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Pedro Parente arrive à la tête du groupe Petrobras dans un moment particulièrement agité.
KEYSTONE/EPA EFE/CADU GOMES(sda-ats)
Pedro Parente, patron de la Bourse de Sao Paulo, ancien ministre et dirigeant d'entreprise, a été nommé à la tête de Petrobras. Le géant du pétrole brésilien est englué dans un gigantesque scandale de corruption et plombé par la chute des cours du brut.
"Pedro Parente assurera la présidence de @Petrobras", a annoncé le président brésilien par intérim Michel Temer sur son compte Twitter jeudi.
Après l'avoir rencontré, Pedro Parente a évoqué devant la presse le "grand honneur" d'avoir été choisi, "même si ce n'était pas dans (ses) projets", estimant qu'il était "difficile de ne pas répondre à un appel à aider à reconstruire le pays".
M. Parente, 63 ans, a travaillé plus de 30 ans dans la fonction publique, avant de passer dans le privé. Il a été chef de cabinet du président social démocrate Fernando Henrique Cardoso de 1999 à 2003, puis ministre de la Planification, ainsi que des Mines et de l'Energie, avant de prendre la tête de la filiale brésilienne du céréalier américain Bunge.
Dirigeant "expérimenté"
Il était jusqu'à présent président du conseil d'administration de BM&FBovespa, l'opérateur de la Bourse de Sao Paulo, la première place latino-américaine. Un poste qu'il compte conserver "s'il n'y a pas de conflit d'intérêts".
Pedro Parente remplace à la tête de Petrobras Aldemir Bendine, ex-président de Banco do Brasil, sans expérience dans le pétrole et réputé proche de la gauche. Ce dernier avait pris les rênes du groupe en février 2015, en pleines révélations sur un gigantesque réseau de corruption.
M. Parente étant "un dirigeant expérimenté", "il s'agit d'une bonne nomination qui pourrait alimenter le sentiment que les choses bougent dans la bonne direction", a estimé Lucas Brendler, analyste chez Geracao Futuro Corretora, auprès de l'agence Bloomberg News.
Moment agité
Pedro Parente arrive à la tête du groupe public dans un moment particulièrement agité.
Lancée en 2014, l'enquête "Lavage rapide" sur le scandale Petrobras a révélé que de grandes entreprises du BTP avaient formé un cartel qui versait de juteux dessous-de-table à des hommes politiques et d'ex-directeurs du géant pétrolier. Ces pratiques se sont soldées par un manque à gagner de plus de deux milliards de dollars en dix ans pour les comptes de Petrobras.
L'enquête a rattrapé l'élite de la classe politique et des entrepreneurs brésiliens. Ce scandale sans précédent a contribué à aggraver la crise politique qui a entraîné la suspension par le Sénat de Mme Rousseff le 12 mai pour maquillage des comptes publics, en attendant son jugement final dans le cadre d'une procédure en destitution.
Dans ce contexte, Michel Temer a demandé à M. Parente d'éviter que les considérations politiques n'influencent la gestion du groupe qui doit être centrée sur "les intérêts de l'entreprise et de ses actionnaires", au premier rang desquels l'Etat brésilien, a rapporté le nouveau PDG. "Il n'y aura pas de nominations politiques", a-t-il assuré.
Perte trimestrielle
M. Parente prend la tête d'un groupe miné par ailleurs par la chute des cours mondiaux du pétrole.
La compagnie phare du Brésil a dévoilé mi-mai une perte de 318 millions de dollars pour le premier trimestre 2016, affectée notamment par les paiements des intérêts de sa dette et la chute des cours du brut, alors qu'elle affichait encore un bénéfice de 1,862 milliard un an plus tôt.
Sur l'ensemble de 2015, la perte nette a atteint un record de 9,6 milliards de dollars. Et le groupe croule aujourd'hui sous une dette de 100,4 milliards.
Face au contexte dégradé, Petrobras a engagé une restructuration ainsi qu'une réduction drastique de ses investissements et de ses coûts, un sujet sur lequel M. Parente a dit n'avoir encore que "très peu d'informations".
Pour tenter de résorber le déficit budgétaire et gagner la confiance des investisseurs, Michel Temer pourrait accélérer les privatisations, avec notamment la possible vente des activités de distribution d'essence de Petrobras, selon un responsable gouvernemental cité par Bloomberg News.
ATS