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Kampala - Le président de la Commission de l'Union africaine (UA) Jean Ping a accusé la Cour pénale internationale "d'acharnement sur l'Afrique". Dans son viseur, la nouvelle inculpation pour génocide du président soudanais Omar el-Béchir.
"Nous ne sommes pas contre la Cour pénale internationale, nous constituons une bonne majorité (des Etats signataires de son statut) mais nous disons que les jugements semblent être des jugements à deux vitesses et un acharnement sur l'Afrique", a déclaré M. Ping, à l'avant-veille d'un sommet de l'UA à Kampala.
Sous le coup d'un mandat d'arrêt international depuis 2009 pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité au Darfour, province de l'Ouest du Soudan, le président Béchir vient d'être inculpé de "génocide" par la CPI.
M. Béchir effectue actuellement une visite au Tchad, où les autorités ont prévenu qu'elles ne comptaient pas mettre à exécution le mandat d'arrêt de la CPI contre lui, alors que N'Djamena est signataire du Traité de Rome fondant la CPI.
Omar el-Béchir est théoriquement invité au sommet de l'UA de Kampala à partir de dimanche, même s'il avait renoncé à se rendre dans la capitale ougandaise pour un précédent sommet en octobre dernier. Les diplomates s'attendent à ce qu'il ne vienne pas non plus cette fois.
Jean Ping a une nouvelle fois reproché à la CPI et à son procureur Luis Moreno-Ocampo de ne se focaliser que sur l'aspect juridique de la situation au Soudan, sans prendre en considération la nécessité de maintenir la paix, notamment à l'approche d'un référendum crucial du Sud-Soudan sur son indépendance.
"Nous devons trouver un moyen pour ces entités (Sud et Nord Soudan) de travailler ensemble et de ne pas recommencer la guerre, et c'est ce que nous faisons, mais M. Ocampo n'en a rien à faire", a déclaré M. Ping.
"Il veut simplement arrêter Béchir. Eh bien qu'il l'arrête", a lancé Jean Ping, en rappelant "qu'une majorité de pays de l'UA avait décidé de ne pas appliquer la politique à deux vitesses de la CPI" menée contre l'Afrique selon lui.
ATS