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Le modèle de parrainage d'enfants de Compassion est efficace - vraiment efficace. Mais qu'en est-il de l'éthique?
“S’il vous plaît, ne parrainez pas d’enfants”
Imaginez le scénario : vous souhaitez faire un don à une association caritative et faire une différence pour les enfants et les familles vivants dans la pauvreté. Vous cherchez sur internet la meilleure œuvre caritative, avant d’envisager le versement d’un don. Vous songez à parrainer un enfant et commencez à faire des recherches pour savoir quelles sont les meilleures organisations qui proposent le parrainage d'enfants.
Et puis, boum! Vous lisez ceci:
"S'il-vous-plaît, ne parrainez pas d’enfants ! Le parrainage est contraire à l'éthique et mène à la division."
Cette déclaration est marquante et vous stoppe dans votre action. Le parrainage est-il vraiment contraire à l’éthique? Si tel est le cas, pourquoi Compassion croit sincèrement aux bienfaits d'un programme de parrainage pour sortir les enfants de la pauvreté?
Parrainer un enfant, est-ce que ça fonctionne vraiment ?
Entre 2008 et 2011, une étude conduite par un groupe d'universitaires, a été menée sur le fonctionnement des programmes de parrainage d'enfants. Compassion a été la seule association caritative à accepter que son modèle soit remis en question et mis sous la loupe. Le Dr. Wydick et son équipe ont interviewé 1860 enfants diplômés du programme de Compassion au Kenya, en Inde, en Bolivie, au Guatemala, aux Philippines et en Ouganda. Les résultats de leurs recherches parlent d'eux-mêmes :
"On peut le tourner et l’analyser dans tous le sens, les chiffres démontrent un impact significatif sur les résultats scolaires des enfants ayant été parrainés", explique le Dr. Wydick.
En effet, son étude a montré que les enfants parrainés ont de 27 à 40% plus de chances de terminer leurs études secondaires et 35% plus de chances d'obtenir un emploi fixe à la fin de leurs études.
Le modèle de parrainage d'enfants de Compassion fonctionne vraiment et est efficace. Mais qu'en est-il de l'éthique?
Voici trois critiques sur le parrainage que l’on entend parfois :
Première critique : Le parrainage est-il sélectif et mène-t-il à la division ?
Le principe du programme de parrainage de Compassion est qu'un seul parrain fasse la différence pour un enfant en particulier. Nous sommes vraiment fiers de cela, car l'enfant que vous soutenez reçoit, grâce à vos dons mensuels, un soutien médical, éducatif, spirituel et social. Derrière chaque photo vit un vrai enfant. Ce dernier n’est pas un outil marketing de récolte de fonds. C’est un enfant qui, grâce au parrainage, se développe sainement.
Oui, c’est vrai, notre programme de parrainage est axé sur le développement d’enfants individuels. L’expérience nous montre que son entourage en profite pleinement. Donnez un filtre à eau à un enfant parrainé et toute sa famille, ses voisins, ont accès à l’eau potable.
Chaque organisation caritative a des ressources limitées et doit donc choisir son champ d’action.
L'Eglise locale trouve les enfants les plus vulnérables
Nos programmes de parrainage sont exclusivement proposés en partenariat avec les Eglises locales de 25 pays du Sud.
Les collaborateurs locaux du centre d’accueil, qui connaissent bien leur communauté locale, identifient les enfants les plus vulnérables pour leur proposer un parrainage. Ils savent qui a le plus besoin d'aide.
Par exemple, d'un point de vue externe, nous pourrions observer un village rural en Indonésie ou un bidonville au Kenya et penser: « Ils vivent tous dans la pauvreté; comment pourrions-nous ne pas aider chaque enfant? » Mais nos partenaires locaux sauraient qu'une famille peut se permettre une moto, mais qu'une autre famille en comparaison, ne peut envoyer aucun de ses cinq enfants à l'école.
Est-ce que la sélection du parrainage est une préoccupation uniquement occidentale ?
La question de savoir si le parrainage d'un enfant et non d'un autre est source de discorde dans une communauté est finalement posée au sein de notre propre culture qui valorise l'individualisme, les droits individuels et «l'équité».
Pourtant, la plupart des villages dans lesquelles Compassion travaille, ont une vision plus communautaire. Lorsqu’un enfant reçoit la bonne nouvelle qu’il a été parrainé, la famille et tout le quartier se réjouissent avec lui. Lorsque quelqu’un reçoit de nouvelles ressources ou a appris quelque chose de nouveau, elles sont partagées au sein de la communauté.
