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La ligne, élément central du dessin, est la trace linéaire d'un outil ou d'un matériau appelé indifféremment médium.
La ligne se caractérise par une qualité dépendante du médium et de son maniement.
On peut qualifier sa largeur (finesse relative d'un tracé à la plume ou épaisseur du rouleau par exemple), sa matière (légère, empâtée, etc.), sa direction, son rythme, sa couleur,...
Les qualificatifs liées à la ligne sont quasi infinis et limités à notre vocabulaire : brisée, modulée, souple, sensible, hésitante, rigide, régulière droite, courbe, sensible, expressive, molle, tendue, claire, isolée en signe, répétée en structure, décorative, inscrite dans une forme ou autonome, longue ouverte, s'amplifiant, etc.
Parmi toutes les lignes communément utilisées (ligne découpe, ligne épargne, ligne structure, ligne décorative, ligne ornementale, etc.) on retiendra d'abord la ligne contour (ouverte ou fermée ! ) qui démarque une surface, dessine une forme. C'est celle-ci qui est utilisée pour dessiner.
En composition on aborde les notions de ligne d'horizon, cette séparation -ou rencontre- entre la terre et le ciel ainsi que la ligne de fuite ligne qui matérialise un effet de perspective.
Le dessin
" Au sens le plus strict, dessiner c'est se faire comprendre par des signes. Au sens de la création plastique, dessiner signifie mettre les éléments de la forme graphique au service de l'expression imagée. " Tritten G. (1979), Education par la forme et la couleur. Vevey
Le dessin apparaît sous différentes formes, de la prime enfance jusqu'à l'âge adulte, au service de l'expression personnelle, par jeu ou pour aider la découverte, comme support à la compréhension, pour soi-même et pour les autres, par inadvertance, automatisme ou goût. Le dessin est à l'origine de l'écriture, à son tour l'écriture devient signe et dessin.
Le dessin fixe et matérialise, une idée, une image interne, une observation. C'est pourquoi il est dépendant du geste d'une part, d'une perception soutenue d'autre part. Il participe et développe la concentration et la compréhension des choses et des phénomènes : l'objet observé " crayon à la main " est mémorisé et compris de manière remarquable ! Les activités de dessin d'observation développent la mémoire et nourrissent l'imagination.
" La volonté soutenue est essentielle au dessin, car le dessin exige la collaboration d'appareils indépendants qui ne demandent qu'à reprendre la liberté de leurs automatismes propres. L'œil veut errer ; la main arrondir, prendre la tangente. Pour assurer la liberté du dessin, par laquelle pourra s'accomplir la volonté du dessinateur, il faut venir à bout des libertés locales. C'est une question de gouvernement... pour rendre la main libre au sens de l'œil, il faut lui ôter sa liberté au sens des muscles. [...] La main n'est que le prolongement de la sensibilité et de l'intelligence. " Valéry P. (1938), Degas, Danse, Dessin. Paris
Le dessin se différencie de la peinture par la procédure, qui influence le résultat. Le dessin consiste à délimiter une forme, à la cerner progressivement, à l'enrichir à l'aide de traits. Le tracé (la forme, la sensibilité du trait, la justesse, l'expression) est un résultat plastique, où l'observation, la perception, l'imagination et l'intention apportent leur contribution. Le dessin se réalise couramment au crayon, mais peut aussi se faire au pinceau, voire à l'éponge selon le format. Ce n'est pas le moyen qui dicte le genre, mais la manière de procéder. Le " coloriage " appartient au dessin, elle vient après la démarcation linéaire : " Dessin rehaussé de couleurs " selon l'expression muséographique. On notera que cette activité s'effectuera avec succès avec d'autres moyens que le crayon de couleur ou le feutre, avec le pinceau par exemple.
