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Le plus ancien document mentionnant Sembrancher, est la bulle du pape Alexandre III de 1177 qui énumère les possessions de la Maison du St-Bernard.
Ce n’est pas une nouvelle localité ; elle a une certaine importance puisque dotée d’une église paroissiale et de ce fait constituait un centre. L’on sait que ce lieu était habité il y a plus de 6000 ans ; la découverte de tombes de l’époque néolithique, environ 4000 ans avant J.-C. et des restes de constructions incendiées de l’époque du bronze moyen, environ 1500 avant J.-C. en sont la preuve.
Peuplé de bergers vivant de leurs troupeaux, de paysans cultivant de petits domaines, de muletiers assurant les transports, Sembrancher devint petit à petit un centre organisé dans le cadre de la vie féodale. Situé sur la route du col du Grand-St-Bernard, passage qui s’imposait à toute personne qui venait du Nord ou du midi pour franchir les Alpes, au carrefour du val de Bagnes et de la route du col du Lein pour les personnes qui allaient ou venaient du Valais central, Sembrancher est devenu au fil des années une ville étape et un centre économique.
Conscient de l’importance de ce lieu, le comte Amédée IV de Savoie déclara Sembrancher ville franche et en 1239 fit d’elle une des plus anciennes bourgeoisies du Bas-Valais.
Sembrancher obtenait entre autre, le droit de tenir foires et marchés, le droit de souste : toute marchandise passait par l’entremise de la bourgeoisie le droit de curialité, droit exclusif de stipuler des actes juridiques (ce privilège appartenait à la châtellenie) Sembrancher devint un chef-lieu administratif avec siège du châtelain de l’Entremont et de Saxon.
La bourgeoisie était administrée par un syndic et un conseil.
Le régime haut-valaisan reconnu les privilèges et droits des bourgeois et cette situation prévalu jusqu’à la révolution qui toucha notre pays en 1798. Cette année-là, l’Entremont fut constitué en dizain avec Sembrancher comme chef-lieu. Dès cette date, le régime communal prit le dessus ; les syndics cédèrent la place à des présidents de commune. Toutefois, à Sembrancher restèrent jusqu’à la loi communale de 1852 deux syndics ; le vieux syndic remplissait les fonctions de boursier, le jeune syndic avait la charge des corvées.
Les pèlerins et nombreuses personnes de passage étaient hébergés soit chez l’habitant ou à l’hôpital, maison d’accueil que possédait chaque localité se trouvant sur un passage fréquenté.
L’hôpital de Sembrancher existait déjà en 1365 et aujourd’hui abrite le siège du tribunal du district d’Entremont.
Nos autorités bourgeoisiales ont passé un traité de combourgeoisie avec la bourgeoisie d’Aigle en 1376, renouvelé à quatre reprises, la dernière fois le 27 août 1776. Cette convention d’entraide mutuelle existe encore aujourd’hui. Aujourd’hui le village de Sembrancher est jumelé avec le village de St-Laurent-des-Arbres dans le Gard.
Bien avant que l’école obligatoire soit introduite en Valais en 1878, avec l’établissement d’un chapelain à Sembrancher, depuis 1649 une école est ouverte qui dura jusqu’en 1918. L’école du chapelain était aussi ouverte aux filles. A côté de cette école, il y avait une école des garçons, dite la petite école, elle existait déjà en 1744.
Au fil des siècles, la population est demeurée stable, entre 600 et 800 habitants. Au début du siècle passé l'on dénombrait une cinquantaine de commerces à Sembrancher. Depuis lors, le petit commerce, l’artisanat ont vu leur importance diminuer dans l’économie locale au profit de plus grands centres.
Aujourd’hui, une plus grande facilité et indépendance de mouvement de tout un chacun redonne quelque peu notre village son faste d’antan et permet à ses enfants de s’y établir.