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© Manfred Danegger
Les amis des chats sont régulièrement en querelle avec les personnes qui trouvent que ces félins domestiques occasionnent des dommages dans la nature. Les considérations développées dans la fiche technique présente devraient pourvoir la discussion d'une plus grande objectivité.
En Europe Centrale, la domestication du chat a pris une ampleur notable à partir du 12e siècle. Le rôle du félin était des siècles durant presque exclusivement limité à la lutte contre les rats et les souris grises, importés involontairement au Moyen-Âge avec l'essor des échanges commerciaux. Ce n'est qu'avec la révolution industrielle aux 18e et 19e siècles que les chats ont commencé à acquérir leur statut d'animal de compagnie. D'après des sondages représentatifs parmi la population, la Suisse comptait près d'1,4 millions de chats en 2008. Environ 1 million d'entre eux avaient probablement accès à l'extérieur, et donc la possibilité de chasser.
Le chat domestique ne fait pas partie de notre faune indigène et présente encore des caractéristiques primaires de son ancêtre, le chat sauvage d'Afrique ou chat ganté :
Dans les régions suisses de basse altitude, on dénombre en moyenne 50 à 60 chats au kilomètre carré, et dans l’agglomération zurichoise, la densité atteindrait même les 430 félins. Ainsi, les chats sont bien plus fréquents que tous les autres prédateurs réunis. Comme tous les prédateurs, ils évitent les gros efforts et chassent surtout les proies présentes en grand nombre et faciles à attraper. Lorsque ces espèces trouvent suffisamment de nourriture, de cachettes et d'abris pour leur reproduction, et que le reste des conditions environnementales, p. ex. le climat, sont favorables, elles peuvent supporter même de lourdes pertes dues aux prédateurs. Si, au contraire, leurs effectifs sont déjà affaiblis, les chats peuvent conduire à l'extinction de populations locales.
Dans le choix de ses proies, le chat a une prédilection pour les souris, mais les musaraignes y jouent aussi souvent un rôle important. Les grenouilles, tritons, lézards et orvets sont eux très touchés dans les paysages propres en ordre et pauvres en cachettes. Parmi les oiseaux, le chat capture surtout des espèces fréquentes comme le merle noir, le rougegorge, les mésanges, les fringilles et les moineaux. Les individus d'espèces menacées ne tombent que très rarement sous ses griffes.
Déterminer l'impact des chats sur les effectifs des petits mammifères indigènes, des oiseaux, des reptiles et des amphibiens de façon concrète est méthodiquement très compliqué. En conséquence, il n'existe presque aucune étude sur le sujet. Parce que ce sont surtout dans les zones habitées que vadrouillent de très nombreux félins, et parce qu'ils peuvent se montrer très habiles à la chasse, nous devrions envisager des dispositions appropriées par mesure de précaution.
En mettant en oeuvre les recommandations suivantes, les pertes chez les animaux sauvages et les oiseaux pourront être atténuées :
Nous remercions Dr Dennis C. Turner, Institut d'éthologie et de psychologie animale, et privatdocent à l'Université de Zurich, pour la lecture critique de cette fiche.cette fiche.
© Station ornithologique suisse & ASPO/BirdLife Suisse, Sempach & La Sauge, 2014
Auteurs : M. Rudin & J. von Hirschheydt
La reproduction avec références est souhaitée.
Chats et oiseaux