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La seconde décennie du vingt-et-unième siècle est en train de terminer et il serait utile que l’ensemble des parties prenantes en tire des leçons afin d’en faire bon usage pour le bien commun dans les années à venir.
La pandémie éclatée au début de cette année sur le plan global est seulement le dernier événement en date d’une série d’événements dramatiques pour une partie importante de la population, qui a souffert et continue de souffrir à cause de choix (privés et publics) orientés à satisfaire l’intérêt d’une petite minorité de personnes – très influentes au niveau économique ainsi que sur le plan politique.
Le premier événement ayant marqué le début de ce siècle est la crise financière globale – éclatée au début de l’automne 2008 suite à la mise en faillite aux États-Unis de Lehman Brothers, une banque d’investissement dont le modèle d’affaires était basé sur la privatisation des profits et la socialisation des pertes. Étant donné que cette banque était exposée aussi vers les institutions financières en Europe, sa mise en faillite a touché le Vieux continent, en particulier la zone euro – où les banques en France et Allemagne ont montré toute leur fragilité sur le plan financier. De là a éclaté la crise de l’Euroland, qui a révélé de nombreuses faiblesses structurelles de l’Union monétaire européenne et que les partisans du néo-libéralisme ont erronément défini comme étant une crise de la « dette souveraine », attribuant ainsi la faute à l’État pour chercher à ne pas focaliser l’attention sur les aspects problématiques du libre marché.
La globalisation et la financiarisation des activités économiques (deux phénomènes qui ont pris de plus en plus d’ampleur dès les années 1980) ont poussé vers l’abîme le système économique actuel, qui était déjà très affaibli sur le plan structurel avant l’apparition du nouveau coronavirus (Covid-19) au début de cette année. Ces deux stratégies de management (à savoir, la minimisation des coûts au-delà de toute limite raisonnable et la maximisation de la valeur actionnariale de l’entreprise, au détriment de l’investissement dans la production) ont permis la diffusion du Covid-19 à l’échelle mondiale – tuant les personnes les plus faibles (ce qui a rendu service au sommet de la pyramide sociale).
Le dernier épisode dramatique de ces vingt premières années du siècle courant concerne les choix publics pour faire face à la crise économique suite à la pandémie.
Au lieu de prendre en main la situation de manière compétente et déterminée, afin de préserver la santé publique et contribuer de cette manière au fonctionnement ordonné du système économique, les autorités politiques, en Suisse davantage qu’ailleurs, ont une fois de plus donné la priorité aux intérêts d’une petite minorité de personnes. Les gouvernements nationaux ont ainsi aggravé la situation, tant sur le plan sanitaire que sur celui économique.
Si la politique et l’économie ne changent pas de route, la prochaine décennie sera pire que celle qui est en train de se terminer.