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Son chiot et son chaton, en revanche, ont pu être arrachés au brasier in extremis.
En une poignée de minutes, ils étaient sur les lieux. Douze hommes, cinq véhicules, face à l'immeuble le plus récent de la rue des Grottes.
Sa façade, claire et lumineuse, semble ignorer le drame qui est en train de se jouer dans les combles. La nuit vient à peine de tomber, ce samedi soir sur le coup de 20 h 30, et les hommes du SIS montent quatre à quatre les étages qui les séparent du sinistre. Un appartement est en feu sous le toit. Dans le salon dévasté du quatre-pièces mansardé, ils découvrent le corps inanimé d'une femme, prisonnière des flammes. Seule au moment du départ accidentel de l'incendie, elle n'a pu s'échapper à temps. La gravité de ses blessures exige une intervention délicate des médecins urgentistes, qui lui prodiguent les premiers soins sur place, la «stabilisent», avant de la conduire en ambulance jusqu'à l'hélicoptère qui l'attend pour l'emmener à Lausanne.
Seule, vraiment, au moment des faits? Pas tout à fait: terrés derrière le mur d'une chambre, les pompiers découvrent un chiot de deux mois et un chaton de quatre semaines son aîné. Ils sont sains et saufs. Leur instinct de survie, plus développé que celui de l'homme, les a poussés à se tapir contre le sol, exactement à l'endroit où la chaleur est la moins forte et l'oxygène en quantité suffisante pour continuer à respirer, malgré la fumée.
Dans les bras de leur sauveur
Ces deux compagnons d'infortune retrouvent la rue dans les bras de leur sauveur, dont ils lèchent abondamment le visage en signe de gratitude. Le lieutenant-colonel Wicky donne ensuite l'ordre de les rapatrier à la caserne. «En règle générale, on n'est pas équipé pour ce type de prise en charge, souligne-t-il. On préfère évacuer vers la SPA ou le vétérinaire.»
Mais ce dernier est plutôt sollicité pour le gros bétail. Un couple de chien et chat qui s'entendent comme des frères au point de manger dans la même écuelle, justifie l'hébergement à l'il pour une nuit au beau milieu du week-end. «Je ne suis pas spécialisé dans la psychologie animale, mais je crois pouvoir dire que nos pensionnaires ont bien dormi après le début de soirée traumatisant qu'ils ont vécu.»
Dimanche matin, ils ont en effet mangé de bon appétit, puis ont été promenés en laisse dans la cour, avant que le fils de la victime, soignée au CHUV, ne vienne les rechercher. Il a esquissé un sourire, le premier depuis le terrible accident survenu la veille au soir.
A la rue du Vieux-Billard, certains animaux attendent parfois plus longtemps avant de revoir leur maître. Un boa est là, à demeure, offrant aux hommes du feu la possibilité d'entraîner les gestes qui sauvent, la récupération de reptiles faisant désormais partie, à l'égal des bêtes à poil et à plume, de leurs interventions quotidiennes. «Notre travail prend souvent une dimension sociale, poursuit Raymond Wicki. Il est rare que les bêtes de compagnie soient intoxiquées et qu'il faille les ventiler. Mais leur sauvetage fait partie intégrante de l'intervention, une fois que l'on a assuré l'évacuation de leur propriétaire.»
Pour preuve: l'autocollant publié conjointement par la Société protectrice des animaux et le Service d'incendie et de secours. On y voit, de dos, la double silhouette d'un chien et d'un chat, flanquée du slogan: «Aidez-nous à les sauver!» Comme samedi soir dans le quartier des Grottes.
Thierry Mertenat
Publié le 20 septembre 2004, TDG
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