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Choisi en 2011 dans le cadre de la rénovation de l'établissement de détention de Bellevue (pour-cent culturel), «Le Palmier», œuvre magistrale du sculpteur Christian Gonzenbach, vit depuis plus de dix ans une histoire mouvementée. Pour des raisons d'ordre juridique, il ne peut être installé dans le lac, à proximité du rivage. Il reste à écrire, avec l'artiste, le point final de cette longue saga.
Lors de l'édification ou de la rénovation significative d'un bâtiment par l'État, un arrêté cantonal prévoit qu'un pourcentage du montant des travaux soit réservé à une intervention artistique. C'est ainsi que, en 2011, l'État de Neuchâtel a lancé un concours d'intervention artistique sur invitation dans le cadre des travaux de rénovation et d'agrandissement de l'Établissement d'exécution des peines Bellevue (EEPB) à Gorgier. Le projet de Christian Gonzenbach avait été retenu. Inspiré par une peinture réalisée par un détenu au sein de l'établissement, un palmier métallique de 18 mètres était ainsi destiné à prendre place à proximité du mur d'enceinte du bâtiment.
À la suite d'oppositions d'une partie de la population de Gorgier et à la prise de position de la Commune quant à l'emplacement retenu et à la nature du projet, de nombreux échanges sont intervenus. L'artiste et les représentants de la Commune ont travaillé de concert pour trouver un emplacement apte à répondre tant à l'esprit du projet initial qu'à la sensibilité des habitant-e-s. Dès 2017, une nouvelle approche a consisté en l'installation du Palmier en une taille réduite, à proximité du rivage de la plage de Chez-le-Bart et du Pavillon des Bains. Le permis de construire octroyé le 6 février 2019 a fait l'objet de deux recours. La décision est tombée: l'œuvre n'a pas sa place dans le lac, au sens de la réglementation sur l'aménagement du territoire.
Renoncement à l'implantation du Palmier
Au final, les obstacles de nature technique et/ou juridique ont donc eu raison de ce beau projet qui aura ainsi vécu, virtuellement, durant plus de 10 ans. Il n'est pas insensé de prétendre que son histoire a davantage marqué que d'autres projets pourtant réalisés !
Quatre tentatives ont marqué ce parcours unique : la réalisation à l'intérieur de l'établissement de détention a vite été écartée pour des motifs de sécurité. La zone agricole avoisinante ne pouvait accueillir une construction de ce type. L'installation, déjà à Chez-le-Bart dans le lac, mais sous forme de radeau à disposition de la population, s'est heurtée à des impératifs de sécurité pour les baigneurs. À noter que le permis de construire, délivré à cette occasion, était entré en force en l'absence de recours. Le dernier projet prévoyait une implantation fixe proche du rivage. Une cinquième possibilité a été évoquée, toujours à Chez-le-Bart, mais sur la plage, à la place du terrain de beach volley. Mais c'était un 1er avril !
Il convient aujourd'hui de renoncer à la réalisation et à l'implantation du Palmier. Cette conclusion clôt plus de dix ans de démarches administratives et d'échanges avec les parties prenantes qui auront donné lieu à un travail juridique, politique et artistique important. Des réflexions sont d'ores et déjà menées avec l'artiste afin de clore cette saga, notamment en documentant ce projet qui aura marqué les esprits et animé nombre de discussions dans le canton de Neuchâtel.