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Février 2011
À l'époque de Jésus, la tradition juive voulait que le premier-né soit symboliquement offert à Dieu par sa mère, quarante jours après l’accouchement. Cet événement, au cours duquel le sage Siméon reconnaît Jésus comme lumière du monde, est rapporté dans l’Évangile de Luc. Progressivement, la fête de la présentation de Jésus a pris une dimension mariale, la mère de Jésus étant reconnue comme la porte-lumière par excellence. Au Moyen Âge, sa célébration a vu se répandre des processions, où les fidèles portaient des flambeaux et des cierges bénis à cette occasion, comme c’est encore le cas aujourd’hui. Cette fête aux chandelles (bougies) a donné son nom à la Chandeleur: une fête de la lumière, annonçant la sortie de l’hiver, que la tradition populaire a enrichi du partage des crêpes, rondes et dorées comme le soleil renaissant.
Lors du Nouvel An chinois, appelé aussi «fête du printemps» (Chunjie), on célèbre la première lunaison du calendrier traditionnel. À la fois populaire et religieuse, cette fête donne lieu à un jour férié et, pour bien des Chinois, à une période de congés annuels. Le Nouvel An est également célébré dans nombre de grandes villes du monde, à l’initiative des Chinois d’Outre-mer mais aussi des municipalités qui, lorsqu’il tombe en semaine, vont jusqu’à le décaler au week-end suivant, voire à une date ultérieure pour permettre la fréquentation d’un large public.
C’est une fête de renouveau, tant sur le plan individuel que communautaire. Elle est l’occasion de faire un grand nettoyage, de renouveler les calligraphies porte-bonheur sur papier rouge encadrant les portes au seuil des maisons, et d’acheter des vêtements neufs. La famille se réunit, traditionnellement chez les grands-parents paternels, pour réveillonner. Dans le nord de la Chine, on mange des raviolis (jiaozi) dont la forme rappelle celle des lingots anciens, symboles de prospérité. Le lendemain, après des rites de culte aux ancêtres, les proches échangent des vœux et distribuent des étrennes aux enfants dans des enveloppes rouges. Ils saluent également amis et voisins et raniment ainsi les liens sociaux.
À cette occasion, ils vont souvent au temple (taoïste ou bouddhique), où ils rendent un culte aux divinités, leur font des offrandes et leur expriment des requêtes pour l’année à venir. Dans les temples taoïstes, les festivités durent quinze jours, jusqu’à la fête des lanternes (Yuanxiao / Shangyuan), le 15e jour du 1er mois lunaire. Les fidèles viennent nombreux faire le rite des prosternations et demander des rituels pour le bonheur et pour la paix. Dans les villes ou les villages, on peut assister à des défilés de danses de lions ou de dragons, à des parades de chars, des représentations de théâtre rituel et des spectacles de rue en tous genres: échasses, chants populaires, danses collectives rituelles, démonstrations d’arts martiaux… On allume des pétards pour effrayer les mauvais esprits et on lance des feux d’artifice.
Chaque année est placée sous le signe d’un animal: rat, bœuf, tigre, lièvre, dragon, serpent, cheval, mouton / chèvre, singe, coq, chien et cochon (attention: le signe de l’animal ne «commence» pas avec le Nouvel An chinois mais avec la période solaire «Commencement du printemps», autour du 4 février). Ces douze signes marquent des périodes de la vie. Ainsi, tous les douze ans, lorsqu’un animal «revient», pour celles et ceux dont c’est le signe astrologique, le début de l’année consacre à la fois la fin d’un cycle et le début d’un autre, il inaugure ce que l’on appelle «l’année de son propre destin» (benmingnian), qui peut être celle de tous les bonheurs comme de tous les malheurs.
Son origine n’est pas claire. Sont parfois évoquées les célébrations de la fertilité en cette même période de l’année dans les civilisations grecque et romaine. Quant à l’histoire de tel ou tel saint Valentin, martyr dans les premiers siècles du christianisme, elle hésite toujours entre légende et réalité.
À la fin du Moyen-Âge, notamment en Angleterre, la Saint-Valentin prend sa connotation amoureuse; on s’échange ce jour-là des billets doux sur lesquels on dessine des cœurs. Aujourd’hui, la fête des amoureux est très pratiquée, moment privilégié du couple pour les uns, opération commerciale pour les autres.
Dans une grande partie du monde musulman, la piété populaire a engendré et préservé des fêtes auxquelles l’islam traditionaliste s’est toujours opposé. Il en va ainsi de la célébration de la naissance du prophète Muhammad lors de Mawlid al-Nabi (Mouloud). D’une part, il n’y a aucune mention de cette fête dans le Coran et la sunna (la tradition prophétique). D’autre part, les gardiens de l’orthodoxie musulmane craignaient, et craignent encore qu’elle n’entraîne, à la manière du Noël chrétien, une forme de divinisation du prophète Muhammad alors que, pour l’islam, celui-ci n’est qu’un homme, tout comme Jésus. Célébrée dès le XIe siècle, tant chez les sunnites que chez les chiites, et légitimée par des théologiens des divers courants de l’islam, cette fête s’est profondément enracinée dans l’islam sunnite, malgré l’opposition des traditionalistes.