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Dès le XIXe s., le L. suscite en Suisse l'intérêt de quelques commerçants, explorateurs et surtout d'anti-esclavagistes intéressés par ce pays fondé en 1847 par des esclaves émancipés, venus des Etats-Unis en 1822. Très limités avant 1945, les échanges bilatéraux se développent ensuite rapidement et justifient l'ouverture à Monrovia d'un consulat en 1954, d'un consulat général en 1957 et d'une ambassade (dirigée par un chargé d'affaires) en 1965. En 1963, deux traités bilatéraux sont conclus: l'un d'amitié et de commerce, l'autre de conciliation, de règlement judiciaire et d'arbitrage. On estime alors les investissements suisses au L. à plus de 15 millions de francs; on y compte plus de 200 compatriotes qui travaillent souvent dans le commerce international, l'exploitation du bois, les plantations ou la brasserie "Monrovia Brewery", la plus grande du pays. Dans les années 1980, malgré des exportations suisses de matériel de guerre, les échanges commerciaux stagnent et le nombre des Suisses chute; néanmoins en 1988 une dizaine d'entreprises helvétiques emploient plus de 650 personnes. Considéré jusqu'à l'éclatement de la guerre civile en 1989 comme une tête de pont de l'économie américaine en Afrique et réputé pour sa politique libérale favorable à l'Occident, riche en matières premières (fer, diamants, caoutchouc, huile de palme), le L. attire des investisseurs étrangers. La législation fiscale autorise la navigation, sous pavillon de complaisance, d'une flotte considérable. Pendant les années 1980, le L. est l'un des pays africains (avec l'Afrique du Sud, l'Algérie et le Nigéria) dans lesquels les banques établies en Suisse sont le plus massivement engagées (plusieurs milliards de francs selon les statistiques publiées par la BNS). Dès septembre 1990, la Croix-Rouge suisse vient en aide aux Libériens réfugiés au Ghana, victimes de la sanglante guerre civile (1989-2003). Depuis 2004, la Direction du développement et de la coopération soutient la reconstruction du pays. En 2006, la Suisse a investi 7,49 millions de francs dans l'aide humanitaire et la coopération bilatérale au développement.
Fonds d'archives
– Documentation du DFAE
Auteur(e): Marc Perrenoud