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Le Royaume-Uni a connu un cumul record de pluies pendant l’année 2012. Signe que le pays serait déjà soumise aux aléas du réchauffement climatique. C’est ce qu’affirment des climatologues. Il devrait en être de même pour tous les pays situés à cette latitude.
Inondations et sécheresse
En janvier 2013 un article accusait le réchauffement climatique pour expliquer ce record, qui survient dans une décade où plusieurs maximas de pluviométrie ont été constatés dans le pays:
«Des climatologues éminents établissent une corrélation entre le réchauffement climatique et l’annonce de l’Office météorologique du Royaume-Uni (Met) hier (3 janvier) selon laquelle 2012 était l’année la plus pluvieuse jamais enregistrée en Angleterre.»
Toutefois, et pour la deuxième année consécutive, 2012 a commencé par une très forte sécheresse sur la moitié sud du pays:
«Les cinq derniers mois ont été les plus secs de l'histoire (depuis l'existence de mesures en 1910) dans l'Anglia, une région de l'Est. Le reste du sud-est du pays est de même en train de battre les records de faible pluviométrie. A moins que les pluies n'arrivent dans les prochaines semaines, la sécheresse devrait être la pire depuis celle de 1976.»
Dans cette période le niveau des nappes phréatiques a baissé de manière préoccupante. En contraste, la baisse des nappes a été très importante en Suisse dans la première décennie du siècle, à cause d’une pluviométrie faible. Mais ces nappes sont aujourd’hui en pleine forme grâce à l’augmentation des pluies depuis quelques années. Conséquence de l’oscillation nord-atlantique? La pluie ne se répartit pas partout en quantités égales et à la même fréquence. Ce que, je crois, les anciens savaient déjà de manière empirique.
Contradictions
Le principal auteur du rapport du GIEC de 2007, Kevin Trenberth, dit précisément, à propos de pluviométrie:
«Dans l'ensemble, les latitudes moyennes et hautes [ont enregistré] une augmentation des précipitations liée au réchauffement climatique et le fait que l'air puisse contenir plus d'humidité accélère le cycle hydrologique».
La statistique anglaise (image 1, cliquer pour agrandir) montre, sur 100 ans, que les années moins humides (en brun-beige) restent nombreuses et que les années plus humides (en bleu) ne sont pas vraiment plus fréquentes. Il semble difficile d’établir une corrélation franche entre réchauffement et pluviométrie, du moins à nos latitudes, et ce qui est aujourd’hui considéré comme des anomalies climatiques ne le sont que parce que la norme a été fixée de manière arbitraire.
Ainsi les données météorologiques actuelles sont souvent comparées à l’année 1979 ou à la période 1950-1980. J’ai déjà signalé que cette période est plutôt fraîche, non par rapport au petit âge glaciaire, encore plus frais et dont les conséquences furent entre autres des famines en Europe, mais par rapport à l’optimum médiéval, ou par rapport à il y a 3’000 ans, ou encore à il y a 8’000 ans, période plus chaude où le Sahara était couvert de végétation.
Quelle est la «bonne» norme? Qui la décide, et selon quels critères? Il semble ici régner un arbitraire volontairement alarmiste. On ne sait même pas qui décide vraiment de poser la balise ici plutôt que là. Les membres du GIEC prétendent ne faire que des constats, alors que la dramatisation et l’urgence que ce groupe impose au monde sont les conséquences de l’endroit où ils ont eux-mêmes placé leur curseur.
Les blés du Kansas
La sécheresse a fait diminuer le rendement du blé d’hiver anglais. C’est peut-être ce qui a inspiré la recherche réalisée par Jesse Tack, du département d’économie agricole de l’Université d’État du Mississippi. Avec deux collègues il a étudié la production de blé dans l’Etat américain du Kansas, grenier à blé des Etats-Unis.
«L’étude a comparé les résultats de près de 30 ans de tests réalisés sur le blé hivernal à travers le Kansas. (...) Le réchauffement climatique devrait permettre de réduire les températures glaciales, mais devrait aussi provoquer une multiplication des épisodes de canicule. L’étude a toutefois constaté qu’au final, l’effet était plus négatif que positif, et que l’on devrait s’attendre à un déclin de 15 pour cent des récoltes de blé en vertu d’un scénario de réchauffement de 2 degrés Celsius, et des pertes atteignant les 40 pour cent selon un réchauffement de 4 degrés Celsius».
Cette compilation de données aboutit à une conclusion qui peut surprendre:
«L’étude révèle par ailleurs que les variétés de blé crées récemment par les agriculteurs étaient moins résistantes à la température que les vieilles variétés. Il semble donc y avoir, mentionne le rapport, «un échange entre la production moyenne et la capacité de résister à des climats extrêmes». Un autre facteur peut aussi jouer sur la résistance aux températures élevées: la présence d’eau. Mais la disponibilité de l’or bleu est elle-même aussi menacée par le réchauffement climatique».
Donc, d’une part, le progrès en ingénierie agricole conduit à des semences plus productives mais moins résistantes, alors que les anciennes lignées de semences résistaient mieux à la chaleur et au froid. La norme de température d'où nous venons et dans laquelle ce blé ancien s'est développé devait être soit plus haute soit plus extrême qu'aujourd'hui. D’autre part le réchauffement limiterait les accès à l’eau douce (donc l’arrosage) alors qu’ailleurs il est dit que la hausse des températures augmentera la pluviosité. Qui dit vrai?
Enfin cette compilation suggère au moins une bonne idée: «Une méthode pour s’adapter aux changements climatiques pourrait donc consister à déplacer la culture du blé vers les pôles». Ce que je pense aussi. Le Canada et la Sibérie deviendront peut-être les nouveaux greniers à blé de la planète, ce qui est une très bonne nouvelle vu la surface disponible.
Et les ingénieurs créeront de nouvelles variétés de blé, comme ils le font depuis toujours. Il n’y a donc pas de menace sur le blé si l’on accepte de s’adapter au réchauffement (s’il se confirme).
Image 2: sécheresse en Angleterre 2011. Image 3: les blés du Kansas.