Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07097.jsonl.gz/747

Réouvertures progressives à partir de fin avril en Italie
L'Italie devrait amorcer la réouverture des restaurants et des établissements scolaires à partir du lundi 26 avril, a annoncé vendredi le chef du gouvernement Mario Draghi.
Exprimant "un optimisme prudent", M. Draghi a indiqué que son gouvernement avait décidé de prendre "un risque calculé" et de classer les régions italiennes dont les données sanitaires sont satisfaisantes en zone 'jaune' (risque modéré), où les restrictions sont les moins strictes.
"La priorité sera donnée aux activités en plein air", a déclaré M. Draghi, sans citer concrètement les bars et restaurants disposant de tables en extérieur, mais qui sont implicitement compris dans cette catégorie.
"Tous les établissements scolaires rouvriront en présentiel dans les zones jaunes et oranges (risque moyen, ndlr)", a-t-il ajouté.
Le projet de réouverture progressive se base sur deux piliers: le maintien en toute circonstance des gestes barrière (distanciation sociale et port du masque) et la montée en puissance de la campagne de vaccination.
"La probabilité que l'on soit obligé de revenir en arrière est très faible si l'on respecte les règles de comportement", a estimé M. Draghi, interrogé pour savoir s'il était concevable d'annuler ces ouvertures.
M. Draghi a également indiqué qu'il serait désormais possible de voyager entre deux régions classées en 'jaune'.
La décision du gouvernement représente une petite accélération, alors que lors d'un précédent conseil des ministres fin mars il avait décidé d'annuler toute zone jaune en Italie jusqu'au 30 avril, quelle que soit la situation épidémiologique régnant dans les diverses régions.
Le ministre de la Santé Roberto Speranza a précisé pour sa part que le gouvernement programmait par exemple une réouverture des piscines en extérieur à partir du 15 mai, des salles de gym et de musculation à partir du 1er juin ou l'organisation de foires et salons professionnels à partir du 1er juillet.
L'Italie, premier pays massivement frappé par la pandémie de coronavirus en Europe en février 2020, a enregistré plus de 115'000 morts.
Cercueils en attente
Dans le même temps la ville de Rome est submergée de cercueils. Quelque deux mille attendent depuis des semaines, voire des mois, d'être incinérés, une situation dramatique due essentiellement à des lenteurs bureaucratiques qui a conduit le personnel des agences de pompes funèbres à manifester vendredi près de la mairie.
"Nous lançons un appel à la maire de Rome (Virginia Raggi, ndlr) pour en finir avec les démarches actuelles en vue d'obtenir les autorisations nécessaires à la crémation", a expliqué à l'AFP Giovanni Caccioli, le secrétaire national de la Fédération italienne des pompes funèbres, à l'initiative de la manifestation organisée devant le Temple romain d'Hercule Victor à deux pas du siège de la mairie.
Selon M. Caccioli, Rome enregistre chaque année de 15'000 à 18'000 demandes de crémation, pour l'obtention desquelles les familles doivent entreprendre un parcours "tortueux" entre le gestionnaire du cimetière, la société municipale Ama qui gère les cimetières (mais aussi les ordures !) et l'état-civil. Un parcours du combattant rendu encore plus difficile en temps de Covid en raison de la hausse du nombre des morts et de l'accès limité aux services municipaux.
"Tout se fait à l'antique" et prend en moyenne "35-40 jours", "une situation très grave pour une famille qui vient de subir un deuil", se désole-t-il. "On ne peut plus continuer comme ça (...) L'autorisation de procéder à la crémation doit être délivrée en un ou deux jours maximum", a-t-il conclu. "Dans les autres communes d'Italie, c'est l'état-civil qui donne directement ces autorisations en l'espace de 24-48 heures".
ats, afp