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Des gens comme nous
L'accueil que nous réservons aux réfugiés ukrainiens exaspère les milieux pro-immigration, comme on peut le constater au détour des articles que nous lisons sur internet.
Par exemple, une sociologue de l'Université de Boston déclare: «Les mêmes pays qui ont longtemps refusé d'accueillir des réfugiés ouvrent leurs frontières aux Ukrainiens. [Référence aux pays d'Europe de l'Est, à commencer par la Pologne et la Hongrie.] Bien que je sois très heureuse de voir cet accueil pour les Ukrainiens, il y a lieu de s'inquiéter qu'il ne soit pas offert à d'autres personnes (…). A cela s'ajoute la discrimination aux frontières parmi les populations mêmes qui fuient l'Ukraine actuellement.» [Allusion au fait que, parmi les réfugiés qui se présentent à la frontière polonaise, certains ont beaucoup de peine à se faire passer pour des Ukrainiens.]
Ou sous la plume (très inclusive) de la directrice des programmes du Centre d'études humanitaires de Genève: «On voit se développer très nettement une inégalité de traitement entre les réfugié-es ukrainien-nes et les autres (…) Pourquoi le Conseil fédéral a-t-il accepté de donner le fameux permis S aux réfugié-es ukrainien-nes alors qu'il ne l'a pas fait pour les autres? (…) Il serait également souhaitable que celles et ceux qui se sont généreusement proposé-es pour accueillir des réfugié-es ukrainien-nes acceptent n'importe quelle famille de réfugié-es, quelle que soit son origine.»
Quant à la directrice de l'Organisation suisse d'aide aux réfugiés (OSAR), elle trouve «très choquante l'inégalité de droit entre les différents groupes de réfugiés. (…) L'aide aux réfugiés exige, aussi pour les réfugiés qui ne sont pas originaires d'Europe, tout ce que les Ukrainiennes et les Ukrainiens obtiennent actuellement avec le statut de protection S.»
Ces mêmes milieux sont ulcérés par les propos du premier ministre bulgare, qui aurait affirmé: «Ce ne sont pas les réfugiés auxquels nous sommes habitués (…) Ces gens sont des Européens.» Mais le premier ministre bulgare ne dit-il pas tout haut ce que beaucoup d'Européens pensent tout bas – tout en se tortillant sur leur chaise pour jurer qu'ils ne font pas de discrimination?
La discrimination en tant que telle ne gêne pas les esprits immigrationnistes, qui pratiquent et prônent la «discrimination positive» depuis des décennies. Ils ont essayé de nous l'inculquer, de nous convaincre d'accorder notre préférence aux populations d'autres régions du monde, d'autres cultures, d'autres religions, plutôt qu'à celles qui nous sont proches. Après des décennies de culpabilisation collective, on commençait à croire qu'ils avaient réussi. Aujourd'hui, on découvre qu'ils ont échoué et que les vieux réflexes, refoulés un temps, refont surface: nous préférons les gens «comme nous».
Pollux