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Qu’est-ce que le Réflexe de Paralysie par la Peur ou RPP ?
Le RPP est un réflexe archaïque* qui se déclenche in utéro, autour de la 5e semaine. C’est le moment où généralement la maman apprend qu’elle est enceinte.
Ce réflexe se déclenche lorsque l’embryon est touché dans la région de la bouche ou du nombril ou suite à une toxicité, ou encore à un stress environnemental (bruit fort par exemple, stress vécu par la mère…) et se manifeste par une réaction de rétractation et de figement de l’ensemble du corps. L’embryon subit alors un ralentissement du rythme cardiaque, une chute de la pression sanguine, une hypoxie (manque d’oxygène) et un léger repli autour de son centre. L’embryon vit alors une peur extrême et s’ensuit une coupure du système.
Par rapport aux trois options de réponses qui s’offrent à notre cerveau en cas de stress extrême pour pouvoir survivre (fuite, lutte ou paralysie), le RPP correspond donc à la troisième réponse. Sauf qu’en temps normal, il devrait progressivement s’intégrer pour disparaître complètement lorsque la source de stress disparaît. Lorsqu’il reste actif, il entraîne une série de symptômes très handicapants. Dans le contexte anxiogène actuel, ces symptômes pourraient être un frein à une reprise de vie normale.
Conséquences d’un RPP actif
Lorsque le RPP est actif, il a des répercussions très fortes en lien avec la peur. Toute réponse à un stress sera de l’ordre de l’immobilisation ou de la dissociation. Les conséquences sur le comportement seront profondes, et auront un impact au niveau moteur, émotionnel et cognitif.
Depuis le mutisme au débordement d’émotions, il existe de multiples réactions possibles. Dans tous les cas, ces personnes semblent se figer sur place et ont du mal à mettre un pied devant l’autre.
Quand le RPP est déclenché, il y a sécrétion d’hormones de stress : cortisol et adrénaline. Les personnes dont le RPP est actif ont tendance à être anxieuses, craintives, terrorisées et inconsolables lorsqu’elles se sentent impuissantes à gérer les difficultés que la vie leur présente. Cela peut générer des crises de panique et de phobies, ainsi qu’une augmentation de la tension artérielle. Des tensions musculaires dans la nuque et les épaules sont assez courantes également. Il leur est difficile de prendre part à ce qui se passe autour d’elles. Les crises de colère sont courantes ainsi que dépressions et burnout.
Certaines personnes ont du mal à parler et à répondre. Ce n’est pas de leur choix mais au contraire une coupure physiologique qui comprime le larynx. Il est juste impossible de parler.
D’autres peuvent avoir du mal à regarder dans les yeux, parce qu’elles sont déjà envahies par toutes les données sensorielles et qu’elles cherchent à comprendre. Regarder quelqu’un dans les yeux demanderait de traiter en plus des données affectives, ce qui est à ce moment-là ingérable. Certaines personnes ont appris à compenser ceci en fixant souvent les yeux d’un interlocuteur avec intensité et sans cligner.
Autres symptômes possibles
Parmi d’autres symptômes possibles, il peut y avoir également :
- un seuil de tolérance au stress très bas,
- une hypersensibilité sensorielle au toucher, à la luminosité, aux sons, aux changements soudains dans le champ visuel, aux stimulations du système vestibulaire ou aux stimulations proprioceptives.
- des cauchemars, terreurs nocturnes, ou encore noctambulisme.
- Des pensées morbides autour de la mort et de la maladie
- Un repli sur soi, comme si la personne s’était déconnectée du reste du monde, qui peut mener à la dépression ou au burnout.
Les personnes ayant un RPP actif souhaiteraient pourtant être capables de partager leurs émotions, leurs frustrations et leurs peurs. Mais elles sont si « paralysées » par leurs peurs qu’elles ne parviennent pas à se libérer pour entrer dans le partage. Au lieu de cela, elles dressent des barrières autour d’elles pour empêcher que l’on s’approche trop près, ce qui les déstabiliserait.
Bref, la liste de symptômes peut être longue et diffère largement d’une personne à l’autre.
Alors que faire si vous soupçonnez un RPP toujours actif après le déconfinement?
Ces personnes ont avant tout besoin d’être écoutées et entendues dans leur peur, sans jugement. Elles n’ont aucun contrôle sur ce qu’il se passe en eux, cela ne dépend pas de leur volonté, même si on peut parfois en douter lorsqu’on est soi-même loin de ces peurs.
Souvent, la vie peut leur sembler vraiment compliquée. Chaque petit pas est une montagne, et qu’ils ressentent une peur viscérale face à… presque tout.
Les barrières qu’ont placé ces personnes autour d’elles pour se protéger peuvent parfois apparaître comme difficiles à pénétrer. Mais avec le temps, beaucoup d’amour et beaucoup d’écoute, vous arriverez à les rassurer et les sécuriser.
Mais l’essentiel du travail se passera au niveau du corps :
- Vous pouvez donc les inviter à bouger. Toutes les activités motrices sont aidantes pour sortir du figement. Une simple marche est déjà un grand pas vers la sortie de la paralysie.
- Les massages sont aussi un merveilleux moyen de se reconnecter à son corps. Les pressions vont leur permettre de se sentir contenus et en sécurité.
- Un travail sur les réflexes archaïques est un merveilleux moyen de désactiver ce réflexe tout en douceur. Les mouvements rythmiques très spécifiques et les pressions isométriques permettront de le réintégrer progressivement. Vous trouverez plus d’informations ici.