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Critique
"Jusqu'à présent, le réalisateur étasunien s'est illustré par de brillants pastiches de divers genres cinématographiques, et le jury de Cannes ne l'avait pas raté. Cette année, il a remis ça devant un public conquis d'avance et applaudissant comme des gamins au théâtre (Grand-)Guignol. Il a porté son choix sur le gore où des cascades de voitures jouent un rôle prépondérant.
Dans les couleurs criardes du technicolor des années 60, allant jusqu'à inclure des rayures sur la pellicule et des coupes abruptes, il présente une histoire en deux volets.
Le premier met en scène des filles plutôt allumées, jurant comme des charretiers et usant d'un vocabulaire où un fameux mot en quatre lettres est récurrent (bonjour la version française!) qui se mettent en condition dans un bar avant de passer un week-end sans galants. Leur surexcitation attire l'attention d'un inquiétant cascadeur solitaire équipé d'un bolide ""deathproof"" (à l'épreuve de la mort, c'est le titre original du film, c'est-à-dire spécialement renforcé pour protéger le pilote), qui prend leur voiture en chasse et qui les massacre par des collisions répétées.
Dans le second volet, le cascadeur tombe sur un os, car il s'attaque sans le savoir à des cascadeuses professionnelles qui lui rendront la monnaie de sa pièce.
Le chroniqueur soussigné manquant de références est sorti de la salle abasourdi par la bande-son tonitruante, engorgé d'hémoglobine, rassuré par le fait que le film a fait un bide outre-Atlantique et espérant que Tarantino s'essaie enfin à réaliser un film permettant de jauger ses qualités personnelles."
Daniel Grivel