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Grand retour des interviews sur 1905.ch avec pour démarrer un entretien avec notre portier actuellement blessé.
Tout d’abord, comment va ta blessure ?
Ça va gentiment. On regarde chaque semaine comment ça évolue. Pour le moment, c'est difficile à dire combien de temps ça va encore prendre. Je prends semaine après semaine et on va essayer de faire en sorte que ça aille de nouveau bien le plus rapidement possible.
Donc tu ne sais pas encore quand tu vas pouvoir revenir au jeu?
Non, il faut que j'écoute mon corps et que j'attende que ça guérisse bien.
On a tout d’abord parlé d’une petite blessure, puis d’une déchirure des ligaments de la cheville : qu’en est-il exactement ?
C'est effectivement une déchirure des ligaments de la cheville et de la syndesmose tibio-fibulaire.
Peux-tu nous expliquer comment ça s’est passé sur le moment ? On a eu l’impression que c’était une blessure un peu « bête »…
Je n'ai jamais eu de « bonne » blessure. Je crois que toutes les blessures sont des blessures bêtes. Ça s'est passé avant le premier match. J'ai fait quelques déplacements, la glace n'était pas très bonne. Je me suis déplacé vers l'arrière et mon patin s'est croché dans la glace. Mon genou est parti vers l'arrière, mon patin est resté bloqué et ma jambe s'est tordue. J'ai senti un crac. J'ai essayé de continuer mais ça n'allait pas donc j'ai du arrêter.
As-tu une garantie d’être le numéro 1 cette saison ou t’attends-tu à devoir lutter avec Bays pour cette place ?
Bays joue très bien en ce moment et durant les trois derniers matches, on en a pas perdu un dans le temps réglementaire. Tu n'as jamais de garantie. Évidemment, j'ai envie de jouer. Tout comme Bays d'ailleurs. C'est une bonne chose d'avoir de la concurrence. Je pense qu'on verra ça au moment où je reviendrai. Je vais jouer mon jeu et ne pas trop penser au fait d'être premier ou deuxième gardien. Je pense qu'on me donnera ma chance et ça sera à moi de la saisir au mieux.
Bays et toi êtes arrivés pour prendre la succession de Stephan, considéré comme une légende par le public des Vernets. Ça vous met une pression particulière ?
Stephan a eu de très bonnes années ici. Mais c'est comme ça au hockey et dans le sport en général. Il y a des changements. On est plus jeunes que Stephan. On veut jouer et naturellement aussi gagner. J'ai déjà joué en même temps que Tobias à Genève et j'ai montré que je savais gagner. J'ai réussi à gagner des matches avec l'équipe durant la Spengler. C'est sûr qu'il est une légende ici et il le sera sûrement aussi à Zoug. On va faire tout ce qu'on peut pour avoir du succès avec l'équipe.
Revenons un peu sur ton parcours : tu as quitté la Suisse très jeune pour traverser l’Atlantique. Pourquoi ce choix ?
A 17 ans, j'étais à Kloten et j'étais le remplaçant de Ronnie Rüeger lors de la blessure du gardien remplaçant. J'ai aussi fait un bon championnat du monde en U18. J'ai toujours voulu aller là-bas. Déjà à 15 ans, je voulais jouer en ligue junior. On m'a donné ma chance que j'ai naturellement voulu saisir. Dans ma tête, j'étais prêt à partir et à apprendre quelque chose de nouveau. C'est sûr qu'à 17-18 ans, ça peut paraître difficile de partir mais je ne l'ai pas vu comme ça. Pour moi, c'était un nouveau challenge et j'adore les nouveaux challenges. J'étais prêt pour ça.
Après 2 saisons en ligues junior, tu en as disputé 5 en AHL. Quel est le niveau de la AHL par rapport à la LNA ?
C'est difficile à dire. C'est un autre système, une autre surface de jeu, c'est vraiment différent. Le jeu est différent. Ici en Suisse, les deux premières lignes sont vraiment au top. Si on veut comparer le niveau, on peut regarder la Spengler de la saison dernière. Ce qui est différent, c'est que quand tu joues en AHL, le but est d'avoir une chance de jouer en NHL alors qu'ici quand tu es en LNA, tu es déjà au sommet. Alors qu'en AHL, ce n'est pas là où tu aimerais être. En AHL, l'équipe change tout le temps, ce n'est pas évident. C'est aussi pour ça que je suis venu ici. J'avais envie de jouer avec une certaine stabilité dans l'équipe. L'équipe joue toujours de la même manière et donne toujours le 100% afin de pouvoir gagner.
Qu’est-ce qu’il t’a manqué, selon toi, pour pouvoir franchir le dernier palier et t’installer en NHL ?
Un peu de capacité, un peu de chance, être au bon endroit au bon moment. J'ai essayé pendant quelques années et je suis resté là-bas parce que j'estimais que je pouvais encore m'améliorer et c'était le cas. J'ai toujours continué à progresser et maintenant je me suis dit que c'était le moment de revenir en Suisse pour continuer à progresser ici avec, entre autre, comme but de jouer avec l'équipe nationale.
