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Réglementer le cannabis générerait plus de 300 millions
Les caisses de l'Etat devraient se réjouir de la légalisation du cannabis. Le professeur d'économie Peter Moser et Marco Bandli de la Haute école spécialisée de Coire ont estimé la semaine dernière sur le blog "Ökonomenstimme" que l'Etat, dans un marché légalisé du cannabis en Suisse, pouvait s'attendre à des recettes annuelles d'environ 335 millions de francs. L'estimation est basée sur la thèse de bachelor de Bandli qui, sur la base de diverses sources, estime la consommation annuelle de cannabis dans notre pays à un peu moins de 60 tonnes et à un prix de marché d'environ 11 francs par gramme, soit des ventes de 640 millions.
Sans mesures d'accompagnement, la règlementation réduirait considérablement les prix et augmenterait ainsi la consommation. Cela pourrait être compensé par l'imposition. Si la taxe est "trop basse", on peut s'attendre à une augmentation de la consommation et à des dommages consécutifs - et si la taxe est "trop élevée", les incitations restent élevées pour un marché noir. Une taxe d'enviorn 5 francs par gramme serait possible, avec un prix total de 11.50 seulement légèrement supérieur au prix du marché. La fiscalité s'élèverait ainsi à 80 à 90 % du prix hors taxes estimé.
Mais comment la légalisation affecte-t-elle la consommation ?
Le signal de légalité, de disponibilité ouverte et de prix potentiellement plus bas suggérerait une augmentation de la consommation. L'élimination de "l'attrait de l'interdit" et la possibilité d'empêcher des baisses de prix par le biais de taxes élevées ont un effet modérateur. En outre, il y a de l'espoir pour une qualité de produit plus élevée et moins nocive dans un marché légal et réglementé. En fin de compte, la réponse à cette question ne peut se trouver que dans la pratique, ce qui peut être un argument central pour l'approbation des projets pilotes.
Une certaine expérience de la légalisation ou de la légalisation partielle du cannabis a été acquise à l'étranger, notamment au Canada, dans divers États américains, en Australie, aux Pays-Bas et en Uruguay. Cette année, les experts canadiens ont analysé trois douzaines d'études et ont trouvé une image "très hétérogène" de l'impact global ; une légère hausse de la consommation, le maintien d'un marché noir non moindre, et des Etats qui hésitent à serrer la vis en matière de sécurité (ndlr).