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Une proposition du ministre allemand de la Santé, Ulla Schmidt, de mettre en place un système de carte électronique obligatoire pour chaque patient crée une vive controverse en Allemagne (Lancet 2001 ; 358 : 822). Schmidt suggère que tous les patients devraient avoir une carte électronique indiquant les médicaments qui leur sont prescrits. Cette carte pourrait permettre d'éviter de prescrire des combinaisons de médicaments susceptibles de provoquer des réactions indésirables, comme la combinaison de cerivastatine et de gemfibrozil, qui a conduit l'entreprise Bayer à retirer la cerivastatine au mois d'août.L'association des pharmaciens allemands et l'industrie pharmaceutique ont bien accueilli ce projet mais d'autres acteurs n'expriment pas le même enthousiasme. Le commissaire fédéral pour la protection des données personnelles, Joachim Jacob, notamment, plaide plutôt pour un usage volontaire de la carte.Une opposition plus franche est venue de AOC, le plus important assureur dans le domaine de la santé en Allemagne. Le vice-président d'AOC, Rolf Hoberg, estime que cette idée «ne conduirait pas à des prescriptions plus sûres mais coûterait des milliards en nouveaux logiciels et en matériel informatique». Hoberg préfèrerait que les médecins envoient leurs prescriptions par courrier électronique à un ordinateur central et, en utilisant un code unique, les patients autoriseraient le pharmacien à décharger la prescription puis à délivrer le médicament. Le système d'enregistrement central pourrait identifier les combinaisons dangereuses. Ce système serait également apte à fonctionner dans les hôpitaux, au contraire des cartes, a-t-il ajouté.Un autre assureur dans le domaine de la santé s'interroge sur l'utilisation de cartes électroniques. IKK-Bundesverband a étudié toutes les prescriptions qui ont été délivrées durant les dix-huit derniers mois à ses clients. Il s'avère que, parmi les dix-sept qui ont pris une combinaison de cerivastatine et de gemfibrozil, onze avaient reçu cette prescription du même médecin. «Une carte électronique n'atteindrait pas son but dès lors que les médecins qui prescrivent sont mal informés des récents développements scientifiques» a conclut Rolf Hoberg, qui préside IKK-Bundesverband.Gabriele Pissok, de l'Association nationale des «Health Statutory Physicians», à Berlin, note que «près d'un tiers des médecins, en Allemagne, n'ont pas d'ordinateur dans leur cabinet, ce qui représente un obstacle considérable pour mettre en place une carte électronique». La ministre Schmidt prévoit de mettre la carte en place en 2002, mais il reste à savoir si cela sera possible.