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Nous pénétrons dans le dojo, le lieu d'entrainement, ici c'est dans une école. Une quinzaine d'élèves sont alignés. Ils portent tous les vêtements des archers, un dogi, une sorte de kimono blanc ; un hakama noir, les pantalons amples ; et les tabi, des chaussettes blanches. Le silence règne dans la pièce et la concentration se lit sur tous les visages. Ils sont à l'écoute du Maître.
Ils viennent ici s'entrainer pour le kyūdō, « la voie de l'arc » un art martial au Japon. Le yumi, l'arc japonais, est particulièrement grand, plus de 2 mètres de long. Chaque mouvement est réalisé dans sa forme parfaite pour atteindre la cible. Une fois la position prise, l'arc est tendu jusqu'à ce que l'archer ne fasse plus qu'un avec l'arc, la flèche et la cible. C'est l'union, l'extension de l’esprit et du corps dans toutes les directions. Puis au moment du tir, il y a la séparation. Au-delà de la gestuelle parfaite, c'est un chemin d'accomplissement qui vise à développer l'énergie spirituelle. Seul l'équilibre entre le corps et l'esprit permet d'atteindre précisément la cible.
Le but du kyūdō est de développer la vérité, la vertu et la beauté. La vérité consiste à tirer avec un cœur pur qui se traduit par la limpidité du tir et le son que produit l'arc. La vertu, c'est l'harmonie et l'équilibre de l'esprit. C'est se détacher de ses émotions et laisser les conflits internes pour permettre un tir parfait. La beauté résulte des mouvements harmonieux et de l'utilisation de la respiration au lieu de la force.
Nous sommes impressionnés par la discipline qui règne dans ce lieu, et aussi par la pureté de chaque geste. Ces élèves viennent s'entrainer quotidiennement à cet art martial, afin de développer le corps et l'esprit.
Céline, Xavier et Nayla