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Depuis sa création en 1962, l’Orchestre du Collège de Genève rassemble les jeunes musiciens entre 14 et 19 ans. Pour nombre d’entre eux, c’est une première expérience dans une formation de cette taille. Avec des répétitions hebdomadaires, ils préparent deux grands programmes symphoniques durant l’année scolaire. Au mois de février, les élèves et les musiciens de l’Orchestre de la Suisse Romande (OSR) feront vibrer les murs du Victoria Hall au rythme des musiques de jeu. En tenues multicolores, ils présenteront Jeux d’enfants de Georges Bizet, cinq extraits de La Boutique Fantasque de Gioacchino Rossini et Ottorino Respighi, ainsi que des mélodies de célèbres jeux vidéo, comme Tétris, Angry Birds ou encore Final Fantasy. A cette occasion, Signé Genève est allé à la rencontre du Chef de l’Orchestre du Collège de Genève depuis 27 ans, Philippe Béran.
Signé Genève : Quelle est l’origine de l’Orchestre du Collège de Genève et à quel moment avez-vous décidé de rejoindre cette aventure musicale ?
Philippe Béran : À l’époque de la création de l’Orchestre, le Collège de Genève n’était composé que du Collège Voltaire pour les filles et du Collège Calvin pour les garçons. En 1962 un groupe d’élèves de Calvin a émis l’idée de créer un ensemble instrumental dans les murs du collège. Fortement encouragés par Paul-Louis Siron, organiste, professeur de français et de latin, les collégiens se sont alors lancés dans la création de leur orchestre. Au début, l’ensemble n’était composé que de six flûtistes, un hautboïste, huit violonistes, quatre violoncellistes, un clarinettiste, un trompettiste et deux cornistes. Ce n’est que lorsque le Collège est devenu mixte en 1972, que le nombre de musiciens a augmenté à une trentaine de participants. En 1990, après 27 ans de direction, Paul-Louis Siron a pris sa retraite et un concours a été ouvert pour le poste de chef. J’ai été sélectionné pour reprendre la succession et commencé avec l’Orchestre composé alors d’une quarantaine de musiciens. Aujourd’hui, ils sont plus de quatre-vingt ! Cette année est ma 27ème saison à la tête de cette formation, et non pas la 29ème car j’avais pris deux années sabbatiques pour diriger l’Orchestre de Bordeaux. En 57 ans d’existence l’Orchestre a accueilli plus de 2000 jeunes musiciens et n’a connu que deux chefs, ce qui est vraiment incroyable !
SG: Comment choisissez-vous la programmation musicale d’année en année ?
PB : L’objectif de l’Orchestre est de permettre aux jeunes entre 14 et 19 ans, qui pratiquent un instrument depuis plus de six ans, de jouer ensemble. Il faut donc leur faire découvrir un vaste répertoire et leur donner l’envie de continuer la musique. Nous avons par exemple déjà fait du ballet, de l’opéra, des musiques de films et même du ciné-concert. La difficulté du choix de la programmation est de sélectionner des œuvres variées et de faire un mélange entre les pièces les plus célèbres pour donner envie de les interpréter et des pièces moins connues qui sortent du répertoire classique.
Il faut également tenir compte de la difficulté des morceaux pour ne pas décourager les élèves, mais quand même leur lancer un défi musical. Le répertoire de cette saison se compose, entre autres, de musiques de jeux vidéo et c’est une grande première !
Depuis dix ans nous avons également un budget pour engager de jeunes professionnels, souvent des anciens de l’Orchestre, qui viennent coacher et aider durant les répétitions. Cela crée des liens entre les générations et permet d’avancer plus facilement.
SG: Les jeunes musiciens ont souvent l’occasion de jouer avec des orchestres professionnels et notamment avec l’Orchestre de la Suisse Romande. En quoi cette expérience est-elle bénéfique aux deux formations ?
PB : Depuis quinze ans l’Orchestre du Collège de Genève fait des productions avec le Grand Théâtre, et depuis une vingtaine d’années j’ai initié une collaboration avec l’Orchestre de la Suisse Romande. Chaque saison, nous montons un programme en automne, pour ensuite le reprendre avec les musiciens de l’OSR au mois de février. Ensemble, les musiciens donnent une série de concerts au Victoria Hall, que je dirige et commente. Certains sont réservés aux classes scolaires et d’autres ouverts au public. Bénéfique pour tout le monde, ce partenariat est vraie occasion d’échange et de partage entre les artistes. Les jeunes musiciens ont l’occasion de découvrir certaines facettes du monde des musiciens professionnels, de monter des programmes splendides et pouvoir jouer dans une salle magnifique. Les membres de l’OSR apprécient de se retrouver avec des adolescents et pouvoir partager leurs expériences musicales. C’est un grand bol d’air frais ! Et il ne faut pas oublier que certains jeunes vont ensuite rentrer dans l’OSR ou en devenir les auditeurs !
Cette année, les musiciens de l’Orchestre du Collège de Genève, se produiront la première semaine de février au Victoria Hall. Le concert ouvert au public aura lieu le 9 février à 11 heures.