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Une voiture officielle du parlement catalan quitte l'enceinte de la prison pour femmes d'Alcala Meco près de Madrid, où Carme Forcadell avait passé la nuit.
KEYSTONE/EPA EFE/FERNANDO VILLAR(sda-ats)
La présidente indépendantiste du parlement catalan Carme Forcadell, poursuivie pour "rébellion", restera libre sous caution. Elle ne devrait en revanche pas pouvoir participer à la campagne pour les élections régionales du 21 décembre.
"Elle est sortie", a déclaré un porte-parole du ministère espagnol de l'Intérieur. Des chaînes de télévision ont montré une voiture officielle du parlement catalan quitter l'enceinte de la prison pour femmes d'Alcala Meco près de Madrid où elle avait passé la nuit.
D'un montant de 150'000 euros, la caution réclamée à Mme Forcadell est six fois plus élevée que celle de 25'000 euros fixée pour cinq autres parlementaires. Quatre de ces derniers ont été libérés jeudi contre versement de cette caution, le cinquième sans versement.
Participation compromise
Carme Forcadell devrait en outre se voir empêchée de participer à la campagne en vue des élections régionales en Catalogne fixées par Madrid au 21 décembre.
Sa remise en liberté, dit la justice espagnole, est en effet assortie de la condition, qu'elle a acceptée, de ne pas avoir d'activités politiques contrevenant à la Constitution espagnole. Son passeport lui a en outre été retiré et elle a ordre de se présenter devant les autorités judiciaires une fois par semaine.
Mme Forcadell avait été entendue jeudi, comme cinq autres parlementaires catalans, dans le cadre de l'enquête pour "rébellion", "sédition" et "malversations" déclenchée après la proclamation de l'indépendance par le parlement catalan, le 27 octobre.
"Bienvenue à la maison !"
"Bienvenue à la maison ! Nous n'arrêterons pas tant que vous ne serez pas tous sortis !", a tweeté l'Assemblée nationale catalane (ANC), puissante organisation séparatiste que Mme Forcadell a dirigée et qui a annoncé qu'elle prendrait en charge le paiement des cautions.
Les parlementaires évitent donc la détention provisoire, à la différence de huit ex-"ministres" du gouvernement séparatiste catalan et des deux dirigeants d'associations indépendantistes incarcérés près de la capitale espagnole. Ces derniers sont en attente de leur procès pour leur rôle dans le processus indépendantiste.
Le président catalan destitué Carles Puigdemont se trouve lui en Belgique avec quatre ex-ministres de son gouvernement, dans l'attente de l'examen par la justice belge d'un mandat d'arrêt international émis par l'Espagne.
"Retour à la normalité"
Carme Forcadell, une indépendantiste de la première heure, avait compté un à un les bulletins des élus qui avaient voté pour la sécession le 27 octobre, soit 70 sur 135.
Ce vote sans précédent en Espagne a été suivi de la mise sous tutelle de la Catalogne par le gouvernement central, qui a aussi destitué ses autorités.
Le renoncement des élus devant le juge "à toute activité politique future", "ou tout acte hors du cadre constitutionnel", explique sans doute, d'après le porte-parole du gouvernement conservateur espagnol Inigo Mendez de Vigo, que le juge ait accepté le maintien en liberté contre le versement de cautions. "Nous assistons au retour à la normalité en Catalogne", a-t-il estimé.
ATS