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Après avoir travaillé dans l’industrie pétrolière et gazière, Anas Khalafs’est tourné vers une carrière dans le cinéma. Né en Syrie, mais élevé en France, Anas a déménagé à Los Angeles pour y travailler quelques années. Son épouse, Rana Kazkaz, a commencé sa carrière d’actrice en étudiant au Théâtre d’art de Moscou. Puis, elle s’est tournée vers l’écriture et a écrit son premier scénario Gibran, basé sur la vie de Kahlil Gibran, qui a été sélectionné pour le développement par Tribeca All Access (2005). Rana Kazkaz a étudié la réalisation et a été l’une des huit femmes sélectionnées pour participer à l’atelier de réalisation pour femmes de l’American Film Institute (2006). Le couple de réalisateurs vivait à Damas au début de la révolution syrienne mais a choisi de ne pas protester par peur des conséquences, pour finalement fuir le pays – un choix qui inspire leur premier long métrage, Le Traducteur.
Dans la séquence d’ouverture, le protagoniste, Sami, alors enfant, voit son père arrêté lors de manifestations pacifiques contre le président Hafez al-Assad dans les années 1980. Un père dont la famille n’aura jamais de nouvelles …
Avancée temporelle jusqu’à 2000 : Sami travaille comme traducteur arabe-anglais pour l’équipe syrienne de quatre athlètes pendant les Jeux olympiques de Sydney. Lorsqu’un journaliste interroge l’un des athlètes, Mouneeb, son ami d’enfance, sur son opinion sur Bachar al-Assad succédant à son père, l’athlète offre une réponse officiellement sanctionnée. Mais la traduction de Sami s’écarte quelque peu de la réponse du sportif et offusque, voire offense, le régime syrien et l’oblige à demander l’asile en Australie. Onze ans plus tard, au début du printemps arabe, Sami découvre une vidéo dans laquelle son frère Zaid est arrêté. Submergé par la culpabilité, il décide de retourner, illégalement, en Syrie pour le retrouver; une décision qui engendre de nombreux risques et dangers pour ses amis, ses proches et pour lui-même.
Qualifié par les critiques de thriller politique, Le Traducteur, premier long métrage d’Anas Khalaf et de Rana Kazkaz, s’impose comme un vibrant hommage au peuple syrien, oubliés des tractations internationales et un rappel nécessaire, voire urgent, sur des populations civiles sacrifiées sur l’autel des intérêts politiques set économiques des grandes puissances de ce monde. Fort et poignant, ce film de fiction aux allures de documentaire par instants propose une réflexion sur le pouvoir du langage et la différence entre traduire les mots des autres et parler pour soi.
Désormais basé à Doha, le couple a écrit et réalisé cinq courts métrages, dont Mare Nostrum (2016), projeté à Sundance et à Dubaï, parmi de nombreux autres festivals. Leur premier long métrage a été présenté en mars 2021 durant la 19ᵉ édition du FIFDH, le Festival du Film et Forum sur les droits humains, à Genève et sort sur les écrans de Suisse romande.
À cette occasion, nous avons rencontré Anas Khalaf qui nous parlé de leur source d’inspiration, des comédiens, professionnels et non professionnels, des deux enfants du couple qui jouent dans le film, du tournage en Jordanie, à Amman, qui présente de nombreuses similitudes avec Damas, de la situation actuelle en Syrie et de leur espoir pour leur patrie. Durant l’entretien avec Anas Khalaf, il nous a confié que Rana était aux États-Unis pour donner un cours à Chicago mais qu’elle le rejoindrait pour la Première du film, le mercredi 29 septembre à 19h45 au Cinéma Les Scala, à Genève.
Rencontre:
Le film sort en Suisse romande le 29 septembre 2021
Firouz E. Pillet
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