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Eugène Gabritschevsky peintre et biologiste : la liberté de la création
Dans le cadre du séminaire de Nadia Podzemskaia "Décrire la création" à l'institut des textes et manuscrits modernes:
« Eugène Gabritschevsky peintre et biologiste : la liberté de la création »
avec Valérie Rousseau, Madeleine Chave, Florence Chave-Mahir et Nadia Podzemskaia
23 mars 2023 - 14h30 à 18h30
ENS, 29 rue d’Ulm, salle Paul Langevin
La séance peut être suivie en zoom (écrire pour recevoir un lien à nadejda.podzemskaiaATcnrs.fr ).
Eugène Gabritschevsky (Moscou, 1893 – Haar, 1979) complète une formation en biologie, avec spécialisation en génétique, à l’Université de Moscou en 1917, alors que s’amorce la Révolution russe. Il arrive à New York en 1925, avec dans sa valise une boîte réfrigérée contenant des larves d’un syrphe appelé Volucella bombylans, pour les fins de ses recherches postdoctorales à l’Université de Columbia, qu’il poursuit pendant deux ans sous la supervision d’un futur lauréat du prix Nobel, Thomas Hunt Morgan. Là-bas, il explore diverses « questions traitant des mécanismes et de la physiologie de la détermination du sexe, et d’autres caractères morphologiques » relatives à l’hérédité des couleurs chez les insectes mimétiques.
En 1931, sa carrière est interrompue par la détérioration de sa santé mentale, qui conduit à son internement à l’hôpital psychiatrique d’Eglfing-Haar en Allemagne, où il demeure jusqu’à son décès. Pendant les cinquante années qui suivent, il développe une œuvre prolifique et sophistiquée composée de plus de trois mille dessins, gouaches et aquarelles sur papier. Elle donne à voir une sorte de genèse de l’origine et de l’évolution subtile des formes, montrant des spectacles cosmiques surgissant de l’obscurité, des décors d’opéra oniriques, des villes désertes, des métamorphoses, et des scènes éblouissantes où prolifèrent d’improbables créatures.
Date de publication: 28.03.2023