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Les Américains sont à nouveau suspendus au décompte des voix entrepris en Floride pour départager George W. Bush d´Al Gore. Le nom du futur président des Etats-Unis devrait être connu jeudi. Reste que le suspens actuel n´est pas une surprise totale.
En effet, bien que les médias américains aient été vite en besogne en proclamant un candidat vainqueur, puis un autre, les sondages laissaient présager depuis des semaines une bataille féroce entre Al Gore et George Bush, particulièrement en Floride.
Aux Etats-Unis, et contrairement à de nombreux pays du monde, aucune loi n'empêche les médias de faire des projections ni de divulguer des résultats partiels avant que les bureaux de vote aient fermé. Poussés par des impératifs commerciaux dans un marché extrêmement concurrentiel, les médias américains, et en particulier les chaînes de télévision, ont préféré être les premiers plutôt que de viser la rigueur dans leur couverture.
Sans attendre la clôture des bureaux de vote en Floride, les médias américains se sont ainsi précipités, proclamant Al Gore vainqueur, avant de réviser leurs projections, puis de donner la victoire à George Bush et de finir par se rétracter.
Or, deux facteurs auraient dû inciter les médias à plus de prudence. Les sondages prévoyaient en effet un scrutin très serré, non seulement au niveau national, mais aussi en Floride. De plus, la Floride est devenue un Etat difficile à jauger. Sur le plan politique, elle a cessé d'être un Etat du Sud, au sens où elle ne vote plus massivement pour le parti républicain.
Cette situation nouvelle s'explique par l'évolution démographique de la Floride. Récemment, l'influence des Blancs et des exilés cubains a diminué, en raison de l'afflux de nouveaux venus.
Ceux-ci ont tendance à voter pour les Démocrates: d'une part, les immigrés en provenance de pays d'Amérique latine autres que Cuba, et d'autre part, les Juifs qui quittent des Etats du Nord, comme ceux de New York et du New Jersey, pour passer leur retraite au soleil de Floride. Autant de nouveaux venus qui se sont mobilisés autour de la candidature d'Al Gore et de son colistier, Joseph Lieberman, un sénateur d'origine juive.
Marie-Christine Bonzom, Washington