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Les communes de Colombier, d'Echichens, de Monnaz et de St-Saphorin-sur-Morges sont réunies et ne forment plus qu'une seule et nouvelle commune depuis le 1er juillet 2011. Le nom de la nouvelle commune est Echichens; les noms de Colombier, d'Echichens, de Monnaz et de St-Saphorin-sur-Morges ont cessé d'être ceux d'une commune pour devenir les noms de localités de la nouvelle commune.
Cet historique vous propose quelques repères concernant la naissance et les premiers développements de nos quatre villages dont l'histoire était souvent entremêlée, déjà bien avant leur fuision.
Colonberio en 987, Columberium en 1005, puis Columbie en 1228, est devenu Colombier par décision municipale en 1911.
La tradition veut que la reine Berthe, devenue veuve, ait épousé en secondes noces Hugues, roi d'Italie, à Columbaris, en 938. Pour les gens de Colombier, cela ne fait pas de doute, c'est bien dans leur village que le mariage a eu lieu, car deux épisodes de la vie de la reine Berthe figurent sur un vitrail de l'église.
Durant le Moyen Age, Colombier faisait partie des terres de Vuillerens qui relevaient de la baronnie de Cossonay. La première grande famille seigneuriale connue fut celle d'un certain Girard, seigneur de Villars-le-Terroir, vers 1222. Le plus célèbre de ses descendants fut Henri de Colombier, seigneur de Colombier, Vullierens et Vufflens-le-Château. C'est lui qui fit édifier le château de Vufflens.
Celui de Colombier, construit vers 1500 par Jean Donat de Colombier, a été remanié aux 17e et 18e siècles. De la construction d'origine, il reste une partie de l'enceinte, une tour carrée (appelée le "Petit château"), un ancien rural, la façade du couchant et la tour heptagonale de l'escalier, joyau architectural. A l'intérieur de la tour, les restes d'une fresque représente un pape avec sa tiare; vraisemblablement Amédée VIII de Savoie, élu en 1439 sous le nom de Félix V, et dont Henri de Colombier fut ami et conseiller.
A l'origine il y eut à Joulens (au nord du cimetière) une villa romaine dont les nombreuses dépendances s'étendaient jusqu'à la limite de la commune de Monnaz. Puis arrivèrent les Burgondes, qui coexistèrent avec les Helvéto-Romains et construisirent peu à peu des villages autour de villas existantes.
Chichens, Eschichens, Eschichiens... viendraient d'une déformation du germain Kvikva, qui signifie "vif, rapide, hardi"! C'est donc un nom d'origine burgonde. Au 13e siècle, au Signal, où depuis 1803 se trouve le cimetière, il y avait un village relativement important, et une église paroissiale dépendant du chapitre de Lausanne, qui avait pour filiales les chapelles de Monnaz et de Morges. Cette dernière était alors en train de naître parmi les prairies humides au bord du lac.
Située au centre du village, et distincte de Joulens, la maison forte d'Echichens, dont Pierre d'Echichens fut au 13e siècle le premier à prendre le nom, relevait des sires de Cossonay. Par la suite, cette terre fut divisée en plusieurs fiefs, qui virent défiler de nombreux seigneurs.
En 1777, François-Samuel Mandrot, pasteur de Morges, achetait le château et ses terres pour 44'035 francs. En 1802, les Bourla-Papey brûlèrent la plus grande partie des archives; il reste donc peu de documents historiques. Subsistent les deux châteaux contigus (le petit et le grand), et deux de leurs anciennes dépendances: l'ancien bâtiment de la Fondation Silo, et la "Ferme communale", ancienne ferme du château.
Muna est désigné pour la première fois en 1213 dans les écrits puis, en 1453, sous la forme de seigneurie de Monnaz, à l'époque dépendance de celle de Montricher. En 1580, Guillaume de Vuillermin en fait l'acquisition. Après diverses successions, la terre de Monnaz fut achetée par la comtesse Henriette Golowkin, épouse de l'ambassadeur de Russie en Hollande. La seigneurie de Monnaz, qui comprenait aussi celle de Vaux, passa ensuite dans la famille des Mestral d'Aruffens, puis à la famille bernoise Freudenreich. Des membres de cette famille résident encore aujourd'hui au village.
En 1453, l'église de Monnaz était filiale de Joulens. Depuis la Réforme, elle a toujours été une annexe de celle de Morges, excepté de 1846 à 1864, période pendant laquelle Monnaz fit partie de la paroisse de Vufflens-le-Château.
Le nom de Monnaz est d'origine celte et signifie "eau". Précisons que les terminaisons vaudoises en az et oz ne se prononcent pas. En effet dans notre patois, dont ces noms tirent leur origine, on mettait des a (au féminin) et des o (au masculin) là où le français met aujourd'hui des e. Quant au z, il s'agit d'une fioriture esthétique issue d'une ancienne habitude notariale... On devrait donc prononcer Monne!
Sur la terre de Saint-Saphorin existait un fief noble que tenaient primitivement les chevaliers de Saint-Saphorin, qui prêtaient hommage aux seigneurs de Cossonay. Au début du 16e siècle, deux seigneuries coexistaient: celle des Colombier et celle des Saint-Saphorin.
Parmi les nombreux seigneurs qui se sont succédés, citons:
En 1802, c'est au collège de Saint-Saphorin que Louis Reymond, chef des Bourla-Papey rédigea et signa le manifeste de la révolte des paysans et qu'il réunit ses troupes dans l'intention d'attaquer l'arsenal de Morges. Comme dans d'autres villages de la région, de nombreuses archives furent brûlées lors de cette révolte. Parmi les personnalités originaires de la commune, on citera Marc Ruchet, conseiller fédéral, né à Saint-Saphorin, en 1853. Et Georges de Mestral (1907-1990), l'inventeur du Velcro, acronyme de VELours à CROchets. Cette invention lui fut inspirée par les crochets du fruit de la bardane.