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Selon Stabile, la «chiocciola» utilisée au XVIe siècle n'avait pas la signification actuelle, mais correspondait à une unité de mesure de l'époque, l'amphore.
Les Britanniques ont repris le «a» cerclé en lui donnant le sens de «au prix de», ajoute-t-il. Les commerçants américains du XIXe siècle avaient gardé cette habitude pour indiquer les prix sur des ardoises et des bouts de papier. Les comptables, parmi les premiers utilisateurs de la machine à écrire, demandèrent que ce signe soit inclus dans les modèles de machine.
Un demi-siècle plus tard, les centres informatiques, pour utiliser une main-d'oeuvre formée dans les bureaux, utilisèrent des claviers de machines à écrire standards pour communiquer avec les ordinateurs. Mais, dans ce nouveau contexte, ce signe avait perdu son sens. Pendant longtemps, il fut utilisé justement en tant que signe qui ne veut sûrement rien dire, avant, miracle, de retrouver son sens originel. Au début des années 80, la mode du langage Basic lui donna un premier public: dans certaines versions, @ était utilisé comme premier caractère d'une fonction (@somme, par exemple), pour bien la distinguer de la même suite de caractères utilisée éventuellement comme mot «humain».
En 1972, l'inventeur du courrier électronique, Ray Tomlinson, eut le plaisir d'envoyer le premier e-mail de l'histoire. Il chercha un caractère pour séparer le nom de l'émetteur de celui de l'organisme hébergeant sa machine. Il en fallait un qui ne puisse pas se trouver dans un nom de famille et, regardant le clavier de sa machine, il choisit @, qui avait le double avantage de pouvoir signifier le "à" français dans l'anglophone «at» et d'être très improbable dans un nom propre.
Le chercheur romain déclare avoir besoin d'effectuer des recherches supplémentaires, mais soupçonne Leonard de Vinci de l'avoir lui aussi utilisé.
Le Monde, 2000 - http://www.lemonde.fr
Une autre approche apporte un complément d'information:
@ est à l’origine le symbole de l’arroba (de l’arabe ar-roub, "le quart"), ancienne unité de capacité et de poids espagnole et portugaise. Ce sigle est également utilisé dans les langues anglo-saxonnes, dans des formules telles que "tant de tel article @ tant l’unité". Dans ces emplois, il est appelé "a commercial", et son tracé, identique à celui de l’arroba, résulterait de la ligature de l’accent grave avec le a de la préposition française à, autrefois d’usage courant dans le commerce international.
Commission générale de terminologie et de néologie de la Délégation générale à la langue française, Journal officiel du 8 décembre 2002.
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