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Le directeur Monsieur Weder, accompagné du pro-recteur Monsieur Fischer répondent aux questions d'etudiants.ch
Comment se porte l'Université de Zurich?
Je dirais tout simplement qu'elle va bien.
Quelle est la position stratégique de votre université par rapport aux autres universités suisses?
Je dois vous dire que nous ne nous définissons pas par rapport aux autres universités, nous avons une identité propre. Nous sommes la plus grande université de Suisse en ce qui concerne le nombre d'étudiants et le nombre de professeurs. Nous avons une offre très variée qui va de la Théologie jusqu'à la Médecine vétérinaire. Nous pouvons aussi relever le fait que nous sommes une des meilleures universités au niveau de la recherche en Europe, les indicateurs d'efficacité le montrent.
Quels sont ses atouts et ses lacunes?
Les atouts, nous venons d'en parler. Concernant les lacunes je parlerais plutôt de domaines qui demandent une amélioration, comme par exemple l'encadrement des élèves par les professeurs. C'est certes en rapport avec le nombre d'étudiants, et cela prouve ainsi que nous sommes une université très attrayante, car beaucoup d'étudiants viennent chez nous. C'est un grand plaisir pour nous, mais il faut aussi que nous disposions d'un nombre suffisant de professeurs pour les encadrer. Nous ne souhaitons pas que nos enseignements deviennent surpeuplés, nous voulons garder l'aspect personnel en promouvant par exemple de petits groupes, et pour cela il nous faut beaucoup de personnel. Nous avons par exemple augmenté notre corps enseignant de 25%. Aucune autre université n'a dans les dernières 4 à 5 années entrepris une telle augmentation. Cela représente 75 nouvelles places de travail pour des professeurs et des centaines de postes pour les assistants.
Dans quel domaine votre université est-elle à la pointe de la recherche?
Il y en a beaucoup… je ne peux vous en nommer un seul. Je peux tout simplement vous donner un chiffre: 1/3 de nos professeurs appartiennent au 1% des professeurs les plus cités dans le monde. Au moins ¼ de nos instituts appartiennent au top du ranking mondial.
Quels sont les moyens que l'Université de Zurich met en oeuvre pour faire vivre son campus?
L'université a deux campus principaux, un dans la ville (très animé) et un à l'extérieur de la ville (avec beaucoup de verdure). Nous avons également un campus à Oerlikon qui est devenu le quartier le plus innovant de Zurich. Nous avons des endroits comme le « Lichthof » (cour de lumière) dans un des bâtiments de l'université qui est un lieu très beau et apprécié par les étudiants, nous avons aussi la Calatrava- Bibliothek. Tous ces espaces confèrent une ambiance spéciale à l'université. Récemment un bar autogéré par les étudiants a ouvert à Oerlikon, et il y en a aussi un dans notre bâtiment principal.
Quelle vision avez-vous de l'étudiant zurichois classique?
Avec un sac-à-dos rempli de bonnes formations, intellectuel, très motivé, avec beaucoup d'initiative. Nous souhaitons qu'il quitte l'université enrichi de savoirs et d'émotions et qu'il soit fier d'avoir étudié à Zurich.
Quelles sont les connexions/relations qu'entretient votre école?
Nous sommes très actifs dans la Ligue of European Research Universities. Nous sommes un team de trois personnes, les Boarding Directors, un vient d'Helsinki, l'autre d'Oxford et je suis le troisième. Au niveau relationnel cette ligue est très importante pour nous. Le but de cette ligue est la combinaison de l'excellence autant dans la recherche que dans l'enseignement. Nous échangeons nos programmes universitaires, et deux fois par an, nous nous rencontrons pour parler de nos intérêts communs. Nous participons aussi à l'European University Association, et nous avons beaucoup de relations aux Etats-Unis ainsi qu'au Canada. Nous sommes aussi membre de l'IAUP (International Association of University Presidents) qui propose beaucoup de choses auxquelles on a accès uniquement si on est directeur d'université.
