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Une majorité des théologiens musulmans conservateurs considèrent l’homosexualité comme un délit. La condamnation des actes homosexuels n’est pourtant mentionnée nulle part dans le Coran. Une partie des théologiens musulmans se réfèrent donc à un verset du Coran évoquant les propos du prophète Loth pour condamner l’homosexualité. Concernant la fermeté de la peine, les points de vue ne sont pas unanimes. En effet, le droit traditionnel islamique différencie les partenaires actifs et passifs ainsi que les personnes mariées ou non pour l’attribution de la peine.
Jusqu’au 20e siècle, la définition de l’homosexualité en arabe faisait uniquement référence à la sodomie (liwat). Le droit classique islamique en a tiré en partie une analogie avec l’interdiction du sexe hors mariage (zina). En outre, l’homo-érotisme était largement présent dans la poésie arabe jusqu’au 19e siècle. C’est seulement avec l’influence européenne ainsi que le développement du concept d’homosexualité que cela s’est par la suite transformé.
Sanctions pénales
Les actes homosexuels sont fortement condamnés dans la majorité des pays musulmans. Plusieurs pays, dont le Yémen, l’Iran, le Soudan, l’Arabie-Saoudite, la province nord du Nigéria, la Mauritanie et les Emirats Arabes Unis, condamnent les actes sexuels entre deux hommes par la peine de mort. Pour les femmes, il s’agit généralement de condamnations moins sévères.
Dans la majorité des autres pays de confession musulmane, l’homosexualité est condamnée par une peine de prison ou des coups de fouet. La peine de prison peut aller de quelques années (notamment en Algérie et au Maroc) à sept ans (en Egypte). L’homosexualité a été décriminalisée dans très peu de pays musulmans, dont l’Albanie, la Turquie, le Liban (depuis 2014), la Jordanie, l’Irak et la Cisjordanie. Le Koweït et la Palestine ne condamnent en principe pas les actes sexuels entre deux femmes.
Aucun de ces pays ne reconnaît légalement les relations entre deux partenaires du même sexe. L’adoption d’enfants et le service militaire sont proscrits pour les personnes homosexuelles. Cependant un faible nombre de ces pays reconnaît légalement un changement de sexe. En plus de l’aspect pénal, les persécutions et la discrimination dans l’environnement proche ainsi qu’au sein de la société peuvent être considérables pour les personnes concernées et rendre leur vie extrêmement difficile.
20.04.2017