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La fin de la semaine passée a été marquée par un fort épisode de foehn dans les Alpes. Des pointes entre 90 et 115 km/h ont été mesurées en vallée. Dans certaines stations, réputées pour leur exposition, les vents ont été plus forts encore. Météosuisse a ainsi mesuré 157 km/ au Jungfraujoch ou encore 189 km/h au Gütsch. Ces forces de vent sont certes remarquables, mais elles ne sont pas inhabituelles pour de fortes situations de fœhn.
De fortes précipitations de barrage ont également été observées sur le versants Sud des Alpes, avec une phase assez intense entre samedi soir et dimanche après-midi. Au-dessus de 1500 m environ, les cumuls de neige fraîche ont atteint 40 à 70 cm sur l'ouest du Tessin, localement jusqu'à 80 cm dans la partie supérieure du Val Maggia ; 30 à 50 cm ont également été mesurés en Haute-Engadine, selon.
Mauvais temps sur le Sud de la France également
Parallèlement au foehn dans les Alpes, le passage de la tempête Monica s’est traduit par un épisode de type cévenol dans le Sud de la France. Selon Météofrance, les cumuls de pluies ont localement atteint 300 mm en 36 heures sur les Cévennes et 150 mm sur la Provence côte d'Azur. Ces quantités correspondent à 1 à 2 mois de pluies.
Des records de cumuls de pluies sur 24 heures (pour un mois de mars) ont été enregistrés dans une centaine de stations. L'exemple le plus emblématique est celui de Nîmes-Coubressac, où il est tombé 104,1 mm de pluies le 9 mars, battant le précédent record de 86,9 mm du 30 mars 1948.
Effet cévenol et foehn : deux phénomènes distincts malgré leur proximité
Dans le cas du foehn, comme dans celui de l’effet Cévenol, les aléas sont provoqués par la présence d’une dépression entre le Golfe de Gascogne qui dirige de l’air humide et instable de la Méditerranée vers le Nord.
Dans les phases de foehn, l’humidité se bloque par effet de barrage sur les versants Sud des Alpes. Les courants ayant tendance à s’élever, l’air se refroidit, ce qui provoque une forte condensation. D’où de fortes précipitations. Autre caractéristique de ce genre de situation, la température est plus élevée sur les versants Nord des Alpes : l’air devenant plus sec, les éclaircies se développent assez rapidement.
Lors les épisodes de type Cévenol, l’air chaud et humide – qui remonte depuis le Golfe du Lion – a également tendance à s’activer sur les reliefs. Mais à la différence des situations de foehn, il va à la rencontre de l’air froid qui circule à l’arrière de la dépression et qui arrive dans notre cas sur le massif des Cévennes. Le phénomène se caractérise par des contrastes thermiques importants, d’où des orages violents et de fortes précipitations. Lors de tels épisodes les cumuls atteignent facilement les 300 à 400 mm en 24 heures.
Episodes de type cévenol plutôt rares au printemps
Dans l’atmosphère, l’humidité dépend en grande partie des quantités d’eaux qui s’évaporent à la surface de la mer et indirectement de la température de cette dernière. En Méditerranée, le phénomène prend une ampleur particulière en automne lorsque les dépressions reviennent depuis le Proche-Atlantique, d’où un fort potentiel pour les épisodes de précipitations intenses.
Ces phénomènes d’évaporation gardent cependant de faibles proportion le reste de l’année, notamment à la fin de l'hiver ou au début du printemps, moment où la température à la surface de la Méditerranée atteint son niveau le plus pas. De ce point de vue, les évènements de la semaine passée sont assez surprenants…
Certes, les températures de surface ont été supérieures à la norme pendant le mois de février, avec des écarts positifs atteignant par endroit les deux degrés Celsius, ce qui a peut-être joué un rôle. Mais au vu de la situation, la forme assez pointue de la dépression Monica et la dynamique présente dans l’atmosphère semblent avoir été plus déterminantes.
Philippe Jeanneret