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14.10.2011
Courrier
La tendance envers la corruption est totalement sous-estimée par le public et la presse
Où en est le projet d'initiative populaire du PS? D'après mes informations, le groupe de travail a fini de rédiger un projet de texte; est-ce exact?
Cela n’a jamais été un projet du PS et il n’y a pas de groupe de travail du PS. Andy Tschümperlin et moi-même avons préparé dès le 1er avril la création d’une Association indépendante. Après une demi-douzaine de réunions à Olten, Lucerne et Zürich, cette association pour la Transparence a été fondée à la mi-septembre à Schwyz (www.transparenzler.ch). Dans le cadre de ce processus, la majorité de ce groupe a décidé de se concentrer sur la transparence dans le financement de toutes les activités politiques et c‘est vrai que nous avons finalisé un projet pour une initiative constitutionnelle. Mais cette initiative va seulement être lancée quand elle sera soutenue par 200 citoyennes et citoyens actifs et quand l’Association aura un trésor de 50'000 francs – une condition sine qua non pour le lancement d’une initiative populaire fédérale. Cela ne va pas être le cas avant le printemps 2012. Mais peut-être une telle initiative ne sera plus nécessaire parce que la Conseillère fédérale Simonetta Somaruga a annoncé qu’elle va venir avec un projet d’une loi pour la transparence en mai 2012 !
Quand sera-t-il débattu par le parti?
Dans le parti ce débat se développe, très intensivement, à tous les niveaux et dans beaucoup de sections depuis le printemps 2011! La direction du PSS a donné sa priorité à d’autres initiatives populaires – mais elle soutient l’Association qui a été crée à Schwyz.
Que prévoit ce texte en terme de transparence, de contrôle et de sanctions, de limitation des dépenses lors de campagnes électorales, etc.?
Je suis convaincu qu’en Suisse on ne peut jamais trouver une majorité populaire pour une limitation «à la française». Nous avons suivi dans le projet la logique que toutes les dépenses qui dépassent 10'000 francs pour un parti ou pour un comité dans le cadre d une élection ou d’une votation doivent être connu publiquement avec la source et son affectation.
Comment peut-on savoir d'où vient réellement l'argent, par exemple dans le cas de fondations, d'associations, etc.? Un exemple: au Tessin, les dons supérieurs à un certain montant doivent déjà être annoncés. Pour le PLR, on trouve de nombreux dons d'une certaine «Association pour
le maintien et la diffusion de la conception libérale de l'Etat», dont je n'ai trouvé aucune trace sur internet ...
Je suis d’accord que ni les lois et pratiques au Tessin et à Genève sont satisfaisantes. Mais elles ont quand même l’avantage d’avoir été à l’avant-garde en Suisse – hélas pas suivies par un seul canton alémanique. Les fondations sont un problème qui va être traité juridiquement. Il est évident qu’il nous faut connaître les grands donateurs avec nom et adresse, de façon claire et nette.
Diriez-vous que l'absence de règles sur le financement et le problème des liens d'intérêt font de la Suisse un pays politiquement corrompu?
Tous les pays qui n’ont pas des règles dans ce domaine s’exposent en tout cas à cette suspicion! Je sais qu’en Suisse on peut influencer les décisions politiques et parlementaires avec de l’argent. Il y a une tendance envers la corruption totalement sous-estimée par le public et la presse n’ose pas en parler parce qu’elle dépend dans beaucoup de cas des mêmes sources financières! Personnellement je suis convaincu qu‘il faut établir plus d’équilibre et de fairness dans la compétition politique avant les élections et les votations – c’est beaucoup plus que la transparence, mais la transparence est une conditions pour avancer dans cette direction de fairness, mais pas encore une garantie suffisante.
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Andreas Gross
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