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Né à Barcelone en 1893, Federico Mompou est aujourd'hui considéré comme l'un des compositeurs les plus atypiques du XXe siècle. A l'écart de toute école, il a su bâtir patiemment une oeuvre reconnaissable entre toutes par sa générosité mélodique et sa saveur harmonique, par sa nostalgie et sa concision. Cet ouvrage est l'occasion de découvrir la personnalité tendre et attachante qui se cache derrière le caractère discret de celui en qui l'on vit un successeur de Debussy ou que l'on surnomma Frédéric II en référence à un Chopin avec lequel il partagea bien des traits.
Vinteuil est le musicien le plus célèbre de la littérature française. « Le » musicien d'A la recherche du temps perdu, l'auteur de la fameuse sonate, celui qui a une fille lesbienne et sacrilège... Il demeure pourtant un grand inconnu, puisque Marcel Proust ne donne que de très rares informations à son sujet. Son nom est plus célèbre sa vie. Sa vie, précisément. A partir du peu que raconte Proust, et, plus encore, de ce qu'il ne raconte pas, La vraie vie de Vinteuil imagine quel a été le parcours de ce mystérieux compositeur. Sa vraie vie. Celle que l'auteur de La Recherche n'a pas connue. A-t-il eu connaissance de tout ? Ce grand espion n'aurait-il pas manqué d'informations ? A-t-il par exemple su que Vinteuil est le fils illégitime du curé de Combray ? Et tant d'autres secrets ?
Se fondant sur l'histoire politique et musicale du XIXe siècle que Jérôme Bastianelli connaît particulièrement bien, lui qui a écrit les biographies de Bizet et de Mendelssohn, son roman raconte dans quelles conditions Vinteuil a été amené à écrire sa si novatrice Sonate pour violon ; comment sa fille a rencontré la sulfureuse amie avec qui elle a entretenu une liaison scandaleuse ; comment le jeune Proust en est arrivé à s'intéresser à lui. Musique, littérature, révolution de 1848, guerre de 1870 : la vie artistique et politique de la France forment l'arrière-plan du portrait de cet artiste incompris à qui il est enfin rendu justice.
Un premier roman brillant et surprenant, qui, si on n'a pas lu Proust, peut se lire comme la biographie imaginaire d'un grand musicien et qui, si on l'a lu, se révèle comme une délicieuse interprétation critique d'un des plus grands romans du XXe siècle, que n'aurait pas reniée Marcel Schwob, l'auteur des Vies imaginaires.
Entre 1899 et 1906, Marcel Proust consacre l'essentiel de son temps à l'étude des textes de John Ruskin (1819-1900). Ce penseur britannique, à la fois critique d'art et réformiste social, a laissé une oeuvre monumentale dont le jeune écrivain va nourrir ses réflexions sur la place de l'art dans la vie, la symbolique de l'architecture gothique, la prédominance de la sensation sur la réflexion ou les mécanismes de la mémoire involontaire.
Enthousiasmé par ces découvertes, Proust publie de nombreux articles sur Ruskin et traduit deux de ses livres: La Bible d'Amiens et Sésame et les Lys. Le premier est une célébration historique et littéraire de l'une des plus belles cathédrales de France. Le second réunit deux conférences de Ruskin, l'une sur la nécessité fondatrice de la lecture, dont il déplore la désaffection chez les Anglais; l'autre sur la place de la femme dans une société en pleine mutation, entre tradition et industrialisation.
Plus encore qu'une traduction, le travail minutieux de Proust, accompagné d'une annotation abondante, procède d'une véritable confrontation avec la pensée originale de Ruskin. Proust élabore par là son univers en développant ses propres idées sur l'art, la lecture et le style. La présente édition réunit pour la première fois l'ensemble des textes que Ruskin lui inspira. Enrichis de commentaires, ils mettent en évidence les liens avec sa grande oeuvre à venir, À la recherche du temps perdu, dont ils constituent en quelque sorte la genèse.
C'est ainsi qu'à travers Ruskin on assiste à l'invention de Proust par lui-même.