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Les registres paroissiaux sont des documents très précieux pour établir des généalogies et étudier l'histoire des familles. Les bourgeois de Soulce portent des noms bien connus ici : Beuchat, Crétin avec les variantes Crestin et Chrétien, Domon, Nicol, Noirjean, Prince, Schaffter, Tendon, Troxler; mais depuis quand telle ou telle famille est-elle bourgeoise de Soulce ?
Depuis les premiers actes inscrits dans les registres paroissiaux de Soulce, les habitants du lieu portent les mêmes noms que ceux des familles bourgeoises d'aujourd'hui. Il est assez frappant de constater que la population de Soulce devait former quelques grandes familles élargies. Pour illustrer le propos, relevons quelques données du rencensement de la population de 1800. Soulce comptait alors 68 familles pour 348 personnes logées dans 62 maisons. La liste des noms de famille enregistrés est très courte : Schaffter (14 familles), Beuchat (12), Prince (10), Nicol (9), Domon (9), Tendon (7), Crétin (4), Joliat, Noirjean, Petreman et Gogniat (une famille pour chaque nom).
Pour la famille Crétin, les archives fournissent quelques précisions sur le moment de son arrivée probable à Soulce et de sa réception dans la bourgeoisie du lieu. Le 7 avril 1656, l'assemblée de Soulce, qui réunit le maire Adam Nicol, "l'ambourg" Jean Domon, ainsi que Jacques Nicol, Georges Tendon, Abraham Schaffter et plusieurs autres manants et habitants, statuent sur la demande de Laurent Crétin (Lorend Chrestien) de Rädersdorf (Soleure), établi à Soulce où il s'est marié. Laurent Chrestien est reçu bourgeois moyennant 40 livres bâloises à payer au prince-évêque de Bâle et autant à la caisse de la communauté, et payer par la suite toutes les charges commes les autres chefs de famille. L'établissement de cette famille Chrestien à Soulce est certainement en rapport avec l'achat de la seigneurie par la famille de Staal en 1636. En effet, en 1643, le nouveau seigneur de Soulce remet une lettre de fief à Daniel Christen pour le moulin du lieu. Ce pourrait être l'ancêtre des différentes branches des Chrétien, Crestin ou Crétin de Soulce. Mais le fait suivant pourrait contredire cette hypothèse. Vers 1550, Bernard ou Bernet Christianus, venant de Soulce, s'établit à Delémont avec ses deux fils Henri et Martin; il sera l'ancêtre de la famille Christe de Bassecourt.
A l'inverse, plusieurs cas de refus d'admission dans la bourgeoisie de Soulce sont restés consignés dans les archives. En 1786, Joseph Kauffmann, originaire de Lucerne, "demeurant Sur-le-Rocher au territoire d'Undervelier", demande au prince-évêque de Bâle à être reçu dans la bourgeoisie de Soulce. Le souverain accepte la requête et demande l'avis de la communauté de Soulce. L'assemblée constate que le village est "un des plus peuplés et rempli de jeunesse" de la seigneurie de Delémont, avec une école de plus de 30 enfants âgés de 7 à 14 ans. Les 56 maisons sont toutes habitées par les 69 familles, et une dizaine de familles demeurent dans les environs. S'il fallait construire de nouvelles maisons, ce serait "une terrible dégradation des bois et forêts" pour les bâtisses et le chauffage, et les forêts sont l'unique ressource de la communauté; c'est aussi dans l'intérêt du Prince que la commune puisse fournir du chabon aux usines d'Undervelier. L'assemblée relève encore que les champs de Soulce ne produisent du grain que pour la moitié de l'année et que les habitants doivent acheter des graines. Enfin, l'assemblée explique que ledit Kauffmann n'est pas charbonnier qu'il n'a jamais "cuit une fosse de chabon" mais qu'il a travillé comme manouvrier et bûcheron et s'est retiré comme berger dans la métairie Sur-le-Rocher sur le ban d'Undervelier.
Quelques années plus tard, la communauté de Soulce refuse encore l'admission d'Henri Joliat de Courtételle, lequel vit depuis environ 15 ans à Soulce; d'abord domestique, il est marié et possède une maison et des bien-fonds à Soulce.