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L’Escalade est l’épisode décisif de la guerre entre Genève et la Savoie. C’est le point culminant d’une tension qui existe depuis longtemps entre la Seigneurie et le Duché. Cette parpaillole frappée par la Savoie à Gex près de Genève témoigne de ses aspects économiques.
Pendant le siècle qui a précédé la Réforme, la Savoie avait déjà ouvert un atelier monétaire à Cornavin, aux portes de Genève, pour faciliter l’écoulement de ses monnaies lors des foires qui ont fait la richesse de la région. Il sera fermé en 1532 et, au cours du 16e siècle, les tensions entre les deux états vont peu à peu s’apaiser.
Mais, le duc Charles-Emmanuel Ier, tant pour des questions politiques que religieuses, entend profiter des guerres de religion en France pour reprendre le Pays de Vaud et Genève. Le conflit reprend donc de plus bel dès le début de son règne. L’ouverture d’un nouvel atelier monétaire à Gex, en 1584, fait partie des mesures actives de cette campagne. En effet, l’atelier – qui a débauché le maître de Genève pour en faire son lieutenant-essayeur – frappe des pièces de mauvais aloi qui vont envahir le marché et chasser les bonnes monnaies de la circulation. Si la production cesse en 1587, peu avant la reprise du pays par les Français et les Cantons suisses, Genève doit encore promulguer un mandat en 1596 pour taxer les parpailloles de Savoie à 5 quarts les deux au lieu de 6, et empêcher ainsi ces monnaies de poursuivre les dégâts.
Dans la guerre qui l’oppose à la Savoie, Genève se cherche non seulement de nouveaux alliés militaires (traité de 1584 avec Berne et Zürich), mais également des alliés économiques. C’est ainsi qu’elle rejoint en 1592 les conférences qui unifient déjà les monnaies de Berne, Fribourg, Soleure, Neuchâtel et le Valais.