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Depuis plusieurs années, la BCV a appliqué une stratégie qui lui a permis d'appuyer efficacement l'économie vaudoise, de renforcer sa position sur différents marchés et d'améliorer sa rentabilité. Pour être en mesure de continuer dans cette voie dans les meilleures conditions, la BCV a décidé d'augmenter ses provisions dans toute la mesure nécessaire pour faire face à ses risques sur débiteurs. Ceux-ci se situent à concurrence de 85% dans le canton de Vaud et de 12% dans le reste de la Suisse, et sont issus pour l'essentiel de la crise économique des années nonante.
Résultat de l'analyse
Il y a un mois, la BCV a annoncé qu'elle avait engagé une analyse de sa méthode de provisionnement des crédits à risque, pour voir si celle-ci était toujours adéquate dans le contexte actuel. Réalisée avec le soutien de son organe de révision externe et une seconde société de révision, cette analyse a donné les résultats suivants :
- Il n'y a pas de lacune dans la systématique de détection des risques, ni dans l'évaluation des risques potentiels, qui sont connus et suivis de façon appropriée. Le montant des crédits non productifs d'intérêts, tel qu'il ressort de l'analyse, est donc conforme aux indications données antérieurement par la Banque
- En revanche, la méthode de provisionnement n'est plus jugée adéquate. Par conséquent, la BCV a décidé de se doter des moyens supplémentaires nécessaires, à la charge de l'exercice 2001, en renforçant de façon substantielle ses provisions pour les porter à 1,7 milliard de francs.
Les mesures prises
Sur cette base, le conseil d'administration de la Banque a pris différentes mesures qui seront appliquées dans le cadre du bouclement de l'exercice 2001, et qui ont reçu l'aval de la Commission fédérale des banques.
Pour porter les provisions à 1,7 milliard de francs, un total de 1,125 milliard sera attribué au poste " correctifs de valeurs, provisions et pertes ", dont 240 millions à la charge du résultat de l'exercice. L'attribution complémentaire de 885 millions sera couverte, à concurrence de 685 millions, par le transfert aux provisions de réserves libres et légales dont dispose la Banque. Le solde, ainsi qu'un abattement sur la valeur des immeubles destinés à la vente, détenus par la BCV, viendront s'ajouter à la perte opérationnelle de l'exercice qui se soldera ainsi par un résultat net négatif de quelque 390 millions de francs. En conséquence, le Conseil d'administration proposera à l'assemblée générale de ne pas payer de dividende au titre de l'exercice 2001.
A la suite de ces opérations, les fonds propres de la Banque seront inférieurs aux exigences légales pour un montant d'environ 500 millions de francs. Afin de corriger cette situation et de permettre à la Banque de poursuivre son développement, une augmentation de capital sera effectuée en 2002 pour un montant de 600 millions de francs, agio compris. Les modalités de cette émission seront définies au moment où sera convoquée l'assemblée générale des actionnaires appelée à se prononcer sur ce sujet. Des négociations sont en cours avec une importante banque internationale pour mener à bien cette opération de capital. Le Conseil d'Etat a pris la décision de principe de participer à cette opération à hauteur de sa participation au capital. La BCV peut en outre, si les besoins liés à son développement l'exigent, accroître encore ses fonds propres par le lancement d'emprunts subordonnés.
Perspectives
Une fois réalisé cet assainissement de la situation en matière de risques sur débiteurs, la Banque pourra poursuivre sa stratégie de développement sur une base solide et continuer à exercer pleinement sa mission au sein de l'économie vaudoise. A l'avenir, ses besoins annuels de provisions devraient se situer à un niveau correspondant à environ 0,5% du total de ses crédits, soit à un montant de l'ordre de 100 à 150 millions de francs. La visibilité de l'évolution des résultats qui, en termes de bénéfice brut, se rapprocheront dès 2002 des chiffres records des années 1999-2000, s'en trouvera sensiblement améliorée.
Lausanne, le 18 décembre 2001