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Melanotaenia boesemani
Le nom indigène pour ce poisson est ‘sekiak’ et’ rascado ikan’.
Nom anglais : Boeseman Rainbowfish / nom courant : poisson Arc-en-ciel
Famille : Melanotaeniidae.
Origine : L’Asie du Sud-Est :Indonésie (Irian Jaya) et Nouvelle-Guinée
Taille : de 7 à 12 cm en aquarium.
Température : environ 26°à 30° C.
PH : compris entre 7 et 8,5
Dureté : moyenne entre 12TH et 25TH.
Découverts : En 1980, Gerald R. Allen et Norbert J. Cross ont décrit cette espèce rapportée par une expédition hollandaise en Irian Jaya en 1954-55. ! Les premiers spécimens à arriver en Europe furent ceux que ramena Heiko Bleher d’une de ses expéditions en Irian Jaya. Les indigènes ont baptisé ces poissons des noms de » sekiak » et » rascado kan « .
Le spécimen qui a été utilisé pour la description avait été attrapé en 1955 et été baptisé ainsi en l’honneur du Dr Marinus Boeseman du Rijksmuseum de Hollande, et conservé dans de l’alcool ; lors de la description il était terne et décoloré et les auteurs n’ont donc pas pu voir ni décrire ses étonnantes couleurs.
Voir le bac de Sara
Distribution.
La majeure partie des poissons arc-en-ciel vivent en Australie mais le Poisson arc-en-ciel Boesemani est originaire de Nouvelle-Guinée, plus précisément du centre de la péninsule de Vogelkop, dans la région du lac Ajamaru.
Trouvés principalement dans le lac Ajamaru et quelques rivières des environs, ils se reproduisent également dans le lac Hain et le lac Aitinjo.
Habitat.
Ils vivent dans des cours d’eau et des lacs où l’eau est peu profonde et claire, avec une végétation abondante. L’eau des lacs est alcaline avec un pH proche de 8,0.
Certains racontent avoir trouvé des poissons arc-en-ciel dans des étangs dont le pH est de 9,0 et la dureté d’environ 15° TH, mais aussi dans de l’eau claire et douce avec un de pH de 6,8 à 7 : cette espèce semble s’adapter aisément à divers milieux.En novembre 1982, un certain nombre de spécimens sauvagesont été capturés pendant une expédition hollandaise sur la péninsule de Vogelkop, en Irian Jaya, et ramenés en Hollande, où ils ont été ultérieurement multipliés et distribués dans les aquariums européens.
Description.
Comme beaucoup d’autres poissons arc-en-ciel, le Boesemani ont une longue nageoire dorsale, partagée en deux par un petit espace.. Les mâles adultes ont la 1ère très développée, qui se superpose au repos sur la secondeIls peuvent atteindre une quinzaine de centimètres, mais habituellement en aquarium leur taille reste inférieure à 10 centimètres. Les mâles sont beaucoup plus grands et présentent un corps plus haut que des femelles, dont les nageoires sont plus arrondies. Les rayons des nageoires sont aussi plus longs et développés chez les mâles.
Selon l’origine géographique des Melanotaenia, leur coloration peut présenter d’importantes variations, du bleu – gris au turquoise ou du jaune au rouge-orangé. Chez les boesemani, la séparation des teintes est verticale. Le corps est donc de deux couleurs : La partie avant du corps est turquoise, parfois presque bleu-noir et la moitié postérieure du corps est jaune-orange, très lumineuse. Entre ces deux zones, il y a des barres verticales plus foncées.
Les jeunes sont peu colorés et dans les magasins, on passe facilement à côté des bacs peuplés de Melanotaenia juvéniles sans les remarquer, tant ils sont ternes et peu attractifs. Il faut attendre un à deux ans pour que le poisson soit adulte et se pare alors de ses plus belles couleurs, qu’il est d’ailleurs capable de faire varier selon son humeur.
Les coloris des femelles sont moins spectaculaires : une ligne noire foncée accompagnée d’une série d’étroites raies longitudinales jaunes ou rouge orange sépare horizontalement leur corps qui est plus terne que celui des mâles. Les mâles dominés prennent aussi ce patron de couleurs, mais on les distingue les femelles par la forme générale de leur corps : la région dorsale est nettement plus arquée et ils sont plus hauts.
