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Le procureur général de Genève demande au Tribunal de police de juger deux anciens ministres mauriciens pour calomnie et diffamation.Ce contenu a été publié le 18 mars 2002 - 17:08
L'affaire remonte à deux ans déjà. A cette époque, l'homme d'affaires suisse Eric Stauffer est un habitué de l'océan Indien. Il conseille à certains de ses clients de placer leurs économies dans le paradis fiscal mauricien.
Mais, en l'an 2000, il se fâche avec son partenaire local, Xavier-Luc Duval. Qui est alors ministre du Commerce et de l'Industrie de l'île Maurice.
L'ancienne colonie britannique est en campagne électorale. Lors d'un meeting, le Premier ministre Navim Ramgoolam, vole au secours de Xavier-Luc Duval. Il accuse l'homme d'affaires suisse de mille maux, brandissant un faux rapport d'Interpol. Ses propos sont repris par la Mauritius Broadcasting corporation (MBC), et par son site Internet.
Pour laver son honneur, Eric Stauffer décide de porter plainte à Genève. Car, avec Internet, la calomnie et la diffamation ne provoquent plus seulement des dégâts locaux, mais dans le monde entier.
Un préjudice estimé à 5 millions de francs
En août 2000, la justice genevoise ouvre une information judiciaire à l'encontre des deux politiciens mauriciens. Seulement voilà, il n'existe aucun traité entre Port-Louis et Berne. Et la justice mauricienne met une incroyable mauvaise volonté à collaborer. Au point que le juge Marc Tappolet, en charge du dossier, renonce finalement à se rendre dans l'océan Indien.
Le magistrat suisse n'avait absolument pas l'assurance de pouvoir interroger Navim Ramgoolam et Xavier-Luc Duval. Par ailleurs, depuis les dernières élections, les deux ministres ne sont plus en fonction. Ils sont dans l'opposition.
Mais le procureur Bernard Bertossa insiste. Il a demandé au Tribunal de police de Genève de juger l'ancien premier ministre et son ancien ministre du Commerce et de l'Industrie, ainsi que la télévision mauricienne.
On peut vraisemblablement penser que tout ce petit monde sera jugé par défaut. L'homme d'affaires suisse Eric Stauffer réclame 5 millions de francs pour le préjudice subi.
Ian Hamel
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