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09/09/2016
Vale SA met toujours en danger la santé des Xikrin*
Inlassablement**, le docteur João Paulo Botelho Vieira Filho attire l'attention sur l'état de santé du peuple Xikrin de la Terre Indigène Kateté. Son dernier rapport, publié en juillet, rappelle a quel point la pollution engendrée par l'usine de Onça Puma, exploitée par la multinationale Vale SA***, impacte le quotidien des 1'282 Xikrin habitant les trois villages Kateté, Djudjê-kô et Oodjã.
L'eau du Rio Cateté qu'ils boivent, dans laquelle ils se baignent, préparent les aliments qu'ils consomment, pêchent les poissons qui composent une bonne partie de leur nourriture est polluée. L'air qu'ils respirent est également pollué par les poussières toxiques relâchées dans l'atmosphère. Cette pollution atteint les animaux qu'ils chassent et l'ensemble de la végétation de la région. C'est bien tout l'environnement qui est atteint. Le médecin note quelques mesures déjà prises mais souligne que la pollution persiste. Il en appelle à Vale pour qu'elle y mette un terme. Récemment, à la demande des Xikrin, le vidéaste genevois Aurélien Fontanet a réalisé une vidéo de quelques minutes sur cette pollution. Elle a été mise en ligne sur Youtube au début de ce mois d'août (voir ci-dessous).
Le 9 août, les Xikrin, sous l'égide du Ministère Public Fédéral du Pará ont signé avec Vale un accord de compensation financière en vue d'atténuer les dommages causés aux communautés par l'exploitation minière de Onça Puma. Mais l'origine de la pollution, et les mesures à prendre pour y mettre un terme font encore l'objet d'une controverse.
Une autre préoccupation du docteur Botelho concerne le contenu des repas scolaires - en brésilien, le "Merenda escolar" servis aux enfants et étudiants Xikrin : il le juge inapproprié et préjudiciable à leur santé. Il a observé que les groupes indigènes qui ont abandonné la diète traditionnelle pour la diète industrielle ou "occidentale" présentent un taux élevé d'obésité et de diabète, sources de complications graves. Il recommande l'application de l'art. 12 du décret 6861/2009 qui précise que "L'alimentation scolaire destinée aux écoles indigènes doit respecter les habitudes alimentaires des communautés…" Plus concrètement, il demande que soient notamment bannis des repas scolaires les aliments contenant du sucre cristallisé. Il recommande aux collectivités publiques - municipalités et État du Pará - en charge de fournir les repas, de s'inspirer de pratiques en cours dans plusieurs Terres Indigènes de l'État de São Paulo qui utilisent des aliments issus de cultures traditionnelles des communautés indigènes. Pour le docteur, l'idéal serait que les indiens fournissent les aliments tirés de leurs propres cultures pour les repas scolaires. Produits achetés par les municipalités et gouvernements des États, ce qui aurait l'avantage de renforcer l'économie des villages et contribuerait à réduire la pauvreté.
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* Prononcer "Chikrine".
** Voir sur ce blog, les notes du 23 décembre 2014 et 11 septembre 2015
*** Vale International SA a son siège en Suisse, à Saint-Prex, dans le canton de Vaud.
La vidéo ci-dessous (4'47") est en portugais:
PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".
- Cette note a été publiée dans le dernier "AYA Info" No 111, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2