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Une analyse de la performance des caisses de pension depuis plus de 10 ans ne présage pas d’une embellie future.
Une performance moyenne annualisée de 3,5%
Depuis janvier 2006, date à laquelle UBS commence ses statistiques, les caisses de pension suisses ont atteint un rendement moyen annuel de 3,1%. Pendant cette période la crise de 2008 a fortement contribué à la baisse du rendement moyen.
L’année suivante, les résultats se sont améliorés mais il aura fallu attendre le premier trimestre de 2011 pour que les caisses rattrapent le terrain perdu en 2008.
Les grandes caisses de pension ont enregistré les meilleures performances avec un rendement moyen de 3,5% sur la période. Les institutions de taille moyenne comme petite suivent avec 3% chacune.
Derrière les moyennes se cache une certaine volatilité des résultats annuels. Si 2009 s’est révélée une très bonne année pour les caisses de pension, 2010 et 2011 ont délivré des résultats en-dessous de la moyenne. L’automne 2011 a vu la crise de l’euro qui suivait celle de la Grèce. C’est à cette époque que la BNS à introduit le cours pencher de EUR/CHF 1,20.
Les trois années suivantes ont été réjouissantes avec une performance cumulée de 22%. Presque toutes les classes d’actifs ont apporté une contribution positive. 2015 a rappelé aux investisseurs qu’il était difficile de tabler indéfiniment sur des performances de plus de 6%. La faiblesse de l’euro a poussé la BNS à supprimer le cours plancher et a introduit des taux d’intérêt négatifs. Les couvertures de change sont devenues plus coûteuses et ont fortement pesé sur les résultats des caisses de pension.
Pendant la période de mi-2015 à fin 2016, l’économie chinoise a montré des signes de ralentissement et les risques politiques en Angleterre et aux Etats-Unis ont pris la forme du Brexit et des élections présidentielles. Les marchés financiers ont fait peu cas de ces éléments. Les caisses de pension ont réussi à gagner plus de 3% en 2016.
L’année suivante les marchés financiers ont salué le soutien des banques centrales mais aussi les allégements fiscaux promis par Trump. Les résultats de caisse de pension ont été les meilleurs depuis 2010. Suivra 2018 avec la perte que nous connaissons.
La stratégie de placement des caisses de pension ne peut guère changer. Le cadre légal édicte des règles relativement strictes qui, évidemment, doivent être respectées. La pondération des différentes classes d’actifs a été le résultat des fluctuations de marché. Une propension au risque a été remarquée dès 2010 avec un peu plus d’actions et de placements alternatifs.
Parcours des différentes classes d’actifs
Toutes les classes d’actifs ont été positives en termes cumulés depuis 2006. Mais toutes n’ont pas délivré une performance annuelle moyenne positive.
Globalement, l’immobilier a été la meilleure classe d’actifs. Avec une performance cumulée de presque 89% il est loin devant la deuxième que sont les actions suisses avec 74,40%. L’immobilier suisse a donc été un des piliers de la performance des caisses de pension. Il représente environ 17% à 20% des investissements des caisses ce qui est le troisième actif le plus représenté dans les portefeuilles.
Les actions sont les actifs les plus volatiles. Sur la période courant de 2006 à 2018, elles suivent l’immobilier au palmarès des performances. Depuis 2009, elles dépassent largement l’immobilier avec des rendements proches du double.
Les hedge funds ont été les grands perdants avec une performance cumulée de moins de 8%. La crise financière a fortement affecté ceux-ci et même après 2009, les performances ne sont pas véritablement au rendez-vous.
Quid des prochaines années
L’immobilier a délivré des performances stables mais ce secteur pâtit aussi des taux d’intérêt bas. Si nous ne gardons que les rendements de cette classe d’actifs, nous ne pouvons guère attendre plus que le rendement des actions suisses.
Alors faut-il investir plus dans les actions à l’image des caisses de pensions d’autres pays?
Les directives de placement de la LPP ne permettent pas cette liberté. Plusieurs experts militent pour une allègement de ces normes. Selon eux, il faudrait permettre une allocation plus large pour les actions suisses comme étrangères et allouer aussi plus de fonds aux investissements directs dans des secteurs comme l’infrastructure.
Il est vrai que les rendements obligataires des années 80 et 90 permettaient largement de couvrir les engagements des caisses de pension. Ce qui n’est plus le cas aujourd’hui et la situation des taux bas ne donne aucun signe de changement.
La conséquence est connue de tous. Les assurés ne recevront qu’un faible rendement sur leur épargne de prévoyance. Les taux de conversion de la part surobligatoire vont fortement diminuer alors que les dépenses des assurés augmenteront certainement.
Alors faut-il pousser les politiques à intervenir pour que les normes soient plus souples, au risque de voir des performances encore plus volatiles ou faut-il que les personnes augmentent leur épargne privée ? Peut-être que les deux solutions seront envisagées.