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Coronavirus: L'aide d'urgence de l'EPER
Bien que le nombre de personnes infectées par le COVID-19 diminue fortement en Suisse, dans d’autres parties du monde, la pandémie perdure. A l’échelle mondiale, le nombre de cas est en augmentation et le virus tue plusieurs milliers de personnes chaque jour.
Dans les pays où le nombre de personnes malades diminue, la crise sanitaire ne semble d’ailleurs pas être surmontée pour autant : les répercussions économiques et sociales à long terme de la pandémie, parfois catastrophiques, se font de plus en plus sentir. En Suisse et dans les autres pays où elle est présente, l’EPER adapte ses projets aux besoins actuels des personnes particulièrement défavorisées. L’organisation poursuit son aide d’urgence là où cela est nécessaire.
Au Brésil aussi, le nombre de cas de COVID-19 augmente à une vitesse fulgurante. Les villes de Rio de Janeiro et de São Paulo, où les établissements de santé étaient déjà surchargés avant la crise, sont particulièrement touchées. Les premières victimes sont les groupes de la population vulnérables et marginalisés vivant dans les favelas (bidonvilles). Les indigènes sont également durement touchés par ce fléau : leur taux de mortalité est particulièrement élevé. Dans l’Etat de Bahia, l’EPER soutient une coopérative locale de paysans qui a décidé de modifier sa production pendant la crise sanitaire. Au lieu de produire du cachaça (alcool de canne à sucre), ils utilisent désormais l’alcool pour fabriquer du gel désinfectant, nécessaire de toute urgence. Plus de 1500 litres de désinfectant ont déjà été produits en collaboration avec l’Université publique du sud-ouest de Bahia, avant d’être distribués à des communautés rurales ou urbaines particulièrement vulnérables.
Dans plusieurs pays d’Europe de l’Est, comme la Serbie, la Roumanie, l’Ukraine et la Moldavie, les services de soins à domicile de l’EPER pour les personnes âgées vivant dans des régions reculées se poursuivent. Suite à l’éclatement de la pandémie, le personnel soignant reçoit des équipements de protection supplémentaires tels que des gants, des masques et des désinfectants. En Serbie, l’EPER avait obtenu une autorisation spéciale de l’Etat pour continuer à dispenser ses soins médicaux à domicile en dépit du couvre-feu, quand il était encore en vigueur. En Moldavie, les personnes âgées souffrent parfois beaucoup de l’isolement ou deviennent anxieuses en raison de la pandémie. L’EPER les met en relation avec une psychologue formée, qui leur donne des consultations par téléphone.
Toutes ces prestations soulagent les médecins et le personnel hospitalier, qui sont soumis à une forte pression en raison de l’augmentation rapide des cas de coronavirus.
En Europe du Sud-Est, l’EPER soutient des familles roms dont l’existence est menacée. Car suite à la pandémie, bon nombre de Roms se sont retrouvés dans une situation critique du jour au lendemain. En effet, ils ne peuvent plus exercer leurs petits boulots informels, par exemple de chiffonnier ou de vendeur des rues. Qui plus est, la plupart d’entre eux n’ont rien pu mettre de côté. Au Kosovo, l’organisation Voice of Roma, Ashkali and Egyptians (VoRAE), partenaire de longue date de l’EPER, a fourni un travail de plaidoyer sans relâche auprès du gouvernement. Elle a obtenu qu’il soutienne financièrement les familles démunies, dont de nombreux Roms font partie : chaque famille a ainsi reçu 150 euros pour couvrir ses besoins les plus urgents.
L’EPER a distribué environ 6000 colis de denrées alimentaires et d’articles d’hygiène à des personnes âgées et des familles en situation de détresse – dont de nombreuses sont roms – dans sept communes de Voïvodine. A cause de la pandémie, les élèves ont manqué une bonne partie de leur année scolaire. Cet été, des « Summer Schools » sont donc organisées pour les enfants roms qui n’ont pas bénéficié du soutien nécessaire de la part de leurs parents pendant « l’école à la maison ». Ils ont ainsi l’occasion de rattraper leur retard.
