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J’écrivais voici quelques jours que le vice-président Joe Biden n’allait probablement pas se porter candidat après sa prestation au Late Show animé par Stephen Colbert. Lors de son entretien avec l’animateur, il montrait à quel point le drame familial (son fils Beau est récemment décédé d’un cancer) l’a marqué. Il semblait sincère en précisant qu’à ce stade, il est incapable de dire s’il peut ou non envisager de se porter candidat à l’investiture démocrate pour la présidentielle 2016.
Journaliste à Bloomberg, John Heilemann retrace les 28 heures que Joe Biden a passées à New York. Le vice-président a côtoyé la ministre de la Justice Loretta Lynch pour résoudre plusieurs cas de viols irrésolus. Il a flanqué le gouverneur Andrew Cuomo lors de sa conférence de presse annonçant sa volonté d’augmenter le salaire minimum à 15 dollars. Il est apparu dans le Late Show et enfin sur le porte-avions Intrepid pour donner un discours à l’occasion de la commémoration des attentats du 11 septembre 2001. Le journaliste mentionne un fait qui pourrait toutefois changer la donne.
Durant son séjour new-yorkais, Joe Biden a rencontré en secret, dans un hôtel de Midtown à Manhattan, pendant 90 minutes, l’un des plus puissants bailleurs de fonds du Parti démocrate, Robert Wolf qui fut CEO d’UBS Americas. Sponsor important de la campagne de Barack Obama, il est devenu un ami proche du président avec lequel il joue au golf. Ce fut le cas le mois dernier à Martha’s Vineyard. Contacté par le journaliste de Bloomberg, Robert Wolf a déclaré que Joe Biden n’avait fait aucune mention de sa candidature ou non. Les deux hommes auraient parlé de la Banque d’import/export que certains républicains entendent fermer.
Cette rencontre Wolf -Biden pourrait indiquer un intérêt du dernier à trouver des soutiens. Les deux hommes n’ont jamais vraiment eu de vraies conversations. Pour Biden, le soutien de Robert Wolf pourrait avoir deux avantages. Il pourrait lui ouvrir davantage les portes de Wall Street, nécessaire pour mener une campagne au long cours. Il pourrait aussi signifier que Barack Obama, proche de Robert Wolf, soutient en fin de compte la candidature de son vice-président. Pour Hillary Clinton, ce serait une très mauvaise nouvelle, ce d’autant que la candidate est en train de sombrer dans les sondages, même au sein de l’électorat féminin démocrate.