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Le Groupe d'expert·e·s intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) a publié le 28 février 2022 la deuxième partie de son sixième rapport d’évaluation concernant les conséquences du changement climatique. Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres a fort bien résumé la situation : « les combustibles fossiles sont une impasse pour la planète, l’humanité et pour l’économie ». Si nous continuons à brûler du pétrole, du gaz ou du charbon, les conséquences seront désastreuses. Par ailleurs, l’attaque menée par Poutine contre l'Ukraine nous fait comprendre de manière atroce à quel point notre approvisionnement énergétique dépend de régimes dictatoriaux et de pays en guerre.
Notre dépendance en matière d’énergies fossiles met en danger la sécurité de notre approvisionnement.
La Suisse couvre deux tiers de ses besoins énergétiques grâce aux énergies fossiles, avant tout le pétrole et le gaz, que nous importons à raison de 100 pour cent. Les plus grands fournisseurs de pétrole de la Suisse sont des pays comme le Nigéria, la Libye ou encore le Kazakhstan. Presque la moitié des importations de gaz vers la Suisse provient de Russie.
Dépendre pareillement des importations énergétiques, c’est un danger pour la sécurité de notre approvisionnement. La plus grande partie du pétrole et du gaz naturel importés par la Suisse provient de quelques pays seulement, qui pour la plupart sont politiquement instables ou sous la coupe de régimes autoritaires. Le Nigéria est en proie à un conflit permanent, qui rend toute la région ingouvernable ; la production de pétrole est liée à des dangers souvent imprévisibles.
Les troubles politiques ainsi que les crises économiques contribuent à la forte fluctuation des prix du pétrole et du gaz. Ils influencent les tendances boursières et donc les coûts. Cela ne mène pas seulement à une augmentation du prix de l'essence, comme c'est le cas depuis que Poutine a attaqué l'Ukraine, mais cela a également de graves conséquences macroéconomiques. Ce que l'on appelle le choc pétrolier du début des années 1970 a déclenché en Europe la crise économique la plus grave depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. L'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) avait alors réduit la production de pétrole, faisant ainsi grimper le prix du pétrole pour faire pression sur les pays occidentaux dans la guerre israélo-arabe.
Le pétrole constitue un moyen de pression politique dans les conflits armés
En important du pétrole et du gaz, la Suisse contribue à financer des conflits armés et des guerres. Nous en faisons l’expérience très douloureuse aujourd’hui, suite à l’attaque de Poutine contre l’Ukraine. Malgré les sanctions, des centaines de millions de francs suisses continuent d'affluer chaque jour d'Europe vers la Russie pour le pétrole et le gaz naturel. Le choc pétrolier de 1973, déjà évoqué, a également montré que le pétrole pouvait aussi être utilisé comme une arme.
Celui qui dispose de grandes réserves de pétrole ou de gaz naturel a donc un avantage géostratégique massif. Celui qui dispose de grandes réserves de pétrole ou de gaz naturel a donc un avantage géostratégique massif. La Libye subit depuis des années une guerre civile dévastatrice, dans laquelle le contrôle des grandes réserves de pétrole du pays joue un rôle central. Plus de 90 pour cent des revenus publics générés en Libye proviennent du commerce du pétrole ; et les deux parties principales au conflit en profitent. En achetant du pétrole libyen, nous finançons une guerre civile.
Pour la Suisse, les énergies renouvelables sont une chance à saisir
La Suisse dépense environ 10 milliards de francs par an pour couvrir le coût de ses importations d’énergie fossile. Il pourrait en être autrement : en faisant bon usage des sources d’énergie domestique et renouvelable, nous pouvons bénéficier d’une diversité de plus values et d’emplois en Suisse. Miser sur les énergies renouvelables, c’est ouvrir la Suisse – un haut lieu scientifique et technologique – aux opportunités multiples. Une récente étude de la ZHAW démontre qu’un développement accéléré des énergies renouvelables d’ici à 2035 permettrait une augmentation de la création de richesse avoisinant les 80 pour cent, ainsi que de 87'000 nouvelles places de travail.
La protection du climat permet de planifier de façon sûre et solide, dans tous les domaines touchant à notre vie, y compris l’économie. De plus en plus d’entreprises, de pays en sont conscients ; la transformation technologique vers le système énergétique du futur a commencé depuis longtemps. La Suisse jouit d’une place privilégiée en termes scientifiques et technologiques ; elle a le choix : elle peut participer et saisir sa chance, ou se replier et en subir les conséquences plus tard. La sortie des énergies fossiles nous permet de créer les conditions-cadres idéales et durables pour la science, la recherche, la technologie, pour notre bien-être et celui des générations futures.
Nous demandons au Parlement un plan directeur pour la sortie des énergies fossiles ! Engagez-vous pour plus de protection du climat et de sécurité pour la Suisse et signez la pétition sortons-du-fossile.ch. Merci !