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Il était une fois, par une fraîche matinée du temps jadis, une belle jeune fille de dix-huit printemps qui se prénommait Joliette. En marchant vers la forêt, Joliette rêvait d’Albert, le fils du baron Grimoald, en pensant à leur amour impossible. Elle s’arrêta sur une pierre pour pleurer toutes les larmes de son corps. Tout à coup, une fée apparut devant Joliette en lui disant:
Une âme qui se désole,
Trouvera ce qui console
Sur le Scex, près du torrent;
Là, gémit celui qu’elle aime
Là, félicité suprême
L’étrange apparition se perdit au loin sous les arcades des grands chênes. Joliette pressentit qu’Albert l’attendait sur le Scex.
Albert était seul assis sur le Scex, quand il vit apparaître sa belle et tendre Joliette. Il lui prit la main l`embrassa, et commença à lui raconter la mauvaise nouvelle. Il lui apprit que son père ne voulait pas qu’il épouse une pauvre paysanne. Mais, il lui jura que leur amour serait toujours éternel.Tout à coup, le baron Grimoald arriva, quand il vit son fils et Joliette il devint rouge de colère.
Il fut si furieux qu’il ordonna à ses gardes d’attraper Albert. Joliette qui ne savait que faire, implora le père d’Albert de ne pas le jeter en prison. Après réflexion, le baron dit :”Quand le Scex pleuvra, mon fils épousera la belle, mais jusque-là, non!”
Et le seigneur frappa le rocher de son poing. A ces mots, un cri de surprise s`échappa de toutes les bouches. Le rocher devint humide; des gouttes d’eau perlaient de toutes parts. Le rocher pleuvait ! Tout le monde s`écria en patois: le Scex que Plliau, le Scex que Plliau !
Comme le père le promit, après ce miracle, les noces furent célébrées le jour même dans la joie et la gaieté. On ne vit plus jamais la gentille fée de la forêt. Telle est la légende du Scex que Plliau
(En patois vaudois, “Le rocher qui pleut” surplombe la route forestière dans les bois au-dessus de Chaulin).
(photo Virginie Matter)