Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06895.jsonl.gz/1100

La prolificité. Voilà peut-être le meilleur mot pour définir Sufjan Stevens. Ce natif de Détroit reviendra en mémoire de quelques uns parmi nos lecteurs. Les rendra peut-être même nostalgiques. Mais il en surprendra d’autres tellement le multi-instrumentiste du Michigan possède une discographie aux tonalités plus que variées. C’est dans tous les cas un musicien fascinant et dévoré par la musique.
Les débuts
Il débute sa carrière musicale en 1996 dans le groupe Marzuki à Holland, Michigan. Sufjan Stevens étudie alors à l’université Hope College. Les textes du groupe sont remplis de spiritualité dans la mesure où l’établissement universitaire est historiquement liée à l’Eglise Reformée d’Amérique.
Même si ce thème de la religion n’est pas le fil conducteur de son oeuvre. Il enregistre deux albums avec sa compagne de folk Shannon Stephens à la voix et s’occupe à l’époque uniquement des percussions, de la guitare et également des bidouillages musicaux.
Entrepreneur, chef d’orchestre et songwriter
Par la suite il quitte le groupe Marzuki et sort son premier album solo « A Sun Came » en 2000. Cette sortie coïncide aussi avec la création de la maison de disque Asthmatic Kitty Records toujours à Holland en compagnie de son beau-père, Lowell Brams. À l’origine elle a été crée par une communauté d’artistes michiganais comme une plateforme pour des projets musicaux. Elle existe encore aujourd’hui et s’est même étendue jusqu’à New York.
Sufjan Stevens commence dès lors à se faire connaître petit à petit. Il a notamment l’ambition de composer un album pour chaque état américain. La série débute et se termine temporairement par les albums « Greetings from Michigan » en 2003 et « Illinois » en 2005 pour lequel il se renseigne même sur l’histoire de l’état. Ces deux derniers le consacrent comme une figure importante de la scène folk américaine. Mais l’homme qui joue plus de vingt instruments ne s’arrête pas là.
En 2007, le projet de composer une symphonie autour du sujet de la Brooklyn-Queens Expressway, ou l’un des paysages les plus laids de New York, lui est proposé par la Brooklyn Academy Of Music. Il accepte et dirige alors une trentaine de musiciens pour un résultat final étonnant. Cela donnera l’album « The BQE » dans lequel la musique classique côtoie les passages électroniques dans un univers hautement urbain.
La musique de Noël et la foi
Notons ici que de 2000 à 2012, Sufjan Stevens a publié douze albums. Vous avez bien calculé. Il en a composé rien de moins qu’un par année dont deux coffrets de cinq cds. Prolificité donc. Vous comprenez maintenant. Le dernier en date, « Silver & Gold », est une compilation de chants de Noël réinterprété par l’Américain. De quoi revivre des classiques tel que ‘Silent Night’ agrémenté de banjo. Rafraîchissant!
Mais au final le disque indispensable de sa discographie reste à mon avis « Seven Swans ». Il sort en 2004 et naît du désir de l’artiste de revenir sur des passages de la bible pour les mettre en lien avec son vécu. Une démarche intéressante surtout qu’elle est réalisée avec la manière et ne ressemble aucunement à du prosélytisme par la musique. Aucun zèle pour professer la bonne parole mais juste le témoignage artistique d’un homme sensible. Ce n’est pas le merveilleux morceau ‘Abraham’ qui nous fera penser le contraire.
De Brel à Fink en passant par Louis Armstrong et Sigur Ros, voilà ceux qui me marquent et touchent. La musique doit être un voyage, un envol et un rêve. Réveiller l’âme. Veiller l’être. Dévoiler le cœur.