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Egypte : Les prêtres, la science, la vie et la mort.
Aux yeux de la plupart des égyptologues, la période ptolémaïque de l'art égyptien passe pour décadente et négligeable. Pourtant les œuvres qui virent le jour entre le IVe siècle avant notre ère et le IIIe siècle après J.-C. comptent parmi les mieux conservés et les plus parfaites. Serge Sauneron, de l'Institut français du Caire, est de ces archéologues qui veulent rendre son importance à cette période finale du monde pharaonique.
L'abondante production architecturale de ces six siècles est attestée par une série de réalisations colossales: Edfou, Philaé, Esna, Kom-Ombo, Dendera, sans compter des dizaines de temples plus petits ou des adjonctions à des ensembles antérieurs, comme à Karnak ou à Medinet Habou.
Edfou, à mi-chemin entre Luxor et Assouan, à près de 800 km au sud du Caire, fut l'un des derniers bastions du culte pharaonique et du clergé égyptien face à la montée du christianisme. L'architecture représente probablement le point d'accomplissement le plus parfait de l'Egypte ancienne. Commencé en 234 avant J.-C. et achevé deux cents ans plus tard, il s'agit d'un édifice aux proportions gigantesques : 137 m. de longueur, 79 m. de largeur, alors que son pylône s'élève à 36 m de hauteur. Cette monumentalité prouve que l'Egypte n'avait rien perdu de sa vitalité artistique, malgré la présence des troupes d'occupation.
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Réalisateur: Pierre Barde Journaliste: Henri Stierlin