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C'est aux Eaux-Vives que les défenseurs des places de parc, le TCS Genève et la Nouvelle organisation patronale (NODE), ont mené leur première action. Le quartier est emblématique, explique le directeur de la section genevoise du TCS Yves Gerber, car il ne compte que très peu de places de stationnement souterraines et voit petit à petit disparaître ses places de parc en surface.
Au final, les résidents sont sans solution de rechange pour garer leur voiture, déplore Yves Gerber. La seule voie possible serait d'empiler les véhicules. Pour illustrer le propos, le comité référendaire a suspendu, au-dessus d'une place de parc, une grande banderole où figuraient trois voitures les unes sur les autres.
Toujours plus de voitures
Une des voitures représentées sur la banderole était reliée à une borne de recharge électrique, une autre était un véhicule de partage, alors que la dernière était une voiture privée à essence. "Nous avons pris les besoins de demain en considération", note Yves Gerber, car le nombre de voitures ne devrait pas reculer.
En 2040, des projections indiquent que la Suisse comptera 18% de voitures en plus à cause de la croissance démographique et du succès économiques du pays, relève Yves Gerber. Pour les référendaires, il faudrait au préalable construire des parkings souterrains avant d'envisager de supprimer des places de parc en surface.
La modification législative attaquée par référendum avait été votée par le Grand Conseil en septembre 2019. Elle assouplit le principe de compensation des places de parc supprimées dans l'espace public inscrit dans la loi cantonale. Seuls l'UDC et le MCG s'étaient opposés au Parlement à cet amendement.
Large alliance en faveur de l'assouplissement des règles
A Genève, un large front appelle à accepter l'assouplissement des règles visant la compensation des places de stationnement supprimées en surface, en votation le 27 septembre. Le comité pour le oui réunit la gauche, le PDC et le PLR ainsi que des associations de quartier et pour la mobilité douce.
Ce spectre très large d'associations et de partis est la preuve d'une volonté de débloquer la mobilité à Genève, a relevé mercredi devant les médias la Verte Lisa Mazzone, présidente de l'Association transports et environnement Genève (ATE) et conseillère aux Etats. Votée par le Parlement, la révision de la loi d'application de la législation fédérale sur la circulation routière a fait l'objet d'un référendum.
Alors que le stationnement représente un levier important par rapport au choix du mode de transport, les règles de suppression des places de parc en surface sont trop contraignantes, a souligné la vice-présidente de l'ATE et députée PS Caroline Marti. Le fait que toute place sur la voirie doit être remplacée, à certaines conditions, par une place dans un parking public engendre des blocages.
"Voter sur le sujet"
La modification permettra de supprimer jusqu'à 4000 places pour réaliser des bandes cyclables, des voies de bus et élargir les trottoirs. Pour le député PS Thomas Wenger, de la Coordination transports et déplacements, elle s'inscrit dans l'esprit de la loi pour une mobilité cohérente et équilibrée, qui donne la priorité aux transports publics et à la mobilité douce au centre-ville.
Ces améliorations vont libérer la route pour ceux qui en ont besoin, surtout les entreprises, a relevé la présidente du PDC Delphine Bachmann. Mais si la Chambre de commerce et d'industrie appelle à voter oui, ce n'est plus le cas de la Fédération des métiers du bâtiment. "Certains blâment le gouvernement pour les nouvelles pistes cyclables, ce n'est pas le sujet! Il ne faut pas se laisser gagner par la mauvaise humeur", a plaidé le député PLR Alexandre de Senarclens.
>> Ecouter aussi le débat dans Forum entre Thomas Wenger (député socialiste au Grand Conseil genevois) et Yves Menoud, secrétaire patronal de la NODE):
ats/ebz