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Le 21 avril, le Conseil fédéral a, à la surprise générale, présenté pour la première fois un modèle sur la manière dont notre pays devrait revenir à la normale. Les perspectives pour l'hôtellerie-restauration sont extrêmement sombres: l'intérieur des restaurants ne pourra pas ouvrir avant la fin du mois de mai au plus tôt, mais peut-être pas avant la fin du mois de juillet. Cette situation est dramatique et désavantage clairement la branche: alors que d'autres branches connaissent un assouplissement plus rapide, voire aucune restriction, les restaurants ne seront autorisés à ouvrir entièrement que lorsque la situation épidémiologique sera très bonne. Une fois de plus, l'évaluation de la situation du Conseil fédéral semble ignorer complètement les aspects sociaux et économiques.
"Nous sommes extrêmement déçus"
Le Conseil fédéral a défini trois phases jusqu'à ce que tous les adultes désireux de se faire vacciner l'aient été, et que les mesures de protection contre le COVID-19 puissent être largement levées. Lors de sa conférence de presse du 21 avril, le Conseil fédéral a annoncé que de nouveaux assouplissements ne sont pas attendus avant la fin du mois de mai. D'autres assouplissements pourraient alors suivre en juillet, par exemple dans le secteur des sports et des loisirs. "Nous sommes extrêmement déçus", a réagi Casimir Platzer, président de GastroSuisse. "Que les espaces intérieurs doivent rester fermés est incompréhensible." Une fois de plus, le Conseil fédéral semble ignorer complètement les aspects sociaux et économiques dans son évaluation de la situation, et ce malgré le fait qu'une étude récemment publiée par GastroSuisse montre que le Conseil fédéral doit adapter et élargir les valeurs de référence relatives au coronavirus. Il faut élaborer des indicateurs et des valeurs indicatives qui prennent également en compte les aspects économiques et sociaux en ce qui concerne les mesures ordonnées jusqu'à présent.
"La situation actuelle dans les services de soins intensifs ne justifie plus un confinement de la branche. Au contraire: le système de santé n'est pas submergé. Toujours plus de personnes sont vaccinées. Le préjudice économique tout comme les atteintes à la santé des personnes touchées par la fermeture prédominent nettement", explique Casimir Platzer. La crise continue d'être réglée sur le dos de l'hôtellerie-restauration. Il est également de plus en plus improbable qu'une fermeture de la restauration prolongée au-delà du mois de mai soit encore soutenue par les entreprises et la population.
Interdiction de travailler jusqu'à fin juillet?
Dans son communiqué de presse, le Conseil fédéral annonce qu'un nouvel examen de la situation sera effectué à la mi-mai, mais qu'il n'envisageait pas de rouvrir les zones intérieures des restaurants avant que la situation épidémiologique soit très bonne.
Pour Casimir Platzer, "le plan du Conseil fédéral est tout sauf une perspective". L'hôtellerie-restauration pourrait éventuellement devoir faire face à une nouvelle interdiction de travailler jusqu'à fin juillet, voire au-delà. "C'est une décision dramatique et arbitraire", s'alarme Casimir Platzer. Certes, depuis cette semaine, les terrasses peuvent à nouveau accueillir des clients, mais cela n'aide qu'une partie de notre branche", estime le président de GastroSuisse. A cela s'ajoute le fait que les prescriptions sont inénarrables.
"L'obligation du port du masque sur les terrasses est à la fois peu claire et réglementée de manière inexplicable", critique Casimir Platzer. De même, les règlements concernant les réunions dans les hôtels ou les restaurants sont très éloignés de la pratique. En effet, les entreprises ne sont pas autorisées à servir les clients, mais les traiteurs externes le sont. "C'est une blague ", s'est exclamé Casimir Platzer. GastroSuisse exige de la Confédération qu'elle soit plus claire à ce sujet.
Le Conseil fédéral procédera à une évaluation de la situation le 12 mai et, le cas échéant, enverra une stratégie d'assouplissement en consultation. GastroSuisse continue d'exiger la levée immédiate de la fermeture de la branche, et espère que le Conseil fédéral tiendra compte de tous les aspects lors de ses prochaines décisions. La fédération de branche n'est pas la seule dans ce cas. L'Union suisse des arts et métiers demande également une réouverture complète de la société et de l'économie, dès maintenant.