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Le 10 novembre 1956, Nancy Vorpe émet son premier son à Sornetan. Deux ans plus tard, elle déménage à Tavannes, village qu’elle connait par cœur, et récemment elle a décidé d’aller à Saules ou elle vit actuellement. Elle aime le contact avec le monde, elle est bonne vendeuse alors, alors, dès sa sortie d’école, elle commence un apprentissage de vendeuse «Au Louvre». À l’âge de vingt ans, elle prend goût à la découverte du monde en partant à Montréal pendant une année. Elle commence là les voyages en travaillant six mois en Suisse puis en partant 6 autres dans un pays; Amérique, Népale, Inde, Sri Lanka, Thaïlande, Malaisie et Indonésie.
À 23 ans, elle décide de prendre un emploi fixe au service après vente de Rowenta-Hennex. Elle rencontre Christian durant cette période et 5 ans plus tard ils décident de se marier, puis finalement Nancy donne la vie à deux garçons, Jonas et Lukas. Le temps passe puis dans l’année de ses quarante-deux ans, le mariage s’éteint, Nancy se retrouve célibataire avec deux enfants. On lui propose par la suite une caravane à crêpes et voilà qu’elle devient la femme que vous avez peut-être aperçue dans une fête de village ou encore un festival.
Son aventure au Cambodge
Au départ, il s’agissait d’un voyage pour contempler un monde peut-être merveilleux à l’autre bout de la planète. Ces paysages généreux ont malheureusement été ensevelis sous les flots. Là où les enfants continuent de jouer quand la nature se déchaine, là où on aide son voisin à construire une barque, là où nourriture et argent se font rares, Nancy Vorpe, et ses amis Mii et Victor, patrons du restaurant le Bamboo à La Chaux-de-Fonds, sont partis aider leur prochain.
L’histoire se passe à Neak Loeung, au Cambodge. Tout le village est inondé par plus d’un mètre d’eau. Bien entendu, il y a des pertes de souvenirs, d’habits, de meubles et d’habitations. Les écoles sont également touchées, en général, c’est un professeur pour une grande classe de 40 élèves. L’eau empire les choses, 40 élèves le matin et 40 l’après-midi, les cours sont divisés de moitié. Ceci étant déjà important, il y a pire, des décès sur le moment et à prévoir à cause du manque de nourriture. Les récoltes moisissent, les transports sont compliqués, le manque d’argent et de soins est plus important.
Pour prendre conscience de l’ampleur de la catastrophe, Nancy partage une anecdote avec vous: «Un jour, une femme est venue nous voir. Elle avait un enfant d’environ 15 jours, elle avait été forcée d’accoucher chez elle car elle n’avait pas les moyens d’aller à l’hôpital. J’ai remarqué la puanteur qui se dégageait de cette femme et en m’approchant d’un peu plus près j’ai remarqué qu’elle avait un trou béant dans son sein droit. La plaie était infectée et celle-ci ne pouvait plus allaiter son petit, il était certain que cette femme et son enfant ne tiendraient pas très longtemps.»
Une idée, un projet
Au moment de la découverte du carnage leur vient une idée, une grande distribution de riz pour aider ces personnes dans le besoin. Malheureusement, partout dans le monde, en cas de catastrophe les prix augmentent. Pour atteindre son but, Nancy demande de l’aide à son fils Lukas et à ses amis en Suisse et ensembles, ils récoltent environ 1500 francs suisses. Au Cambodge, les amis réunissent leur argent et achètent 8 tonnes de riz.
Trois distributions, la fête de la moisson
La première distribution a lieu, des dizaines et des dizaines de personnes attendent pour recevoir leur ration, 10 kilos par famille et quelques paquets de nouilles. Le procédé est simple; les documents d’identité sont confisqués par les donateurs pendant toute l’opération et ainsi la fraude peut être évitée. La première fois se passe donc bien mais il n’y a pas assez de vivres, beaucoup de gens continuent de demander alors qu’il ne reste rien.
Quelques jours plus tard, c’est la fête de la moisson, les femmes sortent habillées de chemises blanches. Elles aident leurs voisines à préparer à manger, les riches offrent, tout le monde s’amuse. La deuxième distribution se fait dans la rue, Mii sème des billets et les enfants les récupèrent en dansant joyeusement derrière un cortège coloré.
La dernière diffusion se prépare, on donne des flyers aux familles pauvres, pendant ce temps, Nancy décide de partir visiter les temples Khmer. Nancy revient de son voyage et découvre environ 300 personnes assises en plein soleil, sous une chaleur de 40 degrés, ils l’attendent pour commencer le partage. Encore une fois, tout se passe bien. Il est difficile de contenter tout le monde mais ils peuvent être fiers de leur travail, personne ne mourra de faim.
De la joie
Durant cette expérience, notre faiseuse de crêpes a eu l’occasion d’aider bon nombres de personnes, de faire danser des orphelines, d’aider des centaines de personnes. Il reste néanmoins l’histoire de la femme et son bébé. Mii et Nancy ont décidé de l’aider en lui donnant de l’argent, geste bien risqué puisqu’il est impossible de savoir si elle allait vraiment l’utiliser pour se faire soigner. Quelques jours plus tard, elle est revenue les voir avec une meilleure mine, une plaie arrangée et un enfant en bonne santé. Tous les merci du monde ne vaudront jamais une vie.