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La Lune ne rajeunit pas
Quel âge a la Lune? L'analyse récente d'échantillons rapportés par la mission Apollo 14 lui a donné un coup de vieux.En savoir plus... La Lune ne rajeunit pas
Le 16 juillet 1969 à 0h32 heure locale, la fusée Saturn V décolle du Kennedy Space Center en Floride. Dans un vacarme assourdissant, le lanceur le plus puissant que les États-Unis aient jamais construit propulse la mission Apollo.
Pour vaincre la force gravitationnelle et ne pas retomber sur Terre, Saturn V doit atteindre une vitesse d’environ 28 000 km/h. Pour y parvenir, le lanceur se compose pour l’essentiel de trois puissants réacteurs ainsi que d’un réservoir de carburant adapté. Ces étages sont mis à feu successivement puis largués une fois consumés. L’engin spatial Apollo à proprement parler se situe à l’avant à la pointe de la fusée. 12 minutes après le décollage, Apollo 11 atteint l’orbite et tourne une fois et demie autour de la Terre. Sur cette «orbite de stationnement», l’équipage contrôle de nouveau tous les systèmes, puis la tour de contrôle donne l’instruction: «Go!». Le réacteur du troisième étage s’allume alors et envoie Apollo hors de l’orbite terrestre à une vitesse de 40 000 km/h en direction de la Lune. Désormais, Apollo 11 vole sur une «trajectoire de retour libre»: même si les réacteurs tombaient en panne, l’engin spatial, après avoir effectué une boucle autour de la Lune, serait de nouveau attiré par la gravité terrestre et retrouverait le chemin de notre planète.
Le vol jusqu’à la Lune, d’une durée de 76 heures et d’une distance d’environ 380 000 kilomètres, se déroule sans problème. Les astronautes décident d’atterrir et allument les rétrofusées. L’engin spatial perd de la vitesse et pivote vers une orbite lunaire, capturé par le champ de gravité de la Lune. Le module d’atterrissage se sépare du vaisseau-mère Apollo et descend sur la surface lunaire.
Sur Terre, les premières images de l’alunissage apparaissent rapidement sur les écrans de télévision. Elles sont tellement spectaculaires que certains ont encore du mal à croire ce qu’ils ont vu à l’époque. (voir l'article «Tout est différent sur la Lune»).
Avant même de hisser le drapeau américain, Armstrong et Aldrin ont planté la voile solaire bernoise dans le sol lunaire. Bien que moins spectaculaire, celle-ci a suscité un vif intérêt. Seule expérience non-américaine à bord du vol lunaire, elle était destinée à recueillir sur une feuille d’aluminium des particules chargées en électricité projetées en continu par le soleil dans l’espace. C’est précisément parce qu’elle était facile manipuler, ne pesait que quelques centaines de grammes et prenait peu de place que la Nasa a bien voulu emmener cette expérience de l’Université de Berne sur la Lune. Elle a même accepté que la voile solaire soit la première à être plantée dans le sol lunaire afin de recueillir un maximum de matière solaire et de la ramener sur Terre à des fins d’analyse. Ces particules – identiques à celles qui font danser les aurores boréales lors de leur entrée dans le champ magnétique de la Terre – recèlent en effet une quantité énorme d'enseignements sur la totalité du système solaire.
Après 2 heures et 31 minutes, avec une voile solaire pleine et 23 kilos de roche lunaire, Armstrong et Aldrin terminent leur promenade lunaire. Une partie du module lunaire leur sert de rampe de lancement et demeure sur la Lune, le reste s’amarre de nouveau au module de commande dans l’orbite lunaire. Seule la capsule de commande à son sommet repart en direction de la Terre, la mission Apollo laisse toutes les autres parties dans l’espace. Peu avant son entrée dans l’atmosphère terrestre, la capsule pivote de 180 degrés. Sa face émoussée sert de bouclier thermique contre l’énorme chaleur de friction générée par la résistance de l’air. L’angle d’entrée doit aussi être calculé avec précision. S’il est plat, l’engin spatial pourrait rebondir sur l’atmosphère. S’il est trop abrupt, celui-ci pourrait s’enflammer.
Le 24 juillet, au terme d’un vol d’environ 1,5 million de kilomètres, la capsule amerrit dans l’Océan Pacifique. Avant de rejoindre le porte avions U.S.S. Hornet par hélicoptère, les astronautes doivent enfiler une combinaison de protection. Ces trois héros de l’espace resteront ensuite 17 jours en quarantaine. En effet, personne ne sait s’ils ont ramené sur Terre un quelconque agent pathogène inconnu de la Lune. Finalement, ils fouleront de nouveau le sol américain à Honolulu. Dans la déclaration de douane qu’il devra remplir, Buzz Aldrin écrira qu’il transporte «de la roche lunaire et de la poussière lunaire» dans ses bagages.