Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07200.jsonl.gz/1605

Dans les récits du XIXème siècle, on a peur de la nature et du surnaturel, mais aussi de la guerre, du peuple, du criminel, de soi-même... Passion du récit, présente dans les divers genres romanesques ainsi que dans les contes et nouvelles, la peur émerge sur fond de Terreur, de conflits militaires et politiques, de transformations sociales et artistiques profondes. Elle se dresse également sur un arrière-plan scientifique en partie renouvelé.
Quelles formes prend-elle selon les personnages mis en scène ? Quelle représentation de l'espace induit-elle ? Comment nourrit-elle la composition et la matière dramatique du récit ? Quel regard les écrivains portent-ils et nous amènent-ils à porter sur ceux qui l'éprouvent ?
L'ouvrage s'interroge sur la fécondité de la peur pour la fiction narrative, y compris dans le détail de son style ; il déplace donc l'intérêt de l'action à la passion. Il met de plus en perspective sa configuration littéraire en mobilisant les représentations non littéraires de ce temps ou du nôtre. Ce faisant, il cherche comment fiction et diction contribuent à modeler la pensée de la peur, autrement nommée crainte, angoisse, panique collective.
Ancienne élève de l'École Normale Supérieure, agrégée des lettres classiques, maître de conférences, Régine Borderie enseigne la littérature française du XIXème siècle à l'Université de Reims Champagne-Ardenne. Principaux ouvrages : Balzac, peintre de corps. La Comédie humaine ou le sens des détails (Paris, SEDES, 2002) et « Bizarre », « Bizarrerie », de Constant à Proust (Grenoble, ELLUG, 2011).