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Un peu d'histoire
Au XIIIe siècle, toute la Côte qui domine Grandson est encore recouverte de vastes forêts. En 1403, des moines de Cluny viennent défricher cet endroit et créent du même coup une multitude de petits hameaux dispersés. Le nom de Villars-Burquin est alors peu utilisé: on en trouve des traces au XVème et au XVIIIème siècle sous la forme de Villars Bourquin. Ce nom descend du bas latin « villaris » signifiant littéralement « qui appartient au domaine de »; le terme Bourquin ou Burquin qui l'accompagne serait une adaptation d'un mot flamand « boerkin » diminutif de « boer » ou « bour » signifiant paysan. Mais Villars-Burquin était communément appelée « Chez le Roy », du nom de la famille bourgeoise Ray, d'où le surnom de « Roitelets » que ses habitants ont conservé jusqu'à nos jours. Ce petit passereau coloré orne depuis 1925 les armoiries de la commune.
Lutte avec la pente, avec le gel printanier après les neiges épaisses, avec les eaux capricieuses et sitôt enfouies, avec les mille rejets dont le Joran a semé les graines dans les plus hautes pâtures, tel était l’essentiel d’une vie ancienne à laquelle un climat plus doux et toutes sortes de techniques ont depuis lors apporté l’évolution la plus significative.

Vue sur Yverdon et le lac (DH)

C’est une solidarité naturelle qui a pourtant permis aux ancêtres de cohabiter et de valoriser ces arpents largement voués à l’élevage. Etendue aux quatre villages du Pied-de-la-Côte, cette entraide s’est nouée autour du Cercle des amis, ou plus récemment de la société de laiterie.
Essentiellement paysanne au milieu du XXe siècle, la population s’est peu à peu mêlée de vacanciers dont les chalets ont allongé leurs faîtes pour devenir résidences principales, précédant la construction de maisons individuelles au flanc du coteau.
Aujourd’hui, la population majoritairement pendulaire apprécie d’harmoniser le sentiment de grande indépendance que donne la vue toujours imprenable de tous les quartiers du village et la possibilité d’une vie sociale animée par les fêtes, les sociétés et les commerces.
Historique général (par Quentin Pellaux)
D'après les documents existant à son sujet, le Pied-de-la-Côte - qui aura longtemps été le nom de cette région - appartenait à plusieurs juridictions administratives. En fait, «Pied-de-la-Côte » est le nom retenu par la population de ces villages partenaires pour désigner la réalité de leurs associations plus ou moins formelles : collaborations intercommunales, sociétés, etc. Les procès-verbaux des assemblées du bailliage de Grandson sous l'Ancien Régime témoignent de ces diverses appartenances. La première communauté individuellement représentée et rattachée à la Métralie de Bonvillars fut celle de Fontanezier. Vers 1730, Villars-Burquin, qui appartenait à la Métralie de Fiez, envoyait également ces propres délégués. Les familles de Vaugondry et Romairon également rattachées respectivement à la Métralie de Fiez et à la Terre de Montagny, prirent part, quelques années plus tard, aux rassemblements.
Ces relations complexes se simplifièrent dès la constitution du Canton de Vaud en 1803 lorsqu'est apparue une nouvelle entité nommée « Haute commune générale de Champagne ». Ce terme, rarement utilisé sous l'Ancien Régime, recouvrait les trois communes actuelles de Fontanezier, Romairon et Vaugondry. Vers la fin du XIXe siècle, en 1897, un pas de plus fut franchi dans l'indépendance du Pied-de-la-Côte : une paroisse fut créée à Villars-Burquin, regroupant les quatre communes actuelles. Par la suite, d'autres volontés communes se sont manifestées et plusieurs fêtes populaires virent notamment le jour sous l'égide du tir, du chant et de la création théâtrale. Finalement, des 1910, le « Cercle des amis du Pied-de-la-Côte » fut fondé, toujours dans l'objectif de rassembler les habitants de cette région et d'en faire une communauté suffisante pour que la vie sociale y perdure avec stabilité.
