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Plus de 4000 migrants, dont 3000 en Méditerranée, sont déjà morts cette année en cherchant un avenir meilleur dans un autre pays, a affirmé lundi à Genève l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). Ce nombre est en augmentation de 70% par rapport à l'an dernier.
Dans un rapport de 210 pages, "Voyages fatals", l'OIM affirme que depuis l'année 2000, au moins 40'000 migrants ont péri pendant leur exode. Le nombre réel serait beaucoup plus élevé, certains estimant que pour un corps identifié, il faut compter deux disparus.
Sur ces 40'000 victimes en quête d'un salut, 22'000 sont décédées en essayant d'atteindre l'Europe. Entre 2000 et aujourd'hui, 1500 ont péri en cherchant à gagner l'Australie, 6000 à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique. Depuis 1996, quelque 17% des migrants sont morts en traversant le Sahara. Et plus de 3000 dans le golfe d'Aden depuis 2006.
Les migrants en provenance de l'Afrique subsaharienne représentent au niveau mondial le 30% des 4077 victimes cette année, devant ceux du Moyen-Orient (23%).
Trois fois plus que l'an dernier
Au cours des huit premiers mois de cette année, 112'000 migrants, dont en majorité des Syriens et des Érythréens, sont arrivés en Italie en traversant la Méditerranée, soit trois fois plus que l'an dernier, et 3072 ont péri en mer, contre 700 pour toute l'année 2013. C'est le chiffre le plus élevé depuis 25 ans en Méditerranée.
Le chef de la division de la recherche sur la migration de l'OIM Franck Laczko a souligné que la collecte des données est très lacunaire. Il est par exemple très difficile de savoir exactement combien de migrants meurent dans les sables du Sahara ou au Mexique, victimes des gangs et des trafiquants.
L'OIM recommande la création d'un organisme indépendant qui collecte les données. Les gouvernements, la société civile et les organisations internationales devraient y contribuer.
Mieux collecter
L'OIM lance un appel aux gouvernements à mieux collecter les informations et à les rendre publiques. Un grand nombre de facteurs influent sur l'augmentation du nombre de victimes, selon Franck Laczko.