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Les couches antireflets sont déposées de nos jours exclusivement dans des unités de vaporisation sous vide. L’enceinte est formée par une cloche, tandis que la calotte désigne le support des verres de lunettes disposé à l'intérieur. Selon l’envergure de l’installation de traitement antireflets, la calotte est garnie avec jusqu'à 130 verres de lunettes. Vu que les couches ne sont toujours déposées que sur une seule face au cours d’un cycle de traitement, les verres de lunettes doivent être retournés pour soumettre l’autre face à la vaporisation.
Optiquement fini sur des deux faces, le verre de lunettes est nettoyé avant d’être soumis au traitement antireflets. Il est plongé à cette fin dans plusieurs bains consécutifs qui contiennent différents détergents, ainsi que dans un bain à ultrasons. D’infimes impuretés présentes à la surface du verre suffiraient en effet à altérer la qualité du traitement.
Le matériau constitutif des couches antireflets est fourni sous la forme de comprimés ou de granulés. Remplies dans des creusets en céramique ou dans des creusets métalliques refroidis par eau, de petites quantités de ce matériau sont chauffées à l’aide d’électrons accélérés. Le matériau est alors transformé de l’état solide en phase gazeuse. Les molécules gazeuses se détachent de la surface du matériau à une vitesse d’environ 100 m/s et se précipitent sur le verre de lunettes. Pendant le dépôt de la couche sous vide, l’épaisseur de la couche antireflets est constamment contrôlée durant l’évaporation par des moyens de mesure très élaborés.
Pour garantir l’adhérence de la couche antireflets et ainsi sa résistance à l’abrasion, les verres de lunettes minéraux sont vaporisés à la chaleur, c’est-à-dire chauffés à environ 250° C pendant le dépôt de la couche.
Les verres organiques ne sauraient être exposés à de telles contraintes thermiques. Leur température ne doit pas excéder 80° C, sous peine de les déformer et d’affecter ainsi leurs propriétés optiques. Les traitements antireflets des verres de lunettes organiques reposent par conséquent sur des matériaux de couche qui offrent une bonne adhérence sans nécessiter de trempe.
La technique de production de traitements antireflet sur des verres qui forment la base des procédures standard utilisées de nos jours a été brevetée par Carl Zeiss en 1936. Deux décennies se sont cependant écoulées, avant que des traitements antireflet soient appliqués en série à des verres de lunettes. Les couches antireflet ont d’abord été exploitées notamment sur les jumelles. Carl Zeiss est le premier fabricant à proposer en 1959 un traitement antireflet sur des verres de lunettes minéraux.