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En 1967, Pierre Rentschnick et Pierre Accoce publiaient un livre qui faisait beaucoup de bruit: Ces malades qui nous gouvernent. Ils soulignaient que l'état de santé des hommes au pouvoir a souvent été déficient dans des moments critiques de décisions qui concernaient des millions d'individus. Pensons simplement aux conséquences dramatiques de la maladie de Chamberlain devant Hitler à Munich, celle de Roosevelt devant Staline à Yalta... Et que dire de Staline, Hitler, Mussolini et bien d’autres? Vingt-deux ans plus tard, on pourrait éditer un autre livre en remplaçant simplement «malades» par le mot «fous».
Expliquons-nous. Il y a actuellement dans le monde 14.500 ogives nucléaires. Les possesseurs de ces engins de mort sont au nombre de huit: les Etats-Unis et la Russie (qui disposent à eux deux du 92% de ces ogives), la Chine, la Grande-Bretagne, la France, le Pakistan, l’Inde, la Corée du Nord et Israël. Mais d’autres pays développent leur matériel de guerre en vue de posséder aussi l’arme nucléaire.
Les dépenses militaires globales de la planète sont estimées à 1739 milliards de dollars en 2017, selon les dernières données publiées par le Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI). Cette somme traduit une hausse de 1,1% en termes réels par rapport à 2016. Elle représente 2,2% du produit intérieur brut mondial et correspond à une dépense de 230 dollars par habitant.
Avec une toute petite partie de ces dépenses, on pourrait lutter efficacement contre la pauvreté et éradiquer la plupart des maladies (la lèpre, la malaria, le choléra et la maladie du sommeil notamment) qui entraînent la mort de millions de personnes, notamment dans les pays pauvres de l’Afrique. C’est ce que les gouvernements devraient faire. Au contraire, ils augmentent leurs capacités militaires sous prétexte qu’ils sont menacés par leurs voisins. Les ogives actuelles permettent déjà de faire sauter dix fois la planète. Il faut être complètement irresponsable ou fou (ce qui est la même chose dans ce cas) pour développer un arsenal capable de détruire quinze ou vingt fois la Terre.
La Suisse consacre seulement le 0,8% de son PIB aux dépenses d’armement (cela ne l’empêche pas cependant de livrer des armes à des pays en guerre et des grenades utilisées contre les manifestants en France), contre 11,2% pour l’Arabie Saoudite et 4,7% pour les Etats-Unis. Cela ne l’empêche pas d’envisager de dépenser huit milliards de francs pour l’achat de nouveaux avions et équipements. A l’heure où la pauvreté augmente, où les acquis sociaux sont remis en cause et où les primes de l’assurance-maladie explosent, cet argent pourrait être utilisé plus judicieusement. Mais la sagesse ne fait malheureusement pas partie des qualités de nos gouvernants.
Comité rédactionnel de l’essor