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Filip Dewinter est député au Parlement belge du parti nationaliste flamand Vlaams Belang. Lionel Baland lui a posé des questions sur les résultats des élections législatives de ce 15 mars 2017 aux Pays-Bas qui voient le parti patriotique et anti-islamisation PVV de Geert Wilders arriver deuxième et un nouveau parti patriotique, Forum pour la Démocratie de Thierry Baudet, entrer au Parlement.
Filip Dewinter, que pensez-vous des résultats des élections ?
Le succès est au rendez-vous pour le PVV de Geert Wilders, mais il est moins important qu’espéré.
Et Forum pour la démocratie ?
La division du courant patriotique n’est jamais bonne pour les résultats, mais l’entrée de ce parti au Parlement néerlandais est positive. J’espère que Geert Wilders et Thierry Baudet arriveront à réaliser une alliance.
Un troisième parti patriotique, VNL (Voor Nederland – Pour les Pays-Bas), n’obtient pas d’élu.
La division n’est pas bonne. Les seuls qui en profitent sont les partis de gauche.
Les résultats du scrutin montrent que les électeurs dispersent leurs voix sur de nombreux partis différents qui peinent à obtenir des scores importants.
La démocratie néerlandaise subit une déroute. Cela montre que les gens n’ont plus confiance dans le système.
Peut-on appliquer des leçons tirées du scrutin néerlandais à de futures élections en Belgique ?
Le PVV de Geert Wilders et le Vlaams Belang sont des partis différents. Le Vlaams Belang est un parti nationaliste flamand alors que Geert Wilders est issu du parti libéral de droite VVD. Le Vlaams Belang est un parti ancien, qui représente la première génération des partis de droite nationale, alors que celui de Geert Wilders est de la troisième génération : le PVV est avant tout opposé à l’islam et à l’immigration, tandis que le Vlaams Belang est un parti nationaliste flamand. Par conséquent, il n’est pas possible de tirer un parallèle entre les résultats obtenus aux Pays-Bas et la situation politique en Flandre.
Et par rapport à la France ?
Le scrutin aux Pays-Bas est proportionnel et il ne peut être comparé au deuxième tour des élections présidentielles en France ou en Autriche qui oppose deux candidats, ou aux élections présidentielles aux États-Unis ou au référendum sur le Brexit. Il faut rester réaliste par rapport aux résultats de la droite nationale. Si vous êtes à 10 % et obtenez 13, 18 ou 11 %, vous devez être satisfait. Ce qui compte, c’est améliorer son score. Lors de ce scrutin, 28 partis sont présents. Dans un tel contexte, il est impossible d’obtenir 20 ou 25 %.
Que penser de l’attitude du centre-droit ?
Les partis de centre-droit réalisent un coup médiatique avant les élections et captent ainsi des votes. Aux Pays-Bas, le VVD du Premier ministre Mark Rutte a marqué des points juste avant élections en s’opposant à la venue d’un ministre turc. Les gens vivent dans une société médiatique et réagissent électoralement par rapport à ce qu’ils ont vu dans les médias lors des derniers jours précédant le scrutin et ont oublié les informations diffusées une année auparavant.
En Autriche, les sociaux-démocrates du SPÖ gouvernent le Burgenland avec les patriotes du FPÖ. Une telle alliance est-elle possible aux Pays-Bas ou en Flandre (Belgique) ?
En Belgique, ce n’est pas possible. Le Vlaams Belang combat les idées des socialistes et ne désire pas s’allier avec eux. Quant à la partie francophone du pays, dominée par les socialistes, elle fonctionne comme la Corée du Nord.
Aux Pays-Bas, une telle coalition est très improbable. Les partis de gauche tels que GroenLinks (écologistes) et SP (gauche de la gauche) ont cependant tenté en partie de couper l’herbe sous le pied du PVV de Geert Wilders en développant dans certains domaines des thèses qui vont dans le sens de celles de ce parti.
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Philippe Randa,
Directeur d’EuroLibertés.
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