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Le début de l’année a été marqué par la démission de la rédactrice en chef de la BBC en Chine, Carrie Gracie, en signe de protestation contre les inégalités salariales au sein de la chaîne britannique.
Suite à cette démission, son employeur a publié les rémunérations des différents dirigeants et présentateurs les plus en vogue de la chaîne. Ce qui a révélé que la structure compte seulement un tiers des femmes figurant parmi les 200 employés les mieux payés et qu’elles touchent une rémunération inférieure à leurs collègues masculins. Dans le cas de Carrie Gracie, son salaire marquait un écart de 50% par rapport au même poste occupé par un cadre masculin, avec un montant de 169’000 euros.
Pour la journaliste, sa démission était une contestation qui n’émanait pas d’un besoin pécuniaire, surtout qu’elle estimait qu’elle était bien rétribuée. Mais elle dénonce le non-respect de la chaîne de l’égalité entre les deux sexes en termes de salaire et la non-conformité à la loi en vigueur. Hélas les écarts constatés et la démission de la journaliste n’ont pas eu autant d’impact. En revanche, un autre cas a déclenché plus d’indignations, à savoir celui de Weinstein.
Dans le cas de Gracie, sa décision n’a pas été suivie de démissions massives ni de réactions de la part de celles qui ont subi la même injustice. Sa démission n’a été qu’un geste symbolique sans grande conséquence.
L’absence de la solidarité collective dans ce cas est probablement associée au fait que Gracie perçoive un salaire supérieur à la moyenne. Si c’est réellement la raison justifiant une telle léthargie, ce serait regrettable d’autant plus que ce sont les positions à responsabilités qui sont les plus marquées par de grandes différences salariales pouvant atteindre les 20% à 30%, voire plus.
Généralement les femmes se trouvant dans un poste à responsabilités sont peu méfiantes et elles ont souvent tort de ne pas l’être. C’est le cas par exemple d’une ingénieure directrice d’un secteur de production, qui était la seule représentante du sexe féminin dans l’équipe et qui a découvert en fin d’année qu’elle était la moins rémunérée parmi tous ses collègues. Elle n’a pris note de l’information qu’après avoir eu accès à la liste des salaires. Il est évident qu’il faut bien se renseigner à l’avance notamment lorsque la femme concernée est la première à accéder à un poste réservé jusque-là aux hommes.
Si Gracie a pris la décision de quitter sa fonction, ce n’était pas par souci pécuniaire comme elle l’a bien déclaré. Une telle déclaration paraîtrait étrange dans la bouche d’un homme se trouvant dans la même situation. Le courage de Gracie n’a pas eu l’effet de levier escompté et progressivement la flamme s’est éteinte, ce qui laisse à penser qu’il y a un certain sentiment de culpabilité qui couve et qui n’a pas lieu d’être.
Mais depuis ce fait marquant, la chaîne britannique a pris l’engagement d’arriver à une égalité salariale entre les deux sexes dans l’horizon de 2020. Ceci dit un certain scepticisme règne à cause de la lenteur ou peut-être le manque de motivation pour avancer dans cette direction. Il faut juste attendre la date butoir pour voir si les résolutions prises sont honorées ou pas.
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