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Attaque au couteau: psychose confirmée
Au deuxième jour du procès de l'attaque au couteau de Lugano, une seconde experte a confirmé la psychose de l'auteure des faits. Cette dernière répond de tentatives d'assassinat et d'infractions à la loi interdisant les groupes terroristes Etat islamique et Al-Quaïda.
Lundi, un premier psychiatre avait fait état d'une psychose non-organique et de capacités intellectuelles limitées. Sa collègue a mentionné mardi un trouble schizoaffectif. Une telle atteinte est caractérisée par une psychose, d'autres symptômes de la schizophrénie et des troubles de l'humeur. L'experte a confirmé devant la Cour des affaires pénales du Tribunal pénal fédéral une légère diminution des capacités intellectuelles.
Cette psychiatre estime aussi qu'une thérapie de longue durée dans une institution fermée est indiquée. Elle doute que le Tessin offre les meilleures possibilités de traitement.
Selon elle, l'intéressée bénéficierait probablement d'une meilleure prise en charge dans la prison pour femmes d'Hindelbank (BE) ou à Genève. Enfin, l'experte a également considéré que cette Tessinoise de 29 ans présentait un risque de récidive de moyenne gravité.
Plus d'attaque en Suisse
L'accusée a été interrogée à nouveau sur l'attaque perpétrée le 24 novembre 2020. Alors qu'elle déclarait la veille qu'elle était prête à recommencer, "en mieux", elle a indiqué mardi qu'elle n'agirait plus en Suisse, mais dans un autre pays.
Selon l'acte d'accusation du Ministère public de la Confédération (MPC), la prévenue a attaqué deux femmes dans le grand magasin Manor de Lugano avec un couteau à pain pris sur un rayon. Lundi, le Parquet a élargi ses griefs au soutien à une organisation terroriste, en infraction à la loi interdisant l'Etat islamique et Al-Quaïda.
En effet, l'accusée a avoué qu'elle avait envoyé 18'000 francs en Syrie pour soutenir la guerre sainte. La femme répond enfin d'exercice sans autorisation de la prostitution entre 2017 et 2020.
Profondes blessures
L'une de ses victimes a reçu une blessure d'au moins dix centimètres de profondeur au cou, ainsi que diverses coupures au visage, aux avant-bras, aux poignets et aux mains. Elle s'est constituée partie civile et réclame 440'000 francs. La seconde femme, qui a maîtrisé l'accusée avec d'autres témoins, a été atteinte à la main droite.
L'accusée avait déjà attiré l'attention de la justice: en 2017, elle avait tenté de se rendre en Syrie, mais avait été arrêtée à la frontière syro-turque et renvoyée en Suisse par Ankara. Souffrant de problèmes psychologiques, elle avait été admise dans un établissement psychiatrique.
La cour a suspendu les débats. L'audience reprendra jeudi matin avec les réquisitions du MPC et la plaidoirie de la défense. Le verdict est prévu le 19 septembre.