Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06856.jsonl.gz/1252

Menu principal
Pendant près d’un siècle avant l’adoption de la Loi fédérale sur les forêts en 1876, une grande partie de la forêt tessinoise a été exploitée pour la production de charbon de bois. Sur la superficie actuellement reboisée du Val Morobbia, les randonneurs attentifs décèlent encore des traces des anciennes meules de charbonniers.
Depuis la fin du Moyen Age, le charbon de bois a été continuellement exploité pendant des siècles. Il n’était produit qu’à partir du bois non utilisable à d’autres fins. Ce charbon de bois servait essentiellement à alimenter les fonderies (Maglio) et les forges, dont il reste aujourd’hui encore des vestiges, y compris dans le Val Morobbia. C’est au XVIe siècle qu’a débuté l’exportation du charbon vers la Lombardie. Avec l’industrialisation, la demande en provenance du pays voisin a véritablement explosé. L’ouverture de nouvelles voies navigables qui facilitaient le transport a entraîné un déboisement massif et des problèmes d’érosion du sol. Ce n’est que l’adoption de la Loi fédérale sur les forêts en 1876 qui a freiné cette évolution. Après l’ouverture du tunnel ferroviaire du Gothard en 1882, la Lombardie a commencé à importer du lignite d’Allemagne et la demande en charbon de bois a cessé.
Inventaire des meules de charbonnier
Afin de reconstituer leur histoire, les chercheurs de l’Institut fédéral de recherches WSL ont systématiquement identifié et cartographié les meules de charbonniers sur six sites d’échantillonnage. Sur la base de ces dénombrements, ils estiment à environ 40 000 le nombre de ces meules dans le Tessin et dans le Moesatal. Les charbonniers vivaient dans la forêt, car ils devaient constamment surveiller leur meule. Souvent, les femmes se chargeaient du transport du charbon de bois jusque dans la vallée.
Que peut-on encore voir aujourd’hui?
Sur le versant sud des Alpes, la forêt s’est bien rétablie grâce aux opérations de reboisement, et l’abandon quasi total de l’alpage lui a apporté un essor supplémentaire. Alors qu’en 1870 elle couvrait à peine plus de 15% du sud de la Suisse, sa part représente aujourd’hui près de 50% et tend encore à augmenter.
Il n’est pas facile de reconnaître les anciennes meules sous la couverture de feuilles mortes mais si l’on y regarde de plus près, on en décèle les traces. Dans la zone couverte par cette randonnée se trouvent 347 places à charbon réparties sur 6 km2. Le premier indice évoquant la présence d’une place est une surface ovale de 7 à 14 m de largeur, remblayée dans sa partie inférieure et creusée sur le dessus. Sous les feuilles on peut encore trouver des morceaux de charbon de bois et de la terre noircie.
Une partie de la randonnée passe par la "Via del Ferro", le long de laquelle se trouvent des trace de l'ancienne industrie du fer. Par elle, en deux jours on peut atteindre le Lac de Lugano en passant par la Val Cavargna.