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23.06.2011
Bilan
Trop de députés préfèrent se reposer sur les groupes de pression qui financent leur parti et/ou leur propre élection - c'est honteux
Présent sous la Coupole depuis 1991, vous êtes un des plus anciens conseillers nationaux en fonction. Les lobbies sont-ils plus puissants qu'il y a vingt ans?
Aujourd'hui, les lobbies jouent un rôle beaucoup plus important qu'à mes débuts. Leur influence est devenue plus forte. Ils préparent même les propositions législatives que feront les parlementaires au sein des commissions et devant le plénum. Car trop de députés ne maîtrisent pas leurs sujets. Ils préfèrent donc se reposer sur les groupes de pression qui financent leur parti et/ou leur propre élection. C'est honteux. Notre système politique de milice, qui n'en est plus un, favorise une certaine forme de corruption des députés en raison des avantages qu'ils peuvent percevoir de l'économie privée ou de tout autre milieu.
Qu'est-ce qui vous a le plus choqué au cours de vos cinq législatures?
En 2009, j'ai assisté à un épisode qui est certainement l'un des plus déplorables que j'ai vu. Regina Ammann, une ancienne conseillère nationale qui travaille pour Economiesuisse, distribuait des tracts devant l'entrée du Conseil des Etats au sein même du Palais fédéral. Ce procédé, qui est intolérable, est révélateur de la dégradation de notre culture politique. Il ne devrait pas être autorisé.
Quelles sont les mesures à prendre pour limiter le rôle des lobbies?
D'abord, parlementaire est un véritable métier qui ne s'improvise pas. C'est un travail qui mérite donc une rémunération adéquate. Il faut aussi offrir à chaque député la possibilité d'engager un assistant à plein temps qui serait, lui aussi, rétribué. Ensuite, il est nécessaire de restreindre voire d'interdire l'accès des lobbies au Parlement. Aujourd'hui, ils envahissent la salle des pas perdus pour faire passer leurs messages. Enfin, les votations populaires sont prises en otage par les organisations qui disposent d'importants moyens financiers. Je suis favorable à une législation qui permettrait d'accroître la transparence et d'équilibrer les budgets grâce à des contributions publiques. La démocratie a un prix. Elle nécessite des investissements pour exister.
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Andreas Gross
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