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C’était en effet le 22 février 1997, qu’une équipe scientifique dirigée par le professeur Ian Wilmut du Roslin Institute, présentait au monde Dolly, la brebis clonée. Un exploit que de nombreux scientifiques croyaient impossible et qui agita le monde entier notamment du fait de malentendus, idées fausses, interprétations erronées.
A commencer par le fait que Dolly n’était pas le premier animal à être cloné. En réalité, les premiers clonages réussis, de grenouilles et de poissons, ont été réalisés dans les années 1950 et 1960 … et Dolly n’était même pas le premier mammifère cloné.
Alors pourquoi la naissance de Dolly a-t-elle suscité un tel engouement ?
Car elle fut le premier mammifère cloné à partir d’une cellule adulte. Le processus, appelé transfert nucléaire de cellules somatiques, consiste à retirer le matériel génétique d’un ovule, puis à le remplacer par le matériel génétique d’un autre animal.
Dolly a été clonée en utilisant le matériel génétique d’une cellule de la glande mammaire d’une brebis Finn Dorset âgée de six ans, implanté dans un ovule d’une brebis Scottish Blackface. Une autre brebis Scottish Blackface lui a servi de mère porteuse. Lorsqu’elle est née le 5 juillet 1996, Dolly avait le visage blanc d’une brebis Finn Dorset, et non le visage noir de sa mère porteuse, ce qui prouve qu’elle était bien un clone. Comme l’ADN de Dolly provenait d’une cellule de la glande mammaire, l’équipe de recherche lui a donné le nom de Dolly Parton. (Humour scientifique, comprendra qui veut !).
Parmi les implications qui furent largement débattues, le fait qu’il serait possible de prendre une culture cellulaire, par exemple d’une vache, d’un poulet ou d’un mouton, et de produire des dizaines, des centaines, des milliers, voire des millions de copies précises, mais surtout la perspective effrayante qu’on pourrait utiliser des cellules humaines pour créer une armée de clones.
Les débats pour et contre le clonage se poursuivent aujourd’hui encore, même si le type de clonage utilisé pour créer Dolly a pratiquement disparu. Il s’est avéré que le transfert nucléaire de cellules somatiques avait un faible taux de réussite. Dolly est le seul animal né de 277 embryons clonés, et des années de recherche n’ont pas permis d’améliorer le pourcentage de clones viables. Entre-temps, une meilleure méthode a été mise au point : les cellules souches pluripotentes induites, ou iPSC.
Dolly allait mourir 6 ans plus tard. C’est environ la moitié de la durée de vie habituelle d’un mouton. Lorsque Dolly a eu un an, l’équipe de l’Institut a analysé son ADN et découvert que ses télomères, les “capuchons” situés à l’extrémité des chromosomes, étaient plus courts qu’ils ne devraient l’être pour un mouton de cet âge. Lorsque Dolly est morte, il a été largement admis que ses télomères courts étaient (a) le résultat du clonage et (b) au moins partiellement responsables de sa mort précoce – en fait, elle était plus “vieille” que son âge.
Cependant, un rapport du Roslin Institute semble indiquer que “les examens de santé approfondis auxquels Dolly a été soumise à l’époque n’ont révélé aucune affection pouvant être directement liée à un vieillissement prématuré ou accéléré”. Et les études futures sur les animaux clonés ont révélé des télomères plus courts, plus longs et normaux. Il est donc difficile de prouver que la mort précoce de Dolly était directement liée au clonage.
Nul doute que Dolly a marqué les esprits. Elle restera le témoignage d’une science qui progresse, mais également le rappel au monde scientifique de ses responsabilités.