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Critique
"A la mort de leurs parents, ethnologues, Mathieu (Julien George), Claire (Anne-Shlomit Deonna) et Antoine (Olivier Lafrance) ont hérité chacun d'un masque et de la maison familiale. Antoine, musicien marginal, y demeure et accueille ses amis qui peu à peu s'agglutinent en communauté. Les trois frères et soeurs ne se ressemblent en rien et ne se voient plus. Jusqu'au soir où Antoine donne un concert. Les retrouvailles réveillent l'intérêt de l'aîné pour la maison, tandis que la soeur se fixe sur le masque d'Antoine, caché au premier étage.
C'est un scénario bien compliqué. Il a été écrit après la distribution artistique, avec la volonté de placer au premier plan des personnages dont l'existence, somme toute, est singulièrement vide. Le couple très organisé de Mathieu est fragile. Claire se noie lentement dans le deuil de ses parents. Antoine végète dans son désordre et ses créations musicales d'un goût douteux. Les liens qui les unissent aux autres personnages, compagnons et amis, sont tissés de petits faits divers auxquels la réalisation donne une importance gênante. Pierre Maillard a pris la peine de s'imposer des contraintes, sachant qu'elles ""sont souvent créatives"". Elles peuvent aussi devenir rébarbatives en transformant l'oeuvre en exercice de style. C'est ce qui menace POTLATCH. Le film diffuse quelque chose de flottant, de trop peu spontané pour qu'on ait envie d'y croire."
Geneviève Praplan