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Le traumatisme thoracique le plus fréquent est la simple fracture de côte.
Celle-ci peut survenir à la suite d’un traumatisme qui semble banal comme une chute de sa propre hauteur contre un évier, ou être occasionnée par un effort de toux violente, et ceci même chez des personnes n'ayant pas de maladie qui affaiblit les os (ostéoporose par exemple). Une fracture est dite «pathologique» lorsqu’il y a une lésion de la côte qui la fragilise (une métastase d’un cancer du sein par exemple).
Il n’est pas toujours facile de faire le diagnostic radiologique d’une fracture de côte, mais son diagnostic précis n’est pas indispensable, puisque le traitement d’une contusion costale et d’une fracture de côte est identique.
Si le traumatisme est plus important, plusieurs côtes peuvent être cassées. Si un segment de paroi thoracique devient instable parce que plusieurs côtes sont fracturées chacune à deux places, alors il y a constitution d’un volet thoracique. Ce segment de paroi thoracique présente une respiration dite «paradoxale» puisque ce segment s’enfonce dans le thorax à chaque inspiration (au lieu de participer à l’expansion thoracique) et il est repoussé à l’extérieur lors de l’expiration (au lieu de s’abaisser comme le reste du thorax).
En soi, la fracture de côte simple n’a comme conséquence que les douleurs qu’elle provoque. Celles-ci peuvent être importantes et empêcher le ou la patient-e de tousser correctement et de respirer profondément. Ceci peut à son tour favoriser l’apparition d’une infection du poumon sous-jacent (une pneumonie). Chez la personne âgée, ceci peut être très grave.
Le terme «fracture de côte compliquée» sous-entend par contre que la blessure n’intéresse pas que la côte. Il peut y avoir une blessure d’un vaisseau sanguin de voisinage qui saigne dans la cavité pleurale, provoquant un hémothorax. Le poumon peut être lésé. Il peut alors occasionner un pneumothorax (air libre dans la cavité pleurale entre le poumon et la paroi thoracique). Il peut aussi y avoir un pneumothorax associé à un hémothorax - un hémopneumothorax - le sang pouvant alors venir de la paroi ou du poumon lui-même. Enfin, lorsqu’il y a un volet thoracique, celui-ci peut être responsable d’une insuffisance respiratoire (incapacité du ou de la patient-e à respirer suffisamment par ses propres moyens).
Le traitement de la fracture de côtes simple est une antalgie (prescription de médicaments qui calment les douleurs) suffisante. Ce traitement peut être plus ou moins long selon les individus, durant même jusqu’à un ou deux mois.
La prise en charge des fractures compliquées requiert le traitement de la complication en plus de l’antalgie. En général, la simple pose d’un drain dans l’espace pleural (qui peut très bien se faire sous anesthésie locale au lit du malade) permet de régler le problème en quelques jours. Cependant dans certains cas, une intervention chirurgicale peut s’imposer.
Le volet thoracique pose un problème plus complexe. Le traitement peut nécessiter une intubation et une ventilation assistée prolongée (c’est à dire que la respiration du ou de la patient-e est assurée par une machine). Dans des cas bien sélectionnés, une stabilisation chirurgicale (c’est-à-dire la fixation des différents foyers de fracture costale par des plaques vissées sur les côtes pendant une opération) peut permettre d’éviter ce long séjour aux soins intensifs et une ventilation mécanique.
Les patient-e-s avec un traumatisme thoracique subissent en général une radiographie du thorax. Cet examen a pour but de visualiser, si possible, la ou les fractures de côtes. Cependant, cet examen est surtout réalisé pour exclure la présence d’une complication. En effet, un pneumothorax peut être de petite taille et ne nécessiter aucun traitement, comme il peut, dans certains cas, représenter un danger vital pour le ou la patient-e.
En effet, si à chaque respiration il y a toujours un peu plus d’air qui entre dans la cavité pleurale et qu’il ne peut en sortir, il se constitue peu à peu un pneumothorax sous tension qui comprime et déforme les grosses structures veineuses à l’intérieur du thorax, empêchant le retour du sang au cœur. Il y a alors un danger pour la vie du ou de la patient-e si le pneumothorax n’est pas drainé immédiatement. De même l’hémothorax peut être d’importance moindre comme il peut représenter une perte de sang importante, menaçant là aussi la vie du ou de la patient-e