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Au fur et à mesure que les éléments constitutifs des réseaux de télécommunications (équipements de transmission, de commutation et terminaux) gagnent en maturité, l'attention se porte toujours davantage sur les services que ces réseaux sont appelés à offrir. Or, qu'est-ce au juste qu'un service de télécommunications? Le terme connaît différentes significations selon son contexte d'usage. De façon générale, on peut dire qu'un service est la faculté donnée à l'usager d'établir et de contrôler des connexions, d'échanger des informations avec un ou plusieurs autres usagers, de contrôler le traitement et le stockage de cette information par le réseau ainsi que d'accéder à des informations fournies par le réseau lui-même ou par des prestataires de services indépendants.
Aspects techniques des services de télécommunications
De ce fait, la notion de service couvre à la fois les réseaux de télécommunications "classiques" tels que le réseau téléphonique et le RNIS bande étroite et les réseaux de données tels que Internet. De la même façon, un service peut nécessiter le transfert de voix, de données, de graphiques ainsi que d'images fixes ou animées. L'essor des réseaux de télévision câblée, avec la perspective, maintenant proche, de la télévision à la demande et des services afférents, vient enrichir encore le tableau.
Au plan de la législation, la concurrence est déjà introduite pour certains services, et les opérateurs de réseaux sont tenus d'offrir des interfaces normalisées aux prestataires de services. Ce mouvement s'accentue actuellement dans la perspective de la libéralisation de la mise en oeuvre des réseaux et du service de la voix (de loin le plus profitable), prévue au 1er janvier 1998 pour la Suisse et la partie continentale de l'Union Européenne (les Britanniques ont libéralisé leur réseau depuis plusieurs années déjà). Les opportunités économiques qui s'ouvrent de ce fait sont considérables et les opérateurs nationaux de réseaux se préparent à une concurrence qui contraste singulièrement avec la situation de monopole qui prévalait jusqu'il y a peu.
Cette évolution pose aussi de nouveaux défis pour les ingénieurs. Au plan technique en effet, plusieurs aspects doivent être pris en considération, que nous résumons ci-dessous.
La plupart des services seront de type multimédia. De ce fait, il y a lieu de se préoccuper du comportement de flux d'informations codés (en MPEG par exemple) sur des réseaux de paquet; en particulier, il faut être en mesure de convertir les exigences de qualité de service formulées par l'usager (perception subjective) en qualité de service du réseau (pertes de paquets, retard, gigue de retard). D'autre part, les services doivent pouvoir être créés et gérés de façon efficace. Dans ce sens, la communauté technique a défini le Réseau Intelligent, qui est appelé à être enrichi de la dimension de gestion pour arriver au concept de TINA (Telecommunications Information Networking Architecture). C'est sur cette base que se construisent les services de réseau privé virtuel (VPN) ainsi que les services de mobilité.
De plus, les services doivent être sécurisés, afin de garantir des fonctions telles que la confidentialité, l'authentification, le contrôle d'accès et la non-répudiation. La sécurité est usuellement garantie par la mise en oeuvre d'algorithmes de cryptage, eux-mêmes supervisés par des protocoles adéquats.
Enfin, les services doivent pouvoir être facturés. Les algorithmes de facturation utilisés dans les réseaux actuels se fondent sur des paramètres simples tels que la durée, le volume de données échangées (ou le débit) et la distance. Pour les services potentiellement offerts par les réseaux à haut débit, ces algorithmes ne sont plus applicables tels quels, car d'autres éléments - tels que la qualité de service, exprimée éventuellement de façon statistique - doivent également être pris en compte.
Les activités services de télécommunications du TCOM s'inscrivent dans le cadre de cette problématique. En particulier, les aspects d'ingénierie des services et de communications multimédias sont au centre de nos préoccupations (Cf schéma). Bien entendu, cette démarche doit s'accompagner d'une écoute des usagers. Dans ce sens, le télé-enseignement et la télé-médecine ont été retenus comme domaines applicatifs.
Dans ce même numéro, les articles de Andrea Basso et Simon Znaty développent les deux aspects mentionnés; de son côté, l'article de Bruno Dufresne décrit la mise en oeuvre expérimentale d'un réseau de télé-enseignement au niveau européen.
article paru dans le Flash informatique, numéro spécial-été du 5 septembre 1995