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Nouvelle critique ciné du film "Never let me go" de Mark Romanek, sur mon blog Allociné (en date du 12/04/2011)
mercredi 27 avril 2011
mardi 26 avril 2011
Kathleen Ferrier (1912-1953)
"Il y a dans la voix humaine quelque chose qui, émanant de l'âme, touche la nôtre au plus profond".
Janet Baker, mezzo-soprano britannique à propos de la voix de Kathleen Ferrier.
Exergue à "Combat d'hiver", un livre de Jean-Claude Mourlevat dont je vous recommande chaudement la lecture. Cet auteur est venu au collège parler aux élèves de son oeuvre. Il vient de publier "Terrienne", un autre très bel ouvrage. Je vous en parlerai à l'occasion...
"Fuir le bonheur..." une magnifique chanson de Serge Gainsbourg, pleine de nostalgie, interprétée par Jane. On aime ou on n'aime pas. J'aime Jane Birkin, sa fragilité, son honnêteté, ses engagements.
lundi 25 avril 2011
Photo de Roland Comte prise au musée Gaudi, à Reus, Catalogne
Voici une citation extraite de "The dark side of the moon", l'excellent livre de William Corlett, dont j'ai déjà plusieurs fois parlé ici.
"It is a strange word - "sorry". "I am sorry". It doesn't change anything. You say it in the hope that it will... absolve the past. But the past is written and there is no absolution." (Jenny Mason, in : "The dark side of the moon")
Que je traduis ainsi :
"C'est un mot étrange - "désolé". "Je suis désolé". Il ne change rien. Vous le dites dans l'esprit qu'il... effacera (excusera ?) le passé. Mais le passé est écrit et il n'y a pas d'absolution."
A mettre en parallèle avec cette citation tirée du 2ème volume de "Phaenomen", d'Erik L'Homme, dont j'avais beaucoup aimé le premier :
C'est l'un des adolescents, Arthur, qui parle :
" Nous, on a le futur, on a encore notre vie devant", songea-t-il en occultant la douleur qui lui taraudait le crâne. Mais il ne dit rien. Il n'avait que des mots à offrir à son amie, et les mots, si jolis soient-ils, ne suffisaient pas toujours."
[Eric L'Homme. "Phaenomen, T.2 Plus près du secret"]
Et, clôturant le même chapitre : "Se souvenir de l'avenir." (Sentence écrite au feutre rouge sur le mur de leur refuge) que j'aurais envie de prolonger par une pensée qui m'est venue en réfléchissant à tout cela :
"Se souvenir du passé pour se souvenir de l'avenir." C'est la démarche que je mène depuis longtemps.
mercredi 13 avril 2011
"Somewhere over the rainbow" est la fameuse chanson titre du film "Le magicien d'Oz" où elle était interprétée par Judy Garland. Elle est ici interprétée par Jason Castro jeune finaliste d'un concours à la télévision américaine (American idol). On l'entend beaucoup depuis quelque temps sur toutes les radios dans une interprétation par un chanteur hawaïen au nom difficilement mémorisable (Israel Kamakawiwoʻole) qui l'a remise au goût du jour.
dimanche 10 avril 2011
Je suis allé voir « Gasland » hier après-midi au Navire, en compagnie de ma mère et d’une amie. C’était une des dernières séances à Aubenas. Pour ceux qui ne seraient pas encore au courant, il s’agit du reportage réalisé par un jeune américain, sur les conditions dans lesquelles se passe l’extraction des gaz de schistes depuis une 10e d’année aux Etats-Unis. Certains vont penser que les Etats-Unis, c’est loin, et que cela ne les concerne pas. Détrompez-vous car nous sommes tous concernés, particulièrement en France et surtout en Ardèche (mais pas seulement) où nous avons découvert l’ampleur et la gravité du problème depuis quelques mois seulement et où la réaction des populations est unanime avec celle des élus - de gauche comme de droite (qui ont été tenus à l’écart de la décision prise sans la moindre concertation par Jean-Louis Borloo, alors ministre de l’environnement !!!)
Pour en revenir au film, allez le voir sans tarder et si vous ne pouvez pas le voir au cinéma, achetez le en DVD. Voici le lien avec le site et la bande annonce.
