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«Je n’ai eu que des victoires, je mène 10 à 0»
Le marchand d’art s’exprime en exclusivité après la décision de la justice genevoise de classer la plainte pour escroquerie du milliardaire Rybolovlev.
Publié aujourd’hui à 12h02
Yves Bouvier dit vouloir «tout révéler» et demande un milliard de dollars de réparations pour la guerre judiciaire subie durant six ans, qui aurait causé sa «mort professionnelle».
Irina Popa
Sur ses genoux, Yves Bouvier caresse un gros classeur bleu intitulé «Victoires». L’ancien marchand d’art genevois affirme en avoir remporté une dizaine dans le conflit qui l’oppose depuis six ans à son ancien client, l’oligarque russe Dmitri Rybolovlev. Sur le plan judiciaire, «je n’ai eu que des victoires et aucune défaite. Je mène dix à zéro», calcule-t-il.
Cette semaine, c’est à Genève qu’Yves Bouvier a remporté l’une des manches les plus importantes. La plainte pour escroquerie déposée contre lui par le camp Rybolovlev, qui l’accuse d’avoir surfacturé les œuvres d’art vendues au milliardaire, a été classée par le procureur Yves Bertossa. En substance, le magistrat estime qu’Yves Bouvier a menti à l’oligarque, en lui faisant croire qu’il négociait des tableaux de maître pour lui au meilleur prix. Mais il aurait été facile de percer à jour ce mensonge et l’escroquerie n’est donc pas réalisée. Entre 2003 et 2014, Yves Bouvier avait vendu 38 chefs-d’œuvre au milliardaire russe, pour quelque 2 milliards de francs, dont la moitié en bénéfice pur pour le Genevois.