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La technologie va nous sauver – FAUX, MAIS
L'ARGUMENT – Le refrain courant dans les discours politiques affirme que l'innovation technologique, telle que les avions bas-carbone, les voitures électriques, la robotisation de l'agriculture, les usines de captation du CO2 et l'hydrogène vert, constituerait la principale réponse au réchauffement climatique.
LES FAITS – Cette perspective dite "techno-optimiste" ne semble pas réaliste pour l'instant. Elle repose sur des solutions incertaines qui n'ont pas encore atteint leur maturité. De plus, elle se déploie sur une échelle de temps trop lointaine pour faire face efficacement au dérèglement climatique. Enfin, certaines des solutions proposées nécessiteraient une quantité considérable d'énergie pour fonctionner.
La capture de CO2: si nous souhaitions retirer la totalité de nos émissions de CO2 de l'atmosphère, cela nécessiterait une énorme quantité d'énergie.
De plus, il faut se méfier de l'"effet rebond": chaque fois qu'une innovation a permis d'utiliser moins d'énergie ou de matière, on a eu tendance à augmenter la consommation. Un exemple historique de ce phénomène est celui observé par l'économiste britannique Jevons. Après l'invention de la machine à vapeur par James Watt, la consommation de charbon en Angleterre a connu une forte augmentation.
Cette hausse de la consommation était principalement due à la généralisation de l'utilisation de la machine à vapeur dans les usines. Bien que la machine à vapeur ait été conçue pour être plus efficace et économiser du charbon, son adoption massive a conduit à une demande accrue de charbon, annulant ainsi les gains d'efficacité escomptés.
Dans son sixième rapport, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) mentionne effectivement l'utilisation de technologies parmi les solutions possibles. Cependant, cela concerne principalement la capture des émissions que nous ne pouvons pas réduire en étant plus économes. Les technologies ne pourront donc être utilisées que pour parcourir les derniers mètres du long chemin vers la neutralité carbone, moins de 10% de nos émissions.
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Les scientifiques manipulent les données – FAUX
L’ARGUMENT – L'argument selon lequel le Groupe d'expertise intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) serait un collectif idéologique truquant les chiffres pour montrer un réchauffement artificiel de la planète est infondé.
LES FAITS – Les faits révèlent que cette idée de manipulation à grande échelle pour tromper le grand public a été créée en 2009, lorsque les Etats de la planète s’apprêtaient à convenir d’importantes réductions d’émissions. Des courriels de l'unité de recherche en climatologie (CRU) de l'Université d'East Anglia au Royaume-Uni, très impliquée dans les travaux du GIEC, ont été piratés et rendus publics sous forme tronquée.
Les médias à sensation ont alors qualifié cet événement de "Climategate", bien que le contenu supposément scandaleux des échanges n'ait pas été démontré.
Un des passages les plus critiqués provient d'un courriel du directeur du centre de recherche climatique de Norwich, Phil Jones, où il mentionne une "astuce" à "ajouter aux températures réelles" pour "masquer le déclin". Ce courriel a été présenté comme une preuve de manipulation des données et donc une reconnaissance de fraude.
Cependant, il convient de préciser que Phil Jones expliquait simplement sa méthodologie pour corriger une erreur. En l'occurrence, il s'agissait de masquer une fausse baisse des températures causée par un biais de mesure: depuis les années 1960, les cernes des arbres en haute altitude ne permettent plus de refléter précisément les températures relevées par les thermomètres, indiquant des températures plus basses qu'elles ne le sont réellement. Le CRU a donc ajusté les données en les comparant à celles des thermomètres afin de corriger la courbe. Cette correction vise à être plus fidèle à la réalité.
D'autres échanges similaires ou rectifications de données ont été abusivement exploités par les partisans d'un grand complot du GIEC. Cependant, ces allégations ont été réfutées.
En 2010, après une étude détaillée de toutes les accusations conspirationnistes basées sur ces échanges professionnels, une commission d’enquête indépendante appeléea conclu qu'elle n'a trouvé "aucune preuve de comportement susceptible de remettre en question les conclusions des rapports du GIEC".
