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Les livraisons nettes d'électricité ont franchi en octobre 2000 le seuil de 150 milliards de kWh depuis la mise en service industriel de l'installation, ce qui correspond à trois fois la consommation annuelle d'électricité de la Suisse. Et en décembre, dix ans s'étaient écoulés depuis le dernier arrêt d'urgence du réacteur de la centrale nucléaire de Gösgen.
Une maintenance préventive et un mode de conduite très précautionneux ont permis de faire passe la durée d'amortissement de la centrale de 30 à 40 ans. Pour une production d'électricité de 7,8 milliards de kWh (7,53 milliards en 1999) et des coûts annuels de 320 millions de francs (378 millions), le prix de revient s'est établi à 4,10 centimes par kWh (5,02 centimes). Les coûts se sont répartis comme suit: exploitation 39,3% (34,2% en 1999), combustible 13,7% (12,4%), gestion des déchets nucléaires 23,7% (20,7%), démantèlement 1,9% (1,6%), amortissements 15,9% (19,7%), et intérêts du capital 5,5% (4,8%). Suite à une modification du système de comptabilité, on n'effectue plus de provisions pour des modernisations d'installations (6,6% en 1999).
Une première série de 32 assemblages combustibles contenant de l'uranium de retraitement a été livrée au printemps 2000. Ces assemblages combustibles ont été fabriqués par l'entreprise russe Mashinostroitelny Zavod (MSZ) à Elektrostal dans le cadre d'un contrat de sous-traitance avec le fournisseur de combustible Siemens et selon les spécifications de celui-ci. Avec l'utilisation des premiers assemblages combustibles à uranium de retraitement, l'uranium récupéré par retraitement en France se trouve ainsi recyclé. Pour la fabrication des assemblages combustibles, cet uranium provenant de France a été mélangé avec de l'uranium hautement enrichi issu de stocks russes. Au printemps 2000, la société Belgonucléaire de Dessel, en Belgique, a livré un total de 20 assemblages combustibles Mox qui ont eux aussi été fabriqués dans le cadre d'un contrat de sous-traitance avec Siemens. On utilise dans ces assemblages combustibles le plutonium récupéré par retraitement qui provient des centrales nucléaires de Gösgen et de Mühleberg.
Pour la première fois l'année dernière, la centrale nucléaire de Gösgen a mis à la disposition de l'Institut Paul-Scherrer à titre de prêt, dans le cadre d'un projet de recherche, un certain nombre de crayons combustibles non irradiés qui seront chargés dans le réacteur de recherche Proteus. L'objectif du projet est de vérifier des méthodes de calcul sur la conception du coeur en cas d'emploi d'assemblages combustibles à taux de combustion élevé.
Les déchets d'exploitation engendrés lors du fonctionnement de la centrale et de la révision ont pu être traités avec les procédés éprouvés habituels. 139 fûts de 200 litres contenant des déchets combustibles ont été transportés au PSI pour incinération et solidification. La campagne de bitumage de concentrats d'effluents liquides lancée au printemps était sur le point de s'achever à la fin de l'année. Lors de cette campagne, 87 fûts de 200 litres ont été élaborés. Par ailleurs, 2737 kg de déchets métalliques ont pu être conditionnés de manière conforme pour leur stockage définitif.
De janvier à septembre 2000, cinq transports d'un total de 60 assemblages combustibles usés à l'usine de retraitement de La Hague ont eu lieu. Les mesures supplémentaires introduites dès l'année précédente en vue d'éviter des contaminations inadmissibles de conteneurs de transport et de wagons de chemin de fer ont fait leurs preuves. Tous les transports se sont déroulés sans contamination. Conformément à l'extension, convenue en 2000, du contrat existant avec Cogema concernant le traitement et le recyclage, d'autres transports à La Hague interviendront en 2001.
Source
M.E./C.P. d'après le rapport annuel 2000 de la Kernkraftwerk Gösgen-Däniken AG