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06/07/2013
Portraits de candidats: Xavier Schwitzguébel
Xavier Schwitzguébel (Union Démocratique du Centre), 24 ans
Voici à présent le plus atypique des candidats interviewés jusqu'ici. Ce jeune homme, un barbu châtain clair évoquant davantage un Viking qu'un Cartignois, est d'abord caractérisé par sa remarquable sérénité: l'on se rend tout de suite compte que la discussion avec lui sera possible et peut-être même agréable, malgré la possible absence de tout terrain d'entente (et je parle en connaissance de cause: smartvote le considère comme le plus éloigné de moi en termes d'idées politiques).
Xavier Schwitzguébel se considère comme un officier prussien, attachant une importance particulière aux termes "servir", "honnêteté", "fidélité", "honneur" et "patrie". Il se décrit aussi comme un romantique (au sens naturel). Sa volonté de rejoindre la société de l'Helvetia (au début de ses études de droit à l'Université de Berne en septembre) illustre en partie ce caractère: il s'agit en effet de la dernière société combattante de Suisse. De plus très sportif, ancien garde du corps, et bientôt officier de l'armée suisse, il affirme que "le paraître ne m'importe pas, c'est l'être qui m'importe".
Xavier Schwitzguébel est issu d'une famille qui n'a pas été particulièrement aisée au fil des différentes générations, et qui a toujours eu un lien avec l'armée suisse. Il tient son grand-père maternel, Pierre Dufour, comme étant à l'origine de la moitié de son éducation: il lui transmit son expérience de vie, ses valeurs, son amour du sport et de la nature, ainsi que son intérêt pour la politique, envers laquelle il était très critique, tout en gardant à l'esprit le fait que c'est elle qui faisait tourner le monde. Xavier Schwitzguébel croit toujours aux valeurs chrétiennes que lui avait transmises son grand-père, considérant qu'elles ont plus de sens que le consumérisme.
Ce n'est qu'autour de ses 13 ans qu'il commence à s'intéresser à la politique: "je ne voulais pas qu'on décide à ma place". Après avoir fait des recherches, il décide de rejoindre l'UDC dès la fin de son école de recrue (en août 2008), mais il s'exécute finalement le lendemain de la non-réélection de Christoph Blocher au Conseil Fédéral (qui a eu lieu le 12 décembre 2007). Depuis lors, il participe à sa première élection (en octobre 2008, pour l'Assemblée Constituante, où il est non-élu pour 131 voix), peu avant de créer la section genevoise des Jeunes UDC (dont il est devenu Président). Il se présente une première fois au Grand Conseil (en 2009, où il est non-élu pour 287 voix), milite activement pour l'initiative contre les minarets (2010) et contre l'initiative "pour la protection face à la violence des armes" (en 2011; il s'est par ailleurs distingué en posant nu sur des affiches). En 2011, il est candidat aux élections fédérales, où il arrive deuxième des candidats des listes de "jeunes". Il est ensuite élu Vice-Président des Jeunes UDC Suisse (2012), dont il est candidat à la présidence (en 2014). Enfin, cette année, il quittera la présidence des Jeunes UDC genevois et mènera une campagne active contre l'initiative du GSsA contre le service militaire obligatoire.
Au cours de ce parcours politique déjà important, il a été à un moment donné été inspiré par les personnes suivantes: Yvan Perrin (Conseiller National et Conseiller d'Etat UDC neuchâtelois), Oskar Freysinger (Conseiller National et Conseiller d'Etat UDC valaisan), Yves Nidegger (Conseiller National UDC genevois), Christoph Blocher (Conseiller National et ancien Conseiller Fédéral UDC zurichois) et Adolf Ogi (ancien Conseiller Fédéral UDC bernois) en font partie, mais il mentionne également le général Guillaume-Henri Dufour (ancien général de l'armée suisse, vainqueur de la guerre du Sonderbund), Otto von Bismarck (homme politique prussien et allemand de la fin du XIXe siècle) et Winston Churchill (ancien Premier Ministre britannique).
Sa candidature au Grand Conseil pour cet automne est le fruit d'un engagement passionné: "je ne suis pas le meilleur, je n'ai pas plus de choses à proposer qu'un autre, mais je travaille avec honnêteté et convictions." Prêt à dépenser temps et énergie sans compter pour une structure commune, il gage de son humilité, ayant appris à se remettre en question et à ne pas être nombriliste. Se sentant très efficace quant à des questions de sécurité, il est aussi à l'aise pour tout ce qui touche au juridique, au judiciaire, à la gestion du territoire, voire aux finances. Il reste cependant conscient que s'il est élu, il est très probable que, en tant que nouveau venu, il hérite de commissions "inutiles". C'est pourquoi il ne pense pas limiter son travail à celles-ci uniquement: ne pas être membre de la commission de sécurité ne l'empêcherait pas de formuler des propositions dans ce domaine. Sa priorité est de faire adopter une réduction de la taille de l'Etat de 10% et une baisse des impôts de 5% (en faveur de la classe moyenne) afin de dévouer les 5% restants au remboursement de la dette.
Il pense que la vie politique actuelle est délétère: malgré un système bien réfléchi ayant fait ses preuves, les politiciens sont soit devenus trop nombrilistes, pensant avoir systématiquement raison (dénonçant pêle-mêle PDC, PLR, PS et Verts), soit souhaitent à tout prix faire parler d'eux, en vidant l'Etat de sa substance (accusant surtout le MCG: "leurs propos sont indécents, ils n'ont rien à faire là"). Ceux qui sont là pour se servir sans servir, pour faire parler d'eux sans faire avancer l'Etat, voilà les adversaires politiques de Xavier Schwitzguébel. À ses yeux, tous les partis ont des problèmes. Se revendiquant conservateur et libéral (économiquement), il pense pouvoir facilement trouver des terrains d'entente avec le PLR et le PDC, voire avec le MCG, et il n'est pas totalement fermé aux propositions du PS ou des Verts.
Pour lui, Genève est une région qui a eu une place très importante (réforme, croix-rouge, organisations internationales...), mais, en glorifiant ce passé perdu, on se prend pour le centre du monde sans en avoir les capacités. "Une des grandes démonstrations des paradoxes intellectuels du Genevois est qu'il prétend vouloir défendre l'environnement et les droits de l'homme, mais qui en réalité brûle ses terres et exporte de la misère." Pour Xavier Schwitzguébel, Genève va surtout devoir prendre garde à la surpopulation par une immigration qui empêche les Genevois de vivre sur le canton, en raison de loyers exorbitants, entraînant la destruction des terres et créant de l'insécurité. Il s'inquiète également pour l'avenir de la culture genevoise: la Rome protestante ne compte "plus que" 12% de protestants.
Concluant par cette phrase: "pour une Genève suisse, fière de ses traditions, une seule solution: votez Schwitzguébel", il vous invite à suivre sa campagne sur Facebook, Twitter, ou à le contacter sur son téléphone (079 586 16 11) pour discuter autour d'un verre de vin genevois.