Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07275.jsonl.gz/145

Les dessins d’Aloïse prennent leur essor dans la troisième période de sa création, à partir du début des années 1940. Les personnages – rois et reines, empereurs et impératrices – s’animent, de manière festive et sensuelle, et prennent le large. A cette époque, Aloïse dispose en abondance de crayons et les couleurs éclatantes se déploient dans ces pages de cahiers à dessin. Il lui arrive parfois de les dégrapher et de les assembler par des points de couture pour obtenir des supports de grandes dimensions. Certains atteignent plusieurs mètres de long – comme le célèbre « Cloisonné de théâtre » – de 3 actes et 2 interludes – qu’elle réalise au cours de cette troisième période, en 1951, et qui mesure 14 mètres.
Le Musée cantonal des Beaux-Arts, à Lausanne, reçoit 7 cahiers de la troisième période grâce à une dation. Les héritiers de Jacqueline Porret-Forel – spécialiste des dessins d’Aloïse et propriétaire de nombreuses de ses œuvres – ont choisi de payer les impôts de succession avec ces cahiers et enrichissent ainsi les trésors de cette institution muséale. Celle-ci avait organisé la seule exposition qui a eu lieu du vivant d’Aloïse, en 1963, et a également présenté une rétrospective en 2012.
Il importe aussi de relever que la Collection de l’Art Brut, à Lausanne, présente depuis plus de 40 ans, des œuvres de la créatrice suisse dans son exposition permanente et a largement contribué à la faire connaître par plusieurs expositions et publications depuis son ouverture, en 1976.