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Mac Adams, Bas Jan Ader, Vikki Alexander, Gretchen Bender, Jennifer Bolande, Christian Boltanski, Victor Burgin, Robert Cumming, Douglas Huebler, Peter Hutchinson, Silvia Kolbowski, David Lamelas, Urs Lüthi, Dennis Oppenheim, Donna-Lee Phillips, Richard Prince, Allen Ruppersberg, Ian Wallace, William Wegman
L’exposition du MAMCO s’attache à présenter le Narrative Art, un mouvement artistique qui émerge au tournant des années 1970 et qui se caractérise par l’emploi de la photographie de manière documentaire ou conjugué à du texte. Cette approche analytique, en lien avec le développement de l’art conceptuel dans les années 1960, se développe ensuite indépendamment pour explorer les formes du récit.
Le terme « narrative » recouvre en anglais de nombreuses significations, allant du récit à la présentation de divers éléments réels ou encore comme interprétation d’événements selon un présupposé idéologique. Les repères spatiaux et temporels de ce mouvement sont diffus. Il se développe en effet dans des régions aussi différentes que la France, la Suisse, la Grande-Bretagne, le Canada ou les Etats-Unis. La première rétrospective qui lui est consacrée (American Narrative/Story Art, The Contemporary Arts Museum Houston 1978), en situe l’origine à l’année 1967. Les expositions Story (John Gibson Gallery, New York 1973) et Narrative Art (Palais des Beaux-Arts, Bruxelles 1974) en constituent des jalons marquants. Ce mouvement est commenté à plusieurs reprises, dès 1973, dans la revue Artforum par l’artiste James Collins. Ce dernier souligne que les artistes de cette forme d’expression envisagent le réel comme une somme de fragments à interpréter et explorent les possibilités poétiques des rapports du texte à l’image, au sein d’un « contexte culturel élargi qui reconnaît la viabilité d’un grand nombre d’idéologies ».
Si le Narrative Art doit à l’art conceptuel l’exploration linguistique des éléments constitutifs du médium photographique (sérialité, séquence et durée), il s’en distingue donc par son travail sur les formes narratives et le développement d’une « mythologie individuelle » – pour citer la section que dédie Harald Szeemann dans sa documenta V de 1972 à ce « devenir objet du sujet ». Le panorama de la présente exposition s’achève à l’aube des années 1980, avec l’irruption d’une nouvelle génération d’artistes proposant une critique de la représentation et une déconstruction de ses stéréotypes.
Exposition organisée par Paul Bernard, Lionel Bovier et Julien Fronsacq