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Hépatite C
Résumé sur l’hépatite C
L’hépatite C est une maladie infectieuse causée par un virus (VHC ou HCV en anglais) qui attaque le foie et provoque une inflammation. L’hépatite C peut mener à une cirrhose hépatique (dans environ 20% des cas chez les porteurs du virus) ou à un carcinome hépatocellulaire (env. 5% des cas chez les porteurs du virus).
L’hépatite C est souvent asymptomatique (sans symptôme clair) ce qui rend le diagnostic difficile, on estime que 75% des Américains porteurs du VHC ignorent qu’ils souffrent d’hépatite C. La fatigue peut être un signe de l’hépatite C.
L’hépatite C ne provoque pas seulement une inflammation du foie mais également de nombreuses autres pathologies (manifestations extra-hépatiques).
La transmission du virus VHC s’effectue principalement par transfusion sanguine (moins de nos jours à cause de l’amélioration de processus de qualité en médecine) ou par injection chez les toxicomanes. Le diagnostic de l’hépatite C est réalisé par un examen sanguin.
Des nouveaux médicaments très prometteurs pour guérier de l’hépatite C comme le télaprevir, le bocéprevir et le sofosbuvir sont disponibles dans de nombreux pays, en France dès 2014. Ces médicaments améliorent de façon importante les chances de guérison de l’hépatite C, s’élevant à 90% ou plus.
La prévention de l’hépatite C consiste à ne pas partager les seringues et les aiguilles chez les toxicomanes (première population à risque pour l’hépatite C). Il n’existe pas de vaccin contre l’hépatite C (à la différence de l’hépatite A ou B). Il faut aussi savoir que la plupart des toxicomanes atteints par le virus du sida (VIH) sont aussi atteints d’hépatite C.
Définition
L’hépatite C est une maladie infectieuse souvent chronique (dans 75 à 85% des cas) qui atteint le foie et provoque une inflammation, cette hépatite virale est causée par le virus de l’hépatite C (VHC). La population toxicomane est particulièrement touchée.
On distingue l’hépatite C aiguë (minoritaire) si elle dure moins de 3 mois de l’hépatite C chronique (dans plus de 70% des cas, certaines sources parlent de 85% des cas) si elle dure plus que 6 mois. Davantage d’informations sous symptômes hépatite C.
Prix Nobel de médecine 2020 (découverte du virus de l’hépatite C)
En 2020, le prix Nobel de physiologie ou de médecine a été décerné à Harvey J. Alter, Michael Houghton et Charles M. Rice. Ils ont été honorés pour leur découverte du virus de l’hépatite C. Les chercheurs américains Harvey J. Alter et Charles M. Rice et le britannique Michael Houghthon ont fait des découvertes révolutionnaires qui ont permis d’identifier le virus de l’hépatite C. Le trio anglo-saxon est récompensé pour sa “contribution décisive”, à des années d’écart, à “la découverte du virus de l’hépatite C”, a indiqué le jury Nobel.
– A la fin des années 70, Harvey Alter avait identifié qu’un contamination hépatique mystérieuse avait lieu lors de transfusions alors qu’elle n’était ni liée à l’hépatite A ni l’hépatite B, a souligné le jury. Cette découverte a contribué à réduire pratiquement à néant les transmissions par ce biais.
– Des années plus tard, en 1989, Michael Houghton et son équipe, basés au Canada, sont eux crédités de la découverte de la séquence génétique du virus.
– Quant à Charles Rice, 68 ans, il a ensuite décortiqué pendant de longues années la façon dont le virus se répliquait, des travaux qui ont notamment conduit à l’émergence d’un nouveau traitement révolutionnaire au tournant des années 2010, le sofosbuvir. “Il a apporté la preuve finale que le virus de l’hépatite C pouvait provoquer à lui seul la maladie”, a souligné Patrik Ernfors le président du comité qui choisit les lauréats.
Le prix Nobel de 2020 est le premier directement lié à un virus depuis celui de 2008. En 1976, le Nobel était déjà allé à des travaux sur l’hépatite B.
