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Les informations ci-après se réfèrent à la date de la remise du Prix.
Citoyen suisse, né en 1944, le professeur Rolf M. ZINKERNAGEL dirige un groupe de recherche au Département de pathologie de l’Université de Zürich.
Les travaux du professeur Rolf M. ZINKERNAGEL portent sur les aspects cellulaires de la défense contre les virus. On lui doit en particulier la découverte du phénomène de « restriction par le complexe majeur d’histocompatibilité », qui caractérise la reconnaissance d’antigènes étrangers par les cellules-clés du système immunitaire: les lymphocytes T. Selon ce concept, les lymphocytes T ne peuvent reconnaître des antigènes étrangers qu’en association avec les protéines propres à l’organisme-hôte, qui sont par ailleurs responsables du rejet des greffes.
Actuellement, les travaux du professeur Rolf M. ZINKERNAGEL visent à mieux comprendre comment la maturation des lymphocytes T protège l’hôte contre certains virus et, parfois, déclenche chez lui un état pathologique.
Grâce aux moyens offerts par le Prix Louis-Jeantet de médecine, le professeur ZINKERNAGEL se propose d’engager un nouveau collaborateur qui l’aide à faire progresser ses recherches grâce aux techniques les plus récentes de la biologie moléculaire.
Travaux de recherche
Le système immunitaire
Il confère à l’organisme la capacité de réagir à l’invasion de corps étrangers, agents pathogènes en particulier. C’est la réponse immune
On parle à propos de ces corps étrangers d’antigènes ou de sites antigéniques
La réponse immune est le fait de deux types d’agents:
– des protéines appelées anticorps, sécrétées par les lymphocytes B et spécialisées dans la reconnaissance d’antigènes circulants
– des cellules appelées lymphocytes T et spécialisées dans la reconnaissance d’antigènes portés par d’autres cellules
La réponse immune est durable et spécifique. Le système est doté d’une mémoire biologique
Le système immunitaire, qui est capable de reconnaître les antigènes comme des corps étrangers les distingue donc des constituants normaux de l’organisme. Il permet ainsi la discrimination, au niveau moléculaire, entre le soi et le non-soi. Cette capacité n’est pas innée. Elle s’acquiert au cours du développement.
C’est la réponse immune qui est stimulée lorsqu’on procède à une vaccination; pour engendrer une immunité durable contre un élément pathogène, on présente à l’organisme un antigène similaire rendu inoffensif.
Les grandes étapes
|1796||Jenner découvre de façon em-pirique la vaccination contre la variole|
|1885||Vaccination contre la rage par Pasteur|
|Nobel 1910||Bases cellulaires de la réponse immune. Ehrlich, Metchnikoff|
|Nobel 1960||Discrimination soi, non-soi. Burnet, Medawar|
|Nobel 1972||Structure chimique des anticorps. Edelman, Porter|
|Nobel 1980||HLA. Benacerraf, Dausset, Snell|
|Nobel 1984||Sélection clonale. Jerne, Köhler, Milstein|
|Nobel 1987||Base génétique de la diversité des anticorps. Tonegawa|
Rolf Zinkernagel s’est toujours intéressé aux bases cellulaires de l’immunité. En collaboration avec Peter Doherty, il a découvert que les lymphocytes T n’étaient pas capables de reconnaître un antigène de surface isolément, mais seulement en association avec certaines protéines de l’hôte que l’on appelle protéines du complexe majeur d’histocompatibilité et que l’on abrège chez l’homme HLA. C’est le principe de restriction par le complexe d’histocompatibilité. On sait aujourd’hui que ce principe de restriction par le complexe d’histocompatibilité gouverne la majorité des contacts entre les diverses cellules du système immunitaire (lymphocytes, macrophages, etc.). Les deux modalités, humorale et cellulaire, ne sont pas indépendantes. Elles forment un tout basé sur des communications intercellulaires complexes, soit par contact direct, soit par des messagers chimiques, les interleukines par exemple.
Actuellement Rolf Zinkernagel s’emploie à découvrir les » règles du jeu » de l’immunité cellulaire antivirale en utilisant comme modèle le virus de la chorioméningite lymphocytaire de la souris.
A l’aide des techniques du génie génétique, il s’efforce d’insérer certains antigènes de ce virus dangereux pour l’animal dans des » vecteurs » dérivés du virus de la vaccine, un virus relativement inoffensif. De telles « constructions » moléculaires ont un intérêt pratique à moyen terme: c’est sur ce type d’attachement de particules pathogènes à des supports inoffensifs que sera basée la prochaine génération de vaccins antiviraux (ex: SIDA). D’autre part, elles ont un intérêt de nature fondamentale: elles représentent un outil de travail remarquable pour comprendre le rôle des lymphocytes T dans les infections chroniques, les maladies autoimmunes, ainsi que le rôle du système HLA dans la prédisposition à certaines affections.