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Sur scène et en studio
Elle est née à Moudon en 1912 dans une famille modeste, amatrice de théâtre. A 16 ans, elle entre au Conservatoire de musique de Lausanne, avant de partir à Vienne pour parfaire sa formation de chant. Revenue en Suisse, elle est remarquée par Jacques Béranger, le directeur du Théâtre municipal de Lausanne. Ses qualités d'actrice, jointes à un tempérament bien trempé et une beauté physique indéniable, vont rapidement faire merveille. Elle fait vers la même époque ses débuts à Radio Lausanne. Elle chante, joue des sketchs dans des programmes de divertissement et participe aux premières pièces radiophoniques, qui débutent en 1933.
La comédienne Jane Savigny dans les années trente. [RTS]
Elle entame ensuite une carrière sur les scène de Belgique et de France. A Paris, elle jouera au Théâtre Fontaine et au Théâtre Danou. La guerre l’obligera à revenir en Suisse. Elle y poursuit sa carrière dans des opérettes et des comédies musicales, entre Lausanne et Genève.
Jane Savigny accompagnée au piano par Paul Pasquier. [RTS]
Dans cet extrait de la revue "L'air du temps" de William Aguet et Maurice Hayward, diffusée le 5 septembre 1941, on entend Jane Savigny, dans un registre résolument humoristique, prendre ou retrouver son accent vaudois dans un sketch, suivi d'une chanson intitulée "Le vélo".
Le 21 décembre 1950, la Radio romande diffuse "Un petit rien", une comédie radiophonique de René-Maurice Picard, mise en ondes par Roland Jay. Dans cet extrait, on y reconnaît la voix flûtée et la diction parfaite de Jane Savigny, qui joue le rôle d'Hélène, une femme bourgeoise, ici aux prises avec sa bonne.
Jane et Jack
En 1943, elle s’embarque, sous l’impulsion de Jack Rollan, dans l’aventure radiophonique de Jane et Jack, une émission diffusée tous les quinze jours, dans laquelle le chansonnier propose, entrecoupées de chansons humoristiques, des saynètes de la vie d’un couple. La formule est un succès et durera jusqu’en 1952. Quatre décennies plus tard, dans le cadre de l'émission Radio Souvenir, Jane et Jack évoquent leur rencontre.
Couple de radio durant près de 10 ans, Jane et Jack se donnent la réplique sur les thèmes les plus divers et parfois toujours d'actualité, comme dans cette émission de 1947 consacrée à la recherche d'un appartement.
A la télévision
En 1951, Jane Savigny participe à la première expérience de théâtre filmé que propose la télévision lausannoise. Aux côtés du comédien Jean Lorient, elle joue dans une adaptation d'une pièce de Musset. Par la suite, la comédienne figurera au générique de multiples dramatiques et feuilletons de la Télévision Suisse Romande (TSR), tout en poursuivant sa collaboration au radio-théâtre. En 2001, sur le plateau de l'émission Zig-Zag Café aux côtés de l'ancien réalisateur Paul Siegrist, elle se souvient.
En 1960, le même Paul Siegrist tourne pour la télévision la pièce de vaudeville d'Eugène Labiche Le Prix Martin. C'est l'éternelle histoire d'un mari trompé par son meilleur ami et qui décide de se venger. L'action se passe à Chamonix. Dans le rôle de la femme infidèle, l'indomptable Jane Savigny.
Théâtre encore
La carrière théâtrale de Jane Savigny se partagera entre Lausanne et Genève. A la Comédie de Genève, elle joue dans Le Misanthrope et L'Avare de Molière, et plus tard dans des pièces d'Audiberti et de Feydeau. A Lausanne, elle se produira au Théâtre des Trois Coups dans des rôles plus dramatiques, comme en 1976, où elle incarne Mary Cavan Tyrone, mère toxicomane du Long voyage vers la nuit d'Eugene O'Neill.
En 1997, Jane Savigny a 85 ans. Sous la direction du metteur en scène Joël Jouanneau, elle reprend le rôle de la Vieille dans la pièce de Jean-Luc Lagarce, J'étais dans ma maison et j'attendais que la pluie vienne. Sur le le plateau de Zig-Zag Café, en 2001, huit mois seulement avant son décès, la comédienne écoute le metteur en scène saluer son courage et sa ténacité.
Sophie Meyer pour Les archives de la RTS