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Critique
Deux femmes sont au cœur de ce récit glaçant: Hae-won, jolie et froide banquière de Séoul qui perd son travail et retourne à Moodo, petite île d’une dizaine d’habitants où résidait jadis son grand-père; et Bok-nam, son amie d’enfance, la seule femme encore jeune de Moodo (les hommes se servent d’elle comme d’un jouet, et les femmes comme de main-d’œuvre gratuite). Bok-nam supplie Hae-won de l’aider à s’enfuir, mais celle-ci fait la sourde oreille. Tout cela finira très mal, dans le sang.
Le mélange des genres, entre suspens et drame, tente assez vainement de développer une analyse critique de la société, le thème central restant celui de la responsabilité - collective ou individuelle - face à l’injustice et à la violence. Le silence, semble dire le cinéaste, est plus effrayant encore que la violence elle-même, et ne fait que l’exacerber. Si le propos du film est recevable, la manière de le dire dérange: bien des événements sont prévisibles, le rythme est lent, les retours en arrière trop plaqués, les dialogues convenus, la brutalité quasi permanente. Les défauts des personnages sont si criants, à la limite de la caricature, et les comportements si outrés, que l’on peine à se sentir vraiment concerné par la démarche du cinéaste.
Antoine Rochat