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«Le procès d’une malheureuse qui n’a ni crédit, ni protection est promptement fait dans un pays où l’on croit la vertu incompatible avec la misère, où l’infortune est une preuve complète contre l’accusé; là, une injustice est une preuve complète contre l’accusé; là, une injuste prévention fait croire que celui qui a dû commettre le crime, l’a commis ; les sentiments se mesurent à l’état où l’on trouve le coupable; et sitôt que l’or ou des titres n’établissent pas son innocence, l’impossibilité qu’il puisse être innocent, devient alors démontrée.»
Marquis de Sade, Justine ou Les Malheurs de la vertu
Pour tout à la fois introduire et enrichir la lecture croisée de deux romans du Marquis de Sade par Isabelle Huppert, qui se tiendra le dimanche 13 octobre, la MRL organise un dialogue sur la philosophie de Sade entre deux spécialistes de l’œuvre de cet écrivain controversé: Chiara Gambacorti et Martin Rueff. La première a présenté une thèse en 2012 sur l’esthétique de la duplicité des romans du Marquis de Sade. Le second est professeur à l’Université de Genève, spécialiste de la philosophie et de la littérature du 18ème siècle.
Cette rencontre est organisée en collaboration avec la Fureur de lire, qui se tient du 8 au 13 octobre à Genève, sur le thème des Utopies.