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Les récentes élections européennes n’ont pas confirmé la montée de l’extrême droite et des formations hostiles à l’UE. Certains pays comme l’Italie et la Hongrie font figure d’exceptions, alors que par exemple le Rassemblement national en France, malgré une participation en hausse, a régressé par rapport à ses résultats lors de la précédente consultation de 2014.
Au Parlement européen, l’extrême droite et les nationalistes souverainistes ont gagné 20 sièges – alors que les libéraux centristes et les Verts ont progressé de 66 sièges. A l’évidence, la protection de l’environnement et le projet européen ont mobilisé le corps électoral, ce que confirme la hausse du taux de participation qui, pour la première fois, a dépassé la barre des 50%.
En Suisse, il apparaît que ces deux thèmes vont très probablement influencer fortement les résultats des élections fédérales de cet automne.
La compilation des résultats des élections cantonales depuis 2015, un indicateur souvent utilisé pour évaluer l’évolution du rapport des forces politiques au niveau fédéral, révèle une forte poussée des Verts et une progression des socialistes et des libéraux-radicaux. Or un premier sondage de 2019 montre un retournement de tendance en défaveur du PSS et du PLR: contrairement aux attentes suscitées par les élections cantonales, ces deux partis reculent par rapport à leurs résultats lors des élections fédérales de 2015.
Le dernier sondage confirme la bonne forme des Verts et des Verts libéraux ainsi que le recul du PSS et du PLR. Par contre le baromètre SSR, s’il valide la percée substantielle des Verts et des Verts libéraux ainsi que le repli du PLR, indique une très légère reprise du PSS.
La marge d’erreur auxquels sont exposés les sondages d’opinion ne permet pas de tirer des conclusions définitives dès lors que l’évolution des scores se révèle trop faible. Reste que les formations vertes progressent notablement, alors que le PLR recule et le PSS stagne ou n’enregistre que des gains modestes.
Dans le cadre du baromètre précité, les personnes interrogées placent le changement climatique et les relations avec l’Europe parmi leurs préoccupations principales. Or le PLR peine à convaincre sur le premier dossier, alors que la position du PSS sur le second manque de lisibilité.
Le récent virage environnemental du PLR ne peut faire oublier l’action continue de ce parti privilégiant l’économie au détriment d’une régulation efficace des atteintes à l’environnement: opposition systématique – jusqu’à hier – aux taxes d’incitation, pourtant parfaitement conformes à la doxa libérale; affaiblissement de la loi sur le CO2, ce qui a conduit à son rejet. Sur ce thème, les Verts et les Verts libéraux ont plusieurs longueurs d’avance.
Quant au PSS, pro-européen de longue date, il suscite l’incompréhension de son électorat europhile. Son alignement sur la position des syndicats opposés à l’accord institutionnel, la politique de la chaise vide de ces derniers – refus de discuter avec le Conseil fédéral et les organisations patronales des résultats de la négociation avec l’UE –, tout comme l’exigence de renégocier cet accord avec Bruxelles alors même que cette dernière attend maintenant une décision de la part de la Suisse, n’ouvrent aucune perspective d’avenir.
L’absence d’un plan B de la part de la gauche met cette dernière hors-jeu, condamnée à l’arme référendaire aux côtés de l’UDC. Voilà de quoi troubler les sympathisants socialistes. D’autant plus que des réformes à l’interne pourraient faire taire les critiques de l’UE à l’égard des mesures de protection des salaires et des conditions de travail (DP 2238). Mais sur ce sujet, la gauche est restée silencieuse.
PLR et PSS n’ont pas su sentir le pouls de l’opinion publique. En période électorale, cette absence de perception peut coûter cher.