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Féministe avant la lettre, Olympe de Gouges (1748-1793) revendique l'égalité des sexes devant l'Assemblée. Jouant un rôle très actif pendant la Révolution française, elle devient une figure incontournable de l'émancipation féminine en adressant à Marie-Antoinette, en 1791, la déclaration de 1789 réécrite au féminin : la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne.
Le combat d'Olympe de Gouges pour l'égalité est sans limites, comme le montre la pièce de théâtre Zamore et Mirza, profondément anti-esclavagiste.
· Objet d'étude : La littérature d'idées du XVIe siècle au XVIIIe siècle
· Dossier pédagogique spécial bac, parcours « Écrire et combattre pour l'égalité »
· Prolongement : L'égalité en question (corpus de textes).
Peut-on être sérieux et drôle à la fois ? Quelle « substantifique moelle » se cache sous la fantaisie des apparences ? Publié en 1534, Gargantua, qui narre la vie « très horrifique » d'un géant né par l'oreille de sa mère et inventeur du torchecul, est aussitôt interdit. Mais, par-delà la satire, le récit se colore d'humanisme : quelles méthodes d'enseignement adopter pour former l'habile homme ? Quelles doivent être les vertus du prince chrétien, en particulier en temps de guerre ? Puisé aux bonnes sources, le savoir est une gourmandise, tandis que les appétits guerriers, rendus vils et grotesques, sont balayés par une fin utopique.
Si rire est encore « le propre de l'homme », la langue du XVIe siècle ne nous est plus familière. La présente édition accompagne le texte de Rabelais d'une translation en français moderne, afin que tout lecteur puisse s'y plonger avec l'agilité de Gargantua quand il « nageait en eau profonde, à l'endroit, à l'envers, de côté, de tout le corps, des seuls pieds, une main en l'air tenant un livre».
Dossier
1. Utopies et perfections de l'éducation humaniste
2. Idéaux humanistes sur la guerre et la paix
Parcours : Le rire, un miroir du savoir.
«Tristesses», «Arctique» et «The Kingdom» forment une trilogie sur les grands échecs de l'humanité. Les pièces interrogent la manière dont notre humanité est mise en danger par les trois grandes crises actuelles : la crise politique, la crise écologique et la perspective d'un avenir incertain.
Après un premier volet, «Illumination(s)», consacré à la parole des hommes, puis un deuxième, «F(l)ammes», à celles des femmes, Ahmed Madani réunit ici filles et garçons et les fait s'interroger sur les rapports hommes-femmes et plus globalement sur l'amour.
De La Bruyère, on sait peu de choses, si ce n'est le fulgurant succès des Caractères, l'oeuvre d'une vie. Avec une manière d'écrire radicalement nouvelle, le moraliste dresse un tableau du comportement et de la psychologie de ses contemporains.
Le bourgeois comme le courtisan, à la ville comme à la cour, tous les personnages sont représentés comme sur une scène de théâtre : la vie humaine, dépourvue de profondeur et d'intériorité, devient un pur spectacle, une comédie sociale où les individus sont réduits à de simples machines.
Mais derrière la dimension comique perce une réelle inquiétude : témoin de la décadence des moeurs de son temps, La Bruyère regrette que l'homme se soit éloigné de son authentique fondement spirituel et moral. À la recherche du mérite véritable, il oppose au monde livré à la déraison la figure du sage, qui porte sur le réel un juste regard. Bien voir et bien penser, indépendamment de la mode ou de l'autorité de ceux qui font l'opinion : telle est la leçon de cet éblouissant exercice de style que sont Les Caractères.
Dossier
1. Le moraliste : modèles et postérité
2. Du type au personnage : le caractère et le portrait
3. Le théâtre du monde : regards sur la comédie sociale
4. La cour : de l'accomplissement de soi à l'imposture.
Quoi de plus fort que l'amitié entre deux femmes?
Un divorce douloureux fragilise Esther et les week-ends sans son fils sont durs à vivre. Pour se consoler quand elle est seule un samedi sur deux, Esther va s'asseoir sur un banc proche d'un superbe vieux chêne, au bord d'un lac près de chez elle. Un jour, une certaine Ruth y est assise et semble l'attendre. C'est une vieille dame d'un optimisme incroyable sur la vie.
Ruth se met à dévoiler sa jeunesse à Esther, fascinée, et une jolie amitié naît. Mais il pourrait y avoir des apparences trompeuses. Quels secrets Ruth semble-t-elle garder ? La réponse à cette question mènera Esther vers un long périple, jusqu'au lac de Côme, où elle comprendra que le passé de Ruth est bien plus sombre qu'annoncé.
