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L'association Arle voulait rétablir la note de comportement à l'école genevoise. Son initiative populaire n'a pas recueilli les signatures exigées pour être soumise au peuple. Tant mieux !
Vouloir rétablir l'école de grand-papa où aucune tête ne dépassait, où l'esprit critique était considéré comme de l'impertinence, où la vitalité était suspectée d'être une maladie d'hyperactivité, est nuisible. La richesse de l'enfance est la multiplicité, l'addition des différences.
Cessons de vouloir transformer les classes en un alignement de robots, sans vie, en troupeau de Ritalinés. Que celles et ceux souhaitant le retour des autocrates et des mégères, comme maître-esse (sic !), à la tête des classes se rendent dans les écoles pour apprécier l'autoévaluation des critères multiples de comportement. Ils verront des enfants réfléchirent, avec l'enseignant-e, sur leur façon d'agir et d'interagir avec les autres.
Au lieu d'une note unique de comportement, ils reçoivent différents commentaires, nuancés, sur toutes leurs facettes, qualifiant chaque dimension de leur personnalité. Ainsi, on peut dire, par exemple, à un enfant qu'il est très à l'écoute de l'enseignant-e, qu'il est très poli, qu'il est très ordré, mais qu'il manque de complicité avec les autres élèves.
On évalue l'élève dans toute sa complexité, en inventoriant ses moins et ses plus, et on définit des plans d'amélioration. On valorise l'enfant et on aide à sa construction, au lieu de le menacer et de le casser avec une note caricaturale. Cette réflexion partagée sur les différents axes de son propre comportement est bien plus fructueux pour l'élève qu'une simple sanction, amalgamant tous les traits de son caractère.