Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07202.jsonl.gz/409

Les Observateurs n'ont jamais fait mystère de leur penchant en faveur d'une immigration pour le moins contrôlée. Surfant sur l'onde de choc du 9 février, l'initiative Ecopop a l'air bien partie pour confirmer un sentiment populaire définitivement décomplexé, d'autant plus que l'opposition traditionnelle semble bien partie, elle aussi, pour sombrer dans ses travers habituels: invectives, noms d'oiseaux, sensibilité à fleur de peau; on connaît désormais l'effet de ce genre de communication sur la population.
Reste que l'initiative Ecopop n'est pas une initiative sur le contrôle de l'immigration mais une initiative sur la démographie. Démographie dont l'immigration n'est, somme toute, que l'une des nombreuses composantes.
Certes, l'alinéa 2 écrit que:
"La part de l’accroissement de la population résidant de manière permanente en Suisse qui est attribuable au solde migratoire ne peut excéder 0,2 % par an sur une moyenne de trois ans";
c'est tentant !
Mais l'alinéa 1 cherche à étendre au peuple suisse la restriction qu'il impose à l'immigration:
"La Confédération s’attache à faire en sorte que la population résidant en Suisse ne dépasse pas un niveau qui soit compatible avec la préservation durable des ressources naturelles."
La justification est fondée sur la grande peur malthusienne de la pénurie de ressources - peur sur laquelle nous avons déjà eu l'occasion de nous étendre sur ce site (ici et ici) et qui repose sur un grand nombre d'erreurs datant du XIXe siècle déjà. Mais le résultat est là, attribuer une compétence à l'Etat pour contrôler le potentiel démographique des populations. La conséquence d'un tel alinéa sera diamétralement opposée à celle escomptée par les opposants de l'immigration, tant il vrai que - dans la mesure où l'on s'en tient à la théorie des vases communicants - la seule façon de résister à la démographie de l'extérieur est, et restera toujours, de maintenir une forte pression démographique à l'intérieur. Si les résidents suisses cèdent la place, ces places seront prises d'une façon ou d'une autre, par le biais des naturalisations, notamment. Mais si cela devait ne pas suffire, et si le choc démographique venait à s'accentuer, nous finirions bientôt par supplier les immigrés de nous choisir, à la façon de l'Allemagne (et ici), plutôt qu'un autre pays. La démographie est une force, la démographie est LA force historique des nations et des peuples, ne l'oublions pas. C'est d'ailleurs là l'une des raisons essentielles des attaques répétées de la gauche contre la famille, première source de démographie.
En cas de succès sur un malentendu, ce qui, dans le contexte politique actuel, paraît tout à fait envisageable - dans la mesure où nous savons aujourd'hui que le peuple suisse vote par procuration pour le reste de l'Europe, sinon du monde occidental -, le danger est très grand de créer un précédent démocratique aux politiques natalistes restrictives dans les pays développés. La démographie encore libre, le droit à la reproduction encore ouvert, pourraient fort bien être alignés peu à peu sur les modèles coercitifs indiens ou chinois, financés au demeurant par la Suisse depuis des décennies.
C'est d'ailleurs le sens précis de l'initiative, révélé par l'alinéa 3:
"Sur l’ensemble des moyens que la Confédération consacre à la coopération internationale au développement, elle en affecte 10 % au moins au financement de mesures visant à encourager la planification familiale volontaire."
Volontaire à l'international selon l'alinéa 3, mais pas au national si l'on s'en tient au texte de l'alinéa 1.
Ecopop n'a en effet d'autre but que d'inoculer la politique de l'enfant unique dans les pays occidentaux. Elle ne permettra pas de limiter les flux migratoires, bien au contraire, elle les rendra nécessaires et participera ainsi à tout ce que la majorité anti-migratoire redoute et veut éviter: le renversement social et culturel des sociétés occidentales et le grand remplacement des populations. Ecopop, c'est non !