Au contraire, la peinture consiste à poser des taches de couleur, à les organiser entre elles, à les compléter selon le degré de finesse souhaité.
|Sujet||Degré|
|La ligne||Tous les degrés|
|Des goûts et des couleurs||Tous les degrés|
|Dessin d'imagination et de mémoire||Tous les degrés|
|Méthodes de dessin||Tous les degrés|
|La ligne reflet d'une vie intérieure||1E - 2E|
|La ligne décorative||1P|
|La ligne ornementale||2P - 3P|
|Le rythme linéaire, vide et plein, technique du dessin au carreau||4P|
|La structure linéaire, Méthodes de dessin||5P|
|La structure linéaire, Méthodes de prise de mesure||6P|
|La ligne épargne||1CO|
|Combinaison d'agents plastiques||2CO|
|Qualité subjective de la ligne||3CO|
Les critères de beauté d'un dessin dépendent de la sensibilité et des intérêts de celui qui le regarde. Pour ce qui relève de la "forme", on note des intérêts pour la surface, pour la matière, pour la couleur ou la décoration.
En ce qui concerne le "fond", on note des intérêts pour un thème ou un genre, pour un style ou une époque, pour le réalisme ou le non-figuratif, pour l'expression ou la finition, pour la mise en valeur et l'encadrement, pour le croquis, l'inachevé ou le fini, etc.
Les paramètres ne sont pas exhaustifs, leurs combinaisons débouchent sur d'innombrables solutions. Malgré cette diversité, on remarque un intérêt marqué pour le dessin réaliste ; en parallèle on constate que l'évolution de nombreux artistes les dirige, depuis les temps modernes, vers une tendance inverse.
Le dessin d'imagination consiste à créer à partir de sa réserve personnelle d'images intérieures (images mémorisées ou innées) et en projeter de nouvelles (par intuition, réflexion ou en réaction à ce qui apparaît sur le support). Il révèle en particulier les impressions et les sentiments, les émotions et la sensibilité (pensée visuelle, figurative et fluidité idéationnelle). L'activité commence par un travail d'introspection, la source d'inspiration se trouvant en soi.
Pour l'éveil de l'imagination on se référera aux techniques propres à stimuler la créativité comme les activités de " remue-méninges ", d'écriture automatique, de jeux de hasard (exemples : le cadavre exquis, la pêche aléatoire aux mots, les compositions aléatoires, les échantillons à intégrer) les procédés qui relèvent du hasard (jeté d'objets, taches, techniques surréalistes ou aux " tours de main ") ainsi que les entrées sensitives (odeur, goût, bruit, sensation tactile) parmi d'autres.
Le dessin de mémoire consiste à reproduire avec un souci de justesse ce qui a été vu, observé, analysé et mémorisé avec plus ou moins de précision et de rigueur. L'activité exige une grande attention durant la phase de perception (perception globale et analytique), elle développe la mémorisation visuelle (Apprendre à " photographier " mentalement).
Remarque : Comme on apprend des poésies, des formules ou un vocabulaire en langue étrangère, il est possible d'entraîner et de développer la mémoire des images.
Les applications scolaires spécifiques renvoient par exemple à l'environnement (en géographie se remémorer les éléments d'un paysage ou restituer une carte, en histoire se souvenir des détails d'un document visuel complexe (exemple les éléments défensifs du château-fort), en sciences identifier les caractéristiques morphologiques de l'animal, noter les différences entre les espèces (Darwin aurait procédé ainsi !), en orthographe mémoriser la graphie ou en rédaction restituer avec précision un décor observé, et ainsi dans toutes les situations où l'image présentée est en relation avec la notion à apprendre, chaque fois qu'elle a du sens, qu'elle est exploitée à dessein.
Comme moyen d'enrichissement de la perception, en vue de renforcer la mémorisation, on utilisera la description verbale -versant auditif- en sériant les éléments par registre (par exemple : la forme, la couleur, la matière, la structure) en évoquant le vécu des élèves ; on utilisera également le mouvement -versant kinesthésique- par le mime ou le geste.
Parmi les exercices préparatoires, les devinettes obligeant l'attention visuelle dans un contexte donné (" De mémoire, comment était habillé tel intervenant ? ") ou des jeux visuels (répéter exactement les gestes proposés par un élève de la classe, retrouver les différences entre deux dessins, les jeux de mémo).
