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Sherman vit dans un lieu inconnu et lointain. Le jour, il ramasse des palourdes ; la nuit, il travaille seul dans une usine que l'on imagine à jamais vide. A travers la puissance de l'image et du son, une narration qui se construit de façon minimale et un personnage aux traits exceptionnels, se déploie un moment aussi banal que lyrique, mystérieux. Une guerre se prépare, pour certains perdue d'avance.
Sherman vit dans un lieu inconnu et lointain. Le jour, il ramasse des palourdes ; la nuit, il travaille seul dans une poissonnerie industrielle, absorbé dans un monde intérieur, préparant les outils de l'équipe d'ouvriers de six heures du matin. Au calme et à la marginalité de Sherman, à un certain isolement, s'oppose alors brièvement la violence engendrée par la consommation moderne.A travers la puissance d'une image et d'un son magistraux se construit une narration faite de plans lents et minimaux, reposant sur l'observation d'un personnage aux traits singuliers. Evoquant par moment le film d'horreur, Night Labor se déploie en un mystère lyrique et pictural, empli de contrastes. Familiarisés lors de leurs études au Film Study Center de l'Université de Harvard à des films tels que Leviathan de Véréna Paravel et Lucien Castaing-Taylor, les deux réalisateurs se sont intéressés « à la forme et à la couleur comme de possibles façons de montrer des histoires. Le langage devient obsolète, et le silence et les sons notre palette. Sherman […] ressemble au monde qu'il habite ». (AS/DR)