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Köbi Kuhn est décédé ce mardi à l'âge de 76 ans. L'ancien sélectionneur de l'équipe de Suisse (2001-2008) était hospitalisé à Zollikerberg.
Le football suisse est en deuil. Il pleure l'un de ses plus grands serviteurs. Köbi Kühn, malade depuis longtemps, s'est éteint mardi après-midi à l'âge de 76 ans.
Joueur emblématique du FC Zurich et de l'équipe de Suisse avec ses 63 sélections, Köbi Kuhn a été l'artisan, avec Roy Hodgson, du grand renouveau du football national. Après avoir couvé la sélection M21 qui a disputé la demi-finale de l'Euro 2002 sous la férule de Bernard Challandes, le Zurichois a redonné un second souffle à l'équipe A.
Intronisé en 2001 après l'expérience malheureuse tentée avec Enzo Trossero, le Zurichois a conduit la sélection à la phase finale de l'Euro 2004 au Portugal grâce à un football résolument offensif autour de Hakan Yakin, qui était alors un no 10 aussi inspiré que décisif. Lors de la campagne suivante, celle de la Coupe du monde 2006, Köbi Kühn menait à nouveau la Suisse à bon port après un barrage mémorable contre la Turquie.
Köbi Kühn a quitté ses fonctions en 2008 après l'Euro organisé conjointement par la Suisse et l'Autriche. Handicapée par la blessure d'Alexander Frei lors du match d'ouverture contre la République tchèque, son équipe ne devait malheureusement pas passer le cap du premier tour.
Malgré cet échec et son erreur fatale contre l'Ukraine lors du huitième de finale de la Coupe du monde 2006, avec la sortie de Frei juste avant la séance de tirs au but, Köbi Kuhn a été un très grand sélectionneur. La Suisse figurait au 65e rang du classement de la FIFA lors de son baptême du feu le 15 août 2001 à Vienne (victoire 2-1). Cinq ans plus tard, elle était classée 13e.
Malgré sa bonhomie, Köbi Kuhn n'a pas hésité à arrêter des choix forts. Lors de ses premiers mois à la tête de la sélection, il a ainsi écarté son capitaine Ciriaco Sforza pour donner les clés de l'équipe à la «génération Vogel». Mais, au début 2007, c'est Johann Vogel, devenu alors son capitaine, qui devait être mis sur la touche à son tour.
Il ne faudra jamais oublier que Köbi Kuhn a été un très grand footballeur. S'il avait bénéficié de l'arrêt Bosman, il aurait très certainement joué dans un grand club étranger. Six fois Champions de Suisse, cinq fois vainqueur de la Coupe de Suisse et deux fois demi-finaliste de la Coupe des clubs champions, Köbi Kuhn a connu l'âge d'or du FC Zurich, dont il a porté les couleurs pendant dix-sept ans entre 1960 et 1977.
En équipe nationale, il a formé avec Karl Odermatt et Rolf Blättler le trio magique du milieu du terrain qui avait livré une partition remarquable un soir de novembre 1971 à Wembley où la Suisse, alors dirigée par Louis Maurer, avait partagé l'enjeu contre l'Angleterre (1-1). «Il était le plus talentueux des trois, se souvient Bernard Challandes. Il était l'un des joueurs exceptionnels de son temps.»
Sa carrière internationale fut marquée par deux épisodes à dix ans d'écart qui ont fait les délices de la presse de boulevard: les «nuits» de Sheffield et d'Oslo en 1966 et en 1976. Les deux fois, il n'avait pas respecté le couvre-feu imposé. Après l'épisode d'Oslo, il ne devait plus jouer en équipe nationale.
Atteint dans sa santé depuis plusieurs années, Köbi Kuhn avait été hospitalisé aux soins intensifs le mois dernier pour une infection pulmonaire.