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Bienheureuse Marie du Sanctuaire de Saint Louis de Gonzague MORAGAS CANTARERO
Nom: MORAGAS CANTARERO
Prénom: Elvire (Elvira)
Nom de religion: Marie du Sanctuaire de Saint Louis de Gonzague (Maria Sagrario)
Pays: Espagne
Naissance: 08.01.1881 à Lillo (Tolède)
Mort: 15.08.1936 à Madrid
Etat: Carmélite - Prieure - Martyre
Note: Pharmacienne. 1915 Entre au Monastère des carmélites déchaussées de Ste-Anne et St-Joseph de Madrid. 1927 Prieure Maîtresse des novices Prieure. 1936 Guerre civile: elle refuse de dénoncer les autres. Fusillée.
Béatification: 10.05.1998 à Rome par Jean Paul II
Canonisation:
Fête: 15 août
Réf. dans lOsservatore Romano: 1998 n.19 & 20
Réf. dans la Documentation Catholique: 1998 n.12 p.599
Notice
Elvira Moragas Cantarero naît en 1881 à Lillo dans la province de Tolède (Espagne). Son père exerce la "noble profession" de pharmacien. Sa famille est chrétienne et charitable. En 1886, ils déménagent à Madrid. Elle est confirmée à six ans. Elève au collège des Surs Mercédaires, elle y fait sa première communion. Elle a un tempérament fort et tenace que ses parents doivent corriger. Après avoir réussi son baccalauréat, elle entreprend des études de pharmacie à l'université de Madrid afin de pouvoir aider son père. Au bout de six années, elle obtient sa licence de pharmacienne, à l'âge de 24 ans, étant l'une des premières femmes d'Espagne à obtenir ce titre universitaire. A la mort de son père, en 1909, elle prend en charge la pharmacie, donnant ainsi des preuves de sa compétence professionnelle. Dans l'exercice de sa profession, elle se montre non seulement bonne administratrice et juste dans la fixation des prix, mais aussi pleine d'attentions à l'égard de ses clients, écoutant les malades et les encourageant dans leurs épreuves. Elle mène une vie de piété solide et fait un apostolat remarquable dans les faubourgs de Madrid, prenant soin des pauvres et les secourant de toutes les manières possibles.
Déjà avant le décès de son père, elle désire la vie religieuse, mais, vu la situation familiale et pour répondre aux appels de son jeune frère qui n'a pas encore terminé ses études, elle doit retarder la réalisation de son projet. En attendant, elle collabore à la catéchèse de sa paroisse et visite les banlieues pauvres de la capitale. En 1915, elle entre au Monastère des Carmélites déchaussées de Santa Ana y San José (Sainte Anne et Saint Joseph) à Madrid. Elle y reçoit le nom de Maria Sagrario de Saint Louis de Gonzague (San Luis Gonzaga). Sa maîtresse des novices témoigne qu'elle trouve en elle une "femme au caractère fort et énergique, capable de mener à bien les plus grands idéaux de sainteté". Elle fait profession temporaire en 1916, et solennelle en 1920.
En 1927, elle est élue Prieure. Dans l'exercice de sa charge, elle se considère comme une sur aînée, ouverte au dialogue avec toutes. Elle mène à bien l'entretien matériel du Monastère, entreprenant constructions et réparations. Ainsi sa charité, déjà vécue dans le milieu familial, puis fortifiée au cours de la jeunesse à travers l'engagement en faveur des pauvres et des indigents, se mûrit dans le service plein d'abnégation des surs de sa communauté. Nommée maîtresse des novices après trois ans de priorat, elle sait allier compréhension et fermeté et enseigne surtout par l'exemple. A diverses reprises, elle confie à ses novices son désir du martyre, surtout après 1931 quand la situation se détériore.
Le 1er juillet 1936, elle est à nouveau Prieure. Déjà un vent de violence souffle sur l'Espagne. Le 18 juillet, la guerre civile éclate. Ce même jour, on tire sur les fenêtres de l'église et du monastère à coups de pierres. Le soir venu, Mère Maria Sagrario réunit la Communauté pour informer les surs sur la gravité de la situation et pour exhorter celles qui le voudraient é retourner dans leurs familles. Le 20 juillet, le couvent est envahi par une troupe qui saccage et détruit tout. La Mère se préoccupe de chacune de ses filles et ne trouve de repos que lorsqu'elle les a toutes mises à l'abri. Elle-même avec une sur se réfugie chez les parents de cette dernière. Son frère l'invite plusieurs fois à partir avec lui dans le village de Pinto où il vit avec sa famille. Mais la Mère s'y refuse car elle veut veiller sur ses filles. Elle s'efforce de leur envoyer une aide matérielle et un soutien spirituel, les exhortant à accepter la volonté du Seigneur "qui a tant souffert pour nous". Le 14 août, les miliciens découvrent le refuge de la Mère et l'emmènent. Elle affronte tout avec sérénité. Ils la pressent de déclarer par écrit ou se trouvent les titres de propriété du couvent, les calices et autres pièces de valeur. Elle leur répond par le silence car elle serait contrainte de donner le nom d'un prêtre, et d'autres personnes seraient en péril. Elle témoigne ainsi de son amour héroïque pour le prochain. On l'emmène à la Pradera de San Isidoro et on la fusille à l'aube du 15 août, en la solennité de l'Assomption qui était aussi le jour de sa fête. Ainsi sont couronnés et son désir de mourir martyre pour le Christ et son amour inconditionnel de Dieu. Après sa mort, sa réputation de martyre ne cesse de croître jusqu'au jour où commence son procès de béatification, en 1962.