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Abstract
La transition entre primaire et secondaire représente un changement important et une source de stress pour de nombreux élèves. L'introduction de la nouvelle Loi sur l'Enseignement Obligatoire a modifié la structure de l'école et le changement vécu par les élèves est d'autant plus important. Or les recherches ont mis en évidence que la qualité de cette transition joue un rôle dans le phénomène d'accrochage scolaire pour la suite du cursus. En particulier, le sentiment de bien-être influence la qualité du travail et des apprentissages de l'élève. Les recherches ont développé les concepts d'intelligence émotionnelle et de métaémotion, pour tenter d'expliquer les phénomènes complexes que sont le ressenti émotionnel et la gestion des émotions. A l'école déjà, le niveau d'intelligence émotionnelle des élèves influence la façon dont ils sont perçus par leurs pairs mais aussi leurs comportements sociaux et leur manière d'aborder et de résoudre diverses situations. De nature exploratoire, notre recherche porte sur les émotions des élèves au moment de la transition du primaire au secondaire. Elle vise à mettre en évidence quelles émotions sont exprimées par les élèves mais aussi quelles émotions leurs camarades et leurs enseignants leurs attribuent. Nos résultats montrent que les élèves sont capables d'exprimer leurs émotions et ce qui les cause, ce qui indique des compétences métaémotionnelles développées. Nous remarquons une divergence entre les émotions manifestées par les élèves, essentiellement agréables, et celles qui leurs sont attribuées par leurs camarades et leurs enseignants, plus nuancées dans le cas des élèves orientés en voie générale. Les raisons de cette différence pourraient relever de la difficulté pour un élève à exprimer une émotion désagréable et de la nécessité de s'en protéger. En conclusion, notre étude ouvre quelques pistes à investiguer. En particulier il serait intéressant d'étendre la recherche à une population plus importante, et de s'intéresser plus en détail aux causes des différences relevées. Les réponses différentes entre élèves et enseignants poussent à s'interroger sur la capacité des enseignants à interpréter correctement les émotions de leurs élèves.