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Procès Laurent Ségalat condamné à 16 ans de prison
Laurent Ségalat est coupable du meurtre de sa belle-mère Catherine, selon la Cour d'appel du Tribunal cantonal vaudois.
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Les juges de 2e instance ont condamné vendredi le généticien français à 16 ans de prison alors qu'il avait été acquitté en première instance en juin.
Le condamné âgé de 48 ans n'était pas présent au verdict. La Cour a prononcé son arrestation immédiate en raison du «risque de fuite évident». Un mandat d'arrêt international sera émis, auquel Laurent Ségalat ne pourra se soustraire qu'en restant en France.
Les juges cantonaux ont démonté un à un tous les éléments du premier verdict prononcé par le Tribunal de la Côte. «Il n'y a aucun doute raisonnable» sur le fait que Laurent Ségalat est bien l'auteur de l'agression dont a été victime sa belle-mère, a asséné le président Marc Pellet. Le doute retenu en première instance n'est que «théorique et inconsistant».
Les nombreuses plaies aux mains, au visage et dans le cou de l'accusé ne peuvent pas s'expliquer par les manoeuvres de réanimation qu'il prétend avoir mené sur la victime après l'avoir découverte chez elle ensanglantée au bas des escaliers le 9 janvier 2010. Du «matériel biologique appartenant à Laurent Ségalat» a été retrouvé sous les ongles de Catherine Ségalat.
Intention homicide
Les projections de sang trouvées sur un vêtement du beau-fils «ne peuvent être que le résultat d'un événement violent». Le fait que les deux protagonistes se sont battus est établi. La violence des coups montre l'intention homicide. Quant à la thèse d'un agresseur inconnu resté ignoré, elle «peut être écartée».
Les juges retiennent également à charge le fait qu'il ait nettoyé «avec soin» 28 m2 de murs et sols avant l'arrivée des secours et qu'il ait changé deux fois de chemise. Laurent Ségalat a varié dans ses explications concernant les griffures sur son visage.
Pour la Cour, l'accusé a fait preuve d'une grande détermination homicide et d'une grande volonté de dissimulation. «Sa culpabilité est très lourde, il n'y a aucune circonstance atténuante», ont déclaré les juges, pointant la «froideur affective» du généticien.
Emportement possible
Quant au mobile, l'apparente bonne entente de Laurent Ségalat et de sa belle-mère n'exclut pas des différends, selon la Cour. Le profil psychologique de l'accusé, qui présente des tendances narcissiques et paranoïaques, est compatible avec un emportement lors d'une dispute.
Les juges mettent l'ensemble des frais de la cause à la charge de Laurent Ségalat. Les deux soeurs de la victime, parties civiles, se voient accorder chacune 30'000 francs pour tort moral.
Si des cris de joie avaient accueilli le premier verdict, celui de vendredi a été suivi d'un lourd silence puis des pleurs des filles du condamné. La compagne du généticien était sortie précipitamment dès que la tournure du jugement a été claire.
Recours annoncé
Les avocats de Laurent Ségalat annoncent un recours devant le Tribunal fédéral: «Le combat continue. On a l'impression que 30 mois d'enquête et 7 jours de procès en première instance n'ont servi à rien», constate Gilles-Jean Portejoie. Stefan Disch souligne que l'absence de son client, qui a passé 28 mois en préventive, «n'a rien à voir avec sa culpabilité. C'est un choix personnel».
Pour le procureur général Eric Cottier, «le verdict est conforme au dossier. Le processus judiciaire a abouti». Le magistrat avait requis 16 ans de prison. L'absence de l'accusé vendredi «faisait partie de ce qui était prévisible».
A ses côtés, Jacques Barillon, avocat des parties civiles, voit dans ce jugement «un très grand oeuvre de justice». Pour lui, cet homme est coupable et «a cherché à tout prix à manipuler les gens depuis le début». (ats/nxp)
Créé: 30.11.2012, 16h30