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Le culte a provoqué en tout cas plus d'une centaine de contamination dans la région de Francfort, et trois autres dans le comté de Hesse.
Le vice-président de l'Église évangélique chrétienne baptiste de Francfort, Vladimir Pritzkau, assure pourtant que "toutes les exigences de sécurité avaient été respectées. Il y avait des désinfectants et la distance d'un mètre et demi entre fidèles avait été maintenue". À ce jour, au moins 107 personnes ont été infectées dans la région de Francfort et trois autres dans le comté de Hesse.
Les autorités sanitaires locales ont immédiatement réagi en suivant étroitement les contacts. Si nécessaire, des mesures de quarantaine seront adoptées pour briser de potentielles chaînes de contamination. Selon le Tages Anzeiger, "beaucoup de paroissiens sont originaires de Russie. Une communauté qui s'était établie ici dans les années 1990, peu après la chute du Mur de Berlin".
La crainte d'une deuxième vague
L'Allemagne, jugée exemplaire dans sa stratégie de lutte contre la pandémie et relativement peu touchée en comparaison avec ses voisins européens, compte 8247 décès pour près de 180'000 cas officiellement déclarés de Covid-19,.
La crainte d'une seconde vague reste très présente dans le pays. Lundi, les autorités du Land de Basse-Saxe (nord) ont annoncé que sept personnes ont été contaminées dans un restaurant historique de la ville de Leer, au cours d'une soirée festive pour célébrer la réouverture d'un établissement bien connu dans la région.
"Liberté religieuse"
En outre, l'Europe garde en mémoire le fameux rassemblement évangélique de Mulhouse, fin février en France, lors duquel une réunion de plus de 2000 croyants avait été à l'origine de dizaines de contaminations à travers l'Hexagone mais également en Suisse, notamment dans le canton de Neuchâtel.
Malgré cela, au nom de la liberté religieuse, Berlin a autorisé la reprise des cultes le 30 avril dernier dans un contexte de fort ralentissement de l'épidémie. Aux États-Unis, le président Donald Trump, a lui-même appelé vendredi dernier les gouverneurs des États américains à autoriser l'ouverture des lieux de culte, qu'il désigne comme "essentiels à la nation", tandis qu'en France, de tels rassemblements sont possibles depuis lundi.
Rien ne change pour la Suisse
Le cas de Francfort ne change pour l'heure rien à la situation en Suisse. Les cultes en Suisse seront à nouveau autorisés jeudi prochain. Le concept fédéral de protection exige que les croyants renoncent à chanter en choeur et évitent tout contact physique avec d'autres fidèles.
A l'approche de la réouverture, malgré ces conditions, les lieux de cultes se montrent confiants, même si la reprise, qui intervient dix jours plus tôt que prévu, peut mettre certaines paroisses sous pression.
"On est très content de reprendre", se félicite dans le 19h30 Pierre Portenier, vice-président de la paroisse St-Maurice à Fribourg. "Si on peut aller dans un magasin s'acheter des habits, on peut aller à la messe prendre de la nourriture spirituelle, ce n'est pas plus dangereux", justifie-t-il.
Olivier Kohler/jop