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Plus de cent mille aviateurs ont été précipités au sol par la chute de leur avion entre 1939 et 1945. Plus de la moitié ont perdu la vie, un tiers ont été faits prisonniers, et près de 10 % ont réussi à échapper à leurs poursuivants. Face à ces hommes « tombés du ciel », les civils ne réagirent pas tous de la même façon : les Français de mai-juin 1940 résistèrent à l'envahisseur ; les Anglais firent prisonniers les aviateurs de la Luftwaffe avec retenue ; les Français occupés cachèrent les Alliés et les aidèrent à rejoindre l'Angleterre ; les Allemands les lynchèrent à partir de 1943.
Pourquoi les Dupont, les Smith et les Schmidt ont-ils adopté des comportements si différents ? En tombant de manière inopinée chez les civils, l'aviateur a pénétré comme par effraction au coeur des sociétés. Il en a révélé les composantes profondes. Les réactions qu'il a provoquées dessinent une géopolitique : la défaite de la France en 1940 a pu masquer une insurrection écrasée dans l'oeuf ; le peuple britannique a tenu bon avec civilité ; la Résistance a constitué un mouvement national de première grandeur ; et en Allemagne, les violences populaires avaient un ressort nazi.
Nous entraînant, grâce à des archives et des témoignages inédits, dans les campagnes et les villes françaises, anglaises et allemandes, Claire Andrieu montre l'ampleur de l'engagement des civils dans la guerre. Dans ce livre destiné à devenir une référence, elle renouvelle en profondeur l'histoire de la Résistance et rafraîchit la vision globale de la guerre européenne.
L'histoire du Programme d'Action de la Résistance, ses origines dans la clandestinité et son destin dans la France libérée étaient jusqu'alors méconnus. Grâce à des entretiens avec des personnalités telles que Claude Bourdet, Francis Louis Closon, Jacques Debû Bridel, et Daniel Mayer, Claire Andrieu vivifie l'analyse de manuscrits jusqu'alors inédits. L'ouvrage, montre la naissance et l'intensité croissante de la vie politique au sein des états-majors de la Résistance à partir de l'été 1942. Comment l'idée d'un programme commun de la Résistance est-elle née ? De quelle façon fut-elle menée à bien et par qui ? Après la Libération, le programme du Conseil National de la Résistance (C.N.R.) fut plus souvent invoqué qu'aucun autre programme commun de notre histoire. Dans quelle mesure fut-il appliqué ? Et pourquoi fut-il abandonné ? Le lecteur trouvera ici la réponse à ces questions qui n'ont rien perdu de leur actualité. Quoique né dans des circonstances exceptionnelles, le programme du C.N.R. ne fût pas une innovation radicale. Claire Andrieu montre qu'il est issu d'une tradition française, celle des programmes communs de gouvernement. Mais il reste unique par l'approbation unanime qu'il reçut de la part des droites, des gauches et des mouvements de résistance. Cet accord général ne fut pas le signe d'une impossible fusion des idéologies : il exprima seulement, mais entièrement, l'unité de la Résistance face à l'ennemi.