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Activiste, personnage révolutionnaire du paysage politique français, Joséphine Baker est à elle seule une véritable icône. Sa vie, ses combats, ses engagements font d’elle une figure éminente et inoubliable. En atteste sa récente entrée au Panthéon.
Joséphine Baker : son enfance et sa famille
Dès que le nom Joséphine Baker est évoqué, on ne peut s’empêcher de songer à la femme polyvalente et multifacétique qu’elle était. Toutefois, avant de devenir cette grande personnalité que nous connaissons, celle qui est connue comme Joséphine Baker a d’abord été la petite Freda Joséphine McDonald.
Née le 3 juin 1906 aux États-Unis, dans la ville du Missouri, Freda Joséphine McDonald est le fruit de l’hyménée de Carrie McDonald et d’Eddie Carson. Descendante du musicien de rue Eddie Carson, Freda Joséphine McDonald a des origines espagnoles, afro-américaines et amérindiennes. Dès son plus jeune âge, Joséphine Baker baigne dans un environnement musical. Ses parents montent un numéro de chant au cours duquel ils esquissent des pas. Hélas, la magie ne dure pas bien longtemps ; Eddie Carson abandonne sa petite famille en 1907. La petite Freda prend le nom de Martin après le remariage de Carrie McDonald avec Arthur Martin.
Joséphine Baker vit une enfance marquée par une enfance alternée entre l’école et les travaux domestiques pour le compte de familles aisées. D’origine modeste, elle est l’aînée d’une fratrie nombreuse et pauvre. Elle commence donc très tôt à travailler et apporte du pain sur la table pour ses frères Richard, Margaret et Willie Mar grâce à son salaire. Un tel mode de vie a pour conséquence l’abandon des études par Joséphine qui se marie en 1920 alors qu’elle n’a que 13 ans. Son mari Willie Wells et elle continueront de vivre avec la famille de Martin.
Joséphine Baker : sa carrière
La carrière de Joséphine Baker commence officiellement en 1920. À cette époque, elle vient de mettre fin à son premier mariage. Danseuse depuis sa plus tendre enfance, elle finit par intégrer un trio d’artistes de rues : le Jones Family Band. Cette intégration débouche sur une autre au sein de la troupe itinérante des Dixie Steppers. Les activités artistiques de cette bande permettent à Joséphine Baker de croiser la route de Willie Baker, l’homme qu’elle épousera en deuxième noces en 1921.
La carrière de la jeune femme se poursuit avec un métier de danseuse au Standard Theater où elle est rémunérée à seulement 10 dollars par semaine.
Après des débuts de danseuse de rue, Joséphine Baker vise la lune et se lance à New York contre l’accord de son deuxième mari qu’elle quitte. Ambitionnant de rejoindre la célèbre troupe de Broadway, elle se heurte aux refus successifs du directeur, mais sa persévérance paie et elle se voit attribuer un rôle sommaire.
Cette expérience s’avèrera enrichissante pour Joséphine Baker qui fera de grandes rencontres. Sa carrière prend un tournant décisif lorsqu’elle se convertit en la muse de Caroline Dudley Reagent, l’épouse de Donald J. Reagan, attaché commercial de l’ambassade américaine en France, à Paris. Grâce à Caroline Dudley Reagan, Joséphine Baker se rend en France en 1925.
Ses numéros de danse fabuleusement créatifs la font remarquer notamment grâce à son fameux accoutrement de plumes roses et sa ceinture de bananes lors de la représentation de la pièce théâtrale « La Folie du Jour ».
Joséphine Baker et le château des Milandes
Le château des Milandes occupe une place importante dans l’histoire de la vie de cette femme hors du commun. Il a servi de lieu de représentation des spectacles de la grande Joséphine Baker. Aujourd’hui encore, on ne peut évoquer le château et ses jardins sans penser à l’artiste. On y retrouve notamment ses parures les plus célèbres : sa ceinture de bananes qu’elle portait lors de son apparition au cours du spectacle de « La Folie du Jour ».
Joséphine Baker la résistante
Bien plus qu’une diva et une artiste, Joséphine Baker s’est également illustrée dans l’histoire par ses engagements politiques. Intimement liée au mouvement de Renaissance d’Harlem, elle en sera une militante acharnée. Elle s’érige en défenseur des droits lésés aux côtés de Martin Luther King lors de sa marche organisée en 1963. À son arrivée en France, sa verve ne la lâche pas. Elle rejoint la Ligue internationale contre le Racisme et l’Antisémitisme dès 1938 puis participe activement à la Résistance au cours de la Deuxième Guerre mondiale. Engagée dans l’armée de l’air, elle n’hésite pas à défendre l’helvétique de l’attaque nazie.
Joséphine Baker : fin de vie et enterrement
Après une vie consacrée à la lutte contre les injustices sociales et aux arts, Joséphine Baker s’éteint le 12 avril 1975 à l’Hôpital de Salpêtrière. Ce décès profondément marquant est dû à une attaque cérébrale (hémorragie). Âgée seulement de 68 ans, la résistante meurt. Son inhumation aura lieu au cimetière de Monaco le jour même de sa disparition tragique.
Joséphine Baker au Panthéon
À titre posthume, Joséphine Baker se voit grandement honorée par la France pour laquelle elle a tant servi. À l’occasion du 30 novembre 2021, la sépulture de la vaillante héroïne internationale naturalisée française est déplacée à destination du Panthéon sur une initiative du Président de la République Emmanuel Macron. Cette entrée au Panthéon fait non seulement d’elle la sixième femme à rejoindre le temple, mais également la première femme noire à avoir réussi un tel exploit.
Durant une cérémonie forte en émotions d’une heure et trente minutes, le Président prononce une allocution visant à honorer le parcours de Joséphine Baker. Des personnalités célèbres telles que le Prince Albert II ou encore des figures éminentes de la culture prennent également part à l’hommage pour l’Héroïne de France. Célébré par sa patrie et ses enfants qui assistent aussi à la cérémonie, le parcours de Joséphine Baker demeure inoubliable.
Artiste, féministe, justicière, redresseuse des torts, Joséphine Baker est indéniablement un personnage hors du commun passé à la postérité. Le vaste héritage qu’elle a légué aux générations futures ne cessera d’être perpétué. Un vrai symbole de bravoure et de détermination, en somme.