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2 Questions de cadrage
L’atténuation des changements climatiques et le développement durable
La relation entre les changements climatiques et le développement est à deux voies. D’une part, la vulnérabilité aux changements climatiques est encadrée et fortement influencée par les schémas de développement et par les niveaux de revenu. Les décisions portant sur la technologie, les investissements, le commerce, les droits des communautés, les politiques sociales ou la gouvernance, qui peuvent sembler indépendantes des politiques climatiques, peuvent avoir des impacts profonds sur les émissions, l’étendue de l’atténuation nécessaire, et les coûts et bénéfices qui en résultent [2.21].
D’un autre côté, le changement climatique lui-même et les politiques d’adaptation et d’atténuation pourraient avoir des impacts positifs significatifs sur le développement dans ce sens que le développement peut être rendu plus durable. Ceci aboutit à la notion que les politiques liées aux changements climatiques peuvent être considérées (1) dans leur propre perspective (« le climat d’abord ») ou (2) en tant qu’élément faisant partie intégrante de politiques de développement durable (« le développement d’abord »). Considérer le débat comme lié au développement plutôt qu’à l’environnement seul peut permettre de mieux répondre aux demandes des pays, tout en reconnaissant que les forces à l’œuvre dans les émissions proviennent du processus de développement sous-jacent [2.2.3].
Les processus de développement évoluent, en tant que résultat des transactions économiques et sociales, qui sont influencées par les politiques gouvernementales, les initiatives du secteur privé et par les préférences et les choix des consommateurs. Ces éléments comprennent un grand nombre de politiques publiques liées à la conservation de la nature, les cadres légaux, les droits de propriété, les normes légales, les taxes et la réglementation, la production, la sécurité et la sûreté alimentaires, les schémas de consommation, les efforts de renforcement des capacités humaines et institutionnelles, la R&D, les architectures financières, les transferts de technologies, l’efficacité énergétique et les alternatives énergétiques. Ces politiques n’émergent généralement pas et ne sont pas mises en place dans le cadre de paniers de politiques de développement, mais elles sont généralement ciblées sur des objectifs plus spécifiques comme des standards de pollution de l’air, la sécurité alimentaire et sanitaire, la réduction des émissions de GES, la génération de revenu en faveur de groupes spécifiques, ou le développement d’industries liées aux technologies vertes. Cependant, des impacts significatifs peuvent provenir de ces politiques sur la durabilité et l’atténuation de l’effet de serre et les résultats de l’adaptation. La corrélation forte entre l’atténuation des changements climatiques et le développement est aussi bien à l’œuvre dans les pays en voie de développement que dans les pays industrialisés. Le chapitre 12, et dans une certaine mesure les chapitres 4 à 11 traitent de ces questions plus en détail [2.2.5; 2.2.7].
La littérature nouvelle a identifié des approches méthodologiques pour identifier, caractériser et analyser les interactions entre le développement durable et les réponses aux changements climatiques. Plusieurs auteurs ont suggéré que le développement durable peut être utilisé comme un cadre pour évaluer de façon conjointe les dimensions sociale, humaine, environnementale et économique. Une manière de traiter ces dimensions consiste àutiliser un certain nombre d’indicateurs économiques, environnementaux, humains et sociaux pour évaluer les impacts des politiques publiques liées au développement durable, en intégrant aussi bien des standards de mesure quantitatifs que qualitatifs (bon accord, mises en évidence limitées) [2.2.4].