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Giorgio Diritti jette d’emblée le spectateur dans le labyrinthe d’une maladie mentale sans issue, une souffrance insondable qui amène Ligabue enfant et adolescent (Leonardo Carrozzo et Oliver Ewy) à des explosions de violence et de rébellion, puis à l’isolement et au stigmate. (...)
On suit avec intérêt le développement de cette folie comme une dimension alternative de la vie faisant contrepoids à celle qu’on appelle «normale», le rapport de Ligabue avec la communauté qui l’entoure, sa manière de se protéger des émotions et des stimulations du monde extérieur, qui amène le peintre à imaginer des connexions surprenantes et originales à travers les couleurs et l’argile, à travers un nouveau langage expressif, à l’époque jugé scandaleux et en dehors des conventions. (...)
L’oeil de Ligabue qui espionne le monde hostile de dessous son chapeau enfoncé sur sa tête dans la scène d’ouverture du film n’est pas seulement celui de l’artiste né au XIXe siècle, mais aussi celui du metteur en scène de cinéma qui abat les cloisons séparant peinture, photographie, cinéma et communication visuelle contemporaine, et établit un rapport direct entre les artistes qui se nourrissent les uns les autres, sur un terrain d’échange infini. Le cinéma et la peinture se rejoignent ainsi dans leur fonction historique, comme dispositifs de traduction symbolique des manières de voir le monde.