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Prise de position de l'USSM et du Conseil central de la VAPKO concernant la récente publication de l'étude sur la toxicité du tricholome terreux (Tricholoma terreum)
Chers membres,
En juin 2014, un groupe de chercheurs travaillant avec Xia Yin, en Chine, a publié une étude sur la toxicité du Tricholome terreux (1). Dans le cadre de cette étude, des extraits crus provenant de tricholomes terreux (Tricholoma terreum) et de tricholomes équestres (Tricholoma equestre) ont été donnés une fois par jour, dans la nourriture des souris et ce pendant 5 jours. Ces dernières ont développé une atteinte musculaire dépendante de la dose administrée et certaines sont décédées. Ces résultats ont conduit à une inquiétude parmi les mycologues et les consommateurs de champignons. L'étude, publiée dans un journal européen de chimie, montre que des souris alimentées pendant plusieurs jours par des extraits crus de Tricholome terreux (respectivement de Tricholome équestre) développent une destruction musculaire et peuvent même en mourir.
Avec ce type d'alimentation, il n'est pas possible d'extrapoler ces résultats à l'homme, qui consomme ces champignons cuits. Par la cuisson de nombreuses substances toxiques sont détruites. De plus, lors de l'extraction, les substances toxiques sont concentrées, pouvant conduire à une dose plus importante administrée au cours de l'expérience. Depuis longtemps, il est déconseillé de consommer des champignons quotidiennement ; une consommation pendant cinq jours consécutifs est peu réaliste, mais elle pourrait cependant se produire. La destruction musculaire provoquée par le Tricholome équestre, connue sous le nom de « Syndrome du Tricholome équestre », apparaît lors de consommation de ce champignon cuit, en grande quantité et ce jusqu'à trois jours de suite. Les résultats de cette étude ne sont pas nouveaux. En 2005 (2) et en 2006 (3) des chercheurs finlandais ont conduit une expérience similaire en nourrissant des souris avec de la poudre de chanterelles séchées (Cantharellus cibarius), mais aussi de Bolet roux (Leccinum versipelle), de russules douces (Russula sp., douces) et de Polypore des brebis (Albatrellus ovinus), de manière séparée et pendant plusieurs jours de suite. Ces souris ont aussi présenté une destruction musculaire. Il semble donc s'agir plutôt d'un phénomène provoqué par une consommation répétée de champignons crus. Comme une destruction musculaire est un problème sérieux du point de vue médical, une certaine prudence est recommandée. Les cas de destruction musculaire dus au Tricholome équestre, décrits dans la littérature, se rapportent toujours à une consommation importante en l'espace de quelques jours ; il est vrai: sous forme cuite. Il est cependant trop tôt pour déconseiller la consommation du Tricholome terreux en se basant sur les données présentées par Yin et al. Ces différentes études montrent cependant qu'il est déconseillé de manger des champignons crus et de manière répétée.
Hettlingen, 4.11.2014
Dr. méd. Katharina Schenk-Jäger, toxicologue de l’USSM
Traduction: Claude Boujon
Références :
- Yin X et al. Chemical and toxicological investigations of a previously unknown poisonous European mushroom Tricholoma terreum. Chemistry 2014 2;20:7001-9.
- Nieminen P, Mustonen AM, Kirsi M. Increased plasma creatine kinase activities triggered by edible wild mushrooms. Food Chem Toxicol. 2005;43:133-8.
- Nieminen P, Kirsi M, Mustonen AM. Suspected myotoxicity of edible wild mushrooms. Biol Med 2006;231:221-8
Prise de position
Sur la base de l'examen de l'étude sur la toxicité du tricholome terreux par la toxicologue de l'Union, Dr. Katharina Schenk-Jäger et le Conseil central de la VAPKO, nous arrivons à la conclusion que le tricholome terreux peut continuer d'être identifié comme champignon comestible et remis en tant que tel au consommateur.
Tous les extraits utilisés pour l'étude provenaient principalement de champignons crus et en partie de champignons séchés. Par conséquent, il est une fois de plus important de rappeler qu'à l'exception des truffes (Tuber), de la Guépinie en helvelle (Tremiscus helvelloides) et la trémelle gélatineuse (Pseudohydnum gelatinosum), les champignons ne doivent pas être consommés crus!
|Union Suisse des Sociétés

de Mycologie (USSM)
|Association suisse des organes officiels

de contrôle des champignons (VAPKO)
|Dr. Katharina Schenk,

toxicologue de l'USSM
|Hugo Ritter,

président du Conseil central de la VAPKO