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L'hexachlorobenzène est interdit d'utilisation depuis 2004. Toutefois, ce fongicide est chimiquement stable et s'accumule dans les régions polaires où les baleines à bosse, notamment, reconstituent leurs réserves de graisses. Des essais menés à l'Eawag avec une lignée cellulaire de baleine à bosse montrent maintenant que l'hexachlorobenzène n'est pas d'une toxicité aiguë mais qu'il peut endommager le patrimoine génétique des cellules.
L'hexachlorobenzène (HCB) – principalement utilisé comme fongicide – fait partie des «douze vilains», c'est-à-dire des douze premières substances à avoir été interdites dans le monde en 2004 par la Convention de Stockholm sur les polluants organiques persistants. Étant donné son extrême stabilité, cette molécule est très lentement dégradée dans la nature. «De ce fait, l'HCB est encore présent dans l'environnement», explique Michael Burkhard, post-doctorant au département de Toxicologie de l'environnement de l'Eawag.
Effet sauterelle à l'échelle planétaire
L'HCB n'est pas uniquement persistant, mais également volatil sous certaines conditions. Il s'évapore ainsi dans l'atmosphère au-dessus des zones tropicales et tempérées puis revient au sol à la faveur de la pluie ou de la neige. «C'est le fameux effet sauterelle, qui permet à l'HCB de migrer lentement vers les pôles. Une fois qu'il y est parvenu, le froid l'empêche de repartir et il s'accumule, explique Burkhard. Les régions polaires sont donc des puits naturels d'HCB.»
Or c'est exactement là, dans les océans de l'Arctique et de l'Antarctique, que se trouvent les quartiers d'été des baleines à bosse. Pendant les quelque trois mois qu'ils y passent, ces cétacés de 30 tonnes et de 15 mètres de long reconstituent leurs réserves de graisse dont ils se nourriront le reste de l'année – notamment pendant leur aller-retour de plusieurs milliers de kilomètres vers leurs quartiers d'hiver dans les tropiques. «Lorsque ces réserves de graisse sont mobilisées, les substances liposolubles comme l'HCB sont libérées, indique Burkhard. Divers contaminants s'accumulent dans les baleines affamées: en moyenne, les concentrations atteintes dans le corps des cétacés à la fin de leur séjour estival sont de deux à trois fois supérieures à celles mesurées à leur arrivée dans les quartiers d'été.»