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Selon Monsieur Fricker, le changement de climat, " Cela ne signifiera pas la fin du monde", car, en réalité, ce n'est pas la nature qui a besoin des hommes, mais bien le contraire!"|
(entretien dans l'hebdomadaire "Coopération" des magazins COOP, Suisse, du 4 avril 2007)
"Pas la fin du monde", comme présentée par cette hebdomadaire pousse-consommation, est une affreuse aberration pseudo-philosophique. Parce que l'argument "car ce n'est pas la nature qui a besoin des hommes" se réfère à un futur où il n'y aurait plus d'êtres humains. Un futur sans homme justement à cause du changement de climat et d'autre dégâts environnementaux, pour lesquels nous sommes responsables.
"Pas la fin du monde" est un terme trichant, qui semble minimiser la graveté mais qui au même temps dit que ce n'est pas si grave pour le monde parce que le monde pourra aussi bien vivre sans l'être humain (Voir aussi "arguments" points 30 et 31). Et ceci n'est certainement pas le but de notre exercice et de nos efforts.
Dans la version allemande, on peut lire la question "Steht uns mit der Klimaveränderung der Weltuntergang bevor – oder könnte sie sich sogar positiv auswirken?" Avec la réponse "Die Welt wird zwar nicht untergehen: denn die Natur ist nicht auf den Menschen angewiesen – wohl aber umgekehrt!" Cela sonne un peu différemment.
Bienque l'original est mieux, il restent quelques points d'interrogation improtants à mettre aux paroles de Monsieur Fricker. Notamment en ce qui concerne le Protocole de Kyoto et les effets de la croissance.
Le Protocole de Kyoto n'est pas seulement inutile mais il est même contraproductif. Le mesures, prévus par Kyoto ont un effet de croissance économique et ce génère sans exception une accroissemnet des émissions de gaz à effet de serre.
C'est simplement faux, de dire que "... l'accélération de la croissance économique ne doit pas forcément aller de pair avec une augmentation des émissions de CO2."
Tout d'abord, déjà notre niveau d'activité humaine (= production économique) est beaucoup trop grand pour être supporté par la terre. Encore vouloir augmenter notre pression économique sur la terre signifie ce que les anglais appellent ajouter une insulte à la souffrance (adding insult to injury).
C'est à cause de notre surpopulation ainsi que la consommation exorbitante par personne, que nous avons tous ces problèmes environnementaux.
"Freiner la consommation d’énergie, et donc les émissions, par une utilisation plus efficace de celle-ci ne peut qu’être financièrement bénéfique." Ceci est en principe juste. Sauf que des économies financières produisent en effet une réduction du Produit Interne Brut (BIP) et cela va contre l'idéologie courante de la croissance continue et la plus haute possible. On confond fréquemment la croissance avec l'activité économique et les places de travail.
C'est exactement ceci que nous devrons faire afin d'éviter le désastre. C'est réduire notre activité, relocaliser, ralentir et adapter les structures économiques aux intempéries et aux inondations qui nous attendent.
Mais ausi longtemps que WWF, Greenpeace & Cie et tout le monde des dirigeants croient en la croissance économique, chaque lutte environnementale est perdue.
ecoglobe 4 avril 2007
Interview
Coopération. Que faites-vous personnellement pour le climat?
Hans-Peter Fricker. Je suis locataire de mon appartement. Nous chauffons avec retenue, sans jamais dépasser 20 degrés. Sur les appareils électroniques, nous désactivons le mode veille. Et nous utilisons uniquement des ampoules à économie d’énergie.
Utilisez-vous la voiture?
Rarement. J’ai hérité d’une voiture de mon père, mais nous ne parcourons guère que 3000 kilomètres environ par an. Je possède un abonnement général. J’utilise les transports publics pour me déplacer, et avec chauffeur, s.v.p.!
Faisons-nous le poids en Suisse en limitant nos émissions de CO2?
Bien sûr que nous faisons le poids! La Suisse est au sixième rang des pays industrialisés en ce qui concerne les émissions de CO2 par habitant. Nous devons donc payer notre tribut. Les Etats-Unis n’ont certes pas signé le Protocole de Kyoto, mais ils vont bientôt le faire. Les Etats fédéraux, les villes et le monde de l’économie font pression dans ce sens.
Et l’Inde et la Chine?
Si l’Inde et la Chine n’émettent que peu de CO2 par habitant, ces deux pays ne pourront bientôt plus échapper à la nécessité de prendre à leur tour des mesures de limitation. De plus, l’accélération de la croissance économique ne doit pas forcément aller de pair avec une augmentation des émissions de CO2. Freiner la consommation d’énergie, et donc les émissions, par une utilisation plus efficace de celle-ci ne peut qu’être financièrement bénéfique.
Certains experts pensent qu’il est déjà trop tard...
