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Pierre Dubochet | Page mise à jour le 23 septembre 2016
Effets biologiques des ondes : mythe ou réalité ?
Lisez ici les conséquences de l'exposition et là quelques explications sur les processus
Réalité pour le biologiste G. M. McKinley en 1930 : «Il est évident ici que la haute fréquence et la chaleur ne sont nullement synonymes, et que, bien que le champ électrostatique comporte des potentialités de chaleur interne comme sous-produit, il existe en même temps d'autres réactions peu comprises». Erwin Schliephake invente l'expression «maladie des micro-ondes» l'année suivante.
Réalité pour des chercheurs des pays de l'Est dès 1966. Traduit sous le titre Biological effect of microwaves in occupational Hygiene par la NASA en 1970.
L'exposition de travailleurs et de militaires à de faibles niveaux de micro-ondes durant des années entraîne entre autres : fatigabilité, irritabilité, céphalées, nausées, modification de la fréquence cardiaque, hypo- et hypertension, somnolence, insomnie, difficultés de concentration, allergies cutanées, taux élevé de lymphocytes, perturbations de l'électroencéphalogramme et atteintes aux organes des sens.
Réalité pour la docteure polonaise Maria Sadcikova, dans Biologic Effects and Health Hazards of Microwave Radiation publié par l’OMS en 1973. Elle constate le caractère cumulatif des doses reçues. La norme en URSS et en Tchécoslovaquie limite l'exposition des professionnels à 0.01 mW/cm2. La norme américaine est mille fois plus permissive.
Ce dossier de l’OMS mentionne que le rayonnement à micro-ondes dégrade les systèmes neuronal, vasculaire et cardiaque, opacifie le cristallin, trouble le sommeil, etc.
Réalité selon la NASA dans Electromagnetic field Interactions with the Human Body : Observed Effects and Theories publié en 1981. Le risque d'atteinte augmente avec la durée d'exposition.
L'exposition cause entre autres maux de tête, fatigue, trouble du sommeil nocturne, fatigue en cours de journée, irritabilité, insociabilité, réactions hypocondriaques, tension nerveuse, troubles de la mémoire, difficultés du langage, bradycardie, hypotension, suractivité de la glande thyroïde, influences au système nerveux, augmentation de l'histamine sanguine.
Réalité selon la Série des Critères d’Hygiène de l’Environnement n° 16 publié par l'OMS en 1981. «Des altérations fonctionnelles ont été signalées, au niveau du système nerveux et de l’appareil cardiovasculaire» avec des niveaux inférieurs aux limites d'irradiation autorisées (actuellement) en Suisse, en France, au Canada, etc.
L'altération fonctionnelle au niveau du système nerveux et de l’appareil cardiovasculaire, qui peut toucher tant l'utilisateur de la téléphonie que celui qui y renonce, a une base légale dans divers pays !
Réalité pour la Fédération des Industries Electriques et Electroniques (FIEE). Dans le milieu des années 1990, elle organise une vingtaine de réunions réunissant Alcatel Alsthom (J.-C Carballes, Y. Marty), le CHU de Nîmes (L. Miro), EDF (B. Hutzler), Gimelec (B. Cazenave), Emitech (M. Cognet), Sycabel (J.-P. Isnard), le Syndicat de l'Éclairage (J. Valin) et d'autres.
La FIEE démarre la désinformation en scindant la connaissance en «une partie technique propre à chaque profession, et une partie politique destinée à un lobbying européen». Pour que les hommes politiques et journalistes aient le même discours, la FIEE va «travailler à l'élaboration d'une position commune», puis «diriger l'action de lobbying vers les représentants européens». Elle vise l'Europe, «pour 'neutraliser' certains pays».
Réalité pour le chercheur S. Szmigielski dans Cancer morbidity in subjects
occupationally exposed to high frequency (radiofrequency and microwave) electromagnetic
radiation. En 1996, cette étude sur 120'000 militaires polonais exposés de manière chronique aux micro-ondes a mis en avant un risque relatif supérieur à huit pour les cancers du sang.
Réalité pour Moritz Leuenberger. Le ministre de l'Énergie quitte son logement de fonction situé dans la vieille ville de Berne en 1999 en raison du rayonnement élevé provenant des installations de l'habitation et des antennes de téléphonie mobile voisines (K-Tipp 1999). Réalité
pour l'ICNIRP. Son Guide
de 1998 (toujours en vigueur), fondement de nombreuses réglementations nationales, dit qu'il existe des «effets cancérogènes potentiels» avec les champs d'extrêmement basse fréquence (ELF) à des densités «très inférieures» aux recommandations. L'ICNIRP admet des «altérations neuro-
endocriniennes (suppression de la synthèse nocturne de la mélatonine, par exemple) en réponse à des champs électriques induits».
