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Du mésusage de la fidélité des Montagnons lors de l'insurection royaliste du 3 septembre 1856
L'insurrection royaliste du 3 septembre 1856 fut l'oeuvre du Cabinet noir.
Ces comploteurs voulaient faire une démonstration de force pour prouver aux puissances européennes que le moment était venu de faire pression sur la Suisse
pour rétablir les droits du Roi de Prusse sur Neuchâtel.
Pour que cette démonstration réussisse il fallait mobiliser les Montagnons royalistes et pour cela leur donner un chef dans lequel ils aient pleine confiance.
Le colonel Frédéric de Pourtalès était le chef tout désigné parce qu'il avait commandé les milices et était estimé de la troupe.
Il ne se laissa cependant pas persuader d'emblée parce qu'il n'était pas acquis à l'idée d'une restauration.
En jouant sur sa fidélité au Roi le Cabinet noir obtint pourtant son consentement mais à la condition que le Roi lui donne l'ordre d'agir.
Or à Berlin la réponse de Frédéric-Guillaume IV fut, pour le moins, ambiguë.
Rentré au pays, le colonel de Pourtalès finit par accepter la mission qui lui avait été donnée.
Cette insurrection réussit au delà de toute espérance tant le secret avait été bien gardé.
Les Montagnons étaient prêts à donner leur vie pour le Roi et ne se doutaient pas qu'on ne leur demandait qu'une démonstration.
Aussi, quand après avoir pris le château et organisé sa défense, le Colonel de Pourtalès fit former les faisceaux et éteindre les mèches des canons devant
les commissaires fédéraux, la troupe n'y comprit rien et quand elle fut attaquée par Ami Girard elle cria à la trahison.
La démonstration de force n'avait pas bien réussi à Alphonse Bourquin vingt cinq ans auparavant, elle tourna au désastre pour les Montagnons qui furent faits
prisonniers sans avoir pu se défendre et qui, ensuite, refusant de combattre leur Prince furent réfractaires au service de la Confédération et passèrent
l'hiver 1856-1857 dans les camps de Morteau et de Pontarlier.
Vraiment il y avait un abîme entre ce qu'avait comploté le Cabinet noir et l'esprit dans lequel avaient marché ces braves Montagnons.
C'est donc tardivement et dans les larmes et le sang qu'ils firent leur conversion à la République.
Aussi sont-ils devenus les meilleurs Républicains !