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Implantée en lisière de forêt, à mi-pente, elle domine la ville en contrebas, et s’ouvre sur l’horizon des crêtes du Jura. Elle surprend d’emblée par sa volumétrie affirmée, son crépi blanc et son toit en fibrociment -Eternit- qui tranchent sur la nature environnante ; le jardin en terrasse qui la prolonge en ouest lui donne un air de paquebot.
L’accès à la maison, au nord, est différé par un cheminement complexe, à angles droits : une fois gravi le jardin inférieur de type alpin, on accède par un portique puis un escalier à ciel ouvert, au jardin supérieur- la chambre d’été comme l’appelait Jeanneret- clos sur trois côtés, dont le tracé géométrique, le pavillon d’angle, le claustra, la pergola peinte en bleu outremer et le pavement de briques rouges suggèrent le monde méditerranéen plutôt que l’environnement jurassien ; puis on sort de ce jardin par une porte voutée qui fait face à la porte d’entrée de la maison également voutée ; en Eternit, cette dernière rassemble sur sa face extérieure deux éléments de formes antagonistes : un lézard en fer battu, organique, survivance de l’Art nouveau régionaliste, et un hublot, mécanique, annonçant les futures oeuvres « machinistes » de Le Corbusier.