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Apprendre à apprendre
1 Introduction
Si la capacité à apprendre est innée, car dans la nature du cerveau, le "savoir apprendre", qui favorise la réussite et mène à une véritable autonomie, est une compétence complexe qui nécessite d'acquérir une méthodologie d'apprentissage, et d'accepter de modifier ses représentations sur l'apprentissage, et parfois même ses représentations de soi. Tout apprentissage est une transformation profonde, il faut changer pour apprendre et on change en apprenant.
2 Qu’est ce qu’apprendre ?
Apprendre, c'est avant tout saisir par l'esprit, prendre à soi, et donc faire sien. C’est un processus individuel "Apprendre c'est construire et organiser ses connaissances par son action propre", selon l'approche constructiviste. Pour Joseph Réseau, c'est une "construction du savoir, (où) les attitudes et les représentations des apprenants jouent un rôle fondamental. [...]. Par ailleurs, le courant des neuro-pédagogies insiste sur le fait que tous les apprenants sont différents et donc qu'il est "important de faire prendre conscience à chacun de son profil et de ses stratégies d'apprentissage" Pour ce même auteur, ce qui distingue l'homme de l'animal dans l'apprentissage, c'est la nécessité pour l'homme d'être conscient de ses buts, et d'être "capable de construire son savoir en s'appuyant sur ses connaissances antérieures tout en modifiant ses représentations". Apprendre est également un processus socioculturel "Apprendre c'est d'abord agir et interagir avec son environnement, et pour les humains, dans un milieu social et culturel qui en donne les motifs, les raisons et les moyens" Nicole Poteaux
L'approche cognitive considère l'apprentissage essentiellement comme un processus de traitement de l'information (informations de nature affectives et cognitives). Cependant, pour apprendre, il convient de ne pas confondre information et connaissance. Tandis que l'information résulte du traitement de données objectives, stockables dans des documents physiques, la connaissance est l'état subjectif interne chez l'individu résultant de leur assimilation et d'un processus de transformation mentale de ces données objectives. Le savoir a une dimension sociale et concerne la capacité individuelle à mobiliser ces connaissances dans une activité donnée. Ainsi, l'apprentissage a pour objet le passage de cet état objectif d'information à l'état subjectif de connaissance et de savoir. C'est donc un processus individuel de production, de construction mentale.
3 Comment apprendre à apprendre ?
Il n’y a pas de recette miracle. Chacun a sa façon d'apprendre, son propre fonctionnement cognitif. L'important est de découvrir sa propre façon d'apprendre, celle qui convient le mieux, et apprendre à la faire évoluer si elle ne mène pas au résultat souhaité.
L'apprentissage ne peut être efficace que si l'apprenant s'y engage activement, c'est un point essentiel. Cette action va s'engager à partir de nos représentations, qui fondent notre expérience et nous constituent, et à partir desquelles nous allons penser, faire des choix, agir. C'est pourquoi il est utile de les interroger dès le début de la démarche d'apprentissage, d'accepter si nécessaire de les modifier de les faire évoluer, afin de lever des sources de difficultés potentielles et insoupçonnées. Il importe de prendre conscience également de nos perceptions émotives et affectives, car elles influencent notre engagement dans l'apprentissage, de sorte qu'elles peuvent le freiner, voire même le bloquer, ou au contraire le favoriser. Cette action a ensuite besoin d'un moteur, c'est la motivation. Elle est déterminante dans l'apprentissage. Selon notre type perceptif ou notre type d'intelligence, nous percevons et intégrons de façon privilégiée certains types d'information. Connaître ses modes préférentiels permet de mieux les exploiter, ou au contraire de développer ceux qui nous manquent. La manière personnelle et privilégiée d'agir dans une situation d'apprentissage, qui se traduit par un choix de stratégies, relativement constante chez un individu, définit le profil ou style d'apprentissage propre à chacun. Il importe de savoir comment on apprend, comment se construit le savoir, et de connaître les multiples facteurs qui se combinent et interagissent dans le processus d'apprentissage. Cette première étape, "Se connaître soi-même", est donc un préalable en ce qu'elle permet de s'engager dans l'action. Elle est à mettre en relation avec la seconde, "Savoir réfléchir", qui permet de réguler et de persister dans l'action, où l'on retrouvera cette connaissance de soi comme composante importante de la métacognition, qui est elle-même un facteur essentiel de réussite de l'apprentissage.
4 Conclusion
Contrairement aux idées reçues, apprendre ne consiste pas simplement à accumuler des connaissances pour les ressortir plus ou moins telles quelles. C'est une activité complexe, qui nécessite un accompagnement humain et technique favorable pour se développer en compétence au sens plein du terme. Ainsi, à la lumière des travaux de la psychologie cognitive et des neurosciences, s'est dégagée une nouvelle conception de l'apprentissage, centrée sur l'apprenant, et basée sur les théories de l'activité, où l'action, la réflexion, et la collaboration avec autrui, sont les conditions essentielles à l'efficacité de l'apprentissage. Cette conception s'appuie sur notre fonctionnement biologique, cognitif, affectif, et notre nature essentiellement sociale, tout en respectant les multiples différences individuelles. Mettant au premier plan le rôle actif de l'apprenant et le contrôle qui doit lui être laissé sur sa formation, son efficacité a été montrée pour réduire les écarts entre les apprenants efficaces et les autres, mais aussi pour aider les apprenants en difficulté. L'apprentissage ne peut être efficace que si l'apprenant s'y engage activement, cette nouvelle conception de l'apprentissage bouleverse donc les rôles de chacun, apprenants comme enseignants. Il importe de prendre conscience que dans une démarche d'apprentissage, on est acteur, coresponsable et co-constructeur de son apprentissage.