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On les voit conduire leur maître aveugle en ville, faciliter la vie d'un handicapé physique, patrouiller avec les douaniers à la découverte de drogues,
rechercher des personnes égarées, figurer comme gentils copains dans d'innombrables spots publicitaires .... et surtout, de plus en plus, ici en Suisse,
accompagner avec joie leurs familles en ville, à la campagne, à la montagne ou sur les lacs
Mais est-ce que vous les connaissez vraiment? Savez-vous, par exemple, qu'il y a SIX races de Retriever?
Le Labrador Retriever (poil court, noir, jaune ou chocolat
Le Golden Retriever (poil long, doré clair ou foncé, ainsi que crème),
Le Flatcoated Retriever (poil long, noir ou foie),
Le Curlycoated Retriever (poil court, bouclé, noir ou foie),
Le Chesapeake Bay Retriever (poil court, ondulé, diverses nuances de brun)
Le Nova Scotia Duck Tolling Retriever (poil long, roux)!
Les quatre premières sont originaires de Grande-Bretagne
le Chesapeake vient des Etats-Unis
le Nova Scotia du Canada.
Bien sûr, il n'y a pas que les couleurs et le genre de poil pour les différencier:
dans les articles qui suivront, nous nous pencherons sur les particularités de chacune de ces races. Pour le moment, nous allons faire un peu d'histoire et
considérer les points communs entre ces "cousins".
Au milieu du 19e siècle, la chasse au fusil avec un chien était chose courante en Grande-Bretagne. On utilisait alors des races que nous connaissons bien
aujourd'hui encore:
les spaniels et les setters (dont il existait à cette époque plus de variétés que maintenant).
Les chiens travaillaient devant le fusil, et on avait bien assez de temps d'attendre que le même chien rapporte le gibier avant de broussailler ou quêter de
nouveau, car il fallait recharger son arme, ce qui prenait du temps, puisque cela se faisait par la bouche du fusil, avec de la poudre.
Ce ne fut que vers les années 70 du siècle passé que le fusil chargé par la culasse et la cartouche complète apparurent.
Graduellement, une nouvelle forme de chasse se développa: la chasse à la battue, où une ligne de rabatteurs (souvent accompagnés de spaniels) avançait vers
les chasseurs - qui eux restaient à leur poste - leur offrant plusieurs oiseaux à la fois, volant à grande vitesse.
Etant donné que le chasseur avait maintenant un fusil qu'il pouvait enfin recharger très rapidement, il avait besoin d'un chien spécialisé qui resterait tranquille
auprès de lui pendant la battue et le tir, et qu'il pouvait envoyer ensuite n'importe où pour rechercher et ramasser le gibier tiré.
C'est surtout par leur caractère que les Retrievers ont beaucoup en commun.
Le Curlycoat ("poil bouclé") est considéré comme la plus ancienne des races de Retriever (= "rapporteur")
Le Curlycoat est intelligent, aimable, plein de confiance.
Le Flatcoat (appelé au début Wavycoat = "poil ondulé").
Le Flatcoat est aimable, confiant et gentil, et a une grande aptitude naturelle pour le travail de chasse.
Ce fut le Flatcoated Retriever qui devint le Retriever préféré des chasseurs et des gardes-chasse britanniques entre les années 1890 et 1910.
Le Labrador fut présent dès la première moitié du 19e siècle en Grande-Bretagne, surtout dans la région de Southampton et dans les Borders (région au sud de l'Ecosse), où vivaient ceux qu'on pourrait appeler ses fondateurs, mais ce fut seulement plus tard qu'il deviendra le Retriever de choix pour le chasseur.
Le Labrador ne doit pas être agressif, mais aimable, intelligent, agile.
Le Golden Retriever (très proche parent du Flatcoat, comme nous le verrons ultérieurement), plus récent, date des années 60 du siècle passé. Lui aussi a été utilisé au début sur un plan très local: les Borders et le sud de l'Angleterre, dans la région de Dorchester. Ces éleveurs produisaient leurs chiens pour leurs propres besoins et de temps en temps en donnaient ou vendaient à leurs amis et connaissances, ce qui explique cette répartition régionale, dans un premier temps.
Le Golden est aimable, confiant et gentil, et a une grande aptitude naturelle pour le travail de chasse.
Les standards officiels nous disent que le Chesapeake est affectueux, un bon compagnon, de disposition joyeuse, et surtout qu'il est alerte, intelligent et a la volonté de travailler.
Le Nova Scotia est intelligent, apprend vite et est toujours prêt à travailler
De l'autre côté de l'Atlantique on trouvait le Chesapeake et le Nova Scotia, sous leur formes primitives,
durant la première moitié du 19e siècle, déjà.
