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Quel sera le nom de la nouvelle commune?
L’Assemblée constitutive propose le nom de Fribourg en français, respectivement Freiburg en allemand, pour la commune fusionnée. C’est le nom attribué par la Constitution fribourgeoise à la capitale du canton.
Quelles seront les langues officielles?
L’Assemblée constitutive propose que le français et l’allemand soient les langues officielles de la commune fusionnée, comme elles sont les langues officielles de l’Etat de Fribourg. Le comité de pilotage procédera à un échange de vues avec le Service des communes et le Service de législation sur la manière d'ancrer les modalités de la reconnaissance de l'allemand comme deuxième langue officielle dans la convention de fusion.
Quelles seront les armoiries de la nouvelle commune?
Les armoiries seront définies en même temps que la convention de fusion.
A combien se montera le nouveau taux d’impôt?
Le taux d’impôt de la commune fusionnée oscillera entre 70 et 73% de l'impôt cantonal de base, tant pour les personnes physiques que pour les personnes morales. Il a été calculé sur la base d’une vaste analyse économique et financière de chaque commune, menée dès l’automne 2018. L’analyse tient compte de la réforme de l’imposition des entreprises, adoptée en mai 2019 au niveau fédéral et en juin 2019 au niveau cantonal, ainsi que des planifications financières des communes du périmètre. Le taux d’impôt sera fixé définitivement lors de la rédaction de la convention de fusion, à l’automne 2020.
La commune aura-t-elle une santé financière solide?
Oui. La commune fusionnée bénéficiera d’une solide santé financière, avec un total des recettes de 390 millions de francs, une marge d’autofinancement de près de 50 millions de francs, et une capacité d’investissement comprise entre 350 et 400 millions de francs. L’Assemblée constitutive prévoit des investissements de 75 millions de francs par année, alors que dans les cinq dernières années, les communes concernées ont investi 65 millions de francs par an en moyenne.
La méthodologie de calcul est-elle fiable?
La méthodologie développée par BDO, l’entreprise fiduciaire mandatée par l’Assemblée constitutive, est appliquée avec succès, depuis des années, dans le cadre de nombreuses fusions de communes en Suisse. Elle peut être consultée dans les annexes au présent concept de fusion. Comme dans tous les projets de fusion, le Service des communes (Scom) a mené sa propre analyse. Il se base sur une méthodologie différente, mais parvient aux mêmes résultats que BDO. La fourchette de 70 à 73% articulée pour le taux d’impôt communal est donc pertinente. Elle intègre les investissements prévus par les communes et les investissements supplémentaires proposés dans le cadre de la fusion.
Est-il possible d'appliquer un coefficient d'impôt différent aux contribuables des diverses communes permettant de lisser la progression dans le temps?
Non. La loi prévoit que le taux d’impôt de la commune fusionnée, qui oscillera entre 70 et 73% de l'impôt cantonal de base, s’appliquera à tous les contribuables (personnes physiques et personnes morales) de la commune fusionnée.
Est-ce que les différentes taxes ont été fixées?
Non, pas encore. Les discussions sont en cours au niveau du canton et du district de la Sarine pour abolir la taxe d’exemption au service du feu. Dans son projet et par prudence, l’Assemblée constitutive a donc décidé de retirer des recettes le produit de cette taxe. S’agissant de la gestion des eaux, de l’énergie et des déchets, l’Assemblée constitutive a constaté d’importantes variations d’une commune à l’autre. L’Assemblée constitutive estime que seul un règlement transitoire et harmonisé permettrait de déterminer ces deux taxes de manière réaliste. Cependant, la base légale actuelle ne permet pas d’édicter un règlement transitoire. Des réflexions sont en cours entre le comité de pilotage de l’Assemblée constitutive et les services de l’Etat pour modifier ladite base juridique.
A combien se montera la contribution immobilière?
Actuellement, la contribution immobilière varie entre 2 et 3‰ de la valeur fiscale dans les communes du périmètre de la fusion. L’Assemblée constitutive propose de fixer la contribution immobilière de la nouvelle commune à 2,5‰.
La question de la prévoyance professionnelle du personnel communal a-t-elle été examinée?
Oui, la question de la prévoyance professionnelle du personnel communal a été examinée. Le groupe de travail Finances a constaté que la Caisse de prévoyance du personnel de la Ville de Fribourg (CPPVF) est aujourd’hui assainie. En revanche, la question du regroupement des caisses après la fusion reste ouverte à ce jour. Une analyse actuarielle est en cours, dont les résultats devront être intégrés dans la planification financière.
