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Créé le: 11.09.2019, édité le: 14.09.2019
Sun Zi l’avait écrit dans son manuel L’Art de la guerre trois cents ans auparavant : « Tout le succès d’une opération réside dans sa préparation ».
Aujourd’hui, Zhang Han contemple l’ironie de ce précepte : au pied du Grand Mur gît, dans une mer de sang, une nuée de cadavre. Il vient de perdre la bataille de Julu.
D’est en ouest, aussi loin que porte son regard, les contreforts sont jonchés de ses défunts camarades, enchevêtrés les uns autres. On ne reconnaît plus l’ami de l’ennemi.
En cette nouvelle journée funeste, un vent tempétueux s’est levé avec l’apparition du soleil, signe réprobateur des éléments.
Sur le champ de bataille flottent les bannières de la Maison Qin, son empereur, et du clan adverse, les Chu.
Des femmes parcourent ce cimetière à la recherche de leurs époux, de leurs enfants, partis trop tôt.
Des larmes viennent au général.
Restés à ses côtés sur le Mur, certains de ses hommes contemplent le carnage dans un silence mortuaire. Zhang Han songe que de s’épandre sur le sort de ces guerriers, peu importe leur camp, lui vaudrait la désapprobation de sa troupe et de ses supérieurs.
Alors, il retient ses larmes.
La journée de travail a commencée aux aurores.
Depuis le village, le groupe de paysans, auquel s’étaient joints des ouvriers de villages voisins, arpente le chemin sablonneux, sur lequel, déjà, dardent les rayons d’un soleil rond.