Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06970.jsonl.gz/1379

«Les cordes de la viole d’amour étaient soit frottées par l’archet soit pincées par les doigts. Sous le manche étaient disposées des cordes encore plus fines que ni l’archet ni les doigts ne pouvaient atteindre. De cette manière, la viole d’amour produisait le son le plus envoûtant et le plus céleste qui soit grâce au phénomène de résonance. Chaque fois que l’instrument jouait une note qui coïncidait avec la fréquence d’une des cordes sympathiques situées en dessous, cette corde entrait en vibration et produisait en réponse son propre son fantomatique.»
(Linda KOHANOV. ‘Le tao du cheval’)
Lorsque je me sens proche d’une personne, est-ce parce que son être vibre à la même fréquence que la mienne ? Est-ce que je reconnais en l’autre la musique qui résonne au fond de mon coeur ? Me sentir spontanément reliée à quelqu’un que je rencontre pour la première fois est-il un phénomène qui s’explique simplement par des histoires d’ondes et de fréquences ? Des cordes invisibles qui résonnent en harmonie ?
De la même manière, l’empathie pourrait-elle être perçue comme une musique secrète qui ne saurait être entendue et appréciée que par les initiés ? Je reconnais alors la tristesse, la peur, la colère ou la joie chez mon interlocuteur, parce que je les ai expérimentés dans un contexte identique par le passé.
Laisser vibrer en moi la corde de la tristesse, de la peur, de la colère ou de la joie me permet d’entrer en relation non seulement avec mon intériorité, mais aussi avec ce qui m’entoure. Comprendre l’autre, c’est donc d’abord et avant tout se comprendre soi-même. Savoir s’écouter. Tendre l’oreille vers les messages subtiles de mes émotions.
Et vous ? Quels messages vos émotions vous ont-elles transmis ?