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Devant le spectacle d'une économie mondiale qui, parce que soutenue à bout de bras par les banques centrales, s'enfonce lentement dans la dépression tel un engin qui fuse au lieu d'éclater, des idées surgissent de tous côtés pour éviter le désastre. Il y a par exemple ce manifeste de dix-sept signataires de l'Institute for New Economic Thinking appelant à une sorte de risorgimento de la zone euro. Ou la controverse, presque aussi épique que celle de Valladolid, entre économistes allemands, les uns farouches opposants à toute mutualisation de la dette souveraine, les autres plus enclins à composer car nécessité fait loi.
Mais il y a aussi, plus près de nous, des avis bien arrêtés sur ce qu'il convient de faire ou ne pas faire. On en trouve même dans les lettres de lecteurs de laTribune , comme celle de ce linguiste qui récemment dénonçait ce qu'il appelle une confusion sémantique entre «argent réel» et «argent comptable» (Bargeldet Schriftgeld , en allemand), le premier, à son avis, seul digne de respect, tandis que le second, «créé ex nihilo sous forme de crédit», serait la cause de tout.