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Le PS est en manque de confiance. Huit semaines avant les élections fédérales, son objectif est d'arrêter sa chute entamée depuis deux décennies et de stopper la fuite des voix vers ses "cousins" Les Verts.
En 2019, lors des dernières élections fédérales, le PS faisait en effet la moue, en obtenant 16,8% des voix, soit le pire score de son histoire.
Selon le dernier baromètre électoral de la SSR, le PS suivrait l'UDC de loin, avec près de dix points de retard, et se maintiendrait à la deuxième place. Les socialistes disposeraient d'une avance confortable sur le duo formé par le PLR et Le Centre. Il gagnerait un point par rapport à son score de 2019.
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Miser sur le pouvoir d'achat
Invité mercredi dans La Matinale, le coprésident du PS Cédric Wermuth se dit "assez confiant". "La gauche est plus forte que jamais dans ce pays. En 2019, portée par la vague des grèves climatique et féministe, la gauche réunie avait dépassé les 32%. C'était historique."
Le PS compte sur le pouvoir d'achat, l'égalité et le climat pour gagner des voix. "Pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, une majorité de la population connaît un perte de pouvoir d'achat trois ans de suite", rappelle-t-il.
Nous ne vendons pas un mars ou un snickers. Nous faisons de la politique: nous analysons les grands défis et les préoccupations de la population et nous essayons d'apporter une réponse
"Pour une fois, la Suisse discute du pouvoir d'achat et de l'égalité, des sujets qui sont au centre des préoccupations de la population", se réjouit-il, tout en se défendant de profiter des crises. "Nous ne vendons pas un mars ou un snickers. Nous faisons de la politique: nous analysons les grands défis et les préoccupations de la population et nous essayons d'apporter une réponse. Nous ne choisissons pas un thème politique sur une feuille blanche, parce qu'on a l'impression qu'à court terme, ça peut nous servir."
Et d'ajouter: "Depuis des mois, voire des années, le PS a essayé de mettre en avant le danger d'une crise sociale en Suisse. Ce n'est pas seulement une crise conjoncturelle, mais une crise structurelle - les loyers, surtout dans les villes, augmentent sans contrôle, les primes maladie explosent... Nous avons vu venir cette situation. Mais le Parlement, à majorité de droite, a refusé d'en prendre conscience, en priorisant les cadeaux fiscaux aux grandes entreprises et en oubliant la population."
Changement de stratégie
Cédric Wermuth explique que le PS a été au cours des dernières législatures "sur la défensive". "Nous avions perdu la possibilité de mettre en avant les projets positifs pour la société. C'est ce que nous essayons de changer. Nous faisons un effort extraordinaire en lançant une campagne référendaire tous les six mois, et en déposant nos initiatives pour des crèches abordables et pour un fonds climatique."
Sur le climat, justement, il considère qu'il faut "social-démocratiser" la politique. Il en veut pour preuve le succès dans les urnes de la loi sur le climat en juin dernier. Il est nécessaire d'arrêter de "moraliser" la population sur ce sujet, selon lui.
La "crainte" de perdre le département de l'Intérieur
Avec le départ d'Alain Berset, Cédric Wermuth "craint" de perdre le Département fédéral de l'intérieur, lors du renouvellement du Conseil fédéral en décembre.
"Le PLR a déjà exprimé son intérêt, ce qui signifierait la mise en place d'une politique de santé à deux vitesses, ainsi que le démantèlement de l'AVS et du 2e pilier", estime le coprésident du PS, rappelant que le départ d'Alain Berset n'était pas le choix du parti.
La majorité du Parlement sait très bien qu'il est important d'inclure le PS dans la politique, car nous sommes le seul parti de gauche capable de lancer des initiatives et des référendums en même temps
Cédric Wermuth juge toutefois que le 2e siège du PS au sein du gouvernement "n'est pas en danger". "La majorité du Parlement sait très bien qu'il est important d'inclure le PS dans la politique, car nous sommes le seul parti de gauche capable de lancer des initiatives et des référendums en même temps."
Et de poursuivre: "Nous bloquerons toute la politique sociale si elle mène à un démantèlement de la sécurité sociale."
Il souligne également que le PS, avec Alain Berset, a apporté une politique de santé durant la pandémie de coronavirus "qui a su protéger la population". Retirer le 2e siège du PS, "serait un acte d'agression contre le tiers de la population qui vote progressiste", souligne Cédric Wermuth, qui refuse pour l'instant de dire s'il est candidat au Conseil fédéral.
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Propos recueillis par Pietro Bugnon
Adaptation web: Valentin Jordil