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Est-il possible d'être diabétique et d'atteindre les plus hauts
podiums de l'excellence sportive ? Plusieurs personnes nous l'ont
prouvé par le passé, mais pour chacune il s'agit de victoires
doublement acquises, celle de vaincre les autres compétiteurs et
celle de vaincre son propre diabète.
L'histoire de Gary Hall est particulièrement intéressante à ce sujet.
A Atlanta, en 1996, il avait gagné 4 médailles en natation, deux d'or
et deux d'argent. Il était l'un des plus grands espoirs de l'équipe
américaine. La différence, cependant, c'est qu'il n'était pas encore
diabétique à cette époque.
En 1999, le verdict tombe : "Vous avez un diabète de type 1. Vous
aurez à vous injecter de l'insuline plusieurs fois par jour, pour le
reste de votre vie, avait annoncé son endocrinologue. Vous ne
pourrez plus nager dans des compétitions de classe mondiale."
C'est en véritable état de choc qu'il était sorti ce jour-là du bureau
du médecin. Il entendait une voix intérieure lui disant de rapidement
trouver un endroit paisible pour réagir face à cette véritable
sentence capitale pour un sport pour lequel il avait tout donné.
Quatre jours plus tard, il s'envolait avec son amie, Elizabeth
Peterson pour le Costa Rica. Là, tous les jours, il se lançait dans le
Pacifique et nageait si loin qu'il disparaissait à l'horizon.
Son amie Elizabeth, attendait anxieuse sur la plage. "Gary était à
ce point déprimé, se rappelle Elizabeth, qu'il m'avait dit à l'arrivée,
qu'il ne reviendrait pas à la maison avec moi. J'avais beau lui
marteler la poitrine et le supplier de ne rien faire, Gary me disait
simplement : "Faisons de cet événement un tranquille adieu."
Gary Hall devait le confirmer : "je nageais jusqu'à ce que je ne voie
plus le rivage, et je continuais encore plus loin en me disant c'est
tout, je ne peux plus en prendre. Ma vie est devenue complètement
noire."
Gary est l'aîné de six enfants de Gary Sr et de Mary Hall. Son père
avait participé à trois jeux olympiques en natation. Il avait poussé
son fils à devenir un champion de natation. Pour le jeune Gary, cela
a beaucoup causé de frictions, parce qu'il sentait que son père était
trop insistant. C'était comme s'il voulait vivre la gloire à travers son
fils.
En 1998, Gary a été suspendu durant trois mois par la FINA,
l'organisme international responsable de la natation, pour avoir été
testé positif à la marijuana, une deuxième accusation durant les
trois années précédentes.
"Durant trois semaines, je n'ai pas quitté ma chambre ou ouvert
une fenêtre, de dire Gary. On m'avait enlevé toute crédibilité. J'ai
perdu tous mes commanditaires. Je n'avais plus aucun revenu."
"La natation faisait tellement partie de moi-même. Je suis tombé
dans la désillusion, le délire, la folie. Je croyais même qu'un
fantôme vivait chez moi. Je me sentais complètement perdu."
Cette tragédie allait lui donner la force de surmonter ce problème. Il
décide d'arrêter de fumer du pot. Il apprend ainsi à mieux
comprendre ses sentiments et à prendre le contrôle sur eux.
C'est en pensant à cette épreuve qu'il décide enfin de reprendre le
contrôle de cette nouvelles tragédie : son diabète.
Son amie, Elizabeth Peterson, avait un oncle qui vivait au Costa
Rica. David Butterfield était pasteur presbytérien et propriétaire
d'une culture de noix de macadamia. Ensemble, ils ont fait une
longue randonnée jusqu'au lac Arenal où tout le monde a pu nager.
Ils ont fait une expédition au mont Arenal pour voir les singes et les
toucans.
Avec le pasteur et sa femme, ils ont discuté longtemps à la ferme.
L'ambiance, les longues discussions ont aidé Gary à retrouver une
joie de vivre. Selon lui : "J'avais besoin de trouver un endroit aussi
beau. J'ai ainsi retrouvé de l'espoir, de l'optimisme et un sens de
bien-être."
En revenant aux Etats-Unis, il a rencontré le seul médecin qui
croyait qu'il était possible de continuer en compétition, le Dr Anne
Peters, directrice de l'unité du diabète à l'université de la Californie
du Sud. Elle lui a monté un programme sur mesure et les résultats
ne se sont pas fait attendre dans des compétitions aux Etats-Unis.
Durant l'été qui a précédé les Jeux, il a fait d'excellents temps,
même de meilleurs temps qu'avant son diabète. Il pouvait donc
faire partie de l'équipe olympique américaine et avoir des chances
de gagner.
Son approche à l'entraînement et à la compétition est tout à fait
scientifique. Il fait au moins dix lectures de glycémie par jour. Les
jours de compétition, il en fait même plus, y compris une, dix
minutes avant l'épreuve. Il a diminué son entraînement aérobique
en piscine; par contre, il a intensifié son entraînement en levée de
poids, en course et en boxe. (Son alimentation est haute en
protéine et basse en glucides).
Gary Hall nous a montré que, même en exigeant l'effort suprême
en terme sportif, une personne diabétique peut faire beaucoup.
Peut-être le reverrons-nous aux prochains jeux.
Tiré de "Plein solei", association québécoise du diabète.