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Ses origines
En 1949, un rideau de fer partage l'Europe. La menace est à l'Est, le bloc soviétique est vu comme une force expansionniste contre laquelle il faut se prémunir. Douze pays - dix pays européens ainsi que les Etats-Unis et le Canada - optent le 4 avril pour une alliance politico-militaire afin d'assurer leur sécurité collective.
Le traité de l'Atlantique nord ainsi signé met en place l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN), organisation politico-militaire appelée aussi Alliance atlantique, ou juste Alliance, qui doit remplir les obligations de sécurité et de défense collectives des pays signataires.
Le principe de base de l'Alliance repose sur l'article 5 du traité: toute attaque contre un des pays membres est considérée comme une attaque contre tous. Son premier commandant est le général américain Dwight Eisenhower, héros du Débarquement et futur président américain.
>> Zoom sur cette organisation avec Antoine Silacci dans le 19h30:
De 12 à 29 membres
De douze pays initiaux - Belgique, Danemark, France, Pays-Bas, Islande, Italie, Luxembourg, Norvège, Royaume-Uni, Portugal, Etats-Unis et Canada - l'OTAN va progressivement s'élargir. La Grèce et la Turquie la rejoignent en 1952, l'Allemagne de l'Ouest en 1955, l'Espagne en 1981.
La carte des pays membres de l'OTAN, en 2019. [Wikipedia/Creative Commons]Avec la chute du bloc soviétique en 1991, une page se tourne. La résistance à la menace communiste était en effet la principale raison d'être de l'Alliance, qui ne se dissout pas pour autant, mais va au contraire s'étendre vers l'Est avec l'adhésion en plusieurs vagues d'anciens pays du bloc de l'Est et d'anciennes républiques d'URSS. Jusqu'à compter 29 membres aujourd'hui.
Attaques extérieures... et intérieures
L'Alliance va également tenter un rapprochement avec la Russie, avec qui elle a établi depuis 1994 un partenariat pour la paix. Ces velléités vont toutefois faire long feu: après l'annexion de la Crimée par la Russie en 2014, l'OTAN suspend son "partenariat stratégique" avec Moscou.
Mais l'OTAN a également trouvé des adversaires intérieurs. Le plus récent en date, Donald Trump, a maintes fois qualifié l'organisation d'obsolète, et lancé en 2018 un avertissement à ses membres au sujet de leurs obligations financières: consacrer 2% de leur PIB à la défense. A l'aube du 70e anniversaire de l'Alliance, le président américain est toutefois revenu à de meilleurs sentiments, qualifiant sa relation à l'OTAN de "très bonne" et saluant les efforts financiers des Etats membres.
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Obsolescence programmée
L'Alliance avait pourtant bel et bien été conçue pour être temporaire. "L'obsolescence de l'OTAN était programmée dès sa création. L'idée était que les Américains protègent l'Europe contre l'Union soviétique, mais seulement jusqu'à ce qu'elle soit elle-même capable de se défendre", rappelle la politologue Alexandra de Hoop Scheffer, directrice du think thank German Marshall Fund of the United States.
Pour la spécialiste, ce dilemme américain caractérise les 70 années de l'OTAN. "L'Alliance est tiraillée entre la volonté des Etats-Unis de la contrôler d'une part, et la volonté obsessionnelle répétée par Donald Trump de partager le fardeau militaire et financier avec l'Europe, impliquant une plus grande autonomie des pays européens", souligne-t-elle.
Célébrations discrètes
L'OTAN a survécu pendant toutes ces décennies grâce à une double capacité, analyse la politologue. Par son adaptation à un environnement stratégique en constante évolution d'une part, et également par la cohésion politique et stratégique. Or, ces deux piliers sont actuellement fragilisés par les divisions intra-européennes ainsi que par le manque d'implication des Etats-Unis, dont les priorités sont depuis peu tournées vers la Chine.
Le 70e anniversaire de l'OTAN est par ailleurs célébré en sourdine - au niveau protocolaire des ministres des Affaires étrangères plutôt que celui des chefs d'Etat. "C'était la meilleure des décisions: dans le contexte actuel de tension avec le président Trump, plus les divisons sont visibles, plus cela entache la crédibilité de l'OTAN, et plus cela fait le jeu de puissances comme la Chine ou la Russie, qui essaient de la déstabiliser", estime la chercheuse.
Bientôt au service de la "question chinoise"?
Un retrait américain des rangs de l'Alliance? Alexandra de Hoop Scheffer n'y croit pas. "Les Américains auront besoin encore davantage de l'OTAN. Ils se sont toujours servis de l'OTAN pour faire avancer leurs propres priorités stratégiques - après la guerre froide, ou en Afghanistan, ou actuellement sur le cybercrime et la Chine. L'Alliance sert finalement d'abord les intérêts américains, et ces derniers vont chercher à l'utiliser dorénavant sur la question chinoise", affirme-t-elle.
>> Ecouter l'interview d'Alexandra de Hoop Scheffer dans Tout un Monde:
kkub
Dépenses militaires de 920 milliards de francs
La Russie, elle, peut aligner environ un million de soldats d'active avec des dépenses militaires de près de 60 milliards de francs.