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La Tribune du 29 juillet publie en pleine page 3 une réflexion de Laure Gabus sur les noms trop "exotiques" pour être (bien) élu. L'analyse de la journaliste met en évidence que des noms "étrangers" sont les plus biffés et les moins reportés sur une autre liste. Dont acte.
Je veux bien et cela ne m'étonne pas mais, car il y a un gros mais, L. Gabus s'appuie essentiellement sur une "étude publiée sur le blog Polithink" portant sur les élections cantonales zurichoises en 2011. Et là, ça ne passe pas, car l'un des chercheurs interviewé ose cette conclusion: "sur toutes les listes on observe l'expression de préjugés raciaux (sic !) envers les candidats au nom à consonance étrangère". Je ne peux accepter ce raccourci car je ne pense pas que refuser d’élire un-e candidat-e parce que son patronyme ne nous convient pas, parce qu’il est compris comme le signe d’une appartenance à un pays trop éloigné ou différent du nôtre, relève de « préjugés raciaux ». Il peut s’agir de préjugés culturels, au pire de xénophobie. Il y a là un jugement hâtif et porté sans raison. De plus, le concept de race est très problématique, sinon inutilisable, sur le plan scientifique en tout premier lieu (cette étude est menée par un assistant de l'UNIGE), et l’emploi de termes aussi chargés que race ou racial très risqué.
Autre gêne. Dans les extraits de l’interview consacrée au cofondateur de ce blog, à la question de la journaliste « porter un nom 'étranger' serait un handicap pour se faire élire ? », le chercheur a cette réponse sidérante : « En effet. Nous avons observé les résultats d’un candidat lambda au nom ‘suisse’ et un autre au nom ‘étranger’ (…) ». Mais de qui se moque-t-on? Du Suisse ou de l’Etranger ? Et le chercheur de donner aucun exemple de nom ‘suisse’ ni de nom ‘étranger’ ou ‘exotique’, ni de préciser quels furent les critères pour définir l’un et l’autre.
Qu’est-ce qu’un « nom suisse » ? Déjà poser la question fait froid dans le dos et prétendre faire une étude de manière si légère, tel que reportée, est bien peu responsable.