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On ne résout aucun problème par de grandes organisations continentales !
La crise de l'euro a fait apparaître au grand jour les aspects antisociaux de l'intégration européenne qui s'ajoutent aux aspects antidémocratiques qu'on connaissait déjà. On a réalisé, dans les pays du sud de l'Union Européenne, une politique de réductions massives des dépenses publiques. Celle-ci touche avant tout les couches sociales les moins favorisées et protège en revanche les intérêts des banques et des fonds d'investissement institutionnels. Bien plus qu'un simple accident de parcours de l'intégration, cette évolution révèle au contraire les buts déclarés et non ouvertement déclarés de ce vaste projet de dérégulation, projet qu’une alliance entre démocrates-chrétiens et sociaux-démocrates européens permit avant tout de mettre en œuvre. Le caractère antisocial du projet d'intégration ne réside pas seulement dans son volet de dérégulation, mais également dans le déséquilibre structurel entre les différents acteurs économiques. Ce déséquilibre est accentué par le grand marché unique voulu par l'UE. Cette structure continentale favorise l'influence des sociétés multinationales et des banques, tout en affaiblissant le rôle de la société civile (syndicats, consommateurs, femmes, environnement). On peut donc s'étonner que beaucoup de gens de gauche critiquant sévèrement l'UE s’obstinent malgré cela à placer leurs espoirs dans de grandes structures supranationales.
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