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La sexologie possède des caractéristiques propres par rapport à la médecine dans son ensemble. Elle accorde autant d'importance à la problématique soulevée par le plaisir qu'à celle soulevée par la douleur. Elle prend en charge, en principe, autant l'individu qui demande de l'aide que son partenaire sexuel possible, que celui-ci soit réel ou virtuel, qu'il soit en somme tout à fait existant dans la réalité ou qu'il corresponde davantage à une entité souhaitée, voire idéalisée.
Bref, la sexologie médicale est une discipline qui donne une importance égale aux aspects objectifs relevant d'un tableau clinique donné et aux aspects subjectifs implicites dans la représentation personnelle que chaque patient se fait de ses propres troubles. Et enfin, la sexologie ne peut et ne veut pas négliger les interférences socioculturelles que comporte inévitablement chaque affection d'ordre sexuel.
Or, toutes ces caractéristiques, propres depuis toujours à la sexologie, sont susceptibles de s'accentuer plutôt que de s'affaiblir. D'autres perspectives semblent se faire jour dans le cadre de l'augmentation possible de l'impact sexologique en médecine. Un intérêt plus grand et plus scientifique, par exemple, pour certaines catégories d'âge, telles la sexualité des adolescents ou celle des personnes âgées. Ou alors celle relative aux personnes porteuses d'un handicap ou atteintes d'affections chroniques d'ordre physique ou psychique. Tout ceci quand même envisagé par rapport à une double approche, celle objective, impliquant d'éventuels examens et une observation clinique, et celle subjective, tenant compte en premier lieu du vécu personnel propre à chaque patient.
Un élargissement, souhaitable d'ailleurs, de l'approche sexologique en médecine serait un accroissement lié à des échanges interdisciplinaires, surtout avec des spécialisations comme la gynécologie, l'andrologie, l'endocrinologie ou la psychiatrie.Un terrain apte à se développer soit en direction d'une activité de recherche, soit en direction d'une application clinique, serait celui des rapports possibles entre la sexualité autant physiologique que pathologique et l'alimentation, avec les problèmes qu'elle implique, allant de l'anorexie et la boulimie jusqu'à l'obésité. Mais également celui des rapports possibles entre sexualité et sommeil, sexualité et activité physique, sexualité et sédentarité.
Sans oublier, quoi qu'il en soit, le fait que toute sexualité trouve ses sources aussi bien dans la réalité concrète, qu'elle soit morphologique, esthétique, sociale, qu'également dans l'imaginaire, les fantasmes, les rêves, la variation des circonstances. Puis encore, à côté des représentations mentales que la sexualité suscite en engendrant par là des modèles ou l'indication pour les différents rôles rattachés aux deux sexes respectifs, il faut tenir compte des impulsions qu'elle suscite aussi à transgresser les normes, à renverser les rôles proposés par la société, à entreprendre des parcours personnels, peut-être en contraste avec les normes ressenties alors comme des carcans imposant l'anonymat.
Il y a en outre tout le jeu et l'enjeu des émotions tantôt stimulant, tantôt inhibant la sensibilité érotique. Comme enfin, la nécessité pour la sexualité de faire face aux avancées technologiques, surtout celles relatives à la communication interindividuelle par rapport à des valeurs érotiques plus stables, tels la spontanéité, une certaine naïveté, et surtout le sens du mystère.
Toujours est-il que, pour la sexologie, le suprême défi reste celui d'améliorer les rapports entre les deux sexes en enrichissant les capacités d'une satisfaction érotique effective.