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Dans une déclaration commune, les Etats-Unis et l'Allemagne font planer la menace de nouvelles sanctions en cas de dérapage de Moscou dans l'utilisation de ce projet, et s'engagent à tenter de compenser les pertes pour l'Ukraine, qui sera privée d'une partie du transit de gaz russe par le futur gazoduc.
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"Si la Russie devait tenter d'utiliser l'énergie comme une arme ou commettre d'autres actes agressifs à l'égard de l'Ukraine, l'Allemagne prendra des mesures au niveau national, et fera pression pour des mesures efficaces au niveau européen, y compris des sanctions, pour limiter les capacités d'exportation russes vers l'Europe dans le secteur énergétique", affirment les deux pays alliés.
Un émissaire spécial
Ils plaident aussi pour que le gaz continue de "transiter par l'Ukraine après 2024", échéance actuellement prévue dans un accord avec la Russie. "L'Allemagne s'engage à utiliser tous ses moyens de pression pour faciliter une extension pouvant aller jusqu'à dix ans supplémentaires" de cet accord sur le transit, et va nommer "un émissaire spécial pour soutenir ces négociations" d'ici le 1er septembre, selon la déclaration commune.
Dans une conversation téléphonique, la chancelière allemande Angela Merkel et le président Poutine ont d'ailleurs "envisagé" dès mercredi "la possibilité" d'une telle prolongation "au-delà de 2024", a rapporté le Kremlin.
Enfin, Berlin a promis de "créer" un "fonds vert" pour "soutenir la transition énergétique de l'Ukraine", initialement abondé par l'Allemagne à hauteur d'au moins 150 millions d'euros, afin de "promouvoir et soutenir des investissements pour au moins un milliard de dollars" venant notamment du secteur privé.
Opposition américaine
Les Etats-Unis s'opposent vivement, et depuis des années, à ce gazoduc. Ils déplorent qu'il passe par la mer Baltique, mais pas par l'Ukraine, menaçant de priver ce pays d'une partie des revenus perçus sur le transit, mais aussi d'un moyen de pression sur Moscou.
Joe Biden a toutefois fini au printemps par renoncer à imposer des sanctions pour bloquer le projet, estimant qu'il était trop tard et qu'il valait mieux miser sur la coopération avec l'Allemagne -- favorable, elle, à Nord Stream 2.
agences/asch
Kiev entame des consultations avec l'UE et l'Allemagne
L'Ukraine a entamé des consultations officielles avec l'Union européenne et l'Allemagne à propos Nord Stream 2, a fait savoir mercredi le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dimitro Kouleba, marquant une nouvelle étape dans l'opposition de Kiev à l'oléoduc qu'il voit comme une menace sécuritaire pour l'Europe.
Via Twitter, le chef de la diplomatie ukrainienne a indiqué que des notes officielles avaient déjà été transmises à Bruxelles et à Berlin.
"L'Ukraine initie officiellement des consultations avec la Commission européenne et l'Allemagne sur NS2, qui menace la sécurité de l'Ukraine, viole le principe de diversification de l'union énergétique européenne", a déclaré Dimitro Kouleba.
Zelensky invité à la Maison Blanche
La Maison Blanche a fait savoir dans la foulée de l'annonce de l'accord avec l'Allemagne que le président Biden recevrait son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky le 30 août.