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Sonatine pour mandoline et clavecin
Chacque vendredi, Beethoven est ici. Pour le 250e anniversaire de la naissance de Beethoven, la Revue Musicale Suisse jettera chaque semaine un œil sur une œuvre différente de son catalogue. Aujourd'hui pour la sonatine pour mandoline et clavecin en ut mineur.
« Deh vieni alla finestra » (chérie, viens à la fenêtre). Ces mots du Don Giovanni de Mozart sont encore aujourd’hui accompagnés à la mandoline sur les scènes d’opéra, révélant les origines folkloriques italiennes de l’instrument. Mais cette merveilleuse canzonetta n’est pas la seule à avoir contribué à sa propagation. Au contraire, la mandoline napolitaine accordée en quintes était aussi populaire à Paris au début du 19e siècle qu’à Vienne ou à Prague. Johann Nepomuk Hummel, par exemple, a écrit pour elle plusieurs morceaux, et en 1798, Leopold Kozeluch a inclus la mandoline dans une Sinfonia concertante à l’orchestration curieuse : piano, mandoline, trompette, contrebasse et orchestre. L’œuvre de Beethoven contient également quatre courts passages pour mandoline, dont deux « sonatines » en un seul mouvement.
Ces miniatures, qui pour un accompagnement équilibré requièrent de préférence un pianoforte, ont été écrites pendant le séjour de Beethoven à Prague entre février et avril 1796, sur commande ou par courtoisie à la comtesse Joséphine von Clary-Aldringen. Les quatre pièces individuelles (il en manque peut-être une cinquième) sont tombées dans l’oubli aussi vite que la mandoline elle-même – du moins dans la musique de concert et de salon. Ce n’est que dans les années 1920 que l’instrument a connu un nouvel essor. Arnold Schönberg l’a d’ailleurs également utilisé, tant dans la Sérénade dodécaphonique op. 24 (1920/24) que dans l’arrangement de Funiculi, funicula de Luigi Denza (1921). Les pièces de Beethoven ont été imprimées pour la première fois entre 1880 et 1940.
Le fait que Beethoven ait apparemment dû tenir compte de compétences techniques limitées dans l’Adagio en do mineur WoO 43a, intitulé « Sonatine », se vérifie par un coup d’œil à l’autographe, aujourd’hui conservé à la British Library et relié dans le Kafka-Skizzenbuch : comme le montrent les passages en double-croches barrés de la partie de mandoline, la partie A de la pièce n’était pas destinée à être répétée littéralement, mais variée avec plus de difficultés.
Aufnahme auf idagio
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