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"C'est comme un hiver sans fin!" Augustin Maillefer n'a pas accueilli avec un grand sourire l'annonce du report des Jeux de Tokyo et la quasi-annulation de la saison.
"Nous n'avons pas d'autre choix que de poursuivre notre préparation hivernale", souligne le rameur du Lausanne-Sports. A 26 ans, Augustin Maillefer espère participer l'an prochain à ses troisièmes Jeux olympiques. Il avait disputé les deux premiers en quatre de couple (réd: l'avironneur utilise deux rames). A Tokyo, il doit en principe s'aligner en quatre sans barreur (une rame) dans une course où, dit-il pour cerner en quelque sorte quels seront ses objectifs, "la hiérarchie n'existe pas".
En août dernier à Linz, il avait figuré avec Markus Kessler, Joel Schürch et Paul Jacquot dans le quatuor qui a permis à la Suisse de qualifier son quatre sans barreur pour les Jeux de Tokyo. "Le bateau est qualifié, mais l'équipage reste à choisir, précise Augustin Maillefer. Nous sommes six pour quatre places. Cette sélection interne devait se jouer prochainement sur un week-end. La Fédération est libre de définir ses règles quant au mode de sélection: un test individuel sur l'ergomètre (réd: le rameur d'intérieur), un test sur un deux sans barreur ou un sur un quatre."
Ramer dans la cave
En raison de la pandémie de COVID-19, le quotidien d'Augustin Maillefer se limite à des séances d'ergomètre dans la cave du domicile familial. "Personne ne peut vraiment aimer s'entraîner seulement sur une machine", glisse-t-il. Le centre national de Sarnen est fermé et le camp prévu à Tenero où il n'aurait pu que ramer en skiff a été finalement annulé. "Jusqu'à l'annonce de l'annulation des Jeux, nous devions passer quotidiennement deux heures et demie sur la machine sans compter une séance physique. Mais depuis mardi, on nous a donné carte blanche pour l'entraînement."
Pour un rameur de haut niveau, la machine n'est pas la panacée. Le toucher de l'eau est crucial. "Comme pour un nageur, le sens de la glisse conditionne également les résultats", souligne Augustin Maillefer. Le passage du quatre de couple au quatre sans barreur qu'il a mené après les Jeux de Rio en 2016 est, à ce titre, un atout pour Augustin Maillefer. "J'ai subi une opération au poignet après les Jeux de Rio, poursuit-il. Avec deux rames ou avec une rame, ce n'est pas pareil. Mais le mouvement est venu naturellement."
C'est donc sur le quatre sans barreur qu'Augustin Maillefer rêve de frapper un grand coup l'an prochain à Tokyo. "Nous avons vécu une année 2019 contrastée. Jusqu'à cette finale B des Championnats du monde de Linz, peu d'observateurs croyaient en nous, avoue-t-il. C'est vrai que nous ressentions une certaine frustration de constater que le bateau n'avançait pas comme nous l'espérions. Mais lors de cette finale B où nous devions prendre l'une des deux premières places pour nous qualifier pour les Jeux, tout s'est parfaitement déroulé. Nous avons pu enfin exprimer notre potentiel. Nous avons bluffé tout le monde ce jour-là. Et je suis convaincu que nous bénéficions encore d'une très belle marge de progression."
Mais avant de rêver à un destin olympique comme celui qu'a pu embrasser à Rio le Genevois Lucas Tramèr médaillé d'or du quatre sans barreur poids légers, Augustin Maillefer n'a d'autre choix que de se remettre à sa machine. Pour être d'attaque ce fameux week-end où Swiss Rowing arrêtera son choix sur la composition de son quatre sans barreur.