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Atelier n°2 2010-2011
La délibération et l’extension des droits politiques des étrangers
Objectifs
L'atelier de recherche a pour but de familiariser les étudiants avec toutes les étapes d'un projet de recherche en Sociologie. Il se déroule sous forme de rencontres hebdomadaires où les étudiants sont invités à fonctionner comme une véritable équipe de recherche.
Description
L'atelier se tient de septembre 2010 à juin 2011. Pendant cette année académique, les étudiants mènent un projet de recherche dans le champ de la sociologie politique. En menant le projet du début à la fin, les étudiants passent par les étapes suivantes:
- Familiarisation avec l'objet de recherche
- Analyse de la théorie de normative sur la migration, la naturalisation et les droits politiques des étrangers
- Acquisition des outils méthodologiques
- Récolte de données qualitatives et quantitatives
- Analyse des résultats
- Rédaction et présentation du travail
Thème et méthode
L’Atelier s’intéresse à la délibération comme modalité de prise de décision, telle qu’elle émerge dans le cadre de l’Assemblée Constituante de Genève, qui a été élu à la fin 2008 pour mettre à jour la Constitution du Canton de Genève qui date de 1847. En particulier, on se pose la question si un processus de décision délibératif rend les participants plus disponibles à octroyer des droits politiques (droit de vote et d’éligibilité) aux étrangers.
La délibération est un processus de prise de décision collective où chaque participant se coordonne avec les autres dans un processus mutuel de reason-giving, c’est-à-dire en justifiant rationnellement sa propre position. Les théoriciens de la délibération, tels que Jürgen Habermas, Amy Gutman et Dennis Thompson, Joshua Cohen, James Bohman, décrivent le processus de délibération comme donnant à chacun des participants une opportunité égale de soulever des problématiques, de prendre part à la discussion, et de faire des propositions.
On peut distinguer la délibération des autres processus, notamment la négociation, au poids qu’elle donne à l’échange et au partage des raisons relevant des intérêts communs. La littérature scientifique sur la délibération formule l’hypothèse que l’échange de raisons et la participation des acteurs concernés ont des conséquences soit en termes d'efficacité des décisions prises, soit au niveau de l’effet sur les individus participants. On peut espérer que l’intercompréhension, le respect mutuel et la tolérance entre ceux et celles qui participent au processus soient augmentés ainsi que le degré de connaissance et d’information sur le thème traité.
L'Atelier vise précisément la vérification des hypothèses sur-mentionnées, à travers le mélange d'une méthode expérimentale (nous allons ‘créer’ des processus de décision délibérative avec des participants sélectionnés aléatoirement) et observationnelle (nous allons observer in situ un processus délibératif comme il se déroule dans la vie réelle).
Avancement de la recherche
L'atelier de l'année précédente a mené une étude pilote auprès d'une centaine d'étudiants de l'université qui ont délibéré en petits groupes du droit de vote des étrangers et des jeunes dès seize ans. En parallèle, des interviews ont été menées auprès des membres de la commission chargée de traiter des mêmes thématiques à la Constituante. Les premiers résultats de l'étude ont été présentés par le professeur Baccaro au Congrès International de sociologie en juillet dernier à Gothenburg, Suède, et seront exposés par le team de l'année dernière le 2 décembre prochain au café sociologique du département.
L'équipe de recherche
Elle se compose de neuf personnes : Lucio Baccaro (professeur), Conor Cradden (post doctorant en sociologie), Patricia d'Amore (étudiante en master en sociologie), Marion Deville Naggay (assistante en sociologie), Baban Eliassi (étudiant en master en sociologie), Karim Janin (étudiant en master en sociologie), Frédéric Minner (assistant en sociologie), Lucile Sagna (étudiante en master en sociologie) et Alexis Scherrer (étudiant en master en sociologie).