Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06942.jsonl.gz/87

Le Canada est le plus grand producteur de colza (Brassica napus) du monde. Les variétés tolérantes aux herbicides occupent environ 95 % des terres cultivées de colza. Celles-ci ont été en partie sélectionnées à l’aide du génie génétique, et également en partie par le biais de méthodes conventionnelles.
La culture de variétés de colza tolérantes ne présente pas seulement des avantages économiques, mais a aussi des effets positifs sur l’environnement. Depuis l’introduction de variétés tolérantes en 1996, presque 40 % d’herbicides en moins sont utilisés dans la culture du colza dans l’ouest du Canada. Et, comme l’herbicide en question (le glyphosate) pollue moins que la plupart des autres herbicides, l’impact sur l’environnement a même été réduit de 60 % (mesuré au Environmental Impact Factor).1
L’introduction de variétés tolérantes a, de plus, contribué de manière déterminante à ce que l’on réduise l’utilisation de la charrue dans la lutte contre les mauvaises herbes. C‘est essentiellement la culture entièrement sans charrue qui connaît un véritable essor (schéma).2 Ces mesures favorisent une meilleure qualité du sol et freinent l’érosion. De plus, une culture du colza ménageant le sol favorise le bilan CO2. D’une part, parce que labourer libère normalement beaucoup de CO2 et, de l’autre, parce qu’un sol traité avec ménagement est en mesure de séquestrer plus de CO2. Les calculs démontrent qu’au Canada, en comparaison avec les surfaces cultivées conventionnellement, à peu près un million de tonnes de carbone en moins par an sont libérés dans l’atmosphère.3 Cela correspond à environ 22 milliards de kilomètres parcourus par une voiture (valeur moyenne supposée : 166 g de CO2 par km).
L’emploi d’herbicides présente toujours le risque que certaines mauvaises herbes deviennent peu à peu résistantes aux produits utilisés. Au Canada, seules quelques mauvaises herbes ayant développé une résistance contre le glyphosate sont apparues.4 Afin d’agir contre le développement d’autres résistances, il a été recommandé aux exploitations agricoles canadiennes d’augmenter le nombre des rotations de culture. Ceci dans le but d’éviter la culture répétée de variétés tolérantes au glyphosate sur le même champ et de réduire l’utilisation à long terme des mêmes agents. De plus, l’emploi de mélanges d’herbicides contenant une combinaison de différents principes actifs doit être accru.5
Du colza est également cultivé en Suisse sur une surface d’environ 20'000 hectares. Cependant, il semble improbable que le colza génétiquement modifié (GM) soit introduit en Suisse dans un avenir prochain. Pour beaucoup d’expertes et experts, le colza n’est pas « susceptible de coexister ». Le pollen du colza peut être transporté sur de longues distances par le vent et les insectes, et a même déjà été observé à 20 km de distance du champ. Et les petites graines de colza se perdent facilement lors du transport. De plus, le colza peut disséminer et se croiser avec des variétés sauvages apparentées. Les semences de colza hivernent également très bien dans le sol et peuvent ainsi être à l’origine de contaminations lors des cultures suivantes. Cela rend difficile la coexistence entre le colza GM et le colza conventionnel.
Par contre, d’autres variétés de culture tolérantes aux herbicides pourraient être utilisées en Suisse, comme p.ex., la betterave sucriere tolerante aux herbicides.
(1) Brimner TA, Gallivan GJ, Stephenson GR (2005) Influence of herbicide-resistant canola on the environmental impact of weed management. Pest Management Science 61:47-52. Lien
(2) Macdonald P (2011) The Canadian experience with novel herbicide tolerant canola. Journal für Verbraucherschutz und Lebensmittelsicherheit 6 (Suppl 1): 91– 97. Lien
(3) Smyth SJ, Gusta M, Belcher K, Phillips PWB, Castle D (2011) Environmental impacts from herbicide tolerant canola production in Western Canada. Agricultural Systems 104: 403–410. Lien
(4) Beckie HJ, Blackshaw RE, Low R, Hall LM, Sauder ICA, Martin SL, Brandt RN, Shirriff S (2013) Glyphosate- and acetolactate synthase inhibitor-resistant kochia (Kochia scoparia) in Western Canada. Weed Science, 61(2):310-318. Lien
(5) Beckie HJ. Herbicide resistance update. Agriculture and Agri-Food Canada. Lien
Papaye d'Hawaï
La papaye résistante aux virus protège le rendement
Maïs des Etats-Unis
Du maïs résistant aux insectes réduit les populations de ravageurs de manière persistante
Coton australien
Moins de pesticides grâce au coton résistant