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Sur une journée de 24 heures, les vaches restent couchées pendant 12 à 14 heures. La position couchée est importante, à la fois pour la production laitière et pour la santé des onglons. On estime qu’une vache produit un litre de lait de plus par heure supplémentaire passée en position couchée. Une période de repos suffisante est importante pour les onglons. Quand la vache est couchée, les onglons sont en effet déchargés et mieux irrigués, ce qui réduit le risque de fourbures ou d’abcès. C’est aussi dans cette position que les onglons sèchent le mieux, ce qui permet de lutter contre la maladie de Mortellaro.
La qualité d’une logette ne dépend pas seulement du fait que la vache s’y couche volontiers ou non, mais aussi de la facilité qu’elle a à se lever et à se coucher. Sinon, le nombre de déplacements à destination de la crêche en souffre, ce qui se traduit par une ingestion réduite ainsi que par des logettes et des vaches plus sales.
Un matelas de logette devrait être suffisamment épais, souple, déformable et sec.
Un bon confort de couche ?
Test du genou
Pour tester si la litière est assez souple, la personne testant le matelas peut se laisser tomber de la position debout à la position agenouillée en appuyant de tout son poids pendant 10 secondes sur le sol.
Index de confort des vaches
On peut tester si le confort de l’aire de repos est suffisant à l’aide de l’index de confort des vaches. Cet index évalue le pourcentage de vaches couchées dans un troupeau. Lorsque plus de 85 % des vaches sont couchées en dehors des périodes de traite, le confort peut être qualifié de bon.
Quel type de logettes choisir pour son étable ?
Aujourd’hui, on pose moins souvent des logettes surélevées dans les stabulations laitières, les vaches se couchant plus longtemps en présence de logettes profondes. On notera que les logettes surélevées doivent être recouvertes d’un matelas (matelas en caoutchouc ou matelas confort) et d’une couche de litière. Les quantités de litière utilisées ainsi que la charge de travail liée à l’entretien des logettes sont en revanche nettement inférieures que dans le cas des logettes profondes.
Jann Gujan, chef de projet et responsable de la filiale Suisse romande de Krieger AG, explique que les matelas multicouches (matelas confort) actuellement disponibles pour les logettes surélevées procurent un bon confort. « Les logettes profondes sont toutefois nettement plus confortables, mais à condition d’être parfaitement gérées. Mettre à disposition un matelas compact, souple et sec requiert une charge de travail importante et un entretien quotidien des logettes », affirme le spécialiste de Krieger SA.
Jann Gujan, Krieger AG
« Une logette profonde n’est préférable à une logette surélevée qu’à condition d’être bien entretenue. »
Avec ou sans sous-revêtement
Les logettes profondes peuvent être conçues de diverses manières. Dans les nouveaux bâtiments, le niveau des logettes est souvent inférieur de 20 cm au niveau des couloirs. La hauteur totale du matelas atteint alors environ 36 cm, ce qui permet d’obtenir un matelas approprié et offrant une bonne adhérence. Ce mode de construction présente l’avantage de limiter à 16 cm la hauteur entre le niveau du couloir et le haut du matelas, ce qui facilite l’entrée et la sortie dans et hors de la logette.
Dans les exploitations équipées de logettes non profondes recouvertes d’un matelas de litière peu compact au niveau de la poitrine, les coussins de logettes profondes sont une bonne solution. Ces coussins sont placés à l’avant de l’aire de repos sous la litière et servent à amortir les points de compression lorsque l’animal se couche ou qu’il se lève.
Matelas chaux-paille
Les matelas chaux-paille à base de paille longue ou de paille hachée sont actuellement très utilisés à titre de litière pour les logettes. Ce matelas composé de paille, de chaux et d’eau est préparé avec une mélangeuse et distribué ensuite dans les logettes.
Walter von Flüe, conseiller Landor, recommande d’utiliser de la paille longue pour réaliser le premier mélange et de remplir la logette à ras bord. Le poids des vaches rend l’aire de repos plus compacte. Une fois que le matelas s’est tassé, Walter von Flüe recommande de répartir au-dessus de ce dernier un mélange à base de paille hachée. La paille hachée est en effet plus facile à répartir et est moins sortie des logettes par les vaches. La paille courte se dégrade par ailleurs mieux dans les fosses et est préférable à la paille longue en présence de caillebotis.
Les agriculteurs qui souhaitent opter pour un matelas chaux-paille doivent impérativement utiliser une mélangeuse. C’est pourquoi ce système ne convient pas à tous les types d’exploitation. Le rapport de mélange (voir tableau) varie très fortement selon le type et la longueur de la paille. Pour entraver la prolifération des germes, il est important d’utiliser de la chaux carbonatée (chaux humide) affichant un pH de 8 à 8,5. Cette chaux présente une granulométrie très fine, inférieure à 0,09 mm. Elle colle très bien à la paille et ne reste pas sous forme de sédiments au fond de la fosse.
Il est préférable de renouveler le mélange chaux-paille à intervalles de quatre à huit semaines, parce que la hauteur du matelas diminue à cause de la matière sortie par les vaches, d’une part, et afin de préserver le pH et la matière sèche du matelas, d’autre part. En présence d’une couche de litière insuffisante, les vaches butent avec la hanche sur la poutre située à l’arrière de la logette et s’avancent encore plus. Les vaches souillent alors davantage les logettes et se salissent beaucoup plus.
La fréquence à laquelle un nouveau mélange devrait être préparé varie de cas en cas et dépend aussi de la saison. « Lorsque les vaches passent beaucoup de temps au pâturage en été, on peut attendre plus longtemps qu’en hiver pour répartir un nouveau mélange chaux-paille », explique le conseiller Landor.
