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Le Journal de Genève mentionne qu’on leur a écrit de Lausanne sur l’exposition fédérale :
« L’exposition fédérale des Beaux-Arts a débuté cette année dans notre ville. Elle s’est ouverte le 3 mai au musée Artaud pour y rester jusqu’au 24. Je n’ai pas la prétention, cela va sans dire, de vous donner un compte-rendu des trois cents numéros environ que compte déjà son catalogue. Permettez-moi cependant, dans l’intérêt de l’œuvre excellente que poursuit la Société suisse des Beaux-Arts, de vous signaler dès aujourd’hui quelques-unes des toiles qu’une première visite suffit pour distinguer, quitte à vous rectifier plus tard ces impressions, nécessairement incomplètes et hâtives… M. G.
Courbet a donné trois tableaux d’un aspect assez étrange. L’un est censé représenter le Château de Chillon, mais il est bien difficile de le reconnaître dans cette masure grimaçante, pesamment jetée sur un lac gris-noir que dominent des monceaux de couleur bleue terne.
Beaucoup meilleure, quoique bien terreuse encore, est sa Grotte des Géants, à Saillon (Valais)…»
Enfin, il faut citer encore deux compositions du professeur Geyer d’Augsbourg : Henri IV jouant avec ses enfants, et un incendie dans une église. Cette dernière toile, toute de flammes et de fumée, a été immédiatement achetée par M. Courbet, me dit-on.
Cette toile de Johann Geyer n’est certainement pas celle achetée par Courbet, mais pourrait, dans son genre, s’y apparenter.
Histoire du Château de Chillon
Moyen Age
La première mention écrite du château remonte à 1150. A ce moment, les comtes de Savoie contrôlent la forteresse, de même que le passage entre le lac et les montagnes. C’est à partir du XIIIe siècle que le château est agrandit et Pierre II de Savoie en fait la résidence d’été des comtes.
Dès 1150, les comtes de Savoie contrôlent la forteresse ainsi que le passage entre le lac et les montagnes occupant ainsi une place stratégique sur l’axe menant du nord au sud.
Au XIIIe siècle, les comtes continuent leur conquête Pays de Vaud et la domination savoyarde s’étendra aux deux tiers de la Suisse romande actuelle. À Chillon, des travaux d’agrandissements sont entrepris, notamment sous Pierre II de Savoie qui en fait une résidence d’été des comtes. Les comtes n’y habitent pas à l’année car ils sont amenés à se déplacer pour gouverner et rester en contact avec leurs sujets. Un bailli-châtelain réside toutefois en permanence dans le château pour s’occuper des affaires.
Petit à petit Chillon est délaissé, la cour de Savoie préférant d’autres châteaux. Ce sont les Bernois qui vont redonner vie aux murs de la forteresse dès 1536.
La Période Bernoise
Les Suisses, plus précisément les Bernois, conquirent le Pays de Vaud. La fin de la conquête se fait par la prise du château de Chillon en 1536. Durant près de 260 ans, le château conserve son rôle de forteresse, d’arsenal et de prison.
Après un siège de trois semaines, les Bernois entrent finalement dans la forteresse. Le 29 mars 1536, la conquête du Pays de Vaud s’achève par la prise de Chillon. Les Bernois divisent le Pays de Vaud en douze bailliages et Chillon devient alors le centre administratif du bailliage de Vevey ainsi que la résidence permanente du bailli.
Au temps de Savoie, le château était divisé en deux secteurs : celui pour le bailli-châtelain et celui pour les comtes de Savoie lorsqu’ils y résidaient. Cette division n’a plus lieu d’être et les Bernois occupent toute la résidence. Du côté forteresse, les défenses sont adaptées aux nouvelles armes à feu.
En 1733, les baillis quittent le château – isolé et inconfortable – pour s’installer dans une résidence plus moderne à Vevey.
La Période Vaudoise
A la Révolution vaudoise en 1798, les Bernois quittent le château qui devient propriété du Canton de Vaud à sa fondation en 1803. Une grande campagne de restauration est initiée à la fin du XIXe siècle et se poursuit aujourd’hui encore.
Les patriotes de Vevey et de Montreux occupent la forteresse en janvier 1798. Devenu un bien national lors de la Révolution vaudoise, le château appartient dorénavant au nouveau Canton de Vaud, fondé en 1803. Cette vieille bâtisse est utilisée comme dépôt d’armes et munitions, ainsi que prison d’état. Ainsi, les premiers visiteurs côtoient les prisonniers…
Cette forteresse médiévale attire les Romantiques. Lors de sa visite en 1816, Lord Byron – poète anglais – s’inspire de l’histoire du prisonnier François Bonivard pour écrire son poème The Prisoner of Chillon qui rendra le château célèbre. De nombreux autres artistes sont fascinés par le château et son paysage qui lui sert d’écrin.
Dès la fin du XIXe siècle, le château est restauré par l’archéologue cantonal, Albert Naef. Des campagnes de restaurations sont encore menées aujourd’hui.