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Travail en cours. La numérotation du chapitre est provisoire.
XII
Oona la belle, Oona la merveilleuse, Oona la splendide, Oona la seule! Elle tenait à porter elle-même ses skis, ses bâtons et son sac. Il avait garé la voiture, une puissante BMW sportive, au bas de l'immeuble. Les skis furent disposés sans difficulté sur le porte-skis, alors que les bagages prirent le chemin du coffre, qu'ils remplirent presque car il était assez exigu, et les bâtons celui de l'habitacle.
Ni une, ni deux, quelques minutes plus tard la voiture roulait en direction de l'autoroute. Ni Oona, ni Jacob n'aimaient attendre ou tarder, et il bénissait le Ciel que sa compagne ne fût pas une de ces femmes tête-en-l'air qui, une fois installée dans un véhicule, en ressortait aussitôt pour aller chercher quelque objet capital, forcément capital, oublié dans l'appartement, comme un bâtonnet de rouge à lèvres ou une énième paire de gants, tu sais, les rouges en laine que tu adôôôôres! Certaines femmes ont toujours l'angoisse de faillir à leur mission première, qui est de plaire, mais pas Oona, car, souveraine et royale, elle n'avait jamais eu le moindre doute à ce sujet, ce que son sourire charmant confirmait à chaque instant, et, surtout, elle était au-dessus de tout cela, en vraie femme libre!
Ils allaient à Zermatt. A cette heure, en fin d'après-midi, l'autoroute commençait à se charger, mais cela les indifférait, car ils avaient tout leur temps. Même, et surtout, celui de s'arrêter au Relais du Saint-Bernard pour faire le plein et manger un sandwich à une table inoccupée du restaurant, main dans la main, en regardant le soleil se coucher sur le petit lac. Ils se réjouissaient de ce week-end de ski, qu'ils attendaient depuis des semaines, et profitaient de ce bref moment d'intimité en public, sur la route...
Une fois arrivés à Taesch, Jacob gara la BMW dans l'immense parking qui jouxtait la gare et, pendant qu'il déchargeait les bagages, Oona alla chercher un chariot. Elle l'aida à disposer les bagages sur ce dernier, puis ils se mirent en marche en direction des guichets, lui poussant le chariot, elle surveillant les sacs afin qu'ils ne tombassent pas. Ils achetèrent leurs billets au ghichet, puis rejoignirent le quai. Le train arriva quelques minutes plus tard. Ils prirent place sur une banquette, après avoir laissé le chariot dans l'espace réservé, et l'avoir dûment attaché au crochet avec la sangle prévue à cet effet.
Lors de la montée vers Zermatt, il faisait nuit et, du fait de la lumière qui éclairait le wagon, on ne pouvait plus profiter de la vue sur le paysage montagneux fait de forêts et de neige, ni sur la gorge impressionnante que surplombait la voie du chemin de fer. Jacob attendait, comme chaque fois depuis qu'il était enfant, d'entendre, au début de la montée, le choc métallique de la roue dentée que le machiniste faisait tomber sur le rail à crémaillère, alors que Oona avait posé la tête sur son épaule et s'était assoupie.
Il la réveilla quelques minutes avant d'entrer en gare de Zermatt. Oona cligna des yeux, s'étira, lui donna un bisou puis, après être restée quelques instants comme prostrée, se leva. Jacob l'imita, et ils se dirigèrent vers leur chariot. Ils n'eurent aucune difficulté à trouver un taxi, qui les déposa en quelques minutes au pied du chalet. Les skis, les chaussures de ski et les bâtons rangés dans le skiroom, il prirent l'ascenseur et montèrent vers leur appartement. Ils déposèrent le reste des bagages dans leur chambre, se débarbouillèrent rapidement, puis ressortirent dans l'air froid et sec de Zermatt, engoncés dans leurs anoraks. Oona et Jacob avaient en effet décidé d'aller manger une raclette au Restaurant du Pont, car, malgré le sandwich, tout cela leur avait donné faim. Une faible lune croissante se devinait parfois entre les nues. Profitons du moment présent, demain serait un autre jour, se dirent-ils!
Jacques Davier (Août 2020)