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Le psychiatre américain John Pierrakos a réalisé de nombreuses études sur les blessures de l’âme, notamment le lien entre les blessures intérieures et l’apparence de l’homme. Il a distingué cinq types de blessures, dont le rejet, l’abandon, l’humiliation, la trahison et l’injustice. Les personnes qui souffrent de blessures d’injustice pensent qu’elles sont surtout appréciées pour leurs actes, plutôt que pour ce qu’elles sont. Débrouillardes et performantes, ces personnes souffrent pourtant d’un mal-être permanent.
Se créer le masque du rigide
La blessure de l’injustice apparaît à l’enfance, suite à l’attitude de parents sévères ou trop autoritaires. A l’âge de 4 à 6 ans, l’enfant prend conscience du fait qu’il est un être humain à part entière, avec ses propres caractéristiques physiques et psychiques. Pour lui, c’est injuste de ne pas pouvoir exprimer ses particularités et d’être lui-même. Ces blessures sont d’autant plus importantes avec le parent du même sexe, dont la froideur le fait souffrir. L’autoritarisme, la sévérité et les critiques trop fréquentes provoquent en lui de fortes douleurs intérieures. D’une manière générale, les parents qui ont cette attitude envers leurs enfants souffrent des mêmes blessures, dont l’origine remonterait également à leur enfance. L’enfant a peur de s’exprimer, et même de parler devant ses parents. Sa seule solution est de se créer un masque "de rigide". La conception de ce masque est une réaction « normale » pour mieux supporter l’injustice dont l’enfant fait objet. Se faire un masque de rigide consistera, pour l’enfant, à ignorer ses ressentis douloureux. Il se montre alors rigide et fort par ses comportements envers les autres. Tout en étant blessé et sensible intérieurement, il s’efforce de cacher ses émotions et de ne montrer aucune faiblesse devant les autres. En agissant ainsi, l’enfant croit qu’il n’est plus touché par toute forme d’injustice, et se montre froid et imperturbable.
Si les blessures de l’injustice ne sont pas guéries pendant l’enfance, la personne risque fort de les vivre encore dans sa vie d’adulte. Il aura les mêmes attitudes : éviter la blessure en bloquant ses sentiments, et montrer aux autres le masque de la rigidité. Souvent, face à une situation grave, il dira que tout va bien, et qu’il n’y a pas de problème. D’une apparence imperturbable, le rigide tente de tromper les autres, mais il va tout faire pour arranger la situation. En agissant ainsi, il devient perfectionniste et exigeant, et ce, envers lui-même et envers les autres. Dans toutes ses actions, il va s’assurer qu’il est digne et mérite ce qu'il a et ce qu’il reçoit. Recevoir un cadeau lui est souvent difficile, parce que pour lui, tout doit se mériter. Dans le cadre du travail, la personne souffrant d’une blessure d’injustice a tendance à vouloir tout faire elle-même, à s’assurer que tout soit parfait, quitte à devoir critiquer ses collaborateurs.
Sur le plan émotionnel, le rigide a certaines difficultés à montrer ses sentiments, ainsi qu’à se laisser aimer. Les autres le considèrent comme une personne froide, dépourvue de sentiments personnels. Sur le plan sexuel, il aura beaucoup de difficultés à s’adonner librement aux plaisirs, en fonction de la profondeur de sa blessure. La personne qui souffre de blessures d’injustice a également des difficultés à s’engager dans une relation, repoussant l’autre dès que la relation devient un peu plus sérieuse.
Les personnes souffrant de blessures d’injustice se croient parfaites et pensent qu’elles n’ont besoin de personne. Elles n’admettent pas de vivre des problèmes. Mais, souvent, à force de toujours exiger la perfection chez elles-mêmes et chez les autres, ces personnes tombent souvent en burn-out ou en dépression.
Guérir la blessure de l’injustice
La guérison des blessures de l’injustice commence par la reconnaissance des blessures. La personne doit alors accepter qu’elle souffre, qu’elle ne soit pas aussi forte qu’elle ne le croit. Elle doit savoir qu’elle a un problème, une « maladie » à guérir.
Si vous vous reconnaissez dans ces définitions, vous devez savoir que vous avez beaucoup de ressources en vous pour faire de grandes choses... à commencer par vous guérir par vous-même. Vous êtes plein(e) d’énergie, ordonné(e) et précis(e) dans tout ce que vous faites. Vous pouvez décrire facilement une situation très complexe, et l’expliquer aux autres. Très sensible, vous vous mettez toujours à la place des autres, et vous les comprenez. Vous êtes le (la) mieux placé(e) pour sortir des situations difficiles. Voici quelques conseils à suivre pour vous défaire des liens qui vous maintiennent prisonnier(ères) des blessures de l’injustice.
#1 Ouvrir son cœur aux autres
Rester renfermé(e) ne vous aide pas, ce qui implique que vous devez apprendre à aller vers les autres. Ce sera bénéfique pour les autres, mais surtout pour vous.
#2 Accepter sa vulnérabilité.
Vous devez accepter que vous n’êtes pas parfait(e). Comme tout le monde, vous avez des faiblesses. Et, comme tout le monde, vous ne pouvez pas tout supporter seul. Acceptez les aides de votre entourage dans tout ce que vous faites. Cela ne vous dévalorise pas, au contraire, cela vous remet au même rang que tout le monde !
#3 Se donner le droit de se relaxer
Vous ne pouvez pas tout faire vous-même pour que tout soit parfait ! Vous aussi, vous avez le droit de vous reposer et de vous relaxer de temps en temps. Partez en vacances, voyagez beaucoup, autant que vous le pouvez. Votre bonheur est tout aussi important que celui de votre entourage.
En conclusion
D’une manière générale, les blessures de l’injustice trouvent leurs origines durant l’enfance. Mais elles peuvent persister à l’âge adulte, et provoquer autant de dégâts sur tous les plans : émotionnel, mental, social, professionnel et autres. Pour vous en sortir, vous devez accepter la présence des blessures, reconnaître votre vulnérabilité et cesser d’être trop sévère avec vous-même.
Vous voulez en savoir plus ?
Pour aller plus loin dans le sujet, vous pouvez consulter les ouvrages suivants :
- Lise Bourbeau, « Les 5 blessures qui empêchent d’être soi-même », Guide (Poche), 17 janvier 2013
- Lise Bourbeau, « L-19 La guérison des 5 blessures »
- Lise Bourbeau, « Ecoute Ton Corps – Version homme », 2016
- Lise Bourbeau, « Ecoute ton corps, ton plus grand ami sur la Terre », 1987