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Les psychopathes comme Claude D. ne «changent pas, ils ne bougent pas», a affirmé mercredi le psychiatre Philippe Vuille. L'audition du premier expert a donné lieu à force cris et exclamations au sein du tribunal de Renens.
Premier médecin à s'exprimer, le Neuchâtelois Philippe Vuille s'est vite animé en réaction aux questions de la défense de Claude D., Mes Loïc Parein et Yaël Hayat. Le psychiatre a clairement dit qu'il n'était pas d'accord sur certains points avec son confrère qui a aussi examiné le Gruérien Claude D., ainsi qu'avec d'autres médecins.
Pour Philippe Vuille, Claude D. est une personnalité dyssociale, avec un trouble sadique de la préférence sexuelle. «C'est un trouble grave», a-t-il assuré. A ses yeux, celui qui est accusé d'avoir tué Marie, 19 ans, en mai 2013, a «une habileté remarquable à tromper les psychiatres».
Claude D. instrumente ses émotions, il n'en est pas victime. L'accusé sait «donner du pain aux psychiatres, tout en cachant les trucs importants. Il sait faire ça», a relevé Philippe Vuille.
Poussé dans ses derniers retranchements, Philippe Vuille a affirmé que les psychopathes comme Claude D. «ne changent pas, ils ne bougent pas. Le sens moral ne s'acquiert pas avec l'âge», en référence à une possibilité de soigner l'accusé.
Pour Philippe Vuille, la responsabilité pénale de Claude D. n'est pas diminuée, contrairement à ce que pense son confrère. Il réfute cependant qu'il y ait de sa part une position de principe déniant à un psychopathe toute possibilité de diminution de responsabilité.
Mais «le mal dont souffre Claude D, il en souffrira toute sa vie, jusqu'à sa mort.» Cependant, l'internement à vie est «une sottise. Je suis personnellement opposé à l'internement à vie. J'ai voté contre. Cela pose des problèmes et n'en résout pas».
Malgré cela, la Suisse est un Etat de droit et l'on doit le respecter et ne pas esquiver ses responsabilités. A ses yeux, Claude D. ne pourra pas être soigné et l'internement à vie s'impose pour l'accusé. L'audition du deuxième expert doit suivre. ATS