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CINÉMA • Le festival Cinémas d'Afrique s'ouvre ce soir à Lausanne. Un film rwandais traite du génocide et de ses conséquences. Rencontre avec son réalisateur, Joël Karekezi.
Dans Imbabazi, le pardon, de Joël Karekezi, le génocide de 1994 a brisé l'amitié entre Manzi et Karemera. Le premier, génocidaire, a massacré la famille du second. Quand Manzi sort de prison, Karemera cherche à le retrouver, pour qu'il soit condamné à perpétuité. Entretien.
Vous êtes vous-même un rescapé du génocide.
Joël Karekezi: Oui, j'avais huit ans et vivais à Gysenyi avec mon père, mon frère et ma soeur. Mon père a été tué, nous sommes partis au Congo puis revenus à Kigali, où je vis toujours. J'y ai ma société de production et de nombreuses collaborations.
Le film a été tourné en anglais, alors que le Rwanda est francophone.
J'ai terminé le scénario en anglais, co-écrit avec un Américain, Casey Schroen. Le film a été tourné en Ouganda, où l'on parle anglais. Je voulais le faire dans une langue internationale pour qu'il soit visionné dans beaucoup de pays. Il a été sélectionné dans vingt -cinq festivals, distribué en Amérique du Nord, eu des diffusions TV en Afrique et en France. Les diffusions en salles sont difficiles pour des films à petit budget comme le mien.
Le Pardon était le titre de votre court-métrage.
Il dure treize minutes, mais j'ai réalisé qu'il était difficile à comprendre. J'ai alors élargi l'histoire pour que les spectateurs puissent saisir ce qui s'est passé avant et après le génocide.
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