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L'ouvrage de Mathias Reynard "Les débuts du Parti socialiste valaisan (1900-1929)", mai 2013, retrace la naissance du PS en Valais. Il est préfacé par Pierre-Yves Maillard et peut être commandé auprès du secrétariat du PS Valais romand.
Une naissance laborieuse
Brigue berceau du socialisme valaisan
Première section du PSS Brigue comptera en 1906 le premier municipal socialiste, élu lors d'une élection complémentaire - Albert Kâmpfen employé postal - le premier député en 1921, Charles Dellberg employé postal, premier élu au Conseil national en 1935. Dès 1908, année d'introduction facultative du système proportionnel aux élections communales le PS obtiendra un deuxième siège qu'il parviendra à conserver jusqu'en 1948.
Section dynamique et active, elle sera la seule jusqu'en 1920 à compter des élus communaux c'est dire que la progression n'était pas facile.
Première phase d'implantation 1919-1929
Le regroupement des forces sur le plan cantonal étant obtenu, un gros effort de recrutement a été entrepris sur la base d'un premier programme soucieux des intérêts des ouvriers, certes, mais aussi des paysans. On retrouve là le réalisme de Charles Dellberg.
En effet si le PS réclame une législation de protection ouvrière, l'obligation de l'assurance-chômage et de l'assurance-maladies, il demande pour les paysans des crédits agricoles à taux d'intérêt réduits, des subventions pour lutter contre les maladies de la vigne et assainir les terrains et des mesures de désendettement. En matière fiscale, il veut accroître l'imposition des grandes fortunes tout en prévoyant l'exonération pour les fortunes inférieures à 10’000 francs et les revenus de moins de 3500 francs.
Soucieux de développement, le PS préconise l'amélioration de l'instruction publique, la fondation d'écoles professionnelles et l'implantation de l'industrie dans les localités de plaine. Dès 1925, Charles Dellberg y ajoutera la constitution de caves coopératives avec le soutien de l’Etat. On voit par là que dans ce canton agricole où les ouvriers eux-mêmes dans leur majorité sont aussi paysans, le PS s'est adapté aux réalités.
Nouvelles sections
Des sections se créent à l'initiative de plusieurs propagandistes particulièrement dans le Bas-Valais (Vouvry, Bouveret Collonges, Dorénaz; Evionnaz, Finhaut, Vemayaz, La Bâtiaz, Massongex, Saxon, Riddes et Bovernier) mais aussi à Granges, Grône, St-Léonard, Randogne et Lens. Aux élections au Grand Conseil de 1921, les premières qui se déroulent selon le système proportionnel, le PS se présente dans six districts, deux dans le Haut (Brigue et Loèche), deux dans le Centre (Sierre et Sion) et deux dans le Bas (Martigny et Monthey). On note un seul élu à Brigue. C'est le district de Martigny qui obtient le meilleur résultat après Brigue.
En 1925, le PS est à nouveau présent dans six districts (St-Maurice remplace Loèche). Il y a une forte progression à Sierre - 1 élu Charles Dellberg - et recul sensible à Brigue.
Elections fédérales 1919-1922-1925-1928
Entre 1919 et 1928, l'électorat socialiste double passant de 7,4% à 13%. En 1928, le PS ne manque l'entrée au Conseil national que pour septante listes. Le travail d'organisation entrepris, la crise viticole aiguë que connaît le canton, incitent à voter pour la gauche en particulier dans les milieux agricoles. En mars 1929, pour la première fois le PSV peut constituer un groupe parlementaire au Grand Conseil avec cinq élus représentant les districts de Brigue, Sierre, Martigny, St-Maurice et Monthey.
Le temps du reflux (1929-1952)
La crise économique entraîne en Valais la suppression de nouveaux emplois et le renvoi aux champs de beaucoup d'ouvriers paysans, voire l'exode vers la Suisse en particulier Genève de nombreux militants et élus, qui d'ailleurs fondent dans cette ville une section de socialistes valaisans.
La double activité, qui a freiné le développement d'une conscience ouvrière aiguë, aggrave la situation car la solidarité fait défaut. De nombreuses sections interrompent leur activité et les résultats électoraux vont s'en ressentir. Alors qu'en 1929 il y avait 18 sections avec 450 cotisants, à la veille de la guerre il n’y en a plus que 7 avec 92 cotisants.
