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Prospection
Les prospections réalisées ces dernières années ont permis de repérer plus d’une centaine de sites et de comprendre la dynamique du peuplement de la région.
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La région de Kerma fait l’objet de prospections régulières depuis l’an 2000, en vue de reconstituer l’histoire de son peuplement. Cette démarche permet également d’évaluer le potentiel archéologique et de juger de l’état des sites, ainsi que des menaces de destructions dont ils pourraient souffrir. Les prospections concernent en particulier les zones situées en bordure de la plaine alluviale, là où se trouvent les établissements les mieux conservés. Les quelques expéditions dans le désert ont également permis de découvrir des vestiges d’occupation du Paléolithique moyen et l’Epipaléolithique
Au total, 137 sites archéologiques ont été repérés. Si certains d’entre eux sont érodés et partiellement détruits par les travaux agricoles, d’autres sont mieux conservés et présentent un grand intérêt. L’archéologie de la région de Kerma est fortement menacée par l’extension de l’agriculture et par le développement de projets d’irrigation. Des fouilles de sauvetage sont donc envisagées afin de dresser une documentation détaillée des principaux gisements voués à la destruction.
Doukki gel
La ville égyptienne de Doukki Gel, fondée par les pharaons de la XVIIIe dynastie, est occupée de 1450 av. J.-C. à 400 ap. J.-C.
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La ville a succédé à l’antique capitale du royaume de Kerma, située à un kilomètre plus au sud. Depuis une dizaine d’années, elle a fait l’objet de fouilles archéologiques qui se concentrent en particulier sur le quartier religieux, formé de plusieurs temples, d’une chaussée processionnelle longue de 70 mètres, d’un bâtiment palatial, ainsi que de murs d’enceinte à petits bastions rectangulaires. Deux grands puits aux fonctions essentiellement cérémonielles font également partie de ce complexe religieux. Le puits nord possède un très large escalier établi sur un socle de pierres dont la maçonnerie est caractéristique du Kerma Classique. Les deux accès du puits sud, situés à des niveaux différents, sont souterrains et voûtés. Ils ont probablement été aménagés au travers des vestiges d’un sanctuaire désaffecté du début de la XVIIIe dynastie.
A l’ouest et au sud du quartier religieux se trouvent les dépendances des temples napatéens et méroïtiques. Elles réunissent tous les ateliers et magasins nécessaires à la production des offrandes de pain, bière et viande. Les pains étaient confectionnés dans des moules en terre cuite, dont les restes ont fini par former une colline impressionnante qui a donné son nom au site, Doukki Gel signifiant littéralement «tertre rouge». La nécropole contemporaine n’a pas été retrouvée, à l’exception de quelques tombes mises au jour dans la ville moderne de Kerma.
Doukki gel
La «cachette» de Doukki Gel
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La ville a succédé à l’antique capitale du royaume de Kerma, située à un kilomètre plus au sud. Depuis une dizaine d’années, elle a fait l’objet de fouilles archéologiques qui se concentrent en particulier sur le quartier religieux, formé de plusieurs temples, d’une chaussée processionnelle longue de 70 mètres, d’un bâtiment palatial, ainsi que de murs d’enceinte à petits bastions rectangulaires. Deux grands puits aux fonctions essentiellement cérémonielles font également partie de ce complexe religieux. Le puits nord possède un très large escalier établi sur un socle de pierres dont la maçonnerie est caractéristique du Kerma Classique. Les deux accès du puits sud, situés à des niveaux différents, sont souterrains et voûtés. Ils ont probablement été aménagés au travers des vestiges d’un sanctuaire désaffecté du début de la XVIIIe dynastie.
A l’ouest et au sud du quartier religieux se trouvent les dépendances des temples napatéens et méroïtiques. Elles réunissent tous les ateliers et magasins nécessaires à la production des offrandes de pain, bière et viande. Les pains étaient confectionnés dans des moules en terre cuite, dont les restes ont fini par former une colline impressionnante qui a donné son nom au site, Doukki Gel signifiant littéralement «tertre rouge». La nécropole contemporaine n’a pas été retrouvée, à l’exception de quelques tombes mises au jour dans la ville moderne de Kerma.
