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Les Eglogues.
Weimar, Comte Harry de Kessler sur les presses à bras de la Cranach Presse, 1926. In-folio de [4]-110-[6] pages, couvertures et dos conservés, suivi des deux suites avec couvertures et dos conservés, relié en plein maroquin vert décoré d'un semis de traits dorés et noirs, titre en noir au dos et au premier plat, tranches dorées, contre-plats de daim noir, gardes de soie moirée verte. Chemise en maroquin vert à rabats. La reliure est signée G. Cretté, successeur de Marius Michel.
Illustré par Aristide Maillol de 43 bois dessinés et gravés par lui-même. Somptueuse édition dont il semble que les fées se soient penchées sur la réalisation! En effet, cette publication est une parfaite réussite, tant au niveau de la typographie dont les caractères ont été gravés par Edward Prince d'après ceux dont se servit Nicolas Jenson en 1470 à Venise; le papier, ici un des XXXVI exemplaires sur papier riche à fond de soie, fait à la main d'après des procédés spéciaux, par le Comte Kessler, Aristide et Gaspard Maillol à Monval, près de Marly-le-Roi (XXXII), que de la mise en page qui est l'œuvre du Comte Kessler. Les titres et les grandes lettres furent gravés par Eric Gill et ornés par Aristide Maillol. La composition (par Walter Tanz) et l'impression (par H. Gage-Cose, E. Dressler et Max Kopp) furent réalisées sous la direction du Comte Kessler et de J. H. Manson sur les presses à bras de la Cranach Presse à Weimar. Un des exemplaires de la série b, avec, outre les 43 bois de Maillol dans le texte, une double série des gravures, en rouge, sur ce qui nous semble être du papier de Chine, et dont la première gravure est signée au crayon par Maillol, de son monogramme, et la seconde suite, sur Japon extra fort, en noir. A propos de ce livre, François Chapon déclare: [Maillol] "avait atteint la plus haute expression de son art d'illustrateur […]. La plénitude des formes, la pureté du dessin, une volupté ingénue et tranquille conférait leur sérénité à des compositions où la beauté de l'univers méditerranéen s'alliait à la grâce un peu drue des corps juvéniles. L'architecture du recueil procédait d'une réminiscence magnifiquement rajeunie des impressions vénitiennes de la Renaissance. Le génie de Maillol empêche cet ouvrage, établi dans ses moindres détails avec un soin admirable, de verser dans le pastiche. Il demeure un répertoire d'image éternelles, décantées des marques du temps, situées dans un espace idéal que suggère la puissance synthétique du sculpteur." in Fr. Chapon, Le peintre et le livre, p. 163. Rauch, Les peintres et le livre 1867-1957, 138; catalogues raisonnés: Guérin, 15 - 58; Rewald, 8 - 52; Castleman, n° 38.