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théories du champ
Certains auteurs des sciences humaines ont utilisé le concept de champ pour comprendre les phénomènes qu'ils étudiaient.
Kurt Lewin parle de champ de forces pour figurer l'espace environnant d'un phénomène. Il différencie ainsi une forme émergente dans un certain contexte. Il se réfère par là aux découvertes de la psychologie de la forme, qui avait fait de cette différenciation une pierre de voûte. L'idée est importante, mais me semble courte et ancienne, peu nourrissante à mon sujet.
Maurice Merleau-Ponty a conceptualisé 4 types de champ: le champ phénoménal, le champ transcendantal, le champ des sens et le champ de présence (Merleau-Ponty, 1948). (Voir aussi ici).
Avant tout, pour tenter de comprendre la perception, Merleau-Ponty différencie le sentir du connaître. Le connaître, lié au travail scientifique classique, est associé à l’idée de contact avec des « qualités mortes ». Alors que le sentir est le contact avec « des propriétés actives » par association et par affinité vivantes.
« Le sentir au contraire investit la qualité d’une valeur vitale, la saisit d’abord dans sa signification pour nous, pour cette masse pesante qui est notre corps, et de là vient qu’il comporte toujours une référence au corps » (op. cit. p. 64).
Ou encore: « Le sentir est cette communication vitale avec le monde qui nous le rend présent comme lieu familier de notre vie » (op. cit. p. 64).
Merleau-Ponty, pour développer sa démarche phénoménologique, différencie ensuite, et très logiquement, l'abord scientifique et objectivant du monde d'avec la perspective phénoménologique, qui tente de toucher à la naissance du monde dans son contact.
La science tente de prolonger le mouvement de la perception-sensation d’un objet du monde pour aller à la rencontre d’une vérité objective des choses du monde qui y vivraient sans nous.
« La notion d’un espace géométrique, indifférent à ses contenus, celle d’un déplacement pur, qui n’altère pas par lui-même les propriétés de l’objet, fourniraient aux phénomènes un milieu d’existence inerte où chaque événement pouvait être rattaché à des conditions physiques responsables des changements survenus ». (op. cit. p.66)
La science parle d’un objet inexistant, absolu, affranchi de toute relation avec l’observateur, dont les propriétés doivent pouvoir être toujours les mêmes, statistiquement, et vérifiables par les mathématiques. Ce travail devant prédire ce que l’observation peut ensuite confirmer.
« Les prises de position affectives et pratiques d’un sujet vivant en face du monde étaient donc résorbées dans un mécanisme psycho-physiologique ».(op. cit. p.67).
Effectuant cette objectalisation du monde, la science traditionnelle devait séparer sujet et objet, créant donc parallèlement un sujet constituant et spirituel.
« Ainsi, tandis que le corps vivant devenait un extérieur sans intérieur, la subjectivité devenait un intérieur, un observateur impartial ». (op.cit. p.68)
Merleau-Ponty effectue donc cette différence majeure tout en mettant en gard que lorsqu'on passe de l'étude des objets physique à celle des objets vivants, il n'y a pas qu'un saut quantitatif de complexité, mais bien une différence fondamentale à conserver, soit celle qui institue la méthode phénoménologique.
« L’objet naturel s’est dérobé le premier et la physique a reconnu elle-même les limites de ses déterminations en exigeant un remaniement et une contamination des concepts purs qu’elle s’était donnés. L’organisme à son tour oppose à l’analyse physico-chimique non pas les difficultés de fait d’un objet complexe, mais la difficulté de principe d’un être significatif ». (op. cit. p.69)
Cet aspect mérite d'être rappelé aujourd'hui encore.
Merleau-Ponty cherche à établir une spécificité majeure du champ. Pour lui, le champ est le lieu de la phénoménologie comme l’espace objectif est le lieu de la science inductive ou de la spiritualité.
A l'espace objectif, ouvert et pre-existant aux objets étudiés de la science classique, l'auteur oppose le champ phénoménal, qui est l'espace vécu, co-naissant aux phénomènes et qu’il faut situer au moins provisoirement par rapport au savoir scientifique, à la réflexion psychologique et à la réflexion philosophique ».
« Le premier acte philosophique serait donc de revenir au monde vécu en deçà du monde objectif, puisque c’est en lui que nous pourrons comprendre le droit comme les limites du monde objectif, de rendre à la chose sa physionomie concrète, aux organismes leur manière propre de traiter le monde, à la subjectivité son inhérence historique, de retrouver les phénomènes, la couche d’expérience vivante à travers laquelle autrui et les choses nous sont d’abord donnés, le système « Moi-autrui-les choses » à l’état naissant, de réveiller la perception et de déjouer la ruse par laquelle elle se laisse oublier comme fait et comme perception au profit de l’objet qu’elle nous livre et de la tradition rationnelle qu’elle fonde » (op. cit. p. 69-70).
