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Alberto Sajevo rencontre Lisa Venturi, qui avait tenté de le tuer, 12 ans auparavant. Elle a refoulé son passé de terroriste et ne le reconnait pas. Ils se revoient. Elle feint de travailler. Il fait semblant de la croire, sachant qu'elle regagne chaque soir la prison. Une question obsède Alberto Sajevo depuis des années pourquoi a-t-elle essayé de le tuer ?
Critique
La seconda volta commence comme une nouvelle aventure de Michele Apicella, alias Nanni Moretti, qui rame dans un canoë immobile, entouré de deux petits bassins artificiels. Ce n’est pas la première fois que Moretti fait preuve d’un penchant pour les sports aquatiques, ni tout à fait la première qu’il joue dans un film dont il n’est pas le réalisateur. Mais c’est la première fois que Mimmo Calopresti met en scène un long métrage, produit par la Sacher Films, société de production de Moretti. (...) La seconda volta vise juste en déjouant toutes les attentes, parvenant à parler du passé sans nostalgie, et cette façon de restituer à une tranche d’histoire sa dimension irréductible, absurde est bien plus dérangeante, et obsédante, que tous les films qui tentent d’expliquer et d’expier. Du côté du cinéma de Moretti, La seconda volta ouvre de manière discrète, une brèche dans la léthargie du cinéma italien d’aujourd’hui ; autant dire que pour Mimmo Calopresti, cette première fois est déjà la bonne.
Pierre-Olivier Toulza , Les Cahiers du Cinéma