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Les autorités chinoises n'ont guère gouté aux commentaires de l'universitaire Ilham Tohti (archives).
KEYSTONE/AP/ELIZABETH DALZIEL(sda-ats)
L'Ouïghour Ilham Tohti a été honoré mardi par le Prix Martin Ennals 2016 pour les défenseurs des droits de l'homme. L'intellectuel n'était pas présent à Genève. Pékin l'a condamné à la réclusion à perpétuité.
Ce prix, considéré comme le "Nobel des droits de l'Homme", a été créé en 1993 pour honorer ceux qui font preuve d'un "profond engagement" pour défendre les droits de l'Homme. Il porte le nom de Martin Ennals, un activiste britannique décédé en 1991, qui a été Secrétaire général d'Amnesty International de 1968 à 1980.
Ilham Tohti, économiste et universitaire ouïghour, a été condamné en septembre 2014 à la prison à vie. En cause: ses commentaires prononcés devant ses étudiants à propos du Xinjiang, région de l'ouest chinois rétive à la tutelle de Pékin.
L'intellectuel a été accusé de "séparatisme" par un tribunal d'Urumqi, capitale du Xinjiang, une charge dont il s'est défendu lors d'un procès qui a suscité alors une levée de boucliers à l'étranger.
"La vraie honte de cette situation est que, en éliminant la voix modérée d'Ilham Tohti, le gouvernement chinois jette en fait les bases de l'extrémisme même qu'il dit vouloir empêcher", a déclaré le président de la Fondation Martin Ennals, Dick Oosting.
Jugé en appel
Ilham Tohti a longtemps dénoncé depuis Pékin la répression visant les Ouïghours, des musulmans turcophones représentant la première ethnie du Xinjiang. L'intellectuel n'a cependant jamais demandé toutefois l'indépendance pour cette région.
Durant son procès sous haute sécurité à Urumqi, la capitale du Xinjiang, il avait réfuté tout séparatisme. Il avait affirmé avoir simplement professé ses opinions lors des cours qu'il donnait à l'Université centrale des nationalités de Pékin.
En novembre 2014, sa condamnation a été confirmée en appel. Il est très rare que les juges, sous le strict contrôle de l'appareil communiste, remettent en question la culpabilité décidée en première instance.
Le prix Martin Ennals est attribué chaque année par une dizaine d'organisations, dont Amnesty International, Human Rights Watch et la Fédération internationale des droits de l'homme. La journaliste syrienne Razan Zeitouneh et des blogueurs éthiopiens avaient également été nominés pour cette distinction. En 2015, le prix a été décerné à Ahmed Mansoor, militant des droits de l'Homme aux Emirats arabes unis.
sda-ats