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LE BEAU LAC DE BALE
Biographie d'un drôle de groupe suisse
Par Max Schickel-Gruber, archiviste.
En 1970, le groupe "Plexus" est fondé Carouge. Il comptera en son sein cinq futurs BLB : Robert Ruata (Roberthy Benzo), piano, François Court (John Cipolata), guitare, PierreBaudillon (Peter Beauganglion), batterie et Pierre Losio (Jimmy Chose), basse et Dominique Werlen, flûte, qui deviendra la choriste Chantal Collaud.
Le Plexus chante en anglais et joue une musique "pop" originale teintée d'influences diverses : Wishbone Ash, Chicago, Pink Floyd, Procol Harum, Rolling Stones etc...
Au milieu des années 70, on sent partout pointer un net retour du rock and roll. Le Plexus, qui a adoré un concert du groupe français, les "Au Bonheur des Dames ", prend l'habitude lors des rappels de balancer "Fou d'elle " ou " la Boum chez John ", déclenchant chaque fois un tabac.
En septembre 76, a lieu dans la campagne genevoise une fête militante contre la dictature du Chili. Le Plexus s'y produit l'après-midi. Comme il faut un groupe pour faire danser les gens le soir, Pierre Losio propose de jouer une heure de gros rock sous le nom de " Dick Wagner et ses Messerschmits." Au programme, Mary-Lisa, le Jet, Dactylo rock, le Jour J, Twist
SNCF, ma p'tite amie est vache etc.. etc ..., le tout joué fond la gomme, dans un son rappelant beaucoup plus les Stones que les Chaussettes. Pour l'occasion, Georges Sartor (futur Rocky Raviolo) est invité pour quelques chorus. Le succès est total, la foule en délire. Les musiciens du Plexus n'en reviennent pas. Le lundi suivant, à l'heure de la sacro-sainte répète, Losio et Court proposent de faire le grand pas : laisser tomber le répertoire plexusien et se consacrer uniquement au gros rock qui tache.
Malgré les réticences de quelques musiciens, la cause est entendue. Plexus est mort.
Le nouveau groupe, sous le nom de "Max Schiceklgruber et ses rockers" entame alors une période transitoire de quelques mois. Christian Graf et Tony Manias, excellents guitaristes genevois participent à quelques concerts. (fêtes universitaires, bal de l'A.M.R.) En janvier 77, apparait un guitariste au look étonnant, vieux copain de délire : Patou d'Unkou. Il fait ses débuts officiels en première partie du groupe anglais " Hot Rods ". Au printemps 77, le nom mystérieux de "Beau lac de Bâle", proposé par Losio est adopté, sans même y réfléchir.
Mais le concept du groupe est en train de prendre forme vraiment. A côté des vieux tubes des Chats, les premières adaptations prennent naissance : Panne d'électricité (Poison Ivy) , Bolomey (Belle Honey), Femme libérée (Gonna send you back to Walker) etc...
Plus étonnant, Cipolata apporte une première composition originale : Pop Star.
Humour des textes, plus rock carré, telle est désormais la recette du B.L.B. De plus sur scène, les musiciens se déguisent et se maquillent outrageusement, ils se roulent par terre et disent des énormités entre les morceaux. A l'occasion ils distribuent des lots lamentables au public et font semblant de se battre sur scène. A la fin de leur set, ils se présentent sous des noms
ridicules, qu'ils garderont par dérision. Leur réputation s'étend rapidement.
Juin 77, grande date pour le BLB. Pour la première fois, le festival alternatif de l'A.M.R, association de musiciens très active, se déroule au Bois de la Bâtie. Des milliers de spectateurs se massent sur la prairie. Le Beau Lac se présente en compagnie d'une chorale de 25 nanas, tout de rose vêtues. Feux d'artifices et fumigènes, rock déjanté, succès total. Le groupe est définitivement lancé. Désormais, il occupe une place privilégiée dans le coeur des Genevois.
Les concerts se succèdent, les premières émissions de radio et de TV élargissent le public. Curieusement, le premier disque se fait attendre. Il faut dire qu'à cette époque encore, les producteurs hésitent à mettre de l'argent dans un groupe régional. Après diverses propositions, c'est Alain Morisod, musicien de variété célèbre à Genève, qui va produire le premier 45 t. , dans son propre studio, à Chevrens. Sur ce disque, rare aujourd'hui figurent deux compositions originales de John Cipolata : Je suis speed et HLM Bouguille. C'est un tube régional, qui va faire connaître le BLB à toute la Suisse Romande. Ce premier 45 t. est édité en France chez Carrère. On entend "Je suis speed" quelques fois sur les ondes de France-Inter.
Alain Morisod expliquera plus tard qu'il avait tenté un coup "à la Plastic Bertrand".
Faut-il regretter l'échec de la tentative ?
Lorsque ce premier disque sort, le BLB a quelque peu modifié sa composition. Jimmy Chose. alias Pierre Losio, bassiste fondateur, mal conseillé par sa compagne de l'époque, a quitté le groupe. Il ne sera pas remplacé. Roberthy Benzo abandonne le piano et reprend la basse. Depuis quelques temps, un vieux copain de Cipolata, Dominique Demierre, chante à titre d'invité, quelques morceaux, sous le nom de Lou Raide (Hygiène, de Starshooter par ex.) C'est lui qui va prendre à plein temps le devant de la scène et à coup de déguisements et de mises en scène dingues renforcer l'image visuelle du BLB. Il prendra, en hommage au
grand baryton allemand, le nom de Dietrich Freezer Disco.
En 1980, au moment d'enregistrer un premier 33 t. qui fera date (Baignade strictement interdite) le BLB se compose des musiciens suivants : Roberthy Benzo de Bâle,( basse et chant,) Patou d'Unkou et John Cipolata (guitares et chant) Rocky Raviolo (saxophone) Peter Beauganglion (batterie) et des choristes suivantes :
Lullu d'Albenberg, Nelly Pliant, Spatule, Bibine de ch'val, Charlotte von Gossau, Emma Taume, Cellulite Gras d'Ouble, Marguerite Pizza, Chantal Collaud , Mollah Nisa et Edith de Nantes.
