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Beyoncé, Taylor Swift et Megan Thee Stallion reines des Grammys
Les Grammy Awards ont permis à Beyoncé de battre le record de récompenses pour une artiste féminine. Sacrée pour le meilleur album de l'année, Taylor Swift a, elle aussi, décroché un record: devenir la première artiste à s'adjuger à trois reprises cette distinction.
La 63e cérémonie de récompenses de l'industrie américaine du disque a fait dimanche soir à Los Angeles la part belle aux artistes féminines. Outre Beyoncé et Taylor Swift, elle a vu l'artiste H.E.R être primée pour son titre "I Can't Breathe", alors que la jeune Billie Eilish a remporté le Grammy Award de l'enregistrement de l'année pour la deuxième année consécutive et que la rappeuse Megan Thee Stallion a été sacrée révélation de l'année.
La soirée de gala se déroulait à Los Angeles presque un an jour pour jour après les premières fermetures de salles de concert américaines sous la menace du coronavirus. Elle était entourée de strictes précautions sanitaires, sans public et avec stars masquées et gardant leurs distances. Les prestations chocs étaient cependant au rendez-vous.
Première depuis 1999 pour Stallion
Meghan Thee Stallion a reçu le prestigieux Grammy de la "révélation de l'année", la première artiste de rap à triompher dans cette catégorie depuis Lauryn Hill en 1999. Cette récompense ne fait que consacrer le succès de l'artiste après une année marquée par la sortie de son premier album studio "Good News", un duo mémorable avec la star Cardi B sur "WAP" et son tube "Savage" avec la participation de Beyoncé sur un remix. Ce remix a valu aux deux artistes les prix de la "meilleure performance rap" et de la "meilleure chanson rap".
Avec 28 Grammys au total, "Queen B." est entrée dans l'histoire des Grammy Awards en battant le record pour une artiste féminine dans la compétition et celui pour un chanteur (homme ou femme).
En solo, elle a reçu le trophée de la meilleure vidéo musicale pour "Brown Skin Girl" et surtout été élue meilleure performance R&B pour son titre "Black Parade", sorti dans la foulée du meurtre de George Floyd à Minneapolis et des gigantesques manifestations antiracistes de l'été 2020.
Beyoncé émue
"Black Parade" a des paroles fortes, qui fustigent tout à la fois le racisme, appellent à la mobilisation pour les droits civiques et rendent hommage à la culture noire.
Ordinairement toute en maîtrise, Beyoncé s'est montrée visiblement émue au moment d'accepter le prix qui la portait en tête des artistes féminines. "En tant qu'artiste, je considère que c'est mon travail, notre travail à tous, d'être le reflet de notre époque", a déclaré la chanteuse. "Je voulais soutenir, encourager, célébrer toutes les reines et les rois noirs qui continuent à m'inspirer et à inspirer le monde entier."
Les Grammy Awards ont aussi récompensé l'artiste H.E.R, chanson de l'année pour "I Can't Breathe", un hymne réclamant la fin des discriminations raciales et des brutalités policières faisant référence aux derniers mots prononcés par George Floyd et avant lui par Eric Garner, un Américain noir mort asphyxié lors de son arrestation à New York en juillet 2014.
Coup double pour Billie Eilish
Coup double pour Billie Eilish qui a raflé dimanche, avec "Everything I Wanted", le Grammy Award de l'enregistrement de l'année pour la deuxième année consécutive. C'est un exploit pour une artiste de seulement 19 ans qui avait remporté le grand chelem l'an dernier, soit les quatre récompenses reines.
En recevant son prix, la jeune femme a déclaré qu'il aurait dû aller à Megan Thee Stallion, également en lice dans la catégorie. Billie Eilish a aussi reçu dimanche un prix pour "No Time To Die", le thème officiel du prochain volet des aventures de James Bond, écrit avec son frère.
Pourtant donnée favorite par de nombreux critiques, Dua Lipa a dû se contenter du Grammy du meilleur album pop vocal pour "Future Nostalgia", collection de titres plus discos et dansants les uns que les autres.
Grégoire Maret bredouille
Un Suisse était en lice dans la catégorie du meilleur album instrumental contemporain. Le joueur d'harmonica genevois établi à New York, Grégoire Maret, n’a cependant pas empoché un deuxième Grammy Award avec son dernier album "Americana". Snarky Puppy a été sacré avec son direct du Royal Albert Hall. Grégoire Maret avait gagné un Grammy en 2005 pour l'album "The Way Up", qu’il avait enregistré avec le groupe de Pat Metheny.
Le fantasque Harry Styles, qui avait ouvert la soirée avec son tube "Watermelon Sugar" un boa en plumes vertes autour du cou, a lui reçu le Grammy de la meilleure performance pop solo.
Britanny Howard, jusqu'alors connue avec son groupe Alabama Shakes, a remporté le Grammy de la meilleure chanson rock tandis que Fiona Apple a décroché deux prix pour son album "Fetch The Bolt Cutters".
Dans une catégorie rock où les artistes féminines étaient là encore présentes en force, The Strokes a réussi à s'imposer pour le meilleur album rock avec "The New Abnormal", le premier Grammy de leur pourtant longue carrière. Vieux briscard du rap, Nas a aussi remporté une première victoire dimanche après 14 nominations pour "King's Disease", sacré meilleur album rap.
ats, afp