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Les racines du Mouvement européen Suisse remontent à 1934, année de la fondation de l'«Union européenne de Suisse». Depuis, un long chemin a été parcouru, mais beaucoup reste encore à faire – en Suisse et en Europe!
Le 24 juin 1934, l’Union européenne de Suisse a été fondée au cinéma Capitol à Bâle, avec pour vision la création des «États-Unis d’Europe». Ses fondateurs préconisaient une fédération européenne basée sur des principes démocratiques, appelée à se dresser contre le péril du national-socialisme.
Leur vision a en quelque sorte inspiré l’idée de l’intégration européenne telle qu’elle s’est réalisée avec la création de la Communauté européenne du charbon et de l’acier (1951), la coopération étendue au sein de la Communauté économique européenne (1968) et l’établissement de l’actuelle Union européenne (UE).
L’idée d’une protection paneuropéenne des droits humains s’est concrétisée par la rédaction, en 1950, par le Conseil de l’Europe, de la Convention européenne des droits de l’homme.
En ce sens, les fondateurs du mouvement ont fait œuvre de pionniers tout en créant la première organisation du continent prônant le fédéralisme européen.
En septembre 1946 à Zurich, Winston Churchill, Premier ministre britannique durant la Seconde Guerre mondiale, proposait, dans son discours aux Européen∙nes, de créer les Etats-Unis d’Europe. Au même moment, l’Union européenne de Suisse organisait à Hertenstein, au bord du lac des Quatre-Cantons, une conférence réunissant des fédéralistes d’un petit nombre de pays européens issus de la résistance. La Conférence de Hertenstein ouvre la voie à la constitution de l’Union européenne des fédéralistes (UEF), organisation non gouvernementale qui aujourd’hui encore milite pour l’idéal européen fédéraliste.
Alors qu’au plan des idées, l’Union européenne de Suisse a joué une part importante dans la construction européenne, l’attitude de la classe politique suisse était plutôt hostile au processus d’intégration européen. Le plaidoyer de l’Union européenne de Suisse pour une participation active de la Suisse à ce dernier se heurtait à la rhétorique isolationniste de l’Après-guerre, au point que le Conseil fédéral n’hésitait pas à faire surveiller par moments certains de ses représentants par des agents de la Police fédérale.
La chute du Mur de Berlin a fait renaître l’espoir d’une Suisse pleinement européenne.
Le fameux «dimanche noir» du 6 décembre 1992 y a toutefois mis fin: le peuple suisse a rejeté de justesse l’adhésion de la Suisse à l’Espace économique européen (EEE). L’ancien président de l’Union européenne de Suisse, Jean-Pascal Delamuraz, a dû s’exprimer au nom du Conseil fédéral ce soir-là, en tant que membre du gouvernement.
Suite au rejet de l’adhésion de la Suisse à l’Espace économique européen, lors de la votation populaire du 6 décembre 1992, le mouvement Né le 7 décembre 1992 voit le jour. Celle-ci lancera l’initiative «Pour notre avenir au cœur de l’Europe» qui sera retirée en 1997 en faveur de l’initiative «Oui à l’Europe!» lancée en 1996 et appelant à l’ouverture de négociations pour l’adhésion de la Suisse à l’UE.
Le Nouveau mouvement européen Suisse (Nomes) est né en 1998 de la fusion de plusieurs organisations pro-européennes: Né le 7 décembre 1992, le Mouvement européen Suisse, Aktion Europa-Dialog et les Jeunes fédéralistes européens. C’est aussi cette année-là que la young european swiss | yes, organisation de jeunesse du Nomes, est créée.
Par le biais de différentes campagnes et actions, le Nomes s’est engagé sans relâche pour une adhésion rapide de la Suisse à l’Union européenne. Ce fut notamment le cas pendant les campagnes de votation sur les Bilatérales I et II ou contre les initiatives de l’UDC menaçant les accords bilatéraux.
Par le biais de différentes campagnes et actions, le Nomes s’est engagé sans relâche pendant plus de vingt ans pour une adhésion rapide de la Suisse à l’Union européenne et pour la promotion de la coopération politique, économique et culturelle entre les Etats et les peuples européens. En 2001, le Nomes a clairement échoué avec son initiative «Oui à l’Europe!» en faveur de l’ouverture des négociations d’adhésion à l’UE – ceci après l’échec d’un contre-projet acceptable pour elle au Conseil des Etats. Mais le Nomes a aussi mené d’autres campagnes de votation durant ces années, par exemple lors de la votation sur les Bilatérales I en 2000, lors du référendum contre l’accord d’association à Schengen/Dublin en 2005 ou contre les diverses initiatives de l’UDC qui menaçaient les accords bilatéraux.
En tant que section suisse du Mouvement européen international (MEI) et de l’Union des fédéralistes européens (UEF), le Nomes a participé à la «Marche pour l’Europe» le 25 mars 2017 à Rome qui commémorait les 70 ans des Traités de Rome. Le Nomes a autrement pris part aux événements des deux organisations de façon régulière.
Lors de l’assemblée générale de 2021, le Nomes a changé de nom et s’appelle depuis lors (à nouveau) Mouvement européen Suisse. L’accent est tout simplement mis sur le mouvement et l’Europe.
Ce changement de nom était nécessaire après plus de 20 ans sous l’étiquette de Nouveau mouvement européen Suisse (Nomes). Il visait aussi à souligner les ambitions européennes du mouvement et à les rendre encore plus visibles.
Le nouveau nom tient également compte de l’ancrage historique et des racines européennes de l’organisation, puisqu’il s’agit de la section suisse du Mouvement européen international et de l’Union des fédéralistes européens. Parallèlement à ce changement de nom, le Mouvement européen Suisse s’est doté d’une nouvelle identité graphique et d’un nouveau logo.