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L’expression «faire la cour» a d’abord eu une signification en lien avec la flatterie. Aucun rapport avec l’amour, en tous cas à l’origine. En effet on en trouve la première trace au 16ème siècle à la cour du roi. Elle désigne à cette époque le comportement de ceux qui entourent le monarque. Sa cour.
Du latin « curia », le terme de « «cour » est au sens premier un groupe d’hommes. Autour de la personne du roi, il adoptait des attitudes et précautions pour obtenir faveurs et avantages. Il fallait flatter et courtiser. La cour faisait donc la cour.
Puis dès lors que quelqu’un essayait de s’attirer la sympathie d’une autre personne le peuple s’est mis à utiliser la même expression. En dehors même du cadre royal.
Et enfin un siècle plus tard on a appliqué l’expression «faire la cour» aux rapports de séduction amoureuse.
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On dit parfois que le « Vingt-deux » signifie « couteau » dans l’argot français du 19ème siècle. Et l’arme favorite des brigands était le « couteau d’arsouille » avec sa lame de 22 centimètres. 22 signifierait donc « tous à vos armes » face à un danger.
Mais c’est une autre explication, datant du 19ème siècle elle aussi qu’il est préférable de retenir car elle fait presque consensus. Dans les imprimeries de l’époque ceux dont le rôle était de composer les textes avant impression, les linotypistes, avaient mis en place un code typographique pour prévenir de l’arrivée d’un responsable
En imprimerie, la taille des lettres s’appelle le corps. Elle est désignée par des chiffres. Si les corps 9 et 10 sont de tailles ordinaires, le corps 11 commence déjà à être plus grand. Le corps 22 est donc très grand. Il convenait parfaitement pour signifier l’importance hiérarchique d’un arrivant. Si l’un des ouvriers criait «22», ses collègues comprenaient tout de suite que le contre maitre était en vue. Il semble même que le «44» fut un temps utilisé pour prévenir de l’arrivée d’un responsable encore plus important.
Mais c’est le 22 qui est resté pour désigner l’autorité puis la police.
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Une sainte nitouche est une personne hypocrite. Elle prend des airs innocents et prudes alors qu’elle est en réalité tout l’inverse. Elle se donne l’apparence d’une femme chaste et innocente pour cacher sa véritable nature.
On en trouve la première trace dans Gargantua de Rabelais paru en 1534. Une déformation phonétique serait à l’origine de l’expression.
« Nitouche » est formé à partir de l’expression « n’y touche pas » qui est selon les interprétations, soit une remontrance adressée à quelqu’un qui désirerait effectuer une tentative de séduction, soit une façon d’indiquer à une tierce personne que telle jeune fille ne peut être convoitée car elle n’est pas dévergondée comme on le croit.
Il existe également une autre explication. Une sainte est une personne qui a fait voeu de chasteté avant le mariage. On ne peut donc pas y toucher, « on n’y touche pas » déformée avec le temps en « on nitouche pas ».
Dans tous les cas c’est le recours ironique à cette expression qui lui a permis de passer à la postérité.
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L’action de « faire du boucan » consiste dans le langage familier à faire beaucoup de bruit.
Le mot « boucan » vient directement du mot « bouc » dont le verbe « boucaner » signifie en ancien français du 17ème siècle, imiter le cri du bouc. Et dans la Bible il est un animal maudit. Plus tard il prit un sens additionnel puisque le boucan devint synonyme de « bordel », lieu qui a son tour pouvait facilement évoquer le vacarme. La prostituée était la « boucanière » et « boucaner » consistait à fréquenter ces lieux de débauche.
En raison du bruit que pouvaient générer les maisons closes, faire du boucan signifia rapidement « faire un bruit excessif ».
On retrouve d’ailleurs le mot « boucan » dans un certain nombre d’autres expressions dans lesquelles il revêt une signification amplifiée comme « faire un boucan d’enfer ».
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« Etre de mèche » marque la complicité, la connivence d’une personne avec une autre dans l’accomplissement d’un acte le plus souvent répréhensible.
Dans la langue provençale le terme «mech» signifie « moitié ». Et en italien on dit « mezzo ». De la même racine latine, le terme de « mèche » fut utilisé dès le 18ème siècle dans le monde du banditisme. L’expression « être de mèche » signifiait alors faire « moitié moitié » sur l’argent d’un coup, être de moitié dans une affaire. Ainsi les voleurs ou les criminels qui étaient de mèche faisaient 50/50.
Le langage courant a ensuite retenu la complicité au détriment du partage équitable des fruits lors d’une action illégale.
A noter enfin qu’on retrouve le mot « mèche » dans l’expression « vendre la mèche », c’est-à-dire vendre sa moitié. Mais il ne s’agit pas de la même mèche puisque celle-ci est celle qui à la fin du 16ème siècle permettait de faire exploser des mines.
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Quelle est l’origine de l’expression « à la queue leu leu » ?
Cette expression date du Moyen Âge. En français médiéval un «leu» signifie un « loup ». Ces animaux sont alors beaucoup plus fréquents que de nos jours dans les forêts. Il n’est pas rare d’en croiser dans les campagnes de France. Le loup comme le renard tiennent ainsi une place importante dans l’imaginaire des peuples vivant à cette époque.
Dès le 11ème siècle on utilise le terme « leu », dérivé du latin « lupus », pour parler d’un loup. Or quand ils se déplacent, les loups sont souvent les uns derrière les autres. Ainsi on a vu naitre naturellement l’expression «à la queue du leu, un leu» pour dire que « c’est à la queue d’un leu qu’on trouve un autre leu » ou en français moderne que c’est derrière un loup que l’on trouve un autre loup.
Avec le temps l’expression a été simplifiée par l’abandon des articles.On en trouve la première trace écrite au XVIe siècle pour désigner un jeu dans Gargantua de Rabelais
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Un gros bonnet est quelqu’un d’importance, socialement ou financièrement.
L’origine de la locution remonte au 17ème siècle. A cette époque les clercs de justice comme les docteurs de la Sorbonne portaient des bonnets carrés ou ronds. Mais pas seulement eux. Portaient également des bonnets les ecclésiastiques et les juges entre autre. Bref tous les gens qui avaient atteint un certain rang social.
Puis l’usage de l’expression a glissé des personnes « respectables » à tous les individus riches, quel qu’ait été par ailleurs la moralité ou la légitimité de leur parcours.
Cette expression est à rapprocher de cette autre née également au 17ème siècle : « bonnet blanc, blanc bonnet » pour désigner deux choses d’apparence différentes mais qui sont en réalité à peu près identiques. Malheureusement pour cette dernière expression l’origine reste inconnue.
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L’origine de cette expression signifiant « directement » ou « sans précaution » est militaire.
S’agissant de la dernière partie de l’expression, « le blanc » fait référence au centre des cibles à atteindre lors des tirs d’essai de canon de l’armée au 17ème siècle.
Quant au « but », il vient de la déformation de la « butte de tir », c’est-à-dire le point d’où l’on tire, un endroit surélevé permettant aux artilleurs de se placer légèrement au-dessus du canon.
Les tirs d’entrainement avaient pour objet de viser directement depuis la butte vers le blanc, c’est-à-dire le centre de la cible. De la butte au blanc, devenu progressivement « de but en blanc ».
Cette opération étant un tir de routine, elle pouvait être renouvelée instantanément. De plus la trajectoire du tir était directe, en ligne de droite. Aucun calcul savant ou orientation particulière du canon n’était nécessaire. Le sens de l’expression s’explique donc en raison tout à la fois du caractère rapide et précis du tir.
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