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Parti dans la bonne échappée, le Schwytzois Oscar Camenzind a coupé la ligne d'arrivée de Lausanne en vainqueur. 2'56'' plus tard, Lance Armstrong remportait son premier Tour de Suisse. Au classement général Beat Zberg (4e) et Daniel Schnider (9e) sont les deux seuls Suisses du top 10.
Le 65ème tour national s'est achevé par une victoire suisse. Brûlant la politesse à ses quatre compagnons d'échappée, le Schwytzois Oscar Camenzind s'est imposé au sprint, à l'issue de la 10e étape, Lausanne - Lausanne, 175 kilomètres. Ses 2'56'' d'avance sur le peloton ne lui permettent juste pas d'expulser le Lucernois Daniel Schnider du top 10. Pour une seconde!
Ainsi, après Andrew Hampsten, Lance Armstrong est le deuxième Américain à remporter le Tour de Suisse. Le Texan n'a pas eu à puiser dans ses (immenses?) réserves pour graver son nom au palmarès. Trente-trois kilomètres contre-la-montre - les 7,1 du prologue de Rust et les 25,1 séparant Sion de Crans/Montana - lui ont suffi pour faire la différence.
Venu préparer le Tour de France, il affichait ses intentions de se soumettre à un test. «Un test contre-la-montre. Car le profil de l'étape ressemble à celui du Tour, entre Grenoble et Chamrousse. La distance mise à part. Elle est plus longue de 7 kilomètres», admettait-il.
Et quel test! Sous une température caniculaire (33 degrés), l'Américain a balayé ses adversaires. Il reprenait le maillot jaune perdu à Bâle, au lendemain du prologue de Rust.
Le corollaire? Son équipe n'a pas eu à supporter le poids de la course. «J'ai su que je pouvais gagner le Tour de Suisse dans le Gothard. Lorsque j'ai tenu Simoni et Belli», dira Armstrong, à l'heure du bilan. Armstrong n'a pas seulement testé l'homme. Il a enfourché un nouveau vélo. Celui mis au point par ses techniciens pour le Tour.
Derrière le Texan, les accessits sont allés aux Italiens Gilberto Simoni - le récent vainqeur du Giro - et Wladimir Belli. Dans le sillage duquel le Suisse Beat Zberg s'est profilé. Pour une seconde, il manque son deuxième podium après 1998 (2e). Mais seule la victoire finale intéressait l'Uranais. Dernier vainqueur, Oscar Camenzind affichait la même ambition.
Rapidement, le Schwytzois a enterré ses illusions. Venu en qualité de coéquipier de luxe, Simoni s'est alors pris au jeu, tirant la couverture à lui. Il avait vite compris: Camenzind n'avait pas le potentiel pour «jouer la gagne».
A Lausanne, l'ancien champion du monde de Valkenburg (Hollande), s'est tout de même offert un beau lot de consolation. Au chapitre des bonnes surprises s'inscrivent les noms du Valaisan Alexandre Moos, du Lucernois Daniel Schnider et, dans une moindre mesure, du Neuchâtelois Stève Zampieri. Trois coureurs auxquels il faut associer Daniel Atienza. Espagnol de passeport, le grimpeur a fait toutes ses classes à Moudon.
Pour leur part les deux équipes suisses de deuxième division - «Phonak» et «Post Swiss Team» - ont essayé de sortir de l'anonymat. Sans parvenir à passer l'épaule. C'est un peu un remake du pot de fer contre le pot de terre...
Pierre-Henri Bonvin, Lausanne