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De Turner à Whistler
La Fondation de l’Hermitage consacre une grande exposition à la peinture anglaise de la période victorienne (1837-1901). À travers une sélection de près de 60 œuvres, dont la plupart sont présentées pour la première fois en Suisse, le projet illustre la richesse et la fascinante originalité de l’art anglais au XIXe siècle.
Les profonds bouleversements induits par la révolution industrielle inspirent des scènes de genre saisissantes qui montrent les diverses facettes de la vie moderne durant l’âge d’or de l’Empire britannique : l’essor des villes et des transports en commun, la naissance de la classe moyenne, le travail à domicile. En contrepoint, de nombreux artistes se tournent vers la peinture de paysage, alors que d’autres embrassent des thèmes historiques ou littéraires pour affirmer leur idéal de beauté.
Le parcours met en lumière trois générations de peintres actifs durant l’ère victorienne, à commencer par J. M. W. Turner (1775-1851), l’un des plus célèbres paysagistes britanniques de son temps, dont l’œuvre magistrale annonce l’impressionnisme. L’exposition fait ensuite la part belle à la confrérie préraphaélite, fondée en 1848 par des étudiants de la Royal Academy de Londres, dont John Everett Millais (1829-1896) et Dante Gabriel Rossetti (1828-1882). Ce groupe qui entend s’affranchir des conventions académiques, prône un retour à la nature et s’inspire des maîtres italiens primitifs, en suivant les préceptes du critique d’art John Ruskin (1819-1900).
Dans les années 1860, une seconde génération d’artistes emmenée par Edward Burne-Jones (1833- 1898) – généralement désignée sous le nom d’Aesthetic Movement – se nourrit de sources multiples, dont les légendes médiévales, la littérature, la poésie et le théâtre britannique ou encore l’Antiquité. Cette dernière est au cœur de la pratique de Lawrence Alma-Tadema (1836-1912), qui connaît un immense succès de son vivant grâce à son style d’une précision extrême. En point d’orgue, des figures singulières de la période victorienne sont également mises à l’honneur : James Abbott McNeill Whistler (1834-1903) ou encore John Singer Sargent (1856-1925), deux artistes cosmopolites d’origine américaine.
Une section dédiée à la photographie victorienne
L’exposition est enrichie d’une section présentant les photographes britanniques les plus importants du XIXe siècle, grâce à un très bel ensemble d’héliogravures provenant de la Fondation William Cuendet & Atelier de Saint-Prex : Thomas Annan, Julia Margaret Cameron, Peter Henry Emerson, Francis Frith, David Octavius Hill & Robert Adamson, Robert Howlett, Henry Peach Robinson ou encore William Henry Fox Talbot. Un portfolio de portraits de Jane Morris, une des muses des préraphaélites, complète la sélection.
Du 1er février au 2 juin 2019
Conférences
Jeudi 21 février à 18h30 : De Turner à Whistler, l’avènement de la peinture moderne en Angleterre par William Hauptman, historien de l’art spécialiste de l’art anglais, commissaire de l’exposition
Jeudi 21 mars à 18h30 : Sir Arthur Conan Doyle et la création de Sherlock Holmes par Vincent Delay, président de la Société d’études holmésiennes de la Suisse romande et membre de la Sherlock Holmes Society of London
Jeudi 9 mai à 18h30 : La Royal Academy of Arts à Londres au temps de la reine Victoria : années glorieuses ou lent déclin ? par MaryAnne Stevens, historienne de l’art et commissaire d’exposition