Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07254.jsonl.gz/345

Le point de départ de cet ouvrage vient d'une interrogation sur la place du récit clinique chez les psychanalystes. L'auteur définit le champ de la psychanalyse entre la rhétorique, comme art de la persuasion, et le narratif, en tant que mise en représentation d'événements réels ou fictifs par le moyen du langage. La psychanalyse se trouve donc à un carrefour entre des événements cliniques et des événements conceptuels dont les récits témoignent. En effet, dans le processus de la cure, se joue une ouverture originale sur l'événementiel et l'historique. Encore faut-il pouvoir en parler. Dans l'exemple clinique se joue l'éthique du psychanalyste car il ne s'agit pas seulement de vérifier une théorie ou de se faire connaître ou reconnaître. L'éthique n'est jamais jouée une fois pour toutes, et c'est ce que les psychanalystes racontent quand ils parlent de ce qu'ils font. À partir d'un noyau d'auteurs, Freud, Melanie Klein, Winnicott, l'auteur dégage la place de la rhétorique dans l'acte narratif des analystes. Le récit dans la psychanalyse peut-il échapper à la rhétorique ? Qu'est-ce que raconter au plus juste quand on est analyste ?
L'adolescence, période de mutation décisive au travers de laquelle l'enfant construit l'adulte qu'il deviendra, a une fonction sociale fondamentale... mais ne va pas sans poser de problèmes : - aux intéressés eux-mêmes fragilisés par les transformations dont ils sont l'objet et qui bouleversent leurs repères identitaires, - aux parents qui doivent accepter de se remettre en cause sans démissionner devant les exigences parfois violemment exprimées de leurs adolescents, - aux responsables et élus politiques qui doivent gérer l'espace communautaire où les jeunes tentent d'imprimer leurs marques, - aux enseignants, travailleurs sociaux et à la société en général qui doit les accompagner dans leurs démarches d'insertion ! En effet, comment permettre aux adolescents de s'instituer dans le social, sans les renvoyer à un avenir hypothétique de travailleurs ou de parents ? Comment répondre à l'urgence sociale que représentent les demandes multiples des adolescents de notre société de consommation et de marché ? Comment se situer face à la montée de la violence dans les cités de banlieues des grandes villes, à l'isolement des campagnes ou à la violence autodestructrice du suicide ou des accidents ? Comment enfin mettre en accord notre société avec la Convention internationale des droits de l'enfant et poser la question du statut juridique de l'adolescent dans notre société ? Si la paix sociale nécessite la résolution des conflits, l'adolescent a besoin des conflits actifs pour construire sa personnalité. Dans ces échanges entre praticiens, chercheurs et décideurs, les contradictions entre place de l'adulte et place de l'adolescent, société et individus, ont été mises au travail pour donner, à tous ceux que l'adolescent concerne, les outils nécessaires à la mise en place d'une politique globale de la jeunesse reconnaissant à l'adolescent sa place de citoyen.
L'existence de personnes « handicapées » scandalise la raison et révolte le coeur. On s'angoisse à la pensée qu'on aurait pu se trouver affecté par un tel malheur ou avoir des enfants qui le soient. La rencontre du handicapé culpabilise, en quelque manière, ceux qui ne le sont pas ; sa souffrance imméritée gêne ceux à qui elle est épargnée sans mérite de leur part. De là vient que l'on est porté à s'en détourner, à restreindre ou à fausser son regard, à la manière d'une caricature qui grossit un trait et évacue les autres. On comprend ainsi pourquoi c'est sur le regard et sur l'opportunité de sa transformation que ce livre porte le sien. Et à cette occasion il se montre pénétrant et, au « sens propre », intelligent. Les diverses contributions permettent en effet de comprendre que le handicap ne tient pas seulement à l'objectivité d'une déficience ; sa gravité et la gêne qu'il induit varient avec les conjonctures changeantes au sein desquelles il est vécu et, de ce fait, avec le type de regard porté sur lui : selon sa qualité, celui-ci introduit dans une relation ou en exclut, accueille ou rejette, accroît gêne et honte ou nourrit la confiance. De ce fait, l'objectif de l'ouvrage que voici n'est pas tant d'établir un bilan scientifique que de vérifier la pertinence de nos attitudes à l'égard du handicapé, et d'envisager les différents problèmes relationnels résultant de sa présence. La mise à l'épreuve de notre regard constitue en effet une tâche psychologique et éthique à laquelle il ne nous est pas possible de nous soustraire.
