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Life
Pour leurs campagnes marketing, des firmes utilisent les photos d'instagrameuses et youtubeuses sans leur demander leur autorisation.
Sur internet, n’importe quelle photo ou presque peut être enregistrée en haute définition. Sur Instagram, il suffit de télécharger une extension et de pomper les images. Des marques de fast fashion ne se gênent pas pour utiliser ces clichés à des fins commerciales. Dans le magazine «Wired», des youtubeuses racontent que leur boîte mail est constamment inondée de messages de fans les informant que leur visage est associé à une marque ou à un produit dont elles n’ont jamais entendu parler.
La première fois que celui de Lucy Kyselica a été volé, il est apparu dans la vitrine d'un salon de beauté d'une petite ville américaine. Lucy est une youtubeuse hollandaise spécialisée dans la coiffure. Le salon a pris une capture d'écran d’une de ses vidéos, l'a agrandie au format poster et l'a utilisée pour faire la publicité de ses services d'épilation des sourcils.
Elle ne l'a découvert que parce que certains fans l'ont reconnue et lui ont demandé si elle travaillait pour le salon ou si elle savait que son image se trouvait dans cette vitrine. Elle a envoyé un e-mail à l'entreprise mais n'a jamais eu de réponse.
Six ans plus tard, Lucy a vu son image utilisée pour vendre des produits d'épaississement des cheveux. «Les produits sont toujours un peu douteux», dit-elle. Plus récemment, il s'agissait de franges à clips vendues par un commerçant chinois sur Amazon. Lucy a décidé de faire connaître son problème et a réalisé une vidéo à ce sujet (ci-dessous):
Lucy n’est pas un cas isolé. De nombreuses entreprises sans scrupule considèrent les réseaux sociaux comme des banques d’images et volent des visages pour faire des campagnes marketing à moindre coût.
Mais parfois, ce type de mésaventure peut avoir du bon. Bernadette Banner est également youtubeuse. Elle réalise des vidéos historiques sur la couture. Un matin, ses boîtes mail - Facebook, Instagram, Etsy – étaient remplies de messages de fans. Ils lui disaient qu'une entreprise de mode bon marché faisait de la publicité pour une de ses robes - une pièce du XVe siècle inspirée d'un tableau et qu'elle avait cousue à la main pendant 250 heures. La marque avait volé son corps (sans tête) pour vendre une réplique de sa création pour 50 francs, ce qui ne représente même pas la moitié de son coût en matériel.
«Je me suis dit: «Que se passerait-il si je l'achetais? Cela ferait un très bon contenu vidéo.» Sans sortir du lit, j'ai commandé la robe.» La vidéo est devenue virale. Elle a été visionnée 3,5 millions de fois, a doublé le nombre d'abonnés de Bernadette et lui a rapporté une somme d'argent à 5 chiffres.