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14/04/2015
Les Forces aériennes suisses ont terminé l'examen de la structure portante. La flotte de Northrop F-5 E/F «Tiger II» était temporairement clouée au sol, une fissure a été découverte, lors d’un entretien de routine. Lors d’un contrôle effectué, une fissure a été constatée dans la structure portante d’un Tiger F-5E (monoplace), ce qui a entraîné un ordre de contrôle des 36 avions Tiger F-5E qui effectuent encore des vols réguliers.
Le résultat de l’examen a révélé que 16 appareils sur 36 étaient défectueux. En conséquence, dix F-5E « Tiger II » seront abandonnés et six autres réparés. Sur les six Tiger qui seront réparés et remis en service, un est gris et les cinq autres rouge et blanc. Il en résulte que la Patrouille Suisse ne pourra pas toujours se produire avec six avions aux couleurs du drapeau.
Fatigue structurelle :
La flotte d’avions de combat F-5 est fatiguée, depuis les années 2000, celle-ci et régulièrement réduite, car des aéronefs présentent des fissures importantes qui sont le fait de l’utilisation des aéronefs. Cet arrêt temporaire de la flotte de F-5, ou du moins ce qui l’en reste démontre une nouvelle fois que nos bons vieux «Tiger» ne sont plus très loin d’une retraite bien méritée.
Prendre le taureau par les cornes :
Cette situation nous démontre une fois de plus les graves conséquences du vote négatif sur le fond Gripen. La situation de nos Forces Aériennes devient chaque jour plus difficile avec notamment la mise en place progressive de la QRA 24/24. La baisse constante du nombre de F-5, qui par ailleurs ne correspondent plus aux besoins actuels rendent la tâche des 32 F/A-18 toujours plus complexe et poussent ceux-ci à devoir voler plus souvent et bruler, ainsi plus vite leur potentiel.
Entre les années 1978 et 1984, les Forces aériennes ont acquis 110 F-5 Tiger (98 monoplaces et 12 biplaces). Aujourd'hui, il reste 26 appareils en service.
Il devient de plus en plus urgent de relancer le processus d’acquisition d’un nouvel avion de combat, sans quoi d’ici 10 ans, nos Forces aériennes se retrouveront dans une situation particulièrement critique.
Photos: 1 Northrop F-5E Tiger II à Payerne 2 Plan QRA 3 F/A-18C Hornet à Payerne @P.Kümmerling
01/02/2015
On l’oublie souvent, mais les conditions de recherche de nuit d’une personne en hiver en montagne s’avère particulièrement difficiles. Si les moyens civils sont particulièrement efficaces, il n’en reste pas moins, que lorsque ces conditions sont à l’extrême, seul les moyens à dispositions de l’armée permettent de continuer.
Dans la nuit du 18 janvier dernier, une personne disparue a pu être sauvée dans le secteur de Wengen (BE) grâce à l’appui des Forces aériennes suisses. L’hélicoptère équipé du FLIR a localisé en quelques minutes l’homme légèrement blessé, puis éclairé la zone extrêmement dangereuse pendant les opérations de sauvetage menées par un hélicoptère d’Air Glacier.
Le dimanche 18 janvier à deux heures et demie du matin, l’hélicoptère de piquet SAR des Forces aériennes a été demandé par la police cantonale bernoise ; il a été immédiatement déployé près de Wengen (BE) par l’officier de piquet des Forces aériennes pour sauver une personne disparue. Avec le FLIR (Forward Looking Infrared), le Super Puma peut localiser dans le terrain des personnes disparues grâce à leur température corporelle. Dans le cadre du piquet SAR (Search and Rescue), un Super Puma des Forces aériennes équipé d’une caméra thermique est aussi à disposition des autorités civiles 365 jours par année. L’hélicoptère de l’armée a décollé de la base aérienne d’Alpnach pour sauver l’homme de 26 ans qui avait disparu.
