Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06900.jsonl.gz/863

Le COVID-19 est une maladie provoquée par le nouveau coronavirus SARS-CoV-2.
Il peut se manifester de différentes manières, mais les symptômes les plus courants sont :
- Symptômes d’affection aiguë des voies respiratoires (maux de gorge, toux (surtout sèche), insuffisance respiratoire, douleurs dans la poitrine)
- Fièvre
- Perte soudaine de l’odorat et/ou du goût
Crédits: Morsa Images
Les symptômes suivants peuvent aussi apparaître :
- Maux de tête
- Faiblesse générale, sensation de malaise
- Douleurs musculaires
- Rhume
- Symptômes gastro-intestinaux (nausées, vomissements, diarrhée, maux de ventre)
- Éruptions cutanées
Les symptômes peuvent être de gravité variable ; ils peuvent aussi être faibles. Des complications de type pneumonie sont également possibles.
Si des symptômes de la maladie surviennent et vous inquiètent, contactez votre médecin.
Si vous présentez un ou plusieurs des symptômes fréquents énumérés ci-dessus, vous avez peut-être contracté le virus. Lisez les consignes d'isolement et quarantaine et appliquez-les systématiquement.
Le COVID-19 est bénin chez la plupart des jeunes en bonne santé. Mais il peut parfois être grave, ou long, ou laisser des séquelles (perte du goût et/ou de l'odorat) même chez ceux qui n'appartiennent pas à un groupe à risques.
Pour en savoir plus :
Auto-évaluation coronavirus (site de l'OFSP)
PDF - Evaluation des facteurs de risque du Covid-19 (19.11.2020)
PDF - CH-SUR Surveillance des cas de COVID-19 dans les hôpitaux suisses (7.12.2020)
Long-term follow-up of recovered patients with COVID-19 (The Lancet, 8.1.2021)
La vaccination vise à assurer la protection directe des personnes vaccinées contre les évolutions sévères de la maladie, et à réduire ou prévenir les hospitalisations et les décès. Pour le moment, Swissmedic a autorisé les vaccins de Pfizer/BioNTech, Moderna et Janssen (qui pour le moment n'a pas été commandé par la Confédération).
Pour les deux premiers, il s'agit de vaccins à ARN messager, par injection directe d’un fragment du matériel génétique du virus (ARN messager), encapsulé dans des nanoparticules composées de divers lipides (liposomes). La technologie des vaccins à ARN messager est connue depuis une dizaine d’années, mais malgré son attrait (simplicité de concept, rapidité de développement, facilité de production) elle n'a pas pu bénéficier des investissements nécessaires avant la mobilisation résultant de la pandémie de COVID-19.
Recommandations pour les personnes vulnérables, à risque accru de complications
Les personnes à partir de 65 ans ainsi que les adultes de moins de 65 ans atteints de maladies chroniques. Il s’agit notamment de certaines formes de:
a. Maladies cardiaques
b. Hypertension artérielle
c. Affections des voies respiratoires (y compris la BPCO et la fibrose pulmonaire)
d. Maladies des reins
e. Diabète sucré
f. Obésité (indice de masse corporelle (IMC) ≥ 35 kg/m2)
g. Immunodéficience congénitale ou acquise, ou thérapie avec immunosuppresseurs (dans ce cas, le spécialiste devra évaluer minutieusement les bénéfices et les risques de la vaccination).
La vaccination est à recommander instamment dès que possible, en concertation avec le médecin traitant, pour les adultes vulnérables avec une maladie chronique présentant le risque le plus élevé. La définition précise figure dans les recommandations vaccinales, qui sont régulièrement actualisées.
Recommandations pour personnes à risque accru d'exposition et/ou de transmission
- Le personnel de santé en contact avec des patients et le personnel d’encadrement des personnes vulnérables
- Les adultes de moins de 65 ans vivant dans des institutions communautaires présentant un risque accru d’infections et de flambées.
- La vaccination est également recommandée pour tous les autres adultes dès que suffisamment de vaccins seront disponibles.
Pour l’instant, il n’y a qu’une seule contre-indication: une allergie sévère selon critères de la Société Suisse d'allergologie. La grossesse représente également une contre-indication (faute de données suffisantes) mais peut être considérée individuellement si la patiente enceinte présente des facteurs de risque.
