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Christine Matthey
Directrice du Forum Helveticum
Christine Matthey
Directrice du Forum Helveticum
«Le Forum Helveticum s'engage en faveur de la comprehension linguistique et culturelle entre les différentes régions suisses et se réjouit des initiatives, telles que celles de la SSUP, qui promeuvent la cohésion au sein de notre pays.»
Depuis sa création en 1810, la SSUP s’est toujours engagée pour la cohésion sociale en Suisse. En 1810, celle-ci était en fait un État vassal de la France. Cinq ans plus tard, la Confédération des 22 cantons est née. Le fait que la SSUP, d’orientation libérale, achète le Grütli en 1859 et en fasse don à la nouvelle Confédération de 1848, s’inscrivait dans le contexte de la guerre civile confessionnelle qui, peu avant, avait ébranlé la cohésion sociale du jeune État fédéral. Aux 19e et 20e siècles, la SSUP renforça la cohésion sociale en prônant une éducation obligatoire et gratuite pour tous les enfants en Suisse. Au début du 20e siècle, alors que la pauvreté frappait particulièrement les personnes âgées en Suisse, la SSUP encouragea la fondation de Pro Senectute et la création de l’AVS. Au début du 21e siècle, la SSUP s’engagea en faveur de la cohésion sociale en coordonnant le Comité pour la Fondation de solidarité, idée visionnaire cependant rejetée par la majorité des citoyens suisses lors d’un vote à l’automne 2002. Par la suite, la SSUP s’est d’autant plus investie pour la promotion du bénévolat afin de renforcer la solidarité et la cohésion au sein de la société. Actuellement, la SSUP s’interroge pour savoir si à l’avenir, elle peut ou doit entreprendre des actions plus concrètes et plus ciblées en ce sens. Dans le cadre d’une dizaine d’ateliers, des spécialistes de ce domaine ont déjà analysé la situation et discuté des défis futurs auxquels la société suisse, hétérogène, numérisée et très mobile, se verra confrontée. Quelles sont les forces propres à unir une société? Quels pouvoirs ont tendance à la séparer ou à la polariser? Les ateliers de la SSUP ont thématisé plusieurs aspects de la cohésion sociale: relations intergénérationnelles, récits & identités, diversité & inclusion, participation & démocratie, équité distributive, égalité des genres, diversité linguistique, répartition du travail dans le monde numérisé et fossé ville-campagne. Les échanges entre professionnels qui ont déjà eu lieu ont abouti à de nombreuses conclusions – et ont soulevé encore plus de questions auxquelles il faudrait répondre.
- La cohésion sociale est à l’ordre du jour politique lorsqu’il s’agit de la place du français à l’école obligatoire outre-Sarine.
- En Suisse, il n’y a pas de société majoritaire ou de culture de référence, mais de nombreuses minorités différentes qui se connaissent peu.
- Nous avons besoin d’un nouvel accord de solidarité entre les générations: contre la précarisation de la jeunesse, pour un développement durable de l’AVS et du système des caisses de pensions, en faveur des congés parentaux et des communautés de soins.
- La numérisation ne doit pas accroître davantage les inégalités entre les générations et les couches sociales se différenciant par leur niveau d’éducation.
- Alors que les gens communiquent en réseau à l’échelle mondiale ou se retirent dans leur coquille locale, voire privée, pourquoi devrions-nous, aujourd’hui, encourager la cohésion sociale précisément au niveau national? Et ce dans un pays qui n’est lié par aucune langue, histoire, culture ou religion commune?
- Ce sont les valeurs de la Constitution fédérale qui unissent notre société. Dans le même temps, des valeurs fondamentales telles que la démocratie et la solidarité sont remises en question et critiquées.
