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Il n'a pas la classe d'un Guardiola. Ni la superbe arrogante d'un Mourinho. Pas davantage le palmarès en or massif d'un sir Alex. Il a mieux que ça, Maurizio Sarri: un parcours atypique, une expérience hors norme, que seules fournissent les vocations tardives.
Parce que d'abord il était banquier, Maurizio. Brassait des millions et s'ennuyait à mourir, ne pensant qu'à une chose toute la journée: «qu'il soit 17 h pour pouvoir me barrer et allez sur le terrain.» En 2001, à 41 ans, il décide de tout plaquer. De choisir comme il dit «le seul métier que j'aurais accepté de faire gratuitement». Il est à l'époque entraîneur dans un club amateur de 6ème division. Un à un, division après division, club après club, Sarri gravit les échelons jusqu’à la la consécration: en 2015 lui le Napolitain de naissance succède à la tête du SSC Napoli au très coté Rafa Benitez, passé par Liverpool, Real Madrid, Inter de Milan, mais qui n'a pourtant guère fait d'étincelles au pied du Vésuve.
Depuis, Naples pratique l'un des jeux les plus spectaculaires d'Europe. Défense de fer autour du colosse sénégalais Kalidou Koulibaly, surnommé K2. Milieu costaud mais inventif orchestré par l'iroquois slovaque Hamsik. Mortel trio d'attaque sous forme de cavalerie légère, avec l'italien Insigne (1,63m) le belge Mertens (1,69 m) et l'espagnol Callejon. Qu'importe alors si Sarri est souvent mal rasé, porte toujours le même survêtement froissé et, sur le banc, cache plus ou moins discrètement une éternelle cigarette dans le creux de la main.
L'homme en réalité n'est que rigueur et minutie.
Au point de faire filmer les entraînements par drone pour pouvoir mieux les analyser. Les hommages pleuvent, comme celui du mythique Fabio Capello : «Tous les vingt ans il y a une innovation dans le football. Après l'Ajax c'était le Milan de Sacchi, et après Guardiola, qui a un peu endormi le football. Heureusement, Sarri est en train de le réveiller.»
Le bilan de la nouvelle saison est vite tiré: 7 matchs de championnat, 7 victoires. Toute une ville se prend à rêver d'un scudetto, qui serait le premier depuis celui
remporté en 1990 sous la divine houlette de Maradona. Et si encore une fois, la Juventus lui brûle la politesse, Sarri pourra toujours dire: drone de drame.