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Hypertension artérielle: le grain de sel en trop
Recommandations internationales
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande une consommation de sel (NaCl) de moins de 5g par jour. Plusieurs pays ont adopté des politiques de santé afin de diminuer cette tendance (Royaume-Uni, Finlande, Japon, Australie, Nouvelle-Zélande). Leur expérience montre la difficulté de la tâche car 70-75% de la consommation de sel vient des produits préparés par l’industrie alimentaire, et non des plats «faits-maison»…
Situation suisse
L’Office fédéral de la santé publique (OFSP) a effectué une étude sur la population suisse. Celle-ci révèle que les hommes consomment 10,5 g de sel par jour, contre 7,8 g pour les femmes. Les chiffres dépassent largement les recommandations de l’OMS (5 g par jour) et les besoins physiologiques (2 g par jour). Il a également été démontré que les sources de sel se trouvent principalement dans les plats précuisinés, le pain, le fromage et la viande, ainsi que leurs produits dérivés respectifs (par exemple la charcuterie). L’étude a également montré que des techniques de production existent pour diminuer le contenu en sel de ces produits, sans en affecter la texture, l’apparence ni le goût.
Excès de sel et hypertension artérielle
Une consommation de sel élevée augmente la pression artérielle et le risque de maladies cardiovasculaires. En Suisse, l’hypertension artérielle (HTA) touche un adulte sur 4. Parmi eux, seulement la moitié sont bien traités et contrôlés. Le risque de développer des maladies cardiovasculaires (infarctus, attaque cérébrale, etc) augmente progressivement lorsque la pression artérielle dépasse 115/75 mmHg. L’HTA tue près de 8 millions de personnes chaque année dans le monde.
Quelles sont les mesures politiques possibles?
Il est possible d’agir au niveau de l’industrie alimentaire ou du consommateur individuel, de viser la population générale ou un groupe à risque. Par exemple, modifier les techniques de production, restreindre les quantités vendues, verser des subventions pour les produits sains (fruits, légumes), faire des campagnes publicitaires pour promouvoir une alimentation saine, des campagnes dans les écoles ainsi que des interventions personnalisées par voie informatique. En Suisse, c’est l’industrie alimentaire qui est visée, à travers des mesures volontaires visant à diminuer le contenu en sel de certains aliments.
Trop de sucre, de sel, de graisses, finalement, je mange quoi?
L’excès de sel augmente la tension artérielle, le sucre influence le risque de diabète et les graisses provoquent une augmentation du mauvais cholestérol… Finalement, que reste-t-il dans nos assiettes? L’idée n’est pas d’éliminer ces aliments, mais d’avoir une alimentation diversifiée riche en fruits et en légumes. Il est important de limiter sa consommation de pains, fromages et charcuterie et d’éviter au maximum les plats précuisinés, qui donnent une impression de plats «sains», le plus souvent riches en sel, en sucre et en graisses, sans que le consommateur ne s’en rendre compte. Conclusion: à vos fourneaux!
Référence
Adapté de «Réduction de la consommation de sel: opportunité, impact et stratégies», par Drs M. Bochud et P. Marques-Vidal, Pr F. Paccaud de l’Unité de prévention communautaire, Pr M. Burnier du Service de néphrologie et hypertension, CHUV, Lausanne. In Revue médicale suisse 2012;8:1443-7, en collaboration avec les auteurs.