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La maladie cœliaque semble associée à un risque augmenté d’événements coronariens. Une hypothèse avancée pour expliquer cette observation est un effet pro-inflammatoire du gluten. L’objectif de cette étude de cohorte prospective est d’évaluer la relation à long terme entre l’apport en gluten et l’incidence d’un événement coronarien chez 64 714 femmes de la Nurses’ Health Study et 45 303 hommes de la Health Professionals Follow-up Study sans maladie cœliaque. Les participants ont complété tous les 4 ans, de 1986 à 2010, un questionnaire comprenant 131 questions sur leurs habitudes alimentaires. L’issue observée était la survenue d’un infarctus du myocarde fatal ou non fatal. Durant les 26 années de suivi, 6529 participants ont présenté un infarctus. Après ajustement pour différents facteurs de risque, le taux d’événements coronariens chez les participants avec l’apport en gluten le plus important était légèrement inférieur à celui du groupe ayant l’apport le plus faible, mais sans différence statistiquement significative HR 0,95 (IC 95 % : 0,88-1,02), p = 0,29. Avec ajustement supplémentaire pour l’apport en céréales raffinées, le risque d’événement coronarien était plus faible dans le groupe ayant l’apport en gluten le plus important. Les auteurs concluent qu’il n’y a pas d’association entre l’apport en gluten et le risque de maladie coronarienne chez les sujets sans maladie cœliaque et qu’un régime pauvre en gluten peut réduire l’apport en céréales complètes, dont la consommation est associée à un plus faible risque cardiovasculaire.
Commentaire : Le régime sans gluten rencontre un succès croissant auprès de la population sans maladie cœliaque lui attribuant de potentiels bienfaits pour la santé. Alors qu’un tel régime est clairement indiqué en cas de maladie cœliaque qui touche environ 1 % de la population, il est controversé en cas de sensibilité au gluten, pathologie mal définie dont les manifestations semblent soulagées par l’éviction du gluten. Sur la base des résultats de cette importante étude, le régime pauvre sans gluten en l’absence de maladie cœliaque ne doit pas être encouragé pour diminuer le risque de maladie coronarienne, la recommandation d’une alimentation équilibrée de type méditerranéen reste d’actualité.