Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07044.jsonl.gz/1422

Joshua Craze
* 1982 à Londres, vit et travaille à Berlin.
Période de résidence : octobre à décembre 2020
Ecrivain
Bourse de la République et du canton de Genève
Joshua Craze est écrivain. En 2014, il a été l’artiste lauréat de l’UNESCO pour son travail de création littéraire. Il a été invité en résidence à la Art OMI à New York et à Dar al Ma’Mûn à Marrakech. Ses ouvrages de fiction et ses essais ont fait l’objet d’une large publication, notamment dans les colonnes du Creative Time Reports, du Fourth Genre et du Chimurenga. Sa publication Grammar of Redaction a été exposée au New Museum de New York en 2014. En 2017, il a publié un livre en collaboration avec l’artiste conceptuelle américaine Jenny Holzer, intitulé Belligerent (New York, Ivory Press), composé de son essai et des peintures de documents de Jenny Holzer.
Il a également rédigé In the Dead Letter Office, le catalogue-essai accompagnant l’exposition de Holzer, War Paintings, au Museo Correr de Venise.
Avec sa collègue Meg Stalcup, il a bénéficié du soutien du Nation Institute for Investigative Report (maintenant appelée Type Investigates) dans le cadre d’une enquête journalistique de deux ans, portant sur les formateurs des unités de la lutte contre le terrorisme en Amérique. Cette recherche, effectuée entre 2008 et 2010, a été suivie par une longue investigation menée par le Washington Monthly, et a déclenchée une procédure d’enquête du Sénat qui a cité la recherche journalistique à l’origine de l’investigation. Joshua Craze a publié des articles dans des nombreux autres journaux tels que le British Guardian, le Lebanese Daily Star et le journal français La Croix.
En 2010, il a travaillé dans de nombreuses zones de conflit tel que le Soudan du Sud en tant que chercheur pour de multiples organisations, notamment Human Rights Watch et Small Arms Survey. Il a présenté son travail de recherche dans des zones de conflit devant de nombreux organismes gouvernementaux, notamment le Ministère de l’Intérieur britannique, le Département d’État américain et les Nations Unies. C’est des expériences qu’il a vécus en menant ses recherches qu’il tire la matière première de son roman Anatomy of exile, sur lequel il se propose de travailler au cours de sa résidence à Embassy of Foreign Artists.
Il a fait ses études au sein du St Peter’s College de l’Université d’Oxford; à l’Université d’Amsterdam; à L’École des hautes études en sciences sociales; et il a un doctorat d’anthropologie socioculturelle de l’Université de Californie à Berkeley. Il a enseigné l’anthropologie à l’Université de Californie à Berkeley et à la prison d’État de San Quentin, ainsi que la philosophie politique à Sciences-Po Paris et à l’Université de Chicago.
Son travail est disponible sur https://www.joshuacraze.com
Projet
Mon projet, “Anatomy of exile”, sera un roman écrit en dialogue avec le département des archives du HCR à Genève. Les archives elles-mêmes sont constituées de millions d’images, de rapports et de lettres. Il s’agit d’un compte rendu fragmentaire de milliers d’histoires humaines qui l’on voit apparaître sous la masse de la paperasse. Le roman que je me propose d’écrire à Genève raconterait l’histoire de la vie fragmentée des réfugiés, au travers de ses archives dont les dossiers sont eux-mêmes lacunaires. Anatomy of exile raconte l’histoire des réfugiés aux XXe et XXIe siècles et la place du HCR dans cette histoire.
Il prendra en charge quatre crises différentes au sein desquelles le HCR a opéré :
- Le soulèvement hongrois de 1956. Il s’agit de la première crise majeure dans laquelle le HCR était opérationnel.
- Les opérations du HCR dans l’ex-Yougoslavie des années 1990.
- Les attaques de milices, en 1997, dans les camps de réfugiés du HCR au Zaïre (aujourd’hui la République démocratique du Congo, ou RDC). Le HCR a tenté de sauver autant de documents que possible de ces attaques, mais une grande partie des archives est été brûlée ou perdue.
- Opérations du HCR au Sud-Soudan, pendant le conflit actuel, 2013-19.
En racontant les histoires de ces crises, Anatomy of exile n’essaiera pas de compléter le caractère fragmentaire des archives, dans lesquelles des individus sont nommés, identifiés, puis disparaissent à nouveau, mais plutôt de l’approfondir, en écrivant des histoires morcelées, aussi délicates et incomplètes que les dossiers documentaires dont elles sont tirées. Le roman sera composé de manière partielle et incomplète à l’image des vies des réfugiés.
Au travers des archives, Anatomy of exile, va suivre une série de personnages, leurs vies brisées par l’exil et la perte. Leurs existences s’entremêlent, des points communs et des échos s’établissent tandis qu’au fil des chapitres il sera question des pratiques fondamentales du HCR, tel que l’entrevue de détermination du statut de réfugié et l’enquête biométrique. Ainsi, Anatomie de l’exil sera aussi une étude sur la manière dont l’institution et les archives, elles aussi, créent leurs propres histoires.
Année de résidence : 2020