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Accueils et refoulements: chronique de la frontière jurassienne durant la deuxième Guerre mondiale
Un recueil historique
Henry Spira est l'auteur de "La frontière jurassienne au quotidien 1939-1945" (Editions Slatkine). Amoureux de la vérité, Henry Spira s'est toujours élevé contre les erreurs historiques des uns et des autres. D'origine juive, ce Jurassien établi à Plan-les-Ouates (GE) n'a pas hésité à dénoncer les revendications exagérées du congrès juif mondial lors de l'affaire des fonds en déshérence tout comme il s'est opposé à certains historiens peignant, selon lui, un tableau injuste et unilatéral de la Suisse lors de la 2e guerre mondiale. Henry Spira fait notamment partie de ces historiens d’origine juive qui estiment que le rapport Bergier a surestimé le nombre de Juifs refoulés par la Suisse.
Henry Spira a dédié son ouvrage à ses parents, Suzanne et Armand Spira qui ont aidé des centaines de réfugiés pendant la 2e guerre mondiale, ce qu'il n'a appris qu'à leur décès. Armand Spira dirigeait par ailleurs une des plus grandes entreprises (une bonneterie) de Porrentruy lors des années de guerre.
L'HISTOIRE DE DEUX ADOLESCENTS RÉFUGIÉS EN SUISSE
Etta Dagan, née Esther Frydman
Née le 25 octobre 1928 à Berlin, polonaise puis apatride, Esther Frydman se présente à la frontière de Fahy le 21 novembre 1943 en compagnie de cinq autres jeunes Juifs. Ils sont refoulés. Le 25, le groupe se présente à Bure, sans plus de succès. Le 27, Esther Frydman et une autre fille de 16 ans tentent encore leur chance à Chevenez, mais sont à nouveau refoulées.
Finalement, l'adolescente tente seule, une dernière fois, de pénétrer en Suisse. Elle est interceptée par un gendarme d'armée, mais celui-ci, révolté par les refoulements abusifs qui ont cours, lui indique une ferme où elle pourra trouver refuge. Elle s'y rend, avant de rejoindre la villa des Spira, à Porrentruy. Armand Spira sollicite alors l'aide d'un ami zurichois, Me Veit Wyler, président des sionistes de Suisse, qui organise son transfert à Zurich, cachée dans un bus bondé d'ouvriers.
Sur les bords de la Limmat, son arrivée est annoncée à la police cantonale. Grâce notamment à l'appui de l'Aide suisse aux réfugiés, elle est finalement internée en tant que réfugiée. En janvier 1944, elle est placée à l'Institut Monnier, à Pont-Céard (GE), une institution qui prépare les jeunes Juifs à leur nouvelle vie en Palestine.
Famille réunie
A Pont-Céard, Esther Frydman aura l'immense joie de retrouver sa soeur aînée Dora, ainsi que son frère cadet Ali. Tous deux sont arrivés en Suisse un an auparavant, le 2 novembre 1942 réussissant à passer la frontière par Boncourt. Au printemps 1945, Esther Frydman (accompagnée de sa soeur et de son frère) quitte la Suisse pour la Palestine, où elle prendra le prénom d'Etta et épousera un autre ancien réfugié Juif en Suisse, Moshe Dagan.
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Maxi Rubin
Polonais d'origine né à Etterbeck le 4 avril 1928, il quitte Bruxelles, en Belgique, le 29 octobre 1942, en compagnie de trois autres adolescents. Ils passent la frontière suisse après une marche de huit heures et arrivent à Buix, dans le Jura, le 1er novembre.
Là, ils sont pris en charge par plusieurs habitants bien intentionnés, dont Armand Spira, qui leur offre à manger et les héberge pour la nuit. Le lendemain, les jeunes réfugiés sont accompagnés devant la police cantonale zurichoise. Leurs déclarations leur permettent de rester en Suisse tout en protégeant ceux qui leur sont venus en aide.
Markus Rubin sera conduit au camp d'accueil de Wald/Shönenburg, avant d'être placé à l'Institut Monnier, à Pont-Céard (GE), puis de rejoindre la Palestine.
Il reviendra plus tard vivre à Bruxelles, qu'il avait quitté en 1942.
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Henry Spira: "La frontière jurassienne au quotidien 1939-1945" (Editions Slatkine).
Nicolas Rossé et Tybalt Félix
Publié le 03 mars 2010 à 16:29 - Modifié le 06 août 2017 à 22:38