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A. Le samedi 21 juin 1997, entre 20h30 et 20h45, au crépuscule, un accident de la circulation s'est produit à Colombier, avenue du Collège, entre la Jeep Cherokee conduite par S. et la Renault Clio de M.. S. débouchait, en marche arrière, de l'embran- chement de l'avenue du Collège desservant les villas 17 à 23. Il pleuvait et, en raison de la présence de quatre personnes dans le véhicule, les vitres étaient embuées. Le conducteur reculait et regardait par la vitre latérale avant, qu'il avait ouverte, si la voie était libre pour engager son véhicule dans l'avenue du Collège. Sa visibilité était en outre rédui- te en raison de la végétation et de la présence de clôtures. M. descendait l'avenue du Collège pour rejoindre son domicile, rue des Côteaux, lorsque son véhicule s'est trouvé en présence de celui de S.. Un choc s'est produit entre l'angle arrière droit de la Jeep et le flanc avant gauche de la Renault Clio, seul ce véhicule subissant des dommages. Le rapport de la police cantonale a situé le point de choc entre 1,45 mètre et 1,90 mètre de la bordure pavée de l'embranchement, l'avenue du Collège ayant, à l'endroit de l'accident, une largeur de 5,10 mètres. Par ailleurs, le tronçon emprunté par l'automobiliste M. - soit du chemin des Perreuses à l'embranchement des propriétés 17 à 23 - est à sens interdit et ne pouvait être emprunté que dans le sens suivi par la conduc- trice M.. B. A la suite de cet accident, S. s'est vu noti- fier une ordonnance pénale le condamnant à une amende de 350 francs et à 145 francs de frais en application des articles 31/1, 36/4 et 90/1 LCR et 17/1 OCR. Ayant fait opposition à cette ordonnance, il a été renvoyé de- vant le Tribunal de police du district de Boudry. Par jugement du 5 novembre 1997, ce tribunal a maintenu la con- damnation à 350 francs d'amende, augmentant les frais à 498 francs. Il a estimé en bref que S. avait enfreint son devoir de pru- dence en s'engageant, en marche arrière, sur la rue du Collège, alors que la visibilité et les conditions atmosphériques étaient mauvaises et qu'il n'avait ainsi pas suffisamment pris de précautions pour ne pas entraver la conductrice M., qui bénéficiait de la priorité. S. aurait à tout le moins dû avoir recours à l'aide de ses passagers qui, même en restant dans le véhicule, auraient pu mieux apercevoir que lui un véhicule prioritaire. C. S. se pourvoit en cassation contre ce jugement en concluant au renvoi de la cause pour nouveau jugement. Il invoque l'arbitraire ainsi qu'une fausse application des articles 31/1, 36/4 LCR et 17/1 OCR. Il conteste au surplus la quotité de l'amende, qu'il juge excessive au vu de l'ensemble de la situation et contraire aux articles 63 et 48 CPS. D. Le président du Tribunal de district de Boudry ne formule pas d'observations. Le ministère public conclut au rejet du recours, sans observations. C O N S I D E R A N T e n d r o i t 1. Interjeté dans les formes et délai légaux (art.244 CPP), le pourvoi est recevable. 2. Selon l'article 36/4 LCR, le conducteur qui veut engager son véhicule dans la circulation, faire demi-tour ou marche arrière ne doit pas entraver les autres usagers de la route; ces derniers bénéficient de la priorité. L'article 17/1 OCR précise quant à lui qu'avant de démarrer, le conducteur s'assurera qu'il ne met en danger aucun enfant ou autre usager de la route. Lorsque le véhicule masque la vue vers l'arrière, le conducteur ne reculera pas sans l'aide d'une tierce personne, à moins que tout danger ne soit exclu. Selon la jurisprudence, le conducteur non prioritaire doit ac- corder la priorité à tout usager, d'où qu'il vienne et sur toute la sur- face de la chaussée (ATF 102 IV 259 - JT 1977 I 432). La marche arrière nécessite des précautions élémentaires; le conducteur doit s'assurer consciencieusement que la chaussée est libre, regarder la route derrière lui avec toute l'attention commandée par les circonstances, non seulement avant de démarrer, mais encore durant toute la manoeuvre. Si la vue est masquée ou insuffisante, il lui incombe d'avancer prudemment jusqu'à ce qu'il soit certain que la voie est libre, de façon à pouvoir s'arrêter immédiatement pour respecter la priorité d'un usager qui surgirait alors, surtout de nuit, l'appréciation des distances et des vitesses étant beaucoup plus difficiles (ATF 101 IV 346 - JT 1976 I 427). Celui qui recule doit donc manoeuvrer de manière à éviter tout risque prévisible en prenant toutes les mesures commandées par les circonstances concrètes, et notamment par la visibilité (ATF 101 IV 33 - JT 1976 I 428; ATF 106 IV 58 - JT 1980 p.424). Ainsi, le conducteur qui quitte une place de parc en marche arrière et qui ne dispose pas de la visibilité nécessaire doit recourir à l'aide de tiers ou renoncer à sa manoeuvre (ATF 106 IV 58 - JT 1980 p.424). 