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Des médicaments potentiellement anticholinergiques peuvent entraîner des détériorations modérées de certaines capacités cognitives (ou intellectuelles) chez la personne âgée, affectant en particulier le temps de réaction, la mémoire immédiate ou différée, ou le langage. Telle est la conclusion à laquelle vient de parvenir un groupe de chercheurs français de l'Inserm dirigé par Karen Ritchie et son équipe (Unité Inserm 361 «Pathologies du système nerveux : recherche épidémiologique et clinique», Montpellier). Le détail de ces résultats qui ne sont pas sans conséquences pratiques est publié on line, depuis le 1er février, par le British Medical Journal.On sait que les médicaments anticholinergiques sont prescrits de manière courante chez les personnes âgées. Ces composés dont certains peuvent aussi être délivrés (en France du moins) sans prescription médicale, sont des inhibiteurs potentiels de la transmission de neurotransmetteurs, comme l'acétylcholine, impliquée notamment dans la mémoire ou l'apprentissage.Marie-Laure Ancelin et Sylvaine Artero, dans l'équipe de Karen Ritchie, ont suivi 372 personnes âgées de plus de 60 ans ne présentant pas de démence.Ces personnes ont été questionnées sur leurs problèmes de santé actuels, passés et leur consommation de médicaments. Leur performance intellectuelle a été également testée. Environ 10% des personnes interrogées dans cet échantillon consommaient des médicaments anticholinergiques depuis au moins un an.La prise d'anticholinergiques s'est révélée être un facteur significatif majeur de prédiction de détérioration cognitive, précise-t-on auprès de l'Inserm. En effet, en tenant compte d'autres facteurs de risque connus d'altération des capacités cognitives, le risque de détérioration des capacités cognitives demeure cinq fois plus élevé chez les personnes consommatrices. En revanche, les analyses n'ont pas permis de mettre en évidence, avec un recul de huit ans, de différence significative dans le risque de développer une démence entre utilisateurs et non-utilisateurs d'anticholinergiques.»Les chercheurs pointent l'absurdité de la situation à laquelle pourrait mener une non-prise en compte de ces résultats.Les personnes atteintes d'une altération modérée des capacités, due aux anticholinergiques, pourraient se voir administrer des médicaments procholinergiques, pour contrecarrer
les effets des anticholinergiques.»Ancelin ML, Artero S, Portet F, Dupuy A-M, Touchon J, Ritchie K. Non-degenerative mild cognitive impairment in elderly people and use of anticholinergic drugs : Longitudinal cohort study. BMJ, publié on line 1er février 2006.