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Dr Tobias Zingg, Service de chirurgie viscérale
Chargé de soigner les blessé-e-s graves, le CHUV dispose d'une filière spécialisée qui regroupe plusieurs disciplines. Chaque année, on y soigne de 120 à 150 personnes "polytraumatisées".
Depuis 2011, le CHUV dispose d'une équipe spécialisée dans le traitement des blessé-e-s graves. Chargé de soigner des patient-e-s polytraumatisé-e-s, ce groupe réunit des spécialistes de plusieurs disciplines. On y trouve des médecins et des infirmier-ère-s issu-e-s du Service des urgences, du Service de chirurgie viscérale, du Service de radiologie, du Service d'anesthésiologie, du Service de traumatologie, du Service de neurochirurgie et du Service de médecine intensive adulte. Ensemble, ils ont organisé la prise en charge au sein d'une procédure intitulée "Filière trauma".
Un-e patient-e est "polytraumatisé-e" si elle ou il présente au moins deux blessures, dont l’une menace sa vie à court terme. Le plus souvent, ces traumatismes multiples sont dus à un accident de la route, du travail ou des loisirs. On compte en Suisse de 800 à 1000 blessé-e-s graves par an, et parmi eux, beaucoup de personnes jeunes. Les traumatismes multiples représentent 13 à 24 % des décès parmi les personnes de moins de 40 ans. C'est la première cause de mortalité au sein de cette population.
Dans le cadre de la Médecine hautement spécialisée (MHS), est considérée comme "blessé grave" une personne qui présente une ou plusieurs lésions qui atteignent un score de gravité d’au moins 20 points, selon une échelle définie par l‘Injury Severity Score (ISS). En font aussi partie les victimes d’un traumatisme cranio-cérébral significatif, qui atteint un score de gravité plus grand ou égal à 3, selon une échelle définie par l’Abbreviated Injury Score (AIS).
Les polytraumatismes sont dangereux du fait que les lésions ne font pas que s'additionner: elles s'aggravent souvent les unes les autres. Le risque existe aussi que l’équipe clinique n’identifie pas l'une d'elle, ou qu'elle sous-estime la gravité d'une autre. Une telle erreur peut conduire au décès. Un-e blessé-e grave représente donc toujours une urgence clinique. Il ou elle exige d'abord un traitement immédiat et adéquat sur le lieu même de l'accident.
Il est impératif que sa prise en charge soit rapide, adaptée aux blessures et conduites selon les bonnes priorités.
Soigner des blessé-e-s graves de façon adéquate représente ainsi un enjeu majeur. Il est indispensable de disposer de centres de traumatologie dont la structure et l'organisation offrent des moyens humains spéciaux, et dont les moyens techniques répondent aux besoins diagnostiques et thérapeutiques. L’équipe interdisciplinaire doit être entraînée à la gestion des patient-e-s polytraumatisé-e-s, ainsi qu'à la coordination du traitement médical nécessaire. A noter que ces exigences ne servent pas seulement à améliorer sans cesse les résultats, elles permettent aussi d'assurer une bonne formation post-graduée du personnel soignant et des médecins.
Le CHUV est l’un des douze hôpitaux suisses chargés de proposer une filière de traumatologie spécialisée. Depuis 2011, la prise en charge des patient-e-s polytraumatisé-e-s fait l’objet d’un mandat de Médecine hautement spécialisée (MHS). Cette obligation demande de répondre à certains critères. Il faut un volume d’activités suffisant et une équipe interdisciplinaire. Cette dernière doit suivre des tâches définies, ainsi que des recommandations de bonnes pratiques cliniques.
Le nombre annuel de patient-e-s qui correspondent aux critères de la Médecine hautement spécialisée (MHS) oscille entre 120 et 150. Ce chiffre demeure stable depuis 2008.
Depuis 2011, le taux de mortalité descend progressivement pour les patient-e-s les plus gravement blessé-e-s, de même que pour l’ensemble des patient-e-s polytraumatisé-e-s admis-e-s dans la salle de déchocage aux Urgences du CHUV. Depuis 2015, ces résultats font l’objet d’un examen systématique dans le cadre de colloques interdisciplinaires qui leur sont consacrés. Les spécialistes y analysent les prises en charge de tous les patient-e-s décédé-e-s, dans le but de proposer, si nécessaire, des mesures d’amélioration.
En 2015 et 2016, cette revue a montré que les trois-quarts des décès étaient associés à une lésion neurologique (76%). Par ailleurs, ses participant-e-s ont décidé de mettre en place des séances régulières de simulation afin d'améliorer la bonne application des procédures par l’équipe de la filière trauma, dans un contexte où le temps compte.
Patients de la filière trauma admis au déchocage ne remplissant par les critères MHS
Patients de la filière de traumatologie admis au déchocage remplissant les critères MHS
Nombre total de patients de la filière de traumatologie admis au déchocage
Patients de la filière trauma admis au déchocage ne remplissant par les critères MHS
Patients de la filière trauma admis au déchocage remplissant les critères MHS