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On entend souvent dire que notre consommation, notre mode de vie capitaliste, nuit gravement à la nature. Que les ressources du monde sont limitées et que nous nous approchons du point de rupture. Dans cette optique, on ajoute également que le PIB mondial ne peut pas croître indéfiniment dans un monde fini. Cette vision a bien sûr un sens. Elle cherche à nous prévenir que nous allons droit dans le mur et qu'il faut que nous calmions le jeu et cessions de rechercher à tout prix à augmenter nos richesses. Sans cela, c'est la survie même de notre propre espèce qui est en danger, car sans ressources, nous ne pourrons pas survivre.
Cette visions a un sens, oui.
MAIS EST-CE LA REALITE ?
Tout d'abord, faisons ce que se refusent à faire les écologistes: considérons notre espèce comme une espèce animale comme toutes les autres, qui tente de tirer profit des dons que lui a octroyé la nature pour tenter de faire sa place dans l'écosystème, voire pour le modifier à son avantage. Acceptons que nous ne sommes pas au dessus de la création, mais que nous en sommes une partie intégrante. Cela va à l'encontre de la doctrine religieuse et beaucoup restent persuadés que nous sommes à part dans la création. Mais la réalité scientifique est là: nous ne sommes rien de plus qu'une espèce animale comme toutes les autres.
Dans ce cas, pour savoir si notre espèce est en danger, il suffit d'utiliser les mêmes méthodes de mesure que pour les autres espèces. Et comment mesure-t-on si une espèce est en danger ou non ? C'est simple, une espèce en danger est une espèce qui n'arrive pas à renouveler totalement sa population d'une génération à l'autre. Autrement dit, elle voit sa population baisser continuellement. Cela peut être pour deux raisons: soit sa natalité est insuffisante, soit sa mortalité est trop importante. Ou une combinaison des deux. Et bien de ce point de vue, le moins qu'on puisse dire, c'est que l'espèce humaine, dont la population croît de 1 milliard d'individus tous les 12 ans environ, semble bien loin de l'extinction !
Cette progression montre au contraire que notre espèce a une grande vitalité. Qu'elle se développe rapidement et donc supplante les autres espèces dans la majorité des écosystèmes où elle est implantée. Mais bien sûr, le revers de la médaille, c'est que nous consommons de plus en plus de ressources, appauvrissant le milieu dans lequel nous vivons. Et que se passera-t-il lorsque nous aurons fortement appauvri notre planète ? Allons-nous disparaître ? Non. Tout au plus, notre mortalité augmentera et rattrapera la natalité, qui elle diminuera. Notre population s'équilibrera alors, tout comme celle des autres espèces dans l'ensemble, puisque nous cesserons de modifier l'environnement. Notre population ne pourra effectivement pas croître sans interruption. Il y a une limite que nous ne pourrons pas franchir.
Mais bien sûr, nous pourrions équilibrer cette population avant d'en arriver là et éviter cet accroissement de mortalité qui serait, il faut bien le dire, très désagréable pour nous. D'autant que d'ici là, nous aurons provoqué la disparition de pas mal d'autres espèces, ce qui constituera une perte irréversible. Pour cela, il faudra agir sur la natalité avant tout. Et c'est là qu'intervient la seconde affirmation: est-ce que le mode de vie occidental et la recherche de richesses va à l'encontre du but recherché ? Lorsqu'on observe l'augmentation de population dans le monde entier, on s'aperçoit en fait que c'est dans les régions riches, dites développées, que la natalité est la plus faible ! En Europe par exemple, la population est pratiquement stable, malgré les migrations qui poussent largement cette population à la hausse. Et cela malgré une espérance de vie toujours à la hausse. Dans les pays pauvres par contre, la population s'accroît sans cesse, de manière exponentielle. Certes la natalité globale a déjà faibli depuis une quarantaine d'années, mais le bilan reste encore largement positif.
Et là intervient la plus grande question: comment se fait-il que dans des régions où l'espérance de vie a progressé énormément, la population se stabilise, alors que dans des régions où cette espérance de vie reste faible à cause de la pauvreté, la population ne cesse de progresser de manière totalement incontrollée ? La logique selon laquelle l'espèce humaine n'est qu'une espèce comme les autres, répondant aux mêmes lois naturelles, tendrait à faire penser le contraire. En effet, les populations animales progressent généralement là où la nourriture est abondante et régressent là où elle manque...
