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L’hypertension artérielle (HTA) est fréquente et associée à une morbi-mortalité significative qui peut être réduite par les traitements médicamenteux. Malgré ces traitements, les valeurs tensionnelles ciblées ne sont pas atteintes chez de nombreux patients. Plusieurs études conduites chez des patients à risque cardiovasculaire faible ou modéré suggèrent que la mesure régulière de la tension artérielle (TA) par le patient pourrait permettre une amélioration du contrôle, avec des bénéfices cliniques significatifs. Les auteurs de l’étude randomisée et contrôlée multicentrique TASMIN-SR ont inclus 552 patients hypertendus à haut risque cardiovasculaire, pour comparer une prise en charge basée sur l’automesure de la TA et sur une adaptation par le patient du traitement médicamenteux sur la base d’un algorithme, à une prise en charge standard. Après un suivi de douze mois, on note une différence significative de 9,2 mmHg de pression systolique – qui était l’issue primaire d’intérêt – en faveur du groupe intervention, en lien avec une augmentation significative du traitement antihypertenseur (nombre de médicaments et dose totale). Les auteurs concluent que l’optimisation du contrôle de la TA est réalisable et efficace par des moyens simples, en impliquant le patient dans sa prise en charge, avec un potentiel de diminution des complications important.
Commentaire : Les directives les plus récentes de prise en charge de l’hypertension (NJC VIII – NICE – ESC) recommandent la mise à disposition du patient d’un autocontrôle. Même si quelques faiblesses méthodologiques peuvent être relevées, cette étude en démontre non seulement la pertinence, mais suggère que l’association de cette mesure à une participation active du patient dans la titration du traitement est efficace pour le contrôle de l’HTA.
La baisse obtenue après douze mois (9 mmHg) correspond à une baisse potentielle de 25 à 50 événements cardiovasculaires majeurs par année pour 1000 habitants dans cette catégorie de risque. Il faut noter que les patients inclus présentaient certes un risque cardiovasculaire augmenté, mais une hypertension artérielle modérée, et que les cibles de contrôle étaient au moment de l’étude plus basses que celles recommandées cette année, limitant relativement la généralisation des résultats. Par ailleurs, si l’observance au cours de l’étude était bonne (90%), on peut bien penser que ce type d’intervention ne pourra s’appliquer qu’à des patients concernés et collaborants, qui ne représentent pas forcément la majorité (seuls 5% des patients potentiels sélectionnés par les auteurs ont été inclus). Finalement, le prix des appareils de contrôle de pression est très attractif (15 £ en Grande-Bretagne !), et au vu de ces résultats, il paraît non seulement raisonnable mais probablement indispensable de proposer aux patients à haut risque cardiovasculaire, sélectionnés et volontaires, une automesure et une automédication de la tension artérielle.