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Pierre Dubochet | 29 mai 2013
Les radars ne servent pas que l'aviation, la marine et la météo. Ils sont de plus en plus nombreux dans notre quotidien
Lorsque l’on songe aux radars, on songe souvent à la marine, à l’aviation et à la météo. C’est justifié, puisque le radar recourt aux ondes radio pour détecter la présence ainsi que déterminer la position et la vitesse des cibles. Un émetteur envoie des impulsions rapides d’ondes radio, qui sont réfléchies par la cible et détectées par un récepteur, souvent situé au même endroit que l’émetteur.
La position est estimée grâce au temps de retour du signal, qui indique la distance, et la position angulaire de l’antenne qui indique la direction. La vitesse est mesurée à partir du changement de fréquence du signal par effet Doppler. Les radars participent à la pollution électromagnétique ambiante, et tendent à se multiplier.
Les premiers radars fonctionnaient avec des fréquences de moins de 300 MHz, dans les années 1930. La conquête spatiale et les lancements de satellites ont demandé des fréquences plus élevées, de l’ordre de 1 à 2 GHz; elles correspondent à celles qui sont utilisées pour la téléphonie mobile. En élevant la fréquence, on s’est aperçu que l’on commençait à voir les précipitations, ce qui a motivé la mise en service de nombreux radars météorologiques.
Quand la fréquence s’élève, l’antenne devient plus petite et plus facile à déplacer. Les militaires ont ainsi continué à développer des radars avec une fréquence de plus en plus haute, entre 8 et 12 GHz. Ces dispositifs sont incorporés dans des avions de chasse, par exemple. Plus la fréquence augmente, plus l’absorption atmosphérique s'élève et atténue le faisceau radar, ce qui limite la portée et la résolution en distance.
Comme rien ne semble arrêter les chercheurs, ils ont poursuivi leurs essais et ont remarqué que la vapeur d’eau arrêtait le rayonnement lorsque la fréquence était comprise entre 50 et 75 GHz. Pourtant, il existe des fenêtres dans lesquelles les ondes des radars peuvent se propager dans de bonnes conditions, autour de 75 GHz.
Ainsi, les radars utilisés pour le stationnement automobile, pour couvrir les angles morts, pour la régulation de vitesse et comme système anti-collision de certaines automobiles de luxe utilisent une fréquence comprise entre 75 et 76 GHz. L’atténuation de l’oxygène les immunise des interférences des autres fréquences.
Tout porte à croire que, si aucune prise de conscience n’est faite quant à la multiplication alarmante du smog électromagnétique, de nombreuses voitures seront équipées de radars émettant en permanence des faisceaux de micro-ondes (dans le but certes louable d'éviter des collisions ou d'en réduire les conséquences) dans les années à venir.
Les radars sont parfois particulièrement dangereux, tant pour le personnel sur place que pour la population, comme en témoigne l’affaire du radar militaire de Sommepy, arrêté en 2011. Le rapport sur le radar situé près de la commune de Sommepy-Tahure en France, évoque une zone rouge d’exposition qui s’étendait sur tout le site militaire - lequel abritait des militaires en permanence- et largement sur le domaine public, affectant les terres agricoles environnantes.
L'information de sa nocivité n'avait pas été communiquée à la municipalité de Sommepy-Tahure, qui l’a apprise grâce à un reportage de France 3. Il est préoccupant de savoir que les antennes rayonnaient des niveaux cinq fois supérieurs à la norme, norme jugée nettement trop élevée par les spécialistes en CEM également intéressés à la biologie, alors que des civils accédaient régulièrement à cette zone à risques sans être informée du danger, et que l'on ne peut exclure un manque d'informations également aux militaires affectés au site dont on peut se demander s'ils portaient la moindre protection. [Articles de presse : Realinfos, L'union]
Les aéroports sont de plus en plus des lieux où les hyperfréquences pullulent, non seulement en direction du ciel mais également en direction du sol, pour guider et surveiller les avions sur le tarmac. Les abords des aéroports sont ainsi arrosés sur des distances de plus en plus grandes par des faisceaux dont la modulation particulièrement complexe est susceptible de provoquer des dérèglements biologiques.
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