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1657
Michel de Marolles, Mémoires
Paris, Loyson, 1657
Les animaux sur scènes (ballet/comédie)
Dans ses Mémoires probablement rédigées dans les années 1650, Marolles se souvient d'un échec scénique en 1626 impliquant un cheval, ce qui l'amène à penser que les animaux réels, s'ils peuvent prendre place dans la comédie doivent être évités dans les ballets.
Pendant le carnaval de l’année 1626, le roi voulut danser encore un ballet dont M. de Nemours inventa le sujet qui était de représenter plusieurs ballets en un seul pour les réjouissances des noces imaginaires de la douairière de Bilbahaut avec un personnage qu’il appelait le Fanfan de Sotteville (car les noms mêmes, en ces choses-là, doivent avoir quelque chose de plaisant et il y a de l’art à les bien choisir). M. de Nemours qui m’en avait dit le dessein voulut que je le visse parce qu’il se persuadait que je m’y connaissais un peu et qu’il savait bien que j’estimais tout ce qui venait de lui. Je le vis donc, mais pour en dire la vérité, ce ne fut pas si commodément que celui de l’année d’auparavant. J’en remarquai pourtant assez bien toutes les particularités et je lui en dis ensuite mes sentiments. Il y eut sans doute de bonnes choses en ce genre-là, mais il y en eut aussi qui ne réussirent pas si bien qu’on l’avait espéré comme d’y avoir amené un cheval sur lequel était monté le sieur Marais, jouant le personnage du Grand Turc, au lieu de l’introduire seulement sur une machine représentant un cheval, ce qui est de bien meilleure grâce que de faire paraître ces choses-là au naturel, puisqu’en effet, la danse n’est qu’une pure fiction pour le divertissement, ce qui n’est pas de même de la comédie, qui approche davantage du naturel. C’est pourquoi la comédie peut admettre quelquefois des animaux naturels au lieu que la danse, qui n’est que des hommes, ne le fait jamais avec succès.
Ouvrage disponible sur Gallica.
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