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Les nouvelles révélations sur les abus sexuels au sein de l'Eglise "affectent" le Conseil fédéral, écrit ce dernier dans une réponse à la conseillère nationale (Verte/BL) Florence Brenzikofer. L'Eglise doit désormais lutter de manière efficace.
Les cantons sont responsables pour les liens entre l'Eglise et l'Etat, rappelle toutefois le gouvernement. Il n'appartient pas non plus au Conseil fédéral de juger le rôle du nonce apostolique, l'envoyé du Vatican à Berne.
Archives fermées
Florence Brenzikofer s'interrogeait dans sa question sur le rôle de ce dernier, après que la nonciature a refusé d'ouvrir ses archives à Berne aux historiennes mandatées par l'Université de Zurich pour enquêter sur les abus.
Le nonce apostolique est toujours au premier rang des diplomates étrangers, selon une tradition établie en 1921 et confirmée en 1953. Il revient au corps diplomatique d'élire son doyen, écrit le Conseil fédéral.
Pas de fonds spécifique
Une victime d’un abus sexuel au sein d’une institution religieuse peut bénéficier des prestations de la loi fédérale sur l’aide aux victimes, à l’instar de toute autre victime d’infraction à caractère sexuel.
Elle peut ainsi, à certaines conditions, obtenir une indemnité et une réparation morale, rappelle aussi le Conseil fédéral, en réponse à une autre question, posée par le conseiller national Raphaël Mahaim (Vert/VD), en écartant l'idée d'un fonds spécifique.
Il est souvent difficile pour les victimes d'abus sexuels de solliciter le fonds d'indemnisation de l'Église elle-même, car cela revient à s'adresser à l'institution ayant rendu les abus possibles, faisait valoir le Vaudois dans sa question.
"Vu les récentes révélations, le temps n'est-il pas venu de préparer la création d'un fonds d'indemnisation présentant plus de garanties d'indépendance et collaborant directement avec les services d'aide aux victimes comme dans certains autres États?", s'interrogeait l'élu.
L'Université de Zurich a documenté 1002 cas d'abus sexuels dans l'Eglise catholique en Suisse depuis le milieu du 20e siècle. Il ne s'agirait que de la pointe de l'iceberg, la plupart des cas n'ayant pas été signalés et des documents ayant été détruits. De nouveaux travaux d'enquête doivent mettre en lumière l'ampleur du scandale. Des évêques sont également mis en cause pour dissimulation.
>> Relire:
Plusieurs d'entre eux ont depuis réagi à la publication de l'étude. Excuses, annonce de plainte et promesses de changement ont été faites.
ats/edel
Victime d’abus? Quelques contacts qui pourront vous aider
Suite aux résultats troublants de l’étude annoncée par le département d’histoire de l’Université de Zurich le mardi 12 septembre 2023 – qui a exposé plus de 1000 cas d’abus sexuels depuis le milieu du 20e siècle – L’émission On en parle s’est intéressée à ce qu'il faut faire et à qui s’adresser lorsqu'on est victime d’abus.
>> À écouter: le sujet "Ce qu'une victime dʹabus au sein de lʹEglise peut faire quand elle souhaite sortir du silence" dans l’émission On en parle
"Si ça s’est passé récemment ou il y a juste quelques années, et le cas n’est pas prescrit au sens de la loi, il faut tout de suite s’adresser à la police et déposer une plainte. Pour les cas qui sont prescrits - peut-être la majorité des situations, parce que lorsqu'on a subi ce genre d’abus, des années sont parfois nécessaires pour que les choses remontent et pour enfin pouvoir en parler - on peut s’adresser soit à un diocèse, soit à la Commission CECAR", explique Marie-Jo Aeby, vice-présidente du groupe SAPEC lors de l’émission On en parle.
Ainsi, lorsqu'une personne est victime d’abus, il lui est possible de demander de l’aide à ces trois entités parmi tant d'autres citées également sur le site internet du groupe:
- Le Groupe SAPEC: soutien aux personnes abusées dans une relation d’autorité religieuse
- La Commission CECAR: commission neutre et indépendante des autorités de l’Église catholique, chargée d’offrir aux victimes un lieu d’écoute, d’échange et de recherche d’une conciliation avec l’abuseur, à défaut avec son supérieur hiérarchique, en vue notamment d’une réparation financière
- Les centres LAVI: Aide aux victimes de violences domestique, physique, sexuelle, d’infractions et de mesures de coercition : conseils gratuits, confidentialité et anonymat garantis
Sujet radio: Jérôme Zimmermann
Adaptation web: Clarisse Cristovão