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Zurich / Bornéo, le 18 mai 2020 - L'équipe de l’ÉCOLE DE LA FORÊT POUR ORANGS-OUTANS à Bornéo a pris en charge un nouveau bébé orang-outan sans défense, le sauvant ainsi d'une mort certaine après sa confiscation par le BKSDA, le département indonésien responsable de la faune sauvage. Enfermé dans un sac sur une moto, le petit orang-outan de deux ans allait être abandonné à son sort. Son propriétaire a probablement voulu s’en débarrasser par crainte du COVID-19.
Le commerce illégal des grands singes à l’échelle mondiale génère plusieurs millions de dollars par an, et le marché illicite des bébés orangs-outans provenant de Bornéo et de Sumatra est florissant avec quelque 150 animaux vendus chaque année, principalement à des acquéreurs asiatiques. La pan-démie de Coronavirus pourrait aggraver encore la situation des singes sans défense face aux com-merçants sans scrupules. Ce petit orang-outan a eu une chance inouïe. Comme il a été secouru le jour du 75e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale, il a reçu le nom de Damai - qui signifie paix en indonésien.
Quelques jours seulement après son sauvetage, le petit Damai a déjà développé un lien étroit avec sa mère de substitution, une vétérinaire de l'installation de quarantaine de l’ÉCOLE DE LA FORÊT POUR ORANGS-OUTANS de QUATRE PATTES à Samboja, dans le Kalimantan oriental. Il avait été victime de graves sévices. Vendredi dernier, après une opération de sauvetage de dernière minute, il a été officiellement remis à l'équipe de l’ÉCOLE DE LA FORÊT POUR ORANGS-OUTANS de QUATRE PATTES. Un propriétaire de station-service à Benggalon avait, lors d'une conversation avec un client, remarqué qu'un sac qui se trouvait sur la moto du client avait soudainement bougé. Celui-ci lui a dit que le sac contenait un petit orang-outan qu'il comptait relâcher dans la forêt. Le propriétaire compatissant de la station-service a expliqué à son client que le bébé orang-outan allait mourir seul dans la forêt et l'a persuadé de le lui laisser. Comme il savait qu'il était illégal de garder des orangs-outans comme animaux de compagnie, il a remis le bébé à la police locale. Faute de cage, le bébé a été installé dans une cellule à côté de plusieurs détenus jusqu'à ce que des collaborateurs du département indonésien de la faune sauvage (BKSDA) et de l'École de la forêt viennent le récupérer.
« Le défi s’est avéré bien compliqué en ces temps de crise COVID-19. Nous devons veiller au respect scrupuleux des prescriptions et dispositions relatives à la protection contre les infections par tous les intervenants lors de l'admission du bébé. Lorsque notre équipe est arrivée à la prison, le petit orang-outan était paniqué et a tenté de mordre et de s'échapper.Un rapide bilan de santé n'a révélé aucun problème évident - en particulier aucun symptôme de grippe et aucune blessure. Le petit buvait avidement au biberon, ustensile auquel il paraissait bien habitué. On peut dès lors en déduire qu'il a vécu avec des humains pendant un certain temps. »
Dr. Signe Preuschoft, Primatologue chez QUATRE PATTES
Lorsque l'équipe de secours est arrivée à la station de quarantaine de l’ÉCOLE DE LA FORÊT, Damai s’est immédiatement réfugié dans le panier suspendu spécialement préparé pour lui, recouvert de feuilles comme un nid de nuit d'orang-outan. Le lendemain matin, tout semblait aller pour le mieux dans le meilleur des mondes : Damai a mangé des patates douces cuites, bu du lait, de l'eau isotonique et a subi un examen médical complet. « Il est tout à fait possible », déclare le Dr Preuschoft, « que ses propriétaires illégaux aient voulu s’en débarrasser par peur de contracter le coronavirus. Comme nous le savons, beaucoup de gens s'inquiètent aujourd'hui des risques de contraction de maladies par des animaux, surtout sauvages. Quand le Corona est apparu, nous avons dû apaiser les craintes des gens et leur expliquer qu’au sein de notre ÉCOLE DE LA FORÊT, ce sont les orangs-outans qui risquent d'être infectés par les humains et non l'inverse ».
Damai doit subir une série de tests médicaux et une quarantaine d'au moins 60 jours. Ce qui est certain, c'est que ses blessures psychologiques ne se cicatriseront que progressivement. Par chance, le petit orphelin a échappé au sort atroce qui menace de nombreux primates : servir d’acteurs dans un spectacle de boxe thaïlandaise, de figurants pour les photos des touristes ou d’animaux de compagnie dans une famille riche pour finir enfermés pour le reste de leur vie puisqu’ils sont « indomptables ». Au sein de l'ÉCOLE DE LA FORÊT, en revanche, Damai peut se plonger dans un environnement naturel adapté à son espèce. Il fréquentera l'école au moins jusqu'à l'âge de six ou sept ans. Il aurait fallu autant de temps à sa mère pour le sevrer. Durant cette période, il apprendra tout ce dont il a besoin pour réussir une vie en liberté.
QUATRE PATTES et le projet orang-outan
QUATRE PATTES travaille depuis plus de dix ans à la réhabilitation d'orphelins orangs-outans trauma-tisés dans le but de les réintroduire dans un habitat naturel à Bornéo. A la suite d’une réorganisation des activités locales, l’ÉCOLE DE LA FORÊT - financée par QUATRE PATTES - est un projet réalisé en coopération avec le partenaire local Jejak Pulang et le ministère indonésien de l'Environnement et des Forêts.
Au sujet de QUATRE PATTES
QUATRE PATTES est une organisation internationale de protection des animaux vivant sous influence humaine, qui révèle les souffrances, sauve les animaux dans le besoin et les protège. QUATRE PATTES fête cette année ses 20 ans en Suisse. Fondée par Heli Dungler à Vienne en 1988, l'organisation se concentre sur les chiens et les chats errants ainsi que sur les animaux de compagnie, les animaux de rente et les animaux sauvages vivant dans de mauvaises conditions de détention ainsi que dans les zones de catastrophe et de conflit. Avec des campagnes et des projets durables, QUATRE PATTES ap-porte une aide rapide et une protection à long terme aux animaux en détresse. La Fondation est en outre un partenaire d'Arosa Terre des Ours, le premier refuge en Suisse qui offre aux ours sauvés de mauvaises conditions de détention un environnement adapté à l’espèce.