Le dessin d'observation consiste à reproduire avec justesse le modèle qui se trouve en permanence sous les yeux du dessinateur. L'activité développe la concentration et l'acuité visuelle, oblige un regard soutenu sur le modèle. Cet exercice convient au dessinateur dès son stade de réalisme visuel. La difficulté varie certes selon le modèle, mais aussi selon ses dimensions. Un modèle en 2D, ou s'en approchant (comme une feuille d'automne plane), est plus simple qu’un modèle en 3D. La taille du modèle, comme son éclairage, interfèrent dans les modalités de l'observation : de façon générale, les formes géométriques sont plus simples à restituer que les formes organiques, aléatoires, ou les académies (main, visage).
Le dessin d'étude, au service d’un autre travail (sculpture, marqueterie, architecture, etc.) consiste à la recherche d’une idée, son approfondissement et une meilleure compréhension, une véritable visualisation d’une idée. Il rejoint l’acception de dessin d’imagination dans le sens germanophone de Vorstellungskraft, soit la capacité de se représenter des images que l’on n’a jamais vues auparavant. Cette pratique place le dessin comme méthode préparatoire, vers une autre réalisation.
La copie, activité éloignée de l'expression, elle est pratiquée dans le cas d'un transfert ou d'un agrandissement de l'esquisse vers le support définitif ou spontanément, par goût ou pour étude.
La copie libre peut s'appuyer sur l'une ou la combinaison des méthodes proposées sous dessin d'observation.
La copie " exacte " peut se faire à la main ou par le biais d'appareils (photocopie, projection photographique sur support sensible à la lumière par exemple) ou par des produits chimiques (transfert d'une image sur papier glacé vers un support)
Le papier carbone est une solution intéressante dans certains cas, comme sa variante " artisanale " qui consiste soit à utiliser directement le gras du trait original (après inversion de la feuille) ou soit l'ajout posé au dos de celui-ci ou autres " trucs " qui permettent de laisser une trace.
Le décalque reste une manière de procéder : utiliser un papier translucide, ou sinon une table lumineuse et à défaut (et pour les grands formats), profiter de la lumière naturelle et d'une grande vitre (superposer le support définitif et le modèle contre la vitre).
Il existe dans le commerce des pantographes, instruments composés de tiges articulées qui permettent de reproduire à l'échelle, de réduire ou d'agrandir un dessin.
Une autre solution, souvent utilisée dans le cas d'agrandissement d'un projet, consiste à projeter l'image grâce au projecteur de diapositives, à l'épidiascope, au beamer ou plus simplement au rétroprojecteur.
Ces modes se combinent entre eux au gré des besoins et des intentions de création.
Le dessin au carreau permet de recopier un dessin ou une image avec une certaine exactitude ou d'en modifier l'échelle (agrandissement ou réduction). Le principe de base consiste à tracer un damier régulier sur le modèle, à reproduire le même damier à l'échelle choisie sur la feuille de dessin, puis à reporter les lignes et formes selon le principe de la " bataille navale ".
Une variante consiste à modifier la forme du damier de manière à déformer volontairement la copie. Il suffit de modifier la trame du damier (élargir ou rétrécir des bandes, utiliser des lignes brisées ou souples par exemple)
La méthode de dessin par la structure. S'inspirer de la structure inhérente à l'objet (par exemple en se servant des nervures d'une feuille). Débuter par " l'intérieur ", voire le sous-jacent, en commençant par les structures principales (dans l'exemple ce serait les nervures principales) pour poursuivre par les secondaires selon leur importance. Habiller ce "squelette" par le contour.
La méthode de dessin par lecture automatique. Se concentrer sur le modèle essentiellement, ne pas regarder le tracé du crayon. Dans le cas d'un modèle symétrique (par exemple la feuille), débuter de préférence par le point le plus haut sur la feuille, suivre la ligne contour en "descendant" sur un côté ; pour le deuxième côté, reprendre au même point de départ. Il est particulièrement difficile, sans regarder son dessin, de terminer de façon exacte ; par contre la qualité de l'observation, la finesse de la lecture et la sensibilité du trait sont souvent de très belles qualités avec cette méthode.
