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Titre de la recherche:
Longitudinal neurometabolic changes in the hippocampus of a rat model of chronic hepatic encephalopathy
Auteurs:
Olivier Braissant, Veronika Rackayova, Katarzyna Pierzchala, Jocelyn Grosse, Valérie A. McLin, Cristina Cudalbu
Publication:
Journal of Hepatology, septembre 2019
Le foie joue un rôle capital de filtre dans le corps humain. Mais que se passe-t-il lorsqu’il dysfonctionne? Afin d’analyser en détail l’encéphalopathie hépatique, une détérioration cérébrale provoquée par une maladie chronique du foie, plusieurs chercheuses et chercheurs des Universités de Genève et Lausanne, du CHUV, du Centre d’imagerie biomédicale (CIBM) de l’EPFL et des Hôpitaux universitaires de Genève se sont associés.
Lorsque le foie est malade, comme en cas de cirrhose, de nombreuses substances ne sont plus filtrées. Elles peuvent alors provoquer des atteintes psychologiques, motrices et neurocognitives chez l'adulte. L’encéphalopathie hépatique peut se manifester par un large spectre de symptômes allant jusqu’au coma. Or, il est connu que l’ammonium est l’un des acteurs de cette maladie. L’ammonium est une substance produite par la dégradation des protéines. Une partie est dirigée vers le cerveau pour être transformée en glutamine (utilisée pour la fabrication de neurotransmetteurs) tandis que l’autre partie est filtrée par le foie et excrétée par les urines. Si le foie dysfonctionne, un excès d’ammonium, et donc de production de glutamine, arrive au cerveau. Cet excès peut déclencher un œdème cérébral, et dans certains cas, une encéphalopathie hépatique.
Les chercheuses et chercheurs ont observé des rats atteints d’une maladie chronique du foie durant huit semaines. Pour la première fois, elles et ils ont pu observer qu’un dysfonctionnement du foie provoque en deux semaines des perturbations moléculaires cérébrales, alors même qu’aucun symptôme physique n’est apparent. De plus, plusieurs molécules sont impliquées, dont deux méconnues par le passé. Ces résultats suggèrent qu’une analyse du cerveau permettrait de détecter les manifestations neurologiques d’une maladie chronique du foie bien avant l’apparition des premiers symptômes. Les scientifiques se demandent aussi s’il serait possible de protéger le cerveau d’une telle détérioration, ou du moins d’en diminuer les atteintes, en compensant le manque de créatine et de vitamine C par des supplémentations ou par l’utilisation de probiotiques.