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En convoquant un synode des évêques sur la famille, à peine plus de six mois après son élection, le pape François donnait un double signal. Il exprimait d’une part sa préoccupation sur le thème de la famille et d’autre part sa volonté de ne pas gouverner seul et de renforcer la collégialité des évêques. Il a souhaité d’emblée un débat le plus ouvert possible, ne craignant pas la diversité des opinions. Mais il a imprimé également quelques pistes assez précises.
C’est dans l’avion qui le ramenait du Brésil le 27 juillet 2013, à l’issue des Journées mondiales de la jeunesse (JMJ), que le pape François a annoncé vouloir convoquer une assemblée du synode des évêques consacrée au mariage et la famille. C’est au cours de cet entretien à bâtons rompus avec les journalistes qu’il a prononcé la fameuse phrase: « Si une personne est homosexuelle et cherche le Seigneur avec bonne volonté, qui suis-je pour la juger? Dans ce même entretien il abordait aussi la question des divorcés-remariés sous deux angles. A propos des nullités se mariage il indiquait qu' »on se marie sans maturité, sans s’apercevoir que c’est pour toute la vie ou parce que, socialement, l’on doit se marier.” Il évoquait aussi la pratique des orthodoxes en expliquant qu' »ils suivent ce qu’ils appellent la théologie de l’économie et offrent une deuxième possibilité. Je crois que ce problème doit être étudié dans le cadre de la pastorale du mariage. »
Une assemblée en deux temps
La convocation formelle d’une assemblée extraordinaire du synode des évêques a été annoncée le 8 octobre 2013 pour octobre 2014. Selon les statuts du synode des évêques, l’assemblée générale extraordinaire est réunie “si les questions à traiter, bien que concernant le bien de l’Église universelle, requièrent une solution rapide”.
Au début novembre 2013, Rome a fait parvenir aux conférences épiscopales du monde entier un questionnaire préparatoire. Ce dernier faisait une large part à la question des divorcés remariés ou des ‘mariages irréguliers’, aux unions de personnes de même sexe, et à la contraception. Diffusé de manière inhabituelle sur internet par les évêques de Grande-Bretagne et des Etats-Unis, ce document préparatoire indiquait aussi que cette assemblée extraordinaire serait une première étape visant à faire le point sur les questions en cours et à récolter les propositions des évêques. Dans un deuxième temps, une assemblée ordinaire du Synode aurait lieu en 201 5 pour définir des lignes opérationnelles en matière de pastorale familiale.
Après un rappel de l’enseignement de l’Eglise sur la famille et le mariage, le document romain soumettait 9 grandes questions divisées en 39 sous-questions. Plusieurs d’entre elles portaient d’abord sur la diffusion et la réception de l’enseignement de l’Eglise en matière de pastorale familiale, sur le concept de ‘loi naturelle’, ou encore sur l’attention pastorale à l’égard de la famille, et en particulier la préparation au mariage.
Les questions suivantes portaient sur les situations matrimoniales difficiles que sont le concubinage, les divorces, les personnes divorcées remariées. Sur ce dernier sujet le document de Rome soumettait déjà une demande très précise: “un allègement de la pratique canonique pour reconnaître la déclaration de nullité du mariage offrirait-elle une contribution positive pour résoudre les problèmes de ces personnes ?“
Dans la lignée de Jean Paul II et Benoît XVI
En lançant ce thème de la famille, le pape François s’inscrivait dans la droite ligne de ses deux prédécesseurs. Jean Paul II, qui se définissait lui-même comme le pape de la famille, a donné à l’Eglise un corpus de textes important, non seulement les encycliques, les lettres apostoliques, ou les instructions sur ces matières (Evangelium vitae, Familiaris consortio, Mulieris dignitatem, la Lettre aux familles, Donum vitae), mais aussi les catéchèses du mercredi sur l’amour humain, prononcées entre 1979 et 1984.
Quant à Benoît XVI, il a été associé à la quasi-totalité des grands textes de son prédécesseur, en raison de son service de préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Durant son pontificat, il est revenu très régulièrement sur la question de la famille, citant très souvent son prédécesseur. Il n’y consacre cependant pas de document magistériel majeur.