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Écouter le culte :
Ce matin, nous vous proposons de lire ensemble deux textes bibliques, deux textes aux couleurs bien différentes. L’un nous permettra de parler d’intériorité, l’autre de la nature dans toute sa splendeur.
Le premier fait partie du cycle de Jacob et se trouve au chapitre 32 de la Genèse, versets 25 à 32 :
Cette même nuit, Jacob se leva, prit ses deux femmes, ses deux servantes, ses onze enfants, et il passa le gué du Yabboq. Il les prit et leur fit passer le torrent, puis il fit passer ce qui lui appartenait, et Jacob resta seul. Un homme se roula avec lui dans la poussière jusqu’au lever de l’aurore. Il vit qu’il ne pouvait l’emporter sur lui, il heurta Jacob à la courbe du fémur qui se déboîta alors qu’il roulait avec lui dans la poussière.
Il lui dit : « Laisse-moi car l’aurore s’est levée. » – « Je ne te laisserai pas, répondit-il, que tu ne m’aies béni. »
Il lui dit : « Quel est ton nom ? » – « Jacob », répondit-il.
Il reprit : « On ne t’appellera plus Jacob, mais Israël, car tu as lutté avec Dieu et avec les hommes et tu l’as emporté. »
Jacob lui demanda : « De grâce, indique-moi ton nom. » – « Et pourquoi, dit-il, me demandes-tu mon nom ? » Là même, il le bénit.
Jacob appela ce lieu Peniel – c’est-à-dire Face-de-Dieu – car « j’ai vu Dieu face à face et ma vie a été sauve ». Le soleil se levait quand il passa Penouël. Il boitait de la hanche.
Ce texte a inspiré Eugène Delacroix qui en a fait un tableau très impressionnant, tableau qui se trouve dans la chapelle des Saints-Anges de l’Église Saint-Sulpice à Paris. Peut-être avez-vous en tête cette œuvre ? Très souvent les reproductions se cantonnent à une seule partie du tableau : celle de la lutte vigoureuse et acharnée de Jacob avec un ange. Mais si l’on regarde l’œuvre en entier on se rend compte qu’ils sont dans une forêt séculaire, surplombés par des chênes majestueux aux racines imposantes – des chênes qui occupent une bonne moitié du tableau !
Ce combat au cœur de la nature, qu’est-ce que cela évoque pour toi Philippe ?
Bien sûr ce combat dans la nature me rappelle mes propres combats pour la nature. Le tableau de Delacroix est impressionnant. La nature puissante peut y apparaître comme menaçante à certaines personnes, jusqu’au moment où on la considère comme habitée, habitée par l’Esprit, habitée par Dieu. Elle devient alors protectrice et rassurante.
Le combat de Jacob est aussi intéressant parce qu’il débouche sur une réconciliation : il m’inspire et il m’éclaire sur mes propres combats de caractère politique pour la nature et l’environnement qui ont souvent été des confrontations agressives, dans la tension. Et peu à peu mon combat s’est transformé dans un combat intérieur, contre mes propres démons, pour aboutir à un apaisement, à une réconciliation avec moi-même et avec le monde. Ce combat de Jacob, dans la nature, en présence de l’ange et de Dieu, et la réconciliation qui en est issue m’inspire pour le chemin qu’il me reste à faire.
Nos grands combats ont souvent une dimension intime et des résonnances très profondes. Je me demande d’ailleurs si ce ne sont pas nos combats intérieurs qui sont les plus déterminants dans notre vie. Ces combats qui nous éprouvent et nous révèlent à nous-mêmes…
Revenons un instant au tableau de Delacroix. Quand j’ai découvert ce tableau, un détail a attiré mon attention. Sur le mur de la chapelle où il a été peint, juste à sa gauche, il est écrit : « Station 7 : Jésus s’épuise » et en dessous, une citation du Psaume 69 : « Retire-moi de la boue que je n’y reste pas enfoncé. »
Juste à côté de cette image si forte d’un homme luttant contre un ange, gravée dans la pierre, on peut lire la supplique du psalmiste qui s’enfonce dans l’épreuve, dans la boue du malheur. J’ai été étonnée par cette juxtaposition : d’un côté, Dieu est celui qui envoie l’épreuve. En effet, Eugène Delacroix, dans un texte accompagnant son invitation pour visiter la chapelle des Saints-Anges écrivait à propos de son tableau en juillet 1891: « Cette lutte est regardée, par les livres saints, comme un emblème des épreuves que Dieu envoie quelques fois à ses élus. » Et de l’autre côté, Dieu est appelé à l’aide pour sortir de l’épreuve.
