusion des informations et la transformation de ces informations en action. Toutes ces étapes sont autant de variables qui permettent d'orienter dans un sens spécifique les systèmes. Bien que cet outil d'analyse soit aculturel, son utilisation est, comme tous les autres outils, au service du système qui l'utilise. Nous abordons ces aspects dans le chapitre "pilotez votre système" à propose d'une entreprise (centré sur l'économique) et de la gestion d'un système communautaire (centré sur le politique).
Nous pouvons analyser un système isolé, une entreprise, un état, une association afin, soit de déterminer la complexité que possède ce système, soit de déterminer l'impact de ce système sur son environnement. L'impact sur l'environnement est particulièrement important pour l'analyse d'une association, d'une ONG, d'une école, d'une église (tous les systèmes à dominance sociale ou éducative), car ils ont pour objectif apparent premier de structurer leur environnement. En réalité ils ont trop souvent pour objectifs de se développer à la manière d'une entreprise. Une entreprise à, en revanch,e pour objectif premier son propre développement, de sorte que sa propre complexité est d'un plus grand intérêt. L'entreprise qui mandate une étude analysera sa propre complexité, alors que l'état qui inclut cette entreprises cherchera à savoir quel impact elle a sur son environnement pour faciliter ou entraver son développement (taxes ou subventions). Les labels, tel que le label microglobal, incitent les entreprises à étudier de plus près l'impacte qu'elles ont sur leur environnement car le label est un argument commercial.
De la même manière, nous pouvons annalyser une filière, c'est-à-dire un ensemble d'entreprises qui ont pour points communs la production d'un bien ou d'un service, chacune intervenant à un niveau différent de l'élaboration du produit. L'étude de la filière permet de prendre en compte de manière plus globale l'impact d'un produit ou d'un service sur son environnement. A la différence de l'intégration en cascade (chapitre suivant) qui prend en compte le entreprises partenaires quelle que soit leur degré de dépendance ou d'implication. La filière peut être définit que pour des biens et des services qui s'élaborent en plusieurs étapes, dans des entreprises différentes (exemple: les fruits secs tropicaux; production frais, transformation, exportateur, grossiste et distributeur). L'analyse de la complexité interne de la filière nous informe sur son caractère systémique. Si les quatres composantes interactives sont présentes, la filière peut être considérée comme un système avec une cohérence interne. Les acteurs de la filière ne peuvent s'interchanger facilement. Ils sont liés les uns aux autres. C'est un atout en cas de contraintes extérieures fortes, mais ce peut être un désavantage lorsque cela limite la concurence à chaque niveau d'élaboration du produit.
Nous pouvons analyser des secteurs d'activité ou des groupes de systèmes. Comme pour la filière, il peut exister une coorporation au sein d'un secteur d'activité, de sorte qu'une dynamique systémique existe (architect, notaires, médecins...). Le lien au sein d'un coorporation permet d'acquérir une position hiérarchique supérieure puisqu'elle évite ou limite la concurence entre les éléments du système. Pour cela un lien au sein de la coorporation doit exister de manière à produire la confiance au sein du groupe, garante du respect des règles et de l'identité du groupe. La composante éducative, qui correspond aux flux de la haute vers la basse hiérarchie, correspond à ce que le groupe (haute hiérarchie) donne aux individus (basse hiérarchie) au sein de la coorporation. Le flux éducatif correspond à la reconnaissance de l'individu, de ses capacités, la défence de l'individu face à un environnement hostile. Il en est de même pour un syndicat.
Nous pouvons analyser une croyance en analysant l'ensemble des éléments qui y participent. De la même manière nous pouvons analyser une pratique, une étique, une position hiérarchique ou tout autre identité commune entre des éléments. Cet ensemble d'éléments ne constitue pas pour autant un système. Les croyances, l'éthique, les pratiques, étant des composantes d'un ensemble identitaire, ont un impact sur les quatres types d'interactions. On analysera l'impact de cette composante identitaire sur l'environnement. Avec ces informations, il est possible, par l'éducation, d'orienter les identités des systèmes afin d'en maximiser la complexité.
