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Une femme libre et engagée
Le 14 juillet 1817 disparaissait à 51 ans une femme au destin hors du commun, Germaine de Staël. Hasard du calendrier, le 200e anniversaire de sa mort coïncide avec le 250e de la naissance de Benjamin Constant, avec qui elle forma un couple resté célèbre dans l’histoire littéraire et politique. Au tournant du XIXe s., ces auteurs féconds exercèrent une grande influence sur les idées de leur temps notamment comme pionniers du libéralisme politique et du romantisme. Ils jouèrent un rôle de premier plan dans les échanges, alors intenses, entre les intellectuels de toute l’Europe. Par ses positions sur la condition des femmes, Germaine de Staël apparaît également comme une pionnière du féminisme.
Née Necker
Fille du banquier genevois et ministre des Finances de Louis XVI Jacques Necker, Germaine de Staël eut droit à une éducation rarement dispensée aux filles à cette époque. Elle fréquenta très tôt le salon parisien tenu par sa mère Suzanne (salons). Se distinguant par un esprit brillant, la jeune fille y rencontra nombre d’auteurs célèbres. Devenue baronne de Staël-Holstein par son mariage en 1786, elle s’affranchit rapidement des conventions sociales pour mener sa vie à sa guise et entreprendre son œuvre littéraire et philosophique.
De la Révolution à l’exil
La Révolution de 1789 incarna pour Mme de Staël la promesse d’une liberté à laquelle elle aspirait. Défendant une position modérée, elle dut fuir la France pendant la Terreur. De retour à Paris avec Benjamin Constant, rencontré à Lausanne en 1794, elle s’opposa tant aux monarchistes qu’aux jacobins, ainsi que, en adversaire de toute conquête, à l’invasion de la Suisse par la France (1798). Si elle plaça d’abord quelque espoir en Bonaparte (Napoléon Ier), elle perdit toute illusion avec l’instauration du consulat qui marqua l’accession de celui-ci au pouvoir (1799). Bonaparte craignait l’influence politique de Mme de Staël, au point qu’il ordonna son exil, sans jamais revenir sur sa décision.
L’Europe à Coppet
Le château familial de Coppet devint le refuge de Germaine de Staël, suivie par Constant dans son exil. De là, elle entreprit plusieurs voyages dans divers pays. Elle accueillit à Coppet de nombreux visiteurs célèbres, dont Châteaubriand, Byron, la baronne de Krüdener ou encore Juliette Récamier, et en fit « le » lieu de rencontre de l’intelligentsia européenne. Autour de Mme de Staël se forma un groupe informel, dont la composition varia dans le temps. Appelé plus tard « Groupe de Coppet », il connut un rayonnement européen et comprit notamment, outre Constant, des personnalités comme Sismondi, Charles-Victor de Bonstetten et August Wilhelm Schlegel.
Jusqu’au 1er octobre 2017, La Fondation Bodmer, à Cologny, présente une importante exposition sur Germaine de Staël et Benjamin Constant.