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Pourquoi dit-on « bon pied bon œil » ?
Celui qui est ainsi qualifié a l’air en bonne santé. Il est vif et fringant. Cette personne a « bon pied », elle marche donc sans difficulté. Elle a de surcroit « bon oeil » puisqu’elle a une bonne vue. Il s’agit le plus souvent d’une personne d’un certain âge.
Cette expression date du 17ème siècle. « De bon oeil » signifiait alors « avec franchise ». Et à la même époque « aller de bon pied » était utilisé pour désigner une marche à un bon rythme.
On trouve ainsi l’explication suivante dès 1694 dans le dictionnaire de l’Académie : « On dit au figuré « bon pied bon oeil » pour avertir un homme de prendre garde à lui. « Il faut avoir bon pied bon oeil avec quelqu’un » signifiant « il faut être extrêmement alerte pour s’empêcher d’en être surpris ». »
On trouve enfin « bon pied, bon œil » dans Les Fourberies de Scapin de Molière en 1671 quand un personnage donne l’impression de se donner du courage par la formule suivante: « Point de quartier. Donnons. Ferme. Poussons. Bon pied, bon œil ».
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Quelle est l’origine de l’expression « être soupe au lait » ?
Une personne est dite « soupe au lait » si elle s’emporte rapidement, change vite d’humeur, et de manière générale si elle est imprévisible face à une situation qui ne lui convient pas.
L’expression est donc descriptive d’un comportement humain caractéristique du coléreux qui s’emporte facilement puis se calme très rapidement.
Elle date du 19ème siècle et trouve son origine, de façon attendue, dans la cuisine. Le lait sur le feu bout en effet très brutalement et redescend tout aussi vite une fois retiré. Comme ce liquide la personne dite « soupe au lait », après s’être emportée, retrouve son état normal dans des délais très brefs.
L’analogie entre le caractère d’un individu et les caractéristiques chimiques du lait sur le feu est évidente. On a donc recours à cette expression par analogie avec le bouillonnement qui ne prévient pas.
Bien qu’elle semble dater du 19ème siècle, on trouve trace de la première utilisation de l’expression en 1919.
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Quelle est l’origine de l’expression « passer sur le billard » ?
Il s’agit d’une expression relativement récente. Dès le début du 20ème siècle le billard désigne une table d’opération. Monter dessus signifie donc « se faire opérer ». Mais il existe d’autres explications. En voici quelques-unes sous réserve de leur exactitude.
Durant la première guerre mondiale, et déjà même pendant la guerre de 1870, certains affirment qu’en l’absence de tables d’opération pour traiter les blessés, les autorités auraient réquisitionnées des tables de billards.
D’autres pensent que le docteur Billard aurait donné son nom aux fauteuils de dentistes fabriqués à partir de 1875. Le « billard » se serait ensuite appliqué non seulement à ces fauteuils mais aux tables d’opérations chirurgicales.
Enfin il semblerait que dans l’argot des poilus de la première guerre, le billard désignait le terrain où se déroulaient les combats. Passer sur le billard aurait donc signifié à l’époque sortir d’une tranchée pour aller au combat direct.
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Pourquoi dit-on « olé-olé » ?
On peut dire d’une personne, situation ou œuvre d’art, qu’elles sont un peu « olé-olé ». Par l’usage de cette expression il s’agit de critiquer leur coté libre pour ne pas dire osé et suggestif. Une vieille dame dira que certaines scènes d’un film sont olé-olé pour souligner leur caractère indécent à ses yeux.
L’expression emprunte le « olé » à la langue espagnole.
En effet ce mot prononcé dans cette langue peut être crié durant certaines danses comme le flamenco ou la sévillane. Pris par l’ambiance du spectacle, le public peut en effet être amené à s’exclamer de la sorte. Ceux qui font la fête manifestent ainsi leur joie. Mais les aficionados l’utilisent aussi pour saluer les passes du torero lors des corridas.
Cette exclamation semble être utilisée largement depuis le début du 20ème siècle.
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D’où vient l’expression « se regarder en chiens de faïence » ?
Quand deux personnes se regardent ou s’observent sans dire un mot on dit qu’elles se »regardent en chiens de faïence ». Il y a souvent de l’animosité dans l’air.
