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On le sait, la motivation est essentielle à l’apprentissage. De même, combien d’entre nous n’a pas entendu ou prononcé ces phrases: « Il pourrait faire mieux s’il était motivé ». Ou tout simplement: « Il manque de motivation ».
Mais sait-on vraiment ce qu’est la motivation? Comment se construit-elle, comment se développe-t-elle? Quels en sont les différents types? Comment savoir si vos chérubins sont motivés?
Si l’on en revient à l’étymologie du mot « motivation », du latin movere, on sent bien que la motivation est un mouvement, un déplacement, par extension: se déplacer vers quelque chose. Elle peut se décomposer en trois temps:
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Le déclenchement d’une conduite,
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Le fait que cette conduite devienne à court terme quelque chose de régulier pour finalement se conclure par
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La concrétisation d’un but ou d’une intention.
La motivation rattachée au domaine scolaire est donc une mise en mouvement sans laquelle l‘apprentissage est impossible. Le premier objet de motivation de l‘être humain est le sein maternel que cherche le nourrisson…
Comment motiver vos enfants?
Les différents types de motivation:
Selon les auteurs et les différentes approches, on décortique la motivation sous de multiples aspects.
Voici les deux principaux aspects qui sont liés aux apprentissages.
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Motivation extrinsèque/intrinsèque
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La motivation intrinsèque: on peut la définir comme la volonté spontanée de la personne, indépendante de toute récompense extérieure. Un enfant qui possède une motivation intrinsèque sera intéressé par un sujet et aura plaisir à l’explorer.
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La motivation extrinsèque: n’est pas liée au sujet. Elle est alimentée principalement par les récompenses. L’enfant est motivé par un élément extérieur à l’apprentissage lui-même, ce peut être une récompense promise ou le fait d’éviter une punition.
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Or, la qualité des apprentissages dépend du type de motivation. Si les deux sont liées, il est important que prédomine chez l’enfant la motivation intrinsèque. Celle-ci provient de la curiosité de l’enfant, de son besoin d’accomplissement et d’épanouissement.
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Motivation positive/négative
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La motivation positive est celle qui entraîne le sujet à réaliser une performance (scolaire, artistique, sportive). Le jeune aura alors une attente positive et a un espoir de réussite.
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La motivation négative a pour moteur la peur. On cherche à éviter un danger, une punition. C’est la crainte de l’échec qui la gouverne.
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La motivation selon qu’elle est positive ou négative influence l’élève dans sa tendance à attribuer une cause à ses éventuels échecs. Si sa motivation est principalement positive, donc, s’il est motivé par la réussite, il attribuera la cause de son échec à un manque de travail.
En revanche, si sa motivation s’exprime par la crainte de l’échec, l’élève imputera ses mauvais résultats au hasard ou simplement au fait qu’il n’est pas doué.
La relation que l’élève fait entre les résultats qu’il obtient et les causes de ces résultats est également primordiale:
un enfant qui attribue ses bonnes ou mauvaises notes au hasard, à la chance, au fait qu’un enseignant l’aime bien ou ne l’aime pas donne des raisons externes à ses échecs ou réussites.
En revanche, un élève qui estime que ses résultats sont dus à son travail ou absence de travail, à une phase de fatigue, au fait qu’il y a eu trop de bruit dans la classe, ne rend pas l’extérieur responsables de ses échecs et réussites.
On ne sera pas étonnés de constater que les élèves qui pensent que l’origine de leurs résultats est le fait de causes internes réussissent mieux puisqu’ils savent qu’ils ont des moyens d’agir.
Notre fils Nicolas (16 ans) est fatigué, se réfugie dans sa chambre et nous donne l’impression d’être frustré quand il parle de sa vie, de son avenir, du monde dans lequel il est. Comment pouvons-nous l’aider? Line et Paul (44 et 45 ans)
Comment guider votre enfant pour son avenir?. Un extrait de la matinale LFM de ce lundi 26 janvier avec Isabel Pérez enseignante, conseillère pédagogique.
