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L'accord de libre-échange entre la Suisse et l'Indonésie, soumis au vote populaire le 7 mars (c'est la première fois qu'un tel accord est soumis à un vote populaire à la suite d'un référendum), et qu'un sondage Tamedia donne accepté à 52 % (mais avec 6 % d'indécis, et une marge d'erreur de 1,3 point), a un objectif : réduire au maximum, voire supprimer, les entraves tarifaires ou normatives aux échanges commerciaux entre les deux pays. L'enjeu du vote est donc à la fois le principe même du libre-échange des marchandises, la nature des échanges entre la Suisse et l'Indonésie et la nature des productions indonésiennes et des productions et services suisses dont, respectivement, la Suisse et l'Indonésie deviendraient la destination. Contre cet accord, et en fonction de ces enjeux, le référendum avait été lancé par la Grève du Climat, Uniterre et Attac. Les Verts les ont rejoints au niveau national pour recommander aujourd'hui le "non" à l'accord, que recommande aussi, désormais le PS (l'Assemblée des délégués du parti suisse en a décidé ainsi, contre l'avis de la direction et du groupe parlementaire) et la "gauche de la gauche" . Toute la droite soutient en revanche l'accord. Le vote du 7 juin en annonce sans doute d'autres sur les mêmes enjeux, puisque d'autres accords de libre-échange sont en négociation, avec le Mercosur (Amérique du Sud), la Malaisie, l'Inde et les Etats-Unis (avec la Chine, c'est déjà fait, en 2014). Dans cet agenda, une acceptation de l'accord avec l'Indonésie créerait un précédent. Comme un doigt dans un engrenage. Huilé de palme.
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La palme des ravages
Un comité a lancé le référendum contre un accord de libre-échange (accepté par les Chambres fédérales) passé entre l'Indonésie et l'Association européenne de libre échange, dont la Suisse est membre. Les référendaires (Uniterre, SolidaritéS, les Jeunes Verts, Longo Maï, Solidarité sans frontières, le parti Nouveau Radical, SolidaritéS) font de ce référendum un moment de la lutte contre un "libre-échangisme" des marchandises sans critères sérieux de respect de l'environnement et des droits humains -car après l'accord avec l'Indonésie se profilent d'autres accords sortis du même tonneau libéral, avecla Malaisie et le Mercosur sud-américain. Tous accords qui cautionnent des conditions de travail calamiteuses et concourent à la destruction de la forêt tropicale Dans le cas de l'Indonésie, c'est sous le slogan "Stop à l'huile de palme" que le référendum est lancé : la production de l'huile de palme cumule en effet toutes les tares des produits dont des accords de libre-échange comme celui qui devrait être passé avec l'Indonésie favorisent la production et l'exportation : un désastre environnemental à la production, un autre au transport intercontinental, un désastre social pour les travailleurs dans le pays exportateur et les paysans dans le pays importateur. Alors on signe le référendum (ultime délai : le 9 avril), parce que la seule palme que mérite l'accord qu'il conteste mérite, c'est celle de l'aveuglement.
*On peut télécharger les feuilles de signatures sur https://nein-zum-freihandel.ch/fr/home-2/
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Huile lourde
De l'huile de palme et de ses dérivés, on en trouve dans une variété impressionnante de produits de toute nature : dans l'alimentation, les cosmétiques, les détergents, les agrocarburants (jusqu'à trois fois plus polluants que les carburants conventionnels). Cette huile est lourde : pour la produire, on déforeste massivement, on remplace tout aussi massivement les cultures qui nourrissent les populations par la culture qui nourrit les actionnaires. Au Sarawak (Malaisie), la déforestation a pris un rythme délirant : la destruction de la forêt vierge y est trois fois et demi plus rapide que dans le reste de l'Asie. Or le Sarawak n'est pas une terre vierge, ni sa forêt une sylve inhabitée : les communautés autochtones, victimes de la destruction de leur cadre de vie et du vol de leurs terres, résistent à cette destruction, à leur spoliation et leur expulsion. L'association SADIA, par exemple, les aide à faire valoir leurs droits, à les manifester, à agir en justice contre les producteurs d'huile de palme, et les autorités qu'ils corrompent. à résister aux intimidations et aux violences . Le SOLIFONDS* appelle au soutien à cette résistance.
*SOLIFONDS, <email-pii>, www.solifonds.ch, CP 80-7761-7