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Cette étude hollandaise prospective, randomisée, contrôlée à double insu a pour but de déterminer si un traitement prolongé par antibiotiques a un effet sur le syndrome post-borréliose de Lyme. Pour être inclus, les patients devaient présenter des symptômes attribués à une maladie de Lyme, cette dernière étant soit prouvée, soit suspectée sur la base d’une sérologie positive. Tous les patients inclus dans l’étude ont par ailleurs bénéficié d’un traitement de ceftriaxone IV pendant deux semaines avant d’être randomisés. 281 participants ont ensuite été répartis en trois groupes pour un traitement de douze semaines : un premier bras doxycycline per os, un deuxième bras clarythromycine plus hydroxychloroquine per os, et un troisième bras placebo. A la fin du traitement, les patients ont été évalués par différents scores mesurant la qualité de vie (SF-36) et la fatigue. Aucune différence significative entre les trois groupes n’a été retrouvée. Par contre, entre le début de l’étude avant l’administration de ceftriaxone et la fin de l’étude, la composante physique du SF-36 était améliorée de manière significative (p < 0,001), suggérant une efficacité du traitement antibiotique IV sur les symptômes.
Commentaire : Cette étude assez bien conduite méthodologiquement – même si l’on aurait souhaité retrouver les caractéristiques des patients avant l’inclusion – laisse un goût d’inachevé. En effet, si l’on peut encore comprendre que mélanger des borrélioses prouvées avec des borrélioses suspectées sur la base d’une sérologie positive correspond à la vie réelle, il est plus discutable d’avoir mélangé des patients prétraités par antibiotiques (environ 90 %, pour une durée moyenne supérieure à 30 jours avec deux traitements antibiotiques en moyenne) avec des patients non traités. La seule conclusion à tirer est que chez les patients prétraités par 15 jours de traitement intraveineux, l’ajout d’un traitement de 12 semaines d’antibiotiques n’a pas d’effets sur les symptômes. Par ailleurs, on peut se demander la pertinence qu’il y a à traiter, par antibiotiques IV durant deux semaines, tous les patients ayant une sérologie positive ou un érythème migrant et des symptômes persistants comme une borréliose disséminée, ce qui n’est pas sans contrainte. Enfin, l’étude ne permet pas de dire si l’amélioration initiale des symptômes après le traitement par ceftriaxone concerne tous les patients inclus ou uniquement ceux qui n’avaient pas été prétraités par antibiotiques per os.