Comment assurer que les sensibilités des anciennes communes restent représentées dans la nouvelle commune?
L’Assemblée constitutive propose d’instaurer un régime transitoire de près de cinq ans (une période législative) dès l’entrée en vigueur de la fusion. Ce régime prévoit une représentativité des anciennes communes pour l’élection du Conseil communal et du Conseil général. A l’issue de la période transitoire, il reviendra aux autorités en place de maintenir ces conditions ou de les modifier. Elles pourront en particulier prévoir de diviser le territoire communal en plusieurs cercles électoraux.
Qu’est-ce qui est proposé pour le Conseil communal?
L’Assemblée constitutive propose un Conseil communal de 7 membres professionnels élus à la majoritaire, sauf si la demande d'une élection à la proportionnelle est formulée dans la forme et les délais prévus par la loi. La commune fusionnée constitue 5 cercles électoraux pour leur élection pendant le régime transitoire. Chaque cercle électoral a droit au minimum à 1 siège. Il s'agit des cercles de Fribourg (3 sièges), de Villars-sur-Glâne, de Marly, du Nord (Belfaux, Givisiez et Granges-Paccot) et de l'Ouest (Avry, Corminboeuf et Matran). Cette disposition permet de garantir une juste représentation des anciennes communes au sein de l’Exécutif.
Qu’est-ce qui est proposé pour le Conseil général?
L’Assemblée constitutive propose un Conseil général de 80 membres miliciens élus à la proportionnelle. Chaque ancienne commune constitue un cercle électoral pour cette élection pendant la période transitoire. On attribue à chaque commune un siège par tranche entamée de 1’000 habitants. Une réserve au principe est formulée, sur le modèle des associations de communes, à savoir qu’aucune commune ne peut avoir 50% ou plus des sièges. La commune fusionnée pourra, par un règlement de portée générale, diviser son territoire en plusieurs cercles électoraux au-delà de la période transitoire. L’Assemblée propose en outre que la nouvelle commune assure l’autonomie au personnel dédié au Conseil général. Cela signifie qu’il peut bénéficier d’un secrétariat indépendant de l’Exécutif spécifiquement dédié au législatif communal, comme c’est le cas au niveau cantonal pour le Grand Conseil.
Comment éviter la perte de proximité entre les autorités et la population?
Afin de perpétuer le dynamisme de la vie locale, l’Assemblée constitutive propose la mise en place d’associations de droit privé, nommées «associations de quartier» ou «associations locales». Leur mission sera non seulement de défendre les intérêts de la population locale, mais aussi de développer la qualité de vie et la cohésion sociale au travers de projets concrets. Ces associations seront à l’interface entre le Conseil communal et la population locale. Elles seront systématiquement consultées sur certains thèmes et pourront transmettre aux autorités des requêtes liées aux intérêts et aux besoins de la population locale. Les associations locales ou de quartier seront reconnues officiellement comme interlocutrices privilégiées de la commune. Les associations de quartier déjà existantes se verront confier de nouvelles responsabilités et ressources. Elles seront ouvertes à tous les habitants intéressés, ainsi qu’aux entreprises, associations et autres organismes du périmètre. Les associations seront dotées de statuts et représentées par un comité. Une enveloppe de base sera prévue au budget communal pour chaque association locale ou de quartier. Les projets développés par les associations pourront également bénéficier de montants spécifiques au budget de fonctionnement ou d’investissement de la nouvelle commune.
L’administration communale sera-t-elle centralisée?
Non. L’Assemblée constitutive propose une administration communale accessible pour l’ensemble de la population sur l’ensemble du territoire. Cela passe à la fois par la création d’un guichet virtuel et par la mise à disposition de guichets physiques dans toutes les anciennes communes et avec des horaires attractifs. L’Assemblée constitutive propose en plus la création d’un service à domicile pour aider les personnes limitées dans leur mobilité ou dans leur usage des outils numériques.
L’emploi de chaque membre du personnel communal est-il garanti?
Oui. L’Assemblée constitutive a émis une garantie de l’emploi.
Allons-nous faire des économies dans le personnel administratif?
Non. La fusion n’a pas pour objectif de supprimer des postes. Une fois que la fusion est décidée, elle entraîne en fait un surcroît de travail: il faut d’une part harmoniser les pratiques et les règlements, mais aussi réorganiser les services. Le personnel communal étant un facteur essentiel de la réussite d’une fusion, l’Assemblée constitutive a émis une garantie de l’emploi pour tous les employés communaux lors de la fusion. L’Assemblée constitutive implique par ailleurs des représentants du personnel pour esquisser l’organigramme fonctionnel de l’administration communale après la fusion.
