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Une base secrète souterraine à Castel Vendon? [3]
Le site de Castle Vendon, situé 5 km à l’ouest de Cherbourg, aurait dû accueillir des tourelles de marine côtière qui ne furent jamais installées par la marine française. Des documents allemands tendraient à indiquer qu’en 1944, les services SS du Gruppenführer Hans Kammler, chargé du déploiement des armes miracles (Wunderwaffen), auraient entamés des travaux pour transformer le site en base de lancement pour armes secrètes. Le projet prévoyait de réutiliser les puits prévus pour les tourelles comme silos de lancement pour des missiles.
Historique
En 1924, la marine française décide d’installer à Castel Vendon deux tourelles côtière de 34 cm fabriquées par Schneider, pour renforcer les défenses du port militaire de Cherbourg. Ces canons, d’une portée de 30 km, sont livrés en 1928 et sont provisoirement entreposés à la base navale de Cherbourg, en attendant de pouvoir procéder aux travaux. En 1935, deux puits en béton armés sont creusés à Castel Vendon, légèrement en arrière de la côte, pour accueillir des tourelles armées de ces canons. Un tunnel reliant les puits est également creusé, ainsi que des installations souterraines destinées à abriter les hommes et les munitions. Lorsque les Allemands arrivent à Cherbourg en 1940, les tourelles n’ont pas été installées, mais les travaux de terrassements et de bétonnage sont très avancés. Le puits n°1 est pratiquement terminé, le silo n°2 est en cours de finition et les installations souterraines sont achevées aux trois quarts. Ils resteront dans cet état jusqu’en 1944. Quant aux canons Schneider, on ignore encore aujourd’hui ce qu’ils sont devenus. Ils n’ont jamais été installés dans les puits et ne se trouvaient plus dans la base navale en 1945. Sans doute ont-ils été récupérés par les Allemands pour en faire usage ailleurs, à moins qu’ils aient été refondus par les Français avant la guerre, ce qui parait peu probable. En 1942, les Allemands décident d’incorporer le site de Catel Vendon dans les défenses du mur de l’Atlantique : 4 casemates type M272 sont construites entre les puits inachevés des tourelles et la falaise, pour y abriter 4 canons Skoda SKC/28.
Une base secrète ?
En 1944, peu avant le débarquement, les Allemands auraient décidé de réutiliser les installations souterraines pour en faire une base secrète et de transformer les puits inachevés en silos de lancement pour des armes miracles. Le projet aurait émané des cercles de la SS, plus précisément du SS StabsForschungsamt dirrigé par le Gruppenführer Hans Kammler. Celui-ci recherchait alors de nouveaux sites pour le déploiement d’une nouvelle génération d’armes miracles, en plus des bunkers V1 et V2 déjà en construction ou abandonnés. On sait que le site a été inspecté par les Allemands en 1940 et il ne fait aucun doute que les puits et les installations souterraines ont dû attirer leur attention. Dès 1943, plusieurs délégations ont sillonné le nord de la France et le Cotentin pour déterminer des emplacements propices à l’installation de sites V1 et V2 et il parait fort probable que c’est alors que Castel Vendon a été sélectionné pour abriter une future base de lancement. Le voisinage des 4 casemates construites par les Allemands pour abriter les 4 canons Skoda fournissait un parfait camouflage aux travaux : les Alliés recherchaient des chantiers matérialisés par de gros travaux de terrassement et ne s’intéressaient guère aux batteries déjà répertoriées, jugées sans intérêt pour la lutte contre les armes V…
Un site de lancement pour Rheinbote ?
