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La section Béroche du Club jurassien
A l'époque de sa fondation, le Club Jurassien voit fleurir les sections locales, dont la section Béroche, fondée en 1867. Parmi celles qui ont disparu, il s'en trouve une à Colombier et une autre à Bevaix. L'émulation est forte et l'enthousiasme communicatif. L'intérêt pour les sciences naturelles (plantes, animaux, roches) est vif, ainsi que pour l'agriculture et l'histoire, en particulier pour la préhistoire, stimulé par les trouvailles faites à la faveur de l'abaissement du niveau des lacs. Des petits musées se créent, des causeries et autres communications sont organisées. Surtout, on se rend dans le terrain pour observer par soi-même. Rappelons que le Club jurassien a été fondé en 1865 à Noiraigue lors d'une réunion en plein air.
La section Béroche a hérité des papiers de la section Bevaix, notamment des Travaux lus aux Sections de l'Areuse et de Bevaix par Franck de Truguet à la fin des années 1860. Ce personnage était le petit-fils de l'Amiral Truguet, ministre de la Marine sous le Directoire et maréchal de France sous Napoléon Ier...
A la fin du XIXe siècle et au début du suivant, les admissions au Club Jurassien sont souvent subordonnées à la présentation d'un travail de candidature. Malgré la difficulté, les demandes sont nombreuses.
On veut enrichir la flore. L'époque est aux « acclimatations » comme on dit. Ainsi à Vaumarcus, le baron de Büren, agronome et botaniste, cultive au château une véritable collection de plantes dont il disperse les pieds surnuméraires dans la région. Certaines de ces introductions ont fait souche et, encore actuellement, on peut voir Mimulus guttatus à La Raisse et Sedum spurium dans les Roches du Mont Aubert. Un exemple pittoresque est donné par une lettre du président du Conseil d'Etat vaudois adressée en 1916 à celui de la section Béroche, le pharmacien Armand Gaille, autorisant ce dernier à prélever, à Roche dans le Chablais, une douzaine de plantes de cyclamen racinés en vue de la création d'une nouvelle station de cette espèce dans le voisinage de La Lance près de Concise ! En mai 1916, Samuel Zwahlen annonce qu'il a découvert une station de fritillaires dans le marais au dessous du Crochet, près de la source de la Vaux ; on envisage d'introduire la plante du côté neuchâtelois. En octobre de la même année, parmi les plantes offertes à la section, on note, du même Zwahlen, cent oignons de Fritillaire de Méléagre. (Doué d'une excellente mémoire, Samuel Zwahlen a écrit, dans les années 1950 et au début des années 1960, environ 250 articles concernant la région.)
Les années 1920 et 1930 sont marquées par les fouilles archéologiques d'Armand Borel à Port Conty et l'Argillaz. Cet archéologue amateur a laissé de nombreux papiers. Loin du lac, on examine menhirs et pierres à cupules.
Le Club Jurassien, comme son nom l'indique, s'intéresse avant tout au Jura... et au confort de ses membres lorsqu'ils y séjournent. A cette fin, ses sections louent ou possèdent des chalets. Celui de la section Béroche est magnifiquement situé dans un repli de terrain au Crêt de la Chaille, à 1415 m d'altitude, au sommet de la côte, face au panorama des Alpes. Il s'agit d'un chalet de fenage originellement constitué d'une cuisine et d'une petite étable surmontée de couchettes. La fumée filtrait à travers le toit. L'étable a été transformée en chambre à manger. Administrativement, le chalet est géré par un groupe indépendant de la section auprès duquel il faut faire acte de candidature pour pouvoir accéder au statut de membre.
En 1986, la section organise une exposition de fruits à la salle de paroisse de Saint-Aubin, prémisse de la création de Rétropomme, une association qui, avec l'aide de la Confédération, cultive actuellement plusieurs milliers d'arbres à Pierre-à-Bot sur Neuchâtel.
Actuellement, elle peine à renouveler ses membres... A part son assemblée générale annuelle, bien fréquentée et assortie d'une causerie et d'un souper, elle organise différentes activités comme, en 2009, une visite des sites de la bataille de Grandson, une matinée d'entretien du sentier des gorges de la Vaux en amont de Vaumarcus et l'élimination de la litière aux sources du même ruisseau dans le bas marais mentionné plus haut, biotope abritant l'épipactis des marais, orchidée disparue du territoire neuchâtelois, et la fritillaire dont c'est la seule station vaudoise.