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On suppose que de nombreuses substances chimiques améliorent les performances, même si cela n’est pas prouvé. Il n’existe par ailleurs aucune preuve tangible d’emplois abusifs systématiques. Pour l’instant, il faut donc améliorer les données disponibles.
De nombreux moyens d’améliorer ses performances
L'aspiration à augmenter (en anglais: « enhance ») ou à maintenir ses capacités mentales et physiques est dans la nature de l'être humain. La tasse de café pour se réveiller le matin, le verre de vin pour faciliter les contacts le samedi soir ou la gymnastique cérébrale pour rester mentalement en forme à un âge avancé sont autant d'exemples et de moyens classiques pour améliorer ou maintenir ses capacités. Chacun le fait à sa manière. Certains utilisent des médicaments ou des stupéfiants illégaux. Ces dernières années, la Ritaline a fait particulièrement parler d’elle.
Neuroenhancement : dopage cérébral
On parle de neuroenhancement lorsque des substances qui ont un effet sur le système nerveux central sont utilisées dans le but d’améliorer les performances mentales, de réguler l'humeur ou de diminuer le temps de récupération du cerveau après l'effort. Il peut s’agir de médicaments autorisés ou de substances illicites.
Le Monitorage suisse des addictions montre qu'en 2016 l’utilisation de psychostimulants est de manière générale très limitée, mais qu’elle se concentre sur la classe d’âge des 15-19 ans. Environ 1,9 % d’entre eux ont en effet eu recours à une de ces substances au cours des douze derniers mois. Le taux s’établit à 1,5 % pour le mois précédant l’enquête. D’autres types de substances que les psychostimulants censés améliorer certaines facultés mentales (p. ex., la capacité de concentration) sont utilisés, en particulier les calmants et les antidépresseurs, ces derniers visant à relever l'humeur. En Suisse, environ 4 % des actifs ou des personnes en formation ont déjà pris des médicaments soumis à ordonnance sans raison médicale dans le but d’améliorer leur humeur ou leur performance mentale.
Contrôle régulier de la nécessité d’intervention
Sur la base des données disponibles, rien n'indique que la consommation problématique de neuroenhancers ait fortement augmenté. Dans son rapport « Médicaments améliorant les performances » rendu en 2014, le Conseil fédéral arrive donc à la conclusion qu’il n’est pour l’heure pas nécessaire de réglementer davantage le neuroenhancement et que les principes inscrits dans la loi sur les produits thérapeutiques et dans la loi sur les stupéfiants sont suffisants. Il souhaite toutefois poursuivre la surveillance des tendances dans l'utilisation et la prescription de neuroenhancers. Ces données collectées font l’objet de publications régulières. En outre, la consommation problématique de médicaments qui améliorent les performances est désormais abordée dans la Stratégie nationale Addictions sur les plans de la prévention, de la réduction des risques et du traitement. Vous trouverez le rapport du Conseil fédéral dans la rubrique « Documents ».
Le dopage dans le viseur
Dans un monde de plus en plus médiatique, le culte du corps gagne en importance chez une partie des adolescents. Les anabolisants, en particulier les hormones stéroïdes synthétiques, rendent le métabolisme anabolique, c’est-à-dire qu’ils favorisent l’augmentation de tissus cellulaires et ainsi le développement des muscles. Ces médicaments sont également utilisés dans le sport et le monde du fitness pour améliorer les performances, alors qu’ils y sont interdits.
1 Rapport du Conseil fédéral en réponse aux postulats Fehr Jacqueline (09.3665) du 12 juin 2009, de la Commission de la sécurité sociale et de la santé publique CN (13.3012) du 15 février 2013 et Ingold (13.3157) du 20 mars 2013
Dernière modification 22.08.2019