Elle reconnaît que les scientifiques du CRU auraient pu faire preuve de plus de transparence, mais elle affirme que "leur rigueur et leur honnêteté ne sont pas remises en question".
Il est trop tard pour arrêter le dérèglement climatique – EXAGÉRÉ
L'ARGUMENT – Certains affirment qu'il est déjà trop tard pour lutter contre les effets du dérèglement climatique, propageant des messages apocalyptiques sur les réseaux sociaux, notamment sur TikTok, comme celui selon lequel "tout se terminera dans dix ans" et que "rien ne pourra être fait pour sauver la planète".
LES FAITS – les faits montrent qu'arrêter immédiatement le réchauffement climatique est impossible. Les gaz à effet de serre émis aujourd'hui ont une longue durée de vie dans l'atmosphère, allant de douze ans pour le méthane à plus de 100 ans pour le dioxyde de carbone et le protoxyde d'azote.
Le, un groupe international d'experts sur le climat, a étudié l'évolution de la température à la surface du globe en fonction de différentes réductions d'émissions. Il a démontré qu'en réduisant massivement nos émissions dans les prochaines années, il est possible de stabiliser rapidement l'augmentation des températures et même de l'inverser à partir du milieu du XXIe siècle.
, climatologue et professeure à l'Université de Neuchâtel et à l'Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage, souligne que nous avions des indications claires de ces changements aux alentours de 2020. Sur les ondes de la RTS, elle reconnaît que la situation actuelle est plus sévère que ce que les scénarios avaient prévu, en raison de l'ampleur des émissions de gaz à effet de serre.
En somme, bien que la situation climatique soit préoccupante, il est encore possible d'agir de manière significative en réduisant massivement les émissions afin de stabiliser et inverser les effets du dérèglement climatique. De plus, chaque dixième de degré compte. Un monde à 1,5°C ou 2°C, c'est environ 60% de risques d’étés caniculaires en plus, 62% d'incendies en plus ou encore 41 millions de personnes en Europe centrale exposées à une pénurie d'eau.
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Où en est la Suisse en termes de politique climatique?
La Suisse s'est engagée à réduire de 50% les émissions de gaz à effet de serre sur son territoire d'ici à 2030 par rapport à 1990, pour atteindre la neutralité carbone à l'horizon 2050.
Le loi climat acceptée en juin 2023 prévoit des mesures d'incitation pour atteindre cette neutralité à temps. Par exemple, 1,2 milliard pour les entreprises qui développeront des technologies respectueuses du climat, comme des systèmes de filtration du CO2.
Ce texte vise également à centrer la production d'énergie principalement sur l'hydraulique et le photovoltaïque avec un soutien de l'éolien, du solaire thermique, du biogaz et de la biomasse.
Des mesures incitatives existent également au niveau cantonal, pour soutenir les propriétaires dans l’assainissement énergétique de leur logement, par exemple.
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Tout seul, je ne peux rien faire face au dérèglement climatique – EXAGÉRÉ
L'ARGUMENT – Face à la Chine, qui participe à 27% des émissions mondiales, des Etats-Unis (15%) et de l'Union européenne (9,8%), les gestes individuels ne changeront rien.
LES FAITS – La réponse au changement climatique nécessite une action collective et politique.réalisée par le cabinet de conseil Carbone 4 en juin 2019 a évalué l'impact de l'action individuelle par rapport à l'action collective. Elle conclut que l'action individuelle seule ne permettrait de réduire nos émissions de gaz à effet de serre que de 20% à 45%.
Les auteurs de l'étude soulignent que même si chaque individu adoptait des comportements "héroïques", cela ne suffirait pas à atteindre l'objectif de l'accord de Paris de limiter le réchauffement climatique à 2 °C.
Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat () est très clair à ce sujet. Selon lui, pour limiter le réchauffement planétaire à 1,5°C, il est nécessaire de modifier rapidement, radicalement et de manière sans précédent tous les aspects de notre société.
