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Explications
Active depuis 1978, la Commission Conjoncture vaudoise regroupe les forces de différents partenaires publics et privés pour réaliser cinq enquêtes conjoncturelles dans le canton avec le soutien du Centre de recherches conjoncturelles de l’EPFZ (KOF). Ces enquêtes ont pour objectif de dégager les tendances actuelles et futures de la conjoncture dans cinq secteurs importants de l’économie vaudoise.
Les enquêtes de conjoncture ont pour but de rassembler des informations sur les projets économiques des entreprises et surtout de mettre en évidence l’état d’esprit régnant parmi les dirigeants. Bien que les résultats puissent parfois être teintés de subjectivité, ils fournissent néanmoins des indications précieuses et rapidement disponibles quant à la situation et à l’évolution prévisible de la conjoncture.
Chaque période (mois ou trimestre selon les enquêtes), les entreprises participant à l’enquête conjoncturelle reçoivent du KOF un questionnaire auquel elles répondent bénévolement. Ce questionnaire est rempli par une personne exerçant une fonction dirigeante ou disposant d’une vue d’ensemble sur les activités exercées par son établissement. Les questionnaires adressés aux entreprises contiennent une série de questions rétrospectives, de questions mettant en évidence les appréciations sur la situation présente de leur société et une série de questions prospectives portant sur les prévisions à court terme établies par les chefs d’entreprise.
Traitement des données
Les indications fournies par les entreprises sont pondérées par le nombre de personnes qu’elles occupent, puis totalisées par branche et traduites en pour-cent. Elles sont ensuite quantifiées par la méthode “du solde”. Celle-ci revient à soustraire les pourcentages des avis opposés, en négligeant les jugements n’indiquant aucune variation. Cette méthode repose sur l’hypothèse d’un lien entre la diffusion d’un phénomène et son ampleur. Diverses études ont montré qu’il existe un ensemble de relations stables entre des indicateurs d’opinions exprimés sous la forme de soldes et les données économiques objectives. Les résultats de l’enquête sont satisfaisants dans la mesure où l’on peut vérifier une bonne correspondance entre l’évolution des opinions exprimées par les chefs d’entreprise et la réalité comptable constatée à posteriori, même si l’on tient compte des perturbations liées à l’influence de la mémoire des répondants (inertie des réponses et rôle des “bons ou mauvais souvenirs économiques”) ou à la variation du niveau implicite de référence au cours du temps et, en particulier, des cycles économiques longs.
Le processus de quantification par la méthode du solde passe par trois étapes :
- Pour tenir compte de l’importance relative des diverses entreprises participant à l’enquête, chaque réponse individuelle est d’abord multipliée par un coefficient égal au nombre de personnes occupées à la production
- On procède ensuite à une répartition du pourcentage des réponses positives, égales ou négatives obtenues.
- On soustrait enfin le pourcentage des réponses positives de celui des réponses négatives, en négligeant le pourcentage des réponses n’indiquant aucune variation.
Pour illustrer ces propos, supposons que les entreprises A, B, C, D, et E, appartenant à la même branche industrielle, aient répondu de la façon suivante à la question portant sur l’entrée des commandes :
Pour l’ensemble du secteur, les résultats sont obtenus par agrégation des soldes des différentes branches industrielles, pondérés par un coefficient égal à la contribution de chaque branche à l’emploi total du secteur.
Résultats
Les résultats de l’enquête ne doivent pas être interprétés comme des indications de niveau des diverses variables économiques considérées. Ils ne fournissent des informations que sur les changements de direction qui interviennent et non sur leur ampleur. L’apport irremplaçable de ce type d’enquêtes est d’anticiper d’abord, puis de confirmer les “retournements de conjoncture”, c’est-à-dire les passages de l’expansion à la récession et inversement.
Pour que les résultats d’une branche soient représentatifs, il faut généralement que plusieurs critères soient respectés. D’une part, la participation pour cette branche doit être d’au minimum 10 entreprises et d’autre part ces entreprises doivent regrouper au moins 20 % de l’ensemble du personnel occupé dans la production de la branche. Les réponses des établissements appartenant à des branches dont la représentativité n’est pas assurée interviennent néanmoins lors du traitement des données relatives à l’ensemble du secteur. La répartition des entreprises par branche s’effectue selon la nomenclature générale des activités économiques (NOGA), introduite en 1995 par l’Office fédéral de la statistique.
Historique
Ces enquêtes ont été conçues et sont exploitées par le Centre de recherches conjoncturelles (KOF) de l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich.
- Industrie
L’enquête a été conçue en 1955 et sa régionalisation dans le canton de Vaud date de 1978.
- Hôtellerie-restauration
L’enquête a été conçue en 1989 et sa régionalisation dans le canton de Vaud date de 1995.
- Construction
L’enquête a été conçue en 1994 et sa régionalisation dans le canton de Vaud date de 1995.
- Services
L’enquête a été conçue en 2006 et sa régionalisation dans le canton de Vaud date de 2013.
- Commerce de détail
L’enquête a été conçue en 1973 et sa régionalisation dans le canton de Vaud date de 2013.