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Le kintsugi serait apparu lorsque, à la fin du xve siècle, le shogoun Ashikaga Yoshimasa a renvoyé en Chine un bol de thé chinois endommagé pour le faire réparer. Le bol étant revenu réparé avec de vilaines agrafes métalliques, les artisans japonais auraient cherché un moyen de réparation plus esthétique. Cela relève d'une philosophie qui prend en compte le passé de l'objet, son histoire et donc les accidents éventuels qu'il a pu connaitre. La casse d'une céramique ne signifie plus sa fin ou sa mise au rebut, mais un renouveau, le début d'un autre cycle et une continuité dans son utilisation. Il ne s'agit donc pas de cacher les réparations, mais de mettre celles-ci en avant.
Le kintsugi s'inscrit dans la pensée japonaise du Wabi-Sabi qui invite à reconnaître la beauté qui réside dans les choses simples, imparfaites, et atypiques.
Cet art est une belle métaphore de la résilience, de la capacité à vivre, à réussir, à se développer en dépit de l’adversité.
Boris Cyrulnik est un auteur de référence sur le thème de la résilience. Dans son essai Un merveilleux malheur (Odile Jacob), il s’interroge sur les processus de réparation de soi. Dans Les Vilains Petits Canards (Odile Jacob), il montre comment ces processus se mettent en place dès les premiers jours de la vie et permettent de se reconstruire après la blessure.
Céline Santini a publié Kintsugi - l'art de la résilience (First) en avril 2018. Un ouvrage à découvrir. https://esprit-kintsugi.com/