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Les jeux sont presque faits sur les cinq objets en votation ce dimanche. Si les avions de combat et le congé paternité devraient s'imposer sans problème dans les urnes, l'UDC devrait être désavouée. La loi sur la chasse et les déductions fiscales sont sur la sellette.
Avec son initiative pour une immigration modérée, l'UDC tente une nouvelle fois de faire une brèche dans les relations avec l'Union européenne. Le texte entend en finir avec la libre circulation qui met sous pression, selon les initiants, le marché du travail, les services sociaux ou encore les infrastructures.
Le parti conservateur ne devrait toutefois pas renouveler son exploit du 9 février 2014. Le soutien populaire n'a fait que diminuer depuis les premiers sondages. Entre 33% et 35% des Suisses accepteraient l'initiative. Les bénéfices pour la place économique et scientifique, avancés par le camp du "non", ne semblent faire plus mouche auprès des électeurs.
Les entreprises ont besoin de travailleurs étrangers et le commerce est intriquement lié à l'Europe, ont martelé le gouvernement, tous les autres partis, les employeurs et les syndicats. Et d'appeler à éviter un "Brexit suisse".
Enveloppe pour les avions
Les six milliards de francs destinés à l'achat de nouveaux avions de combat devraient en revanche être libérés sans trop de réticence. Les derniers sondages montrent une majorité de votants en faveur de la dépense. Le clivage droite/gauche est marqué, le camp bourgeois étant favorable à la dépense et le camp rose-vert opposé.
La votation porte sur le montant maximal destiné à l'achat des avions de combat qui remplaceront les 26 F-5 Tiger et les 30 F/A-18 de l'armée d'ici 2030. Après l’échec de l’achat des avions Gripen en 2014, le gouvernement a décidé de ne soumettre aux urnes que le cadre général de l'acquisition.
Dix jours pour les pères
Le sort du congé paternité ne devrait pas être une surprise non plus. Selon les derniers sondages, l'introduction de dix jours de congé est soutenue par plus de 60% de la population. Ces jours seraient à prendre dans les six mois suivant la naissance, soit en bloc, soit sous forme de journées isolées.
Le référendum a été lancé contre ce congé par l'UDC, quelques jeunes PLR et PDC. Ils estiment que ce congé est trop coûteux pour les employés et les employeurs. Pour les partisans, le congé actuellement accordé aux pères à la naissance d'un enfant n'est plus en phase avec notre époque. Le père veut être plus présent pour l'enfant et s'impliquer plus activement dans la nouvelle dynamique familiale.
Loup dans le viseur
La loi sur la chasse est quant à elle en eaux troubles. Les résultats risquent d'être très serrés. Si le peuple accepte la révision, les conditions pour abattre le loup seront assouplies. L'actuelle loi date de 1986 et doit être adaptée après le retour du loup sur le territoire.
Les cantons pourront autoriser les tirs avant que les loups n'aient fait des dégâts. Mais ces tirs seront liés à plusieurs conditions préalables.
La nouvelle loi sur la chasse est un "bon compromis" et les conflits pourront être réduits, estiment les partisans. Ce n'est pas l'avis des organisations de protection de l'environnement et des animaux, à l'origine du référendum. Selon elles, la révision anéantit la protection des espèces menacées au lieu de la renforcer.
Aide aux familles
Les déductions fiscales pour enfants et frais de garde pourraient aussi être compromises. La proportion d'opposants a grandi au fil des mois, selon les derniers sondages. Le référendum a été lancé par la gauche.
L'objet comporte deux volets. Le premier concerne les familles qui font garder leurs enfants dans une crèche. Celles-ci pourront déduire 25'000 francs de leur revenu imposable sur leur feuille d'impôt. Le deuxième volet prévoit une augmentation de la déduction générale pour les enfants de 6500 à 10'000 francs sur le revenu imposable.