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Une implantation humaine est attestée dans la région dès le 10e siècle av. J.-C. Les fouilles réalisées mettent à jour des maisons, un atelier de poterie, une des rares sépultures retrouvées datant du Bronze final, des pièces de monnaie ainsi que des vestiges romains, situés à l’ouest du lac de Bienne, entre Cressier et La Neuveville.
Nugerolis, dans sa première mention en 866, reçoit des franchises du comte de Neuchâtel qui souhaite favoriser son indépendance et marquer, d’un acte fort, sa frontière orientale. Elles sont cédées en 1260 aux habitants de Nugerol, village ensuite détruit lors d’un conflit opposant le comte de Neuchâtel et le prince évêque de Bâle.
En 1325, l’abbaye cistercienne de Saint-Jean vend le Prés du Landiron (mentionné une première fois en 1209) au comte qui décide d’entreprendre des travaux d’assèchement afin d’y construire une ville. Fondée en 1325, elle devient Châtellenie du comté de Neuchâtel en 1338. Environ 1’000 habitants y vivent alors, dont 600 dans le bourg. Assez rapidement, la décision est prise de ne pas construire d’autres maisons à l’intérieur du bourg – quatre rangées étaient initialement prévues – ce qui offre la possibilité aux propriétaires d’allonger leurs maisons et qui permet, de fait, d’admirer, aujourd'hui une structure citadine pratiquement inchangée depuis la seconde moitié du 14e siècle.
Un traité de combourgeoisie est signé en 1449 avec Soleure. Il entérine les relations existantes entre les deux villes. En effet, des vignes appartenaient au chapitre de Saint-Ours depuis le 13e siècle et les bateliers transportant du vin landeronnais chargeaient sur Soleure, des mercenaires du Landeron pouvaient être recrutés et des mariages, mêlant intérêts politiques et économiques, étaient conclus. Dans le contexte du passage de Neuchâtel à la Réforme protestante, les relations privilégiées avec Soleure permettent au Landeron et à Cressier de rester catholiques. En effet, suite à un « plus » de religion, voté en 1541, les Landeronnais choisissent de maintenir l’ancienne confession, en dépit des pressions exercées par Neuchâtel et Berne.
Comme ailleurs, la contre-réforme conduit à la persécution de sorcières – une quarantaine de procès sont documentés au Landeron entre 1628 et 1662, heureusement sans bûchers. La chapelle de Combes est bâtie au 17e siècle et cette période voit également l’installation d’une communauté de moines capucins à l’intérieur du bourg.
L’aspect défensif du Landeron perd son utilité et les fossés médiévaux sont comblés dans la première moitié du 19e siècle. Une nouvelle église de Saint-Maurice est érigée en 1829 au nord du bourg, une nouvelle route est ouverte entre Le Landeron et La Neuveville et le chemin de fer décloisonne le village en 1859. Aux 19e et 20e siècles, les trois corrections des eaux du Jura modèlent la région, la rendent plus facilement cultivable et plus salubre, ce qui, accessoirement, accentue le tassement du bourg. En 1974, Le Landeron est relié à l’autoroute, ouvrant une liaison facilitée vers Neuchâtel et Bienne. De nouveaux quartiers voient le jour conférant à la localité son aspect actuel, à la fois zone viticole, industrielle, résidentielle et touristique. Un tissu associatif très riche favorise la vie culturelle du village.