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En 1874, Gottfried Keller ajoute un second tome aux Gens de Seldwyla, recueil de cinq nouvelles paru près de vingt ans plus tôt. Admirée par Nietzsche, cette œuvre vive et malicieuse, évocation en plusieurs épisodes d’une Suisse attachée à son passé et attirée par la modernité, ne sera pas traduite en français, dans son intégralité, avant 2020 (Les gens de Seldwyla, Éditions Zoé).
Les nouvelles ici réunies, « L’habit fait le moine », « Les lettres d’amour détournées » et « L’artisan de son bonheur », issues du second tome des Gens de Seldwyla, abordent un thème universel : les relations entre les hommes et les femmes. Et elles illustrent à merveille les caractéristiques de l’œuvre intemporelle de Gottfried Keller, entre ironie et tendresse, réalisme et parodie.
Publiées dans une traduction inédite de Claude Haenggli, ces trois nouvelles sont accompagnées dans la présente édition d’une préface du traducteur et d’une postface de Daniel Rothenbühler, critique littéraire et enseignant.
Nietzsche qualifiait les nouvelles de Gottfried Keller de « trésor de la prose allemande ». Frère de Gogol pour son réalisme, du Flaubert de Bouvard et Pécuchet pour sa satire, Gottfried Keller brosse avec malice le portrait d’une société tiraillée entre tradition et modernité.
Né en 1819 à Zurich, Gottfried Keller gagne Munich, attiré dans un premier temps par la peinture. Il revient découragé dans sa ville natale, puis repart étudier à Heidelberg et à Berlin. En proie au mal du pays, il compose son premier roman, Henri le Vert. De retour à Zurich où il décédera en 1890, il accepte en 1861 la fonction de Chancelier d’État qu’il conservera durant quinze ans. Parallèlement à ses fonctions officielles, il écrit de nombreuses nouvelles réunies sous le titre « Les gens de Seldwyla » et « Nouvelles zurichoises ». Il est également l’auteur de deux autres romans, « L’épigramme » et « Martin Salander ».