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Créé le: 14.02.2014, édité le: 14.02.2014
Cela n’est pas un hôpital aseptisé, aux carrelages étincelants. C’est une grande maison, avec de nombreuses salles aménagées pour accueillir des handicapés alités où en fauteuil roulant. Soraya partage, avec une adolescente, une chambre étroite avec un ventilateur fixé au plafond. Celui-ci tourne lentement, en grinçant légèrement. Une petite fenêtre laisse entrevoir la cour et ne permet pas vraiment au soleil de pénétrer. Un espace entre les deux lits métalliques, facilite l’accessibilité auprès d’elles. Soraya est une fillette de huit ans, belle comme un cœur, avec de grands yeux noirs, des cheveux d’ébène et un sourire magnifique. “Ruskis”, dit-elle à celles et ceux qui l’approchent. En faisant la moue et en pointant le ventilateur, elle répète inlassablement “Ruskis”, suivi de, “Tik né”. Plusieurs membres du personnel ne connaissent pas la langue Dari. Ces sons, que la fillette répète, les font sourire. Cependant, ils savent la tragédie camouflée derrière les onomatopées prononcées par Soraya.
C’était l’été, sur la terrasse de la maison familiale, elle s’amusait avec ses cousines, ses frères et sœurs. Soudain, un grand oiseau de fer surgit de derrière la montagne et piqua du nez sur le village. Il y eut le vacarme assourdissant des tirs, la poussière, les cris, puis il disparut précipitamment. Soraya eut le temps de voir les hélices tourner au-dessus du monstre. Elle se souvient du vent et des brindilles de bois qui virevoltaient dans les airs.