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Syndicats et chômage : une relation ambiguë
La modestie des revendications syndicales n’a pas que des causes économiques : cet article démontre comment les relations des syndicats avec le pouvoir et l’association progressive du mouvement ouvrier avec celui-ci après la grève générale de 1918 expliquent cette modestie. En effet, malgré leurs critiques à l’égard de l’assurance chômage, les syndicats ne remettent pas fondamentalement en cause le fait qu’elle ne soit accessible qu’aux salarié-e-s ni que les indemnités soient inférieures au salaire par exemple. L’adhésion au principe de l’emploi comme seul bien assurable est visible dès le début du XXème siècle dans la pratique : les syndicats gèrent en effet d’importantes caisses de chômage et participent au contrôle des assuré-e-s en leur infligeant des pénalités. Les subventions publiques sont à l’origine de cet état des choses : les syndicats ont en effet été obligés d’accepter un certain nombre de contraintes afin de continuer de recevoir les subventions de l’Etat, telles que d’augmenter le contrôle ou de rendre des rapports de gestion. Dès 1920, les syndicats s’opposent également à la création d’une assurance chômage publique qui absorberait une grande partie des moyens. Ainsi, les syndicats empêchent la venue d’une telle assurance qui aurait pourtant permis d’étendre les indemnités à l’ensemble du salariat et de le protéger contre les conséquences du chômage. C’est donc la survie des caisses syndicales, dépendantes des subventions publiques qui justifient ainsi une position syndicale ambiguë.
Résumé : Sarah Kiani