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Un peu d'histoire
Il y a bien longtemps…
En l’an de grâce 1222, j’apparais dans le pouillé de l’Evêché de Lausanne sous le nom de paroisse de Villaret (le pouillé était le registre dans lequel on écrivait les actes concernant les églises et la description de leur bien). C’est vraisemblablement la première fois que j’existe officiellement dans un texte écrit.
Mon nom est sans doute formé de « Villare » et de «Territorium ». Et des Villars, vous en connaissez sûrement (il y a 13 villages ainsi désignés rien que dans le canton de Vaud). C’est vrai que c’est un nom qui n’est pas rare, puisqu’il provient du latin « villa » qui désignait une grande exploitation agricole gallo-romaine couvrant parfois une centaine d’hectares et utilisé à la fois pour la culture et l’élevage. Et ce domaine était divisé en une part « rustica », où se concentraient les activités artisanales et les habitations du personnel de maison, et un part « urbana », où se situait la demeure du maître.
Et durant tout le Bas empire romain, la « villa » est un domaine d’une superficie à peu près égale à la commune que l’on connaît aujourd’hui. Dès le VIIIème siècle, le sens évolue et « villa » équivaut à une petite exploitation. Enfin, dès le XIème siècle, « villa » prend le sens de village et désigne généralement le village principal d’une paroisse.
J’ajoute que « villare » d’où vient mon nom actuel signifie, lui, un petit village, un hameau avec son territoire… et l’expression « terrae villares », que l’on rencontre au VIIème siècle, s’applique aux terres dépendant d’une villa.
Vous le voyez, mon nom de Villars-le-Terroir signifie que je devais correspondre à l’emplacement d’une « villa » romaine, et de ses dépendances terriennes.
Et je ne suis pas peu fière que mon nom plonge ses racines aussi loin dans le passé de ma région du Gros-de-Vaud.
J’ai été le berceau d’une famille parmi les plus illustres du Pays de Vaud : les sires de Colombier, connus, au XIIIème siècle sous le nom de « nobles de Villars-le-Terroir ». Le premier dont l’histoire donne le nom fut Pierre, bienfaiteur de l’Abbaye de Montheron. Voilà pourquoi j’ai repris (en 1929) les armes des Colombier, auxquelles j’ai rajouté trois besants d’or pour rappeler les attributs de Saint Nicolas, le patron de la première chapelle qui fut construite sur mon territoire. Cette église élevée au rang d’église paroissiale en 1228. Et a formé une paroisse indépendante en 1845.
Ah… mon Gros-deVaud, je ne peux que lui faire honneur. Il faut dire que j’ai une frontière commune avec le chef-lieu de cette région, Echallens. D’ailleurs, avec mes hameaux de Montandrey et du Buron et forte de mes720 hectares, dont 80 de forêts, vous imaginez bien que j’ai d’autres voisins : Goumoens-la-Ville, Penthéréaz, Vuarrens, Fey, Sugnens, Poliez-le-Grand.
C’est dire que je suis au cœur du Gros-de-Vaud. Un lieu de passage également, puisque des voies romaines, découvertes sur mon territoire, laissent penser que j’étais une étape sur la route entre Lausanne et Avenches.
En 1794… lors du recensement de la population du bailliage d’Echallens-Orbe, je comptais 336 habitants (299 catholiques et 37 protestants). Il faut dire que j’ai toujours été un bastion du catholicisme. Et que le baillage d’Echallens a vu, avec les guerres de Bourgogne, les villes de Berne et de Fribourg prendre pied en pays de Vaud. Deux Etats, deux religions !
Aujourd’hui… je conserve un souvenir de ce temps passé. Dans mon église, vous verrez deux chaires. L’une destinée au sermon du prêtre, l’autre à celui du pasteur. Phénomène courant alors, mais nous ne sommes plus qu’une toute petite poignée de villages à avoir conservé cette relique d’un temps révolu.
Mes habitants…
Je vous l’ai dit…ils n’étaient que 336 à fouler mon sol en 1794. Mais très vite, j’ai attiré du monde. En 1950, les Villardiers (c’est ainsi qu’ils se nomment) étaient 549. Une légère diminution en 1960 : 484 habitants. Mais figurez-vous que lors du dernier pointage (le 1er février 2007), ils n’étaient pas moins de 740 à trouver refuge sur ma commune.
Et parmi mes familles les plus célèbres… je ne pourrais oublier les PITTET, les ALLAZ, les JURIENS, les DUTOIT, les GARDAZ (savez-vous, par exemple, que quelque soit le Gardaz que vous croisez à travers le monde, il est obligatoirement originaire de Villars-le-Terroir – et plus précisément de la Grange-à -Janin ; il n’y a qu’une seule souche de cette illustre famille)…
Des familles aux histoires toutes plus riches les unes que les autres… mais, ça, justement, c’est une autre histoire…