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L’Inspection fédérale de la sécurité nucléaire IFSN publie les rejets par l’air des centrales nucléaires suisses depuis 2014 sur son site Internet. Ces données vont maintenant être complétées par le carbone et le tritium.
Les exploitants des centrales nucléaires suisses surveillent sans arrêt les rejets de leurs installations en prélevant des échantillons de l’air sortant de la cheminée d’aération. L’IFSN publie régulièrement ces données EMI sur son site Internet. Ces données d’émissions comptabilisées permettent aux exploitants de prouver que les limites de rejets spécifiées dans leur autorisation d’exploitation sont respectées.
La publication des données mesurées comprenait jusqu’à présent les rejets de gaz rares, d’iode et d’aérosols. L’IFSN publie aussi maintenant les rejets du carbone C-14 et du tritium H-3. Ces données ont été demandées en application de la loi sur transparence. L’IFSN a décidé de ne pas les mettre seulement à disposition du requérant, mais de toute la population suisse.
Il faut savoir que les données de rejets de carbone C-14 et de tritium H-3 n’ont pas été publiées jusqu’à présent car ces rejets ne sont pas limités légalement. De plus, le taux de carbone C-14 dépend avant tout de la puissance à laquelle fonctionne un réacteur. Finalement, les installations nucléaires ont mesuré ces dernières années les rejets de carbone C-14 et ont pu prouver qu’ils correspondaient aux valeurs mesurées il y a une trentaine d’années, et à celles qu’on peut trouver dans la littérature pour des installations comparables.
Le carbone C-14, aussi appelé radiocarbone, est un nucléide radioactif émetteur de rayons bêtas (électrons) et à la demi-vie (période) de 5730 années, dont le charbon naturels contient des traces (voir le Rapport sur la radioprotection 2015, Partie B, Chapitre 1.3). Le carbone 14 prend naissance dans les couches supérieures de l’atmosphère à partir de l’azote N-14, quand celui-ci est excité par les rayons cosmiques. Dans les centrales nucléaires, le carbone C-14 se forme suite à la réaction nucléaire de neutrons avec de l’azote, du carbone et de l’oxygène.
Le carbone 14 permet de dater le matériel organique, une méthode particulièrement employée en archéologie. En effet, de son vivant, un organisme détient la même proportion de carbone 14 par rapport aux autres isotopes stables, comme le carbone de l’atmosphère. Aussi longtemps qu’un organisme vit, il absorbe du carbone 14 et l’emmagasine. Dès le moment où cet échange permanent s’arrête, quand par exemple un arbre tombe, le taux de carbone 14 diminue car il se désintègre. Ainsi, il est possible de déterminer l’âge d’organismes vivants en calculant le rapport entre le carbone 14 restant et les autres isotopes stables.
Le tritium (H-3) est un élément radioactif aussi émetteur de rayons bêta, et d’une demi-vie de 12,32 années. Le tritium est un isotope de l’hydrogène qu’on trouve sous forme de traces dans la nature. Il est appelé « eau lourde » à cause de sa masse. Le tritium est produit de façon naturelle dans la stratosphère. Dans les centrales nucléaires, le tritium se forme surtout dans le liquide de refroidissement du circuit primaire de réacteur à eau pressurisée, du fait qu’on ajoute une certaine quantité d’acide borique dans l’eau du cœur du réacteur pour piloter la réactivité.