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Toutes nos félicitations pour votre élection à la vice-présidence. Qu'est-ce qui vous motive pour cette fonction ?
Je suis active au PLR depuis longtemps et c'est avec plaisir que je me suis mise à disposition. Je trouve important qu'il y ait au sein du PLR un lien entre la Suisse italienne et le reste de la Suisse. Certains thèmes sont d'abord d'actualité au Tessin, comme la pandémie de Covid-19, mais aussi les problèmes liés au marché du travail ou à la mobilité.
Que souhaitez-vous apporter au sein de la présidence ?
Nous avons dû faire face à la pandémie de Covid-19 et maintenant, d’autres défis doivent être relevés comme la guerre en Ukraine et un approvisionnement énergétique menacé. La présidence du PLR Suisse a, à chaque fois, affiché une position claire ; j'aimerais m'en inspirer afin de contribuer à ce travail en équipe. Il est important que le PLR propose d'emblée des solutions constructives et innovantes. Cela correspond à l'esprit de la Suisse.
Vous êtes engagée depuis longtemps dans la politique tessinoise. Qu'est-ce qui la caractérise ?
La politique tessinoise est profondément influencée par les médias et l'accent est fortement mis sur le canton. Il y a chaque semaine au moins deux ou trois débats politiques à la télévision et beaucoup de reportages. Comme politicienne tessinoise, je suis souvent sollicitée, des positions claires sont donc nécessaires. La proximité avec l'Italie porte à l’agenda politique de nombreux thèmes d'un canton frontalier.
Vous avez un lien fort avec la Chine. Comment en êtes-vous arrivée là ?
Faisant partie d'une minorité suisse, je voulais apprendre une langue exotique en plus des langues nationales et de l'anglais, afin d'avoir un avantage concurrentiel sur le marché du travail. J'ai donc choisi le chinois et j’ai ensuite étudié deux ans en Chine. Cette période m'a fortement marquée, car je n'avais que 19 ans. J'ai découvert la culture chinoise, ce qui m'a permis d'apprendre beaucoup de choses sur la Chine et l'Asie.
Qu'est-ce qui vous fascine en Chine ?
La culture ancienne et l'histoire qui est passionnante. Si l'on maîtrise la langue, cela aide à tisser des liens et à mieux connaître les autochtones. La Chine étant un partenaire commercial important pour la Suisse, cela va de soi que nous devons la comprendre.
Ces dernières années, les relations entre la Suisse et la Chine se sont complexifiées. Comment jugez-vous cette évolution ?
La Suisse a des valeurs claires qu'elle défend également vis-à-vis de la Chine. La Chine a certes évolué, mais il est important que la Suisse continue à entretenir le dialogue. La diplomatie a besoin de dialogue.
Vous entretenez également des relations économiques avec la Chine par le biais de votre entreprise SinoCom. Comment avez-vous vécu les difficultés de ces dernières années ?
Les deux dernières années ont été un grand défi. J'essaie de créer un pont entre les deux pays et je conseille des entreprises chinoises et suisses concernant leurs activités respectives dans l'autre pays. Pour cela, il est important de connaître les deux cultures. Dernièrement, il était difficile de se rendre en Chine en raison des règles liées au Covid-19. J'espère que ces dernières seront en partie ou totalement supprimées l'année prochaine.
À quoi faut-il prêter attention dans les relations commerciales avec la Chine ?
La différence culturelle. L'individu est moins au centre. Il faut d'abord établir de bonnes relations personnelles avant de parler affaires. Pour cela, il est utile de maîtriser la langue.
Quelle est votre ville préférée en Chine ?
C'est certainement Hangzhou, où j'ai vécu deux ans. Mais ce qui est passionnant en Chine, c'est que le pays est immense et incroyablement hétéroclite. Il y a des différences considérables entre les régions et de très nombreux endroits intéressants. Le multilinguisme et la diversité culturelle rappellent la Suisse.
En avril, des élections cantonales auront lieu au Tessin et vous vous présentez au Conseil d'État. Qu'est-ce qui vous a poussée à vous lancer dans la course ?
Je siège au Grand Conseil tessinois depuis deux législatures et cela fait trois ans que je suis cheffe de groupe. Les prochaines années seront décisives pour le canton du Tessin. Nous avons de bonnes perspectives et beaucoup de choses bougent dans les domaines de l'innovation et de la recherche. Mais le Tessin est parfois un peu pessimiste. Je me présente au Conseil d’État car je souhaite y remédier et aborder l'avenir avec optimisme, avec des projets et des investissements innovants.
Comment le PLR tessinois est-il positionné ?
Le PLR a de bonnes solutions pour relever les défis liés à la formation, à l'environnement et à l'attractivité fiscale qui concernent le Tessin. Ces dernières années, le PLR tessinois s'est fortement rajeuni, ce qui est positif. De plus, nous avons mis sur pied des groupes de travail dans lesquels des spécialistes apportent leur expertise dans différents domaines. Cela permet d’élaborer des positions à porter ensuite en politique. Cette approche bottom-up est prometteuse. En tant que grand parti, le PLR peut faire bouger les choses, mais il doit bien sûr aussi gagner la confiance de la population.
Interview : Marco Wölfli
Alessandra Gianella
Alessandra Gianella (36 ans) a étudié aux universités de Zurich et de Lugano ainsi qu'à l'université du Zhejiang à Hangzhou. Sur le plan professionnel, elle a travaillé pour Adaxis Management AG et economiesuisse. Il y a deux ans, Alessandra Gianella a fondé SinoCom. Elle siège au Grand Conseil tessinois depuis sept ans et est à la tête du groupe parlementaire libéral-radical depuis trois ans. Alessandra Gianella est mariée et vit à Lugano.