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Epeï (1976)
Iannis Xenakis + Biographie
pour six musiciens
« L’ensemble des changements, partiellement discrets, partiellement continus, forment le flux. » Ce flux s’incarne par une texture et une structure contrapuntiques, où les lignes des voix s’entremêlent, synchroniquement ou de manière différée. Quarts de tons et inflexions au huitième de tons viennent renforcer le fondu-enchaîné du matériau global, avant d’être brusquement interrompu par des décharges inopinées.
Epeï, « puisque, depuis » en grec, travaille ainsi sur l’homogénéité des événements successifs ou simultanés. En effet, s’il est possible d’identifier des éléments par leur présence, c’est parfois leur absence ou leur négation qui les caractérisent. Ainsi, de brusques transitions entre ces deux positions peuvent révéler un changement d’état, mais qu’en est-il de subtiles micro-différences ? Ce flux apparaît dans Epeï au travers d’une série de variations d’un motif de trois notes (mi-la-si) entonné au début à la trompette, un motif qui se déforme lentement au fil de ses apparitions.
Texte: Christophe Bitar