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Si les projecteurs ont longtemps été braqués sur la transcription codante, il s’avère que la transcription non-codante est très largement majoritaire dans une cellule eucaryote. Cette omniprésence de la transcription non-codante peut avoir des conséquences fonctionnelles: de nombreux transcrits non-codants passent au travers des régions promotrices des gènes codants. Ceci peut provoquer la répression du gène codant à travers un mécanisme appelé interférence transcriptionnelle. S’il est connu que ce mécanisme fait intervenir la régulation de la chromatine, la séquence précise des événements déclenchant l’interférence de transcription était jusqu’alors inconnue.
L’équipe de Françoise Stutz propose un mécanisme fin d’interférence de transcription par la transcription non-codante antisens. Jatinder Kaur Gill, Julien Soudet et collègues montrent que l’induction de la transcription antisens à travers la région promotrice du gène codant associé résulte en un repositionnement des nucléosomes. Ceci entraîne alors une diminution de l’initiation de la transcription du gène codant. Grâce à des techniques de séquençage à haute résolution, cette étude montre également que certaines modifications d’histones induisent des positionnements différents de nucléosomes. Enfin, les auteurs concluent que 1/5 des gènes codants sont régulés par un processus compatible avec leur modèle.
Considérant la conservation des facteurs impliqués, il semble probable que la régulation de nombreux gènes codants humains dépende du mécanisme proposé dans cette publication.
Cette étude a été publiée dans Cell Reports, le 5 mai 2020.