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Il y a 200 ans, le 5 mai 1818, Karl Marx naissait dans la ville de Trèves, en Allemagne. 200 ans plus tard, celui qui fut à la fois philosophe, économiste et militant politique demeure une référence incontournable et bien des lois de la société qu’il a découvertes et décrites gardent une grande pertinence.
Ainsi, le concept de l’aliénation des travailleurs, privés du produit de leur travail, la structuration de la société en classes, dont les intérêts sont antagonistes, le concept de la plus-value, extorquée par la bourgeoisie, détentrice des moyens de production, les contradictions internes du capitalisme, ou la méthode du matérialisme dialectique, ont donné des clés fondamentales de compréhension du capitalisme à de nombreuses générations de penseurs, mais aussi de militants. Un apport du reste reconnu par de nombreux économistes, «même ceux qui n’adhèrent pas à son projet politique», comme le rappelle le philosophe Yvon Quiniou (notre interview).
Mais qui était Marx, et comment sa pensée et ses écrits complexes sont-ils rapidement devenus une référence pour l’ensemble des mouvements socialistes, puis communistes? (voir notre interview) Comment ceux-ci se les sont-ils appropriés et comment le font-ils encore aujourd’hui? (voir ici) Que penser des interprétations diverses qui en ont été faites? Qu’en pensait-il, lui-même, de son vivant? (voir ici) L’écroulement de l’Union soviétique, qui se réclamait de son héritage, a-t-il décrédibilisé son apport, comme certains ont voulu le faire croire?
L’histoire démontrera rapidement le contraire. Ainsi, en 1993 déjà, 4 ans après la chute du mur de Berlin, le philosophe Jacques Derrida affirmait qu’il y a peu de textes, dans la tradition philosophique, «dont la leçon me paraisse plus urgente» (voir notre article), fustigeant ceux qui voulaient reléguer la pensée de Marx aux poubelles de l’histoire.
Un «retour à Marx» qui gagne aujourd’hui d’autres intellectuels, militants et même les milieux culturels (voir ici) et qui semble plus que jamais nécessaire. Afin de redessiner et réimaginer, à l’heure du néolibéralisme triomphant et de la marchandisation généralisée de la société, la perspective d’une «société sans classes», où chacun pourrait exprimer et incarner toutes ses potentialités humaines.