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D'ici fin janvier, l'Office vétérinaire fédéral soumettra au gouvernement un plan de protection contre les chiens dangereux. Les mesures seront fédérales.
En Suisse, de nombreuses voix s'élèvent pour exiger un renforcement de la législation, après la mort d'un enfant de 6 ans agressé par trois pitbulls à Oberglatt (ZH).
Lors d'une conférence téléphonique avec l'Office vétérinaire fédéral (OVF), les vétérinaires cantonaux sont tombés d'accord lundi sur l'urgence de présenter un catalogue de mesures. Des discussions seront menées ces prochains jours avec notamment les directeurs de justice et police et les représentants de la Société cynologique suisse.
L'importation, la détention et l'élevage de chiens dangereux pourraient être restreints et les détenteurs soumis à un permis, a indiqué le directeur de l'OVF Hans Wyss. Il s'agira aussi de réfléchir comment faire appliquer ces mesures par les cantons.
Les disparités actuelles ne sont pas acceptables, Hans Wyss. Le dispositif sera basé sur les législations les plus sévères, comme celles des cantons romands ou des deux Bâle.
Bonne base juridique
La loi sur la protection des animaux actuellement en cours d'examen au Parlement donnera une bonne base juridique, estime pour sa part le porte-parole de l'OVF Marcel Falk. Il est ainsi prévu que le gouvernement puisse édicter des prescriptions sur la détention et à l'élevage des chiens. L'agressivité pourrait ne plus être un critère de sélection.
Tous les chiens devraient en outre être enregistrés dans une banque de données d'ici 2006, a ajouté Marcel Falk. Le spécialiste a relativisé le fait d'attribuer une plus grande agressivité à certaines races, à l'instar d'une étude datant de 2002 et qui place les chiens de berger, les rottweiler et les pitbulls dans le trio de tête des chiens mordeurs.
Le maître joue un rôle déterminant dans le comportement du chien. Les pitbulls sont souvent choisis par des personnes qui ne sont pas aptes à avoir des chiens, poursuit l'expert. En principe, n'importe quel chien peut être éduqué pour vivre en société.
Motion
Au Parlement, le député Heiner Studer a pour sa part déposé une nouvelle fois sa motion demandant de durcir la législation. Il souhaite que les propriétaires de chiens de plus de 15 kilos passent un examen, l'utilisation de la laisse et de la muselière et l'interdiction d'importer et d'élever certaines races de chiens.
En 2000, le gouvernement avait répondu que l'interdiction de détenir un chien de combat n'était pas la panacée. Cette question se pose à nouveau avec acuité, à la suite du décès d'un enfant de six ans déchiqueté jeudi par trois pitbulls à Oberglatt, dans le canton de Zurich.
Des mesures de durcissement ont également été demandées dans plusieurs cantons. Des députés des parlements des cantons de Zurich et de Lucerne ont ainsi demandé eux aussi des mesures urgentes contre les chiens dit de combat en exigeant notamment la tenue en laisse et le port d'une muselière.
swissinfo et les agences
En bref
- Le débat sur les chiens dangereux a rebondi jeudi après la mort d'un enfant de six ans qui avait été agressé par trois pitbulls.
- En Suisse, la législation sur les chiens est différente selon les cantons.
- Le drame d'Oberglatt a poussé de large milieux à réclamer une législation plus sévère et valable dans l'ensemble du pays.
- Plusieurs dizaines de milliers de morsures ont lieu chaque année en Suisse. En 2001, 13'000 auraient requis l'intervention d'un médecin.