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14 octobre 2000: une coulée de boue emporte un tiers des habitations du village de Gondo, proche de la frontière entre la Suisse et l’Italie. Elle tue treize personnes. Les 165 survivants sont évacués. Une décennie plus tard, le village a fait son deuil et le souvenir ne hante plus les habitants au quotidien. Comme chaque année depuis, une célébration commémorative est prévue ce jeudi.
Gondo a longtemps pu compter sur son poste frontière, avec l'Italie, qui fournissait emplois et habitants. Mais les employés n'ont plus l'obligation de loger sur place. A part les natifs de l'endroit, ils ne sont plus revenus après la catastrophe.
Cet exode aurait eu lieu aussi sans la dramatique coulée de boue de l'an 2000, explique le président de la commune Roland Squaratti. Il aurait peut-être été moins rapide. En dix ans, Gondo a perdu une soixantaine d'habitants. Ils sont désormais une petite centaine, dont quatre enfants.
Et pourtant la commune est économiquement saine. Elle n'a aucune dette, offre 65 places de travail et ses perspectives de développement sont plutôt bonnes grâce à un développement touristique difficilement imaginable il y a dix ans.
L'existence de Gondo ne semble pas menacée. Le village est un lieu de transit important. Près de 100'000 camions, et davantage de voitures, y passent chaque année. La commune peut se reposer financièrement sur des revenus hydro-électriques intéressants.
Pour Roland Squaratti, la vie de la commune a quelque peu changé depuis la catastrophe. Et pour la maintenir en vie, les habitants s’efforcent de participer aux associations locales. «Nous travaillons plus, aussi, avec la commune voisine du Simplon en matière d’école, de poste et autres - une mentalité régionale s’est développée entre les deux.»
Le Président de Gondo relève aussi les mesures techniques (drainage, forages de protection) prises pour éviter que le drame ne se répète. «Depuis l’introduction de ces mesures, il a plu très fort à trois ou quatre reprises et nous avons pu constater leur validité. Ce qui a ramené la confiance», indique-t-il à swissinfo.ch.
Ce jeudi, dans la parois d'où est partie la coulée, treize étoiles seront allumées et le resteront jusqu'à Noël en mémoire des treize victimes.
swissinfo.ch et les agences