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Elles sont nombreuses, ces firmes qui font affaire avec des entreprises liées aux colonies israéliennes, installées sur les territoires palestiniens. Plus exactement, 672 depuis ces trois dernières années.
Est-ce tellement grave, direz-vous? Voici quatre raisons qui expliquent pourquoi ces échanges financiers sont problématiques:
Premier souci: Au regard du droit international, les colonies israéliennes en Palestine n'ont rien à faire là.
En 2020, on estime à environ 280 ces regroupements d'Israéliens en territoire paléstinien, qui ont émergé depuis 1967. Certaines de ces colonies ont grandi au point de devenir de véritables villes, peuplées de plusieurs milliers d'habitants.
L’Organisation des Nations unies (ONU) voit dans ces colonies qui morcellent le territoire palestinien un obstacle majeur à la paix. Plus de 600 000 Israéliens vivent en Cisjordanie et à Jérusalem-Est dans des colonies, tandis qu'un peu plus de trois millions de Palestiniens habitent sur ces territoires.
Ces 672 institutions financières occidentales (qui comptent des banques, des assureurs, des fonds de pension, mais aussi des entreprises et des sociétés) ont engagé plus de 255 milliards de dollars dans des transactions avec des entreprises liées à ces fameuses colonies.
L'information a été révélée par un rapport publié par Michael Lynk, rapporteur spécial de l'ONU sur la situation des droits de l'Homme dans les Territoires palestiniens.
Entre 2018 et mai 2021, pas moins de 114 milliards de dollars ont été fournis, sous forme de prêts et de souscriptions, à des sociétés impliquées dans les colonies.
Parmi les fournisseurs notables, des institutions bancaires européennes bien connues:
C'est le constat d'un rapport mené par une coalition «Don’t Buy into Occupation» (DBIO), composée d'une vingtaine d'organisations palestiniennes et européennes, dont la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH).
Et ces grandes banques européennes ne sont pas les seules concernées. D'autres entreprises dont le nom vous est certainement familier font aussi partie de l'équipe. Citons:
Mais aussi les grandes banques israéliennes Hapoalim et Leum, ainsi que le géant israélien de l'alimentation Rami Levi.
Le Government Pension Fund Global (Norvège) ou le groupe français BPCE sont aussi épinglés. Ils ont investi dans des entreprises au titre de participations et d'obligations, à hauteur de 141 milliards de dollars.
Bonne nouvelle! Vous pourrez continuer à manger de la glace avec la conscience tranquille. En juillet, le fabricant américain Ben&Jerry's a annoncé l'arrêt de la commercialisation de ses produits dans les colonies. Ce qui n'avait pas plu à de nombreux dirigeants israéliens (en même temps, on les comprend).
Le problème? Avec ces échanges financiers, ces sociétés fournissent aux colonies «l'oxygène économique indispensable à leur croissance».
Et du même coup, elles participent à une forme de «légitimation politique» des implantations israéliennes en Paléstine.
Dans son rapport, la coalition «Don’t Buy into Occupation» appelle ces sociétés à cesser immédiatement ces opérations:
«Malgré la précision de la loi sur l'illégalité des colonies et les informations solides sur leur impact négatif sur les droits humains, les colonies israéliennes continuent d'attirer des sociétés internationales», a regretté de son côté Michael Lynk, de l'ONU. (ats/mbr)