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Au lieu d’interdire enfin la chasse d’espèces menacées – telles que le lièvre brun – la proposition de révision de la Loi fédérale sur la chasse et la protection des mammifères et oiseaux sauvages (LChP) met ces animaux directement dans le viseur des chasseurs.
La population de lièvres bruns diminue depuis des années. Il n’y a aucune amélioration en vue. En Suisse, l’on compte actuellement trois lièvres bruns pour 100 hectares (1 km2), contre quatre dans les années 1990. La diminution de la population de lièvres bruns est le résultat direct de l’intensification de l’agriculture : les menaces les plus importantes à la survie du lièvre sont le remembrement parcellaire, l’utilisation intensive du sol (en particulier, moissons fréquentes) et l’utilisation accrue de machines agricoles. Le taux de mortalité de jeunes lièvres est, par conséquent, très élevé. Il est vrai que le rôle de la chasse dans le déclin de la population est faible, mais cette pratique constitue une pression supplémentaire sur l’espèce, déjà affaiblie.
La loi actuelle protège-t-elle le lièvre brun ?
Conformément à la loi actuelle sur la chasse et la protection des mammifères et oiseaux sauvages (LChP), le lièvre brun est une espèce menacée, mais peut être chassé conformément à l’art. 5 al. 1 let. f. La période de chasse débute le 1er octobre et prend fin le 31 décembre de chaque année. Dans certains cantons (par ex. Berne), le lièvre est protégé par une loi cantonale. Dans d’autres cantons (Soleure, Argovie), les chasseurs l’épargnent volontairement, bien que sa chasse soit autorisée. Dans environ 10 cantons, le lièvre brun continue à être chassé sans autre, en particulier dans les régions de montagne et en Suisse romande. Chaque année, en Suisse, près de 1’600 lièvres sont ainsi tués, bien qu’il s’agisse d’une espèce menacée.
Que prévoit la nouvelle loi ?
D’après la révision proposée de la loi, les organisations de protection de l’environnement ne pourront plus déposer de recours si les cantons prennent des mesures interdites contre des espèces dont la chasse est autorisée, telles que le lièvre brun. Sans l’instrument juridique du droit de recours des organisations, les espèces dont la chasse est permise ne pourront plus bénéficier de la protection de ces organisations en cas de tirs non conformes à la loi.
Avec seulement trois lièvres bruns par kilomètre carré, le seuil critique de la population de lièvres a été atteint. Une densité comprise entre deux et six lièvres bruns pour 100 ha est considérée comme critique et peut entraîner un danger aigu pour l’espèce. Au lieu de faire peser sur cette espèce menacée un danger encore plus lourd avec la révision en cours, il est urgent d’interdire la chasse au lièvre d’Europe dans toute la Suisse.
La Fondation Franz Weber avertit que la nouvelle loi sur la chasse risque d’engendrer un déclin encore plus marqué de la population de lièvres bruns en Suisse, et que nous pourrions ainsi perdre définitivement cette espèce. Pour ce motif : votez NON à la révision de la LChP !*
Source : Feuille d’information sur le livre brun de l’association «Jagdgesetz NEIN»
*Les mesures prises pour endiguer l’épidémie de Coronavirus ont pour conséquence que la votation fédérale prévue le 17 mai prochain ne pourra pas avoir lieu. La nouvelle date de votation n’est encore pas connue. Le Conseil fédéral devra décider, d’ici fin mai, si le scrutin du 27 septembre 2020 était maintenu, et quels objets feraient alors l’objet du vote.
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