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Les éditions Olizane poursuivent leurs efforts pour faire connaître ce pays si longtemps verrouillé de l’intérieur avec, pour commencer, la réédition du voyage d’une délégation anglaise à la Cour d’Ava, en 1855. Henry Yule décrit les paysages, les rencontres, la remontée du fleuve Irrawady, les pagodes, les contraintes du lourd protocole de l’accueil du roi et de ses courtisans. Deux guerres anglo-birmanes ont déjà eu lieu. Les Anglais occupent la Basse Birmanie. Ils veulent obtenir la ratification d’un traité d’alliance et de commerce. Reçus dans les honneurs, ils repartiront les mains vides ! Une troisième guerre anglo-birmane en 1886 permettra la conquête britannique de tout le territoire.
Avec le récit de Norman Lewis, nous sautons des siècles. La Birmanie, devenue province de l’Empire des Indes en 1886, n’a retrouvé son indépendance que le 4 janvier 1948. Les difficultés économiques de l’après-guerre, les révoltes des minorités ethniques poussent Ne Win à prendre le pouvoir lors d’un coup d’Etat militaire, le 2 mars 1962, en proclamant « la voie birmane vers le socialisme ». Une chape de plomb
s’abat sur le pays, avec la fermeture sur l’extérieur. L’opposition incarnée par Aung San Suu Kyi est muselée. Les pays occidentaux se posent la question de l’opportunité d’aller y faire du tourisme. Le pouvoir change le nom du pays en Myanmar en 1989 et transporte sa capitale à Naypyidaw en 2005.
Norman Lewis a eu la chance de pouvoir visiter au début des années 50, avec moult autorisations, des régions restées fermées aux étrangers (souvent aux mains de groupes rebelles, soit ethniques soit communistes). Il voyage dans les villes du Nord, proches de la frontière chinoise, dans des conditions de transport et de logement on ne peut plus inconfortables, sinon difficiles. Son humour britannique et son empathie pour la population nous captive de bout en bout. Car, derrière des sourires aussi énigmatiques que ceux des statues de Bouddha, la population birmane est accueillante, affable (j’ai pu l’expérimenter en 1974).
Pour approcher encore de plus près la civilisation birmane, nous lirons les contes proposés par Louis Vossion (né à Brest en 1847) qui a passé quatre années en Birmanie. Ces récits transmettent les valeurs bouddhistes, mêlées aux survivances des esprits (les natos), encore très présentes aujourd’hui. Jadis, les juges, notamment à la campagne, s’appuyaient sur la morale de certains de ces contes pour rendre la justice.
Enfin, grâce au passionnant guide de Michel Ferrer, chacun peut approfondir ses connaissances, avant, pendant ou après son voyage dans ce pays qui a su conserver une forte identité, au carrefour des civilisations chinoise et indienne.