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Depuis près d'une décennie, l'UDC est le seul parti politique Suisse à proposer une vision de l'avenir de la relation entre la Suisse et l'Union Européenne. Les autres partis se sont contenté de défendre un impossible statu-quo : le statu-quo de traités dont l'application est garantie à la Suisse par la Cour de Justice de l'Union qui condamne régulièrement les pays qui n'appliquent pas correctement les traités (y compris la France), mais dont l'application par la Suisse est laissé à son bon vouloir et à celui de ses juges nommés par les partis. Dans les années qui ont conduit au rejet par la France du traité constitutionnel européen nous avons pu mesuré que les renoncements idéologiques finissent toujours par se traduire par des défaites politiques. Le sursaut de ces dernières semaines était trop faible et trop tardif pour pallier à une décennie de renoncements idéologiques au cours duquel les institutions européennes, pourtant calquées sur les intuitions fédérales ont été constamment vilipendées. Je ne blâme pas le Conseil Fédéral qui a pris acte d'un rapport de force politique qui s'est construit depuis 10 ans par les renoncements idéologiques de ceux qui dénoncent le gouvernement fédéral aujourd'hui.
L'UDC a multiplié les référendums. Multipliés les échecs qui étaient en réalité autant de victoires à construire un mythe national d'un paradis perdu derrières ses montagnes qui pourraient exercer sa souveraineté au dépens de ses voisins sur la fiscalité prédatrice, l'ouverture de son marché de l'emploi, son protectionnisme. L'expérience des années 90 a montré qu'il fallait une décennie de récession pour déconstruire cette mythologie nationale suisse pour que les institutions suisses retrouve une nécessaire humilité propre à des relations équilibrées avec ses voisins.
En tant qu'Européen, né en Suisse et profondément attaché à mon pays natal, l'abandon de l'accord cadre est un échec, mais sans doute un échec salutaire qui marque le début de la fin de la voie bilatérale. Les accords bilatéraux ont été une série de concessions déséquilibrées accordées à la Suisse dans l'optique de donner envie d'adhérer. Le retrait de la demande d'adhésion à montré que pour l'Union les accords bilatéraux sont un échec. En accordant une bonne partie des droits sans les devoirs, les accords bilatéraux ont eu le contraire de l'effet recherché : à quoi bon l'adhésion ?
La fin de la voie bilatérale permettra d'ouvrir le seul vrai débat politique sur l'avenir de la relation Suisse UE : l'isolationnisme ou l'adhésion à l'UE ou l'EEE. Un débat qui durera sans doute plus d'une décennie. Un débat plein d'espoirs pour tous ceux d'entre nous qui sommes autant attachés à l'Union et aux valeurs Européennes qu'à la Suisse, son fédéralisme et sa démocratie directe.