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L´agriculture suisse est devenue plus compétitive et écologique, selon le rapport agricole 2000 publié mardi. Mais, pour survivre, les exploitations doivent s´agrandir. Et les petits domaines risquent de disparaître.
L'Office fédéral de l'agriculture (OFAG) publie mardi son premier rapport sur les effets de la politique agricole 2002. Essentiellement axée sur la libéralisation des marchés et l'écologie, la réforme, entrée en vigueur l'année dernière, semble avoir les effets escomptés. Avec la suppression des garanties étatiques de prix et d'écoulement, les exploitations sont devenues plus compétitives.
Les agriculteurs se sont efforcés de rendre leurs produits plus concurrentiels au niveau des prix. En 1999, les prix à la production ont baissé en moyenne de 23 pour cent par rapport à ceux de 1990-1992. Avant la réforme, le prix du lait se situait à 1,07 franc par litre. En 1999, il tombait à 80 centimes.
Mais si les prix à la production ont diminué, les consommateurs n'en ont pas profité. L'OFAG le reconnaît. Pendant la même période, les prix à la consommation ont augmenté de 4 pour cent. A chaque franc dépensé par le consommateur, la part des producteurs a reculé de 37 à 24 centimes.
Selon l'OFAG, le revenu des paysans est resté stable ces dernières années. Une affirmation qui contredit les chiffres avancés par les agriculteurs. Ils assurent qu'ils ont subi une perte de revenu d'un tiers.
L'Office fédéral de l'agriculture se félicite des effets de la réforme sur l'environnement. Avec les paiements directs ciblés, les paysans ont dû adopter des modes de cultures plus écologiques. La vente de produits phytosanitaires - herbicides ou pesticides par exemple - a baissé de 30 pour cent, ces dix dernières années. Et en cinq ans, le nombre d'exploitations biologiques a quadruplé.
Parallèlement à ce rapport, l'Office fédéral de la statistique (OFS) publie également des données sur l'évolution du secteur primaire. Conséquence de la réforme agricole: pour survivre, les exploitations doivent être toujours plus grandes. Les petits domaines disparaissent. Et les paysans sont de moins en moins nombreux.
Au début du siècle, le secteur primaire occupait 40 pour cent des personnes actives. Aujourd'hui, ce chiffre est tombé à 4,7 pour cent. Selon Carlo Malaguerra, directeur de l'OFS, la mutation est inévitable. Les autres pays européens connaissent d'ailleurs la même évolution.
Alexandra Richard