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Ce portrait de groupe réunissant Charles et Sophie Eynard, leurs enfants et Georges de Meuron a été pris devant la façade principale de la maison de maître de Beaulieu, en octobre 1846 selon l’inscription au verso. Cette date est confirmée par l’âge des enfants. Mis à part Hilda Eynard, assise à gauche, et Georges de Meuron, le groupe s’inscrit dans le rectangle de tissu blanc fixé contre la façade. Cette toile cache une statue pour éviter que de distraire le regard du sujet principal. L’écran blanc augmente la luminosité et les silhouettes se détachent parfaitement sur lui.
La tête inclinée, appuyée sur sa main, et le regard empreint de douceur dirigé vers l’objectif, comme sa fille Hilda, Sophie Eynard est assise au centre, derrière une petite table recouverte d’une nappe à motifs tachetés que l’on retrouve sur de nombreux daguerréotypes. Les deux garçons vêtus de tuniques quadrillées, motif lui aussi récurrent, se tiennent de part et d’autre de leur mère. Charles et son fils, à droite de la composition, ont le regard dirigé vers un point hors champ. Georges de Meuron, précepteur des enfants Eynard, semble commenter un livre qu’il tient ouvert sous les yeux de Féodor, lequel, agenouillé sur un repose-pied, se concentre sur son ouvrage. Le daguerréotype 2013 001 dag 043 nous montre aussi Georges de Meuron dans son rôle de précepteur. La scène rappelle la thématique, chère à Eynard, des portraits d’enfants, dont les plaques 2013 001 dag 003 et 84.XT.255.30 constituent d’autres très beaux exemples.
Toutes les figures sont rassemblées ici dans une composition magnifiquement agencée, dans un remarquable équilibre des pleins et des vides. La surface en gravier de la terrasse occupe le premier plan, au-dessus duquel le groupe se dessine dans des tonalités plus sombres qui se détachent avec netteté sur l’arrière-plan éclairci par la toile de fond. Comme pour une grande partie des daguerréotypes d’Eynard, les jeux subtils des étoffes, petits carreaux des tuniques, tissu écossais de la robe d’Hilda, rayures du gilet de Charles et motifs tachetés de la nappe, se répondent et témoignent du soin que le photographe porte à tous les éléments qui composent ses prises de vue. La richesse des étoffes, qui captent différemment la lumière, ferait presque oublier que l’on se trouve devant une image en noir et blanc. Ce portrait de famille fait partie des vues les plus abouties du corpus. (U. Baume-Cousam)
inscription sur l'oeuvre
Inscription posthume : Oui