Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07287.jsonl.gz/44

L'économie japonaise ralentit
Le produit intérieur brut (PIB) japonais a baissé de 0,6% au troisième trimestre comparé au précédent, a annoncé lundi le gouvernement. Celui-ci a cependant jugé cette phase négative "accidentelle", laquelle ne devrait cependant pas durer, selon les analystes.
La première estimation était de -0,3%. La déconvenue est imputable à un recul bien plus accentué qu'estimé (-2,8% contre -0,2%) des investissements non résidentiels des entreprises privées, du fait des catastrophes naturelles estivales, et dans une moindre mesure à un repli de la consommation des ménages.
Les dépenses d'investissements des sociétés ont diminué en raison d'une série de typhons qui ont interrompu la chaîne logistique et d'un séisme qui a provoqué une coupure générale de courant à Hokkaido, perturbant l'activité bien au-delà de cette région. Le Japon avait connu une croissance de 0,7% au deuxième trimestre (chiffre revu en baisse de 0,1 point), mais il avait subi une contraction de 0,3% au cours des trois premiers mois de l'année, ce après deux ans de croissance.
La consommation des foyers a diminué de son côté de 0,2% au troisième trimestre (contre -0,1% dans la première estimation de mi-novembre) et les exportations ont chuté de 1,8% (chiffre inchangé). En rythme annualisé, c'est-à-dire si l'évolution du troisième trimestre était identique sur une année entière, le PIB ressort en repli de 2,5% (contre -1,2%).
L'ombre des tensions sino-américaines
Les économistes restent cependant relativement optimistes sur l'économie nippone, escomptant un rebond au quatrième trimestre Ce qui s'est passé au troisième trimestre est "une contraction technique et temporaire et, compte tenu des derniers indicateurs économiques en date, un rebond est attendu sur la période octobre-décembre", a expliqué à l'AFP Takashi Miwa, analyste de Nomura Securities.
Reste que le contexte international est en partie défavorable, notamment du fait de la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine. Le Japon est un important partenaire de chacune de ces deux nations et la dégradation de leurs relations peut avoir des répercussions importantes sur les entreprises de l'archipel.
Les détenteurs d'actions à la Bourse de Tokyo le savent, qui réagissent au quart de tour à chaque nouvelle sur ce front. Lundi, l'indice Nikkei dévissait de plus de 2% dans les premiers échanges, justement à cause de ces frictions commerciales ravivées par l'arrestation au Canada, sur demande des Etats-Unis, de la directrice financière du géant chinois des équipements de télécommunications Huawei.
Sur le volet intérieur, le Japon a en outre toujours du mal à s'assurer une consommation des ménages à la hauteur des attentes, bien que les conditions d'emplois soient, sur le papier du moins, extrêmement favorables. Une pénurie de main-d'oeuvre existe dans plusieurs secteurs, une raison invoquée par le gouvernement de Shinzo Abe pour faire voter en urgence par le parlement une loi qui permettra d'élargir le champ d'accueil de travailleurs étrangers dès avril prochain si tout va comme prévu.
De telles dispositions étaient souhaitées par les industriels, mais l'opinion publique, elle, se montre plutôt réticente. Les foyers japonais se montrent aussi anxieux pour l'avenir et consomment de façon sélective. Ils se préparent en outre à une hausse de la taxe sur la consommation qui passera à 10% en octobre 2019 contre 8% actuellement.
Le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, doit donner quelques détails sur des mesures budgétaires à venir ce lundi lors d'une conférence de presse après la clôture de la session parlementaire.Retour à la page d'accueil
ATS