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Peut-on mener des recherches en recourant à des enfants? La recherche utilisant des enfants n'est-elle pas inadmissible, puisque les enfants ne peuvent pas porter de jugement? Ou bien existe-t-il une responsabilité morale en matière de recherche chez des enfants, pour que ceux-ci reçoivent des médicaments plus sûrs?
Les enfants malades devraient recevoir des médicaments et des traitements qui soient spécifiquement adaptés à leurs besoins et à leur organisme en plein développement. Or, la réalité est pourtant bien souvent tout autre: selon des estimations, plus de la moitié des médicaments utilisés chez les enfants n'ont pas été testés chez ces derniers. Une étude publiée dans le British Medical Journal et portant sur plus de 600 enfants a montré par exemple que, durant un séjour à l'hôpital, les deux tiers d'entre eux avaient reçu des médicaments qui n'étaient pas autorisés pour un usage pédiatrique. Ces utilisations hors indication («off-labe ») concernaient essentiellement la dose, l'âge et la fréquence de l'administration - un procédé qui recèle des risques, car il peut aisément entraîner des effets indésirables.
Pour pouvoir développer des médicaments conçus sur mesure pour les enfants, il faut que l'on mène également des études cliniques élaborées spécifiquement avec des enfants. Or, la recherche portant sur des patients incapables de discernement - des enfants, par exemple, mais aussi des personnes âgées, lorsqu'elles ne peuvent plus prendre de décisions elles-mêmes - soulève des questions éthiques délicates. Les enfants sont particulièrement fragiles et réclament donc une protection. Peut-on mener des recherches avec et pour des enfants sans mettre leur autonomie en danger? Qui peut décider si l'on a le droit de faire porter des recherches sur un enfant ?
Différentes associations souhaiteraient mettre un frein à la recherche sans bénéfice direct pour les enfants. En Suisse, ce type de recherche menée chez des patients incapables de discernement est parfois considéré comme critique, mais n'est pas interdit à l'échelle de la Confédération. La Loi sur les produits thérapeutiques autorise dans certaines conditions les essais cliniques chez des patients incapables de discernement, même lorsqu'aucun bénéfice direct ne peut en être attendu pour la personne concernée.