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Publier le rapport sur la P-26 est une "bonne idée" pour Pierre Cornu
Le Conseil fédéral a choisi de publier les 115 pages du texte près de 30 ans après sa rédaction, expliquant que "rien ne s'oppose à sa publication" et ajoutant qu'il le fait "dans un souci de transparence".
Cette enquête devait faire la lumière sur la P-26, cette armée secrète, créée en 1979 sans l'aval du Parlement, pour organiser une résistance en Suisse en cas d'invasion soviétique.
Classifié "secret" jusqu'en 2041
Le gouvernement avait refusé de publier ce document dans les années 1990. Classifié "secret" pendant un demi-siècle, il aurait pu rester confidentiel jusqu'en 2041. Déjà expurgé à l'époque de son contenu le plus sensible, il a encore été anonymisé ces dernières semaines. Le Conseil fédéral justifie cette décision par le fait que certains témoins cités par le juge Cornu sont encore en vie.
La publication de cette version partielle s'est faite sous la pression du Parlement. Insatisfaits, des élus dénoncent une manoeuvre de diversion. Car le rapport non caviardé reste inaccessible. Et surtout parce que ses annexes, sept classeurs fédéraux, sont introuvables! Le Département de la défense l'a encore confirmé mercredi à la RTS.
>> Ecouter le sujet de La Matinale sur le rapport Cornu:
Une publication nécessaire
Dans La Matinale, son auteur, le juge neuchâtelois Pierre Cornu, estime que la publication est une "bonne idée", afin que "la lumière soit faite". Il ajoute que dans la version publiée mercredi, ce qui est masqué, ce sont essentiellement "des noms, des lieux précis, des éléments sur l'organisation de services de renseignement ou de services de résistance en cas d'occupation qui se trouvaient à l'étranger".
"Pour l'histoire de la P-26, on doit avoir les éléments nécessaires dans le rapport caviardé", ajoute le magistrat. Pour lui, des gens auront "toujours des soupçons. Même si on leur montre le rapport non caviardé, ils penseraient encore que c'est un faux rapport."
Interrogé sur la disparition des annexes de son rapport, Pierre Cornu souligne que "c'est embêtant, parce que ça alimente la suspicion d'une manière qui n'est pas nécessaire. (...) Evidemment, il y a des éléments sensibles dans ce qui a disparu, mais celui qui comparerait le dossier disparu et le rapport verrait que tous les éléments nécessaires ont été mentionnés dans le rapport."
Propos recueillis par Romaine Morard
Adaptation web: Eric Butticaz
Publié le 26 avril 2018 à 09:41 - Modifié le 26 avril 2018 à 10:18
Des contacts avec la Grande-Bretagne
Le magistrat a expliqué avoir eu un large accès aux documents au moment où il préparait son rapport, à l'exception de "documents importants qui avaient été rendus aux Britanniques": "J'ai même fait une sorte de perquisition dans le coffre du chef de l'état-major général de l'armée. On m'a ouvert le coffre et on m'a laissé regarder tout ce qui était dedans."
Certains témoins, en revanche, "n'avaient pas envie de raconter ce qu'ils savaient", au contraire du chef de la P-26, Efrem Cattelan, qui a répondu aux questions du juge Pierre Cornu, n'aimant seulement pas trop donner de noms.