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La FRC, pour mieux consommer
Les débuts
En 1966, Mariette Mayor, membre de la FRC et Erica Carrard, de l'Alliance des sociétés féminines, sont en visite au Comptoir suisse de Lausanne. Elles rencontrent un expert en arboriculture. Qualité, étiquetage, prix: les porte-paroles des consommatrices ont des demandes précises.
Dès ses débuts, la FRC publie des brochures d'information, réalise ou mandate des enquêtes et des tests, fait part de ses doléances auprès des producteurs, des fabricants ou encore de la Commission fédérale de l'alimentation. Des actions importantes, alors que la Suisse, avec notamment l'accélération de la production industrielle et le développement des supermarchés, est en train de vivre une révolution dans sa façon de consommer.
Cliente de supermarché en Suisse en 1973. [RTS]
La lutte contre la vie chère
Entre 1965 et 1975, les prix flambent en Suisse, avec une influence directe sur le panier de la ménagère. Comment faire face à cette situation? Réponses et conseils de la Genevoise Amélia Christinat, qui avant de faire une carrière politique dans les rangs du Parti socialiste, fut l'une des cofondatrices de la FRC.
Le recours à la grève
Le 3 mai 1967, lors de son assemblée générale, la FRC appelle à la grève du beurre. Elle s'oppose ainsi frontalement au Conseil fédéral qui vient de décider une nouvelle hausse des prix. Quelques jours plus tard, une équipe de Continents sans visa rend visite à Renée Bonardelly, présidente de la Fédération.
Le boycott sera plutôt bien suivi et obligera le Conseil fédéral à revenir sur sa décision. Cette première victoire permettra à la jeune FRC de se faire connaître du grand public. Désormais, politiques et responsables économiques devront compter avec ce nouveau groupe de pression.
Après le beurre, la charcuterie
Cinq ans plus tard, en 1972, le Conseil fédéral autorise l’utilisation des polyphosphates dans la confection de la charcuterie fine, et notamment celle des cervelas. En réaction, la Fédération romande des consommatrices, avec à sa tête Yvette Jaggi, lance une campagne de boycott de la charcuterie dans tout le pays. Cette "guerre du cervelas" sera suffisamment efficace pour faire réagir Pierre Arnold, administrateur délégué des coopératives Migros.
Un journal
En 1966, la FRC se dote d'un organe de presse "J'achète mieux". A l'origine, le journal tire à 2'000 exemplaires. Dix ans plus tard, il est diffusé à 42'000 exemplaires et constitue un porte-voix de choix aux revendications de la Fédération. En 2007, le journal changera une première fois de nom pour devenir en 2012 "FRC Mieux choisir".
En 1969, "J'achète mieux" fête ses dix ans. [RTS]
La surveillance des prix
En 1978, la FRC lance une initiative pour que soit mise sur pied une instance fédérale de surveillance des prix. 670'000 signatures seront recueillies en quelques mois en Suisse romande. Si l'initiative est rejetée, un poste de Monsieur Prix finira par être créé en 1991. Un futur conseiller fédéral l'occupera de 1993 à 1996: Joseph Deiss.
Vitesse de croisière
La FRC poursuit ses combats, menés souvent de longue haleine. Contre le démarchage et le harcèlement téléphonique, les pratiques commerciales déloyales et, encore et toujours, contre cet "îlot de cherté" que représente la Suisse. En 1992, le Téléjournal se rend dans les nouveaux locaux de la FRC, qui, après 31 ans passés à Genève, s'est installée dans le quartier du Flon de Lausanne.
Plus utile que jamais
Après la crise de 2008, la FRC va mettre sur pied une plate-forme pour des client lésés par leurs banques et obtient des dédommagements pour des petits épargnants. Une mobilisation du même type a lieu au moment du scandale des moteurs du constructeur VW. Avec le développement d'un marché en ligne largement dérégulé, de nouveaux fronts de combat s'ouvrent. Nul doute que la tâche de la FRC n'est pas finie.
Sophie Meyer pour Les archives de la RTS
Publié le 26 mai 2019 à 00:00 - Modifié le 27 mai 2019 à 09:54