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On connaît maintenant — grâce aux travaux éclairants de François Albera et de Maria Tortajada — 5 formes de dispositifs au cinéma, qui conduisent de « l’agencement le plus petit » de la machine cinéma à « l’implication des questions de pouvoir ». Mais il est aussi un autre « dispositif », une autre « machine » cinéma, celle-là même que Metz avait naguère baptisée la « 3e machine ». Pour l’auteur du Signifiant imaginaire il s’agit d’une machine psychique, d’un mécanisme d’investissement libidinal. Mais c’est aussi à l’évidence un « dispositif », selon le vieux terme de dispositio tiré de la rhétorique ancienne. Partie essentielle de l’appareil rhétorique, la dispositio organise de manière cohérente les différentes parties du discours et notamment la présentation et la confirmation des arguments que le rhéteur tire des faits qu’il expose. Or, comme tout discours de la connaissance, la théorie du cinéma dispose des conceptions épistémologiques pour présenter et confirmer ses arguments. Ces conceptions épistémologiques sont parfois implicites, mais on remarque depuis quelques années une tendance à les rendre plus explicites alors que les discours théoriques deviennent réflexifs. Il en a suivi des débats sur la nature de la théorie du cinéma et du savoir qu’elle est en mesure de produire. Notre exposé examine certains de ces débats, notamment la position dualiste qui oppose des auteurs américains comme Nöel Carroll et Malcolm Turvey et propose une « troisième » voie en faisant appel à la philosophie pragmatiste de C. S. Peirce.