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La santé mentale est importante: chez les personnes para-tétraplégiques, la participation à la vie quotidienne est étroitement liée à la confiance et à l'estime de soi
Auteure du résumé: Szilvia Geyh (Recherche suisse pour paraplégiques)
|La promotion de la santé mentale (notamment la confiance et l'estime de soi) ainsi que la prévention de la maladie mentale (notamment l'anxiété et la dépression) sont des objectifs importants de la réadaptation. Elles exercent un effet positif sur la participation des personnes para-tétraplégiques à la vie quotidienne.|
Quel était l’objectif de cette étude?
La participation est un objectif majeur de la réadaptation des personnes para-tétraplégiques. Par «participation», on entend la capacité d'une personne à effectuer des tâches dans différents domaines de la vie, notamment la mobilité (à la maison ou sur de longues distances), l'autonomie (p. ex. se laver, s'habiller, cuisiner, manger), le travail et la formation, les activités de loisirs et le maintien des relations familiales, du cercle d’amis et de connaissances. L’objective de cette étude était de comprendre si, à côté du handicap physique lié à la lésion médullaire, il y a des facteurs psychologiques qui jouent un rôle important dans la participation à la vie quotidienne des personnes para-tétraplégiques.
Comment les chercheurs ont-ils procédé?
Les chercheurs se sont focalisés sur deux facteurs psychologiques en particulier. Le premier était la conviction de sa propre efficacité. Pour simplifier, cela signifie que la personne est convaincue de ses capacités: «je peux le faire», c’est-à-dire «je suis à la hauteur». On parle également de confiance en soi.
Le second était l'estime de soi, c'est-à-dire le fait d’être accepté à sa juste valeur, tel que l’on est. L’étude visait d’une part à savoir s’il y avait une relation entre la confiance et l’estime de soi et d’autre part entre la confiance, l’estime de soi et la participation. En outre, l’étude visait à établir s’il existait des différences à ce propos entre les personnes avec et sans une para-tétraplégie.
102 personnes para-tétraplégiques suisses-allemandes ont participé à l’étude. Le groupe de comparaison était composé de 73 employés des établissements de réadaptation pour personnes para-tétraplégiques. Ils ont été sélectionnés de sorte que leur profil ressemble le plus possible à celui des participants du premier groupe, en ce qui concerne l'âge, le sexe et le niveau de formation.
Tous les participants ont rempli le même questionnaire et devaient indiquer leurs données personnelles, décrire leur lésion médullaire, la confiance et l’estime de soi. Il y avait également des questions relatives à la participation, à la fréquence et à la sévérité des maladies lors des derniers 6 mois, aux douleurs, à l’anxiété, à la dépression, au soutien apporté par l’environnement social, etc.
Qu’ont découvert les chercheurs?
L'étude a révélé que, chez les personnes para-tétraplégiques, la confiance et l'estime de soi étaient étroitement liées à la participation à la vie quotidienne. Il s'est également avéré que la confiance et l'estime de soi influençaient la participation de manière plus marquée que les charges physiques ou psychiques, telles que la douleur, la dépression, l'anxiété ou la fréquence des maladies. Estime de soi et confiance sont aussi plus importantes que certains facteurs externes, tels que le nombre de personnes de soutien. Par contre, aucune relation n’a pu être établie entre la confiance et l’estime de soi d’une part, et les facteurs tels que l'âge, le sexe, la formation, le type de lésion médullaire (para- ou tétraplégie, lésion complète ou incomplète). De même, le degré de participation globale ne dépendait pas de la gravité de la paralysie médullaire (type de lésion).
Chez les personnes non-para-tétraplégiques, l'anxiété et la dépression étaient les facteurs les plus étroitement liés à la participation à la vie quotidienne. Dans ce groupe, la confiance et l'estime de soi n’étaient que peu pertinentes.
Il a également été constaté que les personnes para-tétraplégiques indiquent d’une manière générale une confiance et une estime de soi inférieures. Cependant, les résultats ne permettent pas de tirer des conclusions sur le développement de ces facteurs après la survenue de la para-tétraplégie. Par ailleurs, les personnes para-tétraplégiques étaient plus souvent malades, étaient plus anxieux et dépressifs, avaient des douleurs plus aiguës, participaient à un degré moindre et faisaient état de moins de soutien que les personnes non-para-tétraplégiques interrogées.
Que signifient les résultats?
Sur la base des résultats de cette étude, on peut dire d’une manière générale qu’un des objectifs de la réadaptation devrait être de redonner confiance aux personnes ayant subi une lésion médullaire et de renforcer leur estime de soi, cela pouvant les aider par la suite à mieux gérer le quotidien. Par ailleurs, il est important d’encourager la santé mentale des personnes para-tétraplégiques, en réduisant par exemple le risque d’anxiété ou de dépression. Les futurs travaux de recherche devront s’attacher à savoir quelles sont les mesures concrètes qui favorisent la santé mentale.
Qui a mené et financé l'étude?
L'étude a été coordonnée et financée par la Recherche Suisse pour Paraplégiques de Nottwil. Elle a été conçue en collaboration avec la Haute école zurichoise en sciences appliquées (ZHAW) et les principaux centres de réadaptation pour les personnes para-tétraplégiques en Suisse alémanique: le Centre pour paraplégiques de la clinique universitaire Balgrist à Zurich, REHAB Bâle: Centre pour paraplégiques et traumatisés craniocérébraux et le Centre suisse des paraplégiques de Nottwil.