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Seul 0,4% de la population se considère explicitement comme non-binaire en Suisse, selon cette enquête publiée par l'institut de recherche Sotomo et mandatée par le groupe "Geschlechtergerechter". Mais lorsqu'il s'agit de caractéristiques concrètes, le tableau est plus complexe.
Ainsi, seuls 14% des hommes s'estiment exclusivement masculins et 6% seulement des femmes s'estiment exclusivement féminines. Une proportion de 12% des hommes et des femmes se perçoivent autant féminins que masculins.
Pour 55% de la population, le sexe est important ou plutôt important pour sa propre identité, selon ce sondage. Parmi les femmes, 60% considèrent que leur sexe détermine qui elles sont, contre seulement 49% des hommes.
Discriminations persistantes chez les femmes
Les femmes sont davantage confrontées à leur féminité en raison de discriminations persistantes, tandis que les hommes associent moins leurs possibilités et leurs limitations à leur sexe, expliquent les auteurs de l'enquête.
Mais un fossé idéologique apparaît chez les hommes: pour 62% de ceux qui se revendiquent de droite, être un homme est important, voire très important pour deux tiers d'entre eux. En revanche, seuls 12% des hommes de gauche s'identifient très fortement à leur sexe, selon l'étude.
Des raisons idéologiques et sociales
Une majorité des sondés estiment que les différences entre les sexes ont des raisons aussi bien biologiques que sociales. Seuls 17% pensent que les différences de comportement sont innées. De même, 17% sont d'avis qu'elles sont uniquement le résultat de conventions sociales. Les hommes plutôt âgés surtout soulignent l'importance des facteurs biologiques.
Seuls 18% des personnes interrogées pensent qu'il n'y a que des femmes et des hommes. Le fait que certaines personnes ne se laissent pas classer dans ce schéma est aujourd'hui courant, selon l'étude.
Les sondés sont en revanche divisés sur la question de savoir comment l'administration doit gérer cet état de fait. Aujourd'hui, en Suisse, il faut se désigner comme homme ou femme dans les documents officiels. Une bonne moitié des personnes interrogées souhaiterait que cela change, l'autre moitié s'y oppose.
"Etoile de genre" très peu utilisée à l'écrit
Une majorité n'accepte pas l'étoile de genre (écrire "travailleur*euses", par exemple) et d'autres formes d'écriture similaires: 7% seulement les utilisent. Le masculin générique, soit l'utilisation de la forme masculine pour désigner également les femmes comme c'est le cas en français, ne remporte pas les faveurs pour autant: il ne satisfait que de 27% des sondés.
Pour son étude, Sotomo a interrogé en ligne 2690 personnes dans les trois régions linguistiques entre le 29 septembre et le 1er novembre 2021. Les résultats ont été pondérés afin d'être représentatifs de l'ensemble de la population.
ats/oang