Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07139.jsonl.gz/920

Avec notamment quatre fois plus de crues majeures aujourd'hui qu'en 1980, les aléas météorologiques "extrêmes" ont été toujours plus fréquents ces 36 dernières années, souligne un rapport européen. Le document pointe le rôle de certains courants, océanique et aérien.
Canicules, feux de forêt, tempêtes: le nombre d'événements climatiques a plus que doublé en moyenne depuis 1980, souligne l'analyse publiée mercredi par le conseil des académies des sciences européennes (EASAC). Les aléas hydrologiques extrêmes (inondations, crues) ont en particulier quadruplé, alors que les sécheresses ont doublé.
Seule "note positive", les rivières en Europe connaissent plus de crues, mais leur coût global reste stable, suggérant l'efficacité des mesures de protection.
"La tendance aux extrêmes se poursuit", souligne Michael Norton, directeur du programme "environnement" de l'EASAC, qui réunit 27 académies des sciences de l'UE, de Norvège et de Suisse. Il appelle à limiter toujours plus les gaz à effet de serre et, pour les impacts inévitables, de renforcer les plans de protection.
Gulf Stream et jet-stream
"Ces résultats reflètent les tendances générales, (montrant) les conséquences d'une énergie thermique accrue sur le système terrestre", souligne le climatologue Phil Williamson, de l'université britannique d'East Anglia, dans un commentaire au Science Media Center. "Par exemple, depuis 150 ans il y a eu dix fois plus de records battus pour des températures élevées que pour des températures basses".
Ce rapport, qui actualise une précédente analyse de 2013, évalue plusieurs facteurs pouvant expliquer ces intempéries plus fréquentes. "Certains vecteurs de climat extrême qui étaient plutôt de l'ordre de la spéculation il y a quatre ans, le sont beaucoup moins aujourd'hui", souligne le professeur Norton.
Il pointe entre autres le ralentissement du Gulf Stream, "désormais une hypothèse plausible". L'arrêt de ce courant océanique devient même possible, du fait notamment de la fonte de la calotte groenlandaise et de précipitations accrues venues des hautes latitudes. D'après les chercheurs, les hivers ouest-européens en perdraient plusieurs degrés.
Autre élément, les récentes perturbations du jet-stream polaire, courant aérien ultra-rapide circulant dans la haute troposphère. Selon des recherches récentes, ses fluctuations, potentiellement liées au réchauffement en Arctique, pourraient avoir été à l'origine en Europe et dans l'est des Etats-Unis de plusieurs épisodes d'hivers rigoureux et de températures estivales extrêmes.