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Depuis quelque temps, les trois grands prédateurs que sont le loup, l'ours et le lynx reviennent en Suisse. Au cours de ces dernières années, ce sont surtout des loups qui ont été aperçus à diverses reprises dans les Alpes suisses. Un premier couple de loups avec leurs petits a été repéré dans le canton des Grisons en 2012. Une meute a également été aperçue dans le canton de Saint-Gall en 2013. À l'heure actuelle, près de 47 loups vivent en Suisse (état 2018). Les grands prédateurs que sont le loup, l'ours et le lynx sont protégés par la loi en Suisse, entre autres en raison de traités internationaux. Comme ils sont menacés de disparition, ils ne peuvent être chassés que lorsque des conditions très strictes sont remplies.
A plusieurs reprises, des animaux sauvages et d'élevage (surtout des moutons) ont été attaqués par des grands prédateurs. L'Office fédéral de l'environnement a donc effectué une révision partielle de l'ordonnance sur la chasse en 2011. Les cantons peuvent maintenant réguler les populations animales notamment quand certaines espèces nuisent sérieusement aux infrastructures, qu'elles provoquent de gros dégâts sur le bétail ou qu'elles réduisent excessivement les populations de gibier. Une telle régulation nécessite une autorisation de la Confédération et ne peut être accordée que si la biodiversité n’est pas mise en péril.
En raison des derniers évènements, un nouveau projet de loi exige désormais que les cantons soient dotés de pouvoirs accrus en matière de chasse : Sous certaines conditions, ils devraient pouvoir décider en toute indépendance de réguler la population de loups. Cela devrait pouvoir leur permettre de mieux prendre en compte les intérêts des populations de montagne (économie alpine, chasse ou tourisme).
- Les grands prédateurs ont besoin d’espace et de nature sauvage. La Suisse est cependant si densément peuplée qu'une cohabitation avec les grands prédateurs est impossible. En raison de la densité de la population, les prédateurs deviennent un danger et nuisent au tourisme. En outre, la contribution de la Suisse à la conservation des espèces est de toute façon très faible.
- Un assouplissement des dispositions de protection des grands prédateurs est nécessaire pour protéger le bétail et les animaux domestiques ainsi que pour ne pas mettre en péril les populations d’animaux sauvages des régions concernées. Les mesures globales de protection des troupeaux sont disproportionnées et leur efficacité est discutable. L'utilisation de chiens de garde peut également présenter un risque pour les randonneurs/euses et les touristes.
- Un amendement législatif visant à assouplir la protection est compatible avec la Convention de Berne sur la protection des animaux et des plantes sauvages.
- Le loup, l'ours et le lynx ont toujours fait partie de la faune. Le retour des grands prédateurs contribue à une population d'animaux sauvages saine car les animaux sauvages retrouvent ainsi un ennemi naturel, doivent lutter pour leur survie et se comportent ainsi de manière plus conformes à leurs espèces.
- En raison de sa situation géographique, la Suisse apporte une contribution importante aux efforts européens en faveur de la conservation à long terme des espèces.
- Les expériences à l'étranger montrent que la crainte d’attaque contre des humains n'est pas fondée. Les grands prédateurs comme le lynx, le loup ou l'ours sont extrêmement timides face aux humains et ne s’attaquent en règle générale qu’aux animaux d'élevage laissés sans surveillance. Une coexistence est donc possible si les élevages actuels de bétail sont adaptés aux nouvelles exigences. Avec des mesures appropriées (par ex. des chiens de protection), les dommages peuvent être réduits au minimum.