Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07278.jsonl.gz/216

Critique
"Pour Anna, 9 ans, tout est simple, comme pour ses camarades, jusqu'au jour où ses parents découvrent pour des raisons familiales l'engagement politique à gauche. Alors, finie la vie partagée entre Bordeaux et Paris, entre l'école religieuse, la maison de ses parents et le domaine viticole de ses grands-parents, les rencontres petites-bourgeoises laissent place aux ""manifs"". Tout bascule rapidement, trop rapidement pour cette gosse qui peine à suivre et à comprendre les nouvelles valeurs que tentent de lui imposer ses parents.
L'histoire se déroule en 1970 et prend fin le 11 septembre 1971, avec le coup d'Etat au Chili. L'intérêt de cette réalisation tendre et parfois touchante tient au regard porté par une enfant (très finement interprétée par Nina Kervel-Bey) sur un monde d'adultes auquel elle tente de résister comme elle peut. Parallèlement, Anna ouvre grands ses yeux, découvre le prix des engagements et appréhende des réalités sociales qu'elle ne soupçonnait pas.
Le spectateur imagine bien que le parcours de cette petite fille fait écho à celui de la réalisatrice, fille de Costa-Gavras, qui notamment tourna MISSING en 1973, précisément à propos du Chili.
Ce long métrage qui a obtenu cette année à Deauville le Prix du premier film embrasse trop de thématiques pour étreindre de façon totalement convaincante ses sujets, mais il rappelle le climat d'une époque où beaucoup croyaient aux lendemains qui chantent!"
Serge Molla