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Un objet fragmentaire façonné dans un os animal a été découvert sous l’église St-Sylvestre de Compesières (fig.1). De section convexe, doté d’incisions asymétriques sur les côtés et transpercé d’un rivet ferreux, ce fragment a priori insignifiant et anonyme a permis de mettre en évidence la présence, sur le site, d’une aire funéraire d’époque mérovingienne (VI-VIIe siècles). L’intérêt d’un tel objet réside précisément dans le fait qu’il est identifiable avec certitude et constitue un élément de datation fiable, au vu des nombreuses comparaisons connues.
Le fragment appartient à un peigne possédant deux rangées opposées de dents, les unes plus épaisses et espacées, formant le démêloir, et les autres plus fines et rapprochées, pour lisser les cheveux. Ce type de peigne est renforcé dans la partie médiane au moyen de deux traverses longitudinales, une sur chaque face ; le fragment retrouvé fait partie d’une de ces barrettes centrales (fig.2). Le découpage à la scie des dents se fait lorsque toutes les parties sont assemblées à l’aide de rivets, ce dont témoignent les incisions de dimensions différentes que l’on observe sur le fragment. Certains peignes prestigieux étaient en outre richement décorés et protégés par un étui également en os.
Ce type de peigne est un objet courant de la vie quotidienne de l’époque mérovingienne. Il était porté à la ceinture, soit dans une aumônière (bourse) soit suspendu par une châtelaine (anneau) aux côtés de ciseaux, couteaux et autres objets utilitaires. Retrouvés systématiquement dans des zones de sépultures qui les identifient comme du mobilier funéraire, de tels objets sont très probablement le reflet de rites d’inhumation habillée.