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l’antique Pnoubs,
un lien entre le Monde méditerranéen
et l’Afrique centrale
Vers 2500 avant J.-C., un état complexe s’établit au sud des frontières de l’Empire égyptien. Très tôt, un souverain puissant prend le contrôle du territoire et son armée constituée de redoutables guerriers va favoriser une certaine centralisation. La capitale du royaume, Kerma, s’étend sur une île au centre d’un vaste pays qui peu à peu se développe le long des plaines du Nil sur plusieurs centaines de kilomètres. Les échanges avec l’Egypte permettent aux habitants de créer un réseau facilitant un trafic de marchandises de l’Afrique centrale jusqu’à la Méditerranée. Ainsi, l’or, le bois d’ébène, les peaux d’animaux sauvages ou encore l’encens, l’ivoire et les bâtons de jet, parviennent à un large marché. Cette nouvelle force régionale indépendante complique la volonté d’expansion des Egyptiens qui vont protéger leur flanc méridional, par d’imposantes fortifications.
L’agglomération antique de Kerma après des fouilles systématiques durant plus de 30 ans offre l’image d’une métropole. Elle est d’abord fondée de part et d’autre d’une voie centrale qui bientôt sera bordée par des bastions protégeant cette allée initiale. Autour, le centre urbain devient une véritable ville, elle aussi dotée d’un système de défense toujours plus important.
De profonds fossés sont probablement en eau durant la période de l’inondation et le cours du Nil est un peu éloigné de ces tranchées creusées partiellement par l’homme. Les habitations les plus grandes sont placées près des portes pour que les responsables puissent surveiller le passage des produits qui étaient scellés par l’administration. Des centaines d’empreintes de sceaux ont été recueillies sur les places réservées à la manutention des marchandises provenant du nord ou du sud.
Le noyau urbain est occupé par un quartier religieux entourant le temple principal de la cité, aujourd’hui encore conservé sur près de 18 mètres de hauteur. On appelle ce monument d’un nom nubien : la deffufa, qui signifie une construction anthropique qui se détache sur l’horizon.
Les travaux archéologiques ont fait la preuve que dès l’origine de l’établissement existait un lieu de culte flanqué de chapelles. D’autres sanctuaires ont été dégagés mais l’ensemble le plus remarquable se trouve au sud-ouest où une agglomération secondaire est défendue par un fossé et de multiples fortifications. A cet endroit, une institution prévue pour un culte destiné aux rois défunts se présente sous la forme d’un groupe de chapelles associé à des ateliers servant à la préparation d’offrandes. On y découvre également un palais royal qui est semblable à celui installé près de la deffufa.
La manière de construire a évolué durant un millénaire. A l’origine, l’habitat est constitué par des centaines de huttes faites de poteaux plantés dessinant des cercles de plus de 4 mètres de diamètre. Certains bâtiments de bois et de terre sont élevés également sur des plans rectangulaires, allongés.
L’influence de l’architecture égyptienne se traduit par l’apparition de constructions en briques crues qui deviennent vite le matériau principal même si les structures les plus tardives (vers 1600 avant J.-C.) sont bâties en briques cuites et en pierres récupérées dans des carrières voisines. Ces pierres sont peu travaillées pourtant des bases de colonnes ou des autels peuvent être taillés finement dans un marbre dolomitique.