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L’information a été dévoilée dimanche par le journal allemand Die Welt. Sur les dix pirates somaliens jugés à Hambourg à partir de novembre 2010 et condamnés en 2012 à des peines de prison pour l’attaque du cargo allemand MS Taipan en avril 2010 au large de la Corne de l’Afrique, cinq vivent désormais libres à Hambourg faute de pouvoir être expulsés. Les dix pirates avaient été arrêtés par la marine néerlandaise après que ses forces spéciales eurent repris le navire aux pirates armés de lance-roquettes et de kalachnikovs. Extradés par les Pays-Bas, ils furent confiés à la justice allemande. « C’est la première affaire de piraterie devant une cour allemande en quatre siècles », titrait Le Figaro il y a bientôt huit ans, mais, précisait le journal, « En dépit des “preuves accablantes” citées par l’accusation, les Somaliens jugés pour l’attaque du cargo allemand MS Taipan en avril au large de la Corne de l’Afrique encourent au maximum quinze ou vingt ans de réclusion. »
Ils ne furent finalement condamnés en 2012 qu’à des peines de prison comprises entre deux à sept ans au terme d’un procès onéreux. Mais en réalité, en 2015, tous les pirates somaliens condamnés à Hambourg étaient déjà libres. En avril dernier, en réponse à une question du parti libéral-conservateur et anti-immigration Alternative pour l’Allemagne (AfD), le sénat de la ville de Hambourg (la ville a un statut de land) avait informé que quatre de ces pirates étaient rentrés d’eux-mêmes en Somalie et qu’un cinquième avait émigré en Suède.
Pour les cinq autres, qui vivent désormais en Allemagne, trois ont un statut de séjour « toléré » et deux autres sont en situation irrégulière mais ne peuvent de toute façon pas être expulsés, l’ambassade de Somalie en Allemagne refusant de leur délivrer des passeports. Comme il n’y a pas de vols directs entre l’Allemagne et la Somalie, sans passeport il n’est pas possible de les rapatrier ! Le journal Die Welt signale que tous les cinq ont demandé l’asile en Allemagne mais que leur demande a été rejetée.
Cerise sur le gâteau, les cinq pirates restés en Allemagne touchent des aides sociales. L’un des pirates somaliens percevrait même, selon les révélations du journal Die Welt, près de 1 000 euros de subventions de l’Etat : 350 € pour la location de son appartement, 416 € d’argent comptant et le reste sous forme d’assurance santé. Deux de ces pirates pourraient se voir bientôt délivrer un permis de séjour classique en raison de la présence en Allemagne de membres de leur famille : ils se sont mariés en Allemagne et ont eu des enfants.
Faut-il en rire ? Non, car la France aussi a amené sur son territoire, jugé et condamné des pirates somaliens, parmi lesquels sept pirates traduits en cour d’assises dans le procès du Tribal Kat, ce catamaran français dont le skipper avait été tué dans l’attaque par les Somaliens en 2011. Ces sept pirates n’ont écopé en 2016 que de peines de six à quinze ans de prison. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, il est permis de douter qu’ils seront renvoyés dans leur pays à leur sortie de prison. Une sortie qui surviendra du reste certainement bien avant la fin de leur peine.
Il semble que la piraterie soit un bon moyen pour émigrer en Europe.
Photo : « Nous sommes somaliens. Nous ne payons pas ». Un patron de bar allemand attaqué. Ce statut de pirates libres leur donne le sentiment qu’ils peuvent tout se permettre. (photo : Fdesouche)
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