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Les deux cités grecques de Mytilène et de Phocée, sur la côte d'Asie mineure, frappèrent à l'époque classique des monnaies d'électrum, qui se composaient d'un alliage artificiel d'or et d'argent. En 1852, le vice-consul anglais, C.T. Newton, découvrit, sur la paroi d'une maison située au sein de l'ancien acropole de Mytilène, une inscription qui indique comment les deux villes réglaient en commun la fabrication et la distribution des monnaies. Cette décision, gravée sur la pierre, date sans doute du début du IVe siècle. Mais l'examen des monnaies des deux cités laisse supposer qu'un règlement semblable devait déjà exister depuis la chute du tyran Polycrate de Samos en 521 av. J.-C. Une analyse minutieuse des pièces a de plus révélé que les manipulations du métal monétaire mentionnées dans l'inscription ont effectivement eu cours.
"Ce que les deux cités... gravent ou effacent sur la stèle doit être valable. L'homme chargé de la frappe de l'or est tenu responsable pour les deux cités. Tous les autres magistrats doivent être juges pour cet employé des deux poleis mais, à Mytilène, les citoyens de cette ville doivent constituer la majorité, alors qu'à Phocée, ce sont les Phocéens qui doivent être en plus grand nombre. Le procès doit avoir lieu après la fin de l'année de service, dans un délai de six mois. S'il est prouvé que le représentant des cités a falsifié les pièces d'or de manière mal intentionnée, il doit être condamné à mort. S'il échappe à cette peine pour erreur involontaire, le tribunal doit alors déterminer le châtiment qu'il devra subir. Cependant, la cité elle-même n'est pas punissable. Les Mytiléniens réalisent le premier monnayage, qui a lieu après la prytanie de Kolonos, alors qu'à Phocée, il prend place après la prytanie d'Aristarchos." (Version française adaptée de la traduction allemande proposée par : F. Bodenstedt, Die Elektronmünzen von Phokaia und Mytilene, Tübingen, 1981, p. 29-31 ; pour le texte grec, cf. H. Bengston, Die Staatsverträge des Altertums, Münich, 1962, p. 174-175.)
De ce texte peuvent être tirées les conclusions suivantes :