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Cet été, Bernard Bertossa, procureur général de Genève, tentait de sortir de l´oubli l´affaire Norit-Gefipro. Ces sociétés avaient laissé une ardoise de 85 millions de francs. Trop tard, la justice renonce à ses poursuites pour cause de prescription.
Le 4 juillet dernier, Bernard Bertossa écrivait que «la situation ne peut plus durer et qu'au vu de l'ancienneté des faits, il s'impose d'aller de l'avant» dans la poursuite dirigée contre les organes ou employés de «Norit et Gefipro».
Ces deux sociétés romandes, l'une domiciliée à Genève, l'autre dans le Valais, appartenaient au même homme d'affaires, S.M., un Brésilien installé dans la Cité de Calvin.
Ce dernier proposait des taux d'intérêt allant jusqu'à 15 pour cent. Mais en 1994, l'homme d'affaires disparaît, et avec lui les économies d'au moins 240 personnes, dont celles de l'ancien champion du monde de boxe, Christophe Tiozzo. L'ardoise est estimée à 85 millions de francs (59 pour Norit et 26 pour Gefipro).
S.M. est inculpé d'escroquerie, de gestion déloyale, de faux dans les titres, d'abus de confiance et de banqueroute. La justice reprochait à quatre anciens cadres de la banque Morgan Guaranty Trust d'avoir garanti jusqu'au bout Norit et Gefipro et les avait inculpés. En effet, 60 millions ont été traités par cette banque.
«Les avocats de la banque multiplient les recours pour gagner du temps. Les lésés en ont ras le bol devant l'impuissance et la lenteur de la justice», protestait encore récemment H. B., l'une des victimes, domiciliée à Lens, en Valais, dans une lettre adressée à la presse.
Il vient d'avoir malheureusement raison. Incapable de juger dans les temps les quatre anciens cadres de la banque Morgan, la justice vient de décider d'interrompre les poursuites à leur encontre. Quant à S.M., il est sorti de prison en 1995 après avoir versé une caution de 500 000 francs. Il habite toujours à Genève.
Ian Hamel