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Questa in internet è una versione abbreviata del testo originario in francese, elaborata per l'occasione della Giornata Europea del Patrimonio anno 2000. Alcune foto fanno parte del primo rilevamento del 1981.
Légende et développement historique
Situé au bord d'une rivière poissonneuse, dans une vallée ensoleillée et protégée des vents du nord, l'endroit - qui correspondait au carrefour de plusieurs passages importants du Jura septentrional - a dû être habité dès la plus haute antiquité, comme l'attestent les tombes gallo-romaines du cloître. Le site actuel doit son origine au moine irlandais Ursicinus qui s'était établi dans la contrée, où il mourut vers 610. D'après la légende, cet ermite aurait vécu dans la grotte située à l'ouest des ruines du château et dont l'accès est marqué par une chapelle. Autour de l'abbaye, fondée au 7e siècle sur la tombe du saint, se constitua une petite ville fortifiée.
Dépendance de l'abbaye de Moutier-Grandval dès le 8e siècle, la communauté monastique de Saint-Ursanne releva probablement du diocèse de Besançon avant de passer sous l'autorité de l'évêque de Bâle entre 1096 et 1120. A cette occasion, le monastère fut transformé en un chapitre de chanoines séculiers. L'église conventuelle céda alors la place à la collégiale qui fut commencée vraisemblablement dans le dernier quart du 12e siècle. Le chapitre fut dissous à la Révolution en 1793.
En 1403, un incendie détruisit partiellement Saint-Ursanne. Par la suite, une "ville neuve" vint agrandir la bourgade au nord-est et l'enceinte de la cité fut reliée aux fortifications du château. En 1558, un nouvel incendie anéantit une partie de la collégiale et la moitié du bourg.
Bâti sur l'emplacement d'une spécula romaine, le château était le siège du bailli épiscopal et servait occasionnellement de résidence à l'évêque de Bâle. Occupé par les Français pendant la guerre de Trente Ans, puis de nouveau à la fin du 18e siècle, il fut vendu et démoli au 19e. Ses pierres ont servi à transformer les forges de Bellefontaine et une filature à Saint-Ursanne.
Changements au cours du 19e et 20e siècle
L'agriculture, l'élevage du bétail, le commerce du bois et la pêche constituaient les activités principales des habitants de Saint-Ursanne. Au 18e siècle, de nombreux moulins étaient exploités en amont et en aval du bourg. Puis la ville diversifia considérablement son industrie au 19e: importantes scieries, fonderie, clouterie, horlogerie.
L'exploitation des pierres calcaires a laissé d'importantes galeries et une grande excavation visible dans la montagne.
L'ouverture de la ligne ferroviaire Delémont-Delle et la construction de la gare de Saint-Ursanne en 1887 donnèrent un nouvel élan au développement industriel de la petite ville. En 1917, cette évolution rendit nécessaire la construction d'une cité ouvrière à l'est du bourg, sur la rive gauche du Doubs, qui compte parmi les premiers exemples de ce type d'habitat dans la région.
Au 19e siècle, le bâti commença à se développer en amont du bourg, le long du Doubs et sur la route qui conduit à la gare.
Dans la deuxième moitié du 20e siècle, les constructions se sont dispersées sur les coteaux situés au sud et à l'ouest du bourg. Dernièrement, un quartier de maisons individuelles s'est blotti dans une légère dépression, sans relation visuelle avec le noyau historique du site.
Le bourg médiéval, un bijou magnifiquement préservé (plan > 1)
Implanté à l'endroit où la vallée très encaissée marque un coude à angle droit, le bourg médiéval est étroitement délimité par des roches escarpées au nord et le cours du Doubs au sud. Présentant un contour clairement défini, il apparaît comme une entité extrêmement compacte. Son tissu (> 1) se déploie le long de la rue principale - la rue du 23-Juin - qui relie la monumentale porte Saint-Pierre (> 1.0.13) à la porte Saint-Paul plus discrète (> 1.0.5). Rectiligne dans sa partie nord-est, cette épine dorsale (> 1.0.12) se courbe dans sa moitié sud-ouest où elle se métamorphose en une succession de petites places (> 1.0.2) devant la collégiale.
Ouvrant une brèche vers le sud, une ruelle mène à la porte Saint-Jean qui donne accès au pont du 18e siècle (> 0.0.25). Celui-ci jette ses quatre arches en pierre sur la rivière et se raccorde à la route du Clos-du-Doubs.
D'un style marquant la transition du roman au gothique, la collégiale (> 1.0.3) est célèbre par son portail sud qui s'apparente à la Galluspforte de la cathédrale de Bâle. Sa masse cache le cloître et un ancien pensionnat du 19e siècle (> 1.0.4) - une longue et sobre bâtisse - qui définissent l'angle nord-ouest du bourg.
Une grosse tour carrée, qui a remplacé au 15e siècle une tour romane écroulée, lui donne un aspect plutôt austère. Le parvis de l'église forme le cœur de la structure concentrique qui caractérise cette partie du bourg, la plus ancienne de Saint-Ursanne. Il est délimité par quelques édifices d'origine patricienne de la fin du 16e siècle et par l'Hôtel de Ville (> 1.0.6).
