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SOCIALISATION

Castes
La structure sociale
de la fourmilière est divisée en 3 "castes", tous ses
habitants sont issus de la femelle fondatrice, la reine.
La fonction de la reine est uniquement de pondre des oeufs. La reine reste en générale cloîtrée toute sa vie bien à l'abri dans la salle de ponte, qui se situe au coeur de la colonie. Certaines reines peuvent vivre jusqu'à 7 ans.
Les mâles
sont issus des oeufs non fécondés, ils restent "oisifs"
et se font entretenir par les ouvrières jusqu'à l'envol nuptial
qui constitue le point d'orgue de leur brève carrière (ils
meurent peu de temps après l'accouplement).
Selon les espèces, la caste des ouvrières s'organise de deux manières distinctes:
Certaines ouvrières sont spécialisées dans l'évacuation des déchets vers des endroits spécialement prévus à cet effet à l'extérieur de la fourmilière.
Les oeufs pondus
par la reine sont pris en charge par les nourrices. Les oeufs et les larves
sont durant le jour, amenés par certaines ouvrières (les
nourrices) près de la surface, afin de profiter de la chaleur et
sont redescendus le soir en profondeur pour être protégés
du froid.
Communication
Les fourmis communiquent entre elles au moyen de divers messages chimiques constitués de phéromones pour signaler divers besoins internes, la présence d'agresseurs potentiels ou quand la situation nécessite l'aide de congénères. Pour cela, leurs antennes sont équipées de récepteurs destinés à capter ces phéromones et par ailleurs elles jouent un rôle indispensable dans la communication tactile. Ainsi,le message est transmis souvent par une certaine inclinaison des antennes après un contacte réciproque.
De plus, elles peuvent communiquer à leurs congénères le chemin vers divers ressources en laissant une trace olfactive. Par exemple, les ouvrières fouragères (fourmis chargées de l'approvisionnement) laissent sur le chemin qui les mène à la source de nouriture une trace odorante qui pourra par la suite être empruntée par ses consoeurs. Plus le chemin est emprunté, plus il laisse une trace odorante, plus il attire des fourmis, ce procèdé très simple permet une mobilisation optimale. S'il n'y a plus de nourriture au retour elles ne laissent plus de trace, ainsi peu à peu la trace olfactive s'efface.
Chaque fourmilière se distingue par sa carte d'identité chimique: un individu ne possèdant pas la même odeur sera immédiatement détecté. En effet, la colonie a une odeur qui lui est propre; de cette façon les "hôtes" non-désirés sont vite repèrés et pris en charge par les soldats dont le rôle est d'empêcher toute intrusion intempestive.
Comme n'y a pas
de hiérarchie dans une fourmilière,(le seul rôle dévolu
à la reine, est la ponte) c'est un système qui s'autorégule
en fonction des besoins du moment, on en connait pas encore tous les mécanismes,
mais comme on sait que les fourmis sont de véritables usines chimiques
sur pattes, un message olfactif pourrait en être l'élément
moteur. Une expérience a démontré que des ouvrières
détectant des traces olfactives de fourmis rivales dans le voisinage,
vont émettre des phéromones de danger, et cela d'autant plus
intensément que les traces se font présentes. Une fourmilière
confrontée à ce péril, élèvera jusqu'à
deux fois plus de soldats qu'une fourmilière qui ne l'est pas. Cette
"décision" représente un coût en termes alimentaires,
en effet les soldats sont obtenus en suralimentant des larves destinées
à devenir des ouvrières. Il en résulte un manque à
gagner certain, moins d'ouvrières pour ramener de la nouriture et
une consommation accrue pour entretenir les guerrières.
Jabot social
La fourmi dispose de deux estomacs un étant destiné au fonctionnement de son propre métabolisme et l'autre le jabot social (ou estomac social), pour stocker de la nourriture prédigérée qu'elle pourra régurgiter facilement à l'usage exclusif d'autres ouvrières qui n'ont pas le temps, ni les moyens d'aller se se nourrir elles-mêmes. Ce système permet à certaines fourmis de se consacrer entièrement à une tâche donnée sans avoir à s'interrompre pour partir en quête d'alimment. Cela permet la spécialisation qui est à la base de l'efficacité des fourmis.
Pour signaler à
une de ses comparses qu'elle a faim la fourmi vient lui tapoter doucement
sur la tête avec ses antennes, l'autre en signe d'assentiment va
coucher ses antennes en arrière et va lui régurgiter directement
dans la bouche, la nourriture stockée sous forme liquide dans son
estomac social (le jabot).