Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06884.jsonl.gz/665

Le dirigeant chinois Xi Jinping débute une tournée africaine
Il s'agit du premier voyage à l'étranger de Xi Jinping depuis sa réélection et l'abolition de la limite des mandats présidentiels en mars dernier.
Après le Sénégal où il atterrit samedi, le dirigeant chinois se rendra au Rwanda, un pays qui a connu une croissance de 6,1% l'an dernier. Il y rencontrera le président Paul Kagame et visitera le mémorial du génocide de 1994, durant lequel plus de 800'000 personnes ont été tuées.
Xi Jinping ira ensuite en Afrique du Sud pour le sommet des Etats émergents BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), qui débute mercredi. Il terminera sa tournée africaine par une visite sur l'île Maurice, dans l'océan Indien.
"Les Nouvelles routes de la Soie"
La visite du président chinois est officiellement placée sous le signe des "Nouvelles routes de la Soie", le projet pharaonique d'infrastructures routières, ferroviaires et maritimes lancé pour relier la Chine à l'Europe.
Alors qu'un tel programme peut améliorer les infrastructures en souffrance du continent africain et générer de la croissance, Washington craint que les nations africaines s'endettent encore davantage auprès de Pékin.
Le gouvernement, les banques et les entrepreneurs chinois ont prêté plus de 94 milliards de dollars aux gouvernements africains et à leurs compagnies nationales entre 2000 et 2015, selon l'Initiative de recherche Chine-Afrique de l'Université américaine Johns Hopkins.
A la recherche d'une "clientèle politique"
Dans le cas de l'Afrique, le commerce constitue une motivation secondaire, estime cependant Thierry Pairault, directeur de recherche émérite au Centre national de recherche scientifique (CNRS).
"L'Afrique représente pratiquement le quart du nombre de pays membres de l'ONU", rappelle le chercheur dans le 12h30 de la RTS. "Soit 54 pays qui seront dépendants (de la Chine) pour leurs débouchés (...) et qui pourront devenir des alliés de Pékin dans les instances internationales."
Ainsi, selon le spécialiste de la "Chinafrique", le plus important pour Pékin est de se constituer une clientèle politique en Afrique, et non une clientèle commerciale.
ap/tmun
Publié le 21 juillet 2018 à 17:18 - Modifié le 21 juillet 2018 à 19:14