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Interview Sarah Jessica Parker: «On m'appelle encore Carrie dans la rue»
L'actrice a reçu «Le Matin» à New-York pour parler du 20e anniversaire de «Sex and the City» mais aussi de «Divorce» dont la saison 3 sera l'ultime.
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Sarah Jessica Parker dans la série «Divorce».
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Vingt ans après sa première diffusion sur une chaîne francophone, «Sex and the City» est entré dans l'histoire de la télé. Comment l'analysez-vous ?
En 1998, lorsque nous avons tourné les premiers épisodes, notre série était un ovni. Avant «SATC», il n'y a jamais eu de feuilleton sur un groupe de filles qui parlent aussi librement de leurs intimités. Carrie et sa bande exploraient leurs sentiments sur la vie, la politique mais aussi l'amour et bien sûr le sexe. Tout cela était tabou avant «SATC». C'est d'ailleurs pour cela que nous avons été financé et diffusé sur une chaîne câblée aux USA. Il fallait des patrons de TV prêt à casser le modèle établi pour oser explorer les relations féminines de cette manière.
Connaissiez-vous l'existence des femmes de «Sex and the City» avant que l'on ne vous propose de tourner le pilote ?
Oui, j'étais familière avec les chroniques de Candace Bushnell dans le New York Observer avant même que ses articles sur le sexe et les rapports amoureux ne soient adaptés dans un roman. Peu de gens savent que «Sex and the City» a commencé comme une rubrique dans un hebdomadaire de New York et que Bushnell se contentait de transcrire dans ses articles les discussions qu'elle avait avec ses copines ou qu'elle entendait autour d'elle à Manhattan.
Aviez-vous des amies comme celles de votre série ?
Nullement et c'est cela qui a rendu l'aventure de cette série encore plus stimulant durant nos 94 épisodes. Carrie Bradshaw tout comme Charlotte, Miranda et Samantha étaient des femmes qui m'étaient étrangères. Je n'ai jamais été dans une discothèque dans ma jeunesse. Je n'aimais pas la foule, j'étais timide. Le monde du Manhattan branché me semblait interdit. Je ne me trouvais pas assez cool pour fréquenter les endroits à la mode.
Quels sont vos souvenirs des premiers épisodes ?
J'avais des journées de 18 heures. Je ne ressemblais pas à Carrie mais c'était la même chose pour mes partenaires (ndlr: Kim Catrall, Cynthia Nixon et Kristin Davis). On nous a confondues avec les filles de «SATC» pendant des années, mais c'était des rôles, des jobs d'actrices car aucune de nous n'était identique aux personnages. Cela dit, cela arrive qu'on m'appelle encore Carrie dans la rue au lieu de Sarah. (Rires.)
Est-ce que «SATC» a fait avancer la cause des féministes ?
C'est une vaste question. Nous avons changé les codes des personnages féminins sur le petit écran, c'est une certitude. Aujourd'hui, il est presque normal qu'une femme partage ses sentiments ou ses désirs sexuels sans retenue. Certaines critiques pensent que l'on parle même trop librement à la télé de nos jours. Je pense que cette liberté aide à faire avancer les idées. Mais «SATC» n'a pas été non plus la solution miracle. Personne n'a dit: «Eurêka, tout change grâce à «Sex & the City»». Mon personnage de Carrie Bradshaw est arrivé au bon moment dans une ville – New York – qui était en plein changement dans les relations hommes-femmes.
Est-ce que l'on pourrait imaginer un remake en 2020 ?
Je ne pense pas que l'on pourrait avoir le même ton si l'on décidait de refaire «Sex and the City» aujourd'hui. Quelles seraient les discussions entre Carrie et ses copines? Est-ce que les téléspectateurs seraient intéressés comme ils l'ont été dans les années 2000? J'en doute. La génération actuelle n'a pas les mêmes attentes, ni les mêmes désirs de liberté d'expression. Ils ont les réseaux sociaux pour ça!
La rumeur d'un nouveau film «Sex and the City» refait son apparition régulièrement à Hollywood. Quelle est la vérité?
La vérité est que nous avons discuté de cette possibilité. Nous avons cherché plusieurs idées pour lancer les bases d'un scénario, mais cela n'a pas été plus loin.
On dit aussi que les demandes ou exigences de Kim Catrall qui jouait Samantha dans la série ont tué ce troisième film...
Vrai. (Ndlr : Sarah s'arrête de parler et réfléchit plusieurs longues secondes avant d’enchaîner.) Mais ne comptez pas sur moi pour entrer dans les détails ou polémiquer sur les choix des uns ou des autres.
La diffusion de la troisième et dernière saison de «Divorce» vient de démarrer aux États-Unis...
Cela devenait de plus en plus compliqué de jongler entre les plannings de toute l'équipe et, en tant que productrice, je trouve qu'il est préférable de s'arrêter à un moment où les fans sont encore au rendez-vous. Nos 6 derniers épisodes ont été conçus pour donner un final à l'histoire de ce couple de divorcés. La saison 1 était celle de la guerre de la séparation. Dans la seconde, mon personnage de Frances semblait avoir fait la paix avec son divorce. Dans nos ultimes épisodes, Frances et Robert (ndlr: joué par Thomas Haden Church) vont redonner un sens à leur vie.
Vos parents ont divorcé lorsque vous aviez 2 ans. Est-ce que cela vous a servi à comprendre votre personnage de «Divorce»?
Pas une seconde. Je n'ai aucun traumatisme de mon enfance, car ils se sont remis en couple très rapidement après leur divorce. Papa et maman étaient donc deux personnes bien séparés avec deux vies différentes.
Quels sont vos projets après l'arrêt de «Divorce» ?
J'ai un contrat de développement avec HBO en tant que productrice et plusieurs projets pour le petit et le grand écran. Rien n'est 100% confirmé donc rien à annoncer pour le moment.
Créé: 11.08.2019, 12h57