Désolidarisation du monde ouvrier
Durant la guerre de 1939-1945, seule la section de Brigue poursuit son activité. On peut penser que constituée essentiellement d'employés fédéraux jouissant d'une meilleure sécurité de l'emploi, la section affronte moins de difficultés. La crise d'abord puis la guerre ont provoqué la désagrégation des organisations syndicales et ouvrières qui ne retrouvent une certaine combativité qu'à partir des années 1943 et 1944 marquées par de nouveaux licenciements.
Dès 1946, il faut reconstituer de nouvelles sections et affronter les propagandistes du Parti ouvrier populaire emmenés par le Bellerin Hourilet qui parvient à diviser durablement les camarades des districts de Monthey, St-Maurice et Martigny en particulier. Aussi il faudra attendre 1952, c'est-à-dire la reprise économique et l'abrogation de l'inique quorum électoral de 15% introduit dans la loi électorale de 1938, pour voir le PSV refaire surface et s'enraciner durablement dans la terre valaisanne, en particulier dans le Valais central où il s’y est implanté en cheminant sur les pas des militants syndicaux .
Evolution électorale
De 1919 à 1929, la progression électorale avait été continue. Les élections nationales de 1931 constituent le premier coup d'arrêt confirmé par le recul des élections cantonales de 1933. 1935 sera une éclaircie imprévisible qui s’inscrit dans la tendance apparue au plan national et qui est liée notamment aux effets de plusieurs conflits ouvriers importants dont celui de la Grande-Dixence. De plus le mécontentement paysan a généré un vote protestataire important dont a bénéficié notre camarade Dellberg, qui incarne à lui tout seul l'opposition à la politique de déflation conduite à Berne et à Sion.
D'ailleurs deux ans plus tard aux élections cantonales de 1937, dans le Valais central seul le district de Sierre présente des candidats. Conscients des difficultés les socialistes créent un front ouvrier-agraire afin de sauver leurs positions. Ils obtiennent cinq élus avec peine.
Le couperet de 1938
Inquiet de la progression socialiste illustrée essentiellement par l'accession au Conseil national de Charles Dellberg, le Conseil d’Etat appuyé par le Grand Conseil institue un quorum de 15% pour lés élections communales et cantonales De plus celui-ci peut atteindre 16 2/3 % et au-delà dans les districts de moins de cinq députés, puisqu'il est spécifié que toute liste n'ayant pas participé à la première répartition, c'est-à-dire n’ayant pas atteint le quotient électoral, ne peut participer à la seconde répartition.
Les effets ne se font pas attendre. En 1941, la gauche est totalement éliminée du Grand Conseil, même si elle parvient en 1943 à conserver sa représentation au Conseil national. En 1945, à la faveur de la poussée à gauche générale elle retrouve sept sièges dans trois districts: Brigue, Sierre et Hérens. Ce n'est qu'un répit. En 1947, c'est un échec cuisant au Conseil national. Charles Dellberg n'est pas réélu, victime à la fois d'une décision inopportune d'apparentement avec les radicaux et de vives polémiques marquant les rapports avec les popistes. En 1949, nouvel échec de Dellberg et trois élus sur cinq le sont avec l'appui des radicaux.
Finances publiques et quorum
Depuis 1921, le canton vivait avec un régime financier provisoire, incapable de se doter d'une législation moderne, car le peuple méfiant refusait systématiquement tous les projets surtout s'ils étaient combattus par la gauche comme ce fut le cas en 1949. Au gré d'un marchandage, le PSV décidait de soutenir la loi fiscale si le quorum de 15% était abaissé à 10%. Les deux décisions ont été prises le même jour Elles marquent la fin du temps du reflux.
Les années de consolidation (1953-1971)
Avec le développement des grands travaux le Valais connaît des transformations qui exigent une refonte complète de sa législation et une modernisation de son agriculture. Le PSV s’y associe comme force de progrès face aux résistances opposées par les traditionalistes de tous les horizons. C'est l'ère du rattrapage. Le président fondateur du parti Charles Dellberg toujours actif se retire de la présidence en 1957 mais demeure député jusqu'en 1965 et conseiller national jusqu'en 1971. Il est remplacé par Albert Dussex qui dès 1946 s'est employé à reconstruire le PSV comme secrétaire politique et d'organisation et rédacteur de Travail, puis rédacteur fondateur du Peuple valaisan, hebdomadaire, dont il a assumé la responsabilité jusqu'en 1970. C'est également en 1971 qu'il quitte la présidence du PSV.
