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L'infertilité chez la femme, anomalies et facteurs de risques
Un tiers des diagnostics d'infertilité dans les couples ont une origine exclusivement féminine et près de 40 % pointent une anomalie ou une incompatibilité des deux partenaires. Au total, les femmes sont donc concernées par près de 75 % des diagnostics d'infertilité. Ce résultat s'explique par la complexité du système reproducteur de la femme et la diversité des procédés biologiques engagés. Les spécialistes de la santé classifient toutes ces causes en différentes catégories et en fonction de la zone affectée.
Les facteurs qui les génèrent sont multiples. Ils peuvent être fortement liés à nos modes de vie. Les causes de l'infertilité
Anomalies de l'ovulation
Les anomalies de l'ovulation incluent les cycles menstruels anormaux aboutissant à une oligoménorrhée (des cycles irréguliers et peu fréquents) voire une aménorrhée (une absence complète de cycles menstruels). Quand ces situations s'accompagnent d'une acné persistante et d'une pilosité très importante, il est probable que les analyses médicales diagnostiqueront un syndrome de Stein-Leventhal (SOPK), une maladie qui touche entre 3 % et 10 % des femmes et dont les causes sont dues à un déséquilibre hormonal. L'ovulation ne se produira donc pas, ou elle se produira de manière imparfaite.
Dans de rares cas, le médecin diagnostiquera un cancer de l'ovaire dont le carcinome épithélial est la forme la plus fréquente. En raison de son développement lent et asymptomatique, cette maladie est considérée de mauvais pronostic.
Les troubles de l'ovulation sont responsables d'un tiers des cas d'infertilité féminine.
Anomalies de la fusion
Les trompes de Fallope permettent une communication entre l'ovaire et l'utérus. Elles recueillent l'ovocyte et abritent sa fécondation par le spermatozoïde élu. Les trompes de Fallope peuvent être altérées, obstruées ou absentes. Ces situations empêchent le passage de l'ovocyte ou le cas échéant des spermatozoïdes et elles empêchent donc la fusion de ces deux cellules. Dans la plupart des cas, les anomalies des trompes de Fallope s'expliquent par des infections génitales comme celle de la bactérie Chlamydia trachomatis, une maladie sexuellement transmissible.
Dans la moitié des cas de grossesse où le fœtus est affecté par une anomalie chromosomique, par exemple présence d'un chromosome supplémentaire sur une des paires (trisomie) ou absence d'un chromosome sur une des paires (monosomie), le corps de la femme procède naturellement à un avortement spontané. Toutefois, cette fausse couche n'est pas automatique comme nous pouvons le constater dans le syndrome de Turner qui affecte en moyenne 1 naissance sur 2500.
Notons aussi que certains organismes de femmes identifient les spermatozoïdes comme des éléments nocifs et leurs anticorps les détruisent avant qu'ils ne parviennent à fusionner avec l'ovule.
Anomalies de l'implantation
Quand l'ovule et le spermatozoïde ont fusionné, l'œuf se libère et vient se blottir dans l'endomètre, la muqueuse de l'utérus. C'est là qu'il évoluera du stade d'embryon à celui de fœtus.
Dans 1 % des cas de grossesses, l'œuf ne se positionne pas dans l'utérus. On parle alors de grossesse extra-utérine (GEU), car l'œuf entreprend sa croissance dans la cavité abdominale, dans les ovaires ou dans les trompes de Fallope. Les trompes représentent la plupart de ces cas particuliers ; il s'agit de la grossesse tubaire. Cette situation doit être détectée dès la première échographie, car la croissance du fœtus lors d'une grossesse tubaire revêt un caractère dangereux pour la mère.
Les anomalies de l'implantation reposent principalement sur une sécrétion inadéquate de la glaire cervicale soit en quantité soit en qualité. Elles peuvent empêcher le passage des spermatozoïdes, mais surtout d'empêcher l'œuf de s'accrocher correctement sur l'endomètre. Une grosse tubaire peut être la conséquence d'infections, de dysfonctionnement des glandes endocervicales ou être le résultat de traitements médicaux ayant entraîné des lésions du col de l'utérus et de la glaire (le syndrome d'Asherman).
Anomalie de l'endomètre
L'endométriose est une maladie caractérisée par des localisations anormales de la muqueuse utérine sur différents organes de l'appareil génital féminin (les ovaires, les trompes, la cavité péritonéale...). L'endométriose provoque la sécrétion de substances nocives pour la fécondation et pour le développement de l'embryon. Selon les études les plus récentes, 10 à 20 % des femmes seraient affectées par l'endométriose. Néanmoins, seuls 10 % d'entre elles seraient confrontées à une infertilité. Cette maladie peut entraîner une grossesse extra utérine et une fausse couche.
Anomalies vaginales
Le vaginisme est un réflexe qui déclenche la contraction des muscles pelviens entourant le vagin. Il empêche toute pénétration. Dans des cas extrêmes, le vaginisme empêche même la reconnaissance tactile de la zone par un professionnel de la santé. Souvent associé à une absence de coït, le vaginisme affecterait plus de 5 % des femmes. Cette anomalie est souvent la conséquence de sévices physiques et psychologiques antérieurs.
Depuis une dizaine d'années, les anomalies vaginales sont associées aux « enfants Distilbène ». Le distibène est un médicament qui a été prescrit dans les années 1940 à 1970 pour réduire le risque de fausse couche aux femmes les plus affectées par des avortements à répétition. Ce médicament est dorénavant interdit en raison des anomalies anatomiques qu'il a provoquées sur les enfants (filles ou garçons) conçus durant le suivi de ce traitement.
Les facteurs de risques
La fécondation est un mécanisme naturel reposant sur l'enchaînement de processus biologiques précis. La moindre imperfection dans ces mécanismes peut expliquer l'infertilité d'un couple.
Les anomalies de l'endocrinologie et notamment celles qui affectent des structures et des glandes productrices et régulatrices des hormones sont régulièrement responsables de l'infertilité. C'est le cas de l'hypothalamus, des glandes surrénales ou de la thyroïde. Les analyses médicales mettent en évidence ce déséquilibre des dosages hormonaux avec une faiblesse des œstrogènes et une absence de la progestérone. Ce sont des résultats fréquents chez les femmes ménopausées et celles qui sont atteintes du syndrome de Turner. La reproduction est un ensemble de processus biologiques qui s'altère avec le temps. La fertilité décroît rapidement à partir de 37 ans en moyenne et une grossesse après 45 ans est souvent qualifiée de grossesse à risque. L'âge est donc une cause d'infertilité naturelle ; elle affecte l'ensemble de l'espèce humaine, même si les exceptions sont fréquentes.
Les modes de vie actuels sont de plus en plus souvent cités pour leurs impacts sur l'anatomie des femmes. Ainsi l'Organisation mondiale de la santé a établi que le surpoids et à fortiori l'obésité, une mauvaise hygiène corporelle, une mauvaise alimentation, une sédentarité trop importante, un stress négatif, un diabète élevé ou le tabagisme présentent de fortes corrélations avec l'infertilité. La qualité de la connaissance médicale actuelle ne permet pas de comprendre l'intégralité des mécanismes de la fécondation et malgré toutes les analyses, il est encore impossible d'expliquer 10 % des cas d'infertilité dans un couple. Rappelons l'importance du blocage psychologique, lequel empêchera une femme de tomber enceinte durant de longues années. Cette même femme tombera pourtant enceinte quelque temps après avoir adopté un enfant