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Historique
En signant en 1998 la Charte des villes européennes pour la durabilité – Charte d'Aalborg, la Municipalité de Lausanne s'est engagée à mettre en œuvre un programme de développement durable par l'élaboration de son Agenda 21 local.
1998: les fondements
De longue date, la Municipalité de Lausanne et les services communaux ont conduit des projets dans les domaines de l'énergie, de la mobilité, de l'urbanisme, du social ou de l'éducation qui relevaient du développement durable, sans toutefois que cette étiquette leur soit associée.
Fin 1998, la Municipalité a décidé de formaliser sa politique de développement durable en engageant une démarche d'Agenda 21 local.
Le premier pas concret a été l'adhésion à la Charte d'Aalborg appelant les villes à gérer les déséquilibres qui touchent la société en intégrant les aspects écologiques, économiques et sociaux.
Par la suite, l'administration communale a dessiné les contours de l'action à mettre en place. Une vision globale, touchant la majorité des domaines de l'action publique, a été privilégiée. Les objectifs visés sont:
- un environnement préservé;
- une société solidaire;
- une économie forte;
- un partenariat entre la population, les autorités et l'administration.
2000: les 7 volets de l'Agenda 21 lausannois
Plus qu'un programme d'action pré-établi, l'Agenda 21 lausannois repose sur un processus évolutif avec le souci de se conformer aux principes du développement durable dans chaque nouveau projet communal. Il se déploie en 7 volets, qui ont fait l'objet de propositions au Conseil communal.
La préservation de l'environnement est au coeur des préoccupations de la Ville de Lausanne. Diverses mesures destinées à prévenir ou limiter les nuisances écologiques produites par nos sociétés ont été introduites au cours des dernières décennies, notamment en matière de circulation automobile et de politique énergétique.
Ce premier rapport-préavis (Rapport-Préavis 2000/155) présente le catalogue des actions déjà effectuées par l'administration communale ainsi que les projets prioritaires relevant de la même philosophie. Valoriser le bois en l'employant pour le chauffage, le pavage ou pour les bancs publics, le protéger en bannissant toute utilisation d'essences tropicales, préserver les espaces agricoles périurbains, sauvegarder et étendre les zones vertes communales constituent quelques-unes des mesures concrètes proposées au Conseil communal, dans le cadre de l'Agenda 21 élaboré par l'ensemble des directions municipales.
Financièrement, le Fonds communal pour le développement durable (Fdd) est créé et assorti d'un règlement communal qui fixe ses missions et les secteurs pouvant faire l'objet d'un soutien. Il donne aux autorités une latitude pour agir et innover, et encourage les actions de durabilité.
Un des buts majeurs du développement durable est d'assurer un environnement social de qualité, garantissant une vie digne et une cohésion respectueuse des droits de chacun.
L'objectif du deuxième volet de l'Agenda 21 (Rapport-Préavis 2001/211) est de créer, renforcer ou réparer le lien social dans les divers quartiers de la commune, de poursuivre la lutte contre l'exclusion sociale ainsi que de soutenir l'émergence de comportements compatibles avec les impératifs du développement durable. Ce programme d'action s'articule principalement autour de deux axes:
- Il marque la mise en place d'une large démarche participative – baptisée Quartiers 21 – qui invite les Lausannois à plancher sur les problèmes de leur quartier. Initiée en 2003 par la tenue d'ateliers d'innovation ouverts à toute la population, cette démarche novatrice fut placée sous le signe de l'échange et de la concertation. Elle a permis en outre d'instaurer un véritable dialogue entre la population, les autorités et l'administration.
- Il permet d'améliorer les politiques de lutte contre l'exclusion, d'accès au logement et de promotion de la mixité sociale dans les quartiers. Une nouvelle politique du logement subventionné est ainsi proposée. Celle-ci entend favoriser la mixité sociale dans les quartiers et une politique régionale plus équilibrée en matière de logements.
La volonté d'impliquer de manière plus importante les habitants dans la vie de leur quartier s'est par ailleurs traduite par la création en 2002 d'une télévision locale dans le quartier de la Bourdonnette: TV Bourdo-Net.
Dans sa dimension économique, le développement durable suppose que les politiques publiques visent l’équité sociale et la viabilité économique. L’accent est mis sur l’importance d’une gestion efficiente des ressources publiques, et notamment sur la réduction des déficits budgétaires, afin de garantir le financement d’un développement durable au plein sens du terme.
