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L’année 1974 vit le début des travaux de reconstitution d'une fissure alpine du Zinggenstock (Grimsel) et de réfection de la salle de minéralogie. Cette exposition sera ensuite encore modifiée en 1997.
En 1975, suite au départ de l’ancien taxidermiste, M. Michel Beaud a été engagé. Le nombre d’objets catalogués pas ses soins pour intégrer les collections s’avère en constante progression. Les problèmes de dépôts pour les nouvelles pièces devinrent de plus en plus aigus.
Suite aux transformations des salles d’expositions, différents animaux furent stockés au centre du Musée, sous le local de la ventilation qui fut aménagé en 1976. Malheureusement, durant la nuit du 10 au 11 novembre 1977, une conduite d’eau éclata. Une grande partie de nos collections furent inondées. De nombreuses pièces souffrirent aussi des changements du taux hygrométrique. Les dégâts furent considérables.
En 1983, le Musée d’histoire naturelle put enfin agrandir son effectif de personnel. Mlle Anne Oberlin, qui avait préparé l’exposition temporaire Céréales en 1983 a été engagée comme conservatrice-adjointe ad intérim jusqu’à l’engagement de M. Michel Roggo. Ce dernier, nommé à mi-temps, entra en fonction le 1er septembre 1984.
Le 31 août 1984 fut créée la Société des Amis du Musée d’histoire naturelle de Fribourg afin d’intensifier le contact avec le public et de satisfaire à son besoin de connaissances toujours plus grand. Me René Schneuwly en fut le premier président et resta en fonction jusqu’en 1993. Me Jacques Piller lui succéda. Lors de l’Assemblée constitutive, M. Jacques Piccard, océanographe, vint présenter ses activités.
En 1985, les travaux d'informatisation des collections commencèrent. Ils se poursuivirent pendant les années suivantes, en particulier pour les collections de minéralogie et de géologie. Elles ont été vérifiées et triées par MM. Vincent Schouwey, Jean-Pierre Clément et Andreas Nickel.
Une volière jouxtant l’animalerie fut aussi construite en 1985 afin d’accueillir les animaux sauvages blessés ou malades qui sont régulièrement apportés au Musée. Par la suite, le Musée a été reconnu par la Confédération comme station de soins pour la faune sauvage.
M. Michel Roggo donna sa démission le 1er avril 1987 pour poursuivre, entre autres, ses activités de photographe. M. Jean-Daniel Wicky, engagé au 1er septembre 1988, lui succéda. Le Musée obtint aussi alors un poste à mi-temps pour l’administration. Ce poste fut confié à Mme Barbara Cannatella qui s’occupait précédemment du secrétariat. M. Emanuel Gerber remplaça M. Jean-Daniel Wicky en tant que directeur-adjoint en 1991. Ce n’est qu’en 1993 que ce poste devint un poste à plein temps. Notons encore que pendant cette période le musée put engager du personnel technique, de surveillance et de nettoyage pour répondre aux attentes du public et des visiteurs toujours plus nombreux
En 1993, la dernière salle du Musée (zoologie II) fut réaménagée et une exposition permanente consacrée aux oiseaux fut ouverte. Elle s’intitule Et l’écaille devint plume. Cette même année vit aussi le commencement des travaux de transformations des salles d’expositions permanentes. La salle de Géologie fut la première à être transformée. Elle fut inaugurée le 16 décembre 1994. Suivirent la salle de l’Histoire de la Terre et la réception. En 1997, le vernissage de la nouvelle salle d’exposition permanente consacrée à la Minéralogie marqua l’achèvement des transformations des salles d’exposition consacrées aux sciences de la Terre.
Pendant cette période nous pouvons encore relever les faits suivants:
- En 1973, le Musée a commémoré, avec la collaboration de la Société de développement locale, le centenaire de la mort de Jean-Louis Rodolphe Agassiz (1807-1873). Il était l’un des savants de Suisse Romande les plus célèbre et considéré comme un grand scientifique des Etats-Unis. Ses travaux font référence pour la propagation de l’idée sur les glaciations et pour les déterminations des poissons fossiles.
- En 1974, le cap des 10'000 visiteurs fut franchi.
- En 1976, la première exposition temporaire, intitulée Coléoptères exotiques suisses, fut réalisée à partir de la collection de M. Hans Pochon.
- En 1980, le Musée d’histoire naturelle organisa son premier concours photographique. Depuis lors, ils ont lieu tous les deux ans. Ces concours incitent les photographes amateurs et professionnels à découvrir des thèmes particuliers liés à la nature (Nos Haies, Nuages, La Mer...).
- Cette même année, le musée transforma ses combles afin d'y aménager une grande salle d'expositions temporaires.
- En 1981, pour les fêtes de fin d’années, des projections cinématographiques eurent lieu les dimanches après-midi du mois de décembre. Cette même année, des installations techniques ont été aménagées pour améliorer la sécurité en cas d’inondation et de feu.
- En 1982, le musée organisa sa première exposition Poussins, exposition qui, encore aujourd’hui, rencontre un succès considérable auprès du public.
- Sous l’instigation du Conservateur, un groupe de travail fut aussi constitué pour préparer un document concernant Saint-François d’Assise et l’écologie. En raison du 800ème anniversaire de Saint-François, ce document, remis à la Conférence des évêques suisses, servit pour la rédaction de la lettre pastorale à l’occasion du Jeûne fédéral. Le titre était « L’Homme et son Milieu ».
- En 1985, le Musée d'histoire naturelle s’est réjoui d'avoisiner les 50'000 visiteurs avec 47'910 personnes.
- Cette même année, la Société des Amis du Musée offrit au Musée l’étang appelé « La Goille » à Montagny-la-Ville.
