Document ID: /entscheidsuche_html/filtered/documents_0168.jsonl.gz/999

Réf. : CCP.2003.34/cab A. En date du 13 octobre 2001, K., artiste de cabaret dans l'Établissement X., a entretenu à titre onéreux des relations intimes avec J. dans un "séparé" de l’établissement public précité. Après que plusieurs personnes dont K. avouèrent qu’elles avaient menti sur la chronologie des faits – ce qui leur a valu d’être condamnées pénalement pour faux témoignage et instigation à faux témoignage, la plaignante exceptée – il a été établi qu’après l’épisode du "séparé" les protagonistes se sont rendus tous deux ensemble, et avant la fermeture du cabaret, au domicile privé de l’artiste. Les événements qui s’y déroulèrent ont font fait l’objet de déclarations opposées. B. K. soutient qu’elle et son invité ont d’abord mangé, qu’ils se sont déshabillés puis mis au lit, qu'elle a mis un préservatif à son partenaire qui l'a ensuite retiré, que son client a voulu la pénétrer sans préservatif, ce à quoi elle s’est opposée, qu'elle a restitué son argent au client qui a toutefois refusé de partir, que J. a poussé sa victime sur le lit et s'est jeté sur elle, qu'il lui a mis la main sur la bouche et essayé de la pénétrer sans protection, qu'il l'a frappée au dos alors qu'elle tentait de se mettre dans une position ne permettant pas la pénétration, qu'il l'a poussée à gauche du lit sur le sol, ne lâchant prise qu’au moment où elle parvenait à frapper l’œil de son agresseur au moyen d’une chaussure. J. aurait ensuite frappé sa victime avec les poings alors qu’elle tentait de se relever, lui occasionnant plusieurs blessures : une fracture du plancher de l’orbite gauche et de la lame papyracée; une tuméfaction de toute la joue gauche (provoquant un trouble de la vision de l’œil gauche et une perte de la sensibilité de la joue gauche); des marques apparentes au cou, à la nuque et au thorax, ainsi que des ecchymoses sous cutanées (rendues visibles par un examen diaphanoscopique) au sein gauche, au bras gauche, au bras droit et à la fesse droite, le tout accompagné d'une perte de connaissance. L’agresseur s’est rhabillé et à quitté les lieu en laissant K. inanimée par terre. De son côté, J. a fait au cours de l’enquête plusieurs déclarations divergentes s’agissant de la nature des coups portés à K.. Pour le reste, il admet avoir mangé, enlevé ses habits et gagné le lit, mais affirme qu’il n’a pas tenté de pénétrer la plaignante, qu’il se trouvait simplement nu avec elle dans le lit, qu’elle s’est soudainement attaquée à lui en le griffant et le frappant, de sorte qu’il a dû faire usage de la force pour se défendre. Le dossier révèle que J. a été griffé aux bras et à l’épaule gauche, à la cuisse gauche également, et qu’il présentait un œil au beurre noir, des plaies superficielles aux paupières ainsi que des ecchymoses. C. Par ordonnance du 16 octobre 2002, Le Ministère public a renvoyé J. devant le Tribunal correctionnel du district de la Chaux-de-Fonds pour tentative de viol, contrainte sexuelle, lésions corporelles graves – subsidiairement simples – et mise en danger de la vie d’autrui, ainsi que pour plusieurs vols commis pour la plupart après le 13 octobre 2001. A l’issue de l’audience du 30 janvier 2003, l’accusé a été condamné pour tentative de viol et pour vol à dix-huit mois d’emprisonnement, dont à déduire vingt-et-un jours de détention préventive, assortis d’un sursis fixé à trois ans, ainsi qu’au paiement de 8'790 francs, représentant les frais de la cause. Par ailleurs, J. a été condamné à payer 20'521.60 francs à sa victime pour le préjudice subi, dont 11'000 francs d'indemnité pour tort moral. D. Dans leurs considérants, les premiers juges retiennent notamment que le mensonge initial de la plaignante n'enlève rien à la crédibilité de sa thèse, dès lors qu'elle a menti sur demande de la tenancière du cabaret dans lequel elle était employée, que cette dernière a laissé entendre à sa subordonnée que mentir lui éviterait des problèmes (dans un contexte de menace de révocation de la décision administrative d'exploiter le cabaret et de poursuite pénale pour encouragement à la prostitution), que la plaignante n'avait aucun intérêt à nuire à un individu qu'elle venait à peine de rencontrer, surtout en devant supporter une longue et lourde procédure en tant que victime d'une infraction humiliante, avec de nombreuses comparutions policières et judiciaires, peu recherchées dans son milieu professionnel. Il retient en outre que les ecchymoses au sein gauche et à la fesse droite sont compatibles avec une agression à caractère sexuel et que ces lésions ne s'expliquent pas par la nature et l'importance des coups que J. a finalement admis avoir pu donner, qu'un client passe deux heures au lit avec une personne, qu'il savait être une prostituée, sans que rien de sexuel ne survienne est peu crédible, qu'une attitude soudainement agressive de la part de la plaignante ne l'est pas plus, que les