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C’est dans la vaste plaine de La Communance, au sud du territoire communal de Delémont, que la tradition situe une basilique construite au 7e s. par Saint Germain. Des débris de constructions gallo-romaines y ont été observés au début du 19e s.
L'Époque romaine
Plan de l'édifice funéraire gallo-romain s'élevant sur un podium rectangulaire.
Les fouilles archéologiques effectuées au sud du territoire communal ont permis la mise au jour d’un édifice funéraire gallo-romain qui se rattache à la grande tradition italienne des tombeaux monumentaux. La construction, qui est la quatrième de ce genre découverte en Suisse, devait atteindre une dizaine de mètres de hauteur. Entouré d'un mur d’enclos (17 x 18,50 m), le tombeau s'élevait sur un podium rectangulaire (2,25 x 4,60 m) décoré selon les standards de l'architecture classique, avec pilastres, chapiteaux corinthiens, et probablement agrémenté de frises végétales. L’étage supérieur représentait la maison du défunt, un semblant de temple à deux colonnes. L'édifice était coiffé d'une flèche pyramidale ornée d’un motif en écailles symbolisant la toiture.
La présence d’un fossé le long du mur septentrional de l’enclos pourrait s’expliquer par la présence d’une voie romaine, ce que les fouilles n’ont cependant pas permis d’établir.
Les représentations figurées
Le monument funéraire de Delémont, La Communance comportait également un programme iconographique figuré. La majeure partie des fragments identifiés faisaient partie de bandeaux en reliefs aux deux tiers de la grandeur nature, fixés en appliques sur le podium et l’édicule. Ces reliefs représentaient probablement des cortèges de divinités marines et évoquaient également le triomphe de Bacchus et de ses célébrants. Symbolisant la vie heureuse après la mort, ces sujets sont fréquents sur les monuments funéraires et sont attestés tant en Suisse (Avenches - en Chaplix), en Italie septentrionale (Aquileia), en France (St-Rémy-de-Provence), qu'en Rhénanie (Mayence, Cologne et Trèves). Quelques fragments de draperie grandeur nature appartenaient peut-être aux statues des défunts, traitées en ronde-bosse et placées à l’origine dans l’édicule.
Tête sculptée en haut-relief représentant le défunt, ou l'un des membres de sa famille.
Les pièces les meilleures sont l'œuvre de bons sculpteurs régionaux. Par le style et le type de taille, les fragments de La Communance permettent des rapprochements avec les sculptures du sanctuaire de Thun-Allmendingen (BE). Le matériau utilisé et la qualité d'exécution permettent de différencier au moins deux mains. En général, les sculptures du "groupe fin", en calcaire fin et blanchâtre, sont de meilleure qualité que celles en calcaire plus grossier. D’après le style et les comparaisons iconographiques, ces éléments figurés s'insèrent dans la première moitié du 2e siècle ap. J.-C.
Le mausolée était sans doute l'œuvre d'un riche propriétaire terrien dont la villa se trouvait à proximité, peut-être à l'emplacement de l'actuel village de Rossemaison. Une tête sculptée en haut-relief, trouvée hors contexte stratigraphique, représente le défunt, ou l'un des membres de sa famille, sous les traits d’un homme barbu coiffé de mèches frontales réparties symétriquement de part et d'autre du front. La pierre utilisée est un calcaire local choisi pour son aptitude à la taille.
Le mobilier céramique et le style du portrait permettent de situer la construction au tournant des 1er et 2e siècles ap. J.-C. Le mausolée a été entièrement démantelé entre la fin du 5e s. et le milieu du 7e s. (datation au C14).
L'Époque moderne (18e s.)
Le gué pavé de la route de la Communance témoigne de l'importance du tracé sur la rive droite de la Sorne dans le réseau routier de la principauté de Bâle.
Destiné à assurer le passage des chariots en toute période, le gué pavé de la route de la Communance, entre Delémont et Courtételle, témoigne de l'importance du tracé sur la rive droite de la Sorne dans le réseau routier de la principauté de Bâle au 18e siècle.
La partie centrale a révélé un agencement soigné de blocs et de plaques calcaires épousant le lit d'un ruisseau sujet à de soudaines crues. Plus économique qu'un ponceau, le gué pavé a subi plusieurs réfections, ainsi qu'en témoignent les pierres portant des traces d'usure et de roulement sur deux ou trois faces. La taille grossière de l'ensemble des blocs donne à penser qu'ils ont été débités à partir d'éléments plus grands, comme des blocs monumentaux de fondations de constructions non identifiées. Leur lien avec le mausolée ne peut être assuré. Quelques blocs cependant présentent des marques de réemploi.
Fiche technique du site
|Commune / Localité||Delémont / Delémont|
|Site||La Communance|
|Datation et type de site

- principal
- secondaire

|Année de découverte||1997 route, 1999 mausolée|
|Contexte de découverte||Construction de l'autoroute A16|
|Date(s) de la fouille||1996, sondages

1997, fouille
1998, sondages
1999-2000, fouille
|Surface de la fouille||3600 m2|
|État de la fouille||Achevée|
|Étude||Achevée|
|Publication(s)||CAJ 32

Légeret Vincent,
Le portrait du monument funéraire de la Communance à Delémont
|Responsables de la fouille||Jean-Daniel Demarez

Vincent Légeret
|Dépôt des collections||OCC-SAP, Porrentruy|