Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07086.jsonl.gz/628

La mort de Jean Paul II à 84 ans survient au terme de très nombreux ennuis de santé, qui avaient fini par le clouer dans un fauteuil et le priver de la parole.
De l'attentat en mai 1981, lorsqu'il fut grièvement blessé par balles, à la maladie de Parkinson, en passant par diverses fractures ou opérations, rien n'aura épargné la santé du souverain pontife.
En proie à des crises d'étouffement dus à la paralysie progressive de ses muscles, il avait dû subir le 24 février une trachéotomie pour l'aider à respirer. Le répit n'aura été que de courte durée. Très affaibli, anémié, le pape était depuis mercredi nourri par sonde naso-gastrique. Mais jeudi, une infection urinaire a dégénéré, qui a fini par lui être fatale.
Lors de ses dernières apparitions publiques à la fenêtre de son bureau le jour de Pâques et encore mercredi, Jean Paul II a donné au monde une image de souffrance. Malgré tous ses efforts, il n'a pas réussi à parler.
Déjà, lors de son dernier voyage, à Lourdes en août 2004, ses traits figés, son souffle court, ses gestes rares et tremblants avaient témoigné des progrès de la maladie de Parkinson.
Plus tôt encore, le 16 octobre 2003, lors des cérémonies marquant le 25e anniversaire de son pontificat, son état d'épuisement avait conduit certains prélats à évoquer publiquement la perspective de son décès.
Triple blessure par balles
Depuis, Jean Paul II avait semblé aller un peu mieux grâce à un traitement plus adapté et à un allègement de son emploi du temps. Jusqu'à son hospitalisation d'urgence, le 1er février 2005, pour de graves problèmes respiratoires.
La pratique du sport dans sa jeunesse lui avait permis de se forger une santé de fer qui lui a valu le surnom d'«athlète de Dieu». Mais, le 13 mai 1981, victime d'un attentat et atteint de trois balles, dont une à l'abdomen, il dût subir une opération de cinq heures. Cinq semaines plus tard il était de nouveau hospitalisé pour une infection consécutive à la première opération.
Répit
Il aura ensuite une dizaine d'années de répit. En juillet 1992 il avait été à nouveau opéré pour une tumeur bénigne au côlon. Après cette date, ses ennuis de santé se sont accélérés.
En novembre 1993, nouvelle opération, pour une luxation de l'épaule après une chute accidentelle. En avril 1994, encore une hospitalisation, après s'être fracturé le col du fémur en glissant dans sa salle de bain. Le souverain pontife, qui avait près de 74 ans, avait alors semblé avoir brusquement vieilli.
A Noël 1995, pris par une nausée, il avait dû interrompre sa traditionnelle bénédiction «urbi et orbi». Dix mois plus tard il était à nouveau opéré, pour une appendicite.
Parkinson
A partir de cette période, les ravages de la maladie de Parkinson, dont il souffrait depuis des années, sont devenus nettement plus visibles. Au début des années 2000, les médicaments contre cette maladie ont perdu en efficacité. A plusieurs reprises Jean Paul II avait été contraint d'annuler ses engagements.
Le Vatican a longtemps tenté de minimiser ces problèmes, jusqu'à son voyage en Slovaquie en septembre 2003, lorsque les images d'un pape souffrant ont fait le tour du monde. Mais Jean Paul II n'avait jamais pensé à abandonner sa charge pour raisons de santé. «Je ne saurais pas à qui présenter ma démission», disait-il.
swissinfo et les agences