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Urs Kryenbühl peut respirer à pleins poumons. Le Schwytzois s'est libéré d'une situation mentalement difficile en revenant dompter la Streif, un an après sa terrible chute.
Ce mercredi 19 janvier était une journée particulière pour Kryenbühl. Le jour du premier entraînement en vue des deux descentes prévues sur la mythique Streif, là où il avait brutalement chuté l'an dernier sur le saut d'arrivée.
Le Schwyzois avait alors été victime d'une déchirure du ligament croisé et du ligament interne du genou droit, d'une fracture de la clavicule et d'une commotion cérébrale. Les souvenirs de la terrible cabriole de Daniel Albrecht douze ans plus tôt avaient alors refait surface: le Valaisan avait subi un traumatisme crânien et était resté longtemps dans un coma artificiel.
Les blessures d'Urs Kryenbühl ont guéri relativement vite. Il a renoncé à une opération du genou, optant pour un traitement conservateur. Il a fait confiance aux compétences du père de son amie, Sepp Marty, lequel dirige un cabinet de naturopathie dans la commune schwytzoise d'Unteriberg.
Soigné avec une méthode qui permet de stimuler l'autoguérison du corps par des impulsions électriques, Urs Kryenbühl s'est vite rendu compte qu'il avait pris la bonne décision. «Le genou n'a jamais été un problème du tout. Je n'ai jamais eu de douleurs au cours des derniers mois et je n'ai jamais eu l'impression que le genou ne pourrait pas supporter les charges», lâche-t-il.
Le point sensible
Mais qu'en est-il des blessures psychologiques ? Dans quelle mesure cette chute a-t-elle pesé sur le mental d'Urs Kryenbühl ? Au cours de la préparation de la saison, il avait dit que les progrès avaient été plus importants du côté mental et que le corps n'avait pas pu suivre lors de la guérison.
Mais ce n'était qu'un instantané. Les difficultés psychologiques ont à nouveau pris de l'ampleur, pour redevenir le point faible du Schwytzois sur le chemin du retour. Et ce mercredi à Kitzbühel, c'était le défi ultime.
Urs Kryenbühl raconte avoir bien dormi durant la nuit de mardi à mercredi, comme les précédentes d'ailleurs. En arrivant à Kitzbühel, il s'est rendu à pied près du saut d'arrivée, afin de se faire une idée en toute tranquillité. Il a remarqué que «ce n'était quand même pas la même chose qu'à d'autres endroits». Le matin du premier entraînement, la nervosité était grande: «Je savais que le jour était venu pour moi de boucler la boucle».
La tension a persisté lors de la montée vers le départ, lors des derniers préparatifs de sa course. «J'ai essayé de me calmer avant le départ avec une technique de respiration. Mais cela ne s'est pas amélioré. J'étais content de pouvoir enfin partir», souligne-t-il.
Puis, peu avant l'arrivée, est arrivé le saut. «D'une certaine manière, je n'avais pas confiance. Plus j'approchais de l'endroit, plus j'avais des frissons. Je me suis aussi un peu redressé», explique Urs Kryenbühl, qui a finalement maîtrisé le passage sans grande difficulté.
Soulagement
A l'arrivée, le soulagement était d'ailleurs d'autant plus grand. «Certaines personnes ont applaudi lorsque j'ai pris mon élan. Je me sentais comme un roi. J'ai poussé des cris de joie. Pour moi, c'était un grand jour», sourit le Schwytzois, qui a pu effacer le pire chapitre de son histoire d'un seul saut, et qui s'est déjà montré plus à l'aise jeudi sur la Streif.
ber, ats