déclarations de J. ont eu différents contenus, de la dénégation jusqu'à un aveu "du bout des lèvres", que le comportement reproché à ce dernier s'explique par son désir d'entretenir une relation sans protection, lui qui n'avait pas pu jouir dans le séparé à cause du préservatif et qui, selon le témoin V., avait essayé par le passé auprès de plusieurs filles, mais en vain, d'obtenir des relations sexuelles non protégées. E. Le recourant se pourvoit en cassation. Il se plaint d'une violation du principe de la présomption d'innocence, d'arbitraire et d'abus du pouvoir d'appréciation. Le recourant soutient qu'en tout état de cause, les frais mis à sa charge sont trop élevés. Toute son argumentation repose sur les fausses déclarations de la plaignante au début de l'instruction. F. Le président du Tribunal correctionnel ne formule aucune observation ni conclusion. Le Ministère public et la plaignante déposent quelques observations et concluent au rejet du pourvoi. C O N S I D E R A N T en droit 1. Interjeté dans les formes et délai légaux (art.244 CPP), le pourvoi est recevable. 2. Le principe de la présomption d'innocence, consacré par la maxime "in dubio pro reo", se déduit de l'article 6 al.2 CEDH, de l'article 9 Cst. féd. et, en procédure neuchâteloise, de l'article 224 CPP. Ce principe interdit en particulier de prononcer un verdict de culpabilité tant qu'un doute subsiste sur celle de l'accusé. Il doit toutefois s'agir d'un doute sérieux et irréductible qui s'impose à l'esprit en fonction de la situation objective (ATF 120 Ia 31, SJ 1994, p.541). Le juge peut fonder son intime conviction sur de simples indices et l'autorité de cassation, liée par les constatations de fait du premier juge, n'intervient que si celui-ci s'est rendu coupable d'arbitraire, soit s'il a admis ou nié un fait en se mettant en contradiction évidente avec le dossier, s'il a abusé de son pouvoir d'appréciation, notamment en ne prenant pas en compte des preuves pertinentes, si ses constatations sont manifestement contraires à la situation de fait, reposent sur une inadvertance manifeste ou heurtent gravement le sentiment de justice; enfin, si son appréciation des preuves est tout à fait insoutenable (ATF 124 IV 86). 3. En l'espèce, les éléments du dossier autorisaient les premiers juges à condamner J. pour tentative de viol. De façon particulièrement motivée et convaincante, ils ont expliqué pourquoi la thèse de la plaignante pouvait être retenue, ce malgré des premières déclarations fallacieuses : la tenancière avait des raisons crédibles d'ordonner à ses subordonnées, dont la plaignante, de mentir sur certains points aux autorités, et les employées tout intérêt à obéir à leur patronne, même au risque de sanctions pénales. S'agissant de la tentative de viol elle-même, il ressort du dossier que la plaignante ne s'est pas contredite. Les seules divergences, qui n'ont été que temporaires, concernent comme rappelé ci-dessus la chronologie des événements (heure de départ des protagonistes depuis le cabaret) ainsi que quelques faits d'importance mineure destinés à rendre cohérent ou à aménager le mensonge sur l'heure et l'ordre de départ. Les arguments que le recourant fait valoir n'explicitent pas véritablement le grief d'arbitraire. Ils ne mettent pas en lumière une contradiction des premiers juges ni n'exposent en quoi la thèse de la plaignante ne pourrait, malgré son mensonge initial, être préférée à celle du recourant, pour le moins douteuse quant à l'agression gratuite dont il aurait été victime, pour des motifs qu'il qualifie lui-même d'obscurs. Dans la mesure où il est recevable, le grief d'arbitraire doit donc être rejeté. 4. Selon l'article 89 CPP, les frais mis à charge du condamné peuvent être réduits si tous les faits de la prévention n'ont pas été retenus ou si ces frais sont disproportionnés face à l'importance de la cause. Aucune des exceptions précitées n'est réalisée en l'espèce : tous les faits essentiels visés ont été retenus (même si certaines qualifications ont été abandonnées, pour cause de concours); par ailleurs, l'épisode des mensonges initiaux discuté plus haut n'a pas sensiblement accru les frais de justice, dans la présente procédure, et il n'a pas occasionné de démarches pour le reste superflues, la divergence des thèses imposant de toute manière l'administration minutieuse de toutes les preuves disponibles. 5. Clairement mal fondé, le pourvoi sera rejeté aux frais du recourant. Celui-ci paiera également, en faveur de la plaignante mais en main de l'Etat, vu l'assistance judiciaire, une indemnité de dépens couvrant la rédaction d'observations sur recours. Par ces motifs, LA COUR DE CASSATION PENALE 1. Rejette le pourvoi. 2. Arrête les frais de la procédure de recours à 660 francs et les met à la charge du recourant. 3. Condamne le recourant à verser, en faveur de la plaignante mais en main de l'Etat, une indemnité de dépens de 500 francs. Neuchâtel, le 3 février 2004

