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Le débat initial a été occupé mardi par la demande des avocats de produire les témoignages de cinq experts, demande rejetée jusque-là par le juge Benoît Chassot, un refus dénoncé par la défense début mai déjà. Le premier aurait pu être le prix Nobel de chimie Jacques Dubochet, présent derrière la porte de la salle d'audience à Granges-Paccot.
Après 30 minutes d'interruption, le juge a refusé la requête en parlant "d'audition inutile, car apportant peu d'éléments pertinents pour juger le cas". Selon Benoît Chassot, les témoignages ont déjà été entendus dans d'autres circonstances et "c'est la question de droit qui est en avant pour l'établissement de l'urgence climatique".
Nécessité des experts
"Sans experts, il n'y a pas moyen de faire acquitter nos mandants", avait argumenté préalablement Arnaud Nussbaumer, l'un des douze avocats de la défense. Invités à s'asseoir dans le public par Benoît Chassot, aucun des experts n'a voulu entrer dans la salle. Ces derniers se sont exprimés devant les journalistes à la mi-journée.
Le juge a ensuite écouté les premiers des 31 prévenus. Deux d'entre elles ont évoqué leur engagement pour lutter contre le réchauffement climatique. "Mais ce n'est pas suffisant", ont-elles dit. D'où "la désobéissance civile comme dernière ressource pour briser la vague d'indifférence", selon le propos liminaire d'Arnaud Nussbaumer.
Une autre a parlé de sa "peur pour l'avenir", de son éco-anxiété. "Il n'y avait pas d'autres solutions pour faire passer le message" que de bloquer le centre commercial. A titre personnel, elle a changé bien des choses: devenir vegan, arrêter de voyager en avion, privilégier des vêtements de seconde main et changer de banque.
Interventions documentées
Les prévenus ont préparé des interventions documentées. L'un d'eux a dit avoir agi par colère. "Les gouvernements ferment les yeux, alors que la communauté scientifique essaie depuis 50 ans d'obtenir des mesures à la hauteur des enjeux". L'idée de sensibiliser au maximum les passants le 29 novembre 2019 est revenue à maintes reprises.
"Je n'ai pas l'impression d'avoir commis quelque chose d'illégal en participant à l'action", a affirmé un autre. A la question de Benoît Chassot de savoir s'il y avait d'autres solutions pour défendre la cause, les réponses ont toutes insisté une nouvelle fois sur la nécessité d'agir pour éviter la catastrophe climatique.
L'après-midi, une prévenue, chercheuse à l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ), a livré un plaidoyer de deux heures à propos de la démarche des activistes, réponses aux questions d'avocats comprises. "Une prestation qui a permis de pallier l'absence des experts", a relevé Arnaud Nussbaumer, en réitérant la requête de pouvoir les entendre.
Surconsommation dénoncée
Pour mémoire, les prévenus ont participé au blocage de l’entrée principale de Fribourg Centre lors du Black Friday. Organisées par "Block Friday", les actions se sont déroulées pour la première fois un peu partout en Europe pour dénoncer une "incitation à la surconsommation et ses conséquences climatiques".
Les militants, membres de la Grève du climat et d’Extinction Rebellion, ont été condamnés à des peines pécuniaires avec sursis et des amendes fermes de 200 à 500 francs pour avoir pris part à une manifestation non autorisée, troublé l’ordre public et ignoré les injonctions de la police. Certains ont été reconnus coupables de contrainte.
La trentaine d'activistes ont fait opposition aux condamnations prononcées l'an dernier via des ordonnances pénales rendues par le procureur général du canton de Fribourg Fabien Gasser. La plupart sont âgés entre 19 et 25 ans, mais l’une ou l'autre personne affiche plus de 50 ans.
Très médiatisé, dans le contexte d'événements similaires survenus à Lausanne, Genève ou Neuchâtel, le procès fribourgeois est présenté par la défense comme le plus important du genre en Suisse romande. Prévus sur quatre jours, jusqu'au 1er juin, les débats se poursuivront mercredi dans une grande salle de Forum Fribourg.
>> Les précisions de Clémence Vonlanthen dans le 12h45:
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ats/oang/kkub