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Pour s’assurer plus facilement les faveurs divines, les chrétiens ou des communautés entières se mettent sous la protection d’intercesseurs puissants auprès du Seigneur.
De tels sentiments ont inspirés nos ancêtres lors de la consécration de l’ancienne église de Finhaut. Mgr Pierre Maurice Odet, abbé de Saint-Maurice, qui avait érigé Finhaut en paroisse indépendante de Salvan, consacrait la nouvelle église le 6 novembre 1652. Il la plaçait sous le patronage de la Mère de Dieu, de saint Maurice et ses compagnons et de saint Sébastien.
Lorsque le 15 novembre 1929, Mgr Joseph Mariétan consacrait l’église actuelle, il la dédiait encore à Marie sous le titre de l’Assomption. Saint Maurice, le chef de la légion thébaine, qui a donné sa vie en témoignage de la foi et qui, avec saint Théodule, a été à l’origine du christianisme en Valais, demeure toujours et avec raison un saint vénéré et invoqué dans notre paroisse. Son autel, daté de 1669, atteste de l’attachement fidèle de la paroisse de Finhaut à saint Maurice.
Pourquoi donc, en 1652, Mgr Odet et nos ancêtres ont-ils placé Finhaut sous la protection de saint Sébastien?
Nous savons par un écrit de saint Ambroise, archevêque de Milan, que Sébastien, soldat milanais, s’est rendu à Rome au moment de la grande persécution de Diociétien.
C’était vers l’an 300, au début de l’épuration de l’armée.
Ayant été sommé de choisir entre le service de l’empereur et celui du Christ, Sébastien choisit de demeurer fidèle à sa foi. A la suite de quoi, dit saint Ambroise, « il souffrit et il fut couronné ». La communauté romaine l’ensevelit avec l’honneur aux catacombes près du lieu où l’on conservait le souvenir des apôtres Pierre et Paul.
La vénération dont les chrétiens entouraient sa mémoire s’est transformée en popularité durable quand, en 680, ses reliques arrêtèrent la peste qui sévissait à Rome. Il fut dès lors invoqué dans tout le monde chrétien comme » libérateur de la peste « .
Pendant des siècles, périodiquement, ce mal répandait la terreur dans les différents pays de l’Europe. En parfaite santé le matin, le sujet était terrasé en quelques heures, au plus tard en trois jours par une fièvre ardente.
Pour se libérer de la peste, un peu partout, on implore saint Sébastien, on fonde des confréries en son honneur, on lui dédie des églises et chapelles.
Ce mal sévit avec une particulière virulence à Finhaut en l’année 1648. Les morts sont si nombreux qu’on doit renoncer à descendre les cercueils au cimetière de Salvan. On ensevelit les morts sur la place qu’on appelle » Saint Sébastien ».
C’est en reconnaissance de la libération de la peste et pour s’assurer encore davantage de la protection future, qu’en 1652, Mgr Odet et nos ancêtres ont choisit saint Sébastien comme titulaire de l’église de Finhaut, avec la Vierge Marie et saint Maurice.
Ainsi, depuis plus de trois siècles, le 20 janvier, la paroisse de Finhaut célèbre fidèlement Saint Sébastien.
Recherche historique : Chanoine Henri Michelet
Réalisation du tableau concernant ce texte : Denis Lugon-Moulin
Le 20 janvier 1989