Les femelles adultes et plus vieilles ont un patron de coloration très proche de celui des mâles dominés du groupe, ce qui peut entraîner des confusions lors de l’achat des poissons.
La coloration des boesemania se ternit parfois après quelques années en aquarium, probablement à causes de carences dans leur régime alimentaire, mais aucune étude n’a vraiment été faite sur le sujet.
Un aquarium très planté, avec un sol sombre et avec une alternance de zones d’ombre et de zones plus lumineuses met en valeur ses étonnantes couleurs.
Maintenance.
Comme les Melanotaenia boesemani dépassent 12 cm on a besoin d’un aquarium d’au moins 250 litres pour installer un groupe de 6 à 8 individus. Dans un bac de 300 litres, on peut en prévoir une dizaine, accompagnés de quelques Melanotaenia praecox.
Les Mélanotaenia sont assez résistants, le pH de l’eau peut se situer entre 7 et 8,5, et la dureté doit être moyenne, comprise entre 12TH et 25TH, avec une température d’environ 25° Cà 27° C. Dans des bonnes conditions, les Melanotaenia ont une espérance de vie de 8 ans environ.
M. boesemani aime l’eau neuve et des changements d’eau hebdomadaires de 30% permettent de maintenir très bas le taux de nitrates. Lors des changements,l’eau doit être préparée la veille et laissée dans un bidon pour que le chlore s’en échappe et pour que sa température se rapproche de celle du bac. L’ajout d’eau trop froide peut fragiliser les poissons et causer la maladie des points blancs. La filtration doit être assez importante avec un débit de trois fois le volume du bac par heure, assortie d’un bon brassage en surface pour oxygéner l’eau, mais sans causer un courant trop fort. On peut fixer le tuyau de rejet du filtre juste sous la surface pour créer les remous qui favorisent les échanges gazeux, tout en évitant le bruit de l’eau qui coule ! Si le brassage est trop fort, le Co2 dissous dans l’eau et nécessaire pour la bonne santé des plantes, va s’échapper rapidement.
Les poissons arc-en-ciel ne sont pas agressifs avec les autres espèces, ce qui permet de les installer en banc dans des bacs communautaires. Mais certains mâles solitaires peuvent développer des comportements territoriaux et chasser tout autre poisson empiétant sur ce qu’ils considèrent comme leur domaine. On les voit parfois se menacer, la bouche grande ouverte, comme pour un baillement.
L’aquarium doit être le plus long possible avec une hauteur d’eau de 50 cm au moins. Ils ont besoin d’un large espace dégagé pour nager, il leur faut un volume d’eau assez important, les Mélanotaenia sont de grands nageurs. Ce sont aussi des poissons grégaires. Les mâles peuvent cohabiter sans problèmes, ils ne sont pas très batailleurs, malgré des manœuvres d’intimidations au moment des pontes. Il est nécessaire de les maintenir en groupe d’au moins 6 à 8 individus avec un nombre supérieur de femelles, par exemple 3 mâles et 5 femelles.
Le mâle dominant arbore ses plus belles couleurs et parade régulièrement devant les femelles. Les autres mâles sont plus ternes.
Ils nagent volontiers à l’ombre des plantes, leur bac doit présenter des zones couvertes de plantes flottantes qui tamisent la lumière ; on peut aussi laisser les feuilles des plus grandes plantes se recourber et s’allonger à la surface de l’eau, sans les couper.
Il est bon de prévoir des plantes à grandes et larges feuilles comme les Echinodorus et des Vallisneria, des plantes flottantes, Ceratopteris et Cératophyllum, et dessous des Anubias et des Cryptocorynes qui n’ont pas besoin d’une lumière trop importante.
Nourriture.
Les poissons arc-en-ciel sont des omnivores, à tendance carnivore. Ils se nourrissent d’insectes aquatiques, de larves et de petits crustacés, ils consomment des algues et parfois des plantes, dévorent aussi quelques fois des alevins ou d’autres très petits poissons. L’important est de bien varier les distributions de nourriture, en alternant des artémias, du krill, des larves de moustiques et des tubifex, vivants ou congelés, des petits insectes comme les drosophiles, certains flocons ou pastilles du commerce, des granulés et de la nourriture lyophilisée.
