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Plus de 500 policiers ont participé dans la nuit au coup de filet qui a visé 68 personnes soupçonnées d'association mafieuse, fraude, détournement d'argent public et vol (image symbolique).
KEYSTONE/EPA/FRANCESCO ARENA(sda-ats)
La police italienne a annoncé lundi un coup de filet contre un réseau mafieux soupçonné d'avoir infiltré et exploité le marché des services aux demandeurs d'asile. Une partie de l'argent détourné pourrait avoir été blanchi dans les banques suisses.
Plus de 500 policiers ont participé dans la nuit au coup de filet qui a visé 68 personnes soupçonnées d'association mafieuse, fraude, détournement d'argent public et vol, a annoncé la police de Catanzaro (Calabre, sud) dans un communiqué.
Le clan Arena, une famille de la 'Ndrangheta calabraise, est soupçonné d'avoir détourné d'importantes sommes en fournissant des services destinés aux centres d'accueil d'Isola Capo Rizzuto, l'un des plus grands d'Italie, et de Lampedusa. L'enquête a révélé qu'il a contrôlé pendant plus de dix ans, "à son profit", la gestion du centre d'Isola Capo Rizzuto, qui a accueilli jusqu'à 1500 personnes, a ajouté la police.
L'argent blanchi en Suisse ?
Parmi les personnes arrêtées figure Leonardo Sacco, 35 ans, le directeur de l'association catholique Misericordia, qui gère officiellement ce centre. Un prêtre local figure aussi parmi les suspects. Selon le mandat d'arrêt, l'homme d'Eglise aurait eu "la capacité de blanchir l'argent en Suisse par l'entremise d'un frère résidant" sur le territoire helvétique.
Un collaborateur de la justice a dit avoir su que "des fonds importants fonds sont 'sortis' de la Misericordia" et ont été confiés au frère du prêtre, qui les a à son tour déposés sur des comptes en Suisse. Le prêtre serait par ailleurs parvenu à obtenir des informations des forces de l'ordre sur l'enquête en cours.
Services insuffisants
Des soupçons de malversations pesaient depuis des années sur les gestionnaires du centre d'Isola Capo Rizzuto, où la qualité des services rendus aux migrants (hébergement, nourriture, etc.) n'était manifestement pas au niveau des sommes versées par l'Etat.
D'une manière générale, l'Italie peine à assurer un suivi de la qualité de l'accueil des 175'000 migrants actuellement hébergés dans une multitude de centres sur tout son territoire. Ces centres sont gérés par des coopératives mais financés par l'Etat, qui a évalué leur budget à autour de trois milliards d'euros pour 2017.
En Calabre, le clan Arena était lui-même déjà sous étroite surveillance et semble avoir des activités très diversifiées: en 2012, la police a ainsi saisi plus de 350 millions d'euros de biens lui appartenant dans la même région, y compris un immense parc éolien.
ATS