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Les Suisses renouvellent les deux chambres de leur parlement le 20 octobre. Les forces politiques du législatif restent très stables, mais une analyse de leur évolution depuis 1971 révèle une multitude de variations.
À majorité de droite, composé de quatre grands partis traditionnels et extrêmement stable. Le parlement suisseLien externe n’a pas connu de chamboulements majeurs ces cinquante dernières années, malgré la tenue d’élections tous les quatre ans. Les Suisses sont d’ailleurs appelés aux urnes le 20 octobre prochain pour élire les 200 conseillers nationaux (Chambre basse) et les 46 conseillers aux États (Chambre haute).
Le graphique ci-dessous montre toutefois une kyrielle de variationsLien externe depuis 1971, avec parfois le renforcement des petits partis, l’émergence de nouveaux mouvements ou l’affaiblissement de certains groupes.
Le parlement a connu une période très stable, pas seulement depuis 1971, mais dès 1919 avec ses quatre partis principaux: le Parti libéral-radical (PLR / droite libérale), le Parti démocrate-chrétien (PDC / centre-droite), l’Union démocratique du centre (UDC / droite conservatrice) et le parti socialiste (PS / gauche).
Redistribution des cartes à droite
Des changements plus profonds s’opèrent à la fin des années 1990: une transformation s’initie à l’intérieur des partis bourgeois, explique Georg LutzLien externe, politologue à l’Université de Lausanne. «L’UDC est parvenue à mobiliser davantage l’électorat conservateur, grâce à un changement des préoccupations à la fin de la guerre froide. La menace perçue par une partie de la population ne venait plus du bloc communiste, mais de la globalisation, des étrangers et de l’Union européenne.»
Des thèmes que l’UDC a su exploiter afin de mobiliser l’électorat de droite. «Mais il ne s’agit pas d’un glissement des électeurs vers la droite, plutôt d’un changement dans la structure des partis bourgeois», précise Georg Lutz.
Nouveaux mouvements
À partir de 2007 apparaissent de nouvelles formations au centre-droite: le Parti bourgeois démocratique (PBD, formé de dissidents de l’UDC) et les Vert’libéraux (PVL, droite écologiste). «Tout au long de l’histoire, il y a toujours eu des petits partis qui ont rencontré plus ou moins de succès à un moment donné, relève Georg Lutz. Les Verts sont pour l’instant les seuls qui ont réussi à se développer et à se consolider sur le long terme.»
Le politologue constate que le parlement suisse se trouve dans une situation plutôt stable et que la force des partis devrait se maintenir lors des prochaines élections. Les pronostics évoquent des changements de l’ordre de 2 à 3%, des proportions minimes par rapport à d’autres pays.
Toutefois, ces petites variations peuvent avoir des conséquences. «L’UDC et le PLR pourraient perdre leur majorité au Conseil national, analyse Georg Lutz. Avec une poussée des Verts, il est possible que le parlement glisse un tout petit peu vers la gauche.»