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Mary Queen of Scots
CONTRE
Très attendu dans le contexte du Festival de Locarno, où il représentait le cinéma helvétique de fiction dans la compétition principale, le nouveau long-métrage du cinéaste lucernois Thomas Imbach, également présenté à Toronto, a été accueilli avec des opinions très différentes: d'un côté, la presse internationale y a vu un portrait humain très réussi; de l'autre, un film qui essaye, sans succès, une variation d'un modèle cinématographique très peu exploité dans le milieu du cinéma suisse.
L'approche d'Imbach est beaucoup plus intimiste que ce qu'on pourrait s'attendre du genre: en reconstruisant la vie de Mary Stuart (Camille Rutherford), il montre l'histoire principalement à travers les pensées de la reine écossaise, toujours en train d'essayer d'établir un dialogue avec sa cousine Elizabeth, absente tout au long du film. L'effondrement d'une petite monarchie est mise en images non pas par le biais de grandes batailles, mais plutôt avec le côté le plus privé de la vie d'une jeune femme malheureuse.
Certes, le choix narratif du cinéaste est intéressant, voire même courageux, puisqu'il manipule les règles d'un genre tout en les respectant. Mais au final, la beauté visuelle et l'audace scénaristique ne peuvent pas cacher un grand manque d'émotion, ce dernier étant lié directement à la nature trop elliptique du récit. Quant à Rutherford, elle est magnifique, en anglais et en français, mais on aurait préféré la voir au centre d'un univers moins fragmenté, où sa prestation aurait pu se développer de façon plus naturelle et convaincante.