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Genève - Deux crises, trois entraîneurs, une Ligue des champions et une Coupe d'Angleterre: Chelsea a connu en 2012 l'année la plus folle de son histoire, dont le sommet restera la finale européenne de Munich.
Le 19 mai, en allant battre le Bayern dans son stade de Munich aux tirs au but, les "Blues" ont enfin décroché la Ligue des champions après laquelle ils couraient depuis leur rachat, en 2003, par le richissime homme d'affaires russe Roman Abramovitch.
Et pourtant, l'exercice 2011-2012 ne semblait pas propice à l'accomplissement de cette ambition. A peine trois mois avant, en pleine crise, l'oligarque avait limogé son sixième entraîneur, le Portugais Andre Villas-Boas. Coupable d'avoir tenté au pas de charge un rajeunissement de l'effectif, aux dépens de vétérans comme Frank Lampard ou Didier Drogba, le futur héros de Munich, le présumé "Special Two" prenait la porte, comme avant lui son maître José Mourinho, ou plus récemment Carlo Ancelotti.
Son ex-adjoint et successeur, Roberto Di Matteo, a trouvé une situation compromise en Championnat, et qui n'allait d'ailleurs jamais être vraiment redressée, mais une équipe toujours qualifiée en Ligue des champions et en Coupe d'Angleterre. Cela laissait la porte ouverte aux songes les plus déraisonnables.
L'Italien les a réalisés au-delà de toute espérance. Au prix d'une stratégie ultra-défensive, qui a fait grincer les dents des esthètes, et souvent avec une chance insolente, Chelsea a successivement fait tomber le tenant du titre, le FC Barcelone, et l'hôte de la finale, le Bayern Munich. Entre ces deux temps forts, les Londoniens ont remporté la Coupe d'Angleterre en battant Liverpool (2-1).
Di Matteo, confirmé dans ses fonctions par Abramovitch après un mois d'atermoiements, a tenté de donner à son équipe un style plus chatoyant, en s'appuyant sur le trio de milieux de terrain Juan Mata, Oscar et Eden Hazard, les deux derniers ayant été recrutés pendant l'été.
Mauvaise inspiration, car après des débuts prometteurs et une série initiale de victoires en Championnat, tout s'est rapidement déréglé, jusqu'à la défaite 3-0 à Turin contre la Juventus, le 20 novembre, qui condamnait de facto les "Blues" à une piteuse élimination dès le premier tour de la Ligue des champions, une triste première pour un tenant du titre. Abramovitch, qui semblait n'attendre que cela, a saisi l'occasion pour montrer à Di Matteo la direction de la sortie dès le lendemain, au grand dam des supporters de Stamford Bridge.
Rafael Benitez a été nommé entraîneur par interim le 21 novembre, et a reçu un accueil glacial. Selon la presse anglaise, l'Espagnol, ancien manager de Liverpool, ne serait là que pour préparer l'arrivée d'un autre, les noms de Pep Guardiola et de José Mourinho étant les plus cités. Au vu du passé récent, aucune victoire ne le prémunira à coup sûr contre un tel destin.
Genève - Deux crises, trois entraîneurs, une Ligue des champions et une Coupe d'Angleterre: Chelsea a connu en 2012 l'année la plus folle de son histoire, dont le sommet restera la finale européenne de Munich.