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Dès sa fondation, St-Pétersbourg a accueilli beaucoup d’émigrés européens qui ont donné à la ville le caractère voulu par Pierre le Grand.Ce contenu a été publié le 01 juin 2003 - 16:29
Parmi eux, de nombreux Suisses qui se sont distingués dans les domaines les plus divers.
Pierre le Grand voulait à la fois une Venise du Nord, une nouvelle porte de l'Orient, une autre Amsterdam et un manifeste de la culture européenne sur les rives de la Baltique.
Il y a exactement trois cents ans, le tsar a donc appelé les meilleurs architectes occidentaux pour réaliser son rêve. Parmi eux, le Tessinois Domenico Trezzini (1670-1734).
Celui-ci a construit de nombreux palais et a joué un rôle capital dans la planification de la nouvelle ville.
Il a été en quelque sorte le chef de file de toute une série d'architectes tessinois installés sur les bords de la Neva.
Des scientifiques, des théologiens et la confiserie
Cette présence suisse ne s’est pas limitée aux architectes. En effet, des scientifiques sont arrivés de Bâle pour donner du lustre à l’Université voulue par la Grande Catherine.
Des théologiens zurichois avaient pour mission de répandre l’esprit protestant. Quant aux émigrés des Grisons, ils se sont surtout fait une réputation dans les domaines de la confiserie et de la pâtisserie.
Par ailleurs, les grandes familles se faisaient un point d’honneur d’avoir une gouvernante suisse. Celle-ci devait enseigner le français et l’allemand aux enfants, mais aussi leur inculquer les bonnes manières occidentales.
Cette émigration fut aussi agricole. Au 17e siècle, des paysans et des fromagers bernois ont réussi à donner une nouvelle impulsion à la pauvre agriculture du nord de la Russie grâce à leur expérience acquise dans les Alpes.
Enfin, toute une série d’artisans, de commerçants et de techniciens suisses se sont installés à St-Pétersbourg.
Les tsars souhaitaient en effet disposer de spécialistes, afin de développer une économie russe encore en retard par rapport aux autres pays européens.
Le choc de la Révolution
Il faut toutefois remarquer que l’émigration des Suisses vers la Russie tsariste n’a jamais constitué un phénomène de masse. La Russie n’était pas l’Amérique de la fièvre de l’or, mais un pays à la recherche de main-d’œuvre hautement qualifiée.
Pour les Suisses comme pour bien d’autres, la Révolution d’octobre (1917) a marqué la fin d’une époque. Ces émigrés avaient gardé des liens étroits avec la mère-patrie et leur retour fut leur planche de salut.
Dans un pays passé au communisme, leur contribution, qui avait été très liée à l’aristocratie, n’était en effet plus recherchée.
swissinfo, Daniele Papacella
(traduction: Olivier Pauchard)
En bref
16 mai 1703: fondation de la forteresse Pierre-et-Paul, considérée comme la naissance de la ville.
1713: Saint-Pétersbourg devient la capitale de la Russie.
1914: Début de la 1re Guerre Mondiale. Trop germanique, Saint-Pétersbourg devient Pétrograd.
1917: Révolution et chute de l’Empire.
Juillet 1918: Moscou devient la capitale de la nouvelle URSS.
1924: La ville est baptisée Leningrad en hommage à Lénine.
4 septembre 1941: les Allemands assiègent Leningrad durant 900 jours. Bilan: un million de morts.
1991: chute du communisme et éclatement de l’URSS. La ville retrouve son nom d’origine suite à un référendum.
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