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Voici pourquoi notre eau est si propre
J'ai grandi au Canada. Il y fait agréablement frais, même en été. Ici, en Suisse, en revanche, les étés sont vraiment chauds. Que faire? Certain·es cherchent la fraîcheur dans les montagnes, d'autres sautent dans l'eau fraîche.
Nos eaux suisses sont de très bonne qualité. Les visiteurs et visiteuses de l’étranger sont toujours étonné·es de constater que l'eau du robinet ne contient pas de chlore. Et ils et elles trouvent tout simplement incroyable qu'on puisse boire l'eau des fontaines sans problème et même se baigner dans des rivières et des lacs.
Mais cela n'a pas toujours été le cas. Certaines choses ont peut-être été meilleures dans le passé, mais la qualité de l'eau en Suisse ne l'était certainement pas! Au milieu des années 60, seuls 14 ménages suisses sur 100 étaient raccordés à une station d'épuration des eaux usées. À de nombreux endroits, l'écume flottait sur les rivières suisses, et les lacs étaient couverts de tapis d'algues qui devaient être «tondus» par les bateaux (familièrement appelés des «lamantins»). À la plage de Soleure, il y avait un panneau disant: «Attention ! L'eau est polluée. Ne pas avaler. Rincer après le bain.» Aujourd'hui, ce serait impensable.
Les causes de la pollution de l'eau étaient nombreuses. L'agriculture y a contribué avec trop d'engrais, l'industrie aussi, mais aussi les ménages. Les détergents pénétraient souvent dans les cours d'eau sans être filtrés et provoquaient des ruisseaux moussants. Et à Berne, jusqu'aux années 1980, les eaux usées domestiques de la vieille ville (y compris les toilettes) n'étaient que grossièrement filtrées avant d'être rejetées dans l'Aar.
Le fait que la situation des eaux suisses se soit tant améliorée est principalement dû aux stations d'épuration des eaux usées. Aujourd'hui, 97 % des ménages sont raccordés à une station d'épuration des eaux usées. Les autres sont si éloignés qu'il n'est pas logique de les relier. En outre, les installations industrielles disposent désormais de meilleurs filtres et les agriculteurs et agricultrices sont plus réticent·es à utiliser des engrais. Et les lois sont devenues plus strictes: par exemple, les phosphates ont été interdits dans les détergents.
La recherche a également beaucoup contribué à la qualité de l'eau. En Suisse, cela se passe principalement à l'Eawag, l’Institut Fédéral Suisse des Sciences et Technologies de l’Eau. Par exemple, des bioréacteurs à membrane, des procédés à lit fluidisé et des réacteurs à biofilm y ont été développés pour purifier l'eau des stations d'épuration. Les méthodes de mesure sont également de plus en plus sophistiquées. Aujourd'hui, par exemple, les résidus d'antibiotiques et d'autres médicaments peuvent être mesurés avec précision. Même le coronavirus peut être détecté dans les eaux usées! (Mais ne vous inquiétez pas, ces résidus de virus ne sont plus contagieux).
La Suisse a beaucoup progressé dans le domaine de la protection des eaux. Mais de nouveaux défis nous attendent. Par exemple, l'accumulation de résidus dans les eaux souterraines est une préoccupation majeure. Les vagues de chaleur et les sécheresses estivales de plus en plus fréquentes entraînent des pénuries d'eau régionales et mettent à rude épreuve les écosystèmes des cours d'eau. Ces problèmes ne peuvent plus être abordés de manière sélective, mais doivent être abordés de manière globale. Pour que nous puissions continuer à nous baigner dans nos lacs et rivières et à boire l'eau de nos fontaines à l'avenir. Aujourd'hui, le temps devrait être très beau. Sautez sans souci dans l'Aar, la Limmat ou le Rhin. On peut s’y baigner.
Cet article est paru à l'origine dans le SonntagsBlick.