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Ce que l’UDC attend de la 5e révision de l’AI
L’AI est incontestablement une des grandes œuvres sociales de notre pays. Son idée de base est de garantir la solidarité avec des personnes plongées dans une détresse existentielle à cause d’une santé
L’AI est incontestablement une des grandes œuvres sociales de notre pays. Son idée de base est de garantir la solidarité avec des personnes plongées dans une détresse existentielle à cause d’une santé diminuée. Cette dernière empêche la personne concernée de couvrir elle-même ses propres besoins matériels. Elément du premier pilier de la prévoyance qui se finance selon le système de la répartition, l’assurance-invalidité intervient dans ces cas en assurant l’existence matérielle de ces personnes.
„Toute personne est responsable d’elle-même et contribue selon ses forces à l’accomplissement des tâches de l’Etat et de la société. » Avec cette 5e révision de l’AI, ce principe de la responsabilité individuelle et sociale énoncé à l’article 6 de la Constitution fédérale trouve également son application aux personnes restreintes dans leur santé. Il est totalement déplacé de prétendre – comme le fait constamment la gauche – qu’un appel à la responsabilité individuelle à l’égard de personnes ayant des problèmes de santé est une attitude antisociale. C’est le contraire qui est vrai: l’exploitation des capacités physiques restantes et l’encouragement de cet effort chez les personnes atteintes dans leur santé renforcent la confiance en soi, donc le bien-être de ces personnes. Leur participation à cet effort peut servir de thérapie et atténuer leurs problèmes de santé.
La politique sociale qui s’est développée au fil des vingt dernières années est aussi déplacée que l’isolement des personnes handicapées au début de l’ère industrielle. Si à l’époque on assistait à une mise sous tutelle totale par les puissants, on constate aujourd’hui une mise sous tutelle tout aussi complète par des gens malades du syndrome socialiste de l’assistanat à tout prix. Au lieu d’encourager les gens à conserver leur indépendance dans les limites de leurs possibilités, on a mis en place une industrie de l’assistance dont le travail social est devenu une fin en soi.
Cette 5e révision de l’AI est donc une réorientation de la politique sociale. Elle force les responsables des services AI d’axer systématiquement leurs efforts sur la réinsertion et l’indépendance de la personne atteinte conformément à la volonté expresse et actuelle du législateur.
En clair: les services AI doivent rigoureusement remplir le mandat fixé par le législateur qui a accepté d’investir chaque année environ un demi-milliard de francs supplémentaires d’argent des contribuables dans des mesures de réintégration dans le marché du travail.
L’objectif formulé avant cette 5e révision de l’AI d’une réduction de 20% du nombre de rentes devrait être largement dépassé. Les responsables AI qui ne seront pas à la hauteur des nouvelles tâches résultant de cette réorientation de l’AI devront être remplacés dans l’intérêt de tous les milieux concernés. Il s’agira également d’éviter les doubles emplois avec d’autres assurances sociales, par exemple l’assurance-chômage. La compétence sociale doit viser à soutenir les capacités restantes des personnes handicapées et elle exige une connaissance exacte des attentes et des possibilités économiques. Il ne suffira plus d’être tout simplement compatissant!
L’UDC soutient cette 5e révision de l’AI et la politique du Conseil fédéral en la matière. Je viens de décrire ce que nous attendons de cette réforme. Je tiens à préciser que nos attentes dépassent cette simple révision. Il faut aussi que les prescriptions déjà en vigueur soient rigoureusement appliquées. En particulier, nous demandons une vérification indépendante des rentes existantes.
Pour les personnes souffrant de problèmes de santé clairement établis, comme par exemple les handicapés de naissance, il n’est pas nécessaire de procéder tous les deux ans à un réexamen complet avec une nouvelle expertise médicale. En revanche, les rentes AI accordées sur la base d’une causalité qui n’est pas clairement établie doivent être immédiatement soumises à une révision détaillée. C’est à ce niveau que le dispositif de contrôle doit intervenir en priorité.
Aujourd’hui, une personne souffrant du syndrome de Down subit tous les deux ans un examen qui arrive à la conclusion que la personne concernée est toujours affectée par ce mal. En revanche, des personnes touchant des rentes sur la base de causes AI imprécises comme les problèmes psychiques, les traumatismes de la colonne cervicale, des douleurs indéfinissables, etc. ne sont pas soumises à des vérifications véritablement sérieuses. Il est tout de même curieux qu’une personne qui touche une rente AI fondée sur un tableau clinique vague peut tout de même conduire une voiture ou piloter un avion, car on lui reconnait des capacités physiques suffisantes à cet effet. En revanche, on ne sait pas exactement pourquoi cette personne ne peut pas travailler. Pareils dysfonctionnements doivent être corrigés. Il s’agit aussi en fin de compte de rétablir le crédit que l’AI à perdu aujourd’hui auprès d’un grand nombre de cotisants.
Correctement appliquée, la législation actuelle et cette 5e révision de l’AI peuvent rapidement et efficacement améliorer la situation de l’assurance-invalidité. Mais encore faut-il que le Conseil fédéral, l’administration, les services AI et la justice passent des paroles aux actes, qu’ils fassent tout ce qui est en leur pouvoir au lieu de se répandre en belles déclarations. L’endettement de l’AI nous y contraint. Au plus tard deux ans après l’entrée en vigueur de la 5e révision de l’AI nous saurons si les intentions du législateur ont été traduites dans la pratique ou non.