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gl. Le prochain Sommet des Etats américains se tiendra du 8 au 9 juin à Los Angeles. Les membres de l’OEA (Organisation des Etats américains) sont aussi bien le Canada et les Etats-Unis que les 32 Etats d’Amérique latine et des Caraïbes. L’organisation fondée en 1948 est critiquée depuis plusieurs années déjà par différents gouvernements d’Amérique latine en raison d’une trop forte influence des Etats-Unis. Après des décennies d’exclusion, Cuba a été invité pour la première fois à ce sommet en 2015, après que tous les Etats d’Amérique latine se soient prononcés en ce sens. Le début de la normalisation des relations entre les Etats-Unis et Cuba a été interrompu par le président Trump en 2018, les sanctions ayant encore été renforcées. Jusqu’à présent, cette politique a été poursuivie par l’administration Biden. Le gouvernement des Etats-Unis qui accueille cette année le sommet des Amériques a annoncé qu’il n’inviterait ni Cuba, ni le Nicaragua, ni le Venezuela, car on n’avait pas affaire à des démocraties avec ces Etats.
Andrés Manuel López Obrador, président du Mexique, a demandé à plusieurs reprises qu’aucun pays ne soit exclu du sommet des Etats souverains américains. Cuba, le Nicaragua et le Venezuela font partie des Amériques et doivent donc pouvoir participer.
Lors d’un voyage dans les Etats d’Amérique centrale, soit le Guatemala, le Salvador, le Honduras et Cuba, López Obrador a rappelé à plusieurs reprises l’importance d’une Amérique unie. Il a annoncé qu’il ne participerait au sommet de Los Angeles que si le Venezuela, Cuba et le Nicaragua étaient également invités. Il s’agit, dit le président mexicain, d’un sommet de dialogue et de fraternité. «Personne, aussi puissant qu’il soit, n’a le droit de maltraiter un pays, aussi petit soit-il. Toutes les nations sont libres, indépendantes et souveraines. Aucune nation ne peut s’ériger en maître du monde. Ni la Russie, ni la Chine, ni les Etats-Unis». D’autres Etats se sont joints à cette revendication: le Guatemala, la Bolivie, Honduras ainsi que 13 Etats des Caraïbes. Le Brésil et l’Argentine hésitent également à s’engager à participer.1
Le gouvernement américain ne peut plus passer outre cette demande. L’époque où seuls les Etats-Unis donnaient le ton est révolue. Mi-mai, les Etats-Unis ont annoncé de petits assouplissements au blocus économique imposé à Cuba. Ainsi, les Cubains peuvent à nouveau envoyer plus que la ridicule somme maximale de 1 000 dollars par trimestre à leurs proches à Cuba. Parallèlement, les Etats-Unis ont annoncé l’ouverture de négociations entre le groupe pétrolier Chevron et le groupe pétrolier public vénézuélien lourdement sanctionné jusqu’à présent. Le fait que cette décision n’était pas totalement désintéressée a été remarqué en Amérique latine. Dans son éditorial du 18 mai, le grand journal mexicain «La Jornada» constate l’existence d’un lien entre les concessions soudaines faites à Cuba et au Venezuela, bien qu’insuffisantes à ses yeux, et le «rejet croissant de la politique arbitraire de Washington sur le continent». Il faudrait cependant lever toutes les sanctions économiques, «car elles sont immorales et injustes, elles provoquent des crises économiques permanentes dans les pays qui en sont victimes, elles entraînent des souffrances et des privations dans les populations et sont finalement totalement inefficaces, comme le prouve le blocus persistant contre la révolution cubaine, qui n’a entraîné aucun changement significatif sur l’île depuis 60 ans». Les pays au sud des «Etats-Unis devraient «intensifier leur demande à la superpuissance de renoncer à sa politique d’exclusion et d’illégalité, d’accepter la coexistence et le dialogue avec des gouvernements d’orientations différentes et de renoncer une fois pour toutes à sa prétention de dicter aux autres pays la manière dont ils doivent se gouverner».2 •
(Traduction Horizons et débats)
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