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En carton peint, cette mitre est conçue dès l’origine comme une pièce éphémère. Sur chacune de ses faces, un homme est encadré par deux femmes séductrices l’invitant à les suivre. Remarquablement bien conservée malgré sa fragilité, elle est un témoignage des pratiques sociales et artistiques du 16e siècle.
Accusée de maquerellage, c’est-à-dire de proxénétisme, en 1546, la veuve Chatelain, dite Pied-de-Bois, est la première à porter cette mitre, alors qu’elle subit le fouet publiquement avant d’être bannie de Genève. L’iconographie fait clairement référence au délit puisque les femmes sont des prostituées abordant un homme.
En 1566, les Ordonnances qui régissent la vie à Genève stipulent : "L'entremetteur ou l'entremetteuse qui aura procuré une simple paillardise, sera mitré et fouetté publiquement et banni perpétuellement à peine de la vie". Depuis le Moyen Âge, la réalisation de ce type d’objets n’est pas confiée à de simples artisans mais à des peintres réputés installés en ville.
D’ailleurs, l’historienne Isabelle Brunier a retrouvé le paiement de la mitre, effectué à l’artiste genevois Pierre Favre. À la manière des autres peintres, ses activités sont diverses : peinture à l’huile, vitrail, banderoles peintes, etc. La facture de la peinture et le soin porté aux détails attestent du reste une main experte.