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Les bilans de santé individuels sont généralement considérés comme capables de réduire la morbidité et la mortalité dues à la maladie. Ceci est largement basé sur un certain «bon sens», et sur les observations liées à la réduction de l’incidence des maladies par des mesures préventives appliquées à des populations. Néanmoins, une évaluation de l’utilité réelle des bilans de santé au niveau individuel, en termes de morbidité et mortalité, n’a pas été formellement établie. Une revue Cochrane a récemment tenté de quantifier les risques et les bénéfices des bilans de santé chez des individus adultes d’âge non gériatrique, en effectuant une revue systématique colligeant quatorze études randomisées comparant des groupes d’individus soumis à des bilans de santé (les cas) à des groupes témoins. Le bilan de santé était défini comme un dépistage de plus d’une maladie à la fois ou de plus d’un facteur de risque, et touchant plus d’un organe. Aucun bénéfice n’a été retrouvé en termes de mortalité, morbidité, hospitalisation, handicap, préoccupation, consultations supplémentaires, absentéisme au travail, bien que l’étude relève une augmentation du nombre de nouveaux diagnostics posés. A noter que toutes les études ne discutaient pas l’ensemble de ces observations ou les effets indésirables potentiels liés aux investigations.
Commentaire : De tels résultats nous rappellent que les stratégies préventives démontrées efficaces dans une population ne le sont pas forcément au niveau individuel, les étiologies des maladies n’étant pas forcément similaires aux niveaux individuel et populationnel. Nous invitons le lecteur à relire dans ce sens l’article fondamental de G. Rose Sick individuals and sick populations. De plus, cette revue indique que de nouveaux diagnostics sont posés suite à ces bilans. Si l’absence de bénéfice est bien réelle, alors se pose la question du surdiagnostic et du surtraitement.