Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07272.jsonl.gz/1193

Gabrielle
En 2011, le cinéma québecquois avait séduit le public du Festival de Locarno avec Monsieur Lazhar, qui a fini par remporter le Prix du Public UBS, avant de sortir en salle et, par la suite, représenter le Canada aux Oscars l'année dernière. En 2013, la même chose s'est produite pour Gabrielle de Louise Archambault, accueilli par une ovation de presque dix minutes lors de sa première mondiale sur la Piazza Grande du festival tessinois.
Gabrielle, c'est un titre très simple qui renvoie à une jeune femme, incarnée par Gabrielle Marion-Rivard. Dans la vie comme dans la fiction, Gabrielle n'est pas une fille comme les autres: atteinte du Syndrome de Williams, elle n'a pas le droit de vivre toute seule, tout en étant déjà adulte. Cela est compensé par une énorme joie de vivre et un talent inné pour le chant, qui fait de Gabrielle un membre essentiel d'une chorale qui va participer à un concours prestigieux. Pourtant, ce moment très heureux a lieu dans des circonstances pas forcément positives: la soeur de Gabrielle pense partir à l'étranger, et l'intervention des tuteurs légaux pourrait empêcher à la jeune femme de vivre sa première histoire d'amour.
On pourrait s'interroger sur le contenu du film: où commence la fiction, où s'arrête la réalité? A quel point la vraie vie de Gabrielle figure-t-elle dans le récit? Mais ce sont des questions inutiles, parce que Gabrielle ne prétend pas être un documentaire. L'histoire est inspirée d'éléments réels, certes, mais ça reste, au final, une fiction. Un film apparemment simple, qui s'interroge avec intelligence sur la vie, l'amour et le bonheur; un hommage à la joie de vivre et à la vitalité, un beau mélange de musique, d'émotions et d'images. Et, surtout, un récit passionnant dominé par une actrice atypique, charmante, irrésistible. Pour finir, nous paraphrasons ce que la protagoniste elle-même a dit par rapport à Locarno: nous t'aimons, Gabrielle!