La seule réponse qui s'impose, c'est que les populations dont le niveau d'instruction est supérieur tendent à avoir une natalité inférieure. Sans doute parce qu'elles ont d'autres préoccupations et d'autres responsabilités, elles préfèrent ne pas en rajouter avec la responsabilité parentale. Dans nos sociétés occidentales, la paternité et la maternité sont devenues des luxes qu'on ne peut s'offrir qu'au compte-goutte ! La solution à la démographie galopante semble donc passer par un accroissement de l'instruction de la population mondiale.
Maintenant, peut-on simplement décréter que les pays pauvres doivent améliorer la scolarisation de leurs sociétés ? Bien sûr que non. Si c'était aussi simple, il n'y aurait déjà plus un seul enfant ne fréquentant pas l'école. Car pour pouvoir améliorer l'instruction de la population il faut avant tout pouvoir payer les frais scolaires qui sont une charge énorme pour la société. Et pour que l'état puisse payer un système scolaire performant, il faut qu'il puisse prélever des taxes. Et pour qu'il puisse prélever des taxes, il faut que les gens travaillent. Et finalement, pour qu'ils travaillent, il faut qu'il y ait des entreprises qui leur offrent du travail. Ces entreprises bénéficiant directement d'un système scolaire performant, la boucle est ainsi bouclée !
Donc, pour que le niveau d'instruction de la population s'accroisse, il faut accumuler des richesses. Ceci étant clair, peut-on encore dire que notre mode de vie occidental est néfaste ? Bien sûr que non ! Au contraire, le grand défi du 21ème siècle va être de généraliser ce mode de vie dans le monde entier, afin de stabiliser la population mondiale et éviter que l'humanité se mette dans une position désagréable. C'est la seule solution fiable à nos plus grands problèmes !
Finalement, la dernière affirmation à laquelle il faut répondre, c'est que la croissance infinie, idéal impossible de notre société, ne peut que mener tout notre système capitaliste dans le mur. Et bien ça n'est pas totalement vrai. Disons qu'il faut effectivement éviter de continuer dans la direction que nous avons suivi ces dernières années. Mais tout d'abord, il faut dire que les pays du tiers-monde ont encore une marge de croissance très importante. Et il ne faut surtout pas freiner leur croissance pour les raisons énoncées plus haut. Ensuite, dans le cas des pays riches, on peut tout à fait continuer à soutenir la croissance. Mais cette croissance doit rester mesurée. Et surtout, elle doit être qualitative. En effet, on peut accroître les richesses en augmentant la quantité de biens, mais aussi en augmentant leur qualité ! Par exemple, en échangeant une voiture à essence par une voiture hybride, on créé de la richesse, tout en diminuant la quantité de ressources globales consommées...
Le grand défi de notre siècle ne va pas être la décroissance comme l'affirment les communistes qui se cachent derrière l'étiquette verte. Au contraire, ce grand défi va s'articuler selon deux axes. D'une part, il va falloir régler les problèmes de pauvreté dans le monde afin de diminuer la natalité dans le tiers-monde. Ceci ne pourra être réalisé que par une croissance soutenue dans ces régions. D'autre part, il va falloir améliorer la qualité de nos biens de consommation en les rendant plus respectueux de notre environnement. Ça n'est que comme ça que nous allons améliorer la qualité de vie pour toute l'humanité dans le respect des autres espèces qui nous entourent. De même, nous devrons faire face à un second grand défi. Les réserves de pétrole vont se tarir durant ce siècle. Afin de faire face à ce défi, il faut se lancer sans plus attendre dans un programme visant à inventer ce monde sans pétrole dans lequel vivront les prochaines générations. Car si nous ne nous y prenons pas suffisamment tôt, nos descendants n'auront plus qu'à retourner vivre dans des grottes ! Personnellement j'ai assez confiance et je pense que l'humanité se dirige dans la bonne direction. Et même s'il reste encore passablement de problèmes, j'espère que dans l'ensemble ces problèmes seront maitrisés bien avant la fin du siècle.