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Israël est le théâtre d'un psychodrame politique dont le dénouement pourrait n'être connu qu'à l'ultime minute, à minuit (21h GMT), quand expirera le délai imparti à Benjamin Netanyahu pour conclure un accord de gouvernement avec ses partenaires de droite.
Si le Premier ministre échoue à trouver une coalition, il pourrait renvoyer les Israéliens aux urnes quelques mois seulement après les dernières élections. Ce serait une première dans ce pays. L'avenir de Benjamin Netanyahu, au pouvoir depuis plus de 10 ans sans discontinuer mais cerné par les enquêtes pour corruption, serait plus que jamais en question.
L'intransigeance d'Avigdor Lieberman
Le président Reuven Rivlin a déclaré mardi qu'il laisserait Benjamin Netanyahu utiliser tout le temps à sa disposition au regard de la loi. Il a dit espérer qu'Israël ne se retrouverait "pas dans la fâcheuse situation de devoir tenir de nouvelles élections".
Mais le Premier ministre, triomphant dans la nuit du 9 avril, se heurte dans les négociations à un mur en la personne de son ancien ministre de la Défense, Avigdor Lieberman, qui pourrait lui apporter le soutien qui lui manque pour former un gouvernement. Mais le chef du parti nationaliste Israël Beiteinou exige en retour l'engagement qu'une loi sur le service militaire des juifs ultra-orthodoxes serait adoptée sous le prochain gouvernement telle qu'il l'avait proposée quand il était ministre de la Défense.
La solution du centre-droit
Devant l'apparente impasse, le parti de droite de Benjamin Netanyahu, le Likoud, a initié la dissolution du Parlement, la Knesset. Les députés ont approuvé un texte en ce sens en lecture préliminaire lundi, puis en première lecture avant l'aube mardi. Une date a même été fixée provisoirement pour de nouvelles élections: le 17 septembre. La loi devrait encore être adoptée en deuxième et troisième lectures pour que la Knesset soit dissoute.
Pour sortir de la crise, la liste de centre-droit du principal concurrent de Benjamin Netanyahu aux élections d'avril, le général Benny Gantz, s'est dit prête à un gouvernement d'union avec le Likoud. Un tel gouvernement disposerait d'une confortable majorité de 70 députés sur 120. Mais, pour le parti de Benny Gantz, ce devrait être sans Benjamin Netanyahu, éventualité semble-t-il inenvisageable pour ce dernier.
Après les élections du 9 avril, le Premier ministre paraissait pourtant se diriger vers un cinquième mandat et un record de longévité, à la tête d'une alliance réunissant autour du Likoud des formations de droite plus ou moins radicales et plus ou moins religieuses, et des partis ultra-orthodoxes.
agences/boi