Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06968.jsonl.gz/867

17/08/2016
Carnet de Mongolie – Ulan Bator
Ulan Bator, située à 1351 m, est une ville étendue sur 4704 km2 et dont le passage de yourtes à hauts buildings n'a rien donné de saisissant; une architecture autrefois soviétique empressée de répondre à l'arrivée de nombreux habitants qui quittent l'arrière-pays pour venir s'établir dans la capitale. Pour presque 3 millions d'habitants, la capitale en abrite un peu plus de 45%.
Ulan Bator signifie le "héros rouge" en référence à Sukhbaatar, héros de la révolution de 1923. Une ville qui se prépare à accueillir les touristes européens encore très minoritaires dans la capitale, l'Anglais commence à être, à peine, la langue de travail, les Mongols sont plus à l'aise avec le Chinois, le Russe où le Coréen, pays, où ils y étudient, arrivé au niveau universitaire ou y travaillent.
Une jeune femme participant un programme gouvernemental me dit que la stratégie future est de renforcer de nouveaux partenariats avec d'autres pays que l'axe – Russie-Chine. Le pays grand comme trois fois la France, renferme de grands gisements à ciel ouvert. Cuivre, or, uranium, charbon. Une manne qui bénéficie à l'Etat et aux investisseurs étrangers mais qui laisse une bonne partie de la population sous le seuil de pauvreté et qui ne vise qu'à partir, en attente de visa pour un pays ou un autre. Le salaire minimum en Mongolie est de 108.000 MNT (46 frcs suisses) , le salaire moyen est de 350.000 MNT (environ 150 frcs).
A Ulan Bator, tout le monde s'improvise chauffeur de taxi, je suis là au bord de la route à héler un taxi et déjà deux voitures se sont arrêtées pour proposer de me véhiculer, j'hésite, le premier conducteur est un Monsieur âgé qui regarde la carte de mon hôtel à 1 cm de ses yeux qui ne sont plus qu'une fente étroite pour tenter de déchiffrer l'adresse écrite en lettres latines et non point en écriture mongole, cyrillique. Un autre homme s'approche pour déchiffre l'adresse avec lui, - les adresses changent souvent - , chacun farfouille dans sa mémoire pour tenter de se souvenir de quelle pouvait bien être l'adresse précédente.
Je décline l'invitation et me remets en chasse d'un taxi qui lui non plus ne saura pas où se situe l'hôtel mais il finira par l'appeler pour demander la direction.
Entourée de Coréens et de Mongols, je suis la seule non asiatique de mon hôtel, assise à la terrasse, j'aperçois dehors, des jeunes, universitaires bénévoles qui ramassent les déchets, il est vrai que les bouteilles en plastique jonchent le moindre espace vert et ce dans tout le pays.
Un pigeon vient d'être écrasé par une voiture, là, sous mes yeux, sur l'asphalte, le bruit d'os broyé me raidit les cheveux sur la tête, d'autres voitures lui roulent dessus. Je semble être la seule personne à me préoccuper de la fin tragique du volatile, en poussant un cri à la vue de la scène, la serveuse croit que j'ai commandé à boire, elle m'apporte du thé au lait de yak ce qui ne fait qu'ajouter à mon écoeurement.
Demain en partance pour le parc naturel de Gorkhi-Terlj prête à loger dans une yourte.