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La participation des athlètes trans aux compétitions sportives féminines interroge de nombreux sports. Certaines disciplines leur interdisent même la pratique, estimant que les femmes nées dans un corps de garçon ont un avantage athlétique trop évident du simple fait de leur condition antérieure. Ce n'est pas le cas du MMA (arts martiaux mixtes), un sport qui a récemment ouvert son ring à Alana McLaughlin.
Mais pour organiser le premier combat de l'Américaine, il fallait commencer par lui trouver une adversaire. Or peu de filles se sont déclarées candidates pour affronter l'imposante néophyte, 89 kilos de muscles pour 182 cm.
C'est finalement Céline Provost qui s'y est collée, et ça ne s'est pas très bien passé pour elle. La Française a été battue par «soumission» (à la suite d'une strangulation) après un peu plus de trois minutes de combat.
Cette victoire expéditive a déclenché une vive polémique dans le milieu du MMA. Des personnalités de la discipline soulignant l'inégalité des chances qui existait entre McLaughlin et son adversaire.
Plusieurs médias du monde entier ont relaté cette histoire, ou plutôt la controverse suscitée par ce que certains ont estimé être un flagrant déséquilibre des forces. Le journal Marca a insisté sur ce point en ressortant une vieille photo de la combattante la montrant dans son ancienne vie.
«Avant de devenir une femme en 2012, McLaughlin avait servi dans les forces spéciales de l'armée américaine entre 2003 et 2010, œuvrant durant plusieurs années en Afghanistan en tant que sergent et remportant huit décorations», a précisé le quotidien madrilène.
Le procès qui lui est fait est surtout celui de la Florida State Boxing Commission (le combat avait lieu à Miami). Car Miss Laughlin s'est soumise à tous les examens médicaux demandés par les organisateurs, dont un test hormonal. Si certains estiment sa présence illégitime, ils devraient plutôt enjoindre la Fédération à réviser son règlement. C'est d'ailleurs ce que font actuellement plusieurs autres disciplines (comme le rugby ou l'athlétisme), cherchant la meilleure façon d'intégrer les sportives trans à leurs compétitions.
Alana McLaughlin (38 ans) ne s'est pas laissée démonter par les critiques. Elle a très vite répliqué sur les réseaux sociaux, expliquant qu'elle avait aussi reçu des coups durant le combat, photo à l'appui.
Good morning, friends, supporters and others! I'm getting a lot of variations of the same nasty messages calling me a cheater like I didn't just get beat on for a round and a half. Y'all need to show Céline Provost some respect and take your concern trolling elsewhere. (1/2) pic.twitter.com/GFhk55YeJm— Alana McLaughlin🏳️⚧️ (@AlanaFeral) September 11, 2021
Ce n'est pas la première fois que le MMA est confronté à ce type de polémique. Entre 2012 et 2014, la combattante trans Fallon Fox avait été autorisée à monter à six reprises sur le ring. L'accueil n'avait pas été particulièrement bienveillant, et ça ne s'était pas arrangé par la suite, Fox brisant le crâne d'une adversaire.
watson avait déjà traité de l'intégration des femmes trans dans le sport en évoquant le sujet du rugby.
Nous avions également recueilli le témoignage d'Alexia Cerenys, une rugbywoman transgenre de première division féminine française.