« Ce champ phénoménal n’est pas un « monde intérieur », le « phénomène » n’est pas un « état de conscience » ou un « fait psychique », l’expérience des phénomènes n’est pas une introspection ou une intuition au sens de Bergson ». (op. cit. p. 70).
Dans la psychologie introspective, le psychologue tente d’aborder la conscience comme un secteur de l’être en marge du monde physique dans un espace interne, mais comme le physicien aborde le monde externe objectal. Le monde objectif est sous-entendu comme cadre logique de son travail. Il considère les faits psychiques comme des choses d’un monde. La réflexion phénoménologique va donc s’attacher à comprendre le surgissement de la conscience lors de la rencontre avec le monde. Comment chaque objet qui apparaît à notre conscience y apparaît. (op.cit.p.73)
« Au même moment, le champ phénoménal devient champ transcendantal. Puisqu’elle est maintenant le foyer universel des connaissances, la conscience cesse décidément d’être une région particulière de l’être, un certain ensemble de contenus « psychiques », elle ne réside plus ou n’est plus cantonnée dans le domaine des « formes » que la réflexion psychologique avait d’abord reconnu, mais les formes, comme toutes choses, existent pour elle. » (op.cit.p.73)
« Il ne peut plus être question de décrire le monde vécu qu’elle porte en elle comme un donné opaque, il faut le constituer. L’explicitation qui avait mis à nu le monde vécu lui-même, et met à nu, en deçà du champ phénoménal, le champ transcendantal. Le système moi-autrui-le-monde est à son tour pris pour objet d’analyse et il s’agit maintenant de réveiller les pensées qui sont constitutives d’autrui, de moi-même comme sujet individuel et du monde comme pôle de ma perception. »
On ne parle pas du constitué, mais du constituant.
La forme apparaissante n’est pas l’expression d’une structure interne préexistante, ni d’une Gestalt-règle qui la ferait être ce qu’elle est. Elle n’est pas la projection d’un intérieur dans un extérieur. La forme apparaissante est la naissance d’une norme et non la réalisation d’une norme. La Gestalt d’un cercle n’est pas une loi mathématique qui se réalise dans le cercle.
Elle ne donne aucune explication causale. Pour que la réflexion soit vivante, « nous devons la considérer comme une opération créatrice.
Le champ phénoménal surgit dans la transformation des objets et du sujet.
« C’est pourquoi seule de toutes les philosophies la phénoménologie parle d’un champ transcendantal. Ce mot signifie que la réflexion n’a jamais sous son regard le monde entier et la pluralité des monades déployés et objectivés et qu’elle ne dispose jamais que d’une vue partielle et d’une puissance limitée. C’est pourquoi aussi la phénoménologie est une phénoménologie, c’est à dire étudie l’apparition de l’être à la conscience au lieu d’en supposer la possibilité donnée d’avance. »p. 74
Connaître les choses ne suffit pas, il faut connaître l’apparition des choses à sa conscience, il faut connaître la naissance de soi et du monde qui s’ouvrent en même temps.
Pour Merleau Ponty, le concept de champ possède plusieurs perspectives.
D’abord celle d’ouvrir à l’immensité des possible la réalité de la rencontre avec le monde. Il n’y a pas une vérité, il y en a autant que d’humain et regard possible. Ce n’est pas un espace circonscrit avec des lois préétablies, c’est un champ ouvert. Un système dit-il.
Ensuite il utilise ce concept également pour indiquer que la connaissance y surgit avec le monde, elle n’est pas le reflet d’une loi préexistante dans le monde, elle apparaît dans le phénomène de l’apparition. Cela lui permet de différencier son approche d’une part d’avec l’intuition Bergsonienne qui veut faire corps avec le monde dans une sorte de mouvement de sympathie et, d’autre part, avec la psychologie inductive qui veut assimiler le monde et ses règles dans son appréhension.
C’est l’idée de champ qui permet de considérer celle de phénomène. La phénoménologie ne lui est compréhensible et praticable qu’à fréquenter ce champ.
Champ phénoménal en ce qui concerne la perception et champ transcendantal en ce qui concerne la création et transformation du monde et du sujet-acteur de la rencontre avec le monde.
Dans une autre partie du même livre, Merleau-Ponty évoque l'idée que les sens seraient comme des champ, ou ouvriraient des champs. Il présente les sens comme des champ, (op. cit. p. 240 et suiv.)
Il me semble trouver là quelques liens avec l'idée des modalités expressives développée dans le contexte de l'art thérapie expressive.
"L’être au monde change de forme selon que l’on bouge dans une ambiance bleue, rouge, verte, etc…" (op. cit. p.243).
