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Les recherches en neuromarketing montrent à quel point la manière de communiquer un chiffre peut influencer un comportement... ou pas ! Trop souvent les informations sont données aux habitants à l'échelle de l'ensemble de la population plutôt que de leur point de vue d'habitant.
"Au moins 1 Genevois sur 45 est contagieux au COVID" est la même information que "l'incidence est de 2200 pour 100'000 habitants sur 14 jours", mais l'une permet d'appréhender la réalité d'un habitant dans la rue ou un centre commercial et l'autre décrit une pandémie à l'échelle d'une population.
La manière dont on communique un chiffre peut influencer ou pas un comportement. Durant mes recherches sur le neuromarketing, j'ai découvert que la promotion "10% gratuit" générait beaucoup moins de décisions d'achat que "1 paquet gratuits" sur un pack de 20. Une découverte contre intuitive car la seconde promotion est deux fois moins intéressante pour l'acheteur. Elle est toutefois plus facilement visualisable et donc plus rapidement compréhensible par le cerveau reptilien alors que la première promotion nécessite l'utilisation du néocortex pour comprendre le pourcentage. Notre cerveau peut visualiser un paquet gratuit, mais pas 10%.
Au cours de cette pandémie COVID on observe également que les données épidémiologiques qui sont communiquées permettent d'appréhender les enjeux à l'échelle d'une population tels que doivent le faire les épidémiologistes, mais rarement à l'échelle des habitants qui sont pourtant les seuls à pouvoir modifier leurs comportements.
Une incidence de 2200 cas pour 100'000 habitants sur 14 jours peut sans doute inquiéter, mais ne permet pas aux Genevois d'appréhender la réalité de l'épidémie dans LEUR quotidien. Au moins 1 Genevois sur 45 qui est contagieux leur permet de comprendre qu'à chaque fois qu'ils croisent 45 personnes, il est probable qu'au moins l'une d'entre elle soit contagieuse - et sans doute deux si l'on considère que seulement la moitié des personnes contaminées sont testées. Chacun sera plus enclin à limiter le nombre de contacts en prenant connaissance de la proportion de personnes contagieuses dans son entourage plutôt que de l'incidence pour 100'000 habitants.
De la même manière un R à 1,5 ça n'a pas l'air terrible effectivement, mais est sans doute encore trop conceptuel pour permettre aux habitants non spécialistes d'appréhender la réalité de la diffusion exponentielle de l'épidémie. En revanche savoir que 10 personnes contaminées en ont infecté en moyenne 15 supplémentaires en seulement une semaine permet de mesurer la rapidité de la propagation épidémique.
Si à Genève 1 personne sur 45 est contagieuse, c'est une personne sur 96 en Haute-Savoie, une personne sur 84 en moyenne en Suisse et une personne sur 111 en moyenne en France. La proportion est d'une personne sur 5 dans un centre de dépistage en France et d'une sur 3 dans un centre de dépistage en Suisse.
Prenons soin de nous pour prendre soin les uns des autres par delà la frontière - le virus, lui, n'a pas de passeport.