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Les réponses au questionnaire soumis à l’ensemble du corps enseignant jurassien par le Service de l’enseignement (SEN) et le Service de la formation postobligatoire (SFP) fournissent de précieux renseignements quant à l’ampleur des cas rencontrés dans les écoles.
Avec une participation de près de 45% du corps enseignant au questionnaire soumis suite aux récentes situations de violence rencontrées dans deux collèges jurassiens, les 529 réponses constituent une valeur importante aux yeux du Département de la formation, de la culture et des sports (DFCS) et fournissent des informations très précises sur les cas de violence rencontrés dans les différents établissements du canton.
À la première question, à savoir «Avez-vous connu des situations de violence pendant l'année scolaire 2021-2022 ou 2022-2023?», 275 personnes ont répondu non et 254 oui. Si on s’intéresse plus particulièrement à la répartition des cas pour l’école obligatoire, 217 personnes ont rapporté des cas de violence sur les 360 enseignant-e-s qui ont participé (ce qui correspond à 60% de oui), alors que pour le secondaire II, 42 ont répondu oui sur les 180 qui ont donné suite au questionnaire (23%).
La proportion relativement forte de cas à l’école obligatoire est tempérée par la fréquence de ces violences, qui peut être évaluée avec les questions suivantes du questionnaire. En effet, il a été demandé sous quelle forme et à quelle fréquence le corps enseignant avait été confronté à des situations de violence. Ainsi, les différentes catégories listées allaient des dommages matériels aux violences physiques, en passant par le vol, les menaces ou intimidations ainsi que les insultes.
La plus grande part des répondant-e-s a mentionné avoir été confrontée pendant ces deux années scolaires à une fréquence de 1 à 4 occurrences d’insultes (105 réponses sur le total des personnes interrogées) et de menaces ou intimidations (98 réponses), les violences physiques étant la catégorie suivante qui a été sélectionnée 92 fois, toujours pour une fréquence de 1 à 4 fois. On peut noter que chaque catégorie répertoriée a rencontré assez peu de signalements pour des occurrences plus nombreuses, comme on peut le remarquer sur le graphique ci-dessous:
Le DFCS relève que de nombreux cas de violences ont été signalés pour les premiers degrés de la scolarité obligatoire, la plupart du temps sous forme verbale. Les enseignant-e-s confronté-e-s à ces situations relèvent une augmentation des cas où l’enfant ne sait pas gérer sa frustration et réagit violemment envers l’autorité qui lui fait face.
Conscient qu’il ne faut pas minimiser l’importance de chacun de ces cas et leur influence sur le moral de toute personne qui les subit, le DFCS tient à signaler que ces résultats vont permettre d’engager une réflexion avec tous les acteurs concernés, notamment le Syndicat des enseignants jurassiens (SEJ), la Conférence des directeurs et directrices d’établissements primaires (CODEP) et la Conférence des directeurs et directrices d’établissements secondaires (CODES), ceci afin de déterminer la mise en place de mesures de soutien et d’accompagnement pour le personnel enseignant et les élèves qui pourraient être concernées à l’avenir par de telles situations.
Par ailleurs, la généralisation du projet pilote mené au collège de Delémont sera effective dès la rentrée d’août prochain dans toutes les écoles secondaires. Ce projet pilote consiste en un renforcement de l’équipe de direction par l’attribution de périodes de décharge à un membre de direction, référent des élèves à comportement problématique.
Pour rappel, une classe spécialisée multi-degrés a été ouverte en août 2022 au sein de la Fondation St-Germain à Delémont. Cette classe peut accueillir 8 à 10 jeunes qui ne sont plus en mesure de s’inscrire dans une école publique traditionnelle.
De plus, il existe toujours la solution de la «classe Relais», qui permet d’extraire les élèves à comportement problématique de leur contexte scolaire habituel et de leur fournir un encadrement par des professionnels formés à ce genre de cas afin de reprendre une attitude qui leur permette de retourner dans leur environnement régulier.