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Plus d'un jeune sur six a cessé de travailler depuis la crise
Plus d'un jeune actif sur six dans le monde ne travaille plus depuis le début de la pandémie. Le directeur général de l'OIT Guy Ryder a mis en garde mercredi à Genève contre les effets à long terme pour une "génération confinée".
Les conséquences pour ces personnes pourraient être observées pendant "des décennies", a-t-il affirmé à la presse. Les jeunes qui restent employés ont vu leurs heures réduites de près d'un quart, relève l'Organisation internationale du travail (OIT) dans sa quatrième évaluation depuis le début de la pandémie.
Les travailleurs moins âgés, déjà vulnérables avant la crise, sont affectés "de manière disproportionnée" par le Covid. Et les jeunes femmes sont encore davantage atteintes par l'augmentation importante et rapide des pertes d'emploi.
De nombreux effets sont également observés en termes d'éducation et de formation et sur la santé, ajoute également l'OIT. Le taux de chômage des jeunes était déjà élevé en 2019, à plus de 13,5%. Plus de 260 millions de ces personnes étaient alors sans emploi, sans éducation et sans formation. Les jeunes étaient aussi plus exposés aux activités vulnérables, mal payées ou informelles. Ou comme travailleurs migrants.
Continent américain affecté
M. Ryder appelle à des "actions significatives et immédiates pour améliorer la situation". L'OIT souhaite des réponses politiques urgentes comme des garanties de programmes d'emploi et de formation dans les pays développés, plus importantes encore dans les pays pauvres ou à revenus intermédiaires.
Pour tous les travailleurs, l'équivalent de 135 millions d'emplois à plein temps pour une semaine de 48 heures a été perdu au premier trimestre, soit 7 millions de plus que dans l'évaluation lancée il y a un mois. Ce volume constitue 4,8% des heures de travail dans le monde.
Pour le second semestre, l'estimation reste à une perte de l'équivalent de 305 millions d'emplois à plein temps. Par régions, la situation est moins favorable pour le continent américain avec une réduction de 13,1%, devant l'Europe et l'Asie centrale à 12,9%.
Désormais considérée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) comme l'épicentre de la pandémie, cette zone américaine est passée, depuis les précédentes évaluations, de "l'une des moins affectées à la plus affectée" en termes de pertes de l'emploi, alerte M. Ryder qui se dit "inquiet". L'OIT n'exclut pas une détérioration additionnelle de la situation dans cette région.
Favorable aux tests et aux traçages
Plus largement, l'institution relève que dans tous les pays où des tests Covid et des traçages ont été établis, la moyenne de la perte des heures de travail est inférieure de jusqu'à 50% par rapport aux autres Etats. Ces dispositifs réduisent l'importance des confinements, encouragent la consommation et soutiennent l'emploi, notamment en réduisant les perturbations dans le mode de travail. Ils peuvent aboutir par ailleurs à de nouveaux emplois pour les jeunes et d'autres groupes vulnérables.
L'OIT appelle toutefois à répondre aux inquiétudes sur la vie privée. Les tests et les traçages peuvent constituer "une part importante du paquet politique" pour que les entreprises et les travailleurs puissent retrouver des conditions adaptées, affirme de son côté M. Ryder.
Mais ils ont un coût et le directeur général, s'il mentionne avant tout un effort "de santé publique", n'exclut pas un possible soutien des employeurs qui ont un "intérêt" dans ces politiques. M. Ryder affirme encore que ceux-ci et employés semblent se rejoindre dans la plupart des cas sur la sécurité requise pour les activités des entreprises.
ats