Généralités
Les Epreuves Cantonales de Référence, (ECR), sont des évaluations de français, de mathématiques, et d’allemand pour les élèves de 8e Harmos uniquement, que tous les écoliers vaudois passent tous les deux ans à partir de la 4e Harmos, au mois de mai. Elles permettent de situer les élèves d’une classe, d’un établissement par rapport aux écoliers de l’ensemble du canton de Vaud.
Quand ont lieu les ECR et quelles matières sont évaluées ?
Les ECR ont lieu au mois de mai pour les élèves de 4e, 6e, 8e et 10e Harmos.
En 4e : Français, mathématiques. Le résultat a une valeur indicative.
En 6e : Français et mathématiques. Le résultat compte comme un travail significatif.
En 8e : Français, mathématiques et allemand. Le résultat de chacune de ces épreuves sera pris en compte lors de la décision d’orientation des élèves. Une moyenne annuelle sera faite entre les résultats des tests assimilés et significatifs effectués durant l’année scolaire qui compteront pour 70% et la note obtenue aux ECR qui comptera pour 30% de la note annuelle finale.
En 10e : Français, mathématiques. Le résultat compte comme un travail significatif.
Et après l’école obligatoire ?
Ouf ! A l’heure actuelle, il n’existe pas d’épreuve cantonale de référence après le secondaire I, soit après la 11e Harmos. En revanche, les élèves scolarisés dans le privé qui souhaitent retourner dans les classes publiques devront passer un examen cantonal de retour dans les classes publiques et ce quel que soit leur degré dans la scolarité.
Comment préparer nos enfants aux ECR ?
La meilleure préparation à ces épreuves reste un travail régulier durant toute l’année scolaire. On observe que les notes sont sensiblement identiques, souvent à un demi-point près, entre les épreuves de référence et les résultats semestriels ou annuels. Si certaines lacunes sont constatées mieux vaut donc tenter d’y remédier tôt dans l’année. Les exercices auxquels les élèves seront confrontés lors des épreuves cantonales de référence sont eux aussi basés sur le plan d’étude romand (PER).
Il est évident que les élèves… et les parents parfois, considèrent ces épreuves comme un examen et qu’il s’agit pour eux d’une source de stress. Il faut donc permettre aux enfants de garder leurs moyens. Sur le site du département, les parents peuvent télécharger un exemple d’une ancienne épreuve par matière et par degré ainsi que les corrigés. Bon nombre d’écoliers feront aussi une ou plusieurs épreuves en classe avec leurs enseignants, souvent à titre d’exercice.
Nombre de structures proposent également des cours de préparation à ces épreuves.
Ce qui est important c’est de permettre aux élèves de prendre connaissance d’une ancienne ECR afin qu’il puisse se familiariser avec les consignes et des notions ou exercices types qui reviennent chaque année.
Les petits trucs en plus !
1. Avoir les bons outils. Le soir d’avant, faites le point avec votre enfant quant au matériel nécessaire. A-t-il des crayons taillés, sa gomme fétiche, une règle et tout le matériel requis ?
2. Habituez votre enfant à gérer le temps et à avoir des repères temporels. Une montre est indispensable le jour des épreuves de même que la capacité à savoir ce qui a été fait en combien de temps et… ce qu’il reste à faire, par rapport au temps imparti !
3. Incroyable mais… vrai ! Certains élèves malheureux ont oublié, dans le stress, de tourner une page. Recommandez à vos enfants de tourner toutes les pages, recto-verso et de compter les exercices.
4. Le soir d’avant, câlins, massages, lait chaud au miel seront bienvenus. Bon d’accord, sauf pour votre grand ado… quoi que. Les « révisions de dernières minutes » sont à laisser aux oubliettes.
5. Le jour J, si les enfants parviennent à déjeuner… c’est l’idéal ! Si votre enfant rechigne même devant le plus beau bol de flocons au yoghourt et fruits, tentez la barre énergétique dans la poche et le jus de fruits.
6. Pour gagner au loto, il faut jouer certes, mais aussi compléter toutes les cases. Rappelez à votre enfants qu’il vaut mieux vaut compléter un exercice, même s’ils ne sont pas sûr de la réponse, plutôt que de le laisser vide, par crainte de faire faux ! Peut-être que la chance sera avec eux ! Et si un exercice paraît vraiment trop complexe… autant aller de l’avant quitte à y revenir par la suite si du temps demeure.
