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Le radical Mario Annoni succède à la socialiste Yvette Jaggi à la tête du conseil de fondation de la principale organisation suisse pour la promotion culturelle.
D'importants défis attendent le nouveau président qui devra diriger une fondation marquée notamment par l'affaire Hirschhorn.
Le gouvernement a nommé mercredi matin les 25 membres du Conseil de fondation de Pro Helvetia. Pour la période 2006 à 2009, plus d'un tiers des membres du Conseil de fondation sera renouvelé.
Déjà réduit de 35 à 25, le conseil pourrait à l'avenir se limiter à neuf membres. C'est ce que prévoit le projet de loi fédérale sur la fondation Pro Helvetia.
Le mandat des membres du Conseil de fondation élus mercredi est donc en réalité limité jusqu'à l'entrée en vigueur de la nouvelle loi. Actuellement en consultation, il est prévu de la mettre en oeuvre en 2008-2009.
A nouveau un Romand
Pro Helvetia sera donc présidée par le radical bernois Mario Annoni qui succède à la socialiste vaudoise Yvette Jaggi.
Membre du gouvernement bernois depuis seize ans et actuel président de ce même gouvernement, Mario Annoni avait déjà annoncé qu'il ne briguerait pas un cinquième mandat lors des prochaines élections cantonales en avril 2006.
Avec Mario Annoni, le ministre suisse de l'intérieur Pascal Couchepin a ainsi réussi à placer un nouveau un Romand à la tête d'une institution d'envergure nationale.
Avec l'Office fédéral de la culture qui est dirigé depuis quelques mois par le Neuchâtelois Jean-Frédéric Jauslin, Pro Helvetia est le principal vecteur de l'encouragement fédéral du domaine artistique.
Des défis importants
Mario Annoni est bernois mais francophone. Il maîtrise les trois langues nationales et s'est beaucoup impliqué dans les affaires culturelles.
Il semble donc bien armé pour affronter les défis qui l'attendent à la présidence de la fondation. Et ils sont nombreux.
Pro Helvetia a en effet été soumise à une grande remise en question après l'exposition controversée de Thomas Hirschhorn au Centre culturel suisse de Paris en décembre 2004.
Souvenez-vous, l'affaire s'était conclue par une sanction financière. Le parlement avait réduit d'un million de francs le budget de la fondation.
L'affaire avait mis en évidence la volonté de certains milieux politiques – en particulier la droite populiste – d'exercer un contrôle accru sur Pro Helvetia.
Mais le ministre de la culture Pascal Couchepin, entre autres, avait clairement marqué son intention de maintenir l'indépendance de la fondation.
La mission de Mario Annoni sera donc de protéger l'autonomie de l'organisation tout en réglant ses problèmes de fonctionnement et en menant à terme la réforme commencée par Yvette Jaggi.
Le bon profil
Mercredi, la nomination du radical a été saluée par son propre parti, mais aussi par le Parti socialiste (PS) et le Parti démocrate chrétien (PDC), qui lui reconnaissent unanimement un profil idéal pour la fonction.
«Mario Annoni est une personne compétente, trilingue et avec une expérience gouvernementale au niveau cantonal», souligne Claudine Godat, porte-parole du PS.
Il a le profil culturel adéquat, ajoute en substance le PDC. En revanche, sa nomination relève un peu du «copinage», estime la porte-parole Monika Spring.
De son côté, l'Union démocratique du centre (UDC, droite dure) n'a pas souhaité commenter cette nomination.
swissinfo et les agences
Faits
En 2004, Pro Helvetia a consacré 24 millions de francs à des projets culturels.
11 millions ont été attribués en Suisse et 13 millions à l'étranger.
Elle a soutenu 4190 projets culturels, dont la moitié en Suisse.
Au printemps 2005, son budget a été réduit à 33 millions de francs.
En bref
- Avec l'Office fédéral de la culture (OFC), la fondation Pro Helvetia est le principal vecteur de l'encouragement fédéral de la culture.
- Les conseils de fondation successifs sont désignés par le gouvernement, sur proposition du ministère de l'Intérieur.
- Le conseil est élu pour une période administrative de quatre ans.