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L'écrivain Jacques Chessex s'est effondré vendredi 9 octobre à
Yverdon-les-Bains (VD), à la suite d'un arrêt cardiaque, après
avoir été interpellé sur ses déclarations dans l'affaire Polanski.
Le médecin qui l'avait pris à partie était jusqu'ici resté anonyme.
Il s'explique jeudi pour la première fois dans .
Le médecin d'une soixantaine d'années explique avoir été choqué
par les propos de Jacques Chessex, relayés par 24 heures, qui
qualifiait de "minime" l'accusation contre Roman Polanski de
relations sexuelles illégales avec une jeune fille de 13 ans. Il a
de suite tenté de joindre l'artiste par téléphone à son domicile à
Ropraz.
Puisqu'il n'arrivait pas à exprimer sa colère par téléphone,
l'homme s'est rendu à la conférence que devait livrer Jacques
Chessex à Yverdon-les-Bains.
Lecture de l'article
La rencontre portait sur l'adaptation théâtrale de La confession
du pasteur Burg. Jacques Chessex a présenté son livre. Il a aussi
évoqué, brièvement, l'affaire Polanski en disant qu'un journaliste
l'avait traité de pédophile.
Au moment des questions, le médecin, père de deux filles, s'est
levé, a indiqué qu'il n'avait aucune interrogation et a lu
l'article incriminé à haute voix, "sans commentaire". Il a été
interrompu alors qu'il avait lu les deux tiers du texte. Après
avoir soulevé le terme de "minime", il a quitté la salle
"calmement".
Selon les témoins, dont les propos ont été relatés dans
L'Illustré, Jacques Chessex aurait répondu: "Ce généraliste...
généralise! Je condamne fermement la pédophilie, une abjection,
mais je distingue l'affaire du fait".
L'homme dit avoir ensuite écrit une lettre à la bibliothèque
d'Yverdon pour décliner son identité, qu'il a ensuite postée.
"Sidéré" en apprenant la mort de Jacques Chessex le lendemain, il a
écrit une nouvelle lettre à l'établissement dans laquelle il
indiquait ne pas être au courant de la mort de l'écrivain lors de
la rédaction de la première missive.
Exprimer sa colère
Le médecin, qui tient un cabinet depuis une trentaine d'années,
dit avoir voulu exprimer sa colère: "j'ai conscience de ce que
c'est une vie brisée par le viol", dit-il sur la base de son
expérience professionnelle.
"Suis-je responsable de sa mort? Ma réponse est non. Cela
n'empêche pas que je suis bouleversé rien qu'à y repenser. Je me
sens vraiment mal. C'est douloureux. je voulais juste le
rencontrer".
"Je n'ai rien à me reprocher. Mon intervention, c'est un cri du
coeur. Une indignation. Je suis étonné que ses propos (de Jacques
Chessex) n'ont pas suscité davantage de réactions", relève
toutefois le médecin.
ats/bri
Les propos de Jacques Chessex
"Un personnage de qualité universelle et la dignité esthétique de son oeuvre sont un contrepoids à une affaire minime".