Ville de kerma
La ville de Kerma est la capitale du premier royaume de Kouch, dont le territoire s’étendait, à son apogée, de la Première à la Cinquième cataracte.
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La ville a été fouillée entre 1977 et 2002 par la mission archéologique suisse au Soudan qui mit en évidence toute la complexité de son organisation. La ville a été fondée vers 2500 av. J.-C., peut-être suite à l’abandon de l’agglomération Pré-Kerma, située quatre kilomètres à l’est, en raison de l’assèchement de plusieurs bras du Nil. Cependant, la continuité entre l’agglomération Pré-Kerma et la ville de Kerma n’est pour l’instant pas démontrée.
Elle se développe dès le Kerma ancien autour d’un sanctuaire primitif et de ses dépendances. La succession des lieux de culte sur ce même emplacement durant près de mille ans conduit au développement d’un quartier religieux complexe, composé de chapelles, de magasins et d’ateliers, qui connaît de nombreux remaniements attestant de sa vitalité. Aujourd’hui encore, les ruines de la Deffufa occidentale, centre du pouvoir religieux, atteignent près de 20 mètres de haut et dominent la ville. Le siège du pouvoir politique se trouve quant à lui dans le palais situé à 50 mètres au sud-ouest. Il comprend une «grande hutte» circulaire (14 mètres de diamètre) qui devait servir pour le roi de salle d’audience ou d’apparat.
La ville est protégée par des murs, des bastions et des fossés modifiés au gré de son expansion. Au Kerma moyen, elle s’inscrit dans un carré d’environ 170 x 170 mètres et est dotée de six accès orientés de toutes parts. Au Kerma classique, des extensions modifient la configuration de la ville. A la fin de cette époque, elle atteint plus de 20 hectares. Si une importante avenue la traverse, les voies d’accès qui conduisent au centre sont essentiellement des passages étroits. Les maisons sont le plus souvent constituées de deux corps de bâtiments rectangulaires séparés par une cour. Les plus spacieuses se trouvent proches des voies menant au centre de la ville, et sont presque toutes pourvues d’une cour, aux murs parfois sinueux, où sont installés les cuisines, les silos et quelques annexes domestiques.
L’identification de quartiers bien différenciés confirme le statut particulier de cette métropole, probablement réservée à l’élite royale et à la classe dirigeante. Les souverains nubiens ont maintenu l’indépendance du royaume pendant près de mille ans face à leur conquérant voisin égyptien. Le royaume de Kerma prend fin vers 1450 av. J.-C. avec la conquête de Kouch par les pharaons de la XVIIIe dynastie, notamment Touthmosis III. Ils détruisent la capitale, la condamnèrent et fondèrent une nouvelle ville à 1 km plus au nord, sur le site de Doukki Gel.
Nécropole de kerma
La nécropole de Kerma est l’une des plus impressionnantes de Nubie, en raison notamment des innombrables cerles de pierres noires et blanches qui marquent l’emplacement des sépultures.
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La nécropole de Kerma, contemporaine de la ville, est située à 4 kilomètres plus à l’est. L’installation de la nécropole à cet emplacement est peut-être liée à la présence de l’agglomération Pré-Kerma qui occupe ce terrain dès la fin du quatrième millénaire av. J.-C. Les fouilles ont débuté en 1977, parallèlement à celles de la ville. Il s’agit de fouilles par secteurs, en raison de l’immensité de la nécropole. Sa superficie avoisine les 90 hectares, le nombre de tombes se situe entre 30’000 et 40’000, et la dimension des plus grandes d’entre elles atteint 90 mètres de diamètre. Les travaux ont permis de comprendre le développement de la nécropole, qui suit un axe nord-sud, parallèle au Nil.
