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Il suffit d’une semaine de nuits trop courtes pour modifier l’expression génique dans les cellules sanguines, réduire l’amplitude des rythmes circadiens et intensifier les effets d’une privation totale de sommeil.1 Un phénomène affectant entre autres la modification de la chromatine et les réponses immunitaire, inflammatoire et au stress.
L’ expérience, menée en Grande-Bretagne, s’est déroulée en deux étapes, sur 26 volontaires âgés de 23 à 32 ans, dormant en moyenne huit heures par nuit. Ils devaient soit se limiter à six heures de sommeil par nuit pendant une semaine, soit au contraire dormir dix heures maximum par nuit pendant le même laps de temps. Ces deux conditions étaient immédiatement suivies par une période de privation totale de sommeil de deux jours et une nuit, soit l’équivalent d’une nuit blanche, pendant laquelle un échantillon sanguin était prélevé toutes les trois heures.
L’ analyse de l’ARN des échantillons prélevés a montré qu’au bout d’une semaine de limitation de sommeil, la régulation de 711 gènes était visiblement affectée, soit positivement (267), soit négativement (444). Ces gènes étaient impliqués dans le rythme circadien, l’homéostasie du sommeil, le stress oxydatif et le métabolisme. Le nombre de gènes exprimés selon un rythme circadien avait de plus chuté de 1855 à 1481. Enfin, les gènes activés par le manque total de sommeil étaient sept fois plus nombreux chez les «petits dormeurs» (856) que chez les gros (122).
Ces résultats apportent une explication métabolique aux problèmes de santé liés au manque de sommeil et à l’interruption du rythme circadien, tels que l’obésité, les maladies cardio-vasculaires et les troubles cognitifs.