Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06979.jsonl.gz/1040

La presente edizione è adatta per browser con un supporto CSS insufficiente e destinata soprattutto alle persone ipovedenti. Tutti i contenuti sono visualizzabili anche con browser più vecchi. Per una migliore visualizzazione grafica si raccomanda tuttavia l'uso di un bro
Inizio zona contenuto
Inizio navigatore
Fine navigatore
L'insediamento del mese di maggio è una versione sintetica del rilevamento apparso nella pubblicazione ISOS République et Canton du Jura, volume E-Z, in vendita dall'estate 2011 (disponibile solo in francese).
Développement de l'agglomération
Le saint et sa collégiale
Situé dans une vallée ensoleillée, protégée contre les vents du nord, au bord d'une rivière poissonneuse et au carrefour de plusieurs passages importants du Jura septentrional, Saint Ursanne a dû être habité dès la plus haute antiquité, comme l'attestent les tombes gallo romaines du cloître. Le bourg actuel doit son origine à l'arrivée dans le pays du moine irlandais Ursanne ou Ursicinus, qui se fixa sur les bords du Doubs et y mourut entre 610 et 620. Une tradition très postérieure, mais assez vraisemblable dans ses grandes lignes, en fait un disciple de saint Colomban. La tradition rapporte que l'ermite choisit pour retraite la grotte connue plus tard sous le nom d'ermitage de Saint Ursanne. Elle aurait été située dans une roche à pic à l'ouest des ruines du château. Cet emplacement ainsi qu'une petite chapelle placée plus bas sont les témoins de l'origine du bourg et constituèrent longtemps deux ermitages très fréquentés des pèlerins.
Le monastère, élevé sur la tombe du saint anachorète, devint le noyau du bourg actuel. Il aurait été implanté par saint Wandrille lors de son passage vers 630. L'abbaye qui succéda, à l'époque carolingienne, à ce coenobium disposait d'une certaine assise foncière. Au début du 9e siècle, elle possédait les villes de Chevenez et Courtedoux, en Ajoie, mais ses domaines étaient probablement situés, pour l'essentiel, dans le Clos du Doubs. Au 8e siècle, Saint Ursanne fut soumise à l'abbaye de Grandval, en 1096, elle était encore dans le diocèse de Besançon, avant de devenir possession de l'évêque de Bâle. Rodolphe, dernier roi de Bourgogne, avait déjà donné la petite ville autour du monastère aux princes évêques en l'an 1000, qui prirent possession du bourg jusqu'en 1793.
En 1139, le monastère fut transformé en collégiale de chanoines séculiers et l'église, vieille alors de quatre siècles, reconstruite. Le portail sud fut rajouté aux environs de l'an 1200, le cloître actuel date du 14e siècle. Au 15e siècle, le clocher actuel vint remplacer une tour romane écroulée. Placé sous l'autorité d'un prévôt, le Chapitre comprend douze chanoines, chiffre ramené à six en 1581. Le Chapitre formait une personne morale qui exerçait, dans toute l'étendue de la Prévôté, les droits afférents à la seigneurie, surtout dans l'actuel Clos du Doubs et dans une partie du plateau franc montagnard. Les limites occidentales, fixées au début du 15e siècle, préfiguraient l'actuelle frontière franco suisse. Jusqu'à cette époque, la noblesse régionale disputait à l'évêque le contrôle de l'église de Saint Ursanne et donc de la Prévôté. La montée en force du pouvoir princier représenté par le bailli de Saint Ursanne, qui administrait également la Franche Montagne de Muriaux et Chauvilliers, marginalisa les chanoines qui cédèrent toutes leurs prérogatives à l'évêque en 1492. Cette victoire du prince en 1492 satellisa le Chapitre ursinien au profit de Notre Dame de Bâle. Pour les dignitaires bâlois, la praepositura ursinienne n'est qu'une étape dans une carrière politico ecclésiastique qui les hisse parfois jusque sur le siège épiscopal, comme Hugues d'Asuel (1179-80), Imier de Ramstein (1382-91) ou Gaspard ze Rhein (1479-1502). Peuplée de 1900 ruraux et 600 citadins vers 1789, la Prévôté disparaît en même temps que le Chapitre en 1792-93.
