Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07257.jsonl.gz/371

Prangins
Prangins
Petit village rural au milieu du XXe siècle, la commune a connu une forte croissance pour atteindre aujourd’hui 4000 habitants. Avec son centre historique préservé, Prangins est inscrit à l’inventaire fédéral des sites construits à protéger.
Imposant pour celui qui arpente sa cour intérieure en rêvant aux seigneurs qui vivaient là, gourmand grâce aux jardiniers qui cultivent son potager à l’ancienne, reposant pour qui paresse à l’ombre de son parc: du haut de son promontoire, le château de Prangins capte l’attention, symbole du temps qui passe sur un village au riche passé.
Bref historique
Le territoire de la commune est le résultat de la fusion, en 1557, des hameaux de Bénex et de Promenthoux avec Prangins, chacun porteur de son histoire: néolithique sur les rives du lac à Sadex, romain à Bénex, médiéval sur tous ces sites. Celtes, Lacustres, Romains, Burgondes, Savoyards et Bernois sont tous passés à Prangins.
L’origine de la seigneurie de Prangins paraît remonter au démembrement du comté des Equestres au cours du XIe siècle. Elle s’étendait du Pays de Gex (France) à Mont-sur-Rolle (district de Nyon) et comprenait les châteaux forts de Mont-le-Vieux de Bioley, de Prangins et de Nyon. Ulrich de Cossonay et de Prangins en est le plus ancien seigneur connu. A la fin du XIIIe siècle, après avoir mal choisi son camp, la maison de Prangins se voit dépossédée de toutes les seigneuries qu’elle possédait sur Vaud, après que l’armée lui a ruiné ses forteresses.
Quant au hameau de Promenthoux, il constituait un village important au Moyen-Age. Les marchés qui s’y tenaient causaient même du tort à ceux de Nyon. A la même époque, l’abbaye de Montheron possédait à Sadex un domaine viticole qui lui procurait un bon revenu, tandis qu’à Bénex c’était la commanderie de La Chaux de l’Ordre des Templiers, qui détenait un domaine important. Une vigne dite de La Chaux en a longtemps gardé le nom.
La liste des détenteurs de Prangins est fort longue. C’est Louis Guiger, banquier, issu d’une famille saint-galloise, qui achète le domaine en 1723, fait raser le château médiéval et construire le château actuel. En 1814, il passe aux mains de l’ex-roi d’Espagne, Joseph-Bonaparte, qui acquiert aussi le moulin de Promenthoux, les Avouillons, les Abériaux, la Bergerie et quelques autres propriétés. Sous la pression de la France et des alliés, il doit quitter Prangins en 1815 pour se réfugier aux Etats-Unis. En 1827, il vend toutes ses propriétés, qui auront plusieurs maîtres jusqu’à nos jours. Parmi eux, Mme McCormick de la famille des constructeurs américains des machines agricoles.
La personnalité juridique du village de Prangins est une reconnue officiellement depuis 1681. Cependant, cet acte scelle une communauté déjà existante entre le village et le château.
Une vie locale intense dans un écrin privilégié
Notre commune, voisine de celles de Nyon, de Duillier, Vich et Gland, sise entre l’ancienne voie romaine, devenue route de l’Etraz, et le lac Léman, au pied du Jura et à proximité de grands centres urbains, jouit d’une situation géographique et d’un environnement naturel extrêmement privilégiés. C’est dans cet écrin que Prangins a passablement évolué au cours des siècles et particulièrement au cours des dernières décennies, passant d’un statut de commune rurale de moins de 1000 habitants dans les années cinquante, au rang de quatrième commune du district de Nyon, avec près de 4000 habitants.
La richesse de son histoire, que le Château contribue à faire revivre, est omniprésente. Le monument a trouvé une nouvelle jeunesse après que les cantons de Vaud et de Genève l’ont acquis en 1974 pour en faire don à la Confédération, qui y a installé l’antenne romande du Musée national suisse, ouverte depuis 1998. Organisées avec l’appui de la Commune, les festivités organisées en 2018 pour les 20 ans de cette institution ont attiré quelques 9000 visiteurs à Prangins.
