Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07105.jsonl.gz/1056

Sorry we are closed, en anglais, surtitré en français (très pratique, malgré les décalages avec la scène), se compose de trois pièces présentant trois mondes en faillite. Dans la première, Buttercup, un couple de fermiers se voit contraint de vendre son dernier poulain à naître pour payer les factures. Or, par malheur ou bonheur, le petit poulain, Buttercup, naît affublé d’une corne ou, pour parler en langage vétérinaire, d’une protubérance biologique accidentelle. Doit-on encore le vendre ? Malgré quelques passages manquant de rythme et une fin un peu abrupte, les personnages, colorés et loufoques, tel le journaliste ami des licornes et doté d’un charmant cheveu sur la langue, surent séduire le public, ainsi que le décor, simple mais efficace, composé d’une salle à manger, d’une porte et d’une boîte représentant l’écurie de Buttercup. C’est derrière cette boîte, en ombres chinoises, qu’eut lieu la naissance du poulain, tandis qu’émergeaient de temps à autre, en même temps que le rire, gants, mouchoirs ensanglantés et scalpel.
En guise d’intermède, un pianiste officiait en coulisse, tandis que l’on mettait en place le décor de The Montague Hotel, un hôtel où tout allait pour le mieux jusqu’à ce qu’un certain monsieur Capulet débarque. Offusqué, le concierge de l’hôtel, anglophone à l’accent français magistral, le provoque en duel. C’est ainsi que, 400 ans après Shakespeare, ces deux noms, Montague et Capulet, continuèrent à se battre… au parapluie et à coups de vers shakespeariens. Pour envenimer la situation, l’un des grooms avait laissé l’un de ses amis rencontré la veille décuver dans une chambre vacante ; dans un élan de générosité, l’une des clientes de l’hôtel le réveilla en lui donnant par erreur de la ritaline. Et notre homme de courir en long et en large à moitié nu. Parfois confuse dans les déplacements, la scène reste à nos yeux la plus énergique et la plus hilarante des trois, alimentée par un jeu passif léger et plaisant. Après quelques discussions avec la directrice de l’hôtel, le calme revint et le concierge fut renvoyé.
Pour parachever ce spectacle, la troupe termina avec The Taxidermist : un couple de taxidermistes qui, lorsqu’il n’est pas satisfait de son assistant, le tue d’un coup de hache. La police les surveille, cependant. Joyeusement macabre, la scène plut par ses effets visuels (le sang sur la chemise blanche, les lumières de forêt sur les deux policiers…) et son humour décalé (mention spéciale au policier, heureux ami de deux petits écureuils). Le tout se termina en musique, avec une chorégraphie. En somme, quelques légers problèmes de rythme et quelques passages un peu plus relâchés pour des personnages forts, une scénographie efficace et un texte frais et toujours surprenant, du début à la fin et en anglais, s’il-vous-plaît !
Après la pièce, le public, enjoué et affamé, se dirigea vers le foyer pour le banquet d’ouverture, une délicieuse farandole de feuilletés, salades, guacamole, gâteaux, desserts et pain maison. Que demander de plus ? Désormais, Fécule is opened.