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Candide
Leonard Bernstein
Leonard Bernstein (1918- 1990) ne fut pas seulement un des plus grands chefs d’orchestre du XXème siècle ; il est aussi l’auteur de deux chefs-d’oeuvre du théâtre musical américain : Candide et West Side Story (1957) dont la notoriété éclipse largement celle de ses ouvrages suivants : 1600 Pennesylvania Avenue (1976) et A Quiet Place (1983). Initialement intitulé « A Comic Operetta based on Voltaire’s Satire », Candide commença par déconcerter le public de Broadway.
Reprenant à la suite de Voltaire la critique corrosive des excès engendrés par un optimisme aveugle, Lillian Hellman, inspiratrice du projet, unit son talent à celui de Bernstein pour faire de Candide « une critique politique dans l’après-maccarthysme ». Malgré la séduction d’une ouverture éblouissante, c’est un échec. Les spectateurs peinent à mémoriser les différents thèmes dont la reprise se devait d’assurer le succès populaire de toute bonne comédie musicale basée sur des codes très précis. La dimension parodique de l’ouvrage, qui multiplie pastiches et clins d’œil musicaux à l’univers de l’opéra, est mal comprise. On juge la critique politique trop « premier degré ». Attribué aux faiblesses du livret, le manque de succès devait justifier pendant une quarantaine d’années d’incessantes améliorations et de multiples enrichissements, accomplis le plus souvent sans la participation du compositeur. Un certain sentiment d’inachèvement résulte de ce perpétuel « work in progress ». Chaque nouvelle production offre ainsi la possibilité de renouveler la portée de l’ouvrage. Cependant Bernstein réalisa lui-même une dernière version, considérée comme définitive. Elle fut donnée au Scottish Opera de Glasgow en 1988 et le compositeur en réalisa un enregistrement.
Candide se caractérise avant tout par un humour grinçant et ouvertement désespéré, allié à une invention musicale éblouissante soutenue par une énergie rythmique irrésistible. Comment définir un ouvrage qui mêle tant de styles ? Candide fait flèche de tout bois : jazz, opérette, comédie musicale, gospel et même dodécaphonisme s’y retrouvent avec brio. Outre l’ouverture qui s’est imposée dans les programmes de concert, certains airs sont devenus des « classiques » comme celui de Cunégonde « Glitter and Be Gay ».
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