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La prochaine conférence mondiale sur le climat commence dans un mois, mais regardons plutôt s’il y a quelque chose de nouveau que nous pourrions faire nous-mêmes au lieu de baser nos espoirs sur les résultats de Doha.
L’Institut de recherche de l'agriculture biologique (FiBL) a publié, en collaboration avec l’EPFZ, l’université d’Aberdeen et la FAO (Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture), une étude financée par la Fondation Mercator Suisse qui montre que l'agriculture biologique séquestre davantage de carbone dans les sols que l’agriculture conventionnelle.
Ce résultat se base non seulement sur les meilleures études disponibles dans le monde, c.-à-d. seulement sur des essais dans lesquels les deux systèmes agricoles ont été comparés entre eux sous des conditions identiques, mais aussi sur les meilleures méthodes statistiques permettant d’analyser ces résultats. L’important est que cet avantage de l'agriculture biologique est aussi valable dans les systèmes biologiques fermés qui n’importent pas de biomasse provenant de l’extérieur pour fertiliser leurs sols. Cela peut aussi concerner par exemple une exploitation bio sans bétail qui produit surtout des cultures peu exigeantes en éléments nutitifs. Ce résultat confirme une ancienne hypothèse qui ne reposait cependant jusqu’à maintenant sur aucune base scientifique approfondie.
Mais qu'est-ce que cela signifie concrètement pour l’agriculture suisse? Cla signifie que les systèmes agricoles biologiques qui pratiquent une fumure organique et ont des rotations culturales diversifiées comprenant des légumineuses fourragères à enracinement profond enrichissent le sol avec du carbone. Ce processus fixe du carbone dans le sol, ce qui contribue non seulement à limiter le changement climatique mais aussi à améliorer la qualité du sol : cela permet au sol de mieux s’adapter aux effets du changement climatique comme les longues sécheresses ou les pluies violentes. Or ces pratiques peuvent être mises en œuvre par tous les agriculteurs, aussi dans les systèmes conventionnels, et cela tout de suite.
Est-ce que cette diminution du CO2 ne provoque pas aussi une diminution du revenu paysan? Peut-être parce l’on pourrait avoir une angoisse diffuse selon laquelle les paiements directs pour des prestations à l’écosystème ne sont pas garantis ? Non, car il s’agit ici de cultiver le sol avec sagesse. Le but ne doit donc pas être de maximaliser les rendements mais d’optimaliser les systèmes agricoles, ce qui va tout à fait dans la ligne de la PA 2014-2017, qui favorise «à la fois le pain et les fleurs», comme l’écrit joliment l’Alliance Agraire. Les calculs effectués par la station de recherches Agroscope ART montrent que les prestations à l’écosystème fournies par les agriculteurs sont intéressantes sur le plan économique.
Par ailleurs. Il faut sans cesse souligner que le bio représente davantage que la production d’aliments sains : les paysans bio (et également beaucoup d’autres paysans) bénéficient de soutiens financiers spéciaux qui dédommagent les prestations non rémunérées via le prix des produits.
Pour en savoir plus
La protection du climat dans les fermes bio (FiBL Téléchargements et boutique en ligne)