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Sur quels principes se fondent les arguments relatifs à l'idée d'un « tourisme social » en Suisse ? Ce tourisme est-il un mythe ?
Le principe d'appartenance à un emplacement géographique afin d'y recevoir de l'aide financière ou en nature date des débuts du principe de solidarité, l'aide étant dispensée par les communes puis par les cantons. La fabrique de la catégorie de l'étranger, son droit de s'établir en un lieu et d'y recevoir une assistance y est directement lié, le principe de solidarité prévalant entre semblables.
L'organisation de coopération et de développement économique (OCDE) dans un rapport sur la Suisse affirme l'existence d'un « tourisme social », stipulant que les habitants des petites communes émigrent vers les villes afin de bénéficier d'une aide sociale plus généreuse. Ceci serait particulièrement vrai en Suisse, théâtre de disparités importantes entre les régions en ce qui concerne les politiques sociales.
Cet article repose sur une recherche dirigée par Jean-Pierre Tabin, basée sur une comparaison entre treize dispositifs cantonaux de sept cantons latins et sur vingt et une communes. L'analyse de ces données est très complexe, ces dernières étant difficiles d'accès, les critères d'attribution se fondant souvent sur des bases différentes et les lois étant régulièrement l'objet de changement. Malgré ces difficultés, cette étude permet de démontrer que le « tourisme social » est bien un mythe fondant l'argument « réactionnaire » de remise en question de l'Etat social.
Résumé : Sarah Kiani.