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Désordre du discours
d'après "L'Ordre du discours" de Michel Foucault Avec sa leçon inaugurale au Collège de France, en 1970, Michel Foucault expose un discours sur le discours: comment la société contrôle le discours, comment en organise-t-elle l’accès?
Dans un amphithéâtre d’université, Fanny de Chaillé fait des mots du philosophe une partition gestuelle et vocale pour l’acteur Guillaume Bailliart.
Foucault déroge alors aux règles de la leçon inaugurale: plutôt que de faire étal de son savoir, il partage sa peur de dire, au moment où sa parole devient celle d’une grande institution. Qu’est-ce qui autorise ce qu’il énonce? Comment le discours échappe-t-il à celui qui l’énonce pour être délimité, conduit, ordonné par la société?
Car la société organise toute sorte de limitations pour l’encadrer: la distinction entre le vrai et le faux, entre la raison et la folie, l’inscription dans une discipline académique, les modes d’accès et d’exclusion au savoir... Ainsi montre-t-il combien dire est une activité qui recèle des pouvoirs et des dangers, le lieu de luttes, de victoires, de blessures, de dominations, de servitudes… De cette première leçon célèbre, il ne reste aucun enregistrement, seulement une réécriture a posteriori.
Fanny de Chaillé explore le vide de cette oralité manquante, cette vie inscrite derrière l’archive si chère à "l’archéologue du savoir" qu’était Foucault. Elle désordonne le discours pour en faire, à nouveau, une parole vivante, un événement au présent. Elle donne corps à la pensée en abordant le texte comme une partition: un discours en mouvement, comme Foucault appelait à des idées à partager, qui ouvrent et circulent sans contrainte. Alors revit cette grande jubilation imprégnée d’humilité qui lui appartenait, celle de penser joyeusement, avec plaisir et envie.
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1015 - Lausanne
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