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Club>Historique
Sommaire
FONDATIONFONDATION
Au théâtre de la cour Saint-Pierre une projection de films sous-marins sous l’égide du Club Méditerranée : passaient un film de H? Haas et un de Willy Haag (le 2ème président de la FSSM). Dans l’assistance il y avait des plongeurs en libre, et quelques plongeurs autonomes. À la sortie de la projection, quelques personnes ont échangé des propos… et a germé, ce soir-là, l’idée de former un club de plongée à Genève. Willy Haag qui était présent a dit : “moi, je viens de fonder un club à Neuchâtel, il s’appelle le Club de sports Sous-marin de Neuchâtel (CSSN)“. Le directeur du Club Méditerranée Robert Métraux, qui a entendu cette conversation a dit : “venez au siège du Club (Méditerranée) aux Pâquis pour une réunion”. Dans cette réunion, il y avait entre autres Richard Bauer. Robert Métraux a sélectionné du fichier du CM des membres qui s’étaient inscrits dans des écoles de plongée du Club, afin de les contacter pour leur indiquer qu’il se formait un centre de plongée à Genève qui aura pour nom le Club de sports Sous-marin de Genève (CSSG). J’ai tout de suite été informé de cette réunion par ma femme Nicole et ai assisté à la première réunion de constitution du CSSG. La première réunion de constitution du CSSG a eu lieu au premier étage dans une salle du Café du Centre au Molard. Étaient présents :
- Richard Bauer
- Jean Desoche, qui fut le deuxième président
- Roland Ferrero, qui fut responsable de plongée
- Albert Hermann, qui fut secrétaire
- Jean Hurter, qui fut le premier président (nommé ce soir-là)
- Fernand Knodel
- Roger-Charles Monney, qui fut président
- Marc Nicod, qui fut aussi président
- Pierre Riond, qui fut secrétaire et trésorier du club
- John Vallélian
Puis il y a eu très rapidement des nouveaux membres : la série des jeunes, Michel Gallet, Yann Leppin, Jean-Claude Protta, Jean Sauter et son père (à qui l’on doit de nombreuses photos de cette époque), Alain Sauty ainsi que Rodolphe Pluss, etc… Le CSSG s’est successivement déplacé de bistro en bistro au gré des disponibilités des salles : Le Perron, Café du port, L’Estéou, Le Corail, Gd Marché, Le Valais, Les Platanes, jusqu'à ce que, sous la présidence de Alain Besson qui était dans le domaine architectural, on obtienne le local de la rue de Zurich à Genève. Quelque temps avant nous avions obtenu un tout petit local prêté par Richard Bauer dans son usine pour déposer les bricoles qui appartenaient au club. Le premier scaphandre, un biberon de 16 litres (1 bouteille) avec un détendeur Mistral de la Spiro appartenait à John Vallélian. On se le prêtait tour à tour pour faire des exercices à la Tour Carrée, surveillés par un copain en surface équipé de P.M.T. Ensuite, il y a eu un Draeger avec une bouteille de 4 litres (voir description du détendeur plus loin) prêtée par le plongeur de la firme Zschokke, Michel Merminod.
ENCADREMENTENCADREMENT
Jean Desoche, membre du CSSG a été le premier moniteur suisse de toute la Fédération Suisse de Sports sous-Marin (FSSS). Il a fait son monitorat à la Fédération Française d’Étude et de Sports Sous-Marin (FFESSM) en 1959 dans le centre de plongée de Niolon (près de Marseille) ; il a ainsi obtenu son brevet de "Moniteur National Français". François Claire et Claude Ferrari du CSSN ont suivi la même filière en 1960. Puis les membres du CSSG :
- Roland Ferrero en 1962, Michel Gallet en 1964, Jean-Claude Protta en 1965.
- En 1966, lors de la création du premier brevet de moniteur de plongée en eau douce "Moniteur fédéral suisse" (M***), François Claire a été nommé "Instructeur en chef" de la FSSS avec le brevet No 1.
