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Il y a presque un an, le 9 avril 2021, les Biennois échouent contre Rapperswil en pré-playoffs. La saison est terminée. Furieux, Damien Brunner donne un coup de patin dans la porte du vestiaire et disparaît dans un coup de tonnerre.
C'est une explosion de rage inattendue après un échec cuisant. En deux matches, les Biennois ont dominé les Lakers par 72 tirs au but contre 54. Mais ils n'ont inscrit que deux buts. Damien Brunner en a marqué un.
Un observateur ose un pronostic: dans un an, au printemps 2022, Damien Brunner détruira complètement la porte du vestiaire après le dernier match de la saison.
Cette fois, il s'est contenu, mais il avait autant de bonnes raisons de passer à l'action: Bienne a encore lamentablement échoué sur le plan offensif. Pour la troisième fois consécutive. Damien Brunner s'est prêté au jeu des questions-réponses avec beaucoup de professionnalisme. Il est incapable d'expliquer un tel échec offensif. Il ne prend pas pour excuse les prouesses du gardien zurichois Jakub Kovar. «Nous avons échoué», dit-il simplement.
On cite souvent le vieil adage qui dit que l'attaque décide des matches et la défense des championnats (ou des séries de play-off). Pour une fois, l'exception semble confirmer la règle. L'offensive qui parvient à s'imposer même face à la plus forte défense gagne une série de playoffs. C'est en tout cas ce qui s'est passé dans cette série entre les ZSC Lions et Bienne.
Ce qui a été décisif lors des 6e et 7e matches , c'est l'art des Zurichois de piéger la défense du HC Bienne. Trois de ces Zurichois sont royalement payés pour marquer des buts quand ça compte. Ce sont eux qui ont hissé les ZSC Lions en demi-finale: Denis Hollenstein avec deux buts dans les sept dernières minutes samedi à Bienne, Sven Andrighetto dans le 7e match pour le 1-0 libérateur et Denis Malgin en infériorité numérique (!) pour l'estocade. Son 2-0 est le but statistique de la victoire. Denis Hollenstein, Sven Andrighetto et Denis Malgin, ces stars coûtent cher mais valent leur pesant d'or.
Les ZSC Lions se rendront à Fribourg vendredi pour leur premier match de demi-finale. Ils sont à priori favoris pour trois raisons. Premièrement, un géant qui titube pendant sept matches en quart de finale va très souvent loin. Jusqu'en finale. Parfois même jusqu'au titre. En 2014, les ZSC Lions sont devenus champions après un quart de finale laborieux (4-3 contre Lausanne) et ont atteint la finale un an plus tard après avoir battu Bienne 4-3. En 2013, même le champion Berne et le finaliste Gottéron ont dû disputer sept matches en quart de finale.
Mais ce ne sont que des statistiques. Ce qui penche aussi en faveur des ZSC Lions, c'est que l'entraîneur Rikard Grönborg est une sommité mondiale du schéma tactique. Seul petit problème: après sa troisième année de mandat, le collectif du ZSC ressemble davantage à un gilet tricoté par grand-maman qu'à un fil conducteur clair. Cette analyse est malveillante et fourbe mais elle offre un biais intéressant: lorsqu'une équipe composée d'autant d'individualités brillantes échappe sans cesse à la médiocrité d'un schéma tactique, elle devient imprévisible et déroutante pour la défense adverse.
Gottéron avait la meilleure défense de la phase qualificative (124 buts encaissés, 6 de moins que les ZSC Lions). Comme l'a montré le HC Bienne, ce n'est pas la défense qui fait la différence, mais l'attaque. Les Zurichois ont été meilleurs en attaque pendant les qualifications (169 buts, 10 de plus que Gottéron). Ce constat indique qu'ils disposent d'attaquants capables de faire la différence lorsque les matchs deviennent serrés, houleux et importants. Dans ce cas de figure, ce sera à Sven Andrighetto, Denis Malgin et Denis Hollenstein de jouer.
Certes, Gottéron possède Chris DiDomenico, David Desharnais, Killian Mottet et Julien Sprunger! Oui, c'est vrai. Mais danseront-ils encore quand les choses deviendront serrées, houleuses et importantes? Et quand les ZSC Lions se déchaîneront, comment réagiront-ils ? Quand les Zurichois s'en prendront à Chris DiDomenico comme le diable s'en prend à une âme en peine? Ce qui est sûr, c'est qu'ils ne danseront plus.
Autre point: Gottéron a gagné et perdu à deux reprises contre les ZSC Lions pendant les qualifications. Il a gagné deux fois contre le gardien Ludovic Waeber. Mais maintenant, c'est Jakub Kovar dans la cage.
Si Denis Malgin, Sven Andrighetto et Denis Hollenstein montrent à nouveau leur vraie valeur comme lors des 6e et 7e matches des quarts de finale, les ZSC Lions atteindront la finale.
Traduit de l'allemand par Anaïs Rey.
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