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Premier Grec à participer à un Masters, Stefanos Tsitsipas est allé au bout de son rêve dimanche à Londres en remportant le tournoi des Maîtres (6-7 6-2 7-6). Envahi par l'émotion, le numéro 6 mondial avait de la peine à trouver ses mots en conférence de presse. Interview.
Stefanos Tsitsipas, êtes-vous déjà en mesure de réaliser ce que vous avez accompli?
"J'étais déjà excité de participer au Masters, c'était déjà un truc énorme pour moi. Maintenant que je suis champion, je ne sais même pas comment exprimer mes émotions. Honnêtement, je ne ressens rien. Il y a beaucoup trop d'émotions pour ressentir quelque chose (rires)! D'une certaine façon, c'est atroce de tenir ce trophée. Je me rappelle encore lorsque je regardais cet événement à la télévision. Je me disais alors: 'Ces gars ont fait une année de folie pour jouer ici!' Et maintenant je suis champion. C'est grandiose!"
Il y a une année, vous remportiez le Masters de la NextGen à Milan. Pensez-vous que cette expérience vous ait été utile pour triompher à Londres?
"Je pense que oui. J'ai eu l'opportunité de disputer un Masters l'année dernière au terme d'une très, très bonne saison. J'étais ainsi arrivé en pleine confiance au Masters de la NextGen, en sachant que j'étais l'un des meilleurs. Je suis finalement reparti avec le trophée après avoir battu les meilleurs jeunes joueurs de ma génération. Ce titre m'a rendu incroyablement excité pour la nouvelle saison. Je pense que ça m'a donné un énorme coup de pouce. Les jeunes ont le sang frais, ils veulent toujours se battre davantage puisqu'ils sont nouveaux dans le jeu. Ce Masters de la NextGen était donc une super expérience pour voir comment les choses fonctionnaient. Et remporter ces deux titres en deux ans, c'est un super combo, non? (rires)"
Après avoir gagné le Masters de la NextGen, vous avez certainement pensé qu'il était possible, mais peu probable, de battre Roger Federer à l'Open d'Australie. Pensez-vous donc qu'il est possible ou probable de gagner un Grand Chelem en 2020?
"J'aimerais pouvoir prédire le futur et vous répondre. Je n'avais pas prédit que j'éliminerais Roger et que je disputerais les demi-finales de l'Open d'Australie. J'aurais pensé le faire bien plus tard. C'était donc complètement inattendu pour moi. Si je me mets dans un état d'esprit où je dois absolument gagner un Grand Chelem, ça ne marchera pas. Comme l'a dit Rafa (ndlr: Nadal) dans le passé, il ne jouait pas pour gagner le tournoi mais pour gagner tous les matches qu'il s'apprêtait à disputer. C'est donc comme cela que je pense. Il ne faut pas trop voyager dans le futur lorsque tu joues un tournoi, parce que ça ne se passe pas toujours comme tu le veux."
Pensez-vous toutefois qu'il est possible qu'un nouveau joueur remporte un Grand Chelem en 2020?
"Le truc, c'est qu'il y a le Big 3... Ce dernier domine les Grand Chelem depuis des années et cela nous rend la tâche vraiment compliquée. Quelqu'un doit faire le travail et les battre dans les premiers tours. Car, lorsqu'ils avancent dans le tournoi, et comme nous l'avons vu depuis des années, ils ont tendance à jouer de mieux en mieux. De plus, je pense que le format en cinq sets ne nous aide pas. Les membres du Big 3 ont ainsi plus de chances de rester dans le match. S'il s'agissait d'un format en trois manches, il y aurait peut-être eu beaucoup plus de vainqueurs différents en Grand Chelem au fil des ans. Le Big 3 se partage combien de Grand Chelem? Une soixantaine? Pour nous les jeunes, ce n'est qu'une question de temps. Nous devrons soit les battre, soit attendre qu'ils prennent leur retraite."
A l'image d'Andy Murray en Grande-Bretagne, vous devez supporter la pression de tout un peuple sur vos épaules. Comment y parvenez-vous?
"Honnêtement, il n'y a pas beaucoup de pression sur les tennismen grecs. Elle est plutôt présente dans le football et le basketball. Je me sens d'ailleurs assez seul sur le Tour en étant le seul Grec à jouer à un tel niveau. J'espère vraiment que nous allons voir plus de joueurs grecs dans le futur. Des joueurs qui peuvent même faire mieux que moi, qui peuvent me pousser et me motiver. Je pense notamment à mon frère et à Michail Pervolarakis. Ce dernier est le deuxième meilleur Grec au classement ATP. Il a un bon niveau et je crois vraiment qu'il a les capacités pour être mieux classé."