- Roland Ferrero et Jean-Claude Protta ont été nommés instructeurs avec respectivement les brevets No 2 et No 3.
- En 1968, Claude Labarre et Henri Reyren du CSSG ont obtenu leur brevet lors du stage de M*** à Neuchâtel.
- En 1971, Roland Ferrero a succédé à François Claire comme "Instructeur en chef" à la FSSS pendant 11 ans.
- Plus tard, Henri Reyren a aussi été "Instructeur en chef" puis "Chef régional romand" de la FSSS. Là, je ne me rappelle plus les dates…
Le CSSG a donc beaucoup contribué à la formation de plongeurs avec un encadrement de haut niveau :
- 3 moniteurs *** : Jean Desoche, Michel Gallet, Claude Labarre
- 1 instructeur : Jean-Claude Protta
- 2 instructeurs en chef : Roland Ferrero, Henri Reyren
- Sans compter les moniteurs 1* et 2**
ENSEIGNEMENTENSEIGNEMENT
L’école de plongée au début du club était permanente : tout nouveau membre achetait son matériel (nous n’avions pas de matériel appartenant au club du moment que nous n’avions pas de local) et s’intégrait à notre groupe qui plongeait samedi et dimanche toute l’année. Il faut dire que tous nos nouveaux membres de l’époque avaient soit déjà plongé dans les écoles du Club Méditerranée, soit étaient des chasseurs sous-marins entraînés en plongée libre; de ce fait, ils n’hésitaient pas à acheter du matériel, car ils étaient sûrs de vouloir pratiquer la plongée. Dans les jeunes du club, il y en avait qui allaient plonger à Hermance en vélo, bouteille sur le dos et le reste sur le porte-bagages. Si vous ne me croyez pas, demandez à Jean-Claude Protta! Ils commençaient à s’instruire à notre contact, c’était très convivial et une fois par année nous organisions un brevet "premier échelon" de la FFESSM qui correspondait à notre plongeur deux étoiles (P**) actuel (mais en plus difficile), pour ceux qui étaient prêts à le présenter.
Pour les épreuves du brevet qui correspondait au P** (le P* n’existait pas), les épreuves se passaient à une profondeur de 40 mètres. Quand il est apparu sur le marché des détendeurs à 2 étages, les plongées en école se déroulaient obligatoirement avec des détendeurs Mistral, qui n’avaient pas d’Aquastop. La raison était la suivante : un plongeur instruit au Mistral pouvait plonger avec n’importe quel détendeur, mais pas l’inverse (risque de noyade) car le plongeur n’aurait pas su se servir d’un Mistral sans une instruction préalable. L’épreuve supplémentaire instaurée par le responsable d’école (en l’occurrence moi (Ferrero), durant 15 ans) qui avait lieu la semaine suivante (selon la météo) et qui sacrait "bon plongeur" le nouveau 1er échelon se déroulait de cette façon :
Nous allions sur la route d’Hermance à la station des SIG de Chevrens. Nous descendions jusqu’au bord du lac à travers champs avec tout le matériel. Là il y avait un tuyau de pompage d’eau qui allait jusqu'à une crépine située à environ 350 mètres du bord et à 46 mètres de fond. Ce tuyau était près du départ en pleine eau et cela ressemblait à une plongée que l’on appelle "plongée dans le bleu". Ensuite la moitié du parcours se situait entre 40 et 46 mètres de fond. La remontée se faisait dans le bleu, sans faire surface, le retour au compas au point de départ. Il fallait, pendant le trajet aller, repérer au compas le cap du tuyau pour pouvoir revenir au point de départ avec 180 degrés de décalage, sans être trop près du tuyau pour ne pas fausser le compas.
