Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07269.jsonl.gz/40

Le but poursuivi par la Stratégie Climat pour l'agriculture et l'alimentation 2050 est double: réduire les émissions de gaz à effet de serre du monde agricole et aider l'agriculture à s'adapter aux changements climatiques, a indiqué mardi l'Office fédéral de l'agriculture (OFAG) dans un communiqué.
Concrètement, selon ces lignes directrices développées par l'OFAG, conjointement avec l'Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV) et l'Office fédéral de l'environnement (OFEV), l'agriculture suisse doit produire de manière "adaptée au climat et aux conditions locales". Un des buts est d'atteindre un taux d'autosuffisance d'au moins 50% d'ici 2050.
De plus, les gaz à effet de serre rejetés pour produire les denrées consommées par la population doivent être réduits de deux tiers par habitant en comparaison à 2020. En ce qui concerne ceux provenant de la production agricole nationale, ils doivent diminuer d'au moins 40% par rapport à 1990.
>> Voir aussi l'interview de Michel Darbellay, membre de l'Union suisse des paysans, dans le 19h30:
Moins de viande
Différentes mesures doivent permettre d'atteindre les objectifs fixés. Elles comprennent notamment la réduction du gaspillage alimentaire à travers l'ensemble de la chaîne d'approvisionnement, la gestion parcimonieuse de l'eau et une diminution de la consommation d'énergie du secteur grâce aux énergies renouvelables. Du côté des consommateurs, il faut miser sur la sensibilisation.
Un changement de comportement est nécessaire, a souligné Michael Beer de l'OSAV devant les médias, notamment en ce qui concerne la consommation de viande. "Deux à trois portions de viande par semaine sont un maximum du point de vue de la santé. Nous en mangeons trois fois trop", a déclaré Michael Beer.
Un effet "surestimé"
L'Union suisse des paysans (USP), bien qu'elle juge "très positif" que la stratégie traite de l'adaptation de l'agriculture au réchauffement climatique, estime que la limitation de la production animale et de la consommation de viande est "problématique". Selon elle, l'effet qu'une telle mesure aurait sur le climat est surestimé. De plus, la réalité du marché est que la population est demandeuse de viande d'origine suisse.
L'USP critique également le fait que la stratégie ne s'accompagne pas de moyens financiers nécessaires à l'atteinte des objectifs fixés. Selon elle, les moyens actuels ne permettent pas de mettre en oeuvre les mesures prévues.
L'organisation faîtière de l'agriculture biologie, Bio Suisse, salue pour sa part cette nouvelle stratégie qui permettra des "développements importants" dont l'agriculture biologique profitera. Elle déplore cependant le retard accusé dans son lancement. Il est regrettable que le Parlement se soit systématiquement refusé à débattre de la politique agricole 2022-2030, a-t-elle critiqué.
Pas de directives strictes
L'Alliance Agraire, qui regroupe 18 organisations des milieux des consommateurs, de la protection de l'environnement et des animaux, a elle aussi accueilli favorablement la nouvelle stratégie, en particulier la collaboration étroite entre l'OFAG, l'OSAV et l'OFEV. "Désormais, la main droite sait ce que fait la main gauche".
La stratégie responsabilise en outre aussi bien les consommateurs que les producteurs, sans imposer de directives strictes. L'agriculture peut maintenant apporter la preuve qu'elle produit ce que les consommateurs demandent.
La nouvelle stratégie, qui s'adresse en premier lieu à l'administration et aux politiques, servira au développement à court et moyen termes des politiques ayant trait au système alimentaire, a indiqué l'OFAG. Elle s'inscrit dans le cadre fixé par la Stratégie pour le développement durable 2030 du Conseil fédéral. Elle remplace la stratégie de l'OFAG pour l'agriculture de 2011.
ats/jfe