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Dans la décennie suivant les événements de 68, un renouveau du féminisme prend son essor au niveau international. L'onde de choc, partie des États-Unis, atteint progressivement toute l'Europe. Partout, les jeunes féministes affichent leur radicalité et marquent une rupture avec la première vague féministe qui s'était battue pour l'égalité des droits et l'amélioration de la condition des femmes: le nouveau mouvement réclame la libération des femmes et appelle au renversement de la société patriarcale.
Ce livre propose une étude des relations entre les autorités suisses et le gouvernement du général Franco, dans leurs différents aspects économiques, sociaux, culturels et politiques. Une place importante est réservée à l'étude des relations économiques entre les deux pays, ce qui s'imposait pour un pays comme la Suisse dont le rôle international est notamment déterminé par la puissance économique et financière de ses entreprises dans l'économie mondiale. De même, connaissant la dimension idéologique et légendaire de la guerre civile ainsi que l'existence d'un débat public parfois très vif dans la société suisse concernant le régime franquiste, il était essentiel d'appréhender la représentation de l'Autre- comment est perçu l'Espagnol et le Suisse respectivement dans les deux pays; quelle est la position de l'opposition suisse mais aussi l'évolution de l'opinion publique à l'égard du général Franco. La question de l'exil durant la guerre civile et la guerre mondiale est également abordée, comme l'important mouvement migratoire qui débute au début des années 60. L'analyse est essentiellement chronologique et prend comme point de départ le début de la guerre civile, le 18 juillet 1936 et se termine le 27 novembre 1975, jour de l'intronisation du roi Juan Carlos.
"J'appelle cette image "Ma biographie". Elle pourrait être la biographie de chaque survivant de la Shoah. Nous avons ici la moitié supérieure, qui est vide. On voit que les lettres sont tombées, l'ordre est annihilé. C'est ainsi que j'explique l'époque de Hitler, les années 1933 à 1945 (...). L'Alef en haut à droite regarde en grande partie hors du cadre dessiné. Il a donc pu se sauver du chaos, de la Shoah. Mais son pied est dedans. Cela va le poursuivre durant toute sa vie. Il croit qu'il a pu se sauver. Il est vrai qu'il s'en est sauvé par le corps, mais il s'y trouve toujours par la pensée." (Extrait de l'entretien avec Fischel Rabinowicz, auteur du tableau figurant en couverture de ce livre.)
La Seconde Guerre mondiale est un moment singulier dans l'histoire des relations culturelles entre la Suisse et la France. Au lendemain de la défaite, en effet, Paris occupé perd de son prestige et de son irrésistible pouvoir d'attraction; l'édition, la presse, les revues, les hiérarchies intellectuelles, tout est bouleversé par la défaite et l'Occupation. Les milieux culturels de la Suisse épargnée ne connaissent pas une telle déstructuration. Certes, la censure veille et les embarras ne manquent pas, mais jamais au point de véritablement gripper le fonctionnement du champ culturel helvétique. Les artistes et intellectuels français d'avant guerre n'avaient pour lui que condescendance, les voilà qui se pressent au portillon des quotidiens romands pour s'y faire publier et gagner quelque argent.
Les textes rassemblés dans cet ouvrage donnent un tableau d'ensemble des rapports entre la Suisse et l'Espagne depuis la crise ouverte par le soulèvement nationaliste en juillet 1936, en passant par la Deuxième Guerre mondiale, jusqu'à l'après 1945, alors que le régime de Franco est frappé d'isolement par l'ONU. Sont examinées, en particulier, la politique de la Suisse officielle, au niveau international mais aussi interne. Une large place est accordée aux actions de solidarité organisées par la gauche helvétique ainsi qu'aux relations économiques entre les deux pays.
Bien présente dans la mémoire collective suisse, la figure du volontaire de la guerre d'Espagne demeure peu explorée dans l'historiographie helvétique. Spontanément, puis de manière organisée, huit cents personnes ont quitté notre pays pour s'engager dans la défense de l'Espagne du Front populaire. Si l'on rapporte ce chiffre à la population nationale, on obtient ce résultat surprenan: en dépit d'un cadre politique et légal particulièrement défavorable, la Suisse se place parmi les pays qui ont le plus fortement participé à la guerre!