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La médecin bâloise Erika Preisig, fondatrice de l'association Eternal Spirit, est une figure de l'aide au suicide. Elle avait fait parler d'elle dans le monde entier l'an dernier, lorsqu'elle avait aidé à mourir David Goodall, un scientifique australien centenaire.
Aujourd'hui, elle comparaît pour meurtre, dans le cadre d'un autre accompagnement au suicide: celui, en 2016, d'une Bâloise de 67 ans souffrant de troubles dépressifs ainsi que du trouble de somatisation appelé aussi syndrome de Briquet.
La femme s'était vu refuser l'aide au suicide par l'association Exit, et s'était dès lors tournée vers Eternal Spirit. Sauf que, selon l'accusation, les conditions légales pour ce qui peut être considéré comme un suicide assisté n'ont pas été remplies.
En effet, la femme ne souffrait pas d'une maladie mortelle et la preuve de sa capacité de discernement n'a pas pu être apportée.
Pas de rapport psychologique indépendant
Il est notamment reproché à Erika Preisig de ne pas avoir auparavant demandé un rapport psychologique indépendant attestant de la capacité de discernement de la patiente.
La prévenue s'est contentée d'élaborer elle-même un rapport destiné à Eternal Spirit, qu'elle préside. Elle a aussi demandé un court certificat médical à un médecin de famille de sa connaissance.
L'acte d'accusation précise que la prévenue a agi par "idéalisme personnel". Le Ministère public cite aussi l'accusée qui regrette de n'avoir pas trouvé de psychiatre ou de neurologue qui puisse attester de la capacité de discernement de la sexagénaire.
C'est la première fois qu'une affaire d'aide au suicide est jugée à Bâle-Campagne. Le procès doit durer quatre jours. Le jugement est attendu le 9 juillet.
jvia avec ats
Conclusions "intenables"
Les conclusions de l'accusation, selon lesquelles la capacité de discernement de la sexagénaire aurait dû être remise en cause parce que ces douleurs sont inexplicables médicalement, sont jugées "intenables". Ces douleurs sont réelles, peut-on lire dans cette prise de position, qui cite le fils, des connaissances et la directrice du home médicalisé où séjournait la sexagénaire, qui ont confirmé sa capacité de discernement.