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Dans les scénarios de réchauffement les plus optimistes du GIEC, la hausse du niveau des océans devrait être de 40cm d’ici à l’horizon 2100. Le calcul tient compte de la fonte des glaciers de montagne et des calottes polaires ainsi que des phénomènes d’expansion thermique de l’eau.
Or, selon une étude menée par des experts de l'Université de Floride centrale et de l'Université d'Oxford, cette estimation est probablement incomplète car elle ne tient pas compte des surtensions provoquées par les tempêtes extrêmes, comme le passage de Xynthia sur les côtes françaises en 2010.
Dans la plupart des pays, la pratique actuelle d'évaluation des futurs risques d'inondations côtières suppose en effet que le changement climatique aura un impact minimal sur les surtensions générées par les tempêtes extrêmes, au cours de ce siècle. Seule l'élévation du niveau de la mer est prise en compte. Cette lacune s’explique en grande partie par la difficulté d'estimer les probabilités d'événements uniquement à partir d'enregistrements historiques du niveau de la mer.
Approche bayésienne pour combler les manques de données
Pour mieux tirer parti des données existantes et combler les lacunes, les auteurs de l’étude ont analysé les observations marégraphiques à l’aide de nouvelles méthodes, dites. Découvertes vers 1740 par le mathématicien britannique et améliorées par en 1774, ces dernières permettent de faire des probabilités sans connaître les causes des événements. Voici une video explicative :
En utilisant ces méthodes, l’équipe de recherche a été en mesure de faire la distinction en différents types de signaux marégraphiques et a ainsi pu déterminer de manière plus précise la portée des marées générées par les tempêtes sur les côtes européennes, appelées également ondes de tempêtes extrêmes.
Des ondes de tempêtes extrêmes de plus en plus fréquentes
L’équipe de chercheurs a démontré que depuis 1960, les ondes de tempête extrêmes ont une influence comparable à l'élévation moyenne du niveau de la mer sur les côtes européennes - ce qui n'était pas le cas auparavant. Un lien avec les activités humaines a également été mis en évidence, ce qui suggère que le phénomène pourra prendre de l'ampleur dans les prochaines décennies.
Onde de tempête [Malene Thyssen/ Robert Simmon - Wikipedia/NASA]
"Le modèle d'onde de tempête basé sur les données qui a été développé pour l’étude, combiné au modèle statistique bayésien, nous a permis pour la première fois temps de créer un ensemble suffisamment large de simulations d'ondes de tempête pour séparer la partie anthropique de la tendance des ondes de tempête extrêmes de la variabilité naturelle » explique Dr Thomas Wahl de l'Université de Floride centrale et co-auteur de l’étude. « Nous prévoyons d'étendre l'analyse à d'autres régions telles que la côte américaine où des tendances similaires peuvent exister mais passer inaperçues ».
« Lorsque les gens entendent parler du changement climatique, l'élévation du niveau de la mer et des températures sont souvent les premières pensées qui viennent à l'esprit » ajoute Francisco Calafat, auteur principal de l’étude et chercheur principal au NOC. « Cependant, bon nombre des impacts les plus dévastateurs du changement climatique se font en fait sentir à travers des changements dans les conditions météorologiques extrêmes, y compris les niveaux extrêmes de la mer. Les plans d'adaptation au changement climatique sont essentiels pour protéger les personnes et les biens contre les effets néfastes de l'évolution du niveau extrême de la mer ».
Une approche d’autant plus intéressante qu’elle peut être appliquée à d’autres types d’évènements météorologiques, tels que les fortes précipitations ou les grandes chaleurs.
Philippe Jeanneret, avec la revue.