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Tour à tour poète, critique, humoriste, moraliste, il passe au crible notre époque et ses moeurs, son enfance, ses désirs et ses rêves, en essayiste et en conteur. Ses propos inédits sur un monde disparu forment ensemble un portrait et dessinent la philosophie d'un aventurier, libre dans tous les sens du terme.
Jamais au cours des siècles, tant de moyens n'ont été disposés en faveur d'une émancipation véritable des individus et des peuples ; jamais ils n'ont été à ce point ignorés et méprisés par un aussi scandaleux parti pris de passivité et de résignation.
Jamais nous n'avons autant végété au-dessous de nos capacités de vivre. Jamais, pour tout dire, la servitude ne s'est montrée si volontaire depuis que l'affranchissement s'est mis à portée de tous.
Pourtant, il existe au sein de la confusion et du désarroi croissants une force de vie, présente en chacun, capable de combattre ce qui l'opprime et la dégrade.
Un mode de production fondé sur al gratuité des énergies est en passe de succéder à une économie qui, depuis des millénaires, exploite à outrance l'homme et la nature.
Il apporterait un soutien précieux à la lutte contre la barbarie, si son projet de restaurer le vivant n'obéissait à la nécessité de rendre au profit un dynamisme qu'épuisent le capitalisme mondial et son accumulation financière improductive.
La seule façon de ne pas s'atrophier dans une société qui débonde en destructions absurdes la rage de ne pas vivre, c'est de construire les situations où créer son bonheur quotidien enseigne à créer une société toujours plus humaines.
En renouant avec la tradition du Manifeste, Raoul Vaneigem dégage de la somme des idées exposées du Traité de savoir-vivre (Gallimard, 1967) à Nous qui désirons sans fin (le cherche midi éditeur, 1996) les éléments d'une prise de conscience capable d'opposer au réflexe de mort que propage la civilisation marchande le projet d'une vie souveraine et la prééminence du sens humain.
Gageons qu'un tel livre fera dévier plus d'une existence de son cours.
Un grand capitaine d'industrie passionné par les livres et la lecture qui veut convaincre parents et grands-parents d'encourager leurs enfants et petits-enfants à la lecture, élément essentiel de la formation.
« Quand Marie comprit que son cancer ne lui laissait aucune chance, elle me dit qu'elle avait un dernier combat à mener : raconter son parcours afin qu'un jour une loi, en France, permette aux gens qui se trouvaient dans son cas de choisir leur mort.
Elle entendait dénoncer certaines scandaleuses pratiques hospitalières et thérapeutiques, ainsi que l'inertie du gouvernement vis-à-vis de l'euthanasie, alors que la majorité des Français est en faveur d'une mort douce et dans la dignité.
Elle se mit à écrire de manière compulsive, dans l'urgence, car elle ne pensait pas disposer d'autant de temps. Elle se réveillait en pleine nuit pour écrire. Le matin, elle était exténuée.
Pourtant, à aucun moment, elle n'a pensé arrêter d'écrire ce livre, qui sera une obsession jusqu'à la fin. Certains jours, elle était en pleurs. Je lui disais : «Laisse un peu tomber, Marie, allons nous promener tous les deux.» Quelque part, ce récit nous a enlevé des heures si rares, si comptées. » Bertrand Deroubaix, après la disparition de sa femme, a ajouté à ce livre quelques réflexions et un dernier chapitre, le seul que Marie ne pouvait écrire.
C´est un livre qui va humaniser, concrétiser l´image de Borges, statut du commandeur, être abstrait « au coeur du labyrinthe des livres ».
Ce document exceptionnel rassemble dix ans de conversations, de rencontres, d´anecdotes que le grand poète argentin voulait partager car il avait déclaré à J. P. Bernès : « On ne sait rien de l´intimité de Dante, de Shakespeare ou de Cervantès. Moi je veux qu´on sache, il faudra dire ».
Cet ouvrage de référence sera accompagné de nombreux documents inédits (lettres, photographies...).
Ces Choses dites sont en quelque sorte un « Calaferte par lui-même ». Les entretiens que cet irréductible écrivain avait eus sur France Culture, en 1988, avec Pierre Drachline, sont ici donnés à lire. Dialogue sans complaisance, parfois brutal, toujours acéré, dans lequel Calaferte s'exprimait avec rage, ironie et lucidité sur son parcours et une vie dominée par les exigences de la création.
Toutes les facettes de Calaferte apparaissent aussi en filigrane dans le choix de textes rassemblés sous le titre Inventaire grammatical d'une biographie portative. Ici, selon l'expression d'André Breton, « les mots font l'amour ».
Calaferte se voulut d'abord un homme debout.
