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Astrophysique • Des chercheurs genevois ont étudié avec une combinaison inédite d'instruments 18 amas de galaxies proches afin de mieux comprendre la formation de l'univers et de la matière. Leurs travaux confirment que la proportion de matière noire y est la même q
Etoiles et nuages de gaz ne représentent qu'environ 10% du total de la matière de l'univers, le reste étant formé de matière noire et et d'énergie sombre qui échappent à toute détection directe. L'équipe de Dominique Eckert et Stéphane Paltani, du Département d'astronomie de l'Université de Genève (UNIGE), a toutefois trouvé un moyen de quantifier indirectement cette mystérieuse matière noire.
Suivre l'évolution de l'univers
Ils utilisent pour ce faire des amas de galaxies, composés comme notre Voie lactée de milliers de galaxies et situés à une distance allant jusqu'à dix millions d'années-lumière. «Ces amas de galaxies peuvent être utilisés comme outils pour suivre l'évolution de l'univers», a expliqué à l'ats Dominique Eckert.
Les astrophysiciens ont combiné les spécialités de deux téléscopes spatiaux, Planck et Rosat. Planck suit le fond de rayonnement cosmique qui se propage depuis 300'000 ans après le Big Bang: «Cet écho, quand il traverse un nuage de gaz chaud, se transforme et cela nous donne des informations sur la masse du gaz», explique Stéphane Paltani, cité dans un communiqué de l'UNIGE.
Rosat, lui, observait-il est retombé sur Terre en 2011 - le ciel dans le domaine des rayons X. Cela permet aux chercheurs d'estimer la quantité de matière «normale», ainsi qu'ils l'écrivent dans deux articles publiés dans la revue «Astronomy & Astrophysics».
82% de matière noire
Comparant ces diverses données, les scientifiques sont parvenus à la conclusion que la matière noire représentait environ 82% du total de la matière dans les amas de galaxies étudiés. «Cela signifie que cette proportion n'a pas changé depuis la naissance de l'univers», note M. Eckert.
«Il reste toutefois beaucoup de questions en suspens», poursuit le spécialiste. Pour y répondre, les astrophysiciens genevois misent notamment sur des nouveaux télescopes comme XXL, projet dans lequel ils sont très impliqués, ainsi qu'»eRosita», qui devrait être lancé en 2014. Ces deux instruments scruteront des amas de galaxie d'âges différents.
Grâce à l'étude des spécialistes genevois, on sait désormais que les amas de galaxie constituent un excellent étalon. Les observations à venir pourraient permettre de restreindre le champ des théories concernant la matière noire, voire contribuer au dévoilement de sa vraie nature, conclut l'UNIGE.