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First of all, bien qu'il ait annoncé sa démission, le premier ministre britannique Boris Johnson, en fonction depuis 2019, restera en poste pour s'occuper des affaires courantes jusqu'à ce que son successeur soit connu. Il l'a précisé lors de son discours ce 7 juillet, à la mi-journée, déclarant, en outre, que les «élections devraient démarrer dès maintenant». Le parti conservateur a ainsi lancé une procédure de candidature pour un nouveau chef.
Le système parlementaire en vigueur au Royaume-Uni veut que le gouvernement soit responsable devant la Chambre des communes (la chambre basse, équivalent du Conseil national en Suisse). Une conséquence dans l'usage est que le leader du parti politique disposant d'une majorité est nommé premier ministre par le monarque (en l'occurrence, la reine Elisabeth II).
Or, ce sont justement les conservateurs – le parti de Boris Johnson – qui détiennent actuellement la majorité à la Chambre des communes. Il s'agit du camp le plus important dans cette assemblée depuis 2010. Depuis les élections générales de décembre 2019, il dispose même d'une majorité absolue, ayant obtenu la plus grande proportion de votes qu'aucun parti n'ait connue depuis 1979. C'est pourquoi son successeur sera très certainement issu des mêmes rangs.
Ce sont les membres du parti conservateur qui doivent désormais élire un nouveau chef, du fait de la démission de Boris Johnson ce jour. Combien cela représente-t-il de personnes? Selon un article du Monde diplomatique, «les dernières estimations, rarement rendues publiques, tournent autour de 124 000 adhérents, (...) alors que le parti travailliste compte 550 000 adhérents».
Ce qui fait que, pour rester sur des chiffres de 2018, environ 0,2% de la population britannique est amenée à choisir le nouveau chef du pays.
D'après les médias britanniques, cette élection se fera d'ici à cet automne. Le nouveau leader des Tories, nom historique des conservateurs, succédera donc au premier ministre sortant et sera ainsi chargé par la reine de former un nouveau gouvernement.
Théoriquement, oui, mais cette possibilité est infime. Il faudrait, pour cela, que les conservateurs ne se soient toujours pas mis d'accord sur un nouveau chef de parti d'ici à 2024, année du renouvellement de la Chambre des communes par le peuple. Si, lors de ces élections législatives, la population renverse le rapport des forces politiques à la chambre basse, alors le nouveau premier ministre pourra être issu du nouveau parti majoritaire au palais de Westminster. Mais cela fait deux immenses conditions.
Les magistrats entrent. Le banc des accusés reste vide. Les portes sont closes. Un procès est en cours, mais pour un crime qui n'existe pas. Personne ne peut dire ce qui est reproché à un mouvement qui n'existe pas, personne ne peut expliquer comment le verdict sera appliqué.