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Dans le contexte japonais d’après-guerre, rythmé par la reconstruction du pays et le miracle économique naissant de cette société, Fumihiko Maki imagine une théorie qui expliquerait comment des structures communautaires contemporaines peuvent se mettre en place dans l’urbanité. Cela selon des logiques architecturales bien sûr mais également économiques, historiques et socio-politiques. Il est en train de penser aux formes collectives. Autour des années 1960 commencent à se développer au Japon toute une série de nouveautés telles que les voies rapides et les immeubles de grande hauteur qui s’incrustent sur un tissu urbain traditionnel. Cela change l’échelle des réflexions des architectes nippons qui commence à se rapprocher de celle des mégalopolis américaines.
« Il faut en effet appréhender ici l’utilisation de l’adjectif « collectif » comme une volonté d’évacuer tout cloisonnement ou hiérarchie scalaire (échelle architecturale/échelle urbaine) ou statuaire (espace public/espace privé), et, partant, comme une façon d’affirmer l’essentielle interdépendance de l’architecture et de la ville. »
L’objectif de ces théories est en effet celui d’intégrer les phénomènes de croissance et répondre aux changements rapides de la société.
« …c’est-à-dire par la capacité des architectes à gérer le problème du logement de masse dans l’après-guerre. »
Il s’agit donc d’aspects encore contemporaines surtout dans des contextes tels que celui de Damas.
« Leur intérêt poussé pour les systèmes de communication et les flux qu’ils génèrent, matériels et immatériels, les plonge dans une recherche de formes dynamiques détachées de tout contexte. »
Selon Maki, la ville est un assemblage de plusieurs éléments que sont tenus à collaborer pour participer à la vie de celle-ci.
« Ce texte reconnait que la ville, comme lieu physique aussi bien que comme système social, dépend de l’autonomie des éléments individuels, et cherche des modalités pour que chacun de ces éléments puisse participer à l’ensemble. »
Caractéristiques de la société urbaine selon Fumihiko Maki :
- Coexistence et conflit d’institutions et d’individus incroyablement hétérogènes
- Une transformation de la structure physique de la société dont la rapidité et l’extension sont sans précèdent
- Une accélération des moyens de communication
- Le progrès technique et son impact sur les cultures régionales
Ces caractéristiques sont toujours actuelles même si probablement elles sont aujourd’hui amplifiées par la globalisation.
« Nous devons désormais voir notre société urbaine comme un champ dynamique de forces entremêles […] Tout ordre introduit dans la configuration des forces contribue à un état d’équilibre dynamique… »
Les trois paradigmes de la forme collective selon Maki :
- Forme compositionnelle (approche compositionnelle)
- Mégastructure/Mégaforme (approche structurelle)
- Forme de Groupe (approche séquentielle)
Si tous les approches semblent diverses il est aussi vrai qu’ils peuvent coexister entre eux dans un seul système.
Fumihiko Maki identifie aussi 5 opérations fondamentales de liaison:
- La médiation
- La définition
- La répétition
- L’agencement de séquences fonctionnelles
- La sélection
Source: Marnes: documents d’architecture. Vol II Marne-la-Vallée: Ed. de la Villette, 2011. pp.171-231