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C'est le titre surprenant et très «marketing» d'un article paru ce jour dans la TDG. Celui-ci relate que des chercheurs de l'EPFL ont isolé une molécule qui permet de «lutter contre l'obésité, le diabète, voire les effets du vieillissement».
Je ne doute pas du sérieux de l'EPFL en général, mais là, je dois dire que ces conclusions sont difficiles à avaler. Pourquoi ?
Parce que cette conclusion est donnée sans avertissement aucun. Je ne connais pas cette molécule et n'en ai jamais entendu parler jusqu'à ce jour. Mais même si elle avait toutes les propriétés décrites, encourager ainsi la population à se gaver de lait (c'est le message implicite) pour profiter de cette molécule est éthiquement plus que discutable:
- Tout le monde sait que les vaches sont trop souvent nourries avec des aliments qui ne leur conviennent pas (régime hyper-protéiné) pour augmenter artificiellement leur production de lait (production multipliée par 10 en 50 ans). On leur a même donné des farines animales dans ce but, ce qui a débouché sur la maladie de la vache folle,
- Tout le monde a également entendu que certains éleveurs, parfois au mépris de la Loi, donnent des hormones de croissance et des antibiotiques à leurs animaux pour accélérer la fabrication de viande. Tout cela fait que les vaches sont en général en moins bonne santé qu'il y a 50 ans (et nous avec),
- Le lait industriel est systématiquement pasteurisé ou upérisé, ce qui a pour effet de détruire une bonne partie des vitamines et des enzymes essentiels pour faciliter son assimilation,
- Aucune autre espèce vivante, que l'homme, ne consomme le lait d'une autre espèce. Or, le lait de vache, conçu pour permettre à un veau de prendre 500 kg en 6 mois est bourré des protéines et des hormones de croissance nécessaires à cette espèce. Le petit d'homme, lui, a besoin de faire parvenir son système immunitaire et son cerveau à un certain degré de maturité pendant les 5-6 premières années de la vie. Quant au poids, on ne parle que de quelques kilos. Rien à voir avec le veau. Ce sont justement ces hormones de croissance qui sont accusées par beaucoup d'être impliquées dans la multiplication des cancers du sein et de la prostate,
- La lactase, l'enzyme qui permet à l'être humain de digérer le lait, y compris maternel, se tarit vers 5-6 ans. Au-delà, nous ne sommes plus équipés pour digérer les produits laitiers. C'est une cause de nombreuses maladies auto-immunes (dont le diabète de type 1) selon certains chercheurs,
- C'est dans nos pays où nous consommons le plus de lait, pour son calcium, que nous voyons le plus de cas d'ostéoporose (ceci malgré l'affirmation faite dans le même article par Mme Laurence Margot, diététicienne : «La consommation de produits laitiers participe à la prévention de l'ostéoporose. [..] La couverture des besoins en calcium est difficile sans de tels produits»).
La liste des problèmes liés à la surconsommation de produits laitiers dans nos pays est longue et devrait faire réfléchir chacun d'entre nous quant à la justesse ou non de consommer des produits laitiers. Mettre en avant les bienfaits d'une molécule, même de grande valeur nutritive, alors qu'elle est noyée au milieu d'autres éléments soupçonnés d'être plus ou moins hautement problématiques me semble un procédé manquant de la prudence à laquelle un scientifique devrait s'astreindre en tout temps.
Et la deuxième interrogation éthique, est que le chercheur ayant fait cette annonce, M. Johan Auwerx, est Professeur à la Chaire Nestlé en métabolisme énergétique de l'EPFL. Je me refuse pourtant à croire une seconde que ceci puisse avoir un lien quelconque avec cela.