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Glossaire
Publié le 17 septembre 2015 à 16:15 - Modifié le 18 septembre 2015 à 15:34
Quelques techniques du cinéma
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Champs
Le champ est ce qui est devant l'objectif de la caméra, défini par sa focale, c'est-à-dire la largeur et la hauteur de son champ (de vision), ainsi que l'espace en profondeur de ce cadre (en forme d'entonnoir, dont l'optique de la caméra serait le tube et le cône serait le champ filmé).
Champ/ contre-champ
On dit d'une séquence qu'elle est tournée en champ/contre-champ quand les plans se succèdent suivant deux axes symétriques ou asymétriques opposés. C'est le cas par exemple d'un dialogue entre deux personnages, où alternent des plans montrant l'un des personnages et des plans montrant l'autre personnage, l'un à côté de l'autre ou l'un face à l'autre. Les deux axes du champ/contre-champ sont soit filmés séparément, le comédien hors-champ donne alors la réplique, soit avec deux caméras tournant simultanément, les deux comédiens étant alors l'un dans le champ de la première caméra, et l'autre dans le champ de la deuxième. Un clap spécial à deux faces est parfois utilisé dans ce genre de configuration, à défaut deux annonces sont faites (caméra 1, caméra 2).
Exemple de champ/ contre-champ entre Robert de Niro et Al Pacino, tiré du film "Heat", du réalisateur Michael Mann, paru en 1995.
Profondeur de champ
Zone de netteté en profondeur d'une image, en avant et en arrière du plan de mise au point. L'ampleur de cette zone dépend de l'optique utilisée: plus la focale est courte, plus la profondeur de champ est vaste ; plus la focale est longue, plus la profondeur de champ s'amenuise. Elle dépend aussi de l'éclairement de la scène, et en conséquence de l'ouverture plus ou moins grande du diaphragme: plus le diaphragme est fermé, plus grande est la profondeur de champ ; plus le diaphragme est ouvert, plus restreinte est la profondeur de champ.
Exemple d'utilisation de la profondeur de champ, issu du film "Citizen Kane", d'Orson Welles, sorti en 1941.
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Montage
Le montage est une opération majeure de la postproduction. Elle consiste à l'assemblage des séquences et des plans les uns à la suite des autres, élaborant des raccords et du rythme.
Techniques de montage
Un fondu est une transition vers un autre état, l'image disparaît progressivement, d'une façon ou d'une autre. Cela peut aussi être une transition entre deux séquences, deux plans. Progressivement une image se fond ou se croise avec une autre qui apparaît ; dans ce cas le fondu se nomme: fondu enchaîné.
Un volet de transition entre deux plans est une barre qui traverse l'écran, changeant au passage une image en une autre.
Différents types de montage:
- Le bout-à-bout est un montage sommaire des plans dans l'ordre du découpage technique ou du scénario, sans raccord affiné, appelé familièrement un "ours".
- Le montage chronologique suit la chronologie de l’histoire.
- Le montage alterné est une juxtaposition de deux ou plusieurs actions ayant un rapport de consécution ou de simultanéité et qui peuvent se rencontrer. Ex : Une poursuite de voiture. On voit d'abord la voiture A, puis la voiture B, puis on retourne à la voiture A, etc...
- Le montage parallèle est une alternance de deux actions entre lesquelles on ne peut établir de relation chronologique, mais seulement de rapports d’ordres thématiques.
- Le montage par adjonction d’images a pour but de créer des associations d’idées permettant de traduire tel ou tel sentiment.
- Le montage par leitmotiv propose des séquences s’organisant autour d’un thème qui revient chaque fois, lancinant, et annonce des images qui vont suivre.
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Mouvements de caméra
Le plan fixe est tourné par une caméra à l’aide d’un pied fixe.
Travelling: en cours de prise de vues, tout déplacement de la caméra installée sur un chariot de travelling ou une dolly, ou tout autre support mobile (Louma, véhicule, trains, avion, etc).
Panoramique: mouvement de rotation de l'appareil de prise de vues sur l’un ou l’autre de ses axes, à l’horizontal ou à la verticale. La caméra peut être activée sur son axe vertical, de gauche à droite ou inversement, c’est un panoramique horizontal. Elle peut être activée sur son axe horizontal, de bas en haut ou inversement, c’est un panoramique vertical. Les deux types de panoramiques peuvent être combinés.
