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Il y a 75 ans, le scientifique suisse Albert Hofmann testait le LSD sur lui-même. Quelles drogues les Suisses souhaiteraient légaliser? swissinfo.ch a posé la question à Winterthour.
Dans le cadre de recherches menées dans son laboratoire chez Sandoz, Albert Hofmann synthétise du LSD à partir d’un champignon parasite des cultures, l’ergot du seigle. En avril 1943, il en absorbe d’abord une petite quantité par inadvertance, apparemment en se frottant les yeux. Les sensations qui s’emparent de lui le poussent alors à renouveler l’expérience. Curieux, il effectue un test sur lui-même, en prenant ce qu’il pense être une petite quantité, soit 0,25 milligramme.
Peu de temps après l'avoir ingéré, Albert Hofmann commence à avoir des étourdissements et développe un sentiment d'anxiété. Problèmes de vision et crises de rire s’emparent de lui. Il demande à son assistante de laboratoire de l'accompagner chez lui à vélo. «Tout dans mon champ de vision se balançait et se déformait comme dans un miroir courbé. J'avais aussi le sentiment que je n'allais nulle part à vélo», note le chimiste dans un protocole. La laborantine, quant à elle, se souvient d'une balade à vélo rapide à travers Bâle.
Arrivée à la maison, Albert Hofmann a vécu une expérience désagréable: «Les objets prenaient des formes grotesques, généralement menaçantes. La femme du voisin n'était plus Madame R., mais une sorcière vicieuse.»
En tant que substance psychotrope, le LSD demeure illégal 75 ans après sa découverte. Quelles drogues les Suisses seraient-ils prêts à légaliser? swissinfo.ch a demandé aux passants à Winterthour. Presque tous étaient en faveur de la légalisation du cannabis mais pas des autres drogues.