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Lors du dernier épisode de la saison 1 le créateur de Westworld, Ford, était tué par Dolores, une hôtesse. Alors que les invité-e-s se remettaient de leur surprise on pouvait voir, dans la forêt, les hôtes s'avancer vers les invité-e-s tandis que William se mettait à sourire. Cette seconde saison reprend immédiatement après la fin de la saison 1. Le soulèvement des hôtes a débuté par le massacre des invité-e-s qui ne sont plus considérés comme des personnes qu'il ne faut pas tuer. Les secours tardent à arriver car Delos, la compagnie derrière Westworld, souhaite quelque chose de précis avant de risquer son argent dans une opération de sauvetage. Car Westworld n'est pas ce qu'il semble être. Il y a un but différent du simple jeu derrière cet énorme endroit.
SPOILER
La première saison posait la question de la conscience. À partir de quel moment passe-t-on de simples automates à un individu capable de se penser, de construire sa place au sein du monde. Cette question n'était pas posée à l'aide des humain-e-s mais des hôtes qui, durant la saison, luttent pour accéder à cette conscience et se réveiller. Cependant, avoir conscience de son existence n'implique pas être libre de faire des choix. Ce qui permet à cette seconde saison de poser la question de la liberté et, plus précisément, le libre arbitre.
Pour mettre en avant ce thème il me semble que la série joue sur deux points. Premièrement, à travers un scénariste, se pose la question de la réalité des sentiments et souvenirs des hôtes. Ces souvenirs ont été écris pour eux afin de suivre une histoire précise. Que se passe-t-il quand cette histoire continue sur sa lancée sans obstacle ni véritable fin ? Plus important, nos souvenirs ne sont-ils pas tous des histoires que l'on se raconte. Même si ceux-ci sont faux, leur existence et leurs effets ne sont-ils pas suffisants pour devenir réels ? Un second point concerne les humain-e-s. En effet, si les humain-e-s nient la conscience aux hôtes c'est à cause de leur nature artificielle, construite. Mais les humain-e-s sont-illes pour autant complètement libres ? Ne sommes-nous pas dépendant de nos souvenirs, construits et reconstruits au fil du temps, et de moments précis de nos histoires qui marquent notre identité ?
Parler du libre arbitre et son existence dans une série est difficile. Une série se doit d'être dynamique. Au contraire d'une réflexion sur la conscience, dont je pense qu'elle peut être facilement mise en scène, une réflexion sur le libre arbitre me semple plus compliquée. Comment mettre en scène la capacité de choisir ? Je me demande donc si cette seconde saison ne m'a pas semblé plus vide que la première tout simplement parce que le thème que j'ai l'impression d'y voir est difficile à traiter sur un écran. Ce qui m'a donné l'impression de suivre des événements un peu mécaniques camouflés par une chronologie voulue confuse.
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*** Je ne sais pas vraiment quoi penser de cette seconde saison. Une réussite ou un camouflage ?
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Image : IMDB