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Description
Le lecteur est invité à faire un voyage qui, débutant à Paris, traverse la Suisse, pour se terminer en Allemagne et en Autriche. Et si cet itinéraire semble, de prime abord, suivre les aléas d’une vision romantique de la mode feuilletoniste, il n’empêche que notre point de départ s’ancre dans une réalité historique bien concrète, déjà relevée en son temps de manière fort pertinente par Walter Benjamin, qui écrit: “Il y avait, de fait, une corrélation entre l’effondrement des taux d’abonnement, l’essor des petites annonces et l’importance croissante du feuilleton.” Une manière de dire qu’avec ses contenus multiples et ses allures polymorphes, cette littérature “bas de page” doit être comprise comme le lieu fort à la fois de l’espace public, de la société de consommation et de la littérature bourgeoise moderne.
Presse
Profession feuilletoniste
Le titre de la septième livraison de la revue Annuelles fait allusion à l’emplacement en bas de page des journaux du feuilleton, dont elle étudie les enjeux dans la société des XIXe et XXe siècles. Cette innovation de la presse vers 1830 a partie liée avec la nouvelle diffusion de journaux dont le prix devient plus accessible. Le roman-feuilleton fonctionne comme un genre littéraire à part entière où s’illustrent des auteurs tel Alexandre Dumas. Sur le modèle français, la Gazette de Lausanne et le Journal de Genève publie des romans à épisodes dès 1840. En Suisse alémanique, les journaux les plus en vue, la Neue ZürcherZeitung ou le Bund s’y convertissent au milieu des années 1850. Mais à côté d’une littérature populaire découpée en tranches quotidiennes ou hebdomadaires, le rôle de feuilletoniste désigne une rubrique régulière ou l’on traite de critique littéraire ou artistique, voire d’actualité scientifique. Tenir une chronique dans un quotidien en vue a pu constituer un pouvoir culturel non négligeable (Philippe Godet à la Gazette de Lausanne) ou tout au moins assurer un maigre revenu (Robert Walser). Une thématique à découvrir.
F. W., Journal de Genève, 2-3 mars 1997
Zeitschriften
Am 1. März ist es 140 Jahre her, seit der Bund, noch vor der NZZ, das Feuilleton als eigenen Bereich einführte. Unter dem Titel “L’établissement du feuilleton dans le Bund et la NZZ” geht Hans Ulrich Jost in Nr. 7/96 von Les Annuelles auf die Gründung ein und zeigt, wie geschickt die Zeitungen damit auf die wachsende Bedeutung des Bildungsbürgertums reagierten. Mit dem Feuilleton des 19. Jahrhunderts befassen sich auch die andem Autoren des Hefts: J.-Y. Mollier (mit Frankreich) , M. Mazbouri/F. Vallotton (Neuenburg), W. Klimbacher (Wien), A. Vacek (Zeitungsroman), A. Clavien (Gazette de Lausanne), B. Echte (Feuilleton-Forschung), Ch. Jäger (Feuilleton-Diskurs), P. Utz (Walser als Feuilletonist).
Der Bund, 8-9 septembre 1997