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DOSSIER
La mobilité
Avec plus de 7 milliards d'êtres humains vivant dans un monde "en mouvement", la question de la mobilité est un enjeu majeur du XXIe siècle. RTSdécouverte vous propose de vous familiariser avec ce thème. Au menu de ce dossier: des questions-réponses, un quiz, des chroniques et des reportages de la RTS, des dossiers d'archives et de nombreux liens utiles.
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COUP D'OEIL
Quel est l'avenir de la mobilité?
Bruno Marzloff est un sociologue français, spécialisé dans les questions de mobilité. Auteur de nombreux ouvrages sur le sujet, il est également directeur du groupe Chronos, cabinet d'études sociologiques qui observe et analyse les enjeux de la mobilité de demain. Une vidéo d'ARTE Future.
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QUESTION-REPONSE
le sel est un spermicide?
laurenna - 12 mars 2012
Bonjour Laurenna.
Un spermicide est une substance qui permet la destruction des spermatozoïdes à des fins contraceptives.
Les spermicides disponibles dans le commerce contiennent la plupart du temps du 9-nonoxynol (une molécule constituée d'un noyau aromatique sur lequel sont fixées 2 chaînes, l'une contenant 9 atomes de carbone et l'autre contenant en moyenne 9 fonctions éther du polyéthylène glycol).
Les spermicides existent principalement sous forme de gels, de mousses ou de crèmes; ils sont généralement utilisés dans le vagin avant une relation sexuelle et leur rôle est de freiner ou détruire la mobilité des spermatozoïdes. Leur efficacité est nettement moins bonne que l'usage du préservatif ou de la pillule contraceptive, puisqu'environ 30% des femmes utilisant les spermicides comme seul agent de contrôle des naissances tombent enceintes, et que les spermicides ne protègent pas leurs utilisatrices contre les maladies sexuellement transmissibles.
Avant de savoir si "le sel" est un agent spermicide, encore faut-il savoir de quel sel il s'agit. En effet, des études ont par exemple été menées pour déterminer si certains sels de fer (chlorure de fer ferrique, sulfate ammoniacal de fer ferrique, sulfate de fer ferreux) ont un effet spermicide; ces études ont démontré qu'à faible concentration, les sels de fer ferrique (c'est-à-dire du fer qui existe sous forme fortement oxydée et porteur de 3 charges positives) sont nettement plus efficaces que les sels de fer ferreux (fer sous forme partiellement oxydée et porteur de 2 charges positives seulement) pour bloquer la mobilité des spermatozoïdes; l'action de ces sels de fer n'est pas clairement établie, mais l'acidification provoquée et l'altération du système enzymatique du spermatozoïde seraient à l'origine de l'inhibition de leur mobilité.
En revanche, le "sel de cuisine", constitué de chlorure de sodium, n'est pas connu pour bloquer la mobilité des spermatozoïdes. Si votre question sous-entend la possibilité d'avoir un rapport sexuel protégé en milieu marin (il y a entre 30 et 40 grammes de sel de cuisine par litre d'eau de mer, selon l'océan considéré), alors la réponse sera définitivement non. Et si un spermicide est utilisé dans le cas de rapports sexuels en milieu marin, alors l'efficacité du spermicide sera d'autant diminuée, puisque l'eau aura tendance à "laver" et éliminer le spermicide.
Didier Perret
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QUESTION-REPONSE
Y a-t-il un lien entre la crise économique actuelle et la mondialisation?
