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Un compte de Paul-Loup Sulitzer bloqué à Genève
La justice genevoise a bloqué un compte bancaire de Paul-Loup Sulitzer dans le cadre de l'enquête menée en France sur une vente illégale d'armes vers l'Angola. L'argent qui se trouve sur ce compte aurait été versé par Pierre Falcone, actuellement emprisonné à Paris. Mais, selon l'avocat du romancier, il s'agirait d'une simple rémunération pour un travail de relations publiques.
L'histoire se répète. L'affaire Falcone, à l'image de l'affaire Elf, se déplace de la France vers la Suisse. En d'autres termes, les acteurs français se sont servis de la Confédération comme terrain de jeu, pour y dissimuler leur cagnotte. Un exemple, l'écrivain Paul-Loup Sulitzer aurait ainsi placé presque 300.000 francs dans une société établie à Zurich. L'argent vient d'être séquestré par le juge genevois Daniel Devaud.
Au Palais de justice de la cité de Calvin, Paul-Loup Sulitzer, à l'image du fils de Jean-Christophe Mitterrand (le fils de l'ancien président) passent pour des seconds couteaux de l'affaire Falcone. Ils ne se seraient greffés sur cette opération que pour toucher des miettes. Il n'empêche, comme l'a révélé La Tribune de Genève, la justice suisse a bloqué les comptes de l'écrivain.
1,183 million de francs français perçus en paiement de «plusieurs missions de relations publiques» effectuées pour le compte du marchand d'armes. Cité par l'Agence France Presse (AFP), Me Marc Bonnant ajoute que son client «ignore tout du trafic d'armes dont est soupçonné Pierre Falcone».
Le gros gibier, en l'occurrence Pierre Falcone, lorgnait également sur la Suisse. Nullement découragé par le refus de Genève de lui accorder un permis B en mars 1998, le marchand d'armes entreprend aussitôt des démarches similaires dans le canton de Vaud. Sa société, baptisée Montaigne Financial Services, d'abord établie à Founex, s'installe à Lausanne.
L'entreprise ne compte qu'un seul salarié, le directeur, le banquier Paul Hazan, venu de la banque Leumi. «A l'origine Pierre Falcone souhaitait installer en Suisse le centre administratif de ses affaires. Mais, il y a renoncé, son épouse ne voulant pas quitter les Etats-Unis», explique l'avocat Kamen Troller, administrateur de Montaigne Financial Services.
Au palais de justice de Genève, on donne une toute autre interprétation de l'affaire : Pierre Falcone a obtenu en 2000 le fameux permis B dans le canton de Vaud, mais manque de chance, quelques semaines plus tard, il était incarcéré en France pour avoir vendu à l'Angola, pays en guerre, du matériel militaire.
Pour preuve, une multitude de transactions financières, liées aux sociétés de Pierre Falcone et de son associé russe, Arcadi Gaydamak, actuellement réfugié en Israël, sont passées par la Suisse ces dernières années. Plus d'une dizaine de banques ont signalé à la justice qu'elles possédaient des comptes liés à une vente d'armes à l'Angola.
Ian Hamel
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