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Né à Vienne en 1921, le Docteur Robert Dreyfuss a vécu son enfance à Lausanne. C’est dans l’université de cette ville qu’il a fait ses études de médecine, et c’est là aussi qu’il a poursuivi sa formation postgraduée auprès de grands patrons comme Edouard Jequier Doge ou Pierre-Bernard Schneider. Pour compléter sa formation en médecine psychosomatique, il a choisi l’Hôpital universitaire de Besançon. Il y développe ses premiers contacts avec le Parti communiste français.
La guerre d’Algérie était alors au centre des préoccupations des militants communistes qui se mobilisaient pour sauver Fernand Iveton de la guillotine. Ce dernier, militant communiste français rallié au FLN algérien, avait été condamné à mort pour sabotage. Il fut exécuté le 11 février 1957, malgré les protestations vigoureuses en Algérie, en France et en Europe. Robert Dreyfuss s’était joint aux marches qui dénonçaient ce crime.
Droit des femmes
Dans les années cinquante, alors que les autorités politiques et universitaires suisses s’acharnaient sur le professeur André Bonnard, helléniste prestigieux, en raison de ses opinions politiques et de ses sympathies pour le Mouvement de la paix, Robert Dreyfuss s’engagea résolument dans le comité qui le soutenait. Il y rencontra l’écrivain Michel Buenzod, aux côtés duquel il poursuivit ses activités militantes. Tous les deux furent des compagnons de route, lecteurs ou rédacteurs d’articles de La Voix ouvrière puis de Gauchebdo.
Au sein de ce même comité, Robert Dreyfuss rencontra le psychiatre Pierre-André Gloor, sexologue. A ses côtés, il mena ensuite les campagnes pour le droit des femmes, la solution des délais et le libre accès à l’interruption volontaire de la grossesse (IVG). Et collabora avec lui aux activités de Pro Familia à la fin des années 70.
Proche de l’humain
Dans ses activités de psychiatre, le Dr. Dreyfuss a été proche de ses patients, qu’il savait écouter, réconforter et accompagner dans les processus parfois longs de guérison. Tous ceux qui l’ont connu garderont de lui le souvenir d’un médecin extrêmement compétent, chaleureux et ouvert sur le monde. Humaniste, il était un lecteur assidu de Montaigne, Victor Hugo, Verlaine et du Bellay.
Il aimait d’ailleurs conclure ses entretiens en récitant Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage ou Les sanglots longs des violons… Le voyage de Robert Dreyfuss aura été long et passionnant. Il est mort dans sa 100e année. Nous faisons part de notre émotion et disons notre sympathie à sa famille et amis. n
Pour en savoir plus sur le parcours de Robert Dreyfuss, voir l’interview-vidéo de Pierre Jeanneret sur http://bit.ly/PJ-videos