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Sujet: rôle des savoirs locaux pour le développement et intéractions avec les politiques de développement
Historiquement, les politiques de développement n’ont pas toujours pris en compte l’existence de savoirs locaux. En effet, jusque dans les années 1980, certaines approches ont eu tendance à prôner des politiques uniques, déduites à partir de modèles uniformisés du comportement et des sociétés humaines.
Depuis le début des années 1990, des approches participatives et bottom-up ont vu le jour. Mettant l’accent sur les savoirs et les pratiques locaux, ils les ont valorisés et ont souvent rendu les actions de développement plus efficaces.
Questions de recherche
- Comment expliquer le changement d’attitude envers les savoirs locaux survenu à la fin des années 1980?
- Quels sont les domaines dans lesquels une nouvelle approche a été adoptée?
- Quels sont les avantages d’une approche de développement centrée sur les savoirs et les besoins des populations locales? Quels en sont les inconvénients?
Pour commencer, consultez…
Mercer, J., Kelman, I., Taranis, L., & Suchet-Pearson, S. (2010). Framework for integrating indigenous and scientific knowledge for disaster risk reduction. Disasters, 34(1), 214–239. doi:10.1111/j.1467-7717.2009.01126.x
Sillitoe, P., & Marzano, M. (2009). Future of indigenous knowledge research in development. Futures, 41(1), 13–23. doi:10.1016/j.futures.2008.07.004
Le réalisme critique est un courant provenant de la philosophie des sciences, développé par Roy Bhaskar dans les années 1970. Il se positionne à la fois contre le positivisme et contre les approches postmodernes. Au cours des années 1980, cette approche est de plus en plus mobilisée dans les sciences sociales, notamment dans les sciences de l’organisation. Lire la suite
Le postmodernisme est un mouvement qui apparaît dans les années ’70 dans les arts et s’étend à d’autres disciplines dont les sciences sociales. Il remet en cause le positivisme, la recherche de lois universelles et de « la » vérité, au profit d’une approche prennant en compte la diversité de points de vue, le fait qu’il n’y a pas qu’une vérité, et la prise en compte de la parole des minorités. Lire la suite
Le post-colonialisme désigne un courant intellectuel critique apparu à la fin du 20e siècle dans plusieurs disciplines. Il s’attache à décrire les effets persistants de la colonisation que connaissent les anciens pays colonisés, principalement autour des questions d’identité et de production de la connaissance. Lire la suite
En sciences sociales, il est courant de trouver des travaux proposant d’étudier la construction sociale de tel ou tel phénomène. Le courant de recherche du constructivisme est né au 20e siècle des travaux de Berger et Luckmann. Il consiste en l’étude de phénomènes sociaux qui à-priori semblent naturels et allant de soi, et propose d’en faire la genèse, de montrer qu’ils sont construits, contingents, et historiquements situés. Ne niant pas que la réalité existe, cette posture se propose par exemple d’étudier la manière dont ont été formées des catégories sociales, plutôt que leurs caractéristiques intrinsèques. Lire la suite
Edward Wadie Said est né le 1er novembre 1935 à Jérusalem et il est mort le 25 septembre 2003 à l’âge de 67 ans. Edward Said est essentiellement connu pour son livre de 1978, « L’orientalisme« . Ayant comme modèles intellectuels des philosophes tels que Michel Foucault ou Jacques Derrida, Said s’intéressera vite à la manière dont l’Occident a construit le mythe du Moyen-Orient. Il reste une sorte de superstar du monde des sciences sociales aux États-Unis. Lire la suite
Le relativisme est un courant de pensée vieux comme le monde, mais qui s’est formalisé pendant le 20ème siècle. Ce courant, qu’on peut souvent qualifier de méthodologique, défend l’idée que les valeurs, les codes sociaux, les schémas cognitifs, et les autres postures d’un individu dépendent en grande partie du milieu social dans lequel il a évolué. Le but est donc de toujours garder à l’esprit, lorsqu’on fait de la sociologie, que nous analysons des événements géographiquement et socialement localisés, à l’aide de notre raison, elle aussi géographiquement et socialement située. Toute connaissance est donc à mettre en perspective avec le milieu dans lequel elle a été produite. L’objectivité étant inatteignable, il faut se contenter d’expliciter notre subjectivité. Lire la suite
Sujet: quelles relations y a-t-il entre la culture des pays en développement (et/ou des pays donateurs et des NGOs) et les processus de développement?
La culture a été comprise et valorisée différemment par les théories qui se sont succédées dans les études de développement. Pour les premières théoriciens (modernisateurs et dépendentistes) le rôle de la culture était très limité voir inexistant, la réalité étant essentiellement construite par les structures économiques (matérielles). Par contre, suite aux travaux d’Edward Said et aux tournants *post-colonialistes* et *post-modernistes*, la culture a pris de plus en plus de place dans les débats sur le développement.