Le mot « faience » vient de la céramique réputée pour sa qualité, originaire de Faenza en Italie. On y fabrique depuis des siècles de la vaisselle de céramique. A partir de cette petite localité, la faience a conquis l’Europe dont la France.
Très populaire dès le 17ème siècle, il est logique que l’expression soit née à cette même époque. Elle trouve son origine dans la pratique d’antan de disposer des petites sculptures ou statues de chiens en guise d’élément de décoration dans les intérieurs et en particulier sur les cheminées, seules sources de chaleur pendant longtemps.
A les observer se regarder froidement on comprend aisément comment l’expression est née et pourquoi elle s’applique si bien aux rapports humains.
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Pourquoi dit-on « mener à la baguette » ?
Cette expression signifie commander avec dureté ou autorité. On peut se demander de quelle baguette s’agit-il ? Est-ce une référence à la baguette du boulanger ? A celle du batteur ? Du chef d’orchestre ? Ou encore à celles qui peuvent remplacer les fourchettes ? Aucune de celles-ci.
Selon les auteurs, deux types de baguettes candidates peuvent être retenues. Même si au fond il s’agit du même objet.
Le mot même de « baguette » viendrait du latin baculum qui veut dire « bâton ».
D’abord l’expression puiserait ses origines dans le monde des armées dans lequel les plus hauts gradés dirigeaient leurs troupes avec une épée. Celle-ci ressemblait à une règle en bois, assimilable à une baguette.
Mais si la baguette reste bien le même objet en bois, celle de l’expression serait pour certains autres auteurs une référence directe aux baguettes utilisées par les instituteurs pour faire obéir leurs élèves.
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Quelle est l’origine de l’expression « prendre des vessies pour des lanternes » ?
« Prendre des vessies pour des lanternes » consiste à être naïf, se faire des illusions, bref se tromper lourdement.
L’origine de cette expression semble remonter au 13ème siècle, une époque à laquelle on disait « vendre vessie pour lanterne ». Des vessies de porc ou de bœuf étaient alors récupérées puis séchées afin d’être utilisées comme récipients. En raison de leur fine paroi elles pouvaient être opaques et laisser passer la lumière. Aussi certains plaçaient une simple bougie à l’intérieur et s’en servaient de lanternes. Les vessies pouvaient donc servir accessoirement de lanternes de fortune.
De ce fait des personnes pas très observatrices ou naives pouvaient facilement penser que ces vessies étaient de véritables lanternes.
La forme de la vessie et la lueur dégagée par les bougies autorisaient même les marchands à faire passer les vessies suspendues au plafond de leur boutique pour des lanternes et les vendre ainsi.
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Pourquoi dit-on « à la bonne franquette » ?
Passer une soirée “à la bonne franquette” signifie sans complications, sans chichi ni manières inutiles. Si une invitation se passe « à la bonne franquette » alors les petits plats ne sont pas mis dans les grands !
Dès le 17ème siècle on trouve l’expression « à la franquette ». Le mot « franquette » vient de « franc » qui est d’origine normande. La locution est utilisée à cette époque pour dire « en toute franchise ». Un siècle plus tard elle est remplacée par « à la bonne franquette » et prend dès lors le sens de « en toute simplicité ».
Mais il faut ajouter que Jean Maillet souligne que jusqu’à la fin du 18ème siècle, le peuple disait « parler à la franquette » ou « agir à la franquette » pour exprimer l’absence de manières et façons.
Il semble aussi qu’avant le mot « franquette » on utilisait celui de « Flanquette ». « « Agir à la flanquette » signifiait donc « agir franchement ». La lettre «L » ayant par la suite était roulée en « R ».
(Nos amis canadiens disent uniquement oui, mais franquette !!! )
Quelle est l’origine de l’expression « amuser la galerie » ?
« Amuser » ou « épater » la galerie consiste à faire rire le public.
Cette expression au caractère légèrement péjoratif a une origine sportive et date du 17ème siècle. Le tennis et d’autres jeux de raquettes viennent du jeu de paume, jeu pratiqué depuis un millénaire. Le long des terrains de ce jeu, dont les joueurs sont munis d’une raquette que depuis le début du 16eme siècle, se trouvait une galerie. Elle accueillait les spectateurs.
Rapidement le mot « galerie » s’est mis à désigner non plus seulement la structure accueillant le public mais le public lui-même.
