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L’AIE critique la taxe britannique sur l’énergie nucléaire
Dans son rapport 2002 sur la politique énergétique de la Grande-Bretagne, par ailleurs tout à fait positif, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) critique la taxe climatique prélevée également sur l’énergie nucléaire.
Cette critique a été rendue publique quelques jours après les déclarations du ministre britannique de l'énergie, M. Brian Wilson, lors d'un séminaire à Madrid; elle va dans le même sens qu'une prise de position du porte-parole en matière d'industrie de l'opposition, M. Tim Yeo. Celui-ci s'est prononcé pour une suppression de cette taxe climatique sur la production d'électricité nucléaire. British Energy, qui exploite la plupart des centrales nucléaires britanniques et écossaises, connaît de graves difficultés financières et impute une partie de ses problèmes aux taxes qui grèvent la production d'électricité et la consommation de combustible. L'AIE reproche à cette taxe climatique d'être perçue sur la teneur énergétique des combustibles, et non pas sur la teneur en carbone. Le secteur du logement en étant exempté, il n'y a par ailleurs aucune incitation à utiliser du combustible contenant moins de carbone. Il serait facile d'obtenir un effet d'incitation en modifiant cette taxe, conclut le rapport.
Contrairement à d'autres pays, la Grande-Bretagne atteindra "presque certainement" son objectif de Kyoto de diminuer de 12,5% ses émissions de gaz à effet de serre par rapport à 1990, note encore le rapport, en précisant toutefois que pour ne pas rater l'objectif d'une diminution de 20% d'ici 2010 que le pays s'est lui-même fixé, des mesures supplémentaires seraient indispensables. L'AIE souligne les progrès réalisés depuis 1990 sur un marché de l'énergie en cours d'ouverture: les prix de l'électricité et du gaz ont baissé en termes réels. La libéralisation du marché de l'électricité, puis du marché du gaz, a été à la source d'impulsions précieuses en Grande-Bretagne: le remplacement du charbon par le gaz a diminué non seulement la pollution de l'air, mais également les émissions de gaz à effet de serre. L'AIE rappelle toutefois que les réserves de gaz de la Mer du Nord s'épuiseront progressivement, si bien que la Grande-Bretagne devrait devenir elle aussi un pays importateur de gaz dès 2005. Selon l'AIE, le réseau de transport de gaz constituera un problème en cas d'utilisation accrue de gaz. Le gouvernement pourrait promouvoir son extension par des incitations fiscales.
Source
P.B./C.P. d’après un communiqué de presse de l’AIE du 31 octobre 2002