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Qumran est un site archéologique qui surplombe la rive Ouest de la Mer morte. En 1947, on découvre dans des grottes à proximité du site des manuscrits hébreux conservés dans des jarres en terre cuite. On appelle encore ses manuscrits: « Manuscrits de la Mer morte ». L’intérêt de ces manuscrits est qu’ils nous livrent une abondante littérature religieuse juive datant pour les plus tardifs du 1er siècle de notre ère. Et parmi cette littérature, se trouvent les plus anciennes attestations de livres bibliques existants.
Une bibliothèque religieuse foisonnante
Ces manuscrits constituaient la bibliothèque d’un centre religieux essénien (un des mouvements juifs de l’époque de Jésus). Cette bibliothèque a été cachée au moment de la répression romaine suite à la révolte juive de l’an 70. Révolte qui finira par aboutir à la destruction du deuxième Temple à Jérusalem. De fait, cette hypothèse est une opinion généralement admise, quoique toujours discutée.
Le nombre de manuscrits (plus de 100’000 fragments recoupant près de 900 manuscrits différents) et la situation de guerre permanente qui règne dans la région a rendu difficile le rassemblement des manuscrits, leur conservation et leur traduction. Cette « lenteur » a parfois été le prétexte à des théories complotistes. Elles voient dans cette situation le résultat d’une volonté délibérée de cacher une vérité dérangeante ou une révélation bouleversante. C’est pourquoi il convient de considérer avec prudence les soi-disantes révélations qui émaillent la presse ou le web.
Trois genres de textes
On peut classer les manuscrits en trois types littéraires. D’une part, les textes bibliques eux-mêmes. L‘ensemble des livres bibliques est représenté en totalité ou partiellement. D’autre part, des textes de piétés ou religieux dont des livres dit apocryphes ou deutérocanoniques. Enfin, des textes relevant manifestant d’un courant théologique essénien comme le Rouleau du Temple ou la Règle de la communauté.
Une bibliothèque essénienne ?
Les esséniens sont un des groupes théologiques qui, avec les pharisiens, les zélotes et les saducéens, s’épanouissent dans l’Israël du 1er siècle avant au 1er siècle après. Ils sont mentionnés par l’historien Flavius Joseph et par le philosophe Philon d’Alexandrie , tous les deux juifs et contemporains de cette période. Même s’ils ne sont pas explicitement cités dans le Nouveau Testament, on y trouve leur influence dans la figure de Jean Baptiste ou certaines citations que Paul emprunte à la théologie juive de son temps (cf. par ex. 2 Co 7,14-17).