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Il est assez commun aujourd'hui à gauche de se dire subjectiviste (on emploie souvent le mot "relativiste" comme équivalent). Le tiers-mondisme étant passé par là, on considère généralement en effet que toutes les sociétés se valent.
Le raisonnement étant que toutes les sociétés ont des cultures différentes avec des moeurs et des valeurs différentes, et que par conséquent aucune ne peut prétendre l'emporter en valeur sur les autres.
Cette réflexion qui se veut anti-occidentalocentrisme et anti-européocentrisme a donc des racines généreuses allant dans le sens de l'égalité entre les peuples et entre les pays.
Malheureusement, ce raisonnement est faux, et non seulement il est faux, mais en plus ces implications sont plutôt assez problématiques.
Car du moment qu'on affirme que toutes les sociétés se valent, alors cela implique qu'une dictature ou une théocratie vaut aussi bien qu'une démocratie libérale ou qu'une société socialiste.
Mais ce n'est pas le pire. Le pire, c'est que du moment que toutes les sociétés se valent, alors pour quelle raison continuerait-on de faire de la politique ? Le militantisme (socialiste) vise à la transformation de la société, à la construction d'une autre société. Si toutes les sociétés se valent, alors pourquoi cherchons-nous à instaurer une société particulière (une société idéale) ? Nous n'avons qu'à nous adapter à la société en place, et à apprendre à aimer ses moeurs et ses valeurs...
On voit donc bien les gros problèmes que pose le positionnement subjectiviste. Et c'est pareil si on l'applique aux valeurs. Dira-t-on que tuer n'est pas éthiquement condamnable parce que simplement relatif aux moeurs d'une société ?
Le positionnement objectiviste a ceci de positif qu'il permet d'affirmer qu'un tel modèle de société est valable (pour un ensemble de raisons, comme celles que je développe pour défendre l'excellence de la société socialiste), et ce de manière universel, en tous temps et en tous lieux.
Ainsi on peut affirmer (avec argumentation à l'appui) la supériorité de la démocratie libérale sur la dictature, ou la supériorité de la démocratie socialiste sur la démocratie libérale. On peut aussi condamner le fait de tuer en se basant sur des valeurs universelles, et affirmer que faire de la politique a du sens, car nous nous battons bel et bien pour un modèle de société universellement valable.
Voilà pourquoi, le socialisme critique doit être objectiviste.
Il est assez commun aujourd'hui à gauche de se dire subjectiviste (on emploie souvent le mot "relativiste" comme équivalent). Le tiers-mondisme étant passé par là, on considère généralement en effet que toutes les sociétés se valent.