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Les loisirs tels que nous les connaissons aujourd'hui n'ont pas toujours été une évidence. Les femmes ont dû se battre au XIXe et au XXe siècle pour obtenir une certaine liberté.Ce contenu a été publié le 04 octobre 2020 - 11:45
- Deutsch Wie Frauen sich ein Stück Freizeit eroberten
- Español Cómo las mujeres conquistaron algo de tiempo libre
- Português A luta das mulheres pelo direito ao lazer
- 中文 瑞士女性的自由来之不易
- عربي كيف انتزعت السويسريات المزيد من أوقات الفراغ
- English How Swiss women used to spend their hard-earned leisure time
- Pусский Драгоценные часы досуга швейцарок начала 20 века
- 日本語 スイスで女性が「余暇」を勝ち取るまで
- Italiano Come le donne si conquistarono una fetta di tempo libero
En 1878 entre en vigueur la loi suisse sur les fabriques qui introduit la journée travail de 11 heures (10 heures le samedi). Lorsque les hommes sortent enfin de l'usine, ils ont du temps libre, alors que les femmes doivent s'occuper du ménage, de la lessive, de la garde des enfants et de la cuisine. Celles-ci doivent batailler ferme pour obtenir également un droit aux loisirs.
L'attractivité des grands magasins qui ouvrent en Suisse à la fin du XIXe siècle permet de transformer le devoir en plaisir: les femmes ont la possibilité de faire leurs courses en dehors de leur quartier et d'échapper ainsi un moment au contrôle social.
Se baigner pour l'hygiène
Les premiers espaces féminins de loisirs apparaissent au début du XIXe siècle dans les bains publics, construits pour répondre à la préoccupation grandissante de l'hygiène. Il faut cependant attendre 1837 pour que l'interdiction de baignade en vigueur pour les femmes soit levée à Zurich.
Cinéma, danse et café
Souvent, ce sont des femmes artistes, des intellectuelles courageuses qui ouvrent la voie à plus de droits et de libertés. Elles ont étudié à Paris, Londres et New York et souhaitent, à leur retour, promouvoir les échanges et la culture en Suisse. Ces femmes veulent pouvoir déterminer elles-mêmes la forme de leur vie sociale.
Deux exemples: la sculptrice Anna Indermaur, première directrice de cinéma en Suisse, et la danseuse autodidacte Trudi Schoop, qui a ouvert sa propre école de danse en 1921 à l'âge de 18 ans.
Dans les années 1920, les femmes veulent libérer à la fois leur corps et leur esprit créatif. Les tabous sexuels et les conventions sont balayés. Les femmes ne sont plus dépendantes de leur partenaire pour effectuer des activités et participer à des événements. Cette révolution s'observe notamment dans la danse, qui ne doit plus se faire forcément en couple.
Les créations et les pantomimes de Trudi Schoop sont parfois perçues par le public comme des numéros comiques, c'est pourquoi elle était surnommée LA Charlie Chaplin. Elle fonde sa deuxième école de danse artistique en 1931 pour réaliser ses propres idées de la beauté et du sérieux de la danse expressive moderne.
Trudi Schoop lutte contre les concepts moraux dominants et, au bout de cinq ans, elle doit renoncer à son local de danse situé dans une église zurichoise. Elle émigre aux États-Unis où elle devient une pionnière de la danse-thérapie.
Au cours de l'urbanisation, une industrie du loisir se développe pour occuper le temps libre désormais disponible. Elle s'intensifie avec l'introduction de la semaine de 48 heures en 1919. Le cirque, l'opéra, le théâtre et, à partir du milieu des années 20, la radio, offrent une foule de distractions.
En même temps, diverses organisations de jeunes et de femmes sont créées pour contrer le déclin des normes morales. Elles proposent des activités de loisirs contrôlées qui permettent de façonner les jeunes de manière raisonnable en fonction de l'orientation politique ou religieuse.
Dans la première moitié du XXe siècle, de nombreux journaux féminins sont édités dans les domaines de l'éducation, de l'économie domestique, des soins infirmiers, du commerce et de l'industrie. Mais les magazines de divertissement et de mode ont aussi un franc succès.