Durant ces années, l'action parlementaire passe au premier plan. Avec un nombre d'élus qui oscille de 9 (1957) à 14 (1969), une continuité est possible. La composition de la députation a évolué. Les syndicalistes sont au premier rang.
A nouveau en 1960, l'aboutissement devant le peuple de la loi fiscale oblige à solliciter les socialistes. Le PSV est divisé mais Dellberg soutient la loi. Celle-ci est adoptée en 1960. En 1962, il deviendra le premier personnage de la République pour une année, c'est-à-dire, président du Grand Conseil, et une fois de plus, le premier socialiste à revêtir cette charge.
La rupture de 1967
Ecarté en 1967 d'une nouvelle candidature au Conseil national - il a 81 ans - Charles Dellberg part en franc-tireur et est élu avec le soutien de la jeunesse du PS et du MSI (Mouvement social indépendant), parti agraire proche de l’Union des producteurs suisses. Ce qui aurait pu être une division durable, n'est qu'un incident. Mais une période de l'histoire du PSV se clôt.
Les pionniers ont fini leur course. Coureur de grand fond, Charles Dellberg a usé beaucoup de ses camarades, sacrifié une génération et inconsciemment accéléré l'arrivée d'une nouvelle génération.
Une nouvelle génération 1971-1993
Tous ceux qui ont incarné ce parti depuis qu’il existe se retirent au même moment qui coïncide sur le plan cantonal avec l'accession des femmes à la citoyenneté. Afin d'accélérer le mouvement, il est imposé aux sections statutairement d'inclure dans leurs délégués au moins une femme dès que le nombre de ceux-ci est de deux. La mesure autoritaire a des effets positifs même si elle se heurte à des résistances.
Un nouveau président syndicaliste, Gérald Jordan, assure une transition difficile. Aux élections fédérales de 1971, il faut surmonter les divisions nées de la lutte fratricide de 1967. Une liste comportant trois représentants de l'ancienne génération et deux de la nouvelle est décidée avec une préséance en faveur de l'unique candidate Gabrielle Nan chen. Celle-ci est élue et devient le symbole de la gauche féministe romande. Le PSV a bien négocié le tournant. La progression se poursuit.
L'accroc de 1973
C'était peut-être trop beau. Les nouveaux venus au PSV, par manque d'expérience et un brin d'esprit gauchiste, s'opposent en 1973 à la présentation d'un candidat au Conseil d’Etat ; la sanction est sévère, perte de quatre sièges au Grand Conseil et retour à 10 élus. Une fois de plus l'erreur d'appréciation n'a pas trop d'importance puisque à l'échéance suivante, en 1975, le PSV réalise son meilleur résultat électoral, talonnant le Parti radical de 1,5 % .
Notre élue donne du canton du Valais une autre image et apparaît aux yeux de la population comme le symbole et l'artisane possible du changement politique qu'on attend. Les élections cantonales de 1977, avec un programme qui met l'accent notamment sur la défense de l'environnement la promotion professionnelle pour l'homme et la femme, un développement économique mieux maîtrisé, sont un succès avec un gain de cinq sièges. Au premier et au second tour de l’élection du Conseil d’Etat la candidate du PSV bat le candidat radical. En raison de son domicile dans le même district qu'un autre conseiller d’Etat elle ne peut siéger.
Une retraite prématurée
En 1979, le retrait de la scène politique de celle qui incarnait si bien les valeurs du socialisme humaniste déçoit les électeurs qui se tournent vers un représentant d'un autre courant de changement le syndicaliste chrétien Vital Darbellay. Le PSV qui s’était donné une présidente, Madeleine Rouiller, pour la première fois, réélit une femme à Berne, Françoise Vannay, pour le représenter, donnant ainsi une image du Valais très ouverte et progressiste. Au Grand Conseil, il assure également une représentation féminine moyenne mais supérieure à celle des autres groupes.
