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Jacques Pitteloud: "J'ai été traîné dans la boue pendant deux ans"
L'affaire Pitteloud n'est pas terminée. La partie plaignante - deux frères kényans - fait recours au Tribunal pénal fédéral (TPF) contre la récente décision de classer le dossier, a indiqué mardi son avocat. Le procureur extraordinaire du Ministère public de la Confédération (MPC) Eric Cottier avait annoncé il y a une semaine avoir classé la procédure ouverte dans le cadre du "Kenyagate".
"Deux conseillers fédéraux successifs et deux instances judiciaires ont confirmé que j'avais agi légalement et sur instruction. Le fait est que la justice, dans un Etat de droit, a déjà rendu deux fois un verdict d'innocence (à mon encontre)", a insisté dans l'émission Forum Jacques Pitteloud, soupçonné de tentative de contrainte dans le cadre d'une médiation avec les deux ressortissants kényans.
>> L'affaire sera tranchée par les juges du Tribunal pénal fédéral:
"Pas de menace ni de contrainte"
L'ancien ambassadeur, actuel directeur des ressources au sein du Département fédéral des affaires étrangères, a également souligné qu'il avait oeuvré pour le bien de la Suisse et du Kenya: "En 2014, la Suisse est accusée sur les marchés financiers d'être un pays qui continue à servir de machine à laver pour de l'argent sale. D'autre part, le Kenya se trouve empêtré dans une série d'affaires de corruption dont certaines passent par la Suisse. Il y a un intérêt commun des deux pays à essayer de régler cette situation et à récupérer de l'argent qui a été volé aux plus pauvres des plus pauvres. On essaie donc de le faire et j'essaie des méthodes."
Ces méthodes comprennent des SMS envoyés aux deux frères kényans. On peut y lire par exemple "J'attends toujours, l'horloge fait tic-tac" ou "mes partenaires ont accepté de retenir leurs chevaux jusqu'à mardi". Pour Jacques Pitteloud, ces messages ne constituent pas des menaces. "La conclusion du procureur chargé de l'affaire et la conclusion de l'instance précédente est que je n'avais pas dérapé et que ceci ne constituait pas un fait de contrainte (...) Ce ne sont pas des menaces physiques ni des menaces de dommages à la santé ou à l'intégrité physique. Il s'agit simplement de mettre les faits sur la table."
L'ancien diplomate a également évoqué le besoin de s'expliquer après ces deux dernières années de procédures: "Quand vous avez été traîné dans la boue pendant deux ans, lorsque vous n'avez pas pu vous défendre, il y a un certain besoin de parler." Poursuivis en Suisse pour blanchiment, les deux frères kényans affirment avoir été l'objet de pressions de la part de Jacques Pitteloud lorsque celui-ci était ambassadeur de Suisse à Nairobi. Le diplomate leur aurait proposé d'abandonner les poursuites en Suisse en échange de 50 millions de francs.
Propos recueillis par Christian Favre et Chrystel Domenjoz
Traitement web: hend
Publié le 24 avril 2018 à 19:37 - Modifié le 25 avril 2018 à 08:19