Les discussions entre spécialistes ont abouti à un constat formel: Il manque des espaces semi-publics en Suisse, où l’on peut réfléchir et débattre ouvertement des défis sociaux dans un cadre protégé, un peu comme des laboratoires d’idées, voire des biotopes. D’une part, ces espaces doivent être plus vastes que des bulles à l’intérieur desquelles des personnes partagent les mêmes idées; d’autre part, les espaces ouverts, voire exposés – débats télévisés, forums sur Internet ou assemblées communales – ne constituent pas non plus un cadre idéal. Du fait que la SSUP jouit d’un haut niveau de confiance auprès des autorités publiques, des organisations de la société civile, des associations économiques et des entreprises privées, elle peut promouvoir de manière efficace et ciblée la cohésion sociale en créant, dans tout le pays, des espaces où les différents acteurs sociaux peuvent, sans protection, réfléchir aux défis politiques, sociétaux, sociaux et culturels, où ils peuvent échanger leurs points de vue, développer ensemble des solutions constructives et même les tester.
À l'actif de 2019
Ateliers associant des experts et thématisant la cohésion sociale sous les aspects suivants: les relations entre les générations, les narratifs, les valeurs, les identités, la diversité, le pluralisme, l’inclusion, la participation et la démocratie.
Assistance, soins et inégalités sociales à l’échelle mondiale
Comment les femmes migrantes font de l’assistance, ici et là-bas
Ici en Suisse, de nombreuses familles confient leurs parents fragiles aux soins et à l’attention de femmes migrantes. Dans le même temps, ces femmes chargées de prendre soin des enfants et des personnes âgées de familles aisées des pays nordiques ou occidentaux, doivent également s’occuper de leurs propres enfants et assister des parents restés au pays. Barbara Waldis et Amel Mahfoudh explorent ce sujet peu étudié.
Pour les familles transnationales, la prise en charge des proches restés dans leur pays d’origine naît d’un sentiment d’obligation et d’une sorte de «contrat moral». L’assistance peut prendre de nombreuses formes: voyager pour être physiquement aux côtés de ces parents, envoyer de l’argent, être en contact fréquent par téléphone ou vidéo. Les modalités de réalisation de cet échange matériel, humain et affectif diffèrent selon le statut socio-économique et juridique, mais aussi selon le genre.
Réseaux familiaux transnationaux et «mondialisation» des actes d’assistance
Dans les familles transnationales, la prise en charge des membres vulnérables de la famille, des enfants et des parents âgés joue un rôle essentiel. Selon le «Global Care Circulation Concept» (concept de la circulation mondiale des soins), la mondialisation de la migration de travailleurs domestiques, qui laissent leurs propres enfants à d’autres membres de la famille pour aller s’occuper des enfants et personnes âgées de familles riches dans les pays occidentaux ou nordiques, constitue «une solution privée à un problème public». Mais comment les parents âgés de ces personnes migrantes sont-ils pris en charge? Et enfin, comment fonctionne la circulation mondiale des soins? La prise en charge des parents âgés de migrants devient un sujet d’actualité, non seulement du point de vue des transmigrants ou du fait de la mobilité croissante des personnes au fil des générations, mais aussi en raison du vieillissement progressif de la population, tant dans les pays du Nord que du Sud. Les personnes migrantes qui vivent loin de leurs parents âgés élaborent des stratégies et œuvrent pour elles de différentes manières et en prenant différentes mesures. Lorsque l’on aborde la question des soins aux personnes âgées –comme d’ailleurs pour l’ensemble du débat mondial sur les soins – on doit s’intéresser aux rapports entre les genres au sein des relations et organisations familiales ainsi qu’au statut socio-économique des migrants, mais aussi, d’après nous, dans le cas des familles transcontinentales, au statut juridique des migrants soignants.
Au niveau mondial, le travail de soins est le travail des femmes
Selon des études récentes, ce sont principalement les femmes migrantes qui s’occupent de leurs parents dans leur pays d’origine. Les responsabilités sont encore essentiellement réparties par genre, comme le décrit la théorie de la reproduction sociale. En raison du succès économique croissant des femmes migrantes hautement qualifiées, l’assistance financière aux parents tend à devenir davantage égalitaire entre les genres. En outre, les femmes migrantes ayant une situation socio-économique confortable disposent des moyens financiers et souvent légaux (migration légale et nationalités multiples) de voyager fréquemment pour être physiquement présentes auprès de leurs parents. Cependant, l’égalité ne semble pas s’étendre au travail de soins. L’étude de De Silva sur les familles transnationales sri-lankaises et australiennes montre que les femmes migrantes apportent un soutien émotionnel et affectif à leurs parents (contacts téléphonique ou vidéo quotidiens, contre deux fois par mois pour les hommes), les assistent financièrement ou effectuent des voyages aller-retour. Pendant ce temps, les hommes migrants conservent leur rôle traditionnel de soutien de famille.