Nous pouvons centrer l'analyse sur différents niveaux. Nous avons, ci-dessus, centré l'analyse sur le niveau social. Nous pourrions le faire sur le niveau psycho-spirituel, sur le niveau biologique ou physique. Puisque les niveaux supérieurs contrôlent les niveaux inférieurs, il est préférable de centrer l'analyse sur les niveaux supérieurs et de considérer les niveaux inférieurs comme des environnements. Par exemple, certaines approches écologiques qui prône la conservation absolue des biotopes, centrera l'analyse sur le niveau biologique. Dans ce cas, le niveau social doit s'adapter aux contraintes des biotopes actuels, sans chercher à les modifier. Les individus ayant une sensibilités sociales centreront leurs analyses sur le niveau social. Ils considéreront que les biotopes et les espèces animales doivent s'adapter aux contraintes que les systèmes sociaux produisent. Les analyses centrées sur le niveau psycho-spirituelles considère l'idéal comme un absolu. Les autre niveaux doivent s'adapter à cet idéal.
Nous pouvons analyser des systèmes, des filières, des croyances sur un espace géographique définit. Il peut y avoir sur cet espace une dynamique interne qui ne se recoupe pas avec un espace politique. On peut analyser la complexité interne de cette région ou sont impact sur un 'environnement géographique différent et/ou sur un niveau systémique définti.
Nous pouvons analyser des systèmes, des filères, des croyances, des espaces géographiques dans une dimension temporelle définie. Ce peut être une dimension historiques vaste ou restreinte, récente ou vielle,
Nous avons définis jusqu'à présent la centration de l'analyse pour déterminer le système et l'environnementà analyser. Nous pouvns définir plusieurs niveaux pour l'impact sur l'environnement. Le choix de ce niveau correspond à celui qui impose les contraintes les plus fortes sur le système de référence.

La comptabilité complexe est une comptabilité traditionelle avec centre de charges. L'originalité, dans la comptabilité complexe tiens au fait d'une part que plusieurs unités différentes peuvent être utilisées et et que d'autre part les centres de charges ne sont pas définis par rapport à des produits, des étapes de productuction, ou des sectuers, mais par rapport à la typologie des interactions que nous avons définis et des systèmes avec lesquels ils partagent des flux.
Nous avons trois types de données pour définir deux catégories de flux:
Flux avec l'environnement
- " ce qui entre dans le système"
- " ce qui sort des systèmes "
Flux interne au système
- " affectation interne des ressources dans le système"
.Ces données sont spécifiées pour chaque partenaire de système que l'on indique dans la ligne : " Quelles sont vos partenaires " et " nom des systèmes ". Ces données sont différenciées en fonction de leur typologie R, D, H ou L.
Dans la suite de cette description, nous avons choisi des termes qui décrivent une entreprise, car c'est sans doute, en occident, les termes les plus utilisés, puisque la société au Nord est centré sur l'activité économique. Chaque type de système à ses propre termes pour définir ses typologie de flux. Par exemple la publicité pour une entreprise correspond à la sensibilisation pour une organisation de développement (ong), ou à l'éducation au sein d'une famille.
Première partie : Flux avec l'environnement
Ce qui entre dans les entreprises :
- Type R (reproduction) : Ce que le système re�oit de l'environnement : Rabais et avantages promotionnels, publicité et information que l'on nous donne, subventions, aide, allocations re�ues
- Type D (différenciation) : Ce que le système échange avec son environnement : Intrants et services achetés, salaires. L'équivalent monétaire de ces biens ou services qui entrent dans l'entreprise est considéré comme charges.
- Type H (hiérarchie) : Ce que le système prend à l'environnement : Taxes et impôts per�ues (pour le système " état "). Bénéfices, plus values.