La personne a été portée disparue après s’être éloignée de son accompagnant samedi soir au-dessus de Wengen. Les recherches terrestres menées par la station de secours CAS Lauterbrunnen du Sauvetage alpin suisse (SAS) ont dû être interrompues assez rapidement en raison de l’obscurité, de la nébulosité et de la neige ainsi que du terrain très abrupt et dangereux. Par la suite, un hélicoptère de sauvetage d’Air Glaciers a effectué un premier vol de recherche depuis la base de Lauterbrunnen. Celui-ci s’est toutefois achevé sans résultat peu après minuit.
Les Forces aériennes ont ensuite déployé les cinq membres de l’hélicoptère de piquet SAR, en coordination avec la centrale d’engagement de la Garde aérienne suisse de sauvetage (Rega). L’équipage militaire a été complété par un spécialiste de montagne de la police cantonale bernoise qui avait pris place à bord de l’hélicoptère à l’aérodrome d’Interlaken. Il n’a pas fallu plus de vingt minutes à l’équipage du Super Puma équipé du FLIR pour localiser la personne disparue. Un hélicoptère d’Air Glacier et un spécialiste du sauvetage héliporté (SSH) de la station secours de Lauterbrunnen ont de nouveau été sollicités pour sauver l’homme légèrement blessé et en état avancé d’hypothermie. Tandis que l’hélicoptère militaire éclairait abondamment le lieu du sauvetage au moyen du projecteur orientable dont il est équipé depuis peu, le blessé a pu être rapidement hélitreuillé par un hélicoptère d’Air Glacier, puis transporté à l’hôpital.
Cette opération de sauvetage exigeante a été rapidement menée à bien et en toute sécurité grâce au soutien des Forces aériennes suisses, en collaboration avec tous les partenaires civils concernés. (Source DDPS).
Photos : 1 Airbus Helicopters Super Puma en configuration SAR avec caméra FLIR @ P.Kümmerling 2 Caméra FLIR 3 Image d’une personne perdue @ DDPS
30/10/2014
Alpnach en début de semaine, les représentants d’armasuisse, de RUAG Aviation et des Forces aériennes suisses ont célébré, la fin des livraisons des Super Puma modernisés.
Le projet de maintien et d’augmentation des capacités opérationnelles des Super Puma TH89 (hélicoptères de transport 89) a démarré il y a dix ans, avant d’être accepté par le Parlement avec le programme d’armement 2006. La modernisation a consisté, d’une part, à remplacer l’avionique des appareils et, d’autre part, à les équiper d’instruments, et donc de capacités, supplémentaires. La première étape a été constituée d’une phase de définition, de développement, de construction et d’évaluation de la nouvelle configuration. La deuxième étape a été composée des travaux sur les hélicoptères. La remise des hélicoptères modernisés, rebaptisés TH06, a débuté en avril 2012 et s’est achevée le 29 août 2014.
Navigation assistée par satellite :
Acquis au départ comme hélicoptères de transport, les Super Puma accomplissent aussi d’autres tâches. Ces robustes hélicoptères servent de plate-forme aux caméras à infrarouge FLIR (Forward Looking Infrared), avec lesquelles ils ont fait leurs preuves, notamment pour la recherche de personnes disparues. Un Super Puma est en permanence de piquet pour le service de recherche et de sauvetage (SAR). Les hélicoptères peuvent même effectuer des engagements de police aérienne quand ils concernent des aéronefs volant à basse altitude et à faible vitesse. Une raison suffisante pour combiner une mise à niveau avec la révision de toute façon nécessaire dans le cadre du programme de maintien de la valeur.
