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Tournée #2
Découverte symphonique suisse
Nouvelles dates: Du 6 au 13 juin 2021
Programme
Johann Carl Eschmann (1826 Winterthour – 1882)
Grande ouverture de concert
Frank Martin (1890 Genève – 1974)
« Trois danses » pour hautbois, harpe, quintette solo et orchestre à cordes
Johannes Brahms (1833 – 1897)
Symphonie no 3, op. 90
(pour lieux et dates, voir plus bas)
Le programme démarre avec la Grande ouverture de concert du compositeur suisse Johann Carl Eschmann. Il était élève entre autres de Félix Mendelssohn Bartholdy et Ignaz Moscheles à Leipzig avant de déployer ses activités de professeur de piano et compositeur à Winterthour, Schaffhouse et Zurich. Il était des amis proches de Richard Wagner et ami de Johannes Brahms qui avait beaucoup d’estime pour les compositions d’Eschmann. Le style d’Eschmann est influencé par Robert Schumann et Felix Mendelssohn. Néanmoins il s’en démarqua tôt en trouvant son propre langage musical empreint de subtilités rythmiques inattendues et transitions harmoniques intéressantes. Sa Grande ouverture de concert, créée en 1847, est une œuvre de jeunesse et constitue – à notre grand regret – sa seule composition pour orchestre.
Contrairement à Eschmann, oublié de nos jours, le Romand Frank Martin est au nombre des compositeurs suisses bien connus. Cédant aux vœux de ses parents, il étudia d’abord les mathématiques et la physique à Genève, puis se consacra de plus en plus à la composition avant de se faire compositeur à part entière. À Genève, il collabora avec Émile Jaques-Dalcroze et fonda la « Société de musique de chambre » dédiée à la musique des XVIIe et XVIIIe siècles. Martin est l’auteur de grandes compositions chorales et d’œuvres instrumentales exigeantes, comme les Trois danses pour hautbois, harpe, quintette solo et orchestre à cordes, composées pour Paul Sacher et les époux Heinz et Ursula Holliger. Les « danses » dans le titre annoncent les rythmes de flamenco qui cadencent certains mouvements. Les Trois danses ont été réalisés en première mondiale le 9 octobre 1970 à Zürich sous la direction de Paul Sacher avec les solistes Heinz et Ursula Holliger.
Avec la Symphonie no 3 de Johannes Brahms (*1833 à Hambourg, †1897 à Vienne), nous revenons, pour clore ce concert, au romantisme qui en constitue le coup d’envoi. Conçue en 1883, la Symphonie no 3 tombe en pleine époque de la « querelle musicale » qui opposait les partisans du poème symphonique et de la musique programmatique, c’est-à-dire la Nouvelle École allemande, aux champions d’une musique « absolue » qui, comme Brahms lui-même, se prononçaient contre toute considération, toute influence qui ne serait elle aussi d’ordre musical. Les adeptes de la deuxième tendance se refusaient à soumettre la composition à des mots d’ordre programmatiques. Pour eux, la musique devait au contraire obéir à des critères intrinsèques à l’art, comme c’était d’usage dans le classicisme viennois. Rien d’étonnant donc à ce que les auditeurs de la symphonie de Brahms fussent partagés. Il y en eut qui la refusèrent, et d’autres qui en raffolaient. Antonín Dvořák par exemple, dans une lettre à son éditeur Simrock : « Quelles mélodies magnifiques ! Combien d’amour dans ce morceau qui épanouit le cœur. » Et Clara Schumann en écrivant à Brahms : « … chaque mouvement est un joyau ! – L’on y est entouré du début jusqu’à la fin d’un charme mystérieux… »
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Heinz Holliger appartient aux personnalités les plus extraordinaires et polyvalentes qui aient marqué le monde de la musique en Suisse. Parmi les plus grands virtuoses du hautbois au monde, il est aussi un compositeur contemporain renommé et acclamé comme chef d’orchestre.
