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7 (+ 7) femmes de science à suivre
Elles sont sept doctorantes, post-doctorantes ou physiciennes... Toutes oeuvrent à faire avancer la recherche en fusion et en physique des plasmas au sein du Swiss Plasma Center. A l'occasion de la Journée internationale des femmes et filles de science, le 11 février, elles présentent les figures scientifiques féminines qui les inspirent et, racontent leurs parcours dans un domaine où les femmes restent encore sous-représentées.
#1 Mengdi Kong, chercheuse postdoctorale au SPC
"Je suis née et j'ai grandi en Chine. Dès mon plus jeune âge, j'ai montré un vif intérêt pour la science et la technologie, commençant par de petites questions comme "comment fonctionne le feu?" et "comment un bateau flotte?". Après avoir obtenu un master en ingénierie aérospatiale avec une spécialisation en propulsion plasma en Chine, j'ai décidé de me plonger dans la physique des plasmas. J'ai obtenu un doctorat en physique de l'EPFL en 2020, après quoi j'ai travaillé comme physicienne à plein temps au UK Atomic Energy Authority (UKAEA). Je suis de retour à l'EPFL depuis 2023 et je suis actuellement chercheuse post-doctorale au SPC avec pour objectif, de contribuer à la réalisation de l'énergie de fusion sur Terre."
Son parcours a renforcé ma conviction que les femmes peuvent réussir dans n'importe quel domaine, tout comme les hommes.
= Yang Liu, astronaute
"Yang Liu est une astronaute chinoise de 46 ans. Elle a été membre de l'équipage de la mission spatiale Shenzhou 9 en 2012, marquant l'histoire en dévenant la première femme chinoise dans l'espace. J'ai découvert cette grande scientifique grâce à mon père qui m'a fait remarqué que Yang Liu et moi avions un point commun: nous avons toutes les deux fréquenté le même lycée. Son parcours a renforcé ma conviction que les femmes peuvent réussir dans n'importe quel domaine, tout comme les hommes. Cette prise de conscience m'a inspirée à poursuivre des études supérieures et à poursuivre ma passion pour la science et la technologie.
#2 Elena Tonello, chercheuse postdoctorale au SPC
"Je suis Italienne et j'ai grandi dans une petite ville sur le lac Majeur. J'ai étudié au Politecnico di Milano où j'ai obtenu ma licence en ingénierie physique, mon master en génie nucléaire et enfin, l'année dernière, mon doctorat en énergie, sciences et technologies nucléaires. Ici au SPC, je fais partie du groupe TCV et j'étudie ce qui se passe dans la région limite d'un tokamak, la machine utilisée pour la recherche en fusion nucléaire.
Je pense que ma passion pour la physique n'a pas commencé à un moment précis, elle a toujours été présente depuis l'école et pour cette raison, je crois que l'école est fondamentale pour combler l'écart entre les sexes en science. Nous devrions répéter plus souvent aux jeunes filles au début de leurs études qu'il est normal d'être passionnée par l'univers des STEM (science, technologie, ingénierie et mathématiques)."
Je pense que ma passion pour la physique n'a pas commencé à un moment précis, elle a toujours été présente depuis l'école et pour cette raison, je crois que l'école est fondamentale pour combler l'écart entre les sexes en science.
Maria Goeppert Mayer, médecin
"La femme scientifique à laquelle j'aimerais dédier cet espace est Maria Goeppert Mayer. Pendant ses études de doctorat en Allemagne, elle a rencontré le chimiste Joseph Mayer, qui est devenu son mari. Ensemble, ils se sont installés aux États-Unis où il est devenu professeur. En raison de son mariage, elle n'a pas pu être embauchée par toutes les universités où travaillait son mari et elle n'a obtenu son premier poste de professeur qu'aux alentours de ses quarante ans. Entre-temps, elle a travaillé en tant que "professeur volontaire", sans être rémunérée, bien qu'elle ait publié des découvertes majeures en physique.
