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Des thermes antiques à Sainte-Marie
Durant les mois de juin et juillet 2013, une fouille archéologique préventive a été réalisée sur la commune de Sainte-Marie, aux lieux-dits Saint-Julien/Pont-Saint-Julien.
Cette fouille, réalisée par une équipe de la société Archeodunum, était rendue nécessaire par l’aménagement à 2 x 2 voies de la route départementale RD 177.
Le principal ensemble mis au jour est un petit bâtiment thermal gallo-romain. Ce bâtiment rectangulaire de 10 m sur 7 m environ a été retrouvé dans un état de conservation rare. La position en bas de pente a probablement conduit à son enfouissement rapide après son abandon ; de ce fait, les ruines ont été peu détruites par l’érosion, les travaux agricoles et d’éventuels pillages pour la récupération de matériaux de construction. La conservation des murs sur une hauteur dépassant, pour certains, un mètre, permet de bien comprendre le fonctionnement des thermes. Il a été ainsi possible d’identifier les différents espaces et de restituer le cérémonial des bains typique de la période romaine.
Ce cérémonial commençait dans une salle à température ambiante (appelée salle froide ou frigidarium) à laquelle était adossée une petite baignoire maçonnée (environ deux mètres de côté). Cette dernière permettait de prendre un bain froid. Une porte donnait ensuite accès à une salle chauffée (caldarium). Le système de chauffage était particulièrement bien conservé : un sol en béton, qui a disparu, était suspendu sur des supports en terre cuite (les pilettes). L’espace inférieur était chauffé par un foyer extérieur, l’air chauffant à la fois le sol et les murs grâce à des briques creuses qui remontaient le long des murs. Comme dans la pièce froide, une baignoire, disposant d’un foyer extérieur indépendant, permettait de prendre un bain chaud. Une grande vitre, dont de nombreux fragments ont été retrouvés, permettait de disposer d’une vue vers l’extérieur. Bien que ces thermes paraissent isolés, on peut penser qu’ils dépendaient d’un important domaine situé à proximité (mais non situé dans l’emprise de la fouille). Il s’agit de thermes privés où venaient se délasser les membres d’une importante famille, probablement locale, qui avait adopté le mode de vie romain.
Parmi les autres vestiges identifiés, il faut également signaler un four de fabrication de tuiles, qui a pu servir lors de la construction des thermes. Il a été ensuite réutilisé pour une fonction qui nous est encore inconnue (séchoir à grains ?). Par ailleurs, à une centaine de mètres vers l’est, un ancien lit du Canut a également été observé. La présence de blocs et de nombreux éléments en bois non taillés (troncs, grosses branches) évoque un petit passage sur cet ancien bras du ruisseau qui était alors comblé, mais encore marécageux. L’étude des bois et leur datation doit permettre de déterminer quand ce passage a été aménagé.
Maxence Segard
Vue générale du bâtiment thermal. cliché Archeodunum
Commune: Sainte-Marie
Adresse / lieu-dit: Saint-Julien/Pont-Saint-Julien
Canton / Département: Ille-et-Vilaine (35)
Pays: France
Date de l’intervention:
du 01/06 au 31/07/2013
Période(s) concernée(s): Antiquité
Nature de l’intervention: Archéologie préventive
Responsable d’opération: M. Segard
Suivi scientifique: (Drac-Sra Bretagne)
Aménageur: Conseil Général d’Ille et Vilaine