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L'exercice physique permet d'améliorer la qualité de vie des patients obèses mais rarement une perte de poids significative. Un programme d'entraînement permettant de brûler les graisses à fréquence cardiaque basse et à quotient respiratoire inférieur à 0,9 est proposé à nos patients obèses.Le programme d'Athletica de douze semaines a permis dans une étude pilote d'améliorer la puissance au seuil d'anaérobie de plus de 30% et la consommation maximale d'oxygène de plus de 50% associées à une perte de poids de 5,2 ± 0,6 kg.En conclusion, ce programme scientifique, facile à suivre par les patients obèses, a permis une nette amélioration de leur qualité de vie associée à une perte de poids significative.
Selon les données du Behavioral Risk Factor Surveillance System,1 deux tiers des personnes interrogées (BMI > 25,0 kg/m2) disent avoir essayé de perdre du poids en faisant de l'activité physique. Cependant, seulement 20% rapportent une activité physique correspondant aux normes recommandées. La même étude montre que la marche est l'activité physique la plus fréquemment nommée par les deux sexes (plus d'un tiers des hommes et plus de la moitié des femmes).
Cependant beaucoup d'hommes et de femmes ne reconnaissent pas l'activité physique modérée comme un moyen de contrôle bénéfique de leur poids corporel.2
Même si la perte pondérale due à l'exercice physique seul demeure modeste,3-5 la pratique d'une activité physique constitue selon de nombreux auteurs l'un des facteurs déterminants pour le succès à long terme de programmes de perte pondérale.6,7,8
La sédentarité, en revanche, est l'un des facteurs métaboliques prédictifs de prise pondérale.9,10
L'intensité de l'activité physique semble également jouer un rôle dans le traitement de l'obésité. Même s'il est classiquement reconnu qu'une activité d'intensité faible à modérée est ce qui est de plus recommandable pour un patient obèse, une alternance avec une activité d'intensité plus élevée, semble néanmoins conférer certains avantages.11,12 La majeure partie de l'énergie serait dépensée dans l'exercice de basse intensité sous forme de lipides. L'activité intense permettrait d'apporter des bénéfices tels qu'une diminution de l'apport énergétique compensatoire après l'exercice13 ainsi qu'une augmentation du métabolisme de base.14 Il reste à définir le poids à donner à chacun des deux types d'activité. Ce type de programme favoriserait une meilleure compliance, étant donné qu'il est souvent difficile pour les sujets obèses d'adhérer longtemps à des programmes d'activité physique astreignante.
Dans cette optique, nous proposons un programme panaché faisant alterner des exercices d'intensité faible avec des exercices d'intensité modérée. Cette approche nous a permis une meilleure observance.
Nous proposons un programme d'entraînement pour nos patients obèses qui résulte d'une longue recherche chez des athlètes professionnels. Le principe de l'entraînement consiste à développer l'endurance de base en abaissant le seuil de l'oxydation des graisses (Quotient Respiratoire 15 et de consommer un maximum de graisses. La performance sportive sera plus longue et le «coup de pompe» des derniers kilomètres au marathon par exemple sera repoussé. Brûler un maximum de graisse, à effort réduit, est exactement notre objectif chez nos patients obèses ! C'est la raison pour laquelle nous avons demandé le concours d'un entraîneur d'athlètes professionnels (F. Gazeau) pour mettre en place le programme proposé chez nos patients obèses.
Ce test permet de situer la forme physique du patient et d'évaluer à quelle fréquence cardiaque les deux seuils d'anaérobie et des graisses sont situés. Le patient augmente toutes les trois minutes la puissance de l'exercice soit en accélérant de km/h en km/h ou en augmentant la pente du trendmill de 3% en 3% (3% de pente supplémentaire correspond à 1 km/h de plus). En augmentant la puissance de l'exercice, le quotient respiratoire (QR) augmente également. Un QR de 0,77 indique que le patient brûle 100% des graisses16 et un QR de 1,0 correspond à une consommation de 100% de glucides.17Le premier seuil recherché est celui où les graisses ne sont plus brûlées en majorité. Ce seuil se situe entre 0,88-0,90. Au-dessus de celui-ci, le patient brûle essentiellement des glucides et les stocks de glycogène se vident rapidement. Nous n'avons qu'un demi-kilo de glycogène comme réserve glucidique et elle peut être rapidement utilisée à un QR supérieur à 0,9.
Plus l'athlète est entraîné, plus il est capable d'utiliser une grande puissance à QR bas. Un patient obèse par contre aura un QR élevé très rapidement au moindre effort. Il est ainsi un petit brûleur de graisse à l'exercice physique. De plus, sa fréquence cardiaque est très rapidement élevée au moindre effort et il se retrouve très vite dyspnéique et vite découragé.
Lors de l'entraînement, nous allons proposer une marche rapide, voire du jogging, dans la mesure du possible, à une fréquence cardiaque correspondant à un QR inférieur à 0,9, c'est-à-dire au seuil des graisses. Le programme va consister en une marche rapide d'endurance de base de dix à vingt minutes en alternance de séances de dix minutes de stretching. L'objectif final étant de s'entraîner en continu pendant une heure (tableau 1).
Lors du test d'effort triangulaire, le seuil d'anaérobie est recherché dans un deuxième temps. Il se situe à un QR d'environ 0,96-1,0. A ce seuil, l'athlète consomme essentiellement des glucides et sans accumuler d'acide lactique dans le sang. Sa fréquence cardiaque est élevée et supérieure à 80% de la fréquence cardiaque maximale.
Le programme d'entraînement de l'endurance au seuil d'anaérobie commence après quatre semaines (2 x par semaine) d'entraînement d'endurance de base. Il consiste en 4 x 5 minutes à la puissance du seuil d'anaérobie avec deux minutes de pause active entre les phases de résistance. Chaque semaine, les périodes d'entraînement augmentent d'une minute pour passer de 4 x 5 minutes à 4 x 12 minutes en huit semaines (tableau 2).
Après un premier test d'effort triangulaire, le programme est proposé pour une période de douze semaines avec deux entraînements par semaine. Pendant les quatre premières semaines, l'entraînement de l'endurance au seuil des graisses à fréquence cardiaque basse, correspondant à un QR inférieur à 0,9, est augmenté progressivement pour atteindre idéalement 60 minutes en continu. Après quatre semaines, une des deux séances d'entraînement par semaine est consacrée au travail de résistance au seuil d'anaérobie, à fréquence cardiaque plus élevée correspondant à un QR d'environ 0,96-1,0. L'objectif est d'atteindre 4 x 12 minutes par séance après huit semaines d'entraînement (tableau 3).
Les résultats préliminaires avec nos premiers huit patients démontrent clairement que l'entraînement est beaucoup plus facilement accepté par les patients. Ils sont moins dyspnéiques, moins fatigués et ils reviennent régulièrement à l'entraînement. Les conditions d'entraînement personnalisées, entre patients souffrant d'une mauvaise image corporelle, ont favorisé une compliance presque maximale. La perte de poids et de graisse en associant un équilibre alimentaire comprenant un déficit calorique d'environ 500 à 800 kcal/j a été de 5,2 ± 0,6 kg en douze semaines.
Les résultats sur les performances physiques se situent au-delà de nos espérances. La puissance au seuil d'anaérobie s'est améliorée de plus de 30%. Pour les patients, leur qualité de vie s'est améliorée de manière remarquable, probablement due à une augmentation de la consommation maximale d'oxygène de plus de 50%.
En conclusion, avec une réduction de l'apport calorique et des modifications comportementales, ce programme d'activité physique constitue un point clé dans la prise en charge de nos patients obèses.