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Port-of-Spain - Le Premier ministre de Trinidad-et-Tobago, Patrick Manning, a concédé lundi soir sa défaite aux législatives. Le scrutin a porté au pouvoir une femme, Kamla Persad-Bissessar, pour diriger l'ancienne colonie britannique des Caraïbes.
"Ce que je sais c'est que nous avons perdu les élections. J'assume pleinement la responsabilité de cette défaite", a dit M. Manning. Les électeurs ont voté dans le calme lundi lors de ces législatives anticipées.
Dans les derniers sondages, le "partenariat du peuple", coalition de cinq partis de Mme Persad-Bissessar, ancienne procureur général du pays âgée de 58 ans, devançait de peu le Mouvement national du peuple (PNM), au pouvoir pratiquement sans discontinuer depuis l'indépendance par rapport à la Grande-Bretagne en 1963.
M. Manning, en poste depuis 2001, a dissous le parlement le mois dernier, à mi-chemin de son mandat de cinq ans, en plein milieu d'un scandale de corruption impliquant les deux principaux partis de ce petit archipel parmi les plus prospères des Caraïbes.
Pas de grand changementAvant les élections, le PNM, appuyé par la communauté afro-américaine (40% de la population), détenait 26 des 41 sièges du parlement et le Congrès national uni (UNC) de Mme Persad-Bissessar les 15 autres. L'UNC, au pouvoir seulement de 1995 à 2001, était soutenue par la communauté indienne (40%) et espérait convaincre les autres minorités du pays grâce à son alliance avec quatre partis.
Environ 1,1 million de personnes étaient appelées aux urnes dans ce pays de 1,3 million d'habitants. Le scrutin s'est déroulé sans incident majeur, mais la Commission électorale enquête sur de possibles fraudes dans cinq circonscriptions, dont deux décisives.
L'UNC reproche à l'administration Manning d'avoir dépensé des millions dans des projets pharaoniques ou l'organisation de sommets et fait campagne contre la forte hausse de la criminalité. Pour beaucoup, le pays s'est transformé en plaque tournante de la cocaïne produite en Amérique du Sud.
Les observateurs étrangers ne s'attendaient pas à un grand changement en cas de victoire de la coalition d'opposition dans ce pays, vivant notamment du pétrole, de l'industrie pétrochimique, ainsi que du tourisme. Le PIB par habitant à parité de pouvoir d'achat y avoisinait les 20'000 dollars par habitant en 2008 (23'000 francs) selon le Fonds monétaire international.
ATS