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À l'instar des querelles précédentes entre les deux pays, il faut espérer que cette situation finira par se résoudre.
Le conflit entre le Japon et la Corée du Sud remonte à 400 ans, depuis le XVIe siècle, lorsque le Japon a envahi la péninsule coréenne. Leurs relations de voisinage se sont détériorées en fin d’année dernière après qu'un tribunal sud-coréen ait astreint des entreprises japonaises à indemniser les victimes du travail forcé qui datent de la seconde guerre mondiale, lorsque des centaines de milliers de travailleurs coréens se mobilisèrent pour travailler dans l'industrie japonaise au cours de la seconde occupation japonaise. Le tribunal a ensuite saisi les actifs de plusieurs entreprises japonaises, dont Mitsubishi Heavy Industries et Nippon Steel, et prévoit de les vendre pour indemniser les travailleurs lésés. Tokyo conteste fermement ce jugement, affirmant que la question a été réglée au moyen d’un traité signé en 1965 pour normaliser les relations entre les deux pays. Selon les termes de ce traité, le Japon a accordé à la Corée du Sud 500 millions de dollars en subventions et en prêts.
Les tensions se sont ensuite aggravées en juillet dernier lorsque Tokyo a déclaré qu'elle allait appliquer des restrictions plus sévères sur certaines exportations vers la Corée du Sud, en particulier celles utilisées dans le secteur de la fabrication de puces et de l'affichage. Le Japon produit 90% de l'approvisionnement mondial en polyimides et photorésines fluorés et 70% des gaz de décapage (dont le fluorure d'hydrogène, l'un des matériaux réglementés). Les exportateurs japonais doivent maintenant déposer des demandes individuelles, qui pourraient durer 90 jours avant d'être approuvées, pour que ces matières soient expédiées en Corée du Sud. De plus, Tokyo a également retiré la Corée du Sud de la liste des pays bénéficiant d'un statut commercial préférentiel. Tirant les leçons de l'expérience du président Trump, le Japon affirme que ces restrictions à l'exportation sont nécessaires pour des raisons de «sécurité nationale», afin d'empêcher que ces matières ne soient envoyées en Corée du Nord.
afin que ce différend ne tarde pas à être réglé.
La Corée du Sud a répliqué en adoptant ses propres mesures, notamment en déposant une plainte auprès de l'OMC et en encourageant les citoyens à boycotter les produits japonais. L'offre étant menacée, les entreprises sud-coréennes ont mis en œuvre des stratégies visant à réduire leur dépendance à l'égard des importations japonaises à mesure que les acteurs domestiques arrivent sur le marché pour combler le déficit. Similaire au naissain, composant technologique sino-américain, il faudra du temps aux entreprises locales pour rattraper le retard par rapport aux normes technologiques des producteurs japonais. Cette évolution s'inscrit dans le prolongement d'une tendance à la création de chaînes d'approvisionnement parallèles inefficaces à l'échelle mondiale, le commerce devenant un des moyens les plus populaire pour mener une guerre économique contre ses concurrents.
Jusqu'à présent, ces restrictions commerciales n'ont fait qu'accroître la charge administrative des entreprises, le Japon ayant continué à approuver l'exportation de ces matières. À l'instar des querelles précédentes entre les deux pays, il faut espérer que cette situation finira par se résoudre. Des tensions pourraient toutefois persister l'année prochaine, surtout si les tribunaux sud-coréens procèdent à la vente des biens saisis. Autrefois, les États-Unis ont traditionnellement joué un rôle de pacificateur, mais ces derniers sont actuellement occupés par leurs propres tensions commerciales et ne veulent pas intervenir. En fin de compte, le Japon et la Corée du Sud demeurent tous deux engagés dans le commerce mondial, et il faut souhaiter que les appels des milieux d'affaires seront entendus afin que ce différend ne tarde pas à être réglé.