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Après l'Allemagne et les Pays-Bas, les protestations des agriculteurs et agricultrices ont maintenant atteint la Grèce, la France, la Roumanie et tout récemment l'Espagne. En Suisse, les manifestations sont restées limitées, se concentrant essentiellement en Suisse romande et dans le nord-ouest du pays.
A Genève, quelques centaines d'agriculteurs et une trentaine de tracteurs ont convergé sur la plaine de Plainpalais, tandis que plus de 60 paysans ont défilé depuis la région de Bâle jusqu'en Argovie en passant par Soleure. Au Tessin, des signes isolés de protestation - panneaux de signalisations retournés, bottes en caoutchouc attachées - ont également été constatés.
Les préoccupations des agriculteurs suisses - relayées dans une pétition signée par près de 30'000 personnes - sont similaires à celles d’autres pays. Beaucoup se soucient d’une rémunération plus juste, de prix équitables et de la hausse des coûts de production, mais aussi d'une meilleure reconnaissance du travail ou de la lourdeur bureaucratique.
Système politique différent
Et pourtant, la contestation est différente, notamment par son ampleur et sa véhémence. Non seulement la Suisse n'a jusqu'à présent pas connu de débordements violents, au contraire de l'Allemagne et de la France, mais le nombre d'agriculteurs qui participent au mouvement est aussi moins important.
Une des explications réside dans le système politique helvétique. Selon Peter Walthard de la Bauernzeitung, les agriculteurs suisses sont davantage entendus à Berne qu'à Paris ou Berlin. "Ici, il y a la concordance, la démocratie directe, le fédéralisme, les circuits courts et une tradition d'implication des partenaires sociaux et de recherche du dialogue."
En Allemagne, par exemple, on a le sentiment que les préoccupations du monde agricole ne sont pas entendues ni prises en compte par la politique, explique à SRF le rédacteur en chef de l'hebdomadaire agricole de Suisse.
Différences sur le marché
L'environnement du marché est également différent. "Les petites exploitations familiales peuvent avoir une meilleure chance de survie (en Suisse), si l'on pense à l'agriculture de montagne. En revanche, dans l'Union européenne, la pression est extrêmement forte pour avoir des exploitations plus grandes, qui peuvent aussi produire à des prix plus bas."
Néanmoins, des actions de protestation plus sévères pourraient également avoir lieu en Suisse. "Je ne peux pas exclure la possibilité que l'Union des paysans bernois appelle à une manifestation pacifique avec des barrages routiers", a ainsi déclaré le président de l'Association des paysans bernois, Jürg Iseli.
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SRF/Susanne Stöckl/dk