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Prieur de Taizé, Frère Alois était invité à Genève pour la sortie d’un livre sur l’histoire de la communauté née dans la cité de Calvin.
Dans le temple de Saint-Gervais à Genève, des frères de la communauté de Taizé assis face à un parterre de lumignons conduisent la prière. Parmi eux Frère Alois, prieur de la communauté, invité à une discussion autour du livre Taizé, une parabole d’unité. Histoire de la communauté des origines au concile des jeunes de l’historienne italienne Silvia Scatena. L’occasion de plonger dans le passé d’une communauté qui, rappelle-t-il, «trouve ses racines entre la cathédrale et la rue du Puits-Saint- Pierre» à Genève. C’est là que le pasteur Roger Schutz, son fondateur, et ses compagnons commencent à vivre en communauté.
Né dans le canton de Neuchâtel en 1915, le jeune homme étudie à la Faculté de théologie des Eglises libres de Lausanne. Attiré à la fois par le cénobitisme, forme de vie monastique communautaire, et l’oecuménisme, il caresse le projet de fonder une communauté de prière au sein des Eglises issues de la Réforme. Dans ce but, il acquiert en 1940 une maison dans le village de Taizé, en Saône-et-Loire. Pendant deux ans, le théologien y accueille des réfugiés fuyant les persécutions nazies. Recherché par la Gestapo, il trouve refuge à Genève où il rencontre ses premiers compagnons: Max Thurian, Pierre de Souvairan et Daniel de Montmollin. Partageant un appartement, ils sont animés par une prière commune et bâtissent une sorte de tiers ordre, la «Grande Communauté ». Roger Schutz se fixe définitivement à Taizé à l’automne 1944. Les membres restés à Genève se sentent alors abandonnés et trahis.
CÈNE(S) DE DISCORDE
Des incompréhensions naissent dès la création de la communauté. En cause: le choix d’une vie monastique rejetée par le protestantisme depuis sa condamnation par Luther. L’engagement à vie de Frère Roger dans la communauté et son statut de pasteur suscitent des interrogations. Ce qui marque encore plus les esprits, c’est la conversion cachée de Max Thurian, un des frères fondateurs, et son ordination comme prêtre à Naples en 1987. En revanche, les participants soulignent le rayonnement actuel de Taizé. Qu’il s’agisse des rencontres européennes ou des fraternités présentes dans des quartiers déshérités d’Asie, d’Afrique ou d’Amérique latine, les témoignages sur son impact affluent..
Professeur de théologie systématique à l’Université de Genève et auteur de la préface, Christophe Chalamet note que «Taizé peut aider les Eglises à redécouvrir un élan. Nous devons être attentifs à ce que nous pouvons en apprendre, y compris dans les facultés de théologie. Les Eglises d’Europe de l’Ouest vivent un temps de crise, d’affaissementmarqué et rapide. Taizé parvient à éveiller quelque chose chez les jeunes du monde entier». En écho, Frère Alois pointe la désunion des Eglises: «Nous pourrions rayonner davantage si nous reconnaissions humblement ce qui nous manque en tant qu’Eglise et que nous pouvons recevoir des autres»..
Myriam Bettens/Protestinfo
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