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Le communisme, dernière hérésie en date du christianisme ? Couvrant la révolution d'Octobre à la chute du Mur de Berlin, retraçant l'histoire de la confrontation entre Rome et Moscou, se fondant sur une documentation inédite, montrant des pans inconnus de cette relation tourmentée, conflictuelle et décisive pour l'avenir du continent européen et du monde, c'est également en grand historien des idées que Philippe Chenaux met en évidence les continuités et les ruptures entre deux univers voués à une rivalité ultime.
Biographie de l'auteur Pierre Brégou est avocat au barreau de Paris et conseiller prud'hommes. Il dirige le cabinet Caravage Avocats, spécialisé en droit social.
Le point de départ de l'auteur est une hypothèse assez inédite, sinon provocante : le communisme en tant que dernière hérésie du christianisme. Philippe Chenaux met en évidence les continuités et les ruptures des deux doctrines. Se basant sur une documentation largement inédite, il retrace l'histoire des relations, pour le moins tourmentées et conflictuelles, entre l'Église catholique et le communisme en Europe depuis la révolution d'Octobre, et la naissance du premier État athée de l'histoire, jusqu'à la chute du Mur de Berlin qui marque l'effondrement du système communiste.
Si l'aspect proprement diplomatique des relations entre le Vatican et l'Union soviétique fait l'objet de longs développements, d'autres, moins connus, sont également abordés : l'aspect politique de la collaboration entre catholiques et communistes à l'intérieur de chaque pays ; l'aspect intellectuel des rapports entre la pensée chrétienne et le marxisme ; l'aspect oecuménique des relations du catholicisme avec l'orthodoxie russe.
Le découpage chronologique correspond aux trois grandes périodes de l'histoire politique et religieuse de l'Europe au XXe siècle : « la guerre civile européenne » [1917-1945] - l'Église se voit confrontée à l'impossible dilemme de devoir choisir entre le Charybde communiste et le Scylla nazi ; la guerre froide (1945-1958] - l'Église de Pie XII se trouve, malgré elle, identifiée à l'Occident dans sa lutte contre le totalitarisme soviétique ; le dégel et la détente (1958-1989] - l'Église conciliaire choisit la voie du dialogue avec l'Est pour finalement contribuer à l'effondrement du système.
A l'heure où l'europe institutionnelle fête ses cinquante ans et où les débats sur les racines chrétiennes de l'europe demeurent au coeur de l'actualité, philippe chenaux s'interroge sur le rôle du vatican et sur l'influence réelle des catholiques, penseurs et mouvements politiques, dans la construction européenne.
Inversement, l'auteur nous invite à mesurer l'impact des idées européennes sur la doctrine de l'eglise et sur l'évolution de la conscience politique catholique : abandon de tout rêve de chrétienté, reconnaissance du principe de la liberté religieuse, adhésion à une laïcité ouverte. l'historien spécialiste des idées s'interroge alors : quelle place peuvent encore tenir les chrétiens dans l'europe de demain ? sauront-ils, à l'heure où les pays de culture orthodoxe rejoignent l'union européenne, faire fructifier l'héritage de leurs aînés portés par un grand idéal de paix et de réconciliation ?
L'ouvrage s'attache à brosser le portrait d'une génération d'intellectuels nés dans les années 1880-1890 (en France, mais aussi en Belgique et en Suisse romande), qui s'est voulue tout à la fois catholique, thomiste et maurrassienne dans le double contexte de victoire française et de crise spirituelle qui caractérise les lendemains de la Première Guerre mondiale.
La condamnation pontificale d'Action française en 1926 l'obligea à choisir entre ces deux fidélités (la fidélité à Rome, la fidélité à Maurras), perçues jusqu'alors comme parfaitement complémentaires et devenues subitement incompatibles.
Sous l'inspiration du philosophe thomiste Jacques Maritain, elle cherche alors à inventer les voies d'une nouvelle espérance temporelle chrétienne pleinement respectueuse de la " primauté du spirituel ", aussi bien sous l'angle de la transcendance du message évangélique par rapport à la civilisation occidentale que de la nécessaire subordination de l'action politique aux exigences de la morale. En ce sens, on peut dire que la crise d'Action française a été une crise de libération pour toute une génération d'intellectuels catholiques qui devait, par la suite, profondément marquer de son empreinte la vie de l'Eglise et préparer les voies de l'aggiornamento conciliaire.
