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"La Conférence de Paris sur le climat est aussi une conférence de paix"
Dans son ouvrage "Climat, 30 questions pour comprendre la Conférence de Paris", Pascal Canfin souligne notamment le lien entre la guerre civile en Syrie, la montée en puissance du groupe Boko Haram au Nigeria et le dérèglement climatique.
Interrogé sur le sujet dans le Journal du Matin, l'ancien ministre français rappelle que la doctrine officielle du Département d'Etat américain fait du changement climatique un multiplicateur de menaces. "Des études universitaires ont montré dans ces deux cas précis, Boko Haram et la Syrie, le lien entre les conséquences du dérèglement climatique et la montée des conflits dans ces régions."
Le dérèglement climatique fait le terreau de conflits
Ainsi, l'émergence de Boko Haram dans le nord du Nigeria est à mettre en rapport avec la diminution en dix ans de 80% de la superficie du lac Tchad, l'une des plus grandes réserves d'eau du continent africain.
Dans une des régions les plus pauvres de la planète, "le modèle agricole est complètement déstabilisé, ce qui entraîne des tensions, des déplacements de populations", contribuant à accélérer la création d'un terreau favorable à l'émergence du groupe islamiste Boko Haram, sans pour autant que le dérèglement climatique soit l'unique responsable de la montée du terrorisme dans la région.
En Syrie, poursuit Pascal Canfin, une sécheresse historique a eu lieu de 2006 à 2009. L'ambassadeur des Nations-Unies sur place, selon un document révélé par Wikileaks, indiquait à l'époque à l'ambassade américaine la possibilité d'une catastrophe politique et humaine de grande ampleur causée par les déplacements de populations à l'intérieur de la Syrie liés au dérèglement climatique.
Le lien entre le dérèglement climatique et les conflits est si évident pour Pascal Canfin que pour lui, "la conférence de Paris est aussi une conférence de paix".
ebz
Publié le 13 mai 2015 à 10:25