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Le cumul d’indices de précarité met en évidence des écarts importants selon le type de ménage dans lequel les personnes vivent. Les ménages monoparentaux sont particulièrement défavorisés, tant en termes de situation financière, de conditions de logement précaires, de privations matérielles, que d’insatisfaction par rapport à leurs relations personnelles ou à leur vie actuelle.
En 2018 en Suisse, 20,7% de la population n’était pas en mesure de faire face à une dépense imprévue de 2500 francs dans un délai d’un mois. Les personnes vivant dans des ménages monoparentaux sont de loin les plus touchés (47,6%). Ce type de difficulté financière concerne 26,4% des personnes seules de moins de 65 ans et 22,3% des personnes vivant en couple avec enfants. Seulement 10,9% des personnes de moins de 65 ans vivant en couple sans enfant sont touchées.
Sur une autre dimension de précarité financière, on relève que moins d'un quart (23,3%) des ménages monoparentaux déclare avoir des difficultés à joindre les deux bouts. C’est le cas de 14,8% des personnes seules de moins de 65 ans et 13,2% des ménages vivant en couple avec enfants. Seulement 6,4% des personnes en couple sans enfants déclare avoir ce type de difficultés. Au total, 12,0% de la population en Suisse vit dans un ménage qui déclare avoir des difficultés à joindre les deux bouts.
En plus d’une situation financière particulièrement difficile, les personnes vivant dans un ménage monoparental citent plus fréquemment des problèmes en lien avec leur logement, comme trop d’humidité ou trop de bruit de la rue ou des voisins. Les personnes seules de moins de 65 ans rejoignent les ménages monoparentaux sur les problèmes de bruit du voisinage ou de la rue. Moins d'un quart d’entre elles se plaignent de problèmes de bruit contre près d'un sixième des personnes vivant en couple avec ou sans enfant.
Par ailleurs, le fait de ne pas pouvoir partir au moins une semaine en vacances par année en dehors de son domicile touche presque deux fois plus les personnes vivant dans un ménage monoparental (21,8%) que les personnes seules (12,2%) et deux fois et demie plus que les couples avec enfants (8,8%). Seuls 5,0% des couples de moins de 65 ans sont touchés.
Sur le plan du bien-être subjectif, les personnes de 16 ans et plus vivant dans des ménages monoparentaux sont nettement moins satisfaites de leur vie actuelle ou de leurs relations personnelles que les couples avec enfants.
Même si la situation financière des personnes de moins de 65 ans vivant seules est moins difficile que celle des ménages monoparentaux, les deux se rejoignent en termes d’insatisfaction par rapport à leurs relations personnelles et à leur vie actuelle. Plus d'un cinquième d’entre elles ne sont pas ou que moyennement satisfaites de leur relations personnelles (score de 0 à 7 sur 10) et près de la moitié de leur vie actuelle (45,2%). En termes de bien-être subjectif, le fait de vivre avec un partenaire, avec ou sans enfant, semble prépondérant.