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Le Vignoble de Lavaux comprend 805 ha de vignes sur un total de 1700 ha répartis entre les communes suivantes : Lutry, Villette, Grandvaux, Cully, Riex, Saint-Saphorin, Chexbres, Chardonne, Corseaux, Jongny et Corsier-sur-Vevey. Ce périmètre correspond au domaine fixé dans la Loi sur le Plan de protection de Lavaux (LPPL).
Le Lavaux est un paysage culturel qui a conservé la trace des interactions entre l'homme et la nature de plusieurs siècles. Des restes du néolithique, de nombreuses tombes ou encore les mégalithes près de Lutry, attestent la présence de l'homme dès la préhistoire. Des noms de lieux ont des racines celtiques. Le grand nombre de vestiges romains illustre l'importance de la région sur la voie de communication entre Lausanne et Martigny. Depuis le Moyen-Âge, le Lavaux a été successivement possession d'ordres religieux ou de séculiers. Sur la base de trouvailles archéologiques illustrant le culte porté au vin dans l'Antiquité, il est permis de supposer que l'on cultivait la vigne dans le Lavaux à l'époque romaine déjà. Mais ce sont les Cisterciens qui ont fait de la viticulture ce qu'elle est aujourd'hui encore: la principale ressource économique de la région. Ils commencèrent au XIIe siècle à tailler les pentes en terrasses. Cette technique a eu pour effet de stabiliser la pente, elle prévenait l'érosion, simplifiait l'exploitation et en augmentait les revenus. C'est dans le Lavaux que ce système de murets fut utilisé pour la première fois en Suisse ; ils empêchent ainsi les glissements de terrain. Sur le Dézaley et autour de St-Saphorin, les moines ont construit jusqu'à 20 étagements.
Grâce à une période de bonnes conditions climatiques, à l'amélioration des techniques d'exploitation, et à une augmentation de la demande, les surfaces cultivées ont constamment augmenté.
De nombreuses localités de grande importance historico-architecturales se sont fondues dans ce paysage ; leur structure, leur architecture reflètent tout à la fois le développement historique de la vigne et la manière dont elles se sont accommodées de la topographie. Alors que la vigne pousse sur les pentes, on fait de l'élevage et de l'agriculture sur les hauts, là où se fait la transition vers le plateau. Cette différence d'orientation socio-économique apparaît aussi dans la manière dont se sont développées les localités, très spécifique de ces deux types d'économie : les villages du Lavaux, presque entièrement habités par des vignerons, sont construits de manière à économiser l'espace : les maisons, souvent de trois étages bordent étroitement les rues des deux côtés. Le rez-de-chaussée fait office de pressoir. Les maisons de familles sont nombreuses, quelques-unes faisaient partie d'anciens couvents, quelques-unes encore ont une origine plus lointaine, romaine. Le visiteur retrouve partout la même configuration topographique - les vignobles, le lac, et le grandiose panorama des Alpes - et demeure ébloui de tant de beauté de la nature.
Texte: Office fédéral de la culture OFC Section Patrimoine culturel et monuments historiques