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L'organisation météorologique mondiale (OMM) affirme, dans son rapport annuel, que le réchauffement climatique s'est accéléré et que la température des mers a augmenté de 1 à 2 degrés. Pourtant, le projet "Ocean Melting Greenland" de la Nasa révèle que la calotte du glacier Jakobshavn se reforme.
C'est "un effet paradoxal du réchauffement" climatique, explique Martine Rebetez, professeur de climatologie à l'Université de Neuchâtel.
"Lorsqu'il y a une augmentation de la température à la surface de l'océan, il y a plus d'évaporation, plus de précipitations, donc momentanément et localement une augmentation du glacier. Il peut aussi y avoir une circulation océanique qui change, donc avec un refroidissement local, qui va aussi pouvoir augmenter le volume du glacier", détaille-t-elle. Et d'ajouter que "tous ces phénomènes sont relativement complexes. Même dans les Alpes, une année après l'autre, les choses peuvent changer".
Un courant océanique froid
, la NASA explique que le ralentissement de l'érosion et l'épaississement du glacier Jakobshavn a lieu en raison du refroidissement d'un courant océanique qui amène de l'eau au glacier. Elle précise que la température des eaux aux abords du Jakobshavn sont actuellement au niveau le plus bas depuis le milieu des années 1980.
>> Les explications de la NASA sur le rôle des océans dans l'évolution du glacier:
"Pas un signal d'arrêt" du réchauffement
D'ailleurs, pour Martine Rebetez, membre également de l'Institut fédéral de recherche sur la nature WSL, il ne faut pas se réjouir de cette reformation de la calotte de ce glacier du Groenland. "Il ne faut pas s'imaginer que c'est un signal d'arrêt du réchauffement climatique!", prévient-elle.
"Il y a pas mal de situations qui conditionnent la neige. Lorsque les températures sont très basses, -10°C, -20°C, il y a très peu d'humidité dans l'air, donc généralement peu de précipitations. Il peut donc arriver que si la température augmente de quelques degrés, les précipitations neigeuses augmentent aussi. Mais évidemment, si elle continue à augmenter, on a de la pluie", conclut Martine Rebetez.
Par ailleurs, la banquise arctique a atteint l'un de ses plus bas niveaux l'année dernière.
Davy Bailly-Bassin/jvia