La paroisse et l'église de Villars-Burquin
Penchons-nous maintenant sur la vie paroissiale de la région. L'église de Saint-Maurice, située sur la commune de Champagne existe depuis 1228. Jusqu'en 1897, cette paroisse regroupait notamment les villages de Vaugondry, de Romairon et de Fontanezier. En octobre 1895, fut inaugurée l'église de Villars-Burquin, monument en pierre, érigé tout à l'ouest du village, sous les ordres de l'architecte Isoz. Dès 1897, une suffragance réformée fut créée, formée des cinq petites communes des hauts de Fiez et de Champagne. Un Conseil de paroisse officieux entra alors en activité et six pasteurs suffragants se succédèrent durant les années suivantes. 1917 marqua un tournant dans la vie religieuse du Pied-de-la-Côte, puisque en cette date, la suffragance fut érigée en paroisse officielle et légale. En 1925, fut construite la première Cure, qui en réalité n'était autre qu'une villa privée. Pendant près de 30 ans, c'est ici que vécut le pasteur. En 1953, l'Etat de Vaud fit construire la Cure officielle. Une salle de paroisse fut alors incorporée au rez-de-chaussée et permit aux paroissiens de se rencontrer. Dès les années 70, la pénurie pastorale obligea le pasteur de Champagne à tenir les cultes et catéchismes de Villars-Burquin ; puis avec la mutation de l'an 1990, Villars-Burquin appartint à une paroisse comprenant 9 villages et s'étendant jusqu'à Vugelles, avant qu'en 2000, avec Eglise A Venir, Champagne et Bonvillars se rallient sous le nom de paroisse de l'Arnon. C'est la raison pour laquelle la Cure, momentanément attribuée aux pasteurs régionaux, fut désaffectée en 2002, puis rachetée en 2007 par la Commune de Villars-Burquin. Notons que la vie paroissiale, au fil de ces décennies mouvementées, a constitué une sorte de laboratoire de fusion et que son effectif de 1500 paroissiens correspond exactement à la cible fixée aux communes par la Constituante de 2003.
Les villages
Villars-Burquin
Villars-Burquin faisait autrefois partie de la métralie de Fiez et envoyait, deux délégués à son Conseil. « Métralie de Fiez » serait remplacé aujourd'hui par commune de Fiez. Les habitations situées aujourd'hui sur le territoire de Villars-Burquin, faisaient donc partie de la « commune » de Fiez.
C'est en 1844 que les deux villages se séparèrent définitivement. A l'époque le nom actuel du village n'était que rarement utilisé. Les premières traces du nom datent de 1403, puis du 18e siècle ; « Villars-Burquin » ou « Villars-Bourquin ». Ce nom formé de l'appellatif « villare » (localité campagnarde) et d'un nom d'une famille qui habitait certainement les lieux était communément remplacé par « Chez le Roy », du nom d'une famille bourgeoise de l'endroit. Il découle logiquement le surnom des habitants du village : « les Roitelets ». Ce petit passereau coloré orne depuis 1925 les armoiries de la commune. La famille « Ray », ou « Roy » (selon l'orthographe des temps et les prononciations en patois) serait donc considérée comme la famille fondatrice du village. Les Ray ont ainsi toujours été originaires de Villars-Burquin.
Avec la fusion, la famille « Ray » (de même que la famille « Duvoisin » originaire de Fontanezier) deviendront originaires de Tévenon, changement qui dérange certains, mais qui laisse d'autres personnes indifférentes.
Vaugondry
Citée en 1415 comme faisant partie de la seigneurie de Grandson, Vaugondry tirerait son nom d'un sire dénommé Von Gündrich qui y habitait sous le régime bernois. A cette époque, sous ce régime, le bailliage de Grandson était composé de sept sections dont les Métralies de Bonvillars et de Fiez à laquelle appartenait Vaugondry, tout comme Villars-Burquin. La commune de Vaugondry fut constituée, comme les communes avoisinantes, vers 1730. Le partage des terres n'est certes intervenu qu'en 1844, mais la commune de Vaugondry existait déjà depuis plus d'un siècle. D'un point de vue ecclésiastique, Vaugondry, jusqu'à la fin du 19e siècle, a toujours été rattachée à la Métralie de Bonvillars (paroisse de Saint-Maurice/Champagne). Originaires du village, les familles Chabloz et Bornoz n'y ont aujourd'hui plus de descendants.
