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A partir du 1er juillet 2005, l'homéopathie, la médecine anthroposophique, la phytothérapie, la thérapie neurale et la médecine chinoise ne seront plus remboursées par l'assurance de base. Comme le peuple aura le dernier mot lors d'une prochaine votation fédérale, le débat sur les médecines complémentaires n'est pas clos. Une récente enquête sur la science et la technologie réalisée en Suisse1 et en Europe apporte des informations sur les personnes ayant recours aux médecines complémentaires qui peuvent être utiles pour éclairer ce débat.Premièrement, au vu du pourcentage d'utilisateurs des médecines complémentaires dans la population suisse, le bannissement de ces médecines pourrait être balayé lors de la votation. En effet, 66% des répondants ont utilisé l'une des neuf thérapies complémentaires proposées dans l'enquête2 au cours de l'année dernière. Si l'on exclut les 11% qui ne se sont pas soignés, le pourcentage d'utilisateurs s'élève à 74%.Dans le détail, 36% de la population a eu recours à des massages, 30% à des prières, 26% à l'homéopathie, 16% à la phytothérapie, 9% à une aide psychologique ou une psychothérapie, 7% à la chiropractie et 6% à l'acupuncture. Les utilisateurs des thérapies complémentaires liées à la votation acupuncture, homéopathie, phytothérapie représentent 35% de la population ou 39% des personnes s'étant soignées.Par rapport aux 32 pays européens enquêtés, la Suisse se situe au premier rang pour l'utilisation de l'homéopathie, de la méditation ou du yoga, des aides psychologiques ou psychothérapies. Elle se situe au second rang pour les massages (derrière la Finlande), au quatrième rang pour la chiropractie, l'ostéopathie et légèrement au-dessus de la moyenne de l'UE pour l'acupuncture et la phytothérapie.Deuxièmement, les utilisateurs des trois thérapies complémentaires liées à la votation se distinguent du reste de la population en termes d'attitudes vis-à-vis de la politique et de la science.Les utilisateurs montrent une implication politique plus forte que le reste de la population : 81% des utilisateurs se disent intéressés par ce qui se passe en politique et dans l'actualité, soit 6% de plus que les non-utilisateurs ; 56% des utilisateurs pensent pouvoir apporter quelque chose en matière de décisions politiques et de questions d'actualité contre 54% des non-utilisateurs ; 47% des utilisateurs estiment savoir comment faire entendre leur voix lorsqu'il s'agit de politique et d'affaires publiques contre 45%.Les critères de décision en science et en technologie sont plus marqués : 68% des utilisateurs basent ces décisions davantage sur des enjeux moraux et éthiques que sur une analyse des risques et bénéfices, soit 12% de plus que le reste de la population ; 31% des utilisateurs basent ces décisions davantage sur l'opinion des gens concernant les risques et bénéfices que sur les conseils d'experts contre 29% des non-utilisateurs. Ces critères indiquent chez les utilisateurs des médecines complémentaires une plus forte orientation spirituelle de la vie3 et un besoin d'être considéré comme un partenaire compétent et responsable.Cette enquête montre également que les utilisateurs des médecines complémentaires ont une image de la science plus négative que le reste de la population : 38% des utilisateurs dressent un bilan positif entre les bienfaits et les effets nuisibles de la science, soit 8% de moins que le reste de la population ; 78% des utilisateurs estiment que la science et la technologie rendent nos vies plus faciles, plus confortables et nous font vivre en meilleure santé, soit 6% de moins ; 71% des utilisateurs voient les chercheurs scientifiques comme potentiellement dangereux, soit 11% de plus. Ces résultats s'expliquent par le rejet de la rationalité scientifique de la médecine chez les adeptes des médecines complémentaires et par la place de la médecine dans les représentations sociales de la science.Au-delà de la votation, il faut espérer que le climat restera serein pendant la campagne pour ne pas entraîner un recul du soutien envers la science en Suisse qui accentuerait la diminution déjà enregistrée depuis 2000. En effet, si en 2005, 68% des Suisses soutiennent la recherche scientifique, ils étaient 81% en 2000 et la Suisse se situe aujourd'hui au-dessous de la moyenne de l'UE (76%).1 Cette enquête a été réalisée auprès de 1000 personnes de 15 ans et plus constituant un échantillon représentatif de la Suisse (sélection aléatoire à phases multiples). Les entretiens en face à face ont été réalisés du 12 janvier 2005 au 12 février 2005 par l'institut ISOPUBLIC et financé par la Commission européenne, Direction générale de la recherche, information et communication, enquêtes. L'échantillon a ensuite été pondéré pour refléter la structure socio-démographique de la Suisse. Cette enquête a également été réalisée dans l'Europe des 25, dans 4 pays candidats ainsi qu'en Islande et en Norvège.2 A savoir acupuncture, homéopathie, phytothérapie, ostéopathie, chiropractie, prière, méditation ou yoga, aide psychologique ou psychothérapie et massage.3 De même, l'enquête montre que 64% des utilisateurs pensent souvent à la signification et au sens de la vie, soit 21% de plus que le reste de la population.