Réf. : CCP.2003.34/cab

Réf. : CCP.2003.34/cab A. En date du 13 octobre 2001, K., artiste de cabaret dans l'Établissement X., a entretenu à titre onéreux des relations intimes avec J. dans un "séparé" de l’établissement public précité. Après que plusieurs personnes dont K. avouèrent qu’elles avaient menti sur la chronologie des faits – ce qui leur a valu d’être condamnées pénalement pour faux témoignage et instigation à faux témoignage, la plaignante exceptée – il a été établi qu’après l’épisode du "séparé" les protagonistes se sont rendus tous deux ensemble, et avant la fermeture du cabaret, au domicile privé de l’artiste. Les événements qui s’y déroulèrent ont font fait l’objet de déclarations opposées.

A. En date du 13 octobre 2001, K., artiste de cabaret dans l'Établissement X., a entretenu à titre onéreux des relations intimes avec J. dans un "séparé" de l’établissement public précité. Après que plusieurs personnes dont K. avouèrent qu’elles avaient menti sur la chronologie des faits – ce qui leur a valu d’être condamnées pénalement pour faux témoignage et instigation à faux témoignage, la plaignante exceptée – il a été établi qu’après l’épisode du "séparé" les protagonistes se sont rendus tous deux ensemble, et avant la fermeture du cabaret, au domicile privé de l’artiste. Les événements qui s’y déroulèrent ont font fait l’objet de déclarations opposées. B. K. soutient qu’elle et son invité ont d’abord mangé, qu’ils se sont déshabillés puis mis au lit, qu'elle a mis un préservatif à son partenaire qui l'a ensuite retiré, que son client a voulu la pénétrer sans préservatif, ce à quoi elle s’est opposée, qu'elle a restitué son argent au client qui a toutefois refusé de partir, que J. a poussé sa victime sur le lit et s'est jeté sur elle, qu'il lui a mis la main sur la bouche et essayé de la pénétrer sans protection, qu'il l'a frappée au dos alors qu'elle tentait de se mettre dans une position ne permettant pas la pénétration, qu'il l'a poussée à gauche du lit sur le sol, ne lâchant prise qu’au moment où elle parvenait à frapper l’œil de son agresseur au moyen d’une chaussure. J. aurait ensuite frappé sa victime avec les poings alors qu’elle tentait de se relever, lui occasionnant plusieurs blessures : une fracture du plancher de l’orbite gauche et de la lame papyracée; une tuméfaction de toute la joue gauche (provoquant un trouble de la vision de l’œil gauche et une perte de la sensibilité de la joue gauche); des marques apparentes au cou, à la nuque et au thorax, ainsi que des ecchymoses sous cutanées (rendues visibles par un examen diaphanoscopique) au sein gauche, au bras gauche, au bras droit et à la fesse droite, le tout accompagné d'une perte de connaissance. L’agresseur s’est rhabillé et à quitté les lieu en laissant K. inanimée par terre.

