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Cette rubrique présente les résultats d’une revue systématique récente telle que publiée par la Collaboration Cochrane dans la Cochrane Library (http://www.thecochranelibrary.com). Volontairement limité à un champ de recherche circonscrit, cet article reflète l’état actuel des connaissances de ce domaine. Il ne s’agit donc pas de recommandations pour guider la prise en charge d’une problématique clinique considérée dans sa globalité (guidelines). Les auteurs de ce résumé se basent sur la revue systématique et ne remettent pas en question le choix des articles inclus dans la revue.
Une mère vous consulte avec son fils âgé de 6 ans, en bonne santé habituelle mais connu pour un phimosis. Il ne présente pas de troubles mictionnels, ni d’antécédents de balanite ou de paraphimosis. Sa mère est inquiète de voir le phimosis persister et vous demande s’il existe une alternative au traitement chirurgical.
Présent dès la naissance, le phimosis physiologique se résout spontanément dans la majorité des cas. Alors que 10% des garçons présentent un phimosis à l’âge de 3 ans, cette prévalence diminue à 6-8% à l’âge de 7 ans, pour atteindre 1% à l’âge de 16 ans. On parle de phimosis pathologique lorsque le prépuce présente des cicatrices fibreuses suite à des inflammations répétées ou des décalottages forcés. Cependant, la distinction clinique entre un phimosis pathologique et physiologique est difficile et le traitement chirurgical reste fréquent. Un traitement par corticostéroïdes topiques est utilisé depuis de nombreuses années pour son action anti-inflammatoire et immunosuppressive (diminution de la production de collagène). Pourtant, il n’existe pas de preuve quant à l’efficacité et la sécurité de ce traitement.
Douze études randomisées comparatives, incluant un total de 1395 patients âgés de 18 jours à 17 ans, ont été retenues.
Comparé à un traitement par placebo et/ou rétraction du prépuce, un traitement par corticostéroïdes topiques avec/sans rétraction du prépuce :
Si l’on ne considère que l’effet sur la résolution complète du phimosis, l’effet du traitement par corticostéroïdes topiques est plus important (RR 3,4 ; IC 95% : 2,1-5,6 ; 8 essais ; n = 858).
Les résultats ne montrent par ailleurs pas de différence significative entre l’effet des corti-costéroïdes de puissance forte et ceux de puissance faible ou moyenne (RR 2,3 vs 2,7 ; p = 0,6), mais un effet plus important parmi les études avec une durée de traitement de 4 ou 5 semaines par rapport à une durée de 6 ou 8 semaines (RR 3,1 vs 1,8 ; p = 0,04). Cet effet pourrait cependant avoir été confondu par la classe de corticostéroïdes utilisée.
Aucun effet secondaire n’a été rapporté (9 études ; n = 978).
Un traitement par corticostéroïdes topiques augmente la probabilité d’une résolution complète ou partielle d’un phimosis. Cet effet semble important. Il faut toutefois interpréter ces résultats avec prudence. En effet, les preuves sont faibles en raison d’une importante hétérogénéité des résultats et des nombreuses limitations des études incluses. Ces résultats sont cependant en accord avec d’autres revues de littérature ayant inclus différents types d’études.
Un traitement par corticostéroïdes topiques peut être proposé à la maman en lui expliquant l’évolution spontanée favorable du phimosis et la bonne tolérance du traitement.