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Pour prendre un bon départ, votre enfant a surtout besoin d'amour et de lait maternel. Apprenez-en plus sur l'alimentation du nourrisson et découvrez nos conseils et nos recettes.
Dans les deux premières heures suivant sa naissance, le nouveau-né découvre son tout premier aliment: le lait maternel. Le lait maternel, ou une préparation pour nourrissons, sera sa seule nourriture durant les quatre à six premiers mois de sa vie.
Dès le cinquième mois environ, les reins et l'intestin de bébé sont prêts pour de premières purées. On les introduit généralement au repas de midi. La purée de carottes est idéale pour commencer. Légèrement sucrée (comme le lait maternel), elle est bien acceptée par bébé. Petit à petit, on introduit des purées pour compléter les tétées, puis pour les remplacer.
Faites une première tentative en déposant un peu de purée sur la lèvre supérieure de bébé. La lèche-t-il? Ouvre-t-il la bouche pour en réclamer plus? Dans ce cas, mettez un peu de purée dans sa bouche. S'il la referme, retirez doucement la cuillère en la tirant légèrement vers le haut. Choisissez une cuillère souple et flexible, qui s'adapte au mouvement de la langue.
La purée de carottes est idéale pour commencer. D'autres légumes conviennent également. Servir un nouvel aliment pendant trois jours avant d'en introduire un autre. Ainsi, bébé a le temps de s'habituer à la nouveauté et vous pouvez détecter d'éventuelles intolérances.
5e au 7e mois: purée de légumes, pommes de terre et viande
6e au 8e mois: bouillie de lait et de céréales*
7e au 9e mois: bouillie de céréales et de fruits*
*L'introduction de la bouillie de céréales et de fruits et celle de la bouillie de céréales au lait peuvent être inversées.
Préparez les purées avec les aliments servis au reste de la famille. Ainsi, bébé retrouve des saveurs qu'il connaît du lait maternel. Choisissez en outre des produits suisses issus de cultures écologiques.
N'utilisez ni poivre, ni épices, ni bouillon, ni condiments en poudre. Bannissez le sucre. Pas de miel avant un an.
Les petits pots, c'est pratique en déplacement ou lorsqu'il faut faire vite. Optez pour des bouillies contenant cinq ingrédients au maximum: sinon, le système digestif infantile sera surmené. Choisissez de préférence des bouillies bio fabriquées en Suisse et exemptes de sucre, de sel et d'autres condiments. Enfin, les purées de viande et de légumes contiennent souvent trop peu de matière grasse. Ajoutez donc une cuillère à café de beurre ou d'huile de colza.
À partir du 7e mois, on peut introduire de petites quantités de lait dans les repas de bébé: une bouillie de céréales et de lait ou un peu de yogourt dans une purée de fruits par exemple. Dès l'âge d'un an révolu, bébé peut consommer du lait, du yogourt et du fromage "tels quels". Seuls le lait de vache et les produits au lait de vache conviennent. On ne peut pas le remplacer par du jus de soja ou de céréales.
Le jus de soja peut remplacer le lait. Vrai ou faux?
Les boissons au soja et les laits de chèvre, de mouton ou de jument ne sont pas des options pour remplacer le lait de vache. En effet, leur composition est différente et ne répond pas aux besoins des enfants. Par ailleurs, le soja peut causer une allergie et n'est pas intéressant sur le plan écologique.
Les produits laitiers font partie des aliments de base. Ils sont indispensables à tout âge. Les os, en particulier, ont besoin de calcium pour se construire et se développer. Par ailleurs, les enfants se constituent dans leur jeune âge des réserves de calcium: plus elles sont élevées, moins vite elles seront épuisées. Le lait est riche en calcium. Il contient aussi des quantités notables de presque tous les minéraux et de presque toutes les vitamines. En outre, le lait fournit de bonnes protéines et des acides gras. Produit en Suisse, il est disponible toute l'année.
C'est semble-t-il entre la 17e et la 24e semaine que bébé est le plus apte à développer une tolérance aux aliments potentiellement allergènes. Il est par conséquent utile de lui servir du poisson, des produits laitiers, des céréales, des œufs et des noix et noisettes moulues à ce moment de sa vie.
