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L'ultralibéralisme soumet toutes les activités humaines à la seule loi du profit et à une compétition sauvage sur un marché mondial. Il entraîne une formidable concentration de pouvoirs au sein d'un nombre de plus en plus restreint de gigantesques firmes transnationales.
La mondialisation économique et financière provoque destructions et délocalisations des industries et des services, baisse des salaires, dégradation des conditions de travail, chômage et précarité, démantèlement des droits sociaux et des systèmes de protection collective. Elle favorise l'extension des zones de non-droit, le pillage de la planète, la spéculation et la criminalité internationale, elle accroît considérablement les inégalités entre le Nord et le Sud ainsi qu'au sein de chaque pays provoquant des explosions populaires brutalement réprimées.
La plupart des Etats ont largement contribué à favoriser ces processus par les déréglementations et privatisations systématiques des services publics. Ce qui entraîne un affaiblissement de la démocratie. Les Gouvernements se soumettent à l'autorité des marchés financiers et d'instances internationales tels l'Organisation Mondiale du Commerce, le Fonds Monétaire International, la Banque Mondiale, au service des intérêts des plus puissants et en l'absence totale de transparence et de contrôle démocratique
L'Observatoire de la mondialisation, association sans but lucratif, entend analyser ce phénomène de globalisation économique et financière et lutter contre cette évolution qui n'a rien de fatale. conduit à une régression de l'humanité et tourne le dos à la solidarité internationale.
Créé en 1996, suite à l'entrée en vigueur de l'Organisation mondiale du commerce, l'Observatoire de la mondialisation rassemble des économistes, chercheurs, journalistes, responsables syndicaux et associatifs, engagés dans le suivi critique de la mondialisation de l'économie. L'Observatoire analyse les périls politiques croissants que soulève la mondialisation : rupture de la cohésion sociale, menace de l'état de droit et de la citoyenneté, affaiblissement du politique, montée des extrémismes en tous genres. Il fournit des éléments critiques d'information permettant d'en appréhender les mécanismes, et de décrypter des institutions dont l'opacité même constitue un obstacle à la démocratie.
L'extension progressive à tous les pays du monde de libertés dont chacun, citoyen ou entreprise, ne jouissait autrefois qu'à l'intérieur de son propre pays, s'il était libre: liberté de se déplacer, d'investir, de produire, de travailler, de vendre, d'informer…
«La mondialisation pourrait être définie comme l'extension à l'échelle mondiale d'enjeux qui étaient auparavant limités à des régions ou des nations.» Toutefois, le sociologue Guy Rocher fait une distinction entre la mondialisation et l'internationalisation:
…«celle-ci nous réfère aux échanges de diverses natures, économiques, politiques, culturels, entre nations, aux relations qui en résultent, pacifiques ou conflictuelles, de complémentarité ou de concurrence. Si l'on parle de mondialisation, on entend évoquer une autre réalité, contemporaine celle-là: l'extension de ces relations et de ces échanges internationaux et transnationaux à l'échelle du monde, conséquence de la rapidité toujours croissante des transports et des communication dans la civilisation contemporaine. Quant à la globalisation [un terme qui a la préférence du sociologue], elle ferait référence à un système-monde au-delà des relations internationales, au-delà de la mondialisation, un fait social total au sens propre du terme, un référent en soi.»
«La mondialisation: un phénomène pluriel», in Daniel Mercure (dir.), Une société-monde?
Les dynamiques sociales de la mondialisation, Presses de l'Université Laval, De Boeck, 2001.