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Pierre Eckert, Novembre 2019 et janvier 2020
La navigation sera pratiquée durant la saison estivale à des latitudes d’abord moyennes puis relativement élevées en direction du nord. Quels sont les vents qu’on peut habituellement attendre sur ces régions de l’Atlantique nord ? Nous tentons de vous l’expliquer dans cette contribution.
Le climat moyen de la planète est déterminé par le fait que la Terre tourne autour du Soleil sur un axe incliné de 23°. Ceci conduit à ce que l’hémisphère Nord reçoive davantage de rayonnement pendant les mois d’avril à août alors que pour l’hémisphère Sud il s’agit des mois d’octobre à février.
Quoi qu’il en soit, pour des raisons géométriques, la zone du globe qui reçoit le maximum de rayonnement est la zone équatoriale puisque le soleil l’éclaire presque perpendiculairement. Plus on s’approche des pôles, plus le rayonnement diminue, jusqu’à devenir quasi nul lors des nuits polaires.
Cela induit des différences de température notables entre l’équateur et les pôles. Sans entrer dans les détails physiques, ces différences de température vont entraîner des différences de pression (donc des basses et des hautes pressions), qui elles-mêmes génèrent des vents. Le schéma général de circulation est les suivant :
On voit que la région équatoriale est dominée par des dépressions qui font converger les vents vers elle. A cause de la force de Coriolis, ces vents sont déviés en direction de la droite dans l’hémisphère Nord et conduisent à des vents de direction nord-ouest appelés alizés. La même chose dans l’hémisphère sud, mais avec effet miroir.
La région du front polaire, marquée à 60° sur le graphique (mais qui plutôt tendance à se situé vers 45° en hiver et vers 55° en été) est marquée par la convergence d’air tropical provenant du sud et d’air polaire provenant du nord. Cela conduit à de forts contrastes de température sur de petites distances qu’on appelle le front polaire. On peut constater que ces forts gradients de températures conduisent à une forte instabilité et à ce que des dépressions se développent régulièrement le long du front polaire.
Ces dépressions se développent à des rythmes plus ou moins réguliers et avec des intensités plus ou moins fortes. Elles se déplacent habituellement d’ouest en est. Sachant que la pression moyenne au niveau de la mer est de 1013 hPa, les dépressions peuvent atteindre 980 hPa voire moins. Plus la pression au centre de la dépression est faible, plus les risques de trouver des vents violents sont forts.
On voit que les vents soufflent de secteur ouest au sud de la dépression, mais de secteur est au nord de la dépression.
Si on considère le parcours que suivra Gaia, il faudra prendre en compte des vents de secteur ouest sur le début du parcours qui passera par les Iles britanniques. Comme mentionné, les dépressions se succèdent et il est même possible que les hautes pressions situées plus au sud (Anticyclone des Açores) s’étendent jusque sur ces régions. On prendra donc soin de consulter les prévisions jour après jour de façon à pouvoir toucher des vents convenables mais éviter les tempêtes.
Aux latitudes plus élevées du parcours de l’ordre de 60°, il est possible de se retrouver au nord des dépressions et ainsi de toucher des vents de secteur est, ce qui permettrait d’effectuer les étapes allant d’Islande au Groenland puis à Terre Neuve avec des vents portants. Là également, nous consulterons régulièrement les prévisions afin de pouvoir effectuer ces traversées dans de bonnes conditions.