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n vrai casse-tête géopolitique que de parvenir à sceller d’un commun accord cette harmonisation universelle des tranches horaires devenue nécessaire au trafic mécanisé, au rail, à la télégraphie, aux voyages, à l’échange et au commerce entre tous. L’horlogerie s’est ainsi vue propulsée à la tête de la première phase de la mondialisation en construction. Car c’est elle, avec sa maîtrise mécanique des durées, qui avait la solution. Ne l’avait-elle pas déjà démontré deux siècles auparavant en assurant grâce à sa précision la maîtrise des mers aux Anglais!
Mais si nations, républiques, royaumes, principautés, confettis et empires du XIXème siècle parvinrent pourtant relativement facilement à se mettre d’accord sur la façon de répartir les parts du gâteau des 24 heures, c’est que sur cette question, pour une fois, les politiques cédèrent le pas aux cheminots.
Quand dans les années 1880, on constate que coexistent aux Etats-Unis 49 différents horaires officiels des chemins de fer, les autorités se disent qu’il faut faire quelque chose pour simplifier tout ça. C’est par ailleurs chose déjà faite en Angleterre qui a normalisé son horaire dès 1840. En 1883, le «temps ferroviaire» normalisé entre en vigueur aux Etats- Unis. Pour autant de raisons pratiques que scientifiques, il s’aligne sur le méridien de Greenwich, alors qu’il aurait pu s’aligner sur celui de Washington. Se régler sur Londres?
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- IVAN YURIN, «WORLD CLOCK»
- Conçue au XIXème siècle par le pendulier russe Ivan Yurin, cette étonnante horloge arbore de très nombreux cadrans (67) indiquant l’heure à travers l’ancien Empire russe, y compris l’heure de villes et de zones aujourd’hui disparues. Elle est exposée au Peterhof Palace de Saint-Pétersbourg.
Un affront à la souveraineté que les politiques seuls n’auraient jamais accepté sans la pression des cheminots, pour les «pratiques», et des horlogers, pour les «scientifiques». Une année plus tard, en octobre 1884, le Président américain d’alors, Chester A. Arthur ouvre l’International Meridian Conference qui va se mettre d’accord en trois semaines sur l’adoption d’un système horaire universel – qui concernera pour commencer seulement 25 pays (la France attendra 1898 pour se ranger derrière le panache britannique de Greenwich – sans pour autant le nommer par son nom).
Cette conférence se révèlera une véritable aubaine pour l’horlogerie. Elle qui fournissait déjà les cheminots et marins en chronomètres de précision allait désormais pouvoir équiper voyageurs, commerçants, télégraphistes et globe-trotters.