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A la racine de la démocratie?
L'objectif est de réfléchir à comment «cheminer ensemble» (selon l’étymologie grecque: syn-hodós).
Mais, du côté réformé, le Synode tient également le haut du pavé: que l’on évoque le mécanisme de l’institution ou alors la crise de la gouvernance dans certaines Eglises, il est au cœur des débats. Dans cette théologie, le Synode constitue l’autorité délibérative, l’organe «législatif» de l’Eglise.
Tandis que, dans l’acception romaine, cette assemblée est consultative (les évêques et le pape tranchent en dernier ressort), dans le monde protestant, en revanche, elle a un véritable pouvoir décisionnel pour ce qui concerne le gouvernement de l’institution.
La base des fidèles
C’est que, chez les protestants, l’autorité n’est pas définie par une instance épiscopale personnelle, mais par une assemblée réunissant à la fois des pasteurs et des laïcs. Une manière de faire place, dans les prises de décisions, à la base des fidèles. Ces derniers délèguent ensuite leur pouvoir exécutif à un conseil plus restreint, chargé d’appliquer les choix du Synode (nommé Consistoire dans certaines Eglises).
Une assemblée délibérante et un conseil exécutif: les Eglises marquées par la Réforme sont-elles donc démocratiques? On l’a affirmé. L’ecclésiologie réformée accorde effectivement une vraie place au «peuple». Plus encore: si, dans leurs conceptions politiques, Luther ou Calvin n’étaient certes pas démocrates, le mode de fonctionnement des Eglises qu’ils ont inspirées aurait, selon d’aucuns, bel et bien suscité la mise en place de la démocratie moderne.