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Edition
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De carne Christi
I
[1] Qui fidem resurrectionis ante istos Sadducaeorum propinquos sine controversia moratam ita student inquietare ut eam spem negent etiam ad carnem pertinere, merito Christi quoque carnem quaestionibus distrahunt, tanquam aut nullam omnino aut quoquo modo aliam praeter humanam, ne si humanam constiterit fuisse praeiudicatum sit adversus illos eam resurgere omni modo, quae in Christo resurrexerit. igitur unde illi destruunt carnis vota, inde nobis erunt praestruenda. [2] examinemus corporalem substantiam domini: de spiritali enim certum est. caro quaeritur: veritas et qualitas eius retractatur, an fuerit et unde et cuiusmodi fuerit. renuntiatio eius dabit legem nostrae resurrectioni. Marcion ut carnem Christi negaret negavit etiam nativitatem, aut ut nativitatem negaret negavit et carnem, scilicet ne invicem sibi testimonium responderent nativitas et caro, quia nec nativitas sine carne nec caro sine nativitate: [3] quasi non eadem licentia haeretica et ipse potuisset aut admissa carne nativitatem negare ut Apelles discipulus et postea desertor ipsius, aut et carnem et nativitatem confessus aliter illas interpretari ut condiscipulus et condesertor eius Valentinus. [4] sed et, qui carnem Christi putativam introduxit, aeque potuit nativitatem quoque phantasma confingere, ut et conceptus et praegnatus et partus virginis, et ipsius exinde infantis ordo, τω δοκειν haberentur: eosdem oculos eosdemque sensus fefellissent quos carnis opinio elusit.
Übersetzung
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De la chair de Jesus-Christ
I.
Ceux qui, cherchant à ébranler la foi à la résurrection, que l'on avait crue fermement jusqu'à ces modernes Sadducéens, prétendent que cette espérance n'appartient point à la chair, ont raison de mettre en question la chair de Jésus-Christ, et de soutenir ou qu'elle n'existe pas, ou qu'elle est tout autre chose que la chair de l'homme. Ils craignent que s'il est prouvé une fois que cette chair est semblable à la nôtre, il n'en sorte contre eux la présomption que cette chair, ressuscitée en Jésus-Christ, ressuscitera infailliblement dans les hommes. Il faut donc soutenir la réalité de la chair avec les mêmes arguments qui servent à la renverser. Examinons quelle est la substance corporelle du Seigneur. Quant à sa substance spirituelle, tout le monde est d'accord. Il ne s'agit que de sa chair. On dispute de sa vérité, de sa nature, de son existence, de son principe, de ses qualités. Sa réalité deviendra le gage de notre résurrection. Marcion, voulant nier la chair du Christ, a nié aussi sa naissance: ou, voulant nier sa naissance, a nié également sa chair, sans doute de peur que la naissance et la chair ne se rendissent témoignage dans leur mutuelle correspondance, puisqu'il n'y a point de naissance sans la chair, ni de chair sans la naissance! Comme si, en vertu des droits que s'arroge l'hérésie, il n'avait pas pu, ou nier la naissance en |390 admettant la chair, ainsi que l'a fait Apelles, son disciple, et depuis son déserteur; ou bien, tout en confessant la chair et la naissance, leur donner une autre interprétation, avec Valentin, autre disciple et déserteur de Marcion. Mais qui a pu soutenir le premier, que la chair de Jésus-Christ était imaginaire, a bien pu supposer aussi que sa naissance n'était qu'un fantôme; de même que la conception, la grossesse, l'enfantement d'une vierge, et successivement toute la vie de cet enfant, une chimère. Toutes ces circonstances auraient trompé les mêmes yeux et les mêmes sens qu'avait déjà fermés l'illusion de la chair.