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Des donations de qualité ne cessaient d'affluer, tant et si bien que l'unique vitrine du sous-sol qui leur était consacrée s'avéra vite trop petite. Pour pouvoir continuer à accueillir des objets et les exposer convenablement, il ne restait plus qu'une seule solution, se tourner vers la toute dernière surface potentiellement exploitable de la maison: celle de l'appartement du concierge, représentant une superficie de 14 mètres de long sur une largeur variant de 3.5 à 5 mètres; un rectangle contigu à l'espace japonais du second étage.
La commande adressée par le Conseil de Fondation et la directrice d'alors, Mme Monique Crick, demandait la réalisation d'une salle d'exposition avec vitrines d'une structure à l'identique de celles qui avaient autrefois été conçues au sous - sol. Il fallait également aménager un espace qui demeure dans la continuité des collections japonaises, tout en marquant une rupture avec elles.
Le projet architectural de cette nouvelle salle destinée aux donations s'est donc naturellement développé sur ces deux axes de réflexion: "continuité" et "rupture".
La proposition de continuité avec la partie japonaise s'est finalement articulée autour de trois éléments : une ouverture serait effectuée dans le mur porteur à la sortie de la visite du parcours japonais, soit juste après la salle consacrée à la cérémonie du thé (chahitsu); la continuité serait également marquée par le choix des matériaux de revêtement, employant les mêmes placages en bois de chêne des marais ; et enfin dans l'éclairage, grâce à l'installation d'une lumière à la fois artificielle et naturelle, celle - ci pénétrant par une fenêtre délibérément préservée.
Certaines spécificités de conception, appliquées aux vitrines polyvalentes, allaient constituer, quant à elles, l'élément de rupture recherché, qui permettraient de marquer clairement la différence avec les collections d'Alfred Baur.
En effet, si la taille des vitrines japonaises est parfaitement adaptée aux pièces présentées, telles les vitrines de joailliers cadrant au plus près les bijoux, le dimensionnement de celles de la salle des donations a été volontairement "décontextualisé" des futures œuvres qu'elles allaient contenir. C'est lors d'un voyage préparatoire à Lisbonne, dans la galerie du marchand d'art Jorge Welsch, que nous avons pu découvrir l'ingéniosité d'un mécanisme de panneaux mobiles et occultants. Ce dispositif inspirant a donc été repris, car il permettait de diviser la très longue vitrine de 12 mètres au gré des besoins. Mais même fractionnées pour les nécessités des expositions, les vitrines restent perceptibles dans leur dimensions totales par la répétition d'un module unitaire.
Le second élément choisi pour notifier la rupture avec les collections Baur situées sur le même palier est le dimensionnement de l'espace. De forme oblongue, les volumes accentués encore par la lumière naturelle qui pénètre à l'extrémité de la salle se distinguent totalement des autres du même étage, plus petits et carrés.