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Originaire de Wettingen, Astrid Berz s’est classée 6e au championnat du monde de formula kite. Malgré un budget restreint et un entraînement limité, elle espère conserver sa place parmi l‘élite mondiale.
Durant l’été 2001, alors qu’Astrid Berz effectue un voyage sur la côte ouest des États-Unis, elle aperçoit pour la première fois un kitesurfer. Sa prise de conscience est immédiate : « C’est mon avenir », se dit-elle. Sa décision est irrémédiable. Elle abandonne son poste d’enseignante et ouvre un centre de kitesurf et de planche à voile à Vieste en Italie, un spot prisé par les adeptes des sports de vent. Bien entendu, ce travail ne lui permet pas de mener un train de vie luxueux, ce qui l’indiffère. « Le sentiment de liberté et les sensations fortes que j’éprouve quand je fais du kite sont tellement extraordinaires que je ne veux qu’une chose : retourner sur l’eau », affirme-t-elle.
Quoi qu’il en soit, en tant que sportive d’élite, elle a besoin d’argent pour payer les ailes, les planches, les vols et les hébergements. Et comme le kitesurf ne figure pas encore parmi les disciplines olympiques, son soutien financier est faible voire inexistant. En 2014, Astrid Berz avait réussi à mobiliser quelques sponsors à travers le site de financement participatif I believe in you qui lui ont permis de s’aligner dans la plupart des compétitions importantes. Première du classement mondial, elle a même été invitée à Abu Dhabi pour participer à l’ ISAF Sailing Grand Final où le kitesurf était une discipline hôte.
Cette année, Astrid Berz n’a disputé aucune grande course à l’exception du championnat du monde en Italie. En effet, les compétitions se déroulaient pendant la haute saison et sa présence au centre de kite était requise. Malgré une préparation qu’elle juge insuffisante, elle a tout de même décroché la 6e place aux mondiaux.
Autodidacte
Dans cette jeune discipline sportive, il n’existe pour ainsi dire pas d‘entraîneurs. En d’autres termes, les athlètes sont obligés d’apprendre par eux-mêmes. Pour échanger avec d’autres passionnés et progresser, Astrid Berz s’entraîne avec d’autres kitesurfers pendant les mois d’hiver. Depuis peu, on assiste néanmoins à une nouvelle tendance. Dans les grandes nations de voile, les adeptes de la discipline se regroupent pour engager des entraîneurs et travailler ensemble leur technique et leur stratégie.
Malgré les conditions difficiles, la Suissesse âgée de 43 ans ne compte pas s’arrêter de sitôt. Cet hiver, elle le passera au Mexique pour s’entraîner au Foil Racing. La Formula Race n’ayant pas été retenue comme discipline olympique, la plupart des kitesurfer, dont Astrid Betz, optent pour le foilboard.