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Olivier, vous êtes président de “Choisir la Vie”, une association qui oeuvre pour la reconnaissance du droit à la vie, pour la protection de la vie humaine dès sa conception et jusqu’à sa mort naturelle, et pour la défense des valeurs familiales. Un vaste programme! Commençons par les valeurs familiales: que représente pour vous la famille?
Chacun de nous est venu au monde normalement à l’intérieur d’une famille; on peut donc dire que chacun doit à cette famille le fait même d’exister comme homme ou femme. Et quand la famille manque, nous savons bien qu’il se crée dans la personne qui vient au monde une carence douloureuse, qui pèsera par la suite sur toute sa vie. A la famille est liée la généalogie de tout homme, de toute femme. La famille est la première “société” humaine. Elle naît de l’amour d’un homme et d’une femme qui décident de vivre ensemble durablement. Ces paroles ne viennent pas de moi, elles sont de Jean-Paul II.
Le mariage est-il nécessaire pour créer une famille?
Un homme et une femme peuvent décider de créer une famille sans passer par le mariage, mais l’avantage du mariage, c’est qu’il définit ce qui constitue le bien commun du couple et de la future famille. Ce bien commun ne se définit pas en termes de comptes en banque et de biens immobiliers, mais en termes de valeurs bien plus importantes: l’amour, la fidélité, le respect, la durée de leur union jusqu’à la mort, “tous les jours de la vie”. Le bien de tous les deux, qui est en même temps le bien de chacun, deviendra ensuite le bien de la famille et de chacun des enfants.
“Choisir la Vie” oeuvre aussi pour la protection de la vie humaine dès sa conception, est-ce que cela veut dire que vous êtes contre l’avortement?
Oui, bien entendu. Mais je voudrais faire une distinction: je suis contre l’avortement, mais je ne suis pas contre les personnes qui avortent ou qui ont avorté. Parce que je suis moi-même responsable d’un avortement. A l’âge de 27 ans, l’amie avec qui j’étais à l’époque, est tombée enceinte. Elle, elle voulait garder cet enfant, mais moi je n’en voulais pas, parce que je n’avais pas de projet de vie avec elle, je n’avais pas désiré cet enfant. Alors finalement, elle a avorté... (long silence). Et je peux dire, 15 ans après, que cet événement me fait toujours mal. C’est pour cette raison que je suis contre l’avortement, parce que j’ai fait l’expérience par moi-même de quelque chose de très douloureux. Un avortement n’est pas quelque chose qui rend une femme et/ou un homme heureux. Peut-être que certains s’en fichent complètement, mais pour ma part, je n’ai pas pu rester insensible aux conséquences d’un acte que j’avais pourtant décidé librement. Encore aujourd’hui, cette acte me brise le coeur.
Et pourtant, l’avortement est autorisé par la loi.
Selon l’article 119 du Code pénal, toute femme peut demander par écrit une interruption de grossesse en invoquant une situation de détresse. Or de quelle détresse s’agit-il réellement? D’une détresse économique? Ce n’est pas la majorité des cas. Je crois qu’il s’agit le plus souvent de cette détresse ressentie par une personne qui se retrouve seule confrontée à une tâche immense. Car comment faire face à la tâche immense de la maternité et/ou de la paternité quand on n’a pas le soutien de son ou de sa partenaire? C’est pourquoi, je ne veux jeter la pierre à personne, si ce n’est à celles et ceux qui préconisent l’avortement comme solution pour éliminer la détresse de ces femmes et /ou de ces hommes qui se retrouvent face à une vie nouvelle.
Quel conseil donneriez-vous aux personnes qui veulent avorter?
Je dis à toutes les femmes qui pensent avorter et à tous les hommes qui veulent que leur femme, compagne ou amie avorte: avant de prendre une décision hâtive que vous risquez de regretter toute votre vie, prenez d’abord un rendez-vous ensemble chez un gynécologue pour une échographie. Après, quand vous aurez vu votre bébé, vous déciderez si oui ou non, vous voulez l’avorter.
Aujourd’hui, lutter contre l’avortement, ça signifie quoi?
Je ne veux pas lutter contre l’avortement, je veux travailler à protéger la vie. Et cela signifie créer les conditions pour qu’il y ait le moins possible d’interruptions de grossesse et pour que la maternité et la paternité puissent être vécues avec responsabilité et dans la joie.
Que pensez-vous de l’initiative “Financer l’avortement est une affaire privée”?
Elle est très logique. L’assurance maladie obligatoire est censée rembourser uniquement les prestations avec indication médicale. Or, jusqu’à 12 semaines, l’avortement est pratiqué sur simple demande de la femme qui ne veut pas poursuivre sa grossesse, sans indication médicale. Il n’y a donc aucune raison que les frais d’un avortement (entre 600.- et 3’000.-) soient remboursés par l’assurance obligatoire. Je rappelle que depuis le 1er janvier 2011, le remboursement des lunettes a été supprimé de l’assurance de base obligatoire, or il me semble que cette prestation était bien plus essentielle que le remboursement de l’avortement.