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Evaluation psychométrique et différences individuelles
La psychologie différentielle est d'abord une psychologie appliquée avec une méthode privilégiée : la méthode des tests (Huteau, 2000).
... La psychologie clinique doit accueillir tout ce qui peut lui venir en aide pour atteindre son but. Les tests ont l'immense avantage d'être standardisés et étalonnés; ils nous imposent une discipline en nous obligeant tout d'abord à constater si l'individu, pour une tâche donnée dans des conditions précises, présente une réaction ou un rendement demeurant dans les normes ou s'en écartant, dans quel sens et de combien. Ils nous posent ainsi un problème précis de psychologie différentielle... (Rey, 1958).
Dans notre domaine comme dans bien d'autres, le chercheur reste, à de très rares exceptions près, celui qui explore nuitamment une cathédrale à la lumière d'une bougie (Reuchlin, 1999).
La thématique principale des activités d’enseignements et de recherche de l’équipe concerne la construction, l’utilisation et l’interprétation des résultats de tests psychométriques, et plus particulièrement l’étude multivariée de la cognition. Nos travaux s’inscrivent aussi bien dans une perspective de recherche fondamentale que dans une perspective pratique. Nos travaux relèvent principalement de la psychologie différentielle.
Une première thématique porte sur les questions de l’organisation et de l’interprétation des tests de l’échelle d’intelligence de Wechsler pour enfants et adolescents (WISC-IV). Ces questions s’appuient notamment sur le modèle théorique de Cattell-Horn-Carroll (CHC). Il s’agit de déterminer si l’interprétation en 4 dimensions cognitives proposées par les constructeurs du WISC-IV est réellement adéquate (thèse de I. Reverte). Ces questions sont évaluées à la fois chez des enfants non consultants, et des enfants consultants pour des difficultés particulières.
Une deuxième thématique porte sur la question de la stabilité à long terme des résultats du WISC-IV (thèse de S. Kieng). Pour cela, les tests du WISC-IV sont administrés à 2 reprises à chaque enfant, avec un intervalle variant de 1 an à 3 ans entre les 2 passations. Il s’agit d’une question essentielle liée à l’utilisation clinique de cette batterie cognitive. Le WISC-IV est administré non seulement pour établir un bilan intellectuel mais aussi pour faire des prédictions sur les performances futures. Or, peu d’études ont réellement évalué s’il était possible de faire des prédictions à moyen et/ou à long terme à partir des résultats du WISC-IV.
Une dernière thématique porte sur l’étude du fonctionnement cognitif et conatif d’enfants présentant un Haut Potentiel Intellectuel (HPI) (thèse de S. Geistlich). Il s’agit de déterminer si l’interprétation des tests de la batterie cognitive, KABC-II, est similaire pour les enfants HPI et les enfants tout-venant. Enfin, il s’agit également de déterminer si le fonctionnement conatif des enfants HPI est semblable ou non à celui des enfants tout-venant. Ces questions autour de la spécificité du fonctionnement cognitif et conatif des enfants HPI sont à l’origine de controverses.