Ces enfants terribles ou féroces qui, dès leur plus jeune âge, inquiètent par leur violence leur entourage familial et scolaire, qui sont-ils ? Dans quel monde, intérieur, relationnel, se trouvent-ils ? Leurs attaques impulsives, instantanées, qui les débordent, et souvent nous débordent, sont-elles portées contre les liens ou pour les liens ? Quels indices sensoriels ont la capacité d'ébranler leur monde émotionnel, de transpercer et désintégrer leur soi naissant ? Quels mouvements groupaux mettent à vif et créent les conditions d'émergence, de propagation fulgurante et de démultiplication de la force qu'ils peuvent déployer ? À la lumière de la psychanalyse, de l'observation du nourrisson selon Esther Bick et d'expériences cliniques auprès d'enfants, les auteurs de cet ouvrage interrogent cette violence des enfants dans son déferlement contagieux : comment défléchir son impact destructif ? Quels sont les murs, les bras, les êtres qui tiennent, et contiennent, pour que ces enfants puissent se tenir eux-mêmes et endiguer cette force puis la transformer pour « écrire la poésie et peindre les images d'un monde scintillant de sens ; le sens étant, d'abord, la manifestation fondamentale de la passion d'être en intime relation avec la beauté du monde » (D. Meltzer).
Le 15 octobre 1969, l'auteur fonda la « Société Nietzsche » pour commémorer le 125e anniversaire de la naissance du philosophe. Jusqu'en 1977, l'association organisa des cycles de conférences et fit paraître la revue trimestrielle « Engadine » (du nom de la région helvétique préférée de Nietzsche). Pierre Lance a réuni dans le présent ouvrage les principaux articles qu'il publia dans les 32 numéros d'« Engadine ». Au fil de ces pages, le lecteur découvre peu à peu, non seulement l'essentiel de la philosophie nietzschéenne, mais aussi tous les échos qu'elle peut éveiller à notre époque dans les esprits vigilants qui s'interrogent sur l'évolution de la civilisation occidentale. Ceux qui ne connaissent pas encore Nietzsche trouveront dans ce livre une excellente introduction à son oeuvre. Quant aux lecteurs déjà familiers avec elle et qui se sont passionnés pour les avertissements, les révoltes et les prophéties de « Zarathoustra », ils éprouveront la joie de chaleureuses retrouvailles à travers les propos d'un auteur qui a su trouver en Nietzsche « l'éclaireur » nécessaire à sa propre exploration de l'homme et du monde. Jean Vigouroux
Le rôle de visiteur (ou de visiteuse) des prisons ne saurait être défini comme une tâche professionnelle. La différence peut de ce fait paraître considérable entre, d'une part, l'approche des délinquants par le travailleur social, l'éducateur, le psychologue ou le médecin, et d'autre part, les modes de présence et d'action de bénévoles dont un bon nombre appartient simplement à l'OEuvre de la Visite des Détenus dans les Prisons. Ainsi, lorsque Marie-Jeanne Rosé demande à son mari et à son fils aîné leur accord avant d'engager les longues démarches nécessaires pour obtenir sa carte de « visiteuse », aucune expérience préalable n'avait préparé cette jeune institutrice à ses rencontres avec les femmes et par la suite avec les hommes détenus dans la prison de sa petite ville. Ce qui lui tenait lieu de « formation », c'était la vigueur de ses motivations, essentiellement éthiques et spirituelles. Depuis son premier entretien avec une jeune femme condamnée pour vol, Marie-Jeanne Rosé demeura déterminée au point que rien ni personne n'avait pu l'arrêter. Son témoignage se lit ainsi comme le récit d'un apprentissage hors profession, l'histoire d'une maturation. Se sachant et se disant elle-même issue d'un milieu bourgeois et catholique, elle abordait le monde de la délinquance de fort loin. Mais tout porte à croire qu'elle devait précisément à cette distance