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Henry de Waroquier (rue Laffitte, Paris, 8 janvier 1881 - Paris, 31 décembre 1970) est un peintre, sculpteur, dessinateur et graveur français. Il vécut à partir de 1919 rue de la Montagne-Sainte-Geneviève, puis au n° 15 de la place du Panthéon. Il appartient à l'École de Paris.
Il fréquente dans son enfance les galeries Durand-Ruel, Bing et Vollard qui se trouvent près du domicile familial de la rue Laffitte. Si de longues études au Muséum national d'histoire naturelle lui font envisager une carrière de biologiste, devenant un authentique spécialiste en minéralogie et en paléontologie et « avouant éprouver une grande tendresse pour le minéral », il suit les cours d'architecture de Charles Genuys à l'École des arts décoratifs, et profite des cours de l'helléniste Louis Ménard qui approfondit sa connaissance de la mythologie. Julien Cain confirme : « au second, il doit la révélation de l'art grec qui place l'homme au centre de l'univers. Du premier, il apprend à reconnaître la valeur des volumes qu'assemble harmonieusement l'architecte, ce créateur, et il s'en souviendra dans ses paysages gravés : ce qu'il y représentera en effet de préférence, c'est la prise de possession du paysage par l'homme, constructeur d'édifices ».
Henry de Waroquier débute par une œuvre picturale d’imagination. Il est alors professeur de composition décorative à l’École Estienne à Paris et professeur de peinture à l'atelier A de l'Académie scandinave.
Waroquier peint surtout la Bretagne (Belle-Île-en-Mer, le golfe du Morbihan, l'Île-aux-Moines, les rives du Trieux) de 1900 à 1910, en se rapprochant du cloisonnisme des Nabis, puis il s'installe dans son atelier à Montparnasse et fréquente Modigliani et l'École de Paris.
Le voyage qu’il fait en Italie en 1912 marque le début de sa période blanche, liée à sa découverte des fresques de la pré-renaissance italienne, contre laquelle il entre en réaction en 1917 en peignant, dans des tons à l'encontre très sombres, des paysages imaginaires. Suivent un second voyage en Italie en 1920, en Corse, à Chamonix et Saint-Tropez entre 1914 et 1921, en Espagne en 1921, dans le nord de la France et en Belgique autour de 1933, qui l’amènent à peindre le paysage sur nature et la figure humaine. En 1926 se crée la « Société Belfortaine des Beaux-Arts » qui organise chaque année jusqu'à la Seconde Guerre mondiale des expositions importantes aux musées de Belfort auxquelles Henry de Waroquier participe en compagnie de Georges Fréset, Jacques-Émile Blanche, Jean-Eugène Bersier, Raymond Legueult, Anders Osterlind, René-Xavier Prinet, Jules-Émile Zingg. Il participe au salon des Tuileries de 1938 sur le thème de l'Espagne. Il est influencé au début par le cubisme, puis des éclairages dramatiques et la figuration de visages pathétiques donnent à son œuvre un accent tragique.
Également sculpteur (à partir de 1930), graveur (à partir de 1936) et fresquiste, il exécute en 1937 une composition murale pour le palais de Chaillot, La Tragédie. Il produit des cartons de tapisseries pour l'École nationale d'art décoratif d'Aubusson.
Henry de Waroquier est aussi photographe et poète : il écrit ainsi Le Jugement dernier « monumental ouvrage en dix volumes qu'il avait commencé en 1908, qui sera terminé seulement en 1967, et encore inédit ». Il était ami de Paul Claudel qui lui consacre un texte critique et de Georges Duhamel. Gaston Bachelard lui consacre un article dans Le droit de rêver. Mort le 31 décembre 1970 et reposant au cimetière du Père-Lachaise (4e division)15, il nous reste fixé par une estampe de Henri Vergé-Sarrat, Henry de Waroquier dans son atelier.