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La valise, c'est celle que Dovlatov emporte lorsqu'il quitte la Russie. Ornée d'une photographie de Karl Marx sur le fond, et de Joseph Brodsky sous le couvercle, avec «entre les deux une vie foutue, inestimable, unique». Huit objets tirés de cette valise ressucitent les souvenirs de sa vie passée en Russie et sont le prétexte à autant d'histoires du quotidien, pleines de malice. «Les chaussettes finlandaises en crêpe» côtoient ainsi «la chapka» et «la veste de Fernand Léger», ou encore «les gants d'automobiliste» dont l'hilarant récit se passe dans les rues de Leningrad où Dovlatov, en raison de son imposante taille, incarne le tsar Pierre Ier pour le compte d'un réalisateur amateur.
Prenant son parti de l'absurdité de la vie, Dovlatov s'ingénie à en rire, franchement et avec ses lecteurs. Conteur du quotidien hors pair, il relève le défi de ne jamais tomber dans le pathétique, fourbissant les armes de l'ironie tendre et de l'autodérision.
Du même auteur à La Baconnière:
Le livre invisible. Le journal invisible (2017) - épuisé
La zone (2019)
La filiale (2019)
Sergueï Dovlatov (1941-1990) est né à Oufa, en Russie, et est mort à New York. Journaliste pour des journaux de province, il se fait régulièrement renvoyer pour indiscipline. Il ne sera jamais publié de son vivant en Union soviétique, où ses écrits sont taxés d'«idologiquement hostiles». Il émigre aux États-Unis à l'âge de 37 ans et commence enfin à y publier ses récits.