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Equipe de projet :
Le projet Winfluence réunissait différentes organisations de Winterthour et de Zurich, qui se penchaient en partie déjà depuis longtemps sur le thème des discours haineux sur Internet. La responsabilité principale incombait au groupe de pilotage du projet, qui réunissait :
- Mireille Stauffer, la déléguée à l’enfance et à la jeunesse de la ville de Winterthour ;
- Urs Allemann, du service de l’extrémisme et de la prévention de la violence de la ville de Winterthour (FSEG) ;
- Rafael Freuler, de la Jugendinfo Winterthour ;
- Judith Bühler, de l'association Jass – just a simple scarf.
L’idée était de conjuguer le savoir-faire externe concernant le radicalisme sur Internet de l'association Jass avec la visibilité de la Jugendinfo Winterthur, bien implantée sur le plan local. Une pédagogue de théâtre et une dessinatrice ont été engagées pour accompagner l’élaboration des discours (ici, des clips vidéo en motion comic).
Idée et buts du projet :
- Au départ, le projet a mis l'accent sur les contre-discours djihadistes. Cet accent s’est rapidement déplacé, entre autres en raison de discussions concernant des effets indésirables, notamment une stigmatisation éventuelle des musulmans de Winterthour. Le projet devait dès lors se concentrer sur l'élaboration de discours contrant l’extrémisme et la radicalisation en général, la propagande et les discours de haine.
- Le projet devait permettre d’atteindre les objectifs suivants :
- motiver les jeunes à participer à la création et à la diffusion de discours et à acquérir des connaissances spécialisées dans le domaine, se rendant ainsi capables de prendre le rôle d’ambassadeurs pour la tolérance (approche pair-à-pair) ;
- produire environ cinq clips vidéo et, par leur diffusion, promouvoir la tolérance, déconstruire les préjugés, susciter de la compréhension pour d’autres manières de penser, etc.
- Le projet visait ainsi à créer non pas des contre-discours, mais plutôt des discours alternatifs positifs. L’idée fondamentale du projet était de faire travailler un groupe de jeunes, accompagné par une pédagogue du théâtre et par les responsables du projet, autour de thèmes liés à la radicalisation. Ce travail devait aboutir à des clips vidéo en motion comic, qui seraient diffusés sur les réseaux sociaux par ces mêmes jeunes. La discussion au sujet des contenus des discours devait également avoir lieu sur une application pour jeunes (Jugendapp).
- Afin de protéger les jeunes du premier groupe, la discussion et la diffusion ont finalement été assurées par un deuxième groupe de jeunes.
Groupes cibles :
- Les deux groupes de « winfluenceurs » étaient composés d’une part d’adolescents de moins de 18 ans, auteurs des discours alternatifs, et d’autre part de jeunes adultes de plus de 18 ans, chargés de diffuser les clips vidéo sur les réseaux sociaux.
- Population ayant tendance à rejeter les réfugiés, tout ce qui vient du Proche-Orient et l’islam (personnes âgées de 13 à 25 ans ou de 31 à 50 ans).
- Membres de groupes faisant l’objet de réactions de rejet : musulmans, réfugiés et personnes originaires du Proche-Orient, âgés de 14 à 30 ans ou de 31 ans 40 ans.
Participation des jeunes :
Les jeunes du premier groupe qui devaient élaborer des scènes autour du thème de la radicalisation ont été recrutés à l’aide d’annonces dans les journaux et sur Internet avant d’être invités à un casting. En tout, 14 jeunes ont été sélectionnés. Le projet Winfluence a choisi une approche résolument participative, les thèmes des clips vidéo étant élaborés par les jeunes eux-mêmes. La stratégie de représenter les jeunes et les scènes qu’ils avaient créées sous forme de clips vidéo en motion comic visait principalement à les protéger d’agressions. Dans un deuxième temps, les discours ont été diffusés par un deuxième groupe d'au moins quatre jeunes adultes. La portée des clips vidéo a en partie été étendue en ayant recours à de la publicité payée. Du point de vue de la méthode, le projet devait en outre se baser sur l’approche pair-à-pair pour la formation informelle, approche qui n’a toutefois pas pu être réalisée dans le laps de temps dévolu au projet.
Produits :
Dans le cadre du projet, cinq clips vidéo en motion comic ont été créés, puis diffusés sur Instagram, Facebook et YouTube. Les personnages étaient représentés sous forme animale, les mêmes protagonistes figurant dans les cinq clips (rhinocéros, chien, oiseau, perroquet, lama). Dans la mesure du possible, ils avaient leur propre personnalité, constante dans tous les clips, mais ne jouaient pas toujours le même rôle dans le conflit, afin de montrer que, selon la situation, une même personne peut être l’agresseur (radicalisé), la victime ou le spectateur. Le premier film illustre le thème de la violence dans les relations de couple (« Gender »), le deuxième le racisme au sein de la famille (« Hass im Alltag »), le troisième montre des végétariens fanatiques (« Grillideologie »), le quatrième l’observation de violences dans l’espace public (« Gewalt und Aggression ») et le cinquième aborde les théories du complot (« Die Amis sind an ALLEM schuld »).
Site du projet : https://jugendinfo.win/winfluence
Durée du projet : de janvier 2018 à octobre 2018
Canaux de diffusion :
Il y avait en outre des canaux de diffusion gérés par le deuxième groupe de winfluenceurs. Sur les conseils de l’OFAS et du comité d’experts, les films originaux ont été modifiés et une question a été ajoutée à la fin de chaque clip afin de stimuler la réflexion. Ces clips révisés ont été publiés à part : www.youtube.com/channel/UCR9Sc42Ye8DCALv2VZ-wkew.