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L'homme - Mathieu Kassovitz - est seul, le regard vide, et fixe son reflet dans une glace. Il ne fait pas que ça. Il arrache également un masque (en latex) qui lui recouvrait partiellement le visage. Devant lui, une table sur laquelle sont posés différents objets en rapport avec le maquillage ou son processus inverse. Les cheveux de Kassovitz sont presque aussi gris que son costume. L'éclairage est sombre, peu accueillant, et bute sur les boiseries de la paroi qui n'aident guère à diffuser la lumière. C'est évidemment l'effet géométrique qui frappe dans ce plan. Il résulte de la juxtaposition de plusieurs miroirs, au moins deux, qui démultiplient, diffractent ou fragmentent les reflets selon l'angle de prise de vues. Kassovitz apparaît ainsi deux fois. Dans la partie gauche, illusion oblige, il est coupé en deux. On peut s'amuser à isoler le coin en haut à gauche, délimité par les bordures du miroir, de façon à ne voir que les yeux de Kassovitz trouer l'écran, mais cette fois dans son bord droit. Cela induit presque un plan dans le plan, une image dans l'image respectant même les proportions du format choisi.
Peu spectaculaire, ce plan d'Un illustre inconnu résume bien le film de Matthieu Delaporte, qui y traite des thèmes du double (clairement exposé dans cette image) et de l'identité. Il suggère aussi une mise en scène plus monacale que dans moult productions françaises. Le leitmotiv fantastique - le latex qu'on ôte du visage - renvoie indirectement à quelques classiques, tels Le Testament du Docteur Cordelier de Renoir ou Les Yeux sans visage de Franju. Par prétérition, on peut en déduire qu'Un illustre inconnu n'appartient à aucun genre en propre et que peut-être, il n'entretient aucun lien social avec le monde tel qu'on le connaît. Le visionnement du film confirme effectivement tout cela.
Un illustre inconnu est actuellement à l'affiche en salles.