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Noël 1907. Helena reçoit ses amis et sa famille. La fête est observée par deux de ses petits-enfants, Fanny et Alexandre, dont la vie va bientôt connaître de grands bouleversements...
Critique
Il est difficile de synthétiser en quelques lignes une oeuvre aussi foisonnante, d'une richesse narrative et thématique exceptionnelle. Il s'agit moins d'un « testament » bergmanien, comme on l'a dit à l'époque, que d'un film-somme, où le cinéaste rassemble quelques-unes de ses interrogations majeures : l'angoisse de la mort, la peur du père, le mystère de la femme et du couple, le silence de Dieu... Il en fait le sous-texte d'un ample récit romanesque.
Bergman prend plaisir à donner à la vie les couleurs d'un conte fantastique, magique, convoquant à la même table les écrivains épiques scandinaves (Lagerlöf ou Ibsen) et les exégètes de l'imaginaire enfantin (Bettelheim ou Propp). D'une certaine façon, cette vie aurait pu être la sienne si, justement, au puritanisme religieux qui hanta sa vie (et son oeuvre) s'était substitué l'hédonisme dont l'oncle Gustav Adolf chante les louanges à la fin... Le film est aussi visuellement somptueux, magnifiquement interprété. Seul regret, Bergman a renié cette version « courte », le film ne prenant sa vraie valeur, à ses yeux, que dans la version de cinq heures et quarante minutes. Trois heures de bonheur tout de même !
Aurélien Ferenczi, Télérama