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ZERO FUN
Grégoire Bolay & Mathieu Dafflon
January 16 – February 27, 2016
Opening: Friday January 15th, 6pm
Curator: Sébastien Peter
English
Among the main emerging artists active in the field of painting in Romandy, Mathieu Dafflon and Grégorie Bolay developed styles that could be qualified as opposite. Whereas big canvases, in the wake of hyperrealism and appropriation, characterize the production of Mathieu Dafflon, Grégoire Bolay deepens the installative approach of small format paintings, working mainly with a wide variety of shaped canvases. Through these, he explores issues related to amateur and vernacular aesthetics, which he integrates in his own production with a highly controlled clumsiness.
The first collaboration between these two artists, Zero Fun consists of a monumental picture, divided in two sections, inscribed in the exhibition space as an installation. This work is produced following a set of rules established previously by the artists. Each one will produce respectively the background of a first segment and, in a second step, the various trompe-l’oeil paintings scattered on the foreground. The processes take place simultaneously, as each artist works separately in his own studio, in Geneva and Lausanne respectively, exchanging the canvas segments thereafter.
Zero Fun is thus a piece of research on the concept of consensus, based on arbitrary parameters, apt to contrast the deceptive exhaustion involved in the process of migration and reproduction of images. Comparable to the «Preziosenwand», the canvases depicting entire collections of paintings developed during the Flemish Baroque, Mathieu Dafflon and Grégorire Bolay create a pictorial palimpsest, destabilizing the exhibition space. With the multiplication of hands, Zero Fun appears as a cooperative game in which strategies mix up to develop a precarious equilibrium. It is not, in contrast to chess, a zero sum game, but rather an uncontrolled multiplication of approaches, opening spaces for a wild hermeneutic. Zero Fun tends towards a painting of excess and an optical jouissance, which, in its loss of control and research of amazement, renew its bind with the playful qualities of the pictorial process.
Francais
Parmi les principaux artistes émergents actifs dans le domaine de la peinture en Suisse romande, Mathieu Dafflon et Grégorie Bolay se démarquent par des styles que l’on pourrait qualifier d’opposés. Si la production de Mathieu Dafflon se caractérise par ses grandes toiles réalisées dans le sillon de l’hyperréalisme et de l’appropriation, Grégoire Bolay, quant à lui, travaille principalement autour de l’usage installatif de petits formats, où priment les shape canvases aux formes les plus diverses. Ces dernières sont autant d’explorations dans les domaines de la peinture d’amateur, vernaculaire ou encore des esthétiques populaires, appréhendés avec une maladresse fort maîtrisée.
Première collaboration entre les deux artistes, Zero Fun se compose d’une toile monumentale, en deux volets, s’inscrivant dans l’espace telle une installation. L’œuvre est réalisée en suivant une série de règles établies au préalable par les deux artistes. Ainsi, chacun a respectivement réalisé l’arrière plan d’un premier volet et les nombreux tableaux en trompe-l’œil agencés au premier plan du volet suivant. Ce processus s’opère simultanément, chaque partie étant créée séparément par les artistes, dans leurs ateliers de Genève et Lausanne, et échangée par la suite.
Zero Fun est donc une recherche autour du concept de consensus, organisée autour de paramètres arbitraires aptes à contrecarrer l’épuisement déceptif qui guette au marges des procédés de reproduction et de migration d’images. Dans la tradition des « Preziosenwand » du baroque flamand, ces peintures représentant des collections entières de tableaux, Mathieu Dafflon et Grégorie Bolay ont produit un palimpseste pictural, où l’espace d’exposition bascule. Alors que les mains se multiplient, Zero Fun s’affiche comme un jeu de coopération, où les stratégies s’entremêlent pour atteindre un équilibre précaire. Il ne s’agit point, comme dans les échecs, d’un jeu à somme nulle, mais plutôt d’une multiplication incontrôlée des points d’approches, favorisant une herméneutique sauvage. Zero Fun déploie ainsi une peinture de l’excès et de la jouissance optique, laquelle, dans la perte de contrôle et la recherche de surprises, renoue avec les racines ludiques du processus pictural.