La méthode de dessin par les vides (les négatifs, les intérieurs, les intermédiaires). Cette manière peut être utilisée en complément des autres méthodes, ou directement. Elle consiste à lire de manière linéaire les vides (le fond) en priorité. Cette méthode, en renforçant le travail du cerveau droit, a pour avantage de stimuler la justesse du trait, "débarrassé" de l'obligation du réalisme (« De toute façon ça ne ressemble à rien... »)
Le principe s'applique également dans le cas de la lecture de la ligne externe. En dessinant un visage de profil par exemple, la ligne du nez (intérieur), qui relève du cerveau gauche (rationnel) ne se lit pas pareillement à la ligne "découpage du nez" (ligne extérieure) renvoi au cerveau droit.
De la même manière il est possible de dessiner à partir d'un modèle "qui ne représente rien" a priori. Allusion aux détails (entrelacs, plis de tissus, enchevêtrement de matériaux divers) et aux images "à l'envers", cité par Betty Edwards.
La méthode de dessin par les ombres et les lumières. Cette manière s'apparente à la lecture des vides, elle en diffère par l'utilisation des valeurs (ombres et lumières) à la place des lignes. Les ombres peuvent être posées par dégradés (avec la craie ou le fusain), par lavis (pinceau), par hachures et contre-hachures ou par griffonnages (plume, crayon, feutre, stylo). Les gommes (à effacer et/ou à masquer) peuvent, dans certains cas, rendre les lumières.
Le dessin industriel ne concerne pas les élèves de l'enseignement obligatoire. Il est réservé aux applications professionnelles, que ce soit dans les domaines de la construction ou de la production. La planche à dessin tend aujourd'hui à disparaître au profit des programmes de dessin assisté par ordinateur (DAO). En plus des différentes vues "imposées", ces logiciels permettent de visionner des perspectives sous des angles divers ainsi que de positionner l'observateur, à l'intérieur de la construction projetée, pour lui permettre de "voir de l'intérieur".
Le dessin informatique se réalise, grâce à des logiciels spécifiques et par l'intermédiaire de moyen à l'écran d'un ordinateur. Parmi les moyens on trouve la traditionnelle "souris" ou le "stylet" qui permettent de dessiner sur une tablette particulière. Les programmes spécifiques permettent une certaine sensibilité, comme de varier la qualité du trait par exemple. Les progrès à venir feront de ce moyen un outil incontournable.
La méthode de dessin informatique. La découverte ou la maîtrise des logiciels relèvent des savoirs techniques, tandis que le maniement des outils appartient davantage à la dextérité fine ; le maniement de la souris reste plus difficile que celui du "stylet", qui s'apparente à celui du crayon. On procède alors avec les méthodes présentées plus haut.
Le nombre d'outils et la richesse des possibilités d'intervention sont impressionnants. La qualité de la finition, la rapidité d'exécution, la propreté (!) et l'impact lumineux des images sont spécifiques à ce moyen.
Dans la retouche d'images, les utilisateurs sont régulièrement confrontés à leurs limites : Cette image est-elle plus intéressante que la précédente ? A quel moment est-ce fini ?...
Isolée, la ligne se lit comme un signe, une écriture. On y perçoit un mouvement, un rythme, une sensibilité.
La ligne est souvent le contour d'un objet ; elle peut aussi être partie de celui-ci, élément décoratif, ornement, indépendante de l'objet, symbole, code ou écriture.
La ligne contour suit la forme, 'dessine'. Elle est d'épaisseur variable, mais suit le pourtour du modèle.
La ligne est la trace et l'expression d'une vie intérieure, elle révèle un état : elle est énergie, force.
Décoration
La décoration renvoie à l'animation aléatoire de la surface, par jeux libre de lignes sans contrainte. Le souci premier est celui d'embellir. Les solutions sont multiples : un dessin, une forme géométrique, un logo, des lettres, des chiffres ou des combinaisons diverses. La décoration n'a pas d'autres fonctions que de personnaliser et d'enjoliver.
Ornement
L'ornement linéaire est caractérisé par une répétition organisée d'un motif tracé à la ligne. Le motif, relativement simple, est reproduit selon un schéma et dans un ordre défini, idéalement en relation à la forme sur laquelle il s'inscrit.
Il s'agit d'un embellissement par ajout de lignes et/ou de motifs selon un plan défini.