Jusqu’ici, personne n’a pu expliquer pourquoi l’ouverture des deux puits n°1 et n°2 ont la même profondeur mais pas le même diamètre alors qu’ils étaient censé accueillir deux tourelles de 28 cm identiques. L’explication semble être que le puits n°2 a effectivement été modifié par les Allemands en 1944 pour le transformer en silo de lancement vertical. Mais pour quel engin ? On a longtemps prétendu qu’il s’agissait d’en faire une base de lancement V2, mais cette explication ne tient pas ! En effet, si la hauteur des puits (15 mètres) est suffisante pour accueillir un V2 dressé verticalement, le diamètre de l’ouverture du puits n°2 est en revanche trop étroit pour permettre le passage de l’empennage de la fusée. Pourtant, l’installation d’une dalle métallique servant de déflecteur à la base du puits semble confirmer qu’il était prévu d’en faire une aire de lancement. Chose plus étrange encore, il existe à Castel Vendon un troisième silo à proximité du silo n°2. Or les plans français prévus pour la batterie de deux tourelles ne comportent que deux puits et ne font aucune mention d’un troisième silo ! Celui-ci a donc été creusé plus tard, probablement par les Allemands et dans le but d’installer autre chose. Il est intéressant de noter que le silo n°3 présente les mêmes dimensions que le silo n°2. En revanche, il comporte une dalle de couverture réglée au niveau du terrain, avec un escalier d’accès conduisant sous terre d’un côté.
Le tunnel souterrain desservant les puits aurait été reconverti en zone de stockage et de préparation des missiles, et les locaux souterrains auraient servi à abriter le personnel. Selon certaines sources allemandes, ce projet se serait inscrit dans un projet plus vaste consistant à utiliser des missiles à moyenne et longue portée (V2, Rheinbote, A4b, A9, A10, A11) comme vecteurs pour déployer des ogives chimiques et nucléaires (A-Waffe). Cette offensive de la dernière chance, prévue pour l’été 1945, aurait permis à l’Allemagne d’annihiler Londres et New-York et de remporter la victoire finale. Cela peut paraître incroyable, mais on sait en effet depuis quelques années, contrairement à ce qui a été longtemps écrit, que l’Allemagne a poursuivi durant toute la guerre divers projets visant à lui permettre de se doter d’un arsenal d’armes nucléaires et chimiques à usage tactique et stratégique. Certains affirment même que les bombes atomiques lancées sur Hiroshima et Nagasaki auraient été des bombes de fabrication allemande, récupérées en avril 1945 par l’US Army dans des installations secrètes en Thüringe, dans la région de Ohrdruf/Jonastal…
Comme le suggère Philipp Henschal, la seule arme miracle dont les dimensions sont compatibles avec les dimensions des silos de Castel Vendon est le missile Rheinbote développé par Rheinmetall-Borsig en collaboration directe avec les services SS de Kammler. Il s’agissait d’un missile à quatre étages mesurant 13 mètres de haut mais très étroit et dont le corps ne dépassait pas 1,67 m de diamètre. Il était propulsé par des moteurs à poudre, chaque section se détachant après épuisement du carburant contenu dans la section concernée. Ce missile pouvait être tiré incliné ou verticalement. Les premiers exemplaires n’étaient pas guidés et devaient être pointés avec une très grande précision en direction de la cible. La version la plus élaborée du Rheinbote atteinte en 1945 était le Rb III, un missile à étages de 8 tonnes et de 15 m de hauteur, prévus pour emporter à 320 km une ogive de 700 kg de type nucléaire, chimique ou biologique. Ce modèle perfectionné possédait son propre système de guidage et de contrôle embarqué.
Rien ne permet d’affirmer que c’est cette arme qui était prévue à Castel Vendon, même si c’est la plus plausible… mais il est clair que les Allemands avaient prévus de réutiliser les installations souterraines et les silos à d’autres fins. Certains témoins locaux parlent d’étranges travaux de terrassement qui auraient été amorcés de l’autre côté de la route en 1944. Ces travaux furent interrompus après le débarquement du 6 juin 1944… si bien qu’on ne saura probablement jamais ce qui se tramait à Castel Vendon !
Un bunker abritant une installation radar et deux canons sont également ajoutés sur le bord de la falaise. The Germans had plans to house two ships cannon here of 280 mm. The required shafts were to be linked underground. They intended to use doubled barrelled guns from their pocket battleships Gneisenau or Scharnhorst which had be scheduled to receive bigger guns of 380mm and their old guns of 280mm planned to be installed here. The two ships were cornered in the Polish port of Gotenhafen (Gdynia). There are claims that the two shafts on site are German, but both were definitely built by the French. My own theory is that the German's intended to build another site across the road and that work may even have started in early 1944. Locals talk of the field being cleared and some work being in progress. The field has now reverted to farm use.
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