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Disparition du comédien genevois François Florey
Il y a quinze jours à peine, il foulait la scène du Théâtre du Galpon, à Genève. Tout à tour visiteur, lapin stressé et jardinier soucieux de ses rosiers dans une version délicieusement décalée d'Alice aux pays des merveilles. Signée Nalini Menamkat, le spectacle s'appelait "A Merveille". Drôle de titre à déclamer aujourd'hui.
On a pu aussi le voir dans la série "Quartier des banques" ou au cinéma portant uniforme et instrument à vent dans une savoureuse comédie à pavillon valaisan, "Tambour battant" de Christophe Marzal ou encore dans "Orphelin" de la cinéaste Ursula Meier.
Près de trente ans de carrière
François Florey, 53 ans, était un comédien omniprésent sur les scènes et les écrans romands. Une belle gueule du théâtre d'ici. Pas loin de trente années de carrière et à lui tout seul un récit de l'évolution des arts de la scène en Suisse romande.
Il y a eu les cours de comédien, en France, lorsque le théâtre d'ici avait sa boussole pointée sur Paris, puis l'épopée des Basors à Genève, durant les années 1990 avec Evelyne Murenbeeld, les premiers rôles auprès de Dominique Noble, parti bien trop tôt, des relations de complicité et de longue durée avec des metteurs en scène comme Frédéric Polier, Eric Salama, Matthias Urban, Anne Bisang, Nalini Menamkat, Julien George, Zoé Reverdin, Julien Schmutz… Trop de noms pour les citer tous.
Un comédien à l'aise dans tous les registres
Ce comédien était populaire au sens d'un artisan apprécié de ses pairs et du public, alternant les rôles comiques et tragiques, à l'aise dans tous les registres, jouant récemment le petit frère complexé dans "En cachant les œufs" de Michel Voïta, le juré dans "Douze hommes en colère" monté par Julien Schmutz ou plus anciennement l'ignoble dans "Les deux gredins" de Roberto Salomon d'après Roald Dahl, créé pour un jeune public au Théâtre AmStramGram.
C'est une crise cardiaque qui a eu la dernière réplique. Le coronavirus s'est occupé quant à lui de son ultime spectacle, provoquant l'annulation des représentations de "A Merveille". Au théâtre, on se dit merde pour se souhaiter bonne chance. On peut l'employer ici pour afficher notre dépit.
François Florey manquera au théâtre romand lorsque les salles pourront enfin rouvrir. Et nos pensées vont à ses deux enfants et à ses proches.
Thierry Sartoretti/ld
Publié le 26 mars 2020 à 16:28