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Depuis quelques années, on parle fréquemment des différentes approches utilisées en psychologie et particulièrement en psychothérapie. Une approche théorique ou une orientation théorique est un modèle d’intervention théorique construit par des chercheurs et des cliniciens qui se questionnent sur le fonctionnement de la psyché humaine. Ces approches proposent en quelque sorte une explication de la personne humaine, sa personnalité, ses réactions, ses émotions et ses comportements qui répondent à une certaine logique. À ces approches se greffent des techniques psychothérapeutiques qui sont en accord avec leur référence théorique.
Il existe un grand nombre d’approches psychothérapeutiques, en voici quelques-unes:
La psychanalyse:
Elle a été fondée par Sigmund Freud, dès le début du 20ème siècle, puis s’est peu à peu transformée en œuvre collective, à laquelle ont participé les différents collaborateurs et élèves de Freud. Depuis un peu plus d’un siècle, la pensée psychanalytique s’est beaucoup diversifiée créant différents courants, notamment les écoles de C.G. Jung, de J. Lacan ou encore ceux de M. Klein et de D. Winnicott. Leurs principes de fond demeurent communs.
L’idée fondamentale est l’existence de l’inconscient comme épicentre de la vie : c’est ici que prend forme la vie quotidienne et consciente. Dès lors, tout travail de type psychanalytique consiste à établir les liens entre les difficultés actuelles d’un côté et les expériences, les conflits refoulés et non résolus de l’histoire personnelle de l’autre. Le patient est ainsi amené à revivre et à comprendre les significations et l’influence de ses conflits inconscients sur son fonctionnement actuel et à s’en dégager progressivement.
On différencie la cure analytique de la psychothérapie psychanalytique, qui utilisent les mêmes principes mais ont des objectifs et des cadres différents :
La cure psychanalytique consiste en un travail en profondeur à raison de 3 ou 4 séances par semaine où l’analysant, allongé sur un divan, est amené à raconter librement au psychanalyste tout ce qui lui passe par l’esprit. La parole et la réalité psychique du patient sont au centre de la cure, ainsi que la relation entre le patient et le psychanalyste. Le but convenu n’est pas la disparition d’un tel ou un tel autre symptôme spécifique mais la connaissance de soi et l’acquisition d’un meilleur équilibre existentiel global. L’analyse permet des réaménagements importants de la structure fondamentale du patient, elle peut exiger une élaboration de plusieurs années, entre 4 et 10 ans.
La psychothérapie psychanalytique, plus couramment utilisée que la cure analytique, a des objectifs définis autour d’une souffrance psychique et de symptômes déterminés. Son cadre s’adapte librement selon les situations : une à trois séances hebdomadaires, face-à-face mais éventuellement aussi allongé sur le divan, avec une durée allant de quelques mois à quelques années.
Pour plus d’info : Centre de Psychanalyse Raymond de Saussure, www.cpsr.ch; Institut Charles Baudoin, www.institut-baudouin.org
La psychothérapie systémique:
Les thérapies d’orientation systémique sont apparues aux Etats-Unis dans les années 1950 sous l’impulsion de l’anthropologue Gregory Bateson. Avec l’école de Palo Alto, il développe une nouvelle compréhension du fonctionnement des groupes humains en se fondant sur les apports des théories des systèmes et de l’information, de la pragmatique de la communication et de la cybernétique.
A partir de ces premiers travaux, l’approche systémique, qui s’est développée en Europe à partir des années 1970, se caractérise par un grand nombre de courants qui éclairent les différents aspects du fonctionnement des systèmes humains : les différentes formes de communication verbale, non-verbale et métaphorique ; l’analyse du pouvoir, des alliances et des jeux relationnels ; la structuration des relations au sein d’une famille; la transmission intergénérationnelle de comportements et de valeurs familiales, etc.
La psychothérapie d’orientation systémique est le traitement d’un problème relationnel, psychologique et/ou psychiatrique, dans le cadre du système social où il surgit. Elle utilise comme levier de changement l’entretien avec l’ensemble des personnes concernées par le problème ou lors de psychothérapie individuelle, la mise en relation de la problématique de la personne avec son entourage. L’approche psychothérapeutique systémique cherchera donc à agir tant sur l’individu que sur son contexte relationnel. Le psychothérapeute tentera d’établir une relation de confiance, basée sur l’acceptation et le respect des représentations des patients et de leurs valeurs.
Pour plus d’info : Association genevoise de thérapies familiales, www.agtf.ch
La psychothérapie cognitive et comportementale (TCC):
Lors de la première moitié du XXe siècle, les psychologues ont pour souci d’approfondir la connaissance du comportement humain sur la base d’une science rationnelle et mesurable. Issu de ce courant, les psychologues comportementalistes, J.B. Watson et B.F. Skinner, confirment que les conduites humaines sont conditionnées. Après les deux premières vagues (comportementale et cognitive (voir Beck)) succède une troisième vague dite émotionnelle en introduisant des méthodes novatrices (thérapie des schémas, thérapie dialectique, thérapie basée sur la pleine conscience, thérapie d’acceptation et d’engagement, etc.).
Ce courant postule également que les émotions et comportements sont davantage déterminés par l’interprétation que les individus donnent à un événement que par l’événement lui-même.
Grâce à un style thérapeutique actif et collaboratif, le patient et le thérapeute identifient ensemble les difficultés de la réalité quotidienne du patient et définissent l’objectif thérapeutique à atteindre. La thérapie se focalise sur comment le problème fonctionne, ici et maintenant, dans ses différentes composantes cognitives (les pensées), émotionnelles et comportementales, afin d’en comprendre les conséquences. Les difficultés sont alors abordées sous l’angle des pensées et des comportements dysfonctionnels. Ils mettent également en évidence les croyances, schémas et habitudes plus ou moins rigidifiés qu’il convient d’assouplir pour favoriser une meilleure adaptation du patient à sa situation actuelle.
