Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07272.jsonl.gz/1001

Menu principal :
Pierre Dubochet | 29 mai 2013
Mis à jour le 22 mai 2014
Peut-on rester parfaitement objectif quant à ses conclusions en matière de santé, lorsque plus de 40% du budget des études provient de l'industrie ?
Concernant les champs électromagnétiques
C'est la question que nous devons nous poser. L'ancien chef du département CEM Michael Repacholi était connu comme consultant rémunéré et porte-voix des compagnies responsables de générer de la pollution électromagnétique. Il a touché à titre personnel durant plusieurs années plus de 150'000 $ du Mobile Manufacturers Forum, le lobby des fabricants de portables basé boulevard Reyers à Bruxelles.
Il recevait une somme variable annuellement mais parfois identique, du lobby industriel GSM Association. Pour l'année fiscale 2005-2006, plus de 40% du département CEM de l'OMS était financé par l'industrie du mobile.
Les fonds transitaient par l'hôpital Royal Adélaïde en Australie, avant d'être versés sur les comptes de l'OMS. Le CV de Repacholi nous dit qu'il participait au développement de la nouvelle technique utilisant des lasers médicaux, qu'il était autorisé à travailler sur des animaux entre 1983 et 1991.
Puis, il y était chef scientifique responsable de la recherche de rayonnement, du développement de nouvelles techniques thérapeutiques utilisant des rayonnements, agent de sécurité de rayonnement pour l'hôpital, et agent pour la conduite de projets de recherche impliquant des rayonnements, entre janvier 1983 et juillet 1991.
Ensuite, Repacholi est manager et responsable de recherche à grande échelle pour les programmes sur l'épidémiologie des études sur le cancer chez les enfants et les animaux, afin de déterminer si l'exposition aux radiofréquences ou aux champs à 50 Hz est impliquée dans le développement de cancers, de janvier 1991 à juillet 1995.
Côté finances, Michael Repacholi mentionne sur son CV les montants suivants, pour la période 1988 à 1992. Il reçoit $ 4'000 de l'hôpital Royal Adélaïde pour ses recherches sur le laser en 1988. En 1989, c'est la Commission de la santé du Sud australien qui lui verse $ 250'000 pour une étude sur le traitement des taches de vin par laser.
En 1990, l'industrie s'approche. Michael Repacholi reçoit $ 125'000 de la Commission de l'électricité de la Nouvelle-Galles-du-Sud pour déterminer s'il existe une relation de cause à effet entre cancer de l'enfance et exposition aux champs magnétiques 50 Hz. L'année suivante, c'est au tour de l'Association d'approvisionnement en électricité de l'Australie de lui commander une étude sur les animaux, avec $ 80'000. En 1992, cette même Association lui verse $ 1'002'000 pour continuer ses recherches, et notamment pour déterminer si l'exposition aux champs magnétiques 50 Hz est associée à la cancérogenèse.
En 1992, Telecom Research Laboratories lui verse $ 200'000 pour mener une étude sur l'exposition de souris aux champs de téléphonie à 900 MHz.
Durant cette période, Repacholi a donc reçu $ 1'407'000 de l'industrie contre $ 254'000 de fonds provenant de budget de santé, soit un rapport de 5 à 1.
Microwaves News a demandé à Repacholi de révéler toutes les sources de financement du projet CEM de l'OMS. Le chef du département CEM a toujours refusé de répondre.
Lorsque Michael Repacholi a quitté l'OMS (en 2006), le contrat avec les industriels (dans leurs rapports, intitulés sous contributions des entités non-gouvernementales ou "autres") a été interrompu. Les financements de l'industrie ont nettement diminué en 2007.
Pour les années 2006 - 2007, le département CEM a perçu $ 249,682 des gouvernements et $ 529 820 "autres", pour un total de $ 779 502, comme l'explique le tableau de la page 8 du Progress Report. L'industrie a donc apporté deux fois plus de fonds que les gouvernements du monde entier pour cette période.
La collaboratrice de Michael Repacholi, Leeka Kheifets, travaille depuis longtemps pour l’Institut de recherche de l’industrie électrique étasunienne EPRI qui a financé certains de ses travaux. Comment imaginer qu'une organisation de la santé ait de tels liens avec les industriels ? D'autres scandales vont éroder la crédibilité de l'OMS dans le dossier des CEM.
Horripilés par son fonctionnement, sept-cents employés de l'organisation entrent en grève en 2005, lit-on dans The Lancet en mai 2007, une des revues scientifiques médicales les plus prestigieuses.
Haut de page