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Hunger Games - L'embrasement
Deuxième volet d'une nouvelle franchise dont le premier épisode avait conquis le box office mondial de manière assez surprenante, Hunger Games - L'embrasement arrive à l'écran dans un contexte assez particulier, où se mélangent l'attente et le cynisme. Car si la trilogie littéraire de Suzanne Collins qui sert d'inspiration pour ces films est plutôt respectée au niveau critique, les adaptations cinématographiques se voient placées, à priori et à tort, dans la même catégorie de Twilight. Or, la popularité de ce dernier, avec son intrigue extrêmement faible et ses personnages qui frôlent le ridicule, est effectivement un mauvais signe, surtout en ce qui concerne cette partie du marché de l'audiovisuel qui vise un public plus jeune. Mais Hunger Games n'est pas Twilight, malgré un marketing, admettons-le, maladroit, qui essaye de souligner, selon les cas, non pas le vrai contenu des films mais les éléments plus soi-disants "pour les ados": la jeune protagoniste Jennifer Lawrence et ses partenaires à l'écran Josh Hutcherson et Liam Hemsworth, qui ont déjà poussé une partie des fans à soutenir l'une ou l'autre version du couple romantique, comme ce fut le cas avec Twilight et les équipes "pro-Edward" et "pro-Jacob".
Certes, le triangle sentimental est présent dans l'histoire de Hunger Games, comme dans la plupart des récits du genre littéraire que les Américains appellent Young Adult, mais il s'agit d'un élément secondaire. L'âme de la franchise reste liée à l'idée de la rebellion, sujet abordé brièvement dans le premier volet: celui-ci s'achevait, rappelons-le, avec le triomphe de Katniss (Lawrence) et Peeta (Hutcherson) à la fin des Hunger Games, et ceci avait été vu par les masses comme un premier geste subversif contre la dictature du Capitole et l'autorité du Président Snow (Donald Sutherland). Ce dernier veut donc faire tuer Katniss pour que le peuple reste sans espoir, mais comment faire? Il faut détruire non pas le corps, mais l'image, propose le nouveau maître des jeux, Plutarch Heavensbee (Philip Seymour Hoffman). Pour cela, un nouveau tournoi de combats jusqu'à la mort est organisé, mais cette fois tous les participants sont des anciens champions. Katniss, encore une fois au centre d'une lutte pour sa survie, doit prouver qu'elle n'est pas une marionnette manipulée par le Capitole, mais un être humain qui fait tous les efforts possibles au nom de la liberté. Il sera juste question de bien savoir qui est l'ennemi, comme lui rappelle son mentor Haymitch (Woody Harrelson)...
Le réalisateur Gary Ross ayant quitté la série après le premier chapitre, la mise en scène a été confiée à Francis Lawrence, qui montre finalement de quoi il est capable lorsqu'il travaille avec un scénario solide (hormis la fin un peu rapide): la splendeur visuelle du Capitole et la brutalité des jeux sont assurées, mais il prend aussi le temps pour obtenir des bonnes prestations de ses comédiens, qu'il s'agisse de véterans comme Sutherland ou Harrelson, ou bien de nouvelles recrues comme Hoffman ou encore Jeffrey Wright, sans oublier les jeunes talents tels que Sam Claflin et Jena Malone. Au centre de tout cela, comme déjà dans le premier Hunger Games, il y a Jennifer Lawrence, actrice talentueuse et oscarisée qui, contrairement à Kristen Stewart, fait un peu plus attention à ses choix professionnels et joue un personnage qui n'entrera peut-être pas dans l'histoire du cinéma, mais qui ne sera pas couvert de ridicule non plus. Car Hunger Games n'est pas Twilight, on l'a dit. Et malgré les réactions de certains fans, Katniss Everdeen n'est pas Bella Swan.