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Jeudi 20 novembre, Aula du Palais de Rumine, 19h
De St. Augustin au Concile de Trente, le discours sur l’éthique de la musique sacrée s’est construit sur les croyances antiques relatives au pouvoir de la musique d’altérer les états d’âme avec la puissance d’une substance psychotrope, conformément au témoignage concordant des meilleurs auteurs antiques et des Saintes Ecritures (Saul libéré du démon de la mélancolie par la harpe de David). Avec l’avènement du christianisme, l’idée d’une musique agissant sur les sens à la barbe de la volonté entrera en conflit avec un élément nouveau, inconnu des auteurs antiques: le péché originel et le rôle décisif, pour le salut, joué par le libre arbitre, tiraillé entre les facultés supérieures de l’âme et le plaisir du corps. Dans la seconde moitié du XVIe siècle, cette difficulté n’empêchera pas San Filippo Neri – le fondateur de la Congrégation de l’Oratoire – d’assaisonner, suite à un calcul délibéré sur l’action manipulatrice de la musique, ses exercices spirituels d’un régime d’interludes musicaux chargés d’affects, réunissant les conditions de l’acte fondateur qui a conduit à la création de l’Oratorio. Le recours à la musique dans l’exégèse du Verbe sacré a été un trait commun de la musique sacrée d’inspiration aussi bien catholique que luthérienne. Dans un cas comme dans l’autre cet idéal éducatif s’est traduit par un intérêt accru de la part des compositeurs pour la rhétorique musicale et la poétique des affects.