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Ce n’est pas une grande surprise, le gouvernement du Canada a signé une lettre d'offre et d'acceptation de ventes militaires à l'étranger pour un maximum de 16 avions Boeing P-8A « Poseidon », dans le cadre du Projet d'avions multimissions canadiens (CMMA).
Rappel
Pour mémoire, il était prévu qu’un appel d’offre serait lancé à partir de 2024 en vue de l’ouverture d’une compétition ouvrant la voie au choix du futur appareil. Les offres devaient être soumises en 2027 selon le calendrier initial prévu. Dès lors, deux concurrents ont manifesté de l’intérêt pour ce qui devait devenir un concours ouvert. Il s’agit de Boeing avec le P-8A « Poseidon » et l’avionneur canadien Bombardier avec son Global 6500 modifié.
Au mois de mars de cette année, le Services publics et Approvisionnement Canada, le ministère fédéral des contrats a créé la surprise en demandant une offre de prix au gouvernement américain pour une flotte de P-8A, notifiant au passage que seul le P-8A pouvait répondre aux besoins du Canada.
Cette décision a été jugée incompréhensible par certains politiques du pays et suscite depuis une action de lobbying en faveur de Bombardier. Le premier ministre du Québec, François Legault, et le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford, ont publié le 12 juillet dernier, une déclaration conjointe appelant le premier ministre Justin Trudeau à permettre aux entreprises canadiennes de concourir pour fournir à l'Aviation royale canadienne un nouvel avion de patrouille maritime.
De son côté le Services publics et Approvisionnement Canada a publié une déclaration soulignant que la notification des États-Unis n'engageait pas le Canada à acheter le P-8. « Le Canada continue d'évaluer ses options », indique le communiqué. "La décision finale sera basée sur l'évaluation par le Canada de la capacité offerte, de la disponibilité, des prix et des avantages pour l'industrie et les communautés canadiennes. »
Un choix logique
Si, la bataille politique avait du sens, il faut reconnaitre que le projet purement canadien basé sur une adaptation d’une cellule de Bombardier 6500 souffrait du fait que ce dernier n’existait que sur le papier. La mise au point aurait duré un certain temps retardant ainsi le remplacement de vieux CP-140 « Aurora » en service depuis le début des années 1980. Il fallait impérativement trouver un remplaçant livrable rapidement avec des capacités opérationnelles éprouvées. Le P-8A répond parfaitement à ces besoins.
De plus, le Canada se joint ainsi à 8 partenaires de défense, dont tous les alliés de FIVE EYES, l'alliance du renseignement qui comprend également les États-Unis, le Royaume-Uni, l'Australie et la Nouvelle-Zélande et devient le cinquième pays de l'OTAN à avoir choisi le P-8 comme outil multimission. La première livraison est attendue en 2026.
Partenariat
L'équipe Poséidon constitue la pierre angulaire du partenariat industriel canadien P-8 de Boeing, composé de CAE, GE Aviation Canada, IMP Aerospace & Defence, KF Aerospace, Honeywell Aerospace Canada, Raytheon Canada et StandardAero. L'équipe s'appuie sur les 81 fournisseurs canadiens existants de la plateforme P-8 et sur plus de 550 fournisseurs de Boeing dans toutes les provinces, contribuant ainsi aux retombées économiques annuelles de l'entreprise d'environ 4 milliards de dollars canadiens pour le Canada, soutenant plus de 14 000 emplois canadiens.
Boeing P-8A « Poseidon »
Le P-8A « Poseidon » de Boeing est un avion de longue portée de lutte anti-sous-marine (ASM) et antisurface (LAN), renseignement, surveillance et reconnaissance (RSR). Le P-8A est capable de longues patrouilles proche et loin des côtes.
Le P-8A « Poseidon » est conçu pour assurer l'avenir de la Marine à long rayon d'action dans les missions de patrouille maritime. Le P-8A offre une plus grande capacité de combat et demande moins d'infrastructure tout en se concentrant sur la réactivité et l'interopérabilité avec les forces traditionnelles. L’avion peut échanger ses informations avec l’ensemble des bâtiments de surface, sous-marins, avions et drones en service.
Pour Boeing, le choix de base d’une cellule de B737 NG permet une réduction des coûts importante, le constructeur estime cette base permettra de décliner d’autres versions du P-8A afin de remplacer plusieurs appareils actuellement en services et destinés à des opérations spéciales. Pour Boeing, il est possible par exemple de remplacer les B707 et autres C-130 spécialisés dans les domaines de l’écoute électronique, commandement volant, guerre psychologique (PsyOps), brouillage.
Cet avion équipé de liaison 11, liaison 16 et de systèmes internet, doit agir dans un concept de guerre en réseau en collaboration les autres aéronefs.
Photos 1 P-8A aux couleurs du Canada 2 P-8A de l’US Navy @ Boeing