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Pristina - Les grandes puissances connaissaient l'existence d'un trafic d'organes au Kosovo impliquant l'actuel Premier ministre Hashim Thaçi mais ont fermé les yeux, a affirmé Dick Marty. Celui-ci a dit vouloir initier une "dynamique de vérité", en dépit des obstacles au lancement d'une enquête indépendante.
"Je pense que le fait de dire tout haut aujourd'hui ce que tout le monde savait pourrait déclencher une telle dynamique", a déclaré le rapporteur au cours d'une conférence de presse à Paris. Son rapport a été adopté jeudi en commission de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe.
L'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) veut des enquêtes nationales et internationales sur le trafic d'organes présumé au Kosovo. Un projet de résolution a été approuvé à l'unanimité jeudi après le rapport du Tessinois Dick Marty.
Selon le rapport, des responsables de l'UCK, le mouvement indépendantiste kosovar albanais à la fin des années 90, se sont livrés à un trafic d'organes prélevés sur des prisonniers serbes, mais aussi albanais. Ceux-ci auraient été enlevés au Kosovo et conduits en Albanie en 1999 et 2000.
Depuis Belgrade, le procureur serbe pour les crimes de guerre, qui mène depuis trois ans sa propre enquête sur ce trafic, a déclaré que cette affaire pourrait concerner 500 victimes, dont 400 étaient des Serbes et 100 autres des non-Albanais du Kosovo.
Thaçi: un rapport "scancaleux"
Parmi les responsables impliqués figure Hashim Thaçi, actuel Premier ministre du Kosovo, dont le parti a remporté dimanche dernier les premières élections législatives organisées depuis l'indépendance.
Ce dernier a jugé jeudi ce rapport "scandaleux", "plein d'éléments fabriqués et de mensonges qui ne font que recycler une propagande éculée". Il a annoncé des démarches juridiques contre Dick Marty.
L'ancienne procureure du Tribunal pénal international Carla Del Ponte a également réclamé une enquête criminelle "en bonne et due forme". Le rapport "confirme ce que j'avais décrit dans mon livre et va même au-delà. Son ouvrage publié en 2008, intitulé "La chasse", avait conduit le Conseil de l'Europe à ouvrir une enquête.
ATS