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Le Val d’Hérens a quelquefois été dénommé vallée du diable. Nos ancêtres y ont peut-être cru en constatant que des eaux chaudes surgissaient à Combioule.
Il se trouve en effet des eaux thermales à cet endroit, dans le fond du Val d’Hérens le long de la Borgne, en contrebas des pyramides. Ce site situé au voisinage de failles géologiques est une des émergences d’eaux chaudes les plus importantes de Suisse. 81 sources environ sortent des rochers avec des températures pouvant atteindre 25 à 29°C.
Le gradient géothermique de notre planète fait que la température augmente en moyenne de 30 degrés par km de profondeur. Les eaux de surface qui s’infiltrent par des failles vont donc se réchauffer et se charger en minéraux. L’odeur caractéristique que l’on peut remarquer (oeuf pourri) près de cette eau est celle du sulfure d’hydrogène.
Bien que les sources soient connues depuis le 15ème siècle, l’histoire commence avec Isaac de Rivaz, magistrat valaisan qui, à la fin du 18ème siècle, fit creuser une galerie à Combioule en vue de chercher du sel. En réalisant cette galerie, il « trouva » de l’eau chaude… mais faute de moyens financiers, ses recherches se sont interrompues.
Suite à cela, par la chaleur et l’humidité présente à cet endroit, des chauves-souris d’une espèce évoluant habituellement plus au Sud, prirent habitat à proximité de ce nouveau biotope.
En 1963, suite à la rupture de la digue en terre battue du barrage de Prafleuri, construit lors des travaux de Grande-Dixence, les alluvions amenées firent monter le niveau du lit de la rivière de 2 mètres, ce qui eut pour conséquence l’obstruction presque totale de la Galerie de Rivaz. Sur la photo annexée, vous voyez le sommet de la porte de cette galerie juste sous le niveau de l’eau.
Une grotte permet toujours l’accès à une partie de cette ancienne galerie.
Pour aller aux sources, une fois au fond de la route de Combioule, après la bifurcation pour la STEP d’Hérémence, continuer en aval une centaines de mètres pour arriver à un premier pont sur la Borgne. En suivant le chemin en rive gauche, on rejoint un deuxième pont. Traverser le pont et continuer une centaine de mètres en rive droite pour rejoindre le bord de la rivière.
En 1983, un forage de 350 m de profond révéla une eau à 28°. Le débit était d’un m3/min, ce qui démontrait la présence d’un aquifère artésien. La durée estimée du circuit souterrain de l’eau serait de 60 ans. De cette date à ce jour, l’eau a toujours été présente près de la surface, pour ne pas dire qu’elle s’est écoulée en permanence… Le niveau d’eau de ce forage n’aurait jamais baissé de plus de 6 à 8 mètres depuis sa réalisation.
Selon Rodolphe Moix, géologue de la région, la prospection actuelle est intéressante pour les raisons suivantes :
- cette eau ne contient aucun germe, du fait de son long passage en profondeur.
- Les analyses chimiques de l’eau faites en 1983 montreraient que, par la présence ou quantité de certains types de minéraux, l’eau pourrait avoir une température de 40 à 45° à plus grande profondeur.
- La quantité de minéraux dissouts dans l’eau est de 5g par litre, ce qui est intéressant pour le thermalisme.
- La chance est grande de trouver, à l’approche des 350 à 400 m de profond, de l’eau sous pression.
Ces sources sont connues depuis toujours par les habitants de la vallée pour leurs vertus curatives des maladies de la peau ou pour soigner des rhumatismes. Certaines personnes en consomment également pour soulager des problèmes gastro-intestinaux.
De toutes les eaux thermales recensées dans les Alpes suisses, les eaux de Combioule sont, avec celles du puits de Pro San Gian à St-Moritz, les plus riches en sulfates, chlorures, magnésium et sodium (selon le centre de recherche en géothermie de Neuchâtel).