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M. le Ministre Stucki téléphone à 3 heures. Il a vu M. Bonnet dans la matinée. Celui-ci lui a déclaré qu’après avoir passé par des jours d’angoisse et avoir jugé la situation très grave, il considérait la situation comme changée par le voyage de M. Chamberlain et la paix comme assurée, la France et l’Angleterre étant d’accord pour accepter, soit l’idée d’un plébiscite en Tchécoslovaquie, soit la transformation de la Tchécoslovaquie en un Etat fédératif à neutralité perpétuelle. M. Stucki fera un rapport écrit sur les autres points touchés au cours de sa conversation avec le Ministre français des Affaires étrangères.
M. Stucki signale que, depuis trois jours, un revirement profond s’est produit en France en ce qui concerne la question tchécoslovaque. Actuellement, toute la presse, à l’exception des socialistes et des communistes, reconnaîtrait, avec des nuances, la nécessité d’un plébiscite et l’horreur d’une guerre à cause de la Tchécoslovaquie va croissant.
A 5 heures, M. Stucki téléphone à nouveau. Il a eu un entretien avec M. Osusky, qui reconnaît le revirement qui s’est produit en France et paraît presque résigné à l’idée du plébiscite, tout en affirmant qu’il se heurterait à des difficultés géographiques, démographiques et techniques telles qu’il n’est pas possible d’en attendre de bons résultats.
Ni M. Osusky, ni M. Bruggmann, avec lequel nous avons eu deux téléphones, ne savent quelle sera la réaction du Gouvernement tchèque à la proclamation Henlein. M. Bruggmann dit que les éléments sudètes modérés sont consternés de la tournure prise par les événements.