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Le Parlement égyptien, dominé par les islamistes, a adopté jeudi une loi qui exclut les anciens responsables de haut niveau du régime d'Hosni Moubarak de la course à la présidence. Ce texte vise essentiellement à empêcher l'ancien chef des services de renseignement Omar Souleimane de se présenter.
Pour entrer en vigueur, cette loi doit toutefois être promulguée par le Conseil suprême des forces armées (CSFA), au pouvoir depuis le 11 février 2011, ce qui semble loin d'être acquis. Un ministre du gouvernement transitoire, nommé par l'armée, l'a qualifiée de "déviance" visant une ou deux personnalités.
Les Frères musulmans, qui disposent de près de la moitié des sièges au Parlement, appellent les Egyptiens à manifester massivement vendredi contre la candidature de dernière minute de M. Souleimane, qui fut pendant deux décennies le maître espion de Hosni Moubarak, avant d'être promu à la vice-présidence pendant la "révolution du Nil".
Amr Moussa pas inquiété
Le texte voté par les députés bloque plus largement la candidature de quiconque a occupé le poste de Premier ministre pendant les dix ans précédant la chute d'Hosni Moubarak, ce qui est le cas d'Ahmed Chafik, ex-commandant des forces aériennes, puis ministre de l'aviation civile, avant de prendre la tête du gouvernement pendant le soulèvement de janvier 2011.
La mesure d'exclusion ne s'applique pas en revanche aux anciens ministres, comme le libéral Amr Moussa, qui a longtemps dirigé la diplomatie égyptienne avant de devenir secrétaire général de la Ligue arabe.
Au vu des résultats des élections législatives et d'un sondage publié le mois dernier, ni M. Souleimane, ni M. Chafik ne semblent en mesure de rivaliser dans les urnes avec M. Moussa et les candidats islamistes.
La commission électorale doit publier la liste définitive des candidats le 26 avril. Le premier tour de l'élection présidentielle est programmé les 23 et 24 mai. Le scrutin doit théoriquement donner le signal du transfert du pouvoir des généraux aux civils.
ATS