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05/05/2015
La famille en Islam
Récit de la fuite de Moïse
Il est intéressant d’observer que les enseignements de l’Islam permettent d’énumérer un certain nombre de droits qui reviennent aux enfants, comme le fait de leur assurer leurs moyens de subsistance et de leur donner avec amour et miséricorde une bonne éducation.
Un droit est cependant mis en évidence, et ce, avant même leur naissance : celui du choix du conjoint avant le mariage. Ainsi, un homme se doit, lorsqu’il entreprend de se marier, de choisir celle qui sera une mère exemplaire pour sa progéniture. Tout comme la femme doit avoir conscience que celui qui deviendra son époux sera le père de ses enfants. Quel modèle sera-t-il susceptible de leur offrir ?
Le Coran retrace le très beau récit de la fuite de Moïse (Dieu lui accorde bénédiction et paix), qui avait tué un Egyptien et qui cherchait à échapper à Pharaon. Arrivé au point d’eau de Madyan, il rencontra deux femmes qui attendaient de pouvoir abreuver leur troupeau. Il leur rendit ce service, et l’on remarqua qu’il était fort, soit parce qu’il avait déplacé seul le rocher qui obstruait le puits (alors qu’il fallait plusieurs hommes pour le porter), soit parce qu’il avait réussi sans difficulté à se frayer un chemin au milieu de la cohue des autres bergers. L’une de ces deux femmes se présenta bientôt à lui en lui annonçant qu’il était invité par leur père âgé. La tradition rapporte qu’en chemin, alors qu’elle le devançait pour lui servir de guide, un coup de vent souleva sa jupe, et aussitôt, Moïse se mit devant elle en lui demandant de l’orienter alors qu’elle se tenait derrière lui. L’une d’elles dit à leur père : « Ô mon père, engage-le (à ton service) moyennant salaire. Le meilleur que tu puisses engager, c’est celui qui est fort et digne de confiance. » (Coran, 28, 26) Lorsque le vieil homme demanda à sa fille d’où elle tenait qu’il avait de telles qualités, elle relata pour lui la façon dont il avait abreuvé les bêtes, et son comportement pudique. Cet épisode comprend des leçons d’une modernité exemplaire : d’une part, on voit clairement comment la jeune femme propose que Moïse soit engagé. Suite à cette initiative, l’une des filles deviendra effectivement la femme de Moïse. D’autre part, elle est orientée en ce sens parce qu’elle a relevé les qualités morales de cet étranger.
Le choix du conjoint est donc une règle universelle que l’on doit appliquer afin que la maisonnée grandisse dans la foi et l’adoration de Dieu ; telle est sa finalité essentielle.
D’après Abû Hurayra, le Messager de Dieu (Dieu lui accorde bénédiction et paix) a dit : « On épouse la femme pour quatre raisons : pour son bien, pour son rang, pour sa beauté, pour sa religion. Gagne donc celle qui a de la religion, que la terre te colle aux deux mains ![2] » (Al-Bukhârî, Muslim)
[2] « Que la terre te colle aux deux mains » est une formule arabe pour exprimer un état d’indigence au sens premier du terme, et que l’on pourrait traduire par : « Pauvre de toi ! » Les Arabes s’en servent aussi comme antiphrase selon le contexte : ici, le sens voulu par le Prophète est d’appeler la bénédiction sur celui qui choisit une femme pieuse.