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Les attentes face à ce programme d'endettement commun sont énormes, mais certains s'inquiètent déjà que l'écologie ne fasse les frais de l'économie. L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a publié ses recommandations pour conjuguer emplois, croissance et protection de l'environnement à échelle mondiale.
L'AIE a détaillé son programme, prévisions chiffrées à l'appui. Elle recommande ainsi aux gouvernements d'investir 1000 milliards de dollars sur les trois prochaines années, donc 3000 milliards au total. Ces investissements permettraient de créer ou de préserver l'équivalent de 9 millions d'emplois.
La croissance économique globale serait soutenue de 1,1 point de pourcentage par année. Et si ses recommandations sont appliquées, l'AIE estime que, d'ici la fin de son plan, les émissions de gaz à effet de serre pourraient être diminuées de 4 milliards et demi de tonnes chaque année.
30 mesures
Le programme de l'AIE s'appuie sur 30 propositions dans six domaines: électricité, transport, industrie, bâtiments, carburants et nouvelles technologies propres.
L'AIE recommande de rénover les immeubles pour réduire leur consommation énergétique. Des millions d'emplois peuvent ainsi être préservés ou créés. Même chose pour les réseaux électriques, qui doivent être entretenus, mis à jour et miser sur les sources renouvelables.
L'industrie automobile doit également chercher à réduire sa consommation et utiliser les énergies renouvelables - ce sont aussi des opportunités d'emplois.
Accueil modéré
Ce plan a été accueilli avec un enthousiasme modéré de la part des défenseurs de l'environnement, qui reprochent à l'AIE de ne pas aller assez loin dans la transition énergétique. Ainsi, elle ne tourne pas une page définitive sur les énergies fossiles. Elle suggère aussi de maximiser la durée de vie des centrales nucléaires existantes.
Mais l'AIE veut surtout éviter que la reprise économique ne s'accompagne d'un fort rebond des émissions de gaz à effet de serre du secteur de l'énergie, comme cela a pu être le cas après la crise de 2008.
Relance et écologie, "c'est possible"
Pour François Savary, économiste, associé chez Prime Partners à Genève, interrogé vendredi dans La Matinale, "c'est tout à fait possible" de combiner relance de l'économie et écologie. Le plan de l'AIE représente 0,7% du PIB mondial.
"Nous devons trouver un mix d'énergie" pour peu à peu remplacer les énergies fossiles, préconise François Savary. Dans la situation actuelle, "nous ne pouvons pas exclure le fossile. Nous devons surtout améliorer l'efficience de notre énergie consommée", conclut-il.
>> Son interview dans La Matinale:
Katja Schaer/lan