La création du SOPO
En 1982, alors que le parti est présidé par Germain Varone, les haut-valaisans demandent que le PSV se scinde en deux entités distinctes, le parti socialiste du Valais romand (PSVR) et le parti socialiste haut-valaisan (SOPO). Un congrès tenu à Sion, dans une ambiance tendue, entérine cette proposition. Cependant, malgré le maintien d’une structure dirigeante commune, les relations entre les deux partis ne sont pas des meilleures. Ce n’est qu’à la fin des années 80 que les cicatrices consécutives à cette séparation se cicatrisent et que le PSV retrouve son unité.
La restructuration
Dès 1985, une équipe dirigeante rajeunie et emmenée par son nouveau président Charles-Edouard Bagnoud s’attaque à restructurer en profondeur le parti. Les statuts et les règlements sont modifiés afin d’en faire un parti de membres, les commissions permanentes sont mises sur pied, les rapports avec le Haut-Valais sont intensifiés, le groupe « femmes » est créé, la « jeunesse socialiste » est réactivée et plusieurs sections sont fondées. Il s’ouvre également à de nouveaux milieux sociaux et intègre les préoccupations écologistes.
En 1993, Liliane Hildbrand reprend les rênes du parti pour les laisser 4 ans plus tard à Liliane Andrey. Durant cette période, le PSV poursuit son aggiormamento, notamment en professionnalisant son secrétariat par l’engagement d’un permanent politique.
L'émergence d'un surdoué de la politique
Membre fondateur et principal animateur du Kritisches Oberwallis (KO), Peter Bodenmann rejoint le PS à la fin des années 70. Stratège hors pair, il acquiert rapidement une notoriété qui en fait un candidat redouté. Son élection au Conseil national en 1987, devant la sortante Françoise Vannay, ne constitue donc qu’une demi-surprise. Il siège 10 ans à la chambre du peuple, assumant parallèlement la fonction de président du parti socialiste suisse. C’est sous son inspiration qu’en 1995, le PSV dans l’optique de l’obtention d’un 2 ème siège au Conseil national part au combat avec 2 listes apparentées (1 liste PSVR et 1 liste SOPO). Quittant en cours de législature son mandat, Peter Bodenmann est remplacé par Thomas Burgener. Ce dernier cède sa place 2 ans plus tard à Peter Jossen au moment où il accède au Conseil d’Etat valaisan.
Le long combat de la Justice
Alors qu’un membre du PSV, Claude Rouiller, siège depuis de nombreuses années au Tribunal fédéral, la majorité DC du parlement refuse toujours aux socialistes l’accès au Tribunal cantonal. Malgré les négociations et les coups de colère, les candidats de la gauche sont systématiquement écartés. Ce n’est qu’en 1995 que l’avocate sierroise Françoise Balmer Fitoussi est élue à cette fonction.
Les années succès
Après avoir connu de nombreux revers, dont les élections cantonales de 1985 où le Grand Conseil ne compte plus que 12 députés socialistes, la tendance s’inverse à la fin des années 80. A chaque échéance, les scores progressent régulièrement avec comme point culminant les 21 députés élus en 1997. Et, cerises sur le gâteau, le PS obtient encore à deux reprises la présidence du Parlement, en 1989 avec Gérald Jordan et en 1999 avec Marie-Paule Zufferey-Ravaz.
Au niveau des élections communales, le parti gagne également des points et un mini-tremblement de terre secoue la ville de Sion, en 1996 lorsque Anne-Christine Bagnoud accède à la vice-présidence de la capitale, devenant ainsi la première femme et la première socialiste à occuper cette fonction dans ce bastion bourgeois.
Mais le véritable séisme a lieu en 1997 quand Peter Bodenmann gagne de haute lutte sa place au Conseil d’Etat, au détriment du PDC du Haut, entrant ainsi dans l’histoire du canton comme premier socialiste à siéger au gouvernement.
Malheureusement, des événements d’ordre privé l’amène à démissionner en 1999. La place de la gauche au sein de l’exécutif est remise en question. Mais l’élection complémentaire confirme la volonté populaire d’une juste représentation des forces politiques et Thomas Burgener entre à son tour au Conseil d’Etat.
