Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06870.jsonl.gz/327

Selon les chiffres de la Confédération, la consommation totale de vin en Suisse a été de 2,8 millions d'hectolitres en 2007 soit une hausse de 3,6% par rapport à 2006. Ce chiffre comprend aussi bien les vins helvétiques (1,08 million d'hectolitres) que les vins étrangers (1,72 million d'hectolitres). Du côté de la production, Berne signale que la surface du vignoble n'a pas connu de modification significative. Par contre, les stocks indigènes ont quelque peu diminué: -0,3% pour les blancs et -4,1 % pour les rouges. Avec une récolte 2007 supérieure de 3% à celle de 2006, soit 1,04 million d'hectolitres, l'offre reste inférieure à la demande. L'équilibre se fait donc par une nette augmentation des importations qui dépasse les 6%. Les vignobles étrangers les plus prisés sont, par ordre d'importance, l'Italie, la France et l'Espagne.
Les statistiques fédérales rendent compte des évolutions de la consommation, mais ne donnent pas de réponses sur les causes de celles-ci. Les Suisses boivent-ils plus? Sont-ils plus nombreux à boire? Essayons de donner quelques éléments de réponse. La population totale du pays croît bien de quelques dizaines de milliers d'individus chaque année, mais cela n'explique pas la hausse subite qu'a connue 2007, ni surtout pourquoi une hausse de consommation intervient après une décennie de baisse. A mon avis, trois facteurs entrent en ligne de compte.
Un équilibre atteint: Pendant longtemps, la baisse de la consommation a été un sujet de préoccupation des régions viticoles. Or, une analyse plus vite montre que les pays de tradition bachique connaissent une baisse lente et régulière depuis le début du XXème siècle. Par contre, les régions du monde qui autrefois ne buvaient pas de vin, voient leur soif augmenter chaque année. Ainsi, le nombre de litres bus par an et habitant en Suisse, en France, en Italie, en Espagne ou en Argentine se réduit. Par contre, il évolue vers le haut pour les Etats-Unis, l'Allemagne, la Russie et bien sûr tous les pays émergeants. Sans doute existe-t-il un équilibre directement influencé par le mode de vie occidental actuel qui veut que le vin ne soit plus une boisson, mais un élément social. Peut-être avons-nous atteint ce seuil.
Une communication efficace: Après une période où le vin perdait du terrain par rapport aux autres boissons, les efforts de communication commencent enfin à payer. L'important travail de promotion entamé depuis une décennie par les producteurs et les organes officiel commence à porter ses fruits. Pour corroborer cette hypothèse, on remarquera que les vins suisses ont vu leur consommation exploser en 2007 (+5,7% par rapport à 2006).
Une excellente saison touristique: Lorsqu'ils calculent le nombre de litres bus par habitant, les statisticiens divisent le volume consommé par le nombre d'habitants. Par contre, ils omettre d'inclure dans leur réflexion les touristes. Or les chiffres montrent que34,8 millions de nuitées ont été comptabilisées durant l'année 2007, soit une hausse de 7%. Ces visiteurs consomment certainement quelques bouteilles pendant leur séjour. Il est en outre fort probable qu'ils boivent aujourd'hui plus de vin que leurs semblables de la décennie précédente. En effet, nombre d'entre eux font partie des classes supérieures de pays non viticoles mais connaissant un engouement important pour les crus haut de gamme comme la Russie, l'Inde ou la Chine.
Alexandre Truffer
RomanDuVin.ch 2008