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Le concept de “bonheur” tel que nous le comprenons ne peut être envisagé, ici, qu’à la lumière des concepts de spiritualité et de religion définis sur cette page.
Le bonheur est un état de bien-être et de satisfaction complète. En tant que tel, le bonheur a un impact direct sur la santé physique et mentale des individus. Cet état de satisfaction complète n’est possible qu’à partir du moment où l’environnement-cadre est facilitateur. Autrement dit, on atteint le bonheur par et à travers les autres. Le bonheur ne se réfère donc pas aux plaisirs éphémères ni une joie intense et soudaine. Le bonheur est un état de plénitude et d’union harmonieuse avec l’autre.
Le bonheur, nous intéressera ici en tant qu’indice holistique utilisé par les pouvoirs étatiques et internationaux pour évaluer le niveau de bien-être de sa population et guider son action politique. Cette conception est celle qu’on retrouve à travers le concept de “Bonheur National Brut” (Gross National Happiness).
Le bonheur collectif est le but recherché par les quatre piliers.
Lisons maintenant ce qu’écrit, en 1968 à l’occasion d’un discours, Bob Kennedy :
Notre PIB prend en compte, dans ses calculs, la pollution de l’air, la publicité pour le tabac et les courses des ambulances qui ramassent les blessés sur nos routes. Il comptabilise les systèmes de sécurité que nous installons pour protéger nos habitations et le coût des prisons où nous enfermons ceux qui réussissent à les forcer. Il intègre la destruction de nos forêts de séquoias ainsi que leur remplacement par un urbanisme tentaculaire et chaotique. Il comprend la production du napalm, des armes nucléaires et des voitures blindées de la police destinées à réprimer des émeutes dans nos villes. Il comptabilise la fabrication du fusil Whitman et du couteau Speck, ainsi que les programmes de télévision qui glorifient la violence dans le but de vendre les jouets correspondants à nos enfants. En revanche, le PIB ne tient pas compte de la santé de nos enfants, de la qualité de leur instruction, ni de la gaieté de leurs jeux. Il ne mesure pas la beauté de notre poésie ou la solidité de nos mariages. Il ne songe pas à évaluer la qualité de nos débats politiques ou l’intégrité de nos représentants. Il ne prend pas en considération notre courage, notre sagesse ou notre culture. Il ne dit rien de notre sens de la compassion ou du dévouement envers notre pays. En un mot, le PIB mesure tout, sauf ce qui fait que la vie vaut la peine d’être vécue.Discours du 18 mars 1968 de Bob Kennedy, cité par Jean-Claude Michéa, dans “L’empire du moindre mal”