En 1949, elle a proposé une théorie pour décrire la structure des noyaux atomiques, connue sous le nom le modèle de structure en couche du noyau nucléaire. Pour cette découverte, elle reçoit le prix Nobel de physique en 1963, ce qui fait d'elle la deuxième femme lauréate du prix Nobel de physique après Marie Curie. Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle a été l'une des rares femmes à participer au projet Manhattan mais aussi la première femme à étudier la fusion nucléaire".
#3 Marta Pedrini, doctorante au SPC
"Je suis Suisse, plus précisément du Tessin. Au SPC, j'essaie de percer les mystères des processus de transfert d'énergie à l'intérieur et à l'extérieur de la machine TCV. J'ai une formation d'ingénieur en mécanique, une voie que j'ai choisie pour trouver des solutions aux défis énergétiques mondiaux. En dehors du laboratoire, je suis monitrice de ski certifiée et passionnée d'alpinisme.
En tant que fière féministe, inspirée par d'incroyables modèles, je vois la Journée des femme et des filles science comme une occasion de s'engager à mettre fin aux stéréotypes et aux préjugés sexistes qui empêchent les femmes de faire carrière dans le domaine scientifique. Les femmes représentent 50 % de la population mondiale, et donc la moitié de son potentiel. Je pense que c'est une perte énorme pour notre société de n'avoir que la moitié des idées et de négliger la moitié des solutions".
Je vois la Journée des femme et des filles science comme une occasion de s'engager à mettre fin aux stéréotypes et aux préjugés sexistes qui empêchent les femmes de faire carrière dans le domaine scientifique.
Jocelyn Bell Burnell, astrophysicienne
"Je suis très inspirée par les réalisations scientifiques de l'astrophysicienne Jocelyn Bell Burnell. Elle est principalement connue pour la découverte du premier pulsar, un objet astronomique produisant un signal périodique allant de l'ordre de la milliseconde à quelques dizaines de secondes. Ce serait une étoile à neutrons tournant très rapidement sur elle-même. En reconnaissance de son importante contribution, elle a notamment reçu le Prix de physique fondamentale en 2018 d'une valeur de 3 millions de dollars. Elle a légué cet argent à la création d'un fonds destiné à aider les femmes, les minorités et les réfugiés à poursuivre des carrières dans la recherche en physique".
#4 Garance Durr-Legoupil-Nicoud, doctorante au SPC
"Je viens d'une ville très ordinaire de la campagne française. J'aime étudier au SPC car c'est un grand laboratoire, ce qui facilite la collaboration. Cela me donne aussi le sentiment de faire partie de la recherche scientifique et de pouvoir, d'une manière ou d'une autre, faire la différence. Au delà de mon rôle de doctorante, je suis avant tout une jeune femme qui s'efforce de trouver un équilibre sain entre université et vie privée. Les sujets qui m'intéressent le plus sont l'écologie et le féminisme, qui sont toujours au premier plan dans mes décisions quotidiennes.
En 2020 et 2022, j'ai obtenu ma licence en physique et mon master en ingénierie nucléaire. Plus tard, au cours de mon master, je me suis passionnée pour la physique des plasmas, pour son côté ludique et stimulant et pour son application potentielle à la production d'énergie. L'objectif de ma thèse est de comprendre l'échappement de puissance de la "configuration de plasma en forme de D inversé", afin d'évaluer sa compatibilité avec les exigences des parois de la machine."
L'étude des résultats d'une personne à laquelle je pouvais en quelque sorte m'identifier, ont vraiment donné de l'élan à mon enthousiasme pour la science et la physique et m'ont aidé à lutter contre le syndrome de l'imposteur.
