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Petite historique du modélisme ferroviaire
Au commencement
Il est difficile d’estimer une date de l’invention du train miniature et de nommer un ou des créateur(s). Visiblement cela est arrivé peu de temps après l’adoption du train réel dans le monde. Les premiers modèles sont usinés librement par des artisans travaillant le fer-blanc qui utilisent alors les chutes des découpes pour faire des reproductions de véhicules. En Angleterre, aux alentours de 1840, les premières machines à vapeur deviennent disponibles. « Märklin » arrive sur le marché en 1891 avec une composition mue par un mouvement d’horlogerie. Cependant, la majorité des trains sont des modèles à traîner ou de plancher, le tout sans rail. Ces modèles se trouveront dans les catalogues, des différents fabricants jusqu’en 1930.
Puis, vers 1890-1900, arrivent, ce qui se nomme les « trains jouets » roulant alors sur rails. Tout d’abord sur des rails en coupons puis à ornières. Finalement de véritables tronçons de voies sont fabriqués et permettent les montages selon les envies. Ceux-ci permettent la conception des premiers « ronds » ou « ovales ». Certains réseaux sont déjà complétés par des appareils de voies (aiguilles, croisements, etc.)
Les reproductions sont, à cette époque, des jouets de luxe. Fabriqués en tôle estampée, emboutie voir lithographiée. Cette méthode, mise au point vers 1910, est typhiques des marques « JEP », « Hornby » et « Märklin ». Les véhicules sont reproduits à des échelles allant du 1/15 au 1/45 et sans aucune norme standard entre les différents fabricants. Ce qui assure l’exclusivité auprès des clients. Ces trains sont plus une « image » du modèle réel qu’une reproduction réaliste. Il est facile de le constater en observant les machines construites en petits. Telle une locomotive passant de 6 essieux en réel à un modèle à 2 essieux. Ces derniers étant uniquement un bogie moteur commun à chaque locomotive d’une même marque.
Au départ les locomotives sont munies d’un entraînement mécanique qui, à compter de 1905, sont progressivement remplacés par des moteurs électriques. Quant aux différents appareils de voies, ceux-ci restent à commande manuelle. La tension, alimentant les moteurs de traction, est fournie par un « 3ème rail » central. Petit-à-petit ces trains jouets commencent à être reconnus comme un loisir sérieux avec une connotation éducative. Cela perdure jusque dans les années 50.
La naissance du modélisme ferroviaire moderne
Des modèles de très bonnes finitions et tout métal sont construits au début du 20ème siècle. Malgré tout, les puristes du modélisme, ne reçoivent que peu d’égards de la part des grands fabricants. Pendant ce temps, au Japon, des amateurs et une partie d’artisans reproduisent fidèlement et de toutes pièces, des locomotives en laiton en 0 ou en I. Néanmoins, ces modèles sont davantage destinés à l’exposition en vitrine qu’à la circulation sur un réseau.
A la sortie de la 1ère guerre mondiale, apparaissent les premières productions artisanales. Celles-ci proposent du matériel roulant ainsi que des voies. D’autres parts, ces particuliers modifient des modèles de grandes marques et commencent à s’intéresser aux décors. Le nombre de ces modélistes restent très faibles. Dès 1920, les tronçons de voie sont dotés d’un trou, permettant le montage sur une planche et, en 1930, débarquent les premiers éléments de voie électrique. Le modélisme continue à être pratiqué par les familles les plus aisées financièrement. La « guerre » entre le continu, plus réaliste, et l’alternatif se fait ressentir.
1910, à Londres, est enregistré ce qui peut être le premier Rail Club. En 1935, la « National Model Railroad Association » (NMRA), est créée aux Etats-Unis et avec elle, la volonté d’obtenir des normes standards pour les modèles et les accessoires.
Durant cette période d’entre-deux guerres, plusieurs artisans proposent des modèles réduits et des revues spécialisées commencent à être publiées. Les premières sortent au Japon, au début des années 30. Suivent les Etats-Unis, en 1935 avec « Model Railroader » ou encore la France, en 1938, avec « Loco-Revue ». Quant aux échelles de reproductions, le 0 est la plus courante jusqu’au 2ème conflit mondial.
