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La réforme de l’Organisation des Nations unies, l’ONU, n’a que trop tardé
En octobre, de nombreux députés et des représentants de diverses organisations de plusieurs pays se réuniront à Bruxelles pour examiner un projet déjà ancien et exiger sa réalisation, à savoir la création d’un Parlement des Nations unies, de l’ONU. Un tel parlement donnerait à l’ONU une légitimité démocratique; en outre, il traiterait les problèmes qui se posent sur le plan supra-national et arrêterait les mesures à prendre. L’ONU a encore une structure absurde. Le Conseil de sécurité où sont représentés cinq états membres disposant d’un siège permanent et dix autres disposant d’un siège temporaire, a beaucoup plus de compétences que l’Assemblée générale de l’ONU. En outre les cinq membres permanents, à savoir la Chine, les Etats-Unis d’Amérique, la France, la Grande-Bretagne et la Russie, disposent du droit de veto. Chacun d’eux peut empêcher le Conseil de sécurité et l’Assemblée générale de prendre une quelconque décision.
Un parlement, pourquoi faire?
Un Parlement de l’ONU résoudrait les problèmes résultant des rapports de force anachroniques au sein de l’organisation. Comme il est écrit sur le site du Comité pour une ONU démocratique, une assemblée parlementaire de l’ONU permettrait aux citoyens des états membres de l’organisation de se sentir impliqués dans les négociations et la prise de décisions au niveau mondial par l’élection de députés les représentant, auxquels reviendrait la tâche de contrôler de façon impartiale la bureaucratie des organisations internationales.
Le droit de veto se fonde sur les rapports de force à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Les états ayant remporté la victoire en Europe et dans le Pacifique avaient la puissance militaire nécessaire pour se réserver ce privilège. A l’époque cela pouvait à la rigueur se comprendre. Mais actuellement, presque septante ans s’étant écoulés depuis, de tels privilèges ne sont plus acceptables, d’autant moins qu’ils empêchent régulièrement des actions collectives destinées à sauvegarder la paix. L’Assemblée générale doit non seulement se soumettre, elle a même peur de prendre des décisions qui pourraient être annulées par un veto, car les états membres de l’ONU ne veulent pas se brouiller avec les cinq membres permanents du Conseil de sécurité, tous détenteurs de l’arme atomique. Ils craignent d’être désavantagés sur le plan commercial ou juridique (comme c’est le cas de la Suisse) et dans d’autres domaines.
La réforme de l’ONU ne se fera pas “d’en haut”
Mais comment l’ONU peut-elle être réformée, si les privilégiés s’y opposent? Il ne faut pas s’attendre à des changements rapides. Mais ce n’est pas une raison pour se taire. Les cinq puissances détentrices du veto doivent s’apercevoir qu’elles ne sont plus admirées et honorées, mais surtout craintes et même méprisées par certains pays.
Les fédéralistes mondiaux de Suisse seront aussi représentés à Bruxelles et contribueront ainsi à renforcer la demande visant à la création d’un Parlement de l’ONU.
Beaucoup de Suisses se diront: Tout cela est utopique, il ne vaut pas la peine de s’engager à cet effet. Il n’est pas interdit de penser ainsi, bien qu’il soit regrettable que les gens enterrent leurs espoirs et se résignent. Mais il convient surtout d’en tirer une conclusion différente. Si un Parlement mondial semble trop lointain, pourquoi ne s’engage-t-on pas au moins sur le plan européen afin de trouver des solutions communes? Les états membres de l’Union européenne ont en effet réussi à empêcher, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, un nouvel embrasement de l’Europe. Cela ne va pas de soi Car l’idée de l’état national portée à ses conséquences extrêmes au 19e siècle, a surtout provoqué de nombreux conflits qui ont causé des millions de morts, sans compter les blessés, les disparus et toutes les autres personnes affectées par d’innombrables souffrances.
Il était grand temps d’adhérer à l’ONU
La Suisse a décidé d’adhérer à l’ONU le 3 mars 2002, avec 54,6 pour cent des votes exprimés. Ce n’était pas un acte héroïque. La Suisse n’était que le 190e état à le faire. Il n’y a plus d’état reconnu universellement qui ne soit pas membre de l’organisation, exception faite de l’Etat de la Cité du Vatican, au statut très particulier. Mais pourquoi la Suisse refuse-t-elle de se joindre à une grande communauté de pays en Europe ou même de discuter publiquement de l’adhésion à l’Union européenne?
Il existe malheureusement dans chaque pays des groupes et même des partis politiques qui veulent s’assurer le soutien de la population en jetant l’anathème sur tout ce qui est étranger. L’Histoire nous montre où peuvent mener de tels mouvements nationaux-conservateurs, généralement populistes, s’ils deviennent trop puissants. Ils ont provoqué de nombreux conflits sanglants jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. C’est encore le cas hors d’Europe. Ce qui ne signifie pas que des mouvements populistes de gauche ne peuvent pas eux aussi être cause de guerre. Mais un élément nationaliste est presque toujours présent dans ces cas également.
Adopter des règles internationales ne signifie pas centraliser!
Les fédéralistes mondiaux de Suisse sont – comme l’indique leur nom – des fédéralistes. Ils ne veulent pas que tout soit l’objet d’une règlementation centralisée. Dans une société politique, les règles de la vie collective doivent être fixées au niveau approprié, à savoir les communes, les cantons, les états. Mais il y a un grand nombre de problèmes qui doivent faire l’objet d’une règlementation internationale, pour lesquels on a besoin de conditions-cadres valables pour de grandes régions du monde, voire pour le monde entier. Les conflits frontaliers par exemple se sont multipliés ces dernières années, notamment suite à la découverte de ressources pétrolières, et ont gagné en intensité. Des organes internationaux sont nécessaires pour empêcher de nouvelles guerres. L’UE par exemple a montré qu’il est possible d’empêcher des guerres.
S’engager! Ou tout au moins soutenir ceux qui s’engagent
Celui qui est assis au soleil sur son balcon ou dans son jardin cet été ne veut peut-être pas se voir confronté à ces problèmes. Il est d’autant plus important que d’autres s’engagent pour traiter ces questions. Il est tout aussi important que ceux qui ne veulent pas s’occuper quotidiennement de ces problèmes apprécient que des personnes s’engagent – et pour cette raison adhèrent aux “Fédéralistes mondiaux de Suisse” et payent leur cotisation à notre association.