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Agnes Chow, l'une des militantes pro-démocratie les plus connues de Hong Kong, s'est vue interdire samedi de se présenter aux prochaines législatives partielles. Il s'agit d'un nouvel accroc aux libertés dans l'ex-colonie britannique où Pékin renforce son emprise.
La candidature d'Agnes Chow, 21 ans, a été rejetée parce qu'elle soutient l'auto-détermination de Hong Kong, a précisé le gouvernement. Elle était l'une des dirigeantes de la "Révolte des parapluies" en 2014 qui réclamait des réformes politiques.
Cette décision survient dans un climat de craintes accrues pour le débat politique à Hong Kong en raison des pressions de Pékin, après l'emprisonnement récent de militants pro-démocratie.
Avec la "Révolte des parapluies", Hong Kong avait connu sa plus grave crise depuis son retour en 1997 dans le giron de la Chine après 155 ans de présence britannique. Venu célébrer le 20e anniversaire de la rétrocession, le président chinois Xi Jinping avait lancé en juillet dernier une sévère mise en garde à la mouvance pro-démocratie.
Des militants pro-indépendantistes avaient auparavant déjà été déclarés inéligibles par le gouvernement pro-Pékin de Hong Kong. Mais avec Agnes Chow, c'est la première fois qu'une telle interdiction frappe une activiste plus modérée. Cette dernière espérait se présenter aux élections partielles prévues en mars suite à l'invalidation de six députés qui avaient prononcé des discours protestataires en prêtant serment au début de leurs mandats en 2016.
Décision politique
"Une auto-détermination ou un changement par référendum du système de la région administrative spéciale de Hong Kong qui comprendrait le choix de l'indépendance contrevient au statut légal et constitutionnel de la région administrative spéciale", a ajouté samedi le gouvernement de Hong Kong.
Il estime aussi que quiconque "se fait l'avocat ou promeut" l'auto-détermination ou l'indépendance ne peut défendre la loi fondamentale de la ville.
Demosisto, le parti d'Agnes Chow, a "fermement condamné" cette décision qualifiée de politique, estimant via un communiqué que "la motivation du gouvernement est d'éliminer l'espoir de toute une génération de jeunes gens". Demosisto ne milite pas pour l'indépendance mais réclame l'auto-détermination avec un référendum à Hong Kong.