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Tandis que les pays occidentaux intensifient leurs efforts diplomatiques pour éviter l'éclatement d'un conflit militaire, Russie et Etats-Unis ont à nouveau bataillé durant une première réunion du Conseil de sécurité sur la crise ukrainienne.
En ouvrant la session du Conseil, Rosemary DiCarlo, secrétaire générale adjointe de l'ONU pour les Affaires politiques, a jugé qu'il n'y avait «aucune alternative à la diplomatie» dans la crise actuelle autour de l'Ukraine. «Il ne devrait y avoir aucune intervention militaire» pour la régler.
La session s'est tenue à la demande des Etats-Unis. La Russie avait mené une tentative pour l'en empêcher - sans succès, car dix pays sur les 15 membres du Conseil ont voté en sa faveur.
Cette réunion est «une étape décisive pour amener le monde à parler d'une seule voix» sur cette crise, a estimé le président Joe Biden.
En marge de cette réunion, Biden a prévenu dans un communiqué que «si la Russie se détourne de la diplomatie et attaque l'Ukraine, (elle) en portera la responsabilité et subira des conséquences rapides et sévères».
L'ambassadeur de la Russie aux Nations unies, Vassily Nebenzia, a d'emblée accusé Washington de chercher à «créer l'hystérie» et à «tromper la communauté internationale» avec des «accusations infondées».
Son homologue américaine Linda Thomas-Greenfield lui a rétorqué que le déploiement de plus de 100 000 militaires russes autour de l'Ukraine menaçait «la sécurité internationale». Elle a accusé Moscou de vouloir déployer début février, «preuves» à l'appui, plus de 30 000 militaires supplémentaires au Bélarus, dont le régime est très proche du Kremlin.
Vassily Nebenzia et son homologue du Belarus, Valentin Rybakov, ont souligné qu'il s'agissait «d'exercices militaires conjoints qui se tiendraient en février». «Nous avons des entraînements réguliers avec le Belarus comme sur le territoire russe», a fait valoir devant des médias l'ambassadeur russe.
Devant le Conseil, Vassily Nebenzia a demandé sur quelle base l'Occident pouvait affirmer qu'il y avait plus de 100 000 militaires russes déployés aux abords de l'Ukraine, rappelant qu'avant l'invasion de l'Irak en 2003, Washington avait assuré avoir des preuves d'armes de destruction massive dans ce pays, jamais trouvées.
L'ambassadeur de l'Ukraine à l'ONU, Sergiy Kyslytsya, a demandé d'un ton mesuré que son pays ne «soit pas intimidé» par des mouvements militaires. «La priorité est d'arriver à un cessez-le-feu dans la région du Donbass» dans l'est de l'Ukraine, théâtre d'affrontements avec des séparatistes ukrainiens soutenus par Moscou, a-t-il dit.
Tandis qu'à Washington, des élus ont affirmé que le Congrès était proche d'un accord sur un projet de loi prévoyant de nouvelles sanctions économiques contre la Russie.
Le Conseil de sécurité de l'ONU doit à nouveau discuter de l'Ukraine le 17 février lors d'une réunion régulière consacrée aux Accords de Minsk visant à pacifier le Donbass.
Un entretien téléphonique aura également lieu mardi entre les ministres russe et américain des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov et Antony Blinken, selon Moscou et Washington. (mbr/ats)
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