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En 2008, la Société financière internationale (SFI), filiale de la Banque mondiale, a accordé un prêt de dix millions de dollars américains à la SRC, filiale de la Socfin libérienne, pour l’expansion de sa plantation de caoutchouc. En mai 2019, l’ONG libérienne Green Advocates a déposé une plainte auprès de la SFI au nom de 22 communautés villageoises, soulignant de graves violations des droits de l’homme à proximité de la plantation de la SRC.
Le bureau du médiateur de la SFI (CAO) a accepté la plainte en juin 2019. Des représentants du CAO ont visité la plantation de la SRC au Liberia pour se rendre compte par eux-mêmes de la situation sur et autour de la plantation et se sont entretenus avec les personnes des communautés villageoises touchées qui avaient déposé la plainte. Par exemple, le rapport du CAO publié en mars 2020 décrit des cas d’expulsion de terres et de violence dans les plantations et indique à quel point il est devenu difficile pour les gens de gagner suffisamment pour vivre. La présentation de la situation par les responsables de la plantation SRC fait également partie de ce rapport.
Sur la base de cette analyse de la situation, le CAO a voulu lancer un processus de résolution des conflits au début de l’été 2020. Toutefois, cela nécessite le consentement des deux parties au conflit. Alors que les personnes concernées l’ont accepté malgré tout ce qu’elles avaient vécu, l’entreprise de plantation a rejeté un tel processus. Le raisonnement de la SRC est que le CAO a un parti pris en faveur des plaignants et qu’ils ne peuvent pas lui faire confiance. Le CAO est le médiateur de son propre prêteur, la SFI, filiale de la Banque mondiale. Green Advocates, organisation partenaire de Pain pour le Prochain et plaignante dans cette affaire, a fait part de ses commentaires à ce sujet dans un journal en ligne. Pain pour le Prochain partage cette évaluation.
La plainte cite non seulement la mauvaise conduite de la SRC, mais critique également le fait que la SFI, en tant que donateur, n’a pas suffisamment observé et contrôlé ses propres normes. Sans le prêt de la SFI, nombre des violations des droits humains et des expulsions dont les personnes sur le terrain font état n’auraient peut-être pas eu lieu. Il est remarquable que la société de plantation SRC accuse maintenant le CAO – médiateur de son propre prêteur – de favoriser les plaignants et d’aller à l’encontre de son client. Green Advocates et Pain pour le prochain considèrent tous deux que la SFI est conjointement responsable des violations des droits fonciers et des droits humains ; violations déjà rendues publiques en février 2019 dans un rapport détaillé de Pain pour le prochain.
Alfred Brownell, directeur des Green Advocates, déclare dans l’article susmentionné que « les communautés touchées sont optimistes quant aux preuves des abus perpétrés contre elles par la SRC et sont prêtes à tout mettre en œuvre pour obtenir de la société qu’elle paie les dommages. Mais elles sont également prêtes à recourir à tous les mécanismes de résolution des conflits disponibles.
3 juin 2020