Document ID: /curiavista/filtered/00000_business.jsonl.gz/259783

<h2>SubmittedText<h2><p>Les revenus générés par le marché suisse de la musique en streaming sont importants et intéressants pour les fournisseurs des services correspondants&nbsp;: dans le classement des dépenses par habitant pour la musique, la Suisse occupe la sixième place mondiale. Les fournisseurs de streaming (surtout le service dominant qu’est Spotify) concentrent toutefois leurs ressources humaines et financières dans les centres européens, évitant en partie toute présence en Suisse et toute offre adaptée aux différentes régions linguistiques de notre pays. Cette stratégie se reflète dans la visibilité de la musique suisse dans notre pays comme à l’étranger&nbsp;: la présence visible de la musique suisse dans les offres de streaming est nettement inférieure à la moyenne, même par rapport à des marchés comparables en termes de taille et de multilinguisme.</p><p>&nbsp;</p><p><span style="color:black;">Souffrant de cette mauvaise visibilité, la création musicale suisse subit une forte discrimination par rapport à celle d’autres pays d’origine. Il n’y a plus guère de chance d’attirer l’attention internationale en raison de ce déficit de visibilité.</span></p><p>&nbsp;</p><p><span style="color:black;">Face à cette situation, je prie le Conseil fédéral de bien vouloir répondre aux questions suivantes&nbsp;:</span></p><ul><li><span style="color:black;">Partage-t-il l’avis selon lequel la création musicale suisse est désavantagée par rapport à celle d’autres pays d’origine en raison de son manque de visibilité dans les offres de streaming&nbsp;?</span></li><li><span style="color:black;">Partage-t-il l’avis selon lequel le contenu des offres ne tient pas suffisamment compte des régions linguistiques de Suisse (y compris la création musicale en dialecte)&nbsp;?</span></li><li><span style="color:black;">Quelles sont, selon lui, les conséquences économiques et culturelles de cette discrimination&nbsp;?&nbsp;</span></li><li><span style="color:black;">Quelles sont, à ses yeux, les possibilités d’améliorer cette situation&nbsp;? Que fait-il déjà pour améliorer la situation&nbsp;?</span></li></ul><h2>FederalCouncilResponseText<h2><div><p style="margin-top:0pt; margin-bottom:0pt; line-height:150%; widows:0; orphans:0; font-size:11pt"><span style="font-family:Arial">1. Les plateformes de streaming sont des entreprises internationales à visée commerciale</span><span style="font-family:Arial">&#xa0;</span><span style="font-family:Arial">; en dépit de la qualité et de la quantité de sa production, la Suisse n’y est pas avantagée</span><span style="font-family:Arial">&#xa0;</span><span style="font-family:Arial">et ne reçoit pas une visibilité adéquate. Ce fait est la conséquence de la taille de notre pays et de son marché dans un contexte de commerce mondial. De plus, les fournisseurs de musique en streaming ayant pignon sur rue desservent généralement le marché suisse depuis l’étranger. Les collaborateurs qui créent les listes de lecture (playlists), importantes pour la visibilité, ne travaillent pas sur place en Suisse et sont en général peu au fait de la scène musicale suisse.</span></p><p style="margin-top:0pt; margin-bottom:0pt; line-height:150%; widows:0; orphans:0; font-size:11pt"><span style="font-family:Arial; -aw-import:ignore">&#xa0;</span></p><p style="margin-top:0pt; margin-bottom:0pt; line-height:150%; widows:0; orphans:0; font-size:11pt"><span style="font-family:Arial">2. + 3. Selon les données de l’industrie musicale, plus de 100 millions de titres sont disponibles sur les plateformes de streaming. Il s’agit d’un énorme trésor culturel qui est mis à la disposition du public à un prix relativement avantageux, voire même gratuitement en cas d’interruptions publicitaires. La promotion de la diversité culturelle et des régions linguistiques ne constitue cependant pas un objectif des plateformes de streaming internationales. Il arrive néanmoins que des artistes s’exprimant dans des langues minoritaires soient reconnus et encouragés sur ces plateformes (par exemple, </span><span style="font-family:Arial; font-style:italic">Pronto</span><span style="font-family:Arial">, Prix suisse de musique 2023, s’exprimant en dialecte et ayant actuellement 15 millions de clics sur Spotify pour l’un de ses morceaux, </span><span style="font-family:Arial; font-style:italic">Push Talk</span><span style="font-family:Arial">, et 0,5 million d’écoutes par mois). </span></p><p style="margin-top:0pt; margin-bottom:0pt; line-height:150%; widows:0; orphans:0; font-size:11pt"><span style="font-family:Arial; -aw-import:ignore">&#xa0;</span></p><p style="margin-top:0pt; margin-bottom:0pt; line-height:150%; widows:0; orphans:0; font-size:11pt"><span style="font-family:Arial">Cet exemple démontre l’importance de la question de la découvrabilité des contenus, précondition pour pouvoir profiter des opportunités de diffusion et de rémunération offertes sur les plateformes de streaming internationales. Dans ce cadre, le travail de curation sous forme de listes de lecture constitue un instrument particulièrement intéressant pour promouvoir la diversité culturelle, par exemple de la musique suisse.En raison de la faible rémunération (environ 0,3 centime pour une écoute de plus de 30 secondes pour le détenteur des droits sur la plateforme de streaming la plus connue) des artistes sur ces plateformes, la diffusion en ligne n’est actuellement pas le moyen d’assurer un revenu important pour la très grande majorité des artistes, qui se trouvent souvent dans une situation économique précaire. Une bonne visibilité sur les plateformes est cependant très importante pour les musiciens, notamment parce que cela leur permet de promouvoir leurs concerts. </span></p><p style="margin-top:0pt; margin-bottom:0pt; line-height:150%; widows:0; orphans:0; font-size:11pt"><span style="font-family:Arial; -aw-import:ignore">&#xa0;</span></p><p style="margin-top:0pt; margin-bottom:0pt; line-height:150%; widows:0; orphans:0; font-size:11pt"><span style="font-family:Arial">4. Du point de vue de la politique culturelle, il serait souhaitable que la musique suisse soit mieux représentée à l’avenir, notamment dans les listes de lecture (playlists) des plateformes de streaming. L’Office fédéral de la culture (OFC) est en contact avec des représentants de la branche musicale suisse à ce sujet. Il a proposé son soutien à la branche musicale dans les discussions en cours avec les exploitants de plateformes de streaming.</span></p></div>