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Je ne m'étendrai pas plus avant sur les "ravages" que le temps entraîne sur notre enveloppe charnelle, l'âge moyen des lecteurs de cuk étant suffisamment élevé pour que tout le monde me comprenne et suffisamment bas pour que nous puissions en plaisanter, le rire étant le seul antidote à l'âge que le marché des cosmétiques n'a jamais réussi à rendre payant et à commercialiser, au contraire des oméga, de l'acide de fruits ou autre collagène.
Mais.... même si je préfère mon visage quand il avait dix ans de moins, je reconnais que j'aime beaucoup mieux mon "cerveau" depuis qu'il a dix ans de plus ! Parce que j'ai appris, du moins la vie s'est chargée de me l'apprendre, que l'expression "mettre de l'eau dans son vin" ne signifie pas "boire du mauvais pinard" mais simplement "arrondir les angles" ou encore "élargir son angle de vision".
A seize ans, je clamais haut et fort que jamais, je ne coucherais le premier soir "faut être une fille facile pour faire ça !" Quelques temps plus tard, je me rendais compte de ce que ma vision avait de sexiste : pourquoi une fille serait-elle légère (qualificatif peu élogieux) tandis que l'homme serait simplement un "Don Juan"...(qualificatif qui, à défaut d'être un compliment, est du moins "goguenard"). Là, je mettais surtout de l'égalité dans les rapports, davantage que d'eau dans un vin quelconque : quoi qu'il en soit, le mouvement était amorcé.
Ensuite, j'ai raconté à qui voulait bien l'entendre que le mec qui aurait la mauvaise idée de me tromper, même une seule fois, il n'aurait pas besoin de préparer ses valises : elles seraient faites à son retour à la maison. Aujourd'hui, je n'en suis plus si sûre, non pas que la perspective d'être éventuellement trompée me paraisse agréable: je sais simplement que l'infidélité peut être un réel faux pas et que parfois, elle n'est que la traduction d'un couple qui va mal, de part et d'autre, sans qu'il y ait vraiment un "méchant" et un "gentil".
"Faut quand même singulièrement manquer de caractère pour ne pas divorcer d'un homme qu'on aime plus" a été longtemps mon credo, du moins jusqu'à ce que je réalise, petit à petit, qu'il faut parfois aussi beaucoup de force pour rester et que partir avec un ou des enfants "sous le bras", c'est peut-être un demain meilleur pour le conjoint qui s'en va mais pas forcément un modèle très facile pour les enfants.
Il m'a aussi fallu des années et bien des récits autour de moi pour prendre conscience que l'âme humaine peut être comme une jambe cassée : elle peut avoir besoin de béquille pour un certain temps, sous la forme d'antidépresseurs, sans qu'il ne soit question de facilité ou de faiblesse.
J'ai eu jugé sévèrement les parents qui, excédés, en arrivaient à hurler contre leurs enfants ou "pire" encore, à leur donner une claque : aujourd'hui, mère de deux enfants, je ne suis pas fière des trois fois où ma main est partie mais je sais maintenant que la perfection n'est pas de ce monde, même et peut-être surtout lorsque l'enjeu affectif est aussi présent.
Ces exemples, que je pourrais multiplier et même s'ils sont un peu caricaturaux, visent un seul objectif : dire que plus le temps passe, plus j'aime mes semblables. Plus le temps passe (et plus ma cellulite s'étend), plus j'accepte mes "voisins", à défaut de toujours les comprendre et je suis fort aise de ne plus être dans le "ou tout noir ou tout blanc", justement parce que j'ai mis de l'eau dans mon vin.
Remarquez, même si j'ai mis de l'eau dans mon vin, mon whisky, je le bois quand même toujours "sec" !
Fidèle à la "tradition", j'ai envie de terminer mon billet par une question : et vous, dans quel domaine avez-vous mis le plus d'eau dans votre vin ?