Mais notre village possède également d’autres atouts qui permettent d’offrir, à ses habitants et aux hôtes de passage, une qualité de vie en dessus de la moyenne. Sa plage de Promenthoux, son port et ses terrains de sport des Abériaux, son aérodrome, son centre historique, ainsi que son auberge, ses commerces, ses restaurants et ses hôtels de qualité, représentent autant d’infrastructures et de richesses patrimoniales que beaucoup nous envient. Prangins a également su attirer et garder quelques PME qui ont trouvé, dans notre commune, un terreau favorable à leur développement, sans oublier le site de GSK, qui prolonge un lien presque centenaire entre notre commune et le secteur pharmacologique.
A cela, il convient d’ajouter, grâce à l’implication des sociétés pranginoises, une vie locale particulièrement dense, renforçant au passage le tissu social et l’identification de chacun à sa commune.
Un développement harmonieux
L’héritage est précieux et nécessite d’en prendre soin. Notre commune entend contribuer à la croissance de la région, tout en privilégiant un développement à l’intérieur de son territoire bâti, afin de garantir une urbanisation harmonieuse, respectueuse des terres agricoles, et de préserver l’identité villageoise.
La réhabilitation du quartier de l’Auberge, qui s’est achevée en 2016, est un bel exemple de densification respectueuse de notre cœur historique, inscrit à l’inventaire fédéral des sites construits d’importance nationale à protéger en Suisse (ISOS). Rénovation de l’auberge communale, transformation d’anciens bâtiments en logements subventionnés, création d’un espace public: cet ensemble permet d’offrir des appartements à des prix modérés aux familles du village et participe de la volonté des autorités de renforcer l’attractivité du centre. Cette démarche s’inscrit dans la continuité de la transformation du four communal et de la réfection de l’ancienne ferme du Château. Cette bâtisse abrite l’administration communale, mais aussi un tea-room, une garderie et une épicerie, qui amènent de la vie au coeur de Prangins.
Non seulement la Commune rénove son patrimoine historique, mais elle se tourne résolument vers l’avenir pour accompagner le développement d’équipements publics nécessaires à sa vie communautaire. Après la réalisation d’un complexe destiné à l’école enfantine et l’unité d’accueil pour les écoliers (2015), puis la construction d’un bâtiment abritant un restaurant scolaire et un lieu d’accueil parascolaire, conjointe à la transformation d’un édifice de 1868 en bibliothèque scolaire et espace périscolaire (2017), la Municipalité a lancé un projet de crèche pour compléter l’offre à destination des familles pranginoises. Et pour accompagner les habitants tout au long de leur vie, elle travaille également à l’implantation d’un EMS sur son territoire.
Autre défi de taille pour nos autorités: la mobilité. Un important chantier de rénovation est ainsi mené depuis le printemps 2019 sur la route de l’Etraz. Grâce à l’installation d’un tapis phono-absorbant, la création de pistes cyclables, l’élargissement de trottoirs ou la pose d’un feu piéton au carrefour avec le chemin de la Dôle, la modernisation permettra d’améliorer la qualité de vie des riverains et de renforcer la mobilité douce.
Cette volonté de favoriser les déplacements à pied, en vélo ou en transports publics se traduit également dans un projet de passerelle entre la gare de Nyon et Prangins, mené en collaboration entre les deux communes, ou dans la réhabilitation de la route du lac. Inscrite dans une démarche régionale, la requalification de la RC1 a pour objectif de renforcer la sécurité des usagers, de permettre une meilleure continuité des itinéraires cyclables et piétonniers, de favoriser les modes de déplacements doux, de mieux intégrer la route dans son environnement paysager et réduire les nuisances sonores.
A Prangins, qui a obtenu le renouvellement de son label Cité de l’Energie en juin 2019, la volonté de diminuer notre empreinte carbone et de préserver la biodiversité de notre territoire est une priorité. Cet engagement en faveur du climat passe par d’importants projets d’infrastructures, mais également par une série d’actions publiques et privées, soutenues par la Commune.
Une identité communale forte
Ces projets nécessitent des choix politiques que les autorités municipales souhaitent développer dans le cadre du principe d’autonomie communale en y associant ses habitants. A l’heure où de nombreuses fusions de communes sont à l’ordre du jour, nous nous gardons de croire que l’identité communale se résume à une simple question géographique ou économique. Le travail des habitants et des politiques réunis, leur contribution volontaire à la destinée d’une Commune, renforce leur enracinement et génère un tissu social et humain à très forte valeur ajoutée.
Photos ADN Michel Perret
L'ESSENTIEL
CE QU'IL FAUT SAVOIR