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La communauté internationale a besoin "d'urgence d'une nouvelle vision commune de désarmement" face aux tensions, notamment sur le nucléaire. Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a dit lundi à Genève qu'il prévoit une initiative, annonce saluée par Berne.
"Le désarmement et le contrôle des armes sont prioritaires pour moi", a-t-il affirmé devant la Conférence du désarmement. Son initiative doit "restaurer le rôle du désarmement (...) pour maintenir la paix et la sécurité internationales". D'autant plus à une période où la menace d'une guerre nucléaire est "grande".
M. Guterres promet des "actions pratiques et applicables". Ce plan doit porter sur les priorités de la prévention, de la mise en oeuvre des principes humanitaires face aux armes conventionnelles en milieu urbain, du développement durable et des menaces futures comme les armes autonomes ou les robots tueurs. Il faut notamment répondre à l'accumulation des armes et établir un nouveau consensus pour l'élimination des armes nucléaires, a dit le secrétaire général.
Malgré un réchauffement intercoréen et des réductions des capacités américaines et russes, davantage de mesures sont nécessaires, selon lui. Il reste quelque "150'000 armes nucléaires dans le monde", ce qui a probablement motivé l'adoption en 2017 du Traité pour l'interdiction de cet armement, sans les puissances nucléaires.
Et les dépenses militaires mondiales dépassent toujours largement 1500 milliards de dollars (un peu plus de 1200 milliards de francs) par an. "Les armes de guerre sont vendues et commercialisées comme des produits de consommation ordinaires", a expliqué M. Guterres.
Présidence suisse attendue
Il a demandé à la Haute représentante pour le désarmement Izumi Nakamitsu de dialoguer avec de nombreux acteurs, dont les Etats membres et la société civile, pour activer son initiative. Il souhaite aussi le succès de la révision du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) en 2020, une entrée en vigueur "sans délai" de celui d'interdiction des tests nucléaires et un établissement des responsabilités en cas d'utilisation d'armes chimiques.
Si le conseiller fédéral Ignazio Cassis a salué l'annonce de M. Guterres, les Etats-Unis ont officiellement répété leur opposition. Les tensions actuelles ne permettent pas de "nouvelles initiatives", a estimé l'ambassadeur américain auprès de la Conférence, Robert Wood.
Et de cibler à nouveau la modernisation et l'augmentation du stock d'armes de certains pays sans toutefois les citer contrairement à ses récentes déclarations. Une situation qui a abouti à la nouvelle posture nucléaire américaine présentée récemment.
La Suisse doit prendre dans trois semaines la présidence de la Conférence. Bloquée depuis plus de 20 ans, celle-ci a adopté récemment le principe de cinq organes subsidiaires pour tenter d'avancer.