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Villarreal remporte l'Europa League au terme d'une longue, très longue séance de tirs aux buts. Son entraîneur, moqué à Paris et Arsenal, prend une revanche.
Les dix premiers tireurs de chaque équipe avaient tous marqué et ce fut donc le tour des gardiens. Minuit à l'horloge, plus rien ne bouge. Geronimo Rulli prend quelques pas d'élan et transforme son penalty. David De Gea trépigne et envoie une balle molle sur son collègue. Villarreal bat Manchester United. Unai Emery tue le suspense et redevient un héros.
Après les prolongations, le score était de 1-1. Manchester United avait dominé la plupart du temps réglementaire avec un pressing haut, des attaquants dans tous les coins (4-2-3-1) et une énergie constante. Mais en fin de compte, les Diables rouges faisaient plus de peur que de mal. Ils rataient leurs enchaînements dans les petits espaces et n'approchaient pas le gardien Rulli à moins de seize mètres.
Résultat: Moreno a ouvert le score à la réception d'un coup-franc fuyant (29e) tandis que Cavani a extirpé le ballon d'une mêlée pour égaliser (53e) sur corner. Deux coups de pieds arrêtés, sinon rien.
Cette finale d'Europa League ne laissera peut-être aucune trace dans les mémoires, mais néanmoins quelques lignes dans l'histoire.
«Présents au stade, les légendes Alex Ferguson et Wayne Rooney ont bien compris que cette époque pour leur ancien club est davantage celle des échecs que des triomphes», rapporte L'Equipe.
United ne veut pas en rester là et subir sans sourciller la domination de son rival urbain: il va embaucher. Reste à définir la part de réalité, la part de vanité, dans ce qui ressemble souvent à des effets d'annonce.
Car ManU peut-il encore séduire avec ses veilles histoires de décapotables et de sales gosses, au nom d'un passé que de surcroît, il était prêt à renier (super ligue)? Au-delà d'un intérêt notoire pour Cristiano Ronaldo et Harry Kane, le club devra déjà conserver Paul Pogba, Dean Henderson, et même Bruno Fernandes (28 buts et 17 passes décisives en 57 matchs), dont il se propose de doubler le salaire.
Ce n'est pas tant sa dimension légendaire, mais bien sa capacité à en être digne, qui interroge de nombreux acteurs du marché, dont «l'affreux» Mino Raiola, impresario des stars et pourfendeur obstiné des Reds:
Un seul homme semble traverser le temps avec une sorte d'immunité populaire; mais peut-être est-ce son privilège de super-sub, d'éternel remplaçant, plus ou moins bon et pas bien méchant.
Depuis un interim commencé en décembre 2018, la rumeur ne cesse de l'éconduire et de le reconduire, sans qu'Ole Gunnar Solskjaer ne semble en concevoir la moindre blessure d'amour-propre. Il est toujours là, deuxième du championnat et finaliste de l'Europa League. Toujours là, âme des Diables rouges, avec un visage d'ange que vient balafrer un sourire malin. Mais sera-t-il encore là en août, pour la rentrée?
Si les entraîneurs qui gagnent souvent sont tous des êtres exceptionnels (Galtier à Lille, Tuchel à Chelsea, etc.), alors il n'y a aucune raison de penser le contraire de Ole Gunnar Solskjaer. Mais dans le football, le problème n'est pas tant que les (diri)gens soient des requins. Le problème est qu'ils ont tous une mémoire de poisson rouge.