Une fontaine (> 1.0.7), surmontée d'une statue de saint Ursicinus, et un double alignement de tilleuls, plantés sur l'emplacement d'un ancien cimetière, meublent cet espace particulièrement animé et expressif.
Des passages aménagés dans les rangées compactes des bâtiments d'aspect souvent modeste, des portes cintrées et des échappées sur les ruelles curvilignes du noyau d'origine caractérisent la partie sud-est du bourg. Ce quartier, appelé "ville neuve", présente une trame orthogonale clairement subordonnée à la rue principale qui manifeste sa prééminence par des maisons comptant généralement trois niveaux et flanquées parfois de tourelles d'escalier.
L'angle sud-est du bourg, probablement jamais entièrement construit, est désormais occupé par des bâtiments qui se distinguent de la substance historique, notamment une salle de sport et de spectacle (> 1.0.10), ainsi qu'un bâtiment administratif et locatif d'un style mimétique (> 1.0.9).
Absorbées par les maisons mitoyennes au cours des siècles, les murailles n'ont conservé leur forme initiale qu'à de rares endroits. Le reste le plus visible (> 0.0.32) est celui qui gravit la pente abrupte vers les ruines du château.
Des extensions extra-muros présentant également un grand intérêt (plan > 0.1 - 0.4)
La porte Saint-Pierre sitôt franchie, le bâti se déploie le long de la route des Rangiers qui suit le Doubs et le long de la route qui s'élève en écharpe vers la gare.
En marge de la rivière, le "Moulin Grillon" (> 0.2) regroupe des bâtiments industriels et artisanaux du 19e siècle, alignés sur un canal. Bien que désaffectées ou abandonnées, ces constructions forment un ensemble bien préservé, qui se prolonge en amont par une retenue d'eau.
Pavée et bordée d'arbres, la route (> 0.0.35) qui monte au quartier de la gare se présente comme une promenade d'où le site se dévoile dans sa globalité.
La plate-forme de la gare (> 0.1.14), à proximité du viaduc (> 0.0.37) qui enjambe la vallée, résulte en partie d'une excavation dans la roche.
Dans l'ensemble de l'usine Thecla (> 0.4), la juxtaposition successive des halles de production et des ateliers - pour la plupart à toiture en shed - a donné à l'espace une configuration mouvementée, mais de qualité. Cependant, la dernière extension (> 0.0.47) n'a pas cherché à préserver l'effet de contraste entre ce bel ensemble d'architecture industrielle et le bourg historique.
La cité ouvrière de 1917 (> 0.3) regroupe quatorze maisonnettes alignées d'une manière rigoureuse de part et d'autre d'une ruelle pavée. Alors que les deux rangées encadrent la rue avec étroitesse, des jardins aménagés à l'arrière des habitations cernent l'ensemble. En maçonnerie et couvertes d'un toit à pans coupés, les maisons sont prévues chacune pour deux familles.
Les environnements
L'implantation récente du quartier résidentiel de Rière Vasou est une réponse intéressante aux besoins futurs des habitants de Saint-Ursanne. Jouant un rôle prépondérant, le Doubs - contenu entre des rives de largeur variable - relie les différentes entités entre elles. Le petit vallon (> II) à l'ouest du bourg et la pente abrupte (> III) au pied des ruines du château garantissent la parfaite lisibilité du noyau en tenant à distance la forêt et les extensions du 20e siècle situées à l'est (> V).
Nous recommandons
Nous qualifions
*** Qualités de la situation
*** Qualités spatiales
*** Qualités historico-architecturales
Qualités de la situation
Inséré entre le Doubs et les rochers escarpés qui le dominent au nord, Saint-Ursanne occupe une situation prépondérante au fond de la vallée qui s'ouvre au sud et à l'ouest sur des monts boisés. Cette implantation stratégique, typique d'un bourg médiéval, a gardé tout son intérêt grâce au caractère modeste des extensions extra-muros.
Qualités spatiales
Le bourg présente des Räumliche Qualitäten prépondérantes en raison du tracé rectiligne ou sinueux de ses ruelles, de l'enfilade mouvementée des places devant la collégiale et de la dynamique créée par les passages voûtés entre les diverses parties du site. Les trois portes ménagent, avec le pont, une transition harmonieuse entre le tissu d'origine et ses extensions. D'une individualité frappante, les quatre ensembles extra-muros possèdent également une homogénéité spatiale évidente.
Qualités historico-architecturales
Outre le caractère féodal et bien conservé des maisons du bourg, Saint-Ursanne révèle des qualités historiques et architecturales prépondérantes grâce à ses portes de ville, à la collégiale, aux fontaines et aux éléments encore visibles de l'ancien château. Le développement industriel du 19e et 20e siècle s'est inscrit avec intelligence et mesure dans le site, ce qui permet une lecture particulièrement aisée des étapes de son évolution.
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