Tu as signé pour 3 ans ici, ça veut dire que tu as fait une croix sur une carrière outre-Atlantique ?
C'est fini pour le moment. J'ai signé pour trois ans ici et durant ces trois ans je vais me concentrer afin de devenir meilleur chaque année et donner le meilleur de moi même, m'investir à fond et si à ce moment là, je peux retourner en NHL, alors on verra en temps voulu. Ça va dépendre de moi. C'est à moi de tout donner et espérer ne plus avoir de blessures. Pour le moment, je suis ici et je veux avoir du succès ici. Et tout le reste fait partie de l'avenir et pour le moment je n'y prête pas attention.
La saison dernière, tu as signé à Bienne avant de finalement te rétracter et faire une saison de plus à Hamilton. Pourquoi ce choix ?
Vers la moitié de la saison, je suis entré en contact avec Bienne et j'étais prêt à ce moment là pour revenir en Suisse parce que je n'avais pas de contact avec Montréal et j'étais dans une situation un peu difficile. J'étais donc en contact avec Bienne et je leur ai dit qu j'étais prêt à revenir en Suisse. J'ai donc signé. Montréal a été mis au courant et le manager général de Montréal m'a appelé. Il m'a dit que si je voulais partir ce n'était pas un problème mais si je voulais rester, il me renouvelait mon contrat parce qu'ils avaient vraiment confiance en moi. Quand quelque chose comme ça arrive, que quelqu'un qui a fait beaucoup en NHL t'appelle et te dit ça, en tant que jeune joueur, tu es très touché et tu ne peux pas refuser. Ils avaient confiance en moi et je voulais donc essayer encore une fois. J'ai annulé mon contrat avec Bienne, ce qui m'embêtait aussi mais je ne pouvais pas refuser une pareille chance de réaliser mon rêve. Ça faisait plusieurs années que j'essayais et là j'ai encore eu une chance. Alors voilà.
Toujours durant la saison passée, tu es venu disputer la Spengler avec le GSHC. Quel souvenir en gardes-tu ?
Je suis de Coire et j'ai grandi en regardant la Coupe Spengler devant la télé à Noël. En tant qu'enfant, c'était très spectaculaire pour moi. Je me disais que je voulais y participer un jour. Et cette chance est arrivée. Et finalement, on l'a même gagnée. C'était génial. Pour un joueur, c'est vraiment quelque chose de particulier. Je l'ai vécue en tant que fan puis en tant que joueur et en plus la gagner... C'est la totale. Je garde tout en souvenir.
Est-ce à ce moment que les premières discussions sur ta possible arrivée à Genève ont débuté ?
Non, c'est arrivé seulement à la fin de la saison. Chris m'avait dit qu'il aimerait beaucoup m'avoir dans son équipe et je lui ai dit que j'étais encore sous contrat et que je voulais finir la deuxième partie de la saison et voir ce qui allait se passer. A la fin de la saison, je me suis dis que je connaissais déjà presque toute l'équipe à Genève, que c'était une bonne opportunité pour moi.
On entend souvent les joueurs vanter l’organisation professionnelle du GSHC. Est-ce en partie ça qui t’a motivé à signer à Genève ?
Oui, c'est sûr. La Spengler m'a permis de voir comment ça se passait dans le club et ça a été un point important dans ma décision. Chris est très professionnel et toute la structure du club aussi. Ils ont tout fait pour m'intégrer rapidement. C'est incroyable. Ça a été très facile pour moi de m'intégrer ici. Genève est une ville incroyable bien qu'on y parle le français... Il faut que je l'apprenne encore. C'est le seul problème, tout le reste est super et Genève est une ville au top.
Comment se sont déroulés les contacts avant ta signature, sachant que nous avions déjà deux gardiens sous contrat (Nyffeler et Bays) ?
C'est difficile à décrire. Il faut demander ça à Chris. Je savais qu'il y avait déjà deux gardiens et Chris m'a fait une offre. En fait, c'est mon agent qui s'est occupé de tout ça. J'avais une offre ici et une chance de jouer. Je savais que Chris croyait en moi. Je voulais venir à Genève.
As-tu parlé avec Nyffeler de cette situation ou pas du tout ?
Non pas du tout. En fait, je ne le connais pas vraiment. C'est aussi une bonne chance pour lui de pouvoir jouer à Fribourg en concurrence avec Conz. Finalement ça s'est fait comme ça, ça fait partie du business.
Sébastien Beaulieu est régulièrement cité comme étant un super entraîneur des gardiens, est-ce que ça a influencé ton choix ?
Naturellement. C'est important que le coach soit un bon coach et avec Chris et Louis c'est le cas. Et pour nous les gardiens, c'est important d'avoir un entraîneur de gardien. Je n'ai pas encore pu beaucoup travailler avec lui mais je vois vraiment ce qu'il fait ici. C'est super.
