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CW : Abus de faiblesse, torture, meurtre, abus psychologique, féminicide
Marla Grayson est une tutrice professionnelle. En tant que telle, elle est nommée par des juges afin de s'occuper de personnes en situation de danger ou d'incapacité, parfois contre leurs souhaits ou celui de leurs familles. Mais, derrière une façade d'empathie, Marla est une entrepreneuse sans éthique. Dès qu'elle reçoit un cas elle prend le contrôle total de la vie des personnes. Elle les empêche de contacter l'extérieur, de revenir dans leur maison voire de voir leur famille. Parallèlement, elle vend aux enchère la majorité des biens afin de se rémunérer au fil du temps. Mais cette arnaque pourrait ne pas survivre à son dernier cas : une vielle dame sympathique et riche avec des amis hauts placés.
SPOILERS
Je suis un peu emprunté pour présenter ce film. D'une part, je l'ai beaucoup apprécié. D'autre part, quelque chose semble ne pas fonctionner au sein de ce film et crée un certain malaise chez moi. En ce qui concerne les acteurs et actrices, tout va bien. Leur jeu est magnifique. Malheureusement, comme d'autres l'on montré, Marla et son assistante et amante ne sont pas assez développé. On apprend, au détour d'une conversation, que Marla a une mère et que Fran a un passé lui permettant d'avoir accès à des informations de police. Il aurait été adéquat d'en savoir plus. Roman, joué magistralement par Peter Dinklage, est un personnage bien mieux présenté aussi bien en ce qui concerne ses manies que ses réactions. Pourquoi cette différence d'écriture dans un film qui veut mettre en avant des personnages féminins lesbiens ? Je me pose encore la question.
Mais ceci n'est qu'un problème mineur comparé à la place qui est donnée à la relation entre les spectateurices et le personnage de Marla. En effet, Marla est montrée dès le début comme n'ayant aucune éthique. Son seul but est la richesse et elle manipulera les règles pour cela. Elle refuse de se faire intimider par les hommes, ce refus devenant la principale caractéristique du personnage et le moteur de l'intrigue. Honnêtement, cela me semble un peu simpliste pour un personnage décrit comme extrêmement intelligent.
Surtout, nous sommes mis, en tant que spectateurices, dans la position de considérer Marla comme une femme diabolique. Tout le film crée une attente en vue de sa "punition." Que celle-ci commence par une personne, masculine, tout aussi diabolique crée déjà un problème puisque les actions de Roman sont excusées par avance au vu des décisions de Marla. Mais cela nous met aussi en position d'accepter les souffrances de Marla par une personne tout aussi diabolique qu'elle. Il devient acceptable qu'une femme soit mise en danger pour ses actions tandis que Roman ne l'est pratiquement pas. Avec cette relation, le film échoue à créer un personnage féminin que l'on peut accepter, il crée une attente en vue de la dernière scène. Il devient légitime de tuer une femme plutôt que de critiquer les relations de pouvoir entre tuteurices et protégé.e.s. Un film qui questionne cette relation, même par l'usage d'une personne sans éthique, aurait été bien plus intéressant.
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*** Un film qui se dit progressiste, mais qui reste conservateur
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Image : IMDB