Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07251.jsonl.gz/441

“Des raisons économiques exigent aujourd’hui la rationalisation et la standardisation des immeubles locatifs. Or la différenciation toujours croissante de nos besoins en matière de logement exige d’un autre côté la plus grande liberté d’utilisation possible. À l’avenir, il sera nécessaire de tenir compte de ces deux exigences. Le bâtiment à ossature est le système de construction qui y répond le mieux. Il permet une conception rationnelle et laisse entièrement libre l’organisation intérieur de l’espace. Si on n’aménage de manière fixe que la cuisine et la salle de bains, à cause de leur équipement spécifique, et si on décide de diviser la surface habitable restante avec des cloisons mobiles, je pense qu’on pourra répondre à toutes les exigences légitimes en matière de logement.”
[Mies Van der Rohe, 1927]
La quête d’un espace unitaire sur un seul niveau, sans point porteur ni obstacle intermédiaire occupera Mies van der Rohe dès le projet du Weissenhofsiedlung. Cet archétype formel est par essence public, même s’il fut souvent employé dans des constructions privées.
Le projet du Weissenhof est un immeuble d’habitations de quatre étages, dont chaque appartement est articulé autour d’un séjour central. Les cloisons légères divisant le plan permettent de faire varier les typologies en taille et en forme. La structure porteuse est quant à elle reportée en façade, puis disparaît dans un remplissage.
Le système compact de la cuisine et de la salle de bain du Weissenhofsiedlung est repris pour les deux tours de logements de l’immeuble du 860, Lake Shore Drive à Chicago. Ces deux pièces sont comprimées autour du noyau de distribution des appartements. Ce procédé permet de libérer un espace de séjour et de chambre s’étirant le long de la façade vitrée.
Conçue en 1946, La Farnsworth House se compose d’un seul espace de 23 x 9m, porté par huit poteaux extérieurs. L’intérieur se déroule comme une séquence d’espace continu tournant autour d’un noyau de service composé par la cuisine et les sanitaires. Surélevée d’1,5 mètre au dessus du sol, le volume principale est enveloppé d’une peau de verre.
La séquence de plateforme d’entrée qui glisse légèrement sous le corps principal du bâtiment est inspiré du suprématisme.
L’apothéose de l’espace unitaire continu se cristallise dans le projet de la National Gallery de Berlin. Il s’agit d’un espace carré monumental de 65m de côté dont l’espace intérieur, délimité par un vitrage, n’a aucun obstacle, aucun murs ni aucun pilier. Seul les circulations verticales rompent la fluidité de l’espace. Un système de rideaux coulissants permet une séparation visuelle de cet espace. La toiture est composée de caissons, soutenu par huit piliers métalliques rejetés à l’extérieur du volume. L’ensemble est posé sur une plateforme surélevant l’entrée par rapport au niveau de la rue.
À la manière du collage d’intention d’Archizoom, la structure chez Mies van der Rohe est volontairement repoussée sur le pourtour de ses bâtiments, libérant ainsi une vaste plateforme dont l’organisation intérieure se voit libérée de toute contrainte structurelle.
Cette architecture de métal et de verre, galvanisée par Mies van der Rohe, était déjà très présente pour un autre langage d’architecture, celui de l’industrie.
Le premier avantage de cette paire de matériaux est le développement de la façade rideau, véritable trouvaille qui permet de libérer les limites du bâtiment. L’usine Van Nelle sera construit autour de ce principe qui permet la transparence de ses activités et une forte lumière en son sein. Le BauHaus reprendra cette idée pour permettre une application à un cas plus domestique. Ce matériaux permet également la construction d’objet pour recouvrir de nouveaux espaces qui ont besoin d’un plan avec la plus grande adaptabilité possible. Que ce soit vertical ou horizontal, l’architecte semble ne plus véritablement avoir de limites autant dans les recherches verticales de Choukhov que des usines métallurgique horizontales comme à Charleroi.
Nos recherches architecturales nous demandent de puiser dans ce que nous connaissons pour comprendre comme la Pl élévée à N avec la rencontre de la ville verte peut définir un espace avec une qualité qui permet de traverser les siècles. La recherche dans le domaine des rénovations nous permettent rapidement d’imaginer une telle qualité : les nouveaux lieux à la mode sont les loft – duplex ou les réhabilitations des friches industrielles qu’on décrit parfois comme cathédrale de lumière. La raison est simple, ces espaces sont en fait la consécration du plan libre et possède cette qualité élastique de la définition de l’espace et du programme. Ces objets appartiennent tellement au domaine du gigantisme qu’il est possible de venir les rénover en y incorporant des quartiers.
Cette qualité est visible dans l’imaginaire contemporain. Le traveling de waterworld nous permet tout à fait de comprendre la potentialité d’une structure modulable sur différents niveau. Plus récemment, des projets comme celui de la RTBF de OFFICE reprend cette imaginaire de ville abritée, qui n’est rien d’autre que la suite logique du phalanstère de Fourier.
Le matériaux en lui même est très léger et très durable. Outre la réutilisation d’espace construit, le matériaux en lui même a une très forte capacité pour la réutilisation. Aujourd’hui 90% de l’acier utilisé dans le bâtiment provient du recyclage des déchets métalliques (Voitures,…). De plus le métal peut soit être soudé soit être monté/démonté augmentant ses possibilités d’évolution.
Dès lors il serait agréable d’imaginer une structure brutale et durable d’ossature métallique, sur laquelle la multitude puisse se développer. Cette structure pourra traverser les âges mais les usages temporaires pourront eux se succéder au gré des besoins