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Après la chute du mur en 1989, un concours d’idées, Berlin morgen – Ideen für das Herz einer Großstadt, est lancé en 1991 afin de réunifier physiquement la ville par un projet se situant entre la porte de Brandebourg et la Potsdamer Platz. L’idée est de réaménager le no man’s land, le terrain inhabité en bordure du mur de Berlin côté Est entre les deux anciennes parties de la ville. Dix-sept architectes vont ainsi participer au concours et proposer leurs idées, chacun interprétant le vide à sa manière. Alors que la majorité souhaite le combler (entièrement ou partiellement), certains, au contraire, préfèrent le laisser vide pour l’affirmer et l’intégrer. Quatre thèmes autour du vide ressortent des propositions : effacer le vide, affirmer le vide, franchir le vide et intégrer le vide.
Dans la plupart des projets, les architectes ont décidé d’effacer plus ou moins le vide. C’est le cas, par exemple, du projet de Josef Paul Kleihues. En effet, l’architecte allemand propose de combler le vide avec un ensemble de barres et d’îlots. Ainsi, toute la surface du no man’s land est recouverte suivant la trame de Berlin d’avant le bombardement de 1945. La frontière est alors vue comme une figure linéaire qu’il faut combler. Il s’agit du thème le plus représenté dans les différents projets rendus.
La proposition de Jean Nouvel suit une démarche opposée : au contraire de Josef Paul Kleihues, l’architecte préfère ne pas effacer la frontière. Là aussi, elle est vue comme une figure linéaire mais au lieu d’y construire des bâtiments, l’architecte prend le parti d’affirmer la forme laissée par le no man’s land en y mettant de la végétation. Les bâtiments sont alors déplacés sur la Friedrichstrasse afin de former une bande bâtie qui s’oppose au végétal. Jean Nouvel explique que “Pour traduire le renversement d’une situation longtemps jugée fatale, pour exprimer la volonté qu’une telle horreur ne se reproduise pas, pour conjurer l’existence du no man’s land sous mirador, je propose de créer le long de cette longue plaie, de ce ruban, the meeting line. Une ligne traversée par toutes les rues longtemps fermées et par d’autres. Un serpent de verdure véritable « green » balisé de petites lumières optimistes et colorées à l’image de la superposition du relief d’un golf et d’une trame d’ordinateur. Le long de ce ruban, différentes séquences reliées par des passages couverts, des lieux calmes pour promenades, bébés, familles, sportifs et amoureux des lieux animés pour tous les bavards, affamés, assoiffés, chalands, danseurs, voyeurs, lecteurs, allumés de la ville avec des magasins, des bars, des restaurants, des boîtes, des terrasses, des fleuristes, des librairies, des marchands de musique, de bonbons, de vélos, de jouets, d’images, de vie. Agrémentez cela quand c’est possible de logements avec balcons et de bureaux avec vue. Pour que la ville enfin ose se regarder et se trouver belle sur ces deux profils. Allumez, colorez, élargissez !… Approfondissez !”.
La proposition de l’architecte suisse Bernard Tschumi se situe entre les propositions précédentes. En effet, ne souhaitant également pas complètement effacer les traces de l’histoire de Berlin, il propose de relier ponctuellement et transversalement les deux anciennes parties de la ville par des bâtiments culturels et des espaces publics en prolongeant la trame viaire d’est en ouest.
Enfin, la proposition des architectes Herzog & de Meuron diffère des autres par le fait qu’ils ont décidé de ne pas toucher au vide créé par le no man’s land. Ainsi, ils viennent plutôt entourer le Tiergarten avec quatre tours en bandes situées aux quatre points cardinaux.
Sources
YANG, Qixuan. Après la chute, l’éclosion, travail de mémoire, https://issuu.com/qixuanyang/docs/m__moire_mur_de_berlin_issuu (consulté en octobre 2020)
AJN, http://www.jeannouvel.com/projets/concours-didees/ (consulté en octobre 2020)
RNDRD, https://rndrd.com (consulté en octobre 2020)