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Plus de 60% des matières premières proviennent des pays en développement. Pour bon nombre d’entre eux, l’industrie suisse des matières premières joue un rôle déterminant. Bien que les réserves de matières premières représentent souvent une opportunité de triompher de la pauvreté, de nombreux pays n’arrivent pas à la concrétiser. La Suisse soutient la communauté internationale dans l’élaboration de normes et d’instruments visant à réduire les effets néfastes de l’exploitation et du négoce des matières premières.
En point de mire de la DDC
L’édition 2012 des «Perspectives économiques en Afrique» conclut que le premier Objectif du Millénaire pour le développement, la réduction de moitié de l’extrême pauvreté entre 1990 et 2015, aurait déjà été atteint si les ressources transférées à l’étranger avaient été réinvesties en Afrique. La Suisse se doit de contribuer aux efforts internationaux visant à relever les défis que renferment l’exploitation et le négoce des matières premières. Elle intervient à trois niveaux:
- Elle participe aux débats internationaux et encourage certaines initiatives.
- Elle prend des mesures pour la mise en œuvre de normes internationales en Suisse et procède aux adaptations juridiques nécessaires.
- Par voie directe ou par des canaux multilatéraux, elle aide les pays en développement à améliorer leurs capacités et leur mode de gouvernance aux niveaux national et local.
Contexte
La plupart des pays en développement sont largement dépendants des exportations de matières premières. Selon la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), la part des exportations de matières premières représentaient en 2012 plus de 50% du total des exportations pour 100 pays en développement parmi les 151 que compte le Conseil du commerce et du développement. Dans la moitié des pays africains, cette proportion atteint même 80%. Des réserves considérables de matières premières, connues ou supposées, sont situées dans des pays en développement politiquement instables. L’exploitation et le négoce de matières premières ont de profondes répercussions sur l’économie, l’Etat et la société de ces pays.
Certains pays tels que le Botswana, le Ghana, la Malaisie et la Thaïlande parviennent à utiliser efficacement les ressources existantes pour lutter contre la pauvreté et le sous-développement. Dans bien d’autres, l’exploitation de matières premières depuis des décennies n’a ni permis de parvenir à une croissance économique durable ni à assurer des recettes publiques suffisantes et encore moins à réduire la pauvreté. Au contraire, la fragilité des institutions, la dégradation de l’environnement, la précarité des conditions de travail et la fuite des capitaux à l’étranger caractérisent habituellement ces pays.
Depuis des années, les agences de développement, les gouvernements et la société civile débattent des problématiques liées aux matières premières: contexte, rôles des intervenants, répercussions économiques et origines de la fluctuation des prix notamment.
Autre question qui fait débat: l’inefficacité souvent constatée des institutions étatiques en matière de définition de normes, de réglementation, d’application du droit, de réalisation et de financement de prestations. Enfin, les pratiques préjudiciables à la santé et à l’environnement, l’exploitation de la main-d’œuvre ou la propriété des matières premières sont autant de sources de préoccupation pouvant entraîner violences et conflits guerriers.
Le débat sur les flux financiers en rapport avec l’industrie des matières premières a gagné en intensité. Les avoirs acquis illégalement ou de manière douteuse et leur transfert à l’étranger constituent globalement un obstacle décisif à la croissance économique et à une bonne gouvernance dans les pays en développement. Il est largement admis que le manque à gagner ainsi induit pour les pays en développement dépasse de loin le montant de l’aide publique au développement. Une part considérable de ces flux financiers provient de la production et du négoce des matières premières.