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Critique
A partir de 1747, Diderot dirige, avec d'Alembert, la publication de l'Encyclopédie. Le film de Gabriel Aghion, réalisateur de PEDALE DOUCE, BELLE MAMAN, n'a évidemment rien d'une biographie, même si le scénario, tiré d'une pièce de théâtre de Eric-Emmanuel Schmitt, s'appuie sur deux ou trois éléments historiques: un mariage pas très réussi, l'acharnement des jésuites contre l'Encyclopédie.
Dans la propriété du baron et de la baronne d'Holbach (François Lalande et Josiane Balasko), Diderot (Vincent Perez) planche, c'est le cas de le dire, sur l'article «morale» de son grand oeuvre. Malheureusement, il ne parvient pas à en donner une définition acceptable. Alors qu'il croit avoir trouvé la solution en adoptant une définition qui donne la priorité au plaisir individuel sans se préoccuper de ses conséquences sur la société («la morale, c'est d'être heureux»), sa propre fille s'amourache d'un homme qui pourrait être largement son père. Diderot se ravise, et tente alors de concilier le bien individuel et le bien de la société. Mais Madame Therbouche (Fanny Ardant) le pousse sans cesse à revoir sa conception de la morale. Pendant ce temps, le cardinal, parent de la famille d'Holbach (Michel Serrault) cherche désespérément l'imprimerie clandestine cachée dans la propriété.
Film bruyant, tapageur, on ne voit qu'un Vincent Perez exhibitionniste, une Josiane Balasko aussi délicate qu'un éléphant dans un magasin de porcelaine, un Michel Serrault en pitre façon fin de carrière peu glorieuse. Seule Fanny Ardant sauve son rôle et s'évite le triste sort de ses partenaires. LE LIBERTIN donne une vision moderne, donc déformée, de ce que furent et Diderot et l'Encyclopédie. Ce n'est qu'un vaudeville qui fait porter perruques et culottes, et encore, à des personnages d'aujourd'hui, même si, ici ou là, on peut se régaler de quelques réparties bien envoyées.
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