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Dans les années vingt, un économiste allemand s’était intéressé aux fluctuations des prix du porc, et en avait déduit qu’elles s’expliquaient en bonne partie par les variations des quantités produites, dépendant à leur tour des prévisions établies par les éleveurs quant à l’évolution future des prix.
Le décalage qui en résultait entre l’offre et la demande dessinait une sorte de toile d’araignée caractéristique de l’évolution des prix sur beaucoup de marchés de matières premières, qu’elles soient agricoles ou industrielles : une hausse des cours, déclenchée par une augmentation de la demande, entraînait avec un certain décalage (le temps d’élever davantage de cochons, d’ouvrir de nouvelles mines, de forer de nouveaux puits) un relèvement des quantités offertes, qui arrivaient sur le marché après que la demande, découragée par les prix plus élevés, s’en était détournée.