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Ce billet est l’adaptation d’un article paru en février 2009 dans le Fax de Jérusalem et du monde juif, le mensuel de l’Organisation Sioniste de Belgique, par http://kefisrael.com/2010/05/21/tel-aviv-j%E2%80%99ecris-ton-nom/
http://kefisrael.com/tag/tel-aviv/
Ecrit par Rachel Samoul
Tel Aviv a fêté son centenaire le 11 avril 2009 mais c’est le 21 mai 1910, il y a exactement 100 ans, qu’elle a reçu officiellement le nom de Tel Aviv. Avant de devenir Tel Aviv, elle a porté le nom Ahouzat Bait qu’on pourrait traduire par Le Domaine.
Tel Aviv
En 1910, Menahem Sheinkin, l’un des fondateurs de la ville (et qui a donné son nom à l’une des rues les plus commerçantes et dynamiques de Tel Aviv, la Rue Sheinkin, près du Marché HaCarmel), suggéra le nom Tel Aviv. Tel Aviv était le titre hébraïque donné au livre de Benjamin Herzl, Altneuland, Nouveau pays ancien par son traducteur en hébreu, Nahum Sokolov.
Tel Aviv, la colline du printemps, est aussi une allusion à un verset d’Ezéchiel (3, 15) J`arrivai à Tel Aviv, vers les exilés qui demeuraient près du fleuve du Kebar, et dans le lieu où ils se trouvaient; là je restai sept jours, stupéfait au milieu d`eux qui se rattache à la vision de la Résurrection des morts. Symboliquement, Tel Aviv est une promesse de renouveau.
La première ville hébraïque
En 1909, Tel Aviv n’était pas encore une ville, on disait : centre urbain juif, quartier juif, quartier autonome, quartier des jardins. Mais, très vite, la nouvelle ville fut reconnue comme la première ville hébraïque. Nahum Gutman (1898-1980), le peintre de Tel Aviv, s’extasiait : La ville était pour nous comme un enfant prodige dont les moindre faits et gestes méritaient toute notre attention.
Lors du 25ième anniversaire de Tel Aviv, la Municipalité a parrainé un concours pour le design du blason de la ville. Le lauréat fut le peintre Nahum Gutman. Lors d’une visite dans la ville, ne manquez pas son musée, rue Rokah 21, dans le quartier de Neve Tsedek (antérieur à la création de Tel Aviv, puisque fondé en 1897).
On peut aussi voir une très belle mosaïque de Nahum Gutman qui raconte les débuts de Tel Aviv dans la Tour Shalom. Au centre de la mosaïque se trouve le Lycée Herzliya, la Gymnasia Herzliya, גמנסיה הרצליה, qui, plus qu’une école, était le centre de la vie culturelle de l’époque. Le Lycée a été détruit en 1962 pour laisser place à la Tour Shalom dans le hall de laquelle se trouve aujourd’hui la mosaïque.
Centre d’affaires et centre culturel, la première ville hébraïque devint en 1935, la plus grande ville de la Palestine mandataire. Et c’est à Tel Aviv, sur le boulevard Rothschild, que l’indépendance fut déclarée, le 14 mai 1948.
La Ville blanche
La Ville blanche fut édifiée à partir du début des années 1930 et jusqu’aux années 1950, selon le plan d’urbanisme de sir Patrick Geddes, reflétant les principes de l’urbanisme organique moderne et s’inspirant des cités-jardins anglaises. Les bâtiments furent conçus par des architectes qui avaient immigré après avoir été formés dans divers pays d’Europe et y avoir exercé leur profession. Beaucoup d’entre eux avaient étudié dans la fameuse école du Bauhaus. Genia Averbouch, qui allait créer la Place Dizengoff en 1934, avait obtenu son diplôme à l’Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles.
Cette Ville blanche, reconnue internationalement, devint en 2003 patrimoine de l’humanité de l’Unesco.
Tel Aviv-Yafo
En 1950, la ville de Tel Aviv et celle de Jaffa deviennent une seule municipalité qui prend le nom de Tel Aviv-Yafo. La nouvelle ville juive et le vieux port de Jaffa, Yafo en hébreu.
La ville sans répit, Ir lelo hafsaka
Ce slogan lui a été donnée en 1993 et a été une réussite, cette ville ne s’arrête vraiment pas. On la nomme aussi : La ville qui ne dort jamais. Il est très possible de se trouver dans un embouteillage à 3 heures du matin, un jour de semaine. Elle déborde d’activités, on y travaille (366, 000 personnes sont employées à Tel Aviv, soit 14% de la force de travail israélienne) et on s’y amuse.
A signaler le livre d’Ami Bouganim Tel Aviv sans répit aux Editions Autrement :De cette énergie débordante, une trentaine d’acteurs témoignent dans ce livre. Militants, artistes, fêtards, journalistes, poètes, rabbins, avocats, pêcheurs, ils brossent un portrait de la ville : résistante, rêveuse, créative, théâtrale. Sans répit.
Je vous recommande aussi le livre de Yaakov Shavit, Tel Aviv, Naissance d’une ville 1909-1936, Albin Michel, où est cité un article du journal Hapoel Hatsair de novembre 1933 : Quiconque a connu Tel Aviv, il y a seulement une semaine ne le reconnaîtra pas aujourd’hui. Aussi nous sommes-nous habitués à un « mouvement perpétuel », à une marmite qui bout matin et soir, depuis l’aube jusqu’aux petites heures de la nuit. Tel Aviv, ville de la dynamique du rythme, du mouvement (… ) Et tout cela à une vitesse vertigineuse, à un rythme presque cinématographique où des rues entières revêtent un aspect nouveau en l’espace d’une nuit. Un grand atelier surgit le jour, et un grand parc de jeux la nuit. La journée est consacrée au travail ; la nuit, à la rue, au théâtre, au cinéma, aux promenades au bord de la mer. Personne ne reste à la maison en journée, et à plus forte raison la nuit.
On pourrait écrire exactement la même chose aujourd’hui !
Big Orange
Dans les années 1980, on lui a aussi accolé le nom de Big Orange, la grosse Orange comme New York est la Big Apple, la grosse pomme. Israël exporte de moins en moins d’oranges mais plutôt des fruits exotiques comme le kaki, la figue, le lychee, la mangue ou le fruit de la passion, ce qui explique peut-être la moindre popularité de ce surnom. Le New York Times a lui qualifié Tel Aviv de capitale du cool méditerranéen. J’ai aussi entendu l’expression Miami de la Méditerranée.
La Bulle
Ces dernières années, un autre nom lui colle à la peau. Le nom de Bulle lui a été donné, voici à peu près 12 ans et serait en rapport avec la notion de bulle technologique. Très vite ce surnom a pris une nuance péjorative. Les habitants de La Bulle ne seraient pas vraiment israéliens, ils seraient loin des contingences du reste du pays, ce serait des privilégiés. Le film The Bubble d’Eytan Fox a rendu ce nom encore plus actuel. La polémique est ouverte et très vive, beaucoup d’habitants de la ville ne se sentant pas du tout dans une bulle. On dit aussi l’Etat de Tel Aviv מדינת תל אביב
TLV
Bon, j’espère qu’après avoir lu cet article, vous allez réserver un vol destination Tel Aviv. Sur votre billet, vous lirez encore un nom: TLV, c’est l’abréviation figurant sur les billets d’avion, le code officiel pour les aéroports, c’est aussi le nom d’une boite de nuit très populaire situé au port, au Namal où vous pourrez fêter Tel Aviv, ma ville.
©Rachel Samoul