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Pour l'emporter dès le premier tour, un candidat doit obtenir la majorité absolue et plus de 25% des voix dans au moins 24 des 47 comtés du pays.
KEYSTONE/EPA/KABIR DHANJI(sda-ats)
Les opérations de dépouillement ont commencé mardi soir au Kenya où les électeurs se sont déplacés en nombre pour les élections générales. Ils scrutaient désormais les résultats d'une présidentielle annoncée serrée entre le sortant Uhuru Kenyatta et Raila Odinga.
Selon un décompte provisoire portant sur 9,8 millions de votes comptabilisés, soit près de la moitié des bulletins de vote, M. Kenyatta était crédité de 55,21% des voix contre 44% à M. Odinga. Il comptait une avance de plus de 1,1 million de voix.
Pour l'emporter dès le premier tour, un candidat doit obtenir la majorité absolue et plus de 25% des voix dans au moins 24 des 47 comtés du pays. Mardi soir, la commission électorale n'avait toujours pas divulgué le taux de participation.
Six autres petits candidats étaient en lice dans cette élection et leurs voix ne pesaient pas plus d'1% au total, toujours selon les résultats partiels de la Commission électorale.
"Phase critique"
"Nous entrons désormais dans la phase la plus critique du cycle électoral", a prévenu le chef de l'IEBC, Wafula Chebukati.
De nombreux observateurs kényans et internationaux ont fait part de leurs craintes de troubles à l'annonce des résultats de la présidentielle, dix ans après les pires violences électorales enregistrées dans cette ex-colonie britannique depuis son indépendance en 1963.
Déjà candidat à l'époque, Raila Odinga avait contesté le résultat - la victoire de Mwai Kibaki - et appelé à des manifestations. Plus de 1200 personnes avaient trouvé la mort dans les affrontements ethniques qui s'étaient ensuivis.
Système électronique sous contrôle
Les opérations de vote se sont toutefois déroulées dans le calme. Dès les premières heures du jour s'étaient formées de longues files d'attentes attestant d'une ferveur démocratique que les accusations de fraudes lors des précédentes élections n'ont pas entamée.
Surtout, malgré quelques problèmes localisés liés à l'identification biométrique des électeurs, le système électronique a semblé fonctionner normalement.
Lors du scrutin de 2013, il avait failli à la mi-journée, ce qui avait obligé la commission à basculer sur le système manuel, alimentant les accusations de fraude électorale. Pour de nombreux observateurs, la crédibilité du scrutin repose sur la fiabilité du système biométrique et de transmission électronique des résultats.
Quelque 19,6 millions d'électeurs étaient appelés à départager Uhuru Kenyatta, fils du premier président du Kenya indépendant, et Raila Odinga, vétéran de la politique kényane, candidat pour la quatrième et probablement dernière fois à la présidentielle.
Raila Odinga, 72 ans, qui rassemble sous son nom les principaux courants de l'opposition au sein de la Nasa (National Super Alliance), a estimé que l'alliance présidentielle Jubilee ne pourrait pas l'emporter à moins de tricher.
Les Kényans devaient aussi élire leurs députés, sénateurs, gouverneurs, élus locaux et représentantes des femmes à l'Assemblée.
Appartenance ethnique
Le vote au Kenya se joue plus sur des sentiments d'appartenance ethnique que sur des programmes, et MM. Kenyatta (un Kikuyu) et Odinga (un Luo) ont mis sur pied deux puissantes alliances électorales.
M. Kenyatta, 55 ans, et son vice-président William Ruto (un Kalenjin) ont mis en avant leur bilan économique: depuis 2013, le pays a aligné des taux de croissance à plus de 5% et développé ses infrastructures, dont la nouvelle ligne ferroviaire entre Nairobi et le port de Mombasa, sur l'océan Indien.
Raila Odinga a dénigré ce bilan et s'est de nouveau posé comme le garant d'une croissance économique mieux partagée.
ATS