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De trop peu à trop ?
Il fait très chaud et très sec en Suisse ainsi qu'en Méditerranée. Ces conditions font que les eaux de surface de la Grande Bleue sont devenues exceptionnellement chaudes. Ce stock de chaleur et d'humidité à nos portes est-il le gage de phénomènes météo intenses durant les prochains mois?
La NASA a publié des images satellitaires qui permettent de comparer la Suisse entre 2021 et 2022. Dans ces images, les champs arides et le manteau neigeux réduit apparaissent nettement. Dans les deux images zoomées sur une partie de la Suisse romande, la sécheresse de 2022 est clairement identifiable.
Le contraste entre 2021 et 2022 est saisissant!
Dans une autre étude portant sur la Méditerranée et ses températures, Copernicus montre une anomalie positive très marquée de la température de cette mer.
Au cours des derniers jours, la température de surface de la mer a atteint un niveau généralisé de 27 à 30°C entre la mer Tyrrhénienne et les îles Baléares. Ces valeurs de température sont de 4 à 6 degrés au-dessus de la norme pour la période. Il s'agit d'une "vague de chaleur océanique", un événement rare, voire considéré comme extrême, au cours duquel la température de la mer est anormalement élevée et qui a un impact important sur les écosystèmes marins. Depuis le début de l'été, le mistral (qui transporte habituellement de l'air frais) est peu fréquent et des conditions anticycloniques avec un temps très chaud ont dominé le bassin méditerranéen occidental. Cela a conduit à une augmentation des températures de surface de la mer en juillet à des niveaux remarquables. Dimanche dernier, par exemple, la bouée au large d'Alistro, en Corse, a même enregistré un pic de 30,7°C. Il y a quelques années, peu nombreuses à vrai dire, nous nous inquiétions du fait que les températures de surface en Méditerranée pourraient atteindre 27 degrés, remplissant ainsi l'une des conditions pour le développement de violentes tempêtes d'automne et d'hiver, comme les Medicanes ou TLC (Tropical like cyclones). Ces dernières années, ces cyclones méditerranéens se sont produits (Méditerranée centrale et orientale) avec une fréquence accrue. Actuellement, la température de surface de la mer est même supérieure de plusieurs degrés.
Une source d'humidité presque inépuisable, aussi pour la région alpine
Une mer Méditerranée très chaude constitue également un risque pour la région alpine. La quantité d'humidité et d'énergie qui pourrait être canalisée vers les Alpes est énorme. Mais ce potentiel seul n'est pas suffisant. L'inconnue se situe au niveau synoptique (répartition spatiale des zones de haute et basse pression) : en l'absence de courants provenant des secteurs sud (sud-ouest, sud-est), d'une certaine intensité et persistance, cette humidité a peu de chances d'atteindre nos régions en quantités significatives. De plus, pour que cette humidité soit "activée", une forte dynamique d'altitude générée par un vigoureux système dépressionnaire est nécessaire.
Imaginons maintenant que les conditions anticycloniques, qui ont été une constante ces derniers mois, se maintiennent également dans les mois à venir ! Ce serait une version que personne n'espère car nous serions confrontés à une sécheresse sans précédent.
(Blog traduit de la version italienne)