3. En l'espèce, S. effectuait une manoeuvre de marche arrière pour s'engager sur l'avenue du Collège et était donc dé- biteur de la priorité par rapport à M.. Sa visibilité étant restreinte à plusieurs titres (configuration des lieux, crépuscule, pluie abondante et buée sur les vitres), il devait faire preuve d'une prudence toute particulière et d'une vigilance soutenue, tout au long de sa manoeuvre de recul. Or, au vu du dossier, il apparaît que tel n'a pas été le cas. S. ne pouvait pas se borner à regarder par la vitre latérale avant ouverte pour effectuer sa manoeuvre, car, pour remarquer un éventuel véhicule prioritaire, il aurait dû attendre que plus de la moitié de son véhicule dépasse sur l'avenue du Collège, ce qui est évidemment contraire à toute règle de prudence et de nature à provoquer un accident. Au surplus, S. bénéficiait de la présence de deux passagers arrières, âgés de quatorze et seize ans environ. Il aurait dû faire appel à eux. Par un simple nettoyage des vitres arrières et un coup d'oeil, ceux-ci auraient été à même d'apercevoir le véhicule M. et d'indiquer au conducteur qu'il devait s'arrêter. Enfin, l'on ne peut s'empêcher de s'étonner que S. ait opté pour une manoeuvre de marche arrière pour s'engager dans l'avenue du Collège alors qu'une manoeuvre classique en marche avant lui aurait permis d'avoir une visibilité bien meilleure. La faute de S. est donc manifeste et présente un caractère de gravité certain. Le jugement entrepris n'est donc pas con- testable en droit. C'est à tort que le recourant se prévaut du principe de la confiance dans la mesure où lui-même ne s'est pas comporté de manière réglementaire (ATF 120 IV 252 - JT 1994 I 691). Par ailleurs, l'on ne voit pas quelle serait la faute commise par M., qui, en tant que prioritaire, était autorisée à circuler sur toute la largeur de la chaus- sée. 4. S. considère que l'amende de 350 francs à la- quelle il a été condamné est excessive. Selon lui, elle ne tient pas compte du peu de gravité du cas, de son absence d'antécédents ainsi que de sa situation personnelle d'étudiant, ne réalisant aucun salaire et sans fortune. Selon l'article 63 CPS, le juge fixera la peine d'après la cul- pabilité du délinquant, en tenant compte des mobiles, des antécédents et de la situation personnelle de ce dernier. L'article 48/2 CPS stipule no- tamment que, pour apprécier la situation du condamné, le juge tiendra compte notamment des éléments ci-après : revenu et capital, état civil et charges de famille, profession et gain professionnel, âge et état de santé. L'article 63 fixe un cadre très général au juge, qui possède un large pouvoir d'appréciation. La culpabilité de l'auteur est le premier facteur dont le juge doit tenir compte en fixant l'amende (ATF 101 IV 16). Plus la peine est élevée, plus on se montrera exigeant quant à sa motivation (ATF 120 IV 67, ATF 118 IV 14, 117 IV 112; Schmid Strafprozessrecht, 2ème édition, Zürich, 1993, no 215). A l'inverse, plus une amende est basse, plus on doit accepter un certain schématisme. Dans ce cas, on ne saurait exiger du juge du fond qu'il procède à un examen trop détaillé en particulier de la situation personnelle de l'auteur, spécialement lorsqu'il s'agit d'infractions standard (RSJB 1987 p.441; Schubarth, Qualifizierter Tatbestand und Strafzumessung in der neueren Rechtssprechung des Bundesgerichts, in : BJM 1992, p.65 ss) Certes, le premier juge n'a fait qu'une analyse succincte de la situation personnelle de S. et s'est fondé sur des signes extérieurs de richesse, tels que le type de véhicule conduit et le carac- tère du quartier de villas qu'il habite. Toutefois, dans la mesure où l'infraction commise revêt une gravité certaine et où le montant de l'ame- nde demeure relativement faible, soit inférieure à 500 francs, l'on peut considérer que l'amende de 350 francs correspond à la culpabilité du recourant et à la situation de fait. 5. Mal fondé, le pourvoi de S. doit donc être re- jeté et le jugement entrepris, qui n'est pas exempt de témérité, confirmé. Quant aux frais de cassation, ils incombent au recourant, qui succombe. Par ces motifs, LA COUR DE CASSATION PENALE 1. Rejette le recours de S.. 2. Condamne le recourant aux frais de la procédure de recours arrêtés à 440 francs. Neuchâtel, le 27 janvier 1998

