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Les origines du château d'Uster demeurent obscures. Dans cette contrée colonisée depuis fort longtemps, une colline aux pentes abruptes représentait un endroit idéal pour l'implantation d'un point d'appui. Aucun élément de l'ouvrage actuel, caractérisé par une tour centrale entièrement entourée d'un bâtiment d'habitation de plan rectangulaire, ne remonte toutefois plus haut que 1200. C'est à ce moment que fut érigée une tour d'habitation sur la colline qui se dresse derrière l'église d'Uster. Un profond fossé la séparait des communs construits à peu près à l'endroit où se trouve aujourd'hui un restaurant. On ne sait rien à propos d'autres bâtiments médiévaux, mais d'après quelques reproductions ultérieures, la tour était ceinte d'un mur. Le château d'Uster fut complètement détruit par un incendie en 1492 et il ne fut reconstruit qu'entre 1526 et 1529, sur le socle encore utilisable de l'ouvrage primitif. En 1548, le chroniqueur Stumpf écrivait que «Batt de Bonstetten avait fait démolir les ruines de la tour et poser sur sa base une jolie maisonnette». Sans doute s'est-il agi d'une construction à colombage posée sur le socle de la tour. On n'en possède toutefois aucune reproduction. On sait en revanche qu'en 1673, le château possédait un pignon à redents. Côté sud, un étroit escalier facilitait l'accès à la porte surélevée. En 1752/53, la tour, qui semble avoir été vide pendant près d'un siècle, fut à nouveau rendue habitable. En même temps, on greffa quelques premières bâtisses d'un étage sur les côtés sud-ouest et ouest de la tour. Le mur d'enceinte et le fossé disparurent.
Le château d'Uster subit un important remaniement en 1852, lorsqu'on entoura la tour d'un bâtiment de deux étages; celui-ci fut affecté à l'administration du district. Le pignon à redents fut remplacé par un couronnement crénelé et on posa sur la souche massive qui restait une petite construction de bois et de tôle crénelée, une sorte de belvédère. Ce n'est qu'en 1917 que la tour fut dotée de son couronnement actuel, rappelant celui des premiers temps.
De l'extérieur, on n'aperçoit pour ainsi dire plus aucune trace de l'ouvrage médiéval. Du côté sud, au-dessus du toit de l'habitation, c'est tout juste si l'on peut encore discerner une étroite bande du mur initial de la tour et la partie supérieure de la porte haute primitive. L'ancien revêtement de molasse se poursuit vers le bas, mais il est caché par l'étage supérieur de la maison d'habitation. Disposés avec soin, les moellons en bossage, équarris aux angles, ont fortement souffert des intempéries.
Aujourd'hui, on accède à l'intérieur de la tour par une rampe creusée dans le mur sud, épais de 3,4 mètres. Deux petites entrées ont également été percées dans les murs de la pièce sans fenêtres qui se trouve sous la rampe. Au premier étage, les moellons de molasse réguliers du revêtement intérieur sont taillés dans les angles. Au nord, une baie de fenêtre d'une facture soignée a subsisté; elle a toutefois perdu sa fonction depuis la construction de l'aile nord de l'habitation. II est possible que les peintures murales qui ornent la salle des armes - elle occupe tout le deuxième étage - remontent au XVIe siècle. En 1917, la tour a été démolie jusqu'à cet étage; on construisit alors sur celui-ci une nouvelle «salle des chevaliers». Le dessus de la tour est un étrange compromis entre un couronnement de créneaux et le pignon à redents traditionnel.
On est dans l'incertitude quant à celui qui vers 1200 fit construire la tour d'Uster. Paul Kläui, qui a cherché à tirer au clair l'histoire des débuts de cette place fortifiée, voit en elle un fief de l'abbaye saint-galloise n'ayant pu être repris aux comtes de Winterthour après les différends qu'ils eurent avec l'empereur en 1027. C'est pourquoi ce fief appartint plus tard aux Kybourg et non, comme une grande partie de ses environs, aux seigneurs de Rapperswil. On ne sait pas non plus si les chevaliers d'Uster, apparus en 1249, ont eu un rapport avec le château. C'étaient des ministériaux des seigneurs de Schnabelbourg et lorsqu'on les rencontre pour la première fois, ils résidaient dans le district de Knonau. Les premiers renseignements sur lesquels nous puissions nous appuyer datent de 1267. Nous savons en effet qu'à cette date, le château d'Uster était occupé par les seigneurs de Bonstetten, étroitement liés à ceux de Schnabelbourg et originaires eux aussi du district de Knonau. Ils détenaient à titre de fief la juridiction sur la cour de Nossikon et sur une partie de Kirchuster. Cette agglomération de caractère quasi urbain, s'étendant au pied de la colline du château, ne tarda pas à dépasser l'ancienne bourgade d'Oberuster. Plus tard, les seigneurs de Bonstetten acquirent également des droits judiciaires à Wermatswil. Au XIIIe siècle, sous les Habsbourg, ils furent en outre baillis d'Empire de Zurich et juges provinciaux en Thurgovie.
Lorsque la seigneurie de Greifensee passa aux mains de Zurich, les seigneurs de Bonstetten entrèrent en étroit contact avec la ville. Comme une partie de Kirchuster était rattachée à cette seigneurie, ils exercèrent la justice en commun avec Zurich. Après que les Schwytzois eurent, pendant les guerres d'Appenzell, occupé la tour d'habitation, Jean de Bonstetten conclut en 1407 un pacte de combourgeoisie avec Zurich. Dès ce moment, son château put, en temps de guerre, être renforcé par une garnison zurichoise. Et comme Jean de Bonstetten était vassal autrichien, Zurich lui accorda un statut de neutralité lorsqu'un litige opposa la ville à l'Autriche. Ce pays renonça à sa suzeraineté en 1474 et Zurich loua alors le château.
Les changements de mains furent fréquents; ils commencèrent en 1534, lorsque les seigneurs de Bonstetten aliénèrent le château et la seigneurie. Hans Vogler, le troisième châtelain depuis les Bonstetten, vendit en 1544 à Zurich les droits de seigneurie découlant du château. Ce dernier ne fut donc plus que le centre d'un grand domaine rural. Ses propriétaires se succédèrent toujours plus rapidement. La famille qui demeura le plus longtemps au château - de 1560 à 1663 - fut celle de Hohensax. En 1916, le château et les communs passèrent à Jakob Heusser-Staub, qui en fit don, à titre de fondation, à la commune d'Uster. Actuellement, le château abrite une école. La tour peut être visitée de temps à autre.
Heerliberger 18e
Bibliographie