A Vaugondry, (comme souvent ailleurs) les souvenirs remplacent les archives détaillées. Si ce village a abrité d'habiles politiciens, il semblerait bien qu'il n'ait pas compté grand nombre d'artisans, ni d'épicier, ni vraisemblablement de cafetier. Comme le territoire du village n'était pas très vaste, pas plus que les domaines forestiers, le village n'a jamais pu développer de véritables activités économiques en relation avec ses terres. Vaugondry, tout comme ses voisins, était un village où les familles paysannes étaient majoritaires.
Romairon
Le fait d'avoir découvert, au siècle dernier quelques monnaies romaines dans le village et aux environs laisse présumer que Romairon tient ses origines de l'époque romaine. La tradition veut qu'une habitation soit d'origine romaine et que Romairon vienne du mot « Romanorum ». Cependant, depuis 1927 date à laquelle la commune a adopté le hanneton comme emblème, cette thèse de l'origine romaine a été oubliée !
Romairon a fait partie de la « Générale et haute commune de Champagne » de 1788 à 1825. Le patrimoine bâti a quelque peu évolué depuis la fin du XIXe siècle : de 17 maisons au début du XXe siècle, il n'en reste plus que 15. Le feu en aurait détruit une en 1909 et une autre, qui menaçait de s'effondrer, aurait été démolie vers 1950. Il semblerait que cette maison détruite ait été la maison à laquelle on suppose une fondation romaine. Il semblerait également que la maison de commune actuelle, située au centre du village ait abrité une laiterie avec plusieurs caves à fromage, du temps de la société de fromagerie des Hauts-de-Champagne, fondée en 1838, par les producteurs de Vaugondry, Fontanezier et Romairon. Il semblerait également qu'un four communal ait existé dans le bâtiment où se trouvait le pressoir communal (détruit en 1962), soit en face de la maison de commune actuelle.
Romairon était, au XXe siècle, un village « artisanal ». De nombreux habitants travaillaient le bois. Le centre du village formait un véritable noyau commercial et artisanal avec la laiterie, le four, le pressoir, la forge, l'épicerie et le café. En effet, Romairon détenait à cette époque un café, lieu de rencontre très apprécié par les habitants. Les familles paysannes passaient un à deux mois à l'alpage, plus haut sur le territoire du village, avec leur bétail car les exploitations agricoles étaient telles que l'estivage permettait d'exploiter les pâturages les plus pentus et les moins arables.
Pour terminer, j'aimerais relever une dernière particularité de ces communes. En effet, si l'on visite l'endroit, on remarque qu'un bâtiment a été érigé à cheval, par moitié, entre la commune de Vaugondry et celle de Romairon. Ce « collège », désaffecté depuis 1975, a été construit au début du siècle dernier. Aujourd'hui des transformations ont permis à deux locataires de s'installer. Ces derniers ont toujours eu le choix du lieu de domicile : Vaugondry ou Romairon. Ils seront désormais citoyens de Tévenon.
Fontanezier
Fontanezier est un village relativement « âgé ». En effet, il semblerait que ses origines remontent au XVe siècle. En cette période, « Fontanisy » (un ancien nom du village) faisait partie du cercle de Concise. Une ancienne publication nous apprend également que dans les années où les habitants y parlaient encore le patois, Fontanezier était ordinairement appelé « vert tsi lo vezin », soit vers chez les voisins. Ce nom faisait certainement référence à la famille Duvoisin, bourgeoise de cette commune. Sur le plan ecclésiastique, Fontanezier faisait partie autrefois de la paroisse de Saint-Maurice. Aujourd'hui, les réformés de Fontanezier sont rattachés à la paroisse de l'Arnon.
En sillonnant les ruelles de Fontanezier, on découvre trois belles et anciennes fontaines. Celles-ci datent des années 1850. Depuis 1927, ces trois fontaines figurent sur les armoiries à la place de trois coquilles, ceci afin de se remémorer les origines du nom donné à ce village. Liées à des captages de sources, ces fontaines ont permis d'alimenter les habitants en eau potable jusqu'en 1961, date à laquelle le village s'est rattaché au réseau de l'Association intercommunale d'amenée d'eau.