Des sérologies positives ne sont pour l’instant pas un argument suffisant pour différer la vaccination.
Un intervalle de 1 semaine est recommandé entre une vaccination contre le COVID-19 et une autre vaccination - essentiellement pour faciliter la surveillance des effets secondaires. Mais même un vaccin récent n'est pas une contre-indication à un vaccin contre le COVID-19, en particulier pour les patients devant pouvoir être vaccinés le plus rapidement possible avant la prochaine vague.
En cas d'infection par SARS-CoV-2 après la première dose de la vaccination, il est recommandé d'administrer la deuxième dose de vaccin 3 mois après la fin de la maladie/infection.
Selon les données analysées par l’Institut suisse des produits thérapeutiques, la protection vaccinale est supérieure à 90% deux semaines après la seconde injection. Il n'est pas encore possible de connaître la durée de cette protection (vraisamblablement > 6 mois). On ne peut pas encore exclure qu'une vaccination périodique (annuelle ?) soit nécessaire pour les personnes à risques, comme c'est le cas avec la grippe.
Dans les jours qui suivent la vaccination, certains effets secondaires peuvent se produire et disparaissent dans la plupart des cas en quelques jours.
Vaccin de Pfizer/BioNTech
D'après les observations réalisées sur 8'000 personnes âgées de plus de 55 ans, lors des essais cliniques de phase 3 :
- Chez environ 7 personnes sur 10, la piqûre provoque une douleur légère à modérée sur le moment. Environ 1 personne sur 20 développe aussi une rougeur et/ou une démangeaison passagères.
- Des sensations de fatigue peuvent aussi se produire (chez la moitié des personnes vaccinées), des céphalées (chez environ 2 personnes sur 5), des frissonnements, douleurs musculaires ou articulaires (chez environ 1 personne sur 5). Environ 1 personne sur 10 développe une fièvre passagère, et 1 personne sur 12 une diarrhée.
Le détail de la fréquence et de l'intensité des effets secondaires observés parmi les 43'000 participants à l'essai clinique de phase 3 du vaccin de Pfizer/BioNTech sont explicités en pages 35 et 36 (pour les personnes entre 18 et 55 ans) et en page 37 de ce document.
Vaccin de Moderna
D'après les observations réalisées sur 15'000 personnes ayant reçu le vaccin lors des essais cliniques de phase 3 :
- Chez environ 9 personnes sur 10, la piqûre provoque une douleur légère à modérée sur le moment. Environ 2 personne sur 20 développe aussi une rougeur et/ou une démangeaison passagères.
- Des sensations de fatigue peuvent aussi se produire (chez les deux tiers des personnes vaccinées), des céphalées (chez environ 3 personnes sur 5), des frissonnements, douleurs musculaires ou articulaires (chez environ 2 personnes sur 5). Environ 2 personnes sur 10 développent une fièvre passagère.
Le détail de la fréquence et de l'intensité des effets secondaires observés parmi les 30'000 participants à l'essai clinique de phase 3 du vaccin de Moderna sont explicités en pages 17 à 26 de ce document.
Ces études n'ont pas pu mettre en évidence les éventuels effets secondaires rares ou ceux qui surviendraient après 3 mois. Les résultats déjà disponibles indiquent néanmoins clairement que les risques associés au COVID-19 sont bien plus élevés que ceux associés au vaccin.
Ces vaccins sont actuellement administrés à des millions de personnes dans le monde.
En ce qui concerne les allergies sévères, leur incidence est d'environ 1 pour 100’000 (pour le vaccin de Pfizer/BioNTech). Si vous souhaitez être protégé contre le COVID-19 mais que vous avez fait une réaction allergique forte (anaphylaxie) dans le passé, parlez-en à votre médecin pour déterminer dans quelles conditions vous pourriez être vacciné. PDF - SSAI: Recommandations pour vaccins contre COVID 19 en cas d'allergies
Vaccins contre le COVID-19 et réactions allergiques, y compris anaphylaxies à l’attention des professionnels de santé: Premières conclusions relatives aux réactions allergiques (Swissmedic, 29.01.2021)
Surveillance de la sécurité des vaccins contre le Covid-19. Les professionnels de la santé sont invités à s’enregistrer sur le portail de déclaration en ligne (ElViS) de Swissmedic.
