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Evergrande, en défaut de paiement pour la première fois en 2021 et qui a déclaré faillite aux Etats-Unis cette année, est étroitement surveillée en raison du poids de la société dans l’économie chinoise.
La justice hongkongaise a repoussé lundi jusqu’à fin janvier la date limite pour que le géant immobilier chinois Evergrande, massivement endetté, présente son plan de restructuration et tente d’éviter une liquidation à risque pour l’économie chinoise.
Linda Chan, juge de la Haute Cour de Hong Kong, a ajourné le dossier au 29 janvier et déclaré que l’avocat d’Evergrande devait s’entretenir plus directement «avec les autorités compétentes pour confirmer» que la proposition de restructuration était réalisable.
Evergrande, autrefois le plus grand promoteur immobilier de Chine, a fait défaut en 2021 et a déclaré un passif de plus de 300 milliards de dollars, devenant un symbole de la crise immobilière qui sévit depuis des années en Chine et faisant craindre un ralentissement économique plus large.
L’année dernière, les créanciers ont déposé une requête en liquidation à Hong Kong contre China Evergrande Group - qui a lancé le processus de liquidation - mais l’affaire a traîné en longueur pendant que les parties tentaient de négocier un accord à l’amiable.
Mme Chan avait donné à Evergrande l’échéance initiale du 4 décembre pour présenter un plan de restructuration concret, faute de quoi elle nommerait des liquidateurs indépendants du cabinet comptable KPMG.
Elle a lundi repoussé cette échéance, demandant plus de détails concrets. «Que compte faire l’entreprise dans les prochaines semaines? Actuellement, nous n’en avons qu’une idée générale», a-t-elle dit aux avocats d’Evergrande, en soulignant que «la transparence est également essentielle».
En mars, le géant de l’immobilier avait offert aux créanciers la possibilité d’échanger leur dette contre de nouveaux titres émis par la société et des actions de deux filiales, Evergrande Property Services Group et Evergrande New Energy Vehicle Group.
Mais les négociations ont été bloquées en septembre lorsque le président de l’entreprise, Xu Jiayin, a été «soumis à des mesures coercitives» par les autorités chinoises, en raison de soupçons d’infraction.
La société a déclaré le même mois qu’elle ne pouvait pas émettre de nouvelles obligations car sa filiale en Chine, Hengda Real Estate Group, faisait l’objet d’une enquête.
Lundi, l’avocat d’Evergrande José-Antonio Maurellet a indiqué qu’en raison de «difficultés» liées à «certains événements», le groupe n’était pas actuellement en mesure d’émettre des obligations ou des actions.
Le plan de restructuration d’Evergrande est «similaire à celui envisagée dans le cadre du plan initial», mais il sera «encore affiné», a-t-il précisé.
Les avocats du créancier requérant Top Shine Global ont indiqué avoir reçu de leur client «l’instruction de ne présenter aucun argument» contre le report.
A l’inverse, Neil McDonald, associé du cabinet d’avocats Kirkland & Ellis LLP, cité par l’agence Bloomberg, a déclaré que le groupe de créanciers qu’il représente «a fermement rejeté» la dernière proposition présentée par Evergrande au tribunal.
Les actions d’Evergrande étaient en hausse de plus de 13% lundi à la Bourse de Hong Kong.
Evergrande, en défaut de paiement pour la première fois en 2021 et qui a déclaré faillite aux Etats-Unis cette année, est étroitement surveillée en raison du poids de la société dans l’économie chinoise.
Le secteur chinois de l’immobilier a représenté jusqu’au quart environ du PIB du pays. Mais le président Xi Jinping a estimé que la dette accumulée par Evergrande et d’autres sociétés immobilières constituait un risque inacceptable pour le système financier chinois et la santé économique globale. Les autorités ont en conséquence progressivement restreint l’accès des promoteurs au crédit depuis 2020, provoquant une vague de défauts de paiement.
Fin juin, Evergrande estimait avoir des dettes de 328 milliards de dollars, soit un peu moins que le PIB de Hong Kong avant la pandémie.
Hong Kong dispose d’un système juridique de «common law», distinct de celui de la Chine continentale, privilégié par certains créanciers étrangers comme lieu de liquidation des constructeurs chinois défaillants.
On ne sait toujours pas si une ordonnance de liquidation prononcée par un tribunal de Hong Kong sera exécutable sur le continent.