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La prévention en matière de dangers naturels s'effectue dans un premier temps par une utilisation appropriée du territoire en essayant d'éviter les dangers. Si cela n'est pas possible, des mesures d'ordre architectural, technique ou biologique entrent en matière afin de parer les processus naturels dangereux ou de réduire leur intensité. La prévention englobe, en général, les étapes d'action suivantes:
En matière d'évaluation des dangers, il s'agit de déterminer les champs d'action des processus naturels dangereux et leur probabilité d'occurence. Le résultat d'une évaluation du danger représente une carte des dangers. Ces estimations sont soutenues par des simulations de processus. Les résultats de l'analyse du terrain et des simulations sont comparées avec des relevés ayant trait à des événements passés. Pour ce faire, la Confédération met une banque de données (StorMe) à la disposition des cantons.
Le mandat de réaliser une évaluation des dangers et des risques est en général attribué par la commune ou le canton. L'élaboration des cartes et des rapports est assurée par des bureaux d'ingénieurs spécialisés. Les modèles de simulation sont pour la plupart réalisés dans le cadre de projets de recherches.
Conformément à la menace précisée dans les cartes de dangers, des planificateurs en aménagement du territoire divisent notre terrain utilisable en trois zones distinctes:Zone rouge (mise en danger élevée). La construction est en général interdite. Zone bleue (mise en danger moyenne). La construction est autorisée mais est soumise à des conditions (par ex. murs renforcés côté montagne contre l'impact dû aux avalanches). Zone jaune (mise en danger moindre). La construction est autorisée, sans restriction. Cette zone est toutefois qualifiée de secteur dans lequel des événements de moindre intensité ou d'intensité plus forte mais très rare peuvent se produire. Des bâtiments sensibles avec une forte concentration de personnes, par ex. les écoles, ne devraient pas être construits dans ces zones. Cela est également valable pour les zones qui, à la suite d'une évaluation des dangers apparaissent dans des secteurs striés en jaune-blanc. Il s'agit-là de zones dans lesquelles des risques de dangers naturels peuvent se produire, mais toutefois avec une probabilité moindre. Les possibilités d'utilisation d'un territoire peuvent être lues sur un plan de dangers.
Les mesures d’aménagement du territoire sont définies par les autorités en tenant compte des dispositions légales, mais elles doivent être entérinées par l’assemblée communale ou par votation si elles impliquent une modification du plan d’affectation des zones. Les bases nécessaires sont établies par des bureaux spécialisés. Les établissements d’assurance des bâtiments peuvent également formuler des exigences à l’endroit de la construction.
En comparant les résultats de l’évaluation des dangers avec les objectifs de protection assignés dans une commune, on voit ressortir les endroits où la protection est insuffisante. Des mesures techniques sont souvent mises en œuvre pour remédier aux lacunes constatées. Elles sont conçues et exécutées sur la base d’une analyse de la vulnérabilité. Ces mesures ne comprennent pas seulement des ouvrages de protection, tels que paravalanches ou filets pare-pierres, mais aussi des dispositifs de surveillance et des systèmes de préalerte (y compris le déclenchement préventif d’avalanches).
De nombreux intervenants sont impliqués dans la conception et l'exécution des mesures techniques relevant de la construction: bureaux d’ingénieurs, autorités communales et cantonales, propriétaires fonciers et instances de subventionnement.
La possibilité d’appliquer des mesures biologiques est examinée dans chaque cas, comme pour les mesures techniques. Elles sont mises en œuvre autant que possible à la place de mesures techniques ou en combinaison avec elles. Les soins aux forêts protectrices jouent notamment un rôle important. D’autres mesures consistent à modifier l’affectation du terrain (p. ex. création d’espaces naturels de rétention), à entretenir les versants raides sensibles à l’érosion (p. ex. ensemencement régulier des niches d’érosion) ou à stabiliser des pentes et aménager des cours d’eau en réalisant des travaux forestiers.
L’aménagement des forêts est d’abord l’affaire des forestiers. Les mesures biologiques étant souvent couplées avec des mesures de construction, les protagonistes de ces dernières sont associés aux processus de décision. L'aménagement naturel des cours d'eau et toutes les interventions impliquant des mesures combinées requièrent une collaboration étroite entre des spécialistes en biologie, en aménagement du paysage, en génie forestier et en génie civil.