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La décision des Bermudes d'accueillir sur son territoire quatre Ouïghours montrent que les autorités américaines s'efforcent de fermer le camp de Guantánamo. Les autres États n'ont pas le droit de reculer devant leur responsabilité. «La France, l'Italie et l'Espagne sont prêtes à accueillir des détenus que les Etats-Unis veulent libérer depuis longtemps. La Suisse ne peut rester plus longtemps silencieuse; elle a critiqué publiquement les violations des droits humains commises dans le camp de détenus et exigé sa fermeture rapide. Après la visite de l'envoyé américain ce vendredi, elle devrait rapidement prendre une décision pour quelques cas individuels et faire un geste humanitaire. Les détenus ont le droit de décider eux-mêmes dans quel pays ils désirent poursuivre leur existence», a déclaré Lukas Labhardt, expert sur Guantánamo pour la Section suisse.
Amnesty International est persuadée que la Suisse, de par sa tradition humanitaire et son expérience dans le domaine de la réhabilitation des réfugiés traumatisés est en mesure de contribuer à rendre possible une existence dans la sécurité et la dignité à quelques prisonniers.
«Nous avons perdu assez de temps. La situation des détenus est très sérieuse. Ils sont lourdement marqués par leur arrestation arbitraire, la torture et leur long séjour à l'isolement. Une cinquantaine de détenus pourraient être libérés mais ne peuvent retourner dans leur pays d'origine où ils risquent d'être torturés et persécutés. Certains attendent depuis plus de sept ans le jour de leur libération», a déclaré Lukas Labhardt. «Amnesty International souhaite que la visite du délégué américain Daniel Fried débloque le dialogue hésitant mené jusque-là. Le Conseil fédéral doit maintenant donner des informations de manière transparente sur la suite de la procédure et sur les problèmes restant à résoudre pour qu'une décision puisse rapidement être prise en faveur d'un accueil à titre humanitaire.»
En janvier 2009, le Conseil fédéral a déclaré être prêt à examiner les possibilités d'accueillir à titre humanitaire des détenus de Guantánamo. L'Office fédéral des migrations avait rejeté, en novembre 2009, les demandes d'asile de trois détenus, un Libyen, un Algérien et un Ouïghour chinois. Ces trois hommes restent détenus à Guantánamo en compagnie de 226 autres détenus. Amnesty International continue à soutenir les recours qu'ils ont déposés devant le Tribunal administratif fédéral et qui sont toujours pendants.
Communiqué de presse publié le 18 juin 2009, Berne / Lausanne.
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