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Le graphique ci-dessous est proposé par Météo Suisse pour visualiser l'évolution des températures en Suisse. Un tel graphisme n'est pas très heureux car il dramatise la notion purement conventionnelle et sans correspondance physique d'écart à la norme. Ce faisant, la nature réelle de l'évolution est occultée. Il serait de loin préférable de se limiter à tracer une simple courbe des températures.
Pourtant ce type de représentation n'est pas sans attrait si on parvient à définir un référent ayant un réel intérêt. Un référent simple est constitué par la tendance linéaire de l'évolution des températures. Cette droite de régression calculée sur l'ensemble des données peut être interprétée comme une tendance lourde à long terme alors que les écarts illustrent les variabilités à courtes périodes.
Malheureusement, il est plus difficile de tirer d'une telle image l'impression d'un réchauffement récent dramatique.
Un élément curieux et inattendu est que les séries de températures brutes sont assurément aptes à illustrer l'évolution des températures à long terme alors que les séries homogénéisées sont susceptibles d'apporter toutes sortes de biais. Cette remarque est particulièrement vraie quand les séries sont formées de moyennes de plusieurs stations.
Les principales discontinuités traitées par les homogénéisations concernent les déplacements de stations. Or deux explications sont en concurrence concernant les sauts de températures constatés à ces occasions. L'explication officielle parle de changement de microclimat naturel, l'autre tient compte des perturbations liées à l'urbanisation. Un test statistique permettrait de valider la thèse officielle. A défaut de test, dont on devine sans peine le résultat négatif, quelque soit la cause réelle, nous sommes assurés que les séries brutes fourniront une bonne approximation de la tendance car les changements de microclimats naturels ne peuvent que revêtir un caractère aléatoire. Par contre, si les discontinuités ont une origine anthropique, les séries homogénéisées selon les aprioris officiels ne pourront qu'être biaisées.
Ci-dessous le graphique de l'évolution des températures pour la Suisse Romande (stations de Genève, Sion et Chaumont). La comparaison entre séries homogénéisées montre que cet échantillon (+1.26 °C/siècle) est assez représentatif de la Suisse dans son entier (+1.15 °C/siècle).
Le principal intérêt de ce graphique se situe dans la tendance séculaire réduite à +0.51 °C contre les +1.15 °C de la série homogénéisée pour l'ensemble de la Suisse.
Les données brutes ne peuvent bien sûr pas être considérées comme véritablement satisfaisantes, une certaine partie du travail d'homogénéisation n'est pas à remettre en cause. Il n'en demeure pas moins que, en l'état, il est certain que les séries brutes permettent une meilleure évaluation de l'évolution des températures.