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Le mouvement photographique ouvrier est né en 1926, lorsque l’Arbeiter Illustrierte Zeitung (AIZ) annonça un concours récompensant les meilleures photographies amateur sur le thème de la vie ouvrière et de l’activisme politique. Le magazine espérait notamment que ce type d’images, fournies à l’AIZ par ses propres lecteurs, puisse nourrir ses pages et ainsi l’affranchir de sa dépendance aux agences photographiques commerciales, qui rendaient rarement compte de la vie des travailleuses et des travailleurs. Pourtant, malgré cette volonté et le succès du mouvement, les photographies ouvrières ne bénéficièrent que d’une présence sporadique dans les pages du magazine. Quelles en sont les raisons ? Cet article suggère que la position adoptée par l’AIZ, celle d’une critique virulente de la « presse bourgeoise », rendait le magazine incapable d’intégrer des photographies qu’il tendait à sacraliser au lieu de critiquer. De plus, la plupart des images réalisées par le mouvement s’avéraient bien trop classiques pour les velléités contestataires du magazine.
Andrés Mario Zervigón est professeur d’histoire de la photographie à la Rutgers University (N.J.). Il est l’auteur de John Heartfield and the Agitated Image. Photography, Persuasion, and the Rise of Avant-Garde Photomontage (2012) et de Photography and Germany (2017). Il a également codirigé Photography and Its Origins (2014), Photography and Doubt (2017) et Subjective-Objective. A Century of Social Photography (2017). Il dirige The Developing Room, un groupe de travail au sein de la Rutgers University consacré à une approche interdisciplinaire de l’histoire, de la théorie et de la pratique de la photographie.