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Sur l'île d'Eubée, à 200 kilomètres de la capitale grecque, les incendies ne cessent de grandir. Au nord de cette île, les villages ont été, les uns après les autres, assiégés par les flammes.
Ces derniers jours, dans le nord d'Eubée, "les gardes-côtes ont effectué des dizaines d'opérations de sauvetage. 2600 personnes ont été évacuées depuis le début de l'incendie", explique un responsable, les yeux embués par l'atmosphère asphyxiante.
Sur le front de l'incendie, les villages de Kamatriades et Galatsades devaient être les priorités des pompiers lundi. Car "si le feu passe par là, il se trouvera dans une forêt épaisse et difficile à éteindre", selon les pompiers.
Parmi les quelque 650 pompiers opérant lundi sur l'île, environ 250 sont venus d'Ukraine, de Serbie et de Roumanie, renforcés par onze avions et hélicoptères bombardiers d'eau, a précisé la protection civile.
Le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a indiqué qu'il avait demandé à Moscou l'envoi d'un second bombardier d'eau géant BE-200. La Turquie, pourtant rival régional de la Grèce, s'est engagée à envoyer deux avions supplémentaires, a indiqué le ministère grec des Affaires étrangères.
"Moyens insuffisants"
La polémique a enflé ces derniers jours sur le manque de moyens alloués par la Grèce à la lutte contre les incendies, en particulier à Eubée. Le vice-gouverneur d'Eubée Giorgos Kelaïtzidis, de même que de nombreux maires et habitants, ont dénoncé des forces "insuffisantes".
Les moyens aériens rencontrent de "sérieuses difficultés" à cause des turbulences et d'une visibilité limitée, avait rétorqué dimanche le vice-ministre de la protection civile Nikos Hardalias.
"La situation est critique"
Giorgos Kelaïtzidis, le vice-gouverneur d'Eubée, a dénoncé, comme beaucoup d'autres, des forces "insuffisantes" alors que "la situation est critique" sur l'île. Selon lui, au moins 35'000 hectares et des centaines de maisons ont brûlé.
Le ministre grec des Finances Christos Staikouras a annoncé que des aides d'un maximum de 6000 euros par foyer seraient allouées aux habitants dont les maisons ont subi des dégâts, ainsi qu'une somme de 4500 euros pour les blessés.
La Grèce traverse depuis près de deux semaines une vague d'incendies violents, favorisés par la sécheresse et des températures caniculaires, qui ont fait deux morts et des dizaines de blessés hospitalisés.
La région du Nord d'Athènes qui vit un répit sur le front des incendies, ne peut que constater les dégâts catastrophiques. Les incendies de ces derniers jours sont 25 fois plus importants que la moyenne de ces dernières années.
Plus de 56'000 hectares ont été ravagés ces dix derniers jours en Grèce, selon le Système européen d'information sur les feux de forêts (EFFIS). Quelque 1700 hectares avaient été brûlés en moyenne sur la même période entre 2008 et 2020.
ats/aps
L'UE muscle l'envoi d'avions, d'hélicoptères et de pompiers
La Commission européenne a annoncé lundi avoir augmenté ces derniers jours l'envoi d'avions, d'hélicoptères et de pompiers vers la Grèce, mais aussi l'Albanie, la Macédoine du Nord et la Turquie pour aider ces pays à lutter contre les incendies.
Au total, l'UE a mobilisé jusqu'à présent 14 avions de lutte contre les incendies, 3 hélicoptères, quelque 1300 pompiers et 250 véhicules pour assister ces pays, a indiqué l'exécutif européen dans un communiqué. En Grèce, 9 avions (fournis par la France, la Suède, la Croatie, l'Espagne et Chypre), près d'un millier de pompiers et 200 véhicules ont été déployés.
Plusieurs Etats (France, Allemagne, Pologne, Autriche et Slovaquie) ont indiqué au cours du week-end se préparer à envoyer des équipes supplémentaires de pompiers en Grèce. Ils y rejoindront des secouristes déjà envoyés par Chypre, la République tchèque, la Roumanie et la France, selon la Commission.
Cette aide est mobilisée dans le cadre du mécanisme de protection civile de l'UE et la Commission prend en charge au moins 75 % des coûts liés au transport.