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Le président centrafricain François Bozizé s'est déclaré dimanche prêt à former un gouvernement de coalition avec les rebelles. Il a accepté le principe de pourparlers de paix au Gabon sans conditions préalables.
"Je suis prêt à former un gouvernement d'unité nationale avec le Séléka pour gouverner ensemble le pays parce que je suis un démocrate", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à l'issue d'un entretien à Bangui avec son homologue béninois, Thomas Yayi Boni, président en exercice de l'Union africaine (UA).
Le président Bozizé s'est également déclaré prêt à participer à des pourparlers de paix organisés par les dirigeants de la région à Libreville, la capitale du Gabon, "sans condition et sans délai".
Accusations d'exactions
Dans un entretien accordé à France 24, le porte-parole du Séléka à Paris, Eric Massi, a réservé sa réponse, accusant le gouvernement de Bangui de commettre des "exactions" à leur endroit et, notamment, d'avoir arrêté des membres des familles et de les avoir emmenés vers des destinations inconnues.
François Bozizé, dont le régime est menacé par les forces du Séléka, aux portes de Bangui, a en outre indiqué qu'il ne briguerait pas un nouveau mandat en 2016 à la tête de la Centrafrique.
Garanties exigées
Assurant que "l'ensemble du territoire national est sécurisé", Eric Massi a dit suspendre l'entrée de la rébellion dans Bangui à des "garanties concrètes de la part du président Bozizé".
Les insurgés du Séléka, qui veut dire "coalition" en langue vernaculaire Sango, se trouvent désormais à 75 kilomètres de Bangui.
Cette coalition hétéroclite de trois groupes armés reproche au président de ne pas avoir respecté les termes d'un accord datant de 2007 et prévoyant que les rebelles ayant déposé les armes soient indemnisés. Le Séléka, qui est passé à l'offensive le 10 décembre, réclame des pourparlers directs avec le pouvoir ainsi que des garanties pour ses chefs militaires.
Les Banguissois ont pour leur part commencé, soit à fuir la capitale en empruntant la rivière Oubangui, soit à faire chez eux des provisions de vivres et d'eau en vue d'un assaut final des insurgés.