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La Nouvelle-Zélande a renvoyé aux Kiribati un habitant de cet archipel du Pacifique menacé par la montée des eaux. Il s'est battu en vain pendant quatre ans pour devenir le premier réfugié climatique de la planète.
Cet homme de 39 ans a été renvoyé mercredi dans son pays après avoir épuisé tous ses recours juridiques pour demeurer en Nouvelle-Zélande, a annoncé jeudi un de ses proches. Il réclamait le statut de réfugié au motif que lui, sa femme et leurs trois enfants tous nés en Nouvelle-Zélande, couraient un péril mortel aux Kiribati.
Des zones entières de l'archipel, une trentaine d'atolls coralliens dont la plupart dépassent à peine le niveau de l'eau, sont de fait régulièrement envahies par l'océan.
"Le changement climatique est une forme de persécution et nous avons tenté de sauver cette famille en demandant l'asile en Nouvelle-Zélande", a déclaré sur Radio New Zealand le révérend Iosefa Suamalie, un de ses nombreux soutiens. "Aux Kiribati, il n'y a pas de vie, il n'y a pas d'espoir. Nous renvoyons les enfants dans un endroit qui n'est pas sûr pour eux", a-t-il déploré.
Pas de grave danger
Confirmant les rejets prononcés en première instance et en appel, la Cour suprême néo-zélandaise avait estimé en juillet que cet homme ne répondait pas aux critères d'octroi du statut de réfugié, lequel doit être menacé de persécution dans son pays natal, selon l'ONU.
Si la plus haute juridiction du pays a reconnu que les Kiribati étaient "incontestablement confrontés à des défis" climatiques, elle a également estimé qu'il "n'encourait pas de 'grave danger'" dans son pays natal. Arrivé en Nouvelle-Zélande en 2007, le demandeur avait dépassé la validité de son visa lorsqu'il avait attiré en 2011 l'attention de la police pour une infraction mineure.
Le Premier ministre John Key a refusé en début de semaine un ultime appel: "A mes yeux, il n'est pas un réfugié, mais quelqu'un qui a dépassé sa durée de séjour autorisée."
"Sans terre"
Kiribati fait partie des nations îliennes, avec les Maldives, Tuvalu et Tokelau, qui pourraient devenir "sans terre" à cause du réchauffement climatique, selon la Commission des droits de l'Homme de l'ONU.
Après une hausse moyenne de 20 cm au XXe siècle, les océans devraient encore s'élever de 26 à 86 cm à l'horizon 2100 par rapport à la moyenne 1986-2005, selon le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC).
ATS