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Mésoscaphe Auguste-Piccard
A la découverte des eaux du Léman
Attraction et symbole de l'exposition nationale suisse, le mésoscaphe est le premier sous-marin touristique du monde. Il a été inventé par l'océanographe Jacques Piccard, fils d'Auguste et père de l'aérostier Bertrand.
La présence du mésoscaphe au centre de l'exposition nationale n'a pas été sans heurts. La direction de l'exposition désire avoir une attraction à caractère scientifique d'envergure. Jacques Piccard, fils de l'ingénieur Auguste, présente alors le projet du premier sous-marin touristique au monde. Enthousiasmée par cette idée la direction donne son accord en 1961. Elle tient, enfin, l’élément qui saura faire parler de l’Expo en dehors des frontières.
La construction du bâtiment débute en 1963, dans les ateliers de l'entreprise Giovanola à Monthey (Valais) pour se terminer au mois de février 1964. Hélas, les polémiques fleurissent rapidement: le 23 octobre 1963, un article du Blick lance une polémique largement répercutée dans la presse alémanique: l’Expo aurait rompu le principe sacré du droit à l’information en vendant à Paris-Match l’exclusivité du reportage de la première plongée. L’Expo devra déployer bien des efforts pour contrer cette cabale.
Des conflits internes surgissent. Pour Piccard, la direction aurait pris soudainement peur devant les risques encourus par les passagers en plongée. La direction de son côté reproche à Piccard des retards, du fait d’un certain manque de professionnalisme. Le 3 février 1964, la direction, à 15 jours de la mise à l’eau nomme un comité d’experts pour analyser la situation. On déplore le comportement de «star» du père du mésoscaphe. L’ingénieur Loser ainsi que toute l’équipe fidèle à Piccard, sont licenciés le 4 avril 1964.
Entretemps, le mésoscaphe a été transporté par rail au port du Bouveret. Vu ses dimensions impressionnantes, des travaux sont entrepris pour surélever des ponts. Le 27 février, le sous-marin est baptisé et immergé au Bouveret devant une foule nombreuse. Un journaliste de la Gazette de Lausanne exulte en faisant du port lémanique, un nouveau Cap Canaveral! Joie de courte durée.
Le 23 avril, le sous marin est remis en cale sèche pour que les modifications de sécurité voulues par les experts en froid avec Piccard puissent être faites. Cette intervention a pour effet direct que le mésoscaphe ne peut être opérationnel pour la journée d’ouverture. Pire, dans une ambiance électrique – le 20 mai – l’Expo résilie son contrat avec Piccard. Le mésoscaphe ne plonge qu’à partir du 16 juillet et Piccard ne peut même pas entrer dans la salle où se tient la conférence de presse.
Les tensions étaient telles que la direction n'a pas invité le concepteur du mésoscaphe à plonger avec son invention. C'est un journaliste qui lui donne son billet...
Malgré les 33'000 passagers emmenés au cours de 110 plongées, le mésoscaphe est resté une entreprise fortement déficitaire et le recyclage de ce symbole échoua commercialement. Ironie du sort, ce sont les visiteurs d'Expo.02 qui purent revoir la silhouette du bâtiment... rouillée et à quai. Depuis, le mésoscaphe a rejoint le Musée suisse des transports à Lucerne.