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Vous ai-je déjà dit qu’à l’origine, avant d’être gourou, j’ai été historien? Oh pas très longtemps... En fait, le temps nécessaire pour me rendre compte que, contrairement à François, j’étais absolument incapable de me retrouver tous les jours devant les mêmes charmantes têtes blondes, ou rousses, ou brunes, ou chauves, ou... bref. Néanmoins, jai conservé une certaine affection pour la critique historique et cela m’a amené à toujours remettre en cause les évidences.
Tenez, par exemple, si je ne veux pas polémiquer (Victor, car Paul Emile Victor) sur l’existence de Dieu, je suis persuadé que Jésus n’est qu’une invention magnifique de quelques publicitaires du 2ème siècle dont faisait partie un certain Saül de Tarse, l’inventeur du christianisme, le Jacques Séguela de l’époque.. Je sais que cela ne fera pas plaisir à tout le monde mais il faut se rendre à l’évidence: il n’existe aucune trace avérée et contemporaine de la réalité d’un homme appelé Jésus ou Josué. On ne met, par contre, pas en doute l’existence d’un certain Jochanaan, dit Jean le Baptiste, ni celle du Maître de Justice des Esséniens, mort crucifié vers l’année -60 et dont la ressemblance avec l’image que nous avons actuellement du Christ ne s’arrête pas là.(1)
En fait, pour moi cette incertitude s'est développée lors d'un voyage touristique en Israël. J'avais trouvé dans une librairie une version française de "La guerre des juifs" de Flavius Josephe et j'y avais cherché vainement une allusion aux événements qui caractérisent la vie de Jésus: le massacre des innocents, les différents épisodes significatifs et jusqu'à la crucifixion. Rien.
Mieux, la ville de Nazareth n'existait pas à l'époque, elle date du 4ème siècle. Sachant que les témoignages des évangiles datent tous de plus de 100 ans après les faits, il est difficile de les considérer comme des sources historiques fiables.
Rien donc, pas la moindre trace écrite, pas même une quittance comme celle qui est une des seules traces connues de l’écriture de Molière.
Et voilà, c'est reparti !
Sans vouloir en remettre une couche (mais quand même...), je crois, comme beaucoup d’auteurs dont je ne suis prêt à vous communiquer les noms que contraint et forcé (2), je crois donc que la grande majorité des textes de Molière n’a pas été écrite par Jean-Baptiste (tiens, le revoilà) Poquelin mais bien par quelqu’un qui, du coup, devient le plus grand génie de la littérature française, ce diable de Corneille.
D'abord, je vous confirme qu'il n'existe aucun manuscrit de la main de Molière.
Rien (français), rin (wallon), nada (espagnol), niente (italien), nihil (latin), ezalité (lingala)!
Amusez-vous a relire certaines des pièces de Molière et vous y trouverez des styles absolument différents et incompatibles. Une scène dont l'écriture est du rang du chef-d'oeuvre est suivie par une autre même pas digne d'une saynète de patronage. C'est le cas dans "L'Ecole des femmes", "Le Misanthrope", "Tartuffe", "Dom Juan".
"Molière oscille en permanence entre le néant et le parfait" dit Poulaille et ce phénomène est absolument unique dans la littérature.
A contrario certains vers de l'un se retrouvent presque à l'identique chez l'autre:
Corneille dans "Sertorius"
"Ah! Pour être romain, je n'en suis pas moins homme"
Molière dans "Tartuffe"
"Ah! pour être dévot, je n'en suis pas moins homme"
De plus, quand on fait le compte de tout ce que Molière est supposé avoir fait dans sa vie connue, on constate que des journées de 48 heures ne lui auraient pas suffit
Bien sûr, cela n'enlève rien au fait que c'était un grand homme de théâtre, un communicateur et un politique hors du commun, mais ça fait mal et d’ailleurs, dès qu’on en parle, ça provoque la colère.
Comment accepter que ces personnages qui font partie de notre vécu, de nos racines, sur lesquels se base notre culture soit mis en cause de cette manière ignoble...
Et pourtant, les analyses livrées par les auteurs que j'ai lâchement dénoncés me laissent rêveur, le doute m’étreint, mon univers s’écroule et je dois continuer à vivre, sans savoir, sans être sûr...
N'est-ce pas Alphonse qui disait: "Shakespeare n'a jamais existé; ses oeuvres ont été écrites par un auteur anglais qui s'appellait également Shakespeare..."
C’est pour ça que j’aime bien ce site et cette collectivité. On n’y croit pas forcément ce qui est écrit et lorsque c’est nécessaire, on essaye, on teste et on communique ses conclusions. Je vous propose donc de tester Jésus et Molière avec les premières pistes succinctes que je vous livre, juste pour voir.
- (1) Jésus
- Flavius Josephe
- Tristan Hannaniel “Les controverses du christianisme” Bordas Les compacts 1993
- Le site du rationalisme
- (2) Molière et Corneille
- Henry Poulaille “Corneille sous le masque de Molière” Grasset, Paris 1957
- Hippolyte Wouters & Christine de Ville De Goyet “Molière ou l’auteur imaginaire” Editions Complexe, Bruxelles 1990
- Dominique Labbé “Corneille dans l’ombre de Molière” Editions Les impressions nouvelles, Paris 2003