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L’Église orthodoxe éthiopienne tewahedo (qui veut dire « unie ») rattache sa fondation à Saint Philippe. Comme nous le raconte les Actes des Apôtres (Ac 8, 26-40), Philippe baptisa un eunuque, trésorier de la reine de Candace d’Éthiopie. Plusieurs voient dans ce baptême le début de l’Église éthiopienne.
Mais l’Église orthodoxe éthiopienne s’inscrit dans la tradition orthodoxe du patriarcat d’Alexandrie d’où elle reçue l’évangélisation au IVe siècle déjà. C’est à cette époque qu’un chrétien d’origine syrienne Frumence introduit le christianisme dans la cour royale. C’est alors que le royaume d’Axoum devint chrétien. Frumence est alors ordonnée par le Patriarche copte d’Alexandrie, Saint Athanase, et devient le premier évêque de l’Église éthiopienne sous le nom d’Abba Salama (« Père de la Paix).
Au Ve siècle l’œuvre inaugurée par Frumence, appelé « l’Illuminateur » de l’Éthiopie, est complétée par des moines d’origine syrienne que la tradition appelle les « Neuf Saints ». Ils fondent des monastères et traduisent la Bible en Ge’ez, langue liturgique de l’Église éthiopienne.
Au VIe siècle se développe une tradition musicale propre principalement avec Saint Yared. C’est à cette époque, que naît la querelle monophysite. A la suite du Concile de Chalcédoine les syriens, les coptes et les éthiopiens sont accusés d’hérésie. Les Églises non-chalcédoniennes confessent avec Saint Cyrille d’Alexandrie « l’unité de nature du Verbe incarné », c’est-à-dire, la parfaite union de la nature humaine et la nature divine dans le Christ.
L’Église orthodoxe éthiopienne s’est ensuite développée de manière assez libre et autonome sans trop d’oppressions de la part de l’Islam. Du XIIIe jusqu’en 1975, elle a été une Église d’état. Depuis 1948, elle est autocéphale avec le siège patriarcal à Addis Abeba.
Elle est en communion avec les Églises orthodoxes orientales qui reconnaissent les trois premiers conciles œcuméniques avec les Églises de tradition syriaque, arménienne et copte. Aujourd’hui elle utilise aussi la langue amharique dans la liturgie. Elle possède son propre calendrier liturgique et son propre canon biblique incluant le livre d’Hénoch et le livre des Jubilés.
Le développement autonome de l’Église orthodoxe éthiopienne durant des siècles avec peu d’influences d’autres Églises lui a permit de développer une spiritualité et des usages liturgiques propres en partie inspirés de l’Ancien Testament. Elle vénère nombre de saints éthiopiens dont Saint Lalibela, -fondateur des églises monolithes de la ville de Roha- et utilise des instruments africains tels que le tambour et le sistre, ainsi que les danses sacrées pour célébrer la divine liturgie. Axoum est la ville sainte de référence puisque gardienne de l’Arche de l’Alliance, mais les sanctuaires de Lalibela et du Lac Tana sont aussi d’importants lieux de pèlerinage.