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Le rapporteur spécial de l'ONU contre la torture, le Zurichois Nils Melzer, estime qu'un visa humanitaire suisse pour Julian Assange permettrait à toutes les parties "de ne pas perdre la face". Il affirme que la Suisse a "un potentiel important" dans ce type de cas.
Jeudi soir, le Grand Conseil genevois avait voté en urgence une résolution demandant aux autorités fédérales un visa humanitaire en faveur du fondateur de WikiLeaks pour qu'il soit soigner à Genève. Le Conseil d'Etat a affirmé qu'il relaierait cet appel à Berne.
Le même jour, la justice britannique avait suspendu jusqu'en mai l'examen de la demande d'extradition contre l'Australien lancée par les Etats-Unis pour espionnage en raison de la diffusion de nombreux documents confidentiels. Celui-ci risque jusqu'à 175 ans de prison. Alors que des poursuites contre lui pour viol, à l'origine de son asile à l'ambassade équatorienne à Londres pendant plusieurs années, ont été récemment abandonnées.
"Je ne veux évidemment pas interférer dans un processus politique", a affirmé lundi devant la presse à Genève M. Melzer, qui a conclu à plusieurs reprises que Julian Assange présentait tous les symptômes de torture. Il salue dans le scénario d'un visa humanitaire la possibilité d'une "bonne initiative" qui ne préjuge pas si l'Australien "a été persécuté politiquement on non".
Pas de dialogue avec quatre pays
Celui-ci serait "politiquement acceptable" et en ligne avec la politique humanitaire de la Suisse et le statut de Genève comme centre de cette question, relève M. Melzer. Il honorerait aussi les droits de l'homme.
Plus largement, dans ce type de cas, la Suisse, avec son Etat de droit et ses bons offices, peut contribuer à convaincre un certain nombre d'Etats à "au moins s'acquitter de leurs obligations internationales", dit le rapporteur spécial.
Lui qui avait rencontré l'année dernière Julian Assange ne sait pas si celui-ci est favorable ou non à un visa humanitaire. L'Australien a été arrêté en avril 2019 après sept ans passés reclus à l'ambassade d'Equateur à Londres, où il s'était réfugié après avoir enfreint les conditions de sa liberté sous caution, redoutant une extradition vers les Etats-Unis.
Pour qu'une demande soit prise en considération, Julian Assange ou son avocat doivent la déposer à l'ambassade de Suisse à Londres. M. Melzer s'est dit également "extrêmement déçu" par les autorités britanniques, suédoises, équatoriennes et américaines qui ont rejeté toutes ses affirmations. Celles-ci ont refusé tout dialogue, ajoute ce responsable.