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Swami Ramdas (1884 - 1963) de son vrai nom Vittal Rao était un philosophe, philanthrope et pèlerin indien. Il est reconnu en Inde et également en occident comme un maître spirituel de la tradition philosophique indienne.
Vittal Rao est né en 1884 dans le Kerala, au sud-ouest de la péninsule indienne. Après des études d'ingénieur, Il travailla dans une filature de coton comme contremaître et se maria en 1908. Puis, il connut des difficultés tant financières que domestiques. C'est à partir de ce moment qu'il commença à chanter le nom de « Ram », un dieu en Inde connu aussi sous la dénomination de Râma. Son père lui donna alors le mantra « Om Sri Ram Jai Ram Jai Jai Ram » à répéter constamment.
Il devint rapidement détaché des préoccupations mondaines et prit, au cours d'un pèlerinage, le nom de Ramdas. Il erra ainsi au travers de l'Inde vivant de charité mais sans accepter aucun argent. Sa pratique était de voir le monde comme des formes de Ram et d'accepter tout ce qui pouvait se présenter comme la volonté divine.
En 1922, il rencontre le sage Ramana Maharshi. À la suite de cette rencontre, il entre en solitude en s'établissant pendant 21 jours dans une grotte de la colline d'Arunachala considérée comme sainte par les adeptes de l'Atma Vichara et les shivaites de l'Inde du Sud. Il sortit de cette retraite avec la certitude que tout est Râma.
Au cours de son pèlerinage au travers de l'Inde, il eut des disciples qui firent construire, en 1931, un Ashram connu sous le nom de Anandashram. Celui-ci se situe dans la ville de Kanhangad dans l'État du Kerala.
Source (et suite) du texte : wikipedia
Autre biographie : ramdas fr
Bibliographie :
- Carnets de pèlerinage, Albin Michel, 1973, 2007.
- Le pèlerin de l'absolu, Ed. Accarias-originel, 2008
- Présence de Râm, Ed. Albin Michel, 1997
O Râm, Tu es partout, o Râmdas, tu n'es nulle part.
O Râm, Ta volonté seule règne, o Râmdas, tu n'as pas de volonté.
O Râm, Tu es la seule réalité,
Ô Râm partout Ton amour pénètre. Partout brille Ta lumière. Ta félicité absorbe tout. Râm Tu es Lumière, Amour et Félicité. Râmdas, tu vis en cette Lumière, en cet Amour, en cette Félicité. Râmdas tu n'as pas d'existence séparée. Tu es libre, libre comme l'Amour, libre comme la Lumière, libre comme la Félicité. Aime tout, éclaire tout, partage avec tout la Félicité. Tu es tout et tout est toi. Toi et tout, c'est Râm Râm en Sa gloire. Râm est un. Râm apparaît comme plusieurs. L'un, c'est vérité. Plusieurs, c'est fausseté. Un partout Un, et c'est Râm. Râmdas ta volonté est la volonté de Râm Ne vis que pour l'amour de Râm Râm t'a rendu fou de Lui. Béni es-tu, Râmdas La folie de Râm est tout pour toi, la folie de Râm est tout pour tous. En cette folie, il n'est peine, perplexité, ignorance, faiblesse, chagrin, haine, il n'est nul mal. Cette folie est tout Amour, Lumière, Félicité, Force, Puissance, Sagesse, elle est tout bien.Râmdas, tout louange, tout honneur, tout respect est pour Râm car tes paroles, tes actions, ta pensée, tout est un nom de Râm, pour l'amour de Râm inspiré par Râm fait par Râm, pensé par Râm, écouté par Râm. Tout en Râm, par Râm à travers Râm, sur Râm, au sujet de Râm, pour Râm, pour Râm. Tout Râm Râm rien que Râm Om Sri Ram, Om, Om, Om. Râm, Râm, Râm Telle est la folie de Râm La magnifique folie de Râm pleine de Félicité, pleine de Lumière, pleine d'Amour, pleine de Râm, Pas de pensée sauf de Râm Pas de travail sauf celui de Râm. Pas de paroles sauf sur Râm. Parole en Râm, travail en Râm, pensée en Râm, silence en Râm sommeil en Râm, rêve en Râm, Râm est en tout, tout est en Râm. Râm est tout, tout est RAM. Om Sri Râm !
