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L’ésotérisme est l’ensemble des enseignements secrets réservés à des initiés. Ce terme, dont le sens diffère de façon notable selon les époques et les auteurs, est parfois utilisé dans la culture populaire pour parler de courants de pensée marginaux à composante secrète ou étrange à dimension spirituelle (sociétés secrètes, occultisme, paranormal, etc.).
Le mot « ésotérisme » est d’origine grecque et, dans l’Antiquité, désignait habituellement des enseignements réservés à un petit nombre d’initiés, notamment au sein des Mystères, par exemple les Mystères d’Éleusis.
Ce mot a aussi été utilisé, en Occident, pour désigner des enseignements ainsi que des courants, qui, au sein du christianisme, appartenaient à des milieux fermés qualifiés, pour la même raison, d’ésotériques et regroupés sous la dénomination générale d’ ésotérisme chrétien auquel appartient en particulier l’hermétisme chrétien. On utilise aussi cette dénomination, dans ce contexte, à propos des écrits de Jacob Boehme, de Jean de Ruisbroek, auxquels on donne également le nom d’écrits théosophiques. Ce dernier terme doit être distingué de la Société Théosophique, mouvement moderne créé en 1875 par Madame Blavatsky et dont le caractère ésotérique est contesté en 1921 par René Guénon mais reconnu en 1990 par Pierre A. Riffard, spécialiste du sujet. L’anthroposophie de Rudolf Steiner est un ésotérisme chrétien, qui est aussi qualifié d’ésotérisme «rationaliste» par Robert Sumser.
Le mot « ésotérisme » est aussi utilisé à propos de l’islam pour désigner le soufisme, ensemble de doctrines de nature cachée et initiatique au sein de cette religion. Dans l’islam, l’ésotérisme, au sens général, porte le nom plus général de tasawuf : le soufisme apparaît ainsi comme la formulation islamique du tasawuf.
Dans le judaïsme, les enseignements de nature ésotérique sont regroupés sous le nom de Kabbale.
Le taoïsme, par exemple dans son aspect relatif à la quête d’immortalité, est également considéré comme étant de nature ésotérique.
Le bouddhisme comporte certaines branches ésotériques (Vajrayâna tibétain, Shingon japonais) préconisant des initiations pour parvenir au Nirvâna. Le Bardo Thödol des Tibétains est un livre ésotérique qui plonge ses racines dans la philosophie indienne du Samkhya.
Aujourd’hui, et en Occident, le mot ésotérisme a été étendu à un nombre considérable de courants, dont, entre autres, la magie, mais l’application de ce terme à ces domaines a été contesté par des auteurs, notamment René Guénon.
Par ailleurs, certains mouvements sectaires s’appuient sur des textes à teneur ésotérique.
La complexité du sujet ainsi que la diversité de ses manifestations conduisent à l’étudier selon plusieurs voies d’accès : étymologie, définitions, origines, images, modèles.