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Des trous noirs dans les nuages
En recourant à de très longues observations réalisées au moyen du satellite INTEGRAL, une équipe d'astrophysiciens de la Faculté des sciences a pu saisir qu’une fraction importante des quasars, les plus gros trous noirs détectés dans l'Univers, est entourée de nuages de gaz et de poussière. A la manière de miroirs déformants, ces derniers absorbent et réfléchissent la lumière produite à proximité du trou noir.
Les trous noirs sont les objets les plus extrêmes de l'Univers. Si denses qu’aucune lumière ne s’en échappe, parfaitement ténébreux, ils restent inaccessibles aux télescopes classiques. Les astronomes les recherchent donc en scrutant les rayons X avec des appareils installés sur des satellites, comme par exemple INTEGRAL.
Les quasars se cachent au centre des galaxies. Leur masse équivaut à quelques millions ou quelques milliards de fois celle du Soleil. En avalant des quantités pharaoniques de matière, ils deviennent les sources les plus lumineuses de l’Univers.
"Comme de précédentes études et les modèles théoriques prédisaient que l'émission de tous les quasars détectés par INTEGRAL obéissait à un processus similaire", explique Claudio Ricci, chercheur à la tête du groupe ayant effectué cette découverte, "nous avons été très surpris de mesurer cette réflexion de lumière provenant des nuages gazeux." Pour Roland Walter, chercheur responsable du Centre de Données INTEGRAL de l’UNIGE, "il faut désormais considérer que l’émission lumineuse des trous noirs situés au centre des galaxies est déterminé par la diversité des environnements en présence."
L'émission de rayons X repérée dans une partie des quasars a un pic dont l’énergie équivaut à celle des rayons X balayant l'Univers dans son ensemble. Les astrophysiciens peuvent conclure que ces rayons sont émis par nombre de trous noirs, dissimulés par des nuages. "En nous indiquant la pièce manquante du puzzle de l'émission de rayons X dans l'Univers, INTEGRAL pourrait avoir résolu un mystère vieux de trente ans", ajoute Chris Winkler, responsable scientifique du projet INTEGRAL à l'Agence Spatiale Européenne (ESA). Cette compréhension d’un phénomène complexe fait l’objet d’une publication dans le dernier numéro de la revue "Astronomy & Astrophysics".2 août 2011
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