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Exemple d'un essai clinique: le protocole SAKK 25/14
L’éribuline comme chimiothérapie de première ligne en cas de cancer du sein métastatique pour les patients >70 ans
L’objectif de ce protocole de recherche clinique est d’étudier l’effet et la tolérance du médicament éribuline (Halaven) dans le cancer du sein avancé (avec métastases à distance) chez les patientes âgées. Eribuline est issu de l’éponge de mer Halichondria okadai. Il a la propriété d’inhiber la division cellulaire, ce qui entraîne la mort physiologique des cellules, l’apoptose. L’éribuline est autorisé depuis plusieurs années aux USA, dans la CE et en Suisse pour le traitement du cancer du sein métastatique, mais uniquement suite à plusieurs lignes de chimiothérapie avec une bonne activité.
Après avoir obtenu le consentement des patientes, elles sont inclues dans le protocole SAKK et bénéficient de la thérapie d’éribuline mise à disposition par la firme pharmaceutique en 1ère ligne:
Exemple d’une patiente: Patiente âgée de 73 ans avec diagnostic, il y a 10 ans, d’un cancer du sein droit, d’une taille de 1.5 cm sans atteinte de ganglion lymphatique et bien différencié. L’analyse immunohistochimique de la tumeur avait mis en évidence une forte expression des récepteurs oestrogéniques et progestéroniques. La patiente avait alors bénéficié à l’époque d’une thérapie antihormonale par Tamoxifen (Nolvadex) et Anastrozol (Arimidex) après résection de la tumeur et radiothérapie du sein droit. Sept ans plus tard, elle souffre de douleurs de la colonne dorsale et lombaire. Les examens radiologiques, en particulier la scintigraphie osseuse, mettent en évidence la présence de multiples métastases osseuses. Les traitements antihormonaux par Letrozol (Femara) et ensuite Fulvestrant (Faslodex) associés à Dénosumab (Xgeva, substance qui solidifie l’os) ont pu freiner la progression durant 3 ans.
Actuellement, la patiente souffre de douleurs localisées surtout au niveau sternal et thoracique bilatéral suite à la progression des métastases osseuses au niveau du sternum et des côtes. La scintigraphie osseuse (figure) explique les douleurs en mettant en évidence de multiples métastases actives au niveau de la colonne et du sternum. Elle est résistante aux thérapies antihormonales et l’indication à une chimiothérapie est donnée. La patiente accepte l’inclusion dans le protocole SAKK et reçoit le traitement d’éribuline subjectivement sans effet secondaire hormis de la fatigue. Les douleurs osseuses ont rapidement cessé. La prise d’analgésique de type morphinique n’est plus nécessaire. Après 8 cycles de chimiothérapie, nous suspendons le traitement à la demande de la patiente. Nous débutons alors une thérapie par Exmestane (Aromasine) associé à Dénosumab (Xgeva)