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Débat
Le président. Nous passons maintenant aux pétitions - traitées en catégorie II, trente minutes - en commençant par la P 1980-A. Le rapport est de M. Pascal Spuhler, remplacé par M. Jean-François Girardet, qui ne souhaite pas s'exprimer pour le moment. Madame Klopmann, je vous passe la parole. (Un instant s'écoule.)
Mme Sarah Klopmann (Ve). Merci, Monsieur le président. Excusez-moi, je n'étais pas tout à fait prête, car je pensais que le rapporteur allait s'exprimer ! Je voulais prendre la parole pour quand même défendre un peu cette pétition et surtout rappeler la façon dont le dossier a été traité, parce que - il faut tout de même le dire - c'est assez pathétique.
Effectivement, on peut dire que ce n'est pas dramatique que ces toilettes soient fermées, c'est vrai, parce qu'il y en a d'autres à 200 mètres. En même temps, elles sont utilisées, elles sont nécessaires, mais ce qui est surtout important, c'est de voir à quel point M. Barthassat a fait n'importe quoi dans ce dossier. Il nous a d'abord menti en commission: il nous a en effet indiqué que c'était la commune qui souhaitait les fermer et que c'était elle qui en avait fait la demande, alors que la commune nous a certifié que ce n'était pas le cas. Il a en outre dépensé beaucoup beaucoup d'argent pour faire placer une porte à moitié blindée en vue d'empêcher l'accès aux toilettes, si bien que finalement il a payé plus cher pour l'installation de cette porte fermant les toilettes que pour leur rénovation. Là aussi, on peut un peu s'en étonner ! Et ensuite il a fait travailler ses services pendant je ne sais combien de temps pour monter une convention, et ce dans quel but ? Eh bien pour prêter une clé à une personne d'une seule association. Cela veut dire qu'il monopolise donc l'administration pendant un nombre d'heures incalculable en vue d'une convention pour une clé... Franchement, c'est pathétique. La prochaine fois, il réparera les toilettes dès le début, et tout sera réglé en cinq minutes. Merci.
M. Christian Frey (S). Je vais brièvement intervenir sur ce sujet, qui peut sans doute paraître futile à certains. Cela dit, Mesdames et Messieurs, est-ce que vous avez déjà été dans une situation où vous avez ressenti une envie pressante ? (Brouhaha.) Vous étiez peut-être dans un groupe, vous vouliez monter au Salève et vous avez eu besoin de trouver des WC. Mais la situation ubuesque que nous connaissons et qui a été décrite par ma collègue des Verts, c'est qu'en fait ces toilettes existent mais qu'elles sont tout simplement fermées, bloquées, depuis un certain temps. Pourtant, des solutions sont possibles ! La commune de Veyrier et Mme Luthi, conseillère administrative, proposaient même d'avancer au département de M. Barthassat la somme nécessaire pour la rénovation, c'est-à-dire 100 000 F. C'est magnifique, une commune qui propose ça à l'Etat ! Par ailleurs, à la question de savoir si elle accepterait d'assumer l'entretien de ces WC, Mme Luthi a répondu que oui, que ces dépenses étaient estimées à environ 7000 F et qu'elle serait d'accord éventuellement - sous réserve de l'assentiment de ses collègues, bien sûr - de les prendre en charge. Que peut-on souhaiter de plus ? Il est donc important de renvoyer cette pétition au Conseil d'Etat, afin qu'il sache saisir les bonnes occasions et prendre les bonnes décisions. Je vous remercie.
M. Stéphane Florey (UDC). Je crois qu'il faut le dire sans honte: ce n'est nullement le sujet de l'année, c'est une pétition qui frise le ridicule, et finalement on aurait bien pu se passer d'un tel débat. En effet, les solutions existent, les pétitionnaires le reconnaissent eux-mêmes, puisqu'il y a des toilettes publiques à 150 mètres.
Une voix. 250 mètres !
M. Stéphane Florey. 150 mètres, c'est marqué dans la pétition...
Une voix. On va mesurer !
M. Stéphane Florey. ...je m'en tiens donc aux dires des pétitionnaires ! Simplement, ils expliquent qu'ils ne peuvent pas, soi-disant pour une raison de timing, arriver en bus, parcourir 150 mètres pour aller aux toilettes et repartir, sinon ils vont louper le départ du téléphérique. Mais s'ils se trouvent dans une telle situation, qu'ils prennent un bus plus tôt ! Qu'ils partent plus tôt ! Qu'ils soient prévoyants ! Je ne sais pas, moi, chacun a ses besoins au moment voulu... Toujours est-il qu'on voit bien que le fait de rénover ces toilettes qui, oui, sont dans un état déplorable nous place dans un imbroglio auquel il n'y a pas de solution pour le moment. Nous vous proposons donc de déposer cette pétition sur le bureau du Grand Conseil. Que l'Etat règle ses problèmes avec la commune et que les utilisateurs potentiels fassent 150 mètres supplémentaires, sachant que la marche, en plus, c'est bon pour la santé, c'est bon pour le coeur ! Incitons donc ces gens à parcourir 150 mètres de plus, la république ne s'en portera que mieux. Je vous remercie.
M. Raymond Wicky (PLR). Je dois dire que les paroles de mon collègue Christian Frey ont généré chez moi une envie pressante, mais de parler, seulement ! (Exclamations.) Sans vouloir rallonger les débats, je vais rebondir sur les propos de ma collègue Sarah Klopmann. C'est vrai qu'une usine à gaz a été montée dans ce dossier, on l'a bien vu à la commission des pétitions, mais nous estimons malgré tout... (Remarque.) Ah oui, le gaz, c'était assez logique, évidemment ! Notre groupe estime que ça ne nécessite pas pour autant un renvoi au Conseil d'Etat, raison pour laquelle nous avons soutenu le dépôt sur le bureau, ou respectivement combattu le renvoi au Conseil d'Etat, ce que nous allons à nouveau faire au moment du vote. Merci.
M. Jean-François Girardet (MCG), rapporteur ad interim. Mesdames et Messieurs les députés, chers collègues, la commission a jugé intéressant et utile de renvoyer cet objet au Conseil d'Etat. Du reste, M. Luc Barthassat avait formulé des propositions et des solutions qui seront encore maintenues, notamment la mise à disposition d'une clé pour accéder directement à ces WC en cas de besoin. Et bien sûr cette solution pourrait aussi être secondée par un entretien régulier de la commune, qui est tout à fait disposée à s'en occuper. Je crois que les TPG accepteront sans doute également cette solution, afin que ces toilettes, qui sont mises à disposition des conducteurs TPG, puissent rester propres et ne soient pas souvent - trop souvent - vandalisées ou victimes de déprédations de la part des utilisateurs, qui en font souvent un mauvais usage. Pour toutes ces raisons, la commission - en tout cas dans sa majorité - vous propose de renvoyer cette pétition au Conseil d'Etat.
Le président. Merci, Monsieur le député. La parole n'étant plus demandée, nous allons voter sur les conclusions de la commission, à savoir le renvoi au Conseil d'Etat.
Mises aux voix, les conclusions de la commission des pétitions (renvoi de la pétition 1980 au Conseil d'Etat) sont adoptées par 45 oui contre 32 non.