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Danemark Les sociaux-démocrates favoris des législatives
Alternance en vue au Danemark: les législatives de mercredi devraient signer le retour des sociaux-démocrates.
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Léger virage à gauche en vue au Danemark: sur fond d'urgence climatique et de revendications sociales, les législatives de mercredi devraient signer le retour des sociaux-démocrates, sans pour autant remettre en cause rigueur migratoire et «flexisécurité», pivot du modèle danois.
Les 4,2 millions d'électeurs du royaume scandinave, membre de l'Union européenne mais pas de la zone euro, sont appelés à voter entre 08H00 (06H00 GMT) et 20H00 (18H00 GMT) lors d'un scrutin proportionnel à un tour.
Les sondages créditent les sociaux-démocrates de Mette Frederiksen de 27,2% des suffrages, soit une avance confortable de près de dix points sur le parti de l'actuel Premier ministre et chef des libéraux, Lars Løkke Rasmussen, qui ont gouverné le pays 14 des 18 dernières années.
«Beaucoup d'électeurs veulent du changement, particulièrement [ceux] qui peuvent voter pour la première fois», avance le politologue Flemming Juul Christiansen, de l'Université de Roskilde.
Comme Gustav Lindegaard, 18 ans, 57% des électeurs, et un sur trois chez les 18-35 ans, estiment que le prochain gouvernement doit donner la priorité au climat, et non plus au contrôle de l'immigration. «Je pense vraiment que le réchauffement climatique est le sujet le plus important», estime le jeune homme, qui s'apprête à voter pour la première fois.
Priorité au climat
Les écologistes du Parti populaire socialiste, traditionnel soutien des sociaux-démocrates, ont le vent en poupe. Ils pourraient doubler leur score, de 4,2 à 8,3% des votes, d'après les enquêtes d'opinion.
Les sociaux-démocrates, qui ont assuré qu'ils placeraient le climat au centre de leur action, entendent former un gouvernement minoritaire, une tradition dans le pays, ignorant les appels de l'actuel Premier ministre libéral de constituer un gouvernement entre les deux blocs.
«Nous voulons coopérer avec des partis de gauche et de droite» au cas par cas, selon les dossiers, affirme à la presse le numéro deux du parti social-démocrate, Nicolai Wammen. Ils sont susceptibles de collaborer avec la droite sur les questions migratoires et la gauche dans les autres dossiers.
Le morcellement du paysage politique pourrait toutefois les contraindre à nouer des alliances plus pérennes pour assurer la stabilité de l'exécutif. Adossés à une croissance robuste, des finances publiques saines et une situation de quasi plein-emploi, les sociaux-démocrates promettent d'arrêter les coupes budgétaires dans la santé et l'éducation. Mais cette défense de l'Etat-providence va de pair avec la poursuite d'une politique des étrangers restrictive, telle qu'elle a été dictée par le Parti populaire danois (DF), eurosceptique et anti-immigration.
L'immigration en filigrane
Cette formation populiste de droite est incontournable dans la politique danoise depuis 2001 et a chèrement monnayé son soutien aux gouvernements libéraux dans la petite monarchie parlementaire de 5,8 millions d'habitants, dont près de 10% sont nés à l'étranger.
Deuxième parti en 2015 avec 21,1 % des suffrages, les populistes avaient hérité de la présidence du Parlement. Mais dans les sondages, ils ont dégringolé à 10,7% des intentions de vote.
«Les sociaux-démocrates sont leur gros problème. Avec sa ligne dure sur les étrangers, Mette Frederiksen a anesthésié DF», estime l'analyste Anja Westphal, de la télévision publique DR. «Nous maintenons une politique de l'immigration ferme et réaliste. Nous pensons que le Danemark et les autres pays ont une responsabilité d'aider les gens dans le besoin mais il y a une limite au nombre de personnes qui peuvent venir», justifie Nicolai Wammen.
Outre le Parti populaire danois, deux formations d'extrême droite sont en lice pour les législatives et pourraient entrer au Parlement, le Folketing. Pas plus que DF ces deux partis ne présentent toutefois de programme sérieux sur le climat, principale priorité des électeurs.
Le Parlement danois compte 179 élus, parmi lesquels quatre issus des territoires autonomes du royaume scandinave: deux pour le Groenland et deux pour les îles Féroé. Pour espérer y rentrer, un parti doit rassembler au moins 2% des votes. La participation électorale est traditionnellement élevée au Danemark. En 2015, 85,9% des électeurs s'étaient déplacés pour aller voter. (afp/nxp)
Créé: 05.06.2019, 04h45