Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07200.jsonl.gz/1326

Le nouveau conseiller fédéral évitera les conflits d’intérêts. Avant même d’entrer en fonction ce jeudi, il se déleste de son capital industriel.
Depuis mardi, ses quatre enfants se partagent sa participation majoritaire dans Ems-Chemie.
Une page se tourne pour l'entreprise Ems-Chemie à Domat (Grisons). Christoph Blocher s'est séparé de sa participation majoritaire dans la société qu'il avait achetée en 1983.
Le nouveau conseiller fédéral détenait jusqu’ici 73% de l'entreprise de chimie.
Une participation à deux niveaux, indique la société mercredi. Soit 13% directement et 60% par le biais d’une participation à la holding Emesta.
La part désormais transférée revient de manière égale aux quatre enfants du leader charismatique de l’Union démocratique du centre (UDC).
Techniquement, après de longues discussions, ce transfert s’est concrétisé sous forme de dons et de ventes.
C’est ce qu’a indiqué Christoph Blocher lui-même, mercredi à Zurich lors d'une assemblée générale extraordinaire des actionnaires.
La pomme en quatre
Chaque enfant Blocher possède de ce fait 3,25% d'EMS et 25% d'Emesta. Le paquet d'actions global de Christoph Blocher était estimé à près de 2 milliards de francs.
Au lendemain de son élection au Conseil fédéral déjà, Christoph Blocher avait transféré la direction d'Ems-Chemie à sa fille, Magdalena Martullo-Blocher.
La jeune femme de 34 ans endosse la responsabilité de déléguée du conseil d'administration, en plus de la vice-présidence du même conseil.
Les 172 actionnaires présents mercredi à Zurich (75,93% des actions de EMS-Chemie) ont également choisi Dieter Klug comme nouveau président du conseil d'administration.
Allemand de 66 ans, Klug avait repris en 1992 l'entreprise glaronnaise Netstal et l'avait remise sur pied.
Il y a donc séparation des pouvoirs. Jusqu'ici cumulées par le milliardaire zurichois, la présidence du conseil et celle de la direction d’Ems-Chemie sont dorénavant séparées.
La crédibilité en ligne de mire
Au lendemain du 10 décembre, Christoph Blocher avait laissé entendre qu'il lui faudrait jusqu'au printemps en tout cas pour trouver une solution lui permettant de transmettre sa part majoritaire à sa progéniture.
Le but était d'éviter une trop grande ponction fiscale pour ses enfants. Cette question des impôts a été «nettement exagérée», estime Paul Maier, président du conseil d'administration d'Emesta.
Et selon lui, l'accord trouvé avec les enfants Blocher et Silvia Blocher - l'épouse, qui a renoncé à une partie de ses droits - est «correct».
Dans un communiqué, Christoph Blocher indique mercredi avoir procédé à ce désengagement «bien que rien ne l'y contraignait légalement».
Sa justification est pourtant simple: éviter tous conflits d'intérêts et se montrer «digne de foi en tant que conseiller fédéral».
swissinfo et les agences