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Il arrive qu’un pèlerin revenu de Lourdes estime avoir bénéficié d’une guérison exceptionnelle par l’intercession de la Vierge et souhaite en témoigner. Il doit faire alors une déclaration au Bureau des constatations médicales, constitué à Lourdes en 1905. Ce Bureau est une sorte de permanence médicale, où est entreprise l’inspection du cas : s’agissait-il d’une maladie ou d’un handicap sérieux? la guérison semble-t-elle effective ? le fait est-il exceptionnel? quel est l’état psychologique de la personne?
Si le médecin juge qu’il vaut la peine de poursuivre l’enquête, il demande à la personne de réunir le maximum de pièces pour étayer le diagnostic (notamment les rapports médicaux pré-guérison). Le témoin devra revenir l’année suivante, car l’un des critères de sa guérison est sa permanence.
Quand le dossier constitué paraît sérieux, le médecin organise un «bureau médical», c’est-à-dire une consultation à laquelle peuvent participer tous les médecins présents à Lourdes, quelles que soient leurs convictions religieuses. Puis, si leur jugement est favorable, le dossier est transmis pour une expertise médicale au Comité médical international de Lourdes (CMIL).
Celui-ci existe depuis 1947, mais ce n’est qu’en 1954 qu’il a pris une dimension internationale. Il est co-présidé par l’évêque de Tarbes et par un de ses membres, désigné par l’évêque. Il est constitué d’une trentaine d’experts médicaux qui jugent du cas sur dossier (la personne guérie n’est ordinairement pas convoquée). Un membre du CMIL est chargé de l’étude en profondeur. Les jugements du CMIL sont rendus plus complexes aujourd’hui du fait des avancées thérapeutiques. Les experts doivent en effet déterminer quelle part, dans une guérison déclarée à Lourdes, est à mettre au bénéfice de la thérapie. Quand tous les éléments sont réunis, le CMIL confirme (ou non) par votation que la guérison est inexpliquée dans l’état actuel des connaissances scientifiques. Plusieurs années peuvent ainsi s’être écoulées entre la guérison et ce constat.
C’est ensuite au tour de l’Église de se prononcer et d’apposer ou pas le timbre «miracle» à cette guérison. C’est l’évêque local qui décide du degré de reconnaissance par l’Église de cette guérison (en fonction des degrés de certitude), le plus haut étant la reconnaissance du miracle. Mais l’évêque peut aussi se limiter à autoriser le témoignage de la personne guérie.
Cette procédure par étapes a l’avantage d’établir des degrés dans l’affirmation de guérison inexpliquée et de sortir du dilemme miracle ou illusion.[1]