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Mondialisation et euro: Le rôle futur de la Banque nationale suisse
Georg Rich, directeur de la Banque nationale suisse
2e Internationales Banking Forum 2000, Zurich, le 12 juillet 2000, 12.07.2000
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Texte intégral en allemand: "Globalisierung und Euro: Die künftige Rolle der Schweizerischen Nationalbank"PDF (393 KB)
L'introduction de l'euro a conduit à une centralisation de la politique monétaire en Europe. La Banque centrale européenne (BCE) n'a pas d'autre possibilité que de mener une politique monétaire uniforme pour l'ensemble de la zone euro. L'introduction de l'euro a reposé sur une décision politique, contrairement à d'autres formes de la mondialisation. Dans maints cas, celle-ci est stimulée par les forces du marché. Nombreux sont par conséquent ceux qui craignent que la mondialisation ne leur soit néfaste. Ils estiment qu'elle limite les possibilités dont disposent les autorités nationales pour mettre en place de bonnes conditions-cadres pour l'économie privée. Ces craintes sont excessives. La mondialisation, il est vrai, incite à faire de l'arbitrage entre les diverses règlementations et, partant, exerce une certaine contrainte sur les autorités nationales pour qu'elles harmonisent leur politique économique avec celle des autres pays. Mais, en dépit de la mondialisation et de l'euro, les autorités nationales disposent toujours d'une marge de manuvre considérable pour l'aménagement de leurs propres conditions-cadres macroéconomiques.
Cette constatation s'applique également à la politique monétaire suisse. Tant que la Suisse laissera flotter le franc sur les marchés des changes, la Banque nationale suisse (BNS) pourra en principe mener une politique monétaire autonome. Du fait cependant de la similitude de l'environnement économique, la BNS donne à sa politique monétaire un cap souvent semblable à celui de la BCE ou, précédemment, de la Banque fédérale d'Allemagne. L'autonomie de la Suisse en matière de politique monétaire est néanmoins utile à deux égards: (1) La BNS est en mesure, si les circonstances le requièrent, de tenir compte des besoins spécifiques de l'économie suisse. (2) Cette autonomie contribue à maintenir les taux d'intérêt en Suisse à un niveau relativement bas. Mener une politique monétaire autonome risque toutefois d'engendrer de fortes fluctuations des cours de change. Etant donné la mondialisation des marchés financiers, il n'y a aucune solution miracle pour empêcher de telles fluctuations.
L'exposé aborde également les répercussions de l'euro sur la place financière suisse. Rien n'indique, jusqu'à ce jour, que le franc suisse a perdu de son importance en tant que monnaie de placement. Selon des données récentes de la BNS, la part du franc suisse était de 35%, à fin 1999, dans les dépôts de titres que les banques gèrent pour le compte de la clientèle étrangère. Cette part n'a guère varié depuis l'introduction de l'euro. Le franc suisse est donc toujours utilisé par les investisseurs internationaux à des fins de diversification. En revanche, l'influence de l'euro sur le marché intérieur des titres de créance et de participation est plus difficile à déceler.