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«Nous sommes sur la bonne voie pour terminer l'accord de paix. Cette semaine a été marquée par des barres de coopération et une série de...»
Et puis, tout à coup, plus rien. Le silence.
Les yeux de Mitch McConnell se vident, sa bouche se serre, son visage se fige. Il est ailleurs. Où? La foule de journalistes, cameramans et partisans politiques réunis à l'occasion de sa conférence de presse, l'ignore. Tous attendent, suspendus à ces lèvres immobiles, ces yeux qui ne cillent pas. Une bonne vingtaine de secondes plus tard, le leader des républicains n'est toujours pas de retour.
Après tout, Mitch McConnell est réputé pour prendre son temps, choisir ses mots avec précaution, voire garder le silence lorsqu'il ne souhaite pas répondre à une question. Sans oublier ses prothèses auditives. Il est déjà arrivé qu'il peine à entendre les questions des journalistes.
Ce mercredi 26 juillet, pourtant, il est évident qu'il y a un problème. Quelque chose qui cloche.
Son voisin, le républicain John Barrasso, ancien médecin de profession, se décide à intervenir. Il s'approche de son collègue avec douceur et lui murmure: «Ça va, Mitch?»
Pas de réponse.
John Barrasso insiste: «Y a-t-il autre chose que vous voudriez dire à la presse?»
Nouveau silence. L’élu du Wyoming s'empare alors avec une tendre fermeté du bras de son chef de parti, pour l'éloigner des caméras et des regards inquisiteurs de la presse.
Dix minutes plus tard, Mitch McConnell est de retour sur l'estrade. Un journaliste de CNN s'enquiert aussitôt: «Pouvez-vous parler de ce qui s'est passé ici au début de la conférence de presse? Etait-ce lié à votre blessure en début d'année, lorsque vous avez subi une commotion cérébrale? Etes-vous toujours pleinement capable d'assurer votre travail?»
La réponse tombe. Directe, sans contradiction possible.
Pour détendre l'atmosphère, l'octogénaire ose même une plaisanterie. «Le président a appelé pour vérifier si j’allais bien, et je lui ai dit que je m’étais “ensablé”!» Une référence au jeu de mots employé par Joe Biden, après sa chute sur un sac de sable, sur scène, en juin dernier.
Les questions s’enchaînent. De l’affaire Hunter Biden à l'éventuelle enquête de destitution du président Joe Biden. La séance touche à sa fin lorsque quelqu'un ose, enfin, poser la question qui fâche. Connait-il déjà le nom de son successeur en tant que chef des républicains? Pour toute réponse, Mitch McConnell lâche un rire. Et s'éloigne.
Il faut dire que le leader du GOP depuis 2007 apprécie les questions sur la fin de sa carrière presque aussi peu que les incidents qui l'ont ponctuée. Depuis qu'il s'est remis d'une polio à l'âge de deux ans, en 1944, Mitch ne fait pas partie de ces «gars qui parlent de leur santé». Ni ne s'en plaignent. Ce bon républicain de l'establishment continue d'avancer, indifférent à sa démarche légèrement boiteuse, et se méfie des escaliers.
Ce qui n'a pas empêché quelques accidents. Pas plus tard que le 14 juillet, le patron de la minorité au Sénat aurait trébuché en débarquant d'un avion, à l'aéroport de Washington. Selon la même source à NBC news, McConnell se déplacerait en fauteuil roulant, lorsqu'il navigue dans des aéroports bondés. Simple mesure de «précaution». Une question taboue, surtout. Dès qu'un appareil ou une caméra pointe le bout de son objectif, McConnell se remet sur ses deux pieds.
Circulez, tout est ok. Ce mantra vaut aussi bien après sa chute en 2019 (imputée à une «vieille chaussure de tennis») qu'après avoir affiché des mains bandées, pâles, et des ecchymoses sous les yeux, en 2020. «Souffre-t-il de problèmes de santé», s'enquièrent les journalistes du Capitole face à ces signes inquiétants. Réponse de l'intéressé: «Bien sûr que non».
