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Considérant que les femmes ne constituent pas une catégorie homogène, la recherche féministe vise désormais à prendre en compte les effets d’autres systèmes d’oppression que le genre et à analyser leur imbrication. Que vivent, par exemple, les femmes qui sont la cible de discriminations à la fois sexistes et racistes? Comment les normes de sexe sont-elles modulées par celles de l’âge? Quels sont les liens entre le genre et le lesbianisme? Qu’a à voir la discrimination des animaux avec la discrimination des femmes et celle des étrangers? Ces questions sont traitées dans quatre recherches empiriques qui forment le Grand angle du numéro, permettant de voir comment les rapports de pouvoir se renforcent mutuellement ou, au contraire, comment l’un d’entre eux peut atténuer les effets d’un autre.
Les recherches féministes sur le travail social sont plus que jamais nécessaires, car l’idéologie de la responsabilité individuelle imprègne fortement les politiques de l’Etat social et les missions du travail social. Cette idéologie nie les inégalités liées aux rapports de domination entre hommes et femmes, entre citoyen·ne·s et étranger·e·s, ou entre riches et pauvres. Ce numéro montre que certaines interventions du travail social reproduisent ces inégalités, mais que d’autres contestent davantage les normes sociales dominantes et favorisent ainsi l’émancipation des personnes ciblées par l’action sociale.
Tantôt célébrées, tantôt critiquées voire ridiculisées, les amitiés entre femmes sont l'objet de ce numéro de Nouvelles Questions Féministes. Les amitiés entre femmes sont l'objet de projections variées: tantôt célébrées pour l'intensité des relations qu'elles génèrent, tantôt ridiculisées pour leur futilité, tantôt décrétées impossibles sous prétexte de rivalité, tantôt associées au lesbianisme, elles présentent un intérêt évident pour l'étude des rapports sociaux de sexe. Ce champ étant hélas resté en friche dans la recherche francophone, ce numéro de Nouvelles Questions Féministes engage une réflexion sur ce thème à partir de plusieurs contributions.
Ce numéro de Nouvelles Questions Féministes présente des articles qui réfléchissent sur des mouvements et des actions féministes dans la région de la Méditerranée. Mais cet espace, entendu comme réunissant les pays riverains d'Europe, d'Afrique du Nord et du Proche-Orient, présente-t-il des caractéristiques communes justifiant de s'y arrêter et de s'y restreindre, notamment en ce qui concerne la situation des femmes et des revendications féministes? Peut-on parler d'une quelconque unité à son propos et à quel niveau (géographique, culturel, économique, politique )?
Le travail salarié est-il un outil d'émancipation des femmes? Dans les années 70 du Mouvement de Libération des Femmes, la réponse paraissait évidente: avoir un emploi devait permettre aux femmes d'être matériellement indépendantes et de renforcer leurs moyens de lutte contre la domination des hommes, en particulier au sein du mariage hétérosexuel. Aujourd'hui, la réponse est plus complexe, car si les femmes ont en effet investi massivement le marché de l'emploi, elles restent fortement discriminées (salaire, temps partiel, plafond de verre notamment), et continuent à assumer, en plus, la très grande partie du travail domestique et éducatif. Le message fort qui émane des autrices est le suivant le sort des femmes ne se joue pas dans le seul monde du travail rémunéré. Si solution d'émancipation il y a, c'est dans la prise en compte de l'interdépendance entre sphères privée et professionnelle. Autrement dit, la concentration de tous les efforts sur le seul emploi, au vu du fait, incontestable, que rien ne change au niveau du "partage des tâches domestiques", est un traquenard.
Le dossier de NQF, "les répertoires du masculin", analyse des formes diverses de remaniement identitaire masculin qui s'opèrent sous la pression du principe de l'égalité des sexes et des changements socio-économiques qui y sont associés. Il met en évidence la variabilité des contenus du masculin et les stratégies que les hommes développent pour le reconfigurer et conclut que si, parmi celles-ci, certaines s'inscrivent dans une redéfinition du rapport social de sexe, beaucoup n'entament en rien la stabilité du système de genre. La domination masculine prend ainsi de nouvelles formes qui nécessitent de nouveaux angles d'analyse et de nouvelles précautions méthodologiques. Ce numéro, coordonné par des anthropologues, propose à la réflexion des expériences issues de pays et de contextes fort différents.