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Une étude de l´Association suisse de la protection de l´enfant montre que les violences sexuelles sont fréquentes chez les jeunes sportifs. En Suisse, les instances fédérales et olympiques du sport planchent déjà sur un projet pour combattre le fléau.Ce contenu a été publié le 20 juin 2000 - 12:23
L'Office fédéral du sport et l'Association olympique suisse ont constitué un groupe de travail commun. Son objectif: étudier les possibilités de lutter contre toutes formes de harcèlement sexuel de la part des maîtres de sport ou des entraîneurs sur les jeunes sportifs dans les clubs et les associations.
Roland Seiler, docteur en psychologie et responsable à l'Institut des sciences sociales de l'Office fédéral du sport à Macolin, reconnaît que de nombreux cas sont répertoriés. Des affaires qui lui sont rapportées par les médias ou les responsables d'associations sportives.
«Oui, le harcèlement sexuel est une réalité dans le sport», reconnaît Roland Seiler. «Le risque d'un abus sexuel est beaucoup plus grand chez les enfants qui manquent de confiance en eux et qui ne savent pas se défendre vis-à-vis de leur éducateur sportif».
Suzy-Cathy Jost, membre du Comité exécutif de l'Association olympique suisse et directrice du groupe de travail contre le harcèlement sexuel, décrit les quatre buts du projet. D'abord, diffuser dans les médias un maximum d'informations sur le problème. Puis, former les maîtres Jeunesse et Sport par rapport à cette question. Ensuite, instituer un code éthique pour les entraîneurs. Enfin, installer un office de renseignements et d'interventions composé de psychologues et de juristes.
«Nous aimerions que les entraîneurs élaborent eux-mêmes leur code éthique sur cette problématique du harcèlement sexuel dans le sport», précise Suzy-Cathy Jost. «Nous avons publié, dans Swiss-Sport, le code d'éthique allemand sur le sujet afin que les lecteurs helvétiques de la revue puissent donner leur avis par rapport à cette base sociale».
Cette prise de conscience sur le harcèlement sexuel n'est apparue au grand jour qu'il y a trois ou quatre ans. L'impératif est de savoir comment réagir face à un problème qui touche à l'intimité du jeune sportif (sportive le plus souvent) et qui engage l'intégrité morale de l'adulte entraîneur.
«Il faudrait pouvoir intervenir le plus tôt possible dans ce genre de processus, pour préserver la personne visée», renchérit Suzy-Cathy Jost. «Car l'approche du profiteur sexuel sur sa proie juvénile se fait progressivement».
A relever que ce sont, en général, les fonctionnaires qui procèdent à une dénonciation lorsqu'il y a suspicion de harcèlement sexuel. Et non les jeunes sportifs eux-mêmes, qui ignorent le plus souvent à qui ils peuvent s'adresser et qui préfèrent garder le silence sur ce qu'ils subissent de la part de leurs entraîneurs.
Cela dit, il existe déjà à Zurich l'association MIRA pour la prévention du harcèlement sexuel. Non pas seulement dans le sport, mais également dans tous les domaines socioculturels (école de musique, association théâtrale). En romanche, MIRA signifie: «regarde bien, ne ferme pas les yeux si tu as des doutes!»
Emmanuel Manzi
Téléphone MIRA: 01/450.45.42.