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(article en cours de rédaction)
Il est intéressant d’observer les réactions des spectateurs confrontés aux images en relief d’aujourd’hui; D’une certaine manière, on retrouve des émois semblables à ceux qu’ont dû ressentir le public face à la locomotive de la Ciotat, bien que les spectateurs d’aujourd’hui aient largement intégré la limite entre la réalité de la salle et la reproduction filmique. Cette illusion de transgression physique du plan-écran demeure néanmoins une piste intéressante pour la narration.
En 1947, Eisenstein, après avoir vu Robinson Crusoé en relief de Andrievski est enthousiaste et écrit que le cinéma en relief apporte une solution technique à la question que le théâtre n’a cessé de se poser, le rapport entre la scène et le public. Il rapproche le cinéma en relief du théâtre kabuki dont le dispositif scénique est prolongé par une passerelle fleurie sur laquelle peuvent s’avancer les acteurs afin d’être en contact avec le public.
Une réflexion intéressante de Laurence Alfonsi pose la question sous l’angle de la fusion entre la salle et le film.
« le fondement premier du cinéma c’est l’union entre le film lui-même et la salle de projection, entre le contenu et le contenant cinématographique. Optimiser cette originalité fondatrice du septième art est une condition de sa survie, notamment en raison de la concurrence accrue des autres supports audiovisuels. »
Laurence Alfonsi, le cinéma du futur, l’Harmattan, 2005
sur le sentiment de protection du spectateur
« Le cinéma en relief ne fournit pas au spectateur la même protection qu’un film plat. On peut même dire que c’est tout le contraire, les films en relief provoquent une visibilité accrue non pas du spectacle, mais du spectateur. Ou plutôt, en éliminant le cadrede l’écran, le monde entier devient filmique et le spectateur une dimension du spectacle. »
Akira Mizuta Lippit, le relief au cinéma, 1997