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10/08/2009
Rompant avec les traditions suisses, Fulvio Pelli, Président du Parti Radical Suisse est candidat au renouvellement parti du Conseil Fédéral du 16 septembre.
Dans les institutions suisses, la fonction de chef de parti et celle de Conseiller Fédéral sont des fonctions historiquement antinomiques. Dans la plupart des pays européens au contraire ce sont les chefs de parti qui accèdent aux responsabilités. Au Royaume Uni c'est même une condition requise : le Premier Ministre est le chef du parti majoritaire.
Dans tous les pays, le chef de parti est une personne partisane. Une grande gueule médiatique qui fait parler d'elle et de son parti. Un brin polémiste. Sa mission est d'accroitre l'influence de son parti en améliorant ses résultats électoraux au détriment des autres.
Le Conseiller fédéral, lui aussi représente son parti, mais il a une fonction diamétralement opposée : il doit oeuvrer au consensus avec les représentants des autres partis. Un grand Conseiller fédéral est un travailleur, qui écoute des avis divergents. Il est imaginatif et doit savoir resté humble. Il doit resté discret car personne ne peut s'arroger le mérite d'un résultat consensuel sous peine de détruire ce consensus.
Dans les institutions helvétiques, les qualités requises pour faire un grand chef de parti sont à peu près les qualités opposées de celles requises pour faire un grand Conseiller fédéral.
Dans l'histoire helvétique il était très rare que les Conseillers fédéraux soient désignés parmi les chefs de parti. Le mode d'élection par le Parlement où aucun parti n'est majoritaire et ne peut l'être seul, éliminait d'office les chefs de parti pour des profils plus consensuels.
Cela a changé en 2003 avec la candidature au Conseil fédéral de Christoph Blocher, leader de l'UDC. Pour rééquilibrer l'influence partisane au sein de l'exécutif, cette candidature a appelé celle de Doris Leutard. Puis sous une forme proche les nouvelles candidatures combinées de Christoph Blocher et Ueli Maurer.
En acceptant la candidature de Christoph Blocher, d'Ueli Maurer et de Doris Leutard, le Parlement Suisse a fait trois pas vers un Conseil fédéral partisan. En rejetant la nouvelle candidature de Blocher il a fait un pas en arrière.
Une élection de Fluvio Pelli (radical) au Conseil Fédéral appelerait nécessairement tôt ou tard une candidature de Christophe Darbellay puis d'un responsable alémanique du Parti Socialiste Suisse. Question d'équilibre partisan au sein du Conseil Fédéral.
Les mauvaises relations entre Fulvio Pelli et Christophe Darbellay donne une idée de ce que pourrait être un Conseil Fédéral ou à terme tous les chefs de partis seraient présents. Le mandat de Christoph Blocher l'a aussi montré : une moindre solidarité gouvernementale qui pourrait virer à la cacophonie en tant de crise, des fuites organisées à des fins politiques, des initiatives et des référendums à répétition qui conduisent au blocage ou au retard.
La loi de la majorité devrait alors mettre fin à une telle cacophonie (comme pour le renvoi de Christoph Blocher). Le Conseil Fédéral serait alors composé selon une majorité arbitrée par le PDC.
Le problème c'est que le système majoritaire et la démocratie directe sont incompatibles. Ils conduisent au blocage des institutions. C'est ce qui avait conduit à l'élaboration de la formule magique.
Pour sortir de ce blocage là, la Suisse devra alors soit trouver une nouvelle formule magique, soit appliquer la loi majoritaire à ses institutions et renoncer à la démocratie directe.
A moins que l'Assemblée fédérale ne hausse un peu le ton et rappelle que c'est à elle que les institutions helvétiques ont confié la responsabilité de composer le Conseil Fédéral... et pas aux partis. Elle choisira alors un candidat moins partisan que Fulvio Pelli tel que Pascal Broulis ou Urs Schwaller.
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