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Le Vaudois et le Schwytzois ne semblent pas au mieux de leur forme pour ce Tour d'Italie. Ils devront probablement jouer les équipiers. Mais ils peuvent viser une victoire d'étape et rejoindre les Suisses qui se sont distingués ces dernières années. Dont Oscar Egg et Hugo Koblet qui ont signé des «premières».
Samedi à Pescara, station balnéaire des Abruzzes, la saison entre dans la phase des grands tours. Un prologue de huit kilomètres donne le départ du 84e Giro. Prologue à l'issue duquel le premier maillot rose sera attribué. Parmi les 180 coureurs au départ, deux Suisses: Laurent Dufaux et Oscar Camenzind.
La saison dernière, sur sa forme du Tour de Romandie, Dufaux pouvait briguer une place sur le podium. «Laurent avait tout pour briller», affirmait Antonio Salutini, son directeur sportif. Il argumentait: «le découpage du Tour d'Italie lui convient mieux que celui du Tour de France». Le Vaudois avait opté pour le Tour.
Pour sa part, Camenzind, à l'image du Vaudois, ne paraît pas en mesure de jouer les premiers rôles. Sur les routes du Tour de Romandie, il n'a pas affiché une bonne forme. Tous deux devront probablement sacrifier à leur leader, Paolo Salvodelli et Gilberto Simoni.
En 84 éditions, les Suisses ont signé deux premières: en 1919, Oscar Egg devient le premier étranger à remporter une étape; Trente-deux ans plus tard, Hugo Koblet devient le premier étranger à porter son nom au palmarès (1950). Il est suivi trente-cinq ans plus tard par Toni Rominger, en 1985.
Au plan des victoires d'étapes, le Glaronnais Urs Freuler en a remporté quinze. Quant aux Romands qui ont fait les titres des gazettes, on note les noms de René Binggeli et de Pascal Richard. Le Genevois s'est imposé à une reprise, le Vaudois à trois. De fait, seize Suisses ont remporté des étapes.
La liste des noms s'allongera-t-elle, de Dufaux et Camenzind, les deux seuls Suisses au départ? La réponse, le 10 juin, à Milan, au terme de 21 étapes, de un jour de repos et de 3572 kilomètres de course.
Un Giro 2001 dont les organisateurs ont cherché à privilégier le rythme et la variété plutôt que l'accumulation de difficultés (21 200 mètres dénivellation). Quant aux papables pour succéder à Stefano Garzelli ils sont une petite poignée: Garzelli, Francesco Casagrande, Wladimir Belli, Dario Frigo, vainqueur du Tour de Romandie.
Le Giro 2001 soulève deux questions: va-t-on au-devant d'un affrontement italo-italien? Dans quel état d'esprit et de forme se présente Marco Pantani, vainqueur en 1998?
Pierre-Henri Bonvin