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Un drôle d’article publié dans la dernière édition de juillet de The Economist nous emmène en uchronie, cette discipline sans frontière qui consiste à inventer l'Histoire si tel ou tel événement s'était ou ne s'était pas produit. En l'occurrence, l'auteur qui ne signe pas - une marque de fabrique que j'aime bien de l'hebdo anglaise - explique très sérieusement que que la Chine serait bien évidemment plus riche si le "démocrate" Tchang Kaï-chek l'avait emporté sur le camarade Mao.
Dans cette série, The World If, on trouve aussi quelques utopies, notamment les 100 premier jours d'Hillary présidente et une réflexion autour en définitive, mieux vaut peut-être Poutine que pas de Poutine et une Russie vouée aux tensions.
J'apprends dans le papier sur la bataille pour la conquête du pouvoir en Chine entre le camarade Mao et le dictateur libéral Tchang que la bascule de l'histoire a tenu peut-être au fait que les Américains ont, en 1946, retenu un temps la main du général, dont les troupes étaient bien plus fortes et organisées que celles des communistes, un temps que le timonier saisit pour regrouper ses troupes et finalement remporter la mise.
De cette perte du libéral Tchang, qui s'employa à développer Taïwan comme on sait, découle toute une série de conséquences (mal)heureuses. La Corée du Nord n'existerait sans doute pas, mais les tension avec l'URSS à propos de la Mongolie, que le nationaliste Tchang Kaï-chek considérait comme chinoise, auraient pu être dramatiques. La Chine serait un allié des Etats-Unis, ce qui évidemment changerait la face du monde, et elle n'aurait pas perdu 30 ans en grands bonds en avant et autre révolution culturelle meurtrière à devenir la deuxième, bientôt la première économie du monde.
Dans la même veine qui mêle la futurologie à la boule de cristal, mon journal préféré nous explique la vie en 2015 sous un climat forcément réchauffé. Ce jeudi dans Climat en 2050. on apprend donc que la circulation automobile a finalement été interdite en ville en 2035, que l'eau des toilettes est celle des pluies conservée, que les potagers fleurissent en ville, que l'article 89 de la Constitution impose le télétravail un jour par semaine et que la chaleur de l'été est conservée à 600 mètres de profondeur.
Ces exercices révèlent en général plus les peurs des auteurs qu'ils ne dépeignent l'avenir. Dans l'affaire du réchauffement climatique, on semble oublier que ce qui est à l'origine de ce phénomène, la consommation des hydrocarbures, si l'on en croit le gros de la communauté scientifique, pourrait ces 35 prochaines années n'être plus qu'un mauvais cauchemars compte tenu de la flopée de nouvelles technologies qui pourront remplacer le pétrole.
Sauf que le problème aujourd'hui n'est pas la disparition tant de fois annoncée de la ressources mais son prix trop bon marché pour que les concurrents puissent s'imposer rapidement. Hollande n' qu'une chose à faire à Paris, convaincre la communauté internationale de lever un impôt mondial sur le pétrole? De quoi doter l'ONU de moyens propres (si j'ose dire) pour un petit peu mieux - restons réaliste - gouverner le monde.
PS: pour tous les futurologues, revoir les courbes du Club de Rome livrées au grand public en 1972 devrait être un exercice sanitaire quotidienne.