THÉORIETHÉORIE
La littérature se bornait à deux livres : La Plongée de la marine nationale et la plongée sous-marine de Rebikoff. La plongée était à ses débuts, la théorie aussi. Voici 2 exemples frappants :
- Dans la première édition de La Plongée, le temps sans paliers à 40 m était de 15 min, avec une remontée de 20 m/min. Dans la deuxième édition, il était de 20 min avec le même temps de remontée. C’est à partir de là que les accidents de décompression ont augmenté, non seulement à cause du temps passé au fond, mais surtout à cause du non-respect de la vitesse de remontée. Les rapports que nous avions avec la Comission Technique de la FSSS nous l’ont confirmé. Du coup la troisième édition donnait 10 min à 40 m avec 1 palier de 1’ et une remontée de 17 m/min, valable jusqu'à 700 mètres d’altitude.
- Dans ces livres, concernant la théorie des accidents toxiques, la pression de l’O2 était admise à 1,7 bar maximum lors de sa consommation à l’état pur. Par contre la pression était admise jusqu'à 2,3 bars en mélange, l’air étant un mélange contenant grosso modo 20% d’O2.
Si vous faites le calcul, cela vous donne une pression absolue de 11,5 bars ce qui correspond à 105 m de profondeur !!!! donc nous n’étions pas limités en profondeur par de l’O2. D’après les livres actuels, nous ne devrions plus exister… et pourtant !!!
ORIENTATIONORIENTATION
L’orientation a été une des variantes de la plongée au sein du club, au point que nous avions monté une équipe formée de Roland Ferrero, Rodolphe Pluss, Henri Reyren avec, comme coach, Alain Besson qui a été aussi président du club. Nous avions des planches d’orientation assez grandes pour servir de palonnier pour varier la profondeur, transparentes pour voir ce qu’il y avait à voir dessous. Sur la planche se trouvaient un profondimètre modèle Mariotte, un compas à huile à cause de la stabilité, un compteur de mètres qui avait été testé au nombre de coup de palmes au 100 m, un miroir convexe incliné à 30 degrés pour voir la surface, car la planche était tenue bras tendus. Et surtout, on pratiquait des entraînements intensifs à la traversée du lac aller et retour entre la Tour Carrée et le Reposoir.
BATEAUXBATEAUX
Nous avons eu notre premier bateau vers 1960. Un bateau d’environ 9 m avec un moteur Couach de 20 CV. Remis à neuf et surmonté d’un pare-vent rajouté, il s’appelait Le Patia. (Patia est le nom d’un harpon tahitien). Et c’est de là que nous avons décidé de demander une finance d’entrée de 100 Frs aux nouveaux membres du club, car tous les membres actuels avaient participé à la rénovation du Patia, soit en temps soit en financement, parfaitement entretenu par les 2 responsables Jean Sauter et Alain Sauty. Quelques années plus tard, le Patia a été vendu pour acheter un plus grand bateau que nous avions en vue. Nous avons acheté l’Armide, 20 mètres de long, 3,5 mètres de large. C’était un yacht de luxe en bois de teck datant de 1914 qui avait coûté, à l’époque, la bagatelle de 50'000.- Frs, construit pour la famille STOFFEL (famille détenant l’empire de la broderie de St Gall). C’était le cadeau de mariage à sa fille.
Le club l’a acheté 20'000.- Frs. Il était splendide. Un immense salon arrière en velours vert avec un bar en angle. Toutes les vitres du bar et celles des fenêtres de la cabine étaient à petits carreaux en glace biseautée. Le salon avant, la même chose. Au centre, il y avait le poste de pilotage et juste derrière, la salle des machines avec tous les outils encastrés et fixés dans les parois. Le moteur (je n’ai jamais su sa puissance) avait 12 cylindres en ligne avec double allumage que l’on pouvait permuter en cas de panne. Je sais que nous faisions souvent le plein avec un réservoir de 400 litres. Ce bateau était stationné à la jetée aval de la Nautique et sortait tous les samedis pour l’école de plongée : nous prenions les membres du club à la Tour Carrée (à cause du stationnement) et il partait à 14h00. Tant pis pour les retardataires… c’était Pierrot Allamand qui me donnait le top du départ. À la belle saison, tous les dimanches il y avait une sortie club toute la journée et le départ était fixé à 9h00 à la Nautique.
