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|Le MOULIN D'ISSERT est construit sur deux blocs erratiques, situé sur la rive gauche de la Dranse, en amont du village d'Issert.

Il est composé de trois moulins: 1. le Moulin d'amont; 2. Le Moulin du Milieu (sur la trémie on y peut lire la date de 1874 qui n'est pas la date d'origine, un manuscrit antérieur daté de 1633 fait foi); 3. le Moulin d'aval.
Un espace de 40 cm sépare chaque moulin. Les meules sont posées sur deux poutres supportées par un carrelet. La garniture en bois autour des meules sert à recueillir la farine.
Grâce à un système de canalisation et de déviation, l'eau détournée du torrent de la Dranse transmet sa force aux mécanismes, (un bisse puis des boisseaux de bois). La puissance de l'eau permet de faire tourner deux moulins au maximum, pendant ce temps, le troisième était au repos. Quatorze pales permettent à la roue de tourner.
La capacité actuelle du moulin en 7 heures est de 50 kg. On peut y moudre le seigle, le froment, l'épeautre. Le seigle et le froment sont récoltés au mois d'août, puis séchés dans les raccards.
Une sonnette d'alarme avertissait quand la trémie était vide. Les arches renfermaient le grain que le meunier avait prélevé pour son salaire (1 à 2 par sac de grains). Plus tard, une certaine somme d'argent s'est substituée à ce mode de paiement. Un tamis allongé en soie servait à tamiser la farine. Le meunier travaillait toute l'année, allait lui-même chercher le grain et ramener la farine. Il
vivait dans une pièce contiguë qui lui servait de chambre à coucher. de cuisine et d'atelier de travail. Une romaine, petit fourneau à bois lui permettait de se chauffer et d'apprêter ses repas- La chambrette possédait en outre une table, une chaise, un lit à tiroirs de dimension exiguë, un établi de menuisier. Dans une armoire, un petit orifice ouvert sur l'extérieur, permettait au meunier de chasser le renard.
Pendant l'hiver, pour éviter la formation de glace sur les pales, le moulin tournait jour et nuit. Son bon fonctionnement évitait que les dérangements ne provoquent une usure irrégulière des pierres. Quand celles-ci devenaient trop lisses, le meunier bouchardait les meules Pour leur redonner la rugosité indispensable qu'impose une mouture de qualité. Au Moulin d'Issert.
En hiver, autrefois, dans l'air du raccard, le bruit sourd des fléaux retentissait en cadence. Le grain extrait était vanné, puis mis en sacs et amené aux moulins ou conservé dans les coffres du grenier construit de façon si particulière (4 à 8 piliers coiffés à leur partie supérieure de pierres plates interdisant aux rongueurs l'accès aux raccards), supportaient la construction de bois- A l'époque, le pain de seigle qui se conservait longtemps était la nourriture de base de la famille.
« Muets sur le régime normal des eaux, les documents médiévaux relèvent souvent les dégâts causés aux moulins par de brusques crues. L'une d'elles ravage en 1285 ou en 1286 toutes les machines installées à Issert, à Orsières et à la Duay» (p. 82) «On dépense en 1298-1299 18 sous pour l'achat et l'installation de deux meules achetées à la Molière de Liddes et mises en place au Moulin d'lssert. S'y ajoutent 5 sous pour le transport» (p. 429 note 255 P. Dubuis, une économie alpine à la fin du Moyen-Age, Orsières, l'Entremont et les régions voisines)».
L'ancien acte de propriété rédigé en latin date de 1633. En 1906, Joseph Copt le fait traduire pour prouver son droit d'eau. Ce parchemin de 58 x 40 cm signé par Magenou, grand baillif du Valais de 1631 à 1637, confirme le droit d'eau, le 12 décembre 1633.
En 1930, une autre crue de la Dranse emporte une partie des moulins. Entre 1953 et 1955, la couche foulon a et(, donnée à l'Hôtel Edelweiss à La Fouly, elle s'y trouve encore.
Le carnet de l'Office fédéral des blés indique que les trois moulins ont fonctionné jusqu'en 1953.
Le 14 juin 1984, Adélaïde et Walter Oppikofer-Davoli, reçoivent de Maxime Davoli, époux de Marie, née Copt, le vieux moulin d'Issert pour le démolir.
M. Oppikofer déjà sensibilisé par les choses du passé voudrait bien conserver le vieux moulin. Il demande conseil à Ballenberg qui lui envoi, le Dr Herbert Brutch et M. Gähwiler. Ceux-ci lui conseillent de le rénover sur place et de s'adresser à la section de protection du patrimoine du Valais romand. M . Léonard Closuit lui conseille de s'adresser au Service des monuments historiques et de classer le moulin. M. Aymon, délégué pour la surveillance des travaux, fait établir des devis. Mais l'état de dégradation est tel qu'il est impossible d'établir une offre valable pour les postes de maçonnerie et de génie civil. Pour se rendre compte de l'état des murs, et déterminer l'ampleur des dégâts, il faut déblayer l'intérieur du bâtiment. La prise d'eau dans la Dranse est démolie, la meunière recouverte de matériaux, le chenal d'arrivée remblayé, des recherches de raccordement de conduites sont à entreprendre. En 1986, avec cette foi qui soulève les montagnes, toute la famille Oppikofer se met au travail.
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AUTRES LIENS SUR DES MOULINS DANS LE MONDE:
THE INTERNATIONAL MOLINOLOGICAL SOCIETY
MOULIN D'AUFFAY
ILE DE BREHAT: LE MOULIN A MAREE DU BIRLOT
THE SOCIETY FOT THE PRESERVATION OF OLD MILLS
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