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Le laboratoire de dendrochronologie de Neuchâtel.
Le laboratoire de dendrochronologie de Neuchâtel a été fondé en 1973 dans le cadre des fouilles autoroutières effectuées dans la baie d'Auvernier. Dès l’origine, ses recherches se sont concentrées tant sur la datation des vestiges en bois issus des villages lacustres datant du Néolithique et de l’âge du Bronze (d'environ 3900 à 850 av. J.-C.), que sur l'archéologie du bâti. Intégré à l’Office du patrimoine et de l'archéologie du canton de Neuchâtel, il est en contact permanent avec le terrain. Basé dans les locaux du Laténium, Musée cantonal d'archéologie, il est étroitement associé à la conservation et la muséographie des vestiges en bois. Il accueille régulièrement des étudiants d’universités et d’autres écoles spécialisées pour des stages, des séminaires ou des visites du laboratoire. Grâce aux nombreux sites archéologiques et bâtiments historiques étudiés, le laboratoire de dendrochronologie de Neuchâtel alimente continuellement une banque de données de plusieurs dizaines de milliers de courbes de croissance qui s’échelonnent sur quelque 6000 ans et qui concernent surtout les espèces telles que le chêne, le sapin, l’épicéa et le mélèze.
Forêt de chênes.
Découverte au début du 20e siècle, la dendrochronologie est une méthode de datation absolue. Ses racines étymologiques proviennent du grec dendron, qui signifie l’arbre, kronos, le temps et logos, l’étude. Ainsi, la dendrochronologie est l’étude du temps par les arbres. Cette discipline scientifique est basée sur l’analyse des cernes de croissance des arbres. Elle s'attache essentiellement à la mesure de leur largeur, à leur description et à leur ordonnancement dans le temps. La datation du bois permet de déterminer l’âge d’un village lacustre préhistorique, d’une maison historique, d’un meuble en bois, d’un instrument de musique, d’une peinture sur bois ou de tout autre objet ligneux qui comporte suffisamment de cernes de croissances et qui fait partie de l'une des essences citées ci-dessus pour les référentiels. Pour chaque type de bois à dater, la méthode utilisée pour les prélèvements et la mesure des cernes varie.
Dans les zones tempérées du globe - Europe ou Amérique du Nord par exemple - la vie des arbres est soumise au rythme des saisons. Ainsi, leur croissance est active du printemps à l’automne alors qu’elle est au repos pendant les mois d’hiver. La reconnaissance exacte des cernes annuels constitue la base de l’expertise dendrochronologique. Pour dater un échantillon, il faut disposer d'un système de référence qui recoupe les périodes chronologiques concernées. La portée géographique des séquences à disposition peut être locale, régionale ou même continentale suivant l'espèce étudiée et la provenance des courbes qui ont servi à la création d'un référentiel.
La dendrochronologie est régie par deux principes essentiels :
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deux arbres de la même essence, contemporains, poussant dans la même région et dans le même milieu édaphique, ont des courbes de croissance parallèles;
cent années de croissance moyenne, c'est-à-dire établie d'après une série de plusieurs échantillons, donnent une courbe de forme unique, dont la loi des probabilités interdit la réapparition au cours du temps.
Dans un arbre vivant ou dans l’ossature en bois d’un bâtiment, les prélèvements se font à l’aide d’une tarière, qui permet d’extraire une carotte de bois et qui minimise l’impact destructeur sur l’objet analysé. Ce type de prélèvement est irréalisable dans les bois gorgés d’eau avec les moyens à disposition actuellement. Seul le prélèvement de sections transversales est envisageable. Ces sections, d’une épaisseur de 2 à 3 cm, sont effectuées à l’aide d’une tronçonneuse puis reprises à l’aide d’une scie à ruban afin d’améliorer, par la suite, la qualité de lecture des cernes et de diminuer au maximum le temps consacré à la préparation du chemin de mesure. Bien que ce procédé soit destructif, il présente l’avantage de fournir au dendrochronologue des séquences complètes d’anneaux de croissance et lui donne l'occasion de choisir l’endroit le plus approprié pour effectuer un chemin de mesure. Ce choix est déterminé par le nombre de cernes potentiellement existants, la présence d’aubier pour certaines espèces comme le chêne ou le mélèze et la présence du cerne le plus récent. L’aubier est la partie vivante de l’arbre et il permettra lors de l’exercice de datation d’effectuer des estimations précises sur la date d’abattage de l’arbre, même si les derniers cernes de croissance sont absents. Pour un arbre vivant, le prélèvement d’une carotte offre l'opportunité de calculer son âge et de contrôler la qualité de sa croissance (utile pour les forestiers). Lorsque aucun prélèvement n’est possible (meubles, tableaux, instruments de musique), le dendrochronologue a recours à l’imagerie numérique pour visualiser les cernes.
Ensuite, la mesure des anneaux de croissance est réalisée soit à l’aide d’une table micrométrique, soit en recourant à des photographies numériques. La table est constituée d’un chariot se déplaçant à l’aide d’une vis sans fin. Une règle électronique mesure le déplacement au 100e de millimètre et envoie les données, grâce à une interface, dans un fichier informatique. Le recours à une loupe binoculaire, équipée d’un réticule servant de repère, permet une lecture des cernes.
Mesure de bois.