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Le domaine de La Lance se situe à la limite des cantons de Vaud et de Neuchâtel. Ce domaine fut durant la fin du Moyen-Âge une chartreuse dont l'activité monastique cessa avec l'adoption de la Réforme dans la région au XVIème siècle. On peut y voir encore le seul cloître médiéval intact du canton de Vaud.
La chartreuse de La Lance a été fondée en 1317 sous l'impulsion de Pierre de Grandson, seigneur de Belmont, pour sceller la paix fraîchement signée avec les seigneurs de Neuchâtel, et aussi pour servir de nécropole familiale. Une petite communauté de moines s'y installe et occupe le domaine jusqu'en 1539. Avec le passage de la réforme, le domaine est sécularisé et les biens sont vendus à des particuliers. Les différents propriétaires feront plusieurs transformations importantes au fil des ans, principalement entre le XVIIIème et le XIXème siècle.
Le domaine de La Lance est une propriété privée et les visites ne peuvent se faire que sur demande. Il est aussi possible d'acheter sur place le vin du domaine. Pour plus d'informations: http://www.lalance.ch
Coordonnées nationales: 546'476, 190'010
La chapelle, dédiée à la Vierge, a été construite entre 1318 et 1328. Son plan est rectangulaire et son architecture est dépouillée. Elle possédait des voûtes de style gothique qui ont été partiellement démolies au début du XIXème siècle. Le bâtiment est transformé en pressoir à vin et en bibliothèque à ce moment là.
Contrairement aux autres ordres religieux, les chartreux disposaient dans leur monastère de deux cloîtres. Le petit cloître avait la même fonction comme lieu de méditation que les cloîtres dans les autres monastères. Les chartreux n'avaient pas de dortoir commun, ils vivaient dans des cellules individuelles construites autour du grand cloître. A La Lance, le grand cloître a disparu et on ne connaît pas son emplacement précis. Par contre, le petit cloître, accolé à la chapelle, est toujours visible.
D'après les analyses architecturales, le cloître a été construit durant le 3ème quart du XIVème siècle. Ses voûtes en croisée d'ogive sont gothiques. Seuls les chapiteaux de la galerie Nord ont reçu une décoration particulière.
A l’est du domaine de la Lance, dans une clairière, il est possible de voir la carrière de la Raisse, aussi appelée carrière de La Lance. Cette carrière était exploitée pendant la période romaine pour un calcaire blanc jaunâtre, utilisé par exemple pour les monuments romains d’Avenches.
Mentionné au XVIIIème siècle comme carrière romaine, le site a été ensuite endommagé lors de l’aménagement du chemin de fer Yverdon-Vaumarcus entre 1857 et 1859, puis par des travaux en 1909. Menacée par la reprise de l’exploitation en 1943, la carrière est classée monument historique en 1944. Les fouilles effectuées en 1997 permettent de dégager un nouveau plan de travail dans la partie supérieure de la carrière, mais aucun vestige ne permet d’attribuer avec certitude l’exploitation à l’époque romaine. Le lieu d’embarquement aurait été reconnu par Victor-H. Bourgeois à 120 mètres au sud-ouest du secteur visible. Un plan incliné ainsi que des fragments de colonnes étaient visibles lors de la rédaction de son guide “Au pied du Jura” (pp. 235-237), ce qui n’est plus le cas actuellement (note 1 (p. 238), p. 259 de la réédition de 1982).
De nos jours, il est possible de voir un plan incliné dans lequel sont creusés plusieurs rainures. Ces dernières ont servi à délimiter les futurs blocs à extraire. Plusieurs blocs de pierre sont encore en place, et il est possible de voir sur le plus important plusieurs séries parallèles de rainures. Ces dernières sont des traces caractéristiques laissées par l’escoude, outil de carrier utilisé pour l’extraction manuelle de pierre tendre ou demi-ferme (description Wikipedia).
Coordonnées nationales: 547'088, 190'277