Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07190.jsonl.gz/116

18 octobre 2013
par Sascha Moore
Les migrants vivant en Europe occidentale sont touchés de manière disproportionnée par le VIH. Ils représentent plus de 39% des nouveaux diagnostics de VIH pendant la période 2007-2011 et leur taux de mortalité varie selon l'origine géographique. Ce sont les conclusions auxquelles sont arrivés des chercheurs du Centre National d'épidémiologie à l'Institut de Santé Carlos III de Madrid. Ces derniers ont étudié 33 cohortes VIH à travers l'Europe (plus de 111'155 personnes) et ont analysé les taux de mortalité selon l'origine, les modes de transmission et l'orientation sexuelle.
Comparé aux Occidentaux, le taux de mortalité des séropositifs était plus élevé chez les migrants d'Europe de l'Est, chez les hommes originaires d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient ainsi que chez les femmes originaires d'Amérique latine et des Caraïbes.
Contrairement aux idées reçues, les taux de mortalité des Africains subsahariens et d'Amérique latine, des hommes originaires d'Asie ainsi que celui des femmes originaires d'Afrique du nord et du Moyen-Orient sont en revanche plus bas que chez les Européens de l'Ouest et les Nord-américains.
L'analyse des chercheurs espagnols s'est également tournée de manière plus approfondie vers les Européens de l'Est. Plus de 90% des migrants originaires de cette région n'ont pas connaissance de leur coinfection à l'hépatite C. Les modes de transmission pour les hommes étaient principalement liés à l'injection de drogues et pour les femmes aux relations hétérosexuelles. Les Européens de l'Est sont par ailleurs les plus nombreux à développer un stade sida.
Catégoriser les migrants selon leur origine géographique comme un groupe homogène est donc erroné, alors même que des variables comme le sexe, l'âge, les modes de transmission, l'orientation sexuelle ou le niveau de virémie donnent des taux de mortalité très différents à l'intérieur d'une même population.