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Compte rendu du livre de Michel Crozier et Erhard Friedberg: L'acteur et le système, éd. Seuil, 1977, 504 pages
Dans ce classique de la sociologie des organisations, Crozier et Friedberg posent les bases de l'analyse stratégique: comment la marge de manoeuvre des individus (leur pouvoir) et les systèmes d'action collective impactent la prise de décision et les processus de changement.
- L'action collective en organisation est un construit social, elle n'existe pas par nature. Comprendre sa mécanique implique d'accepter que les acteurs disposent d'un espace de liberté où ils exercent leur pouvoir. La vie en entreprise est toujours politique. Essayez de supprimer ces jeux de pouvoir et vous risquez de créer un système totalitaire où les individus sont réduits à des machines.
- Les organisations fonctionnent aussi grâce à une série de systèmes d'action collective. Elles sont donc systémiques. Pour atteindre un objectif commun, ces différents sous-groupes, fonctionnant avec leurs propres règles, doivent trouver un nouvel équilibre. Comprendre et accepter cette dynamique systémique est le seul moyen de transformer l'organisation dans la durée.
- Managers et dirigeants·es ont intérêt à assimiler cette analyse stratégique en prenant leurs fonctions. Tenir compte du pouvoir des acteurs et du rôle des systèmes d'action collective change profondément la manière de prendre des décisions et de conduire les projets de changement en organisation. L'impulsion peut venir d'en haut mais le résultat sera façonné par l'acteur et le système.