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Je termine ici l'hommage à mon père par cette dernière divagation plus tardive. Beaucoup de points d'interrogation un peu plus d'un an avant sa mort.
Hermann nous a quitté le 21 décembre 2008. Il a succombé à une seconde crise d'AVC après trois semaines d'hospitalisation. Il est parti en paix.
Merci à tous ceux qui ont participé activement à la discussion.
C'est en donnant un nom aux "choses" que nous commençons à les définir. La définition explicite d'une chose n'est toutefois pas cette chose elle-même, mais se situe à un incertain niveau d'abstraction par rapport à elle.
Il n'en demeure pas moins que nommer et définir quelque objet que ce soit consiste à lui tracer un contour, une frontière, une enveloppe, hors desquels se trouve tout ce qui n'est pas cet objet ou "chose". Nommer, définir, c'est donc contenir, limiter, donner un commencement et une fin.
Le concept pour lequel nous avons inventé et défini le mot "infini" constitue, en quelque sorte, un non-sens puisqu'il possède un contraire sous le nom de "fini".
Comment osons-nous nommer "Dieu"? Comment pouvons-nous avoir la prétention blasphématoire de le connaître dans son infinité au point de nous permettre de Le définir ? Fut-ce avec une majuscule qui, consacrant notre altérité, Le tient à distance en nous retranchant du "Tout".
Tout puissant, omniscient, omniprésent, Dieu infiniment Tout, en somme, ce qui a pour conséquence d'exclure le "rien", le néant, autre concept limitatif incompatible.
Ce Dieu dont nous prétendons qu'Il nous est "révélé" et nous a créé "à Son image". La partie contiendrait le Tout à l'inverse de toute logique ? Pourquoi pas ? La toute-puissance présumée ne doit elle pas être considérée comme sans limite, outrepassant l'impossible ? La raison, l'intelligence, la conscience même que nous croyons avoir se trouvent ici dépassées.
Nous osons nommer Dieu. Nous osons Le concevoir, Lui attribuer des qualités infinies et pourtant ce concept passe toute connaissance, toute intelligence, toute raison.
Qui sommes-nous donc ? La partie est-elle séparable du Tout sinon par convention, par artifice parfaitement arbitraire ? Pourquoi "nous" ? Pourquoi la Création ? Dieu ne se suffit-Il pas à Lui-même ? A-t-Il besoin de qui ou quoi que ce soit pour distraire Son ennui ? Un "quoi que ce soit" qui ne saurait lui être extérieur sous peine, encore, de Lui imposer une limite ! Alors quoi ? Onanisme divin ?
Le déraisonnable est-il obligatoirement faux ? N'est-ce pas plutôt notre raison qui est limitée et même, parfois malade ?
Notre entendement permet de reconnaître un espace à trois dimensions et d'en concevoir une quatrième en incluant celle du temps. N'
Dieu ou rien. Le choix est affaire de foi. Opter pour le rien me semble encore être le plus déraisonnable. Alors, de toute ma raison, de toute ma déraison, de tout mon Ego mythique, je crois à cet impossible innommable que nous avons l'outrecuidance d'interpeller dans nos prières sur le mode impératif d'un maître s'adressant à son serviteur, Dieu !
Aïre, le 27 septembre 2007
Hermann JENNI
Alias DESJANTETS