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20/06/2012
Schématisation des modèles socio-économiques & idéologiques
1. Modèle de propriété des moyens de production
- Capitalisme : propriété privée des moyens de production
- Collectivisme : propriété collective des moyens de production
- Autogestion collectiviste : propriété collective des moyens de production autogérée
- Autogestion individualiste : propriété privée des moyens de production autogérée
Détermine le mode de distribution des richesses produites.
2. Mécanisme de détermination de la production et des échanges
- Économie de marché :
L'agrégation des demandes individuelles déterminent l'offre.
L'agrégation des offres individuelles déterminent la demande.
Économie des flux et des échanges.
- Économie planifiée :
La consommation est déterminée collectivement selon les besoins et les envies agrégées des individus.
La production est déterminée collectivement en fonction de la détermination de la consommation collective.
Économie de la planification de la production.
Détermine l'allocation des ressources.
Notes
La démocratie ou le totalitarisme n'est pas inhérent aux modèles socio-économiques, mais la définition de la démocratie ou du totalitarisme fluctue selon le modèle en question.
Aucun modèle n'est absolu dans sa mise en application réelle. Chaque modèle aura tendance à une certaine mixité, soit des modes de propriété, soit des modes de détermination de la production.
La centralisation ou la décentralisation est davantage maximisée selon le modèle, néanmoins l'une et l'autre forment des sous-modèles dans l'application d'un modèle socio-économique.
Le « capitalisme d'Etat » dénomme la forme de régime politique et économique que prend le collectivisme sous sa forme non démocratique, lorsque la propriété étatique ne correspond pas à la propriété collective réelle, mais à une propriété de classe minoritaire au pouvoir.
Le socialisme que je défends (ce que j'ai appelé néo-socialisme dans mes précédents écrits) prend la forme d'un collectivisme mixte autogestionnaire.
31/01/2012
Des avantages de l'économie planifiée
- La planification démocratique de la production permet de sélectionner quelle production est socialement et écologiquement souhaitable. Ainsi, contrairement au chaos capitaliste, on supprime le travail excessif en éliminant le travail qui sert à une production non souhaitable ou futile.
Résultat : un gain de temps libre pour les travailleurs.
- Grâce à la planification de la production en fonction des besoins, on supprime la publicité consumériste, ce qui permet de réaliser des économies.
Résultat : ces sommes pourront être intégrées à des activités économiques réellement utiles.
- L'économie planifiée permet de ne pas impacter écologiquement au-delà des capacités régénératives de la biosphère en sélectionnant un niveau d'activité économique soutenable.
Résultat : on règle la crise écologique.
- Dans l'économie planifiée, toutes les forces sont utilisées. Tout le monde œuvre en fonction de ses capacités et de ses souhaits (qui se traduisent par le choix de formation).
Résultat : il n'y a plus de chômage.
- La planification économique permet de supprimer les inégalités sociales, la rente managériale, et la rente actionnariale, en socialisant la propriété des moyens de production.
Résultat : la pauvreté est abolie.
- L'économie planifiée permet de libérer l'information en la collectivisant. Les coûts de recherche de l'information sont donc supprimées. L'imposition et la taxation se font en toute transparence.
Résultat : on peut réduire la bureaucratie.
- Grâce à l'économie planifiée et la libre information collective, la transparence est instaurée dans toute l'économie.
Résultat : la corruption est éliminée.
- Comme chacun a sa place dans l'économie planifiée, le stress au travail et les maladies qu'il induit sont supprimés.
Résultat : les travailleurs sont en meilleure santé et on peut économiser 10 milliards de frais de soin en Suisse.
- La planification de l'économie permet de supprimer la recherche non socialement et écologiquement utile.
Résultat : cet argent peut être investi dans la recherche vraiment utile.
En outre, avec toutes les économies qu'induit l'économie planifiée comparée à l'anomie capitaliste, on devrait pouvoir financer à la longue :
● la gratuité de la santé
● la gratuité de l'éducation
● la gratuité du logement
● la gratuité des transports publics
● un libre accès à la culture
29/01/2012
De la liberté dans le socialisme
Une critique classique que l'on fait au mode d'organisation économique socialiste consiste en sa limitation de la liberté économique. Car la planification, lorsqu'elle remplace le marché, ne laisse pas place au libre désir individuel, mais à la prise de décision collective ou sociale.
Pourtant, si l'on prend en compte les externalités négatives sociales et écologiques d'une économie de marché, on se rend compte que la planification semble en réalité davantage démocratique, puisque la liberté collective et le bien-être collectif passe avant le profit égoïste.
Cette critique de la liberté économique limitée semble au final plutôt être une critique venant des classes dominantes qui voient en la limitation de leur liberté individuelle, une limitation de la liberté collective.
Mais la liberté individuelle des classes dominantes n'est qu'une liberté de créer des externalités sociales négatives à travers l'expropriation d'une part de la valeur du travail des salariés afin d'assurer, soit le payement du salaire managérial, soit la rente des actionnaires oisifs.
Cette liberté économique est donc une liberté à sens unique qui ne concerne que les propriétaires des moyens de production et des capitaux économiques.
Pour l'individu lambda, la liberté économique consiste en la liberté de se vendre. Car dans le capitalisme, nous sommes tous des prostitués, des ressources humaines, exploitables pour produire de quoi assurer le salaire managérial et la rente actionnariale.
