Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07078.jsonl.gz/1407

En mars 2019, PBI Mexique et le Bureau de Washington sur l'Amérique latine (WOLA) ont publié un rapport sur la protection et l'accès à la justice pour les défenseurs-ses des droits humains et les journalistes au Mexique. Le rapport souligne les lacunes des institutions compétentes responsables des mesures de protection et formule des recommandations en vue de leur amélioration.
Le Mexique est l'un des pays les plus dangereux du monde pour les défenseurs-ses des droits humains (DDH) et les journalistes. Rien qu'au cours des trois premiers mois de cette année, au moins 12 DDH et journalistes ont été tués-es. Tout au long de sa campagne présidentielle, le Andrés Manuel López Obrador a promis de lutter contre la corruption et l'insécurité dans le pays et d'assurer le maintien de la paix. Cela suppose donc que des mesures soient prises concernant la sécurité des DD et des journalistes.
Un mécanisme de protection des défenseurs-ses des droits humains inefficace
En novembre 2012, un mécanisme national de protection des DDH et des journalistes (Mecanismo de Protección para Personas Defensoras de Derechos Humanos y Periodistas) a vu le jour au Mexique. Les mesures de protection prescrites par le mécanisme comprennent l'escorte policière, l'installation de caméras de sécurité au sein des maisons et des bureaux, la fourniture de gilets pare-balles et de téléphones par satellite pour les DDH, les journalistes et les organisations de défense des droits humains. Selon PBI et WOLA, ce mécanisme de protection n'a pas été mis en œuvre de manière adéquate jusqu'à présent. "Le mécanisme peut difficilement combler ses lacunes avec son budget et ses effectifs actuels. Une première mesure à prendre de la part du gouvernement mexicain serait de lui octroyer des fonds supplémentaires ", explique Hannah Matthews, coordinatrice de la Communication chez PBI Mexique. Le rapport de PBI et de WOLA souligne également l'impunité qui prévaut pour les crimes contre les DDH et l'inaction des autorités mexicaines. Pour 39% des cas relevant de la compétence de l'Agence nationale de protection, ce sont les autorités elles-mêmes qui sont responsables des violences contre les DDH.
Recommandations de PBI et WOLA
Dans leur rapport, PBI et WOLA émettent des recommandations sur la façon dont López Obrador et son gouvernement peuvent mettre une fin à cette vague de violences contre les DDH et les journalistes au Mexique. Il exhorte, entre autres, le gouvernement à reconnaître le rôle majeur de ces derniers-ères dans un Mexique démocratique, à rendre compte de l'efficacité des mesures de protection prises à leur encontre et à promouvoir la coopération entre les divers acteurs locaux et nationaux.
Pour plus d'informations:
- Mexique : Ecrire et (en) mourir, le terrible sort des journalistes (PBI Suisse, 24.04.2017)
- Mexique : Nouveau rapport sur les Mécanismes de protection pour les DDH et les journalistes (PBI Suisse, 02.06.2016)
- Mexique: Les ONG insatisfaites des résultats du mécanisme de protection des journalistes et défenseurs des droits humains (PBI Suisse, 27.08.2015)
- Mexique : Inquiétudes concernant les failles dans l'implantation des mécanismes de protection pour les DDH (PBI Suisse, 09.05.2015)