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En attendant le procès en appel d'un patron de bar à Erstfeld (UR), accusé d'avoir engagé un tueur pour éliminer son épouse, des experts médicolégaux ont procédé à une reconstitution des faits lundi soir. Plusieurs coups de feu ont retenti dans la localité uranaise.
Le patron du bar a été condamné en 2013 à 15 ans de prison. Il a été reconnu coupable d'avoir tiré sur un client et d'avoir ensuite engagé un tueur pour éliminer son épouse, ce qu'il conteste toujours.
La femme, âgée de 31 ans à l'époque, avait reçu trois balles dans le dos pas loin de son domicile alors qu'elle rentrait chez elle dans la nuit du 12 novembre 2010. Grièvement blessée, elle a toutefois survécu.
Pour la reconstitution des faits lundi soir, le quartier résidentiel d'Erstfeld où s'était joué le drame a été bouclé à partir de 21h00. Les habitants ont été avisés de ne pas se tenir près des fenêtres, dont certaines ainsi que des parois ont été recouvertes de protections pare-balles pour des raisons de sécurité.
Un cas exceptionnel
Un expert de l'institut forensique de Zurich a tiré à plusieurs reprises sur des cibles avec le même pistolet qui avait été utilisé en 2010, tantôt en courant, en marchant ou en restant sur place. La scène a été filmée et photographiée.
Les reconstitutions des faits avec balles réelles restent des cas très rares en Suisse, a rappelé Kurt Zollinger, porte-parole de l'institut, devant la vingtaine de journalistes présents, qui n'ont pas été autorisés à enregistrer du son ou des images. Le dernier exemple, qui remonte à 2010, avait eu lieu à Pratteln (BL).
L'objectif de ce procédé est de montrer au tribunal et aux parties d'un procès ce qui a bien pu se passer au cours d'un drame, pour mettre à l'épreuve les versions des faits, a poursuivi M. Zollinger. Les experts exécutent plusieurs scénarios pour vérifier s'ils correspondent au positionnement des douilles retrouvées sur place.
Libéré avant le procès
Après presque cinq ans sous les verrous, le tenancier de bar a été libéré de prison la semaine dernière, sur décision du tribunal cantonal d'Uri, en attendant son procès en appel qui commence le 19 octobre et devrait durer environ deux semaines et demie.
Afin d'éviter tout risque de collusion avant le procès, le prévenu s'est fait confisquer son passeport. Il n'a pas le droit de sortir de Suisse et doit se présenter deux fois par semaine à la police. Il a l'interdiction d'entrer en contact avec les personnes impliquées dans l'affaire.
ATS