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Les perspectives d'inflation ont radicalement changé. Elles se sont aggravées, mais personne ne sait encore pour combien de temps.
L'inflation est un sujet brûlant depuis plusieurs trimestres. Au premier abord, les marchés s'attendaient à un effet de courte durée sur l'économie, principalement guidé par la Fed qui qualifiait l'inflation de «transitoire». Chez GMG, nous avons cependant adopté un point de vue opposé dès juillet 2021 et avons rapidement identifié que l'inflation serait plus élevée dans ce cycle économique que dans les précédents.
Juste avant le début de la guerre entre la Russie et l'Ukraine, nous pensions que les surprises à la hausse de l'inflation allaient commencer à s'estomper, car les données à haute fréquence sur la croissance mondiale ont commencé à révéler des perspectives plus faibles.
Maintenant que la guerre fait rage en Europe de l'Est, la croissance est devenue beaucoup plus complexe et incertaine, d'autant plus que la Russie et l'Ukraine sont toutes deux des exportateurs majeurs de matières premières. Ainsi, les perspectives d'inflation ont radicalement changé, se sont aggravées, mais personne ne sait encore pour combien de temps.
Nous pensons que les risques de réduction des prévisions de croissance mondiale, et en particulier pour les pays européens, ont considérablement augmenté. Les indicateurs économiques à haute fréquence suggéraient déjà un ralentissement de la croissance pour les mois de janvier et février, principalement en raison de la propagation continue de la variante Omicron et des perturbations persistantes de la chaîne d'approvisionnement.
Les preuves de divergence des économies et des politiques apparaissaient avant le début de la guerre et sont clairement plus visibles maintenant. Dans nos perspectives pour 2022, La Grande Transformation, nous introduisons notre concept des quatre forces que sont les divisions, la divergence, les perturbations et la dette, qui remodèlent le monde et les marchés en général. Nous nous attendions à une accélération des divergences dans les performances économiques ainsi qu'à des divisions politiques croissantes.
Aujourd'hui, les données et les événements font clairement apparaître les divisions et les divergences, créant ainsi d'énormes perturbations. La croissance et l'inflation évoluent à des vitesses très différentes dans toutes les régions. Nous pensons que cela va se poursuivre mais que la croissance ne sera pas fortement entravée. Nous restons constructifs, mais nous recommandons une prudence accrue et une plus grande attention dans le choix des stratégies d'investissement, compte tenu des divisions, des divergences et des perturbations, dans un monde où le poids de la dette est à des niveaux historiques.
En ce qui concerne la politique monétaire, nous pensons que le cheminement vers la normalisation des taux peut créer des turbulences sur les marchés. Toutefois, nous pensons que cette normalisation sera très lente, progressive et pas aussi agressive que ce qui est actuellement prévu par les marchés. Ainsi, nous pensons que l'environnement de marché actuel crée les parfaites conditions pour une augmentation des turbulences du marché et une dispersion des performances entre les classes d'actifs.
Notre positionnement reste légèrement pro-risque cependant. Le contexte de politique monétaire et fiscale demeure ultra-souple et les liquidités sont encore très abondantes dans la plupart des régions. Par conséquent, bien que l'état actuel du monde suscite de vives inquiétudes, la combinaison de la croissance et des politiques de soutien nous permet de rester très sélectivement investis.
Les récents ajustements du portefeuille effectués à la mi-février comprennent une réduction à la fois de notre sous-pondération obligataire et de notre surpondération des actions. En plus de notre forte surexposition à l'or, nous avons ajouté une large allocation aux matières premières en partant du principe que les problèmes géopolitiques et que la bifurcation en cours, le monde passant de l'unipolarité à la bipolarité, entraîneront une pression durable à la hausse sur de nombreux produits de base. Si le risque d'inflation a refait surface, compte tenu de la solidarité mondiale qui s'est manifestée en faveur de l'Ukraine, il est également probable que cette entraide oblige à une plus grande coopération dans toutes les sphères politiques, y compris les stratégies nationales en matière de matières premières. Qu'il s'agisse de pétrole brut, de gaz ou de blé, une reconfiguration urgente du commerce mondial et des chaînes d'approvisionnement est probable, ce qui limitera les pressions inflationnistes à la hausse à moyen terme.