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La gauche parlementaire helvétique erre d’un extrême à l’autre ne cessant plus de multiplier les signes de schizophrénie, choquant lourdement contre les limites d’un bon sens qu’elle rencontre chaque jour plus souvent. Ou quand les rares instants de lucidité mettent en exergue les incohérences à répétition d’une politique qui ne sait plus que se répandre en slogans incantatoires.
La dernière trouvaille en date, la motion de la conseillère nationale socialiste argovienne Yvonne Feri, laquelle sacrifie à la marotte habituelle de son parti de vouloir inviter toujours plus souvent, et plus intensémet, l'Etat à intervenir dans l'éducation familiale (à quand des cours de pédagogie obligatoire pour les parents ?).
A la défense de la conseillère, l'intention est ici plus qu'honorable, il s'agit de permettre aux enfants de grandir sans violence, sous l'aile ô combien protectrice du Conseil fédéral.
« Une éducation violente risque de compromettre le développement normal de l'enfant, avec le risque d'une somatisation prenant par ex. la forme de troubles du sommeil ou de l'alimentation, de maladies chroniques ou de problèmes émotionnels. Une éducation violente risque fort de produire un adolescent ou un conjoint violent.
La Convention relative aux droits de l'enfant, que la Suisse a ratifiée en 1997, fait notamment obligation aux Etats parties de prendre toutes les mesures législatives appropriées pour protéger l'enfant contre toute forme de violence physique ou morale. Lorsqu'il avait examiné le premier rapport de la Suisse sur la mise en oeuvre de la Convention (établi en 2002), le Comité des droits de l'enfant avait recommandé à la Suisse d'interdire expressément toute forme de châtiment corporel. Comme cela n'a pas été fait, il est probable que la Suisse se verra à nouveau adresser la même recommandation au début 2015. Par ailleurs, le Conseil des droits de l'homme a lui aussi recommandé à la Suisse de prendre une telle interdiction, dans le cadre du 2e examen périodique universel de la Suisse, intervenu le 29 octobre 2012.
De nombreux pays d'Europe se sont dotés de lois consacrant le principe d'une éducation non violente. Il est vrai que ces lois sont plus ou moins connues selon les pays : ainsi, si en Allemagne et en Autriche quelque 30 pour cent des parents savent que les châtiments corporels sont interdits, cette proportion s'élève à 90 % en Suède. Ce dernier chiffre s'explique par les mesures sans équivalent au niveau international qui ont été prises pour faire connaître la loi lorsqu'elle est entrée en vigueur, et qui, avec la loi elle-même, ont permis de faire reculer de manière spectaculaire la violence physique et morale dans l'éducation.
Pour qu'en Suisse aussi tous les enfants puissent vivre une enfance sans violence, il est indispensable de faire comme la Suède et d'adopter une loi en ce sens, assortie de mesures de promotion qui contribuent à la faire connaître. »
C'est beau, c'est noble et certainement indispensable et nécessaire, mais alors il faut nous expliquer pourquoi, le 21 mars, lendemain même du dépôt de la présente motion parlementaire, le parti socialiste votait à l'unanimité absolue de ses membres présents contre une initiative demandant qu'il ne soit plus possible à un pédophile de travailler en contact avec des enfants. 100% de votes contraires au prétexte d'un obscur contre-projet dont le Parlement n'a pas douté qu'il était contre-productif, sinon à contre-effet.
La pédophilie n'est-elle pas une violence ? N'est-elle pas spécifiquement une « forme de violence physique ou morale » ? La violence, la contrainte et la menace sexuelles d'un éducateur ne sont-elles pas cent fois pire que des « châtiments corporels » ? Le viol, enfin, n'est-il pas une « violence » ? Mais où est-elle leur logique à la fin ?