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Maurice Jacquelin
* 14.4.1895 Paris (F), † 10.6.1975 Genève. ∞ 1934 Denyse Navazza, comédienne.
J. débute à 16 ans sur des scènes d’amateurs. Après la Première Guerre mondiale, il reçoit la Croix de guerre, il entre au Conservatoire de Paris, dans la classe de Renée du Minil et en sort avec le premier prix de comédie (1922). Il joue ensuite sur les Boulevards. Il interprète notamment avec relief un personnage de danseur argentin, Rialto, dans Le Renard bleu de François Herczeg au Théâtre de la Potinière à Paris (9.5.1928). Au Théâtre du Gymnase, il est le Médecin à la création de Mélo d’Henry Bernstein (11.3.1929) et le Dr Marteroy dans la reprise de Félix du même auteur (1930). Il travaille quelques étés pour les tournées de comédie Gaby Morlay, avec les artistes du Théâtre du Gymnase à Paris, passant dans ce cadre au →Kursaal de Genève fin août 1933. Il y incarne Chastel dans La Femme en blanc de Marcel Achard et le rôle-titre dans Félix de Bernstein. Il est engagé par →Jacques Béranger comme jeune premier dès la réouverture du →Théâtre Municipal de Lausanne (TML) et y reste huit saisons (1932-39), jouant généralement dans des mises en scène de →Jean Mauclair. Il y rencontre la comédienne genevoise Denyse Navazza, qu’il épouse. Au →Théâtre du Jorat, à Mézières, il crée le rôle de Julien, le batelier séducteur de La Terre et l’Eau que met en scène Béranger (10.6.1933), puis tient celui de Stauffacher pour la reprise de Tell (1935), deux pièces de →René Morax. Durant cette période, il travaille durant quelques semaines pour →Ernest Fournier à la →Comédie de Genève où il interprète vieux président Étienne Dubourg dans La Moisson verte de Gaston Sorbets (28.4.1933) et joue aussi dans La Tour de Nesle d’Alexandre Dumas et Andromaque de Racine. Il crée au TML le rôle du Général Berthier dans Marengo d’Henri Mugnier (19.1.1939), puis le spectacle est présenté un mois plus tard à la Comédie où il termine la saison, reprenant notamment le rôle de l’enjôleur Jonval dans 6e étage d’→Alfred Gehri qu’il avait créé à Lausanne (11.3.1937). Il joue à nouveau à la Comédie de cas en cas dès le début de la saison suivante; il est appelé au début de 1940 à seconder le directeur artistique d’alors, Étienne Hervier, en qualité de régisseur général. Puis il prend dès la saison suivante la direction de ce théâtre, employant quarante à cinquante comédiens dont plus de la moitié engagés à l’année. Il continue, comme Fournier, à monter une pièce par semaine et à offrir des matinées classiques et littéraires hebdomadaires, ouvertes à un public plus jeune. Il fait aussi travailler sa troupe dans les premières dramatiques de Radio-Genève. La première décennie de sa direction ouvre une période faste pour la création des auteurs dramatiques romands: il monte durant la saison 1940/41 dix-sept pièces suisses sur quarante-trois réalisations. Le phénomène se poursuit jusqu’à la fin des années quarante, favorisant surtout le genre du "boulevard helvétique" et des auteurs comme Henri Tanner, Pierre Vallette, Marcel Rosset, René Besson, Alfred Gehri, →André Marcel. Alors que le lieu est racheté en août 1947 par la Ville de Genève, le directeur supprime la troupe de la Comédie, comme Béranger l’avait fait à Lausanne quelques saisons plus tôt. Il n’engage plus désormais les comédiens qu’au spectacle; les tourneurs parisiens (notamment les Galas Karsenty et les tournées Herbert, qui fusionnent peu après) prennent de plus en plus de place dans le programme et bientôt à l’abonnement. En avril 1959, il prend sa retraite, et ne reparaît plus au théâtre.
Auteur: Joël Aguet
Source:
Aguet, Joël: Maurice Jacquelin, in: Kotte, Andreas (Ed.): Dictionnaire du théâtre en Suisse, Chronos Verlag Zurich 2005, vol. 2, p. 912–913, voir figure p. 912.