Les idéologues libéraux ont tendance à répliquer que les individus sont libres d'investir (en s'endettant s'ils n'ont nuls capitaux) et de lancer leur propre entreprise. Ainsi tout individu serait un entrepreneur potentiel. Dans les faits, il s'agit d'une liberté formelle, car l'individu lambda sera rarement à même de trouver un secteur non monopolisé par des entreprises dominantes, pas plus qu'il ne jouira des connaissances et des réseaux nécessaires à sa réussite économique. Les classes dominantes jouissent en effet d'une position assurée et maintiennent leur domination par l'accumulation de capitaux sociaux et symboliques qui leur permettent d'éliminer sur le long terme toute réelle nouvelle concurrence. Pour creuser la question, j'invite le lecteur à se référer aux travaux sur la reproduction sociale de Bourdieu et de Lipietz.
Dans le socialisme, il y a liberté individuel dans le sens où l'individu ne domine pas ses pairs, et ne les exploite pas. Cette liberté de ne pas dominer et de ne pas être dominé, est essentiel.
J'aimerais ajouter que tout projet socialiste doit assurer une grande liberté des mœurs, et une grande liberté culturelle, car le conservatisme n'est qu'une forme de domination agissant via d'autres capitaux (moraux, symboliques, culturels) et à travers d'autres champs.
Toutefois, il est sensé de poser la question de l'autonomie individuel dans le socialisme.
Comment assurer l'autonomie individuel de l'individu quand il n'est pas souhaitable de le laisser dominer ses pairs ?
Ceci pose en fait la question du type de propriété dans un système socialiste.
Dans les économies socialistes en transition du XXème siècle, une critique pertinente présente leur échec comme la non adéquation entre le mode de propriété formel et l'appropriation réel des fruits de la production économique. Cette non adéquation produirait des contradictions qui auraient miné le bon fonctionnement des économies planifiées.
Ainsi, on peut tirer la conclusion de cela que le problème de l'économie planifiée réside dans la bonne distribution et division de la propriété des moyens de production.
Pour éviter le bureaucratisme il est souhaitable de ne pas passer uniquement par la propriété d’État, mais aussi (voire surtout) d'établir des coopératives (ce que j'appelais dans le néo-socialisme l'autogestion dans l'organisation du travail des petites entités économiques).
« Le régime des coopératives civilisées, quand les moyens de production appartiennent à la société et que le prolétariat a triomphé de la bourgeoisie comme classe, c'est le régime socialiste. » Lénine
Ainsi, on voit se dessiner un certain équilibre entre une autonomie des travailleurs et la nécessité d'assurer une véritable liberté des individus au sens de non domination (démocratie/égalité économique).
20/11/2011
Économie néo-socialiste
Document appelé à évoluer
Il n'y a pas de dépassement du capitalisme possible, pas de solutions aux crises que traversent l'Europe, pas de solution à la crise écologique, sans une économie planifiée.
Comme il existe un grand nombre de modèles de capitalisme (du capitalisme social-démocratie au capitalisme ultra-libéral), il existe de même de nombreux modèles d'économie planifié.
Deux critiques faites à l'encontre de l'économie planifiée ne manquent pas de justesse et c'est pourquoi elles appellent des réponses :
- A la critique de Hayek sur l'incapacité des structures étatiques à accéder à l'information à temps, on répondra par une nécessaire décentralisation spatiales et économiques (logistiques).
- A la critique général sur le caractère contraignant de l'économie planifiée, on répondra par une économie mixte et démocratique.
Le modèle d'économie planifiée que je soutiens s'inscrit donc (et c'est essentiel) dans mes 6 principes fondamentaux du néo-socialisme :
http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/10/22/princip...
Le néo-socialisme doit rompre avec le socialisme scientifique (le marxisme classique et ses dérivées léninistes, trotskistes, maoïstes, cubains et même néo-marxistes), aussi bien que du socialisme utopiste trop communautariste.
Le dépassement de la social-démocratie est induite par la logique du dépassement du capitalisme.
Le modèle d'économie planifiée néo-socialiste est un modèle mixte :
Les grandes structures économiques (nécessaires à la bonne marche de l'économie, puisque les autres grandes structures sont décentralisées) sont sous contrôle étatique/collectif, mais les petites entités (paysans, artisans, indépendants, petits producteurs, etc.) restent sous contrôle privé.
La liberté d'entreprendre subsiste donc. Toutefois, le principe d'autogestion égalitaire (égalitarisme relatif s'entend) assure un fonctionnement démocratique dans ces petites structures privées. De plus, l'intervention étatique/collective tend à contrôler l'activité économique privée pour éviter tout abus.
La planification (décentralisée) doit prendre d'abord en considération la production (libre) des petites entités privées, et ensuite, définir la production des grandes structures économiques collectives.
Le crédit n'est accessible que par les banques (décentralisées), soumises au contrôle collectif (démocratique) évidemment.
L'économie sert essentiellement à combler les besoins des individus, ou leurs envies immatérielles. Les envies matérielles sont soumises au principe d'auto-limitation (démocratie écologique), ce qui ne veut pas dire qu'elles soient in-envisageables dans l'absolu, mais qu'elles doivent être écologiquement réfléchies (principe utilitariste à mon sens).
Les prix sont fixés en fonction de la quantité de travail (présente et passée) contenu dans chaque production.
L'économie est centré sur son développement interne (intérieur) : elle tend vers une autosuffisance de la production fondamentale. L'auto-production individuelle est donc encouragée (nouvelle division du travail). Le protectionnisme peut aussi être souhaitable selon les cas.
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Comme on peut le voir, une économie néo-socialiste est un équilibre qui respecte l'individu sans toutefois permettre à certains de péjorer la collectivité.
Avec ses 6 principes démocratiques, elle résistera à toute tentation autoritaire ou élitiste.
Il est temps d'être un peu ambitieux si l'on veut en finir avec notre capitalisme archaïque, incapable d'assurer l'avènement d'une véritable société du bonheur !