Né à Langenthal dans le canton de Berne, Holliger poursuit des études de hautbois à Berne, auprès d’Émile Castagnaud puis à Paris chez Pierre Pierlot. Les prix décrochés dans des concours aussi prestigieux que ceux de Munich, en 1959, et de Genève, en 1961, le consacrent comme instrumentiste de renommée internationale. Depuis 1963 il se produit comme soliste en véritable référence sur son instrument.
Des compositeurs contemporains tels que Hans Werner Henze, Krzysztof Penderecki, György Ligeti, Elliott Carter, Witold Lutoslawski, Karlheinz Stockhausen et Luciano Berio ont écrit des oeuvres pour lui. C’est d’ailleurs à Heinz Holliger que Frank Martin a dédié ses « Trois Danses » créées en 1970.
De nombreux prix et distinctions ont été attribués à Heinz Holliger. Citons le prix de la ville de Francfort et le prix artistique de la ville de Bâle, en 1988, le prix musical Ernst von Siemens en 1991, le premier prix du Festival de Zurich en 2007, le prix musical du Rheingau en 2008, le Grand prix suisse de musique en 2015 ou le prix Robert Schumann en 2017.
Il a été compositeur en résidence de l’Orchestre de la Suisse Romande et du Festival international de musique de Lucerne. Le célébrant comme compositeur, chef d’orchestre et hautboïste, la Cité de la Musique lui a consacré, en avril 2003, une semaine entière de concerts à Paris. En lançant des projets comme le Forum musical de Bâle, fondé en 1987, ou en coopérant avec des ensembles tels que la Jeune Philharmonie allemande ou l’Ensemble Modern, Holliger s’engage en particulier pour la diffusion de la musique contemporaine.
Heinz Holliger se produit avec des orchestres de premier ordre, entre autres avec l’Orchestre philharmonique de Berlin, le Cleveland Orchestra, l’Orchestre du Concertgebouw d’Amsterdam, le Philharmonia Orchestra de Londres, les orchestres philharmonique et symphonique de Vienne, les orchestres symphoniques de la Radio bavaroise et de Francfort, l’Orchestre de la Tonhalle de Zurich.
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La harpiste Alice Belugou est née en 1991 à Rouen. Après ses études à la Sorbonne et au Pôle supérieur de Paris Boulogne-Billancourt, elle a obtenu un Master in Music Performance à la Haute École de musique de Lausanne dans la classe de Letizia Belmondo, où elle a en outre décroché le prix spécial pour son concert de diplôme. Elle a poursuivi ses études avec une spécialisation en pédagogie au Conservatoire de Bâle et en Musique contemporaine comme branche secondaire.
Au cours des deux dernières années, elle a été lauréate de différents concours nationaux et internationaux. En 2017, elle reçoit le Fritz Gerber Awards (Lucerne, Suisse) et obtient avec l’ensemble Georges la troisième place du concours international Hugo (Feldkirche, Autriche). Lors du concours international du Dutch Harp Festival 2018 (Utrecht, Pays-Bas), elle se distingue grâce à un programme de musique contemporaine et reçoit le 2e prix.
Alice Belugou a travaillé et collaboré avec de nombreux compositeurs tels que Georges Aperghis, MarkAndre, Heinz Holliger, William Blank, Jennifer Walsh ou encore Simon Steen-Andersen. Elle a participé à différents festivals, notamment le Lucerne Festival, Le festival Archipel,Zeiträume Basel,ManiFeste, Festival OnKöln, Festival Rümlingen (Suisse), Kontakte (Berlin) ou encore New direction (Suède), où elle a créé Dialogues rêvants, pour harpe préparée de Ansgar Beste.
Elle a été sollicitée par différents ensembles spécialisés dans la musique contemporaine tels que l’Ensemble Intercontemporain, Klangforum Heidelberg, Neuverband et Le Balcon mais ne délaisse pas pour autant le répertoire classique et joue régulièrement avec l’orchestre de chambre de Normandie.
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