Quelles seront les conditions salariales du personnel communal après la fusion?
Les nouvelles autorités politiques devront mettre en place une nouvelle grille salariale, qui permettra d’harmoniser les rémunérations par fonction. Dans son concept de fusion, l’Assemblée constitutive se positionne clairement en faveur de cette harmonisation et de l’égalité salariale entre hommes et femmes.
Tous les membres du personnel communal devront-ils être bilingues, si l’on reconnaît l’allemand comme seconde langue officielle?
Non. Comme l’exemple du canton de Fribourg le montre, ce sont les prestations de l’administration qui sont bilingues, sans que chaque fonctionnaire le soit. L’administration devra mettre en place un système permettant de répondre en allemand aux demandes formulées par des germanophones dans un temps raisonnable. Toute une série de mesures visant à encourager l’apprentissage de la langue partenaire pourront être prises, mais elles n’auront pas un caractère obligatoire.
Les services tels que la voirie, les déchetteries ou la gestion des eaux seront-ils centralisés?
Non. Dans le domaine de l’entretien et de la technique, l’Assemblée constitutive propose de travailler selon la logique suivante: les directions seront unifiées, mais la mise en œuvre opérationnelle sera décentralisée. Ainsi, la voirie sera présente en permanence sur l’ensemble du territoire et les déchetteries resteront en place. En revanche, les règlements et les pratiques seront harmonisés.
La fusion est-elle une opportunité pour améliorer la performance environnementale de la commune?
Oui. L’Assemblée constitutive proposer de miser sur les énergies renouvelables et de viser le label Cité de l’énergie maximum. Elle recommande la mise en place de concepts uniques et harmonisés pour la gestion de l’énergie, des fluides et pour le ramassage des déchets et contre le littering. Au niveau de l’entretien, l’Assemblée constitutive propose, par exemple, de diminuer le recours aux herbicides et l’épandage de sel en hiver. Les domaines de l’entretien et de la technique recèlent ensemble un potentiel intéressant d’harmonisation et d’amélioration des prestations à la population.
Est-ce que les services offerts par la police intercommunale vont être maintenus?
Oui. Les services offerts actuellement par la police intercommunale dans les communes de Corminboeuf, Givisiez, Granges-Paccot, Matran et Villars-sur-Glâne seront maintenus dans la nouvelle commune fusionnée, qui disposera d’une police communale unique, comme c’est le cas actuellement à Marly ou Fribourg. Les divers règlements relatifs à l’ordre public seront édictés par les autorités élues de la commune fusionnée.
Les écoles décentralisées vont-elles fermer au profit de Fribourg?
Non. Toutes les écoles actuellement en place resteront ouvertes, au plus près des besoins des familles. Ce sera aussi le cas des accueils extrascolaires et des crèches.
Y aura-t-il des classes bilingues?
Oui, à terme. Aujourd’hui déjà, la Ville de Fribourg offre des classes en français et des classes en allemand. L’Assemblée constitutive propose d’aller plus loin et de mettre aussi en place des classes bilingues. Ce projet est développé en étroite collaboration avec la Direction de l’instruction publique, de la culture et du sport (DICS). Pour les élèves, il n’y aura aucune obligation de suivre sa scolarité dans une classe bilingue. La commune assurera le libre-choix, mais elle pourra fixer des conditions pour accéder aux diverses filières : par exemple, la langue maternelle des parents de l’élève.
Quels avantages les jeunes générations et les seniors peuvent-ils tirer d’une fusion?
Toutes les générations peuvent tirer de nombreux avantages de la fusion. Dans son projet de fusion, l’Assemblée constitutive propose une adaptation du financement du trafic urbain, permettant à la nouvelle commune de prendre en charge les abonnements des jeunes en formation et des seniors, tout en garantissant une neutralité des coûts pour l’Etat et pour la commune. La réduction générale du prix du ticket est également visée, dans le cadre de l’exploitation du réseau. En outre, l’Assemblée constitutive propose de créer une véritable politique de l’enfance et de la jeunesse, ce qui fait actuellement défaut dans le Grand Fribourg: le but est de mieux impliquer les enfants et les jeunes dans la vie publique et de soutenir des projets favorisant leur épanouissement. Enfin, l’Assemblée constitutive propose de mettre en place un service à domicile pour les personnes qui ne peuvent pas se déplacer ou ne sont pas à l’aise avec les outils numériques.
