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Dans le cadre de la géothermie, qu’est ce qui distingue un système hydrothermal, tel que celui d’AGEPP, d’un système pétrothermal?
Un système hydrothermal permet de pomper de l’eau géothermale dans une roche poreuse ou naturellement fissurée et à perméabilité élevée, qu'on appelle aquifère. Il s’agit d’une technique éprouvée et qui fonctionne parfaitement depuis des décennies, notamment dans les bassins parisien et munichois.
Par opposition, un système pétrothermal exploite la chaleur existante à grande profondeur dans des roches peu perméables. C’est pourquoi il est nécessaire, dans ce cas, d’augmenter la perméabilité de la roche artificiellement par fracturation hydraulique (injection d’eau à très haute pression) afin de fissurer le réservoir et d’en augmenter la perméabilité. L’eau injectée peut alors circuler dans le massif rocheux chaud et en prélever la chaleur. La fracturation hydraulique peut induire de la sismicité, de magnitude variable, dépendant des opérations locales et opérationnelles.
Le projet d'AGEPP se base sur un système hydrothermal: l'eau géothermale est pompée dans un aquifère de fissures, représenté par des roches cristallines (gneiss).
Qu’est-ce qui distingue une exploitation en singlet de celle en doublet?
Dans le cadre du projet AGEPP, il s’agit d’une configuration en «singlet»: un seul forage de production est prévu jusqu’à une profondeur maximale de 3’000 mètres. Après extraction de la chaleur, l’eau refroidie est évacuée dans les eaux de surface. En l’occurrence, cette eau sera rejetée dans la galerie d’amenée des SiL qui alimente actuellement le turbinage de l’usine hydroélectrique de Lavey. Dans la configuration d’un «doublet», l’eau refroidie est réinjectée dans l’aquifère profond via un second forage.
Une fracturation hydraulique est-elle envisagée?
Dans le projet AGEPP, le recours à une fracturation hydraulique est exclu.
Si le débit est inférieur aux 40 l/s prévus, il est envisagé d’utiliser un traitement par acidification du remplissage calcaire des fissures. Le cas échéant, ce «détartrage» des fissures serait effectué à faible volume et à faible pression, afin d’améliorer la circulation de l’eau géothermale. Cette technique est éprouvée, notamment pour réaliser des puits d’eau potable, et sans risque pour l’environnement (HCl à faible concentration).
Quelle est la surface de l’installation?
Lors de la phase de chantier, l’emprise au sol est d’environ 4’500 m2. Après les travaux de forage, seul le module de production d’électricité et un sas recouvrant la tête du forage subsistent en surface. La centrale électrique a une emprise au sol de 500 m2 et une hauteur de 5 à 7 mètres.
Quels sont les risques pour l’environnement?
Le projet AGEPP se veut exemplaire dans ce domaine et le principe de précaution sera appliqué durant les phases de réalisation et d’exploitation. De manière générale, toutes les dispositions légales internationales, suisses et cantonales en matière de protection de l’environnement seront scrupuleusement respectées. Le projet AGEPP a fait l’objet d’un rapport d’impact sur l’environnement (RIE) qui permet de vérifier sa conformité avec les prescriptions du droit de l’environnement.
Le RIE devra être validé par les autorités cantonales compétentes pour obtenir le permis de construire. Un suivi environnemental de réalisation est également prévu pendant la phase de réalisation.
Des nuisances durant les phases de forage et d’exploitation sont-elles attendues?
Durant la construction de la plateforme et la phase de forage (environ 9 mois), les nuisances pour le voisinage seront très limitées.
Le bruit lié au forage proprement dit (entre 3 et 5 mois) sera atténué par le bruit naturel (Rhône) et ceux du trafic routier et ferroviaire passant sur la rive gauche. Dans tous les cas, le projet respectera les exigences légales en vigueur et n’induira pas de nuisances sonores excessives. La foreuse sera équipée d’un moteur électrique pour limiter les nuisances sonores et les émissions de gaz polluants pour l’atmosphère. Par ailleurs, les premières habitations se trouvent à 300 mètres à vol d’oiseau du site du chantier.
L’augmentation du trafic sera de moins de 3% sur tous les axes empruntés, et ceci sur une durée très limitée.
En ce qui concerne l’impact visuel, il faut compter sur une tour de forage haute de 30 m à 40 m (uniquement durant 3 à 5 mois) avec une emprise au sol de 150 m2. Elle sera installée sur une plate-forme de béton de 700 m2, entourée elle-même d’une zone bitumée de 800 m2 pour accueillir les différents équipements et installations temporaires. Une zone en grave de 4'000 m2 sera mise en place autour des plateformes imperméables et permettra la circulation des camions, le stockage des déchets, le traitement des eaux ainsi que l’entreposage des containers de chantier pour les équipes présentes sur site. L’entier de la zone de chantier, à l’exception de la plateforme en béton qui accueillera les installations d’exploitation, est remis dans son état initial dès la fin des travaux.
