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Le point culminant a certainement été la médaille de bronze par équipe aux Jeux équestres mondiaux, mais la saison 2014 a également été réussie à d’autres égards. Ainsi, pas seulement les cinq cavaliers requis ont rempli les conditions de sélection pour les Jeux équestres mondiaux, deux juniors ont pris part au championnat d’Europe et le championnat de Suisse a été bien relevé.
Déjà pendant la phase de préparation des Jeux équestre mondiaux, il était clair que le tracé serait différent que lors des championnats des années précédentes. Celui-ci était techniquement exigeant, ce qui signifie que des cavaliers bien formés avec des chevaux maniables possédaient les meilleurs atouts pour réussir. L’équipe suisse, encadrée par la cheffe sport et cheffe d’équipe Evi Münger, n’a pas attendu de connaître le tracé pour accorder beaucoup d’importance à la formation des chevaux.
Depuis quelques années déjà, les cavaliers travaillent avec l’entraîneur d’endurance et vétérinaire français Jean-Louis Leclerc lors des entraînements du cadre. Celui-ci était également responsable du tracé en Normandie. Les cavaliers suisses savaient donc déjà au préalable ce qui les attendrait. Jusqu’au week-end de sélection mi-juillet, six paires avaient rempli les conditions exigées par la FEI et les critères de la Commission de sélection de la FSSE pour les Jeux Equestres Mondiaux. Parmi eux, on trouvait également Barbara Lissarrague, de double nationalité française et suisse. Elle a été en 1998 championne du monde pour la France et s’est décidée début 2014 pour un changement de nation, afin de prendre le départ pour la Suisse dans le futur.
L’équipe au premier plan
Déjà au début de la saison, le directoire de la discipline a décidé qu’un bon classement par équipe était l’objectif aux Jeux équestres mondiaux. Des discussions avec les athlètes ont été conduites en ce sens, avant qu’ils soient ensuite sélectionnés. Le travail en amont et la préparation ciblée par la cheffe d’équipe ont payé. Les Suissesses ont bien maîtrisé le parcours. Elles ont été l’une des trois équipes seulement à terminer avec trois cavalières et ont gagné pour la deuxième fois après Aix-la-Chapelle en 2006 une médaille d’équipe aux Jeux équestres mondiaux.
Barbara Lissarrague, qui s’est parfaitement intégrée à l’équipe, a contribué à ce succès, et pas seulement par sa quatrième place au classement individuel. L’équipe a pu profiter de sa grande expérience et aussi de ses grooms, qui ont donné un coup de main aux autres Suisses, chaque fois qu’ils pouvaient. Lissarrague a en plus monté une grande partie du parcours avec des douleurs dues à une chute. On a constaté seulement par la suite qu’elle s’était cassé quelques côtes. Après que deux Suissesses aient dû abandonner la course à cause d’un déferrage, Andrea Amacher et Sonja Fritschi se sont logiquement pleinement concentrées pour terminer la course dans le classement et permettre un bon résultat par équipe.
Des conditions difficiles
Le parcours était déjà exigeant, mais les conditions ont rendu l’exercice encore plus difficile. En effet, il a plu exceptionnellement beaucoup avant le départ, ce qui a ramolli le terrain et ainsi l’a rendu très glissant par endroit. Justement dans ces conditions, les cavaliers bien formés, qui peuvent s’adapter à la situation, sont avantagés. Les Suissesses ont parfaitement appliqué cette stratégie et ont mérité leur médaille grâce à une course réalisée intelligemment. Cela ne sert finalement à rien, si deux cavaliers sont rapides, mais l’équipe éclate, car aucun troisième cavalier ne parvient à l’arrivée, comme cela s’est passé chez quelques-unes des nations favorites. Une partie des éliminations sont certainement à mettre sur le compte d’une façon de monter inadaptée.
En Normandie, les cavaliers ont de nouveau monté pour une fois sur un tracé qui correspond à l’idée d’origine du sport d’endurance: un parcours dans le terrain
avec toutes les difficultés existantes et non pas une «ultra-course de plat» la plus rapide possible sur une piste de sable aplatie, qui exige beaucoup du cheval et peu du cavalier.
Pour Evi Münger, il est clair cependant: «Nous ne pouvons pas nous reposer sur cette médaille, mais devons continuer à travailler à l’avenir notre capacité à maintenir un certain rythme avec un entraînement correspondant.» Mais les Suisses n’auront jamais aucune chance sur des courses sur «hippodrome» de rester dans la tête, car le risque pour les chevaux de se blesser au rythme élevé qui y est exigé est trop grand.
La majorité des Suisses pratiquent le sport avec leur cheval comme partenaire et souhaitent le faire le plus longtemps possible, également parce que la construction d’un cheval de pointe dure plusieurs années et que des chevaux «finis» ne sont guère disponibles à des prix raisonnables. La médaille est également un succès pour «Clean Endurance», qui a été lancé en Suisse. Evi Münger explique: «La médaille montre qu’avec ‹Clean Endurance› du bon sport est également possible, avant tout quand le parcours correspond à l’esprit originel du sport.»
Un vent nouveau
Les championnats de Suisse d’endurance se sont tenus mi-octobre à Weissenhorn (GER) dans le cadre d’une course internationale, comme aucun organisateur n’a été trouvé en Suisse pour mettre sur pied une course internationale (CEI). A cause des barrières douanières, aucuns concurrents d’autres pays ne viennent en général courir en Suisse, ce qui fait que les dépenses supplémentaires pour un CEI ne sont pas rentables.
13 Suisses ont pris le départ des 120 kilomètres. Là aussi, le terrain était profond après des chutes de pluies violentes, bien que le temps pendant la journée soit devenu vraiment beau. Mireille Housencroft a décroché le titre devant Frédérique Ernst, qui effectuait sa première course sur 120 kilomètres. Les deux ont monté ensemble et ont laissé au hasard, qui pointerait le nez en premier sur la ligne d’arrivée. Anita Herzig, une autre nouvelle venue au championnat de Suisse, a fait une course régulière et a décroché la troisième place.
Une juniore confirme son titre
Chez les juniors, Natalie Miller-Collmann, qui avait déjà effectué une belle performance cet été au Championnat d’Europe des jeunes cavaliers, a gagné. Laura Preiss a remporté la médaille d’argent. Elle a relégué à la troisième place Kathrin Marthaler, lors du finish. Marthaler a d’ailleurs participé avec le cheval que montait Sonja Fritschi en Normandie et que celle-ci avait mis à disposition de la jeune cavalière. Là aussi il y a eu des éliminations, comme le terrain était profond et le risque de blessure plus élevé.
Deux cavaliers ont eu de la malchance et se sont perdus. Cela montre aussi que les championnats ont leurs propres lois et que les objectifs ne peuvent pas toujours être atteints. Ces championnats ont par contre montré que quelques cavaliers sont sur la bonne voie, pour rejoindre la scène internationale et ainsi renforcer l’élite suisse peu nombreuse. Il sera ainsi possible également dans le futur d’envoyer de bonnes équipes aux championnats.
Claudia A. Spitz