« Le sujet de la sensation n’est ni un penseur qui note une qualité, ni un milieu inerte qui serait affecté ou modifié par elle, il est une puissance qui co-nait à un certain milieu d’existence ou se synchronise avec lui. » (op.cit. p. 245)
Enfin, quatrième acception du mot champ indiquée par Merleau-Ponty, le champ de présence, (p. 459 et suiv.). Dans ce chapitre sur le temps, l'auteur y rappelle les développements de Husserl avec ses concepts de temps présent dans lequel il y a une rétention du passé proche et une protension du futur proche. Nous retrouverons ces idées plus loin dans le chapitre sur le temps et le champ, je ne vais donc pas les approfondir ici.
En fait, pour Merleau-Ponty, le champ semble être une notion plutôt qu’un concept (la notion étant rattachée à la phénoménologie et le concept à la science objective) qui permet de considérer un espace temps avec une source et sans limite, sans finitude, sorte d’existence en advenance ouverte.
Stéphanie Ménasé, dans un ouvrage récent de relecture de Merleau-Ponty, et notamment de sa notion de passivité dans les phénomènes créateurs, présente l’exploration comme un champ d’expérience ouvert.
Elle rappelle que pour Merleau-Ponty, "les expériences artistiques sont des expériences d'ouverture au monde parce que prise par la poussée de l'être - expériences porteuses de différentes épreuves et sens du rapport au monde". (Ménasé, p. 6)
Dans la suite de Merleau-Ponty, elle propose l'idée que la création n 'est pas qu'affaire d'acte volontaire et démiurgique, mais demande également, principalement peut-être, une déprise, une passivité. "La possibilité de l'introduction d'un autre régime de l'expérience, l'ouverture d'une autre dimension nous apparaissent exemplairement comme étant à l'œuvre dans l'art. Il semble fécond d'interroger cette dimension. Je la nomme "passivité". J'entends par là, cette dimension du mouvement dont je suis le médiateur, mais qui d'une certaine façon se fait en moi sans moi, à mon insu". (op. cit. p.10)
Stéphanie Ménasé, dans un récent ouvrage de commentaire de Merleau-Ponty, et je les suis volontiers dans cette perspective, invitent à porter attention à certains opérants qui, dans la littérature, la peinture et la philosophie oeuvrent à ouvrir le monde et le sens: hasard, imbécillité, automatismes, chaos, simplicité, prise à la lettre, être rien, sans volonté, sans ressource, écervelé, immaîtrise, imprévu, surprise, émerveillement, …
Ces "opérants apparaissent dans le travail créateur grâce à l'inconscient et à la passivité, sous forme d'échappement. Il faut se défaire de la pensée faite, de la culture. Il faut chercher le point de "fission de l'être", là où pensée se fait, s'ouvre.
La passivité est décrite dans cet ouvrage, comme une attitude d'ouverture à la surprise, de laisser aller aux événements, sans projets, ni attente précise, sorte de retrait volontaire du guidage du champ.
Ménasé poursuit, à la recherche des manière de mobiliser les opérants de passivité en ouvrant l'idée du champ, mais d'une manière proche de celle de Lewin peut-être:
« Ce n’est cependant pas en guettant la découverte, sans rien faire, qu’un champ inconnu s’ouvre parfois. Le champ dans lequel on pénètre comme précédemment tout aussi ignorant, mais curieux, et tendu vers l’exploration, ne s’ouvre qui si l’on s’active dans une direction. » (op. cit. p.33)
c’est l’accident dans le système (ou « l’erreur ») qui fait œuvre. »
Puis Ménasé étudie les stratégies des artistes modernes pour vivre la passivité et rencontrer les opérants. Pour elle, la passivité est la capacité de pouvoir se laisser être pris par les événements et le flux créatif. Il y a alors ouverture d'un champ transcendantal.
Claudio Neri, psychanalyste de la mouvance post-bionnienne italienne est spécialiste du travail avec les groupes. Dans un de ses ouvrages (Le groupe), il s'étend sur la conception du champ qui est la sienne.
Il faut savoir que, tout comme le travail avec les schizophrènes dans les années 50 à 70, l'étude des troubles psychosomatiques dans les années 80 à 90, le terrain du travail groupal a été et est un des terrains les plus dynamique de la psychanalyse contemporaine. Il a produit des réflexions très novatrices.
Neri enracine sa vision du champ dans la tradition psychanalytique qui, nous le verrons ici, a produit des ponts intéressants en direction de la phénoménologie.
Plusieurs vision du champ ont émergé dans la psychanalyse, il va chercher à les relier.
"L'apport des divers psychanalystes et thérapeutes de groupe a abouti à la stratification de nombreuses significations différentes dans le concept de champ. En raison de ce processus, plusieurs "noyaux de signification", même assez éloignés les uns des autres, coexistent à l'intérieur de ce concept"…. "L'approche que j'adopterai vise plutôt à rapprocher les différents noyaux et modèles"… "il est un approfondissement et une extension de la notion d'espace commun du groupe. Il englobe en effet la notion d'espace commun du groupe et les phénomènes transpersonnels (atmosphères, médium, effets des présupposés de base), …". (Neri, 2000, p.43)
Le champ bipersonnel est un concept proposé par deux psychanalystes, Madeleine et Willy Baranger, en Argentine.