La cabine analogique est remplacée par un cockpit de verre presque identique à celui que l’on trouve dans les Cougar. Ces derniers, plus modernes, ont été introduits aux Forces aériennes à partir de 2001. Derrière un cockpit semblable au premier abord, se cache l’avionique la plus récente comportant des fonctions dont le Cougar ne dispose même pas. Afin d’être entièrement compatible avec les procédures de navigation actuelles, la capacité P-RNAV (Precision Area Navigation) a été intégrée. La capacité du Flight Management Systems (FMS) a aussi été revalorisée et une fonction supplémentaire a été ajoutée pour permettre de définir des approches aux instruments autonomes avec guidage par satellite sur n’importe quel point. Le TH06 sera le premier hélicoptère des Forces aériennes capable, grâce à un INS-GPS, d’effectuer des approches aux instruments sur théoriquement n’importe quel point, indépendamment des aides à la navigation au sol. Si les deux appareils GPS intégrés perdent le signal satellite, le système de navigation à inertie (INS) prend en charge la navigation. En tant que premier hélicoptère des Forces aériennes, le TH06 dispose aussi d’un appareil avertisseur de collision TCAS qui prévient des approches dangereuses d’autres aéronefs. Comme la cabine du TH06 est presque identique à celle du Cougar, les deux hélicoptères peuvent voler avec la même licence, ce qui réduit beaucoup le temps consacré à la formation de reconversion.La console FLIR et la sphère FLIR ne sont intégrées que sur le Super Puma. Le « nouveau » Super Puma devient un véritable « spécialiste SAR ». Un grand projecteur de recherche est directement relié au FLIR, si bien qu’un « hot spot », identifié par l’opérateur FLIR, par exemple une personne disparue, peut être éclairé et rendu visible de loin pour l’équipage de la cabine et, par conséquent, identifié plus rapidement. Ce système rend la recherche de personnes plus efficace. En outre, il est désormais possible de projeter l’image de la caméra FLIR sur un écran central de la cabine.
Un goniomètre de la dernière génération fait également partie de l’équipement. Il peut être relié à un système de localisation de personnes. Il permet de repérer directement un émetteur de secours, par exemple d’un avion disparu, et d’enregistrer les données transmises par l’émetteur de secours dans le FMS et dans le nouvel appareil numérique de représentation des cartes. Le trajet direct vers l’émetteur de secours est ainsi visible au premier regard. Dans l’engagement de police aérienne, le FMS est aussi en mesure de calculer un point de rendez-vous avec un avion si la centrale d’engagement fournit les données correspondantes sur la position, la direction et la vitesse.
Le Helmet Mounted Display (HMD), fixé au casque du pilote projette les données de vol directement dans le champ de vision du pilote, ce qui permet de garder en vue la place d’atterrissage tout en visualisant les informations des principaux instruments, ce qui est particulièrement utile dans les opérations difficiles, de nuit ou lors d’atterrissages dans la neige.
Ce qui manquait au Super Puma, c’était la possibilité de communiquer directement avec des partenaires comme la police ou le corps des gardes frontière. Grâce au riche équipement radio, les équipages du TH06 peuvent dorénavant communiquer directement sur leurs réseaux. Particulièrement en situations de catastrophe, on ne peut pas partir du principe que les canaux habituels de communication seront fonctionnels, c’est pourquoi les nouveaux hélicoptères sont équipés en plus d’un système de communication satellitaire. (sources DDPS).
Photos : 1 & 3 Super Puma à Air14 @P.Kummerling 2 Cockpit@ Armasuisse
28/04/2014
La flotte d’avions d'entraînement de type Pilatus PC-21 a passé le cap des 10’000 heures de vol. Les PC-21sont engagés au sein des Forces aériennes suisses pour l'instruction de base et avancée des pilotes de jet, ainsi que pour les instructions au combat aérien, au vol sans visibilité et à la voltige aérienne.
Les six premiers avions ont été livrés et introduits en 2008 dans le cadre du système d’instruction des pilotes de jet (JEPAS) que la Suisse a acquis avec le programme d'armement 2006. Aujourd’hui se sont 8 appareils de type Pilatus PC-21 qui sont en service au sein des Forces aériennes suisses. On notera que la formation des pilotes a pu réaliser des économies de carburant substantielles et obtenir une réduction de 90% des émissions polluantes par rapport à la formation effectuée avec les F-5F «Tiger II». Par ailleurs, les coûts d'instruction et d'exploitation ont pu être réduits de moitié. Jusqu’à présent 23 pilotes ont reçu leur brevet après une formation sur PC-21, dont un pilote d’échange français.
