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Quelles sont les conséquences de la violence éducative sur le développement des enfants ?
Auteure : Dre Evangelia Sanida
La souffrance infligée par la violence éducative, qu’elle soit physique ou psychologique, mène souvent à l’opposé du résultat désiré : les mécanismes d’apprentissage se paralysent. Quelques enfants tentent de se préserver de l’anxiété en mettant à distance l’apprentissage scolaire. Quelques autres se montrent à leur tour agressifs envers leurs pairs ou envers les enseignants.
La violence éducative a longtemps été considérée comme légitime. Elle ne suscitait pas de questionnement et restait loin du regard clinique. Dans les familles où la violence éducative est pratiquée, enfants et parents partagent la même croyance « la fin justifie les moyens ». Toutefois ces enfants sont confrontés à des punitions corporelles, des chantages affectifs et des privations diverses.
Les parents qui pratiquent des violences éducatives ont aussi vécu ceci dans leur enfance. Ils disent souvent « Moi, j’ai été élevé comme ça ». Par loyauté à la famille parentale, la violence éducative est légitimée. La charge de responsabilité est inversée, elle n’appartient plus aux parents. L’enfant est considéré désobéissant, il « s’en fout », il « ne respecte rien ». Les punitions des parents ne sont que la conséquence du comportement de l’enfant. Ainsi, l’enfant porte la culpabilité des violences qui lui sont infligées.
Dans ce contexte l’enfant se sent dévalorisé par les personnes les plus importantes dans sa vie : ses parents. Pour se protéger il s’endurcit, ne laisse pas apparaître sa tristesse, ce qui donne à ses parents l’impression qu’il est insensible. S’il proteste contre la violence éducative, il subit un redoublement de la violence. Il est puni pour son refus d’accepter sa propre maltraitance.
Le potentiel intellectuel ne peut pas se développer chez un enfant qui craint tout le temps qu’il va faire mal et recevoir une punition. Chaque nouvel apprentissage demande une prise de risque, mais si on a trop peur de se tromper on ne prend jamais ce risque. Le sentiment d’efficacité personnelle est essentiel pour l’apprentissage scolaire.
En outre, cet état de stress chronique provoque une concentration élevée des hormones de stress : cortisol et adrénaline, ce qui peut conduire plus tard à une augmentation du risque cardio-vasculaire et à des atteintes neurologiques.
En conclusion, pour chaque enfant qui présente des difficultés scolaires, nous devons investiguer l’éventualité qu’il soit victime de violences éducatives dans le cadre familial. Une prise en charge familiale dans ce contexte peut permettre à l’enfant d’améliorer sa performance scolaire.
Référence : Thieland JP. Violences éducatives : quelles conséquences sur le développement psychologique des enfants ? Le Journal des Psychologues, 2018/1 ; No 353 : 73-77