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On entend couramment dire que les institutions dysfonctionnelles ne sont pas dignes de confiance. Le projet analyse les raisons de ce sens commun en théorisant la notion de « confiance institutionnelle endogène », c’est-à-dire la confiance mutuelle des fonctionnaires que leur conduite interdépendante permet de soutenir le fonctionnement de leur institution.
L’idée clé du projet est qu’une condition nécessaire au fonctionnement institutionnel est que les fonctionnaires doivent exercer leur pouvoir d’une manière justifiable par rapport à leur mandat (« office accountability »). La nouvelle conjecture est qu’une institution qui réalise l’office accountability est digne de confiance endogène. Le projet évalue cette conjecture par l’élaboration d’une taxonomie des réactions des fonctionnaires face à des déficits d’office accountability (p.ex. la corruption) par le biais d’une utilisation contestataire de leurs pouvoirs (p.ex. la désobéissance civile) comme révélatrice d’un manque de confiance institutionnelle endogène. En mettant également en évidence le caractère émotionnel de ces réactions (p.ex. la suffisance, la colère, ou la honte), le projet évalue le degré auquel ce « capital émotionnel » peut miner ou en fait être mobilisé pour activer les ressources internes d’autocorrection d’une institution.
Reprenant l'idée émergente d’une « philosophie de la gouvernance », le projet contribue à l’étude du fonctionnement institutionnel en théorie politique normative en explorant une perspective « endogène » sur la confiance institutionnelle avec les méthodes de la philosophie politique analytique combinée à la philosophie des émotions. Le projet aboutira donc à une nouvelle théorie normative de la confiance institutionnelle pour faire avancer la recherche sur la manière de soutenir la qualité des institutions dans le temps.