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ÉVANGILE
« Celui qui n’accueille pas le royaume de Dieu à la manière d’un enfant n’y entrera pas » (Mc 10, 13-16)
Nous avons comme une sorte d'automatisme en entendant cet Evangile, nous faisons une association avec sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus et sa petite voie.
Toutefois le Seigneur n'a-t-il pas eu à l'esprit sa propre enfance, l'accueil de Marie et de Joseph, puis celui des bergers et des mages ainsi que l'accueil reçu lors de la fuite en Egypte. Berlioz a composé une célèbre "Enfance du Christ" où l'on entend au final le père ismaélite qui les accueille leur dire
Vous pleurez, jeune mère.
Douces larmes, tant mieux!
Allez dormir, bon père,
Bien reposez,
Mal ne songez,
Plus d’alarmes.
Que les charmes
De l’espoir du bonheur
Rentrent en votre cœur.
Accueillir le Royaume, ne le faisait-il pas en accueillant cette famille-là et cet enfant-là... qui était un étranger.
L'ancien pape Benoît nous invite à faire un lien entre la péricope lue aujourd'hui et l'accueil reçu à Jérusalem le jour des rameaux. Nous sommes devant une annonce de la passion. Pourquoi ne fas faire également le lien avec l'acclamation après la préface : Saint, Saint le Seigneur... Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur! Les enfants des Hébreux accueillent Jésus. Dans la liturgie nous célébrons le mystère de la mort et de la résurrection de Jésus et avec le sanctus, nous l'acclamons comme lors de son entrée à Jérusalem.
Ce qu'il entendait devient évident si nous rappelons l'épisode, rapporté par tous les évangélistes synoptiques, des enfants amenés à Jésus, « pour qu'il les caresse ». Contre la résistance des disciples qui veulent le défendre face à ce sans-gêne, Jésus appelle les enfants à lui, leur impose les mains et les bénit. Il explique ensuite ce geste par ces paroles : « Laissez les petits enfants venir à moi ; ne les empêchez pas, car c'est à leurs pareils qu'appartient le royaume de Dieu. En vérité je vous le dis: quiconque n'accueille pas le royaume de Dieu en petit enfant n'y entrera pas » (Mc 10,13-16). Pour Jésus, les enfants sont l'exemple par excellence de la nécessité d'être petits devant Dieu pour pouvoir passer à travers le « chas d'une aiguille », dont parle le récit du jeune homme riche dans le passage qui suit immédiatement (Mc 10,17-27).
Benoît XVI Jésus de Nazareth II pp 22-23.
Jésus s'identifie à l'enfant - lui-même s'est fait petit. Comme Fils il ne fait rien de lui-même, mais il agit totalement à partir du Père et en vue de lui.
D'après cela on comprend aussi la péricope suivante, où on ne parle plus des enfants, mais des « petits » et l'expression « les petits » devient même la dénomination des croyants, de la communauté des disciples de Jésus (cf. Mc 9,42). Dans la foi, ils ont trouvé cet être authentique des petits, qui ramène l'homme à sa vérité.
...L’ «Hosanna » des enfants apparaît comme une anticipation de la louange que ses « petits » lui entonneront bien au-delà de cette heure.
Par conséquent, c'est avec raison que l'Église naissante pouvait voir dans cette scène la représentation anticipée de ce qu'elle fait dans la liturgie. Dans le texte liturgique postpascal le plus ancien que nous connaissons - la Didachè, vers l'an 100 -, avant la distribution des Dons sacrés apparaît déjà l'« Hosanna » avec le « Maranatha »: « Que la grâce vienne, et que ce monde passe ! Hosanna au Dieu de David! Celui qui est saint, qu'il vienne! Celui qui ne l'est pas, qu'il se convertisse! Maranatha. Amen » (10,6).