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Il ne me semble pas inutile de rappeler pourquoi les Genevois se retrouvent au Port Noir chaque 1er juin. Ce n'est ni pour "célébrer la libération de Genève" ni pour "marquer la fin de l'occupation française". Les troupes françaises du général Jordy ont quitté la ville depuis quelques mois, le 30 décembre 1813 à 08h du matin peu avant l'arrivée des régiments autrichiens du comte Ferdinand von Bubna und Littitz qui entrent dans la cité de Genève vers 13h30. Les nouveaux “Magnifiques et Très-Honorés Seigneurs Syndics et Conseil de la Ville et République de Genève” érigés en Gouvernement provisoire rédigent alors une proclamation datée du 31 décembre 1813 qui ne sera lue sur les places que le 1er janvier 1814 au matin. En décembre 1813, lorsque sonne l’heure de la restauration de la République, Genève se retrouve isolée, au sein d’une Europe en pleine recomposition suite à l'écroulement de l'Empire de Napoléon 1er. Pour les Genevois, c'est l’heure des choix : L’indépendance dans l’isolement ou le rattachement à la Suisse. C'est la solution suisse qui l'emporte. Alors que magistrats et diplomates s'activent de sorte que les conditions d'admission de Genève dans la Confédération soient remplies, les Suisses font un geste symbolique fort envers Genève. Le mercredi 1er juin 1814, la population genevoise dans une joyeuse effervescence assiste au débarquement pacifique et festif des contingents de Fribourg et Soleure du colonel fribourgeois Louis Girard au Port Noir, lieu situé sur le territoire de la commune de Cologny. Ce débarquement constitue ainsi le prélude hautement symbolique à l'entrée de la République restaurée dans la Confédération suisse. La situation politique évolua rapidement avec le vote de la Diète fédérale du 12 septembre 1814 et le traité d’adhésion de Genève à la Suisse du 19 mai 1815.
Claude Bonard