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Le monde roulera à l'éthanol brésilien
Ce projet prévoit de porter les exportations d'éthanol brésilien
à 200 milliards de litres d'ici à 20 ans, alors que le Brésil en
produit 17 milliards actuellement, dont quelque 3 milliards sont
exportés, a indiqué aux journalistes Rogerio Cesar Cerqueira Leite,
physicien et professeur émérite à l'université de Campinas (Etat de
Sao Paulo).
Sans détruire la forêt
Rogerio Cerqueira Leite a présenté ce projet vendredi devant la
Fédération patronale de l'Etat de Sao Paulo (FIESP). Pour le
professeur, le Brésil peut développer très fortement sa production
d'éthanol sans détruire la forêt tropicale ni mordre sur les terres
à vocation alimentaire.
«Le Brésil a une énorme quantité de terres disponibles, nous
n'avons pas besoin de pénétrer en Amazonie ni d'entrer en
compétition avec l'agriculture alimentaire», a souligné
l'universitaire. «On peut le faire en occupant une petite partie
des terres disponibles au Brésil, à l'exclusion de la forêt vierge,
des zones protégées ou même des régions très en pente ou
inadaptées», a-t-il assuré.
Selon lui, il suffirait d'occuper 10% seulement des terres
disponibles. La culture de la canne à sucre occuperait ainsi moins
de 30 millions d'hectares contre 5,6 millions actuellement, une
superficie qui n'est «pas très significative», pour le spécialiste.
Par comparaison, le soja occupe 20 millions d'hectares et l'élevage
200 millions.
Extension dans tout le pays
Le projet prévoit l'extension de la culture de la canne sucre et
la construction de distilleries dans pratiquement toutes les
régions du Brésil, principalement dans le nord et le nord-est mais
aussi dans le centre et le sud. En revanche dans l'Etat de Sao
Paulo, la densité des usines à alcool est «déjà très élevée», a-t
il estimé.
Les investissements nécessaires s'élèveraient à 20 milliards de
reals par an (près de 125 milliards de francs) pendant les quatre à
cinq premières années et iraient ensuite en diminuant. «Sur les
sept à huit dernières années, le retour (sur investissement) couvre
les montants investis», a indiqué Rogerio Cerqueira Leite.
ats/cab
Publié le 09 février 2007 à 22:54 - Modifié le 28 juin 2010 à 10:35
Le Brésil, un pionnier en la matière
Ce succès repose sur la commercialisation depuis 2003 de voitures bicarburant, consommant soit de l'essence mélangée à 20-25% d'alcool, soit de l'éthanol pur, dont le parc s'élève déjà à plus de 2,6 millions de véhicules.
Les programmes de substitution de l'essence par les biocarburants se multiplient à travers le monde afin de réduire les rejets de gaz à effet de serre pour lutter contre le réchauffement climatique et de diminuer la dépendance à l'égard du pétrole.
L'Union européenne a prévu d'intégrer 5,75% de biocarburants dans l'essence consommée en 2010.
Les Etats-Unis veulent réduire de 20% la consommation d'essence en dix ans, en développant notamment les carburants non fossiles.