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Paysages d'Edward Hopper chez Beyeler
La Fondation Beyeler, à Riehen (BS), présente une exposition consacrée aux paysages du peintre américain Edward Hopper (1882-1967). Elle réunit 65 peintures à l'huile, aquarelles et dessins datant de 1909 à 1965. On peut aussi y voir un film de Wim Wenders.
Il est rare que des oeuvres d'Edward Hopper soient exposées en Europe, a indiqué vendredi aux médias Sam Keller, directeur de la Fondation Beyeler. C'est la première exposition qui est consacrée à l'artiste américain en Suisse alémanique et la deuxième en Suisse. La Fondation de l'Hermitage, à Lausanne avait présenté certaines de ses oeuvres en 2010.
«Cape Ann Granite»
L'idée de l'exposition à Riehen est née lorsque le tableau «Cape Ann Granite» (1928) a intégré la collection de la Fondation Beyeler en tant que prêt permanent, a expliqué Sam Keller. Cette oeuvre a fait partie de la collection Rockefeller pendant des décennies. Elle a été acquise lors d'une vente aux enchères et ensuite prêtée au musée bâlois.
Edward Hopper a peint ses premiers paysages lors d'un séjour en France. A son retour aux Etats-Unis, il s'est intéressé aux paysages ruraux, principalement en Nouvelle-Angleterre, avec une prédilection pour Cap Cod.
Les paysages d'Edward Hopper sont des compositions géométriques claires. Les éléments principaux sont des maisons, des voies ferrées, des phares. La lumière est toujours particulière, qu'il s'agisse de celle éclatante de midi ou de la lueur du crépuscule, explique Ulf Küster, commissaire de l'exposition.
En dehors du tableau
Les toiles d'Edward Hopper donnent l'impression qu'il se passe quelque chose en dehors du tableau. Comme dans «Cape Cod Morning» (1950): dans une fenêtre en baie, une femme scrute quelque chose d'inaccessible au regard, car situé en dehors de l'espace pictural, laissant au spectateur le soin d'imaginer ce qu'elle regarde.
L'oeuvre d'Edward Hopper est très influencée par le cinéma. Il était un grand amateur de films de «Série B». Le 7e art s'est aussi beaucoup inspiré des oeuvres du peintre. Un des exemples les plus frappants est la maison de la toile «House by the Railroad» (1925) qu'Alfred Hitchcock a reconstitué pour son film «Psycho» (1960).
Film de Wim Wenders
Le cinéaste allemand Wim Wenders est lui aussi tombé sous le charme des toiles d'Edward Hopper dans les années 1970. Elles ont fortement influencé son oeuvre cinématographique. En hommage à l'artiste, il a réalisé un film de 15 minutes en 3D inspiré par des toiles du peintre, notamment «Gas» (1940).
Intitulé «Two Or Three Things I Know About Edward Hopper» («Deux ou trois choses que je sais d'Edward Hopper»), le film de Wim Wenders est présenté en première dans une salle installée dans l'exposition. Il ne sera projeté que dans des musées et pas dans des salles de cinéma, a indiqué le cinéaste.
Ce qui fascine Wim Wenders dans l'oeuvre d'Edward Hopper, c'est que dans ses toiles, «on a l'impression que quelque chose va se passer ou qu'il s'est passé quelque chose, mais on ne le voit pas». Son film raconte un peu plus que les peintures dont il s'est inspiré, «mais pas trop, pour ne pas tout casser» et laisser le spectateur imaginer, a-t-il expliqué.
L'exposition «Hopper» est visible à partir de dimanche et jusqu'au 17 mai.
www.fondation beyeler.chRetour à la page d'accueil