Fanfan (32 ans) - 14 octobre 2008
Votre question est très pertinente. En effet, il existe un lien clair entre ce que l’on appelle la mondialisation et la crise actuelle. Je me réfère à la théorie de la régulation (voir des auteurs comme Boyer, Chesnais, Aglietta, etc.) ainsi qu’à la manière dont l’historien Fernand Braudel décrit ce qu’il appelle « le capitalisme » par opposition à « l’économie de marché ». La théorie de la régulation nous dit qu’il y a des périodes dans le système économique qui sont très différentes les unes des autres et qui se terminent par des crises. Par exemple, nous avons vécu les trente glorieuses de l’après-guerre, période qui était organisée autour de la production de masse et de la consommation de masse, l’augmentation continuelle des salaires permettant aux travailleurs d’acheter la production croissante. Ce « cercle vertueux », dénommé « régime fordiste », organisé principalement à l’échelle des états nations et régulé internationalement par le système de Bretton woods, c’est écroulé durant les années septante. Dans les années quatre-vingts, l’arrivée au pouvoir des néoconservateurs comme Margareth Thatcher et Ronald Reagan était portée par le souhait des classes moyennes de voir la valeur de leur épargne préservée pour le futur. La manière d’y parvenir a été de faire sauter le carcan des états-nations pour les mouvements de capitaux. La dérégulation des mouvements de capitaux a permis d’exercer un réel contrôle de la part des opérateurs financiers sur les états et sur les banques centrales. L’inflation a été ainsi vaincue. Cependant, ces marchés financiers se sont mis à vivre leur propre logique, et non plus à se développer en fonction de l’économie réelle qu’ils étaient censés soutenir.
Le « régime d’accumulation financière » peut être caractérisé de la manière suivante. L’industrie financière, par définition, construit et exploite la mobilité des capitaux. En somme, l’idée de la libéralisation, c’est de dire « si vous ne respectez pas la volonté des détenteurs de capitaux, alors ces capitaux se retirent et vont ailleurs ». C’est ce que l’on appelle, dans le monde de la finance, la liquidité. Or, cette mobilité/liquidité est bien une construction spatiale. La période 1985 à aujourd’hui a consisté à construire des infrastructures (des réseaux de télécommunication électronique extrêmement performants, des relations aériennes entre Londres, New-York Tokyo, Zurich, etc.), et des institutions (des lois autorisant la mobilité des capitaux, mais aussi la défiscalisation des mouvements de capitaux, des émissions de titre, etc., des déréglementations permettant à telle ou telle place financière de créer plus facilement de nouveaux titres, etc.) qui mettent de plus en plus étroitement en relation les nœud de cette économie financière (ce que Saskia Sassen a appelé la global city – une seule « ville » étroitement interconnectée et regroupant les principales places financières mondiales). Ceci permet désormais de faire converger l’épargne vers ces centres et l’on débouche sur une période de croissance continue des cours boursiers. C’est cela qui este au cœur du système. La conséquence ? Ces centres avaient désormais la capacité de créer, via l’endettement et les innovations financières, de manière massive de nouveaux titres qui sont quasiment équivalents à de la monnaie. Les acteurs au centre du systèmes (sociétés financières, banques, entreprises cotées sur les marchés, etc.) ont vu leur pouvoir s’accroître considérablement en levant des capitaux, en s’endettant, et en étendant leur emprise sur de nouveaux pays (financiarisation progressive de tous les pays européens, puis émergents) de nouveaux secteurs (voyez les télécoms, les postes, les entreprises énergétiques, etc.), de nouvelles entreprises (par exemple les PME).
Les autres espaces ont de facto été placés en périphérie de cette économie financière. La force des entreprises cotées en bourse et les moyens toujours croissants qu’elles pouvaient lever sur les marchés financiers leur ont permis de racheter quasiment toutes les entreprises (disons la plus grande partie des entreprises en dessus de 30 employés dans l’industrie – mais le phénomène est massif aussi dans la distribution, les banques et assurances, etc.). Aujourd’hui, ce sont quelques entreprises ultra-concentrées spatialement et économiquement qui contrôlent le tissu productif. Mais ne nous y trompons pas : ces groupes sont avant tout des opérateurs financiers et ensuite seulement des industriels. Dans le même mouvement, les entrepreneurs locaux, ce que l’on appelait les « patrons », ont disparus : place aux gestionnaires venus des headquaters financiers du groupe.
