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Tangka ou Thangka - Art Tibétain - Manjushree
Dimension: 107 x 62 cm
Peint sur une toile avec des pigments naturels et de l'or. La peinture est entourée d'un cadre rouge et d'un cadre or, entouré d'un tissu noir aux tissages tibétains. A la base une barre en laiton complète l'équilibre de cette oeuvre.
Alors qu'Avalokitshvara personnifie la compassion de tous les bouddhas, Manjushri est l'incarnation de leur sagesse active et de la connaissance transcendentale. Manjushri est l'objet d'un hommage étendu dans toutes les traditions du bouddhisme tibétain. Dans les monastères tibétains, les moines ont coutume de réciter chaque matin le Manjushri Nama Samgiti (chanter les noms de Manjushri) dans l'espoir que cela leur apporte le pouvoir que donnent la connaissance et la sagesse. Ce livre est très important et, souvent, c'est le premier que le moine mémorise entièrement. Manjushri et Avalokiteshvara, en tant que boddhisattvas célestes, personnifient la sagesse suprême et la compassion suprême. En tant que boddhisattvas du dixième degré, ils ont tous deux accompli les mêmes étapes spirituelles permettant de devenir un Tathagata, bouddha ayant atteint l'éveil. En tant que prince éternellement jeune, Manjushri transmet la conception bouddhiste des choses d'après laquelle la sagesse n'est pas une affaire d'âge ou d'expérience acquise au fil des ans. Elle est bien davantage le résultat d'un affinage des facultés spirituelles préexistantes qui pénètre jusqu'au coeur de la réalité. Sa couronne de boddhisattva à cinq branches symbolise les cinq sagesses de l'illumination de Bouddha: la sagesse du grand miroir rond, la sagesse de l'essence, la sagesse impartiale, la sagesse de l'intuition du particulier, et la sagesse de la pratique parfaite. Sa main droite tient une épée en forme de flamme à double tranchant qui sépare le noeud de l'ignorance à l'aide de la sagesse impartiale et de la connaissance. Sa main gauche tient un lotus où se trouve un volume du Sûtra du Prajnaparamita. Manjushri est représenté comme beaucoup d'autres bodhisattvas sous différentes formes. En tant que Caturbhuja, il a quatre bras mais ne tient rien d'autre qu'une épée et un livre, il n'a ni arc ni flèches qui symbolisent la précision linguistique et philosophique. Quand il est représenté sous l'apparence d'un Namasangiti avec ses douze bras, il tient ses mains au-dessus de la tête. Ce geste, qui est en fait très rare, évoque l'illumination suprême.
Dans la tradition occidentale, les tableaux sont toujours encadrés en fonction d'une certaine sensibilité esthétique. Ces cadres ont simplement pour fonction de souligner l'effet d'une image, d'une peinture. L'encadrement en tissu d'un Thangka possède en revanche une signification spirituelle importante qui est inséparable de l'image elle-même. Cette dernière et le cadre se complètent pour former une unité symbolique mais aussi artistique car il n'existe pas vraiment de frontières entre les deux. L'encadrement avec ses parties de tissu clairement délimitées reflète la structure de base de la conception tibétaine du monde et évoque en même temps les thèmes spirituels qui se retrouvent dans l'image sous forme d'objets. On utilise essentiellement des peintures minérales pour colorer les soies et les tissus de lin, les effets de dégradé étant obtenus par l'utilisation de couleurs végétales.
D'après la tradition tibétaine originelle, les Thangkas ou Tangkas, sont des créations issues d'un art visionnaire. La fabrication de ce type d'oeuvres est étroitement associée à l'exécution de rituels et d'exercices de méditation de telle sorte que leur achèvement peut parfois prendre des années.
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