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On a coutume d'attribuer l'origine du Jeûne genevois au massacre de la Saint-Barthélémy, qui ensanglanta la France au mois d'août 1572. L'événement toucha la ville de Genève, qui vit arriver des milliers de réfugiés protestants. En signe de deuil et de solidarité, un jeûne fut célébré le 3 septembre de la même année. La tradition se serait ensuite perpétuée.
Cette thèse est contestée par l'historien Olivier Fatio, interviewé par le journaliste Pierre Stucki en 1975 pour une émission spéciale d'Un jour une heure. Selon lui, la pratique du jeûne était courante dans l'Eglise réformée, et ce bien avant la Saint-Barthélémy. L'institution du Jeûne genevois doit davantage être lue comme la manifestation d'un nationalisme protestant qui s'est exprimé au moment de l'invasion napoléonienne puis en réaction à l'instauration, en 1832, d'une Jeûne fédéral commun aux cantons protestants et catholiques.
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Journaliste: Pierre Stucki