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En 1902, la Société des peintres et sculpteurs suisses refuse formellement d’admettre les femmes. Prétendant à une identité autre que celle de membre passive, une douzaine d’artistes se rassemblent le 17 mai 1901 à Lausanne autour de Berthe Sandoz-Lassieur et de Nora Gross, donnant ainsi naissance à la Société romande des femmes peintres et sculpteurs. Une première exposition se tient en 1903 dans la salle de La Grenette, saluée par la presse. Rapidement rejointe par des groupements genevois, neuchâtelois, bernois, bâlois et zurichois, l’association est rebaptisée Société suisse des femmes peintres et sculpteurs (SSFPS) en 1909, puis Société suisse des femmes peintres, sculpteurs et décorateurs (SSFPSD) neuf ans plus tard. L’accession se fait par inscription auprès d’une section cantonale et soumission d’une sélection de travaux. Est alors conféré le statut de membre candidate, sans droit de vote. Après la participation à une exposition générale ou à un jury, le titre de membre active est obtenu. À partir de 1911, date de la première exposition de la SSFPS en Suisse alémanique au Kunsthaus de Zurich, les musées suisses accueillent régulièrement les manifestations de l’association.
L’introduction du suffrage féminin en février 1971 mène la Société des peintres, sculpteurs et architectes suisses à revoir sa position. Deux alternatives se présentent alors aux sections de la SSFPSD : entrée dans l’association masculine et démission de son pendant féminin ou liberté laissée d’être membre de l’une ou l’autre, voire des deux. C’est la seconde possibilité qui est retenue. Certaines des sections de la société, devenue Société suisse des femmes artistes (SSFA), ne résistent toutefois pas au départ d’une partie des membres. En découle la dissolution des sections genevoise et vaudoise, qui lèguent alors leurs archives à l’Antenne romande de SIK-ISEA. En 2005, la section neuchâteloise, ayant fusionné en 1977 avec la bernoise, fait également don de ses documents. Les archives de l’association nationale ainsi que celles des sections de Berne, Bâle et Zurich sont quant à elles conservées par la Fondation Gosteli – Archives sur l’histoire du mouvement des femmes en Suisse.
Les archives de la section vaudoise retracent notamment les débuts de l’association. Parmi les listes de membres, on relève Violette Amélie Diserens, qui préside la section de 1923 à 1934 avant d’être à la tête de la société mère de 1943 à 1946, et Maïté Bournoud-Schorp, présidente de la section de 1976 à 1981 ; l’Antenne romande conserve les archives de Bournoud-Schorp sous la cote SIK-ISEA, AR 120. Les sections genevoise et neuchâteloise sont créées en 1903, soit peu après l’impulsion lausannoise. Leurs procès-verbaux, statuts, publications, coupures de presse et documents de correspondance fournissent de précieux renseignements quant aux revendications des artistes femmes, du début du XXe siècle jusqu’à nos jours, et permettent de pallier certains angles morts de l’histoire de l’art suisse.
Cote
SIK-ISEA, Archives suisses de l’art, AR 112, 113, 114
Conception et réalisation
Sarah Burkhalter, Dr ès lettres, Responsable de l’Antenne romande, direction du projet
Michael Schmid, lic. ès lettres, Responsable des Archives suisses de l’art, direction du projet
Melissa Rérat, Dr ès sc. hum. et soc., Collaboratrice scientifique, rédaction et choix des documents
Contact
SIK-ISEA, Antenne romande
T +41 21 692 30 96
<email-pii>
Publié le 03.03.2022