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De nationalité britannique, il naquit dans le Lancashire en 1909. Il fut diplômé à Oxford puis, à partir de 1939, fut chargé de cours à l’université du Caire. En Egypte, il se convertit à l’islam sous le nom de Abu Bakr Siraj ad Din et entretint des contacts très étroits avec René Guénon. Il revint en Angleterre en 1952, peu après la mort de Guénon. Il fut par la suite attaché au British Museum où il fut notamment chargé des manuscrits anciens du Coran. Une de ses dernières apparitions publiques date de novembre 2004 lors du colloque sur Shakespeare et l’islam au Globe Theatre de Londres.
Martin Lings était rattaché à une voie soufie et joua un rôle très actif au sein de la communauté musulmane britannique. A travers ses livres et ses articles, Martin Lings fut un des pionniers dans la transmission des notions et des valeurs du soufisme en Occident. La plupart de ses principaux ouvrages furent traduits en français par son ami Jean-Louis Michon. On peut surtout retenir : "Un saint soufi du XXe siècle" et "Qu’est ce que le soufisme ?", "Croyances anciennes et superstitions modernes" et "Le secret de Shakespeare", "La onzième heure", "Le Prophète Muhammad : sa vie basée sur les sources les plus anciennes".. Ce dernier ouvrage constitue certainement à ce jour la biographie du Prophète la plus accessible pour des lecteurs occidentaux. (...)
Source du texte : Soufisme
Autre biographie : wikipedia / islamophile
Bibliographie :
- Retour à l'Esprit : Questions et Réponses, Editions Tasnîm, 2010
- Le Livre de la Certitude : la doctrine soufie de la Foi, de la Vision et de la Gnose, Editions Tasnîm, 2009
- Le secret de Shakespeare, Ed. Pardès, 1996.- Le Prophète Muhammad, sa vie basée sur les sources les plus anciennes, Ed. Seuil,1983
- Qu'est ce que le soufisme, Ed. du Seuil, Points Sagesse, 1975
- Un saint soufi du xxe siècle : le cheikh Ahmad Al Alawi, Ed. Traditionnelles, 1982, Éditions du Seuil, Points, Sagesses, 1990.
- Héritage et testament spirituels, Paris,
- La Onzième heure, Ed. l'Âge d'Homme, 2001
- Symbole & Archétype : Esai sur le sens de l'existence, Editions Tasnîm 2010
"Fais-moi entrer, o Seigneur, dans les profondeurs de l'Océan de ton unité infinie". Tels étaient les mots par lesquels débutait une prière qu'avait coutume de dire le grand soufi andalou Muhyi'd Din Ibn'Arabi, et, dans leurs traités les soufis ont toujours fait mention répétée de cet "Océan" qui servait aussi de référence symbolique au Terme vers lequel leur chemin les conduisait. Sur la base de ce symbole et en réponse à la question : "Qu'est-ce que le soufisme ?", nous commencerons donc par dire ceci : de temps à autre, une Révélation "flue" comme un grand flot de marée venant de l'Océan d'Infinitude vers les rives de notre monde fini, et le soufisme est la vocation, la discipline et la science permettant de se plonger dans le reflux de l'une de ces vagues et d'être ramené avec elle à sa Source éternelle et infinie. (...)(Originalité du soufisme)
En vérité nous sommes à Dieu et à Lui nous retournons. (Coran, II, 156)
Les soufis estiment que le soufisme tout entier est résumé dans ce verset, ils le chantent souvent lors de leurs réunions et parfois le répètent un certain nombre de fois sur le rosaire, et en fait, bien que chaque croyant soit nécessairement "à Dieu" à un degré ou à un autre, on peut dire que le mystique est "à Dieu" d'une manière qui n'est pas celle du reste de la communauté, car mysticisme veut dire consécration totale. De plus, il faut rappeler, à propos de ces deux versets, que le soufisme n'est rien sinon un mouvement de retour, un reflux, et que, de ce point de vue, les autres membres de la communauté, bien que tournés dans la bonne direction, sont stationnaires. Même dans leurs propres rangs, les soufis établissent une distinction entre les membres plus centraux d'un Ordre, qu'ils appellent des "voyageurs", et les membres plus périphériques, qui sont relativement immobiles. (...)(Le Livre)
