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Donald Trump a dit vendredi espérer voir d'ici la fin de l'année un vaccin contre le coronavirus qui continue sa course mortelle aux États-Unis. Des cafés rouvrent à Vienne et Sydney et le football professionnel fait son retour en Allemagne, mais sans spectateurs.
"Nous espérons avoir (un vaccin) d'ici la fin de l'année, peut-être avant. Nous faisons des progrès spectaculaires", a affirmé le président américain, avant de nuancer son optimisme. "Je ne veux pas que les gens pensent que tout dépend d'un vaccin", a-t-il dit.
L'Agence européenne du Médicament (EMA) a évoqué jeudi un vaccin qui pourrait être disponible dans un an, selon un scénario "optimiste". Plus de cent projets ont été lancés dans le monde et une dizaine d'essais cliniques sont en cours, dont cinq en Chine, pour tenter de trouver un remède contre le Covid-19.
Plan d'aide historique
Le nouveau coronavirus a contaminé au moins 4'503'811 personnes et fait au moins 305'424 morts dans le monde, selon un bilan établi par l'AFP à partir de sources officielles vendredi.
Et les efforts s'intensifient pour tenter de relancer des économies entrées dans une récession sans précédent. Locomotive européenne, l'Allemagne a confirmé vendredi une chute de 2,2% de son activité au premier trimestre, avec un recul attendu de 6,3% pour l'ensemble de l'année.
Selon l'Organisation mondiale du Commerce (OMC), le commerce mondial devrait enregistrer "des baisses à deux chiffres" en volume dans presque toutes les régions du monde.
A Washington, la Chambre des représentants a adopté vendredi un plan d'aide historique de 3000 milliards de dollars pour lutter contre les ravages économiques de l'épidémie. Mais le texte présenté par les démocrates a déjà été déclaré "mort-né" par Donald Trump et les républicains du Sénat.
Retour du football
Aux États-Unis, pays le plus touché avec plus de 87'000 morts, le chômage affecte près de 15% de la population active, un record.
Si le déconfinement a commencé vendredi dans une partie de la Virginie et du Maryland, New York, le poumon économique du pays, reste confiné jusqu'au 28 mai au moins. La pandémie y a fait plus de 20'000 morts.
Pionnière en matière de déconfinement, l'Autriche a franchi une étape symbolique importante vendredi avec la réouverture de ses restaurants et de ses emblématiques cafés viennois. En Australie ou à Berlin, la réouverture des restaurants était également attendue avec impatience.
Autre symbole, le retour du ballon rond dans des stades... vides de tout supporter. Le championnat d'Allemagne, première compétition majeure de football à redémarrer samedi, doit prouver au monde que le sport professionnel peut vivre avec le coronavirus.
Pour limiter les risques de contamination, les équipes sont soumises à des mesures sanitaires draconiennes et ont dû s'isoler toute la semaine.
Quarantaine de 14 jours
Premier pays d'Europe à déclarer la "fin" de l'épidémie sur son sol, la petite Slovénie a annoncé une réouverture de ses frontières. Partout dans le monde, distanciation sociale et gestes barrières restent de rigueur. La basilique Saint-Pierre de Rome rouvrira lundi, après complète désinfection et avec application des mêmes règles sanitaires que l'Italie.
En Irlande, lundi marquera également un assouplissement des mesures de confinement, avec réouverture de certains commerces, des plages et possibilité de se retrouver en extérieur, au maximum à quatre personnes.
Le pays va aussi imposer, à partir de lundi, 14 jours de quarantaine aux voyageurs arrivant de l'étranger. L'Espagne a déjà commencé avec une prise de température et une quarantaine volontaire de 14 jours.
L'été en France
La France se prépare à connaître son premier week-end au vert. De nombreuses plages ont été autorisées à rouvrir et le Premier ministre Edouard Philippe a évoqué la possibilité pour la population de partir en congés cet été.
Mais les déplacements sont limités à un rayon de 100 km, ce qui interdit notamment l'accès du littoral aux habitants de Paris, Toulouse ou Strasbourg.
La France a par ailleurs annoncé vendredi la première mort d'un enfant de neuf ans atteint d'une forme proche de la maladie de Kawasaki, considérée comme probablement liée au Covid-19.
En Italie, où certaines plages rouvrent également après des semaines de confinement, l'absence d'activité touristique se fait particulièrement sentir à Venise, où même les pigeons ont déserté la place Saint-Marc, faute de visiteurs pour les nourrir.