Les sépultures sont constituées d’un tumulus de terre, maintenu en place par plusieurs cercles concentriques de pierres noires et blanches. Leurs dimensions ont varié selon les époques et le rang des défunts. Au nord, les tombes du Kerma ancien sont de taille relativement uniforme. Le défunt repose sur une couverture en cuir, parfois une seconde recouvre son corps. Il est vêtu d’un pagne et l’équipement funéraire se limite à quelques objets personnels (éléments de parure, éventails en plumes d’autruche, paire de sandales, poignard). Parfois, un ou deux sujets accompagnent le mort. Les cérémonies d’inhumation comportaient des repas et des libations matérialisés par les offrandes de surface déposées au pied du tumulus: au nord, des dizaines de bols sont retournés à l’envers, au sud des bucranes arrangés en demi-cercle symbolisent la richesse du défunt. Dès la fin de cette période, les différences entre les tombes deviennent plus marquées, avec des regroupements autour d’une inhumation privilégiée
Avec la hiérarchisation croissante de la société au Kerma moyen, ce phénomène ne cessera de s’amplifier. La peau de bœuf sur laquelle reposait le défunt est remplacée par un lit en bois et les dépôts d’offrandes dans les tombes se font alors de plus en plus importants. Le mobilier s’enrichit d’objets de toilette, d’outils, d’huiles parfumées ou d’onguents contenus dans des récipients parfois importés d’Egypte. Les dépôts d’animaux domestiques et de pièces de viande à l’intérieur de la fosse se généralisent, et le nombre de bucranes déposés au sud du tumulus augmente. Il ne devient pas rare de trouver, à côté du sujet principal, plusieurs individus mis à mort à l’occasion du décès de la personne inhumée. Dans les grands tumuli du Kerma classique, G. A. Reisner estimait leur nombre à plusieurs centaines. A cette période, les poteries sont placées dans et devant des chapelles érigées à proximité des tombes importantes. Elles étaient brisées durant des banquets funéraires, de manière à partager des mets et boissons avec le défunt. Cette pratique se poursuivra également durant les temps méroïtiques.
Agglomération Pré-Kerma
L’agglomération Pré-Kerma, de par son ampleur et son système architectural, annonce le développement futur que connaîtra la Haute Nubie lors de l’émergence de la cité de Kerma.
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L’agglomération découverte par Charles Bonnet en 1986 a fait l’objet de premiers dégagements jusqu’en 1988. En 1994, Matthieu Honegger reprend la fouille par décapages extensifs, sur le site localisé au centre de la nécropole orientale de Kerma.
L’agglomération marque une étape importante vers l’émergence d’établissements permanents, où la sédentarité conditionnée par l’agriculture prend progressivement le pas sur la mobilité liée à la pratique de l’élevage. Elle présente une architecture originale, issue d’une tradition d’Afrique noire. Des palissades et des contreforts composés de pieux et de terre rapportée, organisés en arc de cercle ou en rangées parallèles, ceinturent des huttes d’habitations, des enclos à bétail et des fosses de stockage. Il s’agit sans doute d’un important système défensif, dont seule une partie a été mise au jour actuellement. Sa présence ainsi que celle de bâtiments rectangulaires traduisant un certain degré de spécialisation tendent à montrer une forme de complexification sociale inédite en Haute Nubie pour cette époque.
Le Pré-Kerma, daté entre 3500 et 2500 av. J.-C., laisse encore planer beaucoup d’interrogations, en raison du peu de sites d’habitats repérés et de la rareté des tombes découvertes. Il est actuellement difficile de déterminer son extension territoriale, son organisation sociale et son évolution, néanmoins il constitue le substrat culturel à partir duquel se développe la civilisation de Kerma
EL-barga
El-Barga livre une des plus importantes nécropoles du début de l’Holocène en Afrique.
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Ce site a été découvert en 2001 lors d’une prospection centrée sur les zones situées en bordure de plaine alluviale. Le terme El-Barga est emprunté au nom d’une montagne proche. Le site se trouve sur une élévation formée par une résurgence du substrat rocheux (grès nubien), à un peu moins de quinze kilomètres à vol d’oiseau du Nil. Il est composé d’une zone d’habitation datée des environs de 7500 av. J.-C. et de cimetières appartenant à deux périodes distinctes.
L’habitat est une cabane subcirculaire d’un peu moins de cinq mètres de diamètre, dont la profondeur maximale dépasse les cinquante centimètres. Cette structure semi-enterrée contenait un riche mobilier résultant de l’occupation du lieu (céramique, matériel de mouture, objets en silex, perles en coquille d’autruche, pendentif en nacre, armatures en os, restes de faune, coquillages). La densité importante des artefacts découverts suggère une nette tendance à la sédentarisation, même si certaines activités impliquaient une mobilité saisonnière (chasse, pêche).