Elle a joué, toutes proportions gardées, le même rôle pour les intellectuels catholiques des années vingt que l'affaire Dreyfus au tournant du siècle pour les intellectuels Wiques en France : celui d'un combat fondateur d'une tradition d'engagement dans la vie de la cité au nom des impératifs de la morale chrétienne.
Les principaux enseignements de Jean XXIII sur les sujets-types de son pontificat : le concile, bien sûr, de son intuition à la clôture de la première session de 1962, mais aussi l'unité de l'Eglise, la paix (avec l'intégrale de l'encyclique Pacem in terris), le rôle du prêtre et celui de la femme, l'éducation et l'école, la doctrine sociale de l'Eglise enfin.
L'Eglise sous Pie XII s'est trouvée confrontée à un double et redoutable défi : celui de la guerre et des totalitarismes.
La question des " silences " du pape face à la mise en oeuvre de la Solution finale du peuple juif [Shoah] de la part des nazis à partir de 1942 ne peut être isolée de ce double contexte. Lune des erreurs de l'historiographie récente, pléthorique mais de qualité très inégale, est précisément d'avoir séparé l'examen de la question juive de l'ensemble des autres problèmes de la politique vaticane de cette période.
La réponse que le Saint-Siège choisit d'y apporter ne trouve sens, selon l'auteur, qu'à partir du moment où l'on se refuse à la traiter comme un problème à part, indépendant de tous les autres. Le but de cette enquête biographique, la première conduite de manière rigoureusement scientifique sur la base des archives du Vatican récemment ouvertes aux chercheurs, est de replacer l'attitude de Pie XII face à la Shoah dans la plus longue durée de la politique vaticane du premier XXe siècle.
Philippe Chenaux suit, en amont, les étapes de la carrière de celui qu'on avait coutume de considérer dans les chancelleries occidentales, jusqu'à son élection au souverain pontificat en mars 1939, comme le " meilleur diplomate " du Saint-Siège, et retrace, en aval, les grandes lignes de son action comme pasteur de l'Eglise universelle, après 1945, dans le contexte nouveau d'un monde divisé idéologiquement et unifié par la terreur d'une menace commune.
Il est des livres inséparables de leur temps et qui en même temps le marquent. C'est le cas de celui que Jacques Maritain publie en 1936, année de la Guerre civile en Espagne, du Front populaire en France et de la montée irrésistible des régimes totalitaires en Europe. « Humanisme intégral » plaide pour une « nouvelle chrétienté », une « chrétienté profane » qui, dix ans après la condamnation de l'idéologie nationaliste de l'Action française, s'oppose à la sacralisation de la politique, qui fut le mal du siècle. Lu et interprété diversement, souvent incompris, mais aussi bien reçu par toute une génération de catholiques, bien au-delà de la France, cet essai frappe l'historien du XXe siècle par sa clairvoyance. Il est ici présenté avec clarté et compétence, nous permettant de comprendre ce qui est rarement souligné combien il a préparé la pensée de Vatican II sur les rapports de l'Église, des chrétiens et du monde.
«Robert Moulin était de ceux en qui on aurait tout de suite confiance s'il y avait un coup dur», disait de lui Léon Savary. Cet aristocrate de l'action et de la pensée était un homme à part, d'un idéalisme sans cesse soucieux du réel. Enseignant passionné et passionnant, journaliste et créateur d'une revue d'art, Robert Moulin a été l'animateur de nombreuses campagnes politiques dans les années 1930. Commandant du mythique Régiment du Pays de Vaud et président de la Société suisse des officiers avant et pendant la guerre, il fut l'un des promoteurs des caisses de compensation militaires, de la réforme du haut commandement, de la suppression du pas cadencé et d'une meilleure information des soldats et de la population pendant la guerre. A travers les multiples activités d'un personnage hors du commun, cet ouvrage éclaire tout un pan de l'histoire sociale, politique, corporatiste, intellectuelle, journalistique et militaire du pays, souvent peu exploré.