Histoire du bourg
Mentionnée pour la première fois en 1139 sous le nom de « Sancti Ursicini » le bourg, tout d'abord centre religieux régional, accéda au rang de chef lieu de la Prévôté. Il resta de taille modeste, et ce malgré la construction d'une forteresse épiscopale vers 1330. Le château, bâti sur l'emplacement d'une « specula » romaine, fut le siège du bailli épiscopal et la résidence occasionnelle de l'évêque de Bâle. Il fut occupé par les Français pendant la guerre de Trente Ans, puis de nouveau à la fin du 18e siècle, pour être finalement vendu et démoli. Ses pierres ont servi à transformer les forges de Bellefontaine et une filature de Saint Ursanne.
L'existence d'une foire annuelle fut attestée dès le début du 13e siècle - il y en avait déjà deux au 15e siècle. La bourgade n'avait pas de véritable charte de franchise. Soumise au Chapitre collégial, Saint Ursanne ne devint une ville qu'en 1378, lorsque l'évêque de Bâle lui concéda un impôt sur les vins (angal) pour financer ses fortifications. En effet, les murailles datent du 14e siècle. Malgré l'hostilité des prévôts, la bourgeoisie put alors s'émanciper de l'autorité seigneuriale. Après le retour en force des princes évêques au 15e siècle, l'émancipation de la bourgeoisie fut définitivement bloquée, mais la ville conservait les acquis obtenus pendant l'engagement de la Prévôté à Jean de Vienne, à la ville de Bâle et aux sires de Neufchâtel en Bourgogne, entre 1376 et 1426.
En 1403, un incendie détruisit partiellement Saint Ursanne, à la suite duquel la bourgade fut agrandie dans sa partie nord est portant le nom de « ville neuve » et son enceinte reliée aux fortifications du château. Un autre incendie en 1558 anéantit une partie de la collégiale et la moitié du bourg. La peste fit des ravages en 1576 et en 1634. Un cimetière bien à l'écart du bourg fut destiné à accueillir les morts de l'épidémie en 1580, endroit où l'on construisit la chapelle Notre Dame de Lorette. Le premier édifice fut remplacé en 1711/12. Après qu'une crue du Doubs eut détruit le pont en 1670, la construction de l'actuel pont Saint Jean Népomucène fut finalement achevée en 1729.
Ruinée pendant la guerre de Trente Ans, la petite ville se tint à l'écart des troubles de 1740 et des soulèvements révolutionnaires de 1792. Déchue de son titre de chef lieu de la Prévôté en 1793, à la suppression du Chapitre, Saint Ursanne fit partie de la République rauracienne de 1792 à 1793, des départements français du Mont Terrible (1793-1800), puis du Haut Rhin (1800-14) et enfin du bailliage puis district bernois de Porrentruy de 1815 à 1978. En 1831, Saint Ursanne refusa la nouvelle Constitution cantonale pour protester contre le refus de Berne de créer, dans les limites de l'ancienne Prévôté, un district de Saint Ursanne. En 1803, l'ancienne collégiale devint paroissiale, la paroisse regroupant outre le chef lieu Montmelon, Montenol et Seleute.
L'agriculture, l'élevage du bétail, le commerce du bois et la pêche constituaient les activités principales de Saint Ursanne. A mentionner l'exception des forges de Bellefontaine édifiées au 16e siècle et qui connurent leur apogée au début du 19e siècle - aujourd'hui, il ne reste qu'une usine électrique, le village a été abandonné. Au 18e siècle déjà, il existait de nombreux moulins dans le bourg. En amont, une retenue d'eau alimentait en force hydraulique les quelques installations artisanales de Saint Ursanne, dont le « Moulin de la Porte Saint Pierre », appelé au 19e siècle « Moulin Grillon », à présent désaffecté. Outre le moulin, ces bâtiments industriels rassemblaient, entre autres, une fonderie, une scierie et une tuilerie. A signaler aussi une grande exploitation de pierre de taille.
