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Stan Wawrinka, vous êtes mené deux sets à un face à Andy Murray. Qu'est-ce qui traverse votre esprit à ce moment?
J'ai eu des chances dans la troisième manche (ndlr: il a mené 3-0). Mais je ne me suis pas découragé pour autant. C'est l'avantage des tournois du Grand Chelem, des matchs en cinq sets. Il y a toujours une chance de revenir dans la partie. Je suis d'ailleurs resté très positif. Cet état d'esprit, la façon dont je me suis battu et avec laquelle je n'ai pas renoncé m'ont beaucoup plu. Ce n'est pas évident de renverser le cours d'un match face à Andy Murray parce qu'il ne donne rien et qu'il défend incroyablement bien.
Avez-vous repensé à votre demi-finale 2016 face à Andy Murray, déjà, durant le match?
Pas un instant, non. J'avais juste conscience de disputer une nouvelle demi-finale. C'était l'opportunité de disputer une quatrième finale de Grand Chelem. Je savais ce qui m'attendrait face à Andy Murray. Contre lui, il fallait surtout ne pas hésiter dans ses choix. En 2016, il avait été plus agressif. Cette fois, il était moins en confiance. Je savais qu'il fallait que je sois entreprenant, que je dicte l'échange et que je sois plus offensif que lui. J'ai eu un peu plus de temps pour mettre en place mon jeu que l'année passée.
Si vous retrouvez Rafael Nadal en finale, est-ce que votre victoire face à lui à Melbourne risque-t-elle de changer quelque chose?
Pour moi, c'est certain. Je ne suis plus le même joueur. Lui, par contre, n'a pas changé. Il est redevenu un monstre sur le circuit; depuis le début de la saison, il est quasiment injouable sur terre battue. Le cas échéant, ce serait lui le favori. Mais il jouerait pour un dixième titre à Roland-Garros. Il y aura de l'émotion. Et c'est une finale. Tout est possible sur un match.
D'ailleurs, vous avez remporté vos trois premières finales en Grand Chelem...
En termes de confiance, ce n'est pas indéniable. Je l'ai fait, c'est donc que j'en suis capable. En plus, j'ai sorti chaque fois mon meilleur tennis en finale. Je sais ce qu'il faut faire pour gagner un Grand Chelem. Là encore, je sais qu'il faudra que je sois à mon meilleur niveau. Mais je suis sûr aussi que dans ces moments-là, je ne lâcherai pas. Je switche mon cerveau sur "on", en mode automatique. Je peux perdre des gros matchs, bien sûr. Cela m'est arrivé encore en Australie en début d'année. Mais j'ai confiance en moi et au travail effectué ces derniers mois, ces dernières années.
Physiquement, comment ça va?
Je suis surpris en bien. J'étais vraiment bien durant le match. Lors du cinquième set, je bougeais encore parfaitement. On verra samedi où en sont les courbatures.
Rafael Nadal, ce serait le défi ultime, non?
C'est sûr qu'à Roland-Garros, quand on affronte Nadal, on est sûr de ne pas être le favori. Mais personne n'a envie de perdre une finale de Grand Chelem. Il faudra trouver des solutions. Physiquement, il faudra être là. Il faudra lui rentrer dedans si c'est possible. Pour être franc, je n'ai pas trop envie de penser à ça. Je me pencherai là-dessus samedi ou dimanche matin. Pour l'heure, j'ai juste envie de savourer et de profiter de ces instants. C'est presque égoïste.
Etes-vous encore surpris de ce qui vous arrive?
Chaque fois que je suis en finale en Grand Chelem, je me dis presque que ce n'est pas normal. D'ailleurs, chaque fois, je me mets dans la peau de l'outsider afin de ne pas me mettre de pression. Ici, ce sera ma quatrième finale. J'ai juste la banane...