culturelle la qualité de son bon sens et sa capacité d'apprendre, de faire comprendre et d'agir. Les premiers appuis lui étaient apportés par des magistrats à un moment où la maison d'arrêt ne disposant ni d'assistante sociale, ni d'éducateur, elle devait s'efforcer d'assumer ces tâches au jour le jour. Par la suite, à travers les trente ans d'exercice de sa fonction de visiteuse, une heureuse circonstance historique fit émerger une sensible humanisation du régime carcéral français, et surtout un début d'accompagnement postpénal, si bien que, avec les progrès de son expérience coïncidaient des conditions plus favorables à la réintégration des détenus libérés. Ainsi ce témoignage porte sur trois aspects d'une même évolution concernant le rôle de visiteuse de prison, l'efficacité éducative de l'appareil judiciaire et le développement personnel de ceux qui, bénévolement, contribuent à ce résultat. « J'étais en prison et vous êtes venu jusqu'à moi »... Cette phrase toute simple énonce l'appel auquel Marie-Jeanne Rosé n'a pas cru pouvoir se soustraire. Sa réponse, exprimée clairement par sa présence auprès des détenus et notamment par ses correspondances avec certains d'entre eux, mérite une grande attention.
Malgré l'engouement actuel, la médiation serait-elle une simple mode sans avenir ? La médiation est-elle un nouveau processus de gestion des conflits qui pourrait remplacer le modèle de l'adversaire par le modèle du partenaire ? La médiation permettrait-elle l'apprentissage d'un nouveau mode de relation où chacun écoute l'autre dans le respect de sa différence, et construit avec lui une solution aux différends ? Mais peut-on encore parler de « la » médiation ou devons-nous utiliser le pluriel pour évoquer « les » médiations ? Y a-t-il une idée centrale commune de médiation et des déclinaisons diverses selon les secteurs où elle est appliquée ? Chaque médiateur compose-t-il, lui aussi, d'infinies variantes de médiations ? Les auteurs de cet ouvrage pratiquent la médiation depuis de longues années dans différents secteurs : entreprises et administrations, quartiers, familles, écoles. Ils confrontent ici leurs points de vue et mettent en commun leurs expériences, leurs observations, leurs réflexions. Ils souhaitent ainsi faire avancer la construction de la médiation en prenant en considération à la fois ses potentialités et ses limites. Préface d'Hubert Touzard
Chrétienne de profonde tradition évangélique, Amy Cabantous n'a cessé de se sentir animée d'un désir impérieux de connaissance spirituelle. Dès sa lointaine enfance, des rencontres avec des hommes et femmes appartenant à de multiples cultures sont venues renforcer et diversifier ce besoin de parole et d'échange. Aujourd'hui, l'expérience de toute une vie l'a décidée à livrer le témoignage de ce qu'elle doit à son regard sur les grandes religions dans le monde. Son projet a été de découvrir, d'apprendre et d'essayer de comprendre les autres croyants et ceci en partant des « lieux » de sa propre foi. Bien que nourrie de multiples et sérieux efforts d'information, son image des courants spirituels présents dans le monde d'aujourd'hui garde la marque d'une évidente et significative subjectivité. Son livre ne nous « renseigne » pas de manière didactique sur les grandes religions mais exprime de quelle manière l'esprit de foi (l'esprit d'une foi) s'efforce de les approcher et de les percevoir en leur différence et leur proximité. Amy Cabantous nous dit ainsi non seulement comment elle voit les croyances des hommes mais par quels sentiers elle parvient à croire en leur croyance. Très personnelle, fortement marquée par ses origines, cette chaleureuse empathie spirituelle franchit, d'un pas parfois hésitant, de multiples distances. À l'accompagner, on accomplit un voyage dont on revient transformé.
