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Avons-nous une ou plusieurs identités ? Sont-elles figées ou évoluent-elles dans le temps ? Nos identités sont-elles déterminées par nous-mêmes ou par les autres ? Dépendent-elles de nos perceptions ou de nos actions ? Voici les questions qui nous ont occupés en ce premier Café-philo du 3 octobre 2021.
L'identité serait composée de trois éléments :
La biologie nous imposerait sa part immuable (génétique, appartenance ethnique, etc).
L'environnement, la culture, et l'éducation, déjà plus flexibles, nous offriraient une certaine vision du monde qui peut évoluer à l'adolescence.
La troisième composante de notre identité serait la moins rigide des trois, et dépendrait de ce que nous faisons des deux premières : nos décisions et les actions qui en découlent.
Il se pourrait bien que notre identité se trouve à l'intersection de ces trois éléments. Mais alors, comment expliquer notre désir de reconnaissance ? Si l'identité était un phénomène purement personnel, comment se fait-il qu'à travers l'Histoire, une multitude de personnes se soient battues, parfois jusqu'à la mort, pour la reconnaissance de leur identité ?
L'identité serait alors un mariage entre la perception que nous avons de nous-mêmes et celle que les autres veulent bien nous accorder. En ce sens, notre identité nous donnerait un rôle à jouer dans le grand théâtre qu'est la vie. Elle nous permettrait d'orienter nos actions et, par sa reconnaissance, d'interagir dignement avec le monde qui nous entoure. Notre soif d'identité découlerait donc du besoin de sens dans nos vies. En adoptant une identité, notre rôle dans la pièce deviendrait soudainement plus clair.
Dans ce cas, comment expliquer qu'une fois ce rôle établi, peut survenir le sentiment de ne pas être soi-même ? Existerait-t-il un moi qui dépasse tous les attributs à travers lesquels nous pouvons nous définir ? Et le cas échéant, quelle est la nature de ce moi ? Est-il possible de l'encapsuler dans son entièreté ?
A cette question, j'ajouterai une note personnelle : les nécessités de la vie en société rendent inévitable l'adoption d'une identité, cette sorte d'avatar que nous créons pour nous-mêmes afin de simplifier notre parcours. Aussi grossier soit-il, ce personnage nous permet de justifier notre existence. La cohérence que nous fournit l'histoire que nous appelons "moi" nous rassure, satisfait notre besoin d'appartenance à un groupe, et oriente nos actions.
Bien que l'identité soit indispensable en pratique, je pense qu'il faut l'adopter avec une certaine distance, sans oublier qu'en réalité, nous ne sommes rien de tout cela. Ou plutôt, que nous sommes beaucoup plus que tout cela.
Au sujet des risques associés à une identité trop rigide, je vous invite à lire "Le Paradoxe de l'Amour Propre". J'ai écrit cet article dans le but de communiquer l'état d'esprit du Café-philo. Assez curieusement, notre premier événement a tapé en plein dans ce sujet 🙂 A bientôt !