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La différence entre une épidémie et une pandémie de grippe est principalement géographique: une épidémie est limitée à une région, une pandémie est mondiale. C’est le type de virus qui détermine l’apparition d’une épidémie ou d’une pandémie.
Le virus de la grippe «normal», responsable de la grippe saisonnière, se modifie généralement peu d’une année à l’autre. Pour parler de manière imagée: le virus change une partie de ses vêtements, enfile par exemple un nouveau pantalon ou une nouvelle chemise, de sorte que le système immunitaire de l’être humain ne le reconnaît pas bien. Un tel virus peut déclencher une épidémie, mais pas une pandémie.
On parle d’épidémie lorsqu’on diagnostique une grippe chez au moins 1,5% des patients. Les conséquences économiques de la grippe saisonnière sont souvent sous-estimées: en Suisse, elle entraîne des coûts de traitement de 100 millions de francs et des arrêts de travail se montant à 350 millions de francs.
À intervalles de quelques décennies, un type de grippe entièrement nouveau apparaît: le virus renouvelle entièrement sa garde-robe. Le système immunitaire est impuissant face à ce nouveau virus, de sorte que celui-ci peut contaminer un plus grand nombre de personnes et avoir des conséquences graves pour les patients. C’est une pandémie.
Au XXe siècle, trois grandes pandémies de grippe ont sévi: en 1918 avec la combinaison H1N1 (grippe espagnole, 25 à 50 millions de morts), en 1957 avec la combinaison H2N2 (grippe asiatique, un million de morts) et en 1968 avec la combinaison H3N2 (grippe de Hong Kong, 700 000 morts). Deux chiffres à titre de comparaison: la Première Guerre mondiale a fait environ 16 millions de morts; le sida environ 30 millions depuis la découverte du virus VIH en 1981.
Des combinaisons plus récentes, la grippe aviaire et la grippe porcine, n’ont pas (encore) pris une ampleur aussi dramatique que ces trois pandémies. En 1997, la grippe aviaire déclenchée par le virus H5N1 s’est déclarée chez des poulets à Hong Kong. Depuis, des centaines de personnes qui étaient entrées en contact direct avec les oiseaux contaminés (excréments, plumes, sécrétions, etc.), ont contracté la maladie et la moitié d’entre elles environ en sont décédées. En 2009 et 2010, on a surtout parlé de la grippe porcine (H1N1). Ce virus s’est propagé rapidement d’un être humain à l’autre. Jusqu’à présent, environ 18 000 personnes sont décédées de l’infection par cet agent pathogène de par le monde.