Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07124.jsonl.gz/1316

L’Allaine a longtemps été victime d’apports élevés en particules fines provenant de la place d’armes, des routes et de la zone agricole. Les études menées montrent aujourd’hui que le niveau de colmatage du lit de la rivière a pu être clairement réduit. Si les apports ont progressivement diminué, des efforts restent nécessaires.
Le colmatage de l’Allaine a été évoqué dès les années 1970 en lien avec la mise en service de la place d'armes de Bure. Vu le problème de lessivage des sols, l’armée a investi dans d’importants travaux en vue de limiter ses impacts sur les eaux. D’imposants bassins de décantation des eaux de ruissellement ont été construits et piègent de grandes quantités d’argiles et de limons. Durant cette même période, l’agrandissement des parcelles et certaines pratiques agricoles ont contribué à favoriser l’érosion des sols et le transport d’eaux terreuses vers les rivières. L’évacuation des eaux de routes et des surfaces imperméabilisées, ainsi que les grands chantiers de construction, ont également accentué l’apport de particules fines dans les eaux de surface. En 2002 (voir cartes annexées), le colmatage était ainsi encore bien marqué sur tout le linéaire du cours d’eau, malgré les mesures déjà mises en œuvre par l’armée.
La question des apports en particules fines d’origines diverses dans l’Allaine a régulièrement fait la une des médias jurassiens. Elle a été relancée en 2013 par le postulat no 12.3730 du conseiller national Pierre-Alain Fridez. Une étude a ainsi été menée par l’Université de Neuchâtel de 2016 à 2019, sur mandat conjoint de l’Etat jurassien et d’armasuisse.
Cette étude montre une évolution très positive de la situation en 2018, avec un lit de l’Allaine devenu le plus souvent faiblement voire pas du tout colmaté. Les efforts du monde agricole, dont en particulier la mise en place des bandes herbeuses le long des cours d’eau, sont probablement les éléments les plus déterminants dans l’évolution observée en 15 ans. L’optimisation de la gestion des bassins de décantation sur la Place d’armes et la fin des travaux de l’A16 ont également contribué à cette amélioration.
Bien que le colmatage de l’Allaine ait nettement diminué, différentes actions doivent contribuer à améliorer encore l’état du lit de la rivière. Ces mesures concernent notamment les ouvrages de protection des eaux de la place d’armes de Bure (aménagements futurs, entretien et contrôle des ouvrages) et la zone agricole (mise en place des périmètres réservés aux eaux protégeant encore mieux les rives, sensibilisation et mesures contre l’érosion des sols). L’Etat les suivra dans son rôle habituel de surveillance.