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Critique
Stéphane Brizé (JE NE SUIS PAS LA POUR ÊTRE AIME) livre un petit film pas cher - dix jours d'écriture, quatre jours de tournage, autant de montage - produit par les Lelouch père et fils. Avec six comédiennes et six comédiens de 26 à 46 ans n'ayant jamais joué devant une caméra, il déroule une réflexion sur le couple, à la façon d'une ronde (dont les épisodes sont d'ailleurs ponctués par un petit refrain de boîte à musique évoquant une comptine).
Cette ronde (la référence à la pièce de Schnitzler est revendiquée par le cinéaste) s'enchaîne avec la présence d'un même personnage dans deux séquences successives. Une heure avant de tourner, les comédiens ne savaient rien de ce qu'ils allaient jouer, n'ayant reçu que des instructions sur leur habillement. Chacun avait en gros la même tranche de temps. Le tout a été filmé pour l'essentiel en plans-séquences, une large place étant laissée à l'improvisation.
Le résultat est une série de saynètes très nature, brutes de décoffrage, comme on dit. L'expérience est intéressante, très terre à terre, plus sociologique et psychologique que cinématographique.
Daniel Grivel