Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06977.jsonl.gz/3

01/05/2016
La ville de GE, au budget pourtant équilibré selon sa responsable des finances, envisage d'introduire une taxe sur le prêt des livres par ses bibliothèques. Bien sûr, tout travail mérite un salaire et l'écrivain doit être justement payé pour sa peine.
Mais est-ce bien eux qui profiteront de ce changement ?
Alors que les initiatives fleurissent pour développer une économie du partage, où les objets ne sont plus possédés et utilisés par une seule personnes, mais mis "en réseau" pour servir celui qui en a besoin qui le passera au suivant, la décision de GE semble aller à contre-courant. Car le fait de devoir payer pour ce service, même un montant modique, découragera un certain nombre d'utilisateurs.
A l'heure où les jeunes lisent de moins en moins, le prêt de livres ne constitue-t-il pas une incitation ?
Est-ce que tout service doit forcément être tarifé ? N'est-ce pas un des rôles de l'Etat de fournir des prestations sans exiger une rétribution en contre-partie ?
S'il s'agit vraiment de rétribuer les auteurs, peut-être peut-on mettre en place un autre système qui verrait les bibliothèques municipales verser des droits aux auteurs sur le modèle de la Suisa pour les morceaux de musique diffusés par les radios commerciales. Ce qui me semble discutable aussi, les bibliothèques ne gagnant pas d'argent, au contraire des radios.
La culture est un ciment pour une collectivité. C'est un des rôles de l'Etat d'assurer les conditions pour qu'elle soit diffusée et que le plus grand nombre y ait accès.