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Dans le district de Kongwa, situé dans la région centrale de Dodoma, la majorité des 370 000 habitant·es tirent leur subsistance d’une petite parcelle de terre, sur laquelle il·elles font pousser principalement du maïs pour leur propre consommation. Certain·es élèvent aussi quelques animaux.
La région de Kongwa est caractérisée par un climat chaud et semi-aride, marqué par des périodes de pluie et de sécheresse très prononcées. La saison humide commence en principe en décembre et s’étend sur environ cinq mois, jusqu’à avril ou début mai de l’année suivante. Le reste de l’année est sec, et peu de paysan·nes ont la possibilité d’irriguer leurs champs.
Jacob Emanuel Joseph
est doctorant en sciences agronomiques à l’Université Georg-August de Göttingen.
Une fenêtre étroite pour la culture du maïs
En général, la culture d’un plant de maïs tropical standard, du semis à la récolte, nécessite un intervalle de six mois. La période de plantation est très courte. Si la saison des pluies tarde à arriver, les récoltes seront potentiellement mauvaises, car la phase de croissance des plantes risque d’être trop courte. A contrario, s’il pleut trop et au mauvais moment, la récolte et le stockage seront périlleux. Les fortes pluies lessivent la couche supérieure fertile des champs, en particulier durant la saison sèche, lorsque le sol est à nu. Un tel scénario est lourd de conséquences : les sols, déjà peu productifs en temps normal, deviennent pratiquement stériles.
Nous avons étudié les régimes climatiques de la région et leur impact potentiel sur la production végétale et animale en utilisant différentes analyses statistiques. L’étude a notamment examiné l’impact du climat sur l’agriculture en Tanzanie en utilisant des données de précipitations de 1981 à 2020. Les données montrent une variabilité élevée de la pluie avec une probabilité accrue de faible quantité de précipitations sur plusieurs années consécutives. Les conditions climatiques ont affecté les semis et les récoltes, ainsi que causé une érosion massive du sol.
Les agriculteur·trices ont besoin de soutien
Dans le contexte du changement climatique, il faut s’attendre à ce que le climat de Kongwa soit encore moins prévisible et plus extrême à l’avenir. Pour les familles paysannes de la région, cette réalité se traduit par des conditions de vie précaires.
Les périodes de sécheresse peuvent causer des conflits entre les agriculteur·trices et les éleveur·euses. Pour résoudre les problèmes, les différents acteur·trices doivent améliorer les conditions de production, les marchés et les services de conseil pour renforcer la stabilité des systèmes agricoles. Le projet soutenu par Biovision, supervisé par l’ICRISAT, rassemble les différents groupes d’intérêt et aide les institutions gouvernementales et les agriculteur·trices locaux·ales à tester et à développer des méthodes appropriées pour la collecte de l’eau de pluie et la protection des sols et des eaux. Il vise également à introduire de nouvelles méthodes de culture mieux adaptées aux conditions difficiles de la région.