Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07078.jsonl.gz/1116

« Il y a deux manières de conquérir et asservir une nation. L’une est par l’épée. L’autre par la dette ».
John Adams (1735-1826)
« Ce que l'homme a fait, il peut le défaire,
ce qu'il n'a pas fait, il peut toujours le faire. »
Notre société a-t-elle les moyens d'assumer la création
de cet outil financier capable de contourner les contradictions du système, faites d'endettement, de croissance et de fiscalité ?
Comme nous le démontrons ici, la réponse est clairement oui.
Design de l’outil
Nous voulons obtenir de l’argent : sans l’extorquer, sans devoir le payer, sans devoir l’emprunter, sans devoir le rembourser, en fonction exacte des besoins.
Sans l’extorquer : il ne s’agit donc pas d’un impôt, ni d’une taxe, ni d’un rendement sur placement, ni d’une guerre financière.
Sans devoir le payer : il ne s’agit donc pas d’un crédit auprès d’un organisme bancaire.
Sans devoir l’emprunter : il ne s’agit donc pas d’un emprunt obligataire auprès du public ou d’une hypothèque sur un patrimoine
existant.
Sans devoir le rembourser : l’argent obtenu restera perpétuellement en circulation dans la société,
sans devoir être dû à qui que ce soit, ni dans 50 ans, ni dans 1000 ans, ni jamais.
En fonction exacte des besoins :
les sommes à dispositions ne seront limitées que par la nécessité d’une masse monétaire reflétant la réalité physique et non pour des raisons de carences de financement.
Paramétrisation du design
Sans l’extorquer, mais en laissant la possibilité de le financer par tout acteur le désirant.
Sans
devoir le payer, donc toute formule n’exigeant pas d’intérêts sera compatible avec cette exigence.
Sans devoir emprunter, mais
en acceptant un mode de création comparable à l’équilibre du bilan d’un crédit.
Sans devoir le
rendre, donc sans limitation de durée d’utilisation.
En fonction des besoins, mais évidement en fonction stricte
des besoins, il ne s’agit pas de déséquilibrer le fonctionnement de la société dans l’autre sens. Les mot d’ordre sont ici : « probe et sobre prospérité ».
Fusion
des paramètres
Nous proposons de réunir dans un même produit, conçu en fonction du design, les caractéristiques
financières suivantes :
-
la nature obligataire
-
le rendement nul
-
la maturité indéterminée
-
la valeur constante
-
l’indépendance des marchés
Ces caractéristiques permettent d’obtenir la configuration non lucrative d’un produit financier, c'est-à-dire supportable par tous les partenaires, qui désarme
par nature les reproches classiques aux instruments de financement des collectivités : création de dette, coûts élevés, nécessités de rentabilité, échéances stressantes, inégalités
intergénérationnelles, obligation abusive de solidarité citoyenne.
Comme on le verra plus loin, le fait de n'avoir
aucune contrainte de rendement ni de maturité n'est aucunement préjudiciable à l'émetteur bancaire, bien au contraire, et bien entendu, fortement avantageux pour le bénéficiaire, ce qui est notre propos.
C'est un système de profits mutuels où tous les partenaires sont gagnants.
La
nature obligataire
Une obligation est un titre financier qui exprime la propriété d’une part de richesse.
Sur la base d’une obligation, déposée dans une banque, cette dernière peut émettre la quantité de monnaie qui correspond à la valeur du titre. Le titre passe à l’actif de la banque, la monnaie émise
et destinée à circuler, au passif, par une opération classique de création monétaire. L’opération est donc neutre pour la banque. De plus elle est absolument sans risque, puisque la monnaie émise est couverte
à 100 % par la valeur de l’obligation, ce qui n’est de loin pas le cas d’un crédit, qui fonctionne pourtant sur le même principe, mais sur un mode spéculatif.
Tant que l’obligation reste déposée à la banque, la monnaie correspondante peut rester en circulation, aucun retour à
la source n’est nécessaire. Si l’obligation est retirée par son propriétaire, la quantité équivalente de monnaie doit être retirée de la circulation. Dans ce cas le propriétaire de l’obligation
rembourse à la banque le montant de cette obligation.
Le rendement nul
Dans le système
capitaliste à but lucratif, tout acheteur de titres désire que son placement rapporte de l’argent. C’est même dans ce but précis qu’il fait des investissements. L’argent est donc forcé d’avoir
un rendement, pour compenser l’intérêt perçu sur son existence. C’est la cause de l’inflation, les coût de la vie augmente sans cesse pour que les entreprises puissent extraire l’argent nécessaire au
service de leurs dettes. Le rendement de l’argent est imposé par l’intérêt.
On voit rarement l’absurdité
d’un tel système, et pourtant elle est connue depuis si longtemps, que le philosophe Aristote l’avait déjà dénoncée comme pernicieuse. Il avait en effet forgé un terme spécifique pour la qualifier.
