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Quel visage pour le quartier du Port
Le site de la commune de Vevey rend compte du débat (voir aussi le procès-verbal de la séance) qui s'est déroulé lors du Conseil communal du 30 août à propos de la vente d'une parcelle appartenant à la commune sur le quai Perdonnet (n°2256). L'objet en tant que tel était de peu d'importance (surface d'une demi-salle de classe comme le souligne l'animateur du site communal), et la discussion prenait son sens comme prélude à celle qui aura lieu sur la parcelle voisine, celle dite «du pêcheur».
D'une part parce qu'il y a un certain nombre de bons arguments pour maintenir à cet endroit une activité artisanale et traditionnelle. Mais surtout, à nos yeux, parce que par ricochets le sort de cette parcelle risque fort de déterminer le visage futur de cette partie de la ville.
Ce quartier entre les rues Clara Haskil, d'Italie et le quai Perdonnet est régi par un Plan partiel d'affectation élaboré dans les années 80, mis à l'enquête en 1988 et approuvé par la majorité du Conseil communal en 1990. Le refrain de la Municipalité de l'époque était le «front de quai» et consistait à afficher face au lac un ensemble cohérent et continu de constructions. Cette conception se concrétise dans «l'élévation de principe» ci-dessous, à comparer avec l'état actuel où une bonne partie dudit front n'est pas construit (voir en plus grand).
Une vingtaine d'années après son élaboration, cette vision est-elle toujours valable ? Telle est la question qu'il faudrait se poser, que la Municipalité aurait dû se poser, avant la vente de cette insignifiante parcelle 2256, et surtout avant de faire part, dans le préavis débattu le 30 août au Conseil communal, de son intention «de mettre en vente la parcelle communale n°595 [dite du pêcheur] par appel d'offre».
Cette formulation («par appel d'offre») indique a priori que la Municipalité ne va pas contrarier «le libre jeu du marché» et faire jouer une volonté politique. Dans le cadre d'enchères au plus offrant, il serait fort étonnant que l'emporte un acheteur qui n'a pas l'intention de rentabiliser son investissement et de ne pas construire ! Ce serait donc la voie ouverte à la réalisation du PPA de 1990.
A notre avis ce PPA est d'un autre âge. Il vaut la peine de réfléchir à une autre structuration du quartier, laissant des échappées sur le lac aux bâtiments construits sur la rue d'Italie, et favorisant des espaces de détente en lien avec le port. Un révision du PPA serait possible, mais pas obligatoirement nécessaire: la concertation entre propriétaires, associée à l'affirmation d'une volonté politique dans ce sens, pourrait aboutir au même résultat, par exemple par un système de servitudes mutuelles imposant des limitations aux constructions.
(6 septembre 2007)
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