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06/08/2013
La révolution mondiale est-elle à nouveau à l'ordre du jour ?
Poser la question en ces termes peut sembler, je le conçois fort bien, quelque peu surprenant pour bon nombre de mes contemporains helvétiques, toutefois cette question n'en reste pas moins d'actualité comme je vais le montrer ci-dessous.
Les répercussions (notamment sociales, économiques, et politiques) de la crise de 2007-2008 ont en effet vu l'éclosion de mouvements à tendance clairement révolutionnaire comme le mouvement des Indignés, et son évolution, le mouvement Occupy the world. Deux mouvements (ou un seul selon comment on l'analyse) qui ont rassemblé des étudiants, des intellectuels, et des jeunes, mais aussi bon nombre de chômeurs, de travailleurs précaires, et d'exclus. Ces mouvements ont été la première forme d'organisation spontanée révolutionnaire à se former de manière large et forte au XXIème siècle, et ont participé à politiser une partie de ma génération en Occident et à la former à la lutte politique et aux pratiques politiques (on notera la pratique des assemblées citoyennes, et de la démocratie directe).
Bien entendu, ces mouvements sont aussi reliés à l'apparition du mouvement Anonymous, dont les partis pirates sont une forme plus institutionnalisée (ou en voie d'institutionnalisation/dé-subversion), et bien évidemment l'évolution des technologies et de la science n'est pas pour rien dans les pratiques techniques et militantes de ces nouveaux mouvements révolutionnaires.
Si ces mouvements sont la partie organisée et politiquement visible (idéologiquement certes un peu moins) de la probabilité révolutionnaire contemporaine, il y a de manière plus traditionnelle, l'immense lutte sociale et économique qui se joue directement sur les lieux de travail dans toute l'Europe du sud (et au-delà) avec de nombreuses grèves et grèves générales, des manifestations massives, et des occupations d'entreprises. Politiquement, on peut aussi noter dans toute l'Europe la remontée (certes pour l'instant encore modeste) des partis de la gauche radicale, et leur re-mobilisation. Dans tous les cas, grèves et occupations sont le terrain naturel et logique qui forme toute situation révolutionnaire (ou pré-révolutionnaire évidemment).
Il est évident que l'ensemble des mobilisations pré-citées a un caractère (parfois latent) révolutionnaire (ou du moins de transformation sociale radicale).
Mais cette situation se retrouve aussi au-delà de l'Europe (et de l'Occident).
On notera évidemment les révolutions en Tunisie, Lybie, Syrie, et Egypte (pour ne citer que ces parties du monde, car il y a eu bien d'autres soulèvements dans d'autres pays de cette zone géographique). Mais aussi le mouvement réformateur en Iran ou en Russie, les soulèvements et les grèves des ouvriers chinois, le mouvement révolutionnaire bolivarien dans toute l'Amérique latine, et bien entendu, les mobilisations en Turquie et au Brésil. Et attention, je ne suis pas du tout exhaustif, je me contente de citer quelque cas de tête.
Jusqu'à maintenant je n'ai été que descriptif, et c'est maintenant qu'il faut oser l'analyse : se pourrait-il qu'il y ait une cause commune à l'ensemble de ces soulèvements ?
L'étudiant Arkan Akin a osé aujourd'hui. Dans un article paru dans le Courrier, il défend que la cause de la mobilisation en Turquie est bel et bien une mobilisation contre le capitalisme visant à mettre fin à l'exploitation et l'oppression de ce système.
De même, le chercheur Joseph Daher a expliqué que sur les 5544 mouvements de protestation survenus en 2013 en Egypte, les 2/3 étaient des luttes socio-économiques.
Si on étend ces exemples à l'ensemble des cas cités plus haut, on peut soutenir qu'une grande part de ces soulèvements, bien que s'exprimant de manière manifeste à propos de causes différentes, trouve de manière latente sa source dans la lutte contre le capitalisme (contre les modalités de son mode de production, contre son État, contre les classes dominantes, etc.) Hypothèse à étoffer certes.
Nous voici donc, peut-être, dans un nouveau cycle révolutionnaire, différent des anciens cycles.
Un nouveau cycle de révolution mondiale, appelé à réaliser le projet de liberté : le socialisme.