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Réputée imprévisible et très dangereuse, la sorcière Baba Yaga est un mythe très répandu dans les pays slaves comme l'Ukraine et la Russie. Les parents l'utilisent d'ailleurs parfois pour recadrer les enfants et, selon la légende, la créature mangerait même des hommes. L'Ukraine jouit désormais d'un drone de combat si puissant, qu'il porte le nom de cette sorcière.
L'appareil peut porter des charges pesant jusqu'à 17 kilogrammes, écrit le magazine économique américain Forbes. Avec des attaques nocturnes, il contribue à ce que l'armée ukrainienne puisse tenir ses positions à l'est du fleuve Dnipro dans la région de Kherson. Là, les Ukrainiens ont avancé sur le fleuve et ont établi en novembre une tête de pont dans le village de Krynky. Une tête de pont est une position sur la rive ennemie d'un fleuve, à partir de laquelle d'autres opérations doivent être menées.
Toujours selon Forbes, les pilotes de drones ukrainiens ont été la force décisive de l'opération Krynky. Cette opération a surpris les soldats russes et les observateurs étrangers par sa résistance et a élargi l'offensive estivale ukrainienne. Les pilotes de drones, accompagnés d'analystes du renseignement et d'unités d'artillerie, se sont emparés de Krynky.
«Baba Yaga» joue un rôle particulier dans ce contexte. Au combat, les deux belligérants utilisent des drones jetables bon marché équipés d'explosifs. Mais leur utilisation est surtout limitée à la journée. En effet, la nuit, les appareils volants auraient besoin d'une caméra infrarouge, ce qui rendrait les coûts par drone peu rentables.
Le drone n'est pas un «drone kamikaze», mais peut toujours repartir à l'attaque, écrit Forbes. Les Ukrainiens ont équipé de grands drones à six moteurs avec des caméras infrarouges, comme ceux du type «Kazhan» ou «Vampire». Selon un technicien ukrainien nommé Ivan, «Baba Yaga» est équipé d'un système électronique qui empêche les soldats russes de brouiller son signal radio. Cela permet au drone d'atteindre des endroits que les occupants considèrent comme sûrs. Il ne peut toutefois pas en dire plus pour des raisons de confidentialité.
D'après le journal Die Welt, des drones de type «Baba Yaga» auraient ainsi détruit des véhicules et des camps russes dans des proportions encore jamais vues. Mais l'appareil aurait aussi ses faiblesses. En raison de son armement et de son équipement lourds, sa portée serait plutôt faible.
Forbes relate un autre inconvénient: ses caméras ne peuvent pas voir à travers les forêts denses de la région de Kherson. La «sorcière» doit donc souvent larguer sa cargaison mortelle à l'aveugle. De plus, le grand drone est relativement bruyant et les soldats russes l'entendent arriver - ce qui ne signifie pourtant pas qu'ils peuvent abattre la «sorcière» sans problème.
Toujours selon le média allemand, les pilotes de drones près de Kherson font partie du bataillon «Chartia», qui était au début de la guerre un bataillon de volontaires organisé et financé par le millionnaire et homme d'affaires ukrainien Vsevolod Kozhemyako. Entre-temps, le bataillon a été rattaché à l'armée ukrainienne en tant que brigade. L
Optimiser la guerre au moyen de drones comme «Baba Yaga» est un des objectifs du président ukrainien Volodymyr Zelensky.