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Update: 09.10.2008
Egalité entre les sexes, oui, mais... et l’inégalité salariale ?
La publication, en septembre 2008, d'un rapport au sujet des inégalités salariales offre une occasion de refaire le point. Outre le fait qu'elle présente des chiffres allant de 1998 à 2006, l'étude réalisée par le Bureau d'étude BRASS et l'universtité de Berne propose des explications à ces différences: par exemple, le fait que les femmes restent sous-représentées dans les postes à responsabilité et surreprésentées dans les professions peu rémunératrices, notamment parce qu'elles sont moins qualifiées et qu'elles disposent de moins d'expérience professionnelle que les hommes. L'étude a été réalisée sur mandat de l'Office fédéral de la statistique (OFS) et le Bureau fédéral de l'égalité entre femmes et hommes (BFEG).
- Vergleichende Analyse der Löhne von Frauen und Männern anhand der Lohnstrukturerhebungen 1998 bis 2006 (pdf, 115p.)
Etude en allemand, réalisée par le 'Büro für arbeits- und sozialpolitische Studien BASS AG' et le Departement Volkswirtschaftslehre de l'Université de Berne, mai 2008
25 ans d'égalité?
Ce 14 juin 2006 se fêtaient les vingt-cinq ans de l’inscription de l’égalité entre les sexes dans la Constitution fédérale, les quinze ans de la «grève des femmes» et les dix ans de la Loi sur l’égalité. Les lois suisses ne permettent donc plus la discrimination des femmes, et pourtant, l’égalité de fait n’est pas atteinte. En effet, des inégalités économiques, sociales ou familiales existent encore. Les bilans démontrent des progrès en faveur des femmes, souvent enregistrés dans des domaines utiles à l’économie, comme la formation et le taux de femmes en emploi. Mais on observe aussi la stagnation, voire quelques récentes régression dans l’espace citoyen, les droits réels, la politique, le social. Quand l’égalité a un coût, elle apparaît comme un luxe.
Cette année, la population a été sensibilisée à l’inégalité salariale: en moyenne, les femmes gagnent 19,7% de moins que les hommes (2004). Pour illustrer cette différence dans les salaires, des billets de 39 francs, aux couleurs du billet de 50 francs, ont été distribués. «Si 60% de ces différences s'expliquent par des facteurs objectifs, comme l'âge, la formation, l'ancienneté ou le secteur d'activité, le reste (40%) est considéré comme discriminatoire par l'Office fédéral de la statistique» écrit Swissinfo. Sajeela Regula Schmid, au Bureau fédéral de l'égalité entre hommes et femmes commente à propos du contrôle de l’application de la loi: «Nous avons commencé à faire des contrôles dans les entreprises. Mais lorsque la loi est entrée en vigueur, aucun budget n'avait été prévu pour cela. Donc nos moyens sont très limités». A long terme, les bureaux de l'égalité souhaitent la création d'un organe public ad hoc.
A noter que selon une enquête menée par le World Economic Forum en 2005 auprès de 58 pays, la Suisse arrive à la 34e place en matière d'égalité salariale. Et au 43e rang pour ce qui est de la place de la femme dans l'économie.
- Egalité homme - femme
Dossier du quotidien Le Courrier à l’occasion du 14 juin 2006
- Egalité, pour en savoir plus
Le Courrier, 14 juin 2006
- La longue marche de l’égalité des salaires
Swissinfo, 14 juin 2006
- Journée d’action pour l’égalité des salaires du 14 juin 2006 : bilan à mi-parcours Les actions menées dans toute la Suisse ont rencontré un grand écho
Presseportal, 14 juin 2006
Petit lexique utile(extrait du cahier Egalité du Courrier, 15 juin 2006)
- L'égalité formelle (ou juridique) interdit toutes les discriminations opérées en fonction du sexe dans l'ordre juridique (lois, décisions de l'administration...).
- L'égalité matérielle (ou de fait) complète l'égalité formelle en cherchant à réaliser, au-delà des lois, l'égalité réelle dans la société.
- Les quotas sont des normes juridiques prenant volontairement en considération le critère du sexe pour conférer un avantage aux femmes.
- Les quotas décisionnels imposent la prise en compte du sexe, parmi d'autres critères, lors de l'évaluation d'un candidat, par exemple pour un emploi.
- Les quotas souples (ou d'influence) donnent la préférence aux femmes (ou au sexe sous-représenté) en cas d'égalité des qualifications entre deux candidats.
- Les quotas rigides (ou impératifs) donnent toujours la préférence aux femmes, indépendamment de leurs qualifications.