Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06853.jsonl.gz/102

LE CULTE DU BYERI
LE CULTE DU BYERI
C'est un culte familial et privé. Les reliques, plutôt les crânes, étaient conservées dans un panier cylindrique d'écorce fermé par un couvercle (fait d'écorce ou de bois) dans lequel était fichée soit une statue, soit une tête (la statue est parfois sculptée dans la même pièce de bois que le couvercle). Pour trouver sa place dans un panier, le crâne devait être celui d'un ou une ancêtre valeureux ou valeureuse. Ce culte était primordial; la réussite d'une entreprise était inconcevable sans l'appui du Byeri. Les crânes étaient sollicités par des attouchements, par des prélèvements de fragment d'os; les statues, elles aussi, recevaient des attentions du même type. Constatons sur les photos présentées ici, de nombreux prélèvements, sous la forme d'entailles minuscules, faits sur les mâchoires, le front, le menton, les oreilles, le nez, la coiffure. Pour le reste du corps: on ne trouve aucune trace sur le cou, le dos les mains et l'objet tenu (la corne à offrandes); par contre les épaules, les bras, les jambes, les fesses et le bas du ventre au niveau du nombril (hernie) furent eux aussi très sollicités. (ce que Monsieur Michel Egloff avait relevé en examinant cette œuvre).
Le Byeri participait, de manière prépondérante, à un rite d'initiation révélant l'omniprésence des ancêtres en permettant au futur initié de basculer dans le monde des défunts; ce rite était nommé Melun. (page 103 du livre Fang du Gabon de Paulin Nguema-Obam). Dans la société fang, il n'existe pas de société, secrète ou pas, spécialisée et habilitée à la pratique du culte Byéri; le status d'intermédiaire entre les ancêtres et les vivants n'est pas un sacerdoce réservé à une caste. Tout Fang, initié au principaux rites (par exemple le So) et au Melan (culte des ancêtres) est habilité à présider le culte. (Aspects de la religion fang: Paulin NGUEMA-OBAM, page 33).