Le rythme cardiaque peut être «significativement réduit» lors de l'exposition à des champs électriques et magnétiques combinés. Intéressés uniquement aux effets constatés après des expositions de quelques minutes, les auteurs disent: «La gravité et la probabilité d'irréversibilité des effets sur les tissus s'amplifient en cas d'exposition chronique». En sus, l'ICNIRP prévient que le respect de leur Guide ne permet pas d'éviter des dysfonctionnements d'appareils médicaux (stimulateurs cardiaques, etc.)
Moritz Leuenberger refuse malgré tout en 2000 de réduire les limites de champ électromagnétique demandé, entre autres, par les médecins de la Fédération Médicale Helvétique.
Réalité pour les auteurs du rapport explicatif de 1999 de l'Ordonnance sur la protection contre le rayonnement non ionisant (ORNI), base des seuils d'exposition en Suisse. Des effets biologiques [...] apparaissent à des intensités inférieures aux valeurs limites d’immissions», tels que des «modifications dans le métabolisme de certaines cellules (métabolisme du calcium)». «La production d’hormone (mélatonine) est influencée la nuit».
Pour la distribution électrique et les chemins de fer, les auteurs admettent «l’apparition de troubles neurovégétatifs (p. ex. des fatigues chroniques) et un affaiblissement du système immunitaire chez l’homme» et une «élévation du risque de leucémie dans le cas d’exposition à long terme». En matière d'ondes radio, les auteurs admettent une influence sur le sommeil humain ou que «le cancer des ganglions lymphatiques se développe de manière significativement plus élevée sous l’influence d’un rayonnement de téléphonie mobile». Ils informent qu'il n'a pas été tenu compte des effets de l'émetteur de Schwarzenbourg.
Mythe pour Michael Repacholi, président de l'ICNIRP lors de l'élaboration des normes d'exposition, président du département des CEM à l'OMS lors de l'acceptation des normes de l'ICNIRP. Motivé à faire rallier ses normes par l'Australie, il est entendu par la Cour du Sénat australien en août 2000. Repacholi reconnaît pourtant que la norme d'exposition de l'ICNIRP dans la gamme des micro-ondes n'est pas basée sur la science, mais a été négociée entre les syndicats (industriels) et les gouvernements. Il déclare aussi que les valeurs sont fondées sur des études comportementales empiriques des années 1970 (absorption d'énergie sur des primates). Enfin, Repacholi trouve admissible de répliquer des études qui ont montré des effets nocifs en changeant de méthodologie.
Réalité pour plus de 50 médecins qui rédigent l'Appel de Fribourg en 2002 –et plus de mille qui le signeront ultérieurement– après avoir constaté chez leurs patients une augmentation dramatique de maladies graves et chroniques telles que des troubles de tension artérielle, troubles cardiaques, infarctus, accidents vasculaires cérébraux, dégénérescence neurologique, etc.
Ces médecins ont vu la relation entre l'émergence de ces maladies et le début d'une exposition aux ondes électromagnétiques. L'appel est renouvelé en 2012.
Réalité pour Swisscom en 2004. La découverte de chercheurs indique que l’effet de génotoxicité* de la radiation électromagnétique est mis à jour via un mécanisme non-thermal, donc à faible intensité.
Le meneur des télécommunications suisses commente une étude : il a été démontré que le rayonnement des mobiles peut causer des dommages au matériel génétique, en particulier dans les globules blancs humains.
* modification de l’ADN
Mythe selon le communiqué n° 296 de 2005 de l’OMS prétendant «décrire l’état des connaissances» sur ce sujet de l’électrohypersensibilité, comme elle l’appelle.
«Il existe aussi certains éléments indiquant que ces symptômes peuvent être dus à des maladies psychiatriques préexistantes, ainsi qu’à des réactions de stress résultant de la crainte inspirée par les éventuels effets sur la santé des CEM, plutôt que de l’exposition aux CEM elle-même».
Pour l'année fiscale 2005-2006, plus de 40% des fonds du département de recherche sur les champs électromagnétiques (CEM) de l'OMS proviennent du lobby industriel GSM Association. Chef de ce département, Michael Repacholi était lié à des industriels de l'électricité.
Que peut-on espérer en matière sanitaire d'une organisation largement financée par l'industrie qui écrivait en 1958 : «Voir monter une nouvelle génération qui aurait appris à s'accommoder de l'ignorance et de l'incertitude est la solution la plus satisfaisante» ?
Réalité peut-être pour le Centre international de Recherche sur le Cancer qui classe les champs électromagnétiques de radiofréquences comme «peut être cancérogènes pour l’homme». Cette classification signifie qu'«il pourrait y avoir un risque, et qu'il faut surveiller de près le lien entre les téléphones portables et le risque de cancer».
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Limitons notre exposition aux rayonnements électromagnétiques. Parlons de cette pollution.