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Bâle le 17 Mars 1872
Copie
de Traduction.
A Monsieur le Président A. Escher
Zurich
Très honoré Monsieur
J'ai l'honneur de vous soumettre le tableau ci-joint des résultats du mesurage des eaux au St Gothard, dont vous m'aviez chargé l'automne dernier.
Ainsi que j'ai déjà eu l'avantage de vous en informer le 11 Septembre, Monsieur l'Inspecteur des Ponts et Chaussées Gysler d'Altorf s'est chargé de ce travail pour le Côté Nord et Monsieur l'Ingénieur Cantonal Fraschina pour le Côté Sud. Les vitesses ont été déterminées au moyen de flotteurs (à défaut d'appareil Woltmann), ce qui toutefois pour des eaux la plupart torrentielles et écumeuses ne peut fournir que des résultats approximatifs.
Sur le versant méridional, les profils en travers, là où des mensurations étaient réellement praticables sont très-défavorables. En ce qui concerne la | tranquillité du courant et la régularité du profil, l'Alpbach et la Realpreuss, qui sont canalisés, ont été reconnus les plus favorables, et les résultats y relatifs peuvent être considérés comme les plus exacts. En Janvier, les mensurations ont été très-difficiles à cause de la glace et ne sont pas donnés par conséquent comme très-probantes; elles indiquent des chiffres plutôt trop forts que trop faibles.
Sur le versant méridional, Mr Fraschina n'a malheureusement plus opéré de mensurations en Janvier, mais s'est seulement borné à faire observé le niveau des eaux aux fluviomètres établis à cet effet. Le débit des eaux, tel qu'il l'a calculé sur ces données, est de 46 à 48 litres par Kilomètre carré, tandis que les eaux du versant septentrionnal ne donnent que 7 à 9 litres et que le Tessin à Bellinzona en Mars, ne fournissait qu'environ 26 litres. Les indications de Mr Fraschina pour Janvier doivent par conséquent bien être réduites de moitié. 1
Tandis que le débit minimum pour le Côté Nord qui vous avait été indiqué en Septembre dernier et qui se basait sur de précédentes observations, variait entre 5 et 10 Litres par Kilomètre carré, les mensurations auxquelles il a été procédé pendant l'hiver dernier, où les eaux étaient assez peu abondantes, ont donné pour le versant septentrionnal un résultat qui se rapproche passablement de celui sus indiqué, puis qu'il est plus élevé que le chiffre minimum le plus faible et moins élevé que le chiffre le plus fort. Par contre on a constaté sur le versant méridional un débit à peu près trois fois plus considérable. 2
Relativement à la durée des basses eaux on peut admettre que le débit est resté un mois au plus au-dessous du minimum le plus élevé et | qu'une pareille pénurie d'eaux ne se présente que tous les 3 ou 4 ans. Le débit descendra rarement au dessous de 5 Litres par Kilomètre carré 3; il se pourrait que le cas se présentat par hazard quelques semaines précisément pendant les travaux du tunnel et pas d'autres années. A Bâle, par exemple, il n'est arrivé que pendant 88 jours depuis l'année 18404 que le niveau du Rhin descendit à un pied au dessus du zéro du fluviomètre, qui correspond à peu près à un débit de 7 à 8 litres; tandis que dans la seule année 1858, il y est descendu pendant 75 jours, puis plus du tout depuis plusieurs années.
En considération des résultats ci-dessus, le calcul des moteurs peut bien se baser sur le minimum le plus élevé, surtout là où la chûte est faible.
Les eaux qui paraissent le mieux pouvoir être utilisées pour les appareils hydrauliques 5 sont la Göschenenrealpreuss du côté nord et la Tremola du côté sud. 6 Les eaux de la Gotthardreuss en amont de Göschenen ne seraient pas faciles à recueillir et il manque, dans leur voisinage, de place pour les bâtiments destinés aux turbines; de l'autre côté, à Airolo, le Tessin nécessiterait un canal dispendieux. 7 La Göschenenrealpreuss et la Tremola présentent assez de chute pour qu'on puisse obtenir une force de plus de 500 chevaux 8 sur chaque versant.
Agréez, etc.
Signé: G. Koller, Ingénieur