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La procédure de l'élaboration du résumé correspond au langage d'analyse de récit le plus récent parmis ceux qu'on a discuté dans ce travail. Elle n'a d'ailleurs été utilisé qu'une seule fois pour analyser un texte vraiment substantiel. Ainsi cette nouvelle approche est toujours dans une phase de test, au moins en ce qui concerne le résumé de textes complexes. Le travail effectué jusqu'à présent a montré qu'il est relativement facile de coder un récit narratif pur (sans enclaves réflexives) et que le graphe des états affectifs est utile à l'interprétation d'un récit. Il s'est également avéré que ce codage est une excellente prédiction du comportment verbal de sujets expérimentaux qui doivent résumer un récit. La notion d'unité-pivot a été notamment corobéré de facon expérimentale. De l'autre côté il faut constater que l'utilisation de cette procédure est extrèmement floue dans des récits de taille moyenne comme le notre ou plus longs. Tout d'abord le lexique d'unités affectives de l'intrigue n'est pas encore complet et il s'avère très difficile de décider à quel niveau d'universalité on veut le garder, c'est à dire si on préfère obtenir des unités complexes grandes et multiples ou des unites complexes plus simples. A la lumière de cette remarque, le fait que j'ai augmenté le nombre d'unités complexes pour garder celui des unités supérieures minimal me semble significatif de l'état actuel des recherches. Toutefois il n'est pas dit qu'un résumé tiré d'unités originales aurait été plus long ou moins pertinant. Le fait d'avoir plus d'unités complexes peut aussi rendre une configuration plus complexe, entrainant la superposition d'unités plus nombreuses. En tout cas, ce sont des questions qu'il faudra explorer expérimentalement. Un problème similaire se pose lors de l'élaboration du résumé à du graphe de connectivité. Les recherches sur de petits récits ont dissimulé l'ampleur du problème. Le codage du "Christus patiens" de Toynbee a montré qu'il faut accepter la notion de l'existence de multiples résumés à contenu différent dans les longs récits. Il est également possible d'obtenir des résumés dont les longeurs varient en fonction de la définition d'unités-pivot. Ainsi dans notre résmé on aurait pu retenir juste les noeds 2 et 11. Dans notre cas aurait obtenu deux résumés très différents via 7,12 ou via 6,8.
A un niveau plus général il nous faut revenir sur la notion du codage d'états affectifs. On peut en effet se poser la question de savoir si la réduction d'information que cette méthode engendra permet vraiment de faire un résumé valable. Je pense que dans l'avenir il faudra essayer de définir des unités atomiques plus riches, qui permettent la construction d'unités de l'intrigue de signification plus générale. Finalement on retombe sur une problematique qu'on a déjà rencontrée chez Bremond. Lehnert avait la volonté de créer un langage qui permettait de résumer n'importe quel récit. Pour nous il serait très intéressant de posséder aussi une grammaire de combinaison d'unités complexes qui dira comment certains types de récits devrait combiner leurs éléments. Ainsi par exemple un bon récit tragique devrait se terminer par une faillite. Tonfoni (83) a proposé une première syntaxe d'aggrégation d'unités de l'intrigue. Elle tout d'abord a constaté que certaines unités ne peuvent être précédées que par certains autres unités, et qu'elles ne peuvent provoquer en conséquence que certaines unités définies. Ainsi, si un récepteur percoit un succes dans un texte, il va automatiquement chercher un problème, un effort, etc. déjà rencontré pour le lier à la nouvelle unité. De même il peut générer des attentes quant aux unités qui suivront. En règle générale on peut dire qu'un élément de sens percu dans le texte est rélié, si possible à un élément déjà rencontré au moins, et qu'il "prédit" de compléments possibles dans le futur. J'ai déjà introduit ces notions de "back-ward" - et "forward-chaining" plus tôt, mais il est nécessaire de les appliquer aux des unités de sens plus complexes que l'on vient de discuter. Une autre possibilité qui s'ouvre est de définir de très grandes unités de l'intrigue à l'aide d'un ensemble flexible d'états affectifs. Ces deux extensions du modèle de Lehnert permettraient de définir non seulement une grammaire de combinaison des unités narratives, mais aussi d'élaborer certains récits types.