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Dès l’Antiquité, la vigne et le vin sont présents en Vallée du Rhône. Du vin antique à l’appellation d’origine contrôlée, histoire (très) exhaustive des vins de cette grande région viticole.
Épisode 5 – Des expéditions partout dans le monde
L’ouverture du canal du Midi en 1680, le grand gel des vignobles du Nord de la France en 1709 et l’abolition des privilèges des grands villes au 18e siècle permettent, enfin, une ouverture sur Paris et l’étranger. En 1663, le vin de Tain l’Hermitage est bu à la Cour des Tsars de Russie. En 1666, il est offert par Louis XIV au Roi d’Angleterre, Charles II, pour fêter la restauration de la monarchie.
Les livres de comptes de la Maison Faure, négociant à Saint-Peray, témoignent d’expéditions de Côte Rôtie, Condrieu, Saint Joseph, Hermitage, Saint-Peray et Cornas vers les grands marchés du Nord de l’Europe. Parfois, les livraisons durent jusqu’à six mois quand les navires pris par la glace doivent attendre la fin de l’hiver !
Seuls les vins du Comtat Vénaissin ne profitent pas de cette embellie. Après la période faste du 14e siècle, la région est en effet peu à peu délaissée par les papes. Elle accumule un retard économique en comparaison du Royaume de France, bien géré par des hommes comme Sully, premier ministre d’Henri IV ou, plus tard, Colbert, durant le règne de Louis XIV. Bloqués par la frontière, les vins sont peu exportés.
Les habitants se tournent alors vers l’élevage du ver à soie, la fabrication du papier et le commerce, tout en conservant des cultures vivrières et quelques raisins de cuve. Car la construction de nombreux canaux d’irrigation leur permet de cultiver des fruits, des légumes et des raisins de table. On exploite aussi la garance pour sa matière colorante rouge, l’alizarine, extrait de la racine. Finalement, la région s’enrichit, mais pas grâce au vin.
Source : Syndicat des Côtes-du-Rhône