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Les surfaces des enclos pour animaux utilisés dans un manège peuvent être inférieures au minimum légal, à concurrence de plus de 30 %. Alors que l' ordonnance sur la protection des animaux leur donne droit à de modestes espaces extérieurs de 140 m2, les lions du cirque GO pourrait être détenus, dans certains localités, dans des enclos mesurant seulement 52 m2. Les cirques peuvent donc garder des félins dans des conditions soi-disant conformes à la protection des animaux, sans garantir une détention répondant aux besoins de l'espèce. La Suisse est aujourd'hui pratiquement la seule à tolérer ceci: 19 pays européens règlent déjà par la loi quelles espèces animales les cirques peuvent encore vraiment emmener en tournée.
Détention non respectueuse des animaux
Une détention «respectueuse», à vrai dire dans une certaine mesure seulement, de cinq lions comme le cirque GO en emmène avec lui implique, du point de vue de la protection des animaux, les exigences suivantes: un enclos d'une surface d'au moins 1'500 m², avec un terrain surélevé, des rochers où les lions peuvent se coucher et une occupation consistant à rechercher la nourriture. Lors des diverses visites effectuées surplace, la Protection Suisse des Animaux PSA a vu au Cirque Gasser-Olympia des animaux enfermés des heures durant, sur une surface de 8 m² seulement. Il leur était impossible d'utiliser en permanence l'espace extérieur et l'occupation que prescrit la loi – sous forme de recherche de la nourriture – n'existait pas. L'octroi de l'autorisation de tournées par le service vétérinaire du canton de Bâle-Campagne apparaît donc, dans ces conditions, incompréhensible et surprenant.
Pendant les présentations sous la tente du cirque, les lions du Cirque GO et du Cirque Royal sont la plupart du temps en position assise sur des estrades, font quelques sauts ou se roulent au sol. Il est manifeste que parmi les animaux présentés, un ou deux individus seulement tolèrent vraiment la proximité du dompteur, les autres lions n'étant là que pour le décor. Pour eux, les présentations au manège ne sauraient nullement constituer une occupation enrichissante, mais tout au plus une routine bien fade – et dans le pire des cas une épreuve quotidienne devant le public.
Dans la discussion portant sur la «conformité aux besoins de l'espèce» de la détention animale, on oublie aisément que détenir des bêtes sauvages au cirque engendre toute une série de problèmes supplémentaires quant à leur protection. En admettant que les cirques ont besoin de jeunes animaux en bonne santé pour leur spectacle – et favorisent par conséquent un commerce douteux d'animaux sauvages – se pose la question de savoir ce qu'il doit advenir des vieux lions de cirque. Où ceux-ci peuvent-ils passer la fin de leur vie alors que l'on manque de place pour héberger des félins «retraités» dociles? Voilà une question soulevant souvent bien des incertitudes. A cela s'ajoutent des problèmes de comportement imputables à la séparation précoce de la mère, à l'élevage à la main et à l'empreinte (défavorable) laissée par l'homme en tant que partenaire social.
Peu importe qu'un cirque en particulier détienne plus ou moins bien ses animaux, la présentation de félins et d'autres espèces sauvages dans les cirques est une relique des temps passés. La PSA est clairement d'avis que les bases légales actuelles de la Suisse ne suffisent plus à garantir une détention respectueuse des animaux et que certaines espèces ne devraient plus entrer en ligne de compte pour la tournée et la présentation dans un cirque. Une motion* déposée en 2015 par la conseillère nationale Isabelle Chevalley (Parti vert-libéral) exige elle aussi l'établissement d'une liste des espèces animales admises dans les cirques. La PSA mettra donc logiquement tout en œuvre pour favoriser l'acceptation de la motion Chevalley par le Parlement.
* 15.3296 - Motion: Réglementation des espèces animales admises dans les cirques