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La Suisse ne va pas pour l'instant taxer les produits trop sucrés. Le Conseil des Etats a rejeté mardi, par 24 voix contre 3 et 6 abstentions, une initiative cantonale neuchâteloise.
Le texte demande que la législation introduise une taxe sur les sucres ajoutés lors des processus de fabrication. Les revenus seraient affectés à la prévention du diabète et de l'obésité. La publicité et la remise de denrées alimentaires à haute valeur énergétique devraient par ailleurs être restreintes.
L’augmentation de la consommation de sucre pose en effet problème. Mais, selon la majorité du Conseil des Etats, une taxe n'est pas à l'ordre du jour. Elle ne devrait être examinée que si les efforts déployés par le Conseil fédéral et l'industrie alimentaire pour faire baisser l'ajout de sucre dans les yaourts, les céréales et les boissons sucrées notamment, ne sont pas efficaces.
Des premiers résultats ont pu être observés. Les teneurs moyennes en sucres ajoutés contenus dans les yaourts et les céréales pour le petit-déjeuner ont diminué de respectivement 3% et 5%.
De nouveaux efforts ont été promis. Et ils ne concernent pas seulement le sucre mais aussi le sel et les graisses. Les producteurs de denrées alimentaires et de boissons et les entreprises de commerce de détail se sont par ailleurs engagés à réduire les publicités adressées aux enfants de moins de 12 ans.
Mesure nécessaire
Selon Didier Berberat (PS/NE), il faut légiférer sans attendre. Aucun objectif clair n'a été défini pour l'instant. Et les moyens de prévention sont encore trop faibles. On ne lutte pas contre l'alcoolisme en réduisant la teneur en alcool, ni contre le tabagisme en réduisant le taux de nicotine.
Trente pays ont déjà légiféré. On y constate un impact positif sur la stabilisation de la consommation de sucre par habitant, a ajouté le Neuchâtelois. Les partisans d'une taxe rappellent que jusqu'à 20% des coûts de la santé peuvent être attribués à des maladies liées au sucre. En Suisse, 42% de la population suisse est actuellement en surpoids ou obèse.