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Si le F-100 avait eu une enfance facile, il en allait autrement du F-101. Surnommé le "Voodoo", il a été conçu par la firme McDonnell Aircraft comme escorteur de bombardier. Il ne servira jamais dans ce rôle, devenant dans un premier temps un chasseur bombardier pendant une courte période, avant qu'une nouvelle version soit mise en service pour faire de la reconnaissance photographique.
|Le F-101B n° 58-285, exposé à Travis AFB|
Après la Guerre, en réponse aux nombreux appels d'offre de l'Air force, McDonnell va mettre au point le XF-88. Surnommé le "Voodoo", il se présentait comme un chasseur d'escorte pour les bombardiers lourds de l'USAF. Le premier appareil fit son premier vol le 20 octobre 1948, mais l'explosion de la première bombe atomique soviétique va chambouler tous les plans du SAC. Le programme du XF-88 est annulé…jusqu'à la guerre de Corée, où l'Air Force se rend brutalement compte qu'un escorteur pour ses bombardiers n'est pas du luxe…Nouvel appel d'offre en urgence, et nouvel offre du McDonnell en novembre 1951, qui propose une version agrandie et mieux motorisée avec des J-57 du XF-88. Ce sera le F-101, qui gardera le nom de "Voodoo". Développé avec le plan Cook and Craigie, le programme est jugé peu risqué vu que l'appareil est considéré comme une simple évolution du F-88.
Il bénéficie de l'expérience des premiers avions supersoniques, et surtout du retour d'expérience du F-100 et la découverte de l'autocabrage. Pour y remédier, McDonnell installe la fameuse dérive en "T" caractéristique de l'appareil.
|vue d'artiste du F-101 en vol|
Alors que l'appareil est en phase de conception, sa mission change une nouvelle fois pour devenir chasseur stratégique, c'est-à-dire capable de transporter des missiles nucléaires. Je dis bien missiles et non bombes : le missile "Genie" que doit emporter l'appareil est bien conçu pour un rôle air-air, afin d'abattre des flottes de bombardiers soviétiques d'un seul coup. Le concept est surréaliste, mais à l'époque il semble pourtant que le tout nucléaire est pour demain !
Le premier appareil de série (il n'y a pas eu de prototype) vole le 29 septembre 1944 aux mains de Bob Little. Le F-101A demandera, selon l'histoire officielle de l'US Air Force, "quelques modifications mineures" (2300 selon McDonnell pour être exact, pour quelques modifications, c'est quand même pas mal) avant d'entrer en service. Les principaux soucis viennent de son système de contrôle de tir Hugues qui possède une fiabilité désastreuse. L'appareil avait cependant une fâcheuse tendance au "pitch-up" à fort angle d'attaque, problème qui ne sera jamais totalement résolu.
Conçu pour transporter des missiles, le F-101 était équipé d'une énorme soute à bombe rotative. La section ventrale du fuselage étant animé d'un mouvement de rotation permettant l'emport de 2 missiles internes, ou 4 missiles dont deux externes. Une fois les missiles externes tirés, la soute pivote à 180° pour exposer les deux missiles internes à l'extérieur, prêt à tirer. L'armement principal se composait de 4 missiles "Falcon" (AIM-4) à guidage radar semi-actif (AIM-4A / GAR-1) ou guidage infrarouge (AIM-4B / GAR-2). D'autres modifications furent effectuées pour emporter 2 AIR-2 "GENIE", la roquette nucléaire. D'une puissance de 1,7kt, ce missile était conçu pour la destruction des bombardiers ennemis ou des aérodromes. Elle n'a jamais été mise en service opérationnel, bien que les roquettes aient été fabriquées en plusieurs exemplaires.
