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Histoire du Journal L'Essor
L'Essor a paru sans discontinuer depuis sa création. D'abord bimensuel, il devient mensuel en 1973. Il paraît huit fois par an dès 1994 et devient peu après bimestriel. Malgré un tirage modeste, il continue de paraître 6 fois par an, de nos jours encore et est présent sur le web avec tous ses articles disponibles en ligne depuis 2009... L'Essor a ainsi traversé un siècle d'histoire et deux guerres mondiales, sans trop s'éloigner de ses valeurs humanistes initiales.
Lors de son lancement en 1905, L'Essor s'inscrit dans le mouvement du christianisme social . Son sous-titre durant la première décennie en indique clairement les orientations : « social, moral, religieux ». Ses fondateurs furent des pasteurs de l'Église évangélique libre , Paul Sublet, Paul Laufer, Henri Rochat et Paul Pettavel.
Un document intitulé "Un projet de journal" a été publié à Vallorbe en 1904 déjà. Les premiers articles de ce groupe de pasteurs sont publiés par la Feuille du dimanche, à La Chaux-de-Fonds, d’août 1904 à janvier 1905. Une fois lancé, le journal bimestriel touche 4000 abonnés. Parmi les collaborateurs de cette époque, on trouve le pédagogue suisse Pierre Bovet et le dirigeant du mouvement coopératif français Charles Gide.
Le journal évolue avec chaque génération de rédacteurs et rédactrices. Avec l'arrivée d'Adolphe Ferrière en 1919, la dimension spécifiquement religieuse passe en arrière plan (le sous-titre devient « social, moral et éducatif ») et le lectorat s'enrichit de pédagogues de l'Éducation nouvelle.
De 1923 à 1932, le journal est repris par Henri Chenevard, par ailleurs directeur d'une maison d'édition. Le journal prend vite un tournant plus commercial et s'écarte des prises de position pacifistes. Il est rebaptisé Le Nouvel Essor. Henri Chenevard y promeut les livres édités par sa maison, les Editions Forum. Son successeur Simon Gauthier, qui est un industriel, ira jusqu'à soutenir l'intervention de l'armée suite aux événements du 9 novembre 1932 à Genève, et s'opposer au suffrage féminin. Ces positions ne sont évidemment pas du goût de la majorité du lectorat. À cette époque, le journal a bien failli disparaître, suite à de graves problèmes financiers.
Albert Séchehaye, professeur de linguistique à l'université de Genève, reprend le journal en 1933, avec le soutien d'un petit groupe de paroissiens de l'Église évangélique libre genevoise. C'est un retour au pacifisme, au socialisme chrétien et aux pédagogies nouvelles. L'équipe de rédaction se renforce de pédagogues comme Alice Descoeudres et Edouard Claparède. Le journal s'ouvre aussi au personnalisme. Les lecteurs se recrutent essentiellement en Suisse Romande. Dès lors le sous-titre du journal, très variable, insistera sur son indépendance.
Edmond Privat devient le nouveau rédacteur responsable en 1943. Membre de nombreuses associations quaker, pacifistes, écrivain et journaliste de renom, éminent espérantophone (il a appris l'esperanto à l'âge de 14 ans, en a fait la promotion lors d'une tournée aux États-Unis, alors qu'il était âgé de 16 ans et fût ensuite avec son ami Hector Hodler co-fondateur de l'Association universelle d'espéranto UEA), proche du Mahatma Gandhi et de Romain Rolland, Edmond Privat était professeur d'anglais à Bellinzone pendant la guerre. Son énergie et son charisme influencent durablement L'Essor.
Après un bref passage de l'orientaliste André Chédel à la tête du journal, c'est le journaliste Eric Descoeudres qui devient le rédacteur responsable de 1953 à 1985, après avoir collaboré à L'Essor dès 1935. Engagé dans le mouvement coopératif et syndical, Eric Descoeudres est aussi rédacteur en chef de Coopération (hebdomadaire du groupe Coop). En 1952, le sous-titre de L'Essor devient « Vers plus de vérité, de justice, de tolérance ».
Participent à l'équipe de rédaction à cette époque en particulier le philosophe Robert Junod et sa femme Pierrette Junod, le journaliste objecteur René Bovard, Ariane Schmitt, l'enseignant Luc Francey ou encore l'abbé Lugon. En 1973, le sous-titre change encore une fois et devient : « Vers un monde fraternel ». Concernant ces années 1953 – 1985, voir aussi le Numéro spécial – Nous prenons congé d'un ami paru en juin 1987, suite au décès d'Eric Descoeudres.
Dans les années 1960 et 1970, L'Essor collabore étroitement avec la branche romande du Mouvement international de la Réconciliation (MIR). De 1966 à 1969, des numéros sont « rédigés par la branche romande de la Réconciliation », puis de 1970 à 1972 paraît La Réconciliation, édition de l'Essor rédigé par la branche romande du MIR. Dans les années 1970, L'Essor est membre de la Fédération romande des mouvements non-violents, avec le MIR, le Centre Martin Luther King (devenu CENAC) et d'autres.
À partir de 1980, Le MIR n'est plus en mesure de poursuivre sa collaboration avec L'Essor, qui poursuit seul sa mission.
Dans les années 1980 ont lieu des rencontres de L'Essor une fois par année. Elles réunissent les lecteurs autour d'une conférence et d'un repas. Suite à plusieurs décès dans l'équipe de rédaction, de nouvelles personnes s'engagent : Marguerite Loutan, Michèle Joz-Roland, Yvette Humbert-Fink, Fritz Tüller, Mousse Boulanger.
En 1999, monsieur Hervé Gullotti (faculté de lettres de l'Université de Fribourg) a consacré son mémoire de licence à notre journal, sous le titre: Pour un monde plus fraternel, L'Essor (1933-1946), Une revue protestante dans la tourmente.
Avec sa permission, son mémoire est disponible ici (format PDF) pour consultation.
En 2005, Alain Simonin écrivait « L'Essor a continué le combat : pour la paix, pour la fraternité, pour la non-violence (...) » avant de passer le relais de la responsabilité rédactionnelle à Rémy Cosandey.
En 2006, Fritz Tüller passe le relais pour tout ce qui concerne l'administration et la gestion des abonnés, mais il continue néanmoins à intervenir comme correcteur régulier. C'est depuis lors Mario Bélisle qui s'occupe bénévolement de toute la gestion des abonnés, de la comptabilité et de la promotion.
En 2009, François Iselin rejoint l'équipe de rédaction.
En 2014, le Comité rédactionnel est composé de : Rémy Cosandey (rédacteur responsable), Edith Samba, Suzanne Gerber, Yvette Humbert-Fink, Pierre Lehmann, Emilie Salamin-Amar et François Iselin
Si vous vous sentez appelé(e) à poursuivre avec nous l'aventure, n'hésitez pas à nous contacter.
Bravo, et longue vie à notre vaillant petit journal...