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Introduction
Dans l’histoire chaque crise a provoqué des bouleversements (guerres le plus souvent) et des réactions. Ce peut être un nouveau système politique, économique ou des inventions. La crise de 2008 a marqué la création du bitcoin, puis quelques années plus tard est apparue la blockchain. L’association des deux technologies a donné naissance à la finance digitale. Elle a pour ambition de faire comme la finance réelle mais en digitalisée. C’est normal nous avons les outils pour. Dans cet article nous tâcherons de comprendre la finance traditionnelle et comment la finance digitale est venue se faire une place dans le paysage économique.
Définition de la finance
Historiquement, la finance est apparue avec l’invention de la comptabilité en Mésopotamie en 3000 av.JC. On utilisait des tablettes (en pierre) pour les écritures comptables (crédits, dettes, intérêts). Par la suite on a créé les premières banques.
Selon la définition de Wikipédia (Finance — Wikipédia (wikipedia.org)) « la finance recouvre un domaine d’activité (le financement) qui consiste à fournir l’argent nécessaire à la réalisation d’une activité économique ».
En résumé la finance fournit les capitaux nécessaires à divers acteurs pour des besoins précis:
- la création d’entreprise (finance d’entreprise)
- les marchés boursiers (finance de marché): les actions, le marché des changes (de monnaies) etc.
- les pouvoirs publics (finance publique): le budget de l’état
- les ménages (finance personnelle): épargne, investissement, crédits
La finance inclus ainsi un mouvement d’argent entre créanciers et débiteurs. Ces derniers sont donc dépendants des banques qui centralisent le capital.
Qui alimente la finance? Le rôles des banques
Si les acteurs de la finance sont nombreux, tous ne jouent pas un rôle identique. En effet, le robinet de l’argent est tenu par les banques.
Elles forment un groupe mixte:
- les banques de détail: les banques cantonales de type BCN, le Crédit Suisse, UBS, Postfinance
La banque de madame et monsieur tout le monde, qui reçoit son salaire
- les banques d’affaires: elles aident les entreprises dans leurs opérations financières
- les banques d’investissement: elles aident à la création (financement) d’une entreprise et à leur développement
- les banques centrales: elles utilisent des instruments (le taux d’intérêt, la création monétaire) pour réguler l’économie et financent les marchés
En définitive, la banque joue un rôle central dans le monde économique. Elle intervient auprès des entreprises, des états, des ménages, du marché boursier. Tous les flux d’argent et la création de richesse dans son ensemble transitent par les banques.
Elle est devenue incontournable. Aussi le système fait en sorte que toute activité (même à but non lucratif) sera inévitablement lié à une banque.
Or, dans l’histoire récente la crise des subprimes a montré les limites de l’activité bancaire et son impact sur l’économie et la société.
La crise des subprimes
En 2008, aux Etats-Unis éclate la plus grande crise économique depuis la seconde guerre mondiale. On la connaît sous le nom de crise des subprimes.
Voici une explication du mécanisme qui mena au krach. A cette époque, aux Etats-Unis, les banques avaient créé des prêts immobiliers pour les ménages les plus modestes: les subprimes. Ce sont des taux préférentiels au début, variables et gagés par une hypothèque sur les biens immobiliers achetés (lire l’explication plus détaillée avec ce lien Comment la crise de 2008 a-t-elle commencé ? – La finance pour tous).
La banque fédérale américaine (la FED) pour soutenir l’économie touchée par la crise de la bulle internet du début des années 2000 et lutter contre l’inflation monta les taux d’intérêt. Les taux subprimes étaient malheureusement indexés sur ceux de la FED.
Parallèlement les prix de l’immobilier connurent une tendance baissière. Cela a eu pour effet d’alourdir le poids de l’endettement des ménages et de voir le coût du crédit supérieur à la valeur du bien immobilier. Une véritable catastrophe.
Les limites du système bancaire traditionnel
Cette crise a révélé les limites du système bancaire traditionnel.
