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L'Europe ne sait plus où elle va. Les Européens ne se reconnaissent plus dans l'Union, au point que la plupart d'entre eux se replient sur leurs nations respectives. S'ils veulent un avenir, ils doivent se proclamer citoyens d'une République européenne. Qu'ils fassent comme les Français en 1789 : une révolution, non au sens d'un renversement du pouvoir établi au profit d'un autre, ni de la victoire d'une classe sociale sur une autre, mais un acte "politique", né de la décision des uns et des autres d'exercer leur liberté en commun, ce dont le capitalisme les prive.Avec la primauté du politique sur l'économique, sera aboli "l'assujettissement de la vie sociale à l'accroissement sans fin du capital", tandis que la République pourra satisfaire les besoins et désirs essentiels de chacun.
Éminent sinologue, Jean François Billeter a dirigé le département de langue et littérature chinoises de l'université de Genève. Il a publié plusieurs ouvrages aux éditions Allia, dont Leçons sur Tchouang-tseu, Contre François Jullien, Un paradigme et Esquisses. En 2013, il a reçu le prix culturel de la Fondation Leenaards. En 2017, il a publié Une rencontre à Pékin et Une autre Aurélia, couronnés du prix Michel-Dentan, du prix Roger Caillois de l'essai et du prix Psychologies magazine.
L'Union se construirait en dépassant les identités. On les ferait rentrer, au chausse-pied si nécessaire, dans «plus d'Europe». Et ce «dans l'intérêt des peuples» Cette vision bien-pensante, autoritaire et pétrie de bonnes intentions, a dominé la scène politique pendant des décennies. L'intégration européenne se heurte pourtant, depuis plus de vingt ans, à une résistance croissante, passive ou active. Une résistance qui s'est exprimée lors de divers référendums, et qui a culminé en juin 2016 avec le Brexit, symptôme d'un mal plus large que certains ne veulent pas regarder en face. Avec arrogance, les élites ont condamné le vote britannique comme populiste et aberrant. Ne faudrait-il pas, pourtant, que celles-ci se décident à entendre la colère qui gronde et qu'elles acceptent de se réconcilier enfin avec les peuples pour sauver, avec eux, le projet européen?
Avec une parole libre et sans détour, Hubert Védrine explicite les ressorts de la crise de confiance dans l'Union européenne et développe des propositions claires pour la surmonter.
Dans cette brève histoire de la Pologne, le lecteur trouvera les faits essentiels qui se sont produits de la naissance de la nation jusqu'à nos jours. Michal Tymowski présente, sous la forme de dix-sept chapitres, les moments forts de la vie politique, économique, sociale et culturelle du pays avec en arrière-plan le cadre plus large de l'histoire de l'Europe.
Ouvrage de référence, Une histoire de la Pologne est enrichie dans cette nouvelle édition d'une riche iconographie et d'un chapitre inédit sur l'après-1989.
Au-delà des systèmes de santé nationaux, le COVID-19 interroge les grands équilibres mondiaux, et souvent les modes de coopération qui les organisent. Politique étrangère parcourt les questions qui s'imposent à la réflexion post-crise.
L'OMS a-t-elle failli ? La phase de mondialisation libérale est-elle close ? Les États sont-ils condamnés à récupérer leurs souverainetés ? Comment le secteur financier « encaisse-t-il » la crise ? Et en quoi la crise elle-même est-elle particulière - d'ailleurs, qu'apprenons-nous des crises qui se succèdent ?
Dans un texte de référence, Clément Beaune - secrétaire d'État aux Affaires européennes - expose comment les responsables français voient dans le temps troublé de la crise la chance d'un nouveau départ vers une Union européenne remodelée : les décisions de crise pourraient préluder à une mutation politique essentielle.
Les concentrations urbaines ont été au premier chef victimes et acteurs de la crise. Au-delà, que dit la dynamique d'urbanisation du monde des grands équilibres démographiques ? L'urbanisation est-elle une fatalité ? Modifie-t-elle les équilibres politiques internationaux ? Les villes sont-elles le nouvel espace des guerres ? Et les contrôles technologiques qui s'y imposent annoncent-ils notre avenir : de la smart city à la smart society ?
Enfin, à la veille de la présidentielle américaine, peut-on imaginer que les rapports euro-américains de sécurité évoluent, pour aller vers une Alliance atlantique rééquilibrée ? Et qu'Israël s'affranchisse enfin de la profonde crise de son système politique ?