La crise actuelle s’explique de manière multiple. Les déséquilibres financiers ont pu se développer à l’échelle du monde. Ainsi, les USA drainent durant cette période chaque année les 2/3 de l’épargne mondiale, avec l’endettement massif que cela entraîne. Ce système fonctionnait aussi longtemps qu’il restait des secteurs, des pays, des domaines à financiariser. Je pense qu’il y a aujourd’hui une certaine saturation planétaire, et plus guère d’endroits qui ont échappé à ce système. La « mobilité/liquidité » se heurte à des limites et l’accumulation continuelle n’est plus possible, en tout cas de moins en moins de monde la croit possible. Or, tout système économique, et particulièrement celui-ci, est basé sur des croyances convergentes pour le futur.
Olivier Crevoisier
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RTSinfo
Les guerres des taxis sont bien plus anciennes que l'arrivée d'Uber
Plusieurs guerres des taxis ont déjà eu lieu dans le passé, bien avant l'arrivée d'Uber sur le marché de la mobilité. A Londres au 17e siècle, les bateliers voient leur monopole contesté par les voitures de louages, tandis qu'à l'aube du 20 siècle, c'est l’apparition de voitures à moteur qui fâche les pilotes de calèches. Le décryptage de la chronique Paléofutur.08 juillet 2017
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QUESTION-REPONSE
Le fibula est-il aussi un vestige de l'évolution, comme le seraient les côtes flottantes?
Katherine (20 ans) - 09 janvier 2015
Ma réponse est un OUI un peu ambigu. Le fibula (fibule), ainsi que les côtes flottantes, sont des vestiges de l’évolution, comme tous nos organes d’ailleurs, si l’on emploie "vestiges" au sens large du terme.
Si vous sous-entendez que la fibule humaine ne sert à rien, je ne suis pas tout à fait d’accord. La fibule et les muscles associés contribuent à la mobilité de nos pieds dans plusieurs directions, un peu comme notre ulna assure la mobilité de nos mains. (Vous pouvez vous-même vérifier l’étendue de cette mobilité quand vous enlevez vos chaussures de ski après plusieurs heures sur les pistes: automatiquement vous commencez à dessiner des cercles avec vos pieds. Imaginez aussi combien Léo Messi et d’autres danseurs seraient incapacités si on leur enlevait cette liberté.) Une cheville encore plus flexible était bien utile à nos ancêtres dans les arbres, comme c’est le cas des chimpanzés d’aujourd’hui…
Contrairement à la fibule humaine, celle du poulet et d’autres oiseaux adultes ne leur sert pas vraiment à grande chose. Au sens strict du terme, elle n’est donc rien d’autre qu’un vestige de l’évolution.
Jozsef Zakany
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RTSinfo
Un piéton français passe 20 fois plus souvent au rouge qu'un japonais
Plus de 40% des piétons français traversent la route alors que le feu est rouge, contre seulement 2% des piétons japonais, relève une étude.15 février 2017
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QUESTION-REPONSE
Peut-on prévoir les changements majeurs d'internet dans les 10 prochaines années?
