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Depuis le vote de 1992 sur l´Espace Economique Européen (EEE), le fossé entre Romands et Alémaniques s´est un peu comblé. Mais, selon l´analyse Vox publiée mardi, on n´a pas dit oui aux bilatérales pour les mêmes raisons des deux côtés de la Sarine.Ce contenu a été publié le 04 juillet 2000 - 18:33
Réalisée sur un échantillon de 1017 votants, l'analyse de l'Institut de sciences politiques de l'Université de Berne et de l'Institut de recherche GfS montre d'abord l'importance que les citoyens ont accordé à ce vote sur les bilatérales.
Pour la majorité des votants, le vote du 21 mai était la consultation la plus importante depuis celle de 1992 sur l'EEE. Ce qui explique une participation nettement au-dessus de la moyenne (48 pour cent).
Autre constat: les jeux étaient faits plusieurs mois déjà avant le vote, un fait pratiquement sans précédent. Seuls 22 pour cent des votants ont pris leur décision dans les deux semaines précédant la votation. Et ces indécis ont été nettement plus sensibles aux arguments des partisans des bilatérales qu'à ceux des adversaires.
Quant au fossé séparant la Suisse romande de la Suisse alémanique sur la question européenne, les auteurs de l'analyse notent qu'il s'est partiellement comblé depuis le vote sur l'EEE. Mais, attention, le oui aux bilatérales n'a pas forcément le même sens des deux côtés de la Sarine.
Plus de la moitié des Romands qui ont accepté les bilatérales se disent acquis à la nécessité d'adhérer à l'Union européenne. Les Alémaniques qui ont voté oui, eux, souhaitent avant tout une ouverture générale de la Suisse et espèrent que les sept accords bilatéraux avec leur apporteront des avantages, principalement économiques.
Globalement, l'analyse révèle encore que 45 pour cent des citoyens qui ont voté pour les bilatérales se disent plutôt eurosceptiques. Mais leur oui ne signifie pas qu'ils ne voudront plus jamais entendre parler d'Europe, ni d'adhésion, puisque seuls 10 pour cent des votants estiment que ces accords dispensent la Suisse d'aller plus loin dans son rapprochement avec Bruxelles.
Marc-André Miserez