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Bénéfices et réserves monétaires en tant qu'objectifs de la Banque nationale suisse
Niklaus Blattner, membre de la Direction générale
«Gesprächskreis Wirtschaft und Gesellschaft», Bâle, le 4 décembre 2002, 04.12.2002
Les bénéfices et les réserves monétaires de la Banque nationale suisse (BNS) retiennent davantage l'attention de l'opinion publique depuis un certain temps. Cela s'explique par la bonne situation économique de la Banque nationale, mais aussi par des problèmes financiers passagers sur le plan fédéral et sur les plans cantonaux. Les questions soulevées touchent, outre le problème de l'opportunité du point de vue budgétaire, l'élément central du mandat de la Banque nationale, à savoir la conduite d'une politique monétaire servant les intérêts généraux du pays.
Une banque centrale peut recourir aux réserves monétaires pour procéder à des interventions sur les marchés des changes. Ces réserves servent à contrecarrer des attaques spéculatives à effets inflationnistes. Mais elles font également partie intégrante du patrimoine national et contribuent à la solidité de l'économie d'un pays. En outre, elles rendent de précieux services dans des situations de crise. D'autre part, pour être en mesure d'absorber des liquidités en vue d'assurer la stabilité des prix, l'institut d'émission doit détenir un portefeuille suffisamment important de titres pouvant être mis en pension ou d'autres titres pouvant être utilisés dans des opérations d'open market.
Le niveau optimal des réserves monétaires ne peut être défini scientifiquement, étant donné les incertitudes qui leur sont liées. Dans le projet de nouvelle loi sur la Banque nationale, deux règles surtout assurent une évolution optimale des réserves monétaires. Premièrement, le niveau des réserves monétaires doit être approuvé par le Conseil de banque et, secondement, la Banque nationale doit, en constituant des réserves monétaires, se fonder sur "l’évolution de l’économie suisse". Ainsi, dans le projet de nouvelle loi, le Conseil de banque doit veiller à ce que la Banque nationale ne constitue pas des provisions dans une mesure supérieure à ce qui est nécessaire pour constituer des réserves monétaires suffisantes.
Réaliser des bénéfices figure parmi les effets secondaires bienvenus qui découlent de l'activité de l'institut d'émission, mais cela ne doit menacer en aucune façon le mandat de celui-ci.