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Autres vues aériennes de Serrières
1515: mention d'une vigne nommée "Bel Regard". «Antoine Guyot déclare avoir "instruit et fait deux maisons de pierre et de bois auttouchant la roche su la Serrierez dever vent". Il faut voir là l'origine du nom et bâtiments de Beauregard qui devront le cens foncier d'un muid de vin à la cure de Buttes, jusqu'en 1835.» (Courvoisier MAH II 1963: 14)
1563: date probable de la construction du bâtiment principal (un dessus de porte daté et armorié de la famille Merveilleux accrédite cette hypothèse).
1753: François-Louis de Merveilleux cède Beauregard au conseiller d'Etat et châtelain de Thielle Jean-Henri de Sandoz-Rollin. Son fils, Henri-Alphonse, en hérite et l'habite jusqu'en 1862.
1900 et 1917: importants aménagements.
1953: transformations et aménagement de salles de bains par Jacques Béguin, architecte, pour Pâte de Bois de la Doux S.A.
1985: construction d'un couvert et d'un groupe sanitaire au sud du bâtiment N° 33 par le bureau d'architecture Gilbert Hainard pour Francis von Büren.
Le château de Beauregard est un complexe de bâtiments plantés au-dessus de la gorge, un peu en aval de la source de la Serrière, et au pied de l'ancienne colline du gibet. Sauf du côté nord, où passe un chemin encadré de hauts murs, la situation très dégagée est dominante dans un cadre de vignes, de vergers et de grands arbres.
L'angle de vue plus favorable se situe au sud-ouest, car, du même coup d'œil, on peut apprécier la profondeur de la gorge, les terrasses superposées (dont la plus élevée a un mur où des morceaux de roc encastrés dans la maçonnerie sombre forment un damier), les communs aux pignons étagés qui couvrent en quelque sorte la propriété au nord-ouest et la maison de maître largement assise.
De la rue de Beauregard, deux portails à piliers en pierre de taille mènent dans la cour et vers l'annexe supérieure, autrefois grange, écurie, remise et plus anciennement une pinte et une habitation. Le long bâtiment, à l'ouest, abritait des logements de vigneron et un bûcher. Des fenêtres en accolade paraissent refaites. Ces bâtiments utilitaires, aux volumes nets et simples, où le toit ne déborde pas le pignon aigu, sont très représentatifs d'un mode de bâtir dont les témoins se raréfient.
Contre la grande maison, au nord, s'appuie l'ancien pressoir servant aussi de bûcher; il est percé d'une porte cochère entre deux soupiraux rectangulaires, sous un toit à pan rabattu. De plan sensiblement carré, la maison mesure 15 m sur 13 m 20. Sa façade principale, au midi, aurait 10 m 50 de haut, s'il ne fallait déduire 5 m du pignon couvert par un pan rabattu du toit. Une tourelle d'escalier hexagonale, à l'ouest, et une petite tour de plan carré, à l'est, aux angles en pierre de taille (de 12 m 25 et 10 m 50 de haut, surmontées de flèches aiguës de 14 et 13 m 50) contribuent à donner à l'édifice son caractère typique de gentilhommière. Le toit aigu à deux pans, haut de 9 m 50, complété par les pans rabattus des deux pignons et amorti par deux pommeaux d'étain paraît plus élevé que les murs latéraux réduits, parce qu'enfoncés dans le sol du côté montagne.
A l'angle nord-ouest, un encadrement de porte, décoré de filets et de gorges qui se recoupent en accolade sur le linteau et dessinent un grillage sur la base polygonale, doit dater de la première moitié du XVIe siècle. Tout autre est la porte percée au pied de la tourelle occidentale, dont l'arc surbaissé a une tranche taillée en doucine. Elle est comprise dans un encadrement Renaissance de 2 m 90 sur 1 m 95, sous un fronton occupé par une coquille très stylisée. En guise de piédroits, les sculpteurs ont superposé un socle à rosace, un pied mouluré supportant une sorte de balustre formé d'une graine bulbeuse décorée d'une palme ou d'un feuillage d'acanthe, d'un pilastre orné d'une torsade entre des filets, et enfin d'un chapiteau dérivé de l'ordre ionique comportant de très petites volutes et des oves au-dessus de feuillages ovales très stylisés. Ce style correspond incontestablement à celui des années 1560-1570 dans le reste du Vignoble.
Sources: PoCo 33, ECAP N° 13136, Courvoisier MAH II 1963: pp. 14-20
Bibliographie