Effets indésirables des vaccins contre le Covid-19 en Suisse: mise à jour (Swissmedic, 9.4.2021)
Pour en savoir plus :
Vous pouvez vous renseigner auprès des autorités compétentes de votre canton pour savoir quand et où vous pourrez vous faire vacciner. La vaccination est gratuite.
PDF - Fiche d'InfoVac sur la vaccination contre le Covid-19 (Infovac)
Informations pour le grand public (site web de l'OFSP)
Informations pour les professionnels de la santé (site web de l'OFSP)
PDF - Aspects éthiques, légaux et sociétaux de traitements différenciés pour les personnes vaccinées ou non contre le COVID-19 (Task force scientifique nationale COVID-19, 19.2.2021)
Vaccins contre le COVID 19: quelques réponses à beaucoup de questions (vidéos tournées aux Hôpitaux Universitaires de Genève le 18 décembre 2020)
Pour un résumé des résultats intérimaires de la sécurité et de l'efficacité de certains vaccins (essais cliniques de phase 3), cliquer ICI.
-
Prochaines étapes
Comment vont s'organiser les vaccinations ?
Des vaccins seront livrés régulièrement aux cantons, chaque canton étant responsable de mettre sur pied la meilleure logistique possible pour permettre des vaccinations rapides et en toute sécurité.
Etant donné qu'il n'y aura pas assez de vaccins dans l'immédiat pour tous ceux qui souhaitent être vaccinés, qui décidera – et comment – quelles personnes pourront être vaccinées en priorité ?
La Commission fédérale pour les vaccinations et l'Office fédéral de la santé publique ont établi la liste des priorités, sur la base des bénéfices attendus de la vaccination. La vaccination contre le COVID-19 est destinée en particulier aux groupes cibles vulnérables suivants (par ordre d’importance décroissant) :
1. Les personnes vulnérables (hormis les femmes enceintes).
2. Le personnel de santé en contact avec des patients et le personnel accompagnant les personnes vulnérables.
3. Les contacts étroits (membres du ménage) des personnes vulnérables.
4. Les personnes résidant dans une institution communautaire qui présente un risque d’infection et un potentiel de flambée (p. ex. institutions pour personnes handicapées) ainsi que le personnel.
5. Tous les autres adultes qui voudraient se faire vacciner.
Si je ne fais pas partie des personnes à risque et qu'il n'est pas certain que le vaccin m'empêche de transmettre le virus, pourquoi me vacciner ?
Il appartient à chacun de choisir les risques auxquels il s'expose. Certes, le COVID-19 est bénin chez la plupart des jeunes en bonne santé. Mais il peut parfois être grave, ou long, ou laisser des séquelles (perte du goût et/ou de l'odorat) même chez ceux qui n'appartiennent pas à un groupe à risque. Attention: même si on ne peut pas encore affirmer que la vaccination diminuera le risque de transmission, c'est peut être le cas! Ainsi, celles et ceux qui vivent ou côtoyent des personnes fragiles peuvent être motivés à accepter la vaccination afin de les protéger.
Pour en savoir plus:
Que se passera-t-il si d'autres vaccins plus efficaces (ou mieux tolérés) deviennent disponibles ?
Ils seront alors homologués et commercialisés en Suisse... et les meilleurs vaccins seront recommandés.
Qui décide si un vaccin devrait être recommandé, à qui et comment ?
Cette étape est du ressort des autorités de santé chargées des recommandations vaccinales (en Suisse, la Commission fédérale pour les vaccinations et l’OFSP - Office fédéral de la santé publique).
La vaccination contre une maladie est recommandée uniquement si son bénéfice dépasse très largement le risque d'effets indésirables. La décision repose sur un cadre analytique. Contre une même maladie, il est possible d’utiliser plusieurs vaccins qui ont été approuvés par Swissmedic. La Commission fédérale pour les vaccinations peut alors recommander l’utilisation d’un vaccin plutôt qu’un autre, en fonction des caractéristiques de la population. C’est elle qui détermine à qui (âge, facteurs de risques) le vaccin est recommandé, en combien de doses et à quelles fréquences il faut l’administrer, quand il faut un rappel en fonction des risques de maladies dans le pays, etc.
