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Le jeûne est une pratique qui remonte à plusieurs siècles. Défini comme l’abstinence de tout ou partie des aliments ou des boissons pendant une période déterminée, il peut être pratiqué de différentes manières. Il existe, en effet, de nombreuses raisons qui peuvent pousser à jeûner comme pour perdre du poids, pour détoxifier l’organisme après les fêtes par exemple ou encore pour des raisons religieuses. Quel qu’en soit le motif, le jeûne peut présenter un certain nombre d’avantages pour la santé, notamment la perte de poids, le contrôle de la glycémie et la protection contre des maladies telles que le cancer et les troubles neurodégénératifs.
Il faut cependant faire attention et essayer de maintenir l’équilibre car le corps a besoin de vitamines, de minéraux et d’autres nutriments contenus dans les aliments pour rester en bonne santé. Si vous n’en consommez pas assez, vous pouvez présenter des symptômes tels que la fatigue, les étourdissements, la constipation, la déshydratation ou l’incapacité à tolérer le froid, selon un article publié en ligne sur WebMD1. De plus, certaines personnes dont les femmes enceintes ou qui allaitent, les personnes atteintes d’une maladie chronique, les personnes âgées et les enfants ne devraient pas jeûner. Pour jeûner en toute sécurité, le mieux est de demander l’accompagnement d’un professionnel de santé, de rester hydrater et de jeûner pendant une courte période. Pour les personnes qui jeûnent régulièrement ou qui projettent de jeûner, voici 3 bienfaits du jeûne pour la santé, prouvés scientifiquement.
1. Meilleur contrôle de la glycémie
De nombreuses études montrent que le jeûne est moins contraignant que la réduction de calories et peut améliorer le contrôle de la glycémie, ce qui est très utile pour les personnes susceptibles de développer un diabète. Une étude publiée dans la revue scientifique Nature Medicine2. réalisée sur 209 personnes a révélé qu’un jeûne intermittent de 3 jours par semaine pouvait réduire le risque de diabète de type 2 en augmentant la sensibilité à l’insuline. Grâce à la diminution de la résistance à l’insuline, le glucose est transporté efficacement à travers la circulation sanguine vers les cellules. A noter que le jeûne intermittent consiste à limiter dans le temps la consommation de nourriture sans restreindre l’apport calorique global. Ainsi, le moment de la journée pendant lequel il est possible de manger est limité, mais pas la quantité ou le type de nourriture.
Un essai clinique a également comparé le jeûne et la restriction calorique pour la perte de poids et la réduction de la glycémie. Les participants ont été répartis au hasard dans l’un de ces trois groupes de régime pendant six mois. Le groupe à jeun pouvait manger tout ce qu’il voulait, mais seulement entre midi et 20 heures. Le deuxième groupe a travaillé avec une diététiste pour réduire ses calories de 25 % par rapport à la quantité nécessaire pour maintenir son poids. Un groupe témoin n’a pas du tout modifié son alimentation. Tous les groupes ont reçu une éducation sur les choix alimentaires sains et ont surveillé de près leur glycémie pendant l’étude. Les résultats ont été publiés le 27 octobre 2023 dans JAMA Network Open3. Après six mois, les deux premiers groupes ont présenté des diminutions saines de leur glycémie moyenne. Les deux ont également présenté une réduction du tour de taille. Aucun effet secondaire grave n’a été observé dans les deux groupes de traitement. Les personnes du groupe à jeun ont déclaré que leur régime était plus facile à respecter que la restriction calorique.
2. Baisse du niveau d’inflammation
L’inflammation est la réponse naturelle de notre corps à une blessure ou à une infection, mais ce processus peut être déclenché par d’autres mécanismes, notamment par ce que l’on appelle « l’inflammasome », qui agit comme une alarme au sein des cellules de notre corps, déclenchant une inflammation pour aider à protéger l’organisme. Mais l’inflammasome peut aussi déclencher une inflammation de manière involontaire car l’une de ses fonctions est de détruire les cellules indésirables, ce qui peut entraîner la libération du contenu cellulaire dans le corps, où il déclenche une inflammation. Une recherche menée par les scientifiques de l’université de Cambridge 4. fournit une explication potentielle de la façon dont le changement de notre alimentation – en particulier par le jeûne – nous protège de l’inflammation, en particulier de la forme dommageable qui est à l’origine de nombreuses maladies.
Même si l’inflammation aiguë est un processus immunitaire naturel utilisé pour lutter contre les infections, il faut savoir que l’inflammation chronique peut gravement nuire à la santé et être impliquée dans le développement de maladies chroniques, telles que les maladies cardiaques, le cancer et l’arthrite rhumatoïde selon une étude publiée dans Nature Medicine5. Certaines études montrent que le jeûne peut contribuer à réduire les niveaux d’inflammation et à améliorer la santé. Dans une étude menée sur des animaux, publiée dans la revue Prostate Cancer and Prostatic Diseases6, le fait d’imposer des périodes de jeûne aux animaux de laboratoire expérimentaux a permis d’augmenter la longévité, d’améliorer la santé et de réduire les maladies, y compris des morbidités aussi diverses que le cancer, les troubles neurologiques. Une autre étude publiée dans Nutrition Research7, va dans ce sens et révèle que le jeûne peut limiter l’inflammation et atténuer les cytokines pro-inflammatoires.
