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28/07/2008
Un procès exceptionnel s'est ouvert à Bellinzone
Le plus grand procès jamais mené en Suisse dans une affaire de blanchiment d'argent s'est ouvert. Cinq banquiers comparaissent devant le Tribunal pénal fédéral à Bellinzone. Alors qu'ils plaident non coupables, ils risquent jusqu'à cinq ans de réclusion.
Les cinq banquiers sont accusés d'avoir blanchi près de 44 millions de dollars placés en Suisse par des fonctionnaires corrompus employés par le fisc brésilien. Ceux-ci ont déjà été condamnés à Rio de Janeiro à des peines allant jusqu'à dix-sept ans de prison.
Directeurs ou cadres de la Discount Bank & Trust Company (DBTC), reprise en 2001 par l'Union Bancaire Privée, les cinq accusés auraient fermé les yeux sur l'origine douteuse des fonds. Selon l'acte d'accusation du Ministère public de la Confédération, l'ex-directeur de la succursale de Zurich de la DBTC et celui qui fut son adjoint essuient les reproches les plus graves.
Les deux Zurichois, âgés de 59 et 61 ans, auraient "orchestré ou facilité des opérations de compensation" permettant d'entraver l'identification des fonds. Ces agissements leur auraient procuré des gains importants. Les irrégularités avaient été constatées après la reprise de la DBTC par l'UBP. L'établissement genevois les avait dénoncées aux autorités de poursuite pénale.
Les défenseurs des prévenus ont affirmé que ce procès agendé sur deux semaines allait déboucher sur le plus grand flop de l'histoire judiciaire suisse contemporaine. Mais pour l'accusation, les prévenus n'ont pas pu déterminer l'origine de l'argent perçu de manière suffisamment exacte.
Les nombreuses demandes déposées par la défense en préambule au procès, notamment la récusation du procureur Brent Holtkamp et la traduction de l'ensemble des pièces du dossier du portugais au français, ont toutes été repoussées. La date du jugement n'a pas été précisée.
Nous avons des journalistes et commentateurs extraordinaires, ils arrivent à nous informer du caractère exceptionnel d’un procès alors que ce dernier n’a pas eu lieu.
Selon les avocats de la défense, ce procès ne débouchera sur rien si ce n’est peut-être sur la preuve que les lois qualifiant le blanchiment sont interprétables de telles façons qu’elles en deviennent inapplicables…