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Notre planète bleue est de plus en plus verte, mais ce n’est pas forcément une bonne nouvelle
Selon une étude sur le changement climatique, intitulée «Greening of the Earth and its Drivers» («Le verdissement de la Terre et ses causes») publiée le 25 avril dans la revue scientifique Nature, l’augmentation des émissions de dioxyde de carbone (CO2) dans le monde mène à une propagation de la végétation. Sauf que ce phénomène traduirait les signes d’un écosystème en difficulté qui peine à s’ajuster.
Les 32 chercheurs, issus de 24 institutions dans huit pays différents, qui ont participé à l’étude, ont recueilli et analysé les donnés de satellites récoltées entre 1982 et 2009. Ils en ont conclu que la végétation apparue durant cette période est équivalente à quatre milliards de séquoias géants, dont toutes les feuilles pourraient recouvrir deux fois la surface des États-Unis. De cette végétation, une part de 70% résulterait des effets de l’augmentation du CO2 dans l’atmosphère, selon les chercheurs.
D’autres facteurs, beaucoup moins importants, auraient également contribué à l’expansion de la végétation: le changement climatique (à 8%), davantage de nitrogène dans l’environnement (8%) et des changements dans la gestion des territoires (4%).
Les climato-sceptiques peuvent trouver dans les résultats de cette étude un moyen de réaffirmer que l’augmentation du CO2 dans l’atmosphère est bénéfique pour la planète grâce à une effet «fertilisant». Mais selon le professeur de l’université de Boston Ranga Myneni, qui a mené l’étude, l’augmentation du nombre d’arbres et de plantes ne compense en aucun cas le réchauffement climatique, l’élévation du niveau de la mer, la fonte des glaces, l’acidification des océans ainsi que l’augmentation du nombre et de la force des tempêtes tropicales, comme le rapporte la BBC.
«L’erreur que commettent les climato-sceptiques est double. D’abord, les nombreux aspects négatifs du changement climatique ne sont pas tous connus. Ensuite, des études ont montré que les plantes s’acclimatent à l’élévation de la concentration de CO2 et que l’effet fertilisant en diminue au fil du temps», a également expliqué Philippe Ciais, du Laboratoire des Sciences du Climat et de l’Environnement.
Les conséquences d’une telle augmentation de la végétation sur la planète ne sont pas certaines pour la communauté scientifique.
En décembre dernier, lors de la COP21 à Paris, 195 pays sont parvenus à se mettre d’accord sur la nécessité de maintenir le réchauffement climatique à moins de 2°C. Reste à ce que tous ces mêmes pays signent et ratifient l’accord d’ici 2020.