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Il y a toujours quelque chose à apprendre
Il se décrit comme un «jeune retraité heureux», alors que Francisco Caratti est un créateur en série et un entrepreneur. Et un deuxième paradoxe l'accompagne : il s'est toujours senti un peu comme un outsider – pourtant, il a grandi au Tessin, parlait français à la maison et a étudié en Suisse alémanique.
En guise d'introduction, j’affirme que chaque être humain est spécial, avec son propre kaléidoscope de qualités et de défauts. Pour paraphraser Einstein, je pense que tous peuvent faire quelque chose d'extraordinaire, mais si on juge un violoncelliste par sa capacité à réparer un robinet, il passera toute sa vie à penser qu'il est stupide. J'essaie donc de mettre en valeur mes qualités et d'atténuer mes défauts. Parfois je réussis, parfois non, mais je continue à essayer.
S'engager, c'est faire de son mieux et, une fois que l'on s'est fixé un objectif, tout faire pour l'atteindre. Cela s'applique dans tous les domaines : professionnel, personnel, familial et social.
Je suis né à Lugano mais j'ai appris l'italien à l'école parce que, dans ma famille, nous n'avons jamais parlé que le français. Une fois obtenu mon bac, je me suis diplômé en mathématiques à l'EPFZ à Zurich, où j'y ai trouvé un emploi. Après avoir fondé une société de services informatiques à Paris, à la trentaine je me suis marié et me suis installé à Lugano, où j'ai créé une entreprise de développement d'applications bancaires. Maintenant, je suis un jeune retraité heureux qui vient de créer une start-up à Milan.
Cela peut paraître étrange, mais partout où j'ai vécu, je me suis toujours senti à la fois chez moi et «étranger», en raison de ce sentiment de différence que j'ai toujours ressenti depuis l'enfance par rapport à mon entourage. Les Suisses croient qu'ils font les choses mieux que les autres, mais je peux affirmer qu'on peut toujours apprendre en observant les autres avec modestie.
S'engager pleinement, dans n'importe quelle activité, c’est une bonne règle de vie. Le chemin est souvent plus important que la destination. Il suffit de lire la Torah pour se rendre compte que l'engagement, l’action et l'étude sont plus importants que la foi, qui n’est pas strictement nécessaire.
En me disant que si ceux qui ont une autre culture et une autre histoire de la nôtre voient la réalité différemment, ils auront certainement de bonnes raisons de le faire et que cela mérite d’être reconnu et doit être respecté.
Aider les autres, c'est leur offrir un environnement paisible et sûr qui leur permettra de donner le meilleur d'eux-mêmes.
L'histoire nous montre qu’à long terme l'avenir est toujours positif. La seule incertitude est de savoir quelle est la durée de ce terme. Cela est également vrai dans des périodes qui - comme celle que nous vivons actuellement - sont effectivement compliquées. Beaucoup craignent que l'humanité elle-même ne soit menacée d'extinction, que ce soit à cause d'une guerre nucléaire ou du réchauffement climatique. Mais si les choses tournent au pire, il n’y aura personne pour me reprocher d'avoir péché par optimisme, alors pourquoi ne pas y croire ?