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L'Action pour une Suisse indépendante et neutre (ASIN) abandonne son initiative "Pour une Suisse neutre". L'organisation a cessé la récolte des signatures avec un compteur affichant 60'000 paraphes sur les 100'000 qui auraient dû être remis le 13 mars prochain.
Devant le peu d'enthousiasme des citoyens pour la thématique, l'ASIN a revu sa stratégie. Elle compte désormais concentrer ses moyens sur la défense de la démocratie directe et les relations avec l'Union européenne.
"Beaucoup de gens nous ont demandé pourquoi nous lancions une initiative sur ce sujet", explique Werner Gartenmann, directeur de l'organisation. "La majorité pense que la neutralité est assez bien protégée. Ce n'est pas notre avis, mais dans ce contexte, il était très difficile de récolter des signatures".
"Menaces aiguës" visées
L'ASIN n'a "pas beaucoup dépensé" depuis le lancement du texte en septembre 2011 avec un budget d'environ 150'000 francs, a ajouté M. Gartenmann. Mais pour obtenir les 40'000 paraphes manquants d'ici au mois de mars, il aurait fallu engager des moyens conséquents.
D'où la décision de se concentrer sur les "menaces aiguës" qui planent sur la Suisse. L'organisation souhaite ainsi poursuivre son "combat pour la démocratie directe", malgré l'échec essuyé en juin dernier lors de la votation concernant l'initiative sur les traités internationaux.
Le texte "Pour une Suisse neutre" proposait de limiter les missions de l'armée à l'étranger à l'aide en cas de catastrophe. L'ASIN estimait notamment que "le zèle en matière de politique extérieure et le ralliement militaire nuisent à la crédibilité et à la sécurité du pays".
Initiative retirée mais pas enterrée
L'ASIN assure toutefois qu'elle ressortira le texte "en cas d'infractions du Conseil fédéral ou du Parlement à la politique de neutralité".
Avec l'échec de cette initiative et celui du texte sur les traités internationaux, l'ASIN essuie son troisième revers cette année. L'organisation n'avait pas non plus réussi à récolter suffisamment de signatures pour le référendum contre les accords fiscaux.
ATS