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Présenté en compétition officielle lors du dernier festival de Cannes, ce film a remporté le Grand prix du jury. Cette comédie noire typique des deux frères a séduit bon nombre de critiques et de festivaliers. Pourtant, si la réalisation est à la hauteur du talent des Coen, l'histoire s'enlise quelque peu dans une certaine monotonie. Un chanteur de folk, dépressif, malchanceux et sans un sou, tente de gagner sa vie en qualité de musicien. On est à Greenwich Village en 1961, et un hiver rigoureux sévit cette année-là sur New York. Pour survivre, il squatte les divans des quelques amis qui veulent bien le dépanner en l'hébergeant. Il tente sans succès une audition chez un producteur de musique, Bud Grossman, avant de retourner dans le café de son village...
On apprend que Llewyn (Oscar Isaac) chantait en duo et que son partenaire s'est suicidé. L'ombre de cet ami défunt est omniprésente, rendant le processus de deuil très difficile pour Llewyn. En effet, ce dernier est sombre, irascible, d'humeur peu accessible et parfois franchement antipathique. Il impose à ses amis sa présence souvent indésirable mais il touche par son profond malaise.
Ce personnage est largement inspiré de Dave van Ronk, chanteur et guitariste américain de blues et de folk. Ami proche de Bob Dylan, il se produit en concert avec ce dernier en 1974 au profit des réfugiés chiliens. Aussi les amateurs de ces rythmes aux textes sombres et tragiques seront-ils séduits par la bande originale.
La reconstitution des années 60 est magnifique et traduit bien le monde musical des cafés de l'époque. Cependant, le personnage taciturne de Llewyn Davis, qui se complaît dans sa situation, finit par nous laisser indifférents. Malgré une distribution intéressante, quelques traits d'humour et de beaux décors, il manque quelques bulles pour permettre à ce film de vraiment pétiller!
Nadia Roch
Début des années 60 à Greenwich Village, haut lieu de la culture et de la vie de bohème. Dans un bar enfumé et ténébreux, un chanteur, Llewyn Davis (Oscar Isaac, acteur mais aussi excellent musicien) gratte sa guitare et initie le public à la musique folk; on peut voir en lui un précurseur de Bob Dylan. Puis il sort dans une ruelle enneigée et se fait rosser par un malabar surgi de nulle part. C'est le prélude à de nombreuses tribulations que d'autres ou lui-même lui infligent... Sans domicile fixe, fauché, privé de son partenaire musical qui s'est suicidé, il squatte les canapés des copains. Il commence par laisser échapper un chat auquel un vieux couple est très attaché, et la poursuite du félin l'entraîne dans des aventures picaresques, avec une ex-petite amie, un imprésario incompétent, un père atteint de la maladie d'Alzheimer...
Le film s'achève par la même scène que celle du début, et l'on comprend alors que celui qui l'a rossé était le mari d'une authentique folkeuse se produisant dans le même bar que lui et qu'il avait moquée en public. La boucle est ainsi bouclée...
Après le drame de True Grit, voici la tragi-comédie. Tourné en noir et blanc, ponctué de dialogues et de situations hilarantes, Inside llewyn Davis est un joli exercice de style qui réjouira les nostalgiques du folk avec plusieurs chansons en version intégrale.
Daniel Grivel
Daniel Grivel
|Nom||Notes|
|Nadia Roch||13|
|Daniel Grivel||15|
|Anne-Béatrice Schwab||15|
|Georges Blanc||14|