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Argumentation pour un programme de prévention du surpoids
Un ensemble d’éléments ont été progressivement mis en lumière par les études scientifiques faites dans le domaine du surpoids et de l’obésité, certains datant de la dernière décennie, mais d’autres d’il y a 30 ou 40 ans déjà. Les travaux se sont orientés ces dernières années sur la dynamique de régulation hormonale, avec découverte de nouvelles hormones (par ex. leptine, grelline, etc.).
- Le surpoids et l’obésité ont connu depuis deux décennies un développement épidémique, selon la prise de position de l’OMS en 1997.
- L’obésité entraîne, à une fréquence croissant avec son degré de développement, l’apparition de comorbidités (diabète, hypertension, etc.). Ces comorbidités, qui doivent être traitées, ont un coût, et entraînent à leur tour une diminution de la qualité de vie et des risques pour la santé.
- Le maintien d’un poids en dessous d’une certaine limite (indice de masse corporelle de 27) permet d’éviter ces comorbidités.
- Une perte de poids d’importance réduite permet, au début de l’apparition des comorbidités, de les faire régresser.
- L’alimentation des personnes en surpoids ou obèses n’est pas seulement déséquilibrée au niveau quantitatif mais aussi au niveau qualitatif.
- Une alimentation modifiée qualitativement dans un sens favorable à la santé a une valeur protectrice certaine.
- L’effort physique a des effets protecteurs sur la santé, même à intensité modérée, et même chez les personnes présentant un surpoids persistant.
- Les effets d’une perte pondérale volontaire d’une certaine importance sont difficiles à maintenir à moyen et long terme (en moyenne 15 à 20% de succès durables chez l’adulte).
- La participation volontaire à un programme de perte pondérale est souvent marqué par une fréquentation effective inférieure à 50 %, même si le programme est court, et l’arrêt de la participation avant la fin est le fait de personnes qui évoluent plus défavorablement que celles qui continuent leurs efforts.
- Le risque de rester en surpoids ou obèse à l’âge adulte croît progressivement avec l’âge: de 20% dans la petite enfance, le risque croît à 80% environ à l’âge adulte. Une intervention aussi précoce que possible est donc justifiée, de même qu’un dépistage précoce visant à une prise en charge rapide.
- Une période de restriction calorique importante (plus de 3 kg par mois) au début d’un programme de perte pondérale n’offre aucun avantage en terme de perte pondérale à moyen et long terme (à 5 ans).
- Toutes les restrictions caloriques qui s’éloignent d’une répartition équilibrée des nutriments sont à moyen et long terme défavorables à la santé, et inefficaces en terme de maintien du poids.
- Une prise de poids depuis la fin de la période de croissance s’observe chez quasiment tout le monde à un âge croissant, quelle que soit sa constitution, mais son importance est variable.
- Les effets d’une surcharge pondérale d’un certain niveau est plus défavorable sur la santé, en terme de comorbidité, si elle est présente chez l’adolescent et le jeune adulte que plus tard. Il est quasiment inutile en général de viser à une perte pondérale importante au-delà de 70 ans, mais elle a des résultats maximaux chez l’adolescent et l’adulte jeune.
- Les médicaments «anti-obésité» divers ne sont que des adjuvants thérapeutiques, l’effort principal devant être porté sur une modification de l’alimentation.
En résumé
- Une prise en charge du surpoids, et bien sûr de l’obésité, est nécessaire pour éviter les comorbidités.
- Une action visant à corriger un excès pondéral doit être entrepris dès que le diagnostic est fait, les effets étant d’autant plus importants que l’action est précoce, quel que soit l’âge et le degré de surpoids.
- La modification qualitative de l’alimentation est un objectif important, qui peut être obtenu même sans restriction calorique.
- Les objectifs minimaux doivent être une alimentation équilibrée du poids de vue qualitatif, une stabilisation du poids, et le maintien d’un exercice physique minimal. Une perte pondérale d’un certain degré est souhaitable, utile, dans certains cas indispensable pour préserver la santé.