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Ces dernières décennies, on se représentait souvent la famille d'une manière dite "traditionnelle" en regard de ses modèles d'occupation, c'est-à-dire de la manière dont la famille assure son revenu: un mari qui travaille à plein temps et pourvoit ainsi aux besoins de son ménage, composé d'une femme qui s'occupe des enfants et de la bonne tenue du foyer. Et de fait, le recensement de 1970 montrait qu'une claire majorité des ménages familiaux de cette époque suivait ce modèle. Qu'en est-il aujourd'hui?
Selon les résultats du Relevé Structurel combinés de 2010 à 2012, il apparaît qu'il n'existe plus de modèle dominant: la société semble s'être énormément diversifiée en ce qui concerne les modèles d'occupation. Par suite, plus aucun modèle ne domine - la modalité principale, comme on peut le voir dans le titre, ne représente plus que 29,6% du total des couples:sept couples sur dix connaissent un autre modèle d'occupation.
Ensuite, on constate que la modalité principale n'est plus constituée par le modèle traditionnel, mais par un modèle où les deux membres du couple travaillent: en l'occurrence, l'homme à plein temps, et la femme à temps partiel. A noter que si on y ajoute les autres modèles d'occupation impliquant les deux membres du couple, le chiffre monte considérablement, puisque 18,2% des couples sont constitués de deux personnes travaillant à plein-temps, et 3,5% des couples de deux personnes travaillant à temps partiel. Concernant ces deux modalités, on note une grande stabilité des premiers, qui constituent un sixième des couples depuis plus d'un siècle, et la part somme toute encore très modeste des couples combinant deux temps partiels - comme quoi, la modernisation des comportements se fait de manière très progressive: l'entrée massive des femmes sur le marché de l'emploi ne s'est pas traduite, et de loin, par un désengagement correspondant des hommes.
En 2012, le modèle traditionnel ne concerne plus que 16,3% de l'ensemble des couples du pays, et cette très importante décrue est générale: on la retrouve en ville comme en campagne, dans les centres comme dans les régions périphériques. Le recul est même tellement important qu'il y a aujourd'hui le même nombre de couples de retraités (16,2%) que de couples traditionnels. Enfin, on notera la très grande progression des modèles qu'on a classé dans la catégorie "autres": ils représentent désormais 16,1% du total des couples. On retrouve dans cette catégorie notamment les couples à modèles d'occupation inversés selon le genre, là où la femme travaille plus que son conjoint, mais aussi, à en discerner la répartition spatiale, les très nombreux couples où au moins l'un des deux membres ne parvient pas à travailler autant qu'il le voudrait: chômeurs, pré-retraités, rentiers AI, personnes émargeant à l'aide sociale.
Source : OFS & MicroGIS