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Vu cette semaine deux pics verts sur les hauts de La Roche, dans le canton de Fribourg. Perchés sur des piquets de parc en bois de robinier, les deux volatils réputés farouches se sont ensuite envolés pour aller explorer, à terre, le pâturage voisin. Reconnaissable à son vol onduleux et à son ricanement sonore, Picus viridis porte un plumage vert, un croupion jaune et une calotte rouge. Son œil noir est entouré de blanc.
Dans l’excellent Bestiaire helvétique de Marcel Barelli*, on apprend que «cet amateur de fourmis possède la plus longue langue parmi les oiseaux». Elle mesure une dizaine de centimètres et est pourvue de crochets à son extrémité. Au repos, la langue du pic vert vient envelopper le cerveau de l’animal. A la façon d’un airbag, ce coussin de muscles et de ligaments le protège des coups répétés qu’il donne avec son bec.
Barelli raconte également que «selon la légende», le chant plaintif du pic vert implorerait la pluie, la seule capable de le désaltérer. Lorsque Dieu creusa les mers et les fleuves, il chargea en effet les oiseaux de ce travail, et tous se mirent à la tâche, excepté le pic vert. Il fut alors condamné à ne jamais boire une eau autre que celle tombée du ciel.»
*EPFL Press, Lausanne, 2020.
Photo : Par Ryzhkov Sergey — Wikipedia
La Roche, novembre 2020 © Emanuel Roggen - GrandAngle.ch