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Une partie de la presse a fait grand cas de la décision allemande de créer un troisième genre. Il s’agit des enfants dont la détermination sexuelle mâle ou femelle n’est pas tranchée.
Leur nombre est d’environ une personne sur 100’000. On parle d’intersexuation (entre les sexes) ou d’hermaphrodisme. Ce sont des situations rares. Jusqu’à présent parents et corps médical prenaient la décision d’opérer très tôt et de choisir le sexe de l’enfant à sa place. Aujourd’hui des associations et lobbies LGBT demandent une reconnaissance du statut d’hermaphrodite. Il faut laisser l’enfant décider de lui-même à quel sexe il veut appartenir et envisager une opération vers l’adolescence.
Le mot hermaphrodite est le nom d’une figure de la mythologie grecque. Fils d’Hermès et d’Aphrodite il avait les caractéristiques des deux sexes. Ce n’est pas extraordinaire: nous avons toujours les caractéristiques des deux sexes, sous des formes hormonales et non morphologiques. Et l’embryon, bien que différencié, n’a pas de signe morphologique d’appartenance sexuée pendant les premières semaines. Il est en partie indéterminé, naturellement.
Le nouveau genre administratif reconnu en Allemagne est dit «indéterminé», c’est-à-dire ni féminin ni masculin. Il y a une logique à cela: on considère avec raison que la maturation des organes sexuels ne s’est pas opérée pendant la gestation et que les attributs d’un sexe ou de l’autre ne sont pas décisifs.
Les personnes intersexuées - ou hermaphrodites vraies - sont infertiles à part quelques rares cas. Les hormones se neutralisent mutuellement dans le corps. Il ne s’agit en fait pas d’un troisième sexe ou troisième genre, mais bien d’un sexe ou genre indéterminé parce qu’inabouti et non reproductif ni reproductible. Un sexe physique, ou le genre qui en découle et en est l’expression sociale, doit pouvoir être répliqué à l’identique et se reproduire. La fertilité est le marqueur biologique, naturel, de l’aboutissement et de la viabilité d’une catégorie biologique. L’expression troisième genre est donc abusive et induite par le politiquement correct actuel sous la pression d’un lobby.
Laisser du temps avant d’opérer et indiquer «sexe indéterminé» respecte une situation de fait, même si celle-ci exprime qu’un processus n’est pas à terme, soit une anomalie de développement. Doit-on faire des lois pour donner la même valeur à une anomalie qu'au développement normal? Car la norme existe, avec une évidence rageuse qu'aucune théorie ne peut éradiquer. Ce qui doit être séparé c'est la conscience d'une anomalie et le jugement social négatif qui peut lui être signifié. Dans cette question le législateur est mal à l’aise. D’un côté on ne peut indiquer de sexe sans opérer de manière très précoce, de l’autre l’indication d’indéterminé peut être perçue comme une forme de discrimination par rapport à la norme sexuée. On appartient à un sexe et à un genre parce que l’évolution à inventé cela pour la survie de l’espèce. Or ici l’enfant devra vivre avec une identité biologique et sociale incertaine jusqu’à son adolescence.
Comment cette indétermination est-elle assumée par l’enfant quand on sait l’importance de la différenciation filles-garçons dès l’enfance? Et l’indication d’indéterminé suivra-t-elle la personne toute sa vie, car tout extrait de naissance la mentionnerait même des décennies après?
Dans toute situation il faut compter sur la résilience et sur la capacité à tourner une expérience du côté positif. L’ambiguïté n’est pas une invalidité mais une manière d’être au monde. Cela suppose que les parents et l’entourage soient à même d’accompagner l’enfant dont le développement sexué n’est pas abouti. Cela suppose aussi que, même si l’hermaphrodisme est un non-aboutissement biologique, il soit considéré comme une situation de fait, médicale et sociale, sans y rajouter un traumatisme psychologique.
Image: Hermaphrodite endormie, Louvre.