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Par Aymen Ben Hassine
Réellement lorsqu’ on parle d’une Banque Centrale crédible ou plus précisément d’une politique monétaire crédible, on fait référence à la qualité de l’information transmise par une telle politique. Il s’agit, en d’autres termes, de la réputation aux yeux du public des décisions entreprises par les autorités monétaires. La notion de crédibilité a été évoquée pour la première fois au début des années quatre-vingt, en étudiant la réaction et les anticipations des agents économiques suite à l’annonce d’une politique monétaire qui a comme objectif final la stabilité des prix.
A ce niveau, on peut parler de la crédibilité de la politique monétaire dès lors que le comportement des agents économiques dépend de leurs anticipations sur l’évolution future des variables économiques. Ce comportement est appelé « forward-looking ». Dans une telle situation, l’efficacité de la politique monétaire repose sur la capacité de la Banque Centrale d’affecter ou non les anticipations du public.
En revanche, une politique monétaire qui n’est pas crédible peut aggraver l’incertitude chez les agents économiques ainsi que l’absence de la transparence sur les marchés. La situation d’incertitude peut engendrer, de sa part, un comportement mimétique ou « moutonnier » d’après lequel les investisseurs préfèrent de suivre les décisions et le comportement de certains autres investisseurs qui sont supposés plus informés et donc négliger leurs propres analyses.
Afin d’assurer la crédibilité de la politique monétaire, l’annonce de l’objectif d’inflation, par exemple, doit être mentionnée sur le plan législatif. En effet, les autorités monétaires ne doivent pas se contenter des déclarations informelles faites sur les objectifs d’inflation.
Certes, une politique monétaire nommée comme crédible est une politique stable. C’est-à-dire, que les autorités monétaires ne doivent pas revenir sur une décision antérieure. Néanmoins, si les anticipations des agents économiques sont rationnelles, les autorités monétaires n’ont rien à gagner lors de leurs actions, puisque ces actions seront anticipées par le public.
Toutefois, afin d’assurer la crédibilité de la politique monétaire, une condition nécessaire doit être vérifiée, il s’agit de l’indépendance de l’organisme responsable de cette politique, c’est-à-dire l’indépendance de la Banque Centrale vis-à-vis le pouvoir politique. A ce niveau, la politique anti-inflationniste mise en œuvre doit être totalement indépendante des mesures électorales. Certains économistes proposent pour assurer cette forme d’indépendance de nommer des responsables « conservateurs » à la tête des Banques Centrales n’y ont aucune relation avec les politiciens. Sur le plan pratique, lorsque la Banque Centrale est indépendante du pouvoir exécutif, cela est toujours synonyme d’un taux d’inflation faible et stable.
En somme, on peut dire qu’une Banque Centrale est qualifiée comme indépendante, en cas où elle n’est pas soumise au pouvoir politique et à ses pressions pour des raisons uniquement électorales. Cette indépendance permet de renforcer la crédibilité des autorités monétaires, ainsi que l’efficacité de leur politique.