Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07165.jsonl.gz/823

La Corée du Nord a condamné jeudi le vote à l'ONU d'une résolution représentant un premier pas vers une traduction du régime nord-coréen devant la justice internationale pour crimes contre l'humanité. Elle a brandi la menace d'un nouvel essai nucléaire.
Mardi à New York, la commission des droits de l'homme de l'assemblée générale de l'ONU a voté une résolution demandant au Conseil de sécurité de saisir la Cour pénale internationale (CPI) au sujet d'exactions reprochées au régime nord-coréen.
Cette résolution est une "escroquerie", a réagi le ministère nord-coréen des Affaires étrangères. Il a accusé les Etats-Unis d'être à la tête des tentatives pour humilier Pyongyang devant la communauté internationale. "Cette agression de la part des Etats-Unis ne nous permet pas de nous retenir plus longtemps de mener un nouvel essai nucléaire", a-t-il ajouté dans un communiqué.
Ce texte fait écho aux déclarations de l'ambassadeur de Corée du Nord à l'ONU qui n'avait pas dit autre chose en réagissant à l'adoption de la résolution.
"Contre-productif" selon Moscou
Après un entretien à Moscou avec l'émissaire spécial du leader nord-coréen Kim Jong-Un, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a quant à lui estimé qu'il était "contre-productif d'essayer de faire des déclarations bruyantes à travers des résolutions conflictuelles à l'Assemblée générale de l'ONU et au Conseil des droits de l'Homme".
Affirmant qu'une telle résolution était destinée à "punir publiquement" des pays, et non à chercher une solution, il s'est dit "convaincu que les structures de l'ONU consacrées aux droits de l'homme ne doivent pas être transformées en instrument judiciaire ou de poursuites".
120'000 Coréens internés
Le texte, non contraignant, est largement fondé sur un rapport de l'ONU de 400 pages, publié en février. Le document concluait après une longue enquête à des violations des droits de l'homme par la Corée du Nord "sans égal dans le monde contemporain".
Pendant un an, les enquêteurs ont récolté des témoignages d'exilés nord-coréens, et documenté un vaste réseau de camp de prisonniers détenant jusqu'à 120'000 personnes, ainsi que des cas de torture, d'exécutions sommaires et de viols. Le rapport estimait que la responsabilité de ces violations se trouvait au plus haut niveau de l'Etat et que celles-ci s'apparentaient à des crimes contre l'humanité.
La résolution doit être étudiée en décembre par l'assemblée générale. La question est de savoir si le Conseil de sécurité va suivre, et effectivement dénoncer le régime de Pyongyang à la CPI. La Chine, principale alliée de Pyongyang, et la Russie, membres permanents du conseil, s'y opposeront très certainement.