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Les résultats de l'étude indiquent que la perception du stress est avant tout liée à des contraintes temporelles, à des instructions peu claires, à des cas de discrimination sociale et au travail durant le temps libre.
A ces facteurs de stress s'ajoutent encore les longues journées de travail et les exigences émotionnelles. En revanche, l'étude révèle que de bonnes méthodes de direction de la part des supérieurs directs ont des effets positifs sur la satisfaction des collaborateurs au travail et sur leur perception du stress.
En sa qualité d'autorité fédérale, le SECO assume la surveillance de l'exécution de la loi sur le travail, laquelle englobe également la protection de la santé psychique des travailleurs. Afin de mener à bien cette mission, le SECO avait déjà commandé en 2000 une étude sur le stress au travail. Cette nouvelle étude vise à prendre le pouls de la situation actuelle en matière de stress au travail et de pointer les évolutions. Elle se base sur les données récoltées auprès d'un échantillon représentatif composé de 1 006 personnes actives occupées (salariés et indépendants).
Perception du stress en augmentation
Selon les résultats de l'étude, le nombre de personnes qui se sentent « souvent » voire « très souvent » stressées a augmenté en dix ans, passant de 26,6 % à 34,4 %. Si on compare ce chiffre avec les résultats obtenus en 2000, on constate une augmentation de 7 % du nombre de personnes actives occupées souffrant de stress chronique, c'est-à-dire sur le long terme. Quant aux personnes qui ne se sentent « jamais » ou « peu » stressées, leur nombre a chuté de 17,4 % à 12,2 %. Le nombre de personnes stressées qui affirment être entièrement en mesure de gérer leur stress a diminué de 11 % par rapport à l'étude précédente (passant de 31 % à 20 %).
Caractéristiques de la répartition
Aucune différence n'a été constatée en matière de stress selon la branche économique, le groupe professionnel, le statut socioécomomique ou le sexe. L'étude révèle toutefois que les Romands se sentent un peu plus souvent stressés que leurs voisins des deux autres régions et que le nombre de jeunes actifs occupés (entre 15 et 34 ans) souvent voire très souvent stressés est supérieur à la moyenne. En revanche, les personnes plus âgées (entre 55 et 64 ans) ont plus souvent affirmé ne jamais s'être senties stressées.
Conséquences sur la santé et le bien-être
L'étude met en évidence les facteurs qui jouent un rôle important dans la perception du stress des travailleurs, à savoir le travail durant le temps libre, des journées de plus de dix heures (une à deux fois par semaine ou au quotidien), des instructions de travail peu claires et l'obligation d'exprimer des sentiments qui ne coïncident pas avec leurs propres sentiments.
Parmi les personnes actives occupées qui subissent une pression des délais importantes ou qui doivent travailler à un rythme élevé, le nombre de personnes qui se sentent stressées est presque deux fois plus élevé (60 %) que parmi les personnes confrontées à peu de contraintes temporelles (34 %). De la même manière, les personnes qui affirment être victimes de discrimination sociale au travail (comme le mobbing) sont presque deux fois plus souvent touchées par le stress que les autres personnes actives occupées.
Les résultats montrent par ailleurs que la perception du stress est aussi liée au nombre de problèmes de santé et à l'insatisfaction des conditions de travail. Par contre, aucun lien n'a pu être établi avec les absences pour raisons de santé liées, selon les personnes interrogées, à leur activité professionnelle, mais plutôt avec le « présentéisme », c'est-à-dire le fait de venir travailler tout en étant malade.
Epuisement émotionnel et burnout
Le burnout se caractérise par un sentiment d'épuisement émotionnel. Au total, 4 % des personnes interrogées ont affirmé se sentir épuisées émotionnellement au travail. Ce sentiment peut être considéré comme un signe précurseur du burnout.
Bonnes méthodes de direction: un « facteur de protection »
L'étude arrive à la conclusion que la manière dont les supérieurs dirigent leurs collaborateurs peut largement influencer la santé de ces derniers. On remarque notamment que lorsque les collaborateurs évaluent de manière positive les compétences de leur supérieur direct en matière de direction (respect des collaborateurs, résolution des conflits, bon sens de la planification et de l'organisation, etc.), ils se déclarent entièrement satisfaits de leurs conditions de travail, et que le nombre de personnes qui se sentent stressées ou épuisées émotionnellement est minime. En outre, ces personnes ont un meilleur état de santé général que les personnes qui jugent de manière négative la façon de diriger de leurs supérieurs. On constate même que lorsque les collaborateurs considèrent tous les aspects de la direction comme positifs, seuls 5 % d'entre-eux se sentent stressés; au contraire, ce chiffre atteint 95 % lorsque les travailleurs évaluent de manière négative le comportement de leurs supérieures.
Consommation de médicaments et « dopage »
Au total, 32 % des personnes actives occupées interrogées affirment avoir consommé des médicaments ou d'autres substances dans les douze derniers mois pour une ou plusieurs raisons en rapport avec leur activité professionnelle. Pour la majorité d'entreeux, cette consommation se traduit par la prise de médicaments ou d'autres substances, dans le but de pouvoir travailler malgré des douleurs ou de pouvoir dormir ou se détendre après le travail. Les résultats de l'étude montrent qu'environ 4 % des personnes interrogées se « dopent » au travail dans le but d'améliorer leurs performances, pour les personnes en bonne santé, ou pour favoriser la bonne humeur.
Les coûts du stress
Les différentes méthodes utilisées dans le cadre de ces enquêtes ne permettent pas de comparer les résultats des études de 2000 et de 2010 en termes de coûts. En 2000, les entretiens personnels ont permis d'évaluer à 4,2 milliards de francs les coûts liés à l'absentéisme et aux traitements médicaux en rapport avec le stress; la dernière enquête n'inclut pas ces coûts. En 2000 comme en 2010, tous les autres coûts pour l'économie, comme l'AI ou les coûts liés au chômage (AC), n'ont pas été pris en compte.