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Licencié ès lettres de l'Université de Lausanne, François Cojonnex est également l'auteur de Benjamin Muret-Grivel, inspecteur des Milices vaudoises (Cabédita, 2003). Il publie cette fois-ci son mémoire de licence, travail pour lequel il a obtenu en 2005 le Prix d'encouragement de l'Association Suisse d'Histoire et de Sciences militaires
Charles de Chandieu est l'un des grands noms de l'histoire militaire suisse. Né à Lausanne en 1658, d'une famille française d'origine huguenote, il embrasse la carrière des armes en 1675 en entrant dans la compagnie franche de Stoppa, au service de France. En 1679, après la mort de son frère aîné, tué pendant la guerre de Hollande, Chandieu prend la tête de la demi-compagnie familiale aux Gardes suisses.
La carrière de Charles de Chandieu prend un essor considé-rable en janvier 1701 quand, au mépris de la capitulation conclue en 1671 entre Berne et la France, Louis XIV nomme le Vaudois à la tête du régiment Manuel, l'un des plus prestigieux corps suisses à son service. Il brûle ainsi la politesse de Jean-Rodolphe May, bourgeois de Berne, pourtant soutenu par Leurs Excellences. Chandieu devient alors le premier Vaudois à être nommé à la tête d'un régiment bernois. Du jamais vu !
Il convient dès lors de s'interroger sur les raisons de cette incroyable nomination. Charles de Chandieu bénéficie tout d'abord d'un contexte politique favorable ; en effet, depuis quelques années une série de tensions obscurcissent les relations entre Berne et la France. Mais il profite aussi de ses liens privilégiés avec le duc de Maine, fils adultérin de Louis XIV et colonel-général des Suisses et Grisons. Chandieu noue également des re-lations étroites avec Nicolas-Louis de Neufville, fils du maréchal de Villeroy, ami d'enfance du Roi-Soleil.
Dans cette étude, François Cojonnex décrit avec précision une affaire complexe qui a fait grand bruit à l'époque, et la restitue - ce n'est pas le moindre de ses mérites - en tenant le lecteur constamment en haleine. Son travail s'appuie sur de nombreuses sources inédites, aussi bien suisses que françaises.