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Les exclusions de jeu continuent de prendre l'ascenseur
Chaque année, la CFMJ publie un graphique avec le nombre de nouvelles exclusions de jeu durant l'année précédente, ainsi que le nombre total d'exclusion de jeu depuis l'ouverture des casinos suisses, soit l'année 2001. Ainsi, en 2020, 10'197 nouvelles interdictions ont été prononcées, et au total 72'322 étaient interdites de jeu en Suisse. Pour l'année 2021, 12'133 nouvelles exclusions ont été prononcées et le nombre total de personnes exclues s'élève désormais à 79'917. Mais... 79'917 moins 72'322, ça ne fait pas 12'133, nous direz-vous. Et oui, cette année, la CFMJ a décidé de supprimer du nombre total de personnes interdites de jeu les personnes dont l'exclusion de jeu a été levée, ce qui ne se faisait pas auparavant.
Le site internet de la CFMJ ne présente donc plus le graphique avec l'évolution du nombre total de personnes exclues, puisque les chiffres 2021 ne sont pas comparables avec les années précédentes. Soit. La CFMJ explique que si elle a pu retirer de son registre les personnes dont l'exclusion a été formellement levée, elle ne peut pas retirer les personnes ayant déménagé à l'étranger, qui sont décédées ou qui apparaissent sous un nouveau nom (changement d'identité). Ainsi, selon la CFMJ, "le nombre total des exclusions de jeu est trop élevé par rapport au nombre réel de joueuses et joueurs à risques et pathologiques". Cette phrase présuppose que l'ensemble des joueuses et joueurs à risques et pathologiques sont exclus de jeu, ce qui, évidemment, est faux. Selon les statistiques de l'Enquête suisse sur la santé, 3% de la population présente un comportement de jeu à risque et pathologique, ce qui représente plus de 240'000 personnes.
Le GREA regrette que la CFMJ, qui est l'autorité de surveillance des casinos, tente de minimiser la gravité des chiffres des exclusions qui explosent de façon exponentielle depuis 2019.