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Soweto a rendu mercredi un dernier hommage à l'héroïne Winnie Mandela
KEYSTONE/EPA/STR(sda-ats)
Dans un stade du township de Soweto, des milliers de Sud-Africains ont rendu mercredi un nouvel hommage populaire à l'icône de la lutte anti-apartheid Winnie Mandela. L'ex-épouse de Nelson Mandela sera enterrée samedi.
"Elle était une femme extraordinaire, une mère, un soldat, une combattante (...), je pensais qu'elle vivrait pour l'éternité", a lancé à la foule un de ses nombreux petits-enfants, Bambatha Mandela. Sa grand-mère Winnie Madikizela Mandela est décédée le 2 avril dernier à l'âge de 81 ans des suites "d'une longue maladie".
L'Afrique du Sud a décrété un deuil national jusqu'à samedi, date de ses funérailles officielles.
Comme en répétition de ce grand rassemblement qui sera présidé par le chef de l'Etat Cyril Ramaphosa, une première cérémonie officielle s'est déroulée mercredi dans le stade emblématique d'Orlando, un des stades du quartier de Soweto.
Fidèle au township
Au contraire de la plupart de ses compagnons de lutte, la "Mère de la nation", ainsi qu'elle était surnommée, avait choisi de continuer à vivre dans ce township pauvre de Johannesburg, où elle avait rencontré Nelson Mandela en 1957 à un arrêt de bus.
"Elle aurait pu déménager pour les banlieues, comme beaucoup d'entre nous, mais elle a choisi de ne pas le faire", a rappelé à la tribune son petit-fils Bambatha. "Je ne pense pas vouloir me lever au milieu de mes ennemis", avait coutume de dire Winnie, a-t-il rappelé.
"Je me souviens d'elle. J'étais là en 1974 quand elle venait dans les écoles et nous disait qu'il fallait manifester", a raconté un des spectateurs venu en voisin du quartier de Zakariyya Park. "Pour nous, elle était une héroïne". "Je ne sais pas où va aller l'Afrique du Sud sans elle, personne ne pourra la remplacer", s'est inquiété le prêtre John Moletsane.
Au milieu des chants et d'un océan de drapeaux vert, jaune et noir de l'ANC, des proches, des militants et des dirigeants politiques se sont succédé à la tribune du stade pour célébrer sa mémoire.
Le vice-président sud-africain David Mabuza a conclu la cérémonie par un éloge: "Tu es le porte-drapeau de notre libération", a-t-il dit, "même si nous ne te voyons plus, la forteresse noire de la dignité humaine ne pourra pas disparaître du coeur saignant de l'Afrique".
ATS