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Ce concert propose de faire découvrir les premiers trios des grands maîtres du XVIIIe siècle, Mozart (père et fils), Boccherini, C.P.E. Bach et Haydn. Il sera aussi l’occasion d’entendre le pianoforte Mooser, désormais déposé au Musée d’Art et d’Histoire de Fribourg.
Le trio pour clavier, violon et violoncelle, genre musical à la mode dans la deuxième moité du XVIIIe siècle, dérive probablement de l’antique sonate en trio baroque qui comportait traditionnellement deux dessus de viole (puis deux violons, ou un violon et une flûte), le clavier et une basse d’archet doublant la basse du piano.
En matière de trio avec clavier, un bouleversement se produit avec les Pièces de clavecin en concerts (1741) de Rameau pour flûte, violoncelle et clavecin : le clavecin, soutien harmonique (réalisateur du continuo) dans l’ancienne sonate en trio, acquiert ici la primauté. Dans les trios du milieu du XVIIIe siècle (fils de Bach, musiciens de Mannheim), le clavier confirme cette suprématie, au point parfois d’éclipser ses partenaires. C’est alors qu’apparaissent des œuvres dont les titres, du genre « Sonate pour piano (ou clavecin) avec accompagnement de violon et de violoncelle », disent suffisamment le propos.
Si la sonate pour piano et accompagnement pour violon a été un laboratoire pour l’essor de ce nouvel instrument que fut le pianoforte à la fin du XVIIIe siècle, les trios ou sonates pour piano avec accompagnement de violon et violoncelle de Haydn sont non seulement sa musique de « piano » la plus avancée, mais aussi ses confidences les plus intimes et plusieurs de ses compositions formelles et tonales les plus audacieuses et les plus insolites.
Les sonates pour clavier accompagnées d’un violon et d’un violoncelle de C.P.E. Bach sont souvent aussi désignées comme trios, alors qu’en réalité le clavier tient la vedette, le violon et le violoncelle se contentant en général de doubler respectivement la mélodie et la partie basse en comblant parfois les vides intermédiaires. C.P.E. Bach en composa treize dans les années 1775 et suivantes. Certes, le rôle secondaire attribué aux deux instruments mélodiques peut créer une frustration chez l’auditeur, mais ces œuvres de la haute maturité sont fort belles et très originales. « Le compositeur use désormais de contrastes dynamiques et ses œuvres sont de plus en plus marquées par le caractère personnel et inconventionnel des compositions pour le clavier. La deuxième et la troisième des sonates Wq 91 contiennent des joyaux inoubliables de mordant et d’émotion intense » (Marc Vignal).
Dans le Trio en do majeur (K. 548) de Mozart, tous les instruments exposent en grand unisson un premier motif qui semble tout droit sorti des Noces de Figaro . Le piano répond avec un second motif que reprend aussitôt le violon. Éclate alors subito forte, comme un grand rire « figaresque », un ample geste concertant au piano se décantant jusqu’au second thème. Mozart a qualifié avec raison son Andate de « cantabile » car il y atteint un sommet dans l’art de faire chanter le piano en une ample cantilène ornementée, dont le violoncelle, à l’instar du violon, reprend lui aussi en écho certains motifs, précédant même le violon au début du développement. Dans le joyeux rondo du dernier Allegro, le violoncelle se fait de plus en plus actif créant ainsi un bel effet cumulatif final.
(Sources: Internet; encyclopédie Universalis)