Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07122.jsonl.gz/578

Il est à noter que l'indice suisse reste pour le moment 1,6 point au-dessus de la valeur la plus faible observée lors de la période de crise financière en 2009.
Le baromètre conjoncturel CREA pour la Suisse est entré dans la zone de contraction au quatrième trimestre 2019 déjà, mais il ne perd ensuite que 0,3 point jusqu'au deuxième trimestre 2020. La situation se dégrade fortement au troisième trimestre et l'indice recule de 3 points. Pour le quatrième trimestre on note cependant une certaine stabilisation, l'indice grappillant même 0,1 point pour se trouver en fin de compte avec un écart de production négatif par rapport à l'équilibre de 3,3%. Ceci constitue toutefois l'écart le plus important depuis le quatrième trimestre de 2009. Il est à noter que l'indice suisse reste pour le moment 1,6 point au-dessus de la valeur la plus faible observée lors de la période de crise financière en 2009.
Selon les récentes estimations du SECO, la croissance helvétique a baissé de 0,6% au premier trimestre, par rapport au même trimestre de l'année 2019, et de 8,3% au deuxième trimestre, qui constitue la baisse trimestrielle la plus forte jamais observée sur toute la période du PIB remontant à 1980. Les principaux indicateurs industriels du KOF pour la Suisse, en particulier celui des entrées de commandes, se sont nettement dégradés au cours des mois de mai-juin. Ils se sont en revanche stabilisés par la suite, restant dans le rouge mais n'enregistrant plus d'autres baisses. L'indice Swiss PMI des directeurs d'achat, après avoir dévissé en mars-avril, s'est stabilisé en mai-juin et s'est redressé dès juillet. Les exportations suisses ont enregistré de lourdes pertes et selon le sondage de Switzerland Global Enterprise, environ 40% des PME exportatrices tablent sur un recul des leurs exportations au cours de la deuxième moitié de l'année.
L'indice conjoncturel CREA pour la Romandie perd 1,5 point au troisième trimestre 2020 et encore 2,9 points au quatrième trimestre. Il s'enfonce dans la zone de contraction, son écart de production par rapport à l'équilibre atteignant −3,8% au quatrième trimestre. Alors qu'au troisième trimestre il se situe encore au-dessus de la valeur suisse, il tombe sous la valeur suisse au quatrième trimestre, mettant ainsi fin à une période de cinq trimestres consécutifs où il évoluait au-dessus de l'indice suisse. A noter que l'indice romand se trouve actuellement à peu près au même niveau que celui enregistré à l'époque de la crise financière en 2009.
L'indice conjoncturel CREA pour la Suisse est entré dans la zone de contraction avant les cantons romands, soit au quatrième trimestre 2019 déjà. Il perd beaucoup de terrain au troisième trimestre 2020, mais semble se stabiliser au quatrième trimestre, atteignant à ce moment-là un écart de production négatif par rapport à l'équilibre de 3,3%, qui est toutefois l'écart le plus important depuis le quatrième trimestre de 2009. A noter que l'indice suisse reste pour le moment 1,6 point au-dessus de la valeur la plus faible observée lors de la période de crise financière en 2009. L'indice suisse est également de 0,5 point supérieur à la valeur romande au quatrième trimestre.
A l'instar des cantons romands, les principaux indicateurs industriels du KOF pour la Suisse se sont dégradés, toutefois moins fortement. L'indice de la marche des affaires a perdu 24 points au deuxième trimestre et il est resté dans le rouge, tout en se stabilisant. L'indice des entrées de commandes est négatif depuis l'été 2019, mais depuis mai il est tombé à un niveau observé pour la dernière fois lors de la crise financière. Les carnets de commandes se sont désemplis, mais ici aussi l'indice semble se stabiliser.
