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La violoncelliste montreusienne Nathalie Manser, 30 ans, sort un magnifique premier album-CD intitulé «Les Anges». «J'ai réalisé ma légende personnelle, elle est encore plus belle que je ne l'imaginais».
A la première écoute, on devine et surtout l'on ressent une grande et belle histoire d'amour. Celle d'un trio composé d'un instrument, le violoncelle, de son interprète Nathalie Manser et d'un ingénieur du son mondialement reconnu, David Richards.
A quatre ans, Nathalie Manser a un coup de cœur pour la couleur orangée d'un violoncelle qu'elle aperçoit lors d'un concert en compagnie de sa mère, une mélomane.
S'enchaînent alors les années de conservatoire à Lausanne, le Prix des jeunesses musicales à Genève, une virtuosité et même la licence de concert (le degré le plus élevé dans l'institution).
Puis, durant dix ans, Nathalie Manser tape aux portes des maisons de disque. Sans succès. Car ses compositions musicales, lui dit-on, ne sont pas assez commerciales.
Mais la jolie violoncelliste aux boucles d'or est une battante. Elle croit à sa «Légende personnelle» (référence au livre-culte «l'Alchimiste» de Paulo Coehlo). Et le miracle s'opère.
Recommandée par une connaissance, Nathalie Manser envoie ses maquettes à David Richards, l'ingénieur du son de Queen et Bowie. L'homme est anglais, mais il habite Montreux, où le Studio d'enregistrement Mountain est devenu sa propriété.
Un jour plus tard, le maître des sons rappelle Nathalie Manser qui n'en croit pas ses yeux. L'homme est tombé amoureux de la musique de la violoncelliste et lui façonne un écrin orchestral et technique à la hauteur de ses plus folles ambitions.
Résultat: un album magnifique. Voluptueux, le violoncelle de Nathalie Manser tantôt caresse, tantôt s'enflamme. Les décors sonores de Dave Richards sont discrets mais envoûtants (voix tibétaines, chants africains). Et le son est large, profond et aérien.
On entre d'autant plus facilement dans l'univers de Nathalie Manser qu'elle a repris (pour les maisons de disque, nous dit-elle) deux titres archi-connus: Hasta Siempre et l'Adagio d'Albinoni.
Mais c'est sous sa plume que l'on découvre le plus beau morceau de l'album: «Les Anges». «La mélodie m'est venue d'un trait. Et quand je l'ai présentée au Studio, Dave a instantanément plaqué les accords de l'arrangement. Un miracle!»
Presque trop beau pour être vrai, ce conte musical a néanmoins quelques bémols. Sans l'égratigner, l'album touche aussi bien au classique qu'à la world music, en passant par la techno et le new age. Comme si l'artiste voulait à tout prix plaire à tout le monde.
Par ailleurs, l'album nous semble presque trop commercial. Un soupçon doucereux. C'est presque paradoxal par rapport à l'écho que l'album a recueilli auprès des maisons de disques. A croire que ces dernières n'ont décidément plus d'oreilles, sinon celles de la rentabilité.
Reste que cet album-CD «Les Anges» (distr. Disques Office) est à découvrir de toute urgence. Car, pour un coup d'essai, c'est un coup de maître.
Emmanuel Manzi