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Présidence ASF: "évolution, pas révolution"
16.05.2019
"Le football a toujours été un fil rouge de ma vie", assure Dominique Blanc, candidat à la présidence de l'ASF.
Le Vaudois entend porter à Muri la voix du peuple, à savoir celui de la Ligue amateur dont il est le président et le porte-étendard.
Ce Lausannois a bâti toute sa carrière dans l'entrepreneuriat, ayant lancé plusieurs sociétés actives essentiellement dans la construction. Ses fonctions de directeur commercial l'ont également conduit sur les routes de France et d'Espagne, le contraignant dtemps à autre à endosser le costume du "méchant". "Je devais parfois créer une société à partir de six ou sept existantes", détaille-t-il.
En parallèle, Dominique Blanc découvre le football et s'y éprend. Son ascension se fait moins grâce à ses qualités balle au pied - il est resté un modeste joueur de petites ligues - que sifflet en bouche. "J'étais de retour d'Angleterre quand j'ai repris le foot, à l'Olympique Riponne. Or, au cours d'un match, on a sifflé contre moi un penalty totalement injustifié. J'ai dès lors su que je voulais être arbitre." Il avait 25 ans.
"Valeurs parfaites"
Le Vaudois officiera jusqu'en 1re ligue et fera même partie d'un trio de Ligue nationale. Inspecteur, instructeur, directeur de la commission des arbitres de l'Association vaudoise (ACVF), il accédera au comité central de cette dernière en 2000, puis à la présidence en 2007. Jusqu'à devenir le président de la Ligue amateur en 2015, entrant ainsi au comité central de l'ASF, dont il est de facto un des vice-présidents.
"Je voulais apporter ma contribution sociale, mais je n'avais aucune envie de me lancer dans la politique, explique le Lausannois. Or les valeurs du football étaient parfaites car ce jeu est apolitique, laïc et ne laisse pas de place aux discriminations. Il est question de sport et de santé publique, de réussite individuelle et collective, de joie de vivre et de ciment social."
Diriger une association cantonale puis une section de l'ASF et, peut-être, la Fédération nationale ressemble toutefois fort à de la politique. "Il faut distinguer deux choses. L'idéalisme qu'incarne le football et le pragmatisme nécessaire pour diriger."
L'âge en question
Dans une élection encore très incertaine, Dominique Blanc incarne ce qui est probablement le seul véritable point de repère. Car, porté par les 47 voix de la LA (contre 28 à la SFL de Jean-François Collet et 26 à la 1L de Kurt Zuppinger), le Vaudois sera à n'en pas douter au 2e tour samedi. Pas sûr néanmoins que le soutien, du moins au 1er tour, des délégués du monde amateur suffise pour en faire le successeur de Peter Gilliéron.
Car la candidature de Dominique Blanc, qui passe dans les arcanes de l'ASF pour un fin connaisseur des différents dossiers et s'appuie sur un réseau fourni dans tout le pays, interpelle: le Lausannois a 69 ans. Sachant que l'UEFA a fixé à 70 ans la limite pour pouvoir siéger dans ses diverses commissions, le patron du football suisse en serait donc interdit.
"Je vois cela plutôt comme un avantage, rétorque l'intéressé. D'autres membres du comité central iront et cela nous permettra de placer non pas un mais plusieurs représentants à l'UEFA. Et puis, on me dit souvent que je déborde d'énergie malgré mon âge. Je serai donc en mesure de réaliser plusieurs mandats."
ats