Jamais l'Europe n'aura été aussi présente dans le débat public. Depuis 2009, pas un mois ne passe sans que le spectacle mélodramatique des déchirements et réconciliations entre gouvernements et institutions de l'Union ne connaissent de nouveaux rebondissements. Tandis que la région s'enfonce dans la récession et la désespérance sociale, partisans et adversaires de l'austérité s'affrontent, faisant de cette querelle macroéconomique la question principale. Paradoxalement, au-delà des péripéties institutionnelles et du constat de l'enlisement économique, le problème de savoir ce qu'il advient de l'Europe et de ses peuples demeure terriblement obscure. L'objet Europe est certes difficile à saisir, protéiforme et instable, mais cela rend d'autant plus nécessaire d'ouvrir la boîte noire. Ce livre propose ainsi de faire un pas de côté par rapport au torrent des événements pour comprendre la crise et expliciter ses enjeux. Les textes réunis engagent de front une discussion devenue inévitable sur le projet européen dans sa globalité. Sociologue, économiste, anthropologue ou politiste, chacun des auteurs intervient pour en éclairer un aspect jusqu'alors sous-jacent mais rendu saillant par l'onde de choc de la première grande crise capitaliste du xxième siècle.
Sous la direction de Cédric Durand. Avec les contributions de Dimitris Dalakoglou, Costas Lapavitsas, Razmig Keucheyan, Stathis Kouvelakis et Wolfgang Streeck.
Pays laïc et musulman, situé entre Orient et Occident, démocratie en proie à des dérives autoritaires... la Turquie déroute autant qu'elle inquiète. Et la multiplication des crises politiques, militaires et humanitaires qui secouent la région depuis plusieurs années rend plus ardue encore la compréhension de la société turque.
Pour tenter d'en saisir la complexité, il est essentiel de sortir des catégories d'analyse trop facilement mobilisées lorsque l'on parle de ce pays : laïcité, modernité, démocratie, nationalisme, etc., qui contribuent à renforcer un discours souvent caricatural.
C'est l'objectif de cet ouvrage, fruit de plus de quinze années de travail de terrain et d'une analyse sociologique indispensable à la compréhension des faits sociaux, politiques et culturels.
Qui gouverne ce monde polycentrique ? Une synthèse inédite pour mieux décrypter l'action publique, à partir des différents niveaux politico-administratifs qui la composent.
Implantation d'un nouvel équipement collectif, choix d'aménagement, gestion de services publics, réformes institutionnelles, mise en oeuvre de politiques publiques, etc. Notre vie quotidienne est parsemée de décisions qui impliquent des acteurs appartenant à des sphères politiques distinctes mais interdépendantes (collectivités territoriales, État, Union européenne).
Cette multiplicité d'intervenants et de centres de pouvoirs peut nous laisser démunis lorsque nous cherchons à comprendre l'action publique, à imputer des responsabilités, à exercer nos droits et devoirs de citoyens ou à défendre une cause qui nous tient à coeur. S'adressant à un large lectorat (étudiants, chercheurs, praticiens ou simples citoyens), ce livre propose d'apporter des éclairages à ces questions en dressant un panorama des principales approches théoriques qui se sont intéressées à l'analyse des relations institutionnelles multi-niveaux.
Née des deux conflits mondiaux, l'idée de justice pénale internationale a mis un demi-siècle à se concrétiser dans des institutions pérennes, et des concepts juridiques indépendants des conjonctures de crises. Le tribunal pour l'ex-Yougoslavie, le tribunal d'Arusha, la création de la Cour pénale internationale témoignent, entre autres, des réelles avancées des années 1990. Le dossier que présente Politique étrangère éclaire ces avancées et leurs limites.
La Cour pénale internationale n'est pas universellement reconnue ; elle ne couvre pas tous les problèmes juridiques que posent crimes de guerre et génocides ; et elle n'est pas non plus la seule forme de justice imaginable face à ces événements. L'idée même de justice pénale internationale est aujourd'hui à la fois de plus en plus sollicitée et de plus en plus contestée : deux bonnes raisons d'évaluer ses résultats, rares acquis d'un temps où l'on croyait le monde saisi d'un irrépressible besoin d'unité.
Ce numéro de Politique étrangère s'attache à d'autres dimensions essentielles du jeu international : la redéfinition des rapports de puissance, à tous niveaux (Chine, Éthiopie...), ou les incertitudes des marchés énergétiques (à travers les énigmatiques variations des cours du pétrole)...
