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Critique
Grand Prix du Festival de Cannes 1998, David di Donatello (équivalent italien des Césars) du meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur acteur et meilleur scénariste, LA VIE EST BELLE laisse au spectateur un léger sentiment de malaise.
En Toscane, lors des années brunes, un libraire juif (Roberto Benigni, irrésistible) s'éprend d'une institutrice (belle Nicoletta Braschi, sa femme à la ville) et l'épouse. De leur union naît un petit garçon (craquant Giorgio Cantarini). La famille vit dans le bonheur jusqu'au jour où père et fils sont emmenés par les SS, et où la mère tient à faire partie du convoi pour Auschwitz. Pour donner le change au garçonnet et le rassurer, son père lui fait croire qu'ils sont embarqués dans un jeu dont le gagnant remportera un vrai char d'assaut. Question: peut-on travestir la shoah de cette manière?
Au reste, le film fourmille de scènes amusantes mais aussi émouvantes, et les interprètes sont excellents; les récompenses sont méritées. Au spectateur de décider s'il veut aller voir une tragi-comédie en paillettes.
Daniel Grivel