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Jusqu'en 1874, il n'existait pas d'armée suisse proprement
dit, mais chaque canton avait ses propres milices. Le peintre, major
d'infanterie, Albert von Escher (1833 - 1905) a étudié l'histoire des
uniformes. Ses recherches se sont traduit dans ses aquarelles. Les reproductions
qui sont exposées proviennent de son album : la cavalerie Suisse de
1800 à 1850.
En 1817, après le Congrès de Vienne 1815, où Metternich
fixait les frontières Suisses, un règlement militaire pour la défense
de la Confédération fut arrêté. On maintenait encore l'ancien système
des contingents cantonaux, mais on prévoyait que ces forces régionales
pourraient être unifiées en armée fédérale en cas de mobilisation, il
marquait un progrès de taille et garda sa validité jusqu'en 1850.
Après la guerre de Sonderbund 1847, Dufour, premier des
quatre généraux suisses, fit son rapport : "La cavalerie, cette arme
longtemps négligée en Suisse, à montré qu'elle était capable de rendre
d'importants services. La cavalerie de réserve était réellement utile."
Le général demanda la création de compagnies de guides et un état major
de cavalerie. Tous ses efforts aboutirent à l'organisation militaire
de 1850. Malgré ces progrès on était pas encore parvenu à créer une
armée suisse prête à entrer énergiquement en action. En ce qui concerne
la cavalerie, la fourniture des chevaux continuait à poser des problèmes.
Le cavalier avait toujours la responsabilité d'entretenir lui-même un
cheval apte au service. En conséquence d'une telle exigence le nombre
de volontaires alla en diminuant, et cela malgré des subsides importantes.
Vers 1860, aucune compagnie de cavalerie parvenait à réunir le maximum
de l'effectif exigé.
En 1870 éclata la guerre franco-allemande. Hans Herzog
fut promu général de l'armée Suisse. Il critiqua sans ménagement cet
état des choses et lacunes qui en reculaient. Lorsque en 1871 l'armée
française de Bourbaki eut pénétré sur sol helvétique, la population
prit conscience du danger couru et de la nécessité de disposer d'une
armée prête à se battre.
En 1874 réorganisation de l'armée et du règlement, passant
définitivement à l'armée nationale et on améliora grandement la préparation
et l'entraînement de la cavalerie. L'instruction des dragons au combat
s'en tint exclusivement à la position en selle.
A partir de 1894, le règlement de la cavalerie, mis au
point par le futur général Wille, permit aux dragons de mettre pied
à terre. On s'exerça alors au combat à pied et à l'attaque à cheval
en formations détachées. Lors des manoeuvres annuelles, dont il y a
des photos, on commença également à faire intervenir la cavalerie en
groupes plus compacts. Les expériences faites à l'étranger pendant la
première guerre mondiale justifièrent les modifications. On reconnut
la valeur des mitrailleurs à cheval qu'on rattacha à la cavalerie.
L'organisation des troupes de 1925 consacra une première
diminution de la cavalerie, on adjoignit une section de cyclistes. Vers
le milieu des années vingt, la cavalerie était devenue une infanterie
montée. Partout apparurent dès la fin des années trente des troupes
motorisées. Dès avant la deuxième guerre mondiale, le cheval fut remplacé
par le char ou l'hélicoptère.
En 1936, les troupes légères proprement dites furent
crées, formées de dragons, cyclistes, de motocyclistes, de conducteurs
de chars et de cannoniers motorisés.
Le général Henri Guisan releva l'erreur commise de réunir
sous un seul et même commandement des éléments aussi divers que les
dragons, les cyclistes et les motorisés. Il exprima également sa conviction
que l'utilisation des dragons n'avait pas perdu sa valeur, vu la configuration
du pays. Les nombreuses photographies, qui le montrent comme excellent
cavalier et plus tard, après sa retraite avec son cheval de dressage
irlandais "Nobs" prouvent son grand amour pour l'équitation.