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«Chaque premier de l'An à minuit, il portait le dieu en procession, offrait un sacrifice aux ancêtres, puis il mangeait un nombre incalculable de raviolis végétariens à l'huile de sésame.»
«Au grand galop de mon cheval, je paradais parmi les ventilateurs.
J'avais sept ans, rien n'était plus agréable que d'avoir trop d'air dans le cerveau. Plus la vitesse sifflait, plus l'oxygène entrait et vidait les meubles.
Mon coursier déboucha sur la place du Grand Ventilateur, appelée plus vulgairement place Tien An Men. Il prit à droite, boulevard de la Laideur Habitable.
Je tenais les rênes d'une main. L'autre main se livrait à une exégèse de mon immensité intérieure, en flattant tour à tour la croupe du cheval et le ciel de Pékin.
L'élégance de mon assiette suffoquait les passants, les crachats, les ânes et les ventilateurs. Je n'avais pas besoin de talonner ma monture. La Chine l'avait créée à mon image: c'était une emballée des allures grandes. Elle carburait à la ferveur intime et à l'admiration des foules.»
Amélie Nothomb, Le sabotage amoureux, éditions Albin Michel, 1993
«Qui veut acheter le Palais d'Été? Qui rêve de démolir vingt mètres de la muraille pour se construire une bicoque avec ces pierres sacrées? c'est à vendre.»
«Comment être sûr que c'est dans ces parages que la princesse s'est perdue? La route de Pékin à Kachgar a emprunté de tout temps la "Voie impériale" qui conduit d'abord à l'ancienne capitale Xi'an puis, entre Gobi et montagnes, vers Lanzhou sur les rives du Fleuve Jaune, Dunhuang et les grottes des Mille Bouddhas, puis la rive nord du désert du Taklamakan. Mais une alternative existe plus au sud: la route qu'empruntèrent justement Ella Maillart et Peter Fleming, sur laquelle nous cheminons.»
On aura tout dit sur cette Grande muraille de Chine. Qu’on la voit depuis la lune. Ou encore que celui qui ne l’a pas foulée n’est pas un homme. Et pourtant, le photographe Daniel Schwartz n’hésite pas à commencer la préface par un déroutant: «La Grande Muraille n’existe pas»!
«C’est un terme qui désigne un ensemble de remparts érigés tout au long de deux mille ans», poursuit celui traque depuis 1987 presque chaque cailloux du monumental ouvrage, n’hésitant pas à le chercher sous les ronces des montagnes du Shaanxi dans le sable du désert du Taklamakan.
Un magnifique voyage en 149 images à travers la campagne chinoise, le long de murs de briques, de pierres, ou de terre mêlée à des roseaux pour les plus anciennes sections.
ppdc
Daniel Schwartz, La Grande Muraille de Chine, Thames & Hudson, 2001, 213 p.
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