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Comme Bach l’explique lui-même dans sa dédicace au Duc Christian-Ludwig de Brandenbourg en 1721, cette collection contient 6 concertos « accomodés à plusieurs instruments »
En regardant de plus près, on remarque combien cet aspect de variété dans le choix des instruments (en effet: un choix différent pour chaque concerto! ) a dû être l’idée principale dans l’esprit de Bach, quand il décidait de dédier ces 6 concertos au Duc , réunis dans un seul (et magnifique) manuscrit (avec une préface écrite en français , comme se fut l’habitude en ces jours au sein de la noblesse européenne… )
Certains de ces concertos sont présentés dans le manuscrit dans une version revue par le compositeur. Cette révision concernait aussi l’instrumentation – Il est frappant que dans chacun des 6 concertos du manuscrit nous trouvons maintenant une partie spécifique pour le violoncello (et dans le concerto n° 3 même trois parties différentes pour le violoncello) tandis que dans des versions antérieures (par ex. des concertos n°1 et 5) ce n’était pas le cas…
C’est précisément dans ces mêmes années, que Bach a composé les 6 suites pour « violoncello » et les 6 « solos » pour violon sans basse. Le terme violoncello doit être compris ici dans sa signification courante dans le milieu de J.S. Bach vers 1720 – c’est à dire, de toute évidence, comme violoncello da spalla (violoncelle d’épaule, donc non tenu entre les jambes comme cela devenait coutume seulement une trentaine d’années plus tard).
Nous restaurons cet étât de choses, en utilisant le violoncello da spalla partout où la partition de Bach prévoit violoncello. Parallèlement à ce choix historiquement évident, nous utilisons aussi la Basse de violon (= violone, Bass Violin), chaque fois que la partition indique « violone ». Ce dernier terme indiquait la basse d’archet qui doublait la basse continue (généralement jouée au clavecin) . Cet instrument était de taille variable suivant qu’il jouait à l’octave écrite , ou à l’octave inférieure comme la contrebasse – ce dernier étant généralement réservé aux formations plus amples, aves des doublures dans les cordes etc. Ici vous verrez la version la plus courante , non contrebasse : un instrument ressemblant à ‘notre’ violoncelle actuel mais clairement plus grand, tenu entre les jambes (ou aussi placé sur une chaise ou un tabouret tandis que le joueur était debout à côté…)
Cet instrumentarium historique change considérablement l’aspect sonore de ces concertos, et apporte aussi une belle disposition visuelle quant à l’ensemble , notamment dans le 3° et 6°concerto.
La sonate en trio de « L’Offrande Musicale » (1747) est ajouté ici aux concertos n° 3, 4, 5, et 6, comme supplément de programme, temoin de l’extroaordinaire art contrapuntique de J.S.Bach dans ces dernières années.
Sigiswald Kuijken