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Situé entre la chaîne du Jura et le Léman, le G. fut occupé par les Helvètes (mur de César). A la fin de l'Empire, la Colonia Iulia Equestris fut attribuée aux Burgondes et rattachée au diocèse de Genève. Le christianisme fut ensuite diffusé par les abbayes voisines de Saint-Victor de Genève et de Condat (auj. Saint-Claude). Appartenant aux comtes de Genève, la seigneurie de Gex passa à la branche cadette de la famille à la mort d'Amédée Ier (1178). Sa petite-fille Léonnette apporta cette terre à la famille de Joinville (charte de franchises de Gex en 1292). Le comte Amédée VI s'en saisit en 1353 et le Pays resta aux mains des Savoie jusqu'en 1536. A cette date, les Genevois et les Bernois s'en emparèrent, profitant de la guerre que menait François Ier contre le duc de Savoie. Le G. devint alors bailliage bernois et passa à la Réforme. Il fut restitué au duc par les traités de Nyon (1563) et de Lausanne (1564), tout en restant protestant. Conquis en 1589 par Nicolas Harlay de Sancy appuyé par les cantons suisses, et la contre-offensive meurtrière du duc Charles-Emmanuel ayant échoué, c'est finalement un pays complètement ruiné qui fut rattaché à la France par le traité de Lyon de 1601. Peu à peu le catholicisme se réimplanta par l'action des évêques de Genève, établis à Annecy, par celle des ordres religieux nés de la Contre-Réforme (capucins et religieuses de la Congrégation de la foi à Gex, jésuites à Ornex), et par les mesures qui précédèrent, dès 1662, la Révocation de l'édit de Nantes. La situation économique se redressa grâce à l'élevage (fruitières du Jura) et à l'artisanat (lapidaires et horlogers), tandis que Ferney devenait célèbre avec Voltaire. Sous la Révolution, le district de Gex comprit les cantons de Collonges, Ferney, Gex et Thoiry, puis la réorganisation du 17 février 1800 le fit passer du département de l'Ain à celui du Léman. Les traités de 1815 l'amputèrent de Collex, du Grand-Saconnex, de Mategnin, Pregny, Vernier et Versoix, et le privèrent de son débouché sur le lac Léman. Le G. forme actuellement un arrondissement de trois cantons, et dépend beaucoup économiquement de Genève, avec qui il entretient des relations privilégiées grâce à la zone franche. Dans les années 1990, plus de 8000 frontaliers gessois viennent chaque jour travailler à Genève (près de 6000), mais aussi à Nyon et à Lausanne.
Bibliographie
– A. Malgouverné, A. Mélo, Hist. du Pays de Gex, 2 vol., 1986-1989
Auteur(e): Paul Cattin