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L'ancien chef des renseignements péruvien et éminence grise de l'ex-président Alberto Fujimori, Vladimiro Montesinos, a été arrêté au Venezuela, dimanche. Près de 200 millions de francs détournés par Vladimiro Montesinos sommeillent encore en Suisse.
La nouvelle a été annoncée par le président du Venezuela, Hugo Chavez. Mercredi dernier, au cours d'une brève escale à Lima, M. Chavez avait promis que si l'ex-proche de M. Fujimori était capturé dans son pays, «il serait de retour au Pérou eu moins de temps qu'il n'en faut au coq pour chanter, et nous le mettrions à la disposition du gouvernement et des institutions péruviennes».
Le président du gouvernement de transition péruvien, Valentín Paniagua, a exprimé de son côté sa satisfaction. Le chef de l'Etat provisoire a qualifié Vladimiro Montésinos, surnommé par la presse péruvienne de «Raspoutine andin», de «cerveau et chef du plus grand réseau de corruption qui a jamais existé au Pérou».
L'avion péruvien transportant l'ancien chef des services secrets a décollé lundi matin de Caracas pour le Pérou. M. Montesinos s'était enfui en octobre après avoir provoqué l'an dernier une crise politique ayant entraîné la chute de M. Fujimori, réfugié depuis lors au Japon. L'ancien chef des services de renseignement péruviens est accusé d'avoir extorqué des fonds dans les milieux parlementaires, judiciaires, militaires et médiatiques en échange de faveurs diverses sous la présidence de M. Fujimori.
Sa réputation s'était effondrée en septembre dernier, une cassette vidéo diffusée au grand jour l'ayant montré en train de suborner un parlementaire. Le Pérou a demandé et obtenu l'entraide judiciaire de la Suisse concernant des comptes dans des banques helvétiques.
La fortune déposée en Suisse par le «Raspoutine péruvien» durant ses années au pouvoir entre 1990 et 2000, résulterait d'un commerce d'armes entre la Russie et le Pérou. Les enquêteurs tentent d'établir si les sommes bloquées proviennent de la corruption.
Au stade actuel de la procédure, environ 113 millions de dollars (environ 194 millions francs) sont gelés dans des banques de Zurich, Genève et Lugano dans le cadre de l'affaire.
Sur cette somme, 48 millions de dollars ont directement été bloqués sur des comptes appartenant à l'ex-chef des services secrets péruvien. Le reste concerne des personnes de son entourage.
swissinfo avec les agences