B. K. soutient qu’elle et son invité ont d’abord mangé, qu’ils se sont déshabillés puis mis au lit, qu'elle a mis un préservatif à son partenaire qui l'a ensuite retiré, que son client a voulu la pénétrer sans préservatif, ce à quoi elle s’est opposée, qu'elle a restitué son argent au client qui a toutefois refusé de partir, que J. a poussé sa victime sur le lit et s'est jeté sur elle, qu'il lui a mis la main sur la bouche et essayé de la pénétrer sans protection, qu'il l'a frappée au dos alors qu'elle tentait de se mettre dans une position ne permettant pas la pénétration, qu'il l'a poussée à gauche du lit sur le sol, ne lâchant prise qu’au moment où elle parvenait à frapper l’œil de son agresseur au moyen d’une chaussure. J. aurait ensuite frappé sa victime avec les poings alors qu’elle tentait de se relever, lui occasionnant plusieurs blessures : une fracture du plancher de l’orbite gauche et de la lame papyracée; une tuméfaction de toute la joue gauche (provoquant un trouble de la vision de l’œil gauche et une perte de la sensibilité de la joue gauche); des marques apparentes au cou, à la nuque et au thorax, ainsi que des ecchymoses sous cutanées (rendues visibles par un examen diaphanoscopique) au sein gauche, au bras gauche, au bras droit et à la fesse droite, le tout accompagné d'une perte de connaissance. L’agresseur s’est rhabillé et à quitté les lieu en laissant K. inanimée par terre. De son côté, J. a fait au cours de l’enquête plusieurs déclarations divergentes s’agissant de la nature des coups portés à K.. Pour le reste, il admet avoir mangé, enlevé ses habits et gagné le lit, mais affirme qu’il n’a pas tenté de pénétrer la plaignante, qu’il se trouvait simplement nu avec elle dans le lit, qu’elle s’est soudainement attaquée à lui en le griffant et le frappant, de sorte qu’il a dû faire usage de la force pour se défendre. Le dossier révèle que J. a été griffé aux bras et à l’épaule gauche, à la cuisse gauche également, et qu’il présentait un œil au beurre noir, des plaies superficielles aux paupières ainsi que des ecchymoses.

De son côté, J. a fait au cours de l’enquête plusieurs déclarations divergentes s’agissant de la nature des coups portés à K.. Pour le reste, il admet avoir mangé, enlevé ses habits et gagné le lit, mais affirme qu’il n’a pas tenté de pénétrer la plaignante, qu’il se trouvait simplement nu avec elle dans le lit, qu’elle s’est soudainement attaquée à lui en le griffant et le frappant, de sorte qu’il a dû faire usage de la force pour se défendre. Le dossier révèle que J. a été griffé aux bras et à l’épaule gauche, à la cuisse gauche également, et qu’il présentait un œil au beurre noir, des plaies superficielles aux paupières ainsi que des ecchymoses. C. Par ordonnance du 16 octobre 2002, Le Ministère public a renvoyé J. devant le Tribunal correctionnel du district de la Chaux-de-Fonds pour tentative de viol, contrainte sexuelle, lésions corporelles graves – subsidiairement simples – et mise en danger de la vie d’autrui, ainsi que pour plusieurs vols commis pour la plupart après le 13 octobre 2001. A l’issue de l’audience du 30 janvier 2003, l’accusé a été condamné pour tentative de viol et pour vol à dix-huit mois d’emprisonnement, dont à déduire vingt-et-un jours de détention préventive, assortis d’un sursis fixé à trois ans, ainsi qu’au paiement de 8'790 francs, représentant les frais de la cause. Par ailleurs, J. a été condamné à payer 20'521.60 francs à sa victime pour le préjudice subi, dont 11'000 francs d'indemnité pour tort moral.

