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Le 22 avril 1945, Yvonne Oddon est libérée du camp de Mauthausen. Le 28 juin 1945, elle témoigne au Muséum national d'Histoire naturel. Ce récit, écrit à chaud, saisit par sa rigueur factuelle. Yvonne Oddon décrit sans fard les conditions de vie inhumaines des prisons de la Wehrmacht et des camps de Ravensbrück et Mauthausen.
Par-delà la souffrance, c'est aussi la vie quotidienne des prisonnières qu'elle tâche de retranscrire, tout particulièrement celle des femmes. En dépit des atrocités, la dignité des prisonnières demeure, des solidarités se nouent, graines de résistance semées au comble de l'horreur. Le désespoir est finalement absent de ce récit car la bibliothécaire est habitée par une autre préoccupation : l'urgence de témoigner.
/> Née à Gap en 1902, Yvonne Oddon devient bibliothécaire au Musée d'ethnographie du Trocadéro en 1929. Elle participe en 1940 à la fondation du Réseau du musée de l'Homme, l'un des premiers organismes clandestins de résistance dont fut également membre Boris Vildé. Arrêtée en 1941, elle est incarcérée, avant d'être libérée du camp de Mauthausen en avril 1945. Elle effectue par la suite diverses missions, notamment pour l'Unesco, et participera à la création du Conseil International des musées.
Aussi importante et symbolique aux États-Unis que les notions de liberté et d'égalité en France, la self-reliance renvoie non seulement à la confiance en soi mais aussi à l'autonomie de l'individu. L'âme est active : elle recourt à son propre jugement et dévoile un non-conformisme, aussi farouche que vital. Emerson invite à se fier au présent, "de toujours vivre dans un jour neuf". Cette confiance active en soi opère aussi bien sur le plan affectif que sur le plan pratique. Pétri de formules vivifiantes, cet ouvrage inclassable est une invitation salutaire à compter sur soi. Non par pur individualisme, bien au contraire. Et c'est là que la philosophie peut encore agir.
Ralph Waldo Emerson (1803-1882) a été l'une des premières grandes figures intellectuelles des États-Unis et a exercé une influence profonde sur la littérature et la philosophie américaines. Son oeuvre offre une synthèse parfaite des besoins, espérances, aspirations et idéaux de l'Amérique du XIXe siècle. Ses conférences et ses essais ont aussi bien marqué ses compatriotes, de Thoreau à Obama, que des esprits aussi différents que Nietzsche, Bergson ou Proust, qui le lisait "avec ivresse".
En dehors de toute idée religieuse, divine ou morale, le sacré de Leiris se tapit dans les choses, les moments et les lieux qui lui inspirent à la fois désir et terreur. Il représente la part de l'illicite, qui trouve ses racines dans l'enfance, et qualifie la chambre parentale par exemple, ou bien le cabinet de toilette, où Leiris formait avec son frère une sorte de société secrète. C'est la quête du merveilleux, blotti dans la vie quotidienne de l'enfant, dans les recoins, espaces ou spectacles ritualisés qui exhalent ce sentiment du sacré. Telles les courses à l'hippodrome d'Auteuil, où le jockey fait aux yeux de l'enfant figure d'idole. Mais ce sentiment s'étend aussi aux mots, à tout ce que pouvaient inspirer à Leiris le prénom Rebecca par exemple ou encore l'exclamation "Baoukta !", cri de guerre de son frère quand ils jouaient aux Peaux-Rouges.Cette conférence invite à une exploration intérieure, à rechercher en soi ce que le profane a de plus sacré. L'on pourrait détourner André Breton, affirmant : "L'esprit qui plonge dans le surréalisme revit avec exaltation la meilleure part de son enfance." Le lecteur le comprendra à la lecture de ce bijou de poésie, tant ce texte a ceci de rare qu'il apparaît en tout point opérant, dans le sens où il nous invite à notre tour à sonder la part du sacré qui déterminait nos jeux, nos craintes et nos désirs d'enfants et qui garde, aujourd'hui encore, toute sa saveur.
Comment se fait-il que certains mots nous parlent, voire semblent nous appartenir en propre ? Chaque mot "élu" par un écrivain nous livre ici une vision du monde et de la langue.
Bien sûr, nous savons tous qu'il n'y a pas de mot parfait - ou alors tous le sont! de même que rien ne manque ni n'est en trop dans une langue. Mais l'idée est de surprendre les écrivains au travail, de saisir comment ils découpent et prélèvent leur langue dans la langue partagée.
Après ceux consacrés aux « mots manquants » et aux « mots en trop », ce troisième dictionnaire iconoclaste vient clore une grande aventure collective, dont l'ambition est de faire découvrir la littérature contemporaine à partir de ses ateliers secrets.
