Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06928.jsonl.gz/564

Saint Ruweis naquit en Egypte dans le village de Miniet Yamin situé au Delta du Nil. Son père Isaac et sa mère Sara l’appelèrent Freig. Ils étaient de pauvres paysans, mais élevèrent leur fils dans la crainte de Dieu. A cause de leur pauvreté, Freig dut travailler dès son enfance pour aider son père à gagner sa vie. Il avait un chameau nommé « Ruweis », ce qui signifie « petite tête ».
Freig vécut ainsi jusqu’à l’âge de vingt ans. Au cours des années, son amour pour le Christ, pour son Eglise et pour les autres grandissait. Son ardeur était telle qu’il mémorisait tous les passages de la Bible et de la messe qu’il entendait.
Quand arriva le temps des persécutions, Freig craignit que certains Chrétiens ne faiblissent en reniant leur Seigneur. Il quitta alors son village et partit pour Le Caire pour raffermir leur foi. Chemin faisant, il se sentit fatigué. Il se coucha au pied d’un arbre au bord de la route et s ’endormit. Dans son sommeil, il eut une vision brillante: deux hommes radieux lui apparurent et lui dirent: « Tu es fatigué et tu as faim, viens et partage la nourriture céleste ». Il le conduisirent au Sanctuaire où il prit la Communion, puis ils le reconduisirent là où ils l’avaient trouvé. Il arriva enfin au Caire, et de là il partit pour la Haute-Egypte. Au cours de ce voyage, il prit le nom de son chameau « Ruweis » par humilité. Sur son chemin, il prêchait des paroles de réconfort et d’encouragement. Il travaillait en même temps pour gagner sa vie, et il passait ses nuits à prier et à méditer. Comme il priait avec ferveur, humilité et larmes, ,nombreux furent ceux qui le suivirent et trouvèrent consolation.
Son dédain du monde était tel qu’il dormait à même le sol avec le ciel pour toute couverture.
Un jour il mit en garde un de ses disciples en criant: « Attention! il y a un scorpion sous ton pied ». Le disciple regarda sous son pied et vit que c’était une pièce d’or.
Il s’entraîna à l’abstinence et alla jusqu’à se priver de nourriture pendant vingt-six jours. Dans ses visites aux familles, il priait pour elles, les bénissait, et les comblait de paix.
Dans son profond amour pour le Christ, il était assidu au partage de l’Eucharistie. Il conseillait à ses disciples de préparer leurs esprits pour être dignes de ce « merveilleux Mystère ». Il lui était donné de voir la gloire de Dieu remplissant le Sanctuaire, et Sa Lumière au-dessus de la tête de chaque communiant.
Se contentant d’un pagne de cuir autour des reins, tête nue, il fut souvent assailli par des brigands. Un jour qu’ils l’avaient lapidé, il n’ouvrit pas la bouche malgré ses souffrances. Ses disciples le transportèrent dans une pièce où ils le soignèrent. Comme il était assis et leur parlait, ils virent soudain un feu à l’autre bout de la pièce. Il furent effrayés, mais Saint Ruweis les appaisa en disant: « N’ayez crainte, ceci n’est pas du feu mais la Lumière du Christ qui nous apparaît, selon Sa promesse, pour nous raffermir dans nos faiblesses ».
Cette apparition divine n’était pas un incident isolé, puisque le Seigneur lui apparut cinq fois. A cause de ces nombreuses révélations, il est surnommé « Théophanires » qui signifie « celui qui détient les révélations de Dieu ».
Parmi ses pratiques, Saint Ruweis s’entraînait à contrôler sa langue. Il pouvait rester des mois sans prononcer un seul mot.
Bien que son coeur débordait d’amour pour tous, les jeunes y avaient une place spéciale.
Quand Saint Ruweis sentit sa fin approcher, il appela ses disciples et leur recommanda de s’aimer mutuellement, et il les bénit un à un. Puis il demanda une bassine d’eau et une serviette, et il se lava en disant: « Regardez, j’ai lavé mon corps, afin que personne n’ait à le faire après mon repos ». Comme il honorait grandement la Sainte Vierge Marie, il l’implora en disant: « Accorde-moi de partir de ce monde un jour de votre commémoration ». Notre Dame a gracieusement exaucé son voeu, puisqu’il mourut le vingt-et-unième jour de Paôpi (ou Babah), ce jour étant dédié à la commémoration de la Vierge bénie.
A l’heure de son départ, personne n’était à ses côtés, mais un voisin attesta qu’une femme plus radieuse que le soleil descendit du ciel pour recevoir son pur esprit et le porter au ciel.
Que ses bénédictions soient avec nous tous, Amen