- Grâce à la Société des Amis, le Musée a aussi pu acquérir, en 1986, une ammonite nacrée (Placenticeras meeki) âgée de 65 millions d’années. Ce don est prestigieux et d’une rare beauté.
- En 1988, pour des raisons de sécurité, des caméras de surveillance ont été installées. Elles permettent de visionner les différentes salles du Musée depuis la réception.
- En 1993, le musée connaissait sa 100ème exposition temporaire.
- Pour faciliter l’accès des personnes handicapées à la salle d’exposition temporaire située dans les combles, un lift d’escalier fut installé.
- Enfin, toujours en 1993, toutes les collections de roches et fossiles de la salle de Géologie, l’herbier, la collection de champignons et du matériel de la Villa Gallia furent déménagés dans un nouveau dépôt situé dans le bâtiment de la Caserne à la Planche-supérieure.
- Les 3 salles des sciences de la terre furent réaménagées en 1995.
- Depuis 1996, le Musée est présent sur Internet en quatre langues. Le site comprend actuellement plus de 330 pages et plus de 520 illustrations.
- En 1996, plus de 75’000 personnes ont parcouru les différentes salles d’exposition du Musée.
- La salle de zoologie générale a été transformée en plusieurs étapes, notamment en aménageant une exposition "Et l'écaille devint plume" en 1993 et ensuite, en 1998, en présentant une exposition permanente de poissons, reptiles et batraciens.
- En 1999, le musée dotait d'une balise Argos une Cigogne blanche "Max" née à Avenches. Les déplacements de cette cigogne ont fait connaître le musée et ses activités dans le monde entier.
- En 2001, l'exposition "Poussins" n'a plus été autorisée par le service vétérinaire cantonal, sous le prétexte que les poussins étaient stressés quand ils étaient caressés. Une diminution sensible du nombre de visiteurs se fit sentir.
- La salle des animaux du Canton a été complètement rénovée en 2003.
- En 2010, ce fut au tour de la salle de la baleine d'être transformée et rebaptisée en salle des "Vertébrés du Monde".
Cette période fut également riche en nouvelles acquisitions :
- En 1978, le Zoo de Bâle a offert au Musée une Girafe massei provenant du Kenya. Cette girafe avait 28 ans.
- En 1981, grâce à différentes collaborations que le directeur du Musée avait entretenues avec le Zaïre, il a été possible d’acquérir un Eléphant nain de forêt. Il a été acheminé dans un congélateur et a alors défrayé les médias. En effet, selon un slogan publicitaire, « certains mettent un tigre dans leur moteur » tandis que le Musée met un éléphant dans un congélateur.
- Le Musée a acquis un œuf d’Aepyornis maximus, grâce à un don de la Société des Amis, en 1987. L’Aepyornis est un oiseau disparu de Madagascar depuis le XVIIème siècle.
- En 1991, le Musée a organisé une exposition consacrée aux mollusques marins et ce fut l’occasion d’acquérir certaines espèces dont le célèbre « Gloire des mers » de la famille des cônes. Décrit pour la première fois en 1757, ce coquillage se monnayait alors à plus de 10’000 frs en raison de sa beauté remarquable et de sa grande rareté. Cette même année, le Potamopyrgus antipodarum a été trouvé dans le canton de Fribourg. Ce mollusque, découvert au milieu du XIXème siècle dans l’estuaire de la Tamise, fut repéré en 1972 dans le lac de Constance, dès 1977 dans le lac Léman, en 1989 sur la rive sud du lac de Neuchâtel et en 1991 dans le lac de Morat.
- En 1997, après plusieurs mois de tractations avec le Muséum de Nouvelle-Zélande, le Musée a pu acquérir un Sphénodon punctatus. Cet animal est l’unique survivant d’un groupe de reptiles qui vivaient il y a 250 à 70 millions d’années.
- Cette même année, le Musée a également acheté le squelette fossilisé d’un bébé de dinosaure (Psittacosaurus) qui a été découvert en 1993 en Chine. Ce dinosaure a vécu pendant le Crétacé, il y a environ 113 millions d’années.
- Pour la salle de l'exposition permanente de poissons, reptiles et batraciens, un Python réticulé a été préparé avec son squelette et en 2001, le taxidermiste Michel Beaud a naturalisé un Tigre de Sibérie, don du zoo de Servion.
- Grâce à ses contacts avec le Congo (RDC), en 2005, le directeur a pu obtenir du Ministre de l'environnement les cadavres de 2 Bonobos.
- En 2007, le musée s'est enrichi d'un Orang-outan (Pongo pygmaeus) mâle de 120 kg. Il était né en 1965 à Bornéo et vécu dans différents zoos européens avant de décéder en novembre 2006 au zoo Seeteufel de Studen près de Bienne.
- 2 nouvelles vitrines ont été construites en 2006: l'une est consacrée à l'Ours des cavernes dont de nombreux restes ont été trouvés au Bärenloch et l'autre pour l'exposition d'un fossile de Ptérosaure, tiré des carrières de calcaire lithographique de Solnhofen (Bavière, Allemagne). Cette pièce date du Jurassique et elle a près de 150 millions d'années. Il s'agit d'un squelette de saurien volant à longue queue du genre Rhamphorhynchus, très complet et en excellent état de conservation.
CONCLUSION
L’accroissement des collections du musée et l'augmentation du nombre de visiteurs se poursuivent. L’encombrement est tel, certains jours, que les personnes doivent attendre dans la cage d’escalier pour accéder aux salles d’exposition. L’exiguïté des locaux, tant pour l’exposition que pour le stockage des collections qui ne cessent de s’accroître, nous contraint à envisager un agrandissement du Musée et, si cela ne pouvait être le cas au Plateau de Pérolles, son déménagement dans les meilleurs délais.
André Fasel - Directeur