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Argentine Une passagère fait arrêter un équipage d'Air France
Après qu'on lui a refusé un surclassement, la fille d'un ancien vice-ministre de la Justice a fait vivre un véritable calvaire à l'équipage.
Ces événements remettent «directement en cause le fonctionnement de la justice argentine», s'indigne le syndicat national du personnel navigant commercial (SNPNC) dans un communiqué.
Suite à la plainte d'une passagère, un équipage de la compagnie Air France a vécu deux jours entiers de calvaire à son atterrissage à Buenos Aires le 30 octobre dernier.
Lors du trajet, la voyageuse avait demandé au personnel de bord d'être surclassée en «Business Class», demande qui lui avait été refusée. Elle avait également exigé de changer de siège pour une attitude déplacée de son voisin, ce qui lui avait cette fois été accordé.
Fille d'un ancien vice-ministre de la Justice, la passagère n'en est cependant pas restée là puisqu'à l'atterrissage les services de police argentins ont immédiatement interpellé plusieurs membres de l'équipage. Relâchés après six heures de garde à vue, ces derniers ont été assignés à comparaître le lendemain matin au Tribunal de Buenos Aires.
Un «traitement humiliant»
En arrivant à l'audience, «le chef de cabine principal a été séparé du groupe et enfermé dans une pièce de 1 m2 sans possibilité de s'asseoir, ni de boire et manger et ce pendant plusieurs heures», raconte le SNPNC dans le communiqué. Et d'ajouter: «Il a été profondément bouleversé par ce traitement humiliant.»
L'équipage a été entendu par la Cour jusqu'à la fin de la journée. L'ancien vice-ministre de la Justice et père de la plaignante était lui aussi présent, se permettant d'interroger directement et à plusieurs reprises le chef de cabine.
Au terme l'audition, tous les membres de l'équipage ont été relâchés, «sans excuse ni explication.»
Contactées par le journal argentin La Nacion, des sources judiciaires affirment «que personne n’a été retenu indûment. Ils ont été traités comme n’importe quel autre témoin dans une affaire», ajoutant que la procédure dont l'équipage d'Air France a fait l'objet était «pleinement conforme à la loi».
De son côté, le SNPNC dénonce des «conditions de convocation, de détention et d'instruction qui contreviennent aux libertés fondamentales les plus élémentaires et aux principes d'indépendance de la justice.»
Le syndicat appelle également l'ambassadrice d'Argentine en France à faire la lumière sur cette affaire. (Le Matin)
Créé: 14.11.2017, 15h20