A. Le samedi 21 juin 1997, entre 20h30 et 20h45, au crépuscule, un

A. Le samedi 21 juin 1997, entre 20h30 et 20h45, au crépuscule, un accident de la circulation s'est produit à Colombier, avenue du Collège,

accident de la circulation s'est produit à Colombier, avenue du Collège, entre la Jeep Cherokee conduite par S. et la Renault Clio

entre la Jeep Cherokee conduite par S. et la Renault Clio de M.. de M.. S. débouchait, en marche arrière, de l'embran-

S. débouchait, en marche arrière, de l'embran- chement de l'avenue du Collège desservant les villas 17 à 23. Il pleuvait

chement de l'avenue du Collège desservant les villas 17 à 23. Il pleuvait et, en raison de la présence de quatre personnes dans le véhicule, les

et, en raison de la présence de quatre personnes dans le véhicule, les vitres étaient embuées. Le conducteur reculait et regardait par la vitre

vitres étaient embuées. Le conducteur reculait et regardait par la vitre latérale avant, qu'il avait ouverte, si la voie était libre pour engager

latérale avant, qu'il avait ouverte, si la voie était libre pour engager son véhicule dans l'avenue du Collège. Sa visibilité était en outre rédui-

son véhicule dans l'avenue du Collège. Sa visibilité était en outre rédui- te en raison de la végétation et de la présence de clôtures. te en raison de la végétation et de la présence de clôtures. M. descendait l'avenue du Collège pour rejoindre son

M. descendait l'avenue du Collège pour rejoindre son domicile, rue des Côteaux, lorsque son véhicule s'est trouvé en présence

domicile, rue des Côteaux, lorsque son véhicule s'est trouvé en présence de celui de S.. Un choc s'est produit entre l'angle

de celui de S.. Un choc s'est produit entre l'angle arrière droit de la Jeep et le flanc avant gauche de la Renault Clio, seul

arrière droit de la Jeep et le flanc avant gauche de la Renault Clio, seul ce véhicule subissant des dommages. ce véhicule subissant des dommages. Le rapport de la police cantonale a situé le point de choc entre

Le rapport de la police cantonale a situé le point de choc entre 1,45 mètre et 1,90 mètre de la bordure pavée de l'embranchement, l'avenue

1,45 mètre et 1,90 mètre de la bordure pavée de l'embranchement, l'avenue du Collège ayant, à l'endroit de l'accident, une largeur de 5,10 mètres. du Collège ayant, à l'endroit de l'accident, une largeur de 5,10 mètres. Par ailleurs, le tronçon emprunté par l'automobiliste M. - soit du

Par ailleurs, le tronçon emprunté par l'automobiliste M. - soit du chemin des Perreuses à l'embranchement des propriétés 17 à 23 - est à sens

chemin des Perreuses à l'embranchement des propriétés 17 à 23 - est à sens interdit et ne pouvait être emprunté que dans le sens suivi par la conduc-

interdit et ne pouvait être emprunté que dans le sens suivi par la conduc- trice M.. trice M.. B. A la suite de cet accident, S. s'est vu noti-

