Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06903.jsonl.gz/159

L'étude FCC est axée sur la recherche de matériaux, de fils et de câbles supraconducteurs de pointe qui rendraient possible la conception de collisionneurs de particules de nouvelle génération. Au cours des trente dernières années, l'exploration de l'infiniment petit s'est constamment appuyée sur les progrès réalisés en matière d'aimants supraconducteurs. Les collisionneurs de hadrons, toujours plus puissants ̶ du Tevatron, mis en service en 1983, au LHC, inauguré en 2008 ̶ ont permis des découvertes spectaculaires grâce à l'utilisation d'aimants supraconducteurs à des échelles inédites.
Les expériences avec accélérateurs, pionnières dans l'utilisation d'aimants supraconducteurs, se sont également appuyées sur la supraconductivité et sur les innovations technologiques qui l’accompagnent. Le matériau utilisé jusqu'à présent est un matériau composite en niobium-titane, dont la performance a atteint ses limites avec le LHC. Pour augmenter la luminosité ou l'énergie des collisionneurs, il faudra des champs magnétiques plus élevés, et, par conséquent, de nouveaux supraconducteurs, qui devront être produits à l'échelle industrielle.
L'étude FCC a lancé un programme mondial pour développer du niobium-étain (Nb3Sn) aux caractéristiques améliorées. Le supraconducteur Nb3Sn pourrait bien être à l'avenir le matériau de base des accélérateurs de particules de haute énergie. Pour que le programme soit une réussite, il est impératif de faire participer les partenaires industriels dès le départ. L'expérience acquise avec le LHC et le HL-LHC montre que les exigences en matière de performance d'un conducteur en Nb3Sn pour un futur collisionneur circulaire sont difficiles à satisfaire. En collaboration avec le secteur industriel, un effort important doit être investi dans la recherche et le développement de la production de supraconducteurs de haute performance à très grande échelle (potentiellement des milliers de tonnes).
La poursuite des activités de R&D dans le domaine de la supraconductivité pourrait faire émerger une nouvelle catégorie de matériaux susceptibles de représenter des solutions à certains problèmes sociétaux fondamentaux au XXIe siècle, en conduisant à la mise au point de produits abordables, fabriqués à l'échelle industrielle, et en stimulant l'industrie de haute technologie. Parmi les applications de ces matériaux figurent, au-delà de la recherche, les réseaux électriques « intelligents » à haute performance intégrant des lignes de transmission d'énergie sans perte sur des milliers de kilomètres, l'imagerie médicale compacte de haute précision (IRM, RMN, etc.), les communications sans fil à large bande passante, la production d'électricité efficace et propre, la propulsion durable des navires et les systèmes de propulsion à haut rendement énergétique des avions de transport de passagers.
Ces activités de R&D sont également soutenues par le projet EASITrain, réseau de formation (ITN) Marie Skłodowska-Curie (MSCA) financé par l'UE, qui permet de former la prochaine génération d'experts et d'établir un réseau solide de partenaires universitaires et industriels dans le but de faire progresser les technologies supraconductrices et leurs applications.