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IKAZE MU BANYU : Vers une guérison collective pour une paix durable – Thérapie entre prisonniers et victimes à HuyeGrands Lacs Rwanda
Objectif global du projet
Les prisonniers seront réintégrés pacifiquement dans leurs familles et communautés respectives. La chaîne pénale aura été habilitée à garantir et à promouvoir les droits de l’homme des auteurs de génocide.
Dans les prisons centrales de Huye et Nyamagabe, les conditions psychosociales des prisonniers sont améliorées et ces derniers ont les capacités de se réconcilier avec les victimes du génocide.
Contexte
Le Rwanda a été marqué par un terrible génocide perpétré contre les Tutsis. A l’issue de cet événement, la société rwandaise a jugé ses tortionnaires, entraînant un afflux au sein des prisons. 26 ans plus tard, les prisonniers de longue peine commencent à être libérés. Le système judiciaire et pénitentiaire manque de connaissances sur les meilleures pratiques des méthodes de réinsertion, qui permettent de créer un environnement social favorable pour les prisonniers qui ont besoin d’une préparation appropriée avant leur libération. La stigmatisation de ceux qui ont été emprisonnés, plus particulièrement pour les prisonniers du génocide, offre à ces derniers peu de perspectives de réinsertion socio-économique. Ni les centres de formation ni les entreprises privées ne sont prêtes à les intégrer en leur offrant des opportunités, comme c’est le cas pour les personnes ordinaires. En raison des problèmes mentionnés ci-dessus et de leur interconnexion, des communautés entières vivent dans la crainte du retour des anciens prisonniers.
Ce projet se situe dans un contexte post génocide où une forte précarité psychosociale est observée, particulièrement dans les zones défavorisées du pays, notamment dans les prisons. De plus, les divisions à caractère ethniques continuent à être source de tensions, plus particulièrement dans le cadre du processus de restitution des biens pillés pendant le génocide. Ces tensions entravent ainsi la restauration d’un climat de paix et de confiance. Ce problème se complexifie avec la libération des prisonniers de longue peine qui a débuté en 2019.
Les conditions extrêmes de vie auxquelles sont confrontés les prisonniers, le taux élevé de traumatisme et de dépression de ces derniers et le manque de moyens complexifient la mise en place d’un processus de médiation des conflits. De plus, bien que certains prisonniers souhaitent pouvoir entamer un processus de réconciliation avec leur famille et les rescapés du génocide, les prisons n’ont pas les moyens financiers et logistiques de mettre des projets en place
Partenaire local : Association Modeste et Innocent (AMI)
L‘AMI est une association sans but lucratif (asbl), fondée au Rwanda en 2000, et dont la mission est de promouvoir l’UBUNTU dans la société. UBUNTU signifie l’essence de l’humain, le droit-devoir qui fonde l’humain en son humanité, le droit d’être bon (santé physique, émotionnelle, mentale et spirituelle) et le devoir d’être don (efficacité dans l’économique, le politique, le culturel et le social). Comme objectif, AMI vise la transformation sociale vers une société en équilibre.
Projet
Ikaze en kinyarwanda exprime la volonté de vivre en paix avec les auteurs du génocide. Le projet facilite la réintégration des prisonniers via une réelle cohésion sociale, afin qu’ils le soient pacifiquement et que la chaîne pénale garantisse les droits de l’homme.
Ce projet cadre parfaitement avec les politiques nationales de réconciliation. En effet, le projet a pour objectif la réconciliation entre les ex-prisonniers et les rescapés du génocide.
En travaillant avec les acteurs des différents niveaux de la chaîne pénale afin de leur donner les capacités de garantir les droits des prisonniers ainsi que d’améliorer leurs conditions psychosociales, ce projet accompagne les prisonniers pour leur permettre de se réconcilier avec les victimes du génocide. Un travail de sensibilisation et de préparation est également réalisé auprès des familles des victimes et des prisonniers qui seront les communautés « accueillantes ». Les prisonniers pourront ainsi être réintégrés pacifiquement dans leurs familles et communautés respectives, au moyen de la mise en place de thérapies de groupes.
Les méthodologies du partenaire associent des méthodologies telles que la Thérapie Sociale, avec des méthodes plus traditionnelles, inspirées du contexte rwandais tel que la Bonne Puissance. Ces différentes approches combinées garantissent un meilleur taux de réussite des effets du projet.