MATÉRIELMATÉRIEL
Les bibouteilles étaient composées de deux bouteilles de 8 litres de contenance à 150 bars de contenance, en alliage d’aluminium, de marque GERZAT commandés à la fabrique d’extincteurs SICLI à Genève. Les robinetteries, le cerclage et les sangles venaient du Palais des sports à Lyon qui vendait du matériel Spirotechnique. Détail amusant : dans le premier envoi, nous n’avions pas reçu les tubulures de connexions reliant les 2 bouteilles. Pas de problème, on montait le "bi" (car nous n’avions pas de sanglage mono), on bouchait la bouteille non raccordée, on gonflait celle avec le robinet et on allait plonger. Voyez l’envie que nous avions d’être dans l’élément liquide… Concernant les détendeurs, il n’y avait que 3 possibilités soit :
- Le Mistral de la Spirotechnique, détendeur à un seul étage, donc qui détendait la pression de la bouteille directement à la pression ambiante.
- Le Nemrod de Nemrod, la Spirotechnique espagnole, qui ressemblait au Mistral par son boîtier, mais c’était un 2 étages à l’intérieur du même boîtier, qui était une copie du CG45 l’ancêtre du Mistral.
- Le troisième de Draeger, grande firme allemande de matériel sous-marin, même genre que le Mistral, mais il n’y avait qu’un seul tuyau annelé pour l’aspiration et l’expiration, contrairement au Mistral qui en avait 2.
Nous avions opté pour les détendeurs Mistral qui venaient du Palais des sports à Lyon. Rigolade de l’époque : Si vous partez dans le désert, prenez un Mistral avec vous, vous n’aurez jamais soif… Plus tard est apparu le premier scaphandre avec détendeur à 2 étages séparés : l’AGA suédois qui était en avance sur son temps. Il avait la particularité d’être modulable. Le détendeur et la réserve automatique étaient fixes sur un cacolet. Le cacolet était sanglé sur le dos du plongeur. Ainsi on pouvait changer les bouteilles au plongeur sans déséquipement, et en installer 1, 2, 3, ou 4, de 8 litres et, éventuellement, directement un narguilé. Tout ce matériel était déjà équipé d’un raccordement DIN !!! (le seul à l’époque) Matériel d’une finition, d’une souplesse et d’une fiabilité sans égales à l’époque, même en plongées très profondes à 3 chiffres.
Par la suite, il y a eu le Cristal de Giraud à Marseille, en plastique, dont le tuyau reliant les 2 étages avait tendance à exploser. Comme si c'était un modèle dit "tiltvalve" (soupape inversée au 2ème étage), il manquait une soupape de sécurité en cas de fuite du 1er étage qui engendrait une surpression dans le tuyau qui relie le 1er au 2ème étage du détendeur. C’est en voyant cette soupape sur le 1er étage que l’on reconnaît un détendeur dit tiltvalve. Le Micronic de Piel en Allemagne, sa longueur d’environ 10 cm et d’un diamètre de 3 cm faisait penser à 007 dans Goldfinger, mais avait un débit insuffisant pour résorber un essoufflement en dessous de 40m. Le premier détendeur ressemblant à ceux actuels fut le Calypso, construit par la firme américaine Hydronaute que j’ai gardé de nombreuses années, car il était très bien.
Puis, dans les Américains, l’Orca, le Waterlung de Sportsway, etc… Toute la série de la Spirotechnique : Alizée, Aquillon, etc… Les Suédois : le Poseidon d’Aquasport, Le Divex de Daveco Suède. L’Aquastar d’Aquastar Suisse. Dans les premières combinaisons : il y a eu les Tarzans de Beuchat à Marseille, en néoprène assez dur où la jonction entre le pantalon et la veste se faisait en roulant les 2 parties alors maintenues par un cercle en aluminium. Pour les enfiler, il fallait les enduire de talc pour ne pas mourir étouffé au passage de la tête, car bien entendu, la cagoule était attenante et point de fermetures (ni éclair et encore moins velcro… qui n’existait pas). Nous avions trouvé un genre de caoutchouc mousse et après avoir fait un patron, nous découpions nos combis et les assemblions avec de la colle Balco. Après les avoir enfilées au talc, nous avions vieilli de 20 ans. Le défaut de ce matériel : les surfaces n’étaient pas étanches.
