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La fraude de plus de 70 millions qui a eu lieu sur le dos de la Confédération, des cantons et du contribuable entre 2007 et 2015 est proprement scandaleuse. Mais la liste des coupables est-elle déjà si claire ? Apparemment oui, si on écoute les autres partis : La Poste et d’autres entreprises proches de l’État seraient des citadelles PDC avec à leur tête la conseillère fédérale en charge du DETEC. Regardons d’un peu plus près qui dirige ces établissements.
De 2000 à 2009, le CEO de La Poste a été membre du PS et de 2010 à 2012 membre du PLR. Je ne connais pas l’appartenance politique des deux CEO qui ont suivi. En revanche, Jürg Bücher et Susanne Ruoff ne sont pas PDC. Depuis 2002, quatre présidents du conseil d'administration se sont succédé. Au cours de ces seize années, seules trois années ont été occupées par un membre du PDC. C’est en revanche un membre du PLR qui a présidé le conseil d’administration pendant les années qui font aujourd’hui débat.
Les CFF ont été dirigés de 1993 à 2006 par un membre du PSS et son successeur n’était pas membre du PDC. Le conseil d’administration a été dirigé de 1999 à 2016 successivement par un président libéral-radical, puis socialiste. Depuis 2016, il est entre les mains de Madame Ribar qui elle aussi n’est pas membre du PDC.
Je ne connais pas l’appartenance politique des deux CEO qui se sont succédé à la tête de Swisscom depuis 2006, mais ils ne sont pas PDC. Trois hommes ont présidé le conseil d’administration de Swisscom depuis 1988. L’un des trois avait une affinité pour le PDC, si ma mémoire ne me joue pas des tours. Mes recherches ne m’ont pas permis d’établir s’il était membre du parti. Le magazine Bilan ne mentionnait aucun parti dans la présentation de son réseau et écrivait qu’il faisait peu de cas des carrières construites sur un réseau de contacts. Le représentant de la Confédération au sein du conseil d’administration est actuellement un membre du PLR qui a succédé en 2017 à un membre du PSS. Je ne vois pas où on peut parler de copinage PDC dans trois des quatre entreprises proches de l’État. Jetons un coup d'œil à la SSR que les médias présentent traditionnellement comme proche du PDC.
Personnellement, je vois les représentants de la SSR d'un œil assez critique, car je pense que la SSR elle-même est depuis des années plus proche de la gauche que des partis du centre et de la droite. Mais c'est un autre débat. Le conseil d’administration de la SSR se compose de neuf membres. Effectivement nous y retrouvons le pouvoir cumulé de trois anciens conseillers d’État PDC (!), président compris. Toutefois, le président du conseil d’administration n’est pas élu par la conseillère fédérale PDC et le Conseil fédéral, mais par l’assemblée des délégués. En revanche, le Conseil fédéral a élu en 2016 et 2017 deux membres du conseil d’administration : l’ancienne conseillère d’État PLR Ursula Gut et Marc Furrer, membre de l’UDC. Ils ont remplacé Hans Lauri (PBD) et Ulrich Gygi (PSS) qui a successivement dirigé la Poste puis les CFF. Il lui manque encore la direction de Swisscom pour boucler la boucle. La méchante Doris Leuthard n’a donc jamais proposé un membre du PDC pour siéger au sein du conseil d’administration de la SSR.
Son penchant naturel et sans limite pour son propre parti ne semble donc pas avoir profité outre-mesure au PDC depuis qu’elle dirige le DETEC (un point qui la distingue apparemment fortement des six autres membres du Conseil fédéral). Je vais devoir mener une discussion sérieuse avec elle. Comme président de parti, j’aimerais que ces postes de direction dans des entreprises proches de l’État soient occupés par autant de PDC que de membres du PSS et du PLR. Leuthard ne fait assez de copinage. J’arrête d’être ironique.