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Dans les années 1960-70, la grande peur était la destruction de la planète par les pluies acides. Le problème a été identifié depuis 1870 mais il a commencé à être vraiment documenté il y a une cinquantaine d’années. Des études montraient une augmentation dramatique de l’acidité par rapport au début du 20e siècle. La fin de la planète était quasiment annoncée pour les 30 années à venir. Les arbres allaient perdre leurs feuilles, les végétaux mourir par manque de nutriments dissous par l’effet de l’acidité du SO2, principal accusé à l’époque.
Le thème a connu son apothéose dans les années 1980. Livres, articles, émissions, les pluies acides étaient à l’époque ce qu’est le réchauffement climatique aujourd’hui: une prophétie de destruction de la planète. On ne parlait que de cela, tout le temps. On s’attendait à la disparition de la faune des lacs. Les gouvernements occidentaux ont pris des mesures utiles, comme les filtres anti-pollution sur les voitures et pour les systèmes de chauffage ou d’incinération des ordures. Le dioxyde de soufre (SO2) et l’oxyde d’azote (NOx) ont diminué. Et les forets ne sont pas mortes.
Pourtant les océans continuent à s’acidifier, et le gaz carbonique - à effet de serre - produit aussi un acide par décomposition. Et aujourd’hui on ne parle quasiment plus des pluies acides.
Une controverse s’est aussi développée sur l’origine de l’acidification de certains lacs:
«La mesure des conséquences des pluies acides sur les forêts a été historiquement menée par des écologistes qui n'ont pas toujours fait preuve de rigueur au niveau métrologique, notamment dans la caractérisation des dégâts constatés sur les arbres.
L'évaluation des sédiments de certains lacs suédois soutient la théorie selon laquelle les taux préindustriels de carbone organique dissoute étaient aussi élevés que les taux actuels, et potentiellement aussi élevés que les taux de 1990. Ainsi, bien que certaines études antérieures postulent que les émissions de centrales ont contribué à l'acidification des lacs, les observations d'une étude récente indiquent le contraire.»
Les mesures et les éléments de comparaison étaient erronés. Il semble donc que la grande angoisse des années 1960-1980 s'est calmée et a été transférée sur d'autres thèmes. L’apocalypse annoncée n’a pas eu lieu. Pour la prochaine, on ne sait pas encore.