Changements dans la deuxième moitié du 19e siècle et au 20e siècle
Le nombre d'habitants passa de 666 en 1797 à 726 en 1850, puis à 828 en 1900. Les forges de Bellefontaine disparurent en 1861, ce qui, lié au développement plutôt lent du bourg, empêcha presque toute extension du bâti au dehors de l'enceinte. Ainsi, sur la première édition de la carte Siegfried parue en 1874, on distingue nettement le pourtour de l'ancien bourg, à l'extérieur duquel ne se trouve quasiment rien, hormis deux constructions sur la rive gauche et le long de la route qui longe la rivière. Un petit groupement plus dense était formé autour du moulin à l'est du bourg. Tout à l'est, la chapelle Notre Dame de Lorette forma comme le noyau d'un deuxième pôle, plus petit, là où la route des Rangiers rejoingnait le Doubs. Ni la gare, ni les chemins qui y mènent aujourd'hui n'existaient alors.
Or, après la percée du tunnel ferroviaire Saint Ursanne - Courgenay, en 1876, et la construction de la gare en 1887, le réseau routier se mit à se densifier. En 1887 fut aussi élevé le viaduc qui permit de relier le bourg à Glovelier et Delémont. A la même époque, la métallurgie et les fours à chaux maintinrent un certain tissu industriel. Ainsi, la famille Piquerez implantait en 1875 une fabrique de boîtes de montre en aval du bourg à l'emplacement d'un ancien moulin dit « des Lavoirs », convertie en fabrique de matriçage à chaud dès 1915 sous le nom de Thecla qui ajouta à la fabrication du début notamment les travaux en laiton, cuivre et aluminium. Son implantation s'étendit vers l'ouest par étapes successives sous la forme d'une grand halle de fabrication, avec une dernière extension à l'est, de la fin du 20e siècle. L'essor de ce complexe industriel pendant la Première Guerre mondiale nécessita en 1918 la construction d'une cité ouvrière à l'est du bourg, sur la rive gauche du Doubs - l'un des premiers exemples de ce type d'habitat dans la région.
Une fabrique de chaux fut implantée à l'est de la gare en 1907, dont un premier four fut mis en exploitation en 1910 entraînant une expansion rapide de la production, pour finalement s'éteindre définitivement à la fin du 20e siècle. Stoppée en 1993, l'exploitation des calcaires a laissé d'importantes galeries et une grande excavation visible dans la montagne. L'usine sert aujourd'hui de salle de spectacles, un phare du type de ceux que l'on trouve sur la côte bretonne a remplacé la cheminée pour attirer les visiteurs.
L'extension de l'habitat extra muros a eu lieu depuis la fin du 19e siècle à l'est de la Porte Saint Pierre, pour s'égrainer en amont du Doubs et sur la route menant à la nouvelle gare. D'autres constructions se sont implantées jusqu'à aujourd'hui en ordre dispersé sur les coteaux au sud et à l'ouest du bourg. Un nouveau quartier de maisons individuelles a commencé à se développer à la fin du 20e siècle dans une petite dépression placée en hauteur et hors de portée visuelle, au lieu dit Rière Vasou. En 2005 encore, 38 % des emplois étaient fournis par le secteur secondaire. Au début du 21e siècle Saint Ursanne concentre ses efforts sur le développement du tourisme, ce dont témoignent les nombreux restaurants et le développement du secteur tertiaire ; elle abrite ainsi l'Office cantonal de l'environnement. Le site figure depuis 1986 dans l'inventaire des sites protégés. Construit en 1994, le pont qui traverse le Doubs à l'est du bourg permet de le contourner ou d'accéder à des places de stationnement sur la rive gauche. Depuis 1998, les tunnels de la Transjurane permettent de rejoindre Delémont et Porrentruy par l'autoroute. Le tourisme n'a toutefois pas pu freiner le déclin démographique qui fit baisser le nombre d'habitants de 1277 en 1950, à 769 en 2000, et à 689 habitants fin 2008.
