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Michael Lauber deviendra-t-il le 13e Procureur général permanent de la Confédération ? La Commission juridique du Parlement fédéral le propose à l’unanimité
A 46 ans, Michael Lauber est avocat et sans parti. Il sera juge d’instruction dans le canton de Berne, responsable de la lutte contre le crime organisé à l’Office fédéral de la police, président de l’Autorité de surveillance des marchés financiers au Liechtenstein. C’est désormais le Parlement, non le Gouvernement, qui élit le Procureur. L’élection est pour le 28 septembre.
La candidature de Michael Lauber confirme le renforcement de la mission du Procureur contre la criminalité économique. Ce tournant s’esquisse lors du passage de la Tessinoise Carla de Ponte (1994-1999). Ses deux successeurs souffrent. Valentin Roschacher (2000-2006) entre en conflit avec le Conseiller fédéral Christoph Blocher, ex-chef de Justice et Police, et s’en va. Erwin Beyeler (2007-2011) n’est pas réélu par le Parlement. Avant Carla del Ponte, le Procureur était plutôt spécialisé dans les tâches classiques de protection de l’Etat, de lutte contre les extrémistes. La fin de la guerre froide en modifie le profil.
Avec l’élection par le Parlement, le Procureur gagne en légitimité démocratique. Il se rapproche des Juges et des Conseillers fédéraux. Ce Procureur est davantage surveillé. Le Parlement, lui, devient moins prévisible. Il lui arrive de ne plus réélire automatiquement. Cela peut arriver à des Conseillers fédéraux (ex : Ruth Metzler en 2003, Christoph Blocher en 2007) comme à un Procureur (Erwin Beyeler en 2011). Michael Lauber prend un risque.