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«De plus en plus de parents britanniques refusent de faire vacciner leurs enfants contre la rougeole, une nouvelle étude ayant décelé un lien entre ce virus et l'autisme, faisant craindre aux autorités une recrudescence de la maladie infantile», écrit Catherine Fay de Lestrac depuis le bureau de Londres de l'Agence France-Presse (AFP). «Le pourcentage d'enfants vaccinés est tombé à 65% à Londres, bien loin de l'objectif gouvernemental de 95% requis pour éradiquer la maladie. Une étude réalisée par des scientifiques irlandais, qui doit être publiée en avril dans la revue Molecular Pathology, a découvert un lien possible entre le virus de la rougeole et des formes d'autisme et de désordres intestinaux.» L'AFP ajoute que cette étude s'est efforcée «de déceler le virus dans des échantillons d'intestins (...). Le virus était présent dans 83% des échantillons provenant d'enfants atteints d'autisme ou de maladies des intestins. Et dans seulement 7% de ceux provenant d'enfants qui n'avaient pas ces problèmes, précise l'Agence. L'équipe de chercheurs, dirigée par le Pr John O'Leary, en a tiré la conclusion que les injections du vaccin conjoint contre la rougeole, les oreillons et la rubéole (ROR), pratiquées actuellement, pouvaient jouer le rôle de «détonateur immunologique». L'étude n'était pas destinée à étudier les effets du vaccin et aucune conclusion définitive ne peut en être tirée mais elle «pose beaucoup de questions», a indiqué le Pr O'Leary, un spécialiste reconnu qui exerce au Coombe women's hospital de Dublin.»Cette nouvelle donne alimente la controverse récurrente que suscite, en Grande-Bretagne, le vaccin contre la rougeole ou, plus exactement, l'association ROR. Cette controverse a survécu à la publication d'études réalisées tant en Grande-Bretagne qu'à l'étranger, qui sont parvenues à des conclusions différentes. Elle n'est pas sans rappeler celle qui, en France, entoure les liens hypothétiques entre la vaccination contre l'hépatite virale de type B et la sclérose en plaques.«L'alarmisme, car il s'agit bien d'alarmisme à propos de ce vaccin, est nocif, a déclaré il y a quelques jours le Premier ministre Tony Blair devant la Chambre des Communes. Souvent, un tel alarmisme ne porte pas à conséquence. Mais dans ce cas précis, les conséquences sont évidentes». M. Blair a appelé les parents qui avaient encore des doutes à étudier de près «toutes les données» disponibles en la matière. L'opposition conservatrice a pour sa part demandé au gouvernement d'autoriser l'administration des vaccins dans des injections séparées, pour rassurer les parents qui, plutôt que de pratiquer l'injection du triple vaccin, préfèrent ne pas vacciner du tout. «La position du Premier ministre et du gouvernement reste absolument sans équivoque : le vaccin ROR est supérieur aux vaccins séparés», a déclaré un porte-parole de Downing Street. Arguant du respect de sa vie privée, Tony Blair a toujours refusé de révéler s'il avait fait bénéficier son plus jeune fils, Leo, du vaccin ROR.