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Un travail international animé notamment par l’équipe «Epidémiologie des maladies respiratoires» de l’Inserm, dirigée par Mahmoud Zureik (faculté de médecine Bichat, Paris), vient de conclure que les rhinites (qui touchent entre 20 et 40% de la population générale) pourraient être un facteur prédictif de l’asthme.1
La fréquence et la survenue de l’asthme ont été étudiées durant neuf ans sur une cohorte de 6461 participants, âgés de 20 à 44 ans, originaires de quatorze pays européens. Seules les personnes qui n’avaient jamais été victimes d’accidents asthmatiques ont été retenues pour cette étude épidémiologique. Outre le diagnostic de rhinite, les réactions allergiques aux acariens, aux chats, aux pollens et aux moisissures étaient évaluées par des tests cutanés. Il apparaît au total que les personnes atteintes d’une rhinite allergique ont un risque 3,5 fois supérieur de développer un asthme que les autres, ce facteur étant de 2,7 pour les personnes touchées par une rhinite non allergique. Et la rhinite allergique aux acariens est tout particulièrement associée à une augmentation du risque d’incidence de l’asthme.
«Les mécanismes physiopathologiques expliquant l’atteinte des voies respiratoires inférieures des patients présentant une rhinite ne sont pas clairement connus, reconnaissent les auteurs de cette publication. Plusieurs études ont toutefois montré une augmentation des cellules et des médiateurs inflammatoires dans la circulation sanguine après l’inhalation d’allergènes. La réponse à l’inflammation nasale faciliterait la migration de ces cellules inflammatoires dans les tissus, notamment au niveau des bronches. Ainsi, la rhinite allergique n’est plus considérée comme une maladie localisée et limitée au nez mais comme une maladie engageant l’ensemble des voies respiratoires.»
Si la relation de cause à effet reste à confirmer, il semble selon eux que la rhinite puisse, au moins, constituer un marqueur des atteintes des voies respiratoires inférieures. Diagnostiquer la rhinite et surveiller les patients concernés pourraient ainsi permettre d’intervenir à une phase plus précoce du développement de la maladie asthmatique.
On sait déjà que traiter la rhinite peut aider à contrôler les symptômes d’asthme chez les asthmatiques. En revanche, on ne sait pas si le traitement de la rhinite peut prévenir la survenue de l’asthme dans la population générale. «Seule une étude interventionnelle serait à même de conclure qu’un traitement de la rhinite retarde ou empêche l’apparition de l’asthme, explique Mahmoud Zureik. Elle pose cependant de multiples problèmes éthiques et techniques et n’est pour cette raison que difficilement envisageable.»
Des études d’observation à grande échelle offrent également la possibilité de répondre à cette question. «Dans l’étude européenne, nous disposons désormais d’un relevé très détaillé sur le traitement de la rhinite. Un prochain suivi des personnes ayant participé à l’étude européenne, prévu en 2009-2010, devrait apporter de nouvelles informations. Les retombées pourraient avoir un impact important au niveau de la population générale où la prévalence de la rhinite varie entre 20 et 40%, et celle de l’asthme, même si elle a cessé d’augmenter, reste toujours à un niveau élevé.»