Nous avons expliqué à une maman d'un enfant parrainé au Rwanda que les Européens s’inquiètent de susciter la jalousie. Elle a ri: "Vous les occidentaux! Vous ne comprenez pas la signification d’une communauté. Ma communauté s'est réjouie avec moi quand ma fille a été inscrite au centre d’accueil et quand elle a trouvé un parrain. Ils se sont réjouis pour nous parce qu'avant, ils devaient prendre soin de nous. Quand vous m’aidez, vous aidez aussi les gens autour de moi. Voilà comment cela fonctionne."
Deuxième critique : L'utilisation d'un enfant pour récolter des fonds, est-ce abusif ?
C'est une bonne question. Lorsque nous partageons des photos d'enfants en attente de parrainage, en profitons-nous ? Chez Compassion, nous portons une grande valeur à la protection de la dignité de l'enfant, et la façon dont nous utilisons les photos en est un exemple clé.
Lorsqu'un enfant est enregistré dans un centre d’accueil, ses parents ou tuteurs consentent à ce que leur photo soit utilisée. De plus, nous ne voulons pas seulement la permission des parents, nous voulons que les parents soient fiers de voir la photo de leur enfant. C'est pourquoi nous veillons strictement à ce que nos photos conservent la dignité de l'enfant. Nous évitons d'utiliser des images qui montrent l’extrême pauvreté (ce qu'on appelle souvent «la pornographie de la pauvreté»).
Troisième critique : Le parrainage favorise-t-il le paternalisme et la dépendance ?
Par paternalisme, on sous-entend une attitude venant d'en haut: ceux qui ont les ressources savent mieux et décident ce qui est bon et approprié pour ceux qui en ont moins, et leur transmettent leurs idées et leurs solutions. Cela peut créer un sentiment d'impuissance chez les bénéficiaires. Tragiquement, cela peut conduire à une dépendance au soutien plutôt qu'à l'indépendance.
Notre modèle de partenariat
Nous évitons ce paternalisme en travaillant exclusivement avec des Eglises locales. Nous recherchons des Eglises partenaires qui ont déjà une vision pour les enfants démunis - des communautés qui connaissent les besoins de leur communauté et s'occupent déjà des enfants dans le besoin. Souvent, nous sommes contactés par des Eglises qui ont entendu parler de notre programme de parrainage et pensent que nous pourrions les aider dans leur ministère.
Les centres d’accueil ont la liberté de personnaliser le programme
Compassion bâtit son partenariat sur une relation respectueuse. Le programme de parrainage soutient les besoins effectifs des enfants des quelque 7000 Eglises partenaires. Chaque bureau national veille à contextualiser le programme de parrainage de manière à ce qu'il apporte le plus grand bénéfice aux enfants dans leurs communautés.
Le cadre du programme de parrainage garantit la cohérence et la sécurité de la part des parrains, qui veulent savoir comment leur argent est utilisé. Mais les centres d’accueil qui travaillent avec Compassion ont aussi la liberté de personnaliser le programme pour leur communauté du mieux qu'elles le peuvent.
Par exemple, une Eglise peut se concentrer davantage sur le fait d'éloigner les adolescents des gangs criminels tandis qu'une autre Eglise se concentre plutôt de la prophylaxie du paludisme pour les jeunes enfants.
Donner aux enfants les moyens de renforcer les communautés
Partout où Compassion est engagé, l’objectif est de permettre aux enfants, aux familles et aux communautés de devenir autonomes.
Compassion a été fondée en 1952 pour venir en aide aux enfants de Corée du Sud. Depuis 2003, La Corée du Sud ne reçoit plus d’aide de Compassion. Mieux, Compassion Corée a été lancé. L'ONG soutient près de 120‘000 enfants démunis dans d’autres pays. Compassion s'est également retirée du nord du Brésil parce que leur situation s’est bien améliorée.
Les enfants parrainés deviennent indépendants et autonomes, parce que nous leur fournissons non seulement une éducation, mais nous les aidons aussi à développer un plan et des objectifs pour l'avenir. Ils font une formation professionnelle et apprennent comment obtenir et conserver un emploi. Nous les aidons à comprendre qu'il y a de l'espoir - que Dieu les a créés et a un bon plan pour leur vie.
Comme le dit le Dr. Wydick dans son étude: «Il semble que le parrainage à une répercussion positives chez les enfants. Il développe des ambitions, un bon caractère et une orientation spirituelle. Bref, il forme les gens à donner et à ne pas recevoir. »
Nous équipons les enfants pour l’avenir; leur donnons les compétences et les ressources nécessaires pour sortir de la pauvreté et devenir des artisans du changement dans leurs familles, leurs communautés et même dans leurs pays.