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«Je suis né dans la banlieue parisienne. Mon père était Franco-Italien, ma mère était Algérienne, une très belle femme mais qui ne savait ni lire ni écrire. Mon père était alcoolique, violent, addict aux jeux et, en 1992, ma mère a pris ses jambes à son cou et a trouvé un studio dans les Hauts-de-Seine. J’avais 2 ans. Pour nous faire vivre, elle faisait des ménages.
A l’école, j’étais un gamin dissipé: ma seule passion, c’était le foot. Je jouais dans la rue matin, midi et soir. J’avais deux paires de baskets: une pour aller à l’école et l’autre, trouée, pour jouer. J’aurais aimé entrer dans un club, mais ma mère n’en avait pas les moyens. Un jour, un de mes voisins a appelé un entraîneur qui s’appelait Daniel Cussac, pour me voir jouer. Il m’a pris sous son aile: il m’a fait entrer au club de Rueil Malmaison, a payé ma licence, mon premier short, mes premières chaussures de foot… La personne que je suis lui doit beaucoup.
Les Girondins de Bordeaux voulaient que j’intègre leur centre de préformation, mais ma mère est tombée gravement malade: un cancer du sein qui s’est généralisé. Elle est décédée quand j’avais 11 ans et là, ma vie est devenue un enfer. J’ai été envoyé vivre chez mon père. Il avait refait sa vie et avait deux enfants: Thomas et Laetitia. On vivait dans le XIXe arrondissement de Paris, place des Fêtes. C’était pire que la banlieue: j’ai vu des choses abominables et, à 12 ans, je me suis retrouvé avec un pistolet sur la tempe.
Quand mon géniteur a commencé à devenir violent avec mon frère et ma sœur, j’ai tout raconté à l’assistante sociale qui me suivait. On nous a placés dans un foyer d’urgence, à Paris. Mon frère et ma sœur ont trouvé une famille d’accueil, mais il n’y avait de place que pour eux deux. J’ai passé mon adolescence ballotté de foyer en foyer, en continuant le foot.
J’ai intégré le centre de formation du Paris Saint-Germain et après trois ans, j’en suis sorti avec un BAPAAT, (brevet d’aptitude professionnelle d’assistant animateur technicien). En 2004, j’avais 19 ans et plein de clubs voulaient m’engager: le Gazélec Ajaccio, Cagliari en Sardaigne, plusieurs clubs en Suisse. J’ai choisi de venir en Suisse au FC Baulmes.
J’ai eu un enfant à 21 ans. Mon fils est devenu ma priorité, je voulais lui offrir une vie stable et la sécurité. Alors, j’ai tout plaqué et j’ai décidé de jouer au foot en semi-professionnel tout en me lançant comme «personal trainer». Je n’oublie aucune des personnes qui m’ont aidé au fil de ma vie. Ma femme, Menita, en fait partie: on a créé ensemble une méthode de coaching qui a marché. Le bouche-à-oreille m’a permis de rencontrer Mme Müller, une grande personnalité du Beau-Rivage Palace, et c’est ainsi que j’ai commencé à collaborer avec cet hôtel fabuleux à qui je dois beaucoup. Ma nouvelle vie venait de commencer.
J’y entraîne tout le monde: des dirigeants, des ados, des acteurs comme Tomer Sisley ou Vincent Veillon, des sportifs de haut niveau comme Loïc Duval, des chanteurs… Le plus fidèle? Peter Berger, président de la Fondation Balthus: je l’entraîne depuis dix-huit ans! Il y a deux ans, j’ai lancé une marque de compléments alimentaires et j’ai plein d’autres projets. Je suis passé des HLM à la vie de palace, mais je sais d’où je viens, je ne l’oublie jamais. On peut se sortir d’une enfance difficile, mais il faut un point d’accroche: le mien, c’était le football.»
Le palace où tout a commencé
C’est au Beau-Rivage Palace à Lausanne que Jeremy Peltier exerce ses talents de coach sportif en tant qu’indépendant et qu’il a pu créer sa propre marque. Au Spa Cinq Mondes de ce grand hôtel historique, on peut aussi découvrir les compléments alimentaires qu’il a mis six ans à développer.