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L'Office fédéral de l'aviation civile confirme les informations d'Amnesty International. Des avions de la CIA ont atterri à six reprises en Suisse.Ce contenu a été publié le 05 avril 2006 - 15:12
Dans un rapport, l'organisation de défense des droits humains a analysé plus de 1000 mouvements d'avions de l'Agence centrale de renseignements américaine entre 2001 et 2005.
En plus des quatre atterrissages déjà connus à l'aéroport de Genève, un appareil, pointé du doigt par Amnesty International (AI), a transité le 12 février 2001 par Zurich, confirme mercredi Anton Kohler, de l'Office fédéral de l'aviation civile (OFAC).
Ce vol était passé entre les mailles du filet de l'OFAC en raison de la très grande masse d'informations à analyser, explique Anton Kohler.
Escales en Suisse
Un autre vol a d'ailleurs été découvert à Cointrin, remontant au 16 septembre 2001. L'OFAC chiffre par ailleurs à 76 le nombre de survols de la Suisse par les avions présumés de la CIA.
AI a publié mardi un rapport faisant état d'escales en Suisse de six avions affrétés par l'agence de renseignements américaine, entre septembre 2001 et septembre 2005.
Des vols en règle
Du point de vue du droit aérien, ces six cas étaient des vols privés et ils étaient en règle, affirme Anton Kohler.
L'OFAC ne fait d'ailleurs pas de lien avec la CIA: «Nous ne disposons que de données techniques. Nous ne savons rien du but (de ces vols)», a souligné le responsable.
Le lien avec la CIA, Amnesty l'établit, par contre, sans ambiguïté. Selon l'organisation, l'agence américaine utilise des compagnies aériennes privées et des sociétés bidon pour transférer secrètement des prisonniers.
Guerre contre le terrorisme
Son rapport montre que les appareils de la CIA ont régulièrement utilisé l'espace aérien européen, même s'il n'est pas prouvé qu'ils transportaient à chaque fois des prisonniers.
Ces pratiques font qu'«il est impossible de savoir combien de personnes ont été arrêtées ou enlevées, transférées par-delà les frontières, détenues en secret ou torturées dans le cadre de la 'guerre contre le terrorisme'», affirme AI, qui évoque néanmoins le chiffre d'une centaine.
Le «Guantanamo Express» à Genève
S'agissant de la Suisse, le «Guantanamo Express», un Gulfstream V, qui a effectué pas moins de 114 vols vers le centre de détention américain sur l'île de Cuba, aurait atterri deux fois à Genève.
Autre machine incriminée, un Gulfstream IV s'est posé deux fois à Genève et une fois à Zurich. Selon AI, c'est l'avion qui a servi à transférer l'ex-imam égyptien Abu Omar d'Allemagne en Egypte après son enlèvement à Milan en février 2003.
Satisfaction du gouvernement
Dans sa réponse à la demande d'information du Conseil de l'Europe fin février, la Suisse assurait pourtant n'avoir trouvé aucune trace d'activité illégale liée aux vols et atterrissages américains sur son territoire.
Le gouvernement s'était aussi dit satisfait des «renseignements et garanties» fournis par les Etats-Unis et les avait autorisés à continuer d'utiliser l'espace aérien suisse.
«Importantes conformations»
Quant à Dick Marty, le sénateur suisse chargé d'enquêter sur les prisons secrètes de la CIA pour le compte du Conseil de l'Europe, il a déclaré mercredi sur les ondes de la Radio suisse italienne que le rapport d'AI «apportait d'importantes confirmations» à son propre rapport à ceux de différentes ONG.
«Ce qui est impressionnant dans cette affaire, estime le sénateur, c'est que le travail d'enquête a été mené par la société civile et non par les gouvernements».
«Comment est-il possible, a poursuivi Dick Marty, que des avions puissent se promener et atterrir n'importe où en Europe sans que personne ne se soucie de savoir qui est à bord et ce qu'ils transportent ?»
swissinfo et les agences
En bref
En novembre 2005, le Conseil de l'Europe a nommé le sénateur suisse Dick Marty pour enquêter sur les prisons secrètes de la CIA en Europe de l'Est, où seraient détenus, torturés et interrogés des terroristes présumés.
Dans son rapport intermédiaire présenté en janvier, Dick Marty écrit que les gouvernements européens sont probablement au courant du transfert de détenus par avion, tout en admettant ne pas avoir de preuves formelles de l'existence de prisons secrètes.
Le sénateur avait alors fustigé l'attitude du gouvernement suisse qui, selon lui, ne se montrait pas assez curieux, vraisemblablement pour éviter de fâcher Washington.
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