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Et si l'aversion au vaccin était liée à une enfance difficile? C'est ce que laisse entendre une étude publiée le 1er février dans la revue BMJ Open et montrant que l'hésitation vaccinale est trois fois plus élevée chez les individus ayant subi des traumatismes dans leur enfance d'au moins quatre types, comparés à ceux dont les premières années de la vie se sont déroulées sereinement.
Ce travail suit un fait depuis longtemps documenté: avoir été confronté à des difficultés dans son enfance – de la négligence, des violences, de la toxicomanie au sein du foyer, etc. – est fortement corrélé à une mauvaise santé mentale.
Si des paramètres génétiques entrent évidemment en ligne de compte, de tels mauvais traitements ont de quoi saper directement la confiance que l'enfant, devenu adulte, pourra accorder aux figures d'autorité que sont les professionnels et les services de santé.
Pour approfondir cette question, les chercheuses, principalement affiliées à la faculté de sciences humaines de l'Université de Bangor, au Royaume-Uni, ont voulu savoir si des traumatismes infantiles pouvaient être liés au degré de confiance accordé aux informations fournies par les systèmes de santé, à l'approbation et au respect des restrictions sanitaires, et à l'intention de se faire vacciner contre le Covid-19.
À cette fin, l'équipe de recherche a analysé les résultats d'une enquête téléphonique, nationalement représentative, menée auprès de 2285 personnes vivant au Pays de Galles entre décembre 2020 et mars 2021, soit une période durant laquelle ces restrictions étaient les plus lourdes outre-Manche.
L'enquête portait sur neuf types de traumatismes survenus avant l'âge de 18 ans:
Le sondage allait également permettre de recueillir des informations personnelles, notamment sur l'historique médical, le degré de confiance accordé aux informations sur le Covid-19 fournies par les services de santé, ainsi que sur le rapport aux restrictions sanitaires et à la vaccination.
Cela a permis aux scientifiques d'observer que l'augmentation du nombre de traumatismes subis pendant l'enfance est associée, de manière indépendante, à un faible degré de confiance accordé aux autorités sanitaires officielles, au fait de juger injustes les restrictions et au souhait de voir disparaître le port du masque obligatoire.
En particulier, ce refus du masque était quatre fois plus élevé chez les gens ayant déclaré avoir subi au moins quatre types de traumatismes infantiles. Une position d'autant plus fréquente chez les hommes jeunes et sans antécédents d'affections de longue durée.