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Géographie
L'Arménie est délimitée par la Géorgie au nord, par la Turquie à l'ouest, par l'Azerbaïdjan à l'est et par l'Iran au sud. Enfermée à l’intérieur des hauts plateaux du Petit Caucase, l’Arménie constitue aujourd’hui la plus petite des anciennes républiques de l’ex-URSS. 90% du territoire se trouve à plus de 1000 mètres d'altitude.
C'est un pays essentiellement montagneux, qui associe de hauts plateaux et des massifs. Les sommets les plus élevés sont généralement de grands édifices volcaniques, tel l'Aragatz, qui culmine à 4 090 m. De hautes plaines, situées entre 1 500 et 2 000 m d'altitude, occupent une grande partie du territoire arménien et sont drainées par les cours d'eau, tel l'Araxe, bordé de grands systèmes de terrasses, qui se dirige vers la mer Caspienne . Dans des dépressions souvent associées à des failles, ces plateaux accueillent de grands lacs, tel le lac Sevan, d'une superficie de 1 400 km 2 .
Située au contact de plaques tectoniques, l'Arménie est soumise à des risques naturels permanents, notamment aux secousses sismiques et aux éruptions volcaniques. Le tremblement de terre qui a détruit en 1988 les villes de Spitak et Leninakan témoignent de l'instabilité chronique de cette région.
En raison d'un climat froid et relativement sec, les hauts plateaux sont le domaine d'une végétation réduite. Le climat est continental, avec des hivers très froids, des étés chauds et des précipitations surtout printanières. L'altitude accroît encore les contraintes climatiques. La température moyenne en juin dans la région d'Erevan est de 25 à 27°C, avec des maximums à 42°C. En janvier la température moyenne fluctue entre -5°C et -7°C avec des minimums de -30°C.
D'autres régions connaissent des climats encore plus rigoureux. Les précipitations sont surtout observées au printemps et au début de l'été avec une moyenne annuelle de 550mm.
L'Arménie possède une enclave autonome en Azerbaïdjan, le Haut-Karabagh, relié à l'Arménie par le couloir de Latchine. Malgré un accord de cessez-le-feu signé en 1994, l'Arménie subit le blocus énergétique de l'Azerbaidjan.
L’Arménie, terre chrétienne
Selon la Bible, l'Arche de Noé s'échoua au sommet du mont Ararat. Le petit-fils de Noé, Hayk, donna son nom au pays : Hayasdan. Ses descendants, les Arméniens, s'appellent toujours entre eux les Hays. L'Arménie fut la plus petite des 15 républiques de l'URSS et n'occupe plus aujourd'hui qu'une-faible partie de l'Arménie historique. Les Arméniens vécurent une histoire mouvementée, parsemée d'invasions, de destructions et de massacres. Mais l'opiniâtreté de ce peuple, accroché à sa terre, malgré les conditions ingrates d'une région montagneuse très accidentée, chaude et humide à l'est, très sèche au-delà du lac Sevan (1.300 km') jusqu'au pied de l'Ararat (5.156 m, en Turquie), lui a permis de conserver intactes sa culture et sa foi. L'Arménie, c'est aussi deux capitales : Erevan et Etchmiadzin.
La capitale politique, Erevan, connaît une progression constante de population et draine la plus grande partie des industries locales. Le reste du pays, parsemé de sites historiques, de monastères ou d'églises dont les plus anciennes datent du VIème siècle, demeure très agricole. Ville moderne construite en tuf, une pierre volcanique de couleur rose, Erevan est fière de ses musées, principalement du Maténadaran - Bibliothèque Nationale - qui conserve des milliers d'antiques et précieux manuscrits enluminés. Etchmiadzin demeure cependant la capitale spirituelle, étant le siège du Catholicos des Arméniens.
L'Arménie peut se vanter d'être le premier Etat au monde à avoir adopté le christianisme comme religion officielle. Cela se passait en l'an 301. 80 ans avant l'Empire Romain! De doctrine monophysite, c'est-à-dire ne reconnaissant que la nature divine du Christ, et non la nature humaine, l'église arménienne n'est ni orthodoxe, ni catholique.
Malgré les terribles massacres de 1915, le premier génocide du XXe siècle, malgré une soviétisation totale d'une partie de leur territoire en 1920, les Arméniens, solidement attachés à leur religion, leur culture et leur langue, ont continué à sauvegarder leur personnalité soit en diaspora, soit en république socialiste soviétique d'Arménie.Les conditions de vie difficiles dans ce pays de rocaille aux hivers polaires et aux étés brûlants ont façonné le caractère des Arméniens : patients et travailleurs. Dans leur lutte incessante contre les envahisseurs, ils ont acquis aussi le sens de l'entraide et le patriotisme.
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La Langue
L'arménien est une langue indo-européenne parlée en Arménie, dans les régions voisines et par la diaspora. Parmi les langues indo-européennes, l'arménien est l'une de celles qui ont le mieux gardé leur forme primitive. Elle présente des similitudes avec le grec et le persan. Dès le VIe siècle av. J.-C., elle est parlée dans les régions montagneuses de l'Ararat, près du lac de Van et aux sources du Tigre et de l'Euphrate. Au Ve siècle seulement, elle devient langue écrite, avec la traduction de la Bible par le moine Mesrop Machtotz - celui-ci ayant inventé un alphabet de trente-six lettres, remarquable, encore en usage.
Cette langue ancienne, désignée sous le nom d'arménien classique, est essentiellement représentée par des traductions du Nouveau Testament et des traductions de la littérature chrétienne des premiers siècles de l'Église. Cependant, conjointement à la langue classique, une langue populaire évolue à partir du Xe siècle, jusqu'à devenir au XIXe siècle, avec l'écrivain Khatchatour Abovian, elle-même langue écrite.
La langue moderne, parlée par environ 4 millions de locuteurs, a subi deux évolutions : dans le nord-ouest de l'Iran et en Arménie, on parle un arménien " oriental ", quelque peu réformé et d'où procède une orthographe simplifiée ; au Proche- et au Moyen-Orient, ainsi qu'au sein de la diaspora, on parle un arménien " occidental ", fidèle à son origine à la fois classique et populaire.
Cependant, les spécialistes s'accordent à constater que la langue moderne conserve une continuité rare avec la langue parlée au cinquième siècle.