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L’élection d’Emmanuel Macron à la Présidence de la République français a rassuré de nombreux dirigeants européens.
Les soutiens appuyés et déclarés d’Olaf Scholz (Allemagne), Pedro Sanchez (Espagne) et Antonio Costa (Portugal) en témoignent. La réelection du candidat sortant rend encore capable l’Union européenne d’agir et ouvre la voie à davantage d’intégration au sein de l’Union Européenne.
Cette réelection pourrait avoir deux impacts pour l’Union Européenne. A court terme, ce renouvellement de mandat ouvre la voie à de nouvelles sanctions contre la Russie. Selon des rumeurs émanant du ministère allemand de l'économie et de la protection du climat, un arrêt des importations de pétrole russe par l'UE pourrait ainsi être décrété dès les prochains jours. Une coordination plus poussée des efforts militaires au niveau européen pourrait également être entreprise. A moyen terme, une réforme du pacte de stabilité et de croissance (PSC), soutenue par la France et l’Italie, pourrait ainsi être adoptée d'ici 2023. Les adhésions de l’Allemagne et des Pays-Bas à ce projet seront les plus déterminantes. Le changement de gouvernement à Berlin a renforcé la volonté de réformer en profondeur ce dernier et d'instaurer une capacité budgétaire permanente au niveau de l'UE, en particulier au sein du SPD et des Verts. Il est donc possible que le gouvernement allemand accepte d'assouplir les règles relatives à la dette introduites par le traité de Maastricht.
Cette réforme visera notamment à répondre à des besoins budgétaires élevés des États européens. Au cours de son premier mandat, E.Macron à entamer des réformes sur le marché du travail en encourageant le système de formation en alternance et en assouplissant la protection de l'emploi. Depuis, la France connaît une croissance plus robuste que celle allemande, et son taux de chômage a diminué de 9,2% à 7,4%, et de 26% à 15,9% chez les jeunes (15-24 ans). L’expansionnisme budgétaire, qui s’est accéléré par des déficits publics de 8,9% en 2020 et 6,5% en 2021, se poursuivra en raison de la baisse du pouvoir d’achat réel lié au retour de l’inflation. Cette tendance s’illustre par trois mesures discrétionnaires entreprises ces dernières semaines: l'augmentation du salaire minimum de 980 à 1.100 euros, la revalorisation des retraites et l'allègement des charges en matière de prix de l'électricité, du gaz et du carburant. Pour cette dernière, le résultat est déjà notable puisque l’inflation française a atteint 5,4% en avril contre 8,3% en Espagne, 7,8% en Allemagne et 6,6% en Italie. Plus d’1,5 point d’inflation aurait ainsi été évité suite à cette mesure.
Le contexte inflationniste actuel contraint donc à plus de proactivité des gouvernements européens et donc à un besoin d’assouplissement des règles budgétaires. La capacité du Président français à agir efficacement dépendra dès lors: (i) de sa capacité à réformer rapidement le Pacte de Stabilité et de Croissance pour obtenir des marges de manœuvre budgétaire, et (ii) de l’obtention d’une majorité parlementaire au prochaines législatives pour mettre en œuvre des politiques économiques plus réactives. Deux enjeux qui conditionneront la politique budgétaire en France pour les 5 prochaines années.