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Le narrateur, écrivain acharné mais incapable d'achever son roman sur la jalousie, reçoit la visite d'un véritable possédé, dénué de tout surmoi : l'énergumène. Son projet ? Détruire le Monde Ancien, en commençant par les Etats-Unis. Il réserve dans son plan un rôle majeur au narrateur, qu'il vient convaincre et au besoin contraindre de rédiger une déclaration supposée embraser le peuple noir américain et provoquer une insurrection générale. Le narrateur va tout faire pour démontrer à l'autre l'irrationalité de ce projet. S'engage alors une lutte farouche à coups d'arguments et de récits par lesquels chacun tente de prendre le dessus. Polar américain, dialogue à la Diderot, roman psychologique, élégie, reportage, pastiche... les genres sont nombreux dans ce texte d'une impressionnante liberté, qui exprime, souvent avec humour, une profonde interrogation sur le Mal que Velan partage avec Dostoïevski.
Né en 1925 et décédé en mai 2017, Yves Velan (Grand prix C.F. RAmuz) enseigne pendant douze ans la littérature française à l'université d'Urbana, aux Etats-Unis. Auparavant, et à son retour en Suisse, il vit et enseigne à La Chaux-de-Fonds. En 1992, anéanti par un drame familial, il renonce à publier, mais continue à écrire. Un an avant sa mort il revient sur sa décision, autorisant la réédition de ses oeuvres parues, et la publication de son dernier roman, Le Narrateur et son énergumène, manuscrit devenu mythique à force d'être attendu. Il achève ainsi une tétralogie composée par ailleurs de Je (Seuil,1959, Prix Félix Fénéon et Prix de Mai), La Statue de Condillac retouchée (Seuil, 1973) et Soft Goulag (Bertil Galland 1977, Zoé poche 2017, Grand Prix de la science-fiction francophone).
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