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Les F/A-18 sont trop vieux et doivent être remplacés (image symbolique).
KEYSTONE/ALEXANDRA WEY(sda-ats)
La flotte suisse des avions de combat doit être remplacée d'ici cinq à dix ans. Le groupe d'experts et le groupe d'accompagnement ont présenté mardi quatre options d'acquisition d'avions. Coût: jusqu'à 14 milliards.
Ces projets prévoient l'acquisition de 20 à 70 avions pour un budget de 4 à 14 milliards de francs et le renouvellement du système de défense sol-air pour 1 à 4 milliards, selon le rapport du groupe d'experts interne au Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports (DDPS) publié mardi. Selon eux, le renouvellement des moyens de défense aérienne doit être initié "de toute urgence".
Pour financer l'acquisition des prochains avions de combat, les experts préconisent d'utiliser, de préférence, le budget ordinaire de la Confédération et de l'armée. Un tel modèle exclurait le risque du référendum comme cela avait été le cas avec les Gripen en 2014, relevaient dimanche plusieurs journaux alémaniques.
Aucun avion spécifique pour remplacer l'ancienne flotte n'est mentionné dans le rapport. L'évaluation d'un tel engin est une tâche complexe dans laquelle interviennent plusieurs facteurs, argumentent les experts. Tous les candidats entrent en ligne de compte. Le rapport ainsi que les 16 recommandations du groupe d'accompagnement ont été remis au chef du Département de la défense, Guy Parmelin.
Première option, et la plus chère, l'acquisition de 55 à 70 nouveaux avions de combat polyvalents, couplés à un système de défense sol-air. Une combinaison nécessaire pour assurer une protection crédible et efficace de l'espace aérien, précise le groupe d'accompagnement. Le tout pour un coût de 15 à 18 milliards de francs. Les F/A-18 et les F-5 Tiger seraient retirés du service.
Protection limitée
Pour 9 milliards de francs, le groupe d'experts propose l'achat de 40 nouveaux avions et d'un système de défense sol-air qui pourrait couvrir une surface grande comme le Plateau. Mais les troupes au sol et les ouvrages importants seraient alors moins bien protégés.
La troisième version prévoit l'achat de 30 aéronefs et d'un système de défense sol-air étendu. Là aussi, les F/A-18 et les F-5 Tiger prendraient leur retraite. Coût: entre 8 et 8,5 milliards de francs.
Ce projet a obtenu une majorité des voix auprès du groupe d'accompagnement, formé de représentants des quatre partis gouvernementaux, de l'industrie et de l'armée et du DDPS.
Ancienne flotte en service
Seule la dernière variante n'implique pas la fin des F/A-18. Leur durée d'utilisation serait prolongée et seuls 20 nouveaux avions seraient achetés.
Quelque 50 avions de combat seraient donc disponibles pour assurer la sauvegarde de la souveraineté du territoire suisse. Du moins jusqu'en 2030. Une solution moins coûteuse (5 milliards), mais également moins durable puisqu'il faudrait prévoir de nouveaux achats dès 2025.
Les experts rappellent aussi que de nombreux systèmes des troupes terrestres atteignent la fin de leur durée de vie et devront aussi être renouvelés dans les années 2020. De plus, pour éviter les lacunes, l'acquisition du système de défense sol-air doit être proposée au Parlement ces mêmes années, soit dans la même période que le crédit pour le prochain avion de combat.
Les modèles de financement alternatifs (location, leasing) sont défavorables tant sur les plans financier et économique que sécuritaire et militaire, selon ces experts internes au DDPS.
Concepts écartés
Les experts ont aussi examiné des concepts alternatifs. Des avions de combat sans équipage et des drones sont en cours de développement, mais ne pourront pas remplacer les équipages dans un avenir proche, retient le groupe d'experts. Ils sont un complément mais pas une option. Tout comme la substitution d'une partie des avions de combat par d'autres moyens de défense.
La Suisse pourrait notamment exploiter une flotte réduite tout en renforçant fortement la coopération internationale. Certes moins chers, les jets de la défense helvétique ne font pas le poids face aux avions modernes en cas de combat, précise le groupe. La Suisse ne dispose donc pas d'alternative satisfaisante pour protéger efficacement l'espace aérien, selon les membres du groupe d'accompagnement.
ATS