En Suisse, la pandémie de corona a beaucoup affecté les projets de l’EPER. L’EPER s’est efforcée de les adapter afin qu’ils puissent se poursuivre. Les personnes vulnérables en manque de réseau social ont ainsi continué à bénéficier d’un soutien et d’une structure hebdomadaire. Pendant le confinement, les consultations et cours de langue se sont par exemple déroulés en ligne. Les bureaux régionaux ont également mis en place en deux temps trois mouvements des offres d’information et de soutien qui étaient essentielles en cette période d’isolement social.
Suite à l’assouplissement progressif des mesures du Conseil fédéral liées au coronavirus, le besoin pour certaines de ces offres d’aide d’urgence a largement reculé. L’EPER a donc suspendu sa ligne d’assistance téléphonique pour les personnes migrantes (Helpline corona) dès mi-juin. Si nous devions assister à une deuxième vague d’infections en automne, comme certain.e.s épidémiologistes le prédisent, et revivre un confinement au moins partiel, l’EPER étudiera soigneusement la possibilité de relancer cette offre.
Parallèlement, les répercussions économiques de la pandémie se font de plus en plus sentir. Les personnes les plus vulnérables qui vivaient déjà dans une situation précaire avant la crise sanitaire en sont les premières victimes. Les projets de l’EPER destinés à soutenir à long terme les personnes particulièrement touchées par les répercussions sociales et économiques de la pandémie sont poursuivis. L’EPER est d’ailleurs soutenue par la Chaîne du Bonheur pour ces projets.
Dans le canton de Genève, les collaboratrices et les collaborateurs du projet de l’EPER « Permanences volantes » (conseil pour les personnes migrantes) reçoivent chaque jour plus de 100 appels de personnes sans papiers, réfugiées et migrantes désespérées. Bon nombre d’entre elles travaillaient comme employé.e.s domestiques avant la crise et ont perdu leur job et leur revenu depuis le confinement. A l’autre bout du fil, l’équipe de l’EPER informe ses interlocuteurs en différentes langues sur leurs droits en tant qu’employé.e.s et les renvoient vers des offres d’aide existantes. Enfin, l’EPER distribue des colis du cœur aux personnes démunies, sous forme de bons d’achat alimentaire.
Dans le canton de Vaud, le service Chèques-emploi, qui donne notamment des conseils juridiques aux employé.e.s domestiques, reçoit également de nombreux appels depuis le début de la pandémie. Les personnes travaillant dans l’économie domestique sont dans l’insécurité quant à leur situation professionnelle et leurs moyens de subsistance. Pendant le confinement, leur situation s’est de nouveau détériorée. Chèques-emploi informe les employé.e.s domestiques sur leurs droits et sur les devoirs des employeurs. L’EPER s’engage également sur la scène politique aux côtés des syndicats UNIA et SSP pour que les employé.e.s domestiques bénéficient de prestations d’aide publique.
En collaboration avec le canton de Vaud et l’Université de Lausanne, l’antenne de l’EPER en Suisse romande a créé CoronaNEWS, une série de vidéos hebdomadaires en différentes langues. Elles informent les personnes migrantes des décisions et directives des autorités fédérales en lien avec la pandémie.
Juste après la fermeture des écoles en mars, l’EPER a lancé un projet d’aide à l’apprentissage par chat vidéo afin de soutenir les familles socialement défavorisées dans les régions de Berne et de Suisse orientale. Depuis, chaque région compte une trentaine de tandems composés de bénévoles et d’élèves d’école primaire que les parents n’arrivent pas vraiment à aider dans leurs devoirs pour plusieurs raisons, notamment la barrière de la langue. Ces tandems se retrouvent deux à trois fois par semaine via WhatsApp (vidéo) pour l’aide aux devoirs.
Ce projet d’aide à l’apprentissage s’arrêtera au moment des vacances d’été. En Suisse orientale, il pourrait toutefois se poursuivre en automne 2020.