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Peu après la naissance de son bébé singe, la femelle orang-outan Revital est morte au zoo de Bâle. Elle a été retrouvée morte, mardi, dans son enclos, a annoncé le zoo de Bâle. Ce qui est également choquant, c'est la mort du nouveau-né. Celui-ci a été euthanasié le jour même de la mort de sa mère.
Le zoo de Bâle a fait savoir sur Instagram que le bébé singe n'aurait eu aucune chance de survie sans sa mère. La décision aurait été prise après quelques clarifications:
Le décès de Revital, quatre jours après sa naissance, a frappé les collaborateurs de manière inattendue, explique Adrian Baumeyer, le biologiste responsable des primates. Il explique à la Basler Zeitung que Revital était très fatiguée après la naissance. Pourtant, rien n'indiquait que son état se dégraderait soudainement à ce point:
On ne sait pas encore de quoi elle est morte. Le corps va être soumis à un examen pathologique. Le zoo espère obtenir des informations sur la cause du décès dans les prochaines semaines.
Le petit orang-outan gémissait à côté de sa mère décédée, poursuit Baumeyer. Le zoo a dû prendre une décision: que faire du bébé?
L'expert explique à la Basler Zeitung que la décision d'euthanasier le petit mâle a été prise immédiatement. Les chances de survie du nouveau-né étaient pratiquement nulles. De plus, l'expérience d'élever un otrang-outan sous la garde d'un humain n'a pas été concluante estime le zoo.
Mais élever un nouveau-né à la main ne serait pas une chose impossible. Dans le passé, cette pratique était bien plus répandue qu'aujourd'hui. C'est la raison invoquée par de nombreuses personnes indignées dans les médias sociaux. Pourquoi n'a-t-on pas au moins essayé l'élevage à la main? Et:
Oui, c'est autorisé, explique Caroline Mulle de la fondation Tier im Recht. Du point de vue de la protection des animaux, c'est déconseillé, mais du point de vue juridique, l'euthanasie d'animaux en bonne santé n'est pas interdite tant qu'elle n'est pas douloureuse ou délibérée. La décision d'euthanasier l'animal incombe uniquement au propriétaire de l'animal. Comme la mise à mort est soumise à des règles strictes, elle doit être effectuée par du personnel vétérinaire spécialisé. Celui-ci n'est, toutefois, pas obligé d'accepter la mission et peut refuser.
En fin de compte, il s'agit d'une évaluation qui doit être effectuée avec soin et en tenant compte de toutes les circonstances pertinentes, telles que la qualité de vie ou les chances de guérison, poursuit le Caroline Mulle. Dans le cas d'une maladie grave, la décision peut être plus évidente. Dans le cas du bébé singe, en revanche, il faut se demander si une vie digne d'être vécue attend l'animal ou non. Le directeur du zoo, Oliver Pagan, en doute, comme il l'a déclaré au Basler Zeitung:
En effet, si le petit devait survivre à l'élevage, il serait confronté à de tout autres problèmes. La réintégration dans le groupe de singes s'avère difficile. En étant élevé par l'homme, le singe apprend de toutes autres manières de se comporter et a donc du mal à trouver un accès aux autres singes. On a voulu épargner ce calvaire au jeune animal, explique Olivier Pagan à la radio allemande Südwestrundfunk. Il décrit un élevage manuel réussi comme un «vœu pieux».
Au zoo, on se souvient probablement encore de la gorille Goma. Elle est née le 23 septembre 1959 au zoo de Bâle, ce qui a fait sensation. C'était la toute première fois qu'un gorille naissait en Europe.
Elle n'a, toutefois, pas eu une enfance facile. Sa mère ne la laissait pas téter, raison pour laquelle la famille du directeur du zoo de l'époque, Ernst Lang, l'a recueillie. Là, elle a grandi comme l'un de ses enfants. Elle portait des couches, mangeait à table avec toute la famille, elle partait même en vacances avec eux, se souvient Baumeyer dans un portrait de la NZZ.
Lorsqu'à l'âge de trois ans et demi, elle a dû retourner avec les autres gorilles, elle s'est retrouvée entre deux mondes. Elle n'était ni tout à fait humaine, ni tout à fait gorille. Dans de nombreuses situations, Baumeyer explique qu'elle était dépassée en tant que gorille et qu'elle a alors cherché l'homme comme personne de référence.
Lorsque Goma est décédée en 2018 à l'âge de 58 ans, le zoo a écrit:
Au cours de ses 20 dernières années, elle a heureusement pu s'intégrer de plus en plus dans la famille. Mais le fait qu'elle était différente des autres n'échappait ni à ses congénères ni aux humains. C'est pourquoi, avant même le décès de Goma en 2017, Baumeyer avait déjà une certitude:
Et c'est précisément la décision qu'a prise le zoo de Bâle cette semaine.