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Les critiques qui portent sur les trackers classiques des indices boursiers liquides, tels les ETF sur le S&P 500, ne sont pas justifiées.
La demande en fonds indiciels cotés (Exchange Traded Funds, ETF), qui sont des titres négociables adossés à un panier d'actifs, et en «trackers» indiciels, qui répliquent la performance d'un indice de marché, a explosé. Les actifs en ETF, une sorte de fonds à gestion passive, ont augmenté pour atteindre 5’000 milliards de dollars dans le monde, soit une multiplication par cinq en l'espace de dix ans.
Sur cette période, parmi les actions, 1’900 milliards de dollars (net) ont afflué vers des ETF, tandis que 1’100 milliards (net) ont été retirés des fonds à gestion active. L'engouement croissant pour la gestion passive est largement dû à des frais, nettement moins élevés.
Néanmoins, l'essor des ETF suscite des critiques de la part des gestionnaires d'actifs. Ces critiques sont justifiées et concernent notamment les fonds «exotiques», tels les produits boursiers avec effet de levier ou basés sur des dérivés. En revanche, celles qui portent sur les trackers classiques des indices boursiers liquides, tels les ETF sur le S&P 500, ne le sont pas. Voici trois idées fausses répandues sur les ETF.
Premièrement, la croissance phénoménale des ETF aurait accru la volatilité du marché. Or cela n'est pas démontré d'un point de vue historique. En effet, au cours des dix dernières années, le VIX, un indice qui mesure la volatilité du S&P 500, n'a pas augmenté, alors que la demande d’ETF explosait. Mieux: la volatilité moyenne sur ces dix dernières années a été inférieure à celle de la décennie précédente.
Deuxièmement, dans les périodes difficiles, leur manque de liquidité (c'est à-dire la facilité à acheter ou vendre un titre) est souvent cité comme une faiblesse des ETF. Mais cela n'a rien à voir avec les ETF en tant que tels. La cause est davantage du côté des actifs sous-jacents. Ainsi, un tracker sur le S&P 500 est bien plus liquide qu’une action d’une petite capitalisation espagnole.
La volatilité du marché et le manque de liquidité en période baissière n'ont effectivement pas grand-chose à voir avec la gestion passive, mais sont directement liés à la volonté des investisseurs de se défaire de leurs actions, qu'il s'agisse d'ETF, de fonds à gestion active ou de placements précis.
Troisièmement, l'opinion répandue selon laquelle le poids important des fonds indiciels rend les marchés d’actions moins efficaces est fausse. Et pour cause: un marché efficace signifie qu'il n'existe pas de placement permettant de générer, de manière constante, des rendements hors norme. Est-il véritablement plus facile de battre le marché aujourd'hui qu'au début de ce siècle, lorsque les ETF ne représentaient encore qu’une part minime du total des actifs sous gestion? Les données de performance historique suggèrent que ce n'est pas le cas. C'est peut-être même devenu plus difficile.
a subi une baisse de 23% au dernier trimestre 2018.
Rien de tout cela ne signifie qu'investir en faisant appel à un gérant de fortune n'est pas pertinent. Au contraire, un conseiller financier peut éviter à ses clients de commettre des erreurs bien plus coûteuses que ses frais de gestion. Il se peut, par exemple, que les investisseurs en fonds passifs ne prêtent pas suffisamment attention à la diversification ou se laissent porter, à tort, par le troupeau.
Un ETF américain populaire réplique le NASDAQ 100, dont les cinq sociétés majeures (Amazon, Apple, Facebook, Google/Alphabet et Microsoft) représentent plus de 40% de la capitalisation. Or une telle concentration du risque est audacieuse, pour ne pas dire imprudente. Au seul quatrième trimestre 2018, la baisse subie par cet ETF a été de 23%.
Les investisseurs doivent comprendre les risques d'une gestion passive. Malgré les avantages réels et la croissance exponentielle des ETF, l'acheteur doit, comme toujours, rester vigilant.