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La politique suisse de coopération avec le Tiers Monde est depuis longtemps au centre d’un débat dont le manque de clarté tient au fait que les mêmes mots recouvrent des réalités différentes. Les milieux d’extrême-droite (action nationale et républicains) s’en prennent volontiers à cette coopération, surtout lorsqu’elle est multilatérale, sans pour autant s’opposer à l’aide humanitaire ou à l’envoi d’experts suisses dans les pays sous-développés. De leur côté, les milieux de l’économie privée sont convaincus qu’il faut « aider le Tiers Monde », mais cela signifie surtout, dans leur perspective, industrialiser les pays qui « ont fait l’effort » de créer des infrastructures directement utilisables par l’investisseur, et accorder une aide financière à ceux qui importent des biens suisses. Les organisations de coopération (qu’on appelait autrefois « les œuvres d’entraide ») conçoivent, pour leur part, assez généralement l’aide au développement comme une série de projets dont la réalisation entraînerait une amélioration graduelle dans les conditions de vie des populations concernées. Enfin, certains milieux politiques progressistes sont très critiques à l’égard des pratiques actuelles en matière d’aide, allant parfois jusqu’à remettre en cause le principe même de la coopération.
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