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Panneaux dans la réserve
Un panneau d'information double face a été installé en six points de la réserve. Chacun traite d'un thème différent.
SITE MARECAGEUX DES GRANGETTES
Une roselière protégée
La surface de la roselière lacustre a fortement diminué dans la deuxième moitié du XXe siècle. Les protections construites au large dès 1975 ont eu un effet positif: actuellement, la surface de la roselière augmente. Ces digues servent aussi de dortoir à de nombreux oiseaux.
Le Rhône charrie quantité de troncs, branches et déchets qui s’accumulent dans la roselière et la détruisent. Jusque dans les années 1960, le bois était récupéré par les habitants pour le chauffage. Depuis 1970, chaque 1er samedi de mars, Pro Natura organise une action de nettoyage. Des bénévoles évacuent annuellement 100-200 tonnes de bois flottés et d’autres déchets échoués. Ceux-ci sont brûlés dans une usine d’incinération et produisent ainsi de l’électricité. Jusque dans les années 1950, on fauchait les roselières atterries à l’arrière de la rive. Les roseaux servaient de litière grossière ou étaient utilisés pour fabriquer des nattes de roseaux.
Une exploitation menaçante
Lorsqu’il divaguait librement dans la plaine, le Rhône avait déposé d’importants bancs de gravier. Ceux-ci sont actuellement exploités, ce qui n’est pas sans effet sur le milieu naturel. L’érosion qui s’ensuit provoque la disparition de la roselière lacustre puis la chute des arbres.
Dans le lac, l’extraction du gravier a détruit la partie immergée peu profonde du delta, la beine. Les vagues, qui ne sont plus freinées, conservent alors toute leur énergie et érodent la rive. Dans les endroits les plus exposés, la rive a reculé de 100 mètres en un siècle! Dans les zones plus abritées, le retrait accuse 20 à 30 mètres. Les fosses de dragage sont particulièrement importantes devant Les Grangettes et le Gros Brasset. Elles ont fait disparaître en partie la beine qui est l’habitat des mollusques et des plantes aquatiques, nourriture essentielle des canards hivernants. Depuis la fin des années 1990, l’entreprise exploitante est dans l’obligation de reboucher les anciennes fosses de draguage. Ceci permet de reconstituer la beine.
Les Grangettes : paradis des oiseaux
Le site des Grangettes est un haut lieu de l’ornithologie.
Chaque année, 20’000 oiseaux d’eau, appartenant à 30 espèces différentes originaires du nord et de l’est de l’Europe, viennent y passer l’hiver. Ce site important de migration et d’hivernage est inscrit depuis 1990 sur la liste des zones humides d’importance internationale protégées par la Convention de Ramsar.
Le pâturage traditionnel
Autrefois, la pâture et la fauche des prés à litière évitaient que les marais ne s’embroussaillent. Temporairement abandonnées, ces pratiques ont été reprises pour éviter la progression de la forêt. Des travaux forestiers d’éclaircie permettent ensuite de remettre en prairies de fauche certains secteurs marécageux.
Seules les prairies les moins humides sont pâturées ou fauchées selon un rythme planifié en fonction des cycles biologiques des espèces présentes. Des bandes refuges sont laissées intactes pour la faune. Un contrat d’exploitation lie un agriculteur et la Fondation des Grangettes. Dans les prairies marécageuses fauchées prospèrent des plantes rares comme la gentiane pneumonanthe, la gesse des marais ou la laîche de Hartmann.
Ce sont également des sites favorables à une multitude d’ invertébrés (papillons, criquets, sauterelles, araignées, etc.). Autrefois, les paysans transhumaient dans la plaine avec leur bétail. Ils habitaient des «chalets», c’est ainsi que l’on nomme les bâtiments qu’ils occupaient temporairement. La passerelle sur le Grand Canal servait au passage du bétail.
Un ancien bras du Rhône
Le port du Vieux-Rhône provient d’une exploitation de gravier. Il est situé sur un ancien lit du Rhône, dernier vestige visible des divagations du fleuve.
Les rives abruptes des étangs de gravière sont favorables au martin-pêcheur, emblème de la Fondation des Grangettes.
Il y creuse une galerie au fond de laquelle il pondra. Vous aurez peut-être la chance de l’apercevoir le long de la rive, rasant
l’eau à vive allure en sifflant. Réintroduit dans les années 1970 sur le Rhône, le castor a colonisé tous les étangs des Grangettes. Il ne peut être observé qu’à l’aube ou au crépuscule. Il creuse son terrier dans la berge où les jeunes naîtront. Ils s’émanciperont deux ans plus tard pour aller chercher un nouveau territoire.
Le Fort: le grand chambardement
Le 18 juillet 2005, un violent orage avec un coup de vent dépassant 160 km/h abattait la moitié de la surface plantée en peupliers, soit environ 30 ha. Cette zone a ainsi retrouvé l’aspect ouvert qu’elle avait au XIXe siècle, lorsqu’elle était exploitée pour la litière du bétail.
Vers 1850, l’homme a endigué le Rhône pour limiter les inondations. Il a drainé les surfaces ainsi gagnées pour obtenir des terres agricoles. Le site des Grangettes a été profondément modifié par les grandes plantations de peupliers. En 1950, la moitié des peupliers du canton de Vaud se trouvait aux Grangettes. Cette culture était essentiellement destinée à la fabrication d’allumettes. Le développement du briquet a provoqué la disparition de ce débouché. L’endiguement du fleuve a entravé la dynamique naturelle du delta du Rhône et considérablement appauvri sa biodiversité. L’utilisation du Fort comme zone de débordement en cas de crue permettrait au delta de remplir à nouveau ses fonctions biologiques initiales.
La succession végétale dessine une mosaïque de biotopes riches en plantes et animaux: plus de 400 espèces de végétaux, 18 de reptiles et de batraciens, 36 de libellules et 70 d’oiseaux nicheurs sont recensées. Plus de 260 espèces d’oiseaux en migration y ont été observées sur le lac et dans les marais. Pour préserver cette diversité, des travaux d’entretien sont nécessaires : fauche de prés humides, curage d’étangs, débroussaillage et nettoyage des rives du lac. Une attention particulière est portée à 37 espèces figurant sur la Liste rouge suisse des animaux menacés de disparition