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Le spectre de la crise alimentaire et énergétique de 2008 resurgit à la faveur de la hausse des prix des matières premières. Plusieurs organisations ont mis en garde lundi à Genève contre les risques de troubles liés à cette évolution.
Les prix des produits de base retrouvent les niveaux atteints en 2008 lors de la crise alimentaire et énergétique, a averti la Conférence des Nations Unies pour le commerce et le développement (CNUCED).
La demande des pays émergents, comme la Chine, l'Inde et certains pays d'Amérique latine, pousse les prix des matières premières à la hausse. En outre, plusieurs catastrophes climatiques ont accentué la pression sur les marchés.
Spéculation dénoncée
"La situation est très préoccupante. Depuis la mi-2010, les marchés des produits de base connaissent, pour la deuxième fois en trois ans, une extrême volatilité des prix", a averti le secrétaire général de la CNUCED Supachai Panitchpakdi.
Il a dénoncé des "distorsions spéculatives qui compliquent la gestion de la production et du commerce des matières premières". "Cette hausse des prix a de sérieux effets négatifs sur les groupes les plus vulnérables dans les pays en développement, dont 80% des dépenses sont liées à l'alimentation", a-t-il déploré.
Les prix du cuivre ont augmenté de 35% depuis l'été dernier, a indiqué le responsable de l'agence de l'ONU. Il a souhaité que des mesures soient prises pour limiter "la volatilité excessive" et que les variations des prix soient maintenues "dans une marge raisonnable" de fluctuation.
Inflation mondiale
Le directeur général de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), Pascal Lamy, a fait écho à cette inquiétude. Il a estimé que l'augmentation des prix cette année sera "très prononcée" pour le "pétrole brut, le cuivre, l'or, le blé et les graines de soja".
"La hausse des prix des aliments provoque une inflation mondiale, sans compter des troubles politiques d'une proportion que nous aurions pu difficilement imaginer", a déclaré M. Lamy.