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Gérard Bregnard, peintre jurassien
Gérard Bregnard, peintre et sculpteur jurassien (1920 – 2003)
Le temps est venu de replacer en pleine lumière une oeuvre forte et singulière.
Fils unique, Gérard Bregnard naît le 8 décembre 1920, à Fontenais. Son père, qu'il admire, est guérisseur, musicien, intéressé par les forces cosmiques l'univers. Sa mère, timorée, limite ses contacts avec l'extérieur. Cette atmosphère familiale particulière contribuera à forger une personnalité hors norme.
Artiste autodidacte
Le jeune Gérard commence à gagner sa vie dès l'âge de 14 ans: il sera successivement commis de pharmacie, aide jardinier, ouvrier dans une fabrique de chaussures, dans une fabrique d’huile, de vinaigre et de motarde et enfin, durant dix-huit ans, à l'étampage d'une fabrique de boîtes de montres.
Mais en fait, il mène une double vie, consacrant passionnément tous ses loisirs à la lecture et au dessin. En 1948, il décide d'être peintre professionnel. Il lui faudra quatorze ans pour y parvenir. Le premier prix d'un concours national de sculpture, en 1962, donnera l'impulsion décisive pour qu'il puisse s'adonner complètement à sa passion.
Grâce à une bourse, il séjourne six mois en Amérique du Nord durant l'année 1966. Dès lors s'ouvre à lui une vie entièrement dédiée à l'art. Il s'installe en 1974 à Bressaucourt où il demeurera jusqu'à la fin de sa vie. Membre de l'Institut jurassien des sciences, des lettres et des arts, il fut aussi membre fondateur de la Société des peintres et sculpteurs jurassiens.
L'art sous toutes ses formes
Trois courants majeurs traversent l'oeuvre de cette grande figure de l'art jurassien:
- inspiration surréaliste
- inspiration constructiviste
- inspiration baroque d'esprit surréaliste.
Parallèlement à son oeuvre pictural, il crée des sculptures, notamment pour l'École professionnelle de Delémont et pour l'École normale de Porrentruy. De grandes peintures murales sont imaginées pour la Télévision suisse romande et le Lycée cantonal. En 1989, il peint un de ses chefs-d'oeuvre: un polyptique constitué de onze tableaux pour le choeur de la chapelle Saint-Charles. Illustrateur, il collabore avec Alexandre Voisard, Weber-Perret, Jean Osiris, Pierre-André Marchand. Il aimait aussi s'exprimer par l'écriture, utilisant les mots pour donner libre cours à son imagination, à son esprit inventif et à son sens poétique. Son Livre de bord, édité en fac-similé par les Éditions du Faubourg, en témoigne avec talent.
Son ami, le poète Alexandre Voisard, a dit de lui: «Homme des profondeurs - il s'y connaissait en matière de secrets de pénombre - il aurait pu faire sien cet axiome: c'est dans les profondeurs que gît la lumière. »
Chantal Calpe
Migros Magazine (22 février 2010)