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La poignante image d’un ours blanc affamé, à l’agonie, a été prise durant l’été semble-t-il. À cette période l’île de Baffin, au nord-est du Canada, est libre de glaces côtières. La ville d’Iqalut, dans le sud, connaît une température moyenne de 10° en juillet, avec certaines années des pointes autour de 20° (record: 26° le 22 juillet 2008). La banquise est donc normalement fondue à cette période.
Le territoire de chasse des ours blancs se réduit en été. Pour autant l’image prise par Paul Nicklen, et la vidéo qui l’accompagnent, sont-ils les symboles d’une catastrophe pour l’espèce?
Un principe des sciences est de vérifier, et vérifier encore avant d’arriver à une certitude. Actuellement par exemple on vérifie toujours la théorie de la relativité générale d’Albert Einstein, plus de cent ans après qu’elle ait été formulée. Le satellite français Microscope a pour mission de trouver des brèches dans cette théorie. Il n’en trouve pas.
Ainsi vont les scientifiques: ils démolissent toute thèse, cherchent ses failles, et s’ils n’en trouvent aucune après de nombreuses expérimentations réalisées par différents acteurs, ils valident la thèse.
Dans les sciences du climat cette succession de vérifications est plus compliquée. Le climat est un tout qui groupe plusieurs domaines de la science. Si l’on peut vérifier les expériences dans un domaine précis, il est plus aléatoire de vérifier une prédiction qui se fonde sur l’interaction supposée de tous les domaines en interaction.
Tout ce qu’il faut savoir du climat est-il acquis, de manière sûre et définitive? Certains le pensent. C’est fort de cette certitude qu’ils tentent des prédictions climatiques à cent ans. Or aucun scientifique ne peut sérieusement prétendre réaliser une telle prouesse. D’abord à cause du peu de recul dont nous disposons sur les variations climatiques et les multiples éléments qui les influencent.
Ensuite à cause de la complexité même de l’objet. Le climat montre de grandes tendances répétitives (les saisons, les glaciations par exemple), mais aussi une organisation chaotique qui multiplie les interactions imprévisibles.
Des questions essentielles demeurent. Des scientifiques continuent à les poser. Parmi eux, le mathématicien suisse Jean-Claude Pont (images 2 et 3, cliquer pour agrandir).
L’homme est originaire du Valais. Il a été professeur d’histoire et de philosophie des sciences à l’Université de Genève. Il a aussi créé le Chemin des planètes et l’Observatoire François-Xavier Bagnoud à Saint-Luc. Il est guide de haute-montagne. Enfin il vient de publier: Le vrai, le faux et l’incertain dans les thèses du réchauffement climatique.
Il sait qu’il va choquer: « Nous sommes très nombreux à contester les thèses officielles, alors que ces milieux parlent d’un consensus des scientifiques. J’appartiens par exemple au comité d’une association française de climatosceptiques. Elle compte un millier de sympathisants, pour la plupart des scientifiques. »
Pour lui le CO2 n’explique pas la montée de la température du globe. Il est convaincu « … que les milieux de la climatologie officielle nous mènent en bateau et que la psychose planétaire instaurée ne se justifie pas». «C’est ce que j’ai voulu démontrer dans mon livre», souligne-t-il. On y apprend, par exemple, que le film d’Al Gore a fait l’objet d’une plainte en Grande-Bretagne. Que le juge, reconnaissant que ce visuel contenait au moins 18 erreurs graves et des fabrications de faits, a donné raison au plaignant. »
Le réchauffement du climat, sa ou ses causes, ses bienfaits ou ses inconvénients, l’interventionnisme climatique, demeurent objets de débats et de controverses.
Par exemple, suite au dernier rapport du Giec de 2013, un économiste spécialisé dans l’économie environnementale, Ross McKitrick, le découvreur des vices de construction de la fameuse courbe des températures en “Crosse de Hockey”, que le GIEC a totalement abandonnée dans ce dernier rapport, déclarait:
« Depuis que nous avons commencé en 1990, nous avons vu juste pour l’Arctique, faux pour l’Antarctique, faux pour la troposphère tropicale, faux pour la température de surface, faux pour les ouragans, faux pour les Himalayas, faux pour la sensibilité climatique. Nous sommes dans le brouillard au sujet des nuages et inutiles au sujet des tendances régionales. Et au vu de ces constats, nous sommes confiants à 95% d’avoir raison. »
L’article qui mentionne Ross McKitrick commence ainsi:
« La publication, au mois d’octobre 2013, de la “synthèse pour décideurs” du 5ème rapport du GIEC sur le changement climatique, a été l’occasion, pour certains médias naturellement inclinés à alimenter un certain catastrophisme climatique, de publier des manchettes à sensation.
Naturellement, nombre de politiciens impliqués dans les politiques climatiques ont surenchéri, créant un… climat politique conduisant à ajouter de nouvelles taxes et de nouvelles contraintes récemment votées par le parlement, inspirées par une “nécessaire lutte contre le changement climatique” et les émissions de CO2.
Pourtant, une lecture attentive de cette synthèse montre, qu’au delà de ses incohérences, les incertitudes demeurent sur les changements climatiques, leur importance, leur caractère anthropogénique. »
Pour revenir à l’ours polaire, ce grand carnassier pourrait disparaître si ses territoires de chasse se réduisent encore. Disparaître, s’adapter ou être remplacé. Il peut par exemple se reproduire avec des ours bruns, ou changer de territoires de chasse pour trouver de nouvelles proies. Il se pourrait que l’ours de l’image soit un « grolar », un hybride ours blanc - grizzly, comme la tache brune sur le dos le suggère.
D’autre part on ne sait pas de quoi cette image est représentative. Un ours affamé? Ou bien malade? Ou très vieux? Tous les ours de Baffin sont-ils comme lui? On ne sait que ce que le photographe en dit. Sans moyen de vérification. La seule certitude est que les ours meurent aussi un jour, avec ou sans réchauffement du climat.
La controverse continue donc. L’eau n’a pas fini de couler sous les ponts.