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La coalition du président turc Erdogan est arrivée en tête à l'échelle nationale avec 51% des voix, mais a subi plusieurs revers importants. L'AKP a en effet perdu Ankara et Istanbul, les deux grandes villes que lui et ses prédécesseurs contrôlaient depuis vingt-cinq ans et qui voient la victoire de candidats du parti Kémaliste CHP. Refusant de concéder la défaite, l'AKP a annoncé qu'il déposerait des recours auprès des autorités électorales.
Le parti d'Erdogan ne contrôle donc plus que quatre des dix plus grandes villes du pays (Bursa, Konya, Antep et Kayseri). Dans les régions à majorité kurde, les candidat·e·s du HDP ont reconquis la plupart des villes mises sous tutelle par l'État autoritaire d'Erdogan ces dernières années. Cela est d'autant plus remarquable que la répression terrible contre le mouvement, ses représentant·e·s, et les activistes kurdes n'a jamais cessé.
Outre un bilan économique et social négatif, l'AKP s'est heurté à un front uni de l'opposition, le CHP et l'Iyi (droite) présentant un candidat commun dans les grandes villes. Le mouvement du HDP a soutenu cette alliance en ne présentant pas de candidat dans l'ouest du pays afin d'éviter la dispersion des voix anti--Erdogan, mais sacrifiant également des candidatures alternatives progressistes et non nationalistes.
La défaite du parti d'Erdogan dans des grandes villes est à saluer, mais la construction d'une alternative progressiste et inclusive pour le HDP reste d'actualité.
Joseph Daher
Article publié dans le journal de solidaritéS
https://www.solidarites.ch/journal/d/article/9183