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Au début du mois de décembre 2021, environ 100'000 personnes ont été contraintes de fuir la région de l'Extrême-Nord du Cameroun. La plupart ont trouvé refuge au Tchad voisin, tandis que certains se sont rendus dans des régions plus isolées du pays. 88% des personnes déplacées sont des enfants et des femmes. Si l'aide d'urgence, les abris et la nourriture sont des nécessités immédiates dans des crises comme celle-ci, un autre défi reste souvent dans l'ombre, alors qu'il est sans aucun doute le plus impactant à long terme : l'éducation. La Journée internationale de l'éducation est l'occasion de se pencher sur le droit à l'éducation des personnes relevant de la compétence du HCR.
L'éducation pendant les déplacements forcés
Dans les situations de déplacements forcés, l'accès à l'éducation s'avère souvent difficile. Dans les zones reculées et urbaines, l'accès aux écoles n'est pas toujours garanti : parfois en raison d'obstacles juridiques ou financiers, ou parce qu'il n'y a pas d'école à proximité. En outre, les salles de classe sont rapidement surchargées lorsque les personnes ayant été contraintes de fuir un conflit ou la violence arrivent par milliers. Des millions d'enfants abandonnent l'école pour gagner de l'argent ou aider leur famille à la maison, une tendance dont les filles sont les premières victimes.
Ce sont là quelques-unes des principales raisons pour lesquelles près de la moitié (48 %) de tous les enfants réfugiés ne sont pas scolarisés aujourd'hui. Alors qu'environ 90 % de la population mondiale a terminé l'enseignement primaire, seuls 68 % des enfants réfugiés étaient scolarisés en 2021. Au niveau secondaire, ce chiffre tombe à seulement 34%, et au niveau de l'enseignement supérieur, seuls 5% des réfugiés ont accès aux études. Ces faibles pourcentages ont un impact non seulement sur les enfants et les jeunes, à qui l'on refuse le droit à l'éducation, mais aussi sur les communautés dans lesquelles ils et elles vivent, car l'éducation est l'un des investissements les plus durables pour l'avenir de personnes qui ont été contraintes de tout laisser derrière elles.
Le HCR, l'Agence des Nations unies pour les réfugiés, s'engage à développer des solutions durables pour les personnes déplacées, dont l'exil dure en moyenne 17 ans. L'éducation est la pierre angulaire de cette approche, car elle investit dans l'avenir des communautés déplacées et favorise la résilience. Comme le dit Filippo Grandi, Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés:
“L'éducation fournit les clés d'un avenir dans lequel les réfugiés peuvent trouver des solutions pour eux-mêmes et leurs communautés.”
L'éducation dans la pandémie
La crise du COVID-19 a été, pour beaucoup, un rappel de l'importance de l'accès à l'éducation. Si la technologie a permis aux écoles de s'adapter, et aux cours de se poursuivre virtuellement, ce n'était pas le cas partout, et surtout pas pour les personnes déplacées. Le manque d'accès à la technologie pendant la pandémie a entraîné une baisse de la fréquentation scolaire, des établissements d'enseignement ont fermé, laissant les élèves sans possibilité d'apprentissage.
Connected Learning, un programme soutenu par la fondation Vodafone, a proposé une approche adaptée pour assurer l'éducation des enfants réfugiés pendant la pandémie : grâce aux Instant Network Schools, les élèves reçoivent le matériel technologique adéquat et la formation nécessaire pour poursuivre les cours dans le contexte actuel et accéder à l'information du monde entier.
Ce que fait le HCR
En temps de crise, le HCR est prompt à répondre à l'urgence - cela concerne également l'éducation. Qu'il s'agisse de la construction d'écoles, de la formation des enseignants ou d'approches novatrices de l'apprentissage, l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés s'efforce de faire en sorte que les enfants, où qu'ils se trouvent, ne voient pas la continuité de leur scolarité interrompue par un déplacement dû à un conflit, à la violence ou à la persécution.
De Aiming Higher, la campagne phare du HCR sur l'enseignement supérieur, au programme "Educate a child" au Tchad, les plans d'intervention de l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés visant à garantir l'accès à l'éducation à tous les niveaux sont déployés en permanence dans le monde entier.
Une attention particulière est accordée aux femmes et aux filles réfugiées, car leur accès et leur inscription à l'école sont encore relativement bien inférieurs à ceux des hommes et des garçons. Le HCR s'engage à respecter le droit des filles et des femmes à accéder à l'éducation et à lutter contre toute formes de discriminations, de harcèlements et de violences sexuelles.