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Nico Müller, Neel Jani et Patric Niederhauser sont des coureurs automobiles suisses expérimentés. Müller a remporté cette année le titre de vice-champion du DTM et démarre maintenant aussi en parallèle en Formule E. Jani a été champion du monde des 24 heures du Mans et champion du monde de voitures de sport en 2016. En tant que pilote d`usine Porsche, il misera également sur la série électrique en 2019/2020. Après deux ou trois années difficiles, Niederhauser a remporté cette saison avec brio le titre dans l`ADAC GT Masters. Le trio ne manque donc pas d`expérience. C`est pourquoi Auto Sport Suisse a demandé aux trois figures de proue suisses de nous faire part de leurs conseils pour la relève. Voici ce qui en est ressorti:
Lorsque tu as affaire à un(e) pilote de kart talentueux/euse qui a des moyens financiers modestes, que lui conseilles-tu de faire?
Nico Müller: «Si la personne a l’enthousiasme et la passion, elle devrait faire tout ce qui est en son pouvoir pour se constituer un réseau afin de réunir les ressources financières nécessaires. Elle devrait également consacrer chaque minute libre à ce sport. Cependant, les obligations scolaires ne doivent pas être négligées pour autant.»
Neel Jani: «Je pense que c`est une bonne idée de créer un réseau et de chercher par ce biais le financement nécessaire. Je pense aussi qu’il est souhaitable de chercher à se faire admettre à un programme pour jeunes talents. Il ne faut pas nécessairement avoir pour objectif de rouler en Formule 1. Il y a aussi de bons programmes de soutien qui visent les courses GT.»
Patric Niederhauser: «Je pense qu`il est important de ne jamais perdre de vue son objectif. Mais il ne faut pas rêver au-delà de ses possibilités. Il importe de rester réaliste. Et un autre conseil: ne puisez pas dans votre fortune personnelle!»
Quelles astuces t`ont aidé à progresser dans ta carrière?
Nico Müller: «Ce ne sont pas des astuces, mais il est important de trouver les bonnes personnes. Si vous n`avez pas une formation en sport automobile, c`est plus compliqué. La question de savoir à qui faire confiance a aussi été un thème récurrent dans ma carrière. Il importe de savoir que l`on peut aussi tirer des enseignements des mauvaises expériences. Je pense qu`il est primordial de ne pas hésiter à demander conseil à des conducteurs expérimentés.»
Neel Jani : «La persévérance est importante. Il faut toujours donner son maximum. Il est également important d`être au bon endroit au bon moment. Mais là il s’agit moins d’un conseil que d’un fait.»
Patric Niederhauser: «Le plus important est de ne jamais abandonner et de faire preuve d’endurance même quand les choses ne vont pas bien. Il faut toujours faire tout ce qui est en son pouvoir pour atteindre son but. Cela ne veut naturellement pas dire qu’il faut mettre sa maison en gage. Mais il faut continuer à perfectionner sa technique, en faisant du sport et de la course automobile aussi souvent que possible, pendant que les autres rencontrent des collègues et sortent s`amuser.»
Nombreux sont ceux qui rêvent d’une carrière de pilote de Formule 1. Mais ce rêve est-il encore réaliste de nos jours?
Nico Müller: «Il serait triste qu`on ne puisse plus rêver du but ultime en sport automobile. Bien sûr que c`est difficile, raison pour laquelle il faut être en mesure d`estimer le plus tôt possible jusqu`où on est capable d’aller. Le sport automobile offre également d`autres options que l`on ne devrait pas perdre de vue.»
Neel Jani: «La Formule 1 a tendance à être une discipline réservée aux fils de riches. Mais je pense qu`il y a encore une chance pour les pilotes talentueux d`atteindre cet objectif.»
Patric Niederhauser: «Ce n`est pas impossible. J`ai également affronté de nombreux pilotes qui sont ou étaient en Formule 1 aujourd`hui. Mais il faut se rendre à l’évidence : sans argent, la Formule 1 restera un rêve.»
Que ferais-tu différemment dans ta carrière avec les connaissances actuelles si tu avais une deuxième chance?
Nico Müller: «Il n`y a pas grand-chose que je ferais différemment. J`aurais probablement dû me diriger vers les voitures de tourisme un an plus tôt parce que les courses de formule sont en effet extrêmement coûteuses. Mais en définitive, je m`y prendrais en grande partie de la même façon.»
Neel Jani: «En fait, pour moi aussi, ma façon de procéder s’est avérée payante en bien des points. Rétrospectivement, je m’y prendrais probablement autrement en ce qui concerne la Formule 1. Mais c`est aussi exactement ce qui m`a finalement amené chez Porsche. Le chemin est donc le but.»
Patric Niederhauser: «Je ferais beaucoup différemment. Mais je suis d`accord avec mes deux collègues suisses sur un point : c`est parce que j`ai fait toutes ces erreurs que je suis arrivé là où je suis aujourd`hui. Mais voici un dernier conseil qui me semble très important: ne vous ruinez pas pour pratiquer la course automobile, notamment pas pour les courses de formule 1 ! J`aurais dû l`abandonner et m`intéresser aux voitures de tourisme/GT bien avant.»