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Le champion olympique français de saut d'obstacle à Rio Kevin Staut a été relaxé jeudi et son ex-compagne, la cavalière internationale norvégienne Marie Valdar Longem, condamnée, dans un procès à Lisieux où ils s'accusaient mutuellement de violences, a-t-on appris auprès de leurs avocats respectifs.
Les débats avaient tourné autour d'une dispute dans une chambre d'hôtel de Bordeaux dans la nuit du 2 au 3 février 2023, Mme Longem ayant déverrouillé le téléphone de son compagnon pour lire ses messages par jalousie, et lui souhaitant le récupérer.
Mme Longem, 32 ans, accusait M. Staut de lui avoir alors porté un coup de tête au visage pour récupérer son téléphone, provoquant un saignement de nez et une perte de connaissance. Cette thèse était démentie par M. Staut, 43 ans, qui accusait en retour la jeune femme de s'être assise sur un genou qu'elle savait douloureux, aggravant sa blessure, et de s'être elle-même blessée au visage en souhaitant se relever alors qu'il la maintenait au sol.
Le tribunal correctionnel de Lisieux a tranché en faveur du Français en le relaxant, alors que la cavalière norvégienne a été condamnée à 1.500 euros d'amende, a indiqué à l'AFP Me Fanny Colin, l'avocate de Kevin Staut. «La peine est supérieure» à celle qui avait été requise, a souligné Me Colin auprès de l'AFP.
Lors de l'audience, le 18 janvier, le ministère public avait réclamé six mois de stage de sensibilisation aux violences sexistes pour les deux plaignants et prévenus. «Le légitime combat pour la protection des femmes victimes de violences ne doit pas oblitérer celles que certaines peuvent commettre. L’innocence de Kevin Staut est ici reconnue et son honneur rétabli», a ajouté Me Colin dans un communiqué.
«Stupeur et totale incompréhension»
Du côté de la défense de Marie Valdar Longem, menée par Me Antonin Lévy, on a fait part de la «stupeur et totale incompréhension» de la cavalière face à la décision du tribunal, «malgré les nombreux éléments apportés (...) qui ont mis en évidence les contradictions», dans un communiqué transmis à l'AFP.
La cavalière norvégienne a décidé de faire appel. «La déception n’altère pas la détermination de la femme dans son combat pour la protection des autres femmes, ni celle de la championne à quelques mois des JO de Paris 2024», assure son conseil.