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Dans les bacs
Bush doit être battu!
C'est sans conteste un album patriotique que le troubadour US Dan Bern vient de sortir… Dans la chanson «My Country II», qui a donné son titre à l'album, il se dit américain, il paye ses impôts, s'arrête aux feux comme tout le monde, il n'a jamais brûlé de drapeau US, sauf par accident, et même s'il préfère regarder une fleur pousser plutôt que le dernier Stallone à la TV et qu'il n'a pas envie d'avoir une grosse bagnole, il revendique haut et fort que «ce pays de liberté» est aussi le sien… Dans le premier morceau de l'album, «President», il s'imagine président des USA et décrit avec humour quelles seraient ses premières mesures et les membres de son gouvernement: John McEnroe, Wavy Gravy, Michael Franti, Ani DiFranco, Muhammad Ali, Maya Angelou et bien sûr… Bill Clinton & Monica Lewinsky…
«Tyranny» évoque les limites de la démocratie et la naïveté de ceux qui pensent que les sondages puissent influencer le gouvernement. Le plus beau texte de ce disque est sans conteste «After the parade», qui décrit les états d'âme d'un soldat de retour au pays, recevant les hommages des généraux et qui, tout héros qu'il est, se demande qui va bien pousser sa chaise après la parade…
Finalement, My Country II se conclut avec une chanson sans ambiguïté, qui proclame «Bush must be defeated». Etonnant, lorsque l’on sait que Dan Bern ne porte pas vraiment les Démocrates dans son cœur et qu’il est de ceux qui pensent que, finalement, il n’y a pas beaucoup de différences entre les Démocrins et les Républicrates. Mais, s’il ne se fait pas d’illusions sur les vertus politiques de John Kerry, il ne peut se résoudre à voir Bush Jr être réélu, simplement parce que les Etats-Unis ne surviveraient pas à quatre ans de plus de sa politique destructive.
Avec ce disque, Dan Bern joint sa voix irrévérencieuse à celles de ceux qui défendent l'idée simple que citoyenneté ne signifie pas soumission, bien au contraire. Et s’il plaide pour un vote de raison contre George Bush, il rappelle que la démocratie va bien au delà d’un vote et que c’est dans la rue, dans les associations, sur les places de travail ou encore par l’art, que la conscience civique doit s’exprimer au jour le jour.
Dan Bern, My Country II, Messenger Records.
Tom Waits brut et dépouillé
Difficile de décrire le plaisir ressenti à la première écoute de Real Gone, nouvel album de Tom Waits, à qui l’on doit déjà d’innombrables perles, comme Closing Time (1973), Nighthawks at the Diner (1975), Blue Valentine (1978) ou encore Bone Machine (1992). Il faut d’abord relever l’heureux retour du guitariste Marc Ribot, absent depuis le fénoménal Rain dogs (1985), dont le jeu de guitare saturé convient particulièrement à la voix roccailleuse du chanteur. Une très bonne nouvelle, après les deux précédents albums, Money et Alice, pour le moins décevants. On retrouve donc un grand Tom, qui a abandonné son piano pour l’occasion et qui renoue avec ces atmosphères nocturnes qui le caractérisent. On notera le titre «Day after tomorrow», ballade sombre dans laquelle un soldat au front écrit à sa famille. Real Gone est indiscutablement une des toutes grandes sorties de cet automne!
Tom Waits, Real Gone, Anti.
Néo-folk hippie
On avait déjà été agréablement impressionné par Rejoicing in the Hands (sorti au début de l’été, voir solidaritéS n° 48), et voici que le poète de San Francisco sort Niño Rojo. On retrouve toute la douceur, mais aussi l’excentricité de celui qui est incontestablement la révélation de cette nouvelle scène folk US qui se porte décidément très bien...
Devendra Banhart, Niño Rojo, XL Recordings.
Erik GROBET
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