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Lors des consultations en urgence pour des lombalgies aiguës, les opioïdes sont fréquemment utilisés avec une bonne efficacité. Qu’en est-il en cas de lombalgie chronique ? Dans cette méta-analyse, les auteurs ont effectué une mise à jour de la revue Cochrane de 2007 à 2012. Ils ont analysé des essais randomisés comparant un traitement pendant au minimum quatre semaines par opioïdes (non injectés) versus placebo ou autres médicaments. Les études devaient avoir évalué au moins un des éléments suivants : douleur, fonction ou amélioration globale. Les auteurs ont donc inclus quinze essais avec 5540 participants. Les cinq études comparant le tramadol au placebo (n = 1378) ont montré un plus grand soulagement de la douleur globale par la molécule active et une plus grande amélioration fonctionnelle, l’évidence clinique étant toutefois jugée faible. Dans les deux études avec buprénorphine transdermique (n = 653), les auteurs ont trouvé des preuves de très faible qualité que cet agent réduise la douleur de manière supérieure au placebo, sans évidence d’une amélioration fonctionnelle. Les opiacés majeurs (six études avec 1887 patients) ont entraîné de faibles effets, tant sur la réduction de la douleur que sur l’amélioration de la fonction.
Commentaire : Globalement, chez les patients atteints de lombalgie chronique, les opioïdes sont modérément plus efficaces que le placebo dans le court terme pour soulager la douleur et un peu plus efficaces à court terme pour améliorer la fonction. Toutefois, les données soutenant une utilisation à long terme sont à peu près inexistantes. L'utilisation à long terme des opioïdes reste donc controversée dans ce contexte, vu le risque d’effets indésirables non négligeables à mettre en balance avec une modeste efficacité clinique.