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« To pat, or not to pat », autrement dit : Flatter son cheval ou non. Telle est la question que beaucoup de cavaliers se sont posée, et qui a également intéressé un groupe de chercheurs britanniques.
Leur étude a révélé que pour récompenser son cheval, il serait mieux de le gratouiller plutôt que de flatter. La recherche a été présentée par Emily Hancock, sous la supervision de Sarah Redgate, toutes deux travaillant à l'Université de Nottingham, en Angleterre. Lors de l'édition 2014 de la conférence de la société internationale de la science de l'équitation ( International Society for Equitation Science conference), Hancock a présenté les résultats de l'étude effectuée en 2012.
D'après Hancock, le simple fait de gratouiller sa monture aide le cavalier à se rapprocher d'elle et de renforcer le lien qui existe entre eux . Elle précise également que le fait de se donner des gratouilles avec les dents est un geste naturel entre chevaux, mais pas le fait de se flatter ou tapoter entre eux. « Les cavaliers devraient donc plutôt offrir une gratouille au lieu de flatter leur monture en guise de récompense».
Cette étude, qui compare les gratouilles au fait de flatter son cheval, n'avait encore pas été expérimentée scientifiquement auparavant. Lors de son étude, Hancock et son équipe ont observés 16 paires de cavaliers et chevaux à l'occasion du Grand Prix Special de dressage aux Jeux Olympiques de Londres (2012). Globalement, le fait de flatter dominait toute autre forme de récompense à la fin du parcours. Sur les seize cavaliers évalués, quinze d'entre eux ont flatté leur cheval à l'issue de leur passage, et douze l'ont fait durant au moins une minute. Le résultat relevait que 34 % des chevaux ont montré une réaction comportementale lorsque leurs cavaliers les flattaient ; il s'agissait principalement d'une accélération de leurs mouvements. Cependant, d'après Hancock, il est également possible que cette réaction soit dûe aux mouvements du cavalier sur la selle.
Suite à cette première étude, le groupe de chercheurs s'est penché sur une comparaison entre les chevaux d'école et des chevaux secourus. Le but étant de regarder les effets produis suite à des tapotements et des gratouilles sur cinq chevaux d'école, et de comparer les résultats obtenus avec ceux de cinq chevaux secourus, qui n'ont jamais été victimes d'abus ou de manipulations indésirables.
Il s'est révélé que les chevaux d'écoles étaient habitués à être manipulés, flattés, gratouillés ou brossés et ne montraient aucun changement. Ce n'était par contre pas le cas des chevaux secourus ! Un exemple avec le plus jeune d'entre eux ( 4 ans) ; lors de la phase de la flatterie, il a secoué sa tête très fort en reculant de sept pas.
Lors des tests, les chercheurs ont flatté chaque cheval quatre fois durant 30 secondes, avec une pause de quinze secondes à chaque fois. Ils ont répété l'action une seconde fois en remplaçant la phases du flatter par des gratouilles. Comme données de base, un troisième test a été effectué : il s'agissait simplement de rester tranquillement au côté du cheval durant les mêmes intervales de temps que les deux autres étapes. L'équipe a enregistré le rythme cardiaque et le comportement de l'animal à chaque phase de l'expérience.
Ce test a montré que les chevaux bougeaient plus leurs oreilles dans toutes les directions lorsqu'ils étaient flattés. Lorsqu'ils étaient gratouillés sur le garrot, ils avaient tendance à baisser leur tête. Ce qui est tout autant remarquable est que le fait de gratouiller le garrot semblait inciter un comportement qui n'était pas du tout vu lorsqu'ils étaient flattés. Le docteur Hancock, ainsi que toute son équipe, ont pu noter beaucoup de réactions, comme un mouvement de la lèvre supérieure, lors de la phase « gratouilles ». Aucune de ces réactions n'a été observée lors de tapotements, mais au contraire certains se sont manifestés par des mouvements de tête, des mouvements vers l'arrière. D'autres tapaient nerveusement le sol de leur sabot.
Un second point intéressant à observer réside dans les réactions des chevaux d'école. Ces derniers ont montré plus de comportements positifs lors du test que les autres chevaux. Cette réaction peut être expiquée par le fait qu'en détention en box, et donc seuls toute la journée, ces chevaux ont perdu du contact entre eux, et apprécient plus de se faire gratter par un humain car c'est devenu quelque chose de rare qu'ils ont naturellement au sein d'un troupeau.
Au final, les chercheurs ont notés que le rythme cardiaque ne variait pas énormément entre les différents groupes. Contrairement à d'autres études déjà effectuées sur le rythme cardiaque lors de gratouilles de la part d'un cavalier ( et non de comparaison entre gratouille et tapotement) et qui révélaient que le coeur battait plus lentement, les études du docteur Hancock n'ont pas montré ce résultat. Mais leur comportement montrait clairement qu'ils appréciaient les gratouilles, en conclut Emily Hancock.
Article repris et traduit de TheHorse.com