Pour saisir ce sens le plus profond, il est nécessaire de se souvenir que chacun des Noms de l'Essence divine comprend en soi-même, comme le Nom Allâh, la totalité des Noms et ne désigne pas seulement un aspect particulier de la Divinité. Ainsi les Noms de l'Essence sont, en quelque sorte, interchangeables avec Allâh, et l'un de ces noms est al-Haqq, la Vérité ou la Réalité. Nous pouvons dire qu'il n'est de vérité que la Vérité, ou qu'il n'est de réalité que la Réalité, aussi bien que nous disons qu'il n'est de dieu que Dieu. Le sens de chacune de ses propositions est identique. Tout musulman doit en théorie croire qu'il n'est de réalité que la Réalité, c'est-à-dire Dieu. Mais il n'y a que les soufis, et même pas tous ceux qui se rattachent aux Ordres soufiques, qui puissent tirer la conclusion ultime de cette proposition. La doctrine fondée sur cette conclusion est appelée "Unité de l'Etre", car la Réalité est ce qui est, par opposition à ce qui n'est pas, et si Dieu seul est réel, Dieu seul est, et il n'est d'être que Son Etre. Il sera dès lors plus facile de saisir pourquoi on a dit que la doctrine présuppose au moins un degré virtuel de certitude dans l'âme, car le mental abandonné à lui-même et n'ayant le secours d'aucun rayon d'intuition intellectuelle risque d'interpréter cela comme signifiant que Dieu serait la somme de toutes les choses existantes. Mais l'Unité absolue exclut non seulement l'addition, mais aussi la division. Selon la doctrine islamique de l'Unité, l'Infinitude divine est sans partie, le Nom Ahad (Un), pour que son sens soit pleinement rendu, doit être traduit par "L'Indivisible Un-et-unique". La doctrine de l'Unité de l'Être signifie qu'est illusion tout ce que l'oeil voit et ce que le mental enregistre, et que toute chose en apparence distincte et finie est en vérité la présence de l'Un infini. Quel que soit le côté vers lequel vous vous tourniez, là est la face de Dieu. Dieu est infiniment vaste, infiniment connaissant, dit le Coran (II,115), et le nom d'omniprésence s'ajoute ici au Nom d'omniscience en partie comme argument : si la Divinité connait tout, il s'ensuit que la Divinité doit être partout, car, dans l'Unité absolue, il n'y a pas de polarité qui disjoindrait sujet et objet, connaissant et connu. Etre connu de Dieu revient, ainsi, de façon mystérieuse, à être Dieu. (...)(La doctrine)
Extrait de : Qu'est-ce que le soufisme
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(Souvent cité par le sheikh :)
Dites à mes amis qui, me voyant mort, pleurent pour moi avec tant de douleur,
Ne croyez pas que le cadavre que vous voyez est moi-même. Je vous dis que ce n’est pas moi.
Je suis un esprit, ceci n’est rien que de la chair qui fut pendant un certain moment ma demeure et mon vêtement.
Je suis un trésor maintenu caché par un talisman, entouré par de la poussière, qui lui servit de manteau.
Je suis une perle, qui abandonna sa coquille désertifiée. C’était ma prison, où j’ai passé mon temps dans la peine.
Je suis un oiseau, et ce corps est ma cage de laquelle je me suis envolé.
J’ai passé mon chemin et vous êtes restés. Votre demeure n’était pas l’endroit où je suis supposé loger.
Ne pensez pas que la mort est la mort, non, c’est la vie et c’est la plus belle des espérances.Abû Hâmid Al-Ghazâlî