Le PC-21 :
Le PC-21 dispose d’une avionique et d’un système d‘entraînement ultramodernes qui permettent d’effectuer un entraînement qui n‘a jamais pu être réalisé sur les anciens avions-écoles à réaction. Avec le système de formation des pilotes de jet sur PC-21 (JEPAS PC-21), les Forces aériennes suisses font office de pionnières en reconvertissant leurs pilotes directement du PC-21 sur le Boeing F/A-18C/D. Il s’agit d’une première mondiale. Dans les années 90, l’objectif de l’instruction était la transition des pilotes sur des BAe Haw,k puis sur F-5. A la fin des années 90, il était devenu clair que la reconversion devait s‘orienter vers les prescriptions établies pour les FA-18. Les pilotes ont donc d‘abord été reconvertis du Pilatus PC-7 au FA-18 Hornet en passant par le F-5 Tiger. Toutefois, un avion-école à réaction devait satisfaire aux exigences d’un futur avion d’engagement, ce qui n’était pas garanti avec le F-5 Tiger. L’idée de passer directement d’un avion à hélices moderne au F/A-18 était née. Le PC-21 représente sa concrétisation.
Le PC-21 permet une formation complète des élèves pilotes et ceci avec des possibilités offrant une nouvelle dimension. En effet, il s’agit là, d’un système d’écolage en vol performant, qui remplace totalement la transition sur avion école à réaction de type Hawk ou Alpha jet. En effet, le PC-21 offre la possibilité unique au monde d’assurer une transition direct, vers des chasseurs modernes tels que F/A-18, Rafale, Gripen E, Eurofighter, pour ne citer que ceux-là. Les coûts de formation, de maintenance sont très largement diminués, sans oublier la réduction significative des nuisances sonores et de l’optimisation de la consommation de kérosène. L'avion permet une simulation complète et ceci sans armement, car ceux-ci, sont simulés grâce à une interface spécialement développée pour l’avion.
Photos : 1 PC-21 en vol 2 Cockpit 3 PC-21 & F/A-18D @ Forces aériennes suisses.
16/02/2014
Il faudra peut-être s'y faire, avec la mise à la retraite du Tiger en 2016, c'est une de nos plus fameuses et fidèles ambassadrices qui s'en ira après 50 ans d'émotions et d'excellence. Qui n'a pas ressenti une profonde fierté à voir ainsi évoluer notre patrouille lors de tant de manifestations nationales et internationales?
Crée en 1964 pour l'Exposition nationale, la Patrouille Suisse a commencé à voler avec le Hunter. Ces 4 premiers appareils furent ensuite remplacés en 1995 par 6 F-5E Tiger avec leur livrée rouge si caractéristique. Est-ce que Air 14 sera leur adieu?
Pas de nouvel avion, plus de Patrouille :
Ce qui est certain, c'est que si le Gripen ne vient pas, la mort de la patrouille sera définitivement consommée. Des générations de pilotes ont ainsi appris l'excellence dans leur métier et côtoyé des milliers de pilotes étrangers, leur prouvant dans les airs qu'il faut compter avec l'aviation suisse. Quelle seraient les pertes en cas de disparition de la Patrouille? Difficile à dire, mais certainement pas négligeable.
Le Griffon sauvera-t-il la Patrouille Suisse?
Ce n'est certainement pas l'argument le plus pertinent, mais c'est encore une fois encore la démonstration que l'on doit parler de bien plus que d'un "simple" avion et ne se laisser enfermer ni dans une discussion strictement financière, ni dans des joutes techniques stériles. L'acquisition du Gripen doit être vue dans son contexte global où se mêlent politique de sécurité et de défense, souveraineté, image, émotions, diplomatie, dissuasion, .... au service de tous les Suisses au quotidien.
VEG
Liens sur les articles précédents :
Les mensonges des référendaires :
Gripen, un besoin fondamental :
Anti-Gripen, un comité de pieds-nickelés :
Gripen l’avenir des Forces Aériennes :