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Critique
Dans un futur proche où les dérèglements climatiques ont pour conséquence un déluge sans fin, un problème de plomberie entre deux appartements dégénère avec la formation d'un trou entre le sol de l'un et le plafond de l'autre. Tsaï Ming-liang, toujours traumatisé par l'eau et les inondations, compose une vision pessimiste du futur autour de son thème de prédilection, l'incommunicabilité, en s'appuyant sur son habituelle lenteur soporifique. Ici le mal est kafkaïen et s'insinue par tuyaux et canalisations où se développe une bactérie qui affecte les comportements, réduisant les humains à singer le cafard. L'accès à l'autre, la communication sont réduits à un trou, un passage dont les échanges sont essentiellement traumatisants, et quand enfin on laisse passer un bout de chair, l'amputation n'est pas loin. Le trou est l'allégorie métaphysique des angoisses de Tsaï, l'expression du vide qui sépare les êtres et que seul le rêve et les fantasmes peuvent à nouveau réunir. Tsaï, cinéaste entomologiste, illumine l'Asie de son intelligence.
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