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Sa forme s'inspire-t-elle du Cervin ou des jambes des danseuses à Paris? A Berne, une exposition du Kornhaus nous dit tout sur l'histoire du fameux chocolat suisse et sur son créateur Theodor Tobler.
D'abord, une déception... Le mystère n'a pas été percé concernant la forme du Toblerone, né en 1908. Hypothèse la plus probable, le triangle serait inspiré du Cervin. On le retrouve d'ailleurs sur l'emballage du chocolat.
Autre explication: Theodor Tobler aurait été impressionné par les jambes des danseuses de French Cancan lors de son passage à Paris. «Mais cela tient plutôt de la légende», précise Brigitte Studer, professeur d'histoire à l'Université de Berne, qui a mis sur pied l'exposition avec ses étudiants.
Au-delà de l'anecdote, l'exposition présente aussi l'aspect économique et social de l'histoire de Tobler. Le patron et fondateur, Theodor Tobler, savait motiver ses employés. Il a instauré la cantine, le médecin d'usine, les infirmières à domicile ou encore les colonies de vacances.
«Theodor Tobler était ce qu'on appelle aujourd'hui un self-made-man», raconte Brigitte Studer. Il grandit dans une famille modeste, à Berne, où il développe la petite confiserie de ses parents. Et dans l'entre-deux-guerres, il devient le plus gros employeur de la ville.
Il mène une vie de gentleman, une vie aisée, mais se mêle peu à la bourgeoisie bernoise. Sa carrière se termine de manière abrupte avec la crise des années 30. Theodor Tobler endette son usine. Le Conseil d'administration le remplace par un autre directeur.
L'exposition «Toblerone - Une histoire de triangle» présente surtout beaucoup de photos d'archives. Instants de la vie d'usine. Des femmes assises en rang d'oignons, qui portent toutes le même costume. Des publicités aussi qui montrent les mentalités de l'époque - parfois raciste ou sexiste. Ou encore des objets, comme des moules pour les lapins de Pâques.
Alexandra Richard
L'exposition «Toblerone - Une histoire triangulaire» est présentée au Kornhaus, à Berne, jusqu'au 1er juillet.