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Lorsque j'ai divorcé, je voulais collaborer avec mon futur ex-mari pour que notre divorce soit aussi peu conflictuel que possible, car les dernières recherches montrent que, pour les enfants, les traumatismes liés au divorce sont exacerbés lorsque qu’il y a des conflits dans le couple, surtout lorsque les enfants ont l'impression de devoir choisir entre leurs deux parents.
Je me suis alors intéressée à la Séparation bienveillante®
La chercheuse Tamara Afifi a passé plus de 15 ans à étudier les effets du divorce sur les enfants, et elle déclare : "Lorsqu'un enfant est confronté à un conflit, cela crée chez lui de l'anxiété et une dissonance cognitive, ce qui l'amène souvent à s'aligner sur un parent plutôt qu'un autre pour soulager son malaise. En conséquence, sa relation avec l'autre parent en fait les frais. Ce n'est pas la faute de l'enfant, c'est sa réaction au fait de se sentir pris au piège, mais ce lien avec l'autre parent peut être difficile à rétablir."
Elle poursuit en disant que les enfants de parents dont le mariage est très conflictuel souffrent davantage sur le plan psychologique à long terme et dans leurs relations futures.
Mon objectif était donc non seulement de mettre fin à mon mariage le plus amicalement possible, mais aussi de maintenir une relation avec le père de mes enfants, qui soit dit en passant j’aimais chaque jour moins…Le problème, c'est qu'il n'était pas de cet avis. Pas même un peu !
Puisque c'était moi qui avais décidé de mettre fin à notre mariage, il était convaincu que je ne méritais rien. Il me suggérait de prendre un studio en bas de la rue et de "rendre visite" à nos enfants quand je le voudrai.
La plupart de nos conflits étaient dus au fait qu’il me reproche d'avoir ruiné sa vie et insiste pour que je n'obtienne pas un centime de sa part. Le fait que j'avais travaillé pendant tout notre mariage et que je me sois occupée de tous les aspects de la garde des enfants et de la gestion du ménage était passé aux oubliettes..
Mon ex était très, très en colère et n'était pas en mesure de raisonner. Il était clair que mes objectifs d'un divorce peu conflictuel devraient être atteints seule.
Le terme "uncoupling" est utilisé pour décrire le divorce depuis le début des années 1940, mais le terme "Conscious uncoupling" ou en Français « Séparation Bienveillante » a été inventé par Katherine Woodward Thomas en 2009 et rendu célèbre par la fondatrice de Goop, Gwyneth Paltrow lorsqu'elle s'est séparée de Chris Martin, chanteur de Coldplay après des années de mariage et deux enfants.
Katherine Woodward Thomas, thérapeute conjugale et familiale de longue date, estime que les partenaires amoureux sont des enseignants de vie, que nos relations, même celles qui ne résistent pas à l'épreuve du temps, peuvent nous aider à évoluer et à devenir meilleurs.
Son objectif, dans le cadre d'une séparation bienveillante, est de toujours garder en tête les besoins émotionnels des enfants concernés.
L'introspection est la principale caractéristique de la séparation bienveillante. Il s'agit d'utiliser la situation actuelle pour apprendre à se connaître soi-même grâce au partenaire dont on se sépare, afin de ne pas répéter les mêmes erreurs dans nos prochaines relations.
Insensé, n'est-ce pas ? ça m'a fait penser à un livre de développement personnel que j'ai lu une fois sur la façon de sauver son mariage dans lequel le conseil était en gros "Soignez-vous, et votre mariage sera guéri !"
Bref, c’étaient des âneries qui ne marchaient pas..
Bien que la séparation bienveillante soit optimisée si chaque partenaire le souhaite, en réalité c’est rarement le cas et la plupart du temps cela se fait en solo. Dans mon cas, avec une collaboration quasi nulle de la part de mon ex, cela m'a apporté la paix et, plus important encore, cela a facilité la transition pour mes enfants.
La séparation bienveillante, consiste à ce que chaque conflit ou contrariété au sein d'une relation est une occasion de regarder en nous et de se demander quelle blessure émotionnelle a besoin d'être guérie.
Les disputes du moment portent rarement sur ce qui se passe dans le présent. Elles ont presque toujours trait à quelque chose qui s'est produit dans le passé. C’est ça le véritable problème qui doit être résolu.
De cette façon, plutôt que d'avoir une mentalité d'attaquant-victime, les deux partenaires se considèrent à la fois comme des élèves et des enseignants, ce qui libère l'animosité. Cela permet également de maintenir les liens avec les membres de la famille élargie des deux côtés et facilite l'expansion de la famille par l'ajout de nouveaux partenaires, toujours dans l'intérêt des enfants.
Ok, je sais que ça ressemble à un truc de "perché", mais restez avec moi car je vais vous expliquer comment cela m'a aidé à faire face à mon ex quand je ne voyais vraiment pas comment j'allais faire.
