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La construction du palace
Cinq ans après l’ouverture du Grand Hôtel de Caux, Ami Chessex, propriétaire du Grand-Hôtel de Territet, décide de construire un nouvel hôtel à Caux sur les terrains qu’il possède au « Creux du moulin » soit un peu en dessous du Grand-Hôtel, bien que ces terrains soient en forte pente. Début 1899, il négocie avec Philippe Faucherre la création d’une société commune, la Société immobilière de Caux, avec un capital de 2,5 millions de francs. Ses premiers travaux consistent à réhausser d’un étage le Grand-Hotel, ce qui lui ajoute 80 lits dès 1899. Début 1900 commence la construction du palace de Caux. Il faut que ce soit à la fois l’hôtel le plus grand et le plus luxueux jamais construit en Suisse. C’est pourquoi les architectes, sous la direction d’Eugène Jost, proposent de construire un mur de soutènement de 800 mètres de long, permettant de donner de la surface aux futurs jardins et d’établir une promenade en belvédère d’où l’on pourra admirer à loisir le paysage grandiose du lac et des Alpes.
Les chambres de luxe sont orientées côté Léman, les chambres des domestiques des clients sont sur le même étage côté montagne bien sur plus petit et avec des cages d’escaliers séparées.
Le 7 juillet 1902, le Caux palace fut inauguré en grande pompe.
La Belle époque 1902-1914
Comme pour le Grand-Hôtel, le succès du Caux-Palace est immédiat. Des annonces pleine page dans le TIMES londonien et le New York World ont crée un effet de mode. Des personnalités se rendent à Caux, parmi lesquelles on note les noms de Sacha Guitry, Paul Morand, Romain Rolland, Edgar Wallace, mais aussi du prince Ibn Saoud, futur roi d’Arabie Saoudite, de John D. Rockefeller et du maharajah de Baroda. Coutumier de la location d’un grand nombre de chambres de luxe pour lui-même et pour sa suite, ce dernier fut accueilli dans sa suite par un mobilier en citronnier spécialement créé pour lui. Deux à trois semaines d’attente dans la région sont parfois nécessaires avant d’avoir le privilège de pouvoir séjourner à Caux.
Au-delà des sports d’hiver courants (luge, patin à glace et bientôt le ski), on peut aussi s’adonner au bobsleigh : une piste est créée entre Crêt-d’y-Bau et Caux, à l’époque c’est la plus longue d’Europe. C’est à Caux que fut fondée la Fédération mondiale de bobsleigh et plus tard la Fédération mondiale de hockey sur glace.
Ces cartes postales montrent le mur de soutènement et l’arrivée du train à la gare de Caux.
Les années de crise
Le 1er août 1914 sonne le glas de la brillante croissance du tourisme de luxe. En quelques jours, les hôtels se vident pour 5 ans. La perte cumulée à la fin de la guerre sera de un million de francs. Une restructuration financière de la Société immobilière de Caux a lieu en 1919, année à partir de laquelle tout semble revenir lentement dans l’ordre, mais les taux de change sont défavorables aux séjours en Suisse. En 1925, plus de trente ans après son ouverture, le Grand-Hôtel est rénové et prend le nom d’Hôtel Regina en souvenir de l’impératrice Sissi, qui avait résidé au Grand-Hôtel en 1898, l’année même de son assassinat à Genève. Les années 1927 et 1928 voient de bonnes fréquentations. Une seconde restructuration financière a lieu en 1929 pour lever un million de francs nécessaires à la rénovation du Caux Palace. Caux accueille la coupe du monde de bobsleigh en 1930. La crise économique survient et les années 1930 à 1935 seront très difficiles. Une quatrième restructuration financière ne parvient pas à améliorer la situation et à partir de 1937, le conseil d’administration met en vente le Caux Palace tandis que les pertes s’accumulent. 1938 voit l’électrification du chemin de fer et la vogue du ski relance partiellement Caux. Le Caux Palace s’appelle désormais Hôtel Esplanade et cherche à attirer une clientèle moins huppée que précédemment. En 1939 il doit fermer définitivement.
Le maharadjah de Baroda
Le maharadjah de Baroda (Punjab) résidait souvent avec sa suite dans le Caux-Palace.
Sa chambre , dans l’angle sud-ouest, jouissait d’une excellente vue, et est encore aujourd’hui appelé la chambre du maharajah. La tapisserie en tissu a pu être restauré.
Il voyageait toujours avec tout son trésor (papiers de valeurs) , ce qui constitue finalement beaucoup de bagages.
Lors d’une montée avec le train , une valise avec des papiers-valeurs fût perdue. Elle était probablement mal attachée. Constatant cette perte , le maharadjah exigeait la tête du coupable.
La valise fût retrouvée que bien plus tard. Donc pas de chance pour des chasseurs de trésors.