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Basso, qui avait admis lundi son implication dans l'affaire de
dopage sanguin Puerto, a donc fait un pas en arrière mardi.
L'affaire n'est est certainement pas à son premier
rebondissement.
«Une tentative de dopage»
«Je n'ai jamais pris de substances dopantes et je n'ai jamais
fait d'autotransfusions sanguines», a déclaré Basso au cours d'une
conférence de presse. «J'ai fait une tentative de dopage en vue du
dernier Tour de France», a-t-il continué, ajoutant: «Je suis prêt à
purger ma peine».
«J'ai toujours gagné de manière propre, a poursuivi le vainqueur
du dernier Tour d'Italie, et j'ai l'intention de recommencer à
courir. Plusieurs coureurs m'ont fait part de leur estime. Je peux
gagner honnêtement comme je l'ai toujours fait», a insisté le
coureur qui était accompagné de son avocat Massimo Martelli.
«Un moment de faiblesse»
«Après un an de tourment, j'ai décidé d'admettre mes
responsabilités, a-t-il poursuivi, notamment vis-à-vis de ma
famille, qui a partagé mon choix. On a parlé de moi comme d'un
repenti, un collaborateur. Mais je tiens à préciser qu'on ne m'a
rien demandé en ce qui concerne d'autres personnes. Et je n'ai de
toute façon pas connaissance de coureurs ou d'autres sportifs
impliqués».
Basso a précisé que ses rapports avec le docteur Fuentes, le
médecin espagnol au coeur de l'opération Puerto, avait constitué
«un moment de faiblesse qui restera pour toute la vie, mais que
j'entends payer». «Je suis conscient que la tentative de dopage est
assimilable au dopage. Je retournerai sur le vélo après avoir purgé
ma peine», a ajouté Basso tout en rappelant qu'il avait toujours
été «un des coureurs les plus contrôlés».
«Des victoires honnêtes»
«Je ne dois éprouver aucune honte», a-t-il également assuré, en
demandant du «respect» à l'égard de sa décision. «J'ai demandé des
excuses et cela suffit. J'ai obtenu toutes mes victoires de façon
honnête et personne n'a jamais contesté ce que j'ai fait au Giro
l'an dernier pas plus que tous les autres résultats de ma
carrière».
DES PREUVES ACCABLANTES CONTRE BASSO
Les journaux italiens sont largement revenus sur les confessions
de Basso mardi. Selon «La Gazzetta», certaines des poches de sang
étaient étiquetées «Birillo» (quille), du nom du chien du coureur.
Au moins deux écoutes téléphoniques signalaient ses performances au
Dr. Fuentes durant le Giro 2006 que Basso a remporté.
Le médecin avait noté lui-même dans son agenda ou sur des
documents saisis chez lui la liste des produits et ses rendez-vous
avec «Birillo» depuis 2004. Le paiement de sommes de 35'000 euros
(52'000 francs), 6000 euros (9800 francs) et enfin 70'000 euros
(115'000 francs) était également consigné depuis cette date.
Basso avait utilisé son téléphone cellulaire à deux reprises pour
envoyer des SMS au Dr. Fuentes après le Giro 2006 et une analyse
détaillée de son sang figurait dans son dossier chez le praticien
espagnol.
Tous les journaux de la péninsule saluent la confession d'Ivan
Basso comme un «geste courageux» et regrette qu'un autre champion
illustre, Marco Pantani, n'ait pu lui aussi à son époque soulager
sa conscience. Le vainqueur du Giro et du Tour de France 1998,
englué dans plusieurs affaires de dopage qu'il s'obstinait à nier,
avait été trouvé mort victime d'une overdose de cocaïne en février
2004 dans un hôtel de Rimini.
agences/jab
Plus de 50 coureurs impliqués
Basso a déjà écarté l'éventualité de défendre son titre sur le Giro, qui débute samedi. Il a quitté l'équipe Discovery Channel la semaine dernière.
Basso avait été blanchi de toute implication dans l'affaire par le CONI et la fédération italienne de cyclisme au mois d'octobre. Mais les enquêteurs du CONI se seraient procuré des poches en provenance d'Espagne qui pourraient contenir le sang de Basso et souhaiteraient le comparer avec son ADN.
Il a "largement reconnu ses responsabilités" en relation avec l'Opération Puerto et a offert "une coopération totale", a annoncé le CONI lundi. Basso a ajouté mardi que sa décision de collaborer était spontanée. "On ne m'a pas mis à genoux le dos contre le mur", a-t-il dit. "J'ai admis de mon plein gré."
L'enquête espagnole a débuté en mai dernier quand Fuentes, le directeur sportif coach Manolo Saiz et six autres personnes ont été arrêtées à Madrid, accusés d'avoir facilité le dopage de plusieurs cyclistes.
L'enquête a impliqué plus de 50 coureurs et a débouché sur l'interdiction pour Basso et l'ancien vainqueur du Tour de France Jan Ullrich de prendre le départ de la Grande Boucle l'été dernier.