Et le chêne est toujours là est un roman saisissant et d'une grande tendresse sur la solitude, la résilience et la force de l'amitié, peu importe la différence d'âge et d'origine.
En apparence, la petite Kim grandit au sein d'une famille heureuse. Son père est un professeur d'université, aux manières et à l'allure parfaitement respectables. Personne ne se doute du drame que vit la fillette derrière les murs de la maison.
En privé, son père se transforme en un véritable criminel, la rouant de coups, l'insultant et l'humiliant. Pire que tout, chaque jour, il abuse d'elle. Kim n'ose rien dire, même lorsqu'elle se retrouve enceinte de son géniteur, car il a menacé de la tuer si elle révélait leur « petit secret »...
Ce véritable calvaire va durer dix longues années. Après plusieurs tentatives de suicide, Kim va trouver le courage de dénoncer son bourreau et de témoigner devant un tribunal. Et c'est en brisant la loi du silence de l'inceste qu'elle a pu enfin commencer à reconstruire sa vie...
Olivier Py interroge la pièce et la figure d'Hamlet en créant une série de dialogues entre les personnages de la pièce. Ils convoquent, tour à tour, les grands penseurs qui se sont emparés de ce héros shakespearien dans la littérature, la philosophie, la psychanalyse ou encore la science.
Camille Dayrolles, une adolescente de 14 ans, qu'on surnomme Criquet, rêve d'être un garçon. On lui défend de lire, on lui préfère la couture. Le plus souvent, elle se travestit et part chasser les insectes. Criquet rejette tous les éléments qui définissent socialement la femme: son vêtement, sa contenance, son éducation et ses occupations. Profondément malheureuse devant ce corps qui change, qui la fait souffrir d'une puberté qu'elle ne peut pas empêcher, Camille prie la Sainte Vierge pour devenir un homme. Comment intégrer l'école navale si elle est une femme? À force d'injustices subies et d'observation des femmes qui l'entourent, Camille finit par consentir à la sororité et par se révolter contre l'inégalité de genre. C'est le roman initiatique d'une féministe. Criquet surprend le lecteur d'aujourd'hui par son style enlevé et par la clairvoyance avec laquelle y sont dessinés les rapports de genre. Ni un petit garçon, ni une femme, l'héroïne est un criquet qui cherche son identité. Être hybride kafkaïen errant dans le paysage des landes, Camille émeut nos âmes d'adolescents. C'est un roman surprenant sur l'adolescence comme passage, un transit, où le monde autour n'est fait que de constantes mutations, métamorphoses. À travers le point de vue d'une jeune fille et l'innocence de l'enfance, Andrée Viollis établit une critique efficace de l'inégalité des sexes et adopte une réflexion visionnaire sur le genre. Dans une époque où la lutte pour les femmes ressemble davantage à des témoignages solitaires peu entendus, Criquet apparaît comme une oeuvre d'avant-garde et profondément féministe.
On connaît surtout James Fenimore Cooper pour Le Dernier des Mohicans (1826). Mais on ignore souvent que son expérience des navires et de la mer lui a inspiré Le Corsaire Rouge (1827). Entré par hasard dans la carrière des lettres, Cooper transforme ici le modeste récit d'aventures maritimes du XVIIIe siècle anglais en une grandiose épopée en prose. Dans ce roman situé en 1759, un jeune officier loyaliste se lance à la poursuite du redoutable Corsaire Rouge, tout en cédant peu à peu à la fascination... Des scènes spectaculaires s'enchaînent (naufrage, mutinerie, sauvetage, bataille navale), tandis que le huis clos du navire devient un véritable monde où les valeurs qui gouvernaient la vie de ceux qui ont embarqué sont mises à l'épreuve. Ce nouveau code romanesque sera celui de Melville, Stevenson, Conrad, London, Lowry...
Nous donnons ce roman fondateur dans la traduction d'Auguste-Jean-Baptiste Defauconpret (1839), inlassable traducteur des grands maîtres du roman anglais et américain, qui fit connaître à Balzac, Gautier, Sainte-Beuve et Hugo le Nouveau Monde littéraire qui s'édifiait sur l'autre rive de l'Atlantique.
Après Je ne parle pas la langue de mon père et L'arabe comme un chant secret qui donnent la clé de son oeuvre, le troisième volet, le plus tendre et le plus violent, de la trilogie autobiographique de Leïla Sebbar.Pour la première fois, elle ose, outre-mort, une adresse directe à son père Mohammed dont le silence l'a tenue à distance de son roman familial qu'elle écrit dans la langue de sa mère, le français. Sans fin elle l'interroge, et il ne parle guère. Elle rit, elle pleure, elle tempête. Et elle cherche. Dans ses souvenirs d'enfance algérienne, dans les photographies qu'il a prises, dans les lettres qu'il a écrites à sa femme depuis la prison pendant la guerre...L'alchimie de la littérature opère : nous sommes tous, peu ou prou, des exilés des romans familiaux de nos parents.
