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Sur les 31 centrales nucléaires qui ont été dernièrement couplées au réseau, 22 se trouvent en Asie. Cette évolution a été favorisée par la croissance économique en Extrême-Orient, par la rareté des ressources et par l'augmentation de la population. Les deux tiers des centrales nucléaires en cours de construction sont aménagés en Asie, tandis que l'extension de l'énergie nucléaire en Europe occidentale et en Amérique du Nord est pratiquement stoppée. C'est ce que constate l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) dans un communiqué de presse publié le 26 juin 2004 sous le titre "Nuclear Power's Changing Future".
Comme l'écrit encore l'AIEA, il est difficile de prévoir le développement de l'énergie nucléaire en Europe et en Amérique du Nord à une époque où aussi bien la demande en énergie que les craintes relatives au réchauffement climatique se renforcent. "Plus loin nous regardons dans l'avenir, et plus nous pouvons penser que les Etats reconnaîtront les avantages potentiels que recèle une croissance de l'énergie nucléaire pour l'environnement et pour l'économie", a déclaré le directeur général de l'AIEA, M. Mohamed ElBaradei, à la veille de la conférence qui s'est déroulée à Moscou sous le titre "International Conference on Fifty Years of Nuclear Power-the Next Fifty Years". "De nouvelles centrales nucléaires sont très intéressantes là où la consommation d'énergie progresse et où l'on manque de sources alternatives, et là où la sécurité et une diminution de la pollution de l'air ont priorité", a encore déclaré M. ElBaradei.
Etant donné que les prévisions sont difficiles et dépendent de décisions politiques, l'AIEA a élaboré deux scénarios sur l'avenir de l'énergie nucléaire, à savoir une projection haute et une projection basse. La projection basse part de l'hypothèse que les centrales nucléaires sont arrêtées selon le calendrier fixé et qu'aucune nouvelle centrale nucléaire n'est construite. Avec ce scénario, la production d'électricité nucléaire augmenterait encore légèrement d'ici 2020 (mais moins fortement que la production à partir d'autres sources). La part du nucléaire dans la production électrique mondiale chuterait toutefois de 16% actuellement à 12% d'ici 2030.
La projection haute part de l'hypothèse d'une construction de nouvelles centrales nucléaires, et donc d'une croissance continue. Selon l'AIEA, la production d'énergie nucléaire en 2030 livrerait quelque 70% de plus d'électricité que maintenant. Face aux inquiétudes croissantes concernant l'environnement, l'AIEA pense que sa projection haute sera plus proche de la réalité que sa projection basse. Sur la base d'estimations du Groupe intergouvernemental pour l'étude du changement climatique (IPCC), l'AIEA escompte même que l'énergie nucléaire couvrira 27% environ de la production mondiale d'électricité d'ici 2030.
Source
H.R./C.P. d'après un communiqué de l'AIEA du 26 juin 2004