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Le premier cheval cloné l'a été pour la science. Le second, comme on pouvait s'y attendre, pour le sport. Le 14 avril, deux sociétés française et italienne de génie génétique ont annoncé la naissance, le 25 février, d'un poulain issu du clonage de l'étalon castré Pieraz, champion du monde d'endurance en 1994 et 1996. Cité par Le Monde, le directeur de la société française Cryozootech, Eric Palmer, explique ainsi le choix du clonage d'un cheval d'endurance plutôt que de course : «Les épreuves d'endurance n'exigent pas d'inscription à un stud-book (livre de race) pour les chevaux participants».Le clonage de Pieraz, pratiqué par la société LTR-CIZ de Crémone, a été réalisé par transfert nucléaire classique. Selon les instigateurs de l'opération, le poulain cloné n'est pas destiné à la compétition, mais à la reproduction et à la «sauvegarde du patrimoine génétique». Toujours selon Le Monde, Cryozootech possède les gènes de trente chevaux exceptionnels, champions de différentes disciplines ou représentants de races menacées de disparition, et envisage de nouveaux partenariats, notamment aux Etats-Unis.De quoi confirmer les craintes des éleveurs de chevaux britanniques, à qui le Home Office avait refusé l'an passé le droit de recourir au clonage, et qui s'étaient plaints de l'avantage ainsi laissé à leurs concurrents, en particulier italiens (Médecine et Hygiène, 9 juin 2004). La bataille pourrait se poursuivre au niveau des règlements, puisque les pères du sport équestre n'avaient manifestement pas prévu l'arrivée de poulains clonés sur les champs de course.