Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06925.jsonl.gz/70

Avec un recul dépassant les 63% depuis 1985, le crapaud calamite est l’une des espèces d’amphibien manifestant la plus forte régression en Suisse. Il est, de plus, menacé dans la quasi-totalité de son aire de répartition.
Comme de nombreuses espèces pionnières, le crapaud calamite a perdu une grande partie de son habitat primaire. Ce dernier se situait dans les plans d’eau temporaires et superficiels qui se créaient naturellement dans des zones alluviales dynamiques, des marais humides, des zones agricoles non drainées ou des berges lacustres. Des populations ont néanmoins réussi à survivre en colonisant des plans d’eau temporaires anthropiques. L’habitat actuel du calamite est constitué principalement des gravières, des chantiers, des sites d’extraction et des prairies et cultures inondées.
La reproduction a lieu entre avril et septembre dans des grands plans d’eau de faible profondeur. Les mâles émettent le chant puissant qui leur a valu leur nom. En plus des populations distantes les une des autres, des cohortes temporelles se succèdent tout au long de la saison de reproduction, créant ainsi une dynamique particulière.
En 2014, la réalisation du plan d’action en faveur du crapaud calamite a permis de déterminer la répartition de l’espèce dans le canton et d’évaluer l’état des populations. Seules les deux populations du sud du canton, à Bardonnex et à Champ-Grillet sont en dessus du minimum viable estimé pour une population. Elles sont cependant menacées à moyen terme par l’arrêt de l’exploitation des gravières qui les abritent. Les populations du nord du canton et des Teppes sont gravement menacées.
Pour préserver l’espèce dans le canton, nous proposons dans un premier temps de renforcer les populations existantes puis de reconnecter entres elles les populations ainsi stabilisées au sein d’une même zone. Une fois une dynamique rétablie au sein de ces zones, les actions proposées dans un troisième temps visent à les reconnecter entre elles.
Le nombre de plans d’eau disponibles est un facteur limitant et l’augmentation du nombre d’habitats terrestres et aquatiques aide à renforcer une population existante. La difficulté réside dans le maintien des milieux (terrestre et aquatique) au stade pionnier. Des mesures concrètes par site et par zone sont définies et décrites dans ce plan d’action.
La communication avec les gravièristes et les agriculteurs est incontournable pour la sauvegarde de l’espèce. Des fiches et des projets pilotes seront réalisés. Afin de cibler des actions pertinentes et efficientes sur des sites choisis, des études et des suivis sont également proposés.