Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07235.jsonl.gz/760

Contenu externe
Le contenu suivant a été fourni par des partenaires externes. Nous ne pouvons ainsi pas garantir son accessibilité à tous les utilisateurs.
Berne - Roman Polanski est libre depuis lundi et a quitté son chalet de Gstaad (BE). La Suisse a refusé d'extrader le cinéaste vers les Etats-Unis, mettant fin à une saga de dix mois. La décision a été accueillie avec soulagement en France et en Pologne, alors que Washington affichait sa déception.
Roman Polanski, 76 ans, était assigné à résidence dans son chalet de Gstaad depuis décembre après avoir été arrêté le 26 septembre à Zurich sur mandat d'arrêt américain.
Le cinéaste est poursuivi pour avoir violé en 1977 une adolescente de treize ans après lui avoir fait boire du champagne et consommer des stupéfiants.
Roman Polanski a dit en soirée un "immense merci" à tous ceux qui l'ont soutenu.
En repoussant au final la demande d'extradition américaine, la Suisse n'a subi aucune pression, que ce soit du côté des Etats-Unis ou de celui de la France ou de la Pologne, a déclaré la ministre de la justice Eveline Widmer-Schlumpf.
L'Office fédéral de la justice (OFJ) invoque deux griefs pour refuser l'extradition. Le Département américain de la justice a refusé en juin de transmettre à la Suisse le procès-verbal d'une audition du procureur Roger Gunson, alors chargé du dossier, menée en janvier dernier.
Or ce document devait permettre de confirmer que le juge avait bien assuré aux représentants des parties en septembre 1977 que les 42 jours que Roman Polanski avait passés dans la division psychiatrique d'une prison californienne couvraient la totalité de la peine d'emprisonnement qu'il devait exécuter.
"Dans ces conditions, on ne saurait exclure (...) que Roman Polanski ait déjà exécuté la peine prononcée autrefois à son encontre et que la demande d'extradition souffre d'un vice grave", a indiqué Mme Widmer-Schlumpf.
La conseillère fédérale a aussi avancé le principe de protection de la bonne foi. Tout le monde savait que Roman Polanski séjournait régulièrement en Suisse depuis l'achat de son chalet. Le cinéaste ne se serait certainement pas rendu au Festival du film de Zurich s'il craignait que ce voyage ait des conséquences juridiques.
Washington a exprimé sa "déception" lundi soir par la voix du porte-parole du département d'Etat Philip Crowley. "Le viol d'une fille de 13 ans par un adulte (...) est un crime", a-t-il souligné. "Nous continuerons à chercher justice dans cette affaire".
En France et en Pologne, la décision suisse a été accueillie avec soulagement. L'avocat français du cinéaste, Me Georges Kiejman, s'est dit "très ému" et a rendu hommage à la justice suisse.
ATS