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Pour assurer l’égalité des sexes dans les textes de lois cantonaux en accord avec les dispositions constitutionnelles défendant l’égalité femme/homme, un projet de loi déposé par EàG demande d’adapter l’ensemble des actes législatifs et d’y remplacer les désignations de personnes, de fonctions, de titres ou de métiers formulées au masculin par des formulations épicènes, ou par des doubles désignations féminines puis masculines.
La langue française a été progressivement masculinisée depuis le XIIIème siècle. Auparavant, les noms de métiers étaient féminisés, on parlait ainsi de philosophesse, de médecine, d’autrice, de peintresse, de mairesse ou encore de capitainesse et de lieutenante, etc.
La masculinisation est liée au rôle social considéré comme inférieur de la femme. C’est un processus voulu et conscient de la part des fondateurs de la grammaire moderne qui défendaient le fait que la grammaire française reflète «la supériorité du mâle sur la femelle» (sic!). (Bauzée, 1767). En démasculinisant, on en revient donc à un usage plus ancien de la langue française, davantage égalitaire.
Sur la base du rapport de 1991 d’un groupe de travail mis en place par la Confédération, on préconisera de combiner les doublets, intégraux ou abrégés (p. ex. : les enseignantes et les enseignants, ou les enseignant·e·s), les termes neutres (p. ex. le corps enseignant), voire des formulations nouvelles (p. ex. les personnes qui dispensent des cours à l’école). On peut prendre pour exemple le Canton de Berne dont les lois sont démasculinisées évoquant par exemple dans sa Loi sur la Police «des agents et des agentes de la Police cantonale» mais aussi «le commandant ou la commandante ainsi que son suppléant ou sa suppléante».
«Ce projet de Loi est en rupture avec les pratiques de la Chancellerie, qui se réfère aux règles posées par l’Académie française, organe qui a toujours été aux avant-postes de la masculinisation de la langue» explique Pierre Bayenet, député Ensemble à Gauche. L’égalité passe aussi par là!