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Les concentrations de CO2 et d'autres gaz à effet de serre dans l'atmosphère ont à nouveau atteint un record en 2017. Rien n'indique un "renversement prochain" de cette situation qui constitue le facteur majeur du changement climatique, a dit jeudi l'ONU à Genève.
Les concentrations de dioxyde de carbone (CO2) se sont établies à 405,5 parties par million (ppm), contre 403,3 en 2016, selon les données de l'Organisation météorologique mondiale (OMM). La dernière teneur en CO2 comparable remonte à des millions d'années. La température était plus élevée de 2 à 3°C et le niveau des mers supérieur de 10 à 20m.
"Si nous continuons" sur cette augmentation, "nous allons avoir de vraies difficultés", a dit devant la presse l'une des responsables du rapport à l'OMM, Oksana Tarasova. Habituellement, une baisse importante de la croissance des concentrations est observée pendant l'année qui suit un épisode de courant chaud El Niño. En 2017 toutefois, le taux a continué d'augmenter, une situation "alarmante" selon Mme Tarasova. Il faut "au moins" qu'il recule à nouveau.
Le CO2, qui constitue deux tiers de l'impact des gaz à effet de serre, reste dans l'atmosphère pendant des centaines d'années et encore plus longtemps dans les océans. Il est largement responsable du changement climatique mais aussi de la hausse du niveau des mers ou de l'intensité des situations météorologiques extrêmes.
Pas de réaction à Trump et Bolsonaro
"Les données scientifiques sont sans équivoque", affirme le secrétaire général de l'OMM Petteri Taalas. Sans réduction rapide des émissions de gaz à effet de serre, le changement climatique sera trop important. La période pour l'action "est sur le point de s'achever", selon M. Taalas.
Face aux déclarations du président américain Donald Trump et du président élu du Brésil Jair Bolsonaro qui remettent en cause le changement climatique, l'OMM oppose que celui-ci "est prouvé", selon la numéro deux de l'organisation Elena Manaenkova. Le dernier rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) est significatif et "nous ne réagissons pas à des déclarations individuelles, même de chefs d'Etat", ajoute-t-elle.
Elle relève aussi les efforts des autres Etats, d'autres acteurs régionaux et du secteur privé. Les spécialistes du GIEC avaient conclu récemment que les émissions de CO2 dans l'atmosphère devront être égales à celles qui sont éliminées vers 2050 pour maintenir un réchauffement sous les 1,5°C.
A quelques semaines de la COP24, la Haute commissaire aux droits de l'homme a, elle, relevé jeudi dans une lettre ouverte que les Etats ont des obligations légales d'empêcher et d'atténuer le changement climatique. Michelle Bachelet ajoute également que les droits des citoyens sont déjà affectés et demande d'éviter des dommages importants pour davantage de personnes encore dans le monde.
Méthane et oxyde nitreux également
Outre le CO2, les concentrations de méthane, deuxième gaz à effet de serre le plus important, ont également augmenté à 1859 parties par milliard (ppb) au total, plus de 250% de son niveau à l'époque préindustrielle. Celles d'oxyde nitreux se sont étendues pour atteindre 329,9 ppb, plus de 120% par rapport à l'ère préindustrielle. Une recrudescence d'un gaz réduisant la teneur en ozone a également été observée.
Dans les prochains jours, un rapport d'ONU Environnement est attendu sur les engagements pris par les pays pour la réduction des gaz à effet de serre. L'OMM doit elle publier la semaine prochaine son évaluation sur le climat dans le monde cette année.
Ses données sur les concentrations "mettent l'accent sur le caractère urgent de cette réduction des émissions", selon le président du GIEC Hoesung Lee. "Chaque réchauffement, ne serait-ce que d'une fraction de degré, a des conséquences, et il en va de même pour chaque partie par million de gaz à effet de serre", dit de son côté Mme Manaenkova.