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En annonçant l'abandon de tous ses conseils d'administration, Peter Hess a réussi à faire baisser la pression. La démission du président du Conseil national ne semble plus à l'ordre du jour. Du moins pour l'instant. Mais, au-delà du cas Hess, le problème politique subsiste.
Ses liaisons avec l'industrie du tabac et sa participation d
ans les sociétés sises dans des paradis fiscaux commençaient à faire sérieusement tache dans le curriculum politique de celui qui est considéré comme le premier citoyen du pays, Peter Hess. Et d'aucuns demandaient carrément sa démission.
Certains socialistes étaient particulièrement remontés contre le président du Conseil national. D'autant plus que c'est à cause de sa voix déterminante que la Chambre du peuple n'a accordé que 400 millions ( au lieu de 800 millions ) pour favoriser les retraites flexibles.
Mais, en abandonnant ses conseils d'administration, Peter Hess a réglé son cas personnel, estime aujourd'hui Jean-Philippe Jeannerat. Et le porte-parole du PS de rappeler que le groupe parlementaire socialiste des Chambres fédérales n'exigeait une démission qu'en cas de mensonge de Peter Hess.
Les socialistes voulaient surtout que Peter Hess «mette tout sur la table». Or, en livrant rapidement tous les documents nécessaires à un contrôle, le démocrate-chrétien zougois a répondu à ces exigences.
Il n'en reste pas mois que, pour les socialistes, la participation du premier citoyen de l'Etat - que ce soit Hess ou un autre - à des conseils d'administration continue de poser un sérieux problème politique.
En réunion jeudi avec les autres partis gouvernementaux, le PS proposera que le Parlement réforme le système. On pourrait, par exemple, augmenter le salaire des présidents des deux Chambres ou professionnaliser leur fonction. A condition, bien sûr, que les présidents renoncent à toute autre charge.
On pourrait aussi de renforcer les règles de transparences en ce qui concerne la participation à des conseils d'administration.
Du côté du Parti démocrate-chrétien (PDC), les conclusions de l'organe de contrôle et la décision de Peter Hess d'abandonner tous ses mandats économiques sont synonymes de soulagement.
Certes, Peter Hess a toujours pu profiter du soutien de son parti et de ses collègues. Mais la gêne était perceptible parmi les démocrates-chrétiens. Or, si la polémique avait continué à enfler, il est probable que ce soutien aurait connu quelques failles.
Reste que, pour le PDC aussi, cette affaire pourrait avoir des suites politiques. Présent à la conférence de presse de Peter Hess, le président du parti Philipp Staehlin estime que ce cas est «un signal politique dans le cadre des discussions à venir sur les exigences requises pour la fonction de président du Conseil national».
Reste à voir maintenant quelle sera l'attitude de la presse dominicale alémanique. C'est, en effet, elle qui, depuis des semaines, enchaîne les révélations et alimente ce que l'on peut appeler «l'affaire Hess».
Rolf Cavalli, rédacteur en chef adjoint du «SonntagsBlick», n'est pas encore en mesure d'apporter une réponse. «Le développement de l'affaire dépendra de nos investigations et des questions journalistiques qui seront posées».
Rolf Cavalli se défend d'ailleurs de vouloir faire une chasse aux sorcières. «Notre but ultime n'a jamais été de nuire à Peter Hess, mais de nous poser des questions sur ses mandats.»
Il n'est donc pas question de demander la tête de Peter Hess, même si, pour Rolf Cavalli, «sa démission aurait été justifiée».
Olivier Pauchard