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La Suisse s'illustre par l'absence d'OGM dans les denrées animales
A la fin 2016, le Conseil national a refusé la création de "zones avec OGM" en Suisse, y compris des parcelles conditionnées à des règles strictes pour prévenir les mélanges indésirables. Dans le même temps, la Chambre du peuple a accepté de prolonger jusqu'en 2021 le moratoire actuel qui interdit de cultiver les OGM, sauf à des fins de recherche.
Avec quelque 500'000 tonnes d'aliments pour animaux importées en 2016, la Suisse veille également à ce que ces produits -tels que les tourteaux de soja ou de colza- ne contiennent pas d'éléments transgéniques: "les statistiques montrent qu'il y a 15 ans, il y avait une certaine quantité d'alimentation pour animaux contenant des OGM qui était importée. Mais, depuis un peu plus de dix ans, cette tendance a nettement diminué. La pression sur la marché a été efficace puisqu'on ne trouve plus, en Suisse, d'aliments pour animaux contenant des OGM incorporés de manière volontaire", explique Michel Geinoz, responsable du contrôle des aliments pour animaux à l'Agroscope de Posieux (FR).
>> Importations suisses d'aliments pour animaux
"Aucun fourrage en Suisse ne contient d'OGM"
Les tests n'étant pas exhaustifs, quelle garantie y a-t-il que les produits ne contiennent pas d'organismes génétiquement modifiés? "Nous ciblons les substances sujettes à des fraudes et nous n'avons pas eu d'infractions à sanctionner, je peux confirmer que 100% des fourrages utilisés en Suisse ne contiennent pas d'OGM", assure le spécialiste.
Les statistiques de 2016 démontrent que sur les centaines d'échantillons prélevés dans les moulins, aucun ne contenait d'OGM
Les statistiques de 2016 démontrent en effet que sur les centaines d'échantillons prélevés dans les moulins, aucun ne contenait d'OGM. Un constat similaire en 2015 où seul un des 400 échantillons était frauduleux (voir graphique ci-dessous).
>> L'évolution des infractions constatées en Suisse lors des contrôles:
Selon Michel Geinoz, les tests effectués sont extrêmement fiables: "Quasiment tous les types d'OGM sont détectables, même si c'est un domaine très dynamique -avec de nouvelles substances qui apparaissent sur le marché- et que nous devons élaborer beaucoup de nouveaux tests".
35 millions de francs supplémentaires
Le fait de nourrir le bétail sans produits transgéniques engendrent des coûts considérables pour l'agriculture suisse: "Rien que le fait de nourrir le bétail avec du soja sans OGM entraîne des coûts supplémentaires de l'ordre de 35 millions de francs", selon le conseiller national et directeur de l'Union suisse des paysans Jacques Bourgeois.
Le député PLR a d'ailleurs déposé une motion au Parlement afin de permettre l'étiquetage de denrées non transgéniques: "La législation très stricte en vigueur ne permet pas de vanter l'absence d'OGM dans les denrées alimentaires suisses, alors que dans les pays voisins, les produits d'origine animale portent toujours plus souvent la mention 'sans OGM'", dit la motion qui sera débattue mardi.
Mathieu Henderson/pj
Publié le 13 mars 2017 à 20:20 - Modifié le 14 mars 2017 à 06:21