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Dans un essai randomisé et contrôlé conduit en Australie et en Nouvelle-Zélande, l’efficacité de la vertébroplastie a été évaluée chez 78 patients présentant au moins une fracture vertébrale ostéoporotique douloureuse prouvée à l’IRM, d’évolution de moins d’une année. Après une randomisation stratifiée par centre et selon le sexe, les patients ont bénéficié soit d’une vertébroplastie selon la technique standard, soit d’une procédure similaire (sham), l’opérateur allant jusqu’à la mise en place de l’aiguille, la préparation du ciment, et le tapotement usuel de la colonne durant le geste, mais sans injection de ciment... Le paramètre principal d’étude était l’évolution du score de douleur (0-10) après trois mois : l’étude n’a pas montré de différence significative entre le groupe traité et le groupe contrôle pour ce paramètre, ni pour aucun des paramètres secondaires étudiés. Les auteurs concluent que la vertébroplastie n’est pas indiquée pour le contrôle de la douleur chez les patients présentant une fracture ostéoporotique.
Commentaire : Dans de nombreux pays, y compris la Suisse, la vertébroplastie est couramment réalisée dans l’antalgie des fractures vertébrales ostéoporotiques. Cette pratique, recommandée par les sociétés professionnelles, se base essentiellement sur des données observationnelles. Cette étude est méthodologiquement intéressante, car elle compare le geste thérapeutique à une procédure sham durant laquelle seule l’injection du ciment n’est pas réalisée : ceci garantit l’aveuglement du patient, seul juge de l’efficacité du geste évaluée par l’évolution de la douleur. Dans le même numéro du NEJM, une étude similaire conduite aux Etats-Unis et en Ecosse conduit aux mêmes conclusions. Cet exemple démontre une nouvelle fois que la généralisation de la pratique d’un acte thérapeutique, même si elle est motivée par un rationnel fort ou une forte conviction d’efficacité, ne doit pas se baser que sur des données préliminaires, mais doit être vérifiée par des études répondant aux standards de la médecine factuelle. On peut enfin s’étonner dans cette situation particulière de la facilité avec laquelle les «payeurs» ont accepté la diffusion de cette pratique.