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Description
Sous la plume d’auteurs d’horizons et de disciplines diverses, La fabrique des cultures engage une réflexion critique et historique sur trois décennies de pratiques (contre-) culturelles et sur la manière dont celles-ci sont parvenues non sans heurts à se faire une place dans la cité. C’est dans la foulée de Mai 68 et de l’explosion des formes nouvelles d’art et de vie auxquelles ce mouvement a donné lieu en Europe, que ces productions culturelles et sociales se sont constituées peu à peu en des contre-cultures originales, selon les besoins et les contextes locaux. Les exemples de ces phénomènes et des émeutes auxquelles ils ont donné lieu à Berlin, Amsterdam, Paris ou Barcelone sont connus. Genève semble avoir ceci de particulier qu’elle a pu négocier avec sa contre-culture, sans entrer dans des rapports de force aussi violents. Quelles ont été les étapes de ces négociations, dans quel contexte politique ?
Les articles réunis dans ce volume constituent le point de départ d’un vaste projet de recherche interdisciplinaire et comparatif sur les relations entre le politique et le culturel dans la contestation organisée. Ce projet, présenté ici sous une forme succinte, voudrait attirer l’attention d’un vaste public sur la complexité des mouvements contestataires et sur leur signification non seulement culturelle, mais aussi politique et sociale à plus long terme, que le regard se porte sur le passé ou l’avenir.
Les auteurs analysent la signification politico-culturelle de la notion d’alternative dans les années 70, en rupture avec le statu quo, et son évolution jusqu’à la fin des années 90. Ils abordent le domaine culturel comme un domaine spécifique ou plus visible de la contestation. Dès les années 70, celle-ci s’incarne avant tout dans des manifestations musicales et théâtrales, et dans la presse alternative. On pourra suivre dans le détail la vie d’un mensuel contestataire disparu et l’évolution de deux expériences culturelles au fil des années, les avatars de troupes et de groupes désormais subventionnés mais autogérés.
La vie associative, multiforme, a elle aussi évolué durant les années de contestation. C’est à travers le mouvement des squats que ce versant associatif de la contre-culture est analysé. Il illustre à sa manière l’histoire des négociations entre pouvoir politique et associations de même qu’il annonce les nouvelles formes de la contestation. En contrepoint, un témoignage et trois entretiens mettent en scène ou en perspective ce que nous aurions tort de classer comme un simple » patrimoine » culturel.
On verra apparaître en filigrane tout au long de ce volume d’Equinoxe les domaines connexes du social et du politique dans l’émergence d’une culture globalisée ou plutôt glocalisée.