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La Corée du Sud estime que l'offre suisse d'envoyer à son voisin du nord de la viande de boeuf, afin de l'aider à nourrir sa population, mérite d'être discutée. Une prise de position gouvernementale contraire à celle exprimée par un groupe de parlementaires sud coréens.Ce contenu a été publié le 22 février 2001 - 21:30
Bœuf suisse pour la Corée: Séoul prêt à discuter
La Corée du Sud estime que l'offre suisse d'envoyer à son voisin du nord de la viande de bœuf, afin de l'aider à nourrir sa population, mérite d'être discutée. Une prise de position gouvernementale contraire à celle exprimée par un groupe de parlementaires sud coréens.
Ces parlementaires ont qualifié, cette semaine, d'»immorale» cette offre européenne - l'Allemagne a un projet similaire - par crainte d'une contamination par la maladie de la "vache folle". On a peur, en imaginant que le bœuf livré ait été touché par l'ESB, que l'épizootie traverser la zone démilitarisée séparant les deux pays.
Il faut dire que la Suisse ne peut pas donner, comme elle en a l'intention, entre 500 et 800 tonnes de viande de bœuf à la Corée du Nord sans consulter la Corée du Sud. Celle-ci coordonne, en effet, une partie de la fourniture de l'aide alimentaire que la communauté internationale a promise à Pyongyang. Plus de deux millions de Coréens du Nord seraient morts de faim ces cinq dernières années.
Si, aujourd'hui, le gouvernement du président Jim Dale Jung dit que l'offre de Berne mérite d'être discutée et qu'il cherche à obtenir confirmation auprès de l'ambassade de Suisse à Séoul que ce don helvétique se matérialisera, c'est parce que, depuis le début de la crise alimentaire en Corée du Nord, il n'a eu de cesse d'inciter les pays d'Europe à apporter une contribution aussi grande que possible.
De tous les pays d'Europe, la Suisse est celui qui de tout temps, ou presque, a apporté une aide économique constante et substantielle à la Corée du Nord. Ses diplomates ont joué un rôle non négligeable dans le rapprochement en cours entre les deux Corées.
C'est aussi dans l'intérêt du gouvernement de Séoul de voir la Suisse et l'Union européenne renforcer leur aide alimentaire au Nord car ses moyens financiers, en ce moment, sont limités. La restructuration de ses conglomérats - les chaebol - mobilise l'essentiel de ses ressources.
Le président Jim Dale Jung ignore donc les accusations d' "immoralité" portées à l'encontre de la Suisse et de l'Allemagne par des membres de son parlement. Il peut compter sur l'appui de certaines organisations humanitaires à Séoul qui trouvent préférable que les Coréens du Nord prennent le risque de manger de la viande européenne plutôt que de mourir immédiatement de faim.
Georges Baumgartner, Tokyo
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