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Professeur d'histoire de l'enseignement secondaire, Mickaël Gendry nous offre un ouvrage général de grande qualité sur le sanctuaire chrétien et ses antécédents dans l'Antiquité.
Un premier chapitre traite des rites de fondation christianisés et de l'espace habité, à travers les représentations des dieux dans l'Antiquité. Puis il décrit comment le christianisme recompose dans le sanctuaire l'espace sacrificiel ancien. Une grande partie de l'ouvrage retrace les formes et l'évolution du sanctuaire chrétien, de l'Antiquité au haut Moyen Age, puis son épanouissement à travers le roman et le gothique. Un autre chapitre retrace l'art chrétien de la sculpture et du vitrail au Moyen Age. Enfin, l'auteur ouvre la grammaire des signes iconographiques, généralement en lien avec la liturgie (la flore, le bestiaire, le culte des saints, anges et démons).
La documentation de Mickaël Gendry est principalement centrée sur l'Europe et plus particulièrement sur la France. Néanmoins il souligne les caractéristiques venant de l'Orient. Sur certains points, comme la sculpture, il semble ignorer celles des murs des églises arméniennes et géorgiennes anciennes qui représentent des personnages bibliques.
On relèvera certains développements historiques, comme le sanctuaire terre d'asile, qui est un héritage des temples païens, associé ensuite aux églises. Intéressante également l'histoire des cimetières et leurs déplacements à travers les siècles, ainsi que celle des reliques des saints. Ou encore le processus de dématérialisation du divin qui semble commencer dès l'exil juif à Babylone et la destruction du Temple de Jérusalem, puis l'apparition d'autres formes de la présence de Dieu en christianisme par la foi en l'Incarnation, relayée par l'eucharistie, les icônes en Orient, les statues de la Vierge et des saints en Occident.
Plusieurs tableaux - les douze apôtres et leurs signes de reconnaissance, les représentations du Père et du Fils, les prophètes de l'Ancien Testament ou encore les significations du serpent et des monstres - rendront de grands services aux touristes et aux pèlerins qui visitent les sanctuaires d'Europe et du Moyen-Orient. Deux regrets : les illustrations, en noir et blanc, sont rares et il manque un index des termes.
L'ouvrage ne remplace pas, il va sans dire, les livres de la collection « La nuit des temps » des éditions du Zodiaque, mais L'église, un héritage de Rome, et surtout sa partie consacrée à l'Empire romain oriental, rendra de grands services.