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L'oeuvre que Harald Naegeli a offerte mardi à la ville de Zurich, représentée par le directeur des travaux publics Filippo Leutenegger, est intitulée "Oeil de l'utopie".
KEYSTONE/ENNIO LEANZA(sda-ats)
Art ou dommage à la propriété? L'affaire des 25 graffitis sprayés à Zurich par Harald Naegeli se conclut à l'amiable. L'artiste septuagénaire offre un tableau à la ville. En contrepartie, les autorités municipales retirent leur plainte contre le père du Street Art.
En octobre dernier, l'artiste zurichois avait dû comparaître devant le Tribunal de district de Zurich. Le Ministère public lui reprochait d'avoir sprayé, entre 2012 et 2013, une vingtaine de graffitis représentant des figures filigranes sur des façades et des murs du centre-ville.
Entre le dommage multiple à la propriété et l'art dans l'espace public, la Cour avait finalement refusé de trancher. Au lieu de prononcer un jugement, elle a invité les parties à trouver un arrangement extrajudiciaire. La municipalité et l'artiste y sont parvenus. Ils en ont présenté les termes mardi devant les médias.
"Solution créative"
Face aux journalistes et aux photographes, Harald Naegeli, 78 ans, a transmis une oeuvre d'art au chef sortant du dicastère municipal des transports publics et de la voirie Filippo Leutenegger (PLR). "Nous avons eu des entretiens d'une grande intensité et sommes parvenus à cette solution créative", s'est réjoui le membre de l'exécutif de la ville.
La ville renonce ainsi à faire payer à l'artiste la facture de 9000 francs pour le nettoyage des murs recouverts par ses graffitis. Elle en a informé le juge de district le jour même.
L'art de l'utopie
Face aux médias, Harald Naegeli a souligné une fois de plus qu'il n'est autre qu'un utopiste. "Mon art est de faire entendre l'utopie à l'extérieur", explique-t-il. Cet art, il l'a fait naître en introduisant le Street Art dans les années 1970. Raison pour laquelle il a intitulé l'oeuvre offerte à la ville "Oeil de l'utopie".
"Régler le problème uniquement par voie judiciaire n'aurait pas été à la hauteur de l'importance du sujet", a admis Filippo Leutenegger. Le véritable débat, c'est celui de l'art dans l'espace public, "même si mes réalités et les utopies de Harald Naegeli sont différentes."
ATS