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[Thème 4] La communication au quotidien
Recommandation :
Il est recommandé d’adopter un type de communication qui assure aux collaboratrices et collaborateurs de se sentir respecté-e-s pour ce qu’ils et elles choisissent d’être et de faire. Concrètement, cela revient à faire une distinction simple entre parler à autrui en le considérant comme un moyen, ou comme une fin en soi.
Comprendre :
Prendre autrui pour moyen en vue de nos fins implique certainement que le management se soucie de la réalisation des objectifs, mais induit aussi le fait de restreindre autrui dans l’expression d’une partie de son potentiel. En considérant autrui comme une fin en soi, c’est-à-dire pas simplement comme un outil à notre service, mais comme une personne dont toutes les dimensions de la personnalité sont à adresser en tant que telles, la communication quotidienne permet une clarification des interactions et, potentiellement, des problèmes sur le plan de l’égalité des chances et de la diversité.
La langue anglaise a élaboré un mot pour désigner ce qu’il se passe lorsqu’on considère autrui comme un moyen : il s’agit du concept de « othering », forme en participe présent du mot/verbe « other », « autre ». En français, une traduction littérale pourrait être « altérisation », ou encore dans un sens très premier « aliénation » (provenant de « alius », « autre » en latin). Prendre l’autre comme moyen revient, en ce sens, à l’aliéner, à le faire devenir « autre » parmi les siens, au point qu’il finisse par être défini par cette altérité.
Exemple :
Ainsi, une personne en situation de handicap est en situation de handicap, mais n’est pas là pour être en situation de handicap. Une personne noire est noire, mais elle n’est pas là pour être noire. S’adresser à ces personnes par rapport à cette situation, c’est, dans un cas, invalider la personne (littéralement parlant), ou raciser la personne. Par exemple considérer a priori que la personne en situation de handicap doit toujours être la personne qui s’occupera de certaines tâches et pas d’autres, lui parler sur un ton paternaliste, ou montrer clairement une différence de considération (positive ou négative) à cause de sa situation, sont des situations d’aliénation.
Un autre exemple est de considérer par avance qu’une personne homosexuelle n’est pas intéressée par une discussion sur le sujet de la parentalité ou de la famille, et qu’une personne religieuse agit systématiquement par motivation religieuse (par rapport à la nourriture, ses valeurs, ses choix de vacances etc.).