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La neutralité n’existe vraiment que dans le regard de l’autre. Lorsqu’Hitler est intervenu militairement en 1938 au motif de «libérer les Allemands des Sudètes de l’oppression tchécoslovaque», le Conseil fédéral a opté pour la «neutralité intégrale», s’interdisant le recours aux sanctions économiques associées explicitement à des actes de guerre.
L’inefficacité des sanctions d’alors, prononcées par la Société des Nations à l’encontre de l’Italie, avait déjà prouvé que ce moyen n’arrêtait pas la guerre. Ainsi, lorsque le conflit s’est internationalisé en 1939, le Conseil fédéral a pu réaffirmer sa neutralité stricte tout en mobilisant l’armée suisse aux frontières. Le fait est que, contrairement à ce qui est arrivé aux pays neutres moins strictes, la neutralité de la Suisse fut respectée par tous les belligérants et tout au long de la Seconde Guerre mondiale. En 1945, la Suisse était seule en Europe à avoir échappé aux bombardements, à l’occupation et aux déportations.
Qu’est-il advenu de cette neutralité aujourd’hui? Entrée en guerre économique aux côtés de l’Union européenne en 2022, la Suisse figure désormais sur la liste russe des nations hostiles. Et de tous les gouvernements du monde, il n’en est qu’un seul pour croire encore en la neutralité de la Suisse, c’est le Conseil fédéral.