C. Par ordonnance du 16 octobre 2002, Le Ministère public a renvoyé J. devant le Tribunal correctionnel du district de la Chaux-de-Fonds pour tentative de viol, contrainte sexuelle, lésions corporelles graves – subsidiairement simples – et mise en danger de la vie d’autrui, ainsi que pour plusieurs vols commis pour la plupart après le 13 octobre 2001. A l’issue de l’audience du 30 janvier 2003, l’accusé a été condamné pour tentative de viol et pour vol à dix-huit mois d’emprisonnement, dont à déduire vingt-et-un jours de détention préventive, assortis d’un sursis fixé à trois ans, ainsi qu’au paiement de 8'790 francs, représentant les frais de la cause. Par ailleurs, J. a été condamné à payer 20'521.60 francs à sa victime pour le préjudice subi, dont 11'000 francs d'indemnité pour tort moral. D. Dans leurs considérants, les premiers juges retiennent notamment que le mensonge initial de la plaignante n'enlève rien à la crédibilité de sa thèse, dès lors qu'elle a menti sur demande de la tenancière du cabaret dans lequel elle était employée, que cette dernière a laissé entendre à sa subordonnée que mentir lui éviterait des problèmes (dans un contexte de menace de révocation de la décision administrative d'exploiter le cabaret et de poursuite pénale pour encouragement à la prostitution), que la plaignante n'avait aucun intérêt à nuire à un individu qu'elle venait à peine de rencontrer, surtout en devant supporter une longue et lourde procédure en tant que victime d'une infraction humiliante, avec de nombreuses comparutions policières et judiciaires, peu recherchées dans son milieu professionnel. Il retient en outre que les ecchymoses au sein gauche et à la fesse droite sont compatibles avec une agression à caractère sexuel et que ces lésions ne s'expliquent pas par la nature et l'importance des coups que J. a finalement admis avoir pu donner, qu'un client passe deux heures au lit avec une personne, qu'il savait être une prostituée, sans que rien de sexuel ne survienne est peu crédible, qu'une attitude soudainement agressive de la part de la plaignante ne l'est pas plus, que les déclarations de J. ont eu différents contenus, de la dénégation jusqu'à un aveu "du bout des lèvres", que le comportement reproché à ce dernier s'explique par son désir d'entretenir une relation sans protection, lui qui n'avait pas pu jouir dans le séparé à cause du préservatif et qui, selon le témoin V., avait essayé par le passé auprès de plusieurs filles, mais en vain, d'obtenir des relations sexuelles non protégées.

D. Dans leurs considérants, les premiers juges retiennent notamment que le mensonge initial de la plaignante n'enlève rien à la crédibilité de sa thèse, dès lors qu'elle a menti sur demande de la tenancière du cabaret dans lequel elle était employée, que cette dernière a laissé entendre à sa subordonnée que mentir lui éviterait des problèmes (dans un contexte de menace de révocation de la décision administrative d'exploiter le cabaret et de poursuite pénale pour encouragement à la prostitution), que la plaignante n'avait aucun intérêt à nuire à un individu qu'elle venait à peine de rencontrer, surtout en devant supporter une longue et lourde procédure en tant que victime d'une infraction humiliante, avec de nombreuses comparutions policières et judiciaires, peu recherchées dans son milieu professionnel. Il retient en outre que les ecchymoses au sein gauche et à la fesse droite sont compatibles avec une agression à caractère sexuel et que ces lésions ne s'expliquent pas par la nature et l'importance des coups que J. a finalement admis avoir pu donner, qu'un client passe deux heures au lit avec une personne, qu'il savait être une prostituée, sans que rien de sexuel ne survienne est peu crédible, qu'une attitude soudainement agressive de la part de la plaignante ne l'est pas plus, que les déclarations de J. ont eu différents contenus, de la dénégation jusqu'à un aveu "du bout des lèvres", que le comportement reproché à ce dernier s'explique par son désir d'entretenir une relation sans protection, lui qui n'avait pas pu jouir dans le séparé à cause du préservatif et qui, selon le témoin V., avait essayé par le passé auprès de plusieurs filles, mais en vain, d'obtenir des relations sexuelles non protégées. E. Le recourant se pourvoit en cassation. Il se plaint d'une violation du principe de la présomption d'innocence, d'arbitraire et d'abus du pouvoir d'appréciation. Le recourant soutient qu'en tout état de cause, les frais mis à sa charge sont trop élevés. Toute son argumentation repose sur les fausses déclarations de la plaignante au début de l'instruction.

