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Le temple et la paroisse du Brassus naquirent la même année, à savoir en 1837. Jusqu’alors, les fidèles devaient se rendre chaque dimanche au Sentier, distant de cinq bons kilomètres. C’est le développement industriel et démographique qui rendit nécessaire la construction de ce nouveau lieu de culte dans une région où les hivers sont souvent rudes et les routes difficilement praticables. Le temple fut maintes fois transformé depuis son inauguration. On apprend par exemple – dans le livret édité pour les 150 ans de la paroisse – que l’axe de l’édifice fut changé lors de la restauration de 1955.
Le beau clocher surmonté d’une galerie renferme une intéressante sonnerie de 4 cloches. Les 2 plus grandes sont également les plus anciennes, coulées qu’elles furent par François Humbert de Morteau pour la construction du temple. La cloche no3 fut financée par souscription publique et ajoutée en 1987 par Ruetschi d’Aarau pour les 150 ans du temple. L’histoire de la petite cloche est la plus tourmentée. Un article publié en 1963 dans la Feuille d’Avis de la Vallée de Joux nous apprend qu’une cloche, coulée en 1825 pour la nouvelle école du Brassus, financée par un généreux donateur, rejoignit le clocher du temple en 1852. Sans doute endommagée lors de son transport, ladite cloche fêla très vite. Ce n’est qu’en 1902 que les finances permirent de racheter d’occasion une cloche coulée en 1846 par Samuel Treboux de Corsier-s/Vevey. Il est triste de constater que les inscriptions indiquant la provenance de cette petite cloche ont été par la suite impitoyablement limées, coupant ainsi cette intéressante pièce de bronze de son histoire. On sait seulement qu’elle avait été coulée pour un autre clocher vaudois, l’écusson du canton ayant été préservé sur sa robe, au même titre que sa date de coulée et le cartouche du fondeur. On peut imaginer que cette cloche provient du grand chantier d’harmonisation et d’échange de cloches vaudoises mené par Auguste Thybaud entre la fin du XIXe et le début du XXe siècle. Si le manque d’homogénéité de la sonnerie fut signalé en 1902 déjà, ce n’est que 50 ans plus tard que cette petite cloche fut corrigée pour abaisser sa note d’un demi-ton. L’ensemble fut motorisé en 1963.
-Cloche 1, note ré#3 +44/100, diamètre 120cm, poids 967kg, coulée en 1836 par François Humbert de Morteau
-Cloche 2, note fa#3 +29/100, diamètre 100cm, poids 562kg, coulée en 1836 par François Humbert de Morteau
-Cloche 3, note sol#3 +50/100, diamètre 92cm, poids 460kg, coulée en 1987 par Ruetschi d’Aarau
-Cloche 4, note la#3 +69/100, diamètre 81 cm, poids 300kg, coulée en 1846 par Samuel Treboux à Corsier-s-/Vevey
La3 = 435Hz, déviation en 1/100 de 1/2 ton
|Octave inf||Prime||Tierce min||Quinte||Octave sup|
|Cloche 1||ré#2 -43||ré#3 +173||fa#3 +61||la#3 +15||ré#4 +44|
|Cloche 2||fa#2 -57||fa#3 +155||la3 +43||do#4 -13||fa#4 +29|
|Cloche 3||sol#2 +23||sol#3 +56||si3 +65||ré#4 -1||sol#4 +50|
|Cloche 4||la#2 +106||la#3 +88||do#4 +86||fa4 +145||la#4 +69|
Les 2 grandes cloches
La cloche 3
La petite cloche
Dans le clocher se trouvent également une horloge mécanique Baer avec remontage automatique des poids et cames pour déclenchement des volées automatiques, ainsi que les anciens battants des cloches
Mes plus vifs remerciements à M. Daniel Trotti, du service d’exploitation des bâtiments de la commune du Chenit, pour son aimable autorisation, ainsi qu’à M. Olivier Lanthemann, concierge, pour son accueil et sa disponibilité. Merci également à mes excellents camarades campanaires Antoine, carillonneur à Taninges; John Brechbühl, membre de la GCCS et Guilhem Lavignotte, organiste à Yverdon-les-Bains, pour leur précieuse collaboration et les bons moments de partage.