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Une plus grande diversification devrait permettre de sortir de l'impasse de la duration dans la recherche de la protection du capital.
Alors que les actifs réels sont bien positionnés dans un portefeuille pour couvrir le risque d'inflation, l'ajustement potentiel du prix des Actions à partir de niveaux élevés de valorisation nécessite de réduire les risques des portefeuilles avec un positionnement plus défensif. Une plus grande diversification devrait permettre de sortir de l'impasse de la duration. Au cours de la dernière décennie, investir dans les actions des Big Tech était le meilleur moyen de se protéger dans un monde sans croissance et à endettement élevé, qui était la plupart du temps au bord de la déflation. Mais les choses ont rapidement évolué avec le nouveau régime d'inflation qui crée un plafond pour les valorisations élevées des Big Tech, et il se peut désormais que ce type de profil de «croissance séculaire» soit moins défensif à l'avenir. Les investisseurs devraient envisager d'autres solutions pour augmenter la diversification et protéger leur portefeuille d'actions contre les risques de baisse. Nous voyons quatre façons d'être plus défensif: 1. Les Actions défensives bon marché; 2. L’immobilier coté (les REITs); 3. Les actifs refuges traditionnels (or, CHF); 4. Les stratégies de rendement absolu.
Le secteur de la Santé est un bon candidat pour les investisseurs souhaitant être plus défensifs. Sa valorisation est attractive, ses fondamentaux sont largement indépendants du cycle économique. Il y a un bon point d'entrée après la sous-performance pendant la majeure partie de la phase de reprise mondiale. D'autres secteurs à faible bêta tels que les Staples ou les Utilities pourraient également apporter des avantages de diversification en cas de ralentissement économique, mais il est trop tôt pour entrer dans ces secteurs car ils sont plus exposés aux problèmes de chaîne d'approvisionnement (Staples) ou ont une capacité limitée à répercuter l’augmentation des coûts pour les consommateurs (Utilities). Le marché suisse des actions est une bonne alternative pour augmenter l'exposition aux actions défensives. Il offre une combinaison unique d'actions défensives de haute qualité et de valeurs moyennes innovantes et à croissance rapide.
Les REITs (immobilier côté) ont un ancrage fondamental sur les niveaux de loyer, ce qui constitue une forme de protection contre l'inflation. La hausse à court terme pourrait être limitée par des pressions à la hausse sur les taux. À titre d'illustration lors des deux derniers épisodes de hausse des taux (2013 et 2016), le secteur a sous-performé les actions mais s'en est mieux sorti que les Treasuries. Leur rendement de 3% est en effet attractif par rapport au rendement du dividende du S&P 500, qui est au plus bas depuis 20 ans, et aux rendements obligataires exposés à d'importants risques de hausse à court terme. Cette combinaison de rendement élevé et de protection contre l'inflation fait des REITs un bon candidat pour les investisseurs à la recherche de solutions défensives.
L'or va revenir au premier plan en 2022, en tant qu’actif réel qui couvre le risque inflationniste. Historiquement c’est la meilleure classe d’actifs quand l’inflation dépasse les 3%. Par ailleurs, l’or demeure un actifs refuge en cas de mouvements de marché risk-off. Son comportement lors du «Black Friday» (26 novembre 2021) nous rappelle que les cours de l’or se décorrèlent des Actions lors des phases baissières rapides et brutales des Actions. C’est donc un diversifiant essentiel des risques de marché, d’autant que la probabilité d’entrer dans un marché baissier pour les Actions est désormais à son maximum.
Le franc suisse est structurellement un actif de qualité, qui préserve le pouvoir d’achat des épargnants. C’est aussi un actif refuge, au même titre que le yen, qui s’apprécie quand la valeur des actifs risqués décroche. Le point d’entrée est d’autant plus intéressant actuellement que les écarts d’inflation ont fortement augmenté dans le monde vis-à-vis de la Suisse (+450 pb avec les Etats-Unis, +250 pb avec la zone euro). Ces divergences de dynamique inflationniste exercent une pression sur les taux de change réels et rendent le franc plus attractif. Une appréciation réelle du taux de change effectif réel du franc suisse de 5 à 8% est tout à fait possible en 2022. Avoir des actifs basés en Suisse est donc un bon moyen de se couvrir contre l'inflation et les risques de marché.
Augmenter le risque non directionnel dans les portefeuilles est une priorité lorsque la valorisation combinée des actifs financiers atteint un niveau record. La remontée attendue de la volatilité (cycle économique plus mature, davantage de dispersion bottom/up et top/down, retrait des liquidités et durcissement monétaire) va déclencher des ajustement de valorisation et des ruptures de corrélation. Ce contexte pourrait marquer le retour des stratégies alternatives absolute returns (long/short equity, profil long volatilité de type CTA, ou encore global macro discrétionnaire).