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La combinaison d’aérosols d’adrénaline et de dexaméthasone à hautes doses, ou l’administration d’aérosols de sérum salé hypertonique sont des nouvelles stratégies thérapeutiques potentielles pour le traitement de la bronchiolite du nourrisson. Néanmoins, leurs bénéfices doivent encore être confirmés avant leur implémentation généralisée.
La bronchiolite aiguë du nourrisson, caractérisée par l’apparition d’une toux et de signes de lutte respiratoire suite à une rhinopharyngite, est l’infection virale des voies aériennes inférieures la plus fréquente dans cette tranche d’âge.1 Les épidémies saisonnières de bronchiolite occasionnent une utilisation considérable des ressources de santé et, malheureusement, il n’existe pas de traitement curatif. La prise en charge repose essentiellement sur une approche symptomatique : désobstruction rhinopharyngée, alimentation fractionnée, minimal handling, oxygénothérapie et soutien ventilatoire dans les cas les plus sévères.2
Les évidences en faveur de traitements pharmacologiques bénéfiques (salbutamol, corticoïdes) sont minimes.3-5 Récemment, la combinaison d’aérosols d’adrénaline et de dexaméthasone, ou l’administration d’aérosols de sérum salé hypertonique (SSH) sont apparues comme des stratégies thérapeutiques potentielles.
L’adrénaline, par son effet α-adrénergique vasoconstricteur, amène une diminution modérée du risque d’hospitalisation au premier jour de présentation clinique comparativement au placebo, sans changement sur la durée d’hospitalisation.6,7 Une étude, portant sur 400 nourrissons ambulatoires avec bronchiolite, a montré que la combinaison d’aérosols d’adrénaline et de dexaméthasone PO à haute dose pendant six jours permettait de diminuer le score de gravité clinique (SC) et le risque d’admission au septième jour de la maladie (RR : 0,65 ; IC 95% : 0,44-0,95), mais pas au premier jour.8 Ces résultats, provenant d’une seule étude, sont exploratoires et l’innocuité de hautes doses de dexaméthasone n’a pas été démontrée à moyen terme, notamment sur le développement pulmonaire et cérébral.9,10
Par analogie avec la mucoviscidose, il a été postulé que l’administration d’un agent osmotique tel le SSH dans la bronchiolite pourrait améliorer l’hydratation de la surface liquidienne des voies aériennes et la clearance mucociliaire.11 Chez le nourrisson hospitalisé, l’administration d’aérosols de SSH 3% toutes les huit heures jusqu’à la sortie a diminué la durée d’hospitalisation de 24 heures, ainsi que le SC de 20% à 48 heures (tableau 1).12-14 Mais dans ces études, le SSH était nébulisé avec un bronchodilatateur (adrénaline ou salbutamol) pour prévenir l’apparition d’un bronchospasme, bien que l’administration de SSH seul n’occasionne qu’un faible taux d’effets secondaires (1,06%).15 Deux méta-analyses16,17 ont confirmé l’effet bénéfique du SSH chez les patients hospitalisés (durée d’hospitalisation : -0,94 jour, IC 95% : 0,40-1,48), mais pas sur le taux d’hospitalisation. Chez les nourrissons traités en ambulatoire, l’utilisation du SSH n’a pas non plus amené de diminution du taux d’hospitalisations, et seulement une tendance favorable pour l’amélioration du SC.18
Le traitement de la bronchiolite est un sujet de controverses perpétuelles. Les nouvelles options thérapeutiques discutées ici sont prometteuses tant chez le nourrisson hospitalisé que traité en ambulatoire, mais doivent être vérifiées avant leur implémentation généralisée.