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QUESTION-REPONSE
Est-il normal que certaines maladies reconnues par l'OMS ne soient pas connues ou carrément déniées par certains médecins? Je prends l'exemple de la candidose, de la fibromyalgie et de la sensibilité chimique ...
Nina (23 ans) - 03 novembre 2015
Une candidose est une infection fongique causée par des champignons levuriformes du genre Candida. Le diagnostic repose sur la recherche et l'isolement de la levure sur des prélèvements. Le traitement des candidoses se fait le plus souvent par un antifongique local (Amphotéricine B ou le Fluconazole).
La fibromyalgie, ou syndrome fibromyalgique, est un syndrome associant des douleurs musculaires et articulaires diffuses, une fatigue, des troubles du sommeil, des troubles cognitifs mineurs et des troubles de l'humeur d'intensité variable et d'évolution chronique. Le diagnostic est établi d'après l'examen clinique, habituellement normal en dehors d'une sensibilité à la pression des tissus mous, et d'analyses biologiques simples, l'ensemble permettant d'écarter d'autres diagnostics.
Ce syndrome, fréquent, potentiellement invalidant, touche le plus souvent les femmes d'âge moyen. La cause est inconnue, et une anomalie de fonctionnement du système nerveux central est supposée. Il y aurait une sensibilisation excessive des récepteurs impliqués dans la perception de la douleur. Le traitement, uniquement symptomatique, repose habituellement sur l'association de médicaments et de mesures non médicamenteuses.
La sensibilité chimique multiple est un syndrome regroupant des symptômes variés attribués à une perception souvent - mais non obligatoirement - olfactive de substances chimiques de l'environnement général ou professionnel jugées nocives par le patient. Décrite essentiellement dans les pays occidentaux, cette affection a une prévalence très variable d'une contrée à l'autre. De très nombreuses théories étiopathogéniques se sont affrontées, les unes privilégiant une origine toxique (immunotoxique, neurotoxique), les autres évoquant un mécanisme psychopathologique proche de celui des affections psychosomatiques. Un très important retentissement de ce syndrome est démontré sur la vie personnelle et professionnelle du patient; il peut être limité par une prise en charge médicale spécialisée reconnaissant la souffrance du patient, limitant les examens complémentaires aux seules investigations nécessaires au diagnostic différentiel et recherchant le meilleur équilibre entre, d'une part, l'éviction prudente des substances incriminées et, d'autre part, le maintien au travail et la préservation des activités sociales.
Les trois exemples que vous donnez présentent des différences fondamentales:
Dans le premier cas, on dispose de toutes les pièces du puzzle: la cause (Candida Albicans), le moyen technique de prouver la présence du champignon et le moyen de l'éliminer.
Dans le second cas, la cause est inconnue, il n'existe pas d'analyse prouvant l'existence de la maladie, mais on peut en partie la soulager grâce à certains traitements.
Dans le troisième cas, il n'y a pas pour le moment de certitude que cette maladie existe. Des études cliniques en aveugle ont en effet montré que les patients atteints d'hypersensibilité chimique multiple réagissent aussi souvent et avec autant de force aux placebos qu’aux stimuli chimiques.
La classification internationale des maladies de l'OMS n'a pas été conçue pour prouver au monde entier l'existence irréfutable de certaines maladies, mais pour permettre l'analyse systématique, l'interprétation et la comparaison des données de mortalité et de morbidité recueillies dans différents pays ou régions à des époques différentes. Elle fait l'objet de mises à jour annuelles. En d'autres termes, de nouveaux diagnostics peuvent apparaître dans la CIM, ou d'autres disparaître. Il s'agit d'un consensus.
Un être vivant, à plus forte raison un être humain, est un système extrêmement complexe, dont les principes de fonctionnement sont encore en grande partie inconnus. Ainsi, tout médecin se trouve dans la même position qu'un technicien dont on attendrait qu'il répare une machine dont il n'aurait qu'un schéma approximatif. Le médecin doit toujours s'efforcer d'établir des relations de cause à effet entre toutes les données d'un problème, afin d'arriver autant que possible à une prise en charge rationnelle.
Mais, même lorsque cela est impossible, il doit toujours traiter avec respect la souffrance de la personne qui se confie à lui. Même lorsque la cause de la souffrance de la personne est inconnue. La cause de nombreuses maladies est restée inconnue pendant de nombreuses années, jusqu'au moment de la découverte qui a permis enfin de les définir et, éventuellement, de les soigner.
Angel Vilaseca
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QUESTION-REPONSE
Qu’est-ce qui contrôle la reproduction cellulaire?
