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En plein coeur du pays de Galles, en Angleterre, se trouve le petit bourg tranquille de Monmouth. Monmouth évoque pour beaucoup d’entre nous Geoffroi de Monmouth, qui publia vers 1138 son Histoire des rois de Bretagne, ouvrage peu historique mais qui a par contre posé les bases de la légende Arthurienne. D’autres en avaient parlé avant lui, mais pas avec autant de détails, et c’est Geoffroi qui va lui donner sa grande popularité.
Mais Monmouth a une autre particularité: on y trouve un pont fortifié du XIIIème, unique en son genre en Grande Bretagne, un des rares encore existants en Europe !
En effet, il subsiste un certain nombre de ponts médiévaux fortifiés en Europe, mais la plupart ne sont équipés de fortifications qu’à leur extrémité. Très rares sont ceux qui se distinguent par une fortification construite sur le pont lui-même.
Voici les autres ponts médiévaux fortifiés en Europe que j’ai pu trouver:
- le Pont Valentré près de Cahors en France (XIVème),
- le Pont d’Ortez dans les Pyrénées en France (XIIIème),
- le Pont de la Légende dans les Pyrénées-Atlantiques en France (XIIème),
- le Pont de Besalu en Catalogne (XIIème).
Mais revenons au pont sis à Monmouth, sur la rivière Monnow, d’où le pont tire son nom. Il fut construit vers la fin du XIIème, pour remplacer un pont en bois du siècle précédent. La tour porte en pierre fut rajoutée quelques années plus tard, entre la fin du XIIIème et le début du XIVème. La fortification était complétée côté bourg par un fossé et un rempart. A l’origine le seul passage était une arche centrale, fermée par une herse. On distingue encore sur la façade sud-ouest plusieurs ouvertures de tir, orientées vers l’extérieur du bourg.
Des machicoulis furent rajoutés, vraisemblablement vers la fin du XIVème.
On peut douter de l’efficacité défensive de l’ouvrage en voyant la faible largeur et profondeur de la rivière Monnow, qu’il est facile de traverser ici à pied, mais l’utilisation principale de cette tour fut, à travers les époques, tout autre: lieu de péage, chambre de garde, prison, entrepôt, lieu de résidence privé …
Pour ces applications non prévues à l’origine, un certain nombre de transformations furent effectuées. La herse fut retirée. Au XVIIIème on réhaussa le toit, et on y rajouta une extension (qui sera détruite au XIXème). Au XIXème on a aussi percé successivement deux passages piétons, un de chaque côté.
Le pont, à l’origine plus étroit, a aussi été élargi, ce qui explique pourquoi les latrines donnent maintenant sur le bord du passage, juste à côté d’une des portes piétonnes ! Ce n’était évidemment pas le cas à l’origine, les latrines donnaient sur la rivière …
Au XXème on consolide la tour, notamment avec des barres de métal qui empêchent les murs de s’écarter; leurs plaques rondes d’extrémités sont visibles en façade, à mi-hauteur, des 2 côtés de la grande arche centrale. On rajoute aussi des chenaux et tuyaux pour améliorer l’écoulement des eaux.
J’ai eu la chance de voir ce pont lors d’un court séjour en septembre 2014, malheureusement sans pouvoir en visiter l’intérieur. Les photos qui accompagnent cet article montrent son aspect actuel.
Texte et photos: Messire Christiaan. Sources: sites du pays de Galles, Wikipedia.