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Des relevés effectués par la commune de Viège ont montré plusieurs cas de pollution de l'eau causée par du 1,4-dioxane (archives).
KEYSTONE/OLIVIER MAIRE(sda-ats)
La Lonza est accusée de violation de la loi sur la protection des eaux et de contamination par négligence de l'eau potable. Elle aurait pollué l'eau à Viège avec un solvant cancérigène pendant des années. L'Etat conteste toute pollution de l'eau potable.
D'après le Ministère public valaisan, l'entreprise de spécialités chimiques Lonza a, à plusieurs reprises, déversé par négligence ou par imprudence des substances nocives, de manière directe ou indirecte,dans l'environnement. Cela a pu provoquer un risque de contamination de l'eau, selon l'acte d'accusation présenté devant le tribunal de district de Viège, dont a pris connaissance l'ats.
Son usine à Viège aurait ainsi pollué l'eau potable. Des relevés effectués par la commune de Viège en 2011 et 2012 et entre 2014 et 2017 ont montré plusieurs cas de pollution de l'eau causée par du 1,4-dioxane.
Ce solvant est notamment utilisé pour la production de peintures, des détergents, des cosmétiques, d'insecticides et d'herbicides. Il est cancérogène à fortes doses chez l'homme et peut-être même à faible dose.
Pollution connue depuis 2014
Cette pollution au 1,4-dioxane a été découverte en 2014 lors la surveillance des eaux souterraines que le canton avait mis en place à l'occasion de la construction de l'autoroute A9. En été, Lonza avait convenu avec les services cantonaux de protection de l'environnement de déverser un maximum de huit kilogrammes de 1,4-dioxane par jour dans les eaux usées industrielles. Pour le Rhône, la limite a été fixée à 6,6 microgrammes par litre (μg/l).
Même alors, selon l'acte d'accusation, il y avait des cas dans lesquels ces valeurs étaient clairement dépassées. Un jour d'avril 2015, la quantité de dioxane déversée était de 36,66 kilogrammes. De plus, des employés de Lonza auraient également déversé plusieurs litres de 1,4-dioxane en extérieur et le solvant s'est infiltré dans les eaux souterraines.
Selon l'acte d'accusation, Lonza était au courant au moins depuis le début de l'année 2012 que les doses déversées étaient trop élevées. L'entreprise aurait ainsi pu empêcher la contamination des eaux, le Ministère public en est convaincu. Elle aurait dû mieux informer les responsables de l'exploitation, signaler le déversement de dioxane et se conformer à la réglementation cantonale.
Mauvaise organisation
L'acte d'accusation ne peut pas déterminer qui est responsable de la pollution de l'eau, les infractions ne pouvant pas être attribuées à une personne physique. Cela est dû à la mauvaise organisation de l'usine Lonza de Viège.
Le fait que l'entreprise soit responsable, ne fait pas l'ombre d'un doute pour le procureur du Valais. Lonza est la seule entreprise du canton qui utilise de grandes quantités de solvants dans sa production, selon l'acte d'accusation.
Dans un communiqué, Lonza se défend d'avoir commis une infraction à la loi sur la protection des eaux. La population et l'environnement n'ont jamais été menacés. Lorsque la pollution a été découverte en 2014, il n'y avait pas de limites spécifiques pour les eaux potables, les eaux souterraines et les eaux usées industrielles, selon l'entreprise.
Canton critiqué
Le Ministère public critique également le canton. Le Département de la protection de l'environnement aurait dû appliquer activement les procédures et définir les responsabilités pour le traitement des substances dangereuses.
Au lieu de cela, le canton a adopté une démarche "réactive" et a agi seulement quand la pollution de l'eau est devenue connue. Le canton a imposé "un haut degré de responsabilité personnelle à Lonza".
L'Etat conteste
"L'eau potable n'a jamais été touchée", a tenu à affirmer la conseillère d'Etat valaisanne Esther Waeber-Kalbermatten. Se référant à des contrôles du chimiste cantonal, elle a déclaré à l'ats que du Dioxan avait été trouvé dans deux fontaines et que celles-ci avaient été temporairement fermées.
ATS