Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06894.jsonl.gz/1076

A la rue, un soir d’octobre à Lyon
Angélique Eggenschwiler
Le mot de la fin
Lyon, un soir d’octobre aux alentours de 20 h, dans le tramway T1 en direction de la Part-Dieu. Le type entre, il s’installe en face de moi, lui et sa petite cinquantaine d’années fourrée dans un pull à capuche un peu léger pour la saison.
Il est manifestement à la rue. Ce qui me fait penser ça? Difficile à dire, la crasse sur ses genoux peut-être, ses cheveux en désordre ou encore cette lueur d’absence dans son regard, ce quelque chose de discrètement saccagé, comme une immense lassitude qui donne à son iris une teinte un peu trouble. Sans oublier que ce type, je l’ai croisé il y a une heure qui mendiait devant Leclerc.
Il a un sac en tissu, usé comme ses chaussures, son jeans et le type dedans. Il l’entrouvre prudemment et sort trois… Comment les décrire? Trois statuettes en bois sculpté qui représentent un chalet pour l’une, une forêt ici et enfin une petite fontaine d’altitude, toutes agrémentées de biches ou de chevreuils aux reliefs délicats. Le ge