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De lourdes peines ont été requises mercredi lors du procès des Tigres tamouls devant le Tribunal pénal fédéral à Bellinzone. (Archives)
KEYSTONE/TI-PRESS/ALESSANDRO CRINARI(sda-ats)
Lors du procès des Tigres tamouls à Bellinzone, la procureure fédérale a réclamé de lourdes peines contre les principaux responsables. Une peine privative de liberté de 5 ans ferme a été requise contre le leader du WTTC, l'antenne des Tigres en Suisse.
Un silence de plomb s'est abattu mercredi sur la salle d'audience du Tribunal pénal fédéral à Bellinzone, à l'issue du réquisitoire accablant prononcé par la procureure Juliette Noto.
A la charge des douze prévenus tamouls, la magistrate a estimé qu'ils étaient tous au courant des activités des Tigres. "En dépit de leur silence, ils étaient impliqués, informés, voire ambassadeurs de la cause." En conséquence, tous doivent être reconnus coupables de soutien à une organisation criminelle. Dans la plupart des cas, elle a également retenu des infractions financières comme le faux dans les titres, l'escroquerie et le blanchiment d'argent.
Des faits graves
Juliette Noto a souligné la gravité des faits reprochés en particulier aux quatre principaux responsables du WTCC, l'antenne des Tigres en Suisse. "Ils ont importé leur combat dans le pays qui leur offrait accueil et protection. ils ont oeuvré durant une longue période au sein d'une organisation très professionnelle et inféodé la communauté tamoule." Elle a évalué à 28 millions de francs au moins les fonds envoyés aux Tigres durant la période considérée.
Contre le leader du WTCC, la procureure fédérale a réclamé une peine privative de liberté de 5 ans ferme, assortie de 180 jours-amendes à 80 francs et, comme pour tous les prévenus tamouls, du paiement des frais de la cause qui s'élèvent à plusieurs millions de francs. Elle a souligné l'"autorité absolue de cet homme, respecté mais aussi redouté, qui était l'interlocuteur en Suisse du mouvement de libération des Tigres tamouls (LTTE)."
La procureure a requis 6 ans et demi contre le responsable financier du WTCC. La peine doit être complétée par 180 jours-amendes à 100 francs. Juliette Noto a dressé le portrait d'un "homme sans charisme mais craint". Il gérait les fiches sur les Tamouls qui refusaient de contribuer pour la cause, fiches qui étaient transmises aux Tigres afin de faire pression sur les familles.
Pour son adjoint, pilier de la propagande et des collectes de fonds, elle a réclamé une peine de 5 ans ferme et 180 jours-amendes à 120 francs.
Contre le secrétaire et caissier de l'association, une peine de 5 ans ferme a été requise, à laquelle doivent s'ajouter 180 jours-amendes à 80 francs Numéro quatre du WTCC, il était "l'homme à tout faire", selon l'accusatrice. Au courant de tout, "il était le maillon indispensable entre l'association et les sociétés financières à la solde du WTCC.
Cols blancs et collecteurs
Contre les deux courtiers qui ont souscrit des crédits auprès de la Bank-Now pour le WTCC en recourant à des hommes de paille, des peines de 4 ans ferme et 3 ans avec sursis partiel ont été requises. Elles ont été assorties de créances compensatoires portant sur le profit réalisé. La procureure a reconnu que ces deux hommes avaient pu être soumis à des menaces contre leurs familles au Sri Lanka.
Des peines de 3 ans et demi ferme, 2 ans et 18 mois avec sursis, complétées d'amendes, ont été demandées contre les trois responsables de sociétés financières. Ces dernières jouaient un rôle essentiel, afin de brouiller les pistes et de transférer les fonds à destination du LTTE.
Se tournant ensuite vers les trois collecteurs de fonds, Juliette Noto a requis des peines s'échelonnant entre 2 et 2 ans et demi, assorties du sursis partiel et de jours-amendes. . Elle a décrit par le menu leur rôle "non négligeable" dans des transports d'argent entre la France et la Suisse, notamment, dans la récolte des dons "volontaires" parmi la diaspora, en bref dans la "perpétuation du système de contrôle mis en place par le WTCC."
Contre le treizième prévenu, l'employé de la Bank-Now, une peine de 3 ans avec sursis partiel et 180 jours-amendes à 80 francs a été demandée. La procureure a souligné la gravité des actes de cet homme qui, sans aucun lien avec cette cause, a porté assistance au WTCC en renonçant à effectuer les contrôles requis sur les demandes de crédit. "Ce faisant, il a gravement trahi la confiance de son employeur."
Le procès se poursuit avec les plaidoiries des parties plaignantes.
ATS