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L'export du matériel de guerre
Non à la violence des armes, oui à l’autodéfense de la Suisse
CC/kcdsTM
Argumentaire du Conseil de la Fédération des Églises protestantes de Suisse FEPS sur l’initiative populaire fédérale «Pour une interdiction d’exporter du matériel de guerre»
L’initiative populaire concerne le matériel de guerre et ce qu’on appelle les «biens militaires spéciaux». En dehors de quelques exceptions, elle exige une interdiction générale d’exporter du matériel de guerre.
La Fédération des Églises adopte une position nuancée. Elle considère qu’une interdiction générale touchant les exportations dans ce domaine n’est pas compatible avec le fait que la Suisse importe des biens d’armement pour la défense armée du pays. D’un autre côté, la Fédération des Églises soutient la préoccupation de fonds de l’initiative: empêcher qu’on continue, en dépit des prescriptions contraires, à exporter des biens d’armement suisses vers des foyers de crise et des États où les droits de l’homme sont durablement et gravement bafoués. En d’autres termes: l’initiative va trop loin, mais découle d’une préoccupation qui mérite d’être soutenue. Ceux qui partagent cet avis et veulent imposer une autre pratique peuvent l’exprimer par un oui à l’initiative populaire. Si on estime par contre que la revendication d’une interdiction générale d’exporter du matériel de guerre n’est en principe pas défendable, un vote négatif peut aussi se justifier.
Ci-après, le développement du présent argumentaire est résumé sous forme de thèses. Après une brève appréciation de l’initiative populaire, la Fédération des Églises relève les particularités de la discussion politique suisse, puis souligne l’importance d’une attitude critique à l’égard des exportations de matériel de guerre, du point de vue chrétien et ecclésial. La violence des armes pose un problème fondamental, et la politique ne doit pas viser une «guerre juste», mais une «paix juste»; ce n’est pas la guerre, mais la paix qui représente le «cas d’urgence» (Ernstfall). La priorité absolue est de promouvoir la paix, de la préserver ou de la rétablir par une politique visant à diminuer la violence et à instaurer la justice internationale.
La violence des armes ne peut être mise au service de cette politique de paix que dans des situations d’exception strictement définies. Pour l’exportation de biens d’armement, cela signifie qu’elle ne se justifie qu’avec de grandes restrictions, moyennant une pratique conséquente, transparente et soumise au contrôle d’une instance politique indépendante.