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Les femmes sont encore confrontées à des difficultés qui les empêchent de totaliser une part importante dans les parlements (archives).
KEYSTONE/EPA/ABEDIN TAHERKENAREH(sda-ats)
La parité ne sera pas atteinte dans les parlements dans le monde "avant 50 ans" au rythme actuel. Alors que le taux de femmes reste inférieur à un quart, l'Union interparlementaire (UIP) a demandé mardi à Genève des quotas obligatoires. La Suisse figure au 35e rang.
"Les plus anciennes démocraties accusent un retard" par rapport aux autres dans les avancées constatées récemment, a dit devant la presse le secrétaire général de l'organisation Martin Chungong. "Elles devraient faire mieux".
Des quotas ont été établis dans environ 100 pays. Lancés provisoirement, ils subsistent parce que la "masse critique" de 30% n'est largement pas atteinte. Et l'UIP ne fixe plus comme cadre ce seuil mais la parité.
"Les parlements jouent un rôle essentiel" pour atteindre l'objectif d'une parité et de la participation des femmes "à tous les niveaux d'ici 2030", selon M. Chungong. "Les quotas devraient être maintenus et devenir obligatoires", explique-t-il. En dix ans, la progression a dépassé 6 points de pourcentage. En 2016, 23,3% des parlementaires étaient des femmes.
Près d'un tiers en Suisse
Mais la même année, le nombre de sièges remportés par des femmes dans plus de 60 élections a diminué de trois points par rapport à 2015, ajoute l'étude annuelle de l'UIP publiée à la veille de la Journée internationale des droits des femmes. La différence atteint 9 points entre les pays qui prévoient des quotas pour les femmes et ceux qui n'ont pas ce dispositif.
Parmi les autres mesures à prendre, M. Chungong mentionne davantage de sensibilisation dès le plus jeune âge, une action sur les facteurs culturels, l'émancipation économique des femmes et la lutte contre le sexisme et les violences qui ciblent les femmes parlementaires. Parmi les 10 premiers figurent quatre pays américains, trois nordiques et 3 africains.
La Suisse totalise 32,5% de femmes parlementaires et remonte d'un rang. Les avancées et les régressions les plus importantes ont été constatées dans les parlements de petite taille des Etats insulaires en développement. La représentation féminine la plus élevée reste toutefois sur le continent américain.
En Europe, où la part dépasse 26%, les progressions les plus fortes sont observées à Chypre, au Monténégro et en Islande, un Etat qui s'approche de la parité. La Croatie et le Bélarus sont eux confrontés au recul le plus élevé.
Record de femmes présidentes
Dans les Etats arabes, la part atteint désormais 18%. Soit 1,2 point de moins qu'en Asie et plus de 5 points de moins qu'en Afrique. Autre élément, un record de femmes président leur chambre parlementaire, selon les chiffres de début janvier dernier. Elles sont 53, dont par exemple la numéro du parlement émirati.
Ce chiffre montre que lorsqu'elles sont plébiscitées par la population, les femmes font preuve de "qualité" dans ce type d'enceintes. Les parlements de Micronésie, Vanuatu et du Qatar n'ont toujours aucune femme. De même qu'une chambre parlementaire en Haïti et au Yémen.
Le rapport appelle à redoubler les efforts pour cibler les conditions qui empêchent les femmes d'accéder aux parlements. Des avancées ont été constatées. Mais "beaucoup reste à faire", a encore expliqué M. Chungong. Au total, en 2016, des élections législatives ont eu lieu dans 53 pays.
ATS