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Les analgésiques opioïdes ne sont pas plus efficaces qu’un placebo pour soulager les douleurs dorsales et cervicales aiguës et peuvent même être nocifs, selon une étude réalisée par l’Université de Sydney et publiée le 28 juin 2023 dans le journal The Lancet (10.1016/S0140-6736(23)00404-X). Selon les chercheurs, il s’agit là d’une preuve que les directives thérapeutiques devraient être mises à jour pour déconseiller l’utilisation d’opioïdes à cette fin.
40 à 70 % des prescriptions contre la douleur en Australie
Plus de 577 millions de personnes dans le monde souffrent de lombalgies et de cervicalgies. Malgré les efforts déployés à l’échelle mondiale pour réduire l’utilisation des opioïdes, en Australie, environ 40 à 70 % des personnes souffrant de douleurs cervicales et dorsales se voient prescrire des opioïdes pour soulager leur douleur.
L’étude OPAL a recruté près de 350 participants dans 157 centres de soins primaires et services d’urgence. Les participants souffrant de douleurs aiguës – c’est-à-dire soudaines et généralement de courte durée – au niveau du dos ou du cou ont été répartis au hasard entre un traitement de six semaines par un opioïde couramment prescrit et un placebo.
Les deux groupes ont également reçu des soins standard, notamment des conseils pour éviter le repos au lit et rester actif. Les participants ont été suivis pendant 52 semaines. L’objectif de l’étude était d’observer l’efficacité et l’innocuité d’un court traitement judicieux d’un analgésique opioïde pour les lombalgies aiguës et les cervicalgies.
Résultats de l’étude
Au bout de six semaines, les personnes ayant reçu des opioïdes n’ont pas obtenu un meilleur soulagement de la douleur que celles ayant reçu un placebo.
La qualité de vie et l’évolution de la douleur lors du suivi à long terme étaient meilleures dans le groupe placebo.
Les patients ayant reçu des opioïdes présentaient un risque faible mais significativement plus élevé de mésusage d’opioïdes 12 mois après leur courte cure de médicaments.
L’équipe de recherche indique que, selon les directives actuelles sur les douleurs dorsales et cervicales, les opioïdes peuvent être envisagés en dernier recours si toutes les autres options pharmacologiques ont échoué, mais que cette étude prouve que les opioïdes ne devraient pas être recommandés du tout, car cela pourrait être nocif à long terme, même avec un traitement de courte durée.
Selon les auteurs, cette étude complète des recherches antérieures sur l’utilisation des opioïdes pour les lombalgies chroniques, qui ont révélé un léger avantage pour le traitement, mais un risque accru d’effets nocifs.
Effort mondial pour réduire l’utilisation des opioïdes
La réduction de la surconsommation d’opioïdes est une priorité sanitaire mondiale. Les autorités médicales du monde entier ont rappelé qu’en raison du risque important de dommages pour les individus et la société, les opioïdes ne devraient être utilisés que lorsqu’il est prouvé que les avantages l’emportent sur les inconvénients.
Le professeur Chris Maher, coauteur de l’étude, a déclaré qu’au cours des dernières années, les traitements de la lombalgie par les opioïdes ont été remplacés par des traitements non opioïdes, l’accent étant mis sur les thérapies physiques et psychologiques et sur les analgésiques simples tels que les anti-inflammatoires (appelés AINS).
Dommages causés par la consommation d’opioïdes
Le professeur Andrew McLachlan, doyen de l’école de pharmacie de Sydney et co-investigateur, a déclaré que l’étude du Lancet était importante et devrait influencer la prescription et la délivrance de ces médicaments, alors que l’Australie est confrontée à des taux croissants de consommation d’opioïdes.
Selon la Therapeutic Goods Administration australienne, chaque jour en Australie, près de 150 hospitalisations et 14 admissions aux urgences sont liées à l’utilisation d’opioïdes, et trois personnes meurent des conséquences néfastes de l’utilisation d’opioïdes sur ordonnance.
Les effets nocifs possibles des opioïdes sont bien connus. Ils vont d’effets mineurs tels que la constipation et la somnolence à des effets majeurs tels que la dépendance, l’accoutumance, l’overdose et même la mort involontaire selon le professeur McLachlan.
Les résultats de l’étude OPAL renforcent encore plus la nécessité de réévaluer l’utilisation des analgésiques opioïdes, car les preuves de leur utilité sont limitées et le risque d’effets nocifs importants est connu.
Références & Sources :
– Journal The Lancet (10.1016/S0140-6736(23)00404-X)
– Communiqué de presse en anglais de l’étude (via Eurekalert.org)
Personnes responsables et impliquées dans l’écriture de ce dossier :
Seheno Harinjato (rédactrice chez Creapharma.ch, responsable des infographies).
Date de dernière mise à jour du dossier :
30.06.2023
Crédits photos :
Creapharma.ch, Adobe Stock, © 2023 Pixabay. Image d’illustration.
Crédit infographie :
Pharmanetis Sàrl (Creapharma.ch).