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Qu'est-ce à dire? Lorsque l'on considère le résultat des élues parmi les candidates pour la Constituante, la moitié du tiers présenté, il y a de quoi se poser des questions.
Le message est clair, il tombe net. Qu'est-ce qui fait que les femmes ne se placent pas davantage sur la scène publique? Déjà, comme candidates, elles avaient l'invitation de se présenter et de proposer leurs programmes, seule une minorité l'a fait. Ensuite, en votant, fort probablement ce sont bien des femmes qui ont retiré la moitié de leurs semblables du jeu. Par conséquent, que ce soit pour se mettre en avant autant que pour mettre leurs voisines en avant, les femmes se retiennent ou se retirent et ne se font confiance ni à elles-mêmes ni aux autres.
Bien des paramètres sont en jeu et il vaut la peine de les étudier afin d'apprendre à évoluer suffisamment pour que nous puissions être vues, regardées et écoutées! A ce moment-là, il n'est plus besoin de parler de quota car la place sera dévolue naturellement à la femme qui montrera son envergure. Il est vrai que certaines y sont parvenues! D'une part, elles sont trop peu nombreuses, d'autre part, on peut se demander si une partie d'entre elles ont utilisé des modes masculins pour le faire, ce qui ne stimule pas forcément les autres femmes.
Dans notre culture où nous sommes passablement façonnées sur un mode masculin, il est difficile pour une femme de développer ses énergies féminines. Du reste, ces énergies ne sont pas le propre des femme puisqu'elles sont aussi à la disposition des hommes; simplement la femme y a plus naturellement accès. Dans ces énergies, nous y trouvons, à la base, la réceptivité, en contre-balance avec l'émissivité masculine. Dans notre culture, nous développons un maximum l'action, de la consommation au sport, de la situation professionnelle à la situation économique, bref, dans l'organisation de notre temps nous donnons bien plus de place au faire qu'à l'être, à l'activité qu'à la contemplation.
A la question « Qui suis-je? » de tous les temps, nous avons substitué « Que suis-je? ». Quelqu'un dont on dit qu'il a réussi est quelqu'un qui possède différents biens mobililers ou immobiliers, plutôt que celui qui est rayonnant et avec qui l'entourage se sent bien.
C'est aux énergies féminines de l'être humain, alliées aux forces masculines, qu'il appartient de conduire les individus à cette dimension ontologique.
Tant que les femmes voudront imiter les hommes dans leurs modes de faire et dans leurs pratiques de concurrence, elles ne feront que les plagier et ne présenteront pas leur puissance propre en qui tout un chacun peut avoir confiance.
Si nous mijotons de bons petits plats dans nos casseroles, c'est dans les chaudrons de la vie que nous libérerons nos potentiels aptes à nous manifester de façon constructive dans la société politique!