Enregistré au studio de Chevrens, produit par le Beau Lac de Bâle avec l'aide d'Alain Morisod, ce premier album 33 tours va faire date. Pour beaucoup, il ne sera jamais égalé. Dans le contexte régional tout d'abord, ce disque est historique. C'est le premier album enregistré par un groupe genevois. Dans les années 60, Larry Gréco et les Mousquetaires, les Four Shakers ou les Gentlemen avaient enregistré quelques 45 tours. Mais à l'époque on en n'était pas encore au 30 cm. Dans les années 70, aucun groupe n'avait eu assez de moyens pour graver un album, bien que des groupes comme Full House ou Ken Carver
aient créé une musique intéressante. Il faut remarquer également que les studios pros étaient quasiment inexistants à Genève.
C'est donc le Beau Lac qui le premier se lance dans l'aventure. En quelques week-end, 12 titres originaux sont enregistrés et mixés. Immédiatement, la plupart des chansons deviennent des classiques du groupe, morceaux qui sont encore réclamés par le public 25 ans ans plus tard. Impossible d'imaginer une fin de concert sans " A genoux ", " Tram 12 blues " ou " le peigne, la bagnole et la montre à quartz ". Certains morceaux déjà anciens comme " Draculade sous les embruns " (que le BLB jouait déjà en 78) sont immortalisés. D'autres comme " Ulysse le rocker suisse ", sont tout frais. Benzo, pour éviter des problèmes
de droits d'auteur récrit une musique originale sur l'Arriviste, qui était depuis longtemps l'adaptation du " Can only give you everything " des Them. Surtout, d'emblée, le Beau Lac de Bâle impose ce feeling et ce son qui le rendent immédiatement reconnaissable et estimable par le fan de blues et de rock . Sur la pochette noire, très classe on voit une assiette pleine de
purée, avec un petit lac de sauce. Une délicieuse petite vache en plastique broute sous l'écriteau " Baignade strictement interdite ". Ce premier album est devenu un collector très recherché au marché aux puces de Plainpalais.
Coup d'essai, coup de maître. L'album se vend comme des petits pains, à l'échelle romande, bien-sûr. Radios, télés, concerts, les Bâlois sont réclamés partout. Les critiques sont excellentes, on en trouve même dans des journaux de Suisse allemande.
Un vieux copain qui travaille à Paris chez Barclay le fait entendre à ses patrons. Une délégation du show-biz parisien vient voir le BLB un soir à Yverdon. Ils sont soufflés devant l'impact du groupe sur le public. Ce premier album sort donc en France chez Barclay, avec une pochette " branchée ", ne correspondant pas du tout à celle choisie par le groupe. Mais au grand dam de la production parisienne, le BLB renonce à s'embarquer pour faire des concerts et des télés de promotion. Après quelques passages du Tram 12 sur les antennes d'Europe 1, la carrière internationale du Beau Lac de Bâle s'arrête définitivement.
Pour ceux qui s'interrogent sur les raisons de ce manque d'ambition, il n'y a qu'à écouter attentivement les paroles prémonitoires de "Zürich Paradeplatz" , "d'Ulysse le rocker suisse" et "du peigne, bagnole et montre à quartz". Dès le début, le BLB avait indiqué clairement comment il envisageait sa carrière. Certaines accusations des milieux branchés de l'époque, d'être des faux-punk, étaient bien stupides : tout était écrit , encore fallait-il vouloir écouter !
Quelques mois plus tard, il s'agit de graver, au studio de Chevrens, le " Deuxième Service ". C'est l'album du Beau Lac qui se vendra le mieux. Il ne comporte également que des compositions originales. Un titre sort immédiatement du lot " Va prom'ner l'chien ", qui sous son faux air débile, recèle une fameuse mélodie, qui va devenir l'hymne de tous les fans du BLB. (Ce titre est en fait une toute vieille composition du Plexus, à l'origine très emphatique, un peu dans le style de Procol Harum.) A nouveau, des titres comme " Pleure pas Maman ", "Sauvé, lui aussi ", " Le rituel " ou " Docteur Nature "constituent la base du répertoire que chaque mordu réclame au concert.
La période qui suit la sortie de cet album marque l'apogée de la popularité du groupe.
Partout, les salles sont combles. L'Hebdo consacre six pages "au phénomène BLB " , plusieurs émissions de TV montrent le groupe "live" ( Charivari, Rock et Belles Oreilles, soirée du 31 décembre..)
A peine un an plus tard, le BLB reçoit une proposition de production intéressante. L'album suivant sera enregistré dans le studio Aquarius, qui est à l'époque le nec plus ultra. Patrick Moraz y travaille souvent. La maison de production Jungle, se charge de la distribution.
Jean Ristori (ingénieur du son de Yes) et John Woolhof (futur guitariste de Balavoine et de Bruel) sont chargés de la production. Ce troisième album s'intitulera " Phonorrhée du Diable Même s'il contient quelques nouveaux "tubes" comme " Faites des enfants " " Dégage " ou "Paulette " De l'avis général, le son semble plus froid et les gags passent moins bien. La
critique est toujours excellente, tout le monde saluant la qualité technique de l'enregistrement, mais ceux qui connaissent le BLB savent que les musiciens ne se sont pas senti à l'aise dans un environnement pro et relativement prétentieux. Le mixage de la batterie a beaucoup déplu à Cipolata, par exemple, et les bruitages à la "Odeur", si drôles sur les deux albums précédents ont été bâclés.
L'été 82 est consacré au tournage d'une comédie musicale pour la télévision : Sacré Ulysse. Le BLB a été chargé d'adapter en rock la musique de cette ancienne pièce d'Emile Gardaz. Ils jouent le rôle du choeur grec au côté de Jean-Luc Bideau. Si le Beau Lac a apprécié l'expérience le résultat a été diversement accuelli par les fans. Il existe un 45 t. composé de 4 extraits musicaux de "Sacré Ulysse". Le Beau Lac accompagnant en reggae la chanteuse/comédienne Yvette Théraulaz ne manque pas de charme.
