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Interview, 17.09.13
Sébastien Desfayes. L'avocat et juge suppléant au Tribunal civil s'est lancé dans la course
au Grand Conseil sur la liste PDC. Il est vice-président de la section Ville de Genève.
Sébastien Desfayes est avocat et associé de l'Etude Perréard de Boccard. Il assume également la fonction de juge suppléant au Tribunal civil de Genève. A 42 ans, il a décidé de prendre part aux élections au Grand Conseil sur la liste du Parti démocrate-chrétien (PDC). Très actif, il gère également la communication pour la campagne de son parti et occupe la fonction de vice-président de la section Ville de Genève. A l'occasion de sa candidature, il a accepté d'en dire un peu plus sur son engagement et sa personnalité. Entretien.
Pourquoi le PDC?
Vous devriez reformuler la question: pourquoi pas le PDC? S'il existe un parti dans lequel tout le monde doit se reconnaître, c'est bien celui-là. Les résultats des votations démontrent, tant sur le plan cantonal que fédéral, que 80% des Suisses approuvent les propositions soutenues par le PDC. Par ailleurs, j'avais 20 ans quand Jean-Philippe Maitre était conseiller d'Etat. C'était une personne que j'admirais. Il m'a vraiment donné envie de m'engager en politique et d'être un démocrate-chrétien. Je me reconnaissais et je me reconnais toujours dans ses idées.
Mais qu'est-ce qui vous attire précisément au PDC?
Ce qui m’attire, c'est sa doctrine sociale-libérale qui prend en compte les nécessités économiques, tout en prenant soin de ne pas creuser les inégalités; mieux, de les réduire sans pour autant tomber dans une société égalitariste. Le PDC défend l'intérêt général. Et contrairement à ce que l'on pense, la plupart des partis ne le font pas: certains ne défendent pas le bien commun: beaucoup de partis sont en effet excluants, que ça soit par xénophobie, ou encore par la défense d'intérêts particuliers. Le PDC n'est pas le parti d'un dogme ou de lobbies. C'est un parti qui cherche à défendre les intérêts du plus grand nombre. C’est ce qui fait sa spécificité.
Quand vous dites que le PDC «cherche» à défendre les intérêts du plus grand nombre, c'est qu'il n'y arrive pas toujours?
C'est un parti charnière dans l'échiquier politique suisse et genevois. Il tente de rassembler les partis sur certains projets et il y parvient très souvent. Mais il est vrai qu'en raison de la polarisation croissante de la vie politique suisse, qui est soit dit en passant regrettable, il est de plus en plus difficile de créer le consensus sur des projets qui répondent pourtant à l'intérêt général. C'est malheureusement une vérité.
Qu'est-ce qui vous a amené à vous engager politiquement?
Plutôt que d’être une marionnette, je préfère être un acteur. On entend trop de gens qui se plaignent de la politique sans qu'ils ne prennent la moindre mesure pour remédier aux problèmes qu'ils invoquent. Moi je préfère directement tenter, à un échelon local, d'influer sur le cours des choses. C'est précisément pour cette raison que je me suis porté candidat au Grand Conseil.
Vous êtes avocat, comme beaucoup d'autres. Ne pensez-vous pas qu'il y en a trop en politique? Ne faudrait-il pas une représentativité plus large des corps de métier et des différentes sensibilités?
S’agissant de votre seconde question, oui c'est un fait: le Grand Conseil devrait être représentatif de la société en général, et refléter sa diversité, aussi sur un plan socio-professionnel. En revanche je remarque et déplore que les avocats sont beaucoup moins représentés aujourd'hui au Grand Conseil qu'ils ne l'étaient il y a de cela à peine trente ans. C'est bien dommage parce que les avocats maîtrisent les lois et sont au contact direct de la population et des entreprises. De ce fait, Ils connaissant bien les préoccupations et les besoins de l'ensemble de la société, ce qui est capital quand il s’agit de proposer des projets législatifs pertinents.
Est-ce qu'il y a un sujet qui vous tient particulièrement à coeur?
La défense du tissu économique genevois, ce qui inclut les grandes entreprises comme les petites et moyennes. On ne peut pas opposer les PME aux multinationales. Les unes dépendent directement des autres. Ces cinq prochaines années seront capitales pour les entreprises du Canton. Par exemple, l'abolition des régimes fiscaux spéciaux nécessitera une refonte totale de la fiscalité genevoise des entreprises. C'est la mère de toutes les batailles. Car tout dépend à Genève de la vigueur de l'économie. L'Etat dépense beaucoup d'argent, il faut bien qu'il ait des ressources. C'est tout le principe du social-libéralisme que j'évoquais au début de notre entretien.
Qu'est-ce qui vous différencie des autres candidats?
Les 475 candidats sont tous différents. C'est donc difficile pour moi de dire ce qui me différencie d'eux. Mais je pourrais vous parler volontiers de mes qualités: je pense être une personne courageuse: le courage est une vertu que l'on ne retrouve pas à chaque coin de rue. J'ai aussi une véritable passion pour la politique, mais sans qu'elle ne constitue pour moi un gagne-pain ou une raison d'être.
Et votre raison d'être, quelle est-elle?
Essayer dans la mesure du possible d'être heureux et de faire en sorte que les gens autour de moi le soient.
Qui ne serait pas d'accord avec vous sur ce sujet?
Tout le monde serait en accord avec moi à ce propos. Reste à savoir si c'est toujours appliqué dans les actes.
Interview: Grégoire Barbey