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vers 1925
Autres vues aériennes de Orny
Orny faisait partie, au moyen âge, de la baronnie de La Sarraz. Lors du partage de celle-ci, entre les fils de Joseph de Gingins, en 1623, Orny échut à Jean François de Gingins. Cette seigneurie passa à ses descendants, et ce fut son arrière-petit-fils, Victor de Gingins, qui fit reconstruire, dans la première moitié du XVIIIe siècle, la maison seigneuriale qui existe encore aujourd'hui.
Le fils de Victor de Gingins, Rodolphe Philippe, légua la seigneurie d'Orny à son cousin Wolfgang Charles de Gingins, seigneur de Chevilly, Orny et Moiry. Celui-ci, après avoir servi en France, fit brillante carrière dans la République de Berne. Il fut nommé, en 1795, Trésorier du Pays de Vaud. C'est le seul vaudois qui soit parvenu à cette haute fonction.
Ce grand personnage quitta le château d'Orny, après la révolution vaudoise, et se retira à Berne. Son fils Antoine Charles de Gingins prit part, en 1802, à la tentative contre-révolutionnaire connue dans l'histoire sous le nom d'affaire d'Orbe. Il mourut en 1823, et la branche des Gingins d'Orny s'éteignit avec lui.
La première maison seigneuriale avait été, comme à Eclépens, l'ancienne cure, désaffectée après la Réforme, et cédée aux barons de La Sarraz par les Bernois. Victor de Gingins la transforma en une belle grande demeure alignant en façade, du côté de l'entrée, sur deux étages, ses dix-sept croisées. Rien n'affecte moins des airs de château. C'est une vraie maison de campagne, très proche parente de celles des riches villageois du pays. Mais celle-ci s'est retirée en son jardin, un peu à l'écart de la route, pour grandir plus librement, sans trop éveiller l'attention. Son propriétaire l'a dotée cependant d'un perron et d'un porche à colonnes classiques. Puis il a marqué aussi sa qualité de seigneur du lieu en ajoutant un fronton armorié. C'est tout! Mais comme ce porche et ce fronton réussissent à dominer toute la façade, à l'animer encore du reflet de la vie dont s'emplissait, il y a quelque deux cents ans, la maison neuve.
Ceux qui savent lire les armoiries reconnaîtront, dans le fronton, celles de Victor de Gingins et de sa femme née d'Asperlin. Mais qui pourra se figurer qu'un beau jardin à la française déployait ses parterres, devant la façade, et s'étendait jusqu'au ruisseau du Nozon..? Une allée de marronniers, une petite fontaine adossée à un mur, oubliée dans une cour, ne suffisent plus à faire revivre un passé que la nature et l'homme semblent avoir éprouvé un égal besoin d'effacer.
Le château d'Orny fut vendu, au commencement du siècle dernier, à la famille du Pasquier, de Neuchâtel; puis il passa à la famille Michaud, d'Orny. Acquis, enfin par l'Etat, il offrit vers 1925 asile à des vieillards infirmes.
Bibliographie