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En 1935, la Société romande de radiodiffusion accorde, par l'intermédiaire d'un comité de recrutement, le poste de directeur musical de son studio au Chef d'orchestre zurichois Robert Denzler. Cette décision est sévèrement jugée par un autre chef d'orchestre qui avait postulé, Ernest Ansermet, fondateur de l'Orchestre de Suisse Romande, ainsi que nombre de ses amis et admirateurs. Tous jugent d'une part qu'Ansermet est plus qualifié pour le poste, de par ses nombreuses années de direction d'orchestre à travers le monde, et d'autre part, qu'il est plus légitime en tant que musicien vaudois à reprendre la direction de la radio romande. Les défenseurs d'Ansermet lancent un appel à signature pour protester contre la nomination de Denzler, jugée irrégulière, car le comité de nomination n'a pas donné de raison claire au refus de la candidature d'Ansermet, si ce n'est des retenues d'ordre personnel.
S'ensuit une longue correspondance, accompagnée de plusieurs articles de presse et communiqués, entre différents acteurs des scènes musicale, intellectuelle et politique au sujet de cette procédure de nomination. D'un côté, les défenseurs et amis d'Ansermet —dont fait partie Elie Gagnebin— demandent des explications à la SRR et font jouer leurs relations pour remettre en cause la procédure. De l'autre, les membre du comité de nomination se défendent d'avoir nommé Denzler en suivant des ressentiments personnels à l'encontre d'Ansermet et défendent leur décision.
Les lettres concernent entre autres les personnes suivantes : Elie Gagnebin, Ernest Ansermet, Ch. Baud, Maurice Rambert, Marcel Pillet-Golaz, Robert Denzler, Ferdinand Porchet, Charles Troyon, Georges Rigassi, M. Gilliard, Louis Loze, F. Blanchod, Jules Henri Addor, G. A. Rosset, Pierre Rochat.