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L'éditeur et écrivain Slobodan Despot a posté sur Youtube une vidéo (trop longue), pour dénoncer que l'on fasse autant de tintamarre mondial autour du décès de Benoît Violier. Jusque-là, disons que d'autres l'ont pensé aussi, en oubliant toutefois que dès la semaine prochaine le soufflé sera retombé. Despot regrette qu'il y ait eu infiniment moins d'hommages à la mort de Georges Haldas ou de Jacques Chessex. Puis Despot part en dérapage lorsqu'il dit: qu'a fait ce grand homme qui nous a quittés? De la cuisine! Cette diatribe lui vaut une volée de bois vert assez méritée par le journaliste du Temps Olivier Francey. Ce journaliste ne l'aime pas, cela se sent dès la première ligne puisqu'il commence par: «Le conseiller en communication d'Oskar Freysinger, Slobodan Despot...» il aurait pu dire l'ex conseiller de Franz Weber, puisqu'il a passé plus de temps auprès de Weber que de Freysinger... mais c'est de l'anecdote...Là où, à mon avis, Slobodan se trompe c'est en voulant comparer les cultures. L'intellectuel supérieur contre le cuistot. Les nourritures spirituelles contre les nourritures terrestres. L'art de l'écriture contre celui de l'assiette. Qui peut dire, même en étant gourmet et gourmand, la somme de connaissances à engranger avant de pouvoir sublimer la nourriture en art? Pourquoi y aurait-il des arts mineurs? La bouffe pour les riches, les livres pour les pauvres? Si beaucoup, même ceux qui ne peuvent se l'offrir ont rêvé de déguster une fois dans leur vie un met de haut vol, y a-t-il autant de personnes qui ont eu envie de plonger dans les sombres orgies de Chessex? La différence tient peut-être dans cet immense charisme dont rayonnait Benoît Violier, qui fait que même ceux qui n'ont pas mangé chez lui, dont moi, ont de la peine. Je crois que tu te trompes Slobodan.
Tout le monde peut se tromper