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L'opposition au projet officiel de contournement autoroutier Ouest de Bienne ne faiblit pas. Entre 3500 et 5000 personnes ont défilé samedi à Bienne pour dénoncer ce tracé qui va défigurer selon elles le centre-ville avec deux jonctions à ciel ouvert.
A l'appel du collectif "Bienne debout", les manifestants ont bruyamment réclamé l'abandon du projet officiel de branche Ouest de l'A5 défendu par le canton de Berne et par la Confédération. La foule était plus dense que la première manifestation il y a une année.
"C'est un succès", a déclaré à Keystone-ATS Sabine Kronenberg, l'une des trois Biennoises à l'origine du mouvement "Bienne debout". "Le monde politique ne peut plus ignorer cette résistance", a-t-elle ajouté. L'inspection de la police biennoise estime à 3500 le nombre de participants. Les organisatrices avancent le chiffre de 4500 à 5000.
Il s'agit de la plus importante manifestation depuis plus de 20 ans à Bienne. Le cortège, qui rassemblait aussi bien des familles que des retraités et des jeunes, a défilé depuis la Place Robert-Walser jusqu'au Palais des Congrès en faisant des haltes pour faire du bruit avec des sifflets, des crécelles, des casseroles ou des instruments de musique.
Sur les pancartes, l'on pouvait notamment lire "Axe ouest, c'est la peste", "Vivre ou détruire", "Autobahn no pasaran" ou "Berne entends-tu ? La manifestation s'est déroulée pacifiquement.
Projet alternatif
Ces opposants au tracé officiel attendent des autorités fédérales et cantonales qu'elles privilégient l'idée alternative développée par le comité "Axe ouest: pas comme ça". Son projet "Axe ouest: mieux comme ça" ne prévoit pas de jonctions à ciel ouvert au centre-ville, mais la construction d'un tunnel longeant le lac et la gare.
Le Conseil-exécutif bernois a réalisé une comparaison technique des deux projets mais a écarté la proposition alternative des opposants. Il estime qu'elle n'a pas le même effet sur la réduction du trafic. Mais pour le collectif "Axe ouest: pas comme ça", le canton doit aussi se pencher sur les répercussions sur la société.
Maintenir la pression
Avec cette manifestation, le collectif citoyen "Bienne debout" veut maintenir la pression sur le canton de Berne et lancer un signal au Conseil municipal de Bienne. Cette association estime que le futur tracé a été validé par les autorités cantonales et fédérales sans l'assentiment de la population.
Pour "Bienne debout", descendre dans la rue pour manifester est le seul moyen de se faire entendre, sachant qu'il n'y a pas de votation sur la construction de ce contournement autoroutier. "Avec cette manifestation, nous avons voulu exprimer notre mécontentement, car nous avons l'impression de ne pas être vraiment écoutés", a souligné Sabine Kronenberg.
La Ville de Bienne n'a pas encore donné sa position sur ce dossier. Le Conseil municipal souhaite auparavant un dialogue réunissant la Confédération, le canton de Berne, les partisans du projet officiel et ceux du projet alternatif. Il estime qu'un soutien régional est absolument indispensable pour un projet de cette envergure.
Préserver des centaines d'arbres
La fronde contre l'axe Ouest du contournement autoroutier ne cesse de prendre de l'ampleur. La contestation, incarnée par le collectif "Axe ouest: pas comme ça", dénonce l'atteinte à l'environnement et au patrimoine bâti. Les opposants au projet veulent empêcher la démolition d'une centaine de maisons et l'abattage de 745 arbres.
L'examen d'un nouveau scénario paraît aujourd'hui très peu probable. Le Conseil-exécutif bernois et les responsables de l’Office fédéral des routes (OFROU) ne sont pas disposés à financer une nouvelle planification qui coûterait des millions et retarderait davantage encore le désengorgement de la ville de Bienne.
L'ouverture des 2,3 km du contournement Ouest n'est pas prévue avant 2035. Les coûts du tracé officiel adopté par l'OFROU sont budgétisés à quelque 2,2 milliards de francs. Presque entièrement souterrain, ce contournement doit délester les quartiers d'habitation du trafic d'agglomération.