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Art. 105 de la Constitution genevoise: Collégialité et présidence
1 Le Conseil d’Etat est une autorité collégiale.
2 Il désigne parmi ses membres une présidente ou un président pour la durée de la législature.
Donc si les trois élus de gauche refusent de donner la présidence à Pierre Maudet et que les trois de droite votent pour lui, dont lui, c'est bien Mauro Poggia qui fera le prince. A moins qu'Antonio Hodgers, vieux copain de Pierre, ne fasse jouer ses amitiés orientales.
Qui aurait imaginé une telle Genferei, ourdie bien avant les élections et qu'un journaliste au moins connaissait, depuis le début peut-être en automne 2015, puisque, lit-on, c'est son enquête qui a alimenté le rapport d'un policier (le président sortant du syndicat des inspecteurs) remis au procureur général en été 2017, lequel a ouvert une enquête contre X?
J'en reste sans voix. Comme sans doute de nombreux Genevois et les collègues au Conseil d'Etat du benjamin qui compte déjà 25 ans de politique à son compteur.
L'affaire est à la fois mineure et inquiétante. On ne peut se départir de cette question: qu'est-ce cette amitié orientale prête à claquer 20'000 francs sans contrepartie? La générosité n'est-elle que pur altruisme ou investissement à très long terme? Les amis et les amis de mes amis peuvent toujours servir, si Dieu le veut. Où commence, où s'arrête le bakchich? Et que dire de cette tentative de pression syndicale? Et de ce don aux églises catholique et protestante - pourquoi pas à la synagogue et à la mosquée aussi?
Pas très catholique de ne pas en parler, alors que vous étiez cette semaine dans une démarche de transparence.
Parce que l’enquête n’est plus dans les écrans radars. Elle remonte au mois d’août dernier. Cette procédure ne me vise pas formellement. Elle est tombée dans un contexte tendu avec les syndicats de police. Le rapport est signé du président sortant du Syndicat de la police judiciaire. C’est cousu de fil blanc. Cela s’inscrit en plus dans le cadre d’autres rumeurs, dont celle des écoutes. (Extrait de l'interview de ce jour dans la Tribune)
Sur Twitter, comme sur Facebook, les commentaires sont empruntés:
Il est regrettable que Pierre Maudet ne daigne pas s’expliquer sur cette affaire et ne clarifie simplement sa position. Ce silence laisse enfler la rumeur de l’inavouable ou du dissimulé. https://t.co/U62orNakti— SYLVAIN THEVOZ (@scythez) 11 mai 2018
La clarification publiée ce jour dans trois journaux suffira-t-elle à éteindre l'incendie? D'autres ministres sont tombés pour moins que ça. Ils n'avaient, il est vrai, pas la carrure d'un Pierre Maudet.
L'interview de la Tribune se termine par cette question:
Vous avez tout mis sur la table, désormais?
Je vous retourne la question: reste-t-il des zones d’ombre? Le voyage s’est déroulé il y a trois ans. J’espère qu’aucun détail ne m’a échappé.
Le Discours de Saint-Pierre, c'est dans 15 jours, le 31 mai. Connaîtra-t-on le nom du président du Conseil d'Etat et la répartition des 17 politiques publiques du Canton entre les sept membres du collège gouvernemental avant Pentecôte ou après?
Les Genevois pardonneront-il son "imprudence" à Pierre pris au piège de ses cachotteries? La classe politique sera-t-elle magnanime et oubliera-t-elle l'"imprudence"?
Qu'elle se termine pour lui par la présidence du Conseil d'Etat pour les cinq prochaines années, un superministère de l'Economie et des Finances ou le ministère des Transports (injustement méprisé), l'affaire du cadeau risque bien d'empoisonner les premiers mois de la législature.