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«Je réalise que la guerre est là, mais je n'arrive toujours pas à y croire», raconte Olga, 28 ans, juge assistante au tribunal administratif de Kiev. Réfugiée avec des dizaines d'autres personnes dans une école de la capitale ukrainienne, elle a préparé l'essentiel de ses affaires (carte d'identité, argent, médicaments) et elle s'est rendue il y a deux jours avec son petit ami dans cet abri.
Olga partage l'espace avec 65 personnes, hommes, femmes, enfants et animaux de compagnie. «Vous devriez voir le nombre de valises qu'il y a ici», explique-t-elle calmement. Lorsqu'on lui demande si elle a envisagé de quitter Kiev ou même son pays, elle répond qu'il est trop dangereux de sortir dans les rues.
La situation semble s'être figée pour Olga, entre deux alertes et bruits de bombardements, elle tente de joindre ses parents qui vivent à Irpin, une commune située dans l'agglomération de Kiev à seulement 10 kilomètres de l'aéroport militaire de Gostomel qui a été visée par les frappes russes jeudi 24 février.
La communication avec la jeune femme a été quelque peu laborieuse à cause d'interruptions du réseau de téléphonie mobile, mais Internet fonctionne encore. «Je suis restée en contact avec ma famille et mes amis. Tout marche pour l'instant et on espère que cela va durer», se soucie-t-elle.
La jeune femme qui est consciente que la guerre qui la frappe est aussi une guerre d'images souhaite nous transmettre des photos et vidéos envoyées par son entourage qui réside aussi à Kiev. Elle tient à souligner le fait que l'armée russe ne vise pas seulement les points stratégiques, mais bombarde aussi les habitations, «faisant de nombreuses victimes civiles».
Lorsqu'on lui demande si elle a été surprise par la tournure des événements, elle nous répond d'une voix sûre que les manifestations de la place Maïdan en 2014 auxquelles elle a participé ont été un signal d'alarme fort quant à la volonté ukrainienne de s'affranchir de l'influence du pouvoir russe.
Mais que peut attendre cette ancienne étudiante en droit de 28 ans de la part des autres pays européens? À cette question, Olga répond sans détours qu'il est nécessaire que l'Europe aide militairement son pays, mais qu'elle doit aussi prendre des sanctions fortes contre la Russie.
Depuis son abri, Olga ajoute qu'elle a pleinement confiance en l'armée ukrainienne et que si la situation venait à se dégrader, son petit ami se joindrait à l'armée.
Le phénomène de mort subite du nourrisson est probablement la plus grande peur des nouveaux parents. Si bien qu'ils se tiennent parfois près du berceau pendant la nuit afin de vérifier si le bébé respire encore.