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L’oeuvre de l’auteur cubain Pedro Juán Gutiérrez a été définie par les critiques de réalisme sale, notamment par son ample recours aux images scatologiques. L’intention littéraire est celle d’une tenace dénonciation de la misère de sa ville (La Havane) et de son pays. Ainsi, dans son roman « El rey de La Habana » de 1999, il crée le personnage de Reinaldo, maître du royaume de la baise et de la mort. En 2015, Agustí Villaronga relève le défi d’adapter l'oeuvre au cinéma. Nous retrouvons alors le protagoniste effronté dans ses errances dans les rues de la capitale cubaine en pleine période spéciale (les années 1990), entre soif de liberté, rhum, faim, passion et sexe débridé. Entre les cuisses de Magda et Yunisleidy, El Rey tente d’échapper à la misère et l’horreur du quotidien.
Oscillant entre poésie sombre et violence crue, le film est tout aussi implacable, amoral, sauvage et apocalyptique que le roman. Le cinéaste, qui nous avait plongés dans la Catalogne nauséabonde de l'après-guerre avec Panegre (qui a raflé neuf Goya et le Coquillage d'argent de la meilleure actrice à San Sebastian), répète le succès avec plusieurs nominations aux prix Goya et le Coquillage d’argent de la meilleure actrice pour Yordanka Ariosa en 2015.