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Zürich, 23.08.2017
C'est un cercle vicieux: le réchauffement climatique augmente le rejet naturel de méthane provenant des zones humides et ces émissions alimentent à leur tour le réchauffement de la Terre. Une étude, auquel des Suisses ont participé, quantifie cet effet à long terme.
Cette rétroaction doit être prise en compte dans les mesures de protection du climat, avertit une équipe internationale de chercheurs, notamment de l'Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage WSL et de l'EPF de Zurich. L'étude a été publiée dans la revue spécialisée PNAS.
Jusqu'à présent, on ne connaissait pas bien l'évolution future des émissions naturelles de méthane - rejetées par les zones humides et eaux peu profondes - face à la hausse des températures et au modèle de précipitations changeant.
Les scientifiques ont d'une part analysé comment l'extension de zones humides à l'échelle mondiale change avec le réchauffement climatique. D'autre part, ils ont examiné la production de méthane de ces zones en fonction des températures moyennes qui augmentent. Le méthane se constitue au travers de processus de dégradation biologiques qui s'accélèrent en cas de températures plus élevées.
"Il faut un modèle qui intègre ces deux évolutions et c'est la réelle innovation de notre étude", explique à l'ats Niklaus Zimmermann du WSL et auteur de l'étude. La surface des zones humides tropicales reculera certes légèrement en raison de l'évolution des précipitations. Mais le rejet de méthane dans ces zones augmentera à cause de la hausse des températures, affirme le chercheur.
Zones humides dans le nord
Dans le nord, la fonte du permafrost laissera apparaître de nouvelles zones humides, qui contribueront également aux émissions de méthane. Leur contribution sera toutefois moindre que celle des zones humides tropicales en raison des températures relativement froides.
Même si les objectifs contenus dans l'Accord de Paris sur le climat sont mis en oeuvre, soit de limiter le réchauffement terrestre à 1,5° C, l'effet de rétroaction des zones humides continuera à exacerber le changement climatique, selon les chercheurs.
Il n'est pas envisageable de drainer ces zones, soulignent les auteurs de l'étude. Elles remplissent en effet un rôle important pour le maintien de la biodiversité, comme zones tampon lors d'inondations et comme puits de carbone. Il faudrait à la place réduire de manière plus ambitieuse les émissions de gaz à effet de serre causées par l'homme, afin de compenser l'effet de rétroaction et d'atteindre les objectifs de l'Accord de Paris.