Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06898.jsonl.gz/384

Une première dans l'histoire du football: un Suisse, le défenseur central fribourgeois, Stéphane Henchoz, remporte avec son club de Liverpool la Coupe d'Angleterre de football 2 à 1, au dépens d'Arsenal.
En effet, samedi soir, en finale de la Coupe d'Angleterre, Liverpool a battu Arsenal: 2 à 1, grâce aux deux goals marqués dans les sept dernières minutes du match par Michael Owen.
Dans le même temps, c'est la première fois qu'un footballeur helvétique, Stéphane Henchoz, a l'honneur, non seulement de participer, mais également de gagner la Coupe d'Angleterre. Un trophée qui, rappelons-le, récompense depuis 1872 la plus vieille compétition de football au monde.
Décidément, cette 120ème édition de la Coupe d'Angleterre aura rompu avec la tradition à plus d'un titre: Elle s'est déroulée à Cardiff, dans le Pays de Galles, en raison de la réfection du stade de Wembley à Londres.
Ensuite, elle a mis aux prises, pour la première fois dans l'histoire du football anglais, deux entraîneurs français: Gérard Houiller, coach de Liverpool, et Arsène Wenger, mentor d'Arsenal.
C'est la sixième fois que Liverpool remporte la Coupe d'Angleterre. La dernière datait de 1992. Alors qu'Arsenal, lui, avait enlevé la Coupe et le Championnat en 1998. Si bien qu'Arsenal était donné favori, d'autant qu'à une journée de la fin du Championnat, il occupe la deuxième place du classement.
Mais c'était sans compter sur le talentueux feu follet Michael Owen qui, souvent blessé cette saison, a pris sa revanche sur le mauvais sort, en trouvant, par deux fois, le chemin des filets londoniens d'Arsenal.
Cela dit, Liverpool doit tout autant son succès à sa charnière centrale composée du Finlandais Hyypia et du Suisse Henchoz, qui se montrèrent impitoyables dans les duels. Il suffit de songer qu'il y avait en face un certain Thierry Henri.
Henri et Henchoz se sont en effet livrés un duel sans merci. Le Français fit souffrir le Suisse. D'ailleurs, Thierry Henry doit encore regretter de ne pas avoir mieux exploité son énorme occasion de but de la 74ème minute. Qui, si elle avait été transformée, aurait sans doute scellé définitivement la supériorité d'Arsenal, qui menait alors 1 à 0, depuis la 72ème minute.
C'est surtout à la 17ème minute que Stéphane Henchoz s'illustra. A la suite d'une percée dans le camp de Liverpool, l'attaquant d'Arsenal, Thierry Henri, se retrouvait seul face au but vide, après avoir dribblé le gardien de Liverpool. Mais, dans un retour désespéré, Henchoz déviait, de justesse, du coude le cuir hors du cadre de ses buts. Et l'arbitre ne sifflait rien...
«Gamin, s'est exclamé Stéphane Henchoz, je sentais bien que la finale de la Coupe d'Angleterre - que l'on pouvait alors regarder en direct sur la TSR - représentait quelque chose d'important et de très particulier. Je me disais que si je pouvais soulever cette coupe, ce serait magnifique. Mais je n'osais vraiment penser que ce rêve se réaliserait un jour».
Et comme un bonheur ne vient jamais seul, le Liverpool du Suisse pourrait bien renouveler avec la victoire, mercredi, à Dortmund, en Allemagne, en finale de la Coupe UEFA, face aux Espagnols d'Alaves.
Car fort de sa victoire sur Arsenal, Liverpool est plus que jamais gonflé à bloc. Et ne peut dès lors qu'honorer à nouveau le grand Liverpool de Kevin Keegan des années 70 et, plus encore, le fabuleux Liverpool des Beatles des années 60. Puisqu'au nord de l'Angleterre, le football et la musique vont de paire.
Emmanuel Manzi