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L’usine électrochimique du Day
Dans le chapitre consacré dans ce blog aux Gorges de l’Orbe, nous avons déjà évoqué brièvement l’histoire de cette usine qui a fonctionné de 1889 à 1972.
Complétons cet article par quelques nouveaux documents et rappelons que la localité de Vallorbe a conservé son s final jusqu'en 1884, mais que l’usage s’est maintenu un peu plus longtemps encore.
Ainsi cet article paru le 13 septembre 1889 dans la Gazette de Lausanne :
Vallorbes.
Une société anonyme, dont le siège est à Paris, et fondée pour la production par l’électrolyse, la vente et le commerce de chlorate, et d’autres produits chimiques se propose de construire au saut du Day, près de Vallorbe, dit la Feuille d’Avis de la Vallée.
Le capital social est de fr. 600'000.- divisé en 120 actions de 5'000 fr.
M. A. Boucher à Lausanne représente en Suisse la Société d’électro-chimie.
Une note reprise du DHS
Boucher, Anthelme (Né.:25.5.1856 à La Haye, Décès :19.4.1936 à Prilly,) protestant, de Paudex. Fils de Philippe, pasteur à la cour des Pays-Bas. ∞ Marie Henriette L'Eplattenier. Diplôme d'ingénieur électricien civil en 1880 à l'école d'ingénieurs de Lausanne. Boucher crée à Paris en 1889 la Société d'électrochimie qui équipera les premières usines électrochimiques du monde au Saut du Day, sur l'Orbe, construit l'usine électrique de Vuargny (commune d’ Aigle) en 1896 et dirige (1912-1915) la construction de l'usine de Fully, dont la chute d'eau de 1650 m détient le record mondial jusqu'en 1935. Il est parmi les initiateurs de la Dixence. Collaborateur de Jean Landry. Il construit des barrages (hautes chutes) dans plusieurs pays européens, est à la tête des principales usines hydro-électriques de France et de Suisse (sept usines en Valais). Chevalier de la Légion d'honneur.
Pour info, voici le récit d'un autre projet dirigé par Boucher dans la Maurienne :
http://books.google.ch/books?id=8xJSK8eAu7wC&pg=PA51&lpg=PA51&dq=anthelme+boucher&source=bl&ots=QV6uSX3eNu&sig=_6CPcdeMGy-Ld2c_Veg81sxrUT0&hl=fr&sa=X&ei=6lWjUMSnLrCN4gS34oGICg&ved=0CF8Q6AEwCDgK#v=onepage&q=anthelme%20boucher&f=false
Un an plus tard, en 1890, la Gazette donne un peu plus de détails sur cette nouvelle usine du Day.
Quelques anciennes cartes postales donnent une idée du site de l’usine :
L’incendie de 1901
Le 1er avril 1901, la Gazette de Lausanne signale cet incident :
Vallorbe (Corr)
Un incendie allumé par le frottement d’une courroie a éclaté ce matin à 6h 20 m. dans l’Usine de la Société d’électro-chimie au Day près Vallorbe.
Le tiers environ du bâtiment de raffinage a été fortement endommagé. Grace aux hydrants et aux pompes de l’usine ainsi qu’à de prompts secours apportés par les pompiers de Vallorbe, un désastre a pu être évité car avec une matière aussi inflammable que le chlorate, une explosion était à redouter.
Il n’y a pas d’accident de personnes. Un seul ouvrier a reçu des brûlures, mais elles ne mettent pas sa vie en danger.
En 1903, un gamin imprudent accidenté
Gazette de Lausanne du 27 mai 1903
Vallorbe
Les voituriers de M. J. Authier, fournisseur de tonneaux pour l’emballage du chlorate de potasse fabriqué par l’Usine d’électrochimie du Day, venaient de terminer un déchargement et rentraient à la maison, lorsque tout à coup leur attention fut attirée par des cris affreux partant de derrière la voiture.
Un gamin de 7 à 8 ans, fils de M. Brochon, voiturier de l’usine avait grimpé à l’insu des conducteurs sur la voiture et sa jambe s’était engagée dans l’une des roues. Résultat : cinq graves fractures, deux au-dessous et trois au-dessus du genou ; tous les os mis à nu ; le sang coulant en abondance.
L’enfant fut aussitôt transporté chez ses parents, où l’on réussit heureusement à arrêter l’hémorragie. M. le Dr Mercier a jugé le cas assez grave pour nécessiter le transport immédiat à l’hospice de Saint-Loup. On craint de ne pouvoir éviter l’amputation de la jambe.
Un autre accident en 1909
Une annonce publicitaire de 1902 :
Les bons résultats financiers de l’année 1903
Création d’une caisse de retraite en 1921
Dès 1921, les employés de l’usine bénéficient d’une caisse de retraite.
A cette époque, ce n’était pas le cas de toutes les entreprises.
Une nouvelle centrale électrique en 1925/26
Gazette de Lausanne du 21 janvier 1926
Cette nouvelle centrale se situe en face de l’ancienne, sur la rive gauche de l’Orbe, juste en dessous du Saut du Day, elle est bien visible sur cette carte postale.
Elle sera détruite en 1955 après la construction du barrage du Day.
La nouvelle centrale électrique de 1925 à droite en bas de la photo
Annonce de la fermeture en 1972
Annonce de la fermeture de l’usine en 1972
Reprise de l’usine par l’armée
Quelques années après sa fermeture, les bâtiments de l’usine sont achetés par l’armée suisse pour en faire un terrain d’exercices, soit :
Propriété de la Confédération, la place d’exercice « Le Day « (près Vallorbe) est avant tout destinée à l’instruction de combat en zone urbaine.
Une place d’exercices et camp de troupe avec logements pour 1 compagnie,
Bâtiments d’instruction, installations pour combat de localité
Elle permet aussi l’instruction aux travaux de renforcement du terrain ainsi que la conduite d’exercices liés à l’utilisation de bâtiments: PC, place de soutien, action de sauvetage par exemple.
Photo de Google earth
Photo aérienne de la place d'exercices du Day