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La lutte contre la lèpre au Cambodge a été confrontée à de nombreux obstacles depuis le régime des Khmers rouges (1975-1979).
Avant 1975, les malades de la lèpre au Cambodge étaient envoyés à Troeung, une léproserie de la province de Kompong Cham. Seul le Dapson existait alors, un antibiotique qui ne permet pas une guérison complète ni d’arrêter la transmission.
Pendant les années Pol Pot (1975-1979), les personnes atteintes de la lèpre étaient exécutées car elles étaient considérées inutiles et dangereuses pour la «nouvelle société».
Dès 1979, après la chute des Khmers rouges, les survivants sont retournés dans leurs provinces. A cette époque, aucun traitement n’était disponible car la lèpre était loin d'être une priorité dans un pays où tout était à reconstruire.
Ce n’est qu'en 1984 que le ministère cambodgien de la Santé, soutenu par l'Ordre de Malte, a créé le Programme national pour la lutte contre la lèpre. Le MDT (polychimiothérapie) a été introduit à Phnom Penh et dans les provinces environnantes. Ce traitement consistant en rifampicine, clofazimine et dapsone, est utilisé à large échelle depuis 1982 pour soigner la lèpre, suite aux recommandations de l'OMS.
Mais la lutte contre la lèpre est restée difficile en raison de la guerre civile qui n’a pris fin qu'en 1997, lorsque les derniers bastions des Khmers rouges se sont rendus.
Dès 1996, CIOMAL – Campagne internationale de l'Ordre de Malte contre la lèpre – a appuyé le Programme national de lutte contre la lèpre qui a été intégré en 1997 au Centre national pour la tuberculose et le Programme de lutte contre la lèpre (NCTLC).
En 2000, CIOMAL ouvrait le centre de réhabilitation de la lèpre Kien Khleang (KKLRC) à Phnom Penh, marquant un tournant dans la lutte contre la lèpre au Cambodge. Avec une capacité de 50 lits, cet hôpital est devenu le principal centre de compétence pour le traitement de la lèpre dans le pays, offrant des soins médicaux et chirurgicaux gratuits.
Avec l'équipe de Kien Khleang, qui comprend des médecins, des physiothérapeutes, des infirmières et des travailleurs sociaux, CIOMAL a développé une approche multidisciplinaire en adéquation avec la réalité de la lèpre dans le pays: réadaptation physique, réhabilitation socio-économique, détection précoce, sensibilisation, formation et prévention.
Depuis 2011, des campagnes de détection précoce ont permis d’examiner 32'760 villageois vivant dans les environs de personnes atteintes par la lèpre, ce dans 66 districts. Ces campagnes ont permis de détecter plus de 600 nouveaux cas de lèpre, dont plus de 70 enfants. L'engagement de tous les partenaires, y compris la Fondation Novartis, CIOMAL, LNPE, OMS, NLR, L'Ordre de Malte France, Raoul Follerau, à travers ces campagnes a permis de redynamiser la lutte contre la lèpre au Cambodge.