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Dans son troisième long métrage après Je suis un autarcique et Ecce Bombo, Moretti se met de nouveau en scène dans le rôle de son double parodique, Michele Apicella, qui est ici un cinéaste à succès accusé par certains critiques d’intellectualisme forcené, qui vit toujours chez sa mère (professeur de gauche) et s’apprête à tourner un film intitulé «La Maman de Freud». Sogni d’oro (littéralement «rêves dorés») s’articule sur trois niveaux de narration: le film qui se fait, le cinéaste en butte à la vie quotidienne et ses rêves de plus en plus délirants. Avec une grande rigueur (et beaucoup d’humour), Moretti tient ici à faire coexister son exigence de faire des films en prise directe avec la réalité, et son désir de rappeler au spectateur que le cinéma est une représentation de la réalité où s’impose le point de vue du cinéaste. Moretti surmonte cette contradiction grâce à son jeu mi-naturaliste mi-parodique, et à une mise en scène théâtrale qui privilégie le plan fixe.
Vincent Adatte, Passion Cinéma