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Le président de la Confédération l´a rappelé vendredi: l´ONU compte actuellement 189 Etats et seuls le Vatican et la Suisse n´en font pas partie. Pour Adolf Ogi, la Suisse ne peut donc pas rester éternellement à l´écart des grands débats.
En adhérant à l'organisation, la Suisse pourra renforcer ses liens avec le monde et les développer. Et Adolf Ogi de rappeler que l'ONU est «le plus formidable réseau mondial» et le seul forum mondial disposant une vision globale de tous les problèmes de notre temps.
Le Conseil fédéral est d'autant plus sûr de son choix qu'une procédure de consultation a montré que l'adhésion profite d'un large soutien. Les cantons y sont favorables; seul Appenzell Rhodes-Intérieures n'a pas exprimé d'opinion.
Du côté des partis politiques représentés au Parlement, c'est aussi un avis favorable qui domine. Seules l'Union démocratique du centre (UDC) et l'Union fédérative fédérale (UDF) y sont opposées.
Six des sept associations économiques faîtières sont en faveur d'une adhésion. Seule l'Union des paysans ne s'est pas exprimée, considérant qu'il ne s'agit pas d'une question qui relève de la représentation d'une corporation professionnelle au sens strict.
Enfin, parmi les autres organisations consultées, une seule a clairement exprimé son refus: l'Action pour une Suisse indépendante et neutre (ASIN).
Les partisans d'une adhésion mettent généralement en avant le caractère véritablement universel de l'ONU et l'esprit de solidarité. Par ailleurs, ils n'estiment pas que la neutralité souffrirait d'une entrée du pays dans l'ONU.
Plusieurs intérêts particuliers se dégagent aussi. Ainsi, Genève souhaite voir son rôle de ville internationale se développer, ou encore le Secrétariat des Suisses de l'étranger souligne que les expatriés ressentent la non-appartenance à l'ONU comme un inconvénient permanent.
De leur côté, les adversaires dénoncent notamment le manque d'efficacité de l'ONU et les coûts d'une adhésion. Mais surtout, ils estiment que neutralité suisse et adhésion à l'ONU sont incompatibles.
Le Conseil fédéral est conscient que cette dernière question est particulièrement sensible. Pour le ministre des Affaires étrangères, Joseph Deiss, il sera donc nécessaire de faire beaucoup de pédagogie au cours de la campagne, afin de calmer cette inquiétude «légitime» d'une partie de la population.
Concernant le calendrier, le Parlement devrait se prononcer l'an prochain sur l'initiative populaire qui réclame l'adhésion. Le texte sera ensuite soumis au peuple, très certainement en 2002 ou à la mi-2003 au plus tard.
La procédure de consultation montre d'ores et déjà que l'UDC et l'ASIN constitueront le moteur de la résistance. Le gouvernement ne devra pas sous-estimer cette opposition. En 1986, le peuple avait exprimé dans le urnes son refus d'adhérer à l'ONU.
Olivier Pauchard