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DU TRAVAIL DES MOINES.
Traduction de M. l'abbé COLLERY.
In OEUVRES COMPLÈTES DE SAINT AUGUSTIN, traduites pour la première fois en français sous la direction de M. Raulx, Tome XII, p. 241-270. BAR-LE-DUC, 1866.
Les moines d'Afrique s'étaient divisés sur la question du travail prescrit par ces paroles de l'Apôtre : « Celui qui ne veut pas travailler ne doit pas manger ». La plupart y voyaient ce qu' y a vu l'illustre patriarche des moines d'Occident, saint Benoit l'obligation du travail des mains. Quelques-uns voulaient, au contraire, entendre ce texte d'un travail purement spirituel, sans se croire même tenus aux labeurs de la prédication ; les seuls exercices de la vie monastique suffisant, disaient-ils, à titre de labeurs spirituels; ainsi, d'ailleurs, prétendaient-ils observer plus littéralement le texte de l'Evangile : « Considérez les oiseaux du ciel, ils ne sèment point, etc.; les lys des campagnes, ils ne filent point ».
Consulté par Aurèle, évêque de Carthage, saint Augustin démontre le sens des paroles de l'Apôtre, d'après le contexte d'abord ; puis, d'après de nombreux passages de ses autres Epîtres, appuyés d'ailleurs de son exemple. Saint Paul a commandé et pratiqué le travail des mains, bien que ce commandement souffre exception en faveur des prédicateurs de l'Evangile. La comparaison des oiseaux et des lys ne défend que l'inquiétude au sujet du vivre et du vêtir, mais n'autorise pas la paresse. Il censure énergiquement certains moines fainéants et vagabonds, qui exploitaient la piété publique. Il rappelle à d'autres religieux, bien moins blâmables d'ailleurs, l'obligation de porter les cheveux rasés, et base cette obligation sur le précepte de saint Paul.