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Philip Alston, rapporteur spécial des Nations unies sur la pauvreté et les droits humains, a récemment présenté son rapport final à New York. Il jette un regard très critique sur les résultats intermédiaires des objectifs de développement durable (ODD) et souligne que les échecs dans la lutte mondiale contre la pauvreté existaient déjà avant la pandémie de coronavirus. Avec sa nouvelle stratégie et l'accent mis depuis longtemps sur le travail équitable et la démocratie, Solidar Suisse entend contribuer à la lutte contre ces problèmes majeurs.
Critique des "optimistes du développement"
Alston critique sévèrement les "optimistes du développement" qui ont vu la réduction de l'extrême pauvreté au cours des dernières décennies comme une indication de progrès et de justice mondiale. "Au cours de la dernière décennie, l'ONU, les dirigeant-e-s du monde et les experts ont annoncé une victoire imminente sur la pauvreté. La croyance dans ce progrès était basée sur le seuil de pauvreté international de la Banque mondiale, qui a été fixé à 1,90 $ par personne par jour. Cependant, dans de nombreuses régions du monde, ces revenus ne suffisent pas à financer le logement et la nourriture. En outre, les statistiques mondiales ont été faussées par la réduction de la pauvreté en Chine.
La redistribution par la justice fiscale
Ce message dur confirme l'orientation stratégique de Solidar Suisse en faveur de la réduction de la pauvreté. Une infrastructure publique qui fonctionne, des conditions de travail équitables et des principes démocratiques sont indispensables au développement durable au sens des objectifs de développement durable (ODD). "Le temps est venu d'adopter une nouvelle approche qui lutte contre les inégalités, renforce la redistribution et prend la justice fiscale au sérieux. La pauvreté est un choix politique, et elle nous accompagnera jusqu'à ce que son éradication soit à nouveau considérée comme une question de justice sociale", recommande M. Alston.
Felix Gnehm, directeur de Solidar Suisse, considère la crise actuelle liée au coronavirus (-5% de PIB mondial en 2020 qui devrait conduire à 400 millions de personnes sans emploi supplémentaires), comme un devoir de solidarité : "Nous, les Suissesses et les Suisses, ferions bien de soutenir activement et financièrement les milliards de personnes vivant dans l'extrême pauvreté dans leur lutte contre la pandémie."