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Baptisé The People Act, ce projet de loi porté par les démocrates s'est écrasé contre le bloc républicain: les deux camps ont fait bloc (les 50 démocrates pour, les 50 républicains contre), ce qui n'a pas permis d'atteindre les 60 voix nécessaires pour faire avancer le texte.
Cet échec expose les profondes divisions qui perdurent aux Etats-Unis autour des questions du droit de vote et les différents modes d'accès aux urnes, cruciales pour la démocratie. Elles ont été au coeur des contestations du résultat de la présidentielle par Donald Trump.
Attaques contre le droit de vote des minorités
L'importante réforme électorale proposée par les démocrates entendait notamment élargir les possibilités de s'inscrire sur les listes électorales, y compris le jour du scrutin, obliger les Etats à permettre le vote par anticipation et exiger plus de transparence sur les financements de campagne, y compris auprès du président, en l'obligeant à révéler ses déclarations d'impôts.
Faute d'inscription sur les listes électorales ou de document officiel d'identité, les afro-américains votent moins aux Etats-Unis. [Dustin Chambers - Reuters]Les républicains ont dénoncé un "coup de force" démocrate pour s'emparer du pouvoir, tandis que les démocrates, eux, ont décrit cette loi comme un rempart pour lutter contre la tentative "coordonnée" républicaine de restreindre le droit de vote.
Selon le nouveau président américain Joe Biden, qui soutient ce projet, il est nécessaire pour contrer des attaques "absolument sans précédent" contre le droit de vote des minorités. "Malheureusement, une initiative démocrate pour protéger notre démocratie a fait face à un mur d'opposition de la part des républicains", a-t-il déploré mardi soir, ajoutant que la lutte était loin d'être terminée.
Incitation à la fraude électorale pour le camp Trump
Lors du scrutin présidentiel de 2020, davantage d'options pour déposer son bulletin avaient été autorisées, comme le vote anticipé par correspondance avec des délais parfois étendus, ou encore des urnes accessibles dans la rue. Donald Trump, suivi par une partie de son camp, avait alors mis sa défaite électorale sur ces nouvelles possibilités de vote qui auraient, selon lui, conduit à des fraudes.
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Toutes les accusations de tricheries massives ont été rejetées depuis, y compris par des juges nommés sous l'administration Trump. Mais cinq mois après avoir quitté la Maison Blanche, le milliardaire n'a toujours pas reconnu explicitement sa défaite. "L'élection présidentielle de 2020 était truquée!", a-t-il encore écrit mardi.
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Décisif pour les élections de mi-mandat
Pour, disent-ils, empêcher que ces fraudes supposées ne se répètent, une quinzaine d'Etats dirigés par des républicains ont promulgué, depuis le début de l'année, des lois électorales visant à interdire les moyens de vote facilités, ce qui a poussé le camp démocrate à lancer une loi. "Il s'agit de la plus vaste initiative pour restreindre le vote depuis au moins 80 ans", à l'époque de la ségrégation raciale, a vertement réagi le chef des sénateurs démocrates Chuck Schumer.
Pour le chef des sénateurs républicains Mitch McConnell, au contraire, ce projet de réforme n'est qu'une tentative des démocrates "de faire pencher toutes les élections américaines en leur faveur pour toujours".
Le refus du Sénat de procéder à l'ouverture des débats sur la loi "The People Act" n'est, pour l'heure, qu'un simple vote de procédure qui renvoie provisoirement le texte aux oubliettes. Il est toutefois loin d'être sans importance, car une partie du déroulement des élections de mi-mandat en 2022 se joue ici. En cas d'échec définitif de la nouvelle loi, les républicains vont pouvoir fixer les règles du scrutin grâce à leur majorité dans les parlements locaux.
afp/vic/rg