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Le Wushu
Wushu est le nom général donné aux arts martiaux chinois. Ce terme regroupe un grand nombre d'écoles (pei) (on dénombre environ 150 styles aujourd'hui en Chine, comme par exemple: chang quan,tongbei quan, xingyi quan, bagua quan, nan quan, meihua quan, taiji quan, etc ). Le wushu est pratiqué depuis plusieurs milliers d'années, mais il prend son réel essor sous la dynastie Tang (618-907), lorsque les seigneurs décidèrent d'organiser des combats à mains nues en public.
Aujourd'hui, la pratique du wushu enseignée dans le centre est dirigée dans plusieurs directions qu´un bon pratiquant doit savoir développer. Le but réel du wushu est de développer l´essence jing, et le souffle vital (l'énergie) qi ainsi que l´âme shen. C'est une tradition éthique plusieurs fois millénaire que nous perpétuons.
Le coeur xin dirige la pensée yi, la pensée dirige le souffle vital qi, le souffle vital dirige l´esprit ou l´âme shen, l´esprit dirige le corps ou essence jing, le corps dirige l´action yin - yang. L´éthique et la vertu sont primordiaux pour la pratique du wushu.
On ne pratique pas le wushu pour se battre, mais pour rester en bonne santé et pour se défendre. Le plus grand ennemi se trouve souvent à l'intérieur de chaque individu et non autour de lui.
Wushu interne
Le Taiji Quan
Le Taiji Quan est l'une des grandes branches des arts martiaux chinois. Cet art existe en Chine depuis plus de 3 siècles. Son nom provient du terme philosophique "Taiji" qui apparaît la première fois dans le Yi King (le livre des mutations), écrit anonyme de la dynastie Zhou (Xème siècle avant JC): "En tout changement, le Taiji existe, qui est la cause des deux opposés. Les deux opposés sont la cause des quatre saisons, et les quatre saisons sont la cause des huit phénomènes naturels". Ici, les huit phénomènes sont: le ciel, la terre, le tonnerre, le vent, l'eau, le feu, les montagnes et les lacs.
Le Taiji Quan est un vieux système de wushu qui comporte des exercices de santés mélangés à des techniques de combats.
Il se diffère des autres styles par son assimilation primordiale de la philosophie traditionnelle chinoise et de par ses exercices empruntés au dao ying, à la théorie du yin yang et de la médecine traditionnelle chinoise. Le Taiji Quan est à la fois un exercice interne et externe. Une pratique régulière permet de guérir certaines maladies chroniques et de prévenir certaines maladies à long terme.
L'esprit du pratiquant prend de l'assurance et de la force en prolongeant ses capacités au travail. Permet de repousser les effets du vieillissement du corps. Pour cette raison, lors de la pratique du Taiji Quan, on recherche une harmonie de la pensée, de la respiration et du mouvement. La pensée dirige le corps dans des mouvements doux, souples et lents, mettant en route l'action des muscles et des organes internes dans un accord parfait.
La respiration est douce, profonde et rythmée naturellement. La pensée propage le qi dans les membranes cellulaires, dans les articulations, dans l'épiderme, jusqu'au bout des doigts des pieds et des mains.
En relaxant totalement le corps et l'esprit, on apporte le calme et la restauration de l'équilibre du yin yang, en débloquant ainsi les canaux de qi appelés jing luo et en favorisant la circulation sanguine. La pratique du Taiji Quan développe encore la résistance du corps humain, la stabilité corporelle, la mobilité et la force intérieure.
Il existe deux versions expliquant les origines du Taiji Quan. Nous vous présentons ci-après l'une de ces deux versions, la deuxième sera publiée sur ce site sitôt sa traduction terminée.
Ecole Chen, Chen Wangting, père du Taiji Quan
Il y a plusieurs opinions concernant la paternité du Taiji Quan, mais il est assez généralement admis que l'honneur revient à Chen Wangting qui vivait au 16ème siècle. Bien que rien ne soit précisément connu de ses dates de naissance et de vie, il a été confirmé qu'il appartenait à la 9ème génération d'une famille Chen, de la campagne de Wenxian, dans la province du Henan. Selon les chroniques locales, il a servi en temps que garde royal dans son village jusqu'à la chute de la dynastie Ming (1368-1644). Dans un livre composé dans ses dernières années, il écrit : "Maintenant je vais sur mon grand âge, mon seul compagnon est un livre écrit par Huang Ting. J'étudie les arts martiaux pendant les périodes calmes et je travaille aux champs durant la haute saison. Je prends plaisir à enseigner à mes disciples, enfants et petits-enfants, peu importe ce qu'ils vont devenir, dragons ou tigres."
En créant le Taiji, Chen Wangting a été beaucoup influencé par Qi Jiguang (1528-1587), un célèbre général de l'armée impériale, qui avait compilé dans un livre 16 séquences construites sur sa technique de combat à 32 mouvements. Parmi ces mouvements, 29 ont été retenus et adaptés par Chen Wangting dans sa forme de Taiji. Il a exposé les principaux points de son enseignement dans une ballade composée par lui-même dans le but de faciliter le travail de mémoire.
