Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06854.jsonl.gz/562

Cette fois l’information ne vient pas du décompte des taches solaires, mais d’un phénomène plus profond. Une équipe d’astronomes anglais de la Royal Astronomical Society (RAS) a mis en évidence et modélisé la double dynamo de notre étoile.
Si leur modélisation est juste il faut s’attendre dès les années 2030 à traverser un mini-âge glaciaire de même type que le minimum de Maunder. Cette période qui a suivi le chaud optimum médiéval a durée environ quatre siècles, avec son cortège de famines et de troubles sociaux, avant que la température ne se réchauffe enfin à partir du XIXe siècle. Le minimum de Mauder est caractérisé par une moyenne des températures inférieure de 1° par rapport à aujourd’hui (image 1). A cette période la Tamise gelait régulièrement et Pieter Brueghel l'ancien peignait ses magnifiques paysages enneigés.
Pour comparaison les températures moyennes de la Terre auraient augmenté de 1/2° depuis 1980. J’use du conditionnel car les méthodes de mesures ont changé depuis les années 1950-1980 et l’incidence que cela a pu avoir sur les courbes est controversée. On sait que les mesures satellitaires sont systématiquement plus basses que les relevés au sol et ne sont cohérentes qu’avec les prédictions les moins alarmistes du GIEC.
Le nombre de taches solaires varie selon un cycle solaire de 11 ans. Des recherches ont permis d’évaluer ce nombre depuis 400 ans. Lors du minimum de Maunder étaient presque absentes pendant plusieurs cycles de 11 ans. Une variation du nombre de tache est normal. Mais quand leur nombre diminue très fortement cela signifie une baisse de l’activité solaire. C’est le cas depuis 2007, et même depuis le précédent cycle (image 2). Ces variations sont probablement corrélées à la courbe des températures : moins de taches égale moins de chaleur. Cependant des recherches continuent afin de confirmer ou non ce constat.
Comment se fait-il qu’il y ait autant de chaleur ces dernières années si les taches solaires diminuent ? D’une part nous sommes seulement au début d’un cycle diminué des taches. Sept ans est une période très courte. L’inertie naturelle de la chaleur emmagasinée et des mécanismes de variation maintiennent encore la chaleur, un peu comme le fait que août est un mois plus chaud qu’avril alors que le soleil est à la même hauteur dans le ciel. On constate cependant que ce qu’il est convenu d’appeler le réchauffement carbocentré ou anthropique marque une pause depuis 15 ans. La phase de réchauffement proprement dite a durée de 1980 à 1998 environ.
La dynamo solaire
La découverte des astronomes anglais concerne la dynamo du soleil. Cette dynamo est associée au champ magnétique de l’étoile et à son activité. Elle consiste en vagues magnétiques situées à différentes profondeurs et se déplaçant à des vitesses différentes. Valeria Zakharova, porte-parole de la RAS, explique le phénomène :
« Quand les vagues sont approximativement en phase, elles peuvent montrer une forte interaction ou résonance et nous avons une forte activité solaire. Quand elles ne sont pas en phase, nous avons un minimum solaire. Quand il y a une séparation totale, nous avons des conditions vues pour la dernière fois pendant le «Maunder minimum», il y a 370 ans. »
Leurs observations et modélisations montrent que la diminution actuelle du nombre des taches solaire est concomitant avec une modification de la dynamo. Les astronomes de la RAS ont reconstitué l’activité solaire depuis 1976 et lui ont appliqué leur modélisation. Tous les résultats de cette modélisation ont été parfaitement conformes à la réalité observée.
Ils ont donc appliqué cette modélisation aux prochaines décennies. Et leur constat est que les conditions à l’apparition d’un nouveau minimum de type Maunder sont en voie d’être réunies. Vers 2030 les deux vagues de la dynamo solaire seront opposées et s’annuleront. L’activité du soleil pourrait diminuer de 60 %.
60% !
Je garde une prudence par rapport aux modélisations. Je ne suis pas convaincu qu’en matière de climat elles tiennent compte de tous les éléments et de la très grande complexité des phénomènes qui le gouvernent. Je citais récemment le MET office, l’office météorologique anglais. Ses prévisions météorologiques à trois mois ou un an sont fondées sur les résultats donnés par leur supercalculateur. Or depuis des années ces prédictions sont infirmées par la réalité. Par exemple le MET office avait prévu en 2014 que l’hiver dernier serait le plus froid depuis 30 ans. On sait que ce fut le contraire.
Néanmoins cette étude mérite d’être approfondie. Nous, simples citoyens, ne vérifierons sa réalité que dans 15 ans. Mais plus prochainement nous verrons si les participants à la conférence climatique de cet automne à Paris la mentionnent et en tiennent compte. Car si elle se vérifie, toute action visant à refroidir le climat de manière volontariste pourrait entraîner une catastrophe pire que celle annoncée par le réchauffement.
Malheureusement je crains que les politiciens-climatologues du GIEC et les dirigeants français n’évitent la question. Laurent Fabius déclarait l’an dernier qu’il ne restait que 500 jours pour conjurer le « chaos climatique ». La surenchère verbale sert ici un peu trop visiblement à relancer un président illisible et une majorité qui veut tout faire pour se replacer en vue des élections de 2017.
Reverrons-nous bientôt la Tamise gelée comme aux XVIIe et XVIIIe siècles ? A cette époque la glace pouvait tenir plusieurs mois. On voyageait sur le fleuve et l’on y installait des baraques et des jeux.