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Totem des Peuples Natifs
Le 30 mars 1867 les États-Unis achètent l’Alaska à la Russie. Pourtant, les Russes avaient colonisé uniquement certaines parties des côtes. Ils n’avaient pas encore posé le pied à l’intérieur des terres. Ils ont vendu l’Alaska suite à la guerre de Crimée qui les opposait à la Grande-Bretagne, afin de limiter les pertes humaines si un nouveau conflit devait éclater. Du jour au lendemain les peuples natifs ont perdu leur droit à la terre. Pour eux, la Terre n’est pas quelque chose que l’on peut posséder, elle appartient à tous. Elle est sacrée parce que son équilibre est nécessaire à leur survie. Ils vivent de la chasse, de cueillette et de pêche.
Ces peuples du Grand Nord ont développé des cultures sophistiquées, reliées à leur terre et aux défis de leur environnement et du climat extrême. Leur culture est une vraie rencontre avec l’Altérité, le témoignage qu’il existe tant de manières d’être et de vivre en société. En Alaska, ils sont entre autres les Inupiat, Yupik, Aleut, Eyak, Tlingit, Haïda, Tsimshian et Athabascan. Chaque groupe possède une langue et une culture distinctive. Chacun a créé une autre façon de vivre en communauté. Ils ont bien sûr des similitudes, tous célèbrent le potlatch. Une cérémonie basée sur le système de dons et de contre-dons, qui sont des partages physiques, mais qui peuvent aussi être symboliques. Les cérémonies de Potlatch peuvent être de gigantesques célébrations où les mythes sont récités, la musique et les danses célébrées.
Avec la colonisation, les Américains souhaitaient apporter l’éducation, la religion chrétienne et une forme de «civilisation». Ils ont interdit tous les natifs de parler leur langue, ils ont pris les enfants pour les élever dans des internats. Ils ont amené des maladies dont les natifs n’avaient aucune immunité. Ils ont apporté l’alcool, alors que ces tribus ont génétiquement peu de résistances. Surtout, chacun d’entre eux a appris qu’ils étaient inférieurs, que leur langue ne devait pas être parlée, alors que la transmission de leur culture est basée sur une tradition orale.
En 1971, le Congrés américain a instauré le ANCSA (Alaska Native Claims Settlement Act), afin de régler une fois pour toutes les revendications concernant la terre et les ressources. 13 corporations régionales ont ainsi été créées. Même si cette solution n’était pas idéale, les natifs de l’Alaska n’ont jamais été mis dans des réserves et l’argent du règlement des revendications a été donné non pas à la population, mais à ces corporations qui travaillent pour et en lien avec la population et qui sont entièrement natives.
Pourtant, la plus grande difficulté reste bel et bien cette nécessité de savoir: qui sommes-nous? Et d’allier en chacun d’entre eux ce lien à leur culture ancestrale et la vie dans le monde d’aujourd’hui. Tout cela avec la nécessité de faire revivre les langues afin de conserver les traditions orales, de pacifier tous les abus et les sentiments de honte qu’ils ont subis, et de trouver un sens là où parfois il n’y a que confusion.
Céline