Un regroupement familial plus difficile
En Europe, les migrants originaires de pays du Sud, même s’ils ont acquis la citoyenneté, doivent faire face à des réglementations restrictives en matière d’accès à la migration. En effet, outre le travail ou les études, le regroupement familial représente une part considérable des titres de séjour accordés. Or le regroupement familial comprend le conjoint, les enfants et les autres membres de la famille. Les législations européennes n’accordent en revanche de permis de séjour aux parents âgés de transmigrants intercontinentaux que dans des cas très restreints. Ainsi, le système d’admission empêche les migrants d’avoir leurs parents auprès d’eux pour pouvoir s’en occuper plus facilement; il affecte d’ailleurs tous les migrants. Les solutions envisageables diffèrent selon le genre, les possibilités socio-économiques et juridiques en termes de temps et de ressources financières. En particulier, on attend de toutes les femmes non seulement qu’elles prennent l’initiative d’organiser les soins aux personnes âgées, mais aussi qu’elles assurent elles-mêmes ces soins.
La circulation mondiale des soins, reflet des inégalités sociales
La question de la prise en charge des parents par les migrants au sein des réseaux familiaux transnationaux rend encore plus complexe le concept de la circulation mondiale des soins. Focalisé sur la circulation transnationale des personnes, des services et des liens sociaux, ce concept néglige en partie la question des inégalités sociales globales. Le cas des femmes migrantes hautement qualifiées qui s’occupent de leurs parents fait apparaître de nouveaux aspects des inégalités, sociales et de genre, dans la circulation mondiale des soins. Les femmes migrantes réussissant économiquement et ayant un statut légal assuré (ou un statut naturalisé/binational) ont un comportement en termes d’ambition professionnelle et de réussite sociale plus ou moins identique à celui des femmes du Nord qui réussissent économiquement. Compte tenu des attentes de la société en matière de responsabilité des soins familiaux, elles s’engagent de deux manières spécifiques dans la circulation des soins: elles délèguent le travail de soin dans leur pays de résidence à d’autres femmes migrantes du Sud, mais délèguent aussi les soins de leurs parents dans leur pays d’origine à d’autres femmes moins qualifiées, ce qui contribue souvent à l’exode rural, voire à la migration internationale.
Statements à propos de la cohésion (1er août 2018 au Grütli)
Le 1er août 2018, plus de 300 invités représentaient des organisations engagées pour la cohésion sociale en Suisse. Parmi eux, il y en avait : ACAT, Agile, Alliance F, Initiative alpine, Amnesty International, ASO, ATD Quart Monde, Association des femmes paysannes, Benevol Suisse, Pain au prochain, Caritas, Centre social protestant, Club Hélvétique, Contact-Citoyenneté, Coscienza svizzera, Fédération Suisse des Parlements des Jeunes FSPJ, La Main Tendue143, euforia, Association des sourds, Téléthon, foraus, Forum pour le bilinguisme, Forum Helveticum, Fragile, GDI, Greenpeace, Armée du Salut, Heks, Helvetas, Helvetia Latina, Helvezin, Insieme, Jubla, LIFT, Lia Rumantscha, Movetia, NCBI, Nebs, Nouvelle société helvétique, Mouvement scout, Inclusion handicap, Helvetia, Helvetas, Pro Familia, Pro Infirmis, Pro Juventute, Pro Mente Sana, Pro Natura, Pro Patria, Pro Senectute, Procap, Profonds, Suisse Tourisme, Kovive, Suisse Rando, Conseil Suisse des Activités de Jeunesse CSAJ, CSIAS, Fédération des Aveugles FSA, Fédération des sapiers-pompiers, Association des communes SGV, Fédération des syndicats, Fédération des Samaritains, Association des villes, Croix-Rouge CRS, OSEO, Solidarité sans frontières SOSF, Stapferhaus Lenzburg, Fondation SOS Beobachter, Terre des Hommes, TikK, Table couvre-toi, Unspunnen, x-27, Aide en hiver, WWF, Centre de la démocratie Aarau, ZEWO.
