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Le 12 décembre, le Washington Post a mis fin au suspense en affirmant, de source officielle, que le président George Bush annoncerait le lendemain le lancement d'une campagne nationale de vaccination contre la variole. L'opération commencera dès janvier 2003 auprès des travailleurs de la santé, dans l'armée ou les services d'urgence. A l'horizon 2004, elle sera étendue à l'ensemble de la population sur une base volontaire.Les jours précédents, les grands quotidiens avaient consacré des dossiers entiers à la question. Personne ne pouvait plus ignorer que le vaccin présente des risques de complications graves (un décès par million d'inoculations), que la reprise d'une campagne interrompue trente ans plus tôt présente de nombreuses difficultés, comme celle de détecter les personnes immunodéprimées ou vulnérables.Des voix critiques se sont fait entendre. Le principal syndicat de la santé, la Health Workers Union, partagé sur la question, a souligné la nécessité de mesures d'accompagnement strictes dans le New York Times. Un expert a mis en garde contre la pénurie de gammaglobulines antivaccinales, seul antidote en cas de complication grave. Même les aiguilles bifurquées choisies par l'administration ont fait l'objet de critiques, car présentant trop de risques de piqûres accidentelles.Mais la légitimité de la campagne, elle, semble admise. Il faut croire le sénateur Bill Frist, qui déclare dans le Washington Post que «ce pays doit se doter de moyens de réponse, car je crois que le risque de variole aux Etats-Unis est croissant. Il faut aller de l'avant.» Pour le politicien, «si l'Irak a le virus de la variole, je pense qu'il l'utilisera, et de façon efficace et intelligente».La presse présente un scientifique qui s'est vacciné pour pouvoir produire de la gammaglobuline antivaccinale. L'immunisation apparaît déjà comme un acte de patriotisme, ou en tout cas de responsabilité familiale. L'annonce du président résonne comme une preuve de la gravité des menaces qui pèsent sur les Etats-Unis. Elle offre à chacun la possibilité d'en ressentir les effets dans sa chair.Il faut reconnaître que les recommandations nuancées de l'OMS n'ont pas cette force symbolique. L'organisation estime qu'une flambée de variole dans une population non vaccinée est contrôlable «en présence d'un système de surveillance énergique.» Elle déconseille la vaccination, sauf pour les personnes «exposées au virus ou à un risque réel d'exposition».