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Le cinéaste genevois Claude Goretta est décédé
Proche d'Alain Tanner et de Michel Soutter, Claude Goretta était malade depuis plusieurs années. "Il s'est éteint mercredi après-midi à son domicile genevois entouré de sa famille", a dit son fils Lucas Goretta.
Le cinéaste avait tourné "La Dentellière" en 1977, un film qui a révélé Isabelle Huppert. Avec près de 250'000 entrées, cette réalisation est l'un des 20 plus grands succès du cinéma suisse.
>> Retour sur "La Dentellière", un film emblématique pour les cinéastes des années 70
Claude Goretta était l’un des auteurs les plus importants et les plus productifs du cinéma suisse, et surtout un des grands représentants de la "Nouvelle vague".
Cinéaste des humbles
"Claude Goretta était certainement l'un des plus grands cinéastes suisses et du monde francophone", a déclaré jeudi le directeur de la Cinémathèque suisse Frédéric Maire. Il a fait une carrière foncièrement francophone entre Suisse et France, rappelle-t-il.
Cinéaste profondément humaniste, Claude Goretta était imprégné de l'expérience accumulée à la Télévision suisse romande, pour laquelle il y a travaillé en signant des documentaires et des reportages. Beaucoup de ses scénarios et films reflètent cet intérêt pour les gens et pour le monde, observe Frédéric Maire, cité par l'ATS.
J'ai toujours eu le souci constant de me faire l’interprète de gens ne disposant pas du pouvoir ou des capacités de s’exprimer. J’ai toujours regardé vers le bas. C’est sans doute lié à mon origine familiale modeste.
La maison télévision
Claude Goretta a toujours gardé un pied à la télévision, qu'il considérait comme sa maison, car il était conscient qu'il arrivait à toucher un public différent, qui ne va pas forcément au cinéma. Télévision et cinéma, Claude Goretta vivait parfaitement avec ces deux réalités, qu'il n'a jamais estimé comme antagonistes.
C'est peut-être pour cette carrière à la télévision que le cinéaste a été une figure mésestimée du Nouveau cinéma suisse - la "nouvelle vague" romande des années 1960-1970 - car jugé moins "auteur" que Tanner ou Soutter. Peut-être aussi parce qu'il a mené une partie de sa carrière en France.
En 2011, âgé de 82 ans, il réaffirmait qu'il s'est toujours senti libre de faire ce qu'il voulait à la télévision, qu'il considérait comme "un terrain de découverte formidable".
>> A voir: le portrait de Claude Goretta dans le cadre de la série "Cinéma suisse"
Le Groupe 5
En 1968, cinq réalisateurs suisses romands, Alain Tanner, Claude Goretta, Michel Soutter, Jean-Jacques Lagrange et Jean-Louis Roy, s'associent pour produire des films de fiction indépendants. Le Groupe 5 est né, afin notamment de promouvoir leurs oeuvres à l'étranger. La TSR y apportera une contribution financière essentielle.
Claude Goretta a en effet commencé sa carrière comme réalisateur à la télévision, après avoir travaillé aux archives du British Film Institute, à Londres, avec son ami Alain Tanner. Ils y tournent "Nice Time" (1957), un film qui dresse le portrait du monde de la nuit à Piccadilly, avec ses prostituées et ses jeunes fêtards. Dès 1958, il intègre la Télévision suisse romande (TSR) et réalise des documentaires et reportages pour l'émission "Continents sans visa", ancêtre de "Temps Présent".
>> A voir: la réaction de Claude Goretta après avoir été primé à Cannes
A l'international, Claude Goretta a notamment été distingué au Festival de Cannes. Il a reçu le Prix du Jury pour "L'Invitation" (1973) et celui du Jury oecuménique pour "La Dentellière" (1977).
Retour sur la carrière du cinéaste Claude Goretta: Retour sur la carrière du cinéaste Claude Goretta
cab/mcc avec agences
Publié le 21 février 2019 à 16:30 - Modifié le 22 février 2019 à 13:28