Wirki (26 ans) - 10 mars 2014
La reproduction cellulaire est aussi appelée division cellulaire. Il faut savoir que cette division cellulaire est indispensable pour notre organisme puisque, chaque jour, nous perdons 50 à 70 milliards de cellules, comme par exemple nos cellules épidermiques ou les globules rouges, dont la durée de vie est de 120 jours. La division cellulaire permet le renouvellement de ces cellules.
Le contrôle de cette division résulte de l’interaction de nombreuses protéines à l’intérieur de la cellule. Certaines stimulent la division cellulaire, alors que d’autres, au contraire, l’inhibent. Avant que la cellule ne puisse se diviser, elle doit passer au travers de ce que l’on appelle des check-points (points de contrôle) au cours desquels différents processus sont enclenchés pour vérifier que tout est en ordre dans la cellule avant de passer à l’étape suivante. Si tel es le cas, la division peut continuer à s’effectuer.
Cependant, il peut arriver que certaines protéines-clés dans le processus de division ne fonctionnent plus correctement. En effet, spontanément, ainsi que sous l'effet de facteurs de l'environnement - tels que le tabac, trop de soleil, certains agents chimiques ou physiques, ou encore certains virus - l’ADN contenu dans nos cellules subit des lésions qui sont réparées. Or, si la mutation ne peut pas être réparée et qu’elle touche une de ces protéines-clés, ceci mènera les cellules mutées à se diviser de façon anarchique et incontrôlée. C’est ce qu’on appelle le cancer.
Guillaume Mühlebach
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QUESTION-REPONSE
Qu’est-ce que la théorie de Darwin ?
Charlie (16 ans) - 22 janvier 2009
La théorie de Charles Darwin est une partie d'une théorie scientifique : celle de l’évolution des espèces.
Selon lui, les espèces animales et végétales ont dû changer pour survivre. Elles ont dû s’adapter aux variations de leur environnement. Seuls ceux qui survivent et se reproduisent ont des descendants : c'est la sélection naturelle. A la fin de cette longue évolution les humains sont apparus parmi les autres animaux.
C’est au cours d'un voyage autour du monde sur un bateau, le fameux « Beagle », que le jeune Darwin réunit ses premières observations. Il visite le Cap Vert, l'Amérique du Sud, la Terre de feu ou les Galápagos, entre autres.
Il en rapporte un journal riche de toutes ses observations et de matériaux pour sa théorie. Selon Lamarck, Carl Vogt, et Darwin, les humains descendent d'autres primates, ce n’est pas Dieu qui les a créés à part.
Cette théorie n’est pas du goût de tout le monde, même aujourd’hui ! Mais, imaginez les réactions en 1859, quand son livre « L’origine des espèces par la sélection naturelle » a été publié : Darwin a été attaqué de toute part !
Mais qu’en pense-t-on aujourd’hui ? Comme toutes les théories scientifiques, la théorie de l’évolution est une théorie provisoire, incomplète et susceptible de changer. On ne peut pas dire qu’elle est vraie ou fausse, mais elle comporte des éléments robustes, prouvés et vérifiés, comme la transformation des populations et des espèces au cours du temps. On connaît aujourd’hui les principaux mécanismes génétiques qui la gouvernent.
La sélection naturelle, importante et prouvée dans certains cas, n’explique pas toute l’évolution. On connaît d'autres mécanismes. Mais il n’existe aujourd'hui aucune autre théorie scientifique rationnelle et crédible qui rivalise avec la puissance d'explication de la théorie de l’évolution.
André Langaney
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COUP D'OEIL
Le septième continent
Les courants océaniques subtropicaux portent des déchets qui viennent former une concentration d’amas de plastiques dans le Pacifique Nord. Appelé septième continent, il ne constitue pas une masse solide mais une zone où la mer est saturée par les débris plastiques.
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QUESTION-REPONSE
Les bouteilles d'eau minérale sont en plastique. Y a-t-il un risque d'altération de l'eau à cause du contenant ? Si oui, ce risque dépend-il de l'exposition à la chaleur et à la lumière ?
Tonk (53 ans) - 05 novembre 2012
Bonjour Tonk!
Effectivement, le plastique est partout autour de nous, sous des formes et avec des compositions diverses et variées, principalement en raison de son coût très bas de production, de son faible poids, de l'aisance avec laquelle on peut lui faire prendre toutes les formes possibles.