Après avoir encore légèrement augmenté au premier trimestre, les exportations suisses ont reculé de 18% au deuxième trimestre, ce qui constitue somme toute une baisse modeste comparée à celle enregistrée par quelques cantons romands. Parmi les poids lourds, les produits des industries chimiques et pharmaceutiques, qui représentent plus de la moitié des exportations suisses, ont légèrement augmenté au deuxième trimestre, grâce à une hausse notable au mois d'avril, les mois de mai et juin enregistrant déjà une faible baisse, qui s'est poursuivie au mois de juillet. En revanche, la branche de l'horlogerie et instruments de précision a vu ses exportations diminuer de 53% au deuxième trimestre et encore de 15% au mois de juillet. Les exportations des produits MEM reculent de 22%, ces produits constituent 17,5% des exportations suisses. Selon Swissmem, environ la moitié des entreprises sondées au deuxième trimestre craignent toujours une nouvelle baisse des entrées de commandes, ces dernières ayant chuté de 19,5% au deuxième trimestre, dont −26% pour les seules entrées de commandes de l'étranger. Les perspectives sont marquées par de grandes incertitudes. Les attentes des PME exportatrices restent mauvaises, presque 40% des entreprises sondées en été par Switzerland Global Enterprise tablent sur un recul des leurs exportations pour la deuxième moitié de l'année. Le sondage tient compte à la fois des attentes pour le semestre et des ventes réalisées jusque-là. La valeur du baromètre des exportations du CS a également chuté et se retrouve avec un niveau jamais atteint depuis la crise financière. L'indice Swiss PMI des directeurs d'achat, après avoir fortement reculé en mars-avril, s'est stabilisé en mai-juin et s'est finalement redressé dès juillet. Il évolue désormais dans la zone de croissance des activités productives.
Quant au marché du travail, la situation reste tendue. Le sous-indice de l'emploi du Swiss PMI susmentionné signale toujours une diminution des effectifs. Après une baisse de 3,7% au premier trimestre, l’indicateur des prévisions d’évolution de l’emploi de l’OFS a continué de reculer au deuxième trimestre, de 3,4%, avec −5,3% pour le secteur secondaire et −2,8% pour le secteur tertiaire. Et, selon le récent baromètre de Manpower pour le quatrième trimestre, la prévision d'emploi est repassée dans le vert avec +1% et 12% des employeurs sondés prévoient une hausse de leurs effectifs.
Les développements ci-dessus expliquent en grande partie la chute marquée du baromètre pour la Suisse au troisième trimestre et la stabilisation au quatrième.
L'indice conjoncturel CREA pour la Suisse romande perd 1,5 point au troisième trimestre 2020 et encore 2,9 points au quatrième trimestre. Il s'enfonce ainsi dans la zone de contraction, son écart de production par rapport à l'équilibre atteignant −3,8% au quatrième trimestre. Alors qu'au troisième trimestre il se situe encore de 2,5 points au-dessus de la valeur suisse, il tombe sous la valeur suisse au quatrième trimestre, mettant ainsi fin à une période de cinq trimestres consécutifs pendant lesquels il évoluait au-dessus de l'indice suisse. Les indices genevois et vaudois reculent nettement au quatrième trimestre et ces deux cantons ont ensemble un poids de 64% dans l'indice romand. En revanche, les indices jurassien et valaisan restent assez nettement au-dessus de la valeur suisse, même s'ils se trouvent également dans la zone de contraction. Les indices neuchâtelois et fribourgeois restent proches de la valeur suisse. A noter également que l'indice romand se trouve actuellement à peu près au même niveau qu'à l'époque de la crise financière.
Les indices industriels du KOF ont chuté dès le mois d'avril, certains cantons ont vu leurs indices diminuer plus fortement que pour d'autres ou se stabiliser plus rapidement au cours des mois récents ou encore présenter une évolution en dents de scie. Le canton de Neuchâtel souffre le plus, son indice de la marche des affaires perdant presque 55 points entre janvier et juillet, alors que l'indice valaisan, même s'il a fléchi, s'est maintenu dans le vert. Au niveau des entrées de commandes, ce sont les cantons de Genève et de Neuchâtel qui ont vécu les chutes les plus brutales, l'indice genevois perdant plus de 100 points entre janvier et août. Les carnets de commandes se sont désemplis plus ou moins fortement selon les cantons, Fribourg et Genève sont pour le moment les premiers à voir leurs carnets de commandes se remplir à nouveau.
