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De longues heures de travail provoquent toujours plus de victimes... 745 000 personnes en sont décédées en 2016, et la pandémie ne risque pas d'arranger les choses.
Le travail c'est la santé qu'ils disaient... Pourtant les chiffres prouvent le contraire: une augmentation du taux de mortalité de 29% de plus en une quinzaine d'années. L'OMS est désormais inquiète des effets de la pandémie.
Au total, en 2016, 398 000 personnes ont succombé à une attaque cérébrale, en progression de près de 20%, et 347 000 à des maladies cardiaques, en hausse de plus de 40%. Ces chiffres sont basés sur une cadence de travail d'au moins 55 heures par semaine.
La pandémie «a changé de manière significative la manière de travailler pour de nombreuses personnes», fait remarquer le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus.
L'OMS est inquiète, alors que certaines études nationales montrent que les heures de travail ont augmenté de 10% pendant les confinements. Dans certaines entreprises, les réductions du dispositif ou la fermeture d'activités se répercutent sur les employés qui restent.
Selon les données de 2016 publiées avec l'Organisation internationale du travail (OIT) sur 154 pays, la prévalence est plus élevée chez les hommes, chez qui ces effets sont responsables de près de trois quarts des décès. Les régions du Pacifique occidental et de l'Asie, de même que les personnes d'âge moyen ou plus âgées, sont plus exposées. Le nord du continent américain et l'Europe sont moins confrontés à ce problème.
Au total, un travailleur sur dix peut faire face à des semaines de travail de plus de 55 heures, soit 488 millions de personnes. Aussi bien les effets physiques et psychologiques que l'impact indirect comme la fumée, l'alcool ou l'absence d'activité physique alimentent la menace. Les heures de travail sont responsables d'un tiers des maladies observées dans l'activité professionnelle.
Par rapport à quelqu'un qui travaille 35 à 40 heures par semaine, la possibilité de décéder d'une attaque cérébrale augmente de 35% et celle de succomber à des maladies cardiovasculaires s'étend de près de 18%. Autre indication, certaines branches sont probablement davantage exposées mais des investigations supplémentaires doivent être menées.
Certains pays, comme la Russie, ont déjà proposé de ramener une semaine d'activité à quatre jours. L'OMS recommande aux Etats et aux partenaires sociaux de décider de limites maximales d'heures de travail. Et de davantage de flexibilité, comme la possibilité de partager les heures de travail entre collaborateurs pour éviter les dépassements. La protection sociale doit aussi être adaptée pour les travailleurs informels. (ga/ats)