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Le président mexicain, Andrès Manuel Lopez Obrador, a demandé au roi d’Espagne, Felipe VI, et au pape François que le récit des abus commis lors de la colonisation soit fait et que des excuses soient présentées aux peuples indigènes de son pays pour les massacres perpétrés après l’arrivée du conquistador Hernan Cortes. La population amérindienne y avait chuté de 80%.
Des signes encourageants sont déjà venus de l’Eglise; lors d’une visite en 2016, le pape avait appelé à un examen de conscience. L’Espagne semble, elle, loin de cette démarche. La plupart des formations politiques se sont indignées devant un «affront à l’histoire», une «offense intolérable» au peuple ibérique. Seul Podemos a donné «raison d’exiger que le roi demande pardon». Très vite, le discours habituel face aux revendications des anciennes colonies a surgi: 500 ans se sont écoulés. Ne jugeons pas le passé avec un regard actuel. Mais la puissance et la richesse de l’Espagne se sont bâties grâce à ces siècles d’exploitation. Une grande majorité des 7 millions d’autochtones qui résident aujourd’hui au Mexique vivent dans la pauvreté. Un constat qui pourrait pousser le royaume à davantage d’humilité face à son histoire.
Andres Manuel Lopez Obrador avait assuré que les peuples indigènes seraient sa priorité. Ancré à gauche, il a annoncé des réformes sociales et sa demande à l’Espagne a le mérite de s’inscrire dans un plan plus vaste. Mais les critiques sont aussi venues de l’intérieur. Les mouvements indigènes veulent échapper à un débat «infructueux» et appellent à se concentrer sur les politiques relatives à leurs conditions de vie. Voire à remettre en question les projets de trains et de centrales hydroélectriques qui laissent craindre pollutions et expropriations.
Sera-t-il un jour possible de compenser les inégalités subies depuis des siècles? Sans doute pas. Mais restaurer des vérités historiques, reconnaître la responsabilité de la Couronne et de la religion, c’est au moins admettre que ces inégalités ne sont pas le fruit du hasard.