Quatre personnes ont brièvement présenté leurs organisations :
Remigio Ratti, Presidente di Coscienza svizzera
Coscienza svizzera, nata nel 1948, nel solco della “difesa spirituale del Paese”
Negli anni ’30 del secolo scorso e durante la seconda guerra mondiale la Svizzera ha lottato contro i totalitarismi e la guerra facendo leva sui principi e i valori della propria storia; una fase riassunta nei termini di “difesa spirituale del Paese”.
CS ha ereditato l’esperienza degli animatori di questa fase storica e la ricorda nel suo anno del 70° guardando in avanti. Quale gruppo di riflessione che “mira a tener viva la sensibilità verso le peculiarità della Svizzera, nelle sue esperienze storiche, nella sua realtà odierna e nel suo divenire” pone l’attenzione sui pericoli connessi alle derive del sovranismo e dell’autoritarismo che si possono leggere anche nelle dinamiche odierne.
La Svizzera, una costruzione, una realtà in cammino e aperta
La Svizzera e la coesione nazionale sono per definizione una realtà che si costruisce, che va continuamente curata e ripensata. Molti dei titoli dei saggi prodotti dalle riflessioni di CS negli anni ottanta e rilanciati nell’ultimo decennio sono a questo proposito significativi: Identità in cammino; Costituzione in cammino; Giustizia in Cammino; Federalismo in cammino. Ed è proprio il tema federalismo e delle sue sfide che ci sta occupando dallo scorso anno. Il federalismo e quindi anche la coesione nazionale di fronte a un’Europa che cambia sarà l’oggetto di una giornata nazionale che si terrà a Lugano il prossimo 13 ottobre per festeggiare il 70° compleanno di CS.
Un monito: coesione fa anche rima con erosione
Nulla è dato per acquisito e ricordare che coesione fa anche rima con erosione può essere interessante. Qual è oggi il collante della coesione nazionale? CS se lo è chiesto per esempio nei contributi del saggio pubblicato nel 2016 “Frontiere e coesione – Perché e come sta insieme la Svizzera”. Esistono molte frontiere interne alla Svizzera, di natura e portata diverse, che per fortuna non si sovrappongono e il puzzle che ne deriva non impedisce al Paese di stare assieme, pragmaticamente. Ma vi è erosione: nelle dinamiche nel nostro federalismo, nella regionalizzazione dei nostri interessi, nel come interpretare libertà e doveri del cittadino. Oggi, il collante principale sembra essere quello della posizione economica, privilegiata rispetto anche a Paesi a noi vicini. Non è forse un criterio illusorio e poco fondante a medio-lungo termine?
Alptransit e la coesione nazionale: un bel passo in avanti, ma solo una condizione permissiva – Far emergere le potenzialità dell’italianità e dell’italicità
Guadagnare una mezz’ora, domani un’ora nelle relazioni ferroviarie con la Svizzera nord-alpina è un bel segnale anche per la coesione nazionale, per le nostre relazioni interregionali. Ma i progressi nella mobilità e nelle comunicazioni sono solo una condizione permissiva. La differenza sta nella qualità di queste relazioni e nella volontà di cogliere, reciprocamente da una parte e dall’altra, i valori comuni e quelli delle diversità. E qui anche i lavori di CS portano a sottolineare i valori e le potenzialità del multilinguismo. In particolare, invitando a costatare come l’italiano sia sempre più sentito e percepito come lingua di portata e cultura nazionale. Quasi un residente su otto in Svizzera ha un legame con l’italianità, in varia gradazione se con gli italofoni associamo coloro che hanno affinità con la cultura o la lingua italiana. La coesione nazionale si rafforza – utilizzando un neologismo – grazie all’italicità, ad una sempre più qualificata presenza del sentire italiano nella società intera.
