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Telle est la question à laquelle essaie de répondre la SonntagsZeitung dans un dossier publié aujourd'hui.
A l'heure des réseaux sociaux et des théories complotistes, de plus en plus de fans ont l'impression que leur équipe est régulièrement touchée par des décisions douteuses, et les clubs eux même mettent de plus en plus de pressions sur les officiels.
Andreas Fischer, le chef des arbitres, livre ses impressions dans cet article. Il rappelle que contrairement à d'autres sports, la zone grise est souvent de mise, et que pas moins de 40 infractions amènent à des pénalités de 2, 5, 10 ou 20 minutes dans un règlement qui en plus change un peu chaque année. Des fautes telles que "accrocher", "rentenir", "cross-checking" ou "obstruction" sont presque aussi souvent une question d'interprétation.
Le jeu en lui même est de plus en plus rapide : "cela rend le travail des arbitres plus difficile et les rend encore plus susceptibles de prendre de mauvaises décisions. Plus le jeu est rapide, plus les situations dans lesquelles la vue de l'arbitre sur la scène décisive est brièvement obscurcie par un troisième joueur qui se précipite vers l'avant ou son repositionnement sur la glace est une fraction de seconde trop tard pour une vue optimale sont fréquentes."
La meilleure qualité des images peut aussi se montrer contreproductive, car si elle aide les officiels à prendre leurs décisions, elle rend également toutes les petites erreurs visibles pour le téléspectateur devant son écran Ultra HD. Ces derniers qui ont également accès à toutes ces petites fautes dans le jeu qui ne sont pas vérifiables par les arbitres et qui passaient innaperçues avant la HD.
Le fait de maintenant pour écouter les reprises vidéo pour savoir comment les deux arbitres principaux jugent conjointement la scène peut également embrouiller le fan. "Les arbitres ne sont pas toujours d'accord dès le début de leurs discussions, mais ils doivent prendre une décision et la communiquer". Le fan émotif est à l'écoute, et ce sont précisément ces cas qui peuvent alimenter les "théories du complot".
Voilà pour les justifications, mais comment vivent alors les arbitres s'ils savent d'emblée qu'ils ne pourront livrer une performance sans erreur ? Andrea Fischer y répond ainsi : "Les arbitres se rendent sur la glace pour arbitrer un match de manière équitable et sûre, avec un règlement qui doit être respecté. Mais les joueurs, les entraîneurs et les spectateurs doivent comprendre que les arbitres, tout comme les défenseurs ou les attaquants, peuvent mal juger les scènes. Sans les erreurs, chaque match se terminerait par 0-0".
Et de rappeler aux clubs : "Dites aussi que vous n'avez pas perdu à cause de quatre mauvaises décisions de l'arbitre, mais parce que l'attaquant a manqué le but quatre fois. Nous sommes tous des êtres humains qui font des erreurs."
Est-ce alors un problème de formation ? Pas vraiment, la compréhension des règles par les arbitres s'était déjà considérablement améliorée sous la direction de son prédécesseur, Brent Reiber, explique Fischer, qui rajoute : "Les erreurs techniques n'arrivent pratiquement jamais".
L'accent est maintenant mis sur la compréhension du jeu et le patinage, des domaines qui avaient été plutôt négligés jusqu'à présent. La façon dont les équipes jouent a changé et les arbitres modernes sont beaucoup plus mobiles et ne se tiennent plus au bord du terrain, comme ils le faisaient auparavant, d'où ils ont une vue d'ensemble de tout.
Et de conclure de façon fataliste. Quelle que soit l'amélioration apportée, on en revient toujours au même point. L'élimination des erreurs est illusoire, cette discussion sera encore d'actualité dans 30 ans.