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Les équipes de la FICR ont mené à bien plus de 47'000 inhumations de dépouilles saines ou infectées par le virus, soit 50% des funérailles en Sierra leone, au Liberia et en Guinée lors de l'épidémie (image symbolique).
KEYSTONE/EPA/AHMED JALLANZO(sda-ats)
Le programme d'enterrements sûrs de la Fédération de la Croix-Rouge a empêché jusqu'à 10'000 infections d'Ebola en Afrique de l'ouest entre 2013 et 2016. L'ampleur de l'épidémie a pu être réduite jusqu'à un tiers, selon une étude de l'organisation publiée jeudi.
"Les enterrements non sûrs sont devenus des sources majeures de transmission d'Ebola. Après ces cérémonies, nous recevions entre 50 et 70 cas", a indiqué devant la presse à Genève la chargée de projet de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR), Amanda McClelland. En cause, la coutume des familles de toucher et laver les dépouilles infectées avant de les mettre en terre.
C'est pourquoi la FICR a lancé un programme d'enterrements sûrs et dignes. Ses équipes ont mené à bien plus de 47'000 inhumations de dépouilles saines ou infectées par le virus, soit 50% des funérailles en Sierra leone, au Liberia et en Guinée lors de l'épidémie.
Le succès du programme est toutefois à nuancer. Les cas Ebola évités sont estimés en réalité entre 1411 et 10'452, ce qui correspond à une réduction de l'épidémie de 4,9% à 36,5%. Mme McClelland explique ce large éventail par l'évolution des pratiques funéraires et la difficulté à établir le nombre de décès - et à extrapoler le nombre de cas évités - lors des enterrements non sûrs pendant les premiers stades de l'épidémie.
Communautés locales centrales
L'étude tient par ailleurs à souligner l'importance de contextualiser culturellement les inhumations et d'intégrer les communautés locales pour la réussite du programme. Des leaders religieux ont été invités à dire des prières et procéder aux rites religieux lors des enterrements sûrs.
Des volontaires locaux ont fait le lien entre les équipes internationales et les communautés africaines. Ils sont notamment allés convaincre les familles touchées dans leurs maisons de remettre les dépouilles de leurs proches, afin qu'elles soient mises en terre selon les normes de sécurité.
"En Guinée, en raison des fortes croyances populaires, nous avons été jusqu'à habiller et déshabiller les membres de la famille d'équipements de protection pour qu'ils puissent procéder eux-mêmes aux enterrements", affirme Mme McClelland.
Même si les leçons tirées dans un pays ne peuvent être appliquées entièrement à un autre, la nécessité de contextualiser culturellement les interventions est importante, souligne la spécialiste. Et de donner en exemple la récente épidémie en République démocratique du Congo (RDC) pour laquelle la Croix-Rouge a fait une nouvelle évaluation des pratiques traditionnelles funéraires avant de les intégrer dans leur procédure habituelle.
ATS