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La communauté de Xolobeni dans la région de Pondoland en Afrique du Sud, représentée par le comité de crise Amadiba Crisis Committee (ACC), a remporté une victoire sans précédent ou, pour reprendre les mots de ce comité de crise, « Une victoire à 120 % ! ». L’ACC est membre de l’AIDC (Alternative Information and Development Centre), une organisation partenaire d’Action de Carême.
La région de la Côte Sauvage de l’Afrique du Sud appartient depuis des générations aux Pondo, une communauté indigène qui lutte pour son indépendance depuis des centaines d’années. Mais depuis 15 ans, c’est une bataille particulière que les habitants de Xolobeni mènent contre le gouvernement, car la région est soupçonnée de contenir d’importants gisement de titane et se trouve menacée par un projet de construction de mine de la société minière australienne Mineral Commodities Limited. Or, si le projet venait à se concrétiser, il entrainerait la destruction d’un paysage culturel unique, ainsi qu’un déplacement forcé et la perte de la terre ancestrale pour la population locale.
La municipalité de Xolobeni, représentée par le comité de crise ACC, a notamment intenté une action en justice envers le gouvernement. A travers cette plainte, elle a demandé à être entendue lorsqu’il s’agit de la construction d’une mine et exige le droit de pouvoir la refuser. Concrètement, l’État ne pourra pas accorder de permis d’exploitation si la communauté locale s’y oppose.
Ce procès est une première en Afrique du Sud: jusqu’à présent, un procès était intenté après que les dommages aient déjà été causés, c’est-à-dire lorsqu’une mine avait déjà été mise en exploitation et que les habitants de la région avaient dû en subir les conséquences.
Un tournant historique
La Cour Suprême du Gauteng du Nord a statué en faveur des représentants de Xolobeni. Dans sa décision, elle a déclaré que la communauté de cette région a le droit de bloquer l’exploitation minière. Il a en outre été avancé qu’il serait illégal pour l’État d’accorder le permis d’exploitation minière avant d’avoir obtenu le consentement préalable, total et en en toute connaissance de cause de la communauté. Cette décision établit un précédent juridique important auquel toutes les communautés de zones minières pourront se référer à l’avenir.
Toutefois, la porte-parole du comité de crise ACC, Nonhle Mbuthuma, s’attend à un appel contre cette décision. Pour le moment, cependant, les habitants de Xolobeni se sentent soulagés. « C’est une légitimation de la lutte que nous menons depuis plus de quinze ans. Nous avons parcouru un long chemin. Nous rendons hommage à nos héros tombés qui ont perdu la vie en défendant nos terres ancestrales contre la cupidité d’une élite et le « développement » capitaliste qui apporte des profits à court terme à une minorité d’individus, blancs ou noirs. »
Mais le combat n’est pas encore terminé. En effet, l’ACC demande justice pour son ancien porte-parole, Sikhosiphi’Bazooka’ Radebe, qui a été assassiné à Xolobeni en mars 2016. Le comité de crise réclame que les circonstances de sa mort, liée à la résistance à l’exploitation minière, soient clarifiées.