En l983, le Beau Lac de Bâle s'agrandit. Bernard Berta, dit P'tite Berthe, guitariste virtuose, qui côtoie le groupe depuis plusieurs années devient membre à part entière. Il apporte tout son savoir faire musical, la folie de ses solos et permet aux deux autres guitaristes de se consacrer encore plus aux mises en scène.. Il convient ici d'évoquer comment se déroulent les concerts de
cette époque.
Dès l'origine, Patou d'Unkou, par son goût du théâtre, apportait une dimension visuelle aux concerts. C'est lui qui incarnait Dracula sur scène, crachant le sang sur sa Gibson et offrant les entrailles d'une choriste au public. Suivant le modèle du groupe "Odeur", le Beau Lac va bientôt mettre en image la plupart de ses chansons. Dietrich va devenir un forcené des
déguisements et passer son temps à galoper dans les coulisses pour se changer. Au gré des titres, il devient haltérophile (Gros baraqué), agriculteur, (Pop Star), Président de la Confédération, (Faites des enfants) ou fétichiste taré (le Rituel). Les choristes composent de charmants tableaux, on croise E.T. ou Guillaume Tell, Emma Taume batifole sur un lit ou dans un congélateur, Edith de Nantes accouche sur scène, le tout baignant dans l'hémoglobine et la fumée. Dans ce délire, P'tite Berthe n'est pas de trop pour assurer derrière.
C'est à cette époque que Benzo réalise son vieux rêve, qui est de jouer avec une section de cuivre. Larry Cotta, puis Jo Kaiser (trompette) et Andy-Vosges-en-Bon (trombone) vont épauler Rocky Raviolo pour former la Soufflerie du Molard, que l'on va entendre abondamment (trop ?) sur le quatrième opus intitulé " Beleubeleu ". Redevenus producteurs, Benzo et Cie retrouvent Jacques Massard et le studio de Chevrens.
Ce disque est le plus ambitieux musicalement. Les arrangements deviennent sophistiqués. Pourtant, aucun titre, pour la première fois ne se détache vraiment. Le BLB joue encore souvent " le père indigne " ou " Faut qu'ça paie ", mais pour la première fois, certains titres seront complètement abandonnés. Avec le recul, Cipolata, l'auteur des textes, reconnait
que dans certaines chanson comme " la complainte du vilain vieillard " ou " l'âme patriotique" il a commencé à se prendre un peu trop au sérieux. Cette quatrième plaque sort en septembre 84.
Batteur fondateur, Peter Beauganglion décide de raccrocher et de se consacrer à sa famille. Pour le remplacer, Super Roger Phényx, est engagé après quelques semaines de flottement. Si la popularité du Beau Lac est toujours intacte, le relatif échec de Belebeleu laisse quelques traces. La section de cuivre, devenue encombrante est abandonnée. Patou d'Unkou, qui est
engagé à la télévision comme assistant de production, n'arrive plus à concilier les concerts et son nouveau boulot. Il quitte donc ses vieux copains, mais ne manquera pas une occasion pour revenir chanter "Palézieux blues " sur scène.
Pour étoffer le son, la pulpeuse choriste Claire Asile, dotée d'une solide technique pianistique, se met aux claviers.
Un peu par hasard, le BLB est engagé dans un club minuscule de Carouge : le Chat Noir. A cette occasion, des anciens rocks sont exhumés : Betty, Fou d'elle , la Boum chez John, le Jour J reprennent du service. Soirs après soirs, le tabac est énorme. Les musiciens découvrent le plaisir de jouer dans un petit club. La déconnade conviviale remplace les mises en scènes
délirantes.
Cette nouvelle corde à leur arc va prendre de plus en plus d'importance. Grâce à cette expérience, il leur revient l'envie de jouer du rock bien carré et ils ne s'en privent pas.
En 1987, année du dixième anniversaire, le BLB se retrouve au studio de Chevrens avec Jacques Massard derrière sa console. Ayant appris qu'un groupe avait le droit d'enregister des standards à la condition de laisser tous les droits aux auteurs originaux, Benzo et Cipolata ont l'idée d'enregistrer sous le titre " Fonds de tiroir " quelques adaptations maison faisant la
joie du public depuis de nombreuses années. Ainsi sont immortalisées des versions fabuleuses de Bonnie Moronie (Ronnie Ravioli) "I put a spell on you " (Je te jette un sort), Poison Ivy (panne d'électricité), Wolly Bully (Bouri bouri), etc. Les Kinks, Nine below zero, Cliff Richard, Frank Zappa et même Elvis Presley (Money honey et One night) se voient affublés de textes croustillants. C'est le " Caroline " de ces chers vieux Pirate qui termine ce disque d'anthologie, devenant "Tchernobyl"
... Quand j'mets en marche ton réacteur , ça chauffe à faire péter l'compteur!.
La sortie de l'album coincide avec un grand concert gratuit donné au Bois de la Bâtie, comme à la grande époque. Soirée mémorable, tous les anciens bâlois viennent donner un coup de main. La foule est aux anges malgré la pluie. Pour la petite histoire, le BLB écopera d'une amende salée pour tapage nocturne, les dix fusées marquant le début du concert s'étant
entendues dans toute la ville.
