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Piero Gleijeses | PhD 1972
Professor of American Foreign Policy, Johns Hopkins University
L’italien Piero Gleijeses n’a que 18 ans lorsqu’il arrive à Genève pour entamer ses études universitaires. Son souhait est d’aller à Paris mais ses parents estiment alors que la capitale française est trop dangereuse pour un adolescent. Ils lui préfèrent Genève, qu’ils perçoivent comme une « ville calviniste peuplée de sages Suisses ».
En 1967, Piero entame à l’Institut sa thèse de doctorat sur les relations franco-allemandes entre 1933 et 1939. Il part à Berlin apprendre l’allemand avant de décider de changer de sujet de recherche pour « La crise dominicaine, 1965 ». Il préfère en effet élargir son horizon intellectuel, trop « eurocentré » à son goût. Il quitte à nouveau la Suisse pour trois ans et se rend aux Etats Unis et en République Dominicaine dont il avait suivi avec intérêt l’insurrection en 1965. Il en revient avec une nouvelle langue, l’espagnol, une grande fascination pour le pays et ses habitants, et une passion naissante pour les Caraïbes en général, dont il devient un expert.
Il rencontre à l’Institut sa future épouse, Setsuko Ono. « Ne fût-ce que pour cela, ça valait la peine de faire toutes mes études universitaires à Genève », dit-il. Il se souvient également des cours qu’il a particulièrement appréciés et qui lui ont été utiles pour sa carrière, ceux des professeurs Miklos Molnar et Yves Collart.
En 1972, le couple s’installe à Washington. Piero Gleijeses y devient professeur de politique étrangère américaine à la School of Advanced International Studies de l’Université Johns Hopkins, où il exerce aujourd’hui encore. L’arrivée de milliers de soldats cubains en Angola en 1975-76 le surprend. Il décide dès lors de s’intéresser à la politique cubaine en Afrique, région qu’il connaît encore peu. Les tensions entre les Etats-Unis et Cuba sur ce continent sont alors patentes. Ce n’est qu’après des années d’efforts que Piero parviendra à avoir accès aux archives cubaines, toujours fermées aux chercheurs pour la période après 1959. Dans l’intervalle, ses recherches le conduiront à apprendre l’afrikaans et le russe pour pouvoir analyser la politique de l’Afrique du Sud et de l’URSS en Afrique méridionale.
Parlant sept langues, Piero Gleijeses est un chercheur-né. Son dernier manuscrit s’intitule Visions of Freedom: Havana, Washington and Pretoria in Southern Africa, 1959-1976. Il a préalablement publié, entre autres, The Cuban Drumbeat: Castro’s Worldview (2009), Cuba y Africa: Historia común de lucha y sangre (coauteur, 2007) et Conflicting Missions: Havana, Washington, and Africa, 1959-1976 (2002), pour lequel il a reçu le prix Robert Ferrell de la Society for Historians of American Foreign Relations.