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Histoire du MAJ
Avant que n'éclate l'affaire « Moeckli », prélude à la question jurassienne, deux éléments déterminants concernant le Jura historique étaient d'une brûlante actualité : Le spectre de la germanisation dénoncé entre autres en juillet 1947 dans la brochure Comment on germanise le Jura et le lancinant problème des moyens de communication pas du tout résolu par la fusion des chemins de fer jurassiens au début de l'année 1945.
Le 9 septembre 1947, le Grand Conseil bernois, sous la pression du député oberlandais Hans Tschumi, refuse de confier le département des travaux publics et des chemins de fer au Jurassien Georges Moeckli. Selon M. Tschumi, un secteur aussi important de l'administration cantonale ne peut être confié à un citoyen de langue française ! Petite cause, grand effet. Le peuple jurassien va sortir de sa léthargie.
Le 20 septembre 1947, une foule de 2'000 personnes convoquée par les trois grandes associations du Jura (Société jurassienne d'Emulation, Pro Jura et Association pour la Défense des Intérêts du Jura) manifeste à Delémont sur la place de l'hôtel de ville.
Daniel Charpilloz, industriel de Bévilard, prononce un discours flamboyant qui suscite les acclamations de la foule. Il déclare notamment « J'estime que le Jura peut et doit former un canton. »
20 septembre 1947 : 2'000 personnes rassemblées devant l'hôtel de ville de Delémont.
Constitution du Mouvement séparatiste jurassien (MSJ)
Le 2 octobre 1947, à la suite de la manifestation populaire du 20 septembre, le Comité de Moutier, présidé par le citoyen de St-Imier Louis Bueche, voit le jour. Parallèlement, plusieurs personnalités projettent la création d'un mouvement séparatiste.
Le 30 novembre 1947 se tient à Moutier l'assemblée constitutive du Mouvement séparatiste jurassien. La présidence est confiée à Daniel Charpilloz tandis que le secrétariat général est attribué à Roger Schaffter.
Plusieurs membres évoquent d'emblée la perspective du lancement d'un organe de presse propre au mouvement dans le but de répandre la doctrine séparatiste. René Fell, rédacteur au Journal du Jura, appuie la démarche car il estime que les colonnes des journaux jurassiens ne seront peut-être pas toujours ouvertes aux idées indépendantistes.
Par vote, il est décidé d'éditer un journal bimensuel qui s'intitulera Le Jura Libre. Le premier numéro paraîtra le 13 février 1948.
Le 20 septembre 1948, le Mouvement séparatiste jurassien commémore la manifestation de l'année précédente. Il crée à Delémont la Fête du peuple jurassien qui, par la suite, a lieu chaque année au début du mois de septembre.
Le Mouvement Séparatiste Jurassien (MSJ) devient le Rassemblement jurassien
Le 9 septembre 1951, une assemblée des délégués se tient à Delémont. Trente sections du MSJ sont représentées et Roland Béguelin présente une proposition de modification de l'article premier des statuts qui prévoit le changement de nom du Mouvement séparatiste jurassien. La nouvelle appellation, proposée par Benjamin Froidevaux, est « Rassemblement jurassien, mouvement pour la création d'un canton du Jura » et elle est acceptée à une très forte majorité. On parlera dès lors du « Rassemblement jurassien », ou du RJ.
Le RJ sera le fer de lance du combat jurassien qu'il portera à bout de bras durant plusieurs décennies. Le plébiscite du 23 juin 2974 sonnera comme le couronnement de sa pugnacité.
Création d'Unité jurassienne (UJ)
Au lendemain du vote du 16 mars 1975 entaché d'irrégularités (caisses noires) qui scellera la déchirure du Jura, le RJ déclare : « Déjà, à la minute présente, l'assaut va reprendre contre le régime bernois. Sous l'opprobre, les patriotes du Jura-Sud ont acquis une force nouvelle ! Ils ne seront ni abandonnés, ni démobilisés. Tout un peuple, et bientôt un Etat, les soutiendront jusqu'au dénouement. La réunification est un devoir sacré. Ce but sera atteint quoi qu'il arrive. Moutier, berceau de notre patrie, sera une citadelle. Avec courage et décision, il faut s'y employer. Vive le Jura libre ! »
Peu après, le 11 avril 1975, 300 personnes réunies à Tavannes à l'initiative de Georges Droz décident de grouper toutes les forces autonomistes du Sud sous le nom d'Unité jurassienne. Un comité provisoire est nommé sous la présidence de Paul Hammel. Unité jurassienne (UJ) sera définitivement constituée à Moutier le 21 mai 1976. Alain Charpilloz sera nommé président.
RJ et UJ deviennent le Mouvement autonomiste jurassien (MAJ)
Le 20 mars 1994, l'assemblée des délégués du Rassemblement jurassien prend une importante décision. Conformément au vœu des militants du Jura-Sud, les statuts sont modifiés de façon à réaliser une fusion complète entre Rassemblement jurassien et Unité jurassienne. A l'avenir, le mouvement s'intitulera Mouvement autonomiste jurassien (RJ + UJ).