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02/09/2011
Révélatrice, la provocation de GOS
Voilà une dizaine d'années que GOS ne faisait plus parler de lui dans le cadre de la politique genevoise. Le voilà qui se rappelle au souvenir des Genevois à un moment où on ne l'attendait pas, c'est-à-dire à l'occasion de l'élection partielle à la Cour des comptes qui attend les Genevois dans trois semaines.
En prétendant que « évidemment un juge est mieux à même de siéger qu'un parlementaire à la Cour des comptes » GOS se trompe. Son petit coup médiatique donne l'occasion à ceux qui n'approuve pas sa prise de position de montrer pourquoi et dans quel sens il se trompe.
GOS ne peut guère comprendre l'intérêt et les activités d'une Cour des comptes d'une part parce que celle-ci n'existait pas à l'époque où il était conseiller d'Etat, d'autre part parce que sa vision du pouvoir est tout simplement incompatible avec l'existence d'un organisme chargé de déceler les déficiences et les cachoteries du gouvernement et de ses services.
Ceux qui ont siégé au Grand Conseil à son époque le savent bien : GOS, simple juriste de formation, s'est toujours senti totalement libre de manipuler, de masquer et de tromper pour arriver à ses fins politiques. Pas étonnant donc que GOS, même spectateur désormais, pense plus de mal que de bien à propos d'un organisme dont la mission principale est d'enquêter sur l'activité gouvernementale, sur l'efficacité de son administration, sur la gestion des établissements de droit public et sur l'opportunité des politiques publiques.
Il convient de rappeler par ailleurs que GOS n'a jamais siégé au sein d'un parlement. Dans ses fonctions de conseiller administratif puis de conseiller d'Etat, il a en permanence considéré les élus communaux et les députés, comme les médias d'ailleurs, soit comme des petits soldats au service de ses causes soit comme des adversaires à briser à tout prix, même à celui de manipulations et de tromperies. Il ne peux donc pas saisir aujourd'hui que la Cour des Comptes ne constitue en dernière analyse que « l'enquêteur » chargé par le Grand Conseil d'effectuer une mission essentielle, imposée par la séparation des pouvoirs, que les législateurs ne sont plus en mesure d'effectuer avec les moyens dont ils disposent.
Chacun peut comprendre, à la lecture de ce qui précède, qu'un parlementaire est en réalité bien mieux armé qu'un juge pour accomplir les tâches que le Grand Conseil d'abord et le peuple ensuite ont confié à la Cour des comptes. La pratique de ces dernières années a d'ailleurs fait clairement ressortir que parmi les magistrats actuellement en fonction au sein la Cour des comptes le plus efficace, aux yeux de tous les observateurs est M. Stanislas Zuin. Or celui-ci bénéficie d'une formation d'économiste et de gestionnaire d'entreprise, pas de celle d'un juge.
Pierre kunz