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Au moment de la votation fédérale du 23 septembre 1990 sur deux initiatives antinucléaires prônant un moratoire sur l'énergie atomique, la Suisse fait partie des pays les plus nucléarisés du monde avec 5 centrales pour 6 millions d'habitants et 40% de son électricité produite par le nucléaire.
Mais le pays est-il vraiment dépendant de l'énergie importée? Est-ce que l'énergie nucléaire est réellement compétitive et sûre? Pourquoi n'y a-t-il pas de volonté politique de lancer des économies d'énergie en Suisse et de développer d'autres sources d'approvisionnement en électricité?
L'émission Tell quel fait le point en trois volets, écoute le point de vue des experts les plus pointus dans le domaine de l'énergie atomique et recueille les avis des écologistes de la première heure comme Daniel Brélaz. Un débat express en une minute après chaque thème fait réagir Jean-Jacques Martin, administrateur délégué de la Société romande d'électricité et Philippe Roch, président du WWF suisse.
La Suisse utilise l'énergie nucléaire pour produire de l'électricité, depuis 1969. Les 5 centrales nucléaires du pays -Beznau I et II, Mühleberg, Gösgen, Leibstadt- ont été mises en service entre 1969 et 1984 sous le régime de la loi atomique de 1959.
Les Suisses ont voté à plusieurs reprises sur la question nucléaire :
Dans les années 70, avec l'émergence d'un mouvement contre le nucléaire civil animé par des préoccupations environnementalistes, l'opposition au projet de Kaiseraugst en 1975 marque un tournant dans la contestation nucléaire en Suisse. Des initiatives sont lancées en 1976, l'une d'elles intitulée Pour la sauvegarde des droits populaires et de la sécurité lors de la construction et de l'exploitation d'installations atomiques aboutit mais est rejetée de justesse en votation populaire le 18 février 1979.
En septembre 1984, deux initiatives Pour un avenir sans nouvelles centrales atomiques et Pour un approvisionnement en énergie sûr, économique et respectueux de l'environnement proposent aux Suisses de renoncer à l'énergie atomique. Les deux projets sont rejetés par 55% pour le premier texte et par 54,2% des voix pour le second.
Le 23 septembre 1990, le peuple rejette l'initiative intitulée Pour un abandon progressif de l'énergie atomique, avec 52,9% de non. Le même jour la votation sur l'initiative populaire Halte à la construction de centrales nucléaires (moratoire) est acceptée avec 54,5% de oui. Cette votation aboutit au gel pour une durée de dix ans des autorisations de construction de centrales nucléaires en Suisse.
En mai 2003, Sortir du nucléaire – Pour un tournant dans le domaine de l'énergie et pour la désaffectation progressive des centrales nucléaires ainsi que Moratoire-plus – Pour la prolongation du moratoire dans la construction de centrales nucléaires et la limitation du risque nucléaire font l'objet d'une votation. Le peuple rejette pour la quatrième fois une sortie du nucléaire avec 66% de voix contre Sortir du nucléaire et 58,4% contre le Moratoire.
En 2008, trois exploitants de centrales nucléaires présentent des demandes d'autorisation générale pour de nouvelles centrales. Le 15 novembre 2010, l'Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN) déclare adéquats les sites de Mühleberg, Beznau et Gösgen.
Suite aux accidents nucléaires de Fukushima au Japon de mars 2011, le Conseil fédéral annonce une suspension des projets de renouvellement des centrales.
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Journaliste: Daniel Pasche, Hubert de Senarclens et Anne Bruschweiler Réalisateur: Pascal Chevalley