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Saubraz
Saubraz
Partie historique
Le premier témoignage du passé est une très belle pierre nichée au fond des bois, non loin de l’arboretum d’Aubonne. Elle aurait été le théâtre de rites de religions préchrétiennes et à ce titre est qualifiée de « sanctuaire sacré celte ». Une autre trace du passé est une pierre à écuelle qui se trouve à la sortie du village, au lieu dit « Es Vaux ». Ces pierres ont fait l’objet de célébrations bien avant l’arrivée des Celtes en Suisse.
On retrouve également un vestige de l’époque romaine conservé à l’Hôtel de Ville de Bière. Il s’agit d’une stèle comportant un texte sur trois lignes. Elle a été extraite d’une villa romaine qui se trouvait à proximité du cimetière actuel. Par la suite, elle fut réutilisée dans les maçonneries d’une maison paysanne au hameau des Authiers, au-dessus du confluent de l’Aubonne et du Toleure.
Des écrits relatent les noms de Salbrum (1237) et Saubra (1251) pour désigner le village. Il est intéressant de constater que sur le fragment de la carte de la république de Berne de 1577, figure le nom de Saubraz, dont une copie est exposée au château de Chillon.
Au Moyen Âge, divers couvents et seigneurs possédaient des terres à Saubraz, notamment, les couvent de Romainmôtier, et de Bonmont, l’Abbaye du lac de Joux et les Seigneurs d’Aubonne. L’église de Sainte-Foy, dont la nef brûla en 1251 et ne fut jamais reconstruite était située au milieu du village. Sa démolition eut lieu en 1899.
En 1481, un recensement ou « pouillé » a été effectué pour le diocèse de Genève. Claude Rup, évêque, entreprit le recensement des terres. Il mentionna la présence dans notre village de 4 feux pour un revenu d’environ 10 florins.
C’est à cette période que Saubraz acquit ces lettres de noblesse. En 1477, la famille Mestral acquit trois tènements, terrains, à Aymonet Jaquier, Guiliiermette de Crousaz et Etienne de Crousaz, tous de Saubraz. Cette acquisition permit entre 1493 et 1497 la création d’un fief lige et taillable. A ces terres sont venues s’ajouter de nouvelles parcelles, également reconnues propriété de Jean Mestral, baron d’Aubonne.
C’est en 1510 que Saubraz devient un fief noble par la promesse de fidélité que Jean Mestral fit envers le comte de Jean de Gruyère.
Le 5 décembre, Jean Mestral déclara son fief par-devant le commissaire Brasier, rénovateur des extentes de la baronnie d’Aubonne. Ce fief fut conservé par la famille Mestral jusqu’à la mort de Jaqueline Mestral en 1627.
Jaqueline Mestral étant mariée à Nicolas d’Allinges, le fief fut transmis en héritage à un de leurs fils, François. C’est donc la famille d’Allinges qui en eut la charge jusqu’au 14 mars 1713, date de sa vente à Jean Valier d’Aubonne. Ce dernier fit faillite et le fief fut mis aux enchères. Personne ne s’étant porté acquéreur, il fut adjugé le 2 février 1717 à leurs Excellences de Berne. Ceci marqua la fin de l’existence du fief noble de Saubraz.
Pour bien comprendre le lien avec la baronnie d’Aubonne, à laquelle Saubraz était rattachée, il convient de rappeler que cette dernière fut achetée à la famille Mestral par le français Jean-Baptiste Tavernier en 1670 et revendu à Henri Duquesne qui la céda en 1701 aux Bernois.
C’est en 1803, avec l’acte de médiation que la commune de Saubraz que’elle a vue le jour.
Evolution de la population
En 1798, la commune comptait 154 habitants, 290 en 1850 et 267 en 1900. En 1970, la commune ne comptait plus que 155 habitants. Ce nombre est remonté à 202 en 2000. Actuellement la commune connait une expansion importante, puisque depuis la fin de l’année 2019, nous sommes 423 habitants.
Cadre de vie
A mon arrivée dans la commune, j’ai été surpris de ne pas trouver une église au milieu du village. Effectivement, cette dernière a été démolie en 1899, sa nef ayant été détruite par le feu en 1251. Elle a fait place à un bâtiment communal « multifonctions » en 1900, ce qui parait aujourd’hui visionnaire et courageux pour les habitants de l’époque.
Ce bâtiment, situé au centre du village, a une grande salle utilisée à la fois pour le conseil, le culte ou des manifestations. Pendant de nombreuses années, on y trouvait également une ou deux salles de classe et l’appartement du régent. Malheureusement, en 2018 les deux classes ont été fermées lors du regroupement scolaire sur le site de Gimel. Notre village a perdu un lieu de vie.
A l’arrière du bâtiment communal se trouve un magnifique four à pain. Nous ignorons sa date de construction. Autrefois, un fournier surveillait la chauffe, fournissait le bois et encaissait des taxes pour que les habitants puissent y venir cuire leur pain. Par la suite, le four connut un destin un peu moins glorieux en servant de dépôt à l’agent de police. Il a également été utilisé comme fumoir à viande.
C’est en 1990 que le Conseil général décida sa rénovation pour le 700e anniversaire de la confédération. Il fut entièrement rénové. Le diamètre de la sole du four principal mesure deux mètres soixante. Le petit four a également été complètement reconstruit. Depuis quelques années, une association a relancé la fabrication du pain et l’entretien de ce four. La population peut à nouveau profiter, plusieurs fois par année, de bonnes fournées de pain et tresses.
