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Linda le regarda d’un air interrogateur, puis approuva. De toute évidence, il n’était pas envisageable que quelqu’un la trouvât laide.
Arrivés chez ses parents, le jeune homme l’invita à venir boire un verre en « ville », ( à coté de New York, la ville de Moudon était désertique), offre qu’elle accepta à son grand étonnement, certainement influencée par les gros yeux et les signes de tête approbateurs que lui faisait sa mère… « Finalement, il vaut mieux sortir d’ici » se dit-elle.
« Au fait, je ne sais toujours pas votre nom. » dit Linda.
« Paul. Et vous, vous êtes Linda? »
La jeune femme fut surprise. « Oui, comment le savez-vous? »
« J’ai lu votre nom sur vos valises. Puis, j’ai réalisé que j’avais déjà entendu votre nom quelque part et je me suis souvenu que vous êtes un mannequin célèbre. Mais j’ai eu du mal à vous reconnaître. Sûrement parce que vous êtes cent fois plus jolie en réalité, qu’en une des journaux! »
Celle-là , Linda ne s’y attendait pas! C’est son orgueil qui en prit un coup, quand Paul lui annonça qu’il avait eu du mal à la reconnaître, mais très vite la confusion s’empara d’elle. « Il me veut quoi? » pensa-t-elle.
« Et je suis prêt à parier que vous êtes encore cent fois plus radieuse sans votre accoutrement Dior, vos talons et votre mascara. » renchérit-il.
« C’est une Dolce & Gabbana. » rétorqua-t-elle à la limite du choc émotionnel.
Paul se mit à rire d’un air doux, alors que le serveur s’approchait d’eux.
« Un Martigny pour moi. » dit Linda
« Ce sera un café pour moi, et mettez plutôt un Coca pour la dame. Light, s’il vous plaît, parce qu’elle ne voudrait pas prendre un gramme.»
Quelques secondes de silence s’écoulèrent où Linda prenait conscience de ce que Paul venait de faire.
« Vous êtes gonflé, depuis quand on se permet de modifier la commande des dames qu’on invite? »
« J’avoue que ce n’est pas quelque chose que je fais habituellement, veuillez me pardonner, je n’ai tout simplement pas l’habitude d’inviter des dames» dit-il, le sourire en coin. « Mais je ne vous ai pas invitée pour vous ramener sur mes épaules, et je n’apprécie que modérément devoir vous regarder vous envoyer un verre de Martigny. Je veux bien croire que là où vous viviez avant, cela était très « chic » et que vous deviez en avoir l’habitude mais ici, je parie qu’un Coca-Cola vous conviendra. »
Linda acquiesça silencieusement. « Qu’est ce qu’il a? Il est vraiment trop vieux jeu » Pourtant, quelque chose ne cessait de l’attirer vers lui, et cette chose ne voulait pas la lâcher. Cela paraissait tellement plus grand qu’elle. C’était dans ses yeux. Oui, mais qu’est ce que c’était?
« Pourquoi vous avez l’air tellement heureux? » demanda-t-elle finalement.
Paul sourit et répondit « Et vous, pourquoi avez-vous l’air si malheureuse et fatiguée de la vie? Les podiums ça n’amène pas la gloire et les paillettes? Répondez-moi. Et je vous donnerai peut-être la raison de ma joie. »
« Je… comment vous permettez-vous de dire que je suis malheureuse? J’ai fait la Une des magazines les plus renommés du monde. J’ai tout pour être heureuse. »
« Allez-vous continuer? Allez-vous repartir à New York? Au fait, pourquoi êtes-vous revenue ici, alors que vous connaissiez la lumière des podiums? »
Elle réfléchit. C’est vrai que, même si son métier avait pu réellement la combler , elle n’avait plus rien maintenant.
« Ma carrière est finie. Alors, je rentre chez moi. En réalité, je n’ai plus rien maintenant. finit-elle par avouer.
Avec un sourire Paul lui dit « Je pense que vous faites erreur. Je suis moi-même convaincu que quelqu’un a le pouvoir de vous redonner le sourire et l’espoir, ainsi que ce que vous avez toujours voulu avoir au fond de votre coeur… Et il saurait vous offrir une lumière beaucoup plus vraie que celle du succès. Seriez-vous d’accord que je vous le présente?»