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L'exposition dresse un état des lieux de la construction des rôles et des identités de chacune et chacun à lʹoccasion des cinquante ans de lʹinstauration du suffrage féminin en Suisse. Dès l'entrée, le visiteur est saisi par les bouillonnements de ce grand chaudron d'où s'expriment la force et le regain des revendications féministes actuelles.
Nos rôles d'homme et de femme se construisent à travers l'éducation, le travail ou l'image corporelle. L'exposition "Quoi de neuf pussyhat?" nous incite aussi à les déconstruire: on peut voir par exemple sur une série de photos les produits cosmétiques et les accessoires nécessaires à 24 personnes différentes pour se préparer le matin. Et ce ne sont pas forcément les femmes qui utilisent le plus de temps et de produits!
Autre exemple très parlant, celui des jouets. L'exposition montre qu'une grande chaîne de magasins a tenté le jouet unisexe, ni rose, ni bleu, qui permettait par exemple aux filles de jouer au tracteur. Las, après une campagne féroce sur les réseaux sociaux, la chaîne a été contrainte de faire machine arrière. Retour aux bons vieux stéréotypes dans son catalogue de Noël.
Volet historique
L'exposition aborde également l'angle historique de la représentation des femmes et des hommes. Jusqu’au 18e siècle, la femme est considérée comme une version imparfaite mais similaire de l’homme, dotée de parties génitales qui sont simplement retournées à l’intérieur.
"Dès le 18e siècle et surtout au 19e siècle, on assiste à la construction d'un dispositif scientifique, un argumentaire, qui vise vraiment à fonder, théoriquement et scientifiquement, l'infériorité des femmes. Cette soi-disant infériorité naturelle permet de justifier la hiérarchie entre les genres et les écarter de tous les domaines de pouvoir, notamment le pouvoir politique et l'exercice de la citoyenneté", explique Diana le Dinh, l'une des trois commissaires de l'exposition.
Illustrations tirées de l'ouvrage de John Barclay, "The Anatomy of the Bones of the Human Body", Edimbourg, Maclachlan and Stewart, 1824. [Musée historique de Lausanne]
L'exposition s'adresse plutôt à des classes de jeunes qu'à une personne bien informée sur la question du genre. Avec quel message? "J'aimerais qu'ils réalisent qu'il ne s'agit pas seulement de questions féministes puisque le genre, finalement, est un concept qui englobe la société toute entière et qui réfléchit aux rapports de force, aux relations de domination et qui concernent tout autant les garçons que les filles", conclut Diana le Dinh.
Propos recueillis par Sylvie Lambelet et Florence Grivel
Adaptation web: Melissa Härtel
, Musée historique de Lausanne, jusqu'au 27 juin 2021.