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Critique
En trois films forts et remarqués (CLEAN, SHAVEN en 1994, CLAIRE DOLAN en 1998, KEANE en 2004), Lodge Kerrigan s’est imposé comme un réalisateur original et innovant. Avec REBECCA H., questionnement multiple sur l’identité, il laisse le spectateur KO.
Il a voulu mêler trois histoires, ou plutôt trois non-histoires: quelques séquences d’un documentaire sur la chanteuse Grace Slick à Monterey (Californie) tourné en 1967; un essai contemporain de biopic sur Grace joué par un personnage de fiction, Rebecca H. de Gennevilliers en France en 2010, rôle tenu par Géraldine Pailhas; et enfin Géraldine Pailhas jouant son propre rôle, celui d’une femme qui doute d’elle-même et de son métier d’actrice...
Si le spectateur parvient à ne pas se prendre les pieds dans cet écheveau inextricable d’intentions cachées, confuses et fort lointaines, il échappera difficilement à l’ennui. Ce film prétentieux a réussi un pari: celui de paraître le plus long du festival alors qu’il en est le plus court. Dommage pour les acteurs, Géraldine Pailhas et Pascal Greggory, remarquables de courage, d’implication et de vérité.
Anne-Béatrice Schwab