Epidémiologie
Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), environ 180 millions de personne dans le monde souffrent d’hépatite C1. L’hépatite C est la principale cause dans le monde de cirrhose et de transplantation du foie.
On note de fortes différentes entre pays, par exemple en France, ce taux est plus bas et est de l’ordre de moins de 1%.
En 2017, environ 40’000 personnes infectées par l’hépatite C vivaient en Suisse2.
Des données récentes montrent que le virus VHC (virus de l’hépatite C) représente parmi toutes les hépatites (A, B, C,…) 20% des cas d’hépatite aiguë, 70% des cas d’hépatite chronique, 40% des cas de cirrhose hépatique, 60% des cas de carcinome hépatocellulaire et 30% des cas de transplantation du foie dans les pays développés (on parle aussi de pays industrialisés soit l’Amérique du Nord, l’Europe et le Japon).
Causes
L’hépatite C est provoquée par un virus appelé HCV, il s’agit d’un virus à ARN (type C), de la famille des Flaviridae et du genre Hepacivirus.
Il existe plusieurs génotypes (sous-type) de ce virus, numérotés de 1 à 6. Le génotype de type 1 est la forme majoritaire en Europe et en France (50% des patients). Aux Etats-Unis, le génotype de type 1 représente environ 70% des 3,2 millions d’Américains souffrant d’hépatite C.
Le génotype du virus a une importance dans le traitement de l’hépatite C.
Transmission hépatite C
On peut distinguer dans le monde plusieurs voies de contamination.
– La transfusion par du sang contaminé. C’était une source fréquente d’hépatite C avant les années 1990, la principale. De nos jours et notamment dans les pays à haut revenu ou émergents la transmission sanguine par du sang contaminé est très rare à cause des mesures de sécurité mises en place.
– Le partage de seringues chez les toxicomanes. C’est la source de transmission de l’hépatite C la plus fréquente de nos jours. Il faut savoir que le virus se transmet très facilement de cette façon.
– La contamination par voie sexuelle.
– La transmission de la mère à l’enfant pendant l’accouchement, cette voie de transmission est rare.
Multiplication dans l’organisme :
Lorsque le virus de l’hépatite C entre dans la circulation sanguine, il a une tendance à se diriger vers les cellules hépatiques (hépatocytes). Une fois dans les hépatocytes le virus se multiplie en utilisant la machinerie des cellules humaines. Comme le foie se sent attaqué il s’en suit un processus inflammatoire pour se défendre de cette attaque virale. Le terme hépatite signifie littéralement inflammation du foie.
Personnes à risque
Les principales personnes à risque concernant l’hépatite C sont :
– les personnes transfusées (sang), le risque de contamination dans les pays développés est extrêmement rare de nos jours
– les patients sous hémodialyse, le risque de contamination dans les pays développés est extrêmement rare de nos jours
– les personnes ayant un comportement sexuel à risque (toutefois la transmission par voie sexuelle est rare voire très rare)
– les professionnels de la santé en contact direct avec le sang et d’autres fluides corporels
– les personnes devant faire une endoscopie ou une opération chirurgicale, bien que le risque de contamination dans les pays développés est rare de nos jours
– les personnes alcooliques, celles-ci sont particulièrement à risque de développer une cirrhose
Temps d’incubation
L’incubation du virus de l’hépatite C est de 30 à 100 jours.
Symptômes
A la différence des hépatites A et B, l’hépatite C provoque chez la majorité des patients (plus de 70%) un développement lent et chronique de la maladie (on parle d’hépatite C chronique). Il faut savoir que chez ces personnes souffrant d’hépatite C chronique 85 à 90% sont asymptomatiques (sans symptômes) ou présentent des symptômes non spécifiques comme de la léthargie, des douleurs articulaires, des nausées, de la fatigue, etc.
Environ 15% des personnes atteintes du virus de l’hépatite C développeront une hépatite aiguë qui incluent un ictère, de la fièvre, des douleurs abdominales, un mal être, de la diarrhée et de la fatigue. Après quelques mois, ces patients guérissent naturellement.
