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Comment reconnaître un bon politicien
Vous savez parler. En effet, vous utilisez une langue belle et simple que chacun comprend. Vous n’avez pas recours à des expressions idiomatiques mais savez trouver des chutes. Lorsque vous parlez au Conseil, vous vous exprimez librement ou avec un aide-mémoire, mais vous ne lisez pas votre discours. Même lorsque vous attaquez votre adversaire politique, vous le faites avec humour et verve. Vous ne donnez pas de leçons de morale. Vous éviter le jargon administratif, les anglicismes, les proses spécialisées et les généralités.
Vous savez vous taire. Si vous êtes vraiment bon, vous ne vous exprimez que sur des sujets que vous trouvez pertinents et que vous comprenez. Même si durant une année électorale la tentation est particulièrement grande, vous trouvez la volonté de décommander une interview, un article, un passage à la télévision si vous n’avez rien d’intéressant à dire.
Si vous êtes puissant, ne jouez jamais sur l’adversaire. Faites preuve de persévérance et de fair-play
Vous écoutez. Comme on peut souvent l’observer dans l’émission de la télévision alémanique «Arena», il y a trois sortes de politiciens. Les premiers attendent la prochaine occasion pour interrompre leurs interlocuteurs. Les deuxièmes attendent avec plus ou moins de patience de pouvoir reprendre la parole. Faites comme les troisièmes: écoutez la personne en face de vous et réfutez son argument le plus fort au début de votre réponse. Cela donne un air supérieur et présente parfois l’avantage d’en apprendre un peu plus.
Vous posez des questions. Celui qui n’a pas de questions croit tout savoir ou ne sait rien, ce qui revient souvent au même. En bonne politicienne et bon politicien, vous posez de préférence des questions dont vous ne connaissez pas encore les réponses.
Vous donnez. La politique n’est pas une forme de thérapie et les parlements et les gouvernements ne sont pas des parcs animaliers. Si l’on veut défendre les intérêts des électeurs ou de ses groupes d’intérêts, il faut être clair, parfois violent, parfois bruyant. Si vous êtes puissant, ne jouez jamais sur l’adversaire. Faites preuve de persévérance et de fair-play.
Vous encaissez. Les femmes surtout, et en particulier les femmes de gauche, ont beaucoup de mal à accepter les critiques. Pourquoi? Pour des raisons morales, la gauche a souvent le sentiment de devoir renoncer à quelque chose qui pourrait rapporter beaucoup plus d’argent. Elle espère peut-être une sorte de compensation en attirant la sympathie des médias. C’est une erreur.
Vous renoncez. Plus un politicien assume de mandats d’administrateur, plus il faut se méfier de lui. Premièrement, parce qu’il ne prend pas au sérieux sa fonction de veiller sur les entreprises qu’il dirige. Deuxièmement, parce que lui ou elle propose ses services aux plus offrants comme un panneau d’affichage ambulant. Et troisièmement, parce que plus on le guide, moins il s’occupe lui-même des affaires. Les politiciens de droite en particulier ont de la peine à le reconnaître; ils n’arrivent souvent pas à comprendre qu’ils devraient plus se comporter comme des parlementaires que des lobbyistes.
Vous avez de la patience. La politique est dans le meilleur des cas un art, dans tous les cas un travail et un métier. On peut l’apprendre si on le veut: élaborer des tactiques, des stratégies, ne pas affronter directement les médias, former une coalition. Tout cela prend du temps. Souvent des décennies. N’abandonnez pas. Ou changez de métier.
Vous lisez. Et pas uniquement des sondages, mais également des études. Et pas uniquement des journaux, mais également des livres. Et pas uniquement des livres spécialisés, mais également des romans. Et pas uniquement des classiques, mais également des nouveaux romans. Et pas uniquement des romans sérieux, mais également des romans satiriques. Et pas uniquement en français.
Vous avez de l’humour. Et vous faites même preuve d’autodérision. Vous prenez les choses au sérieux, mais vous ne vous prenez pas au sérieux.
Vous dites ce que vous pensez.
Vous pensez ce que vous dites.
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