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Les professions de la santé, le personnel des EMS, les hommes et femmes de ménage et le personnel de cuisine ont été plus touchés par le Covid-19 que la moyenne générale, montre une étude menée dans le canton de Genève après la première vague.
Publiée mardi dans la revue Nature Communications, elle a été menée par les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), en partenariat avec l’EPFL, Hirslanden, l’Hôpital de La Tour et la Chambre de commerce, d’industrie et des services de Genève. Ils ont testé 10'513 personnes pour la présence d'anticorps entre mai et septembre 2020, toutes faisant partie des secteurs dont l'activité s'est poursuivie de façon inchangée durant la première vague. Ils présentaient donc un risque plus élevé d'entrer en contact avec la maladie.
Les non-confinés pas tous exposés
Le personnel soignant a été plus fortement exposé au Covid-19, avec celui de ménage et de cuisine dans les EMS (image d'archive). [Fabrice Coffrini - Keystone]Les sujets se répartissent sur 32 professions et 16 secteurs d'activité. Au total, 1026 tests ont révélé la présence d’anticorps au SRAS-CoV-2, soit un taux d’infection de 9,8%, légèrement supérieur à celui de l’ensemble de la population en âge de travailler à la même époque (7,9%). Autrement dit, les résultats suggèrent que les travailleurs des secteurs n’ayant pas été confinés durant la première vague de Covid-19 n’ont pas couru un plus grand risque de contracter la maladie que la population globale en âge de travailler et qui a, elle, été soumise au semi-confinement.
Les données détaillées soulignent toutefois de fortes variations entre les professions. Elles confirment que le personnel de santé a été particulièrement touché, avec un taux de 12,1% pour le personnel des foyers pour personnes âgées, de 11,1% pour les infirmiers et de 10,1% dans les pharmacies. Cette tendance confirme les observations de nombreuses autres études dans le monde, notamment espagnoles, suédoises et du Royaume-Uni. Elle s’explique notamment par des soins proches prolongés face à face avec des patients potentiellement atteints de la maladie.
Grandes variations dans un même métier
Le personnel de ménage (12,1%) et de cuisine (10,1%), particulièrement celui des foyers pour personnes âgées, figure également parmi les secteurs plus fortement infectés. Cela tend à souligner la difficulté de respecter les mesures barrières dans ces secteurs d’activité. A l’opposé, les secteurs des médias (4%), des organisations internationales (5,7%), de l’éducation de la petite enfance (5,8%) et de la construction (6%) sont plus épargnés.
L’étude fait également apparaître une très grande hétérogénéité au sein d'un même métier. A titre d’exemple, la séroprévalence au sein des EMS oscille entre 0 à 30% selon les établissements. Selon Silvia Stringhini, épidémiologue responsable aux HUG et première auteure de l’étude, cet écart révélerait la différence de rigueur dans l'application des gestes barrières entre les entreprises et leurs employés. Elle confirme aussi des caractéristiques connues de ce virus, qui se propage en clusters.