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02/11/2012
Les Guarani Kaiowá de Pyelito Kue : mourir plutôt que quitter notre "tekoha" !
"Nous demandons au Gouvernement et à la Justice fédérale de ne pas décréter notre expulsion, mais nous [les] sollicitons de décréter notre mort collective et nous enterrer tous ici…" Il s'agit d'un extrait de la lettre publiée au début du mois d'octobre par la communauté - 170 hommes, femmes et enfants - Guarani Kaiowá de Pyelito Kue /Mbarakay, dans la municipalité d'Iguatemi (État du Mato Grosso do Sul - MS). Depuis une année, la communauté occupe sa "tekoha" (sa terre ancestrale en guarani), située sur les rives du rio Hovy, mais sur laquelle s'est installé un fazendeiro.
Cette lettre répond à la décision rendue, le 17 septembre, par la Justice fédérale de Naviraí (MS), qui ordonne l'expulsion des indiens. Vivants, les Guarani ne veulent pas quitter leur terre.
La Fondation Nationale de l'Indien (FUNAI) considère légitime la volonté des Guarani de rester sur ce territoire. Elle indique encore qu'elle a déposé un recours contre cette décision de la justice de Naviraí. Elle a obtenu gain de cause. Le 30 octobre, le Tribunal Régional Fédéral de la 3e région (São Paulo) a décidé que les Guarani peuvent continuer d'occuper deux hectares à l'intérieur de la fazenda Cambará jusqu'à ce que soient conclus les travaux d'identification de la Terre Indigène, engagés par la FUNAI.
Habituellement peu sensible à la situation des peuples indigènes, mais face à ce drame, l'opinion publique brésilienne a manifesté son émotion sur les réseaux sociaux. Une récolte de signature a été lancée sur Avaaz pour demander à Dilma Roussef, la Présidente de la république, et à André Puccinelli, le Gouverneur de l'État du Mato Grosso do Sul, d'intervenir.
Plusieurs médias ont assimilé cette volonté de résister comme étant l'expression d'une intention de suicide collectif, ce que contestent les intéressés. Le leader de la communauté, Apykaa Rendy, décrit la situation de la communauté dans une vidéo diffusée sur Youtube : voir la vidéo ci-dessous. Le Secrétariat de la présidence de la république a publié un communiqué pour faire le point de la situation et mentionner les mesures prises, entre autres, pour assurer la sécurité des indigènes.
Le Mato Grosso do Sul est connu pour être un État où les violences à l'encontre des peuples indigènes sont nombreuses*. Il est bon de rappeler que lors de l'adoption de la Constitution en 1988, l'article 67 des "Dispositions constitutionnelles transitoires" donne un délai de cinq ans pour la démarcation des Terres indigènes du pays… C'était il y a 24 ans !
* Voir sur ce blog, la note du 14 septembre 2012.
PS : L'activation des liens hypertextes renvoie aux sources utilisées pour la rédaction de cette note. Elles sont souvent en portugais, sauf quand il s'agit d'anciens "AYA Info".
Cette note a été publiée dans le dernier "AYA Info" No 76, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2