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Toutefois, à la fin du premier semestre de 2005, moins d'une cinquantaine de décès avait été attribuée directement à cette catastrophe. Pratiquement tous étaient des membres des équipes de sauvetage qui avaient été exposés à des doses très élevées: un grand nombre sont morts dans les mois qui ont suivi l'accident, mais d'autres ont survécu jusqu'en 2004.
Les nouveaux chiffres sont présentés dans un rapport abrégé qui est intitulé «Chernobyl's Legacy: Health, Environmental and Socio-Economie Impacts» (L'héritage de Tchernobyl: impacts sanitaires, environnementaux et socio-économiques) que vient de publier le Forum Chernobyl. Basé sur un rapport de 600 pages en trois volumes, qui regroupe les travaux de centaines de scientifiques, d'économistes et de spécialistes de la santé, ce rapport abrégé évalue les conséquences sur 20 ans du plus grave accident nucléaire de l'histoire. Le Forum regroupe plusieurs institutions spécialisées du système des Nations Unies, ainsi que la Banque mondiale et les gouvernements du Belarus, de la Russie et de l'Ukraine. Les institutions de l'ONU sont l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE), le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) de l'ONU et le Comité scientifique des Nations Unies pour l'étude des effets des rayonnements ionisants (UNSCEAR).
Principales conclusions du rapport
Ce rapport contient des douzaines de conclusions majeures, entre autres:
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- Environ un millier de membres du personnel du réacteur qui travaillaient sur le site et de membres des équipes d'intervention ont été fortement exposés à des doses de rayonnements très élevées le premier jour de l'accident; sur les plus de 200'000 travailleurs affectés à ces équipes ou chargés d'assurer le retour à la normale en 1986 et en 1987, 2200 de ces travailleurs pourraient, selon les estimations, décéder des suites d'une radio-exposition.
- - On estime à 5 millions le nombre de personnes résidant actuellement dans des zones du Belarus, de la Russie et de l'Ukraine contaminées par des radionucléides à la suite de l'accident; environ 100'000 d'entre elles vivent dans des zones classées précédemment par les autorités gouvernementales comme zones «strictement contrôlées». La classification actuelle des zones doit être revue et assouplie à la lumière des nouvelles conclusions.
- - Quelque 4000 cas de cancer de la thyroïde, essentiellement chez des enfants et des adolescents au moment de l'accident, sont imputables à la contamination résultant de l'accident, et au moins neuf enfants en sont morts; toutefois, à en juger par l'expérience du Belarus, le taux de survie parmi les patients atteints de ce type de cancer atteint presque 99%.
- - La plupart des membres des équipes d'intervention et des habitants des zones contaminées ont reçu des doses à l'organisme entier relativement faibles, comparables aux niveaux du fond naturel de rayonnement. Aucune indication ni probabilité d'une diminution de la fertilité parmi les populations touchées, ni aucune indication d'une augmentation des malformations congénitales pouvant être attribuées à une radio-exposition, n'ont donc pu être établies.
- - La pauvreté, les maladies liées au «mode de vie» qui se généralisent dans l'ex-Union soviétique, et les troubles mentaux constituent, pour les populations locales, une menace beaucoup plus grave que l'exposition aux rayonnements.
- - L'évacuation de quelque 350'000 personnes hors des zones touchées et leur relogement se sont avérés être une «expérience extrêmement traumatisante». Bien que 116'000 d'entre elles aient été évacuées de la zone la plus gravement touchée immédiatement après l'accident, les évacuations ultérieures ont joué un rôle négligeable dans la réduction des radio-expositions.
- - La persistance de mythes et d'idées fausses sur le risque d'irradiation ont provoqué chez les habitants des zones touchées un «fatalisme paralysant».
- - Les programmes ambitieux de réhabilitation et d'avantages sociaux entrepris par l'ex-Union soviétique et poursuivis par le Belarus, la Russie et l'Ukraine, doivent être redéfinis car, outre le fait que la situation radiologique a changé, ils sont mal ciblés et dotés de ressources insuffisantes.
- - Les éléments structurels du sarcophage construit pour recouvrir le réacteur endommagé se dégradent et risquent de s'effondrer en provoquant un rejet de poussière radioactive.
- - Il reste encore à établir un plan global pour le stockage définitif des tonnes de déchets hautement radioactifs sur le site et aux alentours de la centrale de Tchernobyl, qui soit conforme aux normes de sûreté en vigueur.
«Vingt ans après l'accident de Tchernobyl, les habitants des zones touchées n'ont toujours pas les informations dont ils ont besoin pour mener une vie saine et productive qui est tout à fait possible» explique Louisa Vinton, coordonnatrice pour Tchernobyl au PNUD. «Nous conseillons aux gouvernements concernés de leur communiquer des informations précises, non seulement sur les moyens de vivre sans risque dans des régions faiblement contaminées, mais aussi sur l'adoption de modes de vie sains et la création de nouveaux moyens de subsistance».
Toutefois, comme le déclare Michael Repacholi, responsable du programme Rayonnements de l'OMS, «au final, le message du Forum Tchernobyl est rassurant». Il explique que sur les 4000 patients atteints d'un cancer de la thyroïde, essentiellement des enfants, tous ont guéri, à l'exception de neuf qui sont décédés. «Ceci misa part, l'équipe d'experts internationaux n'a trouvé aucune indication d'une quelconque augmentation de l'incidence de la leucémie et du cancer chez les habitants affectés par Tchernobyl».
«Les effets sanitaires de l'accident étaient potentiellement catastrophiques, mais une fois que vous les additionnez en vous basant sur des conclusions scientifiques dûment validées, en ce qui concerne le public, ils n'ont pas été aussi forts que ce que l'on pouvait craindre initialement», conclut M. Repacholi.
En ce qui concerne les incidences sur l'environnement, les rapports des scientifiques sont également rassurants, car leurs évaluations révèlent qu'à l'exception de la zone fortement contaminée de 30 km de rayon autour du réacteur, toujours interdite d'accès, de certains lacs fermés et de forêts d'accès limité, les niveaux de rayonnements sont, pour la plupart, redevenus acceptables. «Dans la plupart des zones, les problèmes sont économiques et psychologiques, pas sanitaires ni environnementaux» déclare M. Balonov, secrétaire scientifique du Forum Tchernobyl qui participe aux initiatives visant à un retour à la normale depuis la catastrophe.
Quelle
M.A. d'après un communiqué de presse de l'AIEA du 5 septembre 2005