Depuis les débuts de l’industrialisation il y a 150 ans, le réchauffement mondial est de 0,8 degré. Une augmentation supplémentaire de 0,6 degré est d’ores et déjà certaine, car la quantité de CO2 correspondante a déjà été disséminée. Le CO2 reste en effet longtemps dans l’atmosphère et déploie ses effets sur plusieurs générations. Une augmentation de la température de deux degrés marque la limite au-delà de laquelle la sécheresse, les intempéries ou les agents pathogènes peuvent provoquer de graves catastrophes.
D’où l’objectif de réduire les émissions de CO2 de 30% par rapport à 1990 d’ici à 2020 et de 90% d’ici à 2050.
Le changement de climat est-il annonciateur de la fin du monde?
S’il fait plus chaud en Sibérie, l’agriculture y deviendra plus productive… Et nous jouirons de températures plus chaudes sous nos latitudes. Mais, dans le bilan global, il est évident que les effets négatifs prédominent. Cela ne signifiera pas la fin du monde, car, en réalité, ce n’est pas la nature qui a besoin des hommes, mais bien le contraire!
Ne pourrions-nous pas apprendre à nous adapter au changement climatique?
L’écosystème lui-même peut s’accommoder d’un réchauffement climatique de 0,1 degré par décennie, mais pas plus. En Suisse, nous en sommes à 0,3 degré en dix ans. Conséquence: 30% des espèces végétales sont menacées d’extinction, ce qui affecte considérablement la stabilité des écosystèmes. Cela provoque des catastrophes naturelles toujours plus graves, avec de lourds tributs payés en vies humaines.
Si la nature ne parvient pas à s’adapter, l’homme n’y parviendra certainement pas non plus.
Coop entend compenser les émissions de C02 en versant jusqu’à 1,5 million de francs par an dans un fonds destiné au financement de projets en faveur du climat...
Les transports aériens ne couvrent aujourd’hui pas tous les coûts qu’ils occasionnen t. Les prix des produits transportés par avion doivent être majorés en conséquence, et aussi étiquetés comme tels.
La transparence est ainsi garantie: le consommateur peut choisir en toute connaissance de cause et opter, s’il le souhaite, pour des produits de saison et du pays.
Mais je considère aujourd’hui que, par cet effort de compensation des effets des transports aériens, Coop a adopté un comportement exemplaire!
Coop s’est engagée à réduire les émissions de CO2 de 30% dans ses points de vente et de 16% dans ses centrales de distribution et entreprises de production. Est-ce beaucoup?
Cela dépend du temps que Coop entend mettre pour atteindre ces objectifs. Et si les produits, leur distribution et les flux d’achat en font partie. Si Coop compte parvenir à réduire les émissions totales de CO2 de 30 % d’ici à 2020, c’est un objectif ambitieux, mais qui correspond exactement à ce que nous devons atteindre. J’espère que d’autres entreprises suivront l’exemple!
Le WWF Suisse s’est engagé avec Coop dans un vaste partenariat écologique. Pourquoi le WWF s’associe-t-il avec le monde de l’économie?
Les deux moyens sont nécessaires: la voie de la coopération, qui est celle choisie par le WWF, et celle de la confrontation, comme l’action de Greenpeace par exemple. Lorsqu’il le faut, le WWF proteste lui aussi. Notre devise est la suivante: dialogue si possible, confrontation si nécessaire. En collaborant avec le monde de l’économie, nous atteindrons beaucoup plus vite des résultats que si nous tentons d’obtenir les mêmes résultats uniquement par la politique et l’information du public. L’économie a un formidable effet de levier.
Coop vend aussi des carburants et du mazout, favorisant indirectement les rejets de CO2. Le WWF n’éprouve-t-il pas ici quelques scrupules?
L’important pour nous, c’est que, au bout du compte, cette collaboration rapporte le plus de résultats possible sur les plans de l’environnement et de la santé. Nous ne voyons bien sûr pas d’un bon œil la vente de carburants et de mazout. Et Coop ne serait pas crédible si elle encourageait délibérément celle-ci. Le WWF s’est déjà dit prêt à coordonner les projets de compensation de CO2 avec Coop. De quels projets s’agit-il?
Ils portent sur deux domaines, qui touchent autant la Suisse que l’étranger: d’une part, la promotion des énergies renouvelables, par exemple en soutenant les installations d’énergie éolienne ou solaire, d’autre part, l’encouragement de mesures d’efficacité énergétique, par exemple par un soutien financier aux travaux d’isolation thermique lors de la rénovation de maisons.
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Hans-Peter Fricker Infatigable lutteur - Hans-Peter Fricker est directeur général du WWF Suisse depuis début 2004. Après ses études, il occupe un poste d’enseignant titulaire au Technikum de Winterthour (1980–1985). En 1985, il devient membre de la direction de Radio DRS, où il assure la fonction de chef de programme culturel de DRS 2. De 1995 à 2003, il dirige la Société suisse de la sclérose en plaques. Hans-Peter Fricker a 58 ans et vit à Zurich. Pendant ses loisirs, il écoute de la musique classique et passe le plus de temps possible en pleine nature.