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Cet endroit aurait pu s'appeler Piazza Ticino depuis des décennies et voir s'élever des palais et de hauts bâtiments autour de lui. Il aurait pu être le centre névralgique d'un canton, la capitale charnière entre Sopraceneri et Sottoceneri. C'était la proposition, entre utopie et provocation, que l'homme politique tessinois Stefano Franscini fit au XIXe siècle, au cas où les tensions entre les différents états d'âme du jeune canton s'étaient ravivées, à une période où la capitale changeait par roulement tous les six ans entre Bellinzone, Locarno et Lugano.
La naissance du Canton du Tessin, avec la fusion en une seule république de Sopraceneri et de Sottoceneri, a en fait été une décision prise d'en haut. Ce fut une initiative de Napoléon Bonaparte, le 19 février 1803 à Paris, avec la signature de l'Acte de Médiation.
Plus de deux siècles après sa naissance, le Tessin a su se créer une identité propre au sein de la Confédération, sans pour autant devoir renoncer à maintenir et à valoriser ses particularités régionales.
Grâce aux infrastructures routières et ferroviaires construites au cours des deux derniers siècles, le Tessin a su se relier de plus en plus avec les autres cantons et les pays de l'Union européenne. Le choix de ce lieu, rebaptisé Piazza Ticino, comme point de départ du sentier de randonnée « La Via del Ceneri » illustre le caractère central de la montagne et de ses routes dans la création du Canton.