Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06942.jsonl.gz/1639

Je suis face à la statue d’Evert Taube créée par le sculpteur Karl Göte Bejemark.
Je la regarde. Je la contemple. J’admire l’œuvre du sculpteur.
Suis-je pareil à elle vis-à-vis des autres? je me demande. C’est-à-dire: j’existe et je n’existe pas.
Que de questions saugrenues me passent par la tête!
De qui ai-je hérité cela? De mon père? De ma mère? Impossible de le savoir. Je suis une pupille de la nation. J’étais! Je ne suis plus qu’un résidu de l’extrême consommation. Le produit inattendu d’un sexe abusé certainement. Un individu sans le moindre soutient affectif, totalement abandonné à lui-même. Que Dieu pardonne mes parents pour leur inconscience!
Que de personnes ont subit le même sort au nom du libertinage à outrance! De l’amour libéré de toute contrainte et toute responsabilité.
J’ai l’impression que Monsieur Taube partage mes idées.
Brusquement, la sensation d’une main sur mon épaule me fait sursauter et je me retourne aussitôt...
Järntorget, la statue d'Evert Taube