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La prostate est une glande génitale masculine dont la taille peut être comparée à celle d’un œuf ou d’une châtaigne. Située sous la vessie et traversée par l’urètre, elle sécrète un liquide séminal expulsé avec le sperme lors de l’éjaculation. Cette glande produit également une protéine, l’antigène prostatique spécifique*Protéine fabriquée par la prostate et dont la production augmente dans la plupart des cancers de la prostate. Son utilisation en tant que marqueur dans le dépistage du cancer de la prostate est controversée. (ou PSA), qui est utilisée comme un marqueur sanguin d’un éventuel cancer de la prostate.
Le stade d’évolution de ce type de cancer est déterminé grâce à un système international de notation qui permet de distinguer une tumeur confinée à l’intérieur de la prostate, celle qui déborde sur sa périphérie et celle qui s’est étendue aux organes voisins.
Symptômes du cancer de la prostate
À un stade peu avancé, la maladie n’engendre pas de désagrément perceptible. Il faut savoir que le cancer de la prostate évolue en principe très lentement et qu’il reste souvent limité à cet organe ou à sa périphérie, de sorte qu’il peut rester longtemps asymptomatique ou peu symptomatique. On suppose ainsi que l’on pourrait trouver des cellules cancéreuses de la prostate chez près de la moitié des hommes de plus de 75 ans, mais la plupart d’entre eux ne le sauront jamais. D’ailleurs, ce type de cancer est souvent diagnostiqué de manière fortuite, par analyse sanguine, lors d’un bilan de santé de routine.
En revanche, lorsque la tumeur grossit au point de s’étendre au-delà de la capsule prostatique, la taille de la glande augmente avec elle, ce qui entraîne une compression de l’appareil urinaire et des troubles de la vidange de la vessie, voire un blocage de l’écoulement de l’urine.
Le patient se plaint alors de plusieurs symptômes : affaiblissement du jet d’urine et difficultés à uriner ; besoin fréquent et impérieux d’uriner, surtout la nuit, parfois accompagné de douleurs (mictions douloureuses) ; traces de sang dans l’urine, etc.
À noter toutefois que ces troubles ne signalent pas nécessairement un cancer de la prostate ; ils peuvent en effet être liés à une affection bénigne, raison pour laquelle il convient de consulter pour en chercher les causes.
Causes du cancer de la prostate
Une tumeur de la prostate se déclare lorsque les cellules de cet organe dégénèrent et se multiplient de façon incontrôlée. Des facteurs génétiques semblent intervenir dans l’apparition du cancer de la prostate, mais l’âge du sujet figure également parmi ses causes principales dans la mesure où près de la moitié des sujets concernés ont 60 ans ou plus.
Facteurs de risque
Le cancer de la prostate est considéré comme une maladie liée à l’âge : en effet, il frappe extrêmement rarement des hommes de moins de 50 ans. Ainsi, alors qu’en moyenne seul un cinquantenaire sur deux présente une hypertrophie prostatique non cancéreuse, la prévalence de cette affection bénigne passe à près de 90 % chez les octogénaires.
L’explication tient au fait que le vieillissement masculin s’accompagne d’un changement hormonal par lequel la dégradation de la testostérone entraîne la formation d’une autre hormone, l’andostradiol, responsable de la croissance de la prostate.
La présence d’antécédents familiaux est un autre facteur de risque connu de développement d’un cancer prostatique.
Traitement du cancer de la prostate
L’instauration d’un traitement est indiquée à partir du moment où la tumeur entraîne l’apparition de plaintes objectivables. Le choix des moyens thérapeutiques dépend essentiellement de l’âge et de l’état général du patient, de l’importance des troubles, du stade d’évolution et de l’agressivité de la tumeur (atteinte des ganglions*Petites glandes impliquées dans les défenses immunitaires et présentes en divers endroits du corps. S’il y a un grand nombre de bactéries, de virus ou de cellules cancéreuses dans le corps, les ganglions peuvent devenir enflés. lymphatiques, présence de métastases*Tumeur formée à partir de cellules cancéreuses qui se sont détachées d'une première tumeur (tumeur primitive) et qui se sont déplacées dans une autre partie du corps où elles se sont installées.).
Les méthodes courantes comprennent :
- l’ablation de la prostate ou prostatectomie*Procédure médicale qui consiste en l’ablation chirurgicale de la prostate.,
- la radiothérapie*irradiation de la glande pour détruire les cellules cancéreuses, soit depuis l’extérieur, soit en introduisant de minuscules capsules radioactives directement dans la prostate, après anesthésie locale,
- la prescription d’hormones spécifiques (hormonothérapie*Certains cancers peuvent être stimulés par la présence de certaines hormones. L’hormonothérapie vise à restreindre l’action de ces hormones afin d'éliminer les cellules cancéreuses qui y sont sensibles.) et/ou la chimiothérapie*Traitement médicamenteux qui agit contre les cellules cancéreuses. (uniquement en cas de stade avancé du cancer de la prostate).
