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Le tribunal correctionnel de Paris a accepté de reporter le procès de Teodorin Obiang, fils du président de Guinée équatoriale et vice-président de son pays, ici devant l'ONU (archives).
KEYSTONE/AP/FRANK FRANKLIN II(sda-ats)
Le tribunal correctionnel de Paris a accepté mercredi de reporter au 19 juin le procès de Teodorin Obiang, fils du président de Guinée équatoriale et vice-président de son pays. Il est accusé de s'être frauduleusement bâti en France un patrimoine considérable.
A l'ouverture du procès lundi, en l'absence du prévenu, ses avocats avaient demandé le renvoi du premier procès des "biens mal acquis", estimant que les délais étaient trop courts pour préparer "effectivement" sa défense.
Ancien ministre de l'Agriculture et des forêts, promu fin juin par son père Teodoro Obiang Nguema vice-président de Guinée équatoriale, Teodorin Obiang est poursuivi pour blanchiment d'abus de biens sociaux, de détournement de fonds publics, d'abus de confiance et de corruption.
Il encourt jusqu'à dix ans d'emprisonnement et une amende qui pourrait atteindre quelque 50 millions d'euros, mais conteste les infractions qui lui sont reprochées.
Manoeuvre dilatoire
Ses défenseurs avaient fait valoir qu'ils n'avaient bénéficié que d'un délai de huit semaines pour préparer l'audience de lundi dernier, qui avait ouvert le procès. Une demande qualifiée de manoeuvre "dilatoire" par le parquet financier et l'ONG Transparency, l'un des plaignants.
L'enquête, ouverte après des plaintes des associations Sherpa et Transparency International, a mis au jour le vertigineux patrimoine de Teodorin Obiang: immeuble avenue Foch, dans l'un des quartiers les plus huppés de Paris, estimé à 107 millions d'euros, voitures de luxe et de sport (Porsche, Ferrari, Bentley, Bugatti).
Ses dépenses somptuaires en France apparaissaient très éloignées du quotidien de son petit pays pétrolier d'Afrique centrale, dont plus de la moitié des habitants vivent sous le seuil de pauvreté.
La justice suisse s'intéresse également de près à Teodorin Obiang. Le Ministère public genevois a annoncé début novembre avoir ouvert une procédure pénale à son encontre. Dans le cadre de cette procédure, onze véhicules ont été séquestrés dans la zone de fret de l'aéroport de Genève.
ATS