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Si on conduit à droite, ce n’est pas parce qu’on est droitier. Ou plutôt si, parce que nos guerriers d’ancêtres étaient droitiers, en général. Selon la légende, quand les cavaliers passaient à l’attaque sur les grands chemins, ils tenaient les rênes de leurs chevaux de la main gauche pour pouvoir être plus habiles avec l’épée en destre. Et donc conduisaient leur monture à gauche de la route.
Mais un beau jour, Napoléon décide de surprendre ses ennemis en les attaquant en sens inverse. Il gagne et impose le sens de circulation à droite à tous ceux qu’il domine. Sauf la Grande-Bretagne qui ne cède ni à l’empereur français ni à la conduite à droite!
De plus sérieux historiens racontent que personne ne se soucie du côté de la route où circuler avant que le pape Boniface VIII n’y mette de l’ordre au XIIIe siècle en recommandant aux pèlerins, pour leur bien, de marcher sur le côté gauche. Ainsi dit, toute l’Europe roule et marche à gauche pendant des siècles.
Et puis, l’Amérique y met son grain de blé. La Pennsylvanie invente un nouveau chariot: le Conestoga. Il a quatre roues mais pas de place pour le cocher qui monte un cheval de gauche. Du coup, il roule à droite. On est en 1792. Tous les Etats américains puis l’Europe lui empruntent chariot et conduite à droite.
Aujourd’hui, on croit qu’on ne circule à gauche que dans les pays anglo-saxons, les anciennes colonies britanniques comme l’Inde ou l’Australie (sauf le Canada). Mais au Japon aussi, même s’il n’a rien à voir avec les Anglais. Et beaucoup de pays ont retourné leur sens de circulation au fil des siècles. Notamment des pays africains pour faciliter les échanges commerciaux avec leurs voisins comme le Nigeria ou le Ghana. Plus à l’est, on se marre au volant, puisqu’à chaque frontière on change de sens, comme entre l’Afghanistan et le Pakistan, la Thaïlande et le Laos, le Soudan et l’Ouganda.
© Migros Magazine – Isabelle Kottelat
Auteur: Isabelle Kottelat