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Cette année, l’Union suisse des paysans (USP) fête son 125e anniversaire. La fondation de l’association remonte à une époque marquée par des bouleversements économiques. À la fin du XIXe siècle, les familles paysannes de Suisse souffraient d’une pauvreté extrême en raison de revenus trop faibles. Le chemin de fer et les bateaux à vapeur ayant facilité le transport des marchandises, la concurrence croissante des importations n’arrangeait en rien les choses. Le 7 juin 1897, une assemblée convoquée à Berne par des parlementaires fédéraux décidés à unir leur force pour mieux représenter la cause paysanne déboucha sur la fondation de l’USP. Ernst Laur, agronome et professeur d’agriculture, en fut élu secrétaire. À l’origine, le siège de l’organisation se trouvait à Berne. En 1901, à la demande de sa femme Sophie, Ernst Laur le rapprocha de ses origines en le déplaçant à Brugg.
La réalisation d’enquêtes comptables auprès des exploitations agricoles en 1900 fut l’une des premières mesures introduites par Ernst Laur, qui désirait déterminer la situation économique sur une base objective. En 1908, l’Office de renseignements sur les prix commença son travail. Aujourd’hui, c’est Agristat qui dépouille les données statistiques sur l’agriculture et l’industrie alimentaire. En 1912, l’entrée en vigueur du Code civil suisse permit l’introduction de la valeur de rendement comme unité de mesure pour la reprise d’immeubles agricoles. La détermination de cette valeur ne fit guère l’unanimité. Aussi l’USP mit-elle en place l’Office d’estimation en 1914. La fusion de celui-ci et du service de comptabilité sous le nom d’Agriexpert en fit l’un des principaux services de l’organisation. En 1973, l’USP se lança dans un nouveau domaine d’activité : le conseil en assurance. En 1992, elle fonda la caisse-maladie Agrisano. En 1995, la mise en place de son agence web agri.ch fit d’elle une pionnière de l’ère numérique.
Aujourd’hui, l’USP se compose de quatre départements et de différents prestataires de services (entreprises Agrisano, Agriexpert, Agristat, Agrimpuls, Agriprof et Agriquali). Pas moins de 25 chambres cantonales d’agriculture et 58 associations spécialisées, de même que d’autres organisations agricoles, y sont affiliées. Organisation faîtière de l’agriculture suisse, l’USP s’est engagée durant toutes ces années pour des prix à la production raisonnables et donc des revenus équivalents, des conditions cadres politiques appropriées, une rémunération équitable, des prestations d’intérêt général et, en définitive, pour les intérêts des familles paysannes de Suisse. À l’heure actuelle, moins de 3 % de la population travaillent encore dans l’agriculture. Une représentation forte des intérêts est donc plus importante que jamais. À l’occasion du coup d’envoi des actions d’anniversaire donné lors de la séance du Comité, Lukas Golder, co-directeur de l’institut de recherche gfs.bern, a d’ailleurs estimé que l’USP était une organisation solide et bien établie. Il a poursuivi en conseillant au secteur agricole de renforcer l’échange avec la population et de saisir les opportunités offertes par la numérisation.
Repas d’anniversaire : les plus grands röstis du monde
Pour fêter son anniversaire, l’Union suisse des paysans organise différentes activités avec ses organisations membres, ses collaborateurs et la population suisse. Le 19 septembre, à l’occasion de la Sichlete sur la place Fédérale, il est prévu d’établir le record des plus grands röstis du monde. Les pommes de terre utilisées pousseront au cours de l’été dans tous les cantons. Elles seront ensuite apportées à Berne à l’occasion de cet événement tant culinaire que gustatif.
Une agriculture en constante mutation
Lorsque la Première Guerre mondiale éclata, la Suisse n’était pas assez bien préparée : manque de production indigène, interruption des importations, réquisition de la main-d’œuvre et des chevaux par l’armée. Ces pénuries alimentaires conduisirent à la mise en place du plan Wahlen au cours de la Deuxième Guerre mondiale : chaque mètre carré de terre était utilisé pour la production alimentaire. La fin de la guerre marqua la fin des privations. Le mot d’ordre était alors de produire autant que le permettaient le sol et les animaux. Les machines simplifiaient le travail, les nouvelles variétés augmentaient le rendement, les produits phytosanitaires tenaient les maladies et les ravageurs en échec. Cinquante ans plus tard, un changement de mentalité s’est amorcé dans la société, laquelle a alors commencé à privilégier une production alimentaire respectueuse de l’environnement et des animaux. Ce défi a perduré jusqu’à aujourd’hui : fournir à la population des aliments de la région avec le moins possible de conséquences négatives sur l’environnement et dans le sens d’une consommation optimisée des ressources. Ces 30 dernières années ont donc été une nouvelle ère de changements pour l’agriculture… et le développement se poursuit.