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Deuxième acte des primaires démocrates dans le New Hampshire
Deux visions pour incarner un même parti face à Donald Trump: les électeurs du New Hampshire votaient mardi dans une deuxième étape des primaires démocrates. Le sénateur Bernie Sanders et l'ex-maire Pete Buttigieg y font figure de favoris.
Après avoir survolé les sondages nationaux ces derniers mois, Joe Biden semblait se résoudre à une déception dans cet Etat, deux semaines après un premier revers dans l'Iowa: l'ex-vice-président a de façon surprise annulé sa soirée de campagne pour mettre le cap sur l'Etat de Caroline du Sud, où il compte se relancer.
"Je n'abandonne pas le New Hampshire", a déclaré le septuagénaire modéré. Il a justifié son absence par la succession de deux meetings de campagne, en Caroline du Sud et dans le Nevada, les deux prochains Etats à voter.
Un nouveau souffle
Derrière MM. Sanders et Buttigieg, dans un mouchoir de poche avec M. Biden, les autres grands candidats à l'investiture démocrate espèrent créer la surprise, trouver un nouveau souffle... ou éviter l'effondrement de leur campagne.
Dans la moyenne des sondages du New Hampshire, Joe Biden n'arrive que quatrième ex-aequo avec la sénatrice progressiste Elizabeth Warren, juste derrière l'autre sénatrice Amy Klobuchar, qui partage avec lui des idées centristes.
Dans la majorité de l'Etat, les bureaux ont ouvert à partir de 06h00 (12h00 suisses) et devaient permettre aux électeurs de voter jusqu'à 21h00 (02h00 suisses mercredi).
Choix "déterminant"
Les candidats ont fait campagne jusque tard lundi pour arracher les faveurs des électeurs de ce petit Etat à la frontière du Canada. Et Pete Buttigieg se prêtait encore au jeu des selfies mardi matin devant plusieurs bureaux de vote.
"Le choix que vous faites aujourd'hui déterminera l'avenir de notre nation", a-t-il tweeté mardi, appelant à "bâtir une coalition pour battre Trump en novembre".
C'est lui qui l'avait emporté d'un cheveu devant Bernie Sanders le 3 février lors d'assemblées d'électeurs dans l'Iowa, premier Etat à voter pour ces primaires. Cette fois-ci, le scrutin se tient à bulletin secret.
Les piques fusent
Longtemps courtoise, la bataille est désormais acharnée dans le peloton de tête, où les piques fusent. Et elle se joue sous l'oeil de Donald Trump, qui aime à moquer la guerre entre ses rivaux potentiels. "Ils sont tous faibles", a-t-il ironisé lundi soir.
Les dix rivaux en lice pour le défier en novembre, ainsi que leurs électeurs, s'accordent sur un point: il faut battre Donald Trump. Mais leurs visions divergent.
A la gauche du parti, prônant une "révolution" politique afin de parvenir à une société plus égalitaire, le sénateur indépendant Bernie Sanders, 78 ans, domine confortablement les sondages dans cet Etat, voisin de son fief du Vermont.
Il est suivi par Pete Buttigieg, 38 ans. Le plus jeune des candidats en lice plaide pour une politique "réaliste" et de main tendue aux électeurs indépendants et républicains, tout en critiquant le financement du programme de M. Sanders.
Bloomberg omniprésent
Derrière eux, la pression est forte sur Joe Biden depuis sa contre-performance dans l'Iowa. Fort d'une longue expérience politique, il se présente en meilleur atout pour battre M. Trump. En martelant qu'il n'abandonnera pas la course "quoi qu'il arrive" mardi, l'équipe Biden semble se préparer à un nouveau revers.
Elle table, pour le relancer vers les sommets, sur une bonne performance le 29 février en Caroline du Sud. Là-bas, la population noire est très importante et reste acquise à l'ancien vice-président de Barack Obama.
Omniprésent alors même qu'il fait l'impasse sur les quatre premiers votes des primaires démocrates en février, le milliardaire Michael Bloomberg a grimpé jusqu'à la troisième place dans un sondage au niveau national publié lundi. Disposant de moyens financiers quasi-illimités, il inonde de publicités la quinzaine d'Etats qui voteront lorsqu'il entrera en lice le 3 mars pour le "Super Tuesday".