Le 1er janvier 2009, la commune de Saint Ursanne a fusionné avec Epauvillers, Epiquerez, Montenol, Montmelon, Ocourt, et Seleute pour former la commune du Clos du Doubs.
Le site actuel
Implanté dans une vallée profonde s'ouvrant au sud et à l'ouest sur des monts boisés, clairement circonscrit entre des roches escarpées au nord et le Doubs, le noyau médiéval (> 1) apparaît d'une grande cohésion. Il domine incontestablement l'extension modeste du bâti au delà de ses murs, le long des routes d'accès et de la rivière. Le développement économique - modeste - s'est concrétisé en quatre ensembles un peu à l'écart de la cité : le groupe de l'ancien moulin (> 0.2), près de la rivière, alimenté par un canal ; encore plus à l'est, vers la sortie du site, la gare et les anciens fours à chaux, accolés au coteau (> 0.1), bien au dessus des extensions du bâti le long de la route des Rangiers ; sur la rive gauche du Doubs, une petite cité ouvrière fait face au vieux bourg (> 0.3) ; enfin un complexe d'usines se trouve encore plus en aval sur la même rive (> 0.4). Son rapport visuel au noyau du site est très subtil.
Le bourg médiéval
Inscrit dans le pourtour des anciens murs d'enceinte, le tissu historique (> 1) apparaît comme un espace clos suscitant une grande richesse d'évènements spatiaux. Il s'organise autour de la rue principale, la rue du 23-Juin, qui relie la Porte Saint Pierre, monumentale, à la Porte Saint Paul, plus discrète. Epine dorsale rectiligne dans le quartier nord, cette rue devient plus tortueuse, traçant une courbe et contre courbe en direction de l'ouest, et se confond en une suite de petites places. A l'intérieur de cette courbe se situe la collégiale. En direction de la rivière, une route perpendiculaire rejoint la Porte Saint Jean, puis traverse le pont du 18e siècle qui franchit le Doubs en quatre arches et aboutit enfin sur la route du Clos du Doubs. Le pavage des rues, la maçonnerie et l'appareillage en pierres naturelles, tout comme les toitures percées de nombreuses lucarnes constituent les principaux éléments caractéristiques de ce noyau médiéval. Le bâti est constitué de maisons en pierres enduites couvertes de toits en tuiles datant des 16e et 17e siècles, orientées sur les rues dont le tracé original est resté lisible. Dans de nombreux bâtiments sont aménagés des magasins, des restaurants ou des ateliers, sans pour autant déranger l'impression « d'antiquité vénérable » qui se dégage de la vieille ville. Les façades arrivent pour la plupart jusque vers la chaussée, des jardins soignés forment des interstices et des élargissements spatiaux intéressants.
Depuis la Porte Saint Paul, la route principale est bordée côté colline par des rangées de hautes habitations de trois ou quatre niveaux auxquelles répondent des bâtiments isolés côté sud. Puis, la route contourne la maison dite de Staal et descend vers la place de la collégiale. Cet élargissement de la rue constitue le nœud du tissu concentrique dans cette partie du bourg qui fut le noyau originel de Saint Ursanne. Elle est délimitée par quelques édifices d'origine patricienne de la fin du 16e siècle et par l'Hôtel de Ville, édifice gothique qui s'élève au dessus de la halle du marché, passage formé par quatre voûtes d'ogives. L'Hôtel de Ville est intégré dans une rangée en position d'îlot entre la place, la rue vers la Porte Saint Jean et une ruelle arrière. Une fontaine monumentale surmontée d'une statue de saint Ursinus et un groupe de tilleuls plantés à l'emplacement d'un ancien cimetière ponctuent cet espace très découpé et mouvementé. Des porches ouvrant le passage sous les rangées compactes de bâtiments médiévaux, des portes cintrées, des échappées sur la suite des ruelles curvilignes distinguent cette partie du bourg.
