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La vision d’un milliardaire égyptien de construire le plus grand centre touristique de Suisse a transformé le paysage d’Andermatt et la vie de ses habitants. Deux photographes rappellent dans un livre le passé modeste de la région.
La station devait être différente des autres destinations alpines: plus de luxe, jusqu'à six hôtels de premier ordre, 500 appartements et même un centre de congrès avec une piscine couverte. Une «suite grand luxe» à l’hôtel ChediLien externe, qui a ouvert ses portes en 2013, vous coûtera dans les 1700 francs par nuit, selon la saison.
À ce jour, près d’un milliard de francs ont été investis et la station située dans le canton d'Uri n’est pas encore complètement achevée.
Une histoire militaire
En 2004, l'armée suisse a été réduite, entrainant la fermeture de plusieurs centres de formation spécialisés, à Andermatt notamment. Pendant des décennies, l'armée avait été une source de richesse pour le village de la vallée de l'Ursern, dans le canton d’Uri, entre les cols de l'Oberalp, de la Furka et du Gothard, et donnait du travail à 200 employés. La seule autre activité était l'agriculture et quelques petites entreprises. Andermatt avait besoin de se renouveler.
Développements controversés
En 2005, le milliardaire égyptien Samih Sawiris a été invité à investir dans ce village à court d'argent. Un an plus tard, le ministère de la Défense a vendu des lots de terrain qu’elle occupait à Andermatt pour 10 millions de francs à la Korporation UrsernLien externe, une ancienne communautéLien externe devenue société de droit public composée de tous les citoyens de la vallée qui s'étend sur les trois municipalités d'Andermatt, Hospental et Realp.
Les habitants ont très largement décidé de confier leur destin à l’Égyptien. Plus de 90% de la population a accepté son projet en 2007.
e projet touristique avait suscité une certaine résistance de la part des agriculteurs jusqu'à ce que Sawiris les persuade de se séparer de leurs terres. Avec le recul, le projet a dû paraître trop beau pour être vrai: un milliardaire débarque de «nulle part», promettant un avenir sans souci financier. Un ancien résident de l’armée à la retraite s’est plaint de l’insuffisance des logements abordables pour la population locale. On craignait que l’armée ne vende la terre qu’à un prix inférieur à sa valeur, et que sans cela, Samih Sawiris n’aurait jamais été intéressé.
Documenter Andermatt
Les photographes Franca Pedrazzetti et Beat Brechbuehl ont décidé de documenter la transformation d’Andermatt et de faire la chronique de ces modifications sous la forme d’un livre intitulé «Andermatt im Umbruch, vom Waffenplatz zum LuxusresortLien externe», de Robert Kruker et Verena Meier. swissinfo.ch a choisi une sélection de ces images.