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L'ex-dictateur a passé sa première nuit dans le centre de détention du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPI). Un événement historique dû à la conjonction des efforts fournis par la magistrate suisse Carla Del Ponte et par les Etats-Unis.
Depuis son entrée en fonction, la procureure du TPI répète qu'elle n'aura de cesse de voir l'ancien président yougoslave dans le box des accusés à La Haye.
De son côté, Washington martèle un discours simple, mais efficace: pas d'aide financière pour Belgrade sans coopération préalable avec le Tribunal.
Le fait qu'une conférence des pays donateurs se tienne ce vendredi à Bruxelles n'est certainement pas une coïncidence. La République Fédérale de Yougoslavie espère toucher un chèque d'un milliard et demi de dollars.
Les enquêteurs de Carla Del Ponte travaillent, en ce moment, sur un deuxième acte d'accusation contre l'ancien dictateur yougoslave. Le premier portait sur les exactions commises par ses troupes au Kosovo. Celui-ci concerne son rôle dans la purification ethnique, en Bosnie et en Croatie.
Dans l'entourage du procureur, on confie que Carla Del Ponte met tout en oeuvre pour boucler rapidement son enquête. Et que la collaboration de Belgrade permet d'accélérer la procédure.
La magistrate espère bien juger l'ancien président pour ses responsabilité dans l'ensemble des conflits qui ont déchiré l'ex-Yougoslavie. Dans ce cas, Slobodan Milosevic serait jugé seul, en tant que responsable suprême. Mais, pour cela, Carla Del Ponte aura besoin de l'accord préalable des juges.
Quoiqu'il en soit, Slobodan Milosevic doit d'abord comparaître pour la première fois devant les magistrats du Tribunal, pour dire s'il plaide coupable ou non des crimes contre l'humanité dont il est accusé.
Cette audience devrait avoir lieu dans les jours à venir. Quant au procès à proprement parler, il ne commencera pas avant six mois, dans le meilleur des cas.
Alain Franco, La Haye