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Pour marquer le centenaire du Concours fédéral des beaux-Arts, l'Office fédéral de la culture publie un ouvrage intitulé «Prix conseillé», trilingue et richement documenté.Ce contenu a été publié le 09 novembre 1999 - 14:54
Pour marquer le centenaire du Concours fédéral des beaux-Arts, l'Office fédéral de la culture publie un ouvrage intitulé «Prix conseillé», trilingue et richement documenté.
A l'origine, il s'agissait de «relever le niveau moyen de l'art suisse», et de permettre aux artistes, par le biais de bourses, de partir à l'étranger pour y compléter leur formation. Cent ans plus tard, ce sont 15 000 artistes qui ont été évalués par 175 jurés, et 1400 d'entre eux qui ont été primés...
Le livre que publie à cette occasion la Confédération évoque de façon très détaillée l'évolution du Concours fédéral des beaux-arts. Au-delà de cette mission historique et commémorative, il se propose de «faire un état des lieux et de proposer des pistes pour l'avenir en engageant la discussion», comme le précise Pierre-André Lienhard, chef du service des beaux-arts à l'Office fédéral de la culture, l'un des signataires de l'ouvrage. Et en effet, un espace a été offert notamment aux artistes pour exprimer points de vue et critiques, la plus répandue étant le manque de visibilité, l'impression de huis clos dégagée par un concours que la presse couvre avec parcimonie et que le public, en général, ignore.
Le livre se conclut par une rétrospective où cent oeuvres, une par année, nous offrent un raccourci saisissant de l'art en Suisse. Ou plutôt, de l'art en Suisse vu au travers du prisme du Concours fédéral : ainsi, si dans les premières années, les choix de la commission responsable étaient relativement modernistes, les années vingt, trente et quarante ont été marquées par le conservatisme, «défense spirituelle» oblige.
Et depuis? Depuis, le concours s'est ouvert «aux formes les plus modernes de l'art contemporain», comme le constate Pierre-André Lienhard. A tel point que l'on peut se demander si le public, vous, moi, s'y retrouve encore. «On a dépassé l'époque des années 70 où, avec l'art conceptuel, il y avait une cassure entre le public et les artistes. Je crois que de plus en plus, les artistes essaient de réinvestir le terrain de la vie, et sont préoccupés de communiquer avec le public», ajoute-t-il.
Vraiment? En parcourant les couloirs de la Kunsthalle de Zurich, où sont exposées les oeuvres des 35 lauréates et lauréats 1999, un doute nous saisit parfois...
Bernard Léchot
- «Prix fédéraux des beaux-arts 1999, à voir jusqu'au 30 décembre à la Kunsthalle de Zurich.
- «Prix conseillé» est publié par l'OFC aux éditions Orell Füssli.
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