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Le Haut conseil d'état des forces armées et de sécurité (junte),
composé de 11 militaires et dirigé par le général Mohamed Ould
Abdel Aziz, "prendra les dispositions qui s'imposent en vue de
garantir la continuité de l'Etat et de superviser en concertation
avec les institutions, les forces politiques et la société civile
la tenue d'une élection présidentielle".
Cette élection doit permettre de relancer le processus
démocratique dans le pays et de le refonder sur des bases pérennes,
précise le communiqué.
Démocratie à deux vitesses
Le nouvel homme fort de Nouakchott a choisi de faire sa première
apparition publique à la fin d'une marche organisée jeudi en
soutien aux putschistes.
"Je m'engage à résoudre tous les problèmes qui se posent au pays,
à faire régner la justice et l'égalité", a alors déclaré le
militaire de 52 ans, affirmant que l'armée veillera à « l'ancrage
de la démocratie ».
Quasiment au même moment, la police dispersait une manifestation
de soutien au président renversé à coups de grenades lacrymogènes.
Ce rassemblement contre le putsch était organisé par quatre partis
politiques constitués en Front national pour la défense de la
démocratie.
Préserver l'Etat de droit
Dans un premier temps, la junte s'était présentée comme un
"conseil d'Etat". Des sources proches des putschistes avaient
indiqué qu'il pourrait être composé de militaires mais aussi de
civils. Elles avaient aussi assuré qu'une élection présidentielle
serait probablement organisée dans deux mois.
Mais jeudi, la junte a annoncé une composition exclusivement
militaire du conseil. Elle n'a pas avancé de date précise pour la
prochaine élection présidentielle.
Auparavant, dans un entretien publié par " ", le général qui a renversé le président
mauritanien mercredi a affirmé qu'il ne s'agissait "pas d'un coup
d'Etat". Mohamed Ould Abdel Aziz a également assuré que l'Etat de
droit sera préservé.
Dans cet entretien, le général justifie son action en déclarant
que "toucher à l'armée aujourd'hui surtout en la décapitant de
chefs compétents et des plus respectés met le pays dans une
situation dangereuse", notamment en raison des problèmes
sécuritaires et de terrorisme que rencontre la Mauritanie.
Sans violences
Le putsch s'est déroulé mercredi sans effusion de sang.
L'aéroport international de Nouakchott a été fermé mais a de
nouveau ouvert dans la soirée, a-t-on appris de source sécuritaire.
Aucune violence n'a été rapportée pour le moment.
ats/afp/ant
Déjà trois coups d'Etat en 48 ans
L'arabe est la langue officielle de ce pays de 3,1 millions d'habitants à 99% musulmans, mais le français est largement parlé.
Ancienne colonie française, la Mauritanie a accédé à l'indépendance en 1960.
En 48 ans d'histoire, cet Etat a déjà connu 3 coups d'Etat.
Le premier président, Moktar Ould Daddah, est renversé en 1978 lors d'un coup d'Etat dirigé par le colonel Ould Saleck.
En 1984, le colonel Maaouiya Ould Taya renverse le président Mohamed Khouna Ould Haidalla, au pouvoir depuis 1980.
Ould Taya reste au pouvoir jusqu'en 2005, quand il est renversé par une junte militaire.
En 2006, une nouvelle Constitution instaure un régime présidentiel.
En avril 2007, Sidi Ould Cheikh Abdallahi remporte la première élection présidentielle démocratique.
Condamnation unanime
L'Union africaine a "exigé" la libération du président et "des autres personnalités arrêtées", ainsi que le "rétablissement sans délai des institutions que le peuple mauritanien s'est démocratiquement choisi".
L'Egypte s'est dite "consternée" par le coup d'Etat, tandis que la Ligue arabe faisait part de son "extrême" inquiétude. Une délégation de la Ligue arabe se rendra d'ailleurs vendredi en Mauritanie pour tenter une "approche diplomatique directe avec les différentes parties".
Les Etats-Unis ont bloqué plus de 20 millions de dollars d'aide non humanitaire à la Mauritanie, réclamant un retour immédiat à l'ordre civil.
L'Union européenne a averti qu'elle pourrait "suspendre son aide financière à ce pays.