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L'initiative populaire "pour une immigration modérée" (initiative de limitation) demande que la Suisse puisse régler de manière autonome son immigration. La libre circulation avec l'Union européenne (UE) et l'Association européenne de libre-échange (AELE) devrait être à nouveau négociée. Si le Conseil fédéral n'y parvient pas dans un délai d'un an, il devrait renoncer à l'accord.
L'abolition de la libre circulation des personnes mettrait également fin à six autres accords, liés par une clause guillotine, à savoir l'ensemble du paquet des Bilatérales I, selon les opposants. L'UDC doute toutefois que tous ces accords cesseraient d'être appliqués. L'UE profite elle-même beaucoup des accords bilatéraux, estime le parti.
La prospérité est menacée par la libre circulation
L'UDC se bat contre une immigration "incontrôlée". Si la libre circulation des personnes n'est pas abolie, le marché du travail, les services sociaux et les infrastructures seront mis à rude épreuve, selon les initiants. Un million d'immigrants en treize ans, dont deux tiers en provenance de l'UE, c'est clairement trop, a déclaré Albert Rösti, alors encore président de l'UDC, durant la campagne. "Nous ne voulons pas devenir des étrangers dans notre propre pays". De moins en moins d'élèves ont par exemple l'allemand pour langue maternelle, a-t-il relevé.
L'UDC a lancé sa campagne avec le slogan "Trop c'est trop". La Suisse est un petit pays, dans lequel on ne peut pas faire entrer toujours davantage de gens, estiment les initiants. Il en résulte des trains surchargés, toujours plus de bétonnage et de plus en plus d'embouteillages. Des élus tessinois ou genevois attirent l'attention sur les problèmes liés à la libre-circulation des personnes dans leurs cantons respectifs: sous-enchère salariale, hausse des loyers et chômage élevé.
Pas "la chute de la Suisse"
Et l'UDC se veut rassurante quant aux conséquences possibles de son texte: même en cas de résiliation de la libre circulation, cela ne serait pas la "chute de la Suisse". Divers accords de libre-échange et des ententes avec l'Organisation mondiale du commerce (OMC) suffisent pour maintenir en vie l'économie d'exportation de la Suisse.
De plus, l'UDC ne réclame pas une immigration zéro, mais simplement une limite, précise-t-elle. Pour cette votation, le parti n'est guère soutenu que par l'Action pour une Suisse indépendante et neutre (ASIN).
Front commun des autres partis
Tous les autres partis représentés au Parlement fédéral font front commun contre l'UDC. A leurs yeux, l'initiative menace non seulement l'économie, mais aussi la recherche ou encore le bien-être des Suisses. Un "oui" dans les urnes le 27 septembre entraînerait la chute de six autres accords des Bilatérales I, et les conséquences pour l'économie seraient graves.
L'accès de nos marchandises et services au marché européen serait grandement restreint, selon les opposants. Or, plus de la moitié du commerce extérieur suisse s'écoule en Europe et 65% des importations en proviennent. Selon une étude de BAK Economics, la fin des bilatérales entraînerait un repli cumulé du PIB jusqu'à 630 milliards de francs d'ici 2035.
Infirmiers étrangers indispensables
La Suisse a besoin des bilatérales, et pas seulement d'un point de vue financier, martèlent les opposants au texte. La Suisse a toujours eu besoin d'une main-d'oeuvre qualifiée venue de l'étranger. La pandémie de coronavirus a montré cette nécessité, en particulier dans les hôpitaux et l'agriculture.
Symbole de l'unité face au texte de l'UDC, la conseillère fédérale Karin Keller-Sutter a lancé sa campagne entourée de représentants des syndicats et des employeurs. L'économie suisse est florissante grâce à la voie bilatérale, a souligné la ministre. Et les entreprises ont besoin de stabilité.
Protection des salaires
Pour l'Union syndicale suisse, l'acceptation de l'initiative menacerait les salaires et les emplois en Suisse, car la libre circulation est liée aux mesures d'accompagnement adoptées pour en atténuer les conséquences. Cela permet à la Suisse de disposer du "meilleur système de protection des salaires en Europe", souligne l'USS.
Lors dumandaté par la SSR, publié le 20 août, une majorité de la population suisse (61%) rejetait l'initiative, contre 35% qui l'acceptaient.
ats/jpr