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Le pain, l'eau, le vin, l'huile, la cire, l'encens, la peinture, le bois, le toucher, l'odorat, les enclins, le signe de Croix, la respiration sont des exemples du genre d'existence que nous avons. Ils appartiennent au monde propre de notre existence et à celui avec lequel le Verbe S'est uni. Ceux qui s'imaginent que les idées et les mots sont en quelque sorte exemptés de matérialité, partent d'un modèle autre que celui qui est chrétien. Une idée n'est pas moins matiérielle que le pain, et le pain n'est pas moins spirituel qu'une idée. Et il a meilleur goût.
La [...] question, les prières aident-elles les avions à voler, est assez simple. Non! Nous ne prions pas, ne bénissons pas, etc., afin de faire que les choses se passent. Nous faisons ces choses afin de nous unir au Christ et d'unir notre monde, notre voyage, notre enfant, notre existence matérielle entière avec la volonté du Dieu Bon Qui seul soutient toutes les choses dans leur être.
Il vous sera demandé, "Alors, pourquoi prier ou bénir?" Nous prions et bénissons parce que le Dieu Bon soutient toutes choses dans leur être. Prières et bénédictions sont les sons et les actions d'un monde matériel se livrant à la main du Dieu Bon qui seul soutient toutes choses dans leur être.
Je suis profondément friand de la poésie de George Herberts. Son poème L'agonie [dans ce contexte] me vient à l'esprit:
Les philosophes ont mesuré les montagnes,
Sondé les profondeurs des mers, les états et les rois,
Marché avec un bâton vers le ciel,
et trouvé des fontaines,
Mais il y a deux choses vastes, spacieuses,
Qu'il conviendrait bien mieux de mesurer:
Pourtant,
il en est peu qui les sondent:
Ce sont le péché et l'Amour
Qui veut connaître le péché,
Qu'il se rende
Au Mont des Oliviers;
Là, il verra
Un homme, si tordu de douleurs,
Que tous Ses cheveux,
Sa peau, Ses vêtements,
sont ensanglantés.
Le péché est que cette Presse et cette Vis,
Qui forcent la douleur
A pourchasser sa cruelle nourriture
dans chaque veine.
Qui ne connaît pas l'Amour,
Qu'il essaie de goûter à ce liquide,
Qui sur la Croix
Sourd de cette presse;
Puis, qu'il dise alors
S'il a jamais goûté à un tel breuvage.
L'amour est cette liqueur douce et très divine,
Que mon Dieu ressent comme du sang;
Mais moi, comme du vin.
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Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après