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La procureure du Tribunal pénal international compte se rendre très prochainement à Belgrade. La Suissesse veut expliquer au nouveau président élu, Vojislav Kostunica, que le TPI n'est pas hostile aux Serbes et lui proposer une collaboration.
Carla Del Ponte a déjà demandé une audience au nouveau président, affirme Dominique Reymond, conseiller personnel de la procureure, dans une interview publiée par le journal «dimanche.ch». Elle espère un changement d'attitude par rapport à son prédécesseur, Slobodan Milosevic, qui refusait toute collaboration.
La procureure du Tribunal pénal international (TPI) est prête à transmettre des informations à Vojislav Kostunica. «Certaines informations sur la centaine de comptes bancaires appartenant à des proches de Milosevic qui ont été gelés en Suisse», précise Dominique Reymond.
Carla Del Ponte exclut de suspendre l'inculpation de Milosevic, comme l'a évoqué le rapporteur spécial de l'ONU sur la situation des droits de l'homme dans les Balkans. Mais elle n'est pas opposée à la tenue de son procès en Serbie.
Déjà inculpé de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité au Kosovo, le dictateur déchu devrait l'être «d'ici décembre pour les exactions commises en Bosnie et en Croatie», ajoute Dominique Reymond. Slobodan Milosevic doit en plus être inculpé de génocide dans ces deux territoires, soit le plus grave chef d'accusation prévu par le TPI.
L'ancien président yougoslave serait alors pour la première fois mis en cause officiellement par la justice internationale pour son rôle lors des conflits croate (1990-1993) et bosniaque (1992-1995).
swissinfo avec les agences