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13. Mai 2013
24heures
UDC tente à séduire avec
un simulacre de démocratie!!
Nous aimerions toutes et tous être parfois mieux représentés au Conseil fédéral. Voire, carrément, y siéger pour défendre notre cause. Car, finalement, qui ne rêve pas de gouverner? Mais les places sont rares.
Ainsi, autour de 1860, les citoyens avaient l'impression que le capital était trop représenté au gouvernement suisse, et le monde du travail pas assez. A la fin du siècle, les démocrates, dont les socialistes qui venaient de créer leur parti, voulaient envoyer plus des leurs au Conseil fédéral; pourtant, dans les années 1930, le PS, devenu le plus grand parti du pays, ne siégeait toujours pas au Conseil fédéral. Vers 1950, ce fut au tour de l’Alliance des indépendants de revendiquer sa part de représentation. Après 1990, les Verts ont suivi.
A la fin du millénaire vint le tour de l'UDC zurichoise, par la grâce de Christoph Blocher. Ce dernier rêvait depuis toujours d’accéder au Conseil fédéral; mais, en 1997, il se rendit compte que, via le parlement, c'était impossible. Il entreprit donc ce que tous les partis et mouvements précités avaient fait avant lui: élaborer une initiative populaire pour l'élection du Conseil fédéral par le peuple.
Mais, comme souvent, le conseiller national Blocher s'était trompé dans les détails. Après que l’UDC, par ses discours xénophobes et populistes, se fut arrondie aux élections législatives de 1999 et de 2003 jusqu'à devenir le premier parti suisse, la majorité de l'Assemblée fédérale lui céda l'un des deux sièges du PDC au Conseil fédéral. Dès lors, il ne fut plus question de lancer une initiative pour l'élection du Conseil fédéral par le peuple.
Pourtant le conseiller féderal Blocher, qui continuait à se moquer des autres, des institutions et des valeurs républicaines, s'était encore trompé. En 2007, ce qui ne l’avait jamais effleuré le heurta de plein fouet: l'Assemblée fédérale le destitua. L’humiliation était profonde et amère. C'est ainsi que l'initiative populaire pour l'élection par le peuple est ressortie du tiroir. Comme une vengeance envers ce parlement qui s'était permis, pour ainsi dire, de chasser Dieu du paradis.
En effet, ce texte n'a rien à voir avec la consécration des droits populaires. C'est plutôt une tentative de dévaloriser un parlement déjà faible en Suisse. Or une démocratie forte, même une démocratie directe, a besoin d’un parlement fort. Affaiblir le parlement signifierait affaiblir la liberté des citoyens au profit d’un gouvernement tout-puissant et tenté par l’autoritarisme.
Notre livre explique pourquoi. Vingt-cinq auteurs y mettent en lumière divers aspects de cette histoire finalement très simple. Et permettent ainsi d'éviter une erreur grossière. Un non le 9 juin empêchera le recul d’une démocratie que la Suisse a déjà grand besoin d’affiner, d’approfondir, de délivrer de l’influence de l’argent et du pouvoir oligarchique.
Andreas Gross et al.: Simulacre de démocratie,
220 p., Editions le Doubs, St-Ursanne 2013
Commandes:
Editions le Doubs, CP 65, 2882 St-Ursanne
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