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Dans quelques heures, les Citizens reçoivent Paris en demi-finale de la Ligue des champions. Pablo Iglesias, grand admirateur de l'entraîneur Pep Guardiola et proche de son frère, pointe les (rares) failles du système.
Pablo Iglesias a passé sa licence d'entraîneur avec Mauricio Pochettino, aujourd'hui à la tête du PSG. Mais c'est de Pep Guardiola dont il se réclame, de sa philosophie et de sa culture. Pour avoir étudié les moindres subtilités de son système, l'ex-directeur sportif du LS (notamment) explique comment Paris peut en exploiter les failles, jusqu'à marquer les deux buts dont il a impérativement besoin pour se qualifier (match aller: 1-2).
«Pep Guardiola n'est pas le père fondateur de la possession, mais pas loin. Pour l'empêcher de pratiquer son style, il n'y a pas d'autre solution que de le priver de ballon. Le plus souvent possible... Bien entendu, ça paraît difficile mais, au match aller, Paris l'a très bien réussi pendant 45 minutes. Je l'ai trouvé particulièrement bon dans cet exercice, et je sais pour l'avoir côtoyé aux cours d'entraîneur que Pochettino aime beaucoup la possession, lui aussi.»
«Si Manchester City a la balle, il impose son jeu, sa cadence, ses très longues séquences où il cherche alternativement la longueur et la largueur. Parfois, d'ailleurs, ce ne sont que de fausses manoeuvres d'approche, dans le seul but d'étirer l'équipe adverse.»
«A partir du moment où il a la possession, City installe son jeu de position (attention à ne pas confondre les deux). C'est-à-dire que ses joueurs permutent dans tous les sens et occupent différentes zones du terrain. Le rôle de numéro 9, par exemple, peut être assumé successivement par De Bruyne, Sterling, Mahrez ou Bernardo Silva. L'adversaire en perd tous ses repères, notamment au marquage. Il ne sait plus où défendre, sur qui, ni comment. City accentue son emprise sur un match dont, peu à peu, il contrôle tout à la fois les mouvements et les rythmes. A partir de là, ça commence à tourbillonner.»
«Manchester City dégage une autorité collective impressionnante mais il ne possède aucune individualité du niveau de Neymar ou Mbappé. Certains diront que je mésestime totalement Kevin De Bruyne mais, au risque de choquer, je rappelle que les 21 matches manqués par ce joueur ont coïncidé avec la longue invincibilité de City...»
«Neymar et Mbappé peuvent créer des déséquilibres et faire des différences, le premier en état servi dans les pieds, le second dans la profondeur. Il est clair que si Mbappé devait rester dans les tribunes, l'impact psychologique serait terrible pour le PSG. C'en serait presque fini de ses espoirs. Quant à Neymar, je le préfère nettement à Verratti dans la position de relayeur axial. On sait qu'avec lui, à chaque fois, il va se passer quelque chose. On lui donne une mandarine et il rend un lingot d'or. Tandis que Verratti est plus gratteur, moins capable de différences individuelles.»
«Les deux latéraux de Manchester offrent passablement d'espaces dans leur dos: Cancelo quand il porte vers l'intérieur, Walker quand il prend le couloir (Walker qui, de surcroît, n'est pas le plus doué techniquement, reconnaissons-le). Les soucis de City arrivent souvent par les côtés.»
«Si Paris obtient un pénalty après cinq minutes, ou une expulsion, le match échappera à toute analyse rationnelle. Or City n'aime pas ça. Il veut avoir la maîtrise des rythmes, le contrôle des opérations. N'oublions pas encore que depuis quelques semaines, ses dominations sont relativement stériles. Il faut compter grosso modo une vingtaine d'occasions pour deux buts. Quand City est bousculé dans ses habitudes, d'une façon ou d'une autre, il n'est plus la même équipe. La question est: Paris peut-il le bousculer?»
«Si Paris ne parvient pas à conserver le ballon, au moins de temps en temps, il sera éliminé. Je ne le vois pas gagner sur deux contre-attaques éclairs. Pas contre City. En revanche, si le PSG mène au score, tout deviendra possible. Il faut bien admettre que City ne possède pas une force de caractère exceptionnelle. Je sais aussi par le frère de Guardiola que la Ligue des champions y est devenue une réelle obsession. La tactique ne sera pas tout: il faudra encore gérer des émotions.»