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Langage épicène – anglais
Peut-être que vous dispensez également des enseignements en langue anglaise. La problématique d’un usage épicène du langage se pose aussi en anglais. Même si les substantifs n’ont pas de genre grammatical, vous faites référence à une femme ou à un homme
avec le pronom utilisé dans la phrase suivante. Un exemple : The director was invited to present the new project. She was accompanied by her assistant.
Voici quelques recommandations pour un langage épicène en anglais :
- utilisez les deux pronoms : the director – he or she will present the project.
- utilisez le pluriel : the students – they enjoy participatory methods.
D’autre part, l’usage de « man » est souvent problématique. Voici des alternatives possibles :
Pour exprimer la diversité de genre (cf. LGBTI - identités « queer ») à travers le langage également, le pronom they s’est
imposé en anglais comme troisième pronom au singulier à côté de he ou she :
- chairperson (au lieu de « chairman »)
- humankind ou humanity (au lieu de « mankind »)
- staff ou work force (au lieu de « manpower »)
- Sonia is a doctoral
student. They have joined the department recently.
- Dr Muller completed
their PhD at Oxford University.
Vous trouverez d’autres exemples et de plus amples informations sur le site des Nations Unies « Gender-inclusive language » : https://www.un.org/en/gender-inclusive-language/guidelines.shtml
Sur le site de l'association américaine «National Council of Teachers of English» vous
trouverez une prise de position «Statement on Gender and Language» prenant en
compte notamment la non-binarité de genre: https://ncte.org/statement/genderfairuseoflang/
Langage épicène – Définition
Épicène se dit d’un mot qui est féminin et masculin, p.ex. adulte, élève. Par extension, le langage épicène et un langage qui représente autant les femmes que les hommes et s’adresse ainsi bien aux unes qu'aux autres. Le masculin générique (ou
« masculin universel ») est supposé faire abstraction du sexe concret et représenter aussi bien les femmes que les hommes. Mais il ressort de différentes études que, de fait, le générique masculin active moins de représentations féminines auprès des
personnes interpellées qu’un générique épicène (Brauer & Landry 2008, Gygax et al. 2008).
D’autre part, l’étude de Chatard et al. (2005) sur la féminisation lexicale des professions montre que filles et garçons font davantage confiance
à leur potentiel de réussite dans une profession lorsque cette profession leur est présentée dans les formes grammaticales féminine et masculine plutôt que dans la forme masculine uniquement.
Pour se rendre compte des images évoquées par
le langage, il est utile de faire le « test d’inversion ». Par exemple: La Conférence des rectrices Suisses a décidé d’attribuer plus de ressources aux professeures pour l’encadrement des doctorantes.
Enfin, dans son ouvrage sur l’histoire de la langue française, Éliane Viennot (2014) montre que les formes féminines étaient tout-à-fait usuelles dans la langue française du XVe et XVIe siècles et que ce n’est qu’à travers des interventions effectuées par des intellectuels et des institutions dès le XVIIe siècle que le masculin est devenu dominant. (Cf. aussi le compte-rendu de Houdebine-Gravaud 2018)
» Langage épicène – Principes
» Langage épicène – Ressources
» Langage épicène – Anglais
» Bibliographie
Langage épicène – Entrée en matière
Diverses études montrent que l’usage du générique masculin n’est pas perçu de manière neutre – en dépit du fait que ce soit son intention –, et qu’il renvoie davantage
à des représentations mentales ayant trait aux hommes uniquement (Brauer & Landry 2008, Gygax et al. 2008).
Vous pouvez notamment tester cet aspect dans vos enseignements et y sensibiliser vos étudiant-e-s de la manière suivante: utilisez
uniquement les formes masculines pendant une première séquence d’enseignement, puis utilisez uniquement le langage épicène ou les formes féminines pendant une séquence suivante.
Observez parallèlement l’usage du langage pratiqué par vos étudiants
et étudiantes et discutez ensuite en plénière les expériences faites avec vos étudiant-e-s.
