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Modules
>
Femmes et vie publique à l'époque hellénistique
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En public, au service des royaumes et des cités
Créancières publiques
"Les
personnes suivantes, montrant leur amour du bien et leur dévouement
pour le peuple, ont promis et remis la moitié des intérêts
sur les emprunts qui leur étaient dus par le peuple."
(Suivent 24 noms de donateurs, parmi lesquels trois femmes)
:
"Le...ne fille de Timagenes, 303 drachmes.
Mimmis et Panathiatis filles de Demetrios, ...96 drachmes."
Bloc, Siména,
Ier s. av. J.-C.
Cette
inscription a été gravée sur l'ante d'un portique
ornant le centre de la cité de Siména, en Asie mineure.
24 individus, créanciers
de la cité, acceptent par ce document de faire remise à
leur communauté civique de la moitié des intérêts
qui leur étaient dus.
L'affaire
se résume de la façon suivante : la cité de Siména
avait contracté un emprunt auprès de particuliers par
le biais d'une souscription publique. L'objet de cet emprunt semble
avoir été la construction du portique monumental sur lequel
fut gravée l'inscription. La cité a ensuite connu des
difficultés financières et n'a pas pu verser à
ses créanciers les intérêts convenus. Les anciens
souscripteurs - ou tout au moins une partie d'entre eux - ont alors
accepté de ne toucher que la moitié de leurs intérêts.
La remise consentie concernait vraisemblablement une période
passée. Pour les années suivantes, la cité a dû
honorer ses dettes et rembourser régulièrement ses créanciers,
intérêts et capital compris. Les sommes en jeu sont raisonnables
: la moyenne des intérêts offerts à la cité
par chaque créancier est de 250 drachmes. Mais la cité
a tout de même gagné près de 6000 drachmes dans
cette opération.
Les
créanciers mentionnés sont tous porteurs d'un patronyme
et sont donc de statut libre. A l'exception d'un étranger, ils
sont citoyens de Siména. Trois femmes apparaissent dans la liste,
l'une comme créancière individuelle pour un intérêt
de 303 drachmes, les deux autres - deux soeurs - avaient une créance
commune, plus modeste, dont l'intérêt était de 96
drachmes. Ces femmes sont citées sans tuteur et pourraient donc
avoir été personnellement responsables des sommes engagées.
Les deux soeurs sont filles d'un prêtre éponyme de la cité
et appartenaient de ce fait à l'élite de Siména.
En
souscrivant nommément à des dons ou à des prêts
en faveur de la collectivité, les femmes des classes moyennes
ou aisées marquaient publiquement leur présence et leur
rôle dans la vie civique.