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Je voudrais vous y voir, vous (enfin dans le vôtre). Le mode d'emploi du transat exige un long apprentissage.
Le mien était jaune poussin de Pâques ; il est désormais jaune paille de fin d'été. Une saison, puis une autre, et quelques années encore sont passées :
Les élastiques qui assuraient sa stabilité ont rendu l'âme, remplacés par des sandows tricolores. Son appuie-tête s'est tassé, creusé en son centre sous le poids des idées. Son avenir est précaire ; sa beauté fanée. Ses ressorts grincent, ses boulons flageolent. Et pourtant, un nouveau printemps est arrivé... Mais pourquoi donc les linguistes, les historiens, les économistes et autres chercheurs en sciences humaines, dures et molles tout à trac, n'ont-ils pas jugé utile de se pencher sur son cas si complexe et mystérieux ? Pourquoi diable Roland Barthes n'a t-il pas jugé bon de mettre le transat au rang des mythologies modernes ?
Il est vraiment temps de réhabiliter le transat et sa philosophie paresseuse pour éclairer ce monde de brutes. Venceremos ! " Vanessa Postec fait ici l'éloge, avec drôlerie et finesse, de la plus belle monture de la slow philosophie.