Est-ce qu’il est prévu de cultiver le dialogue intergénérationnel?
Oui. L’Assemblée constitutive propose de créer des maisons de quartiers qui seront des lieux de rencontre et d’information pour toutes les générations. Différentes activités pourront être mises en place pour favoriser le vivre ensemble. Ces maisons seront à disposition de la population, des associations de quartier ou locales, des sociétés locales, des groupements et des amicales.
Les associations locales, sportives et culturelles seront-elles maintenues?
Oui. L’Assemblée constitutive souhaite que les prestations en lien direct avec la population continuent d’exister au plus proche des besoins. Il ne ferait donc pas de sens que ces sociétés fusionnent. Les établissements scolaires, les bibliothèques, les services sociaux et de curatelles, les sociétés locales, les clubs sportifs et les espaces culturels et socioculturels doivent être maintenus. De même, les prestations actuelles en matière de culture, de sport et de social seront maintenues dans les communes, et renforcées si possible grâce à la mise sur pied de politiques institutionnelles à plus large échelle. Avec la fusion, les habitant·e·s pourront se tourner vers les services et les activités de loisirs proposés sur un territoire plus vaste.
Est-ce que les subventions aux associations locales, sportives et culturelles seront supprimées?
Non. Dans son analyse financière et dans ses prévisions budgétaires, l’Assemblée constitutive a maintenu intégralement l’ensemble des subventions actuellement octroyées par les communes du Grand Fribourg aux associations locales, sportives et culturelles.
La fusion permettra-t-elle de simplifier la vie des acteurs culturels?
Oui. A l’heure actuelle, les projets culturels développés dans le Grand Fribourg doivent obtenir le soutien de plusieurs autorités. Avec la fusion, il n’y aura plus qu’une autorité compétente et elle appliquera des critères équitables à toutes les personnes et organisations actives dans le domaine culturel dans la commune fusionnée.
Une piscine sera-t-elle construite dans le périmètre de la commune fusionnée?
Oui. Les autorités communales prévoient la construction d’une, voire plusieurs nouvelles piscines sur le territoire de la commune fusionnée. Selon le projet développé par l’Assemblée constitutive, la commune fusionnée disposera d’une force d’investissement de 75 millions de francs par année. Elle pourra donc se permettre la construction de telles infrastructures. La commune fusionnée disposera aussi de terrains adaptés, c’est à dire judicieusement positionnées et facilement accessibles, notamment en transports publics.
De nouvelles infrastructures seront-elles mises en place pour renforcer la cohésion sociale et la participation citoyenne dans les quartiers?
Oui. L’Assemblée constitutive a prévu un budget d’investissement afin de maintenir et renforcer les centres d’animation socioculturels existants et de mettre en place de nouvelles maisons de quartier dans des locaux appartenant à la commune là où il n’en existe pas. Ces maisons de quartier seront à la disposition de la population locale pour organiser des manifestations, que cela soit des assemblées, des fêtes, des spectacles ou des concerts. Elles seront équipées de cuisines et d'installations sanitaires. Toutes les générations s'y retrouveront afin de partager leurs expériences dans des projets communs. Des bibliothèques pourront y être installées et des expositions organisées, permettant de mieux connaître le quartier ou la localité, respectivement les cultures de leurs habitant·e·s. Des accueils extrascolaires, des cantines ou des restaurants pourront y prendre place de manière à ce que les enfants, jeunes, aînés et personnes seules puissent prendre ensemble leur repas dans un esprit communautaire. Dans le cadre de la décentralisation des services de l'administration communale, un guichet physique local pourrait en outre être installé dans ces maisons de quartier. Au service des initiatives bénévoles et citoyennes, elles seront gérées, tout comme les centres d’animation socioculturels actuels, par des professionnel-le-s de l’animation socioculturelle.
La fusion permettra-t-elle de mieux maîtriser le développement du Grand Fribourg?
Oui. L’Assemblée constitutive propose deux principes pour l’avenir: mettre le développement de la commune fusionnée au service du bien-être de la population et prendre en compte de manière équilibrée l’ensemble du territoire compris dans le périmètre du Grand Fribourg. Pour l’Assemblée constitutive, la fusion permet de maîtriser la densification, de protéger la biodiversité et de rapprocher le milieu urbain du milieu rural. Elle ambitionne de limiter le trafic individuel motorisé et le trafic de transit en développant les transports publics, les routes de contournement et les axes de mobilité douce. Elle juge nécessaire de dynamiser l’économie de la commune en désignant une zone d’activité nationale, en valorisant Fribourg comme un lieu d’études et en accroissant la capacité hôtelière de la commune. L’Assemblée constitutive propose de développer l’image de Fribourg comme ville d’histoire et de rivières, en valorisant le patrimoine bâti et industriel et les cours d’eau du périmètre.
