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03.04.2008 - Ler Nouvelliste
Premier arrivé, premier servi
VALAIS - En Suisse, la production et la distribution de courant sont à 90 pour cent aux mains des communes et des cantons. Surtout aux mains de certains cantons malheureusement, puisque le canton du Valais, alors peu fortuné, n'avait ni le courage ni les moyens de construire lui-même ses installations hydrauliques. Tout comme les Grisons.
Le Valais produit 10 milliards de kilowattheures, nous en consommons 3 et ne contrôlons qu'un peu plus de 2. Les entreprises du Plateau suisse font de l'or avec cette énergie hydraulique accumulable.
EOS, Axpo and Co contrôlent également le réseau national en tant qu'actionnaires. Les parlementaires valaisans à Berne ont empêché que les communes et les cantons suisses - c'est-à-dire aussi le Valais et ses communes - deviennent des actionnaires du réseau national au même titre. Un autogoal hors classe.
Le Conseil fédéral a dû tracer les grandes lignes de l'ouverture du marché de l'énergie électrique parce que le Parlement avait laissé trop de questions ouvertes en la matière. Le projet du département Leuenberger allait dans le sens de la stratégie des barons de l'énergie.
A l'exception du Parti socialiste du Haut-Valais, aucun parti valaisan ne s'est penché sur la question. Pas plus que les neufs parlementaires valaisans. La prise de position des cantons de montagne fut bien maigre.
Le Conseil fédéral a corrigé la trajectoire en trois points au bénéfice des cantons châteaux d'eau:
D'abord, les pointes de consommation sont fortement facturées. Leuenberger voulait faire mesurer les pointes de consommation tous les trois mois. Une balle dans le pied du tourisme. Les factures sont établies depuis peu sur la base de pointes de consommation mensuelles. Le tourisme respire.
Ensuite, le réseau national n'obtient pas 6 mais 5 pour cent pour ses nouveaux investissements. C'est toujours trop mais quand même moins que la proposition Leuenberger.
Enfin, Leuenberger voulait faire payer 28 centimes pour l'énergie éolienne, deux fois plus qu'en Autriche. Le Conseil fédéral a abaissé la fourchette entre 17 et 20 centimes. Les conséquences: avec la même somme, on peut promouvoir le double d'énergie alternative.
Cerise sur le gâteau, des parcs éoliens efficaces s'érigent dans les Alpes, surtout en Valais et si les Valaisans ne laissent pas à nouveau passer cette chance. Car en matière de promotion de l'énergie alternative le premier arrivé est le premier servi. En bon français: le premier à présenter son projet reçoit les subventions. La course commence le 1er mai 2008. Dans 30 jours. Le timbre postal faisant foi pour l'envoi de projets.
Les chefs de l'administration cantonale valaisanne se demandent comment empêcher la construction de centrales éoliennes. Aucune task force des FMV pour porter des projets concrets avec les distributeurs locaux. Dommage.
PETER BODENMANN, hôtelier et éditorialiste