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L'Autorité de contrôle en matière de lutte contre le blanchiment a bloqué 250 millions de francs appartenant à Andrew Wang Chuan-Fu, ancien agent du Français Thomson à Taiwan. Cet ancien officier est soupçonné d'avoir reçu des commissions lors de la vente de six frégates à Tapei en 1991. Depuis l'automne, cet homme est également recherché pour meurtre.
Selon la SonntagsZeitung, qui révèle cette affaire, les 250 millions de francs, d'abord placés à l'UBS, venaient récemment d'être transférés au Credit Suisse, et dans sa filiale, la banque Leu.
Selon le journal du dimanche, c'est le fils d'Andrew Wang qui aurait effectué les démarches en début d'année auprès des établissements helvétiques.
La vente de six navires de guerre pour près de 6 milliards de francs par la France à Taiwan fait depuis une décennie les gros titres de la presse de l'Hexagone comme celle de la Chine nationaliste.
Ce contrat a donné lieu à de très copieuses commissions, estimées à plus d'un milliard de francs. 65% pour des dirigeants taiwanais, 20% pour des Chinois et le reste pour des Français.
En effet, Paris s'était toujours engagé à ne pas livrer d'armes à cette île qui n'est pas reconnue par la communauté internationale. Pour organiser cette vente, la société Thomson avait sollicité deux équipes de «corrupteurs», dont l'une était animée par Alfred Sirven, ancien numéro 2 de la compagnie pétrolière Elf. D'où cette confusion entre les affaires Elf et Thomson.
Cette opération, baptisée «Bravo» a déjà provoqué la mort en décembre 1993 du capitaine Yin Chin-Feng, qui enquêtait à Taiwan sur les conditions du contrat d'achat des frégates.
Depuis l'automne dernier, Andrew Wang Chuan-Fu, qui était l'agent du groupe français d'armement sur place, est recherché pour meurtre. Il se serait réfugié aux Etats-Unis ou en Grande-Bretagne.
Andrew Wang est également soupçonné d'avoir réparti les commissions destinées aux dirigeants taiwanais. Cinq officiers supérieurs ont été mis en cause et écroués. Apparemment, Andrew Wang se serait généreusement servi au passage.
C'est le juge genevois Paul Perraudin, en charge de l'affaire Elf, qui va hériter de cette nouvelle découverte.
Ce magistrat s'occupe indirectement de l'affaire des frégates. Il a découvert que le contrat signé en 1991 entre Thomson et Alfred Sirven faisait intervenir une société suisse, Frontier AG, domiciliée à Berne. Apparemment, les «requins» français de la finance ne peuvent pas se passer de la Suisse.
Ian Hamel