Va-t-on assister à une campagne mondiale de vaccination sans précédent dans l'histoire humaine ?
Non, puisqu'il ne s'agit pas de vacciner toute la population du monde mais seulement les personnes à risques élevés. Ce qui représente tout de même 20-30% de la population dans nos pays, plus tous ceux qui souhaiteront bénéficier des vaccins pour éviter un COVID-19 bénin mais long ou avec des séquelles. Il y a donc de gros efforts d'organisation à fournir.
Comment seront documentées les vaccinations contre le COVID-19 ?
Si vous l’acceptez, le professionnel de santé qui fera vos vaccins enregistrera toutes les informations nécessaires dans un dossier électronique. Vous pourrez alors avoir accès directement à votre carnet de vaccination COVID-19 via www.mycovidvac.ch (ou www.mesvaccins.ch). Dans un premier temps, il s'agira d'un carnet suisse. Par la suite, les carnets internationaux seront disponibles. Si le professionnel de santé n'utilise pas de dossier électronique, ou si vous ne souhaitez pas en bénéficier malgré ses avantages, vous recevrez une attestation de vaccination. www.myCOVIDvac.ch et www.mesvaccins.ch sont en ligne depuis le 4 janvier 2021.
Pourquoi vacciner contre le COVID-19? Quels sont les groupes de personnes prioritaires ?
Comment atteindre et informer toutes les personnes vulnérables qui pourraient être vaccinées ?
A quand le retour à la vie “normale” après la pandémie de COVID-19 ?
-
Choix des vaccins pour la Suisse
Pourquoi la Suisse a-t-elle choisi de pré-réserver plusieurs vaccins différents ?
Le but de ce choix multiple est de diversifier les pré-réservations, en optant pour des vaccins de chaque catégorie, afin d'augmenter les chances d'avoir au final au moins 1 ou 2 vaccins efficaces. En effet, le développement d'un vaccin est complexe et, de temps en temps, les candidats-vaccins n'atteignent pas les résultats espérés. Il s'agit donc de "ne pas mettre tous les oeufs dans le même panier".
Pourquoi la Suisse a-t-elle présélectionné des vaccins basés sur des technologies relativement nouvelles, alors que d'autres candidats-vaccins sont basés sur des technologies qui ont déjà fait leurs preuves ? Qui a fait ces choix et sur quels critères ?
Les candidats vaccins ont été sélectionnés par l'Office fédéral de la santé publique en fonction de leurs caractéristiques scientifiques, de leur disponibilité (nombre, timing) et de considérations commerciales. Certains vaccins aux technologies "traditionnelles" ont également été sélectionnés, mais ils ne seront pas les premiers disponibles, et personne ne sait encore s'ils seront efficaces.
-
Rapidité du développement des vaccins
Quel laps de temps minimum est-il nécessaire pour établir la sécurité d'un vaccin ?
Les effets secondaires surviennent dans les jours, les semaines et les 2 à 3 mois qui suivent la vaccination, pendant que le système immunitaire est activé au maximum. Ainsi, un suivi de 6 mois est nécessaire et suffisant pour les identifier. L'autre facteur important pour estimer la sécurité d'un vaccin est le nombre de personnes déjà vaccinées sans signal d'alerte : lorsque la Suisse commencera à vacciner, des millions de personnes à risque auront déjà été vaccinées dans d'autres pays. Cela permettra d'identifier – ou non – des effets secondaires nouveaux et inattendus.
Des vaccins pouvant être administrés sans piqûre seront-ils disponibles un jour ?
Des essais sur des vaccins par voie orale ou en spray sont en cours, mais encore très peu avancés (phase 1 des essais cliniques). Ces vaccins sont particulièrement difficiles à développer et l'immunité qu'ils induisent est souvent de courte durée.
Est-ce que d'autres vaccins contre le COVID-19, mais basés sur les mêmes technologies que ceux traditionnellement utilisés en Suisse, seront bientôt disponibles ?
