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Diverses mesures ont permis d'améliorer la qualité de l'air dans les villes suisses. Toutefois, ces dispositions ne sont pas encore suffisantes : la pollution atmosphérique continue de présenter un risque pour la santé de la population.
Texte : Christoph Hüglin (Empa), Jürg Brunner (Protection de l'environnement et de la santé à Zurich, UGZ), Jörg Sintermann (Office des déchets, de l'eau, de l'énergie et de l'air du canton de Zurich, AWEL)
La pollution de l'air est généralement plus importante en milieu urbain que dans les zones rurales. La population de nombreuses villes d'Europe et du monde entier souffre d'une qualité de l'air insuffisante. Dans de nombreux endroits, les limites en vigueur pour les concentrations de polluants atmosphériques ne sont pas respectées. L'augmentation de la pollution de l’air dans les villes tient d’une part à la forte densité de population, à l’intensité du trafic et à l'activité industrielle. D'autre part, une structure urbaine dense entrave le brassage de l'air près du sol, ce qui favorise l’accumulation de polluants atmosphériques et donc des concentrations élevées. Non sans conséquences : dans de nombreuses villes, il en résulte des effets négatifs sur la santé de la population.
Des polluants proviennent également des environs
En termes simplifiés, la pollution de l'air dans les villes est la somme de diverses contributions. D'une part, la pollution atmosphérique à grande échelle, causée par des sources d'émission éloignées, alimente la pollution de fond. Ensuite, les émissions produites en dehors de la zone urbaine, par exemple dans les petits villages environnants ou dans l'agriculture, fournissent une charge de pollution atmosphérique régionale de base qui est transportée dans les villes par le vent (figure 1). À cela s’ajoutent les émissions générées à la périphérie et dans la ville elle-même. A l’intérieur de la ville, la charge de pollution atmosphérique varie fortement d’un endroit à l’autre, en fonction de la distance par rapport aux sources d'émission locales. Par exemple, elle est souvent nettement plus élevée à proximité des rues à fort trafic. L'air pollué des villes peut être transporté par le vent sur de longues distances en dehors de la zone urbaine. Ainsi, les polluants atmosphériques des villes contribuent également à la pollution régionale de base et affectent donc aussi la santé de la population en dehors des zones urbanisées.
Au cours des trois dernières décennies, des mesures ont été prises au niveau local, national et international pour réduire les émissions de polluants atmosphériques. Ces dispositions ont été efficaces et ont permis d'améliorer sensiblement la qualité de l'air en Suisse.
Moins de dioxyde d'azote dans l'air
Cette évolution positive peut être illustrée par la série à long terme de relevés des niveaux de dioxyde d'azote (NO2) dans la ville de Zurich et la région environnante. Le NO2 est un gaz irritant qui est libéré par les processus de combustion. Il peut entraîner des maladies respiratoires et joue un rôle important dans la formation des poussières fines et de l'ozone troposphérique, qui sont des polluants de référence. Le NO2 entre également dans cette catégorie, aussi peut-il être considéré comme un indicateur important pour évaluer la qualité de l'air.
Au cours des trente dernières années, la concentration de NO2 dans la ville de Zurich et dans les zones rurales avoisinantes a diminué de moitié environ (figure 2). Une évolution temporelle très similaire est observée pour d'autres polluants atmosphériques, notamment les poussières fines. Cela montre que la qualité de l'air à Zurich s'est nettement améliorée et que les valeurs limites d'immission actuelles sont largement respectées. Il en va de même dans les autres villes de Suisse, comme l’indiquent les relevés effectués par la Confédération et les cantons. Néanmoins, il y a toujours des dépassements de ces seuils dans la zone d'influence des sources locales. Il est donc important de poursuivre les efforts visant à améliorer la qualité de l'air, afin de réduire autant que possible le risque sanitaire pour la population.
Des efforts supplémentaires sont nécessaires
L'objectif d'un air sain n'a pas encore été pleinement atteint à Zurich et dans d'autres villes de Suisse. Il existe encore des problèmes d'hygiène de l'air, notamment le niveau excessif de la pollution atmosphérique locale. Comme le montre la figure 2, la pollution par le NO2 est nettement plus élevée le long des rues à fort trafic. Cela est principalement dû aux émissions encore trop importantes des véhicules diesel, qui dépassent sensiblement les valeurs limites des gaz d'échappement. Une amélioration de cette situation semble prévisible : le renforcement des prescriptions sur les gaz d'échappement, récemment adopté pour les nouveaux véhicules, et les systèmes de propulsion alternatifs sans émissions locales, tels que les véhicules électriques, devrait réduire les pics locaux de pollution par le NO2.
Un autre défi est posé par les polluants atmosphériques cancérigènes tels que les particules de suie et les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP). Les deux sont produits par des processus de combustion incomplets - par exemple dans les moteurs diesel et les systèmes de chauffage au bois - et sont des sources d'émissions tant dans les zones urbaines que rurales. Contrairement aux polluants de référence mentionnés ci-dessus, il n'existe pas de valeurs limites pour les polluants atmosphériques cancérigènes en Suisse. Selon la loi sur la protection de l'environnement, leur concentration dans l'air doit simplement être réduite autant que possible (exigence de minimisation). La concentration de particules de suie et de HAP à Zurich a considérablement diminué ces dernières années. Ici aussi, cependant, les succès obtenus devraient être une motivation pour réaliser de nouvelles améliorations de la qualité de l'air.