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Malgré les spéculations concernant la hausse actuelle de l’inflation, provisoire ou durable, le marché se met du côté des banques centrales.
Les spécialistes de la banque centrale pensent que ces dernières années, l’inflation est restée inférieure aux objectifs du moyen terme. Il faut procéder à un équilibrage. La Fed s’est exprimée le plus clairement sur ce thème. Le dépassement des objectifs concernant l’inflation vient de commencer. Cela pourrait durer encore un certain temps avant que la politique monétaire soit resserrée. Malgré les spéculations concernant la hausse actuelle de l’inflation, provisoire ou durable, le marché se met du côté des banques centrales. Les bas rendements pourraient constituer un autre signal annonciateur de la rotation des actions: fini le commerce cyclique/axé sur la valeur faiblissant, retour à la croissance.
Jusqu’au mois de mai de cette année, les prix à la consommation des Etats-Unis ont augmenté de 2,42 pour cent alors qu’en même temps, le taux d’inflation était de 6 pour cent. Le seul grand secteur obligataire des Etats-Unis ayant obtenu un rendement global supérieur à la hausse des prix à la consommation, était le secteur des hauts taux d’intérêts (près de 3,0 pour cent de rendement global pour l’indice). Les obligations liées à l’inflation ont affiché un rendement de 1,34 pour cent, par rapport à une hausse des prix de 2,42 pour cent, ce qui est dû à l’augmentation des Break-even-Spreads par rapport aux obligations nominales et aux Carry d’inflation. Le marché sur le plus court terme des obligations liées à l’inflation a affiché des résultats encore meilleurs. La stratégie consistant à éviter les longues durées tout en acceptant le risque d’inflation, s’est avérée judicieuse.
Les données d’inflation montrent que la hausse des prix reste en grande partie dominée par les augmentations provisoires des prix en liaison avec la réouverture et le peu de réserve des stocks. Dans la semaine précédant le sommet du G7, le monde entier parle d’une pénurie de personnel dans les bars, les restaurants et les hôtels, d’un manque absolu de logements pour la saison estivale et du prix record des maisons. Le Royaume-Uni est sous pression en raison de différents facteurs comme les réouvertures et les effets du brexit. Le consensus des économistes Bloomberg pour l’indice des prix à la consommation britanniques (IPC) du mois de mai (publié le 16 juin) s’élève à un taux annuel de 1,8 pour cent - la plus haute valeur depuis janvier 2020. Il est probable qu’il soit en réalité plus élevé, ce qui pourrait parler en faveur d’une séparation précoce de la Bank of England du relâchement quantitatif.
Les données IPC des Etats-Unis montrent que la hausse mensuelle de l’IPC égale à 0,27 pour cent cette année était supérieure à la hausse mensuelle moyenne enregistrée depuis 2001. Toutefois, la Fed vise la déflation principale de la consommation privée et non l’indice du prix à la consommation. Si l’on en croit ces données, il y a eu une inflation négative d’environ 8 pour cent depuis 2001, de 3,4 pour cent depuis 2012 et de 0,7 pour cent depuis 2016. Donc, si nous nous concentrons sur l’indice de l’inflation préféré de la Fed, il y a suffisamment d’espace pour une valeur positive avant d’assister à un changement réaliste de la politique monétaire. Au cours des deux dernières années, cet espace a largement augmenté, et la politique s’efforce à ramener les attentes inflationnistes à un niveau supérieur aux minimums observés pendant la pandémie. Si la Fed veut combler l’espace entre l’inflation moyenne (par ex. sur cinq ans renouvelable) et l’objectif des deux pour cent, elle doit faire passer l’inflation de l’indice des prix PCE (déflateur de prix pour dépenses de consommation personnelles) à près de 3 pour cent d’ici la fin 2022.
Nous sommes d’avis que les marchés obligataires supposent également que l’inflation peut être positive sans que la Fed modifie son planning. Les rendements des bons du Trésor à dix ans sont passés d’un niveau record de 1,77 pour cent à la fin mars, à 1,43 pour cent. Ils affichent toujours 50 points de base de plus qu’à la fin de l’année dernière. Mais rien n’oblige à favoriser des taux d’intérêt Fed supérieurs. Le marché a prévu une augmentation de moins de 25 points de base avant la fin de 2022.
Aujourd’hui, le monde affiche une forte croissance économique qui s’explique par un besoin de rattraper le temps perdu et une offre internationale avec des stocks et des capacités limités. Au cours du premier trimestre, la courbe des rendements était significativement plus raide si l’on pense que les grandes phases historiques d’une courbe de rendement plus raide ont été promues en partie ou en grande partie par les mesures de relâchement de la Fed (contrairement à cette phase). Certes, la croissance s’est accélérée, mais elle devrait faire un retour en arrière: La croissance du PIB des Etats-Unis annoncée pour le deuxième trimestre s’élève à 9,2 pour cent, et à 3,0 pour cent pour le deuxième trimestre de l’année prochaine. La plus grande augmentation de la croissance a lieu maintenant. Bientôt, elle fera partie du passé.
Pour les actions, cela signifie la fin des superformances axées sur la valeur ou cycliques. Il suffit de jeter un oeil sur les secteurs axés sur la valeur ou cycliques dans S&P: l’énergie et la finance. Ces deux secteurs ont surpassé le marché, le secteur énergétique ayant atteint un rendement global de 48 pour cent en 2021, et le secteur financier, 27,2 pour cent par rapport à 13,6 pour cent pour le marché. Les moteurs macroéconomiques sont clairement définis - le rallye énorme des prix du pétrole et la courbe des taux d’intérêts plus raide qui promeut les rendements des banques. Les prix du pétrole ont augmenté car la demande mondiale est retournée au niveau d’avant la pandémie.
Par ailleurs, l’offre a probablement été compromise par le coronavirus et le transfert des investissements dans les énergies renouvelables. Pour les valeurs financières, on a: si le marché des bons du Trésor ne dépasse pas une certaine plage ou si les rendements continuent à diminuer, la dynamique de la courbe des taux d’intérêts va disparaître. Entretemps, les initiatives politiques sur le long terme soutiennent les styles de croissance thématiques – La Clean Economy et la numérisation pourraient être promues grâce à l’intérêt porté au Sommet du G7, à la conférence de l’ONU sur le changement climatique (COP26) et au début du plan de relance «Next Generation EU».
Le commerce cyclique n’est pas terminé. Cependant, la surperformance clairement définie de la Value par rapport à la Growth sur un marché des actions à tendance ascendante pourrait faiblir dans les années à venir. Au cours des derniers mois, la performance des obligations a mis de côté de nombreux secteurs, et la demande adressée à des rendements encore plus bas est un véritable défi, vu l’arrière-plan inflationniste. Mais au lieu de réaliser des rendements sur les bons du Trésor supérieurs à 2 pour cent à la fin de l’année, le marché pourrait rester dans une plage définie. L’inflation sera plus élevée, et la Fed l’acceptera pendant un certain temps. Ainsi, un engagement dans des obligations inflationnistes de courte durée pourrait constituer une stratégie intéressante.