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Par Dominique Dumas
«Sans le camion-échelle, je suis certain que trois ou quatre immeubles de la ville auraient été détruits.» Ses propos repris par des experts sortent de la bouche de Jean-Pierre Gafner, chef d'intervention et vice-commandant du Centre de renfort, d'intervention et de secours de Moutier (CRISM). Cette déclaration faisait suite à l'incendie qui s'est déclaré peu avant 10 h hier matin à la rue Centrale 53, dans l'immeuble qui a abrité la Quincaillerie Zahno puis la librairie Van Bogaert. L'intérieur de ce bâtiment, construit en 1850, selon les documents de l'assurance immobilière, a été totalement détruit. Des huit appartements qui le composaient, cinq étaient loués. Ce sont ainsi douze personnes qui ont tout perdu dans le sinistre et qui ont été relogés par la Municipalité.L'alarme mentionnant qu'un incendie s'était déclaré au premier étage de l'immeuble a été donnée à 9 h 52. A leur arrivée sur place, les pompiers ont constaté que le toit était déjà percé. Les hommes du service du feu ont tout d'abord procédé à l'évacuation, à l'aide d'une échelle, d'une dame habitant au premier étage. Choquée, elle était prise en charge par une équipe d'ambulanciers présente sur place. Un autre locataire, légèrement brûlé et incommodé par la fumée a été conduit à l'hôpital qu'il a pu quitter peu après.
Une première équipe a pénétré dans le bâtiment et a dû renoncer rapidement tant la chaleur était intense: «L'eau se transformait instantanément en vapeur», nous confiait l'un des intervenants. «Ensuite, chaque fois que nous avancions en pensant avoir tout éteint, les flammes reprenaient derrière nous.» La faute au mode de construction de ce bâtiment du 19e siècle.
En plus des équipes porteuses d'appareils respiratoires engagées à l'intérieur du bâtiment, le camion-échelle a été mis en service immédiatement Grâce à lui, les immeubles contigus ont été protégés, les seuls dégâts enregistrés dans ces bâtiments étant dus à la fumée et à des infiltrations d'eau. A un moment donné, dix lances ont été mises en batterie. Au total, ce sont entre 50 et 100 000 litres d'eau qui ont été employés pour éteindre ce feu. Rien d'étonnant donc si des hommes de la protection civile ont dû été engagés pour protéger l'intérieur de l'immeuble abritant notamment la pharmacie Greppin évacuée comme tous les immeubles du secteur lors de l'intervention.
Malgré l'utilisation de dix lances ou de canons à eau et la mobilisation d'une trentaine d'hommes des premiers secours et du bataillon, il a fallu près de quatre heures pour maîtriser le sinistre.
Lors de cette intervention difficile, le lieutenant Thierry Charmillot a été blessé alors qu'il maniait une lance. Victime d'une fracture à un bras qui nécessitera une opération pratiquée aujourd'hui, M. Charmillot devra certainement mettre en parenthèse son autre passion, le canicross. Champion de Suisse en titre, Thierry Charmillot occupait actuellement la tête du classement intermédiaire avec son chien Soraya.
D'autres victimes sont encore à déplorer lors de ce sinistre. Il s'agit d'animaux de compagnie soi un chat et ses deux chatons, un chine, un lapin et des poissons dont un requin nageant dans un aquarium. Un drame dans le drame comme l'est celui des locataires qui ont tout perdu: «Pour moi, le pire c'est la disparition des souvenirs et de tous les jouets de mon enfant. Plus tard, nous n'aurons rien pour lui rappeler sa petite enfance», déplorait un des locataires de l'immeuble. «Mais je tiens à saluer le soutien que nous avons déjà reçu de la commune et l'excellent travail des pompiers.»
Lors de cette intervention, la circulation a été considérablement perturbée. Le trafic léger en provenance de Delémont a été détourné par la rue du Midi durant quatre heures causant des perturbations importantes. A l'heure où nous écrivons ses lignes, les experts de la police scientifique n'étaient pas encore en mesure de déterminer l'origine de cet incendie qui a causé des dégâts pour plusieurs centaines de milliers de francs.
Source : Journal du Jura
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