Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07169.jsonl.gz/777

Pour marquer son vingtième anniversaire, la Fondation
Pierre Gianadda à Martigny présente une double exposition consacrée
au célèbre couple de peintres mexicains.
Il s'agit d'un véritable événement car, à ce
jour, ni Diego Rivera ni Frida Kahlo n'ont été exposés en Suisse
et, jusqu'à présent, aucune exposition commune des deux artistes
n'a jamais eu lieu...
C'est la première exposition de ces artistes
en Suisse.Il s'agit d'un véritable événement
car leurs oeuvres, classées trésor national au Mexique, émanent
d'un couple engagé poli-tiquement et artistiquement, et qui incarne,
sous les feux de l'actualité post-révolution- naire éclairée par
l'idéal communiste, le retour à la conscience nationale et le combat
pour la culture mexicaine et amérindienne.
"Donner à voir" à travers le regard conjoint
de deux artistes prépondérants dans le panorama culturel du XXe
siècle et suivre, dans un parcours chronologique, deux tempéraments
créatifs, forts, opposés et accentués par une vie conflictuelle
et complexe: tel est le propos de l'exposition.
Lui, Diego Rivera,
peintre muraliste, dessinateur, graphiste, illustrateur, architecte
et sculpteur est certainement l'artiste latino-américain le plus
connu mais non le moins controversé.Apès une formation classique, à vingt ans, il
part pour l'Europe, s'établit à Paris, plus précisément à Montparnasse,
où il rencontre Modigliani, Mondrian, Picasso, Breton, mais aussi
Ehrenbourg et Trotski. Grâce à Angelina Beloff, sa première compagne,
puis Marevna Vorobiev, il pénètre le cercle de la colonie russe.
La découverte des oeuvres de Goya et du Greco
lors d'un passage en Espagne le marque profondément. En 1913, à
Paris toujours, il s'exerce au cubisme analytique dont il donne
une version si personnelle qu'elle lui vaut critique et polémique,
jusqu'à opérer une scission avec ses amis.
Il se remet alors sur la voie de la peinture
figurative et découvre l'oeuvre de Cézanne, tandis qu'Ingres et
Renoir viennent également influencer sa vision du portrait. En 1921,
retour au pays, encouragé par l'évolution politique et sociale du
Mexique où l'attire le vaste programme d'éducation populaire dont
il va devenir, avec les commandes de peintures murales, le principal
instrument de propagation.
Sur le chantier de sa première fresque,
elle est là. Elle, Frida Kahlo, celle qui deviendra sa femme, son
inspiratrice, sa "colonne vertébrale".
Une étudiante alors, de vingt ans sa cadette,
la future artiste dont les souffrances physiques et psychologiques
nourriront autant l'oeuvre que la légende. Face à Diego, voyageur
cosmopolite, peintre social, porte-parole et personnage adulé de
la vie mondaine: Frida, immobile, "militante intérieure" qui n'est
jamais sortie de son pays, ancienne étudiante en médecine tout entière
concentrée sur l'être humain dans sa dimension individuelle.
Fille de photographe attachée sa vie durant à
faire son autoportrait, elle avoue: "Je peins ma réalité. Je peins
ce que je vois, je ne connais rien d'autre." Quand Diego Rivera
dit de Frida Kahlo: "A travers ses représentations, elle brise les
tabous du corps féminin et de la sexualité féminine" Le peintre
officiel lui donne sa mesure universelle.
Deux regards, un couple qui laisse une oeuvre
reflétant toutes les agitations de ce siècle. C'est donc un itinéraire
rétrospectif que nous proposons à travers les oeuvres de chevalet
des deux artistes: peintures, dessins et aquarelles, ainsi que le
témoignage des plus grands photographes de l'époque, dans l'éclairage
de leur actualité.
Le catalogue de l'exposition "Rivera - Kahlo"
est largement documenté avec des textes de présentation, biographies,
bibliographies, reproduit en couleurs toutes les oeuvres exposées
ainsi que des notices (CHF 45.-, environ € 31.50).
Commander le catalogue