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Abstract
Dans cet article, les auteurs se penchent sur le lien entre tourisme et patrimoine dans la ville de Malacca, capitale de l’État du même nom de la fédération de Malaisie. En 2008, cette ville a été conjointement inscrite avec celle de George Town, la capitale de l’État de Penang, sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco. Leur réflexion s’inscrit dans une recherche plus large incluant les deux sites, et portant sur la gestion de la diversité multiculturelle dans deux contextes sociologiques différents, tant sur le plan démographique, religieux que politique. Le présent article est plus précisément consacré à la ville de Malacca, qui reçoit environ 15 millions de touristes, dont une large majorité est composée de nationaux et de citoyens provenant de Chine et d’Asie du Sud-Est. L’essentiel de son argument est de montrer comment Malacca, en faisant la promotion d’un tourisme de masse, orienté sur la promotion d’une identité essentiellement malaise, marginalise quelque peu la dimension de patrimoine immatériel mise pourtant en avant dans le dossier de nomination destiné à sa candidature pour le patrimoine mondial, et fondée notamment sur la coexistence harmonieuse des principales communautés malaise, chinoise et indienne composant la population. Cette situation produit plusieurs paradoxes que le présent article tente d’expliciter en se basant sur une observation directe ainsi que sur l’analyse des politiques et des directives présidant à la mise en valeur touristique de la ville.