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Zürich, 29.08.2017
Le président kazakh Noursoultan Nazarbaïev a inauguré jeudi une nouvelle banque d'uranium faiblement enrichi, sous contrôle international. Elle est destinée à garantir l'approvisionnement des centrales et à favoriser la lutte contre la prolifération nucléaire.
Cette banque "sera administrée sous le contrôle complet de l'Agence internationale de l'Energie atomique", l'AIEA, a déclaré lors de la cérémonie d'inauguration M. Nazarbaïev. Celle-ci dépend des Nations Unies,
L'AIEA, dont le directeur général Yukiya Amano participait à la cérémonie, a de son côté salué dans un communiqué l'ouverture de cette banque. Elle est, selon l'AIEA, "une étape clé" pour "assurer l'approvisionnement des centrales nucléaires en énergie".
La cérémonie s'est déroulée à Astana. Mais la banque est basée à Oskemen, dans le nord-est du Kazakhstan, à plus de 800 kilomètres de la capitale.
Trois ans d'énergie
D'une superficie de 880 m2, elle peut stocker jusqu'à 90 tonnes d'uranium faiblement enrichi. Cela permet d'approvisionner en combustible des réacteurs à eau légère et d'alimenter en énergie une grande ville pendant trois ans, selon l'AIEA.
La construction de cette banque a coûté près de 150 millions de dollars (140,74 millions de francs). Elle s'est déroulée "dans les temps et le budget impartis", s'est félicitée l'AIEA, qualifiant le Kazakhstan de "partenaire fiable".
Réduire les risques
L'AIEA espère inciter les pays à la recherche de combustibles pour leurs centrales nucléaires civiles, à se fournir auprès de cette banque en uranium faiblement enrichi. Le circuit d'approvisionnement serait ainsi sécurisé.
L'agence souhaite ainsi réduire les risques d'enrichissement d'uranium par les pays eux-mêmes. Elle entend leur éviter le soupçon d'enrichissement à des fins militaires, comme ces dernières années lors de la crise du nucléaire iranien.
Le Kazakhstan détient 20% des réserves mondiales d'uranium. Il vise à jouer un rôle de premier plan dans la diplomatie nucléaire. Le pays, qui a rendu ses armes nucléaires à la dislocation de l'URSS, a accueilli en 2013 des négociations internationales sur le dossier du programme nucléaire iranien controversé.