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C'est au sud de Wellhausen que s'élève sur un étroit prolongement du Wellenberg le château qui porte le même nom, encore habité de nos jours. Son profil primitif a été à tel point transformé au cours des siècles qu'il est aujourd'hui quasi méconnaissable. Une chaussée a remplacé le chemin qui menait à l'entrée, défendue jadis par un fossé en auge et un pont-levis. Si la souche d'un donjon qui occupe l'angle sud-ouest de l'ouvrage peut être considérée comme faisant partie des plus vieux éléments de l'ouvrage, seuls sont d'origine les murs sud-est et sud-ouest La maçonnerie mégalithique faite de blocs glaciaires non travaillés s'est conservée jusqu'à la hauteur du premier étage. Par endroits, l'épaisseur des murs atteint plus de 2,5 mètres. Des comparaisons avec les tours de Mammertshofen et de Frauenfeld permettent de supposer que l'ouvrage de Wellenberg a vu le jour au cours de la première moitié du Mlle siècle. Le revêtement du second étage consiste en un appareil irrégulier présentant dans les angles des boutisses et des panneresses aux arêtes équarries et au relief peu prononcé. Ce qui semble indiquer que cet étage a été construit après la destruction du château survenue en 1259. A l'origine, l'ouvrage de Wellenberg ne devait donc comprendre que la tour et une cour cernée par une enceinte dans laquelle avaient sans doute été aménagés des logis pour les domestiques et les servantes. Tous les éléments de construction extérieurs actuels de style gothique tardif - ils occupent presque toute la cour et une partie d'entre eux sont munis de caves de deux étages - remontent vraisemblablement au début du XVIe siècle. Ainsi, le manoir érigé au nord de l'ouvrage, surmonté d'un pignon à redents, rappelle les édifices que la famille Motteli de Rappenstein possédait à Pfyn, à Hüttlingen et à Liebenberg. Les Mötteli furent d'ailleurs eux aussi propriétaires de Wellenberg pendant quelques années, de 1513 à 1537. Quant à la tourelle d'escalier dressée dans la cour, elle date de 1768. Les murs d'enceinte furent démolis très tôt. Le château a conservé jusqu'à aujourd'hui le caractère d'un siège baillival, malgré ses grandes fenêtres en plein cintre d'origine moderne.
Au IXe siècle déjà, l'abbaye de Reichenau possédait d'importants droits et biens sur la rive méridionale du lac de Constance, sur le Seerücken et dans la vallée de la Thur. L'une de ces seigneuries foncières était formée par le territoire de Wellhausen et comprenait Thundorf, Lustdorf, Wellhausen, Heschikofen et Leutmerken. C'est au centre de cette seigneurie que l'abbaye fit construire au XIIIe siècle la tour forte du château actuel. Elle en confia l'administration à une famille de ministériaux, à laquelle elle céda les terres en fief. Selon les documents, cette famille portait depuis 1204 déjà le nom de Wellenberg. Il est donc probable qu'elle ait habité à l'origine un ouvrage antérieur à la tour, situé peut-être au même endroit. Lors d'une guerre privée qui mit aux prises le comte Rodolphe de Habsbourg et l'abbaye de Saint-Gall, les Zurichois, alliés des Habsbourg, s'emparèrent du château et y mirent le feu. Ils capturèrent son propriétaire, Ulrich de Wellenberg, et l'obligèrent à leur jurer que jamais il ne se vengerait, autrement dit qu'il ne se soulèverait jamais contre la ville de la Limmat. Comme nous le disions au début de ce chapitre, l'actuelle superstructure de la tour a dû être construite après cette destruction. Il semble donc que les Zurichois ne se sont pas contentés de rétablir l'ouvrage, mais qu'ils l'ont encore agrandi.
Nach einer Zeichnung von J.C, Vögelin 1750
Les Wellenberg doivent avoir abandonné leur château ancestral après le milieu du XIVe siècle, car à partir de ce moment, nous le trouvons pour de brèves périodes entre les mains des barons de Spiegelberg, puis de ceux de Strasse. Dès 1370, il appartint aux Hohenlandenberg. Avec l'assentiment de l'évêque de Constance, Hermann de Landenberg érigea en 1450 une chapelle domestique. Le chapelain chargé de la desservir devait dire cinq messes chaque semaine, l'une à Felben, les quatre autres au château. Tombé dans l'indigence, Caspar de Hohenlandenberg hypothéqua en 1513 toute la seigneurie à sa soeur. Le gendre de celle-ci, le richissime Jacques Mötteli de Rappenstein, maitre de Pfyn, put libérer le gage et devint propriétaire de Wellenberg; il resta toutefois à Pfyn.
Quelques années plus tard, son fils Joachim alla s'installer au château. C'est à lui qu'il faut vraisemblablement attribuer la construction du manoir surmonté d'un pignon à redents. A cette époque-là, la seigneurie détenait les droits de juridiction à Wellhausen, Rüti, Kirchberg, Thundorf, Ulhofen Bietenhart et Buchschoren. Profondément hostile à la nouvelle foi, Joachim se retira à Pfyn et aliéna toute la propriété à un citoyen de Ravensbourg, Grégoire d'Ulm. Cette famille demeura maitre de la seigneurie pendant 130 ans. Si, au début, elle avait pu acquérir de nouvelles régions et de nouveaux droits, sa situation économique se détériora à vue d'oeil dès le début du XVIIe siècle. A Zurich, on craignit qu'en cas de vente, la seigneurie ne passe à un catholique, ce qui aurait gravement nui à la cause protestante en Thurgovie. Cette crainte redoubla lorsque courut le bruit que par amour pour son épouse catholique, François Christophe d'Ulm s'était reconverti à son ancienne religion, et avec lui ses trois fils adultes.
In 1932
C'est pourquoi le Conseil privé de Zurich demanda à Johann Escher, ancien bailli de Baden et de Wädenswil, d'acquérir la seigneurie de Wellenberg, tout en lui garantissant son avenir économique. L'affaire fut conclue en 1669 et l'année suivante, Escher s'installa au château. Il obtint une lettre d'investiture de l'évêque de Constance, représentant de l'abbaye de Reichenau. Apparemment, Escher était propriétaire, mais en fait, la seigneurie appartenait à l'Etat de Zurich, qui entretint des baillis généraux au château jusqu'en 1798. C'est en 1701 que la seigneurie de Wellenberg avait été élevée au rang de bailliage général, conjointement avec celle de Güttingen. Zurich aliéna le château à des particuliers en 1815 et aujourd'hui encore, cet ouvrage est propriété privée.
Bibliographie