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La rupture du glacier de Tourtemagne en deux parties était attendue depuis longtemps. Une trentaine de minutes avant l'effondrement principal, de petites avalanches de glace ont annoncé l'événement et permis à un témoin de filmer la scène depuis la cabane de Tourtemagne,
La chute a eu lieu au niveau d'une zone rocheuse à environ 2650 mètres d'altitude, à peu près à mi-chemin entre les cabanes de Tourtemagne et de Tracuit (). Cette zone était recouverte d'une couche de glace chaque année plus fine, qui reliait les parties supérieure et inférieure du glacier.
Torrent brièvement obstrué
Après l'effondrement de la glace dans la vallée, le torrent issu du glacier (la Turtmänna) a été obstrué pendant deux heures. Afin d'évaluer le danger de crue, les responsables de l'installation hydroélectrique voisine ont pris une photo de la situation depuis un hélicoptère.
Long d'environ cinq kilomètres, le glacier de Tourtemagne s'étend sur le versant nord-ouest du Bishorn, l'un des "4000" valaisans, de 4100 m à 2310 m d'altitude environ.
Les dangers se multiplient
Il s'agit du troisième événement notable impliquant un glacier qui survient en deux jours. Jeudi, soit le même jour que Tourtemagne, 70 personnes ont été évacuées dans le Val Ferret italien, près de Courmayeur, suite à la menace que fait peser le glacier de Planpincieux sur les habitations situées en contrebas. Un volume de glace estimé à 500'000 mètres cube serait en effet sur le point de se détacher.
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Vendredi matin, c'est le lac des Faverges, en bordure du glacier de la Plaine Morte (VS), qui inspirait des craintes. Il s'est vidé rapidement d'un mètre aux premières heures de la matinée, faisant redouter des crues importantes dans des torrents aux environs de La Lenk (BE).
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Températures élevées en cause?
Peut-on établir un lien entre cette succession d'événements et le réchauffement climatique? "Il y a toujours une part d'aléatoire quand de tels phénomènes se produisent", estime Marianne Giroud Gaillard, météorologue à MétéoSuisse. "Mais les relevés montrent quand même que 2020 dans son ensemble est pour l'instant l'année la plus chaude enregistrée jusqu'ici. C'est une année extrêmement chaude, même si la première canicule n'est arrivée que fin juillet. On peut bien penser que les glaciers souffrent avec ce type de températures", estime la spécialiste.
Elle prend l'exemple de la station de mesure du Grand-St-Bernard (VS), à une quinzaine de kilomètres du glacier italien de Planpincieux: au niveau des températures, "on est vraiment bien au-dessus tout le temps depuis le mois de janvier".
Au Grand-St-Bernard, l'année est aussi très sèche. "En août, le déficit en eau est très marqué", constate Marianne Giroud Gaillard. "D'une manière générale, la tendance est à une méditerranéisation de notre climat, avec davantage d'événements brutaux", comme des précipitations plus rares mais très violentes, met-elle en garde.
Vincent Cherpillod/SRF