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Ce vendredi 18 juin, les Iraniens se rendent aux urnes pour élire leur nouveau président. Quels sont les candidats en lice? Quels sont les enjeux? Et quel est le rôle du président, au fait? Tour d'horizon.
Le système politique iranien est assez singulier: il s'agit d'une théocratie, ce qui signifie que l'autorité est censée émaner de Dieu. Concrètement, une grande partie du pouvoir réside entre les mains du Guide de la Révolution, le plus haut responsable politique et religieux du pays. Mais quel est donc le rôle du président?
«C'est une sorte de premier ministre», explique à France 24 l'historien Jonathan Piron. Comme le Guide contrôle l’armée, la police, les médias et le système judiciaire, la marge de manœuvre du président est limitée. Il dispose toutefois d'une certaine autonomie concernant la politique intérieure, l'économie et le social.
Sept candidats ont été sélectionnés par le Conseil des gardiens de la révolution, organe non élu qui gère le scrutin. Tout citoyen peut se porter candidat s'il respecte les critères suivants: être iranien, être né en Iran, croire en Dieu... et être un homme. Les femmes ont toujours été exclues par le Conseil. À la veille du scrutin, trois prétendants ont jeté l'éponge. Voici ceux qui restent.
Il va très probablement remporter l'élection. Ebrahim Raïssi, 60 ans, est un religieux traditionaliste et chef du système judiciaire iranien. Ultraconservateur, décrit comme étant «sans grand charisme», il se présente comme le champion de la lutte contre la corruption et de la défense des classes défavorisées.
En 1988, cet adepte de la répression a condamné à mort des milliers de prisonniers politiques, rappelle le Monde.
Egalement partisan du camp ultraconservateur, Amir-Hossein Ghazizadeh Hashem est chirurgien. Âgé de 50 ans, il siège au Parlement depuis 2007.
Il a promis de rétablir le marché boursier du pays dans les trois premiers jours de son mandat, relate Euronews.
Troisième candidat conservateur, Mohsen Rézaï, 66 ans, a dirigé les Gardiens de la révolution, l'organisation paramilitaire dépendant directement du Guide suprême. Il est soupçonné d'avoir participé à l'attentat à la bombe contre le centre juif de Buenos Aires, en 1994.
Seul candidat réformateur, Abdolnasser Hemmati, 64 ans, a dirigé la banque centrale d'Iran et a également occupé brièvement le poste d'ambassadeur en Chine. Il est aussi ceinture noire de karaté.
Le résultat du vote ne devrait pas surpendre. La presse iranienne réformatrice a même qualifié Ebrahim Raïssi de «candidat sans rival».
L'enjeu réside dans la participation: le taux d'abstention est annoncé à un niveau record. Selon Marianne, de nombreux Iraniens abordent la présidentielle sans aucun espoir. Face à l’absence de candidats modérés de premier plan, ils expriment leur révolte en boycottant les urnes. (asi)