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LE FONDS DU DOYEN MOREL
Société, culture et vie privée
J'ai écrit ceci de ma main
Pasteur de Corgémont et président du consistoire, Charles-Ferdinand Morel veille sur les écoles et les régents de sa paroisse. Il est à la Constituante de 1831 un ardent défenseur de l'école primaire gratuite et obligatoire pour tous.
Celle-ci est alors dans un piètre état. On ne prodique à chaque enfant qu'un enseignement conforme à sa condition, lui interdisant tout espoir de changement et de mobilité sociale. Commissaire des écoles dès 1835, le pasteur de Corgémont sonde le niveau des établissements jurassiens et se préoccupe d'améliorer la qualité des enseignants. L'éducation est à ses yeux le moyen de lutter contre la pauvreté et de donner l'instruction indispensable au développement de l'agriculture et de l'industrie naissante. La religion chrétienne doit cependant continuer de figurer en première place dans les programmes scolaires, apporter aux élèves des principes tels que l'amour du prochain et la charité, responsabiliser l'individu sur un plan éthique, puis social.
Le pasteur et commissaire des écoles Alphonse Bandelier, son gendre, est nommé directeur de l'Education du canton de Berne en 1852.
Les enfants des élites jurassiennes bénéficient d'un enseignement de qualité dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. Très tôt, les jeunes privilégiés poursuivent leurs études loin du cocon familial, au sein d'instituts privés, de collèges et d'universités où ils côtoient les esprits éclairés de leurs temps. Les pasteurs jouent un rôle éminent en ce domaine. Jonas de Gélieu tient un pensionnat réputé à Colombier, le foyer Morel accueille des élèves à la cure de Corgémont. Les jeunes filles ne sont pas exclues de ce souci, à l'image d'Isabelle de Gélieu, qui se forme à Bâle et apprend l'an-glais au contact de Madame de Charrière.