Document ID: /curiavista/filtered/00000.jsonl.gz/141234

<h2>SubmittedText<h2><p>La Suisse souhaite faire de l'éradication de la grande pauvreté un objectif prioritaire de l'agenda de développement post-2015. Or, à ce jour, le seuil de pauvreté est fixé à 1,25 dollar par jour.</p><p>1. Le Conseil fédéral est-il conscient que, même dans de nombreux pays pauvres, cette somme ne suffit pas pour subvenir aux besoins élémentaires, notamment pour se nourrir ?</p><p>2. Va-t-il s'engager au plan international pour que la pauvreté soit combattue dans toutes ses dimensions et pour que le seuil de grande pauvreté soit relevé à un montant compris entre 2 et 4 dollars par jour, selon le pays considéré ?</p><h2>FederalCouncilResponseText<h2><p>L'éradication de la pauvreté extrême, la promotion de la paix et de la sécurité, le respect des droits de l'homme et la promotion du développement durable global, tels sont des objectifs de la Suisse pour l'agenda de développement durable post-2015. La Suisse met ainsi en évidence au niveau international la nécessité d'appréhender la pauvreté dans ses multiples dimensions.</p><p>Les Objectifs du Millénaire, définis en 2000, visaient davantage des résultats en termes de quantité qu'en termes de qualité. On a ainsi négligé les aspects multidimensionnel et systémique de la pauvreté. L'Objectif du Millénaire 1, "Réduire l'extrême pauvreté et la faim", met par exemple l'accent sur la pauvreté liée au revenu. Par cette approche, on risque de ne pas tenir suffisamment compte de la cause de la pauvreté. Dans ce cas-là, les actions visent plutôt les symptômes que les causes et ne seront dès lors pas aussi efficaces qu'on le souhaite.</p><p>De même, il apparaît que fixer l'objectif d'une réduction de 50 % de la pauvreté extrême a eu pour effet que quelques actions en termes de développement ont été concentrées avant tout sur les gens se trouvant près du seuil de pauvreté, en laissant donc de côté les plus pauvres, la pauvreté chronique notamment. Ce n'est évidemment pas souhaitable. L'agenda qui se dessine pour la période post-2015 - notamment sur la base des recommandations du Groupe des personnes éminentes et de la Banque Mondiale - évoque deux cibles : éradiquer la pauvreté extrême (1,25 dollar par jour) et éliminer la faim. Ces objectifs sont ambitieux, car il ne s'agit plus de diminuer des taux, mais ils ont l'avantage d'éviter les problèmes de sélection des bénéficiaires que nous venons d'évoquer. Ces deux objectifs sont séparés : il n'est donc pas supposé que l'élimination de la pauvreté extrême implique automatiquement l'élimination de la faim. Cette dernière devra être combattue par des efforts complémentaires.</p><p>En accord avec le Comité d'aide au développement de l'OCDE, la Suisse a adopté depuis 2004 une approche multidimensionnelle de la pauvreté. Elle prend ainsi en considération les dimensions économiques, politiques, socioculturelles, humaines et sécuritaires. De plus, nous sommes plutôt favorables à une définition des seuils de pauvreté différenciés selon les pays. Un montant fixe ne permettrait pas une telle différenciation. Le Groupe de personnes éminentes mandaté par le secrétaire général des Nations Unies concernant l'agenda post-2015 propose désormais d'éradiquer et non plus simplement de réduire la pauvreté extrême, sans pour autant qu'un nouveau seuil financier ait été définitivement établi pour l'instant. La Suisse s'impliquera dans cette discussion à la fois pertinente et différenciée, tout en soutenant l'objectif d'une éradication de la pauvreté extrême.</p>