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FONCTIONS EXÉCUTIVES, TDAH, ET TROUBLES DES APPRENTISSAGES : bref historique de ces troubles et de la manière dont a évolué leur compréhension dans les pays anglo-saxons et francophones ces dernières années.
TDAH
Dans les années 50, dans les pays anglo-saxons, certaines constellations de symptômes sont déjà reconnues et diagnostiquées sous le nom de syndrome hyperkinétique.
En 1968, ce syndrome trouve sa place dans le manuel des diagnostics psychiatriques, le DSM II.
En 1980, le DSM III définit le Trouble du Déficit de l’Attention (TDA), en le divisant en trois grands groupes :
- un groupe qui s’exprimerait plutôt par un déficit d’attention
- un groupe plutôt hyperactif, impulsif
- et un groupe mixte
Dans le DSM III-R, ce trouble est devenu le TDAH, Trouble du déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité. Moyennant quelques changements de critères d’inclusion et d’exclusion nous sommes actuellement à la version V du DSM parue en 2013, et le TDAH est aujourd’hui la première plainte pédopsychiatrique dans les pays Anglo-Saxons et du Nord de l’Europe.
Les troubles des apprentissages sont eux-aussi, reconnus comme étant des troubles spécifiques, mais également des comorbidités ou des cooccurrences fréquentes du TDAH.
« Un enfant qui n’AIME pas apprendre, c’est souvent un cerveau qui ne PEUT pas apprendre »
Michel Habib, neurologue français, Professeur de Neurosciences
Dans les années 80 et 90, avec les avancées des neurosciences, puis de la neuropsychologie, le Professeur Russell BARKLEY psychologue chercheur et clinicien de l’Université de Caroline du Nord aux Etats-Unis, décrit le TDAH comme étant un trouble des fonctions exécutives, impliquant le cortex frontal du cerveau. Il s’intéresse plus particulièrement aux déficits attentionnels (TDA).
Plus récemment, Edmund SONUGA-BARKE, Professeur de psychopathologie développementale à l’Université de Southampton en Angleterre, s’intéresse au 30% des enfants TDAH qui n’ont pas PAS de difficultés importantes des fonctions exécutives, mais qui présentent un comportement compatible avec un diagnostic de TDAH. Il s’intéresse à leurs difficultés à différer les récompenses et à leur dysrégulation émotionnelle. Ces comportements seraient influencés par des noyaux plus profonds du cerveau et il souligne la difficulté à vouloir examiner ces comportements et les interpréter par des mesures cognitives.
Les recherches les plus récentes, indiquent que BARKLEY et SONUGA-BARKE ont probablement tous deux raison. Elles montrent que ce sont les CONNECTIONS entre ces deux parties du cerveau (cortex frontal et les noyaux profonds) qui seraient en cause non seulement dans le TDAH, mais également dans les troubles des apprentissages, (troubles DYS).
Néanmoins, le TDAH reste un diagnostic clinique hétérogène et les patients ont des profils neuropsychologiques multiples.
Au cinquième congrès mondial sur le TDAH qui a eu lieu à Glasgow en mai 2015, SONUGA-BARKE a réitéré que le plus important était de trouver des solutions qui aident ces jeunes à mieux vivre avec leurs troubles, et à en tolérer leurs symptômes.