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Prix du Collège de médecine de premier recours
Les recherches du Dr Patrick Bodenmann, MER1 à la FBM, de la Dre Lili Herzig, chargée de cours à la FBM et du Prof. Thomas Bischoff, professeur titulaire à la FBM et directeur de l'Institut universitaire de médecine de famille (IUMF) sur la précarité au cabinet médical ont été récompensées par le Prix CMPR de recherche en médecine de premier recours.
Leurs recherches en quelques mots
Renoncement aux soins pour des raisons économiques: comment appréhender cette réalité en médecine de famille et ... y faire face?
Le système de santé suisse est performant, coûteux, et s'est doté d'une assurance maladie obligatoire universelle. En parallèle, des chiffres récents font état de 580'000 personnes en Suisse dont le revenu est inférieur au seuil de pauvreté, et de quelques 250'000 personnes tributaires de l'aide sociale. La question que l'on peut se poser dès lors est de savoir ce qu'il en est des patients les plus précaires, et plus spécifiquement d'observer si certains patients renoncent aux soins en Suisse pour des raisons économiques.
Au cours des dernières années, différentes études (enquêtes téléphoniques, enquêtes populationnelles genevoises, entretiens qualitatifs entre Grenoble, Genève et Lausanne) ont fait état de chiffres oscillants entre 10 % et 15 % de personnes qui auraient renoncé aux soins pour des raisons économiques. Aucune de ces études ne s'était faite au cabinet du médecin de famille. Dès 2011, l'équipe de recherche dirigée par le Dr Bodenmann, le Prof. Bischoff et la Dre Lilli Herzig a travaillé avec 47 cabinets de médecins de famille répartis dans toute la Suisse romande. Chacun de ces cabinets a inclus une cinquantaine de patients dans l'étude qui a permis de répondre à trois questions pertinentes pour la pratique clinique:
- Comment est-il possible d'appréhender la précarité au cabinet du médecin de famille?
- Le médecin de famille est-il en mesure d'évaluer la réalité sociale de son patient?
- Comment le médecin de famille peut-il dépister à son cabinet le potentiel renoncement aux soins pour des raisons économiques de ses patients?
Initialement, les chercheurs ont créé un questionnaire à trois dimensions (matérielle, sociale et santé) afin de déterminer une éventuelle précarité des patients au cabinet du médecin de famille. L'étude a démontré que le médecin de famille est en mesure d'évaluer correctement le statut socio-économique de son patient en considérant ces différentes dimensions. Elle a également mis en évidence que parmi les 2'025 patients interrogés, 10,7 % avaient renoncé aux soins pour des raisons économiques au cours des 12 derniers mois.
Finalement, les chercheurs ont décrit une question suffisamment robuste d'un point de vue scientifique destinée à orienter le médecin de famille quant au risque de renoncement aux soins pour des raisons économiques.
par PMU