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La Couronnette
Barbara et Thierry Courvoisier

Préparer un tour à travers le nord de la Russie demande du temps et quelque énergie.
Chamade et son équipage ont fait le voyage de Tromsoe à Saint-Petersbourg par la Mer Blanche et les eaux intérieures russes il y a quelques années, après que Chamade et Cérès aient passé un hiver côte à côte dans un chantier naval des environs de Tromsoe. Marc Decrey et son équipage étaient parmi les premiers à avoir accès à ces eaux et naviguaient protégés par des autorisations des plus hautes instances russes. De l’eau à coulé sous les ponts depuis, les skippers de Chamade et de Cérès ont partagé quelques rencontres dans les couloirs de la radio suisse romande et au café de la gare de Lausanne, un “stamm” qui nous manque depuis qu’il est en rénovation. Marc a transmis quelques noms à Thierry, assez d’information pour chercher un chemin dans la bureaucratie ex-soviétique et lancer la préparation administrative de notre voyage il y a quelques mois déjà.
Depuis le voyage de Chamade un certain nombre de bateaux de plaisance portant des pavillons autres que celui de Russie ont transité de la Mer Blanche à la Baltique, dans une direction ou l’autre. Les démarches se sont passablement simplifiées. Un contact efficace à Saint-Petersbourg travaille à obtenir pour nous les autorisations nécessaires. Je me réjouis de savoir que tout est “en ordre”. Nos visas sont octroyés, c’est un prérequis nécessaire.
Parmi les conditions à remplir pour naviguer sur les eaux intérieures russes il est demandé que nous ayons à bord une personne parlant russe. Condition raisonnable, car il semble peu probable que le personnel opérant les écluses et ouvrant les ponts parle anglais couramment. Nous avons donc pris contact avec une université d’Arkhangelsk et embarquerons une jeune femme, Maria Chvetsova, qui sort d’une école de traduction russe-anglais et russe-français. Elle nous permettra de communiquer avec les autorités, via une radio VHF dont les canaux sont spécifiques à la Russie et qu’il nous faudra nous procurer à Saint-Petersbourg. Elle nous fera aussi aussi profiter de sa science pour communiquer avec les hommes et les femmes que nous rencontrerons. Nicolas Moget, bien de Rolle, complètera l’équipage de Saint-Petersbourg à Tromsoe. C’est un excellent navigateur avec lequel nous avons déjà navigué sur la Baltique que nous nous réjouissons d’avoir à bord.
Les pays que nous traverserons sont riches d’une histoire lourde et complexe. L’archipel des Solovki, par exemple, est un ancien monastère habité depuis des siècles. Il fut d’une grande importance pour l’Orthodoxie. Ce fut aussi le siège du Goulag. Nous avons donc lu autant que possible à propos de ces contrées. Je ressors de ces lectures plus confus que je n’y suis entré. Il m’est difficile de concilier les messages contradictoires que l’on trouve chez Solnjenitsyne ou chez Wilk. “Le loup blanc” de M. Wilk, un journaliste polonais, raconte sa vie six ans durant dans l’archipel des Solovki pendant les années 1990. Il décrit les gens avec lesquels il a vécu cette période comme vivant au fond d’une désespérance profondément éthylique ponctuée de suicides et de traits poétiques, liés par des rapports humains intenses dont le sexe est une composante importante. Il donne aussi l’impression que les habitants du monde extérieur à la Russie et à l’orthodoxie sont l’objet dans ces milieux d’un mépris peu dissimulé.
Je ne sais pas si ma lecture de ces auteurs reflète l’impression qu’ils voulaient donner, ni si la description de Wilk datant des années 1990 correspond à la réalité de 2016, ni encore dans quelle mesure ces textes peuvent s’appliquer aux autres régions que nous visiterons. Je sais encore moins si et comment nous approcherons les réalités que nous rencontrerons. J’ignore dans quelle mesure le bateau blanc au pavillon suisse sur lequel nous naviguons sera perçu comme un trait d’union ou, au contraire, comme une intrusion agressive. Il ne nous reste plus qu’à partir pour trouver les réponses à ces questions.
La préparation implique aussi l’attention à donner à Cérès pour le mettre à flot et s’assurer que le bateau et son équipement sont aptes à partir dans des régions souvent éloignées de la civilisation nautique et sur les mers arctiques. Ce fut fait avec Yves mi-juin. Cérès me semble en excellente condition.
Les sacs sont prêts, Nicolas part dans quelques jours pour Saint-Petersbourg où nous le retrouverons avec Maria le 15 juillet. Il part avec une longue liste d’avitaillement à trouver sur place. Barbara et moi rejoindrons Cérès samedi 9 à Helsinki.
je me réjouis de partager avec vous quelques impressions, agrémentées de photos de Barbara, sur ces pages ces prochaines semaines.

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des news ...?Hello, du bateau, ici la terre de Provence ! Souhaitant de vos nouvelles, je me suis rendue, comme vous le voyez, en quelques clics sur votre blog dont la lecture a suscité beaucoup d'intérêt de ma part. J'y ai lu aussi que c'est aujourd'hui que Marie et Nicolas embarquent sur Cérès pour ces nouvelles aventures en terres inconnues et sans doute pleines de surprises, plus ou moins redoutables, si j'en crois le texte de Thierry....mais peut-être que Maria va pouvoir vous rassurer à ce sujet et que sa présence, certainement agréable en tout les cas pour la partie masculine de votre entourage le sera aussi pour ses compatriotes ! Quoi qu'il en soit, me réjouis de vous lire, vous dit que je pense beaucoup à vous, qu'ici tout va plutôt bien, sauf que l'on subit un fort mistral qui ne sert à rien sauf à nous gonfler.....hihihi !
Allez, à la prochaine, nastrovié et bisous !!!!!
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