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La modification de la Loi fédérale sur la chasse et la protection des mammifères et des oiseaux sauvages (LChP), sur laquelle le peuple helvétique devra se prononcer le 27 septembre 2020, implique le risque que les ours bruns n’aient jamais la possibilité de rétablir une population viable en Suisse.
En 1904, le dernier ours brun suisse a été abattu. Ce n’est que lorsque l’ours a été placé sous protection en Italie qu’un individu a à nouveau franchi la frontière suisse, en 2005, après plus de 100 ans d’absence. Depuis lors, des animaux individuels, en particulier de jeunes mâles, ont migré des Grisons (Engadine, Münstertal, Puschlav) vers la Suisse centrale et le Valais. Étant donné que l’ours brun est toujours considéré comme une espèce menacée dans les Alpes, les amoureux des animaux et de la nature se sont réjouis du retour progressif de cette espèce en Suisse. Pourtant, en raison de l’emprise accrue des hommes sur la nature (foresterie et agriculture, constructions de routes et d’habitations), il est extrêmement difficile, pour ces animaux, de trouver encore des habitats adéquats.
L’ours brun est-il protégé par la loi actuelle ?
D’après la loi actuelle sur la chasse et la protection des mammifères et oiseaux sauvages (LChP), l’ours brun est protégé en tant qu’espèce dont la chasse est interdite. La régulation des populations d’ours est déjà possible à l’heure actuelle (conformément aux art. 7 al. 2 et 12 al. 4 LChP), moyennant autorisation de la Confédération et dans le cas où les ours mettent en péril leur habitat ou occasionnent des dommages importants. Ces situations sont très peu probables. Les cantons peuvent abattre des animaux individuels (en application de l’art. 12 al. 2 LChP) si ceux-ci ont provoqué des dommages considérables, ou constituent un danger pour les hommes. La Confédération prend en charge 80% des dommages occasionnés par les ours. En mars 2013, l’ours « M13 » a été abattu à Pushlav, bien qu’il ne se soit jamais montré agressif envers les humains. Ce tir controversé a eu lieu sans mesures d’éloignement ou autres mesures de précaution préalables.
Qu’est-ce qui changerait avec la nouvelle Loi sur la chasse ?
Certes, l’ours brun continuerait à être protégé par la nouvelle loi, en tant qu’espèce dont la chasse est prohibée. Toutefois, le Conseil fédéral serait habilité à tout moment – et sans consulter le peuple ou le Parlement au préalable – à inclure l’ours brun sur la liste des espèces pouvant être chassée et ainsi autoriser les tirs. La modification de la loi prévoit que les cantons pourront seuls décider quels ours abattre – même des jeunes animaux dans le cas où des ours venus d’Italie devaient se reproduire en Suisse. Cela impliquerait la fin des ours en Suisse, avant même qu’ils n’aient eu la chance d’y revenir.
Il est évident que pour gérer les populations d’ours de manière coordonnée au niveau international, permettant de conserver l’espèce à long terme, il faut urgemment lui accorder une protection inconditionnelle sur le territoire suisse.
Pour ces raisons, votez NON à la révision de la LChP le 27 septembre 2020 !
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