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21/01/2011
A lire certains commentaires à mon précédent billet sur ce sujet, on a l'impression que plusieurs bloggueurs sont de grands adolescents qui rêvent d'une Suisse peuplée de citoyens-gendarmes postés derrières leurs fenêtres, arme militaire chargée, prêts à canarder les méchants voleurs...
Je n'arriverai probablement pas à les convaincre de voter oui... Il n'y a pas de pire sourd que celui qui ne veut pas entendre!
Mais je tiens, à l'attention de tous les indécis, à répéter quelques faits, dont j'ai pris connaissance dans le bulletin des médecins suisses (2011;92 pp 11 et 12):
- Aucun autre pays européen ne compte autant de suicides par armes à feu par 100'000 habitants que la Suisse (3 a 10 fois plus que les autres!).
- Aucun autre pays européen ne compte autant d'armes à feu par 100'000 habitants que la Suisse:
200'000 armes de service, 1'450'000 anciennes armes de service, 650'000 autres armes.
- Entre 2003 et 2004, avec la réforme Armée XXI, le nombre d'armes militaires a été en gros divisé par deux, passant de env. 400'000 à env. 200'000, car la durée d'astreinte au service et le nombre de soldats ont baissé.
- Parallèlement le nombre de suicides avec des armes à feu a aussi été divisé presque par deux pour les hommes âgés de moins de 40 ans!
- Donc, cette réforme de l'armée, qui a diminué le nombre d'armes militaires gardées à la maison, souvent avec des munitions malgré le règlement, "ça été la mesure de prévention du suicide la plus efficace que la Suisse ait mise en place ces 20 dernières années".
- Le nombre de suicides n'a presque pas évolué chez les hommes de plus de 60 ans qui n'ont pas été touchés par cette réforme.
- Si le nombre total de suicides en Suisse n'a pas baissé, c'est parce qu'il y a eu, parallèlement, une hausse de "suicides assistés" principalement chez des femmes très âgées et malades.
Voilà, ces faits, mis en évidence par des médecins et des chercheurs sérieux, m'ont convaincu qu'il faut s'engager en faveur de l'initiative « Protection face à la violence des armes ».
Personne ne prétend qu'elle va empêcher tous les suicides, mais son acceptation permettrait certainement d'éviter chaque année des centaines de drames humains.
Aucun des arguments avancés dans les commentaires à mon précédent billet n'a montré le contraire.
J'invite donc toujours mes concitoyennes et concitoyens à voter OUI à l'initiative "Protection face à la violence des armes"!
15/01/2011
La Suisse connaît, avec les États-Unis, le taux de possession d'armes à feu le plus élevé au monde. La Suisse est également confrontée à un taux de suicides par armes à feu record et à un excès de violences domestiques avec utilisation de ces armes.
Les mesures proposées par l'initiative visent très directement à diminuer les risques liés à l'accessibilité aux armes à feu. Elles sont simples et faciles à mettre en oeuvre :
- introduction d'un registre national des armes à feu,
- garde de l'arme militaire dans les arsenaux et
- interdiction des armes particulièrement dangereuses.
L'ensemble de ces mesures sont efficaces et ont déjà fait leurs preuves dans nombre de pays étrangers.
La baisse du nombre de suicides par armes à feu, constatée depuis 2004 en Suisse, utilisée par les adversaires de l'initiative, pour prôner le NON, est en fait la meilleure preuve qu'un OUI s'impose :
Avec la réforme "Armée 21" le nombre d'armes d'ordonnance en circulation a baissé d'environ 400'000 à environ 200'000. Parallèlement le nombre de suicides par armes à diminué de 48,6% dans la catégorie d'âge des hommes libérés de leurs obligations militaires dès 2004 !
Et si le nombre global de suicides varie peu, c'est que cette baisse est partiellement compensée par une hausse des suicides assistés, mais ceux-ci concernent principalement les femmes, et ne dépendent pas des armes à domicile.
Qui croit encore que les armes à domicile sont indispensables pour sauvegarder l'indépendance de la Suisse ?
L'acceptation de cette initiative permettra de sauver de nombreuses vies en diminuant
- le nombre des suicides,
- les violences domestiques avec des armes à feu
- les crimes et des délits, dont l'élucidation sera facilitée.
Votons donc sans hésiter OUI à l'initiative « Pour la protection face à la violence des armes »
07/12/2010
Il y a deux semaines « Sortir du nucléaire » attirait l'attention, en Suisse, sur l'étude Kusmierz-Voigt-Scherb.
Des conséquences graves liées à la proximité des centrales nucléaires sont mises en évidence: dans un rayon de 35 kilomètres autour des 31 centrales nucléaires suisses et allemandes, le nombre de naissances de fillettes présente, dans les derniers 40 ans, un déficit de 20'000 par rapport aux données attendues !
Les chercheurs constatent le phénomène et s'en inquiètent : les émissions des centrales nucléaires agissent sur la natalité.
Ils sont partis des faits suivants:
- Suite aux essais nucléaires il y a déjà eu une baisse des naissances de filles dans le monde entier.
- Après l'accident de Tchernobyl on a observé le même phénomène dans les régions d'Europe et d'Asie où il y a eu des retombées radioactives. On évalue le déficit de naissances féminines à 850'000 !
