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Pour les consommatrices et consommateurs suisses, il est important que les animaux de rente soient élevés le plus conformément possible aux besoins de l’espèce. Cependant, les ventes de produits à base de viande avec un label de bien-être animal stagnent depuis quelques années. Fin septembre, Agroscope a annoncé que cela pourrait changer (lien vers la news ci-dessous). Sur la base de cette étude, les chercheurs-euses d'Agroscope ont répondu aux questions supplémentaires suivantes, importantes pour les agriculteurs-trices du point de vue économique:
- Quels sont les coûts supportés par les exploitations agricoles après avoir mis en place des mesures d’amélioration du bien-être animal?
- Dans quelle mesure ces coûts sont-ils couverts par les primes pour le bien-être animal - par les primes de marché et les paiements directs de la Confédération?
Pour les bovins, des contributions plus élevées seraient nécessaires
Deux tiers de la prime pour le bien-être animal dans l'engraissement des bovins sont financés par le marché et un tiers par des paiements directs de la Confédération. Pourtant, cela ne couvre que 72 % des coûts liés à l'amélioration du bien-être des animaux dans les exploitations IP-Suisse. Pour que les coûts supplémentaires soient couverts, la prime de marché devrait être supérieure de 60 % et les subventions fédérales de 116 %.
Pour le cochon, la situation est un peu plus rose
Dans l'engraissement des porcs, la prime pour le bien-être animal est financée par le marché à hauteur d'environ 60 % et par la Confédération à hauteur de 40 %. Les coûts des prestations pour l’amélioration du bien-être animal dans les exploitations IP-Suisse sont couverts par la prime pour le bien-être animal à hauteur de 91 %. Afin de compenser les coûts encourus, les prix du marché devraient augmenter de 16 % et les paiements directs de la Confédération de 22 %.
Les grandes entreprises sont avantagées
Plus une exploitation dispose de places d'engraissement, plus les coûts supplémentaires engendrés pour le bien-être animal sont couverts. En effet, les primes pour le bien-être animal augmentent ou diminuent proportionnellement au nombre d'animaux, alors que ce n'est pas le cas pour les coûts des bâtiments et de main-d'œuvre. À l'inverse, les primes pour le bien-être animal ont tendance à couvrir encore moins bien les coûts dans les exploitations avec un petit troupeau.
Si cela ne rapporte pas, pourquoi le faire quand même?
Les produits ayant une valeur ajoutée en termes de bien-être animal sont demandés sur le marché et atteignent des prix de vente plus élevés. En outre, le système de valeurs propre aux agriculteurs-trices joue un rôle. Ces deux facteurs favorisent un élevage respectueux des animaux. En revanche, les coûts structurels plus élevés dans les exploitations agricoles ont tendance à être sous-estimés. Une exploitation d'engraissement de bovins produisant son propre fourrage est plus touchée par cette situation qu'une exploitation d'engraissement de porcs. Celle-ci est facile à calculer.
Source: Agroscope