Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07160.jsonl.gz/978

Le baron de Lajus s’établissait au Carbet en 1774 en rachetant une habitation dotée d’une petite sucrerie, fonctionnant avec un moulin à eau datant de 1670. En 1902, l’Habitation Lajus échappe à l’éruption de la Montagne Pelée, et fait l’objet d’une saisie immobilière.
Jacques Bally, Ingénieur des Arts et Manufactures de Paris, la rachète en 1917. Il rebâtit l’habitation et rassemble les terres morcelées. Il construit lui-même une nouvelle colonne à distiller, installe une machine à vapeur et en perfectionne l’équipement. Il s’agrandit en 1925 en acquérant les terres de Dariste.
Inspiré par les techniques traditionnelles de production de Cognac et de liqueur, il fut un des premiers à envisager de laisser vieillir le rhum en fûts sur place. Le rhum de la plantation se fait rapidement une place sur le marché local.
Mais la crise des années trente menace Bally. Jacques mise alors tout sur la qualité et le potentiel commercial des rhums vieux, qui connaissent un vif succès. Visionnaire, il crée la bouteille triangulaire – puis carrée – qui a rendu son rhum célèbre dans le monde entier dès 1930.
Jean, le huitième des 10 enfants Bally, entre dans l’affaire à la fin de la seconde guerre, rejoint en 1954 par son neveu. Ensemble, ils améliorent la capacité de broyage de la distillerie et modernisent les installations. Au cours des années 1970, après un accord avec le Groupe Rémy Cointreau, la petite distillerie du Carbet cesse définitivement de fumer, mais on y maintient une partie du vieillissement.
En 1996, le Groupe prend le contrôle total de la marque — l’habitation Lajus restant propriété de la famille Bally.