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Il est clair qu'un texte ne contient pas toujours une structure grammaticale entièrement légale par rapport aux critères des grammaires discutés. Une grammaire qui pourrait expliquer tous les récits, serait trop générale et ne serait donc plus un instrument analytique valable. D'un point de vue cognitif un schéma n'est qu'une aide pour traiter un texte. Si quelque chose ne correspond pas à un schéma, il faut éventuellement plus de réflexion ou il faut activer un autre schéma. Toutefois, en simplifiant on peut dire que les récits totalement a-grammaticaux sont ou bien mauvaises (inintéressants, incompréhensibles, mal racontés etc) ou simplement a-normaux (dans le sens qu'il ne sont plus des récits tels qu'on les définit normalement). La grammaticalité d'un text narratif est souvent défini par trois principes (Beck 76:133):
L'utilité de cette notion simple et operationelle de grammaticalité à été démontrée dans des nombreuses expériences, dont je n'indique que les variantes les plus communes. Souvent il s'agissait des expériences où des groupes expérimentaux ont du écouter ou lire un récit et de le reproduire après certains temps. Souvent on a donné a des différents groupes des récits sur le même thème à grammaticalité différente. Les résultats de ces éxpériences suggèrent d'abord que les individus ont des capacités limitées de compréhension et de production de récits et plus généralement de textes narratifs. Ces limites (dont l'apparence nous parrait parfois très naturel) sont nécéssaires pour pouvoir dégager du sens d'une structure textuelle sans trop devoir raisonner. Ces expériences ne corrobèrent donc pas seulement les théories dont on a parlé plus haut, mais elles permettent de les raffiner.
Même l'hypothèse plus forte suivant laquelle les gens traduisent souvent leurs expériences sous forme de récits a été soutenue. La notion de grammaticalité peut donc également constituer un concept sociologique. Sous cet aspect c'est une norme qui règle les interactions discursives entre personnes, en indiquant comme il faut produire et comprendre un récit. C'est un aspect intéressant pour la science politique. Si l'on accepte l'hypothèse de travail suivant laquelle on à tendance à transformer les événements politiques en récits voire même en conte de fées, on arrivera aux conclusions suivantes: Non seulement les hommes ont une représentation limitée des évennements, mais encore ils ont tendance à effectuer des transferts, comme d'essayer d'identifier le bon et le méchant, à personaliser les événements politiques. Est-il possible de discuter politique dans un cadre d'une discussion de tous les jours sans tomber dans ce piège, et est-ce un piège?