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Photo: Sionnet GE, avril 2010, Lionel Maumary
Le Bruant nain se distingue du Bruant des roseaux notamment par ses joues rousses encadrées d’un trait noir qui ne rejoint pas le bec, avec une petite tache claire à l’arrière, ainsi que par son cercle orbital et sa poitrine plus finement striée de noir ; la mandibule supérieure de son bec est concave alors qu’elle est convexe chez le Bruant des roseaux.
Le Bruant nain niche à travers la ceinture de taïga d’Eurasie, du Finnmark (nord de la Norvège) à l’Anadyr. Avec plus de 7'000 couples, la Finlande héberge la quasi-totalité de la population européenne (Russie non comprise). Les quartiers d’hiver se situent principalement dans les plaines herbeuses du sud de la Chine, à l’ouest jusqu’au Népal et à l’est jusqu’en Corée et à Taiwan.
La Suisse étant située à l’ouest de son aire de migration, le Bruant nain y est un hôte accidentel sur le Plateau (8 données), au Tessin (3 données) et dans les Alpes, où l’on connaît 4 mentions dont une capture le13 octobre 1989 au col de Bretolet VS. A part l’observation du 26 janvier 2001 à Cadenazzo TI, ainsi qu’un hivernage à Premploz VS, 7 observations ont été effectuées entre le 2 octobre et le 2 décembre et 6 entre le 7 et le 28 avril.
Le Bruant nain s’est rapidement étendu vers l’ouest dès la fin du XIXe siècle ; sa nidification a été prouvée à partir de 1935 en Finlande, puis l’espèce s’est avancée très vite vers le nord et l’ouest, notamment depuis le milieu des années huitante, ses effectifs ayant explosé à 5’000-10’0000 couples au début des années nonante. La péninsule de Kola (Russie) a été colonisée depuis le milieu des années septante. L’apparition de plus en plus fréquente du Bruant nain en Suisse est sans doute le reflet de cette expansion marquée en Fennoscandie.
Le Bruant nain niche dans la taïga, avec une prédilection pour les marécages boisés d’épicéas ou de pins rabougris mêlés de bouleaux et d’arbrisseaux nains, sur terrain moussu et marécageux. En Finlande et dans le Finnmark, il niche dans les fourrés humides bordant les rivières et les lacs. Diurne et solitaire, il se nourrit de graines, d’insectes, araignées et autres invertébrés prélevés au sol dans les broussailles. En migration, il fait escale dans les éteules de céréales, champs de maïs, friches humides, roselières et buissons à proximité de l’eau ; il se mêle volontiers aux Moineaux friquets ou aux Bruants des roseaux, qu’il accompagne au dortoir. Le cri émis en vol est un « tic » dur de Rougegorge. Le chant, mélodieux et doux, comprend des sons roulés et cliquetants « sitru-sitru-sitru srisrisri svi-svi-surr ».

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