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Après l'insuline, la rénine. Deux équipes romandes viennent de démontrer que la sécrétion de cette hormone rénale dépend elle aussi de connexines, les protéines transmembranaires qui constituent les jonctions communicantes (ou gap) et établissent ainsi des voies de communication entre cellules adjacentes (J Clin Invest, publication en ligne le 26 janvier 2005). Les chercheurs ont produit des souris chez qui la connexine 43 (Cx43), l'une des quatre connexines des cellules du système vasculaire, était remplacée par une connexine 32 (Cx32). Cette seule substitution a suffi à bloquer complètement la sécrétion de rénine.Cette découverte est le fruit d'une «vieille collaboration» entre l'équipe de Paolo Meda, du département de physiologie cellulaire et du métabolisme de l'Université de Genève, et celle de Jacques-Antoine Haefliger, de la faculté de biologie et de médecine de l'Université de Lausanne. Une collaboration lémanique exemplaire, née «comme c'est le cas neuf fois sur dix par le fait de rapports amicaux», précise Paolo Meda. «Nos expertises se complètent en endocrinologie de notre côté, dans le domaine vasculaire du leur et nous mettons en commun des outils de recherche les modèles cellulaires et animaux à Genève, la biologie moléculaire à Lausanne» (Rev Med Suisse 2005;1:1126 et 1134).Reste à découvrir pourquoi la connexine 43, et précisément elle, est si indispensable à la sécrétion de rénine. Dans le cas de l'insuline, le rôle des connexines, identifié par l'équipe genevoise il y a longtemps déjà, est bien connu. Elles permettent le passage de messagers le calcium en l'occurrence, comme Paolo Meda l'a démontré l'an passé qui stimulent et synchronisent toutes les cellules sécrétrices.Le mécanisme en jeu dans la sécrétion de rénine pourrait être plus subtil. Les chercheurs romands ont en effet constaté des altérations de la sécretion et du stockage de la rénine chez des souris possédant la Cx43 vasculaire, mais manquant de la Cx40, la connexine qui relie les cellules juxtaglomérulaires productrices de rénine. La sécrétion de cette hormone dépendrait donc d'une interaction entre les connexines 40 et 43 à l'interface entre cellules vasculaires et cellules sécrétrices.Ces travaux, bien que fondamentaux, pourraient connaître des applications cliniques plus précoces qu'il n'y paraît. «La Cx43 joue également un rôle dans le cur, explique le professeur genevois. Des chercheurs ont déjà identifié une molécule qui agit spécifiquement sur cette connexine et qui fait l'objet de premiers essais cliniques aux Etats-Unis. Ainsi, à défaut de pouvoir remplacer la connexine, comme nous l'avons fait chez la souris par transgenèse, il sera peut-être possible de modifier ses propriétés par des agents pharmacologiques.» Une stratégie qui serait évidemment très intéressante dans le traitement de l'hypertension artérielle.