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Définition
Syndrome du bébé secoué: des lésion physiques et mentales très graves, généralement irréversibles apparaissent suite à des secousses trop violentes
On parle de syndrome du bébé secoué en présence de lésions cérébrales prononcées,handicaps physiques et mentaux irréversibles, voire décès d’un nourrisson suite à des secousses trop violentes.
Secouer quelqu‘un parce qu’on est en colère, stressé, ou surmené est une pulsion compréhensible. En 1971, le médecin Guthkelch a décrit pour la première fois le syndrome du bébé secoué comme cause de pathologies chez le nourrisson.
En raison de l’immaturité de ses muscles, le nourrisson secoué ne peut pas encore stabiliser sa tête par sa propre force. Pour cette raison, ce syndrome touche avant tout des nourrissons et des enfants en bas âge, chez qui les muscles de la nuque ne sont pas encore assez développés.
Si l’enfant est saisi au niveau de la poitrine ou des avant-bras et secoué d’avant en arrière et inversement, des lésion physiques et mentales très graves, généralement irréversibles apparaissent.
Il convient de ne pas confondre le syndrome du bébé secoué avec le «syndrome d’impact des secousses». Dans ce dernier cas, la tête du nourrisson est secouée, mais elle vient en plus heurter un objet dur.
Les nourrissons âgés de 5 mois sont les plus touchés, les garçons étant plus fréquemment atteints que les filles.
Chez les enfants touchés, le taux de mortalité est important: près d’un quart d’entre eux décèdent au cours d’une période allant de quelques jours à plusieurs semaines après avoir été secoué violemment. Les trois quart des nourrissons qui survivent souffriront de handicaps persistants.
Causes
Une secousse infligée avec une force importante, comme décrite dans l’illustration. La tête se balance d’avant en arrière, en étant brutalement stoppée dès qu’elle arrive en position extrême.
Les mécanismes provoquant ces traumtismes sont les forces de rotation qui déplacent les différentes couches de tissu à l’intérieur du cerveau et provoquent la rupture des veines superficielles situées entre les os du crâne et le cerveau. Ces déchirures conduisent à des hémorragies cérébrales, provoquant des lésions du cerveau. Par ailleurs, la pression importante dans le cerveau entraîne un épanchement sanguin sous la calotte crânienne, ainsi que des hémorragies visibles de la rétine et du globe oculaire. Ce type d’hémorragie survient uniquement lors de secousses violentes et pratiquement jamais suite à des accidents ou lorsqu’une pression est exercée sur le crâne et le cerveau.
Des lésions des vertèbres cervicales ou de la moelle épinière ne surviennent quasiment jamais. Important: secouer très doucement le nourisson pour le calmer, ou le bercer n‘occasionne aucune lésion.
Troubles (symptômes)
Si les symptômes suivants apparaissent après qu’un nourrisson ou un enfant en bas âge a été violemment secoué, il s’agit d’une urgence médicale devant être prise en charge par un médecin (service de secours, composer le 144 pour la Suisse):
- Convulsions (crises épileptiques)
- Altérations de la conscience
- Fontanelle bombée
- Troubles de la respiration (apnées)
- Hémorragies visibles au niveau des yeux
- Des marques (hématomes) sur le corps et les bras peuvent éventuellement être constatées. Dans la plupart des cas, on décèle de petites fractures.
Les symptômes cités peuvent également être les signes d’un accident ou d’une maladie (méningite), c’est pourquoi ils doivent faire l’objet d’un examen médical.
Examens (diagnostic)
Une description de la survenue des premiers symptômes chez le nourrisson ou le récit du déroulement des faits par des tiers permettent parfois au médecin de suspecter un syndrome du bébé secoué.
Bien souvent on ne décèle aucun épanchement sanguin ou hématome sur le corps ou les bras de l’enfant.
Les examens suivants peuvent conforter le diagnostic:
- Examen du fond de l’oeil ou ophtalmoscopie. Si des secousses violentes ont eu lieu récemment, on peut déceler des hémorragies du globe oculaire et de la rétine.
- Tomographie: met en évidence les hémorragies sous la calotte crânienne, ainsi que les lésions cérébrales.
- Tomodensitométrie à résonance magnétique: met en évidence les hémorragies cérébrales (ce qu’on appelle «shearing injuries», car provoquées par un mécanisme de cisaillement).
Options thérapeutiques
Un enfant présentant les symptômes évoqués doit être hospitalisé immédiatement.
Un épanchement de sang peut, au mieux, être ponctionné pour décongestionner le cerveau.
Les maladies secondaires résultant du syndrome du bébé secoué doivent être traitées en conséquence.
La maltraitance d’enfants en bas âge nécessite un programme de réhabilitation intensif, comportant un accompagnement par un pédiatre et un neurologue ainsi que de la kinésithérapie.
Bien entendu, les personnes s’occupant d’enfants doivent être informées et suivies.
Complications possibles
75% des enfants qui survivent souffrent de séquelles à long terme, telles que troubles de la vision pouvant aller jusqu’à la cécité, épilepsie, handicaps mentaux ou une combinaison de ces affections. De nombreuses atteintes neuropsychologiques ne sont décelées qu’au cours de la scolarité.
Mesures préventives
Il arrive même aux spécialistes de sous-estimer le syndrome du bébé secoué chez les nourrissons et les enfants en bas âge. Pour cette raison, la première mesure préventive est une information précise du grand public sur les séquelles possibles pouvant résulter de ces secousses violentes. La «Fondation Enfance et Violence» a publié une brochure à ce sujet.
Pour commander:
Fondation Enfance et Violence
Secrétariat
Madame Silvia Krebs
Eigermatte 46
Boîte postale 1235
3110 Münsingen
Il est conseillé aux parents de bébés pleurant beaucoup (coliques du nourrisson) de se confier à leur médecin ou pédiatre, à une puéricultrice, à une assistante sociale ou à la Fondation «Main Tendue» (Téléphone 143) ou du moins d’en discuter avec leurs proches et amis
Un syndrome du bébé secoué s’explique souvent par des réactions excessives suite à un surmenage. Ne pas pouvoir contrôler ses pulsions dans ces moments-là peut conduire à la maltraitance physique.
Faire intervenir des tiers demande du courage. Mais parler ouvertement de problèmes de surmenage avec les parents ou les gardes d’enfants peut être un geste décisif pour protéger les enfants.
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