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Ce rapport porte sur 10 centrales nucléaires qui ont changé de mains ou dont la vente est proposée aux Etats-Unis, pays où un véritable marché s'est mis en place dès le début de la déréglementation. Les prix indiqués par unité de puissance montrent une nette tendance à la hausse, puisque ces prix sont passés de moins de 100 dollars/kW à plus de 500 dollars/kW. Selon les analystes, les investissements non amortissables sont estimés aujourd'hui à une valeur beaucoup plus basse qu'il y a peu de temps encore.
Une autre étude de Day, Berry & Howard souligne la meilleure calculabilité des coûts des mises à l'arrêt définitif: les acquéreurs sont désormais plus sûrs que le démantèlement et la gestion des déchets sont faisables et que les coûts possibles seraient couverts par les provisions accumulées.
Ces expériences confirment une analyse de l'état des lieux à laquelle a procédé le Comité chargé des études techniques et économiques sur le développement de l'énergie nucléaire et le cycle du combustible de l'Agence de l'OCDE pour l'énergie nucléaire (AEN), comité qui a tiré un premier bilan sur les expériences enregistrées dans le secteur nucléaire avec la libéralisation du marché de l'électricité. Dans leur rapport, les experts de l'AEN/OCDE parviennent à la conclusion qu'en règle générale, la déréglementation exerce des effets favorables pour les centrales nucléaires en service: dans un nombre considérable de cas, la pression de la concurrence a entraîné une amélioration des performances, une élévation de la puissance et une meilleure disponibilité. Si l'on se fonde sur les coûts actuels de production, un grand nombre de centrales nucléaires devraient bien s'en sortir sur le marché de l'électricité libéralisé. Comme le notent les experts, ce sont les coûts marginaux d'exploitation, c'est-à-dire la somme des coûts de production proprement dits et des dépenses de maintenance, qui sont ici déterminants. Les coûts d'investissement présenteraient par contre une importance relative.
Selon le rapport de l'AEN/OCDE, la pression économique favorise les projets qui visent à la préservation de la valeur des installations existantes et à l'allongement de la durée de vie par rapport à la construction de nouvelles centrales. La sûreté reste semble-t-il la première priorité des exploitants qui, si cette sûreté n'est plus assurée, risqueraient de se voir contraints par les autorités de fermer leurs installations. Pour les experts de l'AEN, l'exemple de la Grande-Bretagne montre qu'il n'existe pas de conflit entre une exploitation économique et une exploitation sûre. L'ouverture du marché encourage aussi la coopération économique ou même la fusion d'exploitants qui entendent atteindre ainsi une dimension d'entreprise optimale et améliorer leur compétitivité sur le marché de la charge de base, comme cela peut s'illustrer par de nombreux exemples.
Les experts de l'AEN/OCDE pensent que la pression économique va conférer un nouvel élan à la coopération internationale dans le domaine de la gestion des déchets. La recherche qu'encouragent les exploitants se concentrera de plus en plus sur des projets qui promettent une amélioration de l'efficacité de l'exploitation. Les experts se montrent sceptiques par contre quant à la construction de nouvelles centrales nucléaires. A leur avis, de tels projets dépendent plus fortement encore des conditions économiques générales et d'un contexte stable en matière d'autorisations, facteurs très différents d'un pays à l'autre. Dans le contexte de concurrence actuelle, les centrales nucléaires sont considérées comme étant souvent moins attrayantes que les centrales au gaz. Les experts mentionnent aussi la moindre acceptation par l'opinion publique, ce qui, à leur avis, ne changera que lorsque les avantages environnementaux du nucléaire seront davantage mis en évidence ou même quand les coûts externes seront internalisés pour toutes les sources d'énergie.
Source
P.B./C.P. d'après NucNet du 27 septembre 2000, un communiqué du Nuclear Energy Institute du 26 septembre 2000 et "L'énergie nucléaire face à la concurrence sur les marchés de l'électricité" de l'AEN/OCDE