Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06995.jsonl.gz/1118

Titre : La Suisse, le national-socialisme et la Seconde Guerre mondiale Rapport final
Auteur-e-s : Commission Indépendante d'Experts Suisse – Seconde Guerre Mondiale
Éditeur : Pendo 2002
Pages : 569
Il a fallu beaucoup de temps avant que je ne me lance dans ce rapport final. Bien que j'aie lu quelques productions de la CIE Seconde guerre mondiale une grande partie de ses travaux ne m'est pas connu. Ce rapport final est donc l'occasion de lire un résumé des principales questions posées à la CIE par le Conseil fédéral durant les années 90. Outre une édition papier, la CIE a fourni une version PDF du livre sur son site internet (toujours en ligne). Ce rapport final est divisé en 5 chapitres si l'on enlève l'introduction et la conclusion (respectivement chapitres 1 et 7).
Le premier chapitre, juste après l'introduction, vise à donner les connaissances minimales nécessaires pour comprendre la période. Il décrit la guerre, la Suisse mais aussi l’immédiat après-guerre et les crimes du régime national-socialiste. Immédiatement après, un chapitre 3 s'intéresse à la question des réfugié-e-s, une question qui a été réévaluées récemment. Ce chapitre résume l'examen fait dans un autre volume des rapports de la CIE. On retrouver donc les même questions et réponses. En particulier, les auteur-e-s mettent en avant les décisions restrictives des autorités helvétiques face à des personnes en danger de morts, marquant encore une fois l'impact de l'année 1942. On ne peut pas arguer du manque de connaissances de la part des autorités, plusieurs personnes avaient donnés des preuves irréfutables des crimes en train d'être commis. Les auteur-e-s examinent aussi les excuses de l'époque pour ne pas accueillir plus de réfugié-e-s et concluent en leur invalidité.
Le chapitre 4 est le plus important du rapport, il est constitué de 12 sous-chapitres et de près de 200 pages. Ce chapitre examine dans le détail les relations économiques entre la Suisse et l'Allemagne. Des secteurs précis sont examinés comme l'électricité, le transit ferroviaire mais aussi les banques, les assurances et les achats de biens culturels. Les auteur-e-s font attention de bien montrer les différents moments chronologiques et les pressions aussi bien de la part des alliés que des autorités allemandes. Il est, en effet, difficile de commercer avec les alliés après que l'Allemagne a pris le contrôle des tous les territoires entourant la Suisse. Néanmoins, les auteur-e-s montrent que les secteurs d'activités qui commercent avec l'Allemagne ont accepté les lois raciales allemandes sans remises en question, allant parfois même plus loin que demandé. Une partie de ce chapitre examine, d'ailleurs, les aryanisations des entreprises helvétiques qui impliquent le licenciement du personnel juif jusqu'en Suisse. Les auteur-e-s examinent aussi la question du travail forcé et expliquent que l'existence de celui-ci est connue dans par les décideurs économiques.
Le chapitre 5, court, est un examen des questions de droit suisse en lien avec le droit racial allemand et les mises en causes impliquées pour l'ordre public helvétique. Il est placé avant le chapitre 6 qui examine les questions de restitutions de biens spoliés. La question se pose à la fin et après la guerre. Les auteur-e-s démontrent le peu d'empressement des autorités mais aussi des banques, assurances et musées pour résoudre cette question. En particulier, le secret bancaire a ici joué contre les victimes en empêchant des enquêtes au sein des banques qui souhaitaient protéger ce concept. Il est aussi nécessaire, pour les autorités helvétiques, de protéger le droit de possession mis à mal par l'idée de restitution, malgré les acquisitions douteuses voire directement illégales. Les auteur-e-s proposent une explication à ce manque d'empressement concernant les restitutions. Illes ne défendent pas la thèse de la corruption mais celle qui implique de suivre rigoureusement un droit précis qui permet de défendre, à l'international, un pays stable et sûr en ce qui concerne la finance.
Ce rapport final n'est pas une lecture facile. Il est très dense et il ne fait que résumer 25 volumes. Les auteur-e-s savent que leurs conclusions n'impliquent pas la fin de la recherche. La fin de la conclusion permet de mettre en avant plusieurs questions en suspens à l'époque tout en présentant l'espoir d'un débat scientifique serein non seulement en Suisse mais aussi à l'étranger.
Éditeur