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L'ex-président du Congrès juif mondial Edgar Bronfman est décédé
Edgar Bronfman avait activement participé aux efforts pour contraindre les banques suisses à restituer plus d'un milliard de dollars aux familles des victimes des camps de la mort qui avaient placé leurs capitaux en Suisse avant la Seconde Guerre Mondiale. KEYSTONE (archives)
Carnet noir
Figure-clé dans l'affaire des fonds en déshérence en Suisse à la fin des années 1990, Edgar Bronfman, l'ex-président du Congrès juif mondial, est mort samedi à l'âge de 84 ans.
Edgar Bronfman, ex-président du groupe de spiritueux Seagram et du Congrès juif mondial (CJM), est décédé samedi à New York à l'âge de 84 ans, a annoncé la fondation familiale. Il avait oeuvré pour obtenir la restitution par les banques suisses des avoirs en déshérence à la fin des années 1990.
M. Bronfman est mort de causes naturelles à son domicile, a précisé la Samuel Bronfman Foundation.
Né à Montréal en 1929, Edgar Bronfman hérite de Seagram, le groupe de spiritueux fondé par son père Samuel, qui avait fait fortune en produisant de l'alcool à la frontière canado-américaine pendant la Prohibition.
Il en devient le président en 1971, à la mort de son père. Sous sa houlette, le groupe se diversifie, avant d'être transmis à son fils Edgar Bronfman Jr. Il sera absorbé en 2000 par Vivendi, qui devient Videndi Universal.
Menaces de "guerre totale"
A la tête du Congrès juif mondial de 1979 à 2007 (officiellement depuis 1981), M. Bronfman participe aux efforts entrepris pour obtenir des banques suisses la restitution des avoirs juifs spoliés pendant la Seconde Guerre mondiale.
Plus d'un milliard de dollars ont été restitués aux familles des victimes des camps de la mort qui avaient placé leurs capitaux en Suisse avant la guerre.
Les déclarations qu'Edgar Bronfman avait faites dans une interview en mars 1998 avaient provoqué l'indignation en Suisse. Il avait alors réclamé trois milliards de dollars pour régler la question des fonds en déshérence et menacé les banques helvétiques de "guerre totale" si elles n'obtempéraient pas.
Le CJM avait aussi fait pression sur l'Union soviétique d'alors pour qu'elle assouplisse les conditions permettant l'émigration des Juifs. Dans les années 80, Edgar Bronfman avait également fait en sorte que le CJM fasse connaître le passé nazi de l'ex-secrétaire général de l'ONU, et futur président autrichien, Kurt Waldheim.
Un pas en direction de la Suisse
Edgar Bronfman "était un combattant ardent de l'antisémitisme et de toute forme de racisme", a salué Ronald Lauder, l'actuel président du Congrès juif mondial. "Il militait pour une meilleure compréhension entre les religions et les gens".
En Suisse, Rolf Bloch, ancien président du Fonds spécial en faveur des victimes de la Shoah dans le besoin, se souvient qu'Edgar Bronfman "avait fait un pas en direction de la Suisse" dans cette affaire. "Il a dû comprendre que la Suisse ne fonctionnait pas comme les Etats-Unis", a-t-il déclaré dimanche à l'ats.
Après un "début difficile, chacun a finalement fait preuve d'une certaine compréhension pour la position de l'autre", ajoute M. Bloch. Durant cette période particulière, "chacun avait un peu raison". Il fallait donc se rapprocher.
Estime réciproque
Rolf Bloch a rencontré Edgar Bronfman une "vingtaine de fois en l'espace d'un an, un an et demi. Je n'ai pas toujours dû courir en Amérique, il est aussi venu en Suisse. Une certaine estime réciproque s'est développée", se rappelle l'industriel né à Berne.
Le Département fédéral des affaires étrangères a exprimé dimanche ses condoléances "à la famille et aux proches de Monsieur Bronfman".
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