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Le, mis en place dès 2019, est désormais opérationnel sur la côte ouest des Etats-Unis, où l'on s'attend depuis longtemps à un séisme de grande ampleur (le "big one"). Ce réseau de capteurs sous-terrains permet de détecter les tremblements de terre et de les annoncer via des applications sur smartphone
Plus de 1600 capteurs sur la côte ouest
Sarina Patel est doctorante au laboratorie de sismologie du département Earth and Planetary Science de l'Université de Berkeley, l'un des plus célèbres campus américains. "Le laboratoire joue un rôle primordial dans le réseau SkakeAlert", explique-t-elle jeudi dans l'émission Tout un monde de la RTS. Celui-ci est composé de plus de 1600 capteurs répartis sur toute la côte ouest des Etats-Unis pour détecter le mouvement des failles sous-terraines.
Et Sarina Patel a installé plusieurs de ces capteurs. "On a construit une boîte en métal plutôt solide, avec à l'intérieur des batteries et un accéléromètre qui mesure les mouvements importants", décrit-elle.
Ces stations marchent à l'énergie solaire et les capteurs sont enterrés à plusieurs mètres de profondeur. "Ce n'est pas pour se rapprocher des séismes, qui ont lieu à 4, 5, 10 ou 20 km sous terre, mais pour s'isoler des bruits de la surface", précise la doctorante.
Le système est actif depuis octobre 2019 en Californie, et depuis 2021 en Oregon et dans l'Etat de Washington. Mais sa mise en place a pris 20 ans et a coûté plus de 200 millions de dollars. Il a fallu notamment développer un algorithme capable de traiter et de transmettre l'information à très grande vitesse.
Les règles de la physique comme limite
Car chaque seconde compte. "Quand un séisme se produit, ce qu'on appelle les ondes P [ou ondes primaires] remontent à la surface et nous les détectons immédiatement avec nos stations sismiques", explique un autre membre du laboratoire de Berkeley, Richard Allen.
"Nous nous servons ensuite de ces données pour localiser le séisme, estimer sa magnitude et nous pouvons prédire sa force quelques secondes plus tard", souligne ce scientifique. "Mais on ne peut pas espérer mieux que quelques secondes d'avance à cause des règles de la physique. C'est notre limite. On ne pourra jamais alerter des dizaines de minutes avant un séisme".
"Est-ce que cela vaut tout de même la peine?", interroge-t-il. "Absolument". Et de rappeler qu'en 1994, lors du tremblement de terre de Northbridge en Californie, la moitié des blessés étaient tombés ou quelque chose leur était tombé dessus. "Avec une alerte pour se protéger, vous auriez divisé par deux le nombre de blessures", fait-il remarquer.
Penser à la résilience des infrastructures
En cas de séisme, le système envoie un message d'avertissement accompagné de conseils sur les smartphones.
ShakeAlert est opéré par l'Institut d'études géologiques des Etats-Unis (United States Geological Survey, USGS). Et il ne cible pas que les individus. L'un de ses scientifiques, Robert de Groot, insiste sur le rôle des infrastructures comme le métro de San Francisco qui ralentit ses trains en cas d'alerte.
"Quelle est la résilience du système que vous essayez de protéger après un séisme? Oui, nous voulons protéger les gens, les infrastructures", relève-t-il. "Mais nous pensons aussi à la manière dont ces systèmes peuvent continuer à fonctionner après". En commençant à agir au tout début du tremblement de terre, "vous vous donnez la capacité de vous remettre beaucoup plus vite".
Une alternative via l'accéléromètre de Google
Le Japon et le Mexique ont des réseaux similaires, mais pas le reste du monde. Google offre cependant une alternative: l'accéléromètre des téléphones en fait des mini-sismographes. Le système envoie des alertes dans 92 pays, dont la Suisse.
Loïc Pialat/oang