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Malheureusement, cette «aide à l'orientation» importante diminue au cours du dernier tiers de la vie - plus on est âgé, plus l'odorat est mauvais, c'est un processus lent. De plus, l'odorat des hommes est moins performant que celui des femmes. Mais il existe encore de nombreuses autres causes. La raison d'un trouble de l'odorat peut être une particularité anatomique comme les polypes nasaux ou des déformations de la cloison nasale. Dans ces cas, on préconise généralement une intervention chirurgicale. Mais pour toute opération sinu-nasale qui vise une amélioration de l'odorat comme «objectif secondaire», il faut aussi envisager l'éventualité d'une dégradation. Elle est d'autant plus probable que l'odorat initial du patient était bon.
D'autres éléments pouvant engendrer une perte de l'odorat: des inflammations (infectieuses) au niveau du nez ou des sinus, des traumatismes crânio-cérébraux ou une affection toxique, aiguë ou chronique, de la muqueuse olfactive, causée p.ex. par du formaldéhyde, de la fumée de tabac, des pesticides ou du monoxyde de carbone. Certains médicaments, p.ex. les antibiotiques, peuvent entraîner des troubles de l'odorat comme effet secondaire; ceux-ci disparaissent après l'arrêt du traitement en règle générale. Dans le cadre d'une radiothérapie pour traiter un cancer, on peut parfois constater une gêne au niveau de l'odorat aussi. D'autres causes peuvent être un diabète de type 2, une hypothyroïdie ou l'épilepsie, tout comme une dépression et des psychoses schizophrènes ainsi que des maladie des reins et du foie.
De plus, des études intéressantes réalisées ces dernières années montrent que les troubles de l'odorat sont un symptôme concomitant de beaucoup de maladies neuro-dégénératives. Pour cette raison, ils gagnent en importance dans le dépistage précoce et le diagnostic différentiel de la maladie de Parkinson et la démence d'Alzheimer.
Une étude datant de 2017 estime qu'il y a entre 3 et jusqu'à 20 pourcent de la population qui sont touchés par des troubles de l'odorat à des degrés divers. Cela peut avoir des conséquences fatales. Une diminution de l'odorat entraîne non seulement une dégradation des facultés gustatives - elle engendre aussi un risque accru. Quand on ne sent pas l'odeur ni le goût d'un aliment avarié (c'est le nez qui effectue le travail de précision concernant le goût), on ne pourra pas non plus s'en méfier. Quand on ne sent pas l'odeur de brûlé, on ne pourra pas se protéger du feu. Sans oublier que la diminution de l'odorat entraîne aussi des conséquences sociales: Une personne qui ne remarque plus si elle-même ou ses vêtements ont besoin d'être lavés, va perdre en assurance et risque de s'isoler.
Dans un premier temps, le médecin ORL va se faire une idée de l'ampleur du trouble de la perception olfactive et interroger quant à la présence de maladies sous-jacentes. Ensuite, il faut procéder à l'examen du nez, du rhinopharynx et de la fente olfactive.
Des tests olfactifs font aussi partie du processus diagnostique. On présente au patient plusieurs substances odorantes, le plus souvent sous forme de Sniffin' Sticks (qui ressemblent à un stylo-feutre), qu'il respire pendant trois secondes. Le médecin examine la capacité de la personne concernée à identifier différents senteurs et à les distinguer: Il faut les nommer à l'aide de listes comportant quatre termes chacune.
Un autre test est utilisé pour déterminer le seuil de perception olfactive. Pour cela, on présente à plusieurs reprises des concentrations croissantes et décroissantes de la même substance odorante. La dernière concentration correctement identifiée sera désignée comme seuil de perception.
C'est une particularité de notre sens olfactif qui constitue la base de tout traitement des troubles de l'odorat: la plasticité. Un pourcent des neurones est remplacé, les cellules sensorielles de la muqueuse olfactive se régénèrent toutes les quatre à six semaines - et il est possible de les stimuler. Des études le démontrent: L'entraînement quotidien avec des senteurs produit un effet sur la capacité olfactive!
Dans une étude réalisée au centre interdisciplinaire pour le goût et l'odorat de la clinique universitaire Carl Gustav Carus de Dresde par exemple, «30 pourcent de nos sujets ont obtenu une amélioration de l'odorat dans un délai de cinq mois. Dans le groupe témoin sans entraînement, ce pourcentage n'était que de 7 à 15 pourcent», ainsi le résumé du Prof. Thomas Hummel concernant les résultats de son institut.
Une étude multicentres a révélé qu'un entraînement olfactif régulier avec des senteurs supérieurs au seuil d'excitation (= concentration élevée de la senteur) permet d'exercer une influence positive sur des cas de troubles olfactifs suite à une infection, explique la Prof. Antje Welge-Lüssen. «Cet entraînement olfactif est régulièrement utilisé à la clinique ORL de l'hôpital universitaire de Bâle.»
Les stylos odorants qui ont déjà joué un rôle au moment du diagnostic entrent aussi en action à l'entraînement olfactif (ou bien on utilise des flacons de senteurs). En cas de troubles de l'odorat dus à une infection par exemple, on réaliserait le matin et le soir trois séries de «reniflage» de quatre senteurs chacune. Cela demande de la patience: Il faudra persévérer et suivre l'entraînement guidé par un médecin pendant au moins quatre mois afin de constater un succès.
Il semble que les résultats de l'entraînement sont d'autant meilleurs que le trouble olfactif est récent.
Mais il arrive parfois que la capacité olfactive guérisse spontanément, sans le moindre entraînement, suite à une affection traumatique ou virale. Sachant que des facteurs comme un âge juvénile, le fait d'être non-fumeur, d'être de sexe féminin et une fonction olfactive identique des deux côtés sont tout à fait favorables.
Une étude à grande échelle donne des indices laissant penser que l'entraînement olfactif produit des taux de réussite nettement au-dessus du taux de guérison spontanée.