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Histoire, de la préhistoire à 1900
Le texte qui suit est un tableau succinct de l'histoire de Chessel qui devrait pouvoir servir de base à d'autres études plus détaillées.
De la Préhistoire à l'Antiquité
Pour la Préhistoire de la région, on en est réduit à de simples hypothèses basées
sur quelques trouvailles comme un abri sous-roche près de Tannay (-13'000 ?),
une pierre à cupules dans la région du Pillon (la Pierre aux Fées),
la Pierre du Tomeley, menhir au dessus de La Forclaz, des haches de bronze découvertes au col des Mosses (-3'000 ?).
On peut supposer que les cols de la région étaient déjà utilisés pour le commerce des métaux pendant l'âge du bronze.
Les populations celtes s'installent au Nord des Alpes probablement dès les débuts de l'âge du fer.
Dans la région comprise entre le Léman et l'actuelle Saint-Maurice, c'est le peuple celte des Nantuates (habitants de la vallée en celte) qui établit sa capitale dans la localité de Tarnaiae, l'actuelle Massongex.
Tarnaiae était probablement le centre religieux des quatre tribus valaisannes (outre les Nantuates, les Véragres, les Sédunes et les Ubères).
Taranis, divinité celte du ciel, de la foudre et du tonnerre qui y était apparemment vénérée, lui a vraisemblablement donné son nom antique.
Avec la conquête des Gaules, les légions de César tentent de prendre le contrôle des routes alpines.
À l'automne de l'an 57 av. J.-C., Servius Sulpicius Galba est envoyé par César avec la XIIème légion, de retour de Gaule belgique et une partie de la cavalerie, pour ouvrir un chemin à travers les montagnes, chez les Nantuates, les Véragres et les Sédunes.
Après quelques heureux combats et la prise de plusieurs forteresses, la paix est signée avec les Nantuates.
Galba laisse derrière lui deux cohortes en cantonnement. Il poursuit jusqu'au pays des Véragres. Parvenus au vicus d'Octodure (aujourd'hui Martigny), les Romains repoussent les Gaulois au-delà de la rivière qui sépare le bourg en deux et commencent à installer leurs quartiers d'hiver dans la vallée laissée vide.
L'armée romaine hiverne alors dans cette ville, contrôlant ainsi le passage stratégique du col du Grand-Saint-Bernard.
Quelques jours après leur installation, à la grande surprise des Romains, une multitude de guerriers Véragres, aidés par leurs voisins les Sédunes, se sont massés sur les hauteurs et harcèlent le camp romain de leurs flèches.
Après six heures de combat, les Gaulois forcent les retranchements et comblent le fossé. Les troupes romaines sont épuisées et à cours de munitions. Une sortie est tentée et le combat tourne rapidement à l'avantage des Romains qui auraient massacré 10'000 guerriers et mettent les autres en fuite et brûlent toutes les maisons du bourg.
Craignant que ses ennemis se réorganisent après la bataille d'Octodure, Galba ramène sa légion chez les Allobroges pour y passer l'hiver, ce qui est sans doute le signe d'une bataille moins décisive que le récit de César veut nous le faire croire.
Les Véragres, côté valaisan, et les Sallasses, côté Vallée d'Aoste, continuent de contrôler la route du Grand-Saint-Bernard.
Il faut attendre -25 pour que les Romains s'emparent de la vallée d'Aoste sous la direction du Consul Aulus Terentius Varro Murena.
C'est dans les années suivantes, peut être vers -16, que le Valais est conquis à son tour définitivement par les légions de l'Empereur Auguste sous le commandement de Tibère ou Drusus.
Le trafic alpin enrichit ensuite la ville d'Octodure et une ville nouvelle y est fondée par l'Empereur Claude vers 57 sous le nom de Forum Claudii Vallensium. Elle sera la capitale du Valais jusqu'au déplacement du siège épiscopal à Sion au VIème siècle.
Pendant la période gallo-romaine, il est possible qu'un début de population de Chessel ou des crêts situés entre Noville, Rennaz et Chessel ait existé.
La vie de la région devait toutefois plutôt se dérouler sur les deux bords de la Plaine, à l'abri des crues, là où passaient deux voies romaines rejoignant chacune depuis Massongex une des deux rives du Léman.
Le Rhône était utilisé comme voie navigable du Léman à Massongex où un antique pont devait exister au Ier ou IIème siècle.
Les invasions barbares, notamment celles des Allamans vers 258 et 268 semblent avoir mis un frein au commerce transalpin.
L'Empire romain se maintient malgré toutes ces vicissitudes et, en 313, l'Empereur Constantin établit la religion chrétienne comme religion impériale. Celle-ci s'impose rapidement dans la partie occidentale de la Suisse et la première mention de l'existence de Théodore, premier évêque de Martigny, est datée de 381 quand il participe au concile d'Aquiée.
