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Le Premier ministre du Kirghizstan Almazbek Atambaïev a été élu dès le premier tour la présidentielle de dimanche. Il a récolté environ 63% des voix, a annoncé lundi le président de la commission électorale de cette ex-république soviétique d'Asie centrale, Touïgounaly Abdraïmov.
"Selon les chiffres préliminaires, Almazbek Atambaïev a été élu président du Kirghizstan", a-t-il expliqué. Après le dépouillement de 95% des bureaux de vote, M. Atambaïev a rassemblé 62,88% des voix et devance deux opposants nationalistes, Adakhan Madoumarov (14,91%) et Kamtchybek Tachiev (14,42%).
Irrégularités
Les observateurs électoraux de l'OSCE ont cependant relevé des "irrégularités significatives" lors du décompte des voix. Ils se disent prudemment optimistes pour la démocratie dans ce pays. "Un travail significatif est encore nécessaire" concernant l'organisation d'élections démocratiques", a déclaré le chef de la mission d'observation.
La présidentielle de dimanche est cruciale par la stabilité du Kirghizstan, une ex-république soviétique qui n'a jamais connu de transfert pacifique du pouvoir depuis son indépendance en 1991.
Le pays a ainsi traversé en mars 2005 puis en avril 2010 deux révolutions sanglantes et des violences ethniques meurtrières (juin 2010, 470 morts), qui ont surtout visé la minorité ouzbek dans le Sud du pays.
Depuis avril 2010, ce petit pays montagneux et pauvre de cinq millions d'habitants est dirigé par une présidente par intérim, Rosa Otounbaïeva, qui ne pouvait se présenter à l'élection de dimanche.
Homme de consensus
M. Atambaïev est réputé être un homme de consensus, rompu aux négociations politiques dans ce pays traversé par de multiples divisions.
Il est ainsi parvenu à maintenir une coalition pour gouverner depuis un an, bien que son parti social-démocrate ne soit arrivé que deuxième lors des législatives, derrière les nationalistes d'Ata-Jourt, le parti de M. Tachiev, qui soutient du bout des doigts ce gouvernement faute d'avoir pu construire une majorité.
ATS