Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07150.jsonl.gz/340

Le nouvel avion présidentiel américain entrera en service au second trimestre de 2026, soit avec deux années de retard sur le calendrier initial.
Processus de remplacement
La flotte de transport aérien présidentielle utilise l'indicatif d'appel "Air Force One" lorsque le Président est à son bord, utilise pour l’instant deux B747-200 qui sont sortis de la chaine d’assemblage, il a plus de trente ans. Ces appareils sont identifiés VC25A et doivent maintenant être remplacés. Le processus de remplacement des CV-25A a commencé sous l'administration Obama. Le projet a été soumis par la filiale américaine d'Airbus avec une proposition basée sur A380 et la seconde chez Boeing. Ni le Congrès, ni le Sénat, ni l'USAF ne pouvaient accepter que le président des Etats-Unis vol à bord d’un aéronef autre qu’américain. L'offre retenue en janvier 2015 a été présentée par Boeing pour un prix fixe de 4,4 milliards de dollars.
Trop cher
Avec l’arrivée à Washington du truculent Donald Trump, la pression a été de mise sur les prix. Des réunions ont été organisée avec le CEO de Boeing de l’époque, Dennis Muilenburg, jusqu'à ce qu'il accepte de réduire le contrat de 4,4 milliards de dollars à 3,9 milliards de dollars. L’avionneur a publié à l’époque un tweet disant que "Boeing est fier de construire la prochaine génération d'Air Force One, fournissant aux présidents américains une Maison Blanche volante à un prix exceptionnel pour les contribuables. Le président Trump a négocié un bon accord au nom du peuple américain."
L’avion et son adaptation
Au lieu d'acquérir deux avions neufs répondant aux exigences de l'USAF, le Président Trump et Denis Muilenburg se sont mis d’accord sur l’acquisition de deux B747-8I « Intercontinental » de seconde main, mais non utilisés. Ils proviennent d'un contrat bâclé de Boeing avec la compagnie aérienne russe Transaero. La compagnie aérienne a déposé le bilan en octobre 2015, alors que deux de ses avions étaient déjà construits.
La transformation en VC-25B est complexe et comprend plusieurs étapes. La première phase de la modification de l'avion consiste à découper de grandes zones de peau et de structure dans les lobes inférieurs avant et arrière de l'avion, puis à installer deux super panneaux nouvellement fabriqués. Les super panneaux contiennent des améliorations structurelles et des découpes pour les portes du lobe inférieur du VC-25B, y compris les escaliers intérieurs pour les besoins de la mission. Puis Boeing s’est préparé pour le début de la modification en supprimant les intérieurs commerciaux, les moteurs, les groupes auxiliaires de puissance et de nombreux composants du système secondaire. De plus, Boeing a placé un mécanisme sophistiqué de levage et de berceau sous chaque avion afin de réduire les contraintes structurelles pour les phases de modification initiales.
De nouveaux moteurs GEnx-2B, plus puissants, plus performants et plus propres ont été sélectionnés et testés, offrant près de 2’000 kilomètres d'autonomie supplémentaire et permettant des décollages et des atterrissages plus courts par rapport au VC-25A. Le VC-25B est équipé d’un système de navigation spécial dans le cockpit, qui permet à l'avion d'être guidé, même si les aides à la navigation au sol ont été détruites pendant une guerre nucléaire. Un système de guerre électronique est également prévu.
Les modifications du VC-25B apportées à l'avion B747-8I comprennent notamment des mises à niveau de l'alimentation électrique, plus 320 kilomètres de câbles blindés, coaxiaux et à fibres optiques, un système de communication de mission sécurisé et crypté, une installation médicale, un intérieur exécutif (bureaux, espace conférences, salle de repos, WC, salle de bains) et des capacités d'opérations au sol autonomes pour le ravitaillement. A noter, que contrairement à ses prédécesseurs, les nouveaux appareils ne seront pas ravitaillables en vol, ceci pour des raisons d’économies.
Des retards
Le projet a subi 2 années de retards. Le Government Accountability Office (GAO), organisme indépendant, a identifié trois causes principales dont un dépassement de coût de plus d'un milliard de dollars : la pandémie, la faillite du sous-traitant chargé de l'aménagement intérieur GDC Technics et le manque de main-d'œuvre qualifiée. Boeing a dû trouver d'urgence des ingénieurs, des techniciens, des inspecteurs de qualité, des mécaniciens de structure et des électriciens. Le principal problème de recrutement était le haut niveau de sécurité et de qualification exigé par le ministère de la défense pour admettre l’acceptation du nouveau personnel. Un minimum de 10 ans d'expérience sur des avions VIP était requis, ainsi que la preuve d'une habilitation de sécurité valide de rang secret ou supérieur.
Pas de changement de livrée
Si les avions présidentiels étaient toujours dans une livrée bleue et blanche, sous l’ère Trump un vent de changement a été insufflé. En effet, le président républicain désirait sous son mandat une nouvelle livrée en rouge, blanc et bleu qui rappelle le drapeau américain.
Mais l’arrivée du démocrate Joe Biden à la Maison Blanche a changé la donne. Ce dernier ayant décidé de pas accepter la livrée proposée par son prédécesseur et de garder les couleurs d’origines bleues et blanches.
Photos : 1 & 2 Future VC-25B 3 Livrée imaginée par Trump non retenue @ Boeing