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Antonio Vivaldi, – In exitu Israël
Cette œuvre appartient à un ensemble de psaumes composés pour le dimanche pascal au Pio Ospedale della pietà, en 1739. Avec ses vingt-sept versets (sans compter les deux de la doxologie), le psaume 113, In Exitu Israel raconte les miracles accomplis par Dieu lors de la fuite des Israélites d’Egypte. Vivaldi a choisi de le mettre en musique pour chœur seul. C’est un unique mouvement Allegro ininterrompu tout au long de ses quatre-vingt-dix-sept mesures. Il varie les modèles d’accompagnement aux violons, change de tonalité de manière efficace, et recourt à différents types de texture vocale sans jamais, toutefois, renoncer à l’omniprésente homophonie. Il adopte de temps à autre un style de réponsorial où le chœur entier dialogue avec les sopranos solo. Deux copies du manuscrit existent, l’une à Turin et l’autre dans les fragments du répertoire du Pio Ospedale della pietà actuellement au Conservatorio di Musica «Benedetto Marcello», à Venise.
Johann Sebastan Bach – Der Gerechte kommt um
On associe la période de Leipzig à la composition des cantates que Bach, cantor à l’église Saint-Thomas, livrait chaque dimanche. Cette époque est aussi celle de la composition d’une dizaine de motets, véritables joyaux pourtant peu chantés en concert. Après différentes recherches et discussions musicologiques la conclusion la plus plausible cite Der Gerechte kommt um comme étant une version retravaillée du motet Tristis est anima mea de J. Kuhnau, prédécesseur de Bach à la Thomasschule et il correspondrait à la fin de la période de Leipzig.
Le motet original a cappella se voit modifié par l’ajout des parties instrumentales et le remplacement du texte en latin par le texte d’ Esaïe 57: 1-2 de la Bible luthérienne . Il est d’un seul tenant, sans choral, avec 8 mesures introductives et 8 mesures d’interlude qui rappelle ses cantates, tels le rythme obstiné et à contretemps dans la basse (premier choeur de la cantate BWV 48) et certaines similitudes avec le Qui tollis de sa Messe en Si. La structure reste intimement motivée par le texte. Elle a été sûrement jouée pour des cérémonies funéraires.
Giovanni Giorgi – Ave Maria
La date de naissance précise de Giorgi reste inconnue. Les sources indiquent qu’ il a été élève d’Antonio Lotti à Venise. En 1719 Giorgi devint maître de chapelle à S. Giovanni in Laterano à Rome, succédant à Giuseppe Ottavio Pitoni. Il occupa ce poste jusqu’en 1725 puis se rendit à la cour de Lisbonne en tant que maître et compositeur. Il mourut dans la capitale portugaise en 1762. Giorgi écrivit presque exclusivement de la musique liturgique embrassant toutes les formes sacrées, des Offertoires, Antiennes, Hymnes, Messes, Graduels et Motets déployant des ensembles vocaux de deux à huit parties, généralement soutenus par l’orgue mais aussi par d’autres instruments. La production musicale de Giorgi est presque entièrement conservée dans les archives de S. Maria Maggiore et S. Giovanni in Laterano, à Rome, et dans celles de la Cathédrale de Lisbonne. L’œuvre de ce compositeur romain à été mise en lumière grâce aux recherches de l’allemand Lorenzo Feininger , du musicologue Jolando Scarpa et du chef argentin Leonardo Garcia-Alarcón.
Pasquale Cafaro – Sepulto Domino, Fac me tecum, Quando corpus
Pasquale Cafaro a été une figure représentative de la tradition musicale napolitaine. Contemporain de Jomelli et de Pergolese, il reçoit in vitam de la reconnaissance et de hautes distinctions pour son talent de compositeur et de pédagogue. Né à Galatina en 1716 dans une famille aisée il effectue ses études musicales à Naples auprès de Nicolo Fago et di Leonardo Leo au Conservatoire della Pietà dei Turchini, ou, il deviendra docent à son tour.
En 1768, il est choisi comme primo mestro della Camera della Regina Maria Caroline d’Autriche, épouse de Ferdinando IV di Borbone, roi de Naples, et en 1771 il est nommé Maestro di Cappella della Real Corte. Sa production musicale comprend une vingtaine d’œuvres profanes, entre opéras et cantates profanes élogieuses, et plus d’une centaine de pièces sacrées et d’œuvres didactiques. Pourtant sa vaste production musicale reste encore peu connue de nos jours.
Son Stabat Mater a été une des rares compositions du Settecento musicale italiano qui a eu l’honneur d’être publié en impression typographique par la maison d’édition Marescalchi en 1785. Les mouvement «Fac me tecum» et «Quando corpus» de cette œuvre seront interprétés pour la première fois en Suisse Romande, précédés du motet Sepulto Domino.