7. Un enfant serein a un entourage qui a su le rassurer. Discutez avec votre enfant de ce qu’il a déjà réussi et dont il est fier au niveau scolaire ou extrascolaire (compétition sportive, audition). Aidez-le à prendre conscience de sa capacité à avoir su surmonter une situation de stress.
8. Assurer les exercices typiques ! Les élèves auront toujours une rédaction. Liste de courses, recettes, cartes postales, toutes les occasions sont bonnes pour encourager votre enfant à écrire régulièrement, afin d’éviter la hantise de la page blanche.
9. En maths, des calculs sont toujours au programme… après la liste de course, imaginer le montant, le calculer… et à la main ! Un entraînement régulier au calcul de base permettra à votre champion(ne) de gagner des points et de ne pas commettre ce type d’erreur. Enfin, ainsi votre enfant sera délesté du poids du calcul et pourra se centrer sur le raisonnement.
10. C’est en forgeant que l’on devient forgeron. Votre enfant panique à l’idée de faire un piètre résultat ? Et vous, avez-vous toujours tout réussi avec brio ? Oublions quelques instants la pression, le stress ambiant. Votre enfant n’est-il pas le plus beau, le plus intelligent et le plus formidable, quoi qu’il arrive ? Tôt ou tard, il y arrivera, vous en êtes persuadé, n’est-ce pas ? Alors, convainquez-le !
Les liens utiles officiels :
- Site du département rubrique ECR :
- Cadre général de l’évaluation pour les années scolaires 2013-2014 et 2014-2015 :
Isabel Pérez, conseillère pédagogique, répond à vos questions.
Il oublie ses affaires, perd son agenda, déclare n’avoir rien à faire. Sa motivation semble disparaître au même rythme que son travail. Les clés pour l’aider à s’en sortir avec la coach scolaire Isabelle Pérez.
Quels sont les signes inquiétants?
- Il oublie ses affaires, perd son matériel, omet systématiquement de noter ses devoirs dans son agenda.
- Lorsque vous lui demandez s’il a fait ses devoirs, il vous répond sans ciller qu’il a déjà fini ou qu’il n’avait rien à faire.
- Il tente de se justifier de ne pas avoir fait ses devoirs en disant que c’est trop dur. C’est certainement faux les devoirs scolaires sont en adéquation avec le programme suivi.
- Il est découragé parce qu’il n’a pas anticipé et se retrouve surchargé de devoirs.
Pourquoi les choses se compliquent à l’adolescence?
- C’est vers la 5e- 6e que le rythme et les exigences scolaires changent. Les stratégies mises en place jusque-là par les enfants sont remises en cause. La pression augmente. Les devoirs sont plus complexes, demandent des efforts complémentaires.
- Paradoxalement, les causes de distractions (copains, Internet, réseaux sociaux…) se multiplient.
- Entre en causent également des changements physiques et psychologiques.
- Enfin, les parents jusque-là très présents «lâchent un peu de lest» à leurs ados qu’ils jugent assez grands pour se débrouiller tout seul.
Quels sont les moyens à mettre en œuvre?
- Empoigner le problème dès que l’ado donne les signes récurrents de démotivations exposés plus haut, surtout si l’enfant à tendance à vous mentir pour s’en sortir!
- Avertir l’enfant que contact a été pris avec l’enseignant pour identifier le problème pour lui montrer que vous n’êtes pas dupes.
- Organiser un rendez-vous entre vous et lui dans un lieu neutre, à un horaire neutre pour en parler calmement. Lui poser des questions.
- Regarder fréquemment son agenda et établir un planning selon son travail et ses activités extérieures (sportives, culturelles…) Lui préciser que ça n’est pas pour le «surveiller» mais juste le soutenir dans son organisation.
- Choisir avec lui un camarade de référence à qui il pourra téléphoner en cas «d’oubli».
