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Les douleurs latérales ou médiales du coude sont un motif fréquent de consultation en médecine de famille, en rhumatologie, en orthopédie ou en médecine du sport. Elles entraînent fréquemment une incapacité de travail ou une interruption de la pratique sportive. Elles correspondent généralement à une épicondylite latérale ou médiale.
Qu'est-ce que l'épicondylite?
L'épicondylite est une maladie douloureuse du coude. On l'appelle aussi tennis elbow (ou « coude du joueur de tennis »), appellation trompeuse, car la plupart des personnes qui souffrent de ce problème ne jouent pas au tennis. En fait, l'épicondylite est rarement associée à des activités de loisirs.
L'appellation scientifique du tennis elbow, « épicondylite latérale », désigne une inflammation qui survient au voisinage d'une petite saillie osseuse de l'os du bras (humérus), juste au-dessus de l'articulation du coude sur la face externe du bras. Il arrive toutefois que d'autres régions de l'avant-bras et du coude soient douloureuses.
Dans l’épicondylite, les connaissances actuelles parlent en faveur d’une atteinte tendineuse dégénérative et non plus inflammatoire. Ainsi, on préfère désormais le terme de tendinopathie à la place de tendinite.
Epicondylite latérale
L’épicondylite latérale touche de manière égale les hommes et les femmes, généralement entre 35 et 55 ans
Une revue systématique récente a conclu que les facteurs de risque pour développer une épicondylite latérale sont surtout occupationnels et comprennent : le tabagisme actif ou ancien, la frappe au clavier, le fait de jouer du piano, l’utilisation d’outils de plus de 1 kg, la manipulation de charges de plus de 20 kg plus de 10 fois par jour et les mouvements de pronation/supination des poignets avec les coudes en extension pendant plus de 2 h par jour.
L’épicondylite latérale est aussi classiquement liée à la pratique sportive, essentiellement les sports de raquette (tennis) et de lancer (baseball, javelot). Chez les joueurs de tennis, 20-50% des joueurs réguliers développeront une épicondylite latérale dans leur vie, surtout chez les amateurs par rapport aux élites
Traitement et prise en charge
L’objectif du traitement comprend le traitement de la douleur, le maintien de la mobilité, l’amélioration de la force de préhension et de l’endurance, la normalisation de la fonction et la surveillance d’une éventuelle détérioration clinique. L’éducation du patient est ici primordiale concernant les causes et la longueur d’évolution.
Le traitement peut être séparé en trois phases : la phase aiguë se traite par glace, compression, repos et éventuellement AINS ; la phase subaiguë comprend une réadaptation coordonnée, des étirements, éventuellement le port d’une coudière ou une infiltration ; finalement, la phase de retour à l’activité, trop souvent ignorée.
La prise en charge implique aussi des changements d’habitude et l’éviction d’activités aggravantes.
Il existe de nombreuses méthodes de physiothérapie. Les plus utilisées sont les étirements (stretching), les exercices de renforcement excentriques ou concentriques (par exemple, protocole selon Stanish), les massages transverses et les manipulations. Les ondes de choc extracorporelles (ODC) ont pour but de stimuler le processus de guérison tendineux.
Epicondylite médiale
L’épicondylite médiale est moins fréquente que l’épicondylite latérale dans la population générale.
Les facteurs de risque pour cette pathologie comprennent le tabagisme, l’obésité, les mouvements répétitifs du poignet et de flexion/extension fréquente du coude. Les sportifs pratiquant le golf, le tennis (surtout élite), le baseball, le tir à l’arc et l’escalade sont à risque, notamment en raison de la phase d’accélération des muscles fléchisseurs et pronateurs alors que le coude est en extension-valgus.
Le traitement se fait surtout par analogie avec l’épicondylite latérale. Ce dernier consiste dans une première phase en du repos, voire un traitement par AINS. Par la suite, la physiothérapie peut comporter des exercices d’étirement passif ou de renforcement concentrique ou excentrique.
L’épicondylite est une pathologie fréquente, le plus souvent prise en charge par le médecin de famille. La plupart des patients évoluent favorablement avec un traitement conservateur avec leur physiothérapeute si le facteur déclenchant, occupationnel ou sportif peut être trouvé et corrigé.