Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06966.jsonl.gz/1380

Safenwil (ots) - Peter Fahrni est le nouveau directeur de Kia Motors AG. Il succède à Michel Rutschmann ...
Feu bactérien: lutte au moyen de produits phytosanitaires
Berne (ots) - Le feu bactérien a causé en l'an 2000 des dommages si graves dans certaines régions de la Suisse orientale et centrale qu'il est prévu d'utiliser désormais des produits phyto-sanitaires en plus des mesures de lutte prises à ce jour. L'Office fédéral de l'agriculture a autorisé à cette fin deux produits phytosanitaires, l'un à base de farine de pierre acide ("Myco-Sin") et l'autre à base de Bacillus subtilis ("Biopro"). Ces produits ne contiennent pas d'antibiotiques. En outre, des indemnités pourront à l'avenir être versées aussi pour la destruction des plantes contaminées.
Le feu bactérien est la maladie bactérienne la plus dangereuse pour les arbres de fruits à pépins et certaines plantes ornementales apparentées. En Europe, il a été constaté pour la première fois à la fin des années cinquante, en Angleterre notamment, pour gagner ensuite le continent (Danemark, Pays-Bas, Belgique, France et Allemagne). Dès le début des années quatre-vingt, la maladie menaçait les arbres fruitiers à proximité immédiate de la frontière suisse. En 1989, le feu bactérien s'est, pour la première fois, attaqué aux Cotoneasters dans le nord-est de la Suisse.
1973 à 1989: prévention consistant à empêcher l'introduction de l'agent pathogène
La menace de cette maladie a été décelée très tôt par le Conseil fédéral. La première étape du plan de lutte a consisté à empêcher l'introduction, en Suisse, de l'agent pathogène. C'est ainsi que dès le début des années septante, l'importation des plantes-hôtes du feu bactérien a été interdite.
Dès 1989: destruction des foyers d'infection, mesures préventives complémentaires
Une nouvelle étape a commencé après la découverte du premier foyer d'infection en 1989: des mesures de lutte préventives ont été prises afin de détruire les foyers isolés. Ces mesures ont été complétées en 1997 par l'arrachage préventif de plantes-hôtes particulièrement sensibles.
Les mesures prises dans les deux premières étapes du plan de lutte ont permis de retarder d'au moins dix ans la propagation du feu bactérien en Suisse.
Dès 1999: endiguement des foyers d'infection
Le feu bactérien est implanté dans certaines régions depuis 1999. Une troisième étape du plan de lutte vise désormais à endiguer la maladie dans les zones touchées, c'est-à-dire à réduire le potentiel d'infection.
Nouveautés dès 2001: utilisation de produits phytosanitaires
Un aperçu des zones contaminées en 2000 montre, avant tout en Suisse orientale, que l'agent pathogène peut dévaster de grandes surfaces à très court terme. Compte tenu des conditions météorologiques durant la période de floraison des pommiers, on pouvait s'attendre à une forte contamination, mais son ampleur a été exceptionnelle. On peut donc admettre que la contamination latente par l'agent pathogène s'est largement étendue. Vu la manière dont la maladie s'est répandue ces quarante dernières années en Europe, il n'y a guère d'espoir qu'elle recule prochainement en Suisse.
Dans un nombre croissant de régions, on ne peut plus espérer l'éradication de l'agent pathogène à l'avenir, de sorte que seules des mesures d'enrayement sont encore envisageables, ce qui fait pencher la balance en faveur de l'utilisation de produits phytosanitaires. C'est pourquoi des essais portant sur toute une série de produits ont déjà été réalisés au cours des deux dernières années dans les régions frappées par le feu bactérien.
Produits à base de farines de pierre
Les principales composantes du produit phytosanitaire "Myco-Sin" sont une argile contenant de l'acide sulfurique d'une part et des extraits de prêle de l'autre. "Myco-Sin" est déjà généralement admis en Suisse comme produit à effet partiel dans la lutte contre l'oïdium du pommier et du poirier et contre la tavelure des arbres de fruits à pépins; on prévoit de l'utiliser dorénavant dans la lutte contre le feu bactérien. On lui attribue aussi bien un effet direct contre le feu bactérien qu'un effet indirect, consistant à renforcer les plantes. Ces deux propriétés se répercutent sur la stratégie d'utilisation du produit: celui-ci doit être appliqué régulièrement dès le début de la floraison, un à deux jours avant une infection potentielle selon le modèle de prévision; "Myco-Sin" est donc utilisé préventivement.