Née outre-mer d'un père algérien et d'une mère française, Leïla Sebbar vit en France depuis l'âge de vingt ans. Elle y est arrivée en 1961 pour suivre ses études de lettres à Aix-en-Provence puis à Paris, où elle a été professeur de français, productrice à France Culture et critique littéraire. Parallèlement, elle a construit une oeuvre de romancière, de nouvelliste, d'essayiste et d'éditrice. Ainsi a-t-elle a dirigé de nombreux recueils de récits d'enfance, un genre qu'elle a initié.
Garance mène un combat sans merci contre sa tumeur cérébrale. À ses côtés, sa mère, qui fait front sans faillir tout en vivant les difficultés de l'après séparation avec le père de Garance... Dans ce livre Nazik Josse-Tichout livre sans fards le quotidien d'une mère qui doit soutenir son enfant dans sa maladie et le handicap qui la frappe.
Et tout cela en faisant face à un ex-compagnon peu responsable et au comportement préjudiciable à l'enfant.
Un ouvrage bouleversant de sincérité et de force, qui place l'amour d'une mère au centre d'une existence de femme contemporaine.
« L'espoir porte un costume de plumes, se perche dans l'âme et inlassablement chante un air sans paroles ; mais c'est dans la tempête que son chant est le plus doux. » Ces mots d'Emily Dickinson accompagnent depuis des années Nazik Josse-Tichout. Ils résument, à leur singulière manière, la puissance de l'engagement d'une mère pour l'avenir de son enfant.
En abordant ces vers délicats, c'est un premier amour que l'on devine, une passion, mais une passion destructrice qui entraînera des peurs peut-être irréversibles après les premiers émois si attendrissants. Toutefois, les mots sont si doux, si désarmants, que malgré la tristesse qui s'en dégage, le lecteur s'y accroche et les déguste tout au long de l'ouvrage.
Jean Sabatier a 23 ans. Après avoir quitté le lycée à la fin de sa seconde, il a travaillé dans les cinémas lyonnais et a également voyagé en Europe et en Amérique. C'est lors du premier confinement qu'il a pris le temps de mettre en rimes ses émotions qu'il dévoile aujourd'hui.
Margot aime par-dessus tout son chien, Rhapsody. La jeune femme va faire la rencontre de deux hommes que tout oppose, l'un sincère et bon, l'autre menteur et manipulateur... deux hommes qui vont se disputer son coeur. Prise malgré elle dans les rouages d'une enquête policière dont les enjeux la dépassent, Margot va se retrouver face à un choix : saura-t-elle faire le bon ? Il en ira de la vie de Rhapsody, et pas seulement...
Suzie Wath aime la littérature, les chiffres et l'informatique. Vaste programme qui permet toutes les fantaisies, toutes les curiosités. Ajoutez à ce portrait la mention de la maladie auto-immune dont elle souffre, comme son héroïne, et vous obtenez une autrice à la plume pleine de fantaisie et de grâce.
De la vieille dame qui apprend à parler à sa chatte aux réflexions nocturnes d'un prisonnier, en passant par le destin d'un jeune athlète qui atteint la félicité ultime en exerçant sa passion, Giorgio De Piaggi nous emporte, à travers ce recueil de nouvelles aux allures de fables contemporaines, à la découverte d'une fabuleuse galerie de personnages. À la fois hauts en couleurs et profondément humains, les aventuriers du quotidien qui peuplent ces courts récits au bord du fantastique ont bien des choses à nous apprendre...
Giorgio De Piaggi est originaire de Gênes. Il a exercé la fonction de lecteur de langue et de culture italiennes à la Faculté des lettres d'Aix-en-Provence puis enseigné la littérature française aux Universités de Salerne, de Bologne et de Gênes. Professeur émérite, Officier des Palmes académiques, il est membre du Conseil d'Administration de l'Alliance Française de Gênes, ancien membre de la Società Universitaria per gli Studi di Lingua e Letterarura francese, et Accademico corrispondente nell'Accademia Ligure di Scienze e Lettere.
Il est l'auteur d'« Un jour à Marseille », « Ô Sorbonne ! », « Une étrange aventure » et « Faut pas réveiller les morts », parus aux Éditions du Panthéon.
