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Un ex-enseignant a comparu vendredi devant le Tribunal correctionnel de Genève. Il est accusé d'avoir contraint des jeunes qui avaient fréquenté son cycle d'orientation à entretenir des relations sexuelles sous l'emprise de stupéfiants.
«Sexe et drogue: les sujets ont été amenés par les jeunes. J'ai répondu progressivement à des questions puis à des demandes», a déclaré le prévenu de 44 ans, séparé des deux victimes au tribunal par un paravent. Une ligne de défense qu'il a suivie tout au long de l'audience, démontant la thèse de l'emprise sur des personnes dépendantes.
Les faits ont duré de l'été 2017 au mois d'avril 2020 avec un des jeunes qui avait été son élève. «J'éprouvais de l'affection pour lui, on s'entendait bien», a-t-il indiqué. Il le croise par hasard près de chez lui avec le second plaignant et accepte de leur prêter son ordinateur pour monter des vidéos - ce qui n'aura jamais lieu.
Un rapprochement physique avec les deux jeunes, alors âgés de 16 ans, a lieu après deux ou trois soirées chez lui. Il se produit après l'envoi de photographies intimes de leur part, alors qu'il leur avait fourni du Viagra. Le prévenu a justifié:
Les deux adolescents sont d'ailleurs retournés chez lui le lendemain.
Toutes les relations sexuelles ont été précédées par la prise de psychotropes voire de Viagra. MDMA, ecstasy, poppers, cocaïne: le prévenu ne conteste pas avoir donné des stupéfiants à des mineurs. Quant aux somnifères, ils étaient pris pour se calmer après la prise d'excitants.
«J'aurais dû mettre le cadre, je ne l'ai pas fait», a admis le prévenu. A ses yeux, il s'agissait d'une vraie relation, «discrète mais pas secrète»: «Je n'étais pas indifférent au fait qu'il (ndlr : une des deux victimes) se sente bien.» Aujourd'hui, le quadragénaire reconnaît une faute professionnelle. «J'aurais dû les prémunir, mais je n'ai jamais forcé qui que ce soit à quoi que ce soit», a-t-il ajouté.
En fin de journée, un des plaignants a expliqué être devenu dépendant au MDMA, alors qu'il n'en avait jamais consommé auparavant. Sans cela, il n'aurait pas été capable d'entretenir des relations sexuelles avec le prévenu et le second plaignant. «Je voyais ce que je faisais, mais je ne me rendais pas compte de l'ampleur et que ce n'était pas en accord avec moi-même», a-t-il indiqué.
«Je n'ai jamais été consentant, mais je n'ai pas réussi à le lui dire», a précisé le jeune homme, qui estimait que le prévenu était alors le seul adulte qui le comprenait. Au début, l'enseignant avait «instauré un climat de confiance». Il leur avait «tendu la perche» pour les pousser à aborder les questions de sexualité et de drogue après avoir visionné des films de fiction.
Le second plaignant sera entendu lundi, toujours sans public, le huis clos partiel ayant été demandé. Le verdict sera rendu le vendredi suivant. (chl/ats)
Le 8 février dernier, le requérant d'asile kurde iranien Qader B. prenait en otage 13 personnes dans un train à Essert-sous-Champvent (VD). Une prise d'otage lors de laquelle il insiste pour parler à une femme «qui l'obsède depuis environ un an et demi», révèle le Pôle Enquête de la RTS.