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- août 1791: révolte armée des esclaves dans la colonie française de Saint-Domingue
- 29 août 1793: Léger Félicité Sonthonax, l'un des commissaires civils envoyés par Paris sur l'île pour enrayer la crise, abolit l'esclavage à Saint-Domingue
- 4 février 1794 (décret du 16 pluviôse an II): sous Robespierre, la Convention vote l'abolition de l'esclavage.
La France devient la première puissance européenne à interdire l'esclavage dans toutes ses colonies. Mais l'abolition n'est pas appliquée partout. Les deux députés chargés par la Convention d'annoncer la nouvelle de l'abolition dans les îles françaises de l'océan Indien (Maurice et la Réunion) ont été accueillis par une garde armée et priés de repartir illico en métropole. La Martinique, occupée depuis 1793 par la Grande-Bretagne, ne connaît pas non plus l'abolition.
- 20 mai 1802: Bonaparte rétablit l'esclavage. Le Premier consul a des projets de conquête en Amérique du Sud et il veut utiliser les colonies des Antilles comme base. Le décret de rétablissement ne fait pas référence explicitement aux esclaves devenus libres en 1794. Lorsqu'il est appliqué, ces personnes sont de nouveau réduites en servage.
L'esclavage est rétabli en Guyane sans grande résistance car le système des plantations est resté dominant (par opposition à l'auto-subsistance) et les rapports de force ne permettent pas aux anciens esclaves de s'insurger.
Il est rétabli par la force en Guadeloupe, les nouveaux libres opposant aux soldats de métropole une résistance armée très forte durant plusieurs mois, en vain.
En revanche, l'armée de Bonaparte échoue à Saint-Domingue, où elle est décimée. L'île proclame son indépendance sous un autre nom, Haïti, le 1er janvier 1804. C'est la première République noire de l'histoire.
- 1806-1807: la Grande-Bretagne interdit la traite négrière
- 1815, 1816, 1818: par un décret, puis une ordonnance royale et enfin une loi, la France interdit la traite négrière. La traite clandestine se poursuit, malgré une législation de plus en plus sévère (confiscation des bateaux, surveillance des côtes)
- années 1820: essor du mouvement abolitionniste en France et en Angleterre
- 29 août 1833: en Grande-Bretagne, promulgation de la Slavery Abolition Bill, Londres abolit progressivement l'esclavage dans toutes ses colonies
-27 avril 1848: à l'initiative du sous-secrétaire d'Etat à la Marine Victor Schoelcher, la France abolit de nouveau l'esclavage, définitivement cette fois.
"Considérant que l'esclavage est un attentat contre la dignité humaine; qu'en détruisant le libre arbitre de l'homme, il supprime le principe naturel du droit et du devoir; qu'il est une violation flagrante du dogme républicain: Liberté, Egalité, Fraternité", le gouvernement provisoire décrète que "l'esclavage sera entièrement aboli dans toutes les colonies et possessions françaises" et que "tout châtiment corporel, toute vente de personnes non libres, seront absolument interdits" (article Ier).
"A l'avenir, même en pays étranger, il est interdit à tout Français de posséder, d'acheter ou de vendre des esclaves, et de participer, soit directement, soit indirectement à tout trafic ou exploitation de ce genre. Toute infraction à ces dispositions entraînera la perte de la qualité de citoyen français", prévoit l'article 8.
L'abolition est, cette fois-ci, appliquée dans toutes les colonies et possessions françaises: 250.000 esclaves noirs ou métis aux Antilles, à la Réunion et au Sénégal sont ainsi libérés.
Vers une reconnaissance définitive de l'esclavage en tant que crime contre l'humanité
- La révolution de 1848 et l'instauration de la IIe République activent le cours des événements. Champion de la cause des Noirs, Victor Schoelcher devient sous-secrétaire d'Etat aux Colonies, incitant le gouvernement provisoire à adopter le 27 avril 1848 les décrets abolissant l'esclavage dans un délai de deux mois. Les propriétaires d'esclaves seront indemnisés et feront appel à une main-d'oeuvre étrangère bon marché, notamment indienne.
- 23 mai 1998 : plusieurs milliers de descendants d'esclaves marchent silencieusement dans les rues de Paris pour honorer la mémoire et le martyre de leurs ancêtres.
- 10 mai 2001 : adoption de la loi "reconnaissant la traite et l'esclavage en tant que crime contre l'humanité". La loi est promulguée le 21 mai.
- 15 janvier 2004 : création, pour cinq ans, du Comité pour la mémoire de l'esclavage, dont l'écrivain Maryse Condé prend la présidence.
- 12 avril 2005 : le Comité pour la mémoire de l'esclavage propose le 10 mai comme date de commémoration annuelle en métropole de l'abolition de l'esclavage.
- 30 janvier 2006 : la date du 10 mai est retenue pour commémorer en France métropolitaine l'abolition de l'esclavage. Jacques Chirac confie à l'écrivain martiniquais Edouard Glissant la présidence d'une mission de préfiguration d'un Centre national consacré à la traite et à l'esclavage.