- Type L (lien) : Ce que le système re�oit (contre don) de l'environnement en échange d'autres prestations (dons) volontaires, qu'elles soient formelles ou informelles. Remboursement d'assurances, corruption per�ue, rabais de quantités, facilités de paiement, avances de production, crédits de campagne, prêts et crédit en faveur de l'entreprise.
Ce qui sort des entreprises
- Type R (reproduction) : Ce que le système donne à son environnement : Publicité, information, dons et aide donnée, formations générale des employés (pouvant être utilisé en dehors de l'entreprise), rabais promotion accordé
- Type D (différenciation) : Ce que le système échange avec son environnement : Biens et services vendus, intérêt des crédits. Correspond au chiffre d'affaire. L'équivalent monétaire des biens ou services qui sortent de l'entreprise est considéré comme un produit.
- Type H (hiérarchie) : Ce que l'environnement prend au système : Dividendes distribués (charges variables), impôts, taxes, charges sociales, intérêt que l'entreprise paie,
- Type L (lien): Ce que le système donne (contre un retour non défini) à l'environnement : Rabais de quantité, facilités de paiements, corruption, fidélisation, primes d'assurances, amortissement des emprunts, remboursement des crédits.
Le capital est analysé dans un autre partie mais suit la même typologie en fonction du type de flux qu'il engendre. A ce titre, le capital constitué d'action est un capital liant car les partis en jeux sont dépendants des résultats de l'entreprise. En revanche, les obligations ou l'épargne sont des capitaux de type économique car les taux sont définit et il n'y a pas de risque sur le capital. Si le capital n'est pas pris en compte dans ce tableau, les flux qui l'augmente ou le diminue sont pris en compte. Les avances de productions, appelés aussi des crédits de campagne, sont considérés comme des flux liants.
Ces catégories bien délimitées, ne doivent pas entraîner une approche trop rigide de la répartition des flux dans ces catégories. En effet, la plus part des flux sociaux peuvent se décomposer et être réparti dans plusieurs catégories à la fois, selon l'effet qu'ils produisent sur les systèmes et sur les individus.
Les salaires sont en principe des flux de type économiques, car ils sont, dans la plupart des cas un échange de travail, plus ou moins spécialisé, contre un salaire. C'est le cas lorsqu'il y a de la concurrence sur le marché du travail. Lorsqu'un employé, les cadres supérieurs et les dirigeants, sont payés pour une partie pour le travail qu'ils exécutent, mais aussi pour le réseau social qu'ils mettent à disposition de l'entreprise (appui politiques, réseau de clients et de fournisseurs, réseaux d'intérêts et de confiance,�), la typologie des flux se complexifie. Les flux sont ainsi pour une partie économique, la partie liés à la prestation fournie, et pour une partie hiérarchique, c'est-à-dire l'obligation pour l'entreprise de payer très cher une personne pour accéder à son réseau social. Un directeur qui fixe lui-même son salaire aura une composante hiérarchique importante. Plus les individus dominent les systèmes, plus les flux qu'ils en tirent deviennent hiérarchiques puisque c'est la caractéristique même des ces flux. Plus les capacités deviennent singulières, c'est-à-dire non soumis à la concurrence, plus les flux deviennent hiérarchiques.
Il en est de même avec les assurances. Le paiement des primes peut être à la fois classé dans les flux hiérarchiques, pour les assurances obligatoires, et dans les flux liants. Dans tous les cas, la composante liante est non nulle car l'assurance, bien qu'obligatoire produit du lien social et de la dépendance mutuelle. Plus le paiement de la prime est éloigné de l'individu (assurances sociales payées en partie par l'employeur) et moins elle laisse le libre choix, plus la composante hiérarchique est importante. Le paiement des prestations peut être classé soit comme flux éducatifs, correspondant à un paiement de primes de type hiérarchique, soit de type liant (contre don) lorsque le paiement des primes (don) est de type liant. Remarquons ici que la multiplication des obligations de s'assurer dans les sociétés du Nord favorise un fonctionnement vertical (hiérarchique et éducatif) au détriment d'un fonctionnement horizontal (économique et social).
