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Publiés en mai 2018 dans le journal scientifique « Immunity », les résultats de l’étude ont prouvé qu’adopter un régime à base de fibres alimentaires réduit la potentialité de tomber malade. Aurélien Trompette, chargé de recherche au laboratoire de pneumologie du CHUV, a mené ce projet avec une équipe du CHUV et de la FBM.
L’étude a pu démontrer que les souris nourries avec une alimentation enrichie en inuline, une fibre dite fermentable, sont protégées et souffrent moins des symptômes de la grippe.
La fermentation de l'inuline dans le colon par le microbiote local génère des acides gras à chaines courtes (AGCC). Ceux-ci sont libérés dans le sang et vont agir à deux niveaux. D’une part il vont stimuler l’hématopoïèse des cellules appelées "les monocytes patrouilleurs". Lors d’une infection avec le virus de la grippe, ces cellules migrent dans les poumons et donnent naissance à des macrophages dont la fonction est principalement immuno-régulatrice et réparatrice. Ces macrophages vont limiter l’infiltration des neutrophiles dans les poumons des souris infectées et ainsi améliorer les symptômes de la maladie et leur survie.
D’autre part, les AGCC agissent directement sur le métabolisme cellulaire des lymphocytes dits T CD8, permettant une meilleure prolifération et activation de celles-ci. Cette amélioration de la réponse anti-virale permet ainsi une éradication plus rapide et efficace du virus de la grippe par ces lymphocytes T cytotoxiques.
En faisant respirer des allergènes d'acariens à des souris, la scientifique s’est rendue compte que seules celles âgées de moins de deux semaines développent une réponse immunitaire de type allergique. Or, lorsqu’une souris grandit, les bactéries présentent dans ses voies respiratoires évoluent également. La réduction des Gammaproteobacteria et des Firmicutes, remplacés par des Bacteroidetes, correspond à une diminution des crises asthmatiques.
De plus, les voies respiratoires des souris adultes sont caractérisées par une présence accrue d’un certain type de lymphocytes régulateurs appelés Treg, à l’origine de cette réponse immunitaire atténuée. En effet, introduire ces Treg provenant de souris adultes chez des souris nouveaux-nés suffit à leur conférer une protection contre le développement d’une réaction allergique aux acariens.
Cette étude permet d’imaginer un nouveau type de traitement : un « cocktail de bactéries » administré aux bébés les stimulerait pour qu’ils produisent de façon naturelle ces lymphocytes Treg protecteurs.
Lung Microbiota Promotes Tolerance to Allergens in Neonates via PD-L1. Gollwitzer ES, Saglani S, Trompette A, Yadava K, Sherburn R, McCoy KD, Nicod LP, Lloyd CM, Marsland BJ.Nature Medicine (2014); 20:642-647
Le Prix de la "Meilleure publication clinique en transplantation" de la Société Suisse de Transplantation récompense un travail qui met en évidence l'étroit "dialogue" entre les cellules inflammatoires du poumon transplanté et le microbiote bactérien établi dans les voies aériennes.
Airway Microbiota Determines Innate Cell Inflammatory or Tissue Remodeling Profiles in Lung Transplantation. American Journal of Respiratory and Critical Care Medicine, Nov. 2016; Vol. 194. n° 10.
attribué à M. Stéphane Mouraux pour son travail intitulé « Characterization of Lower Airway Cell Activation Profiles in Lung Transplantation ».
Ce prix sera décerné lors d’une cérémonie qui aura lieu le 20 septembre 2018 à 17 H 15, l'auditoire AMPHIMAX 351, Dorigny.
Dr Daniel-Adrien Wurlod a présenté son travail de doctorat à la 13ème Réunion internationale de transplantation (Paris, 13-14 septembre 2018) à Paris et il a ensuite reçu l’ERS Young Investigator abstract Grant in Lung Transplantation/Prix pour sa présentation orale sur l’impact du virome et du microbiome dans la tolérance des greffes pulmonaires (Clinical implications of host-bacteria-virus interactions in lung transplantation)durant le congrès annuel de la Société européenne de pneumologie (Paris, 15-19 septembre 2018).
Dr Eric Bernasconi a reçu le Prix de la meilleure discussion de poster durant l’Assemblé annuelle de la Société suisse de pneumologie, St-Gall (23-25 mai 2018).
Trois jeunes médecins pourront profiter de la bourse « Pépinière » pour poursuivre leurs recherches. Attribuée chaque année par le CHUV et l'UNIL, cette bourse a la particularité d'offrir aux lauréats du temps dédié à la recherche.
Présidé par la Professeure Jocelyne Bloch, le comité de la bourse a retenu en 2019, la Dre AngelaKoutsokera, cheffe de clinique au Service de pneumologie, le Dr Evrim Jaccard, chef de clinique au Service de médecine in terne et le Dr David Desseauve, médecin associé au Service de gynécologie-obstétrique. Créé conjointement en 2016 par le CHUV et la Faculté de biologie et de médecine de l’Université de Lausanne (UNIL), ce programme s’adresse à des médecins chefs de clinique ou associés disposant déjà d’un bagage en recherche et qui sont en voie d’autonomisation dans leur activité scientifique.
Le service de chaque lauréat-e reçoit pendant deux ans un montant annuel de 80’000 francs. Cette enveloppe permet d’engager une personne qui décharge la ou le chercheur-euse de 50% de ses activités cliniques. L’objectif est ainsi d’assurer un temps protégé pour se consacrer à la recherche et à l’obtention de financements externes, afin de consolider le dossier académique en vue d’une promotion à un poste professoral. «L’expérience que nous avons des deux années précédentes est très positive. En ayant plus de temps à disposition, les chercheurs ont réellement pu faire un grand pas dans leurs recherches respectives », explique Jocelyne Bloch.
Angela Koutsokera, le microbiote pulmonaire en situation de transplantation
La Dre Angela Koutsokera, engagée au Service de pneumologie du CHUV depuis 2011, s’intéresse à la greffe pulmonaire et aux risques encourus pour les patients fragilisés. Les poumons abritent une communauté relativement variée de microbes appelée «microbiote». Le microbiote pulmonaire interagit avec le poumon greffé et le système immunitaire du patient transplanté, mais les effets sur les fonctions et l’évolution à long terme du greffon sont encore peu connus. Le projet de recherche d’ Angela Koutsokera va investiguer les interactions entre le micro-environnement pulmonaire - déterminé notamment par une caractérisation des bactéries et des virus - et la fragilité chez les transplantés pulmonaires. Les résultats de cette étude devraient faciliter l’identification précoce de patients vulnérables qui risquent de présenter une évolution défavorable. Il sera ainsi possible d’optimiser leur suivi.
La Dre Nahal Mansouri a reçu une bourse du FNS en novembre 2019 pour étudier un nouveau mécanisme et une nouvelle cible thérapeutique potentielle pour le traitement de la fibrose pulmonaire.