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Diagnostiquer l’asthme dans un souffle
En collaboration avec l’Hôpital des enfants de Zurich, le PSI travaille au développement d’un test respiratoire pour l’asthme. Celui-ci doit permettre de diagnostiquer cette affection chronique des voies respiratoires chez les enfants de manière rapide, sûre et non invasive. Imad El Haddad, responsable ad intérim du Laboratoire de chimie atmosphérique du PSI, participe à cette étude. Il explique dans cette interview pourquoi un tel test serait extrêmement utile et de quelle façon le PSI contribue aux travaux de développement.
Imad El Haddad, pourquoi une nouvelle méthode de diagnostic de l’asthme est-elle nécessaire. Celle qui existe n’est-elle pas assez bonne?
Imad El Haddad: Non, pas du tout. L’asthme est une maladie inflammatoire chronique des voies respiratoires qui provoque des dyspnées. Ce phénomène peut toutefois avoir des causes diverses. Actuellement, il n’existe pas de test qui permette à lui seul de déterminer si une personne souffre d’asthme ou non. On établit le diagnostic en fonction des troubles et des antécédents médicaux du patient, en s’appuyant par exemple sur un examen de la fonction pulmonaire. Comme cet examen ne peut être effectué que de manière très limitée chez les nourrissons et les petits enfants, le diagnostic est ici plutôt effectué sur la base d’une suspicion.
A quoi va ressembler le test que vous développez en collaboration avec l’Hôpital des enfants de Zurich
L'idée est que l'enfant souffle simplement plusieurs fois dans un analyseur de spectrométrie de masse en ligne. Nous essayons ensuite de déterminer, en analysant la composition chimique de l'air expiré, s'il s'agit vraiment d'asthme ou d'un autre problème, par exemple une infection des voies respiratoires par un germe. Cette méthode aurait l’avantage de fonctionner sans intervention physique. Il ne faut même pas prélever de sang.
Et c’est cela qui est justement important chez les enfants?
Oui, exactement. J’ai récemment constaté chez mon propre fils de 4 ans combien il était difficile d’effectuer une prise de sang chez des petits enfants. Même si seuls quelques millilitres de sang sont nécessaires, c’est déjà, par rapport à la masse corporelle d’un enfant, une quantité relativement élevée en comparaison avec un adulte. Un diagnostic non invasif est donc particulièrement important chez les petits. C’est pourquoi nous développons ce test spécialement pour les enfants.
Comment peut-on diagnostiquer l’asthme au moyen d’un test respiratoire?
Nous cherchons dans l’air expiré des molécules particulières qui sont générées dans les bronches quand celles-ci sont enflammées de façon chronique.
De quelle manière le PSI peut-il apporter ici une aide?
Nous utilisons dans le Laboratoire de chimie atmosphérique une technique d’analyse qui mesure en continu et en temps réel des composés organiques volatils dans l’air ambiant. Il s’agit de la spectrométrie de masse à réaction de transfert de protons. Cette technique est habituellement utilisée pour analyser la composition de l'atmosphère, par exemple pour mesurer la pollution de l’air à divers endroits du monde au moyen d’une plateforme mobile. Comme la méthode d’analyse est stable et robuste et livre des résultats reproductibles en quelques fractions de seconde, elle est parfaitement adaptée au diagnostic médical dans un hôpital.
Quand les résultats seront-ils disponibles?
Dans notre première étude, nous avons mesuré les valeurs d’environ 80 premiers enfants et nous sommes maintenant en train d’analyser les résultats. Nous cherchons dans les voies respiratoires d’enfants plus âgés souffrant d’asthme des molécules caractéristiques qui ne sont pas décelables dans le groupe de contrôle. Nous pourrons probablement dire dans les prochains mois s’il vaut la peine de poursuivre cette approche. Ce que nous supposons actuellement.
Interview: Institut Paul Scherrer/Brigitte Osterath