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L'accord de libre-échange entre l'Algérie et l'AELE a été au centre de la rencontre dimanche entre le ministre suisse de l'intérieur Pascal Couchepin et le président algérien Abdelaziz Bouteflika.
Lundi, au terme de cette visite de cinq jours, Pascal Couchepin a rencontré le chef du gouvernement algérien Abdelaziz Belkhadem.
Pascal Couchepin a rencontré le chef du gouvernement algérien Abdelaziz Belkhadem lundi à Alger. Au cours d'un entretien d'une heure, M. Belkhadem a présenté à Pascal Couchepin les efforts du gouvernement dans le domaine de la formation (santé et informatique) pour résorber le chômage chez les jeunes.
Au cours des discussions, le conseiller fédéral a fait part de l'intérêt de la Suisse au développement des échanges entre les deux pays et d'une manière plus générale avec les pays du bassin méditerranéen.
Par ailleurs, s'exprimant dimanche soir sur les ondes de la Radio suisse romande, Pascal Couchepin a signalé que le projet d'initiative populaire visant à interdire la construction de minarets en Suisse suscite l'incompréhension en Algérie. Selon le ministre, l'idée «ridicule» d'interdire les minarets «donne une image inquiétante de la Suisse» (écouter audio).
Durant son voyage au sud de la Méditerranée, Pascal Couchepin affirme avoir tenté de «rassurer» ses interlocuteurs sur le «bon sens» des autorités et du peuple suisse, qui finiront par rejeter, selon lui, l'initiative de la droite dure.
Coopération économique
Dimanche, au cours d'un entretien de plus de deux heures avec Abdelaziz Bouteflika, Pascal Couchepin a exprimé l'intérêt de Berne à ce que l'accord entre l'Association européenne de libre-échange (AELE) - dont la Suisse fait partie - et l'Algérie soit signé.
Ouvertes en 2006, les négociations sont importantes pour les pays de l'AELE dans le contexte de la création de la grande zone de libre-échange euro-méditerranéenne.
Elles le sont également pour la Suisse car un tel accord permettrait d'éliminer les discriminations envers l'économie suisse, lesquelles résultent de l'entrée en vigueur, en septembre 2005, de l'accord entre l'Union européenne (UE) et l'Algérie.
Au niveau des importations, l'Algérie est en effet le troisième fournisseur de pétrole brut et de produits pétrolifères de la Suisse. En 2005, 9,2 % des importations helvétiques de brut et de produits du pétrole venaient de ce pays, après la Libye (56 %) et le Nigéria (24 %), selon des chiffres du Secrétariat d'Etat à l'économie (Seco).
Coopération culturelle
Arrivé jeudi en Algérie, Pascal Couchepin, dont il s'agit de la première visite officielle dans ce pays, a également signé samedi un mémorandum de coopération culturelle entre Berne et Alger.
Ce document définit les domaines qui se prêtent aux échanges et à la transmission, comme le patrimoine architectural, la littérature et les bibliothèques. Il doit ouvrir la porte à la signature d'un accord sur le transfert des biens culturels entre les deux pays. Berne s'est déjà engagé avec l'Italie, le Pérou et la Grèce sur une collaboration dans ce domaine.
Au cours de son séjour, le chef du Département fédéral de l'intérieur (DFI) a également discuté avec le ministre algérien des affaires étrangères, Mohammed Bedjaoui.
Région prioritaire
Le déplacement du conseiller fédéral en Algérie – pays grand comme 60 fois la Suisse et où vivent 34 millions de personnes - intervient quelques jours après les élections législatives algériennes. L'Alliance présidentielle, qui, comme son nom l'indique, soutient Abdelaziz Bouteflika réélu en 2004, y a conservé la majorité absolue.
Pour le Conseil fédéral (gouvernement), le sud du bassin méditerranéen n'en est pas moins une «région prioritaire» de la politique bilatérale suisse.
La Suisse a en effet un intérêt «stratégique» au développement économique et à une meilleure cohésion sociale de cette région. Sans quoi sa stabilité politique ne saurait être assurée, relève-t-il dans son rapport sur la politique étrangère datant de 2000.
swissinfo et les agences
En bref
L'AELE encourage le libre commerce entre les états et s'engage pour améliorer les relations économiques.
Constituée en 1960 comme alternative à l'ex-Communauté économique européenne (CEE), aujourd'hui UE, l'AELE comprend quatre pays, soit, outre la Suisse, la Norvège, l'Islande et le Liechtenstein.
Actuellement la Suisse dispose de 19 accords de libre-échange. Soit la convention AELE, deux accords bilatéraux avec l'UE et les Iles Féroé et 16 autres accords passés dans le cadre de l'AELE (avec la Bulgarie, la Roumanie, la Macédoine, la Croatie, la Turquie, Isarël, l'Autorité palestinienne, le Maroc, la Jordanie, la Tunisie, le Liban, le Mexique, Singapour, le Chili, la Corée du sud, et l'Union sud-africaine).