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08/01/2008
Enfant obèse, enfant roi.
L'obésité d'une partie de nos enfants inquiète à juste titre les milieux de la santé publique. On entend à ce sujet des spécialistes de la nutrition ou de la prévention. On voudrait entendre des psychologues. Pour une large part, les enfants obèses manquent d'adultes qui savent leur dire non.
Il est dans la nature d'un enfant de s'alimenter davantage que nécessaire, surtout lorsqu'il a accès à des calories "faciles" : sucreries et pâtes, notamment. Les adultes ont pour rôle de limiter ces excès, ce qui peut provoquer des crises de rages réclamant beaucoup de ténacité. Il arrive aussi que les enfants refusent d'obéir à leurs parents (ce qui est plutôt rassurant) ; par malheur, certains parents tentent d'obtenir la soumission par le biais de bonbons ou d'autres "susucres".
On ne répétera jamais assez que l'éducation d'un enfant s'équilibre constamment entre deux pôles opposés : le oui et le non, l'encouragement et la critique, la satisfaction et la frustration. Il faut féliciter les parents qui ont la force de tenir tête aux désirs ou aux caprices de leurs enfants, et tout particulièrement lorsque ceux-ci se donnent en spectacle dans le but de provoquer la compassion publique.
Parler de l'obésité des enfants sans aborder sa composante psychologique, c'est certainement négliger un aspect essentiel du problème. Il faut absolument affirmer et répéter que celui dont on fait un enfant-roi est en réalité un enfant-martyre, l'obésité n'étant qu'un des aspects de sa souffrance. On voudrait que les professionnels de la psychologie et de l'éducation osent le dire clairement; au risque de déplaire à la génération des soixante-huitard(e)s qui s'est montrée assez irresponsable pour affirmer le contraire.