Revenons à notre histoire. Le château de carte s’écroula, des ménages furent ruinés, Lehman Brothers (une banque centenaire) tomba, des scandales éclatèrent (l’affaire Madoff aux Etats-Unis, l’affaire Kerviel de la Société Générale en France).
On nous expliqua que les banques avaient développés des produits bancaires à partir de produits financiers toxiques et les avaient revendus sous forme de prêts bancaires bancales.
Dans un système mondialisé, la crise toucha l’Europe et l’Asie avec des faillites de banques et généra une perte de 1400 milliards de dollars (source: Les chiffres de la crise – Libération (liberation.fr). Evidemment on ne compte pas le coût des plans de sauvetage.
La colère gronda, d’autant plus que les banques furent donc renflouées par les Etats, donc par le contribuable.
Dans ce brouillard, une partie grandissante de la population (notamment dans la communauté informatique) manifesta le désir de trouver une alternative à ce système bancaire. Le systéme de la blockchain germait (création en 2011). Et un Japonais du nom de Satoshi Nakamoto créa en 2009 une monnaie numérique. Le Bitcoin était né.
L’avènement de la finance digitale
La finance digitale est un phénomène récent qui est amené à se structurer et à s’imposer dans le temps.
Il s’est popularisé durant la crise du Covid. Des apprenti-investisseurs, souvent des particuliers derrière leur ordinateur spéculait sur le Bitcoin et d’autres cryptomonnaies au fur et à mesure que la valeur de ces dernières a explosé fin 2020.
Quelques fortunes se sont construites du jour au lendemain et le grand public s’y intéressa soudainement. Blockchain, smart contract, Ether, Cap market etc. Tout un vocabulaire émergea (Lexique – CDBF).
Des flux d’argent virtuel circulèrent massivement sur les plates-formes d’échange (Binance, Crypto.com, en Suisse Swissborg).
Un nouvel éco-système financier totalement digitalisé grandissait à l’ombre du système financier traditionnel. La De-fi ou decentralized finance vient faire de la concurrence.
La finance digitale aujourd’hui
La finance digitale en 2022 possède tous les moyens techniques et suffisamment de volonté humaine pour s’inscrire durablement dans le paysage économique.
La finance traditionnelle est centralisée, relativement opaque et conduit quand elle est mal gérée à des crises économiques majeures.
La finance digitale fonctionne avec la blockchain (Partage en blockchain (admin.ch)). Elle offre une plate-forme transparente, sécurisée, sans organe de contrôle
Elle propose aujourd’hui:
- des comptes bancaires en crypto-monnaies (Sygnum en Suisse)
- des plate-forme d’achat-vente (flowbnk qui est une association de Swissquote et de Postfinance, Swissborg)
- des moyens de paiement en cryptomonnaies (carte bancaire de paiement en bitcoin)
- de faire ses achats en cryptomonnaies
- d’obtenir des prêts en cryptomonnaies avec AAVE (Aave Trading : Acheter de l’Aave (AAVE) | Swissquote)
- de participer à des fonds de capital-risque (Compound) pour investir dans des projets de jeunes entreprises innovantes
Tout cela prend forme et ressemble fortement à la finance que nous connaissons mais de manière digitalisée.
On ne sait pas si la finance digitale va supplanter la finance traditionnelle. Toutefois elle a des outils et suffisamment d’utilisateurs pour devenir pérenne.
Conclusion
En conclusion la finance digitale est à ce jour bien ancrée. Elle a été créée avec l’idée d’être un système décentralisé et indépendant des banques. Aujourd’hui elle a les moyens de ses ambitions. Il est difficile de dire si elle va remplacer la finance traditionnelle. On peut cependant déjà dire qu’elle n’est pas seulement un espace de spéculation sinon une entité à part entière et qui sais peut-être sera-t-elle une transition vers une nouvelle finance combinant les réussites de la finance traditionnelle (il y en a) et celles de la finance digitale.