La Grèce, elle, a annoncé la réouverture prochaine et progressive de certaines liaisons maritimes et aériennes, afin de faciliter le retour des touristes à partir de la fin juillet.
"Cauchemar" au Bangladesh
En Afrique, les conséquences pourraient être encore bien plus dévastatrices, selon une étude de l'OMS publiée vendredi. Jusqu'à présent relativement épargné avec moins de 2500 décès recensés officiellement, le continent pourrait enregistrer jusqu'à 190'000 morts.
Au Bangladesh, la découverte d'un premier cas dans un des immenses camps de réfugiés rohingyas fait craindre un "scénario cauchemar", selon les termes d'un collaborateur de l'ONG Refuges International, Daniel Suivant.
Au Brésil, où la pandémie se répand notamment parmi les populations les plus pauvres, le ministre de la Santé a démissionné, pour "divergences de vues" avec le président Jair Bolsonaro sur les mesures à prendre, après n'avoir occupé le poste que pendant moins d'un mois.
Décès de Guy Bedos à 85 ans
Le comédien et humoriste Guy Bedos est décédé à l'âge de 85 ans, a annoncé jeudi son fils Nicolas sur les réseaux sociaux. Il est connu pour ses sketchs féroces, son engagement à gauche et ses rôles dans des films comme "Un éléphant ça trompe énormément"
"Il était beau, il était drôle, il était libre et courageux. Comme je suis fier de t'avoir eu pour père. Embrasse (Pierre) Desproges et (Jean-Loup) Dabadie, vu que vous êtes tous au Paradis", a-t-il écrit sur Instagram et Twitter. Le décès de Guy Bedos survient quelques jours après celui annoncé dimanche de son ami, le parolier Jean-Loup Dabadie, qui a notamment écrit pour lui le sketch "Bonne fête Paulette".
Pied noir né à Alger en 1934, Guy Bedos s'est fait connaître grâce à des sketchs mordants, en duo d'abord avec Sophie Daumier qu'il épouse, dont celui consacré à la "drague" qui les révèle au grand public au début des années 60. La consécration vient en 1968 avec un seul sur scène à Bobino, puis des rôles sur grand écran, très souvent devant la caméra d'Yves Robert.
Grand angoissé
Ses plus grands succès sont "Un éléphant ça trompe énormément" (1976) et "Nous irons tous au paradis" (1977). Il travaille aussi pour Marcel Carné, Claude Berri ou Patrice Chéreau. Il s'est également produit dans de nombreux spectacles comiques, dont il est l'auteur, passe au Zénith, triomphe à l'Olympia avec Muriel Robin. Ils obtiennent la Victoire 93 de l'humoriste.
Ce grand angoissé, aux cheveux devenus blancs avec les ans et aux yeux noirs espiègles, adorait aussi jouer les éditorialistes, s'en prenant aux hommes de pouvoir et défendant les sans-papiers et les sidérurgistes d'ArcelorMittal.
La verve de Guy Bedos n'a pas non plus épargné le monde politique suisse. En 2000, il s'était attiré les foudres des délégués de l'UDC, après avoir traité Christoph Blocher de "gâteux fasciste" ou de "vieux con" à la radio-télévision Suisse.
Marié 3 fois - avec Karen Blanguernon, Sophie Daumier (décédée en 2003, des suites d'une maladie génétique rare) et Joëlle Bercot -, il est père de 4 enfants, Leslie, Mélanie, Victoria et Nicolas, devenu scénariste et réalisateur à succès.
Restaurants réouverts et fin de la limite des 100 km en France
Edouard Philippe a proclamé jeudi que "les résultats sont bons" dans la lutte contre le coronavirus. Le Premier ministre français a annoncé la fin de la limite des 100 km et la réouverture des restaurants, avec des restrictions plus importantes dans certaines zones.
"Si je devais résumer l'ensemble des données que nous allons vous présenter, je vous dirais que les résultats sont bons sur le plan sanitaire", a affirmé Edouard Philippe en présentant la deuxième étape du plan de déconfinement, qui débutera mardi 2 juin.
"Nous sommes un peu mieux que là où nous espérions être, c'est donc une très bonne nouvelle", s'est-il félicité, même si "nous restons prudents et nous ne pouvons courir le risque de la désinvolture". En effet, "ça ne veut pas dire que le virus ne circule plus" car "il est présent à des degrés divers sur tout le territoire".
Les départements d'Ile-de-France, de Guyane et de Mayotte ont été placés en catégorie "orange" et le déconfinement y sera "un peu plus prudent que dans le reste du territoire" parce que "le virus y circule un peu plus qu'ailleurs", a précisé Edouard Philippe.
