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Les Érythréens en Suisse seraient soumis à un impôt érythréen de 2% sur le revenu, d'après un récent article de la Tribune. Si c'est bien le cas, l'Érythrée ne ferait que suivre l'exemple des États-Unis qui imposent les revenus de leurs citoyens à l'étranger. D'ailleurs Mme Hildebrand, de nationalité étasunienne, s'est couverte d'opprobre en tentant de s'y soustraire.
De toute façon, l'Érythrée a fourni les conditions dans lesquelles ses travailleurs émigrés ont pu grandir et se former. Elles sont certes frustes, le pays étant très pauvre, mais il est quand même en droit de tenter de se faire rembourser une partie des frais qu'il a encourus et dont d'autres pays profitent. Et la Suisse pour sa part ne se prive pas d'attirer une main d'œuvre étrangère dont elle n'a pas eu à supporter les frais de production.
La Suisse fait de gros efforts pour aider les États-Unis, pays grand et puissant, à récupérer ses impôts. Elle pourrait faire au moins un petit effort pour aider l'Érythrée, petit pays démuni, à en faire de même et mieux encore sous des conditions plus équitables que celles, plutôt bricolées, qui semblent régner actuellement.
L'article retient à charge de l'Érythrée que l'impôt contribuerait à payer les dépenses militaires du pays. Soit, mais là aussi elle ne ferait que suivre l'exemple des États-Unis, dont les dépenses militaires dépassent le total de celles de tous les autres pays du monde.
Or la Suisse refuse de reconnaître l'objection de conscience au service militaire comme justifiant l'asile politique. Dans ces conditions, elle ne peut a fortiori pas s'ériger contre l'obligation de contribuer aux dépenses militaires de son pays d'origine. Il serait évidemment préférable que la Suisse se rangeât derrière l'opinion mondiale courante en acceptant de reconnaître le droit à l'objection de conscience comme droit humain universel.