Est-ce qu’il y aura plus d’espaces verts dans le milieu urbain?
Oui. L’Assemblée constitutive propose un retour de la nature dans le milieu urbain. Cela passe par la plantation d’arbres supplémentaires et la création ou l’aménagement de nouvelles zones de détente. Enfin, l’Assemblée constitutive propose de renaturaliser les cours d’eau du Grand Fribourg et de favoriser l’accès de la population, dans le respect de la nature.
Est-ce qu’il y aura plus de contraintes pour les promoteurs?
Oui. L’Assemblée constitutive propose d’édicter des règles en la matière, afin de favoriser l’émergence d’éco-quartiers ou de zones à 2000 watts dans les nouveaux projets.
Est-ce que l’agriculture de proximité a sa place dans le Grand Fribourg?
Oui. L’Assemblée constitutive propose pour cela de créer un marché couvert et différents points de rencontre permettant à la population de s’approvisionner directement auprès des familles paysannes de la région.
La fusion signifie-t-elle la disparition de la Bourgeoisie de Fribourg?
Non. La Bourgeoisie de Fribourg est une collectivité indépendante de la commune politique. Cette indépendance est garantie par le droit cantonal. Une dissolution n’est donc pas possible dans le cadre de la fusion. Si le projet aboutit, la Bourgeoisie continuera de gérer le patrimoine bourgeoisial et d’affecter ses gains à l’intérêt général, comme elle le fait actuellement, mais pour l’ensemble de la nouvelle commune. Les citoyen·ne·s au bénéfice du droit de cité des anciennes communes du périmètre de la fusion accéderont automatiquement au statut de bourgeois ou bourgeoise. C’est ce qui s’est passé dans le cadre de la fusion des communes de Morat et Estavayer.
La Bourgeoisie de Fribourg peut-elle mettre ses bien à disposition de la nouvelle commune politique fusionnée?
Non. Pour cela, il faudrait d’abord dissoudre les institutions bourgeoisiales, ce qui n’est pas possible dans le cadre prévu par la loi sur les communes (voir ci-dessus). En revanche, la Bourgeoisie est une chance pour le Grand Fribourg: en cas de fusion, elle poursuivra son action complémentaire à celle de la commune et toute la population de la commune fusionnée pourra en profiter. Les habitant·e·s bénéficiant du droit de cité des anciennes communes deviendront automatiquement bourgeois·e·s de Fribourg.
De quels privilèges bénéficient les bourgeois·e·s de Fribourg?
Aucun. La Bourgeoisie de Fribourg n’est plus depuis longtemps une bourgeoisie de privilèges, mais une bourgeoisie de services. Les bourgeois·e·s ne jouissent donc pas de privilèges. Ils peuvent prétendre à des aides ponctuelles modestes, comme des bourses ou des subsides pour la formation.
On dit que la Bourgeoisie sert l’intérêt général. Quels sont les projets concrets qui permettent de l’affirmer?
Il y en a beaucoup, même si on se limite aux vingt dernières années. La Bourgeoisie a décidé en 2001 de racheter le Café du Gothard, perle du patrimoine, pour garantir sa pérennité. Tout récemment, elle a complètement rénové le restaurant de l’Aigle Noir. Elle a également contribué à des investissements importants pour la rénovation de la piscine de la Motta, et pour la construction du théâtre Equilibre et du site sportif de Saint-Léonard, par exemple. Dans le domaine social, la Bourgeoisie est propriétaire du home médicalisé des Bonnesfontaines et est représentée dans le conseil de ce home ainsi que dans celui de la fondation du foyer pour enfants des Bonnesfontaines. Elle gère également les jardins familiaux de Bertigny, de la Faye, du Stadtberg et du Torry. La Bourgeoisie a alloué une aide à la Fondation St-Louis pour assurer l'encadrement des personnes en intégration qui travaillent à l'Aigle Noir. Elle est en train de construire des appartements Seniors en face du home. Enfin, elle entretient de nombreux alpages, chalets, forêts et vignes.
En cas de fusion, est-ce que les citoyens perdront définitivement leur origine?
