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Intervenir sur un bâtiment comme celui qui abrite les Collections Baur n’est pas une chose aisée.
Cet hôtel particulier, remarquable et primé au Concours de façades de 1902, a été
construit de 1898 à 1900 par les architectes Charles Gampert (1843-1899) et Jean-
Louis Cayla (1858-1945). L’homme d’affaires et collectionneur Alfred Baur (1865-
1951) acquit l’immeuble peu avant sa mort pour y loger ses œuvres d’art asiatique. Mais ce n’est qu’en 1963 qu’il fut transformé en espace d’exposition.
Rapidement, le bâtiment se révéla trop exigu pour accueillir l’importante collection privée. Une tour de style pigeonnier fut tout d’abord ajoutée, dès les années 1970, à
l’angle des rues du Mont-de-Sion et Émilie Gourd. Puis, durant les deux décennies
suivantes, le bâtiment ne subit plus aucune transformation majeure.
Au début des années 1990, une modification des statuts autorisa la Fondation à recevoir, dès lors, des donations. Ce changement fut accepté à la condition que leur exposition ait lieu dans un espace séparé et distinct des collections originales d’Alfred Baur. Ainsi, deux ans plus tard, nous fûmes approchés, une première fois, pour dresser les ébauches d’un programme ambitieux : concevoir une salle consacrée aux donations à venir, plusieurs autres destinées à des manifestations temporaires, et créer et aménager des réserves répondant aux critères édictés
par la Confédération pour la préservation des biens culturels d’importance.
Le principal souhait du Conseil de Fondation et du conservateur d’alors, M. Frank
Dunand, était que ces nouvelles salles soient le plus polyvalentes possible puisqu’elles devaient accueillir des objets de toutes tailles, couleurs et matières. La solution finalement retenue fut la proposition d’un agrandissement de trois niveaux, excavés sous l’ancienne terrasse-jardin. Ces travaux furent exécutés, de 1994 à 1996, sous la conduite conjointe de M. Alain Gruber, membre du Conseil et décorateur, ainsi que celle du bureau d’architectes Baillif-Loponte. Les nouveaux espaces ainsi obtenus furent appréciés pour leur flexibilité et les innombrables possibilités d’utilisation qu’ils offraient.