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2007 2/3 Toscane insolite et mer Ligurienne
Etape 2/3 vers destination les Cinque terre et la Toscane insolite
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PISA
Pise a des origines étrusques et devint, par la suite, la romaine Portus Pisanus car les Romains l’absorbèrent et se fondirent avec les Étrusques qui habitaient ces territoires. Au XI siècle, Pise se hissa au rang des quatre plus puissantes Républiques Maritimes Italiennes aux côtés de Gênes, Venise et Amalfi. Durant presque tout le Moyen-âge, la puissante marine pisane assura à la ville la domination de la Méditerranée occidentale et eut d’importants contacts commerciaux et culturels avec l’Espagne mauresque et l’Afrique du Nord. C’est à cette époque que la ville entreprit les travaux qui donnèrent le jour à ses monuments les plus célèbres : la Cathédrale et son campanile ainsi que la célèbre Tour Penchée.
La Cathédrale de Pise constitue un véritable chef-d’œuvre architectural de la période Romane. Selon la tradition, la construction de la Cathédrale aurait été financée avec le butin obtenu à la suite de la capture de quelques navires sarrasins dans le port de Palerme. Nicola et Giovanni Pisano, artistes admirables du gothique italien, ont laissé des témoignages inégalés de leur art sublime dans la Cathédrale et le Baptistère.
Le Baptistère est l’un des quatre bâtiments qui composent l’ensemble monumental de la Place des Miracles. C’est là que Galilée fut baptisé. Le Baptistère à plan
circulaire, recouvert de marbre blanc, est en pur style roman pisan et gothique. Il abrite, en son milieu, les Fonts Baptismaux conçus pour le rite à «l’immersion» alors très courant en ces
temps-là.
La tour de Pise, dite aussi «tour penchée», constitue l’un des monuments italiens les plus fascinants et les plus célèbres au monde ; elle est admirée pour l’élégance de son architecture ainsi que pour son inclinaison hors du commun. En 1173, la tour jouait le rôle de clocher annexé à la Cathédrale. Les premiers signes d’affaissement du terrain, qui causèrent l’inclinaison de la tour, se manifestèrent douze ans à peine après le début des travaux et en provoquèrent l’interruption à la moitié du troisième étage. Il fallut attendre 1275 pour que l’on se remette à pied d’œuvre et le XIVème siècle pour la voir achevée.
Pise est la ville natale de Galilée, astronome, physicien et mathématicien. À l’âge de soixante-dix ans, ce savant fut contraint d’abjurer ses découvertes sur la rotation de la terre, car elles s’opposaient aux thèses étayées officiellement par l’Église. La Cathédrale de Pise abriterait la célèbre Lampe de Galilée qui inspira l’homme de sciences dans ses études sur les mouvements du pendule ; il semble cependant que l’original soit à bien à Pise, mais dans la chapelle Aulla du Cimetière.
Pise accueille l’un des instituts de formation et recherche le plus célèbre et le plus prestigieux d’Europe : l’Ecole Normale Supérieure de Pise. La « Normale », dont la définition tire ses origines de sa principale fonction didactique consistant transmettre des «normes», elle organise des cours universitaires et des doctorats de recherche suivant deux principales filières : classique (lettres et philosophie) et scientifique (mathématiques, physique et sciences naturelles).
Curiosité: Tous les ans, le 16 juin 70 000 petites lampes s’allument dans toute la ville à l’occasion de la « luminaria de Saint Ranieri » patron de Pise. La fête
prévoit un palio et une régate historique qui rappelle les Républiques Maritimes.
La plus ancienne carte nautique existante est pisane et se trouve à la Bibliothèque Nationale de Paris.
LUCCA
Ancien site des peuples ligures, Lucca devint ensuite une cité romaine au VI^ siècle. Malgré les luttes incessantes entre Guelfes et Gibelins et les guerres contre Pise et Florence, la ville acquit une grande réputation en Europe grâce à ses banquiers et à son commerce d’étoffes. Elle est l’une des rares dont les remparts, datant des XV et -XVII siècles sont encore intacts. Le centre historique abonde en églises médiévales et en bâtiments d’une étonnante richesse architecturale. La place de l’amphithéâtre, née sur les ruines de l’ancien amphithéâtre romain et attribuée à l’architecte Nottolini est unique en son genre. Comme beaucoup de villes de la Toscane, elle conserve d’innombrables œuvres d’art constituant un musée à ciel ouvert, qui n’a cessé de s’enrichir au fil des siècles.
ARCIPELAQGO DELL’ARGENTARIO
L’archipel de l’Argentario, concentré exceptionnel de « pièces uniques », est formé d’une myriade de rochers et des «sept grandes sœurs» (Gorgonia, Capraia, Pianosa, Montecristo, Giannutri, Giglio, Elba), le tout enfermé dans un périmètre de 60’000 hectares de mer avec environ 250km de côte. De ces sept îles, celles de Gorgonia, Capraia, Pianosa, Montecristo, y compris de nombreux rochers qui les entourent, sont depuis toujours des réserves naturelles, tandis que les autres sont en passe de le devenir. L’eau est constamment cristalline et cet atout allié à une température optimale en surface et en profondeur, font de ces lieux une destination fort prisée par tous les amateurs de plongée sous-marine.
