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Dürrenmatt - Une Histoire d'amour
Le nouveau film de Sabine Gisiger sur Friedrich Dürrenmatt (1921-1990) est le premier portrait cinématographique de l'auteur et peintre depuis des décennies, dans sa langue maternelle, observé au travers de sa vie, sa pensée et son œuvre.
Petit-fils d'Ulrich Dürrenmatt, célèbre satiriste, poète et politicien bernois, Friedrich Dürrenmatt en a hérite son esprit provocateur qui caractérisera ses travaux ultérieurs. En fait, comme on le cerne, son grand-père a inspiré Dürrenmatt tout au long de sa carrière.
Recourant à des enregistrements d'archives de et avec Friedrich Dürrenmatt, ce documentaire offre un point de vue à la première personne imaginaire.
Sabine Gisiger a choisi de montrer Dürrenmatt au plus proche de sa personne, d’une manière assez inédite. La documentariste le montre «im Labyrinth» («dans le Labyrinthe») alors que l’artiste cherche à trouver le chemin du retour après la mort de sa première femme Lotti.
L'humour est omniprésent comme une posture salvatrice, emblématique du moment de la réorientation de sa vie: des images du cinéaste le montre en train de chanceller comme dans un rêve à travers les compartiments d’un train, comme perdu dans un monde qui lui semble étranger.
Sabine Gisiger disposait de 80 heures de film et des archives sonores pour réaliser cette autobiographie dans laquelle Friedrich Dürrenmatt se positionne maintenant avec un certain recul sur sa vie. Dürrenmatt - Une histoire d'amour montre l'écrivain autant que le peintre, dont les travaux se caractérisent par la même transparence et le même humour noir, que dans son œuvre littéraire.
Grâce à ce film, on se remémore le discours dans lequel il clame haut et fort , face à un parterre de politiciens atterrés, que la Suisse est une prison. Peu de temps avant sa mort, Dürrenmatt a reçu le Prix de la Paix et livré ce célèbre discours «La Suisse comme une prison» en songeant à son collègue, le dramaturge et essayiste tchèque Václav Havel qui a passé de longues années en prison.
Le film est susceptible de permettre une plus grande compréhension de Dürrenmatt. Un premier film est sorti en début d’année Outre-Sarine; la version qui sort sur les écrans romands est plus longue car elle est contient des entretiens avec le fils et la fille. Le fils pasteur, semble vivre dans l’oeuvre de son père et la fille, obèse morbide, se lamente sur sa condition de diabétique qui doit se priver. On peine à compatir en la voyant tant elle n’a pas l’air de se priver. Malheureusement, ces entretiens n'apportent aucun intérêt à ce portrait, voire lui nuise.