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L'investissement thématique est précieux pour ceux cherchant à profiter des changements structurels à long terme.
Une approche diversifiée sur l'ensemble de la chaîne de valeur agroalimentaire, en mettant l'accent sur l'innovation et les thèmes de croissance clés pourrait présenter plusieurs avantages. Le cycle agroalimentaire est très différent d'un cycle économique traditionnel. Les dépenses des consommateurs en produits alimentaires sont par nature moins volatiles: les personnes continueront à se nourrir, quelles que soient les circonstances. Cela confère généralement un avantage défensif au secteur, car les marchés peuvent en toute logique supposer que la demande alimentaire mondiale continuera de croître parallèlement à la population globale. Il est vrai que la pression sur les revenus peut avoir un impact sur la façon dont les personnes consomment. Cependant, même si les consommateurs optent pour moins de produits de marque ou réduisent leur consommation de viande, cela n'aura pas d'impact significatif sur la demande générale du secteur.
Il convient toutefois de faire une distinction claire entre les marchés développés et émergents, qui ont généralement évolué de manière différente. Les marchés développés ont connu un changement radical avec une prise de conscience des consommateurs. Ces derniers sont de plus en plus attentifs à l'impact de la production alimentaire sur l'environnement. De plus, les consommateurs occidentaux ont commencé à prêter une plus grande attention aux effets sur la santé. Enfin, l'origine et la production sont également scrutées de façon croissante. Par exemple, il y a eu une hausse de la consommation de saumon (considéré comme plus sain que la viande), mais aussi une différence dans la façon dont le saumon est élevé. Alors que l'alimentation du saumon était auparavant composée en grande partie de petits poissons, la plupart des producteurs ont désormais opté pour des substituts à base de plantes. Les marchés développés ne se contentent plus de la simple disponibilité des aliments. Ils se concentrent désormais sur l'ensemble de la chaîne de valeur, en privilégiant des produits sains et de haute qualité avec un impact limité sur l'environnement. Par conséquent, même si la simple augmentation des volumes sur les marchés matures est plutôt limitée, il y a une nette tendance à la «premiumisation» et à l'innovation.
À l'inverse, les marchés émergents se concentrent toujours sur la disponibilité générale des denrées alimentaires. Une grande partie du monde a toujours du mal à accéder à une alimentation suffisante. Dès que la population commence à progresser dans l'échelle des revenus, l'une des dépenses principales est l’alimentation, aussi bien en matière de qualité que de quantité. Au fur et à mesure que les populations des marchés émergents accèdent à la classe moyenne, on observe une nette tendance à se tourner vers des denrées alimentaires plus chères. Cela explique pourquoi la production mondiale de viande est toujours en hausse, même si l'Occident a commencé à se détourner de ce type de produits.
L'investissement thématique peut être un outil précieux pour les investisseurs qui cherchent à profiter des changements structurels à long terme de l'économie. Il est également important de noter que le thème «agroalimentaire» permet une diversification interne significative. C'est un thème qui couvre une multitude d'industries et de secteurs. Pour simplifier, nous pouvons diviser la chaîne de valeur agroalimentaire en trois grands segments. Le segment en amont fait principalement référence aux éléments fondamentaux de la chaîne de valeur: tout ce qui est lié à la culture, à l'élevage et à la récolte des produits agricoles de base. Les entreprises de ce secteur ont tendance à se concentrer, entre autres, sur les biens immobiliers, les équipements et les engrais. Vient ensuite, le segment intermédiaire qui couvre le transport, la transformation et la logistique. Dans cet espace, les installations B2B agissent le plus souvent comme des intermédiaires pour couvrir les processus entre l'agriculture et la vente des produits. Le segment en aval est la dernière partie de la chaîne de valeur et comprend les biens de consommation, la distribution au consommateur, la vente au détail, le conditionnement et les fabricants d’ingrédients. Les entreprises peuvent être impliquées dans plusieurs segments à la fois, ou se spécialiser dans un seul.
L'industrie agroalimentaire est un réseau complexe d'entreprises interconnectées qui offre un vaste panel d’investissements et permet une grande marge de manœuvre. En examinant l'ensemble de la chaîne de valeur agroalimentaire, les investisseurs ont la possibilité de se concentrer sur les aspects porteurs dans les conditions actuelles. Par exemple, les pressions inflationnistes et géopolitiques actuelles ont entraîné une hausse des prix des matières premières agricole. Cette évolution profitera dans l’ensemble aux agriculteurs, qui utiliseront probablement l'augmentation de leurs revenus pour réinvestir dans leurs exploitations.
Si les fondements du secteur agroalimentaire sont restés largement inchangés tout au long de l'histoire, le mode de fonctionnement de l'industrie est en constante évolution. En fait, la récente tendance en faveur de la durabilité a donné lieu à des développements particulièrement intéressants au cours de la dernière décennie, grâce aux récentes innovations technologiques. Outre l'accélération du changement climatique, le monde doit subvenir aux besoins nutritionnels d'une population toujours plus nombreuse avec des ressources limitées. Il n'est pas surprenant que la technique et l'innovation jouent un rôle si important dans ce secteur.
Parmi les exemples d'innovations passionnantes dans ce secteur, l’émergence de «l'agriculture de précision» est à noter. Cette nouvelle technique permet aux agriculteurs d'être plus précis dans leurs plantations, leur irrigation et leur fertilisation grâce à l'utilisation de technologies GPS. Cela réduit la consommation d'eau et d'engrais, ainsi que l'érosion des sols. Dans le même ordre d'idées, le fabricant d'équipements John Deere a récemment mis au point une technique appelée «See & Spray», qui s’appuie sur la vision par ordinateur et le machine learning pour cibler les mauvaises herbes et administrer uniquement la quantité d'herbicide nécessaire pour optimiser la croissance des cultures.
En somme, ce thème défensif bénéficiera vraisemblablement d'une demande continue en phase avec la croissance démographique, et une approche diversifiée sur l'ensemble de la chaîne de valeur agroalimentaire pourrait présenter plusieurs avantages.