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Bateau-lavoir, quai du Seujet, 1913 Madame la lavandière - à découvrir! (Document audio RTS)
A la différence des campagnes où chacun s'occupe de sa lessive, les habitants de la ville apportent leur linge au bateau-lavoir. Les paquets de linge sont déposés le soir et lavés dès le lendemain par des lavandières professionnelles. Elles frottent à la brosse les taches, avant de couler et bouillir le linge dans la chaudière à bois. Il est mis à sécher sur le toit. Au début du 20e siècle, une blanchisseuse travaille 12 heures par jour, pour 40 centimes de l'heure. Une pratique qui a perduré jusqu'en 1918.
- À ÉCOUTER : www.notrehistoire.ch/audio/view/1165/ (bouton audio en bas à gauche de l’image) Document RTS : Madame la lavandière "Quel savoureux personnage que cette fille de lavandière! Avec son vocabulaire fleuri, Madame Chavanne nous décrit dans le Journal de midi en 1970, sa vie à Genève au début du 20e siècle. Une mère lavandière, des bateaux-lavoirs fonctionnant avec des chaudières à charbon, les rixes et l'alcool, l'éducation des enfants: un tableau pittoresque qu'on croirait sorti d'un livre de Zola."
Le quai du Seujet, qui s'étend maintenant entre le Creux-de-Saint-Jean et le pont de la Coulouvrenière, occupait jusque dans les années 30, l'emplacement actuel du quai Turrettini.
Savez-vous d'où vient le nom "Seujet"? Le nom de Seujet ou Sauget pourrait venir des saules qui y étaient plantés. Selon Humbert (Glossaire genevois, vol. II, p.182) l'origine serait le mont languedocien "sugé" ou "sujier", signifiant teinturier, étant donné que plusieurs ateliers de teinturerie se trouvaient sur ce quai.
Usine Caran d’Ache, dynamitage de la cheminée, 1977
La fabrique suisse de crayons a débuté dans le quartier de la Terrassière en 1915. Les fondateurs de l’entreprise avaient racheté une ancienne usine à savons pour la transformer en usine de crayons. Elle fut renommée “Caran d’Ache” en 1924.
Au début des années 1970, la vétusté des installations des Eaux-Vives pousse le fabricant de crayons à déménager sur un nouveau site dans la zone industrielle de Thônex. L'ancienne usine est démolie au cours de l'année 1977; le dynamitage de sa cheminée attire de nombreux curieux. Le terrain accueille quelques années plus tard un complexe immobilier et un centre commercial, Eaux-Vives 2000, alors le plus grand de Genève, ouvert en mars 1981. notrehistoire.ch/entries/Gq2YambXYJx
Lors de la fabrication des mines graphites il était nécessaire de les chauffer et cuire à très hautes températures, d’où la nécessité d’avoir un four, et qui dit four dit cheminée. Saviez-vous que cette grande cheminée était tenue par un “chauffeur” ancien conducteur de locomotive?
Et saviez-vous encore que le nom “Caran d’Ache” était le nom de plume d’Emmanuel Poiré, un caricaturiste français d’origine russe qui signait toutes ses oeuvres de ce pseudonyme? Le mot russe - karandach (карандаш) signifiant “crayon” - provient à son tour de la racine turque, kara tash, qui désigne la pierre noire (graphite).
Le célèbre fabricant d'instruments d'écriture, fleuron de l'industrie genevoise, va bientôt quitter Thônex pour s'installer à Bernex dans une optique de développement. Le déménagement pourrait être effectif aux alentours de 2022-2023.