Ces techniques peuvent être appliquées séparément ou en association. La thérapie focale, par exemple, combine l’imagerie médicale et la destruction tissulaire par ultrasons focalisés de haute intensité (HIFU) ou cryothérapie*Technique médicale qui consiste à détruire des cellules cancéreuses grâce au froid..
Enfin, la surveillance active est envisageable en cas de tumeur peu agressive et n’entraînant pas de symptômes gênants. Il est en effet possible de différer l’instauration d’un traitement en suivant régulièrement le patient et l’évolution de sa maladie. Cette approche est particulièrement privilégiée chez les patients très âgés.
Évolution et complications possibles
Comme le cancer de la prostate évolue le plus souvent très lentement, il est possible qu’il n’entraîne pas de douleur ni aucune altération notable de la qualité de vie du sujet concerné et ce pendant de longues années.
Lorsque la tumeur est détectée à un stade précoce, les chances de guérison sont généralement bonnes. Dans certains cas, il est même envisageable de se limiter à une surveillance active de son évolution, en effectuant des contrôles réguliers. En fait, il peut s’avérer possible de ralentir le développement d’un cancer de la prostate, même lorsqu’il se trouve à un stade avancé. Les perspectives de guérison diminuent toutefois lorsque la tumeur a franchi les limites de la capsule membraneuse qui entoure la prostate pour atteindre les tissus environnants, voire produire des métastases.
Il convient également de souligner que certains traitements (prostatectomie et radiothérapie, notamment) peuvent avoir des conséquences qu’il est difficile de connaître à l’avance. Il peut s’agir d’une perte de la fécondité (stérilité), de troubles de la fonction érectile (allant de simples dysfonctionnements à l’impuissance) ou d’émissions involontaires d’urine (incontinence).
Prévention du cancer de la prostate
Les mesures de prévention sont dictées par le bon sens :
- pratiquer une activité physique régulière,
- veiller à consommer suffisamment de produits complets (contenant des fibres alimentaires) en faisant la part belle aux fruits et aux légumes (frais ou secs),
- manger moins de viande crue,
- boire moins d’alcool,
- surveiller son poids.
Ces simples mesures s’appliquent à la fois aux hommes qui ont déjà été soignés pour un cancer de prostate, à titre de prévention d’une éventuelle récidive, et à ceux chez qui ce diagnostic n’a jamais été posé. Les premiers devraient en outre continuer à se soumettre à des contrôles réguliers, à une fréquence qui dépend des traitements qui ont été administrés (ablation de la prostate ou prostatectomie, radiothérapie, chimiothérapie…) et de leur actuel état de santé général.
Quand contacter le médecin ?
Certains symptômes justifient une consultation médicale :
- affaiblissement du jet d’urine ou écoulement par gouttes,
- besoin fréquent d’uriner,
- douleurs lors de la miction,
- sang dans les urines,
- saignement ou douleur lors de l’éjaculation.
Prise en charge à l’Hôpital de la Tour
L’évaluation clinique comprend essentiellement :
- un bilan urinaire,
- un questionnaire standardisé,
- un examen par toucher rectal,
- un test sanguin pour déterminer le taux de PSA,
- une évaluation du volume prostatique et du débit urinaire,
- une échographie afin de visualiser plus précisément l’étendue d’une éventuelle tumeur.
Enfin, l’analyse d’un échantillon de tissu prélevé en différents endroits de la glande ([biopsie*|), grâce à une sonde munie d’une aiguille fine passée à travers la paroi du rectum, permet en principe d’établir un diagnostic définitif. Ce geste est effectué sous anesthésie locale. Le prélèvement peut être combiné avec une technique d’imagerie médicale pour mieux cibler les zones suspectes et améliorer ainsi la précision de la biopsie.
Pour déterminer dans quelle mesure la tumeur s’est propagée à d’autres régions du corps, le médecin peut procéder à d’autres examens tels que la scintigraphie osseuse*Technique d’imagerie médicale qui consiste à injecter un produit légèrement radioactif au patient pour mettre en évidence certaines zones du squelette. ou la tomodensitométrie*Technique d’imagerie médicale qui permet d’obtenir une reconstitution en 3D des différents organes du corps. (scanner).