Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06967.jsonl.gz/129

Neuf Etats ont dépensé 70 milliards pour l'arme nucléaire en 2019
Les neuf Etats dotés de l'armée nucléaire ont dépensé l'équivalent d'un peu plus de 70 milliards de francs en 2019 pour maintenir ou étendre leurs capacités. "Assez", a lancé mercredi à Genève la Campagne pour l'abolition des armes nucléaires (ICAN).
Selon son rapport, qui s'appuie sur des dizaines de sources différentes, l'enveloppe de l'année dernière a augmenté d'environ 7 milliards en un an, en ligne avec la progression de l'ensemble des dépenses militaires. Chaque minute, les Etats nucléaires ont investi près de 135'000 francs dans cet armement, déplore le Prix Nobel de la Paix 2017.
"C'est absurde", affirme la directrice exécutive Beatrice Fihn. Elle regrette que ce financement ne soit pas plutôt attribué à "la protection de la santé de leurs citoyens", en pleine pandémie. Selon les estimations d'ICAN, les dépenses américaines, britanniques et françaises sur l'armement nucléaire pourraient contribuer dans chaque pays à plus de 100'000 lits Covid, des dizaines de milliers de ventilateurs et les salaires annuels de dizaines de milliers de membres du personnel de santé.
Au total, les neuf Etats s'appuient sur près de 15'000 armes nucléaires. Les Etats-Unis rassemblent environ la moitié du montant total investi, avec 35,4 milliards de dollars (environ 34 milliards de francs). La Chine suit avec un peu plus de 10 milliards, devant la Grande-Bretagne à 8,9 milliards et la Russie à 8,5 milliards. Le reste est réparti entre la France, l'Inde, Israël, le Pakistan et la Corée du Nord.
Il manque encore une quinzaine de ratifications pour l'entrée en vigueur du Traité d'interdiction des armes nucléaires, conclu en 2017. La Suisse a renoncé à adopter cet accord rejeté par tous les pays qui bénéficient de cette arme. Elle considérait qu'il pourrait fragiliser le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) et ne prenait pas en compte certains intérêts en termes de sécurité.
Le Conseil fédéral avait été largement visé pour cette décision, notamment par ICAN. Le Parlement lui avait ensuite demandé de ratifier sans délai l'accord. Le gouvernement doit réévaluer d'ici la fin de l'année cette politique.
ats