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La durabilité environnementale à long terme est l'un des principaux facteurs que l’on évalue dans le cadre du processus d'approbation des futures infrastructures de recherche et des projets dans le domaine de la recherche en physique des particules.
Pendant des années, le terme « environnement » a été associé uniquement à la nature et à la protection des écosystèmes. Plus récemment, cette définition s'est élargie pour inclure les paysages urbains et les activités socio-économiques qui y sont associées. Cette approche plus globale tient compte des relations entre différents aspects environnementaux lors de la planification de futurs travaux de recherche en physique des particules.
En 2020, la stratégie européenne pour la physique des particules, qui constitue la base sur laquelle s’appuient les décisions prises en Europe concernant l'avenir à long terme de la discipline, a été mise à jour après près de deux ans de discussions entre les physiciens des particules d'Europe et du monde entier. Parallèlement, un rapport rédigé par 180 jeunes scientifiques a souligné l'importance de décisions écologiquement responsables et durables pour l'avenir de la physique des particules.
La stratégie européenne mise à jour contient un chapitre sur l'impact environnemental et sociétal, qui souligne la nécessité de continuer à étudier de près l’impact environnemental des activités de physique des particules, tout en s'efforçant d'accroître les bénéfices nets qu’une nouvelle installation apporterait. Elle recommande que les grands projets soient conçus de façon à intégrer la durabilité, et qu'ils prévoient un plan détaillé pour limiter leur impact environnemental ; des applications environnementales plus larges devraient également être activement recherchées pour les technologies mises au point en physique des particules.
Dans le cadre de l'étude de faisabilité du Futur collisionneur circulaire (FCC), un futur accélérateur qui pourrait succéder au Grand collisionneur de hadrons (LHC) du CERN lorsque ce dernier aura atteint la fin de sa durée de vie, plusieurs hypothèses de travail sont étudiées en ce qui concerne l'emplacement du tunnel de 91 km de circonférence et de ses huit sites en surface. Ces hypothèses de travail tiennent compte des conditions géologiques, des contraintes en surface, des infrastructures et des ressources, et reposent sur le principe « Éviter, Réduire, Compenser », une approche globale qui intègre les aspects environnementaux et socio-économiques.
Compte tenu de l'ampleur des travaux d'excavation qui seraient nécessaires pour construire le tunnel de l'accélérateur FCC, un groupe de travail sur la gestion des déblais a été créé en 2018, et le concours Mining the future a été lancé. Le concours met les participants au défi d'identifier des solutions vraisemblables pour une réutilisation innovante et une gestion durable des grandes quantités de matériaux excavés.
La réduction de l'impact environnemental de la recherche en physique des particules est résolument à l'ordre du jour, et compte également parmi les principaux objectifs du CERN pour 2021-2025 à savoir, minimiser l'impact du Laboratoire sur l'environnement, prendre des mesures et rechercher des technologies visant à économiser et à réutiliser l'énergie et, pour aller plus loin, identifier et développer des technologies au CERN susceptibles de contribuer à atténuer l'impact de la société sur l'environnement. Parmi les initiatives récentes liées à ces objectifs, on peut citer un projet visant à déterminer la meilleure façon d’améliorer l’impact écologique de la stratégie des achats du CERN et le lancement du programme Innovation en matière d’applications environnementales du CERN (CIPEA).
Ces importantes considérations environnementales qui, comme l'exige le processus d'approbation de tout nouveau projet, sont liées à des engagements clairs, garantissent que notre recherche scientifique est menée de manière responsable, dans l'intérêt de tous.