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L’apport en vitamine D est fondamental entre autres pour la prévention des chutes et des fractures chez les patients âgés. La vitamine D est synthétisée dans la peau sous l’effet des rayons ultraviolets (UV). C’est pourquoi, elle bénéficie d’une attention toute particulière des spécialistes comme du grand public. Certains auteurs exigent un assouplissement des mesures de protection solaire, d’autres encouragent même une exposition régulière aux UV dans le but de réduire le risque de maladies liées à une carence en vitamine D. Cependant, une partie du rayonnement UV responsable de la production de vitamine D provoque des dommages cancérogènes. Une évaluation interdisciplinaire a conclu qu’une exposition aux UV ne représentait pas un moyen approprié pour corriger des états de carence en vitamine D, au contraire d’une supplémentation orale.
La vitamine D (cholécalciférol) joue un rôle central dans l’absorption du calcium et du phosphate1,2 et exerce un effet direct sur la musculature.3-5 Des effets supplémentaires comme la prévention de maladies cardiovasculaires, auto-immunes et cancéreuses ont été mises en relation avec un taux de 25-hydroxy-vitamine D (la forme de réserve de la vitamine D) supérieur à 75 nmol/l (30 ng/ml).6-9
La dose quotidienne recommandée pour les adultes (au moins 800 IU de vitamine D) ne peut être atteinte par l’alimentation seule.6 Hormis la prise orale et parentérale, la vitamine D est également produite par le rayonnement ultraviolet, via photosynthèse. Les rayons ultraviolets (UV)-B, d’une longueur d’onde de 280-315 nm, sont requis.10 En fait, la concentration inductible maximale de vitamine D est atteinte avec des doses d’UV inférieures au seuil de l’érythème (doses subérythématogènes) ; chaque exposition supplémentaire conduit à la dégradation de la vitamine D et de ses précurseurs dans la peau.2,10 Chez les personnes à peau sombre, l’exposition UV nécessaire pour une photosynthèse maximale de vitamine D est prolongée d’un facteur 6, parce qu’une peau riche en mélanine absorbe davantage de rayons UV. En comparaison avec des personnes jeunes, la capacité de photosynthèse est diminuée jusqu’à quatre fois chez les personnes âgées. Cette capacité est également diminuée chez les personnes obèses.11,12
Il est démontré que le rayonnement UV (UV-A et UV-B) représente le facteur de risque exogène principal pour le cancer de la peau.13-16 Une augmentation des taux est prouvée tant au niveau mondial qu’en Suisse, le pays au monde avec la plus forte incidence de cancer de la peau.17
Certains auteurs exigent un assouplissement des mesures strictes de protection solaire afin d’augmenter le taux de vitamine D, allant parfois jusqu’à recommander l’usage de solariums ou de lampes UV-B.18,19 Du fait que la synthèse de vitamine D résulte principalement de l’irradiation par les UV-B, et que les solariums émettent en majorité des UV-A, ces derniers ne jouent, pour autant même que ce soit le cas, au plus qu’un rôle accessoire dans la synthèse de vitamine D 14 alors qu’ils augmentent le risque de mélanome.20
On ne peut définir une exposition au soleil sans risque,21 car les dommages à l’ADN et la carcinogenèse qu’elle induit commencent en même temps que la production de vitamine D.11 La recommandation souvent citée d’une exposition quotidienne d’un quart de la surface corporelle à un quart de la dose érythémateuse minimale (DEM)22 est basée sur des tests in vitro et ne peut être transposée telle quelle aux situations in vivo. De plus, l’état individuel dépend du type de peau, de la pigmentation et de facteurs environnementaux.
Dans la population générale, l’utilisation continuelle de mesures de protection solaire n’a pu être corrélée à un taux insuffisant de vitamine D.23
En se fondant sur les données disponibles actuellement et les recommandations de différents experts, le taux souhaitable de 25-OH-D3 est de 75-100 nmol/l. En raison du danger de cancer lié à l’exposition aux UV requise pour la photosynthèse de vitamine D, des variations saisonnières et journalières de l’intensité d’ensoleillement ainsi que des différences individuelles dans la capacité à synthétiser la vitamine D, une exposition intentionnelle aux UV n’est pas un moyen approprié de corriger une carence en vitamine D. Une correction des réserves de vitamine D devrait s’effectuer au moyen d’une substitution ; chez des sujets sains, on la choisira de préférence sous forme de gouttes ou de comprimés. En cas de malabsorption, on tentera en premier lieu une supplémentation orale, complétée le cas échéant par une injection intramusculaire de vitamine D.6 Une attention particulière doit être portée aux groupes à risque, les personnes âgées et/ou obèses. Des mesures de protection solaire devraient être respectées lors de toute exposition au soleil.24
> Le taux souhaitable de 25-OH-D3 est de 75-100 nmol/l
> Une attention particulière doit être portée aux groupes à risque, les personnes âgées et/ou obèses, à risque plus élevé de présenter une carence en vitamine D
> En raison du risque de cancer de la peau, une exposition intentionnelle aux UV n’est pas un moyen approprié de corriger une carence en vitamine D. La substitution orale est fiable et évite les dommages cutanés dus aux UV