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Depuis le mois de septembre, le phénomène migratoire des Mésanges bleues n’a cessé de s’amplifier et atteint début novembre son paroxysme avec des vols élevés de migrateurs. Habituellement l’espèce migre à faible hauteur, s’arrêtant à toute occasion dans les arbres, mais cette fois ce sont des groupes de Mésanges bleues volant parfois à plus de 100 m de hauteur qui font route vers le sud. Il est rare que la migration des Mésanges bleues prenne de telles proportions.
La sous-espèce nominale de la Mésange bleue niche en Europe continentale du nord de l’Espagne à la Scandinavie (où elle atteint le cercle polaire), à l’Oural et au nord de la Grèce et de la Turquie (y compris la Sicile), remplacée par P. c. obscurus en Grande-Bretagne, P. c. ogliastrae au Portugal, dans le sud de l’Espagne, en Corse et en Sardaigne, P. c. balearicus aux Baléares, P. c. calamensis le sud de la Grèce et les îles de la mer Egée, P. c. satunini en Crimée, dans le Caucase, en Transcaucasie, dans l’est et le sud de la Turquie et le nord-ouest de l’Iran, P. c. persicus au Levant, dans le nord de l’Iraq et le sud-ouest de l’Iran, P. c. orientalis dans le sud-ouest de l’Oural à l’ouest jusqu’à la Volga, P. c. raddei dans le nord de l’Iran ; P. c. ultramarinus habite le Maghreb et l’île de Pantelleria (Italie), P. c. cyrenaicae le nord de la Lybie ; 4 sous-espèces se trouvent aux Canaries : P. c. palmensis à La Palma, P. c. teneriffae à Tenerife et Gran Canaria, P. c. ombriosus à Hierro et P. c. degener à Fuerteventura et Lanzarote. Avec env. 3’500'000 et 3’000'000 de couples respectivement, la Grande-Bretagne et l’Allemagne se partagent hébergent le tiers de la population européenne (Russie non comprise). L’espèce est partiellement sédentaire en Europe occidentale et méridionale mais les populations nordiques et orientales sont plus mobiles, des afflux marqués ayant lieu certaines années lorsque la nourriture vient à manquer dans le nord-est de l’Europe.
La Mésange bleue est répandue dans toutes les régions de Suisse situées au-dessous de 1'200 m d’altitude. Comme chez la Nonnette et la Charbonnière, l’essentiel des populations vit au-dessous de 800 m dans les forêts de feuillus. Les captures sont régulières en automne sur les cols alpins de Bretolet VS, de la Croix VD et de Jaman VD, abondantes lors des années à invasions.
Déplacements saisonniers:
Les jeunes se dispersent dès juillet/août et peuvent alors apparaître à la limite supérieure des forêts. La Mésange bleue est partiellement sédentaire, mais des émigrations à caractère d’invasions déferlent vers le sud de la France et le nord de l’Italie en automne ; le passage débute parfois fin août, plus généralement fin septembre et culmine dans la première moitié d’octobre pour se terminer début novembre. Dans la seconde moitié du XXe siècle, les afflux les plus importants, remarqués dans l’ensemble de la Suisse, ont eu lieu en 1959, 1961, 1964, 1966, 1972, 1981, 1983, 1989, 1990, 1993, 1994 et 1996. Le passage printanier, se déroule entre fin janvier et début mai ; bien que plus discret que celui d’automne, il peut parfois se manifester par des concentrations remarquables en bordure des Alpes, p. ex. 300 migrateurs en 4 heures le 20 avril 1975 à Villeneuve VD. Depuis 1970, une tendance à la sédentarisation a été observée en Europe centrale.
Conservation:
La pose de nichoirs et les nourrissages hivernaux ont depuis longtemps influencé positivement les effectifs de Mésange bleues. L’exploitation hivernale de la nourriture mise à disposition dans les villes et villages, de même que l’adoucissement du climat hivernal, sont des facteurs particulièrement favorables à l’espèce.

A propos de Lionel Maumary