Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07041.jsonl.gz/1467

Homme de tous les records, Roger Federer a subi mercredi face à Sergiy Stakhovsky (ATP 116) le plus retentissant des 206 échecs essuyés en... 1111 matches disputés. Tous les observateurs se demandent, à juste titre, s'il demeure capable de conquérir un nouveau titre majeur.
Le Bâlois a déjà "survécu" à deux reprises à un tel séisme. En 2008, les plus sceptiques pensaient déjà que son heure avait sonné: Rafael Nadal avait mis fin le 18 août à son règne de 237 semaines consécutives passées au sommet de la hiérarchie, après avoir signé le doublé Roland-Garros/Wimbledon - en battant à chaque fois son grand rival en finale.
La quête d'un cinquième US Open avait permis à Roger Federer de se relancer rapidement. Le Bâlois avait même retrouvé un 1er rang mondial que l'on pensait inaccessible le 6 juillet 2009, après avoir égalé puis battu le record de Pete Sampras en s'adjugeant ses 14e et 15e titres majeurs à Paris puis à Londres.
Le Bâlois n'avait plus perdu aussi tôt en Grande Chelem depuis Roland-Garros en 2003. [Anja Niedringhaus - Keystone]Deux ans et demi de disette
La fin avait semblé à nouveau proche onze mois plus tard. "RF" avait vu son incroyable série de 23 demi-finales consécutives en Grand Chelem s'achever à Roland-Garros, et avait perdu du même coup la 1ère place mondiale. Il semblait alors condamné à rester "scotché" à ces 285 semaines en tête du classement ATP et s'était même retrouvé "largué" à la 4e place mondiale à l'automne 2011.
Federer avait cependant réécrit l'histoire à l'été 2012, coiffant ses septièmes lauriers à Wimbledon après deux années et demi de disette en Grand Chelem pour s'emparer du 1er rang ATP le 10 juillet. Son troisième règne s'était achevé le 5 novembre dernier, à l'issue d'une 302e semaine au sommet.
Le lundi 8 juillet, Federer pointera donc au mieux au 5e rang du classement technique, avec 5785 points au compteur. Un total pour lequel il devra batailler puisqu'il a 3270 points à défendre d'ici la fin de l'année (815 pour le Vaudois...).
Retrouver la haine de la défaite
Avec le confort que lui octroie forcément un palmarès orné de 77 titres dont 17 en Grand Chelem, le Bâlois a peut-être perdu une pièce-clé du puzzle: cette haine viscérale de la défaite, qui permet à un Novak Djokovic ou à un Rafael Nadal de se transcender dans l'adversité.
Comme tous les champions, "RF" possède un ego surdimensionné. Peut-il accepter de tenir un second rôle après avoir joué les superhéros pendant dix ans? Un premier élément de réponse tombera à l'occasion de l'US Open à la fin août.
Le Bâlois pourra s'inspirer d'un certain Pete Sampras qui, en 2002, avait su se remobiliser après une défaite mortifiante subie au 2e tour à Wimbledon face à un certain George Bastl pour aller cueillir son ultime titre majeur dans la foulée à New York.
si/adav