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133. Roldo, un village de pierre, au sortir du Val Divedro, au-dessus de Domodossola.
En ces maisons construites avec les matérieux de la région, pierre à profusion et pour tous les usages, avec un rien de bois pour des charpentes suffisamment solides pour supporter des toits qui sont de même en pierre, le temps semble s'être arrêté. Car voilà, les gens, trop serrés, gagnant difficilement leur vie, ils sont partis. Ils ont été dans un premier temps à Domodossola, la capitale, où le train apportait son lot de places de travail, puis en d'autres lieux plus éloignés voire même à l'étranger. Et ainsi, les vieilles maisons, toutes serrées les unes contre les autres, ils les ont abandonnées. Lâchement, pourrait-on dire, si dans le fond la nécessité de gagner sa vie, donc de pouvoir nourrir sa famille, ne primait sur tout. Des maisons que par ailleurs l'on ne devait pas considérer comme d'une valeur excessive, rudimentaires qu'elles étaient, et surtout beaucoup trop serrées les unes contre les autres, avec les problèmes de promiscuité que cela peut entraîner. On était en tas, et il convenait maintenant d'aérer le tout. Donc via, et tant pis pour son village, tant pis pour Roldo qui allait connaître ainsi de cette manière la déchéance, le laisser aller et une fin peut-être plus ou moins programmée.
On en est là. Certaines maisons, restaurées à la moderne, c'est-à-dire à l'arrache, sont encore habitées. Mais pour bien des autres, c'est la porte fermée qui elle-même tend à se détériorer. Comme il en arrive aussi des escaliers par lesquels il faut être bien brave pour accéder aux étages supérieurs des maisons, là où l'on mettait le maïs à sécher.
Maïs = polenta. C'était là la nourriture essentielle du coin où l'on plantait aussi de la vigne, du raisin rouge duquel l'on faisait un vin probablement dur à passer, avec pour complément les châtaignes que l'on allait cueillir un peu aprtout dans les forêts de la région. Hormis cela, quelques fromages, de vaches ou de chèvre, encore que nous n'ayons pas vraiment vu où se trouvaient les écuries. Peut-être en dehors du village, ou, si insignifiantes qu'elles ne pouvaient tout au plus contenir qu'une ou deux vaches, voire même seulement une ou deux chèvres.
Voilà le tableau. Pas plus lumineux qu'il ne le faut. Mais on vivait. On était au soleil quand l'on s'extrayait des petites ruelles toutes à l'ombre, et il faisait bien bon dans ces champs d'où l'on pouvait voir le village et aller ses habitants que l'on connaissait tous. C'était pas comme maintenant, allez !