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Le voyageur qui parcourt, sous un soleil éclatant, une route de l’Atlas, pourra bien rencontrer sous un arbuste, au bord de la piste, deux jeunes garçons proposant des minerais cueillis dans les montagnes. L’un d’eux s’avance à l’approche du véhicule et fait miroiter au soleil, de loin déjà, une assemblée de gros cristaux enchâssés dans une pierre grise, dont les reflets vieil or rappellent l’éclat de la pyrite de fer. Fasciné, on s’arrête, on marchande gaiement le trésor. Plus tard, une considération plus attentive de l’objet sous une lumière moins violente, révélera aisément la supercherie. Il ne s’agit que d’un vil morceau de géode, dont les rhomboèdres de quartz, invendables comme tels parce que très tachés, ont été teints avec de l’encre violette. Pourquoi, ainsi déposée sur une surface lisse, l’encre violette offre-t-elle ce reflet d’or, alors que la craie, imbibée de cette même encre, apparaît par réflexion banalement violette comme on s’y attend?