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Maria de Naglowska
Bien que les Gouttelettes de Rosée aient été au départ créées pour publier Aleister Crowley et des textes de la tradition magico-rosicrucienne anglo-saxonne, l'enseigne s'est vite retrouvée accueillir tous les chats perdus de l'ésotérisme… Au premier chef : Maria de Naglowska (1883-1936).
Vers 1989, je rencontrais Françoise Burel chez elle à Sartrouville qui me confia bientôt son importante collection d'archives de Maria de Naglowska : quelques livres, mais surtout des photos, des autobiographies tapuscrites de ses enfants et celle de son principal disciple : Marc Pluquet ("La Sophiale").
À l'époque, Maria partageait avec Crowley le paradoxe d'être légendaire autant qu'inédite et donc inconnue… Comme Crowley, le personnage prêtait à la diabolisation. C'était d'autant plus facile que notre sataniste était une femme, et les occultistes d'alors (fin XX° s.) étaient autant misogynes qu'orgastiquement impuissants (ça va ensemble). Et comme avec Crowley, il était plus facile de faire publier ses ordures et ses fantasmes sur Maria de Naglowska que d'authentiques textes (à l'exception de nos amis Serge Hutin et Pierre Barrucand - sous le nom de Pierre Victor - que je salue au passage, qui ont toujours été très consciencieux).
Pour Maria, et pour Françoise, je m'attelais donc à la réédition des 3 textes majeurs de Maria et de l'édition de La Sophiale dont Jenny Pluquet, la veuve de Marc, me confia les droits d'éditions. Edition photocopiée à la demande par de petits lots… on a dû en livrer quelques centaines…
C'est à partir de ces copies que Christian Bouchet les publia à son tour dans son catalogue entre 2 pins du FN et une traduction négligée de Crowley, jusqu'à ce que "Camion noir" ne prenne le relais. Le fond des publications de Bouchet se retrouvent maintenant chez cet éditeur au nom si délicat.
Il serait fastidieux de maintenant rapporter les nombreux fantasmes publiés par nos valeureuses têtes de gondoles des défuntes librairies ésotériques (que les survivantes me pardonnent…), les Waldstein et autres (Arnold Waldstein aka Richard Denturck est auteur de "Aleister Crowley, le saint de satan" qui est l'une des plus mauvaises bio sur Crowley… Ce charmant révisionniste à la petite semaine avait trouvé porteur de faire mourir Maria en 1945 dans un camp nazi, entre autre âneries…)… Ce qui compte, c'est que maintenant les textes soient publiés et que la vie et la doctrine de Maria soient connues.
Maria est une mystique libertaire et féministe. Le contexte socio-culturel de l'époque était extrêment agressif pour ce genre de luttes et Maria, seule, a fait ce qu'elle a pu… elle est morte épuisée en 1936 à Zurich chez sa fille Marie Grob ainsi qu l'explique cette dernière (elle-même décédée vers 1988 peu après une visite chez Françoise Burel) dans son autobiographie. Le tapuscrit de cette autobiographie fut offert par Marie à Françoise qui me l'a transmis. Il est inédit mais je vous promets une publication partielle qui reprendra les passages qui concernent Maria.
Parmi les archives, je publierai petit à petit les extraits de l'autobiographie du troisième enfant de Maria "l'Apatride" par "André de Montparnasse" (André de Naglowski), ainsi que quelques autres souvenirs de première main.
Françoise Burel, ou Françoise Heurieult à l'époque où je l'ai connue, était une mystique très engagée dans la voie de P.B.Randolph et son école, la Fraternité d'Eulis dont elle avait traduit et publié plusieurs livres. Randolph (1825-1875), comme plus tard Maria de Naglowska, place le commencement de l'initiation que j'appelerais tantrique par facilité là où elle commence réellement, à savoir dans la femme et dans son épanouissement sexuel. La libération de la condition féminine, libération des mœurs, libération du plaisir sexuel seront autant de combats préliminaires à gagner avant de prétendre à cette initiation. Il est inutile de préciser que la vie de Randolph ne fût pas plus facile que celle de Maria de Nagloska… Les deux mages sont particulièrement associés parce que Maria traduisit un ensemble de textes qui semblent être de Randolph et qu'elle publia comme tels, sous le nom de Magia Sexualis (1931 au Lys d'Or). Lorsque j'ai connu Françoise, elle s'identifiait assez fortement à Maria de Naglowska, ce qui explique qu'elle ait pu réunir une importante collection de textes rares et inédits de notre héroïne. Nous avons gardés un contact assez étroit après son mariage avec Eric Burel, décédé peu après malheureusement. Eric et Françoise fonderont les éditions Ramuel dont Philippe Pissier fût l'un des directeurs de collection. l'intérêt d'Eric pour l'alchimie aura inspiré Françoise qui travaillera quelques années sur la "Voie Antique", qui est une voie des substances, utilisant principalement l'urine. Malgré son travail alchimique très pratique, Françoise décèdera malheureusement d'un cancer en 2009.
Ces quelques lignes en sa mémoire ne suffiront pas pour révéler toute mon affection pour notre sœur "Tania"…
Les livres :
Maria de Naglowska
Le rite sacré de l'amour magique : Le rite sacre de l amour magique (316.44 Ko)
Illustration frontispice du "Rite sacré…" (l'horloge AVM) :
Le mystère de la pendaison : Le mystere de la pendaison ed gouttelettes de rosee (4.96 Mo)
…
Marc Pluquet
La sophiale : Sophiale (190.42 Ko)
P. B. Randolph
Magia Sexualis : http://www.iapsop.com/ssoc/1931__randolph_naglowska___magia_sexualis.pdf
(saisie et insertion des textes en cours, contributions bienvenues…)