L'objectif est de réduire les émissions de CO2 de 45% d'ici 2030 par rapport à leur niveau de 2010, et d'atteindre la neutralité carbone vers 2050, ce qui signifie compenser les émissions en éliminant le CO2 présent dans l'atmosphère.
Pour atteindre ces objectifs, des actions doivent être entreprises à tous les niveaux. Les décisions politiques et les entreprises ont un rôle crucial à jouer en remplaçant, par exemple, les sources d'électricité fossiles par des énergies renouvelables. Les individus ont également leur part de responsabilité, comme le souligne le cabinet. Chaque personne vivant en Suisse peut contribuer davantage à la réduction que si elle vit en Chine.
Le WWF suisse propose un "", c'est-à-dire évaluer les gestes quotidiens et les habitudes de vie qui génèrent le plus de gaz à effet de serre (comme les transports, l'alimentation, le chauffage, etc.).
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Les températures ont toujours varié au cours de l'histoire – VRAI, MAIS FAUX…
L'ARGUMENT – Les variations de température actuelles ne seraient pas exceptionnelles et dues à des facteurs naturels, l'augmentation de plus d’un degré en un siècle serait normale.
LES FAITS – Le climat a toujours connu des fluctuations causées par divers facteurs tels que l'orbite de la Terre, les variations d'activité solaire, la dérive des continents et l'activité volcanique. Cependant, les températures extrêmes accumulées sont clairement un signe de changement climatique, explique, professeure de climatologie à l'Université de Neuchâtel, sur les ondes de la RTS.
Les données scientifiques contredisent l'idée que les variations climatiques actuelles sont principalement causées par des facteurs naturels. L'énergie solaire s’est en réalité plutôt réduite depuis les années 1960, ce qui aurait dû entraîner un très léger refroidissement de la Terre. Or, toutes les mesures indiquent le contraire: les températures augmentent depuis cinq décennies en corrélation avec l'augmentation du dioxyde de carbone (CO2) dans l'atmosphère.
Le consensus scientifique est sans équivoque sur l'origine anthropique du réchauffement climatique. Plus deà travers le monde partagent cette analyse, dont la Société américaine de météorologie, la Fondation européenne de la science et les académies des sciences de divers pays. Les revues scientifiques montrent un niveau de consensus de plus de 97% depuis de nombreuses années, depuis 2019 sur la base de 11'602 articles scientifiques validés par des pairs.
"Il est sans équivoque que l'influence humaine a réchauffé l'atmosphère, l'océan et les terres", résume le rapport 2021 du Groupe d'expertise intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC).
Lesdétaillent qu'il existe "une relation quasi linéaire entre les émissions anthropiques cumulées de CO2 et le réchauffement planétaire qu’elles provoquent". Concrètement, selon l'estimation jugée la plus fiable, chaque "tranche" de 1000 gigatonnes de CO2 provoque une élévation d'environ 0,45°C à la surface du globe. Un verdict qui relève "de preuves, non d'opinions", .
EN SUISSE – Aujourd'hui, il fait nettement plus chaud qu'auparavant. Les températures ont augmenté de 2,5°C ces 150 dernières années, soit bien plus que la moyenne mondiale. Le XXIe siècle a enregistré neuf des dix années les plus chaudes depuis le début des mesures. Les fortes précipitations sont devenues plus fréquentes et plus intenses.
Evolution du climat observée en Suisse. [Office fédéral de météorologie et climatologie MétéoSuisse]
L'une des conséquences de ce réchauffement est une augmentation de la fréquence et de l'intensité des canicules. D'autre part, le volume global des glaciers alpins a diminué de 60% depuis le milieu du XIXe siècle.
Le nombre annuel de jours de neige à toutes les altitudes s'est réduit de plus de quarante depuis 1970. Au-dessous de 800 mètres, il neige deux fois moins qu'auparavant. La période de végétation dure de deux à quatre semaines de plus que dans les années 1960.
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La Chine ne fait pas assez d'efforts – VRAI, MAIS…
L'ARGUMENT – L'argument avancé est que la Suisse est un petit pays et que même si toute sa population adoptait des pratiques écologiques, ces efforts seraient inutiles à l'échelle mondiale, compte tenu de la pollution importante générée par des pays tels que les États-Unis et la Chine.
