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OCTODURUS.
De la forteresse primitive à la cité marchande romaine
Antiquité
Ces derniers dressent leurs fortifications au fond de la vallée, probablement sur la colline Saint- Jean. De là, la place fortifiée contrôle simultanément le passage vers l'Italie (Mont-Joux, aujourd'hui Col du Gd-St-Bernard) et vers la France (Col de Balme et de La Forclaz). Estimée à quelques centaines de personnes, la population réside d'abord sur les coteaux. Progressivement, elle descend vers la plaine et s'y établit.
Les Véragres entrent dans l'histoire en 57 avant J.-C. Dans le De Bello Gallico (III, 1.6), Jules César consacre un chapitre entier à la bataille d'Octodure: aidés des Sédunes, les Véragres attaquent les troupes de la 12ème légion romaine de Servius Galba, lieutenant de César, installées pour l'hiver dans le vicus d'Octodurus. Mises en difficulté mais non vaincues, celles-ci choisissent alors de se replier dans le pays des Allobroges (peuple de Gaule habitant le Dauphiné et la Savoie) pour y passer l'hiver. Même si les Véragres ne sortent pas victorieux du combat, ils mettent momentanément en échec la tentative de César de contrôler le versant occidental du Col du Gd- St-Bernard.
Cet épisode reportera de quelques années la mainmise de l'Empire Romain sur le Valais, conquis vers 15 avant J.-C. Bourg impérial puis capitale de la demi-province des Alpes Grées et
Pennines, la ville devient Forum Claudii Vallensium en l'honneur de l'empereur Claude, qui y autorise la tenue d'un marché. Au début de notre ère, Octodure est un centre administratif, politique et culturel. La petite cité est désormais un point de rencontre important entre les civilisations celte et méditerranéenne. Il s'agit d'un centre gallo-romain, économiquement prospère jusqu'au 3ème siècle de notre ère. L'Amphithéâtre du Vivier et les grands bronzes, dont la tête de taureau tricorne, témoignent de cette grandeur passée.
SITES ARCHÉOLOGIQUES
A la découverte de Martigny-la-Romaine (FORVM CLAVDII VALLENSIVM)
La promenade archéologique
Le Tepidarium
La Domus du génie domestique
Un lieu de spectacle : l’Amphithéâtre
La première cathédrale du Valais
Au cœur de la ville romaine : la promenade archéologique
La découverte en 1975 d'un secteur des thermes publics de l'insula 2, comprenant notamment un grand hypocauste (J), une salle de chauffe (F) et des latrines (L), amena la Commune à renoncer à construire à cet emplacement le nouveau local des pompiers projeté. Le terrain fut alors acquis par la Confédération, en même temps que l'ancien stade contigu, sous lequel se situe le forum de la ville antique.
La poursuite de fouilles limitées permit de mettre en évidence la rue de la Basilique, large de 14 à 15 mètres, sous laquelle courrait un impressionnant égout voûté ainsi que des locaux privés, destinés à des activités commerciale ou à l'habitat (1 à 8, M à T).
Résidence d'un notable : La Domus du génie domestique
Cette domus doit son nom à une statuette qu'on y a découverte en 1993. Elle présente, sur un peu plus de 600 m2, toutes les parties constituantes d'une demeure d'une famille en vue dans la cité. Construite au début du IIe siècle de notre ère, elle jouissait d'une situation privilégiée au centre de la ville, face au forum. Elle est articulée de part et d'autre d'un péristyle (M), jardin d'agrément entouré de portiques.
Dans l'Antiquité romaine, le tepidarium était la partie des thermes où l'on prenait des bains tièdes. Les archéologues connaissent depuis 1974 l'existence des thermes de Martigny, et en particulier de son tepidarium, découvert puis réenfoui après la construction de la rue du Forum, devant le parking de la Fondation Pierre Gianadda. Depuis 2011, les vestiges du tepidarium sont mis en valeur, abrités et reliés symboliquement à la Fondation par une colonnade et un plan d'eau.
Le tepidarium de Martigny a la particularité d'être très bien conservé. On repère facilement le système de chauffage. Le bassin lui-même est étonnamment bien conservé. À l'intérieur du pavillon, les visiteurs découvrent le récit de la bataille d'Octodure par Jules César. Cette bataille a opposé les troupes romaines aux Véragres et aux Sédunes en 57 avant J.-C. Des copies de bustes de Jules César et de l'empereur Claude donnent vie à cette évocation. Le buste de César est la reproduction d'une tête en marbre découverte en 2007 dans le Rhône à Arles. La tête de l'empereur Claude est celle mise au jour dans le théâtre antique de Vaison-la-Romaine, ville jumelée à Martigny. Devant le pavillon, l'emplacement des murs principaux des thermes est indiqué par des bandes de pavés de couleur anthracite.
Situé au centre des vestiges archéologiques de Martigny, proche à la fois de l'Amphithéâtre, de la Domus Minerva, du Mithraeum ou encore du musée gallo-romain conservé dans la Fondation Pierre Gianadda, le tepidarium témoigne d'une ville antique bien équipée et à la vie sociale riche.
Source : supplément Nouvelliste - Fondation Gianadda du 29.11.2011