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De 2002 à 2008 dans trois hôpitaux de la province de Tarragone (Espagne), une étude de cohorte, comprenant 590 patients âgés de plus de 65 ans (âge moyen de 77,4 ans, 63% d’hommes), s’est intéressée à comparer la capacité de trois scores à prédire la mortalité à court terme (< 30 jours) de patients avec un diagnostic clinique et radiologique de pneumonie acquise en communauté (PAC). Parmi ces scores qui ont été développés et validés pour la population générale, deux sont communément utilisés : le score de Fine (Pneumonia Severity Index) qui combine vingt variables anamnestiques, cliniques et paracliniques, et le score CURB-65 qui comprend cinq variables (état confusionnel, urée > 7 mmol/l, fréquence respiratoire > 30/min, TA diastolique < 60 mmHg ou systolique < 90 mmHg). Un score simplifié, le CRB-65 (comme le CURB-65 sans la variable « urée »), a été développé afin de mieux correspondre à la pratique ambulatoire car il n’utilise pas de paramètre de laboratoire. Les auteurs de l’étude concluent que ces trois scores permettent une bonne évaluation du risque de mortalité à court terme des patients de plus de 65 ans souffrant d’une PAC. Le score CRB-65 semble être légèrement inférieur au score de Fine pour l’évaluation de ce risque de mortalité, sans toutefois présenter de différences statistiquement significatives (aires sous la courbe ROC respectivement de 0,719 vs 0,727 ; p = 0,761). Les auteurs recommandent ainsi d’adresser à l’hôpital pour évaluation tout patient âgé de 65 ans et plus chez qui une PAC est suspectée et qui présente un score CRB-65 ≥ 2 points, en raison d’un risque de mortalité augmenté (dans l’étude, taux de mortalité à court terme passant de 6,6% à 26,1% lors de l’augmentation du score de 1 à 2 points).
Commentaire : Le score clinique CRB-65 semble être un outil intéressant et simple d’usage pour le praticien dans son évaluation en ambulatoire du degré de sévérité d’une PAC chez la personne âgée. Comme le soulèvent les auteurs de l’étude, un tel score ne peut à lui seul déterminer la nécessité d’adresser ou non un patient à l’hôpital, car il faut prendre en considération les comorbidités, les traitements en cours, les conditions sociales ainsi que le souhait du patient, de même que les possibilités de monitoring au domicile. L’usage d’un score est intéressant mais le jugement clinique du praticien reste le plus important. Il paraît par ailleurs assez évident de ne pas laisser un patient à domicile avec de tels critères de gravité… Les médecins font donc souvent assez juste, avec… ou sans score !