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Contenu et objectifs
Nous avons découvert que les colonies d'insectes sociaux ont le moyen de « voter » sur leur avenir collectif par le biais d'un fluide échangé entre individus. Cet échange de fluide bouche à bouche s’appelle trophallaxie. Les fourmis peuvent altérer le développement de leurs larves en changeant les composants du fluide trophallactique qu'elles leur donnent à manger. Le fluide trophallactique, distribué dans l'estomac dit social des membres de la colonie, peut être considéré comme le système circulatoire social qui distribue les ressources et les informations à travers la colonie - « le superorganisme ».
Nous émettons l'hypothèse que les insectes qui nourrissent leurs larves par trophallaxie transmettent directement des régulateurs du développement, et contrôlent ainsi leur croissance et leur développement. Nos objectifs sont : 1. Une analyse comparative de ce fluide social chez 20 espèces d’insectes sociaux et solitaires, 2. l'identification de protéines spécifiques du fluide trophallactique dont l’abondance corrèle avec la variation naturelle du développement chez deux espèces sociales, une pollinisatrice (abeille) et une nuisible (fourmi), 3. l'analyse quantitative du comportement des colonies traitées avec des protéines régulatrices candidates provenant des objectifs 1 et 2.
Contexte
Ces recherches nous aide à comprendre comment les sociétés (communautés, entreprises, etc.) peuvent prendre des décisions sans leadership hiérarchique. Elles nous aident aussi à comprendre comment l'évolution a construit des fluides sociaux fonctionnels.