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« Lorsque les mots perdent leur sens, les gens perdent leur liberté » Confucius.
Lorsqu’on constate que le langage d’une personne a changé, l’emprise sectaire est là. Elle imprègne totalement la personne qui lui est soumise et contribue à la séparer de son entourage et du monde extérieur. (cf., le langage des sectes de Laetitia Goessler- Gamelin), et lui faire croire qu’elle appartient à une élite qui va changer le monde.
Avec les abus sexuels à l’emprise, les décisions de justice en matière de violences, l’emprise n’est plus à prouver.
Le processus d’emprise était décrit depuis des dizaines d’années dans les groupements de nature sectaire. Il se met en place après une phase de mise en confiance puis de séduction pour passer par celle d’une coupure d’avec l’environnement de l’adepte pour empêcher les critiques que les proches pourraient faire envers les théories du conducteur abusif, et pour permettre une mise en situation d’affaiblissement qui interdira à l’adepte de penser par lui-même et d’avoir une analyse critique de l’endoctrinement auquel il est soumis. Ce processus débouche sur des modifications d’état de conscience qui parfois pourront être confondus avec une pathologie, ce qui n’est pas le cas.
Ce processus dans les mouvements de nature sectaire est amplifié par le rôle d’entraînement et d’amplification que joue le groupe et par l’existence d’une doctrine qui fondera la croyance d’être missionné.
Un juriste français a apporté une analyse de l’emprise à partir de la dimension de « groupement de nature étatique » du mouvement sectaire en permettant de comprendre que le groupe sectaire se caractérise, au-delà du substrat idéologique et doctrinal, par l’exercice d’une forme archaïque de pouvoir permettant au groupe désindividualisé d’habiter un territoire (la plupart du temps virtuel) dans lequel la légitimité du leader abusif se construira aux yeux de l’adepte par la confusion entre les seules mains du gourou des s législatif, exécutif et judiciaire qui feront de lui un homme tout puissant. C’est dans ce processus de nature politique que l’emprise de nature sectaire se construit comme une emprise spécifique et dangereuse pour le fondement démocratique de nos sociétés modernes.
Jean-Pierre Jougla
Président du Comité Scientifique de la FECRIS.