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Suivre la trajectoire de la fumée et des aérosols des incendies australiens
Une série de satellites de la NASA permet de mettre en animation la trajectoire des aérosols et de la fumée issus des incendies géants qui ont frappé l'Australie.
Les incendies en Australie n'ont pas uniquement des effets dévastateurs locaux. Les conditions exceptionnelles qui combinent une très forte chaleur et une sécheresse historique ont conduit à la formation d'un nombre inhabituellement élevé d'épisodes de pyrocumulonimbus (pyroCb). Les pyroCb sont des orages induits par le feu. Ils sont causés par le soulèvement de matériel de combustion, cendres et fumée occasionné par le mouvement ascendant des fortes bouffées de chaleur. Lorsque ces matériaux se refroidissent, des nuages se forment, au comportement semblable à celui des orages traditionnels, mais sans précipitations. Les pyroCb permettent à la fumée d'atteindre la stratosphère à plus de 16 km d'altitude. Une fois à cette altitude, la fumée peut voyager à des miliers de km de sa source, affectant les conditions atmosphériques globales. Les effets de ces événements - que la fumée induise un refroidissement ou un réchauffement atmosphérique net, l'impact sur les nuages inférieurs, etc - font actuellement l'objet d'études intensives.
La NASA traque les mouvements de la fumée soulevée par les incendies australiens via les pyroCb à plus de 15 km d'altitude. Cette fumée a un impact important sur la Nouvelle-Zélande, causant d'importants problèmes de qualité de l'air et assombrissant de manière visible la neige au sommet des montagnes.
Deux instruments à bord du satellite national à orbite polaire Suomi du partenariat NASA-NOAA - VIIRS et OMPS-NM - fournissent des informations uniques permettant de caractériser et de traquer le nuage de fumée. Au moyen de l'imagerie visible, les instruments VIIRS fournissent une vue en "couleur réelle" de la fumée. La série d'instruments OMPS comprend la prochaine génération de senseurs ultra-violets à rétro-diffusion et permet de faire de la télédétection même en conditions nuageuses (fréquentes dans le Pacifique sud), ce que le VIIRS ne permet pas. La combinaison des deux instruments permet donc de traquer l'événement dans sa globalité.
Les données satellitaires de l'instrument OMPS-NM sont utilisées pour créer un index d'aérosol UV permettant de faire un suivi des aérosols et de la fumée. Plus le panache de fumée est élevé, plus la valeur de l'index est élevée. Des valeurs supérieures à 10 sont généralement associées à ce genre d'événements. Les valeurs de l'index d'aérosol produites par certains épisodes de pyroCb australiens rivalisent avec les valeurs les plus élevées jamais enregistrées.
Au delà de la Nouvelle-Zélande, le 8 janvier, la fumée avait parcouru la moitié du tour de la Terre, traversant l'Amérique du Sud, rendant le ciel brumeux et causant des levers et des couchers de soleil colorés.
On s'attend à ce que la fumée fasse au moins un circuit complet autour du globe, retournant dans le ciel australien.
Les instruments des satellites de la NASA sont souvent les premiers à détecter des feux de forêts dans des régions reculées. La localisation de nouveaux incendies est immédiatement communiquée aux responsables territoriaux tout autour du globe tout au plus quelques heures après leur détection par les satellites. Ils permettent de détecter activement les incendies de forêts, de suivre le transport de la fumée de ces incendies, de fournir des informations utiles à leur gestion et de cartographier l'étendue des changements des écosystèmes, en se basant sur l'étendue et la sévérité des scarifications.
Pour davantage d'informations et d'images : www.nasa.gov/fires