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pourquoi votre collègue ne comprend pas que son idée est nulle.
Jean-Paul votre collègue se ramène avec un grand sourire.
"J'ai une super idée à te présenter"
Bien. Montre-moi ça, Jean-Paul.
Alors Jean-Paul vous montre. Et bien c'est malheureusement plutôt mauvais.
D'habitude il fait mieux.
Vous le lui faites poliment remarquer. Mais Jean-Paul ne vous croit pas. Il insiste.
Mais insister n'est pas non plus une bonne idée. Car vous trouvez ça toujours mauvais.
Jean-Paul reste cependant convaincu.
Il va donc présenter son idée à d'autres personnes. Le constat reste hélas identique.
"On l'a mal compris. Il ne se laissera pas faire."
Son idée de flyer connaît le même sort que le premier manuscrit de Samuel Beckett, qui a été refusé plus de 40 fois.
Alors il fait comme Samuel Beckett. Dès qu'il peut, il n'abandonne pas et remet sans cesse son idée sur le tapis.
Voilà qui est bien absurde. Certes, mais Jean-Paul n'est pas idiot pour autant.
Il est victime d'un phénomène mis en lumière par des chercheurs américains.
Voici l'expérience qu'ils ont réalisée.
Des personnes étaient confrontés à une machine avec plein de boutons et une lumière.
En fonction de ce qu’ils faisaient avec les boutons, la lumière s’allumait.
On leur a donc demandé de trouver comment elle fonctionnait exactement.
Toutefois, il y avait une arnaque: la lumière s’allumait au hasard, sans rapport prévisible avec les boutons.
Les malheureux se creusèrent donc la tête durant deux heures.
Ils finirent par élaborer des théories compliquées qui semblaient plus ou moins fonctionner.
Ou qui fonctionnaient 1 fois sur 2.
Ensuite, les examinateurs leur révélèrent la supercherie.
Mais les candidats refusèrent de les croire.
Pour eux, il était certain que leur théorie fonctionnait. On leur montra alors que la machine n’était même pas reliée aux lumières.Mais certains n’acceptèrent toujours pas la réalité.
L'explication?
Ils avaient mis trop d’énergie dans leurs théories pour parvenir à les abandonner.
Ils s’y accrochaient de manière irrationnelle, en croyant avoir de bonnes raisons.
Voilà qui devrait nous servir de leçon.
Quand vous êtes contents de votre idée, posez-vous la question : est-ce vraiment la meilleure idée possible?
Ou la raison pour laquelle vous l'appréciez est simplement due au fait que vous y avez consacré beaucoup d'efforts?
Bien sûr, il est souvent difficile de surmonter ces obstacles seuls. Mais en connaître l'origine facilite les choses.
Et c'est l'un des rôles des directeurs de création dans la publicité que de vous y aider.
Ceux qui parviennent à convaincre leurs équipes à remettre sans cesse l’ouvrage sur le métier sont souvent ceux qui réussissent le mieux.
Par contre il ne faut pas exagérer non plus.
Demandez à ceux qui ont travaillé pour la superstar de la pub des années 2000 Erik Vervroegen.
La plupart ne se sont toujours pas remis d'avoir autant recommencé leurs travaux.
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