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L'abstention reste le premier parti du pays. A Genève, la participation a atteint 38,8% le 15 avril pour l'élection du Grand Conseil, le taux le plus bas depuis 2001. En mars dernier à Berne, moins d'un électeur sur trois s'est rendu aux urnes.
Le faible allant des Suisses pour renouveler leurs autorités cantonales est partagé par la majorité des régions du pays. Seuls le Tessin et Uri, suivis de près par le Valais, affichent des taux supérieurs à 60%.
>> La participation aux élections cantonales:
Pas de données disponibles pour les Grisons et Appenzell Rhodes-Intérieures
La problématique n'est pas nouvelle, mais elle a plutôt tendance à s'accentuer dans les cantons. En Suisse romande, les dernières élections ont été marquées par des baisses de participation.
La chute la plus importante s'est produite en Valais (-9,5%). A l'inverse, Neuchâtel et le Jura ont enregistré de faibles hausses.
Scrutins fédéraux également esquivés
La popularité des scrutins fédéraux est à peine supérieure. En moyenne, un peu moins d'un électeur sur deux y a participé cette dernière décennie: 48% pour les élections au Conseil national, 46% pour les votations, dont les taux varient beaucoup d'un objet à l'autre.
Ces niveaux restent très loin de ceux enregistrés dans la première partie du siècle passé. Mais après une chute continue, la participation s'est stabilisée depuis une vingtaine d'années.
>> La participation aux scrutins fédéraux depuis 1919:
Si l'abstention domine, peu de Suisses semblent être des abstentionnistes convaincus. Selon une étude de l'Université de Genève, seuls 10% des électeurs ne votent pas durant 30 scrutins de suite. Les Suisses seraient sélectifs en raison du nombre élevé de votations.
Certains facteurs pousseraient les Suisses à voter ou non. Il y a notamment la capacité de la campagne à capter l'attention, à l'image de la votation sur l'Espace économique européen (EEE) qui a mobilisé 79% des citoyens en 1992.
La compétence des citoyens à saisir les enjeux influencerait également leur décision de se rendre aux urnes. Enfin, certains se disent désabusés et renoncent à voter.
Rendre le vote obligatoire?
Pour lutter contre l'abstention, les cantons étudient des solutions, comme le vote obligatoire. Cette méthode est appliquée par Schaffhouse.
Dans ce canton, les abstentionnistes paient une amende symbolique de 6 francs par votation manquée.
>> Le reportage du 19h30 à Schaffhouse:
Valentin Tombez, Cynthia Gani