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Par son sujet, un portrait animalier représentant un jeune poulain couché dans une écurie, ce daguerréotype est unique dans la production d’Eynard. Bien que les sujets animaliers soient présents dès l’invention du procédé, le daguerréotype n’est pas idéal pour saisir un animal vivant, a fortiori dans un intérieur, comme semble le suggérer la paille que l’on distingue au premier plan. Le long temps de pose nécessité par le manque de lumière rend cette image d’autant plus spectaculaire que l’animal ne semble pas avoir bougé. Ce daguerréotype n’est pas daté et le sujet représenté permet difficilement de le faire. Le réel défi technique lancé par la difficulté de maintenir immobile un animal pendant de longues secondes de pose donne à penser qu’Eynard a dû réaliser ce portrait plutôt dans la deuxième moitié de sa production, vers 1850.
L’épreuve semble comme couverte d’un voile gris et quelques rayures sont visibles sur la plaque. Le traité pratique de photographie de Marc A. Gaudin de 1844 indique « qu’il est convenu d’appeler buée toutes les apparences bizarres qui voilent les épreuves d’une manière totale ou partielle ». Ce défaut pourrait être lié à un usage excessif du bromure, destiné à augmenter la sensibilité de la plaque (Gaudin 1844, p. 105). Quant aux rayures qu’on distingue sur le cou de l’animal et sur le fond, elles pourraient provenir d’un incident lors du polissage de la plaque. (U. Baume-Cousam)