Pour amuser les spectateurs, la galerie donc, les joueurs du jeu de paume réalisaient des acrobaties et tentaient d’effectuer des coups spectaculaires. Puis dans un élargissement progressif et continu de sa signification, l’opinion publique.
Pour la petite histoire la France commença à délaisser le jeu de paume dès le 18ème siècle.
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Pourquoi dit-on « poser un lapin » ?
« Poser un lapin » consiste à ne pas se rendre à un rendez-vous sans prévenir la personne qui vous attend.
Signalons d’abord que durant l’Antiquité, le lapin était un symbole de fécondité. Celui qui n’en avait pas était donc mis dans la pauvreté.
Mais l’expression exacte remonte à la fin du 19ème siècle. Elle avait cependant à l’époque un sens différent. Elle signifiait ne pas rétribuer les faveurs d’une femme dite de « petite vertu ». Le « lapin » désignait donc le refus de payer. Et le « poseur de lapin » était celui qui faisait attendre la femme dont il avait profité.
Le sens que nous connaissons aujourd’hui serait apparu vers 1890 chez les étudiants et semble venir d’une autre locution, « laisser poser », qui signifiait « faire attendre quelqu’un ».
Mais il y a eu sans aucun doute un glissement progressif dans le langage courant d’une attente de paiement non honoré (la faveur sexuelle) vers une autre attente non satisfaite (la venue de la personne attendue).
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D’où vient l’expression « le jeu en vaut la chandelle » ?
L’origine de cette expression date du 16ème siècle. A cette époque les foyers s’éclairaient à la bougie. L’électricité n’existait bien sûr pas encore. Pour passer le temps ou s’adonner à son vice les gens pouvaient le soir jouer aux cartes ou aux dés. Pour y voir quelque chose il leur fallait s’éclairer à la bougie ou à la chandelle.
Mais éclairer ces parties de jeux nocturnes avait un coût. Ainsi les joueurs n’étaient prêts à consentir à payer pour cet éclairage que si les montants des gains potentiels étaient élevés. Il fallait pouvoir espérer gagner une grosse somme ou au moins rentrer dans ses frais.
Si les gains potentiels n’étaient pas énormes et pour pouvoir quand même jouer les participants aux revenus modestes donnaient une petite somme à celui qui avait accueilli la partie en dédommagement du coût des chandelles. Mais s’ils n’avaient vraiment pas de chance au jeu alors celui-ci n’en valait pas la chandelle !
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Pourquoi dit-on « une vie de bâton de chaise » ?
« Mener une vie de bâton de chaise » signifie mener une vie agitée, désordonnée.
L’expression a une origine incertaine. Mais on l’explique généralement de la façon suivante. Les « bâtons de chaise » sont les bâtons de chaise à porteurs sous l’Ancien Régime. Celles-ci présentaient en effet deux bâtons latéraux qui servaient à porter littéralement la chaise et son passager.
Or pour déplacer le tout il fallait fréquemment manipuler ces bâtons. Ils avaient la vie dure. Ils étaient soulevés, tirés, posés, courbés. Et par analogie on se mit à décrire une vie à l’activité excessive en ayant recours à cette image.
Si on date cette expression de la fin du 19ème siècle, date à laquelle les chaises à porteurs avaient disparu, c’est tout simplement que de nombreux spectacles relataient alors la vie de cette époque, donnant une actualité à ce mode de déplacement pourtant disparu. D’où la référence anachronique aux bâtons de chaise.
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D’où vient l’expression « envoyer à Dache » ?
« Envoyer à Dache » un individu signifie s’en défaire, s’en débarrasser ou encore l’envoyer promener. On pourrait même traduire l’expression par « envoyer au diable ». Et justement le diable n’y est pas étranger.
Cette expression qui date de 1866, utilise le mot « dache » qui est une altération de ‘diache’, venant de ‘diable’, et qui fut en particulier utilisée dans le nord de la France où elle faisait partie de l’argot courant des ouvriers.
Par extension « à dache » tout seul signifie « au diable », « très loin ». On retrouve l’usage de cette expression familière, chez de nombreux écrivains parmi lesquels Louis-Ferdinand Céline ou Paul de Sémant.
Et justement, Jean Maillet souligne qu’à la fin du 19ème siècle les militaires du Second Empire avaient recours à la formule : « à Dache, perruquier des zouaves ».
A noter que « diable » a donné lieu à de nombreuses altérations comme par exemple « diantre ».
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