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Rencontré la veille, Ibrahim qui tient une échoppe de meubles à Adilcevas, est fidèle au rendez-vous. Il me prends au lever du soleil et me conduit en voiture au village d’Harmantepe où j’entame une ascension en solitaire du Süphan (4058 m). A force de monter, j’aperçois le maar Aygir, un lac à l’intérieur d’un cratère de 1,5 km de large et à bords bas qui est entré en éruption sur le flanc sud inférieur du Süpha Dagi, un volcan de 2000 km carrés, dont la dernière éruption s’est produite il y a environ 10 000 ans. Je parviens à 3840 mètres, descends dans le cratère et le traverse. La cime du volcan me surplombe, mais devant l’ultime pente de cendres et de rocailles qui m’y conduirait, je renonce à monter plus haut. La montée à l’Artos et au cratère du Nemrut Dagi ont réduit mes forces. Reprendre le pédalage après de longues descentes est si contre nature qu’elle fait mal aux quadriceps. Blocs de basalte tranchants, cendres, épineux et de crottes de mouton, la longue descente, assez pénible en soi, renforcera mon intuition.