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Sous la plume d'Olivier Bot, la TG informe de cette histoire incroyable: une fillette de 8 ans est en procédure de divorce. Incroyable pour nous, mais hélas pas dans certains pays.Cela se passe en Arabie Saoudite. Une fillette de 8 ans a été mariée par son père, à son insu. Et sa mère a mandaté un avocat pour introduire une demande en divorce. Qui aurait des chances limitées d'aboutir, puisque même pour une femme adulte une demande de divorce doit être faite "avec la permission d'un tuteur mâle".
Il y a eu pourtant un précédent au Yémen, en avril, ou une fillette de 10 ans a obtenu le divorce de mon mari. Mais en ira-t-il de même en Arabie Saoudite? Dans ces régions le mariage des enfants est souvent arrangé pour tisser des liens tribaux. On ne demande pas l'avis de l'enfant, qui n'a de toutes façons pas l'âge pour entrer dans une relation de couple.
Selon nos valeurs, une telle situation est insupportable. Nous nous sommes construits sur la liberté individuelle, le libre consentement, et le respect des âges selon les besoins de la croissance physique et psychique des humains. Notre culture a-t-elle raison? Ses valeurs sont-elles universelles? Ce n'est pas le débat: je doute fort qu'une fillette de 8 ans ait la maturité pour décider de se marier. Preuve en est que le père l'a mariée à son insu.
Il faut considérer ce qu'il y a de relatif et d'universel dans nos valeurs. Nous sommes fondés sur l'autonomie de la personne humaine: par ses actions, par son travail, par ses choix, elle détermine sa vie et celle de la société. Dans d'autres cultures, le groupe est plus important que l'individu. Mais de là à "vendre" sa fille pour obtenir de meilleurs lien tribaux, il y a un pas. Donc notre culture de l'autonomie individuelle est ce qui produit le libre consentement, le respect mutuel bienveillant, et la liberté dans de nombreux domaines.
Peut-être est-il bon de nous rappeler nos valeurs, valeurs auxquelles j'adhère pleinement, à la lecture de cette histoire et dans ce pays où l'individualité n'a pas d'existence propre - surtout pour les femmes.
La liberté est certainement parfois malaisée à gérer. Mais la soumission et la non-existence sont inacceptables, à tous points de vue.
L'article entier figure en page 5 de la Tribune.
PS: je participerai demain matin mercredi à un débat sur les 30 ans du MLF (Mouvement de libération de la femmes), sur Radio-Cité, à 9h15.