Après les attentats du 13 novembre, on s'attachera particulièrement à l'article qui étudie les modèles de prévention de la radicalisation et de déradicalisation mis en oeuvre dans trois pays européens.
Dominique DAVID
Rédacteur en chef de Politique étrangère
Au seuil du Brexit, que dire des dossiers décisifs ? Politique étrangère les résume en quatre questions. Un Royaume-Uni solitaire aura-t-il les moyens de redéfinir à sa convenance ses relations avec le vaste monde ? Comment résoudre le problème de la frontière irlandaise : à restaurer pour les relations avec l'Union européenne, à garder invisible pour préserver la paix ? Quelles seront les vraies conséquences économiques de la rupture, pour les deux côtés ? Le poids du Royaume-Uni restera-t-il central en matière de sécurité et de défense, Londres étant écartée des circuits de décision continentaux ?
L'approche des élections de mai 2019 invite aussi à revenir sur le fameux « déficit démocratique » européen. La rubrique Contrechamps s'ouvre à deux approches opposées. L'une fait confiance aux processus à l'oeuvre dans l'Union pour instaurer des pratiques d'équilibrage et de contrôle de plus en plus démocratiques entre les diverses institutions. L'autre constate que les échanges politiques et les principes qui fondent la démocratie ne peuvent être assumés que par des peuples, autrement dit nationalement : l'Union n'est démocratique que par la coopération volontaire des entités qui la composent. Un débat essentiel pour une Union en chute de crédibilité auprès de ses opinions.
Politique étrangère s'éloigne de l'Europe pour approcher le drame des Rohingya, les inconnues de l'Afghanistan post-élections, du désordre libyen, de l'inattendu rapprochement Éthiopie-Érythrée. Et ouvre une réflexion sur le rôle de l'Intelligence artificielle (IA) en matière de stratégie militaire : l'IA démultiplie l'efficience des stratégies humaines ; à terme, menace-t-elle de les remplacer ?
De multiples scandales en lien avec les questions fiscales rythment l'actualité politique et sociale. Ces événements ne sont pourtant que la partie visible d'une crise financière majeure que les États membres de l'Union européenne traversent depuis quelques années.
Le chômage de masse et l'exclusion sociale ne permettent plus d'accroître la fiscalité du travail. La détérioration de la redistributivité des modèles nationaux, la croissance des inégalités noircissent encore le tableau. Dans ce contexte, une réforme d'ensemble des systèmes fiscaux et de la gestion budgétaire des États est indispensable.
Des économistes, experts de la question, mènent ici une réflexion éclairée.
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L'Europe a cessé de nous enchanter. Aujourd'hui, elle fait peur et inquiète. Elle reste pourtant plus nécessaire que jamais et influence des aspects toujours plus nombreux de notre vie quotidienne.L'Union européenne peut-elle encore rendre confiance en son projet ? Frédéric Daerden, élu pour la première fois comme eurodéputé du Parti socialiste en 2009, en est convaincu. À condition, explique-t-il, qu'elle change de cap et retrouve d'abord la voie de la solidarité entre ses membres.À partir de son expérience et de ses découvertes personnelles en tant qu'élu à Strasbourg, le député croit indispensable d'initier le plus grand nombre au fonctionnement, souvent complexe, de la grande machinerie européenne. Dans ce livre d'entretiens avec Jean-Pierre Stroobants, un journaliste belge, il détaille, en des termes les plus clairs possibles, tous les grands thèmes du moment. Avec la volonté d'illustrer, d'abord, le rôle du Parlement, seule instance démocratiquement élue de l'Europe communautaire. À quelques mois d'élections européennes présentées comme cruciales pour l'avenir des Vingt-Sept (Vingt-Huit à ce moment-là), ce mode d'emploi aux allures de plaidoyer éclairera tous ceux qui croient, ou veulent croire, en l'avenir commun des Européens.
