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Texte déposé
Le Conseil fédéral est chargé de s'engager auprès du Fonds monétaire international (FMI), de la Banque mondiale et des banques régionales de développement pour renforcer l'aide au développement agricole et pour faire en sorte qu'à cet égard, la priorité soit accordée à l'exploitation durable du sol et de l'eau et à la sécurité alimentaire plutôt qu'à la promotion des exportations agricoles.
Développement
Les prix mondiaux des produits alimentaires de base tels que le blé, le soja, le riz et le maïs ont explosé. Les organisations des Nations Unies mettent en garde contre une extension de la crise alimentaire accompagnée d'une déstabilisation durable sur les plans social, économique et politique, et incitent à agir le plus rapidement possible. De nombreux pays, contraints par le passé à se soumettre à des programmes d'ajustement structurel de la Banque mondiale, sont également concernés, car ces programmes visaient d'abord à encourager les plantations destinées à l'exportation au lieu de renforcer la durabilité et la sécurité alimentaire. Le nouveau directeur du FMI, Dominique Strauss-Kahn, a lui-même reconnu récemment que cette stratégie s'était avérée erronée. Les institutions de Bretton Woods et les banques de développement doivent en premier lieu encourager les méthodes de production socialement et écologiquement durables, aider au développement agricole, renforcer la sécurité alimentaire et garantir l'approvisionnement en eau. La Suisse est chargée de faire valoir son influence au sein du FMI, de la Banque mondiale et des banques régionales de développement, et d'intervenir pour que l'annonce d'une nouvelle orientation fondamentalement différente soit suivie de faits.
Avis du Conseil fédéral
du
10.09.2008
La Suisse prône une agriculture adaptée aux conditions locales et multifonctionnelle. La production agricole pour les marchés internationaux continuera de jouer un rôle primordial pour un grand nombre de pays en développement. Une réorientation générale vers un auto-approvisionnement priverait beaucoup de pays d'une source importante de revenu et ne leur permettrait plus d'exploiter leur potentiel de compétitivité. Dépendre uniquement de sa propre production comporte en outre tout autant de risques dans le domaine de la sécurité alimentaire (p. ex. lors de pertes de récoltes dues aux conditions climatiques) qu'une politique trop axée sur les marchés internationaux. Sécurité alimentaire et exportations agricoles ne sont pas inconciliables: elles constituent les éléments d'une politique économique qui se fonde notamment sur les avantages comparatifs de chaque pays. Au sein des institutions de Bretton Woods et des banques régionales de développement, le Conseil fédéral soutient par conséquent une approche équilibrée qui tienne compte du développement rural et des besoins de la sécurité alimentaire, de la sécurité juridique tout au long des chaînes de production, et du droit à l'alimentation et à l'eau. Ainsi, il reconnaît d'une part la nécessité de mettre en place des mesures de soutien adaptées aux politiques nationales, et, d'autre part, les opportunités offertes par la hausse du prix des denrées alimentaires sous la forme d'incitations accrues à la production et d'une augmentation des revenus, notamment pour les petits paysans.
De même, le Conseil fédéral va continuer à promouvoir, de manière générale, une politique en ligne avec le principe de durabilité dans les dimensions économique, écologique (exploitation des terres, eau) et sociale (lutte contre la pauvreté, développement équitable tenant compte des besoins des plus pauvres et des droits de l'homme).
Le Conseil fédéral est par conséquent disposé à accepter cette motion.
Proposition du Conseil fédéral
du
10.09.2008
Le Conseil fédéral propose d'accepter la motion.