B. A la suite de cet accident, S. s'est vu noti- fier une ordonnance pénale le condamnant à une amende de 350 francs et à

fier une ordonnance pénale le condamnant à une amende de 350 francs et à 145 francs de frais en application des articles 31/1, 36/4 et 90/1 LCR et

145 francs de frais en application des articles 31/1, 36/4 et 90/1 LCR et 17/1 OCR. Ayant fait opposition à cette ordonnance, il a été renvoyé de-

17/1 OCR. Ayant fait opposition à cette ordonnance, il a été renvoyé de- vant le Tribunal de police du district de Boudry. vant le Tribunal de police du district de Boudry. Par jugement du 5 novembre 1997, ce tribunal a maintenu la con-

Par jugement du 5 novembre 1997, ce tribunal a maintenu la con- damnation à 350 francs d'amende, augmentant les frais à 498 francs. Il a

damnation à 350 francs d'amende, augmentant les frais à 498 francs. Il a estimé en bref que S. avait enfreint son devoir de pru-

estimé en bref que S. avait enfreint son devoir de pru- dence en s'engageant, en marche arrière, sur la rue du Collège, alors que

dence en s'engageant, en marche arrière, sur la rue du Collège, alors que la visibilité et les conditions atmosphériques étaient mauvaises et qu'il

la visibilité et les conditions atmosphériques étaient mauvaises et qu'il n'avait ainsi pas suffisamment pris de précautions pour ne pas entraver la

n'avait ainsi pas suffisamment pris de précautions pour ne pas entraver la conductrice M., qui bénéficiait de la priorité. S. conductrice M., qui bénéficiait de la priorité. S. aurait à tout le moins dû avoir recours à l'aide de ses passagers qui,

aurait à tout le moins dû avoir recours à l'aide de ses passagers qui, même en restant dans le véhicule, auraient pu mieux apercevoir que lui un

même en restant dans le véhicule, auraient pu mieux apercevoir que lui un véhicule prioritaire. véhicule prioritaire. C. S. se pourvoit en cassation contre ce jugement

C. S. se pourvoit en cassation contre ce jugement en concluant au renvoi de la cause pour nouveau jugement. Il invoque

en concluant au renvoi de la cause pour nouveau jugement. Il invoque l'arbitraire ainsi qu'une fausse application des articles 31/1, 36/4 LCR

l'arbitraire ainsi qu'une fausse application des articles 31/1, 36/4 LCR et 17/1 OCR. Il conteste au surplus la quotité de l'amende, qu'il juge

et 17/1 OCR. Il conteste au surplus la quotité de l'amende, qu'il juge excessive au vu de l'ensemble de la situation et contraire aux articles 63

excessive au vu de l'ensemble de la situation et contraire aux articles 63 et 48 CPS. et 48 CPS. D. Le président du Tribunal de district de Boudry ne formule pas

D. Le président du Tribunal de district de Boudry ne formule pas d'observations. Le ministère public conclut au rejet du recours, sans

d'observations. Le ministère public conclut au rejet du recours, sans observations. observations. C O N S I D E R A N T

C O N S I D E R A N T e n d r o i t

e n d r o i t 1. Interjeté dans les formes et délai légaux (art.244 CPP), le

1. Interjeté dans les formes et délai légaux (art.244 CPP), le pourvoi est recevable. pourvoi est recevable. 2. Selon l'article 36/4 LCR, le conducteur qui veut engager son

2. Selon l'article 36/4 LCR, le conducteur qui veut engager son véhicule dans la circulation, faire demi-tour ou marche arrière ne doit

véhicule dans la circulation, faire demi-tour ou marche arrière ne doit pas entraver les autres usagers de la route; ces derniers bénéficient de

pas entraver les autres usagers de la route; ces derniers bénéficient de la priorité. L'article 17/1 OCR précise quant à lui qu'avant de démarrer,

la priorité. L'article 17/1 OCR précise quant à lui qu'avant de démarrer, le conducteur s'assurera qu'il ne met en danger aucun enfant ou autre

le conducteur s'assurera qu'il ne met en danger aucun enfant ou autre usager de la route. Lorsque le véhicule masque la vue vers l'arrière, le

usager de la route. Lorsque le véhicule masque la vue vers l'arrière, le conducteur ne reculera pas sans l'aide d'une tierce personne, à moins que

conducteur ne reculera pas sans l'aide d'une tierce personne, à moins que tout danger ne soit exclu. tout danger ne soit exclu. Selon la jurisprudence, le conducteur non prioritaire doit ac-

