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Les veines ouvertes de l’Amérique latine
Eduardo Galeano
Pocket, réédition 2001
L'utopie est à l'horizon. Je fais deux pas, elle recule de deux pas. Je fais dix pas et l'horizon est instantanément à dix pas devant. Je peux marcher aussi longtemps que je veux, je ne l'atteindrai jamais. A quoi sert donc l'utopie? Précisément à vous faire marcher!
– Eduardo Galeano
Un grand écrivain est mort le 13 avril dernier à Montevideo, Uruguay. L'auteur de Les veines ouvertes de l'Amérique latine, paru en 1971, était un écrivain universel, figure d'une histoire anti-impérialiste du colonialisme avec ses massacres et saccages en Amérique latine. Journaliste caustique et sans concession, il a été un opposant au monde capitaliste et à toutes autres formes de domination: contre le patriarcat, la destruction de l'environnement, le pouvoir mensonger des médias. Il fascinait par sa plume simple et poétique, directe et engagée, empreinte d'humour et de lucidité.
Emprisonné à la suite du coup d'Etat militaire de juin 1973, Eduardo Galeano subira de longues années d'exil, d'abord en Argentine puis en Espagne, avant de retourner en Uruguay en 1985, la démocratie étant rétablie. Il a soutenu la résistance des Zapatistes au Mexique, suivait avec espoir l'expérience bolivarienne au Venezuela et la victoire du Frente Amplio dans son pays.
Galeano collabora avec de nombreuses revues espagnoles et anglophones. Il avait le goût de la compilation d'histoires pour la rendre accessible aux lecteurs, les encourager à réfléchir afin qu'ils remettent à l'endroit leur monde totalement déboussolé: Dans le monde d'aujourd'hui, monde à l'envers, les pays qui défendent la paix universelle sont ceux qui fabriquent le plus d'armes et qui en vendent le plus aux autres pays. Les banques les plus prestigieuses sont celles qui blanchissent le plus de narcodollars et celles qui renferment le plus d'argent volé […] Et la sauvegarde de l'environnement est le plus brillant fonds de commerce des entreprises qu'elles anéantissent. Et il conclut: Je suis lent à parcourir ce monde de la substitution, mais je cours le risque que la mort me rattrape et que ce soit moi le remplacé1.
Il fut membre du comité de parrainage du Tribunal Russell sur la Palestine dont les travaux ont commencé le 4 mars 2009. Galeano a reçu, avec d'autres personnalités, le Prix José D'Elía en décembre 2009, octroyé par la confédération syndicale PIT-CNT.
L’essor avait traduit et publié l'un de ses textes en août 2011 sous le titre:
Je suis tombé des nues et ne sais plus comment revenir sur terre.
1Tiré de son livre Sens dessus dessous: L’école du monde à l’envers, publié en 2005.