- L'étude officielle allemande KIKK a mis en évidence qu'autour de 22 installations nucléaires allemandes il y a une augmentation des cancers et deux fois plus de leucémies enfantines...
Les chercheurs constatent des faits, mais n'ont pas d'explications exhaustives, et ils proposent des études complémentaires.
Le principe de précaution devrait inciter nos autorités à commander ces études, en impliquant des experts indépendants, et à prendre des mesures pour réduire les émissions des centrales nucléaires.
Le lobby nucléaire réplique que le nucléaire ne peut être la cause de cette morbidité autour des centrales, car les normes d'émission ne sont pas dépassées. Ils oublient de dire que dans le passé, pour fixer ces normes, on a admis des émissions 10 à 100 fois plus importantes que celles préconisées par médecins et biologistes. Il fallait tenir compte des impératifs économiques des exploitants !
La Commission internationale de protection radiologique (CIPR) expliquait, pour justifier ces valeurs-limites, qu'elles représentent pour la population un risque considérable de dommages génétiques, "Mais elles peuvent être considérées comme supportables et justifiées au regard des avantages que l'on peut attendre de l'utilisation de l'énergie nucléaire"...
Des questions ont été posées au Conseil fédéral pour l'inciter à agir.
Malheureusement, dans sa réponse, le Conseil fédéral esquive et tergiverse.
Il affirme qu'il "prend l'étude Kusmierz-Voigt-Scherb au sérieux et suit avec attention les développements scientifiques intervenant dans ce domaine"... mais il ne veut rien entreprendre pour l'instant.
Il prétexte que "l'étude mentionnée, analysant les variations du rapport des sexes à la naissance au voisinage des centrales nucléaires allemandes et suisses, n'a, à ce jour, ni été publiée dans un journal scientifique reconnu, ni été soumise à l'analyse d'autres experts compétents en la matière".
Pourquoi ne prend-il pas au sérieux les affirmations du Professeur Werner Stahel de Zürich, président de la société suisse pour la statistique de 2001 à 2005? Selon ce dernier l'étude est correcte et l'effet mis en évidence, bien que faible, est prouvé.
Le Conseil fédéral déclare que "si les résultats d'études scientifiques devaient attester un lien entre le rayonnement ionisant et la proportion de naissances, il réexaminerait en conséquence la procédure d'autorisation pour les nouvelles centrales nucléaires", mais il refuse de prendre en compte ou de commander des études scientifiques indépendantes !
Pourquoi le Conseil fédéral propose-t-il études et mesures pour protéger la population du radon, dont l'effet létal est de l'ordre de 3 à 4 pour mille, alors qu'il n'entreprend rien dès qu'il s'agit de centrales nucléaires? Et pourtant l'effet sur les foetus féminins est en moyenne de l'ordre de 3,5 pour mille autour des 31 centrales examinées et même de 6,5 pour mille autour de Beznau !
Cet a priori du Conseil fédéral, favorable au nucléaire, qui lui fait oublier le principe de précaution, nous rappelle la question de la fumée passive: pendant des décennies nos autorités ont écouté des scientifiques payés par le lobby du tabac pour minimiser le problème.
Aujourd’hui le Conseil fédéral préfère mener la politique de l'autruche chaque fois que des études mettent en évidence des atteintes à la santé dues au nucléaire.
Réponse du Conseil fédéral:
Burkhalter Didier, conseiller fédéral: L'état actuel de la recherche radiobiologique ne permet pas d'établir un lien entre la radioactivité des centrales nucléaires et l'évolution de la proportion de filles et de garçons à la naissance. Comme le montrent plusieurs études, cette proportion peut être expliquée par différents facteurs, notamment le stress, les médicaments, voire le mode de vie. Le Conseil fédéral prend l'étude allemande évoquée dans la question au sérieux et suit avec attention les développements scientifiques intervenant dans ce domaine. L'étude mentionnée, analysant les variations du rapport des sexes à la naissance au voisinage des centrales nucléaires allemandes et suisses, n'a toutefois, à ce jour, ni été publiée dans un journal scientifique reconnu, ni été soumise à l'analyse d'autres experts compétents en la matière. Ce n'est donc que lorsqu'une évaluation approfondie de cette étude aura été menée que les experts scientifiques de la Confédération pourront se prononcer quant à un éventuel effet prénatal de l'exploitation des centrales nucléaires suisses. Actuellement, le Conseil fédéral n'entend pas mener d'étude complémentaire sur ce sujet. Comme le gouvernement l'a déjà expliqué dans sa réponse à l'interpellation 09.4080, il n'est pas possible de prendre en considération les effets prénataux dans l'étude Canupis, les données disponibles ne le permettant pas. Pour mémoire, Canupis est une étude en cours sur le cancer des enfants vivant à proximité des centrales nucléaires situées en Suisse. Avant toute autre décision, il faut terminer l'étude Canupis et en publier les résultats. En se basant sur les connaissances scientifiques actuelles, le Conseil fédéral estime donc qu'il n'est pas nécessaire de modifier les conditions d'exploitation des centrales nucléaires suisses. Toutefois, si les résultats d'études scientifiques devaient attester un lien entre le rayonnement ionisant et la proportion de naissances, il réexaminerait en conséquence la procédure d'autorisation pour les nouvelles centrales nucléaires.