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Suisse Sécheresses et orages perturbent les lacs alpins
Les modèles climatiques indiquent que les aléas météorologiques deviendront de plus en plus fréquents et transformeront les lacs en bouillons troubles.
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Les lacs de montagne pourraient se transformer de plus en plus souvent en soupes laiteuses. Le changement climatique en est le responsable, selon une étude de l'Eawag, de l'Université de Lausanne et de l'Institut national français de recherche agricole.
Les modèles climatiques indiquent que les aléas météorologiques deviendront de plus en plus fréquents sous nos latitudes, a indiqué mardi l'Institut fédéral de recherche sur l'eau Eawag. Ce sera notamment le cas des tempêtes estivales.
Une équipe de chercheurs franco-suisses, parmi lesquels le physicien de l'Eawag Damien Bouffard, a étudié l'impact de ce phénomène sur les écosystèmes des lacs alpins. C'est le Lac de la Muzelle, un lac de montagne des Alpes françaises, qui a servi d'objet de recherche.
Les scientifiques ont enregistré toutes les tempêtes de pluie et de vent pendant trois saisons d'été. En outre, une station météorologique enregistrait les données relatives aux températures et aux précipitations. Des sondes spéciales ont permis d'établir régulièrement les profils de température et d'oxygène du lac.
Dix tempêtes sont survenues pendant la période considérée. Seules deux d'entre elles ont coloré le lac de la Muzelle, transformant ses eaux en un bouillon trouble. Les autres tempêtes ont certes brassé les eaux de surfaces, mais l'état du lac était revenu à la normale au bout d'une semaine.
Par contre, lors des «orages turbides», de grandes quantités de particules provenant du bassin versant glaciaire du lac se sont retrouvées en suspension dans l'eau.
Lumière et nourriture se raréfient
Le fait que la lumière ne pénètre presque plus dans les eaux profondes est dû aux particules en suspension. Dans ces conditions, les algues ne disposent plus de la base nécessaire pour effectuer la photosynthèse. Il en résulte un manque d'oxygène et de nutriments, ce qui à long terme nuit aussi aux poissons.
«C'était impressionnant de voir à quel point une seule tempête peut bouleverser en quelques heures l'écosystème pour le reste de l'été», déclare Damien Bouffard, cité dans le communiqué. «Cela montre que le réchauffement climatique à long terme n'est pas le seul à avoir une influence sur la vie dans les lacs, mais que la fréquence des événements extrêmes a un impact tout aussi important».
Les chercheurs ont également été étonnés par le fait que ce n'est pas l'intensité ou la durée d'un aléa météorologique qui détermine l'impact sur l'écosystème mais plutôt la combinaison entre sécheresse et orages.
Les jours et les semaines avant la tempête sont déterminants. S'ils sont secs et chauds, la probabilité de tempêtes turbiditiques augmente, selon ces travaux publiés dans la revue Global Change Biology. (ats/nxp)
Créé: 18.09.2018, 14h55