Il est difficile de comparer les coûts d’un matelas chaux-paille avec un matelas composé uniquement de paille. Au départ, les coûts sont plus élevés car il faut acheter de la chaux. « L’expérience démontre qu’un matelas chaux-paille nécessite deux fois moins de paille qu’un matelas exclusivement à base de paille. Cette solution est particulièrement avantageuse pour les exploitations qui achètent de la paille », précise encore Walter von Flüe en ajoutant : « Un autre avantage indéniable de la chaux est qu’elle sert deux fois. Intégrée aux engrais de ferme, la chaux fait en effet office de chaulage d’entretien. »
« Il convient aussi de veiller à un bon rapport entre les différents composants. En effet, lorsqu’on utilise trop de chaux, le mélange devient dur comme du béton », constate Jann Gujan, qui s’est penché sur cette thématique dans le cadre de son travail de Bachelor réalisé en 2017 à la HAFL. Il y a étudié l’utilisation d’un matelas chaux-paille à base de pellets de paille. Il en est ressorti que le recours aux pellets nécessitait plus d’eau que dans le cas d’un mélange à base de paille hachée ou de paille longue. Ce travail de Bachelor a montré que la surface supérieure du matelas était plus facile à entretenir.
Logette : ce à quoi il faut être attentif
• Seule une surface non glissante permet aux vaches de se coucher et de se lever sans problème.
• Si la vache se frotte sur le béton en bougeant, cela indique que le matelas n’est pas assez compact et qu’il n’y a pas assez de litière.
• Une logette profonde n’est préférable à une logette surélevée qu’à condition d’être bien entretenue.
• Matelas chauxpaille : lorsqu’on ajoute trop de chaux, le matelas devient dur comme du béton.
• Lisier séparé ou compost : les exploitations qui produisent du lait de fromagerie doivent préalablement vérifier avec leur acheteur que ce système de litière est autorisé.
Séparateur à lisier
Il est certes possible d’obtenir un matelas compact en utilisant uniquement de la paille, mais cela prend beaucoup de temps. Walter von Flüe estime qu’il faut environ deux ans pour que le fumier permette d’élaborer un bon matelas. C’est pourquoi les éleveurs élaborent souvent leurs matelas de paille en utilisant du lisier séparé (phase solide) et en répartissant de la paille par-dessus.
Afin d’augmenter la teneur en MS à une part entre 30% et 32%, il est préférable de stocker encore une fois la phase solide avant de la répartir. Pendant le stockage, la phase solide issue du processus de séparation s’échauffe, ce qui réduit la teneur en germes. Pour favoriser une faible teneur en germes, il est important que l’aire de repos soit sèche. Cela implique une bonne aération de l’étable et l’absence d’installation de nébulisation, pour éviter toute source d’humidité supplémentaire.
En termes de bienêtre animal, d’hygiène et de temps de travail (entretien des logettes), le compost issu d’un séparateur à lisier a été jugé équivalent au matelas chaux-paille dans un rapport d’Agroscope de 2008. Pour des motifs de biosécurité, il ne faut utiliser que du compost ou lisier séparé issu de sa propre exploitation. Un des avantages d’un tel système réside dans le fait que la phase liquide pénètre plus rapidement dans le sol et que le volume de stockage (fosse) diminue.
La litière issue du processus de séparation est certes gratuite, mais les coûts d’achat du séparateur à lisier, de l’ordre de 42 000 francs, sont élevés. Pour des raisons de coût, ce système est par conséquent plutôt destiné aux grandes exploitations de plus de 80 vaches. Il faut par ailleurs tenir compte du fait que certains acheteurs (fromageries surtout) n’acceptent pas le lait provenant de fermes utilisant du lisier séparé ou du compost à titre de litière.
Litière de sable
Le sable est une matière inorganique. Le développement des bactéries est très faible avec cette matière, ce qui est bénéfique pour l’hygiène de la mamelle. Martina Schmid, agronome et spécialiste des signes émis par les vaches, a réalisé des expériences positives avec le sable, une matière qui est utilisée depuis 20 ans dans la ferme de ses parents. « Nous avons très peu de problèmes de mammites. La bonne adhérence conférée par le sable est un autre point positif, car les vaches déplacent toujours un peu de sable dans les couloirs. »
L’entretien des box requiert beaucoup de travail, comme l’explique Martina Schmid : « Le sable doit rester le plus sec possible. En effet, dès qu’il est humide, il devient dur. » C’est surtout le cas lorsqu’il présente une teneur élevée en argile ou que le matelas est recouvert d’urine. Il est donc indispensable d’évacuer les bouses et les résidus humides au râteau. Une fois par semaine, un broyeur permet d’aérer le sable jusqu’à 20 cm de profondeur. Une couche de sable frais est ensuite rajoutée.
Le désavantage du sable est certainement la plus grande usure du matériel (brasseurs , racleur). Dans la ferme de la famille Schmid, le lisier liquide est pompé alors que le sable est enlevé à l’aide d’un chargeur compact et épandu avec un épandeur à fumier. Une autre solution consiste à construire une pré-fosse pour que le sable s’y dépose.
L’utilisation du sable implique des volumes de fosse plus élevés. Il existe plusieurs solutions pour remplir les logettes des vaches laitières. Quoi qu’il en soit, l’obtention d’un matelas sec et compact dans les logettes profondes implique toujours du travail, mais ces efforts sont récompensés par un meilleur bien-être animal.