3. Amélioration de la santé cardiaque
Les maladies cardiaques sont considérées comme la principale cause de décès dans le monde. Un changement apporté au niveau de l’alimentation et du mode de vie constitue ainsi l’un des moyens les plus efficaces pour réduire le risque de maladie cardiaque. Certaines recherches ont montré que l’intégration du jeûne dans la routine peut être particulièrement bénéfique pour la santé cardiaque. Une étude publiée dans le journal Metabolism8, montre que le jeûne d’un jour sur deux pouvait réduire les niveaux de cholestérol total et plusieurs facteurs de risque de maladie cardiaque chez les personnes en surpoids.
Une autre étude publiée dans le journal European Heart Journal Open (DOI : 10.1093/ehjopen/oeab026), a observé que le jeûne intermittent à basse fréquence, de 24 heures, avec de l’eau uniquement n’a pas réduit le cholestérol LDL ni amélioré les marqueurs de la fonction cognitive, mais a réduit à la fois la résistance à l’insuline et le risque de syndrome métabolique, c’est-à-dire les problèmes de santé impliquant le métabolisme et exposant à un risque accru de maladie cardiaque. Le jeûne intermittent pourrait donc être utilisé pour améliorer les maladies cardiométaboliques. Plus important encore, le jeûne intermittent à basse fréquence peut constituer un mode de vie préventif optimal pouvant avoir un impact à vie sur de nombreux facteurs de risque cardiométaboliques et contribuer à inhiber le développement de maladies chroniques.
Malgré les effets bénéfiques du jeûne sur la santé, il est difficile à tenir sur la durée et les études autour de cette pratique restent encore mitigées, d’où l’importance d’un bon suivi et de l’avis d’un professionnel de santé pour savoir si le jeûne vous convient et pour mieux choisir le type de jeûne le plus efficace pour votre cas.
Références & Sources :
– Nature Medicine ; DOI : ( 10.1038/s41591-023-02287-7 ) ; DOI : ( 10.1038/s41591-019-0675-0 )
– JAMA Network Open Effect of Time-Restricted Eating on Weight Loss in Adults With Type 2 Diabetes: A Randomized Clinical Trial – DOI : ( 10.1001/jamanetworkopen.2023.39337 )
– Université de Cambridge ; Cell Reports; 23 Jan 2024; DOI: ( 10.1016/j.celrep.2024.113700 )
– Revue Prostate Cancer and Prostatic Diseases ; DOI: ( 10.1038/pcan.2010.24 )
– Nutrition Research DOI : ( 10.1016/j.nutres.2012.06.021 )
– Journal Metabolism (DOI: 10.1016/j.metabol.2020.154336)
– Journal European Heart Journal Open (DOI : 10.1093/ehjopen/oeab026)
Personnes responsables et impliquées dans l’écriture de ce dossier :
Seheno Harinjato (Rédactrice chez Creapharma.ch, responsable des infographies)
Date de dernière mise à jour du dossier :
23.02.2024
Crédits photos :
Creapharma.ch, Adobe Stock, © 2020 Pixabay
Crédit infographie :
Pharmanetis Sàrl (Creapharma.ch)
Références scientifiques et bibliographie :
- Do Fasting Diets Work?, consulté le 15 février 2024 et le lien marchait à cette date
- Teong, X.T., Liu, K., Vincent, A.D. et al. Intermittent fasting plus early time-restricted eating versus calorie restriction and standard care in adults at risk of type 2 diabetes: a randomized controlled trial. Nat Med 29, 963–972 (2023). DOI : 10.1038/s41591-023-02287-7
- Effect of Time-Restricted Eating on Weight Loss in Adults With Type 2 Diabetes: A Randomized Clinical Trial. Pavlou V, Cienfuegos S, Lin S, Ezpeleta M, Ready K, Corapi S, Wu J, Lopez J, Gabel K, Tussing-Humphreys L, Oddo VM, Alexandria SJ, Sanchez J, Unterman T, Chow LS, Vidmar AP, Varady KA. JAMA Netw Open. 2023 Oct 2;6(10):e2339337. doi: 10.1001/jamanetworkopen.2023.39337. PMID: 37889487
- Pereira, M & Liang, J et al. Arachidonic acid inhibition of the NLRP3 inflammasome is a mechanism to explain the anti-inflammatory effects of fasting. Cell Reports; 23 Jan 2024; DOI: 10.1016/j.celrep.2024.113700
- Chronic inflammation in the etiology of disease across the life span (DOI : 10.1038/s41591-019-0675-0)
- Thomas JA, Antonelli JA, Lloyd JC et al. DOI: 10.1038/pcan.2010.24
- Intermittent fasting during Ramadan attenuates proinflammatory cytokines and immune cells in healthy subjects (DOI : 10.1016/j.nutres.2012.06.021 )
- Effect of alternate-day fasting on obesity and cardiometabolic risk: A systematic review and meta-analysis (DOI: 10.1016/j.metabol.2020.154336)