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Erythropoïétine (EPO)
L’érythropoïétine (EPO) est une hormone de type protéique produite naturellement par tous les êtres humains en bonne santé. Son rôle est de stimuler la prolifération des érythrocytes (globules rouges), les cellules qui assurent le transport de l’oxygène dans le sang vers tous les organes. Sa production est régulée par la quantité d’oxygène à disposition dans le corps; une diminution de l’oxygénation des tissus va induire une plus forte production d’EPO et par conséquent, une augmentation du nombre d’érythrocytes dans le sang.
L’EPO peut également être fabriquée de façon synthétique par le biais de la biotechnologie; on en fait alors un médicament destiné à soigner des patients qui ne produisent pas ou pas suffisamment d’EPO naturellement. Les 2 molécules d’EPO, naturelle et synthétique (ou recombinante), agissent exactement de la même façon dans le corps: elles se lient à un récepteur situé à la surface des cellules précurseurs des érythrocytes et leur donne un signal de prolifération. Le nombre de globules rouges disponibles augmente.
Or, augmenter artificiellement ou non le nombre de ses érythrocytes constitue un avantage non négligeable dans les sports d’endurance, car cela permet de transporter une plus grande quantité d’oxygène aux muscles. Pour cette raison, l’EPO synthétique est un produit dopant interdit par le Code mondial antidopage depuis 1990. Cependant, le test permettant de mettre en évidence la présence d’EPO synthétique dans l’urine n’a été introduit qu’en 2001.
Les 2 types de molécules d’EPO sont des protéines dont les éléments de base, les acides aminés, sont les mêmes. Cependant, ces protéines portent également à leur surface des chaînes d’hydrates de carbones (sucres) qui, elles, diffèrent entre EPO naturelle et synthétique. Cette petite différence constitue la base du test anti-dopage qui permet de mettre en évidence la présence ou non d’EPO synthétique en plus de l’EPO naturelle normalement excrétée par le corps. En effet, les sucres sont à même de modifier l’acidité (le pH) de la molécule. L’on utilise dès lors le fait que l’EPO synthétique est plus acide que l’EPO naturelle pour les distinguer visuellement sur un gradient d’acidité. Cette méthode est basée sur une technique d’électrophorèse sur gel appelée iso-électrofocalisation. La recherche de l’EPO dans les urines prend 2 jours et demi, et au terme de la manipulation, la présence d’EPO endogène et éventuellement recombinante est mise en évidence grâce à des anticorps reconnaissant les 2 types de molécules. L’EPO (synthétique) ainsi que la NESP (novel erythropoiesis stimulating protein) sont localisées dans un domaine plus basique, respectivement plus acide, du gel que l’EPO endogène (échantillon négatif)
Exemple de résultat d’un gel de screening de l’EPO:

Stimulation de l'erythropoïèse