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Malgré l'été pluvieux, 2014 aura été l'année la plus chaude en Suisse depuis le début des mesures systématiques en 1864. De ce fait, moins d'énergie a été consommée pour le chauffage, ce qui a réduit la consommation de mazout de 32% et celle de gaz naturel de plus de 7%.
Le recul marqué du besoin d'énergie, enregistré depuis 1990 déjà, ne s'explique cependant pas uniquement par les conditions météorologiques. Plusieurs facteurs sont à l'origine de ce recul considérable; notamment les mesures d'économie d'énergie ainsi que des modifications structurelles dans la branche. Nous constatons depuis quelques années - exceptions faites de quelques événements climatiques et économiques extrêmes - un aplatissement de la courbe des besoins, ce qui indique probablement que bien des entreprises ont épuisé leur potentiel au niveau de l'amélioration de l'efficience énergétique.
Effondrement de la demande en mazout
L'électricité couvre pratiquement la moitié du besoin d'énergie dans l'industrie MEM. En 2014, sa part à la consommation d'énergie se situait à 55,5%. Avec 9'240 TJ (2'570 GWh), les entreprises membres de Swissmem ont consommé 0,9% de plus que l'année précédente.
Le gaz naturel est le deuxième agent énergétique. Depuis 1990, l'importance de cette source d'énergie a augmenté pour l'industrie. La demande a augmenté principalement dans les années nonante et s'est depuis stabilisée à un niveau élevé. Depuis 1990, la consommation de gaz naturel a augmenté en chiffres absolus de 13,9% pour atteindre 5'500 TJ (1'530 GWh). Puisque la demande d'autres agents énergétiques a reculé durant la même période, la part du gaz naturel au besoin d'énergie des entreprises affiliées à Swissmem a passé de 16,7% en 1990 à 33% en 2014, malgré le recul en 2014.
En revanche, l'importance du mazout diminue rapidement. Avec une part de 4,2% au total du besoin en énergie, le mazout a, pour la première fois en 2014, joué un rôle moins grand que le chauffage urbain et le chauffage à distance qui ont couvert 4,4% du besoin en énergie. Etant donné qu'il s'agit de la valeur nette de la consommation et de l’émission de chaleur, la consommation de chaleur des chauffages urbains et de ceux à distance fut en réalité plus élevée.
Outre le temps exceptionnellement clément, le recul spectaculaire de la demande de mazout en 2014 s'explique aussi par l'augmentation de la taxe CO2 sur les combustibles à partir du 1er janvier 2014. Ceci a probablement motivé de nombreux clients à remplir leurs citernes encore avant la fin de l'année. Par contre, la diminution à long terme du besoin en mazout se fonde principalement sur les mesures d'économie d'énergie et les mesures de substitution comme une meilleure isolation des bâtiments ou le remplacement des chauffages à mazout par des chauffages à gaz, des pompes à chaleur ou la chaleur à distance. Avec 690 TJ (190 GWh), les entreprises membres de Swissmem ont consommé environ 91% de moins de mazout qu'en 1990.
Consommation d’énergie de l’industrie MEM suisse de 1990 à 2014 (en TJ; 1 TJ = 278 x 103 kWh)
Le besoin en énergie restant de l'industrie MEM est couvert en exploitant de faibles quantités de déchets et de bois (0,6%) ainsi que de charbon et de coke (2,3%). Les derniers agents cités sont utilisés pour la production d'acier et ne peuvent par conséquent être considérés que de façon modérée dans les mesures d'économie d'énergie.
Le besoin en énergie par personne active reste constant
Depuis 1990, le nombre de personnes actives dans l'industrie MEM a diminué pratiquement de la même façon que le besoin en énergie. Ceci fait qu'après une augmentation entre 1994 et 2004, le besoin en énergie par personne active s'est pratiquement stabilisé au niveau de 1990. En 2014, la moyenne de la branche se situait à 116 gigajoules (GJ) par personne, comparée à 119 GJ en 1990.
