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Yoshihide Suga a obtenu mercredi 314 votes sur 462 suffrages déclarés valides à la chambre basse du Parlement, où le PLD dispose d'une confortable majorité avec son allié de coalition, le parti Komeito. Une majorité simple était requise.
Les résultats du vote de la chambre haute du Parlement n'étaient pas encore connus quand ceux de la chambre basse ont été annoncés, peu avant 14h00 heure locale.
Mais le PLD et le Komeito sont aussi majoritaires à la chambre haute, et en cas de vote contraire entre les deux chambres, le vote de la chambre basse emporte la décision.
Un parcours atypique
Yoshihide Suga s'est profondément incliné sous les applaudissements des parlementaires après sa victoire, mais ne s'est pas exprimé publiquement dans l'immédiat. Sa première conférence de presse en tant que Premier ministre était prévue dans la soirée.
Fils d'un cultivateur de fraises au parcours atypique, a fidèlement servi et conseillé Shinzo Abe pendant de longues années, coordonnant la politique entre les ministères et les nombreuses agences de l'Etat.
Il connaît à ce titre tous les rouages de la puissante bureaucratie japonaise, mais n'a pas la stature internationale de son prédécesseur et souffre d'une certaine image austère.
Agir rapidement face à la récession
"Des problèmes coriaces attendent le gouvernement Suga", avec en priorité la crise du coronavirus, a déclaré mercredi à l'AFP Shinichi Nishikawa, professeur de sciences politiques à l'université Meiji de Tokyo.
Le successeur de Shinzo Abe devra ainsi agir rapidement face à la récession économique et la délicate question des Jeux olympiques de Tokyo, reportés à l'été 2021 en raison de la pandémie.
"Sur le front diplomatique, il y a beaucoup d'inconnues, notamment l'élection présidentielle américaine" de novembre prochain, a ajouté Shinichi Nishikawa. Yoshihide Suga devra aussi louvoyer au milieu de vives tensions internationales, notamment entre Washington et Pékin.
Les observateurs s'attendent à ce que Yoshihide Suga poursuive la politique économique de Shinzo Abe, caractérisée notamment par une politique monétaire ultra-accommodante et des relances budgétaires massives, tout en espérant qu'il entreprenne des réformes structurelles jugées nécessaires.
>> Réécouter le sujet du 12h30 de lundi à propos de l'élection:
jfe avec agences
Composition du gouvernement sans surprise
Peu après le vote au Parlement, son successeur au poste de secrétaire général et porte-parole du gouvernement, le ministre de la Santé sortant Katsunobu Kato, a annoncé la composition de l'équipe ministérielle de Yoshihide Suga, qui n'a pas réservé de surprises.
Plusieurs ministres restent en place, comme Toshimitsu Motegi aux Affaires étrangères, le vétéran Taro Aso aux Finances et le jeune Shinjiro Koizumi (39 ans), fils de l'ancien Premier ministre PLD Junichiro Koizumi, maintenu à l'Environnement.
Nobuo Kishi, qui fait son entrée au gouvernement à la Défense en remplacement de Taro Kono, n'est autre que le frère de Shinzo Abe, portant le nom de famille de leur grand-père maternel, Premier ministre du Japon à la fin des années 1950.