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Actuellement, les questions autour des violences parentales baignent dans un flou juridique: la fondation Protection de l'enfance Suisse rappelle que les châtiments corporels ne sont pas interdits par la loi suisse tant qu'ils ne laissent pas de blessures visibles. Cela signifie de facto qu'ils sont autorisés, selon la fondation. Il y a également cette notion de ce qui est "accepté/acceptable" par la société, qui rend difficile l'évaluation précise du phénomène.
Pour Tamara Parham, directrice de la communication pour la fondation Protection de l'enfance Suisse, interrogée dans le 12h30, le flou doit laisser la place à une clarté limpide: "La fondation revendique le besoin d'une loi spécifique en faveur du droit à une éducation sans violence. L'éducation des enfants est certes une affaire privée mais la violence envers les enfants ne l'est pas."
Une éducation sans violence, inscrite dans la loi, permettrait à la Suisse d'appliquer la Convention de l'ONU relative aux droits de l'enfant, une convention ratifiée en 1997.
Des violences parentales encore trop fréquentes
Les châtiments corporels et les comportements blessants, pouvant s'apparenter à des violences psychologiques, sont encore "coutumiers" dans nombre de familles en Suisse et semblent souvent érigés en méthodes d’éducation, estime la fondation. Près de 40% des parents ont déjà utilisé de tels châtiments contre leur enfant, souvent une fessée.
Selon elle, un enfant sur cinq subit des violences graves qui peuvent le mener aux urgences pédiatriques. Des services qui, en 2021, ont pris en charge quelque 1656 enfants dans les hôpitaux suite à des actes violents.
Lorsqu'elles sont de l'ordre psychiques, les violences parentales sont d'autant plus difficiles à détecter. Insultes, menaces, moqueries, manque d'affection: selon, un enfant sur six serait touché en Suisse, à différentes fréquences.
D'après Tamara Parham, ce phénomène est "surtout lié au fait que les parents sont de plus en plus stressés ou surmenés et ne savent plus forcément comment réagir par rapport à la pression de la société et dans le rôle de parent".
Une question examinée aux Chambres
La fondation Protection de l'enfance Suisse attend donc fermement que le dossier avance à Berne. Le Conseil national a adopté fin 2020 le postulat de Christine Bulliard-Marbach, membre du Centre, sur la protection des enfants contre la violence dans l’éducation.
Interrogée dans l'émission Forum, la Fribourgeoise estime que l'étude montre qu'il est "grand temps d'inscrire l'éducation sans violence dans la loi". L'éducation est une affaire privée, a-t-elle souligné, "mais l'enfant doit être protégé de l'abus".
Le texte doit désormais être examiné par la commission des affaires juridiques du Conseil des Etats. Celle-ci attendait le résultat de l’enquête de l’Université de Fribourg pour se pencher sur ce dossier. La commission se réunit le 3 novembre prochain.
ds/lan/ther