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Le statut de réfugié est défini par la Convention de Genève de 1951 sur le droit des réfugiés, il s’applique à toute personne qui, « craignant avec raison d’être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques, se trouve hors du pays dont elle a la nationalité et qui ne peut ou, du fait de cette crainte, ne veut se réclamer de la protection de ce pays » (art. 1 Convention relative au statut des réfugiés)
En Suisse, c’est la Loi sur l’asile qui règle l’octroi de l’asile et le statut de réfugié ainsi que la protection provisoire.
Sont des réfugiés les personnes qui, dans leur Etat d’origine ou dans le pays de leur dernière résidence, sont exposées à de sérieux préjudices ou craignent à juste titre de l’être en raison de leur race, de leur religion, de leur nationalité, de leur appartenance à un groupe social déterminé ou de leurs opinions politiques.
Sont notamment considérées comme de sérieux préjudices la mise en danger de la vie, de l’intégrité corporelle ou de la liberté, de même que les mesures qui entraînent une pression psychique insupportable. Il y a lieu de tenir compte des motifs de fuite spécifiques aux femmes.
Ne sont pas des réfugiés les personnes qui, au motif qu’elles ont refusé de servir ou déserté, sont exposées à de sérieux préjudices ou craignent à juste titre de l’être*. Les dispositions de la Convention du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés sont réservées.
Ne sont pas des réfugiés les personnes qui font valoir des motifs résultant du comportement qu’elles ont eu après avoir quitté leur pays d’origine ou de provenance s’ils ne constituent pas l’expression de convictions ou d’orientations déjà affichées avant leur départ ni ne s’inscrivent dans leur prolongement. Les dispositions de la Convention du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés sont réservées.
* Cette exception a été ajoutée dans le cadre des modifications urgentes sur la loi sur l’asile en décembre 2012, confirmées en votation populaire le 9 juin 2013 par 78,4% des votants (pour voir les détails des résultats, cliquez ici).
La question de la désertion comme non motif d’asile
L’insertion de cette « réserve » à la définition du réfugié est un cheval de bataille lancé par le Département fédéral de justice et police au temps où celui-ci était dirigé par Monsieur Christoph Blocher, qui avait préparé la modification de la loi. Celle-ci a ensuite été portée par Mesdames Evelyne Widmer-Schlulmpf et Simonetta Sommaruga, qui lui ont succédé à ce poste, avant d’aboutir au Parlement en 2012. (Lire notamment: Françoise Jacquemettaz, « Loi sur l’asile | Objecteurs et déserteurs dans le viseur des réviseurs », Vivre Ensemble, n°122, avril 2009)
La Coordination contre l’exclusion et la xénophobie (Stopexclusion) a lancé un référendum contre ces mesures entrées en vigueur par arrêté urgent en décembre 2012 déjà et entérinées lors du vote du 9 juin 2013. Les raisons de ce positionnement peuvent être consultées sur le site de l’association.
Dans un récent arrêt, le Tribunal administratif fédéral (TAF), interprète le nouvel art. 3 al. 3 LAsi et en arrive à la conclusion, déjà admise, que la menace d’une condamnation pour refus de servir ou désertion ne doit pas être qualifiée de risque de persécution pertinent en matière d’asile, si la peine encourue vise uniquement à réprimer ce comportement. Dans ce contexte, la sanction n’est prise en compte, pour juger de la qualité de réfugié, que si elle repose sur d’autres motifs pertinents. Toutefois, dans le cas examiné par le TAF le 18 février 2015, et au vu des circonstances, il a tenu pour hautement probable que le gouvernement syrien considère le refus de servir du recourant comme l’expression de convictions hostiles au régime et condamne de ce fait l’intéressé à une peine exagérément sévère en tant qu’opposant politique, et ce d’autant plus que celui-ci a déjà, par le passé, été tenu pour opposant au régime en place.
- Cas 077 / 20.05.2009: « Déserteurs érythréens : réfugiés un jour, indésirables le lendemain«
- Cas 196 / 15.01.2013: « Plus de 6 ans d’attente avant que le TAF statue sur son cas«
Plus d’informations sur ce thème sur le site de l’ODAE romand, vous pouvez les consulter en cliquant ici.
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