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L’histoire du célèbre couteau suisse commence en 1884 à la création de l’entreprise Elseneur, qui sera rebaptisée Victorinox en 1921. Très rapidement, l’entreprise devient le fournisseur officiel de l’armée suisse.
Ce bel objet utilitaire gagne ensuite le droit d’arborer la fameuse croix blanche sur fond rouge (pour les civils) et sur fond gris pour les militaires. On remarque que seuls les couteaux suisses des officiers comportaient un tire-bouchon et non ceux des soldats. L’utilisation d’acier inoxydable (en 1921) puis du procédé de trempe électrique, dix ans plus tard, feront de Victorinox le leader mondial de son marché. Il rachète ensuite son concurrent, Wenger SA fondé en 1893, et devient en 2005 le seul détenteur officiel de l’appellation « couteau suisse ».
Un objet multifonctionnel
La définition du couteau suisse tient dans sa composition de base qui associe un couteau à un cure-dent, une pincette, une paire de ciseaux, un ouvre-boîte et un tire-bouchon dans un même ensemble. Cependant, le couteau suisse s’adapte en fonction des utilisations particulières et peut proposer de nombreux autres outils spéciaux. Parmi les accessoires disponibles, on trouve aussi une loupe, une montre, un altimètre, une lampe de poche, un briquet et même un stylo. Les modèles plus récents ont même ajouté une clé USB afin de répondre encore mieux aux exigences des consommateurs.
Le couteau, d’abord créé pour l’armée suisse, a connu sept versions successives pour le rendre plus léger. Le huitième modèle, prévu pour l’an prochain, sera de couleur vert olive et permettra le blocage de la lame; de plus, il contiendra une petite scie à bois et un tournevis cruciforme. Encore aujourd’hui, toutes les commandes sont montées à la main par d’habiles ouvrières. Une opération qui prend environ deux minutes pour un couteau de poche de 116 pièces, contre trois secondes sur une ligne automatisée.
Le «Swiss Army Knife» a récolté bien des honneurs; le modèle «Swiss Champ», celui des officiers, a même sa place au célèbre Musée d’art moderne de New York. L’expansion du canif a cependant été quasi fauchée nette en 2001 après les attentats du 11 septembre à la suite des nouvelles mesures de sécurité prises dans les aéroports. Victorinox ne s’est pas laissée abattre pour autant et a poursuivi ses activités à Ibach. Il faut dire que l’entreprise familiale continue d’équiper les soldats suisses mais aussi les soldats norvégiens, australiens, danois et polonais.
Les distributeurs
On peut se procurer le véritable couteau suisse et son étui sur mesure dans les bonnes coutelleries de Suisse qui distribuent cette marque et dont certaines ont ouvert une boutique en ligne. La compagnie Victorinox offre à ses clients de Genève la possibilité d’assembler eux-mêmes sur place leur modèle de couteau suisse. Il y a aussi la Coutellerie du Jet d’eau, tenue par les frères Pastore sur la rue du Mont-Blanc, qui a fait de cet objet réputé l’un de ses principaux produits de vente.
Pour admirer les différents modèles de couteaux du monde (et, bien entendu, aussi des couteaux suisses), une visite au Musée de la Coutellerie de Genève vaut le détour.