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Le prix minimum pour l'alcool bientôt effectif en Ecosse
Cinq ans après avoir été adoptée par le Parlement écossais, le prix minimum va finalement pouvoir entrer en vigueur au mois de mai 2018. Cette entrée en vigueur avait été retardée par une association de représentants de l’industrie qui avait mené une intense bataille légale. Cette dernière s’est soldée par une victoire de l’État devant la Cour suprême du Royaume-Uni après un passage auprès des instances européennes. Les juges ont suivi à l’unanimité l’argument avançant que les intérêts de santé publique primaient la liberté économique.
En Écosse, il est possible d'acheter la quantité hebdomadaire maximale recommandée d'alcool pour environ 2,5 £ seulement. L'alcool est devenu de plus en plus accessible dans les supermarchés, notamment avec l'apparition de boissons très bon marché comme le "white cider". En outre, l'Écosse connait une consommation d’alcool 17% supérieure au reste du Royaume-Uni avec des taux de mortalité lié à l’alcool deux fois supérieur.
Afin de réagir à cette situation, Édimbourg avait voulu prendre des dispositions particulières avec l’introduction d’un prix minimal par unité légale d’alcool. Cette unité, qui correspond à 8 g ou 10 ml d’éthanol pur, serait vendue au minimum à 50p, doit l’équivalent de 250 ml de bière légère. Le prix minimum se concentre ainsi uniquement sur les alcools les moins chers, le premier d'entre eux étant le white cider vendu à 18p l’unité. L’objectif du prix minimum est de cibler principalement les boissons bon marché vendues en supermarché et consommées rapidement. L’idée est de réduire la consommation, mais aussi de la concentrer dans les pubs, clubs et restaurants où elle est souvent moins risquée, car surveillée et plus onéreuse.
L’effet sur le marché a été modélisé par une équipe de chercheurs de l’Université de Sheffield et les résultats suggèrent qu’il était possible de diminuer efficacement l’impact de la consommation en ciblant principalement les personnes ayant une consommation importante d’alcool. Avant l’Écosse, seules quelques provinces canadiennes avaient recours (avec succès) à cette mesure plus ciblée que l’augmentation générale des taxes. En Suisse, le Conseil des États avait proposé l’introduction de cet instrument de politique structurelle lors des débats entourant la loi sur l’alcool en 2013. Toutefois, la mesure avait été abandonnée après l’examen par le Conseil national. Néanmoins, la révision totale de la loi suisse se fait toujours attendre.