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Autant l'admettre, autour de moi, rares sont les hommes qui ont abordé en premier le sujet "enfant" avec leur conjointe ou concubine. N'empêche, un beau jour, la plupart de mes copains et amis ont décidé de devenir père.
Si pour certains, le désir s'est très rapidement transformé en réalité, d'autres ont "galéré", la fertilité n'étant pas au rendez-vous.
Et - avance rapide dans le temps - dans ces cas-là, plusieurs cas de figure sont possibles :
a) le couple "accepte" que la biologie a décidé pour lui,
b) le couple se tourne vers l'adoption, autant dire un parcours parsemé de tellement d'embûches que parfois, j'ai le sentiment que les lois ont pour but de décourager les gens envisageant cette option,
c) il choisit de s'en remettre à la médecine et à ses avancées.
Vous trouverez ici un très large aperçu de ces possibilités qui font passer la procréation de la couette au laboratoire. D'ailleurs, dans ce document français, il est fait mention du "don d'ovocytes" de la manière suivante - je cite - : "un couple a recours au don d'ovocytes, lorsque la femme n'a pas d'ovaires, est ménopausée précocement ou est atteinte d'une maladie héréditaire ; son utérus est fonctionnel; et lorsque le conjoint est fertile."
En résumant grossièrement, le don d'ovocyte est simplement le "pendant" du don de sperme, auquel un couple doit avoir recours en cas de stérilité masculine.
Finalement, prélever du sperme ou un ovocyte, quelle différence, si ce n'est technique ? Le don de sperme requiert uniquement de la "motivation manuelle" du donneur, tandis que le don d'ovocytes est relativement long et délicat. Mais au-delà de ces aspects médicaux, largement maîtrisés de nos jours, je ne vois pas en quoi ces deux actes se distingueraient : l'un comme l'autre visent à permettre à des couples infertiles de devenir parents.
Cela dit, je dois être la seule à ne pas voir de différences entre le sperme et les ovocytes : en effet, la Suisse interdit le prélèvement d'ovocytes, allez savoir pourquoi, par le biais de la LPMA (loi sur la procréation médicalement assistée), une loi dont un CHU indique qu'elle est l'une des plus restrictives au monde.
Ma question, aujourd'hui, sera intermédiaire : voyez-vous une bonne raison de faire cette distinction, laquelle conduit bon nombre de couples à Barcelone ?
Bon, ceci posé, il m'arrive d'être encore plus en colère lorsque je pense au fait que l'adoption est impossible en Suisse pour les couples homosexuels.
Pour être honnête, avant de devenir mère, parmi les théories (à la noix) que j'ai pu tenir, il y a eu le fait qu'un enfant a besoin d'un père et d'une mère, donc d'un homme et d'une femme à ses côtés. Des années plus tard, je pense qu'un enfant a juste besoin de deux personnes qui prennent soin de lui et qui l'aiment.
A nouveau, malheureusement pour tous ces couples du même sexe, même le partenariat enregistré n'a rien changé à cette situation, dans laquelle les femmes sont peut-être "un peu plus égales" que les hommes : je suppose qu'il est un peu plus facile de tomber enceinte même lorsqu'on souhaite partager sa vie avec une autre femme que pour un homme de trouver un utérus.
Quoi qu'il en soit, franchement, vous, vous voyez encore une bonne raison de fermer l'adoption aux couples homosexuels ?