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Résumé
Le présent article se propose d’explorer la problématique du malentendu dans le cadre de la théorie de Jacques Lacan. Le dernier séminaire donné par le psychanalyste à Paris, intitulé Dissolution, constitue un bon objet à cet égard puisque le malentendu y est évoqué et convoqué. En effet, la théorisation du concept de malentendu par Lacan va de paire avec un malentendu inhérent au séminaire qui aurait pour terrain le rapport du maître à ses disciples. Il s’agit autant de se pencher sur la théorisation que propose Lacan du concept, que d’analyser sa propre stratégie discursive qui semble – par l’usage des équivoques – tirer profit du malentendu. Dans un premier temps, un parallèle avec la linguistique, plus spécifiquement avec le travail d’Émile Benveniste, permet de mettre en perspective une divergence fondamentale qui se joue entre les deux disciplines quant à la conception du malentendu. Dans un second temps il est question de la logique du signifiant centrale dans la théorie de Lacan. La conception violement structurale que présuppose cette logique implique une disjonction radicale entre le signifiant et le signifié. Or, c’est précisément dans cet écart qui sépare les deux facettes du signe que se joue le malentendu fondamental qui anime le langage selon la théorie lacanienne. La présente analyse se propose de mesurer en termes critiques la distance qui éloigne la psychanalyse de la linguistique sur ce point. Le primat conféré au déplacement de signification au détriment du mécanisme de référence opère un renversement: le
langage, dans la perspective lacanienne, n’est pas considéré sous l’angle de sa fonction communicative, mais comme le lieu même de l’opacité.
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