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LA RELAXATION DYNAMIQUE : supercherie ou
réalisme ?
Pour répondre à cette
question, nous avons interrogé Tindaro spécialiste reconnu dans ce domaine, auteur-concepteur du "vivre
ensemble.ch" et de "Relaxation Dynamique de Modélisation".
Alors qu'en dites-vous ?
La relaxation-dynamique, est-ce une supercherie ou est-ce réaliste ?
Il me semble plus adéquat de
se poser la question de la manière suivante : à quel moment commence la supercherie dans l'usage des techniques de
relaxation-dynamique ?
C'est quoi au juste la
relaxation ?
Rappelons d'abord que
l'organisation de la vie est basée sur l'alternance de cycles de repos et
d'activités. Afin de rendre tout cela pertinent, précisons que tout ce
qui est autour de nous et auquel nous appartenons en tant qu'élément d'un système, fonctionne de cette façon. Par
exemple, la terre en tournant sur elle-même, crée le cycle circadien (jour/nuit) ; et l'Homme, les animaux, les
végétaux, ont tout naturellement réglé leur rythme de vie, dont l'alternance activité/repos, sur ce cycle, et qui
lui-même interagit avec d'autres d'ailleurs. Si vous prenez les muscles, le premier d'entre eux, le coeur,
fonctionne sur une systole puis une diastole. Pour un autre muscle, vous avez une phase de contraction et une phase
de relâchement. Dans notre vie de tous les jours, nous retrouvons ces cycles de travail et de
relâchement.
Si les niveaux de
sollicitation sont raisonnables, les rythmes normaux sont suffisants pour couvrir les dépenses énergétiques. Quand
il y a surcharge de travail physique ou mental, il est intéressant de déclencher consciemment des soupapes pour
gérer l'excédent de pression, de tension ; c'est ça la relaxation. Plus précisément, l'objectif de la relaxation
est d'offrir un réponse immédiate aux troubles psycho-physiques, en rééquilibrant l'énergie circulant dans les
systèmes : nerveux, respiratoire et musculaire, calmant du même coup l'activité mentale.
La relaxation-dynamique
est souvent associée au stress ; pouvez vous définir ce qu'est le stress ?
Au préalable,
il faut distinguer le stress inhibant (le mauvais stress) et le stress d'action
(le bon stress).
Dans la langue française, le
terme " stress " est un véritable fourre-tout, on y met vraiment tout et n'importe quoi, et à toutes les
sauces. Les anglo-saxons sont plus circonspects, parce qu'ils associent très souvent un autre terme au mot
" stress ", ce qui amène plus de clarté et de précision dans l'expression.
S'il faut en croire le Dr
Hans SELYE, chercheur canadien qui s'est passionné pour la question, en début de ce siècle : le stress est une
réponse de l'organisme aux facteurs d'agressions physiologiques et psychologiques, ainsi qu'aux émotions (agréables
ou désagréables) qui nécessitent une adaptation (Syndrome Général d'Adaptation).
Pourquoi y a t-il
autant de praticiens dans le bassin lémanique ? Les genevois seraient-ils particulièrement stressés
?
Je pourrais m'exprimer très
longuement sur le sujet.
C'est vrai que quelquefois
j'ai l'impression que Genève est là comme une terre d’accueil pour les organisations internationales de la paix et
du commerce. En revanche, le monde expérimente chaque fois plus la guerre, les inégalités et les problèmes liés aux
aléas de la bourse qui perd la boussole, d'où le terme "maladie de masse" selon A. Caycedo.
Plus sérieusement, la
modernité nous éloigne de plus en plus de nos rythmes naturels, de notre ancrage avec la nature. Nous sommes de
plus en plus asservis par une technologie qui devait nous servir et nous libérer du temps pour nous-mêmes Notre
éducation nous apprend beaucoup à faire attention à l'extérieur et peu à nous-mêmes. La mondialisation de
l'information, la complexité des rapports humains amplifiée de la multiculturalité, les difficultés
socio-économiques, la perte de repères, la dilution, voire la destruction des valeurs, des racines ; tout ceci crée
des déséquilibres importants et réels . Mais franchement, trop c'est trop ; nous n'avons pas toujours besoin de ce
qui nous vient de l'extérieur. Notre culture est d'une extrême richesse
et nous avons ici au moins une partie de ce dont nous avons besoin.