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Habitée depuis la fin du 13e siècle, même si quelques traces archéologiques d’époques néolithiques et romaines suggèrent des passages depuis plus de 5'000 ans, la commune existe depuis 1299, date de la première mention d’une communauté d’hommes à Effeniaz (plus tard Finio, Fins-Hauts, Figneaux).
Originaires de Salvan et Vallorcine
Les premiers habitants sont originaires de Salvan et Vallorcine. Vers 1270, une première famille quitte Salvan pour s’établir dans les mayens de Finhaut. A la même époque, en 1264, le prieur de Chamonix donne le territoire situé entre le col des Montets et la Barberine à une communauté de Walser, dont certains membres s’établiront plus tard à Châtelard et Giétroz.
Le territoire est géré par le métral, représentant de l’abbé de Saint-Maurice, seigneur temporel et spirituel de la rive gauche de la vallée du Trient. La métrallie s’étend du Rhône à Vernayaz jusqu’aux alpages d’Emosson.
La peste à l’origine de la paroisse
En 1638, une épidémie de peste sévit dans la région. Pour des raisons de sécurité la population fignolintze ne peut mener ses morts à Salvan, de sorte qu’on établit un premier cimetière à Finhaut. Un premier oratoire est également établi. C’est l’acte fondateur de la paroisse de Finhaut, officiellement constituée les 16, 17 et 18 juin 1649 à Salvan. Un métral est nommé et une première église bâtie.
Le territoire de la vallée est, dès lors, partagé entre Salvan et Finhaut, à l’exception des indivis de la plaine (actuellement Vernayaz) dont le produit revient pour un quart à Finhaut et trois quarts à Salvan. La séparation définitive des deux communes intervient en 1874.
Une vie simple, bien organisée
La population vit du produit de l’agriculture au rythme des saisons. On suit l’herbe avec les troupeaux : pâturages d’hiver en plaine, mayens de la Léchère au printemps, alpages d’Emosson et du Vieux-Emosson en été, foires et vendanges à Martigny à l’automne. On y échange fromages, viandes, gibiers, bois, cristaux contre d’autres, plus exotiques mais indispensables, sels et tissus notamment.
L’organisation de la commune est définie en fonction des villages. Quatre entités sont représentées au conseil communal : Châtelard, Giétroz, La Cotze et Le Léamon. Ces deux derniers hameaux constituent aujourd’hui le village de Finhaut. Chacun des quatre villages possède son conseil général, son four banal, son école, ses pompiers et son représentant au conseil communal.
Un garde-champêtre et un garde-forêt font en sorte que les décisions du conseil soient respectées. Celles-ci sont annoncées par le tambour le dimanche après la messe, sur la place du village. On définit notamment les jours où il est autorisé d’aller en forêt faire de la feuille, des branches ou du bois.
Les travaux publics sont assurés par corvées, appelées yamphes. Chaque famille est tenue d’y envoyer un de ses membres sous peine d’amende. Le parcours des chèvres est règlementé afin de préserver la forêt, notamment celles se situant au-dessus des villages qui assurent un rôle protecteur évident. Pour la même raison, on bâtit essentiellement en dur.
L’essor touristique
Aux 18e et 19e siècles, le Finhaut traditionnel évolue et change de visage. La fréquentation de la région, située sur le parcours Chamonix-Martigny, augmente peu à peu. Le transit des voyageurs se fait soit par le col de Balme, soit par le col des Montets et la Tête Noire. Les guides de voyage mentionnent la vallée du Trient et Finhaut dès 1834.
On améliore le chemin muletier pour faciliter le passage. A l’annonce de l’arrivée du chemin de fer en plaine, on décide la construction d’une route des diligences. Elle est bâtie dès 1855. En 1861, elle atteint Finhaut et en 1867 elle rejoint la route de La Forclaz au Châtelard.
A la même période, on édifie les premiers hôtels. Châtelard-Frontière, qui ne comptait jusque là qu’un poste de douane et une porte fortifiée, se développe. En 1865, la commune compte trois hôtels, cinq en 1879, onze en 1901 et dix-neuf à la veille de la première guerre mondiale. Ce développement va de pair avec celui des voies de communication et, notamment, avec la construction du chemin de fer Martigny-Châtelard en 1906 qui permet de rejoindre Chamonix en 1908.
C’est l’âge d’or du tourisme fignolin. Finhaut est connu loin à la ronde. La station rivalise avec Zermatt. L’aristocratie et la bonne bourgeoisie européennes s’y donnent rendez-vous pour y passer l’été. De nombreux bâtiments datent de cette époque.
La population diversifie son activité, les paysans de montagne deviennent propriétaires d’hôtels, portiers, blanchisseuses, cochers, guides et commerçants. Le guide Baedecker de 1913 décrit le site comme charmant, très fréquenté, comme station climatérique, avec une belle vue sur la vallée du Trient, le glacier du Trient et l’Aiguille du Tour.
La fin d’une époque
L’annonce de la Première Guerre mondiale mettra un terme à l’essor touristique de la Belle Epoque. Durant l’entre-deux guerres la commune voit l’établissement d’un premier barrage par les CFF pour électrifier le réseau de chemin de fer suisse. Une usine est inaugurée à Châtelard-Village en 1925, de nouveaux emplois sont créés.
La crise économique des années trente donnera un nouveau coup d’arrêt au tourisme. Finhaut se tourne alors vers les cures. La société de développement décide de vanter les vertus de l’eau de la région. Celle-ci est même mise en bouteille car son taux de radioactivité est le plus haut de Suisse pour une source d’eau froide. Cette activité ne durera qu’une dizaine d’années.
Pendant les guerres, les hôtels sont utilisés pour loger les internés. Par la suite ils servent aussi de préventorium-sanatorium pour soigner la tuberculose. Faute de rénovation et d’une nouvelle clientèle – la station n’est pas adaptée au tourisme hivernal – la plupart des hôtels ferment dans les années 1950-60.
L’ère des barrages
L’hydroélectricité prend le pas au début des années 1950. Les CFF bâtissent le barrage du Vieux-Emosson, et 15 ans plus tard, ils s’associent avec EDF et Motor Colombus pour bâtir le troisième plus grand barrage de Suisse : Emosson. Pour l’occasion la Suisse et la France échangent même une partie de leur territoire, de façon à ce que le mur du barrage se trouve entièrement sur sol helvétique et que l’usine EDF du Châtelard soit sur France.
Ces réalisations donnent de nouvelles ressources à la commune de Finhaut.La moitié de ses revenus proviennent des droits d’eau et impôts générés par les sociétés hydroélectriques. Ce nouvel apport économique permet à la fin du XXème siècle de rénover les anciens hôtels qui tombaient en ruines pour les transformer en appartements et en logement de groupes.
La population qui comptait traditionnellement plus de 400-450 habitants jusqu’en 1980, et qui avait chuté en dessous de 300 en 1989 croît à nouveau pour osciller entre 340 et 350 aujourd’hui.