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Qu'est-ce que tu veux faire quand tu seras grand ? Et ben, mon grand-père, il m'a dit comme ça : "pourquoi t'essaies pas de faire comme Couchepin, deviens Conseiller fédéral". Pour pas lui faire de peine, je lui ai dis, oui, pourquoi pas. Donc j'ai bien travaillé à l'école "pour sortir par le haut". Ensuite j'ai commencé à m'intéresser à qui se faisait dans ma commune et je suis assez vite devenu maire à Piogre. Alors on a commencé à me dire : " Tu fais de la politique ?" J'ai répondu que non, je travaillais juste pour bien gérer l'argent de mes concitoyens et trouver des solutions à leurs problèmes. On est une bonne équipe à Piogre. Les débats sont parfois vifs mais les décisions sont toujours prises dans un esprit d'ouverture aux autres. Maire d'une commune, d'accord, mais Berne ? Et d'abord, est-ce que j'en ai les capacités ? Au fond y'a pas de raison, j'suis pas plus bête que les autres.
Alors , pour remplacer Couchepin, on m'a dit qu'il fallait être latin, radical - mais que PDC ça pourrait aller - que UDC c'est pas très bien vu parce que le national-populisme c'est de la géométrie variable et enfin que socialiste, c'est pas mal mais un poil dogmatique.
Y'a vraiment un noeud : ma mère est glaronaise et je parle le suisse allemand mais je suis né à Genève. Je suis pas inscrit dans un parti, alors quelqu'un m'a conseillé d'adhérer à celui de Mme Widmer-Schlumpf. Vous pensez que c'est une bonne idée ?
Pendant plusieurs nuit, j'ai pas bien dormi et finalement je me suis dit : "les mauvais cuisiniers du Conseil national sortiront à nouveau une mauvaise recette en septembre pour élire le successeur de Couchepin : le candidat doit être très cela, pas trop ceci, assez latin même s'il est suisse-allemand, pas trop à gauche et encore moins à droite, et puis surtout pas du centre, mais loin des extrêmes. Il n'y a qu'une chose qui n'intéresse pas grand monde : les compétences. Mais paraît que c'est relativement secondaire. D'ailleurs ceux qui entrent intelligents et compétents (y paraît que ça arrive), ils sortent avec des bilans mitigés ou désastreux selon leur appartenance.
Mais, m'a dit un des mes amis, en politique ce qui importe c'est de "parler vrai". De ne pas hésiter à utiliser des formules choc et fortes. Si dans un discours tu es capable - comme Sarkozy - d'envoyer des aphorismes comme "Casse-toi-pauvre con" ou comme notre (déjà) regretté Couchepin s'adressant à Alain Rebetez de la TSR avec un très sympathique "petit merdeux", alors il ne faut surtout pas hésiter.
On se réjouit déjà des "pensées" des Pelli, Darbellay et autres. La seule question importante que les Chambres devront débattre sera celle-ci : les formules-choc, c'est mieux en français, en allemand ou en italien ?