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Qazi Saqib Basir est responsable des activités de Solidar Suisse au Pakistan. Malgré la manipulation présumée des élections, il voit des signes encourageants de démocratisation au Pakistan, en particulier grâce à des médias critiques, une société civile active et une participation accrue des femmes.
Le Pakistan compte 207 millions d'habitant-e-s, dont la moitié a moins de 30 ans, et 106 millions d'électrices et électeurs inscrits. Plus de 3 000 candidats se sont disputés les 272 sièges en jeu lors des dernières élections législatives nationales. La Commission électorale a annoncé que le Pakistan Tehreek Insafe (Pakistan Movment for Justice - PTI), dirigé par l'ancien joueur de cricket Imran Khan, a remporté une majorité de 114 sièges à l'Assemblée nationale.
Comment évaluez-vous les résultats de l'élection ?
Il y a des accusations selon lesquelles le pouvoir judiciaire, l'armée et les services secrets ont influencé les résultats des élections en faveur du PTI. Presque tous les grands partis politiques, à l'exception du PTI victorieux, parlent de manipulation des résultats. Mais il est important de mentionner que le PTI n'a pas de majorité absolue au parlement et dépend d'une coalition établie avec un parti plus petit.
Cette élection aura-t-elle un effet sur le travail de Solidar Suisse au Pakistan ?
Contrairement aux gouvernements précédents, le nouveau pourrait être mieux disposé à l'égard des ONG, des militant-e-s des droits humains et de la société civile. Toutefois, il est difficile d'évaluer dans quelle mesure ce gouvernement sera en mesure de s'affirmer contre les intérêts de l'armée et des services secrets. Imran Khan, le premier ministre attendu, a prononcé hier un discours, suite à sa victoire, dans lequel il a promis d'améliorer les relations avec l'Inde et l'Afghanistan et d’offrir une meilleure qualité de vie pour les pauvres. Il veut faire du Pakistan un État-providence dans lequel tous, en particulier les communautés et les minorités défavorisées, ont des droits fondamentaux. Dans son premier discours, Imran Khan a souligné l'importance de la société civile et des médias, ce qui est fondamentalement très encourageant et donne de l'espoir.
D'où vient la dynamique démocratique au Pakistan ?
Le Pakistan a connu et souffert de nombreuses dictatures militaires au cours de ses 70 ans d'histoire. Ces dernières années, les médias critiques et une société civile renforcée se sont développés au Pakistan, notamment grâce aux médias sociaux. La perception des gens a changé en faveur de la démocratie. Les femmes en particulier ont pris une part plus active aux élections parlementaires et exigent une gestion compétente et équitable du pays.
Comment Solidar Suisse contribue-t-elle à cette dynamique ?
En tant que membre de divers réseaux de la société civile, Solidar Suisse s’engage pour une meilleure gouvernance et une participation politique renforcée de toutes les communautés, en particulier des jeunes, des femmes et des minorités. Nous soutenons par exemple la participation de ces groupes aux élections. Certains partenaires de Solidar sont également membres du FAFEN (Free and Fair Election Network), un réseau en faveur du suivi et de la transparence des processus électoraux.