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Au début des années 90, la ville industrielle de Bilbao ayant subi une crise économique, mise sur l’impact de l’édification du Guggenheim pour relancer la capitale basque. Ce projet envisage la possibilité inverse. L’architecture est mouvante, le spectateur ne l’est plus. Le cirque héberge un système de représentation ainsi qu’un système de logement. Il est une machine dynamique et autonome, qui anime les régions du Rhin arpentées sur toute sa longueur. Son parcours est séquencé par de multiples représentations réalisées dans 27 villes de tailles variées. Le bâtiment déploie mécaniquement des éléments structurels et de couverture sur cette surface lisse aqueuse. Le cirque flottant est non seulement la solution au transport des artistes et du matériel, mais également une réponse à la question de l’implantation des cirques en ville. La procession d’une telle architecture jusqu’au quai remplace les parades de rue. Il abrite un monde bouillonnant, rythmé, cadencé. Un système de communication sonore et lumineux lui permet d’avertir les populations de sa venue et de plonger les futurs spectateurs dans l’univers du spectacle. C’est cette effervescence qui active les provinces parcourues. Lors de ces trajets, mais aussi après s’être déployé, le cirque continue d’illuminer les différentes régions. L’itinérance d’une telle architecture implique différents états dans le temps: en parade lorsqu’il est en mouvement et en représentation lorsqu’il est statique.