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Devant le Parlement, le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy a martelé qu'il n'y a "pas de médiation possible entre la loi démocratique et la désobéissance, l'illégalité".
KEYSTONE/AP/PAUL WHITE(sda-ats)
Le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy a annoncé mercredi avoir donné cinq jours au président catalan Carles Puigdemont pour dire s'il a déclaré ou non l'indépendance de la Catalogne lors de son discours prononcé mardi.
Si M. Puigdemont confirme déclarer l'indépendance de sa région d'ici lundi à 10H00 (08H00 GMT), ou s'il ne répond pas, le gouvernement lui accordera un délai supplémentaire jusqu'au jeudi 19 octobre à 10H00 pour faire machine arrière, avant de recourir à l'article 155 permettant de suspendre l'autonomie de la Catalogne, a précisé M. Rajoy devant les députés.
Le chef du gouvernement espagnol a estimé "très important que M. Puigdemont éclaircisse pour le reste des Espagnols s'il a déclaré hier l'indépendance ou pas".
Dans la matinée, le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy a réclamé une clarification au gouvernement de Catalogne. Il a annoncé avoir demandé formellement à M. Puigdemont s'il avait déclaré l'indépendance de la Catalogne, après "la confusion engendrée délibérément" par l'exécutif catalan mardi soir.
"Conte de fée" séparatiste
Cette demande est préalable à toute mesure que Madrid pourrait prendre dans le cadre de l'article 155, a-t-il ajouté, recevant aussitôt le soutien du Parti socialiste (PSOE), principal parti d'opposition. La réponse de M. Puigdemont "déterminera les événements à venir dans les prochains jours", a-t-il ajouté.
La suspension de l'autonomie, sans précédent depuis 1934, serait considérée par beaucoup de Catalans comme un affront. Elle pourrait déclencher des troubles dans cette région très attachée à sa langue et sa culture.
Un peu plus tard, devant le Parlement, M. Rajoy a dénoncé le "conte de fée" des séparatistes. Surtout il a martelé qu'il n'y a "pas de médiation possible entre la loi démocratique et la désobéissance, l'illégalité". Il a ainsi fermé ainsi la porte à Carles Puigdemont qui, dans une interview à CNN mercredi matin, a répété son appel au dialogue et demandé la désignation d'un médiateur.
Réforme de la Constitution
Les dirigeants indépendantistes de Catalogne se sont appuyés mardi sur la victoire du "oui" à l'indépendance au référendum du 1er octobre (à 90%) pour signer une déclaration d'indépendance de la République de Catalogne. Mais M. Puigdemont avait préalablement annoncé qu'il suspendait les effets de la déclaration dans l'attente d'un dialogue avec Madrid.
A ce stade, la déclaration d'indépendance a seulement un caractère "symbolique", a expliqué mercredi le porte-parole du gouvernement catalan Jordi Turull.
Le chef du PSOE Pedro Sanchez a pour sa part dénoncé une "cérémonie de l'absurde". Il a annoncé un accord avec M. Rajoy pour étudier dans les mois à venir une réforme de la Constitution "pour voir comment la Catalogne peut rester en Espagne".
ATS