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Fientes
Descendants de pigeons vivant sur les rochers, les pigeons des villes nichent et se reposent sur les bâtiments, cherchant les endroits abrités qu'offrent par exemple les corniches ou poutres sous les avant-toits, les balcons ou les tablettes de fenêtres derrière des volets partiellement fermés.
Les toits et leurs bordures, ainsi que toutes les aspérités des façades leur permettent de se poser, pour observer d'éventuelles sources de nourriture et faire des pauses digestives. Principale conséquence: des accumulations de fientes sur les bâtiments ou en bas de façade. Ces déjections attaquent les matériaux et peuvent constituer un risque sanitaire.
L'exemple du Pont Bessières
Le Pont Bessières, dont la construction s'est achevée en 1910, n'a apparemment été utilisé que dès la fin des années 80 par les pigeons pour se percher et nicher, tout au moins avec une intensité telle qu’elle ait des conséquences fâcheuses pour la structure métallique du pont. En effet, les inspections ayant abouti aux rénovations de 1972 et 1987 ne signalent aucune corrosion due aux fientes. Par contre, celle de 1995 met en évidence que «les fientes des pigeons recouvrent la majeure partie des poutres et profilés inférieurs, les amas pouvant atteindre jusqu'à 20 cm d'épaisseur. Par leur acidité et leur humidité permanente, ces déjections ont une action très agressive sur la protection anticorrosive en place dont la résistance chimique se trouve dès lors réduite.» (Préavis du 14 décembre 2000).
Nettoyage et assainissement
À l'occasion de cette dernière inspection, un nettoyage complet a été effectué. En 2003, la structure métallique du pont est à nouveau entièrement nettoyée, pour permettre une nouvelle réfection. Les débordantes accumulations de fientes, résultat de 8 années de présence de pigeons, atteignent par endroits 20 à 25 cm d'épaisseur et constituent alors un volume de 8 m3 à évacuer. En réalité ce volume ne représente qu'une partie seulement des déjections produites par les nombreux pigeons (de l'ordre de 100 à 300) attirés alors par des grains de maïs déposés illégalement et quotidiennement sous le pont pendant de nombreuses années.
Protection contre les pigeons
Pour éviter le retour des pigeons, un filet de protection a été posé en automne 2003, empêchant ainsi l’action corrosive des fientes sur la structure métallique et les trois couches de peinture la protégeant. Ce filet de couleur noire, peu visible, a nécessité le recours d’une entreprise de travaux acrobatiques et a coûté au total environ 76'000 francs.