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Fin de vie Une majorité des Suisses veut mourir à la maison
Les gens se préoccupent plus qu'il y a dix ans de leur fin de vie, avec des différences entre les régions linguistiques et les sexes.
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Selon une étude, près des trois quarts des Suisses interrogés préfèrent rendre leur dernier souffle à domicile.
Si, comme en 2009, 72% des personnes interrogées par le BASS déclarent vouloir mourir à la maison, la part de celles préférant passer l'arme à gauche dans une institution ou ailleurs, par exemple dans la nature, a augmenté. Elles sont 17% à déclarer préférer mourir dans un hôpital, un EMS ou autre établissement spécialisé dans les soins palliatifs.
Réalisée en 2017 auprès de 1685 personnes par le Bureau d'études de politique du travail et de politique sociale (BASS) pour le compte de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP), l'étude se concentre sur l'intérêt de la population en Suisse à vouloir anticiper sa fin de vie. Ainsi 69% des personnes interrogées ont déjà réfléchi au type de traitement et de soins qu'elles aimeraient recevoir en fin de vie.
La directive anticipée est un moyen de signifier le fruit de sa réflexion. Sept personnes sur dix connaissent cet instrument, mais seules 16% en ont déjà déposé une, des chiffres eux aussi en augmentation depuis 2009, écrit le BASS dans son rapport rendu public mardi.
Différences régionales
La hausse concerne toutes les régions, mais des différences apparaissent entre latins et germanophones. Ces derniers sont plus nombreux (56%) que les latins (48%) à penser qu'il faut se préoccuper des questions de fin de vie tant que l'on est encore en bonne santé. L'écart est encore plus manifeste s'agissant des directives anticipées.
Dans les régions francophones et italophones, seuls 41%, respectivement 51% de la population en ont connaissance et seuls 9%, respectivement 7% les utilisent. En Suisse alémanique, 80% des personnes savent ce que sont des directives anticipées et 19% en ont déposé.
Sans surprise, l'intérêt augmente avec l'âge. Selon un rapport de l'OFSP, près d'un quart des plus de 55 ans possédait, en 2014, un document écrit dans lequel le traitement désiré pour la fin de vie est mentionné et une personne autorisée à prendre une décision est nommée.
Les femmes réfléchissent beaucoup plus souvent que les hommes aux thèmes de la planification, souligne le BASS. L'étude montre en outre que les personnes étrangères sont moins conscientes des directives anticipées et ont tendance à planifier moins à l'avance.
Soins palliatifs
Alors qu'ils semblent moins se préoccuper de leurs vieux jours, les Romands sont paradoxalement plus au fait des soins palliatifs que les Alémaniques. Ils sont 96% à en avoir déjà entendu parler, contre 75% des Tessinois - la moyenne suisse - et 68% des Alémaniques. Là aussi, les femmes et les Suisses sont mieux informés que les hommes et les étrangers.
Et sans surprise non plus, plus on vieillit, mieux on connaît: 52% des 15-34 ans, 78% des 35-64 ans et 88% des plus de 65 ans savent ce que sont les soins palliatifs. Par rapport à 2009, c'est une dizaine de points de pourcent de plus en moyenne. Et c'est en Suisse alémanique que la hausse est significative.
Dans le même temps qu'ils ont gagné en notoriété, les soins palliatifs sont devenus mieux acceptés. Ainsi 84% des personnes interrogées auraient recours à la médecine palliative en cas de maladie incurable, contre 77% en 2009.
Suites politiques
Les résultats de cette étude se voient confirmés politiquement. Pas plus tard que la semaine passée, le Conseil fédéral répondait positivement à une demande de la commission de la santé publique du Conseil des Etats.
Le gouvernement est d'accord de rédiger, en collaboration avec les cantons ainsi que les organisations et les spécialistes concernés, un rapport assorti de recommandations. Il devra notamment montrer comment garantir que les soins palliatifs soient proposés à l'ensemble de la population. Leur offre devrait mieux être intégrée dans le système de santé et son financement assuré.
De nombreuses offres ont été mises en place dans les cantons et les communes, parfois sous forme de projets pilotes. Or leur financement reste compliqué, ce qui remet en question leur existence même. (ats/nxp)
Créé: 29.05.2018, 18h01