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Muriel Bovey, enseignante au secondaire II
Muriel Bovey, 46 ans, a été assistante de latin à l'université de Lausanne (1997-2000). Depuis 2001, elle enseigne au secondaire II (allemand, français, latin) au gymnase d’Yverdon.
(mai 2018)
Quelles disciplines avez-vous étudiées et dans quelle université ?
Université de Lausanne (incluant une année à l'université de Tübingen): latin (mémoire + thèse de doctorat, soutenue en 2000), allemand, histoire ancienne.
J'ai étudié par la suite l'italien (licence complémentaire) et le français (complément bachelor et master + HEP [Haute Ecole Pédagogique]).
Quand avez-vous commencé à vous intéresser aux sciences de l’Antiquité ?
C'est dans le cadre scolaire, par le biais de l'apprentissage du latin au collège puis au gymnase, que j'ai découvert l'Antiquité; par intérêt pour l'histoire des religions et l'histoire des idées, je me suis intéressée par la suite à l'Antiquité tardive dans le cadre de ma thèse de doctorat consacrée à Martianus Capella, encyclopédiste de l’Antiquité tardive.
Aviez-vous avant vos études un profil professionnel précis en tête ?
Je souhaitais enseigner des langues structurées telles le latin et l'allemand et transmettre leur littérature.
Comment avez-vous vécu vos études, qu’est-ce qui vous a particulièrement plu ou fait plaisir et qu’est-ce qui vous a au contraire causé des difficultés ?
Mes études ont représenté une période épanouissante et formative tant sur le plan intellectuel qu'humain. La découverte de la langue et de la culture italiennes dans le cadre d'une bourse de doctorat à l’Ecole Normale de Pise a été décisive, et de manière générale, j'ai apprécié la liberté et l'ouverture des études de Lettres.
Pour quelles raisons conseilleriez-vous à un/e gymnasien/ne de choisir des études dans le domaine des sciences de l’Antiquité ?
Je les conseillerais pour une connaissance en profondeur de la langue française dans le cas d'études de latin et/ou de grec et pour une vision humaniste de la culture occidentale dans le cas de l'histoire ancienne ou de l'archéologie. Je conseillerais néanmoins à ce/cette gymnasien/ne de se former en parallèle dans un domaine complémentaire ou différent qui lui assure un avenir professionnel.
Pourriez-vous nous décrire brièvement votre activité professionnelle actuelle, en mentionnant les aspects que vous appréciez en particulier et ceux qui vous plaisent moins ?
J'enseigne depuis 18 ans l'allemand au gymnase d'Yverdon. Le français a rejoint mes disciplines d'enseignement, et je donne parfois aussi des cours de culture antique. Depuis l'année scolaire 2017-2018, j'ai également un cours de latin en option spécifique.
J'apprécie sans limite toute la partie du travail consacrée à la recherche, à la documentation et à la préparation des cours, ainsi que le partage de ceux-ci avec une classe d'élèves motivés. J'aime également varier les disciplines d'enseignement, tout en restant dans mes domaines de prédilection, les langues, les littératures et l'histoire.
Parmi les aspects décevants, il faut compter le manque d'intérêt et de travail des élèves, ainsi que la répétition inhérente à tout enseignement, mais en particulier à celui des langues.
Qu’est-ce que vos études vous ont apporté d’utile pour votre activité actuelle ?
Un inestimable bagage culturel, linguistique et historique ainsi qu'une maîtrise des phénomènes grammaticaux et linguistiques indispensable au perfectionnement des langues étrangères.
Quelles sont les connaissances et les capacités qui sont essentielles pour votre vie professionnelle actuelle et que vous avez acquises en dehors du contexte de vos études ?
La gestion de projets et le développement de compétences organisationnelles.
Rétrospectivement, quelles conditions vous semblent importantes pour faire des études dans le domaine des sciences de l’Antiquité ?
Il me semble qu'il faut de la rigueur et une grande curiosité intellectuelle.
Avez-vous eu de la facilité à trouver un emploi après vos études ?
Oui, parce que je me destinais à l'enseignement secondaire et que j'avais l'allemand parmi mes disciplines de licence.
Dans le cas où vous exerceriez une activité sans rapport direct avec les sciences de l’Antiquité, pourriez-vous nous dire dans quelle mesure le lien avec celles-ci vous manque dans votre quotidien professionnel ?
J'ai pendant des années enseigné l'allemand avant tout, et je n'avais donc plus aucun lien professionnel avec les sciences de l'Antiquité. Pour combler ce manque, j'ai toujours voyagé en Italie et en Grèce, et j'ai appris notamment le grec moderne. Si je suis heureuse cette année de renouer avec l'Antiquité et d'étudier avec les élèves des textes qui ont influencé et influencent encore la pensée occidentale, je suis consciente que l'avenir du latin et du grec dans l'enseignement vaudois est actuellement en péril.