Piotr (37 ans) - 05 août 2009
Prévoir les évolutions d'Internet pour les 10 ans à venir n'est pas forcément évident. On peut cependant dégager de grandes lignes actuelles de travaux et de recherche, vers lesquelles il y a de fortes chances qu'Internet s'oriente. Sur le questionnement de ce qu'est Internet actuellement, de ses limites, des besoins à développer, un cahier des charges vient d'être proposé, dont vous pouvez consulter en ligne un résumé à http://www.internetactu.net/2009/07/15/internet-du-futur-vers-un-cahier-des-charges/: Internet du futur : vers un “cahier des charges”. Ce document donne un point de vue largement développé et argumenté sur la question. La contribution finale se trouvant ici : http://internetdufutur.wordpress.com/
Pour compléter ou donner notre point de vue, on peut évoquer les grandes lignes suivantes:
- le web dit sémantique, c'est à dire un web qui ne se contente pas seulement d'enregistrer des informations, mais aussi leur description (qu'on appelle alors métadonnées), offrant ainsi des possibilités de cherches dans la base de documents que représente le web de façon beaucoup plus efficace et puissante. Afin d’illustrer cette notion, imaginez que vous cherchiez sur Google des documents avec le mot clé: jaguar. Vous allez retrouver des textes évoquant le jaguar comme animal et d'autres textes évoquant le jaguar comme fabricant de voitures. Le moteur de recherche vous renvoie tous les documents qui contiennent le terme "jaguar" quelque soit son sens. Il s’agit là d’un web de contenu. La notion de web sémantique permet d'ajouter un descriptif supplémentaire au document définissant par exemple le type du sujet traité: animal ou voiture. Il devient alors possible de chercher à la fois sur le contenu et sur le sens. Le web sémantique est bien plus ambitieux que l'exemple précédent. Il devrait permettre d'interroger le web sous forme de questions complexes. D'une certaine façon on passe d'un mode de recherche de la forme "retrouvez moi tous les documents qui contiennent les termes suivants" à une recherche sous la forme "retrouvez-moi les informations qui correspondent à ces critères", par exemple tous les vols disponibles dans toutes les compagnies aériennes qui vont de tel endroit à tel endroit à moins de tel montant (sous réserve que toutes les compagnies aériennes enregistrent leurs informations sous une forme sémantique). Ce web sémantique est partiellement déjà en activité, mais son déploiement et son usage grand public restent toutefois limités pour plusieurs raisons. D'une part, les technologies correspondantes sont encore difficiles d'accès et compliquée à mettre en oeuvre à grande échelle. D'autre part, le web sémantique nécessite toujours bien entendu de produire les contenus, mais aussi les descriptifs de ces contenus, un aspect encore largement négligé par les auteurs. Sans ces descriptifs, le web sémantique ne peut pas fonctionner.
- l'internet des objets, c'est à dire un Internet ou chaque objet pourrait être équipé de façon à enregistrer et à diffuser "sur Internet" des informations le concernant. L'Internet des objets permettrait un nombre impressionnant de scénario possibles d'usage. Vous avez déjà probablement entendu parler des réfrigérateurs intelligents. Chaque produit que vous rangez est consulté par le processeur du réfrigérateur (une sorte de mini-ordinateur avec des fonctionnalités restreintes) de façon à centraliser pour l'ensemble des produits qui y sont stockés, leur type, leur quantité, leur date de péremption. Votre réfrigérateur pourra ensuite vous signaler (par affichage sur la porte, par courrier électronique ou SMS) que vous n'avez plus de yaourts à la fraise ou que le jambon est périmé, voir même de vous suggérer une recette sur la base des aliments et restes qu’il contient comme le montre un prototype de maison du futur fait par Samsumg en Corée du Sud.
- la mobilité et l'ubiquité, c'est à dire un Internet centré sur l'utilisateur là où il se trouve et plus sur l'équipement ou le matériel dont il dispose. Nous avons de plus en plus de dispositifs portables: téléphone portable, lecteur mp3, console de jeux, GPS, palm... qui contiennent tous une partie de nos informations, notre espace informationnel (nos contacts, agenda, listes de musique, etc.) Ces informations existent parfois en double, voire en versions multiples et leur accès et leur utilisation est encore souvent limitée à l'équipement disponible à un moment donné. La notion de mobilité et d’ubiquité permet de maintenir et d'avoir accès de façon continue à l'ensemble de ces informations quelque soit l'appareil en cours d'utilisation et cela de façon transparente.
Voila quelques pistes, bien entendu non exhaustives mais que nous pensons intéressantes dans la perspective de l’évolution d’Internet en particulier pour le grand public pour les années à venir.
Laurent Moccozet