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Selon Ned Naylor-Leyland de Jupiter Asset Management, la baisse des taux d'intérêt réels est une bonne nouvelle pour l’or.
Il n’a aucun doute: le changement de cap de la politique monétaire de la Fed sortira le cours du métal jaune de sa torpeur. Compte tenu de la baisse des taux d’intérêt réels, de l’affaiblissement constant du dollar américain, ainsi que du positionnement des autres investisseurs, Ned Naylor-Leyland, responsable de la stratégie pour l'or et l'argent chez Jupiter Asset Management, estime judicieux de diversifier rapidement son portefeuille avec une combinaison de métaux précieux et de valeurs minières. Entretien.
La Réserve fédérale l'a répété à maintes reprises: nous sommes dans une période où l’orientation de sa politique monétaire est négative. Nous avons aussi un locataire Démocrate à la Maison Blanche qui a de très grands projets de dépense. Ces éléments conduiront inéluctablement à une baisse des taux d'intérêt réels, réduisant le rendement qu'un investisseur obligataire peut espérer obtenir après l’inflation. Et c’est une bonne nouvelle pour les cours de l'or et de l'argent. L’affaiblissement constant du dollar américain constitue également un bon signal d’achat pour les métaux précieux. Enfin, n’oubliez-pas que l'or est utilisé par les banques centrales pour se protéger à la fois contre l'inflation et les risques de marchés; la Réserve fédérale, la Bundesbank, la Banque d'Angleterre et Banque populaire de Chine détiennent toutes une proportion importante de leurs réserves totales en or.
Les taux réels négatifs rendent l'or et l'argent plus intéressants en tant que réserves de valeur réelle. Ces actifs diversifient les portefeuilles car ils offrent une protection contre le risque d'une reprise de l'inflation. Des études universitaires montrent qu’une allocation de 2% à 5% d'or, est optimale pour la diversification de portefeuille.
Pour élargir l'ensemble des opportunités potentielles, car si l'or et l'argent sont très proches, ils ont des comportements fort différents. Certains disent que l'argent est le métal des populistes: cela a été vrai tout au long de l'histoire et s'est vérifié lors de la poussée de la demande liée au crédit qui a fait grimper le prix de l'argent et comprimé l'offre à partir de janvier. L'argent a aussi tendance à être plus volatil que l'or. Il est donc logique d'augmenter l'exposition à l'argent lorsque les prix sont en hausse et de la réduire lorsqu'ils sont en baisse dans le cadre d’une gestion active. L'offre des mines d’argent est limitée à environ 800 millions d’onces par an ce qui a entrainé une sous-offre en janvier dans le marché organisé à Londres. A côté de cette demande en investissement pour le métal blanc, s'ajoute celle industrielle qui est en augmentation du fait de son intégration dans les technologies vertes, notamment dans la fabrication des voitures électriques et des panneaux solaires. Notez enfin que l'argent s'échange 80% en dessous de son plus haut niveau historique ajusté à l'inflation de 120 dollars l'once en 1980.
Les investisseurs ne sont pas encore très actifs sur ces deux métaux qui manquent d’élan. De nature grégaire, ils semblent davantage courir après les actions… Ce qui offre une configuration parfaite: les fondamentaux des taux réels sont positifs et le positionnement des investisseurs encore en-dehors de l’or l’est également.
Les sociétés minières que nous suivons ont amélioré leurs performances opérationnelles, car leurs coûts évoluent généralement de façon latérale. Les fusions et acquisitions se sont multipliées en raison de l'épuisement des réserves des principaux exploitants d'or. Les plus grandes sociétés versent des dividendes, et certaines les augmentent. Malgré cela, les actions des mines d'or au Royaume-Uni sont bon marché. Depuis une décennie, elles se traitent au plus bas par rapport au marché des actions britannique sur la base de certains critères de valorisation.