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Le sortant John Magufuli déclaré vainqueur de la présidentielle
Le président sortant de la Tanzanie, John Magufuli, a été déclaré vendredi soir vainqueur de l'élection présidentielle de mercredi. Il a recueilli 84,39% des suffrages exprimés, selon les résultats proclamés par la Commission électorale nationale (NEC).
"La Commission déclare John Magufuli du (parti au pouvoir) CCM, qui a remporté la majorité des voix, vainqueur de l'élection présidentielle", a déclaré le président de la NEC Semistocles Kaijage. L'opposition a d'ores et déjà rejeté en bloc l'élection, criant à la fraude massive.
Principal adversaire de M. Magufuli, Tindu Lissu, avocat de 52 ans et candidat du Chadema, principale formation de l'opposition recueille 13,03% des suffrages exprimés. Le reste des voix est éparpillé entre les 13 autres candidats.
Le taux de participation s'élève à 50,72% des quelque 29,75 millions d'électeurs.
Le "bulldozer"
Surnommé le "bulldozer" et élu en 2015 sur un radical programme anticorruption, John Magufuli a été accusé de dérive autoritaire durant son premier mandat. Celui-ci a été marqué par un recul très net des libertés individuelles et des droits humains, selon de nombreux défenseurs des droits de l'Homme.
Le CCM de M. Magufuli, ancien parti unique, au pouvoir sans discontinuer depuis l'indépendance, rafle également la quasi-totalité des 264 sièges du Parlement, attribués lors du scrutin législatif couplé à la présidentielle, selon les derniers résultats publiés par la NEC.
M. Lissu avait dès jeudi, par avance, rejeté l'ensemble des résultats des scrutins présidentiel et législatifs tenus sur la partie continentale et sur l'archipel semi-autonome de Zanzibar, qui forment la République unie de Tanzanie (environ 58 millions d'habitants). Ce "n'était pas une élection" mais l'oeuvre d'un "gang qui a décidé de rester au pouvoir coûte que coûte", avait accusé M. Lissu, qualifiant les résultats d'"illégitimes".
"Le changement démocratique n'est pas possible en Tanzanie", avait-il déploré, dénonçant "une fraude électorale d'une ampleur sans précédent" dans le pays. La Tanzanie n'autorise pas de contestation en justice du résultat de la présidentielle - une procédure possible pour les législatives - et M. Lissu a appelé ses partisans à des manifestations "démocratiques et pacifiques" et au soutien de la communauté internationale.
ats, afp