Globalement, un nombre restreint de matières plastiques (appelées aussi polymères) utilisées dans l'industrie alimentaire et fabriquées à partir d'un nombre limité de monomères représente environ 90% du marché des plastiques alimentaires: Le polyéthylène (PE), le polypropylène (PP), le polystyrène (PS), le chlorure de polyvinyle (PVC), le polyéthylène téréphtalate (PET), respectivement le polytétrafluoroéthylène (PTFE). Le PE et le PP appartiennent à la famille des polyoléfines et sont principalement utilisés pour fabriquer les films d'emballage alimentaire, les bouteilles et bidons, ainsi que les casiers de transport. Le PS constitue principalement les emballages de produits laitiers et les gobelets des distributeurs de boissons, ainsi que les matériaux d'isolation et de calage dans les emballages en carton pour gros appareils. Le PVC, selon sa formulation, est utilisé pour produire les conduites d'alimentation en eau, les films alimentaires et médicaux, ainsi que les bouteilles pour liquides alimentaires (eau, vin, huile, vinaigre). Le PET appartient à la famille des polyesters et est principalement utilisé pour fabriquer des bouteilles de boissons gazeuses (le PET a une perméabilité très faible au dioxyde de carbone CO2) et des flacons de cosmétiques. Le PTFE est un polymère à base de fluor utilisé comme revêtement anti-adhésif sur les ustensiles de cuisine.
En revanche, on dénombre des milliers d'adjuvants utilisés lors de la fabrication de ces plastiques dans le but de modifier les propriétés finales du matériau (forme, souplesse ou dureté, résistance à certaines substances corrosives, stabilisation, teinte, etc). Les tests effectués par les laboratoires publics indiquent fréquemment que de nombreux conteneurs de denrées alimentaires en plastique relarguent des micropolluants et additifs dans les denrées alimentaires. Parmi ces substances relarguées, on rencontre habituellement des dérivés aliphatiques et phtaliques, des dérivés d'antioxydants phénoliques, des styrènes, et les additifs utilisés dans la production des plastiques. Quelques substances ont été fortement pointées du doigt depuis de nombreuses années et certaines ont même été récemment interdites par la Communauté Européenne dans les plastiques alimentaires ; c'est le cas du fameux bisphénol A (BPA) présent dans de nombreux plastiques.
Le BPA est fortement suspecté d'agir comme perturbateur endocrinien et pouvant altérer le système imunitaire. Notamment, il a été démontré que le BPA est particulièrement bien relargué des plastiques lorsqu'ils sont chauffés; c'est ce qui a créé la controverse sur la présence de cet additif dans les biberons. Certaines études remettent en cause les risques que le BPA pourrait faire courir sur la santé, mais selon le principe de précaution appliqué en Europe, il a finalement été décrété que sa présence était indésirable dans les conteneurs d'aliments en plastique. Le styrène n'est pas en reste sur les risques potentiels qu'il peut engendrer sur la santé, puisqu'il est suspecté d'agir comme microtoxique pour le système nerveux et le cerveau en cas de forte exposition (c'est-à-dire principalement chez les travailleurs qui produisent les plastiques contenant du styrène).
Les problèmes potentiels de relargage de substances indésirables ne peuvent pas être connus ou extrapolés sans effectuer des tests systématiques, car le relargage dépend d'un très grand nombre de facteurs (nature du conteneur et du contenu, contraintes extérieures telles que température ou atteinte par la lumière, etc). Cependant, la dangerosité éventuelle d'un plastique donné dépendra d'une part de la migration spécifique d'un adjuvant donné, qui ne doit pas dépasser un seuil journalier donné pour éviter l'ingestion potentielle par le consommateur, et d'autre part de la migration globale (toutes les migrations spécifiques de tous les adjuvants présents). Pour la migration globale, la norme européenne de 60 milligrammes d'adjuvants relargués par kilogramme de denrée (ou par litre, pour les liquides).
En plus d'être susceptibles de relarguer des substances suspectées de dangerosité (en concentrations généralement très faibles), certains plastiques présentent également un problème environnemental lors de leur élimination "dans les règles de l'art": Le PVC, par exemple, relarguera des métaux toxiques et des dioxines dans l'environnement lors de son incinération.
Aujourd'hui, une forte pression sociétale est exercée pour créer des "plastiques recyclables". Il faut cependant mettre en garde sur le fait que nous n'avons actuellement aucun recul sur le comportement des plastiques recyclables et sur le risque qu'ils pourraient faire porter au consommateur, selon l'utilisation qu'il en aurait été fait lors de leur premier cycle de vie. Il est déjà difficile de connaître les risques associés aux plastiques neufs, et cela relève simplement de la mission impossible pour les plastiques recyclés.