A Lausanne, bien que la dette communale ait une histoire qui couvre une bonne partie du XXe siècle, il apparaît que la situation déficitaire actuelle trouve ses racines principalement dans deux phénomènes:
- les décisions en matière de politique fiscale prises dans les années 1980 au niveau communal et cantonal ont conduit à un manque de recettes structurelles;
- les charges de la Ville ont augmenté de manière importante, principalement dans les domaines du trafic régional, des prestations sociales et de l’encouragement à la culture.
Ces importantes charges s’expliquent par le fait que Lausanne, comme toutes les villes-centres, fournit des prestations spécifiques qui profitent à l’ensemble de la population de l'agglomération, voire du canton. Or, il est nécessaire d’arriver à moyen terme à une meilleure répartition des tâches entre la commune et le canton ainsi qu’entre la commune et l’agglomération. Ce troisième volet de l’Agenda 21 (Rapport-Préavis 2003/26) vise donc à faire reconnaître les tâches des villes-centres et propose diverses mesures d’assainissement financier.
Outils indispensables pour susciter chez les futurs citoyens la conscience des enjeux sociaux, écologiques et économiques de leur temps, l'éducation et la formation sont au centre du quatrième volet de l'Agenda 21 (Rapport-Préavis 2003/37).
Si l'éducation des enfants est avant tout l'affaire des parents, elle est aussi subsidiairement celle des enseignants et des autorités. Ainsi, et bien que les programmes d'enseignement soient de compétence cantonnale, la Ville de Lausanne, qui compte 12 établissements scolaires sur son territoire, a son rôle à jouer dans le domaine éducatif.
Débordant le strict cadre de l'enseignement, son action doit se situer dans l'environnement immédiat de l'école ainsi que dans la cité en général. Il s'agit dans ce préavis d'élargir la réflexion autour du rôle que le secteur de l'éducation peut jouer dans le développement durable de la société. C'est dans ce sens qu'a été établi un catalogue d'actions à entreprendre pour consolider et développer les orientations prises jusqu'alors. Les projets proposés couvrent quatre grands thèmes:
- l'apprentissage du mode de vie urbain;
- l'éducation à la santé de l'enfant;
- la prévention de l'exclusion sociale;
- l'acquisition de l'esprit citoyen.
Plusieurs actions de la Ville, par exemple dans les activités de sensibilisation des enfants des écoles lausannoises aux problématiques environnementales, ont été initiées. Des visites scolaires dans les fermes pédagogiques ainsi qu'à la compostière de la Tuilière sont notamment organisées. Dans le domaine du social, des mesures parascolaires favorisant la qualité de vie de la collectivité, comme le subventionnement de cours pour parents allophones, peuvent également être relevées.
Avec le Rapport-Préavis 2005/36, la Municipalité de Lausanne fait le tour des mesures d'accompagnement du m2 ainsi que de la politique de la Ville dans le secteur des transports et de la mobilité. Ce préavis répond aux propositions issues des ateliers de consensus de la démarche de concertation Quartiers 21 et répond également à diverses motions issues du Conseil communal.
Le m2, le réseau 08 et diverses mesures du plan d'entreprise 2005-2010 des tl ont conduit à une augmentation des voyageurs-km (unité de mesure correspondant au nombre de kilomètres parcourus en transports publics par l'ensemble d'une population). Afin de canaliser ces flux, des mesures d'accompagnement sont prévues (zones macarons). A cela vient s'ajouter l'extension des parkings d'échange, et plus particulièrement de celui de Vennes. Sur l'axe Vennes–place de l'Ours, d'autres mesures visent une réduction du trafic de près de 20%. Du côté de l'avenue Victor-Ruffy, de nouveaux bus circuleront et une réduction de 30% est attendue. Une piste pour les vélos et des aménagements favorables aux piétons assureront que le trafic ne pourra augmenter sur l'axe Sallaz–place de l'Ours. Quant à la place de la Sallaz, un contournement routier est créé afin de la rendre aux piétons.
D'autres aménagements sont prévus dans la ville, comme la création de six nouvelles zones 30 km/h, le développement à titre expérimental d'une zone de rencontre ainsi que des évolutions importantes dans les modes de déplacement des collaborateurs de l'administration communale à travers la mise en œuvre d'un Plan de mobilité interne.
Le sixième préavis (Rapport-Préavis 2005/53) consacré à son Agenda 21, la Municipalité de Lausanne lie l'économie à d'autres préavis tel que celui prévoyant la construction de 3'000 logements; ce volet annonce les projets à venir en matière de sécurité, propreté, marketing urbain et emploi, ceci afin d'assurer le développement harmonieux de Lausanne alors que sa croissance se développe.
