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Végétarisme et religions
Christianisme et Nouveau Testament
Le Nouveau Testament que nous connaissons reste mystérieusement muet sur l’alimentation de Jésus et la nourriture qu’il recommandait. Certains exégètes croient que cette lacune serait due à une suppression des passages de l’évangile qui restreignaient la consommation de chair animale.
Correction ou corruption
Le professeur Nestlé, dans son livre Introduction to the Textual Criticism of the Greek Testament, nous dit que certains érudits appelés « corretores » furent nommés par les autorités ecclésiastiques afin de « corriger », c’est-à-dire altérer, les textes des Ecritures dans l’intérêt de ce qui était considéré comme « orthodoxe » à l’époque. Une de ces « corrections » eut lieu au concile de Nicée (325 après J.C.). A ce concile, affirment plusieurs érudits contemporains, les prêtres ont complètement modifié, par omission ou par extrapolation, les documents chrétiens originaux. Le but de ces modifications était de rendre ces Ecritures acceptables à l’empereur Constantin. Celui-ci était loin d’être végétarien, car on dit que, entre autres, il versait du plomb liquide dans la gorge des chrétiens végétariens qu’il capturait.
Manuscrits de la mer Morte
Alors que les plus anciens documents connus du Nouveau Testament datent du IVe siècle (donc après le concile de Nicée), des manuscrits datant du tout début de l’ère chrétienne ont été découverts en 1947. L’authenticité de ces textes ferait d’eux les plus complets et les plus anciens des Ecrits chrétiens présentement connus. Dans ces pages, Jésus est décrit comme étant un strict végétarien, ce que confirme la prédiction de l’Ancien Testament: « C’est donc le Seigneur Lui-même qui va vous donner un signe. Voici: La jeune fille est enceinte et va enfanter un fils qu’elle appellera Emmanuel. De laitage et de miel, il se nourrira jusqu’à ce qu’il sache rejeter le mal et choisir le bien » (Isaïe 7:14).
On y retrouve aussi de nombreuses références au végétarisme. Notamment ce dialogue entre un Saducéen et Jésus: « Dis-moi, pourquoi dis-tu que nous ne devons pas manger la chair des animaux? Le bétail ne fut-il pas donné à l’homme comme les fruits et les herbes? » Jésus lui répondit en ouvrant un melon. « Regarde ce fruit de la terre, regarde avec tes propres yeux ce bon fruit du sol et voit les graines qu’il contient. Chaque melon peut produire plus de 100 autres melons. Si tu plantes cette graine, tu te nourris du vrai Dieu, car aucun sang n’a coulé. Aucun cri n’a été perçu par tes oreilles et aucun sang n’a été vu de tes yeux. La vraie nourriture de l’homme provient de notre mère la Terre. Mais regarde ce que Satan donne: l’angoisse et la mort, le sang des vivants pris par l’épée. Ne sais-tu pas que celui qui vit par l’épée périra par l’épée? Va, plante le bon fruit de la vie et ne fais plus souffrir les animaux. »
Chrétiens végétariens
Les écrits des premiers chrétiens démontrent aussi l’importance du végétarisme pour leur pratique religieuse. Clément d’Alexandrie (160-240), l’un des pères de l’Eglise, recommande cette alimentation: « Il vaut mieux être heureux, dit-il, que de rendre nos corps pareils à des tombes pour les animaux... l’apôtre Mathieu mangeait des grains, des noix et des légumes, et s’abstenait de toute chair ». Saint Jérôme, chef célèbre au début de l’Église chrétienne écrivait: « La préparation des légumes, des fruits et des légumineuses est facile et ne requiert pas de cuisiniers qui coûtent cher. » Il jugeait qu’un tel régime s’accordait mieux avec une vie consacrée à la quête de la sagesse. Saint Jean Chrysostome (345-407) considérait l’alimentation carnée comme une coutume cruelle et contre nature pour les chrétiens: « Nous imitons les mœurs des loups, des léopards, ou plutôt nous faisons pire qu’eux. La nature les a faits pour qu’ils se nourrissent ainsi, mais Dieu nous a dotés de la parole et du sentiment de l’équité, et nous voilà devenus pires que les bêtes sauvages. » Il disait aussi: « Nous, les dirigeants chrétiens, pratiquons l’abstinence de la chair animale. » Saint Benoît, qui fonda l’ordre monastique des Bénédictins en 529, prescrivait les aliments végétariens comme nourriture de base pour ses moines. L’ordre de la Trappe, dès sa fondation au XVIe siècle, s’opposa rigoureusement à la consommation de la viande, des œufs et des autres aliments d’origine animale. Cette règle fut relâchée par le Concile du Vatican de 1965, mais la plupart des Trappistes adhèrent encore à l’enseignement originel sur le végétarisme. Aujourd’hui, l’Eglise adventiste du septième jour recommande fortement le végétarisme à ses membres, s’appuyant sur les enseignements de la Bible. Même si la majorité des chrétiens sont non végétariens, nombreux sont ceux qui le deviennent et peuvent faire des déclarations similaires à celle de John Wesley (1703-1791), le fondateur du méthodisme:
«Je remercie Dieu, car depuis que j’ai laissé la viande et le vin, je suis libéré de toutes maladies physiques.»
Végétarisme et religions (partie 1) - A suivre dans le prochain Végi-Info