Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07044.jsonl.gz/1029

Je suis toujours surpris de constater que nombre de gens qui visitent mon blog tombent dessus en cherchant des informations sur l'économie planifiée. Vu l'intérêt porté à ce sujet, je reviens présentement dessus pour établir un petit bilan de ma position à ce propos.
Ces temps-ci, j'ai débattu un peu avec des marxistes qui avaient l'air convaincu du bien-fondé de l'organisation de l'économie sous une forme planifiée et centralisée.
Pourtant, malgré les avantages très clairs d'une économie planifiée, il n'en reste pas moins qu'une économie planifiée centralisée n'est pas une économie permettant de répondre efficacement aux attentes de la population, tout simplement parce que ces attentes sont difficiles à définir.
On peut certes définit les besoins d'une population à l'aide par exemple de la pyramide de Maslow, mais on ne peut pas déterminer efficacement les envies des individus, car le propre d'une envie c'est de varier en fonction des individus, contrairement aux besoins.
Une façon possible de faire remonter l'information de l'envie du consommateur-usager, réside dans l'utilisation de sondages généralisés et réguliers (hebdomadaires, mensuels) informatisées. Mais la praticabilité et l'intérêt d'un tel système reste à prouver, par la pratique... Et on peut en outre douter de l'intérêt réel des individus à devoir s'astreindre à pareille planification participative de l'économie.
L'économie planifiée centralisée pose donc des questions auxquelles il me semble difficile de répondre de façon efficace.
Par contre, il est très facile d'envisager un type d'économie planifiée décentralisée (du type de celles envisagées assez probablement par les écologistes, les objecteurs de croissance, les communistes, et les anarchistes), car l'organisation de ce type d'économie simple ne pose pas de problème au niveau de l'information.
La communauté village – quartier autogéré définit démocratiquement la production en fonction des besoins et des envies des consommateurs-usagers, par démocratie directe.
Il faut remarquer que le principale problème de l'économie planifiée réside dans la délégation de la prise de décision des choix de production.
Donc, une économie planifiée fonctionnant en démocratie directe ne pose pas de problèmes particuliers, autre que la critique habituelle de la démocratie (règne de la majorité dans le respect des minorités certes, mais dont la majorité peut parfois ne pas respecter autant qu'il le faudrait les minorités).
Bilan donc, puisqu'il le faut : non la planification de l'économie n'est pas aujourd'hui la panacée. Peut-être que plus tard, après l'instauration du socialisme (c'est à dire de la propriété des travailleurs sur leurs moyens de production et de l'autogestion) et/ou d'une utopique économie décroissante, nous pourrons essayer de telles expérimentations. Mais pour le moment, il faut admettre que le marché, encadré et régulé, éventuellement avec certains secteurs planifiés, est probablement notre horizon direct.