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Où l'on distingue trois personnages. Au premier plan, un jeune homme, et l'un des héros de Queen and Country de John Boorman, joué par le comédien anglais Callum Turner, aperçu notamment dans des séries comme Les Borgia et Glue. Il s'appelle Bill Rohan dans le film et est le seul sur lequel le point (de la caméra) est fait. A l'arrière-plan, une femme, visiblement plus âgée, peut-être la mère du personnage. Et sur la gauche, un autre homme penché dont on ne voit qu'une partie du corps. Nous sommes dans un jardin, le vert domine, les fleurs bourgeonnent et il fait beau. Bill fixe quelque chose hors-champ, il a un linge posé sur ses épaules, indiquant qu'il vient sans doute de prendre une douche. La femme derrière lui a l'air de lui parler. Ce que confirme une autre valeur du même plan, ci-dessous, avec un sous-titre que je m'abstiendrai de commenter, sinon pour préciser qu'il ne rend pas justice au film.
L'image témoigne surtout de l'extrême classicisme dont fait preuve Boorman dans ce dernier film (à ce jour), hâtivement taxé de old school, aussi bien pour son sujet - l'apprentissage d'un soldat de 18 ans effectuant deux années de service militaire, entre 1952 et 1954, dans un camp d'entraînement destiné à d'autres soldats en partance pour la Corée - que pour son traitement. En quoi cette application dans la mise en scène et dans la reconstitution d'une époque serait-elle un problème? Boorman n'a jamais fait autre chose qu'appliquer un classicisme hérité de générations antérieures à des films au propos plus ou moins subversif. Plus pour Délivrance (1973), moins pour Hope and Glory (1987), dont Queen and Country est la suite à vingt-sept ans de distance. Par ce respect des règles, Boorman enjambe cette pseudo-modernité que certains brandissent comme un étendard. Son film est juste remarquable.
Queen and Country passe actuellement aux Cinémas du Grütli.