Tout comme Romairon, Fontanezier a connu une vie villageoise très active. On y trouvait un bureau de poste, une laiterie-fromagerie, deux cafés, une épicerie privée puis, par la suite, une succursale de l'épicerie-boulangerie de Villars-Burquin. On y trouvait également plusieurs artisans tels qu'un cloutier ou plusieurs fabricants d'allumettes. Certains habitants s'étaient même spécialisés dans la fabrication de hottes !
En visitant les hauts du village, on y découvre plusieurs fermes isolées, qui aujourd'hui sont, pour la plupart, entièrement vouée à l'habitation, mais qui ont été par le passé occupées par les familles paysannes du village avec leur bétail. Aujourd'hui, le nombre d'agriculteurs actifs s'est bien amenuisé puisque ces derniers ne sont plus que quatre à pratiquer leurs activités sur deux domaines.
Que ce soit dû à sa situation un peu à l'écart ou à la mentalité des habitants, Fontanezier a toujours souhaité rester une commune indépendante. C'est là que l'idée de la fusion a été le plus remise en question car les autorités et la population étaient soucieux de préserver leur autonomie de décision. En fusionnant ce sentiment lié à cette maîtrise « interne » de la commune, devra se modifier.
Les fontaines
Rares, donc précieuses dans ce pays jurassien où l'eau disparaît par toutes les failles et dolines du karst, les fontaines ont longtemps été les points d'eau pour les hommes et leur bêtes, servant ainsi de lavoirs et d'abreuvoirs.
Raccordées à des captages de source parfois éloignés, elles signalent la particularité d'un sous-sol où des couches marneuses étanches conduisent vers la surface des eaux qui se sont infiltrées entre elles. Les noms des villages en portent la trace: Fontanezier, bien sûr, tout comme Fontaines en aval.
Les maisons anciennes
On distingue deux types de fermes traditionnelles de type jurassien.

L’une place son faîte

L’autre place son faîte

|La Ruche (jdr)||La ferme du contour (jdr)|
Histoire du battoir de Villars-Burquin (par M. Lucien Méan, ancien syndic de Villars-Burquin)
Le battoir de Villars-Burquin a été construit par la commune dans les années 1800; le tout estimé fiscalement à 20'000.-. Le bâtiment avait six fonctions : loger les récoltes, battre des céréales, abriter l'abattoir, remiser le matériel de lutte contre l'incendie et une salle d'arrêt, offrir un lieu d'aisance public.
Le battoir était équipé d'une machine à vapeur qui animait un concasseur et un moulin. L'eau nécessaire à son fonctionnement était captée entre la Douvaz et les Crêts, puis canalisée par une conduite qui alimentait les deux fermes des Ilettes. Un citerne récupérait l'eau non utilisée par la machine et offrait une réserve d'eau pour les sapeurs-pompiers.
Le volume du battoir était loué à la Société du Battoir qui sous-louait des emplacements aux plus offrants pour déposer les céréales durant la saison et pour entreposer des machines le restant de l'année.
La société de jeunesse était autorisée à organiser un ou deux bals durant les mois d'avril à juin, à condition de sortir et rentrer les machines, de nettoyer les locaux et surtout ne rien casser.
Dans les années 1960, le local de la machine à vapeur n'étant plus utilisé depuis la pose des moteurs électriques, fut transformée en congélateur communal. Malgré l'arrivée des congélateurs de ménage, cet équipement est toujours rentable.
L'arrivée des moissonneuses-batteuses a sonné le glas de la société du battoir mais les autorités communales n'ont pu que très difficilement déloger les locataires et ce n'est qu'en 1981 que purent être entrepris des travaux de réfection qui en firent une salle polyvalente pour la gymnastique scolaire, les activités des sociétés et les manifestations intercommunales.
En 2000, la toiture a été mise à neuf. En 2006, un nouveau mobilier modulable s'est ajouté à l'ancien. L'absence d'un système de chauffage, d'une cuisine dûment équipée et de sanitaires accessibles est une urgence.
Sans oublier les archives cantonales. Pour y accéder suivez ce lien.