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15/04/2008
La Suisse, grande médiatrice !
Depuis 1989, le nombre de conflits et de réfugiés pour cause de guerre a baissé de 50% dans le monde grâce aux efforts de promotion de la paix et à l’implication des Etats dans le maintien et la construction de la paix.
La médiation est efficace car elle a cinq fois plus de chance d’aboutir à un accord que les autres méthodes (invasion armée comme en Irak ou négociations imposées par une puissance, etc.)
La Suisse est engagée dans une vingtaine de processus de médiation dans 15 pays différents. Actuellement, le pays se concentre principalement sur 7 régions, le Kosovo et les Balkans, la Colombie , le Sri Lanka, le Soudan, la région des Grands Lacs ainsi que le Proche-Orient et le Népal.
C’est une opération assez compliquée car elle fait intervenir différents acteurs et facteurs : gouvernements et pouvoirs locaux, société civile, justice et droits de l’homme, forces de sécurité, environnement socio-économique.
Pays neutre, la Suisse possède des avantages qui lui permettent d'agir efficacement. N’ayant pas la capacité d’imposer de solution ni d'intérêts directs, elle n'est pas menaçante pour les autres délégations.
Un médiateur est mandaté par les parties au conflit et intervient sur le fond alors que le facilitateur ne s'implique pas dans le contenu de la négociation et se contente de favoriser les contact entre les parties.
La Suisse agit essentiellement dans des processus de niveau 1 et 1,5, comme on les appelle dans le jargon: le niveau 1 est un processus de paix formel et implique la direction des deux parties, tandis que le niveau 1,5 se déroule dans un cadre informel, et n’implique généralement que l’une des parties.
La Suisse a joué un rôle central dans certains processus de paix formels comme au Soudan avec la mise en place d'un accord de négociation entre le Nord et le Sud.
En Colombie, la Suisse a essayé de négocier un accord humanitaire entre les FARC et le gouvernement colombien, mais sans résultat pour l'instant. Elle a en revanche réussi à amorcer le dialogue entre l'ELN, l'armée de libération nationale, et le gouvernement.
En Géorgie, la Suisse s’est engagée par le biais de la représentante spéciale aux Nations-Unies Heidi Tagliavini.
Le Népal, qui vient de procéder aux premières élections législatives de son histoire, est un exemple de réussite, le mouvement de guérilla maoïste étant devenu la première force démocratiquement élue du pays.
Autre exemple, le Sri Lanka, avec les discussions entre comme entre le LTTE tamoul et le gouvernement sri-lankais en 2006.
A Chypre, la Suisse se base sur des experts qui vont établir une expertise constitutionnelle.
C’est aussi au niveau plus informel que la Suisse a soutenu l'initiative de Genève et le dialogue entre la Syrie et Israël.
En Indonésie, dans les négociations pour la province d’Aceh, et en Macédoine, après la phase après-accord en Macédoine avec le processus Mavrovo, destiné à réduire les tensions au sein du gouvernement, la Suisse a également joué un rôle non négligeable.
Outre les 500 000 francs qu’elle verse chaque année au département politique de l’ONU, la Suisse consacre une part substantielle – environ 20% - du crédit-cadre de 240 millions de francs pour la période 2008-2011 que le Parlement a voté pour soutenir la politique étrangère.
Un effort conséquent, mais pas encore suffisant pour faire de la Suisse un ténor de la médiation internationale face à la redoutable concurrence des pays nordiques…Chrystel Dayer, Conférence de l'ambassadeur Thomas Greminger, Club suisse de la presse, 8 avril 2008.