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Les A. (all. Alte Landschaft) sont les plus anciennes possessions de la ville de Fribourg, son arrière-pays naturel de part et d'autre de la Sarine et de la frontière des langues, sur lequel la communauté urbaine étendit peu à peu sa domination du XIIIe au XVe s. On les appelle ainsi pour la première fois en 1549 pour les différencier des bailliages acquis dans l'intervalle. Autres désignations: "les 24 paroisses", "les dépendances immédiates". Ce dernier terme exprime la soumission directe aux autorités de la ville, sans l'instance intermédiaire d'un bailli. Au spirituel, les A. correspondaient au décanat de Fribourg, constitué après la fondation de la ville. Sur le plan économique également, la ville, centre de marché, et la campagne dépendaient étroitement l'une de l'autre. Contrairement à Berne, Fribourg utilisa peu l'admission de bourgeois forains d'origine paysanne comme instrument de développement territorial. Plus importante fut l'acquisition par des bourgeois de fiefs provenant en particulier des possessions des Thierstein (première liste en 1363). La formation des A. s'achève avec l'achat du fief Thierstein par la ville en 1442, l'incorporation de villages du bailliage d'Hauterive en 1452 et la fixation des limites territoriales avec Berne en 1467.
Les A. englobaient la région sise entre la Singine et le ruisseau de Macconnens, entre Villars-les-Moines et le Tütschbach, ruisseau près de Planfayon. Elles n'obtinrent, jusqu'à leur disparition en 1798, ni statut juridique d'entité organisée ni droit de représentation; elles formèrent ensuite le district de Fribourg. Elles furent rattachées avant 1404 aux trois, puis aux quatre quartiers de la ville et réparties en quatre bannières: celles de l'Auge et du Bourg à l'est de la Sarine, celles de l'Hôpital et de la Neuveville à l'ouest. Les bannerets de la ville ajoutaient aux responsabilités militaires l'exercice des fonctions souveraines. Outre les droits coutumier et féodal, on appliquait aussi le droit de la ville. Dans les paroisses, divisées en circonscriptions électorales (Schrote), existaient des tribunaux ruraux; la haute justice appartenait au seigneur de la ville, puis à la ville elle-même. Sous l'Ancien Régime, le patriciat fit construire dans les A. de nombreuses maisons de campagne. La population appuya le gouvernement patricien jusqu'à sa chute.
Bibliographie
– P. de Zurich, «Les "anciennes terres" de Fribourg», in NEF, 75, 1942, 22-31
– P. Boschung, «Die Alte Landschaft Freiburg», in Beiträge zur Heimatkunde des Sensebezirks, 52, 1982/1983, 253-294
Auteur(e): Ernst Tremp / IB