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Comment est né le jacobinisme et quel est son impact sur notre époque?
Historiquement, les députés états généraux français se sont réunis au printemps 1789. Le 17 juin 1789, ces députés deviennent l'assemblée nationale constituante. Ils travailleront pendant deux ans afin d’élaborer la première constitution écrite française à savoir la constitution de 1791. Après cela, intervient une seconde assemblée révolutionnaire: l’assemblée législative qui inaugure une période de monarchie constitutionnelle mais qui n’a aucune influence parce qu’il ya eu un décret qui interdisait aux anciens députés de se représenter. L’assemblée législative va se terminer le 20 septembre 1792.
Il y aura une nouvelle assemblée, cette fois inspirée par les américains appelée la Convention: Elle se réunira et sera proclamée le 21 septembre 1792, la République. Elle restera dans sa forme primitive jusqu’à la chute de Robespierre le 26 août 1794 et perdurera ensuite un certain temps sous la forme d’une convention thermidorienne. Par conséquent, la question de l’unité ou de la dualité de la révolution française fera débat entre libéraux et jacobins. La révolution d'inspiration libérale sera remplacée à partir de 1792 par une révolution anti-libérale, une sorte de loi de radicalisation qui affecta toutes les grandes révolutions. La première révolution d’Angleterre de 1642 et la révolution russe de mars 1917 constituant les deux grandes révolutions de l’époque.
Les conceptions libérale et jacobine vont se combattre jusqu’au moment où le jacobinisme va s’imposer pendant la révolution. Avec la proclamation de la République le 21 septembre 1792, s’engagera une phase révolutionnaire que rien ne laissait présager. Le jacobinisme restera l’aile marchand de la révolution et se transformera en 1792 en interprétation de la révolution. Elle sera consécutive à la scission entre les girondins, partisans de la décentralisation, et les jacobins ou montagnards, partisans d’un gouvernement centralisé.
Le jacobinisme a été tout à la fois un mouvement de défense républicaine dans la mesure où il se lie à l’idée républicaine. Il sera également une idéologie démocratique, populaire, égalitaire mais dictatorial et centralisatrice. Cette idéologie va donner lieu à un concept qui se reposera sur un système d’une part et sur une théorie du gouvernement révolutionnaire d’autre part. Ainsi Robespierre exposera-t-il un système rationnel fondé sur un discours de l’égalité basé sur une alliance populaire, ce qui aboutira à la radicalisation de la révolution et à l’épuration de tous les opposants. Le second fondement de la théorie du gouvernement révolutionnaire se caractérisera par une ambition démesurée, celle de créer une nouvelle race d’hommes. Le système jacobin ou la défense de l’état révolutionnaire.
Karl Marx doit beaucoup à la révolution française. Il s’en inspire et forge par là-même la théorie de la dictature du prolétariat. Le jacobin est l’ancêtre du communiste. Désormais la révolution est liée à l’idée de république. La république est une doctrine historique incarnée dans la révolution.
En définitive le héros révolutionnaire est promu à un bel avenir dans la modernité par le déchaînement des passions nationales. Par contre l’ambition jacobine de révolutionner l’homme en le rendant digne de la république révèle la vanité d’une entreprise qui a fait de ce pouvoir le premier gouvernement d’ordre moral mais un ordre moral non pas de droite mais de gauche.
A l’aune de la mémoire nationale, ce moment exceptionnel de l’histoire française a donné lieu à des grilles différentes de lecture en passant de la théorie à la pratique. Il a été victime d’une légende noire en dépit de l’admiration qu’il a suscité chez nombre de républicains, chez nombre d’historiens d’obédience néo jacobine, et même chez des adversaires.
Le jacobinisme suscita au XIXè siècle une réprobation quasi générale dans les mémoires traditionalistes, libérales et dans la mémoire républicaine notamment. Un républicain français se désolidarisera majoritairement et définitivement de cette violence institutionnelle du jacobinisme en se réfugiant à Genève.