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Qu’est-il arrivé à l’Empire romain ?
Jean-Christian Lambelet
Éditions Slatkine, 2018
«Qu’est-il arrivé à l’Empire romain?» C’est sous ce titre que Jean-Christian Lambelet tente de répondre à une interrogation qui se fait de plus en plus pressante. Il a été professeur honoraire à l’Université de Lausanne jusqu’en 1974. Il est l’auteur d’une quinzaine de livres et d’environ 200 études et articles en économie, en histoire et en science politique.
On peut se demander pourquoi nos contemporains ont tant d’intérêt à savoir comment s’est accomplie la disparition de l’Empire romain. Le gigantisme de cet Empire ressemble beaucoup à la mondialisation actuelle qui se manifeste chaque jour plus précisément et cela peut nous influencer fortement dans notre recherche de savoir.
L’agriculture était la principale activité économique des Romains. Faut-il imaginer que des conditions climatiques ont été modifiées au point d’entraîner des pertes assez importantes pour modifier sur tout le territoire le climat propice à la culture des céréales si indispensable pour les grandes villes comme Rome?
Si les Romains ont perdu peu à peu le contrôle de leur Empire, c’est en premier lieu parce qu’ils n’ont pas compris ce qui leur arrivait. Comprendre les phénomènes sociaux, politiques, économiques et militaires survenus tous en même temps, cela est difficile. Il s’agit d’une condition importante, mais insuffisante. On ne peut maîtriser ce qu’on ne connaît pas bien, ce dont on n’est pas conscient.
Jean-Christian Lambelet dit très humblement, en y réfléchissant longuement et profondément: «Je suis arrivé à établir une dizaine de conditions qui ont pu entraîner la chute de cet immense Empire». Premièrement, la lenteur de la transmission des nouvelles en cas de problèmes sur les frontières excentriques et peu rentables. Il faut aussi se souvenir de l’épidémie de peste qui a fortement touché la plus grande partie de la population romaine.
Il y a aussi le délitement progressif d’une politique instable: dictature militaire, influence politique néfaste des légions et de la garde prétorienne, sans oublier une trop grande centralisation. Il y a une force armée qui entraîne un lourd coût fixe et des impôts élevés et presque insupportables. Les finances publiques déjà lourdement chargées par la vaste épidémie de peste qui a fortement déstabilisé tout l’Empire avec des conséquences économiques inévitables: dévalorisation de la monnaie, inflation plus forte et explosion des taux d’intérêt, érosion progressive de la base économique de l’Empire. Peut-être un militarisme congénital et le caractère extrêmement violent de toute la société, d’où une aliénation d’une partie de la population. Surtout l’absence d’instruments d’analyse adéquats qui auraient permis d’identifier ces problèmes et d’y remédier.
Il faut encore tenir compte d’un mélange de cultures qui n’a fait que croître au fur et à mesure de l’expansion de l’Empire, malgré les efforts faits pour intégrer toutes ces différentes cultures.
C’est ainsi que les Romains ont peu à peu perdu le contrôle de leur civilisation.