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Le château fut construit par l’évêque de Lausanne, Bechtold de Neuchâtel : « Fecit etiam castrum de Vilarsel » vers 1212 – 1220. Son successeur, Boniface, lui, fit entourer de remparts deux places fortes de l’époque : Villarsel et Bulle. « Hic fecit fieri muros casti de Vilarsel et muros de Bullo » selon les archives de l’évêché de Lausanne.
Au début du siècle dernier, il subsistait encore quelques restes de bâtiments de ce château. On pouvait voir les vestiges du donjon carré, ce qui indique qu’il était antérieur au milieu du XIII ème siècle. Les tours rondes ayant été construites pour mieux résister aux boulets des canons. A l’heure actuelle, on peut y découvrir les fondations d’une tour ronde dont les murs sont revêtus de moellons bien taillés, mais à face extérieure bombée. C’est là un mode de construction unique dans le canton de Fribourg. Il subsiste encore quelques murs où l’on remarque les trous de l’époque, nécessaires à l’assemblage des blocs de molasse. Ces derniers ont été utilisés notamment pour la construction de l’église et de l’école d’Estavayer-le-Gibloux. On peut admettre que ce château avait donc une assez grande étendue.
La petite seigneurie de Villarsel a primitivement appartenu à une famille qui en portait le nom. Ainsi, en avril 1286, Otto, fils de feu seigneur Wibertus, chevalier de Vilarsel subtus Jublour, vendit en franc à donzel Aymo, coseigneur de Pont, tous ses droits sur la forêt de Wauzmeret située entre Vuisternens-en- Ogoz et Grenilles.
Villarsel parvint par mariage aux sires de Corbières, puis aux seigneurs d’Oron (1346). En 1375, Aymon d’Oron légua cette place forte à son neveu Rodolphe de Langin. La fille de celui-ci, Isabelle, l’apporta à son mari, Amédée de Challant, bailli du Chablais. La famille de Challant, vassale de la Savoie, la conserva jusqu’à la fin du XVIème siècle. Les armoiries de la commune sont une variante du blason de cette puissante famille originaire du val d’Aoste :
« D’argent au chef de gueules à la bande de sable, entourée d’une bague d’or brochant sur le tout ».
Pour Villarsel, le temps se gâte vers la fin de l’année 1447. Le 17 décembre, les Fribourgeois, sujets de l’Autriche, déclarèrent la guerre au duc de Savoie, Louis 1er, ami de la famille de Challant. Les hostilités s’ouvrirent à la fin du mois. Le 21, vers une heure du matin, 600 à 700 hommes quittent la ville de Fribourg et font mouvement vers le Gibloux pour s’emparer du bétail et du fourrage. Ils s’emparent du Château de Villarsel, le pillent et y mettent le feu. Le châtelain est capturé ainsi que ses hommes. On délivre alors 36 prisonniers. Cette troupe de pillards s’en retourna à Fribourg quelques jours plus tard, chargée de butin. Le dimanche suivant, les Fribourgeois livrèrent un assaut furieux au château de Montagny, sans arriver cependant à faire capituler la garnison. Ils y incendièrent l’église et le bourg. Le feu fut mis à de nombreux villages, amis de la Savoie : Ponthaux, Chandon, Villarimboud, Torny, Noréaz, Seedorf.
Ayant reçu une « correction » dans la vallée du Gottéron (plus de 300 morts dans une escarmouche), les Fribourgeois acceptèrent une paix humiliante le 16 juillet 1448. La ville dut payer au duc de Savoie une somme de 40’000 florins d’or, plus 4’000 autres destinés à la reconstruction du bourg de Montagny et du château de Villarsel. Pour ce dernier, il n’était prévu que 900 florins, c’est dire que Villarsel était bien moins important pour le duc que Montagny.
Pour la petite anecdote, les documents de paix signés à Morat stipulaient entre autres ce qui suit : huit députés fribourgeois devaient demander pardon, à genou et tête nue, au duc de Savoie.
François de Challant vend son château en 1579 à un noble : Christophe de Reyff. Villarsel devint fribourgeois en 1584 échappant ainsi aux revendications bernoises.
Jusqu’en 1798, Villarsel fit partie du baillage de Pont – Farvagny, de 1798 (date de l’entrée des troupes françaises en Suisse) à 1803 de l’arrondissement de Romont, de 1803 à 1848 du district de Farvagny, puis dès 1848 de celui de la Sarine.
Bibliographie