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Après un voyage qui m’a conduit dans le comté de Cork et les bibliothèques de Dublin, à la poursuite des représentations des visions d’artistes anglais tout en les confrontant à la réalité des lieux et des histoires que j’ai précieusement collectées. Ainsi, j’ai écrit un essai lié aux conditions contemporaines de l’expérience en suivant l’idée de déconstruire et de comprendre comment l’identité d’un lieu est forgée et propagée par le regard étranger.
Lors de la présentation de cette performance-recherche au Solstice Art Center, j’ai raconté au public l’histoire de ma tentative de traverser la représentation d’un paysage.
Présentée au Solstice Art Center de Navan en Irlane, cette performance raconte une tentative de traversée d’un paysage, et de sa représentation. Au cours d’un voyage initié dans une bibliothèque à Dublin qui m’a conduite dans le comté de Cork, j’ai rencontré différents personnages passés, présents, réels ou fictifs. La première étape de cette quête s’est terminée par l’intervention d’une femme lumineuse qui, tout en m’aidant à trouver le château, m’en a empêché l’accès. J’ai invité les auditeurs à se joindre à moi et à entrer dans le château avec une édition de poster :
À gauche :
Le paysage qui se trouve derrière cette note a été gravé au XIXe siècle par un voyageur anglais. Il contient de nombreux éléments attendus d’un paysage irlandais : un ciel incertain qui confère à ces terres un éclairage particulier, doux et dramatique, de l’herbe verte, des bêtes qui paissent, de l’eau sombre et les ruines d’un château : Kilcolman Castle. Si vous vous renseignez sur ce château, vous apprendrez tout d’abord qu’il fut pendant dix ans la demeure d’Edmund Spenser, figure emblématique de la littérature anglaise du XVIe siècle. Son dernier poème raconte l’histoire du roi Arthur avant qu’il ne devienne roi. Après avoir rêvé une nuit de la reine Faierie, il se réveille dans le seul but de la retrouver. A travers plusieurs allégories, des images somptueuses sont déployées et l’on dit que certaines d’entre elles puisent leur source sur le site du château jadis orgueilleux, dont il ne reste qu’une tour envahie par le lichen.
Porté par une certaine nostalgie, la personne propriétaire de la gravure a quitté Dublin fin janvier 2017 pour retrouver les traces du château.
À droite :
…et la personne propriétaire de cette édition imprimée l’a rejointe plus tard.
Texte d’Anaïs Wenger