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Sons Pat Burgener: «La musique me donne de l'énergie»
Le Lausannois sort vendredi son troisième disque, «Better Man». Interview d'un snowboardeur pro qui a trouvé son équilibre.
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Nouvel EP: «Better Man». Infos: patburgener.ch
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Pat Burgener, c'est le snowboardeur qui fait de la musique. Ou le musicien qui fait du snowboard. Depuis quelques années, l'un ne va plus sans l'autre pour le Lausannois. Et il est presque aussi prolifique dans les deux disciplines: le pro de 25 ans enchaîne les podiums comme les disques EPs. Après «The Route» en 2018 et «Icar» en 2019, il sort le 15 mai le 5 titres «Better Man».
Nous l'avons appelé ce vendredi en début d'après-midi, juste après son entraînement qu'il a pu reprendre à Lens (VS) cette semaine.
Pat Burgener, vous avez pu recommencer le snowboard lundi?
Presque. J'ai pu retourner au centre de sports d'action, où nous faisons du skateboard et du trampoline. Depuis le début du confinement, je faisais mon travail chez moi. J'y avais installé un trampoline, car c'est ce qu'il me fallait si je voulais décrocher une médaille aux prochains Jeux olympiques (ndlr.: en février 2022 à Pékin). Depuis deux mois, j'avais un entraîneur qui venait à la maison. À côté de ça, j'ai fait beaucoup de musique. Cela me donne énormément d'énergie.
Comment faites-vous pour coordonner vos carrières de snowboardeur et de musicien?
En sport, tu essaies d'être constant. En musique, c'est pareil: il ne faut jamais arrêter. Mon hygiène de vie aide beaucoup aussi. Et surtout, mon grand frère coordonne toute ma carrière et moi j'ai l'esprit libre. J'ai commencé la musique quand je me suis blessé, en 2014. À l'époque, mon entraîneur pensait que l'accident signifiait que j'arrêtais le snowboard. Mon grand retour en compétition s'est fait en 2016 à Laax. J'y ai donné un concert et le lendemain j'ai terminé deuxième de la finale. J'ai trouvé un équilibre. Depuis ce jour-là, l'entraîneur a conseillé à tous mes coéquipiers de faire eux aussi quelque chose à côté du snowboard.
Le morceau «Devil» parle de réaliser ses rêves. Vos parents vous ont-ils toujours suivi dans vos choix?
Oui. Ils sont ouverts d'esprit. Pourtant, quand les parents de mes copains d'école leur disaient que c'était trop risqué que je fasse une carrière dans le snowboard, cela les affectait. J'étais un enfant rebelle. Mais c'était mon point fort. On voulait m'envoyer à l'hôpital, me mettre dans un moule. Mon père, qui est pharmacien, ne voulait pas qu'on me donne de la Ritaline. Même si je fuguais de l'école pour aller faire du sport. Mes parents m'ont donné les clés pour réussir, et je devais leur prouver que j'y arriverais.
«Better Man» est le titre de l'EP mais aussi d'une des cinq chansons. Qu'est-ce qui vous a rendu meilleur?
J'ai écrit ce morceau après avoir foiré les X Games. Quand tu doutes, tu peux apprendre de toi et chercher la meilleure version de toi-même. C'est le sujet de «Better Man». Et ça s'applique aussi aujourd'hui. Avril, c'est le moment idéal pour faire du snowboard, et c'est aussi quand je devais jouer au Zermatt Unplugged. Tout a été annulé, à cause du confinement. Et pourtant, si je ramène une médaille des JO je suis persuadé que ce sera grâce à cette période particulière où d'habitude je n'ai jamais un instant à moi.
La suite, c'est quoi pour vous, en musique comme en snowboard?
Dès lundi, nous retournons sur la neige, à Crans-Montana. Un snowpark a été construit pour nous sur le glacier pour les trois prochaines semaines. J'ai le clip de «Devil» à terminer. Il sortira le 1er juin, le jour de mes 26 ans. En juillet, j'aimerais partir à Los Angeles enregistrer le prochain album, que j'ai déjà commencé à écrire, et je planifie une tournée pour octobre. Je reste positif.
Laurent Flückiger
Créé: 15.05.2020, 17h21