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La soif de Makoko
Vivre sur l'eau et ne pas avoir accès à l'eau potable, c'est le paradoxe que vivent les quelques 80'000 habitant de Makoko en plein cœur de Lagos, la capitale économique d'Afrique de l'Ouest.
A l'occasion de la journée mondiale de l'eau, "Prise de Terre" vous emmène au cœur de ce petit village de pêcheurs, construit sur pilotis, et qui s'est transformé au fil du temps - et de l'exode rural - en un bidonville insalubre. Un reportage de Sophie Bouillon.
Lagos est une mégapole de 17 millions d’habitants. Parmi eux, 80'000 personnes survivent dans des maisons construites avec des matériaux de récupération, sur pilotis ou en regagnant du terrain sur l'océan, avec des tonnes de sable et de déchets compactés: c'est Makoko.
Il n'existe aucun réseau d'assainissement de l'eau, aucun traitement des eaux usées, aucune toilette, aucun accès à l'eau potable. L'eau de l'océan est devenue grise, opaque, puante et surtout, source de maladies. Le gouvernement nigérian voit d'un mauvais œil ce bidonville, qui fait "tache" sur la lagune de Lagos, et menace de déloger Makoko à tout moment, mais n'a aucune solution à proposer.
Alors les habitants de Makoko se débrouillent seuls, à l'image de M. Joseph, un maître d'école qui tente de faire de la prévention auprès de ces petits élèves pour qu'ils ne confondent pas le liquide sombre et puant avec ce que doit être l'eau potable "sans odeur, sans couleur et sans goût".
Leslie Adogame, chercheur sur les questions pour l'environnement à l'Université d'Edinbourg, est revenu dans son pays d'origine, le Nigéria, pour travailler avec le gouvernement de l'Etat de Lagos. Il souhaite sensibiliser les autorités au problème sanitaire et écologique non seulement à Makoko, mais à Lagos tout entier. "La saleté de Makoko n'est qu'un microcosme. C'est un indicateur d'une pollution beaucoup plus importante sur toute la lagune".