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Le 19 mai 1815, après une «période française» de plus de quinze ans, Genève entre dans la Confédération.
Le 15 avril 1798, un mois après avoir occupé Berne, les troupes du Directoire (pouvoir exécutif de la France d’après la Révolution, de 1795 à 1799), appuyée par les Jacobins locaux, envahissent Genève et l’annexent à la France. La ville devient le chef-lieu d’un nouveau département, appelé Léman. Genève, soumise à la protection de Napoléon Bonaparte à partir de 1802, restera française jusqu’en 1813.
Les conséquences de la Période française
Les répercussions de l’annexion de Genève à la France sont désastreuses pour l’économie de la ville, qui traverse alors une période de profonde récession et de stagnation: la guerre et le blocus continental causent la ruine des industriels et banquiers, qui faisaient pourtant la gloire de la ville.
Mais le régime français apporte également de nombreuses nouveautés, qui seront conservées après l’indépendance et l’adhésion à la Confédération: notamment la séparation du civil et du religieux dans un nouveau code civil et une administration dirigée par un maire, deux adjoints et un conseil municipal.
L’entrée dans la Confédération helvétique
Genève, qui souffre économiquement de l’annexion à la «Grande Nation», aspire à retrouver son indépendance. Ce sera chose faite le 31 décembre 1813: les troupes françaises sont chassées de la ville par l’armée autrichienne.
Genève, qui vient de retrouver son indépendance, est consciente de la nécessité de s’allier à un Etat de plus grande taille. A cette époque déjà, la période des cités-Etats est révolue et l’isolement n’apparaît plus comme une option viable.Genève se tourne donc vers la Confédération helvétique, avec laquelle elle noue depuis longtemps des liens étroits.
Il faut cependant à la ville remplir deux conditions sine qua non pour pouvoir entrer dans la Confédération: se désenclaver du territoire français et présenter une constitution rassurante pour les Confédérés. Les cantons catholiques se méfient en effet de la «Rome protestante». Les congrès de Vienne et de Paris fixent alors les nouvelles frontières du canton. Avec l’ajout de douze communes savoyardes et de six communes du pays de Gex, le territoire de Genève devient contigu à la Suisse. Quant à la nouvelle Constitution, elle est rédigée rapidement par un conseil de sept membres et votée par le peuple le 14 août 1814. Le 19 mai 1815, le canton de Genève, allié historique, entre dans la Confédération et devient le 22e canton suisse.
Le renouveau économique et la modernisation
Après l’entrée dans la Confédération helvétique, l’économie de la ville reprend lentement vigueur avec le retour des activités bancaires et horlogères. Toutefois, l’industrie du textile ne se remettra jamais de la récession économique et il faudra attendre 1830 pour voir l’économie genevoise reprendre réellement son envol.
La démocratisation
Les bourgeois libéraux ainsi que les ouvriers instruits ne cesseront ensuite de réclamer une démocratisation des institutions. Celle-ci sera partiellement atteinte avec la Constitution de 1841, puis pleinement réalisée par la Constitution de 1847, qui établit une démocratie élective. L’année 1847 verra également l’arrivée sur la scène politique genevoise de James Fazy, homme d’affaires et homme politique radical, qui contribuera énormément à la modernisation de la ville.
Article modifié le 09.01.2020 à 18:34