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La Nouvelle
Ici prendra place un développement consacré à la nouvelle vers 1660 et aux liens que Donneau de Visé entretient avec ce genre littéraire, selon le modèle qui est proposé sur cette même barre de menu pour “Les Nouvellistes” ou “Genèse et structure”.
Les recherches qui aboutiront à ces propos de synthèse impliquent une analyse détaillée des première et troisième parties des Nouvelles Nouvelles et sont, comme l’appareil critique de ces deux tomes, en cours de réalisation.
Les éléments proposés ici ne constituent dès lors qu’un discours provisoire, dont l’ambition se limite à donner une indication minimale sur la défintion du terme “nouvelle” au sens où l’entend Donneau de Visé.
Le terme de “nouvelle” (qui, outre le titre de l’ouvrage, qualifie les quatre nouvelles principales qui le composent) désigne, au XVIIe siècle comme de nos jours, à la fois une information inédite sur l’actualité et un genre de récit fictionnel. Toutefois, à la différence de l’acception qui prédomine depuis le XIXe siècle, le genre littéraire de la nouvelle, vers 1660, définit moins la longueur du texte que le type de fiction qu’il implique : la nouvelle, c’est d’abord un récit qui prend place dans un monde qui se veut familier du lecteur et dont les protagonistes présentent de nombreuses similitudes avec des personnes du monde réel.
Lorsqu’il intitule son ouvrage “Nouvelles Nouvelles”, Donneau de Visé fait principalement référence à ce type de narrations : les deux nouvelles du tome I se déroulent ainsi dans une cour qui ressemble à celle du jeune Louis XIV, tandis que la nouvelle des “nouvellistes” fait, sur le modèle moliéresque, la satire d’un type de comportement que le public mondain s’accorde à décrier.
L’auteur joue toutefois avec la polysémie du terme : les différents récits et pièces qui composent l’ouvrage entretiennent aussi un rapport avec les événements de l’actualité immédiate,
Par leur contenu même : ainsi, “La Prudence funeste” comme la “Conversation des soupçons” présentent des liens étroits avec le procès Fouquet en cours. Les discours sur Molière et sur Corneille, au tome III constituent quant à eux des discours de critique dramatique d’actualité d’un nouveau genre.
Par le récit cadre dans lequel elles s’inscrivent : les pièces du tome II et III sont énoncées par des nouvellistes, c’est-à-dire, des curieux de “nouvelles” au sens d’informations d’actualités.