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Carmina Burana
Carl Orff
Les Carmina Burana (Chansons de Beuren) sont une cantate scénique en trois parties sur des textes médiévaux (Codex Latinus 4660 de Beuren), musique de Carl Orff, pour soprano, ténor et baryton, chœur mixte, chœur de garçons et orchestre, composée en 1935-36, créée à Francfort-sur-le-Main, le 8 juin 1937.
Le titre de l'œuvre est une allusion au couvent de Benediktbeuren, situé dans les Alpes bavaroises, où fut retrouvé en 1803 un manuscrit anonyme comportant une série de chansons dues à des poètes vagabonds des XIIe et XIIIe siècles. Ces textes, publiés en 1847 par J. A. Schmeller, sont écrits en latin, en moyen-haut-allemand et en français, par des poètes inconnus, probablement d'Allemagne, de France, d'Italie et d'Angleterre. Les auteurs y fustigent les erreurs de l'État, de l'Église, de l'éducation, l'omniprésence et la puissance de l'or ainsi que la dégradation des mœurs. On y trouve également des chants faisant l'éloge de la Nature et de l'Amour, l'invocation au destin («O Fortuna »), ainsi que des chansons satiriques et des chansons à boire (« In taberna »). Plusieurs chants anonymes ont été identifiés depuis comme des créations de l'Archipoeta (« Estuans interius »); seule une faible partie comporte des neumes. Lors de la composition de sa cantate scénique, Carl Orff n'avait pas connaissance des mélodies originales de ces « carmina » dont une partie ne fut découverte que très récemment.
Toutes les mélodies des Carmina burana sont donc la création propre du compositeur, seul le texte est emprunté à l'édition de Schmeller. […] Plus que dans toutes ses autres productions, Carl Orff a réalisé ici son aspiration à l'universel. «Avec Carmina burana commencent mes œuvres complètes», disait-il avant d'intégrer cette cantate scénique dans la trilogie des Trionfi (Catulli Carmina, 1943, et Trionfo di Afrodite, 1953).
En réunissant chant, images magiques et danse dans une homogénéité quasi parfaite, Carmina burana dépasse le cadre habituel de la cantate scénique. Cela explique pourquoi l'œuvre a pu s'assurer une place de choix dans le répertoire lyrique, malgré sa forme lapidaire, fondée sur des mélodies diatoniques strophiques d'une grande simplicité et malgré son caractère assez statique qui relève plus d'un oratorio que d'un ouvrage lyrique destiné à la scène.
Manfred Kelkel (Dictionnaire des œuvres de l’art vocal)