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1956: invention de la flip-clock
En 1954, Gino Valle et Remigio Solari travaillent à la conception d'une horloge à palettes, dont le fonctionnement marquera le passage de l'horlogerie traditionnelle à aiguilles (analogique) vers l'affichage numérique. La Cifra5 sera la première horloge vendue avec la technologie à palette: Elle utilisait quatre volets verticaux de dix chiffres pour représenter toutes les heures de la journée. Cette technologie entrera au Musée d'Art Moderne à New York et recevra de nombreux prix, tel le "Compasso d'Oro". Ce même prix sera attribué à la société lorsqu'elle présentera en 1956 un système d'affichage pour la gare de Liegi, en Italie. Dans les années 60, Solari commercialisera la Cifra3, une horloge dont les palettes sont placées à l'horizontale. De nombreux concurrents, comme le japonais Copal, baseront leurs productions sur ce modèle et aujourd'hui, dans les brocantes, se sont surtout des Copal qui sont vendues.
Il n'y a pas besoin d'aller à la gare pour rencontrer ce type d'afficheur, il est encore possible de le trouver, de temps à autres, à la maison. La flip-clock, horloge utilisant ce fameux principe de plaquettes superposées, fonctionne avec un simple moteur électrique, généralement calé sur le réseau 50Hz du courant électrique afin de garantir une excellente précision. Ce moteur dit "synchrone" entraîne une première roue, la plus rapide, qui fait un tour complet sur elle-même chaque heure. Sur cette roue sont fixées 60 plaquettes sur lesquelles sont imprimées les minutes, de 00 à 59. Cette roue en entraîne une deuxième, la plus lente avec une révolution toutes les 24 heures et les 24 plaquettes représentent les heures, de 00 à 23.
Au fil du temps, la roue tourne et les plaquettes "tombent" les unes sur les autres, recouvrant la précédente. Mécaniquement, deux moteurs électrique ne peuvent pas communiquer de manière à ce que le premier annonce aux deuxième qu'il est temps de faire tomber une plaquette pour changer d'heure. Ainsi, les plaquettes des minutes 45 à 59 comportent une petite dent qui retiendra la plaquette de l'heure suivante. La demi-plaquette de l'heure suivante et lâchée lors du passage à 00.
Un mécanisme actionné à la main permet le réglage de l'heure en faisant tourner à grande vitesse la première roue. Comme les plaquettes "tombent" de haut en bas, il est impossible de "remonter" l'heure, comme pour les passages à l'heure d'été. Il est ainsi nécessaire de faire faire un tour complet au système ou alors de couper le courant pendant une heure.
Il n'est pas rare de rencontrer encore ce type d'horloge en parfait état de marche, après 40 ans de fonctionnement ininterrompu. La précision est telle qu'en dehors des corrections horaires imposées par les changements d'heures d'étés ou d'hiver, il n'est jamais nécessaire de régler l'heure. En effet, le moteur qui entraîne la première roue est "synchrone", c'est à dire que sa vitesse de rotation est déterminée par la fréquence du courant électrique, le fameux 50Hz en Europe. Le 50Hz varie toutefois régulièrement en fonction de la charge du réseau électrique. Les distributeurs se chargent ensuite de corriger les variations de fréquence en ajoutant ou en supprimant un générateur de courant.
On trouve maintenant des horloges neuves fonctionnant sur ce principe, mais elles fonctionnent avec une pile et la fréquence est générée par un quartz. La fiabilité et la précision sont très dégradées par rapport aux horloges des années 60...