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Les employeurs qui font travailler leur personnel la nuit peuvent faire quelque chose pour la santé de leurs collaborateurs. Et ceux-ci devraient aussi suivre quelques règles durant leur temps libre.
Dans le sens des aiguilles d’une montre: les changements d'horaires les plus favorables sont ceux qui suivent le sens des aiguilles d’une montre. Il s’agit donc, dans l’idéal, de passer d’un horaire de jour à un horaire du soir puis à un horaire de nuit. Les horaires qui vont dans l’autre sens ont tendance à aggraver les troubles du sommeil.
Luminosité de la place de travail: des locaux clairs et un bon éclairage aident à rester réveillé. Le chauffage joue aussi un rôle: les températures basses sont généralement meilleures que les températures élevées.
Horaires veille/sommeil réguliers: les gens qui travaillent la nuit devraient toujours se coucher aux mêmes heures – même les jours où ils ne travaillent pas. Car s'ils changent de rythme durant les jours de congé, ils auront des difficultés à se réhabituer aux horaires de nuit. Une possibilité de faciliter le passage à un autre horaire est de modifier d’une à deux heures leur horaire de sommeil les jours qui précèdent le nouvel horaire. Exemple: pour passer d’un horaire de jour à un horaire du soir, une personne qui a l’habitude de se coucher à 22 heures devrait aller se coucher à 23 heures quelques jours avant l’introduction du nouvel horaire. Evidemment, ces conseils représentent la situation idéale, mais ils ne sont pas toujours conciliables avec les impératifs de la vie familiale et sociale.
Les choses sont difficiles pour les personnes qui assurent un service de piquet, autrement dit qui doivent être prêtes à intervenir sur appel et capables de réagir rapidement et correctement en cas d’urgence. Faire de brèves siestes, pas plus de 15 minutes de temps en temps, peut aider à améliorer les performances. Ces courtes périodes de repos ne remplacent certes pas une bonne nuit de sommeil, mais elles permettent de compenser un peu le déficit de sommeil chronique des personnes qui travaillent de nuit.
Conseils pour les travailleurs en équipe
Somnifères: avant de recourir à des somnifères, les personnes qui travaillent de nuit devraient impérativement en parler à leur médecin, car l’effet de ces médicaments diminue avec le temps et il y a un risque d’accoutumance.
Mélatonine: les recherches les plus récentes portent sur l’effet de la mélatonine (hormone du sommeil) de synthèse prise le matin par les personnes qui travaillent de nuit – pour leur permettre de dormir durant la journée et de travailler pendant la nuit. Cette méthode agirait sur le biorythme. Si la prise de mélatonine de synthèse ne produit pas d’effets positifs chez tout le monde, elle n’a jusqu’à présent pas provoqué d’effets secondaires indésirables. A noter cependant qu’il n’existe pas encore d’études de longue durée la concernant.
Luminothérapie: diverses études ont prouvé que le recours à la luminothérapie favorise l’adaptation aux modifications du cycle veille/sommeil. Explication: la lumière est un élément essentiel dans l’organisation de notre biorythme. Les médecins spécialistes du sommeil peuvent donc établir des horaires précis de traitement. Ils recommandent en outre aux personnes qui travaillent de nuit de porter des lunettes de soleil quand elles rentrent chez elles pour réduire l’effet de la lumière du jour sur leur horloge interne.
Hygiène du sommeil: avoir une bonne hygiène du sommeil est particulièrement bénéfique aux personnes qui travaillent de nuit. La règle numéro un est: le lit est uniquement fait pour dormir ou faire l’amour. Pas question d’y regarder la télé ou d’y travailler. La température de la chambre à coucher ne devrait pas être trop élevée et la chambre plongée dans la pénombre. Autre élément important: ne pas se coucher le ventre creux ni l’estomac surchargé. Privilégier donc les repas à base d’hydrates de carbone et de protéines. Enfin, se détendre et pratiquer quelques petits rituels d’endormissement avant d’aller se coucher.
L’ampleur des effets délétères du travail en équipes sur chaque individu dépend de différents facteurs. Notamment du type de la personne, plutôt lève-tôt ou couche-tard, de son âge, d’éventuelles maladies préexistantes, de sa prédisposition aux addictions et, évidemment, du travail qu’elle doit accomplir. Ainsi, les tâches qui permettent au travailleur de participer à l’organisation du travail sont plus favorables à la santé. Par ailleurs, la possibilité de planifier le travail et les procédures d’équipes ainsi que la distance à parcourir pour se rendre au travail sont également des paramètres qui peuvent influencer, plus ou moins positivement, la santé.
- Sources
«Coping with Shift Work» de l’American Sleep Disorders Association Rochester, MN, USA, Copyright 1997 (retravaillé rédactionnellement par le Prof. Thomas Penzel)
Charité, Hôpital universitaire de Berlin
«Schlafstörungen bei Schichtarbeit & Jet Lag und die Rolle der inneren Uhr» de Christian Cajochen, département de chronobiologie, Clinique psychiatrique de l’Université de Bâle