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Vous savez tous que c’est un animal de meute, vivant dans une hiérarchie stricte dictée par le mâle et la femelle alpha. Je ne vous apprends rien.Par contre, si mon titre comprend le mot « naturel », c’est que je veux vous parler de leur comportement en milieu « sauvage ». Les analyses qui ont servi de base de données pour déterminer leurs comportements datent d’observations récoltées entre 1950 et 1970 et ceci sur des loups en captivité.
David Mech, célèbre biologiste américain spécialisé dans l’observation du loup dans son milieu naturel, a fait une très belle analogie en comparant l’étude comportementale du loup en milieu captif à l’étude du comportement humain dans un camp de réfugié.
Effectivement, les meutes de loups que l’on retrouve en captivité sont composées d’individus de différents groupes ou de loups solitaires hors de leur milieu naturel. Avec un groupe ainsi recomposé et une liberté de mouvement très restreinte, il n’est pas surprenant qu’une structure hiérarchique rigide se mette en place. C’est d’ailleurs ce que la plupart des espèces font dans ces conditions.
Dans la nature, un loup qui est en âge de se reproduire va quitter la meute dans laquelle il est né ; s’il est en bonne santé et que le destin ne le rattrape pas trop tôt, il va rencontrer une louve avec qui il fondera une famille. C’est ainsi que, tout comme chez l’humain, le couple qui se reproduit est à la tête d’une nouvelle « meute ».
Depuis quelques années déjà, les scientifiques ne parlent plus de « meutes » mais bel et bien de « familles » (composées de 2-3 générations de loups). Car, oui, on peut dire que les parents des louveteaux sont leurs supérieurs hiérarchiques. Mais nous percevons-nous comme un couple alpha lorsque nous analysons notre position face à nos enfants. Vivons-nous une relation de dominant-dominé ? Quelle information ajoute le terme « alpha » ? Sans oublier que le terme « hiérarchie » comprend un système de relations rigide, basé sur le règne de la peur… Est ce que vos enfants vous écoutent parce qu’ils ont peur de vous ?
Quelques faits :
- Le regroupement en meute n’est pas génétique mais environnemental puisque 37% des loups vivent de manière solitaire et ne formeront jamais de « meute » ;
- personne n’a encore quantifié les relations hiérarchiques chez le loup à l’état sauvage ;
- chaque jeune loup est un reproducteur potentiel et s’il vit assez longtemps pour se reproduire, il deviendra « l’alpha » par définition ;
- en treize étés passés au milieu des loups sauvages D. Mesh n’a pu observer aucun combat de dominance, mais seulement des rituels face au partage de la nourriture et du marquage du territoire, sans oublier les postures de soumission ou de dominance.