Josh Fox est un jeune américain qui vit dans la maison natale construite par ses parents au milieu des bois de Pennsylvanie, au bord de la rivière Delaware. Il dirige un théâtre et réalise des films. Un jour (que l’on hésite à qualifier de « beau »), il reçoit une lettre qui va bouleverser sa vie. Il s’agit d’une proposition d’une compagnie d’extraction de gaz d’installer des puits de forage sur les dix hectares du domaine familial pour la rondelette somme de 100 000 $ ! Surpris par cette offre, Josh se renseigne. Il s’aperçoit que sa propriété est située sur une formation rocheuse particulière, qui contient des gaz exploitables, celle des schistes de Marcellus, qui parcourt plusieurs états américains : la Pennsylvanie, l’Etat de New York, l’Ohio et la Virginie occidentale. Il commence par appeler différentes compagnies exploitant le gaz de schiste dans la région pour en savoir plus et se heurte à un mur : tous les rendez-vous qu'il demande sont refusés ou annulés. Son métier de documentariste l'encourage à faire un reportage sur ce qui se passe dans les endroits où l'on exploite le gaz de schistes et il tombe sur un véritable scandale. Les gens qui ont donné, sans en connaître les conséquences, le droit de forer sur leurs terrains, sont contraints de vivre (voire de survivre) dans des conditions épouvantables. En plus des nuisances visuelles et sonores que l'on imagine aisément lorsqu'il est question d'exploitations industrielles de quelque type qu'elles soient, il découvre sur place des situations apocalyptiques. La plupart des gens qu'il rencontre sont malades, ils ne peuvent plus boire l'eau de leurs puits ni en donner à boire à leurs animaux, qui eux aussi tombent malades ou meurent. L'eau est en fait polluée par des centaines de produits chimiques (plus de 500), dont certains cancérigènes ou provoquant des atteintes neurologiques, qui sont utilisés par les exploitants pour forer et extraire le gaz. Pire, certains voient même du gaz inflammable sortir de leurs robinets ou de leur pommeau de douche ! Les personnes qui vivent là vivent un véritable enfer. Ils ne peuvent même pas quitter ces terres qui, pour la plupart les ont vu naître car leur maison ne vaut plus un dollar. Lorsqu’ils s’adressent à l’administration chargée de faire respecter les normes environnementales, celle-ci nie le problème, arguant du manque de preuves...
Après avoir commencé son enquête à côté de chez lui, dans la ville de Dimock, en Pennsylvanie, Josh se rend compte que le problème concerne l'ensemble des Etats-Unis. Il continue donc son reportage au Colorado, au Wyoming, en Utah, au Texas et découvre que le scandale est bien plus vaste que ce qu’il pensait. Il interroge les victimes, du moins celles qui veulent bien lui répondre car certains ont signé des accords de confidentialité et subissent la pression des compagnies dont ils dépendent pour leur approvisionnement en eau potable, les élus qui, pas plus qu’en France n’étaient au courant de ce qui se tramait ni n’ont pu s’y opposer, les scientifiques, les rares représentants de l’industrie gazière qui acceptent ses interviews. Il est même amené à filmer les débats du Congrès des Etats-Unis qui, tardivement mais, devant l’ampleur du scandale, a fini par se saisir du problème.
De 200 h d’enregistrement, Josh ne gardera que 100 minutes de film. Il sera présenté pour la première fois en 2010 au Festival de Sundance et programmé à la télévision sur la chaîne HBO le 21 juin 2010. Après plusieurs extraits mis en ligne sur You Tube et Dailymotion et quelques projections par des associations et des mairies, le film est sorti en salle en France le 6 avril 2011.
Bien entendu, comme on peut s’en douter, Josh Fox a été attaqué de toutes parts pour son film, certains lui reprochant son amateurisme, son manque de connaissances techniques, voire une manipulation pure et simple des images. Il a été lui-même menacé et son nom figure sur la Terror watch list dressée par le Departement of Homeland security (équivalent américain de notre Ministère de l’intérieur).
Le problème de l’exploitation des gaz de schistes, le secret et le mensonge qui les entoure, la collusion des industriels les plus puissants du monde avec les politiques, touche non seulement les Etats-Unis, la France, l’Australie mais aussi la Grande-Bretagne et imaginez les dégâts qu’une telle exploitation sauvage peut provoquer dans des pays où la démocratie est un rêve lointain (Afrique, Asie, etc.)
