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02/01/2016
Le roi vert de la mandarine (1, à suivre)
Quelque part dans l’Himalaya, non loin du pays des Hunzakuts, en l’an zéro d’une nouvelle ère.
Face à moi: une journaliste serrant fortement un micro dans sa main droite et un cameraman s'agrippant à une caméra posée sur un trépied tel un fantassin derrière sa mitrailleuse.
- Vous êtes prêt? me demande la femme d’une voix douce et rassurante.
Un oui timide s'échappe de ma bouche.
- Moteur! ordonne-t-elle.
La caméra se met à tourner.
Après trois secondes, la jeune et belle envoyée spéciale de Télé Euro, se lance:
- Monsieur Kahn, bonjour. Nous sommes à... on insérera ici quelques plans... aux confins du Tibet pour faire plus amples connaissance avec vous... Première question: pourquoi et qui, le premier, vous a surnommé le roi de la mandarine?
- Dans vos sociétés occidentales, seul les archivistes et les éboueurs connaissent les vrais pourquoi des choses, je réponds. Sur le grand balcon du monde, dernier refuge avant la disparition de l’humanité, tous les hommes ouvrent les yeux et découvrent les beautés du moment au même moment, si je puis m’exprimer ainsi. Car personne n’est assez fou pour sauter par-dessus le parapet afin de s'approprier la moindre futilité. Il n’y a donc ni premier, ni dernier...
- Pour le grand public, vous n’avez pas répondu à la question.
- Laquelle? La leur, la vôtre ou la mienne?...