Des symptômes, qui n'en a pas ? Beaucoup s'affairent pour l'oublier, certains en font une maladie, d'autres poursuivent un procès contre eux-mêmes. Mais que se passe-t-il quand le malaise persiste, quand la médecine ne s'y reconnaît pas ou quand le dire juste est manquant ? On peut en parler : à quoi bon cependant si c'est pour répéter la même chose ? Pourtant, si le symptôme fait énigme et que le transfert est de la partie, passer à l'analyse est possible. Il ne s'agit pas alors de s'en remettre à un instrument magique, de se convertir à une foi ou d'appliquer une science exacte. Au cours d'une expérience aussi particulière, telle qu'elle s'instaure avec un psychanalyste, la vérité n'est pas donnée à l'avance et un nouveau rapport à l'inconscient est mis en jeu. Ici les rêves et les faits comptent également, les pensées folles ont droit de cité, les enfants en disent comme jamais sur les grandes personnes et celles-ci se risquent à parler d'autant plus librement qu'elles ont à reconnaître leurs servitudes et leurs désirs. Mais voilà qui n'empêche pas que l'analyse elle-même puisse devenir un symptôme, comme c'est le cas quand on en fait un système d'interprétation ou quand le transfert reconduit l'assujettissement. Dès lors, l'exigence est de mettre à jour les conditions de sa pratique et d'élucider ce qu'elle génère, sans méconnaître son ressort et ses limites. Autrement dit :
Une réflexion globale sur le processus d'insertion et les risques de dérives afférents : partant de la situation des malades mentaux, des moyens techniques sont développés pour promouvoir une insertion dans la société et dans la cité.
Examine les modalités de la gestion en psychiatrie et l'évaluation des soins psychiatriques proprement dits. Dégage des conditions sur son organisation future.
La « petite » délinquance inquiète nos sociétés modernes. Pour en limiter l'extension et en cerner la signification, elles s'adressent aux savoirs éducatif, psychologique, psychiatrique. Ce type de recours ne pouvait manquer de modifier profondément le fonctionnement de la justice pénale. Trop souvent, la psychanalyse se présente comme un ensemble de connaissances supplémentaires. Plus fidèle à sa vocation, elle s'interroge sur la fonction de la loi dont dépend l'existence du sujet. Mais s'agit-il alors de la même loi, et du même sujet, que dans le discours juridique ? Dans cet ouvrage, juristes, psychanalystes et travailleurs sociaux confrontent sur ces problèmes leurs expériences et leurs points de vue, après s'être rencontrés, à la Sorbonne, les 13 et 14 juin 1987. Organisée avec la collaboration du Goethe Institut, cette rencontre avait fait appel à des participants allemands, venus de Berlin, de Hambourg, de Milan. Leurs contributions occupent ici une place importante. Au centre du débat, émergent les notions de « réparation » et de « culpabilité ». Réparation du délinquant à la victime ? ou à la société ? Espoir qu'il se « répare » lui-même ? Pour bien fondé qu'il soit, ce souhait n'échappe pas au risque de voir l'éducateur y mêler son propre besoin de « réparation », faisant ainsi obstacle à ce que le délinquant comprenne son acte. Entre la petite délinquance et la criminalité, si la loi et le jugement moral établissent une distinction nette, la différence a tendance à s'estomper au regard du sentiment de culpabilité éprouvé par le sujet. Ainsi s'explique qu'à plusieurs reprises, les textes qui composent ce livre débouchent sur la question de la dette, héritée par les fils, de pères qui, au temps de l'Allemagne nazie, furent les acteurs d'une criminalité historique.