Pour ces deux auteurs franco-argentins qui ont écrit plusieurs ouvrages dans les années 50 à 60, le psychanalyste est immanquablement impliqué comme co-protagoniste de la situation psychanalytique. Analyste et patient forment un couple inextricablement lié et complémentaire et participent au même processus dynamique.
La dyade patient-thérapeute engendre un champ et elle est comprise dans le champ qu'elle produit elle-même.
"Le champ bipersonnel ne peut être considéré comme étant la somme des deux situations psychiques internes puisqu'il se crée au moment de la séance entre deux individus, à l'intérieur de l'unité qu'ils constituent. Le champ bipersonnel est radicalement différent de ce que chacun des deux individus est séparément" (op.cit. p.45).
M. et W. Baranger affirment encore que la situation analytique possède sa propre structure et que le champ, plutôt que le patient, ses relations ou son monde interne, " est notre objet d'observation immédiat et spécifique".
Neri étend le concept à la situation groupale, qui est sa spécialité, il parle alors de champ multipersonnel. Ce champ se constitue au fil de la relation. Pour comprendre la constitution de ce champ, il accorde une attention particulière au concept de fantasme inconscient bipersonnel ou multipersonnel. Ce fantasme inconscient "consiste en effet dans un jeu croisé d'identifications projectives qui implique, à différents degrés, tant les membres du groupe que l'analyste" (op.cit. p. 46).
Le fantasme inconscient est un amas d'identifications projectives, c'est-à-dire d'éléments, ressentis, vécus, d'une personne qui sont dotés d'un trop fort gradient de douleur ou de surprise et qui sont projetés dans une autre personne.
Le champ est considéré par Neri comme un dépôt d'identifications projectives multipersonnelles, un pool transpersonnel de sentiments, d'émotions, d'idées émergents de la séance. Ce pool ne correspond pas aux relations entre les individus, mais en un système de dépôt inconscient transpersonnel qui conditionne les individus et leurs relations.
Le champ de Neri, plutôt qu'une situation structurée, est "une situation fluide et constamment en mouvement - à laquelle les individus qui appartiennent à un groupe déterminé contribuent tout en étant conditionné par elle. Il est un amalgame complexe et mobile où convergent des éléments différents". "Le champ (en tant que pool est, pour l'individu-membre, à la fois un lieu différent et séparé de lui (clivage), où, il peut projeter ses sentiments et tensions, et une extension de soi". (op. cit. p.46)
On peut parler alors d'un champ actuel et d'un champ historique, ce dernier se constituant continuellement au travers du champ actuel.
Le champ actuel (ici et maintenant) est la résultante de l'ensemble des images, pensées, fantasmes, représentations déposés dans le groupe, mais aussi des affects, impulsions, émotions et sensations présents et actifs dans le groupe à un moment donné. On peut le percevoir au travers de l'ambiance et de l'atmosphère que l'on respire dans la séance. Lorsqu'on entre dans un groupe pour la première fois, on y sent un climat qui exprime ce champ.
Le champ historique est un lent dépôt, il enrichi ou alourdi la vie du groupe, il est l'une de ses mémoires, en partie propulsive, en partie bloquante.
"Au "dépôt" effectué par les membres correspondrait une "capture" active par le groupe de ces éléments refusés"(op. cit. p. 47).
Un autre auteur sur-américain est cité par Neri, José Bleger (1), psychanalyste spécialiste des institutions. Celui-ci disait sensiblement la même chose que les Baranger en parlant du cadre plutôt que du champ. Le dépôt des parties psychotiques de la personnalité se réalisent, pour lui, dans les éléments du cadre, éléments les plus stables de la situation analytique. La moindre variation du cadre risque de remobiliser ces parties psychotiques et d'angoisser fortement les partenaires. Le champ est, dans ce cas, un contenant.
Les patients n'y déposent pas seulement les parties psychotiques, mais également, pour Bleger, les aspects vitaux et essentiels de leur existence, les aspects not changing de l'identité, ce qui explique comment le champ peut devenir une source de sécurité pour la personne.
Bion avait observé que certains patients, des borderline, avaient la capacité de percevoir le moment où l'analyste détournait son attention d'eux, comme si un champ d'attention de l'analyste avait baissé et pouvait être accessible au patient. Ces patient doivent être pensée par leur analyste.
Il en résulte une autre approche théorique du champ qui le considère comme un état mental, non comme une idée, mais comme "un système complexe de fantasmes, émotions, idées liés les uns aux autres".(op. cit. p.49). Neri intègre cette autre vision du champ apportée par cet important psychanalyste qu'était Bion. (voir aussi ici).
