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"Après une pandémie, une pénurie d'électricité représente le plus grand risque pour l'approvisionnement de la Suisse", déclare Guy Parmelin dans une vidéo publiéeLa NZZ am Sonntag et la radio alémanique SRF ont fait état de la campagne lancée.
"Par pénurie d'électricité, nous désignons une situation dans laquelle nous disposons d'une quantité trop faible de courant pendant des semaines, voire des mois", explique Guy Parmelin.
"Cela signifie par exemple que les usines pourraient produire moins, que les autorités publiques et les prestataires tels que les banques devraient réduire leurs services, ou que les moyens de transport fonctionnant à l'électricité ne pourraient se déplacer que de manière limitée."
La pandémie a montré de manière impressionnante à quel point il est important de se préparer au mieux aux crises, poursuit le ministre. Si l'électricité venait à manquer, la Suisse serait tributaire du soutien de tous les consommateurs de courant, donc surtout des entreprises en tant que gros utilisateurs.
La Suisse s'est "endormie sur ses lauriers"
Suite "à la décision d'arrêter notre nucléaire, ou en tout cas de ne pas le prolonger, on a de la peine à produire l'électricité en Suisse, en particulier en hiver. Et nos voisins allemands, qui nous fournissent à peu près 20% de l'électricité en hiver, ont décidé d'arrêter leurs centrales nucléaires et vont arrêter en 2035 leurs centrales à charbon. Donc structurellement, on va avoir de la peine à trouver de l'énergie en Europe et ceux qui ne produisent pas eux-mêmes leur électricité risquent d'avoir des black-out", estime Stéphane Genoud, professeur en management de l'énergie à la HES-SO Valais.
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"On s'est endormi sur nos lauriers et il faut qu'on produise plus d'éolien et de photovoltaïque", estime Stéphane Genoud dans Forum samedi soir. Pour lui, "la solution au gaz est essentielle", même si elle sera transitoire, tandis que "le nucléaire pose une vraie question de gestion des déchets".
>> L'interview complète de Stéphane Genoud dans Forum :
Lettres à 30'000 gros consommateurs
La campagne d'Ostral a débuté le 30 septembre, a indiqué Patrick Rötheli, chef de l'Office fédéral pour l'approvisionnement économique du pays (OFAE), interrogé par Keystone-ATS. Elle comprend une lettre d'information adressée à quelque 30'000 gros consommateurs d'électricité, dont la NZZ am Sonntag a fait état.
Les quelque 700 gestionnaires de réseaux de distribution demandent à ces entreprises, dont la consommation annuelle est supérieure à 100 mégawattheures, de se préparer à un éventuel contingentement de l'électricité. Elles devraient réduire leur consommation d'un certain pourcentage, selon la situation.
Restrictions pas exclues
En période de pénurie, le Conseil fédéral peut édicter des prescriptions en matière de consommation et d'économie d'électricité. Dans un premier temps, il s'agirait toutefois d'appeler à des économies volontaires, avant d'éventuelles restrictions.
Si le fait de se passer d'électricité pour les loisirs n'a pas assez d'effet, l'étape suivante pourrait être l'instauration de quotas d'électricité pour les gros consommateurs. "Ces entreprises sont donc invitées à réfléchir à la manière dont un certain pourcentage d'électricité pourrait être économisé tout en continuant à fonctionner en partie", explique Patrick Rötheli.
Eviter la mise à l'arrêt
Selon Patrick Rötheli, l'objectif est d'"empêcher le plus longtemps possible la mise à l'arrêt du réseau en cas de pénurie, qui toucherait alors tous les consommateurs".
Si des progrès ne sont pas réalisés au moins au niveau technique, la Suisse pourrait avoir un problème de sécurité d'approvisionnement à partir de 2025, surtout en hiver, en raison de l'absence d'accord sur l'électricité avec l'UE, selon l'un des trois scénarios d'un rapport dont le Conseil fédéral a pris connaissance mercredi.
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Nouvelle exigence dès fin 2025
Dès fin 2025, les gestionnaires de réseau européens devront garder libres 70% des capacités importantes pour le commerce transfrontalier. Cela pourrait restreindre les capacités d'importation de la Suisse.
Le rapport a examiné quelles en seraient les conséquences pour la Suisse, avec un accord sur l'électricité, avec au moins des accords techniques avec les pays voisins, ou en cas de renoncement à la coopération avec l'UE. Sans coopération, la situation deviendrait critique au plus tard en mars, indique le rapport.
L'accord sur l'électricité avec l'UE est en suspens depuis 2018. Le fait que le Conseil fédéral ait rompu les négociations avec l'UE sur un accord-cadre institutionnel à la fin mai de cette année n'a probablement pas amélioré les chances d'un arrangement.
Le Conseil fédéral veut augmenter la production d'électricité à partir d'énergies renouvelables avec une révision de la loi sur l'énergie et l'approvisionnement en électricité. Il a soumis son message au Parlement cet été. Celui-ci prévoit également une amélioration de l'approvisionnement en hiver.
ats/cab