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L'insécurité croît de jour en jour au Sri Lanka, selon un rapport d'expertise. L´Organisation suisse d´aide aux réfugiés souhaite donc qu´une partie des Tamouls résidant en Suisse bénéficient d´une admission provisoire.Ce contenu a été publié le 27 juillet 2000 - 21:18
L'Organisation suisse d'aide aux réfugiés s'inquiète du renvoi au Sri Lanka des réfugiés tamouls résidant en Suisse. A l'origine de ces craintes, des informations selon lesquelles la guerre civile sur l'île s'est intensifiée ces derniers mois entre forces gouvernementales et indépendantistes tamouls.
Les combats ont d'une part repris à une très grande échelle dans le nord et l'est du pays. «Mais la situation a aussi empiré dans la capitale Colombo, où l'insécurité augmente», explique Christian Levrat, porte-parole de l'OSAR, sur la base d'un nouveau rapport d'expertise.
Des milliers de Tamouls ont ainsi été arrêtés en raison de leur appartenance ethnique ou de leur soutien supposé au Mouvement de libération de l'Eelam Tamoul. Or ces difficultés s'additionnent pour les requérants d'asile expulsés du territoire suisse.
En regard des nouvelles mesures anti-immigration prises par le gouvernement sri lankais, ils courent en particulier le danger d'être jugés lors de leur retour au pays. Face à l'aggravation de la situation, l'OSAR demande une admission provisoire pour une partie des 30 000 Tamouls résidant en Suisse.
Ce type de permis, la Confédération helvétique l'accorde pour une durée de douze mois, renouvelable de six mois en six mois, et le retire au moment où elle juge que la situation s'est sensiblement améliorée dans le pays d'origine du requérant d'asile.
L'octroi d'un tel permis suppose que les autorités suisses reconnaissent comme non envisageable le renvoi dans les circonstances décrites. Un pas qu'elles rechignent à franchir: «Selon nos informations, il n'est pas plus dangereux aujourd'hui pour les requérants tamouls de retourner dans leur pays.»
Contactée, la porte-parole de l'Office fédéral des réfugiés (ODR) conteste aussi l'affirmation selon laquelle un nombre toujours plus important de Tamouls ont été expulsés de Suisse depuis le mois de juin: «ils sont au nombre de 13, précise Brigitte Hauser, contre 50 entre le 1er janvier et la fin du mois de mai.»
Du côté de l'OSAR, on insiste. «On peut comprendre que pour des motifs politiques, l'ODR soit restrictif, mais la situation de ces derniers mois au Sri Lanka a atteint un point tel que la Suisse doit repenser sa position», fait remarquer Christian Levrat. Le débat est lancé.
Claudine Chappuis
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