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Né dans une famille modeste, il suit un cursus scolaire qui ne présageait pas un avenir dans l’humanitaire. Il évoque avec émotion l’influence qu’a eue sa mère sur son choix de carrière au service des autres. Lorsqu’il parle d’elle, ses yeux s’illuminent. Elle, femme sociale, cultivée, tournée vers le monde et sensible aux questions des droits humains. Encore enfant, Walter a la tête dans les livres pour adultes et découvre avec précocité l’univers qui l’entoure.
Engagé dans le monde entier
A la fin de ses études, il part pour l’Inde, ce qui marque un tournant dans sa vie. De là naît sa passion pour l’Asie et sa richesse culturelle. En 1960, il s’engage pour le mouvement Bhoo-dan, créé par Vinoba Bhave, qui milite pour l’indépendance de l’Inde sous l’influence des idées de Gandhi. «Bhoo» signifiant pays et «dan» cadeau, il sillonne l’Inde afin de régler les conflits entre agriculteurs et d’instaurer un partage équitable des terres. Le mouvement se meurt en 1961, suite au conflit entre l’Inde et la Chine.
Son engagement pour la cause des droits humains continue avec sa participation à des projets humanitaires en Malaisie, au Japon, à Mexico, au Viêt-Nam, au Cambodge, à Hong Kong, etc. «Une expérience inoubliable !», s’exclame Walter. On en perd presque pied en écoutant son parcours atypique et son enthousiasme à faire bouger le monde. Il raconte son expérience dans l’enseignement des langues au Japon afin de financer son voyage de retour vers l’Europe. Après une coupure en Europe, il retourne à Tokyo en 1964 pour enseigner dans une prestigieuse école tout en étudiant le développement durable à l’université. Dans les années 70-80, il enchaîne d’autres séjours au Mexique, en Argentine, à Toronto, etc. où il mêle l’enseignement aux études. Walter garde aussi un pied dans le bénévolat pour mener à bien des projets en faveur des droits humains.
Un hôpital au Népal
En 1987, il devient manager du premier hôpital pour enfants au Népal. Il plonge dans ses pensées lorsqu’il évoque cette expérience, la plus marquante dans sa carrière. Malheureusement, vers la fin des années 80, il doit rentrer en Suisse pour s’occuper de sa mère et vit mal la fin de son aventure au sein de cet hôpital. Mais la vie continue», soupire-t-il. Jusqu’à sa retraite, il s’engage pour le Servicio Paz y Justicia (Service Paix et Justice, SERPAJ) et pour Amnesty International tout en exerçant son métier d’enseignant à Zurich. Depuis 2003, il assume la fonction bénévole d’expert-pays sur l’Asie du Sud-Est pour la Section suisse d’Amnesty International. Walter représente la tolérance à l’état pur et l’espoir d’un monde meilleur pour les enfants de demain. Il se lance dans des discussions passionnées sur l’avenir et sur l’aide qui pourrait être apportée dans ces régions pour améliorer durablement les conditions de vie. En sa compagnie, le temps file trop vite et la nostalgie de cette rencontre s’installe aussitôt la porte refermée.