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Un ressortissant sri lankais d'origine tamoule, qui avait été expulsé dans son pays où il avait été arrêté et subi de mauvais traitements, obtient gain de cause devant la Cour européenne des droits de l'homme. Image d'archive. (KEYSTONE/Jean-Christophe Bott)
KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTT(sda-ats)
Un ressortissant sri lankais d'origine tamoule, qui avait été expulsé dans son pays où il avait été arrêté et subi de mauvais traitements, obtient gain de cause devant la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH). La Suisse est devra lui verser 30'000 euros.
Cet homme avait demandé l'asile en mai 2009, affirmant être persécuté dans son pays. Il avait déclaré qu'il avait participé à la résistance armée contre le gouvernement et fait partie des Tigres de libération de l'Eelam Tamoul.
L'Office fédéral des migrations avait rejeté sa demande et celle de sa femme. Déboutés par le Tribunal administratif fédéral, qui refusa également une demande de reconsidération, le couple et ses deux enfants furent expulsés vers le Sri Lanka le 21 août 2013.
Coups et mauvais traitements
A leur arrivée à l'aéroport de Colombo, en 2013, le mari et la femme furent détenus et interrogés. L'épouse fut libérée mais son mari fut incarcéré. Il subit de mauvais traitements, notamment des coups. Un représentant de l'ambassade suisse lui rendit visite en prison et remarqua que l'homme, apeuré, ne pouvait librement parler.
A la suite de cette visite, l'épouse et les enfants furent réinstallés en Suisse. Libéré en 2015, le mari avait demandé un visa humanitaire, accepté par l'Office fédéral des migrations (OFM).
Affaire similaire
Dans son arrêt diffusé jeudi, la Cour européenne considère que la Suisse aurait dû réaliser qu'elle exposait le requérant et sa famille à un risque de mauvais traitements lorsqu'elle a prononcé sa décision de renvoi. Elle ne pouvait ignorer le danger d'autant qu'il y avait eu peu avant un autre cas similaire.
En effet, un mois avant l'expulsion, un autre ressortissant sri lankais avait lui aussi été expulsé dans son pays. Il avait également été incarcéré et avait aussi subi de mauvais traitements.
Son avocat avait écrit le 2 août 2013 au chef du Département fédéral de justice et police et au directeur de l'Office fédéral des migrations pour les alerter. Les autorités n'avaient semble-t-il pas réagi à sa lettre.
Admettant une violation de l'art. 3 de la Convention européenne, la Cour européenne condamne la Suisse à payer au Sri Lankais une réparation pour tort moral de 30'000 euros ainsi qu'une indemnité de 4770 euros pour ses frais et dépens.
ATS