Xiao Qing-Lin (à gauche), professeur de Lingling Yu et Lingling Yu (à droite) pratiquant le Taiji Chen.
Yang Luchan (1799-1872), fondateur de l'école Yang
Né d'une famille pauvre à Yongnian, dans la province de Hebei, Yang Luchan quitte sa famille à l´âge de 10 ans pour entrer au service de la famille Chen de Wenxin. Son maître, Chen Dehu, est un membre de l'académie impériale passionné d'art martiaux. Il emploie Chen Changxing, de la 14ème génération pour enseigner aux jeunes hommes de la famille. Yang Luchan, devenu son disciple, s'entraîna assidûment, et devint lui-même un grand artiste du wushu. Yang retourna à Yongnian à l´âge de 40 ans et, logeant dans une pharmacie louée par son ancien maître Chen Dehu, il continua sa vie en enseignant le Taiji Quan. Peu de temps après, Yang quitta Yongnian pour Beijing. Il adapta sa forme de Taiji, en la dédiant essentiellement aux gens dont le principal objectif était de rester en bonne santé.
Lingling Yu pratiquant le Taiji Yang (gauche) et la pratique du Taiji dans un parc.
Exercice d'épée (gauche) et exercices de Tui Shou (Pousser les mains).
Xingyi Quan
Selon le dossier historique, il apparaît à la fin de la Dynastie Ming (1643), dans le Mont du Dragon Couchant du village Zhun de la province Shanxi. Le Xingyi Quang est un art martial interne très connu en Chine. Il est basé sur les mouvements "fendre ", "exploser", "percer", "éclater", "traverser" du "poing des cinq éléments", ajoutant une variation de douze formes : dragon, tigre, singe, cheval, crocodile, coq, faucon, hirondelle, serpent, poisson, ours, aigle.
Le Xingyi Quan met l’accent sur l’entrainement interne, notamment sur les exercices du pilier. Les mouvements du Xingyi Quan sont simples, bien rythmés et raffinés, ce qui donne un effet remarquable pour soigner les maladies, ainsi que pour améliorer la constitution du corps. Il est bien sûr aussi très efficace pour le combat.
Mao Mingchun pratiquant le Xingyi Quan.
Bagua Zhang
C’est l’un des arts martiaux les plus populaires en Chine, inventé par Maïtre Dong Haichuan pendant Dynastie Qing. (1644). Le Bagua Zhang met en évidence l’agilité et l’habilité, caractérisé par les pas qui comprennent quatre formes : le dragon, le singe, le tigre, et le faucon. Pour apprendre, il faut commencer par travailler les postures fixes qui devraient être naturelles, complètes, afin d’avoir une bonne circulation de l’énergie; ensuite, on apprend les enchaînements des mains en faisant des pas agiles, les mouvements doivent être bien reliés, sans hésitation, comme de l’eau coulante. Suite à une durée de pratique, vous comprendrez les changements libres des mouvements, c’est à dire au lieu de vous en tenir strictement aux enchaînements, vous saurez réagir correctement selon les différentes circonstances.
Le Bagua Zhang est en effet un art martial qui a non seulement une jolie apparence, mais est aussi très éfficace pour la santé et le combat. Il comprend également l’exercice de pousser les mains.
Mao Mingchun pratiquant le Bagua Zhang.
Wushu externe
Le Meihua Zhuang
Le Meihua Zhuang, appelé aussi Mei Quan (boxe des piliers de la fleur de prunier) est l’un des anciens styles de wushu chinois. Il est populaire dans les provinces de Hebei, Shandong et Henan. Il est unique par son style et par son art de l’attaque/défense. Il se pratique avec ou sans instruments.
Les mouvements du Meihua Zhuang sont caractérisés par leur simplicité et leur fluidité. Ce style de wushu voit la difficulté comme une joie donnée au pratiquant lorsqu’il franchit cette difficulté. A la fois souple et vigoureux, combinant des phases dynamiques avec d’autres statiques, exercices internes (Neigong) et externes (Waigong), le Meihua Zhuang présente des avantages du point de vue de la santé ainsi que du point de vue de l’autodéfense.
Les différentes postures sont les suivantes :
- « Da » shi (grande posture)
- « Shun » shi (posture confortable)
- « Ao » shi (posture en torsion)
- « Xiao » shi (petite posture)
- « Bai » shi (posture inclinée)
Le travail des postures est la base de la pratique de la force statique. Du point de vue de la physiologie, les fonctions de coordinations et les possibilités du corps peuvent être améliorées et l’inertie des organes internes vaincue.
Petit à petit, le pratiquant développe une palette d’aptitudes (puissance dynamique) grâce à laquelle l’énergie n’est pas dissipée, le visage ne change pas de couleur (un état paisible du corps et de l’esprit est atteint). C’est alors l’accomplissement du travail de l’essence (ou énergie) interne, de l’esprit et du corps. Ce résultat est aussi simplement appelé : « économie d’énergie ».
Le Meihua Zhuang est lié à la théorie philosophique de la transformation et de la complémentarité “Yin Yang” et est un art martial très efficace.
Lingling Yu et Mao Mingchun pratiquant le Mei Hua Zhuang.
Le Shaolin Quan
Description à venir.