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Sinfonietta de lausanne
(40 musiciens)
Direction : David Reiland
Soliste : Simon Wiener, violon
Souvenirs d’italie
Giacomo Puccini I Crisantemi
(1858-1924)
Antonio Vivaldi Les Quatre saisons (version (1678-1741) recomposée par M. Richter)
Le Printemps – L’Eté –
L’Automne – L’Hiver
Arthur Honegger Pastorale d’été
(1892-1955)
Igor Stravinski Pulcinella (suite)
(1882-1971) 1. Sinfonia
2. Serenata
3. Scherzino, allegretto, andantino
4. Tarantelle
5. Toccata
6. Gavotte (et 2 variations)
7. Vivo
8. Minuetto et finale
Depuis sa création en 1981, le Sinfonietta de Lausanne se distingue par son projet artistique et pédagogique audacieux, par l’esprit résolument original de ses programmes, ainsi que sa manière chaleureuse et décontractée d’aborder la représentation classique. Il s’est avant tout distingué comme tremplin pour « lancer » de jeunes musiciens dans leur future carrière professionnelle à l’instar du jeune soliste de ce soir (né en 1994) qui a étudié avec Renaud Capuçon à la HEMU de Lausanne. Il y a une vingtaine d’années, le Sinfonietta était un des moteurs du renouveau des Concerts de Gland.
Giacomo Antonio Domenico Michele Secondo Maria Puccini, (il porte les mêmes prénoms que son arrière-arrière-grand-père !!!) est d’abord organiste avant qu’une représentation d’Aïda ne lui révèle sa véritable vocation. Il devient l’élève de Ponchielli (auteur de la Gioconda dans laquelle se trouve l’excitante Danse des heures) avant de devenir l’un des plus grands compositeurs d’opéras de la fin du 19ème et du début du 20ème siècle. Absorbé par l’écriture de ses treize opéras, il ne laisse que peu d’œuvres non destinées à la scène, dont ces Chrysanthèmes pour cordes de 1890, dédiées à la mémoire du Duc de Savoie.
A propos de la réécriture du chef-d’œuvre de Vivaldi par Max Richter, compositeur berlinois
Les Quatre Saisons d’Antonio Vivaldi sont les concertos pour violon les plus célèbres et les plus souvent enregistrés du répertoire classique. Pour Max Richter (né en 1966), ce cycle a atteint un point de saturation : entendu partout (dans les téléphones portables, dans les ascenseurs, à la radio, dans les annonces publicitaires à la télévision…), il a perdu de sa force sensible vis-à-vis du public contemporain. La tâche que Richter s’impose est donc de reconfigurer l’écoute de ce chef-d’œuvre.
Suscitant d’abord le scepticisme, le projet de Richter a finalement convaincu des musiciens que la nouvelle perspective donnée à cette œuvre était très réussie et intéressante. Richter a donc réécrit la partition, lui permettant de pénétrer au cœur même des Quatre Saisons, d’en travailler la matière musicale et d’entrevoir ainsi de nouvelles possibilités expressives. Il s’est ainsi emparé de certains extraits pour créer de nouveaux objets musicaux. Bien qu’à trois siècles de distance, certains principes d’écriture des deux compositeurs sont comparables : le travail sur un motif générateur afin de créer l’architecture musicale, l’emploi de répétitions (boucles) et la polyphonie sur une base harmonique stable.
Pastorale d’été est un court et calme poème symphonique qu’Arthur Honegger écrivit lors d’un séjour dans les Alpes bernoises en 1920. C’est à la simplicité de son écriture et à la limpidité de sa forme que cette œuvres doit son succès qui ne s’est jamais démenti. Une transition bienvenue entre Les Quatre saisons « relookées » et le charmant et bouffon Pulcinella.
Pulcinella est une musique de ballet composée par Stravinski en 1919 en réponse à une commande de Diaghilev. La partition est constituée d’emprunts à des œuvres de Pergolèse et d’autres compositeurs italiens ayant vécu près de deux siècles auparavant. Elle inaugure le style « néo-classique » de Stravinski. L’argument reprend les aventures amoureuses d’un jeune séducteur napolitain nommé Pulcinella (le Polichinelle de la comedia dell’arte). Après la création du ballet à l’Opéra de Paris par Ernest Ansermet, Stravinski a « resserré » l’œuvre en une suite pour petit orchestre.
Dans ce retour au « néo-classique », Stravinski exploite le principe du concerto grosso italien, opposant des instruments solistes (le concertino) au reste de l’orchestre (le ripieno). Musicalement le néo-classicisme se caractérise par une simplification de l’écriture et du rythme, le retour à la tonalité et parfois à l’imitation de pièces anciennes.
Crédit photo : Anne-Laure Lechat & Jean-Baptiste Millot