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Un présumé criminel de guerre rwandais, Léon Mugesera, tente par tous les moyens d'éviter son expulsion du Canada, prévue jeudi. Il fait désormais appel aux Nations unies après avoir épuisé tous les recours en justice auprès des tribunaux nationaux.
Le Comité contre la torture des Nations unies a demandé mercredi au Canada de suspendre temporairement l'expulsion de M. Mugesera, a annoncé son avocate. L'organe onusien a accepté d'entendre la cause de l'ex-homme politique - soupçonné d'avoir incité au génocide des Tutsis dans un discours prononcé en novembre 1992 au Rwanda - et d'examiner les risques de torture qu'il pourrait courir au Rwanda.
Plus tôt mercredi, une cour fédérale a rejeté l'ultime demande de sursis du Rwandais, épuisant ses recours devant les tribunaux canadiens. Après cette annonce, Léon Mugesera a eu un malaise et a été transporté à l'hôpital dans la ville de Québec où il réside avec sa famille depuis 20 ans. Cela fait 15 ans qu'il se bat pour éviter l'expulsion. Ses recours avaient permis de repousser son renvoi.
"Cancrelats"
Mais avec l'évolution de la situation à Kigali, Ottawa juge avoir reçu les garanties suffisantes du gouvernement rwandais quant au respect des droits fondamentaux de M. Mugesera.
En novembre, le ministère de l'Immigration a estimé que son renvoi au Rwanda ne violerait pas ses droits inscrits dans la Charte canadienne des droits et libertés. En décembre, le gouvernement canadien lui a adressé une décision disant qu'il "ne ferait pas face à des risques significatifs" s'il retournait au Rwanda.
Dans un discours prononcé en 1992, avant le génocide, M. Mugesera avait traité les Tutsis de "cancrelats" et dit que "ceux dont vous ne couperez pas le cou seront ceux qui couperont le vôtre". Ce discours a été retransmis publiquement en 1994, alors que se déroulaient des assassinats de masse faisant 800'000 morts.
ATS