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Encadré
Coup d’œil sur le passé
Par Mimita Zabana, collaboratrice spécialisée au CSFO
Les associations professionnelles ont significativement contribué à la promotion et au développement du système suisse de formation professionnelle entre 1880 et 1930. Le contexte dans lequel elles agissent est lié aux changements relatifs à la situation historique, sociale et économique du début du XIXe siècle, qui sont à l’origine d’une crise profonde de l’apprentissage traditionnel. Le principe de la liberté de commerce et d’industrie, introduit par l’Acte de médiation en 1803, a d’abord conduit à l’abolition du système des corporations. Cette abolition a eu pour effet collatéral de faire disparaître le système d’initiation aux métiers, qui s’était constitué au fil des siècles et qui avait assuré pendant longtemps, dans plusieurs cantons suisses comme ailleurs en Europe, la transmission des savoirs professionnels. Au même moment, avec l’arrivée de la révolution industrielle en Suisse, les machines bouleversent les moyens de production dans les usines, avec, entre autres, des effets sur le rôle des qualifications des travailleurs. L’industrialisation introduit notamment le principe de la division du travail qui aboutit à une simplification extrême des tâches professionnelles n’exigeant pas de qualification particulière pour être exécutées. Dans les entreprises comme dans la société, les conséquences se manifestent. La qualité de la production baisse et les entreprises peinent à faire face à la concurrence internationale. Aussi les parents placent de moins en moins leurs enfants en apprentissage mais les envoient plus volontiers travailler comme manœuvres dans les fabriques, où ils peuvent gagner facilement de l’argent sans avoir de qualification spéciale et contribuer à la subsistance de la famille. Les conditions de travail sont difficiles et il y a un manque de dispositions légales promouvant la formation professionnelle et contrôlant son bon fonctionnement. Dans un tel contexte, la formation professionnelle perd de son intérêt. De nombreuses associations professionnelles, tant d’employés que d’employeurs, apparaissent durant la seconde moitié du XXe siècle. D’abord au niveau régional puis au niveau national. Elles vont jouer un rôle déterminant dans le développement et la promotion du système de formation professionnelle dans notre pays (surtout entre 1880 et 1930), car c’est précisément dans les milieux professionnels que les carences du système sont le plus souvent relevées. Dans l’objectif de s’assurer une main-d’œuvre qualifiée et de relancer l’économie, les associations professionnelles, représentant les entreprises de divers secteurs, vont organiser des cours professionnels et prendre les premières mesures pour réglementer l’apprentissage. Ces mesures vont de l’obligation de suivre des cours théoriques pour compléter l’enseignement pratique dispensé dans l’entreprise jusqu’à l’obligation de se présenter à des examens de fin d’apprentissage. Elles interviennent également dans l’élaboration de la législation, notamment la première loi fédérale sur la formation professionnelle de 1930. La combinaison qui se met en place à cette époque entre l’apprentissage pratique chez un patron et des cours professionnels théoriques va introduire en Suisse le système dual que nous connaissons aujourd’hui.