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C’est seulement en 1919, après l’introduction du nouveau droit canonique (1917) que le Grand Conseil du Canton du Valais renonça à son prétendu droit à l’élection de l’évêque dont il avait usé pendant des siècles en dépit de toutes les prescriptions canoniques.
Le Chapitre des chanoines renonça en même temps, par esprit d’obéissance, à son droit d’élire l’évêque. À titre de consolation, bien modeste, il est vrai, les chanoines reçurent le privilège de porter un camail rouge et une croix pectorale dorée.
Le premier évêque qui ne fut ni élu par le Chapitre des chanoines, ni par le Grand Conseil, fut Victor Bieler, nommé directement par le pape en 1919.
Lors de l’élection épiscopale du 17 décembre 1604, les députés des dizains revendiquèrent pour eux-mêmes le droit d’élire l’évêque tandis qu’on reconnaissait au Vénérable Chapitre de Sion le droit de présenter la candidature de trois ou quatre chanoines. Ce qui fut fait. Après quoi, la Diète élut comme prince et Seigneur de Sion, Préfet et Comte du Valais, Adrian II de Riedmatten.
C’est ainsi que furent choisis durant les trois cents ans qui suivirent et ce, jusqu’en 1918, tous les évêques de Sion. Rome n’a jamais reconnu ces prétentions de la Diète du Valais et l’élection fut chaque fois déclarée nulle. Le pape a malgré tout fini par confirmer les évêques élus par la Diète depuis Adrian II de Riedmatten (1604) jusqu’à Jules-Maurice Abbet (1901). Seul Bartholomé Supersaxo ne reçut pas en 1636 la confirmation de Rome. Le Chapitre des chanoines a toujours essayé, mais sans succès, de faire supprimer l’élection de l’évêque par la Diète.
En 1752, la Diète avait même tenté d’enlever au Chapitre le droit de proposition et de présentation et de donner directement au pape le nom du candidat élu. Finalement, quand les chanoines cherchèrent à élire seuls le nouvel évêque selon le droit canonique, les magistrats cédèrent et Hildebrand Roten fut élu évêque conformément à ce qui fut fait jusque là.) Même quand la révolution française supprima l’autorité des anciens dizains et prit à l’évêque les quelques droits qui lui restaient comme Comte et Préfet du Valais, la Diète de la République du Valais continua de s’immiscer dans l’élection de l’évêque.
La constitution de 1907 prévoyait encore à l’article 44 : » Le Grand Conseil procède aux nominations qui reviennent à l’autorité de l’État ». L’élection de l’évêque en faisait partie.
Expulsés du Valais en 1496, Jost de Silenen se vit contraint de déclarer qu’il voulait introduire une requête auprès du Saint Siège pour la reconnaissance de son successeur. Il reviendrait aux députés ou aux communes de nommer l’évêque, en accord avec le Chapitre.
Il semble que ce fut bien de cette manière tout à fait contraire au droit canonique que Nicolas Schiner fut élu évêque. Le pape Alexandre VI finit malgré tout par confirmer cette élection. Quand Nicolas Schiner abdiqua pour raison d’âge en 1499, son neveu, Matthieu Schiner, fut directement élu par le pape. Cette élection fut quand même reconnue par le Chapitre des chanoines et par la Diète mais uniquement à la condition expresse que cette élection extraordinaire ne porterait par préjudice à l’avenir au droit d’élection du Chapitre et de la Diète.
Quand la nouvelle de la mort du cardinal Matthieu Schiner, frappé par la peste le 1er octobre à Rome, parvint à Sion, le 11 octobre 1522, le Grand Baillif (président de la diète), Anton Wyss, convoqua immédiatement la Diète.
L’élection du nouvel évêque eut lieu le 20 octobre et la Diète fit rédiger un acte notarié stipulant que « le Vénérable Chapitre et la Diète, selon l’ancienne tradition, se sont entendus pour élire Monsieur Philippe am Hengart comme évèque de Sion, Préfet et Comte du Valais. » Mais, comme l’évêque élu ne put obtenir de confirmation de Rome, il démissionna en 1528. Son successeur, Adrian 1er de Riedmatten, fut vraisemblablement élu conjointement par le Chapitre et par la Diète, de même que ses successeurs.
Quand, en 1378, deux papes furent élus, le Haut Valais fit recours auprès du pape de Rome tandis que le Bas Valais, soumis à la Savoie, s’adressa au pape d’Avignon. Plusieurs candidats se battirent alors pour le siège épiscopal de Sion.
Le Concile de Constance, qui mit un point final au schisme d’occident, nomma finalement André de Gualdo évêque de Sion. Ce fut en 1418. C’est lors de l’élection de Guillaume VI de Rarogne au siège épiscopal de Sion, en 1437, par le Chapitre des chanoines que la Diète (parlement formé des députés des sept dizains) entra pour la première fois en scène. Dans leur lutte pour l’indépendance, les patriotes voulaient exercer leur influence sur l’élection de l’évêque qui n’était pas seulement chef spirituel du diocèse de Sion mais aussi chef temporel du Valais. Il fut donc convenu que le Chapitre élirait l’évêque selon les règles canoniques tandis que la diète confirmerait l’élection.
Lorsque Henri Esperlin fut élu évêque par le Chapitre en 1415, les patriotes exigèrent qu’il reconnaisse l’Article de Naters (1447) limitant le pouvoir temporel de l’évêque. Le pape Nicolas V déclara l’élection nulle et nomma Guillaume d’Étain au siège épiscopal de Sion. Ce dernier n’obtint cependant aucune reconnaissance en Valais au point que le pape fut contraint en 1454 de confirmer l’élection d’Esperlin.
Il en fut de même pour Walter Supersaxo en 1457 et pour Jost de Silenen en 1482.
Au milieu du 13e siècle, le Chapitre des chanoines de Sion était souvent très divisé pour l’élection de l’évêque. Tandis que les uns soutenaient les intérêts du duc de Savoie, les autres s’engageaient pour l’indépendance du Valais.
À plusieurs reprises, deux évêques furent élus. Ce, jusqu’à ce que le pape Jean XXII, en 1323, retira au Chapitre des chanoines le droit d’élire l’évêque de Sion et en réserva la nomination au Saint-Siège.
À la fin de la querelle des investitures (Concordat de Worms, 1122), une influence moindre du pouvoir séculier sur l’élection de l’évêque rendit possible l’élection libre de l’évêque par le Chapitre des chanoines.
Le 4e Concile du Latran en 1215 entérina ce droit du Chapitre à élire les évêques.
Aucun renseignement fiable ne nous est parvenu quant à l’élection saint Théodule, premier évêque connu du diocèse (mentionné en 381) et de ses successeurs. À l’époque, c’était normalement le clergé qui, avec l’accord du peuple, élisait l’évêque. La confirmation de l’élection devait se faire par l’archevêque de Vienne (France) et, depuis la fin du 8e siècle, par l’archevêque de Tarantaise. En 1513, l’évêché de Sion fut déclaré exempt et placé directement sous l’autorité de Rome.
Les rois de Bourgogne ont largement influencé l’élection de l’évêque après la fondation de l’abbaye de St-Maurice en 515 par le roi Sigismond. Au 8e et 9e siècle, de nombreux évêques de Sion étaient en même temps abbés de St-Maurice. Quand le dernier roi de Bourgogne, Rodolphe III, eut donné en 999 le comté du Valais à l’évêque Hugues de Sion et à ses successeurs, les évêques sont devenus princes du Saint Empire Romain Germanique.
Dès lors, les empereurs d’Allemagne ont aussi tenté d’exercer leur influence sur l’élection de l’évêque.