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«Parmi les 1,5 million de mots mis en évidence dans le corpus compilé par la ZHAW, "décombres" est l'un de ceux qui ressortent le plus souvent dans les articles de presse en 2023», a indiqué mardi la Haute école zurichoise. Le terme renvoie aussi bien aux séismes qui ont frappé la Syrie et la Turquie qu'aux décombres de la guerre que subissent les victimes civiles partout dans le monde.
Le mot «souligne aussi la recomposition d'un ordre géopolitique mondial concurrencé par le sud global», selon la ZHAW. En Suisse, «décombres» fait allusion à la chute de Credit Suisse et à la fragilité du système financier.
«Intelligence artificielle» arrive en 2e position. ChatGPT a été lancé il y a un an et, depuis, l'intelligence artificielle «n'a cessé d'occuper la sphère médiatique», constate la ZHAW. Le journalisme, l'enseignement, la traduction ou la création artistique «sont déjà frappés de plein fouet». «Intelligence artificielle» s'annonce peut-être comme le mot de la décennie.
«Coûts de la santé» se place en 3e position, devant «dialogue», «climatosceptique» et «nuance». Le sujet occupe toutes les conversations. «Il dépasse de loin la seule hausse rituelle des primes d'assurance-maladie et pose la question de savoir combien notre société est prête à payer pour son système de santé», estime la Haute école zurichoise.
Le mot de l'année en Suisse alémanique est «Monsterbank», en référence à l'absorption de Credit Suisse par UBS. Il devance «Chatbot», un programme informatique qui permet aux humains d'interagir par la parole avec des terminaux digitaux, et «Ghosting», action de faire le fantôme, de ne plus répondre, de rompre tout contact.
Le mot de l'année en Suisse italophone est «GPT», une abréviation anglaise qui, en italien, s'emploie communément pour parler de l'intelligence artificielle. Il est suivi par «tunnel», en référence au Gothard et aux problèmes qu'ont connus les tunnels routier et ferroviaire, et par «ecoansia», qui correspond à l'expression «écoanxiété» en français.
En Suisse rétho-romanche, le mot de l'année est «Solarexpress», une initiative qui vise à promouvoir les installations photovoltaïques sur les sommets alpins. Il est suivi par «Igl Rutsch», la coulée en français, en référence à l'éboulement qui a failli rayer de la carte le village de Brienz (GR), et par «regulaziun proactiva» (régulation proactive), en rapport avec la décision du parlement grison de permettre l'abattage proactif de toute une meute de loups.
Pour trouver le mot de l'année, les chercheurs de la ZHAW compilent des textes suisses afin d'établir une liste de mots particulièrement fréquents. Cette liste et les propositions du public servent de base aux délibérations des jurys dans les quatre langues. (ats)
Dans le canton de Vaud, une motion veut interdire toute relation sexuelle entre enseignants et élèves majeurs à l'école postobligatoire. Porté par le député écologiste Yannick Maury et soutenu par des élus de tous partis, le texte a été déposé cette semaine au Grand Conseil.