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Publié le 27 mars 2012 à 18:38
Un grêlon de 4 inches 1/4, soit 11 cm de diamêtre, a été trouvé sur l’île d’Oahu dans l’Etat d’Hawaï le 9 mars dernier. Selon le National Oceanographic and Atmospheric Administration (NOAA), il s’agit du plus gros grêlon jamais observé dans cet Etat, le précédent record datant de 1950. Un évènement extrême mais qui reste en retrait par rapport à d’autres records établis aux Etats-Unis ou dans le reste du monde.
L’épisode de grêle s’est produit au passage d’une supercellule orageuse sur les localités de Kailua et Kaneohe, au Nord d’Honolulu, pendant l’après-midi du 9 mars. L’événement s’est accompagné d’une tornade classée en degré 0 sur l’échelle de Fujita, les vents atteignant plus de 70 mph, soit environ 113 km/h. Selon les derniers rapports, l’orage n’a pas fait de victimes mais les dégâts matériels sont importants, en raison de la grêle mais également des fortes précipitations, à l’orgine de nombreuses inondations. Suite à l’événement, l’île d’Oahu a été déclarée zone sinistrée.
Dans cette catégorie, le record officiel est détenu par un grêlon tombé le 23 juillet 2010 à Vivian, au Dakota du Sud aux Etats-Unis, dont le diamètre était de 20,3cm (soit la taille d’un melon) et le poids de 879 g. Un grêlon de 47,6 cm de circonférence, soit 0,3 cm de plus que celui de Vivian, est cependant tombé à Aurora au Nebraska, le 22 juin 2003. Le record de poids pour un grêlon est de 1,02 kg. L’événement s’est produit pendant un orage à Gopalganj au Bangladesh le 14 avril 1986, qui a tué en tout 92 personnes (les chutes de grêle ne sont pas seules en cause dans cette tragédie).
Les orages accompagnés de grêle se manifestent dans situations de forts contrastes thermiques. Ces dernières se produisent notamment lorsque de l’air froid venant des régions polaires rencontre l’air chaud et humide qui circule depuis les régions subtropicales., la présence de reliefs et les conditions de vent pouvant également jouer un rôle. Les régions des grandes plaines aux Etats-Unis sont assez propices à ce genre d’événements, d’où leur surnom de «couloirs de grêle». En Europe, la principale zone de grêle se situe entre la Suisse, le Sud de l’Allemagne, l’Autriche, le Nord de l’Italie, le Jura français et l’Alsace.
En Suisse, l’épisode le plus marquant des dernières années est celui du 23 juillet 2009, avec le passage d’un front froid associé à un puissant jet stream entre l’Arc lémanique et le Lac de Constance. En arrivant sur le Plateau aux heures chaudes de la journée, les cellules orageuses ont bénéficié d’un surcroît d’énergie, gagnant en intensité au fur et à mesure de leur progression. La taille des grêlons a ainsi atteint parfois les 5 centimètres, dévastant les cultures dans les cantons de Vaud, Fribourg et Berne mais également dans l’Est de la Suisse. L’agriculture ne fut pas la seule victime des orages, de nombreux dégâts étant également signalés sur les immeubles et les véhicules automobiles. Au total, la journée a coûté près de 600 millions de francs aux assureurs suisses.
Les averses de grêle, de façon générale, durent peu de temps et ne touchent que des superficies limitées. Dans certains cas, ces dernières peuvent cependant se concentrer sur une aire assez limitée et provoquer des dégâts importants. Selon Météofrance, de telles averses déversent en moyenne 300 milliards de grêlons en 5 à 10 minutes sur une surface de 100 kilomètres carrés, ce qui correspond à une masse d'environ 50'000 tonnes.
L’observation radar permet aujourd’hui de détecter les cellules orageuses susceptibles de s’accompagner de grêle, de nouvelles techniques permettant même de faire des approximations sur la taille des grêlons. Des outils qui permettent de gérer les situations sur le court terme et qui trouvent avant tout des applications dans le domaine de la sécurité aéronautique.
Philippe Jeanneret avec le concours de Lionel Fontannaz de Météosuisse