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La pauvreté a fait l’actualité à deux reprises au mois de juillet. D’une part, l’Office fédéral de la statistique nous apprend qu’elle touche 590'000 personnes en Suisse en 2012 (7,7% de la population), dont 130'000 travailleurs. D’autre part, le rapport sur le développement humain du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) constate que 2,2 milliards de personnes, soit 15% de la population mondiale, vivent dans le dénuement. Parmi elles, 1,2 milliard sont en situation d’extrême pauvreté, avec un revenu inférieur à 1,25 dollars par jour.
La bonne nouvelle, c’est que la pauvreté recule. Depuis 2007, date du début du relevé des données en Suisse, son taux a diminué de 1,6 point. Le taux de la pauvreté de la population active occupée a dans le même temps baissé de 1,3 point à 3,5%. Dans le monde, l’extrême pauvreté a diminué de moitié en 20 ans. Le premier des huit Objectifs du Millénaire pour le Développement adoptés en 2000 par 193 Etats membres des Nations Unies a ainsi été atteint avant l’horizon 2015. De nouveaux objectifs vont être définis pour la période 2016-2030, et l’un d’entre eux sera vraisemblablement de mettre fin à l’extrême pauvreté.
Alors que la croissance économique était considérée il y a quelques années comme l’unique moyen de réduire l’extrême pauvreté, les avis sont plus nuancés aujourd’hui. Au mois d’avril, la Banque mondiale a reconnu que la croissance était une condition nécessaire mais non suffisante pour éradiquer la pauvreté. Ses économistes ont en effet remarqué que les inégalités ont tendance à réduire, voire à annuler les effets de la croissance. Les progrès obtenus sur le front de la pauvreté sont plus importants là où les inégalités reculent. Dès lors, la lutte contre la pauvreté se joue aussi sur le terrain de l’éthique et de l’équité. En outre, on ne peut pas se satisfaire de réduire l’extrême pauvreté, il faut aussi s’intéresser au sort des 40% les plus pauvres de la population, qui restent très vulnérables aux crises politiques et économiques.
Pour réduire la pauvreté, l’action politique s’avère nécessaire. Elle doit viser à réduire les inégalités et à promouvoir la justice sociale. Ce raisonnement est aussi valable pour un pays comme la Suisse. Bien que le phénomène de l’extrême pauvreté ne concerne pas notre pays, 590'000 personnes y vivent dans une situation de pauvreté, définie comme un revenu égal ou inférieur à 2200 francs par mois pour une personne seule ou 4050 francs par mois pour un ménage comprenant deux adultes et deux enfants.
La lutte contre les inégalités et l’aide aux personnes démunies restent d’actualité, surtout à l’heure où des voix s’élèvent pour demander le démantèlement des acquis sociaux.