Si l’on se place sur le plan strict du cinéma, ce film, qui a été nominé aux Oscars, a de grandes qualités qui en font bien plus qu’un simple documentaire. Josh Fox, qui est à la fois l'acteur et le réalisateur de son film tourné caméra à l’épaule, dégage une impression de sincérité. Il n’y a pas de montage. Certains plans sont bougés, d'autres flous mais l'authenticité, l'émotion, sont, grâce à ça, partout présents. Rien à voir avec un film sans doute esthétiquement très beau comme ceux d'Arthus-Bertrand ou de Jacques Perrin qui, à force d'être léchés, en deviennent ennuyeux à mourir. Josh Fox met en parallèle les splendides paysages sauvages que l’on peut rencontrer aux Etats-Unis et le désastre écologique provoqué par les compagnies exploitantes, certaines de ses images sont de la pure poésie et parviennent à déclencher chez le spectateur une empathie avec cette nature superbe sacrifiée sur l’autel immonde du fric à tout va ; d’autres provoquent l’incrédulité et la révolte. En tout cas, aucun spectateur, quel qu’il soit, ne peut rester passif devant un tel scandale et se doit de réagir et de s’engager pour, du moins, que cela ne se produise pas chez nous. En outre, bien que Josh fox soit lui-même directement impliqué dans son enquête, il parvient aussi à s’en distancier suffisamment et même à plaisanter avec ses interlocuteurs, ajoutant de temps en temps, une touche d’humour et un air de banjo qui sont autant de respirations (dans un monde qui sent le gaz) et de signes d’espoir, même s'il est fragile.
ALLEZ VOIR GASLAND ! et sur mon blog cinéma Cinérock07
"Now, I could believe in eternity, I think, for now there is no time and it is only time as it passes that admits change and destructions. Here, in this moment, the now and then of existence seems to be joined into a creative, radiant, present. There is no past, no future here. There is only this strange, recognised yet unfamiliar nowness. It is neither long nor short, high nor low, fast nor slow. I have arrived at a mystical center from which all experience emanates and to which all eventualities return. I am neither young nor am I old, living nor dead, here nor there (...)"
Voici la traduction que je vous propose :
"Maintenant, je peux croire en l'éternité, je pense, car maintenant il n'y a pas de temps et c'est seulement le temps qui passe qui provoque le changement et les destructions. Ici, à cet instant, le maintenant et le plus tard de l'existence semblent se retrouver en un présent créatif, rayonnant. Il n'y a ici ni présent ni futur. Il y a seulement cet étrange, connu bien que déroutant néant. Ce n'est ni long ni court, ni haut ni bas, ni rapide ni lent. Je suis arrivé à un centre mystique duquel toute expérience émane et vers lequel tous les possibles se dirigent. Je ne suis ni jeune ni vieux, vivant ou mort, ici ni là (...)"
William Corlett, "Now and then", p. 319
samedi 9 avril 2011
Gabrielle Roy est une auteure québécoise. C'est ma collègue Line qui me l'a faite découvrir. Bonheur d'occasion est son premier roman, paru en 1945, qui a obtenu en 1947 le prix Femina, à l'époque où les prix littéraires récompensaient le mérite de l'écriture et n'étaient pas aux ordres des financiers... Dans un univers de pauvreté où chaque personnage, à travers un combat acharné pour survivre, lutte pour le bonheur. C'est un très beau livre, que je vous recommande.
J'en ai retenu cette citation, que j'ai notée dans mon "Carnet bleu" :
" C'était bien lui qui l'avait tirée de ce sommeil lourd, où elle avait été blottie, hors de la vie, avec ses griefs et son ressentiment, toute seule avec des espoirs diffus qu'elle ne voyait pas trop et dont elle ne souffrait pas trop (...) [et, plus loin]:
"Alors, tout lui fut rêve et, bravement, elle entra dans le rêve pour y jouer son rôle. Et cependant tout lui fut effort douloureux pour vivre à la hauteur du rêve [...]
"Mais la vie, la vie d'un homme, insista Emmanuel.