Au début de la plongée tout allait bien, petit à petit l’eau entrait à l’intérieur et nous refroidissait ; quand nous ressortions de l’eau après un 40m nous avions l’air d’un bonhomme Michelin plein d’eau et il nous fallait 2 heures pour nous réchauffer en hiver. Chez LONGSTROFF à Genève, j’ai trouvé un néoprène avec surface étanche de 5mm d’épaisseur, rouge vif. Même procédé que l’autre pour la fabrication. Le défaut de ce matériel : il n’était pas stable et avec la pression il ne reprenait son épaisseur initiale que difficilement et, après environ 80 plongées, il ne restait que 3 mm d’épaisseur valable à ce moment uniquement en mer. Alors on s’en refaisait une autre, avec 4 heures de travail et 40 frs. de fournitures.
Puis les combis de Spiro, Sportsway, Scubapro, etc, sont apparues sur le marché. Les profondimètres de la Spiro étaient à membrane et très précis en faible profondeur ; nous les trouvions à Lyon. Il y avait un profondimètre allemand nommé Admiral où l’on pouvait changer le verre pour ajuster soit une aiguille (mouchard), soit un compas : c’était le nec plus ultra de l’époque. Mais un défaut : l’eau pénétrait dans le tube de Bourdon, et avec le sel il s’encrassait. Je ne sais pas pourquoi il s’achetait au Grand Passage. Après, il y a eu le SOS de Technisub à Gênes soit avec un tube fermé d’un côté, basé sur la loi de Mariotte pour les plongées de faibles profondeurs, soit un modèle super : il n’y avait pas d’entrée d’eau dans le Bourdon qui était étanche, c’est le boîtier en néoprène dur qui faisait office de membrane pour la pression, et il y avait une vis de réglage pour l’ajuster à la pression atmosphérique.
Il y a eu aussi le GSD très précis, comme une montre avec une aiguille qui indiquait les mètres (un tour pour dix mètres) et une autre pour les dizaines. Cela nous obligeait à deux lectures en plongée profonde, ça posait des problèmes !!! Nous étions sollicités par les différentes fabriques qui se lançaient dans la fabrication de montre de plongée Aquastar, Blancpain, Oméga, Rolex, Titus, Universal, Squale et j’en passe… Ces maisons nous fournissaient des prototypes à essayer en plongées réelles, nous en avions tous 3 ou 4 modèles différents. Certaines montres devenaient de véritables aquariums et il ne manquait que les poissons rouges à l’intérieur. Celles-là, on les appelait des ”buvards”.
Le premier ordinateur de plongée (si on peut l’appeler comme cela) est apparu en 1962. Il s’appelait le Décompressimètre de Technisub Italie. Son fonctionnement était basé sur un profondimètre où la pression est freinée. Je m’explique : C’était un cadran qui représentait une zone neutre dont le début correspondait à la pression relative de 0 bar et la fin de la zone correspondait au coefficient de saturation du premier palier à 3m, puis une zone rouge dont la fin correspondait au début du coefficient de saturation du palier à 6m, ainsi de suite pour paliers de 9 et 12m. L’entrée de ce décompressimètre était obturée par un genre de pierre ponce qui filtrait un gaz qui était contenu dans un petit ballon soumis à la pression de l’eau.
Son fonctionnement : lors de la plongée, la pression exercée sur le ballon suivant la profondeur faisait monter l’aiguille plus ou moins vite sur le cadran. Si la plongée était courte, l’aiguille n’arrivait pas dans la zone du palier de 3 m et c’était une plongée sans palier. Si l’aiguille était dans la zone du palier de 3 m il fallait rester à 3 m jusqu'à ce que l’aiguille soit sortie de la zone des 3 m. Si elle était dans la zone des 6 m il fallait attendre qu’elle arrive sur la zone des 3 m pour remonter à 3 m et attendre encore… comme on le fait avec un ordinateur.
