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Property, resources and territorial structures: the Valley floors in the Alpine areas, 1700-2000
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Abstract
En raison des caractéristiques des sols, des phénomènes naturels auxquels étaient exposés et des dangers sanitaires qui les caractérisaient, les fonds de vallées alpins ont longtemps été considérés comme des espaces « marginaux », inadéquats à une exploitation intensive. Ils n’étaient néanmoins pas dépourvus de valeur économique et productive, grâce notamment aux diverses formes de valorisation dont ils étaient l’objet (production de fourrage, terres pour le pâturage, pêche, transport fluvial, …). À partir du XIXe siècle (mais dans certains cas même dès le siècle précédent) les fonds de vallées alpins ont subi d’importantes transformations qui ont concerné aussi bien la typologie de leurs sols (suite aux travaux de dessèchement), la nature de la rente foncière (à travers le changement des choix productifs de l’agriculture) et les régimes de propriété (à travers la suppression graduelle des propriétés ou des droits collectifs au profit de la propriété privée individuelle). Les transformations se sont accentuées ultérieurement dès la seconde moitié du XXe siècle, lorsque les processus d’urbanisation ont engendré la « grande transformation territoriale » (Carloni, 1998) qui les a transformés de « golfes de plaine agricole » (de Martonne, 1926 : 164-166) à espaces dominés par les processus de périurbanisation et de métropolisation et où leur valeur d’échange a surpassé leur valeur d’usage. Actuellement, les fonds de vallées alpins sont les espaces les plus fortement soumis à la pression anthropique et parmi aires du continent européen les plus dynamiques du point de vue démographique et économique, grâce à leur rôle de connexion territoriale. À travers une approche comparative et diachronique, le projet envisage de lire la construction des territoires des fonds de vallées alpins comme le résultat de la combinaison de deux actions distinctes : d’une part, les actions d’appropriation du territoire par le biais des droits de propriété et assurant l’application des pouvoir de juridiction et de gestion de l’espace; d’autre part, l’«invention» et la valorisation des ressources du territoire à travers l’utilisation (voire l’exploitation) et l’échange. Cette grille analytique définit l’hypothèse du projet selon laquelle les dynamiques de la construction territoriale des fonds de vallées alpins sont le produit de la dialectique (qui inclut aussi les tensions et les déphasages) entre les trames juridictionnelles qui s’y déploient et les formes historiques de valorisation de leurs ressources territoriales. Par cette démarche le projet se propose de discuter les analyses qui dans les dernières années ont guidé l’interprétation de l’évolution historique des fonds de vallées alpins. En particulier, le projet essaye de vérifier l’idée du glissement des fonds de vallée alpins d’une situation de « marge » – à savoir un espace de transition, mais en continuité avec le territoire alpin et fortement intégré dans ce dernier – à une situation où l’accroissement de leur valeur (fonctionnelle, productive, économique) est allée de pair avec une déconnexion croissante avec le territoire auquel ils appartiennent. D’une manière plus générale le projet discute la thèse de la transformation de la territorialité alpine d’un système vertical à un système horizontal.