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Selon une étude publiée dans le Journal of the American Medical Association (JAMA) daté du 5 janvier, la facilitation de l'accès à la pilule du lendemain n'a modifié ni le comportement sexuel des Américaines ni leurs habitudes en termes de contraceptifs pour éviter une grossesse ou se protéger contre les maladies sexuellement transmissibles.«Alors que les responsables politiques et certaines institutions de soins craignent qu'un accès libre et aisé à cette pilule ne conduise à des abus, cette étude montre qu'en fait les femmes y recourent moins qu'on le souhaiterait», a expliqué le Dr Tina Raine (Université de Californie, San Francisco) qui a dirigé cette recherche.Cette étude a été effectuée dans la région de San Francisco auprès de 2117 femmes âgées de 15 à 24 ans qui avaient été réparties en trois groupes. Dans le premier, les femmes pouvaient demander la pilule du lendemain directement dans des pharmacies. Dans le deuxième, on avait remis aux femmes des doses du contraceptif d'urgence tandis que les femmes du troisième groupe devaient passer par une clinique pour pouvoir l'obtenir.Toutes les femmes ayant participé à cette étude avaient indiqué, avant de commencer, vouloir éviter une grossesse. Au terme de ce travail, environ 40% d'entre elles ont expliqué avoir eu des relations sexuelles sans protection et 8% ont été enceintes. Aucune différence notable n'a été observée parmi les différents groupes, ont précisé les chercheurs.Selon les estimations des experts américains, la moitié des 3,5 millions de grossesses non désirées enregistrées chaque année aux Etats-Unis pourraient être prévenues si les contraceptifs d'urgence du lendemain étaient facilement accessibles. Ces contraceptifs sont disponibles sans ordonnance dans un certain nombre de pharmacies dans six Etats de l'Union : Californie, Nouveau Mexique, Alaska, Hawaï, Maine et l'Etat de Washington. La Food and Drug Administration américaine avait refusé en 2004 de laisser le groupe Barr Pharmaceutical Inc. commercialiser à l'échelon fédéral ce type de contraceptifs sans ordonnance médicale.En France, la pilule du lendemain (commercialisée sous la marque Norlevo) est accessible sans ordonnance depuis décembre 2001, et gratuitement pour les mineures depuis janvier 2002. On peine toutefois à mesurer l'impact de ces dispositions : les chercheurs de l'Institut national d'études démographiques et de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale, en charge de l'exploitation des données des bulletins de déclaration obligatoire d'IVG remplis par les médecins, estiment ne pas être en mesure d'évaluer l'impact de la contraception d'urgence pas plus que celui de la loi de 2001 prolongeant le délai de l'IVG de dix à douze semaines.