Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07060.jsonl.gz/339

Le président américain a pris cette décision en recourant au "Stafford Act", voté en 1988 et qui autorise l'Agence fédérale de gestion des secours (FEMA) à fournir des fonds aux gouvernements des Etats et des comtés et de déployer des équipes de secours afin de "sauver des vies, protéger les biens, la santé publique et la sécurité, ou faire face à la menace d'une catastrophe".
Jusqu'à 50 milliards débloqués
Cette loi n'avait été utilisée jusqu'ici qu'à une seule reprise, par le président Bill Clinton en 2000 face à l'épidémie de virus du Nil occidental. A fin février, la Fema disposait de plus de 42 milliards de dollars de fonds fédéraux. Mais Donald Trump, qui s'exprimait depuis les jardins de la Maison Blanche, a affirmé que sa décision permettrait de débloquer jusqu'à 50 milliards.
Les élus démocrates du Congrès avaient expressément demandé à Donald Trump d'activer ce dispositif pour financer différentes initiatives telles que des structures de soins provisoires.
Donald Trump a également appelé "chaque Etat (du pays) à mettre immédiatement en place des centres d'urgence" et les hôpitaux à activer leurs plans de préparation d'urgence "pour répondre aux besoins des Américains". Il a annoncé parallèlement "une forte hausse" des capacités à tester le virus aux Etats-Unis. "Nous annonçons un nouveau partenariat avec le secteur privé pour augmenter et accélérer énormément notre capacité à tester le coronavirus", a-t-il assuré.
Réserves de pétrole au maximum
Sur le plan économique, les réserves stratégiques de pétrole vont être portées à leur maximum. "J'ai également demandé au secrétaire à l'Energie d'acheter à très bon prix de grandes quantités de pétrole brut pour le stockage aux Etats-Unis. Nous allons remplir les réserves stratégiques jusqu'au sommet, faire économiser des milliards aux contribuables américains, aider notre industrie pétrolière", a-t-il déclaré.
Après avoir été notamment en contact avec un officiel brésilien contaminé le week-end dernier, Donald Trump a indiqué ne présenter "aucun symptôme" du coronavirus, même s'il n'a pas été testé.
Le nombre de cas augmente rapidement
Les autorités sanitaires américaines ont fait état vendredi de 1678 infections dues au nouveau coronavirus, soit 414 de plus que la veille, et de cinq décès supplémentaires, ce qui porte le total à 41. Quarante-six Etats, plus le district de Columbia, sont désormais touchés, soit quatre de plus que jeudi, précisent les centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC).
Les autorités s'attendent à ce que le nombre de cas explose dès que les tests seront largement disponibles: des projections transmises au Sénat parlent de 70 à 150 millions d'Américains qui pourraient être infectés, sur un pays de près de 330 millions d'habitants.
Le pays vit désormais lui aussi au ralenti
Epargnés au début de l'épidémie, les Etats-Unis, première puissance mondiale, vivent désormais eux aussi au ralenti.
En quelques jours, la plupart des secteurs ont été contraints de mettre un coup de frein brutal à leurs activités, même si le nombre de cas confirmés de coronavirus reste faible en raison notamment d'un gros retard pris dans la capacité à tester la population.
Une trentaine d'Etats sur 50 ont déjà déclaré l'état d'urgence à leur niveau. Dans l'Etat le plus peuplé, la Californie, le gouverneur Gavin Newsom a interdit les rassemblements de plus de 250 personnes. Plusieurs Etats dont la Pennsylvanie, l'Ohio et le Maryland, tout comme la capitale Washington, ont aussi annoncé la fermeture des écoles publiques pour plusieurs semaines.
Les grandes universités américaines ont cessé les cours physiques pour passer à l'enseignement en ligne, un casse-tête pour des centaines de milliers d'étudiants étrangers dont les visas interdisent en principe les cours en ligne.
A New York, capitale financière et culturelle du pays, les rassemblements de plus de 500 personnes sont interdits depuis jeudi, éteignant les théâtres de Broadway et l'intense vie culturelle de cette métropole de 8,5 millions d'habitants, une des principales destinations touristiques mondiales.
>> Lire aussi:
agences/oang
Accord avec les démocrates
"Nous sommes fiers d'être parvenus à un accord avec l'administration visant à résoudre des défis majeurs, et de voter bientôt" sur ce projet de loi à la Chambre, a écrit Nancy Pelosi à son groupe parlementaire.
Le texte devra ensuite être approuvé au Sénat, qui n'a pas prévu d'être en séance avant lundi après-midi, puis être signé par Donald Trump pour entrer en vigueur.
Primaire reportée en Louisiane
"J'ai déterminé aujourd'hui qu'un Etat d'urgence existe", a annoncé le secrétaire d'Etat Kyle Ardoin, responsable de l'organisation des élections en Louisiane. Les autorités sanitaires ont rapporté 33 cas dans cet Etat.
Dès mardi prochain, des millions d'Américains sont appelés aux urnes pour d'autres primaires démocrates dans quatre Etats également touchés par le nouveua coronavirus: Arizona, Floride, Illinois, Ohio.