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International
Elections italiennes
Qui sort vainqueur des urnes?
1004 communes, dont 25 chefs-lieux, étaient appelées au vote les 11 et 25 juin derniers. Symboliquement moins importantes que celles de l'an dernier, où le M5S s'était affirmé à Rome et Turin, ces élections ne sont pas moins significatives d'une situation politique, économique et sociale, chaotique.
La première donnée qui frappe, à la suite des deux tours des élections communales, est la victoire de ce fantomatique «centre droit», où l'on trouve réunis le regroupement berlusconien Forza Italia et le mouvement d'extrême droite la Lega, conduite par Matteo Salvini. Le centre droit, s'il faut vraiment l'appeler ainsi, a remporté des communes qui votaient traditionnellement à «gauche». Un véritable tremblement de terre en ce qui concerne Gênes (gérée depuis plus de 25 ans par la gauche), Pistoia, La Spezia, Sesto San Giovanni, Piacenza, Monza ou l'Acquila.
Le Parti démocrate(PD) de Renzi encore perdant
Malgré l'échec retentissant au référendum constitutionnel du 4 décembre 2016, une large majorité (environ 69%) a reconduit Matteo Renzi à la tête du parti en mai dernier. Le secrétaire fraîchement réélu avait alors soutenu être la «réponse» d'un PD renouvelé, se présentant comme un véritable parti du centre en ce qui concerne les questions sociétales et à droite en ce qui concerne les questions économiques et austéritaires (à la Macron si l'on veut). Une orientation renforcée par le départ d'une minorité du PD pour créer son propre parti, le Movimento democratico e progressista (MDP-Art. 1). Or les dernières élections confirment la perte de popularité de l'ancien Premier Ministre au niveau local. Non seulement par le succès remporté par le «centre droit», mais aussi par le fort taux d'abstention, atteignant plus de 60% dans des villes du Sud de la Péninsule comme Taranto.
Le taux d'abstention, comme le relevait récemment Franco Turigliatto de Sinistra anticapitalista, trahit aussi la très relative victoire de la droite de Silvio Berlusconi et de l'extrême droite de Matteo Salvini. Les conseils municipaux élus ne peuvent en effet compter que sur environ 25% de soutien (là aussi la comparaison avec le gouvernement Macron s'impose). Pour Turigliatto, ils sont «minoritaires et n'ont aucun réel soutien populaire» (cf. Sinistra Anticapitalista, 26 juin 2017).
Une illégitimité que renforce encore le système électoral italien qui donne une prime au regroupement ayant remporté la majorité des voix, à quoi s'ajoute le fait que le nombre de représentants communaux a été réduit (sous prétexte d'économie), assurant une mainmise sur les communes du regroupement majoritaire.
Le M5S en crise?
Le M5S a été éliminé lors du premier tour des élections des principales villes appelées à réélire leur municipalité. Toute la presse italienne a salué cette défaite, présentée comme la fin possible du mouvement de Beppe Grillo et le retour au bipartisme. L'espace politique que le M5S occupe se déplace de plus en plus vers la droite: les récentes déclarations sur les migrant·e·s et sur le ius soli en discussion au parlement ne laissent plus de doute, pour ceux·celles qui en avaient encore, sur ce point. Cependant, l'échec du premier tour est aujourd'hui compensé par le fait que le M5S a remporté les ballotages de 8 des 10 communes où il était présent, en particulier à Carrara, à gauche depuis toujours.
Reste à savoir si ces élections locales auront un impact national lors des prochaines consultations politiques, prévues au printemps 2018.
Stefanie Prezioso
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