Selon la jurisprudence, le conducteur non prioritaire doit ac- corder la priorité à tout usager, d'où qu'il vienne et sur toute la sur-

corder la priorité à tout usager, d'où qu'il vienne et sur toute la sur- face de la chaussée (ATF 102 IV 259 - JT 1977 I 432). face de la chaussée (ATF 102 IV 259 - JT 1977 I 432). La marche arrière nécessite des précautions élémentaires; le

La marche arrière nécessite des précautions élémentaires; le conducteur doit s'assurer consciencieusement que la chaussée est libre,

conducteur doit s'assurer consciencieusement que la chaussée est libre, regarder la route derrière lui avec toute l'attention commandée par les

regarder la route derrière lui avec toute l'attention commandée par les circonstances, non seulement avant de démarrer, mais encore durant toute

circonstances, non seulement avant de démarrer, mais encore durant toute la manoeuvre. Si la vue est masquée ou insuffisante, il lui incombe

la manoeuvre. Si la vue est masquée ou insuffisante, il lui incombe d'avancer prudemment jusqu'à ce qu'il soit certain que la voie est libre,

d'avancer prudemment jusqu'à ce qu'il soit certain que la voie est libre, de façon à pouvoir s'arrêter immédiatement pour respecter la priorité d'un

de façon à pouvoir s'arrêter immédiatement pour respecter la priorité d'un usager qui surgirait alors, surtout de nuit, l'appréciation des distances

usager qui surgirait alors, surtout de nuit, l'appréciation des distances et des vitesses étant beaucoup plus difficiles (ATF 101 IV 346 - JT 1976 I

et des vitesses étant beaucoup plus difficiles (ATF 101 IV 346 - JT 1976 I 427).

427). Celui qui recule doit donc manoeuvrer de manière à éviter tout

Celui qui recule doit donc manoeuvrer de manière à éviter tout risque prévisible en prenant toutes les mesures commandées par les

risque prévisible en prenant toutes les mesures commandées par les circonstances concrètes, et notamment par la visibilité (ATF 101 IV 33 -

circonstances concrètes, et notamment par la visibilité (ATF 101 IV 33 - JT 1976 I 428; ATF 106 IV 58 - JT 1980 p.424). Ainsi, le conducteur qui

JT 1976 I 428; ATF 106 IV 58 - JT 1980 p.424). Ainsi, le conducteur qui quitte une place de parc en marche arrière et qui ne dispose pas de la

quitte une place de parc en marche arrière et qui ne dispose pas de la visibilité nécessaire doit recourir à l'aide de tiers ou renoncer à sa

visibilité nécessaire doit recourir à l'aide de tiers ou renoncer à sa manoeuvre (ATF 106 IV 58 - JT 1980 p.424). manoeuvre (ATF 106 IV 58 - JT 1980 p.424). 3. En l'espèce, S. effectuait une manoeuvre de

3. En l'espèce, S. effectuait une manoeuvre de marche arrière pour s'engager sur l'avenue du Collège et était donc dé-

marche arrière pour s'engager sur l'avenue du Collège et était donc dé- biteur de la priorité par rapport à M.. Sa visibilité étant

biteur de la priorité par rapport à M.. Sa visibilité étant restreinte à plusieurs titres (configuration des lieux, crépuscule, pluie

restreinte à plusieurs titres (configuration des lieux, crépuscule, pluie abondante et buée sur les vitres), il devait faire preuve d'une prudence

abondante et buée sur les vitres), il devait faire preuve d'une prudence toute particulière et d'une vigilance soutenue, tout au long de sa

toute particulière et d'une vigilance soutenue, tout au long de sa manoeuvre de recul. Or, au vu du dossier, il apparaît que tel n'a pas été

