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Ce mouvement affecte la pérennité des choix politiques ancrés dans de fortes appartenances à la droite ou à la gauche.
Au plan idéologique, le vieux clivage gauche-droite qui structure depuis des décennies les choix et les orientations politiques des Genevois connaît une crise profonde.
Si une majorité de citoyens se sent appartenir à la gauche ou à la droite, cela ne veut pas dire pour autant que ces catégories soient pertinentes pour comprendre les prises de position des partis.
Au plan social, une forte bipolarité entre la classe ouvrière et la bourgeoisie, dans les décennies 50/70, sous-tendait la vieille opposition gauche-droite.
Depuis, au schéma classique de lutte entre deux classes, se sont substitués plusieurs clivages traversant toute la société : sécurité et insécurité, ménages à un salaire et ménages à deux salaires, accès différenciés à la culture et aux ressources distribuées par l’État providence.
Ce mouvement de différenciation s’accompagne d’un développement des classes moyennes salariées (cadres moyens et supérieurs) qui dépassent maintenant le poids des couches ouvrières dans la population active.
Le processus d’embourgeoisement que connaît la gauche contribue beaucoup à rendre de plus en plus indistinct le clivage gauche-droite.
Autre repère sensible, celui de l’inscription des divisions politiques dans des territoires fortement typés.
Les mutations de l’appareil productif, l’étalement du phénomène d’urbanisation et l’accélération des déplacements ont entraîné une société de mobilité et de circulation permanentes.
Ce déplacement des fondements territoriaux, sociaux et idéologiques de la représentation politique a provoqué un profond malaise démocratique et un brouillage des repères. Les vieilles cultures politiques voient leur hétérogénéité interne se renforcer et, en même temps, les différences entre elles s’atténuer.
L’univers de la droite est traversé d’une profonde fracture entre les références de la droite classique et celles de l’extrême droite.
La constellation de la gauche est fragmentée en plusieurs cultures dans lesquelles le degré de " libéralisme culturel " ou la volonté de réforme vigoureuse des structures économiques varient profondément.
La culture de gauche est travaillée par le libéralisme et l’ouverture de l’économie aux grands vents de la mondialisation, tandis que la culture de droite ne renie pas l’État et la protection sociale.
L’élection à la Constituante cherche à rejouer le grand scénario de l’affrontement gauche-droite mais il n’est pas sûr que les électeurs s’y retrouvent aussi aisément que la classe politique.