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L’exposition de John Miller (1954, Cleveland) organisée par le Cabinet des estampes du Musée d’art et d’histoire de Genève occupait deux salles du premier étage, avec une centaine de photographies, toutes prises entre midi et 14 heures. Depuis fin 1994, Miller est en effet le photographe du « milieu du jour » : un moment durant lequel les activités de chacun s’interrompent pour marquer une pause et l’intervalle durant lequel n’importe quel photographe amateur sait que la lumière est la plus défavorable pour la prise de vue. Collection de scènes anodines, les images de la série revêtent une fonction quasi allégorique vis-à-vis de la société postmoderne, qui, comme le « milieu du jour », peine à se nommer. Elles incarnent à travers des instants de la vie ordinaire une certaine vacance du sujet, une non-définition et une disponibilité du sens. C’est leur mise en série qui force le spectateur à considérer ce qui ne retient guère l’attention – les varices d’une dame au pas pressé, une aire de jeu désertée, le regard vague d’une fumeuse –, détails qui, sitôt repérés, rappellent que « la vie quotidienne est largement inconnue et si peu familière ».
Exposition organisée par le Cabinet des estampes du Musée d’art et d’histoire de Genève