La collégiale, reconstruite au 12e siècle dans le style gothique primitif, témoigne de son origine romane par la crypte et le portail, d'influence bourguignonne. Une grosse tour carrée et solide lui donne un aspect austère. Visible de loin car dépassant les toits du bourg, le clocher en est un des éléments. Le portail sud de la collégiale datant des alentours de l'an 1200, exemple du style roman bourguignon, figure parmi les œuvres les plus remarquables de ce genre dans toute la Suisse. La collégiale cache en amont, à l'angle nord ouest du bourg, le cloître et un ancien pensionnat du 19e siècle, bâtisse sobre et imposante de trois étages et demi. Elle est accessible depuis une terrasse nettement surélevée par rapport à l'espace rue principal, car située à la même hauteur que la partie orientale de la rue principale. Côté arrière, deux parties saillantes de trois niveaux forment une cour qui s'ouvre telle une brèche dans l'enceinte du bourg.
Dans la partie qui se trouve plus en amont, le long du Doubs, le tracé orthogonal des rues obéit à celui de la rue principale. Plusieurs incendies, aux 14e et 15e siècles, sont à l'origine du développement de ce quartier appelé alors « ville neuve ». Les rues perpendiculaires à l'axe principal forment des places ornées parfois de fontaines. Les maisons y sont d'aspect plus modeste que celles de la rue principale, celles ci étant généralement à trois niveaux, parfois flanquées de tourelles d'escalier. Cet angle nord est du bourg semble n'avoir jamais été entièrement construit et a laissé place à quelques constructions qui se distinguent du tissu d'origine, en particulier une halle de sport et de spectacle, intéressant bâtiment utilitaire avec toit à deux pans du début du 20e siècle, et un nouveau bâtiment administratif et locatif d'architecture mimétique de la fin du 20e siècle.
L'enceinte fortifiée, convertie au cours des siècles en façades pour la plupart des maisons mitoyennes, n'a conservé de sa forme initiale que quelques vestiges épars, dont une partie bien visible qui gravit la pente abrupte vers les ruines du château. Pourtant, le pourtour de l'ancien bourg est resté clairement défini, ce n'est que vers la rivière que des espaces s'ouvrent et que de petits jardins ont trouvé place.
Extensions du bâti le long de la rivière
Sitôt franchie la Porte Saint Pierre, le bâti se répartit le long de la route des Rangiers longeant le Doubs et de celle s'élevant à flanc de coteau vers la gare. Des bâtiments industriels et artisanaux du 19e siècle en bordure de la rivière sont rassemblés dans un groupement dit « Moulin Grillon » (> 0.2). Il est traversé par un canal approvisionnant les exploitations en eau. Bien que désaffectés ou abandonnés, ces édifices présentent un ensemble assez bien conservé de bâtiments trahissant toujours leurs fonctions. La proximité immédiate de la retenue d'eau contribue à la cohérence et à l'intérêt du lieu. Le bâtiment principal est composé de plusieurs éléments mitoyens de deux niveaux, orientés gouttereaux sur rue, à part la partie centrale, plus haute et couverte d'un toit à demi croupe placé pignon sur rue. A sa gauche, le moulin de 1805 a également été intégré dans cette rangée. Derrière elle, des remises et des annexes plus petites s'orientent de manière plus ou moins régulière sur une petite place couverte de graviers.
