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Qui est touché par la maladie d'Alzheimer
?
Les facteurs de risque :
Importance de l'âge : Environ 1 % des Suisses de 60 à 65 ans souffrent d'une démence.
Cette proportion augmente à 13% chez les personnes âgées de 80 à 84 ans, et au-dessus
de 85 ans elle est même de 21 %. A peu près la moitié des malades d'une
démence recevront le diagnostic de maladie d'Alzheimer. Le facteur de risque le plus
important est donc l'âge.
Style de vie : jusqu'à ce jour on ne connaît aucun facteur, comme par exemple les
habitudes alimentaires ou les habitudes de boisson, le genre de vie ou les maladies déjà
survenues, que l'on pourrait rendre responsable de la maladie d'Alzheimer. Par contre on a
trouvé une relation entre les traumatismes crâniens répétés et graves (par exemple
chez les boxeurs) et le développement d'une démence d'Alzheimer.
On lit souvent que les femmes et les gens de condition modeste souffrent plus fréquemment
d'une maladie d'Alzheimer. Ceci n'est pas correct. Ces faux bruits courent par la faute
d'études qui ont été mal interprétées. Ces études ont été réfutées par des
études plus récentes. En réalité, il n'existe aucune différence de risque entre les
sexes et entre pauvres et riches.
Aluminium et amalgame dentaire. On n'a jamais pu prouver une augmentation du risque
d'Alzheimer par l'exposition à de l'aluminium ou à des amalgames dentaires.
Les facteurs génétiques dans la maladie d'Alzheimer. On
sait depuis longtemps qu'il existe des formes familiales de maladie d'Alzheimer, dans
lesquelles l'hérédité joue un rôle déterminant. Ces formes familiales surviennent
généralement précocement (avant 65 ans). Elles sont cependant relativement rares et
surviennent dans moins de 5% des cas. On connaît jusqu'à ce jour trois mutations
génétiques. Elles concernent des gènes qui se trouvent sur les chromosomes 1, 14 ou 21.
On sait également depuis 1993 qu'une prédisposition génétique peut aussi jouer un
rôle dans les formes non familiales de maladie d'Alzheimer qui surviennent généralement
après 65 ans. On a découvert qu'il existe une relation entre le gène APOE situé sur le
chromosome 19, qui code les instructions pour produire l'apolipoprotéine E du sang, et la
survenue d'une maladie d'Alzheimer. C'est une protéine transporteuse du cholestérol dans
le sang. L'APOE est également produite dans le cerveau par les astrocytes, des cellules
du tissu conjonctif, et joue un rôle dans la nutrition des neurones.
Il existe trois formes (allèles) du gène APOE : l'e2, l'e3 et l'e4. Comme chaque être
humain reçoit un gène de son père et un de sa mère, il existe donc six combinaisons
possibles (génotypes), la plus fréquente étant la combinaison e2 + e3. On a pu
démontrer que l'allèle APOE e4 se rencontre 2 à 3 fois plus souvent chez les patients
atteints d'Alzheimer que chez des personnes du même âge en bonne santé. Il existe
également une relation avec l'âge d'apparition de la maladie. La forme non familiale de
maladie d'Alzheimer qui survient le plus précocement se rencontre surtout chez les
patients porteurs de deux allèles APOE e4. On ne connaît pas les mécanismes biologiques
de cette relation entre gènes et maladie. Un grand nombre de patients Alzheimer ne sont
nullement porteurs d'un allèle e4, et la présence de cet allèle e4 ne signifie pas que
le porteur sera forcément atteint d'Alzheimer. D'autres facteurs inconnus jouent un rôle
important.
Certains lecteurs vont se demander s'ils devaient faire analyser leurs gènes pour savoir
s'ils sont porteurs de la variante e4. Les experts sont unanimes à déconseiller un tel
dépistage à des personnes en bonne santé, le pouvoir prédictif étant trop incertain.
Il en va tout autrement chez des patients atteints de maladie d'Alzheimer : chez eux une
analyse du génotype de L'APOE peut confirmer le diagnostic.