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Origine et armoirie
Bür, nom ancien du village de Bure, dérivé du vieil allemand, apparaît pour la première fois dans un document en 1139. On écrivait alors Bures, forme qui, la terminaison exceptée, n’a pratiquement pas changé au cours des siècles. En 1236 Burn, 1461 Burris, le nom dérive probablement de Bür, Burica, Burnhen, lieu où se retiraient les sangliers. Cet animal sur les armoiries en indique l’origine.
Le village était le chef-lieu de l’avocatie de Bure ou de Haute-Ajoie, possession des comtes de Montbéliard et de Ferrette, puis des évêques de Bâle dès la fin du XIIIe siècle. Bure fut aussi le chef-lieu d’une des quatre grandes mairies d’Ajoie, composée de cinq villages. Les armoiries font appel aussi au vieux parler : De gueules au porc saillant d’argent, elles indiquent l’attachement des Burois au sanglier. Cette armoirie remonte loin dans le temps puisque le sanglier aurait figuré sur la bannière de la mairie au Moyen Age. S’en tenant à une tradition, la commune n’a pas voulu reprendre le sanglier séquanais, mais bien conserver ces armoiries qu’elle porte depuis bien avant 1900. Cette décision a été adoptée par l’assemblée et le Conseil communal le 17 novembre 1944.
Situation géographique
Planté au coeur de l’Ajoie, le village de Bure est bien connu d’un bon nombre de citoyens helvétiques appelés à y accomplir leurs "vacances fédérales". Bure se trouve à l’écart des grands axes, en position moyenne sur un plateau près de la frontière française. Proche de la même frontière, la place d’armes, située au sud du village, sert en effet de décor naturel aux évolutions bruyantes et disgracieuses de chars prêts, comme le dit la formule consacrée, à parer à toute éventualité. Accueillant pratiquement en permanence un très grand nombre de militaires, la caserne de Bure constitue un apport économique non négligeable. Nombreux sont les Ajoulots à tirer profit de cette implantation créatrice d’emplois.
De Bure, on rejoint la capitale par une route sinueuse traversant la fort belle forêt du Fahy pour arriver à l’entrée de la ville de Porrentruy où se trouve l’hôpital du district. Une ligne des CFF rejoint le village en passant par Courtemaîche, mais ne sert que pour le transport des troupes militaires et de leur matériel, et pour ravitailler la caserne. Du village même, une seule voie de communication en direction de Sochaux, permet de franchir la frontière dont le poste de douane à été supprimé, mais où la douane volante procède à de nombreux contrôles. Signalons encore que, comme c’est le cas pour la plus grande majorité des communes d’Ajoie, un service postal assure les transports publics. La commune de Bure a une superficie totale de 1'370 hectares et atteint une altitude d’environ 580 mètres.
Démographie
La population varie entre 690 et 710 habitent pour une superficie de 1370 hectares. La population du village est en nette croissance. Vu que ce nombre est croissant, la population a décidé de construire une nouvelle école, pour pouvoir accueillir tous les enfants du village, dans un cadre plus scolaire que l’ancien bâtiment.
Bure est un village à vocation agricole, en marge des grandes cités industrielles et urbaines génératrices d’emplois dans les secteurs secondaire et tertiaire. La place d’armes de Bure, seule grande activité du village, occupe une bonne part de la population. A part cela, on dispose d’un garage automobile d’une grande renommée, un marchand de boissons, un vendeur de matériel hifi, un petit commerce d’alimentation, une entreprise de tapisserie décoration, une boucherie, une laiterie, deux restaurants et un hôtel-restaurant, une entreprise de maçonnerie, un atelier de pierre fine, une entreprise de carrelage, un médecin, un représentant de vêtements, un bureau d’ingénieur civil, deux coiffeuses, une entreprise de peinture, une fabrique de boîtes de montres, un bureau de gestion de comptabilité et un bureau de poste.
Bure est approvisionné en eau depuis la source de Chevenez, mais quand celle-ci se tarit, la nappe phréatique de Courtemaîche prend le relais. D’autre part, lors de la construction de la place d’armes de Bure, la Confédération fit construire une station d’épuration des eaux, à laquelle la commune se raccorda pour y recycler ses eaux usées. Par la suite, des bassins de décantation ont été aménagés pour récolter l’eau boueuse des pistes. La commune dispose d’un corps de sapeurs-pompiers qui assure le service du feu. Sur le plan de l’animation culturelle et sportive, on peut faire partie soit d’un club de football, une société de tir, une chorale paroissiale, de la société d’animation du village, de la fanfare, du groupe des jeunes, et de la société de gymnastique.