Quand son comportement était irrationnel et exaspérant, je m’ancrais dans l'idée que les enfants devaient passer en premier. J'ai décidé de prendre des leçons de mon ex, d'écouter ses frustrations alors que j'aurais préféré lui asséner une massue sur la tête. Quand je sentais qu'il allait trop loin, je l'informais calmement que je ne serai pas son paillasson. Oui, c'était vraiment difficile, et non, je n'étais pas toujours parfaite dans mes réponses.
Mais rester ferme dans ma détermination à protéger le cœur de mes enfants m'a donné de la force.
Le fait de me contrôler lorsque mon ex-mari déraillait m'a donné un surprenant regain de confiance. J'étais celle qui prenait la bonne voie, et nous le savions tous les deux. À l'époque, il était furieux de ne pas pouvoir me faire réagir, mais en fin de compte, mon refus de répondre à ses colères a souvent permis de désamorcer une situation potentiellement explosive. Cela a également empêché la création d'incidents regrettables sur lesquels il pourrait revenir plus tard pour m'accuser de malveillance ou de cruauté.
Finalement, après que les mois aient passé, que la poussière soit retombée et que nous ayons pu voir les choses avec du recul, mon ex a admis que je n'avais été que bienveillante et qu'il avait beaucoup de travail à faire. Il l'a même dit à sa famille.
Chaque fois que j'ai eu envie de m'en prendre à lui, je me suis demandé ce que les enfants penseraient dans 20 ans quand ils songeraient à cette période de leur vie. Et nos amis et notre famille ? Comment mes proches et la famille élargie du côté de mes beaux-parents verraient-ils mon comportement ? Comment cela affectera l'opinion qu'ils ont de moi ? Comment cela affectera la façon dont ils parleront de moi devant mes enfants ?
J'aurais vraiment aimé que mon ex soit capable de contrôler sa colère et ne m'ait pas forcée à faire cela seule. J'aurais aimé que ce ne soit pas une expérience aussi éprouvante, que je doive constamment me forcer à prendre la bonne voie. Mais maintenant, un an après notre divorce, je sais que je me suis conduite de telle sorte que personne - ni les enfants, ni nos familles élargies - ne pourra jamais regarder cette période et dire que j'étais irrationnelle ou blessante.
J’ai conscience que tout le monde n’a pas la capacité de le faire.
Mon ex aime ses enfants plus que tout et veut les faire passer en premier, alors même s'il m'a détestée au début, il a au moins eu la décence de m'écouter quand je lui rappelait que les enfants étaient dans la maison et que nous devions baisser le ton ou reporter une conversation difficile à un moment où les enfants n'étaient pas là. Ainsi, les enfants n'ont jamais vu nos pires disputes.
Je sais que tous les ex-conjoints en colère ne réagissent pas de cette façon.
Bien sûr, il y a eu des moments où mon ex avait besoin de se lâcher et ne se souciait pas de savoir si les enfants écoutaient ou non. Dans ces moment-là, j'ai tenu ma langue. Je refusais tout simplement de crier devant mes enfants. Il fallait que j'arrive à accepter que je ne puisse pas changer mon ex, sa façon de penser ou de réagir.
En revanche, je peux choisir comment je réagis à son comportement et jusqu'à quel point je le tolère.
Cela représente beaucoup plus de pouvoir et de contrôle qu'il n'y paraît.
J'ai gardé mon calme dans des moments où j'aurais préféré m'emporter, j'ai maintenu mon intégrité et je me suis donné les moyens de choisir de ne pas réagir sous le coup de la colère. Mon refus de réagir a stoppé net la colère de mon ex-mari. Lorsque je ne réagis pas, il n'a pas de quoi alimenter son feu.
Lorsque je ne suis rien d'autre que calme et rationnelle, il n'a aucun fait tangible pour se prouver à lui-même ou à quiconque que je suis un monstre.
Aujourd'hui, un an après notre divorce, une grande partie de la colère s'est dissipée et nous débutons ce qui ressemble à une amitié. Pour autant que nos enfants le sachent, leur mère et leur père ont toujours été et sont toujours amis. Nous nous soutenons mutuellement dans notre rôle de parents, nous sommes là l'un pour l'autre dans les moments difficiles et nous ne disons (presque) jamais de mal l'un de l'autre.
J'ai l'impression d'avoir réussi à nous sortir de là toute seule en utilisant les techniques de séparation bienveillante, et même si c'était difficile, je ne regrette pas une seconde.
Le fait que mes enfants se soient épanouis grâce à ce processus est tout ce dont j'ai besoin pour savoir que ça en valait la peine.
Tiré du Blog Scarry Mummy
Traduction et adaptation, Stéphanie Grivet
Coach en Séparation Bienveillante®