L'ouvrage d'Alain Cornély traite, essentiellement, du désir de chacun d'être écouté et aussi d'être « écoutant », dans toute la diversité de ses attentes, de ses frustrations et de ses chances d'accomplissement. Partant de l'enseignement de Jung et de Rogers, il met en évidence le sens des attitudes dans la relation d'écoute et trace les perspectives de l'apprentissage désigné par le terme de « formation syntonique ». On sait l'importance que représente, pour les psychologues, les éducateurs, les thérapeutes, les travailleurs sociaux, le pouvoir d'attention à la parole et au silence d'autrui. Mais il importe également de ne jamais oublier que, de leur côté, les groupes sociaux, les entreprises, les institutions, doivent l'essentiel de leurs chances d'animation et de progrès aux communications entre leurs membres. Enfin, par-delà ces exigences d'ordre professionnel, l'écoute conditionne la présence et l'échange dans la vie des couples et des familles. Ainsi, en témoignage de sa pratique quotidienne d'animateur et d'analyste, le livre d'Alain Cornély nous offre bien plus qu'un moyen d'information et de formation. Ce sont les interrogations de chacun sur lui-même et sur sa vie profonde qu'aborde cet ouvrage, tout simplement parce que, sur un ton très direct, l'auteur n'hésite pas à parler de lui-même et de ceux qui l'entourent. De la lecture lente et attentive de ces pages, il est permis d'affirmer qu'elle représente comme telle une expérience d'écoute.
Ces quelques extraits donnent le ton de cet ouvrage qui s'est fixé l'objectif ambitieux de penser la violence. La violence est-elle expression de la pulsion de mort ou essence de la pulsion de vie ? Déliaison mortifère ou rupture laissant augurer un nouvel équilibre, une nouvelle naissance ? Sommes-nous, comme l'exprime Daniel Rosé « des êtres foncièrement ambigus, capables du meilleur comme du pire », mais qui « sans cette folie interne » qui les caractérise, « n'entreprendraient pas grand-chose sur cette terre » ? Les auteurs, de formations et d'horizons professionnels divers, livrent à notre réflexion leurs élaborations théoriques, leurs expériences cliniques ou tout simplement leurs témoignages pour tenter de dépasser les clichés habituels sur la violence du monde et permettre une réelle mise à distance constructive.
Considérée sous l'angle de ses grands axes, on peut reconnaître à l'adolescence trois versants : un versant biologique, c'est la période où se produit l'évolution pubertaire, un versant social du fait que le sujet se situe dans la perspective de la société adulte qu'il cherche à rejoindre, un versant qui traduit la personne en ses caractéristiques et ses particularités ; l'intégration pour un milieu donné s'opère selon des modalités variables suivant les individus. Quel est le rôle de ces trois catégories de facteurs ? Ce livre s'efforce d'apporter une réponse à cette interrogation. Le principal instrument de ces investigations a été un questionnaire administré dans le cadre scolaire à des jeunes des deux sexes, d'extraction sociale variée, dont l'âge s'échelonne de quatorze à dix-sept ans. L'éventail scolaire s'étend des collèges d'enseignement technique aux classes terminales de lycées, en passant par les collèges d'enseignement secondaire. L'échantillonnage comporte également un groupe d'apprentis d'une grande administration privée, qui ont abandonné leurs études à l'âge de quatorze-quinze ans. « Il faudrait écrire un livre avec des passages de devoirs d'élèves et le faire lire à tous les parents. Je crois qu'ils comprendraient alors notre cas, bien que ce soit difficile pour eux. » Ce livre qui donne la parole à plus de 1 300 adolescents répond à ce souhait de l'un d'eux et jette un éclairage singulier sur les hésitations et les perplexités de cette période où déferlent et s'entrecroisent tendances, appétits, sentiments qui remettent en question les conduites, les croyances et les attachements antérieurs. Cet ouvrage s'inscrit dans la ligne des nombreux travaux que le Docteur Jacques Burstin, avec un remarquable sens de l'analyse, a consacrés à l'adolescence et à ses problèmes : la difficile et vitale insertion des adolescents dans le monde des adultes.