= Emmy Noether, mathématicienne
"La première femme qui m'a inspiré dans le domaine des sciences est Emmy Noether, une mathématicienne allemande. C'est la première femme que j'ai rencontrée en physique. Avant cela, je n'avais jamais reçu d'enseignement de la part d'une femme et je n'avais jamais étudié le travail d'une femme. J'ai donc été un peu étonnée et j'ai creusé son histoire pour découvrir la scientifique extraordinaire qu'elle était. Elle a vécu au début du 20e siècle, à une époque où les préjugés sexistes en science étaient extrêmement répandus. Ses théorèmes ont révolutionné l'algèbre et la physique théorique. Elle est non seulement reconnue comme l'une des scientifiques les plus brillantes, mais elle était également respectée pour sa considération des autres et pour avoir privilégié la collaboration à la reconnaissance.
La rencontre avec ses théorèmes m'a fait prendre conscience de l'importance de la représentation. L'étude et l'utilisation des résultats d'une personne à laquelle je pouvais en quelque sorte m'identifier, ont vraiment donné de l'élan à mon enthousiasme pour la science et la physique, et m'ont aidé à lutter contre le syndrome de l'imposteur."
#5 Christine Stollberg, physicienne au SPC
"Je suis collaboratrice scientifique au sein du Swiss Plasma Center et je fais partie du groupe "Physique fondamentale et applications plasmas". Mon intérêt pour la science a commencé très jeune. À l'âge de 13 ans, j'ai rejoint une classe scientifique spéciale avec un professeur de physique passionné. J'y ai rencontré de nombreux amis aussi excentriques que moi. À 16 ans, j'ai choisi de me spécialiser en physique, devenant l'une des trois filles d'une classe composée principalement d'une vingtaine de garçons. Notre professeur soulignait toujours nos performances supérieures, en insistant sur le fait que nous avions choisi la physique par intérêt réel, contrairement à de nombreux garçons qui la considéraient comme un moindre mal.
Mon parcours universitaire m'a permis d'obtenir une licence et une maîtrise à l'université de Jena, ainsi qu'un doctorat à l'Institut Weizmann des sciences en Israël. Après la soumission de ma thèse, mon mari, qui est également physicien, nos enfants et moi-même avons déménagé à Lausanne, où nous avons obtenu des postes de post-doctorants au Swiss Plasma Center. Et après quatre années mouvementées et bien remplies, on nous a proposé des postes permanents. Bien qu'il soit souvent difficile de concilier la vie de famille et le travail universitaire à temps plein, je suis très heureuse que nous ayons la possibilité de rester dans le monde universitaire et de faire tous les jours le travail que nous aimons."
Kim a parlé de son expérience en tant que femme dans un domaine principalement masculin, de la manière dont elle a souffert du syndrome de l'imposteur et a été soutenu par différents mentors tout au long de sa carrière pour surmonter ce sentiment de ne jamais être "assez bonne.
Kim Budil, directrice des Laboratoires nationaux de Lawrence Livermore
"Kim Budil est la directrice actuelle des Laboratoires nationaux de Lawrence Livermore (LLNL). Elle gère une main-d'œuvre d'environ 8 400 employés et un budget de fonctionnement annuel d'environ 3 milliards de dollars. Avec les directeurs des laboratoires nationaux de Los Alamos et Sandia, elle fournit au gouvernement américain une évaluation institutionnelle annuelle du stock d'armes nucléaires des États-Unis, ainsi que des défis auxquels la nation et le monde sont confrontés.
J'ai rencontré Kim Budil lors de l'événement "Women in Engineering" où elle a donné une conférence en 2022. Kim a parlé de son expérience en tant que femme dans un domaine principalement masculin, de la manière dont elle a souffert du syndrome de l'imposteur et a été soutenu par différents mentors tout au long de sa carrière pour surmonter ce sentiment de ne jamais être "assez bonne". J'ai été très impressionnée par son éclairage sur son rôle de gestionnaire aux LLNL, de la manière dont elle a apporté une touche féminine à toute la structure pour améliorer la communication et la diversité au sein de ses équipes."
#6 Cristina Venturini, doctorante au SPC
"je viens d'une petite ville du nord de l'Italie. J'ai effectué mes études de premier cycle à Padoue, où je me suis spécialisé en physique et acquis des connaissances dans les domaines de la science des données et des statistiques. Je travaille actuellement sur un projet qui me permet de me concentrer à la fois sur la physique de la fusion et sur la science des données.
