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Le cas de l'ingénieur Ivanov
par Henri Chaloupek
C'est par l'intermédiaire de mon vieil ami l'ufologue praguois Venceslas Patrovsky que je suis entré en relation avec Ale Hruka, qui publia en 1995 un petit livre sur les mondes parallèles. Hruka m'écrit que sur ce sujet il faut se montrer d'une extrême prudence, et qu'il existe de nombreux récits fantaisistes. Pour sa part il ne fait confiance qu'au savant russe le professeur Arkady Ratchkovsky et son équipe qui ont dans leurs dossiers plusieurs cas. Hruka s'est procuré toute la littérature russe qui concerne ce problème. A la fin des années 80, la presse soviétique de l'époque rapporta le cas de cet ingénieur Ivanov qui est l'un des plus remarquables, et absolument vérifiable par quiconque.
Le 10 août 1987, l'ingénieur agronome V.A. Ivanov, âgé de 35 ans, marié, père de deux enfants, né et habitant toujours dans le petit village de Pavlodar, situé derrière l'Oural, quitta son travail à la coopérative de Tselinograd dont il était président. En quittant la ville, il décida, pour se détendre avant de rentrer chez lui, de passer par un endroit qu'il affectionnait particulièrement depuis son enfance, ne sachant pas d'ailleurs pourquoi. Il s'agit d'une ravine à côté de la rivière Irtyche.
En arrivant, il constata qu'il y avait là beaucoup plus d'eau qu'à l'ordinaire, bien 50 centimètres de plus, alors qu'il n'avait pas plu depuis longtemps. Il descendit dans la ravine et prit de l'eau dans sa main avec l'idée de la goûter. C'est là qu'il sentit une odeur épouvantable qui lui faisait tourner la tête. Craignant d'étouffer, il voulut remonter, mais le malaise eut raison de lui.
Quand il revint à lui, à sa grande surprise, il ne se trouvait plus dans la ravine mais dans un paysage tropical. Il entendait d'étranges chants d'oiseaux et voyait devant lui des arbres de plus de 100 mètres de haut, et tout autour de lui voletaient d'énormes papillons multicolores. Il faisait chaud et terriblement humide. Sous ses pieds il sentait de la boue. Tout alentour le terrain était d'un vert éclatant. Le ciel n'était pas bleu mais rose. Le soleil était brûlant et semblait lointain, pas au zénith, mais étrangement au-dessus de l'horizon. C'était comme dans un film et cette pensée lui traversa l'esprit, mais il se fit également la remarque que c'était bien trop vivant pour ne pas être réel. Pensant s'enliser, il fit un pas, puis deux et sombra dans le vide, tout en ressentant la fraîcheur de l'eau froide de la ravine. Affolé, il se hissa hors de la ravine et prit le chemin de sa maison en pensant avoir eu une hallucination.
Madame Tatiana Ivanova, ce 10 août 1987, ne vit pas revenir son mari de son travail. Elle le fit rechercher vainement partout, y compris dans la ravine, car elle connaissait les attirances de son époux pour cet endroit. On engagea même un plongeur pour cela. Après trois mois Ivanov fut déclaré disparu.
Il revint chez lui dix mois plus tard, en juin 1988, et fut étonné de la stupeur de sa famille, car pour lui il ne pouvait s'être écoulé que deux ou trois heures tout au plus, pensait-il. Sa femme le soupçonna d'avoir vécu chez une autre femme, d'avoir inventé toute cette histoire, et de jouer le rôle d'un ahuri. Très rapidement elle demanda le divorce.
Ivanov, qui avait lu un article au sujet des travaux du professeur Ratchkovsky, avait très vite compris qu'il s'était retrouvé dans un autre espace-temps. Il n'en était pas de même des gens du pays qui se moquaient de ses dires et qui, en le croisant, se tapotaient le front.
Ivanov demanda une entrevue au professeur Ratchkovsky, qui le reçut à Moscou et lui fit subir divers tests. Les résultats furent qu'Ivanov a un QI de 135, n'a aucun trouble, ni névrotique, ni psychique, bref, qu'il est le contraire d'un psychopathe qui cherche à faire parler de lui.
Mais surtout le professeur le crut d'autant plus qu'Ivanov lui apporta de la boue séchée de ses bottes, et que celle-ci s'avéra, après analyse, d'une toute autre structure biologique, ne correspondant en rien aux sols que l'on trouve entre l'Oural et le Ienisseï.
Traduit du tchèque par Henri Chaloupek