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Après la votation du 27 septembre dernier gagnée sur le fil, l'armée suisse va pouvoir acheter de nouveaux avions de combat pour remplacer ses vieux F-5 Tiger et sa trentaine de F/A-18 qui arriveront à la fin de leur durée d'utilisation prévue au cours de la décennie à venir. L'évaluation des quatre modèles d'avions encore en lice est en cours: le Rafale du français Dassault, l'Eurofighter Typhoon de l'européen Airbus, le F/A-18 Super Hornet de l'américain Boeing et le F-35, également américain, de Lockheed-Martin.
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Malgré un achat qui pèse peu dans l'absolu (les forces aériennes helvètes envisagent en effet d'acquérir 30 à 40 avions pour 6,5 milliards de dollars, dans un marché mondial qui pèse quelque 150 milliards), les quatre constructeurs, loin de négliger la Suisse, mettent les petits plats dans les grands pour la convaincre. Notre pays représente en effet une "marque" de qualité et son choix peut faciliter l'entrée vers de nouveaux marchés.
Victoire de prestige
"La Suisse est un marché unique. Une victoire dans cette compétition serait un témoignage de la robustesse et de la flexibilité du programme F-35", a ainsi expliqué lundi dans l'émission Tout un monde le directeur de Lockheed-Martin pour la vente en Suisse Mike Kelley.
Le F-35 du constructeur américain, qui figure parmi les favoris, est déjà l'un des appareils les mieux vendus dans le monde, avec plus de 600 unités déjà livrées à neuf pays. Alors pourquoi le n°1 du marché a-t-il une telle envie de vendre son avion jusqu'au coeur des Alpes? "Parce que les Suisses sont connus pour exiger la plus haute qualité, les dernières technologies et les meilleures performances à un prix équitable", poursuit Mike Kelley, qui estime que son appareil représente le meilleur rapport qualité-prix parmi sa génération.
Les Suisses sont connus pour exiger la plus haute qualité, les dernières technologies et les meilleures performances à un prix équitable
Une vente qui en amènera d'autres
Et les autres constructeurs pensent la même chose. Boeing, par exemple, explique que "l'opportunité de la Suisse est tout aussi importante pour Boeing que toute autre".
Chez Airbus, qui propose l'Eurofighter - l'autre chasseur favori selon les spécialistes - on joue aussi la transparence. "La façon dont la Suisse gère son appel d'offres est exemplaire (...). J'ai moi-même été à Payerne en avril 2019 et ai pu constater à quel point c'était bien géré", a confié le directeur exécutif des ventes chez Airbus Bernahrd Brenner, qui soutient que l'achat de l'Eurofighter par la Suisse serait "un saut de qualité".
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Ces louanges montrent que la Suisse fait référence, dans le monde, en matière de qualité de l'évaluation. S'il est choisi, un constructeur n'hésitera pas à le faire savoir. De plus, alors que de nombreux pays sont liés par des accords militaires à de grandes puissances et se voient "imposer" leur jet de combat par leur "mentor", ce n'est pas le cas de la Suisse, dont le choix est davantage impartial.
Comparaison plus équitable
"La Suisse fait des évaluations comparatives alors que d'autres pays n'en font pas. Elle s'intéresse aussi au coût d'exploitation et de maintenance de ses appareils sur un cycle de vie de 30 à 40 ans. Grâce à cette évaluation suisse, les constructeurs eux-mêmes gagnent des informations et vont les utiliser pour des clients et pays tiers", confirme le rédacteur en chef de la Revue militaire suisse Alexandre Vautravers.
Grâce à cette évaluation suisse, les constructeurs eux-mêmes gagnent des informations et vont les utiliser pour des clients et pays tiers
L'évaluation réalisée par l'armée suisse est donc de qualité, même s'il y a, évidemment, un lobbyisme diplomatique, industriel et politique féroce. Le processus devrait aboutir sous peu: au deuxième trimestre 2021, le Conseil fédéral communiquera son choix.
Sujet radio: Xavier Alonso
Adaptation web: Vincent Cherpillod
Des enjeux qui se comptent en milliards
Les enjeux de la bataille que se livrent les constructeurs d'avions militaires sont énormes. Ainsi, selon Mike Kelley, "plus de 4000 avions de combat seront livrés dans le monde au cours des 10 prochaines années", un gâteau dont Lockheed-Martin ambitionne d'accaparer la moitié. Airbus, de son côté, reste plus centré sur l'Europe. "On a 650 commandes à ce jour, soit 50% du marché européen. Il y a encore un potentiel de 300 à 400 Eurofighter dans les années à venir", calcule Bernahrd Brenner.
Un constat ressort du discours de tous les spécialistes interpellés par Tout un monde: la flotte des avions de combat est à la fin d'un cycle. Il est encore difficile de savoir s'ils seront tous remplacés un pour un, mais rien qu'en Europe, beaucoup de pays renouvellent leurs avions de combat. C'est le cas du Royaume-Uni, de l'Italie, de l'Allemagne, de la Pologne, de la Belgique, des Pays-Bas, de la Finlande, de la Norvège, du Danemark, ou encore de l'Autriche, qui a d'ailleurs demandé un coup de main de la Suisse pour sa propre évaluation.
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