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Zürich, 04.08.2017
L'UE a imposé vendredi de nouvelles sanctions contre des responsables et entreprises russes qu'elle accuse d'avoir détourné des turbines de gaz fabriquées par l'Allemand Siemens vers la Crimée. Cette région ukrainienne est confrontée à plusieurs coupures de courant massives depuis son annexion par Moscou en 2014.
Ces sanctions découlent de la "non reconnaissance" par l'Union européenne de "l'annexion" de la Crimée par la Russie, après une opération-éclair en mars 2014.
Le président ukrainien Petro Porochenko a immédiatement salué cette "réponse rapide" de l'UE, qui constitue à ses yeux "un message puissant à l'agresseur" russe. "Les tentatives de contournement des sanctions par des montages cyniques ne feront que grimper le prix à payer", a-t-il averti.
La Russie a elle considéré les nouvelles sanctions de l'UE comme "hostiles et infondées", tout en se réservant "le droit de prendre des mesures de rétorsion". Moscou se dit "déçu par la politisation absurde d'une question qui est en réalité un contentieux commercial".
Liste noire
Trois responsables russes - le vice-ministre russe de l'Energie Andreï Tcherezov, un chef de service du ministère et le directeur de la société russe qui avait acquis les turbines auprès de Siemens - figurent désormais sur la liste noire de l'UE qui leur interdit de voyager dans l'Union et gèle leurs fonds sur son territoire. Trois entreprises russes sont également visées.
Tous contribuent "à établir une source d'approvisionnement en électricité indépendante pour la Crimée et Sébastopol afin de soutenir leur séparation de l'Ukraine", ce qui "compromet l'intégrité territoriale, la souveraineté et l'indépendance de l'Ukraine", estime l'UE dans sa décision.
Dispositions contractuelles violées
L'UE avait dès 2014 édicté une série de sanctions et interdit aux entreprises européennes de commercer avec la Crimée ou d'y investir.
Siemens avait annoncé en juillet que les turbines avaient été détournées "contre (sa) volonté" vers la Crimée. L'industriel semble avoir convaincu l'UE, qui indique qu'elles "ont été fournies par la Russie (à la Crimée) en violation des dispositions contractuelles liées à la vente initiale de ces turbines par Siemens.
La Russie cherche à mettre fin à la dépendance énergétique de la Crimée à l'égard de l'Ukraine, après plusieurs coupures de courant massives en raison de sabotages visant les lignes à haute tension côté ukrainien.
Poursuites judiciaires
Siemens a lancé des poursuites judiciaires en Russie à l'encontre de l'entreprise à laquelle elle avait livré les turbines à l'été 2016 et de ses responsables, réclamant le retour des turbines sur leur lieu de livraison d'origine et proposant de les racheter.
L'UE a imposé toute une série de sanctions à la Russie - à la fois individuelles et contre des secteurs vitaux de son économie - en réponse au soutien de Moscou aux rebelles prorusses qui occupent l'est de l'Ukraine depuis 2014.
Les Etats-Unis ont eux renforcé cette semaine leur arsenal de sanctions contre la Russie, ce qui a créé des inquiétudes à Bruxelles puisqu'elles pourraient frapper les entreprises européennes participant à un projet de nouvel oléoduc pour amener du gaz russe en Europe, NordStream 2.