Johann Adolf Hasse – Regina coeli laetare
Johann Adolf Hasse est né en mars 1699 à Bergedorf, près de Hambourg, dans une famille de cantor d’Allemagne du Nord. Son père lui dispensa ses premiers rudiments de musique. En 1714, il fit ses débuts à Hambourg comme ténor, et en 1719 il fut appointé en qualité de chanteur à la cour de Braunschweig. Il fit un voyage en Italie pour parachever sa formation musicale et fut à Naples l’un des derniers élèves d’Alessandro Scarlatti. Il consolida sa réputation de compositeur tout au long des années 1720.
L’antienne mariale Regina coeli laetare s’inscrit dans le contexte liturgique du temps de Pâques. Son tempo vif et le motif en fanfare de l’ouverture ainsi que l’alternance entre des parties solistes et des sections chorales, fortement marquées par l’utilisation répétée de motifs connus, lui confèrent un caractère rayonnant et jubilatoire. On sait qu’elle fut chantée à Dresde pendant de nombreuses années pour la fête de la nuit pascale et qu’elle demeura jusqu’à nos jours, au répertoire musical de la Hofkirche actuellement conservé à la Sachsische Landesbibliothek.
W.A Mozart – Inter natos mulierum per la fête de Saint J. Baptiste
Mozart compose cette pièce en Sol majeur à Salsbourg entre son premier voyage en Italie (déc. 1769- mars 1771) et le second (août-décembre 1771) . Son texte est repris de l’antiphonie utilisée pour les Vêpres pour la Fête de St. J. Baptiste et des évangiles (Math. 11,11 et Joh. 1,29)
En elle s’allient des parties de stricte polyphonie avec de belles parenthèses cantabile. Même si elle peut ressembler à une partition isolée, elle appartient pourtant à un riche groupe d’œuvres vocales religieuses . Dans la dernière révision du catalogue Köchel (1964) elle est classée sous K74f avec les Regina Coeli K108, le Litaniae Lauretanae K 109 et La Betulia liberata K 118, composées pendant la même période.
W.A Mozart – Alma dei Creatoris
C’est dans la moitié de l’année 1777 que Mozart composa cette œuvre, peu avant son départ pour Manheim et Paris. Son poste à la chapelle de Salzbourg devenant une source d’ennuis croissants, il finit par le quitter en août 1777. L’Offertoire pour la Bienheureuse Vierge Marie Alma Dei creatoris a été écrit vraisemblablement avant la démission de Mozart.
Malgré l’appellation « Offertoire », qui fait penser à un texte liturgique, il s’agit d’un texte non liturgique nouvellement écrit. L’utilisation de tels textes dans la liturgie était pratique courante au XVIIIe siècle. Les motets solo ou à plusieurs voix sur des textes latins nouvellement composés appartenaient ainsi au répertoire de la musique sacrée.
Depuis la parution de cet Offertorio-mottetto dans la Neue Mozart-Ausgabe 1 de 1963, aucune nouvelle source et aucun nouveau renseignement ne nous sont parvenus concernant la transmission de l’œuvre. Il n’existe aucun manuscrit autographe connu. La source principale est le jeu de parties vocales manuscrites, plusieurs signées de la main de Mozart, conservées aux Archives du chœur de la cathédrale de Salzbourg.
Joseph Haydn, Missa brevis en Fa majeur
La Missa brevis, conçue pour les offices religieux normaux des dimanches, pouvait aussi être chantée occasionnellement pendant la semaine. Cette messe fut la première que Haydn composa, autour des années 1749 ou 1750 alors qu’il était encore étudiant.
A la même époque, le pape Benoît XIV traitait des questions de la musique sacrée dans son encyclique Annus qui. Il y condamnait son style trop souvent proche de celui de l’opéra, et réclamait une musique liturgique qui ait conscience de son devoir religieux et qui cherche à le remplir par des moyens musicaux simples. Prise sous son angle liturgique, la première messe de Haydn s’inscrit tout à fait dans cette optique, qui correspondait entièrement à la conception religieuse générale du XVIIIe siècle. Cette messe de Haydn présente, à travers toute une mélodique populaire, un caractère recueilli qui, de même que sa verve juvénile, enthousiasmait encore le vieux Haydn; en effet, en 1805, il réinstrumenta cette messe. Ce n’est que très tard, en 1951, que cette œuvre de prime jeunesse de Haydn devint connue d’un plus large public. Dans la nouvelle édition, au premier volume des messes, elle ouvre la série des douze messes conservées (la messe n° 3 était encore considérée comme perdue). La publication moderne se base sur la partition manuscrite de la Osterreichische Nationalbibliothek de Vienne.
A.L. Genève, juin 2011
Sources : Vivaldi – Ed. SEUIL, Polyphonie Rinascimentale e Barocca – Ed. ZUBINI ZERBONI, La musique sacrée – Ed. FAYARD, Signori il catalogo è questo – Ed. EINAUDI, Encyclopedie de la Musique – Ed. BORDAS, http://gallica.bnf.fr/, Regina Coeli – Ed. CARUS VERLAG, Guide de la musique baroque et ancienne – Ed. DIAPASON.