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Ce portrait d’Aloys et Hilda Diodati, née Eynard, petite-fille de Jean-Gabriel Eynard, a vraisemblablement été pris en 1853, après leur mariage ; il s’agirait donc d’une œuvre de représentation destinée à être montrée et offerte. L’âge d’Hilda, environ dix-huit ans puisqu’elle était née en 1835, l’uniforme porté par Aloys, ainsi que les alliances bien visibles des époux confirment cette hypothèse.
Le couple est saisi dans un cadrage serré à mi-corps, dans une attitude austère et figée, sévérité peu fréquente chez Eynard qui recherche le plus souvent à créer une impression de légèreté et de spontanéité dans ses photographies. L’homme est assis tandis que sa femme se tient debout à ses côtés, comme sur le daguerréotype DE 035. Hilda porte un long sautoir, retenu en haut par un coulant et au bas duquel pend une très belle châtelaine sur la basque de son corsage, comme le veut l’usage. Ce bijou bien mis en évidence est un attribut de son nouveau statut d’épouse. La manchette retroussée de sa chemise dévoile une chaînette entourée deux fois autour de son poignet. La boucle formée par le sautoir pour se fixer à la taille répond à la fois à la garde de l’épée d’Aloys et à la chaîne de l’insigne militaire qui remonte sur son épaule.
On ne retrouve pas sur ce portrait la complexité et l’originalité avec lesquelles Eynard a l’habitude de mettre en scène ses personnages. Un autre portrait d’Aloys Diodati (DE 074), vraisemblablement pris le même jour, le représente avec le même uniforme. Quelques détails du costume ont été rehaussés de couleur dorée. S’il ne s’agissait pas d’une personne appartenant au noyau intime de la famille Eynard, on pourrait s’interroger sur ce qui rattache ces deux daguerréotypes à l’œuvre de Jean-Gabriel ; ils auraient pu être réalisés dans un atelier non identifié.
Sur le plan technique, le photographe a apporté un soin tout particulier à ce daguerréotype qui présente une qualité exceptionnelle dans le traitement chimique et ne comporte pratiquement aucun défaut, rayure ni tache. L’image est inversée, comme l’indiquent les alliances portées à la main droite des époux. (U. Baume-Cousam)