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Le personnage de Ladébauche, présent dans les journaux québécois entre 1878 et 1957 sous des plumes et des crayons divers, a été oublié durant plusieurs décennies avant que les travaux en littérature et en histoire de l'art ne le ressuscitent. L'intérêt de cette résurrection tient principalement au caractère résolument transdisciplinaire du personnage, disséminé dans diverses formes : chroniques de journaux, caricatures, romans dont il assume la narration, bandes dessinées, monologues sur scène et enregistrements sur disque, revues, chansons, etc. Le caractère pluridisciplinaire des artéfacts liés à Ladébauche est proprement sidérant. Malgré ses origines résolument journalistiques, le personnage sort rapidement du journal : objet de polémiques ou figure publicitaire, il acquiert une autonomie liée à sa dimension identitaire, laquelle peut seule expliquer que de nombreux créateurs se le soient approprié comme un bien commun. Malgré son caractère populaire et apparemment simpliste, Ladébauche, comme les autres figures identitaires qui suscitent le rire, nous en dit long sur nous-mêmes. Née de la plume d'Hector Berthelot en 1878, la figure de "Baptiste Ladébauche" a été mise en textes et en images dans d'innombrables chroniques, caricatures et bandes dessinées. Albéric Bourgeois la multiplie dans La Presse, de 1905 à 1957, ainsi que sur scène et à la radio. Parmi les 3600 dessins originaux de Bourgeois conservés par BAnQ, quelque 900 mettent en scène Ladébauche. Des spécialistes en littérature, en histoire de l'art, en musique et en archivistique ont été convoqués pour mener des recherches et croiser leurs résultats afin de tracer le portrait de ce personnage marquant de l'imaginaire québécois.
Micheline Cambron, professeur de littérature à l'Université de Montréal. Dominic Hardy, professeur au département d'histoire de l'art de l'UQAM.