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Verrues génitales (condylomes)
L’apparition de verrues génitales bénignes, de la taille d’une tête d’épingle, dans la région du vagin et de l’utérus (condylomes acuminés) est due aux papillomavirus humains (PVH). Ils sont contenus dans les verrues et hautement infectieux en cas de contact avec la peau, comme lors d’un rapport sexuel. Les infections au PVH peuvent aussi être discrètes et ne provoquer aucun signe externe. Les verrues se voient au plus tôt quelques semaines après la contamination:
- Verrues isolées ou en groupes sur les organes génitaux (chez les femmes, sur les lèvres et le col de l’utérus; chez les hommes, sur le prépuce, le corps du pénis ou à l’orifice de l’utérus; ou encore à l’anus ou, visibles ou palpables, dans le rectum)
- En cas de sexe oral, des verrues peuvent se former sur la muqueuse buccale après infection.
- Les verrues génitales poussent rapidement et forment des excroissances en forme de chou-fleur.
- Rarement, il y a des démangeaisons ou brûlures; du sang peut s’échapper par de petites fissures.
Les verrues génitales peuvent être si plates qu’on ne les voit pas à l’œil nu. Pour les faire apparaître, on applique les zones douteuses avec de l'acide acétique dilué; les verrues apparaissent sous forme de champs ou points blancs. À l’aide d’un microscope spécial, le gynécologue peut examiner le col de l’utérus et prélever un frottis et un échantillon de tissu (biopsie). Il testera ceux-ci pour voir s’ils contiennent le PVH. Pour préciser le diagnostic, le médecin réalisera en outre une rectoscopie (examen visuel du rectum). Une analyse de la biologie moléculaire permet de déterminer le patrimoine génétique du virus P<vH et son sous-groupe (cf. ci-dessous).
L’utilisation de préservatifs lors des rapports sexuels et une stricte hygiène dans les piscines et saunas permet de réduire le risque d’être infecté par des virus PVH dans la région intime. De petites blessures de la peau, l’humidité, une défense immunitaire affaiblie et des inflammations sont des facteurs qui favorisent la transmission du virus PVH. Autres facteurs possibles: fumée, abus de drogues comme le cannabis et la cocaïne, prise de médicaments immunosuppresseurs. Par contre, une flore vaginale intacte empêche les virus de se multiplier trop facilement.
Selon les connaissances actuelles, les virus PVH ne sont pas dangereux pour l’enfant pendant la grossesse. Toutefois, ils peuvent être transmis au nouveau-né lors de l’accouchement. C'est pourquoi il faudrait traiter les verrues génitales aux alentours de la 34ième semaine de grossesse. D'une part, c’est assez tôt pour garantir une guérison complète avant l’accouchement. Et d’autre part, on peut être sûr qu’il n’y aura pas de nouveaux condylomes avant l’accouchement. Un traitement local avec une crème ou teinture spéciale (Polyphenon® E, podophyllotoxine, acide trichloroacétique) est autorisé aussi pendant la grossesse. Mais le traitement le plus efficace consiste à supprimer les verrues au laser, par cryothérapie à l'azote liquide, électrocoagulation ou intervention chirurgicale. Pourtant, une récidive (rechute) est à attendre dans environ un cinquième des cas.
Normalement, l’accouchement vaginal est possible. Ce n'est que si l’infection s’est vraiment beaucoup étendue qu’une césarienne serait peut-être indiquée. Les enfants contaminés à la naissance peuvent aussi être libres de PVH après quelques mois et n'avoir aucun symptôme. Sur 1000 naissances où la mère a des verrues génitales, environ sept enfants souffrent des modifications pathologiques dues aux virus du papillome humain. On parle alors de papillomatose. Elle peut provoquer l’apparition de masses de tissu dans le larynx, les cordes vocales et les muqueuses de la bouche et du nez. La maladie se développe alors généralement dans les cinq premières années de vie de l'enfant et peut nécessiter un traitement selon son étendue.
Le cancer du col de l’utérus (carcinome cervical), la deuxième cause de décès liée au cancer chez les femmes âgées de 15 à 44 ans, est causé principalement par deux sous-types de papillomavirus (16 et 18). Il existe désormais un vaccin (vaccin anti-PVH) qui peut permettre de le prévenir. Cette vaccination est recommandée pour les jeunes adolescentes (idéalement avant le premier contact sexuel), mais peut aussi être indiquée pour les femmes adultes. Combinée à des contrôles réguliers, elle permet d’avoir une prévention efficace contre le cancer du col de l’utérus. Par exemple, en Australie, le nombre de cas de cancers cervicaux a pu être réduit de presque 40% en quatre ans. Mais en l’absence de données suffisantes sur le vaccin pendant la grossesse, il faut éviter de vacciner pendant cette période. Un programme de vaccination débuté avant la grossesse peut être poursuivi après l'accouchement.
Last update : 15-10-20,