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A la suite d'une remarque de ma part sur son usage du mot «greed», Robert Marchenoir réagit dans un commentaire qui mérite d'être cité en billet :
"Vous vous foutez du monde, Bob ! Et l'avidité, et la cupidité, ce ne sont pas des mots français peut-être ?"
La traduction du mot "greed" figure dans le dictionnaire, vous vous imaginez bien que cela ne m'a pas échappé.
Mais ce sont les médias et les hommes politiques américains qui utilisent, depuis quelque temps, le mot "greed" sans arrêt, pour dénoncer le phénomène que je décris.
Ni "cupidité", ni "avidité", ni un autre équivalent ne sont rentrés dans l'usage médiatique et politique français dans ce contexte.
En France, c'est l'expression péjorative de "super-profits" qui fait partie des tics de langage. Vous noterez que ce n'est pas la même chose que "greed". Il s'agit d'une notion relative à une entreprise, pas à un individu. Et elle condamne le profit en tant que tel (ce que les Américains ne font pas), et non l'inéquité de sa répartition.
Si les médias, les politiciens et les intellectuels français devaient utiliser couramment, comme un mot-clé, le concept de "cupidité" ou d' "avidité", ils seraient forcés de reconnaître implicitement que cette accusation s'applique aussi bien aux fonctionnaires, aux syndicalistes et aux corporatistes de tout poil, qu'aux très grands patrons du privé et aux super-financiers mondialisés.
Ils devraient sortir de l'explication exclusive du monde par la grille marxiste (c'est la faute à l'exploitation capitaliste) ou la grille sociologique Degauche (c'est la faute à la société), pour prendre en compte la responsabilité individuelle de chacun, qu'il soit RMiste ou grand patron.
Ils devraient avoir une approche libérale.
Bob a raison d'être attentif aux mots : ils révèlent souvent plus que leurs utilisateurs souhaitent.