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Après plusieurs années d’attente et quelques 4èmes places, la championne Suisse VTT marathon 2016 d’Evolène a finalement décroché une médaille tant attendue lors des championnats d’Europe Marathon dimanche dernier en Italie. Elle nous explique ici comment ça c’est passé, nous parle de ses prochains objectifs et nous explique comment le Raid Evolénard va l'aider à se préparer pour les championnats du monde!
Photo Credit : bikeandmore.it/Scarpante Denis/Alessandro Billiani
Tu as été près du podium lors de championnats internationaux à plusieurs reprises ces dernières années.... Qu'est-ce que ça fait de décrocher enfin cette médaille ?
C'est très spécial de monter sur ce podium, je dois dire. Une cérémonie de podium dasn ce genre de championnats est incomparable à d'autres cérémonies de remise de prix. Entendre l'hymne national - même si ce n'était pas l'hymne suisse - tout en regardant les drapeaux hissés, était en quelque sorte très émouvant. C'est satisfaisant d'être honoré d'une telle façon pour quelque chose pour lequel j'ai travaillé très fort.
Peux-tu nous en dire un peu plus sur le déroulement de ta course ?
La course se déroulait sur 104 km et 3250m de dénivelé avait une ascension principale, le Monte Pala, qui marquait aussi la moitié du parcours. Les 50 km, que nous avons parcourus avant la grande ascension, étaient un mélange de sections plates rapides, quelques pistes simples et des montées plus courtes mais raides. A chaque montée, le groupe de tête est devenu plus petit. Autour des 27 km, où nous avons attaqué une section très raide, le groupe de tête était composé de Gunn Rita Dahle Flesja (NOR), Maja Wloszczowska (POL), la championne d'Europe en titre Christina Kollmann Fostner (AUT), moi-même et Katarzina Sosna (LTU). Malheureusement, Christina, qui roulait devant moi, a été forcée de mettre le pied à terre et c'est là que Gunn-Rita et Maja ont réussi à creuser un écart avec nous deux. Après la descente, où Katarzina n'arrivait pas à nous suivre, Christina et moi avions 30 secondes de retard sur les deux leaders. Mais Gunn-Rita et Maja étaient trop fortes et leur avance a continué à augmenter. Quand nous avons approché le contrefort de Monte Pala, j'ai réussi à m'éloigner de Christina et à partir de là, j'ai roulé en 3ème position. Ce n'est qu'au milieu de la longue montée que j'ai été brièvement dépassé par Barbara Benko (HUN), mais j'ai réussi à renverser un interrupteur dans ma tête et à récupérer la place sur le podium. Bien que je n'ai pu voir personne devant ou derrière moi sur les 30 derniers kilomètres, je suis contente d'avoir continué à pousser aussi fort que je pouvais sur le reste de la montée et le plat de 10 km jusqu'à l'arrivée puisque ma compatriote Esther Süss a franchi la ligne d'arrivée en 4ème position avec seulement 44 secondes de retard sur moi.
Le Raid Evolénard organisera le championnat d'Europe en 2021. Avec ton expérience, qu'est-ce qui, selon toi, pourrait être amélioré pour rendre un tel championnat encore meilleur ?
Je souhaiterais une course féminine complètement séparée (tout en la gardant séparée pour les hommes aussi, bien sûr) sans aucune interférence d'autres catégories. Dimanche, nous avons eu un départ séparé, mais les écarts entre les départs des différentes catégories n'étaient pas assez importants. Nous avions alors encore des sentiers bloqués par des amateurs et il était même permis de rester derrière les hommes, ce qui, à mon avis, ne permet pas d’avoir une course équitable. Est-ce que vous pensez qu'il serait juste que l'homme de tête puisse rester cacher derrière une moto sur une section plate et économiser son énergie alors que les poursuivants n'ont pas eu la chance de bénéficier de l’aide d'une tierce personne ? Ce n'est pas mon cas. Les courses de marathon, surtout dans la catégorie des femmes, ont évolué au cours des 10 dernières années et sont devenues beaucoup plus compétitives, de sorte que de petites choses comme ça peuvent faire une différence sur la liste des résultats. C'est pourquoi l'organisation de ces événements doit s'y adapter. Je crois et l'ai assez expérimenté en Afrique du Sud, qu'il est possible d'organiser un marathon de manière à ce que les catégories ne se mélangent pas sur le parcours et je serais heureuse d'offrir mon expérience pour aider le Raid Evolénard à réaliser cet idéal.
Tu as déjà beaucoup couru cette année. Quel sera ton programme jusqu'au Raid Evolénard du 10 juin.
Je participerai à l'UCI Marathon Roc d'Ardennes ce week-end et à l'étape du Belgium Mountain Bike Challenge en mai avant de retourner à Stellenbosch pour deux semaines pour assister à certaines épreuves de mon sponsor matériel Specialized. Début juin, je m'envolerai pour la Suisse, passerai quelques jours avec ma famille, puis je monterai à Evolène.
En septembre, tu retourneras en Italie pour le championnat du monde. Tu penses déjà à cette course ?
Oui, monter à nouveau sur le podium au Championnat du monde de marathon le 15 septembre est mon principal objectif pour la saison et nécessite un plan bien pensé. Mon entraîneur danois Benjamin Justesen et moi-même sommes donc déjà en train de discuter de cette préparation. Nous devons décider quand programmer les camps d'entraînement en altitude et choisir les courses qui me prépareront le mieux pour ce parcours difficile dans les Dolomites.
Le Raid Evolènard avec ses longues ascensions est fondamentalement la première course qui devrait m'habituer à ces ascensions sans fin. Cela s'inscrit aussi parfaitement dans mon calendrier car je pourrai alors rester en Valais pour un camp d'entraînement en altitude à Chandolin.