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En mouvement
L'eau c'est la vie! La vie n'est pas une marchandise
Joli mot d'ordre lancé par nos «cousins» canadiens de l'Association québécoise pour le contrat mondiale de l'eau qui, avec des centaines d'autres participant-e-s, se retrouveront au Forum alternatif mondial de l'eau (Fame 2005) à Genève, du 17 au 20 mars 2005. Késaco, le Forum mondial alternatif de l'eau? Un coup d'œil sur son programme (voir encart) permet de s'en faire une première idée. Cette réunion d'associations et d'individus cherche en fait des réponses à la crise de l'eau, qui frappe et frappera l'humanité, en avançant des propositions. Elle rejette fondamentalement l'idée que l'eau soit une marchandise. Elle est au contraire une ressource naturelle, répondant à un besoin humain fondamental auquel correspond un droit à un accès suffisant et de qualité.
La crise de l'eau, facette de la crise plus large du «développement» à la sauce Bush, est connue; pas besoin d'aligner des tonnes de chiffres pour la démontrer. Trois rappels suffiront:
Chaque jour, 6000 personnes, pour la plupart des enfants de moins de cinq ans, meurent de maladies diarrhéiques. Plus de 2,2 millions de personnes meurent chaque année de maladies dues à l'eau contaminée et à un mauvais système sanitaire.
Environ deux millions de tonnes de déchets sont déversés, chaque jour, dans les fleuves, lacs et rivières. Un litre d'eau usée pollue environ huit litres d'eau douce.
Chaque année, 300 à 500 millions de tonnes de métaux lourds, solvants, boues d'épandage toxiques et autres déchets issus de l'industrie s'accumulent dans les réserves d'eau.
«Pourquoi Payer Plus?»
L'accès à l'eau et la conservation de sa qualité sont donc deux paramètres essentiels du problème. Les grandes organisations financières (Fonds monétaire international, Banque mondiale) et les multinationales de l'eau (Veolia, Suez, mais aussi Nestlé dans un certain sens) ont une recette, le PPP, que les militant-e-s alternatifs de l'eau désignent ironiquement sous le nom de Pourquoi Payer Plus? En fait, il s'agit du Partenariat public-privé. Un mot ronflant pour dire plus crûment: le secteur public fournit les infrastructures et le financement et le privé empoche les bénéfices. Tout cela, bien sûr, enrobé d'une crème onctueuse et écœurante de discours humanitaires-mais-réalistes.
L'accès à l'eau: un droit fondamental
De multiples luttes ont montré que pour s'opposer à cette mainmise marchande sur la ressource, il fallait défendre le droit fondamental de tout être humain à disposer de suffisamment d'eau en quantité et en qualité. Ce principe de base, parmi d'autres, a été défini lors du premier Forum alternatif de l'eau à Florence en 2003. Le deuxième Forum va approfondir cette démarche et faire le bilan des luttes passées et actuelles.
Ses quatre ateliers tenteront d'avancer un certain nombre de revendications pratiques en matière de droit – y compris international – à l'eau, de financement de ce droit, de gestion démocratique de la ressource et des implications de sa définition comme bien commun.
Débats et spectacles
Mais le Forum, ce n'est pas seulement les assemblées plénières et les ateliers de travail. C'est aussi plusieurs spectacles culturels autour du thème de l'eau, et une foule d'ateliers parallèles, traitant de thèmes annexes, mais nullement secondaires: de l'eau comme enjeu de conflits (dans les Balkans, l'Afrique sub-saharienne, p. ex.) aux relations entre les femmes et l'eau dans les régions rurales, en passant par l'eau et la Banque mondiale, ou encore la consommation de l'eau. Bref, on ne risque pas de s'ennuyer au Fame 2005!
Daniel SÜRI
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