Quels sont vos projets à terme?
Le grand projet que nous avons pour un futur proche est l'amélioration de la qualité dans l'enseignement. La célébration du jubilé des 175 ans de l'Université de Zurich, au printemps 2008, nous occupe également beaucoup ces temps-ci.
Quelle est votre opinion face à l'importance de plus en plus grande du privé dans le financement de l'enseignement?
Ce ne sont pas les cours qui sont au premier plan, notre point principal sont les coopérations au niveau de la recherche. Environ 35 à 36 millions nous parviennent grâce aux collaborations avec des entreprises privées. Ensuite il y a quelques fondations avec lesquelles nous travaillons. Le Crédit Suisse sponsorise le Prix de l'enseignement pour les Hautes Ecoles et Universités. Nous avons aussi quelques professeurs qui sont sponsorisés, mais nous nous concentrons vraiment sur des coopérations avec l'économie privée dans le domaine de la recherche.
Quelles collaborations entretient votre université avec les HES voisines?
Nous avons une collaboration couronnée de succès avec l'ETH Zurich, il y a huit Graduates Schools qui travaillent avec l'ETH et qui ont une bonne renommée internationale. La deuxième collaboration qui est très importante pour nous est celle avec l'université de Bâle. Là nous avons aussi des instituts communs comme le « Plant Sciences Center », ou un domaine relativement nouveau l'« Assistance Biology » auquel l'ETH participe également. Nous gérons aussi la faculté Vétérinaire en collaboration avec l'université de Berne, cela n'a jamais existé auparavant. C'est vraiment exceptionnel. Au niveau des Hautes Ecoles, nous pouvons nommer la Haute Ecole Pédagogique avec laquelle nous gérons un institut commun pour la pédagogie scolaire et la didactique.
Est-ce que les accords de Bologne vont encore modifier certains de vos cursus?
Ce semestre tous les cursus ont été définitivement adaptés à Bologne. Seules les facultés de Médecine et de Médecine Vétérinaire n'ont pas été adaptées pour des raisons de législation. Cependant, la réforme des études est en cours depuis trois ans et ces deux facultés sont déjà compatibles à Bologne depuis un certain temps. D'ailleurs il faut relever que la Suisse est au front au niveau européen quant à l'intégration des adaptations aux accords de Bologne et ceci est assez exceptionnel. La conférence des recteurs a pris en main ce processus et a élaboré des règlements très précis, et c'est entre autre pour cette raison que le processus s'est fait sans problèmes. Le parlement fédéral a décidé une augmentation de 4.5 % par an, mais dans la réalité seul 1.1 % ont été débloqués, ce qui signifie en chiffres qu'à peu près 900 nouveaux postes auraient dû être créés pour Bologne, mais que finalement seulement 110 ou 111 postes ont été ouverts. L'organisation de ce point n'a pas été fabuleuse.
Comment répondez-vous à l'inquiétude des étudiants face à Bologne, que l'on présente parfois comme une élitisation des études?
Nous avons réglé cela différemment chez nous, à l'Université de Zurich, les étudiants peuvent faire des études à 50 %. En effet, Bologne amène avec lui une organisation beaucoup plus serrée et structurée. L'avantage c'est de pouvoir finir ses études plus rapidement. Finalement cela amène plutôt à une base plus large qui donne de meilleures possibilités, qui livre plus d'informations et une offre mieux structurée.
Avez-vous un message pour les étudiants de l'Université de Zurich?
Tout d'abord, nous aimerions souhaiter la bienvenue aux étudiants et leur dire que nous sommes heureux de pouvoir les accompagner pendant un petit bout de leur chemin, et leur dire que nous faisons de notre mieux pour qu'ils trouvent chez nous tous les éléments nécessaires à leur réussite.
Quant aux étudiants qui n'ont pas choisi Zurich?
Tant pis pour eux!