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Les filles du soleil, présenté au dernier Festival de Cannes (voir ici notre critique), avait suscité une avalanche de critiques, en particulier de la presse française qui est un redoutable baromètre pour la suite de la vie ou de la survie d’un film.
Souvent, la critique ayant d’autres critères pour apprécier et pour juger un film, son opinion diffère diamétralement de celle du public qui a accordé une ovation de dix-sept minutes à l’équipe du film lors de la première dans l’immense Théâtre Lumière.
A cause de ces critiques acerbes, les distributeurs ont demandé à Eva Husson de se pencher à nouveau sur le métier en retravaillant son film et en modifiant le montage. C’est chose faite dans une version allégée de ces nombreux plans contemplatifs et oniriques qui portaient préjudice au sérieux du sujet : les combats des femmes kurdes qui prennent les armes contre les hommes de Daesh pour tenter de récupérer ce qui leur a été pris.
Nous avons rencontré Eva Husson dans le cadre de sa présence en Suisse romande pour présenter son film Les filles du soleil durant le GIFF 2018.
Vu le sujet de son deuxième long métrage – la lutte contre les extrémistes, les anarchistes, l’engagement politique -, nous avons choisi d’orienter l’entretien avec Eva Husson par rapport à ces thématiques, en particulier eu regard à l’histoire de sa famille.
Précisons que la cinéaste, qui a commencé comme actrice, est issue d’une famille de professeurs d’espagnol, descendants de soldats républicains qui ont combattu en Espagne de 1936 à 1939. Le grand-père d’Eva Husson, Ricardo Maso March, est communiste et un membre influent du Parti ouvrier d’unification marxiste, le POUM, dont il a pris la tête durant son exil en France. Pendant l’occupation allemande en France, il crée à Paris un service de défense composé d’ex–poumistes. Le grand-oncle d’Eva Husson, Albert Maso March, surnommé Alberto Vega, est anarchiste. Tous deux participent activement à la résistance dans l’Hexagone durant la Seconde Guerre mondiale.
Cette histoire familiale a nourri Eva Husson, forgeant sa conscience politique; la cinéaste reconnaît que cette mythologie familiale est à l’origine de son inspiration pour écrire Les filles du soleil.
Nous avons rencontré Eva Husson à Genève, sur les bords du Léman, juste avant la présentation de son film.
Propos recueillis par Firouz-E. Pillet
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