Il y avait aussi une astuce, si le temps de plongée dépassait 30 minutes on devait allonger le palier de 3 m sur une autre échelle. Cet appareil était basé sur la table italienne qui donnait à l’époque 19,99 minutes à 40 m sans palier. Si nous mettions ce décompressimètre dans un caisson et que nous le compressions à 4 bars, au bout de 20 minutes il débutait son palier de 3 m. Il était juste. Je m’en servais surtout dans les stages de P*** car, étant peu de moniteurs, nous faisions facilement par jour 6 x 40 m et 6 x 20 m. Il nous donnait un ordre de grandeur des paliers sans avoir besoin de les calculer. Hors de l’eau, il lui restait en mémoire la saturation des plongées précédentes.
Après il y a eu le Décobrain, l’ancêtre de l’Alladin, le premier ordinateur de plongée. Son fonctionnement était identique à l’Alladin. Son avantage était d’avoir de gros chiffres de 15 mm, pour les vieux plongeurs. Ses défauts : trop gros environ 18 cm par 12 cm et 7 cm de hauteur avec un arrondi pour le fixer sur l’avant-bras. En plus c’était un ”buvard” : sur la vingtaine de Décobrain que nous avons eu au club, aucun n’a résisté.
L’ancêtre du Stabilizer-Jacket était le gilet de sauvetage des aviateurs américains lors de la guerre 39-45, l’Air-azur. Une collerette gonflable d’environ 10 l alimentée par une bouteille de CO2 à percussion. Il n’y avait pas de soupape de surpression, mais une queue plombée qui servait d’échappement en cas de surpression et de gonflage par la bouche. On s’est dit ”formidable, voilà l’appareil de sécurité idéal”… mais, après avoir percuté la bouteille de CO2 à 40 m de fond, on s’est aperçu que la collerette s’était à peine gonflée d’environ 1 à 2 litres, donc pas valables en temps de panique. En surface, elle se gonflait à peu près : pas valable pour les plongeurs et en plus du CO2… irrespirable pour les humains.
Encore chez LONGSTROFF à Carouge j’ai fait fabriquer des copies du Air-Azur en toile caoutchouc, je les ai munies d’un raccord pour adapter une bouteille d’air comprimé. Comme ces appareils n’existaient pas sur le marché, on ne trouvait pas de bouteilles. Pas de problème : un tube d’acier avec des rondelles tournées au diamètre du tube calculé pour obtenir une capacité de ½ litre, soudées autogène, un filetage pour un robinet en laiton et le tour était joué. Pour la sécurité, ces bouteilles ont été essayées en pression en les branchant sur le circuit hydraulique d’une presse et en montant la presse à une pression de 300 bars/cm2. Donc sécurité pour 150 bars de pression de travail. Pour vider ce gilet, afin de stopper la remontée, il fallait se positionner sur le dos et élever la queue plombée pour que la vidange puisse se faire.
Tous les masques, quelle que soit la marque, n’avaient pas de bossages pour la décompression du nez. Le premier a été le Pinocchio de Marès qui faisait une forme pour pouvoir se pincer le nez. A titre d’information : l’usine mondiale, je dis bien MONDIALE de moulage et de fabrication de matériel de plongée en néoprène soit : masque, tuba, palme, etc, pour toutes les marques, était dans la banlieue de Gênes. D’un côté matières premières, de l’autre produit fini (je l’ai visitée avec Technisub). Cette usine a disparu vers 1977, victime d’un incendie monstre qui n’a laissé que la ferraille de l’immense halle de fabrication et des bureaux (j’ai passé à cet endroit, les décombres fumaient encore).
GONFLAGEGONFLAGE
Tout le matériel de plongée était personnel. Le gonflage se faisait au moyen de bouteilles tampons que l’on allait chercher chez Bertholet à la rue de Lausanne. Ces bouteilles étaient à une pression de 150 bars maximum. La pression dans les scaphandres était limitée à 100 bars, pour qu’ils reviennent au gonflage à une pression près de zéro, pour pouvoir utiliser la basse pression des tampons. Cette rampe de gonflage composée de 6 bouteilles était située dans un coin de dépôt à mon adresse professionnelle. Quand on voulait avoir des scaphandres gonflés au maximum de l’époque, soit à 150 bars, il fallait les amener chez Bertholet et les rechercher le lendemain. En ce temps-là nous n’avions que des bibouteilles de 2 x 8 litres.
