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Lorsque le coup de sifflet final retentira dimanche, il y aura de toute façon des championnes du monde inédites. Car jusqu'à présent, l'Espagne et l'Angleterre n'ont jamais remporté le titre suprême. Les nations championnes du monde que sont les Etats-Unis (4 titres), l'Allemagne (2 titres), la Norvège et le Japon ont toutes été éliminées au plus tard en quart de finale.
La présence de l'Espagne et de l'Angleterre en finale n'est toutefois pas un hasard. Ces dernières années, les deux nations ont beaucoup investi dans la professionnalisation du football féminin. Puisque la Women's Super League anglaise est devenue le meilleur championnat au monde et le FC Barcelone l'équipe la plus redoutable, il est en quelque sorte logique que les sélections des deux pays soient les plus fortes actuellement.
La coach de l'Angleterre est en train de battre tous les records sur le banc d'une sélection nationale puisqu'elle est en finale pour la quatrième fois de suite! Elle a réussi cet exploit avec les Pays-Bas lors de l'Euro 2017 et du Mondial 2019, puis avec l'Angleterre lors de l'Euro 2022 et se retrouve désormais au dernier stade de cette Coupe du monde. Il s'agit d'une série que personne n'a égalée, même dans le football masculin. Elle a remporté les deux finales des championnats d'Europe, il ne lui manque plus que le titre mondial.
Les Anglaises ont remporté l'Euro à domicile l'an dernier. Il s'agissait du premier trophée dans un championnat continental pour une équipe anglaise depuis le titre de champion du monde des hommes en 1966. La souveraineté dont l'équipe a fait preuve à l'époque, elle la démontre également lors de cette Coupe du monde, malgré l'absence des joueuses les plus importantes de l'Euro (Beth Mead et Leah Williamson).
Lauren James a été la meilleure joueuse de l'Angleterre lors de la phase de groupes, mais elle a été suspendue en quart et en demi-finale pour avoir délibérément piétiné la hanche de la Nigériane Michelle Alozie. La Britannique est désormais éligible pour la finale et son retour agite les tabloïds. Depuis plusieurs jours, les médias spéculent sur sa titularisation au coup d'envoi.
Le Barça a remporté deux fois la Ligue des champions au cours des trois dernières années. Il est devenu la référence européenne en matière de football féminin. Un statut qui se vérifie également en finale de la Coupe du monde, puisque pas moins de onze joueuses de Barcelone y participent. Outre neuf Espagnoles, il s'agit également des deux Anglaises Lucy Bronze et Keira Walsh. Bronze a déclaré que les joueuses des deux nations étaient de bonnes amies et qu'elles étaient restées en contact pendant le tournoi:
Il y a moins d'un an, le siège de l'entraîneur de l'équipe nationale espagnole Jorge Vilda vacillait. En septembre 2022, quinze joueuses de l'équipe nationale ont exprimé leur mécontentement dans une lettre adressée à la Fédération. Elles demandaient que «la situation soit corrigée» afin d'améliorer les «performances» de l'équipe. Vilda a néanmoins été autorisée à rester.
Depuis, seules trois des signataires de la lettre ont réintégré l'équipe nationale: Ona Battle, Aitana Bonmatí et Mariona Caldentey. Toutes trois ont été décisives sur le chemin de la finale. Bien qu'il manque encore quelques stars, Vilda affirme n'avoir jamais eu une équipe aussi complète que celle sur laquelle il peut compter actuellement.
Salma Paralluelo est en finale de la Coupe du monde en tant que footballeuse. Mais l'ailière espagnole aurait tout aussi bien pu s'illustrer aux Mondiaux d'athlétisme de Budapest ce week-end, car elle était considérée comme un énorme talent sur la piste cendrée. Elle est même championne nationale junior du 400 mètres, du triple saut, du 60 mètres haies et du 400 mètres haies (rien que ça...).
Ce n'est qu'à l'été 2022, lorsque Barcelone a frappé à sa porte, qu'elle a décidé de se consacrer au football. Auparavant, elle avait pratiqué les deux sports pendant des années. A Barcelone, elle a tout de suite marqué 11 buts en Liga. Lors de la Coupe du monde, elle a jusqu'à présent réalisé des performances exceptionnelles, scorant en quart de finale puis en demi-finale.
Le sélectionneur Jorge Vilda a fait un choix fort lors des 8es de finale des Espagnoles contre la Suisse: il a changé de gardienne. Misa Rodriguez a ainsi été remplacée par Cata Coll. Il s'agissait du tout premier match international de la jeune femme de 22 ans. Avant cette victoire 5-1 contre la Nati, Coll, remplaçante au Barça, n'avait plus disputé de match sérieux depuis trois mois. La voici désormais en finale du Mondial.
Double ballon d'Or féminin (2021, 2022), Alexia Putellas a subi une très grave blessure l'an dernier (rupture du ligament croisé antérieur du genou gauche). Revenue au jeu ce printemps, la brillante milieu de terrain n'est pas encore au top de sa forme. Depuis le début de la Coupe du monde, l'Espagnole oscille entre le banc de touche et le onze de départ. Il ne lui reste qu'un match pour marquer les esprits. Cela tombe bien: c'est le plus important.
La Coupe du monde 2023 a été la plus suivie de l'histoire du football féminin. Au total, 1,7 million de personnes se sont rendues dans les stades de Nouvelle-Zélande et d'Australie, et la FIFA a généré des recettes records de 570 millions de dollars grâce au tournoi. De nombreuses personnes ont également regardé la compétition à la télévision: rien qu'en Australie, 7,13 millions de personnes ont suivi la demi-finale de la Coupe du monde entre le pays hôte et l'Angleterre au Stadium Australia de Sydney.
C'est dans cette même enceinte que se disputera la finale. Le stade devrait à nouveau afficher complet avec un peu plus de 75'000 personnes présentes dans les gradins.
Lara Gut-Behrami a conservé son titre lors du géant de Killington. Victorieuse, la Tessinoise a devancé de 0''62 Alice Robinson et de 0''81 Mikaela Shiffrin.