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Souvenez-vous (c'est pas si vieux) : il y a dix ans, en 2018, la Confédération et la Banque Nationale (BNS) balançaient des milliards dans une opération de sauvetage d'UBS, menacée de disparaître dans les tourbillons de la crise financière mondiale, et "trop grande pour faillir" (to big to fail) sans risquer de casser toute l'économie suisse. La crise qui avait failli engloutir UBS avait en fait été créée par les imprudences systématiques (systémiques, même)des banques, qui avaient accordé des crédits non garantis par les débiteurs, ni couverts par les fonds propres des créditeurs. L'initiative "monnaie pleine" soumise au vote populaire le mois prochain est une forme de réponse à cette crise : elle prévoit que les banques ne pourront plus accorder de prêts au-delà des fonds dont elles disposent réellement (et qui aujourd'hui ne couvrent que 1 % des dépôts en banque). Autrement dit,. qu'elles ne pourront plus créer de la "monnaie scripturale" (qui représente actuellement 90 % de la masse monétaire dans un pays comme la Suisse). Une forme d'assurance, en somme, chaque prêt étant garanti par les fonds propres de la banque, celle-ci ne risquant plus de se retrouver dans la situation d'UBS, et la Confédération et la BNS dans l'obligation de sauver une banque "trop grande pour faillir".