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06/07/2014
Sur le système des séminaires universitaires en histoire générale
L'enseignement de l'histoire générale à l'Université de Genève est divisé entre un cours général abordant les quatre grandes périodes de l'histoire humaine (Antiquité, Moyen-Âge, époque moderne, et époque contemporaine) et un ensemble de cours et de séminaires à choisir parmi trois de ces quatre périodes (avec la possibilité supplémentaire d'étudier l'histoire suisse plutôt qu'une de ces quatre périodes).
Les séminaires rassemblent un enseignant et un nombre restreint d'étudiants dans le but de permettre à ces derniers de pratiquer la production historique en effectuant des recherches historiques sur un sujet donné en lien avec la thématique générale du séminaire puis en présentant une synthèse de ces recherches sur le sujet en question.
J'ai noté (lors de mes deux dernières années d'étude en histoire) trois types distincts d'organisation possible de ces séminaires.
D'abord, le modèle classique et ultra-majoritaire où le séminaire est découpé en deux parties. Une première partie où l'enseignant présente la thématique générale du séminaire et transmet un certain nombre d'informations utiles ultérieurement pour les étudiants. Cette première partie peut durer une à quatre leçons du semestre selon les professeurs. La seconde partie est constituée des exposés/présentations des étudiants qui exposent ainsi le fruits de leurs recherches historiques sur un sujet dans le cadre de la thématique abordée par le séminaire. Une séance de conclusion vient normalement terminer cette succession de présentations.
Ce modèle a pour défaut que les présentations des étudiants sont généralement peu écoutées. Soit que les étudiants attachent moins d'importance à la parole d'un autre étudiant qu'à celle du professeur, soit que l'exposé soit si détaillé qu'il ne soit pas suffisamment intéressant pour les étudiants (qui n'ont que des connaissances minimes sur le sujet ou ne souhaitent pas entrer autant dans le détail du dit sujet).
Un second modèle, plus stimulant, préserve la première partie d'introduction professorale, mais modifie la deuxième partie du séminaire. Cette seconde partie voit les séances de séminaire divisées en deux phases. Une première phase où l'enseignant donne un cours sur un sujet en lien avec la thématique du séminaire, et une deuxième phase où l'étudiant présente le résultat de ses recherches sur le sujet (qui peut être plus ou moins directement en lien avec la présentation de l'enseignant). Cela a le mérite d'éliminer les longueurs des exposés des étudiants (qui doivent synthétiser davantage), et d'offrir une partie de séance à la voix de l'enseignant (ce qui est plus attirant pour un certain nombre d'étudiants).
Un troisième modèle, tout aussi stimulant, maintient aussi la première partie d'introduction professorale, mais propose une tout autre organisation du séminaire pour la deuxième partie. Dans ce modèle alternatif, la deuxième partie du séminaire est découpée en un certain nombre de phases de deux séances. Dans chacune de ces phases, un sujet est abordé, et chaque étudiant travaille sur chaque sujet. Cependant, il ne lui est pas demandé un exposé ou une présentation, mais uniquement un exposé écrit de une à trois pages (ou plus) à chacune des phases. En outre, chaque étudiant doit présenter une analyse de source à une séance du séminaire ou une autre.
Comme cela reste un peu abstrait, voici une illustration issue de ma propre expérience. Lors d'un séminaire sur les transitions démocratiques, chaque étudiant avait choisi un cas pratique. Par exemple, un étudiant avait choisi la Pologne, un autre l'Espagne, ou encore le Portugal ou le Brésil. Ensuite, chaque phase recevait un thème/sujet du professeur (dans le cas présent, la première phase devait dresser la nature du régime autoritaire, la seconde phase le rôle de l'opposition, etc.) et était découpée en deux séances. Les premières séances de chaque phase correspondait à une aire géographique (par exemple l'Amérique latine) et les secondes à une autre aire géographique. Concrètement, cela se traduisait par une analyse de source et quatre présentations écrites, au lieu d'un long exposé d'une séance (avec éventuellement un compte-rendu écrit ou autres travaux auxiliaires demandés par un professeur).
On le voit bien ce troisième modèle est assez intéressant, car il donne un séminaire très interactif où chacun a des connaissances à chaque séance du séminaire, où chacun participe, et où l'on discute, l'on compare, et l'on débat, bien davantage que d'habitude dans les séminaires.
In fine, quel modèle est le meilleur ?
En tout cas pas le premier modèle. Mais les deux autres modèles sont très intéressants et anticipent probablement le modèle de séminaire de demain.