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Ce 27 novembre, les Suisses votent sur un moratoire de cinq ans qui frapperait les aliments génétiquement modifiés et sur une modification de la loi sur le travail.
Les derniers sondages laissent entrevoir un double oui, mais l'acceptation de l'initiative sur le moratoire pour les OGM devrait être particulièrement serrée.
L'initiative «Pour des aliments produits sans manipulations génétiques» a été déposée en 2003 avec plus de 120'000 signatures. Pour mémoire, 100'000 signatures suffisent pour qu'une initiative soit soumise à votation populaire.
La modification de la Loi fédérale sur le travail passe quant à elle devant le peuple grâce aux 82'000 signatures qui ont validé le référendum qu'on leur soumettait. Dans le cas du référendum, 50'000 signatures valables sont nécessaires pour son dépôt.
Un moratoire de cinq ans
En Suisse, la question génétique est réglée par une loi entrée en vigueur en 2004. Celle-ci interdit l'utilisation d'animaux génétiquement modifiés dans l'agriculture et subordonne l'usage de plantes génétiquement modifiées à une autorisation, obtenue après toute une série d'essais.
Pour les promoteurs de l'initiative, cette loi ne va pas assez loin. Ils réclament un moratoire de cinq ans sur l'utilisation de plantes et d'animaux génétiquement modifiés dans l'agriculture suisse.
Les opposants soulignent quant à eux que la loi en vigueur depuis 2004 est suffisante. Pour eux, l'initiative mettrait la recherche en péril et les consommateurs sont déjà à même de choisir librement entre les produits contenant ou non des OGM en fonction de l'obligation de déclarer la teneur des produits.
Au niveau parlementaire, la Chambre basse (Conseil national) avait refusé de justesse le moratoire (vote décisif du président après une situation de 92 pour et 92 contre) en votation finale. Avant elle, la Chambre haute (Conseil des Etats) avait clairement refusé par 35 voix contre 10.
Ouverture du dimanche
En Suisse, de plus en plus de commerces ouvrent leurs portes le dimanche dans les zones des gares et des aéroports, lorsqu'ils offrent des marchandises et des services nécessaires aux voyageurs. Une surface de vente maximale a été fixée par le Tribunal fédéral.
La modification de la loi fédérale sur le travail vise à adopter une attitude plus adaptée aux habitudes actuelles de consommation indépendamment de l'offre et de la surface de vente: tous les magasins des grandes gares et des aéroports de suisses pourraient ouvrir leurs portes le dimanche.
Le référendum contre cet assouplissement de la loi a été lancé par les syndicats et les milieux ecclésiastiques. Les adversaires de l'ouverture craignent la suppression générale du dimanche en tant que jour de repos.
Pour eux, cet assouplissement est un pas dans cette direction et le travail du dimanche risque de devenir de plus en plus la règle.
Les partisans de l'ouverture qualifient de non fondées les craintes des référendaires car l'interdiction du travail dominical n'est pas abolie. En outre, cette révision de la loi est pour eux également logique d'un point de vue de la politique du trafic et de l'environnement car elle ne concerne que des centres de transport public.
Au niveau parlementaire, le Conseil national s'est prononcé en faveur de la modification de loi par 109 voix contre 65, le Conseil des Etats par 30 voix contre 10.
Les sondages vers le double oui
Le dernier sondage réalisé par l'institut gfs.bern pour le compte de SRG SSR idée suisse montre que le peuple est plutôt favorable aux deux objets.
Mi-novembre, 54% de la population aurait accepté la modification de la loi fédérale sur le travail et 40% l'aurait refusée. Un changement dans la loi ne nécessite que la majorité du peuple.
L'initiative «Pour des aliments produits sans manipulations génétiques» serait passée quant à elle par 48% de oui contre 36% de non. Les politologues ne pouvaient cependant pas affirmer si la majorité des cantons – nécessaire pour une initiative – aurait été atteinte.
Reste que les résultats des deux votations du week-end risquent d'être très serrés car les derniers sondages montraient également que les camps des opposants allaient en s'agrandissant.
swissinfo, Christian Raaflaub
(Traduction et adaptation de l'allemand : Mathias Froidevaux)
En bref
- L'initiative «Pour des aliments produits sans manipulations génétiques» a été lancée par des milieux de défense de l'environnement et des consommateurs. Elle demande un moratoire de cinq ans sur l'utilisation d'animaux et de plantes génétiquement modifiés dans l'agriculture suisse.
- La modification de la Loi fédérale sur le travail propose d'autoriser tous les commerces situés dans les grandes gares et les aéroports à ouvrir le dimanche. Actuellement, ils n'ont en principe le droit de le faire que s'ils offrent un service aux voyageurs, mais le Secrétariat d'Etat à l'économie accorde des dérogations. Si la modification est refusée, environ 150 commerces situés surtout dans les gares de Zurich, Bâle et Berne, devront fermer le dimanche.