La tradition veut qu'il ait été en activité depuis 349 déjà.
Il semble qu'il soit l'auteur de la fameuse légende du massacre de la légion thébaine à Saint-Maurice, qui aurait eu lieu en 303.
Toujours est-il qu'un premier lieu de culte des reliques est érigé à Saint-Maurice probablement avant la fin du IVème siècle.
Dans tout le siècle qui suit, l'Empire romain est déchiré par les différentes tentatives d'invasions des Francs, des Alémanes, des Huns et des Burgondes. Les romains et leurs alliés jouent habilement le jeu des alliances des uns contre les autres et défont les Burgondes en 436 mettant fin à leur royaume rhénan situé près de Worms.
Le Haut Moyen Age, les Bourgognes
En 443, les rescapés burgondes sont établis par le général romain Aetius sur le territoire de Sapaudia, dont les limites sont mal connues, mais qui devait se situer approximativement entre l'Aar, le Léman et l'Ain.
Les Burgondes sont utilisés par les Romains pour défendre l'Empire, notamment contre l'avancée des Alémanes qui parviennent à se tailler un royaume dans la partie orientale de la Suisse, la Franconie et le Vorarlberg.
Le territoire burgonde s'étend ensuite pour aller jusqu'à Lyon en 461.
Les cinquante années suivantes sont marquées par la fin de l'Empire romain d'occident (476) et un morcellement en royaumes ayant à leurs têtes des rois barbares wisigoths, ostrogoths, francs.
Sigismond qui succède à Gondebaud à la tête du royaume burgonde en 516 se convertit de l'arianisme au catholicisme et fonde l'Abbaye de Saint-Maurice. Des luttes internes et la pression des Francs et des Ostrogoths mettent fin au premier royaume burgonde en 532.
Le roi franc mérovingien de Reims, Théodebert, petit-fils de Clovis, est maître de la Sabaudia.
C'est le début de ce que certains ont appelé la Bourgogne franque.
En 563 a lieu l'effondrement du Mont Tauretunum : un immense éboulement qui tombant par le torrent de St-Barthémlémy dans la plaine en amont de St-Maurice obstrue toute la vallée du Rhône à l'emplacement actuel du Bois-Noir.
La retenue ainsi formée inonde la vallée du Rhône jusqu'à la Dranse de Conthey.
Quand le barrage cède, la basse plaine du Rhône est ravagée par un raz de marée
qui fait sentir ses effets jusqu'à Genève, y emportant des ponts et noyant des habitants de la basse ville.
Suite à ce cataclysme, la partie centrale de la basse plaine du Rhône est sans
doute restée inhabitée assez longtemps pendant les VIème et VIIème siècles.
Cette période du Haut Moyen-Age voit se succéder les renversements d'alliances entre les royaumes mérovingiens,
la Bourgogne passant de l'un à l'autre ou s'émancipant parfois.
Si au début du VIIIème elle est indépendante des royaumes francs, elle ne résiste pas
à Charles Martel qui, fort de ses succès contre les Arabes d'Espagne en 732, parvient à réunifier les royaumes francs.
La Bourgogne est alors commandée par des comtes représentants du Roi.
L'Empire carolingien éclate à la mort de Charlemagne et la Bourgogne septentrionale
ainsi que la route du col du Grand-Saint-Bernard sont intégrées à la Lotharingie.
Après divers conflits de succession, la Bourgogne transjurane tombe aux mains du Comte Conrad d’Auxerre vers 864.
Son petit-fils Rodolphe II, affaibli par une tentative de conquête de l'Italie,
est contraint d’accepter la tutelle d'Henri Ier de Germanie vers 926.
C'est probablement à cette époque qu'apparaissent les villages de la basse plaine du
Rhône, peut être sous l'impulsion de moines pionniers de l'Abbaye de Saint-Maurice.
Les premières habitations sont installées sur les crêts, à l'abri de la plupart des crues.
Le reste du Xème siècle est marqué par les raids hongrois (924) puis sarrasins (940) et par une augmentation de l'influence des ottoniens successeurs d'Henri Ier, bientôt Empereurs du Saint-Empire romain-germanique.
Parallèlement, les familles épiscopales qui soutiennent l'Empereur accroissent leur pouvoir et en 1034, quand l'Empereur hérite de la Bourgogne à la mort de son dernier roi, Rodolphe III, celle-ci est partagée entre ses partisans. Parmi ceux-ci se trouve le Comte Humbert, fondateur de la dynastie des Savoie, et déjà conseiller de Rodolphe III.
