Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07144.jsonl.gz/139

Ville ancienne parcourue de brumes. Elles viennent du port, filent sur la place, rencontrent le clocher de l’église. Un chien aboie, se recouche. Au pied de notre immeuble, le serveur du restaurant. Huit heures d’affilée, il pianote sur son téléphone. Depuis une semaine, je ne lui ai pas vu un client. Nos propriétaires, deux femmes filiformes habillées de noir, m’expliquent : « pour obtenir les compensations du gouvernement, il faut garder ouvert ». Elles font pareil. Vont et viennent entre la terrasse (où trois quatre fois le jour prend place un client), le bar et l’arrière-salle. Lorsque je remonte à l’appartement, je les trouve à grignoter dans la buanderie. Je ne m’attarde pas. Je suis grippé. La nuit dernière, j’ai dormi quatorze heures et encore trois dans l’après-midi. Dimanche, je suis allé faire des exercices de force sur la promenade. D’une part, je me suis blessé à l’épaule (j’avais abandonné cet entraînement pendant le voyage à vélo), d’autre part, il est probable que j’aie pris froid. Je dis probable, car même si les autres sportifs étaient en veste et bonnets, il faisait une température douce. Dans tous les cas, depuis, je rase les murs. Il a même fallu ralentir la consommation de bière (cette excellente Lasko slovène).