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A quoi sert l'impôt ecclésiastique?
Voici où va l'argent prélevé via cette taxe, à l'heure où les fidèles fribourgeois qui quittent l'Eglise sont en augmentation.
L'an dernier, ce sont plus de 1600 fidèles fribourgeois qui ont décidé de sortir de l'Église catholique, un chiffre en augmentation de 2%. Si certains fidèles évoquent les différences de point de vue sur la place des femmes dans l'Église ou l'homosexualité pour quitter la communauté, d'autres citent l'aspect purement financier.
Il faut savoir que cette taxe est la seule source de revenu de l'Église catholique dans notre canton. David Neuhaus, secrétaire général de la corporation ecclésiastique catholique du canton de Fribourg, rend attentif au fait que cet impôt ne sert pas que la messe. "Avec cette taxe, on va rémunérer les engagés de la pastorale, entretenir les infrastructures ecclésiastiques et surtout fournir une pastorale de qualité."
Une redistribution réglementée
Il existe effectivement un règlement très précis sur la façon dont les paroisses doivent dépenser cet argent. Premièrement, elles doivent payer le salaire des prêtres et des agents pastoraux. Environ 40% de la taxe part dans des actions sociales ou des œuvres d'entraide, comme Caritas, pour soutenir les plus nécessiteux.
Puis, près de 25% de l'argent sert à entretenir les lieux de célébrations comme les chapelles, les Églises ou les centres paroissiaux. À peu près 12% est utilisé pour le catéchisme et l'enseignement religieux, et le pourcentage restant va pour des évènements culturels comme des concerts donnés par des chorales ou l'organisation de la St-Nicolas.
Economies pour l'Etat
"L'impôt ecclésiastique, c'est énormément de solidarité, appuie David Neuhaus. En sortant de l'Église, on diminue les moyens à sa disposition pour rendre une pastorale de qualité et aider ceux qui en ont le plus besoin." Il cite encore la conseillère d'État socialiste zurichoise Jacqueline Fehr: "Chaque franc qu'on donne à l'Église, c'est trois francs que l'État économise".
Dans les cantons de Genève, Vaud ou Neuchâtel, l'impôt ecclésiastique n'existe pas. L'Église y est donc financée par des contributions volontaires ou des aides étatiques. Dans notre canton, c'est à Massonnens que l'impôt ecclésiastique est le plus élevé, représentant 15% de l'impôt cantonal, et à Bulle qu'il est le plus bas, à 4%.