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Cette parure de poitrine en bronze est l’une des plus belles que l’on connaisse à cette époque dans cette zone danubienne. Elle comporte aux deux extrémités deux fibules dites « en archet de violon », ornées d’un disque formé d’un enroulement de la tige qui forme le corps même de la fibule. Le travail de mise en forme par martelage à chaud est remarquable et l’on peut comparer les deux fibules très similaires, de droite et de gauche. Le fil a aussi été mis en forme pour obtenir le porte-agrafe de la fibule, la double boucle de part et d’autre de l’arc, puis le ressort dans lequel un anneau est passé, enfin l’ardillon. La symétrie des deux fibules montre combien l’artisan maîtrisait son travail, sans doute exécuté à chaud.
La chaîne qui relie les deux fibules est faite de maillons forgés les uns après les autres, reliés à la rouelle du centre, à quatre raies. Celle-ci a une signification toute particulière : plusieurs exemples de rouelles de cette époque prouvent qu’elles évoquent le pouvoir solaire, de même que le chariot de Trundholm (Danemark) datant de la même époque, avec son cheval tirant le soleil, plaqué d’une feuille d’or ornée de cercles concentriques. La parure présentée ici est au complet, ce qui en fait une exception : les deux fibules attachaient les pans d’une tunique devant chaque épaule ; elles étaient reliées par les deux segments de cette chaînette qui rejoignaient la rouelle, à l’époque symbole du soleil, au milieu de la poitrine [1].
Publ. : Barbier-Mueller 2003, p. 36-37.
[1] Bibliographie : Mozsolics 1985.