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Départ pour la Nouvelle-Écosse !
La Nouvelle-Ecosse (Nova Scotia en anglais) fait partie des provinces maritimes du Canada avec le Nouveau-Brunswick et l’île du Prince-Edouard. Bordée par l’océan Atlantique, la baie de Fundy, le golfe du Saint-Laurent et le Détroit de Northumberland, la Nouvelle-Ecosse offre une belle variété de paysages : maritimes avec ses ports de pêche, phares typiques et falaises abruptes, balnéaires avec ses longues plages et dunes de sable, viticoles dans la vallée d’Annapolis. Longtemps habitée par les Amérindiens de la tribu des Micmacs, une colonie française arrive dès 1605 dans la région de Port-Royal puis c’est la naissance de l’Acadie. Sous emprise française puis britannique, les Acadiens sont ensuite chassés de cette région dès 1755 lors du Grand Dérangement. En 1867 la Nouvelle-Ecosse rejoint la Confédération du Canada. Une province riche en histoire, belle, attachante et dépaysante.
Notre voyage commence à Halifax, chef-lieu de la Nouvelle-Ecosse.
Sa situation géographique avec son ouverture sur l’Atlantique en fait un point militaire stratégique pour le commerce et la navigation notamment pendant les deux guerres mondiales. La Citadelle construite en forme d’étoile surplombe la ville, on peut marcher sur les remparts pour admirer la vue imprenable sur le port et la ville.
Halifax est une ville qui se parcoure facilement à pied. Flânez par exemple dans les jardins publiques (Halifax Public Gardens) de style victorien pour écouter un concert classique en été. En vous rapprochant du port vous pouvez déambuler sur le Waterfront Boardwalk, une promenade d’environ 3 kilomètres appréciée des Haligoniens et des touristes, mais aussi aux Historic Properties, ces anciens entrepôts sur les quais datant de 1815 et réaménagés en boutiques et restaurants.
Le musée maritime (Maritime Museum of the Atlantic) situé sur le port vaut vraiment une visite. Avant tout pour l’exposition très intéressante sur les vestiges du Titanic, le tristement célèbre paquebot qui a fait naufrage au large de Terre-Neuve en avril 1912. Halifax a été durement touchée par ce naufrage puisqu’elle a aidé à rapatrier un certain nombre de victimes qui furent enterrées dans le cimetière de la ville, tandis que New York a accueilli les survivants. Cette photo illustre une partie en bois de chêne du grand escalier du Titanic.
Nous quittons Halifax pour nous rendre à environ quarante-cinq minutes au sud-ouest à Peggy’s Cove, charmant petit port côtier avec ses maisons colorées construites sur pilotis et son phare emblématique. La pluie et le vent se déchaînent, cela donne tout son cachet à cette ambiance pittoresque maritime.
Tout proche de là se trouve le monument dédié au crash de l’avion Swissair 111 en septembre 1998. Nous longeons cette côte sud-ouest ponctuée de phares et petits hameaux pour rejoindre Lunenburg, une jolie bourgade fondée en 1753 par des Luthériens allemands et suisses venus s’installer pour la pêche . Celle-ci est classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. De belles demeures de bois coloré occupent les flancs de petites collines au bord de l’eau et certaines sont d’accueillantes auberges. Le Bluenose II (construit en 1963) est une réplique de la célèbre goélette de compétition Bluenose érigée en 1921, qui gagna de nombreuses compétitions puis fut vendue dans les Antilles, avant de couler. Le Bluenose II se trouve amarré à Lunenburg et parfois à Halifax, on peut faire d’agréables croisières à son bord. Petite anecdote, vous retrouvez aussi cette goélette immortalisée sur les pièces de dix cents canadiens.
Nous faisons un rapide arrêt photo à Mahone Bay, reconnaissable avec ses trois églises construites l’une à côté de l’autre, face à la baie et dédiées aux trois cultes protestants (Baptiste, Luthérien, Méthodiste). A l’époque, le port vivait de la pêche et de la construction navale.
Changement de décor : nous roulons en direction des vignobles de la vallée d’Annapolis dont les vins de glace et vins blancs sont largement réputés. Notre arrêt se situe à Grand-Pré, lieu fondé par une ancienne communauté d’Acadiens. Ici dans le plus ancien vignoble de la Nouvelle-Ecosse nous avons dégusté d’excellents grands crus et savouré un succulent repas sur la terrasse ombragée du restaurant.
Le raisin, ce fruit d’un dur labeur admirable produit à l’origine par les Acadiens pour créer un vin de qualité dans un environnement fragile et hostile, pousse entre les pentes douces et à proximité des marées les plus hautes du monde.
Nous poursuivons justement vers Burntcoat Head Park à Noel, dans la baie de Fundy, réputée pour observer ce fameux phénomène des marées les plus hautes du monde, de quatorze mètres en moyenne !
