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Le referendum de Notre Dame des Landes.
Faire un referendum local sur l'opportunité d'un nouvel aéroport à Notre-Dame des Landes, c'est demander à une classe de primaire si elle favorable ou non à la consommation de barres chocolatées et de sodas. C'est demander à des exploitants de bureaux de tabac s'ils sont favorables ou non à la vente des cigarettes à bas prix. Ce peut être aussi de consulter les banquiers de la City pour savoir s'ils sont favorables ou non à l'application de règles de bonne conduite à l'industrie financière. Pardon, on me dit que c'est ce qui a été fait en avril 2009 à Londres après le krach de Wall Street. Avec les résultats que l'on sait en 2016 depuis les Panama papers et autres scandales à venir.
Prétendre se plier à la volonté populaire en faisant un referendum régional est une basse manoeuvre qui ne dupe personne. L'environnement et les climats sont des causes mondiales, a minima nationales mais pas simplement nantaise. Le gouvernement français organisateur de la COP21 va de reniements en reniements depuis la prolongation des centrales nucléaires actuelles, un entêtement incompréhensible à investir au-delà de toute raison dans l'EPR et maintenant ce referendum biaisé pour développer un projet d'aéroport, une filière fortement génératrice d'effet de serre.
Un referendum acceptable dans une France de la transition écologique poserait la question en ces termes. "Souhaitez-vous que des investissement à hauteur de 1 milliard d'euros soient réalisés dans la construction de l'aéroport de Notre-Dame des Landes ou pour le développement de nouvelles filières dans les secteurs d'avenir définis à la COP21?" La question s'inscrirait ainsi dans la logique du sommet mondial pour les climats, alors que le referendum prévu en juin s'avère totalement saugrenu dans une région disposant déjà d'un aéroport et d'une liaison TGV vers Paris.
Faire plaisir à un ami politique redevenu ministre plutôt que de respecter la ligne proposée au monde en décembre dernier à Paris est un signal fort donné aux grandes puissances industrielles pour continuer à investir dans les secteurs du passé pour tenter de relancer une croissance chimérique. La seule croissance possible génératrice d'emplois en France et dans le monde sera qualitative et durable afin de reconvertir le modèle productiviste insoutenable actuel. D'autres l'ont mieux compris que les chefs d'état français qui se sont succédé au pouvoir depuis des décennies.