1) Aucun vaccin vivant atténué du SARS-CoV-2 n'est en essai clinique : vu l'immunité passagère induite par le COVID-19, ce candidat-vaccin ne semble pas très prometteur; 2) Plusieurs vaccins contenant le SARS-CoV-2 entier sous forme inactivée sont en développement clinique (phases 1, 2 ou 3) – voire déjà administrés à la population (Chine). Mais ils sont formulés avec des sels d'aluminium, un adjuvant bien connu mais qui n'est pas considéré comme optimal pour le SARS-CoV-2.
Est-ce que les protocoles des essais cliniques des trois vaccins dont les dossiers ont été déposés en Suisse sont publics ?
Comment des vaccins basés sur des technologies nouvelles ont-il pu être développés aussi rapidement ?
La technologie des vaccins à ARN messager est connue depuis une dizaine d'années mais, malgré son attrait (simplicité du concept, rapidité de développement et facilité de production), elle n'a pas pu bénéficier des investissements nécessaires avant la mobilisation résultant de la pandémie de COVID-19. Les vaccins à adénovecteurs sont mieux connus, et l'un d'eux a même été récemment enregistré contre Ebola. Le développement de ces nouveaux vaccins n'est donc pas "parti de rien".
Comment se fait-il qu'en moins d'un an on puisse développer un vaccin aussi efficace contre le COVID-19, alors que le vaccin contre la grippe n'est pas aussi efficace (et que les chercheurs travaillent pourtant sur ces vaccins depuis des décennies) ?
Les investissements nécessaires ont manqué pour financer la recherche sur les vaccins à ARN messager. Mais si ceux-ci tiennent leurs promesses, cette technologie simple pourrait être adoptée à l'avenir pour de nombreux autres vaccins – y compris contre la grippe.
Rapidité du développement des vaccins contre le COVID-19
-
Aspects économiques et légaux
Combien vont coûter ces vaccins ?
En Suisse, les vaccins seront gratuits pour toutes les personnes auxquelles la vaccination sera recommandée – et pour tous ceux qui souhaitent être vaccinés. La Confédération a déjà alloué plusieurs centaines de millions de CHF pour l'achat des vaccins et les frais annexes (transport, stockage, seringues et administration du vaccin).
Combien d'argent vont gagner les fabricants de vaccins grâce à la pandémie de COVID-19 ?
Certains fabricants se sont engagés à ne pas gagner d'argent avec ces vaccins et à les vendre à prix coûtant. Pour information: les vaccins ne représentent jamais plus de 20% du chiffre d'affaires des plus grandes entreprises pharmaceutiques : leurs coûts de développement sont très élevés, pour des utilisations bien plus limitées que celles des médicaments.
En Suisse, que représentent les vaccins par rapport à l'ensemble des coûts de la santé (ou à ceux des médicaments) ?
En 2019 (dernières estimations disponibles), le coût des vaccins a représenté en moyenne CHF 15.- par habitant et 2,3% du coût total des médicaments (soit 0,16% des coûts du système de santé).
Est-il vrai que les industries pharmaceutiques ont obtenu de ne pas être responsables en cas d'effets secondaires ?
Non. Comme pour les autres vaccins, les industriels sont responsables des dommages qui pourraient être générés par un défaut de conception ou de fabrication. Les médecins/pharmaciens/vaccinateurs sont responsables s'ils ont manqué à leur devoir professionnel (exemple: absence d'information sur les bénéfices et les risques potentiels des vaccins, erreur dans l'injection ou la prise en charge d'une réaction allergique). L'assurance maladie prend en charge tous les frais médicaux découlant des éventuels effets secondaires. La Confédération prendrait en charge d'éventuelles indemnisations qui ne relèveraient ni de la responsabilité des industriels ni de celle des médecins/pharmaciens/vaccinateurs.
Les contrats conclus par la Confédération avec les fabricants de vaccins n’écartent pas la responsabilité du fabricant et ne fondent pas de nouvelle responsabilité de la Confédération. La Confédération peut tout au plus promettre aux fabricants de compenser, dans certains cas, les pertes financières qu’un fabricant subirait du fait de sa responsabilité (couverture du dommage par la Confédération). L’art. 70 LEp fixe le cadre légal pour de tels accords entre la Confédération et les fabricants de vaccins. Cette disposition a pour but de compenser le risque augmenté pour le producteur que représente un vaccin contre un nouvel agent pathogène en cas de pandémie (compensation des risques).
