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Comment se présente la maladie
d'Alzheimer ?
L'évolution. La première chose qui frappe chez un
patient atteint d'Alzheimer, c'est l'aggravation rapide des problèmes de mémoire.
Tout ce qui s'est passé récemment, en d'autres termes dans les dernières heures ou
jours, n'est conservé en mémoire que par morceaux épars ou alors oublié de manière
irrévocable. Les patients atteints ne peuvent rien apprendre de nouveau. Par contre, la
mémoire des faits anciens et très lointains reste encore relativement longtemps
conservée chez beaucoup de patients. Ce n'est que dans les stades avancés que les
souvenirs anciens, ceux de la jeunesse et de l'âge adulte, sont perdus également. Il
existe cependant également des patients atteints d'Alzheimer chez lesquels c'est la perte
d'une autre faculté qui est au premier plan, par exemple une difficulté de langage ou de
la reconnaissance. Le temps passant, la plupart des patients ont de plus en plus de peine
à s'orienter dans le temps et dans l'espace. Beaucoup d'entre eux ressentent cette perte
du sens de l'orientation avec angoisse, inquiétude et tension intérieure. Ils marchent
dans tous les sens, comme s'ils étaient constamment en train de chercher quelque chose.
Souvent on remarque cette agitation principalement pendant la nuit. Certains patients se
perdent ou confondent les saisons ou les moments de la journée. Avec l'évolution de la
maladie, les perturbations des fonctions cérébrales augmentent et empêchent de plus en
plus la poursuite d'une vie indépendante.
Vers la fin, les patients deviennent inertes, apathiques, et montrent
toujours moins d'intérêt envers leur entourage. La pensée abstraite et logique est
perdue. Comme les patients ne peuvent plus calculer, ils ne peuvent plus gérer leur
argent ou faire des paiements. Les soins corporels et l'habillement sont de plus en plus
négligés. Le débit du langage se ralentit, le vocabulaire diminue, la communication
devient difficile. Des mouvements et des actions orientés vers un but ne peuvent plus
être coordonnés. Il peut survenir une perte du contrôle sur la vessie et sur la
fonction de l'intestin (incontinence). Certains gestes habituels et automatisés peuvent
encore fonctionner (repasser, laver la vaisselle, plier des linges, désherber le jardin,
etc.).
Dans les dernières phases de la maladie, les patients perdent encore la faculté de
marcher et de s'asseoir, ils deviennent grabataires et incontinents.
La maladie d'Alzheimer est cependant rarement la cause de décès. Le plus souvent c'est
une maladie infectieuse ou un virus qui entraîne la mort du patient.
Cette perte progressive des fonctions du cerveau, que rien ne parvient à arrêter, est
provoquée par une perte progressive des cellules dans le cerveau. Des groupes entiers de
cellules nerveuses (neurones) cessent progressivement de fonctionner et finissent par
mourir.
La fonction cérébrale normale. Le cerveau est constitué
d'environ 100 milliards de cellules qui sont reliées entre elles par un réseau
extrêmement compliqué de liaisons. On estime que chaque cellule nerveuse (neurone)
possède jusqu'à 10 000 connexions (synapses) pour communiquer avec d'autres cellules
nerveuses.
On distingue dans le cerveau deux couches : la substance grise et la substance blanche.
L'écorce cérébrale, ou cortex, contient les cellules ou neurones. C'est ce qui lui
donne sa couleur grise et son nom de substance grise. Sous l'écorce, la substance blanche
est constituée par les prolongements des neurones et par d'autres sortes de cellules qui
assurent le soutien du tissu cérébral. Ces autres cellules sont responsables de la
nutrition et du métabolisme des cellules du cerveau, elles s'occupent également de
réparer les tissus cérébraux endommagés. On trouve également des vaisseaux sanguins
extrêmement fins, qui apportent jusque dans les tissus les plus reculés l'oxygène et
les éléments nutritifs, principalement du glucose, mais apportent également les
éléments constitutifs des cellules. Les mêmes vaisseaux sont bien entendu nécessaires
pour éliminer le gaz carbonique, qui résulte de la respiration cellulaire, et pour
éliminer également tous les déchets provenant du métabolisme des cellules. Le cerveau
est un organe extrêmement actif, et toutes ces structures participent à cette intense
activité.
Les changements dans le cerveau lors de maladie d'Alzheimer. Lors de maladie d'Alzheimer, certaines cellules nerveuses du cerveau meurent.
Il s'ensuit une diminution de la substance grise. C'est pourquoi on parle d'une démence
corticale.
Dans les neurones malades, certaines protéines (amyloïdes) se développent, et attaquent
la surface des cellules, les rendent perméables pour des substances toxiques. Des
structures anormales se développent également à l'intérieur des cellules nerveuses :
par exemple les neurofibrilles. Les cellules dégénèrent et meurent en formant de petits
amas, les plaques. La fonction du réseau de cellules nerveuses est perturbée. Les
connections avec d'autres cellules nerveuses et la communication des informations sont
interrompues. La disparition des cellules concerne différents systèmes de cellules
nerveuses, mais avant tout les neurones appelés cholinergiques. Il en résulte un manque
de différents messagers entre les cellules (neurotransmetteurs), en particulier un manque
du neurotransmetteur acétylcholine, surtout dans l'écorce cérébrale. On appelle
neurones cholinergiques ceux qui transmettent les informations par l'intermédiaire d'un
messager appelé acétylcholine.
Les parties du cerveau qui sont par exemple responsables de la respiration ou
de la circulation et qui sont donc vitales continuent cependant de travailler normalement.
Ce sont surtout les régions du cerveau qui sont responsables des fonctions
intellectuelles supérieures qui sont les plus concernées par la perte des cellules
nerveuses : celles qui règlent la mémoire, le langage, la pensée, l'orientation, la
connaissance et la reconnaissance des objets, etc.