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On sait aujourd’hui que Neandertal et Sapiens étaient génétiquement compatibles. Non seulement ils se sont côtoyés mais ils se sont reproduits ensemble. Pourtant seul Sapiens a survécu.
On a trouvé ce qui les rapprochait, on connaît un peu mieux aujourd’hui ce qui les différenciait. En particulier la structure du cerveau. La recherche a été menée pas une équipe du Max Plank Institute for Evolutionary Anthropology.
A partir de 58 spécimens de squelettes de tous âges, les chercheurs ont pu établir des comparaisons significatives dans l’évolution des cerveaux pour les deux sous-espèces d’Homo. Dans sa croissance pendant la première année, alors que les os du crâne ne sont pas encore soudés, la masse cérébrale imprime une forme à l’intérieur de la boîte crânienne. Cela s’appelle l’endocrâne.
Les chercheurs ont constaté que les cerveaux sont semblables à la naissance. Mais après une année celui de Sapiens passe par une phase de «globularisation», soit une évolution plus sphérique, alors que celui de Neandertal reste allongé, de même que la forme du crâne.
Selon cette équipe cette configuration arrondie permettrait davantage de connexions à l’intérieur du cerveau. Or, plus que la quantité de matière cérébrale, c’est sa structure et son organisation, donc les connexions internes, qui permettent le développement de facultés cognitives. Sapiens serait en quelque sorte l’intellectuel de la famille. Et c’est lui qui a survécu, tout en incorporant environ 5% de son cousin dans ses gènes.
Les applications pratiques de cette découverte ne sont pas encore bien précises. A part de savoir que Neandertal ne voyait probablement pas le monde comme nous. Mais des perspectives se dessinent:
« Nos résultats ont deux implications importantes », explique Philipp Gunz, de l’Institut Max Planck. « Nous avons découvert des différences dans les schémas de développement du cerveau qui pourraient contribuer à des différences cognitives entre les humains modernes et les Néandertaliens. Peut-être plus important, toutefois, cette découverte nous en dira plus sur notre propre espèce, nous espérons que nos conclusions aideront d'identifier la fonction de certains gènes qui présentent des signes de sélection récente chez l'homme moderne. »
A lire sur Science et Avenir de décembre.
Image: extraite de l’excellent site hominides.com. A lire et explorer.