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Pierre Dubochet | 29 mai 2013
La nocivité des rayonnements non ionisants, pulsés ou non, est connue
En matière d’hyperfréquences pulsées, on a montré de façon répétitive que quelques minutes d’exposition aux radiations du genre de celles utilisées par les téléphones cellulaires peuvent transformer un cancer actif à 5 % en un cancer actif à 95 % pendant la durée de l’exposition et pendant le court laps de temps qui suit [John Holt, BBC1 TV Watchdog Programme, 3rd. June 1996].
Dans les années 1990, le géant australien de la télécommunication Telstra a mandaté et financé une équipe de scientifiques afin d’étudier les principales relations entre le téléphone cellulaire et le cancer. L’étude a révélé la découverte d'effets pervers pour la santé. Deux cents souris étaient observées. Cent étaient exposées aux champs numériques pulsés de téléphones et les cent autres n’étaient pas exposées.
Les recherches ont été réalisées au Royal Adelaïde Hospital par le physicien et docteur en biologie Dr Michael Repacholi, le Prof. Tony Basten, le Dr Alan Harris et le statisticien Val Gebski. Elles ont révélé de façon hautement significative, un taux de cancer multiplié par deux dans le groupe exposé [M. Repacholi et al., "Lymphomas in mice exposed to 900 MHz pulsed EMFs", Rad. Res. 147 (5) pp.631-640 (1997)].
Les souris étaient exposées à des hyperfréquences pulsées similaires à celles employées en téléphonie mobile, à une densité de puissance à peu près égale à celle provoquée par l’émission d’un téléphone portable, durant deux périodes de trente minutes par jour. Si nous nous référons aux graphiques publiés par le Bureau National Britannique de Radio-Protection (N.R.P.B.), la plupart des appareils de téléphones cellulaires GSM émettent entre dix et trente fois plus de radiations dans la tête des utilisateurs que celles auxquelles ont été soumises les souris de Michael Repacholi [Electromagnetic Hazard & Therapy, Vol.8, n°1, pp.1-5 (1997)].
Michael Repacholi a ainsi constaté in vivo les effets nocifs des hyperfréquences pulsées de la téléphonie mobile. Il a toujours nié fermement les effets sur l'homme, et a fait tout son possible pour cacher et discréditer sa propre étude.
En 1996, l’OMS confie le projet international CEM à Michael Repacholi, chargé de coordonner les programmes de recherche dans le monde entier. Après appréciation des résultats scientifiques, il évalue les éventuels risques sanitaires constatés à proximité des émetteurs de téléphonie et autres hyperfréquences, des lignes à haute tension, etc. L'OMS publie ensuite des recommandations mondiales visant à –théoriquement– préserver la santé publique. Michael Repacholi est en charge de ce projet jusqu'en 2006; où il atteint l'âge de la retraite. Il quitte l'agence onusienne par la petite porte.
Ses détracteurs accusent Michael Repacholi d'avoir été à la botte des industriels, en critiquant systématiquement les études qui montrent la nocivité des systèmes, tandis qu'il ne mettait que rarement en cause les études neutres. Les industriels ont été trop souvent impliqués dans les décisions, tandis que des scientifiques de renom ont été trop écartés des groupes d'experts. Une pétition demandait son éviction, parce qu'il ternissait l'image de l'OMS. Sans résultat.
Quelques mois après son départ de l'agence onusienne, Michael Repacholi est la cible d'une enquête d'Angus Stickler, journaliste de la BBC, à propos des armes à l'uranium appauvri (UA). Les États-Unis et le Royaume-Uni ont utilisé de l'uranium appauvri en Irak, entre autres. Les États-Unis, 320 tonnes dans la guerre du Golf 1, et environ 2'000 tonnes dans la guerre du Golf 2. Il sert d'arme anti-char. Lorsqu'un obus explose, les oxydes d'uranium toxiques et radiactives se répandent. Michael Repatcholi était le coordonnateur de l'unité rayonnements à l'OMS et il a supervisé le projet. Il a déclaré dans un rapport de synthèse «dans les zones de conflit où l’uranium appauvri a été utilisé, il n’est pas nécessaire de soumettre les populations à un dépistage ou à un contrôle généralisé des effets éventuels sur leur santé».
Le Dr. Keith Baverstock, conseiller à propos du rayonnement avec 12 ans d'expérience à l'OMS et sous les ordres de Repacholi, lui reproche d’avoir écarté, lors de la réalisation de ce rapport, pas moins de huit études, toutes publiées dans des revues à comité de lecture, faisant état d’effets génotoxiques de l’UA, sans qu’une exposition importante soit nécessaire.
«Quand on inhale la poussière, explique Baverstock, plus elle va se nicher profondément dans les poumons, plus il est difficile de s’en débarrasser. Les particules qui se dissolvent présentent un risque - dû à la radioactivité et à la chimiotoxicité - pour le poumon même et, par la suite, lorsque ce matériaux se diffuse dans le reste du corps et dans le sang, on observe un risque potentiel de leucémie dans des zones comme la mœlle osseuse, le système lymphatique et le foie.»
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De multiples paramètres d’exposition aux CEM, tels que la fréquence, la durée, la forme de l’onde, la modulation de fréquence, la modulation d’amplitude sont des facteurs déterminants des réponses biologiques, et compliquent la compréhension exposition / conséquences.
Le fait de ne pas comprendre le fonctionnement d’une nocivité n’est pas à confondre avec une innocuité.