Alors que les citoyens des États membres de l'Union européenne (UE) sont à nouveau appelés à choisir leurs députés européens au printemps 2019, cet ouvrage interroge la signification et la pertinence d'un concept fréquemment mobilisé dans les débats politiques et académiques européens : L'Europe puissance. Tensions avec la Russie, interrogations sur les relations transatlantiques et l'autonomie stratégique européenne à l'heure de l'administration Trump, incertitudes sur l'aptitude de l'UE à défendre ses intérêts et sa propre vision d'un monde multilatéral à travers des enjeux comme le multilatéralisme et le nucléaire iranien, questionnements permanents sur le rôle d'une UE éventuellement amputée du Royaume-Uni dans le vaste monde, ont renouvelé des débats plus anciens. Pourquoi et comment parle-t-on d'Europe puissance alors que nombreux sont les sujets sur lesquels l'UE peine à faire entendre sa voix ? Comment rendre compte malgré tout de l'action et du rôle réels que joue l'Union sur la scène internationale ? En saisissant le concept d'Europe puissance comme un fragment de discours politique et médiatique mais aussi comme un objet universitaire étonnant, cet ouvrage étudie les liens complexes et parfois contradictoires entre la construction européenne et la puissance, invitant à repenser l'une et l'autre dans le monde incertain d'aujourd'hui. Finalement, l'Europe puissance apparaît comme un concept malléable dans le champ académique, et utile en tant que mythe de la construction européenne comme fragment de discours politique et médiatique, ne décrivant pas une réalité (l'UE telle qu'elle existe), mais un horizon, un idéal vers lequel la construction européenne pourrait tendre selon ses partisans. Étudiants et enseignants en histoire et science politique, citoyens désireux de réfléchir à la place et au rôle de l'UE dans le monde et de mettre en perspective les débats politiques actuels trouveront en particulier matière à réflexion dans cet ouvrage.
C'est que la question de l'Ukraine est importante pour nous, la Pologne. Elle l'est aussi du reste, pour vous. Vous savez que c'est sous Présidence Française, fin 2008, que la volonté politique d'aller de l'avant avec l'Ukraine a été prise ? - Vous avez fait votre choix ? demanda le serveur, un brin obséquieux. Vodvinski prit le contrôle des opérations et se permit de conseiller Anna tout en jetant un oeil sur les prix dont il avait seul connaissance. On ne se refaisait pas et ce n'était pas sa couverture de diplomate polonais qui lui ferait oublier ses habitudes de pingre moscovite ! Ce roman est le premier livre de F. B Isner. De nationalité française, elle a travaillé plusieurs années à Bruxelles dans les affaires européennes. Elle a choisi de révéler une certaine réalité au sein des institutions en imaginant une histoire d'espionnage, simple et réaliste, mettant en scène dans les couloirs feutrés de la diplomatie économique une jeune stagiaire française et un espion russe expérimenté. Si les protagonistes sont pris dans le même engrenage de la machine communautaire et subissent le même décor surréaliste « à la Belge », il y a ceux qui gagnent et ceux qui perdent... Depuis, l'histoire s'est chargée d'écrire la suite de son roman puisque l'Occident est entrée en guerre froide avec la Russie à cause de l'Ukraine et que l'opacité des institutions européennes a été dénoncée lors des élections du Parlement européens en mai 2014.
Alors qu'en 2017, le 60e anniversaire du traité de Rome coïncide avec le 25e anniversaire du traité de Maastricht, la Revue d'économie financière revient sur l'histoire de l'Europe et imagine les futurs possibles. Le contexte européen n'est pas à la fête : la crise financière suivie de la crise de la zone euro ont fait beaucoup de dégâts en Europe, les partis contestataires généralement anti-européens séduisent de plus en plus, et le Royaume-Uni a décidé de sortir de l'Union européenne.
Ce numéro s'ouvre par le témoignage de trois grands témoins, François Villeroy de Galhau, Mario Monti et Pascal Lamy, puis il s'articule en trois parties consacrées à la naissance du marché unique, son approfondissement et son devenir pour la première, les défis de l'Europe financière pour la deuxième, et en conclusion, l'avenir de l'Europe et les réformes encore nécessaires.
La revue se poursuit par la chronique d'histoire financière consacrée aux leçons à tirer de l'histoire monétaire de la Grèce et par trois articles sur différents thèmes de l'économie financière : les performances boursières avec un gouvernement de gauche en France, les conséquences de la politique des taux bas et les banques islamiques.
Les déplacements des Africains concernent massivement...l'Afrique seule. Se préoccuper des migrations internationales, c'est donc porter le regard bien au-delà des conjonctures européennes. Ce numéro de Politique étrangère s'y attache, tentant de décrire (dans son dossier Migrations en Afrique : un regard neuf) les déterminants multiples des mouvements migratoires, les tentatives des États du continent noir pour gérer le problème majeur des déplacés internes, les difficultés d'intégration des migrants du travail dans les sociétés d'accueil, ou les faux-semblants des accords euro-africains de réadmission...
