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Jeudi 28 septembre 2000 aura lieu à Lausanne un symposium de consensus faisant le point sur les antagonistes de l'angiotensine II, les derniers-nés des nouveaux médicaments antihypertenseurs. Ce symposium sera original dans le sens que les six entreprises pharmaceutiques produisant ces inhibiteurs en seront les coorganisatrices. Présidé par lePr M. Burnier, de la Division d'hypertension du CHUV, il regroupera la plupart des spécialistes romands du traitement de l'hypertension et donnera une large place à une discussion spécialistes-praticiens.
Oui, le mieux que l'on ait l'habitude de voir, c'est deux ou trois producteurs de médicaments qui s'associent. Mais ici, laissant de côté toute animosité marketing, l'ensemble des firmes diffusant un antagoniste de l'angiotensine II sur le marché ont décidé de soutenir une réunion portant sur la classe pharmacologique.
Non. Les premiers antagonistes de l'angiotensine II ont été testés en 1979 déjà (salarasine). Il s'agit donc d'un ancien concept. Simplement, les premiers médicaments étaient des peptides alors qu'actuellement ce sont des molécules non peptidiques. En fait, historiquement, la recherche a fait une sorte de boucle avec le système rénine-angiotensine : on a commencé avec les antagonistes de l'angiotensine II, qui n'ont jamais été développés pharmacologiquement.
Ensuite, on s'est intéressé aux inhibiteurs de l'enzyme de conversion. Puis on est revenu aux antagonistes de l'angiotensine II, parce que de nouvelles molécules, très efficaces, pouvant être administrées par voie orale, ont été mises au point. Mais il est probable que si les antagonistes de l'angiotensine II administrables par voie orale avaient été découverts d'emblée, les inhibiteurs de l'enzyme de conversion n'auraient jamais été développés.
C'est vrai : dans les années 1974 à 1979, le Pr Brunner, d'abord aux Etats-Unis lorsqu'il travaillait avec H. Gravas et J. Laragh puis en Suisse, a découvert, avec la salarasine et le premier inhibiteur de l'enzyme de conversion, le captopril, tous les principes de base de l'intérêt du blocage du système rénine-angiotensine. En même temps, ce groupe a démontré que cette substance pouvait être intéressante dans l'hypertension, l'insuffisance cardiaque, rénale ainsi que dans toutes les indications actuelles, mis à part le diabète.
Oui. Le principal avantage de cette classe est son profil d'effets secondaires. Son efficacité, quant à elle, est comparable à celle des bêta-bloquants, des anticalciques et autres. Mais il ne faut pas oublier que le problème majeur, dans le traitement au quotidien de l'hypertension, ce sont les effets secondaires. A cause d'eux, un patient sur deux, après cinq ans, ne prend plus son traitement antihypertenseur. Avec les inhibiteurs de l'angiotensine II, on a atteint le quasi nadir de la relation entre la tolérance et l'efficacité : une efficacité comparable aux autres médicaments, mais un profil d'effets secondaires qui n'est jamais différent de celui du placebo, et ceci dans toutes les études.
Oui, il existe de rares complications, mais elles ne représentent pas des effets secondaires du médicament. On a observé des cas d'insuffisance rénale, par exemple dans l'insuffisance cardiaque. Ces cas ne sont pas liés au médicament lui-même, mais à la physiologie de la régulation de la fonction rénale : c'est le blocage du système rénine-angiotensine qui induit une complication et non le médicament.
Je pense que cela sera difficile. Il existera peut-être des médicaments plus puissants, comme peut-être l'omapatrilate, qui appartient à une nouvelle classe bloquant plusieurs enzymes simultanément. Les nouvelles classes seront éventuellement plus efficaces, mais pas forcément mieux tolérées.
Pas exactement : il est souhaitable que de nouveaux médicaments arrivent sur le marché pour les patients résistant aux traitements actuels. Mais il y en aura probablement moins, du fait que de nombreuses firmes pharmaceutiques ont déjà quasiment interrompu ou fermé leurs départements de recherche dans le domaine cardiovasculaire, au profit du système nerveux central.
Non : la Suisse est l'un des rares pays où leur coût n'est pas toujours supérieur à celui des inhibiteurs de l'enzyme de conversion.
Elle est très variable. Selon un audit auprès des médecins praticiens du canton de Neuchâtel, certains les utilisent beaucoup, d'autres pas du tout. Derrière cette variabilité, il y a probablement un effet de marketing. Il faut dire que les inhibiteurs de l'enzyme de conversion sont également de bons médicaments et les évidences cliniques, dans de nombreuses indications telles que l'insuffisance cardiaque, le diabète, ont été obtenues avec eux. Nous n'avons pas encore la preuve que les antagonistes de l'angiotensine II leur soient supérieurs pour réduire la morbidité et la mortalité mais ils sont mieux tolérés. Au début, il est donc raisonnable d'utiliser ces antagonistes, avec une certaine modération, entre autres dans l'insuffisance cardiaque.
Oui : sur la base des données les plus récentes, nous discuterons de la place de ces antagonistes de l'angiotensine II. Avec une attention particulière pour les cas concrets que rencontrent les praticiens (hypertension, insuffisances cardiaque, rénale, diabète...).