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L’histoire de la philosophie confirme la propension de Richard Wagner (1813-1883) à se présenter comme un « cas » philosophique, en tant que phénomène global où l’art et la pensée s’entremêlent et où la réception de l’œuvre biaise inévitablement le regard porté sur cette œuvre elle-même. Une des grandes questions philosophiques posées par Wagner a d’ailleurs été précisément de déterminer dans quelle mesure la réception de l’œuvre était déjà inscrite dans sa production.
Les rapports de Wagner et de la philosophie sont complexes et variés. Il y a d’abord les philosophies qui ont contribué à forger sa vision du monde. Il y a ensuite les philosophies dont certains pans se sont élaborés grâce à Wagner. Il y aurait enfin une « philosophie wagnérienne » qu’il paraît difficile d’ériger en système, mais dont plusieurs caractéristiques apparaissent dans ses écrits théoriques et à travers son œuvre de compositeur.
C’est autour de ses trois pans de questionnement que se constitue ce volume coédité par Alain Corbellari (Section de français), qui rassemble des contributions de différents chercheurs, accompagnées d’un texte du philosophe Alain Badiou.
Alain Corbellari, Christophe Imperiali (éds), Wagner et les philosophes, Lausanne, L’Âge d’Homme, coll. « Être et devenir », 2017.