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Tout le monde passe par des hauts et des bas. L’humeur sombre, souvent motivée par des évènements marquants tels que le chômage, le deuil ou les conflits, reste généralement passagère. Mais si la déprime dure des jours et des semaines, si elle affecte progressivement les activités quotidiennes, les relations sociales ou les performances aussi bien au travail que pendant les loisirs, il pourrait s’agir d’une dépression.
La dépression est une maladie qui atteint les personnes au niveau physique et psychologique, perturbant ainsi leur mode de pensée et leur vécu. Leur capacité de travail, leurs relations et interactions familiales et sociales sont altérées. Leur comportement change.
L’OMS, l’Organisation Mondiale de la Santé, a rassemblé des critères permettant de caractériser (diagnostiquer) une dépression. Pour cela, les symptômes dépressifs doivent être présents pendant au moins deux semaines.
Plus les symptômes sont nombreux et plus ils sont marqués, plus la dépression est considérée comme sévère.
Les symptômes exprimés et leur sévérité peuvent varier considérablement d'une personne à l'autre. Le traitement doit donc être personnalisé.
Les maladies dépressives font partie des troubles mentaux les plus fréquents. En une année, près de 7% de la population souffre d'un trouble dépressif.
La prévalence à vie est d'environ 17%. Cela signifie que 17% de la population souffre de dépression au moins une fois dans sa vie. Les femmes sont plus touchées que les hommes avec près de 20% de prévalence à vie contre 13% en moyenne.
L'OMS estime que d'ici 2030, la dépression sera la maladie qui présentera la plus grande charge globale, devant les maladies cardio-vasculaires.
La dépression se manifeste généralement sous forme d’épisodes, suivis par des phases non dépressives avec disparition partielle ou complète des symptômes. Un épisode dépressif dure en moyenne entre six mois et un an, jusqu'à la normalisation spontanée de l'humeur. Par conséquent, le traitement antidépresseur doit être suivi pendant près d’un an, même après une nette amélioration des symptômes.
La grande majorité des personnes traverse plusieurs épisodes dépressifs dont la durée peut être variable. Plus le nombre d’épisodes dépressifs est élevé, plus le risque de subir un nouvel épisode augmente. En dépit de son évolution par épisodes, la dépression est considérée comme une maladie chronique.
Le type et la sévérité des symptômes dépressifs peuvent varier considérablement d'une personne à l'autre. Certaines formes de dépressions (dépression larvée ou dépression masquée) se caractérisent surtout par des symptômes physiques tels que maux de tête, douleurs lombaires ou cervicales, douleurs abdominales, troubles digestifs, voire problèmes cardiaques. Chez ces malades, l’exploration des causes physiques dure parfois longtemps avant qu’une dépression soit soupçonnée.
Une autre forme de dépression, la dépression mélancolique, se manifeste par un état d’angoisse prononcé le matin ainsi que par une perte de poids, de joie de vivre, de libido et d’intérêt.
La dépression peut s’exprimer tout à fait différemment chez certaines personnes. Au lieu d’être tristes ou abattues, celles-ci peuvent devenir irritables, agressives, colériques ou augmenter leur consommation d’alcool. Selon les circonstances, elles peuvent aussi s’adonner à une pratique sportive excessive. Les malades se sentent stressés et épuisés. Ce genre de symptômes touche plus fréquemment les hommes (voir aussi « dépression masculine »).
On parle de dépression unipolaire lorsque seuls des épisodes dépressifs surviennent. Toutefois, outre ces symptômes dépressifs, certains patients souffrent également d’épisodes maniaques ou d’épisodes présentant des symptômes aussi bien maniaques que dépressifs (épisodes mixtes). Les épisodes maniaques se caractérisent par une activité débordante, une humeur euphorique, un moindre besoin de sommeil, un flot débordant d’idées, qui souvent débouchent sur des achats compulsifs ou des projets professionnels surdimensionnés. On parle alors de maladie affective bipolaire ou de dépression bipolaire.
Les journées d’hiver sombres et brumeuses peuvent affecter l’humeur. Dans certains cas, cela peut mener à une dépression dite saisonnière ou hivernale. Les symptômes de la
« dépression hivernale » sont souvent atypiques avec, en plus d'une humeur sombre, un besoin de sommeil accru, une envie d’aliments sucrés et une prise de poids. Cette forme de dépression est due à la baisse de luminosité saisonnière. L’œil perçoit moins de lumière ce qui entraîne un changement de rythme circadien (différentes fonctions corporelles comme par ex. la température, le rythme cardiaque, l’état de vigilance et d’autres encore sont soumises à un rythme journalier contrôlé, entre autres, par la lumière du jour). La dépression hivernale est plus fréquente dans les régions nordiques avec des journées d'hiver plus courtes que dans les pays du Sud. La luminothérapie avec des lampes de forte intensité est un traitement répandu de la dépression hivernale.
