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Monsieur Couchepin, pourquoi une cérémonie en hommage aux «Justes» en 2008?
Ce n'est pas l'Etat qui organise cette manifestation. Les «Justes» sont une institution ancienne. Avec le temps, la plupart d'entre eux sont morts. La continuation du devoir de mémoire se fait donc à travers des cérémonies, pour rappeler ce qu'ils représentent pour la conscience humaine et pour les générations à venir.
N'a-t-on pas mis du temps à reconnaître et à réhabiliter les «Justes», parce qu'il fallait d'abord admettre les injustices faites aux juifs par la Suisse?
L'institution des «Justes» se base sur la vérité historique qui prend toujours du temps à établir. Il y a également un devoir d'éclairer les parties les moins nobles du passé. Mais ce sont deux choses différentes.
Le devoir de mémoire est dans l'air du temps. Pourquoi, selon vous?
Le devoir de mémoire est un autre nom pour quelque chose qui a toujours existé. Le culte des saints, d'une certaine manière, c'est la même chose. Dans d'autres cultures on appellerait les «Justes» des saints. Ce sont des gens qui font passer l'humanité avant leurs propres intérêts. Notre société est plus laïque que par le passé. On honore donc des gens qui honorent l'humanité.
On dit que vous êtes particulièrement sensible à la problématique des «Justes». Pourquoi?
Je pense que l'être humain est au centre des décisions morales, éthiques et collectives. Les actes de ces «Justes» sont la preuve que même dans un flot de malheurs, quelqu'un peut se lever et dire «non». C'est un courage extraordinaire".
Source : Le Matin - dimanche 27 janvier 2008