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Le sitar est un luth très particulier constitué d'une caisse de résonance en calebasse et d'un long manche creux en bois évidé, muni d'une vingtaine de frettes en métal courbées et amovibles. Sur la table d'harmonie, deux chevalets plats tirent parti de la vibration des cordes pour faire naître une sorte de grésillement harmonique et créer un son lumineux tout à fait caractéristique.
Les cordes se répartissent en trois groupes. Celles qui servent la mélodie sont jouées à l'aide d'un onglet fixé sur l'index de la main droite, tandis que les doigts de la main gauche les tirent sur l'une ou l'autre des frettes, reproduisant ainsi les intonations de la voix humaine.
Deux à trois autres cordes, les chikari, servent de bourdon rythmique et sont régulièrement frottées par le petit doigt de l'instrumentiste. Enfin celles qu'on dit "sympathiques", au nombre de douze à vingt, ne sont pas jouées avec les doigts, mais vibrent et amplifient les notes pincées.
La première mention d'un "sitar" dans la littérature indienne remonte à la première moitié du 18e siècle, associée à celle d'un musicien de la cour de Delhi, Khusrau Khan. La légende semble ensuite avoir confondu cet artiste avec un prestigieux homonyme, le grand poète et musicien mystique Amir Khusrau, qui vécut également à Delhi, mais cinq siècles plus tôt. Le sitar, lui, y a en tout cas gagné en prestige.