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Bilan sur iPad, vais-je abandonner la revue imprimée dont l'édition de ce jour titre: "Votre enfant: apprenez-lui à devenir riche"? Sans doute. J'attends, comme pour L'Hebdo, l'échéance de mon abo. Mais vaut-il la peine de lire Bilan?
La lettre d'un lecteur peut en faire douter. Alberto De Pascali s'en prend au bimensuel qu'il accuse d'entretenir le jeu de l'avion immobilier en multipliant depuis ce printemps les Une sur le refrain: est-il encore opportun d'acheter sur l'arc lémanique? Et en faisant répondre les spécialistes du marché par un oui généralement franc et massif. Dame, avez-vous déjà entendu un boucher restreindre la consommation de viande à ses clients?
Sur l'euro, c'est pire. La même édition de ce 15 décembre nous propose deux papiers catastrophes à 180 degrés. L'un est repris de The Independent de Londres sous la plume de Sean O'Grady et s'intitule "Scénario catastrophe pour l'euro". L'autre, page suivante, est signé par Stéphane Garelli. Le professeur HEC qui en a marre du coup de rétoviseur sur l'année écoulée - un marronnier - nous propose de revisiter ce qu'il s'est passé en 2011...
Incroyable mais vrai, le Britannique nous annonce la fin de l'euro, tandis que le Suisse pronostique un euro à 1,40 face au dollar et un envol du franc suisse et des matières premières.
La date de la mise à mort de l'euro est fixée au 16 septembre prochain à 11h11. La Cour constitutionnel allemande déclarera non constitutionnel le soutien de la monnaie européenne. S'en suivra le retour des monnaies nationales le 1er janvier 2012, la ruine pour la moitié des Européens, ceux du sud, la récession la plus grave depuis 1930 - air connu - la réélection de Merkel en 2013, un billet de 100 marks à la main, l'éviction, un an avant, en mai 2012, d'un Sarkozy à bout de force par un triste DSK qui aura fait campagne sur le slogan: "Je n'ai jamais cru en l'euro". Enfin une Grande Bretagne qui se félicitera de n'avoir jamais touché à cette "monnaie papier-toilette".
Rendez-vous dans un an! Le journalisme économique a toujours été un art difficile, mais là on atteint un sommet de dévaluation.