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Lors de la votation sur l'initiative «Oui à l'Europe», rejetée à 76%, seul un quart des Suisses qui ont voté étaient en fait opposés à toute adhésion à l'Union européenne. C'est ce qui resort de l'analyse VOX réalisée par l'Université de Berne.
L'initiative «Oui à l'Europe» avait été refusée par tous les cantons et 76,7% des citoyens le 4 mars. Parmi les personnes qui ont rejeté l'initiative, deux groupes disposant d'arguments nettement différents ont pu être recensés. Ceux qui rejettent l'adhésion rapide prônée par l'initiative et ceux qui sont contre toute adhésion.
Parmi les personnes ayant voté non, les opposants à toute adhésion étaient, avec une proportion de 51%, légèrement plus nombreux que ceux qui estimaient que le moment d'entamer des négociations d'adhésion était prématuré. Seuls 26% de tous les électeurs estiment que la Suisse ne devrait jamais entamer de négociations d'adhésion avec l'Union européenne.
L'initiative a été beaucoup mieux acceptée dans les villes, en Romandie et par les personnes ayant un niveau de formation élevé.
Certains commentaires à l'issue du vote parlaient d'un nivellement de l'antagonisme entre les régions linguistiques. Toutefois, selon l'analyse VOX réalisée auprès de 1038 personnes par l'institut de sondage GfS, la différence entre la Romandie et la Suisse alémanique a été considérable lors de cette votation, avec un écart de 22%.
La différence est également importante selon la sensibilité politique. L'initiative n'a recueilli une majorité relative (58%) qu'auprès des sympathisants du Parti socialiste, qui se sont retrouvés assez isolés.
Contrairement à ce que l'on aurait pu attendre, le parti radical et le parti démocrate-chrétien n'ont pas pris de position neutre entre les pôles que représentent le PS et l'UDC. Ils ont voté de la même façon que les partisans de l'UDC. Les sympathisants du PDC ont ainsi clairement désavoué leur assemblée des délégués, qui avait recommandé le «oui».
En ce qui concerne l'initiative Denner «Pour des médicaments à moindre prix», rarement le résultat d'une votation n'avait été aussi homogène parmi les différents groupes sociaux et politiques, selon l'analyse VOX.
Que ce soit au niveau de l'électeur jeune ou âgé, citadin ou campagnard, au bénéfice d'une formation élevée ou pas, de langue maternelle allemande ou française, de gauche ou de droite, partout 70% des votants ont rejeté l'initiative et 30% l'ont acceptée.
En revanche, pour l'initiative «Rues pour tous» - refusée par 79,7% des voix et par tous les cantons - l'antagonisme gauche/droite a constitué la principale ligne de conflits. En outre, l'initiative a été rejetée moins nettement parmi les personnes ne possédant pas de voiture et les habitants des grandes villes.
Trois électeurs sur cinq ont voté par correspondance lors de la votation du 4 mars. La participation a atteint 55%. Celle-ci n'avait plus été aussi élevée depuis la votation du 6 décembre 1992 sur l'adhésion à l'EEE. C'est l'initiative «Oui à l'Europe» qui a incité l'électorat à se déplacer.
Par ailleurs, une proportion des votants située au-dessus de la moyenne a déclaré que les informations qu'ils avaient obtenues leur avait facilité la tâche lors de leur prise de décision.
Pour se forger une opinion, les citoyens ont continué à utiliser les sources d'information traditionnelles telles que la presse, la télévision et la brochure du Conseil fédéral. Par contre, Internet est resté un moyen d'information utilisé par seulement 5% des votants.
swissinfo avec les agences