De l'autre côté de la rivière, à proximité du bourg, bien que cachée par les arbres du bord de la rivière, une cité ouvrière de 1918 regroupe 14 maisonnettes s'alignant des deux côtés d'une rue pavée (> 0.3). Il s'agit de constructions de maçonnerie à toiture à deux pans rabattus sur les pignons, dont chacune compte deux appartements. Elles forment deux rangées serrées se faisant face, ayant chacune un jardin en façade arrière, accessible par des remises en bois qui relient les maisons voisines entre elles. Les entrées des habitations se font depuis le sud - on pénètre donc dans les maisons de la rangée sud depuis le jardin arrière. Les proportions des espaces résultant de l'ordre répétitif de cet ensemble lui confère une régularité harmonieuse que souligne la coloration subtilement variée des maisons. Vue de loin, la toiture de cet ensemble, par ses matériaux et par sa forme, a l'air de s'être inspirée de celle du bourg.
La gare et les témoins de l'industrie
Au delà des quelques habitations près du bourg, la route menant à l'aire de la gare, pavée et bordée d'arbres, a l'allure d'une promenade d'où le site se dévoile dans son ensemble. Après être passée au dessus des rails, la rue monte brusquement et débouche devant la gare. La plate forme (> 0.1) est due en partie à une excavation dans la roche. La gare, bâtiment de deux niveaux sous un toit à croupe et orné de chaînes d'angle, se trouve coincée entre les rails et la falaise. Elle témoigne d'une certaine ambition du bourg par son décor architectural comprenant des ébrasements ornés de moulures. La gare a perdu son voisin d'autrefois, le buffet. Pourtant l'orientation rectiligne des installations est restée lisible grâce à un petit hangar. Encore un peu plus en amont se situent les anciens fours à chaux. Bien que désaffectés, ces éléments restent impressionnants, tel le bâtiment tour haut de quatre niveaux à flanc de falaise. Le bâtiment principal, servant aujourd'hui de centre culturel et de laboratoire géologique, est un complexe rassemblant plusieurs parties, dont une à trois étages, une halle et des annexes. Sa façade intègre l'un des anciens fours, tour ronde en pierre de taille. Des rails également abandonnés relient le complexe industriel à la gare. Juste à côté, le viaduc de 1887 enjambe la vallée de ses douze arches, attestant les prouesses techniques qui ont marqué le développement des chemins de fer.
De l'autre côté du bourg, et à bonne distance de celui ci, l'aire de l'usine Thecla (> 0.4) forme un ensemble d'architecture industrielle d'une qualité spatiale certaine. Placés sur un petit replat du terrain alluvionnaire, les bâtiments sont alignés de manière à former une vaste cour ouverte. La construction successive des halles de production, depuis la fin du 19e siècle, la plupart datant de la moitié du 20e siècle et étant couverts d'une toiture en shed, confère aux halles et aux ateliers une composition mouvementée. Un bâtiment administratif haut de trois niveaux dépasse ces halles. Un autre, vaste, mais à un niveau seulement, est venu se placer à l'entrée de la cour formée par les autres édifices. C'est cette place plantée d'un grand arbre qui parachève la cohérence de cet ensemble. Jusqu'à la fin du 20e siècle, le contraste existant entre cet ensemble et le bourg historique valorisait les deux entités sans leur nuire grâce à la bonne distance qui les séparaient. Or depuis, une dernière extension, sur le lieu dit « Pré Monsieur », n'a pas cherché à préserver la qualité de cette relation et la bouleverse profondément, principalement par son positionnement et sa volumétrie.
Les environnements
Le Doubs et ses bords alluvionnaires (> I) sont les éléments marquants du site. Ses rives bordées d'arbres et parsemées de champs invitent à la promenade. La tranquillité de la rivière n'est que légèrement et agréablement troublée par la retenue d'eau qui la contraint à se jeter quelques mètres plus bas et qui permet l'alimentation du petit canal vers le moulin. Bien en aval du bourg, au débouchement de la route depuis le col des Rangiers, la petite chapelle de Notre Dame de Lorette s'élève sur le terrain qui est ici formé par une bande verte plus large. Entourée d'une enceinte, elle est placée au milieu de l'ancien cimetière dont subsistent quelques pierres tombales. Près de lui se dressent les deux pylônes du nouveau pont routier qui entrent en relation visuelle avec le viaduc élancé faisant arrière plan.
