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Les Etats-Unis ont annoncé mardi un embargo sur les importations de pétrole et de gaz russes. Le Royaume-Uni fera de même pour le pétrole en provenance de Russie d'ici la fin de l'année.
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Ces sanctions font grimper encore un peu plus le prix du pétrole. Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mai, le plus échangé à Londres, a clôturé mardi en hausse de 3,87%, à 127,98 dollars. A New York, le baril de West Texas Intermediate (WTI) avec échéance en avril a terminé en progression de 3,60%, à 123,70 dollars.
Le prix du litre d'essence à la pompe va donc lui aussi prendre l'ascenseur, alors qu'il coûte déjà souvent plus de 2 francs en Suisse. Les records de juillet 2008 sont en passe d'être dépassés.
Plusieurs scénarios
Les banquiers travaillent aujourd'hui sur plusieurs scénarios. L'un de ceux-ci prévoit même un prix de 3 francs par litre d'essence. Ce n'est pas encore le cas, mais les experts sont unanimes: cette projection n'est pas exagérée, comme l'explique Frédéric Potelle, directeur de la recherche à la banque Bordier.
"Le prix de l'essence intègre le prix du pétrole, du raffinage et d'un certain nombre de taxes. La sensibilité du litre d'essence à l'augmentation du prix du pétrole est la suivante: en gros, pour dix dollars de hausse du prix du baril, on va se retrouver à la pompe avec dix centimes de hausse sur le prix de l'essence", indique le spécialiste.
Chute de la demande?
En cas d'augmentation des prix à 2,5 voire 3 francs le litre d'essence, le pouvoir d'achat va évidemment en prendre un coup. Mais jusqu'où les consommateurs peuvent-ils tenir? Giacomo Luciani, professeur adjoint à l'Institut des hautes études internationales et de développement à Genève (IHEID), ne pense pas que la demande va s'écrouler pour autant.
"On a beaucoup exploré la possibilité d'un prix maximum, le point au-delà duquel la demande s'effondre. Il n'y aura pas un tel point. Mais à moyen terme, les consommateurs peuvent acheter des voitures moins gourmandes, se déplacer dans une maison un peu plus petite et surtout changer leur système de chauffage", souligne-t-il.
Avec une telle hausse des prix de l'énergie, les investisseurs craignent des répercussions en cascade sur l'économie européenne. Le spectre d'une possible récession plane aussi dans l'air.
Dominique Choffat/gma