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Suisse-Dubaï: Or d’origine douteuse?
Suisse-Dubaï: Or d’origine douteuse? Dans un rapport publié en 2018 déjà, la SPM avait révélé l’existence de relations commerciales entre le marché aurifère suisse et la firme Kaloti à Dubaï. Le rapport pointait du doigt la problématique soulevée par ces relations en indiquant p. ex. que Kaloti importait de l’or du Soudan, où des groupes armés contrôlent les mines d’or et financent leurs combats grâce au commerce aurifère. Le nouveau rapport de Swissaid et Global Witness corrobore ces informations et reproche à la raffinerie tessinoise Valcambi d’avoir acheté 20 tonnes d’or à Kaloti au cours des deux dernières années.
Ces révélations ont suscité des débats au sein de la branche : selon la presse, l’Association de l’industrie suisse des métaux précieux (ASFCMP) aurait demandé à Valcambi de répondre aux accusations dont cette dernière fait l’objet et d’en tirer les conséquences nécessaires. Le Responsible Jewellery Council (RJC), organisation internationale regroupant les entreprises de l’industrie de la bijouterie et de l’horlogerie et qui œuvre pour une chaîne d’approvisionnement des métaux précieux et des pierres précieuses « propre », aurait également annoncé des investigations supplémentaires.
Valcami a réfuté les accusations portées à son encontre, en s’appuyant sur un audit de la London Bullion Market Association (LBMA), association internationale représentant la branche, dans lequel la LBMA constatait l’absence de non-conformité. Pour la SPM, des questions se posent quant à la crédibilité des audits produits par la LBMA, notamment par rapport au fait que la LBMA n’a généralement aucune idée de l’identité des producteurs d’or auprès desquels s’approvisionnent les raffineries. Et pourtant, la LBMA délivre à ces dernières une certification qui leur permet de figurer sur la « Liste de bonne livraison ». La plupart des banques et des joailliers ne se fournissent en or qu’auprès de raffineries figurant sur cette liste.
Le Secrétariat d’Etat à l’économie (Seco) aussi a réagi. Il compte élargir le système de classification des produits aurifères à compter du 1er janvier 2021. Malheureusement, cette mesure ne changera rien en matière de transparence dans le commerce de l’or : le mystère autour de l’origine de l’or transformé dans les raffineries suisses restera entier !