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Fort Libéria - L'extérieur
Après la division de la Catalogne entre la France et l'Espagne par le Traité des Pyrénées, à compter de 1681, Vauban renforce les fortifications de la petite cité médiévale de Villefranche de Conflens qui barre la vallée du Têt. Pour mieux défendre la place face à l’Espagne, il fait édifier un fort sur une avancée de la montagne de Belloc qui domine la cité, seul point haut qu’un assaillant pourrait occuper avec des canons.
Ce fort, édifié à flanc de montagne sur un versant très pentu, est constitué de deux hexagones imbriqués à contrepente. Il comporte des défenses étagées sur trois niveaux, dont un quart à été ajouté ultérieurement à l'extrémité inférieure. Conçu comme un fort détaché, il domine directement la petite cité blottie à ses pieds et fait partie intégrante du système défensif de la ville. De là, les défenseurs tenaient non seulement la cité sous leurs feux, mais pouvaient également battre la vallée et interdire le passage à une armée.
Le fort est construit entre 1681 et 1683. Il n’abritait qu’une petite garnison et quelques pièces d'artillerie. A l’époque, ses murs étaient défendus par deux canons de douze livres, deux de huit livres et six de quatre livres, avec une dotation de 200 projectiles par pièces. Pour pallier l’insuffisance de l’artillerie, on eut l’idée de recourir à un stratagème pour tromper un éventuel assaillant sur la puissance de feu relativement faible du fort : des volets furent placés aux embrasures pour masquer les ouvertures, ce qui empêchait d’éventuels espions de compter le nombre réels de canons. En cas d’attaque, en déplaçant rapidement les pièces d’une embrasure à l’autre, la garnison pouvait ainsi faire croire qu’il y en avait beaucoup plus qu’en réalité. Le fort n'ayant jamais été attaqué ou assiégé, on n’eut jamais besoin d’en arriver à cette extrémité… En revanche on avait pris soin de pourvoir le fort de tout le nécessaire pour tenir un long siège : le magasin renfermait 12’000 livres de poudre noire, destinée autant à l’artillerie qu’aux mousquets. La partie supérieure du fort est isolée du reste par un profond fossé taillé dans le roc, défendu par une galerie de contre-escarpe permettant des feux de revers.
Au 19e siècle, le fort est agrandi et renforcé sous Napoléon III entre 1850 et 1856. Des casemates Haxo sont édifiées dans la pente et un escalier souterrain à l’épreuve est construit pour relier le fort à Villefanche, 150 mètres plus bas : il permettait aux soldats de circuler en toute sécurité, à l’abri des bombes et de la mitraille du champ de bataille. Cet incroyable escalier souterrain, dit « des Milles Marches », ne comporte en réalité que 734 marches que l’on peut gravir à souhait si vous vous sentez l’âme d’un montagnard, mais qu’il est préférable d’emprunter à la descente.
Abandonné dans la seconde moitié du 19e siècle, puis déclassé, le fort a été baptisé « Libéria » en 1927. Remis en état et restauré par une association qui l’a ensuite cédé à une collectivité territoriale. Il est ouvert au public à certaines périodes de l’année depuis 1987 (se renseigner à l’Office du Tourisme de Villefranche-de-Conflent).
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