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Les autorités sanitaires fédérales américaines viennent pour la première fois de recommander que toute personne ayant été exposée au risque de contamination par le virus du sida contamination accidentelle ou via une activité sexuelle non protégée puisse bénéficier de l'administration d'une trithérapie préventive.Ces recommandations ont été officiellement annoncées par les Centers for Diseases Control and Prevention (CDC). Elles marquent un important changement de politique jusqu'ici suivie par les autorités sanitaires américaines en cette matière et visent «à contenir le nombre de nouveaux cas estimés à 40 000 par an aux Etats-Unis».Depuis près de dix ans, les CDC recommandaient que seuls les personnels médicaux blessés par une seringue infectée ou touchés aux yeux par du sang contaminé dans le cadre de leur travail, soient systématiquement traités à titre préventif.Les CDC ont donc aujourd'hui étendu ces recommandations fédérales aux victimes de viol, aux toxicomanes usant de la voie intraveineuse ainsi qu'à toutes les personnes pouvant avoir des relations sexuelles non protégées avec des partenaires potentiellement contaminés. Les CDC précisent toutefois que le traitement préventif devra être instauré dans les 72 heures qui suivent l'exposition au risque infectieux. La trithérapie (à base d'AZT et de 3TC) devra être prise quotidiennement pendant quatre semaines.Les autorités américaines soulignent qu'il n'existe aucune statistique tirée d'essais cliniques permettant de mesurer l'efficacité de ce type d'approche préventive. «La gravité de l'épidémie de sida nous impose toutefois d'utiliser tous les moyens disponibles pour réduire le nombre des personnes infectées» a fait valoir le Dr Ronald Valdiserri (CDC).Il a ajouté que ce traitement préventif ne devait être considéré que comme une forme de «filet de sécurité» et en aucun cas comme un substitut aux autres mesures de prévention que sont et demeurent : l'abstinence, la monogamie, l'utilisation de préservatifs et de seringues stériles pour les toxicomanes.Ces recommandations officielles qui voient les Etats-Unis rejoindre tardivement sur ce thème de nombreux pays, notamment européens n'engagent pas pour autant l'Etat fédéral à assurer la couverture du coût de ces traitements que ce soit dans le cadre du Medicare ou du Medicaid.