On peut donc s’interroger aussi bien sur les influences de la culture des pays en développement (ou de certains groupes de personnes) vis-à-vis de la réception des aides au développement, mais aussi sur l’influence des cultures des donataires (pays, NGOs, autres groupes) sur la manière dont les projets et programmes de développement sont conduits et finalement sur leurs resultats.
Questions de recherche
- Quelles approches théoriques peuvent être mobilisées pour aborder le rôle de la culture dans les programmes et projets de développement et les relations de la culture avec le développement?
- Quels sont les points forts et les limites de ces approches?
Pour commencer, consultez…
La fiche sur Edward Said
La fiche sur le post-colonialisme
La fiche sur le post-modernisme
La fiche sur le relativisme
La fiche sur le réalisme critique
Schech, S., & Haggis, J. (2008). Culture and development. In V. Desai & R. B. Potter (Eds.), The Companion to Development Studies, 2nd Edition (pp. 50–54). Routledge.
Sujet: construction des théories économiques et adéquation entre les théories et les terrains de recherche / lieux d’application
La plupart des théories économiques, sociologiques ou des sciences sociales plus en général, ont été constituées par des chercheurs occidentaux, dans des institutions occidentales et des lieux typiquement occidentaux, c’est à dire « développés ». La forte relation entre les théories scientifiques et les sociétés qui les produisent a par exemple été abordée par Michel Foucault. Plus particulièrement, le fait que les théories économiques soient fortement connotées comme le produit d’une société particulière a été mis en évidence par Karl Polanyi.
Dans les études du développement, l’idée que les théories en provenance des pays développés étaient incapables d’expliquer et d’éventuellement résoudre le sous-développement est apparue dès les années 1970 (théories de la dépendance) et elle connaît une deuxième jeunesse avec l’essor des théories post. En effet, en analysant de plus près les réalités sur le terrain, il apparait que de nombreux concepts des théories économiques orthodoxes ne soient pas compris de la même manière selon les contextes.
Questions de recherche
- Y a-t-il des exemples d’une bonne/mauvaise adéquation entre les théories économiques orthodoxes et les réalités des pays en développement?
- Comment expliquer que les théories économiques orthodoxes ne semblent pas fonctionner dans tous les contextes?
- Quels sont les points forts et les limites de l’adaptation de l’économie orthodoxe aux contextes pris en considération?
Pour commencer, consultez…
La fiche sur Polanyi
Les fiches sur l’école classique et sur l’école néoclassique
La fiche sur E.F. Schumacher
Curry, G. N., & Koczberski, G. (2012). Relational Economies, Social Embeddedness and Valuing Labour in Agrarian Change: An Example from the Developing World. Geographical Research, 50(4), 377–392. doi:10.1111/j.1745-5871.2011.00733.x
Sujet: cas d’étude sur la relation entre la religion, les théories et les pratiques du développement
La religion a eu des rapports variés et parfois conflictuels avec le développement. En effet, bien que des motivations religieuses aient été à la base des actions des premiers « développeurs » (notemment, les missionaires), par la suite la religion a été délaissée ou combattue par les praticiens du développement (en tant qu’entrave à la modernisation) jusqu’à être à nouveau valorisée suite au succès des théories post.
Aujourd’hui, la religion retourne donc sur le devant de la scène, non seulement parce qu’elle est intégrée dans des conceptualisations post-modernes et post-coloniales, mais aussi parce que les acteurs religieux occupent un rôle de plus en plus important dans l’espace public, en partie suite à la diminution des moyens et des compétences des Etats.
Questions de recherche
- Comment la religion a-t-elle été abordée dans les théories et les pratiques de développement depuis les années 1950 et jusqu’à aujourd’hui?
- Quels sont les points forts et les points faibles de chacune de ces approches appliquée à la religion?
Pour commencer, consultez…
La fiche sur le post-colonialisme
La fiche sur le post-modernisme
La fiche sur le réalisme critique
Deneulin, S., & Rakodi, C. (2011). Revisiting Religion: Development Studies Thirty Years On. World Development, 39(1), 45–54. doi:10.1016/j.worlddev.2010.05.007
Michel Foucault est né à Poitiers le 15 octobre 1926 et mort du SIDA le 25 juin 1984 à Paris. Ses recherches ont touché tous les domaines du savoir et ont influencé l’entier du monde académique francophone, puis anglo-saxon. Militant politique entre autre avec le journal « Libération », Foucault n’était pas un intellectuel tout à fait conventionnel voir parfois dérangeant. Lire la suite