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Une simple faute de frappe durant la cotation de Dentsu à la Bourse de Tokyo pourrait coûter jusqu'à 100 millions de dollars à la grande banque suisse.Ce contenu a été publié le 03 décembre 2001 - 11:45
L'histoire remonte à vendredi passé. Ce jour-là, le premier groupe de publicité nippon - et quatrième au plan mondial - fait son entrée à la Bourse de Tokyo. Et UBS Warburg est la principale maison de titres en charge de sa cotation, l'une des plus attendues et des plus importantes de l'année.
Un ordre de vente bizarre
A l'ouverture de la séance, les traders découvrent sur leurs écrans un ordre de vente d'actions de Dentsu placé par UBS Warburg. Mais l'ordre en question leur semble si énorme qu'ils suspectent là une erreur. Qui pourrait bien être la plus grande et, surtout, la plus coûteuse de toute l'histoire de la Bourse de Tokyo.
Que s'est-il passé? Au début de la séance, un trader de l'établissement suisse cherche à vendre 16 actions Dentsu au prix de 610 000 yens (4942 dollars) chacune. Hélas - trois fois hélas - il frappe sur le clavier de son ordinateur 610 000 actions Dentsu à 16 yens chacune.
UBS Warburg s'aperçoit aussitôt de l'erreur. Et fait annuler cet ordre qui sera effectif deux longues minutes plus tard seulement. Or, durant ce laps de temps, les ordinateurs de la banque ont déjà vendu 64 915 actions.
L'erreur de frappe causera la chute du titre de Dentsu. Et forcera UBS Warburg à racheter près de la moitié des titres placés sur le marché, ce jour-là, par le groupe de publicité.
Une perte colossale pour UBS
Aujourd'hui, les analystes financiers estiment entre 50 et 100 millions de dollars la perte subie par la filiale japonaise du groupe suisse... en l'espace de deux minutes.
Certes l'UBS a les reins solides, assez solides en tout cas pour payer le prix d'une telle débâcle. Mais, dans cette affaire, la banque suisse a perdu une bonne part de la réputation qu'elle s'était faite au Japon.
Et pour cause, Dentsu - qui contrôle un quart du marché nippon de la publicité - s'attendait à une première séance de cotation triomphale à la Bourse de Tokyo. Résultat: son titre a clôturé en dessous de son prix initial de vente.
Une erreur qui va faire mal
«Les responsables de Dentsu ont attendu 100 ans avant de coter leur titre, s'exclame un banquier qui a participé au placement du titre de Dentsu auprès du public. Et voyez ce qu'il leur arrive.»
Pas de doute, Dentsu va se priver, dorénavant, des services de UBS Warburg. Et dire tout le mal qu'il pense de la banque suisse à son vaste réseau de clients.
Et ça va faire mal. D'autant que parmi ces clients se trouvent certains des plus grands noms de l'industrie japonaise comme Toyota et Matsushita.
Georges Baumgartner, Tokyo