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Tatjana Binggeli, Präsidentin Schweizerischer Gehörlosenbund SGB-FSS
Der Gehörlosenbund setzt sich für den Zusammenhalt von Menschen ein, die hören und von Menschen, die hörbehindert sind. Gibt es vom Gehörlosenbund her einen speziellen Wunsch an den Staat und an die Zivilgesellschaft?
Wir als Schweiz. Gehörlosenbund sind stolz, in einer mehrsprachigen und multikulturellen Gesellschaft zu leben und sehen in der Diversität einen Mehrwert. Wir erinnern dennoch daran, dass die Gebärdensprachen – die französische, Deutschschweizer und die italienische Gebärdensprache – in der Schweiz bedauerlicherweise offiziell noch nicht anerkannt sind. Dies steht im starken Kontrast zu anderen europäischen Ländern, wo die Anerkennung der Gebärdensprachen und auch die Gleichstellung von Menschen mit Hörbehinderung viel weiter fortgeschritten sind.
Die Anerkennung ist für uns der Schlüssel zur Gleichberechtigung und vermindert Diskriminierung innerhalb der Gesellschaft, in der Ausbildung und in allen anderen Bereichen des Lebens. Nicht zuletzt ist es wichtig, darauf hinzuweisen, dass die Gebärdensprachen vollständige Sprachen sind und Teil des reichen Schweizer Kulturerbes ausmachen.
Christine Matthey, Geschäftsführerin Forum Helveticum
Le Forum Helveticum s’engage pour la communication linguistique-culturelle entre les régions linguistiques de Suisse. Quel est le plus grand défi?
Il est le même que pour l’ensemble de la société : il s’agit de profiter de l’attrait pour le global, la culture universelle et son vecteur, l’anglais, qui représentent une chance et une ouverture sur le monde. Mais il est aussi essentiel pour la Suisse que ses habitants gardent une curiosité pour les composantes de ce pays. Et pas seulement les cultures germanophones et francophones, mais aussi italophones et romanches qui sont souvent reléguées en deuxième position. Si nous voulons fonctionner ensemble, nous devons nous connaitre, nous comprendre et nous respecter. Cela passe par l’échange, le contact régulier, les compétences linguistiques, mais aussi par une réelle volonté politique et des moyens économiques. Le plus grand défi, c’est de trouver cet équilibre.
Les scientifiques discutent de la signification de l’apprentissage des langues étrangères à l’école primaire. Quelle est votre attitude ?
Il y a ici plusieurs aspects à considérer. D’un côté la dimension pédagogique, où il est vrai que le discours scientifique peut parfois sembler contradictoire. Mais il y a tout de même quelques points sur lesquels tout le monde semble s’accorder : d’un côté le nombre d’heures d’apprentissage est primordial, et l’immersion fait une grande différence. De l’autre, l’engagement et les compétences de l’enseignant ainsi que le sens que l’élève trouve à son apprentissage sont des éléments-clés. On voit donc que l’intensité et la qualité sont les facteurs centraux de l’enseignement des langues étrangères. Nous saluons dans ce cadre l’offre bilingue croissante et appelons à une formation soignée du personnel enseignant dans ce domaine. Pour atteindre ces objectifs, une volonté politique et des moyens économiques sont ici aussi indispensables. L’autre dimension est plus politique : quelle langue doit avoir la priorité ? Pour le Forum Helveticum, il est primordial que les jeunes Suisses aient accès à au moins une deuxième langue nationale et à l’anglais. C’est d’ailleurs la solution retenue par les accords intercantonaux. Nous nous engageons tout particulièrement pour que le contact avec une deuxième langue nationale soit assez précoce, afin de favoriser l’ouverture et la curiosité envers ses concitoyens. Quand et comment cela doit-il se produire exactement ? Nous laissons les spécialistes du développement cognitif et de la pédagogie le soin de répondre à ces questions. Mais nous nous engageons clairement contre des initiatives comme celle actuellement en cours aux Grisons, où les jeunes germanophones n’entreraient en contact avec une deuxième langue nationale que bien après leurs camarades italophones et romanches, créant un déséquilibre dans le canton.
De nombreux Suisses en Suisse et à l’étranger ont une langue maternelle différente des quatre langues nationales officielles: par exemple l’anglais, le portugais, l’espagnol, l’albanais, le serbe, le turc ou le tamoul. Quelles seront les langues officielles de la Suisse en 2050?
