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Les Irlandais se sont prononcés vendredi à une très forte majorité en faveur de la libéralisation du droit à l'avortement, selon un sondage mené à la sortie des urnes. Les résultats définitifs devraient être connus samedi en fin d'après-midi.
KEYSTONE/EPA/AIDAN CRAWLEY(sda-ats)
Les Irlandais se sont prononcés vendredi à une très forte majorité en faveur de la libéralisation du droit à l'avortement, selon un sondage à la sortie des urnes, mené par l'institut Ipsos pour le journal Irish Times. Le "oui" l'emporterait avec 68% des suffrages.
Le "non" à l'abrogation d'une disposition constitutionnelle interdisant le droit à l'interruption volontaire de grossesse (IVG) aurait recueilli 32% des voix dans ce pays à très forte tradition catholique. L'enquête a été menée auprès de 4000 électeurs dans 160 bureaux de vote à travers le pays.
Le taux de participation a été l'un des plus élevés jamais enregistrés en Irlande, comptant près de 3,5 millions d'électeurs, pour un référendum. Il pourrait avoir dépassé les 61% du référendum qui a conduit à la légalisation du mariage homosexuel en 2015.
Le dépouillement ne débutera que samedi matin à 10h00 et les premiers résultats partiels devraient tomber en milieu de matinée.
Très restrictive
La consultation posait précisément la question de l'abrogation du 8e amendement de la constitution irlandaise, introduit en 1983, qui interdit l'avortement au nom du droit à la vie de "l'enfant à naître (...) égal à celui de la mère". Après le décès de septicémie d'une femme enceinte, une réforme avait toutefois été introduite en 2013, permettant une exception lorsque la vie de la mère est menacée.
La législation irlandaise n'en restait pas moins l'une des plus restrictives d'Europe, avec l'Irlande du Nord et Malte, contraignant des dizaines de milliers de femmes à aller avorter à l'étranger depuis 1983.
Cette consultation intervient à trois mois d'une visite du pape François en Irlande. Elle intervient aussi trois ans après la légalisation, par référendum également, du mariage homosexuel, qui avait provoqué un séisme culturel dans ce pays de 4,7 millions d'habitants.
Perte d'influence de l'Eglise
Elle traduit le déclin de l'influence de l'Église catholique, dont la tutelle s'est érodée en raison des bouleversements économiques et sociaux mais aussi des nombreux scandales qui ont frappé l'institution religieuse, dont les affaires de pédophilie impliquant des prêtres.
En 1983, la religion avait occupé une place centrale dans la campagne. L'éditorialiste Gene Kerrighan avait alors parlé d'une "guerre civile morale" entre les catholiques conservateurs et les progressistes libéraux dans un pays où l'avortement était une question taboue pour la plupart des Irlandais. Cette fois, le débat a été largement pris en charge par les femmes qui ont décrit publiquement leur expérience personnelle de l'IVG.
ATS