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Retracer l'historique de la fanfare «L'Avenir» durant les cinquante ans de son existence, revient à évoquer la vie, les événements importants de cette société de notre ville.
Toute la population, jeunes et moins jeunes sont liés intimement aux manifestations par les flonflons de «L'Avenir». Car, que serait un cortège, un concert, une réception sans cette vaillante fanfare qui apporte tout de même un peu de réconfort dans notre coeur. De tout temps les hommes ont aimé à souffler dans un tuyau pour en faire sortir des sons plus ou moins harmonieux. Mais jouer seul n'a pas de charme et l'on sait que lorsque deux Vaudois sont ensemble, ils fondent volontiers une société. Ce fut pour notre société une toute autre épopée...
L'Avenir a vu le jour au lendemain de la première guerre mondiale, à une époque où la classe ouvrière faisait preuve d'une certaine audace après avoir supporté durant quatre ans, toute une série de privations, de vexations dues aux conséquences d'une guerre extérieure longue et douloureuse. La fondation de L'Avenir répondait aussi à une certaine nécessité. C'était le 1er mai 1919. A l'occasion de cette manifestation, les organisations responsables s'étaient assuré le concours de 15 à 18 musiciens sympathisants faisant partie de la seule société existante à cette époque dans notre ville. Ces musiciens firent forfait à la dernière minute, non pas que le coeur n'y était point, mais subirent tout simplement une pression venant d'en haut. La société refusa sans autre l'usage de ses instruments. Le comité d'organisation du 1er mai 1919 fut contraint de courir à gauche et à droite pour trouver une batterie de tambours et en trouva huit. Ce fut le dernier cortège sans fanfare.
En effet, durant l'après-midi de cette journée, trois citoyens se retrouvèrent, comme les trois ancêtres du Grütli; ils prirent la décision de fonder une fanfare dont l'activité sera désormais consacrée au service de la communauté et ceci sans condition. Ces trois pionniers étaient les camarades Aerni Louis, Cornu Albert et Berger Gottfried.
Avec assez de peine il fut possible de grouper 8 membres et en juin déjà l'objectif était atteint d'où la fondation d'une fanfare. Cinq mois plus tard, la société comptait 15 membres.
Le premier comité était composé de: Aerni Louis, président, Tardy Henri, secrétaire, Cornu Albert, caissier, et Beney Frédéric en fut le premier directeur. L'état des finances fut un perpétuel souci et chacun sortait plus d'une fois une pièce de cent sous mis à part les cotisations de Fr, 2.-. C'était insuffisant pour l'achat des premières marches. Les instruments étaient loués à Bâle, Aarau et Lausanne. Les lutrins furent confectionnés par les membres.
A plusieurs occasions le bateau faillit couler mais grâce à une volonté de fer et beaucoup de courage celui-ci ne sombra pas. Le développement de la société fut grandissant malgré qu'une certaine opposition, parfois sourde et difficilement contrôlable se manifestait par certains signes extérieurs. Les autorités d'alors affichèrent une certaine hostilité à l'adresse de cette deuxième fanfare. Malgré tout, et peut-être à cause de cela, la fanfare assez forte sonnait la Diane à l'aube du 1er mai 1920 et l'après-midi conduisait son premier cortège, un tout beau panneau indiquant : "Fondation de L'Avenir en mai 1919", en tête.
En octobre, les sociétés de musique ouvrières suisses se réunissent à Bienne et fondent ainsi leur propre fédération (USMO) qui est présidée par M. Otto Virtz, président du Tribunal de cette ville. L'Union romande des musiques (URMO) fut également fondée en novembre au Locle.
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