Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06900.jsonl.gz/176

La faune s’épanoui autour de Fukushima
En réponse à diverses questions et spéculations émises par le public et par le corps scientifique à propos du statut de la vie sauvage autour de Fukushima après la catastrophe, une équipe de chercheurs de l’Université de Géorgie aux Etats-Unis ont réalisé, fin 2019, une grande étude dans les zones sinistrées. Les scientifiques ont identifiés trois zones de recherches (déjà définies par le gouvernement Japonais en 2011 après la catastrophe): la zone inhabitée à cause du haut taux de radiation, la zone à accès restreint à cause du taux modéré de radiation et la zone habitée, car le taux de radiation est relativement bas. Dans ces 3 zones, 106 pièges photographiques ont été posés pour une durée de 120 jours résultant en 267’000 photos. Sur ces nombreuses photos apparaissent une vingtaine d’espèces animales différentes telles que le sanglier, le lièvre du Japon, des macaques, des renards, des faisans et le chien viverrin. Les chercheurs ont ainsi démontré que malgré la présence plus ou moins intense de radiations, la faune se fait abondante partout dans les zones d’évacuation de Fukushima. La présence plus élevée d’individus de certaines espèces (le sanglier, le raton-laveur, la martre du Japon et le macaque japonais) dans la zone inhabitée démontre l’évident conflit avec l’être humain. Ainsi, la faune a considérablement investi la zone après l’évacuation humaine. L’étude a, de plus, considéré d’autres variables telles que la topographie, la distance avec les routes, l’heure d’activité reportée par la caméra et la végétation. Ils ont démontré que les facteurs les plus importants influençant la présence d’individus n’étaient pas le taux de radiation, mais plutôt le niveau d’activité humaine, le type d’habitat et l’altitude. Cependant, cette étude ne peut se prononcer sur l’état de santé concret des individus, étant donné qu’elle n’a été menée que sur la base de photographies.
Photo: Blackosaka/Adobe Stock
Le bruit qui tue silencieusement
On parle du plastique, des eaux usées ou encore du pétrole qui polluent nos océans et nos mers. Cependant, un mal moins connu est tout aussi dévastateur: la pollution sonore amenée par les activités humaines. Les nuisances sonores externes comme des travaux, le sonar d’un bateau ou même un jet-ski ont de graves conséquences sur la faune marine. Elles résultent en échouages, accidents de décompression ou mènent à la séparation d’un groupe d’individus. « Quiet-Oceans » est une association basée en Bretagne, à Plouzane. Elle s’occupe de mesurer la pollution sonore maritime émise par les entreprises à l’aide de balises immergées et équipées d’un microphone sous-marin. Ensuite, elles aident ces entreprises à diminuer leurs impacts. Les données des balises sont analysées en temps réel sur des ordinateurs dans leur bureau en Bretagne. En visualisant les sons enregistrés par les balises, on peut apercevoir par exemple des sons hautes fréquences (comme ceux des dauphins) sur lesquels se superposent ceux de travaux maritimes. Si c’est le cas, l’association prévient le chantier qui va décaler le démarrage des opérations. Grâce à ces balises, il est aussi possible de cartographier en temps réel le bruit de la circulation maritime. Ces nuisances sont invisibles, et bien que peu intenses en termes de décibels, elles sont permanentes et perturbent la vie et les mœurs des espèces animales marines. Selon les connaissances actuelles, les espèces les plus touchées sont les cétacés. En effet, ces animaux utilisent le son pour communiquer, se déplacer, chasser et repérer les prédateurs. D’une part, les nuisances sonores peuvent provoquer du stress, des pertes d’auditions transitoires ou permanentes, et même des lésions des tissus ou des embolies. D’autre part, les bruits étrangers impactent le comportement des animaux. Certains cessent de se nourrir et d’autres quittent leur zone de reproduction. Une directive européenne sur le milieu marin a bel et bien été décrétée en 2008, mais la pollution sonore reste encore considérée comme secondaire, car elle reste difficile à mesure et donc à attester.
(cliquez sur l’image!)