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Le bouillonnement des roches en fusion. L'eau qui s'évapore immédiatement à leur contact. Lentement, très lentement, la lave à demi coagulée ralentit dans les canaux qui la guident, une pellicule de matières durcies se forme à la surface, et l'écho lointain et aigu des forces incommensurables à l'œuvre dans les souterrains mystérieux résonne sur les parois fragiles d'un crâne. Le nouveau film de Jessica Bardsley, cinq ans après The Blazing World (VdR, 2013), commence par une explosion de lave avant de plonger dans les tréfonds de la terre, par un habile montage d'images d'archives et de récits évoquant la souffrance, tant physique que psychique. S'emparant d'une métaphore géologique empruntée à Elaine Scarry, elle construit un langage filmique dont la richesse d'évocation crée les conditions d'une perception renouvelée : la manière dont on ressent le poids d'un caillou dans le creux de la main a à voir avec la mémoire d'un événement, tandis qu'un cristal devient l'incarnation parfaite d'une migraine lancinante, rendue visible par un geste cinématographique d'une rare beauté.
Céline Guénot