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Les cellules de soutien de Sertoli: fonction, mode d'action et sécrétion hormonale
Les cellules de soutien de Sertoli sont des cellules qui se trouvent au sein des tubes séminifères et dont la fonction essentielle est la formation de la barrière hémato-testiculaire et la nutrition des futurs spermatozoïdes. Elles ne peuvent se multiplier qu'au cours de la première année de la vie (leurs homologues chez la femme sont les cellules folliculaires).
Elles sont de forme pyramidale, reposent sur la lame basale et leurs faces latérales sont en contact étroit avec les autres cellules de Sertoli et les cellules germinales.
Leur noyau présente une forme irrégulière avec une encoche et son nucléole est bien visible, permettant de les distinguer des cellules germinales au noyau arrondi.
Chaque cellule de Sertoli est reliée aux cellules adjacentes par des jonctions serrées qui délimitent deux compartiments:
- un compartiment basal qui contient les spermatogonies et les spermatocytes jusqu'au stade préleptotène
- un compartiment adluminal qui contient les spermatocytes, les spermatides et les spermatozoïdes. La présence d'une barrière hémato-testiculaire (« tight-junction ») délimitant deux compartiments empêche la fuite de spermatozoïdes intratubulaires vers la circulation systémique et lymphatique. Cette notion est importante, car le système immunitaire général ne tolère pas les antigènes des spermatozoïdes et peut alors développer des anticorps antispermatiques pouvant être responsables d'une orchite autoallergique et donc une stérilité
Les fonctions des cellules de Sertoli sont contrôlées par l'hormone hypophysaire FSH ( (Folliculo-Stimulating Hormone). Les cellules de Sertoli synthétisent environ 60 protéines différentes associées à la fonction de la reproduction dont l'inhibine, l'Androgen-Binding-Protein (ABP) et l'hormone Anti-Müllerienne (AMH).
L'hormone anti-müllerienne (AMH) est une glycoprotéine de 560 acides aminés membre de la famille des TGF-β incluant également l'inhibine. Elle est responsable de la régression des canaux paramesonephricus (Müller) chez l'homme. Le gène de la AMH est localisé sur le chromosome 19. L'hormone est présente dès les premiers stades de la différenciation du testicule et atteint son maximum durant la période de régression des canaux de Müller. Il existe un syndrome dit des «hommes à utérus» ou syndrome de persistance des canaux de Müller (PMDS) caractérisé par le maintien des canaux de Müller chez des hommes qui par ailleurs présentent des organes génitaux internes et externes normaux. Les causes sont soit une anomalie structurelle ou un déficit de l'AMH respectivement de son récepteur. Lors de la puberté le taux d'AMH baisse brusquement en raison de l'inhibition exercée sur l'expression du gène de l'AMH par la testostérone dont le taux augmente fortement.
L'inhibine est aussi une glycoprotéine qui inhibe la sécrétion de FSH induite par la GnRH. L'inhibine est libérée de manière pulsatile en même temps que la testostérone.
L'ABP est une protéine possédant une grande affinité pour la testostérone et la dihydrotestostérone. Sécrétée dans la lumière des tubes séminifères, elle permet l'obtention de concentrations intratesticulaires d'androgènes au-dessus de la limite de leur solubilité. L'ABP est libérée sous l'influence de la FSH et de la testostérone.