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La meilleure façon de reconnaître le gypaète barbu est de l’observer en vol, où il se distingue par sa longue queue cunéiforme (en forme de coin). Il doit son nom à la touffe de plumes située sous son bec, qui ressemble à une barbe.
Le plumage du ventre et du cou est normalement blanc, mais couleur rouille chez les individus vivant à l’état sauvage. Cette coloration est due aux bains de boue que prennent les rapaces dans les marais de montagne, où l’eau contient beaucoup de fer.
Le gypaète barbu a des goûts alimentaires très spéciaux: il se nourrit essentiellement d’os d’animaux morts, qui contiennent les protéines, les matières grasses et les autres substances dont il a besoin pour vivre. Aucun concurrent ne lui dispute cette pitance dans la mesure où il est le seul à pouvoir la digérer.
Lorsque les os sont trop gros, le gypaète les laisse tomber d’une hauteur de 50 à 80 mètres sur des pierres où ils viennent se fracasser. Le rapace, qui avait disparu du territoire suisse pendant longtemps, a été progressivement réintroduit depuis 1991. Une opération qui demande beaucoup de travail: les jeunes oiseaux qui sont lâchés sont équipés de petits émetteurs permettant de suivre leurs pérégrinations.
Les volatiles s’étant bien reproduits, on estime aujourd’hui que 60 à 80 gypaètes barbus vivent à l’état sauvage en Suisse, principalement en Valais et en Engadine.
Heureusement, le gypaète barbu n’a quasiment aucun ennemi. S’il arrive qu’un aigle l’attaque et lui inflige des blessures graves voire mortelles, cela se produit très rarement.
L’homme représente pour lui un danger bien plus important: les braconniers lui tirent dessus bien que cela soit interdit, et il entre quelquefois en collision avec des câbles électriques ou des installations éoliennes… De même, les photographes le dérangent lorsqu’il est en train de couver. Par ailleurs, le gypaète barbu se nourrit de charognes contenant parfois des balles. Si l’oiseau en avale une, il peut mourir empoisonné.
Auteur: Yvette Hettinger
Illustrations: Bunterhund,