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L'opération d'évacuation des 12 enfants et de leur coach de football coincés dans une grotte inondée en Thaïlande a débuté dimanche à 10h00, a annoncé le gouverneur de la province de Chiang Rai. Dix-huit plongeurs prennent part au sauvetage.
"C'est le grand jour... Les garçons sont prêts à affronter tous les défis", a déclaré Narongsak Osottanakorn qui est aussi le chef de la cellule de crise. Les garçons, âgés de 11 à 16 ans et leur entraîneur, qui a 25 ans, sont piégés dans la grotte de Tham Luang depuis deux semaines.
Il faudra de nombreuses heures avant que le premier garçon ne sorte au grand jour. Jusqu'ici, il fallait onze heures à un plongeur aguerri pour faire l'aller-retour jusqu'aux enfants: six heures aller, cinq heures retour grâce au courant.
"Le premier devrait sortir vers 21 heures" (16h00 en Suisse), a ainsi estimé le responsable, annonçant le départ vers les enfants de "treize spécialistes de niveau mondial venant de pays ayant une expertise" en spéléologie. Cinq plongeurs thaïlandais sont également dans l'équipe.
Long de plusieurs kilomètres dans des boyaux accidentés, le parcours pour sortir de la grotte comprend de difficiles passages sous l'eau. Signe du péril de l'entreprise, un ancien plongeur de la marine thaïlandaise a péri vendredi lors d'une opération de ravitaillement des enfants. Or, une bonne partie des enfants, âgés de 11 à 16 ans, ne sait pas nager, et aucun n'a fait de plongée.
"Conditions parfaites"
Actuellement, les conditions pour une évacuation sont jugées "parfaites" par la cellule de crise, notamment en ce qui concerne le niveau d'eau dans la grotte de Tham Luang, située au fin fond du nord de la Thaïlande, à la frontière avec la Birmanie et le Laos.
Les sauveteurs ont fait évacuer le site aux abords de la grotte juste avant de lancer l'opération. "Tous ceux qui ne sont pas impliqués dans l'opération doivent sortir de la zone immédiatement", a annoncé la police par haut-parleur sur le site, où se trouvent des centaines de journalistes. "Nous devons utiliser la zone pour aider les victimes".
L'annonce d'évacuation a été suivie par un branle-bas de combat dans le camp monté par les journalistes, avec des caméras partout et des lits de camp pour être aux meilleures places pour filmer l'évacuation des enfants. Narongsak Osottanakorn, le chef de la cellule de crise, avait prévenu vendredi soir que l'afflux de médias posait problème.
"Nous avons de plus en plus de médias qui arrivent et s'installent partout", avait-il critiqué. "Les équipes médicales se sont plaintes auprès de moi que cela devient un problème", avait-il dit, évoquant des mesures à venir. Face à l'afflux de journalistes, pataugeant dans la boue depuis des jours, les autorités avaient posé des barrières métalliques pour les tenir à distance et permettre aux secouristes de travailler sans caméras autour.
Pluies menaçantes
Les secours avaient réussi à insérer un tuyau de plusieurs kilomètres pour acheminer de l'oxygène dans la poche où le groupe s'est réfugié et le niveau d'oxygène s'est stabilisé dans la grotte. Mais des pluies attendues prochainement pourraient réduire une bonne partie du rebord boueux sur lequel le groupe a trouvé refuge.
Samedi soir, une grosse averse de mousson est tombée pendant une demi-heure, rappelant l'urgence à évacuer les enfants. C'est déjà à cause des pluies de mousson que les enfants se sont retrouvés piégés après avoir décidé, pour une raison encore non élucidée, de se rendre dans la grotte après leur entraînement de foot, avec leur jeune coach de 25 ans.
En parallèle, la cellule de crise a continué à effectuer des forages dans la montagne, pour une possible évacuation par le haut, et plus de cent forages ont été réalisés à la verticale dans la montagne: certains peu profonds, mais l'un d'entre eux long de 400 mètres. Dimanche matin, aucune percée de ce côté-là n'avait été annoncée.