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Un seuil de surpopulation à ne pas dépasser
Depuis l'an 1 de l'ère chrétienne jusqu'à aujourd'hui, notre monde est passé de 250 millions à 6,7 milliards d'habitants. En augmentant de 4 milliards, la population planétaire a presque triplé depuis 1950. Nous avons toutes les preuves scientifiques que la planète ne pourra pas nourrir 9 milliards de Terriens en 2050 ou 17 milliards en 2100.
Tant dans les milieux politiques qu'économiques, ce sujet est tabou. Et pourtant, il faut l'aborder. On peut le faire sereinement aujourd'hui. Remettre le problème à demain, c'est prendre le risque de ne plus pouvoir le maîtriser et de conduire le monde vers le chaos.
Mais, tout d'abord, qu'est-ce que la surpopulation? On utilise ce mot pour qualifier un état démographique caractérisé par une insuffisance de ressources pour assurer durablement la pérennité d'une population ou de sa descendance, sur un territoire donné (qui peut-être local, régional, national, continental ou être la planète Terre elle-même).
Le seuil au-delà duquel on parle de surpopulation varie fortement selon le territoire considéré, le comportement de ses habitants et des ressources qu'il offre. Un désert, des montagnes enneigées ou des zones à faible bioproductivité n'offrent pas les mêmes ressources qu'une plaine fertile fluviale.
Dans les populations animales ou végétales, la surpopulation n'existe que relativement aux ressources vitales disponibles (en eau, en nourriture et en espaces). Appliquée à l'humanité, la notion de surpopulation est encore plus relative. Comme l'a notamment noté Karl Marx, son seuil dépend de la consommation individuelle et collective de ressources qui ne sont pas, qui sont peu, difficilement, lentement ou coûteusement renouvelables.
Avec le développement des transports de fret et celui des échanges commerciaux, les biens communs et les ressources énergétiques, minérales ou agricoles, produites sur Terre ont été plus largement dispersés, permettant la colonisation de territoires autrefois inhospitaliers.
Les progrès techniques influent sur l'efficience dans l'usage des ressources mais augmentent aussi l'offre en produits consommateurs de ressources. Ces techniques évoluent dans le temps. L'accessibilité, le partage et l'utilisation de ressources énergétiques fossiles permettent – un certain temps – à une population d'outrepasser la capacité bioproductive de son environnement: une population disposant de moyens techniques abondants et de ressources fossiles peut répondre à ses propres besoins, tout en compromettant ceux des générations futures et en accumulant ce que certains appellent une dette écologique envers ces générations.
Les articles de ce forum se veulent une modeste contribution à un problème que les politiciens ne pourront pas résoudre par leur leitmotiv habituel: la croissance.
Répétons-le en citant Saint-Exupéry: la terre ne nous a pas été léguée par nos parents, elle nous est prêtée par nos enfants.
Outre les membres du comité rédactionnel (Pierre Lehmann, François Iselin et Rémy Cosandey), trois autres personnes ont permis d'enrichir ce forum. Il s'agit de:
- Fabienne Despot, ingénieur conseil en environnement. Elle a repris le bureau d'études de Pierre Lehmann à Vevey. Sur le plan politique, elle est députée UDC au Grand Conseil vaudois.
- Mireille Grosjean, Les Brenets, co-présidente de la Société suisse d'espéranto, auteure de «Afrikanoj kaj mi» (Les Africains et moi), petite brochure auto-éditée parue en espéranto en 2009.
- Zachée Betché, du Caméroun, docteur en philosophie, pasteur à La Chaux-de-Fonds