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PETIT RESUME DES OBUS UTILISES PENDANT LA SECONDE GUERRE MONDIALE
Les armes d'un calibre égal ou supérieur à 20mm tirent des obus (et non pas des balles).
(Energie cinétique = énergie, en joule, que possède un corps du fait de son mouvement réel)
1. L'obus explosif (High Explosive)
C'est un projectile qui est constitué d'une douille résistante en acier, d'une charge explosive et d'une amorce. Il a une forme très aérodynamique.
Au contact, l'obus explose en projetant des éclats. Il peut détruire toute cible classique non protégée par un blindage (maison, véhicule, humains), mais sera peu efficace contre un char ou un bunker.
Contre des engins blindés, il fallait un obus plus puissant, capable de les transpercer.
2. Les obus de rupture (Armour Piercing)
C'est un projectile en acier plein. A l'impact, il disloque le blindage et projette dans le char des morceaux de l'obus et du blindage, faisant des ravages à l'intérieur.
La pointe émoussée de ces obus est conçue pour augmenter la surface de contact au
moment de l'impact et éviter que l'obus ne se brise et soit inefficace.
3. L'obus perforant explosif (Armour Piercing High Explosive)
C'est un obus mixant la perforation du AP et l'explosion du HE. Également en acier, mais il contient une petite charge explosive, avec une fusée de culot de retard court. A l'impact, l'obus pénètre le blindage, puis la fusée provoque sa détonation. Il en résulte des éclats destructeurs plus importants que l'obus de rupture. Par contre, son inconvénient est qu'il est fragile, donc diminue sa capacité de pénétration, et sa fusée empêche la détonation, quand, souvent, elle ne supporte pas le choc de l'impact.
On constata alors deux choses, la première étant que si on allongeait le tube des canons, la vitesse initiale de l'obus augmentait, donc une énergie cinétique plus importante: le canon est plus puissant. La seconde constatation, qui va de pair, est que quand un obus atteint les 823 mètres/seconde, son acier se brise contre le blindage adverse. Pour pallier à ce problème, on inventa alors :
4. L'obus perforant à coiffe (Armour Piercing Capped)
Toujours en acier, mais recouvert d'une coiffe en métal qui se brise à l'impact, non sans avoir entamé le blindage, ce qui permet au restant de l'obus en acier de pénétrer dans la cible.
Il est également plus efficace contre les blindages inclinés. Le problème est que l'énergie de l'impact se réparti sur une surface plus grande, donc diminue l'efficacité de l'obus. De plus, de par sa forme, il y a une perte d'aérodynamisme et donc de précision et de portée. On rajouta donc une autre coiffe :
5. L'obus perforant à coiffe + coiffe ballistique
(Armour Piercing Capped, Balistic Capped) Ou aussi APBC (Armor Piercing Ballistic Capped) et en français PCCB (Perforant à Coiffe et Coiffe Balistique). Une seconde coiffe, de forme balistique est rajoutée sur la première coiffe. Avec cette forme aérodynamique, l'obus est plus précis et perd moins de vitesse.
Il est donc plus puissant.
6. L'obus perforant composite (Armour Piercing Composite Rigid)
Tout en gardant le système APCBC, la solution finalement est d'utiliser un matériau
plus résistant que l'acier : le carbure de tungstène, qui est 1,5x plus dense que l'acier.
L'obus est fait d'un noyau en tungstène et recouvert d'un alliage léger. Il est moins lourd, plus rapide qu'un obus standard mais a de mauvaises qualités balistiques. Jusqu'à 900 mètres il est plus efficace que l'obus en acier, puis au-delà leurs performances sont égales.
Les américains l'appellent HVAP (High Velocity Armour Piercing).
Dans l'idéal, un obus utilisant l'énergie cinétique doit avoir une masse importante avec un diamètre réduit pour garder le maximum de vitesse. D'où :
Dans l'idéal, un obus utilisant l'énergie cinétique doit avoir une masse importante avec un diamètre réduit pour garder le maximum de vitesse.
D'où la solution N° 7.
7. L'obus perforant sous-calibré ou obus flèche (Armour Piercing Discarding Sabot)
Un mince barreau en tungstène qu'on appelle la flèche, est entourée d'une coque en alliage léger, le sabot. Ce dernier sert à adapter le diamètre de la flèche au diamètre de la douille. Au moment du tir, l'explosion de la douille propulse le duo flèche/sabot dans le tube du canon. A la sortie, le sabot se détache en plusieurs morceaux et la flèche continue seule vers la cible à grande vitesse (900 m/s). Le petit diamètre de la flèche et sa vitesse importante lui confère une excellente force de pénétration à longue distance. Ce procédé n'est possible qu'à partir d'un calibre de 20mm. Utilisé dès 1944.
