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Description
«Sans cesse, les ouvriers, les ouvrières traversaient le passage à la recherche de matériel, s’attardaient un instant et colportaient les potins de l’entreprise.
Le jour de ma naissance ils multiplièrent leurs courses afin de commenter l’événement, en bas, dans les ateliers.
Comme le voulait la coutume, ma mère accoucha à la maison. Devant la sage-femme, elle serra les dents pour ne pas crier et m’intima l’ordre, j’en suis sûr, de l’imiter. Elle se vanta toujours de notre silence commun, tueur de ragots, et compléta plus tard son message intra-utérin par un impératif catégorique, celui de ne jamais se faire remarquer.»
Chaque soir dans les ateliers déserts d’une fabrique de chocolat aujourd’hui détruite, un petit garçon part à la recherche de ses parents. Les portraits et les histoires incroyables et féroces de son cercle familial tapissent les parois de sa mémoire. Reprennent alors les aventures burlesques et tendres de son adolescence entre les murs d’une abbaye et d’un lycée où tout semble à la fois possible et improbable.
Il aime une fillette curieuse, fantasque et fragile, un grand chien envoyé par Saint-François d’Assise et des chats complices et malheureux; il dialogue avec le général Guisan, Guillemin, Roud, Simenon, Chappaz, Breton et les compagnons-charpentiers du Tour de France; il apprend la musique, Mozart et l’amour avec la Comtesse, Suzanne, Barberine et quelques autres qui lui révèleront la beauté des femmes et du monde.
C’était hier et c’est tout à coup aujourd’hui; il a suffi que passe un cavalier…
2003, 210 pp.