Il a annoncé la fin de la limite des 100 kilomètres pour tout déplacement.
"La réouverture des parcs et jardins en zone orange", notamment à Paris, est aussi prévue à partir du 2 juin.
Contraintes spécifiques
Il y aura toutefois des "contraintes spécifiques dans les zones de vigilance orange", comme le maintien de la limitation des rassemblements à dix personnes. La mairie de Paris réclamait la réouverture des parcs et jardins de Paris depuis plusieurs semaines.
Dans tous les autres départements, les lycées vont rouvrir, a-t-il dit.
Edouard Philippe a également annoncé la réouverture des bars, cafés et restaurants, avec toutefois des "restrictions temporaires" dans les zones oranges, et conditionnée partout au "respect des règles sanitaires". Parmi celles-ci, le port du masque obligatoire pour le personnel, pour les clients en déplacement dans l'établissement, une séparation d'un mètre entre les tables et une limite à 10 personnes par tables.
EasyJet annonce une réduction d'un tiers de ses effectifs
La compagnie aérienne britannique EasyJet a annoncé la suppression de 4500 postes, soit près d'un tiers de ses effectifs. Elle a pris cette mesure afin de faire face au choc de la pandémie de coronavirus.
La compagnie low cost, dont l'activité est à l'arrêt depuis des semaines, entend préserver ses finances et s'adapter à un trafic aérien plus faible sur une longue période. Elle précise dans un communiqué que la réduction de 30% sera un maximum, sur des effectifs totaux d'environ 15'000 personnes.
Le transporteur rejoint ainsi ses concurrentes British Airways, Ryanair ou Virgin Atlantic, qui ont toutes annoncé des suppressions de postes récemment. "Nous savons que c'est une période très difficile et nous devons prendre des décisions très difficiles affectant nos collaborateurs, mais nous voulons protéger autant d'emplois que possible sur le long terme", a expliqué Johan Lundgren, directeur général d'EasyJet.
A l'appui de sa décision de réduire les effectifs, le groupe met en avant le fait que sa flotte d'avions va être réduite en raison de la baisse de l'activité. La nécessité d'optimiser son réseau et ses bases, d'améliorer la productivité et de mettre en place des méthodes de travail plus efficaces pour rester rentable sont aussi évoqués.
Par ailleurs, EasyJet confirme une reprise progressive de ses vols à partir du 15 juin, surtout des vols intérieurs au Royaume-Uni et en France. La compagnie précise que les réservations sur ces vols de reprise sont "encourageantes" et que la demande pour l'été 2020 dénote une amélioration de l'activité.
Elle estime toutefois que ses capacités de vols entre juillet et septembre ne s'élèveront qu'à 30% de celles de l'été 2019. A plus long terme, elle dit ne pas s'attendre à un retour à la normale avant 2023. Elle ajoute que les réservations pour l'hiver prochain sont quant à elles plus élevées que l'an dernier à la même période, les voyageurs ayant reporté les vols annulés lors de la pandémie.
Outre la pandémie, la compagnie avait révélé la semaine dernière avoir subi en début d'année une cyberattaque ayant affecté 9 millions de clients. Le groupe a par ailleurs réussi lors d'une assemblée générale d'actionnaires vendredi dernier à faire échec à une proposition de son fondateur visant à évincer l'équipe dirigeante, sur fond de mésentente sur la gestion de la pandémie.
Etats-Unis: seuil des 100'000 morts franchi
Les Etats-Unis ont franchi mercredi le seuil des 100'000 décès liés au coronavirus. L'Europe a quant à elle dévoilé un plan exceptionnel de relance de son économie qui, comme celles du monde entier, s'est effondrée sous l'impact de la pandémie.
Le premier mort du Covid-19 aux Etats-Unis avait été annoncé fin février. Le pays en enregistre désormais plus de 100'000 et près de 1,7 million de cas. Le nombre de décès sur 24 heures y est reparti à la hausse, avec 1401 décès supplémentaires enregistrés entre mardi et mercredi, après trois jours d'affilée à moins de 700 morts.
Rapporté à ses près de 330 millions d'habitants, le bilan américain, nettement en-deçà de la réalité selon des experts, est toutefois inférieur à celui de plusieurs pays européens. A travers le monde, la barre des 350'000 morts a été franchie mercredi, dont plus des trois quarts en Europe et aux Etats-Unis.
