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Le sort du Gripen est entre les mains du Parlement. Le Conseil fédéral lui a transmis sa proposition d'acheter 22 avions de combat suédois pour 3,126 milliards de francs. Selon lui, le financement devrait passer par un fonds, ce qui permettrait de combattre le projet par référendum.
Le peuple sera certainement le plus grand obstacle, a reconnu le ministre de la défense Ueli Maurer devant la presse. Il faudra rappeler qu'il en va de la sécurité et de la prospérité qui lui est liée. Mais auparavant le conseiller fédéral s'attend à affronter les critiques des médias, des milieux fâchés et du Parlement.
Fonds critiqué
L'idée de recourir à un fonds n'est pas du goût de tout le monde. A droite, certains souhaiteraient se passer d'un vote populaire. L'an dernier, le Parlement avait d'ailleurs écarté les propositions permettant la tenue d'un scrutin.
Pour alimenter le fonds, limité à 2024, le Conseil fédéral propose de puiser en moyenne 300 millions par an dans le budget de l'armée. Contrairement aux injonctions du Parlement, le gouvernement tient à ne relever le plafond annuel de dépenses militaires qu'à 4,7 au lieu de 5 milliards, a répété Ueli Maurer.
Mais l'argent n'est pas le seul nerf de la guerre. L'achat lui-même des Gripen, dont la variante retenue - E (monoplace) - n'est pour l'instant qu'un prototype, suscite depuis des mois la controverse.
Ueli Maurer a continué de défendre ce choix du gouvernement. Le Gripen E répond aux exigences de l'armée et est meilleur marché que ses concurrents. "On n'a pas assez d'argent pour avoir toujours le meilleur armement", a-t-il dit.
Affaires compensatoires
Le Conseil fédéral met aussi en avant les affaires compensatoires avec la Suède. Un volume d'affaires, actuellement estimé à 2,5 milliards de francs, devrait revenir à l'économie suisse en échange de l'achat des Gripen. Cela représente 1000 emplois sur 10 ans. Et Ueli Maurer a garanti que 25% des affaires compensatoires devront être conclues en Suisse romande.
Le nouvel avion devrait aussi avoir un effet positif sur les régions où sont implantées des aérodromes et des places d'instruction militaires.
ATS