Du côté du matériel
Grue: support de caméra, à parallélogramme compensé par des masses, ou système de vérin hydraulique, qui permet l'élévation de la caméra au-dessus d'un décor ou d'un groupe de comédiens qu'elle peut ainsi survoler dans un "mouvement de grue" horizontal ou au contraire s'en approcher ou s'en éloigner par abaissement ou soulèvement. La grue porte la caméra et son opérateur, souvent son pointeur, et parfois le réalisateur. Son poids et en conséquence sa manipulation onéreuse nécessitent un grand nombre de machinistes, et la Louma, et autres bras de caméra télécommandée, ont aujourd'hui pris sa place.
Louma: système léger de support de caméra, conçu par Lavalou et Masseron, qui permet un "mouvement de grue", avec une intervention humaine au sol par télécommande (et non portée comme dans les grues traditionnelles) à partir d'un contrôle sur écran vidéo, permettant de provoquer aussi bien des mouvements de la caméra que des réglages (diaphragme, point) à distance. D'autres marques ont développé des modèles concurrents.
Steadicam: système stabilisateur de prise de vues en "caméra portée", inventé par Garrett Brown, fonctionnant à base de ressorts compensateurs, qui autonomise l'appareil de prise de vues et le désolidarise des mouvements du corps de l'opérateur qui porte le tout. L'œil même de l'opérateur et son arcade sourcilière, qui reproduisent les tressautements du corps en marche, sont déconnectés de la machine et l'opérateur steadicam utilise pour cadrer un écran vidéo fixé sur le système.
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Plan (cadre)
Cadre
Ce que voit le cadreur dans l'œilleton (ou le viseur) de la caméra. Les caméras professionnelles comportent toutes une visée plus large que le champ de l'optique. Cette particularité permet au cadreur de voir arriver les objets filmés ou les comédiens et de réajuster éventuellement son cadre avant leur entrée dans le champ. De même, elle lui permet, lors d'un mouvement de caméra, par exemple un panoramique, de mieux viser le cadrage final. Avec les techniques numériques, il est courant de procéder à des recadrages en postproduction.
Plan
Prise de vues, comprise entre la mise en route de la caméra et son arrêt.
Il existe différents types de plans:
- Très gros plan (TGP): plan très serré d'une partie du corps, le plus souvent une partie du visage.
- Gros plan (GP): montre le visage entier d'un personnage.
- Plan rapproché (PR): coupe un personnage au niveau de la poitrine.
- Plan mi-moyen (PMM): coupe un personnage à hauteur de la taille.
- Plan américain (PA): coupe un ou deux, ou trois personnage(s) à mi-cuisses.
- Plan italien (PI): coupe un ou deux, ou trois personnage(s) à mi-mollets.
- Plan moyen (PM): permet de voir un ou plusieurs personnages en entier (en pied), avec plus ou moins d'espace autour.
- Plan de demi-ensemble (PDE): permet de voir plusieurs personnages dans une partie de décor.
- Plan d'ensemble (PE): permet de voir plusieurs personnages dans un décor en grande partie présent dans l'image.
- Plan général (PG): permet de découvrir le décor entier d'une action.
- Plan de détail, ou insert: équivalent au gros plan, mais sur un objet. (en anglais: cut in).
- Plan de coupe: plan de secours, destiné généralement à dissimuler une coupe faite dans le plan principal. Généralement sans lien spatio-temporel direct avec le plan dans lequel il est intercalé, il souligne au contraire la coupe que l'on veut cacher. Très utilisé dans les interviews télévisées (plans de mains, très très gros plan des yeux).
Plan-séquence: séquence tournée en un seul plan (sans arrêt de la caméra), ou supposée l'être car beaucoup de plans-séquence dits "culte", sont en fait une succession de plusieurs plans longs reliés par une astuce née en général du décor (passage d'une colonne, d'un mur, etc.).
Exemple de plan séquence (trafiqué) issu du film "Snake Eyes", de Brian de Palma, sorti en 1998.
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Positions de caméra
Plongée
Plan où la caméra est placée en hauteur par rapport au sujet filmé, elle plonge sur lui. C'est l'inverse de la contre-plongée.
