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Dans une communication écrite conjointe datée du 7 avril 2014, le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la liberté d’expression, le Rapporteur spécial sur la liberté d’association et de réunion et le Rapporteur spécial sur la situation des défenseurs des droits humains ont demandé des comptes au Guatemala par rapport à la répression contre le Comité de Desarrollo Campesino (CODECA). Cette information a été rendue publique durant la dernière session du Conseil des droits de l’homme en septembre 2014. Cette communication faisait suite à une lettre du CETIM sollicitant l’intervention urgente des procédures spéciales du Conseil des droits de l’homme pour que cesse la répression contre CODECA. Le gouvernement du Guatemala n’a pour l’heure pas donné suite à cette communication urgente.
CODECA est une organisation de paysans du Guatemala qui lutte pour la justice et de meilleures conditions de vie dans les zones rurales. Le CETIM collabore avec CODECA depuis de nombreuses années et l’accompagne dans ses démarches à l’ONU pour faire connaître la situation dans les zones rurales au Guatemala et activer les mécanismes de protection des droits humains.
CODECA subit une féroce répression depuis le début de l’année suite à plusieurs mobilisations contre la privatisation de l’électricité au Guatemala qui bénéficie à la société transnationale Energuate au détriment de la population locale. En mars 2014, suite à une manifestation pacifique pour la nationalisation de l’énergie électrique, plusieurs membres de CODECA ont été battus et menacés de morts par des individus non-identifiés. Plusieurs dirigeants de CODECA ont également été arrêtés. La responsabilité du gouvernement guatémaltèque est directement engagée puisque plusieurs de ses membres, et en particulier le Président M. Otto Perez Molina, ont publiquement accusé CODECA de vol d’énergie électrique et de blanchiment d’argent, et ont appelé à leur capture.
Suite à cette vague de répression, le CETIM avait écrit au Rapporteur spécial des Nations Unies sur la liberté d’expression, au Rapporteur spécial sur la liberté d’association et de réunion et au Rapporteur spécial sur la situation des défenseurs des droits humains pour leur demander d’intervenir urgemment auprès du gouvernement guatémaltèque afin qu’il libère les personnes arrêtées arbitrairement, cesse la répression et la persécution politique contre les dirigeants et militants de CODECA, et respecte ses engagements internationaux en matière de droits humains.
Le gouvernement du Guatemala n’a pour l’heure pas répondu à la communication urgente reçue des procédures spéciales du Conseil des droits de l’homme. Et la répression s’est même accrue durant les derniers mois. De nombreux membres de CODECA, dont son principal dirigeant M. Mauro Vay, ont été arrêtés et sont détenus depuis le mois d’août 2014. En août également trois membres de CODECA ont été tués et 60 autres blessés suite à des affrontements avec la police.
Le CETIM suite attentivement l’évolution de ce dossier et continuera à soutenir la lutte de CODECA en faveur des droits humains au Guatemala.