Non. Les ressortissant·e·s des anciennes communes acquièrent automatiquement le droit de cité et l’origine de la nouvelle commune, correspondant au nouveau nom. Toutefois, les personnes qui le souhaitent pourront demander de conserver en parallèle le nom de l’ancienne commune comme lieu d’origine.
La fusion signifie-t-elle la disparition de l’Agglomération?
Non. L’Assemblée constitutive s’est prononcée pour un maintien de l’Agglomération en cas de fusion du Grand Fribourg. La fusion impliquera par contre une modification importante du périmètre de l’Agglomération, qui pourrait s’étendre à tout le district de la Sarine, ainsi qu’à certaines Communes du district de la Singine et du Haut Lac francophone. Ses tâches devraient également être revues, en fonction des tâches reprises par la nouvelle commune fusionnée.
Quel sera le futur de l'Agglomération?
La répartition des tâches entre la commune fusionnée et l'Agglomération font l’objet de discussions avec le Comité d’Agglomération. L’Assemblée constitutive s’est pour l’heure prononcée pour un maintien des compétences de planification directrice (développement territorial) au sein de la nouvelle Agglomération, les autres tâches, en particulier la promotion des activités culturelles, pouvant à l’inverse être aisément reprises par la nouvelle commune fusionnée. En juillet dernier, le Conseil d’Etat a pour sa part mis en consultation un avant-projet de révision générale de la Loi sur les Agglomération. Le projet de loi devrait être examiné par le Grand Conseil dans le courant du 1er semestre 2020.
L’Etat de Fribourg encourage-t-il la fusion du Grand Fribourg, comme il a encouragé d’autres fusions?
Oui. L’Etat encourage toutes les fusions de communes, sur la base de la loi relative à l'encouragement aux fusions de communes (LEFC). Celle-ci prévoit l'allocation d'un montant de 200 francs par habitant, avec un effet multiplicateur tenant compte du nombre de communes participant à la fusion, soit plus de 21 millions de francs, au titre de l’aide ordinaire. Par ailleurs, l’Etat finance la moitié du budget de l’Assemblée constitutive du Grand Fribourg, à hauteur de 200'000 francs par an depuis 2018. Le Conseil d’Etat a placé la fusion parmi ses objectifs centraux pour la législature en cours.
Une aide complémentaire est-elle prévue, au vu de l’importance stratégique de la fusion du Grand Fribourg?
La législation en vigueur ne prévoit aucune aide complémentaire. Durant l’été 2019, l’Assemblée constitutive du Grand Fribourg a toutefois déposé une demande d’aide complémentaire. Elle propose à l’Etat de Fribourg de mener une offensive conjointe dans la mobilité, pour désengorger la capitale du trafic individuel motorisé et, dans le domaine économique, pour créer des emplois. Le Conseil d’Etat est entré formellement en matière sur cette demande, dans son rapport du 3 décembre 2019. Il a adressé un premier rapport à destination du Grand Conseil en lui demandant un vote de principe. Le 4 février 2020, le Grand Conseil a accepté le principe de cette aide financière complémentaire pour la fusion du Grand Fribourg, à une très large majorité. Le Conseil d’Etat demande également que le Parlement se prononce sur les principes généraux d’une telle aide – soit une aide financière unique et ponctuelle pour la réalisation d’infrastructures, une aide pour des mesures qui contribuent à renforcer le centre cantonal et une aide pour des mesures dans l’intérêt de l’ensemble du canton, par exemple par des mesures de mobilité à même de fluidifier le trafic des pendulaires arrivant dans le Grand Fribourg ou par des mesures permettant de générer des emplois.
A combien pourrait se monter cette aide complémentaire?
D’après les estimations de l’Assemblée constitutive du Grand Fribourg, un montant de 320 millions de francs est nécessaire à l’offensive conjointe pour la mobilité et pour l’emploi. Le 4 février 2020, le Grand Conseil a accepté le principe de cette aide financière complémentaire pour la fusion du Grand Fribourg, à une très large majorité. L’Etat de Fribourg va à présent chiffrer les montants en jeu.
En quoi l’aide complémentaire pourrait se justifier pour le Grand Fribourg, par rapport aux autres régions?
Le Grand Fribourg abrite de nombreuses infrastructures, institutions et activités qui sont essentielles à la réussite du canton. Tout investissement consenti pour les rendre plus accessibles, plus performantes et plus en phase avec les besoins permettrait de renforcer non seulement le Grand Fribourg, mais aussi l’ensemble du canton, et bénéficierait à une population la plus large possible.