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Anni Lanz a été condamnée mercredi par le Tribunal cantonal valaisan à 800 francs d'amende. La militante bâloise de 73 ans devait répondre de violation de la loi fédérale sur les étrangers pour avoir ramené en Suisse un demandeur d'asile afghan expulsé.
L'ancienne secrétaire générale de Solidarité sans frontières avait déjà été condamnée à la même peine en première instance en décembre 2018 par le Tribunal de Brigue. "Je vais désormais analyser les considérants du jugement avec mon avocat, puis je déciderai si je porte l'affaire devant le Tribunal fédéral", a-t-elle commenté, "déçue du verdict."
Anni Lanz est arrivée mercredi matin à Sion entourée par environ septante personnes issues de diverses organisations de soutien aux migrants, dont Amnesty International Suisse et Solidarité sans frontière. "Le verdict de mon affaire est important pour l'ensemble du mouvement en faveur des migrants", a-t-elle déclaré avant d'entrer dans le tribunal, consciente que son affaire pourrait faire jurisprudence.
La déception d'Amnesty
"Ce verdict est une triste défaite pour toutes les personnes qui s'engagent en faveur des droits des migrants, des requérants d'asile et des exilés. Anni Lanz a agi uniquement par compassion et cette sanction est terriblement injuste", a réagi Muriel Trummer, spécialiste des questions d'asile pour Amnesty International Suisse, à l'issue de l'audience.
Visions opposées
Devant la Cour, l'avocat d'Anni Lanz, Guido Ehrler, a plaidé "le délit de solidarité". Selon lui, sa cliente a agi "pour des motifs purement humanitaires." Dans son réquisitoire, le procureur Andreas Seitz a lui rappelé que "toute infraction à une loi doit être punie."
Le procureur a estimé, a contrario de la partie adverse, "qu'Anni Lanz aurait pu porter secours au requérant afghan, sur sol italien." Un argument réfuté par l'humaniste. Celle-ci a dit avoir tenté de trouver de l'aide à Milan auprès de plusieurs institutions, en vain.
Expulsé d'Italie
Le 24 février 2018, Anni Lanz avait tenté de ramener en Suisse un requérant d'asile afghan préalablement expulsé vers l'Italie, dernier pays traversé avant de déposer sa demande d'asile en Suisse, où réside sa sœur. Souffrant d'un sévère syndrome de stress post-traumatique en lien avec son passé, l'homme avait fait plusieurs tentatives de suicide avant de quitter le sol helvétique.
Refoulé à Milan, l'Afghan s'était retrouvé à la rue. Anni Lanz, qui avait fait sa connaissance à la prison de renvoi bâloise de Bässlergut où elle visitait régulièrement des prisonniers, avait choisi de lui porter secours à Domodossola, par moins 10 degrés. Quelques heures plus tard, tous deux étaient arrêtés par les gardes-frontières à Gondo (VS).
Par ordonnance pénale, la Bâloise avait alors été condamnée à 30 jours-amendes à 50 francs avec sursis et à une amende de 300 francs. Le 10 décembre 2018, devant le Tribunal de Brigue, l'ancienne candidate au prix Nobel de la paix en 2005 avait écopé d'une amende de 800 francs et du coût de la procédure d'un montant de 1400 francs. La décision du Tribunal cantonal s'aligne donc sur ce premier verdict.