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Ceux qui prennent des suspensions dans le hockey sur glace suisse n'ont rien à craindre: il y a une amende, y compris les frais de procédure, qui peut s'élever à plusieurs milliers de francs. Elle n'est en général pas payée par le club, c'est le joueur qui s'en charge. Mais c'est tout. Et ça n'apporte pas d'amélioration durable dans le comportement d'un jeune homme qui gagne 30 000 francs ou plus par mois.
La preuve? L'attaquant de Zoug Fabrice Herzog, exclu 5 matchs pour un coup de crosse dans la nuque du Fribourgeois Mauro Dufner le 30 octobre dernier, est un multirécidiviste. Depuis 2015, il a déjà été sanctionné 5 fois pour des coups à la tête.
Alors que faut-il faire? C'est simple: quelque chose qui fasse vraiment mal au portefeuille. Parce que ce qui ne touche pas le portefeuille est inefficace. La ligue nord-américaine (NHL) suit donc un principe simple: des suspensions sans salaires. Autrement dit, un joueur n'est pas payé pendant la durée de sa suspension. Ça fait mal. Et c'est juste: si vous gagnez moins, vous perdez moins. Au contraire, ceux qui gagnent davantage perdent davantage. Des sanctions qui permettent d'avoir un effet aussi sur les hockeyeurs millionnaires. Et les caissiers des clubs sont heureux.
Dans le droit du travail en Suisse, il n'est en principe pas permis de réduire automatiquement les salaires en cas de mauvaise conduite. Le système de la NHL n'est donc pas légalement applicable dans notre pays. Dans la prestigieuse ligue nord-américaine, la réduction automatique des salaires est possible parce qu'elle fait partie de la convention collective de travail signée entre la ligue et le syndicat des joueurs. Les règles qui s'écartent du droit du travail y sont définies sur plus de 700 pages.
Dans le hockey sur glace suisse, il n'existe pas de convention collective de travail entre le syndicat des joueurs et la Ligue nationale. Ça signifie que les contrats des joueurs sont soumis au droit du travail «ordinaire». Et cette loi sur le travail interdit non seulement les déductions automatiques de salaire, mais aussi les longues suspensions: un arrêt forcé de 15 matchs est déjà limite.
Il ne s'agit donc plus d'une question de règles du jeu, dans lesquelles les tribunaux civils n'interviennent normalement pas. Mais bien d'une interdiction illégale de travailler. Les revendications populistes demandant de longues suspensions, pour une saison entière par exemple, ne sont pas légalement applicables dans le sport professionnel. De telles suspensions n'existent que de temps à autre chez les amateurs.
Des suspensions qui font vraiment mal et ont un effet seraient aussi dans l'intérêt des joueurs. Elles permettraient de protéger leur santé. C'est là que pourrait devenir plus actif le syndicat des hockeyeurs en Suisse qui, aujourd'hui, n'est guère plus qu'une association de jeunes millionnaires et d'opérette juridiquement édentée. La Ligue nationale sera une société anonyme indépendante à partir de la saison prochaine. Une convention collective de travail entre la plus haute ligue et le syndicat des joueurs serait donc tout à fait possible et aiderait tout le monde. D'autres réglementations pourraient aussi y être intégrées – par exemple, la possibilité d'échanger des joueurs à tout moment en reprenant automatiquement leurs contrats de travail.
3️⃣ enquêtes ont été ouvertes suite aux matchs d'hier et entraînent des suspensions provisionnelles:— MySports_CH_fr (@MySports_CH_fr) February 15, 2021
🚩 F. Herzog pour une charge à la tête contre E. Blum (2 matchs)
🚩 L. Lhoták pour une charge à la bande contre T. Wellinger
🚩 M. Ness pour un coup de coup contre R. Herburger pic.twitter.com/HxiwkWqoLQ
Mais voilà, l'élaboration d'une telle convention collective de travail est juridiquement très exigeante et implique de longues négociations ainsi que beaucoup, beaucoup de travail. On risque d'attendre plus longtemps une convention collective de travail dans le hockey suisse que le premier alunissage d'un astronaute helvétique. Du coup, même si les suspensions de joueurs entraînent régulièrement de l'agitation, de l'énervement et des discussions, elles n'ont pratiquement aucun effet.
Adaptation en français: Yoann Graber
Trois mois après son deuxième anniversaire, Patrizia Kummer chausse pour la première fois des skis. Elle les échangera plus tard contre un snowboard, sur lequel elle devient championne olympique de slalom géant parallèle en 2014. Dans deux semaines à Pékin, elle participera, à 34 ans, pour la troisième fois aux JO.