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Certaines traces coloniales, héritage de l'histoire, n'ont rien à faire dans les rues de Suisse: tel est l'avis de la municipalité de Zurich. Or, dans le "Niederdorf" de la plus grande ville du pays, on trouve une petite dizaine de bâtisses couvertes de l'inscription "zum Mohrenkopf", l'équivalent alémanique de la "tête de nègre", ou encore "Mohrentanz".
Intolérable pour la Ville, qui a décidé de supprimer ces écritures sur les trois bâtiments qui lui appartiennent. "Si on les laisse là, ça donne le signal que l'on ne pense pas à l'effet qu'elles peuvent avoir sur les personnes qui ont, elles-mêmes, une histoire liée au racisme", a justifié la maire socialiste de Zurich Corine Mauch dans La Matinale de la RTS vendredi.
Supprimer ou expliquer?
Ces suppressions constituent une petite partie d'un travail historique plus vaste mené par Zurich. Depuis l'été dernier, un groupe d'experts est chargé de répertorier les différentes traces de son passé colonial et de les analyser au cas par cas. Pas question, pour le moment, de toucher à la statue d'Alfred Escher ou de renommer des rues. Partout où cela est possible, on préfère y ajouter des plaques explicatives.
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Est-il préférable de supprimer ou d'expliquer? Pour l'historien Dominique Dirlewanger, les deux options sont défendables: "Idéalement, la mise en contexte peut apparaître comme une solution pédagogique intéressante. Mais sur certaines figures très polémiques, l'effacement (...) peut faire sens. L'histoire est composée de la mémoire, mais l'oubli et le pardon font également partie d'un processus historique", avance-t-il.
Pas de politique uniforme
Dans plusieurs villes de Suisse, les débats ont été animés l'été dernier et les stratégies en la matière varient encore. Neuchâtel avait par exemple rebaptisé son espace Louis Agassiz, mais laissé sa place à David de Pury. Quant à Genève, pour le moment, elle ne touche pas au Boulevard Carl-Vogt.
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Sujet radio: Joëlle Cachin
Adaptation web: Vincent Cherpillod