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Critique
"L'originalité de ce film ne réside pas tant dans le sujet abordé que dans la prouesse technique de l'animation et du graphisme en noir et blanc.
Dans le Paris de 2054, Ilona, brillante scientifique, est enlevée. Elle travaille sur un projet de la plus haute importance pour le genre humain. L'entreprise qui l'emploie charge un policier (Karas) spécialisé dans les affaires d'enlèvement de la retrouver au plus vite.
Le défi réalisé par une équipe de jeunes dont le réalisateur, qui n'avait auparavant fait qu'un unique court métrage, consista en un concept nouveau qui mêlait des personnages réels à des images de synthèse. Cette technique permet d'enregistrer l'intégralité et la souplesse des mouvements des comédiens pour les appliquer ensuite sur des personnages virtuels en trois dimensions. Elle permet une qualité d'animation très réaliste, offrant des mouvements criants de vérité. En ce qui concerne le parti pris esthétique du noir et blanc, Marc Miance, le concepteur visuel déclare: ""Le monde de RENAISSANCE, c'est de l'encre de Chine et des volumes. C'est l'éclairage qui fait que l'image surgit en clair obscur. Cela explique que le film ait cet aspect si épuré et moderne.""
On appréciera pourtant le décor d'un Paris imaginé dans un demi-siècle. Au milieu d'une urbanisation qui relève du fantasme, on s'accroche à quelques symboles qui détonnent, tels la tour Eiffel, le Sacré-Cœur, les quais redessinés ou le métro. Le spectateur doit s'attendre à des images choc d'une certaine laideur. Il faut aller voir cette œuvre surprenante comme une curiosité et, peut-être, comme une préfiguration d'une nouvelle animation cinématographique. Mais sans plus."
Maurice Terrail