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Ecrivain, Poète, Moraliste, Dramaturge, Romancier, Fabuliste.
Naissance le 8 Juillet 1621 à Château-Thierry
Décès le 13 Avril 1695 à Paris
Nationalité Française.
Issu d’une famille de marchands-drapiers en voie d’anoblissement, il passe ses premières années à Château-Thierry, dans l’hôtel particulier que ses parents ont acheté en 1617 au moment de leur mariage.
Jean de La Fontaine exercera d’ailleurs la charge de maître particulier jusqu’en 1671.
Le poète gardera cette maison jusqu’en 1676, époque où il connaît des embarras pécuniaires après avoir dilapidé la fortune paternelle.
Classée monument historique en 1887, la demeure du fabuliste abrite aujourd’hui le musée Jean-de-La-Fontaine.
On sait peu de choses sur les études de La Fontaine.
On sait qu’il a fréquenté jusqu’en troisième le collège de sa ville natale, qu’il s’y est lié d’amitié avec François de Maucroix et qu’il a appris le latin, mais pas le grec.
Un mouvement de ferveur lui inspire d’être ecclésiastique, et il entre le 27 avril 1641 au couvent de l’Oratoire. Comme il est le fils aîné, il est très douteux qu’il ait été encouragé par sa famille dans cette vocation (d’autant plus que son frère cadet le rejoint bientôt dans cette institution), cependant son père ne s’y oppose pas.
Mais dès 1642 il renonce à l’état clérical, préférant lire L’Astrée, d’Honoré d’Urfé, et Rabelais, plutôt que saint Augustin.
Il reprend des études de droit à Paris et fréquente un cercle de jeunes poètes : les chevaliers de la table ronde, où il rencontre Pellisson, François Charpentier, Tallemant des Réaux, et Antoine de Rambouillet de La Sablière, qui épousera la future protectrice du poète Marguerite de La Sablière.
Il obtient en 1649, un diplôme d’avocat au parlement de Paris.
En 1658, après que La Fontaine et sa femme ont demandé la séparation de biens par mesure de prudence, il entre au service de Nicolas Fouquet, procureur général au Parlement de Paris et surintendant des Finances, auquel, outre une série de poèmes de circonstances prévus par contrat — une « pension poétique » —, il dédie le poème épique Adonis, tiré d’Ovide, et élabore un texte composite à la gloire du domaine de son patron, Le Songe de Vaux, qui restera inachevé, car Fouquet est arrêté sur ordre de Louis XIV.
Ses Fables constituent la principale œuvre poétique de la période classique, et l’un des plus grands chefs-d’œuvre de la littérature française.
Le tour de force de La Fontaine est de donner par son travail une haute valeur à un genre qui jusque-là n’avait aucune dignité littéraire et n’était réservé qu’aux exercices scolaires de rhétorique et de latin.
Les Fables choisies, mises en vers par M. de La Fontaine (ou plus simplement Les Fables) est une œuvre écrite entre 1668 et 1694. Il s’agit, comme son nom l’indique, d’un recueil de fables écrites en vers, la plupart mettant en scène des animaux anthropomorphes et contenant une morale au début ou à la fin.
Le premier recueil des Fables publié correspond aux livres I à VI des éditions actuelles. Il a été publié en 1668, et était dédié au Dauphin. La Fontaine insiste sur ses intentions morales : « je me sers d’animaux pour instruire les hommes. »
Le deuxième recueil des fables correspond aux livres VII à XI des éditions modernes. Il est publié en 1678, et était dédié à Madame de Montespan, la maîtresse du roi.
Le dernier recueil publié correspond au livre XII actuel. Il est publié en 1693, mais daté de 1694. Il est dédié au duc de Bourgogne, le petit-fils du roi.
Travail de réécriture des fables d’Ésope (par exemple La Cigale et la Fourmi), de Phèdre, Abstémius, de Pañchatantra (Pilpay), mais aussi de textes d’Horace, de Tite-Live (« les Membres et l’estomac »), de lettres apocryphes d’Hippocrate (« Démocrite et les Abdéritains »), et de bien d’autres encore, elles constituent une somme de la culture classique latine et grecque, et s’ouvrent même dans le second recueil à la tradition indienne.
Au début du xixe siècle, elles influenceront à leur tour le fabuliste russe Ivan Krylov.
Le fabuliste a éclipsé le conteur, dont les textes sont ici en vers.
La crispation religieuse de la fin du règne de Louis XIV, et plus tard la pudibonderie du xixe siècle, ont mis dans l’ombre ces contes licencieux dont le défi poétique consiste à jouer de l’implicite pour (ne pas) nommer la sexualité, à « dire sans dire », dans un jeu de dérobade et de provocation reposant sur la complicité du lecteur. La Fontaine connaît ses premiers succès littéraires grâce à ces Contes et nouvelles en vers qualifiés de licencieux, libertins, coquins, grivois, lestes, érotiques ou encore gaillards.
La Fontaine s’inscrit dans une vieille tradition littéraire mais le fait à sa manière, en transformant les contes grossiers en œuvres plus raffinées.
Il prend ainsi soin d’emprunter des détours, de suggérer, de voiler ses propos pour les rendre plus amusants.
Dès la sortie de son recueil de conte, les critiques applaudissent et le succès est tel qu’il faut réimprimer l’ouvrage par deux fois au cours de l’année.
La Fontaine est enfin célèbre, avec une réputation particulière : il est qualifié d’excellent conteur doublé d’un esprit libre et original.
La Fontaine a mené simultanément ces deux activités, jusqu’à joindre des contes à l’ultime recueil de fables de 1693 : bien plus qu’un laboratoire de la narration enjouée des Fables, les Contes pourraient bien participer d’une même entreprise, celle d’une narration poétique sous le signe d’une gaieté sans illusions.
L’œuvre de La Fontaine offre la figure, exemplaire, d’une sagesse désabusée : elle choisit, comme le Démocrite de la fable Démocrite et les Abdéritains, la retraite méditative plutôt que la vie de la cité d’Abdère soumise aux pensées du vulgaire, et, face à la violence forcenée du réel elle préfère, contre l’Héraclite de l’Histoire, le rire plutôt que les pleurs.
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