Les impôts, sont typiquement des flux hiérarchiques, associés à des flux éducatifs (reproduction, redistribution sociale) pour ce qui concerne les prestations financées par ce biais. Le fonctionnement est vertical et il n'existe pas de composantes liantes dans les impôts, quand bien même les impôts sont utilisés pour réaliser une certaine redistribution sociale. Cette redistribution qui se réalise entre des niveaux hiérarchiques différents (la relation liante se réalise entre des éléments de même niveau hiérarchique selon les critère spécifique d'une identité commune) à principalement et qui est de type éducatif a pour but de faire accepter aux classes sociales la hiérarchie établie.
Le chiffre d'affaire correspond aux biens et services échangés. Nous pouvons le décomposer de manière à faire apparaître les flux de type économiques (co�t globaux de production) et les flux de types hiérarchiques qui correspondent aux bénéfices (l'entreprise domine ses clients) ou aux pertes (les client dominent l'entreprise). Dans la mesure o� les bénéfices apparaissent dans la distribution des dividendes, nous pouvons utiliser le chiffre d'affaire qui correspond bien à un échange de type économique avec les effets sociaux que cela implique, bien qu'une composant hiérarchique y soit intégré. Lorsque du bénéfice est réinvesti directement dans l'entreprise, nous notons la valeur de ces investissements également comme distribution de dividende, ainsi que comme réinvestissement dans l'entreprise. Ce réinvestissement est un flux de type liant lorsqu'il n'est pas assorti de conditions de rémunération fixe et que le capital n'est pas garanti. Elle répond à la dynamique du don et du contre don ainsi qu'à la dynamique de la crue du don (augmentation dans le temps de la valeur de ces échange), de Marcel Mauss.
La corruption est l'action de donner un bien ou un service (soudoyer) dans le but d'obtenir un service ou un bien illégalement. Nous pouvons considérer cette action comme étant de type économique, mais le fait qu'elle soit illégale produit un lien entre les acteurs de la corruption. C'est la raison pour laquelle nous la considérons comme étant de flux de type liants. Il existe cependant plusieurs degrés dans la corruption, de sorte que nous pouvons considérer qu'il existe une continuité d'état entre la relation économique pur et la corruption la plus absolue.
Le clientélisme est une forme spécifique de corruption. Elle correspond à l'établissement de flux liants entre des individus de niveaux hiérarchiques différents. Elle mélange donc des flux liants (l'échange est différé dans le temps), des flux éducatifs (celui qui domine et cherche à augmenter d'avantage son pouvoir donne aux individus inférieurs qui peuvent servir ces desseins) et des flux économiques puisque le client donne volontairement (sa voix, sa notoriété,�) à un individu de classe supérieur.
Les valeurs des rabais promotionnels donnés ou accordés, sont constituées de flux éducatifs puisqu'ils ont pour objet de faire connaître le produit ou le service. Les rabais de quantité sont, en revanche, constitués de flux de type liants, car le rabais a pour objectif de fidéliser le client, donc de créer une relation de type liante entre les acteurs.
Deuxième partie : Affectation interne des ressources dans l'entreprise
L'entreprise possède un certain capital qui produit les ressources nécessaires au système pour entretenir son fonctionnement et se développer dans les objectifs qu'il s'est défini. Pour cela, le système affecte ses ressources à certaines activités que nous avons catégorisées au moyen des quatre phases. Pour chacune des phases il existe un aspect positif, qui permet la construction de la complexité interne du système, et un aspect négatif qui prend dans l'environnement l'entropie nécessaire à entretenir et à construire la complexité. Cet aspect négatif est l'externalisation des charges dans l'environnement.
