Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06861.jsonl.gz/424

Notre alimentation influence la composition de l’ensemble de bactéries, virus et champignons vivant dans notre appareil digestif, qui est appelé le microbiote intestinal. Celui-ci divise les molécules de sucre, produit des acides gras, synthétise des vitamines importantes et décompose les protéines en leurs molécules de base, les acides aminés. Il élimine aussi les substances nocives et les produits métaboliques toxiques comme l’acide biliaire. De plus, il fournit des calories et combat des bactéries susceptibles de nous rendre malades.
Alors notre alimentation influence-t-elle notre santé psychique ? Des études ont montré que notre intestin communique directement avec notre cerveau. Notre alimentation régule les hormones et les neurotransmetteurs dans notre intestin. Ceux-ci influencent à leur tour de nombreux processus : la constitution de nouvelles voies nerveuses, le système de récompense du cerveau, l’absorption d’énergie, l’appétit, le sommeil, l’humeur et des fonctions cognitives comme la réflexion, les sensations, la perception.
Les approches thérapeutiques possibles
De nombreuses découvertes ont été faites dernièrement, notamment concernant la dépression. En examinant l’alimentation des personnes dépressives, on s’aperçoit de deux choses :
- Elles mangent des aliments riches en glucides et lipides, et ceux-ci augmentent la quantité d’hormones « anti-déprime » produites dans l’intestin
- Certaines souches bactériennes sont surreprésentées ou sous-représentées dans les selles des patients dépressifs.
L’alimentation pourrait-elle être un remède à la dépression ? L’idée est à creuser, car les éléments suivants ont déjà été observés :
- Une étude semble indiquer un lien entre un régime japonais à base de thé vert, de fruits, de produits au soja et de légumes et un faible taux de dépression
- Un régime méditerranéen avec de grandes quantités d’huile d’olive, de poisson, de fruits, de noix, de légumes, de volaille et de viande non transformée (pas de charcuterie), réduit également le risque de dépression
- Une enquête a montré que l’effet du magnésium contre les symptômes de dépression est quasiment aussi puissant que celui d’un antidépresseur connu
- La vitamine D est efficace chez les patients atteints de dépression saisonnière
- Lorsqu’après un AVC, les patients reçoivent un traitement substitutif à l’acide folique, le risque de récidive de dépression dans les 7 années qui suivent est divisé par deux.
Il est néanmoins trop tôt pour parler d’options thérapeutiques. Une autre question importante reste à trancher : l’alimentation est-elle responsable de la dépression ou la dépression est-elle à l’origine d’un comportement alimentaire malsain ?
En attendant des réponses, la recherche explorant les interdépendances entre l’alimentation et le psychisme est encouragée.
Sources bibliographiques: