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Un fonds d'investissement devient propriétaire d'une partie du championnat espagnol de football. CVC Capital Partners a déboursé 2,7 milliards d'euros (2,9 milliards de francs) pour acquérir 10% du capital de LaLiga, a annoncé mercredi l'organisateur du championnat.
L'accord entre les deux parties valorise LaLiga à plus de 24 milliards d'euros (25,8 milliards de francs), selon le communiqué qu'elle a publié sur son site. Il vise à faire de LaLiga «une entreprise mondiale de divertissement numérique».
Concrètement, une nouvelle société va être créée dans laquelle LaLiga, qui regroupe les clubs de première et deuxième division espagnole, va transférer toutes ses activités. CVC détiendra «une participation minoritaire d'environ 10%» de cette nouvelle entité.
En Italie, une opération similaire est sur les rails, mais se heurte pour l'instant à l'opposition de certains clubs.
Le principe d'une possible association avec des fonds d'investissement privés dans la gestion des droits TV, dont CVC, en échange de 1,7 milliard d'euros d'argent frais, a été approuvé à l'unanimité en novembre. Mais, selon plusieurs médias, plusieurs clubs n'y sont plus favorables, dont la Juventus et Naples. Les négociations sont au point mort.
Cette recherche d'argent frais par deux des plus grands championnats européens intervient alors que les clubs ont perdu énormément d'argent en raison de la pandémie de Covid-19 qui les a obligés à fermer leurs stades.
D'autres sports visés
Le fonds d'investissements CVC Capital Partners détient de multiples parts dans le rugby, a fait un un passage en Formule 1 et maintenant se lance dans le football. Ce géant de l'investissement mondial s'intéresse de près au sport professionnel.
Le sport ne représente qu'une petite partie des 115 milliards de dollars (103, 8 milliards de francs) d'actifs gérés par CVC selon son site internet, mais chacune de ses interventions fait grand bruit, suscitant à la fois convoitise et inquiétude.
Le fonds multinational, basé au Luxembourg, est spécialisé dans le capital-investissement ("private equity" en anglais), ce qui signifie qu'il investit dans des entreprises qui ne sont pas cotées en Bourse. L'objectif est de réaliser des plus-values sur l'investissement initial.
Pour le sport, qui ne représentait jusqu'à présent que quatre des 101 investissements listés sur le site internet du fonds, CVC s'intéresse surtout aux organisateurs de compétitions. L'investissement n'a pas de durée fixe, mais s'inscrit plutôt dans une logique de moyen à long terme, et dix ans de présence dans un domaine d'activité est un cycle logique.
Par exemple, CVC a investi pour gérer les droits commerciaux de la Formule 1 en 2006, pour un montant estimé à environ un milliard de dollars (900 millions de francs). Le fonds a réussi son pari puisqu'il a revendu sa participation en deux temps, d'abord en 2012 aux fonds Waddell&Read, BlackRock et Norges pour une somme estimée à environ deux milliards de dollars (1,8 milliard de francs), puis en 2016 au groupe américain Liberty Media pour un montant estimé à au moins trois milliards de dollars (2,4 milliards de francs).
Depuis, le fonds s'est notamment tourné vers le rugby: il a investi en 2019 dans la Premiership, la ligue professionnelle anglaise dont il détient 27%, ou en 2020 avec 28% du Pro 14, qui réunit équipes irlandaises, écossaises, galloises, italiennes et sud-africaines.
Le fonds est également en négociations avancées pour racheter une partie des droits commerciaux du Tournoi des 6 nations, ainsi qu'avec la fédération australienne de rugby.
En 2021, CVC a également investi avec la fédération internationale de volleyball. Pas encore dans le football jusqu'ici, les fonds d'investissements, dont CVC, se sont rapprochés des fédérations frappées par la crise.