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Selon la section helvétique d'Amnesty International, les mesures étatiques visant à protéger les femmes de la violence domestique ne sont pas suffisantes en Suisse.
Par l'intermédiaire d'un catalogue de revendications, elle demande aux cantons et à la Confédération de s'engager davantage contre les violences domestiques.
A l'occasion de la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes, le 25 novembre, la section suisse d'Amnesty International publie un catalogue de dix revendications concrètes d'actions étatiques dans le domaine de la violence domestique.
Celles-ci sont basées sur les recommandations des Nations unies et du Conseil de l'Europe et elles serviront de base à la campagne d'une année annoncée par l'organisation pour l'an prochain.
«La Suisse entreprend des actions contre la violence domestique, mais cela n'est pas suffisant», estime la coordinatrice de la campagne d'Amnesty International «Halte à la violence contre les femmes» en Suisse.
«Il y a des règlements au niveau cantonal qui permettent de maintenir les hommes violents en dehors du foyer conjugal et il y a une loi en préparation au niveau national pour protéger les femmes victimes. Mais d'autres pays tels que l'Espagne ou l'Autriche sont beaucoup plus avancés en la matière», poursuit Stella Jegher.
Le financement des foyers d'accueil
A l'heure actuelle, un grand souci concerne un manque sévère de lit dans les refuges pour les femmes battues. Avec seulement 189 places, la Suisse se trouve loin des 980 recommandées par le Conseil de l'Europe.
«Le financement des foyers d'accueil ne semble pas être une priorité importante mais c'est de l'argent bien investi», ajoute Stella Jegher.
«Il est difficile d'évaluer les coûts des violences domestiques mais différentes études ont montré qu'en Suisse, ceux-ci engendrent des dépenses de près de 400 millions de francs principalement en matière de maintien de l'ordre et d'assistance sociale»
La coordinatrice de la campagne d'Amnesty International «Halte à la violence contre les femmes» en Suisse demande donc plus de travailleurs sociaux qualifiés, des programmes d'éducation dans les écoles et un meilleur travail d'accompagnement des agresseurs.
En 1997, une enquête du Conseil de l'Europe montrait que dans les pays de ses états membres (Suisse y compris), une femme sur cinq souffrait de violences domestiques ou sexuelles dans le cadre de son couple.
Des progrès tout de même
Pour l'heure, il reste très difficile d'avancer des chiffres sur le nombre de femmes connaissant cette situation en Suisse.
Pour Monique Aeschbacher, du Bureau fédéral de l'égalité entre hommes et femmes, le travail pour protéger les femmes avance: «je suis d'accord avec Amnesty pour dire que tant qu'il y a de la violence domestique en Suisse nous devons nous mobiliser. Mais il faut reconnaître aussi les progrès accomplis durant les dernières années.»
«Les bases légales sont bonnes mais nous avons encore besoin de temps pour évaluer leur efficacité dans la pratique», conclut-elle.
Pour mémoire, les actes de violence commis dans le couple et le partenariat sont poursuivis d'office en tant que délits – c'est-à-dire même sans plainte de la victime - depuis le 1er avril 2004.
swissinfo
Faits
Le 25 novembre est la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes.
A cette occasion, une campagne internationale appelant à l'élimination de toutes les formes de violence à l'égard des femmes sera lancée. Elle est prévue jusqu'au 10 décembre, avec le concours de l'ONU.
Selon une étude de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) menée dans dix pays (Suisse non comprise) et publiée jeudi, une femme sur six souffre de violences domestiques dans le monde.