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Une association entre taux de vitamine D et survenue de cancer et de maladies cardiovasculaires a été mise en évidence par des études observationnelles et des analyses post-hoc ou d’issues secondaires d’essais cliniques. Aussi l’incidence des cancers et des maladies cardiovasculaires est plus faible dans les régions à ensoleillement élevé et l’hypovitaminose D est associée à une augmentation du risque de cancers et de maladies cardiovasculaires. Le lien de causalité n’est donc à ce jour pas établi et l’intérêt de la supplémentation en vitamine D en prévention primaire n’est pas démontré. Dans ce contexte, les auteurs de cette étude factorielle multicentrique américaine ont randomisé 25 000 sujets de plus 50 ans (55 ans pour les femmes) indemnes de maladie oncologique ou cardiovasculaire à recevoir quotidiennement 2000 UI de vitamine D ou un placebo. Dans la même étude, le rôle de prévention des acides gras oméga-3 a également été testé. L’hypothèse testée était celle d’une diminution de 15 à 20 % de l’incidence des cancers invasifs ou des événements cardiovasculaires majeurs. Sur la base des données récoltées par des questionnaires annuels, envoyés aux participants, avec attribution des issues validées par un comité indépendant, les auteurs montrent qu’après un suivi médian de 5,3 ans la supplémentation en vitamine D n’a aucun effet sur l’incidence des cancers (HR : 0,96 ; IC : 0,88-1,06) ou des maladies cardiovasculaires (HR : 0,97 ; IC : 0,85-1,12). Le volet oméga-3 de l’étude est également négatif.
Commentaire : les résultats de cette grande étude interventionnelle permettent de conclure que la vitamine D n’a pas de rôle dans la prévention des cancers ou des maladies cardiovasculaires. Une nouvelle déception pour les inconditionnels de la vitamine D. Certains aspects méritent cependant un commentaire : la durée d’observation est courte, particulièrement pour la prévention des cancers, et on peut imaginer que la durée d’exposition à la vitamine est insuffisante pour réellement déployer un effet protecteur. Un suivi au plus long cours pourrait éventuellement encore détecter un effet protecteur, dont il est difficile d’évaluer l’éventuelle pertinence clinique : une analyse des résultats de VITAL est prévue deux ans après la fin de l’étude, et donnera peut-être quelques indications. La dose de vitamine D pourrait également être discutée, mais la dose annuelle choisie (730 000 UI) peut être considérée comme élevée, et il est peu probable qu’une dose supérieure aurait pu avoir un effet plus marqué. Le mode de récolte des données, par questionnaire, est indéniablement loin d’être parfait, la recherche de cancers ou d’événements cardiovasculaires n’ayant pas été systématique durant le suivi. Enfin, la sélection de sujets présentant un déficit avéré en vitamine D aurait peut-être permis de détecter un effet positif, mais le but était la prévention dans la population générale. En dépit de ces limitations, on peut conclure que l’étude VITAL a permis de démontrer que l’administration de vitamine D ou d’acides gras oméga-3 ne permet pas de diminuer le risque de cancer ou de maladies cardiovasculaires. Le lien de causalité entre un déficit de vitamine D et ces maladies n’est donc toujours pas mis en évidence. Les indications retenues de la vitamine D fondent donc comme neige au soleil !