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Responsables de la sécurité
Répression et dialogue
Les responsables de la sécurité veillent à ce que les supporters de football puissent savourer des matchs paisibles. Leur recette: un mélange de répression et de dialogue.
L'arbitre siffle le coup d'envoi du match. Le regard du responsable de la sécurité parcourt les écrans de la centrale d'engagement. Quelque septante caméras surveillent ce qui se passe dans et autour du stade. Cela dit, même lorsque le stade est comble, il est rare que l'on sente de la nervosité ou de l'agitation dans la centrale d'engagement. La raison: Lorsque le coup d'envoi est donné, la majeure partie du travail est déjà accompli.
Quatre semaines déjà avant le match, le responsable de la sécurité recueille des informations sur les antécédents de l'affiche. Y a-t-il eu des incidents lors de la dernière rencontre entre les deux équipes? Y a-t-il des contentieux ouverts entre les supporters? Combien de visiteurs sont-ils attendus? Dès qu'il dispose de toutes les informations, il organise le dispositif de sécurité et procède à une concertation à l'occasion de deux ou trois séances avec la police, le responsable de la sécurité du club visiteur, les pompiers et les secours.
Deux heures avant le match, le responsable de la sécurité se mêle aux supporters et s'informe au sujet de la chorégraphie prévue. Autrefois, deux ou trois supporters en profitaient pour le provoquer. Cela n'arrive désormais plus guère. On se connaît et on se respecte. Une heure environ avant le coup d'envoi, il se rend ensuite dans la centrale d'engagement devant les écrans.
«C’est le bon mélange qui compte»
Giordano Meoli, du FC Lugano, en est convaincu: «En tant que responsable de la sécurité, il est important de ne pas être un supporter de football fanatique. Seule une certaine distance émotionnelle permet d'appréhender les différentes situations de manière neutre et de réagir correctement.» Et son collègue Lucien Schibli, de Basel United, d'ajouter: «C'est le bon mélange qui compte. Le fait d'être un supporter aide à comprendre certains types de comportements afin de pouvoir ainsi combattre certaines tendances de manière suffisamment précoce. Si l'on est trop «mordu», il peut arriver que l'on soit trop pris par les choses, que l'on perde la vue d'ensemble et que le temps de réaction s'en trouve rallongé. Si l'on est trop neutre, on risque de prendre les mauvaises décisions.»
Et la possibilité de prendre de mauvaises décisions est considérable. Il est difficile, placé dans une situation d'urgence, de décider comment réagir face à de la violence ou à la mise à feu d'engins pyrotechniques interdits. Le principe de proportionnalité doit être respecté. À cela s'ajoute le fait que les supporters fautifs dissimulent de plus en plus souvent leur visage. «Nous n'avons tout simplement pas les moyens d'intervenir contre des supporters avec des engins pyrotechniques», déclare Gerold Dünki. Après des actes de violence, il n'est pas rare que les responsables de la sécurité soient la cible de critiques. C'est ainsi par exemple que s'est exprimé un entraîneur dans le Blick après le derby zurichois interrompu d'octobre 2011: «Les responsables du stade ont échoué.»
Ce que cet entraîneur ne dit pas, c'est que chaque fois que le personnel de sécurité va dans un camp de supporters pour se saisir d'une personne qui manipule des engins pyrotechniques, il court le danger de déclencher des protestations. Avec peut-être comme résultat d'envenimer encore la situation. Malgré des problèmes occasionnels, le responsable de la sécurité qu'est Gerold Dünki ne tient pas de propos sévères envers les supporters. «Les supporters donnent beaucoup au club. Il est tout simplement inhérent au football que lors d'un match, les émotions s'exacerbent.»
Formation
- Séminaries spécialisés «Prévention et sécurité lors d'événements majeurs»
- Brochure des séminaires Haute école spécialisée du nord-ouest de la Suisse (FHNW)