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A 19 ans, Mussolini était professeur suppléant dans une école primaire en Emilie-Romagne, mais son contrat ne fut pas renouvelé à la suite de la relation qu’il aurait eue avec une femme dont l’époux était sous les drapeaux. Il arriva en Suisse le 9 juillet 1902 et fit la dure expérience de l’exil en même temps que son premier apprentissage politique. Manœuvre à Yverdon, puis à Orbe et à Genève, sa première rencontre avec la police suisse eut lieu à Lausanne, puisqu’il fut arrêté pour vagabondage le 24 juillet, sous les arches du Grand-Pont. Dans sa poche, il avait son passeport, son diplôme de l’Ecole normale et 15 centimes.
Garçon de courses...
Au printemps, il s’installa à Berne, d’où on l’expulsa. Fuyant la conscription, il enchaîna quelques allers-retours entre son pays et la Suisse avant de suivre les cours du sociologue Vilfredo Pareto à Lausanne et de gagner sa vie comme garçon de courses au magasin d’alimentation Tedeschi, rue du Pré, et à l’épicerie Paulis, rue Mercerie. Il aurait habité à la ferme de la Maladière et à Paudex. Repéré comme agitateur socialiste, anarchiste, conférencier à la Maison du peuple et rédacteur du journal L’Avvenire del Lavoratore, il rentra en Italie à la fin novembre 1904, à l’occasion de l’amnistie proclamée pour la naissance du prince héritier Umberto de Savoie.
Retour en 1922
Il revint à Lausanne en 1922, au Beau-Rivage Palace, comme président du Conseil italien, portant queue-de-pie, guêtres blanches, cravate noire et col cassé. Sur proposition d’un professeur de l’université ouvertement fasciste, celle-ci le nomma professeur honoris causa en 1937. A l’époque, le scandale fut énorme et la polémique n’est pas éteinte.
Le texte de cette rubrique est tiré du livre «111 lieux à Lausanne à ne pas manquer», de Martine Dutruit (photos), Ulrich Doepper, Pierre Thomas et Michel Zendali (textes), éditions emons: www.111lieux.com
Disponible en librairie.