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Autres vues aériennes de Misery
Le manoir de Misery est d'origine médiévale et renferme d'intéressantes peintures murales datant de la fin du XVe siècle.
Parmi les nombreux biens que Petermann de Faucigny avait acquis d'Antoine de Saliceto en 1460 se trouvait une maison de pierre, ou fortifiée. Banquier natif d'Asti, de Saliceto est mentionné à partir de 1441 en qualité de membre du Conseil de Fribourg, possédant de vastes biens fonciers à Fribourg et à Morat. S'étant rendu coupable de pillage dans la campagne fribourgeoise, il fut décapité à Fribourg en 1460. Quant à de Faucigny, avoyer de Fribourg et personnalité politique fribourgeoise de premier plan à la fin du XVe siècle (mentionné à partir de 1457, mort en 1513), il se distingua à la fois comme homme d'Etat, chef militaire et diplomate. En 1553, la maison appartenait encore aux héritiers de Petermann.
L'histoire ultérieure de la propriété est très obscure. Nous savons toutefois qu'en 1713 et 1731, la maison appartenait à la famille Griset de Forel. Jeanne Marie Valbourg (Walburga est un prénom!) est mentionnée à deux reprises comme propriétaire. Fille d'Antoine Griset de Forel née en 1678, elle semble être décédée (après 1733) sans avoir été mariée. Après elle, Nicolas-Albert-Joseph de Gottrau de Léchelles (1707-1779) en devint propriétaire, sans que nous sachions s'il en hérita directement ou indirectement, ou s'il en fit l'acquisition. En 1911, les de Gottrau remirent le manoir à la famille von Ernst qui la revendit la même année à la Commune de Misery. Après avoir servi d'école, des familles pauvres y furent hébergées. En 1957, l'artiste peintre Raymond Meuwly sauva en dernière minute cette demeure remarquable, qui menaçait ruine, de sa démolition. Il l'acheta à la Commune et, grâce à une restauration par étapes, la rendit à nouveau habitable.
Histoire de la construction
En 1460, la mention est faite d'une «domus murata cum stanno, viridario et orto». Faut-il entendre par là une maison fortifiée, entourée d'un fossé et précédée d'un jardin aménagé en parc, ou plus simplement une maison de pierre, entourée d'un étang et dotée de l'habituel jardin potager?
Il faut attendre le XVIIIe siècle pour retrouver des documents d'archives citant directement le manoir. D'autre part, aucun document ne révèle les étapes de sa construction et aucun sondage n'a été effectué hormis des travaux de restauration entrepris dès 1957 sous la surveillance du professeur Alfred A. Schmid. Par conséquent, seule l'analyse du bâtiment en son état actuel peut nous renseigner sur son passé. L'histoire de la construction proposée ici, en particulier la séquence chronologique des travaux, revêt donc un caractère souvent hypothétique. Elle est conçue comme point de départ d'une investigation ultérieure.
Il convient de relever d'emblée que le manoir est, dans sa substance, d'origine médiévale. Nous ignorons, en revanche, si les façades à colombage et les fermes des toits remontent au XVIe siècle ou à la première moitié du XVIIe siècle. A l'époque baroque, le manoir a connu des transformations considérables, soit l'aménagement d'un escalier en maçonnerie en saillie, le remodelage des baies et une nouvelle décoration. La physionomie actuelle du bâtiment reflète cette étape de construction. Les formes architecturales relèvent du premier quart du XVIIIe siècle. Jeanne-Marie Valbourg Griset de Forel paraît avoir pris l'initiative de ce profond remaniement. Il se peut qu'elle ait vécu dans cette maison.
En 1957, la maison se trouvait dans un état si déplorable que certains éléments de l'aménagement baroque ne purent être sauvés; de même, une tourelle et une galerie des latrines en bois, érigées contre la façade orientale, d'époque Renaissance ou baroque, durent être démolies. Il fallut procéder à l'assainissement complet des murs.
Bibliographie