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Certains parlent d'une «académisation croissante», d'autres d'une «forte expansion de la formation». La population suisse est en effet de mieux en mieux formée. Selon les auteurs du Rapport sur l'éducation en Suisse 2023, ceci engendre une attractivité sur le marché du travail, qui se traduit par un salaire plus élevé.
Le rendement n'est cependant pas le même partout. Ainsi, comme le souligne le rapport, le gain salarial par année de formation est nettement plus faible pour un apprentissage que pour des études à l'université, ou dans une école supérieure.
Par exemple, celui qui a fait un apprentissage de trois ans gagne en moyenne 12,9% de plus qu'une personne qui n'a fait que la scolarité obligatoire. Une personne qui a fait un apprentissage de trois ans – plus deux années dans une école supérieure – gagne en moyenne environ 32% de plus.
Toujours selon les experts, ce sont les études dans une école supérieure, une haute école spécialisée ou une université qui sont les plus rentables. Le rendement par année de formation supplémentaire est compris entre 6,5 et 7%.
Il ne faut cependant pas oublier que ces chiffres sont des moyennes. Dans les faits, ils varient fortement selon les disciplines, les professions et les parcours. Il en va de même pour le nombre d'années de formation. C'est ainsi que le rendement pour les personnes ayant suivi une formation gymnasiale est «probablement surestimé».
En effet, près de la moitié des personnes qui ont obtenu la maturité gymnasiale ont commencé des études, puis les ont interrompues. Elles ont donc – sur le papier – plus d'années de formation, ce qui devrait avoir un effet positif sur leur salaire, et augmenter ainsi le salaire médian de ceux qui indiquent le baccalauréat comme diplôme le plus élevé.
En ce qui concerne la durée, le rapport parvient à une conclusion intéressante: plus la formation dure longtemps, plus il est difficile de prédire le rendement de la formation. L’augmentation n'est donc pas linéaire. Cela s'explique par le fait que la dispersion des salaires augmente également avec le niveau de formation.
Bien entendu, l'évolution du salaire dépend aussi de l'expérience professionnelle. Mais là encore, la formation joue un rôle, indique le rapport: plus le niveau de formation est élevé au début de la vie active, plus le salaire augmentera grâce à l'expérience.
Il y a plusieurs raisons à cela. Premièrement, plus une personne est éduquée, plus elle est capable de transformer (rapidement) les compétences acquises en un travail productif et donc en un salaire plus élevé. Deuxièmement, les personnes ayant un niveau d'éducation plus élevé ont davantage tendance à se former au fil des années. Cela se traduit par une productivité plus élevée et permet donc des hausses de salaire. Troisièmement, les personnes les mieux formées ont davantage tendance à accéder à des professions et à des emplois dont le potentiel de productivité est plus élevé.
Le résultat est clair: des formations plus longues et des diplômes plus élevés conduisent à des salaires plus élevés. Comme le montre l'enquête sur la structure des salaires de l'Office fédéral de la statistique (OFS), les diplômés d'une université ou d'une EPF peuvent prétendre à un revenu moyen de plus de 10 000 francs par mois (selon les chiffres de 2020).
Après une haute école spécialisée ou pédagogique en revanche, le salaire moyen est légèrement inférieur à 9000 francs. On gagne donc nettement mieux sa vie avec un diplôme universitaire qu'avec une formation professionnelle supérieure.
Cette conclusion est pourtant un peu trompeuse. En effet, la différence est surtout due aux 20% les mieux payés. S'ils étaient mis de côté, les salaires seraient à peu près les mêmes après un diplôme universitaire qu'après un diplôme de formation professionnelle supérieure. Une formation supérieure n'est donc plus rentable que si elle sert de tremplin pour une position de haut niveau.
En revanche, ceux qui n'ont pas suivi d'autre formation après l'école obligatoire gagnent moins de 5000 francs. Avec un apprentissage professionnel, le salaire médian est d'un peu plus de 6000 francs.
Cela signifie également que la moitié des personnes actives ayant fait un apprentissage gagnent moins de 6000 francs. Ainsi, le salaire médian dans la branche des prestations de services personnels, dont font partie les coiffeurs et les esthéticiennes, n'est que de 4200 francs (et ce malgré l'apprentissage).
Pour l'Union syndicale suisse (USS), cette situation est «inacceptable». L'apprentissage n'est pas assez rémunérateur. Les personnes actives ayant fait un apprentissage devraient gagner au moins 5000 francs, a exigé l'USS lors des dernières négociations salariales. Le PS a également adopté cette revendication.
Les enseignants se trouvent en haut de l'échelle des salaires. La profession est particulièrement lucrative, même par rapport à la durée de la formation. Un an après la fin de leurs études, les enseignants du secondaire et du secondaire I sont en tête de classement par rapport aux autres actifs ayant un diplôme universitaire.
En début de carrière, les enseignants du secondaire obtiennent des salaires médians plus élevés que les personnes qui ont par exemple terminé des études universitaires telles que la médecine ou l'économie.
Quant aux enseignants du primaire et de la maternelle, le salaire médian s'élève à environ 90 000 francs cinq ans après l'obtention du diplôme. C'est à peu près le même montant que pour les diplômés d'un cursus universitaire en sciences naturelles ou en sciences humaines et sociales. Et ce malgré le fait que les premiers réalisent un bachelor sur 3 ans, contre un master universitaire sur 5 ans pour les seconds.
(Traduit et adapté par Pauline Langel)
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