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Arrêté en mai 2000 à Zurich, Gerardo Cuomo, boss présumé de la contrebande de cigarettes, tente par tous les moyens de s'opposer à son extradition en Italie. Il a demandé à la justice tessinoise l'ouverture d'une nouvelle enquête pénale contre lui. Mais le Parquet de Lugano n'a pas, pour l'instant, donné suite à cette requête.Ce contenu a été publié le 10 février 2001 - 16:59
L'Office fédéral de la justice avait donné son feu vert à l'extradition le 27 novembre dernier, mais seulement pour l'accusation de participation à une organisation criminelle. La Suisse avait cependant refusé d'y adjoindre l'accusation de trafic de cigarettes avancée par les autorités italiennes. Selon le droit suisse, il s'agit en effet d'un délit fiscal pour lequel l'extradition ne peut être accordée.
Le suspect avait alors déposé un recours au Tribunal fédéral (TF) pour contester cette décision. Il avait également demandé à la Haute Cour que la procédure d'extradition soit gelée jusqu'à ce que la procédure pénale ouverte au Tessin ait été menée à terme. Dans un arrêt publié samedi, le TF a refusé cette demande, toutefois sans statuer sur la demande d'extradition qui fera l'objet d'un jugement ultérieur.
C'est dans cette décision incidente diffusée samedi, en rapport avec la demande d'extradition italienne, que le Tribunal fédéral (TF) a révélé que Gerardo Cuomo demande à la justice tessinoise d'ouvrir une enquête contre lui pour participation à une organisation criminelle et blanchiment d'argent.
Mais le TF refuse de suspendre l'examen du recours contre l'extradition. Motif invoqué: pour l'instant, aucune enquête n'est ouverte au Tessin pour ce genre d'accusations.
La demande a été adressée ces jours-ci au Ministère public tessinois, suite à une saisie intervenue en janvier, a expliqué Mauro Mini, l'avocat du présumé contrebandier. Aucune précision n'est toutefois donnée sur les nouveaux éléments qu'elle aurait apportés aux enquêteurs.
Si la justice tessinoise donnait suite à sa requête, Gerardo Cuomo serait poursuivi en Suisse, et non seulement en Italie, pour participation à une organisation criminelle. Or, selon le traité européen d'extradition, un Etat peut refuser de livrer un suspect lorsqu'il enquête lui-même pour des infractions contenues dans la demande d'extradition.
L'extradition de Cuomo pourrait prendre du temps car la procédure pénale ouverte au Tessin a la priorité sur la demande des autorités italiennes. L'extradition ne pourra donc intervenir au plus tôt que lorsque le maintien en détention de l'Italien sera levé par la justice tessinoise.
Au Tessin, Gerardo Cuomo est à l'origine de la destitution en octobre dernier du juge Franco Verda, qui a entretenu des liens étroits avec l'homme d'affaires napolitain. Ce dernier doit répondre dans cette affaire de complicité de corruption passive et d'infractions répétées à la loi sur le séjour et l'établissement des étrangers.
swissinfo avec les agences
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