Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07178.jsonl.gz/268

Patrick Kindl, Communication SWISSCURLING
Sa voix a résonné pendant des décennies dans les foyers suisses. En tant que journaliste sportif, il a vécu quatorze (!) Jeux Olympiques. La réplique culte «Flieg, Simi fliiieg!» («Vole Simi, vole!», en référence à Simon Ammann) a certainement marqué les esprits des adeptes de sport. Du skip alpin aux fléchettes, en passant par le dressage équestre: nul n’a probablement commenté autant de disciplines sportives que lui. Ses sports de prédilection étaient le saut à ski et la Formule 1. Durant ses 33 années de carrière auprès de la radio-télévision suisse alémanique (SRF), il a commenté plus de 400 courses. Maintenant qu’il a pris sa retraite, Michael Stäuble a endossé la fonction de président du comité d’organisation du championnat du monde de curling masculin à Schaffhouse en 2024. Un interview sur le lien qu’entretient Stäuble avec le curling, des nouvelles du CM et une victoire surprenante contre Silvana Tirinzoni.
Cher Michael, tu as été journaliste sportif et l’une des voix les plus connues de la SRF pendant 33 ans. A présent, tu prépares un championnat du monde de curling avec tes collègues du comité d’organisation, comment cela se fait-il?
On m’avait déjà demandé à l’occasion du CM féminin de 2021 si je voulais me charger du travail médiatique. J’ai malheureusement dû décliner l’offre car la première course de Formule 1 de la saison avait lieu en même temps en Australie et j’aurais de toute façon été absent toute la semaine. Toutefois, je suis intervenu ponctuellement dans le cadre de ce CM de curling, notamment lors de la conférence de presse avec le comité d’organisation et Silvana Tirinzoni. Lorsque le CM de curling a été annulé à cause de la crise sanitaire, le comité d’organisation m’a à nouveau approché. J’ai d’abord pensé qu’ils voudraient encore me recruter en tant que responsable des médias. Lorsque j’ai appris qu’ils envisageaient de me confier la fonction de président, j’ai tout d’abord été éberlué: je n’avais jamais fait ça de ma vie. Après une brève période de réflexion, j’ai décidé d’accepter ce rôle, notamment compte tenu du comité d’organisation exceptionnel que constituaient Ueli Jäger, Marco Gabrieli et Beni Rufer, qui avaient déjà effectué tout un travail de préparation au préalable.
A travers ton métier, tu es passé par les disciplines sportives et les lieux les plus variés. Quand as-tu été confronté pour la première fois au curling dans le contexte professionnel?
Lors du championnat du monde de curling à Genève, en 1993. Je faisais mes débuts en tant que commentateur à la télévision et ai eu la chance d’avoir à mes côtés un champion du monde fraîchement médaillé en la personne de Markus «Kusi» Eggler. Il a été mon co-commentateur, et nous nous sommes entendus à merveille. Un peu plus tard, Loèche-les-Bains a accueilli le championnat d’Europe. A cette occasion, j’ai été épaulé par un certain Andreas Schwaller, qui était encore remplaçant de l’équipe suisse à l’époque et a connu une carrière impressionnante au cours des années à suivre.
Comment as-tu été amené à jouer pour la première fois au curling?
C’était en 1991. Je jouais comme numéro 1 dans l’équipe de Claude Stettler. Je me souviens de l’un de mes premiers matches contre une équipe allemande. J’étais bluffé du niveau de nos adversaires, qui nous dominaient largement du point de vue aussi bien du jeu que de la tactique. En partageant un verre avec eux après le match, je me suis rendu compte qu’il s’agissait de l’équipe championne d’Europe en titre menée par Andy Kapp, que je ne connaissais pas du tout à l’époque. Aujourd’hui, je suis membre du club de curling de Schaffhouse depuis 32 ans.
Tu as toi-même des ambitions en tant que joueur. Ton équipe est même revenue du dernier CS des vétérans avec une médaille autour du cou.
Voilà encore une drôle d’histoire, comme il n’y en a qu’au curling. Notre équipe s’est qualifiée pour le tour final de douze équipes sur la dernière pierre seulement. Nous avons ensuite réalisé un parcours impressionnant: presque tout nous réussissait, et nous nous sommes subitement retrouvés avec une médaille d’argent. Nous ne pensions pas obtenir un aussi bon résultat.
Qu’est-ce qui te fascine dans le curling?
