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L’histoire de nos villages: Villette
Claude Cantini | Une « villa » romaine (ou domaine agricole) est à l’origine du village.
L’église, édifiée sur des fondements anciens et mentionnée dès 1134, est classée, comme le sont la station lacustre, la « Maison de Cully ou du Bailli » et un « bâtiment de vigne » à Montagny, datés tous deux du XVIe siècle.
Des vignes ont appartenu aux seigneurs de Palézieux, puis dès 1181, à l’Abbaye de Saint-Maurice. En 1214, c’est l’évêque de Lausanne qui prend majoritairement pied à Villette, sans oublier vers 1562 la commune de Payerne.
Sous les Bernois Lavaux fut divisé en huit « quarts » ; celui de Villette comprenait Aran et Montagny, ainsi que La Conversion et Le Daley, qui appartiendront par la suite à Lutry. En tant que Paroisse (appelée aussi Grande Communauté ou Commune Générale), elle s’étendait cependant aux autres cinq communes du futur district jusqu’au partage de 1826. Ses deux confréries sont mentionnées à partir de 1363 et 1396. Rappelons que ces dernières étaient des « associations semi-religieuses qui s’occupaient surtout des ensevelissements et des messes à faire chanter pour les trépassés (…) des sortes de sociétés de secours mutuels, composées d’un certain nombre de familles déterminées » (Dictionnaire Mottaz).
Les autorités civiles et judiciaires de la paroisse siégeaient à Cully.
Durant au moins quatre siècles (du XVe au XVIIIe), la Commune Générale connaîtra de nombreux différends au sujet des droits dans les forêts du Jorat ; d’abord avec l’Abbaye de Haut-Crêt aux Tavernes, puis avec pratiquement toutes les localités joratoises : Mézières, Corcelles, Montpreveyres, Servion, Les Cullayes, Essertes et Châtillens. Il s’agissait surtout des règles de partage de l’« affouage » (bois de chauffage) et des pâturages.
Entre 1564 et 1636, la commune a été frappée cinq fois par des épidémies de peste. De ce fait, on construisit des « casuettes » (petites cabanes) dans lesquelles l’on séquestra les malades.
L’incendie qui a frappé la cure en 1700 détruisit une partie des pièces d’état civil, c’est pourquoi les archives ne contiennent que des documents postérieurs à 1627.
Le rapport du pasteur Jean-François Delavaux de 1764 – après l’ordre envoyé aux ministres du culte de détailler par écrit la situation sociale de leur paroisse – nous apprend que, en ce qui concerne Villette, « l’on voit que le nombre de pauvres y est considérable (…) bien que l’ivrognerie ait un peu diminué, l’on s’y adonne encore beaucoup ; des vendanges à la Chandeleur, on ne fait rien et l’on boit sans cesse au tonneau de vin nouveau. Le travail manquerait moins si l’on arrachait une partie des vignes pour les convertir en prés ! Beaucoup de jeunes gens se jettent au service militaire ; les jeunes filles se font servantes ou s’adonnent à la fabrication de dentelles (…) Sont-elles propres à conduire un ménage, à aider le mari dans ses ouvrages et faire des enfants robustes ? L’usage du café et du tabac s’est considérablement développé » (Dictionnaire Mottaz).
En 1766, la paroisse de Villette perd Cully qui forme, avec Epesses et Riex, une paroisse autonome. Les hameaux de Bahyse et Chenaux restèrent à Villette jusqu’en 1837, quand Villette et Grandvaux s’unirent sur le plan du culte après la construction d’une nouvelle cure.
Un décret du Grand Conseil a désigné en 1864 Aran comme chef-lieu de la nouvelle commune à la place de Villette. A Aran justement, une « maison publique » existait depuis 1718 dans un bâtiment de 1510 ; la deuxième école datait de 1843.