- L’aider à remettre de l’ordre dans sa chambre afin qu’il y fasse ses devoirs de manière systématique. Son travail, c’est SA responsabilité, il se fera donc dans SA chambre.
- Fixer avec lui un horaire fixe qui sera consacré au travail, en lui posant la question au préalable de ce qui lui convient le mieux. Montrer qu’en tant que parents, vous êtes disponible, toujours prêt à l’aider et à valoriser ses progrès.
Quand faut-il recourir à une aide extérieure?
Si le rapport de force s’installe, que la communication devient difficile, que l’ambiance familiale se dégrade, recourir à un répétiteur ou un coach scolaire peut ponctuellement aider. Attention, si les problèmes scolaires s’accompagnent de déprime, de grandes fatigues, de douleurs somatiques, d’isolement, cela peut-être plus grave. Votre pédiatre, un médiateur scolaire ou un psychologue peuvent vous aider.
Par Jennifer Segui
Avec la collaboration d’Isabel Pérez
Source: Femina Magazine
«Des fois, je ne sais plus où donner de la tête. Pourtant, je planifie bien ma semaine.» Et son planning, Amélie, 13 ans, le connaît par cœur. «J’ai la gym le mardi et le jeudi, les cours d’anglais le mercredi et je vais nager un week-end sur deux, quand je suis chez mon père.»
Sans oublier que, le lundi et le mardi, elle déjeune «chez mamie» et, les autres jours, soit à la cantine, soit chez une copine. «Mes parents m’ont permis de choisir ces activités et j’ai du plaisir à les faire, ditelle avec assurance. Mais, si je commence tard mes devoirs, je finis par m’endormir sur mes cahiers!»
Les réflexions de cette jeune écolière genevoise, «une excellente élève, pleine de bonne volonté», précise sa maman, assistante de direction, reflètent une situation toujours plus fréquente chez les enfants et les ados: leurs emplois du temps sont surbookés.
Des attentes de plus en plus élevées
Des cours de langues et de musique aux activités sportives, une grande majorité des jeunes parents, influencés par la culture très en vogue du «baby Einstein», encouragent leur progéniture à acquérir des connaissances – et à être la meilleure – dans un maximum de domaines.
«On constate un mouvement qui incite un développement cognitif avancé chez l’enfant, explique le pédopsychiatre Daniel Schechter, responsable de l’Unité de liaison et de recherche parents-enfants aux Hôpitaux universitaires de Genève. Par des activités extrascolaires ou par des jeux destinés à stimuler l’apprentissage, les parents espèrent que leurs enfants apprendront à lire plus tôt que la normale ou à parler plusieurs langues.
Toutefois, au-delà de l’aspect cognitif, un enfant ou un adolescent a aussi besoin de se développer d’un point de vue socioémotionnel. Un décalage entre les deux risque de nuire à son bien-être.»
C’est ce qui arrive quand un enfant passe son temps libre à suivre des cours, plutôt qu’à jouer librement avec ses copains. D’où la nécessité, pour les enseignants et la famille, de ne pas négliger le développement émotionnel des bons élèves. «On peut obtenir des notes très satisfaisantes, mais avoir du mal à s’intégrer auprès de ses camarades et ne pas manifester beaucoup de bonne humeur.»
Des attentes trop élevées. C’est à l’école que la quête de la performance commence. «Autour de l’âge de 12 ans, selon les cantons, les écoliers sont orientés; leurs résultats finaux détermineront dans quelle section ils continueront leur formation secondaire, c’est une période très stressante pour eux, observe Isabel Pérez, enseignante et conseillère pédagogique indépendante à Lausanne.
Les dangers de la surstimulation
Dans le cadre de coaching scolaire, je rencontre des parents qui donnent des exercices supplémentaires à leurs enfants pour s’assurer de leur réussite. Plusieurs écoliers me disent que leurs parents ne relèvent que les mauvaises notes, et très peu les bonnes. On sent chez eux une véritable envie de ne pas décevoir.» Le risque de cette surstimulation? «L’enfant peut faire un blocage, voire manifester du dégoût vis-à-vis de l’école.»