J'ai toujours été passionnée par les sciences, que ce soit à l'école, où les matières scientifiques étaient mes préférées, ou à la maison, où j'ai été exposée à la science d'une manière ludique, ce qui a accru ma curiosité. Ma passion pour la physique s'est ensuite développée plus fortement au lycée, lorsque j'ai également appris à comprendre les problèmes énergétiques auxquels nous sommes confrontés en tant que société et les voies possibles pour y remédier.
Elle concevait la science comme un élément intégré dans la société, et non comme une discipline à mener depuis une tour d'ivoire
Rita Levi Montalcini, neurologiste
La figure qui m'inspire est celle de Rita Levi Montalcini, une neurologue italienne. Elle est née à une époque où les femmes étaient souvent considérées comme "un objet de luxe ou une chose à détruire", elle s'est entièrement consacrée à la science et à la société. Après des études de médecine, elle choisit la voie de la recherche et mène des expériences dans le domaine de la neurologie. Elle a notamment reçu le prix Nobel de médecine en 1986 pour la découverte du facteur de croissance des nerfs.
Elle concevait la science comme un élément intégré dans la société, et non comme une discipline à mener depuis une tour d'ivoire. Dans un contexte où les femmes n'étaient pas encore représentées dans les domaines classiquement dominés par les hommes, sa présence a été l'une des principales sources de représentation des femmes (italiennes) dans le domaine scientifique. Elle reste, à ce jour, un modèle de la volonté de briser les barrières entre les sexes et de remettre en question les idées préconçues".
#7 Silvia Masillo, chercheuse postdoctorale au SPC
"Je suis née dans une petite ville du sud de l'Italie. Ma passion pour les sciences s'est éveillée au cours de mes premières années d'études, alimentée par un mélange de curiosité, de désir de relever des défis et de soif de connaissances.
Avec une solide formation théorique et technique en ingénierie spatiale, je m'intéresse de près à l'exploration spatiale, à la propulsion par plasma et à la physique des plasmas. L'année dernière, j'ai saisi l'opportunité incroyable de transitionner vers la communauté de la fusion, en acceptant un poste de chercheuse au sein du Swiss Plasma Center. En tant que scientifique et écologiste engagée, il s'agit d'une mission très gratifiante".
Ses compétences ont non seulement fait avancer la cause de l'égalité des sexes et des races, mais elles ont également remis en question les stéréotypes dominants sur les capacités des femmes et des minorités dans les domaines scientifiques et techniques
Katherine Johnson, mathématiienne
"Je suis inspirée par des personnes telles que Katherine Johnson, une mathématicienne américaine. Son intelligence et son souci du détail ont fait d'elle un atout inestimable à une époque où la ségrégation ethnique et les préjugés sexistes étaient des problèmes omniprésents. Elle a rejoint le prédécesseur de la NASA, le National Advisory Committee for Aeronautics (NACA), en 1953. Ses compétences exceptionnelles en géométrie analytique et en navigation céleste lui ont rapidement valu une place au sein du Space Task Group, où elle a travaillé comme "ordinateur humain".
L'un des moments les plus marquants de la carrière de Katherine Johnson a été le vol historique orbital de John Glenn en 1962. À l'époque où les ordinateurs électroniques en étaient à leurs balbutiements, Glenn a personnellement demandé à Katherine Johnson de vérifier les calculs effectués par les machines avant sa mission et... elle avait raison! Katherine Johnson est un symbole de persévérance et d'excellence, et ses réalisations sont encore plus remarquables si l'on considère les obstacles sociétaux auxquels elle doit faire face. Ses compétences ont non seulement fait avancer la cause de l'égalité des sexes et des races, mais elles ont également remis en question les stéréotypes dominants sur les capacités des femmes et des minorités dans les domaines scientifiques et techniques".