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Dans une vingtaine de pays, dont la Suisse, les 14-19 ans sont appelés à faire travailler leurs neurones, voire à laisser libre cours à leur sens artistique. Comme thème de leur concours annuel grand public, le CERN, l'Agence spatiale européenne et l'Organisation européenne pour la recherche en astronomie ont choisi «La Vie dans l'Univers».
C'est une nouveauté: cette année, ce concours s'adresse non seulement aux scientifiques, mais également aux artistes. Les organisateurs ont donc admis l'importance de la part du rêve.
Les jeunes pourront donc traiter le thème des extraterrestres en laissant libre cours à leur imagination. Et toutes les formes sont admises: pièce de théâtre, œuvre musicale, peinture, sculpture, photographie, roman, nouvelle, poème.
Et pour ne pas hypothéquer les chances des jeunes qui concourent, cette catégorie artistique fera l'objet d'un classement séparé. Et elle bénéficiera d'un grand prix pour elle seule.
Pour l'autre catégorie - la scientifique - la démarche est tout autre. Ici, il faudra tenir compte de ce que la science nous a déjà appris. Or, dans le domaine de la vie extraterrestre, les hypothèses sont nombreuses. Et les certitudes impossibles à vérifier.
On sait, par exemple, que le carbone, élément relativement abondant dans l'univers, a la faculté de former de très longues chaînes sur lesquelles viennent s'accrocher de nombreux atomes différents.
Ces molécules de composés carboniques, véritables «briques élémentaires» de la vie, peuvent se former dans le vide de l'espace. On en a trouvé la trace sur des météorites.
On sait, par ailleurs, qu'un liquide - en l'occurrence l'eau - est indispensable pour que ces «briques» puissent s'assembler jusqu'à former un organisme.
On sait maintenant que la molécule d'H2O peut, elle aussi, se former dans le vide intersidéral, au sein d'immenses nuages de poussière où naissent les étoiles et les planètes.
Par ailleurs, on sait désormais - cette fois avec certitude - que des planètes gravitent autour d'autres étoiles que le soleil. La première d'entre elles a d'ailleurs été découverte par un Suisse: Michel Mayor, de l'Observatoire de Genève.
Pour l'heure, toutefois, aucune de ces «exoplanètes» ne semble offrir les conditions propices à l'éclosion d'une vie quelle qu'elle soit. Il est certain, en revanche, que l'on découvrira d'autres planètes.
Reste enfin une conviction profonde affichée par un nombre croissant de scientifiques: «si l'immensité de l'univers a été créée pour l'homme seul, il s'agit d'un beau gâchis d'espace».
C'est sur la base de ces certitudes que les jeunes participants au concours devront élaborer leurs propres hypothèses. Ils les présenteront au jury, sous forme écrite ou multimédia (film, CD-ROM interactif ou site Internet).
Les 23 pays associés à l'édition 2001 désigneront chacun deux lauréats - individuel ou en groupe de cinq au maximum. L'un pour la catégorie scientifique et l'autre pour l'artistique.
Les auteurs des 46 travaux primés devront défendre leur travail lors d'une «finale» qui se tiendra en novembre au CERN, sous l'œil des caméras de l'Eurovision.
Les deux lauréats européens gagneront un voyage au spatioport de Kourou en Guyane, ou au site du Very Large Telescope au Chili.
En Suisse, le comité chargé du concours a envoyé des formulaires de participation à tous les collèges et gymnases scientifiques, ainsi qu'aux écoles d'art.
Et, pour les motiver, le jury a promis aux gagnants de la manche helvétique des prix très attractifs. Comme un voyage en Haute-Provence, sur le site où l'équipe de Michel Mayor a découvert la première planète extra solaire.
Marc-André Miserez