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La bibliothèque intercommunale se trouve dans une ancienne maison de la ville médiévale de Grandcour. Au début du XVIIIème siècle, elle abritait le four communal.
Sur le plan cadastral de 1726, on remarque qu’elle a déjà ses dimensions actuelles.
Bâtiment entièrement construit en pierre, ce four atteste de l’importance de la petite bourgade, les autres fours des localités voisines étaient rarement des bâtiments à deux étages.
Puis alors, que certains particuliers obtiennent le droit de cuire leur pain dans des fours privés, le four communal réduit ses activités.
C’est peut-être à ce moment que l’on a aménagé deux cellules au premier étages, remplaçant ainsi une ancienne prison qui se trouvait à côté de l’Hôtel de Ville. Heureusement, la prison était rarement utilisée à des fins carcérales, et c’est plus en tant que lieu d’accueil rudimentaire pour voyageurs, colporteurs et autres mendiants que ces locaux ont surtout servi dès la fin de l’Ancien Régime.
C’est donc là que la commune de Grandcour hébergeait ses gens de passage, leur offrant le gîte selon l’ancienne coutume de la passade.
Vers la fin du XIXème siècle, alors que des boulangers construisent des fours privés, le rez-de-chaussée change d’affectation et devient abattoir communal, qui restera en activité jusque vers 1996-1997, où quelques rares familles y débitent encore les bêtes qu’ils ont fait tuer ailleurs.
Au premier étage, la moitié nord (les cellules et le local de garde) est peu à peu désertée dès la fin du XXème siècle alors que la moitié sud, non-excavée, est aménagée pour les loisirs des enfants et adolescents en devenant le local des Cadets (UCJG) au début des années soixante. Hélas, un incendie, dû à une négligence, endommage sérieusement ce local vers 1975 ; les cadets de Grandcour cessent leurs activités peu après, les derniers fidèles rejoignant le groupe de Payerne.
Grâce à la volonté de quelques mamans et au soutien des communes de Grandcour, Missy et Chevroux, une sympathique bibliothèque, la Passade, est inaugurée en 1981 au premier étage, pour le plus grand plaisir des petits et des grands.
Dès lors, La Passade ne va cesser de grandir par étapes dans la maison et elle est heureuse aujourd’hui d’offrir à ses lecteurs une nouvelle pièce, gagnée au rez-de-chaussé dans l’ancien abattoir.
Ainsi depuis des siècles, cette belle maison de pierre reste une maison publique où l’on passe pour se nourrir, autrefois le corps, aujourd’hui l’esprit.
L’initiative de créer une bibliothèque au coeur de Grandcour revient à un groupe de dames entreprenantes et passionnées.
Les municipalités concernées ont accordé leur soutien à cette entreprise culturelle qui allait agrémenter la vie sociale de trois villages. La commune de Grandcour a mis à disposition et aménagé une partie du premier étage de l’ancien four communal, anciennement local des cadets.
C’est dans ce lieu que la bibliothèque a pu ouvrir ses portes pour la première fois en novembre 1981, grâce à l’enthousiasme de ces dames, ainsi qu’au soutien de généreux donateurs.
Le succès fut au rendez-vous et un premier agrandissement des locaux s’est rapidement avéré nécessaire. Ce fut réalisé en 1987 avec la bonne collaboration des autorités communales. Lors de cette étape, la bibliothèque a pu s’étendre sur la totalité du premier étage, incorporant la partie qui était à la fois prison et passade au 18ème siècle et dont le cachet reste unique.
C’est finalement en 2003 que la Passade prendra sa forme actuelle et s’étend désormais sur les deux étages du bâtiment.
Hier comme aujourd’hui, les bénévoles oeuvrant au sein de la bibliothèque, s’efforcent de satisfaire les lecteurs de tous âges par l’acquisition régulière de nouveautés. Car, et nous en sommes persuadés, le livre reste source et outil de réfection, d’instruction et de détente. Il est une invitation au voyage et stimule l’imaginaire, mieux que n’importe quelle source audiovisuelle ne saurait le faire.
AUJOURD’HUI
Près de 8’000 ouvrages sont à disposition de nos lecteurs. Une offre vaste est variée où chaque goût littéraire devrait y trouver son bonheur.
En 2011, année du 30ème anniversaire, nous avons remanié entièrement notre espace BD, documentaires et livres jeunesse en renouvelant une bonne partie des collections trop usagées.
Cette année là a également vu la naissance d’un site internet. Toutes nos nouveautés, résumés, critiques et coups de coeur sont ainsi visibles d’un clic de souris.
Parce qu’une bibliothèque doit également être un lieu d’échange et de partage, nous organisons depuis deux ans des rencontres café-croissant et des soirées littéraires avec des auteurs romands. Après un départ en demi-teinte, ces rencontres connaissent aujourd’hui un succès grandissant.
Nous avons eu le privilège de recevoir les auteurs suivants :
Notre principale source de motivation sont nos jeunes. Leur faire découvrir et aimer la lecture, soutenir l’apprentissage de l’écriture.
Pour les plus petits, nous nous sommes affiliés au programme «Né pour lire». Des rencontres parents-enfants ont lieu régulièrement. L’objectif de ces rencontres est de sensibiliser les parents à l’importance de dialoguer avec leurs jeunes enfants, de leur raconter des histoires et de découvrir les livres avec eux.
Les visites de classes sont également un élément importants dans l’approche de la lecture. Malheureusement, pour des raisons de frais liés aux transports, certains enfants de nos communes en sont privés.
Il y a tout juste 30 ans, la lecture allait de soi. Parents et enfants s’offraient encore le temps de s’évader, de rêver. Aujourd’hui la vie s’articule autour des smartphones. Un cocon de solitude, sans échange constructif.
« Un enfant a faim et soif. Il a besoin de soleil et de pluie, de bras tendres et d’amour. Il a besoin qu’on lui parle et qu’on l’écoute. Depuis toujours il reconnaît la voix des personnes qui l’entourent. Quand on lui raconte une histoire, un souvenir, un rêve, quand on lit un livre avec lui, c’est comme une musique. Cela lui donne envie de comprendre, de parler, de grandir… » (Citation tirée du site www.nepourlire.ch)
Le constat est amer. La maîtrise de la langue, de l’orthographe s’amenuise année après année. L’accès à la lecture et à l’écriture est un droit à défendre. Savoir lire et écrire ouvre la porte à de nouvelles libertés familiales, sociales, culturelles et politiques.
« Améliorer ses compétences en lecture et écriture, c’est avoir une meilleure confiance en soi, devenir autonome, pouvoir s’intégrer, accéder à l’information, développer sa culture générale… » (Extrait de l' »Enquête des participants », menée par l’Association Lire et Ecrire en 2010)
Pour toutes les raisons susmentionnées, le comité de la Passade a lancé le projet d’un salon du livre jeunesse et littérature romande.
Le Salon du livre jeunesse présente la particularité de s’adresser principalement aux enfants et adolescents et à leurs parents. Il les invite à venir bouquiner, rencontrer des auteurs et des illustrateurs, assister à des conférences sur le livre et la lecture ou simplement flâner dans un univers livresque. Les journées de vendredi et de lundi s’adressent uniquement aux élèves des communes voisines, alors que les journées du samedi et dimanche sont ouvertes au tout public.
Au-delà de la littérature jeunesse, nous souhaitons également offrir une large place à la littérature romande. La Suisse romande compte de nombreux auteurs de talents, dont on parle malheureusement trop peu.
En septembre 2016, la Bibliothèque de la Passade organisera la première édition de ce salon. En cas de succès, cet évènement devrait être reconduit tous les deux ans.