Le rythme
On parle de rythme dans une composition visuelle lorsque la répétition de certains éléments créée une impression de succession cohérente, autonome. Cette logique, comme dans la musique, s'autorise de multiples " variantes " : variations de cadence, de taille, de format, de disposition, etc.
Vide et plein
La notion fait référence à la densité des lignes sur une surface. Si les lignes sont uniformément répétées elles ne créent aucune impression d'espace ou de 'vide'. Leur rythme est constant. Au contraire, en cas de variation de leur densité, des plages apparaissent en épargne. Ces " vides " participent de manière significative à la composition de l'ensemble. On effleure ici la notion d'espace, mais ce sont les lignes, et leur absence par endroit, qui donnent cette impression.
Le vide et le plein se mettent en valeur réciproquement.
La méthode de dessin au carreau
Le dessin au carreau permet de recopier un dessin ou une image avec une certaine exactitude ou d'en modifier l'échelle (agrandissement ou réduction). Le principe de base consiste à tracer un damier régulier sur le modèle, à reproduire le même damier à l'échelle choisie sur la feuille de dessin, puis à reporter les lignes et formes selon le principe de la " bataille navale ".
Une variante consiste à modifier la forme du damier de manière à déformer volontairement la copie. Il suffit de modifier la trame du damier (élargir ou rétrécir des bandes, utiliser des lignes brisées ou souples par exemple)
La structure est une ordonnance, un " ordre devenu autonome " ; elle est constituée par la répétition de traits, de points, de lignes, d'éléments ou de détails, identiques ou de même nature, dont la lecture globale prime sur la lecture individuelle. Chaque élément perd de son sens en tant qu'unité pour constituer l'ensemble
La structure révèle la construction, la nature même du matériau, la manière dont les différents éléments sont disposés. Elles se distincte de la frise décorative qui répète le même motif, selon un rythme régulier ou de la décoration qui n'est pas conditionnée par la répétition.
On distingue les structures naturelles et les structures créées par l'homme. De part et d'autre elle a une fonction, permettant de passer du point ou de la ligne, vers le plan (dessin linéaire vers une surface) et son recouvrement.
Exemples de structures naturelles :
- les veines du bois, écorce, herbage et feuillages, le dessin de l'eau en mouvement, écume
- les minéraux (gneiss, schiste, etc.) et la géologie (strates)
- les coquilles, coquillages et carapaces, les écailles (poisson, papillon) et les épines (hérisson, porc-épic)
- les différents pelages, ras ou angora, uni ou animé, lisse (grenouille) ou rugueux (requin)
Exemples de structures construites :
- le tissage, les textiles, la vannerie
- les crépis et appareils de maçonnerie, pavage, tuiles, tôles,
- les grilles, grillages, trames,
- les écritures
Les structures renvoient à la notion de rythme, en acceptant cependant des variations selon les cas : la structure d'un toit de tuiles est régulière, celle des écailles animales beaucoup moins.
Les structures apparaissent très fréquemment dans une composition plastique, elles se distinguent des à-plats, des fonds -plus ou moins unis- et des lignes et occupent la forme.
Exemples :
- répétition de points dans un ordre libre, structure mouchetée
- répétition de traits courts, de direction similaire ; constitution de zone(s) aux contours mal définis, indécis, avec une gamme de valeurs grises. Initiation à la hachure
- répétition de traits se superposant et se croisant sur la longueur, création de hachures.
La méthode de dessin par la structure. S'inspirer de la structure inhérente à l'objet (par exemple en se servant des nervures d'une feuille). Débuter par " l'intérieur ", voire le sous-jacent, en commençant par les structures principales (dans l'exemple ce serait les nervures principales); suivent les secondaires selon leur importance. Habiller ce " squelette " par le contour.
La méthode de dessin par lecture automatique. Se concentrer sur le modèle essentiellement, ne pas regarder le tracé du crayon. Dans le cas d'un modèle symétrique (par exemple la feuille), débuter de préférence par le point le plus haut sur la feuille, suivre la ligne contour en " descendant " sur un côté ; pour le deuxième côté, reprendre au même point de départ. Il est particulièrement difficile, sans regarder son dessin, de terminer de façon exacte ; la qualité de l'observation, la finesse de la lecture et la sensibilité du trait sont souvent nettement supérieures avec cette méthode.
