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Bach: La Passion selon saint Matthieu
Créée à Leipzig en 1736 pour le service des Vêpres du Vendredi Saint, La Passion selon saint Matthieu montre de façon éclatante comment Bach combine les sons et le sens. La figure de la croix, symbolisée par AB•BA, donne sa forme à l’oeuvre, le centre contenant sans doute le message principal. Le mystérieux choeur initial est aussi en forme de croix. Dans le morceau “Lass ihn kreuzigen”, la croix est représentée “visuellement” par un motif de quatre notes.
Si les symboles théologiques sont omniprésents dans La Passion, la narration et les images musicales sont aussi importantes. Le récit de l’Évangéliste alterne avec des pièces qui font intervenir tour à tour des choeurs et des solistes. Les instruments qui les accompagnent traduisent le sens des mots: dans la scène de la flagellation, les cordes imitent le fouet; quand Judas intervient, on joue un intervalle dissonant surnommé “diabolus in musica”; quand les disciples se dispersent après l’arrestation de Jésus, des motifs musicaux partent vers le haut et vers le bas.
La Passion selon saint Matthieu a contribué à ce que l’on surnomme Bach “le cinquième évangéliste”. Elle a aussi contribué à ces mots du philosophe roumain Cioran: “S’il y a quelqu’un qui doit tout à Bach, c’est bien Dieu”.
L’atelier
L’atelier présente les différentes formes musicales de la Passion, le plan d’ensemble, les passages clés, et accorde une attention particulière aux relations entre le texte et la musique.
La version écoutée
“Bach – Matthäus Passion” (Harmonia Mundi, 1985), Ensemble Vocal et Orchestre de la Chapelle Royale, Collegium Vocale Gent, Philippe Herreweghe (direction).