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La quatrième doit être la bonne. Incapable de gagner son premier match dans un tour final du Championnat d'Europe, la Suisse se doit de rectifier le tir samedi.
Tenue en échec par l'Angleterre en 1996 à Wembley (1-1) et par la Croatie en 2004 à Leiria (0-0) et battue 1-0 par la République tchèque en 2008 à Bâle, la Suisse se doit de s'imposer à Lens face à l'Albanie pour briser en quelque sorte le signe indien. Pour, surtout, cueillir les trois points indispensables qui doivent permettre à la sélection de Vladimir Petkovic de prendre son envol dans cet Euro. Un tout autre résultat qu'une victoire face à un tel adversaire serait ressenti comme un véritable camouflet.
Même si l'Albanie de l'enfant de Lausanne Lorik Cana est une équipe qui sait bien défendre - mais les équipes de Ligue 1 ne sont pas les seules au monde à cultiver cette qualité -, la Suisse possède une marge certaine. En 2012 et en 2013, elle n'avait pas vraiment souffert pour s'imposer à deux reprises sur le score de 2-0 face à l'Albanie dans le cadre du tour préliminaire de la Coupe du monde 2014.
L'honnêteté du sélectionneur
Les Albanais ne possèdent pas dans leurs rangs des individualités marquantes comme peuvent l'être un Stephan Lichtsteiner, un Granit Xhaka et, bien sûr, un Xherdan Shaqiri. "Cana serait peut-être le seul joueur albanais qui pourrait être titulaire en équipe de Suisse", lâchait Vladimir Petkovic au lendemain du tirage au sort de cette phase finale. Le sélectionneur a l'honnêteté de reconnaître la disparité des forces en présence samedi à Lens alors que le staff précédent de l'équipe de Suisse jugeait chaque adversaire aussi redoutable que le Brésil 1970. D'où, peut-être, cette relative frilosité dans le jeu.
Vladimir Petkovic est pleinement conscient qu'il jouera très gros pour son baptême du feu dans une phase finale. L'éphémère entraîneur du FC Sion a indiqué depuis longtemps la marche à suivre: battre l'Albanie samedi et la Roumanie mercredi à Paris pour jouer la première place du groupe contre la France le 19 juin à Lille. Vladimir Petkovic a pris le pari que les trois semaines de préparation dont il a bénéficié avant cette rencontre de Lens lui permettraient de redonner un souffle nouveau à une sélection qui avait touché le fond en mars dernier face à l'Eire et à la Bosnie-Herzégovine.
Tous les feux sont au vert
Même si seule la vérité du terrain dira si ce pari a été gagné, il est indéniable que tous les feux sont au vert. Les deux matches amicaux ont révélé une certaine montée en puissance dans l'équipe. A Genève face à la Belgique, la Suisse a réussi de très belles choses avec notamment un Shaqiri retrouvé. Puis à Lugano face à la Moldavie, le premier quart d'heure de la seconde période fut vraiment emballant. Le positionnement de Breel Embolo à la pointe de l'attaque, la vista d'Admir Mehmedi sur le flanc gauche et deux latéraux - Lichtsteiner et Ricardo Rodriguez - qui ont donné leur pleine mesure sur le plan offensif, ont pleinement rassuré Vladimir Petkovic.
On le sait, le sélectionneur tient depuis ce dernier match de préparation son onze de départ. Fabian Schär et Johan Djourou tiendront l'axe de la défense, Blerim Dzemaili sera le troisième homme du milieu et Mehmedi a définitivement gagné sa place après sa seconde période contre la Moldavie. Il assure, enfin, que les quatre joueurs aux racines albanaises de son équipe - Valon Behrami, Xhaka, Dzemaili et Shaqiri - ont le "coffre" pour soutenir la pression particulière qui pourrait peser sur leurs épaules lors de ce "derby". "C'est à nous, les autres joueurs, d'aller vers eux pour les apaiser", avait souligné Johan Djourou lors du premier jour du rassemblement. Le Genevois avait réclamé ce jour-là l'union sacrée. Tout indique qu'elle a été réalisée.
ATS