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Autrefois, les agriculteurs installaient fréquemment des sous-semis dans les céréales. Ces sous-semis étaient habituellement constitués d'un mélange pour prairie temporaire. Ainsi, après la récolte de la céréale et l'évacuation de la paille, la prairie partait rapidement en croissance. En principe, c'est la méthode la moins coûteuse pour installer une prairie temporaire. Mais ces sous-semis ont pratiquement disparu avec l'intensification des cultures, dont l'objectif était l'obtention de rendements de céréales bien supérieurs à 40 décitonnes par hectare, et l’arrivée des variétés de blé à paille haute, cultivées en interligne étroit . Depuis quelque temps, l'intérêt pour cette technique culturale est à nouveau en augmentation. En effet, les semis de prairie temporaire en été souffrent de plus en plus souvent de périodes de sécheresse prolongées. Les jeunes semis d'été lèvent donc mal ou pas du tout. Par ailleurs, les agriculteurs bio qui ont une forte pression d'adventices (par exemple les graminées ou les adventices à problème telles que le gaillet gratteron et l'ortie royale) sèment de plus en plus fréquemment leurs céréales avec des interlignes de 24 cm par exemple, ce qui leur permet de sarcler leurs cultures. Dans un tel système, un sous-semis a du sens. Grâce à l'interligne assez large, les semences de prairie temporaire ont assez de lumière pour germer et se développer. Dans une céréale semée avec un interligne de 12 cm par exemple, et dont on attend un rendement d'environ 40 décitonnes par hectare, le sous-semis d'un mélange de prairie temporaire est aussi possible, mais plus risqué.
Technique de semis
Le plus simple est d'effectuer un sous-semis de prairie temporaire dans une orge ou un blé qui se trouve en fin de rotation, avec un mélange standard 330 par exemple. Mais le choix du mélange standard est bien sûr dépendant de l'utilisation qui sera faite de ce mélange. Le meilleur moment pour effectuer un tel semis se situe après le passage de herse-étrille ou de sarcleuse au printempsLes densités de semis correspondent aux préconisations habituelles, qui se situent habituellement autour de 25 à 30 kilogrammes par hectare. Il est conseillé de semer la prairie temporaire avant une période de pluie annoncée. On recourt idéalement à un semoir pneumatique avec réglage électronique de la densité de semis ou à un semoir à semis direct.
Risques
Sur des sites très favorables à la production de céréales et en présence d'une disponibilité élevée en azote, un tel sous-semis n'a pas de sens, car il sera étouffé par la culture: en raison du manque de lumière, il va très mal germer et sa croissance sera très chétive. Eviter les apports d’azote trop importants afin que la céréale ne prenne pas toute la lumière et surtout qu’elle ne verse pas. Les pires ennemis des sous-semis herbagers sont le sec, les limaces et les adventices. Le risque que l’herbe se développe trop et dépasse la céréale à la moisson n’est pas inexistant en cas de printemps humide. Enfin, les légumineuses peuvent mettre du temps avant de se développer convenablement après la moisson.Il faut également faire attention aux ornières laissées par les machines agricoles, notamment la citerne à pression et la moissonneuse-batteuse. Le tassement peut asphyxier le mélange herbager, et des ornières d’une profondeur de plus de 10 cm compliquent fortement les travaux de fenaison ultérieurs.
Autres sous-semis
Il est également possible de semer des légumineuses pures, par exemple du trèfle blanc ou du trèfle violet. Il ne faut pas s'attendre à ce qu'un sous-semis concurrence les mauvaises herbes dans un système avec interligne étroit. Il ne faut pas non plus s'attendre à ce que ce sous-semis apporte de l'azote à la céréale. Par contre, dans la culture qui suivra un sous-semis de légumineuse pure qui s'est bien développé ou une prairie temporaire, il y aura bien sûr une restitution d'azote.
HD, MCL, CHI
Pour en savoir davantage
Le semis sous couvert des céréales d’automne (Recommandations de ProConseil, canton de Vaud, 2018)
Semis sous couvert dans céréales d’automne : résultats d’essais de 2017 ( ProConseil, canton de Vaud)
Semis de prairies temporaires: choisir les mélanges les mieux adaptés (Rubrique Herbages)
François Devenoge, Dizy VD
«Nous installons systématiquement un mélange herbager dans tous nos champs de blé, à l’aide d’une herse étrille dotée d’un semoir pneumatique. Nous semons au moment du deuxième passage de herse étrille et roulons systématiquement les semis. A la sortie de l’hiver suivant, nous gardons les mélanges herbagers qui se sont bien installés et nous détruisons les autres, que nous remplaçons par des cultures de printemps. Ainsi, nous avons toujours assez de fourrage pour nourrir notre bétail».
Claude-Alain Gebhard, Vaux-sur-Morges VD
«Je mets en place toutes mes prairies temporaires ainsi que les plantes accompagnatrices dans les céréales à l’aide d’un semoir à semis direct à doubles disques. La herse du semoir a un effet d’étrillage. Cela fait plus de 20 ans que je pratique ainsi et le semis direct m’apporte de meilleurs résultats en condition sèches. Les céréales qui s’y prêtent le mieux sont le triticale et les blés à brins courts. Il est important que les champs soient propres. Je sème dès que possible à la sortie de l’hiver, après le purinage et un premier passage de herse étrille. Le semis doit être suivi d’une période de pluie.»
Hubert Fleury, Courfaivre JU
«J’ai pratiqué le sous-semis pendant de nombreuses années mais j’y renonce depuis que je sarcle mes céréales. La sarcleuse ne laisse pas le sol assez plat et ressort beaucoup de cailloux, si bien que je préfère désormais mettre mes prairies en place après moisson avec un semoir à céréales après un travail superficiel du sol. J’y ajoute de l’avoine en tant que culture protectrice.
Pierre-André Besson, Yvonand VD : « J’utilise un semoir à engrais. Pour que la semence soit répartie uniformément sur les 9 m de largeur de travail, je la mélange à de l’engrais azoté bio (Azoplum, 100 kg/ha). Tout de suite après, je passe d’abord la houe rotative réglée agressivement, puis la herse-étrille. En moyenne, cela fonctionne bien quatre ans sur sept. Les années très sèches sont défavorables. Par contre, en 2016 par exemple, mes prairies se sont magnifiquement développées. »
CHI
Dernière actualisation de cette page: 25.04.2018