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C'est le New York Times qui le révèle: lors de l'Assemblée de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), ce printemps à Genève, l'Administration Trump a tenté par tous les moyens, y compris le chantage, de torpiller une résolution encourageant l'usage universel de l'allaitement maternel au détriment du lait en poudre.
Ainsi, la délégation américaine a menacé l'Equateur, qui devait introduire cette résolution, de représailles commerciales, voire même de la suspension de son aide militaire, s'il persistait dans son intention. Finalement, la Russie, dont le poids est autrement plus important, s'en est chargée et la résolution a été largement adoptée, moyennant quelques ajustements rédactionnel mineurs.
Selon la revue Lancet, l'usage universel du lait maternel permettrait, chaque année, la survie de 800.000 nouveaux nés, avec une économie de 300 milliards de dollars. Ce chiffre est à mettre en regard des 70 milliards de chiffre d'affaires annuel des géants de l'industrie du lait en poudre qui, pour compenser la stagnation de leurs ventes dans les pays riches, concentrent désormais leurs efforts sur les pays en voie de développement.
Mais le répit des partisans du lait maternel ne pourrait être que temporaire. Humiliée, l'administration Trump serait tentée de réduire sa contribution à l'OMS dont elle couvre 15% du budget, soit 845 millions de dollars. L'incident de Genève survient en effet après toute une série d'attaques contre le système multilatéral international: retrait américain du Conseil des droits de l'homme et de l'Unesco en raison de leur "partialité" à l'encontre d'Israël ; blocage du tribunal de l'OMC chargé de trancher les différends commerciaux.
Cela dit, les autres pays tentent de résister, comme le montre la déconfiture (22 voix sur 171 pays votant) du candidat de Trump à la direction de l'Organisation internationale des Migrations (OIM), un évangéliste aux convictions antimusulmanes affirmées. Cet échec électoral est d'autant plus significatif que l'OIM a presque toujours été dirigée par un Américain. Elle est en effet l'héritière du CIME, une organisation fondée en 1951 par le Congrès américain pour attirer des migrants européens de haut niveau, chassés de leur pays par la Seconde Guerre mondiale et l'érection du Rideau de fer. Le terme "migration" avait alors un tout autre sens qu'aujourd'hui!
Tout n'est donc pas perdu. Ainsi, comme le rapporte Le Monde, le Comité du patrimoine de l'Unesco vient d'adopter à l'unanimité - y compris les Israéliens, les Palestiniens...et les Américains - une résolution sur la préservation de la vieille ville et des murailles de Jérusalem et de Hébron. Du coup l'ambassadeur d'Israël a laissé entendre que son pays pourrait revenir sur sa décision de quitter l'organisation à la fin de l'année.
Cet éventuel revirement, et l'adoption de cette résolution, sont à porter au crédit des talents de conciliatrice d'Audrey Azoulay, la nouvelle directrice française de l'Unesco.
Tout le contraire de Trump !