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Cette citation du philosophe danois Kierkegaard illustre une question bien connue dans la recherche en prospective : nous agissons dans l'espoir de conséquences spécifiques (vision "prospective"), mais lorsque nous regardons le passé (vision "rétrospective"), nous y découvrons des causes qui sont souvent étrangères à nos propres actions.
Ces deux orientations mettent en œuvre des logiques opposées, situées à des moments différents du temps et de l'espace – de sorte que la vision prospective et rétrospective sont inconciliables.
Ceci explique à son tour pourquoi les effets de nos actions ne sont souvent pas conformes à nos attentes initiales.
Les sciences prospectives offrent néanmoins quelques outils visant à remédier à cet état de fait.
L'approche "backcasting" en est probablement le meilleur exemple.
Comme son nom l'indique, elle consiste à travailler "à rebours" à partir d'un futur souhaité afin d'en identifier les causes majeures (en termes d'événements et de processus), qui dessinent alors plusieurs scénarios possibles, soit plusieurs chemins possibles, pour atteindre le futur desiré.
Etant donné que nous adoptons intuitivement une vision prospective, cette approche se concentrant sur une vision rétrospective, moins intuitive, réconcilie les deux points de vue. À partir de là, on peut développer une vue d'ensemble des enjeux et des forces en présence sur le chemin de l'avenir désiré.
Le backcasting rappelle aux participants que l'avenir n'est pas linéaire et qu'il peut avoir de nombreuses conséquences différentes en fonction des décisions prises et de l'impact des événements extérieurs sur une organisation. – Raphael Popper