|Particularité du F-101 : la soute à bombe rotative|
Le 27th Air Wing reçoit ses premiers F-101 le 2 mai 1957, en remplacement des F-84F "Thunderstreak". Seulement 77 F-101A seront produits, et ils seront retirés du service dès 1966…à peine 9 ans en première ligne. Le problème venait du fait que le F-101 avait été conçu pour une mission assez floue et dont la définition changea constamment. Il ne trouva donc jamais tout à fait sa place dans les escadrilles de l'Air Force, malgré des capacités remarquables pour l'époque (Mach 1,5 à 15 000 mètres)
A l'usage, le F-101A était limité : sa cellule ne pouvait pas supporter les manœuvres à fort facteur de charge comme prévu, restant limité à 6,3G au lieu de 7,3. Une nouvelle version renforcée va voir le jour, le F-101C. Ces appareils furent d'abord en service aux Etats-Unis avant d'être envoyés en Angleterre au sein des USAFE (United States Air Forces in Europe, détachement permament de l'USAF en Europe) avant d'être remplacés par le Phantom II entre 1966 et 1972.
|Un appareil haut et massif : le F-101B|
Conçu presque en même temps, le F-101B était une version biplace et avec une meilleure motorisation que le F-101A. Conçu pour un usage de chasseur tactique, le programme "Kitty Car" le transformera en vecteur d'arme nucléaire avec la roquette "GENIE". Le F-101B avait également troqué sa perche de ravitaillement en vol par une optronique secteur frontal infrarouge, appareil standard aujourd'hui, mai qui est apparu pour la première fois sur cet appareil. Appelé IRST, pour "Infra Red Search and Track", cet appareil se présentait comme un "boule" située en avant du cockpit qui devait être refroidie pour donner de meilleurs résultats. Avec près de 480 appareils produits, c'est la version du "Voodoo" qui a eu le plus de succès. Nombre de ces appareils furent vendus (au prix fort) aux canadiens après l'annulation du programme du CF-105 "Arrow". Il restera le seul appareil de première ligne de la défense canadienne jusqu'à l'arrivée du F-18 "Hornet"
|Situé en avant de la verrière, la "boule" de l'IRST|
Si le chasseur n'eut pas une grande carrière, la version de reconnaissance sera largement utilisée sous la dénomination RF-101C. Cet appareil sera employé pendant la crise des missiles de Cuba en 1962 et pendant la guerre du Vietnam, où il subira de nombreuses pertes (39 appareils de perdus, dont 33 au combat, dont 5 par des missiles sol-air). Ce sera la seule version à être employée au combat, et ses caméras de reconnaissance fourniront des images précises et détaillées des positions ennemies à l'état-major américain.
Le dernier F-101 sera retiré du service en 1982, après plus de 20 ans de carrière, ce qui n'est pas mal par rapport à d'autres appareils de l'époque, même si il n'a jamais vraiment trouvé sa place aux sein des forces armées américaines.
L'appareil qui est aux Ailes Anciennes Toulouse est le 58-0282. Après avoir servi au sein de la garde nationale du Minnesota (179th FIS) de 1971 à 1975, il est mis en stockage à Davis-Monthan en février 1976 avec seulement 3740 heures de vol à son actif, avant d'être prêté à la France à l'association des Ailes Anciennes. Il sera d'ailleurs transporté gracieusement par la marine française à cette occasion et est actuellement en cours de restauration à Toulouse.
Le 58-0285 issu du même lot est exposé à Travis AFB.
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L'appareil qui est aux Ailes Anciennes Toulouse est le 58-0282. Après avoir servi au sein de la garde nationale du Minnesota (179th FIS) de 1971 à 1975, il est mis en stockage à Davis-Monthan en février 1976 avec seulement 3740 heures de vol à son actif, avant d'être prêté à la France à l'association des Ailes Anciennes. Il sera d'ailleurs transporté gracieusement par la marine française à cette occasion et est actuellement en cours de restauration à Toulouse.
Le 58-0282 à Davis-Monthan avant son transfert à Toulouse
Le 58-0285 issu du même lot est exposé à Travis AFB.
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