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Le n-Cov aura un impact plus important sur l'économie mondiale que le Sras, la Chine étant beaucoup plus intégrée dans le marché mondial qu'en 2003.
Le début de la saison de grippe saisonnière a vu l'émergence d'une nouvelle maladie respiratoire potentiellement mortelle connue sous le nom de nouveau coronavirus (n-Cov). Wuhan, la capitale de la province de Hubei au centre de la Chine, est l'épicentre du n-Cov qui a depuis lors infecté plusieurs milliers de personnes dans le monde entier, entraînant plus d'une centaine de décès au moment de la rédaction du présent document.
Le n-Cov ressemblerait au Sras, un autre coronavirus identifié pour la première fois début 2003. Le Sras est originaire du sud de la Chine. Il a infecté plus de 8’000 personnes, en a tué près de 800 avant de se dissiper en juin 2003. En termes de chiffres, l'épidémie de n-Cov s'est propagée plus rapidement que le Sras. Cela n'est pas surprenant puisque les réseaux de transport chinois se sont considérablement améliorés depuis 2003 grâce au renforcement des liaisons ferroviaires et aériennes. Le moment où l'épidémie s'est déclarée, soit juste avant le Nouvel An chinois, moment où des centaines de millions de Chinois rentrent chez eux ou partent en vacances à l'étranger, explique également pourquoi le virus s'est répandu si rapidement.
de la maladie vont probablement freiner la croissance du PIB ce trimestre.
La bonne nouvelle jusqu'à présent, c'est que le taux de mortalité pour le n-Cov semble actuellement moins sévère que celui du Sras (2-3% contre 10%). Par ailleurs, la plupart des cas découverts dans d’autres pays que la Chine sont des cas importés, principalement de personnes venant de Wuhan. Une meilleure divulgation et un meilleur signalement de la part des autorités chinoises ont permis de sensibiliser davantage le public au virus. Cette évolution, associée à de meilleures pratiques d'hygiène personnelle et à un écosystème de soins de santé plus solide, devrait permettre de réduire le risque d'épidémies dans les communautés.
En termes d'impact économique, le n-Cov aura probablement un impact plus important sur l'économie mondiale que le Sras. En effet, la Chine est beaucoup plus intégrée dans l'économie mondiale qu'en 2003, où elle commençait à peine à devenir l'usine du monde. Ironiquement, les mesures prises par Pékin et les entreprises pour contenir la propagation de la maladie vont probablement freiner la croissance du PIB ce trimestre. Parmi les directives draconiennes, on peut citer la fermeture de la région du Grand Wuhan - mise en quarantaine de 40 millions de personnes -, la fermeture de grandes attractions touristiques comme Disneyland, l'interdiction des voyages de groupe à l'étranger et l'octroi aux travailleurs d'une semaine de congé supplémentaire pour prolonger les vacances du Nouvel An chinois.
des répercussions sur les chaînes d'approvisionnement mondiales.
Plusieurs compagnies aériennes ont également annoncé l'annulation de vols à destination et en provenance de Chine, ce qui aura évidemment un impact sur le tourisme en Chine. Mais cela se fera également sentir à l'extérieur de la Chine, car les touristes chinois contribuent de manière importante aux recettes économiques des nombreux pays qu'ils visitent. Les dépenses des touristes chinois génèrent ainsi un tiers de toutes les recettes touristiques du Japon, tandis que les visiteurs de Chine représentent plus d'un quart de tous les visiteurs en Thaïlande.
De nombreuses entreprises internationales ont pris des mesures pour protéger leur personnel, soit en cessant temporairement leurs activités en Chine, soit en demandant à leur personnel de travailler depuis leur pays d'origine. Bien que ces mesures puissent être nécessaires pour contenir le virus, ces interruptions de production auront inévitablement des répercussions sur les chaînes d'approvisionnement mondiales. En 2003, le Sras a provoqué une chute brutale de l'activité économique dans plusieurs pays asiatiques durant un à deux trimestres - affectant principalement le tourisme et le commerce de détail. L'activité économique a toutefois rapidement rebondi au cours du second semestre de l'année, une fois le virus éliminé.
Selon la durée de l’épidémie actuelle, le virus n-Cov pourrait s’avérer plus ou moins perturbateur pour l'économie mondiale. La situation pourrait se normaliser si la stratégie de confinement est efficace et si le nombre de nouveaux cas commence à diminuer. Dans le cas contraire, le virus pourrait entraver la reprise attendue de l'économie mondiale. Les prochaines semaines seront cruciales.