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Les entreprises suisses cotées en bourse ont fait des progrès en matière de transparence. Les actionnaires ont en particulier davantage droit à la parole.
Dans sa 3e étude sur la Corporate Governance, la fondation Ethos indique cependant que de nombreuses autres améliorations restent nécessaires.
L'analyse présentée mercredi à Zurich a décerné de bonnes notes aux entreprises dans les domaines de la révision, de la structure du capital et des droits de participation des actionnaires. En revanche, le potentiel d'amélioration en matière d'information et de composition des conseils d'administration demeure élevé, a déclaré Dominique Biedermann.
Le directeur de la fondation a notamment mis en lumière le fait que trop peu d'administrateurs membres de différents comités des conseils d'administration ne disposent pas de compétences suffisantes au niveau financier. Par ailleurs, Ethos exige que les informations délivrées aux actionnaires comportent plus d'éléments que n'en demandent les directives de la Bourse suisse (SWX).
Ainsi les entreprises devraient publier des informations sur la structure de leur actionnariat et les montants maximaux des bonus versés à leurs cadres. Le gouvernement d'entreprise comprend les règles permettant de définir les rôles et les rapports de force entre la direction, le conseil d'administration, les organes de contrôle et les actionnaires.
Grands groupes mieux classés
Une bonne gouvernance d'entreprise doit contribuer à une augmentation durable de la valeur d'une société pour l'ensemble des groupes qui y sont liés. De manière générale, l'étude 2005 de la fondation Ethos attribue de meilleures notes aux plus grands groupes cotés sur le marché principal de la Bourse suisse (SMI) qu'aux plus petites sociétés.
Mais la Fondation suisse d'investissement pour un développement durable a aussi constaté que les entreprises dont un seul gros actionnaire détient plus du tiers du capital résistent moins bien à l'analyse que celles disposant d'un actionnariat plus large. Au terme de l'examen, le fabricant d'implants dentaires Nobel Biocare, le réassureur Swiss Re, et la banque UBS ont décroché les meilleurs résultats.
Les progrès les plus importants en matière de gouvernement d'entreprise sont à mettre au compte de la société immobilière Allreal, du fabricant de machines et de véhicules Bucher Industries et de la banque Julius Baer.
Affaire Nestlé
La fondation genevoise avait fait parler d'elle le printemps dernier en déclarant son opposition à l'élection de Peter Brabeck, patron de Nestlé, à la présidence du conseil d'administration du numéro un mondial de l'alimentation. Et la résolution d'Ethos visant à interdir la double casquette de M. Brabeck avait recueilli 36% des voix présentes à l'assemblée générale.
Un succès d'estime, qui a donné le signal à des améliorations chez Nestlé, notamment en ce qui concerne la composition des comités du conseil d'administration et les droits de participation des actionnaires, a relevé M. Biedermann.
swissinfo et les agences
En bref
- La fondation Ethos a été créée en 1997 par deux fonds de pension de Genève. Depuis, 77 fonds en font partie.
- Ethos détient un portefeuille diversifié et cherche à investir l'argent de ses clients dans des entreprises obtenant de bons résultats en matière de transparence et de bonne gouvernance.
- Ethos gère quelque un milliard de francs investis dans environ 250 entreprises.