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C'est la première fois depuis 1933: Le gouvernement genevois a basculé à gauche avec l'élection dimanche de deux Verts et de deux socialistes.
En outre, les femmes ne sont plus représentées au Conseil d'Etat (gouvernement)du canton de Genève.
Genève a donc vécu dimanche un véritable tremblement de terre politique avec le basculement à gauche de son gouvernement, qui aura face à lui un parlement paradoxalement très ancré à droite.
Les électeurs ont donné aux socialistes et aux Verts quatre des sept sièges du Conseil, laissant aux Chrétiens démocrates (PDC / centre), aux Libéraux (PLS / droite) et aux Radicaux (PRD / centre droit) un siège chacun.
Ce résultat est perçu comme un bouleversement politique à Genève qui fait face à des problèmes budgétaires et à une importante crise du logement du fait d'une forte spéculation immobilière.
Traditionnellement en Suisse, les gouvernements locaux mêlent des partis de gauche et de droite -- la plupart ayant une coloration centriste. Et les membres de l'exécutif adoptent généralement des politiques consensuelles.
Dans cette optique, le socialiste réélu Charles Beer estime que «nous ne ferons rien à quatre contre trois». Il existe selon lui une «forte pression» pour que ce nouveau Conseil d'Etat travaille à sept.
«Si on veut assainir les finances publiques, construire des logements, il faudra travailler tous ensemble», reprend le nouvel élu radical François Longchamp.
Exit la libérale sortante
David Hiler, candidat vert très respecté, a gagné un siège supplémentaire pour son parti aux élections de dimanche alors que la libérale Micheline Spoerri a été battue.
Les libéraux sont les grands perdants de ce dimanche, avec un seul élu au gouvernement, contre deux auparavant.
La ministre sortante en charge de la police genevoise avait été critiquée en 2003 pour avoir mal géré la situation pendant les troubles qui ont accompagné le sommet du G8 dans la ville voisine d'Evian en France.
«Il est très regrettable, pour moi et pour le canton de Genève, d'avoir un gouvernement sexuellement monocolore, notre Micheline Spoeri. Lors du G8 en 2003, les médias m'ont collé une image qui ne me correspond absolument pas.»
Avec sa non réélection, Genève ne compte plus aucune femmes au sein de son gouvernement.
Martine Brunschwig Graf avait été la première conseillère d'Etat genevoise en 1993. Elle avait été suivie de Micheline Calmy-Rey en 1997 et enfin de Micheline Spoerri en 2001.
Echec aux solitaires
A gauche, les socialistes Laurent Moutinot et Robert Cramer ont tous deux été réélus.
A droite, le chrétien-démocrate Pierre-Francois Unger a gardé son siège et termine en tête des mieux élus. Les nouveaux venus sont le radical Francois Longchamp et le libéral Mark Muller.
Les partis qui se sont lancés en solitaire dans la course ont échoué dans leur tentative de conquête du pouvoir.
Les deux candidats de l'Union démocratique du centre (UDC / droite dure) et celui du Mouvement citoyens genevois (MCG) ne sont pas arrivés à séduire assez d'électeurs en dehors de leur formation respective.
Lors de ce dimanche d'élection, la participation dimanche a été de 45,89%. Elle avait atteint 43% il y a quatre ans.
swissinfo et les agences
Faits
Les résultats de l'élection au gouvernement genevois:
Pierre-François Unger, 54'110 voix, PDC
Robert Cramer, 53'705 voix, Verts
David Hiler, 53'283 voix, Verts
François Longchamp, 51'959 voix, PRD,
Charles Beer, 49'872 voix, PS
Mark Muller, 45'063 voix, PLS
Laurent Moutinot, 43'928 voix, PS
En bref
- Lors des élections du 9 octobre au parlement genevois, les partis bourgeois ont obtenu une victoire écrasante.
- L'extrême-gauche s'est retrouvée expulsée du législatif.
- La droite occupe 67 sièges sur les 100 du parlement cantonal genevois.