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Tout le monde sait ce qu'est une carie, une couronne, voire un implant, mais qu'est-ce donc que l'occlusion?
En médecine dentaire, l'occlusion décrit la fermeture de la bouche lorsque les dents des maxillaires supérieur et inférieur (ou mandibule) entrent en contact. L'état d'occlusion définit par principe quelque chose de fermé (occlusion intestinale). Cet état physiologique statique ne représente cependant pas toute la dynamique des muscles manducateurs (de la mastication). Les fonctions occlusales dépendent aussi de la gravité terrestre, des propriocepteurs desmodontaux, de réflexes multiples, des tensions ou phases de repos musculaires, de la vascularisation sanguine, de la posture, etc.
En dérivent les termes d'occlusion centrée, d'occlusion excentrée, de malocclusion, de surocclusion, sus-occlusion, sous-occlusion [*], supraclusion, etc., toutes variantes qui, comme vous l'imaginez, montrent à l'envi que l'on ne ferme jamais la bouche "comme dans le livre"!
[*] Un exemple : surocclusion et sus-occlusion :
Le terme "sus-occlusion" est utilisé uniquement pour qualifier une situation où l’Espace libre est inexistant. Précisons que la distinction doit être faite avec le terme "surocclusion" qui s’adresse à toute dent égressée pour quelque raison que ce soit, mais le plus souvent à tout élément artificiel, obturation, couronne ou bridge, qui empêche les autres dents de se mettre en intercuspidation maximale. La surocclusion peut établir la sus-occlusion si, de par son importance quantitative, elle supprime l’Espace libre.
Source: "Occlusodontologie, applications cliniques", Editions CdP, 1988. Albert Jeanmonod, Professeur Honoraire de la Faculté de Chirurgie dentaire Paris VII (p.109)
"L’occlusion résulte de mouvements mandibulaires qui aboutissent à l’intercuspidation des dents antagonistes. La mise en occlusion des dents est exceptionnellement un acte conscient, dépendant de la volonté. Ce peut être le cas lors d’un examen bucco-dentaire, en réponse à la demande formulée par le praticien. Cela se produit aussi au moment où l’individu décide de manger, alors qu’il mord pour la première fois dans l’aliment. Immédiatement à la suite, l’acte devient automatique. Egalement automatique, indépendante de la volonté, l’occlusion qui se répète de 1'500 à 2'000 fois par 24 heures, lors de la déglutition de la salive. Dans le cadre de la fonction de déglutition et de mastication, les mouvements mandibulaires qui mènent à l’occlusion sont en effet des mouvements réflexes."
Source: "Occlusodontologie, applications cliniques", Editions CdP, 1988. Albert Jeanmonod, Professeur Honoraire de la Faculté de Chirurgie dentaire Paris VII (p. 21)
L'application stricte des règles de l'occlusion dentaire est la base même de l'art dentaire car elle assure un confort au patient et maintient la mandibule en équilibre de manière à éviter l'apparition des dysfonctions temporo-mandibulaires (TMD ou "Temporo Mandibular Disorders", cf. plus bas).
Les dents maxillaires recouvrent les dents mandibulaires. Les prémolaires et les molaires présentent des reliefs qui s'emboîtent les uns dans les autres à la manière d'un engrenage. L'implantation des dents n'est pas verticale. Il existe une orientation externe (vestibulaire) des dents postérieures maxillaires et une orientation interne (palatine ou linguale) des dents mandibulaires.
Sur le schéma ci-dessous, les molaires maxillaires recouvrent les molaires mandibulaires. L'engrènement se fait par la rencontre des cuspides dans les fosses des dents antagonistes. La cuspide du côté de la joue est appelée vestibulaire, celle du côté langue est appelée linguale. Les dents postérieures, molaires et prémolaires, sont faites pour mastiquer et supporter des pressions importantes (voir plus bas).
Représentation de l'engrènement des dents postérieures, vue frontale
Les incisives et les canines sont plus longues que les dents postérieures pour permettre un désengrènement des dents postérieures, qui libère la mandibule. Si la mandibule se déplace vers l'avant, les incisives mandibulaires viennent heurter les incisives du maxillaire. L'inclinaison vers l'avant des incisives maxillaires guide le mouvement et provoque un abaissement de la mandibule qui libère l'engrènement des prémolaires et des molaires. Cela permet un mouvement facile et harmonieux.
Le mouvement de propulsion fait avancer le condyle mandibulaire.
Mouvement de propulsion sur le guide incisif et désengrènement molaire progressif.
Le même phénomène se produit lors du déplacement latéral de la mandibule. La canine mandibulaire heurte son homologue maxillaire qui est inclinée latéralement. Ceci provoque un abaissement de la mandibule qui libère l'engrènement des prémolaires et des molaires pour permettre un mouvement harmonieux.
Lors du départ en latéralité, les dents sont en contact, puis le mouvement sur le guide canin provoque le désengrènement des dents postérieures.
Ces guides nous servent dans toutes les fonctions qui requièrent le déplacement de la mandibule: mastication, déglutition, phonation, rire, respiration, mimique, etc. Les études de l'occlusion ont mis en évidence un certain nombre de constantes physiologiques indispensables au bon fonctionnement de la mandibule. Lorsque ces constantes ne sont pas respectées, les répercussions sur la position de la mandibule provoque les TMD.
Pour permettre les mouvements de la mandibule, il existe des courbes: en haut, la courbe de Spee qui est une courbe sagittale antéro-postérieure, et la courbe de Wilson qui est une courbe frontale.