Le champ comme état mental est assez neutre du point de vue des émotions, il est fait de l'attention du thérapeute et de sa capacité à maintenir la capacité du patient d'être en relation et de penser. Ce champ serait plutôt "un médium pour la communication et la relation".(p.50)
C'est sur la base de ce phénomène qu'un groupe peut s'angoisser à la réception de l'angoisse d'un participant. Cette capacité me semble très intéressante et elle est observable également dans les rapports avec d'autres espèces mammifères, telles que les chiens, les chats ou les chevaux.
Le champ comme état mental, selon Neri et Bion, peut exister au-delà des délimitations spatiales ou de la présence effective des partenaires. Il n'est pas non plus déterminé par le temps. Il arrive qu'un champ de haine s'exprime à un tout autre moment que celui de sa constitution, certains événements politiques le démontrent souvent.
Synchronicité et interdépendance constituent également les phénomènes de champ pour Neri.
Dan la synchronicité le temps se condense dans l'ici et maintenant, la pensée qui est pratiquée ne sépare pas, n'isole ni ne classifie de manière temporelle. Elle prend en compte la totalité des événements comme étant susceptible d'exprimer une signification.
Neri cite alors Jung qui s'était ataché tout particulièrement à comprendre certains phénomènes de pensée transmise de manière irrationnelle.
"… un étrange principe que j'ai appelé synchronicité, concept qui exprime un point de vue diamétralement opposé au principe de causalité. … Ce dernier montre que les événements évoluent les uns à partir des autres, alors que la synchronicité considère la coïncidence des événements dans l'espace et dans le temps comme signifiant quelque chose de plus qu'un simple hasard, à savoir une interdépendance particulière entre les événements objectifs, et entre ces derniers et les conditions subjectives (psychiques) de l'observateur ou des observateurs".
Puis: "De même que la causalité explique la suite des événements, la synchronicité explique leur coïncidence. Le point de vue causal nous raconte une histoire dramatique de la manière dont D a pu exister; il est né de C qui avait existé avant D, et C, à son tour, avait un père B, etc. L'optique synchronique, par contre, tente de produire u tableau tout aussi significatif de la coïncidence: comment se fait-il que A, B, C, D, etc. soient apparus tous au même moment et au même endroit?" (Jung, 1948, pp 13-14).
Les éléments qui forment le champ de Neri sont interdépendants. Non pas similaires, mais liés plus fortement. Lorsqu'un élément d'un champ change, tous les autres éléments en sont affectés.
L'interdépendance peut être établie au moyen d'un principe ordonnateur, en général choisi par l'observateur, mais parfois pas. Le choix d'un ordonnateur par un membre d'un champ va polariser le champ sur cet attracteur et l'organiser à partir de lui. Nous retrouverons cette idée lorsque nous parlerons de la Fabula.
Neri apporte enfin une dernière idée passionnante, la sémiosphère.
Le champ semble disposer d'une capacité d'autoreprésentation. L'image totémique des sociétés traditionnelles à cette fonction. D'une simple autoreprésentation, le groupe peut développer toute une série de règles, de normes, une culture.
"Le terme de sémiosphère indique plus précisément l'ensemble des systèmes d'autoreprésentation et des autres systèmes de détermination du sens qui agissent à l'intérieur du groupe". (op. cit. p.64)
Antonino Ferro, un autre psychanalyste italien, a tout particulièrement développé le concept de champ dans un modèle thérapeutique postbionnien doté d'une forte cohérence.
Parti d'un modèle psychanalytique kleinien, il raconte (La psychanalyse comme une œuvre ouverte, 2000) comment il a enrichi son travail focalisé sur les objets internes archaïques, selon la théorie kleinienne, d'une perspective orientée sur la relation présente établie entre patient et thérapeute pendant la séance.
Après avoir présenté de manière très sensible et documentée sa compréhension du concept de champ relationnel, cet auteur invite le lecteur à considérer la possibilité d'utiliser différents modèles théoriques, comme plusieurs outils disponibles pour comprendre et accompagner son patient. Il invite à une théorie à vertex oscillants.
Mais il s'agit pour lui, afin de rester cohérent au cadre global psychanalytique, des 3 modèles ou vertex suivant:
- freudien de la relation entre personnes entières dans le monde interne du patient
- kleinien, dans lequel on aborde le monde interne archaïque des objets partiels
- du champ, qui intègre la relation in vivo entre patient et thérapeute en tant que
personnes réelles.
Nous sommes là loin d'une théorie syncrétique en forme patchwork constitué selon des résultats probants, nous sommes dans une théorie oscillatoire dont la cohérence et l'intégration tiennent à un système théorique fort.
