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D’ici à la fin 2012 probablement, de nouvelles données seront disponibles pour le calcul du risque couru par les centrales nucléaires suisses en matière de séismes. Celles-ci fourniront un compte rendu plus précis du danger par rapport à la première étude d’importance en la matière datant de dix ans. Pour les démonstrations de maîtrise d’un séisme des 10 000 ans, remises par les centrales à la fin mars 2012, des résultats intermédiaires de l’étude en cours ont été employés.
En Suisse, la responsabilité de la sécurité des installations nucléaires revient aux exploitants. Ils doivent démontrer, conformément à la loi, que leurs installations sont sûres. L’autorité de surveillance, l’Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN), exige en conséquence des exploitants différentes études et démonstrations. L’IFSN définit pour cela les conditions cadres. Il est donc du ressort des opérateurs d’établir les études concernant les dangers possibles en matière de crues, conditions météorologiques extrêmes et tremblements de terre. Après présentation des documents des exploitants, l’autorité de surveillance vérifie que ces documents sont corrects et plausibles. Lors de projets plus importants, à l’instar de la détermination de l’aléa sismique, l’IFSN accompagne le processus avec ses propres experts. Cette répartition des rôles correspond aussi aux exigences internationales.
Lors de la construction des centrales nucléaires suisses, l’évaluation du danger sismique s’est effectuée à partir de données issues de tremblements de terre historiques. Celles-ci avaient fait l’objet d’une exploitation statistique au milieu des années septante et avaient été représentées sur une carte de l’aléa sismique.
L’autorité de surveillance requiert des hypothèses du risque sismique actualisées
Etant donné que les séismes contribuent dans une large mesure au risque global couru par les centrales nucléaires et que la science a réalisé de grands progrès dans le domaine de l’évaluation du risque sismique, l’organisme ayant précédé l’IFSN, à savoir la Division principale de la sécurité nucléaire (DSN), en était arrivé à la conclusion au milieu des années nonante que les analyses de risque sismique disponibles pour les centrales nucléaires suisses ne correspondaient plus à l’état actuel des connaissances sur tous les points.
La DSN a donc demandé en 1999 aux exploitants de centrales nucléaires une redéfinition de l’aléa sismique aux sites selon les méthodes probabilistes les plus récentes. La DSN a alors formulé les exigences concernant la méthode qui s’appuyaient sur les recommandations américaines du Comité sénior d’analyse de l’aléa sismique (Senior Seismic Hazard Analysis Committee SSHAC). Les incertitudes des résultats de calculs étaient à quantifier en détail.
Des scientifiques indépendants et de haut rang en charge de l’étude
Pour répondre à la demande de la DSN, les exploitants de centrales nucléaires ont passé commande du projet PEGASOS (analyse probabiliste du danger sismique pour les sites nucléaires de Suisse). Il a été possible de faire participer à l’étude plus de vingt experts des sciences de la terre de premier rang, tant nationaux qu’étrangers. Les travaux préparatoires de cette étude jusqu’alors unique en son genre en Europe ont été lancés en 1999. Les travaux de projet proprement dits ont commencé en 2001 pour s’achever à l’été 2004. Le niveau 4 du Comité sénior d’analyse de l’aléa sismique (Senior Seismic Hazard Analysis Committee SSHAC) a servi de référence. Il s’agit du niveau le plus élevé et le plus exigeant d’un procédé reconnu internationalement. Ce standard garantit aussi aux scientifiques impliqués leur indépendance.
La DSN a accompagné en continu le projet PEGASOS pour contrôle avec une équipe d’experts reconnus. Dans son rapport final, la DSN constatait que les spécifications méthodiques étaient satisfaites dans le projet. Le projet constituait une nouvelle référence pour le monde entier. Les résultats PEGASOS présentaient toutefois une large plage d’incertitudes. Ces incertitudes conduisaient par conséquent à des dangers plus élevés. Les incertitudes provenaient principalement de données manquantes ou incomplètes. Ces données portaient sur les sources sismiques ainsi que le comportement d’atténuation de la roche et du sous-sol. En outre, l’étude PEGASOS était une œuvre pionnière en comparaison internationale. Les cercles spécialisés ont donc discuté de l’étude et de l’élévation de l’aléa sismique calculé en résultant.
Réduction en raison de trop nombreuses incertitudes
Sur demande des opérateurs et en raison des importantes incertitudes démontrées, la DSN fixait en 2005 les hypothèses de l’aléa sismique pour les analyses probabilistes de sécurité. Les valeurs correspondaient à 80% de l’accélération du sol retenue dans les résultats de PEGASOS. La DSN estimait appropriée la réduction d’alors de 20%. Les nouvelles valeurs relatives au danger se situaient alors nettement au-dessus des évaluations statistiques des tremblements de terre historiques. Elles étaient aussi nettement plus prononcées en comparaison internationale. En vue de réduire les incertitudes à l’aide de données supplémentaires (par exemple par des forages supplémentaires) et des enseignements récents, PEGASOS-Refinement a été projeté.
Le projet PEGASOS Refinement (PRP) a donc été démarré en 2008 sous la direction de l’organisation faîtière des opérateurs de centrales nucléaires suisses, swissnuclear. L’approche du SSHAC a une nouvelle fois servi de standard de travail. Des experts internationaux reconnus ont cette fois aussi été engagés. Leur indépendance pour l’évaluation était encore garantie par la procédure employée. Des données nouvelles et plus exactes servaient de base au projet. A cet effet, des forages et des mesures ont notamment été entrepris aux abords des centrales nucléaires. L’étude se trouve actuellement dans sa phase finale.
Une réaction immédiate à Fukushima
Après le tremblement de terre de Fukushima, l’IFSN a décidé de ne pas attendre la conclusion du projet PEGASOS Refinement dans l’intérêt de la sécurité. Elle a ordonné que les centrales nucléaires apportent la démonstration de la maîtrise d’un tremblement de terre d’une fréquence de 10 000 ans. En cas de dommages, une exposition élevée aux radiations devait être exclue. Les résultats intermédiaires de PEGASOS Refinement devaient alors servir de base. Ces résultats datant de mai 2011 se situaient en-dessous des valeurs de l’étude primaire de PEGASOS. Ils confirment déjà aujourd’hui la justesse de la réduction des valeurs de PEGASOS entreprises auparavant.
D’après le calendrier de swissnuclear, les résultats définitifs de PEGASOS Refinement devraient être disponibles à la fin de cette année. L’IFSN examinera ensuite les nouvelles hypothèses de risques. En se basant sur les résultats améliorés les plus récents, les centrales auront alors à démontrer encore qu’elles maîtrisent un séisme des 10 000 ans.
(Cet article«Les hypothèses relatives à l’aléa sismique deviennent toujours plus précises pour les centrales nucléaires suisses» du 6 janvier 2012 a été complété par de nouveaux éléments)