Produits microbiens
Il s'agit là d'utiliser des bactéries antagonistes du feu bactérien. Occupant les organes floraux comme niche écologique, ces antagonistes disputent la place et la nourriture au feu bactérien, le tenant ainsi en échec. Certaines espèces de bactéries agissent aussi directement sur l'agent pathogène. C'est le produit phytosanitaire "Biopro" à base de l'organisme actif Bacillus subtilis qui est admis en Suisse. Cette bactérie est réputée non pathogène; elle est autorisée pour d'autres usages dans l'agriculture. Les produits phytosanitaires à base d'antagonistes doivent être appliqués deux ou trois fois, c'est-à-dire à 20, 50 et 90 pour cent de la floraison.
Antibiotiques
Dans les années cinquante, on a testé aux Etats-Unis une quarantaine d'antibiotiques quant à leur utilité dans la lutte contre le feu bactérien; ce faisant, on a examiné tant leur efficacité que leur sécurité pour l'être humain et l'environnement. Seule la streptomycine s'est affirmée jusqu'ici dans la pratique. Elle est utilisée aux Etats-Unis, au Canada, en Nouvelle-Zélande, en Hongrie, en Belgique, aux Pays-Bas et en Allemagne dans la lutte contre le feu bactérien (aux Etats-Unis: depuis 1955).
Les services d'homologation compétents en Suisse n'ont pas pour l'instant pu se mettre d'accord sur l'utilisation de la streptomycine ou d'un autre antibiotique. Des réserves insurmontables contre toute application d'antibiotiques en 2001 ont notamment été formulées pour des raisons tenant à la santé publique et à une connaissance insuffisante des risques de transmission de la résistance aux organismes pathogènes pour l'être humain. On considère comme une autre entrave l'absence d'une demande déposée par une entreprise de production et, partant, d'un dossier d'homologation avec tous les résultats d'essai pertinents relatifs à l'action et à la sécurité des produits contenant de la streptomycine.
L'Institut biologique fédéral pour l'agriculture et la sylviculture, autorité compétente en Allemagne, a suspendu l'homologation de "Plantomycin", qui contient de la streptomycine, des concentrations de cette dernière au-delà de la norme légale ayant été trouvées dans des échantillons de miel. L'institut précité décidera de la marche à suivre après un examen de la situation. Il doit être possible d'exclure la présence de tels résidus dans le miel.
Recherche de méthodes de lutte efficaces: les efforts se poursuivent
Les experts continuent, sur le plan mondial, à chercher d'autres produits phytosanitaires appropriés. Plus de 100 groupes de travail se penchent sur ce sujet, une quinzaine de produits étant évalués en ce moment. Les experts des stations fédérales de recherches agronomiques participent à ces efforts internationaux; ils réalisent aussi des essais indépendants dans notre pays, en étroite co-opération avec l'industrie et la pratique. De même, on a intensifié les études portant sur la propagation du feu bactérien en Suisse et développé les services de prévision et d'avertissement.
Indemnisation des producteurs concernés
Jusqu'à présent, la Confédération a soutenu financièrement les mesures prises par les cantons pour combattre le feu bactérien lorsqu'il fallait éradiquer des plantes saines à titre préventif. Afin de pouvoir aider les exploitations frappées par le feu bactérien, le Conseil fédéral a accepté le principe selon lequel des indemnités peuvent aussi être versées pour la destruction de plantes infectées. Cette réglementation est entrée en vigueur le 1er février 2001.
ots Originaltext: Office fédéral de l'agriculture
Internet: www.newsaktuell.ch
Contact:
Olivier Félix, division Moyens de production, tél. +41 31 322 25 86
ou Martin Huber, section Produits de traitement des plantes, tél.
+41 31 322 26 25.