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Les vertus insoupçonnées des patchs à la nicotine
Nous connaissons tous la nicotine administrée sous forme de timbres cutanés. Mais on ne connaît peut-être pas encore tous les usages possibles. Une étude qui vient d’être publiée dans la revue Neurology le laisse penser. Et l’affaire ne manque pas d’étonner en laissant espérer, dans certains cas, une amélioration de la capacité cognitive chez des patients souffrant de démence légère. Ce travail a été financé par les National Institutes of Health (NIH) tandis que les patches étaient fournis par la multinationale pharmaceutique Pfizer. Il a été mené par des chercheurs de l'Université Vanderbilt (Nashville) et d'autres universités américaines.
En pratique, on a donné durant six mois à 39 personnes de plus de 55 ans (non-fumeuses) présentant de légers troubles mentaux des patchs de nicotine (15 mg/jour). Un autre groupe comparable de volontaires recevait un «patch-placebo». Les auteurs ont ensuite évalué au début de l’étude les performances cognitives, le comportement, la dépression, la manière dont les participants effectuaient certaines tâches quotidiennes ainsi que l’état nutritionnel. Les mêmes tests ont été répétés après 3 et 6 mois. Les chercheurs ont par ailleurs évalué les effets secondaires et la tolérance du traitement.
Qu’ont-ils découvert? Dans le groupe des patches à la nicotine on observe que certains patients (pas tous) ont présenté des améliorations dans les résultats à certains tests de mémoire par rapport à ceux du groupe témoin. Le groupe «nicotine» a aussi montré de meilleures performances sur l'attention, la capacité et la rapidité aux tests de mémoire. On y observe aussi moins de troubles cognitifs, de meilleurs scores dans les mesures d'anxiété et de dépression. Il faut néanmoins ajouter qu’une évaluation précise de critères de dépression n'a montré aucune différence entre les deux groupes.
Pour résumer les chercheurs estiment que l'application de patchs à la nicotine durant six mois est sans danger pour les personnes non-fumeuses avec troubles cognitifs légers. Ils estiment aussi que ces patches contribuent à améliorer, en moyenne, certaines mesures de l'attention et la mémoire. En toute hypothèse, ces résultats sont à confirmer au moyen d’études plus larges qui seules permettront de préciser les possibles indications thérapeutiques ou préventives. Il faut rappeler que la «déficience cognitive légère» est un phénomène d’intensité supérieure à ce qui intervient naturellement lors du vieillissement. On sait aussi (y a-t-il un lien?) que dans la maladie d’Alzheimer on peut observer une réduction du nombre des récepteurs de la nicotine impliqués dans la transmission de signaux.
En août 2011, une étude réalisée par une équipe de l'Institut du Cerveau et de la Moelle Épinière (Hôpital de la Salpêtrière – Paris) avait conclu que la nicotine pouvait avoir des vertus protectrices. Ce travail avait été publiée sur le site du FASEB Journal. Il avait été mené d’une part sur des tissus de souris génétiquement modifiées privées d’un récepteur de la nicotine spécifique et de l’autre sur des souris ayant un récepteur fonctionnel. En substance les scientifiques ont découvert que la nicotine avait le potentiel de sauver les neurones dopaminergiques dans les cultures de souris normales, mais pas dans les cultures de souris privées de récepteurs de la nicotine. Extrapolés ces résultats peuvent laisser suggérer qu'il pourrait être possible de développer de nouvelles thérapies pour la maladie de Parkinson ciblant les récepteurs de la nicotine. «Mais si vous êtes fumeur, ne soyez pas trop excité, avait alors déclaré le Dr. Gerald Weissmann, rédacteur en chef du FASEB Journal. Même si fumer protège de la maladie de Parkinson, vous risquez fort de ne pas vivre assez longtemps pour développer la maladie: le tabagisme augmente considérablement le risque de cancers mortels et de maladies cardio-vasculaires.»