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19/10/2012
Eglise russe et tags
En début de semaine, nous avons appris avec consternation par la presse que la Cathédrale de l’Exaltation de la Sainte Croix, que chaque Genevois connaît comme l'église russe, a été barbouillée de peinture.
Si les auteurs de cet acte renouent avec les iconoclastes du XVIe siècle, nous sommes préoccupés que l'on s'en prenne à un monument patrimonial, qui illustre en outre l'esprit d'ouverture et de libéralisme de Genève.
Rappelons ici en effet que, dans les années 1850-60, le gouvernement radical de James Fazy avait donné, sur les terrains des anciennes fortifications de Genève, des parcelles aux différentes communautés religieuses de notre République - à savoir catholique, anglicane, juive et orthodoxe - ainsi qu'aux francs-maçons, pour qu'ils puissent y construire leur lieu de culte. Ce qui fut fait : la Basilique Notre-Dame (à côté de la place de Cornavin), l'église anglicane (rue du Mont-Blanc), le temple maçonnique (aujourd'hui, Eglise du Sacré-Coeur, entre le bvd Georges-Favon et la rue du Général-Dufour), la synagogue (place de la Synagogue) et l'église orthodoxe russe (rue Rodolphe-Toepffer).
Nous sommes à l'évidence absolument en faveur de la liberté d'expression et du droit de s'indigner. Mais, à l'heure actuelle, il y a tout de même d'autres tribunes que la dégradation d'un monument pour faire part de ses messages et revendications. Et il est par ailleurs indigne et malsain de s'en prendre à des objets de culte.