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Pascal Holenweg met en doute sur son blog l'utilité d'un avion de combat et plaide bien sûr pour l'initiative du GSSA. Il semble que pour lui et pour le GSSA, aucune menace ne plane sur nos têtes. (c'est le cas de le dire!) Et bien si je suis d'accord avec lui sur le fait qu'on ne risque pas trop de voir un grand combat de chars dans notre pays durant les 10 ou 20 prochaines années, il y a tout de même un domaine qui mérite que nous conservions toute notre vigilance, il s'agit de la défense de l'espace aérien.
En effet, les attentats du 11 septembre 2001 ont montré à quel point une attaque peut facilement être menée contre un pays pourtant lourdement armé. L'analyse de la manière dont l'alerte a été lancée et la réaction qu'elle a produite montre que les USA n'avaient pas la vigilance nécessaire ce jour là. Au moins le second crash sur le World Trade Center et celui sur le Pentagone auraient dû être évités. Or aucun appareil n'était à même d'intercepter les avions avec lesquels le contact avait été rompu.
La seule manière d'être prêt à répondre à toute attaque subite contre notre pays est de conserver une capacité non amoindrie de réaction face aux évènements inattendus qui peuvent se produire. Notre vigilance doit rester totale à tout instant. Et pour cela, il est clair que nos F/A-18, répartis en 3 escadrilles seulement, ne sont pas suffisants. Il n'est en effet pas possible de s'assurer qu'une partie de nos F/A-18 soient en permanence capable de réagir à une attaque surprise, 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24.
Pour comprendre que l'achat de ces avions n'a rien d'exagéré, il faut connaître quelques faits:
En 1995, pour remplacer ses mirages III, la Suisse a acheté 26 F/A-18C (monoplace) et 8 F/A-18D (biplace). Un de ces appareils ayant été perdu dans un accident, 33 restent en service aujourd'hui. Ils sont entrés en service dès 1996, il y a donc déjà 13 ans. Les premiers Mirages reçus par l'aviation suisse datant de 1962, ce vénérable avion avait alors 34 ans de bons et loyaux services. Sur les 57 avions commandés à l'origine, 10 avaient toutefois été perdus dans des accidents durant ces longues années de service. 47 restaient donc en activité lors de leur mise à la retraite. A noter tout de même que la mise hors service des Mirages suivait de peu celle des 43 derniers Hunters en 1994, qui dans le cadre de la réforme Armée 95 n'ont pas été remplacés. La technologie de l'avionique compensant largement la baisse du nombre d'avions, on peut toutefois considérer que la capacité de la Suisse à défendre son espace aérien n'a en rien été amoindrie.
L'autre avion de combat que possède encore l'armée suisse est le F-5E Tiger II ainsi que le F5-F Tiger II. (version biplace destiné principalement à l'instruction) Les premiers avions ayant été livrés en 1978, les plus anciens de ces avions ont donc aujourd'hui 31 ans. En tout, McDonnell Douglas avait livré 98 F-5E et 12 F-5F pour un total de 110 appareils. Près de la moitié d'entre eux sont encore en service aujourd'hui, les besoins ayant été revus à la baisse avec la fin de la guerre froide et une partie d'entre eux ont été revendus. Et 7 appareils ont également été perdus dans divers accidents. C'est finalement 54 avions de technologie dépassée et en fin de vie qui sont appelés à être remplacés par des avions de nouvelle génération. Le nombre de nouveaux appareils qui devraient être commandés à terme n'est pas confirmé à ma connaissance, (j'ai entendu parler de 22 seulement...) mais il est quasiment certain que leur nombre sera bien inférieur à celui des Tigers.
Bref, on voit que les forces aériennes ont déjà fait une grande cure d'amaigrissement ces dernières années, passant de près de 200 avions à la fin de la guerre froide à moins de 80 aujourd'hui et probablement encore moins dans quelques années. Mais il ne faudrait pas descendre en dessous d'un seuil critique. La stratégie du saucissonnage du GSSA, visant à réduire tellement les capacités de l'armée qu'on finira par conclure à son incapacité à remplir sa mission, est uniquement destinée à provoquer la suppression de l'armée à terme. Ils prétendent savoir de quel matériel a besoin l'armée. Et pourtant, ils basent leurs affirmations sur d'obscures études émanent de sources non moins obscures. Et si on laissait les professionnels proposer un vrai plan pour le remplacement des F-5E plutôt que d'attaquer systématiquement leur travail ? Si le GSSA pense qu'on doit supprimer l'armée, qu'il lance une nouvelle initiative allant dans ce sens. Mais tant que nous avons une armée, il faut au moins qu'en cas de besoin elle ait une chance de remplir sa mission. Donnons-lui en donc les moyens !