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«Je suis une artiste féministe parce que j'essaie d'être morale, et la moralité des femmes, c'est d'aider les autres femmes…» Dans cette interview accordée lors de sa première exposition en Europe, à la galerie Maeght de Zurich, Louise Bourgeois évoque les thèmes réccurents de son oeuvre qui, par ses formes allusives ou symboliques, va au coeur de la vie.
Née à Paris en 1911, Louise Bourgeois suit en 1938 son mari américain à New York où elle fréquente le milieu surréaliste, immigré aux Etats-Unis. A partir des années 60, elle se dédie à la sculpture en métal, réalisant de grandes installations pour traiter de la sexualité, de la famille et de la solitude, thèmes essentiels de son oeuvre dont l'origine remontent aux traumatismes d'une enfance déchirée entre un père abhorré et une mère idéalisée.
En marge de la scène artistique, Louis Bourgeois a présenté peu d'expositions personnelles jusqu'à ce qu'un vif intérêt se manifeste pour son travail dans les années 70. Aux thèmes récurrents de son oeuvre polymorphe constituée de sculptures imposantes, de tableaux et de dessins s'ajoutent alors des sculptures-installations réalisées avec des matériaux et des objets très variés, parfois personnels.
Figure majeure de l'art contemporain, elle est aussi devenue l'emblème d'une génération de féministes pour n'avoir cessé d'explorer dans les racines des relations entre les hommes et les femmes.
En 1982, le Museum of Modern Art de New York lui consacre une rétrospective. Elle a alors 71 ans. En 2008, Paris lui rend hommage à son tour, puis Londres, Los Angeles et Washington.
Elle s'éteint à New York, le 31 mai 2010.
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Journaliste: Jo Excoffier