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La popularisation du terme "Rom" (qui signifie "homme" ou "mari") remonte aux années 1970, lorsque l'Union romani internationale (IRU) décide de l'utiliser pour désigner différents groupes tels que les Gitans, les Manouches, les Yéniches ou les Sintés.
L’Union romani internationale choisit également un drapeau, une langue (romani) et un hymne, mais ne revendique aucun territoire: "C'est une sorte de lobby qui défend les intérêts de ses membres", explique Jean-Pierre Tabin, de la Haute Ecole de travail social et de la santé de Lausanne.
Selon le sociologue, la stigmatisation des groupes disparates aujourd’hui regroupés sous le terme de "Roms" est ancienne: "Le terme est entré dans l'imaginaire occidental en regroupant des personnes qui n'ont pas grand-chose à voir entre elles - nomades, mendiants, etc. - et il est associé à la pauvreté. Or, il existe aussi des "Roms" banquiers ou enseignants".
Une femme portant le drapeau des Roms. [Thomas Samson - AFP]
Un bus hebdomadaire Genève-Bucarest
Originaires de Roumanie, de Hongrie, de Bulgarie et d'autres pays de l'est, les mendiants qui fréquentent les rues des villes de Suisse font de fréquents allers-retours: "Ils prennent une des compagnies de bus qui circule entre Bucarest et l’Europe de l’Ouest ", rapporte Jean-Pierre Tabin.
La plupart du temps, les enfants restent au village, confiés à des proches, tandis que les parents partent faire la manche ou chercher de l’emploi dans les villes d'Europe: "C'est une solidarité familiale, une solution de la débrouille, explique le spécialiste. Mais il n'y a pas de réseaux ou d'organisation plus large qui récolte l'argent de manière organisée".
La Suisse à la traîne
Pour Jean-Pierre Tabin, les communes doivent en faire davantage pour cette population: "La première priorité est l'habitat, il faut des infrastructures d'hébergement. Ensuite, il faut leur donner la possibilité de travailler".
Selon lui, la Suisse a encore beaucoup à faire dans ce domaine: "Il y a des villes en Suède, en France ou en Belgique qui ont mis en place des programmes spécifiques. En Suisse, il y a encore beaucoup à faire".