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Le «coup de soleil» semble être la punition inévitable à une exposition imprudente au soleil, une brûlure plus ou moins légère qui disparaît avec le temps. Mais un coup de soleil provoque des réactions bien plus complexes qu'une simple inflammation. Il s'agit en fait d'une véritable réponse immunitaire induite par les cellules de la couche superficielle de la peau, les kératinocytes, qui sont en première ligne et qui transmettent à leurs voisines des signaux d'alarme. Ces signaux sont principalement des interleukines de type 1 (IL-1), les mêmes qui sont produites par les macrophages lors d'une exposition à des corps étrangers.
On savait déjà que les kératinocytes produisaient de l'IL-1. Mais il est maintenant prouvé que ces cellules, qui composent 90% de l'épiderme, disposent du même complexe protéique que les macrophages, l'inflammasome, dont l'activation conduit à la sécrétion d'IL-1.1 «Nos études confirment que les kératinocytes renferment un complexe protéique capable d'induire une réaction immunitaire, bien que ces cellules majeures de l'épiderme ne soient pas des cellules immunitaires professionnelles», souligne Laurence Feldmeyer, premier auteur d'une étude menée à l'Institut de biologie cellulaire à Zurich, en collaboration avec le Département de dermatologie du CHUV.
Si les macrophages réagissent aux antigènes, les kératinocytes, eux, répondent à un excès d'UVB. Par un mécanisme encore inexpliqué, les UVB induisent la libération du calcium intracellulaire, qui provoque à son tour l'activation de l'inflammasome. Se déclenche alors dans la cellule une réaction en chaîne, dont le recrutement de la caspase-1 qui protéolyse la pro-IL-1b en IL-1b, au terme de laquelle réside l'inflammation liée au coup de soleil. Des composantes de l'inflammasome, des caspases et principalement des interleukines sont alors libérées. L'IL-1 peut cibler des cellules de Langherans, des cellules circulantes, et d'autres kératinocytes.
Ces expériences ont été menées in vitro sur des cellules humaines exposées à des doses d'UVB physiologiques - 50 mJ/cm 2 - préservant leur viabilité pendant deux minutes. Les quantités d'IL-1 sécrétées, mesurées sur vingt-quatre heures, étaient comparables à celles déjà décrites pour les macrophages. Ce sont principalement les IL-1b qui sont libérées, et qui, in vivo, induisent l'inflammation. Des expériences parallèles ont montré qu'irradier, par des doses physiologiques d'UVB, des souris privées du gène de la caspase-1 ne provoquait pas ou peu de réactions inflammatoires, et la mise au point de souris transgéniques ou knock-out pour des composantes de l'inflammasome, mais dans les kératinocytes spécifiquement, est en cours. Ces découvertes pourraient-elles aboutir à un meilleur traitement des coups de soleil ? Inhiber la libération des interleukines par exemple serait peut-être une solution, mais supprimer ces signaux d'alarme pourrait avoir des effets secondaires. «En revanche, approfondir ces résultats pourrait amener à mieux comprende, voire traiter les maladies de la peau ayant des composantes auto-immunes et exacerbées par le soleil, et qui sont caractérisées par la libération d'IL-1. Il est primordial d'identifier d'autres facteurs déclencheurs de l'inflammasome, potentiellement impliqué dans ces maladies.»
1 Feldmeyer L, Keller M, Niklaus G, et al. The inflammasome mediates UVB-induced activation and secretion of interleukin-1, by keratinocytes. Curr Biol 2007;17:1140-5.
26.09.2007