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Les téléspectateurs suisses devront se brancher sur une chaîne étrangère pour suivre les Mondiaux de foot de 2002 qui auront lieu au Japon et en Corée. La SSR ne veut pas acheter les droits de retransmission, jugés trop élevés.
Au total, la retransmission de cet événement aurait coûté à SRG SSR idée suisse (SSR) de 24 à 30 millions de francs, a indiqué vendredi Urs Leutert, responsable Business Unit Sport de la SSR.
Outre les droits, cette somme comprend les frais de production additionnels, estimés à plus de 10 millions. Le coût élevé de la vie dans les pays organisateurs sont aussi en cause.
Les prix exacts demandés par le groupe Kirch, détenteur des droits de retransmission, n'ont pas été rendus publics, mais «ils dépassent les possibilités financières de la SSR», écrit cette dernière dans un communiqué. La somme exigée au titre des licences est plus de dix fois supérieure au montant payé pour les mondiaux 1998 en France, ajoute-t-elle.
Selon Urs Leutert, la responsabilité du prix élevé des droits de retransmission n'est pas à mettre en premier lieu sur le compte du groupe Kirch, mais de la FIFA. Celle-ci a en effet vendu les droits des mondiaux 2002 et 2006 à un prix quatorze fois supérieur à celui des précédentes éditions. Le groupe Kirch n'a fait que répercuter ces coûts sur les preneurs de licence.
Ainsi, vu les circonstances actuelles, «pas une seconde des prochains championnats du monde de foot ne sera diffusée sur les stations de radio et les chaînes TV de la SSR», a expliqué M. Leutert. La décision du comité de direction de faire l'impasse sur cet événement vaut donc aussi pour la Télévision Suisse Romande (TSR) et la Radio Suisse Romande (RSR).
Une éventuelle qualification de l'équipe suisse pour ces mondiaux ne changera rien. «Financièrement, nous ne pouvons tout simplement pas régater dans cette catégorie». Sans compter que les horaires des matches (entre 7h30 et 14h30, heure suisse) ne sont pas favorables pour les taux d'audiences, ce qui minimise les possibilités de refinancement.
La SSR serait néanmoins prête à reconsidérer la situation si celle-ci devait se modifier «en profondeur». Cela implique par exemple de pouvoir acquérir des droits partiels ou de passer des alliances avec d'autres diffuseurs. La SSR a déjà essayé d'acheter des droits partiels, notamment pour les points forts des matches, mais le groupe Kirch n'a proposé qu'un paquet pour la Suisse.
Les perspectives pour les championnats du monde 2006 en Allemagne se présentent également mal. D'une part, les droits ont été vendus tout aussi chers au groupe Kirch. D'autre part, la localisation de l'évènement - en Europe et qui plus est dans un pays fan de football - devrait elle aussi contribuer à une nouvelle explosion de la somme à investir pour les licences.
swissinfo avec les agences