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Num, le 2002-10-09 a écrit :Fin 2001, Bénabar était en première partie d'Henri Salvador.Le début est classique, "Bonsoir M'sieurs Dames" et c'est parti pour "A notre santé", suivi du 115 et du Chien. Bénabar annonce au public "On m'avait dit, tu verras, l'Olympia, une salle mythique où Brel, les Beatles et tant d'autres ont triomphé, tu auras une pression terrible, plein de trac. Ben non, je me sens bien" et il tombe (faussement) évanoui en arrière.
Un an plus tard, il est en concert à l'Olympia, invitant "Le soldat inconnu" en première partie.
Beau parcours : le New Morning en janvier, l'Elysée Montmartre au printemps, énormément de festivals et de dates en-dehors de Paris. L'Olympia est une salle parfaite : temple du music hall, c'est aussi une salle relativement grande mais à taille humaine (c'est vrai quoi, on n'imagine pas Bénabar au Zénith, à Bercy ou dans un stade!).
Bénabar va nous prouver qu'il est à la hauteur de la salle et de l'attente de son public.
En tout, ont été joués "Ali et Félix", "Saturne" (qui se termine par un solo de batterie), "Porcelaine", "Bon anniversaire" (très jazzy), "A poings fermés", "Le dramelet", "Le coup du lapin", "Vélo", "Majorette", "Adolescente", "Y a une fille qui habite chez moi", "La p'tite monnaie". Evidemment, il y a aussi "Le slow", et deux inédits "Maritie et Gilbert Carpentier" et une nouvelle chanson un peu triste.
Mais un concert de Bénabar ce ne sont pas que les chansons, mais aussi toutes les saynètes entre les morceaux et les petites imperfections. Et là, on sentait bien que Bénabar et ses musiciens ont tout fait pour que cela soit un grand moment, à l'image de la salle et du public qui ne demandait que ça.
Comme d'habitude en concert, le gamin à "Vélo" reste en vie (mais c'est limite), Bruno chante sur un vrai piano à queue avec Hulk dessus bien entendu et aussi un autocollant "Conduite accompagnée", les choeurs reprennent Gainsbourg et "les p'tites roues, les p'tites roues toujours les p'tites roues".
Bruno nous explique que les chansons qui bougent, c'est pour gagner de l'argent, les lentes pour niquer et les chanteurs qui prétendent le contraire mentent. Certains chanteurs sont forts et arrivent à faire les deux en un morceau mais comme dit Bénabar "je débute". Il s'essaye un peu au jazz pour profiter du piano.
Avant "Ali et Félix", il explique que cette chanson est d'actualité et que s'il cautionne la politique sécuritaire du ministre de l'intérieur, qui serait dans la salle, il pense tout de même que "tolérance zéro pour la pornographie, l'alcool au volant et la drogue, mais qu'est-ce-qu'il a contre les musiciens?". Ca les stresse tous tellement qu'ils se font du souci et Bruno montre le bassiste, très mince en disant "il était obèse au début de la tournée!".
Il explique ensuite qu'il gagne beaucoup d'argent, tellement que c'est difficile de rester de gauche! Et de différencier le monde entre ceux qui ont des problèmes d'argent et ceux qui ont des problèmes d'impôts. Comme dans la salle où au balcon, ce sont les riches et à l'orchestre (enfin dans la fosse, il n'y a pas de sièges) les radins! "Le slow", un "morceau obligé dans un répertoire" d'ailleurs sera illuminé par des effets spéciaux (des lumières sur la boule à facettes) visibles par les riches.
Ce slow est toujours aussi drôle à écouter et à voir (les balancements des choristes) et ravit ceux qui le découvrent.
Avant "Adolescente", ils parlent aux adolescents... en leur disant d'écouter les vieux comme lui qui savent qu'ils ont des peines de coeur à cet âge et qui peuvent les conseiller. Cette chanson fait toujours son effet, elle est très drôle et le final très dansant fait réagir le public. D'ailleurs, lui-même écoute toujours les vieux sauf son guitariste car il perd la tête alors il le sort pour les concerts, il voit du monde, c'est bien. Il parlera encore aux jeunes avant "Maritie et Gilbert Carpentier" pour leur dire que c'était une émission télévisée que leurs parents regardaient car "ils vous disent de pas rester vautrés devant la télé, d'aller jouer dehors, de profiter de la vie mais ils faisaient pareil que vous étant jeunes en regardant les émissions des Carpentier". Il commence cette chanson seul au piano puis finit avec tous les musiciens.
Pour "Majorette", on a eu droit à trois musiciens de plus (en particulier deux membres des Escrocs) dont un au tuba! Superbe jeu de lumières sur cette chanson où Bruno est seul éclairé dans la pénombre quand la musique est douce et tout le monde est éclairé quand la fanfare démarre.
