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Je viens de terminer la série hagiographique de Bill Gates sur Netflix qui me laisse perplexe. Je pensais que ce type était plus intelligent que la moyenne. Si certains le considèrent plus près des dieux que des hommes, j'ai au contraire le sentiment qu'il est un peu perdu dans la masse d'informations qu'il a accumulée au fil des ans en s'enfermant dans une solitude dès son plus jeune âge.
Je partage sa confiance dans la technologie pour répondre aux problèmes qu'elle a en grande partie engendrés, bien que cela heurte de front les théorèmes d'incomplétude de Gödel et le principe d'incertitude de Heisenberg qui démontrent qu'on ne peut étudier un objet avec des outils qui font partie de l'objet.
Malheureusement, lorsqu'on analyse plus à fond le fonctionnement de ses entreprises, force est de constater qu'il contribue plutôt à augmenter les problèmes qu'il s'est mis en tête de régler.
Il semble convaincu et sincère dans sa démarche. Pourtant tout son langage corporel me suggère qu'il cherche une certaine forme de rédemption sans véritable remise en question de son parcours.
La fondation Bill et Melinda Gates a été créée en 2000 dans la foulée des actions de l'Etat US contre la position monopolistique de Microsoft et ses façons discutables de se défaire de la concurrence (Netscape). Il fallait redresser l'image. L'ambition n'est rien moins que de régler des questions universelles comme l'éradication de la polio par une campagne de vaccination, la production d'énergie atomique en recyclant les déchets radioactifs ou la création d'eau potable à partir d'excréments humains.
Si ces projets se sont pour le moment tous soldés par des échecs malgré les milliards investis, la fortune de Bill Gates a presque doublé durant les dix dernières années. Car c'est là que se manifeste son intelligence opportuniste comme le démontre l'enquête du journaliste Lionel Astruc sur l'art de la fausse générosité.
Non seulement Bill Gates a fait sa fortune en rendant payant un savoir informatique du patrimoine commun et gratuit, mais surtout il l'a investie auprès des plus grands groupes transnationaux qui sont souvent à l'origine des problèmes engendrés. Coca-Cola, Monsanto, BAE systems fleuron britannique de l'armement et plus d'une trentaine de sociétés actives dans les énergies fossiles parmi les plus grandes émettrices de gaz à effet de serre, ne sont que quelques exemples qui démontrent l'incohérence de la démarche qui consiste à vouloir diminuer la pauvreté dans le monde par des placements sur fonds d'investissements qui contribuent au creusement des inégalités sociales.
Je vous laisse vous faire une idée plus précise en visionnant le lien ci-dessus. Mais bien que j'avais déjà compris que Bill Gates était tout sauf un bénévole lorsqu'il s'est vigoureusement opposé à une taxe sur les transactions financières avec ses potes Jeff Bezos et Warren Buffet, je pensais que le type était intelligent. Cette série sur Netflix me prouve le contraire car en s'exposant ainsi il s'offre en pâture et nous démontre qu'il est bien humain, trop humain.