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Qui se souvient de "500 mètres de ville en plus"? Ils sont toujours là actif dans les catacombes de l'architecture genevoise. Leur projet le plus explosif fut de raser Cologny et d'y construire une cité satellite, des barres alignées et égalitaires dans la meilleure veine des Braillard et autres Le Corbusier. Bref multicopier Onex et Meyrin sur les rives enchanteresses du bleu Léman. Y a pas de raison que seuls les riches en profitent, n'est-ce pas.
Ce rêve ne s'est pas réalisé. Si j'en parle, c'est qu'il était accroché à l'un des projets de traversée du lac, la moyenne en l'occurrence, qui permettait, tout comme le projet du pont 2030, d'étendre la ville de manière concentrique dans toutes les directions et non plus comme c'est le cas depuis trente ans toujours à l'ouest.
Etendre la ville dans toutes les directions y compris le long du lac sur les hauts de Cologny, de Vandoeuvres et de Collonge-Bellerive, c'est toujours ce m'a fait plaider pour une traversée du lac. La logique voudrait que la moyenne traversée fût construite depuis 20 ans. Hélas les Genevois confis dans l'image d'une rade intouchable hésite même à construire la plage Cramer et se prive de guinguette aux bords de l'eau qu'ils apprécient tant quand ils descendent dans les vieux ports de mer.
Les deux autres raisons qui m'ont toujours convaincu de la nécessité d'une traversée du lac, d'une grande traversée sur un pont magnifique, c'est justement la beauté d'un tel ouvrage. Il suffit de descendre à Millau à trois cents kilomètres au sud de Genève pour se convaincre qu'un tel ouvrage sur le Léman serait une carte de visite digne du jet d'eau.
L'autre raison est que, sur un pont, on peut envisager de faire circuler un train, au moins un RER, aussi indispensable à la mobilité des Genevois que le bouclement de la ceinture autoroutière. Hélas le pont 2030 n'envisage pas cette option. Le pont Muller ne l'évoque même pas de sorte qu'on ne sait pas si cette absence est due à des considérations techniques ou financières.
Sans doute ne veut-on pas enterrer le CEVA, dont le tracé, qui date de la fin du XIXe siècle, n'est pas du tout adapté à la Genève du XXIe siècle dont les deux pôles ne sont plus Cornavin et la gare des Eaux-Vives mais la gare d'Annemasse (qui ouvre sur le Chablais et la vallée de l'Arv) et GVA (Genève Voltaire Aéroport), dont la gare sud (Cointrin) est celles des grandes lignes et la future gare nord (côté Meyrin) sera la gare de transit des marchandises reliant la nouvelle gare de la Praille délocalisée à Colovrex et l'axe France-Suisse, notamment la deuxième ligne ferroviaire du plateau suisse.
Pour les internautes intéressés je recommande la consultation du blog http://metropolegeneve.blog.tdg.ch que j'ai abandonné pour cause de constituante, où tous ces projets sont exposés et discutés.