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De l’ère romaine à l’ère industrielle, en passant par le Moyen Age, Carouge a su se transformer et se réinventer. Tour à tour française, italienne ou sous la tutelle de Genève, elle a cependant toujours su conserver son statut de « ville ouverte ».
Le hameau de Carouge, admirablement situé au bord de la tumultueuse Arve, voit passer, depuis la romanisation des Allobroges (120 av. J.-C.), des marchands qui viennent du sud et convergent vers Genève et, plus loin, vers le Plateau suisse. Le pont sur l’Arve, pendant du pont du Rhône qui préoccupe si fortement Jules César, est un lieu de passage obligé. Ainsi les routes du commerce international convergent-elles vers ce pont, dont on n’a pas encore situé l’emplacement précis. Carouge ne tire-t-il pas son nom de carrefour en latin? Si on ignore encore la position du pont, on peut toutefois affirmer que, depuis plus de 2000 ans, l’actuelle rue Ancienne voit transiter les acteurs du commerce international. Peu de sites partagent ce privilège de développement durable. Ce cheminement ne sera jamais abandonné et, même aux heures les plus sombres du Moyen Age, les marchands transiteront par ce hameau.