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Le 29 mai, la 21ème Knesset a décidé de s’auto-dissoudre, à la suite de l’échec du Premier Ministre sortant Ninyami Netanyahu à former un gouvernement. Le vote majoritaire en faveur de la dissolution indiquait aussi qu’il n’y avait aucune alternative pour qu’un gouvernement soit formé (éventuellement par quelqu’un d’autre). Les nouvelles élections sont prévues le 17 septembre. Dans l’intervalle, Netanyahu demeure Premier Ministre. Il a limogé les deux Ministres de la Nouvelle Droite, Naftali Bennet et Ayelet Shaked, qui ne sont, d’autre part, plus membres de la Knesset.
Par Manfred Gerstenfeld
Les résultats des élections du 9 avril sont marquées par deux traits caractéristiques principaux : les partis de centre-droit ont obtenu 65 des 120 sièges. Aux côtés du Likoud, avec ses 35 sièges, il n’y a pas d’autre parti de ce camp-là qui ait obtenu plus de 8 sièges. Le second aspect caractéristique de ces résultats électoraux tient au fait que le parti dominant de l’opposition, Bleu et Blanc, a aussi reçu 35 sièges. Aucun de ses éventuels partenaires de gouvernement, Juif ou Arabe, n’a récolté plus de six sièges.
Ces enseignements suggèrent qu’il aurait mieux valu que le Likoud, ensemble avec un ou deux des partis de droite plus modestes, avait pu former un gouvernement de coalition, y compris avec Bleu et Blanc. Ce dernier parti, cependant, s’est engagé à ne pas siéger au sein d’un gouvernement dirigé par Netanyahu. Le Likoud ne veut pas, non plus, remplacer Netanyahu au poste de Premier Ministre.
La dissolution de la Knesset représente de nombreux inconvénients pour certains partis, quoi qu’elle convienne à d’autres. Il y a aussi d’autres partis pour lesquels il n’est pas évident de déterminer si la dissolution sera bénéfique ou si elle se fera à leur détriment.
Netanyahu a pris l’initiative de la dissolution de la Knesset. Il a tenté par tous les moyens, de former une coalition, dont une partie reste probablement encore inconnue. Cela comprend d’avoir offert au parti travailliste l’occasion de se joindre à cette coalition. Proposition qui a été rejetée. De nouvelles élections pourraient offrir à Netanyahu une seconde chance de bricoler une majorité recomposée afin de former un gouvernement.
Le parti de la Nouvelle Droite dirigé par Naftali Bennett est un autre bénéficiaire potentiel de cette dissolution de la Knesset. Lors des élections d’avril, il a presque réussi à franchir le seuil des 3, 25% pour pouvoir y entrer. Bennett peut décider que son parti se présente seul ou négocier une alliance tactique avec un autre parti. Pourtant, l’échec à franchir le seuil électoral indique qu’un parti ayant un nombre égal de candidats religieux et non-religieux peut ne pas être un concept viable.
Le parti Zehut dirigé par Moshe Feiglin, en avril, est resté substantiellement sous le seuil électoral. Il peut aussi chercher à sceller une alliance tactique. Si tous les précédents électeurs de la Nouvelle Droite et de Zehut votent, en septembre, pour des partis marqués à droite, il pourrait bien y avoir une majorité encore plus vaste pour Netanyahu.
Kulanu, dirigé par Moshe Khalon, n’a obtenu que 4 sièges lors des élections d’avril. S’il devait se présenter seul en septembre, il se pourrait bien qu’il ne franchisse plus le seuil d’éligibilité. Pourtant, de nouvelles élections lui offrent, à lui et à ses colistiers parlementaires, la chance de se joindre au Likud et d’être ainsi virtuellement assuré d’intégrer la prochaine Knesset.
Cette dissolution de la Knesset est plus gênante pour le parti travailliste. Son président actuel, Avi Gabbaï, a conduit le parti à une défaite désastreuse. Le parti travailliste ne détient que six sièges et ne s’est jamais auparavant trouvé dans une si fâcheuse posture de n’avoir qu’un groupe parlementaire à un seul chiffre. Le parti doit bientôt élire un nouveau président et aussi décider s’il doit tenir de nouvelles primaires. Le parti travailliste doit décider seul s’il veut se présenter sous sa seule étiquette ou sur une liste conjointe avec le parti Meretz, situé à l’extrême-gauche.
Bleu et Blanc, le parti dominant de l’opposition, n’a pas grand-chose à gagner, à de nouvelles élections. Sa performance, bien qu’impressionnante, ne lui a pas permis, même de loin, de former un gouvernement alternatif. Il reste improbable qu’il puisse être en position de le faire après les prochaines élections.
Israël Beitenu dirigé par Avigdor Lieberman pourrait bien être, soit un des principaux vainqueurs, soit au contraire, un des principaux perdants des prochaines élections. Lieberman ne s’est pas entendu avec Netanyahu sur un programme de gouvernement ni sur la question consistant à désigner quels ministères accepter. C’est la raison pour laquelle Netanyahu n’a pas été en mesure de former un gouvernement, puisque, sans le soutien d’Israel Beitenu, il lui manquait un député pour obtenir la majorité à la Knesset. Dans la négociation, Lieberman s’est positionné comme le champion incontesté d’un Israël laïc, n’ayant aucune intention de faire des concessions aux partis religieux. Pourtant, il a déclaré fréquemment qu’il tenait à ne rejoindre qu’un gouvernement de droite.
Il n’est pas évident de savoir si cette “palme de la laïcité” offrira à Israel Beitenu plusieurs places supplémentaires, au-delà des cinq sièges qu’il détient dans la Knesset actuelle. Cependant, on ne peut exclure que le Likoud et d’autres partis de droite puissent être en mesure de former un gouvernement après les élections de septembre sans dépendre des suffrages obtenus par Israel Beitenu.
Dans les semaines à venir, plusieurs partis devront décider s’ils se présenteront seuls ou en fusionnant leurs listes avec l’objectif d’engranger des suffrages aux élections. Le but de la droite est de recouper les votes perdus de la Nouvelle Droite et de Zehut. A gauche, il n’y a que le modeste nombre d’électeurs du parti Gesher d’Orly Levy- Abekasis à recouvrer. Bleu et Bleu (visiblement intéressé) ou le parti travailliste lui offriront-ils l’opportunité de concourir avec leur liste?
Les premiers sondages sont déjà sortis. Il démontrent que le Likoud – sans Kulanu – et Bleu et Blanch obtiendront à nouveau approximativement le même nombre de sièges. En ce qui concerne les partis ultra-orthodoxes, les résultats des élections ne différeront probablement pas de plus d’un siège par rapport aux précédentes élections. On peut dire la même chose à propos des listes arabes. Une question lancinante concerne le nombre de partis qui se focalisent pour obtenir les suffrages des électeurs modérément orthodoxes (traditionalistes).
Très bientôt, toute cette atmosphère de scandale politique va reprendre. La plupart des Israéliens détestent ça. Ils préféreraient des vacances sans propagande politique. Les politiciens, cependant, ne peuvent apparemment pas se permettre de faire ce que veulent les électeurs.
Dr. Manfred Gerstenfeld a présidé pendant 12 ans le Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem (2000-2012). Il a publié plus de 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme. Adaptation: Marc Brzustowski. Première publication par Jforum.fr