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Notre espèce est fichtrement vigoureuse. Elle a colonisé la Terre entière, elle est abondante et semble continuer à se reproduire sans trop de problèmes. Quoique. Nombre de molécules inventées par nous semble avoir un effet néfaste sur la reproduction, en particulier sur les hommes.
J’ai déjà abordé le sujet précédemment à propos des résidus de pesticides et de pilule contraceptive, des cosmétiques et autres produits que l’on retrouve d’une manière ou d’une autre dans la chaîne alimentaire ou dans l’eau potable. Une étude montrait qu’en 20 ans la quantité de spermatozoïdes avait diminué d’environ 40% des les hommes, et que leur qualité était aussi plus faible.
Aujourd’hui une autre raison d’affaiblissement de la qualité est pointée du doigt par une nouvelle étude publiée ici et réalisée aux Etats-Unis et en Espagne.
Cette fois l’étude porte sur la nutrition des sujets observés. Un panel d’hommes de 18 à 22 ans a été divisé en deux groupe. L’un mangeait très gras et sucré: chips, chocolat, cookies, fritures, et l’autre consommait des céréales complètes, des légumes, du poissons principalement. Au bout de plusieurs mois la qualité du sperme des hommes du premier groupe avait moins de spermatozoïde et ceux-ci étaient moins vigoureux. Ceux du deuxième groupe voyaient la qualité de leur sperme augmenter.
L’étude montre que les aliments qui dopent le mieux cette fécondité masculine sont, selon l’information publiée: «les oeufs, le saumon, les yaourts nature, les graines (céréales complètes), les baies (grenade, myrtilles), les patates douces, le brocoli et les asperges».
Cette étude s’ajoute aux précédentes qui avaient analysé les effets des molécules toxiques pour la fertilité sur une période beaucoup plus longue (20 ans). Les deux études s’ajoutent donc l’une à l’autre.
L’espèce n’en est pas encore à une infertilité grave et généralisée. De plus les habitudes alimentaires et la concentration en polluants dans l’eau et la chaîne alimentaire peuvent dépendre des régions de la planète. Et même à 40 ou 50% de spermatozoïdes en moins, et les autres affaiblis, il est encore possible de procréer. Néanmoins des difficultés peuvent apparaître chez certains couples et la fertilité est touchée.
Les études ne disent rien sur l’éventuelle altération du matériel génétique lui-même, ce qui serait beaucoup plus grave.
En tous cas, des frites tous les jours plus les chips devant la télé, avec des cookies comme plat principal, et si en plus votre eau de boisson est riche en résidus d’oestrogènes, que la pollution de votre région est chargée en molécules toxiques et que le cultivateur voisin utilise beaucoup de pesticides, ça craint.
D’accord l’exemple est un peu extrême. Cumuler tout cela à la fois n’est pas encore des plus courants. Mais on y vient, on y vient... Ce qui comblerait de joie les adeptes de la décroissance. Réduire l’espèce humaine naturellement sans guerre meurtrière, c’est quand-même plus propre.
Pour rappel: «Les problèmes de l'appareil reproducteur masculin sont aujourd'hui potentiellement aussi graves que le réchauffement climatique", affirme sans détour le professeur danois Niels Skakkebaek, directeur de recherche à l'hôpital universitaire de Copenhague»