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On se souvient de l’émotion générée par le concert du célèbre musicien soviétique Mstislav Rostropovitch à cette occasion.
La chute du mur est devenue le symbole de la fin de la Guerre froide – et pourtant, des évènements antérieurs et postérieurs mériteraient autant ce titre.
En juin 1989, les élections semi-libres en Pologne ont amené au pouvoir, deux mois plus tard, le premier chef de gouvernement dans le bloc soviétique issu de l’opposition au communisme, Tadeusz Mazowiecki.
Pendant l’été 1989, les Est-Allemands en vacances en Hongrie ont profité de l’ouverture de la frontière avec l’Autriche pour chercher refuge en Allemagne de l’Ouest.
En Allemagne de l’Est, les manifestations de Leipzig, qui se sont intensifiées à l’automne 1989, ont ébranlé le régime communiste avant la chute du mur.
La révolution en Tchécoslovaquie a hissé au pouvoir le dissident tchèque le plus connu (à l’Ouest du moins), Vaclav Havel, qui avait commencé l’année 1989 en prison pour son engagement en faveur des droits de l’homme.
La révolution sanglante en Roumanie a culminé le jour de Noël avec l’exécution du dictateur Nicolae Ceausescu et son épouse.
Le coup d’État en Bulgarie a renversé le plus ancien leader du monde soviétique, Todor Jivkov.
Ces évènements ont tous eu lieu avant la fin de l’année 1989. Mais surtout, l’Union soviétique, l’acteur principal de la Guerre froide avec les États-Unis, a survécu encore plus de deux ans après la chute du mur de Berlin. C’est en fait principalement grâce au refus du leader soviétique de l’époque, Mikhail Gorbatchev, d’intervenir en 1989 que les pays du bloc communiste ont pu réaliser leur émancipation.
Qu’importent les dates, ou même la vérité historique ?
On sait maintenant que la chute du mur était due à une erreur de communication. Les symboles ne sont pas l’histoire, et l’histoire est faite aussi de mythes. L’exaltation qui marquait la chute du mur n’a pas perduré. Elle a cédé à la morosité actuelle.
Les États qui ont fait la révolution ont été admis, tardivement il faut le dire, dans l’Union européenne. Après avoir été des élèves exemplaires de l’expérience occidentale, ils se sont montrés rebelles, et leur désenchantement semble avoir infecté le reste de l’Union.
Mais on ne peut pas oublier un moment où tous les rêves semblaient réalisables.