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Description
Le tome 44 de la série Archéologie neuchâteloise livre, dans une édition majoritairement en anglais, le résultat des fouilles archéologiques réalisées à Hauterive/Rouges-Terres, sur le tracé est de l’autoroute A5. Ces interventions ont fourni des données d’ordre archéologique et climatique particulièrement riches, dont les apports concernent les périodes comprises entre 13’400 et 3200 ans avant Jésus-Christ.
Les couches basses ont révélé un aperçu des conditions environnementales qu’ont connues les chasseurs magdaléniens installés sur la rive nord du lac de Neuchâtel vers 13’400 avant J.-C. (les campements d’Hauterive/Champréveyres et de Neuchâtel/Monruz ont été mis au jour à quelques centaines de mètres à peine du site d’Hauterive/Rouges-Terres). Ces populations ont vécu dans un climat rappelant celui de la toundra arctique : les températures hivernales atteignaient –20 degrés en moyenne, avec des « records » de chaleur de +10 degrés en juillet.
Les environnementalistes ont constaté que le climat avait subi un brusque réchauffement 700 ans plus tard, vers 12’700 avant J.-C. ; les températures se sont alors approchées des températures moyennes actuelles. Le peuplier, le tremble et le pin ont fait leur apparition sur un sol stabilisé par l’enracinement d’une végétation plus dense. Vers 12’000 avant notre ère, les sites autrefois habités par les Magdaléniens ont été brièvement occupés par des groupes de chasseurs aziliens, une nouvelle population faisant usage d’arcs et de flèches. Puis les oscillations climatiques ont été de quelque ampleur durant près de 2000 ans.
Une nette amélioration peut ensuite être identifiée dans des couches remontant à 9700 avant J.-C. environ. La forêt de pins a alors progressivement fait place à une forêt à feuilles caduques, dominée par le chêne, l’orme, le tilleul et le frêne.
Finalement, les travaux menés à Hauterive/Rouges-Terres ont permis la découverte des pieux en chêne du plus ancien village lacustre du Néolithique final mis au jour sur le lac de Neuchâtel. A l’instar des bois, la céramique trouvée sur place reflète la brièveté de l’existence de cette station, qui n’a fait l’objet de constructions et de réfections qu’entre 3243 et 3234 avant J.-C.