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Avec quatre femmes au Conseil fédéral, la Suisse entre dans le cercle très fermé des pays ayant une majorité de femmes au sommet de l'Etat. La Confédération rejoint la Finlande, la Norvège, l'Espagne et le Cap Vert. La Finlande détient le record avec douze femmes (63%) sur 19 ministres, tandis que le Conseil fédéral s'est féminisé mercredi avec une proportion désormais de 57,1%. La Norvège, l'Espagne et le Cap Vert oscillent tous trois autour de 53%. Dans deux tiers des 100 pays listés par l'Union interparlementaire (UIP), la part des femmes dans les gouvernements stagne sous la barre des 25%.
Bons scores pour Jean-François Rime
L'Union démocratique du centre (UDC) a réussi à brouiller les cartes sur toute la ligne avec son candidat de combat, le Fribourgeois Jean-François Rime. Lors de la première élection pour la succession de Moritz Leuenberger, le Romand a barré la route à la conseillère nationale zurichoise Jacqueline Fehr. La socialiste de Winterthour, qui figurait sur le ticket officiel du parti, a été évincée au troisième tour.
22 septembre 2010: élection au Conseil fédéral en compagnie de Simonetta Sommaruga et prestation de serment pour les deux Bernois. [Keystone]La Bernoise Simonetta Sommaruga, 50 ans, a remporté la mise au quatrième tour: elle a obtenu 159 voix, contre 81 à Jean-François Rime. Le démocrate du centre est aussi parvenue à damer le pion à la radicale Karin Keller-Sutter lors de l'élection suivante, pour le remplacement de Hans-Rudolf Merz. La conseillère d'Etat st-galloise a été évincée pour deux petites voix d'écart.
L'autre candidature de combat, celle de la Verte Brigit Wyss, n'a en revanche pas fait beaucoup de vagues. La conseillère nationale soleuroise a été éliminée au troisième tour. Les voix qu'elle a récoltées en dehors de son camp ont relevé plutôt de la politesse des socialistes envers les écologistes. Jean-François Rime n'a pas manqué de souligner sa surprise d'être arrivé à deux reprises jusqu'au tour final. Il a ratissé bien au-delà des 65 électeurs UDC présents.
Le PDC s'est bien gardé d'avouer quel rôle il a joué dans l'affaire. La candidature de l'entrepreneur fribourgeois n'a cependant pas réussi à empêcher l'élection de l'industriel Johann Schneider-Ammann. Le radical bernois a été désigné par 144 voix au cinquième tour, son outsider Jean-François Rime ayant atteint un score de 93 voix.
Discours en quatre langues
L'élection de la championne de la défense des consommateurs, 50 ans, et de l'industriel, 58 ans, ne constitue pas vraiment une surprise. Durant la campagne, il était apparu que le Parlement serait davantage prêt à désigner deux Bernois que de faire basculer à cinq le nombre de femmes au gouvernement.
Au nom de la concordance et de la défense des minorités, les deux nouveaux élus se sont empressés d'accepter leur nouvelle position en tenant un discours dans les quatre langues nationales. Ils ont ensuite été accueillis par leurs futurs collègues dans le salon du président, une salle attenante à celle du Conseil fédéral.
A cette occasion, le radical Didier Burkhalter a glissé à son ancienne collègue du Conseil des Etats Simonetta Sommaruga: "je te l'avais bien dit l'autre jour". Puis les flashes des photographes ont crépité pour immortaliser le gouvernement dans sa nouvelle composition. Simonetta Sommaruga devient la 113e membre du Conseil fédéral et Johann Schneider-Ammann le 114e. Ils devraient connaître leur département lundi prochain. A ce sujet, Simonetta Sommaruga a précisé être ouverte à prendre la tête de tous les départements.
Calmy-Rey fait un mauvais score
De son côté, Micheline Calmy-Rey a été élue à la vice-présidence de la Confédération par l'Assemblée fédérale, en remplacement de Moritz Leuenberger. La socialiste genevoise de 65 ans a obtenu 126 voix, alors que la majorité absolue était de 97 voix.
Micheline Calmy-Rey occupera ce poste durant deux mois après son entrée en fonction début novembre. Selon le tournus, la présidence de la Confédération doit lui revenir en 2011. Le maigre score –il s’agit d’un des plus mauvais de l’histoire pour une élection à la vice-présidence- obtenu par Micheline Calmy-Rey s'explique vraisemblablement par sa gestion de la crise libyenne.
Keller-Sutter philosophe
Gagner en venant de l'extérieur du Parlement est plus difficile, a constaté la St-Galloise Karin Keller-Sutter, qui n'a pas été élue. Interrogée par la TSR, elle a dit ne pas être malheureuse et s'être préparée à cet échec. "Je tire un bilan très positif" de cette candidature et "j'ai appris beaucoup de choses ces dernières semaines", a déclaré la conseillère d'Etat libérale-radicale.
Elle reconnaît toutefois que ne pas avoir été auditionnée par les Verts et l'UDC, qui revendiquaient le même siège, a constitué un handicap. "Il y a des règles de jeu qu'il faut respecter", a-t-elle ajouté. La St-Galloise a félicité les deux nouveaux membres du gouvernement et s'est dit convaincue qu'ils feront de "bons conseillers fédéraux".
ats/mej