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Pour financer son don, le Conseil d'Etat puise dans un fonds de la loterie romande qui est à sa disposition. Mais pour l'Association suisse des libres-penseurs (ASLP), il abuse de son droit, car il ne respecte pas les règles régissant l'utilisation de cette manne.
Les pétitionnaires rappellent que les projets soutenus doivent être d'utilité publique et ne pas présenter un caractère confessionnel prédominant. Ce qui n'est pas le cas avec cette contribution financière à l'armée privée du pape où les gardes "doivent être des catholiques pratiquants", insiste l'ASLP.
Les pétitionnaires demandent donc que le Valais procède comme le Conseil d'Etat lucernois, à savoir qu'il soumette l'affaire au Grand Conseil sous la forme d'un décret soumis à référendum. Consulté en septembre dernier, la population du canton de Suisse centrale, également catholique, avait refusé à 71,48% de cofinancer la nouvelle caserne à hauteur de 400'000 francs.
Faire pression
"Lucerne, c'est Lucerne. Le Valais n'a pas les mêmes lois", a répliqué Christophe Darbellay, lors de la session de novembre du Grand Conseil, en réponse à une question soutenant le référendum. S'appuyant sur la Constitution, le conseiller d'Etat a expliqué que "le référendum peut être demandé lorsqu’une décision du Grand Conseil entraîne une dépense extraordinaire unique supérieure à 0,75 % de la dépense totale du compte de fonctionnement et du compte des investissements du dernier exercice, soit environ 33 millions de francs". Ce qui n'est pas le cas ici.
Avec ses quelque 4000 paraphes remis à la chancellerie d'Etat du Valais, l'ASLP espère mettre le gouvernement sous pression et surtout ouvrir la discussion. "Cet argent est prévu pour les gens en Valais et pas pour le Vatican qui a des milliards", explique à Keystone-ATS Lisa Arnold, directrice du bureau de l'association. "En récoltant des signatures dans la rue, nous avons constaté que l'opinion publique était de notre côté", ajoute-t-elle.
Rayonnement du Valais
En novembre, le Conseil d'Etat en avait profité pour rejeter les griefs qui lui sont reprochés. Selon un avis de droit qu'il a commandé, l’aspect confessionnel "n’est pas prépondérant" dans cette affaire, car il s’agit d’un objet classé au patrimoine mondial. Par ailleurs, le bénéficiaire est une Fondation reconnue d’utilité publique, ayant son siège en Suisse et qui vise un but non lucratif, souligne-t-il.
La Garde suisse contribue au rayonnement mondial de la Suisse et du Valais par l’image et les valeurs qu’elle véhicule, précisait encore en plénum le conseiller d'Etat Christophe Darbellay. Le gouvernement estime ainsi "que d’amener un soutien à cette institution vieille de 500 ans relève d’un intérêt public". Enfin, cette allocation relève de la compétence du Conseil d'Etat et non pas de celle du Parlement.
Projet à 50 millions
Au total, le coût de la nouvelle caserne qui héberge les gardes suisses et leur famille et les frais d'hébergement provisoire des gardes durant les travaux atteignent 50 millions de francs. Une fondation suisse réunit l'argent permettant de financer la construction. La Confédération lui a déjà assuré une part de 5 millions de francs, de même que le Vatican. De nombreux cantons font aussi partie des donateurs.
Outre Lucerne, le parlement de Bâle-Campagne a refusé mercredi soir la proposition du gouvernement d'octroyer 50'000 francs à ce projet de rénovation. Avec son million, le Valais serait le canton le plus généreux.