Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07010.jsonl.gz/412

Dans les sept salles du quatrième étage, l’exposition présentait, avec une cinquantaine de peintures et près d’une centaine de dessins, l’œuvre italienne de Marcia Hafif (1929-2018). Stimulée par le contexte italien dans lequel elle arrive au début des années 1960, Hafif procède par séries et met en cause la dualité entre la forme et le fond dans des compositions qui flirtent avec la figuration. Son répertoire formel traduit ses influences extérieures : géométrie et polychromie de l’architecture italienne, panneaux de signalisation, publicités, design, etc. La couleur est posée en aplats lumineux et saturés et les motifs agrandis jusqu’aux limites de la toile. « Préhistoire de son évolution vers le monochrome », cette œuvre, méconnue à l’époque de l’exposition et dont le musée conserve depuis plusieurs éléments essentiels, pose le problème de la dimension iconographique de l’abstraction et témoigne de l’émergence de formes anthropomorphiques dans la peinture abstraite en une combinaison de lignes et de champs chromatiques marqués par le souvenir de Matisse. Ici, point de désenchantement du monde, mais un hymne à la couleur et à la ligne.