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Un nouveau mécanisme pour expliquer le «paradoxe français» l'observation selon laquelle l'incidence des maladies cardiovasculaires en France est basse malgré d'importantes consommations alimentaires en graisse saturée est décrit dans la revue Nature (2001 ; 414 : 863-4).Des chercheurs de la Barts and the London Scholl of Medicine (Londres) suggèrent qu'une consommation modérée de vin rouge peut diminuer le risque de maladie cardiovasculaire en réduisant la synthèse de l'endothéline 1 dans les cellules vasculaires endothéliales. «L'endothéline 1 est un médiateur clé dans l'athérogenèse», explique l'auteur principal Roger Corder, «et nous avons découvert que tous les vins rouges, mais pas les rosés ni les blancs, réduisent la synthèse de l'endothéline 1 in vitro». Les chercheurs espèrent maintenant commencer des études cliniques pour montrer comment la consommation de vin rouge agit sur les concentrations d'endothéline 1 in vivo (Lancet 2002 ; 358 : 2135).Il y a deux siècles, on faisait déjà allusion à l'originalité française à propos du risque de maladies cardiovasculaires, selon Serge Renaud (Université de Bordeaux, France) ; un médecin irlandais avait écrit que le facteur principal de protection contre les maladies cardiovasculaires était français. On ne sait pas qui utilisa en premier le terme «paradoxe français», dit Renaud «mais en 1992, j'ai suggéré qu'on pouvait l'expliquer par le fait que les Français, en général, boivent de l'alcool régulièrement et avec modération». Depuis, de nombreux mécanismes ont été proposés pour expliquer ce paradoxe. Les expériences de Corder, dit Renaud, «fournissent un autre mécanisme et une confirmation supplémentaire du rôle du vin sur lui».L'équipe de Corder a analysé 23 échantillons de vin rouge, un de rosé, quatre de blanc et un de jus de raisin pour rechercher l'inhibition de la synthèse de l'endothéline 1 dans des cellules endothéliales aortiques bovines. En moyenne, 5 ml de l'échantillon de vin rouge par ml de culture de tissus ont inhibé la synthèse de l'endothéline 1 à 50%. Par contre, il a fallu 35 ml/ml de jus de raisin pour un effet similaire et les autres échantillons de vin n'ont eu aucun effet. «Les vins de table semblent souvent aussi efficaces que les grands crus, ajoute Corder, une observation qui correspond parfaitement au paradoxe français qui veut que la moyenne des Français, en règle générale, aiment bien boire un vin de table au repas».Les polyphénols sont probablement aussi impliqués dans l'effet protecteur du vin, ajoutent Corder et Renaud, mais il y a des milliers de polyphénols dans le vin et trouver celui qui est actif s'avère difficile. En outre, d'autres polyphénols peuvent agir sur le risque de maladie cardiovasculaire par différents mécanismes. Par exemple, Renaud pense que le vin peut protéger contre l'infarctus du myocarde en réduisant l'agrégation plaquettaire et que certains champagnes le font aussi bien que le vin rouge.