Depuis le début de l’année 2019, notre auberge a repris vie grâce à la famille Morel. Ce lieu est à nouveau ouvert et propose une cuisine simple et de qualité. Vous pouvez vous y restaurer avec des viandes succulentes ou des filets de perches. A midi, ce sont les ouvriers ou les artisans qui remplissent la salle pour profiter du plat du jour. L’accueil et la gentillesse de la patronne, en plus de la cuisine de son mari, vous donneront l’envie de revenir dans cette vraie pinte vaudoise. Vous pourrez y croiser des personnes venant de toute la région.
A Saubraz il persiste encore beaucoup de vieux bâtiments et de vieilles fermes qu’on découvre en flânant dans les rues du village. Les habitations modernes ont fait leur apparition au fil du temps, mais la place du village conserve son authenticité.
En prenant le chemin du Chanay et en osant poursuivre votre chemin au-delà du périmètre bâti, vous y découvrirez une demeure foraine magnifique avec des fresques sur ses façades.
Il s’agit de la maison du peintre Charles Werner. Il exposa notamment avec « Les Artistes suisses » du salon de paris en 1927. Une de ces œuvres, « la bataille de Sempach » peut être contemplée au musée militaire du château de Morges. Les figurants de ce tableau étaient des villageois de Saubraz. On y retrouve des membres de la famille Brand, habitant toujours le village.
La qualité de vie de notre village attire chaque année de nouveaux habitants. Sa localisation centrale est idéale pour les pendulaires qui jouissent d’un cadre de vie au milieu de la nature. La balade le long du Toleure pour aller jusqu’à sa source est appréciée par beaucoup de promeneurs.
L’Arboretum d’Aubonne ne se trouve pas sur notre commune. Mais nous pouvons y accéder par le plateau des Ursins. Nous sommes une des portes d’entrée de ce magnifique parc.
Projet de société,
investissement prévu
Dans la mesure du possible, la municipalité tente de soutenir les différentes sociétés du village. Il faut bien reconnaitre que les finances communales obligent souvent leurs membres à se retrousser les manches et à faire du bénévolat. Depuis quelques années un club de pétanque a vu le jour dans notre commune. L’ancien potager de l’auberge a pu retrouver une nouvelle vie. Chaque jeudi soir, les amateurs de ce sport peuvent assouvir leur passion. En plus, il n’est pas rare d’y trouver le week-end quelques familles venues profiter de la piste.
La commune compte également quelques fines gâchettes parmi ces habitants et ceux de Bougy-Villars. Effectivement, nos deux communes partagent le stand de tir situé au nord du village. C’est cette collaboration qui a permis d’équiper les lignes de tir de cibles électroniques.
Tout au long de l’année, la Société de développement de Saubraz propose des manifestations, comme la décoration des fontaines à Pâques ou la fabrication de bricolages par les enfants pour agrémenter le sapin de Noël .
Nous avons également une jeunesse qui existe depuis plusieurs décennies et qui maintient la tradition des tambours dans notre village.
La Forêt a une place importante dans la vie de notre commune. Nous possédons une centaine d’hectares. Elle se situe principalement sur le territoire communal, ainsi qu’au pied du Jura. Elle est importante au bien être de nos villageois qui peuvent s’y promener, surtout en période de pandémie. Toutefois, il ne faut pas perdre à l’esprit que ces forêts sont également un patrimoine que nos anciens nous ont légué et que nous avons l’obligation de transmettre aux générations futures. C’est pourquoi, avec l’aide du groupement forestier de la Saubrette, nous veillons à son entretien et à une exploitation raisonnée.
Un autre enjeu pour notre population est l’approvisionnement en eau. Effectivement la commune est complètement autonome pour la fourniture d’eau potable à ses habitants. Nous possédons deux captages et un réservoir. Pour l’avenir, nous devrions réaliser un bouclage avec le réseau d’alimentation de la commune voisine, Gimel. Cela permettrait d’assurer notre approvisionnement en quantité et en qualité, aucune commune n’étant à l’abri d’une éventuelle sécheresse ou d’une pollution.
A la suite de la fermeture de nos deux classes dans le bâtiment communal, nous allons devoir lui trouver une nouvelle fonction. La solution privilégiée est de pouvoir y créer une crèche. Ceci nous permettrait de retrouver un lieu de vie. A défaut, nous pourrions aussi créer des appartements.
Comme de nombreuses communes du canton, nous devons réviser notre plan général d’affectation et réduire nos réserves à bâtir. Prochainement, nous mettrons à l’enquête la zone réservée. Nous sommes donc au début de ce processus. J’espère qu’il durera le moins longtemps possible.
Vision du Syndic
La commune de Saubraz connait des difficultés financières depuis de nombreuses années et l’avenir est incertain. Une des raisons à cette situation est le fait que nous avons beaucoup d’enfants par rapport à la population. D’ailleurs, il y a quelques années nous étions même la commune ayant le ratio le plus élevé du nombre d’enfants par rapport au nombre d’habitants. Malgré un taux d’imposition à 80%, nous n’arrivons pas à dégager une marge d’autofinancement pour pouvoir entretenir nos infrastructures. Chaque année, il est nécessaire de recourir à l’emprunt pour payer les factures courantes du canton.
Est-ce que le changement de péréquation va pouvoir nous donner une lueur d’espoir? C’est possible. Il sera nécessaire qu’elle puisse prendre en compte les besoins des petites communes comme Saubraz, afin de nous permettre de voir sereinement l’avenir.
Saubraz reste une commune attractive par sa situation au milieu de la nature, sa proximité des centres économique, sa qualité de vie. Les nombreuses familles venues s’installer ces dernières années sont l’avenir de notre village.
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