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En 2022, la corrélation négative entre les actions et les obligations a fait défaut. Cette mauvaise surprise met en évidence les lacunes des approches multi-actifs courantes.
Les approches multi-actifs ont subi un échec en 2022, en raison d’une baisse de même ampleur touchant à la fois les marchés des obligations et des actions. Une diversification en fonction du risque est plus appropriée pour faire face aux changements imprévisibles du marché et pour délivrer des performances plus stables au cours des différents cycles économiques et des marchés.
Les stratégies multi-actifs ont particulièrement souffert l’année dernière en raison des baisses simultanées des cours sur les marchés des actions et des obligations. La faiblesse des actions n’a pas pu être compensée par la vigueur des obligations, comme lors de crises précédentes. On pourrait plutôt affirmer pour 2022 que la faiblesse des obligations s’est propagée à travers les autres actifs, dont les actions. Les profils de risque conservateurs, équilibrés et axés sur la croissance ont généré des rendements similaires et suivi une évolution identique: le portefeuille 60/40 et ses cousins ont donc essuyé un revers cuisant.
Cette sous-performance des portefeuilles mixtes 60/40 et de leurs variantes a complètement pris les investisseurs au dépourvu. En effet, dans le contexte des 30 dernières années, les obligations étaient considérées comme des valeurs refuges en cas de baisse des cours des actions et, en particulier, les emprunts d’Etat étaient perçus comme des points d’ancrage permettant de réduire le risque et la volatilité du portefeuille – en complète conformité avec la théorie moderne du portefeuille selon Harry Markowitz. En principe, cette approche a bien fonctionné au cours des dernières décennies et a également fait ses preuves en temps de crise. Or, en 2022, la corrélation négative entre les actions et les obligations a fait défaut.
Selon nous, cette mauvaise surprise met en évidence deux lacunes des approches multi-actifs courantes. Premièrement, cela démontre comment un profilage (ou un contrôle) du risque basé sur les corrélations à long terme entre les classes d’actifs peut devenir problématique lorsque ces hypothèses de corrélations sont contredites. Deuxièmement, de nombreux portefeuilles équilibrés sont souvent trop dépendants des risques liés aux actions, même s’ils semblent suffisamment diversifiés en raison de leur part en obligations. Dans ces stratégies, l’allocation du capital masque le risque de concentration et donne une fausse apparence de diversification.
De nombreuses stratégies multi-actifs auraient été plus performantes si elles avaient été à la fois diversifiées et gérées en fonction du risque – quelle que soit la répartition du portefeuille entre les classes d’actifs. Le portefeuille 60/40 devrait être complété par une approche basée sur le risque, dont l’objectif est de générer une performance positive et stable au fil des cycles de marché. Cet objectif est atteint grâce à des expositions à différentes sources de revenus et à un rééquilibrage dynamique. L’accent étant mis sur la stabilité et la diversification, il est certes peu probable qu’un tel portefeuille génère les rendements les plus élevés en tout temps. Il devrait toutefois bien se comporter dans de nombreuses situations de marché, absorber les baisses et lisser ainsi l’évolution des investissements afin d’obtenir des rendements de meilleure qualité au fil du temps.
L’objectif est de rechercher et d’équilibrer des sources de rendement similaires quel que soit le profil de risque de l’investisseur: conservateur, équilibré ou orienté vers la croissance. Il est judicieux de considérer d’autres actifs, au-delà des actions et des obligations: matières premières, stratégies liées à la volatilité, primes de risque alternatives, mais aussi le marché monétaire. Le cash est un important facteur de diversification lorsque les corrélations se rapprochent de l’unité.
A partir de cet univers diversifié et liquide, nous déterminons une allocation d’actifs stratégique avec une répartition équilibrée reflétant différents scénarios macroéconomiques: croissance positive, croissance négative et chocs d’inflation. Nous complétons cela par des stratégies de rééquilibrage dynamiques qui réagissent à l’évolution de signaux macroéconomiques et de signaux liés aux marchés, tels que le risque, les tendances ou les rendements relatifs des actifs. Nous ne considérons pas la volatilité comme une mesure de risque unique, mais considérons avant tout les pertes réalisées (drawndowns maximums) comme un indicateur plus pertinent. Sur cette base, nous adaptons l’exposition globale du portefeuille et utilisons des instruments de couverture contre les risques extrêmes afin de maîtriser l’impact des évolutions défavorables du marché. Au lieu de se demander si le portefeuille 60/40 est à bout de souffle, les investisseurs devraient plutôt repenser la diversification et les méthodes de rééquilibrage dynamique.