Il suffit de s'immerger dans les chansons de Georges Brassens pour y faire d'étonnantes rencontres. On y croise de tristes bigots , de joyeux durs à cuir et de drôles de binettes à foison : par exemple, des loustics , des jean-foutre , des jobards , des fesse-mathieu , des maritornes , des engeances , des titis , des rombières , des foutriquets , des gentillâtres , des bélîtres , des becs fins , des grimauds , des succubes , des sycophantes , des pendards , des harengères , des trottins , des turlupins , des pipelets , des folliculaires , des grisons , des coquins , des cornards , des branques , des malotrus , des cousettes , des ribauds , des robins et une blanchecaille .
La galerie de portraits s'enrichit encore quand, d'une goualante l'autre, Brassens ne se gêne pas pour attiger et brocarder une kyrielle de chats fourrés , d'argousins , de cognes , de chaussettes à clou , de pandores , de sbires , de va-t-en-guerre et autres ratichons .
Les mots de Brassens , ouvrage goûteux s'il en est, témoigne de la richesse et de la variété du vocabulaire de l'auteur de L'Auvergnat et des Copains d'abord.
Dans ce dictionnaire haut en couleurs, Loïc Rochard répertorie et explicite tous les trésors de la langue française (mots abandonnés ou peu usités, tournures argotiques ou populaires, jurons ou adages, vocables familiers ou expressions suggestives, etc.) que Georges Brassens s'est attaché à faire vivre. Ce faisant, il les a sauvés de l'oubli.
Épicurien et jouisseur, Pierre Arditi est, depuis toujours, amateur de bonne chère et de bons mots. Aussi était-il le candidat idéal pour présenter cette anthologie des pensées les plus drôles consacrées à la gastronomie et au bien vivre.
Nombre d'auteurs ont en effet rivalisé d'esprit à travers les siècles pour nous vanter les plaisirs de la table, de Voltaire à Jean Yanne, en passant par Alphonse Allais, Frédéric Dard, Jacques Prévert, Claude Chabrol ou encore Jim Harrison et Alfred Hitchcock.
« Toutes ces éminentes personnalités, écrit Pierre Arditi, se font une joie de nous rappeler que la bonne chair, la bonne bouffe, le joli casse-dalle, le petit coup sur le bord du zinc, bref ce plaisir que nous prenons à nous faire plaisir, n'est non seulement pas condamnable, mais chaudement recommandé, jusqu'à la seconde même où ce plaisir nous transforme en poètes de nous-mêmes, en titilleurs d'imaginaire, en compagnons de jeu que seule réunit la volonté de rire de nous avant d'être obligé de nous taire. »
" MON GRAND-PÈRE était maladroit comme un cochon.
Lorsqu'il est revenu du nord de la Loire, où il n'avait personnellement rien à faire, il lui manquait une jambe. " Ainsi commence Le Désir de guerre, étonnant récit où se mêlent ironie et compassion pour tous ceux qui, en 14-18, ne furent pour les Etats que de la matière première et de la main-d'oeuvre. Avec humour, Frédéric Roux dénonce une mémoire collective falsifiée où se confondent héroïsme et barbarie.
Le Désir de guerre est l'enfant monstrueux de la servitude volontaire et de l'instinct de mort.
De la rencontre et de l'amitié entre Fernando Arrabal et Michel Houellebecq est né ce livre de souvenirs, d'entretiens, d'évocations.
Vivante, drôle, provocante, ludique et intime, voici une sorte de radiographie de l'oeuvre houellebecquienne à travers ce qu'il faut bien appeler des " arrabalesques ". En effet, le plus souvent, le dramaturge procède par définitions. Mais il fait encore appel à ce qu'il nomme des " jaculatoires " (du latin jaculari). Les fans de Houellebecq sauront faire leur miel de ce petit livre iconoclaste qui fourmille d'anecdotes et de documents.
Pour le Candide de Voltaire, tout devait aller pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles, comme le lui enseignait le professeur Pangloss. C'était au temps des Lumières et tous les rêves pouvaient paraître raisonnables. Est-il possible de jouer les naïfs, deux cent cinquante ans plus tard, s'interroge Maurice Rajsfus ? En ces temps de retour à la barbarie politique et économique, il est difficile de l'envisager. Pourtant, il suffit d'un seul Candide pour gripper les mécanismes d'une machine qui ne cesse de s'emballer.
Il manquait à coup sûr un Abécédaire de Marcel Aymé et voici que Pierre Chalmin a entrepris de combler cette lacune en nous proposant des définitions ou formules extraites de l'oeuvre du grand écrivain.
