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Exemples d’architecture et de design issus de l’œuvre d’Henri Robert Von der Mühll
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Né en Alsace en 1898, Henri Robert Von der Mühll fait ses études d’architecture à l’Ecole Polytechnique de Zürich. Il est élève de Karl Moser, héritier de l’enseignement de Gottfried Semper à travers l’un de ses disciples, Alfred Friedrich Bluntschli et qui devient, ensuite, un représentant éminent de la première architecture moderne en Suisse, en se situant dans le sillage du Jugendstil avant de pratiquer et promouvoir le Neues Bauen.
Après avoir obtenu son diplôme, Von der Mühll travaille à Berlin chez Bruno Paul et à Paris chez François Le Cœur. Il développe des contacts importants avec certains protagonistes de l’architecture moderne qui sont basés à Paris: André Lurçat, Gabriel Guévrékian et le suisse Pierre-André Emery, collaborateur de Le Corbusier. En 1926, Von der Mühll est le seul architecte helvétique invité à présenter des photographies de meubles et deux projets de maisons à l’exposition d’art et architecture organisée par le Comité de Nancy aux Galeries Poirel. En 1928, il participe au premier Congrès International d’Architecture Moderne (C.I.A.M.) au Château de La Sarraz et compte parmi les signataires de la Déclaration qui en découle.
Dans sa riche correspondance, Von der Mühll s’affirme comme élève de Moser, montre sa reconnaissance à Henry Van de Velde pour l’avoir aidé à s’affranchir des styles et apprécie, en même temps, les aspects constructifs du palais du Tribunal fédéral de Benjamin Recordon, illustrés dans l’«Esquisse monographique» publiée en 1927 dans le Bulletin technique de la Suisse romande. Dans le milieu culturel de la Suisse occidentale, Von der Mühll est donc un représentant majeur de la transition vers un nouveau concept de modernité en architecture et dans les arts appliqués, précurseur et promoteur de ce que l’on appelle «construction nouvelle» (traduction de l’expression allemande Neues Bauen) qui s’épanouit entre les années 1920 et 1930, non sans difficultés et oppositions.
L’exposition présente des premiers témoignages du concept de modernité lié à la «construction nouvelle» à travers des documents, des dessins, des photographies et des maquettes provenant du fonds Henri-Robert Von der Mühll conservé aux Archives de la construction moderne. Elle s’articule sur trois axes. Les documents, avec des exemples de la correspondance, d’autres textes écrits et des photographies qui témoignent de la relation d’estime de Von der Mühl avec des protagonistes importants de l’architecture de l’époque, de Recordon à Van de Velde, jusqu’à évoquer les contacts avec Giuseppe Terragni et l’admiration pour l’avant-garde italienne. L’architecture, avec des exemples de projets modernistes datant de la période 1925-1935. Les arts appliqués, avec plusieurs dessins, photographies ainsi qu’une estampe représentant des projets d’aménagement intérieur et d’art graphique.