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Dans des temps reculés où le bétail joue un rôle primordial, il est vital d’avoir un accès à la montagne pour y faire pâturer ses bêtes pendant l’été et ainsi pouvoir engranger le foin nécessaire pour l’hiver. Cantonnés dans un territoire culminant à 800 mètres (!) d’altitude, les habitants de St-Léonard lorgnent très tôt vers les hauts de la châtellenie de Granges, où ils acquièrent des droits d’alpage.
Dès le XVème siècle, l’alpage de Tracuit est mentionné dans de nombreux actes et voit se côtoyer des gens de Chalais, Vercorin et St-Léonard, qui, sous la direction de deux procureurs, unissent leurs efforts pour exploiter au mieux leurs pâturages et disposer du fruit de la saison estivale. On peut imaginer que, dans ces conditions, des divergences ont dû inévitablement surgir, entraînant vers 1600 un partage de l’alpage de Tracuit : les consorts de Chalais et Vercorin vendent à ceux de St-Léonard l’herbage de Tracuit d’en Bas, qu’on appellera Tracuit de St-Léonard, tandis que le consortage de Tracuit d’en Haut, essentiellement composé de gens de Granges, s’appellera Tracuit de Granges.
Le chiesso (chalet principal)
Initialement construit quelques centaines de mètres plus bas, en-dessous du « Plan de Battre » ou « Plan Saint-Antoine », avec dans son voisinage une chapelle dédiée à Saint Antoine, protecteur du bétail, le chiesso a été déplacé sur le lieu actuel en 1776, d’après une date sculptée sur une pierre du mur du chalet ; quant à la date de 1826, découverte sur une poutre de la fromagerie, elle fait certainement référence à des réparations ou transformations. Pour ce qui est de la chapelle, elle monte à la hauteur du chiesso en 1857 pour s’installer sur un beau promontoire.
En 1871 et 1872, le chalet est surélevé, permettant ainsi de disposer d’une grande chambre abritant les employés de l’alpage, pour un supplément de confort bienvenu ; ces travaux, dirigés par le président de la Bourgeoisie Modeste Tissières, sont réalisés par Eugène Métral de Nax et ses deux fils ainsi que de nombreux bourgeois, pour un montant global de Fr. 700.- A une époque où le salaire journalier moyen d’un ouvrier est de 2fr.50 et celui d’un maître charpentier de 3fr, la dépense est conséquente.
En 1946, la Bourgeoisie entreprend la construction de nouveaux bâtiments d’alpage pour une capacité de 120 bêtes attachées, libérant ainsi le chiesso. Celui-ci, baptisé dès lors « chalet des Arolles », ne reste pas longtemps inoccupé ; à l’affût de toutes les opportunités, le Curé Gustave Oggier voit aussitôt l’occasion d’y établir une colonie de vacances pour les enfants de St-Léonard et des environs. Il pense pouvoir utiliser la chambre des bergers comme dortoir, l’ancienne fromagerie comme cuisine et l’ancien parc comme réfectoire, moyennant quelques transformations pour rendre ces locaux habitables. La Bourgeoisie y conserve toutefois encore quelque temps la cave à fromages et le grenier.
Laissée à l’abandon au terme de son utilisation en 1995, la colonie revient bientôt dans le patrimoine de la Bourgeoisie. Suite à la demande de bourgeois attachés à ce lieu, une amicale se constitue en 2013, ayant pour but la rénovation du chalet des Arolles. A leur demande, l’assemblée bourgeoisiale leur donne, le 31 mars 2014, un accord d’usage de 50 ans.
Barthélemy Gillioz
Le projet en 3 points
Gîte des Arolles
M. Jean-Luc Solioz
Route de Lens 5
CH - 1958 St-Léonard
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Gîte des Arolles
M. Daniel Gillioz
Rue de la Plaine 25
CH - 1958 St-Léonard