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Recours contre le jugement de l'assassin de Lucie
Argovie—
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Il y aura un procès en deuxième instance dans l'affaire du meurtre de Lucie. Le Ministère public fait appel du jugement prononcé mercredi par le Tribunal de district de Baden (AG). Le procureur Dominik Aufdenblatten fait appel de la décision de ne pas interner l'assassin à vie.
A l'issue du procès, qui a duré deux jours à Untersiggenthal (AG), les cinq juges du tribunal de district ont condamné le jeune homme de 28 ans à la prison à perpétuité et à un internement. Ils n'ont en revanche pas suivi la demande du Ministère public et des parents de Lucie d'interner le prévenu à vie.
La Cour y a renoncé car les deux experts interrogés au procès n'ont pas exclu qu'une thérapie de très longue durée puisse être possible. Contrairement à l'internement à vie, l'internement simple donne une chance au condamné de recouvrer un jour la liberté.
Une fois la peine de réclusion purgée, l'internement doit être réétudié régulièrement. Tout indique que l'assassin restera enfermé durant des décennies. Il ne pourra en effet être libéré que s'il ne représente plus aucun danger pour la société.
«Question controversée»
Le Ministère public du district de Baden a fait appel du jugement en raison de «la question controversée de l'internement à vie», écrit vendredi le Ministère public général argovien. Il entend «faire examiner» ce sujet par la Cour suprême du canton.
Le 4 mars 2009, le condamné a abordé Lucie à la gare de Zurich. Il a attiré la jeune fille au pair fribourgeoise chez lui, prétextant un gain d'argent pour des photos. Le soir-même, il l'a frappé à coups de barre d'haltère et égorgé dans son appartement de Rieden-bei-Baden (AG).
Un seul internement à vie
L'internement à vie n'a été prononcé qu'une seule fois en Suisse depuis son introduction. En 2010, le Tribunal de district de Weinfelden (TG) a pris cette mesure contre un homme de 43 ans.
Il avait poignardé à mort une callgirl en 2008 à Märstetten (TG). Le condamné avait déjà été reconnu coupable d'au moins 5 viols à caractère sadique.
Le Tribunal fédéral ne s'est jamais prononcé sur la question de l'internement à vie. Cette mesure a été introduite dans le code pénal en 2008 pour punir plus sévèrement les criminels les plus dangereux, suite à l'adoption en 2004 d'une initiative populaire en ce sens. (ap/Newsnet)
Créé: 02.03.2012, 13h35