LES FAITS – Les faits montrent que la Chine est actuellement le plus grand émetteur de gaz à effet de serre au monde. En 2021,dans l'atmosphère 11,47 milliards de tonnes de CO2, principalement en raison de son utilisation intensive du charbon. En comparaison, la Suisse émet 34,93 millions de tonnes de CO2 sur son territoire.
Il est néanmoins crucial de souligner que les pays occidentaux ont externalisé leurs industries les plus polluantes en Chine. Par conséquent, le téléphone sur lequel vous lisez peut-être ces mots a très probablement été fabriqué là-bas.
Il a été produit pour vous et vous l'utilisez en Suisse, mais les émissions de gaz à effet de serre générées lors de sa fabrication sont comptabilisées dans le pays d'origine. Lorsque l'on attribue les émissions des biens à leurs lieux de consommation, "elles ont tendance à augmenter dans les pays à revenu élevé tels que les États-Unis et l'Union européenne (respectivement de 6% et 14%), et à diminuer dans des pays comme l'Inde ou la Chine (respectivement de 9% et 10%)", comme le souligne.
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Le CO2 disparaît de l'atmosphère en cinq ans – FAUX
L'ARGUMENT – Les sites de désinformation mentionnent que le dioxyde de carbone (CO2) resterait dans l'atmosphère pendant cinq ans.
LES FAITS – Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) indique que le CO2 reste dans l'atmosphère pendant plus de 100 ans. Selon la, le CO2 peut rester dans l'atmosphère entre 300 et 1000 ans. Ces différences s'expliquent par la complexité de l'estimation de la durée de présence du CO2, en raison du processus de déplétion (disparition progressive) qui est difficile à évaluer.
L'explique que certaines parties du CO2 en excès sont rapidement absorbées, par exemple, par la surface de l'océan, mais une partie reste dans l'atmosphère pendant des milliers d'années, principalement en raison du transfert lent du carbone vers les sédiments océaniques. Selon l'océanographe , environ 25 % du CO2 d'origine fossile reste indéfiniment dans l'atmosphère.
Il est également important de noter que le CO2 n'est pas le seul gaz à effet de serre (GES); il y a également le méthane (CH4), le protoxyde d'azote (N2O) et les halocarbures (CFC et HFC). Le méthane reste dans l'atmosphère pendant environ une douzaine d'années, le protoxyde d'azote un peu plus de 100 ans, tandis que les halocarbures peuvent y rester de moins d'un an à plusieurs siècles voire milliers d’années.
De plus, les émissions de GES ont un effet cumulatif: leur concentration dans l'atmosphère a augmenté de manière exponentielle ces dernières décennies, loin d'une prétendue disparition en cinq ans.
De toute façon, les océans absorbent le CO2 – EXAGÉRÉ
L'ARGUMENT – La désinformation prétend que les concentrations de CO2 dans l'atmosphère ne sont pas si préoccupantes, car les océans absorbent une grande partie, voire de plus en plus, de ce gaz.
LES FAITS – Les océans jouent en effet un rôle majeur dans l'absorption du CO2 atmosphérique. On estime qu'humaines de dioxyde de carbone, ce qui leur a valu le surnom de " ".
Cela contribue à atténuer le dérèglement climatique d'origine humaine. Cependant, ce phénomène a ses limites.
En réalité, l'absorption excessive de CO2 par les océans entraîne leur acidification. Le pH des océans, qui est actuellement d'environ 8, a diminué de 0,1 depuis le XVIIIe siècle, et on redoute qu'il atteigne 7,5 d'ici la fin du XXIe siècle. Cette acidification pourrait entraîner la disparition de nombreuses espèces océaniques et de récifs coralliens, perturbant ainsi les écosystèmes.
Par ailleurs, la capacité d'absorption des océans est menacée par le changement climatique lui-même, selondatant de 2015. Une augmentation de 2°C à 3°C de la température des eaux de surface réduit de quelques pour cent la solubilité du CO2, et donc la capacité de l'océan à absorber ce gaz carbonique.
