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Événements extrêmes
Les Alpes, un point central des catastrophes naturelles?
Les périodes de réchauffement ont coïncidé par le passé avec une augmentation des épisodes de fortes inondations dans les régions alpines, révèle une étude parue dans Nature Geosciences. Le risque de catastrophes naturelles s'accroît à partir d'une hausse moyenne de 0,5 degré des températures.
Les conclusions résultent d'une reconstitution historique sur les 10'000 dernières années. Elles ne sont pas dénuées de paradoxes. Les épisodes d'inondations ont eu tendance à se raréfier avec le réchauffement, dès lors qu'il s'agissait de «petites» inondations. En revanche, les montées des eaux importantes ont été plus nombreuses. Par réchauffement, il faut entendre des périodes marquées par une hausse des températures de 0,5 ou 1 degré en moyenne.
Des événements graves causés par les pluies se produisent tous les cent ans environ dans les Alpes. Ils surviennent surtout sur des territoires très localisés avec un micro-climat aggravant.
L'analyse a été menée par une équipe de chercheurs internationaux de l'Université de Grenoble, sous la conduite de Bruno Wilhelm. Pas moins de 7792 épisodes de crues ont été passés au peigne fin, sur la base de matériaux provenant des lacs de différents pays de l'Arc alpin, dont la Suisse. Il s'agit de la reconstitution la plus importante de ce type jamais effectuée, a fait savoir l'Université de Berne.
Risque accru dans les Alpes
Le risque d'événements extrêmes va s'accentuer avec le changement climatique en cours, observent les chercheurs. Cette prédiction est particulièrement préoccupante pour les régions de montagne, y compris dans les zones peuplées, en raison de la topographie spécifique qui favorise les crues subites. Le phénomène est d'autant plus inquiétant que la chaîne des Alpes est plus touchée que la moyenne par le réchauffement.
«Les Alpes pourraient devenir un point central des catastrophes provoquées par le changement climatique au cours des prochaines décennies», anticipent les scientifiques.
Pour la population concernée, «il est très important, sur la base de nos données, de connaître l'évolution des risques», a précisé Flavio Anselmetti, professeur de géologie à l'Université de Berne et co-auteur de l'étude
Les chercheurs invitent cependant à faire preuve de prudence dans l'extrapolation des résultats. Le futur recèle forcément des incertitudes. Mais l'étude permet d'élaborer des scénarios et des modèles sur une base de données bien plus élargie que celle dont on disposait jusqu'à présent.
stsc, ats