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vendredi, mars 07, 2008
Zurich: les clés du succès
La méthode Elmar pour sortir Zurich du marasme des années 90? Il faut une équipe politique soudée, un projet, une culture de l'optimisme, une vision pour l'avenir et le courage de réaliser. Et il faut parler un langage simple, clair et direct. Pas de bonimenteur au pouvoir.
L'équipe, c'est lui Elmar Ledegerber, président durable de la municipalité, sans pouvoir supplémentaire sinon celui du verbe, de la foi et de l'amour de sa ville. Le tournant est intervenu en 1998 quand trois socialistes et un vert ont pris le pouvoir avec trouvant les modalités d'une coalition loyale avec les trois radicaux. Résultat le règlement de l'urbanisme et de la police des construction, qui était resté sans effet durant 20 ans car voté du bout des lèvres par les Zurichois, a trouvé des majorités confortables et a pu être appliqué sans référendum, étape par étape, en partant d'un moins conflictuel (la construction et la rénovation des logements) au plus complexes, la décision de construire des gratte-ciel et la réhabilitation des vieux quartiers industriels coincés entre les rails de chemins de fer et la Limmat.
Le projet, ce fut la construction de logements. En dix ans, dix mille grands logements. Tel était le slogan. Une politique pour les familles qui avaient désertés la commune. Nous avons réalisé ce programme en neuf ans, dit Elmar Ledergerber déclenchant une rumeur désolée dans l'aula principale d'UNI Bastions. La ville a fourni le terrain aux coopératives de logement, très actives à Zurich. Le projet ce fut aussi 800 millions investis dans la rénovation des logements, la construction de deux stades, le doublement du musée Rietberg. Le doublement des dépenses pour les écoles, la création des jobs à mille francs (la promotion du travail contre l'assistanat). "A Zurich, nous n'avons pas de mendiants, pas de gens qui logent sous les ponts", ajoute sans rire le magistrat socialiste.
La culture, c'est la Street parade "qui traduit symboliquement la transformation d'une ville post-zwinglienne". Le changement de la législation cantonale en matière de patente a eu pour effet la multiplication des cafés dans les quartiers. Zurich est une ville jeunes vertes où il fait bon vivre. La culture, c'est aussi un budget municipal de 350 millions de francs par année.
La vision pour l'avenir, c'est celle d'une métropole européenne, d'une Science City. et même si le maire promet de supprimer cette appellation dédaigneuse pour les autres, la vision pour l'avenir c'est bien Zurich, centre-ville de la Suisse.
Et le grand Zurich, quelles sont vos relations avec le canton et la région demande l'ancien conseiller national Gilbert Coutau?
Ma vision ne correspond pas forcément avec ce qu'il est possible de faire" répond diplomatiquement Elmar Ledergerber qui ne cache pas son énervement quand des fonctionnaires du canton font mine de considérer la ville comme l'une des 173 communes du canton. Mais nous entretenons de bonnes relations avec le Conseil d'Etat, ajoute le magistrat.
Au plan régional, pas facile non plus de coordonner une agglomération grosse de sept cantons et de la Forêt noire. Trois conférences métropolitaines ont déjà eu lieu. Une quatrième va voir le jour. J'espère qu'il en sortira une extension à la région de notre document stratégique 2025 et que dans dix ans les communes et les cantons auront transféré quelques compétences à ce nouvel échelon de la gestion publique du grand Zurich.
Le maire remarque au passage que les dix plus grandes villes de Suisse ont plus d'habitants que les 14 petits cantons qui eux ont la majorité à la Chambre des cantons à Berne. Il a bien l'intention de dynamiser prochainement l'Union des villes suisses et d'être le leader des dix plus grandes villes suisses.
Jean-François Mabut
Ce billet comme celui qui le précède est le résumé d'une conférence donnée le 6 mars à l'aula d'Uni Bastions par Elmar Ledergerber, maire de Zurich, à l'invitation de la Nouvelle société helvétique et de la Fondation pour Genève.
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