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Nous avons eu la chance de pouvoir visiter les ateliers où sont fabriqués les instruments d’écriture Montegrappa. Quelle magnifique visite ! D’abord, l’arrivée à Bassano del Grappa, petite ville charmante au pied du Monte Grappa et du Monte Asiago, ce dernier ayant donné son nom à l’un des modèles de Montegrappa. La partie ancienne de la ville est un petit bijou avec ses places, ses petites rues et le pont en bois qui franchit le fleuve Brenta, d’où s’inspirent les ondulations sur les modèles Brenta de stylos-plume
A 15 minutes à pied du centre historique de Bassano, un peu en amont du pont couvert, sur la rive orientale du Brenta, se trouve la magnifique villa Ca’Erizzo Luca, dans une partie de laquelle est logé le petit « Musée Hemingway et de la grande guerre ». Car pendant la première guerre mondiale, Bassano se trouvait tout près du front où l’armée italienne empêchait, au prix de batailles sanglantes, l’armée austro-hongroise d’avancer au-delà du Monte Grappa et des montagnes avoisinantes, dernier obstacle naturel avant les plaines de la Vénétie.
En 1917, les Etats Unis, restés neutres jusque-là, déclarent la guerre à l’Allemagne puis à l’Autriche, et en 1918, les Américains arrivent à Bassano. Hemingway, un jeune homme dont le nom est encore inconnu du public, veut s’engager dans l’armée américaine, mais une faiblesse de son œil gauche le disqualifie. Il s’engage alors dans la croix rouge américaine (America Red Cross, ARC), qui prend ses quartiers dans la villa Ca’Erizzo Luca. De là, Hemingway sort chaque matin avec son ambulance au secours des soldats blessés au front. Et de là, comme les autres ambulanciers, il se rend à la fabrique Montegrappa voisine pour se fournir en encre et en stylos-plume. A l’époque, pas de portables ni d’ordinateurs, l’écriture manuscrite et les lettres revêtent encore une importance capitale, ce d’autant plus pour des soldats loin de chez eux.
Pour ses services à Bassano, Hemingway reçut la médaille d'argent italienne de la bravoure, mais il fut gravement blessé et dut passer trois mois dans un hôpital à Milan avant de pouvoir rentrer aux Etats Unis. Ces expériences de guerre formèrent la base de son roman "L'Adieu aux armes" (1929).
Et enfin, guidés par Giuseppe Aquila, le CEO de Montegrappa, nous visitons les ateliers. La visite commence par une petite exposition relatant l’histoire de l’entreprise. Elle est résumée ici. Puis c’est le parcours des ateliers eux-mêmes. On passe d’une salle à l’autre dans lesquelles sont disposées les machines qui façonnent, gravent, et polissent les matières qui formeront les superbes stylos Montegrappa. Ici et là, des plateaux remplis de parties de stylos-plume.
Puis on admire la machine qui teste, un à un, chaque stylo-plume qui sort de l’atelier. Chaque feuille de test est ensuite archivée !
On jette aussi un coup d’œil à l’endroit où sont entreposées les barres de celluloïde. Le celluloïde, la première matière plastique inventée, est différent au toucher que d’autres plastiques et est de ce fait très recherché. Comme il n’est plus fabriqué, les stocks restants sont devenus précieux !
Puis on arrive dans la salle où sont conçus les nouveaux designs, et où certains modèles, des commandes particulières, sont peints à la main. Le stylo-plume sur la photo est décoré d’une copie miniature du tableau « le baiser » de Gustave Klimt. La peintre y travaille depuis trois mois !
Et on finit par le musée, dans lequel sont exposés des exemplaires de toutes (ou presque toutes ?) les séries limitées ainsi que les stylos-plume créés pour des célébrités. Impressionnant ! Merci à Guiseppe Aquila pour son accueil chaleureux !