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24 août 2011
Selon une étude, le controversé «Swiss Statement», selon lequel les séropositifs, au bénéfice d'une trithérapie efficace pouvaient sous certaines conditions renoncer au préservatif, n'a pas provoqué une hausse des nouvelles infections en Suisse.
Le controversé «Swiss Statement» de janvier 2008 selon lequel les séropositifs au bénéfice d'une trithérapie efficace pouvaient, sous certaines conditions, renoncer au préservatif, a été entendu par les intéressés. Et il n'a pas provoqué de hausse des infections, selon une étude.
L'équipe de Barbara Hasse, de l'Hôpital universitaire de Zurich, a analysé les informations recueillies entre avril 2007 et mars 2009 auprès de 7309 participants à l'Etude suisse de cohorte VIH. L'objectif était d'étudier les changements de comportement en matière de sexe non protégé après les recommandations de la Commission fédérale pour les problèmes liés au sida.
En janvier 2008, celle-ci avait annoncé que si le patient vit une relation stable, si la trithérapie est scrupuleusement suivie, si le virus est indétectable depuis six mois au moins, s'il n'existe aucune autre maladie sexuellement transmissible et si le ou la partenaire est d'accord, il est possible de renoncer au préservatif. Cette annonce avait suscité la polémique, notamment en France, où le Conseil national du sida l'avait jugée prématurée.
Recommandations complexes
Comme l'écrivent les chercheurs zurichois dans la revue «Clinical Infectious Diseases», l'effet du «Swiss Statement» a été le plus prononcé dans les groupes avec des partenaires stables et ayant une charge virale indétectable. Ce qui indique que la population suisse est capable de recevoir des recommandations aussi complexes, commentent les scientifiques.
Les résultats montrent toutefois qu'il y avait déjà une tendance vers le sexe non protégé avant janvier 2008. Cette évolution s'est poursuivie chez les hétérosexuels ayant une relation stable, ainsi que chez les homosexuels ayant des partenaires occasionnels.
Dans les relations stables, les participants ont indiqué utiliser un préservatif dans 80% des cas, avec des partenaires occasionnels dans 88% des cas. Lorsque le partenaire est séronégatif, cette proportion grimpe à 89%, et elle chute à 48% lorsqu'il est séropositif.
Pas d'estimation du risque
Certains groupes de séropositifs semblent avoir adopté la conviction que la trithérapie est une mesure suffisante de prévention du VIH, notent les chercheurs. Il n'en reste pas moins, soulignent-ils, qu'»une estimation précise du risque de rapports non protégés avec une personne recevant avec succès un traitement antirétroviral n'est pas disponible».
Sur les participants à l'étude, 5,9% ont d'ailleurs connu un «rebond viral» lors de leur contrôle semestriel et 2,2% affichaient un traitement «discontinu». Toutefois, selon l'étude, le «Swiss Statement» n'a pas provoqué une hausse des nouvelles infections en Suisse.
Barbara Hasse recevra jeudi à Interlaken (BE) le «Janssen Virology Award», doté de 15'000 francs, pour ces travaux. Le prix lui sera remis par le Pr Bernhard Hirschel dans le cadre du congrès de la Société suisse d'infectiologie, ont indiqué mardi les organisateurs dans un communiqué.