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Votations 25 novembre Zurich vote sur un énième projet de stade de foot
Les citoyens doivent se prononcer sur ce qui doit devenir la maison du FCZ et des Grasshoppers dès 2022, sur le site du Hardturm.
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Un stade de football, deux tours géantes, un exécutif rose-vert lâché par son propre camp politique, une initiative socialiste réclamant un projet alternatif: c'est dans ce contexte tumultueux que les citoyens de Zurich se prononcent le 25 novembre sur ce qui doit devenir la maison du FCZ et des Grasshoppers dès 2022, sur le site du Hardturm.
Les Zurichois ne votent pas sur un crédit de construction, mais sur la cession des 55'000 m2 concernés, appartenant à la ville, à des investisseurs privés pour y construire un stade de 18'500 places. La ville octroie aussi un droit de superficie bon marché de 1,2 million de francs annuels pour la construction de 600 appartements de haut standing principalement, dans deux tours de 137 mètres.
L'attribution d'une partie du terrain à une coopérative de logement fait également partie du projet soumis en votation. Elle permettra la réalisation de 173 logements aux prix particulièrement abordables et l'installation de petits commerces.
Rabais accordé aux investisseurs
A travers ce «deal» complexe, les citoyens se prononcent du même coup sur le renoncement de la ville à des recettes de 1,73 million de francs par an. Cet argent correspond au rabais octroyé aux investisseurs privés sur le droit de superficie destiné à la construction des deux tours. Il constitue une participation publique indirecte au projet d'un coût total de 570 millions de francs, dont 105 millions pour le stade.
Le rendement des deux tours, contestées par les opposants tant pour leur hauteur que pour leur standing, permet en effet de couvrir les frais de construction et d'exploitation du stade. En contrepartie, la réalisation de l'arène, projet d'intérêt public, est financée par des sociétés privées.
«Arnaque», selon le PS
Pour le PS, ce marché représente une «arnaque» qui pèsera à long terme sur les finances de la ville. D'abord bienveillant envers le nouveau projet de stade, porté par l'exécutif de gauche, il a progressivement changé d'avis avant que sa base et sa direction n'y infligent un cinglant refus cet été.
Pour prendre le contre-pied du projet soumis aux urnes, les socialistes ont lancé en août une initiative réclamant la construction d'un stade de football financé par la ville, sans tours. Muni de plus de 4400 signatures, le texte a abouti il y a quelques jours. Il exige également que des logements abordables soient construits dans un second temps.
Occasion unique, selon la ville
Pour l'exécutif de la ville, le projet de stade de football financé par le privé est le bon, après trois versions avortées. En 2003, un stade de 30'000 places, fruit d'un partenariat public-privé, avait été approuvé en votation, mais abandonné par la suite face aux oppositions administratives persistantes.
L'investisseur Credit Suisse vendait alors le terrain à la ville pour y construire un stade de foot, avec une option de rachat si le projet n'aboutit pas d'ici à 2035.
En 2013, un projet au financement purement public a été rejeté de justesse par les citoyens. Or, l'initiative du PS réclame à nouveau une mouture de ce type, à l'exception des frais d'exploitation qui ne seraient pas à la charge de la ville.
Un stade vraiment nécessaire?
Egalement partisans du «non» le 25 novembre, les Verts contestent surtout la disparition des jardins urbains et d'évènements itinérants, qui s'étaient développés sur la friche du Hardturm. L'ancien stade de football y avait été détruit en 2008. Ils doutent en outre de la nécessité de construire une nouvelle arène.
Actuellement, les deux clubs phares zurichois FCZ et Grasshopper Club jouent dans le stade du Letzigrund, reconstruit par la ville il y a une dizaine d'années pour accueillir l'athlétisme et des concerts en plein air. Cette situation coûte aux deux clubs des frais de loyer et les prive de recettes de restauration. Dans la nouvelle arène, ils se partageraient l'exploitation des lieux.
Sondage favorable
Minoritaires au parlement communal, les partis bourgeois et les Vert'libéraux soutiennent le «deal» des autorités. La droite et la gauche ne forment toutefois pas des blocs homogènes dans cette campagne. Il existe un comité minoritaire de gauche en faveur du «oui» et un comité marginal de droite opposé au projet.
Un sondage de l'institut Démoscope, publié il y a peu par SRF, donne une nette avance aux partisans. Environ 54% des habitants glisseraient un «oui» dans l'urne, 27% diraient «non» et 19% seraient indécis. La campagne très active et précoce des partisans sur les réseaux sociaux n'y est peut-être pas pour rien, la volonté des Zurichois de voir aboutir ce serpent de mer non plus. (ats/nxp)
Créé: 04.11.2018, 09h10