En développant le dernier modèle, appelé modèle du champ relationnel, Ferro dit:
"C'est le niveau émotionnel profond du couple qui retient mon attention: ce sont les émotions profondes qui, à travers les identifications projectives déterminent le statut émotionnel profond qui a besoin d'être raconté par les personnages, transformé par le working through et partagé à travers une histoire. Les faits constitutifs de ce modèle sont la non-saturation des interprétations, les interventions narratives, le regard sur les personnages, entendus de façon prévalente comme des agrégats fonctionnels (Ferro, 1992), le travail contre-transférentiel, l'évaluation de la somme de facteurs de développement qui peut être "assumée" par le patient" (op.cit. p.50)
De manière postmoderne, Ferro affirme que "La relation, ou plutôt le champ, est entendue non comme quelque chose qui doit être interprété continûment, mais comme un "médium" qui permet les opérations transformatrices, narratives et de petits insights successifs, qui n'ont pas besoin d'être interprétés, mais qui préludent à d'autres changements: le champ, au fur et à mesure qu'il sera exploré, va s'élargir continuellement (Bion, 1970) et devenir la matrice d'histoires possibles dont un certain nombre reste "en réserve", en attendant de pouvoir germer". (op. cit. p.53).
Reprenant l'idée de Bion, Ferro considère le patient comme le meilleur collègue du psychanalyste, avec lequel on peut élaborer des parcours imprévisibles.
"… une écoute accueillante et contenante, qui tient compte des narrèmes et qui sait les mobiliser (sans césures interprétatives prématurées) et qui supporte une non-saturation relative du champ, permet des développements imprévisibles" (op. cit. p.57).
"Ce sera précisément cette qualité-là, à entendre comme une qualité négative: de non-persécution, non-intrusion, non-déchiffrement, qui permettra la transformation du climat de terreur et de cauchemar en un climat familier et favorable à la recherche" (op.cit. p.57).
Pour Ferro, fait très intéressant lorsqu'on tente de relier la psychanalyse à la phénoménologie, les narrèmes, les objets produits par les récits, les images, les événements des séances, sont considérés comme des "personnages". Ces personnages peuvent être compris ou abordés selon les 3 vertex qu'il présente, mais le troisième, le modèle du champ relationnel l'intéresse au plus haut point. Dans ce cas. Les personnages donnent vie au champ, ils sont constitutifs du champ, ils ont des choses à dire qu'il vaut la peine d'écouter.
Les paroles dites par le patient, les objets réalisés par lui peuvent donc être compris comme des communications autoréférentielles du champ ainsi que comme des images de la manière dont le patient comprend la disponibilité du thérapeute à l'évolution du champ.
"On tient donc extrêmement compte du fonctionnement mental de l'analyste, qui devra se laisser impliquer, capturer presque, par les forces du champ, pour ensuite reprendre une position tierce, grâce à l'interprétation et à ce "second regard" qui lui permettra de considérer avec distance ce processus que l'analyste contribue à constituer mais dont il doit être capable de se saisir et de décrire la spécificité"(op. cit. p.75)
Inspiré par les recherches d'Umberto Ecco, Ferro ajoute alors un quatrième modèle, caractérisé par " l'instabilité des vertex d'écoute", qui comprend toutes les histoires possibles qui pourraient se développer à partir d'un énoncé du patient. Le renoncement à l'usage d'un code clair et permanent peut inquiéter ou angoisser le thérapeute. Il n'a pas de vérité pré-constituée, ni de rôle, ni de supposé-savoir; il met en jeu ses propres capacités créativo-transformatrices en acceptant l'infinité d'histoires possibles suscitées par le rencontre entre deux psychés.
Un dernier auteur me semble pertinent dans l'étude du champ, Daniel Stern, qui propose le concept de champ intersubjectif (intersubjective field), (Le moment présent en psychothérapie Stern, 2004) pour construire son argumentation à propos de l'importance du moment présent en thérapie.
Le champ intersubjectif, "c'est le domaine des sentiments, pensées et connaissances que deux personnes (ou plus) partagent sur la nature de leur relation. Ce domaine intersubjectif est non seulement partagé, mais ce partage est validé implicitement et explicitement par les deux protagonistes. Ce champ peut être refaçonné. On peut y entrer ou en sortir, l'élargir ou le réduire, le rendre plus ou moins clair" (op.cit. p.278)
Stern, pour arriver à cette définition, précise ce qu'il entend par intersubjectivité, c'est-à-dire un état relationnel dans lequel chacun des protagoniste est suffisamment différencié des autres, pour qu'il y ait un dialogue possible. Il introduit l'idée d'une "matrice intersubjective"
pour qu'il y ait dialogue minimal. "Avant, nous considérions l'intersubjectivité comme une sorte d'épiphénomène qui naît de temps à autre quand deux esprits séparés et indépendants interagissent. Maintenant, nous considérons la matrice intersubjective (qui est un sous-ensemble particulier de la culture et de la psychothérapie) comme le creuset dominant dans lequel des esprits interagissant prennent leur forme actuelle" op.cit. p.100)
Il dit encore: "Deux esprits créent l'intersubjectivité, mais l'intersubjectivité façonne également les deux esprits. Le centre de gravité est passé de l'intrapsychique à l'intersubjectif" (op.cit. p.100).
