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Ce chiffre est très largement inférieur aux plus de 200'000 victimes estimées dans un rapport publié en octobre par une commission indépendante.
Selon la Conférence épiscopale espagnole (CEE), qui cite dans son document une partie seulement du rapport d'audit, qui lui a été remis mi-décembre, le chiffre de "2056 victimes" peut être "déduit" du nombre de plaintes déposées jusqu'à aujourd'hui contre des membres de l'Eglise.
Nombre réel supérieur
"Il est cependant évident que le nombre réel" de victimes "est supérieur" à ce chiffre, précise la CEE dans ce document, portant sur les mesures prises par l'Eglise pour faire face à l'abus de mineurs.
L'audit en question, réalisé par le cabinet d'avocats Cremades & Calvo-Sotelo, avait été commandé en février 2022 par la CEE. Il s'agit de la première enquête sur le sujet de l'Église catholique espagnole, critiquée pour son opacité.
La CEE s'est engagée à publier à une date ultérieure l'intégralité du rapport, qui s'intéresse aux violences sexuelles commises aussi bien par des membres du clergé que par des laïcs travaillant pour des institutions religieuses.
Victimes essentiellement masculines
L'audit, qui recense un total de 1383 plaintes mais ne donne pas le nombre de religieux qui auraient commis des agressions sexuelles, précise que ces victimes sont "essentiellement" des hommes, et que les violences ont été commises principalement dans "des écoles et des séminaires" par des prêtres ou des professeurs.
En octobre, un rapport inédit d'une commission indépendante a évalué à plus de 200'000 personnes le nombre de mineurs victimes de violences sexuelles de la part du clergé catholique, soit 0,6 % de la population espagnole adulte.
Ce bilan passe à plus de 400'000 victimes (1,13 % de la population adulte) si l'on tient compte des agressions commises par des laïcs dans des contextes religieux, toutes confessions confondues, selon cette commission.
Le président de la CEE, le cardinal Juan Jose Omella, avait alors affirmé que l'Église était au courant de 1125 cas et émis des doutes sur la fiabilité des chiffres avancés dans le rapport de la commission d'enquête indépendante.
Contrairement à la France, à l'Allemagne, à l'Irlande ou encore aux Etats-Unis, l'Espagne, pays à forte tradition catholique, n'avait encore jamais réalisé une enquête indépendante sur ce fléau avant ces études récentes.
>> Notre podcast "Pourquoi y a-t-il autant de prêtres pédocriminels" :
ats/fgn