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L’asthme allergique, un syndrome fréquent chez les jeunes
Plus qu’une maladie, l’asthme est un syndrome complexe comprenant un ensemble de symptômes d’origines diverses. Le dénominateur commun est une difficulté à respirer (dyspnée), sifflante, aiguë et réversible, qui revient par crises (bronchospasme ou spasme bronchique). Lors d’une crise d’asthme, on ressent à la fois une gêne à la respiration et une sensation d’étouffement aiguë, associée à des sifflements. Cette difficulté respiratoire est réversible, c’est-à-dire qu’elle disparaît totalement à la fin de la crise qui est d’une durée variable et peut se manifester la nuit.
Au centre de la problématique de l’asthme, on trouve une hyperréactivité bronchique et une situation inflammatoire. Manque de chance pour les asthmatiques, leurs bronches réagissent trop à des stimulations extérieures. Ces stimuli peuvent être non spécifiques, comme le froid, l’effort physique, les fumées ou la pollution atmosphérique.
Les allergènes, très fréquemment impliqués dans l’asthme, appartiennent au camp des stimulations spécifiques. Ainsi, les bronches des personnes sujettes à un asthme allergique «hyperréagissent» spécifiquement à tel ou tel allergène.
Embouteillage dans les tuyaux
On peut voir l’asthme allergique comme une maladie de la tuyauterie respiratoire. Dans le rôle des tuyaux, on trouve les bronches dont la mission est de permettre à l’air de circuler dans les poumons. Pendant une crise, provoquée par un allergène, les bronches se contractent par réflexe de défense. Résultat, au moment de l’expiration, l’air a du mal à passer et peine à atteindre la sortie. La cause en est la diminution du calibre des «tuyaux-bronches» et leur obstruction par une surproduction de mucus. Le tout forme un «embouteillage» plus ou moins sévère, mais toujours bruyant: la respiration se fait sifflante.
Fréquent chez les jeunes
Dans les pays occidentaux, l’asthme touche 9% des enfants, ce qui fait de lui la maladie chronique la plus fréquente dans cette population. Les garçons sont plus souvent concernés que les filles. Comme chez l’adulte, l’hyperréactivité des bronches est indissociable de l’asthme infantile. Un certain nombre d’enfants ont hérité d’une prédisposition à faire de l’hyperréactivité bronchique. On sait que 30% d’entre eux développeront plus tard un asthme allergique. D’où l’importance de surveiller un petit enfant qui a tendance à avoir une respiration sifflante pour dépister un éventuel début d’asthme. L’asthme disparaît souvent avec l’âge, comme le prouvent les chiffres: les adultes sont moitié moins nombreux à souffrir de cette affection.
Evolution chez les enfants
Avant l’âge de 12 mois, l’hyperréactivité des bronches est généralement due aux multiples virus respiratoires que les bébés sont amenés à rencontrer. Entre un et quatre ans, l’asthme survient surtout à la faveur d’une infection respiratoire chez les sujets prédisposés à l’hyperréactivité bronchique. Reste que l’exposition répétée à des allergènes respiratoires (poussières d’acariens, pollens ou poils d’animaux) peut favoriser l’apparition, très tôt, d’un asthme allergique chez les individus atopiques.
Vers quatre-cinq ans, les enfants prédisposés qui ont été exposés à des allergènes peuvent déclarer un asthme allergique. En outre, on estime que 40% des enfants avec un eczéma atopique, ayant été sensibilisés à un ou des allergènes respiratoires, vont devenir asthmatiques vers trois ou quatre ans.
Dans un certain nombre de cas, l’asthme disparaît spontanément vers la puberté.
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Extrait de:
J’ai envie de comprendre… Les allergies, de Suzy Soumaille, en collaboration avec Philippe Eigenmann, Ed. Planète Santé, 2013.