Histoire
Le village de Bure peut, à juste titre, s’honorer d’avoir notablement contribué à l’histoire de son pays dans un lointain passé. C’est en effet à Bure que se tenait, dès les temps les plus anciens, et jusqu’au Moyen Age, les plaids d’une partie de l’Elsgau, près d’un dolmen existant aujourd’hui encore. Cette cité fut en effet, tout au long du Moyen Age l’une des plus connues. Chef-lieu d’une avocatie importante, c’est sous les tilleuls (dos les tilloz) du centre du village que se tenait à cette époque un plaid triennal général réunissant tous les ressortissants de la mairie de Bure, des villages voisins de Boncourt, Buix et Courtemaîche.
Distincte de celle d’Ajoie, l’avocatie de Bure comprenait, outre ces villages, ceux de Grandfontaine, de Damvant et de Réclère. Dans la lecture de cette longue énumération on peut facilement comprendre le rôle important tenu par la cité de Bure, et plus particulièrement par son maire. Nommé pour la première fois dans une bulle papale rédigée par le Pape Innocent II et datée du 14 avril 1139. Confirmant les possessions du chapitre de Saint-Ursanne (Bures), le village était le chef-lieu de l’avocatie de Bure ou de Haute-Ajoie, possession des comtes de Montbéliard et de Ferrette, puis des évêques de Bâle dès la fin du XIIIe siècle. On peut remarquer au passage que Bure est l’une des rares localités de la contrée à avoir conservé son nom à travers les siècles, la plupart d’entre elles ayant subi plusieurs changements ou altérations.
Les étymologistes font dériver le nom du village du vieil allemand Bür signifiant lieu cultivé (baüren se traduisait autrefois par cultiver). Le fait que l’on trouve, sur le territoire communal, des terres ayant appartenu aux Chapitres de Saint-Ursanne et de Moutier, ainsi qu’aux couvents de Lucelle et de Bellelay, donne du poids à cette interprétation. Par la suite, le couvent de Grandgourt fit également l’acquisition d’une propriété importante ayant appartenu à l’abbesse et au chapitre de Baume-les-Dames.
Au XIIe siècle, on retrouve l’avocatie de Bure entre les mains des comtes de Ferrette. En 1326, elle devint, par donation du comte Ulrich de Ferrette, propriété de Thierry III, comte de Montbéliard. Fief dépendant de l’évêque de Bâle, l’avocatie de Bure passa ensuite aux mains de Renaud de Bourgogne à la mort du comte Thierry de Monbéliard. Elle resta sous contrôle de Bâle jusqu’au XIVe siècle. En dépit du changement fréquent de maître, les ressortissants de l’avocatie de Bure bénéficiaient de droits importants. Les droits et les devoirs respectifs du prince et de ses sujets figuraient dans une sorte de charte intitulée rôle des franchises et privilèges de la mairie de Bure.
Parmi les droits reconnus par le rôle de Bure au prince-évêque de Bâle, on remarquait notamment cette disposition "Nul ne peut et ne doit sonner le furcy (cri : au feu), ni la cloche s’il n’est pas de la seigneurie de Monseigneur de Bâle". Et si quelque autre le faisait, le maire qui le surprendrait peut lui trancher la main sur la corde de la cloche. Au chapitre des droits des sujets, on requit la phrase suivant : Les hommes de la châtellerie de Porrentruy sont si francs qu’on ne peut en arrêter un que si on le trouve portant ou traînant la preuve de son méfait ou s’il l’avoue de sa bouche.
Parmi les devoirs des sujets, on pouvait relever ceci : En cas de guerre, les hommes de la mairie doivent servir le prince six semaines sur une forteresse à leurs frais et dépens, cela fait, ils sont quittes et francs de toute autre servitude et tailles. Et si ledit seigneur veut qu’ils le serve plus que les six semaines, il doit bailler argent et vivres, comme à des soldats à gages. En ce qui concerne les restrictions des sujets, on peut citer les plus insolites : Peuvent pêcher dans la rivière du seigneur, les échevins et les curés, comme aussi tout homme qui se fait saigner ou dont la femme est en couches. Sont exempts du service du seigneur, lorsqu’il fait commandement pour aller à la chevachie, les bergers, les bouviers de charrue et celui dont la femme est en couches, à moins que le seigneur sonne renfort.
