Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07201.jsonl.gz/472

Les premiers chèques doivent parvenir à certains survivants de l'Holocauste avant la fin du mois de juillet. Il s'agit des premières indemnisations prélevées sur le fonds alimenté par l'UBS et le Credit Suisse, à la suite de l'accord conclu avec les organisations juives le 12 août 1998.Ce contenu a été publié le 30 juillet 2001 - 10:40
Près de trois ans jour pour jour après l'accord passé entre les organisations juives et les banques suisses, les premières victimes de l'Holocauste à recevoir une indemnisation sont des Juifs habitant dans 140 villes et villages dispersés dans les républiques de l'ancienne Union soviétique.
Début juillet, le juge Edward Korman - le magistrat américain chargé de superviser l'application de l'accord global et de gérer la distribution de 1,25 milliard de dollars versé par les banques suisses - a, en effet, débloqué une première enveloppe d'un montant de 43,7 millions de dollars. Chiffre donné par l'agence télégraphique suisse (ats).
Les victimes de l'Est seront les premières servies
Une partie de cette première tranche est destinée aux individus ayant été spoliés par l'Allemagne nazie. Pour des raisons humanitaires, les victimes vivant dans l'ancienne URSS, qui se trouvent souvent dans un grand dénuement, sont les premières à être indemnisées.
Mais la première tranche du plan de répartition sera également consacrée à l'indemnisation de 35 000 anciens travailleurs forcés et de 400 anciens réfugiés qui furent refoulés à la frontière helvétique, ainsi que d'autres réfugiés qui furent maltraités après leur entrée en Suisse.
Le plan de répartition sera finalisé à l'automne
A l'approche du troisième anniversaire de l'accord global, le Congrès Juif Mondial estime que le plan de répartition sera complètement mis au point avant l'automne. «Le juge Korman aura terminé avant la fin de l'été», assure à swissinfo le directeur de l'organisation, Elan Steinberg, avant d'ajouter: «Quant à l'allocation des fonds, nous espérons qu'elle soit terminée d'ici la fin 2002, ce qui veut dire que tous les survivants devraient être payés d'ici là.»
Les banques UBS et Credit Suisse se félicitent du démarrage des indemnisations. Cependant, le Tribunal de Résolution des Prétentions (Claims Resolution Tribunal), dont la mission est d'évaluer les dossiers de survivants ou d'héritiers revendiquant la propriété de fonds en déshérence, déplore que les banques suisses traînent les pieds.
«Nous attendons toujours la pleine coopération des banques en ce qui concerne l'accès à toutes les informations qui ont été recueillies sur les comptes ouverts entre 1933 et 1945», déclare Michael Bradfield, qui est le responsable principal de la procédure (Special Master) au tribunal.
Le processus devrait être bouclé en 2003
Michael Bradfield précise que les survivants et héritiers ont jusqu'à dimanche prochain, le 5 août, pour déposer leurs prétentions au tribunal, dont le siège est à Zurich. Après cette date, le tribunal se consacrera exclusivement à l'examen et la sélection des dossiers, de même qu'à l'allocation des fonds.
Le juriste américain estime que ce processus devrait être bouclé en 2003. «Le Tribunal a un budget qui couvre les procédures d'analyse et d'allocation pendant encore deux ans, et nous pensons avoir fini d'ici la mi-2003», indique-t-il.
L'accord propose une solution définitive
L'accord global a été signé le 12 août 1998 par l'UBS et Credit Suisse, d'une part, et les organisations juives, d'autre part. Aux termes de cet accord, les deux banques suisses ont accepté de verser 1,25 milliard de dollars.
L'accord prévoit l'indemnisation de quatre catégories de survivants de l'Holocauste ou leurs héritiers: les propriétaires de comptes bancaires ouverts dans la période allant de l'émergence d'Adolf Hitler à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, les réfugiés, les travailleurs forcés et les personnes spoliées.
En échange, les victimes de l'Holocauste ont renoncé à toute revendication ultérieure envers le gouvernement de Berne, la banque centrale et certaines entreprises privées suisses. En avril dernier, le juge Korman a admis 27 compagnies suisses et près de 300 filiales à bénéficier de la protection offerte par l'accord.
Marie-Christine Bonzom, Washington
Cet article a été importé automatiquement de notre ancien site vers le nouveau. Si vous remarquez un problème de visualisation, nous vous prions de nous en excuser et vous engageons à nous le signaler à cette adresse: <email-pii>