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Daiji Ozawa d’Invesco considère que le programme d’Abenomics le plus réussi porte sur la gouvernance d’entreprise.
Depuis 2012, une série de mesures et de réformes en matière de gouvernance d’entreprise ont amélioré les normes des entreprises nippones à la traîne vis-à-vis de leurs concurrentes occidentales. Ces améliorations coïncident avec la reprise des dépenses d'investissement restées de longues années en berne à cause d’un environnement déflationniste. Selon Daiji Ozawa, Chief Investment Officer pour les portefeuilles d'actions japonaises de valeur chez Invesco et basé à Tokyo, cette tendance structurelle continuera de soutenir l’innovation, la productivité et les bénéfices des entreprises de grande qualité. Entretien.
Au Japon, nous considérons la gouvernance d'entreprise comme le programme politique le plus réussi d'Abenomics. Les actionnaires ont commencé à s’engager après l'introduction en 2014 du Code de gérance. Mais la gouvernance d'entreprise a réellement progressé à partir de l’entrée en vigueur en 2015 du Code de gouvernance d'entreprise. Ces réformes, qui progressent lentement mais sûrement, améliorent les structures de gouvernance, l’efficacité du capital employé ainsi que la rentabilité des sociétés japonaises.
pour le vote par procuration et le taux de rendement des capitaux propres.»
Sous la pression du gouvernement, les actionnaires et les gestionnaires d'actifs ont établi des règles plus strictes pour le vote par procuration et le taux de rendement des capitaux propres. Ils se sont également engagés dans un dialogue proactif avec les dirigeants des entreprises. Ces derniers ont été sommés d’améliorer la rentabilité et l'efficacité de leurs capitaux en tenant compte des cycles de conversion de trésorerie. Par exemple, les sociétés de premier ordre cotées à la Bourse de Tokyo affichent une rentabilité moyenne des capitaux propres (ROE) d’environ 10%, ce qui correspond au niveau des sociétés européennes. En l’espace d’une année, les sociétés japonaises ont doublé le rythme des rachats d'actions malgré des difficultés à court terme liées aux bénéfices. Les structures des conseils d’administration se sont également améliorées avec une nette augmentation des administrateurs externes indépendants.
La fin de la déflation dans un contexte de pénurie de main-d'œuvre a transformé le paysage économique… et les grandes entreprises classiques n'offrent plus de garanties de succès futurs. Face à ce constat, nous calibrons des sociétés de grande qualité qui peuvent augmenter durablement leur valeur actionnariale.
telles que la marque, la technologie et la fidélité de la clientèle.»
Nous nous intéressons aux entreprises qui contrôlent leurs dépenses d’actifs tangibles et qui sont capables d’augmenter durablement leur cash-flow disponible afin de résister aux cycles économiques. Aussi, nous accordons également une attention particulière aux valeurs immatérielles telles que la marque, la technologie et la fidélité de la clientèle. Ces atouts sont difficiles à créer ou à reproduire et permettent à ces entreprises de maintenir leur avantage concurrentiel.
Par exemple, Square Enix, qui développe des logiciels de jeux vidéo, possède des titres à succès comme Dragon Quest, Final Fantasy et Tomb Raider. L’entreprise profite de l’expansion des plateformes de jeu en ligne et des consoles de jeux sur les smartphones, sur ordinateurs et sur clouds. Trend Micro, un leader dans le domaine de la sécurité informatique, occupe une position dominante tant dans les logiciels grand public que dans les solutions de sécurité réseaux et de clouds pour les entreprises. Enfin, dans un tout autre registre, Ito En est la marque de thé vert qui a inventé dans les années quatre-vingt le thé non sucré et la marque occupe toujours une place de choix dans le marché.