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Infections à méningocoques en Suisse : changements épidémiologiques, cliniques et de prophylaxie
Rev Med Suisse
2018; volume 14.
1781-1784
Résumé
Depuis quelques années, l’épidémiologie des infections sévères à méningocoques évolue en Europe et en Suisse. La prévalence des sérogroupes Y et W a augmenté, avec des tableaux cliniques moins classiques qu’auparavant : pneumonies, pharyngites, arthrites. Une souche hypervirulente de Neisseria meningitidis du sérogroupe W s’est propagée en Europe et en Suisse, avec un potentiel épidémique non négligeable comme en témoigne son caractère clonal. Dans ce contexte, les recommandations vaccinales pour les groupes à risque ont et vont encore évoluer vers l’utilisation de nouveaux vaccins conjugués.
IntroductionLa méningite à méningocoques a été décrite dans sa forme épidémique par le Dr Gaspard Vieusseux (1746-1814) à Genève. « La maladie se manifeste, en janvier 1805, dans une famille composée d’une femme et de trois enfants ; deux de ces derniers sont atteints et meurent en moins de 24 heures. Quinze jours après, elle se montre dans une famille du voisinage composée du père, de la mère et de cinq enfants. Parmi ces derniers, 4 sont atteints et succombent après 14 à 15 heures de maladie. Enfin un jeune homme, demeurant dans la maison attenante, est frappé, et il meurt dans la nuit, ayant le corps violet. La maladie disparaît au mois de mai, après avoir fait trente-trois victimes. (…) Nous ne doutâmes pas que ce ne fût une fièvre maligne contagieuse, contre laquelle on devait prendre les plus grandes précautions ».1 A cette époque où l’on était désarmé contre le méningocoque et témoin d’épidémies meurtrières de ce type, les lobbies « antivaccins » auraient eu bien de la pein...