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Le 13 janvier, l'un des records météorologiques mondiaux les plus emblématiques a été égalé. Les services météo australiens ont enregistré 50.7 °C dans la localité côtière d'Onslow,. Cette valeur égale celle enregistrée le 2 janvier 1960 à l'aéroport d'Oodnadatta dans le Sud de l’Australie, qui était la température la plus élevée jamais observée dans l’hémisphère Sud
Avis de vague de chaleur lancé par le Bureau of meteorology australien le 12 janvier 2022 [Wikipedia - BOM]
Les épisodes de fortes chaleurs ne sont pas exceptionnels en Australie pendant un mois de janvier mais l’arrivée d’air sec depuis l’intérieur des terres a joué un rôle important. Selon les relevés de l’aéroport d’Onslow, l’humidité relative est passée à 21% le 13 janvier, contre les 50 à 60% des jours précédents. Ce qui a donné un coup de pouce aux températures.
Anomalies de températures à la surface de l'océan en décembre 2021 [Marc Brodard - Bureau of Meteorology - Australia]
La température de l’océan a également joué un rôle. Le phénomène n’est pas en lien direct avec l’épisode de la Nina, actuellement en cours sur le Pacifique, ou avec le Dipôle de l’Océan Indien (qui est son homologue entre l’Australie et les côtes africaines) mais la présence d’eaux plus chaudes que la normale au Nord des Côtes d’Onslow a tempéré les masses d’air et aidé les températures à grimper un peu plus.
Le record s’inscrit dans le cadre d’un réchauffement général, observé dans la région depuis plusieurs décennies. De tels événements pourraient devenir assez courant à à l’avenir, averti le Conseil australien pour le climat.
Vague de chaleur extrême en Amérique latine également
Une chaleur extrême s’est également abattue sur l’Argentine, l’Uruguay, le Paraguay et le Sud-ouest du Brésil au début du mois de janvier.
Le 1er jour de l'année, le Paraguay, qui se trouve le long de la frontière nord de l'Argentine, a battu son record de chaleur de tous les temps, avec 45,6°C, enregistrés à Sombrero Hovy. L’Uruguay a aussi égalé son record national de chaleur le 14 janvier, avec 44°C relevés dans la ville de Florida. Le précédent record datait du 20 janvier 1943, il avait été enregistré à Paysandú.
Image satellite haute résolution de l'Argentine le 11 janvier 2022 [Wikipedia - Sentinel3/Cpernicus)Eumetsat]
Le même jour, Buenos Aires, en Argentine, a enregistré sa deuxième journée la plus chaude de l'histoire avec 41,5 °C. Les températures auraient même pu être plus élevées si la région n’avait pas été sous la fumée d’incendies de forêt. Le Servicio Meteorológico Nacional argentin a par ailleurs enregistré 45°C à Rivadavia le 12 janvier. Cette valeur n'est pas loin des 47.3°C enregistrés à Campo Gallo le 16 octobre 1936 et qui représente la température la plus élevée jamais enregistrée en Amérique du Sud.
L’avènement de la vague de chaleur s’explique par la persistance des hautes pressions, associées à un temps sec et un ciel bien dégagé. Les situations anticycloniques se caractérisent en effet par la présence dans l’atmosphère de mouvements vers le bas (on parle de subsidence), ce qui provoque une hausse des pressions au sol. Et justement, lorsque la pressions augmente, la température en fait de même. Ce qui explique pourquoi cette dernière apprécie tant les situations de hautes pressions...
Circulation des courants sous un dôme de chaleur anticyclonique [Wikipedia - EC]
A l’instar des événements sur la côte Ouest de l’Australie, les taux d’humidité ont par ailleurs été assez bas sur l’ensemble des régions – entre 15% et 30% en moyenne –, ce qui a donné le fameux « coup de pouce supplémentaire » aux températures.
Aussi surprenant que cela puisse paraître, la Niña n’a pas joué de rôle. Bien au contraire, les conditions observées en janvier sur l’Amérique du Sud étaient à l’opposé de ce qui est habituellement observé pendant ce genre d’évènement.
Envolée des prix sur le marché des céréales
Suite aux événements des dernières semaines, les pays d’Amérique du Sud ont été obligés de revoir à la baisse leurs estimations de production de céréales. Pour le Brésil, un des plus gros producteurs mondiaux de soja, les estimations descendent à 130 millions de tonnes, contre les 139 millions prévus. Même chose en Argentine, où la production devrait être réduite à 51 millions de tonnes contre les 54 millions escomptés.
Les chiffres ne sont pas anodins : les deux pays représentent plus de 60% de la production mondiale de soja, bien devant les États-Unis. Et la demande internationale est très forte en ce moment, en particulier de la part de la Chine. De fait, les prix du maïs et du soja ont atteint leurs plus hauts niveaux depuis sept mois à la bourse de Chicago.
Philippe Jeanneret