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- Publié le mardi 4 février 2003 00:00
Membre de la Société pédagogique genevoise
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En lançant son initiative pour le maintien des notes à l'école primaire, l'"association refaire l'école" remet en question la qualité de l'information donnée aux élèves et à leurs parents avec le nouveau dispositif d'évaluation. Mais qu'en est-il ?
Avec le système d'évaluation basé sur les notes, actuellement encore en vigueur dans un peu plus de la moitié des écoles du canton, élèves et parents ont une information sous forme de notes dans 3 voire 5 disciplines (en fonction du degré). Ces notes signifient : "excellent", "bien", "assez bien", "médiocre", "insuffisant" ou "mauvais". Avec le nouveau dispositif d'évaluation, élèves et parents reçoivent une information qui indique comment l'élève progresse par rapport aux objectifs des dix matières enseignées. La progression est qualifiée de "très satisfaisante", "satisfaisante" ou "peu satisfaisante". Cette information est étayée par un dossier d'évaluation et explicitée aux parents lors d'entretiens au moins deux fois dans l'année. De plus, en fin de cycle, l'élève est évalué en fonction de l'atteinte de ces objectifs clairement identifiés. Il est donc évident que l'information est non seulement beaucoup plus complète avec le nouveau dispositif d'évaluation, mais également plus claire, puisqu'elle se base sur deux canaux, l'oral et l'écrit.
L'information donnée aux parents dans le nouveau livret scolaire est un acte professionnel complexe qui demande à l'enseignant de se positionner par rapport à chaque élève non seulement en fonction des épreuves, mais aussi des traces d'apprentissages et des observations effectuées. Ceci est évidemment beaucoup plus exigeant en terme de compétences et de temps que d'effectuer une moyenne de notes.
Concernant la perte de repères que dénoncent les initiants, la nouvelle évaluation cherche justement à préciser les repères que les enfants doivent atteindre, pas sous la forme de note, mais sous la forme d'objectifs ciblés. Ceci permet aux élèves de se situer, de prendre conscience de leurs forces et de leurs faiblesses. Enseignants, élèves et parents peuvent ainsi savoir quelles notions travailler particulièrement. Ce sont donc bien des repères, clairement identifiables, que rencontrent les élèves sur le chemin de l'apprentissage.
Permettez-moi pour conclure de comparer l'école à un autre service public, l'hôpital. Que penserait la population si on lui proposait que désormais, l'information sur les proches hospitalisés soit donnée sous la forme d'une moyenne des examens quantitatifs effectués. Elle crierait sans doute au scandale, préférant recevoir des informations de qualité, sous la forme d'entretiens avec les médecins. C'est justement ce type d'information orale, basée aussi sur des traces écrites, synthétisée dans le livret scolaire que met en œuvre le nouveau dispositif d'évaluation.
J'ose espérer que les citoyens genevois privilégieront une évaluation de qualité, qui cherche à guider les élèves dans leur apprentissage, plutôt qu'une évaluation notée qui les félicite ou les sanctionne. J'invite donc la population à refuser de signer l'initiative qui leur est proposée.