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Même si la majorité des gens ne vivent et ne travaillent plus dans la même commune ou dans le même canton, le modèle politique à trois niveaux existe toujours. Il est très difficile de réformer ce système, de revenir sur l’organisation spatiale et de la modifier, explique le géographe et directeur de l'institut Sotomo Michael Hermann.
L’inadéquation entre l’organisation spatiale et l’organisation politique est plutôt une force centrale du fédéralisme. Pour Michael Hermann, les frontières intérieures entre les cantons neutralisent les champs de tension régionaux, puisqu’ils ne sont pas en concurrence, et les désamorcent les tensions, au contraire de ce qui se passe en Belgique ou en Espagne.
Si la petite taille de certains cantons et les fortes différences de grandeurs sont incompatibles avec toute idée de bonne planification, cela représente un intérêt important. En effet, il faudra alors adapter et garder des solutions souples et pragmatiques qui permettent de tenir compte des différences importantes.
Formellement, les plus grandes villes sont au même niveau que les plus petites communes. Celles qui sont le moteur des évolutions importantes sont défavorisées par ce modèle. Les villes disposent pourtant d’un pouvoir disproportionné, notamment grâce à l’important budget dont elles disposent grâce à des revenus supplémentaires issus de l’imposition des entreprises. De plus, leurs investissements concernent l’ensemble des gens qui fréquentent l’espace urbain, pas forcément leurs habitants.
Après ces constats, Michael Hermann propose deux solutions: rêver de doter le fédéralisme suisse de nouvelles géométries, entités et niveaux, mais un obstacle s'ouvre alors: ne pas pouvoir le faire pour des raisons pragmatiques.
L'autre proposition alors serait de garder ce qui se fait déjà et ne pas modifier les géométries, qui sont inadaptées, mais permettent au système de fonctionner. ce qui offre une garantie de continuité.