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La plus grande collection d'antiquités romaines volée de l'histoire de l'Italie, 5361 objets, a été présentée mercredi à Rome. Plus de 4500 pièces avaient été remises l'an passé par la Suisse où ce trafic était basé. L'ensemble vaut 50 millions d'euros (autant en francs).
"Ceci est la plus grande découverte jamais réalisée: 5361 pièces provenant de plusieurs régions italiennes, retrouvées grâce à une importante enquête, et qui retourneront là où elles se trouvaient", a indiqué devant des représentants de la presse le ministre de la Culture Dario Franceschini. Il s'est exprimé au Musée national de Rome.
Ces bronzes, sculptures vases, bijoux, fresques ou amphores, parfois d'une valeur inestimable, ont été volés lors de fouilles clandestines. Les pilleurs se sont servis notamment en Sicile, Sardaigne, Calabre et d'autres régions italiennes.
Ces pièces datent toutes d'une période comprise entre le 8e siècle avant J.-C. et le 3e siècle de notre ère, selon les autorités.
Oeuvres restaurées en Suisse
L'enquête entamée au début des années 2000 s'est précisée en 2005, après la récupération d'un célèbre vase antique, du peintre grec Asteas, vendu au musée Getty de Malibu en Californie. Lors de cette opération, un intermédiaire italien avait été repéré par les carabiniers.
Ces derniers ont ensuite intensifié leurs contrôles sur ce marchand d'art, marié à une Suissesse propriétaire d'une galerie d'art à Bâle. L'enquête menée avec les autorités policières helvétiques a rapidement révélé l'existence d'un trafic important entre la Suisse et l'Italie. Le couple a été interpellé par la suite.
Plusieurs entrepôts à Bâle contenant des centaines de pièces sans aucune documentation ont été identifiés et perquisitionnés. Les oeuvres d'art, une fois restaurées en Suisse, étaient mises en vente en Allemagne, Etats-Unis, Grande-Bretagne, Japon et Australie, grâce à de faux certificats d'authenticité, a expliqué le responsable de cette opération, le général des carabiniers Mariano Mossa.
Feuilleton judiciaire
En Suisse, tout a commencé en 2001 avec une demande d'entraide judiciaire adressée par le Parquet de Rome au Ministère public bâlois. La justice italienne enquêtait sur plusieurs personnes soupçonnées d'appartenance à une organisation criminelle, de transfert illégal de biens culturels, de recel et autres délits.
Dans le viseur des enquêteurs figuraient le marchand d'art italien et son épouse. Des années plus tard, la marchandise a été découverte. Les antiquités avaient été entreposées dans un abri de la PC où quelque 80 policiers en ont dressé l'inventaire. Un travail qui a nécessité plusieurs mois.
S'en est suivi un feuilleton judiciaire. Le Tribunal fédéral a statué quatre fois sur l'affaire. En novembre 2007, les juges de Mon-Repos ont accédé à la demande d'entraide judiciaire de l'Italie.
Future exposition
Les autorités italiennes ont promis d'exposer au grand public l'ensemble de ces oeuvres récupérées à Bâle. Les modalités de cette présentation sont encore à définir.
ATS