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C’est un des rares noms de la mode suisse connu à l'étranger. Christa de Carouge, Christa Furrer de son vrai nom, est décédée d'une maladie courte et subite à l'âge de 81 ans, alors qu'elle était encore en pleine activité artistique.
Son style immédiatement reconnaissable était radical: des habits aux lignes géométriques, d'abord noirs uniquement, puis quelques couleurs primaires, unies, en coton et dans des soies japonaises. La ligne est minimaliste, ample et sobre inspirée par le Bauhaus et sa première formation de graphiste. Elle portait aussi de grosses lunettes noires et des coupes de cheveux incroyables, très courtes.
Née en 1936, Christa est la fille d'un chef cuisinier du Baur au Lac, le palace de Zurich, et d'une couturière. Elle s'ennuie en Suisse allemande et débarque à Genève où elle travaillera avec son mari, propriétaire de la boutique Monsieur Rudi. Dans les années 1960, leur enseigne permet aux Genevoises de porter leurs premières mini-jupes, ou des manteaux maxi que le couple allait chercher à Londres. Mais lasse de sa vie de bourgeoise, Christa divorce.
En 1978, poussée par sa mère qui lui promet de l'aider, elle crée son atelier à Carouge et demande au maire de l'époque si elle peut porter le nom de Christa de Carouge. Toujours à l'avant-garde, elle développe sa philosophie de l'habit-maison. La styliste souhaite que ses clients se sentent confortables dans sa ligne, comme à la maison. Elle imagine des manteaux qui ne se froissent pas, qui servent à la fois de couverture, de coussin ou de doudoune.
swissinfo.ch avec la RTS (Téléjournal du 17 janvier 2018)