Râm est forme, Râm a pris forme. Râm est avec forme, Râm est sans forme. Râm est être, Râm est non-être. Râm apparaît, Râm disparaît. Râm sait, Râm ne sait pas. Amour et haine sont en Râm Lumière et ténèbres sont en Râm Félicité et douleur sont en Râm. Sagesse et folie sont en Râm Force et faiblesse sont en Râm. Et cependant Râm est par delà tous ces contraires, non attaché par Amour et haine, Lumière et ténèbres, Félicité et douleur, Sagesse et folie, Force et faiblesse. Om, Om, Om. Râm Râm Râm Paix, paix paix. Ô Râm Tu es le point où se joignent Lumière et ténèbres, où se joignent Force et faiblesse. Om Sri Râm Tu es Paix, immobilité ~ inchangeable, inébranlable, éternel, infini ~ tout-puissant, inconcevable, incompréhensible. Om, Om, Om. (...)
Extrait des Litanies de Râmdas dans : Carnet de pèlerinages
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La vraie vision : le Sama-Darshan.
Depuis deux ans que le grand changement s'était fait dans sa vie, Râmdas s'était préparé à descendre dans les profondeurs intimes de son "moi" pour y réaliser l'Esprit de Dieu immuable, calme et éternel.
Il fallait aller au-delà du nom, de la forme, de la pensée et de la volonté, au-delà de tout sentiment du coeur, de toute faculté de la pensée. Le monde ne semblait plus alors qu'une ombre vague, un néant de rêve. Sa vision était toute intérieure. Il ne voyait que la gloire de l'Atman dans sa pureté intégrale. Il trouvait la paix et la joie dans l'esprit qui pénètre tout, immanent, immortel et statique.
Dans ses étapes antérieures, cette vision se perdait parfois et il se retrouvait dans la vie multiple avec son tumulte de joies et de peines, d'attirances et d'antipathies.
Puis l'Esprit le ressaisissait dans son silence et dans son calme. Il atteignit bientôt le moment où la vision ne s'effaça plus en lui mais devint une expérience égale et permanente; de là, il arriva à un état d'exaltation où sa vision, jusque-là intérieure, fut projetée à l'extérieur.
L'Amour divin l'éblouit en lui permettant de temps en temps un coup d'oeil sur cette vision. Il lui sembla que son âme s'ouvrait comme une fleur et, dans un éclair éblouissant, embrassait tout l'Univers auréolé d'amour et de clarté. Jamais dans les étapes précédentes, il n'avait ressenti pareil bonheur. Ce fut à cet instant que Râmdas s'écria: Râm est tout, Il est partout et dans tout. Cet état d'âme, pendant quelques mois, venait et repartait. Quand il s'effaçait, un grand désir de solitude apparaissait. Pendant qu'il durait, Râmdas se mêlait au monde et prêchait la gloire de l'Amour et du Bonheur divins.
La mission de Râmdas eut son point de départ dans cette vision extériorisée. Sa plénitude et sa magnificence lui furent révélées dans la grotte de Kadri où sa vision devint plus continue. Dieu Se reflétait dans ses yeux et il ne voyait que Lui en toute chose, tandis que des vagues de bonheur déferlaient en son âme. A ce moment il comprit qu'il avait atteint une conscience pleine de splendeur, de puissance et de béatitude.
Râmdas renonça à sa grotte et reprit sa vie errante. Il inculquait un peu du bonheur indicible qu'il possédait à tous ceux qui s'approchaient de lui. Des foules l'entouraient partout où il s'arrêtait, et à leur vue l'Amour divin le faisait tressaillir. Extasié, il s'épanchait en accents d'amour et de joie.
Extrait de : Carnet de pèlerinage.
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Le jeûne absolu.
Redescendant vers Balak Râm, Râmdas dit : Râmji, un peu au-dessus, il y a une caverne. Râm veut que Râmdas y demeure et y observe un jeune absolu. Il ne devra même boire de l'eau et devra garder un silence complet.
- Combien de temps durera le jeune ? questionna Balak Râm.
- Râmdas n'en a aucune idée, Râm en décidera, répondit Râmdas,
(...) Le troisième jour, il s'éleva au dessus de sa conscience corporel et il éprouva le sentiment d'un vide solennel dans l'existence. Un calme et une paix pénétraient son être. Il état alors le plus souvent étendu sur la natte, à plat sur le dos. Il n'avait pas du tout dormi et ses yeux restaient toujours ouverts, même pendant la nuit, car il ne pouvait pas les garder longtemps fermés, Il ne souffrait nullement de la faiblesse ni de la faim.
Extrait de : Carnet pèlerinage.
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