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Il existe cinq types d’hépatite, de A à E. Les virus et les maladies sont très différents les uns des autres. Les hépatites A et E sont considérées comme relativement inoffensives. En effet, ces deux maladies causent certes une inflammation aiguë du foie, mais celle-ci recule en général en l’espace de six mois et ne devient pas chronique.
Les infections aux types de virus B, C et D sont en revanche critiques car elles peuvent aboutir à une inflammation chronique du foie, susceptible d’entraîner des complications très graves, voire mortelles, comme par exemple la cirrhose du foie (formation de tissu cicatriciel). Dans les cas les plus graves, les patients ont besoin d’une greffe, mais en Suisse, il n’y a pas assez de foies de donneurs.
Les infections aux types de virus B, C et D sont en revanche critiques car elles peuvent aboutir à une inflammation chronique du foie, susceptible d’entraîner des complications très graves, voire mortelles, comme par exemple la cirrhose du foie (formation de tissu cicatriciel). Dans les cas les plus graves, les patients ont besoin d’une greffe, mais en Suisse, il n’y a pas assez de foies de donneurs.
Hépatite A: l’hépatite des voyages
Le virus de l’hépatite A est répandu dans le monde entier. Tandis que les infections sont rares dans les pays industrialisés, le virus peut causer des épidémies avec de grands nombres de malades dans les pays où on manque d’eau propre et d’installations sanitaires. L’infection se transmet par de l’eau ou des aliments contaminés (coquillages ou légumes contaminés, par exemple). L’infection virale cause une hépatite aiguë dont l’évolution est le plus souvent sans gravité de sorte qu’elle peut passer inaperçue, mais prend parfois aussi la forme d’une inflammation grave du foie. L’hépatite A ne prend jamais une forme chronique et elle entraîne toujours une immunité à vie.
On peut se protéger contre l’hépatite A: il existe un vaccin extrêmement efficace.
Pour en savoir plus sur les symptômes et le traitement des différents types d’hépatite, voir le tableau 1.
Hépatite B: une maladie sexuellement transmissible
L’hépatite B est l’une des maladies infectieuses virales les plus fréquentes et les plus graves. L’OMS estime que deux milliards de personnes de par le monde sont infectées par ce virus, dont 240 à 350 millions ont déjà une forme chronique de la maladie. Plus de 750 000 personnes en meurent chaque année. L’hépatite B est extrêmement contagieuse, elle se transmet par le sang ou d’autres fluides corporels contaminés, par exemple la salive, les larmes, le sperme ou les sécrétions vaginales, donc lors de rapports sexuels non protégés, du partage de seringues ou encore par le biais de blessures de la peau ou de lésions des muqueuses. Les femmes infectées peuvent en outre transmettre le virus à leur enfant pendant l’accouchement.
Les transmissions par transfusion sanguine ne sont pratiquement plus possibles en Suisse car, depuis 1980, le dépistage du virus de l’hépatite B est systématique dans tous les dons de sang. L’infection aiguë guérit le plus souvent sans séquelles. Mais l’infection à l’hépatite B peut se transformer en infection chronique du foie, susceptible d’entraîner à long terme une cirrhose ou un cancer du foie.
De même que contre l’hépatite A, il existe un vaccin extrêmement efficace contre l’hépatite B.
Hépatite C: le sang comme source de risque numéro 1
150 millions de personnes de par le monde sont infectées à l’hépatite C. Trois à quatre millions de nouvelles infections se produisent chaque année. Aux États-Unis, le virus de l’hépatite C entraîne plus de décès que le sida. En Suisse, entre 50 000 et 80 000 personnes environ vivent avec une infection à l’hépatite C. Il s’agit du type d’hépatite le plus fréquent, mais cependant trop souvent sous-estimé.
En effet, l’infection reste en général asymptomatique. La plupart des personnes touchées n’en remarquent rien pendant des années. Des années, voire des dizaines d’années peuvent s’écouler avant qu’une cirrhose du foie ne se développe. En dépit du grand nombre de personnes touchées, l’attention du public est également faible. C’est pourquoi l’OMS parle d’une «épidémie silencieuse».
La transmission du virus se fait le plus souvent par le sang contaminé (seringues souillées, tatouages, piercings). Dans des cas rares, la transmission peut aussi se faire lors de rapports sexuels ou de la mère infectée au nouveau-né. Le risque d’infection peut être réduit en évitant le partage d’aiguilles, de brosses à dents, de lames de rasoir et de ciseaux à ongles. Il est recommandé de faire faire les tatouages et les piercings dans des studios respectant les règles d’hygiène.
Tous les efforts de développer un vaccin contre l’hépatite C ont jusqu’à présent échoué. Le virus est trop variable pour être stoppé par les stratégies de vaccination que nous connaissons. Cependant, les travaux continuent dans le but de développer un vaccin.
Hépatite D: le virus de l’hépatite B partage son manteau
Le virus de l’hépatite D est un parasite: il ne peut se multiplier qu’en utilisant l'enveloppe du virus de l’hépatite B. C’est pourquoi l’hépatite D n’apparaît qu’en combinaison avec l’hépatite B. En Suisse, l’infection à l’hépatite D est rare.
Les voies de transmission de l’hépatite B et D sont identiques: sang contaminé, rapports sexuels non protégés, seringues souillées. Dans la plupart des cas, l’hépatite D a une évolution chronique et elle aggrave souvent l’hépatite B préexistante, augmentant le risque de cirrhose et de cancer du foie. Étant donné que l’hépatite D ne peut apparaître qu’en combinaison avec l’hépatite B, le vaccin contre l’hépatite B protège en même temps de l’hépatite D.
Hépatite E: l’eau potable contaminée en tant que source d’infection
Environ 20 millions de personnes de par le monde contractent chaque année une hépatite E. De même que le virus de l’hépatite A, ce virus se transmet le plus souvent par l’eau potable contaminée par des excréments. L’infection a en général une évolution aiguë qui guérit d’elle-même sans séquelles et ne devient pas chronique. Cependant, chez les personnes souffrant d’une maladie hépatique chronique ainsi que chez les femmes enceintes en fin de grossesse (trois derniers mois), le virus de l’hépatite E peut être mortel.
Dans certains pays, il y a déjà eu de vastes épidémies avec des milliers de malades, par exemple en Asie, Chine, Indonésie, Afrique, au Proche-Orient et au Mexique. En Suisse, les cas sont jusqu’à présent très rares, y compris chez les personnes ayant voyagé dans ces pays.