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Comme dans les derniers numéros, nous publions ici l'un ou l'autre article du magazine trimestriel de l'ASS. Partie 2: Que fait donc Fritz Erb?
Fritz Erb a couru pendant 35 ans et remporté près de 200 victoires. Surtout en slaloms, mais aussi en côte. Il a pris sa retraite sportive fin 2014, à 70 ans. Âgé aujourd'hui de 76 ans, il pète la forme et n’est pas avare de ses paroles. Elles jaillissent de sa bouche comme l’eau des chutes du Rhin, à 15 km de sa maison de Hallau.
Fils cadet d'une famille d'agriculteurs de Bachs, dans l'Unterland zurichois, Fritz Erb n'a découvert le sport automobile que de manière indirecte. Néanmoins, il pense être né avec les bons gènes: «Mon père avait une prédilection pour les voitures italiennes et m'a acheté une Alfa Romeo Giulietta quand j’ai passé mon permis.»
Fritz Erb fait son apprentissage de mécanicien en automobiles au garage Tip-Top de Zurich. Et c’est par un emploi chez le concessionnaire suisse d'Aston Martin, à Neuchâtel, qu’il découvre la compétition. Le pilote de F3 Jürg Dubler est à la recherche d'un mécano et embauche le Zurichois. «En 1968, nous avons remporté le championnat suisse contre Xavier Perrot», se souvient Fritz Erb. «C'était une époque extraordinaire.» Avant cela, il avait déjà eu un avant-goût de la course lors de virées au Mans ou au GP de Monaco.
En 1972, Erb s'installe à Hallau et travaille comme mécanicien dans le garage qui jouxte sa maison et qu’il reprendra en 1979: «Un jour, j'ai dit à ma femme que je ne voulais plus travailler 24 heures sur 24 et que je disputerais dorénavant des courses le dimanche, comme certains de mes clients.»
En tant que concessionnaire Opel, il était naturel que Fritz Erb opte pour une Kadett. Au début, il se contente de courses de non-licenciés. Mais à partir de 1989, il dispute la coupe suisse des slaloms, l’ancêtre du championnat suisse des slaloms. Et il sera bientôt l'homme à battre. Il remporte la coupe à six reprises et quatre éditions du championnat, la dernière fois en 2009 et toujours sur Opel Kadett GT/E. «J'aurais probablement pu remporter quinze titres», explique-t-il en riant. «Mais parfois, j'ai tout gâché.»
Ses rivaux se font les dents sur lui. Et en 2014, Fritz Erb se classe 4e de sa dernière course, à Oberhallau. «Il était temps de raccrocher», soupire-t-il, «je ne voulais pas faire de la figuration à plus de 70 ans.»
Aujourd'hui, Fritz Erb profite de sa vie de retraité en faisant du vélo électrique, du jardinage et parfois de la mécanique. Il a monté de nombreuses boîtes de vitesses de Kadett pour des collègues et des clients. Et, de temps à autre, il bricole encore dans son garage sur des modèles plus anciens, comme un Pinzgauer. «Les jeunes ne savent plus faire cela», explique-t-il en rigolant, passant déjà à l'anecdote suivante...