En 2002, une étude réalisée par l’Institut de psychologie de Berne et l’Institut universitaire de médecine sociale et préventive de Lausanne (IUMSP) relevait déjà que, «chez les 16-20 ans, près de la moitié des filles (48%) souhaitent de l’aide pour résoudre des problèmes de stress et de nervosité (contre 28% pour les garçons)». On a du mal à imaginer que la situation se soit améliorée depuis.
«Ces chiffres sont toujours d’actualité, confirme Pierre-André Michaud, médecin chef de l’Unité multidisciplinaire de santé des adolescents du CHUV. Le contexte socioéconomique actuel (la crise financière, le chômage, les menaces sur l’environnement…) dont la jeune génération entend constamment parler, suscite chez elle une profonde incertitude quant à son avenir professionnel et celui du monde en général.»
Les causes potentielles du stress scolaire
Chloé, 11 ans, en fin de cycle primaire à Rolle, dit beaucoup réviser «pour réussir dans la vie. Entre copines, on discute de nos emplois du temps, on essaie de trouver des trucs pour prendre de l’avance sur nos révisions et nos devoirs, pour ne pas être trop stressées à l’approche des tests finaux.» Ces angoisses se renforcent au cours de l’adolescence.
Pierre-Yves Aubert, directeur adjoint au Service de santé de la jeunesse du canton de Genève, constate que, lors des cours d’éducation à la santé pour les 12-15 ans, la préoccupation du stress est très rapidement évoquée, juste après la sexualité. «A la fin de la scolarité obligatoire, les jeunes doivent faire le choix d’un cursus de formation, qui les mènera à une profession. Certains vivent ce moment avec une vive appréhension.»
Surdose et manque d’ennui. Autre grande source de stress: internet et son débit d’informations. «Aujourd’hui, nous sommes bombardés de news, note le pédopsychiatre Daniel Schechter. Ce grand nombre de stimulations, qu’il s’agisse d’images, de textes ou de vidéos, empêche les enfants de s’arrêter, de réfléchir.» Isabel Pérez pointe les interactions virtuelles comme une potentielle cause d’angoisse.
«Si, un soir, un élève est victime d’insultes sur Facebook (90% des ados sont inscrits sur le réseau social, ndlr), il y a de fortes chances pour qu’il ait du mal à s’endormir et risque d’y penser encore le lendemain matin; et, donc, de ne pas être capable de se concentrer sur son travail.»
Cette sollicitation constante, par les activités ou le web, évince un sentiment pourtant indispensable au développement des jeunes: l’ennui. «Pour se construire, un enfant a besoin de rêver, de flâner», s’accordent à dire les spécialistes interrogés. La sophrologue Monique Masset, qui travaille essentiellement avec des enfants depuis une quinzaine d’années, dit accueillir dans ses séances des élèves toujours plus jeunes.
«Des petits dès 4 ans, souvent envoyés par des enseignants ou des pédiatres, viennent dans le but d’apprendre à s’apaiser, à se reconnecter avec eux-mêmes. Habitués à ce qu’on leur propose constamment une nouvelle activité, quand ils n’ont rien à faire, ils se sentent mal à l’aise.»
Stress passager ou chronique?
Dangers du stress chronique. Doit-on s’inquiéter de la situation? «Une grande partie des enfants et adolescents parvient à surmonter ce stress, rassure le pédopsychiatre Daniel Schechter, qui codirige une étude sur l’impact du stress sur le développement des enfants. Grâce au soutien de leurs proches et à un cadre familial sécurisant, les éventuels symptômes provoqués par le stress (troubles du sommeil, fatigue, irritabilité…) disparaissent. C’est lorsque le stress devient chronique que des conséquences plus importantes peuvent surgir.»
Car le stress peut être dangereux, même si, à bonnes doses, tout être humain en a besoin. Cette poussée d’adrénaline fournit l’énergie nécessaire pour réagir face à une situation (menace, examens, etc.). «Le cortisol, l’une des hormones sécrétées par l’organisme stressé, stimule l’augmentation de glucose sanguin, explique le médecin.
