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Les schismes dans l'islam
de Henri Laoust
Ce livre dont la première édition a été écrite il y a plus de quarante ans et une vraie mine d’information. Il est toutefois bon d’avoir un minimum connaissance de la civilisation islamique. Henri Laoust donne en effet très peu de repères historiques. Il s’agit avant tout d’une étude minutieuse de toutes les scissions au sein de l’islam pour la période qui va de la mort de Muhammad au courant réformiste de la fin XIXe, début XXème. L’auteur suit chronologiquement la formation des différents courants. Le livre se termine sur une très longue conclusion avec une approche thématique. Henri Laoust passe en revue les différentes facettes de la religion (conception de dieu, du califat, etc) et met en relief les points de convergences et de divergences entre les différents schismes.
Il est intéressant de relever une certaine perméabilité. Ainsi, il n’est pas rare que plusieurs écoles se réclament d’une figure commune ou qu’un maître à penser soit lui-même influencé par différents courants. Henri Laoust souligne que les formulations doctrinales vinrent souvent le jour longtemps après les mouvements qu’elles tendaient à expliquer ou à justifier. Ainsi, au commencement, les shiites furent avant tout les partisans d’Ali, le clivage doctrinal avec le sunnisme se forgea avec le temps.
La première grande secte musulmane fut celle des kharijites. Ils entrèrent en dissidence à la suite de l’arbitrage entre Ali et Mu’awiya lors la bataille de Siffin. Le califat omeyyade subit des assauts redoutables de leurs parts. Ils réussirent à prendre, l’espace d’un temps, la Mekke et Médine. Leur terrain d’implantations fut la tripolitaine et l’Afrique du Nord. Les Almoravides éliminèrent les restes du kharijisme au Maghreb.
L’hérésiographie musulmane situe l’apparition des saba’iya , la première en date des sectes chiites extrémistes, aux alentours de 661 lorsque Hassan, le fils d’Ali, reconnut Mu’awiya, premier calife de la dynastie Omeyyade. La première grande révolte chiite éclata en 740 lorsque Zaid b. Ali tenta de renverser les Omeyyade. Pour Henri Laoust, le califat abbasside à relancé le chiisme à un moment où il s’essoufflait. La secte qui l’emporta fut celle des duodécimains. La plupart des ses œuvres maîtresses furent écrite sous la dynasite bouyides, premiers de leurs protecteurs. Le chiisme duodécimain devint doctrine d’Etat sous les Ilkâns de Perse et d’Irak puis sous les Safavides.
Quant au sunnisme. il se définit d’abord par la voie négative, c'est-à-dire le rejet des différentes sectes (kharijites, chiites, mu’tazila etc.). C’est pendant le siècle qui a précédé la fin des Omeyyades et a suivi l’avènement des Abassides qu’a commencé à prendre corps sa littérature doctrinale. Il a pour base le regroupement communautaire.
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