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La notion de poètes maudits revient à Verlaine qui, dans un livre éponyme publié en 1886, n’a pas hésité à rejoindre le cercle fictif qu’il avait ainsi formé en regroupant Corbière, Mallarmé et Rimbaud. Le présent ouvrage donne à cette dénomination une extension particulière en considérant à leurs côtés des écrivains comme Baudelaire et Nerval, mais aussi Aloysius Bertrand, Lautréamont et Jules Laforgue. Tous s’imposent par leur personnalité en déséquilibre, leur façon anomique de faire œuvre, leurs pouvoirs oniriques, l’hybridité de leur démarche, le caractère unique de leur marginalité.
Les études rassemblées dans ce livre les montrent sous ces divers angles et posent quelques repères dans leurs œuvres insaisissables.
Jean-Luc Steinmetz, professeur émérite de l’Université de Nantes, a développé une œuvre double de poète et de critique. Son œuvre poétique se compose d’une quinzaine de livres, publiés pour la plupart aux éditions du Castor astral, dont Le Jeu tigré des apparences (2008, grand prix de poésie de la SGDL et prix Verlaine de l’Académie française). Son œuvre critique, inaugurée par Le Champ d’écoute, publié à La Baconnière en 1985, est consacrée plus spécialement à des poètes du XIXe siècle et comprend des essais (dont La Poésie et ses raisons; Signets; Les Réseaux poétiques, José Corti), des biographies (Rimbaud, Mallarmé, Corbière) et des éditions critiques. Il a notamment dirigé, à la Bibliothèque de la Pléiade, les Œuvres complètes de Lautréamont et quatre volumes de Jules Verne.