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En 2016, 1'016 personnes (dont 75% d'hommes) se sont suicidées en Suisse (sans les suicides assistés). Cela fait en moyenne trois suicides par jour. On compte quatre fois plus de décès par suicide que par accident de la route. Jusqu'en 2010, le taux était en recul; depuis 2010, il reste stable, autour de 13 cas pour 100 000 habitants. Au niveau européen, le taux de suicide de notre pays est dans la moyenne. L’organisation mondiale de la santé (OMS) estime qu’un million de personnes se suicident chaque année dans le monde. 10 à 20 fois plus font une tentative de suicide. Au moins 90% des personnes qui se tuent souffrent d’une maladie psychique, dans deux tiers de tous les cas il s’agit de dépression. En Suisse aussi, 60% de tous les suicides sont en lien avec une dépression.
Tél 143 face aux personnes suicidaires
Les personnes suicidaires subissent une grande pression émotionnelle. Pour diverses raisons, elles ne voient plus qu'une seule issue. Leur perception de la réalité est fortement restreinte. Une partie des appelants ne souhaite pas forcément mourir mais avant tout un changement de leur situation. Leurs sentiments sont ambivalents, ils oscillent entre le souhait de mourir et celui de continuer à vivre. Ces personnes doivent toujours être prises au sérieux; elles peuvent passer à l'acte sur une impulsion. Souvent elles souffrent d'une maladie psychique, fréquemment de dépression.
Certains appelants ont un long passé de souffrance derrière eux comme par exemple une grave maladie physique ou psychique. Leur vie n'est plus qu'un poids.
Le soutien de Tél 143
Les répondants doivent faire preuve d'une grande ouverture et de respect vis-à-vis des pensées et décisions de l'appelant. Il est important de lui apporter un soutien dans sa crise existentielle. Donner des conseils et une attitude moralisatrice n'ont pas leur place; il s'agit de rester calme et de faire preuve d'empathie.
Il s’agit de verbaliser le plus clairement possible les intentions suicidaires et, dans la mesure du possible, de fortifier la partie de l’appelant qui souhaite continuer à vivre. En abordant les conditions qui permettraient à la personne de continuer à vivre, sa réalité s’élargit. Il est aussi important que ces personnes ne restent pas seules après un tel entretien. On aborde avec elles leur emploi du temps des prochaines heures. On peut, le cas échéant, passer un accord pour qu’elles nous rappellent.
Pour les personnes gravement malades, il ne s’agit pas de remettre en question leur décision. Elles ont un long vécu de souffrance et méritent du respect pour leur décision. Elles ont peut-être besoin de soutien pour régler les dernières choses. Elles cherchent peut-être une dernière légitimation pour pouvoir mourir. Nous ne pouvons malheureusement assumer cette responsabilité pour personne mais pouvons soutenir et aider la personne à extérioriser ses peurs et à mettre de l’ordre dans ce qu’elle ressent.
Lorsque des tiers nous appellent, il peut s’agir de clarifier qu’ils ne doivent pas et ne peuvent pas assumer l’entière responsabilité pour une personne suicidaire. Il s’agit aussi d’aborder l’impuissance qu'ils peuvent ressentir parce qu’ils n’ont finalement pas le pouvoir d’empêcher un suicide. Mais il est également très important de transmettre à des proches ou à des connaissances de personnes suicidaires comment faire face à la situation afin de leur donner davantage d’assurance.