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Pour le Parti écologiste suisse, à l'origine de l'initiative "", le moment est venu de changer radicalement de modèle économique afin de préserver la planète.
La Suisse figure en effet parmi les pays ayant une. Si le monde entier utilisait la même quantité de ressources que la moyenne des Suisses, il faudrait 3,3 planètes pour en assurer l'approvsionnement.
Pour y remédier, les Verts, proposent de passer à une économie "circulaire" basée sur la revalorisation des biens de consommation, le recyclage des matières premières ainsi que la réduction de la consommation d'énergie et des émissions polluantes.
Objectifs clairs pour l'an 2050
Leur initiative, déposée en 2012, fixe des objectifs clairs. D'ici 2050, l'empreinte écologique de la Suisse devrait être réduite de manière telle que, reportée à à la population mondiale, elle ne dépasse pas la capacité de la Terre à régénérer les ressources nécessaires.
Le texte cite explicitement plusieurs moyens possibles pour atteindre ce but: encouragement de la recherche et de l'innovation, prescriptions sur les produits et les déchets, mesures fiscales et taxes incitatives.
Le Conseil fédéral devrait en outre fixer régulièrement des objectifs à moyen et long terme. Au début de chaque législature, il devrait par ailleurs présenter un rapport présentant le degré de réalisation de ces objectifs.
Les "cleantech", secteur d'avenir
Pour les écologistes, un oui à cette initiative permettrait à la Suisse de se positionner à nouveau parmi les pays à l'avant-garde dans la protection de l'environnement, après avoir perdu du terrain ces 20 à 30 dernières années.
La compétitivité de l'économie suisse en sortirait également renforcée, selon eux, car le secteur des "cleantech" (technologies propres) est un domaine d'avenir bénéficiant depuis des années de taux de croissance particulièrement élevés en Europe et dans le monde.
Pas de contre-projet indirect
Les objectifs de l'initiative sont partagés par le Conseil fédéral, qui déplore toutefois un texte trop strict. C'est pourquoi il avait décidé en 2013 de proposer un contre-projet indirect à l'initiative sous la forme d'une révision partielle de la loi sur la protection de l'environnement (LPE).
Au Parlement, une majorité des élus de droite et du centre a rejeté l'initiative pour une "économie verte". Le projet de révision de loi voulu par le gouvernement, édulcoré au fil des débats, a quant à lui été.
"Cette initiative ne sert à rien"
Pour le camp bourgeois, l'initiative des Verts est non seulement irréaliste, mais elle aurait des effets négatifs sur la prospérité de la Suisse. Elle réduirait la liberté des entreprises, affaiblirait la croissance économique et entraînerait la suppression d'emplois.
L'initiative des Verts amènerait la Suisse à adopter un système dirigiste et une économie planifiée.
Pour le PLR Christian Wasserfallen, "cette initiative ne sert à rien". La Suisse figure déjà parmi les pays affichant les meilleurs taux de recyclage au niveau mondial, et ce "grâce à l'esprit d'initiative et à la liberté d'action dont jouissent nos entreprises", relève-t-il.
"La proposition des écologistes amènerait en revanche la Suisse à adopter un système dirigiste et une économie planifiée", dénonce le conseiller national bernois, qui craint ""un lourd appareil bureaucratique qui ne ferait que freiner notre économie".
Les Verts pour "une autre économie
A l'opposé, Regula Rytz, présidente des Verts, note que même si la Suisse se positionne très bien en matière de recyclage, "elle se retrouve aussi en seconde position des pays européens qui produisent la plus grande quantité de déchets par habitant".
Nous ne pouvons pas laisser en héritage à nos enfants une société vivant au-dessus de ses propres moyens.
"Il y a donc beaucoup de progrès à faire dans l'emploi des ressources naturelles, d'autant plus que d'autres pays européens nous ont désormais dépassé dans plusieurs domaines", ajoute la conseillère nationale bernoise, qui prône "une autre économie".
Pour Regula Rytz, "nous ne pouvons pas laisser en héritage à nos enfants, sans porter préjudice à leur avenir, une société vivant au-dessus de ses propres moyens, à savoir les ressources de la planète".
dk