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La lauréate du prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi a prêté serment mercredi devant le Parlement birman. Son investiture met fin à une semaine d'impasse pour endosser le premier mandat électoral de son histoire après deux décennies de lutte politique.
L'opposante, qui a remporté son premier siège lors des partielles du 1er avril, et les 33 autres députés de la Ligue nationale pour la démocratie (LND) ont promis de concert de de "sauvegarder" la Constitution, qui accorde des pouvoirs immenses aux militaires.
Mme Suu Kyi et les élus de sa formation avaient refusé jusqu'ici de faire cette promesse solennelle, réclamant de seulement s'engager à "respecter" ce texte de 2008, rédigé par la junte alors au pouvoir. Mais l'opposante a fait machine arrière et accepté de prendre ses fonctions, près de 25 ans après son entrée en dissidence en 1988, pour ne pas risquer une impasse avec le régime réformateur actuel.
"Nous avons toujours cru en la flexibilité dans le processus politique", a-t-elle déclaré mardi aux côtés de son invité, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon. "C'est notre seul moyen d'atteindre nos objectifs sans violence", a-t-elle ajouté.
Premier choix de députée
La Constitution, adoptée par référendum juste après le passage du cyclone Nargis (138'000 tués ou disparus en 2008), arroge notamment 25% des sièges dans les assemblées aux militaires d'active.
La décision de Mme Suu Kyi de ne pas se rendre au parlement était le premier signe de discorde entre elle et le gouvernement depuis les élections qui ont fait de la LND la première force d'opposition du parlement. Celle de céder constitue son premier choix politique de députée, après plus de 20 ans de confrontation avec l'armée.
Sa décision a d'ailleurs été saluée par Ban Ki-moon et Hillary Clinton. La cheffe de la diplomatie américaine a également félicité le président birman Thein Sein pour avoir permis l'organisation de l'élection partielle qui a vu la prix Nobel de la paix devenir députée.
ATS