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Toutes deux associées au degré tertiaire du système dual de formation professionnelle en Suisse, les hautes écoles spécialisées et les écoles supérieures diffèrent en plusieurs points. Collaboratrice de l'ODEC (l'association suisse des diplômées et des diplômés des écoles supérieures), Jsabelle Tschanen apporte son éclairage sur la question.
Cursus
"La majorité des apprenants rejoignent les écoles supérieures après avoir un CFC en poche. Il faut toutefois remarquer que les jeunes choisissent souvent de travailler quelques années une fois leur apprentissage terminé. Ils rejoignent les ES en moyenne vers 24-26 pour pouvoir gagner plus et évoluer professionnellement. A noter qu'un petit pourcentage d'étudiants optent pour une ES après avoir obtenu leur maturité professionnelle, qui est la voie classique menant aux HES.
Les frais d'écolage sont jusqu'à 5 fois plus élevés pour les étudiants ES. Ils bénéficient dans certains cas de l'aide d'entreprises. Enfin, les salles de classe des écoles supérieures accueillent en moyenne une vingtaine d'élèves tandis que les étudiants HES sont en général plus nombreux."
Image
"L'image des écoles supérieures est bonne auprès des personnes qui les connaissent. Cependant, nous constatons que des efforts restent à fournir pour améliorer leur notoriété, notamment en lien avec les recruteurs.
D'un point de vue politique, les hautes écoles spécialisées reçoivent plus d'argent que les ES. Mais la situation pourrait se rééquilibrer avec l'arrivée de politiciens qui connaissent l'importance des écoles supérieures dans le tissu économique suisse."
Nombre d'écoles
"Il y a actuellement environ 170 écoles supérieures en Suisse contre sept HES de droit public et deux de droit privé. Les ES sont orientées vers l'économie. Même si l'écart tend à diminuer, leur concentration est plus grande et plus de domaines sont couverts en Suisse alémanique qu'en Suisse romande. Ceci s'explique peut-être par l'implantation plus ancienne des écoles supérieures outre-Sarine. Le système d'études en cours d'emploi y est également mieux représenté."
Orientation pratique
"Les écoles supérieures sont axées sur la pratique et pas du tout sur la recherche alors que les hautes écoles spécialisées sont orientées sur la théorie et prévoient la réalisation de recherches appliquées.
Par ailleurs, les études proposées par les ES ne sont pas modulaires : le programme et les professeurs sont établis dès le début de la formation, qui dure trois ans en emploi, deux à plein temps.
Avant, les écoles supérieures et les HES étaient beaucoup plus proches mais l'académisation de ces dernières liée via le système de Bologne a renforcé la démarcation."
Reconnaissance internationale
"L'attribution de crédits ECTS facilite l'évaluation des diplômes HES à l'étranger. Il n'en va pas de même pour les ES. Comme l'apprentissage, les formations des écoles supérieures ne sont pour l'heure pas bien connues hors de nos frontières. L'Office fédéral de la formation professionnelle et de la technologie (OFFT) n'ayant pas encore pris de mesures pour améliorer la reconnaissance des diplômes ES dans les autres pays, l'ODEC a décidé d'introduire le titre international Professional Bachelor ODEC en 2006. Cette dénomination s'explique par le fait que les Bachelor délivrés dans d'autres pays correspondent plus ou moins à un diplôme ES."
Salaire des diplômés
"La différence de rémunération entre diplômés HES et ES est de moins en moins marquée. Le salaire dépend en fait surtout de la fonction occupée.
En raison de leur orientation pratique, les collaborateurs issus d'une école supérieure sont particulièrement appréciés pour les postes liés à la mise en oeuvre de projets complexes. Amenés à discuter avec des architectes ou des personnes n'ayant parfois suivi aucune formation, les chefs de chantier ont par exemple un profil correspondant plus à une formation ES qu'HES."
Propos recueillis par LP