Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07181.jsonl.gz/270

15/03/2013
Du rôle du Conseil des Etats
Mercredi 13 mars, la commission santé social du Conseil des Etats a, par 7 voix contre six, décidé de ne pas accorder le caractère urgent au projet du Conseil fédéral concernant la prolongation pour 3 ans- à nouveau - du moratoire sur l'ouverture de nouveaux cabinets médicaux.
Conséquence: cette mesure, adoptée de justesse par le Conseil National, est repoussée au mieux en juin, alors qu'il était prévu de la faire entrer en vigueur en avril. Avec pour effet de vider les hôpitaux de médecins qualifiés qui se précipitent pour reprendre ou ouvrir un cabinet
La question de fond a déjà été traitée ici. Mais se pose la question du rôle des élus du Conseil des Etats. Il y a fort longtemps, les membres du Conseil des Etats étaient nommés par le Conseil d'Etat de chaque canton, voire élus par les différents Grands Conseils. Ils représentaient dès lors clairement la position des cantons.
La gauche, dans pratiquement tous les cantons, a exigé au fil des ans, par souci de démocratie, que ces élections au Conseil des Etats soient aussi faites par le peuple.
Dès lors, ces élus ne relaient plus les préoccupations des cantons, mais celles des partis ou des lobbyes.
Dans le contexte du moratoire, ou de la "clause du besoin", l'intérêt de tous les cantons est d'avoir une régulation de l'offre et de la demande en matière de soins. Las, la majorité des membres de la commission santé social du Conseil des Etats étant inféodée à des assureurs, la décision prise ne répond plus aux soucis de cantons, mais à ceux des assureurs.
Trop de démocratie tue la démocratie, dit on...En l'occurrence, elle tue les intérêts légitimes des cantons, qui devront assumer des coûts supplémentaires en matière de soins...