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Samedi 26 janvier 2019, 20h
Ouverture des portes à 19h30
La Cie de TA Sœur
en collaboration avec la Fonderie Kugler
(et après 8 jours de résidence)
présente le début (phase 1) de la création
MONTA TANTO
Une performance sauvage (con muchas plumas)
La plupart des versions du même mythe font de Gordias (père de Midas), le fondateur du royaume de Phrygie. La légende raconte qu'un oracle avait annoncé aux Phrygiens, lassés par des luttes intestines et l'absence de pouvoir royal, qu'un souverain se présenterait à eux sur un char tiré par des bœufs. C'est ainsi que Gordias se présenta à leurs yeux. Devenu roi, Gordias fonda en remerciement, la ville de Gordion et consacra son char à Zeus. Autour de son timon, il fit un nœud si inextricable, si complexe, le Nœud gordien, qu'on prédit l'empire souverain de l'Univers, à celui qui un jour, pourrait le défaire. Des siècles après, les prêtres de la cité le présente à Alexandre le Grand lui racontant la légende selon laquelle celui qui dénouerait le nœud serait maître de l'Asie. Le défi est à sa hauteur: personne n'y est jamais parvenu. D'un geste ample, Alexandre tranche les cordes d'un coup d'épée. « Peu importe la façon dont il est dénoué » (=tanto monta atar como desatar) s'exclame-t-il d'un ton prophétique. Déconcertés, les prêtres reconnaissent en Alexandre le futur maître de l'Asie. Le Nœud gordien est une expression encore utilisée pour évoquer un problème de résolution difficile.
Le nœud représente l’intelligence manuelle, l'attention, la patience, la méticulosité, le raffinement. Le nœud noue les mains au monde, les yeux à la terre, le corps aux autres corps. Ça rappelle la complexité, le travail, la lenteur, la minutie, la patience, l'élaboration, la main du pécheur, de l'artisan. Sans les nœuds, il est difficile de concevoir la couture, le tissage. Avec les nœuds on faisait la comptabilité, avec des nœuds se reproduisait la structure du monde, avec eux on se souvenait des choses, des événements, on a créé des langages, les mathématiques, l'astronomie.
El tajo (=l'entaille), au contraire, c'est la vitesse, l'accélération, la colonisation, la fuite accéléré du corps, l'homme prédateur, l'impérialisme, l'HYBRIS.
MONTA TANTO parle de cette fuite, la fuite du corps depuis que l'homme est homme, depuis qu'on refuse notre coté animal et qu’on nomme les autres êtres en les classifiant. MONTA TANTO est l'histoire du temps kidnappé bien loin de nous mêmes, d'une vitesse de gadgets, d'un ouragan virtuel, d'une société qui nous invite constamment a nous échapper de notre chair.
MONTA TANTO est aussi l'histoire des conquêtes, de la destruction des civilisations ancestrales. C'est l'histoire de l’Hybrisd'Icare qui choisit la vitesse et qui tombe avec ses ailes en cire. MONTA TANTO, la dernière partie de la devise Alexandrine adoptée par Fernando le roi catholique, «fondateur des empires », est SURTOUT une élégie au monde sauvage.
Les conquérants n'ont pas du temps, ils vont vite. Ils multiplient, de 1 à n en une seconde. Face au nœud gordien, l'impatience guerrière d'Alexandre. Vitesse, vitesse ! D'un coup d'épée le problème est résolu, nié. Couper les nœuds, feux pour les forêts, balles pour les hommes....
MONTA TANTO est inspiré d'un roman-essai du génial Santiago Alba Rico "Ser ( o no ser ) un cuerpo".
MONTA TANTO es la première d'une série d'expériences spatiales où corps, installation et son interagissent dans une pièce / site spécifique avec une thématique précise.
Ce projet inclus de la Danse Butô, avec une installation lumière et de la sculpture sonore.
www.laciedetasoeur.webnode.es
Venez nombreux, nous avons besoin de vos avis, de vos corps, de vos temps.
Entrée libre