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Berne - Alors que le bon fonctionnement de la démocratie helvétique dépend entre autres de la qualité des médias, celle-ci est en forte baisse, selon une étude. Principales causes: la crise économique ainsi que l'explosion des journaux gratuits et des sites Internet.
"La Suisse a une grande tradition de la presse, notamment grâce à son plurilinguisme, mais le manque de ressources fait perdre du terrain aux journaux par abonnements", principaux garants de la qualité médiatique, a déploré Kurt Imhof, l'un des douze chercheurs de l'Université de Zurich qui ont contribué à cette étude.
La crise des médias en Suisse a pris une tournure alarmante en 2005, lorsque la presse, la radio et la télévision ont dû faire face à l'invasion du marché par les sources d'information en ligne et les journaux gratuits. Cette "culture du gratuit" a entraîné une croissance de la personnalisation, de l'émotionnalisation et de la boulevardisation des thèmes, a commenté M. Imhof.
Au nombre des problèmes mis au jour par les auteurs de l'étude, qui se sont penchés en 2009 sur quelque 137 titres de médias (dont 46 ont fait l'objet d'une attention toute particulière), figure l'importance surdimensionnée accordée à l'humain et au sport. En outre, la couverture internationale des journaux, radios, télévisions et sites d'informations se limite de plus en plus à des dépêches d'agence.
Les grandes thématiques d'actualité font généralement l'objet d'un traitement séquentiel plutôt que d'être élargies et mises en regard avec la société en général sur la durée, selon l'étude. Dans le cas du débat lié à la votation sur les minarets, les généralisations et les discours d'exclusion à l'encontre des acteurs musulmans ont reçu un large écho médiatique.
Le président des éditeurs suisses alémaniques rejette les conclusions de l'étude. Selon Hanspeter Lebrument, le monde médiatique helvétique, de bonne facture, ne doit pas faire l'objet de profondes restructurations.
Le rédacteur en chef du journal gratuit "20 Minuten" s'est lui aussi étonné. "Je rejette le reproche fait à '20 Minuten' d'être à l'origine d'une perte de qualité", a souligné Marco Boselli.
Lorsque les chercheurs écrivent que sa publication est presque entièrement constituée de dépêches d'agences, ils "n'ont aucune idée de quoi ils parlent". Selon M. Boselli, "20 Minuten" est très orienté sur les productions maison.
ATS