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Noè Ponti parle avant Fukuoka
Noè Ponti sera le plus grand espoir de médaille suisse aux Championnats du monde en grand bassin de Fukuoka (23-30 juillet). Il a tout pour se construire une superbe carrière.
Tokyo, 31 juillet 2021: à 20 ans seulement, Noè Ponti remporte une sensationnelle médaille de bronze olympique sur 100 m papillon, 24 heures après que Jérémy Desplanches s'était paré du même métal sur 200 m 4 nages. Le talent du Tessinois était indéniable, mais on ne l'imaginait alors pas (encore) capable de réaliser un tel exploit.
Depuis, quatre autres médailles sont venues s'ajouter à son palmarès dans des grands championnats internationaux. Trois dans le cadre des Mondiaux en petit bassin (argent sur 50 m papillon, argent et bronze sur 200 m), et une aux Européens en grand bassin de Rome l'an passé (argent sur 100 m).
Seule une médaille mondiale en bassin de 50 mètres manque encore à son palmarès. Quatrième sur 200 m papillon l'an dernier à Budapest, il n'avait pas pu donner sa pleine sur sa dernière course, la finale du 100 m papillon, manquant de force pour échouer au 8e rang après avoir contacté le Covid-19 dans le courant de ces Mondiaux 2022.
Une année d'essai pour Paris
Les chances de combler cette lacune semblent bonnes à Fukuoka, d'autant plus que Kristof Milak, le champion du monde 2022 des 100 et 200 m papillon, ne sera pas au départ au Japon. Mais, comme toujours prudent dans ses pronostics, Noè Ponti ne prononce pas le mot médaille.
Hors du top 10 dans le classement 2023 des trois distances du papillon, le Tessinois veut avant tout atteindre la finale dans les trois épreuves. "De belles choses seraient alors possibles. Je me sens bien dans l'eau", se contente-t-il de lâcher à l'heure d'évoquer ses ambitions.
Noè Ponti est satisfait de sa préparation et de ses dernières compétitions. Il a enchaîné les longs camps d'entraînement en 2023, n'abordant ainsi pas le moindre meeting en étant véritablement affûté. Pour lui, 2023 est en quelque sorte une année d'essai en vue des Jeux olympiques de Paris 2024.
Une construction en douceur
Déjà capable de se maintenir seul à flot à l'âge de deux ans et demi, Noè Ponti est un nageur-né. A six ans, il suivait sa sœur aînée Asia dans le club Nuoto Sport Locarno. Massimo Baroffio, l'entraîneur qui l'a fait grandir de 2014 à 2019, l'a construit en douceur. L'accent était mis sur des séances courtes et intensives.
Sous la direction de Massimo Meloni et Andrea Mercuri, le Tessinois nage désormais beaucoup plus. Il parcourt 70 à 80 km par semaine, répartis sur dix entraînements de deux heures chacun. Le volume est réduit à 45-50 km avant les compétitions, mais la longueur des séances reste la même. Et à cela s'ajoute la musculation.
Un environnement idéal
Patron du sport d'élite à Swiss Aquatics, Markus Buck qualifie l'augmentation de "saut, mais il n'est pas toujours nécessaire d'augmenter de manière linéaire. Pour Noè, c'était peut-être exactement ce qu'il fallait. Ses entraîneurs et lui s'entendent parfaitement. Un environnement idéal est important", glisse-t-il.
Noè Ponti est également de cet avis. C'est pour cela qu'il avait interrompu son aventure américaine au sein de la North Carolina State University en septembre 2021 après seulement un mois. Sa médaille olympique a, il est vrai, radicalement changé sa vie, et ce changement d'encadrement était tombé au mauvais moment.
"Cela n'avait aucun sens pour moi de changer quoi que ce soit. Et je crois fermement en ce que nous faisons", lâche le Tessinois, qui n'est jamais aussi heureux et serein que lorsqu'il est auprès de sa famille et de ses amis. Et son encadrement technique fait aussi partie de sa famille.
Des conditions optimales
Pour son entraîneur principal Massimo Meloni, Noè Ponti n'a pas de limite. Markus Buck dit de lui qu'il est "parmi les meilleurs du monde en ce qui concerne le feeling dans l'eau. Il remarque lui-même comment surmonter les éventuels obstacles". Grand (1m92) et élancé, le Tessinois possède aussi "un gros moteur", souligne encore Buck.
De plus, Noè Ponti allie aussi sérénité et détermination. Depuis cinq ans, il travaille de manière irrégulière avec un psychologue du sport. Même si "je suis assez fort mentalement depuis mon plus jeune âge". Il sait donc bien gérer les défaites et les erreurs. "C'est important de perdre pour s'améliorer", glisse-t-il.
Son potentiel est loin d'être pleinement exploité. "Il va gagner en expérience, ce qui lui permettra de mieux gérer son énergie sur l'ensemble d'une compétition", explique Markus Buck, qui espère que le moteur du Tessinois ne sera pas vide à l'heure de disputer sa dernière course à Fukuoka, la finale du 100 m papillon le 29 juillet.