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MONTEVIDEO - Le 2 mai 2017, la loi adoptée en 2013 concernant la vente de cannabis en pharmacie est rentrée officiellement en vigueur et donne la possibilité aux Uruguayens et résidents majeurs de s’inscrire sur un registre national pour retirer du cannabis en pharmacie dès juillet 2017. Comme Pharmapro.ch en avait déjà parlé, le gouvernement uruguayen avait pris la décision fin 2013 d'autoriser la culture, la vente et l'usage de cannabis. Ce pays est devenu le premier état au monde à en contrôler la production et la consommation. L'Uruguay est un petit pays d'Amérique du sud d'environ 3 millions d'habitants situé entre deux grands pays, le Brésil et l'Argentine. L’Uruguay est parfois considéré comme la « Suisse » de l’Amérique latine avec une économie stable, plutôt libérale et basée notamment sur les services financiers. L’Uruguay reste toutefois un pays passablement plus pauvre que la Suisse, si on compare notamment le PIB par habitant en dollars.
Du retard, dès juillet 2017
Le gouvernement uruguayen situé à gauche sur l'échiquier politique, sous la présidence de José Pepe Mujica de 2010 à début 2015, avait pris la décision de vendre le cannabis en pharmacie. L'actuel Président de l'Uruguay, Tabaré Vásquez situé au centre-gauche, a continué sa mise en œuvre malgré le fait que comme médecin oncologue il soit personnellement opposé à une telle libération. L'idée de base était de commencer à vendre le cannabis en pharmacie pendant l'année 2014 ou au début 2015, mais le gouvernement a affirmé qu'il avait eu besoin de plus de temps pour sélectionner les producteurs (de cannabis). Ce processus a pris du temps et les Uruguayens pourront finalement acheter du cannabis dans les pharmacies uruguayennes qui participent à ce programme en juillet 2017, au moment de la première récolte chez les producteurs.
Vente en pharmacie
La loi adoptée fin 2013 prévoit trois modes d'accès au produit: l'auto-culture, la culture dans des clubs de consommateurs et la vente en pharmacie, sous contrôle public (40 g maximum par mois).
Le gramme de cannabis vendu en pharmacie coûte environ USD 1,30. Toute publicité est interdite et les cultivateurs ou consommateurs, des Uruguayens ou résidents d’Uruguay obligatoirement majeurs (18 ans ou plus), doivent s'inscrire sur un registre national.
L’Uruguay compte 1200 pharmacies, soit un peu moins que les environ 1800 pharmacies suisses, mais seulement 30 pharmacies participent à ce programme pour le moment de distribution de cannabis, selon des informations du journal brésilien de référence Folha de S.Paulo du 2 mai 2017.
Le nombre de pharmacies qui participent à ce programme devrait progressivement augmenter. Dans cette première phase, le gouvernement espère pouvoir commercialiser 400 kg de cannabis.
Prévention des vols
Une pharmacie ne pourra pas avoir plus de 2kg de cannabis qui devra être stocké dans un coffre pour prévenir notamment les cambriolages ou attaques de la part de trafiquant. Les pharmacies commercialisant le cannabis auront notamment un « bouton rouge » qui appellera directement le poste de police le plus proche en cas de vol si un employé de la pharmacie appuie dessus.
Les clubs de consommateurs existent déjà depuis 2014, il y a 38 clubs et environ 6'000 associés. L’auto-culture est également déjà possible. Il est bien sûr possible de consommer du cannabis en Uruguay, en petite quantité, sans aucun risque légal vu que la consommation est autorisée.
Campagne du gouvernement
Le gouvernement uruguayen va procéder toutefois ces prochaines semaines à une campagne d’information mettant en garde sur les risques de consommation du cannabis. En plus du risque de dépendance au cannabis, plusieurs études scientifiques ont notamment montré que le cannabis pouvait favoriser la schizophrénie, en tout cas chez des personnes à risque. La fumée de cannabis augmente aussi le risque de cancer, notamment celui du poumon. La logique devrait probablement suivre celle du tabac, ce dernier est légal mais des campagnes sont souvent menées par les différentes autorités de santé pour dissuader les citoyens de fumer.
Lutte contre les trafiquants
L'objectif de cette vente par l'Etat du cannabis est de priver les narcotrafiquants d'une importante source de revenus, alors que la lutte contre le trafic de drogue coûte environ 60 millions d'euros (73 millions de francs, données de 2013) par an à l'Uruguay. Le but est aussi de limiter les risques liés à la consommation du cannabis et à détourner ses amateurs des dealers et des drogues dures.
Le 2 mai 2017. Par Xavier Gruffat (pharmacien). Sources: Folha de S.Paulo (considéré comme le journal le plus influent du Brésil), ATS
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