A quelque distance de Bure se trouvait le petit village de Buratte, dont il fut fait souvent mention dans des actes datés du XIVe siècle. Ce village n’existe plus aujourd’hui et on ne sait quand et pour quelle raison il a été rayé de la carte. Seul un champ portant son nom et dans lequel furent découverts plusieurs ossements en confirment l’existence. Buratte devait se situer selon toute vraisemblance entre Bure et Buix. Pendant la guerre de Trente Ans, Bure vit passer le premier détachement de Suédois qui s’emparèrent de Porrentruy en 1634. Le village fut occupé par 372 soldats français lors de la guerre du Palatinat. Un incendie le détruisit partiellement en 1750.
Les terres fertiles au nord-ouest assurèrent à Bure une vocation agricole rentable, principalement céréalière. Plus arides au sud-est, elles servirent d’assises à l’élevage de bestiaux, du cheval surtout. Les forêts très denses fournirent un bois de qualité, d’où un artisanat surtout axé jadis sur la production de sabots.
Curiosités culturelles et artistiques
Le site qui ne manque pas d'émouvoir le touriste est bien sûr l'église paroissiale Saint-Amand dressée au centre du village, La tour, dont l'origine remonte à 1454, a été transformée lors de la construction du choeur et du remaniement de la nef de 1681 à 1683. Le dôme comtois de 1817 a été remplacé en 1952 par un toit en pavillon dessiné par Alban Gerster. Baies bipartites de style gothique tardif avec remplages en rosace. La base de la tour, constituant un porche avec voûte d'ogives sur des consoles à mascaron, s'ouvre sur la nef par deux arcs brisés. Le choeur avec contreforts a été reconstruit au début du XI Xe siècle. Une restauration extérieure fut entreprise de 1961 à 1963 et intérieur en 1975. Le maître-autel très richement sculpté date de 1733, fut l'oeuvre de Jean-Pierre et Jacques-Michel Breton de Boncourt. De part et d'autre, des statues de saint Amand et de saint Dizier, encadrées par quatre colonnes torses chargées de grappes de raisin et de feuilles de vigne et d'animaux ornent l'intérieur. Les vitraux datant de 1937 ont été fabriqués par Albin Schweri de Berne. L'orgue, quant à lui, date de 1985. Riche trésor de l'église comprenant notamment un ostensoir baroque du XVIIIe siècle, un ciboire de 1690 environ offert par Jean-Baptiste Chènevière de Besançon et un calice de 1773, offert par Pierre Thiébaud de Salins.
Autre monument à regarder, l’ancienne cure, au sud de l’église, porte sur sa façade principale une inscription mariale datée de 1749 et, sur la façade sud, un cadran solaire.
Au Paradis, une chapelle votive Notre-Dame-des-Ermites, érigée en 1860 par la famille Vallat, reconstruite en 1879 et rénovée en 1971.
De l’ancien village de Buratte, l’on peut encore voir une ancienne fontaine et une source.
Traditions et folklore
Depuis 1994, une fête du village anime Bure. La fête qui se déroule normalement au début du mois d’août commence le vendredi pour finir le dimanche soir. Celle-ci se déroule dans une formidable ambiance ou tout le monde adore venir faire un saut. Comme dans toute les fêtes de village, des bars sont dressés, et des manèges sont là pour amuser les enfants et les grandes personnes. Il est vrai que la fête du Football-Club prend le relais aujourd’hui, pour la plus grande joie des amateurs de la région auxquels on offre trois jours de distraction. Ces deux fêtes qui se déroulent dans une ambiance chaleureuse et conviviale, ont acquis une certaine renommée sur le plan régional.
Aspects légendaires et anecdotiques
Un historien de la fin du siècle dernier nous apprend, dans un ouvrage consacré au passé de la commune, l’existence d’une fosse aux larrons située à proximité du lieu-dit du Paradis. C’est dans une caverne, aujourd’hui en partie obstruée par les éboulements que, d’après une tradition fort ancienne, une bande de voleurs avait cherché refuge. Ils dévastaient toute la contrée et portaient la terreur partout aux environs. On dit que pour dépister les officiers du prince mis à leur poursuite, ils ferraient leurs chevaux à rebours. L’honneur de la destruction de ces brigands revient aux habitants de Boncourt. Un jour, dit toujours la tradition, ils vinrent en armes au lieu signalé par la présence des brigands, entourèrent la caverne, firent un grand feu à l’entrée et étouffèrent la dangereuse bande dont aucun des membres n’échappa.
Patronyme originaire de la commune
Pour terminer, citons quelques patronymes originaires de Bure : Vallat, Crelier, Guélat.
Le sobriquet des habitants de la commune : Les burets.
Patron de la paroisse : saint Amand.