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Un homme monte sur la statue de Bokassa et passe une corde autour du cou. Quelques instants plus tard, elle s'écroule au pied de la foule. C'est la fin d'un régime violent qui a vu son président, Jean-Bedel Bokassa, se proclamer empereur d'un empire fantoche.
Peu de temps après la chute du dictateur, qui avait longtemps profité du soutien de la France, l'équipe de Temps Présent se rend en Centrafrique à la découverte d'un pays qui sort d'un long cauchemar.
Ce document a été diffusé à l'antenne sous le titre original : L'après Bokassa
Jean-Bedel Bokassa est né le 22 février 1921. Il perdit ses parents à l'âge de six ans. Son père, qui s'opposait à la puissance coloniale française, fut exécuté et sa mère se suicida peu de temps après. Le jeune Bokassa fréquenta les écoles des missionnaires qui le destinaient à entrer dans les ordres. Il préféra s'engager dans l'armée française en mai 1939. Durant la guerre, il participa au débarquement de Provence et à la bataille du Rhin. Il combattit ensuite en Indochine et en Algérie, obtint la Légion d'honneur et la croix de guerre et quitta l'armée française avec le grade de capitaine.
Son cousin David Dacko, président du Centrafrique fraîchement indépendant, fit appel à ses services pour réorganiser l'armée du pays et le nomma chef d'état-major en 1964. À la fin de l'année 1965, le chef de la gendarmerie tenta un coup d'État. Retournant la situation à son profit, Bokassa renversa Dacko et accéda ainsi au pouvoir le 31 décembre 1965. Bien accueilli par la population, malgré la violence de son régime qui pratiquait torture et exécutions sommaires, Bokassa participa à la création de l'Union des États d'Afrique Centrale (UEAC) avec le Congo-Kinshasa et le Tchad. Son régime était soutenu par la France, qui voyait en lui le plus sûr soutien de ses intérêts dans la région.
Le 2 mars 1972, il se proclama président puis il se couronna empereur le 4 décembre 1977. Bien que présenté comme une monarchie constitutionnelle, son régime restait une dictature violente. Dans la nuit du 20 septembre 1979, alors que Bokassa Ier se trouvait en Libye, le contre-espionnage français lança une opération commando contre le régime à Bangui qui s'effondra en deux jours.
Bokassa se réfugia à Abidjan, en Côte d'Ivoire, puis en France. Il retourna à Bangui en octobre 1986 où il fut arrêté et jugé. Condamné à mort, il vit sa peine commuée en réclusion à vie. Il fut amnistié comme tous les condamnés par André Kolingba en 1993 et mourut trois ans plus tard d'un arrêt cardiaque.
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Journaliste: Jacques Pilet Réalisateur: André Junod