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L'origine de son nom demeure obscure. Les uns pensent qu'il vient du savoyard moduse ou mandousa "espèce de raisin qui rend beaucoup de moût". D'autres pensent qu'il dérive d'un terme romand qui signifie "plant de vigne dont les feuilles tombaient avant la vendange". En fonction de ses régions de prédiction, la mondeuse porte différents noms : Bon-Savoyan, Savoyen, Maldoux en Jura, Persaigne dans l’Ain, Mandouze, Molette noire ou encore Tournarin. Elle est même surnommée "mère du vin" dans la vallée de la Rochette, ce qui renvoie peut-être à son lien présupposé avec l’historique Vitis Allobrogica. D’ailleurs, d’après José Vouillamoz, à l'époque romaine, l'Allobrogica était constituée d'une population de proto-mondeuse qui aurait par la suite donné naissance à la mondeuse noire et à la syrah. Ainsi, certaines caractéristiques de l'Allobrogica auront été conservées au fil des générations, tandis que d'autres auront été perdues.
Son berceau est sans conteste la Savoie. Mais on la retrouve aussi dans l'Isère, l'Ain et le Jura. Elle est bien évidemment présente en Suisse, dans les cantons de Vaud (vignobles de Lavaux et Chablais principalement), mais elle reprend vigueur à Genève (1 ha) où elle fut jadis largement cultivée. Avant d’être interdite. On la trouve aussi de façon quasi anecdotique en Valais. La mondeuse est cultivée également en Californie et en Oregon sous le nom de Refosco, en Sicile (Cottanera), Argentine, Australie et Nouvelle-Zélande. Cépage vigoureux et naturellement productif, il est particulièrement bien adapté aux climats montagnards et assimilés. Il semble d'ailleurs donner ses meilleurs résultats dans les éboulis calcaires et les terrains schisteux, mais il a surtout besoin de soleil et des meilleures expositions pour mûrir complètement, à l'instar du nebbiolo transalpin, par exemple.
Dans les années 70, 80 et même 90, la mondeuse effrayait nombre d'amateurs, qui redoutaient son acidité et sa prétendue rusticité. La faute à des rendements trop généreux, des vendanges trop précoces et des vinifications imprécises. Elle traînait derrière elle une vieille réputation de « vin de musette », à couper à l’eau ou à la piquette, comme on peut l’entendre dans la bouche de Jean-Louis Simon, directeur retraité des Stations fédérales de viticulture, orateur hors pair.
Genève, Mermoud Père & Fils, Mondeuse de Lully 2009. Oeuvrant depuis de nombreuses années pour la renaissance et notoriété du vignoble genevois (et du coteau du Lully), Luc Mermoud a décidé au début des années 2000 de remettre la mondeuse à l’honneur, cet ancien cépage genevois longtemps banni. Aidé de son fils, il la traite comme un grand vin et parvient à lui donner en 2009 des accents sophistiqués séduisants : notes de fruits noirs, boisé fin, bouche ample, généreuse et solaire, dans le tons du millésime, mais sans exagération ni vulgarité.
Lavaux, Domaine des Rueyres, Mondeuse noire 2008 et 2007. Personnage plein de bonhomie, heureux de faire du bon vin, l’artisan Jean-François Cossy cisèle des mondeuse particulièrement soignées et stylées, donc les accents fumés plairont aux aficionados de syrah. La version 2008 offre un niveau de maturité et pureté unique pour le difficile millésime, rehaussée d’un élevage sous bois chic mais respectueux. Son ainée de un an, 2007, est superbe avec ses notes de poivre, d’ambre et d’agrumes, elle est construite sur des tanins de grande finesse. Un délice !
Yvorne, Domaine Mayencourt, Mondeuse du Globe 2009 et 2007. Marcel Mayencourt est la mémoire vivante de la mondeuse en Suisse. Octogénaire gaillard aujourd’hui aidé de son fils Marco, il la cultive depuis presque toujours avec un maximum d’amour, mais en produit à peine 250 bouteilles par an ! Quand les collègues arrachaient leurs plants, lui bichonnait les siens, prenait tous les risques pour vendanger à maturité totale (parfois en novembre), et élevait son vin avec humilité en cuve « pour ne pas le marquer, pour respecter sa pureté ». Le résultat ? Un millésime 2009 sur les fruits à l’eau de vie rappelant les meilleurs rouges valdotains voisins, avec une bouche pleine de (beaux) tanins et de potentiel. Quant au 2007, il est parfait à boire aujourd’hui, avec ses parfums d’agrumes et fruits exotiques pouvant rappeler les plus grands crus beaujolais, un vin de grand style.
Laurentg dit
Un cépage sur le cassis et le poivre (mais moins que sur un pineau d'Aunis), rappelant la syrah. Souvent un peu rustique.
Philippe Margot dit
Magnifique présentation de la Mondeuse - vraiment bravo à son auteur.
Jacques Perrin répond
Nicolas Herbin dit
Michel Grisard dit
Cette dégustation a été un grand moment pour moi, ça fait plaisir de voir comment et combien ce vin de Mondeuse a évolué, en deux décennies! Il est vrai, que 2009 a été une année bénie, pour le vin et encore plus, pour la Mondeuse qui est un cépage tardif. Ce cépage peut faire de très beaux vins de soif et surtout de vrais vin de gastronomie. Il faut savoir que sont degré reste entre 10° et 12°, même avec de petits rendements (Exception pour 2009, une parcelle sur Arbin à 12,5, tout comme chez Louis Magnin), mais ce degré entre 11,5 et 12 lui va bien. Cet après midi, j'ai ouvert une bouteille de 84, un des plus petits millésimes de ma carrière.La couleur est bien restée rouge, même si le disque est orangé. Le 1er nez est très évolué, cuir, sacristie, un peu poussière. A l'aération, le vin revient bien, sur les épices et le végétal, un beau végétal. Alors en bouche, la fraicheur est présente et le fruit est bien là, un peu tendu. c'est encore du vin! Mais, il n'aura jamais ce que la saison ne lui a pas apporté dans la vigne. Ouvertes également, 2 bouteilles de + de 15 ans, sur de beaux millésimes: ça fait plaisir.
12%vol dit
12%vol dit
Michel Grisard dit
Armand dit
Mauss dit
Et voilà le salace, version ABM ! Mais où va t'on ?
Nicolas Herbin dit
B. Taupin dit
Michel Grisard dit
Oui, François, Dominique a planté un peu de Mondeuse. Les vignes sont encore jeunes. Les premières cuvées laissaient beaucoup d'espoir. Je n'ai pas dégusté 2009 - 2010 mais mon petit doigt m'a dit que s'était super! Et je crois même, qu'il a fait une cuvée, dans un œuf.
Tumbleweed dit
Mauss dit
Michel :
Michel Grisard dit
Acheter Du Vin dit
Jean-yves Chauliat dit