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Angleterre, le prix de l’incohérence
A la fin juin de cette année, la Grande- Bretagne a dû renationaliser une ligne ferroviaire qui avait été privatisée. L’opérateur privé National Express en avait assez de travailler sur une ligne qui n’était plus rentable.
La compagnie National Express exploite des lignes ferroviaires et de bus dans plusieurs pays. Malgré son expérience dans le secteur, elle a tout bonnement décidé de mettre un terme le 30 juin 2009 à sa licence d’exploitation de la ligne ferroviaire East Coast qui relie Londres à l’Ecosse. Raison invoquée : cette ligne n’était plus rentable. L’Etat a été contraint de reprendre l’exploitation de cette ligne dès le 1er juillet, mais il a déjà annoncé qu’il la privatisera à nouveau en 2011. La Grande-Bretagne, grand précurseur de la libéralisation du rail depuis 1993 reste ainsi fidèle à son credo. La récente décision de vendre la ligne à grande vitesse High Speed One Londres – Tunnel sous la Manche à des opérateurs privés pour alléger les finances de l’Etat – asséchées par l’aide apportée aux banques - fait partie du même scénario néolibéral.
Série d’accidents graves
Les conséquences de la libéralisation du rail, en particulier l’externalisation de l’infrastructure, a été vécue de manière douloureuse par la Grande-Bretagne. Depuis 1997, plusieurs accidents graves ont été recensés. Accidents qui ont provoqué la mort de plus de 50 personnes et des centaines de blessés. La privatisation du rail est clairement la cause de ces accidents. L’entretien des installations de sécurité n’a plus été correctement effectué et l’on a négligé la formation du personnel.
« Un crime »
Suite à une série noire d’accident ferroviaires survenus en Allemagne, Alex Gordon, un cheminot syndicaliste anglais, a écrit dans une publication allemande: « La privatisation du rail est un crime fondé sur la directive de l’Union européenne 91/440 qui prévoit la séparation de l’infrastructure de l’exploitation, séparation qui a été mise en pratique en tout premier en Grande-Bretagne, bousillant ainsi le savoir-faire des cheminots. »
Peter Moor/AC