Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06866.jsonl.gz/384

Le 24 avril 1993, Rolf Järmann a fêté la première de ses deux victoires à l'Amstel Gold Race. Aujourd'hui, il sillonne l'Europe avec son camping-car, du moins avant la pandémie du coronavirus.
Lorsque Järmann s'est présenté au départ de la Gold Race en 1993, il s'était déjà fait un nom dans le peloton. Ses victoires d'étape dans les grands tours lui assuraient une bonne considération de la part des autres coureurs. Sur le Tour de France, par exemple, il avait gagné en 1992 l'étape Dôle – Saint-Gervais au terme d'une échappée de 140 km en se montrant meilleur que Stephen Roche et Pedro Delgado. Il a également cueilli des succès au Giro, au Tour de Suisse et au Tour de Romandie. Mais une grande victoire dans une course d'un jour lui faisait défaut.
Järmann fut le premier Suisse à inscrire son nom au palmarès de la classique néerlandaise. Il s'est assuré la victoire avec un savant mélange d'offensive et de sens tactique. Plusieurs fois, le Thurgovien a cherché à sortir du peloton. Un premier groupe d'échappés s'était formé avec le coureur de l'équipe italienne Ariostea mais il a été repris à 70 km de l'arrivée. Järmann était encore présent quand le bon coup est parti à 18 km de Maastricht. Seul le champion du monde Gianni Bugno a pu prendre sa roue.
Les deux hommes allaient se jouer la victoire roue dans roue. L'Italien et son maillot arc-en-ciel était le plus souvent devant, Järmann dans son sillage pour économiser ses forces. Le statut de l'Italien en faisait le favori. Fidèle à son habitude, il enroulait un grand développement. «J'ai mis plus petit parce que je savais que l'arrivée était en légère montée», relevait Järmann. Au terme d'un sprint échevelé, il devançait Bugno de quelques centimètres.
«Je voulais absolument remporter une course d'un jour comme pro. Une petite m'aurait déjà suffi, là c'est le pompom avec une victoire en Coupe du monde», se réjouissait Järmann. «Je crois qu'elle va appeller d'autres victoires», prédisait le Thurgovien. Lorsqu'il s'est retiré six ans plus tard, il comptait 28 bouquets dont un deuxième succès à l'Amstel en 1998.
En fin de carrière, Järmann a reconnu qu'il avait eu recours au dopage. Comme de nombreux coureurs dans les années 90, il avait fait usage de l'EPO. Il a fait des confessions sur sa homepage même si cela a terni la fin du parcours d'un coureur connu pour son tempérament offensif.
Aujourd'hui, Järmann (47 ans) n'arpente plus les routes des courses mais il sillonne l'Europe en camping-car. Sur son blog, il décrit les voyages qu'il effectue avec sa femme Anita. Il donne des conseils après plus de 100'000 km de périples. Ils ont visité vingt-six pays avec bien sûr les Pays-Bas, le pays du vélo et des camping-cars par excellence.