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Cette étude, menée par les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) et l’Université de Genève (UNIGE) auprès de 1034 enfants genevois et publiée dans la prestigieuse revue Nature Communications, est une des premières à identifier clairement la prévalence et les facteurs de risque de ce syndrome chez l’enfant.
Son principal résultat montre qu'au moins 14 % des adolescents et adolescentes qui ont des antécédents d’infection par le SARS-CoV-2 sont susceptibles de développer un syndrome post-Covid, ou "Covid long". Cela en ferait la catégorie de jeunes la plus susceptible de développer une telle affection, caractérisée par des symptômes du Covid-19 persistants au-delà de 12 semaines après l’infection et ne pouvant être expliqués par d’autres causes.
Combler le manque de connaissances
On estimait jusqu'ici qu'entre 3% et 10% des enfants et adolescents étaient victimes de Covid long. Mais ce phénomène reste peu étudié jusqu'à présent dans cette classe d'âge.
"Nous avons cherché à combler le manque de données en évaluant la prévalence des symptômes sur un échantillon représentatif de la population générale du canton de Genève. Nous avons également voulu identifier les facteurs de risque", précise Roxane Dumont, doctorante à l'Unité d'épidémiologie populationnelle des HUG et première auteure de l'étude.
Étude sur tous les enfants
L'échantillon comprenait 1034 enfants de six mois à 17 ans, infectés et non infectés. Sur l'ensemble, 4% présentaient des symptômes persistants pouvant être expliqués par une infection au Covid-19. Leur statut a ensuite été déterminé par des analyses sérologiques.
Pour les enfants âgés de 6 mois à 11 ans, aucun lien entre les symptômes persistants et les antécédents d’infection n’a été identifié. En revanche, chez les jeunes de 12 à 17 ans, les symptômes persistants étaient 8% plus fréquents parmi celles et ceux qui présentaient des signes d'infection antérieure.
"L'importance de ces résultats pour la santé publique mondiale est reconnue par une publication dans la prestigieuse revue Nature Communications", écrivent mardi les HUG et l'UNIGE dans un communiqué.
La pauvreté, facteur de risque
L'étude révèle aussi que le risque de développer un syndrome post-Covid est plus élevé chez les jeunes issus d’un milieu socioéconomique modeste ou souffrant de maladies chroniques, en particulier l’asthme.
Ceci est conforme à la littérature qui souligne de plus en plus les inégalités sociales en matière d’incidence, de dépistage et de sévérité de l’infection au Covid-19, et plus généralement en termes de santé. Ces inégalités s’expliqueraient par une plus grande exposition au virus, une plus grande sensibilité à l’infection, davantage de comorbidités ou encore un taux de vaccination plus bas.
Cette recherche portant sur la population genevoise est une des premières à identifier clairement la prévalence et les facteurs de risque de ce syndrome chez l’enfant. Elle suggère enfin que les efforts de prévention et de dépistage doivent être accentués chez les plus jeunes, en particulier les 12 à 17 ans, souligne encore l'équipe de recherche.
jop