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C'est grâce à votre travail et à celui de vos collègues des autres cantons si la Suisse n'a pas eu de morts à déplorer à cause des inondations, contrairement à ses voisins?
François Pasquini: Disons que c'est grâce à tout un système de prévisions et de protection des dangers naturels que la Suisse met en place depuis plusieurs années. En raison de la topographie montagneuse de notre pays, nous avons peut-être une culture du risque qui est plus présente. Comme nous sommes confrontés assez régulièrement à des risques liés aux dangers naturels, on sait que l'on doit cohabiter avec et on s'y prépare un peu mieux.
Justement, qu'est-ce qui est mis en place pour se préparer aux inondations?
Cela passe par la connaissance des phénomènes. Nous avons toute une méthodologie pour créer des cartes des dangers d'inondations, afin d'identifier les zones où il y a des risques pour des objets, comme des bâtiments, des transformateurs électriques ou des humains. Ensuite, soit on protège ces zones avec des murs ou des digues, soit on travaille sur la rivière pour éviter qu'elle ne vienne en conflit avec les habitations. Il y a aussi tout une phase de préparation avec les autorités.
Finalement, il y a une veille hydrométéorologique qui est mise en place, pour essayer de prévoir quelle quantité d'eau va tomber et donc quelles zones seront touchées.
À l'inverse de ma première question, si cela a débordé de partout en Suisse ces derniers jours, cela veut donc dire que vous avez mal anticipé?
Cela veut dire que toutes ces mesures sont basées sur des estimations de l'importance du phénomène. En matière de danger naturel, la protection totale n'existe pas. Malgré tout ce qui est mis en place, les intempéries peuvent dépasser nos estimations. Dans ce cas-là, l'objectif est de limiter les dégâts.
Mais une fois que l'eau commence à monter, est-ce que ce n'est pas déjà trop tard?
Contrairement aux laves torrentielles qui se déclenchent en quelques minutes, quand le niveau d'un lac monte, vous avez du temps pour vous y préparer et pour protéger les objets sensibles qui pourraient être inondés. Vous pouvez, par exemple, vider les caves, déconnecter les transformateurs électriques et, bien sûr, évacuer la population.
Finalement, qu'est-ce que les inondations des derniers jours nous apprennent pour anticiper les prochaines?
Cela nous permet d'analyser comment nos modèles ont été capables, ou pas, de prédire les risques, de vérifier que les cartes de dangers sont justes et de contrôler si les mesures de protection prises ont été efficaces. Toute la difficulté de la gestion des crues, c'est que si vous bloquez l'eau quelque part, vous reportez le problème plus loin. Historiquement, on construisait des digues, mais avec cette méthode, vous canalisez l'eau et elle s'écoule encore plus vite en aval. Depuis maintenant une vingtaine d'années, nous tentons de revenir à un système plus naturel en essayant de redonner de l'espace aux rivières, pour leur permettre de déborder dans des zones où il n'y a pas d'enjeux, comme des prés ou des champs.
En mars dernier, un loup a été abattu dans le canton de Vaud. Après avoir effectué des analyses de parenté, il est ressorti que le canidé tué le 18 mars, après avoir reçu une autorisation de la Confédération, était «un mâle de moins de trois ans, issu de parents non identifiés, et qui n'était lié à aucune meute connue en Suisse». C'est ce qu'a annoncé, vendredi, l'Etat de Vaud dans une note envoyée aux médias.