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Après s'être tant détestés, les deux courants politiques du Parti démocrate (parti de l'ex-premier ministre Renzi), qui se sont supportés pendant des années, ont finalement décidé de divorcer. La rupture, consommée le week-end dernier, traduit les affres d'une gauche plus désunie que jamais.
Trop de choses, en effet, séparaient les membres du parti de la Margherita – l'aile gauche de la vieille Démocratie chrétienne dont fait partie Matteo Renzi – et les anciens communistes devenus démocrates après la disparition du Parti communiste (PCI) en 1991. Malgré la fusion des deux mouvements, en 2007, les rancœurs se sont accumulées entre les deux camps.
Matteo Renzi au pilori
Les sécessionnistes reprochaient à Matteo Renzi son arrogance, son libéralisme blairiste et son goût trop prononcé pour la concentration du pouvoir entre les mains d'une seule personne, c'est-à-dire lui. Ils lui reprochaient aussi d'avoir expédié tous les «vieux» à la casse au lendemain de son élection au poste de secrétaire général du parti afin de placer ses pions partout pour mieux contrôler la situation.
Une humiliation sans précédent pour l'ex-président du Conseil Massimo D'Alema et l'ex-ministre et ex-secrétaire des démocrates, Pierluigi Bersani. Deux personnalités qui ont fait carrière au PCI, participé à la création du Parti démocrate et qui mènent aujourd'hui la fronde des sécessionnistes. Pour sa part, l'ex-président du Conseil les accusait de saboter systématiquement son travail, c'est-à-dire ses réformes, notamment celle sur l'emploi. Il les accusait de ne pas comprendre la «marche du temps et les besoins de changement d'une société en évolution permanente».
Paradoxe de la rupture
La rupture est consommée, la question s'impose désormais: que reste-t-il de la gauche italienne? Paradoxalement, la scission en elle-même ne change pas grand-chose, l'histoire des démocrates italiens étant constellée de ruptures et de scissions.
Une histoire à rebondissements… A la veille de la création du Parti démocrate (PD), en 2007, une partie des démocrates de gauche refuse la fusion avec la Margherita et fonde un nouveau parti plus à gauche qui n'aura pas beaucoup de succès électoral. Deux ans plus tard, des personnalités politiques importantes issues de la Margherita, tel l'ancien maire de Rome Francesco Rutelli, claquent la porte à leur tour pour fonder un autre mouvement alternatif.
Au fil des ans, le fossé s'élargit, la mauvaise humeur s'installe et les courants se multiplient au sein du parti qui se fragilise. Aux élections législatives de 2013, le Parti démocrate réalise un score honorable avec 25,4% de voix à la Chambre et 27,4% au Sénat. Mais par rapport aux législatives de 2008, le parti a perdu 4 millions de voix.
Avec l'arrivée au timon du paquebot Italie de Matteo Renzi, le PD récupère deux millions d'électeurs aux élections régionales et européennes de 2014 en effectuant un score de près de 41%. Avec ce résultat, le PD devient le plus grand parti de gauche, ou plus exactement de centre gauche sur la scène politique européenne.
Sondages rassurants
Selon un sondage effectué en début de semaine, environ 65% des électeurs démocrates sont contre la scission et 60% font toujours confiance à Matteo Renzi qu'ils veulent aux commandes du parti. Autre donnée importante: 50% des électeurs démocrates estiment que la rupture est due à l'incompatibilité entre les différents leaders du parti. Des chiffres rassurants pour Matteo Renzi qui s'apprête à reprendre le chemin du pouvoir après avoir obtenu un congrès anticipé, des primaires et des législatives anticipées.
Pour leur part, les sécessionnistes vont devoir trouver un nom à leur nouveau parti qu'ils appellent pour le moment «la chose» et élaborer un programme plus à gauche pour se démarquer des démocrates qu'ils accusent de «manquer d'idées de gauche». Surtout, ils devront séduire un électorat qui pourrait les accuser, demain, de favoriser la montée en puissance du Mouvement 5 étoiles et de détruire un Parti démocrate qui conserve malgré tout des liens, même limités, avec les idées de la gauche européenne.
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