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L'ancien trader Jérôme Kerviel, 35 ans, poursuivi pour une perte record de près de 5 milliards d'euros en 2008 à la Société Générale, a nié sa responsabilité dès l'ouverture lundi à Paris de son procès en appel. Mais il a admis avoir joué trop gros.
"Je considère que je ne suis pas responsable de cette perte et des faits qui me sont reprochés, j'ai toujours agi en connaissance de cause de ma hiérarchie", a répondu le jeune homme à la présidente de la cour, Mireille Filippini, qui lui demandait pourquoi il avait fait appel du premier jugement.
En 2010, le tribunal correctionnel l'avait condamné à cinq ans de prison dont trois ferme et à des dommages et intérêts colossaux de 4,9 milliards d'euros, le jugeant seul responsable de la perte et ne lui trouvant aucune excuse.
Sans revenu
Lundi matin, costume bleu sombre, chemise blanche au col ouvert, Jérôme Kerviel, droit au micro, s'est déclaré sans profession et "actuellement" sans revenus.
Sans question de procédure soulevée par l'une ou l'autre partie, les débats sont entrés directement dans le vif du sujet, la présidente interrogeant d'emblée Jérôme Kerviel sur son mandat de trader et ses limites, qu'il est accusé d'avoir pulvérisées.
Une "charte déontologique" et un "cahier des procédures de trading", que tout trader est amené à signer à son arrivée à la Société Générale, l'invitent à se montrer "loyal vis-à-vis de la Société Générale et ne pas nuire à ses intérêts", à "couvrir" ses positions, "être de bonne foi", "ne pas chercher à gagner de l'argent en faisant décaler le marché", a égrené la présidente.
Pas lu
"Pour être très franc avec vous, je l'ai pas lu à l'époque", a répondu Jérôme Kerviel.
Il lui est reproché d'avoir pris en 2007 et 2008, sans mandat et à l'insu de sa hiérarchie, des positions spéculatives hors normes sur des marchés à risque, atteignant parfois des dizaines de milliards, et d'avoir déjoué les contrôles avec des opérations fictives, de fausses écritures et des mensonges répétés.
ATS