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Dès sa sortie, l'ouvrage écrit par deux journalistes, Kai Hermann et Horst Rieck, est un best-seller. Très vite, le livre dont le titre original est "Christiane F. - Wir Kinder vom Bahnhof Zoo", dépasse les frontières et devient un phénomène social. Christiane F. donne alors une voix, met un visage, sur le problème de la toxicomanie et embarrasse l'Allemagne.
Christiane Felscherinow devient la junkie la plus célèbre d'Europe, avant de tomber dans l'oubli. Dans un quasi oubli en réalité. Christiane Felscherinow réapparaît quelquefois, dans des interviews accordées par-ci par-là. Elle publie aussi un livre sur sa vie d'après, "Moi, Christiane F., la vie malgré tout", qui passe presque inaperçu.
Un film adapté du best-seller
La série n'est pas la première adaptation faite de ce livre, puisqu'en 1981 sortait le film "Moi, Christiane F. 13 ans, droguée, prostituée", réalisé par l'Allemand Uli Edel. Comme le livre, le film racontait les déboires et problèmes familiaux d'une adolescente droguée, Christiane F., et ses amis dans le Berlin des années 1970.
Un film auquel avait participé le chanteur David Bowie. On le voyait interpréter sa chanson "Station to Station" lors d'un concert dans la capitale allemande.
>> A voir, la bande annonce du film:
L'engouement pour le déjà vu
Comparé à la modeste célébrité qui a suivi l'énorme succès du premier ouvrage, cette espèce de remake en série - quarante ans plus tard - peut surprendre. Mais pour Gianni Haver, professeur de sociologie de l'image et d'histoire sociale des médias à l'Université de Lausanne, cet engouement s'explique par une forme d'amour pour le déjà vu.
La culture industrielle s'intéresse au déjà vu, au déjà connu. Les romans à succès sont adaptés au cinéma, les films à succès ont des remakes, Disney rachète à tour de bras des univers connus - Marvel, Star Wars - parce qu'ils font partie de notre patrimoine fictionnel.
Reproposer la même histoire met le spectateur "dans un état d'enfant qui réclamerait son histoire préférée le soir à ses parents, encore et encore, alors qu'il en connaît l'issue, parce qu'il a le plaisir du déjà vu", explique Gianni Haver. Même si ce déjà connu est, en l'occurrence, le récit d'un quotidien marqué par la violence, la prostitution, l'addiction et la mort.
Sujet radio: Katja Schaer
Adaptation web: Lara Donnet