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Les utilisations de produits phytosanitaires (PPh) dans l’agriculture représentent des sources importantes de pollution des eaux de surface suisses. Certaines connaissances font cependant toujours défaut en ce qui concerne a) l’ampleur de la pollution dans les petits cours d’eau, b) les pics de concentration réels sur l’ensemble de la période d’application et c) la variété des substances. Dans la présente étude NAWA SPEZ, cinq petits cours d’eau dont le bassin versant est fortement exploité par l’agriculture ont été choisis pour combler ces lacunes. Des échantillons ont été prélevés régulièrement de mars à août 2015. Pendant les périodes de fortes précipitations, les mesures ont été faites avec la fréquence la plus élevée, c’est-à-dire que des échantillons composites d’une demi-journée ont été analysés. Pendant les périodes sans précipitations, les échantillons composites d’une demi-journée ont été assemblés avec des échantillons composites de différentes durées (allant de 24 h jusqu’à 24 jours).
213 PPh ont été recherchés et 128 ont été trouvés dans au moins un échantillon. Les concentrations en substances isolées ont atteint un maximum de 40'000 ng/l. Dans plus de la moitié des échantillons, la concentration totale de l’ensemble des PPh s’élevait à plus de 1000 ng/l. 32 PPh différents dépassaient de manière chronique et/ou aiguë les critères de qualité écotoxicologiques (CQK, AQK). Les critères de qualité écotoxicologiques ont même été dépassés pendant environ 90% de la période d’analyse de 6 mois dans trois des régions analysées. Au vu des résultats, on doit conclure à une perturbation des organismes aquatiques fragiles dans au moins trois des régions étudiées. Étant donné que les petits cours d’eau constituent 75% du réseau hydrographique suisse et que l’agriculture recourant fortement aux PPh a beaucoup d’importance dans de nombreux bassins versants, les résultats sont pertinents bien au-delà des cinq régions d’analyse. Une estimation fondée sur la comparaison de l’utilisation des sols entre les régions analysées et l’ensemble de la Suisse montre que, dans une grande partie de nos cours d’eau, une dégradation par les PPh ne peut pas être exclue.
De grandes différences entre les régions observées sont apparues, aussi bien dans l’ampleur de la pollution que dans la gamme de substances. Les types de rejets sont aussi variés. On a observé aussi bien des apports entraînés par les précipitations que des apports pendant les périodes sèches. Ces résultats montrent qu’une large gamme de mesures s’avère nécessaire pour réduire les apports de PPh dans nos cours d’eau.
L’article dans son entier est disponible dans l’édition de la revue Aqua & Gas 12/2017 ou ici
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