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Les nématodes sont de précieux indicateurs de la vie du sol. Une étude d’Agroscope montre que le nombre et la diversité des espèces de nématodes sont nettement plus élevés dans les champs de maraîchage biologique que dans les cultures conventionnelles.
Les nématodes ou vers ronds sont de précieux indicateurs de l’écosystème du sol, car il existe d’innombrables espèces qui jouent les rôles les plus divers dans la chaîne alimentaire: certaines sont bactérivores, fongivores, herbivores ou omnivores, tandis que d’autres sont prédatrices. Certaines espèces de nématodes comptent également parmi les parasites majeurs des plantes et peuvent réduire les rendements. En outre, les nématodes ont une grande influence sur la décomposition de la matière organique ainsi que sur le cycle des nutriments.
Des expériences sur le terrain ont montré que le mode de culture biologique, c’est-à-dire le fait de renoncer aux pesticides et aux engrais de synthèse, avait un effet positif sur les nématodes. Toutefois, ces essais ont surtout porté sur des sites et des cultures spécifiques. La manière dont le mode de culture biologique affecte les communautés de nématodes plus généralement n’a guère été étudiée.
Le plus grand nombre de nématodes dans les prairies?
Dans le cadre de cette étude, 40 parcelles de cultures maraîchères ont été étudiées. Vingt étaient exploitées selon les règles de l’agriculture biologique et vingt de manière conventionnelle. La production maraîchère est particulièrement intéressante, car ce sont des cultures souvent très intensives. A titre de comparaison, 20 prairies extensives ont été intégrées à l’étude. Au total, plus de 30 000 nématodes ont été analysés et 98 espèces différentes ont été identifiées.
L’étude montre que les plus fortes densités de nématodes se retrouvent dans les prairies extensives, suivies par les cultures maraîchères biologiques, puis par les parcelles maraîchères exploitées de manière conventionnelle (fig. 1). Cela signifie que plus le mode d’exploitation est intensif, moins il y a de nématodes.
Indices d’une chaîne alimentaire plus développée dans les sols bio
On a également constaté des différences nettes entre les parcelles biologiques et les parcelles conventionnelles: les parcelles de cultures maraîchères biologiques contenaient beaucoup plus de nématodes que les parcelles exploitées de manière conventionnelle. En particulier, les herbivores, les bactérivores et les omnivores étaient plus fréquents. En outre, le métabolisme de l’ensemble de la communauté de nématodes était plus développé dans les parcelles biologiques que dans les parcelles conventionnelles. C’est le signe que la chaîne alimentaire et la fertilité du sol sont plus importantes dans les sols qui sont exploités selon les directives de l’agriculture biologique.
Pas d’uniformisation des cultures
En résumé, les résultats montrent que le mode d’exploitation des parcelles, biologique ou conventionnel, influence fortement la communauté des nématodes présents dans le sol. Cependant, les parcelles n’ont été échantillonnées qu’une seule fois, à la fin de la période de végétation, et le type de culture n’a pas été uniformisé, c’est-à-dire que ce ne sont pas exactement les mêmes cultures qui poussaient dans les parcelles biologiques et conventionnelles. Par conséquent, il est nécessaire de procéder à des études plus approfondies pour confirmer ces résultats.
Enfin, il existe également des parasites des plantes parmi les nématodes qui infestent les cultures maraîchères. Des stratégies de contrôle doivent être mises en place pour lutter contre ces ravageurs.
Conclusions
- Les communautés de nématodes ont été étudiées dans 20 parcelles de cultures maraîchères biologiques et 20 conventionnelles. 20 prairies extensives ont servi de référence.
- Les nématodes sont plus abondants dans les prairies extensives, suivis par les cultures maraîchères exploitées selon les directives de l’agriculture biologique, puis par les parcelles conventionnelles.
- Les cultures maraîchères biologiques contenaient nettement plus et une plus grande variété de nématodes que les parcelles exploitées de manière conventionnelle.
- Les résultats suggèrent que la chaîne alimentaire et la fertilité du sol sont plus importantes dans les cultures maraîchères exploitées selon les directives de l’agriculture biologique.
- Une interprétation prudente est nécessaire, car les parcelles de cultures maraîchères exploitées de manière biologique et conventionnelle n’étaient pas dédiées aux mêmes cultures.
Article scientifique
Un sol plus vivant en production maraîchère biologique