Mais, lorsque le cerveau, plus précisément l’hippocampe, est constamment exposé à cette hormone pendant le développement précoce de l’enfant, certaines de ses structures peuvent être endommagées. Sur le long terme, la démotivation et la fatigue risquent de laisser place à la dépression, à des troubles comportementaux, voire à de l’autodestructivité ou même à des idées suicidaires.»
L’importance du contexte familial.
Les plus vulnérables sont les jeunes ressentant également des tensions dans leur cadre familial. Notamment quand les parents, pris dans leurs problèmes (conflits conjugaux, divorce, chômage et emploi stressant…) n’arrivent pas à faire preuve de disponibilité. «Lorsque le père et la mère travaillent – un modèle familial toujours plus fréquent –, les enfants sont souvent seuls à la maison et peuvent avoir des difficultés à trouver des repères stables et rassurants», remarque Thomas Mattig, directeur de Promotion Santé Suisse.
Mère de deux enfants de 6 et 8 ans, Christine, infirmière de formation, raconte avoir beaucoup souffert d’imposer ses propres tensions à ses enfants. «En tant que mère célibataire, je me devais de continuer mon activité. Je confiais mes petits le soir à des copines, à ma mère, à des baby-sitters. Je sentais que la situation n’était pas confortable pour eux. Quand j’ai senti que la plus jeune se renfermait, et parlait très peu, j’ai pris la décision de démissionner et de trouver un emploi dont les horaires correspondaient davantage à ceux de mes enfants.»
Tout allait-il mieux quand les mamans restaient à la maison? «La société a évolué dans ce sens et on ne peut revenir en arrière, poursuit Thomas Mattig. Aujourd’hui, il est important de trouver des solutions, de réfléchir et de mettre en place des mesures adaptées à nos modes de vie, qui permettraient de mieux encadrer la jeune génération en misant par exemple sur la création d’institutions ou d’autres structures qui soulageraient les parents.»
Les aides externes à la famille
La solution parascolaire? En Suisse, l’amélioration de l’accueil parascolaire est discutée depuis quelque temps. L’une des initiatives saluées en Suisse romande a été prise par la Ville de Lausanne qui, en 1998, a lancé son Apems (Accueil pour enfants en milieux scolaires). Vingt et un établissements, situés dans ou à proximité d’une école, accueillent 50% des écoliers lausannois, dès 7 h jusqu’à 18 h 30.
Les responsables disent pouvoir répondre à toutes les demandes. Objectif: offrir un concept socioéducatif à l’ensemble des familles, puisque le tarif dépend du revenu des parents. «Les enfants sont encadrés lors des repas ou des activités par des professionnels de la petite enfance, explique l’adjointe responsable Claire Attinger. C’est un cadre rassurant, les enfants disent avoir du plaisir à pouvoir s’amuser entre copains.»
Depuis plus de dix ans, Education et Accueil, l’association faîtière suisse des structures d’accueil pour enfants et adolescents en âge scolaire, encourage la création de systèmes à horaire continu. «Le système scolaire continue de fonctionner comme à une époque où la femme restait à la maison pour s’occuper de l’éducation des enfants, déplore la présidente et conseillère nationale socialiste Maria Roth-Bernasconi. Le parascolaire ne doit pas se limiter à du gardiennage, il doit représenter de vrais espaces éducatifs.» Très active en Suisse alémanique, l’association dit rechercher des fonds pour militer du côté romand.
Une étude menée par l’Institut des sciences de l’éducation de Berne affirme que «les enfants fréquentant l’école à horaire continu sont meilleurs en ce qui concerne le développement social et émotionnel», «gèrent mieux le quotidien» et «sont moins nerveux quand ils sont confrontés à une nouvelle situation».
Est-ce que, à l’avenir, des professionnels se chargeront continuellement de l’éducation des plus jeunes? «Ce qui est certain, note Daniel Schechter, c’est qu’un jeune enfant, tout comme un adolescent, a besoin de stabilité et de personnes disponibles pour le rassurer.» Et pour être moins stressé.
Source: L’Hebdo
A l’heure de la rentrée, si la majorité des élèves retourne en classe avec plaisir, certains le font avec appréhension. Comment aider son enfant à bien passer ce cap et à réussir sa scolarité? La Lausannoise Isabel Pérez, enseignante et médiatrice scolaire, nous livre quelques conseils.