ISOLA D’ELBA
Distraite comme à l’accoutumée, Vénus ne s’aperçut pas que son collier s’était brisé et c’est ainsi que les perles tombées en mer s’éparpillèrent pour former un archipel. La plus grosse d’entre elles était l’Elbe avec ses anses accueillantes et ses plages douces. Une autre légende raconte que Jason, en quête de la Toison d’or, fit ancrer à l’île de l’Elbe la flotte des Argonautes, pour quelques réparations. Virgile avance que des valeureux guerriers de l’île partirent pour aider Énée. Aristote, quant à lui, parle d’un îlot situé en Etrurie, d’où étaient extraits des minéraux comme le fer et le cuivre et de jour comme de nuit les fours les fondaient provoquant une telle multitude de lueurs que le premier nom donné par Aristote fut Aethalia, autrement dit étincelle.
Le matériel retrouvé à l’Elbe, à Capraia, à la Gorgonia, à Montecristo, à Pianosa raconte que les anciens habitants de ces terres ne connaissaient pas la navigation, nouvelle déconcertante mais aisément compréhensible, si l’on considère qu’à l’époque prénéolithique toutes les terres étaient unies pour former une péninsule allongée qui se brisa à l’âge néolithique, donnant naissance à l’archipel actuel. L’arrivée des Étrusques sur l’île coïncida avec l’exploitation intensive des ressources minières, qui favorisa l’expansion politique de ce peuple raffiné et cultivé. Comme les Grecs attaquaient et pillaient les navires étrusques chargés de métaux précieux, on préféra le transport par voie terrestre à travers le Latium et la Campanie ; d’où la très célèbre « Route du fer » qui, de Populonie, garantissait l’approvisionnement du proche Orient en fer en moins d’un mois et qui, chemin faisant, favorisa la diffusion de la culture et de la civilisation de ce peuple.
Par la suite, après la lourde défaite essuyée par les Grecs infligée par les Étrusques alliés avec Carthage, la route du fer s’allongea et permit le transport des minéraux jusqu’aux pays d’Europe du Nord.
L’île d’Elbe doit aussi son renom pour avoir accueilli Napoléon, qui y vécut en exil après son abdication à Fontainebleau. Il y entra suivi d’une petite garnison formée ses lieutenants les plus fidèles. L’État major comptait le ministre de l’intérieur Bertrand, le général Drouot et Cambronne commandant de la Garde. Ils débarquèrent sur le quai dans la rade de Portoferraio. Les habitants l’accueillirent avec enthousiasme et le maire lui remit les clés de la ville. Après avoir logé quelques jours durant dans les bureaux de la mairie. Napoléon décida de rénover quelques bâtiments situés entre le Fort Stella (Étoile) et le Fort Falco (Faucon), correspondant à l’actuelle Villa des Moulins.
Le jardin de la Villa des Moulins surplombe la mer et il est aisé de comprendre pourquoi Napoléon choisit cette demeure. En effet, d’un seul coup d’œil, il pouvait
contrôler l’horizon et, durant la bonne saison, arrivait même à voir la côte italienne et le canal de Piombino, par conséquent, aucun navire ne pouvait passer inaperçu.
La population tomba sous le charme du nouveau souverain et de son intense activité. Il s’occupait de tout, de l’hygiène public à la construction de nouvelles routes qui ouvrirent un passage aux carrosses. Une maison dans la vallée de San Martino, aux alentours de Portoferraio, fit office de sa résidence d’été.
Portoferraio connut alors un va-et-vient insolite d’étrangers désireux de rencontrer l’Empereur. Napoléon organisa même une petite flotte avec des bateaux du cru, y ajoutant un brigantin, l’Inconstant, et deux felouques rebaptisées Mouche et Abeille.
L’Empereur se conduisit comme s’il aurait dû toujours rester à l’Elbe mais, comme nous le savons, il quitta l’île en grand secret le 26 février 1815 sur l’Inconstant, profitant de l’absence du Colonel Campbell parti pour Livourne alors qu’il était chargé de le surveiller.
Napoléon reprit le pouvoir, mais trois mois plus tard la défaite de Waterloo fit sonner le tragique épilogue.
Sa personnalité n’a cessé d’inspirer artistes, hommes de lettres, musiciens, politiques et historiens du XIX^ siècle à nos jours.
Aujourd’hui, les deux résidences transformées en musée renferment les reliques et les témoignages d’un homme qui, dans le bien comme dans le mal, a écrit une page importante de l’histoire de l’humanité.
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