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Clairvoyance de l’utilité et de la désirabilité sociales dans les situations d’évaluation
Fabien Desponds a obtenu une licence en psychologie (2003), un DEA en psychologie sociale (2005) et un doctorat ès sciences sociales (2011) à l’Université de Lausanne. Il est actuellement conseiller en personnel à la Ville de Lausanne. Sa thèse a été menée sous la co-direction du Jean-Claude Deschamps, professeur à l’Université de Lausanne et Pascal Pansu, professeur à l’Université Pierre-Mendès-France à Grenoble.
Le concept de clairvoyance normative (Py & Somat, 1991), qui a vu le jour dans la continuité des études sur la norme d’internalité (Beauvois, 1984), traduit la connaissance du caractère normatif ou contre-normatif d’un type de comportements ou de jugements. Un certain nombre de recherches semble alors attester que la clairvoyance normative participe de l’obtention d’une évaluation positive. Toutefois, ces différentes recherches font toutes fi de l’idée selon laquelle il existerait deux dimensions de la valeur sociale : l’utilité sociale et la désirabilité sociale. La prise en compte de ces deux dimensions, surtout si l’on admet que les normes sociales ne renvoient pas toutes à la même dimension (voir par exemple Dubois, 2005), vient alors quelque peu compliquer le modèle liant clairvoyance normative et évaluation positive car elle suggère que la clairvoyance de certaines normes aidera avant tout à être bien évalué sur le plan de l’utilité sociale, alors que la clairvoyance d’autres normes favorisera davantage une évaluation positive sur le plan de la désirabilité sociale.
Ces réflexions ont été à la base de ce travail de thèse et ont conduit à la réalisation d’une première étude. Quelques résultats inattendus m’ont cependant incité par la suite à reconsidérer la pertinence de rattacher la notion de clairvoyance à certains types de contenu (internalité, autosuffisance, etc.), ce qui m’a amené à la proposition de deux nouvelles notions : la clairvoyance de l’utilité sociale et la clairvoyance de la désirabilité sociale.
C’est dans l’optique de valider cette proposition que deux nouvelles études ont été réalisées. Si celles-ci appuient dans leur ensemble l’idée selon laquelle les clairvoyances de l’utilité et de la désirabilité sociales seraient des indicateurs plus performants d’une évaluation sociale positive que ne le seraient les clairvoyances des normes sociales de jugement, elles n’ont néanmoins pas manqué de soulever de nouvelles questions. Cela m’a ainsi mené, dans un troisième temps, à m’interroger sur ce qui détermine la valeur en jeu dans une situation d’évaluation. Les trois dernières études ont été construites dans ce dessein et ont permis, en conclusion de ce travail, d’étayer la thèse selon laquelle la clairvoyance de la valeur sociale des jugements ne permettrait l’obtention d’une évaluation positive que si celle-ci va de pair avec une certaine clairvoyance de la valeur sociale des éléments constitutifs de la situation d’interaction.