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Une brève histoire des jardins-forêts
Les jardins-forêts (sous des principes très similaires, on les appelle agro-forêts, systèmes agro-forestiers ou en anglais homegardens, edible-gardens, food-forests, forest-gardens ou managed-forests, ou encore Esswald en Allemand) sont une tradition millénaire dans les zones inter-tropicales comme au Sri Lanka, Bangladesh, Ethiopie, Indonésie, Amazonie, etc. Il y avait des jardins-forêts en Europe, qui ont été détruits par les empires romains et l'arrivée de religions judéo-chrétiennes. Cela permettait le contrôle des populations et laissait l'accès aux forêts à des classes supérieures de la société.
Anciennes pratiques
En Europe, depuis l'arrivée de l'agriculture qui a succédé aux chasseurs cueilleurs sédentaires, il y a eu de nombreuses évolutions et notamment des pratiques forestières et arboricoles: les bocages, les plessis, les joualles (ou hautains) ou les trognes qui étaient au coeur des sociétés et qui ont aujourd'hui presque disparu.
Les populations qui étaient traditionnellement très intimement liées à la forêt se sont retrouvées graduellement dans les champs, puis dans les villes. Cela a été causé notamment par l'arrivée des sources d'énergie pas chères (charbon, pétrole, gaz) qui ont permises la mécanisation des pratiques forestières et agricoles, et l'usage d'engrais et de pesticides.
Sous les climats tempérés
A notre période contemporaine, les jardins-forêts se sont démocratisés en Europe dans les régions tempérées grâce au travail de Robert Hart en Angleterre dans les années 1960.
Les travaux sur la permaculture dans les années 70 ont également largement inspiré ce mouvement, et c'est encore le cas aujourd'hui. Dans les années 1990, Martin Crawford (photo de l'article) - également en Angleterre - a approfondi ce domaine et est l'auteur d'un livre référence en la matière: "La Forêt-Jardin" aux éditions Ulmer.
De nombreux projets de climat tempéré ont continué d'émerger en France (le bec Hellouin, la Forêt Gourmande, la Forêt Nourricière, l'Université des Alévoles), en Belgique (le jardin des Fraternités Ouvrières), en Hollande avec notamment Wouter van Eck, au Portugal avec des modèles sous forme de coopératives (Montado Freixo Do Meio), en Espagne (Juan Anton), aux Etats-Unis ou encore en Nouvelle-Zélande.
Chez nous, en Suisse, les projets se multiplient plus discrètement pour le moment: Jardins Permanents en Valais, le biodiverger à Marcelin, Esswaldland en Suisse allemande, Pan Terra dans le canton de Fribourg, la ferme des 1000 mains à Lausanne et le petit dernier Jardin-Forêt d'Eos à Eysins.