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Une première église romane se dressa d’abord à Vendôme. La construction de ce vaste édifice, achevé vers la moitié du XIe siècle, ne dura que trente ans. N’en subsistent aujourd’hui que les murs du transept. Au début du XIIIe siècle, l’abbaye de la Trinité devient une halte remarquée, à proximité du tombeau de Saint Martin à Tours, sur la route vers Saint Jacques de Compostelle. L’abbé Renaud IV de Villedieu lance la construction d’une nouvelle abbatiale en lieu et place de l’église romane. La guerre de Cent Ans interrompt momentanément le chantier, qui se termine par la façade et la première travée vers 1500. A la Révolution, l’abbaye et son église sont attribuées à la commune. Les remarquables stalles gothiques sont vendues comme bois de chauffage. Une grande partie sera par bonheur récupérée. Des militaires occupent les lieux, où se côtoient alors manège, écuries et casernements. De nos jours, les bâtiments autour du cloître abritent le musée, l’école de musique et quelques associations culturelles.
L’imposant clocher-campanile (la tour est en effet détachée des autres bâtiments) n’héberge que trois cloches. Les deux plus petites datent de 1854 et sont signées Ernest Bollée du Mans. La cloche no 3 porte l’inscription « Dixième mesure du bourdon ». Le bourdon – parlons-en – porte le prénom d’Antoine. Muette depuis 1993 suite à la rupture de sa bélière, cette remarquable cloche de la période baroque, mais aux partiels étonnamment classiques, redonne enfin de la voix après lancement d’une souscription publique. Son créateur, Jean Aubert de Lisieux, est issu d’une famille de fondeurs qui concurrencèrent leurs confrères du Bassigny par leur talent et leur réputation. Antoine arbore les inscriptions suivantes (en latin) « L’an du seigneur 1700, sous le pontificat d’Innocent XII et le règne de Louis XIV, prince très puissant, Philippe de Vendôme étant chef suprême en France des chevaliers et abbé de ce lieu. J’ai été fondue de nouveau, dotée d’un poids de onze mille livres et décorée du nom d’Antoine qui me fut donné jadis par Antoine de Crevant, abbé. J’arrête la foudre, j’appelle les vivants, je pleure les morts quoique je sois dépourvue d’yeux, de langues et de mains. 1700. »
Le carillon que l’on entend au début de la vidéo est celui de la tour St Martin, distante de quelques centaines de mètres.
-Cloche 1, « Antoine », note la bémol 2 -45/100, diamètre 200cm, poids environ 5’300kg, coulé en 1700 par Jean Aubert, de Lisieux
-Cloche 2, « Pauline-Adèle-Elizabeth », note la bémol3 +-0/100, diamètre 95cm, poids environ 520kg, coulée en 1854 par Ernest Bollée du Mans
-Cloche 3, « Marie-Aglaé », note do4 +25/100, diamètre 75cm, poids environ 270kg, coulée en 1854 par Ernest Bollée du Mans
La3 = 435Hz, déviation en 1/100 de 1/2 ton
|Octave inf||Prime||Tierce min||Quinte||Octave sup|
|Cloche 1||lab1 -63||lab2 -63||si2 -51||mib3 -55||lab3 -45|
|Cloche 2||lab2 -54||lab3 +19||si3 +3||mib4 -35||lab4 +-0|
|Cloche 3||do3 -38||do4 +22||mib4 +22||sol4 -41||do5 +25|
Le bourdon Antoine
Les petites cloches
L’intérieur du vaste clocher. Remarquez l’ancienne roue des sonneurs, permettant d’actionner Antoine au pied sans avoir à monter dans les étages. On distingue aussi l’embrasure de la porte épousant la forme du bourdon qui fut amené par ce chemin. Les anciens battants, l’ancien joug d’Antoine ainsi que la bélière rompue ont été conservés
Au premier plan, le clocher de l’ancienne église St Martin. La tour héberge le petit carillon historique qui entonne tous les quarts d’heure la célèbre ritournelle vendômoise qu’on peut entendre au début de la vidéo
J’adresse mes remerciements les plus chaleureux au Père François Brossier pour son aimable autorisation. Merci également à mon excellent camarade campanaire Dominique « Valdom68 », responsable technique des clochers de Val-de-Travers, pour sa précieuse collaboration.