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Les textes qui suivent sont tirés de l'Inventaire spéléologique du Nord vaudois.
Le Spéléo-Club du Nord vaudois est issu de la fusion de deux clubs, le Groupe spéléo Nord vaudois (GSNV) et le spéléo-club Rouler-Bouler d'Yverdon-les-Bains (RBY).
Le Groupe spéléo Nord vaudois (GSNV)
Le groupement est formé en 1969 par la réunion d’une partie du groupe spéléologique de Sainte-Croix (Daniel Glauser, Robert Jaccard) et une bande de copains d’Yverdon-les-Bains (Charles Pernoux, Jean-Louis Bécherraz, Daniel Margot).
Dès sa fondation, une vingtaine de membres prennent part aux activités. Lors de chaque réunion mensuelle, un programme est établi, consacré à l’exploration des cavités du Nord vaudois, avec quelques incursions sur les pâtures françaises. En 1971, le GSNV devient une section de la Société suisse de spéléologie. Ce club découvre en 1970, le gouffre de la Borne 13, simple doline d’effondrement. Quelques années plus tard, il y atteint 10 m de profondeur. Les travaux se poursuivent jusque dans les années 80.
A la même époque, ce sont les gorges de Covatannaz qui attirent le GSNV. Les années 1975 à 1978 furent des années intensives d’exploration de la grotte de la Grande-Poule, tout d’abord par de nombreuses séances de pompage, et ensuite par le percement en 1976 d’un tunnel au terminus de la grotte.
Les entraînements techniques avaient lieu à la Quille du Mont de la Mayaz et il était traditionnel qu’il y ait du brouillard, de la pluie ou de la neige. Evidemment, le camping se faisait sur place.
En 1979, le club organise son camp d’été dans les Pyrénées, à Saint-Girons. A cette occasion, quelques courageux vont annoncer au chef technique l’achat de lampes à carbure (depuis la fondation du club, les expéditions se faisaient à l’électricité et quelqu’un avait décrété que la lampe à carbure était un objet inutile et dangereux). Ce sera l’occasion d’un coup de gueule, qui se terminera pacifiquement autour d’une bouteille de blanc vaudois.
Dans les années 80, ce sont les gouffres de la région des Rochat qui attirent le GSNV, avec la découverte du gouffre Tristan et les travaux de désobstruction au gouffre de la Russillonne.
A la même époque, sous l’influence de Pantoufle (Daniel Margot), le club va retourner dans la région de Susanfe (Evionnaz, VS) et commencer l’exploration de Fontaine-Blanche, une résurgence en pleine falaise, à Bonavau (Champéry, VS).
Le Spéléo-club Rouler-Bouler d’Yverdon (RBY)
Dans les années 60, quelques jeunes de l’Espoir romand (société d’abstinence pour la jeunesse) organisés en groupe scout pratiquaient diverses activités liées au sport et à la nature : alpinisme, judo, courses d’orientation. Guy Berthoud, un jeune Yverdonnois passionné de chauves-souris, étudie dès 1961 les 12 espèces de chiroptères vivant dans les anciennes carrières de chaux de Baulmes. Pierre-André Christen et les autres membres se joignent à lui et, grâce à ces bestioles passionnantes, découvrent la spéléologie. Plusieurs centaines de chauvesouris furent baguées par Guy Berthoud avec l’aide du groupe. Lors d‘une mémorable nuit de bivouac dans le Jura, le groupe se baptisa « Rouler-Bouler » en référence aux chutes de judo que pratiquait assidûment l’un de ses membres, Jean-Daniel Chevalley.
En 1968, une classe d’école primaire effectue une excursion au Mont-de-Baulmes sous la conduite de son instituteur, Jules Jaccard, et au retour visite les gorges de Covatannaz. Là, l’instituteur annonce à ses jeunes élèves qu’il avait, dans sa jeunesse, visité une grotte s’ouvrant à la verticale du château de Sainte-Croix. Les jeunes, Isidore Raposo, Jean-Paul Delile, Yves-Stéphane Kellenberger, Daniel et Denis Croux, captivés par la spéléologie, commencèrent à visiter les cavités de la région. L’accès à la grotte des Echelles se fit par le haut, en faisant descendre les explorateurs au bout d’une corde retenue à la force des bras.
La réunion des anciens de l’Espoir romand et des élèves de Jules Jaccard va permettre l’intensification des activités spéléologiques des nouveaux « Rouler-Bouler ». Ils sont rejoints rapidement par Jean-Pierre Bachmann, Jean-Pierre Cochand, Jacques Gentil, tous émanant de l’Espoir romand. C’est par eux que le lien s’est fait avec Pierre-André Christen, Rouler-Bouler de la première heure. Certains deviennent moniteurs des activités montagne et spéléo de l’Espoir.
Ils se trouvaient confrontés à de nombreuses difficultés : le manque de moyens de transport et d’argent pour acheter des cordes. Isidore Raposo se souvient qu’ils se mirent à six pour acheter leur première corde à bateau. Par contre, ils disposaient d’enthousiasme et de temps libre, et le consacrèrent de plus en plus à leur hobby, la spéléologie, qui devient l’activité première de cette bande de copains. Des échelles métalliques sont construites dans les ateliers de l’Ecole professionnelle d’Yverdon ; elles sont encore utilisables aujourd’hui.
Le club des Rouler-Bouler reprend le local de l’Espoir à Yverdon, où figurent photos et souvenirs des activités passées et, entre autres, des photos de parachutisme avec saut en « roulerbouler » à l’atterrissage ! Ils eurent des réunions mensuelles et écrivirent même un petit journal.
En 1969, les membres du club commencent à explorer les grandes classiques de Suisse romande, gouffres du Chevrier et du Petit-Pré : ce n’était pas alors une sinécure. En 1972, ils adhèrent à la SSS. A l’époque, Denis Lohner, un ancien de l’« Espoir romand », seul majeur du club, accepte d’en devenir le premier président.
Le Spéléo-club du Nord vaudois, les Trogl’hobbies (SCNV)
Dans les années 90, les activités du GSNV étaient très réduites et certains parlaient de dissoudre le club. L’arrivée de nouvelles personnes, Christian Pauli et Pierre-Yves Thévoz, provoqua un électrochoc. Avec Philippe Roncière, président du RBY, ils proposent l’impensable : la fusion du GSNV et du RBY.
Les deux clubs n’en font plus qu’un depuis 2000 et les activités reprennent de plus belle. Les explorations sont encore axées sur le Nord vaudois et de nombreuses activités sont consacrées à la réalisation de l'inventaire spéléologique du Nord vaudois.
Les expéditions à Bonavau et Susanfe sont de nouveau une source de découvertes, d’exploration et de topographies. A l’étranger, des camps ont lieu chaque année dans le parc naturel de Somiedo en Espagne, où le RBY se rendait depuis 1983 grâce à Isidore Raposo, initiateur des premières expéditions.
La réalisation de l'inventaire a occupé durant quatre ans le SCNV, aux dépens de l’exploration des cavités. Mais depuis la parution de l'ouvrage en automne 2007, le SCNV est reparti à la découverte du Nord vaudois et à la recherche des réseaux hypogés encore inconnus.