Les activités humaines ne sont pas responsables du dérèglement climatique – FAUX
L'ARGUMENT – Le CO2 n'est pas un gaz à effet de serre vraiment puissant et les activités humaines ne produisent pas de réchauffement.
LES FAITS – Selon la climatologue, sur Franceinfo, il est "indiscutable" que les activités humaines sont responsables du réchauffement climatique. Ces activités impliquent l'utilisation de combustibles fossiles et entraînent l'émission de gaz à effet de serre, qui retiennent une partie de l'énergie solaire.
A l'échelle mondiale, le secteur de la production d'électricité est celui qui contribue le plus aux émissions (34%), suivi par l'industrie (24%), l'agriculture, les forêts et l'utilisation des terres (22%), les transports (15%) et la construction (6%), selon le GIEC.
La concentration du CO2 dans l'atmosphère augmente constamment depuis des décennies. Au 8 mars 2023, elle a atteint 421 parties par million (ppm), d'après l'. C'est le niveau le plus élevé depuis "au moins deux millions d'années", déplore le GIEC .
Planter des arbres va nous sauver – EXAGÉRÉ
L'ARGUMENT – Lorsque vous effectuez des achats, il est possible que vous ayez déjà été encouragé à "compenser vos émissions" en plantant des arbres. On vous propose alors, moyennant finances, de contribuer à absorber les gaz à effet de serre que vous émettez.
LES FAITS – Les faits sont les suivants : lorsqu'un arbre pousse, il absorbe le CO2 présent dans l'atmosphère et le stocke, agissant ainsi comme un "puits de carbone".
La reforestation fait donc partie des solutions pour limiter le réchauffement climatique. Le(Groupe d'expertise intergouvernemental sur l'évolution du climat), souligne d'ailleurs que c'est l'une des options actuellement les plus efficaces pour atténuer nos émissions.
Cependant, cette solution ne peut que "compenser les émissions résiduelles difficiles à éliminer", telles que celles provenant des secteurs dépendant des énergies fossiles (pétrole, gaz et charbon). "Il faudrait 4,5 planètes pour absorber la totalité de nos émissions annuelles en plantant des arbres", souligne le média spécialisé.
Par conséquent, cela n'est pas suffisant pour résoudre le problème. Il est préférable de considérer ces initiatives comme un complément à un ensemble de solutions à mettre en oeuvre, en commençant par la sobriété.
La nature émet plus de CO2 que les humains – FAUX
L'ARGUMENT – Les humains ne seraient responsables que de 3% des émissions de gaz à effet de serre, tandis que la nature en produirait 97%, ce qui remettrait en question leur contribution au dérèglement climatique.
LES FAITS – Il est difficile de distinguer si une molécule de CO2 est d'origine naturelle ou humaine, à moins d'événements spectaculaires tels qu'une éruption volcanique.
Les dispositifs actuels de mesure de la concentration de CO2 ne peuvent pas faire la distinction entre le CO2 d'origine humaine et celui d'origine naturelle, comme l'a souligné Guido Levrini, responsable du secteur spatial au sein du programme Copernicus à l'Agence spatiale européenne (ESA),.
Cependant, une vaste, confirmée par d'autres travaux, a révélé que les volcans émettent chaque année environ cent fois moins de CO2 que les activités humaines. Ainsi, l'argument selon lequel les activités humaines ne représentent qu'une faible proportion des émissions totales de gaz à effet de serre est infondé.
Un autre aspect à prendre en compte est que la nature et l'atmosphère ont des interactions à deux sens. Bien que l'océan et la végétation émettent du carbone, ils l'absorbent également. Comme l'a souligné François-Marie Bréon, climatologue au Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement (LSCE),, "vouloir mettre les émissions anthropiques au même niveau que les émissions naturelles, en oubliant l'absorption naturelle, c'est de la manipulation flagrante".
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Textes: Caroline Stevan () et Valentin Jordil (RTSinfo.ch)
Conseil scientifique:, professeure de climatologie à l'Université de Neuchâtel et à l'Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage (WSL)