Pour Stern, cette matrice intersubjective, ce champ, est essentiellement implicite.
Stern présente trois motifs intersubjectifs principaux:
1- orientation intersubjective: on cherche à y sonder inconsciemment, d'instant en instant où
en est la relation entre les partenaires.
2- Partager et augmenter le vécu intersubjectif: "Chaque fois que le champ intersubjectif s'élargit,
la relation est implicitement modifiée. Il n'est pas nécessaire d'en parler. Chaque fois que le
champ intersubjectif s'élargit, de nouveaux chemins d'exploration explicites s'ouvrent. Une plus
grande partie du monde du patient devient conscient, verbalement compréhensible".
3- Définir et redéfinir le Soi. En utilisant son reflet dans les yeux de l'autre. On y refaçonne et
consolide sa propre identité.
Ces motifs, objectifs, "sont remplis au niveau local par les séquences de mouvement relationnels et les moments présents qui composent la séance".
Nous retrouverons cet auteur dans le chapitre sur le champ et le temps, notamment pour sa recherche sur le moment présent.
Le champ, résumé des théories existantes
Le champ relationnel
Pour en être courantes, les quelques situations présentées au début de cette contribution n’en demandent pas moins un certain nombre de réflexion que je propose d’aborder à partir de la notion de champ relationnel thérapeutique, concept qui permet de mettre en valeur l’intégration des différents niveaux et axes de connaissance dans une visée à proprement parler poïétique.
Par ailleurs, la pratique art-thérapique me permet de proposer une réflexion critique sur le concept de champ relationnel et de renforcer la dimension corporelle de ce concept, relativement sous-estimée, me semble-t-il, depuis les recherches psychanalytiques qui tentaient d’en souligner la dimension psychique.
Cette idée d’un champ relationnel a été proposée à plusieurs reprises dans les développements de la psychothérapie ou des relations humaines. Lewin en a fait un de ses concept-clés, dans une direction gestaltiste américaine. Jung avec ses idées de synchronicité et d’inconscient collectif a tenté d’en souligner certaines dimensions psycho-culturelles. Mais c’est dans le courant psychanalytique bionnien et post-bionnien qu’il me semble trouver les réflexions les plus riches, notamment dans les recherches de C. Neri (C. Neri, 1997).
A la suite de cet auteur je propose les idées suivantes pour définir ce qu’est le champ relationnel thérapeutique.
Il est un phénomène transpersonnel qui accompagne toutes les relations humaines, qui naît de la rencontre entre humains et qui participe à modeler ces rencontres. Il est un espace commun aux protagonistes, il est formé sur la base des vécus inconscients et préconscients déposés en lui au fil du déroulement de la relation. Il est composés d’éléments sensoriels, émotionnels et fantasmatiques. Il n’est pas tant une structure qu’une sorte de champ de force fluide et en constante transformation. Sorte de climat, d’atmosphère, il environne les protagonistes et habite leur vie intérieure ; on le sent dès qu’on entre dans une pièce où des personnes sont en relation.
Lorsque Bion proposait son idée d’hypothèse de base des groupe (Bion, 1963), phénomène qui oriente les groupes et leurs relations, il tentait d’en conceptualiser la dimension mentale. Cet auteur fondamental signalait qu’une mentalité primitive était à voir comme une sorte de réservoir commun remplit par les identifications projectives normales ou pathologiques de tous les participants, thérapeute compris, et les influençant en retour. Ainsi cette hypothèse de base célèbre par laquelle des patients en groupes thérapeutiques idéalisent les capacités du thérapeute à les guérir et lui attribuent à lui seul cette fonction en attendant simplement et passivement de recevoir l’illumination de la santé.
Le champ concerne donc les protagonistes en relation, il est plus que la somme de leurs situations psychiques internes individuelles. Des auteurs comme Baranger en Amérique du Sud, Neri en Italie, s’accordent pour donner au champ des modes de structuration dans le cadre, dans les transactions verbales et dans des fantasmes inconscients multipersonnels.
Ce n’est donc pas seulement le/les patients qui, confrontés à des affects, fantasmes, sensations insupportables les projettent dans la psyché du thérapeute ; le thérapeute en fait de même et tous les protagonistes projettent non seulement dans les autres personnes, mais dans un champ, toujours disponible ou actif, source et dépôt à la fois d’une partie de la réalité des personnes en présence.
Neri ajoute que le champ fonctionne par synchronicité, le temps se condensant dans l’ici et maintenant : les sentiments, idées, faits présents dans le groupe co-existent qu’ils appartiennent au moment présent, au passé ou qu’il s’agisse de simples attentes ou bien de craintes concernant l’avenir. Il s’agit, pour Neri, d’une synchronicité temporelle et d’une modalité de pensée qui ne s’appuie pas sur une logique de causalité traditionnelle. Les modifications d’un élément du champ modifient immédiatement tous les autres éléments.
