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Surdiagnostics, surtraitements, surcoûts font partie du débat autour du dépistage du cancer de la prostate, le cancer le plus fréquent chez les hommes de plus de 50 ans. Une étude publiée dans le British Medical Journal propose une stratégie simple pour repérer et suivre les hommes à haut risque tout en limitant les contrôles chez les autres, basée sur la valeur de l’antigène prostatique spécifique (PSA) dès la quarantaine.1
Les auteurs suédois et américains de cette nouvelle étude avaient déjà montré que le risque à 25 ans chez les hommes présentant une PSA < 1 μg/l était très faible, de l’ordre de 0,2%, suggérant que la moitié des hommes de 60 ans pouvaient s’abstenir de tout nouveau contrôle. Ici, ils utilisent une fois encore les données d’échantillons sanguins fournis entre 1974 et 1984 par plus de 21 000 participants âgés de 27 à 52 ans, dont 5000 ont accepté de donner un autre échantillon six ans plus tard. Ils montrent ainsi que, dans cette cohorte, 44% des décès liés au cancer de la prostate ont concerné les hommes qui à l’âge de 45-49 ans présentaient les taux de PSA les plus hauts (≥ 1,6 μg/l). En conséquence, les auteurs proposent la stratégie suivante : si la concentration en PSA est inférieure à 1 μg/l vers 45-50 ans, âge auquel ils préconisent un premier dépistage, alors pour ces hommes le contrôle suivant n’aura lieu que dans la cinquantaine, et une nouvelle fois à 60 ans ; et si à 60 ans la concentration est toujours faible, ils pourraient être dispensés d’un nouvel examen. En revanche, si vers 45-50 ans la concentration en PSA est supérieure à 1 μg/l, les hommes concernés devront effectuer des dépistages au rythme recommandé de deux à quatre ans. Parmi ceux-là, une surveillance particulière doit être accordée pour les plus fortes concentrations.
Se baser sur un tel programme limiterait le risque de surdiagnostic tout en permettant une détection précoce du cancer chez les hommes réellement les plus à risque. Les auteurs soulignent que ce taux de 1 μg/l serait un indicateur non pas à la biopsie mais à la fréquence des contrôles.