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Par Filippo Pennacchio
Traduit de l’italien par Raphaël Baroni
En Italie, la narratologie n’a jamais eu la vie facile. Elle a souvent été considérée avec méfiance et, dans une certaine mesure, c’est encore le cas aujourd’hui. Au-delà d’un petit cercle de spécialistes, les noms d’érudits et de chercheurs tels que Franz Karl Stanzel, Dorrit Cohn ou Mieke Bal sont encore peu connus. Leurs textes n’ont jamais été traduits, et leur pensée, dans le meilleur des cas, a été résumée. En fait, le seul texte de narratologie connu non seulement des spécialistes est Figure III de Gérard Genette, dont tout le monde maîtrise plus ou moins la taxonomie et dont les principaux concepts sont également enseignés dans les écoles secondaires.
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Par Hans Färnlöf
Dans son célèbre essai « Formes du temps et du chronotope dans le roman » datant de 1937-1938 (sauf les observations finales écrites en 1973), Bakhtine définit la notion du chronotope comme « la corrélation essentielle des rapports spatio-temporels, telle qu’elle a été assimilée par la littérature » (1978b : 237). À partir de cette définition, souvent citée, le chercheur court le risque de passer un peu trop librement vers l’étude des diverses manifestations de l’espace et du temps qui figurent dans telle ou telle œuvre littéraire. Or, toute étude spatiale et/ou temporelle ne correspond pas nécessairement à l’idée du chronotope tel que Bakhtine l’avait conçu, d’où l’importance de cerner de plus près ce que le chercheur russe entendait par sa définition.
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Par Sylvie Patron
Cette entrée concerne les récits de fiction écrits (par opposition aux récits racontés oralement, qui soulèvent d’autres problématiques). Deux questions seront envisagées : Premièrement, y a-t-il une narration à la troisième personne, ou toute narration est-elle constitutivement à la première personne, avec des variantes impersonnelles contingentes ? Deuxièmement, peut-on parler de formes de narration à la troisième personne « non naturelles » ?
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Assises de la recherche en cultures populaires et médiatiques, seconde édition
Futurs POP – Quel(s) avenir(s) pour les études en cultures populaires et médiatiques ?
Dates : 12, 13 et 14 octobre 2023 / Lieux : Nanterre et Paris
Échéance des propositions : 1er décembre 2022 / Retour aux auteur·rice·s : mars 2023
Site: https://lpcm.hypotheses.org/23537
Les Assises de la recherche en cultures populaires et médiatiques 2018 visaient à constituer un événement scientifique centralisateur autour du thème commun « Approches critiques des fictions médiatiques : enjeux, outils, méthodes ». Réunissant une centaine d’intervenant·e·s issu·e·s de diverses disciplines, cet événement a permis de confronter les objets, les méthodes et les champs théoriques, confirmant le dynamisme des recherches en cultures populaires et médiatiques et contribuant à affirmer la place incontournable qu’elles occupent dans le paysage universitaire. Après ce premier état des lieux des recherches sur les cultures populaires et médiatiques, cette deuxième édition des Assises, qui se tiendra cinq ans plus tard, choisira cette fois de regarder vers l’avenir – le terme étant ici entendu dans un sens large.
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Séminaire de l’équipe « Textes et livres » (Axe 1) du laboratoire Babel de l’Université de Toulon
Coordinateur : Alessandro Leiduan
Page dédiée à l’évènement: https://babel.univ-tln.fr/limaginaire-transmediatique-et-ses-enjeux-politiques-09-12-2022/
La transmédialité est la condition de mobilité médiatique de ces œuvres qui ne s’incarnent pas dans un seul média mais qui s’étendent sur plusieurs médias interconnectés. La transmédialité est le résultat de l’activité « convergente » des industries de divertissement et des fans (Jenkins H. 2013). Les unes élaborent des contenus imaginaires, en les distribuant à travers leurs propres réseaux, les autres s’approprient ces mêmes contenus en élaborant de nouvelles « variantes » (via les sites de fanfiction, par exemple) qui élargissent les frontières de l’univers transmédiatique dont elles relèvent (les « user generated contents »). Cette collaboration a été interprétée comme le corrélat symbolique d’une révolution fondamentale du rapport entre les citoyens et le pouvoir politique (Lévy P. 1994). A l’appui de cette interprétation, les recherches universitaires ont également souligné le caractère engagé des actions entreprises par les fans (Besson A. 2021, Bourdaa M. 2021). Ceux-ci ne se limitent pas à déployer leur activité sur le mode de la poiesis (la créativité), ils n’élaborent donc pas seulement de nouvelles variantes qui élargissent les frontières des univers transmédiatiques existants, ils inscrivent aussi leur action dans la dimension de la praxis (celle de l’engagement politique), en se mobilisant pour des causes sociales et en utilisant le contenu de leurs fictions préférées comme arme de lutte politique. Le masque du Joker est ainsi devenu, partout dans le monde, le symbole de la lutte pour la liberté d’expression, le costume des Servantes écarlates a été utilisé par des mouvements féministes états-uniens pour protester contre la restriction du droit d’avortement, les braqueurs de la Casa de papel ont été adoptés par les nouvelles générations comme symboles d’insoumission à un monde gouverné par l’argent et les banques…
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Houellebecq, entre polyphonie et désaccords interprétatifs.
