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Une doctorante de l'ISSUL reçoit un prix pour ses recherches
Marie Simonet, doctorante à l'ISSUL a reçu le 3ème prix du Young Investigator Award
Lors du Congrès 2019 de la Société Suisse de Sciences du Sport, Marie Simonet, doctorante à l'Institut des Sciences du sport de l'UNIL (ISSUL) a reçu le 3ème prix du Young Investigator Award pour son travail intitulé : "Inhibitory control task complexity does not influence generalization patterns". Elle réalise sa thèse sous la direction de Jérôme Barral, MER à l'Institut des Sciences du sport.
Félicitations pour l’obtention de cet award! Qu’avez-vous éprouvé en le recevant ?
J’étais ravie de pouvoir gagner ce prix car il venait récompenser un long projet de recherche que mon superviseur Dr. Jérôme Barral et moi-même, membres du BEAM lab, avons mené en collaboration avec un laboratoire de recherche de l’Université de Fribourg. Beaucoup de plaisir également de gagner ce prix pour l’Université de Lausanne à Fribourg, là où j’ai passé les cinq premières années de mon cursus en Sciences du Sport.
Pourriez-vous nous en dire plus sur votre projet de recherche?
Ce projet se donne comme objectif d’investiguer les effets de transfert qu’induit un entraînement de contrôle exécutif. Dans ce but, nous avons créé deux tâches de contrôle exécutif, une tâche comportant des instructions simples et une autre tâche avec des instructions complexes qui regroupait plusieurs composantes exécutives. Une cinquantaine de sujets sains adultes se sont entraînés avec l’une ou l’autre tâche sur un ordinateur pendant 10 jours. Les effets de ces deux entraînements ont été mesurés par des tâches dites de transfert qui impliquaient, ou non, certaines des composantes entraînées. Les changements fonctionnels du cerveau ont été mesurés grâce à un enregistrement encéphalographique au début et à la fin des 10 sessions. Nos résultats montrent que l’entraînement quotidien avec une tâche complexe impliquant différentes composantes exécutives ne permet pas un meilleur transfert vers d’autres tâches non-entraînées comparé à la tâche d’entrainement simple, malgré la présence de changements fonctionnels dans des aires préfrontales dites de domaine général. Cette étude démontre la spécificité des effets d’un entraînement cognitif et nous pousse à être critiques face à l’émergence des « brain trainings», notamment en sciences du sport, dont les effets et les limites ne sont pas encore clairement définis.
Qu’est-ce qui vous a amené à vous intéresser à cette question ?
On voit apparaître sur le marché de plus en plus de technologies, jeux et méthodes innovantes qui sont autant d’outils à disposition des entraîneurs pour augmenter les habiletés cognitives de leurs athlètes. On s’est dès lors interrogés sur la pertinence de ces nouvelles technologies. Peut-on transférer sur un terrain ce qui a été entraîné à l’entraînement avec des tablettes ou autres écrans lumineux ?
Pouvez-vous nous dire ce que vous appréciez le plus dans votre travail de recherche?
J’aime faire de la recherche fondamentale dont les résultats et les conclusions touchent des domaines plus appliqués.
Comment envisagez-vous la suite ?
Il me reste encore deux ans avant de terminer ma thèse. Je vais en profiter pour investiguer des populations de sportifs qui se sont entraînés quasi quotidiennement durant des années à la pratique d’un sport où le contrôle exécutif est primordial (tennis de table et basketball). Nous allons investiguer si des capacités de contrôle exécutif acquises sur le terrain transfèrent vers d’autres conditions ou vers d’autres sports.
par Communication SSP