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Un constructeur de génie dont la marque a fêté ses 110 ans
Ettore Bugatti (1881-1947) naît à Milan en 1881 et commence par étudier la sculpture dès 17 ans, avant de se consacrer quelques années plus tard à la mécanique. Il travaille chez différents constructeurs automobiles avant de monter, en 1909, ses propres ateliers à Molsheim, proche de Strasbourg en Alsace.
Il fabrique, jusqu’en 1939, des modèles exceptionnels de sport et de compétition qui détiennent toujours des records aujourd’hui. Ces voitures sont unanimement appréciées, tant pour leurs performances que pour la beauté et la pureté de leurs lignes. De riches collectionneurs et passionnés en possèdent.
La Bugatti type 35 est celle qui remporte le plus grand nombre de victoires (plus de deux mille) en course dont cinq succès consécutifs, de 1925 à 1929, à la mythique course Targa Florio en Sicile !
Cette épreuve est créée par deux frères mécènes italiens, Vicenzo et Ignazio Florio, en 1906. Elle aura lieu jusqu’en 1977. Le vainqueur reçoit une plaque en or qui montre un véhicule de course sur fond de paysage sicilien. Le mot « targa » désigne une plaque en italien.
La réputation de Bugatti atteint son apogée avec le modèle 41, construit entre 1927 et 1933, plus connu sous le nom de « La Royale », considéré peut-être comme l’une des plus belles voitures jamais réalisées et aussi l’une des plus coûteuses. C’est le véhicule personnel d’Ettore Bugatti. La carrosserie est inspirée d’un dessin exécuté par son fils Jean. Ce véhicule de six mètres de long possède un équilibre et une fluidité remarquables. L’éléphant argenté qui orne avec classe l’interminable capot de la Royale, est un hommage posthume d’Ettore Bugatti à son jeune frère Rembrandt, grand sculpteur animalier. Cette figurine symbolise des qualités communes avec la voiture qui sont la puissance, la souplesse et la docilité.
Destiné pour les grands dirigeants de la planète, ce modèle ne connaît pas le succès escompté, surtout en raison de son poids, 2 900 kg, trop important pour l’époque. Seule une petite dizaine d’exemplaires furent fabriqués. Cet échec met en danger l’entreprise qui est sauvée grâce au réemploi des moteurs pour les premières locomotives à essence utilisées sur le réseau ferré français en 1933.
La marque Bugatti a été réquisitionnée pour fabriquer des moteurs d’avion pour l’Italie pendant la Seconde Guerre mondiale. Il s’ensuit beaucoup de difficultés, la marque Bugatti disparaît en étant vendue à Hispano-Suiza en 1963. Cette dernière est une marque espagnole de voitures et d’équipements aéronautique, fondée à Barcelone en 1904 par un ingénieur suisse et deux entrepreneurs espagnols.
Une tentative de reprise en 1987 par un entrepreneur n’aboutit pas. En 1995, la société Bugatti est reprise par le Groupe Volkswagen, qui produit la Veyron, et désormais la Chiron, qui présente 1500 chevaux sous son capot ! Il s’agit de la voiture de série la plus puissante au monde. Elle peut atteindre la vitesse de 420 km/h. Elle a la puissance d’environ 20 Renault Clio !
Ces deux modèles ne manquent pas de superlatifs : ils ont produit à 450 et 500 exemplaires. Le prix d’un de ces véhicules avoisine les 2,4 millions d’euros.
Actuellement, Bugatti se porte bien. Tous les modèles produits ont été vendus et le carnet de commandes est bien rempli. En 2019, on compte moins de 700 Bugatti en circulation dans le monde. Les Veyron ou Chiron ne sortent pas très souvent : le propriétaire d’une Bugatti possède en moyenne plus de 40 voitures. Les Bugatti roulent donc en général à peine 1 200 kilomètres par an. Les noms des propriétaires de ces voitures sont tenus secrets.