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Le chef du gouvernement, dont l'attitude face à la crise sanitaire a été vivement contestée, s'est efforcé de dissiper les critiques en promettant une "révolution" dans les infrastructures en accélérant la mise en oeuvre de grands projets d'infrastructures, qui représentent un investissement total de cinq milliards de livres sterling (5,85 milliards de CHF).
Ce montant représente environ 5% des investissements de l'année dernière dans le secteur public. Boris Johnson a comparé son plan de relance au "New Deal", en référence à la politique mise en oeuvre aux États-Unis par le président Franklin Roosevelt après la Grande Dépression des années 1930 pour relancer l'économie américaine par l'investissement et la demande.
Un plan jugé peu ambitieux
"C'est ce que l'époque exige: un gouvernement puissant et déterminé qui met ses bras protecteurs autour du peuple en temps de crise", a déclaré Boris Johnson, qui s'exprimait depuis la ville de Dudley après avoir visité un chantier.
"Nous allons construire. Reconstruire mieux, reconstruire plus vert, reconstruire plus vite", a-t-il ajouté, sans toutefois donner beaucoup de détails. Les investissement comprendront notamment la construction et rénovation d'écoles, d'hôpitaux et de routes. La plupart des projets étaient déjà programmés mais leur réalisation aura lieu plus tôt que prévu.
Avant même son discours, sur la base des éléments publiés dans la presse britannique, l'opposition travailliste avait critiqué un plan peu ambitieux vu l'ampleur de la crise. Des voix s'étaient également faites entendre parmi les mouvements écologistes.
Retour de l'État
Conformément à ses promesses électorales, Boris Johnson a refusé tout retour à l'austérité, estimant que "le monde a changé depuis 2008". "Je ne suis pas un communiste mais je pense que c'est aussi le travail du gouvernement de créer les conditions nécessaires à l'économie de marché", a-t-il assuré.
"J'ai conscience que cela peut ressembler à une prodigieuse intervention gouvernementale. Si tel est le cas, sachez que c'est justifié", a souligné le dirigeant de ce pays de forte et longue tradition libérale. "Ce moment nous donne une occasion bien plus grande d'être radical et de faire les choses différemment", a-t-il martelé.
afp/jop
Foyer à Leicester
Cette nouvelle a fait l'effet d'une douche froide à quelques jours de la réouverture, prévue samedi dans le reste de l'Angleterre, d'une grande partie des commerces fermés depuis fin mars, notamment les pubs et les coiffeurs.
Devant la presse, le maire Peter Soulsby a reconnu que les mesures annoncées étaient plus dures qu'espéré. "Je suis inquiet évidemment pour le bien-être de la ville et la santé de la population mais aussi pour l'économie", a-t-il déclaré, appelant le gouvernement à soutenir financièrement davantage sa commune.
Le gouvernement conservateur reste toutefois déterminé à redémarrer l'activité dans le reste du pays, le plus endeuillé en Europe par le Covid-19 avec plus de 43'000 morts.