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Peu de mots sont hermaphrodites – changeant de genre selon les situations. Les fameux «amour, délice et orgue» sont ainsi connus pour être du genre masculin au singulier mais du genre féminin lorsqu’ils changent de nombre, quand on les met au pluriel.
Or il est un mot du vocabulaire religieux qui a cette propriété de changer de genre sans pour autant changer de nombre: hymne. On parle d’UN hymne dans la plupart des cas, mais bien d’UNE hymne lorsqu’il s’agit d’un chant à caractère religieux. Une belle hymne de Carême, mais le bel hymne officiel de tel championnat sportif, par exemple. Il n’y a donc pas faute de genre lorsque l’on entend, dans le commentaire d’une messe radiodiffusée, «la belle hymne qui débute cette célébration».
En revanche il peut y avoir faute lorsque, avant une compétition sportive, on évoque «le bel hymne national» de tel ou tel pays. Si le texte est laïc, le masculin s’impose. Et c’est bien le cas de la plupart des hymnes… nationaux. Cela étant dit, la religion est mentionnée dans deux tiers des chants que les nations ont choisis pour les représenter officiellement. Pour que le féminin soit de rigueur, encore faudrait-il que le texte soit explicitement religieux et s’adresse à Dieu comme une prière, ce qui est moins fréquent. Critiquer l’hymne NATIONAL pour sa non laïcité est donc un contre-sens. En ce cas il s’agirait d’UNE hymne NATIONALE, comme le fut notre ancienne Prière patriotique. Qu’elle soit critiquable ou non est un autre problème.
Vincent Lafargue