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Dimanche 27 mars 2011, les Suisses avanceront de nouveau leur montre de 60 minutes pour passer à l'heure d'été, ceci pour la 30e fois. C'est en effet en 1981 que cette mesure a été introduite, après quelques controverses. Elle est encore contestée aujourd'hui.
Le Conseil fédéral avait déjà introduit l'heure d'été durant la 2e Guerre mondiale, en 1941-42, dans le but de réaliser des économies d'énergie. Le résultat ne correspondant pas aux attentes, il avait stoppé l'exercice en 1943. Dans les années 1970, l'Italie et la France ont réintroduit l'heure d'été, en réponse notamment à la crise pétrolière de 1974. Dans la foulée, le Conseil fédéral a présenté un projet de loi qui lui octroyait la compétence de réintroduire cette mesure.
Refusée puis introduite
Les milieux agricoles ont alors déposé un référendum, argumentant que les vaches ne pouvaient pas subitement être traites une heure plus tôt. Et ils ont eu gain de cause: la loi a été refusée en votation populaire par 52% de "non" le 28 mai 1978. Lorsque l'Allemagne et l'Autriche sont aussi passées, en 1980, à l'heure d'été, la Suisse est toutefois devenue un "îlot temporel", ce qui compliquait sérieusement l'élaboration des horaires des transports. La même année, le Conseil fédéral a alors proposé sa loi une seconde fois, mais le référendum n'a cette fois-ci pas abouti.
Depuis 1981, la population suisse avance ainsi ses montres et horloges d'une heure le dernier dimanche de mars et les retarde le dernier dimanche d'octobre. Jusqu'en 1996, le changement s'effectuait fin septembre. Une initiative visant à abolir l'heure d'été, lancée en 1982 - notamment par Christoph Blocher -, n'a pas récolté suffisamment de signatures. Mais les critiques ne se sont pas tues pour autant: selon ses adversaires, l'heure d'été n'apporte aucune économie d'énergie et perturbe l'organisme des être humains et des animaux. Dernière tentative en date pour l'abolir: une motion de la conseillère nationale Yvette Estermann (UDC/LU), qui n'a toutefois pas trouvé grâce auprès du Conseil fédéral. Le National doit encore se prononcer.
Par ATS - le 23 mars 2011