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Le sujet principal des déséquilibres de notre agglomération c'est que nous faisons venir 15000 personnes supplémentaires par an alors que Genève est incapable de construire les ridicules 2500 logements par an qui ont été promis. Peu importe le coût de cette politique d'accueil des multinationales ce n'est pas le sujet.
Même si c'est hors sujet, il vaut tout de même la peine de démonter l'argument fallacieux des défenseurs de cette politique absurde. Selon eux, cette politique serait très peu coûteuse.. voir même marginale dans la politique économique genevoise. Pierre-François Unger cite souvent le chiffre de 10% des coûts de la politique économique. Ce chiffre ne prend en compte que les dépenses de personnel et d'efforts "commerciaux". Un chiffre déjà très élevé : pour quelle raison étrange l'argent public des Genevois est-il utilisé pour saturer un peu plus le marché du logement et expulser de leur canton les contribuables qui ont payé ces impôts ?
Mais surtout, ce chiffre ne prend pas en compte ce qu'on appelle ici "les dépenses fiscales" : des dépenses qui ne figurent pas dans les comptes publics mais qui sont pourtant des dépenses réelles. Ce sont les renonciations d'impôts. Les exonérations fiscales sont comptées comme des dépenses fiscales. Les exonérations fiscales accordées aux multinationales par rapport au droit commun qui s'applique aux entreprises genevoises sont difficile à estimer. Mais vu les montants en jeu, vu que les 27 pays de l'Union Européenne ont décidé de faire de ce sujet le sujet principal de leurs discussions avec la confédération helvétique, on peut sans grand risque de se tromper l'estimer à plusieurs dizaine de milliards d'euros, et sans doute proche de la centaine. Pour ce qui concerne Genève, la réduction d'impôt accordée aux entreprises multinationales doit probablement représenté quelque chose compris entre 30% et 60% du budget cantonal : environ 2 à 4 milliards de CHF. Un montant qui correspond à la quote part qui devrait être payée par les entreprises multinationales sur les frais d'infrastructures, de formation, de sécurité, de garde d'enfants, de transports en commun... et qui sont offert généreusement par le canton au détriment des contribuables genevois. L'honnêteté imposerait d'inclure ces dépenses fiscales dans le calcul du coût de la politique économique exogène. Curieusement, à ma connaissance, le souverain Genevois, malgré la démocratie directe, et le référendum obligatoire sur les questions fiscales, n'a jamais été consulté sur ce montant colossal qui représente la moitié du budget cantonal !
On devrait également calculer dans le coût de cette politique les dépenses d'infrastructures. Le CEVA pour commencer. Rendu nécessaire par l'exode massif de 2000 Genevois par an du canton depuis 20 ans, lui même imposé par l'arrivée massive de 15000 habitants par an. Mais ce n'est qu'un début, crêches, écoles, extension des hôpitaux, routes, trains, traversée de la rade, nouvelles voies d'autoroute, sécurité, extension de l'aéroport...etc...etc... la facture totale de cette croissance démographique hors de contrôle se chiffre à plusieurs dizaines de milliards de CHF également. A imputer quasi exclusivement à la politique économique exogène.
Des chiffres très éloignés des petits 10% cités par Pierre-François Unger.
La politique économique exogène est en réalité ruineuse à long terme, mais ce n'est pas le sujet... même si cette politique ne coutait rien aux finances publiques, elle resterait profondément destructrice pour la cohésion sociale, le pouvoir d'achat et la qualité de vie des Genevois tout en augmentant le nombre de chômeurs à Genève.