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Fort de Château Queyras
Historique
Situé dans la haute vallée du Queyras, le château dresse sa silhouette menaçante sur un ancien verrou glaciaire qui barre la vallée du Guil, entre le précipice de la gorge et la pente de la montagne. Il constitue une position forte qui, dès le Moyen Age, permettait de barrer la vallée et de verrouiller solidement le passage face à l'aval. L'existence d'un château y est attestée dès 1265. En 1692, le Duc de Savoie envahit la haute Durance en passant par l'Ubaye (via les cols de Larche et de Vars). Il ravage le pays, dévaste Embrun et Gap, avant de se retirer. Marchant en flanc-garde du duc, le maréchal de Schomberg descend la vallée du Guil et met le siège devant le château de Queyras, alors pratiquement à l'abandon. Il est repoussé mais le village est incendié. A Versailles, la surprise est grande de constater que les Alpes ne constituent pas un obstacle infranchissable. Louis XIV dépêche de toute urgence sur place le maréchal de Vauban, avec mission de procéder aux travaux de fortification nécessaires pour parer à toute nouvelle menace dans les Alpes.
Le concept
Parmi les nombreux travaux réalisés dans le Dauphiné, Vauban décide qu'il faut verrouiller la vallée du Guil qui constitue un axe de pénétration potentiel pour la Savoie, comme l'expérience l'a montré. Etant commandé par les hauteurs alentours et isolé de Guillestre par une gorge, l'ancien château est reconverti en poste avancé, pour servir de sonnette d'alarme. Son rôle est simplement de ralentir suffisamment l'ennemi pour donner aux places de Mont-Dauphin et de Briançon le temps de se mettre en défense.
Les ajouts de Vauban
A défaut de pouvoir reconstruire la position, Vauban préconise d'améliorer les défenses médiévales, jugées insuffisantes, et de doubler la surface du château, estimé trop petit, par l'édification d'une rempart s'étendant vers l'ouest et englobant l'enceinte primitive. Il renforce l'édifice par des voûtes, le divise par une traverse et couvre le front d'attaque le plus exposé par une fausse braie bastionnée en forme de corne. En revanche, il conserve la galerie de bois, d'allure médiévale, qui entoure le sommet du donjon et n'apporte que peu de modifications au front sud, défendu naturellement par le précipice qui domine la gorge. Pour convrir l'enceinte principale et la porte du fort, il ordonne l'édification d'une demi-lune dont le terre-plein sera agrandi sous la révolution pour accueillir de l'artillerie. Sous celui-ci s'ouvre une galerie, établie au niveau du fossé, qui peut abriter une cinquantaine d'hommes et qui demeura, jusqu'au 18e siècle, la seule partie à l'épreuve des bombes. La porte principale, reliée à la demi-lune par un pont dormant coudé, est dérobée sur le flanc d'un des bastions de la deuxième enceinte. Une seconde porte conduit à la cour d'artillerie, ancienne avant-cour du château delphinal. De là, un petit pont-levis mène à la cour du donjon à travers l'enceinte primitive. Du côté ouest, cette cour est fermée par une caserne du 17e siècle, agrandie par Vauban tandis que le donjon primitif a été transformé pour abriter la troupe, les munitions et les vivres du fort.
Les ajouts postérieurs à Vauban
A partir de 1783, des batteries étagées sont construites sur la plateau bas qui domine le Guil. Enfin, dans les années 1840, le fort est modernisé par l'installation de 2 batteries casematées à la Haxo. Il prend alors l'aspect qu'il a aujourd'hui et constitue un merveilleux exemple de la façon dont certaines fortifications alpines ont été adaptées et améliorées au fil des siècles, en fonction des progrès de l'artillerie et de l'art de la guerre. A découvrir impérativement si vous passez dans le coin, sans oublier le village qui présente un charme certain!
Visite et information:
Visite guidée en saison. Renseignements : syndicat d'initiative de la commune de Château-Villevieille (05350). Tél. 04 92 45 06 23.
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