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Eric Stauffer révoqué du Conseil d'administration des S.I. :
Virer l'emmerdeur et garder les potiches ?
Le Conseil d'administration des Services Industriels voulait sa tête, le Conseil d'Etat la lui donne : le gouvernement a décidé de révoquer Eric Stauffer de son mandat d'administrateurs des SIG, pour avoir " gravement manqué, et à de nombreuses reprises (...) à ses devoirs de confidentialité, de légalité, de diligence (...) de fidélité, de loyauté et de réserve ". Eric Stauffer était l'un des représentants du Grand Conseil au Conseil d'administration des SIG. Non pas le représentant de son parti, le MCG, mais le représentant du parlement cantonal. En le révoquant, c'est donc une décision et une représentation du parlement que le gouvernement révoque. On dira et pensera ce qu'on veut des méthodes du Conducator du MCG, mais l'épisode pose tout de même une question essentielle: à quoi peuvent bien servir les représentants d'un parlement dans des institutions ou des entreprises publiques si l'on exige d'eux qu'ils ferment leur gueule, et ne représentent plus le parlement dans l'institution mais l'institution au parlement et dans leur parti ?
A qui rendre des comptes ?
Eric Stauffer a été révoqué pour avoir " joué avec les limites " entre ses mandats de député et d'administrateur, commente la Tribune… Et alors ? Ces limites ne sont pas des frontières, que l'on sache, et si l'on désigne dans nombre de Conseils d'administration et de fondation d'institutions publiques (voire privées, comme la fondation de Saint-Gervais) des représentants de parlements municipaux ou cantonaux, au titre parfois d'un représentant par parti politique, c'est bien pour qu'ils puissent " jouer avec les limites " entre leur statut de membres d'un Conseil et de représentants d'un parlement. De plus, si Stauffer a pu faire son beurre et son bruit politiques de son mandat d'administrateur des SIG, c'est bien qu'il y avait de quoi, dans le fonctionnement même des SIG et de leur Conseil d'administration, remplir la baratte et faire sonner le tambour. Et après tout, Stauffer n'aura fait de son mandat de membre du Conseil d'administration des SIG que ce que nous avons nous-même pu faire de notre mandat de membre du Conseil de fondation du Grand Théâtre... Nous pourrons toujours nous vanter, sans grand risque d'être démenti de l'avoir fait plus subtilement (être plus subtil que Stauffer n'étant pas une performance) et d'avoir vu les têtes de ceux qui réclamaient la nôtre tomber sans que nous n'ayons nous-mêmes été qu'égratignés, mais cela ne change rien au fond : le représentant d'une collectivité publique dans une institution publique n'est pas le représentant de cette institution dans cette collectivité. Il n'est pas désigné pour jouer les potiches et pour fermer sa gueule. Il a des comptes à rendre à ceux qui l'ont présenté et à ceux qui l'ont élu, avant que d'avoir à en rendre à l'institution ou à l'entreprise au Conseil de laquelle il siège. On accuse Stauffer de violation du secret de fonction ou du devoir de fidélité ? Mais quelle est la fonction d'un représentant du Grand Conseil dans un Conseil d'administration, et à l'égard de qui doit-il d'abord fidélité ?