En parlant de Beaulieu, il nous a dit qu’un gardien était quelqu’un d’anormal dans le fond, tu confirmes ?
Ça je ne peux pas dire. C'est à toi de juger. Mais qui est-ce qui est normal ? Qu'est ce qu'une personne normale ?!?
Pourquoi as-tu décidé de devenir gardien ?
C'est très facile. J'avais 5 ans, j'étais à la patinoire et le HC Coire faisait sa photo d'équipe. J'étais en équipement et je les regardais. Le gardien m'a dit : « Viens-là petit ! ». J'ai pu aller m'asseoir sur ses genoux et faire la photo avec eux. C'était Thomas Liesch et depuis ce jour, j'étais son grand fan. Je voulais être comme lui et devenir gardien. Et depuis, je suis resté à ce poste.
Quel gardien était ton idole quand tu étais petit ?
C'était bien entendu Thomas Liesch puisque je suis devenu gardien grâce à lui. Je l'ai beaucoup observé mais plus tard c'était Dominik Hasek que j'ai beaucoup admiré. J'ai grandi en l'ayant comme idole. C'est sûr que je ne joue pas comme lui mais ça a toujours été mon exemple.
Comment juges-tu le début de saison du GSHC, après 3 matches de championnat et 4 de CHL ?
Très bon. On a perdu un match en CHL et en championnat on n'a pas encore perdu de match dans le temps réglementaire. On a une très bonne défense. Une des meilleures de Suisse pour le moment. On a une équipe très jeune. On a des leaders avec Bezina, Vukovic et Ranger. Le début est très bon même si on peut encore s'améliorer. On n'a pas toujours joué 60 minutes mais ça va venir.
Penses-tu que cette équipe peut aller chercher le titre ?
Bien sûr, sinon on ne serait pas là. Toutes les équipes ont des ambitions et nous on a l'ambition de gagner le titre. L'année dernière, personne n'aurait pensé qu'on allait gagner la Spengler. Il faut aller en playoffs et après... On a une très grande équipe, une équipe très forte. Je pense qu'on peut atteindre beaucoup de choses en playoffs. Je suis très impatient.
Avec la CHL, la Coupe Suisse et le championnat, le GSHC va disputer énormément de matches cette saison. Trop, selon toi ?
En NHL, ils jouent aussi énormément de matches et ils voyagent beaucoup plus. On est des professionnels. On doit faire attention de bien récupérer, de bien manger. On s'est préparés pour ça.
Est-ce que tu suivais quand même le championnat de Suisse durant tes saisons en Amérique du Nord ?
Oui, j'ai toujours beaucoup suivi le championnat suisse. Je connais encore beaucoup de joueurs avec lesquels j'ai joué en juniors élite. Je les ai toujours suivi. Je regardais chaque jour qui avait gagné et le classement. Je connais presque tous les joueurs.
Ça tombe bien, tu vas pouvoir répondre à la question préférée de nos lecteurs, même si en tant que gardien tu est moins concerné : si tu pouvais distribuer 5 charges violentes mais correctes à des joueurs jouant en Suisse, tu les donnerais à qui ?
Reto Suri, Denis Hollentstein, Roman Schlagenhauf, Robin Grossmann et Tobias Stephan. Les quatre premiers parce que j’ai joué avec eux depuis les juniors et Tobias juste comme ça.
Actuellement, qui sont les 3 meilleurs gardiens du monde selon toi ?
Carey Price, Henrik Lundqvist et Tuukka Rask
Tu as récemment fait tes premiers pas avec l’équipe de Suisse A, après avoir passé par toutes les sélections juniors. Quel ressent-on quand on porte le maillot national pour la première fois « avec les grands » ?
C'était très spécial pour moi, d'autant plus que c'était contre mon pays natal. C'était quelque chose de super, d'indescriptible de pouvoir jouer pour la Suisse. J'espère que ça va se reproduire souvent.
Espères-tu être plus souvent appelé avec la Nati maintenant que tu évolues en Suisse ?
Oui bien sûr, c'est super de représenter la Suisse et ça veut dire que tu fais partie des meilleurs joueurs du pays. C'est une très grande fierté et c'est bien sûr un objectif pour moi. Quand tu peux représenter ton pays, tu le fais toujours avec beaucoup de fierté et de plaisir.
Bien que tu viennes d’arriver, dis-nous qui est, dans le vestiaire du GSHC :
Le plus drôle : Simek
Le plus fou : Marti, c'est clair
Le plus intelligent : celui qui sait tout c'est Vukovic
Le plus coincé : Kast
Le plus dragueur : Bezina
Le plus chambreur : Simek
Celui qui chante le plus mal : Je crois que c'est moi
Celui qui a les pires goûts musicaux : Picard
Et les pires goûts vestimentaires : Personne
Dernière question : connais-tu déjà 1905.ch ?
J'en ai déjà entendu parler mais le problème c'est que je ne maîtrise pas trop le français.
Un petit mot pour la fin ?
Ne nous sifflez pas quand on ne joue pas bien en power-play comme la dernière fois.