Compte tenu des procédés très différents, il existe entre les diverses branches secondaires de l'industrie MEM des différences considérables en ce qui concerne l'intensité énergétique. En 2014, la consommation d'énergie par personne était la plus élevée dans la métallurgie (771 GJ) et la plus faible dans la construction de machines (63 GJ). En déduisant les trois consommateurs d'énergie les plus gourmands, la consommation d'énergie dans l'industrie des métaux était encore de 256 GJ par personne.
Nouvelle valeur plancher pour les émissions de CO2L'effondrement de la demande en mazout et la diminution de la consommation de gaz ont conduit en 2014 à une nette réduction des émissions de CO2 dans l'industrie MEM. Par rapport à l'année précédente, elles ont diminué de 10,4% pour tomber à 389'200 tonnes et ont pour la première fois été inférieures à 400'000 tonnes. Tandis que par le passé les émissions de CO2 de l'industrie MEM étaient principalement issues de la combustion de mazout, en 2014, pratiquement 78% provenaient de la combustion de gaz, 13,0% de mazout et le reste (9) majoritairement de charbon et coke, utilisés dans certains procédés de l'industrie des métaux.Depuis 1990, les émissions de CO2 des entreprises membres Swissmem ont reculé de plus de la moitié (-55,5%). Le fait que les émissions de CO2 aient plus fortement diminué que le besoin en énergie s'explique par la substitution continue de produits pétroliers par le gaz et l'électricité (p.ex. pompes à chaleur).
Emissions de CO2 de l’industrie MEM suisse entre 1990 et 2014 (en t de CO2)
Grâce à l'optimisation énergétique de ses procédés et de son infrastructure ainsi qu'au développement de nouveaux produits plus performants énergétiquement, l'industrie MEM a fortement contribué au cours des dernières années à l'efficience énergétique et à la protection du climat. En raison du rythme imposé par les efforts de réduction d’émissions, les entreprises ont du mal d'obtenir des progrès importants, bien que les potentiels ne soient pas encore entièrement épuisés - tant en ce qui concerne les agents fossiles que le besoin d'électricité. L'expérience montre qu'une analyse systématique de la consommation dévoile dans la majeure partie des entreprises encore des potentiels d'économie inexploités. Depuis plus de 10 ans, les entreprises bénéficient du soutien de l'Agence de l'énergie pour l'économie dans l'identification et la mise en œuvre des mesures de protection de l'environnement et d'efficience énergétique.
Statistique Swissmem de l’énergie et des émissions de CO2
Depuis les années 80, Swissmem publie une statistique de l’énergie et des émissions de CO2 de l’industrie MEM suisse. Le recensement des données a lieu dans le cadre de la statistique globale annuelle de l’Office fédéral de l’énergie. Actuellement, environ 130 entreprises membres fournissent des données sur leur consommation d’énergie en faveur de la statistique. Ces données servent de base pour l’évaluation de la consommation d’énergie et des émissions de CO2 pour l’ensemble des entreprises affiliées à Swissmem.
L’évolution de la consommation d’énergie et des émissions de CO2 dans l’industrie MEM est influencée par un grand nombre de facteurs. Outre des mesures servant à l’efficience énergétique et à la substitution d’agents énergétiques, la situation conjoncturelle, le changement structurel, les transferts de production et les conditions climatiques jouent également un rôle important. Globalement, nous pensons que, malgré une valeur ajoutée croissante, la réduction durable de la consommation d’énergie et des émissions de CO2 peut être attribuée à la forte volonté de la branche de vouloir renforcer ses efforts écologiques.
Grâce à la statistique de l'énergie et des émissions CO2, l'association dispose d'une base de données importante pour sa politique énergétique et climatique. De plus, les entreprises participantes reçoivent une analyse comparative de consommation leur permettant de comparer leur position dans la branche. Les entreprises intéressées à participer à la statistique sont priées de contacter Madame Sonja Studer.
Contact : Sonja Studer, cheffe de secteur Energie, e-mail <email-pii>, tél. +44 384 48 66