« Je me sens aussi forte que Tarzan au bord d'un fleuve puissant où même les crocodiles le respectent... » déclare la délicieuse Fernanda Maria, qui se sert des sentiments comme Tarzan des lianes pour traverser intacte les turbulences latino-américaines des trente dernières années, dont les survivants ne peuvent qu'être des athlètes de la vie.
Lui, il vit en Europe, il l'aime, reçoit ses lettres et rêve de revenir au jour où il n'a pas su la séduire pour toujours.
Alfredo Bryce-Echenique écrit ici une histoire d'amour à rebondissements, pleine d'humour et de tendresse. Il nous entraîne dans une aventure littéraire qui marque un tournant dans son oeuvre.
"Il cultive la plus folle et la plus profonde des nostalgies, celle de la paix, du bonheur simple, de la tendresse pleine et tranquille. L'utopie par excellence." - Le Monde
Dans ce pamphlet humoristique, Bernard Assaiante s'attaque à l'actualité et à l'humain avec une sincérité corrosive, un humour bien senti qui fait rire, bien sûr, parfois franchement, parfois tristement, de soi ou bien des autres. Loin d'être moraliste, ce texte à la fois poétique et terriblement vrai nous parle, en jouant et même en dansant sur les mots, de nous, de nos peurs et de nos dérives, de notre présent et de notre futur.
Éclectisme et curiosité, deux mots qui peuvent définir Bernard Assaiante. Mêlant l'autodérision et la fantaisie, sa prose rythmée nous emporte loin du quotidien. Sourire assuré.
En 1688, la ville et la cour sont bouleversées par la publication des Caractères.
D'abord assimilés à un événement mondain, ils apparaissent aujourd'hui comme une oeuvre moraliste majeure qui, dans sa critique de la comédie sociale, prend le recul nécessaire pour rendre ses remarques universelles.
TOUT POUR COMPRENDRE
Notes lexicales
Biographie de l'auteur
Contexte historique et littéraire
Genèse et genre de l'oeuvre
Chronologie et carte mentale
LA COMÉDIE SOCIALE
Analyse du parcours
Groupement de textes
Histoire des arts
VERS LE BAC
Explications linéaires guidées
Sujets de dissertation et de commentaire guidés
Recueil de citations
Méthodologie
CAHIER ICONOGRAPHIQUE
Cette anthologie réunit les plus beaux poèmes des Amours, qu'elle complète par des incursions dans d'autres recueils de Ronsard.
Entre tradition et renouvellement du genre, dans un style bas ou au contraire raffiné, le poète
convoque toutes les facettes du désir pour célébrer ses muses, jusqu'à leur donner vie et corps.
TOUT POUR COMPRENDRE
Notes lexicales
Biographie de l'auteur
Contexte historique et culturel
Genèse et genre de l'oeuvre
Chronologie et carte mentale
TOUT POUR RÉUSSIR
Explications linéaires guidées
Sujet de commentaire guidé
Glossaire d'analyse poétique
Arts et médias
GROUPEMENTS DE TEXTES
Baisers poétiques
Contreblasons et satire des clichés amoureux
CAHIER ICONOGRAPHIQUE
À 90 ans, Pierre a bien mérité de couler des jours heureux. Mais dans sa maison de retraite, il n'y a aucune chance que ça arrive ! Maria, l'horrible femme de ménage, lui en fait voir de toutes les couleurs ainsi qu'aux autres pensionnaires. Entre insultes et humiliations, les petits vieux n'en peuvent plus.
Alors quand Maria est retrouvée assassinée après avoir été poussée dans l'escalier, les soupçons se portent immédiatement sur Pierre. Après tout, c'était lui son principal souffre-douleur et, avec son Alzheimer, qui sait de quoi il est capable ?
L'inspecteur « Moustache », chargé de l'affaire, n'est pas très futé. Alors, les petits vieux décident de prendre l'enquête en mains. Et Dieu que c'est drôle d'aller fouiner dans les vilains petits secrets des uns et des autres... une vraie seconde jeunesse. Attention, ça va décoiffer, le gang des petits vieux en déambulateurs n'a pas dit son dernier mot !
"Non, meussieur Vili, non, Claudine ce n'est pas Unetelle, ni Mme Chose, ni Mlle Truc ou Machin-Chouette... Non, meussieur Vili, Claudine, c'est moi."
