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Savez-vous ce qu’est un palimpseste ?
Eh bien Le Tambour de soie par Yoshi Oïda et Kaori Ito en est un à sa manière : sous le texte se cache un autre texte qui lui-même porte la trace d’un autre texte encore, en un jeu d’enchâssement des réécritures ou de variations sur le même thème, particulièrement savoureux… Le parchemin est ici fait de soie !
De fait, à l’origine était le texte d’un Nô traditionnel, Aya no Tsuzumi, dont l’auteur nous est inconnu, qui fut adapté en 1956 par Mishima Yukio, avant d’être repris ici par Jean-Claude Carrière.
La pièce séculaire racontait l’histoire tragique d’un « vieux jardinier » amoureux d’une jeune princesse ; l’adaptation de Mishima, celle d’« un vieux portier », Iwakichi, épris de Tsukioka Hanako, une top modèle de la haute couture.
Avec Jean-Claude Carrière, il est question d’un vieil homme qui, « en nettoyant le plateau d’un théâtre, tombe en admiration devant une danseuse qui répète sur scène son spectacle. […] La femme qui l’accompagne lui tend un tambour japonais, en lui disant que s’il arrive à le faire sonner, la jeune femme sera sienne. » Cette dernière « se prépare à répéter la danse de la folie […] au son du tambour, mais le vieil homme essaie de le faire sonner sans succès », la surface du tambour étant en soie – ce qui « conduit le vieil homme désespéré à une terrible issue. L’homme couvert de sang réapparaît et vient hanter la jeune femme tel un fantôme vivant. » Au-delà de cette fable, affleure la question de la transmission entre deux êtres.
JEAN-CLAUDE CARRIÈRE — Il est né en 1931, au sein d’une famille de viticulteurs. Il entre à l’E.N.S. de Saint-Cloud pour des études de Lettres et d’Histoire. Il publie un premier roman, Lézard (1957), qui est suivi d’une quarantaine d’autres dont La Controverse de Valladolid (1992), et rencontre Pierre Étaix avec qui il cosigne des courts et des longs métrages. En 1964, pour l’adaptation du roman Le Journal d’une femme de chambre, il entame une collaboration avec Luis Buñuel qui durera près de vingt ans. Mais des adaptations, il en réalise pour le cinéma comme pour le théâtre, notamment pour André Barsacq, Peter Brook, Jacques Deray, Volker Schlöndorff, Jean-Luc Godard et Miloš Forman.
YOSHI OÏDA — Né en 1933 à Kobe, Yoshi Oïda fait ses débuts comme acteur au Japon dans les années 1950. Il s’établit en France, après que Jean-Louis Barrault l’y a invité en 1968 et qu’il y a rencontré Peter Brook pour lequel il joue dans ses plus grands spectacles. À partir de 1975, il met également en scène des pièces de théâtre et de danse ainsi que des opéras. Auteur de trois livres théoriques sur le théâtre – L’Acteur flottant (1992), L’Acteur invisible (1998) et L’Acteur rusé (2008) – il joue aussi parfois au cinéma, notamment dans The Pillow Book (1996) de Peter Greenaway.
KAORI ITO — Née à Tokyo en 1979, Kaori Ito gagne Paris en 2003, et danse dans des créations de Philippe Decouflé, Angelin Preljocaj, Alain Platel, James Thierrée et Aurélien Bory avant de signer ses propres chorégraphies en réalisant Noctiluque, en 2008, puis une trilogie autobiographique avec Je danse parce que je me méfie des mots (2015), Embrase-moi (2017) et Robot, l’amour éternel (2018). Elle a également développé des collaborations au théâtre et au cinéma (notamment avec Edouard Baer, Denis Podalydès, Alejandro Jodorowsky – et Omar Porras pour Ma Colombine). En cosignant avec Yoshi Oïda Le Tambour de soie, elle affirme son goût pour la fusion des formes artistiques, les mots dits se mêlant à la danse et aux percussions de Yabuki Makoto.
ÉQUIPE DE CRÉATION
Texte :
Jean-Claude Carrière
Inspiré de :
Yukio Mishima
Mise en scène et chorégraphie :
Kaori Ito et Yoshi Oïda
Musique :
Makoto Yabuki
Lumières:
Arno Veyrat
Costumes :
Aurore Thibaut
Couleurs textiles :
Aurore Thibout et Ysabel de Maisonneuve
Collaboration à la chorégraphie :
Gabriel Wong
Collaboration à la mise en scène :
Samuel Vittoz
Avec :
Kaori Ito
Yoshi Oïda
Makoto Yabuki
Production déléguée :
Maison de la Culture d’Amiens – Pôle européen de création et de production
Production :
Compagnie Himé
Coproduction :
Festival d’Avignon, Théâtre de la Ville, à Paris
Kaori Ito est artiste associée à la Mac de Créteil, au CENTQUATRE-PARIS et en compagnonnage artistique avec KLAP Maison pour la danse.
Avec le soutien du :
CENTQUATRE-PARIS
La compagnie Himé est soutenue par le Ministère de la culture – DRAC Île-de- France, par la Région Île-de-France et le Département
du Val-de-Marne. L’Association Himé reçoit le soutien de la Fondation BNP Paribas pour l’ensemble de ses projets.
Kaori Ito est artiste associée à la Mac de Créteil, au CENTQUATRE-PARIS et en compagnonnage artistique avec KLAP Maison pour la danse.