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Après trois ans de sécheresse le pays ne peut plus nourrir ses citoyens. Selon la FAO, la « sécheresse s’aggrave et menace les moyens de subsistance de plus de 7 millions de personnes qui dépendent de l’agriculture ou de l’élevage. »
Selon M. QU Dongyu. directeur général de la FAO:
« … un soutien agricole urgent est désormais essentiel pour contrer l'impact de la sécheresse et l'aggravation de la situation dans les vastes zones rurales d'Afghanistan dans les semaines et les mois à venir. »
Il ajoute que la situation qui s’aggrave est due à « la combinaison d’une grave sécheresse, des impacts économiques liés à la Covid-19 et les migrations généralisées [principalement internes, NDLR] ayant durement touché les communautés rurales afghanes. »
Le climat du pays est continental aride, donc globalement sec et extrême. La sécheresse est endémique. On peut lire ça et là que le réchauffement du climat engendre davantage de sécheresses. Pourtant cette situation est ancienne, comme en témoigne cet article de Paul Guichonnet daté de 1950. En voici un extrait:
« Quant aux précipitations, elles frappent par leur indigence. Concentrées sur 57 jours annuels, et pour 90 % entre décembre et mai, elles ne donnent que le maigre total de 295 mm par mètre alors que le Val-d’Aoste, la région la plus sèche des Alpes, recueille encore 543 mm par mètre.
Quant aux chutes de neige, elles sont très capricieuses. (…) On peut compter des hiver sans neige. La neige est l’élément fondamental de la vie agricole afghane, car c’est sa fusion qui permet l’irrigation. À hiver sec, été de famine. »
Cet article se fonde sur un rapport de la météo afghane et des relevés à Kaboul entre 1923 et 1947 réalisés par Edward Stenz, alors directeur du service météo de Kaboul.
Aujourd’hui la famine ou l’insécurité alimentaire touchent des millions de personnes, et l’économie ne fonctionne plus. Au point où des familles vendent un enfant pour que les autres survivent. Plusieurs cas ont été rapportés par les médias.
Le prix des fillettes varie entre 2’200 et 3’500 $. Elles sont vendues à des hommes âgés disposant de biens. Les mères, dont seuls les yeux émergent d’un agencement de toiles noires, assument sans état d’âme apparent. Du moins dans la voix car on ne voit pas leurs expressions.
Que peut-il se passer dans la tête des mères (et des pères) qui vendent leur enfant? Peut-être est-ce plus supportable dans une culture où le mariage arrangé n’est pas rare. Peut-être pensent-elles qu’au moins celle-là ne mourra pas.
D’après les propos tenus face caméra elles sont convaincues de sauver le reste de la famille. Comme le raconte entre autres ce témoignage:
« Nazanin* s’est fiancée quand elle avait cinq ans. À 10 ans, elle était mariée. La famille de son mari de 12 ans l’a achetée pour 3 500 $ il y a six ans. Ses parents l’ont vendue pour récolter de l’argent dans le but de soigner leur fils malade, le frère de Nazanin.
La douleur de mon fils était insupportable. Quand j'ai regardé son visage, j’ai pensé qu’on devrait prendre l’argent. Le père de Nazanin était réticent, mais j’ai convaincu mon mari d’accepter l’argent en échange de notre fille, raconte la mère, qui vit dans le camp de réfugiés de Shahrak e Sabz près de Herat dans l’ouest de l’Afghanistan. »
L’urgence pour des millions d’Afghans, est de manger. Et nous sommes impuissants face à leur drame.
Enfin, peut-être pas tout-à-fait:
« La Banque mondiale, qui a suspendu à la fin août ses aides à Kaboul après le retour au pouvoir des talibans, envisage d’apporter une aide humanitaire à l’Afghanistan. Elle pourrait rediriger des financements émanant d’un fonds spécial pour la reconstruction du pays. »
Mais ce n’est pas encore fait et l’hiver est là.