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Jérôme GALON, de nationalité française, et Ton SCHUMACHER, de nationalité néerlandaise, reçoivent le Prix Jeantet-Collen pour la médecine translationnelle 2021 pour le développement de technologies permettant l’étude du rôle du système immunitaire dans la progression du cancer et contribuant ainsi à en améliorer le diagnostic et le traitement.
Né en 1967 en France, Jérôme Galon obtient son doctorat en immunologie de l’Université de Jussieu, Paris Diderot, Université de Paris. Il travaille ensuite aux l’Instituts nationaux de la santé (NIH) à Bethesda, USA, sur la génomique fonctionnelle, la bio-informatique et l’immunologie. En 2000, il créé un groupe de recherche à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM) à Paris, France. En 2007, il devient directeur de recherche et directeur du laboratoire d’immunologie intégrative du cancer. En 2015, il crée la société de diagnostic immuno-oncologique HalioDx.
Né en 1965, Ton N. Schumacher obtient son doctorat avec Hidde Ploegh au Netherlands Cancer Institute (NKI), décrivant les règles fondamentales de la présentation d’antigène. Il intègre ensuite le laboratoire de Peter Kim au Whitehead Institute du MIT, USA, pour y poursuivre ses recherches postdoctorales. En 1996, de retour dans son pays d’origine, il rejoint le NKI, où il est actuellement Senior Member. Il est également chercheur à l’Institut Oncode à Utrecht et professeur d’immunotechnologie à l’Université de Leiden.
Jérôme Galon et Ton N. Schumacher ont reçu de nombreux prix, dont le Prix de l’inventeur européen en recherche (Jérôme Galon) et le prix Stevin (Ton Schumacher). Ils ont tous deux reçu le prix William B. Coley en 2010 et 2016, respectivement.
Réponses immunitaires antitumorales
Au cours de ces dernières années, un faisceau d’arguments atteste que notre système immunitaire peut contrôler la progression du cancer. Une question fondamentale qui découle de cette observation est de savoir comment le système immunitaire humain peut distinguer les cellules cancéreuses des cellules saines et comment une meilleure compréhension du microenvironnement tumoral, en particulier l’interaction entre la tumeur et le système immunitaire de l’hôte, peut être utilisée à des fins de diagnostic.
Le microenvironnement tumoral est complexe et comprend, avec les cellules tumorales et les vaisseaux vasculaires, divers types de cellules immunitaires infiltrantes. Jérôme Galon a montré que la nature, l’orientation fonctionnelle, la localisation et la densité des différentes populations de cellules immunitaires au sein d’une tumeur (définie comme la « contexture immunitaire ») détermine l’évolution du cancer et l’efficacité des différentes thérapies anticancéreuses. Il a montré, pour la première fois chez l’homme, que l’évolution des clones tumoraux est dépendante de la reconnaissance des néoantigènes par les lymphocytes T. Jérôme Galon a initié et coordonné un large consortium international pour tester l’Immunoscore, une méthode de calcul capable de refléter le contexte immunitaire de la tumeur, et d’estimer ainsi le pronostic des patients. Les résultats de cette étude ont démontré que l’Immunoscore a une plus grande valeur pronostique que le système classique, fournissant des informations importantes pour la gestion personnalisée des patients atteints de cancer. En conséquence, l’Immunoscore a été introduit dans les recommandations de l’OMS sur la classification des tumeurs du système digestif, ainsi que dans les directives cliniques 2020 de la Société Européenne d’Oncologie Médicale (ESMO) pour le diagnostic, le traitement et le suivi du cancer du côlon.
Ton Schumacher utilise une approche axée sur la technologie pour analyser la fonction immunitaire. Grâce au développement de nouveaux systèmes d’analyse, son groupe de recherche a pu décrire avec une précision sans précédent quels antigènes sont reconnus par les cellules T qui infiltrent les tumeurs. Schumacher et ses collègues ont ensuite utilisé ces technologies pour démontrer que dans les cancers tels que le mélanome et le cancer du poumon, les cellules T réagissent fréquemment aux antigènes nouvellement formés (« néoantigènes ») apparaissant à la suite de mutations de l’ADN. Ces résultats ont démontré, pour la première fois, que les inhibiteurs de point de contrôle immunitaire, la forme la plus largement utilisée d’immunothérapie anticancéreuse, peuvent augmenter la capacité des lymphocytes T à reconnaître ces néoantigènes. Enfin, l’observation de Schumacher selon laquelle les immunothérapies anticancéreuses à base de cellules T génèrent une activité plus marquée dans les cancers provoquant d’importants dommages de l’ADN, fournit une preuve indépendante du rôle des néoantigènes cancéreux dans le contrôle des tumeurs humaines et a inspiré le développement de thérapies anticancéreuses dirigées contre les néoantigènes.
Ton Schumacher et Jérôme Galon ont ouvert la voie à une nouvelle vision du cancer, dans laquelle le rôle de l’immunité du patient est mieux apprécié et caractérisé. Ensemble, leurs recherches offrent aux patients un meilleur diagnostic et de nouvelles possibilités d’intervention thérapeutique.
INSERM UMRS1138, Integrative Cancer Immunology Laboratory
Cordeliers Research Center
15 rue de l’Ecole de Médecine
75006, Paris, France
The Netherlands Cancer Institute
Plesmanlaan 121
1066 CX Amsterdam
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Tel: +31 20 512 2072
<email-pii>
www.nki.nl/research/research-groups/ton-schumacher/