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Photo AUJ
Durant l’EMI, la quasi-totalité des témoignages raconte une plongée dans un amour inconditionnel qui n’a aucune similitude avec celui que nous pouvons vivre sur terre. S’y ajoute une notion très claire de bien et de mal, même chez les athées convaincus. Durant l’EMI, tout prend du sens. Tout a une raison. Pas étonnant que les expérienceurs développent majoritairement une spiritualité forte à leur retour.
Le passage du religieux au spirituel
La doctoresse australienne Cherie Sutherland a étudié les changements de valeurs spirituelles chez les personnes ayant vécu une expérience de mort imminente : « Dans l’échantillon des témoins d’EMI, 24% se décrivaient comme des personnes « religieuses » avant l’EMI, 16% comme « spirituelles » et 60% comme ni l’une ni l’autre. Après l’EMI, 6% se décrivaient comme « religieuses », 76% comme « spirituelles » et 18% comme ni l’une ni l’autre. Aucun des répondants n’a décrit l’EMI comme une « expérience religieuse », alors que 70% l’ont décrite comme une « expérience spirituelle » ; 2% l’ont décrite comme à la fois religieuse et spirituelle, et 28% comme ni l’une ni l’autre… » (1)
On notera également une baisse de la religiosité chez les personnes ayant vécu une EMI. Comme l’explique Cherie Sutherland : « Il existe le sentiment parmi mon échantillon qu’ils ont désormais un contact direct et continu avec « Dieu » ou un « Pouvoir Supérieur » qui ne requiert aucune médiation par des institutions comme l’Eglise ou d’interprétation par les enseignements de quelque branche ou tradition. Il s’agit d’un groupe de personnes parmi lesquelles 84% disent n’avoir aucune religion, 80% ne voient pas de valeur dans les institutions religieuses, 78% ne se rendent jamais à un lieu de culte, et seulement 6% se disent religieuses.» (2)
Application de la “Règle d’Or”
La majorité des expérienceurs sont transformés positivement par leur EMI et cela de manière étrangement similaire, quelle que soit leur origine :
« Leurs croyances, leurs valeurs, leurs comportements et leurs visions du monde semblent plutôt comparables après-coup. Ces changements psychologiques et comportementaux ne sont pas du tout le genre de changements auxquels on s’attend si on comprend l’EMI comme une hallucination. De plus, comme l’ont démontré le chercheur Pim van Lommel et ses collègues, plus le temps passe et plus ces changements deviennent apparents… La plupart des expérienceurs reviennent avec une appréciation nouvelle de la vie et de sa finalité, et un sens renforcé d’émerveillement et de gratitude pour la vie elle-même. Ils sont davantage capables de profiter de l’ici et maintenant. Ils ressentent également que la vie a plus de sens et d’intérêt et ils peuvent avoir un intérêt fort pour tout ce qui touche à l’écologie. Souvent, ils viennent à réaliser que le but principal de leur vie est de trouver et d’accomplir leur mission sur Terre et ils disent avoir réalisé suite à leur EMI que tout le mal qu’ils pouvaient faire allait influencer l’ensemble de la planète, comme le bien pouvait au contraire l’influencer positivement. De ce fait, l’une des modifications les plus remarquables et constantes à la suite d’une EMI est la compassion accrue pour les autres personnes. Les expérienceurs sont désormais capables de se mettre davantage au service des autres. Ils sont également plus tolérants, plus prompts à pardonner, et moins critiques envers autrui » (3).
On peut dire qu’après leur retour à la vie, les expérienceurs tentent d’appliquer la fameuse « règle d’or » commune à toutes les religions : « Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse ». Il n’est cependant pas toujours facile pour eux de comprendre que bien des personnes ne souhaitent finalement pas changer leur condition.
Alexandra Urfer Jungen
1. Jocelin Morrisson, L’expérience de mort imminente, Editions de la Martinière, 2015, pp. 118-119
2. Cherie Sutherland, « Changes in Religious Belifs, Attitudes, and Practices Following NearDeath Experiences : an Australian Study », Journal of NearDeath Studies, 9(1), septembre 1990
3. Mario Beauregard, Les pouvoirs de la Conscience, InterEditions/INREES, p. 169