Les épisodes dépressifs après l’accouchement (= dépression post-partum) surviennent chez 10 à 15% des femmes. Ils commencent généralement au cours de la première voire de la deuxième semaine suivant l’accouchement, puis évoluent insidieusement au fil des semaines et des mois. Le tableau clinique n’est pas différent de celui d’un épisode dépressif classique. La phase post-natale est cependant caractérisée par des modifications hormonales importantes et brutales : les taux hormonaux de progestérone, d’œstrogène, de cortisol et de thyroxine s’effondrent au cours des 48 premières heures suivant l’accouchement. Pour l’heure, les raisons pour lesquelles ces modifications hormonales conduisent à la maladie chez certaines femmes n’ont pas été clairement élucidées.
Le baby blues, comme on l’appelle souvent, doit être distingué de la dépression post-partum. Il apparaît au cours de la première semaine, généralement pas avant le troisième jour, et ne dure que quelques heures ou quelques jours. Il concerne environ 50% des accouchées.
La dysthymie est une forme chronique de dépression qui présente les mêmes symptômes que ceux d'un épisode dépressif. Les symptômes sont moins prononcés, mais ils persistent très longtemps. On parle de dysthymie lorsque cet état dépressif rampant dure plus de deux ans.
Une dépression masculine n’est rien d’autre qu'une dépression « normale » qui se manifeste différemment – plutôt en mode « masculin-agressif » qu’en mode
« féminin-triste ». Les symptômes-types observés chez l’homme sont l’irritabilité, l’agressivité, un comportement à risque ou addictif comme par exemple l’augmentation de la consommation d’alcool, une pratique sportive excessive et dangereuse ou une conduite à risque. Le repli social et l’absence de recours à une aide ou à un suivi médical sont plus fréquents chez les hommes.
On parle de « dépression de la personne âgée » au-delà de 65 ans, bien que les grandes différences observées d’une personne à l’autre en termes de vieillissement ne justifient pas ce seuil. D’une manière générale, les maladies dépressives ne sont pas plus fréquentes chez le sujet âgé. Il semblerait même qu’elles soient un peu plus rares chez les 65–75 ans. Chez les patients plus âgés, il arrive souvent que la dépression ne soit pas dépistée et reste par conséquent non traitée pendant des années. Les patients âgés ont tendance à passer les symptômes dépressifs sous silence et à se plaindre plutôt de problèmes physiques. Des douleurs diffuses peuvent ainsi traduire une dépression. La dépression de la personne âgée peut également survenir ou s’aggraver dans le cadre d’une alimentation insuffisante ou carencée, ou encore en raison d’une hydratation insuffisante. Les événements marquants, les décès au sein de la famille ou des amis, les maladies graves ou les problèmes financiers sont des facteurs qui favorisent la survenue d’une dépression chez la personne âgée.
Chez les séniors plus encore qu’à d’autres âges de la vie, un mode de vie actif avec de l’exercice physique régulier, une alimentation équilibrée, une hydratation suffisante et un réseau social solide, constitue une protection contre les troubles dépressifs. Les déficiences cognitives insuffisamment traitées et rémanentes représentent, précisément à un âge avancé, un facteur de risque de survenue ultérieure d’une démence – leur traitement revêt donc une importance particulière. Sur le plan médical, les troubles cognitifs dans le cadre de la dépression due à l'âge sont souvent difficiles à distinguer d'une démence naissante.
Les troubles dépressifs sont aussi très répandus chez les enfants et les adolescents. De trois à dix pour cent des jeunes de 12 à 17 ans sont touchés par la dépression. En outre, divers troubles anxieux tels que l'anxiété sociale ou certains troubles obsessionnels-compulsifs apparaissent souvent à l'adolescence. Si ces troubles anxieux ne sont pas correctement pris en charge, le risque de développer une dépression ultérieure augmente. Chez les enfants de moins de 12 ans, l'incidence des troubles dépressifs est comprise entre 0.3 et 2.5%. Comme à tous les âges, mais particulièrement pendant l'enfance et l'adolescence, la dépression est rarement identifiée ou traitée.
Le syndrome du burn-out a été décrit pour la première fois dans les années 70 comme un état d’épuisement psychique chez les personnes soumises à une pression professionnelle importante et chronique. Il se manifeste par un épuisement émotionnel, une dépersonnalisation (indifférence qui peut aller jusqu’au cynisme) et une baisse des performances. Les principales victimes sont les professionnels dévoués qui entretiennent des liens sociaux importants comme les infirmières, les médecins, les enseignants, etc. Depuis, le burn-out est devenu un phénomène largement connu et débattu dans un monde professionnel de plus en plus stressant et éphémère. Il ne s’agit pas d’un diagnostic médical en temps que tel mais plutôt d’une notion servant à décrire le stress professionnel. Le syndrome d’épuisement professionnel peut évoluer en une forme sévère de dépression d'épuisement.
Des symptômes physiques diffus tels qu’une forte transpiration, des vertiges, des maux de tête, des problèmes gastro-intestinaux et des douleurs musculaires ainsi que des troubles du sommeil sont souvent présents. Des exigences accrues vis-à-vis des collaborateurs, une pression sans cesse croissante au travail et un manque chronique de reconnaissance ont conduit à une augmentation du nombre de cas de burn-out. Les changements des conditions de travail inhérents à la mondialisation, comme une disponibilité permanente par e-mail, téléphone portable ou smartphone, posent de nouveaux défis pour la santé et la gestion du stress professionnel.