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La salle de préhistoire donne à voir une multitude de pièces archéologiques se rapportant aux sites de la région, de la plus ancienne occupation d’Yverdon vers 4'000 av. J.-C. jusqu’à la fin de l’âge du Bronze (850 av. J.-C.). Une partie des trouvailles est mise en contexte par l’artiste yverdonnois Patrick Savary sur des panneaux peints représentant des scènes de la vie quotidienne. Ils montrent que dès le Néolithique les populations vivaient principalement de l’agriculture et de l’élevage et qu’elles s’abritaient dans des maisons sur pilotis regroupées au bord du lac de Neuchâtel. Au nombre des pièces de l’âge du Bronze (1800 à 850 av. J.C.) figurent des dizaines d’objets, armes, outils et parures réalisés dans ce métal, ainsi que l’une des plus grandes pirogues de Suisse, longue de plus de 11 m, trouvée à Corcelettes en 1880.
Entièrement modernisée en 2006, la section d’archéologie propose en guise d’introduction un premier espace où sont relatés, par le biais d’audiovisuels, des éléments essentiels de l’histoire et de la géographie régionales. Dans une seconde et vaste salle, le parcours s’égrène au fil d’une multitude de pièces archéologiques de très grande qualité, de panneaux, de reconstitutions et de maquettes, pour renseigner le visiteur sur l’histoire de la région au cours de trois grandes périodes: l’époque celtique qui voit Yverdon se développer dès le 5e siècle av. J.-C. comme un carrefour international de première importance. L’agglomération est dotée d’un rempart vers 80 av. J.-C. et un oppidum est édifié quelques décennies plus tard sur la colline de Sermuz, à 3 km au sud; l’époque romaine ensuite, au cours de laquelle Yverdon/Eburodunum devient une bourgade prospère, tandis que de vastes établissements agricoles – les villae – sont édifiés dans les campagnes; le Bas-Empire et le Haut Moyen Age enfin, avec la construction, par le pouvoir romain, d’un castrum à Yverdon vers 325 apr. J.-C. pour contrer les incursions germaniques. Au cours des siècles qui suivirent, les Burgondes et les Francs furent assimilés par les indigènes gallo-romains, ce que démontre très explicitement le matériel exposé issu des quelque 300 tombes de la nécropole du Pré de la Cure à Yverdon-les-Bains. Enfin, le dernier secteur de cette salle est consacré à la riche villa d’Yvonand-Mordagne, l’un des plus somptueux domaines ruraux du Plateau suisse par la qualité de son architecture et de ses ornements.
L’aile ouest du château, actuellement en cours de réorganisation, accueillera dans les années à venir une présentation des époques médiévale et moderne d’Yverdon et de la région.
La nouvelle maquette de l’Yverdon médiéval (format PDF)
L’aile nord du château, rénovée à l’orée du 3e millénaire, propose une présentation de l’histoire régionale des 19e et 20e siècles. Objets, textes, images et montages audiovisuels mettent en lumière différents aspects de cette période qui a forgé notre environnement actuel: la vie politique et sociale de la fin du 18e et du début du 19e siècle, avec ses révolutions et la formation du Canton de Vaud; les grands chantiers du 19e siècle, tel l’assainissement de la plaine de l’Orbe; les Bains d’Yverdon, qui connurent une période particulièrement faste autour de 1900; les trois décennies qui suivirent la Deuxième Guerre mondiale, époque durant laquelle Yverdon se transforma en cité industrielle et ouvrière; l’école des années 1970, enfin, marquée par de profonds changements dans les pratiques pédagogiques. Ce dernier thème a été traité en collaboration avec la Fondation vaudoise du patrimoine scolaire.
Une salle consacrée à Johann Heinrich Pestalozzi rappelle que le grand pédagogue vécut et dirigea son institut de jeunes gens et de futurs enseignants dans le château d’Yverdon de 1805 à 1825. Durant ces vingt années, J. H. Pestalozzi poursuivit ses réflexions sur l’éducation et tenta de les perfectionner, se posant en véritable précurseur d’une pédagogie fonctionnelle et active, dans laquelle chacun pouvait forger sa personnalité et conquérir son indépendance d’esprit.
Divers objets ayant appartenu à l’éducateur-humaniste sont exposés dans cette salle, comme son secrétaire, sa table ronde, sa Bible ou encore le drapeau de son institut.
Une tour du château abrite une collection d’antiquités égyptiennes comprenant l’ensemble funéraire le plus complet conservé en Suisse: la momie du prêtre Nes-Shou et son trousseau funéraire, d’époque ptolémaïque (vers 200 av. J.-C.). Le musée doit la plupart de ces pièces à Edwin Simond bey, un Yverdonnois émigré en Egypte au 19e siècle. Ce passionné d’égyptologie fit de nombreuses recherches sur le sol égyptien, remettant ses découvertes aux institutions officielles du pays. En guise de remerciements, E. Simond reçut Nes-Shou qu’il offrit à son tour à Yverdon, sa ville d’origine, dans le désir de contribuer au développement culturel de la cité.