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Genève - Abba Abacha, 41 ans, ne s'est pas présenté ce matin à son procès devant le Tribunal de police de Genève. Le fils du dictateur nigérian défunt Sani Abacha n'a pas obtenu son visa à temps. Son avocat a demandé de repousser le procès.
Abba Abacha est accusé par la justice genevoise d'avoir ouvert sous de fausses identités plus de 30 comptes bancaires en Suisse, au Luxembourg, au Liechtenstein et aux Bahamas afin d'y déposer l'argent détourné des caisses publiques du Nigeria par son père Sani Abacha, la famille du dictateur et ses proches.
Dans cette affaire de pillage à grande échelle, plus de 2 milliards de francs ont été déposés en Suisse. La justice helvétique a déjà restitué plus de 600 millions de dollars au Nigeria. Abuja avait demandé l'entraide judiciaire à la Suisse en 1999, une année environ après le décès de Sani Abacha.
Le clan Abacha a utilisé tous les moyens imaginables pour vider les caisses du Nigeria. Les méthodes allaient du simple pillage de la Banque Centrale du Nigeria, avec la livraison à domicile de palettes entières de billets de banque, à des opérations plus sophistiquées lors de l'attribution de marchés publics.
Le règne du général Sani Abacha, qui a débuté novembre 1993 à la faveur d'un coup d'Etat et qui s'est achevé en juin 1998 à la mort du dictateur, a été qualifié de "kleptocratie" par certains spécialistes du pays.
ATS