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Il ne s’agit pas ici de donner une introduction générale à l’enseignement de la logique au XVIe siècle, ce qui d’ailleurs a été fait récemment par Pierre Fraenkel Notre but est de faire une comparaison entre quelques manuels de logique qui auraient pu être employés à l’Académie de Genève, dans l’espoir d’éclaircir un peu la notion de «logique» au niveau de l’enseignement secondaire au XVIe siècle. Selon les règles établies dès la fondation de l’Académie de Genève en 1559, la logique, autrement dit la dialectique, c’est-à-dire «disserendi facultas… methodica et expedita thematis cuiusque explicandi ratio»3 commençait à être enseignée dès la «seconde» — ou avant-dernière classe du Collège. Calvin recommande «qu’on [y] expose les elemens dialectiques, scavoir la nature des propositions et les figures des argumens6 sans passer oultre. Qu’on leur explique le plus diligemment qu’il sera possible les propositions et les argumens prenant le patron des autheurs qui leur seront leus, sus tout des Paradoxes de Cicéron ». Dans la «première», c’est-à-dire la dernière classe du Collège, le programme d’enseignement dépasse ces « rudimens dialectiques » et s’étend aux « predicamens, catégories, topiques et elenches» qu’on enseigne avec l’assistance de «quelque abbrégé bien troussé» dont le titre n’est pas spécifié par Calvin. C’est aussi dans la première classe du Collège que l’on commence l’enseignement de la rhétorique. Les instructions de Calvin qui la concernent révèlent non seulement quelque chose des méthodes contemporaines d’enseignement, mais aussi les liens entre la logique et la rhétorique: «Qu’on y monstre aussy les commencemens de rhétorique et principalement ceulx qui appartiennent à bien orner et parer le langage. Que l’usage de tous les préceptes soit continuellement et soigneusement monstre et marqué aux Oraisons de Cicéron les plus artificielles. Item aux Olynthiaques de Démosthène et aux Philippiques. Pareillement en Homère et Vergile et que cela se face en tirant à part les propositions nues et puys expliquant l’ornement qui y est, comparant le tout avecq les préceptes». D’après ces règlements la rhétorique est un «ornement», un moyen de communiquer les propositions dialectiques d’une façon convenable et attrayante. Ce n’est pas une discipline en elle-même mais plutôt un appui pour la dialectique.