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L'influent parti nord-irlandais DUP a mis en garde mardi le gouvernement de Theresa May contre tout compromis dans les négociations sur le Brexit. De son côté, l'ex-ministre des Affaires étrangères Boris Johnson a tiré à boulets rouges sur la Première Ministre.
Le mouvement nord-irlandais ultra-conservateur est un allié clé du Parti conservateur de Theresa May. Sans lui, il n'a pas la majorité absolue au Parlement.
"Nous ne pouvons pas avoir de frontières douanières en mer d'Irlande ou de frontières réglementaires, car cela nous séparerait du reste du Royaume-Uni", a déclaré la leader du DUP, Arlene Foster, à l'agence Bloomberg. "Cela ne fonctionne pas d'un point de vue constitutionnel ni d'un point de vue économique", a-t-elle estimé.
Blocage: frontière irlandaise
La question de la frontière irlandaise constitue la principale source de blocage dans les négociations entre Londres et Bruxelles sur le Brexit.
L'UE propose la création d'un statut particulier pour la province britannique d'Irlande du Nord, qui resterait alignée sur les réglementations européennes afin de maintenir une circulation sans obstacles avec la République d'Irlande, mais Londres rejette cette idée qui risque d'établir une frontière au sein du Royaume-Uni.
Pour sortir de l'impasse, Theresa May a déclaré mardi qu'une nouvelle proposition serait bientôt soumise à l'UE, qui permettrait de préserver l'intégrité du Royaume-Uni tout en satisfaisant à l'exigence d'une certaine forme de contrôle sur les biens qui entrent en Irlande en provenance de Grande-Bretagne.
Britanniques comme Européens souhaitent trouver une solution permettant d'éviter le retour à une frontière physique entre l'Irlande et l'Irlande du Nord afin de protéger les accords du Vendredi Saint, qui avaient mis fin à trois décennies de violences en Irlande du Nord.
Attaques virulentes de Boris Johnson
Theresa May a également subi les attaques virulentes de l'ex-ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson. Il s'en est de nouveau pris mardi à la stratégie de la Première ministre en matière de Brexit, tout en évitant de l'attaquer personnellement.
Boris Johnson, qui a démissionné en juillet pour protester contre le "plan de Chequers", a de nouveau férocement dénigré cette proposition. Celle-ci prévoit de conserver une relation commerciale étroite avec l'Union européenne en maintenant une réglementation commune.
Détourner l'attention
Soucieuse de détourner l'attention médiatique de son remuant rival, la cheffe du gouvernement avait ouvert le feu la première, s'invitant sur les plateaux de radio et télévision matinaux pour annoncer un changement de la politique migratoire du Royaume-Uni après le Brexit.
A partir de janvier 2021, les immigrés seront autorisés au Royaume-Uni selon leur niveau de qualification et les Européens ne seront plus favorisés, a-t-elle déclaré. Une mesure qui devrait séduire un électorat pour lequel l'immigration avait joué un rôle clé dans leur vote pour le Brexit en juin 2016.
A six mois de l'échéance
A la veille de clore le congrès de son parti qui continue à se déchirer sur le Brexit à six mois de l'échéance, elle l'a une nouvelle fois appelé au rassemblement.
Ces derniers jours, Boris Johnson a exposé dans les médias sa contre-proposition au plan de Chequers: un "super accord de libre-échange", copié sur celui signé entre l'UE et le Canada (CETA).
Une option qui n'apporte pas de solution à la question de la frontière entre la province britannique d'Irlande du Nord et la République d'Irlande, principale pierre d'achoppement dans les négociations avec l'UE, a souligné Downing Street.
Le plan de Chequers n'a pas trouvé grâce non plus aux yeux des dirigeants européens qui ont demandé à Theresa May de revoir sa copie d'ici au prochain conseil européen, les 18 et 19 octobre.
A Birmingham, des membres du gouvernement ont raillé Boris Johnson, qui évolue dans un "monde imaginaire", selon le ministre des Finances Philip Hammond. Les prises de position du trublion des Tories irritent également bon nombre de députés conservateurs.