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01/07/2013
Portraits de candidats: Peter Sob
Peter Sob (Parti Bourgeois-Démocratique), 21 ans
Peter Sob paraît d'abord assez énigmatique: son sourire mystérieux cache tantôt un franc rigolard, tantôt un militant engagé, dissimulables à choix derrière l'apparence d'un modeste et quelque peu timide personnage. Ce médecin stagiaire, en cinquième année de médecine à l'Université de Genève, se définit comme spontané, philanthrope, un peu impatient, aimable et sociable, tous ces traits pouvant être repérés dès la première conversation. Peter Sob, c'est aussi un pianiste et un karatéka (ceinture noire, attention!). Il est également impliqué dans la vie associative, en présidant le club de débat de l'UNIGE, et en faisant partie du comité de la société de Zofingue.
Son intérêt pour la politique a débuté avec plusieurs évènements précis qui l'ont tous amené à s'intéresser aux rapports que la Suisse entretient avec le monde, ainsi qu'au climat anti-étrangers, surtout induit par l'UDC: il évoque les célèbres initiatives contre les minarets et pour le renvoi des étrangers criminels, mais également la suppression de la distinction entre fraude et évasion fiscale. Ces évènements l'ont décidé à s'impliquer activement en politique, ne restant donc qu'à trouver un parti.
Peter Sob s'intéressait alors au Parti Radical, mais, la fusion ne l'ayant pas convaincu, il abandonna cette voie. En faisant ses recherches, il ne trouvait aucun parti cantonal qui ne lui corresponde suffisamment. C'est alors qu'il rencontra Laurent Thurnherr (tout comme Peter Sob, actuel Vice-Président du PBD Genève ndlr), qui lui annonça vouloir fonder la section genevoise du Parti Bourgeois-Démocratique. Ne connaissant que la façon dont ce mouvement a été créé (c'est-à-dire suite à l'éviction de l'UDC de la Conseillère Fédérale Evelyne Widmer-Schlumpf), Peter Sob a tout de suite été convaincu par les idées du futur PBD Genève, et a ainsi intégré une équipe qui s'est petit à petit agrandie, et qui a abouti à la création du parti, le 13 février 2013.
Travailleur et animé d'une envie d'atteindre les buts qu'il se fixe, il s'est lancé dans la course pour les élections cantonales en octobre prochain, pensant pouvoir apporter des points de vue différents. Étant allé jusqu'à suivre des cours de droit pour élargir ses connaissances, il se prépare à véritablement accéder au législatif cantonal, malgré les maigres chances de son parti. "On n'attend pas grand-chose, car il y a seulement six mois d'écart entre notre création et les élections. Si on obtient un mauvais résultat, ce sera probablement plus en raison d'une méconnaissance que d'un rejet". Il croit malgré tout au fait que le PBD atteigne les 7% de voix requises (en étant bien conscient des difficultés que cela implique).
En effet, le PBD est encore extrêmement méconnu dans la politique genevoise. Une chose est claire: il n'aime pas les étiquettes. Il n'aime pas la politique politicienne non plus, ayant élaboré son programme avec des spécialistes de chaque sujet abordé, et non en fonction de facteurs électoraux et stratégiques. Le parti se situe à droite au niveau économique et sécuritaire, et à gauche sur le plan écologique et social, tout en étant empreint d'un esprit à la fois conservateur et humaniste.
S'il est élu, Peter Sob ne souhaite pas se spécialiser dans un domaine spécifique, même s'il avoue s'intéresser en particulier aux questions portant sur la fiscalité, la sécurité et le logement. Ainsi, s'il ne pouvait faire appliquer qu'un seul projet, il réaliserait sans hésitation ce qui est par ailleurs une des priorités de son parti: le blocage des loyers. En d'autres termes, à part les hausses liées à l'augmentation du coût de la vie, l'idée serait de bloquer le prix des loyers, tant que le taux de vacance des logements ne dépasse pas les 3% (actuellement, il est de 0.33%). À ceux qui considèrent cette proposition comme anti-libérale, il répond qu'elle vise justement à relibéraliser un marché hors de contrôle: "quand il y a un déséquilibre, l'Etat doit intervenir".
Interrogé quant à son avis sur la vie politique actuelle, il n'a qu'un mot aux lèvres: chaotique. Il fustige les trop nombreux politiciens centrés sur eux-mêmes, les "vieux" qui ne veulent pas bouger de la place qu'ils occupent depuis plus d'une décennie, quand bien même ils n'apportent pas grand-chose... Il est particulièrement critique à l'égard de la fréquence des attaques déloyales, et de la montée du populisme au détriment du réalisme. S'agissant de ses adversaires politiques, il les reconnaît dans toute personne incapable de se remettre en question (indépendamment donc de la couleur politique).
Pour lui, Genève est la véritable capitale de la Suisse. Avec un peu d'ironie, il qualifie Genève de "New York de la Suisse". Genève est pour lui un des cantons les plus ouverts du pays, malgré le fait -justifié- que les gens n'y sont pas connus pour leur modestie. Mais cela ne l'empêche pas d'aimer sincèrement ce lieu. Il espère que l'on restera vigilants face au populisme (jeu de mots involontaire), ainsi qu'aux pressions nationales et internationales.