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Souvenirs de Bernard Favre; la petite enfance, Renens 1948 - 1957
B.Favre; 09.05.17; Version 0.1; chapitre 01, page 8 / 9
Coup de main à un marchand de vêtement à la Riponne.
Le char à bras qui servait aussi d'étal
Extrait de l'annuaire vaudois de 1962 Avis mortuaire paru dans la "Nouvelle revue de
Lausanne" du mardi 24 mai 1966
Annonces dans la feuille d'avis de
Lausanne en 1960
Un samedi en flânant à la place de la Riponne je
tombais devant un stand de vêtements qu'un
vieillard démontait avec peine.
Je lui demandais: «est-ce que je peux vous
aider?», il répondit affirmativement.
Le forain Filippone était grand, âgé de 78 ans (il
était né en 1885) et habillé de noir avec un
chapeau, et connaissait mon oncle Edmond Dutoit (le
popiste).
Il vendait des costumes du genre «avant-guerre» noir ou gris foncés ainsi que des
cravates et des babioles.
On dépendait d’abord les vêtements pour les déposer à plat sur le char, et ensuite la
bâche et les perches.
Alors on se mettait en route pour le retour, je tirais et lui s’agrippait derrière le char,
plusieurs fois il m’intima de ne pas aller si vite.
C’était un parcours assez technique, d’abord éviter qu’une roue du char ne se coince
dans un rail de tram, ensuite faire monter le char sur le trottoir sans le faire
capoter.
On s’arrêtait devant le magasin bloquant le trottoir et
obligeant les piétons à descendre sur la chaussée,
mais personne n’a jamais râlé!
Son magasin était un bris a brac qui sentait le
renfermé et où s’amoncelaient des monceaux de
vêtements.
Pour finir on repartait avec le char en direction de la
place du Tunnel puis de la Rue des Deux-Marchés.
Les bâtiments attenant à la rue du Tunnel 14 où il avait
son magasin étaient en voie de délabrement, la
sombre cage d’escalier dégageait une odeur âcre
La plupart des habitants subsistaient de petits
métiers qui les sauvaient de l’indigence, madame
Ida, qui avait probablement la main douce en est
un exemple. Filippone louait une chambre meublée,
sans doute pour arrondir ses fins de mois.