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Si on excepte l'Object Management Group, dont le succès semble persister mais dont les objectifs sont quand même plus spécifiques, il ne reste plus guère depuis la disparition d'Unix International que deux organisations pour perpétuer le mythe de l'ouverture en informatique: le vénérable X/Open et New OSF, la résultante de l'amalgame de l'ancien OSF et de COSE (fig. 1).
La grande nouveauté, c'est en fait la mise en commun de toutes les forces pour la défense d'Unix face à l'omniprésence de Microsoft avec Windows et ses héritiers (NT, Chicago, Daytona, Cairo), mais aussi face à plusieurs outsiders aux dents longues, certes propriétaires mais tout aussi portables: NeXTStep, OS/2 ou encore Taligent.
Tout ce show médiatique consistait à essayer de rendre crédible aux yeux des développeurs et utilisateurs cette nouvelle structure visant à faire converger les innombrables variétés actuelles d'Unix, et de créer ainsi un monde merveilleux où les applications pourraient tourner indifféremment sur n'importe quel système, ou interopérer sans anicroche après avoir été distribuées sur un parc de machines hétérogènes.
Seulement, il y a un hic: pour cela, il faudra que chacun s'aligne sur les mêmes spécifications, en fait partage le même code (ce qui est la seule façon d'assumer la compatibilité à peu de frais) malgré tous ces intérêts divergents et une tradition partagée de luttes sans merci. Résoudre le problème bosniaque est une sinécure en comparaison...
En fait, la survie de l'OSF (pardon, du New OSF) et en conséquence d'Unix, tient en une seule condition: il faut que le nouveau processus dénommé PST (Pre-Selected Technology) fonctionne de façon efficace, avec des partenaires honnêtes.
Ce processus comporte cinq étapes itératives:
Le nouveau rôle de l'OSF est d'assurer un déroulement correct et efficace de ces phases et une redistribution équitable des bénéfices, selon les investissements des partenaires. Quant à X/Open, il intervient au départ, lors de l'établissement de la roadmap, et à l'arrivée, lorsqu'il s'agit d'entériner les spécifications issues du processus. Il fournira également les outils de vérification de conformité par rapport à son code de portabilité (XPG) (fig 2).
Mais, vous inquiéterez-vous certainement cher lecteur, que deviendront les actuels produits de l'OSF, maintenant que leurs ex-farouches adversaires se sont joints à la structure commune? L'autre grand objectif du User Meeting était de nous rassurer à ce sujet. Message: le support continue sans modification pour les produits existants et le développement continuera pour ceux qui ne sont pas arrivés encore à maturité, jusqu'au moment où ils pourront être englobés dans un nouveau projet PST.
Finalement, signalons que le Research Institute de l'OSF se passionne comme nous tous pour WWW, mosaic et tutti quanti. Une collaboration avec HP semble se dégager pour développer des browser intelligents et des serveurs plus fiables, ainsi que pour assurer l'intégration de Kerberos, X.500, l'encryption, bref tout ce qui manque actuellement au concept pour qu'il puisse vraiment être pris très au sérieux.