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La nouvelle directrice générale de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) s'est dite ravie de diriger l'une des institutions les plus importantes au monde. "Nous avons beaucoup de travail. Je me sens prête", a affirmé Ngozi Okonjo-Iweala, désormais la septième directrice générale de l'OMC. Devant le Conseil général, l'organe le plus élevé, elle a ensuite promis d'user de son expérience pour réformer l'institution, un effort souhaité par les différents membres.
"Je suis enthousiaste d'être la première femme et la première Africaine à diriger l'organisation, mais ce qui importe, c'est d'avoir la personne la plus compétente à ce poste", a-t-elle confié au micro de la RTS lundi après-midi depuis le siège de l'OMC à Genève.
Un titre "sexiste et raciste"
Dans son premier tweet comme directrice générale, elle est revenue pour la première fois sur le titre de l'article de plusieurs journaux alémaniques du groupe CH Media la présentant comme la "grand-mère" qui allait diriger l'OMC. Elle a remercié les nombreuses personnalités qui ont dénoncé le titre choisi par ces journaux. "Nous devons rappeler à l'ordre cette attitude lorsqu'elle est observée", a-t-elle affirmé après un titre considéré comme "sexiste" et "raciste". "Il était important et adapté qu'ils s'excusent", a-t-elle ajouté.
Les ambassadeurs de la Genève internationale ont, eux, envoyé une lettre aux responsables de ces journaux et ont aussi laissé entendre que "présenter des personnalités internationales dans des termes plutôt péjoratifs et rabaissants" pourrait porter préjudice à la politique suisse d'Etat-hôte.
Face aux critiques outrées par la formulation choisie dans ses journaux, dont l'Aargauer Zeitung ou la Luzerner Zeitung, CH Media s'était rapidement excusé et avait modifié son article en ligne. Le groupe a nié toute motivation raciste derrière ce titre. "En lisant le texte, on s'en rend compte", avait souligné le directeur éditorial du groupe Pascal Hollenstein.
"On ne peut pas se sauver tout seuls"
Ministre nigériane à plusieurs reprises, Ngozi Okonjo-Iweala a également oeuvré au sein d'organisations internationales. Elle souhaite que l'OMC améliore la situation des pays pauvres et contribue comme elle le peut à une vaccination solidaire contre le Covid-19. "Il faut un accès équitable au vaccin, qu'il soit abordable pour tous et partout, parce qu'on ne peut pas se sauver tout seuls", a-t-elle souligné dans le 19h30.
Sur cette seconde question, les discussions actuelles entre les membres n'ont pas permis d'atteindre un consensus. De nombreux Etats sont favorables à des exceptions aux brevets, demandées par des ONG comme Médecins Sans Frontières (MSF). Mais des pays riches, dont la Suisse, appuient les entreprises pharmaceutiques et estiment de leur côté que l'accord sur ces questions déjà en vigueur (ADPIC) suffit. La nouvelle cheffe de l'OMC s'est montrée conciliante en appelant à une voie intermédiaire. Elle souhaite oeuvrer comme médiatrice entre ces blocs.
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Nombreux blocages à gérer
La Nigériane devra aussi s'activer pour mettre un terme à la crise institutionnelle de l'OMC, en raison du blocage américain du renouvellement des juges du tribunal d'appel. La nouvelle administration de Joe Biden maintient en effet l'attitude de celle de Donald Trump.
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Les discussions pour éliminer les subventions à la surpêche n'ont, elles, toujours pas abouti. Ngozi Okonjo-Iweala a salué lundi l'appel lancé par la société civile à avancer. Là encore, la question sera urgente pour la patronne de l'organisation.
ats/Vincent Cherpillod
"La globalisation a marginalisé des gens, tout comme elle en a sauvé d'autres"
Porte-drapeau de la mondialisation aux yeux d'une partie du monde, l'Organisation mondiale du commerce est régulièrement accusée de creuser le fossé Nord-Sud. Ainsi, pour certains, l'Afrique souffre d'un trop-plein de globalisation. Mais d'autres pensent au contraire qu'elle manque au continent.
"La globalisation a marginalisé des gens, tout comme elle en a sauvé d'autres de la pauvreté tout autour du monde. Des gens ont été laissés pour compte, y compris dans les pays riches. C'est pour cela que nous voyons une montée du populisme", a estimé Ngozi Okonjo-Iweala au micro de la RTS.
"Ce dont l'Afrique a vraiment besoin, c'est d'investissements. Afin de créer des emplois, car nous avons une population jeune, et afin d'ajouter de la valeur à nos produits pour ne plus exporter seulement des matières premières", analyse la patronne de l'OMC.
>> Ecouter l'interview complète et en anglais de Ngozi Okonjo-Iweala: