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Joel, sa femme et leurs deux enfants vivent dans un quartier typiquement suédois, un lotissement de maisons rouges et jaunes avec des toitures mansardées. En 2019, ils ont troqué leur petit appartement de Stockholm pour l'une de ces propriétés avec jardin, à 30 minutes en métro du centre-ville.
La maison était à un bon prix et les taux d'intérêts étaient très bas. "C'était le bon moment pour acheter," explique-t-il, samedi dans le 12h30 de la RTS.
Le patrimoine rapporte davantage que les salaires
Puis il y a eu la pandémie avec ses effets positifs sur la valeur de l'immobilier. "Soudain, notre maison valait 50% de plus. On l’avait acheté un million d’euros, deux ans plus tard, elle était évaluée à un million et demi."
Déjà lors de la vente de leur précédent logement, ils avaient fait une plus-value de 350'000 euros en seulement 3 ans. Ces dernières années, ils se sont plus enrichis grâce à l'immobilier que grâce à leurs salaires, explique Joel: "On a fait une sorte de 'carrière dans l'immobilier', c’est comme ça qu'on dit à Stockholm."
Le nouveau paradis pour fortunés
Selon le journaliste Andreas Cervenka, auteur du livre "La Suède cupide", le pays scandinave est passé d'Etat providence à un paradis pour fortunés.
"La Suède a toujours des impôts très élevés sur le travail, on est dans le top cinq, mais en matière d'impôts sur le patrimoine et la propriété, nous avons aboli énormément de taxes," explique le journaliste.
Cette mutation a commencé dans les années 90, tout d'abord avec la suppression des impôts sur la fortune, sur les héritages et sur les dons. Puis, dans les années 2000, la Suède a taxé au plus bas les impôts sur le foncier et sur les plus-values faites en bourse."
Mais l'inflation actuelle, avec des taux d’intérêts qui flambent et la crise de l'immobilier, sonne un peu la fin de cette ère. De plus, l'endettement des ménages suédois est l'un des plus élevés d’Europe.
Carlotta Morteo/miro