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Le fruit d'une étroite collaboration
La découverte de cette galerie a débuté en juillet 2019, avec des premiers sondages permettant de localiser précisément le souterrain sur la base de données historiques. Les travaux de terrassement de la rue de l'Athénée, menés par les SIG en septembre pour poser une ligne électrique, ont permis de dégager soigneusement l'ouvrage. Celui-ci a pu être ouvert et exploré en octobre. Le tout a été réalisé sous la supervision de l'office du patrimoine et des sites (OPS), garant du maintien du bon état de la galerie, en collaboration avec la direction de l'information du territoire, assurant le relevé du souterrain. Ce chantier fait suite aux travaux conduits en 2018 au boulevard Helvétique, qui avaient permis de dégager des vestiges très dégradés des fortifications et laissaient supposer d'autres ruines sous la rue de l'Athénée.
De quoi parle-t-on?
Cette galerie de trente mètres de long appartient à un dispositif unique en Suisse de défense souterraine dont Genève s'était dotée de 1718 à 1730, à l'occasion de la construction de ses nouvelles fortifications. En effet, lorsque Genève rejoint la Suisse en 1815, elle est la plus grande ville fortifiée du pays. En cas d'attaque, la garnison pouvait alors circuler en toute sécurité sous la ville ou contrer des tentatives d'approche en sous-sol.
En excellent état de conservation, cette galerie se dirige d'un côté vers la rue François-d'Ivernois (au sud) et de l'autre côté vers la rue Charles-Bonnet (au nord). Elle a une hauteur de 1 mètre 90 et une largeur de 90 centimètres. Elle présente même des graffiti portant les dates de 1840, 1847 et 1855. Le souterrain est voûté de briques avec des piédroits* en boulets de l'Arve et en molasse. Du côté nord, la galerie présente une jonction avec un puits d'accès et un souterrain secondaire, perpendiculaire à l'ouvrage principal. Il s'agit d'un dispositif classique avec une galerie majeure, ponctuée par des galeries d'écoute. Par ailleurs, le souterrain est marqué par de petites niches basses, disposées régulièrement le long des flancs du couloir.
Le patrimoine souterrain de Genève
Cette découverte vient ajouter un nouveau pan au patrimoine de Genève et à la connaissance de son histoire. A l'origine, près de huit kilomètres de galeries avaient été construits mais le dispositif a été progressivement détruit à partir de la fin du XIXe siècle. On en conserve aujourd'hui moins de deux kilomètres, à des profondeurs variant entre six et douze mètres et sous la forme de tronçons plus ou moins longs. Depuis dix ans, le réseau de souterrains des anciennes fortifications de Genève fait l'objet d'une vaste étude menée par l'OPS et la direction de l'information du territoire pour le répertorier, le relever, le documenter et estimer son intérêt patrimonial. A ce jour, un kilomètre de galerie a déjà été mis au jour. Tous ces ouvrages se distinguent par leurs qualités constructives et un projet de loi, déposé en avril 2018 par des députés et intitulé "Sur les ouvrages souterrains liés aux anciennes fortifications" (PL 12313), vise à en garantir la préservation et l'entretien. Il est actuellement en cours de traitement auprès de la commission d'aménagement du Grand conseil.
* Piédroit: mur vertical supportant la naissance d'une voûte, y compris dans des tunnels.
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