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Critique
"Votre chroniqueur doit l'avouer, il ne connaissait pas le ""roman graphique"" - entendez la bande dessinée - d'où a été tiré le péplum très kitsch et série B évoquant la bataille des Thermopyles. Il ne se souvenait que de l'invite ""Passant, va à Lacédémone..."" citée par son maître de grec au collège.
Ici, sur un ton emphatique et une musique soûlante à la Carl Orff, la B. D. des années 60 assimile, volontairement ou non, la Sparte antique aux Etats-Unis gendarmes du monde; on serait tenté de passer à 3'000, nombre des G.I's tués en Irak. Le roi Léonidas (Gerard Butler) et ses trois cents compagnons, bodybuildés et pourvus d'un slip en nylon à la Superman, décident, à l'insu du conseil des sages, de s'opposer aux volontés conquérantes de Xerxès (Rodrigo Santoro), roi des Perses qui tient plus de la drag queen afro que de l'empereur assyrien... La devise de rigueur est ""Respect et honneur"", on s'attend presque à ce que les habitants de la cité se saluent poing contre poing...
L'auteur de la B. D. a également signé SIN CITY (voir CF n. 503, p. 8). Zack Snyder ne lésine pas sur les effets spéciaux ni sur l'hémoglobine: les héros saignent, et les batailles, chorégraphiées comme dans les films de kung-fu, fusent de jets de sang virtuel maculant l'écran."
Daniel Grivel