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Nous venons de vivre l’été le plus chaud de l’histoire ? très bien, mais de l’histoire de la météo s’entend, soit des deux cent cinquante dernières années et en Europe occidentale, région certes importante, mais qui ne couvre qu’une fraction de la planète. Aujourd’hui, chaque événement climatique suscite le même échange d’arguments : les médias, le bon peuple et les politiques parlent effet de serre, CO2, réchauffement du climat, et les experts invariablement répliquent en disant que oui, peut-être, sans doute, mais on ne sait pas vraiment, il faudrait de plus longues séries statistiques. Voici alors quelques faits avérés d’un passé plus ou moins lointain pour nourrir le débat.
Des températures stables
L’analyse de carottes glaciaires au Groenland et en Antarctique permet de reconstituer le climat passé de la terre avec une assez grande précision. Au cours des 250 000 dernières années, le climat n’a jamais été aussi stable que depuis la fin de la dernière période glaciaire voici 10 800 ans. Son achèvement s’est marqué par une élévation de la température moyenne de près de quatre degrés en cinquante ans, soit une augmentation plus rapide que les pires scénarios prévus pour le XXIe siècle. Pendant les 150 000 années précédentes, des variations similaires très brutales dans les deux sens étaient beaucoup plus fréquentes et intervenaient tous les deux ou trois mille ans.
De grandes
variations locales
Durant le dernier millénaire, les températures dans l’hémisphère Nord se sont lentement abaissées, d’environ 0,2 degré entre l’an 1000 et 1850. La tendance s’est totalement inversée depuis cette date avec un réchauffement de 0,7 degré qui semble clairement attribué aux activités humaines. Naturellement, ces tendances lourdes n’excluent pas de grandes variations locales.
L’Angleterre est le pays qui dispose des séries de température les plus anciennes remontant à 1659, quelques dizaines d’années à peine après l’invention du thermomètre. Même si les mesures de l’époque sont sujettes à caution, une augmentation des températures moyennes de plus de deux degrés semble être établie sur une période très courte, en gros entre 1700 et 1750.
En Europe centrale, le phénomène est assez différent. Il est marqué par le « petit âge glaciaire », un net refroidissement du climat entre 1550 et 1850 a succédé à un «chaud moyen âge» de quelques centaines d’années. Les températures moyennes actuelles de l’Europe sont en fait au niveau de ce qu’elles étaient, semble-t-il, autour des XIe et XIIe siècle.
En se rapprochant encore de l’époque actuelle, l’augmentation des températures au XXe siècle est loin de se traduire par une courbe continue. Entre 1900 et 1940, les températures ont augmenté au même rythme que celui que nous connaissons depuis trente ans. Par contre, de 1940 à 1975, période d’industrie de guerre suivie d’une grande prospérité économique, la température moyenne est restée stable.
L’homme n’est pas
la seule cause
Ces exemples montrent que des variations climatiques rapides et brutales se sont produites dans un passé même récent, sans que les activités humaines n’interviennent dans l’explication. Les chercheurs semblent privilégier des explications d’ordre astronomique en combinant la variation du changement de l’axe de rotation de la terre (périodes de 41 000 ans), la variation de l’excentricité de l’orbite autour du soleil (période de 90 000 ans) et la précession des équinoxes (période de 21 000 ans), mais bien sûr cela ne suffit pas à élaborer des hypothèses sur les variations importantes qui se sont produites dans le dernier millénaire.
De nombreux chercheurs pensent que le réchauffement actuel, lié semble-t-il aux activités humaines, pourrait entraîner dans un délai assez bref un refroidissement brutal en Europe. Des océanographes émettent l’hypothèse qu’une fonte plus rapide des glaciers du Groenland et de la calotte polaire en raison du réchauffement de l’atmosphère se traduira par un apport massif d’eau douce dans l’Atlantique Nord, qui pourrait bloquer le Gulf Stream et nous ferait connaître les joies du climat du Québec au bord du Léman.
L’étude du passé nous apprend donc que des événements que nous croyons sans précédent ne le sont pas et que s’il est un domaine où il convient de se méfier comme de la peste des raisonnements à court terme et de la prolongation exponentielle des courbes, c’est bien celui de la météo.
Cet article a été écrit sur la base de plusieurs sources Internet, en particulier issues de l’Université Laval au Québec et de l’Université de Lausanne, mais aussi d’une bonne synthèse qui se trouve à l’adresse suivante:
www.aei-saumur.com/meteo/glaciaire/glaciaire.htm