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Vénus est parfois appelée la « planète sœur » de la Terre en raison des similitudes relatives de leurs diamètres, de leurs masses respectives et de leur proximité par rapport au soleil (voir illustration ci-dessous). Mais les points communs s’arrêtent là : le champ magnétique de Vénus et bien plus faible que celui de la Terre, elle possède une atmosphère beaucoup plus dense, composée de dioxyde de carbone à 96%.
La taille de la Terre comparée à celle de Vénus [Wikipedia]
La pression atmosphérique est 92 fois supérieure à celle de la Terre, ce qui équivaut à la pression ressentie à 900 mètres sous l’eau. Un jour vénusien dure par ailleurs 243 jours terrestres, ce qui veut dire que n'importe quel point de sa surface est brûlé par le Soleil pendant des périodes relativement longues.
Vénus est enfin la planète la plus chaude du système solaire, avec une température moyenne de 462°C. Et c’est là que se situe le problème : avec des températures aussi élevées, la vapeur d’eau ne parvient pas à se condenser, ce qui rend impossible la formation des pluies et donc celles des océans.
Une planète au passé mystérieux
Pour les chercheurs, le passé de la planète reste cependant assez mystérieux. Dessuggèrent que Vénus aurait pu autrefois bénéficier de températures plus clémentes, compatibles avec des phénomènes de condensation, ce qui aurait rendu possible la formation des océans. Mais tel n’a probablement pas été le cas:
Une équipe de chercheurs du CNRS et de l’Université de Versailles Saint-Quentin a démontré par la modélisation que les températures n’ont jamais réussi à s’abaisser suffisamment pour permettre à des précipitations de se produire. Et que la couverture nuageuse a joué un rôle déterminant.
"Le seul endroit de la planète sur lequel il ne faisait pas trop chaud, c'était du côté nuit. Et en plus, très haut dans l'atmosphère, du côté de la stratosphère", explique Jérémy Leconte, chercheur au Laboratoire d'astrophysique de Bordeaux et co-auteur de l’étude. « Des masses d'air chargées en vapeur d'eau ont pu y arriver depuis le côté jour. Elles ont alors formé des nuages, mais qui sont restés localisés du côté nuit ».
La présence de nuages du côté nuit uniquement n'a pas permis aux océans de se former sur Vénus (à gauche). Tel n'a pas été le cas sur Terre (à droite). [RTS]
A l’instar de ce qui se passe sur Terre, la présence de nuages limite en effet le rayonnement solaire durant la journée, ce qui permet aux températures de s’abaisser. A l’inverse, la présence de nuages durant la nuit limite le rayonnement nocturne – qui est généré cette fois de la Terre – ce qui empêche la chaleur se dissiper vers l’atmosphère.
La présence de nuages sur la face obscure de Vénus uniquement a donc contribué au maintien de températures particulièrement élevées dans l’atmosphère. Ce qui conforte l’idée que les océans n’ont jamais réussi à se former.
Pour confirmer leurs résultats, les chercheurs français attendront néanmoins les données que pourront recueillir sur place les missions qui seront bientôt lancées vers Vénus, comme les missionset de la Nasa, ou de l’Agence spatiale européenne.
Philippe Jeanneret, avec la revue