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Le MAMCO possède dans sa collection deux œuvres de François Ristori (1936-2015). Produites au tournant des années 1970, elles appartiennent à un corpus que l’artiste a lui-même appelé Traces-Formes.
Après deux années éprouvantes de service militaire en Algérie, l’artiste reprend des études aux Beaux-Arts de Paris en 1959. Les œuvres de cette époque prennent une orientation clairement abstraite et gestuelle. Caractérisée par une palette restreinte, une touche régulière et un recouvrement uniforme, la surface picturale s'étend pour prendre des dimensions importantes – parfois plus de 380 cm de long.
Dès 1967, l’artiste repense sa pratique, passant d’une logique automatique à une peinture systématique. Dans une société en pleine transformation, sa démarche s’oriente vers le protocole et restreint son motif à celui d’un hexagone bleu, rouge et blanc. Contemporain des artistes présentés dans l’exposition Systemic Painting (1966) de Lawrence Alloway au Guggenheim de New York, Ristori produit désormais une peinture conceptuelle et extensive.
A l'automne 1969, Daniel Buren et Niele Toroni qui, au sein de BMPT, en appelaient à une peinture « réduite » (non sensible, non perfectible et non illusionniste), sont invités à la VIe Biennale de Paris. Ils décident finalement de laisser leur place à François Ristori, qui présente pour la première fois au public ses tableaux. Par la suite, il construira d’autres compagnonnages artistiques tout aussi importants, comme ceux avec André Cadere, Bernard Joubert, Claude Rutault ou Yvon Lambert.
Au printemps 2021, le MAMCO a activé le protocole de Traces-Formes (ca 1970) à même le sol du musée. Le dessin peut être réalisé à la craie, au crayon, au feutre, au pastel gras, en couleur ou en noir et blanc et, selon le support choisi, peut se déployer à l'intérieur ou l'extérieur, sur une surface horizontale ou verticale, opaque ou transparente. En 1976, à la galerie Yvon Lambert de Paris ou lors d'un échange avec la galerie Paula Cooper, Ristori déploie cette œuvre diagrammatique au milieu de la rue de l'Echaudé ou sur le trottoir du 105 Hudson Street à New York. Le régime protocolaire de l’œuvre est celui d’une peinture extensive, propice au grand format, mais aussi à la délégation et à son adaptation in situ. A l’instar de cet hexagone tricolore, l’abstraction picturale de François Ristori n’en est pas moins dénuée d’un potentiel de dénotation de ce qui structure un contexte.
- L’exposition est organisée par Julien Fronsacq. En collaboration avec le Centre Pompidou et le Fonds de dotation Ristori, un ouvrage monographique est en préparation