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Des dizaines de victimes de la dictature des Duvalier ont exigé mardi à Port-au-Prince que l'ancien président à vie Jean-Claude Duvalier soit poursuivi pour les crimes commis sous son régime, à l'occasion de l'anniversaire de sa chute en 1986. Une vingtaine de plaintes ont été déposées récemment.
Un juge d'instruction chargé d'enquêter sur l'ex-dictateur, revenu en Haïti en janvier 2011 après 25 ans d'exil en France, a recommandé le mois dernier qu'il soit renvoyé devant le tribunal correctionnel pour détournements de fonds, omettant les crimes contre l'humanité qui lui sont reprochés.
"Réclamer justice"
"L'impunité ne peut pas être le destin d'Haïti, nous sommes là pour réclamer justice", a déclaré Marie-Yolaine Gilles, membre d'une organisation de défense des droits de l'homme, lors d'une rencontre avec d'anciens prisonniers politiques.
A l'occasion du 7 février, marquant le 26e anniversaire de la chute de "Baby Doc", des anciennes victimes de la dictature ont témoigné et exposé des photos de personnes disparues sous le régime des Duvalier (1957-86). Quelques dizaines de personnes ont manifesté devant le ministère de la Justice pour exiger que Jean-Claude Duvalier soit jugé.
"Une honte"
"C'est une honte que Duvalier puisse circuler sans être inquiété alors que les victimes de son régime ne peuvent pas obtenir justice", a lancé Adrienne Gilbert, qui a passé quatre ans dans les prisons de la dictature.
Les anciennes victimes ont rappelé qu'une vingtaine de plaintes avaient été déposées devant le juge d'instruction qui a écarté les poursuites pour crimes contre l'humanité.
Les avoirs de Jean-Claude Duvalier en Suisse sont gelés depuis 1986. Sur la base de la nouvelle loi sur la restitution des biens des potentats, le Conseil fédéral a décidé en février 2011 de confisquer l'argent de "Baby Doc". Le Département fédéral des finances (DFF) a gelé 5,8 millions de francs.
ATS