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Avec ses déclarations parfois absolues, la Fédération internationale de football (Fifa) a donné "l'impression fausse et trompeuse" dans sa communication commerciale que la Coupe du monde au Qatar était déjà neutre en termes de climat ou de CO2 avant et pendant le tournoi, a fait savoir la CSL mercredi. La charge de la preuve incombe à l'entreprise qui fait de la publicité.
Dans la procédure, la Fifa n'a cependant pas pu apporter la preuve de l'exactitude de ces déclarations. Elle a certes indiqué avoir déjà compensé les 3,63 millions de tonnes de CO2 protégées à l'avance. Mais elle n'a pas pu prouver cette compensation et n'a pas non plus présenté de concept pour d'autres compensations éventuelles.
Même si l'estimation devait correspondre aux chiffres définitifs, il n'est pas clair pour la CSL si la compensation promise est réaliste. Il n'est pas non plus clair si les mesures de compensation correspondent aux normes suisses. Celles-ci exigent en effet entre autres "un retrait complet et durable du CO2 de l'atmosphère".
Recommandation de ne pas faire de déclarations
La deuxième chambre de la CSL a donc admis les cinq recours déposés par la Suisse, la France, la Belgique, la Grande-Bretagne et les Pays-Bas. "Tant qu'il n'existe pas de méthodes définitives et généralement acceptées pour mesurer la durabilité ou pour garantir sa mise en œuvre", une entreprise ne peut pas prétendre que des objectifs de durabilité ont été atteints.
La CSL recommande à la Fifa de s'abstenir à l'avenir de qualifier la Coupe du monde de football au Qatar de neutre pour le climat - à moins qu'elle ne soit en mesure de justifier, au moment de la communication, toutes les émissions de CO2 du tournoi et leurs compensations.
L'Alliance pour le climat se réjouit
L'une des plaignantes, l'Alliance climatique suisse, a réagi avec satisfaction à cette décision. Elle avait notamment critiqué le fait que la Fifa n'avait pas pris en compte dans son calcul l'impact des vols navettes de Dubaï, Riyad ou Koweït vers le Qatar. Elle avait également ignoré les émissions de CO2 générées par la construction des stades.
Le jugement est donc "un message fort à toutes les entreprises qui veulent faire du greenwashing", peut-on lire dans un communiqué. Les entreprises et les organisations comme la Fifa ne peuvent plus éviter de se pencher sur leur empreinte réelle.
La Commission Suisse pour la Loyauté est un organe d'autocontrôle du secteur de la communication. Elle émet des recommandations, mais pas de jugements exécutables par l'Etat. La décision n'a pas force de loi. (SDA)