Chez les patients souffrant d’hépatite C chronique, 40% développeront rapidement une cirrhose qui aboutira à la mort, 25% développeront une cirrhose qui mènera à la mort 10 ans après et 35% vont mourir 20 ans après. Le cancer hépatique (carcinome hépatocellulaire) surgit en général dans 5% des cas 30 ans après.
Diagnostic
Concernant l’hépatite C chronique, comme son évolution est très longue avec en général des symptômes peu spécifiques, un diagnostic peut être posé des années après par un médecin. Les patients toxicomanes sont particulièrement à risque ce qui peut orienter le médecin à faire une recherche d’hépatite C de façon plus systématique.
Le médecin fera un diagnostic qui repose sur la recherche d’anticorps dirigés contre le virus de l’hépatite C. On peut par exemple utiliser la méthode ELISA et/ou l’immunoblot. On peut aussi travailler avec la méthode qui consiste à rechercher l’ARN du virus (il s’agit d’un virus à ARN) par PCR. Cela permet ensuite d’identifier le génotype du virus.
Complications
En plus des symptômes déjà décrit dans la rubrique symptômes de l’hépatite C, le virus de l’hépatite C peut mener à des manifestations extra-hépatiques comme des lymphomes non hodgkiniens, des fibroses, un ulcère de la cornée, des problèmes de la glande thyroïde, une fatigue chronique (symptôme très fréquent), des myalgies, des arthralgies, des neuropathies, etc.
Rappelons que les deux grandes complications de l’hépatite C qui peuvent mener à la mort sont la cirrhose (20% des cas) et le carcinome hépatocellulaire (5% des cas).
Traitements (médicaments, transplantation)
Le traitement classique de l’hépatite C chronique reposait surtout sur l’utilisation d’interféron alpha retard en injection une fois par semaine et d’un médicament antiviral en prise quotidienne, la ribavirine. Il s’agit de la thérapie classique, on parle aussi de bithérapie.
On sait toutefois que l’efficacité de ce traitement combiné varie d’un individu à l’autre, la durée du traitement est fixée par le médecin (de 24 à 72 semaines). On estime que le taux de succès thérapeutique varie de 30 à 70%, en France on est proche de 70%. On note que les Asiatiques réagissent de manière plus favorable au traitement. Depuis les années 2010, des médicaments beaucoup plus efficaces sont disponibles sur le marché comme le sofosbuvir (lire ci-dessous).
Interféron
L’interféron peut mener à certains effets secondaires comme la fièvre, les maux de tête ou de la fatigue. La ribavirine peut elle provoquer notamment de l’anémie. D’autres effets secondaires de ces médicaments sont, entre autres, la dépression ou les troubles de la thyroïde.
Sofosbuvir et siméprévir
Il existe depuis 2013 des nouveaux traitements antiviraux contre l’hépatite C, avec notamment une mise sur le marché en France en avril 2014 du sofosbuvir et du siméprévir. Grâce à ces nouvelles molécules, utilisées en général en association avec les traitements classiques, le taux de guérison s’élève à 90% ou plus, autrement dit 90% des patients utilisant ces médicaments sont guéris.
Télaprévir ou bocéprévir
Depuis les années 2010 on dispose aussi d’anti-protéases comme le télaprévir ou bocéprévir, des médicaments utilisés surtout contre le génotype 1 du virus de l’hépatite C, 50% des patients en France ont ce génotype. On parle dans ce cas de trithérapie, car on l’associe avec l’interféron et la ribavirine. Cette thérapie présente un taux de guérison de 70%, parfois plus (lire ci-dessous).
Informations intéressantes sur les “nouveaux” traitements contre l’hépatite C
Antiviraux (ex. sofosbuvir)
– En décembre 2013 l’agence de contrôle des médicaments aux Etats-Unis, la FDA (Food and Drug Administration), a autorisé la mise sur le marché du Sovaldi (sofosbuvir), un nouveau médicament pour soigner l’hépatite C chronique.