E. Le recourant se pourvoit en cassation. Il se plaint d'une violation du principe de la présomption d'innocence, d'arbitraire et d'abus du pouvoir d'appréciation. Le recourant soutient qu'en tout état de cause, les frais mis à sa charge sont trop élevés. Toute son argumentation repose sur les fausses déclarations de la plaignante au début de l'instruction. F. Le président du Tribunal correctionnel ne formule aucune observation ni conclusion. Le Ministère public et la plaignante déposent quelques observations et concluent au rejet du pourvoi.

F. Le président du Tribunal correctionnel ne formule aucune observation ni conclusion. Le Ministère public et la plaignante déposent quelques observations et concluent au rejet du pourvoi. C O N S I D E R A N T

C O N S I D E R A N T en droit

en droit 1. Interjeté dans les formes et délai légaux (art.244 CPP), le pourvoi est recevable.

1. Interjeté dans les formes et délai légaux (art.244 CPP), le pourvoi est recevable. 2. Le principe de la présomption d'innocence, consacré par la maxime "in dubio pro reo", se déduit de l'article 6 al.2 CEDH, de l'article 9 Cst. féd. et, en procédure neuchâteloise, de l'article 224 CPP. Ce principe interdit en particulier de prononcer un verdict de culpabilité tant qu'un doute subsiste sur celle de l'accusé. Il doit toutefois s'agir d'un doute sérieux et irréductible qui s'impose à l'esprit en fonction de la situation objective (ATF 120 Ia 31, SJ 1994, p.541). Le juge peut fonder son intime conviction sur de simples indices et l'autorité de cassation, liée par les constatations de fait du premier juge, n'intervient que si celui-ci s'est rendu coupable d'arbitraire, soit s'il a admis ou nié un fait en se mettant en contradiction évidente avec le dossier, s'il a abusé de son pouvoir d'appréciation, notamment en ne prenant pas en compte des preuves pertinentes, si ses constatations sont manifestement contraires à la situation de fait, reposent sur une inadvertance manifeste ou heurtent gravement le sentiment de justice; enfin, si son appréciation des preuves est tout à fait insoutenable (ATF 124 IV 86).

2. Le principe de la présomption d'innocence, consacré par la maxime "in dubio pro reo", se déduit de l'article 6 al.2 CEDH, de l'article 9 Cst. féd. et, en procédure neuchâteloise, de l'article 224 CPP. Ce principe interdit en particulier de prononcer un verdict de culpabilité tant qu'un doute subsiste sur celle de l'accusé. Il doit toutefois s'agir d'un doute sérieux et irréductible qui s'impose à l'esprit en fonction de la situation objective (ATF 120 Ia 31, SJ 1994, p.541). Le juge peut fonder son intime conviction sur de simples indices et l'autorité de cassation, liée par les constatations de fait du premier juge, n'intervient que si celui-ci s'est rendu coupable d'arbitraire, soit s'il a admis ou nié un fait en se mettant en contradiction évidente avec le dossier, s'il a abusé de son pouvoir d'appréciation, notamment en ne prenant pas en compte des preuves pertinentes, si ses constatations sont manifestement contraires à la situation de fait, reposent sur une inadvertance manifeste ou heurtent gravement le sentiment de justice; enfin, si son appréciation des preuves est tout à fait insoutenable (ATF 124 IV 86). 3. En l'espèce, les éléments du dossier autorisaient les premiers juges à condamner J. pour tentative de viol. De façon particulièrement motivée et convaincante, ils ont expliqué pourquoi la thèse de la plaignante pouvait être retenue, ce malgré des premières déclarations fallacieuses : la tenancière avait des raisons crédibles d'ordonner à ses subordonnées, dont la plaignante, de mentir sur certains points aux autorités, et les employées tout intérêt à obéir à leur patronne, même au risque de sanctions pénales. S'agissant de la tentative de viol elle-même, il ressort du dossier que la plaignante ne s'est pas contredite. Les seules divergences, qui n'ont été que temporaires, concernent comme rappelé ci-dessus la chronologie des événements (heure de départ des protagonistes depuis le cabaret) ainsi que quelques faits d'importance mineure destinés à rendre cohérent ou à aménager le mensonge sur l'heure et l'ordre de départ. Les arguments que le recourant fait valoir n'explicitent pas véritablement le grief d'arbitraire. Ils ne mettent pas en lumière une contradiction des premiers juges ni n'exposent en quoi la thèse de la plaignante ne pourrait, malgré son mensonge initial, être préférée à celle du recourant, pour le moins douteuse quant à l'agression gratuite dont il aurait été victime, pour des motifs qu'il qualifie lui-même d'obscurs.