Il est vrai que selon les dernières statistiques, près d’1/4 des habitants en Suisse annoncent une langue principale non-nationale – parfois en plus d’une langue principale nationale, parfois comme seule langue principale. C’est une réalité qu’on ne peut et ne doit pas ignorer. Notre rapport aux langues doit tenir compte de ce terrain extrêmement riche et divers. Et cela passe par reconnaissance, le respect et la valorisation de ces langues non-nationales, dans un esprit de réciprocité. Une meilleure valorisation des langues d’origines et de la diversité linguistique dans son spectre complet profiterait également aux langues nationales, nous en sommes persuadés. Est-ce que cela remettra en question les langues retenues par la Constitution d’ici à 2050 ? A moins d’un grand bouleversement sociodémographique : probablement pas. Mais à plus long terme, difficile à dire. Nous sortons ici de la politique linguistique. Qui peut dire à quoi ressemblera la Suisse dans 100 ans alors que tant d’évolutions politiques et démographiques peuvent intervenir à long terme.
Urs Lüscher, Schweizerischer Blindenverband
Sie haben ein Paket mitgebracht. Was steckt darin?
(Übergabe Bundesbrief in Braille-Schrift)
Was können Sehende von Blinden lernen?
Wo sollten Politik, Wirtschaft und Zivilgesellschaft noch sensibler werden für Blinde?
Amira Hafner Al Jabaji, Interreligious Think Tank:
Worin sehen Sie den speziellen Beitrag der Religionen für den Zusammenhalt der Gesellschaft in der Schweiz?
Religionen sind per se gemeinschaftsbildend. Jede Religion verpflichtet ihre Anhänger zu einem bestimmten Mass an Gemeinsinn, Fürsorge für den Nächsten, Einstehen für die Schwachen und die Fremden sowie dazu, Verantwortung für Mitmenschen zu übernehmen. Wer seinen/ihren Glauben ausschliesslich individuell lebt, hat etwas Wesentliches, was uns Religion vermittelt, nicht verstanden. Woche für Woche und manchmal öfter kommen Tausende Gläubige verschiedener Glaubensgemeinschaften in der Schweiz zusammen, um Gottesdienste abzuhalten, gemeinsame Gebete zu verrichten, um gemeinsam Trost bei Todesfällen und Linderung bei Krankheit und Not zu erbitten, um Geburten, Taufen und andere Übergangsrituale zu feiern, usw. Viele Menschen erleben in diesen gemeinschaftlichen Riten Orientierung und Sinnstiftung, welche Zusammenhalt fördern und stärken. Darüber hinaus vermitteln uns alle Religionen zentrale Werte für das Zusammenleben: Gerechtigkeit, Solidarität und Frieden. Einen weiteren Wert, der Religion vermittelt und der mir besonders am Herzen liegt, weil ich ihn in unserer Zeit öfters gefährdet sehe, ist das Vertrauen. Im Zentrum aller Religionen steht zuallererst das Vertrauen in eine Urkraft, in eine höhere Macht, in das Gute oder in das Schicksal. Dieses Ur-Vertrauen schafft eine gewisse Gelassenheit und überträgt sich auch in eine Haltung des Vertrauens gegenüber unseren Mitmenschen. Das wiederum ist unerlässlich für den Zusammenhalt einer Gesellschaft.
Wo sehen Sie bei den Religionen noch Entwicklungspotenzial, um den Zusammenhalt der Menschen noch stärker zu fördern?
Die Religionsgemeinschaften müssen noch stärker über die eigene Gemeinschaft hinaus denken und sich engagieren, sich für andere öffnen, den Austausch und Dialog intensivieren. Vor allem müssten sie auch den Dialog mit säkularen, agnostischen und atheistischen Menschen und Gruppierungen verstärkt pflegen und mit ihnen zusammen Lösungen erarbeiten für die drängenden Fragen der Gegenwart. Die Herausforderungen unserer Zeit können wir nur mit vereinten Kräften bewältigen. Um gemeinsam zu handeln müssen wir nicht dasselbe glauben.