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Critique
"Quelle relation les êtres humains entretiennent-ils avec l'argent? Philippe Le Guay s'y est intéressé à partir d'un fait divers: l'héritière d'une immense fortune qui ne parvenait pas à l'assumer. Il en a fait un personnage de son film et lui en a ajouté d'autres. Tous sont différents, tous ont l'argent en commun. Mais n'est-ce pas le point commun de tous les humains? Il y a l'héritière (Isild Le Besco), donc, qui veut se faire aimer pour elle-même; le radin névrotique (Fabrice Luchini); le débonnaire (Vincent Lindon) qui risque son budget; le grand patron (Claude Rich) qui vend ses usines, au risque de mettre des dizaines de personnes au chômage...
Philippe Le Guay s'explique: ""Certains ont pu croire qu'un film sur l'argent allait être froid et distant. Au contraire, l'argent est le révélateur des sentiments et des pulsions. Le comportement vis-à-vis de l'argent constitue un tabou, on parle plus ouvertement de sexualité que d'argent"". Le sujet est intéressant. Les caractères dessinés par le réalisateur offrent une diversité que l'on sait non exhaustive. On aurait pu les explorer davantage, leur donner plus de substances. Mais LE COÛT DE LA VIE en reste au registre du divertissement, avec quelques lourdeurs, mais aussi d'intéressantes pistes à imaginer. Et plusieurs acteurs sont excellents, Claude Rich, Vincent Lindon; mais surtout Fabrice Luchini, qui sait parfaitement donner le recul de l'humour à son personnage de névrosé."
Geneviève Praplan