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Langage cynégétique
- Mâle = brocard
- Femelle = chevrette
- Jeune mâle = chevrillard
- Petit = faon
Apparence et morphologie
Le chevreuil est le plus petit cervidé indigène. Sa morphologie est typique des animaux vivant dans des lieux riches en buissons et en sous-bois: la tête et le poitrail sont étroits et l’échine est arquée. Les longues pattes postérieures permettent à l’animal de gagner un couvert en quelques bonds souples. Le chevreuil mue deux fois par année: en avril et juin; il acquiert son pelage d’été roux qu’il abandonne en septembre et octobre pour arborer sa livrée hivernale gris-brun. En hiver le miroir, ou rose, une tache blanche que le chevreuil arbore au postérieur, permet de distinguer le sexe de l’animal: il a la forme d’un haricot ou d’un rein chez le mâle, d’un cœur chez la femelle. Le chevreuil n’a pas de queue distincte. Le brocard porte des bois modestes, peu ramifiés, constitués de substance osseuse. Les bois tombent à l’automne et repoussent jusqu’au printemps. Pendant leur croissance, les bois sont recouverts d’une peau poilue, riche en vaisseaux sanguins et en nerfs, qui les protège et les nourrit, appelée velours. Celui-ci se dessèche lorsque les bois sont au terme de leur croissance annuelle et l’animal s’en débarrasse en frayant, c’est-à-dire en frottant les bois contre des branches et des troncs. Le cycle des bois est réglé par des hormones et est lié au cycle reproducteur. La ramure sert en premier lieu d’arme, permettant en priorité à l’animal de défendre son territoire face à des congénères, avant et pendant la période du rut. Les brocards marquent les limites de leur territoire optiquement et olfactivement: ils marquent les troncs en les frottant avec leurs bois (frottis) et y déposent les sécrétions odorantes d’une glande frontale.
Organisation sociale
Les chevreuils sont plutôt solitaires à la période du rut et à celle de la mise bas; ils sont sociables pendant l’hiver. Dès mars et avril, les brocards défendent un territoire de 10 à 30 ha contre leurs rivaux. Les mâles dominés demeureront sur les terrains non défendus. Les femelles choisissent un mâle et cherchent dans son territoire un endroit adéquat pour l’élevage du faon; les clairières et les prairies bien exposées et sèches sont optimales. Comme le faon a besoin de trois semaines environ pour apprendre à reconnaître sa mère, il est gardé à l’écart des autres chevreuils durant cette période, pour éviter toute confusion. C’est ensuite seulement que les jeunes de l’année précédente peuvent s’approcher progressivement de leur mère et des faons. Les relations entre femelles peuvent perdurer durant des années, mais une certaine distance reste généralement observée.
Sens et communication
La disposition latérale des yeux confère au chevreuil un champ de vision relativement étendu. S’il perçoit bien les mouvements (surtout les contrastes clair/foncé), il perçoit moins bien l’espace. Les odeurs sont les signaux principaux dans l’environnement généralement touffu où vit un chevreuil. Diverses sécrétions glandulaires servent à la communication intraspécifique. La perception gustative est étroitement liée à la remarquable perception olfactive. Le chevreuil sait distinguer la composition et la digestibilité des différentes parties d’une plante; il peut donc sélectionner les aliments optimaux parmi tous ceux qui lui sont offerts. L’ouïe du chevreuil est également très fine, ce qui facilite la compréhension entre individus et la perception des dangers.
Biologie des populations
Les populations de chevreuils sont stables dans un périmètre donné, c’est-à-dire qu’elles s’adaptent de manière souple aux conditions: des effectifs faibles peuvent augmenter rapidement si les conditions environnantes sont bonnes. Si celles-ci se dégradent, le succès de la reproduction diminue, les mises bas se font moins nombreuses et de nombreux faons meurent durant leur première année. Maladies et parasites augmentent quand la population est dense. Indépendamment de la densité de la population, beaucoup de faons meurent, victimes d’un refroidissement ou déchiquetés par une faucheuse. Les chevreuils paient en outre un lourd tribut au trafic routier (Suisse 1996: estimation des effectifs de chevreuils: 140’000; chevreuils tirés: 43’400; animaux péris: 15’400, dont 7’500 victimes dans le trafic).