Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07008.jsonl.gz/551

En 1961, Marcia Hafif (1929-2018) quitte la Californie pour Rome où elle souhaite étudier les couleurs et les textures de la peinture italienne de la Renaissance. Pendant huit ans, elle y réalise plus de deux cent dix peintures. L’exposition comportait une trentaine d’entre elles et autant de dessins dans quatre espaces du troisième étage. La régularité géométrique, l’exécution anonyme, le contraste de deux couleurs plutôt que celui de l’ombre et de la lumière, le refus de l’illusionnisme sont les fondements de la peinture de Marcia Hafif. En 1964, sa palette s’adoucit vers les tons acidulés de la peinture maniériste, que d’aucuns ont aussi associé à la maternité. Elle libère ensuite l’espace central de ses tableaux, bordant de deux couleurs la toile non peinte. La couleur n’est alors plus posée sur la toile, mais imprégnée. Les peintures ultérieures sont d’une grande lisibilité, avec une forme et une contre-forme uniques. Les motifs, schématiques, ont le caractère d’abstractions figuratives. Les formes migrent vers les limites de la toile pour tendre vers le monochrome.