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Autres vues aériennes de Morrens
Au commencement du XVe siècle, François de Russin était seigneur de Morrens sous la mouvance de l'évêque de Lausanne. Une branche genevoise de la famille Russin eut une importance plus considérable que la branche vaudoise. En 1535, l'évêque Sébastien de Montfalcon inféoda la seigneurie à son maître monnayeur, Jean Réa, avec la juridiction sans droit de glaive. En 1594, Gabriel Raphaël, fils de Jean Réal vendit la seigneurie à Daniel de Saussure, dont les descendants la gardèrent jusqu'à la Révolution. C'est à cette famille qu'a appartenu Horace-Bénédict de Saussure qui, le premier, fit l'ascension du Mont-Blanc.
Le château a été construit par Marc-Antoine de Saussure en 1696. Philippe Beat de Saussure en fut le dernier propriétaire avant les communiers de Morrens qui en firent l'acquisition en 1804.
Le château est aujourd'hui le siège de l'administration communale.
Jean-Daniel Abraham DAVEL
Le patriote sans patrie
Fils de François-Daniel Davel, pasteur à Morrens de 1658 à 1676, Jean-Daniel Abraham Davel naquit à la cure du village et fut baptisé, par son père, au temple de Morrens, le 20 octobre 1670. Le Major Davel, notaire de son état, est une figure emblématique de l'histoire vaudoise. Le 1er avril 1723, à la tête de trois compagnies d'infanterie et de dragons de Lavaux dont il a le commandement, il se rend à Lausanne avec l'intention de renverser l'autorité bernoise. Avec une certaine naïveté, il croit pouvoir compter sur les autorités du chef-lieu qui, après avoir feint d'entrer dans ses vues, envoient un messager à Berne et le font arrêter pour crime de haute trahison.
Soumis à la question, il fut jugé par un tribunal lausannois, condamné à avoir la tête tranchée et exécuté, le 24 avril 1723 après avoir prononcé, sur l'échafaud de Vidy, un discours dont le texte a été conservé et qui commence par cette phrase : "C'est ici le plus beau jour de ma vie...".
Précurseur incompris et solitaire (torturé à plusieurs reprises, il a toujours affirmé ne pas avoir eu de complices) il est mort pour une indépendance vaudoise que personne, à cette époque, ne semblait souhaiter ! C'est un personnage étrange, mystique, assurément très courageux, qui a agi sous l'impulsion de sentiments sur la nature desquels, aujourd'hui encore, on peut s'interroger. Une plaque de marbre placée le 14 avril 1903 sur la façade de la cure de Morrens invite à se souvenir de son sacrifice inutile. Le trois centième anniversaire de sa naissance a été célébré avec éclat à Morrens le premier dimanche du mois de septembre 1970. Une inscription à l'intérieur du temple commémore cet événement.
www.morrens.ch
Bibliographie