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Washington proclame le retour des sanctions de l'ONU contre l'Iran
Les Etats-Unis ont unilatéralement proclamé dans la nuit de samedi à dimanche que les sanctions de l'ONU contre l'Iran sont à nouveau en vigueur, dans un geste qui risque d'accroître les tensions internationales. Washington a promis de punir ceux qui les violent.
"Aujourd'hui, les Etats-Unis saluent le retour de quasiment toutes les sanctions de l'ONU contre la République islamique d'Iran, auparavant levées", a déclaré le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo dans un communiqué. Selon lui, ces mesures punitives sont "à nouveau en vigueur" depuis samedi 20h00 (minuit dimanche heure GMT).
Le gouvernement de Donald Trump menace en outre de mettre en place un système de sanctions dites secondaires pour punir tout pays ou entité qui violerait les sanctions de l'ONU, quand bien même il est l'un des seuls au monde à estimer qu'elles sont en vigueur. Les contrevenants désignés par Washington se verraient bloquer l'accès au marché et au système financier américains.
"Si des Etats membres de l'ONU ne remplissent pas leurs obligations pour appliquer ces sanctions, les Etats-Unis sont prêts à utiliser leurs propres outils pour punir ces défaillances", a prévenu Mike Pompeo. Il a promis que des "mesures" américaines seraient annoncées "dans les prochains jours" contre "ceux qui violent les sanctions de l'ONU".
"Aucun effet juridique"
Mais Washington est quasiment seul et contre tous: les autres grandes puissances, la Russie, la Chine, mais aussi les alliés européens des Américains, contestent cette affirmation.
"Toute décision ou mesure prise dans l'intention de rétablir" les sanctions "n'aura aucun effet juridique", avaient répondu par avance la France, le Royaume-Uni et l'Allemagne dans une lettre commune adressée vendredi à la présidence du Conseil de sécurité et dont l'AFP a obtenu une copie.
Les Américains "se rendent compte eux-mêmes qu'il s'agit d'une déclaration mensongère", a assuré le ministre iranien des affaires étrangères Mohammad Javad Zarif.
Les sanctions contre l'Iran avaient été levées en 2015, lorsque Téhéran s'était engagé, dans un accord international, à ne pas se doter de l'arme nucléaire. Le président américain Donald Trump, jugeant insuffisant ce texte négocié par son prédécesseur Barack Obama, en a retiré en 2018 les Etats-Unis, qui ont dans la foulée rétabli voire durci leurs propres sanctions bilatérales.
À la mi-août, le gouvernement américain avait essuyé un revers retentissant au Conseil de sécurité de l'ONU dans sa tentative de prolonger l'embargo sur les armes conventionnelles visant Téhéran, qui expire en octobre. Accusant Paris, Londres et Berlin d'avoir "choisi de s'aligner sur les ayatollahs" au pouvoir dans la République islamique, Mike Pompeo avait déclenché le 20 août une procédure controversée, surnommée "snapback" et censée rétablir un mois plus tard toutes les sanctions de l'ONU contre l'Iran.
Dans une pirouette juridique pour activer le "snapback", les Etats-Unis invoquent leur statut de pays "participant" à cet accord, qu'ils avaient pourtant quitté avec fracas.
ats, afp