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En 2011, dans un document de position, le PLR exigeait "la réduction des impôts et des taxes en particulier pour les familles".
En 2013, par la magie de l'onction UDC, certaines de ces familles devenaient intouchables, le même parti qui militait pour augmenter de 10'000 à 24'000 francs les déductions pour frais de garde en crèche, emboîtait le pas au parti socialiste contre "le modèle familial traditionnel" de la femme au "fourneau". Ces mots ont été dits, prononcés, écrits, nous n'inventons rien.
L'on a tout entendu et son contraire dans cette guerre absurde contre la famille et cette curieuse volonté d'opposer à un hypothétique modèle "traditionnel", un modèle "moderne", qui lui serait préférable, comme si la famille avait cessé d'être ce qu'elle est, le berceau de la filiation... de la vie.
Mais l'argument qui semble avoir le mieux pris est celui voulant qu'il n'y ait aucune raison d'opérer des déductions là où il n'y a pas de frais. Argument auquel a répondu magistralement Marie-Hélène Miauton il y a quelques jours:
"Prétendre que cette déduction serait fictive, c’est considérer qu’une femme ou un homme au foyer n’exerce pas une réelle activité justifiant des déductions. Dans ce cas, pourquoi rémunère-t-on les jardinières d’enfants (pardon aux féministes, mais il y a peu de jardiniers), et pourquoi exige-t-on qu’elles aient suivi une formation… professionnelle? Une profession exercée à domicile n’en est pas moins une profession!"
Qu'importe, au PLR on se taille une conviction de la répétition. Ainsi, c'est pleine d'assurance que la conseillère nationale radicale vaudoise Isabelle Moret, lors du dernier Infrarouge sur la question, martelait avec force (dès 07:08):
"Ce sera une déduction pour des frais qui n'existent pas sur un revenu qui n'existe pas",
pour des personnes, qui plus est, qui "travaillent à 0%"; les parents à domicile apprécieront.
Or, en juin 2011, cette même Mme Moret déposait au Parlement une motion pour "encourager et reconnaître le bénévolat par une déduction fiscale", soit pour des frais inexistants sur une activité dont le principe même est l'absence de revenus.
Elle y écrivait:
"L'article 33a de la LIFD autorise le contribuable à déduire de son revenu les dons en espèces et sous forme d'autres valeurs patrimoniales [...] Or, le bénévolat n'est rien d'autre que le don de son temps, donc un don en nature."
Ainsi, si l'on s'en tient rigoureusement à sa logique, la plus pure expression du don de soi qu'est l'amour, le temps, le soin d'une mère, d'un père, pour son enfant n'est même pas à considérer, au PLR, au rang du simple bénévolat...