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Critique
Si l'on en croit la cinéaste chinoise Guo Xiaolu, chacun de nous connaît une existence subjective où s'enchevêtrent constamment rêves et réalité. A partir de là, la réalisatrice imagine le récit d'une longue cavale, celle d'un jeune homme qui a commis un crime et qui s'enfuit, traversant la Chine du sud au nord, cherchant à rejoindre Mohe, un mystérieux village enneigé planté sur la frontière septentrionale du pays.
En même temps - et en montage alterné - apparaît un second personnage: assis à son bureau de Beijing, un scénariste est en train d'écrire l'histoire même du fugitif, ce qui l'amènera à rejoindre lui aussi le village en question. Il fera le voyage jusqu'à la frontière russe et croisera là-bas, l'espace d'un instant, le personnage fictif qu'il vient de créer...
Le scénario du film était ambitieux, mais s'égare en cours de route, tantôt dans l'ébauche de l'histoire du jeune homme en fuite (qui relève de la fiction), tantôt dans la description quasi documentaire (et intéressante) de la vie de certains villages chinois. Le tout est soutenu par un commentaire souvent distancié du scénariste lui-même qui finit par se confondre avec son héros. Cette amorce de réflexion sur le sens de la vie reste assez superficielle, trop éclatée, et pose beaucoup plus de questions qu'elle ne formule de réponses d'ordre social, éthique, ou tout simplement esthétique.
Antoine Rochat