Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06854.jsonl.gz/1119

Comme suspecté, c'est bien un problème d'aguillage qui a causé le déraillement d'un ICE allemand à Bâle en février dernier. Une commande a été activée au mauvais moment, selon le rapport publié lundi par le Service suisse d'enquête de sécurité (SESE).
L'accident s'est produit le 17 février dernier vers 20h50 entre les gares allemande (Badischer Bahnhof) et CFF de Bâle. Le train est parti de la gare allemande avec 63 minutes de retard en direction de la gare helvétique. Après son départ, un autre train devait suivre derrière lui pour rejoindre également la gare CFF.
Ces convois étaient sous responsabilité allemande. Le chef de circulation aurait commis une erreur dans l'établissement de l'itinéraire du second train. En voulant la corriger en procédant à ce que l'on appelle dans le jargon une "destruction de secours", il a provoqué une modification automatique de l'aiguillage sur lequel était en train de circuler le premier train. Pendant ce temps, ce dernier a basculé sur le réseau radio suisse et la communication avec le chef de circulation a été interrompue.
Wagon à cheval sur deux voies
Suite à la "destruction de secours", l'aiguillage est revenu à sa position de base. La voiture motrice de l'ICE et l'avant du deuxième wagon, qui l'avaient déjà franchi, ont été aiguillés sur la voie de droite, tandis que la partie arrière du deuxième wagon et le reste du convoi ont été déviés sur la voie de gauche. Ecartelée entre les deux voies, la deuxième voiture a glissé sur 900 mètres avant que le train ne s'immobilise, à 20 mètres d'un mur de séparation à l'entrée d'un tunnel.
Le train roulait à 50 km/h environ. Le conducteur n'a pas immédiatement remarqué le problème. Il a actionné le frein d'urgence lorsque l'avant du deuxième wagon a fini par dérailler.
Le convoi, reliant Berlin à Interlaken (BE), transportait 240 personnes. Il n'y a pas eu de blessé, à l'exception d'une personne qui s'est fait mal à la main en brisant une vitre pour actionner le mécanisme d'ouverture d'urgence d'une porte. Les rails, les aiguillages et les dispositifs de protection ont été fortement abîmés. Le train a aussi été endommagé. Le montant des dégâts n'est pas connu.
Déficits de sécurité
Le SESE évoque plusieurs déficits de sécurité. Premièrement, il rappelle qu'en Suisse, un aiguillage ne peut pas revenir immédiatement à sa position de base après une "destruction de secours", comme c'est le cas côté allemand. En outre, il souligne que le basculement des zones de communication radio entre la Suisse et l'Allemagne ne coïncide pas avec celui des zones de contrôle opérationnel des trains. Le SESE recommande donc de vérifier si des ajustements sont nécessaires.