manoeuvre de recul. Or, au vu du dossier, il apparaît que tel n'a pas été le cas. S. ne pouvait pas se borner à regarder par la

le cas. S. ne pouvait pas se borner à regarder par la vitre latérale avant ouverte pour effectuer sa manoeuvre, car, pour

vitre latérale avant ouverte pour effectuer sa manoeuvre, car, pour remarquer un éventuel véhicule prioritaire, il aurait dû attendre que plus

remarquer un éventuel véhicule prioritaire, il aurait dû attendre que plus de la moitié de son véhicule dépasse sur l'avenue du Collège, ce qui est

de la moitié de son véhicule dépasse sur l'avenue du Collège, ce qui est évidemment contraire à toute règle de prudence et de nature à provoquer un

évidemment contraire à toute règle de prudence et de nature à provoquer un accident. accident. Au surplus, S. bénéficiait de la présence de

Au surplus, S. bénéficiait de la présence de deux passagers arrières, âgés de quatorze et seize ans environ. Il aurait

deux passagers arrières, âgés de quatorze et seize ans environ. Il aurait dû faire appel à eux. Par un simple nettoyage des vitres arrières et un

dû faire appel à eux. Par un simple nettoyage des vitres arrières et un coup d'oeil, ceux-ci auraient été à même d'apercevoir le véhicule M. coup d'oeil, ceux-ci auraient été à même d'apercevoir le véhicule M. et d'indiquer au conducteur qu'il devait s'arrêter. et d'indiquer au conducteur qu'il devait s'arrêter. Enfin, l'on ne peut s'empêcher de s'étonner que S. ait opté pour une manoeuvre de marche arrière pour s'engager dans

Enfin, l'on ne peut s'empêcher de s'étonner que S. ait opté pour une manoeuvre de marche arrière pour s'engager dans l'avenue du Collège alors qu'une manoeuvre classique en marche avant lui

l'avenue du Collège alors qu'une manoeuvre classique en marche avant lui aurait permis d'avoir une visibilité bien meilleure. aurait permis d'avoir une visibilité bien meilleure. La faute de S. est donc manifeste et présente

La faute de S. est donc manifeste et présente un caractère de gravité certain. Le jugement entrepris n'est donc pas con-

un caractère de gravité certain. Le jugement entrepris n'est donc pas con- testable en droit. testable en droit. C'est à tort que le recourant se prévaut du principe de la

C'est à tort que le recourant se prévaut du principe de la confiance dans la mesure où lui-même ne s'est pas comporté de manière

confiance dans la mesure où lui-même ne s'est pas comporté de manière réglementaire (ATF 120 IV 252 - JT 1994 I 691). Par ailleurs, l'on ne voit

réglementaire (ATF 120 IV 252 - JT 1994 I 691). Par ailleurs, l'on ne voit pas quelle serait la faute commise par M., qui, en tant que

pas quelle serait la faute commise par M., qui, en tant que prioritaire, était autorisée à circuler sur toute la largeur de la chaus-

prioritaire, était autorisée à circuler sur toute la largeur de la chaus- sée. sée. 4. S. considère que l'amende de 350 francs à la-

4. S. considère que l'amende de 350 francs à la- quelle il a été condamné est excessive. Selon lui, elle ne tient pas

quelle il a été condamné est excessive. Selon lui, elle ne tient pas compte du peu de gravité du cas, de son absence d'antécédents ainsi que de

compte du peu de gravité du cas, de son absence d'antécédents ainsi que de sa situation personnelle d'étudiant, ne réalisant aucun salaire et sans

sa situation personnelle d'étudiant, ne réalisant aucun salaire et sans fortune. fortune. Selon l'article 63 CPS, le juge fixera la peine d'après la cul-

