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Avec les mesures de confinement, les couples se retrouvent en tête à tête - et passent, forcément plus de temps ensemble. Ces soirées plus ou moins romantiques, d'une proximité plus ou moins choisie, laissent spéculer sur un possible babyboom d'ici quelques mois. Mais plus généralement, elles mènent à cette question: quel est l'effet des épidémies sur le taux de natalité?
Aux Etats-Unis, on évoque souvent les pannes d'électricité ou les soirées de grands froids qui amèneraient à un pic des naissances neuf mois plus tard. Pourtant, le phénomène n'est pas si simple et les chercheurs s'accordent sur une chose à ce stade: le coronavirus ne devrait pas mener à un babyboom.
Une hausse des décès suivie d'une baisse de la natalité
Alors pourquoi le confinement n'apporterait pas un tel résultat? Pour Lyman Stone, chercheur à l'Institut américain des recherches sur les familles, on peut observer qu'un événement qui cause une hausse de la mortalité mène conjointement à une baisse des naissances dans les mois qui suivent.
Une corrélation qui s'est d'ailleurs vérifiée lors de plusieurs épidémies: la grippe russe de 1889, la grippe espagnole de 1918 ou encore l'épidémie d'Ebola apparue en Afrique de l'Ouest à la fin 2013.
Cette même corrélation entre hausse de la mortalité et baisse du taux de natalité s'est également confirmée après les vagues de chaleur en France, un tremblement de terre au Japon ou des ouragans aux Etats-Unis.
Le lien n'est toutefois pas linéaire. En d'autres termes, il n'existe pas de ratio déterminé. Il existe de grandes variations et il est par exemple impossible de dire qu'un pourcent de hausse de la mortalité mènerait à une baisse de 3% de la natalité.
Victimes indirectes et effets collatéraux
L'une des hypothèse avancée par les chercheurs s'attarde sur la notion de "survivants collatéraux". Ces derniers sont des individus qui sont affectés par l'événement (une pandémie, un ouragan, un séisme). Ils peuvent avoir perdu leur emploi, leur maison ou un proche.
Ils sont donc traumatisés à un certain degré, et cette blessure plus ou moins profonde va déterminer leur comportement futur, et notamment leur envie d'enfants. En général, les taux de natalité se normalisent 10 à 11 mois après une épidémie mais là encore, il existe de fortes variations.
Dans le cas de la grippe espagnole, le taux de natalité américain a été supérieur à la moyenne dans les cinq années qui ont suivi l'épidémie. Mais en Suède ou en Norvège par exemple, le nombre de mariages et d'enfants a baissé.
Petit babyboom lors d'événements moins graves
Un effet positif sur le taux de natalité est pourtant observable lors d'événements qui peuvent paraître similaires. C'est notamment le cas lors d'ouragans et tempêtes qui frappent régulièrement la côte nord-américaine.
Mais pour que le phénomène fonctionne, il faut en général que l'événement soit perçu comme étant "sans gravité". En définitive, s'il s'agit de rester à la maison sans trop s'inquiéter, un petit babyboom peut apparaître, mais plus l'alerte est inquiétante, moins il devient probable.
Katja Schaer/ther