Mais alors où est Dieu ?
Comment considérer Dieu dans les moments de luttes et les traversées de crises ? Est-ce que c’est lui qui peut nous aider à répondre à ces questions qui surgissent presque naturellement face aux difficultés : « Qui est responsable ? », « Qui pourra m’aider ? »
Est-il celui qui envoie l’épreuve, qui en porte la responsabilité, ou est-il celui qui nous aide à en sortir, répondant à nos prières ? Si on répond que Dieu est celui qui envoie parfois l’épreuve, on est face à un Dieu au mieux pédagogue « qui nous fait souffrir pour que notre foi soit belle », ou au pire, un Dieu sadique. Si on répond que Dieu est celui qui nous tire de la boue de l’épreuve et nous rend victorieux, on peut se demander pourquoi certains s’en sortent très vite et d’autres jamais malgré leurs prières.
Aucune de ces deux réponses n’est satisfaisante. A la question : « Où est Dieu ? », je répondrais pour ma part : dans la boue et la poussière. Il est cet Esprit, cette force spirituelle qui revitalise notre être profond quand il s’épuise dans la lutte. Dieu ne serait alors ni le commanditaire de l’épreuve, ni le magicien qui nous en sortirait, mais Celui qui se tient avec nous, dans la poussière et même dans notre boue.
C’est un Dieu qui se tient dans la terre, dans l’humus, au cœur même de notre corps, de notre matérialité. Un Dieu qui vient nous aider à accepter ce contre quoi nous combattons, ce qui nous dérange, ce qui nous fait honte, ce que nous n’acceptons pas de nous-mêmes. Un Dieu qui nous aide à passer de la tension intérieure permanente à l’acceptation de notre boue, de nos ombres, de nos démons. Un Dieu qui nous aide à ne plus avoir peur de couler dans la boue, de nous laisser envahir par les ombres, d’être totalement possédés par nos passions et nos pulsions.
Un des grands défis de la vie est de vivre cette intégration de toutes nos parts et de nous pacifier. D’accueillir le tout de notre humanité si complexe, travaillée par tant de courants intérieurs. Et si nous arrivons à nous pacifier, nous n’avons plus à avoir peur de notre ombre, de nos passions, de nos pulsions, qui seront enfin apprivoisées. Tout comme Jacob les a enfin apprivoisées cette nuit-là, près du Yabboq.
Jacob est la figure de l’homme de pouvoir qui a combattu toute sa vie. C’est un être en lutte permanente. Dès le ventre de sa mère, il est en conflit avec son frère jumeau. On nous dit que les enfants de Rébecca « se heurtaient en elle ». En naissant, Jacob tenait le talon de son frère Ésaü. La suite de leur histoire n’est que ruse de la part de Jacob qui achète le droit d’aînesse de son frère, lui vole la bénédiction de son père en se faisant passer pour lui. Ésaü lui en veut à mort et Jacob s’enfuit. Des années plus tard, Jacob s’apprête à retrouver sa terre et son frère. Il est transi de peur. Comment va-t-il être accueilli en ce lieu de ses ruses et de ses trahisons ? Mais après sa nuit de combat, il tombe dans les bras de son frère jumeau… et se réconcilie avec lui.
Paradoxalement, ce qui pacifie Jacob, ce qui le rend à lui-même, c’est ce combat dont nous parlons aujourd’hui. Peut-être le combat le plus crucial de sa vie. Que se passe-t-il pendant cette lutte ? Le texte, dans son écriture, traduit la confusion du moment, on ne sait plus qui est qui. On ne sait pas qui fait quoi et on ne sait pas très bien qui est le lutteur.
