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La crise sanitaire est une épreuve pour - presque - tout le monde. Face aux difficultés innombrables qui apparaissent dans la vie quotidienne beaucoup sont prêts à écouter n'importe quel mensonge ou ineptie, n'importe quel complotisme. Malgré tout, la réalité reste incontournable
C'est sans doute une ironie du destin si un conseiller d'Etat accusé d'avoir caché la vérité sur son voyage à Abu Dabi (entre autres) voit l'épilogue de son affaire éclater la semaine dernière, au moment où la réalité d'une terrible pandémie explose et nous conduit au semi-confinement.
Il n'y a pas de relation directe, si ce n'est qu'est posée une question toute simple mais fondamentale. Ce n'est pas le "to be or not to be" (être ou ne pas être) dans Hamlet de Shakespeare, mais mentir ou ne pas mentir.
En mentant, Pierre Maudet a assuré une élection triomphale en 2018. En ne mentant pas sur la pandémie et en choisissant le semi-confinement pour tenter de freiner sa progression, le Conseil d'Etat ne se fait pas que des amis puisqu'il complique la vie des Genevois.
Est-ce que le langage de la vérité va être payant à plus long terme? Entre gagner une élection à la hussarde et avoir une carrure de chef d'Etat, il y a cette différence. Celle précisément que nous trouvons entre le mensonge et la réalité. Cela vaut bien de ne pas être populaire, d'autant plus que l'opinion publique est versatile.