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Ces dernières années, d’importantes réserves de pétrole ont été découvertes en différents lieux d’Afrique. Si cet “or noir” représente bien une opportunité de croissance économique, les citoyens de l’Afrique subsaharienne tout autant que les experts partagent les mêmes craintes : que les retombées pétrolières ne profitent pas aux populations locales et, plus grave encore, que le pétrole ne devienne véritablement une malédiction.
“Il est courant que les pays producteurs de gaz et de pétrole négocient des accords de contenu local avec les compagnies pétrolières internationales intéressées afin de s’assurer d’une part financière plus élevée dans les projets gaziers et pétroliers. Cette tendance résulte de la prise de conscience par les pays riches en ressources de leurs faibles performances économiques en dépit de leurs immenses richesses.”
Prenant pour exemple le Ghana, elle explique ceci :
“Parmi les mesures prises pour mettre en place un plan de production de gaz et de pétrole, un projet de loi intitulé “Projet de loi pour la mise en place d’une autorité de régulation du pétrole ghanéen” (GPRA) a été publié en octobre 2008. (…) Les sections 100 à 105 inclue de ce projet de loi traite de la promotion du contenu local mais plus particulièrement de l’implication de la compagnie pétrolière nationale, de la fourniture de biens et de services par les entrepreneurs locaux tout autant que de l’emploi et de la formation des Ghanéens.”
En 2010, un programme politique de contenu local a été adopté par le Ghana mais il doit encore être approuvé par le Parlement. Ce programme est à présent plus urgent que jamais car trouver un emploi est la préoccupation majeure d’un nombre toujours croissant de Ghanéens.
“Le pétrole rapporte quantité d’argent et entraîne chez beaucoup, bien sûr, une forte attente en termes d’emplois bien rémunérés. Le problème, c’est que cette industrie – du moins telle qu’elle existe actuellement au Ghana – ne génère pas beaucoup de travail. (…) Il nous faut attendre d’avoir plus de détails sur la manière dont le gouvernement pense étoffer le contenu local et augmenter sa participation, ce qui est chose plus facile à dire qu’à faire. Formation, éducation, quotas, régulation, amendes, impôts, incitations sont les différentes options dont dispose le gouvernement dans le traitement de cette question.”
L’Ouganda est en train d’effectuer la même démarche, à savoir l’adoption d’une politique de contenu local, ainsi que l’a expliqué le site In2EastAfrica :
“L’Ouganda veut une politique de contenu local forte dans ce contexte industriel naissant d’exploitation de gaz et de pétrole afin que ses citoyens gagnent en qualification et en compétitivité. Il essaie ainsi de s’assurer des retombées en termes de revenus et d’éviter la malédiction du pétrole.”
En effet, éviter la malédiction du pétrole est chose importante en Ouganda, notamment si cela peut contribuer à empêcher l’émergence de nouvelles figures à l’image de Joseph Kony [en français]. Le pétrole a, après tout, été découvert dans le nord-ouest, près de la frontière de la République démocratique du Congo, épicentre justement d’un conflit qui a duré 30 ans et a été mené par ce même Joseph Kony, chef de l’Armée de Résistance du Seigneur. Une politique de contenu local pourrait donc créer de l’emploi pour les populations locales et les détourner du sentier de la guerre.
Pour ce qui est du Kenya, où du pétrole a été trouvé en tout début de cette année, le réseau social Local Development Network of Africa (Réseau de développement local de l’Afrique) demande sur Twitter :
Günther Schulze, professeur d’économie à l’Université de Fribourg en Allemagne, ajoute une autre perspective sur World Bank blog, le blog de la Banque mondiale :
“Le plus grand défi – mais assurément le plus important – est de construire et de conserver de bonnes institutions. (…) La transparence sera le levier le plus puissant pour rendre des comptes. Si les Kenyans connaissent avec exactitude la quantité de pétrole produite, le montant des royalties payées par les compagnies pétrolières, ce sera alors déjà un pas important dans la bonne direction. (…) La puissante société civile du Kenya et les secteurs de la création, en particulier dans le domaine des Technologies de l’Information et de la Communication, peuvent jouer un rôle important dans le contrôle des flux de revenus pétroliers et proposer des solutions sur comment bien dépenser l’argent. Si cette ressource naturelle qu’est le pétrole peut s’avérer être une vraie malédiction, peut-être pourrait-elle alors se transformer en une bénédiction.”
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