L’après-guerre
Les années d’après-guerre connaissent un engouement et un développement rapide. Les échelles réputées (0, I et II) au début du siècle sont, de plus en plus, laissées à l’écart pour des plus petites (00 ou H0). Les nouvelles constructions en plastiques permettent de diminuer considérablement les coûts tout en ayant l’avantage d’avoir des finitions plus réalistes. Depuis, les grandes échelles proposant les modèles les plus finement reproduits, restent le « privilège » de modélistes les plus économes ou fortunés.
Dès 1950, les modèles sont construits de façon industrielle par des firmes telles que « Märklin », « Trix » ou encore « Fleischmann » en Allemagne ou Jouef en France. Outre-Atlantique, la maison « Lionel », aux Etats-Unis, construit du 0-Américain en 1/48. Les japonais, sujets aux pénuries d’après-guerre et à l’occupation américaine, fabriquent des trains avec du matériel de récupération. Des coffrets de démarrage incluant : un ovale de voie, avec ou sans aiguilles, une locomotive, quelques voitures ou wagons et d’un transformateur basse-tension, ont permis de rendre le train miniature populaire et de le rendre accessible à tout public. Le H0 devient rapidement la norme et l’échelle passe-partout.
Aux Etats-Unis, la superproduction des modèles fait que les magasins de modélisme ferroviaire, les fameux « Hobby Shops », augmentent de façon exponentielle. A ce moment, tous les enfants rêvent d’obtenir un train miniature.
La « Fédération européenne des modéliste ferroviaires et amis des chemins de fer » (MOROP) est fondée en 1954 et prend son siège à Berne. Elle crée alors les « Normes européennes de modélisme » (NEM) et entretien des liens étroits avec son homologue américain (NMRA). Dans la mesure du possible, les normes de compatibilité sont recherchées des deux côtés de l’Atlantique et permettent de voir circuler réunis le matériel de toutes marques à l’échelle choisie. Le 2 rails continu devient doucement leader du marché grâce au réalisme de la voie.
Les années 60 : les débuts du modélisme contemporain
Le marché est renforcé et les prix deviennent encore plus attractifs. Cela rend possible la conception de réseaux avec un grand nombre de voie, lègue de 0 et du I. La nouvelle utilisation des plastiques et du zamac, tout comme la pression venant des modélistes ainsi que des revues spécialisées, imposent les fabricants à une plus grande finition des véhicules en H0. L’URSS se lance, à son tour, dans le loisir ferroviaire dès 1964, grâce aux importations des productions est-allemandes. La pratique du modélisme y reste bien laborieuse par le manque de moyens et les politiques qui ne voient pas toujours d’un bon œil ce loisir. Cela durera jusqu’au déclin de l’ère soviétique et n’empêche pas la création d’un Rail Club en 1969. Alors qu’à Yverdon, en 1962, est fondé le « Mini-Rail Yverdon », devenu en 2001 le « Rail Club Yverdon-les-Bains » (RCYB).
De nouvelles échelles voient le jour. A commencer par le N en 1965 produit en Allemagne par « Arnold » et « Minitrix ». La maison « Kato » au Japon ne tarde pas à emboîter le pas. « Märklin » crée le Z en 1972. La maison « LGB » est fondée en 1968 et se lance dans le marché du train de jardin pour rajeunir le IIm.
Au Japon, le laiton reste indétrônable parmi les modélistes les plus âgés ou ceux exerçant le H0. La fabrication semi-artisanale est délocalisée en Corée du Sud. Ceci à pour conséquence que le réalisme des modèles, avec une quantité inouïe de pièces, toutes plus fines les unes que les autres, font grimper les prix en flèche en Europe. Hélas, plusieurs réalisations en H0, principalement les voitures, ont des longueurs réduites (1/120 ou 1/100 au lieu de 1/87) afin de pouvoir circuler sur les courbes trop serrées de certains réseaux ou sur les courts rayons des aiguilles « Märklin ».