Dans une Europe confrontée à ses « polycrises », y a-t-il un retour de la question allemande ? - thème de notre rubrique Contrechamps - ? Sans doute oui. Non que l'Allemagne le souhaite, mais du fait de son poids propre, parfois de l'incertitude de ses choix, et surtout du doute fondamental, existentiel, des Européens sur eux-mêmes, sur les conditions de leur entente. Un doute qui valorise, dans les faits, les positions allemandes.
Le Moyen-Orient s'enfonce dans la tragédie, et cette livraison de Politique étrangère propose de multiples réflexions : sur les rivalités inter-djihadistes, les risques de contagion vers des pays encore vaguement stables, sur les rapports de force militaires sur le terrain, ou sur les logiques internes qui gouvernent l'acteur turc - joueur décisif dans toutes les hypothèses.
Avec, sous-jacente, une question qu'on avait en Occident chassée depuis vingt ans, et que l'actualité nous ré-impose : que vaut vraiment l'armée russe ?...
Où en sont les droites en Europe ?
C'est à cette question que ce livre propose d'apporter des réponses. À l'échelle de l'Union, l'effondrement du communisme et l'épuisement de la social-démocratie donnent le sentiment d'un triomphe des partis de droite, conservateurs ou libéraux. Pour autant, les difficultés de la gauche ne signifient pas que la droite dispose d'une doctrine capable de lui assurer une tranquille domination.
À ce jour, la droite européenne n'a pas montré qu'elle avait de meilleures idées pour gouverner les nations. Elle présente simplement un profil philosophique, idéologique et culturel a priori plus en phase avec le monde qui s'impose : celui du marché, de l'entreprise, de l'État économe, des sociétés vieillissantes, de la préoccupation pour la sécurité... Mais la doctrine n'y est pas. La droite européenne atteint les limites de son pragmatisme.
Confrontée à une situation inédite, la droite doit engager un profond travail de réflexion sur les effets que la nouvelle donne peut produire sur sa doctrine, son programme de gouvernement, son système d'alliance et son mode d'organisation, ses méthodes de production intellectuelle, ses outils de mobilisation électorale et militante.
Si l'effondrement du communisme et l'épuisement de l'État providence ont fait exploser la gauche traditionnelle, la globalisation, la crise des finances et la concurrence des populistes peuvent dynamiter la droite traditionnelle. Une grande recomposition politique est en cours. Ce livre veut offrir au lecteur quelques clés pour en deviner les contours et en comprendre les enjeux.
La Revue d'économie financière consacre les deux derniers numéros de l'année aux systèmes bancaires européens. Dans le premier numéro, la rédaction a donné la parole à des spécialistes venant de différents pays européens, qu'ils soient économistes dans de grandes institutions (banque centrale, ministère des Finances), banquiers ou universitaires. Elle leur a demandé de dresser un état des lieux des systèmes bancaires européens dans la double perspective des suites de la crise financière et de l'harmonisation du système financier.
Ainsi, les auteurs analysent les systèmes bancaires de quatre grands pays européens (Allemagne, Royaume-Uni, Espagne et Italie), mettent en évidence les modifications importantes et contrastées provoquées par la crise financière. Ils mettent l'accent sur les facteurs structurels qui caractérisent ces systèmes bancaires : la part importante des banques mutualistes, les difficultés de l'harmonisation du secteur, le rôle important des banques dans le financement des États, ainsi que l'inefficacité du marché monétaire européen.
À la suite du thème principal, quatre articles traitent de différents sujets de l'actualité économique et financière (les fusions-acquisitions bancaires en Europe, les prix de l'immobilier résidentiel en France, l'impact informationnel des annonces de notation financière sur la rentabilité des actions et les spécificités des banques islamiques par rapport à l'application de Bâle III).
La Chine est une nouvelle et lourde puissance, c'est entendu. Mais avec quel effet sur le système international, ses ententes, ses structures ? Le poids de Pékin détraque-t-il, en soi ou par une stratégie délibérée, les organismes qu'elle intègre ? La Chine semble se couler, sauf exception, dans les procédures qui fonctionnent, sans entreprendre de les miner ou de les contester. Mais quand les structures de dialogue existent peu, la revendication chinoise prend tout son poids, comme dans le cas des rivalités en mer de Chine méridionale.