Le secteur de la construction pour l'ensemble de la Romandie ne se porte pas trop mal, certains cantons enregistrant une évolution positive de leurs activités de construction. Il en est ainsi des cantons de Vaud, Neuchâtel et Valais qui bénéficient d'une hausse des réserves de travail accompagnée d'une augmentation des entrées de commandes.
En revanche, les exportations romandes ont chuté bien plus que les exportations suisses. Au cours des mois d'avril-mai, elles ont ainsi dévissé de plus de 51% (contre une baisse de 18% pour l'ensemble de la Suisse). C'est Genève qui enregistre la plus forte baisse avec −72%. La branche des produits chimiques et pharmaceutiques tire son épingle du jeu avec une baisse de seulement 11,6% au cours de la même période, mais les exportations de l'horlogerie et instruments de précision (46% des exportations totales) chutent de 75%.
L'indice conjoncturel CREA pour le canton de Genève diminue jusqu'au quatrième trimestre et il tombe sous la valeur suisse. C'est en particulier au cours des mois d'été que la situation a empiré après un deuxième trimestre avec un indice se situant encore autour de la valeur d'équilibre. L'écart de production par rapport à l'équilibre est devenu négatif au troisième trimestre et au quatrième trimestre il atteint −4,1%, soit un écart plus élevé qu'au niveau suisse (−3,3%). L'indice reste toutefois, pour le moment, légèrement supérieur à la valeur atteinte lors de la crise financière de 2009.
Tout comme pour Genève, l'indice CREA pour le canton de Vaud continue a reculer au cours des troisième et quatrième trimestres, pour se retrouver avec un écart de production négatif de 4,8%, ce qui est semblable à celui observé lors de crise financière (−4,9%). Parmi les cantons analysés ici, Vaud affiche l'écart le plus important, comme cela a d'ailleurs été le cas lors de la crise financière. C'est du coup également l'écart négatif le plus important par rapport à la valeur suisse et c'est la première fois depuis six trimestres que l'indice vaudois se retrouve sous la valeur suisse.
L'indice CREA pour le canton de Fribourg, déjà légèrement dans la zone de contraction au premier trimestre, est pourtant celui qui perd le moins de terrain par rapport au dernier trimestre observé, soit le deuxième. Il se retrouve en fin d'année avec un écart de production négatif de 3,1%. Il n'y a que les cantons du Valais et du Jura qui ont un écart moins élevé. Pour le moment, l'indice fribourgeois se maintient au-dessus des valeurs enregistrées lors de la crise financière. Il est également légèrement supérieur à la valeur suisse, soit de 0,2 point.
L'indice conjoncturel CREA pour le canton de Neuchâtel perd 3,5 points par rapport au deuxième trimestre et se retrouve avec un écart de production négatif de 3,7% par rapport à l'équilibre au quatrième trimestre. Alors qu'il est encore supérieur à la valeur suisse au troisième trimestre, il tombe en-dessous en fin d'année. Cependant, comme quelques autres cantons, il se maintient pour le moment au-dessus de la valeur observée lors de la crise financière.
L'indice CREA pour le canton du Valais est celui qui diminue le moins. Il enregistre également un écart de production négatif au quatrième trimestre, mais de seulement 1,5%, ce qui est l'écart le plus faible parmi les indices pris en compte ici. En conséquence c'est l'indice qui a la valeur la plus élevée par rapport à la valeur suisse, en l'occurrence +1,8 point. C'est également l'indice qui (avec celui du Jura) est, à l'heure actuelle, le plus éloigné de la valeur observée lors de la période de la crise financière 2009, pendant laquelle l'indice valaisan avait déjà perdu moins de terrain que ceux des autres cantons.
L'indice CREA pour le canton du Jura se replie de 1,9 point au troisième trimestre, mais ensuite il ne perd plus que 1,3 point. Il se retrouve, comme tous les autres cantons romands, dans la zone de contraction, mais il atteint une valeur qui le place en deuxième position après l'indice valaisan. Son écart de production par rapport à l'équilibre n'est «que» de −2,4% au dernier trimestre de 2020 et c'est un des cantons dont l'indice reste supérieur à l'indice suisse. Pour ce canton aussi, la chute n'est pas aussi importante que dans la période de crise financière, du moins pour le moment.