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(Se) Revoir, repenser, re-contextualiser sont les actions mises en jeu dans ce programme qui reconsidère un aspect spécifique, historique, de la vidéo : le feedback, c’est à dire la possibilité de revoir immédiatement le matériau filmé. Cette possibilité, impensable avec la pellicule, a conféré à la vidéo une dimension réflexive et d’investigation nouvelle, révolutionnaire. En Italie en particulier, qui traverse dans les années 1970 une période d’intenses conflits politiques et sociaux, cet aspect a été approfondi et utilisé pour tenter d’établir un rapport différent entre sujet filmé et filmant, entre temps de filmage et de visionnage. Le feedback occupe notamment les réflexions de Cesare Zavattini* sur la vidéo alors émergente, qui ont été enregistrées puis insérées par Alberto Grifi dans le montage de La prima volta che Zavattini provò ad usare un videotape, film inédit qui constitue la partie centrale de ce programme. Ces séquences de l’entretien avec Zavattini, notations vidéo datant de 1974, intègrent le film de Grifi de 1993 après avoir été restaurées par l’auteur lui-même et agissent comme feedback, non pas sur un plan temporel d’immédiateté, mais cette fois sur un plan de réflexion historique. Faire ainsi revivre ces matériaux permet une ouverture, une participation,
une compréhension critique du présent.
* Nous avons la vidéo… Nous sommes heureux, dirais-je, d’avoir à notre disposition un instrument avec lequel… tu parles et tu te vois dedans immédiatement. En somme, il ne peut pas y avoir de cinéma en action plus évolué que celui-là. Mais la question qui se pose, voilà… qui déplace le problème vers d’autres exigences… […] c’est : à quoi ça sert ?
Commissaires : Annamaria Licciardello, Raphaël Cuomo et Maria Iorio