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La Cour suprême des Etats-Unis a infligé un sérieux camouflet à Buenos Aires, en refusant de se saisir d'un ultime recours de l'Argentine sur sa dette. Cette décision confirme de fait sa condamnation à rembourser plus d'un milliard de dollars à des fonds spéculatifs.
La décision a suscité de nouvelles incertitudes sur l'Argentine, après la faillite de 2001, mais la présidente Cristina Kirchner a assuré lundi soir que le pays n'allait "pas se déclarer en défaut de paiement".
"Nous avons démontré notre volonté de négocier. Nous sommes parvenus à un accord avec (la compagnie pétrolière espagnole) Repsol. Nous avons aussi scellé un compromis avec le Club de Paris. Il y a ce qui relève de la négociation et ce qui relève du rançonnement", a dit la présidente argentine lors d'une allocution télévisée. "Notre obligation est de payer nos créanciers, mais en même temps de ne pas nous laisser rançonner", a-t-elle ajouté.
La plus haute juridiction américaine n'a pas fait le moindre commentaire sur son jugement. Sa décision peut être lourde de conséquences pour l'Argentine ainsi que pour d'autres pays en difficulté financière, dont les restructurations de dettes pourraient être plus contraignantes.
En refusant de se saisir de l'appel de Buenos Aires, la haute Cour confirme la décision d'une cour d'appel de New York. En août 2013, elle avait condamné l'Argentine à rembourser ses créances aux fonds spéculatifs NML Capital et Aurelius Management.
Ces fonds dits "vautours" font partie des 7% des créanciers privés qui avaient refusé un effacement d'environ 70% de la dette argentine signé en 2005 et en 2010, après le retentissant défaut de paiement de l'Argentine. NML Capital et Aurelius Management exigent depuis des années le remboursement de la totalité des créances, majorées des intérêts, soit plus d'un milliard de dollars.
"La décision ne m'a pas surprise", a ajouté Mme Kirchner. "Je ne suis pas énervée, je suis inquiète." La présidente a notamment souligné qu'en 2008, sept ans après la crise économique de 2001, le fonds NML Capital avait racheté pour 48 millions de dollars de dette argentine et qu'en 2014 il réclamait 832 millions, soit 1600% de plus que son investissement initial.
Dans son argumentaire, Buenos Aires avait prévenu la haute Cour américaine qu'un rejet de son appel lui ferait courir "un risque sérieux et imminent de défaut de paiement", avec des conséquences non seulement pour le pays mais aussi pour les marchés financiers.