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Belinda Bencic traverse 2019 avec la même insouciance qui avait marqué ses premiers pas sur le Circuit en 2014 à 17 ans. Celle qui préférera toujours les matches à l'entraînement a retrouvé le plaisir de jouer qu'elle avait peut-être perdu au gré des défaites malheureuses et du tribut qu'elle a dû payer à de lourdes blessures.
Mercredi à New York face à son amie Donna Vekic, elle tentera de se hisser pour la première fois de sa carrière dans le dernier carré d'un tournoi du Grand Chelem. Après sa performance de choix de lundi contre la no 1 mondiale Naomi Osaka, la Saint-Galloise s'avance comme la favorite de cette rencontre même si elle reste sur une défaite sans appel – 6-4 6-1 à Roland-Garros ce printemps – contre la Croate.
"On peut battre les meilleures mais aussi perdre contre les autres"
"Non, je ne suis pas la favorite de cette rencontre," se défend Belinda Bencic. "Aujourd'hui sur le Circuit, on peut battre les meilleures mais aussi perdre contre les autres. Toutefois, il serait peut-être judicieux que je considère Donna comme une joueuse du top 10 pour avoir la bonne approche de ce quart de finale..." Cette année, 9 de ses 42 victoires ont en effet été cueillies face à l'une des dix meilleures joueuses du monde.
Il n'empêche que Belinda Bencic devra bien assumer une certaine pression mercredi. Avec son rang de no 12, elle est la mieux classée des quatre joueuses qui demeure en lice dans le haut du tableau, à savoir Bianca Andreescu (WTA 15), Donna Vekic (WTA 23) et Elise Mertens (WTA 26). "Juguler la pression est aussi une affaire de routine, souligne son père Ivan. Il faut du temps pour y parvenir."
"Le meilleur"
Ivan Bencic est à nouveau le coach de Belinda depuis l'automne dernier après une séparation d'une année et demie qui ne devait pas altérer les relations père-fille. "Cette coupure nous a fait du bien," dit-il. "Elle a permis à Belinda de grandir, de gagner en expérience." Ivan Bencic peut également compter sur le concours de Martin Hromkovic, l'entraîneur de physique et le fiancé de Belinda. "Nous témoignons tous deux d'un respect mutuel. Nous avons des points communs dans la mesure où il a, comme moi, baigné dans le sport collectif," précise Ivan Bencic qui fut un hockeyeur passé notamment par Ajoie et par Genève-Servette.
"On a parlé de crise, de querelles entre mon père et moi. C'est absolument faux," souligne avec force Belinda Bencic. "Comme ma mère, il a été toujours là pour moi. Il l'est encore et il le sera toujours." La Saint-Galloise s'est tournée vers d'autres coaches, le Britannique Iain Hughes et le Slovaque Vladimir Platenik, avant d'admettre que son père "était le meilleur". "Il est très dur," poursuit-elle. "Mais c'est lui que me connaît le mieux. Sur le court et, bien sûr, en dehors. Dans son rôle de père, il a su prendre le recul nécessaire pour me laisser vivre ma vie. Aujourd'hui, nous savons faire la part des choses entre le tennis et le reste."
La simple lecture des statistiques rend compte de l'efficacité de ce duo recomposé. Belinda Bencic était classée au 55e rang mondiale en début d'année. Titrée à Dubaï, finaliste à Marbella et demi-finaliste à Indian Wells et à Madrid, elle est virtuellement no 8 avant de frapper le premier échange de son quart de finale contre Donna Vekic. 2019 où l'année merveilleuse de Belinda Bencic!