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Dans une intervention à Strasbourg à l'occasion de la journée de l'Europe, Emmanuel Macron a souligné que l'Ukraine, envahie par la Russie, était déjà "membre de coeur de notre union" alors que Moscou a organisé une commémoration militaire en grande pompe de la victoire de 1945 sur l'Allemagne nazie.
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Mais le processus d'adhésion à l'UE, à laquelle aspire Kiev, "prendrait plusieurs années, en vérité plusieurs décennies", a souligné le président français, qui a proposé, en parallèle, la création d'une "organisation européenne nouvelle".
"Cette organisation européenne nouvelle permettrait aux nations européennes démocratiques adhérant à notre socle de valeurs, de trouver un nouvel espace de coopération politique, de sécurité, de coopération", a expliqué Emmanuel Macron à l'occasion de la clôture de la Conférence sur l'avenir de l'Europe, une vaste consultation citoyenne à l'échelle de l'UE.
Le président français a par la suite ajouté que le Royaume-Uni pouvait "avoir toute sa place" dans cette "communauté politique européenne".
Révision des traités européens
Dans son premier discours sur l'Europe depuis sa réélection, le chef de l'Etat s'est également dit "favorable" à une "révision des traités" de l'Union européenne, comme proposé par le Parlement européen, pour gagner en efficacité institutionnelle par temps de paix comme en temps de crise (voir aussi encadré).
"Il faudra réformer nos textes, c'est évident. L'une des voies de cette réforme est la convocation d'une convention de révision des traités. C'est une proposition du Parlement européen et je l'approuve", a déclaré Emmanuel Macron.
L'opposition de 13 Etats
Treize des 27 pays de l'UE se sont toutefois dits lundi opposés au lancement d'une procédure pour changer les traités.
"Nous ne sommes pas en faveur de tentatives inconsidérées et prématurées visant à lancer" une telle procédure, écrivent ces pays, dont la Pologne, la Roumanie et la Finlande, selon un texte diffusé lundi par la Suède, également signataire.
Emmanuel Macron a reconnu des "divergences" entre les Etats membres sur le sujet et souhaite évoquer cette question avec les dirigeants des 27 lors d'un sommet en juin.
>> Les précisions d'Alain Franco à Bruxelles, dans Forum:
afp/ebz
Ursula von der Leyen favorable à modifier les traités de l'UE "si nécessaire"
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, s'est prononcée pour une modification des traités de l'UE "si nécessaire" et l'abandon du vote à l'unanimité des 27 pays membres dans des domaines clés.
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"J'ai toujours soutenu que le vote à l'unanimité dans certains domaines clés n'a tout simplement plus de sens", a déclaré Ursula von der Leyen au Parlement européen. Elle s'est dite prête à réformer l'UE, y compris "en changeant les traités si nécessaire".
"Jouer un rôle plus important"
"L'Europe devrait jouer un rôle plus important, par exemple dans le domaine de la santé ou de la défense. Et nous devons améliorer en permanence le fonctionnement de notre démocratie", a déclaré Ursula von der Leyen. "Je serai toujours du côté de ceux qui veulent réformer l'UE pour qu'elle fonctionne mieux", a-t-elle ajouté.
Le Parlement européen avait appelé la semaine dernière au démarrage d'une procédure de changement des traités européens. Une étape risquée mais nécessaire pour certaines des propositions, comme, par exemple, donner un droit d'initiative au Parlement ou élargir les compétences de Bruxelles en matière de défense ou de santé.
Le couple franco-allemand réuni
Les couples entre dirigeants français et allemands ont traditionnellement été moteurs en Europe. Celui constitué d'Emmanuel Macron et Olaf Scholz, qui ont besoin l'un de l'autre pour se relancer, cherche encore son rythme de croisière.
Leur rencontre lundi soir à Berlin, pour le premier déplacement à l'étranger du chef de l'Etat français depuis sa réélection, leur a donné une occasion de peaufiner leur relation.
Une poignée de mains chaleureuse à l'arrivée, une volonté affichée d'oeuvrer ensemble pour construire une Europe plus puissante : les deux dirigeants ont cherché à trouver un ton plus personnel lors d'un tête-à-tête.
Olaf Scholz a loué la France, "force d'inspiration en Europe", tandis que Emmanuel Macron a parlé de "la force importante de l'amitié franco-allemande".
Néanmoins, "on doit trouver une relation personnelle, encore en consolidation" entre les deux hommes, reconnaît une source diplomatique, qui pronostique que "le rythme de croisière sera trouvé autour de l'été".