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Alors que les signalements d'empoisonnement sont de plus en plus nombreux en Suisse romande, peu aboutissent réellement. Trop souvent, parce que les prélèvements sont réalisés trop tard.
Depuis l'an dernier, le Centre universitaire romand de médecine légale (CURML) procède à la recherche systématique de la molécule dans les échantillons qui lui sont envoyés. Or, jusqu'ici, il ne le faisait qu'en cas de suspicion de GHB. Ce type d'étude est «unique en Suisse», a expliqué mercredi Marc Augsburger, responsable de l'Unité de toxicologie et de chimie forensique du CURML.
Les analyses du CURML portaient sur des échantillons prélevés en Suisse romande suite à des agressions diverses. Soixante d'entre eux ont été prélevés lors d'agressions sexuelles, de suspicions de soumission chimique et de black-out, à la demande de victimes, médecins ou magistrats.
Concrètement, sur les 815 tests réalisés en 2021, quatre présentaient des traces de consommation de GHB. Dans trois cas, les échantillons ont été prélevés lors d'infractions routières et faisaient probablement suite à une consommation festive. Le quatrième est un cas avéré de soumission chimique. La personne – en l'occurrence un homme dans le canton de Vaud – s'est vu administrer la substance à son insu.
Dans ce contexte, la consommation de GHB a été mise en évidence dans un cas (1,7%). Comme le montrent les études réalisées à l'étranger, «il n'y a pas une avalanche de cas, et ce n'est clairement pas le produit stupéfiant le plus utilisé», a expliqué Marc Augsburger.
Mais l'étude soulève un problème: le GHB est éliminé relativement rapidement par l'organisme. Après six à huit heures, on ne peut plus le déceler dans le sang et passé dix à douze heures, il n'est plus détectable dans l'urine. Or, dans la moitié des cas étudiés, le prélèvement a été effectué douze heures après l'événement, a expliqué Marc Augsburger.
Ce s'explique en partie par les effets de la substance consommée, qui empêchent la victime d'avoir une réaction appropriée en allant rapidement consulter.
Les personnes qui arrivent aux urgences présentent différents symptômes, a témoigné Pierre-Nicolas Carron, chef du Service des urgences, au CHUV. Souvent, elles disent: «il me manque un bout de ma soirée». Le médecin encourage les victimes potentielles à venir le plus vite possible aux urgences. En moyenne, entre cinq et six personnes se présentent chaque mois avec ce type de demande.
Comme la plupart des hôpitaux romands, le CHUV a mis en place un protocole spécifique de prise en charge. Les échantillons de sang et d'urine sont transmis à l'UTCF pour être conservés un an et analysés.
La recherche systématique du GHB a permis d'évaluer, avec succès, l'utilisation d'un test de dépistage rapide, peu coûteux, à hauteur d'une vingtaine de francs. En cas de réponse positive, ce résultat est confirmé par une analyse basée sur la spectrométrie de masse.
Ce test rapide est dorénavant utilisé systématiquement par l'UTCF en premier recours. «Mais il doit être fait en laboratoire. Il ne peut pas être réalisé aux urgences, au chevet du patient», a averti Augsburger.
Le CURML va continuer à procéder à ces dépistages systématiques du GHB. Des chiffres seront disponibles chaque année. (ats/sia)
«On est un peu déçu, mais il n'avait pas besoin de gagner pour commencer sa carrière, il a toutes les chances de réussir», explique Valentina, la meilleure amie du chanteur et rappeur neuchâtelois.