Que fait la Suisse pour que les autres pays aient aussi accès aux vaccins ?
En septembre 2020, la Suisse a confirmé sa participation au programme COVAX (Covid-19 Vaccine Global Access Facility ; dispositif d’accès mondial pour un vaccin contre le COVID-19). Ce faisant, elle s’assure l’acquisition de vaccins pour 20 % de sa population. Le programme COVAX est co-dirigé par l’alliance GAVI pour les vaccins, la Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies (CEPI, en anglais) et l’Organisation mondiale de la santé (OMS). L’objectif consiste à garantir, au niveau mondial, un accès équitable aux vaccins contre le nouveau coronavirus. Pour la première fois, un programme d’achat mondial de vaccins contre le nouveau coronavirus est mis sur pied dans le cadre de la lutte contre le COVID-19, auquel tous les pays peuvent prendre part. Près de deux milliards de doses de vaccin devraient être fournies. L’accès aux vaccins est également promu dans les pays à faibles revenus. Le financement sera assuré par l’aide au développement, la Suisse assumant une part de 20 millions de francs.
-
Essais cliniques en cours
Plus de 200 candidats vaccins sont actuellement évalués en laboratoire, d'abord sur des animaux et, pour certains, sur des êtres humains volontaires. Avant d'être autorisés, ces candidats vaccins doivent passer par différentes étapes (phases de développement).
Pour en savoir plus sur les essais cliniques en cours, cliquer ici.
-
Obstacles potentiels au développement de vaccins contre le COVID‑19
Le développement d’un vaccin qui soit démontré sûr et efficace avant son administration à des millions ou des milliards de personnes est toujours complexe – et donc lent. Mais des défis particuliers sont liés au COVID-19 :
1. Les particularités des coronavirus
Certains vaccins sont particulièrement difficiles à développer, et c’est le cas pour les vaccins contre les coronavirus. Quatre souches de coronavirus circulent de manière endémique chez l’humain, provoquant des infections respiratoires bénignes. Deux autres souches se sont montrées beaucoup plus virulentes, provoquant des pneumonies et des insuffisances respiratoires sévères, voire mortelles : le SARS-CoV-1 en 2002-2004, et le MERS-CoV en 2012. Le nouveau virus responsable du COVID-19 (le SARS-CoV-2) appartient à ce deuxième groupe.
Une des particularités des coronavirus est d’infecter en premier lieu les muqueuses du nez et de la gorge. Parfois, les défenses immunitaires innées permettent de les stopper à ce niveau. C’est ainsi que la plupart des malades du COVID-19 n’ont que des symptômes ORL plus ou moins marqués. Mais si les coronavirus ne sont pas stoppés dans la sphère ORL, ils peuvent passer dans les poumons, puis dans le sang. Ils peuvent alors diffuser vers d’autres organes dont les cellules expriment les récepteurs aux virus (le cœur, les reins et les vaisseaux sanguins du corps entier, y compris du cerveau). C’est malheureusement le cas du virus responsable du COVID-19.
Pour se protéger contre toutes les formes de COVID-19, et donc aussi contre le risque de transmission, il faudrait disposer de vaccins capables d’induire et de maintenir des réponses immunitaires assez fortes et permanentes au niveau des muqueuses du nez et de la gorge. Or, l'induction d'une immunité totale (dite «stérilisante») n’a encore jamais été obtenue par un vaccin.
What can we expect from first-generation COVID-19 vaccines? (The Lancet, 21.9.2020)
Peut-être faudra-t-il se contenter de vaccins capables de protéger uniquement contre les complications du COVID-19, c’est-à-dire de freiner la multiplication et la dissémination du virus aux autres organes. C’est bien sûr très important. Mais un tel vaccin serait a priori inutile pour les 8 personnes sur 10 qui ne développent pas de complications. De plus, un tel vaccin exigerait une excellente sécurité vaccinale, sans garantir un arrêt de la contagion, puisque les virus auraient toujours la possibilité de se multiplier dans le nez et la gorge.
