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Mondialement connu pour ses pool paintings et surtout son oeuvre Bigger Splash, David Hockney produit depuis les années 1950 une œuvre solaire et hédoniste à la croisée du pop art et de l’hyperréalisme. L’artiste anglais puise son inspiration aussi bien chez Vermeer, Fra Angelico que Matisse ou Picasso. Intéressé par tous les procédés de fabrication de l’image, il n’hésite pas à utiliser la technologie (fax, photocopieur ou iPad…) et à jouer de la perspective pour renouveler sa peinture. Il a également publié plusieurs ouvrages théoriques notamment sur la technique des maîtres anciens. C’est un des plus grands artistes figuratifs vivants.
David Hockney est né en 1937 à Bradford, dans une famille modeste de cinq enfants. Dans cette ville industrielle du nord de l’Angleterre, il étudie les Beaux-Arts entre 1953 et 1956, avant d’intégrer le prestigieux Royal College of Art de Londres en 1959. Il est profondément marqué par la rétrospective Picasso, présentée à la Tate Gallery en 1960.
En 1964, il quitte son Angleterre grise et puritaine, où l’homosexualité est encore illégale, pour le soleil de la Californie. Sa peinture s’imprègne de la lumière éblouissante de Los Angeles et de son mode de vie hédoniste. Il troque la peinture à l’huile et les pinceaux pour l’acrylique et le rouleau, et réalise, dès son arrivée, plusieurs tableaux inspirés du magazine homo-érotique Physique Pictorial.
À partir de 1968, Hockney se lance dans une série magistrale de doubles portraits inspirés de ses proches, affirmant sa constante fascination pour la nature humaine. Ces œuvres sont également hantées par les maîtres qu’il admire : Vermeer, Balthus ou Hopper. Très vite, le sujet essentiel devient la relation psychologique qui unit les protagonistes.
Au début des années 1970, Hockney se retrouve, de son propre aveu, dans une impasse artistique et cherche un nouveau souffle. Il renoue avec la photographie, à laquelle il s’intéresse depuis les années 1960, et crée des joiners, assemblage d’une multitude de clichés pris selon différents points de vue. Il réinterprète ainsi les leçons cubistes de Picasso, et compose des portraits ou des paysages réalisés à l’aide d’un appareil Polaroïd.
Hockney approfondit sa réflexion sur la perspective classique et les moyens de s’en affranchir. Il intègre, au début des années 1980, la « perspective inversée » dans des paysages enveloppants : le point de fuite est derrière le spectateur et tout le tableau converge vers lui. S’inspirant des rouleaux de la peinture chinoise, l’artiste recrée les impressions successives d’un spectateur en mouvement. Le tableau synthétise alors l’ensemble de ces sensations.
En 1986, le peintre anglais décide d’utiliser une photocopieuse couleur laser. Il tente ainsi de lutter contre l’idée absurde de l’obsolescence supposée de la peinture, s’emparant des nouvelles technologies pour les mettre au service de son art.
« À partir du moment où vous trichez par égard pour la beauté, vous savez que vous êtes un artiste. »