Contre-plongée
Axe de prise de vues du bas vers le haut, la caméra est placée plus bas que le sujet, faisant un angle positif par rapport à l'horizontale. C'est l'inverse de la plongée.
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Son
Son d'ambiance: son de l'environnement sonore d'un plan, voire d'une prise, sans les dialogues ni les bruits.
Son seul: son enregistré sans l'image, au tournage ou indépendamment du tournage, utilisé au montage son.
Son off: son dont l'origine (ou la source) est hors-champ.
Sonoriser: ajouter des sons.
Sonothèque: bibliothèque de sons archivés.
La postsynchronisation est une technique permettant de réenregistrer en studio le dialogue ou la voix off d'une œuvre audiovisuelle (film, série, etc.), dans la même langue et les mêmes conditions que lors du tournage, et avec le même comédien.
Elle est souvent confondue avec le doublage qui, bien qu'utilisant les mêmes techniques de réenregistrement en studio, permet de réaliser l'adaptation synchronisée des dialogues dans une autre langue et est donc le plus souvent interprétée par un autre comédien. Certains acteurs et actrices polyglottes ont pratiqué à la fois la postsynchronisation et le doublage: Peter Ustinov, Jodie Foster, Kristin Scott Thomas, Michael Lonsdale, Diane Kruger, etc.
La perche est un accessoire de prise de son permettant le déport du microphone afin de le placer au plus près des sources sonores sans que, ni le microphone, ni son manipulateur ne se trouve dans le champ.
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Sur un tournage
- "Silence!": ordre donné par le réalisateur, ou le premier assistant réalisateur, ou le chef de plateau, avant le tournage d'un plan, qui précède l'ordre "Moteur!".
- "Moteur!": expression utilisée traditionnellement pour demander que les techniciens concernés mettent en fonctionnement caméra et enregistreur du son. La réponse usuelle est "Ca tourne!".
- "Ça tourne!": réponse du preneur de son au "Moteur!" demandé par le réalisateur, confirmé souvent par le premier assistant-réalisateur ("Moteur demandé!"), le cadreur demandant ensuite l'"Annonce!". Vient ensuite le "Action!", apanage du réalisateur, lançant le jeu des comédiens.
- Annonce: énoncé de vive voix du numéro de plan et de prise réalisé avant l'activation du clap pour l'identification sonore du plan.
- Clap: c'est le son produit par une ardoise (sur laquelle sont inscrits notamment le titre du film, le numéro de la séquence, du plan et le numéro de la prise de vues) dont on rapproche rapidement une partie articulée qui vient la frapper. Cette partie est peinte en chevrons blancs et noirs qui apparaissent flous lors de leur rapprochement rapide de la partie fixe et nets quand elle la heurte. La première image nette correspond à l'émission du bruit de claquement et permet, en préambule au montage, à synchroniser la bande image et la bande-son tirées des rushes du tournage. Le « clap de fin » est un clap enregistré en fin de prise, qui a la même fonction de repère de synchronisation que le clap de début, mais qui permet un démarrage de la prise de vues moins solennel, ou bien évite le « clac » qui peut troubler par exemple un animal participant à la scène. Aujourd'hui, les claps sont des ardoises digitales qui déroulent en continu le Timecode (voir ce terme) de l'enregistrement.
- "Action!": invitation du réalisateur aux comédiens à jouer la scène prévue dans le plan.
- "Coupez!": prononcé par le réalisateur pour interrompre la prise de vues au tournage, ou par l'un des techniciens (en cas d'avarie technique ou de surgissement d'un élément non prévu, véhicule, curieux, bruit parasite, micro dans le cadre, etc.).
- "Dans la boîte": terme signifiant que la prise de vues tournée est bonne et qu'on peut passer au tournage du plan suivant.
- Script: document comportant les différentes actions, les répliques des acteurs, rédigées par le scénariste, et aussi toutes les données techniques nécessaires au tournage, indiquées par le réalisateur et annotées par d'autres techniciens.
- Scripte ou script: technicien de la production, collaborateur du réalisateur, du caméraman, de l'ensemblier, de l'accessoiriste, de l'habilleur, du coiffeur, responsable de la continuité, des raccords de plan à plan et de séquence à séquence, de la cohérence générale du récit et du respect du texte, conformément au script.
Exemple d'erreur de script dans le film "La vérité si je mens 2", de Thomas Gilou, sorti en 2001.