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En 1972, il publie son ouvrage le plus célèbre, La Mutation des signes, où il tente de décrire l'ère multimédia, qui préfigure l'avènement d'une multiréalité. En décrivant la notion de mass media, il l'étend aux moyens de transport de masse, l'avion, l'automobile, ainsi qu'aux activités de masse tels le tourisme, les loisirs, la mode. Il fait oeuvre de précurseur, en s'interrogeant sur ceux qui fabriquent les signes et les produits qui façonnent la vie quotidienne. Il inaugure dans cet ouvrage le concept de « technoculture », d'usage courant aujourd'hui.
René Berger n'a cessé, au fil de ses nombreux ouvrages, de s'interroger sur le marché de l'art, l'éducation artistique, l'université, mais surtout sur les phénomènes révélateurs des arts technologiques (art vidéo, computer art, art télématique, holographie, art des réseaux informatiques), qui ouvrent des dimensions sans précédent.
Avec la complicité de Francis Lapique, ingénieur de l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), René Berger a créé un Musée virtuel qui, grâce à Internet, permet de divulguer les trésors de l'art mondial (www.bergerfoundation.ch). Ce site a reçu de nombreuses distinctions. S'y ajoute L'Observatoire-pilote, un site consacré aux problèmes de l'heure. Car, jusqu'à sa mort, René Berger s'est employé à déceler les indices susceptibles d'inventer l'avenir. Il appelait de ses voeux un changement radical, qui ferait de l'homme une espèce fondamentalement modifiée, un « homme réseau », non plus seul dans l'habitude des structures familiales et nationales, mais intégré dans les réseaux, et que les réseaux intègrent.