Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06927.jsonl.gz/473

Troubles cognitifs
Anamnèse et diagnostic
Les patients rapportent souvent des difficultés de concentration, de traitement de l’information ainsi que des problèmes d’attention et de troubles exécutifs. Ces symptômes sont handicapants et peuvent avoir un impact négatif sur les patients, en particulier ceux qui sont professionnellement actifs ou qui poursuivent leurs études. Une évaluation neuropsychologique est suggérée en cas d’absence prolongée au travail/aux études (plus de trois mois) pour mieux définir les difficultés.
Le médecin peut demander aux patients et aux proches si les patients ont ou présentent des plaintes cognitives et ensuite se renseigner sur les domaines dans lesquels les symptômes sont les plus apparents.
Une évaluation clinique et neuropsychologique complémentaire est recommandée en présence d’une incapacité fonctionnelle qui persiste plus de trois mois. À ce jour, les échelles de troubles cognitifs disponibles ne sont pas adaptées au dépistage des symptômes post-COVID en médecine de premier recours. En tenant compte de cette réserve, les échelles suivantes peuvent être utilisées pour évaluer les troubles cognitifs :
L’examen des symptômes associés devrait permettre de rechercher d’autres troubles neurologiques, la fatigue, ainsi que les troubles psychiatriques qui peuvent contribuer de manière significative aux troubles cognitifs (p. ex. les troubles anxieux, la dépression, les troubles de stress post-traumatique).Une évaluation du sommeil est suggérée lors de l’évaluation des troubles de l’attention, qui sont souvent aggravés par la fatigue (cf. troubles du sommeil).
Un bilan sanguin est indiqué uniquement en cas de suspicion de causes secondaires aux troubles cognitifs. Un bilan de base peut être réalisé pour exclure des carences en vitamine B12 ou en folate ou un trouble de la thyroïde (formule sanguine complète, vitamine B12,folate, TSH). L’imagerie (IRM) est indiquée si les échelles MOCA ou SDMT sont anormales (MOCA <26/30, score SDMT en fonction de l’âge et du nombre d’années d’études),ou en cas de suspicion d’une cause secondaire aux troubles cognitifs. Les IRM fonctionnelles ont montré un hypométabolisme (activité réduite) dans certaines zones du cerveau dans le contextes de recherches, mais ne sont pas recommandées dans la pratique clinique. En cas d’incapacité fonctionnelle ayant un effet sur le travail ou la vie quotidienne, un bilan d’ergothérapie est recommandé et remboursé par l’assurance médicale de base. Un soutien et un suivi neuropsychologique sont également recommandés.
Prise en charge
Même en l’absence d’un test pathologique (MOCA/ SDMT), une persistance des troubles cognitifs pendant plus de trois mois devrait alerterle médecin et l’inciter à procéderàuneévaluationplusapprofondie. Lestroubles cognitifs pourraient être liés au malaise post-effort, et les stratégies destinées à éviter ce malaise pourraient aider à améliorer la capacité cognitive. Il est également important de prendre en charge les symptômes concomitants susceptibles d’aggraver ou de prolonger les troubles cognitifs, tels que les troubles du sommeil, la douleur, l’anxiété ou la dépression.
La thérapie neuropsychologique peut consister en une éducation thérapeutique relative aux symptômes (thérapie individuelle ou de groupe) qui aide les patients à s’adapter à leur niveau de concentration et d’attention et leur donne des conseils sur la manière de gérer la vie quotidienne malgré les troubles cognitifs dont ils peuvent souffrir. Les patients peuvent essayer de réaliser progressivement des tâches demandant plus de concentration tout en respectant leur niveau d’énergie quotidien. Il peut s’agir de payer les factures, de lire deux ou trois pages d’un livre, de tenir une conversation pendant des périodes de plus en plus longues ou de jouer à des jeux demandant de la coordination ou de la concentration. Il n’est pas nécessairement recommandé de se lancer dans une nouvelle activité, les patients devraient se concentrer surla récupération et la conduite de leurs activités habituelles.
L’ergothérapie est recommandée pour les patients présentant des troubles cognitifs, car elle leur donne des conseils et astuces stratégiques pour organiser et réaliser des tâches individuelles, traiter l’information et mettre en place des rappels.
Une prise en charge interdisciplinaire avec un soutien psychologique est recommandée. L’ergothérapie et le suivi neurologique (lorsqu’ils sont disponibles) peuvent être utiles pour adapter et gérer la vie quotidienne ainsi que l’impact sur le travail/les études, leur fournir une éducation à l’autogestion, etc.