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Je note finalement trois possibilités concernant la nature du socialisme.
1. L'ensemble des courants se réclamant du socialisme étant si différents, il est impossible de trouver un dénominateur commun (même modeste) et le socialisme n'existe pas en tant que tel (il y a seulement des socialismes au pluriel, et chaque courant donne un sens particulier à ce terme).
2. Le socialisme est un nom propre dénommant une catégorie de termes ayant des ressemblances de famille entre eux (pas tous entre eux, mais certains avec certains, ce qui est probablement suffisant pour parler de catégorie partageant des ressemblances de famille). Comme tous les noms propres, il nomme et ne signifie rien.
3. Le socialisme peut être défini comme x (comme je l'ai fait dans un de mes billets sur mon blog principal) et tout ce qui n'est pas x mais qui prétend s'appeler "socialisme" ne l'est pas (exclusion/élimination des concurrents).
Dorénavant j’emploierai généralement le troisième sens de la nature du mot "socialisme" pour désigner (de manière minimale) une société libre (où par "libre" on entend essentiellement dépourvue de hiérarchie et de salariat) lorsque je défendrai une position normative (ce qui est bien souvent le cas sur mon blog).
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Ludwig Wittgenstein a dit dans le Tractatus logicus-philosophicus que « sur ce dont on ne peut parler, il faut garder le silence ». Partant de ce principe, j'avais affirmé dans une publication précédente l'inexistence du socialisme, puisque les courants qui le composent n'ont pas suffisamment en commun pour permettre une définition universelle.
Toutefois, il y a une résolution possible (même si peu satisfaisante pour certains) au problème. On peut considérer que le mot « socialisme » est un fait un nom propre (et non un nom commun) qui sert à désigner un ensemble d'objets (ayant peut-être des ressemblances de famille, même si cela reste à démontrer). La difficulté apparente réside dans le fait que n'importe quoi peut être revendiqué comme étant « socialiste ». Mais comme c'est effectivement le cas en pratique, je pense que ma résolution du problème est donc empiriquement confirmée.
Certains prétendent que le socialisme serait un objet historiquement déterminé. D'un point de vue relativiste cela est certes vrai. Et de ce point de vue, tout peut être considéré comme du socialisme, du moment que c'est la pratique qui le définit comme tel. Ainsi ces deux conceptions du socialisme se rejoignent.
A noter enfin que le mot « libéralisme » rencontre probablement les mêmes problèmes de définition.
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"En Europe occidentale, le mouvement ouvrier se structure aujourd'hui selon des lignes de forces qui ne portent plus sur les moyens du socialisme (réforme ou révolution) mais sur le contenu du socialisme lui-même.
Tout un pan du mouvement ouvrier ne croit plus, depuis sa base jusqu'aux sommets, à un au-delà du capitalisme. C'est le courant gestionnaire dont le centre de gravité est la social-démocratie.
A ses côtés, le courant protestataire (dont le centre de gravité est constitué par les partis plus ou moins ex-communistes) fait encore mine d'y croire, mais le contenu qu'il propose est surtout une dénonciation radicale du capitalisme sans formuler d'alternative. Il s'efforce surtout de conserver et de sauvegarder ses positions acquises.
Le troisième courant, aujourd'hui encore protéiforme et minoritaire, veut rebâtir une alternative réelle au capitalisme qui soit tout à la fois émancipatrice et fonctionnelle. Il doit procéder sans à priori ni tabou. C'est dans ce cadre que notre tentative de repenser le socialisme doit s'inscrire."
François Dietrich
Camarades socialistes, communistes, et anarchistes,
Quel que soit le parti ou l'organisation dans laquelle vous militez, c'est bien à la reconstruction du socialisme, théorique peut-être, mais surtout pratique (la contre-société) que nous devons travailler.
Notre devoir n'est pas de servir un quelconque objectif électoraliste ou réformiste, mais bien de bâtir un mouvement de transformation sociale transcendant les appartenances partisanes, les nuances idéologiques, et les querelles individuelles.
(Je développerai cette idée dans un texte sur mon blog principal.)
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On m'a reproché parfois d'employer le mot "socialisme" pour parler du projet de société que je défends.
Ce mot serait par trop connoté négativement, que ce soit type URSS ou à l'inverse type François Hollande.
Il y a deux manières de répondre à cette critique.
Tout d'abord, je ne vois pas de meilleur terme alternatif.
Le mot "communisme" est bien plus mal connoté, puisqu'il est exclusivement (quasiment) connoté URSS and co, tandis que le mot "anarchisme" est connoté "jeune rebelle criant FUCK LA POLICE" ou tout simplement chaos/anomie/désordre.
Deuxièmement, le mot "socialisme" a signifié le projet de société que je défends pour la plupart des gens, depuis son invention au XIXème siècle jusqu'aux années 1917, où il a pris un autre sens en ex-URSS, puis jusqu'en 1985-1990 où il a été plus ou moins abandonné (et où le sens est devenu similaire à celui de social-libéralisme).
Il y a une sorte de lutte contemporaine (plutôt latente) pour le contrôle du sens du mot "socialisme" entre social-libéraux et socialistes. Et je pense qu'il s'agit de remporter cette lutte, sans chercher des mots alternatifs ou des néologismes dénués d'histoire philosophique, politique, ou sociale.
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J'ai appris ce soir que certains, à la gauche radicale notamment, n'appréciaient pas ma démarche théorique. Je serais par trop jeune en effet, pour oser m'exprimer sur le socialisme.
Mais en réalité je crois qu'il y a erreur sur ma démarche.
Je ne cherche pas à expliquer le socialisme, comme un enseignant à des élèves, mais uniquement à interroger le socialisme, à chercher à comprendre ce que c'est, ce que ça a été, et ce que cela pourrait être (ou ce que cela sera).
Que des militants d'ores et déjà socialistes trouvent matière à réflexion dans mes écrits, j'en suis comblé. Mais qu'ils n'y voient nullement une tentative d'explication qui viserait à leur enseigner quelque chose.
Le côté explicatif de mes textes vise avant tout les individus qui ne sont pas encore socialistes. Ou bien il est simplement le reflet que prend tout texte de recherche lorsqu'il tente d'établir quelques jalons dans une réflexion.