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Le botaniste voyageur britannique, Robert Fortune (1812-1880), a récolté cet échantillon d'herbier de thé en 1846. Il a ainsi mis un terme au monopole chinois sur la production du thé en établissant 20'000 pieds en Inde. Il serait aujourd’hui accusé de biopiratage.
Le thé, préparé à partir des feuilles d’une plante originaire de Chine, le Camellia sinensis, est cité dans des textes dès le 2e siècle avant notre ère. Il arrive en Europe à la Renaissance, mais jusqu’à la moitié du 19e siècle, sa production et son commerce sont jalousement monopolisés par l’Empire du Milieu qui proscrit toute exportation de plants vivants ou de graines.
Robert Fortune (1812-1880) réalise des expéditions botaniques au Sud de la Chine dès 1843. Il y vivra même de 1848 à 1851. Il a visité de nombreuses provinces très peu entreprises par des Européens jusqu’alors. Deux ans après avoir récolté cet échantillon en Chine, Robert Fortune tente l’introduction du thé dans l’Utar Pradesh pour le compte de la Compagnie britannique des Indes orientales, au mépris de l'interdiction chinoise. Il utilise de petites serres portables pour le transport des plants et fait entrer illégalement en Inde des cultivateurs chinois spécialistes de la culture du thé. Un pareil rapt commis de nos jours serait qualifié de biopiratage.
La plupart des théiers périront. Cet échec en Inde est vraisemblablement aussi dû à la préférence des britanniques pour le thé noir, meilleur lorsque préparé à partir d‘une autre variété. Robert Fortune jouera cependant un rôle déterminant dans l'essor ultérieur de l'industrie indienne du thé à Darjeeling et au Sri Lanka. Ce botaniste étudiera également le ver à soie au Japon, important de nombreuses espèces ornementales en Europe.