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Dans un premier temps, les globes étaient des sphères solides réalisées à la main dans des matériaux divers tels que le marbre, le verre, le bois ou le métal. Par la suite, il s’agira de sphères creuses produites à partir de minces feuilles de métal, dont le cuivre. Evidemment ce sont des exemplaires uniques. L’apparition de l’imprimerie au milieu du XVe siècle permet de multiplier la fabrication des globes à meilleur marché et en séries limitées. Les globes sont alors faits de fuseaux gravés sur du bois ou du cuivre, puis imprimés sur papier, découpés et finalement collés sur les sphères.
La construction d’un globe imprimé commence par la création d’une sphère creuse, séparée en deux hémisphères. Elle est composée de matériaux cellulosiques tels que le papier mâché ou du tissu, collés en couches successives. Les deux hémisphères sont montés sur un axe central permettant la rotation de la sphère. Le poids est rarement bien distribué et les globes sont généralement en déséquilibre. Le processus d’équilibrage des sphères sur leur axe de rotation utilise parfois des petites poches de cuivre ou de sable placées à l’intérieur du globe pour prévenir un affaissement dans une position particulière. Les fuseaux imprimés sont ensuite découpés et collés sur les sphères. Ces globes s’avèrent fragiles et difficiles à transporter.
Au XVIe siècle, les régions des Flandres et des Pays-Bas deviennent des centres intellectuels et scientifiques importants où s’épanouit la gravure dite en taille-douce. Toutes les conditions sont alors réunies pour que Gérard Mercator puisse produire des globes imprimés de qualité. Fabriqués pour des élites, les globes imprimés permettent progressivement la diffusion d’un savoir au plus grand nombre.
Entre 1500 et 1830, les globes imprimés seront toujours élaborés et exposés en paire inséparable composée d’une sphère céleste et d’une sphère terrestre. Ensemble, ils symbolisent l’univers du savoir et le savoir de l’Univers. En figurant la Terre et le Ciel par des globes de taille identique on traduit aussi un rapport différent où la Terre devient un objet en soi, pouvant recevoir une réflexion autonome, perdant sa situation subordonnée au modèle des cieux ; la vision ne se limite plus à l’oecoumène, c’est-à-dire à l’espace habité, et le regard géographique s’élargit. Dès 1830, le globe terrestre entame petit à petit une carrière autonome, tandis que le globe céleste se range progressivement dans les curiosités, avant de sombrer dans l’oubli et être remplacé par le concept moderne de planétarium.
Les globes imprimés en séries relatives, rapidement produits et diffusés, deviennent un standard. Et de manière surprenante les méthodes de fabrication artisanale n’évoluent presque pas depuis le milieu du XVIe siècle. Celles-ci ont été fixées très clairement par Mercator.
Pour en savoir plus
- Bellerby & Co. Globemakers : un atelier moderne de fabrication artisanale de globes.