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Mes premiers pas en Suisse (2/3)
Voyage en train chez la police – épisode 2
Je suis retourné vers mes amis. « Qu’est-ce qu’elle t’a dit? », m’a demandé Mohamed. Je ne voulais pas leur dire. « Elle ne savait pas parler anglais », je lui ai répondu. « Mais qu’est-ce qu’on fait? », a dit Dawood. « Cette gare devrait avoir un guichet ou un point d’informations », je leur ai dit. « Donc, on va chercher », a dit Mohamed. « Mais, comme ça tout le monde va savoir qu’on est clandestin », je lui ai dit. « C’est vrai, ça suffit qu’un seul d’entre nous aille chercher », a dit Dawood. Les deux me regardaient, ils voulaient que j’aille moi. « Ne me regardez pas comme ça, je n’y vais pas, j’ai peur », je leur ai dit. « Mais, s’il te plaît, tu sais te débrouiller en anglais, nous pas », m’a dit Mohamed.
Finalement, comme ils ont insisté, j’ai décidé d’aller chercher le guichet. En partant, Dawood m’a dit que si on était en Autriche, il fallait acheter trois billets pour n’importe où, parce qu’on ne voulait pas rester en Autriche, car il y a déjà beaucoup de migrants. Je les ai laissés sur le quai, j’avais peur de les quitter car on ne voulait pas que les policiers nous arrêtent là. En quittant le quai, j’ai croisé un homme qui roulait sa cigarette. Je me suis tout de suite arrêté : « Excuse me, sir », je lui ai dit.
Il s’est tourné vers moi en disant « Yes sir ». Il avait l’air gentil. « Can you speak english? », je lui ai demandé. « A little », m’a répondu l’homme gentil. « The ticket office, I don’t know where it is », je lui ai dit. Il m’a montré le chemin tout gentiment et il est parti. Il était beaucoup plus gentil que la fille, celle avec qui j’avais essayé de parler tout à l’heure.
Le guichet, je l’ai trouvé facilement, il était vers la voie numéro 1. J’avais tellement peur d’y aller, j’ai jeté un coup d’œil autour de moi pour être sûr que les policiers ne soient pas là. Je ne savais pas quoi faire ; acheter des billets ou demander où on était. Je ne voulais pas faire des bêtises. J’ai bien regardé le tableau sur lequel il y a les informations, j’ai essayé de lire les destinations mais ce n’était pas facile. La seule ville que je connaissais parmi les destinations sur le tableau était Zürich, donc j’ai tout de suite décidé de prendre trois billets pour Zürich.
Derrière le guichet, il y avait une jeune femme qui portait une chemise blanche, elle était brune et avait l’air sérieuse, ça me faisait peur. « Hallo », elle m’a dit. Je ne savais pas quelle langue elle parlait. « Hello, I would like three tickets for Zürich », je lui ai dit. Quand elle m’a donné mes billets, je suis sorti tout content de les avoir. Je suis revenu vers Dawood et Mohamed pour leur dire qu’on avait un train pour Zürich dans 10 minutes. Quand je suis arrivé sur le quai où étaient les autres, j’ai vu qu’ils se faisaient déjà arrêter par la police et j’ai commencé à paniquer. Ils m’ont arrêté aussi, quelques minutes plus tard on s’est retrouvé à la police.
À suivre…
Essi
Membre de la rédaction neuchâteloise de Voix d’Exils
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