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Protestations et disputes
C’est en 1529 que le terme «protestant» est utilisé pour la première fois dans le sens confessionnel. Lors de la diète (assemblée) de l’Empire, dans la ville allemande de Spire, certains princes luthériens témoignent alors ouvertement de leur foi, pour affirmer leur politique en face de l’empereur et de la majorité catholique: ce sont les «protestants». Ce n’est donc pas parce qu’ils s’opposent à l’Eglise romaine ou protestent contre le pape que les tenants de la foi réformée prennent le nom de «protestants»… L’intention réformatrice était au contraire de renouveler l’institution ecclésiale de l’intérieur, non de s’y opposer.
Joutes théologiques
Mais alors pourquoi la Réforme s’est-elle établie dans de nombreuses régions au prix de «disputes»? On célèbre ainsi en 2023 le cinquième centenaire de celles de Zurich, où le réformateur Zwingli s’est illustré. Berne aussi connaît une «dispute» en 1528, de même que Genève en 1535, et Lausanne l’année suivante.
Une dispute, c’est alors un débat universitaire opposant des adeptes d’idées antagonistes. Celles du XVIe siècle deviennent de véritables assemblées civiles (la première dispute de Zurich, en janvier 1523, réunit 600 personnes) destinées à départager les partisans et les adversaires de la «nouvelle foi». Elles débouchent dans différentes villes suisses sur l’adoption de la Réforme par les autorités.
Donc, loin d’être le fait de protestataires protestants, ces disputes religieuses s’imposent plutôt comme un outil efficace pour attester des idées de la Réforme.