Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07042.jsonl.gz/50

Öyvind Fahlström, Essais choisis, Les presses du réel, 2002
Connu principalement comme artiste visuel, Öyvind Fahlström (1928-1976) était également poète, dramaturge, happening-maker, cinéaste, critique d'art et critique littéraire. Sa recherche d'un art total explique son intérêt pour les formes d'art hybrides, et éclaire la grande variété des sujets abordés dans le présent recueil, dans lequel figurent de nombreux inédits en français : Sade, Céline ou W. S. Burroughs y croisent la poésie concrète et le Nouveau Roman, les artistes du Pop Art les réalisateurs de la Nouvelle Vague et les pionniers de la musique électronique, et les considérations sur la contre-culture hippie se mêlent aux commentaires de Fahlström sur son propre travail.
« L'artiste est comme un agent, comme un espion ou un membre d'une organisation clandestine. Auparavant je pensais que je pourrais peindre à certains moments, et me distraire à d'autres. Mais dernièrement j'ai réalisé que, en tant qu'artiste, l'on n'est jamais au repos, que la chasse et la pêche continuent perpétuellement, et comme un membre de la résistance, on ne peut jamais se détendre, dès lors que l'on sait qu'on pourrait venir frapper à votre porte à tout moment pendant la nuit ». Les observations réunies dans cette anthologie forment ainsi comme autant de rapports de cette activité ininterrompue, celle d'un artiste entendu comme agent double, ou espion, tour à tour savant fou (Benway) et explorateur (Livingstone).
Mehdi Belaj Kacem, Textes inédits, Les presses du réel, 2016
Ces Textes inédits de Medhi Belhaj Kacem, écrits en 2008, 2009 et 2011, retrouvent les grandes thématiques de sa philosophie. La question esthétique, son lien à la transgression par le Mal, la question de la transgression dans son rapport à l'origine, mais ils apparaissent aussi comme un des jalons dans un épisode constitutif de sa philosophie, à savoir ses rapports à celle d'Alain Badiou.
“Ces textes se situent avant la rupture (2011) entre les deux philosophes et contiennent les éléments du différent qui conduira à la rupture, pas si soudaine qu'elle le semblait. On y voit la progression de la pensée propre de Medhi Belhaj Kacem qui aboutit à l'évocation d'un « jeu philosophique ». On y trouvera aussi les premières esquisses de ce qui conduira à Etre et sexuation (2013). Medhi Belhaj Kacem y dévoile un des aspects de sa façon de travailler, par touches successives, par retours, mais aussi par coups de cœur, ils délimitent une approche originale qui bien souvent dessine, de son aveu même, le « cri pathétique du non-universitaire solitaire ».“
Louis Uccia
Isabelle Stengers, Didier Debaise, Gestes spéculatifs, Les presses du réel, 2015
La pensée spéculative trouve aujourd'hui une nouvelle actualité. Ce renouveau est indissociable de la mise en crise généralisée des modes de pensée qui, d'une manière ou d'une autre, devaient leur autorité à une référence au progrès, à la rationalité, à l'universalité. Mise en crise redoutable, car on ne s'écarte pas sans danger de ce qui a servi de boussole à la pensée euro-américaine depuis qu'il est question de modernité. Mise en crise nécessaire, car ces modes de pensées sont sourds à la nouveauté effective de notre époque, à la manière dont la mission de la modernisation à laquelle ils adhéraient vire au cauchemar d'un enchevêtrement de ravages et d'impuissances.
La pensée speculative est trop souvent définie comme purement théorique, abusivement abstraite, ou relevant tout simplement d'un imaginaire déconnecté de toute prise sur le réel. Parler de "gestes spéculatifs", c'est au contraire mettre la pensée sous le signe d'un engagement par et pour des possibles qu'il s'agit d'activer, de rendre perceptibles dans le présent.
Avec des textes de Fleur Courtois-l'Heureux, Didier Debaise, Vinciane Despret, Thierry Drumm, Emilie Hache, Donna J. Haraway, David Jamar, Claude de Jonckheere, Maryam Kolly, Bruno Latour, Pierre Montebello, Tobie Nathan, Nicolas Prignot, Camille Riquier, Alice Rivières, Isabelle Stengers, Lucienne Strivay, Marcelle Stroobants, Katrin Solhdju, Fabrizio Terranova, Graziella Vella, Benedikte Zitouni. Sous la direction d'Isabelle Stengers et Didier Debaise.
Thomas Boutoux, Benjamin Thorel, Mélanie Matranga, Les presses du réel, Palais de Tokyo, 2015
Conceived as an emotional structure, “反复,” Mélanie Matranga's exhibition at the Palais de Tokyo is intentionally equivocal. Its very title—in Mandarin—puts us in an awkward situation, just as when we need to ask a stranger our way in an unknown city, or when we have to admit our inability to understand a message before being even able to start a conversation. Mélanie Matranga combines in her exhibition signs that reflect upon interiority with elements linked to social attitudes and habits. We find ourselves amid familiar objects and generic forms, in situations where self-expression, paradoxically, is possible only once identity is lost. They are places to be alone with others.
Edited by Thomas Boutoux and Benjamin Thorel.
Richard Hawkins, Fragile Flowers, Les presses du réel, 2013
“Everywhere dark-eyed incredibly handsome college-age youths with fresh haircuts and unshaved chins approached with ebullient grins to offer, with corny charming salutations and flirting flattering winks, any and every service: “Ya'll'd like a beer on the house mister?”“
Richard Hawkins' first book of fiction: eight jubilatory and decadent short stories.