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La migraine: plus qu'un simple mal de tête
Dix à douze pour cent de la population souffre de migraines et d’une baisse de qualité de vie qui en découle. Bien qu'incurable, la migraine peut être traitée individuellement et avec efficacité.
Monique* a beaucoup de projets devant elle pour son week-end. Mais la veille, elle avait déjà eu un mauvais pressentiment. Elle souffre de migraines depuis des années et connaît les signes avant-coureurs d'une crise. Monique était de mauvaise humeur et agitée. Au travail, elle n'arrivait pas à se concentrer et éprouvait des troubles de disgestion. Monique a reconnu les symptômes de la phase initiale d’une migraine et savait qu'elle pouvait enterrer ses plans, même si elle connaît maintenant de bons moyens thérapeutiques pour surmonter ces épisodes.
Migraine avec aura
Ce qu'elle vécut dans les heures et les jours qui suivirent fût extrêmement désagréable. Comme 15 à 20 % des patients, elle souffre de migraine avec ce qu'on appelle une phase d'aura. Ce syndrome peut entraîner des problèmes visuels, des défaillances du champ visuel et des changements de perception. De plus, des troubles de l'odorat, de l'équilibre, des troubles de la parole ou d'autres déficits neurologiques peuvent également survenir.
L'aura est perçue différemment d'un patient à l'autre. Cette expérience est dérangeante, mais l'aura n'a pas d'effets néfastes, et les symptômes disparaissent complètement à nouveau.
Céphalée avec pulsations
Le mal de tête survient normalement suite à l'épisode d'aura. Dans environ 70 pour cent de tous les cas de céphalée, les douleurs sont ressenties d'un seul côté, en particulier au niveau du front, des tempes et des yeux. Il s'agit habituellement d'une pulsation et d'une augmentation de l'intensité pendant l'activité physique.
La douleur est presque toujours accompagnée de symptômes végétatifs tel que la perte d'appétit, les nausées, les vomissements ou la diarrhée. La sensibilité à la lumière et au bruit, la transpiration et l'insomnie sont également des symptômes très fréquents. La durée des attaques varie considérablement. Elles peuvent avoir lieu pendant seulement quelques heures mais peuvent aussi durer jusqu' à trois jours.
La phase de récupération débute dès que le pic de l'attaque migraineuse est passé. Les maux de tête et les symptômes connexes diminuent graduellement jusqu'à la guérison complète. Le patient se sent fatigué et épuisé.
Mosaïque composée de nombreux mécanismes
A ce jour, nous n'avons toujours pas entièrement élucidé ce qui cause la migraine et ce qui se passe exactement dans la tête. Ce qui est certain, cependant, c'est que la migraine résulte d'une mosaïque de nombreux mécanismes. La recherche moderne a réussi à développer des théories et à identifier différents facteurs susceptibles de déclencher les migraines.
Il apparaît certain que la migraine est un trouble biologique complexe du cerveau. Ceci inclut notamment
• une augmentation temporaire de la sensibilité du système nerveux central
• la libération de substances chimiques
• transmission modifiée des signaux de douleur dans le tronc cérébral
• une inflammation temporaire des vaisseaux cérébraux voire des méninges
Le nerf crânien de la cinquième paire, le trijumeau, est particulièrement irrité. Celui-ci transmet les sensations cutanées perçues sur la surface du visage, y compris les douleurs, vers le cerveau. Cependant des facteurs d'origine génétique peuvent également être en cause. On sait depuis longtemps que des troubles liés aux migraines surviennent souvent plus fréquemment au sein d'une même famille. Diverses études effectuées auprès de jumeaux indique qu'il pourrait y avoir une composante génétique de la migraine.
De nombreux facteurs déclencheurs
Une distinction doit être établie entre les causes d'une migraine et ce qui la déclenche. L'augmentation des cas de migraine dans les pays développés au cours des dernières décennies suggère que le mode de vie et les facteurs environnementaux jouent un rôle important dans la pathogenèse de la migraine. Les éléments déclencheurs peuvent inclure entre autres le sommeil, le stress, les aliments et ainsi que des facteurs environnementaux tels que bruit, froid, fumée ou un changement soudain de la météo.
Les variations hormonales sont l’un des éléments déclencheurs les plus importants chez les femmes. Plus de la moitié des femmes souffrant de migraine indiquent le cycle menstruel comme déclencheur en cause.
Un avis éclairé
Sur la base des antécédents médicaux, incluant le type de symptômes, la durée et la fréquence, le médecin peut déterminer souvent au cours d'un premier entretien s'il s'agit d'une migraine ou d'autres types de maux de tête. Si les symptômes ne sont pas clairement identifiables, un examen approfondi sera nécessaire.
Les résultats permettent de définir quelle forme de thérapie sera la plus appropriée. La migraine est une maladie incurable, mais elle peut être traitée de manière efficace dans la plupart des cas. Ce qui importe est de vérifier de quels médicaments un patient a besoin pour son cas particulier. Il existe aujourd'hui des substances bien tolérées qui agissent pour les cas de migraines légères, moyennes et sévères.
Pour les traitements en phase aigue, la société allemande pour les migraines et céphalées recommande l'utilisation d'analgésiques appartenant au groupe des analgésiques non-opioïdes tels que l’acide acétylsalicylique, l'acétaminophène et l’ibuprofène, ainsi que des médicaments spécifiques pour le traitement de la migraine, tels les triptans (Sumatriptan, Naratriptan, Elétriptan). Ceux-ci sont disponibles sous forme de comprimés, ou encore, depuis peu, en vaporisateur nasal à monodose (principe actif: zolmitriptan 5 mg). Ce vaporisateur nasal peut être utilisé comme médicament d'urgence et alléger rapidement les symptômes, dès la phase initiale d'une crise de migraine.
Thérapie complémentaire
Il existe de nombreuses thérapies complémentaires qui permettent de soulager les symptômes d'une migraine. De nombreuses personnes se retirent dans une pièce sombre, d'autres appliquent un sachet rempli de glace sur leur front. D'autres méthodes, notamment l'acuponcture ou l'homéopathie, permettent aussi d'obtenir de bons résultats en plus de favoriser l'autonomie du patient.
*Nom fictif
Texte : Patrick Gunti 10-2011 / / ajouts : Sjoerd van Rooijen 10-2016
Traduction: myh
Photos: pixelio. de