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Des manifestants s'étaient rassemblés le 19 juillet dernier devant le siège l'UE à Bruxelles, en Belgique, alors que les Etats membres de l'UE discutaient de l'avenir du glyphosate (archive).
KEYSTONE/AP Images/GEERT VANDEN WIJNGAERT(sda-ats)
L'agence européenne de sécurité des aliments (Efsa) a défendu vendredi son rapport sur le glyphosate, un herbicide controversé. Elles réfute les informations de presse l'accusant d'avoir reproduit des arguments de fabricants de pesticides, dont le groupe Monsanto.
"Ces affirmations sont encore une nouvelle tentative de créer des doutes sur l'évaluation faite par" les experts de l'UE, a réagi l'agence qui a son siège en Italie. Son rapport a servi de base à la Commission européenne pour recommander la réautorisation du glyphosate pour dix ans au sein de l'Union européenne (UE).
Les quotidiens italien La Stampa et britannique The Guardian ainsi que la radio française RMC assurent vendredi qu'une partie cruciale du rapport de l'Efsa semble un copier/coller d'un document déposé en 2012 par le groupe américain Monsanto au nom de la "Glyphosate Task Force". Ce dernier est un consortium d'entreprises commercialisant des produits à base de glyphosate en Europe.
"Les sections du rapport de l'Efsa qui réexaminent les études publiées sur l'impact potentiel du glyphosate sur la santé humaine sont copiées, quasiment mot pour mot, sur le dossier présenté par Monsanto", écrit La Stampa.
"Ce sont 100 pages sur environ 4300 dans le rapport final, mais il s'agit des sections les plus controversées et au centre de l'âpre débat de ces derniers mois", souligne ce quotidien italien.
"Incompréhension du contexte"
Il s'agit d'une "incompréhension du contexte et du contenu des documents publiés", a répondu l'agence européenne. Selon elle, les documents que mentionnent les médias ne font pas partie du rapport de l'Efsa, mais des notes fournies par l'Etat membre rapporteur auprès de l'agence dans ce dossier.
Par ailleurs, les références à la Glyphosate Task Force "sont des extraits" d'études "disponibles" et "des références" à ces études, soumis par les candidats au renouvellement de la licence du glyphosate, clairement identifiés en tant que tels, a poursuivi l'Efsa.
Evaluation "biaisée"
L'évaluation scientifique de la dangerosité du glyphosate fait l'objet d'une polémique. Plusieurs ONG ainsi que des scientifiques accusent les agences européennes d'évaluation "biaisée".
En juin, des députés européens avaient interpellé la Commission sur l'indépendance des études scientifiques sur lesquelles elle s'est fondée pour proposer un renouvellement de l'autorisation de la substance. Le glyphosate reste classé "cancérogène probable" par le Centre international de recherche sur le cancer (Circ, OMS).
"La conclusion de l'Efsa et de l'Echa (l'agence européenne des produits chimiques, Ndlr.) selon laquelle le glyphosate ne devrait pas être classé comme cancérogène est en ligne avec les conclusions de nombreux autres autorités de régulation, à la fois dans et en dehors de l'UE", a affirmé vendredi une porte-parole de la Commission.
Vote au début octobre
La licence européenne du glyphosate, qui entre en particulier dans la composition du Roundup, le produit phare de Monsanto, expire fin 2017. Le débat sur son renouvellement fait rage au sein de l'UE.
La Commission a affirmé à plusieurs reprises qu'elle souhaitait que la décision revienne aux Etats membres, qui doivent se prononcer avant la fin de l'année pour ou contre dans un vote à la majorité qualifiée.
Une prochaine réunion du comité chargé du dossier au sein duquel siègent les représentants des Etats membres est prévue pour les 5 et 6 octobre mais l'ordre du jour est encore à confirmer. Pour l'heure, aucun vote n'est programmé. La France a annoncé fin août qu'elle voterait contre.
ATS