Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07252.jsonl.gz/90

Moriyama-San’s Life in His House
by Souhei Imamura
Tokyo, November 2008
"Mr. Moriyama sees no reason to hang heavy curtains or shutters. Anyone can look into his abode, both from the yard and from the street, though he personally doesn’t mind a bit. On the contrary, he enjoys this liberated and open lifestyle. As a child he grew up in the neighborhood. His parents ran the local liquor store, which is why he still knows all «customers» in the vicinity today. Back then everyone on the street could also peer deep into the store where the family’s life was being played out. Being observed by the neighborhood is therefore the most natural thing in the world for Moriyama. It would be inconceivable for him to hide behind thick walls. Residents in the Western hemisphere living behind such walls and attaching great importance to their «privacy» would arguably have a difficult time feeling comfortable with this open lifestyle. [...] This doesn’t apply to Mr. Moriyama - he enjoys every day of his exposed life."
Dans New York Délire, Rem Koolhaas expose son interprétation de l'histoire du modèle du gratte-ciel et du méga-village manhattaniens, prenant comme prétextes la congestion et l'insularité. Celle-ci, mise en parallèle avec une explication du développement de l'île d'un point de vue d'économie territoriale, démontre que l'Histoire de Manhattan a abouti à une architecture de symboles volumétriques qui privilégie les étages élevés et qui prend place sur une trame orthogonale "plaquée" au sol, par ailleurs seul plan horizontal de base. Le modèle nie ainsi la possibilité d’utiliser le souterrain pour d’autres fonctions que les transports et infrastructures.
De plus, l'île présente une géologie favorable à la construction souterraine et de nombreux espaces souterrains inutilisées (comme des stations de métro obsolètes). Au vu de cela, ainsi que de la volonté de poursuivre la densification de l’île ou encore du coût considérable des surfaces construites, réservant donc leur usage à certaines fonctions, il semble pertinent (ou provocant!) d'explorer des possibilités de réponse souterraine à ce modèle. C'est ce à quoi visera l'énoncé théorique Manhattan Underground : chercher exploiter le potentiel caché de ce monde souterrain, fascinant et sensible.
Pour ce faire, après une introduction dans la tonalité de ce qui précède, le travail de recherche se poursuivra comme suit :
- case studies : étude de villes souterraines (Paris, Tokyo, Helsinki, Montréal) et de projets souterrains fictifs et utopiques (littérature, films, projets d'urbanistes,...) ;
- recherche spécifique sur Manhattan : comment faire de l'architecture et de l'urbanisme souterrains sur ce site? Etudes à l'échelle de l'île entière et carottages par zones : aspects morphologiques, contraintes/potentiels naturels et construits, aspects sociaux, économiques, politiques, synergies entre "underground" et "above ground", "open spaces" existants,...
- croisement des recherches pour proposer une constitution pour un développement souterrain futur de Manhattan : un cadre et des lignes directrices générales cohérentes.
La constitution débouchera sur un projet dont le programme et le site seront déterminés au cours des recherches.