Selon l'article 63 CPS, le juge fixera la peine d'après la cul- pabilité du délinquant, en tenant compte des mobiles, des antécédents et

pabilité du délinquant, en tenant compte des mobiles, des antécédents et de la situation personnelle de ce dernier. L'article 48/2 CPS stipule no-

de la situation personnelle de ce dernier. L'article 48/2 CPS stipule no- tamment que, pour apprécier la situation du condamné, le juge tiendra

tamment que, pour apprécier la situation du condamné, le juge tiendra compte notamment des éléments ci-après : revenu et capital, état civil et

compte notamment des éléments ci-après : revenu et capital, état civil et charges de famille, profession et gain professionnel, âge et état de

charges de famille, profession et gain professionnel, âge et état de santé. santé. L'article 63 fixe un cadre très général au juge, qui possède un

L'article 63 fixe un cadre très général au juge, qui possède un large pouvoir d'appréciation. La culpabilité de l'auteur est le premier

large pouvoir d'appréciation. La culpabilité de l'auteur est le premier facteur dont le juge doit tenir compte en fixant l'amende (ATF 101 IV 16). facteur dont le juge doit tenir compte en fixant l'amende (ATF 101 IV 16). Plus la peine est élevée, plus on se montrera exigeant quant à

Plus la peine est élevée, plus on se montrera exigeant quant à sa motivation (ATF 120 IV 67, ATF 118 IV 14, 117 IV 112; Schmid

sa motivation (ATF 120 IV 67, ATF 118 IV 14, 117 IV 112; Schmid Strafprozessrecht, 2ème édition, Zürich, 1993, no 215). A l'inverse, plus

Strafprozessrecht, 2ème édition, Zürich, 1993, no 215). A l'inverse, plus une amende est basse, plus on doit accepter un certain schématisme. Dans

une amende est basse, plus on doit accepter un certain schématisme. Dans ce cas, on ne saurait exiger du juge du fond qu'il procède à un examen

ce cas, on ne saurait exiger du juge du fond qu'il procède à un examen trop détaillé en particulier de la situation personnelle de l'auteur,

trop détaillé en particulier de la situation personnelle de l'auteur, spécialement lorsqu'il s'agit d'infractions standard (RSJB 1987 p.441;

spécialement lorsqu'il s'agit d'infractions standard (RSJB 1987 p.441; Schubarth, Qualifizierter Tatbestand und Strafzumessung in der neueren

Schubarth, Qualifizierter Tatbestand und Strafzumessung in der neueren Rechtssprechung des Bundesgerichts, in : BJM 1992, p.65 ss)

Rechtssprechung des Bundesgerichts, in : BJM 1992, p.65 ss) Certes, le premier juge n'a fait qu'une analyse succincte de la

Certes, le premier juge n'a fait qu'une analyse succincte de la situation personnelle de S. et s'est fondé sur des signes

situation personnelle de S. et s'est fondé sur des signes extérieurs de richesse, tels que le type de véhicule conduit et le carac-

extérieurs de richesse, tels que le type de véhicule conduit et le carac- tère du quartier de villas qu'il habite. Toutefois, dans la mesure où

tère du quartier de villas qu'il habite. Toutefois, dans la mesure où l'infraction commise revêt une gravité certaine et où le montant de l'ame-

l'infraction commise revêt une gravité certaine et où le montant de l'ame- nde demeure relativement faible, soit inférieure à 500 francs, l'on peut

nde demeure relativement faible, soit inférieure à 500 francs, l'on peut considérer que l'amende de 350 francs correspond à la culpabilité du

considérer que l'amende de 350 francs correspond à la culpabilité du recourant et à la situation de fait. recourant et à la situation de fait. 5. Mal fondé, le pourvoi de S. doit donc être re-

5. Mal fondé, le pourvoi de S. doit donc être re- jeté et le jugement entrepris, qui n'est pas exempt de témérité, confirmé. jeté et le jugement entrepris, qui n'est pas exempt de témérité, confirmé. Quant aux frais de cassation, ils incombent au recourant, qui succombe.

Quant aux frais de cassation, ils incombent au recourant, qui succombe. Par ces motifs,

Par ces motifs, LA COUR DE CASSATION PENALE

LA COUR DE CASSATION PENALE 1. Rejette le recours de S..

1. Rejette le recours de S.. 2. Condamne le recourant aux frais de la procédure de recours arrêtés à

2. Condamne le recourant aux frais de la procédure de recours arrêtés à 440 francs.

440 francs. Neuchâtel, le 27 janvier 1998

Neuchâtel, le 27 janvier 1998