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Le cimetière des pestiférés
La plus importante épidémie, nommée peste Noire ou Grande Peste, apparue en Asie centrale en 1337, laissera quelque vingt-cinq millions de morts en Europe. Au 17ème siècle, deux nouvelles vagues de peste, en 1630 et 1636 ravagent le Haut Plateau.
- La peste bubonique se manifeste par une inflammation des ganglions périphériques (bubons) qui deviennent douloureux et sont entourés d'une zone œdémateuse, elle est caractérisée par un syndrome infectieux très sévère et donc de fortes fièvres.
- La peste pulmonaire est marquée par des difficultés respiratoires et de fortes toux. Elle apparaît souvent après dissémination d'une forme bubonique, suite à une inhalation de germes. En l'absence d'un traitement précoce et approprié, la peste pulmonaire est systématiquement mortelle en 3 jours.
- La peste septicémique présente des symptômes cérébraux importants et des hémorragiques diffuses.
« La peste de 1348, appelée couramment, peste noire ou bubonique, à défaut d'être transmise par contacts directs avec le malade contaminé, était surtout transmise et transportée par les puces des rats qui logeaient dans les cales des navires. C'est pourquoi les villes portuaires furent les premières atteintes par la maladie.
Ces puces, véritables agents pathogènes, passaient en sautant d'un animal sauvage à des animaux domestiques comme le chat, le chien ou nichaient dans les lainages humains. Des colonies de puces sauteuses vivaient dans les greniers des vieilles maisons aux planchers lézardés et vermoulus.
Il faut également incriminer les mauvaises conditions d'hygiène de l'époque, la vétusté des logements, les nombreux champs de batailles où les morts et cadavres de chevaux entremêlés, n'étaient trop souvent même pas enterrés, mais livrés aux rongeurs et charognards de toutes sortes ! Ces endroits maudits que les paysans ì contournaient avec de grands signes de croix offraient de véritables festins aux colonies de rats vagabonds qui y proliféraient !
Les personnes atteintes de la peste noire souffraient de chaleurs, d'étouffements de douleurs insoutenables à l’aine et aux aisselles, avec apparitions de bubons (cloques purulentes). Leur pouls s’affolait et ils étaient victimes de vertiges, de vomissements, d’hémorragies cutanées spontanées ou d’hémorragies internes des viscères. S'ajoutaient, bien entendu, les conséquences émotionnelles faites d’affolement, de pleurs, de cris, de gémissements, panique mentale et de désespoir total. La maladie évoluait de manière foudroyante et provoquait un décès en quelques jours, parfois en une demi-journée. »
Outre les affections physiques, la peste devient aussi la « Maladie de la méfiance : l'ignorance du véritable agent de transmission contagieux engendre la peur, l'isolement, le repliement sur soi. Certains invoquent le ciel d'autres parlent de générations sacrifiées ! Mais pour tous, la douleur est terrible lorsqu'on voit partir impuissants tous ceux que l'on aime, sans pouvoir les aider ! C’est le cas, en particulier des jeunes enfants, adolescents et des jeunes filles, arrachés dans la fleur de l'âge. Le cauchemar devient réalité permanente ! L'horreur s'installe partout ! »
La peste du 17ème siècle frappe également durement le village de Montfaucon. Elle coûte la vie, notamment à son curé Pierre Aubry, puisqu’en effet, ce sont les prêtres des paroisses qui assistent, alors, prioritairement les malades. Apparentée à la peste noire (bubonique) elle présente toutefois la particularité de noircir la peau de ses victimes. Une excroissance au fond de leur gorge, appelée « la bosse » grossit progressivement, jusqu’à leur mort par étouffement. C’est vraisemblablement la raison pour laquelle, le lieu de leur ensevelissement est appelé le « cimetière des bossus ». Il est situé à la sortie est du village de Montfaucon. Une seule croix avec une plaque commémorative émerge en bordure de forêt et en rappelle l’existence.