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paître avec plus de violence mes premiers feux. Je fis mes efforts pour la fléchir; je con: fessai que j'étois coupable; j'avouai que moi. même j'aurois pu être tenté par des présens aussi considérables. Contente de cet aveu et de la vengeance qu'elle venoit de tirer d'un époux qui l'avoit obligée de rougir devant lui, elle revint et vécut en paix avec moi. Elle me donna , comme si c'eût été un léger présent, un chien qu'elle avoit reçu de Diane, et qu'aucun autre n'égaloit à la course : elle y joignit ce javelot que vous voyez entre mes mains. Vous me demanderez quel fut le sort de ce chien. Écoutez; ce prodige vous éton
nera.
F A B LE XV I I.
Un chien et un animal féroce changes en
pierre.
Le fils de Laïus avoit deviné l'énigme du sphinx. Thémis, pour venger la mort de ce monstre, en envoya un autre dans le voisinago de Thebes., qui dévoroit les troupeaux et les pasteurs. Toute la jeunesse des environs s'assembla
pour
le combattre : mais, avec une agilité incroyable , il s'élançoit au - dėlà des toiles et des filets; plus léger qu’un oiseau, il échappoit à la poursuite des chiens. On me demande le mien avec instance. Lélaps, c’é. toit son nom, brûloit de courir à son tour, et s'impatientoit d'être retenu. A peine fut-il libre, que nous le perdîmes de vue : un jave: lot, une flèche , ne s'élancent pas avec tant de vitesse.
Je monte sur une éminence d'où les regards s'étendoient sur toute la plaine, et de là j'ad+ mirai la légéreté de deux animaux qui sembloient se disputer le prix de la course. C'étoit en effet un spectacle fort amusant. D'abord Lélaps se jette sur la bête : mais elle sait s'en garantir, et, pour le mettre en défaut, elle se range de côté et le laisse passer; tantôt elle fait un détour, quelquefois elle revient sur ses pas; tantôt elle forme dans sa course rapide un circuit, afin d'échapper à son élan. Cependant Lélaps renouvelle son ardeur et ses efforts
l'atteindre : il suit de si près son ennemie , qu'il ouvre la gueule pour la saisir; mais il ne mord que le vent,
pour
Alors j'eus recours à monjavelot. Après avoir fixé mes yeux sur mon arc pour le tendre, je les portai de nouveau sur la plaine. Mais, ô prodige ! je n'y vois plus que
deux
de mars bre voisins l'un de l'autre : l'un semble fuir; on croiroit que l'autre aboie encore en le pour
, suivant. Quelque dieu sans doute a voulu que tous deux fussent invincibles à la course, si quelque dieu cependant a pu s'intéresser à
eux.
Céphale se tut à ces mots. Phocus le pria de lui apprendre pourquoi il regardoit son javelot comme la source éternelle de ses larmes ; et le héros athénien reprit ainsi la ра+
role :
Céphale blesse, sans le savoir, Procris son
épouse. Le souvenir de mon bonheur passé est aujourd'hui la cause de ma douleur et de meg regrets. Content de mon sort pendant les premières années de mon mariage, c'étoit avec une extrême satisfaction que je voyois Procris partager mon bonheur. Nous goûtions l'un et l'autre les délices d'un amour mutuel; nos inclinations, nos penchans, nos plaisirs , étoient les mêmes. Elle ne m'eût pas préféré Jupiter; je ne l'aurois pas abandonnée pour Vénus : enfin notre ardeur étoit égale. Cependant, adonné aux exercices de la jeunesse, et sur-tout passionné pour la chasse , je passois la plus grande partie du jour à errer dans les forêts, un arc à la main. Je n'avois avec moi ni chiens ni domestiques pour tendre les toiles : mon javelot me suffisoit. Mais lorsque j'étois las de percer les animaux sauvages, je cherchois l'ombre et le frais. Le zephyr qui pénètre doucement dans l'épaisseur des bocages et tempère la chaleur du jour, me faisoit éprouver tant de délices, que je lui prodiguois, comme par reconnoissance, les mots çaressans que j'aurois pu adresser à une nymphe : je le priois de venir appaiser mes feux; je lui donnois les noms les plus flatteurs ; j'ajoutois mille autres propos de fantaisie qui paroissoient ne pouvoir convenir qu'à une maîtresse bien aimée. C'est vous, lui disois-je , qui réparez mes forces languissantes ; c'est vous qui me faites chérir la solitude des fos