Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07119.jsonl.gz/941

Le nombre de cas officiellement recensés ces dernières semaines d'infections par le virus de la poliomyélite en Indonésie est désormais de 225 et ce malgré deux campagnes massives de vaccination enfantine menées en mai et juin. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS) quatorze nouveaux cas, dont un dans la capitale Djakarta, viennent de s'ajouter au précédent bilan, tous les enfants infectés n'ayant jamais été vaccinés. Deux campagnes massives de vaccination supplémentaires ont été programmées dans l'archipel pour la fin août et fin septembre visant environ 25 millions d'enfants. Les deux premières avaient inclus plus de 6,4 millions d'enfants dans l'ouest de Java, l'île indonésienne la plus peuplée. La poliomyélite avait été éradiquée d'Indonésie depuis près d'une dizaine d'années.En mai dernier, alors que l'on observait une réémergence de bouffées épidémiques dans une dizaine de pays africains, deux cas avaient été identifiés sur l'île de Java. Pour l'OMS, cette nouvelle dissémination géographique du virus a pour origine essentielle le Nigeria, pays où un groupe de prédicateurs islamistes a suscité un mouvement de refus de la vaccination en affirmant qu'elle faisait partie d'un complot occidental pour stériliser les femmes africaines en leur faisant absorber des médicaments contaminés. Pays le plus peuplé d'Afrique, avec 130 millions d'habitants, le Nigeria avait recensé 788 cas de poliomyélite en 2004 (soit 63 % des cas mondiaux), contre 355 en 2003, et le foyer épidémique situé dans le nord du pays s'est depuis peu étendu à une dizaine de pays.Selon l'OMS, le résultat des analyses virologiques permettait d'affirmer que le virus isolé en Indonésie avait été importé d'Arabie saoudite, l'un des pays touchés par la vague épidémique originaire du Nigeria. Les experts de l'ONU estiment aujourd'hui que la situation indonésienne pourrait rapidement évoluer vers une véritable épidémie avec le début de la saison des pluies. «Les déchets seront plus difficiles à collecter, il y aura un risque accru que l'eau destinée à de nombreuses communautés soit contaminée par le virus», a déclaré à la presse David Hipgrave, membre de l'Unicef.L'Unicef et l'OMS se sont engagées à soutenir la campagne de vaccinations des autorités indonésiennes, qui mobilisera 750 000 personnes dans 245 000 centres de vaccination. Cinq cents centres de vaccination seront d'autre part mis en place dans différents aéroports, gares routières et ports pour vacciner les enfants de moins de cinq ans s'apprêtant à voyager.