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La fin de la procédure de destitution contre Sebastian Piñera intervient avant les élections du 21 novembre, au cours desquelles un nouveau président sera désigné, et le Parlement renouvelé.
Le Sénat du Chili a voté mardi contre la destitution du président Sebastian Piñera, soupçonné de conflit d’intérêt dans la vente d’une compagnie minière en 2010 réalisée dans un paradis fiscal et révélée par les «Pandora Papers».
Ce vote met un terme à la procédure de destitution qui avait été approuvée la semaine dernière par la Chambre des députés, où l’opposition est majoritaire.
Au Sénat, également dominé par l’opposition, une majorité des deux tiers, soit 29 voix, était nécessaire. Or seuls 24 sénateurs ont voté pour la destitution, 18 contre et un s’est abstenu.
«La défense a démonté de façon catégorique chacun des faits exposés dans les motifs de ce procès politique», s’est félicité le sénateur pro-Piñera Francisco Chahuan.
L’avocat de M. Piñera, Jorge Galvez, avait affirmé au début de la séance au Sénat que l’accusation était «dénuée de tout fondement factuel et juridique».
La procédure avait été déclenchée après des révélations des «Pandora Papers», une enquête du Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ).
Selon ces documents, la compagnie minière Minera Dominga avait été vendue en 2010 par une société détenue par les enfants du chef de l’Etat à un homme d’affaires, ami du président, pour 152 millions de dollars, une transaction opérée aux îles Vierges britanniques.
Le paiement de la transaction devait être effectué en trois versements et contenait une clause controversée qui subordonnait le dernier paiement à la condition qu’aucune zone de protection environnementale ne soit établie sur la zone d’exploitation de la société minière.
D’après l’enquête, le gouvernement de Sebastian Piñera n’a finalement pas protégé la zone où l’exploitation minière était prévue, si bien que le troisième paiement a bien été effectué.
La présidente socialiste Michelle Bachelet (2006-2010), à laquelle avait succédé M. Piñera, avait pourtant recommandé que soit protégée la zone riche en biodiversité qui abrite une colonie de manchots de Humboldt, une espèce menacée.
Le président de droite, qui est également un des hommes les plus riches du Chili avait dénoncé une accusation basée «sur des faits faux ou trompeurs» et estimé que l’affaire avait déjà été jugée en 2017 et fait l’objet d’un non-lieu.
A l’ouverture d’une nouvelle enquête pénale début octobre, le parquet avait toutefois fait valoir que les faits liés à la vente et à l’achat de la société minière «n’étaient pas expressément inclus» dans la décision de non-lieu.
La fin de la procédure de destitution contre M. Piñera intervient avant les élections du 21 novembre, au cours desquelles un nouveau président sera désigné, et le Parlement renouvelé.