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Le gouvernement désire augmenter les subsides en faveur des transports publics pour décongestionner le trafic routier dans les régions urbaines de Suisse.
Le parlement est favorable à ce projet. En revanche, il est divisé quant à la source de financement du trafic ferroviaire dans les agglomérations.
Opérationnel en 2008, le fonds d'infrastructure s'élèvera à 20 milliards de francs, à gérer sur une vingtaine d'années.
Plus de deux tiers seront alloués à l'achèvement du réseau des routes nationales et à son fonctionnement, le solde (6 milliards) servira à moderniser les infrastructures de transports public et privé dans et autour des agglomérations.
Otto Laubacher n'est pas enchanté par cette clef de répartition. «Ce projet favorise unilatéralement la promotion du trafic ferroviaire et accorde aux écologistes un avantage inéquitable», estime le député de l'Union démocratique du centre ( UDC - droite populiste).
Il rejoint néanmoins le point de vue du gouvernement et des autres partis: la situation n'est plus tenable. «Quelque chose doit être entrepris pour fluidifier le trafic dans les zones urbaines», insiste-t-il.
Franziska Teuscher, du parti écologiste et présidente de l'Association Transport et Environnement (ATE) adopte, elle, une approche pragmatique de ce fonds d'infrastructure.
«Le système permettra de soutenir des projets de transport public avec l'argent des taxes routières».
Autoroutes et agglomérations
Les six milliards de francs attribués à la modernisation des infrastructures de transport public couvriront aussi les coûts inhérents à la réalisation des projets ferroviaires: ceux du contournement des villes de Zurich et de Genève, ainsi que celui visant à relier le sud du Tessin à la ville de Milan, au nord de l'Italie.
«Environ 70% de la population helvétique vit dans une agglomération. Ils sont directement affectés par les embouteillages, la pollution et les nuisances sonores», explique Christian Albrecht, responsable de la section Politique des transports de l'Office fédéral du développement territorial.
Son département, en collaboration avec le ministère des transports, est en charge du projet, appelé à être débattu par le sénat le 21 mars.
Christian Albrecht précise que ce fonds d'infrastructures est un atout pour l'économie. La réalisation de ces projets facilitera l'accès aux centres d'activité de la Suisse, comme Zurich.
Certes, les autorités fédérales auront alors un plus grand poids dans la gestion du trafic dans les agglomérations. Ce secteur est jusqu'à présent principalement du ressort des autorités cantonales et locales.
Quel financement?
Le point qui divise le parlement est la distribution du fonds d'infrastructure. Les sources de financement reposent sur les impôts perçus sur les huiles minérales et les taxes routières.
Otto Laubacher et le lobby en faveur du trafic routier sont opposés à ce que l'argent destiné à l'achèvement du réseau des routes nationales et à sa maintenance soit investi dans des projets ferroviaires.
Franziska Teuscher argumente de son côté que cette redistribution est dans l'intérêt des automobilistes.
«Le système routier dans les agglomérations atteint ses limites, justifie-t-elle. Moins il y a de véhicules dans et autour des agglomérations, plus cela sera profitable aux personnes et aux entreprises utilisant les transports routiers.»
Selon Christian Albrecht, le gouvernement ne favorise pas un mode de transport – le rail ou la route – mais doit parer au plus pressé pour résoudre un problème.
L'idée du fonds d'infrastructure a été lancée suite au rejet populaire en 2004 du projet d'aménagement du réseau des routes nationales. Il comprenait notamment la construction d'un second tunnel routier au Gotthard.
swissinfo, Urs Geiser
(Traduction et adaptation de l'anglais par Raphael Donzel)
En bref
- Le peuple suisse a rejeté en 2004 le contre-projet du gouvernement visant à améliorer le réseau des routes nationales (en construisant notamment un deuxième tunnel au Gotthard) et à investir dans les transports publics.
- Le premier tronçon autoroutier en Suisse a été ouvert en 1963. Le réseau devrait être achevé en 2020.
- Le réseau autoroutier suisse mesurera alors 1892 kilomètres. A la fin de l'année passée, il mesurait 1755 kilomètres. Les plus grands travaux réalisés dernièrement ont été fait autour de la ville de Zurich, dans la région nord-oeust du Jura et au Valais.
Faits
Le gouvernement a débloqué 20 milliars de francs sur 20 ans pour le fonds d'infrastructure
La majeure partie de l'argent doit être employée pour achever et maintenir le réseau des routes nationales d'autoroute et moderniser les infrastructures de transports public et privé dans et autour des agglomérations
Une petite fraction du fonds est également destinée aux projets ferroviaires dans les régions métropolitaines