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samedi 4 janvier 2014
Suraj Prakash poursuivit des études universitaires mais y renonça peu à peu afin de se consacrer à la vie religieuse. Ce sera à la même époque qu'il se fera consacrer moine par un udasin du Cachemire : Swami Krishna Dass. Désormais, Suraj Prakash s'appellera Chandra Swami et, revêtu de la robe orange immortalisant les sadhus, il passera huit ans en pratiquant une discipline intensive au cœur des Himalayas.
À 29 ans, il reprend son bâton de pèlerin et choisit d'aller vivre dans une île boisée sur le Gange, à proximité de la ville sainte d'Hardwar (nord de Delhi). Quelques années le séparent encore de la réalisation ultime (35 ans) ; de cet instant où le charme de l'illusion est définitivement rompu pour enfin laisser apparaître la réalité de la vie qui fait de l'homme un être absolument libre et responsable : se connaissant lui-même.
Durant la mousson de 1970, des changements dans le cours du Gange rendirent inaccessible la hotte où vivait Chandra Swami. Ses disciples le supplièrent de s'installer sur l'autre rive. Il accepta et ils lui construisirent un petit ashram auquel ils donnèrent le nom de Sewak Nivas (la demeure des serviteurs) devenu en 1975 Seekers Trust (Compagnie des chercheurs). Il vit aujourd'hui dans le district de Derha Dun (Uttar Pradesh).
Source (et suite) du texte : supervielle
Bibliographie :
- Instructions spontanées, Ed. du Relié, 2005
- Le chant du silence, Ed. du Relié, 1988, 2012
- L'art de la réalisation, Ed. Albin Michel, 1985
DVD :
Malo Aguettant, Instant de reconnaissance, Chandra Swami et Yvan Amar, Prod. Alize, 2011
Prière de Chandra Swami : PDF
Site officiel : Sadhana Kandra Ashram
Une pure expérience spirituelle est irréalisable sans la concentration, c'est-à-dire sans la réduction du Triangle polaire de l'expérience, celui du connaisseur, de la connaissance et du connu, en un seul point, lequel finalement se dissout dans la mer sans limites de la conscience. Cet état est l'expérience spirituelle la plus haute possible et seule permet d'y accéder une contemplation appropriée. Ce qui arrive ensuite, une ouverture plus vaste en hauteur et en largeur de la Conscience, est opérée par le Seigneur (si telle est sa volonté) dans le Sâdhaka, qui ne se satisfait pas pleinement de cette contemplation non polaire, la tenant pour l'acquisition ultime, certes, de l'ordre le plus élevé, mais restant ouvert et soumis au Seigneur suprême dans un total renoncement de lui-même.
La théorie n'est pas la pratique, et les mots ne sont pas ce qu'ils désignent. Le mot « Dieu », après tout, ne nous renseigne pas sur ce que Dieu est. Il est impossible de décrire l'état de conscience qui permet au voyant de s'établir en lui-même, état que l'on vient d'évoquer, même si, dans cette intention, on a recours aux termes les plus précis et les plus suggestifs. Par conséquent, pour ce qui est de la grandeur et de la félicité spirituelles d'un pareil état, il incombe aux lecteurs et aux lectrices de l'expérimenter dans leur âme grâce à une pratique appropriée et guidée. Que faut-il entendre par concentration spirituelle, et quelle est la méthode ou technique à mettre en pratique ? Par concentration spirituelle, on entend le rassemblement de toutes les forces et capacités dispersées de l'être pour les centrer sur le Divin à seule fin de Le réaliser. Toutes les méthodes de concentration spirituelle se laissent répartir en deux groupes : la positive et la négative. Chacune de ces deux méthodes implique deux mouvements internes — le passif et l'actif — qu'il faut suivre simultanément. Dans les termes de la méthode positive ces deux mouvements consistent en résumé en une « fixation » et en une « observation », tandis que la méthode négative se présente comme un «( arrêt » ou « rejet » et une « observation », Autrement dit, en expérimentant les deux méthodes, la conscience doit en quelque sorte se dédoubler, la partie active accomplissant un acte, tandis que la partie passive n'agit pas, se bornant à observer avec vigilance le travail exécuté par la partie active. Essayons de rendre ces deux méthodes bien claires. (...)
En dehors des méthodes indiquées ci-dessus — positive et négative — il en existe une troisième dans laquelle on ne pratique ni la fixation ni le rejet. Elle consiste à se détourner de toutes les pensées que l'on accueille comme éléments de la Nature et non du Soi, se bornant ainsi à les observer comme un simple témoin. De cette façon, les pensées s'élèvent et s'affaissent sans capter l'attention du Purusha qui s'abstient de toute identification avec elles, les observant comme d'en haut - à la façon de quelqu'un qui, sur le sommet d'une montagne, regarde avec désintéressement et impartialité (en restant inaffecté par elles) les choses d'en bas. Dans cette méthode d' « observation », le mental continue un certain temps de penser machinalement mais, ayant perdu son centre conscient de support, il finit par devenir silencieux et passif, bien qu'il soit en même temps tout à fait vigilant. C'est dans cet état de profond silence que la véritable nature du Purusha se révèle ou, disons, que le Seigneur se manifeste. Ces trois méthodes sont les plus efficaces pour calmer le mental et obtenir une vision spirituelle supramentale. Naturellement, elles sont ardues, surtout pour qui est extraverti, et elles exigent pour aboutir un effort sincère et profond. Elles ne sont pas à mettre en pratique avec froideur ou indifférence, comme lorsqu'on remplit quelque obligation, mais avec un ardent sentiment de respect et d'amour : satkâra-sevanam comme on dit dans les Yoga-sûtras.
Extrait de : L'art de la réalisation
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Source du texte : wikisage / google book