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Lausanne est-elle "quasi la seule ville de Suisse" à autoriser la mendicité?
Factuel revient ce mardi matin sur une déclaration du journaliste et éditorialiste Peter Rothenbühler sur La Télé Vaud-Fribourg. Peter Rothenbühler était invité à revenir sur sa récente prise de position polémique dans la presse dominicale au sujet de l'exposition lausannoise du photographe Yves Leresche, consacrée aux communautés Roms. Le journaliste avait reproché à l'exposition de faire de la publicité pour la mendicité.
"Les mendiants de Lausanne sont maintenant connus dans le monde entier parce que c’est la seule ville qui accepte la mendicité. (…) Oui, en Suisse, c’est pratiquement la seule ville."
Vrai ou faux?
Lausanne est la seule ville de Suisse à autoriser la mendicité, ou pratiquement la seule?
La seule, pas d'accord. Pratiquement la seule, c'est en tout cas que c'est l'une des seules villes qui n'interdit pas complètement la mendicité.
L'une des seules?
Il n'y a pas de données sur cette question pour l'ensemble des 167 villes et communes urbaines du pays, selon la définition de l'Union des villes suisses. Nous sommes donc penchés sur les grandes villes et quelques villes moyennes romandes et il apparaît que la tendance à l'interdiction est nettement majoritaire. C'est le cas à Zurich, Winterthour, Bâle, Lucerne, Lugano, St Gall ou Genève, mais aussi Neuchâtel, Fribourg ou encore Sion. Sauf Lausanne donc, mais aussi Bienne, Berne et Yverdon. Ces villes n'interdisent pas la mendicité, du moins pas stricto sensu.
Autorisation sous conditions
Il faut savoir que les règlements varient beaucoup d'un canton ou d'une commune à l'autre et que - outre les dispositions cantonales et fédérales contre la traite des êtres humains ou la contrainte - si on y regarde de plus près, on voit que les villes citées n'autorisent pas pleinement la mendicité. A Bienne, par exemple, elle est acceptée, mais soumise à autorisation et seulement lorsqu'elle n'est pas "agressive". A Lausanne, la mendicité ne doit pas être "insistante" et elle est interdite dans toute une série de lieux de la ville, à proximité des commerces par exemple. Plutôt que d'"acceptation", il serait dès lors plus approprié de parler de tolérance encadrée ou de tolérance sous condition.
Références
Règlement général de police de la commune de Lausanne
Legge sull'ordine pubblico (TI)
Systematische Rechtssammlung (LU)
Arrêté relatif à la poursuite des contraventions par les services de l'administration cantonale (NE)
Loi pénale genevoise
Règlement de police locale de la Ville de Bienne
Konzept AGORA (BE)