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Dr Théodore Maunoir (1806-1869)
Médecin à Genève et Cofondateur de la Croix-Rouge
Ce considérable chapitre regroupe tout ce qui permet de mieux connaître la vie et l’œuvre de Théodore Maunoir, ainsi que l’importance de sa vie et ses ouvres.
THEODORE MAUNOIR
Maunoir grandit dans une riche famille de médecins genevois. Suivant la tradition familiale, il étudie la médecine en Angleterre et en France. En 1832, il s’implique dans la création de la Société médicale d’observation de Paris. Un an plus tard, il obtient également à Paris un doctorat de chirurgie pour son travail intitulé Essai sur quelques points de l’histoire de la cataracte. Après son retour dans sa ville natale, il devient membre de la Commission d’hygiène et de santé de Genève ainsi que de la Société genevoise d’utilité publique. Les récits historiques le présentent alors comme très intelligent et charmant avec un grand sens de l’humour.
Avec sa première femme, Esther-Étienne-Herminie née Clavier, il a deux fils. En outre, il adopte les enfants nés d’un précédent mariage de sa femme. Celle-ci avait en effet épousé à l’âge de 19 ans l’écrivain français Paul-Louis Courier. Quelques années après le mariage, Courier est assassiné dans des circonstances jamais complètement élucidées, probablement par l’un de ses serviteurs. Les rumeurs selon lesquelles sa femme aurait été impliquée persistèrent en dépit de son acquittement. Pour la réputation de Maunoir, le passé de sa femme représentait un fardeau dans une société genevoise imprégnée de la stricte morale calviniste mais resta toutefois sans effets.
Après la mort de sa première femme, le , il épouse Anne Christiana Farmar née Jarvis le et aura encore deux fils et une fille. Sa vie de famille, notamment la prise en charge et l’éducation de ses enfants, constitue une partie importante de sa vie aux côtés de son activité en tant que médecin et en tant que consultant pour d’autres médecins.
Grand ami du chirurgien Louis Appia, ils répondront tout deux à l’appel d’Henry Dunant après la bataille de Solférino (1859).
Il devient chirurgien et membre du Conseil de Santé de la Commission d’Hygiène Publique et Sanitaire de Genève. Talleyrand, l’illustre diplomate, a repéré dans le jeune Maunoir un talent pour la diplomatie mais n’a pas réussi à le faire abandonner la médecine.
Maunoir était un ami de Louis Appia, un autre membre fondateur. L’histoire du CICR de Pierre Boissier “De Solférino à Tsushima” décrit Maunoir comme “un homme de grandes qualités. Exceptionnellement intelligent, il était aussi charmant, et ses lettres sont illuminées d’un délicieux sens de l’humour”.
Son esprit clair et précis a été inestimable pour aider Dunant, Dufour, Moynier et Appia à établir ce qui allait devenir le plus grand mouvement bénévole du monde. Jusqu’à sa mort en 1869, il resta un fidèle associé du CICR.
DU COMITE DES CINQ AU COMITÉ INTERNATIONAL DE LA CROIX-ROUGE
En , l’homme d’affaires Henry Dunant publie un livre intitulé Un souvenir de Solférino dans lequel il décrit son expérience lors de la bataille de Solférino. En outre, le livre contient une série de propositions visant à promouvoir l’amélioration de l’aide aux soldats blessés. La Société genevoise d’utilité publique fonde en ce qui sera désigné sous le nom de « Comité des cinq » afin d’étudier les propositions de Dunant. Maunoir devient membre de ce comité avec Dunant, Moynier, Dufour et Appia. Peu de temps après, ce comité est rebaptisé Comité international de secours aux militaires blessés puis, en 1876, Comité international de la Croix-Rouge. Au cours des réunions du comité, Maunoir souligne en particulier l’importance de ne pas sensibiliser aux idées de Dunant les seuls dirigeants politiques et militaires mais aussi le grand public et de porter ainsi un mouvement de masse.
Du 26 au a lieu, à l’initiative du comité, une conférence internationale relative à la mise en œuvre concrète des propositions de Dunant. Toutefois, des différences apparaissent au cours de cette conférence entre les délégués concernant la participation des volontaires aux soins des blessés. Maunoir réussit malgré tout au cours d’un discours persuasif à empêcher un échec retentissant de la conférence. Il contredit en particulier les objections du représentant français Boudier, un médecin militaire et ami intime du ministre français de la guerre Jacques Louis Randon. Les doutes de la délégation française concernaient avant tout l’efficacité des volontaires car, selon leur propre expression, 1500 mules en appui de l’armée seraient plus utiles que 15 000 volontaires auxiliaires. Aux propos insistants de Boudier — « Des mulets, des mulets, c’est le nœud gordien de la question » —, Maunoir rétorque que si la seule mission de la conférence était l’acquisition de mules, Boudier aurait raison. Son discours finira par convaincre les délégués français et mène à un débat constructif sur les propositions présentées par le comité.
En préparation de la conférence d’, qui aboutira à l’adoption de la première convention de Genève, le comité une étude de Maunoir sur les soins médicaux aux victimes de la guerre de Sécession intitulée Note sur l’œuvre des comités de secours aux États-Unis d’Amérique. Dans cette enquête, il s’intéresse en particulier à l’activité de la United States Sanitary Commission mise en place entre 1861 et 1866 par l’administration américaine afin de coordonner les activités d’aide des volontaires lors de la guerre civile.
SOURCE: Wikipedia FR