Ce flou ouvre à toutes les interprétations possibles : celle qui est la plus répandue et qui est illustrée par Delacroix est celle qui fait du mystérieux adversaire de Jacob, un ange. Par exemple, une certaine tradition postule que c’est l’ange d’Ésaü qui viendrait ainsi affaiblir Jacob avant son face à face avec son frère. Pour d’autres, c’est l’ange de Jacob. Elie Wiesel, dans son commentaire qui puise aux trésors de la tradition juive, avoue sa préférence pour cette seconde interprétation. Jacob serait assailli « par son propre gardien. Le mystérieux agresseur ? Le moi dédoublé de Jacob. Le moi en lui qui doutait de sa mission, de son avenir, de sa raison d’être. »
Si nous suivons cette interprétation, Jacob luttant avec son ange passe une nuit à se battre avec lui-même. Il fait l’expérience d’une force qu’il ne soupçonnait pas et arrive enfin à prendre le pas sur ce qui l’empêchait d’avancer intérieurement. Jacob a lutté avec toute sa puissance d’homme. Dans le tableau de Delacroix, sa musculature impressionnante suggère sa force. Cet homme fort et puissant est touché au nerf sciatique. Il s’en sort, mais boiteux, blessé dans son corps. Il s’en sort victorieux mais vulnérable, touché dans sa virilité, incarnant la force et la faiblesse, dont chaque être humain est constitué.
Ce combat est un combat initiatique pour Jacob : le cœur de sa vie est mis en jeu. Et c’est peut-être pour cela qu’il voit Dieu face à face – il a été au plus profond de lui, en ce lieu le plus intime et le plus sacré, où se révèle la vérité de l’être. Après cette nuit à lutter, son identité même, son rapport à l’autre sont transformés. Au petit matin, il a changé de nom et son lien à son frère est pacifié. Mais surtout, son lien originaire à Dieu est renouvelé : il a gagné une bénédiction légitime, il ne l’a volée à personne.
Où est Dieu dans ce combat ? Il est cette puissance de transformation à l’œuvre en Jacob, qui lui permet de se trouver enfin, de traverser ce nœud existentiel qui le travaillait, d’être rétabli dans sa pleine qualité d’enfant de Dieu. Apaisé, béni, il peut enfin poursuivre sa vie de manière moins belliqueuse.
Peignant ce tableau, Delacroix a dû lutter moralement et physiquement pour parvenir à l’achever. Ce qu’il a vécu reflète les combats qui traversent tous les processus créatifs. Il écrivait à son cousin : « Il faut prendre un parti sur tout, et je trouve des difficultés où je n’en prévoyais point. Je crois que j’y mourrai. » Le peintre a certainement compris de l’intérieur la dimension initiatique de ce combat, nous offrant une œuvre puissante et inspirante.
Philippe, si j’ai choisi ce texte pour évoquer ton parcours spirituel, c’est qu’au-delà de tes combats politiques, tu as beaucoup lutté contre la maladie et tu as frôlé la mort. Malgré les blessures de la maladie, tu poursuis ton chemin. Comment apprivoises-tu la vulnérabilité et la force qui te sont données ?
Une épreuve, quelle qu’elle soit, comme l’épreuve de la maladie, est un parcours initiatique. Ton homonyme, le grand philosophe stoïcien Sénèque, répondait à un ami qui se plaignait de ses souffrances : « Dieu éprouve ceux qu’il aime ».
C’est tellement vrai, parce que c’est à travers l’épreuve que l’on peut se débarrasser de toutes sortes de démons qui s’agrippent à nous et que nous pouvons progresser vers l’essentiel ; c’est la chance que j’ai eue à travers la maladie de pouvoir accepter et me mettre à disposition.
Il y a deux ans, je me suis trouvé entre la vie et la mort pendant deux semaines, perclus de douleurs. Je me suis alors adressé à Dieu et lui ai dit : « Si cela doit être fini, alors prends-moi, je suis prêt. » J’ai traversé ces épreuves en les acceptant et en apaisant mes côtés les plus combattifs et c’est dans l’acceptation que j’ai trouvé la paix, si bien que je peux dire aujourd’hui que, malgré ma collection de cancers et d’autres problèmes de santé, je vis les plus belles années de ma vie, parce que je suis en train de me réconcilier complètement, de pacifier ma relation avec moi-même, mais aussi avec les autres, avec vous comme avec les personnes avec lesquelles j’ai pu être en conflit, et puis aussi avec cette Terre que l’on fait tellement souffrir par nos comportements absurdes. Elle est plus que jamais devenue l’amie, le réconfort que j’ai cherché auprès d’elle depuis mon enfance.