En 1988, le département fédéral de la santé lance sa première campagne "Stop Sida". Le BLB reçoit la commande d'une chanson devant figurer sur un 45 t. édité pour l'occasion. Cipolata se met au boulot et accouche d'un très bon texte "l'amour serein" dont les journaux publieront quelques extraits : Savez-vous qu'la belle Cléopâtre
Redoutait tant les virus
Qu'elle équipait tous ses mâles
De préserv' en papyrus …
Lors d'une grande conférence de presse à Berne, en présence d'un aréopage de médecins et de conseillers d'états, devant des dizaines de journalistes, Dietrich chante en play-back la nouvelle composition enregistrée en vitesse à Chevrens. Un clip sera tourné dans une pharmacie du Petit-Saconnex qui sera diffusé 2 (!) fois à la TV romande. Et puis, tout s'arrêtera là. Le 45 t. aura une sortie confidentielle et il sera extrêmement difficile à trouver.
Il semblerait que face aux protestations des églises réagissant au ton trop direct (à leur goût) de la campagne, le département fédéral de la santé ait renoncé à une partie de ses projets.
Quoiqu'il en soit, "l'amour serein", dont la musique a été composée par Petite Berthe sera un très bon morceau de scène. Il figurera sur la réédition en CD de "Fonds de tiroir".
En effet, au début des années 90, le coût de production d'un disque compact devient accessible. C'est l'occasion de ressortir l'œuvre complète en trois CD. Quelques nouveaux titres comme "Diziplin" ou le "syndrome Amadeus" sont gravés pour compléter "Fond de tiroirs ", (BLB CD 2) Le premier 45 t. " Je suis speed " est incorporé à Baignades interdites / deuxième service.. (BLB CD 1). L'essentiel de Phonorrhée du Diable et Beleubeleu forment le BLB CD 4 .
1991 est une date importante pour tout bon Suisse. C'est le 700 e anniversaire de la fondation de la Confédération. Le BLB, désormais sacré institution genevoise, représente Genève lors d'une fête officielle dans le canton de Bâle-Campagne. A cette occasion, il joue sa version personnelle de l'hymne National " Petit pays, petit soucis ".
Ce sera le titre du nouveau CD. Composé à parts égales de titres originaux et de reprises, ce disque sonne tout à fait dans la tradition des premiers albums. " Let's work together " devient " De Dieu la foire " et le Millionnaire, adapté jadis de "Nobody knows you when you' re down and out" par Nino Ferrer, devient un des plus poignant blues joué par le BLB. Ray
Charles, Clapton, le Blues Band et les Animals sont adaptés par Cipolata en langage Carougeois.
Comme sur les premiers disques, le public choisit ses titres préférés. Cette fois-ci, c'est "On veut du sang " et "Petit pays, petits soucis" qui semblent s'imposer.
Au fil des années 90, le Beau Lac de Bâle assume son statut de groupe/institution, que l'on réclame à chaque grande occasion.
Soutien à la coopération Tiers-Monde, fêtes dans la Vieille-Ville pour retaper la cathédrale, manifs anti-racistes, anti-nucléaires, anti-militaires, toutes ces causes font appel au BLB. Par deux fois, le groupe se produit au pénitencier de Bochuz. Parfois, pour renflouer la caisse, nos Bâlois se farcissent une soirée privée. Hilares, mais sans concessions, ils animent des congrès de médecins ou des forums économiques qui leur offrent un rôle de " fous du roi ",
qu'ils jouent avec application. De nombreux établissements ou l'on joue de la musique "live " s'étant ouverts en Suisse , First rock café à Genève, Grand Café à Lausanne, Plateau Libre à Neuchâtel etc, le BLB commence petit à petit à abandonner les mises en scène délirantes. Habillés en costards noirs, ils font désormais dans la sobriété. Certains le
regrettent peut-être, mais en tout cas pas Dietrich Freezer-Disco, qui n'a plus à effectuer son marathon vestimentaire entre les coulisses et la scène. Le public ne semble pas trop frustré de ne plus voir le chien à la quéquette qui s'allume ou le tram 12 en carton. Mises en scène ou pas, le groupe constate à chaque concert qu'il y a, dans chaque bled de Romandie des noyaux de fans, allergiques à la techno, qui vouent un culte fidèle à leurs maîtres à (mal) penser.
En l994, Super Roger Phényx jette l'éponge, également pour raisons professionnelles. Il cède sa batterie à Moskito, vieille connaissance qui a d'ailleurs effectué quelques remplacements. De l'avis des spécialistes, il forme avec Benzo une des meilleures sections rythmiques du pays.
Nouvelle étape discographique, l'ultime à Chevrens, puisque le studio n'existe plus à ce jour. Le BLB au grand complet se retrouve pour graver " Tout ça pour des prunes ". Moskito à la batterie, Rocky Raviolo au sax et à l'harmonica. P'tite Berthe et Cipolata aux guitares, Benzo à la basse et au chant, Claire Asile aux claviers, Dietrich au chant. Enfin, le bataillon de
choristes, rescapées de dix-huit années de rock torride : Edith de Nantes, Spatule, Emma Taume, Cellulite Gras d'Ouble, Nelly Pliant, Nicole O'Dent, Elizabeth Rommertopf et Irma Fraudite. Les séances d'enregistrement se déroulent au printemps 95. Le fidèle Jacques Massard est aux commandes. 15 nouveaux titres pour ce qui sera un des plus beaux albums du BLB. Le plus blues en tout cas. Neuf originaux, cinq adaptations dont "Little red rooster" et " Don't let go " et une reprise complète de " Ce s'rait bien " que tous les amoureux du premier Johnny connaissent bien. Les compositions de Petite Berthe, Benzo et Cipolata sont à la hauteur. Le" boogie de Charles-Edouard," fils de notaire, " le chant du retour " et " les mots d'amour" sont déjà les nouveaux chevaux de bataille sur scène :
Apprends-moi des mots d'amour
L'amour tout seul ça rend sourd ...
21 juin 97 : grande date. Il s'agit de fêter dignement le 20ème anniversaire du premier "grand" concert. Dans le cadre des fêtes de la musique, la ville de Genève prête la scène dite de la "Coquille" au parc de La Grange. Tous les médias annoncent l'événement. RSR 1 diffuse le concert en direct. Le téléjournal même fait un sujet sur le groupe, le soir du
concert.
Quelques artistes sont invités pour interpréter à leur façon quelques titres du BLB.
