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Dans le dernier épisode de cette incroyable geste, nous avons laissé le Génie d'or, gardien secret de Paris, alors qu'il évoquait, auprès de son alter ego humain, un être mystérieux qui pourrait l'aider dans sa quête contre les Gargouilles dirigées par Fantômas.
- Mais quel est son nom? demanda Jean Levau. Qui est-il?
- Écoute, Jean, répondit le gardien secret de Paris: il s'agit d'une femme. Elle est la gardienne enchantée de ce qu'on appelait autrefois la Neustrie, et on la nomme Vierge lunaire. Elle vit dans une île de la mer, au large de l'embouchure de la Seine, et, tu dois le savoir, depuis sa loge, le feu de ses yeux est tourné vers nous: elle suit attentivement l'évolution des choses, et les péripéties de ma guerre contre Fantômas. Jadis elle a enfermé, dans un rocher ayant forme d'aiguille, un terrible allié de celui-ci qui menaçait son royaume, un montre à la force démesurée appelé Lupiar. Elle ne veut pas le voir libérer par son ancien maître. Ce démon rumine sa vengeance, et tâche d'ameuter les tritons de la Manche, comme on les appelle, pour enfoncer la porte de sa prison située sous la mer, et elle doit mener une surveillance de tous les instants, grâce à ses elfes. Il se pourrait, oui, que nous eussions besoin d'elle. Mais je ne veux pas la gêner dans son difficile travail. Je te préviens: s'il m'arrivait malheur, tu pourrais avoir à te rendre auprès d'elle, pour lui demander son secours.
- Mais comment le saurai-je, s'il t'arrive malheur? dit alors Jean Levau.
Le Génie d'or rit. Tu le sauras, fit-il, crois-moi! N'as-tu pas vu que désormais nous étions étroitement liés? Je puis te parler à distance à volonté, et tu pourras souffrir à distance ce que je souffre à foison, si tu n'y prends garde. Nous sommes presque à présent, toi et moi, un même être: tu dois en être conscient. Même quand nos deux corps sont distants dans l'espace, dans la nappe astrale ils n'en forment qu'un seul, et les mêmes étoiles les meuvent, les mêmes rayons les lient. Il est difficile de te l'expliquer avec tes mots; mais il en est bien ainsi: nous sommes à présents pareils à des frères jumeaux, voire siamois! Ne l'as-tu pas compris, depuis le temps?
- Il me semblait bien, répondit Jean Levau, qu'il en était ainsi. Mais je m'inquiète, et voudrais que nous requérions l'aide tout de suite de cette mystérieuse Vierge lunaire, s'il était possible.
- Mais cela ne l'est pas! coupa le bon génie de Paris. Il faut en agir comme je l'ai dit: il n'est point d'alternative, tu dois me croire.
- Bien, fit Jean Levau, et il n'ajouta rien, se tenant pour suffisamment renseigné. Sage était-il, puisque telles étaient les choses!
Cependant le Génie d'or reprit la parole afin d'annoncer à Jean ce qu'il allait précisément faire, en le priant de l'écouter attentivement: le repaire des Gargouilles était, disait-il, en aval de la Seine, hors de Paris, à Puteaux, près de l'île qui porte son nom, mais on ne pouvait y accéder que depuis la Seine: l'eau, affirmait-il, y créait un leurre, et là se dressait l'atroce forteresse des Gargouilles, sur lesquelles couronné régnait Fantômas! Sa tour majeure, que nul mortel ne pouvait voir si ce n'est à la façon d'une ombre dans les nuages, faisait face à Paris, et la menaçait; mais l'essentiel de la citadelle était sous terre et, par des souterrains, se reliait à l'abîme dans lequel, jadis, les Gargouilles avaient été confinées par lui, le Génie d'or, et ses amis enchantés. C'est là, en vérité, qu'allait se rendre le noble Solcum, gardien secret de Paris, pour détruire ce repaire immonde!
Mais il est temps, ô lecteur, de laisser là cet épisode, pour renvoyer la suite au prochain! Nous verrons alors quel feu nouveau fait briller le sceptre cosmique du Génie d'or!