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Tout membre de l'Armée a droit, selon le "règlement de service 04", à une assistance spirituelle, offerte par "contrat" par les Eglises protestante et catholique romaine et dispensée par un aumônier. Pour pouvoir être nommé aumônier militaire il faut être apte au service militaire et avoir accompli une école de recrues. L'aumônier protestant doit être pasteur ou avoir reçu une formation académique en théologie ou équivalente et être ordonné par l'autorité ecclésiastique compétente; son homologue catholique doit être prêtre, diacre ou assistant pastoral et être reconnu par l'ordinariat épiscopal ou le supérieur de l'ordre. Les candidats doivent en tout cas être recommandés par les autorités ecclésiastiques compétentes. A la fois citoyen, soldat et chrétien, l'aumônier s'est toujours trouvé, depuis la fondation de l'Etat fédéral, dans une situation délicate. Tout ecclésiastique consacré ou ordonné peut du reste se faire dispenser du service militaire.
Traditionnellement, dans l'ancienne Confédération, des aumôniers accompagnaient les troupes au combat (Milices cantonales). C'est ainsi que le prêtre bernois Diebold Baselwind joua un rôle important à Laupen en 1339, tout comme, deux siècles plus tard, Mathieu Schiner et Zwingli à Marignan (1515) et Kappel (1531). Durant le bas Moyen Age et jusque tard dans l'époque moderne, la bataille était considérée comme un jugement de Dieu, ce qui explique l'importance historique des aumôniers.
L'incorporation des aumôniers militaires relevait principalement des cantons. Dès 1815, des prescriptions fédérales s'ajoutèrent aux règlements cantonaux. L'organisation militaire de 1874 créa des postes d'aumôniers pour les régiments d'infanterie et les hôpitaux de campagne, mais seulement en temps de guerre. En 1883, les aumôniers obtinrent leur incorporation, avec le grade de capitaine, pour les cours d'instruction. La période de service, fixée à cinq jours par année jusqu'en 1912, auxquels on ajouta deux jours sans solde de 1912 à 1930, fut finalement semblable à celle des autres officiers de l'état-major de régiment. La tenue s'est aussi transformée: redingote noire (1883), épée spéciale (1911), tenue de combat (1990). Les aumôniers sont placés sous la protection particulière des conventions de Genève et portent donc, en cas de guerre, le brassard de la Croix-Rouge. En 1912, les aumôniers tentèrent pour la première fois de s'organiser hiérarchiquement. En même temps, ils s'efforcèrent sans succès d'obtenir un statut indépendant de l'armée ou du moins non lié à un grade d'officier. Le droit des autorités ecclésiastiques de recommander leurs candidats a rendu très difficiles les demandes d'autres communautés religieuses d'avoir leurs propres aumôniers. Des cours furent organisés à titre expérimental dès septembre 1938 et régulièrement depuis 1941. En 2000, l'école d'aumôniers a pris le nom de "stage de formation technique pour aumôniers". La même année, des femmes l'ont suivi pour la première fois. Dans le règlement "Armée 95", le service "Aumônerie de l'armée" dépend du sous-chef d'état-major du groupe du personnel.
Auteur(e): Hans Rudolf Fuhrer / PV
Dans leur activité, les aumôniers se conforment au règlement de leur Eglise, au règlement de service et à diverses prescriptions. Ils ont toutefois toujours joui d'une grande liberté dans l'organisation pratique de leur ministère. L'urgence de directives fut exprimée pour la première fois en 1892. Livres de liturgie, recueils de chant et autres supports de l'office divin furent ensuite régulièrement mis à disposition. La Société des aumôniers de l'armée, fondée à Baden en 1894, a accompli une tâche importante en permettant l'échange d'expériences, la formation continue et l'abolition des barrières confessionnelles. Le règlement de service stipule que, le dimanche et lors des fêtes religieuses, la troupe organise son propre culte ou peut assister à l'office paroissial. Cette prescription fut plus d'une fois la cause de difficultés lorsque des commandants faisaient passer les besoins du service avant toute autre considération. Les congés de plus en plus nombreux en fin de semaine et la déchristianisation de la société ont désamorcé ce problème.
Auteur(e): Hans Rudolf Fuhrer / PV