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«Comment être sûr que c'est dans ces parages que la princesse s'est perdue? La route de Pékin à Kachgar a emprunté de tout temps la "Voie impériale" qui conduit d'abord à l'ancienne capitale Xi'an puis, entre Gobi et montagnes, vers Lanzhou sur les rives du Fleuve Jaune, Dunhuang et les grottes des Mille Bouddhas, puis la rive nord du désert du Taklamakan. Mais une alternative existe plus au sud: la route qu'empruntèrent justement Ella Maillart et Peter Fleming, sur laquelle nous cheminons.»
«Chaque premier de l'An à minuit, il portait le dieu en procession, offrait un sacrifice aux ancêtres, puis il mangeait un nombre incalculable de raviolis végétariens à l'huile de sésame.»
«Au grand galop de mon cheval, je paradais parmi les ventilateurs.
J'avais sept ans, rien n'était plus agréable que d'avoir trop d'air dans le cerveau. Plus la vitesse sifflait, plus l'oxygène entrait et vidait les meubles.
Mon coursier déboucha sur la place du Grand Ventilateur, appelée plus vulgairement place Tien An Men. Il prit à droite, boulevard de la Laideur Habitable.
Je tenais les rênes d'une main. L'autre main se livrait à une exégèse de mon immensité intérieure, en flattant tour à tour la croupe du cheval et le ciel de Pékin.
L'élégance de mon assiette suffoquait les passants, les crachats, les ânes et les ventilateurs. Je n'avais pas besoin de talonner ma monture. La Chine l'avait créée à mon image: c'était une emballée des allures grandes. Elle carburait à la ferveur intime et à l'admiration des foules.»
Amélie Nothomb, Le sabotage amoureux, éditions Albin Michel, 1993
«Qui veut acheter le Palais d'Été? Qui rêve de démolir vingt mètres de la muraille pour se construire une bicoque avec ces pierres sacrées? c'est à vendre.»
L’eau douce. L’une des questions cruciales de notre époque, et la Chine n’est de loin pas épargnée. A Pékin, depuis août dernier, la pluie n’est quasiment jamais tombée. Le désert grignote du territoire, se rapproche de plus en plus de la capitale, et lui apporte un printemps râpeux et poussiéreux. Pékin est en effet de plus en plus souvent balayé par des tempêtes de sable des déserts de Gobi ou du Taklamakan. Et les dunes ne sont à présent qu’à une centaine de kilomètres de la capitale.
Mais les JO seront verts, luxuriants, et l’eau coulera à flots. Quitte à détourner celle des provinces voisines ou lointaines, à assécher les champs des paysans des alentours, et à pomper allégrement dans les grands fleuves du pays.
Un exemple qui a fait couler beaucoup d’encre chez les spécialistes de l’environnement: le parc aquatique olympique de canoë-kayak. Pour le plus grand site de compétition des JO 2008, Pékin a décidé de remplir le lit d’une rivière asséchée depuis près de neuf ans dans le district de Shunyi, à 36 km au nord du centre. Les chiffres sont édifiants: 2 millions de m3 d’eau ont été pompés des nappes d’eau voisines. La rivière Wenyu a également partiellement été détournée grâce à un canal souterrain de 13 kilomètres. Rien que cette opération coûté 430 millions de yuan, selon les chiffres officiels. Grâce aux 31 850 m2 du bassin et des 580 000 m2 de verdure l’entourant, les spectateurs pourront «apprécier les compétitions dans un cadre naturel idéal», loue le Quotidien du peuple.
La principale victime de ce détournement d’eau est la province voisine du Hebei, l’une des plus pauvres du pays. L’agence officielle Xinhua l’annonçait l’an dernier: «Beijing étant organisateur des Jeux olympiques l'an prochain, il est prévu que 400 millions de m3 d'eau en provenance de la province voisine du Hebei soient acheminés à Beijing pour garantir l'approvisionnement en eau pendant l'événement.» annonçait fièrement Xinhua. Mais sous ce flot de belles paroles se cache la réalité des paysans du Hebei. Pour eux, pas de forêt olympique, pas de bassins pour sports aquatiques, seulement du maïs, que Pékin leur impose de planter en lieu et place du riz, trop gourmand en eau.