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Plus de 270 décès dans les hôpitaux auraient pu être évités chaque année. C'est la conclusion d'une nouvelle étude du Groupe Mutuel, qui a analysé le nombre minimum de cas d'interventions médicales complexes dans les hôpitaux suisses.
Qu'est-ce qui différencie les spaghettis napolitains d’un chef cuisinier de ceux d'un apprenti cuisinier de première année? Le goût, tout simplement. Ce que le chef cuisinier vous servira sera probablement plus savoureux. L'apprenti et le chef cuisinier utilisent certes la même recette et les mêmes ingrédients, mais l’avantage du grand chef est qu’il bénéficie d’une longue expérience. Il sait comment faire dorer parfaitement les oignons pour la sauce, à quel moment précis baisser le feu et comment faire mijoter les pâtes dans la sauce tomate juste avant qu'elles ne soient «al dente» pour qu'elles absorbent la sauce. Cette analogie peut également s'appliquer aux médecins et à leur expérience et routine en matière d'interventions médicales. Sauf que pour les médecins, l'enjeu est autrement plus important qu’une sauce sans goût. Il s'agit ici de la santé et, dans des cas extrêmes, de la vie des patients.
Des nombres minimaux de cas plus réalistes pour une meilleure qualité de traitement
Une nouvelle étude scientifique du Groupe Mutuel, dirigée par le Dr Daniel Zahnd, a montré que plus de 270 décès auraient pu être évités chaque année dans les hôpitaux suisses si la qualité des traitements avait atteint un niveau minimal dans tous les établissements hospitaliers suisses. Pour l'étude, le risque de mortalité des patients a été examiné pour 25 groupes de maladies en relation avec la routine des médecins traitants. Pour dix interventions médicales, l'étude a établi un lien significatif entre le manque de routine des médecins et le taux de mortalité des patients. Par ailleurs, l'auteur a pu déduire des nombres minimaux de cas adaptés aux hôpitaux suisses pour ces mêmes dix interventions médicales. Dans ce cas, les nombres minimaux de cas représentent le nombre d'interventions qu'un hôpital doit atteindre afin de garantir une qualité de traitement optimale.
Les nombres minimaux de cas actuellement en vigueur pour les hôpitaux suisses sont déterminés sur la base des groupes de prestations de planification hospitalière (GPPH) et sont parfois nettement inférieurs à ceux de la présente étude. Ainsi, la Conférence des directrices et directeurs cantonaux de la santé (CDS) recommande un nombre minimal de 50 interventions par an pour une opération de remplacement de la hanche, alors que l'étude a montré que 303 interventions devaient être effectuées par an et par hôpital pour garantir une bonne qualité de traitement.
Les nombres minimaux de cas recommandés aujourd'hui doivent donc être évalués de manière critique, car ils ne reposent que sur des analyses de la littérature internationale, contrairement aux nombres minimaux de cas de l'étude du Groupe Mutuel, déterminés pour la première fois sur la base de données. Les données analysées dans l'étude pour les nombres minimaux de cas se basent sur les données des hôpitaux de soins aigus, de 2017 à 2019, de l'Office fédéral de la statistique. L'étude conclut que de nombreux hôpitaux ne disposent pas de la pratique routinière nécessaire pour effectuer certaines interventions de bonne qualité.
Les principaux résultats
- Les hôpitaux régionaux et de district en particulier manquent d'expérience pour certaines interventions
- La plupart des hôpitaux manquent d'expérience pour les interventions suivantes:
- ablation de la vessie
- remplacement de la hanche
- traitement de la broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO)
- opération de l'infarctus du myocarde
La qualité avant tout
Pour les cuisiniers comme pour les médecins, la qualité devrait être au centre des préoccupations. Pour les patients, obtenir le meilleur traitement ne devrait pas être une question de chance. Les interventions et les traitements médicaux complexes ne devraient être effectués que dans des hôpitaux où les praticiens ont une certaine routine.