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Le risque de transmission iatrogène interhumaine de la nouvelle variante de la maladie de Creutzfeldt-Jakob (nvMCJ) pourrait être plus élevé que prévu. Telle est la conclusion d'une étude publiée dans le British Medical Journal (BMJ) daté du samedi 20 mai. Dix ans précisément après la découverte de la forme humaine de la maladie de la vache folle on ignore toujours la durée de l'incubation et les taux de contamination. On recense aujourd'hui moins de 200 cas de nvMCJ dans le monde, dont 161 au Royaume-Uni et 17 en France. Il était jusqu'à présent bien établi que toutes les victimes présentaient une caractéristique particulière : elles sont toutes homozygotes Met-Met pour le codon 129 du gène de la protéine prion. On en tirait donc généralement la conclusion que cette caractéristique traduisait une plus grande susceptibilité de contracter la maladie via la consommation de produits bovins porteurs de la protéine prion pathologique. Or on sait d'autre part que 60% de la population générale ne présentent pas un profil Met-Met ce qui laissait penser que plus de la moitié de la population était a priori «protégée» de la contamination.Or ce postulat est désormais remis en cause avec la publication dans le BMJ des résultats de l'étude réalisée par une équipe de l'Université d'Edimbourg (Royaume-Uni). Après avoir analysé plus de 12 000 appendices et amygdales prélevés lors d'interventions chirurgicales pratiquées entre 1996 et 1999, les chercheurs ont retrouvé la présence de protéines prion pathologiques dans trois échantillons, dont deux provenant de personnes ayant un génotype Val-Val au lieu de Met-Met. Cette découverte a été effectuée chez des personnes ne présentant pas aujourd'hui de signes de la maladie neurodégénérative. Elle pourrait laisser supposer que les individus ayant ce profil génétique «puissent avoir une période d'incubation prolongée» avec le risque de contribuer à la propagation de l'infection «via des dons de sang ou via du matériel chirurgical infectés», soulignent James Ironside (Unité de la surveillance nationale britannique de la MCJ, Western General Hospital, Edimbourg) et son équipe dans les colonnes du BMJ. «La crainte, c'est que les 60% de personnes qui ont un génotype non-MM pourraient être à risque» de développer la maladie, résument deux experts canadiens dans un commentaire publié dans la revue médicale britannique. Mais, relativisent-ils, rien ne prouve que «les tissus de ces deux personnes infectées pouvaient transmettre le nvMCJ à d'autres». Rappelons que des travaux portant sur des souris transgéniques, publiés en mars par une autre équipe d'Edimbourg, avaient déjà fait craindre un risque d'infection, quel que soit le profil génétique. La question, enfin, est ouvertement posée de savoir s'il faut ou non informer de leur statut les personnes chez lesquelles on a trouvé le prion pathologique au motif qu'elles pourraient, peut-être, le transmettre par voie sanguine ou via des matériels chirurgicaux.