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Quelqu'une m'a dit
Love story: Permis de conduire et d’aimer
Petite déjà, une amie de ma fille n’avait qu’un rêve: passer son permis de conduire. Elle comptait les jours jusqu’à ses 18 ans, non pour voter ou acheter de l’alcool, mais pour tenir un volant. Enfant, elle s’asseyait sur les genoux de son père, pendant les vacances, et conduisait quelques mètres sur des chemins de terre sécurisés. Son père tout fier disait: elle a le sens de l’espace.
Vient le moment où elle peut commencer les cours d’autoécole et la préparation à la théorie. Le jour de l’examen arrive, l’amie de ma fille se rend dans un grand bâtiment au milieu d’un parking où sont réunis les candidates et les candidats. La plupart sont beaucoup plus vieux et vieilles qu’elle. Elle est stressée, elle se sent plus ou moins prête (plutôt moins).
Elle ne manque pas cependant de remarquer un garçon de son âge qui attend lui aussi de recevoir le sésame pour concourir. Le duo échange un regard. La jeune fille pénètre dans la salle, se met au travail, elle glisse quelques coups d’œil vers le jeune homme, concentré sur ses feuilles. Puis il sort, alors qu’elle peine à terminer la liste des questions à cocher. Entre-temps, elle zappe le garçon.
Ouf, elle pose son crayon et quelle n’est pas sa surprise de constater à la sortie que le jeune homme l’a attendue. Un coup de foudre à l’examen théorique de conduite, voilà qui n’est pas habituel. «Ah ah, alors les jeunes, prêts au démarrage?» pourrait-on leur demander si on était de vieux ou de vieilles boomer-euse-s.
Un date spontané
Les deux jeunes gens prennent le bus côte à côte, redescendent au centre-ville, lui propose qu’ils mangent ensemble, elle accepte bien évidemment. Elle meurt de faim, elle est complètement séduite, et surtout elle se réjouit de parler de conduite, de voitures, de pneus (elle préfère les Michelin, et lui?) se disant que lui aussi piaffe d’impatience à l’idée d’échanger sur les récents résultats de la Formule 1.
Le garçon, qui a une grande mèche paresseuse lui mangeant le front, repousse ses cheveux et lui répond: «Moi je préfère les livres de philosophie et la poésie. Je me demande où va le monde, où vont les gens, où je vais moi-même. Je marche dans les rues et j’observe les fenêtres allumées des immeubles, j’essaie d’imaginer la vie des habitants. Et toi, le ressens-tu aussi?».
«Oui, répond-elle, mais ça me gonfle toutes ces zones 30». Leur histoire a duré un moment. Ils ont tous les deux passé leur permis de conduire du premier coup, ont pas mal marché la nuit dans les rues, jusqu’à ce que la jeune fille se lasse et achète une voiture.