Pourquoi croyez-vous que toutes ces exigences ont été incluses dans le standard?
Pour obtenir le chien de compagnie idéal?
Que non! Toutes ces races de Retriever étaient de prime abord des chiens conçus pour le travail.
Elles sont aujourd'hui encore classées comme chiens de chasse par toutes les sociétés cynologiques et kennel clubs du monde, et c'est pour obtenir les qualités
de caractère et de performance nécessaires à la chasse qu'on a mis l'accent sur elles.
Ce furent des éleveurs qui étaient en même temps des chasseurs connaissant les qualités à rechercher pour un chien de rapport efficace qui les ont fixé dans
les races de Retriever à travers des générations et des générations, en n'utilisant pour l'élevage que les sujets avec les qualités et les caractéristiques adéquates.
Le Retriever devait être un partenaire, un camarade de travail dans lequel on pouvait avoir pleine confiance.
Ignorer l'importance du caractère et des aptitudes naturelles spécifiés dans le standard, c'est courir le risque de voir disparaître les qualités innées des
Retrievers que nous apprécions tant, ce qui s'est malheureusement passé dans maintes autres races devenues "à la mode".
Aujourd'hui les Retrievers, surtout les Goldens et les Labradors, figurent dans les listes des "top-ten" dans presque tous les pays d'Europe y compris
la Suisse.
Ici, au moins, les chiens d'élevage doivent réussir un Test d'Aptitudes Naturelles. On contrôle surtout si le chien est craintif ou agressif envers
des personnes ou d'autres chiens, s'il a peur des objets et bruits insolites.
Le juge de caractère doit pouvoir constater que le chien a un minimum d'instinct pour le travail du Retriever (rapport, nez, non-réaction au coup de feu,
volonté d'aller à l'eau), mais étant donné que seulement une minorité de gens (malheureusement!) travaille avec leur Retriever (toutes disciplines
confondues), la barre a été placée à un niveau assez bas.
Il incombe donc à celui qui cherche un Retriever pour le travail (quelle que soit la discipline) de bien se renseigner sur les aptitudes des deux parents
de son futur chiot.
Les Retrievers sont, en général, des chiens sains et faciles à soigner mais comme toutes les races, celles de cette famille peuvent être atteintes de certains
maux héréditaires (dysplasie des hanches ou des coudes, maladies oculaires, par exemple). Cependant, le nombre de chiens qui en souffrent est très réduit:
la plupart des cas n'auraient jamais été soupçonnés si l'on n'avait pas fait une radio ou un examen par curiosité ou comme étape vers la sélection
pour l'élevage.
En Suisse, tout Retriever utilisé pour l'élevage doit avoir passé certains contrôles de santé, mais la génétique joue souvent un rôle si compliqué qu'il est
absolument impossible de supprimer complètement tout risque.
L'acheteur d'un chien doit être conscient qu'il achète un être vivant et qu'il y a toujours un certain risque inhérent à cette acquisition.
Le bon Retriever a un caractère en or.
Il aime être en compagnie d'humains (il n'est pas un chien exclusif), adore jouer avec les enfants et fait tout ce qu'on lui apprend avec joie et persévérance.
Il vous suivra partout, mais s'étendra aussi avec plaisir à vos pieds, devant le feu de cheminée, car sa joie est de partager la vie avec vous.
C'est pourquoi d'ailleurs qu'un Retriever heureux est celui
qui vit pleinement avec "sa famille" et qui n'est pas condamné
à la vie de chenil.
Mais ne vous y trompez pas, même si le Retriever typique est un chien intelligent et équilibré, comme tout autre chien il doit être éduqué, non seulement chez soi, mais aussi "dans le monde":
il doit connaître sa place dans la hiérarchie de sa meute familiale et dans la société (avec d'autres gens et avec d'autres chiens). Il faut qu'il vous obéisse et ne fasse pas de vous son esclave.
Comme tous ses congénères, du Chihuaha au Wolfhound, le Retriever pense, se comporte et montre ses sentiments comme un chien.
Malgré toutes les tentations qu'entraîne la popularité des Retrievers, l'éleveur consciencieux d'aujourd'hui sait qu'il a le devoir de maintenir l'image de marque
de ces races, comme l'ont fait leurs "créateurs" et les éleveurs qui ont repris le flambeau après eux.
Les magnifiques qualités du Retriever, compagnon-chien de travail par excellence, dont nous nous réjouissons aujourd'hui doivent être préservés pour ceux
qui viendront après nous.
Texte rédigé par Sally Gray
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