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Le 10 juillet 2012, le tribunal pénal de Mayo, à Khartoum, a déclaré Layla Ibrahim Issa Jumul coupable d’adultère et a condamné la jeune Soudanaise de 23 ans à mort par lapidation au titre de l’article 146 du Code pénal soudanais de 1991.
Cette peine de lapidation a été prononcée à l’issue d’un procès inéquitable, au cours duquel Layla Ibrahim Issa Jumul n’a pas été représentée et sa culpabilité n’a été établie que sur la base de ses aveux. Pendant le procès, le juge n’a pas désigné d’avocat pour la défendre, en violation de l’article 135 de la Loi de 1991 relative aux procédures pénales. Des avocats soudanais ont formé un recours.
Layla Ibrahim Issa Jumul est actuellement maintenue en détention avec son bébé de six mois à la prison pour femmes d’Omdurman, à proximité de la capitale soudanaise Khartoum.
Deux condamnations en quelques mois
Layla Ibrahim Issa Jumul est la seconde femme à être condamnée à mort par lapidation pour adultère au Soudan au cours de ces derniers mois. Le 13 mai 2012, Intisar Sharif Abdallah s’était vu infliger la même peine à l’issue d’un procès inéquitable où la sentence ne reposait que sur les aveux de la jeune femme de 20 ans, obtenus sous la contrainte. Intisar Sharif Abdallah a été de nouveau jugée après avoir fait appel de sa condamnation, et a finalement bénéficié d’un non-lieu le 3 juillet 2012. Elle a été remise en liberté le même jour.
Ces deux affaires concernaient des femmes qui sont de jeunes mères, issues de milieux marginalisés, qui n’avaient pas connaissance de leurs droits ni de la gravité des charges retenues contre elles. Elles ont toutes les deux été privées de représentation juridique, en violation flagrante du droit à un procès équitable.
Amnesty International considère Layla Ibrahim Issa Jumul comme une prisonnière d’opinion et engage le gouvernement soudanais à suspendre son exécution par tous les moyens disponibles, à annuler la peine de lapidation qui lui a été infligée pour «adultère en étant mariée», et à la libérer immédiatement et sans condition.