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International
La Bolivie a droit à la souveraineté sur ses richesses!
En réponse aux attaques des milieux dominants et de la presse, malheureusement relayées par le Président Lula, lors du tout récent sommet Europe-Amérique latine, une large convergence de mouvements sociaux brésiliens a adopté, le 3 mai dernier, le Manifeste suivant* pour soutenir le peuple bolivien. (réd.)
«Nous reconnaissons le droit du peuple bolivien à contrôler ses richesses naturelles et à initier, avec le gouvernement d’Evo Morales, la reconstruction d’une identité nationale et populaire. La souveraineté ne se discute pas, elle se respecte!
Durant cinq siècles, les Boliviens ont souffert de la saignée de leurs ressources naturelles non renouvelables par les puissances coloniales et impériales. Les minerais précieux ont été exportés en Europe pour enrichir ses nations et financer ses guerres fratricides. L’étain a été exporté comme matière première pour la production industrielle de l’Europe et des Etats-Unis. Il n’est resté à la Bolivie que les houes, la pauvreté et l’oubli.
Le Président Evo Morales, avec l’appui d’une grande majorité de la population, a décrété la nationalisation des gisements et des raffineries étrangers en Bolivie. Ce qu’il avait promis et déjà annoncé au monde entier, il l’a accompli. Un demi-siècle après le Brésil, la Bolivie a nationalisé ses ressources énergétiques. Pourquoi ne reconnaîtrions-nous pas pour une nation sœur, le droit que nous avons revendiqué légitimement pour nous-mêmes, et qui a donné naissance à notre principale entreprise publique, la Petrobás? Aujourd’hui, les ressources naturelles boliviennes sont pratiquement réduites au pétrole et au gaz naturel. Et à cause des activités prédatrices des pays riches, la Bolivie est aujourd’hui le pays le plus pauvre d’Amérique du Sud. (...)
Le Président Evo Morales a montré de la fermeté dans la réalisation de sa promesse de campagne: reprendre le contrôle des ressources naturelles de son pays. Il donne suite ainsi aux luttes des mouvements sociaux pour la reconquête du contrôle sur les eaux, ainsi qu’à son engagement de convoquer une Assemblée Constituante et de nationaliser les combustibles fossiles boliviens. La négociation avec les entreprises touchées est sans doute agendée. Il insiste sur le fait qu’il n’y a pas eu et qu’il n’y aura pas de confiscation, mais une société avec des participations étrangères, mais dans l’optique d’une Bolivie des Boliviennes et des Boliviens. Une part minoritaire du contrôle des actionnaires de ces entreprises restera en mains de détenteurs étrangers, à commencer par la Petrobás. Mais cette négociation se fera à partir d’une claire position souveraine de la part de la Bolivie.
Ainsi est créé le contexte pour des accords qui, peut-être pour la première fois dans l’histoire récente de ce pays, bénéficieront aux deux parties, sans pénaliser celle qui est économiquement la plus faible. Geste du passé, comme le disent les journaux? Plutôt, geste du futur, un futur dont l’aurore pointe dans différentes régions de l’Amérique du Sud, historiquement vidée de son sang.
Que le Brésil et les autres pays de la région comprennent la signification émancipatrice du geste du gouvernement Morales! Qu’ils profitent de cette occasion pour approfondir leurs liens mutuels en construisant avec fermeté une intégration solidaire du Cône Sud, mettant en place et amplifiant progressivement l’intégration énergétique du continent, portant en avant avec fermeté et courage, la construction solidaire d’une communauté sud-américaine fondée sur le respect de la diversité culturelle, sur la coopération et sur la solidarité.»
* Choix de l’extrait et traduction du portugais, solidaritéS.
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