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L’hôtel du temps de Jean Sellon
Jean Sellon, selon les usages de l’époque, habitait le rez-de-chaussée de l’hôtel, où se trouvent les appartements nobles. De part et d’autre du salon central, qui donne sur le jardin, se trouvaient les chambres de Madame et de Monsieur, ainsi que leurs cabinets et garde-robes respectifs.
Les étages étaient occupés par des locataires. Tous appartenaient à la parentèle de Jean Sellon ou étaient des partenaires d’affaires.
Ainsi, le premier étage était-il occupé par les beaux-parents de l'un des fils de Jean Sellon. Banquiers, ils travaillent de concert avec la famille Sellon. Leur cadre de vie, décoré avec soin, est bien connu, grâce aux inventaires après décès conservés, qui détaillent l’aménagement et le mobilier de chaque pièce. A l’étage supérieur se trouvaient également des partenaires d’affaires, les banquiers Henry Chancel et Joseph Bouer.
L’hôtel Sellon à la fin du XVIIIe siècle
A la mort de Jean Sellon, en 1757, l’hôtel passe aux mains de son fils aîné, Gaspard, avant de revenir par héritage à son cadet, Jean-François Sellon. A cette époque, les appartements connaissent des travaux d’aménagement afin de les adapter aux usages du temps.
Pendant la période révolutionnaire, les étages nobles de l’hôtel se vident pour un temps de leurs habitants.
L’hôtel Sellon aux XIXe et XXe siècles
En 1810, l’hôtel devient la propriété de Jean-Jacques de Sellon-de Budé, le plus illustre membre de la lignée. L’histoire l’a retenu pour ses engagements en faveur de la paix et contre la peine de mort. Mécène et collectionneur, il a légué une partie de ses tableaux au Musée d’art et d’histoire de Genève.
De son vivant, il occupait quatorze pièces de la demeure, où le servait un personnel comptant six domestiques.
Dans la seconde moitié du siècle, l’hôtel subit d’importants travaux, qui mènent notamment à la disparition de l’escalier d’honneur, dans le corps de logis principal: les Sellon sont alors soucieux de moderniser le bâtiment afin d’en augmenter la surface et les revenus locatifs.
En 1923, l’hôtel, dont la qualité architecturale est reconnue, est classé monument historique. Il sera vendu trente-deux ans plus tard à l’Etat de Genève. A la fin des années 1950, le rez-de-chaussée est mis à disposition de la comtesse Zoubov, afin qu’elle y installe sa collection. L’accrochage des boiseries provenant du château d’Hamilton, en Ecosse, nécessite que l’on modifie la distribution des pièces, avec l’agrandissement, notamment, de la salle à manger.