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Méthodes d'amélioration des plantes
Pendant des centaines d'années, on dépendait de l'apparition de mutations naturelles et on ne pouvait intervenir sur le plan de la sélection que par des croisements et de la sélection. Ce n'est que dans les années 1930 que l'on a commencé à traiter les semences par des méthodes physiques et/ou chimiques (rayonnement, produits chimiques) afin d'obtenir plus de mutations et donc plus de variation. Ces mutations se produisent à des endroits aléatoires du patrimoine génétique, ce qui entraîne de nombreuses mutations non souhaitées ou inutilisables. Les mutations indésirables sont éliminées par de longs rétrocroisements répétitifs. Avec cette méthode de sélection, le développement d'une nouvelle variété végétale peut prendre jusqu'à 15 ans pour les cultures agricoles et jusqu'à 30 ans pour les cultures pérennes comme les arbres fruitiers.
Dans les années 1980, on a découvert les procédés de « l'ancien » génie génétique. Il s'agit d'introduire un ou plusieurs gènes dans la cellule à l'aide de canons à gènes ou de bactéries afin de créer une variation. Ces gènes peuvent provenir d'une autre espèce végétale ou de la même espèce végétale (par exemple d'une plante sauvage) que la variété que l'on souhaite améliorer par la culture. Les gènes sont insérés au hasard dans le patrimoine génétique à un ou plusieurs endroits, les modifications indésirables devant à leur tour être éliminées par croisement. En comparaison, les nouvelles techniques de sélection (NTS) utilisent des outils biologiques tels que des protéines ou des ARN, qui peuvent reconnaître la séquence du patrimoine génétique à modifier. Les NTS sont donc plus ciblées que « l'ancien » génie génétique, mais ici aussi, les outils biologiques doivent être introduits dans la cellule. Il est ainsi possible de réécrire des gènes de manière ciblée ou d'insérer un gène à un endroit préalablement déterminé.
Indépendamment du procédé utilisé pour la sélection végétale, la variété issue de la sélection doit passer un examen variétal de plusieurs années sur le terrain. Au cours de l'examen variétal, les variétés qui ne fournissent pas la performance souhaitée dans les conditions de croissance locales naturelles ou qui sont mal adaptées sont éliminées. Cela permet de garantir que seules les meilleures variétés sont inscrites sur la liste officielle des variétés. A l'exception des variétés génétiquement modifiées, toutes les variétés autorisées en Suisse sont automatiquement autorisées dans l'UE et inversement.
Importance de la sélection végétale pour l'agriculture
Dans sa "Stratégie pour la sélection végétale à l'horizon 2050", l'OFAG définit comme suit sa vision à l'horizon 2050 : "Grâce à ses excellentes variétés et compétences, la sélection végétale suisse est le pilier d'une agriculture et d'une filière alimentaire durables et innovantes". La sélection de nouvelles variétés est essentielle pour l'agriculture suisse à tous points de vue. C'est la seule façon de disposer à l'avenir de variétés performantes qui répondent aux exigences de l'agriculture et de la société. Cela implique une utilisation réduite des ressources (engrais, produits phytosanitaires) ainsi que des adaptations au changement climatique (tolérance/résistance au stress dû à la sécheresse, à la chaleur, au gel tardif, etc.) Seules des variétés adaptées permettent d'assurer l'approvisionnement de la population en denrées alimentaires tout en préservant les bases naturelles de la vie.