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La décision de Paris 2024 et du Comité olympique de ne pas reconduire le karaté aux Jeux fait beaucoup de mal à la discipline. C'est aussi vrai en Suisse, car chez nous, un sport qui n'est plus olympique perd de nombreuses aides.
Les karatekas ont l'habitude d'encaisser les coups, mais il y en a qui font plus mal que d'autres. Celui infligé par les organisateurs des JO de Paris 2024, qui viennent de confirmer la disparition du karaté du programme olympique, laisse athlètes et entraîneurs groggys.
Franco Pisino n'est pas moins affecté par la tournure des évènements. «Je ressens une forme d'injustice, souffle le coach national suisse. Sur quel critère Paris 2024 et le CIO se sont-ils basés pour nous exclure?» Tony Estanguet lui a indirectement répondu par voie de presse: le président du comité d'organisation des prochains JO a déclaré qu'il avait privilégié «des sports (breakdance et skateboard) qui cartonnent sur les réseaux sociaux». Un argument «difficilement recevable» pour M. Pisino. «Le karaté est un sport attractif, pratiqué dans de nombreux pays». 10 millions de personnes feraient vivre la discipline à travers le monde.
Elle est également pratiquée en Suisse, et c'est bien ce qui inquiète Franco Pisino. Il a connu le karaté sans les Jeux et avec. Il sait qu'il n'y a rien de comparable. «À mes débuts en 2001, je devais travailler entre deux entraînements», se remémore cet entraîneur de haut niveau, engagé à hauteur de 80% par la Fédération suisse dès que le karaté a été admis aux JO.
Si tout a changé pour lui et son sport, c'est parce que Swiss Olympic a surclassé le karaté. L'instance range les disciplines dans différentes catégories. Les deux premières regroupent les sports olympiques. Le karaté a longtemps été dans la troisième. Quand il a été admis à Tokyo, il a gravi un échelon et a pu, dès lors, bénéficier d'aides substantielles.
C'est aussi parce qu'elle a été soutenue par Swiss Olympic que la Fédération suisse a pu accompagner Elena Quirici (désignée porte-drapeau de la cérémonie de clôture) jusqu'à Tokyo.
Mais maintenant que le karaté a perdu sa place aux JO, il a aussi perdu les avantages dont bénéficient les sports des deux premiers niveaux reconnus par Swiss Olympic. Concrètement, cela se traduit par plusieurs changements notables, que relève Franco Pisino.