2. Le choix des antigènes à inclure dans les vaccins
Sur leur surface, les coronavirus arborent des spicules (protéine S ou Spike) avec lesquelles ils s’attachent aux récepteurs des cellules humaines – les clefs qui leur ouvrent la porte d'entrée. Heureusement, ces protéines S sont bien reconnues par le système immunitaire humain – qui y réagit en induisant des lymphocytes B producteurs d’anticorps et des lymphocytes T capables de détruire les cellules infectées. Ceci est vrai pour toutes les souches de coronavirus, y compris le SARS-CoV-1, le MERS-CoV, et le SARS-CoV-2 responsable du COVID-19.
Ces spicules (antigènes vaccinaux) vont donc se trouver, d’une façon ou d’une autre, dans tous les candidats-vaccins (vivants atténués, inactivés, portés par des vecteurs viraux, ou codés par leur ARN).
3. Le choix des défenses immunitaires à induire
Les modèles animaux ont montré que, suite à une vaccination contre le SARS-CoV-1, la protection corrélait au mieux avec le taux d’anticorps neutralisants (= capables de neutraliser l’entrée des virus dans les cellules) dirigés contre la protéine S – même si des anticorps contre d’autres antigènes peuvent aussi y parvenir. Ainsi, induire des taux élevés d’anticorps neutralisants semble être une bonne stratégie – et c'est la stratégie utilisée par de nombreux candidats-vaccins.
Malheureusement, il est difficile (impossible?) d’induire seulement des anticorps neutralisants. Or, les anticorps se fixant aux virus sans pour autant les neutraliser peuvent être dangereux (voir ci-dessous). Le rapport entre les anticorps neutralisants/non neutralisants pourrait donc être essentiel.
Certaines études chez l’animal ont montré que la protection contre le SARS-CoV-1 (ou le COVID-19) pouvait aussi être atteinte par des vaccins induisant essentiellement des lymphocytes T contre les protéines internes du virus. Il est probable que ces vaccins agissent essentiellement contre les complications. Ainsi, certains candidats-vaccins visent essentiellement la production de réponses lymphocytaires T, même si, à ce jour, aucun des vaccins utilisés contre des virus ne protège essentiellement grâce à ce type de réponse cellulaire.
4. La difficulté d’induire de bonnes réponses vaccinales chez les personnes vulnérables
Induire des réponses vaccinales protectrices chez de jeunes volontaires en bonne santé est déjà un défi. Mais il est encore plus difficile d'induire ces réponses chez des personnes fragilisées par le grand âge, l’obésité, la maladie ou les traitements médicaux qui freinent les défenses immunitaires – le vaccin contre la grippe nous le rappelle chaque année. Des vaccins avec des adjuvants particulièrement efficaces sont souvent nécessaires pour protéger ces populations vulnérables.
5. Le risque d’un vaccin qui augmenterait la sévérité du COVID-19
Le COVID-19 est encore mal connu, mais sa sévérité provient clairement de réponses immunitaires inappropriées, excessives et/ou inadéquates. Ainsi, de nombreux traitements visent actuellement à freiner plutôt qu’à stimuler les réponses immunitaires/inflammatoires.
Il y a un risque d’induire des anticorps capables de se fixer sur les coronavirus, mais pas à l’endroit qui bloque leur capacité à infecter des cellules (anticorps non neutralisants). Ces anticorps non neutralisants peuvent faciliter l’entrée du virus dans les cellules, au lieu de la bloquer (antibody-dependent enhancement). Ce phénomène a été observé avec le SARS-CoV-1 et le MERS-CoV. Et on suspecte malheureusement qu’il pourrait survenir avec le COVID-19, obligeant à beaucoup de prudence.
Or, les modèles animaux permettant d'évaluer ce risque sont complexes à mettre en oeuvre. Et les études de vaccination classique – qui consistent à vérifier que les vaccins soient bien tolérés en suivant des volontaires pendant quelques semaines ou mois – ne pourront pas répondre à cette question : il faudra soit attendre que ces volontaires vaccinés aient été exposés au SARS-CoV-2, soit les y exposer volontairement, ce qui n’est pas envisageable en l’absence de traitement efficace.
- 1