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Le parti patriotique autrichien FPÖ, dirigé par Heinz-Christian Strache, est donné deuxième parti d’Autriche par des sondages en vue des élections législatives du 15 octobre 2017. Cette formation est l’héritière de la famille politique nationale-libérale active depuis de nombreuses décennies, notamment sous la Ire République.
À la fin de la Ire Guerre mondiale, l’Autriche-Hongrie s’effondrait suite à la défaite militaire du pays. En octobre 1918, les députés des territoires germanophones de l’empire des Habsbourg se réunissaient et fondaient l’« Autriche allemande ». Constatant que les divers peuples de l’empire ne désiraient plus en faire partie, cette assemblée provisoire décidait le 12 novembre 1918 l’annexion à l’empire allemand et proclamait la République. Le national-libéral Franz Dinghofer était appelé, au vu du poids politique de la famille nationale-libérale lors des dernières élections législatives qui avaient été organisées à l’époque de la monarchie, à annoncer la décision depuis la rampe d’accès au bâtiment du Parlement à Vienne.
Malgré le fait qu’une écrasante majorité des Allemands d’Autriche et les trois familles politiques (sociale-démocrate, sociale-chrétienne et nationale-libérale) y étaient favorables, les puissances ayant gagné la guerre interdisaient l’annexion à l’Allemagne de l’« Autriche allemande » et refusaient même à cette dernière de porter ce nom.
De plus, les principes proclamés par le président des États-Unis Woodrow Wilson du droit des peuples à l’autodétermination étaient bafoués : le Tyrol du Sud devenait italien et les Sudètes tchécoslovaques. Cette situation conduisait, au cours des années suivantes, à des demandes de révision des traités imposés par les vainqueurs de la Ire Guerre mondiale.
Les Sudètes constituant à l’époque de la monarchie le principal bastion de la famille politique nationale-libérale, celle-ci ne représentait plus au sein de la République que 15 à 20 % des électeurs et devenait la troisième force politique du Parlement. Les nationaux-libéraux étaient scindés en deux partis : le Großdeutsche Volkspartei (GDVP – Parti populaire grand-allemand) et le Landbund (Ligue des paysans [traduction littérale : Ligue rurale] ou Deutsche Bauernpartei [DBP – Parti des paysans allemands]). Les cadres du GDVP étaient essentiellement des bourgeois alors que le Landbund était tourné vers les agriculteurs.
Les sociaux-démocrates, constituant désormais une force politique importante, faisaient voter des lois sociales, puis quittaient, suite à des mésententes avec les sociaux-chrétiens, à l’automne 1920 la coalition en place, tout en refusant de s’associer aux nationaux-libéraux.
De 1920 à 1932, l’Autriche était en conséquence gouvernée par des coalitions réunissant les sociaux-chrétiens et les nationaux-libéraux. Au sein de ces gouvernements qui se succédaient, les nationaux-libéraux obtenaient à plusieurs reprises le poste de chancelier pour un des leurs, Johannes Schober. Des nationaux-libéraux occupaient différents postes de ministre et, à plusieurs reprises, la fonction de vice-chancelier.
Suite aux conséquences de la crise de 1929 (faillites, chômage), la société se radicalisait. En 1932, les sociaux-chrétiens mettaient fin à la coalition gouvernementale avec les nationaux-libéraux et s’associaient avec la Heimwehr, une organisation réclamant ouvertement l’avènement d’une dictature inspirée de celle établie en Italie par Benito Mussolini.
Au cours des années suivantes, les sociaux-chrétiens instauraient une dictature conduisant au système du parti unique, fondé sous la direction du chancelier social-chrétien Engelbert Dollfuß et appelé Vaterländische Front (Front patriotique), incluant principalement les sociaux-chrétiens et la Heimwehr.
Sources
Österreich Zuerst. 60 Jahre FPÖ. 1956-2016, FPÖ-Bildungsinstitut, Vienne, 2016.
Baland Lionel, Jörg Haider, le phénix. Histoire de la famille politique libérale et nationale en Autriche, Éditions des Cimes, Paris, 2012.
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Philippe Randa,
Directeur d’EuroLibertés.
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