Nous empruntons un chemin au pied des falaises abruptes en forme de pots de fleurs pour fouler le vaste plancher océanique à marée basse, observer les fossiles et la vie marine minuscule, humer l’air marin, tout ceci avant la prochaine marée haute dans six heures. Une magnifique expérience inoubliable !
Puis nous faisons un rapide crochet par la localité de Tatamagouche afin de visiter le Train Station Inn, auberge originale aménagée dans une ancienne gare par un passionné de trains. Possibilité de loger dans les wagons transformés en chambres.
Nous traversons le pont de la Confédération construit en 1997 et long de treize kilomètres pour arriver sur l’île du Prince-Edouard, rebaptisée ainsi en 1793 par les Britanniques en l’honneur du fils du roi George III, Edward. Auparavant colonisée par les Acadiens, la belle province paisible est réputée pour ses belles plages, ses dunes de sable et eaux chaudes. Elle est parcourue d’est en ouest par un très bon réseau de pistes cyclables qui autrefois correspondait au trajet du chemin de fer. Sur le sol sablonneux de l’île du Prince, la pomme de terre est reine : elle est la fierté des agriculteurs qui la cultivent depuis des générations et la force économique de l’île devenue la plus importante province productive du Canada.
L’île fait aussi bien sûr référence au roman mondialement connu « Anne of Green Gables » (Anne, la maison aux pignons verts) de Lucy Maud Montgomery, paru en 1908 et traduit dans plus de quinze langues. Le roman à succès engendrera aussi bien plus tard la série télévisée « Le bonheur au bout du chemin » dans les années 80 et plus récemment la série « Anne with an E » sur Netflix. L’action se situe à Cavendish, au nord de l’île. La localité fait partie du parc national de l’île du Prince-Edouard et attire pour ses belles plages. Lieu de séjour d’enfance de l’auteure devenue orpheline et recueillie chez ses grands-parents, la maison aux pignons verts (Green Gables) a inspiré ce récit en partie autobiographique qui retrace les aventures de Anne, cette jeune orpheline enjouée et attachante aux tresses rousses. La maison se trouve sur le dénommé site patrimonial Green Gables.
Nous continuons vers Charlottetown, charmante petite capitale de l’île avec ses belles demeures victoriennes et sa rue piétonne Victoria Row. Après un tour de ville, nous roulons jusqu’à Woods Island, dont le phare offrant une vision à 360° sur la côte sera notre dernière étape sur l’île.
De là le ferry nous transporte sur le Détroit de Northumberland jusqu’à Caribou et nous partons à la découverte de la partie nord-est de la Nouvelle-Ecosse, l’île du Cap Breton, une terre sauvage au premier abord mais historiquement profondément hospitalière. Ancienne colonie française puis anglaise, un tiers des habitants sont des descendants des colons écossais. L’héritage écossais et la culture gaélique sont encore très présents : on peut ici visiter une distillerie de whisky, passer par un village dénommé Inverness, assister à des festivals de musique traditionnelle ou entendre parler le gaélique écossais. De quoi être dépaysé.
La meilleure façon de découvrir l’île du Cap Breton est de rouler le long du sentier Cabot Trail. Cette route panoramique escarpée – une des plus belles – serpente sur environ 300 kilomètres. Elle passe entre la forêt et les villages parsemés le long des falaises plongeant dans le golfe du Saint-Laurent et l’océan Atlantique, et traverse le superbe Parc National des Hautes-Terres-du-Cap-Breton.
Ce parc national offre une très belle palette de sentiers de randonnées en forêt (pour croiser qui sait, un orignal) et de magnifiques points de vues à couper le souffle sur les montagnes et le golfe du Saint-Laurent. Vous serez conquis !
Nous empruntons le sentier Skyline (Skyline trail) à 405 mètres d’altitude et long d’environ 7.5 kilomètres. Puis au bout de cette promenade sur des planches en bois, nous découvrons une vue plongeante sur les collines escarpées et le golfe du Saint-Laurent (et parfois on peut apercevoir au loin des baleines). Grandiose ! Les très violentes bourrasques de vent nous déséquilibrent et nous peinons à tenir debout sur la terrasse panoramique.
Cette visite du parc national des Hautes-Terres-du-Cap-Breton restera un des points forts de notre voyage !
Nous roulons ensuite vers Sherbrooke Village pour une chaleureuse visite guidée du village reconstitué datant de 1860, avec ses maisons en bois et figurants aux costumes d’époque. Nous assistons à une démonstration du forgeron et mangeons sur place dans le salon de thé.
Le dernier trajet nous ramène à Halifax et nous achevons ainsi ce très beau voyage vivifiant dans ces provinces maritimes : une mosaïque riche d’histoire et de paysages variés et spectaculaires, une terre accueillante, généreuse. Une région coup de cœur à découvrir.