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Description
Christoph Rösch: Châteaux forts du canton de Soleure – un survol
Mirjam Wullschleger: Altreu – petite ville médiévale au bord de l’Aar
Andrea Nold: Soleure – Vivre et travailler dans la ville de la fin du Moyen Âge et au début de l’époque moderne
Daniel Gutscher: Oberbipp BE: le château de Bipp – «… entièrement pillé et dévasté»
Châteaux forts du canton de Soleure – un survol
Survoler les châteaux soleurois, revient à parcourir des paysages d’une empreinte naturelle et seigneuriale bien distincte. Cela engendre obligatoirement une image hétérogène du patrimoine bâti existant. Les diverses installations doivent être comprises comme une coupe transversale de la construction de châteaux forts du Xe au XVe siècle dans la région du Plateau suisse, du Jura et du Haut-Rhin, qui fut marquée par différentes familles nobles. La ville de Soleure, en tant qu’agitatrice et puissance unificatrice dans l’espace du futur canton, n’apparaît visiblement sur la scène de la construction de châteaux qu’au cours des XVe et XVIe siècles, suivant ainsi les traces des anciennes familles seigneuriales. Seul un château fut transformé en forteresse moderne. Les autres furent adaptés aux besoins de construction et entretenus en tant que sièges baillivaux. L’aménagement privé de châteaux médiévaux en châteaux modernes demeura un phénomène marginal.
Peu après 1900, les ruines de châteaux du canton commencèrent à faire l’objet d’un vif intérêt. Plus récemment, il faut souligner l’activité de recherche de Werner Meyer dans les années 1960/70. Dans le cadre de différentes fouilles, Meyer acquit des connaissances en matière de châteaux forts et des précisions sur les évolutions historiques en particulier, mais il obtint également des résultats importants sur le développement de l’habitat médiéval en général.
Les secteurs situés en contre-bas de la forteresse, entourés de murs, et rattachés au château principal restent largement inexplorés ; ces zones sont encore intactes ou reconnaissables sur des sources iconographiques.
Outre l’évolution architecturale, il faut également penser le château comme un lieu d’habitation avec un aménagement correspondant, mais également comme un centre de production agricole et peut-être artisanale. Les nombreuses fouilles et études historiques permirent de mettre au jour un ensemble de contextes encore partiellement exploités.
Ainsi, la conclusion sans surprise de ce survol est qu’il faut beaucoup de travail de recherche au sol pour élargir les connaissances sur les témoins architecturaux médiévaux marquants.
Altreu – petite ville médiévale au bord de l’Aar
Dans la deuxième moitié du XIIIe siècle, les comtes de Neuchâtel-Strassberg fondèrent la petite ville d’Altreu sur leurs terres au sud de Selzach. Un mur d’enceinte avec un double fossé entourait la zone urbaine de 150 × 120 m. Les habitations orientées vers la ruelle étaient construites en pierre et en bois. La population, estimée à environ 350-450 habitants, se composait d’artisans, de commerçants et d’agriculteurs. D’après la chronique, Altreu fut détruite en 1375. En effet, un incendie catastrophique survenu dans la seconde moitié du XIVe siècle est attesté archéologiquement dans la petite ville. La question de savoir si cet évènement est imputable aux «Gugler», un groupe de mercenaires, reste ouverte. La fin définitive survint en 1389, lorsque la ville de Soleure acquit la seigneurie d’Altreu. Les nouveaux maîtres n’avaient aucun intérêt à reconstruire la petite ville concurrente. Elle fut donc abandonnée et tomba dans l’oubli.
Soleure – Vivre et travailler dans la ville de la fin du Moyen Âge et au début de l’époque moderne
Au Moyen-Âge et au début des temps modernes, Soleure était la plus grande et la plus importante ville du canton de Soleure. Ville libre d’Empire depuis 1409, elle agrandit son territoire entre le XIVe et le XVIe siècle, principalement par des moyens pacifiques, et adhéra à la Confédération en tant que ville-État en 1481. L’église Saint-Ursène, dont la construction remonte au moins au XIe siècle, et les remparts du XIIIe siècle étaient déterminants pour l’image de la ville de Soleure. Outre d’autres grands bâtiments publics et privés, il y avait également trois bains publics. Les bains dit «Krutbadstube» situés au bord de l’Aar, furent construits à la fin du XVe siècle, transformés en 1642 et démolis en 1705. En dehors de l’hygiène, les soins du corps et les soins médicaux constituaient une offre importante de cet établissement et du barbier. D’autres métiers, tels que les tanneurs, les cordonniers ou les fumistes, purent également être mis en évidence grâce à des découvertes et des observations archéologiques.
Oberbipp BE: le château de Bipp – «… entièrement pillé et dévasté»
Avec l’église d’Oberbipp, qui remonte au début du Moyen-Âge, le château de Bipp constituait le centre de la seigneurie de Bipp, longtemps administrée par les comtes de Frobourg, puis de Neuchâtel-Nidau, puis de Kybourg et enfin par Berne. De 1463 à 1798, 62 baillis bernois y résidèrent.
Le château fait partie du groupe des châteaux d’altitude dotés de tour ronde et de palais, un type très répandu dans le nord-ouest de la Suisse. Après avoir été incendié et pillé début mars 1798, le château de Bipp, siège baillival médiéval, fut ajouté à la liste des biens à vendre. Après 1805, il devint une carrière de pierres jusqu’à ce que le politicien bâlois Johann Jakob Stehlin-Hagenbach (1803–1879), dit Stehlin l’Ancien, succombe à l’attrait du site lors de ses nombreux voyages à Berne depuis 1848 et acquiert le château de Bipp en 1852. Son fils, l’architecte Johann Jacob Stehlin-Burckhardt (1826–1894), dit Stehlin le Jeune, construisit à côté des ruines médiévales du château un nouveau bâtiment de style classique néo-gothique de forme angulaire, intégrant délibérément l’ancien bâtiment dans le jardin romantique. Il en résulta une création originale du «Medieval Revival» associée à une conservation ancienne des ruines au sens archéologique, c’est-à-dire respectant l’original et ses vestiges. La ruine ainsi que le bâtiment du château avec ses extraordinaires intérieurs historicistes appartiennent encore aujourd’hui à la même famille et furent restaurés de manière exemplaire par les héritières au cours des dernières années en collaboration avec le service cantonal des monuments historiques et le service archéologique.