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L’heure d'été va bientôt toucher à sa fin. Dimanche 31 octobre, dès 3 heures du matin, il faudra reculer les horloges d'une heure, afin de profiter du soleil un peu plus tôt dans la journée.
Malgré le fait qu'il soit connu de tous, le changement d'heure déroute encore quelques fois tant sur son origine, que ses mythes ou son impact en Suisse. Ça tombe bien, on s'y est intéressé. Certaines réponses devraient vous étonner.
Faisons-la courte. L'idée de mieux adapter notre mode de vie
– et donc nos montres – à la lumière du jour est apparue pour la première fois au 19e siècle. A l'époque, si des chercheurs du monde entier défendaient l'idée corps et âme, le nouveau phénomène s'est pendant longtemps confronté à un succès très relatif auprès du grand public.
Ce n'est qu'au début de la Première Guerre mondiale, en 1914, que le changement d'heure a connu un nouvel essor. L'argument principal étant d'économiser l'électricité qui, à ce moment, se faisait de plus en plus rare dans les pays. Ainsi est apparue l'heure d'été, puis celle d'hiver.
Lorsque la guerre a pris fin, en 1918, la mesure a été abolie. C'était sans compter la Seconde Guerre mondiale qui l'a à nouveau ramenée.
La Suisse a introduit l'heure d'été au milieu de la Seconde guerre mondiale. Initialement intitulée Daylight Saving Time, ce changement d'heure n'était qu'une mesure temporaire servant uniquement la guerre.
Lorsqu'en 1976, les pays limitrophes décident d'adopter le changement d'heure comme mesure permanente, la Suisse contrecarre le mouvement à coup de référendums. Mais la résistance n'a pas duré longtemps. Le positionnement géographique de la Suisse, au cœur de l'Europe centrale, désorganisait en effet le réseau ferroviaire du territoire. Ce qui a poussé le pays à devoir capituler.
La première directive sur le changement d'heure a été officiellement adoptée par l'Union européenne en 1980, et la mesure entre finalement en vigueur en Suisse le 1er janvier 1981. Les tentatives ultérieures pour l'abolir – comme celles du père de l'UDC Christoph Blocher en 1982 – ont toutes échoué.
Depuis 1996, bien que chaque fuseau horaire soit différent, les changements se font partout au même moment. Dans l'Union européenne, on passe simultanément à l'heure d'hiver le même jour à la même heure, soit pour l'heure d'hiver, du dernier dimanche d'octobre au dernier dimanche de mars.
L'heure du basculement, 2 heures du matin un dimanche, a été choisie de manière à minimiser tout risque de perturbations sur les transports et les télécommunications.
Dans la nuit du samedi 30 octobre au dimanche 31 octobre, il faudra se préparer à passer de l'heure d'été à celle d'hiver. Cela signifie qu'à 3h00 du matin, nous reculerons les horloges d'une heure. Donc de 3 heures à 2 heures.
Mais pas de panique, aujourd'hui, la plupart des horloges (téléphone portable, ordinateur, et tout autre dispositif lié au réseau de votre opérateur téléphonique) changent automatiquement.
Les arguments en faveur du changement d'heure en Suisse ont toujours été d'ordre pratique. Car au départ, la raison pour laquelle la Suisse a accepté de se soumettre à cette mesure servait principalement à s'adapter aux normes imposées par les pays européens. Lesquels justifiaient que cela permettait d'économiser de l'énergie. Or, cette justification n'a pas été confirmée. S'il est certes vrai que l'on consomme moins d'électricité le soir en été, cette augmentation reste toutefois compensée en hiver.
Par ailleurs, de nombreux chercheurs remettent en question les bénéfices sur la santé. Selon eux, changer d'heure deux fois par an conduirait en réalité certaines personnes à des stress psychologiques, tels que des troubles du sommeil ou des dépressions saisonnières. Mais le changement d'heure pourrait également provoquer des conséquences négatives sur la pression artérielle, la fréquence du pouls et la température corporelle dues à des difficultés d'ajustement.
De plus en plus de voix s'élèvent contre le changement d'heure. En 2018, l'Union européenne s'était prononcée en faveur de l'abolition de cette mesure internationale. Une première enquête de la Commission européenne a alors indiqué que 84% des participants étaient favorables à son abolition. Une abolition officielle du changement d'heure devait ainsi entrer en vigueur dès 2021, afin de ne vivre que selon l'heure d'été. Mais depuis, rien n'a été fait.
En fait, sur le principe, tout le monde est d'accord. C'est plutôt sur les modalités que les esprits divergent. L'Allemagne et la France par exemple préfèrent l'heure d'été, contrairement au Danemark et aux Pays-Bas qui penchent plutôt pour celle d'hiver.
La Commission européenne a indiqué à watson que, pour l'heure, des analyses concrètes manquaient à l'appel et ne permettaient pas la fin du basculement. Des discussions à Bruxelles sont toujours en cours pour une possible abolition dès 2022.
La plupart des pays européens et presque tous les Etats américains changent d'heure à l'approche de la saison estivale. Une pratique néanmoins abandonnée par beaucoup de pays dans le monde.
La Chine, l’Afrique du Sud, l’Argentine, la Tunisie, l'Egypte ou encore l'Ukraine sont de ceux qui ont abandonné le basculement de l'heure, car ils considéraient le gain énergétique trop minime. La Turquie est le dernier pays en date à avoir choisi de ne plus changer d'heure.
La Russie a également arrêté de changer l'heure. Pour le président de l'époque, Dimitri Medvedev, le changement était «dommageable pour le rythme biologique des individus», d'après les propos rapportés par la BBC. Il posait surtout des problèmes fréquents dans ce pays de 11 fuseaux horaires différents.