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Le célèbre chef d'orchestre Riccardo Muti a démissionné de l'Opéra de Rome, a confirmé lundi le ministère italien de la Culture. Des mois de problèmes budgétaires et de grèves ont ébranlé la maison et menacent sa survie.
Estimant ne pas disposer de la "sérénité" nécessaire pour travailler, le maestro a annoncé dans une lettre citée dans la presse italienne qu'il se retirait des productions d'Aïda de Verdi, et des Noces de Figaro de Mozart, prévues cette saison.
Menacé de faillite par une dette de presque 29 millions d'euros (35 millions de francs suisses), l'Opéra de Rome a connu trois grèves cet été. Un plan de sauvetage élaboré fin juillet avait été approuvé par tous les syndicats, hormis le Cgil et le Fials Cisal, qui représentent 25% des employés.
Le maire de Rome, Ignazio Marino, avait alors agité le spectre de la liquidation. Vendredi, les employés ont approuvé par référendum ce plan de sauvetage, qui doit débloquer 20 millions d'euros de fonds publics en échange d'une restructuration interne.
Mais le Cgil a remis en cause le résultat du vote. Le syndicat s'est dit prêt "à toutes les actions nécessaires", y compris de nouvelles grèves.
Opéras italiens en grande difficulté
Agé de 73 ans, Riccardo Muti est devenu "chef honoraire à vie" de l'Opéra de Rome en 2011. Sa démission dramatique en 2005 de la Scala de Milan, qu'il dirigeait depuis 1986, a marqué les esprits.
Le maestro reste directeur de l'Orchestre Symphonique de Chicago. Il poursuivra en Italie son travail avec les jeunes de l'Orchestre Cherubini, dont il est le fondateur.
L'Opéra de Rome est installé dans le Théâtre Costanzi, entièrement remodelé sous Mussolini. Il a vu passer de grands noms comme Maria Callas.
Actuellement, il n'est pas le seul en difficulté. A Naples, la dette du Théâtre San Carlo s'élève ainsi à 40 millions d'euros. En 2014, les opéras italiens doivent recevoir 184 millions d'euros de fonds publics, ainsi que 98 millions en plus pour ceux en crise.