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"Une anecdote est liée au Squadron 350, regroupant au sein de la RAF les pilotes belges libres, avec la situation subie par Margaret Horton, l'héroïne d'un exploit d'anthologie à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Les Merlin des Spitfîre donnaient alors pas mal de fil à retordre aux mécaniciens. Aussi de curieuses pratiques s'étaient instaurées afin de lester les empennages lors des essais moteur: un aide-mécanicien se mettait à califourchon sur le fuselage devant la dérive. Oui, oui, c'est sérieux ! Et l'habitude fut prise, au 350 comme ailleurs, de «taxier» ainsi les avions de leurs parkings ou hangars à la zone d'alerte pour éviter de les mettre en pylône sur des aires de roulement rudimentaires et souvent truffées de trous de bombes. Ce qui devait arriver arriva et, j'insiste, ce n'est pas du délire de narrateur: le 9 février 1945 - en pleine conférence de Yalta! - le caporal Margaret Horton, aide-mécanicien féminin (une WAAF avec du cambouis sur sa frimousse), fit un tour de piste à l'arrière d'un Spitfire venant de décoller de la base de Hibalston !
- Le Flying Officer Cox, recevant l'ordre de décollage immédiat pendant son «taxi», avait mis les gaz par réflexe. La pauvre Margaret dut se résoudre à s'agripper vaillamment à l'empennage. Comme beaucoup d'Anglaises, elle devait pratiquer l'équitation pour ne pas se faire désarçonner en vol ou à l'atterrissage. Bien sûr, elle s'était mise à hurler dès la mise de gaz. Cox réalisa sa distraction une fois en l'air lorsque, dans son rétroviseur, il découvrit avec stupeur le postérieur de sa mécanote collé à sa dérive, explication instantanée d'un centrage inhabituel. Après un tour de piste réduit et précautionneux, il mit un terme à ce «scramble» inopiné par un atterrissage sur des «eggs». Il n'y eut pas d'oeufs brouillés mais l'histoire ne dit pas le nombre de tournées de bière qu'a dû payer l'étourdi !" - B.B.
(Source: Aviasport de décembre 2003 + internet)