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Lancé en décembre 2001 par l'ingénieur et entrepreneur américain Dean Kamen, le Segway devait engendrer une transformation totale de la mobilité individuelle.
A l'époque, le véhicule était salué par l'incontournable Steve Jobs comme un développement technologique aussi important que le PC.
Grands espoirs
John Doerr, l'un des plus gros investisseurs en capital risque de la Silicon Valley, prédisait même des ventes pour un milliard de dollars en un temps record.
L'entreprise a généré beaucoup d'attentes, sans pour autant y répondre. Financièrement tout d'abord, le Segway s'est très mal vendu, car trop cher et peu pratique. Les investisseurs espéraient des ventes mirobolantes - 40'000 par année -, alors qu'en près de 20 ans, il s'en est à peine vendu 140'000 unités, essentiellement aux forces de l'ordre et aux agents de sécurité.
Echec commercial, succès marketing
Le Segway a aussi souffert d'un déficit d'image. En cause notamment, des chutes emblématiques comme celle du président américain George W.Bush qui est tombé de manière spectaculaire devant les caméras des journalistes.
En 2010, James Heselden chutait mortellement d'une falaise avec l'engin quelques mois seulement après avoir racheté la société Segway fin 2009.
A défaut d'être un succès commercial, Segway est une réussite marketing. Personne ou presque ne l'achète, mais tout le monde le connaît. L'échec du gyropode offre aussi un enseignement sur les promesses non tenues de la Silicon Valley et l'aveuglement sporadique des investisseurs face aux nouvelles technologies.
Katja Schaer/jfe