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Lily Dupré
* 5.5.1881 Genève, † 12.11.1958 Genève. De son vrai nom Charlotte-Emma Demagnin, elle fut appelée Lily Dupré dès son enfance, pseudonyme provenant du nom de famille de son grand-père maternel, John Duperret, qui tenait le restaurant du →Grand Théâtre de Genève, Genève GE.
Elle commence des études de chant au Conservatoire de Lyon avec Mme Milcamps et M. Beyle. Elle fait ses débuts en remplaçant une chanteuse dans Les Noces de Jeannette de Victor Massé à Amiens, où elle aborde le rôle-titre de Lakmé de Delibes au cours de la même saison. D’emblée remarquée pour sa voix de soprano perlée et agile, elle chante ensuite à Aix, Valence, Romans, Fécamp et Rouen. En 1907, elle débute à Anvers, où elle obtient de grands succès en Marguerite du Faust de Gounod et dans Cendrillon de Massenet, à la suite de quoi elle est engagée dans la troupe du Théâtre de la Monnaie, à Bruxelles. Membre de cette institution jusqu’en 1910, elle y chante de nombreux rôles de soprano colorature tels que Gilda dans Rigoletto de Verdi, Marguerite de Valois dans Les Huguenots de Meyerbeer et à nouveau Lakmé. Elle aborde aussi des parties de soprano lyrique tels que Violetta dans La Traviata de Verdi, Juliette dans Roméo et Juliette de Gounod et le rôle-titre dans Manon de Massenet. Au Théâtre de la Monnaie à Bruxelles, elle crée le rôle de Tharsyle dans Éros le vainqueur de Pierre de Bréville (7.3.1910). Elle passe ensuite deux ans à l’Opéra de Nantes, ainsi que trois saisons d’été à Vichy, où elle interprète le rôle de Junia dans Roma de Massenet, en présence du compositeur. Puis elle chante durant la saison 1913/14 à l’Opéra de Marseille. Après une représentation de Lakmé à Lausanne, où elle tient la vedette au côté de →Charles Denizot, elle est engagée au Grand Théâtre de Genève dès 1914, saison écourtée à cause de la guerre. Sur la scène genevoise, elle participe à des concerts de bienfaisance et chante notamment Manon, Eurydice dans Orphée de Gluck, Maedeli dans Les Armaillis de →Gustave Doret et à nouveau Juliette. Après deux saisons passées à Genève, elle reste ensuite à l’Opéra de Lyon (1916-28). Celle qu’on appelle le rossignol genevois quitte alors la scène et revient s’établir à Genève en 1938, pour se vouer à l’enseignement.
Auteur: Alain Perroux
Source:
Perroux, Alain: Lily Dupré, in: Kotte, Andreas (Ed.): Dictionnaire du théâtre en Suisse, Chronos Verlag Zurich 2005, vol. 1, p. 499–500.