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Le Bureau des Verts suisses a décidé samedi de proposer à l'assemblée des délégués d'élire Ueli Leuenberger à la succession de Ruth Genner le 26 avril prochain.
La direction du parti écologiste renonce ainsi à l'idée de co-présidence défendue par Franziska Teuscher.
Cette dernière sera proposée comme vice-présidente. Les deux députés étaient candidats à la présidence, mais n'avaient pas la même vision de la fonction.
Alors qu'Ueli Leuenberger tenait à une présidence unique, Franziska Teuscher privilégiait une co-présidence.
N'arrivant pas à convaincre son collègue, elle a renoncé à briguer la présidence ou la co-présidence, a-t-elle expliqué devant les médias à Berne. «Je ne voulais pas provoquer une lutte entre un homme et une femme lors de l'assemblée des délégués» du 26 avril, a-t-elle précisé.
Ueli Leuenberger a pour sa part souligné que l'égalité entre femmes et hommes est très importante pour lui, mais que «dans la situation actuelle du parti, le 'job-sharing' n'est pas le mode d'organisation adéquat pour le faire avancer».
Un point de vue partagé par le Bureau (comité directeur), qui a entériné cette solution à l'unanimité.
Renforcer le parti
La nécessité de renforcer le parti et de professionnaliser la présidence a fait pencher la balance. Et selon le comité directeur, l'actuel vice-président a déjà prouvé ses compétences pour les questions stratégiques.
Le Genevois représente par ailleurs la section cantonale la plus forte de Suisse, qui a engrangé 16% des voix aux dernières élections fédérales, a relevé le secrétaire général Hubert Zurkinden.
Franziska Teuscher, 49 ans, ne sera pas simplement la remplaçante du président ou une faire-valoir. «Nous allons travailler ensemble», a souligné Ueli Leuenberger. «Nous n'avons pas les mêmes visions sur la présidence, mais nous avons les mêmes visions au niveau politique et sur la question climatique».
Avec ses grands succès électoraux, le parti écologiste est dans une phase très importante, a souligné Ueli Leuenberger. «Je souhaite mieux travailler en réseau pour faire aboutir les revendications de notre plateforme électorale».
Pour mémoire, les Verts ont plus que doublé leur représentation à la Chambre basse du Parlement depuis les élections de 1999 (9 députés au Conseil national en 1999, 13 en 2003 et 20 en 2007).
Et lors du dernier scrutin, les Verts ont également conquis leurs deux premiers sièges au conseil des Etats (Chambre haute du Parlement).
Plus de poids à la vice-présidence
Le Bureau a profité des deux «excellentes candidatures» qui lui étaient soumises pour donner un poids particulier à la vice-présidence de Franziska Teuscher, a expliqué l'ancienne députée écologiste Anne-Catherine Menétrey.
Sa nomination sera ainsi proposée à l'assemblée des délégués, alors que le Bureau aurait eu cette compétence seul. Elle sera de surcroît proposée comme unique vice-présidente, alors que les Jeunes Verts et Ueli Leuenberger auraient souhaité plusieurs personnes à la vice-présidence.
S'agissant de l'aspect «femme», Mmes Teuscher et Menétrey n'ont pas caché leur légère déception de constater que tous les grands partis seront présidés par des hommes.
Mais les Verts pratiquent le féminisme «en alternance», puisqu'ils ont, depuis leur naissance en 1983, connu quatre présidents, quatre présidentes et une co- présidence.
Ueli Leuenberger est entré en 2003 au Conseil national, alors que Franziska Teuscher y siège depuis 1995. Si la Bernoise est élue à la vice-présidence, elle conservera la présidence de l'Association transports et environnement (ATE). Quant à la présidente sortante des Verts, Ruth Genner, elle se retirera fin avril.
swissinfo et les agences
En bref
Lors des élections fédérales d'automne 2007, les Verts ont récolté 9,6% des voix.
Le règne de Ruth Genner à la tête des Verts été le plus long de l'histoire du jeune parti.
Elue en tant que co-présidente en 2001 aux côtés du Genevois Patrice Mugny, la Zurichoise a assumé dès 2004 à elle seule la présidence. La plupart de ses prédécesseurs, dont Ruedi Baumann (Berne), Irène Gardiol (Vaud) et Laurent Rebeaud (Genève), étaient restés en fonction entre deux et trois ans.
Le Parti socialiste (PS) et l'Union démocratique du centre (UDC / droite nationaliste) vont élire prochainement un nouveau président.
Au PS, c'est le députe fribourgeois Christian Levrat qui devrait être élu alors que le député saint-gallois Toni Brunner le sera à l'UDC. Tous deux le 1er mars.