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Le cannabis comme porte d'accès à d'autres psychotropes
L'une des thèses les plus controversées et débattues au fil des ans présente le cannabis, présumé "drogue douce", comme l'initiateur d'une escalade vers d'autres drogues de plus en plus "dures" et dangereuses. Qu'en est-il aujourd'hui de cette théorie?
Si certains travaux tendent à démontrer que la thèse ne peut être entièrement rejetée, plusieurs éléments semblent indiquer que ce débat serait dépassé de nos jours. On peut en effet s'interroger sur la pertinence de la distinction drogues douces - drogues dures si nous considérons que les conséquences négatives d'ensemble (le nombre de personnes concernées et le coût qui en découle) des dépendances au tabac ou à l'alcool dépassent celles liées à la consommation d'héroïne, de cocaïne ou de cannabis.
La consommation de cannabis est elle-même devenue un phénomène de masse, voire une norme dans certains groupes, ce qui en soi pose des problèmes considérables d'exposition de personnes vulnérables. Selon les cas, elle peut être limitée, "juste pour essayer", ou elle peut s'installer dans la durée avec divers degrés d'intensité. Les conséquences peuvent être très diverses.
Les dépendances aux substances psychotropes les plus courantes ont beaucoup de mécanismes en commun. Les facteurs qui favorisent la consommation -en particulier chez les adolescents- ne sont pas très différents d'une substance à l'autre.
Les points d'entrée seraient ainsi multiples et interchangeables:
- la porte d'entrée pour une dépendance au tabac peut être la consommation de cannabis
- une consommation abusive d'alcool n'exclut pas une consommation de cocaïne ou d'amphétamines
- un important pourcentage des usagers d'héroïne n'a pas commencé par le cannabis, mais en consomme par la suite, parfois en alternance avec des benzodiazépines, etc.
La consommation des substances psychotropes les plus courantes se fait souvent en association, et il y a par exemple un effet renforçateur mutuel entre la consommation d'alcool et celle de cannabis.
La notion de vulnérabilité a aussi fait son chemin, traduisant un faisceau d'éléments communs qui augmentent le risque de consommation: éléments d'ordre génétique, psychologique, social, familial, etc.