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Née en 1978 à Uzhgorod, ville de l'ouest de l'Ukraine près de la frontière slovaque et à 620 km au sud-ouest de Kiev, Olha Mykytyn grandit et étudie en Ukraine. Elle travaille cinq ans à la direction du Comité d’aide médicale en Transcarpatie, une ONG active dans les projets médico-sociaux. Cette expérience la marque au point d’entreprendre des recherches pour comprendre pourquoi de nombreux orphelinats sont débordés alors que l’Ukraine connaît une baisse des naissances au lendemain de l'éclatement de l'URSS. En effet, jusqu'en 2006 l'Ukraine est parmi les trois pays qui comptent le nombre le plus élevé d'adoptions (3500 par an, dont plus d'un millier à l'international).
Olha Mykytyn rejoint l’Institut en 2004, pour son master d’abord, puis pour un doctorat sous la direction scientifique de Fenneke Reysoo. Son mémoire de master comme sa thèse de doctorat portent sur l’adoption internationale. La demande pour des enfants adoptables dans les pays riches et dans les classes aisées des pays du Sud s’organise à l’aide d’un dispositif institutionnel international bien structuré. Ce dispositif d’adoption internationale est un employeur important dans les pays d’accueil comme dans les pays d’origine et il exerce une forte pression, souvent méconnue, sur les possibilités de choix de certaines catégories de mères.
Publiée chez Karthala, la thèse d’Olha Mykytyn donne la parole à de jeunes mères poussées à abandonner leur enfant. Vivant pour la plupart dans la pauvreté et la marginalité, elles expriment avec lucidité les contraintes qui les conduisent à laisser un de leurs enfants à l’hôpital pédiatrique, un enfant qui sera abandonné de fait et proposé à l'adoption. Si peu d’entre elles consentent de leur propre gré à l’adoption de leur enfant, le dispositif institutionnel de protection de l’enfance est organisé de façon à les encourager à abandonner leur enfant de façon définitive. Sous le prétexte de l’intérêt de l’enfant, bien des droits des mères (droits civiques, droits reproductifs, droit à l’éducation, droit au travail) sont violés en amont, une situation qui perdurera tant que leurs voix demeureront inaudibles
Aujourd'hui, Olha travaille à la Cour d’appel de Lille.