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Le groupe pétrolier avait connaissance de l’impact «potentiellement catastrophique» de ses produits sur le réchauffement climatique pour le climat depuis 1971. C'est la révélation d'une étude, publiée mercredi par deux historiens et un sociologue.
Par la suite, malgré ses connaissances sur les changements climatiques - bien avant que le grand public en prenne conscience -, l'entreprise a cherché à combattre les efforts de limitation des énergies fossiles.
Ce minutieux travail d’enquête est le résultat d'une étude de longue haleine. Jamais une recherche sur les responsabilités des majors pétrolières n’avait été menée sur une si longue période, précise Le Monde.
Christophe Bonneuil, directeur de recherche au CNRS, Pierre-Louis Choquet, sociologue à sciences politiques, et Benjamin Franta, chercheur en histoire à l'université américaine de Stanford, ont étudié les archives du groupe pétrolier, devenu TotalEnergies.
Une publication dans la revue de Total, en 1971, expliquait que la combustion d'énergies fossiles conduit «à la libération de quantités énormes de gaz carbonique» dans l'atmosphère. «Une augmentation assez préoccupante», notait le texte de 1971. Ce qui n'a pas empêché le groupe de passer ce sujet sous silence.
Tout bascule au milieu des années 1980. Alors que les scientifiques s'accordent sur le fait que le réchauffement climatique est dû aux activités humaines, les groupes pétroliers lancent la contre-offensive.
Ils mènent alors une vaste campagne de désinformation pour «contester la science climatique et affaiblir les contrôles sur les énergies fossiles», selon l'étude.
Total et Elf ont fait «pression, avec succès, contre les politiques qui visaient à réduire les émissions de gaz à effet de serre». En parallèle, ils tentent de se donner une crédibilité environnementale avec des engagements volontaires, visant à «réduire à peu de frais les émissions»
Dans leur communication, les compagnies pétrolières françaises soulignent en parallèle les incertitudes des sciences du climat, pour mieux les décrédibiliser.
Mais à la fin des années 1990, l'approche change. Le GIEC, groupe d'experts climatiques de l'ONU, publie son tout premier rapport et bouscule les mentalités. Le protocole de Kyoto est adopté en 1997.
Au milieu des années 2000, face aux avancées de la science et aux attentes de la société, les groupes sont forcés d'adopter une nouvelle stratégie:
Une étude de 2017 a montré que le groupe pétrolier américain ExxonMobil savait depuis les années 1980 que le changement climatique était réel et causé par des activités humaines. Mais le groupe s'est évertué pendant des années à entretenir le doute sur cette réalité, trompant ainsi ses actionnaires et les citoyens. (ats/jch)