Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07175.jsonl.gz/727

La rétrospective d’Erik Bulatov (1933, Sverdlovsk) comprenait une cinquantaine d’œuvres, sur papier et sur toile, occupant tout le quatrième étage. Formé dans les écoles d’art moscovites de la période soviétique, Bulatov s’est tenu éloigné de l’activité artistique officielle et du réalisme socialiste. Son langage pictural trouve néanmoins ses influences dans l’histoire de l’art russe, mais dans celle des avant-gardes du début du XXe siècle, notamment le constructivisme, ainsi que dans la tradition paysagère du XIXe siècle, de laquelle précisément ces avant-gardes s’étaient violemment distancées. Bulatov parvient à opérer une forme de synthèse dans laquelle l’impact visuel des mots génère de violents effets de tension, tout en structurant la composition de la toile et déterminant son éventuel arrière-plan (ciel, paysage ou fond abstrait). Avec des compositions marquées par des diagonales fortes, Bulatov crée des effets de profondeur dans ses tableaux, renvoyant ainsi, in fine, dos-à-dos, l’idéal autoréflexif du modernisme occidental et l’idéologie de l’art de propagande communiste auquel il emprunte certains de ses effets typographiques.