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Le Karaté
L’histoire du Karaté
Le Karaté trouve son origine sur l’île d’Okinawa, au sud du Japon. Les habitants de l’île appelaient alors cette discipline le Tō-de qui signifie : la main de Chine. De par sa proximité géographique avec la Chine, l’île d’Okinawa est profondément influencée par la culture, l’écriture et l’architecture chinoises. Les arts martiaux d’Okinawa ne font pas exception à la règle, eux aussi sont inspirés par la boxe chinoise (Wushu ou Kung-Fu). Au cours des siècles, plusieurs écoles de Tō-de émergent dans différentes villes d’Okinawa. Ainsi, dans la ville de Naha, on pratique le Naha-te, signifiant littéralement “la main de Naha”, alors que dans la ville de Shuri, on pratique le Shuri-te. Les principales différences entre ces deux écoles se trouvent dans les régions, d’où l’influence de la boxe chinoise est tirée. En effet, le Naha-te est davantage inspiré par les arts martiaux du Sud de la Chine, alors que le Shuri-te est proche de ce qui se pratiquait dans les régions du Nord.
Autour du XIXème siècle, le Naha-te et le Shuri-te vont respectivement donner naissance au Shorei-Ryu et au Shorin-Ryu. Enfin, c’est au début du XXème siècle que le Gojuryu, issu du Shorei-Ryu, est fondé par Chojun Miyagi (1888-1953). C’est également lors de cette période que la plupart des styles de Karaté que nous connaissons aujourd’hui voient le jour.
En 1935, Chojun Miyagi est le premier pratiquant de Karaté à être officiellement reconnu comme maître par les pratiquants d’autres disciplines martiales japonaises. Ces disciplines tels que le Kendo, l’Aïkido, le Jiu-Jitsu et le Judo, entre autres, forment : le Budo, la voie du guerrier. La reconnaissance de Chojun Miyagi comme maître, va ainsi permettre au Karaté d’être considéré comme une discipline à part entière du Budo. C’est également en 1935 que les maîtres okinawaïens décident d’employer le terme « Karaté » pour désigner génériquement leur discipline. Cette décision avait alors pour but de favoriser la diffusion du Karaté dans le reste du Japon, mais aussi de se distancier de la dénomination chinoise du Tō-de, à une époque où les tensions sino-japonaises étaient vives. Devenant alors un art martial inscrit dans le Budo japonais, le Karaté est parfois préfixé du terme DO (voie). Dans son nouvel habillage japonais la discipline garde le terme “Té” qui signifie “Main”, puis les noms des villes où elles sont inspirés sont alors unis sous le même terme Kara ”Vide” Pour signifier que la main n’est pas armée.
Le Gojuryu
Après la seconde guerre mondiale, le Karaté commence à se diffuser en dehors du Japon. En Suisse, le premier club de Karaté est ouvert en 1957 à Sion par Bernard Cherix après que ce dernier ait rencontré Henry Plee, précurseur du Karaté en France. Le développement du Karaté en Suisse fait aboutir en 1970 à la création de la Fédération Suisse de Karaté. Cependant, le Karaté Gojuryu n’est toujours pas pratiqué en Suisse. C’est en 1974 qu’il sera introduit par Peter Menz, après que ce dernier fasse la rencontre de maître Kozo Matsuura à Tokyo. Matsuura fera alors de réguliers voyages en Suisse pour aider au développement du Karaté Gojuryu. A Genève, c’est Hugo Cuneo qui introduira le Karaté Gojuryu après avoir rencontré Kozo Matsuura en 1976. En 1981, Hugo Cuneo fonde à Genève l’Association Suisse de Karatédo Gojuryu et contribue fortement à promouvoir le Gojuryu dans la cité de Calvin. En 2013, l’ASKG change cependant d’orientation dans la pratique du Gojuryu en adhérant au Karaté Gojuryu de l’école Kenyukai de maître Masaji Taira. Cette école demeure en effet plus proche des pratiques okinawaïennes du Gojuryu. En 2018, Hugo Cuneo prend sa retraite. Suite à cela, le “Gojuryu Karaté Club” voit le jour, mené par plusieurs anciens élèves de Hugo Cuneo. GKC décide alors de maintenir sa filiation avec l’école Kenkyukai de Masaji Taïra, parvenant ainsi à sauvegarder la pratique et l’esprit du Gojuryu à Genève.