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Spécialiste de l’histoire de la Grande-Bretagne et de son empire colonial, Fabrice Bensimon est professeur en histoire et civilisation britanniques à l’Université Paris-Sorbonne et « research fellow » à l’University College London. Auteur de plusieurs ouvrages sur les influences communes entre la France et la Grande-Bretagne au XIXe siècle, il s’intéresse notamment à l’histoire des migrations et de l’exil politique en France et en Angleterre. Ses thèmes de recherche se concentrent sur les Iles britanniques : histoire politique et sociale (XIXe siècle); mouvement ouvrier; les circulations, transferts et migrations France-Grande-Bretagne (XIXe siècle); les ouvriers britanniques en France, 1815-1848; L’empire britannique.
Comme Fabrice Bensimon le souligne avec moult exemples à l’appui, Calais a toujours été un « lieu de passage, déjà avec l’installation des migrants au XIXe siècle ». Il ajoute
« après les révolutions de 1848-1849, la Grande-Bretagne accueille peut-être 10 000 réfugiés de France, d’Italie, d’Allemagne, de Hongrie, de Russie. Enrichie par le commerce colonial et par l’industrialisation précoce du pays, une partie de la middle class, des rentiers, des classes aisées britanniques vont vivre sur le continent, en Italie par exemple, mais aussi dans des villes comme Paris, Cannes, Pau, Dieppe ou Boulogne-sur-Mer. À la fin du siècle, Nice et Chamonix accueilleront également toute une population de touristes et de résidents venus d’outre-Manche. C’est pourtant à Calais, située à trente kilomètres, que s’installent à partir de 1816 des dentelliers originaires de la région de Nottingham. En s’établissant en France, ils visent à contourner les droits de douane élevés qui pèsent à l’entrée du marché français. Le choix de Calais plutôt que Boulogne est peut-être initialement fortuit. Mais, par la suite Calais et surtout son faubourg, Saint-Pierre-lès-Calais, se spécialisent dans la dentelle et attirent des centaines de dentelliers britanniques, des milliers en comptant leurs familles ».
Rencontre avec Fabrice Bensimon, invité dans le cadre de la 28ème édition, qui avoue qu’il vient pour la première au Festival du film historique de Pessac et nous révèle combien les échanges entre le continent et l’Angleterre furent en tout temps nombreux.
Firouz E. Pillet
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