On entendra ainsi "Petit pays, petits soucis" par un groupe d'accordéonistes "Va prom'ner l'chien" par Mister Mac Intosh à la cornemuse. Les tambours de l'Usine de Nyon viendront marteler le rythme du "Gai reggae du Righi". Ce concert verra les débuts du jeune Sylvain Demierre, fils de Dietrich, qui prendra un excellent solo sur "Chanter l'amour".
Malheureusement tout cela va se dérouler sous un épouvantable déluge.
D'ailleurs John Cippolata touché par le spectacle de la foule trempée, descend dans le bassin qui borde la scène afin de communier avec son public.
Le fait qu'environ 500 spectateurs soient venus et aient fait la fête jusqu'au bout est une bonne preuve de l'attachement que porte le public genevois au BLB. Il restera de cette soirée épique une excellente cassette vidéo enregistrée par la ville de Genève et quelques superbes T.shirt reproduisant l'affiche de Tirabosco..
A côté des habituels concerts aux quatre coins de la Romandie (Carnaval de Sion, Festival de la BD à Sierre, Moutier, Neuchâtel, Lausanne, etc… le BLB a pour projet d'enregistrer un disque public. Cette à cette tâche que s'attelle le fidèle Bouby qui capte toute une série de concerts, dont ceux donnés au Chat Noir les 12,13,14 février 98. Le BLB profite ainsi de mettre en boîte toute une série de nouveaux titres et d'anciennes adaptations.
Ce CD live aurait dû contenir: Goron, (Cocaïne) Warum, (en allemand!) Go Emilio, (Johnny B. Good) Le gai reaggae du Righi, (Willy and the handjive) le Congélateur (High heel sneakers) Grande Bertha, (Roberta) Femme libérée, (Gonna send you back to Walker), Dormir dans mon lit, (Crying in the rain), Fais donc mois de bruit en mangeant tes
corn-flakes, (buzz the jerk), Bien trop petite (Please don't touch), La peau et les os (Skin and bones) Georges et Fredy, (I took my baby home) Young-Boys, (Youngblood), Pose pas de questions (Don't ask me no question) ainsi que les nouveau arrangements des tubes suivants : Tram 12 blues, Babette, Palézieux et Va prom'ner l'chien.
Malheureusement, ce superbe projet devra être abandonné. Ayant fait, dans les règles de l'art, le demandes d'autorisation aux éditeurs originaux , le Beau Lac a la mauvaise surprise de recevoir une série de refus. Plus question d'adapter en carougeois les titres anglais, même si la nouvelle version est de loin moins stupide que l'original. Il semblerait que les éditeurs ont décidé de serrer la vis, suite aux nombreux emprunts pirates effectués dans le rap. Une autre raison serait que des groupes néo-nazis ont pris l'habitude de détourner des tubes existants pour déclamer leurs ignominies.
Quoiqu'il en soit, le huitième album est mort né.
En janvier 98, Dietrich Freezer Disco annonce au groupe son intention de prendre sa retraite définitive au mois de juin, pour raisons personnelles.
Bien que depuis plusieurs mois, on pouvait présager de cette décision, le coup est rude. DFD est ce qu'on appelle une "bête de scène". Comédien dans l'âme, plus que chanteur, il incarne à merveille les personnages des chansons. Quand il est en forme, il est capable de tous les délires, improvisant chaque fois quelque chose de nouveau, qui fait crouler de rire le public, ainsi que les autres musiciens.
D'autre part, sur le plan amical, tous les membres du BLB prennent un gros coup de blues... quoi ? on entendra plus le Fats faire ses vocalises dans les vestiaires ?
Certaines choristes tenteront de le faire revenir sur sa décision, sans succès.
Dietrich assume avec brio ses derniers concerts au printemps 98, dont une série mémorable au Chat Noir.
En juin, il fait ses adieux au public genevois lors d'un super concert, sous l'orage, au Parc de la Grange.
Mais, comme dit le poète, the show must go on !
L'idée de prendre un nouveau chanteur n'est même pas envisagée. Très vite Benzo expose son plan : lui et Cipolata se répartissent le rôle de chanteur. Comme au début du Beau Lac.
De plus, on engage Marc Polliand, sous le nom de Jenny Genetic, guitariste talentueux, qui va renforcer la sauce, et permettre à Cipolata, guitariste moyen, de faire l'andouille sur scène.
Tout l'automne 98 est occupé à rôder la nouvelle formule. Les anciennes chansons sont retravaillées, de nouvelles sont mises en chantier.
Le 4 février 99 enfin, le nouveau BLB entre sur la scène du Chat Noir , avec un trac monstrueux. Miracle, le public marche à 100 % . Une nouvelle aventure commence .
De février 99 à août 2002, le BLB va donc donner 47 concerts avec Benzo et Cipolata dans le rôle de chanteurs. Ce qui est frappant , c'est que le public reste d'une fidélité incroyable. Bien que le show soit forcément plus sobre, et sûrement moins drôle sans les improvisations délirantes de DFD, les spectateurs ne semblent pas en tenir rigueur au groupe. Les concerts
sont toujours aussi chauds, certains comme celui de la Place Neuve pendant les fêtes de la Musique 2000 sont même de véritables "triomphes triomphaux" selon la cotation adoptée par le groupe. Cipolata chante " Le rituel " ou "Le chant du retour", Benzo reprend " Apprends-moi des mots d'amour " ou "A genoux" et personne ne rouspète, personne ne semble
faire de comparaison. De plus, certains nouveaux titres , encore inédits, deviennent des classiques : "Basta" et "On chante pour les enfants" fonctionnent à merveille à chaque concert. Au fil des mois, on se rend compte que le petit nouveau J.Génétic,
apporte beaucoup par sa façon d'enrichir et de diversifier la sauce. De plus, il se fend de quelques fameux solos dans un style qu'on pourrait qualifier de "californien". En résumé, musicalement, le Beau Lac n'a jamais si bien joué que pendant cette période. Mais la grande question, que se pose tout fan de base, est de savoir quand sortira le nouveau CD. En effet, "Tout ça pour des prunes " date déjà de 1995. Jamais dans l'histoire du BLB, il y a eu un espace si long entre deux parutions. Les raisons de cette interminable attente sont multiples.
