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La cigarette électronique (ou « e-cigarette ») connait un succès grandissant depuis 2005. Mais que sait-on au juste sur elle ?
Description
La e-cigarette existe en plusieurs modèles. Elle est composée généralement d’une batterie, d’un vaporisateur électrique, d’une cartouche interchangeable contenant des liquides et d’un embout buccal. Le liquide contenu dans la cartouche, qui contient des arômes et du propylène glycol, est chauffé par la batterie. Lors de l’aspiration par la bouche, le liquide est vaporisé et inhalé. Il existe des liquides avec ou sans nicotine. La e-cigarette produit une « vapeur » ou « fumée artificielle » ressemblant visuellement à la fumée produite par la combustion du tabac.
Dangerosité
D’après les connaissances scientifiques actuelles, les e-cigarettes sont beaucoup moins nocives que les cigarettes de tabac (une étude récente a évalué et classé les risques de tous les produits contenant de la nicotine. Sur une échelle d’unités arbitraires, la cigarette est à 100, l’e-cigarette à 4). Cependant, on ne sait encore rien des effets de ce produit sur la santé lorsqu’il est utilisé plusieurs fois par jour, pendant des mois ou des années ; des recherches sont encore nécessaires. Un fumeur qui renoncerait complètement au tabac au profit de la cigarette électronique avec nicotine ne résoudrait pas le problème de dépendance à cette substance. La nicotine « vapotée » peut être inhalée par des tiers (vapotage dit « secondaire » ou « passif »). Certaines e-cigarettes semblent aussi rejeter des substances cancérigènes dans l’environnement. Par conséquent, il n’est aujourd’hui pas possible d’exclure tout risque pour la santé lié à l’inhalation passive de vapeur d’e-cigarettes. Les liquides pour les cigarettes électroniques contiennent des composants qui ne doivent absolument pas être avalés, sous peine de graves problèmes de santé. Des erreurs de manipulation au moment de recharger la cartouche ou une inhalation incorrecte du liquide contenant de la nicotine recèlent en outre un risque d’intoxication qui, dans le pire des cas, peut conduire au décès. La nicotine est un puissant neurotoxique, que ce soit par contact cutané et/ou ingestion. Elle est classée substance « très dangereuse » (classe Ib) par l’OMS et le règlement européen 1272/2008 relatif aux substances dangereuses. La dose létale médiane est estimée chez l’homme de 0,5 à 1 mg par kilogramme. Pour un être humain adulte, cela représente 50 mg en moyenne. Les Etats-Unis ont recensé en 2014 plus de 3500 cas d’intoxication et un premier cas mortel.
L’ingestion accidentelle par des enfants de liquides de recharge contenant de la nicotine est mortelle. Ainsi, l’OMS confirme en 2013 que si un enfant pesant 30 kilos absorbe la totalité du contenu d’une cartouche de liquide électronique, cela peut provoquer une intoxication aiguë à la nicotine qui serait le plus susceptible de causer sa mort.
Législation actuelle
Aujourd’hui, les e-cigarettes entrent dans le champ d’application de la loi sur les denrées alimentaires où elles sont qualifiées d’objets usuels. Celles qui sont dépourvues de nicotine peuvent être vendues librement en Suisse. Le commerce de celles qui contiennent de la nicotine est en revanche interdit dans notre pays. Leur importation pour un usage personnel est autorisée jusqu’à concurrence de 150 ml. La loi sur les produits du tabac, actuellement en cours d’élaboration, vise à classer les cigarettes électroniques contenant de la nicotine dans la catégorie des produits du tabac et, donc, à les autoriser à la vente aux mêmes conditions que les cigarettes. Dans l’intervalle, les propriétaires de lieux ouverts au public, les institutions et les entreprises peuvent interdire l’utilisation des cigarettes électroniques dans leurs locaux par une réglementation interne (p.ex. les CFF, les restaurants, etc.).
Recommandation
Beaucoup de « vapoteurs » disent utiliser la cigarette électronique pour diminuer ou arrêter leur consommation de tabac. Cependant son efficacité n’a, à ce jour, pas pu être établie scientifiquement. La Commission fédérale pour la prévention du tabagisme (CFPT) recommande d’utiliser prioritairement les substituts nicotiniques actuellement disponibles sur le marché. Le recours à la cigarette électronique comme moyen d’aide à l’arrêt Beaucoup de questions entourant la cigarette électronique (sécurité en cas d’utilisation prolongée, efficacité lors d’un arrêt du tabac, risque à terme d’inciter au tabagisme, etc.) restent pour l’heure sans réponse. De plus, la vapeur émise par certaines d’entre elles renferme des substances cancérigènes (aldéhydes). Par conséquent, l’Office fédéral de la santé publique recommande pour l’instant la prudence à l’égard de ce produit. Le principe de précaution devrait tout particulièrement s’appliquer envers les jeunes.
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