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Le mouvement douloureux
(traduit du blog de Arturo Goicoichea)
Quand le mouvement ou la posture deviennent douloureux, nous pensons intuitivement que ce mouvement ou cette posture entraînent une charge mécanique ou métabolique excessive due à la vulnérabilité de l'appareil locomoteur et nous amène à restreindre l'activité, guidée par la référence douloureuse.
La définition traditionnelle de la IASP (Association internationale de l'étude de la douleur) dit que la douleur est: "une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable, associée à un dommage réel ou potentiel ou vécu comme un tel dommage".
Parfois la douleur apparaît effectivement lorsqu'il y a une zone lésée ou à haut risque de lésion (dommage réel ou potentiel). Mais dans la plus part des cas, il n'y a pas un tel dommage qui explique et justifie de façon satisfaisante l'activation de la douleur. C'est une douleur sans dommage réel ou potentiel mais vécu comme un tel dommage: un dommage imaginé.
Quelque action qui puisse soulager la douleur nous permet de devenir plus tolérant au mouvement ou à la posture. On croît que c'est grâce à la pharmacologie ou d'autres thérapies que cette action de soulagement permet une meilleure tolérance des tissus à la charge mécanique.
On croît mais ce n'est pas ainsi!
Ce qui a induit l'action "thérapeutique" c'est le changement de tolérance cérébrale à l'activité (mouvement- posture). Il n'y a pas de molécule, d'énergie ni mains magiques qui éliminent le dommage ou la vulnérabilité de l'appareil locomoteur au mouvement.
Nous ne pouvons remettre une vertèbre, étirer les muscles et les tendons, décomprimer un nerf ni rétablir des équilibres soit disant perdus.
Mais nous pouvons réorganiser des schémas de mouvement, les rendre plus physiologiques, corriger des postures peu économiques, relaxer les muscles pour accomplir diverses tâches… et surtout, nous pouvons éliminer la peur du système défensif sur les conséquences du mouvement ou de la posture, l'expérience d'un dommage alors qui n'existe pas un tel dommage.
Il y a d'infinis moyens pour désactiver cette expérience douloureuse sans dommage. Quelque soit le moyen qui fonctionne une fois appliqué, il aura l'approbation de celui qui l'applique et celui qui le reçoit.
En absence de lésion réelle ou potentielle ce sont les expectatives et croyances qui commandent.
La tolérance au mouvement, la dissolution d'expérience injustifiée de lésion potentielle peuvent être obtenues par n'importe quelle intervention. Il est seulement nécessaire que l'organisme accepte cette intervention comme quelque chose qui rendent la charge mécanique à l'activité plus tolérante.
Placebo?? On peut l'appeler comme on veut. Le fait est que ça marche pour moi!
J'ai besoin de quelque chose ou quelqu'un qui m'enlève la douleur pour pouvoir bouger!
- Médicaments, diète, massage,…
Ce quelqu'un est celui qui obtient le soulagement de la douleur, celui qui convint l'organisme que l'activité est inoffensive seulement si cette intervention est appliquée au préalable.
- Je dois aller chez le physio, j'ai mes vertèbres qui sont à nouveau coincées!
Il n'y a pas seulement de l'addiction aux médicaments. Tout est susceptible de générer des croyances et dévotions.
Un mouvement est douloureux si l'organisme voit un danger dans ce mouvement, même s'il n'existe pas de danger.
Une thérapie est efficace si elle dissout la peur.