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Quelle est la cible première du système immunitaire dans le diabète de type I ? L'insuline, qui figurait déjà en bonne place dans la liste des autoantigènes susceptibles de déclencher la réaction auto-immune contre les cellules bêta du pancréas, devient la suspecte principale. Deux nouvelles études à charge, parues le 12 juin dans la revue Nature, montrent qu'elle joue un rôle déterminant dans la genèse du diabète (Nature 2005 ; 435 : 220-3 et 224-8).George Eisenbarth et ses collègues ont travaillé sur un modèle animal de diabète de type I, à savoir des souris NOD (pour non-obese diabetic). Les chercheurs ont supprimé chez ces souris tous les gènes de l'insuline et les ont remplacés par un gène codant pour une insuline modifiée, fonctionnelle mais non immunogénique. Les souris exprimant cette insuline modifiée n'ont développé aucun diabète.Seule faiblesse de cette démonstration magistrale : elle porte sur un modèle animal de la maladie. Une autre étude, menée par l'équipe de David Hafler, laisse penser que l'insuline joue également un rôle essentiel dans le diabète de type I chez l'homme. Les auteurs ont étudié les antigènes reconnus par des lymphocytes prélevés dans les nuds lymphatiques pancréatiques de sujets diabétiques. Plus de la moitié de ces lymphocytes reconnaissaient la chaîne A de l'insuline, phénomène totalement absent chez des sujets sains. Autre coïncidence troublante révélée par la même équipe : l'un des gènes connus pour conférer une susceptibilité au diabète de type I code pour une protéine impliquée dans la présentation de fragments de la chaîne A de l'insuline à la surface des cellules présentatrices d'antigènes.Matthias von Herrath de La Jolla Institute for Allergy and Immunology à San Diego, qui commente ces travaux (Nature 2005 ; 435 : 151-2), cite un ensemble plus large de publications récentes qui tendent toutes à montrer que l'insuline est l'autoantigène initial de la réaction auto-immune dans le diabète de type I, puisqu'elle reste la principale cible immunitaire au cours de la maladie.Mais le spécialiste rappelle que l'identité de l'autoantigène n'est pas, et de loin, la seule question fondamentale dans la recherche sur le diabète de type I. Il cite notamment cette observation récente, selon laquelle les lymphocytes autoréactifs présentent tantôt une activité régulatrice, tantôt une activité destructrice. Pour von Herrath, les travaux de Hafler ont le principal mérite de révéler l'existence d'une précieuse population de cellules auto-immunes dans les nuds lymphatiques pancréatiques. Une aubaine pour la recherche.