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Le Jobbik, principale force d'opposition en Hongrie, veut devenir un "parti populaire" pour contrer le premier ministre Viktor Orban, a affirmé mercredi son chef Gabor Vona. Ce dernier est prêt à intégrer des élus centristes dans son parti à la veille de législatives.
Décrivant l'évolution de son parti comme "un processus par étapes", M. Vona, interviewé dans le quotidien autrichien Die Presse, assure: "je me suis décidé, soit je gouverne à la tête d'un parti populaire, soit j'arrête la politique".
Le Jobbik présentera des candidats dans toutes les circonscriptions aux législatives prévues ce printemps, a-t-il expliqué. Mais après l'élection, "si l'arithmétique parlementaire le permet, je serais prêt à mener des négociations de coalition avec deux jeunes partis, LMP et Momemtum (petites formations centristes)", a-t-il ajouté.
Agé de 39 ans, Gabor Vona dirige depuis plus de dix ans le parti d'extrême droite Jobbik, l'un des plus radicaux en Europe, jugé même infréquentable par le Front national en France et le FPÖ autrichien.
Alors que le parti Fidesz de Viktor Orban, qui gouverne depuis 2010, a asséché le terreau politique du Jobbik avec son propre nationalisme et son populisme, M. Vona dit avoir lancé en 2013 la "mutation" de son parti présenté désormais comme un parti conservateur moderne luttant contre la corruption des cercles du pouvoir.
"Orban n'est pas un démocrate", a-t-il encore déclaré mercredi, en ajoutant: "cela peut paraître prétentieux mais je suis le dernier bastion de la démocratie en Hongrie".
Formation plus respectacle
Dans Die Presse, il explique qu'il a longtemps "regardé ailleurs" lorsque des cadres et militants de son parti tenaient des propos racistes et antisémites. "En 2013, j'ai décidé de couper avec ce milieu. Depuis lors vous ne trouverez plus rien de cette orientation", dit-il. Le Jobbik a aussi renoncé à plaider pour une sortie de l'Union européenne.
Les polémiques suscitées par les élus Jobbik ont été nombreuses. Un député avait réclamé en 2012 l'établissement d'une liste de députés juifs "pouvant poser un risque pour la sécurité nationale". La "Garde hongroise", milice du Jobbik interdite en 2009, organisait également des marches d'intimidation dans les quartiers roms.
Avant le scrutin du printemps prochain, le Jobbik est largement devancé dans les sondages par le Fidesz de Viktor Orban, grand favori pour emporter un troisième mandat d'affilée.