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Origines des pavillons de Cayla
Les années qui suivent la deuxième guerre mondiale, Genève subit un important essor économique ainsi qu’une forte poussée démographique et immobilière. Cette poussée démographique est principalement due à l’afflux massif de travailleurs étrangers et de leurs familles.
A cela, s’ajoute la démocratisation des études qui provoque une insuffisance élevée des locaux scolaires. En effet, depuis 1914, aucune école n’a été construite alors que les effectifs des élèves de l’enseignement public genevois explosent entre 1948 et 1978.
Des paroisses, bureaux, sous-sols et autres solutions de fortune font alors office de salles de classe. Consterné, le Département de l’Instruction publique (DIP) réclame avec insistance de nouvelles écoles.
Dès 1952, on construit dans l’urgence des pavillons provisoires en bois et en panneaux de durisol. Le durisol est un mélange de sciure de bois et de ciment.
Le Groupe Scolaire de Cayla
Le Groupe Scolaire de Cayla voit le jour entre 1954 et 1964. Il se compose de huit pavillons et annexes de plain-pied. Il prend le nom de Cayla, car il est situé sur l’ancien domaine appelé Campagne Cayla.
En 1955, c’est l’Ecole Ménagère (EM) qui investit les pavillons de Cayla. La rentrée 1956 voit arriver dans une annexe (un bâtiment indépendant des pavillons de Cayla) les élèves de l’Ecole Supérieur de Jeunes Filles (ESJF).
La naissance du Cycle d’orientation de Cayla
En 1964, le Cycle d’orientation (CO) s’implante à Cayla. Les élèves sortant de 6e primaire (actuellement 8e ) sont ensuite convoqués par le Cycle d’Orientation qui assure dès lors la formation de tous les jeunes gens et devient une école à part entière.
C’est officiellement en 1968 que le Cycle d’orientation de Cayla devient mixte.
Les années qui suivent, jusqu’à 1970, alors que les effectifs de l’enseignement secondaire continuent de croître, le Cycle d’orientation remplace progressivement l’ESJF et l’EM.
A la rentré 1969, l’Ecole Supérieur de Jeunes Filles quitte son annexe de Cayla. L’EM, elle, maintient ses classes dans les pavillons.
Les périodes difficiles
Malheureusement, à la rentrée scolaire 1972-1973, le Collège de Cayla compte 745 collégiens pour seulement 36 classes.
La situation s’aggrave encore. De 1977 à 1981, le nombre d’élèves a pu s’élever jusqu’à 837.
Le directeur de l’établissement (de 1973 à 2000), Claude Duret, décrit son école comme une « espèce d’usine à enseigner et à orienter ».
De plus, les pavillons préfabriqués de Cayla sont qualifiés de bruyants, surchargés d’élèves et favoriseraient un climat d’agitation néfaste au travail. Au bâtiment annexe, c’est le contraire. Les conditions sont plus propices au travail et les chances de réussite scolaire sont augmentées.
Un bref espoir
A la rentrée 1980, les effectifs du collège de Cayla se stabilisent enfin aux environs de 600 élèves.
En 1987, un projet de démolition et reconstruction du Cycle est élaboré.
Confrontation brutale avec la réalité
Sous prétexte que les bâtiments seront démolis, les travaux d’entretien perdent leur régularité et l’état des pavillons se détériore à l’extérieur comme à l’intérieur au grand désarroi du directeur.
En 1971, il déplore « l’épidémie des tags qui envahissement quasiment tous les murs de l’école, lui donnant ainsi une allure de bidon-ville peu propice à l’étude ».
A côté de ce problème cosmétique, l’état des bâtiments devient préoccupant. En 1999, le plafond d’un pavillon menace de s’effondrer. La même année, le Service Santé qualifie les bâtiments « d’environnement scolaire défavorable, voire dangereux en termes d’hygiène, de sécurité et de santé des élèves et des adultes travaillant dans l’établissement ».
La Direction Générale du Cycle d’Orientation (DGCO), déplore lui le côté inconfort justifié par une « infiltration d’eau dans les plafonds, pourriture, (…) usure importante des sols en bois, (…) plafonds qui se détachent,(…) toiles d’araignées et immondices, présence de souris et de cafards, sanitaires dans un état de vétusté lamentable, (…) graffitis nombreux et partout » en bref, la liste est longue et les locaux sont inappropriés à l’enseignement.
Enfin le bout du tunnel
Ainsi, le projet de reconstruction du collège de Cayla redémarre. C’est à Mariangela Resenterra, qui prend la direction du collège en juin 2000, puis à son successeur dès mai 2005, Pierre Bischofberger, que revient le pilotage du projet.
La première étape du chantier débute en juin 2004 et prend fin en 2008.
En 2008, le nouveau CO de Cayla accueille plus de 750 élèves. Le Collège de Cayla attendait cette nouvelle reconstruction depuis près de 50 ans.
Situation actuelle de Cayla
Le Collège de Cayla est situé au 8 Chemin William-Lescaze, 1203 Genève.
Il est composé de trois bâtiments :
- Le bâtiment principal (Bâtiment A) regroupe l’ensemble des salles d’enseignement général, la médiathèque , l’économat et la plupart des locaux administratifs
- Le bâtiment des arts (Bâtiment B) abrite l’aula, la cafétéria, la salle de cuisine, les salles de dessin et de musique.
- Les salles de sport (Bâtiment C) sont implantées en sous-sol le long de l’avenue d’Aïre
L’espace libéré à l’ouest par la démolition des pavillons provisoires offre quant à lui un vaste parc au public, en marge des installations sportives.
Le collège de Cayla compte en 2013-2014 plus de 725 élèves, plus de 110 enseignants et 10 membres du Personnel Administratif et Technique.