Que faire de sa progéniture pendant la pause estivale quand on travaille… ou pas? cette année encore, persévérante, maman tente de stimuler leurs petites méninges.
«Oisiveté totale ou labeur raisonnable? Entre les deux, mon cœur balance. Chères lectrices (et lecteurs!), vous qui suivez cette chronique depuis son commencement aurez remarqué qu’elle ne tend qu’à un but: essayer de faire en sorte que les sept semaines qui séparent le dernier jour d’école de celui de la rentrée se déroulent le mieux possible pour mes enfants et les vôtres. Tranquillité, amusement, zénitude, loisirs, plaisirs sont des mots ici même fréquemment utilisés. Mais cette semaine, je me vois obligée d’évoquer le sujet qui fâche. Celui qui plonge les parents dans un abîme de doutes et d’interrogations. Celui qui rend les enfants quasi dépressifs en deux minutes chrono entre un saut dans la piscine et une tartine de Nutella: les devoirs de vacances. Aimante, attentive, compréhensive, respectueuse, amusante… tout cela, je crois l’être. Signes qui ne trompent pas, les bisous et les câlins sont mon lot quotidien. Même pas la peine de demander. Mais, comme bon nombre de mères, j’ai une conscience.
Et celle-ci me conduit fréquemment à glisser une main de fer dans mon gant de velours. Dans mon cahier des charges maternel, la fonction de coach scolaire figure en bonne place. C’est donc tout naturellement qu’au moment où classeurs et cartables étaient remisés, j’ai fait l’acquisition de deux cahiers de vacances flambant neufs.
Matière grise à entretenir
Quelques opérations, une pléthore de problèmes à résoudre, des énigmes à gogo… voilà qui entretiendra la flamme, qui ne laissera pas mes deux merveilles se transformer en larves, certes bronzées mais quasi analphabètes, qui fermera leurs petits cerveaux à double tour pour ne pas laisser s’en échapper toute cette matière grise durement acquise pendant l’année. Là, tout de suite, je ne vous dis pas la tête de la descendance quand j’ai sorti les deux «choses» de la valise. Curiosité furtive, soupir profond et fuite quasi immédiate. A l’instant T, ils avaient bien mieux à faire. Alors j’attends. Une matinée pluvieuse, une envie de se mesurer à eux-mêmes, de montrer leurs talents à papa, de passer le temps autrement… Peut-être, cette année, dépasseront-ils enfin la moitié du cahier. Ils ne seront sans doute pas plus intelligents, mais je serai rassurée. Les cahiers de vacances sont aussi (surtout?) faits pour ça, non?»
Les combines de la semaine
Devoirs de vacances, oui ou non? Des réponses avec Isabel Pérez, enseignante et coach scolaire à Lausanne, auteure de «Mon enfant réussit sa scolarité», Editions Favre (à paraître fin août).
Le cahier de vacances est-il un bon outil pour faire travailler les enfants?
Oui, mais tout dépend du cahier. Le choisir agréable, illustré, ludique. L’enfant ne doit pas avoir l’impression de travailler sur les mêmes supports qu’à l’école. Faire attention à bien sélectionner selon la classe de l’enfant. Un cahier de vacances est fait pour réviser les acquis, pas pour prendre de l’avance sur le programme futur.
Faut-il que l’enfant s’exerce pendant toutes les vacances?
Non, les deux premières semaines doivent être consacrées au repos et à l’amusement. Ensuite, les enfants qui rencontrent des difficultés peuvent s’y mettre doucement. Ceux qui ont des facilités peuvent commencer les deux dernières semaines seulement.
A quel rythme de travail?
Plutôt des séances courtes mais régulières, avec un adulte. Le but est simplement de rafraîchir les connaissances. Si l’enfant n’est pas attiré par le cahier de vacances, on peut s’y prendre autrement: une BD qu’il aime en guise de lecture, des courses au marché pour quelques exercices de calculs au moment de payer… Si l’enfant refuse tout net, ne pas insister sous peine de le dégoûter, car, la plupart du temps, faire travailler les enfants pendant les vacances est surtout, pour les parents, un moyen de se rassurer.
