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L'héritage d'Evita Peron est toujours très convoité au sein du péronisme au pouvoir en Argentine soixante ans après sa mort. Le pays célèbre jeudi la disparition de l'icône, décédée d'un cancer le 26 juillet 1952 à 33 ans.
"Le péronisme doit beaucoup à Evita et une femme, en particulier, encore plus", a expliqué à l'AFP, en référence à la présidente du pays Christina Kirchner, l'historien Felipe Pigna. Ce dernier est l'auteur de la récente biographie "Tranches de vie". "Dans ce que le kirchnérisme a bâti, Evita Peron est très présente", dit-il.
L'image mythique d'Evita, qui rencontre Juan Domingo Peron en 1944, avant qu'il ne devienne trois fois président de l'Argentine (1946-52, 1952-55, 1973-74), est revendiquée par des courants opposés au sein du péronisme. Ce mouvement est devenu la principale force politique du pays dans la deuxième moitié du XXe siècle.
Bien avant l'arrivée au pouvoir en 2007 de Cristina Kirchner, la troisième épouse de Peron, Maria Estela Martinez, appelée "Isabelita", avait essayé en vain de jouer le rôle d'Evita.
Loin de réunir les conditions pour gouverner un pays, Isabelita avait réussi à obtenir ce qu'on avait refusé à Evita: être candidate à la vice-présidence à côté de Peron en 1973, devenant présidente après le décès de son mari en 1974 et jusqu'au coup d'Etat de 1976.
Quelques ressemblances
Evita, jusqu'alors une actrice connue des feuilletons radio, n'aura connu que cinq ans de vie politique, pendant lesquels elle obtiendra le droit de vote pour les femmes et mènera une vaste action sociale grâce à sa Fondation.
Pourtant, "elle parviendra à marquer le péronisme et à le transformer à jamais", explique M. Pigna.
"Sans Evita, il est difficile d'imaginer une présidente comme Cristina (Kirchner) qui se fiche pas mal de plaire ou pas", explique pour sa part l'historienne Ema Cibotti. "Evita avait déjà montré sa forte personnalité, allant jusqu'à se démarquer de Peron".
ATS