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Le mouvement populiste ANO du milliardaire Andrej Babis fait figure de favori aux législatives en République tchèque.
KEYSTONE/EPA/FILIP SINGER(sda-ats)
Mécontents de leur classe politique et de l'Union européenne, les Tchèques ont commencé à voter vendredi après-midi pour des législatives. Andrey Babis, le "Trump tchèque", fait figure de favori.
Les quelque huit millions d'électeurs devraient donc couronner le mouvement populiste ANO du milliardaire Andrej Babis, qui a réitéré à la veille des élections son hostilité à l'accueil des migrants et à la zone euro. M. Babis a voté peu de temps après l'ouverture des bureaux à 14h00 à Pruhonice, près de Prague, avec son épouse Monika. "Ces élections sont fondamentales pour l'avenir du pays", a-t-il estimé.
Fondateur du géant agroalimentaire, chimique et médiatique Agrofert, M. Babis, 63 ans, est également qualifié de "Berlusconi tchèque". Il pourrait obtenir avec son mouvement entre 25% et 30% des voix, selon différents sondages. Et ce malgré ses ennuis avec la justice, après une inculpation pour fraude aux fonds européens et des accusations de collaboration avec la police secrète communiste StB avant 1989, qu'il rejette.
Quelque chose de nouveau
Selon le quotidien Hospodarske Noviny, ces élections devraient marquer un "tournant dans l'évolution du pays, aussi bien du point de vue de son fonctionnement interne, que de son ancrage dans l'Union européenne". "Mécontente et préoccupée", la société tchèque "est prête à essayer quelque chose de nouveau", estime le commentateur de ce journal, Petr Honzejk.
En dépit de ses critiques de la zone euro et des directives de Bruxelles, M. Babis n'est pour autant ni hostile à l'Union européenne en tant que telle, ni partisan d'une sortie de l'UE.
Le scrutin pourrait toutefois aussi catapulter au parlement, voire au gouvernement, le parti SPD ("Liberté et démocratie directe") du tchéco-japonais Tomio Okamura. Ce dernier est strictement opposé à l'intégration européenne et à l'immigration, porté par un courant présent dans d'autres pays d'Europe de l'Est.
"Sentiment de menace"
"La crise de l'intégration européenne, les problèmes liés à l'immigration, les attaques terroristes à l'ouest de nos frontières, tout cela provoque en Tchéquie (...) un sentiment instinctif de menace", note aussi Petr Honzejk, avant d'ajouter: "Ce sont Bruxelles et les élites politiques liées à l'intégration européenne qui en sont accusés".
A l'issue d'une campagne inhabituellement terne, jusqu'à neuf partis pourraient franchir le seuil d'éligibilité de 5%, ce qui risque d'ouvrir une période d'incertitude avant la constitution d'une coalition.
Conformément à la tradition tchèque, les bureaux de vote ont ouvert vendredi à 14h00 pour fermer à 22h00 et fonctionneront à nouveau samedi entre 8h00 et 14h00. Les résultats devraient être connus samedi en fin de journée.
ATS