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Genève fête un siècle d’interprétation de conférence
Interprètes lors du procès de Nuremberg, en 1946. DR
En juin 1919, les protagonistes de la Première Guerre mondiale se retrouvent à Paris afin de signer un traité de paix. Pour la première fois dans une arène diplomatique, le français, qui jouissait jusqu’alors du statut de lingua franca, doit partager ce privilège avec l’anglais, dans un contexte où les États-Unis sont en pleine ascension sur la scène internationale. Les organisateurs de la conférence sont par conséquent amenés à proposer un service d’interprétation. C’est la naissance d’une nouvelle profession.
«Il s’agissait alors d’une interprétation en consécutif, rendue après chaque exposé, précise Kilian G. Seeber, professeur à la Faculté de traduction et d’interprétation et directeur du Département d’interprétation.» Autant dire que l’exercice s’avérait chronophage. Aussi, dès les années 1920, l’Organisation internationale du travail (OIT) innove en expérimentant un système d’interprétation téléphonique, débouchant sur les premières formes d’interprétation simultanée.
Dès lors, le besoin en interprètes ne cesse de croître. Genève ayant été choisie comme siège de la Société des Nations, c’est dans la ville du bout du lac qu’est créée, en 1941, la première école d’interprètes, à l’initiative du professeur de l’UNIGE Antoine Velleman. Ce développement apporte une pierre indispensable à l’édifice multilatéral qui se met en place dans la première moitié du XXe siècle.
Comment les interprètes parviennent-ils à garder le secret sur les échanges dont ils sont les témoins privilégiés, et surtout comment gèrent-ils la charge émotionnelle véhiculée par le récit de victimes d’exactions?
Ce fragment d’histoire sera abordé lors de la Semaine des professions langagières organisée par la Faculté de traduction et d’interprétation du 30 septembre au 5 octobre, en partenariat avec l’OIT et l’Association internationale des interprètes de conférence. Il y sera également question des défis actuels des métiers langagiers.
Une exposition itinérante sera par ailleurs accueillie à Uni Mail, consacrée au rôle des interprètes lors du procès de Nuremberg. Outre des documents d’archives, cet événement proposera une rencontre avec des proches de quelques-uns des interprètes de ce procès historique. Comment les interprètes parviennent-ils à garder le secret sur les échanges dont ils sont les témoins privilégiés, et surtout comment gèrent-ils la charge émotionnelle véhiculée par le récit de victimes d’exactions? Le public aura ainsi l’occasion de découvrir des facettes peu connues d’une profession pas comme les autres. —
Semaine des professions langagières, du 30 septembre au 5 octobre
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