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Toute sa vie, Alice Schmid a abordé les thèmes de l’enfance, de la violence et des abus. Elle a écrit des livres et réalisé des films sur ces sujets sans savoir qu’elle avait elle-même été victime d’abus dans sa jeunesse. Cet événement a non seulement été refoulé par sa conscience lorsqu’elle avait seize ans, mais il a complètement été effacé de sa mémoire. Cinquante ans plus tard, Alice se retrouve par hasard face au tableau « Puberté » d’Edvard Munch à Oslo. Cette fille nue lui rappelle brusquement ce qui lui était arrivé dans le passé.
Après avoir subi ces abus, Alice s’est tue. Elle s’est retrouvée quelques années plus tard dans un internat catholique pour filles en Belgique, avec des filles ayant fui la guerre civile au Congo. C’est avec elles qu’elle a retrouvé la parole, et s’est découvert une fascination pour le continent africain, où elle a réalisé plusieurs films. Le choc du souvenir est profond. Intuitivement, elle se rend seule dans le désert de l’Afrique du Sud.
Elle va y poursuivre ses questionnements : Comment cela a-t-il pu lui arriver, et pour-quoi a-t-elle gardé le silence ? Comment une telle forme de répression mémorielle a-t-elle pu avoir lieu ? Comment se fait-il qu’à travers tous ses films, elle ait abordé ces thèmes sans jamais songer à sa propre expérience ? Pour tenter de répondre à ses interrogations, Alice se replonge dans son passé et s’intéresse au phénomène du silence et de la répression mémorielle qui touche de nombreuses femmes, mais aussi de nombreux hommes.