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Milieudefensie exige que l'institution, qui «finance les entreprises polluantes avec plus d'argent que toutes les autres banques néerlandaises», réduise de près de 50% ses émissions en 2030 par rapport à 2019.
«La demande couvre toutes les émissions d'ING, y compris celles des entreprises polluantes avec lesquelles la banque fait affaire, comme le secteur pétrolier et gazier», a ajouté l'ONG.
Elle souhaite également qu'elle «mette fin à sa collaboration avec des entreprises polluantes», a-t-elle ajouté dans un communiqué.
ING avait annoncé au lendemain de la COP, le mois dernier, la suppression progressive du financement des activités pétrolières et gazières en amont d'ici 2040, tout en ayant l'objectif de «tripler le nouveau financement des énergies renouvelables d'ici 2025».
Cette annonce est un «petit pas» dans la bonne direction, selon Milieudefensie, qui considère la politique d'ING «inadéquate».
«La banque entend continuer à financer de nouveaux projets pétroliers et gaziers jusqu'en 2040 et finance encore beaucoup trop peu l'énergie durable», critique l'ONG.
«Et plus important encore: ING n'a aucun objectif garantissant que ses émissions absolues seront réduites, ce qui est nécessaire pour minimiser un changement climatique dangereux».
En 2021, le tribunal de La Haye, aux Pays-Bas, avait ordonné au géant pétrolier britannique Shell de réduire ses émissions de CO2 de 45% d'ici 2030, en accusant l'entreprise de contribuer aux conséquences «désastreuses» du changement climatique.
Un verdict «historique» selon les militants, qui voyaient là une première: une entreprise obligée par la justice d'aligner sa politique sur les accords de Paris sur le climat de 2015.
Pour respecter l'accord de Paris, «les grands pollueurs comme ING et Shell doivent sérieusement se mettre au travail» a déclaré Roger Cox, avocat de Milieudefensie.
«Il est évident qu'ils n'en font pas assez et je suis donc convaincu que nous gagnerons également cette affaire», a-t-il ajouté.
L'organisation a lancé une collecte de fonds pour financer le nouveau procès, affirmant qu'il lui faudrait 300.000 euros. Elle a récolté un peu plus de 40% de l'objectif, selon son site internet.
'Banquier de la crise climatique'
«Nous sommes convaincus que nous prenons des mesures efficaces pour lutter contre le changement climatique et la durabilité fait partie de notre orientation stratégique globale», a réagi ING.
«Nous répondrons bien entendu au tribunal si nécessaire», a ajouté la banque dans un communiqué. «Même si nous finançons de nombreuses activités durables, nous reflétons l'économie mondiale», a-t-elle souligné, pointant qu'environ 80% de l'énergie utilisée dans le monde aujourd'hui est encore basée sur les combustibles fossiles.
En 2022, ING était responsable d'au moins 61 mégatonnes de gaz à effet de serre, soit plus qu'un pays comme la Suède, selon Milieudefensie. 99% des émissions de cette banque proviendraient de prêts et de collaborations avec des entreprises polluantes.
«Que vous foriez vous-même du pétrole ou payiez pour le forage, dans les deux cas, vous êtes responsable du changement climatique qu'il provoque», a déclaré Donald Pols, directeur de Milieudefensie.
Lors d'une conférence de presse à Amsterdam, il a accusé ING d'être «le banquier de la crise climatique».
M. Pols a déclaré que l'organisation était en pourparlers avec la banque depuis 1990 mais que le moment était venu d'agir.
«Nous l'avons demandé assez gentiment suffisamment de fois».
«Les Amis de la Terre Pays-Bas retournent en justice, avec le soutien de milliers de personnes», ont-ils annoncé.