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Il est indéniable que les nombreuses passerelles introduites pour perméabiliser les filières de formation et permettre à chacun de progresser à son rythme et selon ses besoins ou sa motivation sont un atout précieux pour le paysage de la formation en Suisse.
Cependant, nous nous expliquons mal pourquoi dans un système fédéral, certaines écoles offrent un examen de rattrapage à l'issue des vacances d'été pour se remettre à niveau dans l'une ou l'autre branche, et acquérir finalement de la sorte lors d'une deuxième chance le sésame tant souhaité par l'employeur ou pour l'admission en Haute Ecole Supérieure, le tout sans prendre un retard d'une année dans son cursus, et pourquoi d'autres écoles s'abstiennent de cet effort supplémentaire qui diminue le temps libre des enseignants pendant les vacances d'été, et préfèrent faire redoubler une année complète, remplir des classes, et engendrer des frais supplémentaires pour la collectivité et les familles. Certains élèves doivent redoubler car ils sont privés d'une deuxième, le tout pour obtenir le même diplôme que leurs voisins cantonaux.
Un échec aux examens de juin découle peut-être d'une mauvaise prise en charge de la dyslexie suite à des mesures d'économie du système de la santé dans le domaine de la logopédie, ou d'une grave maladie apparue pendant l'unique session d'examens, ou d'autres difficultés d'ordre privé, mais temporaires.
De plus, alors que certaines écoles de métier forment les jeunes à plein temps sur 3 ou 4 années de formation en école, d'autres les envoient 1 an en stage rémunéré en entreprise, de sorte à acquérir une expérience professionnelle et un premier salaire modique, compris entre CHF 1'000.- et CHF 2'200.- / mois selon les corps de métier et les niveaux des élèves.
Bien entendu, un système relativement mixte combinant essentiellement de l'école professionnelle et un peu de formation professionnelle en entreprise, donne les meilleures chances d'insertion professionnelle aux jeunes, sans compter que ce système décharge les finances familiales. Décharge ôh combien appréciable au vu des primes de caisse-maladie infligées aux parents pour leurs jeunes en formation à temps plein, mais dépourvus de revenus. Nombreuses sont les entreprises qui ne font plus confiance à un diplôme décerné par une école des métiers à plein temps sans stage professionnel d'une année.
Pourtant, ces jeunes visent tous le diplôme de maturité professionnelle fédéral.
Mais ils ne peuvent pas l'acquérir aux mêmes conditions partout en Suisse.
Et ces diplômes ne leur ouvrent pas les mêmes portes pour une insertion professionnelle.
A quand une harmonisation des pratiques en école professionnelle qui respecte un semblant de logique fédérale?
Avec mes meilleures pensées pour les familles touchées!
Chantal Donzé