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Données historiques sur le système circulatoire lymphatique
Dans la Grèce antique, les écoles d'Hippocrate et d'Aristote citaient l'existence de vaisseaux ne contenant pas du sang, mais un liquide transparent appelé "sanies".
Une description plus précise fut donnée par Euristrate et par l'anatomiste Hérophilos.
Dans les 10 éme et 11éme siècle après J.-C., des chercheurs arabes décrivirent la circulation lymphatique.
C'est au 17éme siècle que de grands progrès furent réalisés, après l'obscurantisme des siècles précédents.
En 1622, le savant italien Asseli démontre chez le chien l'existence des vaisseaux lymphatiques.
En 1647, Jean Pecquet découvrit et donna son nom à une citerne dans laquelle se déversent une partie des troncs collecteurs lymphatiques
(nous savons actuellement que seulement 8 à 10% de la population possèdent cette citerne).
Le même Pecquet décrit le canal thoracique et, en 1653, l'angle jugulo sous-clavier gauche, appelé actuellement par les lympho-thérapeutes le Terminus.
Dans la même période, le Danois Thomas Bartholin décrit le système lymphatique. Au 19 éme siècle, l'anatomiste français F. Sappey met au point l'atlas de la circulation lymphatique qui, bien que beaucoup amélioré, est toujours valable.
Au début du 20 éme siècle, le Français Rouviére publie une étude du système lymphatique profitant des progrès réalisés dans la recherche des colorants et des substances de contraste injectés dans les cadavres pour étudier l'anatomie du corps humain.
Le drainage lymphatique a comme ancêtre le chirurgien Winiwarter qui préconisait dans les années 1890 une action externe pour traiter ou activer le système lymphatique.
En 1932, Emil Vodder, physiothérapeute, biologiste et philosophe, réalise ses premières études du système lymphatique.
Il découvre, en traitant un patient atteint d'une sinusite chronique et d'acné au visage par des légers massages circulaires, la méthode du Drainage Lymphatique Manuel selon Vodder.
En 1936 il présenta sa méthode au salon de la santé à Paris et créa l'Institut de drainage lymphatique à Copenhague, des centres d'enseignement à Essen en Allemagne, à Walchsee en Autriche, à Lausanne, et petit à petit, dans le reste de l'Europe.
En 1984, il reçut le prix "Willhelm Rohrbach" pour ses travaux en physiothérapie.
La liste des chercheurs et des personnalités reliés à la lymphologie serait trop longue à énumérer, mais on ne peut pas omettre de mentionner des personnalités telles que: Asdonk, Kuhnke, Collard, Leduc et Földi.
Quelques principes de la circulation de la lymphe
Dans notre organisme, on trouve deux types de circulation. La circulation sanguine qui est caractérisée
par un secteur d'afflux ou d'apport du sang (artères) et par un secteur de reflux ou de retour (veines),
avec une pompe qui rythme le tout (le cœur).
La circulation lymphatique, à la différence de la sanguine, est une circulation uniquement de reflux ou
de retour, c'est-à-dire de la périphérie au centre.
Elle commence dans les espaces interstitiels pour finir dans l'espace rétro-claviculaire gauche ou droit.
La lymphe circule donc principalement dans le sens contraire de la gravité (tête et cou exceptés).
Les lymphangions travaillent de façon centripète, ils font avancer la lymphe par des contractions (5 à 10 par minute).
Les lymphangions situés dans les muscles sont comprimés pendant la contraction musculaire qui provoque en même temps la contraction du lymphangion, des valvules empêchent le retour de la lymphe dans le lymphangion d'où elle provient. Les vaisseaux lymphatiques qui se trouvent à côté des vaisseaux artériels sont stimulés par les impulsions cardiaques. Au niveau thoracique, la respiration joue un rôle important dans le reflux lymphatique par les variations des pressions, positives et négatives, dues à la respiration.
Dans l'abdomen, les contractions péristaltiques intestinales contribuent à la stimulation des lymphangions pour propulser la lymphe.
Les vaisseaux lymphatiques
Les vaisseaux lymphatiques sont divisés selon leur calibre. On trouve les capillaires, les vaisseaux de petit, moyen ou grand calibre et le canal thoracique ou ductus thoracicus. Les capillaires sont en très grand nombre dans l'organisme. Ils commencent à fond aveugle dans l'espace interstitiel des tissus et sont de calibre inférieur aux capillaires sanguins. Vodder les décrit comme des fils de soie. Ils sont constitués d'une seule couche de cellules endothéliales, dotées de prolongations en forme filamenteuse qui ont pour fonction de retenir les capillaires lymphatiques au tissu conjonctif. Les vaisseaux lymphatiques sont la continuation des capillaires, ils ont le rôle d'acheminement de la lymphe vers le terminus et le canal thoracique. Les vaisseaux de petit calibre ressemblent sensiblement aux capillaires, avec la présence de cellules musculaires et élastiques. Mais à mesure qu'ils augmentent de diamètre, ils ressemblent aux vaisseaux du système sanguin; la présence de valvules à distance régulière leur donne la forme de colliers de perles ou de chapelets. L'espace compris entre deux valvules s'appelle lymphangion. La contraction ordonnée des lymphangions permet à la lymphe d'avancer en direction du terminus. Le canal thoracique, long de 35 à 45 cm selon l'individu, possède des valvules dans sa partie in itiale et dans sa partie terminale près de la veine sous-clavière gauche, située devant la colonne vertébrale au niveau thoracique. Le canal thoracique recueille la lymphe de la moitié gauche du thorax, du bras gauche, du côté gauche de la tête et du cou, et des jambes. Le côté droit du thorax, cou, tête et visage sont drainés par la grande veine lymphatique droite qui se déverse dans la veine sous-clavière droite .
La lymphe
On appelle lymphe le liquide qui se trouve dans les vaisseaux lymphatiques, liquide incolore et transparent, composé de deux parties : une partie plasmatique qui contient des protéines, électrolytes, glucose, cholestérol, fer, enzymes et hormones (les valeurs seront variables selon le type et la quantité de nourriture et s'il y a infection en cours ou non). Une partie corpusculaire, composée de cellules, en grande partie des lymphocytes, utilisées par l'organisme essentiellement pour la réparation et la construction des tissus endommagés (grande présence de lymphocytes près des plaies ou des tissus lésés). Dans la lymphe, on trouve aussi des cellules macrophages chargées de détruire les corps étrangers, les agents pathogènes et les résidus cellulaires. La quantité de liquide lymphatique en circulation dans un organisme normal (absence de maladie) est de 2,4 lt. par jour, mais en cas de besoin, elle peut atteindre 15 à 20 lt. par jour.
Le ganglion
De dimension variable, de 3 à 6 mm de diamètre, les ganglions sont de véritables stations de filtrage. Ils présentent un point de dépression, appelé hile, d'où pénètrent les vaisseaux sanguins qui l'irriguent. Au nombre de 600 à 700, ils représentent avec la rate , le thymus et le foie, 3% du poids corporel. La lymphe arrive dans les ganglions par les collecteurs afférents et ressort par les vaisseaux efférents. La fonction du ganglion est le filtrage de la lymphe et la production de cellules à activité immunitaire.