Afin d'assurer la prospérité de la Ville et conserver son attractivité, la Municipalité souhaite voir aboutir différents projets; ainsi, 3'000 logements aux deux tiers pour le marché libre viendront répondre à la forte demande. Suite à l'entrée en fonction du nouveau métro m2, de nombreux efforts sont également prévus en matière de circulation et de transports publics. De son côté, le projet d'agglomération Lausanne – Morges (PALM) permet de coordonner l'urbanisation avec le reste de la région. En matière de sécurité, différentes mesures prévoient d'améliorer l'éclairage public ou la surveillance de la propreté. Enfin, la nature en milieu urbain et l'arborisation du centre-ville seront particulièrement développées, en vue de procurer une meilleure qualité de vie.
Par ailleurs, un grand nombre de congrès se déroulent chaque année à Lausanne, grâce à des infrastructures telles que le Palais de Beaulieu ou le centre de congrès de l'EPFL. Lausanne bénéficie en outre de points forts importants, tels que son statut de Capitale olympique, la présence de hautes écoles reconnues au niveau international (UNIL, EPFL, IMD, EHL, ECAL etc.), sa réputation de haut lieu culturel ou encore sa politique de développement durable. Parallèlement aux différentes mesures d'amélioration de la qualité de vie et du tourisme urbain, Lausanne poursuivra sa politique d'aide à l'implantation d'entreprises et investira également dans des actions autour de la jeunesse et de l'apprentissage.
Avec ce septième et dernier préavis (Rapport-Préavis 2007/22) de son Agenda 21, la Ville aborde la vie en communauté et positionne sa politique de proximité dans les quartiers. Elle répond ainsi aux propositions issues de la démarche participative Quartiers 21. Le domaine de l'animation socioculturelle sera particulièrement renforcé par la création de maisons de quartier. De plus, différentes actions sont prévues pour rapprocher les habitants des autorités.
Depuis 1995, la Fondation pour l'animation socioculturelle lausannoise (FASL) gère quinze centres socioculturels, avec le soutien financier de la Ville. Ces centres sont animés conjointement par des professionnels et des bénévoles sous la coordination de la FASL. Afin de maintenir et renforcer le lien social créé par ces structures, la Municipalité propose de réaliser des maisons de quartier qui regrouperont les différentes activités associatives. Ces maisons «pour tous et par tous» renforceront le rôle du monde associatif et des habitants. Le Conseil de maison pourra être reconnu par l'administration communale comme interlocuteur du quartier. Il aura la possibilité d'initier de nouveaux projets de quartier et de les financer par le biais d'un budget associatif. Une somme de 500'000 francs est prévue à cet effet sur le Fdd pour la période 2009-2011.
Parallèlement, la Municipalité propose différentes initiatives visant à rapprocher les Lausannois de leurs autorités. Lors de futurs projets d'aménagement et de construction, les habitants seront associés plus étroitement dans le cadre d'une démarche participative, à l'instar de ce qui s'était fait pour le quartier de Praz-Gilliard à Vers-chez-les-Blanc.
Enfin, de nouveaux lieux d'accueil s'installent sur le site de Chauderon, à savoir le Bureau d'information aux parents (BIP), une halte-jeux pour permettre aux usagers de faire garder leurs enfants durant leurs démarches administratives ainsi qu'un bureau d'information au public, semblable à celui de la place de la Palud.
2012: premier bilan
En 2012, la Municipalité a tiré un premier bilan positif de sa démarche Agenda 21 (rapport-préavis 2012/03). Cette dernière a débouché avec succès sur la réalisation de nombreuses actions concrètes dont:
- un soutien politique fort tout au long de la période
- des actions concrètes, riches et variées balayant tous les secteurs de l'action communale
- une démarche participative ambitieuse à laquelle ont participé de nombreux habitants: Quartiers 21
- de grands projets intégrant pleinement les principes de durabilité: Métamorphose
- de multiples actions d'information et de sensibilisation de la population
- une approche globale incluant la solidarité internationale
- des partenariats solides avec d'autres communes, le Canton et la Confédération
- un mode de financement innovant
Dans la perspective d'un processus d'amélioration continue, la Municipalité a exprimé sa volonté de renforcer son action selon différents axes, en particulier:
- la gouvernance de la démarche et la coordination sectorielles des politiques de durabilité;
- le suivi et l'évaluation des résultats à l'aide d'indicateurs ainsi que l'évaluation de projets sous l'angle du développement durable;
- l'intégration du développement durable dans le fonctionnement de l'administration;
- la communication et la sensibilisation ainsi que la recherche de partenariats avec les entreprises, associations et institutions;
- le fonctionnement du Fdd;
- le renforcement mutuel des axes de promotion de la Ville en y intégrant le positionnement du développement durable pour la Commune.