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En 2001, la Serbie, qui retrouvait son statut de membre[1] de la Banque mondiale, a été conviée à intégrer le groupe de vote suisse. Celui-ci était le plus récent des institutions de Bretton Woods. À l’invitation du premier ministre et du vice-premier ministre de l’époque, Zoran Djindjic et Miroljub Labus, j’ai eu le grand honneur de représenter la Serbie de 2001 à 2003 en qualité de conseiller en chef.
Durant cette période, mon premier objectif était que la République de Serbie redevienne un membre efficace de la Banque mondiale. Il s’agissait notamment de convertir la dette en un prêt de consolidation et d’élaborer un projet de partenariat de transition standard avec la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (Bird) et la Société financière internationale (SFI). En parallèle, je me suis investi sans compter pour revitaliser les relations de la Serbie avec le monde de la finance internationale en menant des négociations avec le Club de Paris et le Club de Londres. J’ai pu compter en cela sur l’aide inestimable de Matthias Meyer et de Pietro Veglio, les administrateurs suisses de l’époque.
Rapidement, je suis devenu un membre à part entière de l’équipe de Washington au sein du groupe de vote suisse. Nous étions responsables de l’énorme portefeuille de la Bird et de l’Association internationale de développement (AID). Nous avons également formulé au nom du groupe des positions concernant de nouvelles initiatives, souvent complexes, comme la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, toute récente encore à l’époque. Enfin, j’ai été amené à représenter la présidence suisse au Conseil des administrateurs et à transmettre des positions oralement.
Un engagement compétent
Durant ces années, la Serbie a renforcé ses relations avec la Banque mondiale, établi un programme équilibré et élaboré quelques projets intéressants qui couvraient les besoins urgents liés au début tardif de la transition vers l’économie de marché. Belgrade a également resserré ses liens avec d’autres institutions financières internationales et d’autres pays confrontés à des défis identiques ou similaires en ce qui concernait leur propre transition. Les échanges quotidiens avec les professionnels compétents et engagés du bureau de Washington ainsi que les suggestions d’institutions suisses – le Seco ou les départements de l’Économie et des Finances, par exemple – ont contribué au succès de ce travail. J’ai toujours apprécié la collaboration directe et professionnelle, menée dans un esprit collégial, avec toute l’équipe suisse. Comme elle l’a montré, un engagement constant et bien planifié, sans agitation stérile, est un gage de qualité. Il permet, en outre, de soigner les rapports humains et de réduire les tensions.
Malheureusement, mon engagement auprès de la présidence suisse a été écourté par des circonstances tragiques. Suite à l’assassinat du premier ministre Zoran Djindjic en 2003 et au changement de gouvernement qui a suivi, le cahier des charges de mon poste s’est trouvé modifié. Aussi ai-je décidé, en juin 2003, de réintégrer le secteur opérationnel de la Banque mondiale.
La collaboration avec les collègues suisses a été pour moi une expérience précieuse sur les plans à la fois professionnel et personnel. Aujourd’hui, nous continuons de cultiver de bonnes relations dans le groupe de vote suisse, où je représente la Serbie en qualité de ministre des Finances. Le travail au sein du groupe ressemble beaucoup à la fondue, ce plat national helvétique qui mêle différents fromages. À mes yeux, le groupe de vote suisse possède la meilleure recette, avec ses ingrédients traditionnels français, allemands et italiens, que viennent affiner d’autres cultures, dont la culture serbe.
- L’ancienne République fédérale socialiste de Yougoslavie en avait été exclue en 1993 à cause des guerres qui ravageaient les Balkans et du service de la dette qui n’était plus assuré.