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Pierre Vanek :
Serge Prêtre, patron de la sûreté nucléaire helvétique, a écrit la prose effrayante ci-dessous dans une « lettre ouverte », publiée le 19 septembre 1990 dans la revue Ingénieurs et architectes suisses (No 20) :
« Donc, pour arriver à une pollution radioactive de la planète qui soit vraiment sérieuse, il faudrait que la radioactivité artificielle puisse au moins concurrencer la radioactivité naturelle. Et pour obtenir cela, il faudrait produire au moins un Tchernobyl par mois pendant plusieurs années. Et on se situerait encore en deçà de la pollution traditionnelle actuelle de notre biosphère. »
Un Tchernobyl ça va, un Tchernobyl par mois pendant des années, pas vraiment de dégâts... Inquiétant, non ?
Fin juin, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) dépendant de l’OCDE publiait un rapport sur la politique énergétique suisse « exhortant » (c’est le terme de son communiqué) notre pays à « aller rapidement de l’avant en ce qui concerne l’ouverture à la concurrence des secteurs du gaz naturel et de l’électricité », mais vantant simultanément la production électronucléaire suisse pour sa contribution à la diminution de rejets de CO2 (sans prendre en compte bien entendu la production massive de déchets radioactifs mortels pour des générations), louant la gestion « efficace » du parc nucléaire helvétique et plaidant pour le maintien de l’option nucléaire en affirmant que le fait d’entamer des discussions sur la date de fermeture des centrales existantes ne saurait empêcher la construction de nouvelles centrales à l’avenir.
Pierre Vanek