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Transcription: les barres de mesure
Les barres de mesure apparaissent au 16e siècle, tant à cause du développement récent de l'écriture de la musique en partition qui nécessite des repères verticaux, qu'avec l'émergence de la musique de danse qui, par son schéma métrico-rythmique périodique, demande de placer des divisions régulières du temps. Les barres de mesure n'existaient pas encore à l'époque qui nous concerne ici. En effet, le Chorbuch et le Stimmbuch, largement employés durant toute l'époque de la notation blanche mesurée, ne nécessitaient aucune technique d'alignement vertical, puisque chaque voix était écrite soit dans des zones distinctes d'une page, soit dans des livres séparés.
Transcrire signifie "faire une partition", aligner les voix verticalement. Il serait donc souhaitable de placer des barres de mesure sur votre transcription. Pourtant, ce n'est pas toujours possible de manière régulière et systématique. Souvent, les voix entre elles subissent d'importants décalages métriques qui durant un laps de temps rendent impossible une division régulière en mesures, comme par exemple lorsque des proportions ou des notes colorées créent provisoirement une situation de polymétrie. Notre vision des barres de mesure doit donc être abandonnée et il est préférable de considérer que ces dernières viennent marquer des points de rencontre de toutes les voix, lorsque les mètres différents à chaque voix se retrouvent en phase.
Si le fait de placer des barres de mesures peut poser quelques problèmes, il ne faut dans tous les cas ne pas omettre d'aligner précautionneusement les voix entre elles, puisque tel est le but de la transcription.
La question des barres de mesure est intimement liée au principe mensuraliste. Les indications de mensuration ne fonctionnent pas selon le même principe que nos indications de mesure. Dans notre pensée musicale actuelle, une indication de mesure détermine des phases répétées régulièrement et qui sont définies par la présence de temps forts et de temps faibles. Ces principes sont totalement étrangers à la musique codifiée par la notation blanche mesurée, qui ne possède pas la notion de schémas métrico-rythmiques périodiques, si ce n'est, dans un sens large, l'isorythmie.
Les transcriptions proposées ici ne possèdent pas de barres dans le sens moderne du terme: elles ne segmentent pas la musique en portions régulières, mais indiquent des points de regroupement vertical des voix. Les barres de mesure que vous utiliserez dans vos transcriptions sont donc à considérer comme aide pour un alignement réussi des voix. La même démarche justifie l'absence d'indications de mesure modernes. En effet, il a été choisi de conserver dans la transcription l'indication de mensuration de l'original, afin d'éviter une lecture moderne de cette musique qui serait en totale contradiction avec la pensée musicale sous-jacente à ces pièces.