Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07285.jsonl.gz/1168

La crise des réfugiés vénézuéliens représente le deuxième plus grand mouvement migratoire au monde après celui de Syrie, plus de 4,9 millions de personnes ayant déjà quitté le pays. Victimes de la corruption, de l'incompétence politique et d’une inflation galopante, ces personnes ont tout perdu et n'ont même plus les moyens de s’acheter suffisamment à manger. Beaucoup de jeunes en particulier se sont réfugiés dans les pays voisins, en Colombie, au Brésil ou au Pérou. C’est la Colombie qui a de loin vu affluer le plus grand nombre de migrant-e-s vénézuéliens ; elle en a accueilli plus de 1,8 million. Selon les estimations de Migración Colombia, les chiffres officiels sont même largement en-deçà de la réalité. L’accueil de tous ces réfugiés confronte le pays à de grands défis.
La Colombie est toujours le pays au monde qui compte le plus grand nombre de personnes déplacées (près de 8 millions de déplacés internes). Bien que l'accord de paix entre le gouvernement et le plus grand groupe de guérilla du pays, les FARC, ait officiellement mis fin au conflit armé, le nombre de personnes déplacées a continué à augmenter ces dernières années. La Colombie reste aussi l’un des pays les plus inégalitaires, si l’on considère l’écart entre les groupes de population riches et pauvres. Ce contraste se manifeste en particulier dans les quartiers pauvres des mégapoles comme Bogotá ou Medellín.
L'accueil d'un grand nombre de réfugiés met à l’épreuve ce pays en pleine évolution. Les familles de migrants en provenance du Venezuela s'établissent souvent dans des quartiers pauvres et très peuplés déjà en proie à la criminalité, à la pauvreté et à la violence. Elles figurent parmi les groupes de population qui ont le plus besoin de soutien. En particulier celles qui ont un statut de séjour irrégulier. Ainsi les enfants de familles vénézuéliennes n'ont souvent pas accès aux écoles, sans même parler des soins de santé. En raison du manque d’instruction et de possibilités d’avoir une vie sociale, il manque à ces jeunes un aspect important dans leur développement et leur intégration. Cette exclusion a pour effet de les marginaliser encore davantage, de sorte qu’ils sont faciles à exploiter.
À côté des migrants, les personnes en situation de handicap ont également beaucoup de peine à bénéficier d’un soutien approprié en Colombie. Malgré des dispositions légales claires, nombre d’entre elles n'ont pas accès aux établissements d'enseignement publics. Il n’y a pas assez de personnel d’encadrement expérimenté et qualifié. Également frappées par les inégalités, les filles de familles pauvres n’ont souvent pas accès à l'enseignement supérieur. Elles sont reléguées au second plan et doivent aider à la maison, surtout dans les familles qui perpétuent une répartition des rôles traditionnelle.
Avec ses 2,5 millions d’habitants, Medellín est la capitale de la province d’Antioquia. Avec un coefficient de Gini de 0,47, cette mégapole présente l'une des répartitions de revenus les plus inégalitaires de toutes les villes de Colombie. Ses quartiers pauvres abritent de nombreux migrants vénézuéliens qui n’ont accès ni à la formation ni à aucune forme de protection. Leur statut juridique précaire les prive des prestations de soutien.