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Microbe et Gasoil
Le dernier long métrage de Michel Gondry, Microbe et Gasoil, suit le périple débridé de deux adolescents marginalisés: le frêle "Microbe" et le dandy "Gasoil" se lient d’amitié et décident de fuir leur famille respective pendant les grandes vacances. Ils construisent alors une voiture faite de bric-à-brac.
Michel Gondry se plonge dans ses souvenirs d’enfance et d’adolescence, une source d’inspiration qui lui avait déjà fourni matière à écriture du documentaire L’épine dans le cœur (2009). Il puise à nouveau dans cette période de son existence pour Microbe et Gasoil, fiction farfelue et autobiographique.
Le tandem de copain s’inspirent de périodes différentes de la vie de Gondry: si le personnage de Microbe (Ange Dargent) se réfère au réalisateur enfant qui a souvent été pris pour une fille en raison de ses cheveux longs, le personnage de Gasoil (Théophile Baquet), s’inspire de plusieurs personnes dont un de ses cousins bricoleur. Le bricolage est un élément-clef du film: les deux amis décident de fabriquer leur propre voiture à partir d'un moteur de tondeuse et de planches de bois. Avec cette dimension fantasmagorique, le réalisateur inscrit cette dernière réalisation dans la continuité de ses films précédents et de son art de la bricole.
Le film semble la manifestation de la nostalgie du cinéaste pour son enfance mais souffre d’anachronismes, étant bien ancré dans l’époque contemporaine. Le cinéaste ébauche des pistes sur l’éveil de la sexualité, les transformations physiques liées à la puberté, mais ne les explore malheureusement pas. Même si Ange Dargent et Théophile Baquet sont les véritables révélations du film: Théophile Baquet avait déjà joué dans La Nouvelle Guerre des boutons de Christophe Barratier en 2011 tandis que Ange Dargent endosse ici son premier rôle. Malgré leurs interprétations convaincantes, le film ne parvient ni à passionner ni à convaincre et déconcerte avec des rebondissements grotesques comme ce dentiste patibulaire qui surgit en pleine nuit, extirpant les jeunes garçons du sommeil. Bref, ces aventures qui semblent un pèlerinage dans les souvenirs du cinéaste se révèlent fort décevantes.