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Le plastique est fait à partir de pétrole, et lorsqu'il est incinéré, le CO2 du pétrole retourne dans l'atmosphère. Si ces 6 milliards de tonnes de plastique étaient brulées, cela ajouterait d'un coup 16 milliards de tonnes de CO2 dans l'atmosphère, 300 fois les émissions annuelles de la Suisse.
Et en Suisse ?
- 31 kilos sont des plastiques longue durée, utilisés dans la construction ou la production industrielle
- 10 kilos sont du PET recyclé
- 84 kilos sont du plastique non recyclable qui est incinéré. (Le recyclage du plastique n'est de loin pas la panacée).
- bonne nouvelle, 0 kilos sont mis en décharge (sauf éventuellement du plastique exporté pour du recyclage raté...)
Un kilo de plastique incinéré produit en moyenne 2.7 kg de CO2-e. Nos 84 kg de plastique annuels produisent donc environ 226 kg de CO2-e chaque année, 4% des émissions d'un habitant suisse moyen, ou l'équivalent de 1'700 kilomètres en voiture.
Le bons sens veut donc qu'on diminue l'usage du plastique, surtout le plastique à usage unique, celui qu'on produit pour jeter tout de suite, qui finit à l'incinérateur.
Et le PET ?
La Suisse utilise chaque année 1.5 milliard de bouteilles de PET par année, soit en moyenne 187 bouteilles par personne et par année. Ces bouteilles sont effectivement recyclées, mais cela ne veut pas encore dire que c'est la bonne solution.
Une bouteille d'eau minérale correspond à 1.5 décilitre de pétrole, pour fabriquer la bouteille et pour la transporter. La quantité d'énergie nécessaire pour produire de l'eau en bouteille est 1000 fois supérieure à celle nécessaire pour l'eau du robinet.
Le meilleur déchet est toujours celui qu'on ne produit pas !
Suffit-il d'arrêter le plastique ?
Rien qu'en transports, le Suisse moyen produit aussi 1'300 kg de CO2-e pour les voyages en avion, et 1'700 kg de CO2-e pour les transports routiers. Résoudre le problème du plastique ne suffira donc pas à résoudre le problème du climat.
Faut-il bannir le plastique ?
L'empreinte carbone d'un sac en plastique est entre 3 et 50 grammes de CO2-e. Pour un sac en papier, on compte de 12 à 80 grammes de CO2-e. L'industrie du papier utilise aussi de l'énergie, de l'eau et du bois pour fabriquer du papier, et le papier est plus lourd à transporter que le plastique. Là aussi, le meilleur déchet est celui qu'on ne produit pas. Vive le sac à dos ou le cabas réutilisable !
Un pantalon en nylon correspond à 3 kg de CO2-e, contre 6 kg pour un pantalon en coton (la culture du coton utilise beaucoup d'eau et d'engrais). De plus le pantalon en nylon dure plus longtemps et nécessite moins d'énergie au lavage et séchage.
Mais comme toujours la situation est compliqué, et il n'y a pas de solution miracle. Car le pantalon en nylon produit aussi des micro-plastiques au lavage...
Le plastique est un matériel fort utile parce qu'il est léger et imperméable. Et sans plastique isolant, il n'y aurait pas d'électricité dans nos maisons ! Après la fin des énergies fossiles, nous devrons probablement utiliser des bioplastiques.
(Source des chiffres pantalons et sacs : How bad are bananas?" de Mike Berners-Lee)
Vers plus de sobriété
Le plastique n'est pas le mal incarné ! Dans certains cas, c'est un choix plus écologique, pour autant qu'on s'assure que le plastique ne finisse pas dans les décharges ou les océans.
Pour préserver notre planète, nous n'avons pas besoin d'éliminer le plastique, mais de consommer intelligent - d'utiliser ce dont nous avons réellement besoin et pas plus. Et d'ignorer la publicité qui cherche à nous faire consommer toujours davantage...
A quand le concours du plus vieux pantalon?