- Type R. pos. : Production de l'identité du système afin de reproduire le système tel qu'il est. Cette identité est constituée des savoirs et connaissances actuelles, des pratiques, des objets et biens matériels accumulés dans le système. Il est pratiquement composé de la formation et de l'éducation orientée à l'intérieur des systèmes, des investissements. Les amortissements peuvent être placés dans les différentes catégories selon le type de capital en question et, le capital produisant des flux, selon le type de flux interne (affectation des ressources) qu'il engendre.
- Type R nég. : Alors que la catégorie ci-dessus correspond à une production destiné à l'intérieur du système, cette catégorie correspond à une production externe, c'est-à-dire à la consommation de biens et de services qui seront externalisées dans le but d'acquérir les ressources nécessaire au fonctionnement du système. Les biens et services acquis dans cette catégorie pourront être vendus (D), donnés (R), pris par des systèmes hiérarchiquement supérieurs (H) ou échangé avec une réciprocité temporelle (L).
- Type D. pos. : La spécialisation interne (spécialisation interne des fonctions) ou externe (spécificité pour son environnement) est acquise par les activités de recherche, de création, d'innovation et de stimulation des opportunités. Elles peuvent toucher différents domaine tel que son identité extérieure (D) (produit ou services spécifique, idée ou pratiques sociale spécifique,�) son organisation (H), son réseau social (L) ou son réseau commercial, marketing (D).
- Type D nég. : La diffusion des biens, des services, des connaissances et des idées sur un marché résulte de la spécialisation des activités. Il correspond à la diffusion de ressources qui, de concentrée dans une entreprise doit être disséminé sur un marché. Ce secteur englobe toutes les charges commerciales (non compris les rabais, ni les réductions) et les frais de transport. Si les frais liés à l'élaboration de la publicité sont de type R nég., les frais de diffusion de cette publicité dans le publique sont de type D nég.
- Type H. pos. : L'organisation intérieur du système (non pas les services de type " organisation " que l'on produit pour son environnement) est composé de l'administration, de la gestion, de la comptabilité, de la planification et de toutes les charges qui y sont relatives. Cette organisation interne est relative à tous les secteurs de l'entreprise
- Type H nég. : L'organisation générale d'une entreprise produit des contraintes sur les individus ou sur d'autres systèmes externe et/ou interne à l'entreprise. Ces contraintes désorganisent les sous-systèmes ou les systèmes partenaires. Pour s'assurer de l'efficacité de l'organisation, elle doit être couplée aux contrôles, au suivi, et aux sanctions, punitions, réprimande pour corriger les déviances de la norme.
- Type L. pos. : Le lien entre les éléments d'un système social s'exprime à travers le partage de certaines valeurs, des primes à la production ou primes d'encouragement, de l'intérêt sur le chiffre d'affaire pour les salariés, de la fidélisation des clients à travers des rabais de quantités, des facilités de paiements, ainsi que de l'ensemble des loisirs qui ont pour but de rapprocher les hommes entre eux, d'harmoniser l'homme avec lui-même ou avec son environnement. La notion de cohérence systémique, de plaisir, de bonheur est intimement liée à celle d'harmonie c'est-à-dire de lien entre des éléments qui partagent une identité, une continuité à travers la dynamique sans fin du don et du contre don.
- Type L nég. : La rupture, inévitable corollaire du lien, s'exprime à travers les activités liées à la sécurité, à la justice, à la défense, aux brevets et à tout ce qui attrait à la protection et à la construction de frontière pour séparer l'intérieur de l'extérieur du système.
Une activité intègre souvent diverses composantes qu'il faut dissocier dans l'analyse. Ainsi par exemple, les activités liées au transport auront une composante organisationnelle interne (H), des amortissements de camion ainsi que des frais d'exploitation notés dans la catégorie D.nég. et éventuellement un investissement de camion noté dans la catégorie R. Les activités liés à la publicité ont des composantes de recherche de nouvelles idées (D) de diffusion des informations dans le public cible (D.nég.), d'organisation interne (H), et d'autres frais ventilés dans la catégorie R.nég..
