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Aujourd’hui, quand nos ministres négligent un problème urgent, celui-ci tend à provoquer la création de mouvements civiques, de partis spécialement formés pour l'occasion, voire de courants dissidents au sein même des partis gouvernementaux.
La démocratie de concordance est tout à la fois la cause et la conséquence de la faiblesse de notre gouvernement et de sa capacité réduite de mobilisation.
La culture de la concordance disparaît sous les actions des médias qui personnalisent la politique et par des ministres qui adaptent leur message et leur style à ces nouvelles formes de communications.
Au parlement, les différentes forces en présence ne travaillent plus ensemble. Les institutions politiques, qui dépendent de la concordance ont perdu toute leur valeur.
La concordance n’empreint plus notre culture politique : les conflits sont gérés avec de plus de plus d’agressivités et l’adversaire n’est plus considéré comme un représentant légitime. La concordance ne mise plus sur des processus de négociation qui exige la connaissance de toutes les positions
La concordance est une compétence que le peuple suisse a acquise et, peu à peu, abandonnée. Elle ne fait plus partie de l’image que la Suisse s’est construite. Elle n’est plus un atout de la Suisse dans la compétition mondiale.
La démocratie de concordance favorise le pouvoir de l’Administration et les ententes néo-corporatistes; elle est responsable d'un certain immobilisme politique et de l'abstentionnisme.
La démocratie de concordance a vécu !
Dans une démocratie d'alternance, le débat s’enrichira et deviendra véritablement politique.