» Bibliographie
Langage épicène – Principes
Voici quelques
principes de l’utilisation du langage épicène :
- Utilisez les deux formes pour vous
adresser aux femmes comme aux hommes et pour désigner les unes et les autres : étudiantes
et étudiants / expertes et experts / tous
et toutes / celles et ceux
- Quand vous utilisez les deux formes,
commencez par le féminin et faites l’accord au plus proche : Collaboratrices
et collaborateurs sont invités à s'inscrire à cet atelier.
- Utilisez des formules neutres : le
personnel soignant / le
corps enseignant / la
clientèle
- À l’écrit, utilisez le trait d’union ou le
point médian (et non la parenthèse ou la barre oblique) :
- Les
assistant-e-s sont chargé-e-s de l'évaluation.
- Les
professeur·e·s se sont réuni·e·s la semaine dernière.
- Faites jouer votre créativité (plutôt que
« soyez créatifs/créatives ») : Il est plus facile de concevoir
d’emblée un texte sur le mode épicène !
- Évitez les clichés (p. ex. le sexe faible)
- Vérifiez régulièrement si votre langage s’adresse
aussi bien aux femmes qu'aux hommes.
Vous trouverez ici des ressources
pour approfondir la thématique
et pour en savoir plus sur
l’usage du langage épicène.
Langage épicène – Ressources
LGBTI - identités « queer »
Le sigle LGBTI recouvre différentes identités « queer » qui remettent en cause la binarité du genre et les logiques univoques de classement.
La structure
binaire du genre est intimement liée à la norme de l’hétérosexualité. C’est à
travers les études gaies et lesbienne que, dès les années 1970, cette norme a
fait l’objet de recherche et de débat dans le champ académique. Dès les années
1990, la thématique est reprise et développée dans le cadre des « Queer Studies »,
notamment aux USA. La philosophe Judith Butler a profondément marqué ce débat
avec son œuvre « Gender Trouble » (1990) dont la traduction française a été publiée en 2005 seulement. Pour un historique détaillé, cf. le premier chapitre de Bereni et al. (2012).
Au niveau politique,
les militant-e-s gays et lesbiennes ainsi que bisexuel-le-s ont commencé à lutter
contre les discriminations à leur encontre et à revendiquer leur visibilité et
leurs droits à partir des années 1970. Ces mouvements ont remis en cause la
prédominance de la norme hétérosexuelle au quotidien et dans les institutions
juridiques. Dans différents pays, l’ouverture du mariage pour tous répond
aujourd’hui à cette demande de reconnaissance juridique des différentes formes
de vie commune.
Le sigle aujourd’hui courant de LGBTI recouvre non
seulement la diversité des sexualités (Lesbian, Gay, Bisexual), mais aussi la diversité de sexe/genre (Trans, Inter).
Le terme de transgenre recouvre tout l’éventail des personnes qui s’identifient à un autre sexe/genre que celui assigné à leur naissance ou qui refusent de s’identifier à l’une des deux catégories. Le terme d’intersexuation, de son côté, se rapporte
aux personnes qui ne peuvent être assignées à l’un ou l’autre sexe à la naissance et qui ont, le cas échéant, subi des interventions chirurgicales afin d’éliminer cette ambiguïté. Ces dernières années, autant les personnes transgenres que les personnes
intersexes se sont organisées pour lutter contre un discours médical pathologisant et pour l’autodétermination sexuelle et de genre sur la base des droits humains.
Pour les hautes écoles et
l’enseignement supérieur, ces thématiques peuvent avoir des implications très
directes:
1. Les institutions sont appelées à être inclusives par rapport aux
personnes qui souhaitent changer de catégorie de sexe/genre et donc de nom. Cela
peut toucher autant le personnel de l'institution que le corps estudiantin. Dans le cadre de
leur stratégie de gestion de
la diversité, certaines hautes écoles ont établi des procédures pour permettre
un tel changement de nom.
2. Les
enseignant-e-s, de leur côté, peuvent être amené-e-s à interagir avec des
personnes transgenres ou intersexes ce qui pose notamment la question d’un langage inclusif. Dans le
doute, il vaut mieux demander à la personne concernée par quel pronom elle
souhaite être désignée tout en respectant son droit à la discrétion et la confidentialité. Si un pronom non-binaire au singulier s’est imposé en
anglais (they) et en suédois (hen), ce n’est toutefois pas (encore) le cas en
français (cf. langage épicène - ressources).
» Bibliographie