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Qu’entend-on par «paysages sonores»? Depuis quand explore-t-on le paysage sonore? Qu’est-ce que le sonore a de particulier? Vous trouverez ici les réponses à ces questions!
Définition
Un paysage sonore (en angl. Soundscape) désigne l’ensemble des sons audibles dans un environnement spatialement délimité. Il peut être compris comme l’enveloppe sonore qui entoure chaque individu dans sa vie quotidienne. Cet environnement sonore englobe tous les types de sons, qu’ils soient naturels, humains, technologiques ou encore musicaux. Les paysages sonores ne se trouvent pas seulement devant notre porte; Les sons à l’intérieur de notre propre habitat forment également un paysage sonore.
Chaque endroit se caractérise par un paysage sonore particulier résultant de la mise en interaction de tous les sons disponibles.
La notion anglaise de Soundscape de même que celles de «sound» et de «landscape» se sont diffusées dans l’espace germanophone.
Recherche sur l’espace sonore
La préoccupation scientifique pour le paysage sonore remonte à la fin des années 1960: A l’époque, le musicologue Canadien Raymond Murray Schafer se lance dans une description systématique de l’environnement sonore. Dans le cadre du World Soundscape Projects, il explore non seulement les sons de la vie quotidienne, et les relations entre ceux-ci, mais il infère également un paysage sonore (un soundscape) de l’environnement immédiat d’un individu. Après Schafer, l’environnement acoustique apparaît comme une vaste composition musicale dont les humains, les animaux et la nature font partie intégrante. Par ses travaux précurseurs, il a non seulement ouvert la voie aux Sound Studies mais il a aussi présenté les idées fondamentales d’une méthode de recherche qualitative sur le sonore.
L’objectif de sa recherche est de décrire l’environnement sonore et de le remodeler positivement. Murray Schafer n’appelle pas à éliminer les bruits qui menacent de submerger la ville mais plutôt à être attentif à la profusion sonore – d’où une perception active de l’environnement sonore. Dans ce cadre, une écoute focalisée, une sensibilisation de l’ouïe, était fondamentale (et l’est encore aujourd’hui). Elle implique de s’exercer à une méthode d’écoute (voir la rubrique explorer).
Depuis les années 1990, l’influence du travail de Schafer s’opère à travers un large discours interdisciplinaire autour du paysage sonore. La thématique reçoit une attention particulière à partir des années 2010, à la fois dans le domaine artistique et scientifique. Le projet de Schafer d’enclencher une prise de conscience de la valeur de l’écoute de l’environnement sonore est encore d’une grande actualité – Toutefois sa mise en œuvre demeure limitée.
Spécificités
L’exploration du (paysage) sonore présente certaines spécificités: Le son est fugace et ne se laisse pas facilement saisir contrairement au visible qui peut-être capté par une photo ou une vidéo. Il est difficile d’appréhender une situation sonore et de la décrire correctement. De nos jours, on a du mal à concevoir des témoignages oraux sans technique d’enregistrement. Les enregistrements sonores n’apparaissent qu’à partir des années 1870; nous ne gardons donc aucune trace du monde sonore du temps de Napoléon. Grâce aux progrès techniques, il est désormais possible de conserver les sons, de les analyser et de les modifier.
Comment peut-on explorer les ambiances sonores des époques anciennes? Que signifie l’évolution des sons au cours du temps ? Vous le saurez en regardant cette vidéo (en allemand):
Grâce aux archives sonores, les sons du passé ne peuvent plus complètement disparaître. La «österreichische Mediathek» conserve notamment beaucoup de sons du passé.
L’exploration des phénomènes sonores va a priori de soi. Que ce soit dans la vie quotidienne ou dans la recherche, la perception sensorielle est presque considérée comme une évidence. La culture européenne est essentiellement visuelle depuis les Lumières. Nous nous focalisons sur le visible et sommes relativement indifférents à la perception sonore. Pourtant, le sonore est omniprésent; On ne peut pas véritablement fermer nos oreilles.