3. En l'espèce, les éléments du dossier autorisaient les premiers juges à condamner J. pour tentative de viol. De façon particulièrement motivée et convaincante, ils ont expliqué pourquoi la thèse de la plaignante pouvait être retenue, ce malgré des premières déclarations fallacieuses : la tenancière avait des raisons crédibles d'ordonner à ses subordonnées, dont la plaignante, de mentir sur certains points aux autorités, et les employées tout intérêt à obéir à leur patronne, même au risque de sanctions pénales. S'agissant de la tentative de viol elle-même, il ressort du dossier que la plaignante ne s'est pas contredite. Les seules divergences, qui n'ont été que temporaires, concernent comme rappelé ci-dessus la chronologie des événements (heure de départ des protagonistes depuis le cabaret) ainsi que quelques faits d'importance mineure destinés à rendre cohérent ou à aménager le mensonge sur l'heure et l'ordre de départ. Les arguments que le recourant fait valoir n'explicitent pas véritablement le grief d'arbitraire. Ils ne mettent pas en lumière une contradiction des premiers juges ni n'exposent en quoi la thèse de la plaignante ne pourrait, malgré son mensonge initial, être préférée à celle du recourant, pour le moins douteuse quant à l'agression gratuite dont il aurait été victime, pour des motifs qu'il qualifie lui-même d'obscurs. Dans la mesure où il est recevable, le grief d'arbitraire doit donc être rejeté.

Dans la mesure où il est recevable, le grief d'arbitraire doit donc être rejeté. 4. Selon l'article 89 CPP, les frais mis à charge du condamné peuvent être réduits si tous les faits de la prévention n'ont pas été retenus ou si ces frais sont disproportionnés face à l'importance de la cause.

4. Selon l'article 89 CPP, les frais mis à charge du condamné peuvent être réduits si tous les faits de la prévention n'ont pas été retenus ou si ces frais sont disproportionnés face à l'importance de la cause. Aucune des exceptions précitées n'est réalisée en l'espèce : tous les faits essentiels visés ont été retenus (même si certaines qualifications ont été abandonnées, pour cause de concours); par ailleurs, l'épisode des mensonges initiaux discuté plus haut n'a pas sensiblement accru les frais de justice, dans la présente procédure, et il n'a pas occasionné de démarches pour le reste superflues, la divergence des thèses imposant de toute manière l'administration minutieuse de toutes les preuves disponibles.

Aucune des exceptions précitées n'est réalisée en l'espèce : tous les faits essentiels visés ont été retenus (même si certaines qualifications ont été abandonnées, pour cause de concours); par ailleurs, l'épisode des mensonges initiaux discuté plus haut n'a pas sensiblement accru les frais de justice, dans la présente procédure, et il n'a pas occasionné de démarches pour le reste superflues, la divergence des thèses imposant de toute manière l'administration minutieuse de toutes les preuves disponibles. 5. Clairement mal fondé, le pourvoi sera rejeté aux frais du recourant. Celui-ci paiera également, en faveur de la plaignante mais en main de l'Etat, vu l'assistance judiciaire, une indemnité de dépens couvrant la rédaction d'observations sur recours.

5. Clairement mal fondé, le pourvoi sera rejeté aux frais du recourant. Celui-ci paiera également, en faveur de la plaignante mais en main de l'Etat, vu l'assistance judiciaire, une indemnité de dépens couvrant la rédaction d'observations sur recours. Par ces motifs, LA COUR DE CASSATION PENALE

Par ces motifs, LA COUR DE CASSATION PENALE 1. Rejette le pourvoi.

1. Rejette le pourvoi. 2. Arrête les frais de la procédure de recours à 660 francs et les met à la charge du recourant.

2. Arrête les frais de la procédure de recours à 660 francs et les met à la charge du recourant. 3. Condamne le recourant à verser, en faveur de la plaignante mais en main de l'Etat, une indemnité de dépens de 500 francs.

3. Condamne le recourant à verser, en faveur de la plaignante mais en main de l'Etat, une indemnité de dépens de 500 francs. Neuchâtel, le 3 février 2004

Neuchâtel, le 3 février 2004