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au centre culturel suisse
Il a développé son travail aussi bien avec des sculptures/installations qui touchent des questions sociales ou politiques, qu'avec des gravures orientées vers l'intime. Ses performances mettent souvent en jeu la relation entre son corps et des objets.
Quand il s'agit de performance, l'artiste Fabrice Gygi se donne corps et âme. ...
Quand il s'agit de performance, l'artiste Fabrice Gygi se donne corps et âme.
Depuis le début de sa pratique, Fabrice Gygi engage son corps dans le processus de création et le fait dialoguer avec les œuvres qu'il propose : sculpture, performance, estampe, bijou, peinture. Son œuvre filmique consiste principalement en l'enregistrement de performances dans lesquelles il utilise des accessoires qu'il a fabriqués lui-même, entre sculpture et prothèse. La cœrcition et une forme de mise en danger permettent à l'artiste genevois d'explorer les relations complexes entre autorité et rébellion, entre soumission et subversion. Rejouant souvent, dans ses installations, les symboles de la domination de l'État sur l'individu, il s'impose des contraintes physiques plus personnelles dans ses performances.
Depuis Authority Finger (1994), où Fabrice Gygi s'adjoint un doigt en bronze dans lequel il verse une préparation bouillante qu'il concocte sous les yeux du public, à Monopoly Spirit Reactor (2012-2013), où il recouvre sa tête avec une cagoule en latex, l'artiste malmène son corps et, par effet d'empathie, crée chez le spectateur une tension cénesthésique. Deux fils de métal, tendus de part et d'autre de l'espace d'exposition passent par ses oreilles percées et servent d'instruments de musique électro-acoustique dans Always Upright (1995). Whip Fight Demonsration (2008) propose un combat au fouet dont les extrémités sont serties de métal, plus pour la sonorité des coups au sol que pour le potentiel de blessure.
Denis Pernet