Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06916.jsonl.gz/249

Plus de détails sur le mulesing :
La myiase : Une idée reçue circulant depuis longtemps consiste à croire que plus un mouton a de plis de peau, plus il produira de la laine de qualité. C'est pourquoi, depuis des centaines d'années, les moutons mérinos sont sélectionnés en fonction du plus grand nombre de plis cutanés possible. Un animal très sensible à la myiase s’est ainsi développé. Cette pathologie s’installe lorsque les mouches bleues pondent leurs œufs dans les plis de la peau des moutons. Les mouches bleues sont particulièrement attirées par des plis de peau humide, souillée par les matières fécales et l'urine, terreau idéal pour la croissance des asticots. Ce sont donc les fesses des moutons qui sont le plus touchées. Après l'éclosion, les asticots pénètrent la peau et la chair, et les moutons souffrent bientôt. Les asticots, s'ils ne sont pas détectés et traités, peuvent causer des blessures pouvant entraîner d’extrêmes douleurs, voire la mort.
Le mulesing : Dans les années 1920, en réponse aux épidémies régulières de myiase en Australie, John Mules a mis au point une technique de mutilation rapide et peu coûteuse qui porte son nom - le « mulesing ». Cette technique de mutilation est destinée à minimiser le risque d'une éventuelle infestation par les mouches. Le mulesing consiste généralement à fixer des agneaux âgés de 2 à 10 semaines sur un dispositif métallique spécial, de sorte que les plis de peau sur leurs fesses et autour de la queue puissent être coupés à l'aide de ciseaux tranchants. Une fois la blessure cicatrisée, il reste du tissu cicatriciel lisse et sans rides, sur lequel ne pousse plus de laine. En général, les fesses nues sont moins susceptibles d'attirer les mouches. Cependant, la pratique cruelle du mulesing est généralement effectuée sans ou avec des analgésiques insuffisants. Les jeunes agneaux souffrent d'un stress important et perdent du poids alors qu'ils sont en pleine croissance. Les agneaux évitent également la personne qui les a mutilés pendant les cinq semaines qui suivent l'opération. Il ne fait aucun doute que cette procédure cause de grandes douleurs et un grand stress aux jeunes agneaux. Cette pratique est non seulement surannée, mais n'empêche même pas l'infestation d'autres parties du corps par les asticots des mouches. Cependant, il existe une solution globale indolore (voir la rubrique solution). Le mulesing n'est actuellement pratiqué qu'en Australie. Alors que la pratique du mulesing est interdite par la loi en Nouvelle-Zélande voisine, elle est tout à fait légale en Australie, avec ou sans soulagement de la douleur. On estime que plus de dix millions d'agneaux sont mutilés de la sorte chaque année.
Le « Freeze Mulesing » (Steining/Freeze Branding) : Tout comme le mulesing classique, le mulesing à l’azote liquide est une mutilation des agneaux. La principale différence est l’utilisation de l'azote liquide au lieu des ciseaux pour ôter la peau périanale. Les agneaux sont fixés et la peau de la région du siège est congelée à l'azote liquide. Des tests effectués ont montré que les animaux montrent des signes de douleur et souffrent de malaises physiques plusieurs jours après la procédure. La zone de peau affectée est détruite, ce qui entraîne un œdème, la sécrétion de liquide tissulaire, un gonflement et des changements de couleur de la peau. Pendant et après la mutilation, les agneaux présentent une augmentation du rythme cardiaque et respiratoire ainsi qu’une température rectale plus élevée. Cet état peut durer de plusieurs heures à plusieurs jours. Les agneaux sont également réticents à se faire toucher la queue après l'opération. En effectuant le mulesing par congélation, on remplace simplement une mutilation par une autre, au lieu de produire des moutons plus résistants à la myiase, rendant ainsi le mulesing inutile !
Solution : Une alternative indolore est une bonne gestion et le passage à des races de moutons sans rides et plus résistants au risque d'infestation par les mouches. Selon les producteurs de laine qui ont déjà opéré la transition et bannissent le mulesing, le changement complet peut se faire sur une période allant de 3 à 5 ans. Plus de 1’000 producteurs de laine en Australie ont déjà réussi et produisent de la laine certifiée sans mulesing. Ils sont la preuve que le mulesing est une pratique dépassée qui n'a plus lieu d’être. Tous les grands fournisseurs de laine peuvent fournir de la laine certifiée, dont la traçabilité est fiable, sans avoir recours au mulesing (« wool with a butt »). Plus de 100 marques se sont prononcées contre le mulesing et certaines d'entre elles vendent déjà des produits certifiés sans mulesing. QUATRE PATTES exhorte l'industrie lainière, et en particulier les marques, d’inclure la responsabilité pour le bien-être des moutons dans leurs chaînes d'approvisionnement. Les marques doivent fixer un calendrier pour l'élimination progressive du mulesing et le communiquer publiquement. Un engagement clair des marques enverra à leurs chaînes d'approvisionnement un signal d’une demande croissante de laine sans mulesing. Si vous souhaitez que davantage de marques soient « sans mulesing », signez notre pétition dans laquelle nous demandons aux marques de cesser d'utiliser la laine de moutons victimes du mulesing.
Les marques : En raison de l'inquiétude croissante des consommateurs, plus de 100 marques et détaillants internationaux se sont publiquement positionnés contre le mulesing. Un certain nombre de marques incluent déjà la responsabilité du bien-être animal dans leur chaîne d'approvisionnement et proposent de la laine certifiée, traçable et obtenue sans avoir recours au mulesing (« wool with a butt »). Cependant, l'industrie lainière australienne, couvrant 90 % de la production mondiale de laine fine destinée à l'industrie de l'habillement, n’avance pas au même rythme. Les marques ont le pouvoir d'influencer l'industrie lainière et de mettre en avant des normes plus strictes en matière de bien-être animal. Consultez notre liste des 100 marques pour savoir lesquelles se sont prononcées contre le mulesing et celles qui ont déjà pris des mesures concrètes pour mettre en œuvre une transition progressive vers une laine obtenue sans avoir recours au mulesing.