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Image: KEYSTONE
Le 13 février prochain, le peuple se prononce entre autres sur l'initiative «Oui à l'interdiction de l’expérimentation animale et humaine». Qualifiée de dangereuse par les opposants et de nécessaire par les initiants. On vous explique tout.
17.01.2022, 11:4925.01.2022, 14:51
C'est un sujet qui revient régulièrement à la table des parlementaires: l'interdiction de l'expérimentation animale. Le peuple a déjà voté et rejeté par trois fois de telles initiatives. La première en 1985 (à 70%), puis en 1992 (à 56%) et en 1993 (à 72%). En Suisse, environ 550 000 animaux ont été utilisés pour des expériences durant l'année 2020. La majorité étant des souris, suivies par des oiseaux et des rats. La plupart des expériences sur des animaux sont effectuées par des hautes écoles et l'industrie.
Pourquoi on vote?
L'initiative «Oui à l'interdiction de l'expérimentation animale et humaine- Oui aux approches de recherche qui favorise la sécurité et le progrès» a été lancée en 2017 par des citoyens du canton de Saint-Gall. Le texte a abouti le 9 avril 2019 en récoltant quelque 124 000 signatures sur les 100 000 nécessaires. L'initiative n'a recueilli aucune voix en sa faveur au Conseil national ni au Conseil des Etats. Le parlement a aussi rejeté le texte sans lui opposer de contre-projet.
Que demande l'initiative?
Les initiants considèrent que l'expérimentation animale s'apparente à un crime. Le texte demande l'interdiction de toute expérimentation animale et humaine. De plus, les produits développés à l’aide d’expériences sur les animaux ne pourraient plus être importés. Enfin, l'initiative demande que la recherche sans expérimentation animale reçoive au moins autant d'aides publiques que reçoit aujourd'hui la recherche avec expérimentation animale. Le texte de l'initiative:
Trois arguments pour l'initiative
- Ethiquement inacceptable
La maltraitance des animaux et des patients incapables de donner leur consentement lors d'expériences est inexcusable. Les animaux souffrent et ressentent la souffrance et la douleur. L’être humain et la science abusent de leur pouvoir et de leur supériorité.
- Pas de preuve d'efficacité
Les études ont montré que les résultats des expériences sur les animaux ne peuvent que rarement s’appliquer à l’homme. En tout, 95% de tous les nouveaux médicaments échouent aux essais cliniques sur l’humain, malgré des résultats prometteurs sur les animaux. Quant à l’expérimentation humaine, elle ne fournit que de vagues valeurs moyennes. Elle n’offre aucune garantie pour le traitement des individus.
- Favorise l'innovation
La science progressera en combinant les approches centrées sur le patient, et non en infligeant des souffrances. Des entreprises innovantes qui développent, par exemple, des aides au diagnostic profiteront de la demande croissante.
Trois arguments contre l'initiative
- L'expérimentation animale est nécessaire et l'initiative va trop loin
Aujourd’hui, dans la recherche sur le cancer ou la démence ou encore dans le domaine de la chirurgie, par exemple, il n’existe souvent pas de solution de remplacement aux expériences sur des organismes vivants. Selon la Confédération, l’expérimentation animale reste nécessaire. D'autant que la législation suisse est l’une des plus strictes au monde en matière d’expérimentation animale : une expérience avec des animaux n’est autorisée que si les résultats ne peuvent pas être obtenus autrement. L’initiative, par contre, va trop loin, raison pour laquelle aucune organisation de protection des animaux ne la soutient.
- Conséquences sanitaires graves
Les médicaments sont testés sur des animaux et des humains avant d’être mis sur le marché. Si l’initiative est acceptée, de nombreux médicaments ne pourraient plus être produits en Suisse ni importés. «Il n'y a pas de nouveaux médicaments sans expérimentation animale et sans études cliniques, même si des recherches intensives sont menées pour trouver des alternatives», explique Michael O. Hengartner, président des écoles polytechniques suisses.
- Impact négatif sur l'économie et la recherche
L'initiative entravera fortement la recherche médicale et le développement de médicaments. Si l’expérimentation animale était interdite en Suisse, de nombreux programmes de recherche et entreprises seraient délocalisés et la Suisse perdrait des emplois.
Qui est pour? Qui est contre?
Pour l'initiative: environ 80 organisations et entreprises, des représentants du PS et des Verts ainsi que des groupes de protection des animaux et des partis animaliers. La Protection suisse des animaux (PSA) n’en fait pas partie.
Contre l'initiative: Conseil fédéral et tous les parlementaires fédéraux (Conseil national et Conseil des Etats). L'initiative n'a récolté aucune voix au parlement. Tous les partis politiques jugent le texte trop extrême et le rejettent. Les Verts, les Vert'libéraux et le Parti socialiste ne soutiennent pas le texte, mais souhaiteraient donner plus de moyens à la recherche pour développer des alternatives à l'expérimentation animale.
Que disent les sondages ?
Tamedia
L'initiative est rejetée à 61%❌, publication le 7 janvier 2022
SSR
L'initiative est rejetée à 48%❌, publication le 7 janvier 2022
Lors du vote de dimanche 13 février 2022, vous trouverez sur watson les résultats des votes fédéraux et cantonaux à partir de 12 heures.
Pour mieux comprendre les autres votations fédérales du 13 février:
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