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Le folate a récemment fait les manchettes suite à un article publié dans le Journal of the Federation of American Societies for Experimental Biology en prévision d’une présentation sur le sujet lors d’une conférence. Que disait cette étude? Que des niveaux sanguins de folate et de vitamine B12 plus élevés que la normale chez des femmes qui venaient tout juste d’accoucher seraient associés à une augmentation de l’incidence des troubles du spectre de l’autisme pour leurs bébés. Qu’en est-il vraiment? Est-ce que la supplémentation en folate lors des premiers trimestres est toujours recommandée?
Le folate, ou acide folique, est une des vitamines B, la B9 pour être exacte. La seule différence entre le folate et l’acide folique est que cette dernière est en fait la forme synthétique (celle qu’on retrouve dans les suppléments ou dans les aliments supplémentés), tandis que le folate est la forme naturelle de la vitamine, c’est-à-dire celle que l’on retrouve naturellement dans les aliments.
Les vitamines B, incluant le folate, sont essentielles au bon fonctionnement de plusieurs systèmes dans le corps. Elles sont utilisées par exemple dans le processus de transformation des glucides en énergie, mais contribuent également au bon fonctionnement du système nerveux. C’est pour cette dernière raison que l’on recommande aux femmes enceintes, ou celles qui désirent l’être, de prendre un supplément de folate, afin d’aider le bébé grandissant à développer un système nerveux en santé.
Selon le résumé publié jusqu’à maintenant, les chercheurs ont observé que lorsque les 1400 mères suivies lors de l’étude prenaient des vitamines prénatales, la prévalence d’enfants avec un trouble du spectre de l’autisme (TSA) diminuait. Par contre, ils auraient aussi observé que quand les mères avaient un niveau sanguin élevé de vitamines B9 (folate) et B12 suite à l’accouchement, il y avait une augmentation de l’incidence de TSA chez les enfants.
Il est bon de retenir que les données sont tirées d’une étude d’observation seulement. C’est-à-dire qu’on ne peut pas faire de conclusion de cause à effet sur de haut niveau de folate après la grossesse et l’incidence de l’autisme. Plusieurs autres facteurs peuvent être mis en cause, mais il faudra davantage d’études, idéalement des études de type essais contrôlés randomisés à double aveugle, pour permettre de tirer de telles conclusions.
Malgré cette nouvelle étude, les recommandations pour les femmes enceintes et les femmes qui désirent le devenir restent inchangées. Des dizaines, voire centaines, d’études ont prouvé que la supplémentation en folate, autant dans les produits céréaliers qu’en supplément de vitamine lors de la grossesse, permettait de prévenir des anomalies du tube neural chez les nouveau-nés. Les anomalies du tube neural sont souvent permanentes chez les enfants, et peuvent même être fatales, mais sont facilement évitables s’il y a supplémentation.
Nous savions jusqu’à maintenant que des niveaux trop bas de folate pouvaient avoir des effets dévastateurs sur la santé du bébé, maintenant nous devons peut-être aussi tenir compte des effets d’un trop haut niveau de folate. D’autres études devront être menées pour permettre d’en venir à un consensus sur la meilleure façon de procéder, ne serait-ce que de surveiller de plus proche les niveaux de vitamines B sanguins pendant la grossesse, ou d’établir des doses maximales de supplémentation plus strictes. Une chose est certaine, la solution n’est pas d’arrêter la supplémentation. Nous vous recommandons donc de continuer à prendre les suppléments recommandés par votre médecin.