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Biographie
PRESENTATION DE LA BIBLIOTHEQUE GLOBLIVRES
LES DEBUTS
La bibliothèque interculturelle Globlivres à Renens est née d'un déficit et d'un désir, en suivant un chemin intuitif et pragmatique.
Deux mères de famille, Mmes Monica Prodon et Elena Borio-Fillig, psychologues de formation et immigrées de longue date, regrettaient de trouver si peu de littérature dans leur langue maternelle qu'elles auraient souhaité lire et faire lire à leurs enfants. Mme Lavanchy, enseignante à Renens commune à forte population étrangère, désirant valoriser les cultures d'origine de ses élèves, se joignit à elles, ainsi que quelques personnes intéressées.
Après avoir envisagé d'intégrer un compartiment "langues étrangères" dans une bibliothèque communale ou scolaire, ce projet n'ayant pas rencontré l'intérêt escompté, elles décidèrent, en 1987, de créer un lieu spécifique: une bibliothèque interculturelle indépendante
En septembre 1988, l'Association «Livre sans frontières, Renens» pour la gestion et la recherche de fonds fut donc fondée et, la même année, la bibliothèque Globlivres put ouvrir ses portes.
Au départ, la bibliothèque pouvait mettre à disposition de ses lecteurs un choix de 550 livres pour enfants, dans les langues étrangères les plus présentes à Renens : l'allemand, l'espagnol, l'italien, le portugais et le turc. Rapidement, elle s'enrichit de livres pour adultes, tout en élargissant son éventail de langues. La demande des usagers eux-mêmes guida la constitution du fonds, le stock de livres de chaque langue évoluant au gré des diverses vagues migratoires. Les adultes étaient consultés quant au choix des livres, aidant à la translittération et à la traduction des titres. C'était une façon efficace de familiariser les lecteurs avec le fonctionnement de la bibliothèque et de mettre en valeur leurs compétences.
Pour assumer toutes les tâches, les initiatrices se sont entourées, dès le début, d'une dizaine de volontaires auxquelles elles ont su transmettre leur enthousiasme. Ce n'est que récemment, et au vu de l'augmentation du travail, un poste salarié fut créé, réparti actuellement sur trois personnes, en plus de l'équipe de bénévoles.
C'est ainsi que les coûts restèrent très modestes, cependant il fallait assurer le loyer et l'achat des livres, le prêt étant gratuit, à l'exception d'une taxe d'inscription de 1 franc, la bibliothèque ne générait aucun revenu. C'est pourquoi la situation financière de Globlivres fut longtemps très précaire et qu'il fallut beaucoup d'enthousiasme et d'opiniâtreté pour la faire survivre jusqu'à ce jour. Ce fut possible grâce aux subventions des communes de la région lausannoise, du Service des affaires culturelles de l'Etat de Vaud [Département cantonal de l'Instruction Publique), des subsides de la Loterie Romande et des dons ponctuels de fondations et de privés qui s'ajoutèrent au fidèle soutien des membres de l'Association.
A la renommée vinrent s'ajouter de nouveaux donateurs et un état des comptes plus satisfaisant, ce qui permit une évolution des stocks, des équipements et donc de toute la bibliothèque; mais son financement demeure cependant un souci constant.
GLOBLIVRES AUJOURD'HUI
SES ACTIVITES ET SES OBJECTIFS
Quinze ans après sa création et trois déménagements, Globlivres compte 20'000 livres en plus de 200 langues, dont des romans et des documentaires pour adultes, un large choix de littérature pour la jeunesse (BD, poésie, contes, chansons, encyclopédies), des livres bilingues, des œuvres en français facile, des méthodes d'apprentissage du français, des imagiers, des dictionnaires, des documents et des traités de pédagogie interculturelle.
Pour trouver tous ces ouvrages, les bibliothécaires se rendent aux Foires internationales du livre à Bologne, Francfort, Paris et Genève et établissent des contacts avec les éditeurs du monde entier.
La préoccupation première de Globlivres est d'offrir un accueil personnalisé à un public très varié. Pour nombre d'immigrants, elle est un premier port d'attache, un lien entre le pays d'origine et le pays d'accueil. Elle dépasse donc largement le rôle d'une simple bibliothèque, elle est aussi un lieu de rencontre entre migrants et autochtones, une passerelle entre des cultures qui trop souvent se côtoient sans se comprendre, une occasion d'épanouissement pour des enfants qui, parfois, se sentent rejetés, isolés et qui trouvent là une sorte de miroir positif devant lequel il est « normal » d'être « autrement ».
De ce rôle reconstructeur, les enseignantes des classes allophones savent tirer tout le profit: elles viennent en nombre avec leurs élèves pour des moments pleins de gaîté et de partage interculturel. C'est l'occasion pour les jeunes étrangers de démontrer leurs talents de lecteurs dans leur propre langue et leur propre écriture, de reprendre confiance en leur culture d'origine, de parler de leur pays en s'aidant des ouvrages photographiques mis à leur disposition, et de repartir avec des livres dans leur langue aussi bien qu'en français.
Les classes francophones ne sont pas non plus laissées de côté. Globlivres leur offre des animations d'une durée de deux heures, comprenant un atelier de calligraphie, sous la direction d'une animatrice originaire du pays de l'écriture concernée, un voyage au milieu de livres pour enfants, provenant des quatre coins de la planète, ainsi qu'un moment de jeux basés sur les langues, les écritures et les cultures du monde. La réalisation de ce projet a été rendue possible dans le cadre des mesures pour faciliter l'intégration, soutenues par l'Office Fédéral des Etrangers.
En plus des diverses animations pour les classes, les collaboratrices organisent des moments de contes, des expositions ponctuelles, des soirées musicales ou culinaires, suscitant ainsi de multiples occasions de rencontre et d'échange entre gens de diverses cultures. Une exposition itinérante « Apprendre à lire autour du monde », montée d'abord à Renens, fait depuis cinq ans le tour de la Suisse, passant même par l'Italie, le Luxembourg et la France.
Globlivres accueille également de nombreux groupes d'adultes travaillant avec des migrants (animateurs sociaux et enseignants) pour leur présenter son éventail de livres. Elle prête des stocks de livres en langues étrangères aux bibliothèques scolaires ou communales désireuses d'élargir leur offre, elle conseille et encourage également de nouvelles bibliothèques interculturelles à s'ouvrir. Suivant le modèle de Globlivres, neuf autres bibliothèques interculturelles ont vu le jour dans d'autres cantons suisses. Elles sont regroupées dans une association faîtière, reconnue et soutenue par l'Office Fédéral de la Culture.
Au travers de toutes ces activités, Globlivres se veut une formidable incitation à la découverte et au respect de l'Autre, à la prise de conscience de la beauté des cultures du monde, à l'enrichissement par la diversité.