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L’accord du 20 février 2012
Éditorial du Jura Libre du 23 février 2012 :
La suite logique
L'accord signé le lundi 20 février 2012 par les cantons du Jura et de Berne marque une étape capitale dans le processus politique initié il y a pratiquement vingt ans avec la mise sur pied, le 9 mars 1992, de la commission consultative du Conseil fédéral et des deux cantons.
Le rôle de la commission Widmer (du nom de son président), qui a rendu son rapport le 31 mars 1993, consistait « à examiner les problèmes pendants dans les relations entre les deux cantons et à proposer des solutions concrètes à l'intention du Conseil fédéral et des deux cantons ». Si, au terme de son travail, cette dernière se trouvait convaincue que la réunification n'était pas immédiatement envisageable, elle n'en croyait pas moins que c'était vers cette solution que les deux cantons et les populations concernées se tourneraient finalement. Elle préconisait une première étape de coopération, d'une durée maximale de 7 ans, qui devait s'achever par un scrutin populaire organisé sous les auspices de la Confédération.
Les sages de la commission Widmer relevaient en outre le cas particulier de la ville de Moutier en précisant : « S'il s'avérait impossible de créer le futur canton, il s'imposerait alors de régler en priorité et pour lui-même, le cas de cette commune, afin de lui permettre, si elle en exprime démocratiquement la volonté, de passer sous la souveraineté du canton du Jura. »
Une année plus tard, les gouvernements jurassiens et bernois, sous l'égide du Conseil fédéral, signaient l'accord du 25 mars 1994 relatif à l'institutionnalisation du dialogue interjurassien et à la création de l'assemblée interjurassienne (AIJ). L'objectif prioritaire était clairement défini et consistait à « régler politiquement le conflit jurassien. »
Par mandat du 7 septembre 2005, la Conférence tripartite Confédération-Jura-Berne demandait à l'AIJ de procéder à une étude sur l'avenir institutionnel de la région jurassienne dont le rapport final, rendu public le 29 avril 2009, stipulait que « par leur contribution au débat public et leur sanction démocratique, c'est-à-dire un vote populaire, les citoyens des deux régions apporteront d'eux-mêmes une solution politique au conflit jurassien » et que « les gouvernements apprécieront en temps voulu l'opportunité et les modalités d'une éventuelle consultation populaire. »
Ces quelques rappels nous enseignent que l'accord signé lundi dernier, pour historique qu'il soit dans la mesure où le canton de Berne semble vouloir respecter ses engagements, n'en est pas moins que la suite logique d'un processus politique initié au début des années 1990. Place désormais à l'étape suivante !