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Match Retour
Un combat qui oppose Rocky Balboa et Jake La Motta? Ils vont s'inventer quoi encore, ces scénaristes d'Hollywood? Ce sont des questions légitimes lorsqu'on a sous les yeux la prémisse d'un film tel que ce Grudge Match, dont le but principal serait, paraît-il, d'exploiter de manière comique l'image de Sylvester Stallone, alias Rocky, en y ajoutant la présence de Robert De Niro qui, rappelons-le, a gagné un Oscar en 1981 pour sa prestation majeure dans le sublime Raging Bull de Martin Scorsese, où il incarnait Jake La Motta.
Les voilà, donc, de nouveau dans le rôle d'anciens champions de la boxe américaine. Grands rivaux dans les années 70-80, Billy "The Kid" McDonnen (De Niro) et Henry "Razor" Sharp (Stallone) s'étaient battus à deux reprises: le premier emporta un combat, le second l'autre. Razor ayant annoncé sa retraite peu après, le troisième combat n'a jamais eu lieu. Des années plus tard, les deux sont contactés pour participer à un jeu vidéo, et finissent par accepter d'organiser le fameux grudge match du titre anglais, malgré les nombreux soucis liés à l'âge et l'état physique des deux combattants.
Dans un cas pareil, il vaut mieux ignorer le nom de celui qui a effectivement signé le film, en l'occurrence Peter Segal (Y a-t-il un flic pour sauver Hollywood, Self Control); l'interêt de Grudge Match, c'est le duo Stallone-De Niro. Et tant qu'il y a du second degré lié à leurs filmographies, on sourit de temps en temps en voyant Stallone se faire insulter par son entraineur (Alan Arkin) et De Niro essayer de perdre plusieurs kilos de trop. Hélas, cet aspect n'est exploré que de façon trop partielle, le récit étant dominé par un côté soi-disant plus sérieux, notamment avec un triangle amoureux qui implique les deux acteurs principaux ainsi que Kim Basinger. Si on ajoute la présence de Kevin Hart, sorte de clone de Chris Tucker qui croit que pour faire rire il suffit d'hurler tout le temps, on se retrouve avec un produit qui, comme le Malavita de Luc Besson (toujours avec De Niro, d'ailleurs), se voit défait par un mélange d'éléments peu compatibles. C'est soit l'un, soit l'autre.
Bref, il vaut mieux revoir Rocky Balboa si on veut voir Stallone au top tout en parlant de retraite. Sept ans plus tard, l'idée de revisiter tout ça avec un ton presque parodique ressent plutôt d'une mauvaise blague.