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La campagne de vote concernant le revenu inconditionnel permet d’entendre tout et n’importe quoi. Mais ce qui revient le plus souvent dans la bouche des défenseurs de cette utopie, c’est que ce revenu permettra enfin à certains d’offrir du travail bénévole. Alors, essayons de comprendre : quand on fait du travail bénévole, on offre son temps, ses compétences, sans y être obligé et sans recevoir de salaire en retour. Comme retraité, bénéficiant d’une retraite gagnée antérieurement par son propre travail, on jouit de temps libre et on a souvent le bonheur de pouvoir faire du bénévolat. Ce bénévolat est précieux notamment parce qu’il correspond à des activités nécessaires à la société (accompagnement ou transports de personnes seules, visites, accueil, écoute, conseils professionnels gratuits, activités associatives, etc…) pour lesquelles il n’y a pas les ressources financières permettant d’honorer le travail fourni.
Si, après le 5 juin, la société verse à une personne non encore retraitée un certain montant pour qu’elle n’ait pas besoin de le gagner par son activité professionnelle et que cela lui permette d’avoir un peu de temps libre qu’elle consacre à des tâches utiles à la société mais que celle-ci ne peut plus payer parce qu’elle utilise l’argent nécessaire à ces tâches pour stipendier le temps libre des travailleurs, est-ce que l’activité sociale ainsi « préfinancée » est encore bénévole ?
Le 14 mai 2016