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Le 15 juillet 1942 le Général Henri Guisan assiste à un exercice de tirs d’aviation dans les Préalpes. Il constate que la plupart des bombes larguées n’atteignent pas leurs cibles et s’irrite de ces mauvais résultats. Il donne sur le champ au colonel Magron, officier de tir de la Troupe d’aviation, l’ordre suivant : « Tous les équipages d’avions de combat doivent être instruits à l’appui-feu des troupes terrestres en montagne. L’instruction doit commencer immédiatement. Un niveau compatible aux opérations de guerre doit être atteint aussitôt que possible, au plus tard jusqu’à fin mars 1943 et il doit être annoncé au Commandant en chef de l’Armée. » Le colonel Magron informe aussitôt le Commandant des troupes d’aviation et de DCA et requiert l’autorisation de rechercher un emplacement adéquat pour l’édification d’un champ de tir en montagne. Les choses vont alors aller très vite. Le 31 juillet 1942 déjà, le domaine d’Ebenfluh situé au Sud de l’Axalp et à proximité immédiate de l’aérodrome de Meiringen, est choisi. Ce domaine fait entièrement partie de la zone fédérale de protection de la nature et de la faune de Faulhorn, mais compte-tenu de la situation stratégique dramatique du moment, l’Office fédéral de la chasse, de la pêche et de la protection des eaux donne son aval. Le 1er août 1942, soit à peine plus de deux semaines après l’ordre du Général Guisan, le champ de tir d’Ebenfluh, plus connu sous le nom d’Axalp, fait l’objet d’une première expérimentation aérienne, avant d’être soumis à des essais de tirs intensifs dès début septembre 1942, puis livré aux escadrilles d’aviation pour leur entraînement.
Un vallon très encaissé, coupé en deux par une crête qui relie les deux flancs de montagne, dont celui au Sud est caractérisé par une paroi de rochers verticale, compose le décor. Dès les années cinquante, le site devient très sophistiqué. A l’extrêmité Nord de la crête se trouve un poste de commandement, à une altitude de 2243 mètres. Le Fieseler Storch qui le desservait et qui se posait sur une piste sommairement aménagée de 250 mètres en dos d’âne, est remplacé dès 1959 par un petit téléphérique. Sur la partie Ouest de la crête sont situés six buts dont un pour les bombes d’exercice en gypse en largage basse altitude ou en mode napalm (marquées par un muret vertical en forme de char), un pour les canons avec munition inerte d’exercice (muni d’un compteur de touchés automatique), un pour les canons avec munition de guerre, un pour les bombes en largage piqué, deux pour les roquettes et le tir en formation. Sur le flanc vertical Sud sont installées deux cibles dont une pour les canons et l’autre pour les roquettes alors que le flanc Nord est nanti d’une seule cible pour les canons. A l’exception de la cible en silhouette de char (appelée bunker), toutes les autres ont une dimension de 8x8 mètres, marquées par deux bandes de toile rouge de 1,5x8,0 mètres.