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Lettre ouverte à Friedrich Sauerländer, président de Swissmetal
La Nouvelle Boillat appelle un chat un chat
Or, de tout temps, Busch-Jaeger (BJL) a cherché à s'emparer de spécialités Boillat pour sauver son existence, «le directeur M. Suchordt étant incapable de donner les impulsions à BJL pour assurer son développement propre». Pour les membres de la Nouvelle Boillat, ce qui se passe actuellement est sans doute conforme aux attentes de M. Suchordt, mais n'est pas dans l'intérêt du groupe Swissmetal.
Dans ces conditions, «comment osez-vous affirmer que les performances de BJL sont nettement supérieures à celles de Reconvilier alors que la stratégie de M. Hellweg a été justement de transférer l'essentiel des produits à haute valeur ajoutée de Boillat à BJL»? Les deux signataires de la missive, Paul Sonderegger, président, et Edmond Bailat, membre, poursuivent leur réquisitoire en constatant que la faillite de BJL en 2003 était due à l'incurie du management. Et voilà que «vous affirmez que la nouvelle direction industrielle a fait ses preuves! C'est votre opinion, mais l'histoire de BJL nous prouve le contraire.»
La Nouvelle Boillat s'étonne également du licenciement de Henri Bols, «en pleine mise en application de la stratégie de Swissmetal, (...) qui comprend la concentration irréaliste des fonderies à Dornach et l'achat d'une presse - «un mouton à cinq pattes» - inadaptée aux besoins». Les signataires relèvent l'incohérence de Martin Hellweg qui a licencié pratiquement toutes les personnes possédant le savoir et l'expérience. Or aujourd'hui, «vous prétendez mettre en place les meilleures personnes! Plus ridicule encore, vous licenciez un responsable de site (Karl Meyer, à Reconvilier, n.d.l.r.) moins de trois semaines après l'avoir titularisé. Belle image de cohérence et de continuité», assènent-ils.
S'ils admettent que le groupe Swissmetal avait bel et bien besoin de se restructurer, ils constatent que les choses étaient en bonne voie à la Boillat, mais pas à Dornach, ni à Lüdenscheid. «Vous avez accepté de décapiter Boillat, c'est votre choix. Il sera mortel pour le groupe», jugent-ils. Et de se demander si le président du conseil d'administration mesure les drames humains et le gâchis économique provoqué par son soutien à l'incompétence de M. Hellweg: «Un jour, vous serez amené à reconnaître vos responsabilités.»
Les signataires lui rappellent qu'ils sont prêts à le rencontrer pour préciser leurs critiques et, le cas échéant, contribuer à la reconstruction de l'entreprise. Et de conclure leur missive en espérant «que vous preniez la mesure de votre responsabilité dans ce massacre et ce pillage d'un patrimoine industriel jurassien et suisse».
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Actualisé le 26.06.07 par webmaster