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Une enquête pénale a été ouverte contre le directeur de l'Office fédéral de l'aviation civile (OFAC) en lien avec son précédent emploi.
Raymond Cron – qui reconnaît les faits – a versé 180'000 francs de primes à sept subordonnés sans en informer son ex-employeur Batigroup.
Cette enquête suit une plainte déposée à la mi-octobre par le No2 du secteur de la construction en Suisse contre un de ses cadres, indique Thomas Staffelbach, porte-parole de Batigroup.
Le cadre en question aurait commis des infractions financières pour plusieurs centaines de milliers de francs. Il se trouve actuellement en détention préventive.
Le ministère public du demi-canton de Bâle-Ville a étendu l'enquête à d'autres personnes, dont Raymond Cron. Le chef de l'OFAC s'est exprimé lundi de son plein gré devant la presse à Berne, accompagné de son avocat.
Les faits se sont déroulés entre janvier 2002 et juillet 2003. Dans une période de «très forte charge de travail», le patron de l'OFAC dit avoir versé sans l'accord de son ex-employeur des primes spéciales à sept subordonnés ayant montré un engagement exceptionnel.
«Une faute grave»
Raymond Cron reconnaît avoir «commis une faute grave» en voulant «trouver une solution pragmatique et efficace à un problème».
«Je savais que je contrevenais au règlement interne mais je n'ai pas pensé contrevenir à la loi», avance le chef de l'OFAC, en poste depuis mai 2004.
«L'argent est revenu exclusivement aux collaborateurs concernés, à l'exception d'un solde d'environ 4000 francs qui m'est resté», ajoute Raymond Cron.
Entretemps, il dit avoir remis cette somme à Batigroup par l'intermédiaire de son avocat et s'être excusé auprès de son directeur.
Selon son porte-parole, Batigroup avait «substantiellement» augmenté le salaire d'au moins un des collaborateurs concernés et lui avait promis un gros bonus. Malgré cela, Raymond Cron lui avait remis une prime supplémentaire.
Le directeur de l'OFAC dit regretter profondément ses actes dont il a informé son ministre de tutelle Moritz Leuenberger et se dit prêt à en assumer les conséquences.
Excuses présentées
Interrogé sur une éventuelle démission, Raymond Cron s'est contenté de répéter qu'il n'y avait aucun lien entre «cette erreur» et ses activités actuelles.
Le verdict n'y changera rien, assure-t-il, estimant suffisant d'avoir reconnu sa faute et présenté des excuses. Selon son avocat, Raymond Cron risque une peine «avec sursis» ne se comptant pas en années mais en mois.
Dans un communiqué, le Département fédéral des transports (DETEC) relève que la conduite de l'OFAC par Raymond Cron «n'a jamais donné lieu au moindre reproche».
Il a au contraire fait l'objet d'appréciations positives de la part du Parlement et sa gestion du dosser délicat de l'aéroport de Zurich lui a valu «le respect des milieux concernés».
Il n'en reste pas moins que «son comportement est à condamner» et qu'il a «objectivement manqué à ses obligations», souligne le DETEC.
«Toute sa confiance»
En attendant que la justice établisse la qualification juridique exacte de ses actes, Moritz Leuenberger garde «toute sa confiance à Raymond Cron pour l'exercice de sa fonction actuelle».
Pour rappel, le précédent directeur de l'OFAC, André Auer, avait été contraint de quitter ses fonctions en août 2003 à la suite d'un rapport d'experts sur la sécurité.
La polémique avait rebondi autour d'une procédure d'atterrissage non conforme à l'aéroport de Lugano-Agno, dans le canton du Tessin.
swissinfo et les agences
Faits
Raymond Cron est arrivé à la tête de l'Office fédéral de l'aviation civile en mai 2004.
Entre janvier 2002 et juillet 2003, il avoue avoir versé 180'000 de primes à sept subordonnés sans en informer son employeur de l'époque.
Une enquête pénale a été ouverte contre lui.
En attendant que la justice établisse la qualification juridique exacte de ses actes, son ministre de tutelle garde toute sa confiance à Raymond Cron pour l'exercice de sa fonction actuelle.