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Une grande mode de l'Éducation nationale, en France, est le videoprojecteur. A ce qu'il paraît, le ministre Xavier Darcos aurait déclaré que ne pas l'utiliser relevait de la faute professionnelle.
Malheureusement, dans les faits, on est assez empêché de ne pas tomber dans cet horrible péché, car il y a infiniment plus de cours donnés à la fois que de videoprojecteurs au sein d'un même établissement. Est-ce que, de la part du ministre, qui est censé donner les moyens d'exécuter ses recommandations, cela relève de la faute professionnelle? Ou est-ce que l'enseignant doit intégrer à son salaire des cotisations professionnelles, c'est-à-dire acheter lui-même le matériel nécessaire à l'exécution des recommandations ministérielles? C'est une énigme.
Je reviendrai ultérieurement sur la valeur pédagogique propre à donner, selon moi, à une telle machine. Pour le moment, je veux bien admettre que si une machine est à portée de ma main, je trouve toujours l'occasion de l'utiliser, que je ne m'en fais pas une montagne. Au sein de mes conférences, de fait, je me sers bien d'un videoprojecteur, en général; mais c'est à condition, à vrai dire, qu'il soit disponible, et prêté par l'institution qui m'accueille: car sinon, comme je n'en ai pas, il faudrait que je double le montant de mes prestations.
Je n'en ai pas, et je n'aime pas acheter des machines.
De toute manière, je dois dire que quand je fais des conférences, je crois parler avec chaleur, et même, bouger assez, tant des bras que des jambes, pour animer et représenter par des gestes - qu'on pourrait regarder comme symboliques - ce que j'énonce: je le mime, obscurément. Eh bien, cela reste le principal de la conférence. Plutôt que de chercher à soutenir la fabrication de machines, il faudrait renouer avec les cours d'élocution antiques, et réapprendre l'art des gestes. Les conférenciers sont des acteurs. Ils doivent incarner ce qu'ils énoncent.
Comme dirait l'autre, peu importe le micro: l'important est de savoir chanter.
Tolkien déjà critiquait ceux qui pensaient qu'avec des machines volantes, on allait pouvoir entrer dans des mondes nouveaux! L'art seul a ce pouvoir, disait-il avec raison: la poésie. La musique. La danse. Les images. Mais peu importe de quelle façon, matériellement, celles-ci sont créées!