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Les quatre questions rotariennes sont également centrales dans l'armée suisse et à l'école primaire : c'est ce qu'ont appris les participants à la onzième université rotarienne du district 1990 à Berne.
Sur les étroits sièges pivotants de l'aula de la caserne de troupe des troupes bernoises, ce sont en général des jeunes de 20 ans qui suivent les explications de Hans-Peter Walser. "Ils s'y intègrent parfaitement", a ricané le commandant de corps et chef de l'instruction de l'armée suisse sous les rires de l'auditoire. Et il s'est aussitôt félicité : "Le fait que vous puissiez vous aussi prendre place sur les sièges est la meilleure preuve que les Rotariens, dont la moyenne d'âge est un peu plus élevée, sont en forme" !
Le leadership a besoin de cinq V
L'exposé de Walser portait également sur la forme physique au sens le plus large du terme. Dans un style vivant et illustré par de nombreux exemples parlants, Walser, qui est également chef suppléant de l'Armée suisse et Rotarien, a parlé de l'avenir de notre armée de milice sous l'angle de la tactique de mission et des principes de commandement. Comme pour la conduite civile, l'homme est au centre des principes de conduite militaire. Pour Walser, la conduite transformatrice est un concept clé qui repose sur cinq mots en V : Être un modèle, avoir une vision, avoir confiance, prendre des responsabilités et déléguer ainsi que faire preuve de compréhension. Selon Walser, ces cinq V sont nécessaires pour vivre la tactique de la mission plutôt que de donner des ordres. "On donne l'objectif, mais pas la manière de l'atteindre. Cela nécessite de l'estime, car la direction abandonne une partie du contrôle". C'est ainsi que les quatre questions rotariennes entrent en jeu : Est-ce que c'est vrai, est-ce que c'est juste pour tous les participants, est-ce que cela va favoriser l'amitié et la bonne volonté et est-ce que cela va servir le bien de tous les participants ? Walser est convaincu que l'armée suisse offre la meilleure formation pratique au commandement en tenant compte de ces questions - tout en proposant aux jeunes des valeurs telles que la camaraderie, la discipline, la mise de côté de ses propres besoins ou les connaissances professionnelles.
"Dites merci"
Pour que l'Armée 21, axée sur l'aide et le tir, soit à nouveau capable de se défendre, il faut, selon les mots de Walser, un "développement adaptatif" qui devrait coûter environ 50 milliards de francs au cours des 20 prochaines années. En outre, selon Walser, la coopération internationale est indispensable, tant pour le service de renseignement que pour l'instruction des troupes au sol, pour lesquelles il n'y a pas de place en Suisse pour s'entraîner au combat urbain. Afin d'enthousiasmer les jeunes pour l'armée, Walser et son équipe vont les chercher là où ils se trouvent : sur TikTok, avec plusieurs millions d'utilisateurs, et à l'école primaire, dans le cadre d'une semaine de la sécurité et de son propre matériel pédagogique. M. Walser est convaincu que les Rotariens peuvent eux aussi s'engager pour l'armée de milice : "La prochaine fois que vous verrez quelqu'un en uniforme, dites-lui simplement merci. L'estime est un moteur important de l'engagement personnel".
Les valeurs rotariennes dans le programme scolaire
L'ancien directeur de l'instruction publique bernoise Bernhard Pulver (2006 à 2018) a lui aussi tiré des parallèles avec les quatre questions rotariennes dans son exposé sur les valeurs du système éducatif suisse. Selon lui, le plan d'études 21 entend également promouvoir les compétences liées à ces questions. Pulver, qui a travaillé comme secrétaire général du parti des Verts avant d'étudier le droit et de se lancer lui-même dans la politique, a évoqué les compétences personnelles, sociales et méthodologiques telles que la réflexion sur soi, l'autonomie, la capacité à gérer les conflits et la gestion de la diversité. Pour Pulver, ces compétences sont plus décisives que le "sac à dos éducatif" transmis par l'école. "Nous savons tous qu'une grande partie des connaissances scolaires est oubliée". Selon la conviction de Pulver, le plus important pour les jeunes est le renforcement de l'estime de soi, l'expérience qu'ils peuvent apprendre de nouvelles choses, faire des erreurs mais ne pas jeter le fusil. C'est ce qu'offre le système éducatif suisse, notamment grâce à sa structure duale et à ses possibilités de parvenir au but par différentes voies. A l'étranger, qui mise essentiellement sur la voie académique, "les chimistes prennent le taxi et sont frustrés". L'ex-directeur de l'éducation a prononcé un vibrant plaidoyer en faveur de l'équivalence de l'apprentissage professionnel et de la voie académique et a mis en garde contre la volonté d'augmenter la proportion de bacheliers. L'éthique professionnelle et la conscience de la qualité permettent à la Suisse "d'avoir du succès sur le marché international malgré des prix élevés".
Un gouverneur heureux
Les nombreuses questions du public ont montré que le DG Simon Bichsel avait fait un excellent choix de conférenciers. Les discussions ont été tout aussi animées lors des divers ateliers, des pauses ainsi que sur les stands des exposants rotariens. A la fin de l'université, un Simon Bichsel visiblement heureux s'est félicité d'avoir pu approfondir son message sur l'action professionnelle. Et avec environ 340 personnes présentes, la participation à Berne a été record. Après cette Rotary Uni du 11 novembre, l'équipe Bichsel semble parfaitement préparée pour le grand événement d'avril 2024, lorsque le Rotary Suisse fêtera son 100e anniversaire.