Par mon expérience dans la nature, j’ai pris conscience de la présence de l’Esprit en toutes choses et de l’unité spirituelle du monde. Il y a une immense diversité dans la nature et au sein de l’humanité, et cette diversité est l’expression multiple d’une réalité spirituelle unique et universelle qui nous habite toutes et tous, qui habite les chênes de Delacroix et chaque être dans la nature.
C’est à travers les épreuves de la vie, lorsqu’on arrive à les accepter, que l’on peut vivre l’apaisement dans la gratitude, exercer la bienveillance et s’émerveiller devant la Création. Cela n’est pas une excuse pour ne pas s’engager pour ne pas prendre position, pour assister passivement à ce qui se passe dans le monde, mais cela nous permet de nourrir notre combat, notre engagement, de profondes valeurs spirituelles et universelles, d’amour, d’humilité, de bienveillance.
Suite à ce combat, nous avons vu que Jacob vit une réconciliation, une pacification profonde. En lisant ton dernier livre, « Ma spiritualité au cœur de la nature », on a l’impression que tu as vécu une telle pacification ou unification.
C’est exactement cela qui s’est passé. La confrontation avec la maladie et la perspective d’une mort qui s’approche m’ont fait accepter mes limites avec humilité. J’ai alors éprouvé plus intensément l’unité spirituelle qui nous relie à la Création dans toute sa diversité. Le sentiment profond d’appartenir à la grande famille du vivant m’a apaisé. Il y a eu d’abord une réconciliation avec moi-même, puis avec mes proches et l’humanité. Le Christ nous demande de nous aimer les uns les autres, y compris nos ennemis. J’en suis arrivé là. Pour cette raison l’humilité, la bienveillance, le pardon et l’émerveillement sont devenus des éléments clés de ma vie spirituelle.
Cet émerveillement nous le trouvons aussi dans les textes de la Bible, l’un des plus beaux textes qui célèbre la nature est le Psaume 104, dont nous lisons les quelques extraits :
Dieu « envoie l’eau des sources dans les ravins : elle s’en va entre les montagnes ;
elle abreuve toutes les bêtes des champs, les ânes sauvages étanchent leur soif.
Près d’elle s’abritent les oiseaux du ciel qui chantent dans le feuillage.
(…)
Les arbres du Seigneur se rassasient, et les cèdres du Liban qu’il a plantés.
C’est là que nichent les oiseaux, la cigogne a son logis dans les genévriers.
Les hautes montagnes sont pour les bouquetins, les rochers sont le refuge des lapins.
Il a fait la lune pour fixer les fêtes, et le soleil qui sait l’heure de son coucher.
Tu poses les ténèbres, et c’est la nuit où remuent toutes les bêtes des bois.
Les lions rugissent après leur proie et réclament à Dieu leur nourriture.
Au lever du soleil ils se retirent, se couchent dans leurs tanières, et l’homme s’en va à son travail, à ses cultures jusqu’au soir.
Que tes œuvres sont nombreuses, Seigneur !
Tu les as toutes faites avec sagesse, la terre est remplie de tes créatures.
Voici la mer, grande et vaste de tous côtés, où remuent, innombrables, des animaux petits et grands.
Tous comptent sur toi pour leur donner en temps voulu la nourriture : tu donnes, ils ramassent ; tu ouvres ta main, ils se rassasient.
Tu caches ta face, ils sont épouvantés ; tu leur reprends le souffle, ils expirent et retournent à leur poussière.
Tu envoies ton souffle, ils sont créés, et tu renouvelles la surface du sol.
Que la gloire du Seigneur dure toujours, que le Seigneur se réjouisse de ses œuvres !
Dans ce Psaume, c’est un véritable déferlement de la beauté de la nature qui nous est raconté. La Nature qui est célébrée est louée comme étant l’expression de la présence de Dieu dans le monde.
Quels sont tes premiers souvenirs de la nature et du sacré ? Que t’inspire ce texte ? Quelle conception as-tu de la force créatrice et agissante qui est au cœur du monde ? Comment ce mot « Dieu » résonne-t-il en toi ?
C’est l’intimité avec les arbres du jardin de mon enfance qui m’a ouvert à leur individualité, à leur personnalité et à leur dimension spirituelle. J’ai ensuite souvent trouvé du réconfort et de l’inspiration dans la nature. Plus je me suis approché de la nature sur le plan spirituel, plus la présence de Dieu en toute chose m’est devenue une évidence. Quand je médite au pied d’un arbre ou que je fais une promenade méditative dans la nature, Il est là, en moi, à mes côtés et en tous ces êtres vivants ou non que je rencontre.
