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"Nous avons été mauvais, très mauvais !" Dans les entrailles du stade de la Luz, Granit Xhaka ne s'est pas voilé la face mardi soir après la défaite contre le Portugal.
Le demi d'Arsenal a compris que l'équipe de Suisse était bien passée complètement à côté de son sujet. L'entame de match de ce même Granit Xhaka avait pourtant laissé espérer une autre issue pour cette soirée que cette défaite 2-0 sans appel contre le Champion d'Europe, qui oblige la Suisse à passer par le barrage pour disputer une quatrième Coupe du monde de rang. Douze ans après la confrontation contre la Turquie, Xhaka et ses coéquipiers devront écarter la Suède, la Grèce ou l'une des deux Irlandes pour arriver à leurs fins. Au lendemain du match de Lisbonne, personne ne peut assurer que ces quatre équipes partiront battues d'avance devant l'équipe de Suisse.
Le sens des réalités
Le temps est venu de retrouver une certaine humilité, de ne pas évoquer "la conquête du titre suprême" comme un Yann Sommer, de parler de "classe mondiale" à l'instant d'évoquer cette équipe de Suisse comme Xherdan Shaqiri ou de clamer sa fierté "d'appartenir à une grande équipe" comme Stephan Lichtsteiner. La faiblesse de l'opposition dans ce groupe B du tour préliminaire la Coupe du monde explique sans doute pourquoi les joueurs de Vladimir Petkovic ont pu perdre le sens des réalités. Cette réalité qui commande aussi que cette équipe de Suisse n'a pas encore réussi un véritable exploit lors d'une phase finale d'un grand tournoi les a rattrapés bien brutalement mardi soir.
Vladimir Petkovic avait affirmé que le salut de l'équipe de Suisse passait à Lisbonne "par le jeu". Or le jeu, on ne l'a pas vu. La faillite des joueurs chargés de l'animation offensive fut bien la plus alarmante. Elle saute aux yeux alors que, paradoxalement, la presse de boulevard cherchait encore des noises mercredi à Johan Djourou pour son autogoal, alors qu'il fut sans doute le défenseur le plus valeureux de la soirée. On comprend mal pourquoi le Genevois se retrouve ainsi dans la ligne de mire alors que d'autres responsabilités individuelles sont engagées.
Deux priorités
A commencer par le... gardien. Yann Sommer est coupable sur l'ouverture du score. Déjà auteur d'une bourde samedi à Bâle contre la Hongrie, le portier de Mönchengladbach donne le sentiment de sentir dans sa nuque le souffle de Roman Bürki, qui commence à revendiquer à haute voix un statut de titulaire. On ne sait pas si Vladimir Petkovic ouvrira le jeu pour la place de no 1. Il est difficile de l'imaginer à la veille du barrage. Pour le sélectionneur, deux priorités se dessinent: récupérer en premier lieu l'irremplaçable Valon Behrami, le grand absent à Lisbonne, si précieux à la fois dans son rôle du grand frère et dans sa faculté d'aller au duel, et remodeler en second lieu son attaque. Face au Portugal, le quatuor formé par Xherdan Shaqiri, Blerim Dzemaili, Admir Mehmedi et Haris Seferovic aurait pu jouer des heures sans marquer. Aucun de ces quatre hommes ne fut capable de prendre la profondeur face à une défense centrale adverse qui ne mise pas vraiment sur la vélocité.
En novembre, Vladimir Petkovic ne peut pas raisonnablement opérer le même choix des hommes. Avec Steven Zuber, Fabian Frei, Breel Embolo et pourquoi pas Dimitri Oberlin, il possède de véritables alternatives pour donner davantage de vitesse et de poids à son attaque. Il a moins d'un mois aussi pour statuer sur la meilleure position de Xherdan Shaqiri. On doit se souvenir que le lutin de Stoke City, si décevant mardi soir, avait livré son plus grand match en sélection comme 9,5, juste derrière l'attaquant de pointe. Ce fut à Sao Paulo lors du huitième de finale de la Coupe du monde 2014 contre l'Argentine de Lionel Messi. Il avait été tout simplement étincelant. Mais mardi face au Portugal de Cristiano Ronaldo, Xherdan Shaqiri ne fut qu'une ombre.
ATS