L’électronique fait son entrée dans le milieu avec des diodes électroluminescentes, Les décors ne sont pas en reste. Une nouvelle colle, connue sous le nom de « Cyanolite » ou « Super Glue », simplifie nettement les assemblages des pièces. Enfin, au début des années 70, les différents flocages ou poudres imitant la végétation, arrivent sur le marché.
Durant les années 80, les premiers rassemblements des maquettes modulaires ont lieux en Europe et prennent la place des simples réseaux montés en ovales sur des planches. Le terme « modélisme ferroviaire » devient, quant à lui, usuel. La conception des réseaux reproduisant des lignes plausibles avec des reprises de la réalité prend de l’ampleur. Les jeunes japonais deviennent adeptes du N et l’Europe fait connaissance avec le modélisme d’Amérique du Nord au cours des années 90.
Fin du 20ème siècle et entrée dans le nouveau millénaire
Pendant les années 90, une crise dite de vocations débute. Celle-ci découle de plusieurs raisons : la diminution des surfaces habitables, le coût des modèles réduits, de nouveaux choix de loisirs, la fabrication européenne de reproductions limités (qui font augmenter les prix d’usine) ou encore la production de matériel nettement plus fragile par les finitions réalisées, qui limite la manipulation par des adultes.
De multiples restructurations ainsi que les rachats de différents groupes amènent à la constitution de plusieurs groupes (« Roco », « Märklin », « Hornby Railways » ou « Bachmann Industries »). Cette situation crée un doute légitime pour les modèles déjà existants, sans compter les modifications de gestions des services après-vente. Cette période instaure une diminution de fabrication du matériel roulant. Ce qui se ressent fortement lors des éditions de la Foire de Nuremberg (D) où chaque année les fabricants présentent leurs nouveautés. A la demande des modélistes, les reproductions se font encore plus réalistes, demandant des étapes supplémentaires de fabrications ainsi que la mise en place d’autres techniques. Cela a pour impact de faire, une nouvelle fois, augmenter les prix de vente.
Pour les professionnels et spécialistes de la branche, le modélisme ferroviaire endure multiples préjugés. Le train miniature semble devenir trop compliqué à des prix non attractifs et demanderait trop de place pour l’installation. Différentes actions, afin de faire adhérer à ce loisir de jeunes modélistes, sont développées à la fin des années 90.
Le cap de l’an 2000 franchi, les réalisations des réseaux, poussant au maximum les détails des décors (certaines fois encore plus que pour le matériel roulant), entre véritablement dans la pratique. Pour les plus grandes échelles, les véhicules profitent également des innovations de la technique avec, par exemple, les attelages à boucle ou à crochet qui sont remplacés par d’autres plus réaliste (attelage à vis pour l’Europe ou attelage « Janney » pour l’Amérique du Nord). Les possibilités du modélisme ferroviaire n’ont jamais été aussi conséquente qu’en ce début de siècle. Que ce soit par sa quantité que par sa qualité. L’essor d’internet simplifie l’acquisition aux documents.
Les derniers progrès proviennent de l’électronique et de l’informatique. L’exploitation des réseaux passe du système conventionnel, purement électrique, appelé analogique, à l’ère numérique et son système digital. Ce dernier est rendu standard, en 1993, par la NMRA. Les commandes des véhicules, comme des équipements de voies, se font par un microprocesseur. Les sons et les différentes options d’éclairage des véhicules apparaissent. L’accessibilité à l’impression 3D permet aux modélistes comme aux fabricants offre la possibilité de nouvelles créations pour les pièces détachées ou de parfaire les finitions des bâtiments ou autres articles des décors.
En résumé
Le modélisme ferroviaire est plus que jamais un loisir encré dans la vie actuelle. Qui plus est, avec l’avènement de la miniaturisation, il est facile d’imaginer de futures découvertes ces prochains temps. Grâce à la technologie, ce loisir à connait un souffle nouveau auprès des jeunes et cela ne semble pas d’être sur le point de s’arrêter. Le modélisme ferroviaire a donc encore de beaux jours devant lui…