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Le BBL s’appuie sur la structure dramatique du ballet Variations pour une porte et un soupir créé à Bruxelles en 1965 sur la musique de Pierre Henry (voir ci-dessous). Mais la partition est ici confiée au groupe Citypercussion : l’originale n’est plus que l’écho de quelques sons, de bruitages intégrés, mixés dans seize nouvelles compositions jouées sur scène. La trame : sept danseurs entrent sur scène. Le chorégraphe est absent. Sur un immense tableau noir, un schéma établi mentionne, en face du titre de seize morceaux à danser (« Sommeil », « Gymnastique », « Rien » …), le ou les numéros que les artistes doivent tirer au sort pour l’interpréter – en solo, à deux, à trois… Librement.
Comment se présente cette musique ?
Morphologiquement, il s’agit d’une succession de variations musicales dans le style des grandes Suites Françaises du XVIIème ou du XVIIIème siècle: Variations qui s’inspirent presque toujours d’un mouvement chorégraphique, d’une figure corporelle… gigue, allemande, courante, menuet…
Ici étirement, balancement, gymnastique, transe…
Spirituellement, c’est une œuvre cyclique qui se referme sur elle-même, éclosion, développement, épanouissement, destruction, évoquant le rythme d’une journée, d’une vie. Sept danseurs entrent en scène pour créer un ballet où le chorégraphe n’a pas sa place. Sept danseurs vont improviser librement sur la musique de Pierre Henry.
Sur un tableau noir, un schéma propose une structure établie pour des danseurs imaginaires numérotés de 1 à 7. Le public sait d’avance que la deuxième variation sera un solo du numéro 1, que gymnastique aura quatre interprètes, que le pas de deux sera exécuté par le 6 et le 7 pendant que le 3 regarde et que les autres sont de dos, etc. À l’intérieur même des variations, la liberté de l’improvisation et de nombreuses obligations s’entrecroisent. Tel numéro doit danser en donnant la main à tel autre, tel parcours est obligatoire, telle pose fixée, etc.
C’est sur la scène, devant le public, que les danseurs tirent au sort leur numéro, renouvelant ainsi chaque soir le rituel cyclique de la vie avec son parcours aléatoire où l’humain et l’angoisse s’enroulent dans les multiples, étapes d’un théâtre absurde.
Variations pour une porte et un soupir a été composé en hommage à l’ensemble de l’œuvre picturale d’Arman : Allures, Poubelles, Accumulations, Colères, Coupes.
C’est un retour à des sources brutes ayant un pouvoir de communication immédiate. Cette œuvre est une analyse objective des gestes les plus simples de l’expressivité humaine. L’allure, l’agglomération, la brisure d’un grincement de porte transcendent le lieu-commun d’un objet-musique : la porte. Soupirs soufflés, soupirs chantés explorent le sensible de l’activité mentale ou corporelle d’un être humain au cours d’une journée ou d’une vie entière.
Successivement 16 variations :
Sommeil – Balancement – Chant l – Éveil – Chant II – Étirement – Geste – Comptine – Fièvre – Chant III – Gymnastique – Braiements – Respirations – Ronflements – Chant IV – Mort.
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