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Trois grandes littératures classiques, anglaise, espagnole et française, inaugurent le deuxième niveau de l’exposition permanente. La vitrine de Shakespeare, le quatrième pilier de Martin Bodmer, une collection prestigieuse, la première sur le continent, acquise auprès des frères Rosenbach à Philadelphie, aligne les folios des œuvres complètes, dont le mythique First Folio de 1623, la rarissime édition des Sonnets de 1609, et un ensemble de petites plaquettes éphémères in-quarto publiées subrepticement du vivant de l’auteur et vendues lors des représentations.
Le théâtre élisabéthain avec le Doctor Faustus de Marlowe, le Volpone de Ben Johnson, la poésie, métaphysique, de John Donne (1633), épique, de La Reine des fées de Spenser (1590) au Paradis perdu de Milton (1667), la pensée avec l’Anatomie de la mélancolie de Robert Burton, en 1621, et l’Essai sur l’entendement humain de Francis Bacon, en 1620 occupent une seconde vitrine devant la longue liste manuscrite sur un grand rouleau de parchemin des cadeaux de Nouvel An offerts à la Reine Elisabeth I en 1599-1600, la 42e année de son règne.
On a choisi pour le Siècle d’Or espagnol une pièce extrêmement rare, l’édition originale du Don Quixote de Cervantès en 1605, suivie de la seconde partie en 1615 et flanquée de l’Amadis de Gaule, le roman de chevalerie qui gâta l’esprit du héros.
La vitrine présente aussi les deux grandes figures du théâtre espagnol, Lope de Vega, dont la Collection Martin Bodmer possède près de 70 éditions rares et un manuscrit autographe de 1611, et Calderon, dans l’édition originale en cinq volumes des Commedias, en 1640, particulièrement pour son chef-d’œuvre La vida es sueño. Cervantès enviait Lope de Vega qui, lui-même polémiquait avec Gongora, le grand poète baroque des Solitudes et des Sonnets, imprimé en 1627.
Des eaux-fortes de Picasso illustrent ici l’un des sonnets. Ont été aussi exposés le roman picaresque qui rompait avec les romans de chevalerie, la Vie de Lazarillo de Tormes de 1554 (l’un des deux seuls exemplaires conservés) et l’incunable de 1500 de la célèbre Célestine de Rojas (Caliste et Mélibée).
Le Grand Siècle français s’est cristallisé dans une vitrine consacrée à Molière, au moment où le jeune Louis XIV a entrepris de transformer en palais le relais de chasse de Versailles.
Molière, au comble de la faveur royale, contribue avec sa troupe aux Plaisirs de l’Île enchantée en 1664, où fut donné un ballet dansé par sa majesté, Le mariage forcé. L’année précédente avait été créée l’Ecole des femmes, occasion d’une première cabale contre Molière. C’est dans le cadre de ces fêtes qu’il fit représenter sa 13e pièce, Tartuffe, à laquelle le roi n’assista pas et dont la querelle allait éclater et assombrir sa carrière.
Deux autres pièces majeures sont exposées, Le Misanthrope, avec en regard le fameux Papyrus Bodmer du Dyscolos de Ménandre, et dans une autre vitrine, Le festin de Pierre, qui ne sera édité que dix ans après la mort de Molière.
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