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La façon d'affronter la maladie a-t-elle une influence sur l'évolution des cancers ? Les études rigoureuses ne montrent aucun lien, répondent en substance les auteurs d'une méta-analyse systématique britannico-canadienne (BMJ 2002 ; 325 : 1066-9). Mark Petticrew, Ruth Bell et Duncan Hunter ont procédé à une recherche systématique, en toutes langues, des travaux publiés et non publiés abordant la question, puis retenu toutes les études de cohorte prospectives portant sur la survie, la mortalité ou la récidive.
Ils ont ainsi pris en compte une trentaine d'études, 11 mesurant l'impact du «coping» en termes de survie et 26 en termes de récidive. Pas moins de 22 études utilisent la combativité, ou au contraire le désespoir/sentiment d'impuissance comme indicateur de l'attitude des patients. La plupart de ces travaux ne mettent en évidence aucun lien significatif entre la façon d'affronter la maladie et son évolution. Parmi les autres traits psychologiques examinés (déni, inhibition ou expression des émotions, évitement, humour, acceptation ou révolte, etc.), aucun ne semble jouer un rôle important. Les résultats positifs ne se rencontrent que dans les petites études, constatent les auteurs, ou alors celles qui sont sujettes à d'importants biais méthodologiques.
Petticrew et ses collègues concluent à l'absence de preuve consistante d'un rôle des réactions psychologiques sur la survie ou la récidive. «Les personnes atteintes d'un cancer ne devraient pas se sentir sous pression pour adopter telle ou telle attitude psychologique», écrivent-ils. Il est vrai que l'acceptation de sentiments négatifs est terriblement difficile lorsqu'ils sont considérés comme des obstacles à la survie.
Mais la médaille a son revers. La croyance dans l'«influence du mental» n'est pas répandue par hasard. Elle rend à l'homme sa dignité d'être agissant face à la maladie. Elle l'appelle à l'action, à la combativité, justement. Autant de réactions qui, même si elles devaient n'avoir aucune influence sur les taux de survie, ont sans doute leur importance sur le plan de la qualité de vie.
La synthèse n'en conserve pas moins tout son intérêt. Elle met notamment en évidence le nombre relativement faible de travaux consacrés à la question, alors que l'association psychisme-maladie est «biologiquement plausible». Ce petit nombre d'études empêche de tenir compte du type de cancer. Ou encore de procéder à une analyse psychologique fine. La question est loin d'être réglée ; les auteurs ne prétendent apporter qu'une réponse «en l'état des connaissances».