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« Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes? » Ces mots d’une pièce classique ne sont ici qu’une lointaine métaphore. Les serpents de ce jour sont le plus souvent silencieux, et invisible d’en bas.
Eux sont en haut. Nous ne les entendons ni ne les voyons. Ils ondulent, s’enroulent, montent et descendent au gré des turbulences. La vidéo en fin de billet montre ce ballet incessant dans l’atmosphère sur une durée de quelques mois en 2017.
À partir de 00’30’’ on voit de mieux en mieux l’effet des ouragans, soit la dissipation des poussières et des fumées. Les principaux d’entre eux sont indiqués. Bien que moins étendus que les dépressions classiques on voit toute la puissance concentrée de ces points brillants qui tourbillonnent.
Les traces de couleur sont trois aérosols majeurs dont la présence et le mouvement sont détectés par les satellites d’observation de la Terre. La Nasa a utilisé ces données pour les mettre en un modèle informatique visuel. Le résultat est à la fois esthétique et passionnant (image 1, clic pour agrandir, et vidéo du bas).
En bleu clair c’est le sel. Les embruns océaniques sont projetés en altitude par la puissance des ouragans et des grandes dépressions.
En blanc ce sont les fumées d’incendies comme ceux de Californie ou du Canada. Leur dérive s’étend parfois jusqu’en Europe.
En brun on trouve les poussières, principalement celles du Sahara et du Moyen-Orient, poussées par les alizés. Les aérosols circulent dans la moitié inférieure de la troposphère – la couche basse de l’atmosphère.
Dépressions et ouragans captent les poussières et les suies et les renvoient vers le sol par les pluies et les vents descendants. Ils contribuent au nettoyage permanent de notre air ambiant.
Évolution des côtes
L’image fixe (image 1) est légèrement différente de la vidéo ci-dessous. Quatre couleurs sont utilisées. La poussière est en rouge-brun, le sel en bleu plus clair, les fumées des grands incendies en vert et les particules volcaniques et les émissions de combustibles fossiles en blanc.
Au sujet du réchauffement et de la montée des eaux, le magazine National Geographic a mis en ligne une simulation (image 2) de ce que seraient les côtes des continents si les eaux de la planète montaient de 65 mètres. Cette élévation correspondrait à la fonte totale des glaces de surface (inlandsis et glaciers).
Selon le magazine une telle élévation pourrait se produire en 5’000 ans. On constate que, selon cette hypothèse mise au conditionnel, les pays du nord et de la Baltique perdraient d’importantes surfaces de terre. De grandes villes côtières seraient sous l’eau.
Cela s’est déjà produit et nous avons une illustration des variations naturelles de la Terre et du climat. En effet j’ai comparé cette projection avec des documents géologiques et historiques sur la région de la Vendée, où les alluvions et l’action humaine ont fait gagner des milliers de km2 sur la mer au fil du temps.
Les exemples de la Vendée et de la Charente Maritime illustrent l’évolution des paysages selon les variations cycliques du climat.
Le Golfe des Pictons, dont il ne reste aujourd’hui que la Baie de l’Aiguillon, est situé à l’embouchure de la Sèvre niortaise. Aux temps romains il était nommé Lacus Duorum Corvorum. Le lac aux deux corbeaux. L’image 3 montre la région, qui deviendra le marais poitevin. Il y a six milliers d’années environ la mer allait presque jusqu’à Niort. Marans et Grues sont des îles isolées.
L’image 4 montre l’atterrissement (le comblement) du Golfe par des sédiments de rivières. C’est l’avancée naturelle (par des alluvions) et forcée (par des digues et du drainage) des terres, jusqu’à la tristement célèbre Faute-sur Mer, victime de la tempête Xinthia.
Une carte ancienne (image 5) montre que la ville de Muro (aujourd’hui Muron) était en bord de mer. Actuellement elle se situe loin à l’intérieur des terres (image Google 6).
Ces documents montrent la variabilité naturelle du climat et des délimitations des terres selon la hauteur des océans, la période chaude ou fraîche, l’érosion naturelle, l’action humaine sur son environnement.
Durant notre ère interglaciaire, l’holocène, les températures telles que reconstituées ont été évaluées comme plus chaudes qu’aujourd’hui à plusieurs reprises sur plusieurs siècles.
Il y aura, sans surprise, d’autres variations climatiques et topographiques, en attendant la prochaine glaciation qui bouleversera les statuts quo sociétaux et environnementaux bien plus radicalement que l’actuelle variation haussière des températures moyennes.