Certains textes des adaptations refusées étant recyclables, Benzo et Cipolata ont donc dû se mettre à l'ouvrage pour leur composer de nouveaux habits..
Ainsi les musiques de Lynyrd Skynyrd, (Pose pas de questions) ou des Everly Brothers dormir dans mon lit ) sont remplacées par des compos originales. (A noter que les Kinks ont autorisé la traduction de "skin and bone" (la peau et les os).
Tout ce travail a pris beaucoup de temps. Pour remplir un CD de nos jours, il faut avoir environ 15 titres et Cipolata a plus de peine qu'auparavant à pondre des textes satisfaisants. De plus P'tite Berthe, tombé malade a été indisponible plusieurs mois.
Ce n'est donc qu'en mars 2001 que l'enregistrement du 8e album du BLB peut commencer. Sous les ordres de Hans Burger, le groupe s'est retrouvé dans la grande salle du Forum de Meyrin pour enregistrer les bases (basse, batterie, guitares d'accompagnements.)
Tout s'est bien passé mais pour des raisons personnelles, Hans Burger doit interrompre son travail aux manettes et ce n'est qu'en avril 2002 que tout le monde peut se remettre au travail, dans le local de répétition cette fois-ci, avec un matériel d'enregistrement flambant neuf.
Le 23 août 2002 restera une grande date dans l'histoire du BLB. A l'appel de Roland Le Blevennec, du Chat Noir, le groupe est invité à fêter son quart de siècle sur la scène du Parc de la Grange. Pour une fois il fait beau et la foule est impressionnante. Les musiciens apparaissent sur scène en chaises roulantes, poussés par les choristes déguisées en
infirmières. Comme à chaque grande occasion, c'est le retour en fin de concert de quelques "anciens". Jimmy Chose chante"Pop star" qu'il avait créé en juin 77, Patou joue et chante "Palézieux blues" et Dietrich fait une entrée mémorable sur le"Gros baraqué". Son sens de l'improvisation est toujours aussi vif et il délire comme au bon vieux temps dans "Faites des enfants" et " Le chant du retour". Il arrive même à faire tomber quelques gouttes de pluie sur les spectateurs médusés. Dracula, feux d'artifices, "Va prom'ner le chien" repris en choeur par la foule, bref la fête totale. Le Beau Lac aura l'honneur le lendemain de figurer en titre au téléjournal, la SSR se fendant d'un excellent reportage.
Mais la conséquence ultime, incroyable et enthousiasmante de ce fabuleux concert, c'est que, une semaine plus tard, Dietrich Freezer Disco exprime officiellement son désir de retour A PLEIN TEMPS au sein du BLB ! Apprenant la nouvelle par e-mail, nombre de choristes en chavirent d'émotion.
Sans état d'âme pour sa carrière de chanteur, Cipolata file à Dietrich ses nouvelles chansons. En revanche, Benzo, dont la tessiture de "hurlator" est inégalable garde les siennes. Le groupe peut se remettre au travail sur le nouveau CD. Mais à nouveau, il faudra s'interrompre, l'automne 2002 étant intégralement consacré à un projet surprenant :
Genève fêtant en grande pompe le 400 ème anniversaire de l'Escalade, un membre progressiste de la compagnie 1602 propose au BLB de faire un concert spécial au Victoria-Hall, temple de la grande musique. Il s'agit d'adapter à la sauce rock-blues une série de très vieilles chansons genevoises et savoyardes et d'accompagner une grande chorale formée d'élèves de plusieurs écoles primaires. C'est un énorme travail. Mais le résultat sera à la hauteur malgré la difficulté des problèmes accoustiques. Le public réserve un triomphe à l'événement. Une semaine plus tard, le groupe récidive avec les élèves de l'école de Bernex cette fois-ci.
C’est à Noël 2005 que paraît enfin le huitième opus du BLB, intitulé « Basta » … Titre d’un des titres marquant du nouveau CD. « On chante pour les enfants » et son refrain se détache du lot et devient un nouveau classique. Benzo hurle une reprise très jazzy du Caldonia de Louis Jordan, dont les paroles n’ont pas été écrites par Cipolata mais par un certain Claude Moine !
En bonus, on trouve enfin 3 titres rescapés du célèbre live at the Chat Noir… « Skin and bone » pouvant figurer sous le titre « la peau et les 0s » grâce à l’assentiment des Kinks..
L’irrésistible version de « Sag Warum » ravit tous les amateurs de slow teuton.
L’impression générale est bonne. Les fans s’y retrouvent, mais le temps des grandes ventes est bien terminé : 2000 à ce jour …
Quelques semaines après la parution de « Basta » Le guitariste Jenny Genetic quitte le groupe pour se lancer dans une carrière pro. Ses excellentes interventions sont remarquées sur plusieurs titres . On lui doit également la composition du titre funky « Pose pas de questions ».
En juin 2006, pour accueillir la nouvelle ligne (17) du tram , la ville de Lancy commande au BLB une chanson. Celle-ci sera interprétée devant plusieurs conseillers d’Etat hilares lors de la cérémonie officielle. « La ligne du tram 17 » enregistrée en studio est téléchargeable gratuitement sur le site du BLB.
2007 est l’année du trentième anniversaire. Le groupe se propose de jouer trois soirs dans un théâtre à la rue de Carouge. A chaque soir, un programme différent. On ressort plusieurs antiques mises en scène. Quatre comédiens interviennent au gré des titres, évoquant le Petit Louis, le docteur Nature ou la ligne du tram 17. Le succès est total . 80 titres joués en trois soirs à guichets fermés, La TSR filme l’événement, qui sera retransmis en trois soirs consécutifs entre Noël et Nouvel-an… Du jamais vu pour un groupe suisse !
