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Comment peut-on reconnaître soit l'interdiction du blasphème soit le "droit au blasphème" si on ne reconnait pas l'existence d'un sacré? Comment un Etat séculier et laïc peut-il légiférer sur le sacré? On assiste aujourd'hui à un glissement du sacré: il quitte la transcendance du divin et se niche dans le sentiment du croyant, il devient une atteinte à la personne. Et n'en reste pas moins meurtrier.
Olivier Roy est professeur à l’Institut Universitaire Européen, où il a dirigé le projet ReligioWest, dans le cadre du Robert Schuman Centre for Advanced Studies. Il a été directeur de recherche au CNRS, directeur d’études à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales et professeur invité à Berkeley University. Il travaille sur l’islam politique, le Moyen-Orient, l’islam en Occident et enfin sur les religions comparées. Il est l’auteur, entre autres, de L’Islam mondialisé (2002), Le Djihad et la Mort (2016) et L’Europe est-elle chrétienne ? (2019).
La chaire Yves Oltramare Religion et politique dans le monde contemporain a pour mission d’apporter une contribution scientifique majeure à l’analyse de l’impact des rapports entre religion et politique sur l’évolution des sociétés et du système international.