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LE FONDS DU DOYEN MOREL
Société, culture et vie privée
Science sans conscience
Issu d'un milieu fortement imprégné par l'idéologie des Lumières, Charles-Ferdinand Morel est convaincu des bienfaits du progrès.
Féru d'agronomie, au même titre d'ailleurs que son père Charles-Henri ou son beau-père Jonas de Gélieu, il ne s'en tient pas à la théorie ; il innove et expérimente dans le domaine agricole familial où il s'essaie, notamment, à l'élevage du mouton mérinos.
Couronné par plusieurs sociétés scientifiques, l'auteur de mémoires sur l'agriculture, l'industrie et le commerce se fait historien du Jura avec son Abrégé de l'histoire et de la statistique du ci-devant Evêché de Bâle, publié en 1813.
Le pasteur ne s'efface cependant jamais derrière le scientifique. Si le progrès est essentiel à l'élévation de l'âme humaine et doit par conséquent être encouragé par la religion, l'inverse est tout aussi indiscutable. La croissance économique que le doyen cherche à stimuler sera nécessairement fondée sur une moralité irréprochable.
Charles-Ferdinand Morel n'oublie pas ses ouailles. Lorsque le régime français abolit les cultes, de 1798 à 1800, il s'attache à maintenir la vie intérieure de l'Eglise, prêchant dans les paroisses voisines abandonnées par ses confrères. Il prend ensuite une part active à sa réorganisation, devenant président de l'Eglise consistoriale de Corgémont, puis doyen des pasteurs de la classe du Jura de 1824 à 1840 et de 1846 à 1848.