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Le lien entre l’approvisionnement en eau potable et le VSA passe habituellement par le milieu récepteur:
les eaux usées traitées et les eaux de ruissellement rejetées dans les lacs et les cours d’eau rejoignent le cycle de l’eau potable après dilution, autoépuration dans le milieux et traitement dans des installations de potabilisation. Dans bien des pays du monde, le lien entre eaux usées/ eaux pluviales et eau potable est nettement plus court: on parle alors de réutilisation des eaux.
L’eau récupérée ou réutilisée est un terme global qui désigne les eaux usées municipales ou industrielles qui sont réutilisées à d’autres fins après traitement au lieu d’être rejetées dans les milieux récepteurs. Cette eau peut être utilisée pour arroser les jardins et les parcs publics, pour l’agriculture, pour le nettoyage des routes ou des places, ou pour la recharge des aquifères souterrains, etc.
Cette eau peut également être utilisée dans les ménages, par exemple pour la chasse d’eau des toilettes ou le nettoyage du linge, ou comme «eau grise» dans les entreprises et l’industrie, comme eau de refroidissement, etc. Ces eaux réutilisées sont traitées de telle sorte qu’elles atteignent la qualité souhaitée en fonction de leur utilisation. On peut aller jusqu’à atteindre les exigences en matière d’eau potable – c’est ce qu’on appelle la «réutilisation de l’eau potable». En résumé, la réutilisation de l’eau met à disposition des villes et des villages une eau qui se substitue aux ressources naturelles conventionnelles. La réutilisation de l’eau permet de réduire les prélèvements en eau potable, limitant ainsi les risques d’approvisionnement en cas de pénuries.
Le traitement des eaux usées en vue de leur réutilisation est une pratique courante de la gestion de l’eau dans le monde entier – et déjà indispensable dans de nombreux pays. Bien sûr, on pense d’abord et avant tout aux zones arides et sèches (Namibie, Australie, etc). À l’opposé, la ville de Singapour, qui se trouve sous les tropiques, traite également les eaux usées, car sinon elle devrait importer de l’eau ou désaliniser l’eau de mer. Aujourd’hui, les deux tiers de la population mondiale vivent dans des zones touchées par des pénuries d’eau pendant au moins un mois par an. En raison de l’urbanisation, la demande en eau augmente de plus en plus – l’eau récupérée peut ainsi représenter une ressource essentielle. Surtout qu’il n’est pas nécessaire d’avoir de l’eau de haute qualité pour tous les usages domestiques: a-t-on besoin par exemple d’eau potable pour flusher nos toilettes? Cela équivaut à acheter 6 litres d’eau minérale dans un magasin afin de remplir notre chasse d’eau pour un seul usage!
À l’heure actuelle, la réutilisation de l’eau en Suisse ne se pratique qu’à petite échelle. Pour passer à une étape supérieure dans la pratique elle nécessitera des changements dans le cycle de l’eau en milieu urbain, tant au niveau technique qu’au niveau du développement urbain et social. Un aspect très important est l’hygiène: nous devons toujours proposer une eau biologiquement absolument irréprochable.
Avec le développement croissant des STEPs, nous avons déjà une longueur d’avance: les eaux usées provenant des STEPs avec une étape d’ozonation répondent déjà aujourd’hui aux exigences de qualité s’appliquant aux eaux de baignade. Cependant, un système de barrière à plusieurs niveaux est encore nécessaire.
Le prix n’est pas forcément un argument éliminatoire (prix de l’eau potable à Singapour: env. 3 CHF/m3 d’eau usée traitée). La plus grande difficulté consiste à repenser et à reformuler notre optique. Pourquoi devrais-je boire les anciennes eaux usées? Le système actuel fonctionne bien! Il faut voir les choses d’une autre manière: les eaux usées domestiques, agricoles et industrielles qui sont rejetées dans l’environnement représentent une ressource précieuse plutôt qu’un problème coûteux et long à résoudre. Il faut utiliser le plus longtemps et le mieux possible la ressource eau avant de la rendre à l’environnement. En Suisse, des projets de réutilisation des eaux avancent, notamment en lien avec le concept de «ville-éponge». Les eaux réutilisées sont une composante de ce nouveau cycle de l’eau «apaisé», en combinant la problématique du manque d’eau pendant des périodes sèches de plus en plus longues avec celle des pluies irrégulières et plus abondantes que par le passé. La ville devient un grand réservoir d’eau, une éponge. L’eau peut être réutilisée immédiatement ou stockée pour être valorisée pendant les périodes de sécheresse. De cette manière, elle contribue à lutter contre les pénuries d’eau ou les sécheresses – sans pour autant mettre en danger la population.
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