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En pleine crise entre la Suisse et la Libye, la conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey a demandé à Genève de sanctionner des policiers pour l'exemple, affirme le conseiller d'Etat genevois François Longchamp. Le canton a refusé ce marché visant à libérer les otages.
"On n'allait pas sanctionner des agents qui avaient travaillé de manière exemplaire", a indiqué jeudi François Longchamp dans la "Tribune de Genève". Il explique que Mme Calmy-Rey l'a appelé le 19 mai 2010, lui indiquant qu'elle était en ligne avec un émissaire à Tripoli et que "la Libye serait prête à libérer les otages si on sanctionnait des policiers pour l'exemple".
"Elle voulait une réponse sur-le-champ", précise M. Longchamp, qui était alors président du gouvernement genevois. "Je lui ai dit que j'en informerais le Conseil d'Etat, mais que je pouvais d'ores et déjà lui répondre que c'était exclu", souligne-t-il.
Arrestation de Kadhafi
Dans cet entretien, François Longchamp revient aussi sur les détails de l'arrestation d'Hannibal Kadhafi. La veille, Laurent Moutinot, alors président du Conseil d'Etat, est informé par son secrétariat que deux domestiques d'Hannibal Kadhafi ont porté plainte pour des faits graves.
"La police s'interroge sur la faisabilité d'une arrestation et sur le statut diplomatique de M. Kadhafi", explique M. Longchamp. M. Moutinot pose alors la question par écrit à la mission suisse auprès de l'ONU. Selon M. Longchamp, un mail en retour du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) relève que le couple Kadhafi ne bénéficie pas de l'immunité diplomatique.
Accord de Berne
Mais vu les répercussions politiques possibles, le DFAE demande que les policiers prennent toutes les précautions d'usage lors de cette intervention. "Ce document du DFAE prouvait que nous avions agi avec l'accord de Berne", relève François Longchamp.
L'arrestation d'Hannibal Kadhafi et de son épouse en juillet 2008 à Genève avait ouvert une crise diplomatique sans précédent entre Berne et Tripoli.
ATS