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2. Les fondements psychologiques de l'opposition "Savoirs" et "Savoir-faire"
2.6. L'approche contextualiste: la connaissance distribuée
Pour terminer ce petit tour d'horizon historique sur les fondements de la dichotomie entre "savoirs" et "savoir-faire", je dois encore mentionner qu'après une longue période d'abandon nos psychologues ont retrouvé récemment un regain d'intérêt pour les problèmes de l'apprentissage. Ce retour s'est trouvé vraisemblablement facilité par l'échec relatif du tout "symbolique" en psychologie cognitive (redorant par là même les blasons de l'approche dite "connexioniste"). Mais ce retour à des problématiques plus réalistes est aussi dû à l'émergence du courant "contextualiste" (situated learning) inspiré par une psychologie, dirons-nous, plus écologique que structuraliste. Ce courant de pensée part de l'idée finalement très simple que les connaissances ne se trouvent ni dans la tête du sujet, ni dans les situations. Pour ces "nouveaux" psychologues, les connaissances sont l'expression d'un processus d'interaction complexe. Elles mettent en scène un sujet, naturellement apte à saisir des régularités dans les scènes qu'il perçoit, et le réel fortement socialisé dans lequel il se meut et doit se faire comprendre. Le sujet apprend en participant à une "communauté de pratiques" qui contient indistinctement des "savoirs" et des "savoir-faire" (au sens classique du terme) de toutes sortes intimement associés aux contextes qui leur donnent un sens.
En effet, une des principales critiques que font les contextualistes aux cognitivistes consiste à leur reprocher leur vision trop symbolique et formelle du fonctionnement cognitif (Clancey, 1994). Percevons-nous vraiment le réel à travers des modèles préformés et paramétrés qui dérouleraient leurs programmes suivant un plan bien défini? Pour les contextualistes, la réponse est non. Ils parleront plutôt de bricolage, de connaissances distribuées et d'affordance. Ils pensent qu'un sujet, placé dans un certain contexte, apprend essentiellement à "réagir" par tous les moyens possibles pour se mettre en conformité avec la situation qu'on lui propose. Dans ce modèle, les connaissances ne sont que l'expression de cette conformité et elles reflètent seulement l'ordre [ou le désordre] du monde réel qui nous entoure. Bien que formés à raisonner à l'aide d'outils formels puissants, il faut bien reconnaître qu'il nous arrive souvent de bricoler des solutions ad hoc dans les situations de la vie quotidienne comme dans la vie professionnelle. Pour cela nous utilisons les outils qui sont à la portée de notre main [artefacts], outils beaucoup plus rudimentaires mais souvent tout aussi efficaces que les modèles formels et abstraits.
[citer ici l'exemple du magasinier de supermarché].
Template Expertise - 01 FEB 95
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