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L’hyperthyroïdie ou hyperfonction de la thyroïde est facilement identifiable, lorsqu’elle est importante, au vu de symptômes classiques : augmentation de la fréquence cardiaque, tremblement, perte de poids avec un appétit conservé. Dans les formes modérées ou minimes, le diagnostic est moins aisé car les symptômes sont non spécifiques, semblables à ceux rencontrés lors d’anxiété ou de labilité émotionnelle. Le délai d’identification des problèmes de santé de l’ancien président des USA George Bush Senior ou de la championne olympique Gail Dever, par exemple, témoigne de la difficulté d’établir rapidement le diagnostic de cette maladie.
Le plus souvent ce dérèglement est lié à la présence d’auto-anticorps stimulant les cellules de la thyroïde: c’est la maladie de Basedow. Avec l’âge, la fréquence de ces goitres dits toxiques augmente. Selon les résultats du bilan pratiqué, l’âge et le choix du patient, le traitement peut être médicamenteux, chirurgical ou par l’iode radioactif. Le consentement «éclairé» du patient est indispensable, afin de garantir la meilleure adhésion de ce dernier et de favoriser le bon choix.
L’hypothyroïdie ou hypofonction de la thyroïde augmente avec l’âge et son diagnostic est souvent difficile. En effet une fatigue, un gonflement des paupières à prédominance matinale, une frilosité ou une constipation progressive peuvent représenter des éléments suggestifs, quoique non spécifiques. Il est important de mentionner que de nombreux médecins évaluent systématiquement la fonction thyroïdienne lors de bilans de santé, permettant un diagnostic précoce des dysfonctions thyroïdiennes. En cas d’anomalies mineures de ces tests, il est important de les répéter six à huit semaines plus tard, car ces perturbations peuvent être transitoires. Le plus souvent l’hypothyroïdie est due à une attaque de la glande par le système immunitaire du patient lui-même (thyroïdite auto-immune de Hashimoto). Selon les cas, la glande peut être agrandie (hypertrophique) ou de petite taille (atrophique). La prescription d’hormones thyroïdiennes permet de restaurer la fonction, comme en témoigne l’évolution de Manuela di Centa, championne olympique de ski de fond dont la forme physique avait été grandement perturbée par une hypothyroïdie diagnostiquée avec retard.
L’obésité est souvent considérée comme résultant d’une paresse thyroïdienne; mais, généralement, elle est bel et bien due à un trouble du comportement alimentaire et/ou à la sédentarité, à traiter comme tels.
Le nodule thyroïdien est souvent identifié par hasard et ne doit pas provoquer de panique. En effet sa prévalence augmente avec les années: 50% des thyroïdes en présentent à l’âge de 60 ans, dont seuls 4% sont palpables.
La majorité de ces nodules sont bénins. L’investigation comporte l’évaluation de la gêne au niveau du cou, de la fonction thyroïdienne, de la morphologie par échographie ainsi qu’une ponction du nodule palpé. En cas de gêne ou de tumeur, une intervention chirurgicale est proposée.
Les cancers de la thyroïde ne représentent qu’environ 1-2% de tous les cancers et, dans les formes peu agressives (plus de 90% du total), 85% sont totalement guéris par les traitements (voir plus loin, observations de cas).
Leur fréquence a augmenté progressivement depuis 1980, soit déjà avant la catastrophe de Tchernobyl, survenue en 1986. Leur pronostic est très bon dans la majorité des cas.
Thyroïde et grossesse
La mère devrait assurer, surtout dans le premier trimestre de la grossesse, une fonction thyroïdienne normale, afin de favoriser le développement adéquat du cerveau du fœtus. Celui-ci peut être perturbé si la mère est hypothyroïdienne, même de manière modérée. L’hyperthyroïdie doit également faire l’objet de contrôles. Les médicaments utilisés pour diminuer les hormones thyroïdiennes de la mère ainsi que les anticorps de la mère stimulant la thyroïde peuvent traverser le placenta et agir sur la thyroïde du fœtus lorsqu’elle devient fonctionnelle, à partir du 4e mois de gestation. Ainsi la dose d’antithyroïdiens doit être minimale et juste suffisante pour que la fonction thyroïdienne de la mère se situe dans les limites supérieures de la norme. Le plus souvent, l’hyperfonction a une évolution favorable au cours de la grossesse et le traitement d’antithyroïdiens peut être diminué et parfois interrompu.
La fonction thyroïdienne du nouveau-né sera testée à la naissance et le pédiatre averti de la maladie thyroïdienne de la mère, vu le risque, bien que très modéré, que le nouveau-né développe une hyperthyroïdie néonatale ou exceptionnellement une hypothyroïdie. La maladie thyroïdienne ne contre-indique pas l’allaitement.
Il est important de mentionner qu’une patiente ayant présenté une maladie de Basedow dans le passé et dont la fonction est normale peut toujours avoir des anticorps traversant le placenta et agir sur la fonction thyroïdienne du fœtus.
Comme on le voit par ces quelques exemples, l’action des hormones thyroïdiennes est nécessaire au fonctionnement de tous les organes; leur taux doit être ramené aux limites normales lorsqu’il s’en écarte sous l’effet d’une maladie ou d’une interaction avec des toxiques, voire des médicaments. Aujourd’hui il est facile de déceler ces désordres et de les corriger.
Sites Internet pour patients :
En français et en anglais:
La Fondation canadienne de la thyroïde
Thyroid Foundation of Canada
En anglais:
The American Thyroid Association – Patient Education Overview
En français, anglais, allemand
Site Web de Merck KGaA