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Peu d’études de cohortes prospectives ont inclus un nombre suffisant de cas pour évaluer l’association entre consommation d’alcool et le développement d’une polyarthrite rhumatoïde (PR). Cette importante métaanalyse a étudié le lien entre consommation d’alcool et le diagnostic de PR chez 1878 personnes, en se basant sur des données prospectives de cinq études de cohorte et trois études cas-contrôles.
Globalement, les personnes rapportant une consommation d’alcool faible à modérée (< 15 g/jour) avaient un risque plus faible de PR (risque relatif (RR) : 0,86) que les abstinents.
Comparé à l’absence de consommation d’alcool, le RR ajusté était de 0,93 pour 3 g d’alcool par jour, 0,86 pour 9 g/jour, 0,88 pour 12 g/jour, 0,91 pour 15 g/jour, 1,28 pour 30 g/jour, avec un effet plus notoire chez les femmes.
L’analyse des sous-groupes indiquait qu’une consommation faible à modérée d’alcool sur une durée minimale de dix ans réduisait de 17% le risque de PR chez les hommes et les femmes.
Commentaires : cette étude conclut qu’une consommation modérée d’alcool est inversement associée au développement d’une PR. Cela suggère une «courbe en J», avec un risque plus faible pour une consommation d’alcool moyenne jusqu’à 15 g/jour par rapport à l’abstinence, et une augmentation du risque avec une consommation plus importante. Une down-regulation de la réponse immunitaire, avec une diminution des cytokines pro-inflammatoires, est le mécanisme probable de l’effet protecteur de l’alcool sur le risque de PR, alors que la majoration du risque pour des niveaux plus élevés reste inexpliquée.