En phase d’exploitation, la centrale électrique de type ORC (Organic Rankine Cycle) sera exploitée de manière automatisée limitant ainsi au minimum le trafic induit. En outre, la centrale sera entièrement confinée dans un bâtiment rendant le bruit lié au fonctionnement des installations négligeable au droit des habitations sensibles au bruit.
Il y a-t-il des risques liés à de venues de gaz?
Bien que le gneiss soit normalement dépourvu de matière organique à l’origine de la formation de gaz, la configuration du forage sera malgré tout équipée pour maîtriser d’éventuelles venues de gaz.
Quels sont les risques de sismicité induite dans ce projet?
Le thème de la sismicité a été étudié de manière approfondie sous la supervision du Service Sismologique Suisse (SED). La sismicité naturelle dans la région de Lavey-les-Bains a été analysée. Aucune faille sismiquement active n’a été identifiée dans le réservoir géothermal visé par AGEPP.
Une analyse de risque sismique a spécialement été effectuée pour évaluer l’influence du projet AGEPP, en phases de réalisation, d’exploitation et de remise en état, sur la sismicité de la région.
Les résultats des analyses indiquent que les opérations de forage et l’éventuelle acidification du forage (dissolution à basse pression du calcaire obstruant les fissures) dans le contexte de Lavey-les-Bains ne devraient pas provoquer de séisme induit qui puisse occasionner des dommages. Les conclusions de cette analyse de risque effectuée par des experts ont été validées par le SED. Dans le pire des cas, les opérations de forage pourraient influencer très légèrement le moment de déclenchement d’un séisme naturel, mais pas sa magnitude et ses effets à la surface. En comparaison à certains autres projets de forages géothermiques récents ou en préparation, le forage AGEPP ne vise pas à atteindre une faille régionale, potentiellement plus active sismiquement. En outre il ne fera pas l’objet de fracturation hydraulique. Enfin, s’agissant d’un «singlet», il ne comprend pas de forage supplémentaire d’injection, potentiellement source de sismicité induite.
Pour la phase d’exploitation, une modélisation a été effectuée afin de simuler l’exploitation des eaux géothermales prévue dans le cadre du projet AGEPP. Les résultats de la simulation indiquent que la phase d’exploitation du forage n’induira pas de variation de pression susceptible de générer des séismes.
A but préventif, l'activité sismique sera suivie par un système de mesures de haute précision, implanté bien avant les travaux et maintenu durant les pompages d’essais, le développement du forage et pendant les premières années d’exploitation. Il permettra, en cas de détection d’activité sismique anormale déjà de très faible magnitude (bien en dessous du seuil détectable par l’homme), d’analyser le phénomène et de prendre immédiatement les décisions adéquates.
Comment la chaleur du sous-sol est-elle transformée en électricité et en chaleur?
L’eau chaude, naturellement présente dans le sous-sol dans le cadre du projet AGEPP, est pompée à la surface où sa chaleur est valorisée au moyen d’échangeurs de chaleur transmettant l’énergie à des équipements de production d’électricité et de distribution de chaleur.
Dans le projet AGEPP, l’électricité est produite dans une petite centrale de type ORC (Organic Rankine Cycle). L’eau géothermale à 110 °C (également appelée fluide caloporteur) traverse un échangeur de chaleur où elle réchauffe un fluide organique dont la particularité est de passer en phase gazeuse à des températures bien inférieures à celles de l’eau. Le fluide organique sous pression est vaporisé puis détendu dans une turbine qui produit de l’énergie mécanique. Cette dernière est transformée en énergie électrique dans un générateur.
Cette étape abaisse la température du fluide caloporteur à disposition. La chaleur résiduelle est encore suffisante pour fournir l’eau géothermale pour le remplissage des bassins, ainsi que de l’énergie thermique pour les besoins en chauffage des Bains de Lavey.
Qui va profiter de l’énergie produite?
L’électricité produite, à raison de 4,2 GWh brut par an, sera vendue à Swissgrid pour bénéficier de la RPC (Rétribution à prix coûtant) et injectée dans le réseau électrique. Cela correspond aux besoins en électricité de 700 à 1000 ménages.
Le projet AGEPP permettra également d’alimenter les Bains de Lavey en eaux géothermales pour le renouvellement de l’eau des piscines et en énergie thermique pour le chauffage des piscines et des bâtiments, soit l’équivalent de 15,5 GWh thermiques.
A plus long terme, il est également envisagé de valoriser la chaleur résiduelle pour d’autres utilisations: chauffage à distance, piscicultures, serres, etc.
Quels sont les avantages de la géothermie?
La géothermie est une énergie:
Quelles sont les prochaines étapes de communication du projet?
Durant le second semestre 2017, des discussions sont prévues avec plusieurs organisations environnementales afin de les tenir informées des dispositions prises quant à la protection de l’environnement dans le cadre du projet AGEPP.
Une séance publique destinée en priorité aux populations des communes de Lavey-Morcles (VD) et Saint-Maurice (VS) sera organisée à la fin de l’année 2017, avant la mise à l’enquête publique de la demande d’autorisation.
Questions & réponses