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Au moment où la bataille de Stalingrad fait basculer la Seconde Guerre mondiale en laissant entrevoir l'imminence d'une victoire des Alliés sur l'Axe, un grand débat s'ouvre en Suisse à propos de l'URSS. Il s'agit de réexaminer les relations entre l'État fédéral et l'Union soviétique à la lumière des récents événements. Des milieux de plus en plus larges réclament un établissement de relations officielles avec l'URSS, que ce soit pour inscrire la Suisse dans les relations internationales issues de la guerre ou pour ouvrir à l'économie helvétique le grand marché russe. Dès lors, le régime autoritaire stalinien est évalué en fonction de ces enjeux; la dénonciation des crimes du stalinisme s'en trouve réduite à la portion congrue.
"J'appelle cette image "Ma biographie". Elle pourrait être la biographie de chaque survivant de la Shoah. Nous avons ici la moitié supérieure, qui est vide. On voit que les lettres sont tombées, l'ordre est annihilé. C'est ainsi que j'explique l'époque de Hitler, les années 1933 à 1945 (...). L'Alef en haut à droite regarde en grande partie hors du cadre dessiné. Il a donc pu se sauver du chaos, de la Shoah. Mais son pied est dedans. Cela va le poursuivre durant toute sa vie. Il croit qu'il a pu se sauver. Il est vrai qu'il s'en est sauvé par le corps, mais il s'y trouve toujours par la pensée." (Extrait de l'entretien avec Fischel Rabinowicz, auteur du tableau figurant en couverture de ce livre.)