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« Admirable dilettante » piqué par « l’aiguillon de la curiosité universelle » ‒ pour reprendre les termes de la nécrologie publiée par son ami Marc Debrit, directeur du Journal de Genève2 ‒, le personnage étonne surtout par sa colossale force de travail, qui lui a permis de mener de front d’innombrables activités dans les domaines les plus variés. Hippolyte-Jean Gosse voit le jour en 1834 dans une famille qui compte déjà plusieurs savants de renom. Comme son grand-père et son père avant lui, c’est à Paris qu’il fait ses études et obtient son doctorat de médecine en 1863. De retour au pays, il devient professeur de médecine légale en 1875 avant d’être nommé quatre ans plus tard directeur de la Morgue judiciaire : ayant « non pas le goût mais la passion des autopsies », il « se serait fait tuer pour en faire une », selon la jolie formule de Debrit. Dans le même temps, il s’investit dans la vie publique genevoise, siégeant à trois reprises au Grand Conseil, ainsi qu’au Conseil administratif et au Conseil municipal.
Parallèlement, l’homme s’intéresse à l’archéologie, dans l’acception large qu’on lui donne alors. Contractée dès l’époque de ses études dans la capitale française, cette passion l’amène à diriger différentes institutions genevoises : à partir de 1864, il est responsable de la collection archéologique et historique du Musée Académique, puis du Musée archéologique qui lui succède en 1872. En 1866, il endosse aussi officiellement les « fonctions gratuites » – c’est-à-dire bénévoles ! – de conservateur du Musée épigraphique cantonal3 et de la Salle des Armures4, aux destinées de laquelle il présidera jusqu’à sa mort le 22 février 1901 (fig. 2).