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Spasticité et sclérose en plaques
Plus d’un tiers des personnes atteintes de SEP souffrent de spasticité grave, et un nombre plus important connaît une spasticité moins marquée. L’accroissement du tonus musculaire est l’un des symptômes les plus fréquents de la SEP. Choisir le bon traitement et faire preuve d’initiative personnelle peuvent contribuer à réduire la spasticité.
La sclérose en plaques est une maladie inflammatoire du système nerveux central. Egalement connue sous le nom d’encephalomyelitis disseminata, elle est souvent accompagnée par la spasticité. Celle-ci se caractérise par une raideur musculaire causée par un accroissement du tonus musculaire, qui serait dû à une démyélinisation ou à une dégénérescence des fibres nerveuses dans le cerveau et la moelle épinière.
L’ampleur de la spasticité varie beaucoup d’un patient à l’autre et n’est pas toujours visible
La spasticité se manifeste différemment d’un patient à l’autre. Elle peut aller d’une perte du tonus musculaire et de la motricité à une paralysie complète. La spasticité devient apparente lorsque le patient ne peut par exemple maintenir son bras que dans une position fléchie ou encore lorsque sa jambe traine un peu vers l’arrière en marchant. Cependant, la spasticité n’est pas toujours visible au premier coup d’œil. Elle se manifeste parfois dans une partie du corps moins visible, tel que dans le dos ou le bassin.
La spasticité peut donner lieu à un affaiblissement de certaines fonctions corporelles, voire provoquer certaines maladies. Par exemple, lorsqu’un tonus musculaire accru empêche le patient de respirer librement, cela peut entraîner une infection des voies respiratoires. Une incapacité de bouger librement peut donner lieu à des plaies dues à la pression. Une atteinte aux muscles du visage ou de la trachée peut entraîner des troubles de déglutition ou des troubles de la parole. Lorsque la vessie ou l’intestin sont atteints, les patients éprouvent souvent une gêne et ont besoin d’aide. Une telle situation peut mener à un sentiment d’isolement, l’un des problèmes les plus importants liés à la spasticité.
Combler les manques pour mieux éviter la spasticité
Un nombre de facteurs peuvent déclencher la spasticité. Cela peut par exemple provenir d’une vessie pleine, de troubles de la digestion, de douleurs ou encore d’un fauteuil roulant mal adapté. Identifier l’élément déclencheur peut aider à mieux contrôler les conséquences de la spasticité. Ainsi, lutter contre la douleur et s’assurer que le fauteuil roulant soit adapté en fonction des besoins du patient peuvent contribuer à réduire la spasticité.
Traiter la spasticité de façon efficace: physiothérapie et médicaments
Il existe des traitements efficaces pour soigner la spasticité liée à la sclérose en plaques. Les médecins optent souvent pour une thérapie progressive, qui débute avec la physiothérapie et se poursuit, selon les besoins, avec un traitement médicamenteux. Les physiothérapeutes disposent de diverses techniques pour traiter la raideur musculaire, permettant ainsi de diminuer le tonus musculaire et de maintenir la motricité du patient, voire d’empêcher qu’elle n’augmente. La thérapie manuelle, la physiothérapie (méthode Bobath) ou encore la thérapie d’entraînement médical comptent parmi les méthodes utilisées. Une consultation avec le médecin soignant et le thérapeute permettra d’identifier quelles mesures sont mieux adaptées pour le patient.
En plus de la physiothérapie, une thérapie médicamenteuse peut aussi permettre de réduire la raideur musculaire. Diverses préparations sont disponibles ; elles peuvent être administrées par voie orale, ou encore par injection dans le muscle affecté ou dans le fluide nerveux.
Le traitement médicamenteux pour la spasticité présente toutefois la difficulté du bon dosage. Lorsque le médicament est administré en trop faible quantité, l’effet n’est pas efficace, alors qu’une trop grande quantité du médicament peut entraîner un affaiblissement des extrémités spastiques. Afin d’établir un plan adapté aux besoins du patient et d’assurer une meilleure garantie de la réussite du traitement, les médecins doivent aussi vérifier à quel moment l’administration des médicaments est la plus judicieuse.
Faire preuve d’initiative peut contribuer au bien-être
Afin d’alléger la spasticité, les patients ne doivent pas s’en remettre uniquement aux bons conseils de leur médecin. Faire preuve d’initiative peut en effet contribuer à réduire les symptômes de la maladie et améliorer le sentiment de bien-être. Un entraînement régulier sur le tapis d’exercice ou à vélo, en plus de faire bouger les muscles, contribue aussi à réduire le tonus musculaire. Des exercices d’étirement aident également à détendre la musculation. Et enfin, il est recommandé d’identifier l’élément déclencheur de la spasticité afin de mieux pouvoir l’éviter.
Texte: Philipp Jauch – 04/2013
Traduction: MyH – 12/2014
Photos: DAK-Gesundheit