Le magnifique pont Saint Jean Népomucène avec la statue du saint patron relie de ses quatre arches en pierre le bourg à la rive gauche. Des prés descendent depuis les hauteurs boisées jusqu'à la rivière (> VII). Quelques fermes pointent ici et là parmi les arbres. Sur ces coteaux sont également dispersées des constructions, pour la plupart des habitations. Elles montrent une évolution progressive et lente allant du milieu du 19e siècle à nos jours (> VI). Ce même développement, cependant plus clairsemé, est perceptible sur les coteaux et sur un replat alluvionnaire de la rive droite en aval du bourg (> VIII), sans entrer en relation visuelle avec le bourg.
Plus près de la vieille ville, une petite vallée étroite est encaissée entres les falaises (> II). Devant la Porte Saint Paul, quelques villas du 20e siècle forment l'amorce d'un faubourg. Une ruelle permet de rejoindre l'Ermitage, chemin de stations avec chapelle et une croix marquant l'entrée de la grotte de Saint Ursanne, ainsi que quelques habitations du 19e siècle et des utilitaires abandonnés. De l'autre côté du bourg, devant la Porte Saint Pierre, les espaces sont plus ouverts. Des prés descendent jusqu'à la route principale (> III) jusque devant quelques bâtiments du 19e siècle le long de cette dernière. Aujourd'hui cette aire sert de parking. Après cet interstice, un alignement lâche d'habitations datant du 20e siècle de styles et de formes divers accompagne la route jusque vers la sortie du site (> IV).
Nous recommandons
Nous qualifions
*** Qualités de la situation
*** Qualités spatiales
*** Qualités historico-architecturales
Qualités de situation prépondérantes par l'insertion du site entre des rochers escarpés au nord et le Doubs, dans cette partie de la vallée qui s'ouvre au sud et à l'ouest sur des monts boisés. Cette implantation caractéristique pour un bourg médiéval, au carrefour de plusieurs passages importants du Jura septentrional, a conservé tout son intérêt grâce à une extension du bâti extra muros encore modeste. Situation accentuée par le viaduc qui semble refermer la vallée débouchant depuis l'est.
Qualités spatiales prépondérantes du bourg par sa densité, par le parcours de ses ruelles rectilignes ou sinueuses, ainsi que par l'espace mouvementé de la place de la collégiale, et par le contraste entre les rues parfois étroites et les places élargissant les espaces. Portes et passages voûtés créant une dynamique très sensible entre les diverses parties du site. Qualités soutenues par le passage harmonieux que sont les trois portes et le pont entre le domaine bâti d'origine et ses extensions extra muros. Les quatre ensembles extérieurs présentent eux aussi une harmonie et une homogénéité spatiale évidente, surtout la petite cité ouvrière d'une régularité et d'une harmonie spatiale rare et le groupement dense de l'usine au bord de la rivière. Aire de la gare impressionnante par sa position à flanc de colline, bien au dessus de la rivière.
Qualités historiques et architecturales exceptionnelles du bourg par sa structure formidablement conservée, ses portes, le pont, la collégiale romane et gothique, les fontaines, les éléments encore visibles des anciennes fortifications, la densité de son noyau, tout comme le caractère féodal et bien conservé des maisons du bourg. Développement industriel des 19e et 20e siècles intégré avec intelligence au site, ce qui permet une lecture particulièrement aisée des étapes de cette évolution. Chacun des ensembles témoignant de ce développement frappe par son individualité, sa cohérence et la permanence de sa qualité architecturale : la cité ouvrière remarquablement préservée, les complexes industriels offrant tout un éventail d'exemples des différentes époques.
Fine zona contenuto