A la fin août grand concert dans le parc de la Grange. 6000 spectateurs aux anges !
Patou d’Unkou, guitariste fondateur, qui a participé à la fête, exprime son désir de réintégrer le groupe qu’il a toujours gardé dans son cœur. Sa nouvelle occupation professionnelle lui laissant plus de temps libre, il peut reprendre son rôle de guitariste de poids et rechanter son morceau fétiche « Palézieux blues ».
A la fin septembre, le batteur Moskito quitte le groupe à la surprise générale. Il est remplacé par le jeune Thierry Paley, qui devient, sous le fin pseudonyme de Thierry Zotto, le quatrième batteur officiel du BLB. Son arrivée est un plus pour le groupe. Zotto dispose d’une excellente technique, d’une grande inventivité et d’une solide culture, qui lui permet de citer avec bonheur les grands batteurs de l’histoire du rock, de Keith Moon à John Bonham.
Le rytme des concerts est toujours étonnament stable, une quinzaine par année. 2008 sera marqué par un big événement : La Suisse accueille l’Euro foot et quelques grands événements sont organisés sur la plaine de Plainpalais. Le 21 juin, le BLB se défonce à la fin du match Russie – Hollande devant plus de 5000 spectateurs.
2009 marque le retour de l’inspiration de Cipolata qui pond 12 nouveaux titres en quelques semaines… C’est le nouveau CD qui sortira…. Hum….
2010 … les concerts se suivent . Les plus marquants : Congrès de tatoueurs, festival à Grandson, Festival Bim badaboum, Triomphe archi triomphal à la vogue de Veyrier, concert à Plan les ouates pour une école du Burkina… etc…etc… Quelques nouveaux titres sont joués régulièrement : Cinq jours, Honte à toi Grand-papa, j’te clouerai l’bec, mourir à la Brévine…
2011 … Pour de multiples raisons, le divorce entre le batteur Thierry Zotto et le groupe est consommé. Il est remplacé par une vieille connaissance, Super Roger Phényx (Roger Volkart).. Pour les lecteurs attentifs, il s’agit bien du batteur qui a remplacé Peter Beauganglion en 1986 et qui a joué jusqu’en 1994. C’est lui qui tient les baguettes sur les albums « Fond de triroir « et « Petits soucis » … c’est dire s’il a du style ! Les retrouvailles sont émouvantes. Roger est humainement et musicalement le mec qu’il fallait !
Il entame à Soleure une belle série de concerts. Fin août , le Blb participe à nouveau à Festiverbant… il fait un tabac ! On se remet au travail sur les nouveaux morceaux qui sont testés en public : « Le prélude de Bach » et un ska d’enfer intitulé « à chacun de faire son choix » semblent fonctionner
Reste plus qu’à trouver quelques jours pour les enregistrer en studio …..
2013… année faste : le BLB participe pendant l’été à une série de grands concerts, grand au sens du nombre de spectateurs et du succès incroyable remporté par des musiciens qui atteignent, certains, l’âge de l’AVS ( comme Louis… le vieux cuit..) Fêtes de la musique aux Bastions, Gena Festival, Venoge festival, Festiverbant.. à chaque fois le tabac. Phénomène intéressant, le public semble se rajeunir quelque peu… les enfants et petits -enfants des vieux fans ?
Enfin, le 3 novembre, le groupe entre en studio. D’emblée, l’ambiance de Taurus à Aïre et feeling de Claude Lander, son patron font que les musiciens se sentent bien. En deux week-end les 12 titres prévus sont mis en boîte. Un lundi soir, les fidèles choristes viennent chanter leurs refrains… Magnifique, on dirait les anges de la chapelle Sixtine. Le mixage très soigné prendra plusieurs jours. Rendons hommage à Bouby (Hans Burger) qui va assister Claude pendant des heures. Le groupe est ébahi quand on pose la galette définitive sur le lecteur… Ça n’a jamais sonné si bien !
Bernard, dit Petite Berthe, le guitariste virtuose et peintre passionné s’est chargé de la pochette et les graphistes de Colegram ont su la mettre en valeur.
Le neuvième album du Beau Lac s’intitule : « 13 nuances de blues », référence à un livre érotique pour dames qui semble-t-il a réveillé la libido de millions de lectrices.
Tous les morceaux sont solides : du pur rock Beau Lac comme « Cinq jours » ou « Elle fait ça bien » de la pop classe comme le tube « Mourir à la Brévine » , du funk dans « funky frustration » ert même un ska pas piqué des vers « A chacun de faire son choix » . Il y a dans ce cd quelques magnifiques solo de sax « j’te clouerai l’bec » « le plasticien » et un superbe chorus de Patou, à la fin de la magnifique « Barrière de rösti ». Pour terminer, juste avant le bonus, Cipolata entame une douce balade que le fils de Dietrich, grand spécialiste, a immédiatement comparé aux morceaux tendres de Ray Davies, beau compliment quand on sait la vénération que John porte au leader des Kinks.
Le treizième titre est un bonus : il faut que rien ne se perde et « La ligne du tram 17 », remixé complète l’album.
C’est la firme Harnonia Mundi, grands spécialistes de la busique baroque (n’roll) qui va s’occuper de la distribution.
2015 : Le batteur Super Roger Phényx quitte brutalement le navire, à la suite de l’émission « Autrefois Genève « qui passe des dizaines de fois sur Léman Bleu. Excellente collection de documents inédits et de souvenirs racontés par Cipolata, Benzo, Dietrich, Patou et même le membre fondateur Jimmy Chose, qui se mélange un peu les crayons dans l’ordre des faits, qui remontent, il est vrai, à une quarantaine d’années.
L’ami Brussino, qui a eu l’idée de l’émission crée un super clip pour illustrer la chanson « Dangereuse Nostalgie » Un petit détail rigolo : pour illuster la phrase « rouler des pelles au Corso », il montre une vue du corso fleuri des fêtes de Genève à la place du mythique cinéma de la rue de Carouge. Le résultat est néanmoins magnifique et passe de nombreuses fois sur la chaîne genevoise.
