Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06996.jsonl.gz/628

Le Musée romain de Lausanne-Vidy fait le point sur les pyramides. Il présente les résultats des fouilles franco-suisses menées depuis 1995 sur les vestiges de la pyramide du pharaon Radjedef.Ce contenu a été publié le 03 février 2001 - 13:10
Pour la première fois, les archéologues ont pu dégager à la fois la base et le coeur d'une pyramide. Cela leur a permis de mieux comprendre son mode de construction.
La Vallée du Nil, en Egypte, compte plus de 80 pyramides. Radjedef, un des fils du célèbre Chéops, régna de 2580 à 2550 avant notre ère. Sa pyramide, aujourd'hui presque rasée, était gigantesque.
Sous la direction du professeur Michel Vallogia de l'Université de Genève, en collaboration avec l'Institut français du Caire, d'importantes découvertes ont été effectuées sur l'ingénierie des pyramides.
En définitive, l'intérêt de l'exposition est de fournir des connaissances sur ces sépultures royales, à partir d'un exemple précis, reconstitué avec une maquette et illustré par des photos et des dessins.
Sur le site de la pyramide de Radjedef, les fouilles ont surtout démontré l'importance du relief naturel, sur lequel les Egyptiens choisissaient de construire un nouveau monument.
«Cela est inédit, explique le conservateur du Musée romain de Vidy, Laurent Flutsch, les archéologues ont en effet pu constater que cette pyramide avait été bâtie autour d'une butte naturelle de calcaire. Laquelle avait permis aux Egyptiens d'économiser 44% du volume des pierres et des matériaux à transporter, puis à mettre en œuvre pour édifier le monument.»
Cela dit, une part de mystère subsiste à propos des techniques de construction des pyramides, à une époque où les Egyptiens ne connaissaient pas encore la roue.
Certes, des traîneaux étaient employés pour le transport des pierres. Ensuite, celles-ci étaient probablement hissées au moyen de rampes. Mais à ce sujet, aucun témoignage direct ne serait parvenu aux archéologues.
Cette exposition est d'autant plus attrayante qu'elle permet de découvrir la vie d'un actuel vaste chantier de fouilles en Egypte. Images, dessins et textes montrent comment des centaines d'ouvriers déblaient des milliers de mètres cubes de sable et de roches pour mettre au jour les vestiges.
Enfin, maquettes et reconstitutions sont complétées de plusieurs chefs-d'oeuvre issus de grandes collections européennes, notamment celle du Musée du Louvre à Paris. Rassemblés pour la première fois, ces portraits, vases et autres offrandes évoquent le pharaon et son illustre famille.
Emmanuel Manzi
Le musée est ouvert du mardi au dimanche de 11h00 à 18h00, le jeudi jusqu'à 20h00. Cette exposition se déroule jusqu'au 20 mai.