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85 ans se sont écoulés depuis la publication de la Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie de John Maynard Keynes, qui est certainement en train de se révolter dans sa tombe au vu des choix inconcluants des gouvernements en Europe et dans d’autres pays se considérant «avancés» sur le plan économique.
Écrite durant les années de la Grande dépression induite par la crise financière éclatée en 1929, la Théorie générale de Keynes reste une œuvre essentielle pour comprendre comment sortir de la crise économique liée à la pandémie du Covid-19 de nos jours.
Le message principal adressé aux politicien.ne.s au gouvernement, jadis comme aujourd’hui, consiste à comprendre un raisonnement clair et élémentaire: le système économique peut être relancé et soutenu seulement par une forte augmentation des dépenses publiques, lorsque l’économie privée se trouve dans une grave situation pour les parties prenantes sur le marché du travail et sur celui des produits, à savoir, les travailleurs et les entreprises.
L’augmentation des dépenses publiques entre directement dans le circuit économique, augmentant le produit intérieur brut, entendez les dépenses de consommation et d’investissement dans une dynamique vertueuse pour l’ensemble de l’économie. Il y aura dès lors davantage de consommation des ménages, davantage de profits pour les entreprises et, en fin de compte, davantage de ressources fiscales pour le secteur public, avec lesquelles il sera possible de rembourser au moins une partie de la dette publique accumulée pour relancer le système économique.
Keynes n’était aucunement un économiste socialiste ou communiste. Son approche était de matrice libérale (mais pas néo-libérale), c’est-à-dire qu’il considérait le secteur public comme étant complémentaire (et non pas antagoniste) au secteur privé de l’économie. Les acteurs de l’économie privée ont besoin de l’État pour satisfaire des besoins qui autrement resteraient insatisfaits (pour les personnes physiques) et pour gagner des profits qu’autrement les entreprises ne gagneraient pas.
Le «New Deal» d’empreinte keynésienne en est une claire démonstration, grâce auquel aux États-Unis et dans les autres pays occidentaux on a pu observer trois décennies de croissance économique qui ont augmenté la prospérité et la cohésion sociale (durant les fameux «Trente glorieuses» années, de 1945 à 1975).
À présent, il est temps de mettre en œuvre un «Green New Deal», à savoir, une forte augmentation des dépenses publiques permettant non seulement d’augmenter la croissance économique et le niveau d’emploi, mais également de réorienter les activités économiques afin qu’elles soient favorables à l’environnement.
Une petite lumière d’espoir peut être entrevue à cet égard, vu que tant la Commission européenne que la Banque centrale européenne sont dirigées par une femme: la sensibilité féminine peut faire la différence lorsqu’il s’agit de problèmes qui touchent l’ensemble de la population et pas seulement les patrimoines des riches – qui d’habitude sont placés avant tout le reste par les hommes au pouvoir.