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Sans particulièrement briller, Javier Fernandez a décroché sa troisième couronne européenne consécutive à Stockholm, un enchaînement rarissime.
L'Espagnol a dégagé une belle impression artistique, en profitant par ailleurs de la relative faiblesse de la concurrence.
Après un programme court décevant marqué par de nombreuses fautes techniques, les patineurs avaient promis de se reprendre pour le libre. Mais la qualité des sauts est restée dans l'ensemble en deçà des attentes. A lui seul, Fernandez a "sauvé les meubles" par la belle interprétation de son "barbier de Séville".
Elegant dans son costume classique, le Madrilène a réussi un quadruple boucle piqué d'entrée qui l'a placé sur de bons rails. La qualité de ses pas et de ses pirouettes et la fluidité de son patinage lui ont permis d'effacer en bonne partie une deuxième partie de programme défaillante, marquée par une chute sur le quadruple salchow. Au final, le protégé de Brian Orser s'est imposé sans avoir été convaincu par sa propre performance, lui qui a quitté la glace d'un air assez penaud.
Fernandez (23 ans) devient le premier patineur à réaliser le triplé européen depuis presque 30 ans et le Russe Alexander Fadeev (1987 à 1989). Il était déjà devenu, quelques saisons plus tôt, le premier Espagnol à remporter une médaille dans un grand championnat.
Depuis qu'il a rejoint de goupe d'Orser en 2011-12, Fernandez a assis sa technique et raffermi sa personnalité. L'histoire raconte qu'à ses jeunes années, à Madrid, ses petits camarades de classe se moquaient de lui pour avoir choisi un sport qu'ils considéraient comme peu viril, l'imaginant virevolter sur la glace vêtu d'un tutu. De ces brimades, Fernandez a peut-être tiré une force supplémentaire.
Le Madrilène s'est imposé avec près de 27 points d'avance - un gouffre - devant le Russe Maxim Kovtun, le bronze revenant à un autre Russe, Sergeï Voronov.
ATS