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Le premier
système géologique du Mésozoïque est le
Trias, âgé
-251 ± 0,4 et -199,6 ± 0,6 millions d'années.
Il est défini et nommé ainsi, en 1834, par le géologue allemand
Friedrich August von Alberti. Son nom vient des trois unités stratigraphiques
dont il se compose Allemagne.
Dans le Jura, les dépôts triasiques sont
d'affinité germaniques. Ils diffèrent des dépôts alpins ou mésogéens,
franchement marins. Le Trias est donc principalement continental et commence donc
par des grès bigarrés du Buntsandstein, déposés dans de grands fleuves en
climat aride. Au Trias moyen, une trangression permet de dépôts de
carbonates coquilliers connus sous le nom de Muschelkalk, au sein d'une
mer plus ou moins confinée. La fin de l'étage ou Keuper voit la mer du
Muschelkalk se combler pour former d'immenses lagunes sursalées, peu
profondes, au sein d'un climat chaud. Il s'y dépose de forte épaisseurs
interstratifiées d'argiles bariolées et de sel par évaporation. De manière
générale, ces conditions de dépôts correspondent à des changements
brutaux d'environnements et forment donc des milieux de vie très
sélectifs pour les organismes.
Les évaporites triasiques ont fait l'objet
d'exploitations par le passé. En Franche-Comté, elles furent exploitées dès la
préhistoire et le furent encore principalement pendant le Moyen-age. Le gypse est resté exploité jusqu'en 2006 à Grozon près de
Salin-les-Bains. Le gypse fut également exploité dans le secteur de
Bellegarde, dans l'Ain, dès le 19ème siècle, pour la fabrication
de plâtre.
Cette exploitation bellegardienne
permettait, autrefois, d'observer une partie des ces sédiments
évaporitiques à marin peu profond. Au plus bas, Tournier, observa il y a
de cela un siècle, 6 bancs métrique de gypse massif (Meyer, 1995)
du Keuper, composés de gypse saccharoïde ou fibreux ainsi que de
l'anhydrite, séparés par de minces inter-bancs marneux. Par dessus,
viennent 28 mètres d'alternances argilo-gypseuses (Meyer,
1995), toujours du Keuper. Ces argiles ont des couleurs variées mais le
plus souvent noir ou lie de vin, sont principalement violacées vers la
base et plus jaunâtre vers le sommet. Les niveaux de gypse, bien
définis, forment des lamines centimétriques intercalées dans l'argile.
Encore par-dessus, se sont sédimentés cinq mètres marneux jaune-ocre,
appelés intervalle marno-dolomitique (Meyer, 1995). Il s'agit de
marnes dolomitiques bréchifiées dans lesquelles viennent s'intercaler
des niveau dolomitiques à calcaire. Cette formation est datée de la
limite Keuper - Rhétien.
Alternance argilo-gypseuse.
Photo Pactrick NICOLAS
Gypse massif.
La trangression de première ordre, commence
au Rhétien et dépose les argiles noires à estherides (Meyer,
1995), sur une épaisseur d'environ trois mètres. Ces marnes noires
semblent relativement bitumineuses et renferment une myriade de petits
crustacés (Estheria minuta) et de bivalves (Rhaetavicula
contorta). La dernière formation du Rhétien est les grès blonds
(Meyer, 1995) formant un petit ressaut gréseux d'environ 18 mètres.
Cette barre montre des dépôts lacustres à saumâtre à sa base tandis
que son sommet est clairement marin tidal.