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Echange épistolaire entre ContrAtom et Ruth Dreifuss dans le but d’obtenir, des autorités fédérales, une information complète concernant les conséquences des retombées de Tchernobyl tant sur le plan de la santé des populations que sur l’environnement.
En France, 1’000 personnes ont déclaré un cancer de la thyroïde ces dernières années. Ce nombre est en augmentation depuis quelques années. Dans le nord-est en particulier, les cas de cancer ont augmenté depuis l’accident de Tchernobyl, certaines études épidémiologiques le montrent. Des citoyens ont déposé une plainte collective contre les Autorités françaises de l’époque, ils se plaignent de ce que l’Etat a refusé alors de reconnaître que le nuage de Tchernobyl avait aussi pollué la France, la Corse et le nord-est en particulier.
La théorie de l’avocat des plaignants est la suivante : si mes clients avaient été prévenus, fin avril 1986, de l’existence d’un nuage radioactif, ils auraient évité de jouer dans les bacs à sable, comme cela a été fait en Suisse et en Allemagne, ou bien ils auraient pu prendre des pilules d’iode pour saturer leur thyroïde, ou encore ils auraient évité de consommer du poisson ou des champignons et ils auraient peut-être pu éviter d’avoir ce cancer de la thyroïde qui les ronge aujourd’hui.
L’Etat est donc responsable et il doit payer des dommages et intérêts. Dans le cadre de cette procédure, des papiers ont été saisis par la justice dans certains ministères prouvant que le gouvernement savait et a sciemment refusé d’informer la population.
C’est aussi dans le cadre de cette procédure qu’une discussion nationale a lieu en France sur les retombées en césium 137, qui a 30 ans de demi-vie et qui est donc encore mesurable partout dans le monde, qui peut lui aussi causer des cancers statistiquement. La Crii-Rad a aussi publié un atlas des retombées de Tchernobyl. L’IPRI (Institut de protection contre les rayonnements ionisants, un institut officiel) a également rendu un rapport épidémiologique fortement tronqué mais qui reconnaît tout de même une augmentation de certains cas de cancer depuis Tchernobyl.
Or, en Suisse, contrairement à la France, aucune enquête épidémiologique n’a été conduite, notre ministre Ruth Dreifuss n’ayant aucune envie de se retrouver avec une plainte collective, peut-être parce que la querelle sur les fonds en déshérence a déjà épuisé les caisses fédérales ?
C’est dans le cadre de ce débat que ContrAtom a écrit plusieurs lettres à Mme Dreifuss pour obtenir qu’une étude soit menée en Suisse également.
Jusqu’à présent, les réponses reçues sont loin d’être satisfaisantes, raison pour laquelle nous remettons la compresse en adressant une énième lettre à Ruth Dreifuss, lui demandant cette fois-ci de nous accorder une entrevue. L’aura, l’aura pas ? On parie ?
Chaïm Nissim