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La Suisse fait piètre figure dans l'indice européen des rivières publié jeudi par le WWF. Le statut écologique des trois cours d'eau étudiés - le Rhin, le Rhône et la rivière Tessin - arrive en dernière place, sur les seize pays pris en compte.
Le constat de l'organisation écologiste est sévère, particulièrement à l'égard de la Suisse. Le Rhin, le Rhône, dans leurs portions helvétiques, ainsi que le Tessin, souffrent de graves atteintes. La structure de leurs rives est «presque entièrement artificielle», loin des bons élèves européens que sont les pays scandinaves et la Grande-Bretagne.
Le principal reproche adressé à la Suisse concerne l'extrême fragmentation des rivières, surtout par les barrages hydroélectriques. Les segments dénués de barrage ne dépassent pas 50 kilomètres sur les 264 kilomètres du cours du Rhône. D'où un débit insuffisant et une migration entravée, ce qui cause «un impact négatif reconnu» sur la faune. Les auteurs de l'étude observent que «rien n'a été entrepris au niveau national pour améliorer la situation».
La Suisse reçoit aussi une mauvaise note pour l'invasion de ses zones humides par des espèces qui n'ont pas grand chose à y faire, ainsi la truite arc-en-ciel qui menace la survie de la traditionnelle truite de rivière.
Le WWF Suisse, qui a participé à la réalisation de l'indice européen, estime que la qualité chimique de l'eau des rivières suisses n'est pas en cause. Le problème réside plutôt dans la disparition ou la perversion de la vie biologique.
Consolation pour la Suisse, l'indice relève la bonne qualité des données disponibles sur les cours d'eau. Le contrôle officiel des rivières couvre «presque tous les paramètres essentiels», ce qui n'est pas le cas dans bon nombre de pays européens.
Thierry Zweifel, Bruxelles