Dans cette dynamique de succès, les élections fédérales de 1999, s’annoncent sous les meilleurs auspices. Pour la 2 ème fois consécutive, le PSV part en campagne avec 2 listes pour le Conseil national. Et le soir des résultats, la surprise est de taille puisque chacune des listes emporte un siège, dépassant ainsi le PRD. Stéphane Rossini et Peter Jossen représentent la gauche valaisanne à Berne.
L'alliance "Rose-Verte"
La collaboration entre le parti socialiste et le parti écologiste débute dans les années quatre-vingt, dès la création du parti " vert ". Aux élections au Conseil National, les listes sont rapidement apparentées. Lors des communales de 2000 et des cantonales de 2001, un pas supplémentaire est franchi. En effet, à Sion, se crée une liste commune des 2 partis sous l'appellation " Alliance de gauche ". Cette dernière permet ainsi à un " vert " d'intégrer l'exécutif sédunois. Quelques mois plus tard, le concept est repris par la fédération de Martigny et, dans ce contexte, les écologistes font leur entrée au parlement cantonal avec une députée-suppléante.
La crise de 2001
Lors de l'élection au Conseil d'Etat de 2001, le PSV part au combat avec son sortant, Thomas Burgener, qui est réélu sans grande difficulté. Au niveau du Grand Conseil, le parti qui ne bénéficie plus, comme il y a quatre ans, de l'effet " Bodenmann ", marque légèrement le pas puisqu'il perd trois députés, passant de 21 à 18.
Mais alors que tout semble devoir se passer sans surprise, la candidature dissidente de la radicale Cilette Cretton met le feu aux poudres à l'intérieur du parti. Une frange de ce dernier, emmené notamment par le " Groupe femmes ", apporte également son soutien à Mme Cretton, considérée comme plus proche des idées socialistes que le candidat radical officiel. Les divergences d'appréciation entre la direction du PSV et certains membres, au sujet de ce soutien, pourrissent les relations et entraînent la démission du président intérimaire Yves Ecoeur.
Le parti retrouve sa cohésion lors du congrès de Saint-Léonard, avec l'élection d'un nouveau président, Charles-Marie Michellod, et le renouvellement du bureau exécutif.
2003 Lumière et ombre
Les élections fédérales de 2003 ne s’annoncent pas sous les meilleures auspices, malgré le travail remarquable effectué à Berne par Stéphane Rossini et Peter Jossen. La plupart des analystes prédit la perte du 2ème siège socialiste, d’autant que l’UDC se profile fortement, pour la première fois, dans le paysage politique valaisan.
Mais le soir du 19 octobre, les résultats obtenus par la gauche valaisanne dépassent toutes les espérances. Stéphane Rossini réalise un score historique, dépassant les 27'000 suffrages. Ce succès éclatant permet au 2ème placé sur la liste du PSVR, l’ancien directeur de la Poste Jean-Noël Rey, de ravir le siège du haut-valaisan Peter Jossen, en vertu des règles du système proportionnel.
Le PSV vit ainsi un nouveau moment symbolique puisqu’il s’affirme incontestablement, pour la première fois de son histoire, comme la 2ème force politique du canton.
Ce millésime marque également la dissolution du groupe " Femmes " du PSV, créé en 1991. La collaboration avec le parti, altérée par les événements de 2001, les échecs répétitifs des diverses candidates et le manque de relève contribuent notamment à ce choix.
En 2005, Jean-Henri DUMONT succède à Charles-Marie MICHELLOD à la Présidence du PSVR.
2007 La crise interne des fédérales
Après le succès historique de 2003, les élections fédérales 2007 seront marquées par une importante crise interne au Parti Socialiste du Valais Romand. Après de grandes hésitations sur la stratégie à adopter, sur le nombre de liste et de candidats à proposer, un congrès extraordinaire tranche la question et choisit de présenter deux listes séparées (PSVR & SPO). Malgré cette décision, les dissensions internes persistent, conduisant le parti socialiste vers l'échec.
Le parti devra essuyer un score très décevant lors des élections d'octobre 2007, perdant dans la foulée le siège conquis en 1999.
