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La prostate
Une petite glande au grand rôleé
Partie intégrante de l’appareil génital masculin, la prostate est impliquée dans la reproduction aux côtés des testicules et des vésicules séminales. Quelle est sa fonction exacte et quels sont les signes d’un dysfonctionnement?
Christiane Schittny, pharmacienne
On peut se représenter la prostate comme une glande de la taille d’une châtaigne qui enserre complètement la partie supérieure de l’urètre à la sortie de la vessie. Elle réunit jusqu’à 50 petits canaux excréteurs entourés d’une capsule solide. À la puberté, son poids initial est multiplié par dix, pour atteindre une bonne vingtaine de grammes. Avec l’âge, son poids peut de nouveau doubler dans certaines circonstances.
Le rôle primordial de la prostate
La principale fonction de la prostate est de sécréter un liquide laiteux très fluide, qui entre à hauteur de 20 à 30 % dans la composition du sperme (liquide séminal). Ce liquide contient de nombreuses enzymes et autres substances nécessaires aux spermatozoïdes pour féconder l’ovule. Notamment la spermine, une protéine qui stabilise l’ADN (matériel génétique) des spermatozoïdes et assure leur mobilité, ou encore le PSA (antigène prostatique spécifique), qui fluidifie l’éjaculat en temps utile afin que les spermatozoïdes atteignent plus facilement l’ovule.
Notamment la spermine, une protéine qui stabilise l’ADN (matériel génétique) des spermatozoïdes et assure leur mobilité, ou encore le PSA (antigène prostatique spécifique), qui fluidifie l’éjaculat en temps utile afin que les spermatozoïdes atteignent plus facilement l’ovule.
Par ailleurs, la prostate assure diverses fonctions de fermeture: d’une part, avec le sphincter de la vessie, elle contribue à garantir que le liquide séminal ne remonte pas vers la vessie pendant l’éjaculation et, d’autre part, elle obture les canaux prostatiques lors de la miction afin que l’urine ne puisse pas entrer dans la prostate. Enfin, elle est impliquée dans le métabolisme hormonal en transformant la testostérone, hormone sexuelle masculine, en dihydrotestostérone (DHT), sa forme biologiquement active.
Tout doit être en ordre!
Mais la capacité de reproduction de ces messieurs ne dépend pas seulement de la prostate. Deux autres organes génitaux jouent un rôle important à cet égard. Les testicules, d’abord, produisent à la fois les spermatozoïdes et les hormones sexuelles masculines. Plus ou moins de la taille d’une prune, ils reposent l’un à côté de l’autre dans les bourses. Chaque jour, quelque 200 millions de spermatozoïdes arrivent à maturité sous l’influence des hormones avant d’être stockés dans les épididymes. Les vésicules séminales, ou glandes vésiculeuses, ensuite, sont deux glandes situées directement de part et d’autre, au-dessus de la prostate. Leurs sécrétions représentent environ 70 % de la composition du sperme. Leur forte teneur en fructose fournit aux spermatozoïdes l’énergie nécessaire pour atteindre et féconder au plus vite l’ovule féminin.
Les spermatozoïdes produits par les testicules et les sécrétions prostatiques et vésiculaires se réunissent dans la prostate, où ils se mélangent pour former le liquide séminal. Celui-ci est ensuite chassé vers l’urètre lors de l’éjaculation et, en cas de rapports, se retrouve ensuite dans le vagin de la femme. Pour que l’homme soit apte à procréer, tous ces processus doivent être parfaitement coordonnés et toutes les sécrétions doivent avoir la bonne composition. Sans compter que, chez la femme, de nombreuses autres conditions doivent être réunies pour permettre la procréation. L’opération exige donc une conjonction particulièrement sophistiquée de facteurs!
Quand la prostate fait grève
Il n’est pas rare que la prostate fasse des siennes. Mais soyons clairs: s’il est essentiel d’avoir une prostate en bonne santé pour le bon fonctionnement des spermatozoïdes, et par conséquent pour la fertilité masculine, avoir une affection prostatique ne remet pas en cause la capacité à avoir des rapports!
Un certain nombre de symptômes caractéristiques peuvent faire penser à une maladie de la prostate et exigent un avis médical. Les hommes constatent souvent que le jet d’urine est moins puissant et que la vidange de la vessie se fait plus lentement, parfois de manière entrecoupée. Ils ont parfois aussi des difficultés à déclencher la miction alors que le besoin d’uriner est pourtant présent. Ils peuvent également ressentir un besoin fréquent d’uriner ou une irritation qui se manifeste par de légères douleurs et brûlures à la miction, ou avoir parfois du mal à vider complètement la vessie, ce qui favorise les infections urinaires. Dans bien des cas, les premiers troubles légers peuvent être traités avec des préparations phytothérapeutiques (voir encadré). Cependant, en cas de douleurs – par exemple lors de l’éjaculation ou dans la région du bassin –, il faut consulter sans tarder, surtout si ces symptômes s’accompagnent d’une fièvre.
Les causes possibles
Les symptômes énumérés ci-dessus peuvent avoir différentes causes. Notamment l’hypertrophie bénigne de la prostate – ou hyperplasie bénigne de la prostate (HBP en abrégé) –, dont la fréquence augmente avec l’âge: elle touche environ 10 % des hommes à 40 ans, 30 % des hommes de 50 ans et jusqu’à 80 % des hommes de 70 ans! Par ailleurs, une inflammation de la prostate (prostatite) peut survenir à tout âge. Chez les patients de moins de 50 ans, il s’agit même de l’affection urologique la plus fréquente! Elle n’est pas si simple à traiter mais n’est pas dangereuse. En Suisse, on diagnostique du reste environ 6000 nouveaux cas de cancer de la prostate par an, ce qui en fait le type de cancer le plus fréquent. La tumeur, qui se développe lentement, est généralement découverte au hasard d’un examen de routine. Toutes ces maladies de la prostate se soignent généralement bien avec un traitement approprié.