Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07281.jsonl.gz/1267

Soixante parlementaires de la Chambre basse et des représentants du parlement cantonal genevois ont apporté leur soutien au juge espagnol Baltasar Garzón, suspendu pour avoir enquêté sur les crimes amnistiés du franquisme.
Dans une déclaration publiée jeudi, les signataires, de gauche en grande majorité, évoquent les «dernières manifestations dans le monde entier pour la vérité, la justice et la réparation en Espagne» et veulent s'y associer «pour rendre hommage aux victimes de la dictature franquiste qui, depuis le 16 octobre 2008, peuvent enfin espérer connaître la vérité sur leurs familles victimes de la répression», indiquent les élus dans un communiqué.
Ces derniers font allusion aux manifestations de soutien à Baltasar Garzón dans de nombreux pays, et notamment en Argentine, au Guatemala ou au Chili, pour ses actions en justice contre les dictatures qui ont marqué ces pays. Le 16 octobre 2008, le juge espagnol s'est déclaré compétent pour ouvrir une enquête sur le franquisme.
Les parlementaires se disent encore en «totale adhésion au travail juridique entrepris par le juge espagnol Garzón concernant les crimes contre l'humanité», et affirment partager «le point de vue du Comité des droits de l'homme de l'ONU qui a demandé fin octobre à l'Espagne d'abolir la loi d'amnistie de 1977», qui contrevient aux traités internationaux ratifiés par Madrid.
M. Garzon est poursuivi par des organisations d'extrême-droite pour avoir voulu enquêter pour la première fois sur les disparus de la Guerre civile (1936-1939) et de la dictature franquiste (1939-1975), en enfreignant «sciemment» la loi d'amnistie générale de 1977.
Le magistrat espagnol encourt une peine de 20 ans d'interdiction d'exercice de sa fonction de juge. Il a été toutefois été provisoirement autorisé à travailler à la Cour pénale internationale de justice (CPI) à La Haye.
swissinfo.ch et les agences