Bruno s'assoit au piano et se moque de son pied de micro qui tient mal ce qui lui fait dire "l'Olympia, on en fait tout un foin mais en fait le matos est aussi merdique que dans une MJC de province!" Eclats de rire généralisés dans le public. Puis, il nous annonce une chanson triste quasi-inconnue. Je vais essayer de dire de quoi ça parle mais j'ai pas le talent de Bénabar, il vaut mieux l'écouter. Elle raconte la rencontre de Nathalie, une ancienne copine de lycée (de son point de vue à elle) dont personne ne se souvient, qui est maintenant mariée et mère. Au lycée, elle n'était pas la fille jolie mais la copine, celle qu'on appelait Machine, qui ne disait jamais "non" à un garçon, à qui on ne faisait pas la cour. Les garçons, ces vantards qui énuméraient des conquêtes que personne n'a vu parce que elles étaient supposées avoir eu lieu pendant les fêtes, allaient chez elle mais le lendemain refusaient de lui tenir la main. Ils tenaient des propos de casernes, eux, les hommes des cavernes alors que dans ses bras à elle, ils faisaient moins les fiers. Le public écoute religieusement et se délecte de cette nouvelle chanson si belle si pure, dans le style de Bénabar, toute en émotion et en pudeur. En un clin d'oeil, Bruno est passé de la vanne improvisée qui fait rire un public complice à une chanson triste et belle qui serre le coeur. Qu'il est bon de vivre ces moments de grâce.
Mais il ne sera pas dit que la soirée se terminera sur une note triste. Après les remerciements pour les personnes au son, aux lumières et la "manageuse américaine", "Y a une fille qui habite chez moi" et surtout "La p'tite monnaie" résonnent et font trembler l'Olympia tellement le public chante avec Bruno et saute sur place. "Merci d'être venus, merci d'être restés" : Bénabar et ses musiciens s'en vont mais Bruno revient pour un rappel.
Seul au piano, il exécute "Couche tard et lève tôt", le refrain fredonné est accompagné par le public, au point que Bruno ne chante plus : il est heureux, ému et laisse le public faire cette partie. Et tant pis, si le pied de micro refait des siennes et grince alors que la chanson touche à sa fin! Les musiciens sont revenus et c'est l'heure d'"Approchez!" pour clotûrer ce rappel.
Oui mais le public en veut d'autres. Bruno revient, remercie "une des bonnes fées qui s'est penchée sur son berceau : Monsieur Henri Salvador qui l'a aidé et qui est dans la salle". Emu, mais toujours prêt à faire un bon mot il ajoute "je l'ai aidé, il était un peu impressionné au début "Ouah c'est Bénabar!" Alors je lui ai dit que j'étais un homme comme les autres avec ses défauts. Je lui ai enseigné deux trois trucs du métier. Mais aider un jeune qui débute, c'est bien normal".
Il reprend une vieille chanson "qui n'a pas été chantée par Bruel" : "Trois petites notes de musique" puis avec tous ses musiciens c'est le retour d'"A notre santé" mais à la différence du début, tout le monde chante et s'agite, au point qu'il laisse le public faire une partie du refrain, on le sent surpris, content et un peu ému aussi. Fin de la chanson, la boucle est bouclée, fin du concert.
Les lumières se rallument, une musique résonne dans la salle, tout nous incite à partir. Mais le public reste : il faut que cet Olympia soit exceptionnel! A force d'entendre le public hurler, Bénabar et les musiciens reviennent très touchés et "La p'tite monnaie" reprend. Le public chante en choeur, on entend à peine Bruno sur le refrain, le sol de l'Olympia tremble sous les sauts des spectateurs, c'est magique. A la fin de la chanson, les musiciens reprennent alors le refrain et tout le public chante les paroles. Après cet autre instant de grâce, ils quittent la scène, la salle se rallume mais le public y croit encore et chante en boucle :
"Les repas le dimanche midi comme j'sais plus qui disait
Le bonheur ça se trouve pas en lingots mais en p'tite monnaie"
Finalement, au bout de dix (?) minutes, la salle décide de fermer le rideau au grand dam du public qui manifeste sa désapprobation. Mais au final, c'était un grand concert (mon quatrième de Bénabar et le meilleur sans doute possible) plein de rires et d'émotions. Merci à tous sur la scène ou dans la salle pour ce grand moment, on l'oubliera pas de sitôt mais Bénabar et sa troupe, non plus.
Num
Merci à Sandra pour sa revue de concert, à ceux qui l'ont commentée et à tous les bénabarges du forum qui m'ont aidé grâce à leurs messages à être le plus complet possible. Cette revue ne serait pas la même sans vous tous.
"Avec le temps va, tout s'en va" comme j'sais plus qui chantait. Depuis 2002, ce site et ce forum ont connu pas mal de turbulences avec une organisation et une rigueur parfois perfectibles.
On a tenté de retrouver les revues de concerts d'avant "Les Risques du métier" (2003) et de les mettre ici. Car "la mémoire est un bijou" après tout.
On a tenté de retrouver les revues de concerts d'avant "Les Risques du métier" (2003) et de les mettre ici. Car "la mémoire est un bijou" après tout.
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Tcqvépêrcv
"Is it that hard to make us look cool?" Jeff Bebe
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