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Une combinaison de facteurs génétiques et environnementaux augmente le risque de cardiopathies, qui sont responsables d’environ un tiers des décès dans le monde. La formation de plaques dans les artères qui amènent le sang au muscle cardiaque cause une coronaropathie, le type de cardiopathie le plus courant; une obstruction complète provoque une crise cardiaque. De précédentes études ont établi un lien entre certaines infections et un risque accru de formation de plaques.
Selon une étude menée par des scientifiques de l’équipe du professeur Jacques Fellay de l’EPFL, l’infection par une bactérie qui provoque une maladie des gencives et une mauvaise haleine peut augmenter le risque de cardiopathie. Cette étude est publiée dans le journal eLife.
«Même si des progrès considérables ont eu lieu dans la compréhension des coronaropathies, le rôle des infections, de l’inflammation et des facteurs de risque génétiques est encore mal connu», indique Flavia Hodel, principale autrice et ancienne doctorante à la Faculté des sciences de la vie de l’EPFL. «Nous avons voulu combler certaines lacunes dans notre compréhension des coronaropathies en étudiant de manière plus approfondie le rôle des infections.»
L’étude suggère un nouveau facteur de risque que les médecins pourraient dépister pour identifier les personnes à risque de maladie cardiovasculaire.
Flavia Hodel et ses collègues ont analysé les informations génétiques, les données de santé et les échantillons de sang de 3459 personnes qui ont participé à l’étude CoLaus|PsyCoLaus, une cohorte représentative de la population lausannoise. Environ 6 % des participantes et participants ont eu une crise cardiaque ou un autre événement cardiovasculaire grave au cours de la période de suivi de 12 ans.
L’équipe a testé les échantillons de sang des participantes et participants pour détecter la présence d’anticorps contre 15 virus, six bactéries et un parasite. Après avoir ajusté les résultats en fonction des facteurs de risque cardiovasculaire connus, les autrices et auteurs ont découvert que les anticorps contre Fusobacterium nucleatum, signe d’une infection antérieure ou actuelle par cette bactérie, étaient liés à un risque légèrement accru d’événement cardiovasculaire.
«F. nucleatum pourrait contribuer au risque cardiovasculaire par une augmentation de l’inflammation systémique due à la présence de bactéries dans la bouche, ou par une colonisation directe des parois artérielles ou de la plaque tapissant les parois artérielles», explique Flavia Hodel.
Les autrices et auteurs ont également confirmé que les personnes avec un score de risque génétique élevé pour les coronaropathies présentent plus d’événements cardiovasculaires, ce qui correspond aux conclusions d’études antérieures. Si de futures études confirment le lien entre F. nucleatum et les maladies cardiovasculaires, les autrices et auteurs affirment que cela pourrait aboutir à de nouvelles approches pour identifier les personnes à risque ou prévenir les événements cardiovasculaires.
«Notre étude confirme que l’inflammation liée aux infections peut contribuer au développement de coronaropathies et augmenter le risque de crise cardiaque», conclut Jacques Fellay, qui dirige également l’Unité de médecine de précision du CHUV et de l’Université de Lausanne. «Nos résultats peuvent suggérer de nouveaux moyens d’identifier les personnes à risque élevé ou jeter les bases d’études sur le traitement des infections à F. nucleatum pour protéger le cœur.»