Belinda CANNONE, professeure de Littérature à l'Université de Caen, est romancière et essayiste. Elle a publié plusieurs romans (le dernier, Nu intérieur, L'Olivier, 2015) et plusieurs essais dont L'Écriture du désir (Prix de l'essai de l'Académie française, 2001), Le Sentiment d'imposture(Grand Prix de l'essai de la Société des Gens de Lettres 2005), La bêtise s'améliore (Stock, 2007), La Tentation de Pénélope (Stock, 2010). Ces derniers livres publiés sont Un Chêne (textes et photos, Le Vistemboir, 2016), S'émerveiller (essai, Stock, 2017) et La Forme du monde (essai, Arthaud, 2019).
Christian DOUMET est professeur de Littérature à l'université Paris-Sorbonne. Outre des poèmes et ouvrages en prose, il est l'auteur de nombreux essais sur la littérature mais aussi sur l'esthétique musicale, la peinture, qui mêlent réflexion, réel et fiction. Parmi ses dernières publications : La Déraison poétique des philosophes (Stock, 2010), De l'art et du bienfait de ne pas dormir (Fata Morgana, 2012), Notre condition atmosphérique (Fata Morgana, 2014), Paris et autres déambulations, (Fata Morgana, 2016).
Ces derniers livres publiés sont Aphorismes de la mort vive, Fata Morgana, 2018 ; L'Évanouissement du témoin, éditions Arléa, 2019.
lls ont déjà dirigé ensemble, aux éditions Thierry Marchaisse, le Dictionnaire des mots manquants et le Dictionnaire des mots en trop.
S'approprier un lieu pour l'habiter est un acte fondamental de l'homme. Mais ce que nous sommes, il nous faut aussi apprendre à le faire nôtre, en découvrant, exerçant et habitant nos possibilités. Cet espace intérieur est-il essentiellement celui de ma solitude, où nul autre ne peut pénétrer, ou peut-il être celui d'une hospitalité, un vide central où Dieu vient demeurer ?
Dans la continuité d'une tradition qui remonte à la Bible, nos diverses demeures (chambre, appartement, maison, temple, château...) ont permis de figurer et de décrire l'intériorité humaine. Il s'agit de schèmes variés, tantôt pour explorer, tantôt pour construire notre personnalité, et par là pour penser le jeu de nos forces et de nos désirs, le déploiement de nos pensées et de nos actes, et en dégager des lois, selon une topique, du mot qui signifie la disposition des lieux.
Une rupture et un renversement marquent cette histoire. La topique chrétienne, largement méconnue, forme un modèle diversifié et approfondi au long des siècles, lequel pose l'identité humaine comme habitable par une autre présence que la nôtre. À partir de la Renaissance, et depuis Montaigne jusqu'à Rousseau et Kant, tout comme dans la poésie et le roman, elle tend à s'effacer, avec son horizon mystique, au profit d'un face-à-face avec moi-même, tout en usant des mêmes schèmes. Ainsi se fondent l'identité moderne et la subjectivité.
À travers la pensée de nombreux auteurs, de saint Augustin à sainte Thérèse d'Avila, d'Origène à Dante, de Baudelaire à Freud, ce livre décrit et médite, selon une généalogie, un axe oublié de la pensée de l'identité, lourd de questions toujours aiguës.
Longtemps, les anthropologues ont hésité à évoquer les coulisses de leur métier, par gêne ou crainte de nuire à l'image de leur discipline. En les dévoilant ici, à travers son parcours personnel, le but de l'auteur n'est nullement de desservir l'anthropologie, mais au contraire de mesurer sa fécondité en assumant la profondeur de ses failles.
Ce récit-essai des mésaventures d'une anthropologue (où se tressent verve narrative et analyse réflexive) éclaire la part de subjectivité inhérente à toute approche scientifique des sociétés humaines.
Il se clôt sur un entretien entre Maurice Godelier et Sophie Caratini, qui confrontent leurs expériences de l'Autre et les traces profondes qu'elles ont laissées dans leur pensée et en eux-mêmes.
Que Lacan ait critiqué la dérive psychologique de la psychanalyse ne l'a pas empêché de tirer au préalable le meilleur parti de ce que lui offrait de plus consistant la psychologie française, en l'occurrence l'oeuvre de Wallon. Henri Wallon a occupé une position de relais entre Lacan d'une part, Freud et Hegel d'autre part. Chacun avec son accent personnel, Lacan comme Wallon, a lu Freud avec Hegel. Le stade du miroir est maintenant lié au nom de Jacques Lacan. Or, montre Jalley, en reconnaissant que l'expérience du miroir a une fonction de connaissance, il n'innove pas mais s'inscrit dans l'histoire de la pensée occidentale.