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Le premier découpage du territoire genevois en zones remonte au début des années 1920 à l'occasion de la création du Bureau du Plan d'extension, qui emboîte le pas à la théorie moderne de l'urbanisme de zonage, lequel vise prioritairement à éloigner les nuisances industrielles des quartiers d'habitation. A Genève ce zonage s'affine et se consolide dans les années 1950 avec pour préoccupation majeure la protection de la zone agricole, dont on perçoit, plus que partout ailleurs, la fragilité et l'importance.
Rien ni personne n'a depuis fondamentalement remis en question le système des zones, qui s'est précisé avec la zone dite aujourd'hui 3B de dévelopement, située dans la couronne urbaine de la Ville de Genève. De plan directeur en plan directeur, les urbanistes ont ressassé, aux cités-satellites près, les contours fixés au début des Trente Glorieuses sans intégrer à sa juste mesure -ce qui est une criante évidence aujourd'hui-, la dimension patrimoniale qui se cristallise véritablement à la fin des années 1960'. Jusqu'à la rupture d'anévrisme du Plan Directeur cantonal 2030, à propos duquel la population n'a jamais été amenée à se prononcer, et qui marque non pas le début d'"une mue" (euphémisme politicien), mais celui d'un attentat contre Genève, comme une attaque à l'acide sur un beau visage.