Pourtant, malgré sa manie obsessionnelle de faire bonne figure, le conservateur de 81 ans sera bien obligé de divulguer cette énième mauvaise chute, le 9 mars 2023, en plein dîner de collecte de fonds. Un accident qui lui vaut une commotion cérébrale, une côte cassée, mais surtout, d'être maintenu éloigné du Sénat pendant six longues semaines.
La chute de trop? Les observateurs glissent tout bas que, depuis lors, l'indéboulonnable républicain de 81 ans est apparu «physiquement diminué» et de plus «en retrait» du rôle dominant qu'il a campé pendant des décennies au Sénat.
Lui qu'on entendait régulièrement parler lors du déjeuner républicain, qui se tient chaque semaine à huis clos au Capitole, prendrait désormais rarement la parole, à l’en croire quelques participants indiscrets au New York times.
Moins actif dans son travail législatif, Mitch McConnell a également laissé le républicain John Thun, considéré comme son successeur potentiel, mener les négociations sur le projet de loi annuel du Pentagone. Un rôle habituellement apprécié par le président, qu'on sait passionné par la politique militaire.
En juin, alors que les Etats-Unis se trouvent au bord d'un défaut de paiement potentiellement catastrophique, le chef de parti laisse à son collègue, le speaker Kevin McCarthy, le soin de mener les intenses négociations entre la Maison-Blanche et les républicains du Congrès.
Pourtant, côté républicain, on se gêne encore pour guider le leader historique vers la sortie. Qu'importe si l'étrange «absence» de mercredi, face à la presse, suscite toujours plus de questions quant à sa capacité à diriger le parti.
Cette énième piqûre de rappel sur l'âge avancé et la condition fragile de Mitch McConnell n'a pas empêché ses alliés de se bousculer pour clamer leur confiance envers leur chef, mercredi. A commencer par le sénateur texan John Cornyn, qui n'a jamais fait mystère de son intérêt à reprendre les rênes du Grand old party (GOP), le moment venu: «Je comprends qu'il était un peu étourdi, mais il est revenu pour répondre aux questions. Je n'ai donc aucune raison de croire qu'il ne va pas bien.»
Même son de cloche chez son collègue Ted Cruz, qui ne perçoit «aucune indication» à l'interne confirmant que McConnell ne serait pas en mesure de venir à bout de la tâche.
«Une absence, ça nous est tous arrivé», relativise pour sa part le sénateur John Kennedy. «Mitch va bien, il est toujours le même. Il a eu une commotion cérébrale, et une commotion cérébrale vous met à terre, mais il va bien. Quoi qu'il se soit passé, il vous l'expliquera.»
Bien que fragilisé politiquement et marginalisé après la montée en puissance de l'ancien président Trump, Mitch McConnell demeure une personnalité politique respectée à Washington.
Ses collègues en sont conscients: la retraite de cet homme salué comme l'un des opérateurs politiques «les plus efficaces de l'histoire moderne» laissera un trou béant dans la conférence républicaine du Sénat. Raison pour laquelle, probablement, on se tâte encore à trancher cette souche de l’establishment républicain. La «mule» décidera seule du moment pour redescendre la colline du Capitole. A moins d’une chute fatale, ce n'est pas pour tout de suite.
L'arme repose sur l'épaule, à quelques centimètres de la tête. Lorsqu'un soldat tire un missile à partir du tube de lancement du «Carl Gustav», celui-ci s'élance à une vitesse pouvant atteindre 800 kilomètres par heure. Il peut détruire des chars, percer des bâtiments et a une portée allant jusqu'à 1000 mètres. Et elle est utilisée dans le monde entier. Problème: l'arme déclenche une onde de choc si massive, envoyée directement au cerveau par la tête, qu'elle provoque des dégâts considérables.