L'immense mérite d'une telle entreprise est de mettre en lumière différentes formules venues aussi bien des romans ou nouvelles que des essais ou des pièces de théâtre.
À parcourir cet ouvrage, on s'aperçoit que Marcel Aymé a souvent été heureux dans le choix de ses définitions, ce dont on ne s'aperçoit pas toujours à la lecture. Elle est tellement délicieuse et passionnante que la force des formules est en quelque sorte atténuée, voire affaiblie. Il a fallu l'interprétation de Jean Gabin pour que le lecteur se rende bien compte de la puissance du désormais célèbre « Salauds de pauvres ! ». Il aura fallu le travail minutieux et exhaustif de Pierre Chalmin pour que le lecteur découvre la saveur de remarques comme « Une confession n'est pas une confidence » ou « Justin appuya un baiser sur le front d'Apolline. Il n'était plus question de divorce mais de succession ».
De 1973 à 1993, la correspondance amoureuse de deux écrivains. L'un est marié, l'autre non. Progressivement, ils vont vivre ensemble, mais de plus ou moins longues périodes de séparation donnent naissance à ces lettres. Textes où se disent le désir, l'attente et la souffrance mais aussi les banalités du quotidien comme les difficultés de l'élaboration littéraire. Chacun en effet soutient l'écriture de l'autre, dont il est le premier lecteur et critique. Cette correspondance témoigne des liens entre la passion et la création, l'érotisme et l'écriture.
La maison de douane désaffectée, où séjourne Jean-Claude Pirotte, est un lieu enchanté. En contrepoint de la magie du paysage, un désespoir s'insinue peu à peu dans les pages de ces carnets tenus de mars 2010 à juin 2011. L'observation d'un pays aimé - la France -, avili par un certain Nicolas Sarkozy, mine l'écrivain. Alors que pour beaucoup le sarkozysme n'est qu'un épisode social et politique parmi d'autres, Jean-Claude Pirotte, jour après jour, l'associe à une perte irréversible de la dignité, qui prépare le terrain aux pires lendemains. La lecture de Déposition, journal écrit par Léon Werth entre 1940 et 1944, lui inspire de troublants parallèles.
Visions graves ou notes plus légères, Traverses est un diamant noir, étincelant au travers des fêlures d'un monde de moins en moins respirable.
La toute première biographie consacrée à Albert Camus. Une réédition augmentée d'une préface inédite de son auteur.
En 1960, Albert Camus meurt dans un accident de voiture, à l'âge de 46 ans. Près de vingt ans après cette brutale disparition, Herbert R. Lottman signe une biographie sensible et documentée, qui s'impose immédiatement comme une référence incontournable. Il y retrace le parcours d'un écrivain qui, malgré un prix Nobel de littérature qui couronna son oeuvre en 1957, aura souvent été incompris par ses pairs.
Depuis sa jeunesse en Algérie jusqu'à la rupture avec Sartre et Beauvoir, Lottman nous accompagne sur les traces de celui dont toute la vie aura été dédiée à l'écriture et à l'engagement politique. Grâce à des notes personnelles rédigées pendant ses dix dernières années, à des textes de jeunesse et à des entretiens avec ses proches, Lottman nous livre ici un Camus méconnu : loin de l'homme à femmes prisé des cercles littéraires, il nous donne à voir un homme souffrant d'avoir échoué à rendre le monde meilleur. Dans cette biographie définitive, il dresse un portrait surprenant et délicat d'une personnalité secrète et intègre, d'un fils d'Algérie qui lutta au nom de ses idées, avant d'être finalement reconnu comme l'un des plus grands écrivains français du XXe siècle.
Patrick de Funès a décidé de mettre sous la lentille de son microscope les Grands de ce monde, ces « people » qui habitent une nouvelle Olympe, inaccessible au commun des mortels.
Des gens qui ne mangent pas comme vous et moi mais chez les « grands » cuisiniers, qui se font soigner par les « grands » médecins, qui partent en vacances dans les « grands hôtels ». S'intéressant aux moeurs et coutumes de ces « grands » écrivains, « grands » sportifs, ou autres « grands » hommes d'affaires, l'auteur nous en livre un tableau à la fois iconoclaste et irrésistible.
Le sens inné de la caricature et le « mauvais esprit » réjouissant et salvateur de Patrick de Funès, digne fils de son père, font de ce livre un document unique sur notre époque et ses travers.
Tina Jolas et René Char ont vécu une histoire d´amour qui a duré trente ans, de 1957 à 1987. Elle était ethnologue, discrète et travaillait avec Claude Lévi-Strauss ; il était un des grands poètes du XXe siècle, célèbre, mondialement connu. Elle habitait à Paris ; lui était ancré en Provence, à Lisle-sur-la Sorgue. Ils n´ont jamais vraiment vécu ensemble, sauf pendant de brèves périodes. Mais ils se sont beaucoup écrit. Des milliers de lettres !
