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À la différence de ce qu’on pensait, une vaste étude a montré qu’un régime pauvre en sucres (glucides), mais riche en graisse permettrait d’améliorer la santé cardiovasculaire de personnes obèses ou en surpoids. Le régime « low carb » se base principalement sur une faible consommation de sucres, mais ne mentionne pas les graisses. Certains médecins et nutritionnistes évitaient de prescrire ce type de régime par peur d’une consommation excessive de graisses et d’un possible effet négatif sur le système cardiovasculaire. Mais cette crainte semble ne plus être fondée scientifiquement. En effet, une grande étude, publiée dans la revue scientifique American Journal of Clinical Nutrition (DOI : 10.1093/ajcn/nqab287) a montré que les personnes obèses ou en surpoids qui ont augmenté l’ingestion de graisses et ont réduit la consommation de sucre raffiné tout en maintenant une consommation régulière de fibres, fruits frais, légumes, noix, haricots et lentilles, présentaient une amélioration des facteurs de risque cardiovasculaire en comparaison avec ceux qui suivaient un régime identique, mais avec une consommation plus faible de graisses et plus élevée de sucres. Cette étude montre à nouveau que le grand problème de l’alimentation moderne industrialisée est le sucre raffiné.
Pas d’effet négatif sur le cholestérol
Selon les résultats ce cette étude, un régime pauvre en glucides, même riche en graisses saturées n’a pas d’effet négatif sur le cholestérol LDL. La restriction glucidique pourrait ainsi réduire le risque de MCV indépendamment du poids corporel.
Si les recommandations diététiques visent dans la plupart du temps à réduire l’apport en graisses saturées, c’est parce que les résultats de nombreux essais cliniques montrent que les graisses saturées augmentaient le cholestérol LDL, ce qui constitue un facteur de risque majeur de maladie cardiovasculaire (MCV). Pour mettre en place un régime alimentaire plus sain, le remplacement des graisses saturées par des graisses insaturées est donc conseillé pour abaisser le cholestérol LDL et réduire de ce fait le risque de mortalité cardiovasculaire.
À l’inverse, lorsque les graisses saturées sont remplacées par des glucides, en particulier de sources transformées, la réduction de la consommation ne diminue pas le risque et peut avoir des effets néfastes, notamment des triglycérides élevés, un faible taux de cholestérol HDL et d’autres facteurs de risque liés à la résistance à l’insuline. C’est pour cette raison que les régimes à faible teneur en glucides, dont la teneur en graisses saturées dépasse de loin les recommandations actuelles, sont devenus populaires pour la gestion du diabète bien que l’on s’inquiète de l’effet des graisses saturées sur l’augmentation du cholestérol LDL et par conséquent le risque de MCV.
L’objectif de cette étude était d’évaluer les facteurs de risque conventionnels des régimes à faible, modérée et forte teneur en glucides, en variant la teneur en graisses saturées de manière à refléter la façon dont ces régimes sont généralement consommés.
Les participants à l’étude étaient âgés de 18 à 65 ans avec un IMC ≥25 kg/m2, à l’exclusion de ceux souffrant de MCV ou de diabète connus. D’autres critères d’admissibilité ont été pris en compte ainsi que des informations sur le sexe, la date de naissance, la race (blanche, noire, asiatique, multiple ou autre) et le groupe ethnique (hispanique ou non hispanique).
Des risques liés à un apport élevé en glucides
Selon les observations, aux États-Unis et en Europe, la consommation de graisses saturées est fortement associée au cholestérol LDL, à la morbidité cardiovasculaire et à la mortalité totale. Cependant, ces résultats d’observation proviennent de populations ayant des apports relativement élevés en glucides. C’est pourquoi des preuves expérimentales étaient nécessaires pour déterminer comment les régimes à faible teneur en glucides et à forte teneur en graisses saturées affectent les facteurs de risque de MCV.
Dans cette étude, les chercheurs ont constaté que la restriction glucidique avait des effets bénéfiques sur les maladies cardiovasculaires, sans qu’il y ait des effets négatifs sur le cholestérol. Le régime pauvre en glucides a également augmenté l’adiponectine, une hormone adipocytaire qui favorise la sensibilité à l’insuline. Les résultats suggèrent qu’une stratégie alimentaire axée sur la restriction des glucides n’augmenterait pas, et pourrait même diminuer, le risque de MCV. Dans la mesure où un régime pauvre en glucides entraîne une perte de poids plus importante, l’ampleur globale de la réduction du risque de MCV pourrait être plus grande que celle suggérée.
Des résultats divergents
Il est vrai que contrairement à ces résultats, certaines méta-analyses d’essais cliniques, mais pas toutes, font état d’un taux de cholestérol LDL plus élevé dans les régimes à faible teneur en glucides. Cette hétérogénéité pourrait cependant être liée à la composition du régime alimentaire, aux caractéristiques des participants, à la durée de l’étude ou à d’autres questions de conception.
Graisses et graisses…
Il est toutefois important de consommer au maximum de « bonnes » graisses ou graisses non saturées comme on les trouve dans l’huile d’olive, l’avocat, les noix, les graines et les poissons. Si possible ces graisses non saturées doivent représenter environ 2 tiers de l’apport en lipides comme c’était le cas dans cette étude. On trouve des graisses saturées par exemple dans la viande rouge, le lait entier ou le beurre.
Références & Sources :
Etude (DOI : 10.1093/ajcn/nqab287), The New York Times (via Globo).
Personnes responsables et impliquées dans l’écriture de ce dossier :
Seheno Harinjato (rédactrice chez Creapharma.ch, responsable des infographies), rédaction Creapharma.ch
Date de dernière mise à jour du dossier :
14.10.2021
Crédits photos :
Creapharma.ch, Adobe Stock, © 2021 Pixabay
Crédit infographie :
Pharmanetis Sàrl (Creapharma.ch)