Aujourd’hui le rendement de l’argent
est devenu négatif dans toute l’Europe, y compris en Suisse, nous sommes entrés en déflation. Les déposants n’ont donc plus aucun intérêt à placer leur argent sur des comptes. C’est le monde
à l’envers.
Les taux positifs rendent l’argent cher, les taux négatifs rendent les dépôts chers.
Dans tous les cas ce sont les acteurs non bancaires qui trinquent. Les banques continuent à faire des profits, dans un sens ou dans l’autre.
En revanche, un rendement nul abolit la pression de l’intérêt sur l’argent et les pertes sur les dépôts, ce qui replace l’acteur non bancaire dans une situation saine, sans pour autant désavantager
la banque (respectivement la BCVs), qui pourra trouver dans la dynamique engendrée par la mise en circulation de nouvelles liquidités des sources de rétribution.
Sur un plan purement lucratif, l'intérêt est toujours une arme redoutable dans la main de l'émetteur, car il est dû indépendamment
du rendement réel de l’activité créée par de l'argent mis en circulation. L’intérêt est le moteur d’un système de déplacement de la richesse, vers ceux qui ont le pouvoir d'émettre
ou d'acheter des obligations, c'est-à-dire vers ceux qui contrôlent la monnaie.
Si on veut démonter le piège,
il faut donc envisager un financement à rendement nul, consécutif d'un taux nul.
Le taux nul, engendrant un rendement nul,
est le premier axiome du non endettement, condition sine qua non d'une monnaie honnête. Ce premier axiome est complété par un deuxième : la
maturité indéterminée.
La maturité indéterminée
Pour
des titres disponibles sur les marchés, la maturité (date d'échéance) est un élément essentiel. Il s’agit de l’échéance
à laquelle les obligations doivent être remboursées à l’émetteur, faute de mise faillite du bénéficiaire (acteur non bancaire) ou de mise en faillite de l’émetteur (acteur bancaire).
Émettre des titres sans date de maturité élimine tous ces risques. Les titres sont conservés indéfiniment sur
le bilan quil les concerne, sans jamais que celui-ci ne soit déséquilibré. Si aucun remboursement n’est fait, la liquidité émise au passif compense les titres à l’actif. De plus, la menace de faillite s’éteint
par le fait qu’aucune échéance ne vient mettre de pression sur les partenaires de l’opération. Ainsi se conçoit une véritable monnaie de service. L’asservissement s’évanouit.
De fait la chose n’est pas nouvelle, il existe depuis plusieurs siècles une forme d'obligations sans date de maturité, qu'on appelle « obligations
perpétuelles » ou perps dans les milieux financiers. Elles ne sont donc pas considérées comme des dettes puisque le remboursement du principal n'est pas indispensable, bien que techniquement possible. Les obligations
perpétuelles constituent des actifs permanents dont la valeur est strictement équivalente à la quantité de monnaie mise ou remise en circulation par leur vente.
Le deuxième axiome, de la maturité indéterminée, permet d’éviter l’endettement. De toutes façons, qui peut dire en quoi l’idée de dette vis-à-vis
du secteur bancaire serait légitime, si celui-ci ne prend sur aucun compte les liquidité qu’il met à disposition sur la base de titres représentant un travail effectué en dehors de son domaine d’action ?
La création de richesse se fait par le travail, et non par la monnaie. La société reçoit ce travail comme un produit bénéfique. Toute exigence d’endettement pour rétribuer ce travail serait donc une spoliation.
La valeur constante
Les titres n'exigeant aucun rendement ni aucun remboursement (ou coupon
payable à date régulière) ont par conséquence mathématique une valeur constante. Le bénéficiaire, c'est-à-dire l'emprunteur,
n'a pas à délier bourse pour entretenir l’existence du titre au moyen de l’intérêt. Le titre ne s’érode pas non plus au cours du temps, aussi long soit-il. La valeur titrisée du travail investi est
donc garantie sur le long terme.
Indépendance des marchés
Pour
vendre ou acheter des titres, il faut pouvoir les mettre à disposition auprès du plus d’acheteurs possibles. C’est la raison de l’existence des bourses d’échange (ou corbeilles), qui, interconnectées, forment
ce qu’on appelle « les marchés ». Le jeu incessant des achats et des ventes font varier les prix, et permettent la spéculation.
Des titres dont la valeur est fixée par principe ne sont pas assujettis à cette logique. Il n’est pas du tout nécessaire de les mettre en vente sur des marchés, ni même de les vendre ou de les acheter
pour que leur valeur soit légitimée. Les titres à durée indéterminée, à taux nul et à valeur constante sont par nature destinés à être totalement indépendant des marchés.
Aucune spéculation ne peut avoir de prise sur leur valeur, aucune variation boursière ne peut les mettre en danger.
Ces
titres peuvent rester déposés à la banque émettrice, attribués à divers propriétaires ou seulement propriété de la banque, sans que leur valeur ne soit altérée par quelque activité
économique ou financière.