Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07055.jsonl.gz/399

Arrivant à la fin de la deuxième semaine de confinement, j'ai maintenant pris mes marques et une petite routine s'est installée : Lever (de plus en plus tard), petit déjeuner, allumer l'ordinateur pour voir les dernières nouvelles du travail, répondre à quelques mails, écouter une formation sur LinkedIn, petit café virtuel avec ma collègue de bureau, travailler un peu, réunion virtuelle avec mon équipe pendant une petite heure puis déjeuner, si possible sur ma terrasse. En temps normal je ne bois jamais toute seule, mais nous ne sommes pas en temps normal. Alors maintenant je m'offre mon petit verre de rouge pour célébrer mon repas solitaire et en faire une fête. Nous avons un dicton en allemand qui dit qu'après le repas il faut se reposer ou faire 100 pas. Je choisis plutôt la première option, si possible sur ma terrasse pour prendre ma dose quotidienne de vitamine D. Toutes les excuses sont bonnes.
J'ai dans mon jardin un arbre que j'adore. Peut-être devrais-je dire un groupement d'arbres ou un arbre familial : Il a trois troncs distincts que j'associe au père, à la mère et à l'enfant. Un quatrième tronc a été coupé par mes voisins importunés par les feuilles qui atterrissaient chaque automne sur leur terrain. Cet arbre, j'en suis tombée amoureuse dès que je l'ai vu pour la première fois. Il était un facteur décisif dans ma décision d'acheter mon appartement. Un vrai coup de cœur. C'est un mélange entre un érable et un platane. Malheureusement il a hérité des maux des deux espèces : un parasite pour le premier et un champignon qui blanchit les feuilles pour le deuxième. Maintenant quand je vois les petites mésanges picorer sur les branches je me dis que mes visiteurs plumés pourraient peut-être s'attaquer à ces parasites. Nourriture contre décontamination. Ce sera une belle alliance!
Chaque printemps, avec la fougue de la jeunesse, c'est mon jeune arbre qui sort ses feuilles en premier, puis suit le père et la mère. A l'automne ils respectent le même ordre pour se débarrasser de leur habit colorié. Il ne faudrait pas que les branches poussent trop, sinon j'aurai de la peine à accrocher les mangeoires cet hiver.
Depuis quelques jours j'ai d'autres visiteurs qui se sont invités à ma table. Trois pigeons qui viennent picorer les graines mélangées par terre. Alors là je suis nettement moins fan et je les chasse dès que je peux. Mon papa a transformé sa maison et sa terrasse en une forteresse contre les pigeons avec des piques omniprésents qui sont sensés les décourager de se poser. Si un pigeon ose quand même s'approcher, mon papa le chasse au tuyaux d'arrosage. Je devrais en faire pareil.
L'après-midi passe vite avec les tâches qui prennent plus de temps qu'à la normale. Au lieu de communiquer par courriel, j'ai commencé à appeler les collègues par Skype. C'est quand même plus convivial et cela permet d'échanger un peu nos vécus réciproques.
Puis c'est le week-end. Aujourd'hui nous avons terminé la semaine avec un apéro virtuel entre collègues. Chacune dans sa cuisine avec un verre à la main. Bon d'accord, cela ne remplace pas un moment partagé en direct, mais c'était quand même sympa. On se rattrapera pour le reste une fois remises en liberté.
Bon week-end et portez-vous bien!