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Beaucoup d'angles intéressants dans cette émission concernant la zoophilie et sa récente interdiction en Suisse.
1) On apprend que la zoophilie a été dépénalisée au XVIIIe siècle, jusqu'à être réinterdite récemment en Suisse (tout comme en France d'ailleurs), mais toujours légal en Allemagne... un retour donc à une répression qui date du Moyen-Âge.
2) La notion de consentement développée par la vétérinaire : il n'y a pas consentement tant qu'on ne peut pas prouver qu'il y a eu consentement explicite, soit un renversement de la présomption d'innocence et une définition restrictive du consentement, que certaines féministes verraient bien appliquée à tous les rapports sexuels.
3) Le concept assez incroyable de rendre punissable de 3 ans de prison le fait qu'un animal pourrait éventuellement avoir été « blessé dans sa dignité » (sic)...
L'avantage de l'anti-concept de dignité humaine/animale/végétale (sic) est clair : plutôt que de fonder les lois sur des droits, universels, applicables à tous et cohérents, auxquels l'Etat serait également soumis, les fonder sur l'anti-concept de « dignité » permet de laisser la définition de cette dernière à l'arbitraire étatique. Ainsi, on pourra décréter qu'un acte sexuel porte atteinte à la dignité de l'animal, mais non par exemple sa castration ou sa mise à mort. Ou même, qu'un acte clairement d'ordre sexuel ne porte pas atteinte à sa dignité et ne constitue pas de la zoophilie, car il est fait dans un but « commercial » et non sexuel.
4) ce qui nous amène au point suivant : alors que la loi est censée protéger la « dignité » des animaux, l'ordonnance pénalisant la zoophilie fait intervenir la notion de motif, en interdisant
de commettre des actes à motivation sexuelle sur des animaux
L'émission précise que même une caresse sur un animal serait criminelle si elle induit l'excitation de l'humain qui la prodigue... Autrement dit, un glissement vers un système pénal qui punit des intentions, des idées, qui punit ce qui se passe dans la tête de l'auteur, et perd ainsi tout lien avec une justice se fondant sur le non-respect des droits de la victime et les dommages subis par cette dernière. Sous le prétexte assez peu crédible de protection des animaux, c'est en réalité la pénalisation de certains désirs sexuels qui se trouve étendue.
5) Le comble du comble de l'ordonnance sur la protection des animaux est cependant atteint par l'alinéa 3 de l'article 16 :
L’autorité cantonale peut obliger les organisateurs de concours et de compétitions sportives à procéder à des contrôles antidopage sur les animaux ou à demander de tels contrôles à la fédération sportive nationale.
Personne ne semble s'inquiéter de savoir si les animaux ont bien consenti au contrôle anti-dopage, ou si la participation au concours est bien conforme à leur dignité. Non, la question essentielle est de savoir qu'il n'y a pas eu de dopage.... Là encore, j'ai de la peine à croire à une inquiétude sincère concernant l'alimentation des animaux, par ailleurs gavés de farines animales avec les conséquences que l'on connaît.
Se soucie-t-on donc vraiment de protéger le bien-être réel des animaux ? Ces mesures apparaissent plutôt comme une application dans un domaine mineur de principes douteux qui pourront une fois acceptés être appliqués à d'autres domaines plus essentiels... ou le sont malheureusement déjà.