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Les Australiens se rendent aux urnes samedi pour les élections anticipées convoquées par le Premier ministre Malcolm Turnbull (archives).
KEYSTONE/EPA AAP/LUKAS COCH(sda-ats)
Un duel serré entre la coalition conservatrice au pouvoir et son opposition travailliste est attendu samedi lors des élections législatives en Australie. Le pays a changé cinq fois de Premier ministre en cinq ans.
Le chef du gouvernement Malcolm Turnbull, 61 ans, ambitionne de légitimer lors de ce scrutin le "putsch" interne à son Parti libéral. Le coup lui avait permis d'évincer en septembre Tony Abbott, dont il était le ministre.
Les sondages donnent sa coalition au coude-à-coude avec l'opposition emmenée par l'ex-leader syndical Bill Shorten, 49 ans. Mais, au terme d'une campagne insipide, le choc provoqué par le Brexit pourrait avoir donné un léger avantage au sortant.
Ancien banquier d'affaires multimillionnaire, M. Turnbull a joué à fond sur les craintes des répercussions économiques mondiales. "Aujourd'hui plus qu'avant, nous avons besoin de confiance, d'investissement, d'emploi, de stabilité, de leadership", a déclaré celui qui fut également journaliste et avocat.
Politique mouvementée
Après une décennie de "règne" du libéral John Howard, la politique australienne a été particulièrement mouvementée. Le travailliste Kevin Rudd est arrivé à la tête du gouvernement en 2007.
Il a été renversé par la travailliste Julia Gillard en 2010 avant de reprendre le pouvoir en 2013. Il le cédait à nouveau quelques mois plus tard lors des législatives à Tony Abbott, lui-même renversé en septembre par Malcolm Turnbull.
Le prochain scrutin devait intervenir avant janvier 2017. Malcolm Turnbull a choisi de l'avancer pour asseoir sa majorité au Sénat. Des élus indépendants ou issus de partis minoritaires bloquent actuellement certains de ses projets de réforme.
Mais le chef du gouvernement pourrait bien regretter sa décision. Des sondages laissent penser que le nombre d'indépendants ou de minoritaires, comme les Verts, pourrait augmenter du fait d'une lassitude grandissante face à l'éternelle alternance entre libéraux et travaillistes.
Politique migratoire controversée
Les travaillistes ont mené une campagne classique, promettant des investissements dans la santé et l'éducation. Ils ont également proposé davantage de justice fiscale et le développement des énergies renouvelables.
Malcolm Turnbull a mis en avant l'expertise économique de son équipe. L'Australie, qui n'a pas connu de récession depuis 25 ans, négocie la fin de l'âge d'or minier. Il a promis des réductions d'impôts pour les particuliers et les entreprises, et défendu sa politique migratoire très controversée.
L'Australie repousse systématiquement les bateaux de clandestins l'approchant. Ceux qui arrivent à débarquer sont détenus dans des camps offshore, sans aucun espoir d'obtenir l'asile sur le sol australien.
Une politique fustigée par les organisations de défense des droits de l'Homme, mais qui ne devrait pas évoluer en cas de victoire travailliste. Canberra la présente comme nécessaire pour dissuader les réfugiés d'entamer de périlleuses traversées.
Des objectifs insuffisants
Le réchauffement climatique est une autre question fondamentale. Cette année a été marquée par le pire épisode de blanchissement de corail sur l'emblématique Grande Barrière.
On disait Malcolm Turnbull plus sensible aux sujets environnementaux que son prédécesseur. Mais il n'a pas varié d'un iota sur la politique des conservateurs en la matière. Les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre sont jugés largement insuffisants.
Les travaillistes n'envisagent pas de "sortir du charbon". Mais Bill Shorten propose un objectif de réduction des émissions de 45% (par rapport à 2005) d'ici 2030. Malcolm Turnbull vise 26%.
Voter est obligatoire en Australie depuis 1924. La participation n'est jamais tombée en dessous des 90%.
ATS