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Si un accident nucléaire survenait en Suisse, les plans d'urgence de la Confédération seraient insuffisants pour protéger la population. C'est ce qui ressort d'une étude des défenseurs de l'environnement qui veulent remettre la sortie du nucléaire à l'agenda.
L’étude a calculé l'effet potentiel d’une catastrophe nucléaire sur la santé des habitants des environs. L'accent a été mis sur l’incidence de la météo et du relief sur le mouvement d'un nuage radioactif.
Cette animation montre comment les conditions météorologiques du 19 janvier 2017 auraient façonné les suites d'un accident survenu au réacteur de Gösgen entre Berne et Zurich.
L'étude a été menée par Frédéric-Paul Piguet, de l'Institut BiosphèreLien externe, un centre de recherche interdisciplinaire basé à Genève. M. Piguet et son équipe ont examiné le risque d'accident dans les quatre centrales nucléaires de Suisse. Ouvert en 1969 dans le nord du pays, Beznau I est même le plus ancien réacteur nucléaire en service dans le monde.
L'équipe de recherche a utilisé les conditions météorologiques tout au long de 2017 pour calculer les retombées d’une explosion de chacun des quatre réacteurs pour conclure que 16 à 24 millions d'Européens seraient touchés par une fusion nucléaire en Suisse, qui compte elle-même 8,5 millions d'habitants.
Ils estiment que 12’500 à 31’100 personnes mourraient des suites d'un cancer et de problèmes cardiaques causés par les radiations. En plus de cela, il y aurait d'autres problèmes de santé, comme des maladies génétiques et la stérilité.
Selon l'étude, le temps humide doublerait presque le nombre de maladies graves liées aux rayonnements. En 2017, il y a eu 36 jours de «mauvais temps».
L'association des exploitants de centrales nucléaires suisses, swissnuclearLien externe, estime que «les centrales nucléaires suisses ont été conçues, construites et régulièrement modernisées de manière à pouvoir faire face aux accidents graves», tout en qualifiant la situation décrite dans l'étude d' «événement irréaliste».
«Grâce à des systèmes de sécurité multiples et indépendants, il est extrêmement improbable qu'un accident grave se produise», insiste swissnuclear. Les centrales nucléaires suisses sont contrôlées par l'Inspection fédérale de la sécurité nucléaireLien externe.
En 2017, les Suisses ont voté en faveur de l'arrêt progressif de l'énergie nucléaire et l'interdiction de construire de nouvelles centrales nucléaires. Environ 32% de la production suisse d'électricité est d'origine nucléaire.
Traduit de l'anglais par Frédéric Burnand