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Du 1 er avril au 13 septembre 2015, le museum of the city of New York consacre une grande exposition photos intitulé “HIP HOP Revolution” avec les photographes Martha Cooper, Joe Gonzo et Janette Beckmann.
Cette exposition tombait pile poil lors de mon séjour à New York au mois d’avril dernier. Yes, quelle chance. Je me suis donc tout de suite inscrite pour participer à la conférence organisée le mercredi 15 avril ou j’ai eu l’immense honneur de rencontrer Martha Cooper en personne. Un très grand moment.
Martha Cooper, ” LA ” photographe présente au tout début du mouvement Hip-Hop et du graffiti new-yorkais, à une époque où ces mouvements étaient plus qu’ “underground” et la photographie encore quelque chose de spécial.
Née en 1943 à Baltimore, Maryland, elle a 5 ans quand son père, propriétaire d’un magasin de photo, lui offre son premier appareil photo Brownie. Par la suite, elle étudie l’ethnologie à l’Université d’Oxford et à l’âge de 19 ans elle s’engage comme volontaire auprès de l’organisation Peace Corps. Des années de voyage et d’engagement social dans le monde entier en suivent et son hobby d’enfance, la photographie, devient une vocation et sa profession. Son appareil photo ne la quitte jamais.
Quand elle arrive à New York en 1969, elle rêve de travailler pour le New York Times, comme elle plaisantait lors de la conférence, mais elle rejoint le staff du petit quotidien New York Post.
Lors de ses reportages, elle commence à photographier les enfants dans les rues de la ville jusqu’au jour, vers fin 1978, où un de ces enfants l’emmène voir Donald White aka DONDI (1961-1998), un des graffeurs new-yorkais légendaire, qui devient son guide à travers le monde underground du graffiti. À partir de là, elle suit les graffeurs dans leurs virées nocturnes, dans les gares où elle se planque dans les terrains vagues en attendant le passage du métro entièrement recouvert de graffitis afin de pouvoir faire la photo parfaite.
Après quelques années à photographier les graffitis et les métros, elle publie en 1984 le fameux livre ” Subway Art” en collaboration avec Henry Chalfant, son collègue photographe. C’est ce livre qui va faire connaître le graffiti en travers le monde.
Le 2 janvier 1980, le New York Post envoie la photographe Martha Cooper à Washington Heights, car ils ont entendent sur la radio de la police qu’il avait une émeute en cours. Quand elle arrive sur place, elle retrouve des jeunes assis à l’intérieur d’un poste de police du métro. Ils ont leur panoplie de graffeurs et des armes sur eux. Les jeunes expliquent qu’ils ne sont pas là pour faire une émeute mais pour danser, alors les policiers laissent partir les plus jeunes.
Après leur sortie du poste de police et à la demande de Martha Cooper, les jeunes font une démonstration de leur danse sur le quai du métro. C’est la première fois que Martha Cooper photographie le Breakdance, qu’elle continue à suivre encore aujourd’hui, 35 ans après.
À force de photographier les graffitis, elle se retrouve naturellement au milieu d’une culture émergente de jeunes qui sera connue par la suite comme le mouvement du Hip-Hop. Elle photographie les B-Boys dans les rues et les parcs de New York, elle documente les premières performances Hip-Hop dans les discothèques et ses images apparaissent dans les journaux et magazines à travers le monde.
Martha Cooper, surnommé à l’époque “Kodakgirl” par les B-boys a largement contribué à faire du Hip-Hop le phénomène mondial qu’il est aujourd’hui.
Un moment particulièrement émouvant : le “petit” B-Boy de la photo à gauche est venu saluer Martha Cooper lors de la conférence.
Big up Martha Cooper!!
Détails & Infos :
Suk@FotoGraff