Il existe aujourd'hui un vaste choix d'aliments fonctionnels spécialement conçus pour les nourrissons: préparations limitant les renvois, bouillies végétariennes ou sans gluten et purées non allergènes, par exemple. Ces produits ne sont pas nécessaires. Les aliments spéciaux tels que céréales, biscuits, desserts, crèmes et thés pour enfants sont tout aussi inutiles. Sans compter qu'ils contiennent généralement trop de sucre. Les denrées de base couvrent les besoins des nourrissons et sont une excellente protection contre les allergies.
Vers le dixième mois, on peut introduire de premiers aliments solides. L'idéal est de servir à bébé de petites bouchées qu'il peut manger avec les mains, car il se familiarise ainsi avec les aliments. Pour cela, il suffit de puiser dans les repas du reste de la famille: par exemple des légumes cuits, des morceaux de pomme de terre, des pâtes, des petits bouts de viande. Évidemment, la table ne restera pas immaculée. Mais cela permet aux enfants de toucher, de sentir et de goûter à la nourriture.
Bébé est-il trop difficile? Comme les adultes, les enfants n'aiment pas tous les aliments. Il revient toutefois aux parents de décider de la composition des repas. Quant aux enfants, ils peuvent déterminer la taille de leurs portions. Important: mangez tous ensemble et à heures fixes. Si un aliment est interdit aux petits, évitez d'en acheter.
L'appétit d'un enfant varie d'un jour à l'autre, ce qui est tout à fait normal. Ne vous faites donc pas de souci s'il mange parfois plus, parfois moins. Fiez-vous plutôt à l'instinct naturel de votre bébé. Il connaît dès le départ les sensations de faim et de satiété et sait manger en fonction de ses besoins. Il est par ailleurs fort probable que bébé n'aime pas certains aliments. Rien ne sert de le forcer à manger.
Une alimentation végétalienne entraîne un déficit en vitamine B12, qui à son tour gêne considérablement le développement de l'enfant. Il peut en résulter une nette insuffisance pondérale, des troubles du comportement (p. ex. un refus de manger) ainsi que des retards psychomoteurs. Bébé a besoin d'environ 0,8 µg de vitamine B12 par jour, qu'il va puiser dans les produits laitiers, la viande et le poisson. Par contre, une alimentation purement végétale ne le permet pas, car les aliments à base de soja, le tofu, le seitan ou le quorn ne contiennent pas de vitamine B12. Ils sont en outre pauvres en fer et, par rapport aux aliments carnés, fournissent trop peu d'acides gras saturés.
Où en trouver? Produits au lait entier, beurre, poisson, œufs, champignons, huile de foie de morue. La Société Suisse de Pédiatrie recommande une supplémentation en vitamine D pour tous les nourrissons.
À quoi ça sert? Une carence en vitamine D peut avoir des conséquences pour les muscles et le squelette. Chez les bébés et les petits enfants, elle peut en outre causer de graves maladies des voies respiratoires ainsi qu'une fatigue chronique.
Où en trouver? Viande, poisson, jaune d'œuf, céréales complètes et légumineuses. Pour en améliorer la disponibilité, il est utile de combiner les sources végétales de fer avec une source de vitamine C, par exemple des fruits et des légumes.
À quoi ça sert? Le fer permet la formation du sang. Il intervient aussi dans le développement du système nerveux central.
+ L'alimentation durant la première année
Introduction des aliments chez le nourrisson, Société Suisse de Pédiatrie, 2011
Recommandations pour l'alimentation des nouveaux-nés sains durant les premiers jours de vie, Commission de Nutrition de la Société Suisse de Pédiatrie, Paediatrica, 2011
Recommandations pour l'alimentation du nourrisson, Commission de Nutrition de la Société Suisse de Pédiatrie, Paediatrica, 2009
L'alimentation du nourrisson durant la première année de vie, Société Suisse de Nutrition, 2012
Le point sur l'alimentation des nourrissons et des enfants en bas âge, C. P. Braegger, congrès SSN, 2012