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Fausta Borsani
Notre système hormonal ressemble à un bon vieux bureau de poste où les
messages étaient écrits sur du papier, mis dans une enveloppe et
apportés à leur destination par le facteur. Dans notre système hormonal,
les lettres sont écrites sous forme de molécules chimiques ou
d’hormones par les glandes, par exemple par la thyroïde ou le pancréas.
Emballés dans des enveloppes de protéines de transport, les hormones
sont livrées au «facteur», le sang.
Il y a plus de 1000 hormones différentes. Notre système hormonal ressemble à un bon vieux bureau de poste où les messages étaient écrits sur du papier, mis dans une enveloppe et apportés à leur destination par le facteur. Dans notre système hormonal, les lettres sont écrites sous forme de molécules chimiques ou d’hormones par les glandes, par exemple par la thyroïde ou le pancréas. Emballés dans des enveloppes de protéines de transport, les hormones sont livrées au «facteur», le sang Les plus connues sont sans doute l’insuline produite par le pancréas et responsable du taux de sucre dans le sang, et les hormones sexuelles féminines ou œstrogènes des ovaires. Pour certaines hormones, il suffit d’une concentration d’un seul picogramme par litre de sang (10-12 gramme par litre) pour déclencher une réaction corporelle[1]. Cette concentration correspond à une goutte dans tout le Lac de Neuchâtel[2]. Pas surprenant donc que la moindre quantité de substances toxiques suffise à perturber la production hormonale dans les glandes. De tels perturbateurs sont appelés «perturbateurs endocriniens»[3]. Ils peuvent nuire à notre système hormonal de différentes manières: ils inhibent la production d’hormones dans les glandes et bloquent les protéines pour le transport dans le sang. Il existe des perturbateurs endocriniens qui désorientent les récepteurs hormonaux dans les organes récepteurs, et il y en a qui agissent eux-mêmes comme des hormones et provoquent une avalanche de fausses commandes dans les organes[4]. Pas simple d’identifier leurs modes d’action!
Cette difficulté est la raison pour laquelle les scitenifiques ont commencé à examiner les perturbateurs endocriniens plus en détail il y a seulement quelques décennies. Pour les processus d’homologation européens concernant les produits phytosanitaires, les directives pour identifier les effets de telles substances n’existent que depuis mi 2018[5]. Et ne sont révélés que progressivement combien de nombreux vieux pesticides jamais examinés de plus près sont de dangereux perturbateurs endocriniens. Par exemple, le fongicide mancozèbe, qui a été homologué déjà en 1948 en tant que fongicide à large spectre pour l’agriculture et le jardinage, est un vrai dinosaure parmi les pesticides de synthèse! D’après les statistiques de vente de l’Office fédéral de l’agriculture, 68 tonnes de mancozèbe sont utilisés chaque année dans l’environnement par l’agriculture conventionnelle suisse, surtout dans les champs de pommes de terre. Il a été prouvé depuis des années que cette substance est un perturbateur endocrinien qui porte atteinte aux ovules féminins[6] et entrave la production d’hormones thyroïdiennes[7]. Au printemps 2019, l’Agence européenne des produits chimiques a classé le mancozèbe dans la deuxième catégorie la plus élevée 1B des substances toxiques pour la reproduction et a même discuté de son inscription de la catégorie la plus élevée 1A[8]. De telles substances actives ne devraient plus être autorisées comme produit phytosanitaire dans le droit actuel[9]. Il est urgent d’agir en Suisse et dans l’UE pour interdire cette substance..
Cet article a été rédigé en collaboration avec un spécialiste médical.
À suivre.
[2] 1 goutte = 0,015 g; 1 ml = 66 gouttes; volume de 1012 gouttes: 1012 : 66 = 0,17 x 1011 ml; cela correspond à: 0,17 x 102 km3, soit un volume de 17 km3. Le volume du Lac de Neuchâtel s’élève à env. 14 km3 (https://de.wikipedia.org/wiki/Liste_der_grössten_Seen_in_der_Schweiz).
[3] endocrine = sécrété directement dans la circulation sanguine; perturbateur = destructeur / intercepteur.
[4] European Commission, What are endocrine disruptors? (https://ec.europa.eu/environment/chemicals/endocrine/definitions/endodis_en.htm).
[5] ECHA/EFSA, Guidance for the identification of endocrine disruptors in the context of Regulations (EU) No 528/2012 and (EC) No 1107/2009, 18. Juni 2018 (https://www.efsa.europa.eu/en/efsajournal/pub/5311).
[6] Cecconi et al, The effects of the endocrine disruptors dithiocarbamates on the mammalian ovary with particular regard to mancozeb, in: Curr Pharm Des. 2007;13(29):2989-3004 (https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/17979742/).
[8] ECHA, Committee for Risk Assessment RAC Opinion proposing harmonised classification and labelling at EU level of mancozeb (ISO); manganese ethylenebis(dithiocarbamate) (polymeric) complex with zinc salt EC Number, März 2019 (https://echa.europa.eu/documents/10162/6ea48bca-63ef-2999-1f1f-4ac1278d7b60).
[9] Annexe II, chiffres 3.6.2 à 3.6.4 du règlement EU concernant la mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques et Ordonnance suisse sur les produits phytosanitaires