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Caractérisée au Moyen Age par ses marécages, la plaine fertile de la Praille a longtemps occupé et nourri des générations successives de maraîchers. Du vieux français “praille” (ensemble de prés), cette étendue évoque les pâturages et les prairies qui, au XVIIIème siècle, recouvraient la région. Son affectation initiale va s’estomper dès 1918, lorsque le Canton décide de destiner toute la partie située au pied de la colline du Grand-Lancy à l’industrialisation. «La meilleure façon de tirer parti de la plaine de la Praille et des Acacias est d’en faire le siège d’un quartier industriel», prônait en 1933 Camille Martin, dans une circulaire de la Fédération des Associations de Quartiers et de Communes adressée aux membres du Grand Conseil tout en indiquant: « La plaine de la Praille n’est pas destinée par sa nature à servir de résidence. Les environs de Genève offrent beaucoup d’emplacements qui sont mieux situés pour recevoir de nouveaux quartiers d’habitation». Camille Martin pensait en effet que les habitants de Lancy seraient préservés des «conséquences désagréables de tout voisinage industriel» par les barrières naturelles séparant la Praille du village du Grand-Lancy. Il était loin de se douter que, moins d’un siècle plus tard, un quartier d’habitation s’intègrerait harmonieusement dans ce périmètre qu’il avait entièrement voué à l’industrie.