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Background: Le diabète gestationnel se défini comme une intolérance au glucose de sévérité variable apparue ou diagnostiquée pour la première fois pendant la grossesse(Metzger, 1991). Les nombreuses études épidémiologiques concernant ce trouble montrent qu’il concerne 2.2% à 8.8% des femmes enceintes. Cette prévalence est de 8 % à Genève (statistiques hospitalières, 2009). Selon Getahun et ses collaborateurs (2010), lorsqu’un diabète gestationnel est diagnostiqué lors d’une première grossesse, les femmes ont 41% de risque de développer à nouveau un diabète gestationnel lors d’une grossesse ultérieure et présentent un risque 2 à 7 fois supérieur de développer un diabète de type 2 (Bellamy et al, 2009 ; Shaefer-Graf et al, 2002). Paradoxalement, une revue de littérature récente montre qu’il existe de façon consistante chez les femmes ayant eu un diabète gestationnel une sous-estimation du risque de développer un diabète de type 2, associée à une non observance des règles d’hygiène de vie recommandées pour prévenir la survenue d’un diabète (alimentation, activité physique) (Jones et al, 2009). Dans ce contexte là, il s’avère nécessaire d’identifier les facteurs impliqués dans l’adoption ou non de comportements de santé adaptés dans la période du postpartum suivant un diabète gestationnel, afin de pouvoir modifier leur influence par le biais d’interventions spécifiques dans un contexte de politique de prévention du diabète.
Objectifs : Pour la première fois en Europe, l’objectif de cette recherche est d’étudier chez des femmes ayant eu très récemment un diabète gestationnel le lien entre les conduites alimentaires, le niveau d’activité physique, et des facteurs psychosociaux et cognitifs possiblement impliqués dans l’adoption des comportements de santé dans le postpartum. Ces facteurs identifiés dans la littérature, mais à ce jour encore jamais regroupés dans une même étude sont le niveau de connaissances sur les facteurs de risque du diabète, les intentions comportementales, les croyances (perception du risque, avantages, barrières et influence sociale relatifs aux comportements de santé), l’auto-efficacité, le soutien social. Un modèle théorique prédictif des comportements de santé pourra ainsi être établi et servir de base de réflexion à l’optimisation des interventions menées auprès des femmes ayant eu un diabète gestationnel.
Méthode : Pour atteindre ces objectifs, nous prévoyons une étude quantitative longitudinale menée sur des femmes présentant un diagnostic de diabète gestationnel (n = 209), recrutées en fin de grossesse (T1) dans le cadre de la consultation diabète de la maternité des Hôpitaux Universitaires de Genève. Deux autres temps d’évaluation sont prévus, l’un à 6 semaines postpartum (T2) et l’autre à 6 mois postpartum (T3). Les comportements de santé et les variables psychosociales seront évaluées à l’aide d’outils spécifiques décrits dans la littérature et issus des principaux modèles théoriques de prédiction comportementale, à savoir la théorie des stades de changement (Prochaska & DiClemente, 1982) et la théorie du comportement planifié (Ajzen, 1991).