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Spinoza est généralement considéré comme un penseur de la tolérance parce qu ‘il a fermement défendu la liberté dépenser dans le Traité théologico-politique. Un commentateur récent (F. Mignini) a. inversement soutenu que Spinoza se situait plutôt «au-delà de la tolérance». Pour réexaminer cette question, l’étude se propose de comparer les positions de Louis Meyer et de Spinoza sur la question des passions religieuses et sur la lecture de l’Écriture sainte. A la lecture frileuse d’un Meyer qui, confondant sens et vérité dans le cas de l’Ecriture sainte, interdit toute interprétation scripturaire éloignée de la vérité de la science de la nature, on peut opposer la générosité herméneutique de Spinoza. Non seulement ce dernier admet une pluralité de sens recevables, à condition qu’ils facilitent la pratique de lajustice et de la charité, mais il montre comment les générations successives de lecteurs s’adaptent à un texte lui-même adapté à la compréhension du plus grand nombre. Cela permet enfin de distinguer des niveaux et des lieux de pertinence de la tolérance.