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Chine L'avocat dissident Xie Yang libéré sous caution
Le procès de l'avocat chinois avait lieu cette semaine. Il avait plaidé coupable lundi «d'incitation à la subversion».
Fuite de son épouse aux Etats-Unis
L'épouse de l'avocat a raconté sa fuite rocambolesque de Chine jusqu'aux Etats-Unis.
C'est à pied que Chen Guiqiu a entamé son périple en début d'année depuis la province du Hunan, dans le centre de la Chine. Mme Chen n'hésitait pas à militer publiquement en Chine pour la libération de son époux. Ce qui lui a valu des ennuis: les autorités l'ont interrogée à plusieurs reprises, harcelé sa famille et menacé de lui faire perdre son emploi de professeur d'université en génie de l'environnement, dit-elle. Alors à la mi-février, elle et ses deux filles de quatre et 15 ans prennent le chemin de l'exil.
Le long de la route, effectuée à pied et en voiture à travers quatre pays, plusieurs soutiens les accompagnent jusqu'à leur destination thaïlandaise: une maison réputée sûre à Bangkok.
Cependant le trio, entré en Thaïlande sans visa, est rattrapé par la justice locale, qui lui ordonne de quitter le pays. Mme Chen n'est pas inquiète: elle dit détenir les documents l'autorisant à rejoindre les Etats-Unis, où est née sa deuxième fille.
Mais des agents chinois, raconte-t-elle, font irruption dans le centre de détention où elle est retenue avec sa famille en attente d'expulsion.
C'est là que des diplomates américains interviennent. Ils convainquent les autorités thaïlandaises de laisser la femme et ses deux filles quitter discrètement l'établissement.
Une course-poursuite s'engage alors avec les fonctionnaires chinois, suivie d'une violente altercation entre les représentants des trois pays à l'aéroport de Bangkok.
Mme Chen ne souhaite pas révéler les suites de la dispute à l'aéroport, «trop sensibles diplomatiquement», mais confirme être arrivée au Texas le 17 mars.
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L'avocat chinois Xie Yang, défenseur des droits de l'homme dont le procès pour «subversion» s'est tenu en début de semaine, a été libéré sous caution, a annoncé mercredi l'organisation Amnesty International.
M. Xie a travaillé sur plusieurs affaires jugées sensibles par le Parti communiste au pouvoir. Il a notamment défendu des militants qui ont soutenu les manifestations prodémocratie de 2014 à Hong Kong. Il a ensuite fait partie de quelque 200 professionnels du droit interpellés en Chine à l'été 2015.
Torturé par la police
Son sort suscite l'intérêt de l'Union européenne et de pays occidentaux depuis qu'il a déclaré avoir été torturé par la police: privations de sommeil, longs interrogatoires, passages à tabac ou encore menaces de mort.
Lors de son procès lundi au Tribunal populaire intermédiaire de Changsha, dans la province chinoise du Hunan (centre), Xie Yang avait plaidé coupable «d'incitation à la subversion» et de «perturbation d'une salle d'audience».
«L'avocat des droits de l'homme (Xie Yang) a été libéré sous caution», a annoncé mercredi soir Amnesty International dans un communiqué.
Pas de confirmation
Aucun verdict officiel n'a cependant été rendu public jusqu'à présent. Par ailleurs, ni sa femme ni ses avocats n'ont encore confirmé sa libération à l'AFP.
«Que Xie Yang ne soit plus en détention est un soulagement, mais cela ne diminue en rien le fait qu'il n'aurait jamais dû être arrêté», a souligné Patrick Poon, chercheur sur la Chine pour Amnesty International et cité dans le communiqué.
«En liberté sous caution, Xie Yang devra certainement subir une surveillance constante et d'importantes restrictions à sa liberté de circulation, comme nous l'avons observé dans d'autres cas de ce genre», estime M. Poon.
L'épouse de Xie Yang a affirmé à l'AFP se trouver actuellement aux Etats-Unis avec ses deux filles et y effectuer une demande d'asile. (afp/nxp)
Créé: 10.05.2017, 16h21