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Un article en vue du 8 mars - Les femmes sont-elles les seules à avoir un sixième sens ? Ah ! Les grandes intuitives, tandis que les hommes n'utiliseraient que le mental rationnel. L'analyse, l'intelligence qui viennent parachever l'intuition viendraient ensuite. Raisonnement un peu réducteur. Les hommes, les génies, poètes en quête de sens , mathématiciens posent des hypothèses qui partent de prime abord d'une intuition qu'ils vérifieront par la suite de façon scientifique.
Nous avons plus que jamais besoin de notre intuition, mais notre société post-industrielle a relégué l'intuition à un « truc » vachement féminin comme s'il fallait rejeter aux oubliettes les intuitions infailllibles de l'instinct masculines ou féminine, qu'importe.
La différence réside dans le fait que les femmes n'hésitent pas à parler de ce qu'elles ressentent a priori : « Si je m'écoute », " j'ai l'impression ou l'intuition que", " J'ai comme un pressentiment ". L'homme auprès de ses pairs peut difficilement s'exprimer ainsi, à travers des démonstrations scientifiques qui utilisent la raison et la logique il sera reconnu comme intelligent par confrères. Même si toute sa construction se bâtit sur du vent.
Dans l'ensemble toute grande conquête scientifique qui est le fait des hommes surtout part d'une intuition. Einstein soulignait que « le mental intuitif est un don sacré et le mental rationnel est un serviteur fidèle. Nous avons crée une société qui honore le serviteur et a oublié le don. »
Les femmes ont hérité de ce don intuitif ou du moins on le leur reconnaît en raison d'une longue tradition pré-religieuse, animiste, qui autorisait les femmes à être un lien entre la nature et l'homme, à être en phase avec la substance de cet environnement naturel . En Amérique Latine, on honore "La Pachamama", la déesse-terre vénérée par les Amérindiens ; elle est la source fertile, à la source de tout ce qui vit, elle est à l'intérieur de tout ce qui pousse, elle est vibration, en harmonie avec le monde.
Mais encore la Grèce connut les Sybilles ou les Pythies qui rendaient les oracles, ressentaient le monde pour l'expliquer aux humains. Prêtresses, prophétesses, elles communiquaient toutes avec des forces divines et sacrées. Et les prêtresses d'Isis adulées de Rome à l'Egypte des pharaons. On se fiait alors à leur sagesse qu'elles puisaient dans leur connaissance et dans leur relation intime avec la nature et les astres. Elles écoutaient le vent, interprétaient sa musique, le ciel et ses nuages n'étaient que présages et augures, elles se couchaient par terre l'oreille collée au sol, pour sentir cette terre respirer et écouter ce qu'elle avait à dire. Un héritage ancestral que l'on reconnaîtra dans toutes les populations indigènes, de l'Amérique à l'Asique.
Les religions monothéistes apporteront une dimension très masculine, très patriarcal. Les prêtresses sont remplacées par des saintes qui sont en partie uniquement en contact avec le ciel, les yeux quittent la terre pour se fixer définitivement là-haut, où tout se joue dorénavant. Adieu la nature ! Les femmes n'écoutent plus le monde qui vibre, mais les hommes et les dieux qui parlent. La Mère-Nature est remplacée par des figures masculines. Ce sont les hommes qui eux se mettent en lien avec le ciel, les femmes quittent définitivement leur piédestal, leur Mont Olympe pour devenir des reproductrices fidèles, elles renoncent aux grands espaces pour le cloître, l'enfermement, dorénavant les femmes se cachent et sont au service de l'imagerie masculine à laquelle elles ont un devoir d'obéissance absolu. Adieu ! Muses et déesses vespérales.
Les bûchers flambent, les femmes crament, depuis on dirait que plus rien n'a arrêté ce feu géant. Les grandes figures sont dorénavant ces hommes qui réfléchissent, qui techniquent , qui mécaniquent, qui automatisent, motorisent, machinalisent, examinent.
Cet éloignement de nos sources profondes proches de la nature, de notre environnement intuitif, non seulement, a pénalisé les femmes mais appauvris les hommes et notre environnement immédiat. Nous nous sommes desséchés au contact d'une pensée rationnelle, d'une pensée mécanique. Amputés dès lors de cette partie si riche à l'intérieur de nous qui nous permet de pressentir le monde de façon sensible, donc intelligente. De l'intelligence la plus pure, de la clairvoyance la plus immédiate.
Pour conclure, les femmes ne sont pas plus intuitives que les hommes, mais le machisme ambiant aime le faire croire : les femmes sentent , les hommes pensent !
Messieurs, je vous l'assure et je vous le confirme : vous êtes aussi intuitifs que les femmes, mais on peine à vous reconnaître ce don sacré. Et ce n'est plus une question d'homme ou de femme, mais d'époque ! Et les femmes pensent aussi bien que les hommes sentent.
A vos intuitions Messieurs, Dames ! Vous découvrirez en vous votre génie, votre poésie, votre savoir inné, vos inventions magnifiques ..... et qui sait ? Je le pressens déjà, plus encore........