Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07114.jsonl.gz/408

Notes
Note
1.
L’histoire de Saint-Maurice commence vers 380 avec l’exhumation des ossements des soldats de la Légion Thébaine
par Saint-Théodule et l’inhumation de ces martyrs au pied d’une falaise, au lieu-dit du Martolet à Saint-Maurice en Valais. Maurice commandait une légion venant d’Egypte, appelée à renforcer l’armée
de Maximien pour une expédition en Gaule. Les soldats de cette légion étaient chrétiens coptes. Après avoir franchi les Alpes ils désobéirent à un ordre de l’empereur qu’ils jugèrent
contraire à leur foi. Ils furent alors exécutés (parmi eux Maurice, Candide et Victor). Leurs sépultures deviennent un lieu de pèlerinage majeur, sur lequel veillent, sans interruption depuis 515, des moines. L’abbaye
de Saint-Maurice est fondée au printemps 515 par Sigismond, le futur roi des Burgondes, qui réside alors principalement à Genève. L’établissement qu’il fait bâtir en Valais est inauguré le 22 septembre
de la même année. L’église du monastère est reconstruite en 1627, à l’exception de son clocher roman. Le nouvel édifice a dû être déplacé pour le mettre à l’abri des
chutes de pierres. En 480, Gondebaud (mort en 516) devient roi des Burgondes. Il associera à cette charge, dans sa « villa » de Carouge, son fils Sigismond, le fondateur de l’abbaye de Saint-Maurice (après avoir écarté
et exécuté son frère Gondegisel et mené des guerres contre les Wisigoths et les Ostrogoths). A Genève, il est connu pour avoir rénové le mur antique de la ville. Une princesse de sa famille établit dans
l’actuel quartier des Tranchées, le plus grand des monastères genevois, qu’elle dédie à Saint-Victor, le compagnon de Saint-Maurice.
Note 2. Le terme feu (du latin focus, le foyer) désigne au Moyen
Âge le foyer au sens strict (endroit où brûle le feu) puis plus tard, au sens figuré, le logement familial et finalement la famille elle-même. Très rapidement, il est utilisé comme unité de base pour
l'assiette, le calcul et la perception de l'impôt ; on parle alors de feu fiscal. Pour estimer le nombre d'habitants d'après celui donné
en feux, certains appliquent le coefficient multiplicateur cinq.
Note 3. Jean-François de Savoie, ou Jean de Savoie, est un
ecclésiastique et un prélat savoyard, qui est évêque
de Genève du 17 août 1513 jusqu'à son décès le 7 février 1522. Après la mort de l'évêque Charles
de Seyssel, le 13 avril 1513, le chapitre de la Cathédrale Saint-Pierre de Genève élit Amédée de Gingins pour lui succéder. Le duc Charles
III de Savoie ne l’entend pas de cette oreille et intervient auprès du Pape Léon X pour imposer à ce siège épiscopal un
des siens, Jean de Savoie. Cette mainmise de la maison de Savoie et les ambitions de Charles III de faire de Genève sa capitale provoque une forte
réaction des Genevois qui s'allient par un traité de combourgeoisie avec le canton
de Fribourg et le canton de Berne. Le duc de Savoie assiège en vain la ville en 1519 mais doit finalement se retirer.
Note 4. Jean-Pierre Biord (1719-1785), originaire de Samoëns, est nommé prêtre en 1743. Il est sacré évêque de Genève le 9 juillet 1764 mais réside à Annecy comme tous les évêques depuis la Réforme. Son évêché
est partagé entre le royaume de France pour le Pays de Gex et le royaume de Sardaigne pour la partie savoyarde. Le traité de Turin de 1754 stipule que dans les terres de retour dans le giron savoyard (Carouge et Veyrier entre autres), la pratique
de la religion réformée est encore admise pendant vingt-cinq ans et qu’au bout de ce laps de temps, soir en 1779, la religion catholique sera la seule admise ; Mgr Biord prenant cet article à la lettre va imposer son autorité
en visitant les quelques 410 paroisses de son diocèse et en projetant d’y construire des églises, manifestation de la présence nouvelle du catholicisme (celle de Veyrier sera bâtie en 1774). Un de ses paroissiens, Voltaire, lui créera quelques soucis. Voltaire estime en effet devoir faire preuve auprès de la population locale de son engagement religieux, en simulant un acte de piété catholique
dans l'église de Ferney. En 1768, puis en 1769, il célèbre un simulacre de cérémonie de Pâques en l'église paroissiale de Ferney, au grand scandale des paroissiens ! Voltaire, qui signait certains de ses ouvrages
de l'expression « Écrasons l'Infâme », était coutumier de propos injurieux à l'égard de la hiérarchie de l'Église. De Monseigneur Biord qui lui reprochait le simulacre de Ferney, il écrit
à Madame Denis : « Il faut que le savoyard ne soit fait que pour ramoner les cheminées puisqu'il a eu la bêtise d'écrire ».
Note 5. Etienne Marillet (1804-1889) suit les cours du Collège Saint-Michel à Fribourg, fait ses études de théologie
dans la même ville entre 1826 et 1830. Prêtre en 1831, il est nommé évêque de Lausanne et Genève en 1846 bien que récusé par le gouvernement cantonal genevois. Il mobilisa le clergé et les fidèles
en faveur des catholiques du Sonderbund et se fit le défenseur des prérogatives de l'Eglise (notamment dans l'instruction publique) contre le gouvernement radical de Fribourg. Il fut arrêté et incarcéré au château
de Chillon puis banni en France.
Note 6. Gaspard Mermillod (1824-1892) Issu d’une famille carougeoise, il fut ordonné
prêtre en 1847. Après avoir été nommé, en pleine guerre du Sonderbund, curé de la seule paroisse catholique de Genève (église Saint-Germain),
il est au centre d'une polémique entre le Saint-Siège et les autorités fédérales suisses concernant la restauration d'un évêché
catholique dans la cité de Calvin. Quand le Grand Conseil genevois autorise la construction d’une église à Cornavin (la première église catholique construite au sein des murs de l’ancienne cité), il
parcourt l’Europe entière en quête de fonds destiné à financer le nouvel édifice. En 1873, pendant le Kulturkampf, il sera expulsé de Suisse et
s'installera en France voisine. Mgr Mermillod est nommé cardinal
par Léon XIII en 1890, devenant ainsi le second cardinal suisse, trois siècles après Matthieu
Schiner. À cette occasion, une brasserie de Fribourg donne à ses bières le nom de « Cardinal ».
© Jean-Denys Duriaux - La Mémoire de
Veyrier, décembre 2020.