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Littérature | Philosophie | Langues
Myriam Simonazzi, 2003 | Berne, BE
Mon travail se base sur l’œuvre du mythologue Joseph Campbell et son concept du monomythe qu’il développe dans « Le héros aux mille et un visages » (1949). Dans cette étude du mythe du héros, Campbell soutient qu’il existe un parcours type du héros et que toutes les cultures partagent ce même archétype qui s’exprime à travers les différents mythes. Dans cet ouvrage, le mythologue développe les conditions de départ, les stades de développement et les buts atteints par le héros lors de son parcours. Mon travail transpose cette théorie au domaine du cinéma en tentant de l’appliquer à un corpus de trois œuvres cinématographiques à l’aide d’une grille d’analyse basée sur le monomythe ainsi que différentes structures scénaristiques. Il explore ainsi la structure utilisée pour raconter des récits et interroge ce besoin chez l’être humain de créer des histoires.
Problématique
(I) Est-ce que la structure campbellienne du monomythe se retrouve dans les films d’aujourd’hui ? (II) Pourquoi cette structure est-elle si récurrente ? (III) Pourquoi l’être humain a-t-il besoin de raconter des histoires ?
Méthodologie
Mon travail se base sur l’œuvre « Le héros aux mille et un visages » (1949) de Joseph Campbell ainsi que sur plusieurs écrits dont certains directement influencés par cette première source. C’est le cas notamment de « Le guide du scénariste » (1992) de Christopher Vogler, un ouvrage qui reprend les étapes de Campbell pour les adapter à l’écriture de scénarios. La grille d’analyse que j’ai utilisée reprend également certains concepts que l’on peut retrouver en narratologie dans les structures de plusieurs scénaristes comme Robert McKee ou Linda Seger. La structure formée par ces différentes sources a permis d’articuler le travail entier, qui reprend chacune des étapes pour l’analyser.
Résultats
La structure du monomythe est encore très présente dans les récits d’aujourd’hui bien qu’elle puisse apparaître de manières différentes. Le voyage du héros, que ce soit au travers d’anciens mythes ou de récentes œuvres cinématographiques, fait référence aux étapes que chacun doit traverser au cours de sa vie, de la naissance jusqu’à la mort. La peur de l’inconnu, la confrontation à d’autres personnages ou encore une transformation intérieure sont des thématiques récurrentes qu’affronte le héros et auxquelles nous nous identifions. Le cinéma au cours de son évolution est devenu un important moyen d’illustrer ce cheminement. Les films participent, comme les anciens mythes et traditions, à pousser l’individu à se surpasser. Ils contribuent également à raconter l’essentiel pour l’être humain, à savoir son expérience d’être en vie.
Discussion
Si la structure campbellienne avait déjà fait l’objet de travaux antérieurs, l’objectif de mon travail était de la comprendre en profondeur et d’en explorer certaines limites. Mon analyse a donc pris la forme d’un travail de comparaison et aurait pu bénéficier d’une approche plus critique. La question d’une interprétation moderne du monomythe exploitée par les grands studios de production se pose : les productions cinématographiques d’aujourd’hui sont-elles « prisonnières » d’une structure imposée ? Certains cinéastes sont-ils capables de l’exploiter de manière différente, en prenant en compte la véritable signification du monomythe ? Ce sont notamment ces questions qui sont abordées dans le prolongement de mon travail dans le cadre de ce Concours national.
Conclusions
Il y a donc une influence claire du monomythe dans les histoires créées de nos jours. Mais de nombreuses questions peuvent encore être abordées. Comme je le citais plus haut, une approche qui se pencherait sur la discipline de la narratologie et l’influence d’une structure définie dans ce domaine pourrait être intéressante. Par ailleurs, « Le héros aux mille et un visages » est séparé en deux parties. La première sur laquelle se concentre mon travail qui est nommée « L’aventure du héros », et la deuxième qui est intitulée « Le cycle cosmogonique ». Celle-ci s’éloigne de l’aspect psychologique et individuel analysé dans la première partie de l’ouvrage pour se pencher sur des questions religieuses et métaphysiques. Le mythe est donc exploré encore plus profondément et s’intéresser à cet aspect pourrait être une autre manière de porter ce travail encore plus loin.
Appréciation de l’experte
Laure Cordonier
La candidate a réinvesti son texte en fonction de tous les commentaires proposés.
En particulier, elle a su ajouter de la nuance à son travail, ce qui rend celui-ci moins uniforme dans ses propos conclusifs. Les trois films considérés sont à présent présentés dans un souci de distinction, même si leurs récits respectifs témoignent finalement tous d’une influence importante du monomythe.
Les analyses filmiques ont quant à elles gagné en précision; la candidate ayant su solliciter habilement le lexique cinématographique.
Mention:
très bien
Gymnase français, Biel/Bienne
Enseignant: Thomas Gerber