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Vulnérables aux changements climatiques
La capacité d'auto-épuration des lacs suisses est fragile
Une diversité extrêmement faible de bactéries assure la dépollution des lacs en Europe, ce qui fragilise leur capacité d'auto-épuration. Des scientifiques ont analysé des lacs du monde entier, y compris en Suisse.
Les scientifiques n'ont trouvé dans les lacs européens qu'une à quinze espèces différentes de bactéries oxydant l'ammonium. En Suisse, ils ont examiné les lacs de Thoune, de Zurich, de Lugano, de Constance ainsi que le lac Majeur.
Cette pauvreté en espèces les rend potentiellement vulnérables aux changements climatiques, selon une étude récemment publiée dans la revue «Science Advances». Une menace renforcée par le fait que l'espèce dominante dans les lacs européens est hautement clonale.
L'ammonium est un composé azoté qui, à forte concentration, est toxique pour les organismes aquatiques et pollue les sources d'eau potable. Cette substance, produite naturellement par des processus métaboliques, est aussi un composant important des engrais agricoles, raison pour laquelle sa concentration dans l'environnement a fortement augmenté.
Inchangé depuis 13 millions d'années
Dans les couches profondes des lacs, d'innombrables êtres vivants microscopiques travaillent à la décomposition de l'ammonium. Dans les lacs étudiés, ce sont des archéobactéries – ou archées – qui assurent cette fonction. Elles transforment l'ammonium en nitrate, qui produit ensuite de l'azote – un composant de l'air. Lorsque ces bactéries meurent, les lacs perdent leur capacité d'auto-épuration.
L'équipe a aussi trouvé une explication à la pauvreté des espèces: la colonisation des eaux douces s'est toujours faite à partir des mers. Cependant, en raison des concentrations de sel beaucoup plus faibles dans les eaux douces, les archées ont dû modifier leur composition cellulaire, ce qui n'a été possible que quelques fois au cours de l'évolution.
Depuis l'apparition de ces archées d'eau douce il y a 13 millions d'années, l'espèce dominante n'aurait pratiquement pas varié. Elle se serait donc répandue de manière quasi clonale de l'Europe à l'Asie.
https://doi.org/10.1126/sciadv.adc9392
ceel, ats