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Au printemps 1917, l'affaire Grimm-Hoffmann soulève une grave, mais courte crise. En mai de cette année, Robert Grimm, conseiller national, membre dirigeant de la Commission socialiste internationale, se rend à Stockholm, puis à Petrograd (auj. Saint-Pétersbourg) où, officiellement, il prépare le retour des réfugiés russes dans leur pays. Officieusement, soutenu par le conseiller fédéral Arthur Hoffmann, chef du Département politique, qui agit sans le consentement de ses collègues, il tente de favoriser une paix séparée entre l'Allemagne et la Russie. A Petrograd, il donne des conférences, et participe à une réunion de la Commission socialiste internationale. Lors de ces rencontres, il entre en relation avec plusieurs ministres et personnalités proches du gouvernement et leur propose ses bons offices. Le 26 mai, il télégraphie à Hoffmann qu'une paix séparée semble envisageable et demande des précisions quant aux buts de guerre des belligérants.
Interceptée, la réponse d'Hoffmann parvient au ministre français de l'Armement, le socialiste Albert Thomas, en visite à Petrograd, qui la transmet au gouvernement provisoire russe et la rend publique. Grimm est prié de quitter immédiatement la Russie. Le 18 juin, le Conseil fédéral est saisi de l'affaire. Le lendemain, Hoffmann démissionne. Les Alliés voient dans l'initiative suisse une grave entorse à la neutralité et critiquent vivement le pays. Quelques manifestations ont lieu en Suisse romande et au Tessin pour rappeler au gouvernement son devoir de neutralité.
Des raisons très différentes ont incité Hoffmann et Grimm à collaborer pour mettre un terme à la guerre. Pour le premier, seule la paix peut sauver économiquement la Suisse. Pour le second, elle est indispensable à la réalisation de la révolution russe prélude à un bouleversement plus général. Quant aux conséquences, elles sont lourdes pour les deux. Si Hoffmann doit mettre un terme prématuré à sa carrière politique, le crédit de Grimm auprès des milieux socialistes suisses baisse temporairement et, sur le plan international, il perd sa position dirigeante dans le mouvement de Zimmerwald.
Bibliographie
– P. Stauffer, «Die Affäre Hoffmann-Grimm», in Schweizer Monatshefte, 1973-1974, 1-30
– A. McCarthy, Robert Grimm, 1989, 146-178
Auteur(e): Catherine Guanzini