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Les madrassas, écoles coraniques, enseignent les préceptes de l’ ► Islam. Elles accueillent généralement des étudiants entre 5 et 30 ans, qui étudient — outre les enseignements du Coran — les bases de la société islamique. Elles bénéficient d’un financement régulier et souvent de qualité, qui en fait un réseau étendu et efficace de diffusion de la culture islamique — souvent meilleur que les réseaux scolaires laïques. Les réseaux de madrassas pakistanaises, sont souvent montrées du doigt car souvent présentées comme des ferments du ► djihad et de la violence islamiste.
Créées au XIe siècle pour former les notables dans les domaines de la science ou de l’administration, elles ont acquis au fil des siècles, et avec l’apparition de l’école d’état, une dimension doctrinale.
Avec l’invasion de l’Afghanistan et l’émigration afghane vers le Pakistan, les madrassas se sont politisées et sont devenues des foyers de la résistance islamique, au sein desquels la formation militaire a été encouragée.
Foyers du radicalisme islamique elles sont devenues un problème politique en Inde et au Pakistan, ce qui a conduit le président Moucharraf à tenter de les intégrer dans le système scolaire en y proposant un enseignement de mathématiques, de géographie et de chimie, proposition qui n’a reçu qu’un accueil modéré.
En 1975, le Pakistan comptait quelque 868 madrassas. En 2002, ce sont quelque 6000 madrassas, qui forment environ 600 000 élèves. Dans la seule région de Quetta on comptait alors une centaine de madrassas dont une dizaine sous le contrôle des Taliban. En 2005, leur nombre estimé est de 11 882.(1)
En Afghanistan même, une trentaine de madrassas rassemblant chacune 1 000 à 2 000 élèves sous le contrôle des Taliban se déclarent ouvertement « djihadmadrassa ».
Le 19 juin 2002, le Président pakistanais Pervez Moucharraf a approuvé une loi qui impose un enregistrement de toutes les madrassas au Pakistan, un arrêt des aides qu’elles pourraient recevoir de l’extérieur, ainsi que l’interdiction à ces écoles de donner une instruction militaire. Toutes les madrassas qui ne se seraient pas enregistrées dans un délai de six mois ont été taxées ou fermées.
Source : Ministère de l’Education du Pakistan (avril 2007)
Le processus d’enregistrement n’a pas d’influence sur les programmes d’enseignement des écoles. Un jugement de la Court Suprême du Pakistan, daté du 29 août 2005, établit que l’enseignement prodigué par les madrassas ne suffit pas à assurer la formation nécessaire à un jeune pour entrer sur le marché de l’emploi. Afin de permettre aux madrassas de mieux couvrir les besoins de l’éducation nationale, le gouvernement pakistanais a engagé un programme de subventionnement afin d’introduire des matières d’enseignements nouvelles et non-religieuses, telles que les mathématiques ou la géographie, afin de les séculariser. Toutefois, au final, entre 2001 et 2006, 92% des fonds alloués à ce programme sont restés inutilisés en raison du refus des madrassas d’être ainsi sécularisées.
On estime qu’environ 65% des madrassas pakistanaises sont contrôlées par le mouvement radical déobandi ► Jamiat-i-Ulema i-Islam.
(1)Pakistan Tribune, 17.08.2005