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On en est où, de la candidature du Valais (et quelques autres cantons) à l'organisation des Jeux Zolympiques d'hiver 2026 ? On en est à attendre le vote des Valaisans, le 10 juin prochain, sur un crédit de 100 millions de francs pour la promotion de la candidature de "Sion 2026". De ce vote dépendra l'attribution ou non du milliard de garantie de déficit promis par la Confédération -à moins qu'un autre vote, fédéral celui-là, soit organisé sur ce milliard, ce que les promoteurs de la candidature suisse veulent éviter -on les comprend : on ne peut pas dire que l'enthousiasme populaire soit au rendez-vous de la candidature valaisanne (et circonvoisine). A défaut d'enthousiasme, "Sion 2026" aura de la concurrence : Huit autres villes sont candidates au raoût olympique hivernal (que certaines ont déjà organisé) : Stockholm, Graz, Sapporo, Calgary, Erzurum, Milan, Turin et Cortina d'Ampezzo. En référendum, la population d'Innsbruck avait enterré une première candidature autrichienne. Un exemple que les Valaisans seraient bien inspirés de suivre.
Un ou deux milliards pour "montrer qu'il n'y a pas que des combats de reines et la raclette en Valais" ?
Le président (le Maire, quoi) de Sion, le PLR Philippe Varone, a une idée géniale : "L'idéal serait des JO d'hiver toujours à Sion". Pourquoi à Sion ? Parce qu'il est président de Sion. S'il était wali de Tamanrasset, il proposerait des JO d'été toujours à Tamanrasset, mais il est président de Sion, alors il propose des JO d'hiver toujours à Sion. Au fond, l'"idéal" serait qu'on en finisse carrément avec les JO d'hiver où que ce soit, puisqu'ils n'ont aucune pertinence pour la moitié des pays de la planète ? Et que les Jeux Olympiques aient toujours lieu à Olympie, qu'ils ne programment que les compétitions initiales des JO antiques et qu'on en finisse avec les équipes nationales, les hymnes nationaux, les classements nationaux des médailles et les épreuves de sports invraisemblables (s'il en est de vraisemblables) ?
Car le CIO ne sait plus quoi inventer pour élargir l'audience et donc la rentabilité des JO d'hiver. Ainsi reconnaît-il à jet continu des "disciplines" sportives totalement marginales, ou qui ne sont pratiquées que dans quelques pays, et aux JO d'hiver sont intégrées des "disciplines" où ne s'illustrent que des nations qui n'ont aucune "culture" des sports d'hiver (l'Australie, par exemple, ou la Biélorussie, ou même la Chine), ou des sports "extrêmes" bénéficiant d'un effet de mode. Les JO d'hiver 1968 à Grenoble avaient vu la participation de 1158 sportifs dans 35 épreuves. Cinquante ans plus tard, à Pyeongchang, les participants étaient plus de 3000 et les épreuves plus de 100. Dont des épreuves de snowboard, de slope-style, de ski acrobatique, de half-pipe, de big air. On attend le concours de bonshommes de neige. Quant aux épreuves traditionnelles des jeux hivernaux, elles doivent calibrer leurs horaires à ceux des télés les plus regardées.
Personne ne s'attend non plus à ce que le dopage (au sens restrictif de l'usage de substances interdites pour accroître les performances de l'usager ou de l'usagère -mais l'usage de substances autorisées aux même fins n'en est pas moins du dopage. Du dopage légal) disparaisse du paysage olympique, non plus d'ailleurs que les pratiques relevant quelque peu de la corruption ou du trafic d'influence (échanges de voix des juges du patinage artistique, par exemple).
Alors, pourquoi des JO d'hiver en Suisse ? Pour prouver que la Suisse est un pays de sports d'hiver, ou, comme le résume la nouvelle directrice de la communication de "Sion 2026", Romaine Jean, pour "montrer qu'il n'y a pas que des combats de reines et la raclette en Valais" (elle a oublié Christian Constantin, Yannick Buttet, Buttet, Ecône, les chasseurs de chamois et d'écolos, les promoteurs immobiliers et le PDC). Un milliard (au moins), c'est pas un peu cher, pour réviser des lieux communs folklo-ethnologique ?