Pour remplacer Roger, le BLB fait appel à une vieille connaissance, le batteur Gianni Di Paolo, bien connu de la scène genevoise où il officie dans de nombreux groupes. C’est du reste dans la formation des Clackos sorte de réplique du BLB originel, spécialisé dans le répertoire des Chaussettes Noires, des Chats Sauvages, des Shadows et autres groupes du début des années soixante, qu’il a rencontré Benzo et Cipolata.
Gianni est un super technicien, le meilleur batteur que le BLB ait jamais eu dans ses rangs.
En plus il colle complètement à l’esprit Beau Lac et s’affuble du pseudo « Johnny Di Pizzaiolo »
Etant très occupé, il ne peut pas participer à un concert triomphal au Petit-Lancy (mai) ni à la fête de la musique de Genthod .(Juin) C’est le vieux et talentueux rocker JP Macaron qui assure l’interim.
Les vrais début Gianni auront lieu à Yverdon, au mois d’août, lors d’un concert mémorable : grand beau temps, place noire de monde, public ravi de revoir le vieux BLB en si bonne forme.
Grand bosseur, le nouveau batteur travaille à fonds pour intégrer l’immence répertoire des 7 cds.
2016 : Suite régulière de super concerts, de Carouge à St Imier, de Gilly à Vernier… l’intérêt du public ne faiblit pas… une seule fausse note due à une organisation lamentable : le motocross de Sézegnin : pas un rat ! Et pourtant les motardes, elles, ont attiré la grande foule sur l’esplanade du Burodeszottos… les fans experts qui connaissent la chanson « le fonctionnaire » en rigolent encore.
La firme Musicora/Harmonia Mundi cessant ses activités dans le rock, c’est désormais « Irascible Music, très dynamique qui va s’occuper de distribuer les cds dans les points de vente suisses.
En juin, le Beau Lac est invité dans un festival prestigieux : Caribana. Cipolata étant en voyage, c’est le fils de Dietrich, Sylvain Demière qui va le remplacer. C’est un fameux guitariste qui va magnifiquement s’intégrer au groupe pour l’occasion. Le public fera un triomphe (habituel…) même si certains trouveront un peu bizarre la présence de ce jeune grand barbu à la place du vieux Cipolata.
2017 : Quarantième anniversaire ! Encore une grande année, marquée par une flopée
de concerts, dont le Blues Festival de Sierre. Avoir son nom (en petit !) à côté de ZZ Top a rempli d’émoi les membres du groupe qui ont toujours été fans des texans.
Enorme affluence au Festiverbant, avec pour l’occasion le retour d’un Dracula bien sanglant. Les organisateurs, à l’issue du concert , ont fêté dignement le BLB qui jouait pour la huitième fois à Landecy, étant même tête d’affiche du premier festival, qui avait lieu sous un hangar à tracteurs !
Le 10 novembre, les 500 heureux élus ayant reçu une invitation (choix cruel..) ont assisté dans la salle d’Athenaz a un concert rétrospectif auquel de nombreux musiciens ayant participé à l’aventure sont venus jouer : Peter Beauganglion, Moskito, Jenny Genetic, Thierry Nydegger etc… Sur le « va prom’ner l’chien « final, le nombre de choristes a fait plier les praticables : Chantal Collaud, Elizabeth Römertopf, Monah Lisa, Irma Fraudite, Marguerite Pizza, Lullu d’Albanberg, toutes étaient là !
La soirée se termina tard… y avait plus de bière ….
2018 : Les auditeurs de la première, furent bien surpris, en écoutant le vénérable kiosque à musique du samedi matin, d’entendre Louis Louis, t’es un vieux cuit, à la place de la fanfare habituelle… Mini concert mémorable, de quatre morceaux, qui s’est entendu dans toute la Romandie.
Palézieux, Bienne, Festival « voix de fête « à Plainpalais, tels furent les concerts marquants de l’été.
Les 27 et 28 septembre feront date. C’est en effet à l’Epicentre de Collonge-Bellerive que deux super concerts ont eu lieu, devant un public comblé : il s’agissait d’enregistrer le premier « live » du groupe. Il y avait eu, certes, trois extraits de concert au Chat Noir, parus en bonus sur l’album Basta. Là, il s’agissait de mettre en boîte dix-huit titres et de capter l’ambiance de feu qui nimbe les shows du BLB. Le choix des titres fut délicat : la limite de 74 minutes (durée maximale d’un cd) ne permettant pas d’enregistrer tous les morceaux favoris du groupe et du public. Finalement, le programme est un mélange de grands classiques (Pop Star, à genoux, Tram 12 blues, etc…) de raretés (Faut qu’ça paie, Bouchez-vous l’nez, Docteur Nature) et d’inédits : HLM Boogie( face B du 45 t.) et Méchant Neveu, un titre tout neuf. Mixé et légèrement retouché au studio Taurus par Claude Lander et Bouby Burger, le résultat est , n’ayons pas peur des mots, époustouflant : une pêche d’enfer ! Le groupe chauffé à blanc
par le beat d’enfer de Gianni di Pizzaiolo (le meilleur batteur de toute l’histoire du BLB) , le sax volubile de Rocky, la guitare plus hendrixienne que jamais de Petite Berthe. Tout cela avec un Dietrich, maître de cérémonie, en pleine forme …. C’est un grand disque !
L’année 2018 se termine à merveille !
NB : Rappelons que Max Schickel-Gruber était grand reporter à « l’écho du Seeland ». Tout le monde se souvient de sa magnifique série d’articles sur la récolte des abricots en Bas-Valais. Las des voyages, il se consacre depuis 1980 à l’exégèse de l’œuvre béellbienne. Il dirige enfin la fondation « Memoria Basilae » qui gère les archives du groupe genevois.