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Même les espèces qui préfèrent les conditions plus fraîches, comme l'éphémère Baetis alpinus, n'ont pas disparu malgré la hausse des températures. Pour leur étude, les scientifiques ont utilisé des données collectées sur 438 sites dans le cadre du Monitoring de la biodiversité en Suisse. «Nous avons été très surpris par les résultats, qui montrent clairement des nombres d'espèces stables et croissants sur une période d'à peine dix ans», déclare Friederike Gebert. Il convient toutefois de noter que le Monitoring de la biodiversité enregistre principalement les espèces communes et répandues; les données ne permettent pas de se prononcer sur les espèces rares.
Un effet du changement climatique?
Selon les résultats de l'étude, la raison principale de cette évolution serait le changement climatique: «La biodiversité augmente surtout à moyenne altitude, grâce à des espèces qui migrent probablement depuis des altitudes plus basses et s'accommodent bien de conditions plus chaudes», explique Kurt Bollmann, qui dirige le projet de recherche. On ignore encore si les espèces qui aiment le froid seront de ce fait évincées avec le temps. Il faudrait pour cela que le monitoring porte sur des périodes plus longues.
Cette étude ne permet pas de savoir si les mesures de protection des eaux peuvent également expliquer la stabilité, voire l'augmentation du nombre d'espèces. Comme de nombreux cours d'eau ont été canalisés et pollués lors de la phase industrielle, le nombre d'espèces d'insectes aquatiques en Suisse a probablement diminué pendant cette période. «C'est pourquoi nous supposons que l'augmentation actuelle part d'un niveau relativement bas», explique Friederike Gebert.