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Les pourparlers en vue de former un gouvernement de transition sont entrés lundi dans le vif du sujet, les nouveaux dirigeants libyens assurant d'ores et déjà que la nouvelle Libye serait régie par la charia. Ils ont annoncé d'autre part la création d'une commission d'enquête sur les circonstances de la mort du "Guide".
L'importance donnée à la charia a provoqué des inquiétudes en Libye, surtout parmi les femmes, ainsi qu'à l'étranger. L'Union européenne a appelé au respect des droits de l'homme et la France a annoncé qu'elle serait "vigilante", en particulier en matière de diversité culturelle et religieuse ou d'égalité des sexes.
La Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH) s'inquiète des "menaces de régression" en Libye après l'annonce de la réintroduction de la charia dans ce pays et appelle les Libyens à faire preuve de "vigilance", a déclaré lundi sa présidente.
Le président du CNT tente de rassurer
Le président du Conseil national de transition (CNT), Moustapha Abdeljalil, a cherché lundi à rassurer: "Je voudrais que la communauté internationale soit assurée du fait qu'en tant que Libyens nous sommes musulmans, mais musulmans modérés", a-t-il déclaré.
"En tant que pays musulman, nous avons adopté la charia (loi islamique) comme loi essentielle et toute loi qui violerait la charia est légalement nulle et non avenue", avait-il déclaré dimanche, en citant l'exemple du mariage et du divorce, sur lesquels la loi en vigueur est plus libérale que la charia.
Gouvernement de transition dans deux semaines
M. Abdeljalil a assuré qu'une nouvelle équipe gouvernementale serait en place "d'ici deux semaines", évoquant les pourparlers en vue de la formation d'un gouvernement de transition.
De multiples luttes de pouvoir sont pourtant en jeu: libéraux contre islamistes, tensions régionalistes, rivalités tribales, ambitions individuelles ou pour le contrôle des revenus du pétrole...
La feuille de route du CNT prévoit ensuite l'élection d'une Assemblée constituante huit mois maximum après la formation du gouvernement, suivie d'élections générales un an plus tard.
ATS