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Une règle non écrite veut que les nouvelles pathologies facilitent les publications dans les revues, à commencer par les plus prestigieuses. Une nouvelle démonstration en est fournie avec la grippe A(H1N1) avec ce cas rapporté sur le site du Lancet.1 Il tendrait à prouver que le zanamivir (Relenza), antiviral habituellement administré en nébulisation, pourrait dans certains cas être efficace par voie intraveineuse.
Le cas concerne une jeune femme âgée de 22 ans ne répondant pas à l’oseltamivir (Tamiflu) dans le cadre d’un syndrome de détresse respiratoire aigu (SDRA) dû au virus A(H1N1), une dénomination que l’OMS aimerait, dit-on, voir bientôt remplacée par A(H1N1pdm), les trois dernières lettres correspondant à « pandémique », ce qui permettrait de le différencier des A(H1N1) qui ne le sont pas.
Cette femme souffrait d’une immunodépression après une récente chimiothérapie pour maladie de Hodgkin. Après une infection par le A(H1N1) – notons que le service de presse du Lancet continue à parler ici de « grippe porcine » – son état s’était aggravé après trois jours de dyspnée croissante, et ce en dépit d’une administration d’oseltamivir (75 mg deux fois par jour) et une antibiothérapie à large spectre face à la présence d’infiltrats pulmonaires bilatéraux.
La patiente est alors hospitalisée dans une unité de soins intensifs. Sa fonction respiratoire se détériorant, elle doit être placée sous ventilation invasive. La charge virale en A(H1N1) demeure élevée, au dixième jour, dans les produits des lavages broncho-alvéolaires, et ce en dépit de six jours d’oseltamivir administré par sonde nasogastrique. L’équipe médicale choisit alors d’arrêter l’oseltamivir pour passer à des nébulisations de zanamivir.
Puis, constatant l’absence persistante de réponses à la fois cliniques et biologiques, l’équipe décide au seizième jour d’administrer le zanamivir par voie intraveineuse et ce à raison de 600 mg deux fois par jour, en association à une administration de méthylprednisolone. Les autorités hospitalières avaient donné leur accord, de même que des proches de la malade. En 48 heures, l’état de cette dernière s’améliore sur le plan clinique avec, en parallèle, une diminution de la charge virale (d’un facteur 100) à compter du vingt et unième jour.
La malade est alors extubée et peut quitter le service des soins intensifs, son état demeurant stable. L’antiviral et les corticoïdes sont arrêtés respectivement les vingt-sixième et vingt-huitième jours. Le prompt rétablissement de la jeune femme plaide, pour les auteurs de la communication faite au Lancet, en faveur d’une meilleure évaluation de l’administration IV du zanamivir, seul ou en association à des corticoïdes à hautes doses. Tout en reconnaissant qu’il ne s’agit que d’un seul cas, ils estiment que cette approche pourrait être utilement expérimentée dans les cas de SDRA dus au A(H1N1) ; cas qui semblent plus fréquents avec ce nouveau virus qu’avec les virus grippaux sévissant sur un mode saisonnier.