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Fidèle à la tradition établie par son rédacteur en chef, Richard Horton, grand connaisseur des arcanes de l'OMS, le Lancet continue à s'intéresser au fonctionnement des institutions internationales du domaine de la santé. La revue britannique a publié en ligne le 25 avril dernier, journée mondiale contre la malaria, un point de vue mettant en question l'efficacité de la Banque mondiale dans la lutte contre le paludisme.L'accusation est signée d'Amir Attaran, de l'Université d'Ottawa qui n'en est pas à sa première critique contre l'organisation ainsi que de douze autres spécialistes africains, américains et européens. Les auteurs ont tenté de savoir si la Banque tenait son engagement de l'an 2000 d'attribuer entre 300 et 500 millions de dollars à la lutte contre la malaria en Afrique. Ils n'ont pas pu obtenir d'informations précises sur les montants qui se cachent derrière les communiqués contradictoires de la Banque.Les auteurs en viennent à se demander si la Banque n'a pas peiné à distribuer les montants promis et si le lancement très médiatisé du «Global Strategy & Booster Program» en juin 2005, censé redonner de l'élan au programme initial «Roll Back Malaria», n'était pas une tentative de sauver la face, à un moment où un document interne faisait état d'un «risque réputationnel croissant». Attaran et ses collègues affirment que la Banque réduisait au même moment «de sept à zéro» son équipe d'experts en paludisme. Selon eux, la Banque mondiale doit abandonner ses propres programmes de lutte contre la malaria et financer le Fonds global de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, qui manque chroniquement de moyens.Dans une réponse publiée simultanément par le Lancet, trois responsables de la Banque défendent leur programme. Ils jugent que la Banque et le Fonds global sont complémentaires, tout en admettant la nécessité de poursuivre l'effort de meilleure coordination. Ils expliquent l'imprécision des montants consacrés à la lutte en Afrique par la difficulté à différencier ce qui, dans les programmes sectoriels, bénéficie à la lutte antimalarique et au reste du système sanitaire.Les responsables déclarent avoir créé récemment une équipe de trois experts pour coordonner l'effort, équipe qui sera portée à quatre. Ils souhaitent attribuer 500 millions de dollars à la lutte en Afrique et en Asie dans la période 2006-2008, sans préciser toutefois la part de l'Afrique. Un éditorialiste du Lancet propose de conserver l'engagement de 2000 pour mesurer les efforts de la Banque.