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Coronavirus Des garanties climatiques avant d'aider l'aviation
L'aide fédérale pour le secteur aérien ne doit pas être octroyée sans condition, estiment la gauche et les partis écologistes.
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La gauche, les Vert'libéraux et plusieurs associations ne voleront pas au secours du secteur aérien sans garanties climatiques. A l'inverse, le PLR, le PDC, l'UDC et AeroSuisse saluent la proposition du Conseil fédéral.
Mieux protéger le climat
Les Verts refusent le «sauvetage de l'aviation» sans garanties climatiques. Tel quel, le projet du Conseil fédéral contribuerait à faire de l'aviation «le secteur à l'effet le plus néfaste sur le climat en Suisse».
Les écologistes dénoncent au passage le procédé du Conseil fédéral: les commissions parlementaires n'ont pas été informées du détail de négociations et le délai imposé au Parlement pour se prononcer est jugé insuffisant. Dans la foulée, les jeunes Verts ont annoncé lancer un référendum.
Le soutien du Conseil fédéral au secteur aérien ne convainc pas plus les Vert'libéraux. Ces derniers estiment qu'il est hors de question que la Confédération sauve l'aviation sans lui imposer des conditions contraignantes pour une meilleure protection du climat.
L'industrie aéronautique pourrait s'engager à introduire progressivement l'utilisation de kérosène synthétique neutre en CO2 en échange d'une aide de l'Etat, détaillent les Vert'libéraux, qui considèrent cette idée comme tout à fait compatible avec la taxe sur les billets d'avion prévue dans la loi sur le CO2. De plus, le nombre de vols qui peuvent être effectués avec des trains à grande vitesse ou de nuit devrait être revu à la baisse.
Le PS fixe aussi ses conditions en matière de climat: aucune résistance ou lobbying de la part des entreprises soutenues contre la taxe sur les billets d'avion, participation au développement de carburants synthétiques et soutien à une taxe internationale sur le kérosène.
L'association transports et environnement (ATE), tout comme la Coalition environnement et santé pour un transport aérien responsable (CESAR) exigent aussi que le sauvetage de la compagnie Swiss s'accompagne d'objectifs efficaces pour la protection du climat. De son côté, le WWF qualifie la proposition du Conseil fédéral d'«occasion manquée».
Solution «viable»
Les Vert'Libéraux considèrent que l'aide du Conseil fédéral comporte «un risque énorme» de ne pas être remboursée. Cette inquiétude traverse également les rangs du PS. Les prêts doivent être remboursés intégralement et les intérêts payés dès que les bénéfices le permettent, souligne le parti de gauche, qui ajoute que les entreprises ne devraient pas verser des dividendes avant le remboursement complet des prêts.
Le PLR salue la solution «viable» trouvée par le Conseil fédéral, non seulement pour sauver des milliers d'emplois dans le secteur aérien, «d'importance systémique», mais aussi pour garantir les liaisons internationales de la Suisse. Les libéraux-radicaux qualifient cette aide à court terme de «nécessaire», compte tenu de la «chute brutale» du secteur aérien.
Le parti de droite s'inquiète face à l'émergence d'exigences supplémentaires qui frapperaient le secteur aérien. Celles-ci mettraient en danger les possibilités d'innovation et d'investissement du secteur.
Une crainte partagée par l'UDC, pour qui la crise sanitaire n'est pas le bon moment pour faire de la «politique climatique de gauche». Le parti voit d'un oeil favorable la décision du Conseil fédéral de fournir une garantie au lieu de contribuer «à fonds perdus».
Reconversion
Le PDC juge positivement les mesures en faveur du transport aérien. Mais le Conseil fédéral doit également soutenir les transports publics, qui jouent un rôle important, notamment dans les régions périphériques.
Aerosuisse, la faîtière qui défend les intérêts de l'aéronautique et de l'aérospatiale suisses et veille à préserver leurs moyens d'existence, se félicite que l'aide financière de la Confédération soit soumise à certaines conditions. Selon son président conseiller national Thomas Hurter (UDC/ZH), le remboursement ne fait aucun doute.
Dans le domaine de l'emploi, le PS demande également que les entreprises ne pouvant pas maintenir le volume d'emploi actuel à long terme financent la reconversion d'une partie des employés. Un plan de reconversion du personnel en vue des développements futurs de l?industrie aéronautique doit aussi être élaboré.
De son côté, le Syndicat du personnel des transports (SEV) salue les garanties de la Confédération. Il est important pour l'emploi en Suisse que les compagnies aériennes et les entreprises qui leur sont liées soient maintenues. Des dizaines de milliers d'emplois en dépendent. (ats/nxp)
Créé: 29.04.2020, 21h05