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Le meilleur article nécrologique sur l'homme qui a rendu le couteau de l'armée suisse célèbre a été trouvé sur le Financial Time du 7 juin, écrit par James Shotter, grâce aussi, à un article d'étudiants brillants qui avait été publié sur l'oeuvre de M. Elsener quelques années auparavant. En voici quelques extraits, en traduction libre....
Pour beaucoup de visiteurs arrivant à la maison mère Victorinox à Schwyz, il semblait que l'homme qui les accueillait en bleu de travail n'était que le portier. C'est seulement lorsqu'il les rejoignait au lieu de leur rendez-vous qu'ils se rendaient compte qu'ils avaient été reçus par Carl Elsener, propriétaire de la fabrique de couteaux depuis plus de 50 ans.
Elsener qui a disparu à l'âge de 90 ans a transformé cette usine fondée en 1884 par son grand-père Karl, en une marque dont les revenus avoisinent 500 millions de francs. Cette expansion a commencé lors de la deuxième guerre mondiale. Des années après la fin du conflit, l'Europe retenait encore des soldats américains à qui on vendait le Schweizer Offiziersmesser, comme il était appelé alors.
Lors que les GI sont repartis, ils prirent ce gadget multi-tâches avec eux. Leurs compatriotes qui avaient voulu avoir le même créèrent la demande qu'Elsener entreprit de récolter après la mort de son père en 1950. Sous sa direction, Victorinox ouvrit des succursales partout dans le monde. Il transforma la compagnie artisanale (fait main) en une immense halle de machines qui produisait 60'000 couteaux par jour. Elsener ajouta des quantités de nouveautés à son couteau qui possédait alors des lames, un tire-bouchons, un cure-dents et un tournevis... aujourd'hui des clés-usb, et une lampe de poche LED!
En dépit de sa fascination pour le produit, Elsener n'a jamais oublié les personnes qui le fabriquaient. Il s'assura qu'aucune personne de la compagnie ne gagne plus que 5 fois le salaire de l'ouvrier moyen et qu'une caisse d'épargne leur soit fournie offrant des taux d'intérêt au-dessus des taux du marché.
Ce souci d'équité était à son apogée au début du 21ème siècle, qui le vit confronté à un immense défi commercial. Après les attaques des tours en septembre 2001, les règlements de sécurité dans les aéroports et partout dans le monde firent que les couteaux de l'armée suisse ne pouvaient plus être transportés en avion. Les ventes diminuèrent rapidement de 30%.
Bien des chefs d'entreprise auraient alors diminué le nombre de leurs employés. Mais Elsener ne fit que couper dans les changements d'équipe, ne permit plus les heures supplémentaires, encouragea certains de prendre des vacances et envoya des équipes dans plusieurs succursales. La compagnie ne donna son congé à aucun ouvrier pour des raisons économiques (un record sur 80 ans).
En 2005, la compagnie repris Wenger, l'unique autre entreprise qui fournissait l'armée suisse. Les deux compagnies avaient partagé le marché pendant presque cent ans.
A 85 ans, Elsener, devenu "senior", se dédiait encore à son entreprise qu'il avait passée à Carl junior en 2007. Les bonnes choses, disait-il, peuvent toujours être améliorées!