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Magnifique tableau ( 42 x 34 cm avec cadre ) de Edouard Kaiser père représentant, sauf erreur , les Dents de Veisivi au Valais. Ce tableau est signé Ed. Kaiser. 1921. Voilà ce que dit le net de ce peintre : peintre chaux-de-fonnier, proche d'Albert Anker et influencé par ce dernier.
Né à La Chaux-de-Fonds, ville d’ouvriers et d’artisans, Edouard Kaiser se forme dans l’atelier de son père, graveur et guillocheur. En 1869, il suit des cours du soir de dessin et trouve des encouragements auprès de ses maîtres Jules-Jacques Jacot-Guillarmod et William Hirschy. En 1879, il obtient le brevet de capacité pour l’enseignement du dessin artistique, qu’il exploite dès lors dans différentes écoles de La Chaux-de-Fonds. Sa formation est complétée par des voyages d’étude à Paris, en Italie, en Belgique et en Hollande. Sa rencontre avec Albert Anker et leur relation épistolaire exercent une influence déterminante sur l’orientation réaliste et idéalisée que prend son art et dans le choix de sujets humbles. En 1892, il a un enfant, Edouard Kaiser fils, qui deviendra peintre. En 1900, à l’Exposition universelle à Paris, il obtient une médaille d’argent.
L’art moderne et moins encore les mouvements d’avant-garde ne trouvent d’écho parmi les peintres de la région de La Chaux-de-Fonds en cette fin de XIXe siècle. Une tradition figurative prévaut et un courant que l’on appellera, avant l’heure, «réalisme socialiste» prend naissance. C’est dans ce contexte que s’inscrit la peinture réaliste de Kaiser qui comprend des portraits, des paysages et des scènes d’intérieur.
Les paysages montrent une nature paisible et ensoleillée. Ils représentent le Val-de-Ruz, la Vallée du Doubs, le lac de Neuchâtel et le Léman, ainsi que les Alpes et le Valais sous leurs plus beaux côtés et versants. Les scènes d’intérieur, genre par lequel Kaiser s’est largement fait connaître, se déroulent dans des ateliers, des écoles, des fermes. Le cadrage est photographique; la scène n’est donc pas composée, en ce sens qu’elle procéderait de la synthèse de plusieurs choses vues et artistiquement assemblées. Les ouvriers, artisans ou élèves ne posent pas, mais semblent observés à leur insu, absorbés dans une activité minutieuse qu’ils exécutent avec sérieux et sérénité, fixant ainsi une image idéale de leur labeur. Une atmosphère concentrée et industrieuse s’en dégage, où chaque objet est figuré, les outils, les burins, les pinces, les machines, les poulies, les meubles à tiroirs, le poêle, les copeaux sur le sol. Si le souci de véracité l’emporte sur l’invention, il n’est toutefois pas dénué d’idéalisation.
Le point le plus délicat dans ce rendu fidèle est sans aucun doute la lumière qui provient fréquemment de sources différentes. Elle s’introduit par des fenêtres qui encadrent des vues de La Chaux-de-Fonds. Ces représentations de paysages urbains, souvent sous la neige, opposent leurs tons clairs aux couleurs sombres utilisées à l’intérieur. Ainsi les sources de lumière directes n’agissent pas comme des projecteurs, mais comme des plans lumineux qui, par contraste, éclairent la composition dans son ensemble (on dénombre jusqu’à trois fenêtres paysages par scène). De plus, à l’intérieur de l’atelier, certains objets aux surfaces réfléchissantes tiennent lieu de relais à la lumière et accrochent ses reflets. Pour ce faire, Kaiser se sert d’une palette restreinte de gris et de bleus, de bruns et de beiges, ainsi que du noir et du blanc. L’effet est sobre qui souligne la simplicité et la dignité de ces tâches manuelles dont la banalité est transposée dans une sphère idéalisée. Si l’on a pour coutume de juger de la qualité d’un tableau au degré de son invention, il faut ici réviser ce parti pris et apprécier selon d’autres critères: le savoir-faire, la patience, l’extraordinaire don d’observation au service d’un art dont le but est de rendre une tranche de vie. Le temps lui a prêté une valeur historique et sociologique, même si l’on sait que le travail serein en atelier n’était pas le lot de tous et que l’aspect artisanal tendait à disparaître pour faire place à l’industrialisation.
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