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Le week-end prochain aura lieu à Chêne-Bougeries un référendum pour un projet de 200 logements environ à Chalendin. Quand on voit la gravissime pénurie de logement et la modestie du projet, on est effrayé par l'aspect surréaliste d'un tel référendum. La jeunesse genevoise est contrainte de s'exiler en dehors du canton mais une bande de voyous bien logés - retraités pour la plupart - prend l'initiative de s'opposer encore à ces logements.
Beaucoup de gens ignorent que Chêne-Bougeries est une commune à l'agonie. La population de Chêne-Bougeries est stable depuis la fin des années 60. En 40 ans, la population de la commune a augmenté 5 fois plus lentement que la population de l'agglomération au rythme de 0,47% par an seulement. De 1970 à 2000 ce sont environ 3200 Chênois qui sont nés dans la commune... et 4200 Chênois qui ont du la quitter faute de logements*. Les jeunes de Chêne-Bougeries qui ont réussi à s'y loger sont une espèce en voie de disparition. Depuis 10 ans les moins de 65 sont en effectifs stables.. par contre le nombre d'habitants de plus de 65 a augmenté de 67% !!! Chêne-Bougeries devient un EMS en plein air... mais un EMS dont les pensionnaires refuseraient toute visite.
La commune de Chêne-Bougeries est aujourd'hui la commune la plus âgée du canton de Genève avec plus de 30% de plus de 65 ans.. contre 20% pour le reste du canton.
Le paradoxe c'est que les habitants de Chêne-Bougeries n'ont effectivement pas de problèmes de logements. Pour une écrasante majorité, ils vivent très bien dans des logements devenus trop grands à des loyers faibles depuis plusieurs décennies. Ils ne connaissent que de loin les problèmes de leurs enfants. Ils font des assemblées générales de retraités isolés dans leurs communes et qui s'opposent aux logements pour les jeunes auxquels ils ont pourtant donné naissance.
Il revient donc aux 4200 Chênois qui ont du quitter leur commune et qui ont des problèmes à se loger d'expliquer à leurs parents leurs problèmes de logements. D'expliquer que ce n'est pas une solution pour Genève de chasser sa jeunesse au delà des frontières cantonales, loin des réseaux de transport et maintenant jusqu'à Rumilly. D'expliquer qu'il n'y a pas de retraites sans croissance économique et pas de croissance économique sans croissance urbaine. D'expliquer que les deux ou trois arbres qui devront être abattus pour construire des logements peuvent ête replantés et permettront d'en sauver des milliers en limitant la Los Angelesisation absurde de notre agglomération.
Chêne-Bougeries est un peu la caricature de ce qui est en train d'arriver au canton de Genève dans son ensemble.
* je n'ai pas les chiffres du solde migratoire de la commune sur 2000-2010