Dans son interprétation structurale de ce Psaume, l’exégète Marc Girard parle du « rôle clef joué » par la racine hébraïque « vivre » et il conclut de cette observation que « Tout le cosmos créé par Dieu est au service de la vie (…) de ce fourmillement de vie, le psalmiste participe en consonance parfaite avec le cosmos : motif dominant de sa joie et de sa louange. »
Ce psaume est une louange à la vie, un émerveillement face à la nature… Entre l’enfant que tu étais et l’homme que tu es devenu, est-ce que l’expérience est différente ? Ou est-ce toujours le même émerveillement premier qui t’habite ?
Ma relation à la Création est une relation d’amour, d’enchantement, de gratitude et d’action de grâce, que je peux vivre seul, mais que j’ai aussi envie de partager. J’ai souvent été confronté à la mort et mon vœu le plus cher est de mourir apaisé, dans les bras de la nature.
La nature a toujours été très présente dans ta vie. Les livres et les rencontres ont aussi toujours beaucoup compté. Quels furent tes maîtres, personnes ou auteurs ?
L’amour de la Nature m’a permis de ressentir la présence de l’Esprit, la présence divine dans tous les êtres qui la composent. Cette présence n’est pas une théorie : elle est une évidence vécue. J’ai trouvé chez bien des personnes une inspiration qui m’a conforté dans cette évidence.
Une personne-clé est l’artiste Robert Hainard qui ne s’affichait pas vraiment spirituel ou religieux, est l’un des rares philosophes avec Jean-Jacques Rousseau à avoir fait de la Nature la clé de voûte de sa philosophie. Il a écrit de belles phrases sur le caractère religieux de sa relation à la nature, dont voici quelques exemples :
- « J’avoue être essentiellement religieux, si l’on peut entendre par là vivre d’adoration, de communion et du sentiment d’une mystique unité de toutes choses. »
- « Toute vie n’est-elle pas participation, communion, action de grâce, adoration ? »
- « J’ai aussi interprété mon amour de la nature comme un respect religieux de la vie en chacune de ses créatures. »
- « J’ai une profonde adoration, un effacement devant cette totalité inconcevable qui, après tout, est Dieu »
Evoquant l’harmonie de la nature, Robert Hainard dit qu’on y sent mieux que partout ailleurs la main et le souffle de Dieu.
D’autres m’ont inspiré, j’ai aussi été très inspiré par les philosophes stoïciens (Sénèque, ma chère Marie) qui voyaient la présence de Dieu dans le monde. L’équilibre qu’ils ont manifesté entre l’acceptation de notre destin et le nécessaire engagement dans le monde me correspond bien. Ils représentent cette Sagesse, dont nous avons tant besoin pour nous réconcilier avec la Terre.
Jean-Marie Pelt, Jean Bastaire et bien sûr le pape François m’ont ouvert les yeux sur une possible écologie chrétienne.
C’est aussi le travail que j’ai pu faire avec toi, Marie, qui m’a permis d’approfondir et vivre la sagesse chrétienne qui contient tout ce qu’il faut pour fonder une attitude de modération et de respect. J’ai ainsi pleinement retrouvé mes racines chrétiennes tout en m’ouvrant à tous les grands courants spirituels mystiques qui s’inscrivent aujourd’hui dans une spiritualité universelle et une écologie intégrale, catholiques, protestants, orthodoxes et musulmans soufis.
Proposition d’une prière universelle
Mère primordiale, énergie créatrice, souffle de vie, Esprit saint, Père universel,
Concentré sur mon cœur je me relie à toi.
Je me mets humblement à ta disposition.
Accorde-moi ta bénédiction.
Je te remercie de me permettre d’être présent.
Je te remercie pour la vie et toutes les beautés de la nature
J’accueille ton Esprit en moi.
Par toi je deviens un être de lumière dans la paix et la joie.
Je pose un regard bienveillant sur moi-même, sur les autres et sur le monde en particulier sur intention.
Et je leur adresse la lumière, l’amour et la paix qui m’habitent
Je m’engage à cultiver la paix et la joie en moi et dans le monde
à offrir ma bienveillance
en tous temps et en tous lieux
à prendre position et à m’engager pour la paix et l’amour entre tous les êtres qui habitent notre belle Terre.
Amen