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Hold up électoral raté de justesse en Arménie
Mercredi 19 février se tenaient, en République dArménie, les troisièmes
élections présidentielles depuis lindépendance de 1991. Ce scrutin opposait le président sortant, Robert Kotcharian, élu en 1998 dans le cadre délections entachées par des irrégularités flagrantes, à huit candidats de lopposition.
Jeudi matin, la Commission électorale centrale annonçait officieusement M. Kotcharian vainqueur, ce qui a provoqué lire de lopposition. Plus de 10000 manifestant-e-s se sont alors rassemblés devant le siège de la Commission, exigeant un nouveau décompte des voix, alors que les inspecteurs de lOSCE contredisaient les autorités arméniennes, qui avaient indiqué ne pas avoir constaté dirrégularités significatives (sic!) lors de ce scrutin «libre et honnête». Le chef de mission de lOSCE, Peter Eicher, confirmait, jeudi à 14h, la colère de lopposition en dénonçant des problèmes dans le décompte des voix et en qualifiant ces élections «loin des exigences internationales». Finalement, par un heureux hasard, à 18h, il sest avéré, selon des chiffres désormais officiels, que M. Kotcharian navait recueilli «que» 49,8% des voix…
Un second tour, qui se tiendra le 5 mars prochain, devra donc départager le président sortant et Stepan Demirtchian qui a obtenu 28,3% des voix et autour duquel sest maintenant ralliée toute lopposition. Stepan Demirtchian, à la tête du Parti populaire dArménie, est le fils de Karen Demirtchian, ancien premier secrétaire du Parti communiste dArménie entre 1974 et 1988, assassiné le 27 octobre 1999 lors de lattentat du Parlement dont il assurait la présidence. Stepan Demirtchian a semble-t-il hérité du fort charisme de son père, politicien extrêmement populaire, et est, à ce titre, un concurrent sérieux pour M. Kotcharian. Ceci dit, les options politiques fondamentales (alliance avec la Russie, rapprochement de lEurope, amitié avec les USA, etc.) ne varient pas beaucoup entre les deux hommes. Tout au plus, mais ce nest pas rien, on est en droit despérer que Stepan Demirtchian saura faire preuve de plus de probité et dhonnêteté que M. Kotcharian dans la conduite dune Arménie encore fortement gangrenée par la corruption, le clanisme et les dérives mafieuses.
Cependant les résultats de ce scrutin sont source despoirs. Tout dabord, la falsification des élections en Arménie semble ne plus pouvoir sopérer aussi facilement que de par le passé. Ensuite, les manifestations de lopposition sont lexpression enfin visible dun lent réveil de la société civile depuis quelques années.
Erik GROBET