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Bruxelles - Les scientifiques ont dressé mardi à Bruxelles un tableau pessimiste de l'état des ressources en poisson dans les eaux européennes. Ils ont préconisé dans de nombreux cas une réduction des quantités pêchées.
En Méditerranée, seuls 9% des stocks étudiés sont pêchés de manière raisonnable, 68% sont surexploités et 23% sont exploités au maximum de leurs capacités, a précisé Henri Farrugio, président du comité de conseil scientifique de la commission générale des pêches pour la Méditerranée (GFCM).
En conséquence, pour la Méditerranée, les scientifiques ne proposent au mieux qu'un maintien du statu quo, et dans la plupart des cas des réductions de la pêche.
Dans les eaux européennes de l'Atlantique, de la mer du Nord et de la mer Baltique, "deux tiers des stocks de poisson connaissent une mortalité trop forte", et une majorité sont surexploités, a estimé Michael Sissenwine (Conseil international pour l'exploration de la mer) au cours d'un séminaire.
Pêchés trop jeunesUne autre source d'inquiétude pour les scientifiques est le fait que de nombreux poissons de fond pêchés en Méditerranée n'atteignent jamais l'âge adulte, car ils sont traditionnellement pêchés à l'état juvénile sans avoir eu le temps de se reproduire, a souligné M. Farrugio.
D'où l'intérêt de créer des zones de refuge où la pêche est restreinte, dans les canyons sous-marins situés en contrebas du plateau continental, comme cela a été le cas dans le Golfe du Lion.
En mer Celtique, à l'ouest de l'Ecosse, les scientifiques restent inquiets pour la survie des cabillauds et recommandent de n'en pêcher aucun, a indiqué M. Sissenwine.
"Les avis scientifiques doivent être à la base de toute prise de décision", a estimé la commissaire européenne à la Pêche, Maria Damanaki, dont les services doivent proposer prochainement les quotas de captures maximum autorisés des différents stocks de poissons des eaux européennes pour 2011.
ATS