Cette correspondance ne sera sans doute pas publiée avant longtemps. Mais les enfants de Tina Jolas, Paule et Gilles du Bouchet, ont permis à Patrick Renou de consulter les lettres de René Char à leur mère. Il s´en est inspiré pour écrire « ce roman qui serait vrai » (selon l´expression d´André Comte-Sponville). Il nous emporte dans les tourbillons d´une aventure humaine et littéraire à la fois : la longue passion qui a lié un poète et sa muse.
René Char est le personnage principal de ce roman . Mais Tina Jolas en est l´héroïne. Une héroïne libre et lumineuse.
Conçu sous forme de brèves analyses et de thèses, Nous qui désirons sans fin fait l'examen critique d'une société marchande en déclin et d'une société vivante appelée à la dépasser.
Le capitalisme mondial n'est plus qu'un système parasitaire déterminant l'existence d'une bureaucratie où le politique est aux ordres d'une pratique usuraire. Toute l'organisation sociale est ainsi menacée jusque dans sa contestation qui, ne cherchant d'autre solution en dehors de l'économie d'exploitation, se dégrade avec elle. Cependant, si nous ne voulons plus d'une civilisation qui a tourné toutes ses espérances vers la mort, nous ne voulons pas davantage d'une société où la vie est perçue à travers l'optique de la rentabilité.
Comment empêcher les désirs de devenir leur contraire ? Comment les dépouiller du négatif dont les a revêtus une tradition séculaire ? Comment savoir ce que l'on veut et vouloir ce que l'on sait ? La réponse est en chacun dès l'instant où il lui importe avant tout de renaître à ce qu'il a en lui de plus vivant.
Aujourd'hui la famille est au cour du débat. Après un semblant d'éclipse, elle reprend toute son importance dans le monde actuel. Traditionnelle, réduite ou nombreuse, monoparentale ou recomposée, la famille reste cette cellule de base qui tisse notre société. Pour tenter d'y voir plus clair, Claude Thélot a fait appel à nos grands écrivains, qui ont parlé de la famille dans leur oeuvre. De Rabelais ou Molière jusqu'à Mauriac et Pagnol, sans oublier Zola, Maupassant et les contemporains, voici 75 auteurs qui se sont exprimés, au long de cinq cents ans, sur la vie de famille et ce qui la constitue : mariage, divorce, naissance, mort, veuvage, relations entre parents et enfants, parents et grands-parents, grands-parents et petits-enfants. Entre littérature et sociopsychologie, cette anthologie regroupe, en vingt chapitres, vingt questions essentielles touchant à la famille et à la politique familiale. Passionnant.
Qui d'entre nous, à un moment ou à un autre, ne s'est jamais demandé, au sujet d'une expression courante : « Mais, au fait, d'où cela vient-il ? » C'est la réponse à un certain nombre de ces interrogations que nous propose cet ouvrage ludique.
Ces questions, avec leurs réponses circonstanciées, sont un très divertissant et très instructif florilège de formules que nous employons tous, le plus souvent sans en connaître l'origine.
Comme pour les tomes précédents, les « pourquoi » sont servis comme un hors d'oeuvre, laissant le lecteur passer de l'un à l'autre selon sa fantaisie... Pourquoi ? Parce que dans la curiosité ou la soif d'apprendre, il n'y a ni début ni fin !
Qui d'entre nous, à un moment ou à un autre, ne s'est pas demandé, au sujet d'une expression bizarre ou inconnue : « Mais, au fait, d'où cela vient-il ? » C'est la réponse à un certain nombre de ces questions que nous propose cet ouvrage ludique. Question : Pourquoi dit-on d'un objet à la mode qu'il est du « dernier cri » ?Réponse : « "Au Moyen âge, comme la majorité des gens ne savaient pas lire, on faisait connaître les nouvelles par des crieurs publics (arrivage de denrées, décisions de justice, ventes exceptionnelles, décès, etc.) On se tenait donc de fait informé de ce qu'annonçaient ces cris, la nouvelle du dernier annulant la précédente. L'expression a perduré et ainsi, être du "dernier cri" signifie : le plus récent... en attendant le prochain, annonçant la dernière nouveauté !" » Ce troisième volume du "Pourquoi des choses" est composé de chapitres thématiques (histoire, traditions, expressions, mort, etc.). Ces questions, avec leurs réponses circonstanciées, sont un très divertissant et très instructif florilège de formules que nous employons tous, le plus souvent sans en connaître l'origine.