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Introduction
Le salaire peut être payé en nature, en espèces; il peut d'accord entre les parties être réduit (même tacitement ATF 4C_242/2005, c.4.2), voire augmenté.
Salaire en euros à un taux de change dévaforable?
Dans un arrêt du 15 janvier 2019 (4A_215/2018), le Tribunal fédéral a dû se prononcer sur la demande d'indemnisation formulée à l'encontre de deux entreprises suisses par deux employés domiciliés dans la zone Euro mais travaillant en Suisse au motif qu'ils avaient reçu un salaire en euros à un taux de change défavorable.
Les deux employés reprochaient donc à leurs employeurs de les avoir discriminés en les rémunérant moins que les travailleurs domiciliés en Suisse.
Les entreprises en question avaient leur siège dans les cantons de Schaffhouse et du Jura.
Après avoir convenu en 2011 avec les employés demandeurs une modification contractuelle prévoyant le paiement de leur salaire en euros, ces travailleurs frontaliers ont soutenu que si leur salaire avait été versé en francs suisses et converti selon le cours effectif alors en vigueur, ils auraient perçu une rémunération plus élevée.
Ils ont donc sollicité en 2015 pour l'un et en 2016 pour l'autre que la différence leur soit payée.
Les instances cantonales ont alloué aux demandeurs des indemnités.
Les entreprises ont recouru auprès du Tribunal fédéral.
Celui-ci a jugé que, dès lors que les employés avaient consenti une modification contractuelle prévoyant le versement du salaire en euros, ils commettaient un abus de droit en exigeant un supplément de salaire plusieurs années après.
Disposant que les employés connaissaient les circonstances dans lesquelles ils ont consenti paiement de leur salaire en euros (les entreprises étaient victimes de graves difficultés économiques en raison d'un franc de plus en plus fort), ils savaient dans ces circonstances qu'un salaire versé en francs suisses et converti au taux de change effectif aurait donné un montant en euros plus élevé que celui touché.
Conclusion
Le Tribunal fédéral a considéré qu'il était ainsi abusif d'exiger un supplément de salaire « après coup ».
Ce faisant le Tribunal fédéral n'a pas eu à se prononcer sur la discrimination illicite dont les employés se plaignaient en arguant de l'article 9 de l'Annexe I de l'Accord sur la libre circulation des personnes (ALCP).
Il est rappelé que cet article interdit de traiter les ressortissants d'une partie contractante différemment des travailleurs nationaux.