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Les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France ont évoqué au Conseil de sécurité un rapport très documenté sur l'utilisation de gaz de chlore en Syrie malgré les objections de la Russie, selon des diplomates. Le texte confirme "avec un fort degré de certitude" l'emploi de ce gaz comme arme, sans toutefois désigner de coupables.
Ce troisième rapport d'une mission d'enquête de l'OIAC (Organisation pour l'interdiction des armes chimiques), distribué le mois dernier aux 15 membres du Conseil et dont l'AFP a eu copie, cite de nombreux témoins décrivant le largage du gaz depuis des hélicoptères. Et seules les forces gouvernementales possèdent de tels engins.
Le texte de 95 pages est présenté comme une version plus développée du deuxième rapport de la mission datant de septembre 2014. Il évalue entre 350 et 500, dont 13 seraient mortes, le nombre de personnes frappées par des attaques au chlore dans trois villages du nord de la Syrie en avril et mai 2014: Talmenes et al-Tamanah (gouvernorat d'Idlib) et Kafr Zita (au nord de Hama).
Dans ses précédents rapports, dont le premier en juin 2014, l'OIAC avait conclu à l'utilisation "systématique et répétée" de chlore au début 2014 dans cette même zone, toujours sans nommer de responsables. Paris et Washington ont mis en cause le régime syrien, qui accuse pour sa part les groupes d'opposition.
Pas de décision
La rapport fournit "des témoignages plus convaincants de l'utilisation de gaz de chlore par le régime syrien", a affirmé sur son compte twitter l'ambassadrice américaine Samantha Power. "Il faut montrer au régime (syrien) qu'il ne suffit pas de détruire son arsenal déclaré d'armes chimiques, il faut aussi qu'il cesse de larguer des produits toxiques sur les civils".
Selon des diplomates du Conseil, celui-ci n'a pris aucune décision à l'issue de ses consultations à huis clos. Mais les Occidentaux ont obtenu de continuer à être informés des progrès de l'enquête, alors que la Russie affirmait que ce dossier devait rester du seul ressort de l'OIAC.
Avant la fin juin
Les ambassadeurs se sont aussi penchés sur les travaux entrepris pour détruire les dernières installations de production d'armes chimiques en Syrie. Ces travaux, sur sept hangars et cinq tunnels souterrains, "doivent être terminés avant la fin juin", a indiqué la responsable du désarmement à l'ONU Angela Kane.
La Syrie a évacué de son territoire 1300 tonnes d'agents chimiques, dans le cadre d'un accord russo-américain. Cet accord avait permis d'éviter une intervention militaire américaine après que Damas eut été accusé d'avoir utilisé du gaz sarin dans une attaque ayant fait 1400 morts en août 2013.
ATS