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On part de l'idée qu'actuellement, quelque 214 millions de personnes vivent hors de leur pays de naissance, dont environ 70 millions en Europe. Le pourcentage de ces femmes dans le monde est de quelque 50 pour cent et un peu moins en Suisse. La Commission fédérale pour les questions de migration a commis une étude au Centre interdisciplinaire pour les études genre de l'Université de Berne. Cette étude montre comment se compose la population migratoire féminine et quelles images les médias et la politique véhiculent à son sujet. Andrea Ch. Kofler et Lilian Fankhauser démontrent, dans leur étude «Femmes en migration», que les migrantes y sont surtout représentées comme des victimes. Elles apparaissent comme des femmes «non autonomes, passives, dépendantes des hommes et peu intégrées». Pourtant la réalité est tout autre. «Les migrantes peuvent aussi être au bénéfice d'une formation supérieure, parler plusieurs langues, avoir une fonction de cadre ou gagner leur vie en tant que cheffe d'entreprise», explique Simone Prodolliet, cheffe du Secrétariat de la Commission. Ainsi par exemple, 28 pour cent des migrantes exerçant une activité lucrative ont un diplôme universitaire ou une formation professionnelle hautement qualifiée alors que pour les Suissesses, cette proportion se situe à 24 pour cent.
Dans le discours traditionnel sur l'intégration, les migrantes sont réputées être un groupe-cible difficilement atteignable pour lequel il convient de mettre en œuvre des mesures particulières. Une politique et une pratique en matière d'intégration tenant compte des besoins de l'ensemble des femmes immigrées devrait aussi prendre en considération d'autres profils. Ainsi, il faut également mettre en place des offres de perfectionnement ciblées pour les migrantes disposant de bonnes qualifications, et simplifier la reconnaissance des diplômes.
Le nombre de femmes qui ont l'activité lucrative comme raison de leur migration a augmenté. Mais c'est au premier chef d'Amérique du sud et d'Afrique que de très nombreuses femmes viennent en Suisse par le biais du regroupement familial. Elles doivent rester avec leur mari pour conserver leur autorisation de séjour. La situation des femmes confrontées à des violences est également précaire. La CFM est d'avis qu'il est nécessaire d'élaborer un droit de séjour indépendant de l'état civil pour améliorer leur statut ainsi que celui des femmes victimes de violences conjugales, de mariages forcés ou de traite des femmes, indépendamment de leur volonté de témoigner lors de la procédure pénale.
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Dernière modification 18.12.2009