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Le procureur genevois Bernard Bertossa s'est prudemment réjoui samedi de l'inculpation de l'ex-dictateur par la justice chilienne. «Un pas important a été franchi en direction d'un jugement», concède le magistrat, qui avait demandé son extradition.
Le général Augusto Pinochet a été inculpé vendredi d'homicide et d'enlèvement par la justice de son propre pays. L'inculpation repose sur la mort de 55 personnes et la disparition de 18 prisonniers lors des premiers mois d'une dicature de dix-sept ans. L'ancien dictateur chilien a été assigné à résidence mais ses avocats ont introduit un recours en annulation.
«Il est un peu trop tôt pour se réjouir de le voir jugé», estime M. Bertossa, commentant la décision du juge chilien Juan Guzman Tapia. «Mais tout pas en direction du jugement d'Augusto. Pinochet est bienvenu.» La prudence du magistrat s'explique par le fait que, dans cette affaire, «il y a eu beaucoup de pas en avant, mais aussi de pas en arrière».
«On ne se faisait pas trop d'illusions» sur la procédure en cours au Chili, a reconnu le procureur. Selon lui, si les Chiliens avaient voulu faire quelque chose avant l'arrestation du général Pinochet en Angleterre, ils auraient eu tout le temps de le faire. «Mais l'épisode anglais aura servi à mettre la pression», analyse-t-il.
Le procureur était à l'origine d'une demande d'extradition transmise par la Suisse à la Grande-Bretagne, après que l'ex-dictateur y eut été interpellé. La justice britannique n'avait pas donné suite aux demandes espagnole, suisse, belge et française.
«Les demandes d'extradition étaient des pis-aller», explique le magistrat. Une inculpation de M. Pinochet par la justice chilienne est, «depuis le départ, la meilleure solution». En Suisse, la plainte se basait sur le cas d'Alexei Jaccard, double national disparu en 1977 en Argentine à la suite d'une opération de la
police secrète chilienne.
swissinfo avec les agences