(énergie, en joules, associée à la liaison des atomes dans les molécules)
La charge creuse :
Développée pour les pièces à basse vélocité, puis en roquettes anti-chars légères. Utilisation dès juin 1940.
Son principe est de faire pénétrer un dard de métal en fusion au travers du blindage. Le dard a un énorme pouvoir perforant (8x son diamètre dans l'acier), quant à sa température (3'000°), elle provoque un incendie à l'intérieur de la cible. (Voir schéma de fonctionnement ci-contre).
La vélocité n'a pas d'influence sur le fonctionnement de la charge creuse. D'ailleurs si l'obus est tiré trop vite, il perd son efficacité ! Ce sont donc des obus relativement lents, sans profil balistique, qui par rapport aux munitions cinétiques à haute vélocité, ont un pouvoir de pénétration identique.
Son efficacité ne dépend donc pas de sa vitesse, mais de la quantité d'explosif qu'il contient. Il est donc évident qu'il est préférable d'avoir de gros calibres (70mm étant le minimum pour son fonctionnement).
Ces obus sont utilisés par des chars à canons courts, comme le Panzer IV Ausf. E, Ausf. F ou le StuG III Ausf. D, Ausf. E avec leurs canons de 24 calibres de 75 mm à faible vitesse initiale (400 m/s).
Tous les chars à canons longs ne peuvent pas tirer de charge creuse à cause de leur vitesse de tir initial trop élevé (700-800 m/s). Dans les faits, la charge creuse est peu utilisée par des chars contre des chars car son efficacité se limite au grand maximum à 400-500 mètres, 200 mètres étant idéal, ce qui est très proche... Par contre elle s'avère très efficace contre les bâtiments et les bunkers. Sa meilleure utilisation est finalement montée sur des armes anti-chars individuelles.
Le Bazooka
Construit par l'armée américaine, c'est une des premières armes anti-char utilisables par un fantassin. C'est un lance-roquettes à charge creuse.
Il a été élaboré à partir d'un tube de mortier de 60mm. La mise à feu est électrique, et ce choix élimine le problème du recul. Par contre la flamme arrière au départ du coup est facilement repérable et demande un espace vide important derrière le tireur.
Bien adapté à la destruction des blindés légers, malgré une mauvaise précision, il est peu efficace contre les chars lourds qu'il ne peut endommager qu'à l'arrière ou aux chenilles.En mai 1942, les 5'000 premiers exemplaires sont livrés. Sa portée maximale est de 370 mètres, mais sa portée vraiment utile est de 140 mètres. Nécessite deux servants.
Le Panzerfaust (Poing à blindé)
Lance-grenades anti-chars sans recul allemand. Tire des munitions à charge creuse, par percussion. A usage unique, mais n'a pas les inconvénients du nuage de fumée et de la place à l'arrière. Utilisable par une personne et par tous les soldats ou même des civils. Il est très efficace contre les blindés ennemis, mais il faut être très proche... Produit dès 1942. Il en existe 4 modèles, qui sont respectivement efficaces à 30 / 60 / 100 / 150 mètres.
Le Panzerschreck (Raketen Panzerbüchse 43, RPzB 43 ou terreur du char)
Lance-roquettes allemand copié sur le bazooka américain. Son fonctionnement est identique à ce dernier, mis à part que la munition est propulsée durant toute la durée du vol par un moteur de fusée. Elle est également à charge creuse et perce le blindage des chars Alliés sans problème. Il a les mêmes inconvénients que le bazooka, comme le nuage de fumée bien visible après le tir et le fait qu'il est inutilisable depuis un intérieur, comme un bunker, parce qu'il faut également un grand espace vide derrière.
Distribué dès le printemps 1944, et destiné à des soldats spécialement formés. Sa portée utile est de 220 mètres et nécessite aussi deux servants.
Le Projector Infantry Anti Tank ou PIAT
Arme britannique portative anti-char, lançant des munitions à charge creuse autopropulsée. Avec un système de ressort précédemment étiré et verrouillé. Peu pratique d'emploi. Réutilisable, comme le Bazooka ou le Panzerschreck. N'a également pas les inconvénients du nuage de fumée et de la place à l'arrière. Un seul servant est nécessaire. Portée maximale de 300 mètres, mais portée utile de 100 mètres.
Comment ne pas se perdre entre les divers obus existants et leurs appellations. J'avais moi-même de la peine à m'y retrouver. J'ai fait ce condensé pour y remédier !
Kristan de la Ruche 2013
Fond d'écran, peinture de Terence Cuneo