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Les perspectives de qualification pour les playoffs sont aussi compromises qu'avant le match, ce qui était à peu près le mieux que l'on pouvait espérer.
Après les deux défaites du week-end dernier et avec des concurrents qui s'ingénient à faire pile les résultats qu'il faut (pour eux), les chances genevoises d'aller essayer de gagner un match contre Berne ou Zoug en deuxième partie de saison relevaient quasiment du miracle. Elles passaient en tout cas par trois points obligatoires au pays de la lanterne rouge. Cette tâche pouvait paraître comme une formalité pour l'observateur neutre. Celui qui connaît un peu l'historique des Aigles sur les bords de l'Obersee, eux, se montraient beaucoup moins assurés.
La première confirmation de ces craintes arrivait avec la composition de l'équipe. En raison du tribut sans cesse grandissant payé aux blessures, l'attaque était composée d'une première ligne, de deux quatrièmes et d'une première ligne de juniors élite.
Deuxième mauvais signe dès les premières minutes : sur le plan technique et au niveau de l'engagement, la rencontre se révélait une purge sans rythme. Le genre de partie qui ronfle dans un demi-sommeil jusqu'à ce qu’un but venu de nulle part ne donne la victoire à l'adversaire.
Troisième cavalier de l'Apocalypse à la huitième minute : Genève-Servette ouvre le score. (Non non, continuez de lire.) Guillaume Maillard, brièvement possédé par l'esprit de Tanner Richard, occupait trois joueurs avant de délivrer un caviar à John Fritsche. Et si l'Américano-Suisse ne prétend pas au titre de joueur du siècle, il n’est pas du genre à laisser passer ce genre d'opportunité. 0-1, où est le problème ? Eh bien le problème est que 23 secondes plus tard, la défense oubliait complètement Casey Wellman dans le slot, lequel pouvait crucifier Robert Mayer de volée et en revers. Si ce genre de scénario ne vous fait pas instinctivement craindre le pire, c'est que vous regardez votre premier match de la saison. Ou alors, vous êtes un incorrigible optimiste. Mais je me répète.
Fort heureusement, le quatrième cavalier devait lui aussi être retenu à l'infirmerie. Dès le début du deuxième tiers, l'arbitre accordait un pénalty, à tirer par Henrik Tömmernes. Il aurait aussi pu accorder le but ; on aurait gagné du temps.
Le partie se poursuivra dans la même torpeur, à peine agitée par une charge limite de Timo Helbling, une occasion gâchée par Kai Schweri ou un shift d'Eliot Antonietti. Chose inattendue, la réussite souriait aux Genevois, leur permettant d'aggraver le score sur un puck parti en cloche qui retombait sur la palette de Juraj Šimek et, encore plus improbable, sur un tir cadré de Johan Fransson.
Les Aigles auront donc empoché la totalité de l'enjeu sans trop souffrir, ce qui prouve bien qu'on ne peut être sûr de rien cette saison. Les victoires de Zurich et Fribourg rendent toujours aussi hypothétique d'échapper à une série de matches sans enjeu avec des déplacements à l'autre bout du pays. Mais au moins l'équipe est-elle toujours vivante.