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Une protéine "collante" responsable de maladies neurodégénératives comme la maladie de Charcot
LAUSANNE - Des scientifiques de l'EPFL ont mis en lumière les propriétés d'une protéine "collante" détectée dans le cerveau de personnes atteintes de certains troubles neurodégénératifs comme la maladie de Charcot. Cette avancée permet de mieux comprendre le mécanisme sous-jacent et ouvre la voie à de nouvelles thérapies.
Plusieurs maladies neurodégénératives, telles qu'Alzheimer, Parkinson et la maladie de Charcot, également appelée sclérose latérale amyotrophique (SLA), sont dues à des protéines qui s’égarent avant de s’agréger en fibrilles s’accumulant dans des aires cérébrales spécifiques.
Avec des collègues américains, des scientifiques de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) ont découvert un nouveau mécanisme qui explique comment les agrégats deviennent pathologiques et s’étendent à différentes aires cérébrales.
La protéine très instable appelée TDP-43 est suspectée d’être la principale responsable. Les scientifiques ont découvert que les agrégats de TDP-43 qui se forment dans le cerveau ne sont pas implicitement pathogènes jusqu’à ce qu’ils révèlent leur noyau "collant", selon ces résultats publiés dans la revue Nature Neuroscience.
Inhiber les enzymes responsables
Le mécanisme a été identifié par cryomicroscopie électronique. Les chercheurs ont constaté que les surfaces de ces agrégats de TDP-43 doivent d’abord être clivées par des enzymes pour révéler des surfaces collantes cachées. Ce sont ces dernières qui attirent les protéines TDP-43 normales et provoquent la formation de nouveaux agrégats.
"Cette découverte a été facilitée par notre capacité à développer une nouvelle méthode de production de fibrilles, en laboratoire, qui partagent des caractéristiques morphologiques et structurelles avec celles trouvées dans le cerveau de patientes et patients atteints de SLA", explique Senthil T. Kumar, de l'EPFL, principal auteur de l’article, cité lundi dans un communiqué de la haute école.
Selon les auteurs, l’inhibition des enzymes responsables du clivage du filament de TDP-43 pourrait être une stratégie thérapeutique valable pour ralentir la formation des agrégats et empêcher leur propagation dans le cerveau, freinant ainsi la progression de la maladie. De nouvelles études vont être menées dans des modèles cellulaires et animaux de la SLA.
Le 5 Juin 2023. Sources : Keystone-ATS. Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay ou Pharmanetis Sàrl (Creapharma.ch).