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Critique
Le cinéaste Pitof (VIDOCQ, 2001) est un spécialiste de l'imagerie numérique et des effets visuels. Sur ce plan-là, il s'en tire plutôt bien. Mais avec CATWOMAN, on ne va pas beaucoup plus loin.
Patience Philips (Halle Berry) est une artiste douée, qui se contente d'un modeste emploi de dessinatrice publicitaire dans une grande entreprise de produits de beauté. Ladite entreprise - dirigée d'une main de fer par George Hedare (Lambert Wilson) et sa femme Laurel (Sharon Stone) - s'apprête à lancer sur le marché un cosmétique miracle censé procurer aux femmes un visage et un corps à jamais immaculés. Patience va découvrir que le produit ne possède bien sûr aucune de ces vertus, mais elle sera froidement liquidée par ses patrons, avant d'avoir pu dénoncer l'escroquerie.
Rien n'est cependant perdu pour l'héroïne puisqu'elle ressuscite et se réincarne en chatte... Elle commence par s'offrir le plaisir de régler quelques comptes, avant de tomber amoureuse de Tom Lone (Benjamin Bratt), l'inspecteur chargé de pister cette féline devenue la suspecte n. 1 d'une série de crimes.
Halle Berry s'efforce d'habiter son personnage de chatte qui sait sortir ses griffes (de diamant) et retomber adroitement sur ses pattes. Elle se veut à la fois sympathique et dangereuse, protectrice des opprimés et prête à violer les lois pour servir ses propres intérêts. Quant à Lambert Wilson (en PDG tyrannique) et à Sharon Stone (en femme de pouvoir parfaite de sensualité et d'hypocrisie), ils remplissent correctement leurs contrats.
Le reste est moins convaincant. La transposition dans la réalité contemporaine du personnage de Catwoman (héroïne d'un comic book des années 40) n'est pas aboutie. La complexité du personnage - Patience est une femme timide et modeste, tandis que Catwoman est une criminelle sans vergogne - n'apparaît guère: il y avait pourtant là un joli sujet sur le dédoublement de la personnalité. Le cinéaste est passé à côté, beaucoup plus attiré par le spectacle et la chorégraphie des combats que par la psychologie ou la mise en images d'un fantasme. On aurait préféré (beaucoup) moins de cascades et de sauts aériens de chat, et (un peu) plus de rêve et de poésie.
Antoine Rochat