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La Fédération internationale de football (FIFA) a confirmé mardi à Zurich que le Brésil, seul candidat en lice, organisera la Coupe du monde de 2014.
Présent sur les bords de la Limmat, le président brésilien Lula da Silva s'est réjoui de cette nomination.
«Le comité exécutif a décidé à l'unanimité de donner la responsabilité, pas seulement le droit, d'organiser la Coupe du monde 2014 de la FIFA au Brésil», a déclaré Sepp Blatter.
Le président de la FIFA a ensuite tendu le trophée de la Coupe du monde au président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, qui s'était rendu à Zurich pour l'occasion.
«Le football n'est pas qu'un sport pour nous. C'est plus que ça, a déclaré Lula. Le football pour nous est une passion. Une passion nationale. Le Brésil va faire ses devoirs avec une grande fierté et si tout se passe bien, nous gagnerons encore une Coupe du monde.»
5 fois champion du monde
Sacré champion du monde à cinq reprises (1958, 1962, 1970, 1994, 2002), le Brésil n'avait jusqu'ici organisé qu'une seule phase finale du plus prestigieux tournoi du ballon rond; c'était en 1950.
Pour l'édition de 2014, dix-huit villes du pays sont candidates pour accueillir des matches, alors qu'il ne devrait en rester qu'entre 8 et 13 dans le projet final.
Il y a quelques certitudes: 64 ans après le Maracanazo (finale officieuse avec défaite du Brésil au Maracana) du Mondial 1950, le légendaire stade de Rio de Janeiro fera peau neuve pour accueillir des matches et la finale.
On sait aussi que le Morumbi, plus grand stade privé du Brésil avec 73 500 places, sera également réaménagé. Quatre nouveaux stades seront construits dans le nord-est du pays pour faire profiter financièrement les régions les moins développées.
Pauvreté et passion
Selon le président de la Confédération brésilienne (CBF), Ricardo Teixeira, il sera fait majoritairement appel à des fonds privés pour financer le Mondial.
Reste à savoir si cela est possible dans un pays où les exemples de projets pharaoniques aux coûts démesurés et mal gérés sont malheureusement légion.
Seule certitude pour l'instant, les recettes de billetterie qui s'élèveront à 390 millions de dollars pour 3 millions de billets.
Il faudra certainement une billetterie à deux vitesses pour les étrangers et les Brésiliens. La grande majorité des Brésiliens -150 sur 190 millions - vivent dans la pauvreté alors qu'ils sont le principal moteur de la passion du football qui anime le pays.
Le Brésil devra encore faire des efforts en matière d'hébergement. La Fifa prévoit en effet un minimum de 55'000 chambres pour 1,5 million de nuitées.
Criminalité
Un rapport d'inspection de la FIFA consacre aussi un chapitre à un sujet sensible qui inquiète certains observateurs: la sécurité dans un pays à la forte criminalité.
Selon le groupe d'inspection, «la réalité n'est pas aussi terrible que l'opinion publique veut bien le croire. Certaines capitales ont un problème mais cela n'est pas le cas dans la plupart des villes candidates».
Le rapport met en avant les promesses du gouvernement brésilien qui va investir 3,3 milliards de dollars dans une campagne de sécurité d'ici à 2012 et «la grande expérience (du Brésil pour) l'organisation de grands événements».
L'attaquant brésilien Romario résume ainsi les enjeux: «En accueillant le Mondial, le Brésil connaîtra une amélioration socio- économique et éducative. Il y aura beaucoup de choses positives pas seulement pour le football mais au niveau économique, éducatif, social. La Copa-2014 va marquer notre histoire».
swissinfo et les agences
En bref
Le Brésil – qui a déjà organisé la Coupe du monde en 1950 - avait déposé sa candidature pour l'organisation de l'édition de 2014 en décembre 2006. Dix-huit villes du pays sont candidates pour accueillir des matches, alors qu'il ne devrait en rester qu'entre 8 et 13 dans le projet final.
Le dernier pays d'Amérique du Sud à avoir organisé une Coupe du monde est l'Argentine (1978).
En 2010, La Coupe du monde de football sera organisée en Afrique du Sud.
Lundi, la FIFA décidé d'abandonner le système de rotations des Confédérations (alternance des continents). Cela signifie donc que toutes les fédérations nationales peuvent faire acte de candidature à condition que leur confédération n'ait pas accueilli l'une des deux dernières éditions.
La Fédération australienne (FFA) a d'ores et déjà annoncé qu'elle allait se porter candidate à l'organisation de la Coupe du monde 2018.
Partenariat stratégique
Présent mardi à Zurich, le président brésilien en a profité pour rencontrer la présidente de la Confédération Micheline Calmy-Rey.
Lors de cette réunion du travail, tous deux ont décidé que la Suisse et le Brésil allaient collaborer de manière plus étroite à l'avenir dans de nombreux domaines (coopération au sein de l'ONU, dans le domaine humanitaire ou en matière de recherche, concernant le bioéthanol par exemple).
Dans un premier temps, les deux pays vont établir un partenariat stratégique qui pourrait aboutir à un accord en 2008. Ce partenariat permettra aussi d'évoquer les différends, notamment l'agriculture.
Le Brésil est un des pays prioritaires de la politique économique extérieure de la Suisse.