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«J’ai fini de tourner début août un court métrage intitulé «Le Fiancé, la comédienne et le maquereau» consistant en:
1) Un assez long travelling sur un trottoir de la périphérie de Munich, où chaque nuit des filles attendent de se faire aborder par les automobilistes,
2) Une pièce de théâtre de dix minutes, à sept personnages et en trois actes filmés en un seul plan fixe: «Krankheit der Jugend» de Ferdinand Bruckner, par moi ainsi condensée et mise en scène (l’hiver dernier) pour un petit théâtre de Munich, fermé depuis par la police pour avoir monté des spectacles contre Axel Caesar Springer et les Notstandsgesetze.
3) Une brève poursuite dans et hors de la ville: le fiancé (un acteur noir apparaissant alors seulement dans le film) quitte l’appartement de la comédienne (que l’on a vue précédement jouer le rôle principale au théâtre), monte dans sa voiture, démarre, une voiture le suit, et comme il aboutit de suite dans une impasse au bord de l’Isar, il abandonne sa voiture et saute à l’eau, dans l’espoir d’échapper à son poursuivant (qui se rélève être un acteur secondaire de la pièce de théâtre)
4) Une bénédiction nuptiale (dans une église de Munich): du fiancé et de la comédienne, par un jésuite.
5) Un épilogue (autour et dans une petite maison située hors de la ville et dont le fiancé a les clefs) où l’on voit:
a) Le fiancé et la comédienne dialoguent joyeusement au moyen de quatre strophes de deux poésies de Juan de la Cruz (traduites par moi mot à mot en allemand).
b) Le maquereau apparaître et se faire tuer (au moyen de son propre revolver) par la comédienne, en présence du fiancé,
c) La comédienne conclut le film par six strophes d’une troisième poésie de Juan de la Cruz.»
(Jean-Marie Straub, Cahiers du cinéma 205/1968)