D'ici l'an 2000, un Français sur deux risque d'avoir été délinquant. Est-ce à dire que l'autre moitié aura été victime ? Ce calcul projeté vers notre futur opère tel un dévoilement en forme d'avertissement : notre société risque de connaître sa dernière cassure, une division ultime entre l'Un et l'Autre, l'Agresseur et sa Victime, tous deux aussi menaçants car étrangers l'un pour l'autre. Entre ces étrangers il est urgent de réinventer des truchements. Comment l'aide en faveur des victimes d'infractions s'est-elle concrétisée sur le terrain suite à l'adoption par le Parlement de la Loi du 8 juillet 1983 ? Des bénévoles et des professionnels regroupés dans une de ces associations (Accord, Strasbourg) ont mis en commun leurs énergies pour réinventer d'autres formes d'accueil et d'écoute. Certains d'entre eux se sont donné les moyens d'un recul théorique pour décrire cet itinéraire fait de synergies. Les conciliations auxquelles ils ont participé sont la réalisation la plus aboutie de cette démarche en aidant le délinquant et la victime, qui tous deux ont un compte à régler avec la violence, chacun d'un autre versant de la souffrance. Ils ont fait ensemble le pari d'une autre rencontre, tout en reconnaissant la spécificité de chacun. Cette démarche ici n'est possible qu'en articulant les différences dans une nouvelle attitude transversale dont l'enjeu est de faire émerger des attitudes de solidarité plus globale pour aider à la reconstitution d'un tissu social déchiré.
Suite à une journée d'études tenue sous les auspices de l'Association régionale de criminologie d'Aquitaine, cet ouvrage fait apparaître les rôles de l'évaluation dans la pratique médicale et du travail social.
Nourri de l'expérience et de la réflexion d'un certain nombre d'éducateurs et de thérapeutes, l'ouvrage que voici tend à cerner un aspect particulier de la réciprocité des personnes et des institutions dans l'action clinique. La tâche d'accompagner et, au besoin, de soigner des sujets en difficulté - adolescents ou adultes, enfants en rupture familiale, jeunes enfants, personnes âgées en détresse, couples ou familles en crise - rend en effet nécessaire le recours à certaines formes spécifiques de coexistence liées à la vie en groupes. On serait ainsi enclin à se montrer inattentif au caractère inéluctablement pathogène du fonctionnement institutionnel, comme d'autre part à l'effet toujours en quelque mesure iatrogène du « traitement » des difficultés de vivre. L'institution contamine ainsi ceux qui y trouvent accueil et aide, comme inversement l'état psychique des « clients » déteint sur l'atmosphère et la réalité institutionnelle des pratiques thérapeutiques. De tout ceci, ce livre présente, à la suite des premières Rencontres strasbourgeoises ayant pour domaine l'éducation et la psychothérapie, un ensemble de témoignages et d'interrogations. Allant des incertitudes de la communication au souci de la prévention, des alternatives aux perspectives évolutives, ces textes renouvellent notre approche du rôle thérapeutique des institutions.
La maltraitance : en l'espace de quelques années, ce néologisme s'est imposé au point de devenir un mot courant. Il n'est plus question de parler de l'enfant, de l'éducation, des rapports entre adultes et enfants sans l'évoquer. Est-ce à dire qu'il y aurait aujourd'hui plus d'enfants en danger qu'auparavant ? Ce n'est pas certain. Mais il y a bien un phénomène nouveau que le présent ouvrage explore. Le regard porté sur l'enfant et la famille s'est radicalement modifié. Un soupçon a priori pèse désormais sur les familles et plus largement sur tous les adultes en charge de l'enfant. La notion de maltraitance induit une continuité entre le mal-être de l'enfant et le danger, entre les contraintes inhérentes à toute éducation et la violence qui détruit et déstructure. Ainsi l'idée que l'enfance est une « espèce en danger » conduit à repenser à la fois les pratiques éducatives, la vie sociale des enfants mais aussi l'organisation de la vie familiale et son intimité. Les auteurs montrent ici que l'émergence de cette nouvelle catégorie « enfant maltraité » a des conséquences qui vont bien au-delà de la prise en compte de la souffrance individuelle : en jetant un éclairage nouveau sur l'enfant et sa famille, elle affecte le lien social et le savoir-vivre entre les générations.
