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Selon une formule désormais consacrée (et usée à force de l'être), d'aucuns aspirent ici et là à construire le "patrimoine de demain". Difficile de retracer l'origine de ce concept paradoxal qui a pu surgir à l'international dans le sillage de l'association Docomomo (International committee for documentation and conservation of buildings, sites and neighbourhoods of the modern movement). Que la création architecturale d'aujourd'hui puisse automatiquement et sans que cela soit soumis à discussion équivaloir au patrimoine de demain, voilà qui est hautement problématique!
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La propriété des Feuillantines faisait partie du patrimoine immobilier de l'ONU jusqu' à la fin de l'année 2017. Ce domaine créé par la famille Duval vers 1880, puis passé entre le mains de la famille de Morsier, enfin racheté par l'ONU en 1937, a abrité un nombre important de personnalités de premier plan. Son architecture et l'écrin de verdure qui lui sert de parc vont néanmoins être, de façon tout à fait inexplicable, sacrifiés sur l'autel de la Cité de la Musique. A moins d'un coup de théâtre de dernière minute. Car une demande de classement du domaine des Feuillantines a été déposée par le mouvement citoyen "Contre l'enlaidissement de Genève".
Comment en est-on arrivé là et avec quels appuis? La Fondation Wilsdorf, fondation qu'on ne nomme pas (on se croit en plein polar), finance à hauteur de 200.000 M° le projet de la Cité de la Musique et, par ricochet, la démolition d'une pièce majeure de l'échiquier patrimonial genevois. Et cela en toute légitimité et impunité et ... en roulant des mécaniques! Un cas exemplaire de la dérive de nos institutions?
Photo archives Droin