Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06979.jsonl.gz/675

Dysthyroïdies liées à une surcharge iodée
Rev Med Suisse
2016;
804-809
Résumé
Les sources principales d’une surcharge iodée, l’amiodarone et les produits de contraste radiologiques sont fréquemment administrés en médecine moderne. La thyroïde se protège contre un excès aigu en iode par une suppression de la métabolisation de l’iode, l’effet Wolff-Chaikoff. Une dysfonction à ce niveau amène à une hypothyroïdie ou à une hyperthyroïdie. L’hyperthyroïdie sur amiodarone est un problème complexe qui résulte de deux mécanismes physiopathologiques différents pour lesquels le traitement diffère. Une altération de la fonction thyroïdienne après exposition aux produits de contraste est fréquente, mais nécessite plus rarement un traitement. Les individus à risque doivent être identifiés afin de pouvoir surveiller la fonction thyroïdienne et dans certains cas appliquer des mesures préventives.
IntroductionL’iode est un oligo-élément vital et le substrat essentiel de la synthèse des hormones thyroïdiennes. Il se trouve principalement dans et en bord de mer. L’apport quotidien d’iode recommandé par l’OMS est de 150 µg/jour et une consommation adéquate est assurée principalement par le sel iodé et par des aliments provenant de la mer, notamment les algues, les crustacées et les poissons marins (tableau 1).1 Une carence en iode amène à une hypothyroïdie avec goitre diffus. Une déficience en iode légère chez des femmes enceintes est associée à une augmentation du risque de fausses couches et de mortalité périnatale. Un apport trop faible pendant la grossesse peut induire un retard dans le développement du système nerveux central du fœtus.2Néanmoins, si l’apport d’iode dépasse 1100 µg/jour chez les adultes, une dysthyroïdie importante peut en résulter.1 De nombreuses données indiquent une augmentation de l’incidence des dysthyroïdies après implémentation de la iodination du s...