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Le gouvernement a nommé Rudolf Strahm nouveau «Monsieur Prix». Le socialiste bernois succédera à son coreligionnaire glaronais Werner Marti le 1er août.
La décision avait été repoussée d'une semaine pour cause de divergences sur l'avenir de la fonction de surveillant des prix.
Certains membres du Conseil fédéral (gouvernement) souhaitaient discuter d'une adaptation du cahier des charges du préposé à la surveillance des prix. Avec l’idée d’intégrer éventuellement ses tâches dans celles de la Commission de la concurrence.
Les partisans de l’allègement administratif estimaient que l'entrée en vigueur en avril de la nouvelle loi sur les cartels justifiait une telle réflexion.
«Il ne s'agit pas d'un problème de personne», mais d'éclaircir les conséquences de la nouvelle donne au niveau du droit, avait alors expliqué le vice-chancelier Achille Casanova, porte-parole du gouvernement.
Le Conseil fédéral a donc chargé le Ministère de l'économie d'analyser l'organisation de la surveillance des prix. Et au final, la fonction est maintenue.
Certains veulent le supprimer
«Monsieur Prix» a déjà été pris pour cible à plusieurs reprises par le camp bourgeois. Les critiques les plus virulentes émanent de l'UDC (droite dure), qui a demandé que la fonction soit purement et simplement supprimée.
«Monsieur Prix» a en revanche le soutien des socialistes et des démocrates-chrétiens (PDC). Le ministre de l'Economie Joseph Deiss (PDC), dont dépend le préposé, a d'ailleurs occupé cette fonction de 1993 à 1996.
Rudolf Strahm succédera à Werner Marti, député socialiste comme lui, qui abandonne son poste à fin juillet. En fonctions depuis 1996, Werner Marti avait annoncé son départ en janvier, en se lançant dans la course à la présidence du Parti socialiste. Ce poste lui a toutefois échappé au profit de Hans-Jürg Fehr.
A l’époque, il avait motivé sa décision par le glissement à droite du gouvernement après l'élection du 10 décembre 2003.
swissinfo et les agences
En bref
- Le poste de "Monsieur Prix" découle de la Loi sur la surveillance des prix de 1985, elle-même issue d'une initiative populaire adoptée en 1982.
- Son rôle est de surveiller le niveau des prix des biens et des services fixés par les cartels et les entreprises puissantes sur le marché.
- Selon la Loi, il y a abus lorsque les prix ne sont pas le résultat d'une concurrence efficace.
- "Monsieur Prix" n'a pas le pouvoir d'imposer des sanctions. Il doit uniquement surveiller, comparer, dénoncer (le cas échéant) et informer.
- Ces dernières années, les télécom, l'électricité et la santé ont été les secteurs qui l'on le plus occupé.
- Malgré la surveillance des prix, ceux-ci restent entre 25% et 40% plus élevés en Suisse qu’à l’étranger.
- «Monsieur Prix» est un poste à 40% doté d’un salaire de 90’000 francs par année.