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Dépendance à la mobilité dans les régions rurales-urbaines : le cas de Creil et la Roche-sur-Foron
Maya El Khawand – Dir. Caroline Gallez (LVMT, Université Gustave Eiffel) & co-dir. Vincent Kaufmann
Au cours des dernières décennies, l’amélioration des conditions de déplacement a entraîné des transformations socio-spatiales, notamment l’étalement urbain et l’augmentation des distances entre les logements et les lieux de travail. Ces changements spatiaux ont entraîné d’importantes inégalités sociales, telles que l’accès limité aux modes de déplacement rapide, qui dépend fortement de caractéristiques personnelles telles que l’âge, le revenu, le sexe, etc. (Geurs, Van Wee, 2014) ou à des lieux de résidence dotés de bonnes commodités ou de services de transport public efficaces. Ces deux transformations spatiales des zones urbanisées et la valorisation sociale de la mobilité ont entraîné un besoin accru de se déplacer plus fréquemment, parfois plus loin et plus vite (Kaufmann, 2008). Ce processus de ” dépendance à la mobilité ” se traduit par deux formes de préjudices pour les groupes sociaux précaires : un manque d’accessibilité pour ceux qui n’ont pas accès à la mobilité, ou des coûts financiers importants, des déplacements difficiles et plus longs pour les personnes mobiles mais fortement contraintes dans leurs déplacements (Fol, Gallez, 2017).
Dans les années 1990, pour contrer les effets de la dépendance à la voiture et de l’étalement urbain, Peter Calthrope a développé la doctrine du ” Transit Oriented Development ” (TOD). Alors que ce modèle est principalement appliqué dans les zones urbaines denses, le projet européen TOD IS RUR, dont cette recherche fait partie, s’intéresse à la manière dont ce modèle de développement pourrait être étendu aux zones faiblement urbanisées. Dans cette thèse, nous nous intéressons à la capacité d’un modèle ferroviaire à modérer la dépendance à la mobilité dans les zones périurbaines et rurales, notamment pour les personnes à revenus modestes et en particulier les femmes.
Cette thèse est basée sur une comparaison entre deux études de cas : Creil, une commune située aux limites extérieures de l’Ile de France. Elle est fortement dépendante de la métropole, ce qui se traduit par un taux élevé de déplacements quotidiens. La seconde étude de cas est la petite ville de “La Roche-sur-Foron”, située dans la périphérie française de la métropole de Genève et desservie par le nouveau chemin de fer Léman Express, l’infrastructure transfrontalière franco-suisse.
Faire la différence par les pratiques spatiales (titre provisoire)
Sanja Platisa – Dir. Yves Pedrazzini & co-dir. Vincent Kaufmann
La population urbaine en croissance rapide et très différenciée remet en question les pratiques de planification urbaine. Les villes se caractérisent aujourd’hui par une structure hétérogène d’habitants, une diversité de cultures, de nationalités, de religions, de langues, etc. Ces différences se reflètent également dans les besoins spatiaux et pratiques des habitants.
Participant au projet FNS Difference-Oriented Urban Planning, cette thèse de doctorat a pour l’objectif d’étudier la relation entre la forme et l’utilisation de l’espace urbain d’une part, et les identités complexes des habitants de l’autre. Pour cela, elle se concentre sur les perceptions des habitants originaires des Balkans et parlant la langue serbo-croate. Pour atteindre cet objectif, les données obtenues grâce à l’analyse spatiale architecturale combinées à des entretiens avec des méthodes de cartographie mentale seront utilisées. Les résultats de l’étude seront utilisés ultérieurement pour permettre des processus de participation dans la pratique de la planification urbaine, dans le but d’identifier et de promouvoir des mesures pratiques que les urbanistes peuvent mettre en œuvre pour contribuer à la création de territoires urbains durables et inclusifs.
Des recherches interdisciplinaires, dans le cadre du projet Diff-Urb, seront menées dans 4 villes européennes (Genève, Bruxelles, Turin et Hambourg) avec des traditions de planification urbaine et des modèles de gouvernance différents, avec un regard sur Belgrade comme cas miroir, pertinent pour le sujet de la recherche.
Durées déterminées: Sociologie d’un ‘chez soi’ à l’épreuve de la flexibilité : le cas des Millenials en sous-location et co-living à Genève et Londres (titre provisoire)
Fiona Del Puppo – Dir. Luca Pattaroni (LASUR EPFL) & co-dir. Garance Clément (Morgan Centre, University of Manchester)
Le projet de thèse s’inscrit au carrefour de la sociologie du travail et de la sociologie du logement. Elle s’intéresse à l’idéal de flexibilité néo-libéral, qui déstabilise le marché du travail. L’injonction à la mobilité, l’éthique de la performance individuelle et de l’accomplissement de soi se diffuse dans toutes les sphères de l’existence, en particulier pour la « Génération Y » qui vit aujourd’hui une transition vers l’âge adulte incertaine. En effet, celle-ci n’est plus marquée par les épreuves traditionnelles de la fin des études, la stabilité sur le marché du travail, la mise en ménage. À l’injonction à la mobilité, aux statuts d’emplois précaires à durée déterminée, le marché du logement répond aux Millenials par une offre d’habitat flexible, partagé et à durée déterminée : les sous-locations et coliving. À partir de méthodes qualitatives d’entretiens et d’observations ethnographiques dans ces formes d’habitat à Genève et à Londres, mais aussi de méthodes graphiques originales, le travail de thèse cherche à étudier les épreuves et les modalités socialement différenciées de la constitution du « chez-soi » à durée déterminée et partagé. La recherche porte en parallèle sur la recomposition de la matérialité et de la spatialité du logement d’une génération soumise aux tensions de la flexibilité, qui constitue ainsi un point de cristallisation pertinent depuis lequel observer de plus larges dynamiques sociales en jeu. En travaillant à forger une science renouvelée de la constitution du chez soi, elle s’inscrit dans le travail plus large du projet « Domotopie » qui vise à comprendre l’impact de l’évolution des rythmes de vie sur le rapport au logement.
La motilité comme ressource pour l’insertion socio-professionnelle (titre provisoire)
Éloi Bernier – Dir. Vincent Kaufmann & Rafael Lalive (HEC UNIL)
L’objectif scientifique de cette thèse financée par l’EPFL est de développer un indice mesurant l’aptitude d’un individu à être mobile pour s’insérer durablement dans le monde professionnel.
L’indice est centré sur les accès individuels (pouvoir bouger), les compétences (savoir bouger) et les projets de mobilité, mis en relation avec le champ des possibles de l’individu en matière de mobilité et analysés dans la perspective de son projet professionnel. Sa construction statistique permet de pondérer objectivement le poids de chaque composante au sein de l’indice, à partir des données issues de l’observation d’un échantillon de demandeurs d’emploi accompagnés depuis 2021 par des plateformes “mobilité-insertion” du réseau MOBIN dans plusieurs régions françaises.
Pour ces plateformes “mobilité-insertion” un tel indice peut servir, entre autres, à attester de l’impact social du dispositif d’accompagnement auprès des financeurs par comparaison de l’indice en début et en fin d’accompagnement. Cet indice permet d’attester de la progression de l’autonomie des bénéficiaires plus finement qu’au moyen des indicateurs usuels, souvent binaires et focalisés sur l’obtention du permis et le retour à l’emploi.