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Dans son célèbre pamphlet : « Indignez-vous », Indigène éditions, Stéphane Hessel rappelle les idéaux de la Résistance qui ont donné naissance à la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948. On peut vraiment se demander si ce beau texte a servi au changement des mentalités, dans la mesure où, depuis sa proclamation, il a été constamment bafoué ? Sans doute a-t-elle été influencée par la déclaration de Philadelphie du 10 mai 1944 redéfinissant les buts et objectifs de l'Organisation Internationale du Travail (OIT) et énonçant notamment les quatre principes humanistes suivants :
- Le travail n’est pas une marchandise.
- La liberté d’expression et d’association est une condition indispensable d’un progrès continu.
- La pauvreté, où qu’elle existe, constitue un danger pour la prospérité de tous.
- Tous les être humains, quels que soient leurs races, leur croyance ou leur sexe, ont le droit de poursuivre leur progrès matériel et leur développement spirituel dans la liberté et la dignité, dans la sécurité économique et avec des chances égales.
Devons-nous préciser que la création de l’OIT, date de 1919, après la Grande Guerre. Pas étonnant que cet organisme soit réactivé en 1944 où, suite à un deuxième conflit mondial, on prend de bonnes résolutions pour en éviter un troisième !
La création de l’OMC, Organisation Mondiale du Commerce, en 1995, a favorisé dans une large mesure la mondialisation que nous connaissons aujourd’hui. Voici les lignes directrices de la déclaration des 124 gouvernements présents à Marrakech en 1994 :
« L’ouverture des marchés pour les marchandises, la protection des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce, la volonté de résister aux protections de toute nature, l’accroissement de la production et du commerce de marchandises et de services ».
Cette idéologie néolibérale va à l’encontre des buts de l’OIT. Aucune mention n’est faite des travailleurs, des disparités salariales et sociales entre le nord et le sud, de la qualité de vie et de la plénitude de l’emploi ! Ils ont signé la mort du protectionnisme en ouvrant la porte aux affaires et à la finance. Celui qui ose parler aujourd’hui de réintroduire une dose de protection légitime passe pour un réactionnaire. Tout juste admet-on qu’il faudrait peut-être « réguler » les marchés !
La mondialisation est une des causes du chômage puisque ce que l’on produisait en France se fabrique désormais ailleurs à moindre coût. Les frontières, ont été ouvertes sans discernement, les quotas et les droits de douane ont été quasiment abolis. Passe encore avec l’UE, même si l’on est allé trop vite en acceptant la réciprocité avec des pays dont les salaires et les prestations sociales n’étaient de loin pas équivalents avec les nôtres.
D’ailleurs le chômage est mondial, aucun pays n’échappe à ce fléau qui laisse des millions de personnes sur le carreau. Il y a un écart énorme entre la quantité des emplois nécessaires à la production des biens et des services et à la masse des populations qui ont une nécessité vitale de travailler.
Vingt millions de personnes actives suffisent à faire « tourner » la machine « France » alors qu’ils sont 25 millions à avoir besoin d’un emploi. Voilà bien l’hypocrisie des politiciens qui prétendent résorber le chômage sous l’argument fallacieux de relancer la croissance. Qui plus est : créer des emplois en contestant les 35 heures et en augmentant l’âge de la retraite ! Pour fabriquer quoi ? Le tissu industriel a fondu comme neige au soleil.
On nous cache la vérité, on nous manipule les statistiques. Quand le gouvernement se vante un mois d’un pourcentage de chômage diminué de quelques millièmes, il omet de mentionner les millions de citoyens qui demeurent inexorablement à la recherche d’un simple gagne-pain ! Un moment d’accalmie sans que rien ne change pour les laissés pour compte. Puis la courbe remonte ! Les chiffres sont éloquents : 150.000 chômeurs de plus en 2011 et 500.000 depuis 2007 !
Hélas, le nombre des demandeurs d’emploi et des chômeurs ne peut que s’amplifier dans les années à venir. Raisonnons par l’absurde : supprimons la mécanisation, la technologie et l’informatisation, les responsables de la disparition de millions de postes ! Pourquoi pas un seul emploi par famille comme ce fut le cas durant des décennies ? Des pistes existent cependant pour en atténuer le mal, si ce n’est le guérir. Elles ne peuvent être que dans le partage, le partage équitable du gâteau, bon sang ! Rendez-vous à la semaine de 25 heures payée 35 !
(Cette article a paru dans le livre : Révoltons-Nous… Bon Sang !)
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