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Moscou - Les relations entre le Kremlin et l'autoritaire président du Bélarus ont atteint un point de non retour ce lundi. Moscou a menacé de peser contre la réélection de l'actuel président bélarussse, Alexandre Loukachenko, après l'avoir soutenu pendant seize ans sans réussir pour autant à s'en faire un allié fiable.
M. Loukachenko a multiplié les déclarations agressives ces dernières semaines à l'égard de Moscou, qu'il a encore accusé vendredi de financer l'opposition contre son régime. Il a aussi indiqué avoir envoyé une lettre de soutien au maire de Moscou Iouri Loujkov, démis par le Kremlin au terme d'un vif conflit politique.
"Compte tenu des derniers commentaires faits par le président du Bélarus, il est évident que les relations ne seront plus comme avant", a mis en garde ce lundi la porte-parole du Kremlin, Natalia Timakova.
A l'avenir, "les représentants du pouvoir russe ont l'intention d'entrer en relations avec l'ensemble du spectre de l'opinion publique du Bélarus", a ajouté Mme Timakova. Une allusion à peine voilée à l'opposition bélarusse dont les membres ont été récemment qualifiés par M. Loukachenko d'"ennemis du peuple".
"Les observateurs russes donneront une appréciation adéquate" sur le scrutin de décembre, a également averti une "source" au Kremlin citée par l'agence publique Ria Novosti.
Les scrutins par lesquels M. Loukachenko s'est maintenu au pouvoir ont été critiqués notamment par l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), mais la Russie avait observé jusqu'à présent une bienveillante neutralité dans ce domaine.
Dimanche soir, dans un message vidéo adressé autant aux citoyens du Bélarus qu'à ceux de Russie même, le président Dmitri Medvedev a suggéré au président Loukachenko d'"enquêter enfin sur les nombreuses disparitions de personnes" dans son pays, une référence à plusieurs leaders de l'opposition bélarusse qui ont disparu à la fin des années 1990.
ATS