"Vieux préjugés"
Dans ce sombre contexte, la Commission européenne a dévoilé mercredi un plan de relance exceptionnel de 750 milliards d'euros. Des négociations ardues attendent désormais les 27, que la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a appelés à "mettre de côté les vieux préjugés".
Alimenté par des emprunts à grande échelle au nom de l'UE, il sera redistribué pour deux tiers en subventions et pour un tiers sous forme de prêts. Parmi les plus touchées par la crise sanitaire, Italie et Espagne pourraient recevoir plus de 172 et 140 milliards d'euros respectivement via cet instrument.
La France serait le quatrième principal bénéficiaire, après la Pologne, avec 38,7 milliards de subventions. Paris espère un accord des 27 sur ce plan d'ici à juillet, mais prévoit des négociations "difficiles" avec les pays dits "frugaux" (Pays-Bas, Danemark, Autriche et Suède), qui y sont hostiles.
Tout en se félicitant de points positifs, le chancelier autrichien Sebastian Kurz a ainsi qualifié le plan de "base de négociations", estimant que devait être discutée la part entre subventions et prêts.
Nouvel épicentre latino-américain
En Amérique latine, le nombre quotidien de nouvelles contaminations a dépassé celui de l'Europe et des Etats-Unis, faisant "sans aucun doute" du continent latino-américain le nouvel épicentre de la pandémie, selon l'Organisation panaméricaine de la santé, basée à Washington.
La propagation du coronavirus "s'accélère" au Brésil, au Pérou et au Chili, souligne cette antenne régionale de l'Organisation mondiale de la santé, qui se dit "particulièrement inquiète" et appelle ces pays à ne pas relâcher les mesures destinées à ralentir les contaminations.
Le Brésil, pays de loin le plus endeuillé de la région, a franchi mercredi le seuil des 25'000 morts, dont plus d'un millier supplémentaires au cours des dernières 24 heures. Et le Pérou, deuxième pays le plus touché par la contagion en Amérique latine, a encore battu mercredi ses records de décès et de contaminations.
Risque de pauvreté accrue
Les indicateurs économiques et sociaux sont au rouge dans le monde entier. Selon l'ONG Oxfam, la crise sanitaire pourrait précipiter 500 millions de personnes dans la pauvreté.
Au Brésil, les experts s'attendent à une chute de 6 à 10% du PIB cette année et à un bond du taux de chômage jusqu'à plus de 18%. En France, après s'être effondré d'environ 20% au deuxième trimestre, le PIB devrait se contracter de plus de 8% sur l'année, "la plus importante récession depuis la création des comptes nationaux en 1948", selon l'Institut national de la statistique.
Aux Etats-Unis, dont le système est ultra-décentralisé, la pandémie assèche les finances publiques de nombreux Etats, qui réclament l'aide du gouvernement fédéral, faute de quoi la reprise sera poussive et les conséquences sur la vie quotidienne durables.
Après l'Argentine et le Liban, qui se sont déclarés en défaut de paiement, les experts du G20 craignent que la pandémie ne provoque une contagion de défaillance chez les pays émergents, incapables d'honorer les remboursements de leurs dettes.
En Afrique du Sud, considérée par la Banque mondiale comme le pays le plus inégalitaire au monde, la pandémie a accru la misère et plongé dans le dénuement nombre des quelque 4 millions d'étrangers, la plupart en situation illégale.
Le lancement du vol habité de SpaceX reporté à samedi
Le lancement du premier vol habité de la société SpaceX a été reporté à samedi, 17 minutes avant l'heure prévue du décollage mercredi. La société d'Elon Musk a pris cette décision mercredi, en raison du mauvais temps, afin d'éviter tout accident.
"Dragon, SpaceX: malheureusement, nous n'allons pas lancer aujourd'hui", a annoncé aux deux astronautes à bord de la capsule Crew Dragon le directeur du lancement de SpaceX, au centre spatial Kennedy en Floride.
"C'était un bel effort de l'équipe, nous comprenons", a répondu l'astronaute Doug Hurley, qui était depuis deux heures à l'intérieur de la capsule avec son coéquipier Bob Behnken. La prochaine tentative aura lieu samedi à 15h22 (21h22 suisses).
Cela s'est joué à une dizaine de minutes près, selon SpaceX. Mais la fusée devait décoller à 16h33 exactement et ne pouvait pas attendre cette dizaine de minutes que le temps se dégage, car l'heure du lancement était fixé afin de coordonner la trajectoire de la capsule et celle de la Station spatiale internationale (ISS), que les astronautes doivent rejoindre dans cette mission de démonstration.
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