Pourquoi certains enfants, en dépit des carences, des abandons, des agressions, des traumatismes qu'ils ont subis, résistent-ils ? Quelles sont les forces, les capacités qu'ils mettent en oeuvre pour affronter les situations difficiles de leur vie ? Comment se construisent-ils malgré tout ? Le concept de résilience, emprunté à la physique où il décrit la capacité des matériaux à retrouver leur forme originale après avoir subi des déformations par pression, traduit cette part de liberté dans le mode de réaction adaptative de ces enfants. La résilience n'est pas un vaccin contre la souffrance mais une démarche personnelle qui restaure l'estime de soi. C'est aussi une façon positive et réaliste de prendre en charge les victimes, qui peut servir de base à une prévention réelle des séquelles immédiates et à long terme de situations traumatiques. Les auteurs de cet ouvrage proposent leurs réflexions et leurs expériences sur cette façon originale d'aborder la souffrance, et ouvrent des perspectives d'intervention renouvelées à ceux qui s'occupent des enfants et des victimes.
Fernand Deligny est considéré comme l'un des pionniers de l'éducation spécialisée. Pendant des années, après avoir connu un certain succès dans le milieu éducatif qu'il bouscula, il fut oublié. Disparu en septembre 1996, la profession s'est remise à parler de lui, de ses intuitions, de ses révoltes. L'objectif de cet ouvrage est de le présenter, de l'interroger et de le donner à lire.
La majorité des autistes souffrent d'un handicap global sévère du développement, et la déficience mentale qui y est associée est, le plus souvent, profonde. Faible compréhension, communication réduite ou nulle, retard important de la motricité générale et de la motricité fine, déglutition primaire, anomalies de la vision, troubles du comportement : les problèmes sont si importants, si multiples et si spécifiques qu'on pourrait être tenté de baisser les bras. Par où commencer pour aider l'enfant autiste en souffrance, pour aider sa famille dépassée par les difficultés, pour aider tous ceux qui doivent l'accompagner quotidiennement ? Gloria Laxer propose dans cet ouvrage une approche globale et pluridisciplinaire qui prend en compte l'ensemble des problèmes mais aussi les aptitudes, aussi minimes soient-elles, de chaque enfant pour définir un programme éducatif efficace. Elle donne très concrètement des repères, des éléments d'évaluation, des outils de travail pour qu'éducateurs, rééducateurs et famille, en coopération étroite, puissent offrir à chaque autiste un milieu respectueux de lui-même et capable de l'aider à développer son autonomie.
C'est par son corps, son tonus, ses gestes, ses mimiques, que le jeune enfant communique avec son entourage humain. C'est par son corps, ses gestes, ses mouvements qu'il explore son environnement physique, qu'il éprouve les lois de la pesanteur, qu'il joue avec l'espace et les objets à sa disposition. Relationnelle et expressive, sa motricité est un élément important dans la construction de sa personnalité. Entre ce qui est culturellement permis, ce qu'il s'autorise lui-même à faire, ce qui est valorisé ou au contraire proscrit, l'enfant peu à peu crée son rapport au monde et sa propre harmonie interne. Le thème de cet ouvrage a mobilisé un groupe bordelais pluridisciplinaire dont les membres, dans une dynamique partenariale, ont engagé leurs institutions respectives (Université, municipalités, Centre national de la fonction publique territoriale, Caisse d'allocations familiales, Éducation nationale, Fonds d'action sociale, Direction régionale de l'action culturelle, Protection maternelle et infantile) dans un projet d'éveil culturel du jeune enfant. Aux actions concrètes sur le terrain sous forme de formations professionnelles, d'animations pour les enfants et leurs parents, ce livre fait écho, en proposant des supports de réflexion. Artistes, chercheurs, professionnels de la petite enfance, enseignants, universitaires viennent ici soutenir les acteurs du quotidien dans leurs efforts pour offrir à chaque enfant, dans les différents lieux d'accueil, un espace créatif pour le jeu et le rêve, ouvert sur la culture et l'histoire de chacun.