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Pour moi, la ville de Vevey est construite d'une manière quasiment idéale, et je désire surtout maintenir son tissu actuel. Elle est divisée en 4 parties, qui ont chacune leur vocation, leur affectation prioritaire. Les axes de cette division sont d'une part la Veveyse, d'autre part la ligne de chemin de fer.
Le quart nord-ouest, c'est Plan-Dessus, dont le maillage orthogonal est caractéristique des nouvelles zones industrielles urbaines de la fin du 19e siècle.
Le quart sud-est, c'est Plan-Dessous, une zone qui a mélangé petite industrie (d'où les rues à angle droit, mais dans les années 1930 seulement) et résidentiel/hôtelier.
Le quart nord-est, c'est St-Martin et Charmontey, une pure zone résidentielle avec petits immeubles et institutions diverses.
Le quart sud-est, c'est la ville historique, la Place du Marché, le Rivage et la Vieille Ville.
Ce découpage correspond à une histoire et je pense qu'on doit absolument le conserver, surtout qu'il répond apparemment au besoin de fonctionnement de la ville.
Cela nécessite cependant une action volontariste des autorités, en mettant en oeuvre le Plan directeur de 1997 qui conserve tous ses atouts:
- maintien d'une activité commerçante et administrative dans la Vieille Ville et l'ensemble du quart sud-est en assurant le parcage de proximité, à l'est (Entre-Deux-Villes), à l'ouest (Grand Place) et au nord (Panorama-Coop), mais réduction, voire suppression de la circulation automobile entre les deux; une pénétrante doit permettre l'arrivée au parking de la Grand Place directement depuis l'Est;
- réaffectation des friches industrielles de Plan-Dessus (surtout) et Plan-Dessous (un peu), en priorité pour le logement, mais également pour des activités mixtes lorsque la surface est importante (ACMV);
- octroi de droits de densification dans les quartiers St-Martin / Charmontey/Beauregard/Chememin en échange de compensations écologiques (normes minergie, économies d'énergie) et de qualités urbanistiques supérieures;
- aménagement convivial des parcs existants et à créer, notamment sur le bas de la Place du Marché, entre les parcs du Rivage et Doret (création d'une coulée verte de Melchers à Nestlé), Place Robin, forêt des Bosquets, et toutes les autres places publiques;
- reconversion ou déclassement de parties de chaussée non indispensables au déplacement des voitures, à la rue de Lausanne, aux Crosets, dans la Vieille Ville, avec création de terrasse, d'espaces verts ou d'aménagements paysagers, sans absolument faire disparaître la possibilité d'une desserte automobile;
- aménagements routiers dissuasifs dans les zones 30 km/h et de rencontre;
- cohabitation souple entre tous les usagers sur les artères dévolues au trafic de transit ou de desserte du centre ville (priorité au piéton, qui impose à l'automobiliste de conduire prudemment).
Jusqu'à maintenant, et contrairement à certaines critiques hâtives et manichéennes, l'évolution démographique de Vevey s'est faite principalement, en nombre d'appartements, par la réaffectation au logement de friches industrielles. Les exceptions sont le feuilleton Maria-Belgia (qui date de la fin des années 80) et les Marbriers, à la rue du Midi. Dans ces deux cas, les logements existant antérieurement ont été remplacés par des appartements dont le loyer est contrôlé et bloqué pendant 10 ans, donc correspond à celui qu'on aurait obtenu avec une simple rénovation. Il n'y a donc en tout cas pas eu perte de substance locative ni d'explosion du coût des loyers.
Quelques cas sont certes plus problèmatiques, comme les Feuillantines (Coindet-Nestlé), un chalet à St-Martin remplacé par un immeuble de six appartements, la propriété Stocker affectée à l'habitation par Eben-Hézer au plateau de Pra (en partie pour loger ses pensionnaires) et la propriété de la rte de Blonay affectée à deux immeubles de luxe avec rénovation de la demeure de maître existante. Quant au projet de Subriez, il est destiné à accueillir des appartements subventionnés construits sous l'égide d'une coopérative d'habitation.
Il n'empêche que la plus grande partie des nouveaux appartements ont été ou seront gagnés sur des friches industrielles:
- Place Robin (anciens hangars remplacés par deux immeubles)
- Ilôt Midi-Coindet (ateliers désaffectés le long de Gustave-Coindet)
- ex-entreprise von Gunten et ancienne fromagerie à la rue du Torrent
- garages et carrosserie à la rue du Midi
- ancienne usine Tyvalug à Gilamont
- ancienne usine Anet à Gilamont
- ancienne usine Saüberlin & Pfeiffer à l'av. Nestlé
- hangar et garage à l'av. de la Gare
- ex-ACMV devenant un vaste quartier mixte
- hangars et friche à la rue des Moulins et des Marronniers
- ancienne gare de marchandises.
A part cela, je souhaite vivement que Vevey saisisse la chance qui s'offre à elle de faire du quartier des Bosquets un espace comparable à celui du Flon à Lausanne. Nous avons exactement les mêmes conditions, avec un ensemble d'ateliers, de hangars et d'entrepôts désaffectés ou en voie d'abandon. Certains d'entre eux sont déjà occupés par des artisans et des artistes. La ville peut donc, sans avoir à bousculer les propriétaires, jouer un rôle déterminant dans la réaffectation culturello-artisanale de ce quartier. Il bénéficie de la proximité de la gare et de la très faible présence d'habitations, ce qui permet des activités nocturnes et bruyantes.