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Les docteurs perdent de vue les enfants à naître. Hippocrate, tu es loin…
L’autonomie des patients a plus de poids que tout autre chose
De plus en plus, le corps médical perd de vue le droit à la vie des enfants à naître. C’est ce que l’on constate au vu de la manière dont a évolué la valeur accordée à la protection des enfants à naître dans les serments médicaux répandus dans le monde entier, et par là-même dans l’éthique médicale.
Jusqu’à 1948, les médecins ont, par le «Serment d’Hippocrate», maintenu clairement et sans ambiguïté la règle hautement éthique obligeant à «ne jamais donner de moyen abortif à une femme». Hippocrate était un médecin grec qui a vécu environ de 460 à 370 av. J.C. et en référence auquel on a dénommé la première formulation de base d’une éthique médicale.
L’«Association médicale mondiale», fondée en 1947 – représentant à l’époque 27 organisations médicales nationales, elles sont aujourd’hui 111 – adopta en 1948 le «Serment médical de Genève» ou la «Déclaration de Genève» comme version «moderne» du Serment d’Hippocrate. Depuis, ce document a été remanié à six reprises, la dernière fois en octobre 2017.
De plus en plus flou
De 1948 à 1983, le médecin promettait tout de même encore de respecter toute vie humaine dès l’instant de la conception. Mais ensuite, soudain, ce ne fut plus «dès l’instant de la conception», mais seulement «dès son début»: une évidente soumission à la mentalité pro-avortement qui, depuis les années 70, sévissait dans le sillage de la «révolution sexuelle». Parallèlement, on évoqua évidemment une prétendue incertitude au sujet de l’instant où commence la vie.
Dans la version remaniée du serment, en 2005, on raya même «dès son début». Depuis, à cet endroit, on ne lit plus que: «Je veillerai au respect absolu de la vie humaine.» Cette formulation est assez floue pour que, en quelque sorte, la protection des enfants à naître en soit réduite à une discipline médicale totalement facultative! Par contre, dans la version la plus récente, l’«autonomie du patient» devient expressément un critère de professionnalisme médical: «Je respecterai l’autonomie et la dignité de mon patient.» Mais quand, aujourd’hui, on accorde sans hésitation plus de poids au droit de la patiente à l’autodétermination qu’au droit de vivre de son enfant à naître, il est grand temps de se souvenir d’Hippocrate!
Et les sages-femmes?
Participer à des avortements. Dans des déclarations officielles, des associations de sages-femmes se prononcent pour le prétendu «droit» à l’avortement. Dans le métier de sage-femme aussi, la «règle» d’Hippocrate a donc été massivement dégradée. Participer directement ou au moins indirectement à des avortements fait aujourd’hui partie du métier de sage-femme. L’Association Mamma est actuellement en contact avec une sage-femme refusant, pour raisons de conscience, une telle participation. Elle lui a assuré un soutien juridique total.