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Acteur, écrivain, réalisateur et conteur polyglotte, Peter Ustinov a une passion dans sa vie: apprendre sans cesse. Résidant dans le village vaudois de Bursins, celui qui a fêté lundi son 80e anniversaire confie que son esprit reste «indomptable».
Dans son salon, il n'est pas un bout de table ou de chaise qui ne soit couvert de livres. Du sol montent des piles d'ouvrages, écrits dans une demi-douzaine de langues. Ces colonnes, d'un équilibre précaire, arrivent jusqu'à la taille.
«C'est mon système de rangement. Je sais à peu près où chaque chose se trouve», assure-t-il. Et de le prouver, en sortant un exemplaire de son premier roman, «The Loser».
Dans sa villa entourée de vignes qui surplombe le lac Léman, les quelques endroits qui ne servent pas de bibliothèque sont couverts de souvenirs, des babioles et des photographies.
Désormais octogénaire, ce brillant touche-à-tout n'a nullement l'intention de lever le pied. «Pourquoi devrait-on ralentir? Je ne vois vraiment pas», confie celui qui fut un savoureux Hercule Poirot dans «Mort sur le Nil».
Il trouve que toute cette agitation autour de son anniversaire est flatteuse mais incompréhensible. Pour lui, cette date est «comme une frontière au milieu de la mer», qu'il a l'intention de franchir comme n'importe quelle autre.
De nombreux événements sont organisés pour célébrer son anniversaire. En Allemagne, où un dîner présidentiel est prévu, deux chaînes vont lui consacrer une journée spéciale. Et l'œuvre d'Ustinov leur offre le choix.
Auteur d'une vingtaine de pièces et d'une dizaine de livres, il a été interprète dans 90 films et téléfilms. Il a également été réalisateur au cinéma et mis en scène des pièces de théâtre et des opéras.
Né à Londres de parents russes, il a commencé à jouer très jeune: à trois ans, il imitait les hommes politiques pour l'empereur d'Ethiopie Hailé Sélassié que ses parents recevaient à dîner.
Il a fréquenté, et détesté, la prestigieuse Ecole de Westminster, qu'il a quittée à 16 ans, mettant ainsi un terme à sa scolarisation. Mais cela ne l'a pas empêché de continuer à s'instruire. Il parle couramment six langues et se débrouille dans plusieurs autres.
Il fait sa première apparition sur scène à l'âge de 19 ans à Londres. Il remporte ensuite deux Oscars en tant que meilleur second rôle masculin pour les films «Spartacus» (1960) et «Topkapi» (1964). Il a aussi prêté sa voix à «Babar l'éléphant». Et en 1990, la reine Elizabeth l'a fait chevalier.
Sa sciatique l'empêche de marcher et sa vue a baissé de 70% en raison du diabète, mais il affirme que son esprit est «indomptable».
Ses projets les plus récents l'ont conduit en Allemagne, où il écrit des scenarii illustrant des oeuvres musicales. Le dernier pour «Tableaux d'une exposition» de Moussorgski.
Mais le gros de son travail se fait à présent en coulisses. Ambassadeur pour l'UNICEF depuis 1968, Peter Ustinov préside maintenant une fondation qui se consacre à la compréhension entre les peuples et les générations. «Je crois que connaître les gens est le meilleur moyen de se débarrasser des préjugés», explique-t-il.
De nationalité britannique, Ustinov habite en Suisse depuis 1971 et dit qu'il n'a pas l'intention quitter ce pays. Il a eu une fille d'un premier mariage et un fils et deux filles d'une seconde union. Il vit avec sa troisième femme, Hélène, depuis bientôt trente ans.
swissinfo avec les agences