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Les médecins ne devraient plus enseigner à leurs patientes âgées de 40 à 69 ans de s'autoexaminer les seins comme technique de routine pour détecter un éventuel cancer car cette technique peut faire plus de tort que de bien, conclut un groupe de travail canadien (BMJ 2001 ; 323 : 11). Ce groupe de travail a pour rôle de conseiller le personnel soignant sur les méthodes de dépistage de la maladie.Dans une méta-analyse systématique prenant en compte les études publiées durant 34 années sur l'autoexamen des seins, le groupe de travail canadien parvient à la conclusion que la technique n'apporte aucun bénéfice et qu'elle fait du tort à celles qui l'appliquent (Canadian Medical Association Journal 2001 ; 164 : 1837-46). Le tort résulte de l'anxiété que cette pratique génère et des biopsies non justifiées qu'elle favorise.Le Dr Nancy Baxter, principal auteur de l'analyse, du Département de chirurgie générale de l'Université de Toronto, a indiqué que bien que la technique soit promue depuis 30 ans, seul environ un tiers des femmes la pratique de façon mensuelle, tandis qu'une proportion encore plus faible la pratique correctement.Ces recommandations ont entraîné la confusion et la colère de femmes canadiennes et des désaccords parmi les médecins. Le Dr Cornélia Baines, par exemple, professeur de santé publique à l'Université de Toronto, estime que le groupe de travail a sélectionné des preuves «qu'il interprète d'une façon incomplète, ce qui induit en erreur». Il estime que, malgré la mammographie, l'autoexamen des seins reste nécessaire.Karen DeKoning, qui préside le réseau canadien sur le cancer du sein un réseau d'organisations de femmes affectées par un cancer du sein juge également erroné de dire aux femmes que l'autoexamen des seins peut leur causer du tort. Il les encourage à poursuivre cette pratique. A l'inverse, le Dr Stephen Narod, directeur du centre d'oncologie préventive à l'Université de Toronto, commente l'étude en affirmant qu'il est peut-être temps d'admettre que les preuves de l'utilité de l'autoexamen des seins n'existe pas.Le groupe de travail a fait ses recherches à partir des bases de données Medline, PreMedline, CINAHL, Health STAR, Current Contents et de la bibliothèque Cochrane, en se basant sur les abstracts et les rapports complets d'études publiées de 1966 à 2000 qui évaluent la capacité de l'autoexamen des seins de réduire la mortalité par cancer du sein. Leur analyse repose également sur deux essais contrôlés et randomisés menés en Chine et en Russie, sur un essai contrôlé non randomisé au Royaume-Uni, sur trois études de cas contrôle et sur deux études de cohorte.Pour les femmes de moins de 40 ans, le groupe de travail indique qu'il existe très peu de preuves de l'efficacité de l'autoexamen des seins. Et parce que l'incidence du cancer du sein dans ce groupe est faible, les chances de nuire sont disproportionnées. Chez les femmes de plus de 70 ans, bien que l'incidence du cancer du sein soit forte, les preuves restent, toujours selon le groupe de travail, insuffisantes pour pouvoir établir des recommandations.