Ils n’hésitent pas à avaler des insectes tombés à la surface de l’aquarium : des moucherons et même des mouches sont gobés avec enthousiasme ! Les morceaux de concombre et courgette distribués pour les Ancistrus et les poissons herbivores, intéressent aussi les Mélanotaenia. En changeant de menus on évite les carences alimentaires et l’on obtient plus facilement des reproductions. Deux à trois distributions par jour et une journée de jeûne hebdomadaire sont un bon compromis. Les aliments trop gras sont à éviter pour que les poissons ne deviennent pas trop gros, ils sont toujours affamés et on a vite tendance à trop les nourrir.
Reproduction.
La reproduction des Melanotaenia boesemani est relativement facile. Les poissons sont pleinement adultes que vers 2 ou 3 ans, il vaut mieux attendre leur maturité sexuelle avant de les laisser se reproduire. Il suffit de leur donner des bonnes conditions et de patienter : l’espèce fraie en continu.
Dans un bac d’ensemble ils pondent régulièrement, en général le matin. Les mâles affichent leurs plus belles couleurs et paradent. Peu avant la reproduction, les couleurs sur leur tête deviennent encore plus brillantes. Si une femelle est prête à pondre, elle suivra le mâle jusqu’au lieu de ponte en se tortillant !
On peut aussi préparer un bac spécifique, d’environ 100 litres avec une eau calcaire, TH compris entre 15° et 25°,et une température de 28 degrés, et y placer un peu de sable sur le fond et une touffe de mousse de Java. On y introduit un couple seul ou deux mâles et une femelle. Quand la femelle est prête, elle libère ses ovules en frémissant, et le mâle les féconde immédiatement. Les œufs flottent quelques instants puis tombent dans la mousse de Java. Les œufs fécondés sont de très petite taille : moins d’un millimètre et sont dotés d’un filament adhésif. Ils vont donc se coller dans les plantes ou sur le décor. Après la ponte, les adultes ne dévorent pas leurs œufs, mais quelques jours plus tard, les alevins parvenus au stade de la nage libre risquent fort de se faire manger ! Il faut donc enlever les parents après une semaine passée dans le bac de reproduction.
Il existe une autre façon de procéder, comme on le pratique pour certains Killies : On peut retirer du bac communautaire la mousse de Java ou les plantes dans lesquelles les œufs sont collés et les laisser finir leur incubation dans un autre aquarium. Après une dizaine de jours les yeux de l’embryon sont visibles à travers la paroi de l’œuf. Il faut attendre l’éclosion pendant 6 à 10 jours selon la température du bac. Une fois la vésicule vitelline résorbée, généralement le 4ème jour, les alevins montent à la surface du bac pour chercher à se nourrir, on commence alors à leur distribuer du plancton de mare, des infusoires, de la nourriture en poudre et de la spiruline. Après une semaines à ce régime, ils sont capables de manger des nauplies d’artémias et des micro-vers. On peut aussi les placer dans un aquarium très planté, et donc où se trouve une population importante de micro-organismes tels que des rotifères et des paramécies. Il semble assez difficile de trouver une alimentation qui leur convienne vraiment et qui leur permette de croître assez vite. Les alevins grandissent très lentement si le volume d’eau n’est pas assez conséquent. Ils ont besoin d’un bac suffisamment grand, dès leur plus jeune âge.
Si on veut les laisser se reproduire en bac communautaire, il est bon de prévoir des plantations fournies qui puissent servir de refuge et de garde-manger aux alevins.
Il faut aussi noter que la qualité de l’eau peut affecter le développement et compromettre l’éclosion des œufs. Dans certaines régions, la qualité de l’eau du robinet varie selon la saison : pour éviter ces fluctuations, il est préférable si l’on veut garantir l’éclosion des oeufs, de prendre de l’eau osmosée et de la reminéraliser.
On doit impérativement éviter faire cohabiter des espèces de Mélanotaenia trop proches, car les risques d’hybridation sont très importants.
Ils peuvent partager leur bac avec d’autres poissons arc-en-ciel. Un bac de 250 litres peut accueillir au maximum une dizaine de Mélanotaenia.
Ce texte a paru en juillet 2001 dans le numéro 183 d’Aquarium Magazine
©Véronique Ivanov