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La définition du syndrome métabolique n'a pas fini d'évoluer. Un exemple, parmi d'autres, de la dynamique qui entoure cette notion récente : des chercheurs britanniques ont récemment évalué l'une des définitions de cette condition, celle du National Cholesterol Education Program (NCEP), et ont confirmé qu'elle permet d'identifier efficacement les individus présentant un risque élevé de diabète de type 2 et de maladie coronarienne (Circulation 2003; 108 : 414-9). Or, comme la notion de syndrome métabolique vise précisément à mieux cerner cette galaxie de personnes présentant un haut risque pour ces maladies, la démarche des chercheurs britanniques constitue une validation de la définition.Celle du NCEP utilise cinq variables facilement mesurables : le taux de triglycérides, la concentration de cholestérol HDL, le taux de glucose à jeun, la tension artérielle et le tour de taille. Lorsque trois de ces cinq variables sont hors d'intervalles spécifiés, le syndrome est présent. Les chercheurs britanniques ont évalué le caractère prédictif de cette définition en utilisant des données de la West of Scotland Coronary Prevention Study. Pour donner la mesure de leur échantillon, le sous-groupe de participants utilisé pour mesurer le risque de diabète comptait environ 6000 hommes.Résultats : une forte corrélation entre le syndrome métabolique ainsi défini et les risques de diabète de type 2 ou de maladie coronarienne. Le risque étant très fortement augmenté chez les individus répondant à plus de trois critères. Parmi les hommes répondant à quatre critères ou plus, le risque de diabète est 24 fois plus élevé que dans la population générale.«La définition du syndrome métabolique est en pleine évolution, confirme Daniel Hayoz, professeur associé à la Division d'hypertension et de médecine vasculaire du CHUV. Les critères sont très variables et s'inspirent au minimum de deux définitions non concordantes, celle de l'OMS et celle qu'a proposé un groupe d'experts du National Cholesterol Education Program (NCEP) américain, connue sous l'acronyme "ATP III". L'objectif étant de trouver le moyen le plus simple possible de déterminer si un individu donné appartient à la population à risque. On se dirige vraisemblablement vers une définition à partir du seul profil lipidique, plus simple encore que celles qui ont cours aujourd'hui.»Les chercheurs voient déjà plus loin. «Toutes les personnes répondant à la définition du syndrome métabolique ne vont pas développer un diabète, poursuit le spécialiste. Si l'on entend appliquer à tous les règles de bonne pratique, il faudra pouvoir davantage cibler les traitements préventifs. Raison pour laquelle beaucoup de groupes travaillent sur de nouveaux tests, susceptibles d'identifier, parmi les personnes présentant un syndrome métabolique, celles qui ont de grands risques de diabète. Nous travaillons au niveau des altérations artértielles, d'autres groupes explorent la voie moléculaire ou métabolique. D'ici cinq ans, on devrait disposer des premières indications.»Dans cette perspective, les chercheurs comme les praticiens auront de plus en plus besoin d'une définition très simple du syndrome métabolique, condition qui justifiera des tests plus poussés. On semble ainsi se diriger vers un modèle à plusieurs niveaux de dépistage, chacun permettant, par des examens plus pointus, d'identifier avec une spécificité croissante les individus réellement à risque.A moins qu'on applique l'approche plus classique de la prévention primaire, qui fait également l'objet de nombreuses recherches. Exemple : la vaste étude Navigator, financée par Novartis, qui cherche à évaluer l'efficacité d'un traitement à long terme, associant un bloqueur des récepteurs de l'angiotensine II (valsartan) et un antidiabétique (nateglinide), pour prévenir l'apparition de diabète dans une population prédisposée.