Des stratégies de changement et l’apprentissage de nouvelles compétences sont proposés et expérimentés au cours de tâches à domicile qui complètent le travail réalisé en séance. Des évaluations régulières des progrès sont effectuées au cours du traitement et déterminent sa durée, généralement courte et limitée dans le temps.
Pour plus d’info : Association Suisse de Psychothérapie Cognitive, www.aspco.ch
Les psychothérapies existentielles / humanistes:
La Gestalt-thérapie
Frederick S Perls, psychiatre, psychanalyste juif émigré aux USA, a commencé à élaborer les bases de la Gestalt-thérapie à partir des années 1950 en s’appuyant sur la Gestalt-Psychologie (psychologie de la forme), les écrits psychanalytiques ainsi que sur les recherches phénoménologiques et existentielles. Cette approche s’inscrit dans le courant des psychothérapies humanistes qui promeut une vision holistique de l’homme. Dans cette approche, la personne est prise en compte dans sa globalité, dans sa relation avec son entourage et dans son contexte de vie.
La Gestalt-thérapie met l’accent sur la prise de conscience de ce qui se passe dans l’instant présent. Elle s’intéresse au « comment » du fonctionnement de la personne plutôt qu’à la recherche des causes dans l’histoire du sujet. Elle permet de regarder comment par notre corps, nos émotions, nos pensées, nous entrons en contact et interagissons avec le monde qui nous entoure. Elle nous propose de mettre en conscience notre manière d’exister dans nos relations et nous invite à découvrir comment nous pouvons créer de la nouveauté et apprendre à nous ajuster de manière créative dans notre vie.
La Gestalt-thérapie est une thérapie relationnelle. La présence du thérapeute est active, engagée, impliquée, mais non directive. Elle accompagne le processus et l’intégration du changement. Le thérapeute dialogue avec le patient et peut aussi être amené à proposer des expérimentations, par exemple, par un travail sur des mouvements, des dessins, des photos etc.
La Gestalt-thérapie vise à rétablir et développer nos capacités de choix, de responsabilité et de créativité. Elle est particulièrement adaptée aux situations de choix de vie, aux difficultés émotionnelles et relationnelles.
Pour plus d’info : Société suisse romande de gestalt thérapie, Gestalt-suisse-romande.ch
L’analyse transactionnelle:
Créée par un psychiatre américain, le Dr. Eric Berne (1910-1970), l’Analyse Transactionnelle est issue des courants humanistes, de la psychanalyse et des théories de la communication. Intégrative, elle prend en compte les dynamiques intrapsychiques (ce qui se vit dans le psychisme de la personne) et les dynamiques interpersonnelles (ce qui se vit dans la relation avec les autres).
Une des originalités de l’AT repose sur le désir de son fondateur de rendre la psychologie accessible au plus grand nombre. Dans cette perspective, le cadre théorique de l’AT est formulé dans un langage délibérément imagé et familier.
La théorie de l’Analyse Transactionnelle repose sur quelques principes fondateurs :
- un postulat : chaque personne fait de son mieux dans la situation telle qu’elle la perçoit.
- un modèle de fonctionnement de la psyché modulé par trois « instances », les Etats du moi (Parent, Adulte, Enfant). Ceux-ci influencent l’être humain lors de conflits internes, lors de décisions et dans ses comportements avec autrui.
- la notion de « script » ou « scénario », plan de vie généralement inconscient basé sur une image de soi et du monde élaborée au cours de l’enfance, qui continue, à l’âge adulte d’influencer l’individu dans sa manière d’interpréter ses expériences et d’aménager sa vie.
- une dynamique : le besoin de reconnaissance commun et nécessaire à toute personne humaine.
Client et psychothérapeute établissent un contrat thérapeutique qui stipule le but visé et ce que chacun va faire pour l’atteindre. Ce contrat peut se rapporter directement à la plainte du client, viser un changement relationnel ou intrapsychique, ou viser d’emblée un changement profond au niveau du scénario. La thérapie en AT peut se dérouler en individuel et/ou en groupe.
L’approche centrée sur la personne:
L’approche centrée sur la personne a été développé dès 1940 par le psychologue américain Carl Rogers (1902-1987). Elle se veut centrée sur la personne et non sur un problème, une maladie ou encore un symptôme particulier.
Au cours de la séance, le client est écouté avec empathie, dans une relation de confiance et d’authenticité. Le psychothérapeute respecte trois attitudes fondamentales définies par C. Rogers :
- La congruence, ou l’accord avec lui-même. Cela amène le client à déjouer ses mécanismes de défense pour rétablir sa propre congruence.
- La compréhension empathique. Tout en restant lui-même, le psychothérapeute cherche à se mettre à la place de son client. À entrer dans son univers et ses sentiments, en s’efforçant de les voir sous le même angle.
- L’acceptation positive inconditionnelle de ce que le client partage. D’après C. Rogers la majorité des problèmes psychologiques provient de la rareté d’une telle acceptation de la part des parents au cours de la petite enfance.
Les attitudes centrées sur la personne, à savoir les attitudes intérieures profondes du psychothérapeute, permettront à la personne de dépasser les blocages qui entravent son épanouissement et de poursuivre son chemin vers un accomplissement personnel plus harmonieux. Ces attitudes fondamentales seront peu à peu développées par la personne consultante, pour arriver à être ce que C. Rogers définit comme « la personne fonctionnant pleinement » (full functioning person).
Pour plus d’info : Société Suisse pour l’approche centrée sur la personne, www.pca-acp.ch