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Métaux rares
Matières premières pour les technologies d’avenir
Le terme «métaux rares» désigne les substances métalliques dont la concentration dans l’écorce terrestre est inférieure à 0,01 de pourcentage en poids. Encore au début du 20ème siècle, peu de technologies utilisaient les métaux rares comme matières premières. Au cours des dernières décennies, la situation a fortement évolué: en raison de leurs propriétés particulières, les métaux rares jouent aujourd’hui un rôle central dans différentes applications. On utilise ainsi le platine pour la fabrication de catalyseurs automobiles, ou le tantale pour la production de turbines d’avion ou de micro-condensateurs utilisés par exemple dans les téléphones portables. En combinaison avec l’étain, l’indium forme un élément important pour la construction d’écrans plats en tant que conducteur électrique transparent, et le lithium entre dans la production de piles rechargeables.
La demande pour les métaux rares est en forte hausse: pour les éléments tels le gallium, l’indium, l’iridium, le palladium, le rhénium, le rhodium et le ruthénium, plus de 80 pour cent des quantités extraites de gisements depuis 1900 l’ont été ces 30 dernières années seulement. La satisfaction à moyen et long terme de cette demande croissante fait l’objet de débats substantiels. Dans de nombreux cas, l’offre de métaux rares n’est pas seulement gouvernée par la demande immédiate mais aussi par d’autres facteurs. Les gisements dignes d’exploitation sont ainsi répartis de manière inégale; il en résulte des dépendances politiquement et économiquement critiques. En outre, les métaux rares ne sont souvent pas extraits de manière séparée, mais découlent en tant que sous-produits de l’obtention d’autres éléments.
Fait aggravant, après leur utilisation au sein de produits, les métaux rares ne sont aujourd’hui que très partiellement recyclés. Les raisons sont nombreuses: le lithium est ainsi si bon marché que son recyclage n’en vaut pas encore vraiment la peine. La récupération de l’indium nécessite la mise en oeuvre de moyens importants, car il n’est présent dans un appareil électronique individuel qu’en concentration très faible. Quant au tantale, lors du recyclage cet élément se dissipe comme résidu dans les mâchefers, dont il est ensuite difficile de l’extraire.
Les exemples suivants montrent que l’utilisation actuelle des métaux rares pourrait mener à l’avenir à des goulots d’approvisionnement. Il nous faut donc trouver des approches permettant une utilisation plus durable de ces éléments. Ceci nécessite non seulement une meilleure compréhension des circuits des matières correspondants, mais aussi des mesures coordonnées, institutionnellement ancrées à l’international. En tant que pays pauvre en matières premières, la Suisse a un intérêt tout particulier à trouver des solutions durables – et en tant que site de recherche de pointe, elle peut contribuer de manière concrète à résoudre les problèmes qui s’annoncent.