SPÉLÉOLOGIESPÉLÉOLOGIE
Les sources de l’Orbe dans le Jura ont été découvertes par des membres du club :
- Michel Gallet, Jean-Claude Protta, Alain Sauty. La partie aérienne a été explorée par : Mello et Santandréa, tous deux membres du club. Par la suite, la partie aérienne a été ouverte au public.
- La Fontaine de Vaucluse par Michel Gallet et Jean-Claude Protta.
- La Source bleue dans le Jura par les mêmes, etc…
TRAVAUXTRAVAUX
- Le contrôle de la conduite de la prise d’eau de Founex.
- Le contrôle de la crépine de Versoix située à 650m de la rive et à 46m de profondeur.
- La visualisation des 6 lignes à haute tension des SIG entre la Belotte et le Reposoir, un parcours de plusieurs km avec une partie centrale voisine des 40m. Il fallait enlever des goupilles de fixation des caissons tous les 50m et contrôler que ces câbles ne reposent pas par exemple : sur un rocher ou une épave. Pour faire ce travail, il fallait 3 équipes de 2 plongeurs pour visiter un câble. Un Bateau suivait les bulles et quand la première équipe remontait après avoir posé une bouée arrimée à la ligne haute tension une seconde descendait sur cette bouée pour continuer le travail et ainsi de suite.
- La descente dans un tube de pompage d’eau de la nappe phréatique d’un diamètre de 60cm par 28m de fond pour visualiser si les trous d’aspiration n’étaient pas bouchés. Nous avions choisi un plongeur mince et équipé d’un mono de 8 litres pour passer dans le tube. Nous avions choisi Jean-Claude Protta. Nous l’avons descendu au bout d’une corde sans palmes.
- Le contrôle visuel du joint du radier au barrage de Chancy-Pougny avec une visibilité de 20cm munis d’une lampe pour y voir quelque chose.
ACCIDENTSACCIDENTS
- En 1970 le naufrage du bateau La Fraidieu à 30m de la plage de Ste Disdille, où par un coup de Joran, 23 enfants se sont noyés. Nous avons été sollicités par la municipalité de Thonon avec l’entreprise BONNEVAL de Lyon pour la recherche sur place. Nous avions formé une équipe de plongeurs profonds : Pierre Allamand, Roland Ferrero, Rodolphe Pluss, Henri Reyren. Le procédé pour la recherche consistait à descendre jusqu'à 60m, perpendiculaire à la plage, distants d’une dizaine de mètres chacun, reliés par une corde que nous traînions sur la vase. Arrivés à 60 m celui à gauche en l’occurrence Pierre Allamand faisait office de pivot et le reste tournait autour de ce pivot en arc de cercle, et le 1er en bout de corde était aux alentours d’un nombre à 3 chiffres !!!! Une fois que tout le monde était de nouveau à 60m nous remontions le long du tombant. Sur la plage nous nous déplacions pour recommencer plus loin. Hélas ces recherches se sont avérées infructueuses, les corps étaient aux alentours des 100m là ou le fond devient plat. Ils ont été récupérés par les pêcheurs avec des grappins équipés d’une dizaine d’hameçons répartis sur une barre plombée de 6m de long.
- La récupération d’un voilier et de deux noyés au large de la Belotte par 20m de fond avec les gardes-port.
CRÉDITCRÉDIT
Étant au Club le seul représentant de cette époque, et compte tenu des questions que l’on me pose parfois, j’ai cru bon d’écrire ce petit résumé qui répondra, je pense, à votre curiosité. Je suis aussi prêt à vous donner d’autres renseignements.
Fait à Genève en novembre 2016.
Roland Ferrero, dit "TonTon"