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Titre : Histoire du canton de Neuchâtel 2. Le temps de la monarchie, politique, religion et société de la Réforme à la Révolution de 1848
Auteurs : Philippe Henry
Éditeur : Alphil 2011
Pages : 160
L'auteur, en 8 chapitres, essaient de nous montrer de quelle manière Neuchâtel fonctionne dans le cadre de ce que l'on nomme l'Ancien Régime (terme qui ne peut se comprendre sans faire référence à la Révolution française). Pour cela, il s'intéresse aussi bien à la politique, l'économie qu'aux relations de la principauté avec les têtes couronnées de France et de Prusse. En effet, Neuchâtel n'entre que tardivement dans la Confédération et reste un pays soumis à un souverain étranger jusque dans le XIXe siècle.
L'auteur nous démontre que le fonctionne de la principauté est particulièrement traditionnel, les élites au pouvoir ne souhaitent pas modifier le fonctionnement du pays et préfèrent se référer à une coutume considérée comme la raison du destin favorable du peuple neuchâtelois et de son territoire. Le pouvoir contrôle la presse et le politique tout en refusant tout changements concernant le fonctionnement pénal du pays. Ce n'est que tardivement que la peine de mort, les peines corporelles et la torture seront abandonnées ou réformées, sous la pression de l'étranger. Sur place, les volontés de réformes sont qualifiées de sédition et rapidement surveillées et réprimées. Seule la presse du reste de la Confédération ainsi que l'exemple de cette dernière permet de penser un potentiel changement.
Mais l'auteur analyse aussi une époque de changements économiques. Face aux contrôles étroits de l'industrie dans les villes, des entrepreneurs décident de fonctionner en lien avec des habitant-e-s de la campagne afin de créer de nouvelles industries. Ces entrepreneurs contrôlent la vente et l'achat de matière première, la transformation dépendant d'un travail personnel à domicile. Les ouvriers et ouvrières sont soumis au bon vouloir de l'entrepreneur. L'indiennage profite de ces changements mais aussi l'industrie de la montre, malgré quelques problèmes conjoncturels.
L'Ancien régime est aussi une époque de changements importants pour la principauté en matière de souveraineté. Les bourgeois réussissent à défendre l'idée que Neuchâtel ne peut pas être divisé et, plus important encore, d'être capable de choisir leur propre souverain. À plusieurs reprises, un tribunal doit décider quel prétendant reçoit la souveraineté sur la principauté. Bien que la France souhaite contrôler le territoire c'est le roi de Prusse qui est choisi, moyen de défendre les acquis de la Réforme. Face aux royalistes, une partie des habitant-e-s souhaitent rejoindre la Confédération et abandonner l'idée d'une double appartenance et donc les particularités que cela implique, particularités de moins en moins acceptées par Berlin. L'auteur écrit un second tome riche qui réussit, selon moi, à mettre en avant le fonctionnement du pays tout en l'inscrivant dans le contexte de l'Ancien régime. Bien que les informations décrites ne soient pas des surprises pour les personnes qui connaissent la période, l'examen de Neuchâtel permet d'observer plus précisément ce que cela implique au niveau régional.
Image : Éditeur