Au nord de cet habitat, une quarantaine d’inhumations ont été datées de l’Epipaléolithique (7700-7000 av. J.-C.) et ne comportaient généralement pas de mobilier. En revanche, le cimetière néolithique (6000-5500 av. J.-C.) situé au sud comprend une centaine d’inhumations contenant souvent des artefacts (parures, céramiques, objets en silex ou en os).
Wadi El-Arab
Wadi El-Arab livre une succession quasi continue de vestiges d’habitats sur près de deux millénaires, ainsi que les premières sépultures néolithiques connues en Afrique
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Ce site se trouve dans une zone aujourd’hui désertique. Découvert en 2005, il fait l’objet de fouilles archéologiques depuis 2006. Il s’agit d’un site de plein air occupé à plusieurs reprises durant une période comprise entre 8300 et 6600 av. J.-C. Ses habitants vivaient alors dans un environnement relativement boisé, se nourrissant des produits de la pêche, de la chasse et de la cueillette.
Le site livre de nombreux outils et éclats en silex, des fragments de mouture, des tessons de céramique, des perles en coquilles d’œufs, des coquillages et des restes de mollusques, des vertèbres de poisson et des ossements de faune. Quelques rares os appartenant à du bœuf domestique ont mis au jour et datés vers 7000 av. J.-C. Cette découverte est importante pour la question du début de la domestication animale en Afrique, puisqu’elle renforce l’idée d’une domestication locale du bœuf africain à partir d’aurochs vivant dans la vallée du Nil.
Lors de la campagne 2006-2007, six inhumations en pleine terre ont été fouillées dans trois emplacements différents. Ces sépultures, remontant à une période située entre 7000 et 6600, sont les premières sépultures néolithiques connues sur le continent africain.
Lors de la campagne 2009-201, plusieurs fonds de cabane ont été identifiés, confirmant la présence de vestiges d’habitat dans ce vaste site archéologique.
Boucharia
Boucharia témoigne de l’émergence précoce de la poterie sur le continent africain, vers le IXe millénaire avant J.-C.
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Le site de Boucharia est localisé du côté du désert, en bordure de la plaine alluviale et à proximité d’un ancien bras du Nil. Il livre les vestiges d’une occupation humaine du début de l’Holocène. L’habitat est très érodé, seuls quelques artefacts, des fragments d’œufs d’autruche ainsi que des tessons de céramique très anciens. Ils sont datés aux environs de 8200 av. J.-C. L’assemblage céramique est homogène et suggère l’existence d’une seule phase d’occupation. Les décors observés et l’usage de la return technique, commun au Sahara central vers le VIe millénaire avant J.-C., sont uniques dans ce contexte nubien pour une époque aussi haute.
Les vestiges découverts sur le site suggère l’existence d’une population semi-sédentaire vivant de la chasse, de la pêche et de la collecte de plantes sauvages. Ce site mésolithique a fait l’objet d’un sondage et d’une fouille de petite dimension qui ne permettent pour l’instant pas de se faire une idée plus précise du contexte de cette première production de céramique dans la région. Il se trouve proche de zones cultivées et est donc menacé de destruction à court terme.
Kaddanarti
Les restes du campement de Kaddanarti témoigne du premier peuplement des environs de Kerma, il y a un million d’années.
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Le site a été découvert en 1991 lors d’une prospection au nord de Kerma. Il est situé sur l’île de Badin, à environ 12 km au sud de la Troisième cataracte. Plusieurs autres loci ont été identifiés, notamment celui de Kabrinarti, au même niveau mais sur la rive est. De nombreux ramassages de surface, réalisés en 1992 et 1997, ont permis de dater l’assemblage du Paléolithique inférieur, entre 1,6 et 0,5 million d’années. Il est principalement composé de galets aménagés, de fragments d’os et de dents de grands mammifères.
La rareté des sites de cette période dans la vallée du Nil est probablement due à leur position stratigraphique actuelle, sous plusieurs mètres de limon. Bien que peu nombreux, les artefacts et les vestiges de Kaddanarti ont cependant le mérite de témoigner d’une occupation très ancienne de la région.