C’est le côté sport d’équipe que je trouve extraordinaire. Qu’il s’agisse des balayeurs ou du skip, chaque membre de l’équipe a ses propres tâches à accomplir. J’apprécie aussi le Spirit of Curling et la convivialité. Pour moi, le curling a été et est toujours une super école de vie.
Durant ta carrière professionnelle, tu as commenté de nombreuses disciplines sportives, dont la Formule 1, le saut à ski et le curling. S’agissant du curling, quels moments te sont restés particulièrement en mémoire?
L’un des principaux points forts ont été les Jeux Olympiques de 1998 à Nagano, durant lesquels le curling était pour la première fois au programme olympique officiel. J’ai pu commenter la demi-finale entre la Suisse (Patrick Hürlimann, skip) et la Norvège (Eigil Ramsfjell, skip), qui a été des plus mouvementées. Il a fallu attendre la dernière pierre norvégienne pour que le match bascule en faveur de la Suisse. On voyait déjà de loin que la pierre de Ramsfjell était beaucoup trop courte, si bien que je n’ai pas pu m’empêcher de jubiler dans le microphone en criant: «La Suisse est en finale, youpi!» Je n’ai pas tardé à subir les remontrances de la régie dans mon oreille, qui me réprimandait de laisser libre cours à ma joie alors que la pierre n’était pas encore arrêtée. Heureusement, celle-ci était effectivement trop courte et la Suisse s’est qualifiée pour la finale, qu’elle a même fini par remporter aussi. C’était extrêmement palpitant. Lors de l’interview qui a suivi la finale, ma main tout entière tremblait. Je n’oublierai jamais ce moment.
Un autre point fort personnel s’est produit quatre ans plus tard lors de la Schaffhauser Trophy. Notre équipe venait de se former, ce qui ne l’a toutefois pas empêchée de se qualifier pour la finale. Nous y avons rencontré l’équipe championne du monde junior de Silvana Tirinzoni. De manière tout à fait inattendue, notre équipe d’amateurs, sans vêtements uniformes, a remporté cette finale. Quelques années plus tard, aux Jeux Olympiques de 2018 à Pyeongchang, j’ai abordé ce sujet avec Silvana. Elle se souvenait encore de cette défaite et m’a révélé qu’elle avait eu beaucoup de mal à l’accepter. Sur le moment, elle s’est dit qu’elle devait absolument s’entraîner davantage.
Tu as parlé de ton premier match de curling en tant que commentateur. Quel a été ton dernier?
Il s’agissait des finales des championnats suisses de l’élite 2021 à Arlesheim. J’ai eu l’occasion de commenter pour la dernière fois avec Carmen Müller-Schäfer.
Actuellement, les halles de curling ne sont pas – ou que très peu – actives. Dans quelle mesure le curling est-il présent chez toi en ce moment?
Il est très présent! Ce qui est particulièrement réjouissant, c’est que la vente des billets pour le CM va bon train. Fin mai, nous avons par ailleurs accueilli la World Curling Federation pour un «site check». Différentes thématiques et idées concernant l’organisation ont été abordées à l’occasion de cette séance d’une journée. L’accent a notamment été mis sur la diffusion des matches, autrement dit sur la retransmission télévisée.
Où en sont actuellement les préparatifs pour le CM?
Ils sont en très bonne voie. La séance que je viens d’évoquer a confirmé que tout se déroulait comme prévu. L’outil destiné aux bénévoles devrait être disponible prochainement sur Swiss Volunteers. La mise en ligne a été quelque peu retardée, le temps de procéder à certaines clarifications.
Que souhaites-tu pour ce CM, à titre personnel?
Spontanément, deux souhaits me viennent en tête. Le principal concerne notre rôle en tant qu’hôte. Je tiens à ce que toutes les équipes soient satisfaites et à ce que la ville de Schaffhouse marque positivement les esprits. Pour cela, il faut que la salle soit pleine, que l’ambiance soit bonne et que la compétition nous fasse vibrer, tout en espérant que l’équipe suisse puisse donner le meilleur d’elle-même.
De quoi les supporters peuvent-ils se réjouir?
Comme déjà dit, nous comptons sur une ambiance électrique tous les jours de la compétition. Il nous tient à cœur de pouvoir offrir une expérience particulière aux spectatrices et spectateurs présents sur place. Nous travaillons actuellement sur d’intéressants projets interactifs et sommes impatients de voir si ceux-ci pourront finalement voir le jour.
Qui suggères-tu comme prochain partenaire d’entretien?
Ueli Jäger! En tant que membre du comité d’organisation et responsable du KSS Freizeitpark à Schaffhouse, il vous fournira sans nul doute des informations passionnantes.