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La banque centrale helvétique a relevé de 0,75 point de pourcentage son taux directeur, qui passe de -0,25% à +0,5%. Le 16 juin, l'institut d'émission avait effectué un premier pas en direction d'une normalisation de la politique monétaire avec un rebond d'un demi-point.
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, l'institut d'émission "contre ainsi la pression inflationniste qui s'est de nouveau accrue". La BNS a averti qu'il n'était pas "exclu que de nouveaux relèvements de taux soient nécessaires".
Vigilance concernant le franc
Concernant le franc, la banque centrale suisse a souligné rester "disposée à être active au besoin sur le marché des changes afin de garantir des conditions de marché appropriées". La BNS pourrait donc acheter ou vendre des devises pour contrôler l'évolution de la devise nationale.
Suite à ces annonces, le franc se relâchait nettement face à l'euro. Alors que la paire de devises était passée au petit matin sous la barre des 0,95 EUR/CHF, elle remontait à 0,9617 EUR/CHF à 09h47.
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La banque centrale helvétique avait introduit pour la première fois en décembre 2014 des taux négatifs, en abaissant la marge de fluctuation du Libor, son taux de référence d'alors. Quelques semaines plus tard, le 15 janvier 2015, ce dernier passait complètement en terrain négatif, après l'abolition du cours plancher face à l'euro.
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Le franc fort comme bouclier
La BNS voulait alors empêcher une appréciation du franc suisse en décourageant les investissements étrangers dans la monnaie suisse, mais aussi relancer la consommation. Lorsque le coût de l'argent est faible, les entreprises peuvent plus facilement emprunter aux banques.
Mais alors que l'inflation est au plus haut de près de 30 ans, la défense d'un franc fort n'est plus une priorité. Il permet même de contenir la progression des prix, malgré l'impact négatif sur les exportations. Un recul de 10% du cours euro-franc réduit en effet l'inflation en Suisse d'un demi-point de pourcentage, selon les estimations de Credit Suisse.
De fait, l’inflation est restée contenue jusqu’à présent par rapport à d’autres pays. L’indice global des prix à la consommation pour le mois d'août a progressé de 3,5% sur un an en Suisse, contre 9,1% dans la zone euro et 8,3% aux Etats-Unis.
>> Ecouter aussi Arthur Jurus analyser jeudi soir dans l'émission Forum les enjeux du retour des taux positifs:
Projections d'inflation revues à la hausse
La Banque nationale suisse (BNS) revoit toutefois à la hausse ses projections pour l'inflation sur l'année en cours et les deux suivantes. Le renchérissement doit atteindre 3,0% en 2022, contre 2,8% au pointage de juin, 2,4% (1,9%) en 2023 et 1,7% (1,6%) en 2024.
Ces estimations reposent sur l'hypothèse d'un taux directeur - que la BNS vient de propulser en territoire positif - maintenu à 0,5%.
La prévision de croissance en 2022 par contre est modérée à 2,0%, contre 2,5% précédemment. L'institut d'émission a constaté un ralentissement sensible de l'économie mondiale.
Un ralentissement de l'économie mondiale, une aggravation de la pénurie de gaz en Europe et une pénurie d'électricité en Suisse constituent les plus gros risques.
Contexte mondial
Cette hausse du taux directeur par la BNS intervient dans un contexte mondial de resserrement monétaire afin de contrer l'envolée de l'inflation. Mercredi soir, la Réserve fédérale américaine (Fed) a donné nouveau fort tour de vis à sa politique monétaire et a averti qu'il lui faudrait resserrer encore, ce qui sera douloureux pour les ménages.
La Fed a ainsi relevé de trois quarts de point de pourcentage son principal taux directeur, qui s'établit désormais dans une fourchette de 3,00 à 3,25%.
cab avec ats
Les effets des taux négatifs
Les taux négatifs devaient avant tout encourager les établissements bancaires et autres investisseurs à injecter les capitaux disponibles dans l'économie, au lieu de les "parquer" auprès des banques centrales. Ceux qui veulent tirer profit de leur argent sont obligés de l'investir ailleurs.
La Confédération, les cantons et les communes ont largement profité du faible coût de l'argent.
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Les taux hypothécaires avaient aussi atteint des niveaux exceptionnellement bas. Ils ont déjà rebondi après le premier resserrement de la politique monétaire de la BNS en juin.
Interrogé jeudi dans le 12h30 de la RTS sur cette nouvelle hausse, l'un des fondateurs de l'Observatoire de la BNS, l'économiste Charles Wyplosz, commente la situation des propriétaires qui ont des hypothèques: "Ceux qui ont des hypothèques à taux fixe n'ont aucune raison de s'inquiéter. Ceux qui ont pris des taux variables ont des bonnes raisons de l'être."
>> Ecouter l'interview de Charles Wyplosz dans le 12h30:
Les banques ont en revanche souffert, car elles ont dû payer les taux d’intérêt négatifs des fonds qu’elles déposaient auprès de la BNS. Elles étaient de plus en plus nombreues à répercuter ces taux sur leur clientèle.
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