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Mozart avait dix-neuf ans lorsqu’il a composé d’une traite ses cinq concertos pour violon au cours de l’année 1775, alors qu’il occupait un poste de maître de chapelle à la cour du prince-archevêque de Salzbourg. Ces cinq œuvres sont restées les seules productions de Mozart dans le registre concertant pour violon. Bien que le compositeur privilégiait le piano comme instrument soliste, le concerto pour violon a atteint sous sa plume un nouveau point culminant dans la progression du genre après les concertos pour violon de Jean-Sébastien Bach. Mozart a résumé dans ces œuvres tout ce qu’il avait appris du développement musical en Allemagne, en France et en Italie. Au cours de son dernier voyage italien (automne 1772 à mars 1773), il avait en particulier pu rencontrer de grands virtuoses du violon issus de l’école de Giuseppe Tartini. Les concertos de Mozart en disent aussi long sur la propre virtuosité instrumentale du compositeur, ainsi que l’a confirmé son père, célèbre pédagogue d’une grande sévérité : « Tu ignores toi-même que tu joues fort bien du violon lorsque tu veux seulement te faire honneur, et pourvu que tu acceptes de jouer avec allure, cœur et esprit, oui, comme si tu étais le meilleur violoniste d’Europe. »
Alors que le Concerto Nº 2 K. 211 se montre encore quelque peu conventionnel, avec une partie orchestrale réduite au rôle d’accompagnement, les Concertos Nº 3 K. 216 et Nº 5 K. 219 font valoir un dialogue beaucoup plus étroit entre le violon et l’orchestre. Les mouvements lents témoignent d’une grande profondeur expressive, alors que les derniers mouvements sont d’une grande originalité et réservent maintes surprises à l’auditeur.
A ces concertos s’ajoute la Symphonie Nº 1 K. 16, composée en 1764 alors que Mozart n’avait que huit ans. Le jeune musicien, qui voyageait alors avec sa famille à travers toute l’Europe, a écrit cette symphonie à Londres, ville où il a aussi fait la connaissance de Jean-Chrétien Bach. L’influence de ce fils « londonien » de J. S. Bach s’est fait sentir dans les symphonies de jeunesse de Mozart, à l’instar de ce ravissant « premier-né » nourri du désir enfantin de faire proprement « danser » les violons et marqué de la fierté du musicien de pouvoir écrire lui-même une véritable « Sinfonia ». Celle-ci a vraisemblablement été créée le 21 février 1765, à l’occasion d’un concert qui s’est déroulé au Haymarket Theatre de Londres.