Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07022.jsonl.gz/694

La chirurgie, dite bariatrique, constitue actuellement le seul traitement qui permet d’obtenir une perte pondérale significative et durable dans le cas d’obésité sévère. Le bypass gastrique est l’intervention la plus utilisée et consiste à réduire le volume de l’estomac, afin de diminuer la prise alimentaire, et court-circuiter une partie de l’intestin grêle, afin de réduire l’absorption des aliments. Ce type de chirurgie permet d’obtenir non seulement une réduction de poids considérable, mais également d’induire une amélioration importante de la glycémie, voire une disparition du diabète. Une amélioration de la sécrétion de l’insuline est sûrement impliquée, mais les mécanismes restent mal compris. De nombreux facteurs peuvent contribuer à la résolution du diabète, y compris la restriction calorique, la stimulation des hormones sécrétées au niveau intestinal, le détournement des nutriments dans l'intestin distal. Dans la présente étude, nous nous proposons de tester l'hypothèse que les changements dans la dynamique de l’absorption, à la fois des glucides et des lipides, jouent un rôle primordial pour améliorer la sécrétion d'insuline. Les objectifs spécifiques de cette étude sont les suivants :
Objectif spécifique A: évaluer le rôle d'une accélération du taux d'absorption des glucides dans l’augmentation des hormones intestinales (incrétines) post-opératoires. Hypothèse A1: après une intervention chirurgicale, une absorption plus rapide du glucose provenant des glucides alimentaires produit un plus grand effet sur les incrétines. Hypothèse A2: cet effet renforcé des incrétines peut être atténué par l'alimentation des glucides à absorption lente. Pour tester ces hypothèses les effets des repas absorbés contenant des glucides rapides, intermédiaires et lents seront mesurés.
Objectif spécifique B: évaluer la contribution relative des glucides et des lipides sur l’augmentation des incrétines observée chez les patients ayant un bypass gastrique. Hypothèse B: une absorption accélérée des graisses est présente après un bypass gastrique et est responsable d’une augmentation des incrétines. Pour tester cette hypothèse les effets des repas contenant des glucides, des lipides, des glucides + des lipides seront mesurés.
Objectif spécifique C: évaluer le rôle potentiel des incrétines chez les patients atteints d’hypoglycémies symptomatiques après chirurgie bariatrique. Hypothèse C: des hypoglycémies post-chirurgicales sont liées à une augmentation exagérée de l’incrétine et peuvent être contrôlées en fournissant des nutriments à faible effet sur les incrétines.Importance et impact de la proposition: actuellement, le bypass gastrique est reconnu comme la méthode la plus efficace pour obtenir une perte de poids importante et également très efficace dans le traitement du diabète de type 2. Par conséquence, cette procédure est désormais considérée comme une «chirurgie métabolique». L’identification des facteurs par lesquels la chirurgie bariatrique améliore le métabolisme du glucose est d'une grande importance, elle permet de proposer de nouvelles approches thérapeutiques pour les patients diabétiques de type 2, obèses, d'une part, et d'autre part de réduire la survenue d'hypoglycémie post-prandiale, une maladie rare, mais invalidante pour les patients opérés. L'approche originale de notre proposition repose sur l'évaluation des effets spécifiques des nutriments dans l'axe entéro-insulaire lors de la perte de poids rapide et en situation de poids stable après un bypass gastrique.