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31/12/2012
L’Association du transport aérien international (IATA) a annoncé une révision à la hausse de ses prévisions pour l’industrie. En 2012, les compagnies aériennes devraient réaliser des profits de 6,7 milliards $ (plutôt que les 4,1 milliards $ prévus en octobre). Ce résultat devrait s’améliorer légèrement en 2013, pour atteindre 8,4 milliards $ (légèrement plus que les 7,5 milliards $ prévus en octobre). Toutefois, la marge nette après impôt de l’industrie demeurera faible, soit 1,0 % en 2012 et 1,3 % en 2013.
L’année 2012 :
Les prévisions améliorées pour 2012 s’appuient sur une forte performance des transporteurs aériens aux deuxième et troisième trimestre. Malgré le prix élevé du carburant et le ralentissement de l’économie mondiale, les profits et les flux de trésorerie des compagnies aériennes sont demeurés à des niveaux semblables à ceux de 2006, au moment où le prix du pétrole était de 45 $ de moins par baril et que la croissance économique mondiale était de 4 %.
Historiquement, lorsque le taux de croissance du PIB descend sous la barre des 2 %, l’industrie aérienne subit des pertes collectives. « Avec une croissance du PIB proche du niveau de stagnation de 2,0 % et un prix du pétrole à 109,50 $, nous nous attendions à des résultats beaucoup plus faibles. Mais les compagnies aériennes se sont adaptées à cet environnement difficile en améliorant leur efficience et en se restructurant. Cela protège les flux de trésorerie contre la faible croissance économique et les prix élevés du pétrole », a déclaré M. Tony Tyler, directeur général et chef de la direction de l’IATA.
L’amélioration des résultats est plus visible chez les grands transporteurs aériens qui ont réalisé en moyenne des bénéfices avant intérêts, impôts et amortissements (BAIIA) de 10 à 15 % des revenus au troisième trimestre de l’année. « C’est une situation contrastée. Les économies d’échelle permettent aux grands transporteurs de mieux s’adapter à l’environnement difficile, alors que les petits et moyens transporteurs, eux, continuent de se débattre », explique M. Tyler. Dans l’ensemble, les résultats ont été favorisés par une forte croissance du trafic passagers (5,3 %) et une augmentation des rendements de 3,0 %. Malgré le ralentissement de l’économie mondiale, le secteur des voyages d’affaires a été favorisé par des échanges internationaux de biens et services plus solides. Cela a contribué à améliorer la situation, en termes de volumes de passagers et de rendements. À l’opposé, les marchés de fret ont subi une contraction de 2,0 % et les rendements du fret aérien sont en baisse de 2,0 % par rapport à 2011. Bien que le commerce mondial soit toujours en expansion, la tendance de croissance économique – concentrée dans les marchés émergents – a favorisé le transport maritime plutôt que le fret aérien.
Résultats régionaux :
Les transporteurs d’Amérique du Nord devraient terminer l’année 2012 avec des profits collectifs nets de 2,4 milliards $. Ce résultat est meilleur que les profits de 1,7 milliard $ enregistrés en 2011, principalement en raison d’une meilleure utilisation des actifs par suite de la récente consolidation de l’industrie. La marge EBIT de 3,4 % est la plus élevée parmi toutes les régions.
Les transporteurs européens devraient être au seuil de rentabilité. Il s’agit d’une baisse de 400 millions $ par rapport aux résultats de 2011, mais d’une augmentation de 1,2 milliard $ par
rapport aux prévisions d’octobre. Cela est largement attribuable aux succès des programmes d’efficience et à une plus forte croissance du trafic qui a entraîné des résultats améliorés au second et au troisième trimestre. Bien qu’il s’agisse du facteur le plus important de l’amélioration des prévisions pour 2012, il faut noter que la position financière des transporteurs du continent est la plus faible. Les marges EBIT devraient être de 0,6 % et les résultats au seuil de rentabilité font que cette région est l’une des deux seules (avec l’Afrique) à ne pas prévoir de profits.
Les transporteurs d’Asie-Pacifique devraient afficher des profits nets de 3,0 milliards $ (700 millions $ de plus que selon les prévisions d’octobre). Cette région est celle qui obtiendra les bénéfices totaux les plus élevés, tandis que la marge EBIT prévue de 2,9 % est la seconde meilleure, derrière celle des transporteurs d’Amérique du Nord. Il est important de souligner que les transporteurs de la région connaîtront la plus importante chute des profits par rapport à 2011, alors que les compagnies aériennes d’Asie-Pacifique enregistraient des bénéfices de 5,4 milliards $. La région est sous pression en raison de la faiblesse des marchés de fret aérien et du ralentissement de la croissance économique de la Chine.
Les transporteurs du Moyen-Orient devraient enregistrer des profits de 800 millions $ (100 millions $ de plus que selon les prévisions d’octobre). Il s’agit d’une légère baisse par rapport aux profits de 1 milliard $ réalisés en 2011 par les transporteurs du Moyen-Orient. Bien que cette région connaisse une forte croissance du trafic long-courrier en transit, ses résultats ont été affaiblis par les événements du printemps arabe et l’instabilité persistante.
Les prévisions pour les transporteurs d’Amérique latine sont inchangées, à 400 millions $. Il s’agit d’une des deux régions, avec l’Amérique du Nord, à connaître une amélioration par rapport à 2011, alors que les profits des transporteurs de la région s’élevaient à 300 millions $. Ce résultat est attribuable en partie à la force du commerce et des économies de la région, et en partie à la consolidation qui a commencé à inverser les pertes observées au Brésil.
Les transporteurs d’Afrique devraient terminer l’année au seuil de rentabilité – une prévision inchangée par rapport aux prévisions précédentes et un résultat égal à celui de 2011. Tandis que l’économie du continent est en rapide expansion, ses transporteurs aériens souffrent d’une forte concurrence sur les routes long-courriers, de structures onéreuses et d’un régime réglementaire qui nuit au développement de liaisons à l’intérieur de l’Afrique.
Prévisions pour 2013 :
Les résultats prévus pour 2013 sont en bonne partie inchangés par rapport à 2012. Les profits nets devraient s’élever à 8,4 milliards $, procurant à l’industrie une marge bénéficiaire nette de 1,3 %. Il est bien que nous allions dans la bonne direction, mais l’année qui vient s’annonce encore difficile pour l’industrie.
Secteur passagers : la demande dans le secteur passagers devrait augmenter de 4,5 % en 2013 (moins que la prévision de 5,3 % pour 2012). Les rendements devraient diminuer de 0,2 % en réaction au prix moins élevé du carburant.
Fret aérien : la demande dans le secteur du fret aérien devrait augmenter de 1,4 % (pas suffisamment pour compenser le déclin de 2,0 % en 2012). Le décalage entre les taux de croissance de la demande des secteurs passagers et de fret aérien tend à causer un excès de capacité du fret et une baisse de 1,5 % des rendements.
Carburant :
Les prix du pétrole devraient diminuer légèrement à 104 $ par baril (5,50 $ par baril de moins qu’en 2012). Toutefois, la prime payée pour le raffinage du carburéacteur entraînera une légère baisse du carburéacteur qui s’établira à 124,30 $ par baril (en baisse de 5,20 $ par baril par rapport à 2012).
Photos : 1 B747-400 Thaï Aiways @ TK 2 A319 Brussels Airlines 3 B737-800NG Air Algérie 4 A319 easyJet @ Pascal Kümmerling