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Cette recherche, financée par le FNS et menée par Gianni Haver (ISS, UNIL), Stéfanie Prezioso (IEPHI, UNIL), Jean-François Fayet (ISS, UNIL) et Valérie Gorin (CERAH, UNIGE ; ISS, UNIL) porte sur les célébrations de la révolution russe d’Octobre 1917.
Le spectacle de la révolution désigne la chorégraphie ainsi que les multiples représentations, par lesquelles le pouvoir soviétique se met en scène chaque 7 novembre à l’occasion des commémorations de l’acte fondateur du régime : “La Grande Révolution socialiste d’Octobre”. Dès 1918, chaque 7 novembre, et non pas le 25 octobre selon l’ancien calendrier julien, c’est en effet jour de fête : discours, parades militaires, défilés de colonnes de manifestants, inaugurations de plaques commémoratives et de monuments, carnavals politiques, spectacles de masse, puis bals populaires unifient les peuples et les territoires soviétiques dans la célébration d’Octobre.
S’inscrivant au croisement des politiques de la mémoire, de la culture soviétique des fêtes et des mobilisations propagandistes, les célébrations de la révolution russe d’Octobre 1917 participent des rituels politiques. Ces cérémonies remplissent, à l’image de toutes les fêtes commémoratives, trois fonctions principales. Image du corps symbolique de la communauté, la fête contribue d’abord à la formation du corps social. La deuxième fonction des commémorations est de légitimer, c’est-à-dire de transmettre une représentation et une interprétation du pouvoir. Les fêtes constituent enfin un rouage de la transformation en cours. Fêtes militantes, les commémorations de la révolution d’Octobre doivent servir la cause par l’énonciation des objectifs du pouvoir et la mobilisation des masses dans la perspective des luttes à venir. Chacune de ses éditions introduit ainsi une variation sur la mémoire, réactualisée par le contexte national et international.
Outre les usages politiques des fêtes et leur écho international, la recherche s’intéresse à la chorégraphie du défilé, sa dimension artistique et sa théâtralité, ainsi qu’à ses multiples représentations visuelles, de l’iconographie traditionnelle aux images télévisuelles.
Gianni Haver, professeur associé de Sociologie de l’image et d’histoire sociale des medias (ISS, UNIL)
Stéfanie Prezioso, professeure associée d’histoire politique et sociale de l’Europe au 20e siècle (IEPHI, UNIL)
Jean-François Fayet, docteur ès lettres (histoire contemporaine), chercheur senior FNS (ISS, UNIL)
Valérie Gorin, docteure en sciences sociales (mention information, communication et médias), chargée d’enseignement (CERAH, Université de Genève – Graduate Institute), chercheuse senior FNS (ISS, UNIL)