"La vie, la vie d'un homme ! On n'a jamais calculé ça encore. C'est une chose si petite, si éphémère, si docile, la vie d'un homme."
Gabrielle Roy, "Bonheur d'occasion". Ed. Phébus.
mercredi 6 avril 2011
"Que peut-il ? Tout.
Qu'a-t-il fait ? Rien.
Avec cette pleine puissance,
en huit mois un homme de génie
eût changé la face de la France,
de l'Europe peut-être.
Seulement voilà, il a pris la France
et n'en sait rien faire.
Dieu sait pourtant que le Président se démène :
il fait rage, il touche à tout, il court après les projets;
ne pouvant créer, il décrète; il cherche
à donner le change sur sa nullité; c'est
le mouvement perpétuel; mais, hélas !
cette roue tourne à vide.
"L'homme qui, après sa prise du pouvoir
a épousé une princesse étrangère
est un carriériste avantageux.
Il aime la gloriole, les paillettes, les grands mots,
ce qui sonne, ce qui brille, toutes les verrotteries du pouvoir.
Il a pour lui l'argent, l'agio, la banque, la Bourse, le coffre-fort.
Il a des caprices, il faut qu'il les satisfasse.
Quand on mesure l'homme et qu'on le trouve si petit
et qu'ensuite on mesure le succès et qu'on le trouve énorme,
il est impossible que l'esprit n'éprouve pas quelque surprise.
On y ajoutera le cynisme car, la France, il la foule aux pieds,
lui rit au nez, la brave, l'insulte et la bafoue !
"Triste spectacle que celui du galop, à travers l'absurde
d'un homme médiocre échappé."
A qui pensiez-vous ?...
Eh bien, non, ce texte de Victor Hugo fut écrit en août 1852 au sujet de "Napoléon-le-petit", autrement dit Louis-Napoléon Bonaparte, connu aussi sous le nom de Napoléon III.
Victor Hugo était vraiment un immense visionnaire !
dimanche 3 avril 2011
J'avais parlé du Cirque Romanès dans deux posts du 6/10/2010 et du 31/10/2010 sous le titre "Le Cirque Romanès sera-t-il expulsé ?"
J'ai eu la joie de découvrir qu'il se produirait à Chalons s/Saone au mois de mai 2011.
Le Cirque Romanès, cirque familial de tradition tsigane présent en France depuis 20 ans et qui, bien qu'il ait représenté officiellement la France à l'exposition universelle de Shangai en 2010, a failli être victime des circulaires anti-Roms de B. Hortefeux, a toujours droit de cité en France sera présent lors du festival "Des fourmis dans les jambes" - Télérama. On pourra le voir au mois de Mai à Chalons s/Saône, esplanade Sainte-Marie les mercredi 25 mai-15 H, vendredi 27 et samedi 28 mai à 20 H.
Les abonnés de Télérama bénéficient d'une réduction de + de 25 % sur le prix d'entrée (16 € au lieu de 22 €) - A réserver avant le 8 avril.
Bon mois de Mai au Cirque Romanès !!!
J'ai eu la joie de découvrir qu'il se produirait à Chalons s/Saone au mois de mai 2011.
Le Cirque Romanès, cirque familial de tradition tsigane présent en France depuis 20 ans et qui, bien qu'il ait représenté officiellement la France à l'exposition universelle de Shangai en 2010, a failli être victime des circulaires anti-Roms de B. Hortefeux, a toujours droit de cité en France sera présent lors du festival "Des fourmis dans les jambes" - Télérama. On pourra le voir au mois de Mai à Chalons s/Saône, esplanade Sainte-Marie les mercredi 25 mai-15 H, vendredi 27 et samedi 28 mai à 20 H.
Les abonnés de Télérama bénéficient d'une réduction de + de 25 % sur le prix d'entrée (16 € au lieu de 22 €) - A réserver avant le 8 avril.
Bon mois de Mai au Cirque Romanès !!!
samedi 2 avril 2011
Portrait de Rilke par Helmut Westhoff
"Chemins qui ne mènent nulle part
entre deux prés,
que l'on dirait avec art
de leur but détournés,
chemins qui souvent n'ont
devant eux rien d'autre en face
que le pur espace
et la saison."
Rainer-Maria Rilke, Quatrains valaisans.