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Le V1 - Le pulsoréacteur [3]
Le V1 était propulsé par un pulsoréacteur ARGUS Ar 019-14 mesurant 3,66 m de longueur et pesant entre 138 et 153 kg (suivant l’épaisseur de la tôle utilisée pour son enveloppe : 2,5 ou 3,0 mm selon les versions). Faute de place, ce pulsoréacteur n’a pu être intégré au corps du missile dont la cellule était en grande partie occupée par le réservoir de carburant et par la charge explosive. Il était donc perché au-dessus du fuselage et supporté par deux montants verticaux. La poussée était transmise à la cellule par le support avant, constitué par une solide poutre tubulaire.
Ce type de réacteur, dont le fonctionnement différait totalement de celui des turboréacteurs équipant les nouveaux chasseurs à réaction, fournissait une poussée effective de 335 kgp. Par son principe même, il permettait de propulser l’engin à une vitesse de croisière de 650 km/h mais pas d’arracher le missile du sol. C’est pourquoi le V1 était tiré à partir d’une rampe de lancement, de façon à acquérir une vitesse de départ suffisante. La poussée initiale était fournie par une catapulte pneumatique intégrée dans la rampe, qui propulsait le V1 avec une force de 19 G (soit 19 fois son poids !). Pour garantir le fonctionnement autonome du pulsoréacteur, le missile devait en effet quitter la rampe à une vitesse supérieure à 241 km/h. En dessous de cette vitesse critique, la pression de l’air exercée sur la grille frontale était insuffisante pour permettre l’ouverture des clapets d’admission (lamelles métalliques formant ressorts).
La fabrication de l’enveloppe tubulaire du pulsoréacteur, constituée de simples tôles d’acier embouties à chaud et soudées entre elles, tenait plus de la chaudronnerie que de la mécanique. Le pulsoréacteur se présentait en effet comme un long tuyau cylindrique subdivisé en 5 parties. Contrairement aux turbines à gaz des jets et aux moteurs à piston classiques, il ne comportait aucune pièce mécanique en mouvement. Cette particularité, qu’il partageait d’ailleurs avec le statoréacteur d’Eugen Sänger, le rendait facile et rapide à produire, tant sa conception était simple. Vu sa rusticité, sa fabrication n’exigeait en effet ni main d’œuvre qualifiée, ni outillage et installation spécialisés, ni matériaux stratégiques rares. Son coût de production était donc très faible, comparativement aux moteurs fusées du V2 ou aux turbines, avec l’énorme avantage de pouvoir être fabriqué massivement et en sous-traitance, ce qui permettait une délocalisation de la production.
Le pulsoréacteur comportait 5 parties disposées en ligne les unes à la suite des autres :
Chacune de ces parties est détaillée dans une rubrique spécifique à laquelle nous renvoyons les lecteurs plus amplement intéressés. Ceux qui voudraient en savoir plus sur le principe du pulsoréacteur, son mode de fonctionnement et son démarrage trouveront des informations complémentaires dans les rubriques intitulées « Propulsion », « Fonctionnement » et « Allumage à froid ».
Données techniques du pulsoréacteur :
SOURCES :
Yannick Delefosse, "V1 ARME DU DÉSESPOIR", Editions Lela Presse. Collection Histoire de l’aviation n°18. 2006.
Pour en savoir plus sur le V1 ou si vous voulez acheter l’excellent livre très fouillé et richement documenté écrit par Yannick Delefosse sur le V1, nous vous conseillons le site internet de Yannick Delefosse : http://v1armedudesespoir.free.fr/
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