Par Jennifer Segui
Source: Magazine Femina
Votre enfant rencontre des difficultés dans son acquisition du langage, de la lecture ou de l’écriture. Peut-être souffre t-il d’un trouble d’apprentissage. les conseils d’Isabel Pérez, enseignante et conseillère pédagogique.
Que faire si votre enfant a des difficultés à lire, écrire ou à s’exprimer? Primo, l’entourer en formant une équipe avec enseignants et spécialistes. Dire à l’enfant qu’il n’est pas bête ou nul mais que ses problèmes sont dus à un trouble identifié. Ne pas polariser sur le problème et garder des activités extrascolaires. Mais d’abord. évidemment, identifier le trouble, Inventaire des trois problèmes en «dys».
La dyslexie
Qu’est-ce que c’est? Un trouble d’acquisition de la lecture qui entraîne une confusion des sons, une inversion des syllabes et des lettres. Il est d’origine neurobiologique, en l’absence de pathologie de la vue ou de l’ouïe. Cinq à dix pour cent des enfants en souffriraient.
Quels sont les signes observables? L’enfant a des difficultés à comprendre le sens des mots, à les retenir verbalement et par écrit. La lecture est très lente. Il y a confusion entre les sons écrits et entendus. Les textes et consignes sont mal compris, quelles que soient les matières. Les graphiques et les tableaux sont difficilement lisibles. Enfin, la mémoire auditive, visuelle ou de travail peut être déficiente.
Quand apparaissent ces signes? Dès l’apprentissage de la lecture, au début du premier cycle primaire. Attention, des confusions isolées de consonnes telles que p, b, q ou de sons comme «on» et «ou» sont habituelles à cet âge et ne constituent pas un signe de dyslexie.
Que faire? En parler avec l’enseignant. Faire un bilan logopédique, ophtalmique et éventuellement auprès d’une orthoptiste. Entreprendre des séances de logopédie, une spécialité qui traite les troubles du langage oral et écrit.
La dysorthographie
Qu’est-ce que c’est? Trouble d’acquisition des règles orthographiques souvent associé à la dyslexie. L’enfant fait des erreurs en copiant, il oublie ou segmente mal des mots, confond des syllabes, fait des erreurs d’accord et confond les homophones.
Quels sont les signes observables? Le langage écrit est mal élaboré, les fautes sont très nombreuses. Faire une dictée devient insurmontable. Attention, des oublis de s ou des fautes d’orthographe nombreuses ne sont pas des signes suffisants!
Quand apparaissent ces signes? En général, vers la fin du premier cycle primaire.
Que faire? En parler avec l’enseignante pour envisager de la logopédie.
La dysphasie
Qu’est-ce que c’est? C’est un trouble du développement du langage oral (chez un enfant qui ne souffre pas de déficience auditive et intellectuelle). Il touche deux à cinq pour-cent des enfants. La communication verbale apparaît comme une langue étrangère à l’enfant qui ne comprend pas ce qu’on lui dit et qui ne se fait pas comprendre. La structure du langage ne se développe pas de manière correcte.
Quels sont les signes observables? L’enfant peine à former des phrases, a peu de vocabulaire,il manque d’autonomie et a des difficultés à se concentrer…
Quand apparaissent les signes? Dès que l’enfant commence à parler, vers 2 ans.
Que faire? En parler avec le pédiatre qui orientera l’enfant vers un logopédiste et parfois un ergothérapeute pour travailler sur les organes phonatoires. Faire un bilan auditif.
Plus d’infos sur ces troubles
Une lecture pour en savoir plus
Isabelle Pérez, enseignante et conseillère pédagogique et créatrice d’IPcoaching, coaching et soutien scolaire, vient de publier Mon enfant réussit sa scolarité (éd. Favre), un guide pour aider les parents et les enfants à survivre aux devoirs et aux difficultés d’apprentissage. Une vraie bible!
Jennifer Segui, 9 septembre 2011
Source: Magazine Femina