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"La prise en charge des Ukrainiens est un exemple", déclare-t-il dans un entretien diffusé jeudi par La Liberté et le Courrier. "Les pays leur ont accordé une protection temporaire dans des délais records, un accès aux écoles, au système de santé, au marché du travail", énumère-t-il
Il souligne que les Ukrainiens ont également obtenu la liberté de mouvement, "ce qui est fondamental pour des réfugiés", car cette mesure leur permet d'aller là où ils ont de la famille et des communautés qui les soutiennent. Et cela a permis de réduire "la pression sur les pays" d'accueil.
Traiter différemment les autres réfugiés est une discrimination, rappelle M. Grandi. "Ce n'est pas parce que quelqu'un est plus difficile à intégrer qu'il n'a pas le droit de l'être. Les droits sont les mêmes pour tous les réfugiés".
Quotas et visas
Interrogé dans les journaux alémaniques du groupe de presse Tamedia, le haut-commissaire de l'ONU relève que l'économie européenne a besoin "de millions d'immigrés chaque année pour pouvoir fonctionner". Cette immigration doit être gérée, même si cela n'est pas facile, poursuit-il.
"La discussion devrait porter sur les possibilités que l'on peut offrir [aux migrants], par exemple du travail dans l'agriculture, dans l'artisanat, dans le secteur des services, où le personnel est de toute façon rare", note-t-il. "Mais au lieu de cela, on discute de la manière de les expulser du pays".
Et la discussion devrait se tenir au niveau de l'Union européenne (UE), avec la mise en place de quotas et de programmes de visas, indique M. Grandi. "Bien sûr que cela aurait un prix: en Italie notamment, de nombreux immigrés clandestins travaillent irrégulièrement pour des salaires bas. Les prix augmenteraient avec les salaires, mais on mettrait de l'ordre. Et le droit d'asile serait à nouveau disponible pour les personnes qui en ont besoin".
L'UE a la force et les moyens de gérer les arrivées de migrants, déclare-t-il dans les journaux romands. "Mais à condition que tous les pays travaillent ensemble".