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Le réseau social Twitter a saisi jeudi la justice contre une demande émanant du gouvernement américain, lui réclamant les données personnelles d'un utilisateur très critique vis-à-vis du président américain Donald Trump. Le compte incriminé est @ALT_uscis.
Twitter indique avoir reçu, le 14 mars, une requête du département de la sécurité intérieure l'enjoignant de communiquer la véritable identité de son utilisateur. Ce compte, dont le nom d'usage est ALTImmigration, a été créé en janvier et dit être dédié à la "résistance de l'immigration".
Il serait administré clandestinement par un ou plusieurs employés des services fédéraux de l'immigration. Les tweets critiquent les décisions et les annonces des membres du gouvernement Trump, souvent sur un ton humoristique.
Le réseau social s'est opposé à la demande du gouvernement, invoquant le premier amendement à la constitution américaine, qui protège notamment la liberté d'expression, selon le document déposé devant un tribunal fédéral du district nord de Californie.
L'ACLU intervient
Dès lors, il estime que le gouvernement ne peut l'obliger à s'exécuter sans avoir démontré "qu'une infraction a été commise" et que dévoiler l'identité de cet utilisateur est le moyen le moins contraignant d'enquêter sur cette infraction.
@ALT_uscis, qui compte 33'000 abonnés, a réagi jeudi en tweetant le texte du premier amendement à la constitution. "Nous sommes ravis que Twitter fasse de la résistance", a commenté, sur son compte Twitter, l'organisation de défense des libertés ACLU.
"Nous irons au tribunal pour défendre le droit de cet utilisateur à l'anonymat", a-t-elle ajouté, signalant son intention de se joindre à la procédure.
Dès après l'investiture de M. Trump à la Maison-Blanche, le 20 janvier, des comptes anonymes sont apparus sur Twitter relayant les inquiétudes d'employés d'une bonne dizaine d'agences fédérales s'opposant au président républicain, notamment sur le changement climatique ou la question de l'immigration.