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Source : Mystère TV
En octobre 1917, les bolcheviks s'emparent du pouvoir en Russie. Pour façonner ce pouvoir, ils vont faire confiance aux sciences et
aux technologies afin de créer «un homme nouveau», répondant ainsi aux aspirations des dirigeants communistes russes. Des associations eugénistes commencent même à voir le jour aux quatre coins
du pays.
Nicolaï Koltsov sera une figure emblématique de ce mouvement eugéniste en créant l'institut de biologie expérimentale de Moscou. Koltsov considérait en effet que l'eugénisme était indispensable pour permettre à l'homme d'évoluer vers un homme nouveau, doué d'une intelligence supérieure.
Pour débuter ces travaux, des recherches scientifiques très sérieuses sont menées auprès de la population afin de déceler les caractéristiques les plus intéressantes de la population russe, tout ceci dans le but éventuel de les améliorer. L'esprit de cette démarche repose aussi sur la volonté d'encourager les russes à être soucieux du patrimoine génétique de leurs conjoints afin de former «un couple parfait», qui lui même engendrerait une progéniture équivalente.
Toujours dans les années 20, l'homme aux multiples talents Alexandre Bogdanov (médecin, économiste, et homme politique, entre autres) se passionnera pour la transfusion sanguine qu'il voit comme un moyen de régénération physique...Bogdanov n'hésitera pas à pratiquer sur sa propre personne des transferts sanguins, dont l'un lui sera fatal à 55 ans.
En décembre 1924, c'est un scientifique russe (Illya Ivanov)qui se propose de coupler un singe et un homme pour résoudre ainsi le mystère du chaînon manquant à la théorie de l'évolution de Charles Darwin...Derrière cette expérience, il faut aussi voir l'envie du pouvoir central de se servir de ces futurs êtres hybrides pour en faire des esclaves. Une expédition soviétique se rendra même en Guinée pour satisfaire les besoins de cette expérience.
Notons que le documentaire s'intéresse également à Ivan Pavlov, qui se rendit célèbre sur «les réflexes conditionnés», ou «les réflexes conditionnels», prélude à une étude du psychisme de l'être humain. Les travaux de Pavlov (bien que reconnus par la communauté scientifique internationale à l'époque) ne sont pas jugés utiles par le pouvoir soviétique. En janvier 1924, la mort de Lénine relance le débat sur l'homme nouveau, et quelques années plus tard, le premier établissement de transfusion sanguine est inauguré à Moscou, à l'emplacement actuel de l'ambassade de France.
Des allers retours incessants seront effectués entre les expérimentations sanguines de Bogdanov et celles de Illya Ivanov. Le pouvoir soviétique cherchait manifestement à cacher à l'opinion publique la plupart de ces activités.
Au début des années 30, Ivanov sera arrêté par la police politique et accusé de comploter pour la restauration du capitalisme en URSS. Jeté en prison, il sera finalement gracié. Alors qu'il s'apprête à réitérer ses expérimentations douteuses de croisements entre l'homme et le singe, il décède d'une forte grippe. Ivanov disposait de quelques disciples, dont le généticien Alexandre Serebrovski.
Toujours à cette période, les travaux de Pavlov reviendront sur le devant de la scène pour devenir une solide base de réflexion pour les apparatchiks communistes. «L'homo sovieticus» est finalement mort-né mais ces sordides travaux ont laissé des traces dans la culture populaire russe.