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Vie de nos pères parmi les saints
Romain (✝ 28 février/12 mars)
et Lupicin (✝ 21 mars/3 avril)
de Condat
et leur sœur Yole (Iole)
Saint Romain et Saint Lupicin sont deux frères qui naquirent vers la fin du IVème siècle à Izernore (Ain).
Romain qui possédait de hautes vertus de charité, et un goût prononcé pour la vie religieuse, renonça au mariage, et alla se mettre sous l’obédience de l’higoumène Sabin, qui était à la tête du monastère d’Ainay, à Lyon. Celui-ci le prenant sous sa houlette, l’initia à la vie monastique.
Vers l’âge de 35 ans, il partit pour les forêts du Mont Jura et s’établit à Condat, où il se construisit un petit ermitage. Là, il consacra son temps à la prière et au travail manuel. Il vécut ainsi dans l’ascèse et la solitude au milieu des bêtes sauvages.
Lupicin, quant à lui, perdit sa future épouse et lorsque son père naquit également au Ciel, il décida de rejoindre son frère Romain dans la solitude orante. Leur vie dans le désert fut rude, car ils subirent maintes fois les assauts des démons, au point qu’ils durent se résoudre à quitter leur lieu d’ascèse. Ils parlèrent de leurs épreuves à une dame charitable qui les avait recueillis, puis rassérénés, et ayant repris force et courage, ils établirent leur lieu de vie au fond d’une gorge, sous un grand sapin. Ce fut autour de ce lieu que se forma progressivement l’abbaye de Condat, car des disciples arrivèrent bientôt et les deux frères dirigèrent ensemble la nouvelle communauté.
Romain était doux et dirigeait ses moines paternellement, alors que Lupicin était assez rigide et ses décisions étaient souvent dures, mais elles étaient adoucies par la charité de Romain. Lupicin dormait sur un banc et mangeait tous les trois jours. Il ne buvait jamais de vin. Les huit dernières années de sa vie, il ne buvait plus du tout, pas même de l’eau. La tradition rapporte que quand il avait soif, il mettait ses mains dans l’eau pour se rafraîchir.
Les disciples devenant de plus en plus nombreux, Lupicin alla avec un groupe de moines fonder un monastère nouveau, à Lauconne. Mais les deux monastères étaient sans cesse sous l’autorité des deux frères, frères selon la chair, mais surtout frères parfaits en Christ.
En l’an de grâce 444, Célidoine, évêque de Besançon, fut déposé car il avait épousé une veuve avant le sacerdoce. Saint Hilaire, évêque d’Arles, vint exprès à Besançon rétablir la discipline. Entendant chanter les louanges de Romain et ses vertus, il le fit venir auprès de lui pour l’ordonner au sacerdoce.
Romain devint si célèbre en ces vertus qui lui avaient valu l’ordination à la prêtrise, qu’il dût bâtir d’autres monastères dans les Vosges et jusques en Allemagne. Parmi eux, était celui établi dans le canton de Vaud qui prit plus tard le nom de Romain-Moutier, puis Romainmôtier (c’est-à-dire le monastère de Romain).
La tradition rapporte que Romain en route pour pérégriner au tombeau de saint Maurice, à Agaune, fut surpris par un fort orage. Il s’abrita alors dans une cabane de lépreux où il passa la nuit sans s’effrayer de l’affreuse maladie de ses hôtes et de sa possible contagion. Au jour levé, il s’en fut vers Agaune. En se réveillant, les lépreux virent qu’ils étaient parfaitement sains et que leur lèpre avait disparu. Reconnaissants, et voulant le remercier, ils coururent après Romain, mais ils ne purent le rejoindre. Alors ils répandirent à l’entour la nouvelle extraordinaire du miracle.
Romain rédigea une règle monastique tirée de celle des moines de Lérins. Il institua l’interdiction pour ses moines de manger de la viande.
Sa sœur Yole le rejoignit et fonda un couvent de femmes à la Balme, près de Lauconne. C’est la seule chose que nous sachions de la vie de cette pieuse femme qui suivit ses frères sur la voie du monachisme. C’est dans son monastère que saint Romain voulut reposer en Christ, et son corps y fut transporté après sa bienheureuse dormition en 460 ou 473. Alors ce monastère où étaient conservées ses saintes reliques prit le nom de Saint-Romain-de-la-Roche.
Lupicin survécut près de vingt ans à son frère et garda la direction de tous les monastères fondés avec lui. Il mourut vers l'an 480 ou 493.
Saint Romain, saint Lupicin, et sainte Yole, priez Dieu pour nous !
Ton 1
Tropaire à saint Romain du Jura,
(Natalice en 460 A.D.)
Admirateur des Pères du désert d'antan,*
Avec ton frère bien aimé saint Lupicin.*
Tu établis dans les montagnes du Jura*
Le très illustre monastère de Condat.*
Et à quelque distance celui de Leucone.*
Saint Romain, prie le Christ d'avoir pitié de nous!
*
Ton 2
Tropaire à saint Lupicin du Jura,
(Natalice en 460 A.D.)
Frère de saint Romain par la chair et la foi,*
Admirateur des moines des déserts d'Egypte,*
Avec ton Frère bien aimé tu t'établis*
Comme solitaire dans les monts du Jura.*
Avec lui tu fondas deux monastères saints:*
Les havres sacrés de Condat et de Leucone.*
Saint Lupicin, prie Dieu d'avoir pitié de nous!
*
Ton 3
Tropaire à sainte Yole du Jura,
(Natalice en 460 A.D.)
Sœur des frères saint Romain et saint Lupicin,*
Tu les rejoignis en Christ, et devins moniale..*
Tu fondas un couvent féminin à la Balme*
Et le reste de ta vie fut cachée en Dieu.*
Tu vécus discrêtement ascèse et prière,*
Sous le regard bienveillant de l'Ami des hommes.*
Sainte Yole, prie le Seigneur de nous sauver!
*
Claude Lopez-Ginisty