La méthode de dessin par les vides (les négatifs, les intérieurs, les intermédiaires). Cette manière peut être utilisée en complément des autres méthodes, ou directement. Elle consiste à lire de manière linéaire les vides (le fond) en priorité. Cette méthode, en renforçant le travail du cerveau droit, a pour avantage de stimuler la justesse du trait, " débarrassé " de l'obligation du réalisme (De toute façon ça ne ressemble à rien...)
Le principe s'applique également dans le cas de la lecture de la ligne externe. En dessinant un visage de profil par exemple, la ligne du nez (intérieur), qui relève du cerveau gauche (rationnel) ne se lit pas pareillement à la ligne " découpage du nez " (ligne extérieure) renvoi au cerveau droit.
De la même manière il est possible de dessiner à partir d'un modèle " qui ne représente rien " a priori. Allusion aux détails (entrelacs, plis de tissus, enchevêtrement de matériaux divers) et aux images " à l'envers ", cité par Betty Edwards.
La méthode de dessin par les ombres et les lumières
Cette manière s'apparente à la lecture des vides, elle en diffère par l'utilisation des valeurs (ombres et lumières) à la place des lignes. Les ombres peuvent être posées par dégradés (avec la craie ou le fusain), par lavis (pinceau), par hachures et contre-hachures ou par griffonnages (plume, crayon, feutre, stylo). Les gommes (à effacer et/ou à masquer) peuvent, dans certains cas, rendre les lumières.
La structure est le résultat de la combinaison d'éléments constitutifs d'une forme, qu'elle soit surface ou volume.
La perception des structures est relativement évidente sur une surface plane, en particulier de fabrication humaine qui utilise des juxtapositions ou superpositions diverses : pavage, toiture, tissage.
La structure se révèle plus subtile et fluctuante sur les éléments naturels (veines du bois ou minéraux) ainsi que sur les éléments en volume (coquillages, carapaces, écailles -poisson, papillon- ou épines -hérisson ! Elle devient particulièrement intéressante en signalant une particularité organique : modification de la taille selon l'emplacement sur le corps, en fonction des mouvements de la fonction (les écailles s'adaptent à la mobilité de l'animal).
La méthode de prise de mesure
La prise de mesure permet la correction du dessin à l'œil. Elle se combine avec la plupart des méthodes de dessin présentées plus haut.
Trois mesures de base :
- Etablir la ligne médiane, dans les deux sens de la feuille, afin de disposer correctement son sujet par rapport à l'espace disponible ;
- Définir verticales et horizontales
- Comparer les mesures entre elles.
Utiliser le crayon avec le bras tendu ! Préférer dans tous les cas ce que l'on voit à ce que l'on sait !
Est appelée ‘ligne épargne’ le tracé linéaire obtenu par sauvegarde ou par le vide. Ce procédé est intimement lié à la technique de gravure en relief (ou taille d’épargne) qui permet de conserver une forme en l’ôtant du support gravé. Ce qui est gravé ne sera pas encré mais pourra apparaître tout de même, en négatif, par épargne.
Ce principe demande une bonne représentation de l’effet escompté et exige une capacité d’imagination et d’abstraction
Les sujets très contrastés (rayures de tigre par exemple) se prêtent mieux à ce genre d’exercices.
Homogénéité ou hétérogénéité, deux options expressives opposées.
La première forme, par son unité stylistique, s’avère plus harmonieux et équilibré.
La seconde permet des compositions plus surprenantes, plus audacieuses mais plus délicates à gérer. Les pratiques observables à travers l’histoire de l’art attestent de ces différents choix et de leurs limites respectives.
Dans la représentation figurative, le motif et le médium induisent ensemble et communément une certaine qualité de ligne. A titre d'exemple, la toile d'araignée incite une qualité de ligne distincte de celle d'un bloc de granit. Cette qualité doit correspondre à l'intention -subjective- de son auteur, servir intensément son dessein visé.