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"Tante Ju" retrouve le ciel
17.08.2018
La compagnie Ju-Air a repris vendredi ses vols après l'accident qui a fait 20 morts le 4 août au Piz Segnas (GR). L'un des deux vols prévus a toutefois dû être annulé en raison d'un orage menaçant. Seuls 10% des passagers ont annulé leur réservation pour cette saison.
Quelque 80% des passagers ont maintenu leurs réservations, a indiqué le directeur de Ju-Air, Kurt Waldmeier devant les médias à Dübendorf (ZH). Dix autres pour cent ont préféré annuler leur vol et 10% l'ont reporté.
Le vol annulé vendredi aurait dû décoller à 18h30 avec M. Waldmeier aux commandes. Le vol d'une "Tante Ju" assuré par le pilote en chef Andreas Pfisterer vers Bensheim en Allemagne a en revanche été maintenu. L'appareil portait un crêpe de deuil.
Un vol test avait déjà été effectué dans la matinée. De plus, l'appareil a été examiné par des inspecteurs de l'Office fédéral de l'aviation civile (OFAC).
Personnel consulté
Depuis l'accident, les responsables de Ju-Air ont eu des discussions avec l'ensemble de l'équipe, des pilotes au personnel de cabine et jusqu'au personnel responsable de l'enregistrement des passagers.
Ils ont notamment été interrogés sur leur capacité à naviguer. Certains collaborateurs ont demandé une pause. Seul un des 24 pilotes de la compagnie n'est pas encore prêt à revoler, a précisé M. Waldmeier. Cela n'a pas été perçu négativement, mais plutôt comme un signe de force.
L'OFAC a autorisé jeudi la reprise des vols de Ju-Air dès vendredi, sous trois conditions. Les avions doivent pouvoir voler au-desssus de l'altitude minimale définie par la loi. Ils doivent aussi être équipés d'enregistreurs de données GPS, afin que les vols puissent être suivis. Enfin, les passagers doivent demeurer attachés durant tout le voyage.
Demande inchangée
La demande pour des vols à bord des deux Junker datant de 1939 n'a pas été entamée par la catastrophe, a constaté le directeur de la compagnie. Quelque 40% des vols prévus sont toutefois compromis, Ju-Air ayant désormais un appareil de moins à disposition.
Kurt Waldmeier a affirmé que la reprise des activités n'avait été décidée que sur des critères sécuritaires et non en fonction d'impératifs économiques. Un arrêt trop prolongé entraînerait une perte d'entraînement pour les pilotes, a-t-il souligné.
L'enquête du bureau des accidents sur l'accident du 4 août se poursuit entre-temps. Elle pourrait prendre plusieurs semaines, voire des mois, selon l'OFAC.
ats