Nous venons de commenter briévement les variables destinées à caractériser les systèmes tels que des entreprises. Nous faison la même démarche pour caractériser les individus.
Les ressources qui sortent des individus en direction du système " famille " se fait soit dans la catégorie R, considérant ainsi le flux comme étant éducatif donc un investissement à long terme, soit de type D, lorsque l'on considère que les ressources données sont relatifs à un service (nourriture,�). On peut aussi envisager des flux H, lorsque l'individu donne par obligation à la famille qui le précède (hiérarchie par l'age), ou de type L lorsqu'il donne dans le sens d'un contre don, à la famille qui le précède pour rembourser une vielle dette éducative, ou à la famille qui le suit, lorsque les relation sont de type don et contre don. Le choix du type de flux dépend des types de relation dans la famille, donc des valeurs sociales et culturelles.
Nous pouvons caractériser les systèmes par leur dimension spatiale. La dimension spatiale permet d'effectuer des analyse locale / global, mondialisation / régionalisation, centralisation / décentralisation. Nous cherchons à déterminer la dimension spatiale des entreprises, son étendue spatiale sans parler du lieu de son implantation. Nous appellerons " niveau non géographique " ce type de critère. Par exemple, un petit commerce aura pour niveau géographique Genève car il est implanté en ville de Genève, et un niveau spatial dit " local " car son commerce est un commerce qui rayonne localement. Nous pouvons définir un minimum de 5 niveaux spatiaux : - Individuel - Familial - Local - National -International. Pour déterminer le niveau spatial d'un système, on calcule le pourcentage des flux dans les espaces définit ci-dessus. L'espace dans lequel la plus grande partie des flux extérieurs se déroule caractérisera le système pour sa dimension spatiale. Nous ne voulons pas affecter des pourcentages dans la définition des niveaux spatiaux car, d'une part cela complique fortement les calculs et d'autre part, les logiques évolutives, qui répondent à des critères différents selon les niveaux qui sont en concurrence, sont apparemment centrée sur l'un ou l'autre des niveaux. Avec cette définition des niveaux, nous pourrons identifier l'impact des systèmes sur les niveaux spatiaux. Nous avons vu que d'une manière générale les niveaux supérieurs (nationaux, internationaux) se construisent aux dépens des niveaux inférieurs, ce qui rapproche ces systèmes de leurs points de rupture. C'est par conséquent également le cas pour les niveaux supérieurs. Cette analyse peut se réaliser soit indépendamment de la variable géographique (Nord-Sud ou rural-urbain), soit combinée.
Nous pouvons définir des niveaux géographiques pour centrer l'étude d'impact sur quelques lieux géographiques définis, par exemple Pays du Nord et du Sud. à chaque niveau spatial correspond un lieu géographique plus ou moins étendu selon le niveau spatial. Pour l'analyse, nous définissons un ensemble de systèmes inclus les uns dans les autres, englobant ou étant englobé dans le lieu géographique étudié. Lorsque nous allons déterminer l'impact de cette activité sur les pays du Sud et du Nord par exemple, nous procéderons à une intégration en cascade uniquement sur les systèmes implantés dans les pays du Sud et dans les pays du Nord.

Nous présentons ci-dessous les fiches qui permettent de pratiquer une comptabilité complexe. Ces fiches sont prévues pour analyser un système social avec pour unité des valeurs monétaires. C'est la comptabilité qui se rapproche le plus d'une comptabilité traditionnelle. C'est la raison pour laquelle nous la présentons ici. Nous actualiserons ces fiches pour les autres niveaux, avec d'autres unités, dans le dernier chapitre de cette partie.
Fiche pour les FLUX
Analyse des systèmes

Analyse des individus