Quelle forme prend l’interprétation au contact de récits qui divisent la critique et le public? Tenter de répondre à cette question conduit à aborder les textes sous l’angle d’une critique polyphonique. Dans cet essai, Raphaël Baroni tente de remonter à l’origine plurielle des énoncés fictionnels et, parfois, de suivre le cordon ombilical qui rattache les romans à la vie de leurs auteurs et au monde.
Cette démarche consiste donc, occasionnellement, à engager la responsabilité de l’écrivain. Mais ce dernier ne parle jamais seul: il «est parlé» autant qu’il fait parler ses personnages. Celles et ceux qui glorifient Houellebecq ou qui rejettent son œuvre n’entendent simplement pas les mêmes voix dans ses romans, et rien n’oblige à trancher le débat. La littérature vit des désaccords qu’elle engendre.
Raphaël Baroni, avec la collaboration de Gaspard Turin et Samuel Estier, Lire Houellebecq. Essais de critique polyphonique, Genève, Slatkine, 2022.
Perspective, actualité en histoire de l’art, « Raconter », n° 2022-2.
La revue Perspective consacre son dernier numéro à la dimension narrative des images. Le numéro est actuellement en librairie et sera en accès libre sur le site de la revue à partir du mois d’avril 2023.
Là où apparaît une image, qu’elle soit fixe ou animée, figurative, aniconique, matérielle ou mentale, surgit une histoire et une manière d’en agencer le récit. L’image et l’objet d’art racontent, et ces récits ne cessent de générer des récits : fictions ou légendes, articles scientifiques ou divagations rêveuses, dialogues des œuvres entre elles ou soliloques de spectateurs. Enracinée depuis l’Antiquité dans l’exercice narratif de l’ekphrasis, l’histoire de l’art explore, depuis les travaux de Giorgio Vasari et de Karel Van Mander, les formes de la narration, de l’anecdote à la légende biographique, des grands récits de l’autonomie moderniste ne cessant de dire la fin de la peinture qui raconte aux fictions d’objectivité. Qu’il s’agisse des récits sur lesquels se fondent les œuvres d’art, de ceux que constituent ses regardeurs ou des mises en récits opérées par les historiens de l’art, ce numéro entend s’emparer de l’acte de raconter comme d’un outil heuristique fécond. Ainsi les spécialistes ici rassemblés interrogent-ils, du Moyen Âge au présent le plus récent, les rapports de différents médias – image, texte imprimé, exposition ou vidéo – et médiums artistiques – décors, manuscrits, peinture, architecture, performance, bande dessinée, arts séquentiels, cinéma… – à l’histoire et aux histoires de l’art.
Ce numéro est en vente sur le site du Comptoir des presses d’universités.
Par Jean-Michel Adam
La linguistique textuelle a une courte histoire et une longue tradition. (Nerlich & Clarke, 1999 : 37)
La présence, dans un glossaire de narratologie, d’une notice[1] consacrée à la linguistique textuelle (ci-après LT) peut surprendre mais l’émergence de ce courant de recherche est, dans les pays de langue française, inséparable des développements de la narratologie moderne.
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Centre de recherches sur les arts et le langage (CNRS/EHESS)
Séminaire « Recherches contemporaines en narratologie »
2022-2023
Le séminaire se réunit tous les quinze jours, les 1er, 3e et 5e mardi du mois, de 16h à 18h
Ecole Normale Supérieure
45, rue d’Ulm – 75005 Paris
NB : Le séminaire se déroulera en mode hybride (présentiel + distanciel)
Écrire à Anaïs Goudmand (<email-pii>) pour obtenir le lien Zoom.
John Pier (Université de Tours et CRAL) et Philippe Roussin (CRAL/CNRS), gestionnaires,
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avec la collaboration d’Olivier Caïra (IUT Evry et EHESS), de Thomas Conrad (ENS, Paris),
d’Anne Duprat (Université d’Amiens et IUF) et d’Anaïs Goudmand (Sorbonne Université)
Site du séminaire
http://narratologie.ehess.fr/presentation/
Par Gilles Philippe
L’usage commun nomme récit à la première personne une fiction dont le narrateur est aussi le protagoniste; le je y relate tout ou partie de sa propre histoire. Par extension, la catégorie s’emploie parfois pour désigner un récit dont le narrateur n’est ni le protagoniste ni même un des acteurs, mais qui rapporte les événements comme témoin ou conteur de première ou de seconde main. Rappelons pour mémoire que, dans Figures III (1972), Gérard Genette avait posé une distinction à laquelle certains se réfèrent encore: est dit hétérodiégiétique un narrateur qui ne s’attribue aucun rôle dans le récit (tout en restant susceptible d’y apparaître, au moins par métalepse), homodiégétique un narrateur qui appartient aussi au monde du récit; si, dans ce second cas, il est de surcroît le protagoniste, l’étiquette peut alors se préciser en autodiégétique.
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