Colette (1873-1954) qui signa d'abord "Gabrielle Colette", puis "Colette Willy", puis "Colette Jouvenel", puis "Colette", qui aurait pu signer "Colette Goudeket" et ne le fit jamais, a été l'un des écrivains les plus célèbres et les plus admirés de son temps. Elle a séduit les publics les plus simples comme les plus raffinés. Auteur de nombreux romans et nouvelles, elle fut aussi mime, danseuse nue, actrice, journaliste, rédactrice de journaux à scandale, conférencière, esthéticienne. Sa vie privée, une fois débarrassée de ses légendes, de ses maris, de ses amants et de ses amantes, vaut bien un roman : celui d'une «écrivaine» éprise avant tout de liberté.
«La vie peut être immensément belle lorsque nos agissements sont bons et justes.»
Écrits «à la hâte» et «probablement gâtés», c'est lui qui le prétend, les romans de Fiodor Mikhaïlovitch Dostoïevski (1821-1881) n'en font pas moins un des auteurs les plus importants de l'histoire de la littérature. Sa vie, si semblable à celle de ses héros, peut faire prendre sa biographie pour une de ses oeuvres de fiction : enfance difficile, participation à des mouvements progressistes russes, déportation au bagne, errance à travers l'Europe, épilepsie, alcoolisme, penchant pour le jeu... Les épreuves qu'il provoque sans les chercher sont terribles autant lorsqu'elles le supplicient que lorsqu'elles le flattent. Il les accepte toutes, avec l'espoir qu'elles pourraient l'aider à percer l'énigme qui l'obsède et qui nous concerne tous : «L'homme est un mystère. Il faut l'élucider et si l'on passe à cela notre vie entière, il ne faut pas dire que nous avons perdu notre temps. Je m'occupe de ce mystère car je veux être un homme.»
«On voit donc unis dans notre famille et la majesté des rois qui sont les maîtres des hommes et la sainteté des dieux qui sont les maîtres des rois.»
Avocat, écrivain, homme politique, général, descendant de la déesse Vénus, Caïus Julius César (100-44 av. J.-C.) joua de tous ses dons pour abattre la République romaine, cultivant tour à tour ou dans le même temps le cynisme et la clémence, la cruauté et la courtoisie, l'hypocrisie et la civilité, la ruse et le franc-parler, la modestie et l'orgueil. Quel homme d'État peut se vanter d'avoir laissé son nom à tous les empereurs romains qui lui succédèrent et d'être à l'origine des mots Kaiser et Tzar...
Si la collection Poésie /Gallimard offre de Clément Marot une édition de référence de L'Adolescence Clémentine par l'un de ses plus grands spécialistes, Frank Lestringant, c'est un volume qui regroupe les oeuvres de jeunesse du poète et ne peut suffire à rendre justice à celui que l'on considère généralement comme le fondateur avec Villon (dont au reste il proposa la première édition critique) de la poésie moderne. Il nous a donc paru utile de proposer cette nouvelle parution qui regroupe les 73 épîtres du poète dont une dizaine seulement était présente dans L'Adolescence Clémentine et où se trouve à son plus haut l'art frondeur, insolent de ce poète épris de liberté. OEuvre fameuse qui fait écho à son existence aventureuse, oscillant entre les faveurs du roi, la prison et les exils (Marot meurt à Turin à 48 ans), les Épîtres, outre leur originalité et leur virtuosité formelle, sont beaucoup plus que "l'élégant badinage" que vantait Boileau, l'invention d'un ton inimitable, une impertinence enjouée qui cache sous l'humour une pensée grave et libre, qui incarne l'audace de l'Humanisme. Ce sont deux universitaires tout aussi enjoués, Guillaume Berthon et Jean-Charles Monferran, qui ont bâti cette édition dont le souci premier, sans se départir de la rigueur scientifique, est de rendre les textes accessibles aux lecteurs d'aujourd'hui : modernisation de l'orthographe qui préserve la rime et le mètre, glossaire, notes, tout contribue à une lecture aisée. Le curieux comme l'étudiant y trouvera son compte..
Epître au Roi
De Dedalus ou Perseus les ailes
Voudrais avoir - il ne m'en chaut lesquelles.
Bientôt vers France alors voletterais,
Et sur les lieux plaisants m'arrêterais
Pendant en l'air, planant comme un gerfaut.
Si te verrais peut-être de là-haut,
Chassant aux bois. Contemplerais la France,
Contemplerais Loire qui dès enfance
Fut mon séjour, et verrais mes amis,
Dont les uns m'ont en oubliance mis,
Les autres non. Puis, à l'autre volée,
Regarderais la maison désolée
De mon petit et pauvre parentage,
Qui sustenté était de l'avantage
Que j'eus de toi. Mais pourquoi mets-je avant,
Sot que je suis, tous ces souhaits d'enfant
Qui viennent moins quand plus on les désire ?