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Le vice-chancelier et ministre allemand de l'Economie Sigmar Gabriel a été réélu vendredi à Berlin à la présidence du parti social-démocrate (SPD) avec 74,3% des voix. Ce score est perçu comme "une sanction" par l'intéressé, tenté de briguer la chancellerie en 2017.
"Voici comment on peut interpréter un tel résultat. Dans les journaux, on va dire que Gabriel a été sanctionné, et c'est le cas. Et les gens vont se demander si l'on peut mener à la victoire un parti qui est si peu sûr de son président", a réagi le dauphin d'Angela Merkel face aux délégués du SPD, après l'annonce du score.
Membre du SPD depuis 1977, Sigmar Gabriel avait été porté à sa tête fin 2009 avec 94,2% des suffrages et reconduit en 2013 avec 83,6%. Il n'a jamais directement affronté la chancelière conservatrice Angela Merkel dans les urnes, laissant la place en 2013 à Peer Steinbrück, sèchement battu.
Vendredi, Sigmar Gabriel a accusé la politique d'austérité imposée par Angela Merkel à l'Europe d'avoir renforcé le Front national en France, dans l'une de ses rares attaques directement adressées à la chancelière, dont il peine à se démarquer.
SPD à la traîne
Critiqué dans ses rangs pour avoir épousé au printemps la ligne dure de Berlin sur la crise grecque, Sigmar Gabriel a un temps fait figure de "chancelier des réfugiés" en s'emparant de ce thème et en multipliant les déplacements dès le début de l'été.
Mais depuis, Angela Merkel a pris les devants sur le dossier de la crise migratoire, avec sa politique de la porte ouverte. Elle a payé cette position d'une nette baisse de popularité, ainsi que de virulentes critiques au sein de son camp conservateur. Mais le SPD accuse toujours un retard de 15 points dans les sondages sur la CDU de la chancelière, selon une nouvelle étude publiée vendredi.
Sigmar Gabriel a annoncé fin octobre au magazine Stern son intention d'obtenir l'investiture du SPD lors des prochaines élections législatives, fin 2017, pour lesquelles Mme Merkel n'a pas encore fait connaître ses intentions.
ATS