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Il est difficile de prévoir les retournements de marché et les actions offrent des rendements supérieurs à long terme.
Ces derniers jours, le ralentissement de la croissance couplé à la promesse d’une augmentation des impôts de la part de Boris Johnson ont tenu les marchés en haleine. Le schéma est le même aux Etats-Unis, avec un impact potentiellement plus important, ce qui nuirait aux actions. En outre, les nouveaux cas de COVID restent la préoccupation principale sur les marchés. Or les chiffres récents sont inquiétants aux Etats-Unis.
Les taux de vaccination et le port du masque sont plus faibles aux Etats-Unis, notamment dans les Etats républicains. Avec la rentrée des classes et l'approche de l'hiver, la situation va se détériorer. Toutefois, il est peu probable que des mesures de confinement importantes soient imposées. La tension est moindre au Royaume-Uni, où les chiffres des hospitalisations sont plus faibles, à l’instar de la plupart des pays d'Europe continentale. Le nombre de nouvelles infections devra tout de même être suivi de près.
La Fed se réunit la semaine prochaine et selon toute vraisemblance, elle devrait confirmer son intention de réduire ses achats d'obligations à la fin de l'année. Tout cela est désormais acquis. Les marchés vont donc se concentrer sur la date de la première hausse du taux directeur, qui dépendra des niveaux d'inflation et d'emploi. Les chiffres publiés cette semaine montrent que l'inflation a ralenti sur une base mensuelle, mais celle-ci reste bien au-dessus de l'objectif de 2%. Les derniers chiffres de l'emploi ont été encore plus décevants. L'augmentation a été de seulement 250'000 emplois, soit un tiers en-dessous des attentes du marché. Le nombre total d'emplois est donc toujours inférieur de plus de cinq millions au niveau d'avant la pandémie.
Néanmoins, le marché du travail devrait se redresser dans les mois à venir. Aux Etats-Unis, de nombreux jeunes travailleurs ont pris des congés pendant l'été et ont bénéficié d'allocations de chômage améliorées, qui étaient souvent plus élevées que le travail rémunéré. Ces avantages ont maintenant pris fin. Les demandes initiales de chômage ont fortement diminué ces dernières semaines et cette tendance devrait se poursuivre. Avec des enquêtes montrant d'énormes vacances de postes, c'est l'offre et non la demande qui est le problème.
Pendant ce temps, les projets de loi sur les infrastructures font leur chemin au Congrès. Ils impliquent de gigantesques dépenses, mais l'impact sur le marché dépendra davantage des hausses d'impôts associées. Les premiers projets prévoyaient une augmentation du taux de l'impôt sur les sociétés de 21% à 28%. La dernière proposition réduit cette augmentation et le taux final devrait être de 25%, ce qui reste une augmentation considérable. Si l'on y ajoute l'augmentation des impôts sur les revenus étrangers, l'impact sur les bénéfices du S&P l'année prochaine pourrait être d'environ 5 points de pourcentage. Nous estimons que moins de la moitié des analystes en ont tenu compte dans leurs estimations.
Au Royaume-Uni, l'augmentation récemment annoncée des taux de la National Insurance, la fin du chômage partiel dès le 1er octobre et la réduction du crédit universel ralentiront mais n'arrêteront pas la reprise. Les consommateurs ont encore une «tirelire COVID» importante grâce aux aides gouvernementales passées. Le budget du 27 octobre comprendra davantage de dépenses publiques dans le cadre du programme de nivellement par le haut.
Que signifie tout cela pour les actions? Une hausse des impôts et de l'inflation est une mauvaise nouvelle pour les marchés et pour les actions. Une correction d'environ 10% est à prévoir. Ce serait toutefois une opportunité d'achat. Les dépenses d'investissement sont en plein essor aux Etats-Unis, ce qui signifie une productivité accrue et des bénéfices plus élevés.