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L'affabulation sur l'exportation des déchets électroniques vers l'Afrique
La Suisse exporte-t-elle vraiment ses vieux téléviseurs et téléphones portables directement vers l'Afrique ?
On nous donne volontiers l'impression à nous, lecteurs ou téléspectateurs, que la Suisse se débarrasse de ses équipements électroniques mis au rebut en les expédiant vers les pays en développement. Il est temps de rétablir les faits: au niveau mondial, la Suisse fait partie des modèles à suivre en matière de traitement des déchets électroniques. Sans une autorisation spéciale de la Confédération, personne en Suisse ne peut exporter en toute simplicité des appareils défectueux. Au plus, uniquement dans des pays membres de l'OCDE dans le but de les valoriser selon les normes suisses.
Lorsqu'il est question de déchets électroniques, on met souvent la Suisse en tant que société de consommation hautement développée dans le même sac que les pays classés comme mauvais élèves pour le recyclage. En fait, c'est tout le contraire: aucun autre pays ne s'engage autant pour le recyclage selon les normes environnementales les plus rigoureuses ni pour la transmission de son propre savoir-faire en la matière. En ce qui concerne le recyclage des déchets électroniques, la Suisse assume un rôle de pionnier au niveau international et sert d'exemple à d'autres pays. En bref, les faits les plus marquants:
- Avec les systèmes de recyclage Swico Recycling et Sens, la Suisse dispose d'un système de reprise performant unique au monde, qui n'est organisé pour le moment que sur une base volontaire et de droit privé.
- En Suisse, toute personne qui veut exporter des déchets électroniques doit disposer d'une notification de l'Office fédéral de l'environnement (OFEV). L'exportateur doit garantir que les déchets électroniques seront recyclés à l'étranger conformément aux normes appliquées en Suisse.
- Une telle notification ne vaut d'ailleurs que pour les pays de l'OCDE, aucune autorisation d'exportation n'est délivrée pour l'Afrique ou l'Asie. En clair: l'exportation de déchets électroniques vers l'Afrique est illégale et sévèrement punie.
- Dans l'UE, la réglementation en matière d'exportation de déchets électroniques est également très rigoureuse. La Suisse bénéficie en outre d'un avantage déterminant avec des contrôles stricts à ses frontières extérieures clairement définies.
- La douane signale immédiatement les exportations illégales à l'OFEV, elle bloque ces exportations et dépose une plainte. Les exportations illégales de déchets électroniques sont sanctionnées par de fortes amendes.
- Les autorités douanières signalent également les cas suspects où les exportations ne concerneraient pas du matériel d'occasion mais de toute évidence des déchets/rebuts.
- Tout le processus de recyclage est soumis à des mécanismes de contrôle extrêmement stricts: les centres de collecte, les entreprises de recyclage, de démantèlement et de traitement des éléments critiques sont soumis à des contrôles périodiques rigoureux. Le laboratoire fédéral d'essai des matériaux et de recherche (EMPA) est principalement chargé d'effectuer ces contrôles pour le compte de Swico.
- Dans le cadre du «Swiss e-Waste Programme», la Suisse a apporté son soutien à des pays tels que l'Inde, la Chine, l'Afrique du Sud, la Colombie et le Pérou afin d'améliorer leurs systèmes de gestion des déchets électroniques. Entretemps, la quasi-totalité des pays partenaires ont adopté des directives correspondantes. Un récapitulatif des activités est présenté à la page 28 de notre rapport 2018 sur le recyclage .
Swico garantit avec les organes de contrôle compétents que toute personne qui dépose un appareil usagé dans un centre de collecte Swico peut compter sur un recyclage approprié et respectueux de l'environnement, « made in Switzerland» et conforme aux normes suisses. Il en va de même pour les anciens téléviseurs à tube cathodique ou les imprimantes mises au rebut et les téléphones portables qui ne fonctionnent plus.
Swico a déposé une plainte auprès de l'organe de médiation de la RTS
Le magazine d'information 10vor10 a diffusé dans son émission du 25 juillet un sujet sur le documentaire autrichien «Welcome to Sodom» portant sur les abus pratiqués dans l'enfer du recyclage d'Abolloshi. La présentation de ce sujet donnait fortement l'impression que la Suisse expédiait directement ses appareils électroniques usagés à recycler en Afrique et qu'elle était donc co-responsable des dommages causés aux personnes et à la nature. Swico a déposé une plainte auprès de l'organe de médiation de la télévision suisse. Entretemps, 10vor10 a ajouté à son sujet une rectification partielle.
Vers le sujet de 10vor10
Vers la plainte de Swico à l'organe de médiation de la RTS (en allemand)