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La décision du Président Trump d'imposer des taxes à l’importation sur l'acier et sur l'aluminium entre en vigueur.
Aux États-Unis, les prix de l'acier laminé à chaud pour le bâtiment et les chemins de fer sont entrés en phase de hausse en 2017, avant l’introduction des nouveaux droits de douane. En Europe, ces prix ont commencé à augmenter en 2016, suite à la réduction des capacités chinoises et aux taxes à l’importation sur l’acier chinois et russe. Le secteur semblait en bonne voie de retrouver la croissance puisque les prix rebondissaient après avoir atteint des niveaux historiquement bas.
Europe (en EUR, axe de gauche) et États-Unis (en USD, axe de droite)
Aux États-Unis, l’impact est positif à court terme sur l'industrie de l'acier aux États-Unis Les grandes sociétés américaines du secteur de l'acier ont amélioré leurs marges EBITDA ces dernières années, grâce à l'augmentation de la demande domestique pour l'acier de la part des secteurs du bâtiment, de l'énergie et de l’industrie. Les nouveaux droits de douane devraient renforcer encore leur pouvoir de fixation des prix et leur rentabilité.
La hausse des prix intérieurs de l'acier et de l'aluminium devrait peser sur la compétitivité des prix dans l'industrie du transport, du bâtiment, de l'aéronautique, des machines ainsi que sur les industries de transformation et des boissons, à des degrés différents. Certaines sociétés pourraient décider d'importer des composants complets de produits finis fabriqués à partir d'acier pour réduire les coûts. Ces sociétés pourraient également commander moins d'acier aux sociétés américaines à long terme. Les sociétés du secteur des boissons en canettes qui ont des contrats dits «pass-through» sur l'aluminium pourraient subir un impact gérable à court terme sur la rentabilité mas les volumes pourraient être affectés si les consommateurs finaux diminuent leurs achats. L'augmentation des coûts des machines pourrait également causer une diminution des investissements dans de nombreuses industries au fur et à mesure du renchérissement du coût de remplacement.
Aux États-Unis, nous sommes d'avis que les taxes à l’importation auront un impact positif à court terme sur les sociétés du secteur de l'acier, mais un impact négatif plus important sur une large gamme d'industries et notamment celle de l’acier.
En Europe, on observe une menace pour les prix de l'acier. Tout d'abord, une partie des exportations américaines devra maintenant trouver de nouveaux acheteurs, en Europe ou ailleurs. Cela risque d’être difficile et de peser à la baisse sur les volumes échangés et donc sur les prix. En outre, les producteurs mondiaux non-américains pourraient rediriger certaines de leurs exportations vers l’Europe, ce qui aggraverait le déséquilibre entre l'offre et la demande. Les producteurs européens qui fabriquent aux Etats-Unis bénéficieront de l'augmentation des prix intérieurs américains, tandis que ceux qui sont plus exposés à l’Europe et/ou exportent vers les États-Unis seront plus susceptibles de subir des effets négatifs suite à la nouvelle réglementation. Les producteurs qui se concentrent sur les produits de niche non produits aux États-Unis ne seront pas concernés dans la même mesure.
Les industries consommatrices d'acier, comme la construction (35% de la demande d'acier en Europe selon EUROFER), l'industrie automobile (18%) et l’ingénierie mécanique (14%) bénéficieront d’un prix de l'acier plus bas en Europe qu'aux États-Unis. Ces industries peuvent également s'attendre à une baisse des coûts de production si les prix de l'acier venaient à diminuer en Europe.