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Pourquoi les humains ne sont-ils pas égaux entre eux? Pourquoi font-ils de leurs inégalités des sujets de discorde? Et pourquoi certains dominent-ils d’autres? Je me suis toujours demandé comment les systèmes hiérarchiques se sont imposés à ce point dans l’humanité.
Naît-on dominant?
On peut supposer qu’à partir d’un certain point de l’Histoire, des castes dominantes dotées d’une milice ont modelé la société humaine et se sont reproduites. C’est le cas de toutes les monarchies héréditaires où l’éducation de dominant préparait à la fonction de dominant. Dans sa nouvelle L’enfance d’un chef Sartre avait analysé cette éducation dans une famille de dominant.
J’utilise à dessein le terme de dominant parce qu’il peut s’appliquer à un grand nombre de situations, et parce que la notion même de dominant me paraît transcender les catégories sociales habituelles. On trouve des dominants dans toutes les classes sociales, dans des institutions où cela ne devrait pas être le cas comme les religions, dans les familles, dans les couples, dans les groupes d’amis. Je vois dans un parc près de mon travail des enfants qui jouent par exemple au foot. Ces enfants ne sont pas fils ou filles de grands bourgeois. Et bien au sein d’un groupe certains s’imposent comme chef et les autres les suivent, alors que rien ni personne ne les y oblige. Leur voix, leur intonation, leur esprit de décision, leur gestuelle même, leur capacité à se battre pour s’imposer font de ces fils et filles de familles simples et souvent originaires de l’immigration, des petits chefs indiscutables.
La faculté à dominer ne serait-elle que sociale, par éducation et appartenance à des familles déjà dominantes? Mais alors, dans ce cas, qui a commencé à dominer historiquement, et comment? D’autre part serait-il possible que dominer soit en partie à base physiologique ou biologique? On comprend aisément que le plus fort l’emporte sur le plus faible. Mais y a-t-il des conditions génétiques à la domination? La génétique conditionne la couleur de la peau et des yeux, la taille en partie - les grands ne font pas des petits. Est-il déraisonnable d’imaginer qu’elle puisse favoriser des comportements, qui ensuite s’amplifient et se perpétuent par la socialisation?
C’est une question que je me pose également en ce qui concerne les identités hommes-femmes. L’époque voit de développer des théories selon lesquelles toute identité différenciée est une construction socio-culturelle. Je ne suis pas convaincu par ces théories et je laisse ouverte la possibilité d’une identité masculine ou féminine définie en partie par la biologique et la génétique.
A suivre au prochain billet.