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23/02/2017
Quand des coaches ou des thérapeutes apprennent à leurs clients comment reformuler leurs pensées ou inquiétudes de manière constructive, leur aptitude à communiquer s’améliore ainsi que leur sentiment de maîtrise et de confiance en soi. Il y a toutefois un problème : le cerveau répond paresseusement aux mots et pensées positives. Comme ils ne constituent pas une menace à notre survie, notre cerveau n’a pas besoin d’y répondre aussi rapidement qu’il le fait pour des mots ou pensées négatives.
Afin de surmonter ce biais neurologique, nous devons répétitivement et consciemment générer autant de pensée positives que possible. Barbara Fredrickson, une des fondatrices de la psychologie positive, a découvert que nous devrions produire au moins trois pensées positives pour chaque pensée négative. En-dessous de ce ratio, les relations personnelles et professionnelles se dirigent droit vers l’échec.
Ces données correspondent avec les recherches de Marcial Losada sur les équipes en entreprise et celles de John Gottman sur les couples mariés. En ce qui concerne ces derniers, un ratio inférieur aboutit dans 94% des cas à un divorce !
Si vous voulez par ailleurs que vos relations s’épanouissent, alors il vous faudra veiller à atteindre une proportion de cinq expressions positives pour chaque expression négative. Des pensées ou des commentaires comme « je suis déçu » ou « ce n’est pas ce que j’espérais » comptent pour un item négatif, tout comme un froncement des sourcils ou un détournement de tête.
En fait, cela n’a pas beaucoup d’importance si vos pensées positives sont irrationnelles ; elles élèveront de toute manière votre sentiment de bien-être et de satisfaction. Et d’être in fine plus réaliste et efficace dans la résolution de problèmes.
Les mots et pensées positifs activent les centres de la motivation dans le cerveau (le système dopaminergique) et aident à faire preuve de résilience et de créativité face aux difficultés. Selon un adage courant, il est alors plus facile de « transformer les problèmes en projets » en envisageant des manières d’agir plutôt que de se plaindre. Selon Sonja Lyubomirsky, une des principales expertes des recherches scientifiques sur le bonheur, ce sentiment est étroitement corrélé avec le fait de savoir savourer les expériences agréables du quotidien, de partager ses moments heureux avec les autres et d’entretenir des pensées bienveillantes envers soi-même.
Notre conseil : choisissez vos mots avec considération, et parlez lentement. Cela aide à contenir la propension du cerveau à se focaliser sur le négatif. Plusieurs recherches récentes ont montré que la simple répétition de mots comme « amour », « paix », ou « joie » activent environ 1’200 gènes abaissant les niveaux de stress et de tension émotionnelle ou physique.
Ce qui permet non seulement de se sentir mieux, mais encore de vivre plus longtemps et d’avoir des relations plus satisfaisantes avec les autres – au travail comme à la maison. Comme Fredrickson et Losada l’indiquent, si vous générez un minimum de cinq pensées positive pour chaque pensée négative, vous ferez l’expérience d’un « niveau de fonctionnement cérébral optimal ».
Jean-Dominique Michel, socio-anthropologue, et Mark Robert Waldman, professeur en neurosciences appliquées, Université Loyola-Marymount (Los Angeles)
21/02/2017
Si nous vous faisons passer une IRM fonctionnelle –un gros aimant en forme de donut qui peut prendre une vidéo des modifications neurales qui se produisent dans votre cerveau- et apparaître devant vos yeux une image du mot « NON » pendant moins d’une seconde, vous pourrez constater la brusque production de plusieurs douzaines d’hormones et de neurotransmetteurs de stress. Ces substances biochimiques ont pour effet d’interrompre le fonctionnement normal du cerveau en perturbant la logique et la raison ainsi que les processus de langage et de communication.
En fait, voir simplement une liste de mots négatifs pour quelques secondes conduira une personne déprimée ou anxieuse à se sentir encore plus mal. Ruminer longuement ce type de pensées endommagera les structures de notre cerveau qui régulent notre mémoire, nos sentiments et nos émotions.
13/12/2016
Je crois que seule la mystique peut en définitive porter un éclairage décent sur notre condition humaine, un éclairage qui ne nous limite pas, qui rende justice à cet infini que nous portons en nous à défaut de pouvoir le concevoir...
Et que comme le propose Edgar Morin, l'éducation à la condition humaine aurait à être au cœur de toute éducation digne de ce nom c'est-à-dire digne de nous. A partir de cette perspective comme des autres (physique, biologique, psychologique, sociale, scientifique, philosophique et culturelle).
En attendant, puisque nous considérons encore cela comme du luxe ou du verbiage, un petit texte incandescent de Zundel (tiré du "Poème de la Sainte-Liturgie) qui dit tout et donc ne dit rien :-)
15/11/2016
Parmi les errances de l'époque, il semble qu'une des plus dommageables et douloureuses est celle liée au manque de sens. Le mot possède cette jolie dualité en français d'indiquer aussi bien la signification que la direction. Et nul n'a besoin d'être grand prophète pour relever que nous sommes dans une sacrée déficience des deux actuellement!
Pourtant, la recherche indique que donner du sens est un élément fondamental de notre bien-être individuel et collectif. C'est même une des clés de la salutogenèse, cette aptitude pour une personne ou un groupe de stimuler ses forces de résilience et de santé, même dans des circonstances éprouvantes.
Mobiliser des ressources de sens permet aux personnes d'être plus sereines, équilibrées émotionnellement, confiantes en leurs propres ressources, et de coopérer mieux avec les autres.
11/11/2016
Tout comme celui du Brexit, le résultat de l'élection présidentielle américaine prend les sondeurs et les analystes par surprise. Le phénomène n'est pas nouveau. L'échec de Lionel Jospin au premier tour en 2002 avait provoqué une même stupéfaction, et avait été précédé de la même incapacité à anticiper ou à sentir les lignes de force actives au sein du corps électoral.
Certes, l'incertitude est un principe à la fois du vivant et du monde physique. Toutefois, cette récurrence actuelle dans l'incapacité à comprendre les déterminations du collectif pose question. Au lendemain de l'élection, les médias américains osent se remettre en question de manière intéressante.