– En 2014, la France a procédé à la mise sur le marché du sofosbuvir. Ce médicament, tout comme aux Etats-Unis, a provoqué des controverses à cause de son prix très élevé (plus de 55’000 euros pour 3 mois de traitement).
– Charles Rice, qui a reçu le Prix Nobel de Médecine en 2020 (avec deux autres scientifiques, lire sous Définition ci-dessus), a décortiqué pendant de longues années la façon dont le virus de l’hépatite C se répliquait, des travaux qui ont notamment conduit à l’émergence d’un nouveau traitement révolutionnaire au tournant des années 2010, le sofosbuvir.
Inhibiteurs de protéases (anti-protéases)
– Des nouveaux traitements comme le télaprevir et le bocéprevir, actifs contre le virus VHC de génotype type 1 (virus majoritaire en Europe), sont très intéressants en association avec la thérapie classique de l’hépatite C.
Ces deux médicaments (télaprevir et le bocéprevir) améliorent de façon importante les chances de succès de la thérapie classique (par ex. 70 à 90% des patients sont guéris avec le télaprevir et cela en 6 mois au lieu d’un an comme avant). Ces deux nouveaux médicaments qui sont en fait des inhibiteurs de protéases permettent d’augmenter la réponse virologique de façon soutenue (avec une corrélation à la guérison clinique) comparé à la seule bithérapie classique (interféron et ribavirine)3.
Aux Etats-Unis, un nouveau médicament avec la molécule alispolivir est déjà autorisé pour le traitement de l’hépatite C et, à la différence des traitements à base de télaprevir et le bocéprevir, l’alispolivir est actif contre les 3 principaux génotypes du virus de l’hépatite C et pas seulement contre le génotype de type 1.
Efficacité du traitement en 2020
En 2020, il était possible pour un patient souffrant d’hépatite C de guérir dans plus de 95% des cas avec un premier traitement médicamenteux (ex. sofosbuvir, lire davantage ci-dessous)4.
Transplantation
Dans des cas graves d’hépatite C, une transplantation du foie peut être l’ultime espoir pour le patient notamment si les médicaments ne font pas effets.
Phytothérapie (plantes médicinales)
Comme pour les autres hépatites, la phytothérapie n’est pas le traitement de premier choix mais peut s’avérer être une mesure complémentaire intéressante surtout pour améliorer l’état du foie. Avant d’entreprendre un traitement nous vous conseillons de demander conseil à votre médecin.
Ci-dessous vous trouverez des plantes médicinales qui ont un effet positif sur le foie (hépatoprotecteur) et qui peuvent aider lors d’hépatite :
– le chardon-Marie, à utiliser sous forme de comprimé ou gélule. Une étude américaine parue en 2012 a toutefois montré que cette plante n’avait pas véritablement d’efficacité prouvé scientifique contre l’hépatite.
– l’artichaut, à utiliser sous forme de comprimé ou de gélule.
Bons conseils
– La principale recommandation pour les patients souffrant d’hépatite C est d’arrêter l’alcool. Boire plus d’un verre par jour entame sérieusement le pronostic vital de l’hépatite C, car cela peut mener plus rapidement à une cirrhose.
– Eviter de prendre des médicaments à base de paracétamol, car ceux-ci peuvent endommager le foie.
Prévention
Voici quelques mesures préventives contre l’hépatite C :
– Utilisation de seringues neuves et stériles chez les toxicomanes
– Utilisation de préservatifs (chez les personnes à risque)
– Lutte contre l’alcoolisme
– Exiger d’un professionnel de santé d’avoir un équipement stérile (gant, masques) surtout en cas de contact avec le sang
News
Sources & Références :
Keystone-ATS, The Wall Street Journal, Tua Saúde, Revista Veja Sáude (édition de novembre 2020).
Personnes responsables et impliquées dans l’écriture de ce dossier :
Xavier Gruffat (Pharmacien et Rédacteur en chef de Creapharma)
Crédits photos :
Fotolia.com/Adobe Stock
Crédits infographies :
Pharmanetis Sàrl (Creapharma.ch)
Date dernière mise à jour :
29.11.2020
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