2009 L'histoire des femmes en marche
Après 10 ans de Conseil d'Etat, Thomas BURGENER annonce qu'il ne briguera pas un nouveau mandat. Les circonstances électorales conduisent naturellement les recherches de candidat dans le Haut-Valais. Un nom s'impose très rapidement, celui d'Esther WAEBER-KALBERMATTEN, ancienne députée et Conseillère communale à Brig.
Le 4 mars 2009, la première femme Conseillère d'Etat est élue, avec un score particulièrement réjouissant. Elle deviendra, en 2012, la première Présidente du Canton du Valais.
2011 Le plus jeune élu fédéral est socialiste et valaisan
Après la victoire de 2009, le parti a su se souder à nouveau et réparer les blessures laissées par les élections fédérales de 2007. Si les alliances peinent à se confirmer, la gauche valaisanne partira au combat presque totalement unie.
Avec une liste à 6 candidats, le Parti Socialiste du Valais Romand atteint son 2ème meilleur score historique, compensant ainsi les pertes du SPO. Avec un sortant, Stéphane ROSSINI, qui se lance également dans la course au Conseil fédéral pour remplacer Micheline CALMY-REY, le PSVR conquiert à nouveau, de haute lutte, le second siège au Conseil national. Celui-ci revient à Mathias REYNARD, plus jeune élu fédéral de Suisse.
En mars 2012, Jean-Henri DUMONT cède sa place de Président du PSVR à Gaël BOURGEOIS de Bovernier.
Perspectives
La singularité du socialisme valaisan réside dans son ancrage dans une réalité sociologique qui l'a obligé de ne pas dissocier les préoccupations des ouvriers de celles des paysans et de maintenir une collaboration étroite avec les organisations ouvrières.
La gestion du parti a passé d'un style très personnalisé à une extension progressive de la concertation et du débat fut-ce au gré de controverses. C'est un apprentissage qui n'est pas terminé mais qui accélère les rotations nécessaires et assure de meilleures liaisons avec la société civile.
Les élus et les militants d'aujourd'hui sont peut-être assez éloignés sociologiquement et professionnellement de ceux de hier. Ils témoignent de l'évolution de la société. Ils nous disent que le socialisme valaisan doit aller au-devant des nouvelles couches sociales, saisir les signes du temps afin de mieux répondre aux besoins d'aujourd'hui en associant toujours mieux les citoyennes et citoyens qu'il prétend représenter et défendre. Le spectre social s'élargit toujours plus; il s'agit donc de concilier la solidarité nécessaire avec l'individualisme des sections. C'est plus difficile mais c'est plus motivant.
La solidarité de demain doit emprunter d’autres voies. Nous devons y concourir avec l'élan, la ténacité et les convictions de ceux sans qui le socialisme valaisan serait demeuré un corps étranger dans ce canton qui en a aussi besoin.
Lucien Rosset
(actualisation Charles-Edouard Bagnoud & Gaël Bourgeois)
|Prénom et nom||Section||Date de début||Date de fin|
|Karl Dellberg||Section de Brigue puis Sierre||novembre 1919||février 1957|
|Albert Dussex||Section de Sion||mars 1957||mars 1971|
|Gérald Jordan||Section de Sion||avril 1971||mai 1973|
|Albert Dussex||Section de Sion||juin 1973||mai 1977|
|Madeleine Rouiller||Section de Sion||juin 1977||mai 1981|
|Germain Varone||Section de Savièse||juin 1981||mai 1985|
|Charles-Edouard Bagnoud||Section de Sion||juin 1985||janvier 1993|
|Liliane Hildebrand||Section de Sion||février 1993||janvier 1997|
|Liliane Andrey||Section d'Ayent||février 1997||octobre 1999|
|Yves Ecoeur ad interim||Hors section||novembre 1999||janvier 2001|
|Yves Ecoeur||Hors section||février 2001||mars 2001|
|Jeanny Morard ad interim||Section d'Ayent||avril 2001||juin 2001|
|Charles-Marie Michellod||Section de Sion||juillet 2001||mai 2005|
|Jean-Henri Dumont||Section de Sion||juin 2005||mars 2012|
|Poalo de Andrea ad interim||Section de Sierre||mars 2015||octobre 2015|
|Gaël Bourgeois||Section de Bovernier||mars 2012||en fonction|