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En dehors des pneumonies, les infections des voies aériennes inférieures ont une évolution le plus souvent spontanément favorable, et le rôle des antibiotiques dans leur prise en charge n’est pas bien précisé. Une méta-analyse récente de la Cochrane ayant inclus essentiellement des études de faible niveau méthodologique a conclu à un possible bénéfice symptomatique modéré des antibiotiques. Dans ce contexte, le but des auteurs de cette étude multicentrique, randomisée et contrôlée, était de préciser l’impact de l’antibiothérapie sur les symptômes, en incluant plus de 2000 adultes consultant un médecin de premier recours pour une possible infection aiguë des voies aériennes inférieures. Après exclusion d’une pneumonie – sur des critères cliniques – les patients ont été randomisés entre un traitement d’amoxicilline pour une durée de sept jours et un placebo, administrés en double aveugle. L’issue principale a été la durée des symptômes jugés comme modérément sévères ou en aggravation, sur la base d’une évaluation journalière par les patients eux-mêmes. Dans ce collectif, le traitement par amoxicilline n’a pas permis de modifier significativement l’évolution symptomatologique de l’infection, permettant de conclure à l’absence de bénéfice du traitement.
Commentaire : Cette étude pragmatique et centrée sur les symptômes met donc en doute l’utilité d’une antibiothérapie dans ce contexte, mais elle mérite quelques commentaires. Les patients ont été recrutés dans des réseaux de médecine de premier recours, avec un faible taux d’inclusion (environ un patient par semaine par réseau) pour une pathologie fréquente, ce qui suggère une certaine sélection des patients. Ceci est explicable par les critères d’inclusion exclusivement cliniques, certes pragmatiques, mais excluant de fait probablement les patients les plus symptomatiques. D’autre part, le critère de jugement primaire de l’efficacité, bien que parfaitement adéquat, a été évalué qualitativement par les patients de manière un peu grossière et sur une base peu standardisée. Malgré ces limitations, cette étude renforce l’idée d’un intérêt limité de l’antibiothérapie dans les infections aiguës de voies aériennes inférieures, après exclusion d’une pneumonie. Les auteurs ont également fait une analyse de sous-groupe différenciant les patients de plus de 60 ans, sans preuve supplémentaire de bénéfice. Si le message – ici renforcé – de l’absence d’effet symptomatique bénéfique des antibiotiques semble avoir passé chez les praticiens, il reste difficile à faire accepter à des patients toujours demandeurs de ce type de traitement. Il faut donc rappeler que l’antibiothérapie n’est pas sans effets indésirables, étant associée à l’émergence de résistances et à des coûts importants, qui compensent largement ses hypothétiques effets bénéfiques dans une pathologie bénigne.