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Médecins Sans Frontières (MSF) s'oppose à un dépôt de brevet en Chine de l'entreprise pharmaceutique Gilead pour la combinaison de deux médicaments contre l'hépatite C. L'ONG a annoncé lundi à Genève avoir lancé un recours pour faire baisser les prix.
La combinaison du sofosbuvir et du velpatasvir constitue le premier traitement direct contre tous les génotypes de la maladie qui serait protégé. Gilead a récemment annoncé le lancement sur le marché chinois du premier à 100 dollars par pilule (environ 98,90 francs) et plus de 8900 dollars pour l'ensemble du traitement.
Le tarif de la combinaison n'est pas encore connu en Chine étant donné que celle-ci n'est pas encore enregistrée. Mais une association entre le sofosbuvir et un autre médicament, le daclatisvir, reviendrait à environ 12'000 dollars pour quatre mois. Dans les pays où des génériques sont possibles, ce prix est divisé par dix.
Le refus d'un brevet permettrait la fabrication de génériques plus abordables dont ont besoin des millions de personnes en Chine et dans le reste du monde. La contestation de MSF a été lancée auprès du Bureau chinois de la propriété intellectuelle (SIPO).
Millions de patients visés
Un brevet donnerait à Gilead le monopole de la production et des ventes sur ces médicaments en Chine. Dans le monde, plus de 70 millions de personnes sont atteintes d'hépatite C, selon des estimations. Sans accès à ces médicaments, environ 400'000 personnes décèdent chaque année.
La Chine est le pays à la prévalence la plus importante de cette pathologie. Environ neuf millions de personnes sont touchées. En raison des prix élevés de la combinaison des deux médicaments, l'accès aux traitements reste bas.
MSF prend en charge des patients atteints d'hépatite C dans plus d'une dizaine de pays. Depuis deux ans, l'ONG a soigné plus de 500 personnes avec des combinaisons de médicaments pour un taux de guérison quasiment entier.
Gilead a demandé de nombreux brevets en Chine pour ses produits contre l'hépatite C, contestés par d'autres entreprises pharmaceutiques et ONG. Depuis deux ans, le SIPO a rejeté deux requêtes pour le sofosbuvir. Des protestations ont encore été lancées dans de nombreux pays ou régions comme le Brésil, l'Inde, la Russie, les Etats-Unis et l'UE.
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