Le Moyen Age, la Savoie
Alors que le Pays de Vaud est partagé entre une multitude de seigneurs rivaux, la rive sud du Léman et la région de Genève conservent une certaine unité sous la domination des Comtes de Genève et du Comte Humbert.
Celui-ci et ses héritiers étendent leur influence sur le Chablais, l'Evêché de Saint-Maurice, la vallée d'Aoste, la vallée de Suse, etc.
Ils finissent par contrôler une grande partie des Alpes occidentales, que ce soit comme propriétaires ou comme protecteurs de ces régions.
L'Evêque de Saint-Maurice domine les Chablais vaudois et valaisan mais il est lui-même sous la protection des Comtes de Savoie.
L'appétit venant en mangeant, les Comtes de Savoie étendent ensuite leur influence vers le Pays de Vaud, le Piémont et la Bresse.
En 1207 déjà, ils obtiennent des droits sur Moudon.
La fin des ducs de Zaehringen en 1218 leur ouvre les portes du Pays de Vaud.
Entre 1240 et 1260, Pierre de Savoie installe pacifiquement le pouvoir savoyard au nord du Léman, par le biais d’accords féodaux et grâce à la mise en place d’un réseau de châteaux comtaux.
Seule la ville de Lausanne ainsi que son évêque échappent à cette domination et conservent leurs prérogatives et territoires.
En 1263, Pierre de Savoie hérite de la couronne comtale ; le Pays de Vaud est ainsi de facto intégré au Comté de Savoie.
Vers la fin du XIIIème siècle, Chessel et les villages alentours dépendent du Baillage du Chablais et de la Châtellenie de Chillon.
Les familles nobles des Pontverre et des Châtillon possèdent alors des biens à Chessel.
Le village est cité sous le nom de Chessex en 1331 dans un acte de vente conservé dans les archives du Grand-Saint-Bernard.
La fin du XIIIème et le début du XIVème siècle sont marqués par l'expansion des Habsbourg successeurs des Zaehringen. Ils vont tenter une expansion de leurs domaines à l'ouest mais seront arrêtés par les Savoie qui prennent sous leur protection la ville de Berne.
Les Savoie sont alors à leur apogée au nord des Alpes. L'Empereur Sigismond érige le comté en duché en 1416.
Sous le long règne d'Amédée VIII de 1391 à 1451, la Savoie connaît un grand développement à tous les points de vue, ce qui ne va pas sans attiser les convoitises de ses voisins.
Après cette période, sous les règnes de Louis Ier et Louis II de Savoie, elle subit les guerres de Bourgogne qui s'achèvent par la conquête du Pays de Vaud par les Confédérés alliés des Français contre les Bourguignons.
En 1475, Aigle et le Chablais sont envahis par les Bernois et les Valaisans qui occupent également le Chablais savoyard jusqu'à la Dranse de Thonon.
De la fin du Moyen Age à la Révolution, Berne
Métralie avec cour de justice du gouvernement d'Aigle,
de la conquête bernoise (1475) à 1798.
Le village d'Yvorne est détruit le 4 mars 1584 par un éboulement provoqué par une série de tremblements de terre ressentis sur tout le bassin lémanique
Cet éboulement ensevelit tous vifs environ 100 personnes.
Le terrain recouvert par les éboulis porte le nom d'Ovaille (du vieux français orvale, désastre) aujourd'hui nom de l'un des crus les plus réputés de l'appellation.
Comm. VD, distr. d'Aigle dès 1798
1364 Chessey
17 feux en 1313, 24 en 1338, env. 5 en 1356, 10 en 1502, 99 hab. en 1764, 129 en 1798,
132 en 1850, 167 en 1900, 141 en 1910, 202 en 1950, 191 en 1980, 314 en 2000.
Paroisse du diocèse de Sion, avec confrérie du Saint-Esprit.
Chessel ne put rester catholique (1528) et devint annexe de la paroisse réformée
de Noville (1728-1833, annexe de Roche).
Avant la construction du pont de la Porte du Sex en 1839 (reconstruit en 1905),
il y avait un bac : en 1618, la commune donna une terre aux passeurs contre la gratuité
de la traversée pour les habitants.
Les "barrières du Rhône" (digues) sont mentionnées dès le XVe siècle.
En 1841, la régie
des digues prélevait une taxe sur le flottage et sur les immeubles.
Une zone de villas (1975) et un camping-caravaning (années 1960) ont amené de nouveaux
résidents.
Fonds d'archives
- Dossier église de Chessel (1982), arch. MAH VD, ACV
Bibliographie
-P. Dubuis, Le jeu de la vie et de la mort: la population du Valais (XIVe -XVIe s.), 1994