Didier Perret
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COUP D'OEIL
Le lexique politique
Qu'est-ce au juste que le Bundestag? Le Bundesrat? Le gouvernement fédéral? Réponse ici avec ce petit glossaire politique de l'Allemagne.
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COUP D'OEIL
Le lexique de la liste rouge des poissons et cyclostomes
Les listes rouges des espèces animales (ou végétales) énumèrent les espèces vulnérables et/ou menacées d'extinction. En Suisse, plus de 58% des espèces de poissons ont été inscrites sur cette liste. Découvrez ici les principes de ces listes rouges et les différents critères qui la définissent.
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QUESTION-REPONSE
Est-ce qu'il existe des races et des sous-espèces chez l'Homme?
Catarina Lopes - 11 août 2015
J'aime deux choses chez les êtres humains: d'abord leur variété puis le fait que nous avons encore beaucoup à apprendre sur leur évolution. Votre question touche au cœur des deux! Le mot "race" est d'un usage problématique car il correspond à une classification sociale liée à une histoire terrible et la biologie a souvent été utilisée pour justifier sa pertinence. Mais en faisant abstraction de ces questions et quand on examine uniquement s'il existe plus de variations génétiques au sein des populations qu'entre les populations humaines (que nous avons pu autrefois appeler races), il est clair que tous les humains sont très semblables avec 94% de variation au sein des groupes; donc si vous prenez un Suisse et que vous le comparez à un autre Suisse puis à un Chinois, il y aura en fait peut-être plus de similarités avec la personne chinoise qu'avec celle de son propre pays. Néanmoins, il existe des tendances intéressantes entre populations, par exemple beaucoup de nord-européens et de populations pastorales africaines ont des gènes qui leur permettent de digérer le lait à l'âge adulte car il est devenu un élément important de leur régime alimentaire. Donc la réponse est que les humains sont très similaires à l'échelle du globe, mais nous mettons en évidence également des différences au niveau des populations elles-mêmes. Je pense néanmoins qu'une large partie de la diversité observée entre populations humaines n’est pas uniquement biologique mais est liée à une large distribution de cultures différentes qui nous aide à vivre dans la plupart des environnements de la planète; nous sommes des créatures plutôt solides!
Pour répondre à la deuxième partie de votre question, oui, il existe différentes espèces humaines, mais nous sommes la seule vivante à l’heure actuelle. Il est important de noter qu'aucune des différences concernant les populations elles-mêmes que j'ai mentionnées ne suggèrent l'existence de sous-espèces humaines vivant aujourd'hui. Je pense que nous sommes juste très performants dans la mise en évidence des différences telles que les caractères faciaux, ce qui peut s’expliquer par le fait que nous sommes des animaux très visuels. Or bien que ces différences puissent paraître saisissantes, elles ne reflètent que de très faibles différences génétiques. Je pense que de récentes découvertes montrent qu'une quantité significative d’événements de reproduction ont eu lieu entre les humains modernes et les hommes de Néandertal mais également les hommes de Desinova, par ailleurs la découverte de l'Homo floresiensis (le "Hobbit") montre que cela fait peu de temps que nous sommes les seuls humains sur la planète, peut-être seulement 13000 ans. Et sait-on jamais, peut-être portez-vous actuellement des gènes de Néandertal!
Cette réponse a été fournie par la partie publique de Lausanne, capitale de l’évolution dans le cadre du congrès de ESEB (Société européenne pour la biologie évolutive) et traduite de l’anglais par Jessica Delhaye, doctorante du département d’écologie et évolution, Université de Lausanne.
Pour aller plus loin:
"American Anthropological Association Statement on "Race"". Aaanet.org. 1998-05-17. Retrieved 2015/07/20
Tishkoff SA, et al. Convergent adaptation of human lactase persistence in Africa and Europe. Nature Genetics 39, 31-40 (2007). or https://www.ucl.ac.uk/mace-lab/gallery/lactase
Brown P, Sutikna T, Morwood MJ, Soejono RP, Jatmiko,Wayhu Saptomo E, Awe Due R. A new small-bodied hominin from the Late Pleistocene of Flores. Indonesia. Nature 431: 1055–1061 (2004) or http://humanorigins.si.edu/evidence/human-fossils/species/homo-floresiensis.
Sankararaman S, Patterson N, LiH, Pääbo S, Reich D. The date of interbreeding between Neandertals and modern humans. PLoS Genetics 8, e1002947 (2012).
Huerta-Sanchez, Emilia et al. (2014). "Altitude adaptation in Tibetans caused by introgression of Denisovan-like DNA". Nature 512: 194–7.doi:10.1038/nature13408. PMID 25043035.
Hannah Mumby