Cet auteur souligne enfin qu’une responsabilité importante appartient aux protagonistes, celle d’interpréter ces modalités d’interdépendance, d’en fournir un sens, sur la base de liens de type schizo-paranoïdes, où s’excluent des bonnes parties et des mauvaises, où la projection est massive et insistante, ou sur la base de liens de type dépressifs, où les événements semblent s’attacher à une complexité relationnelle et émotionnelle, à une prise en compte de la partie sauvage et destructrice de soi-même et des partenaires tout autant qu’à une partie soucieuse et attentionnée.
Le champ comme espace ouvert
Il est ici une étendue ouverte à toutes les actions humaines possibles. Il est orienté par l'action menée, parfois espace objectif préexistant à l'action, parfois espace prenant vie à mesure que l'action s'y déroule. Il est alors essentiellement conçu en terme d'espace, de support à des activités.
Le champ comme domaine plus ou moins circonscrit
Parfois le champ est très bien délimité, il possède des frontières matérielles ou conceptuelles, comme on parle de disciplines scientifiques comme des champs de connaissances. Mais le plus souvent ses limites sont floues, vagues, indéterminées. Elles doivent être déterminées par l'action qui s'y passe. Ou même, il semble qu'il puisse signifier un espace qui possède un centre, un lieu d'attraction, là où l'action se passe, mais qui n'est pas doté de limite externe.
Le champ comme fond d'une forme
Cette acception à été très bien étudiée par la théorie de la Gestalt, qui différencie l'émergence des formes par la figure et le fond. Souvent, le champ est utilisé dans ce cadre comme synonyme de fond. Le fond et la figure sont dotés de qualités très différentes.
Le champ comme temps ouvert
Plus qu'espace disponible, on met l'accent ici sur le développement, la croissance de l'action qui y est déployée. Une notion de temps est introduite, un temps ouvert sur l'avenir.
Cette action va déployer des qualités des acteurs de l'action ou des phénomènes étudiés.
Le champ comme moment présent
S'il est le lieu d'ici, le champs, dans une acception certainement basée sur l'expérience naturelle de vivre, signifie le temps présent, le moment, l'instant d'ici, dans lequel je déploie mon existence. Le temps est à nouveau référent du sens, mais pas en son étendue vers l'avenir, comme précédemment. C'est le présent qui en est l'attracteur, le présent vécu, là juste maintenant, avec une légère protension, pour reprendre un concept de Husserl.
Le champ comme potentiel de développement
Il est un espace support d'activités qui se développent dans le temps. Ces activités sont le siège du développement des êtres humains ou des phénomènes étudiés. Une notion de qualité de l'action ou des résultats de l'action est introduite.
Le champ comme structure
Dans cette acception, le champ est conçu comme une structure pré-organisée ou inhérente de l'espace considéré. Il y a un certain ordre des choses qui va délimiter cet espace précis, voire ce temps précis, de tous les autres.
Le champ comme organisation
Le plus souvent cette structure est conçue comme qualité objective qui permet la différenciation, dans un second temps, en position externe, de cet espace par rapport aux autres. Mais cette structure, que l'on somme actuellement plus volontiers organisation, peut être une qualité émergente du phénomène qui se passe dans un espace et dans un temps précis.
Il ne pré-existe pas, alors, au phénomène, mais il en émerge comme une de ses forme d'existence.
Nous verrons plus loin que la théorie de la complexité va nous permettre de rassembler ces différentes qualités pour comprendre le phénomène de champ.
Je retiendrai en priorité les qualités suivantes pour aborder le champ ici:
Le champ est une étendue dont on s'aperçoit de l'existence au travers de la pratique d'une activité humaine. Ce champ apparaît comme un contenant, un support, à ces activités. Il contient certains phénomènes remarquables qui en font une entité conceptuelle, dont une organisation émergente, auto-organisation, réalisée par tous les partenaires humains ou non, vivant ou non, en présence. Le champ se déploie toujours dans un temps bref un moment. On peut, en théorie, le concevoir comme une entité qui dispose d'une étendue temporelle objective, mais son existence réelle n'est perçue qu'au travers d'un moment vécu. Il est une entité phénoménale.
Le champ se déploie comme une entité phénoménale parallèlement aux entités humaines.
Au monde intrapsychique et au monde relationnel, elle ajoute un monde
Le champ qui va nous intéresser maintenant est le champ poïétique, c'est-à-dire, le champ tel qu'il se crée et crée les événements et partenaires qu'il contient.
[1] Pour Bleger, les parties psychotiques sont les parties les plus archaïques de la personnalité, et non des parties malades, comme le terme psychotique pourrait laisser entendre.