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La consommation de cannabis est courante chez les jeunes adultes mais ses effets à long terme sur les fonctions cognitives sont mal connus. Une équipe suisso-américaine a repris, d’une cohorte de 5115 jeunes adultes (étude CARDIA) recrutés aux Etats-Unis entre 1985-1986, les données estimant la consommation cumulée de cannabis par des cannabisannées (une année correspondant à 365 jours de consommation). A la 25e année de suivi, les performances cognitives ont été mesurées par des tests standardisés de la mémoire verbale, de la vitesse de traitement et des fonctions exécutives. Les données disponibles pour 3385 participants, dont la majorité a un nombre de cannabis-années faible (< 0,5), montrent une baisse de performance pour les trois tests cognitifs. Après exclusion des consommateurs actifs et ajustement des potentiels facteurs de confusion (tabagisme, prises de toxiques, niveau d’éducation, schizophrénie entre autres), l’atteinte sur la mémoire verbale reste significative. Cette étude montre une association dose-dépendante entre la consommation cumulée de cannabis et une baisse de la mémoire verbale (0,13 déviation standard chaque 5 cannabis-années) correspondant à un mot rappelé en moins sur une liste de quinze pour un participant sur deux.
Commentaire : Même si ce résultat semble cliniquement peu relevant, cette étude prospective démontre qu’une consommation de cannabis par le passé, même modérée, est associée à une baisse de mémoire à long terme, sans permettre d’établir une causalité. Cet association étant dose-dépendante, on peut également se demander si le cannabis d’aujourd’hui à plus forte teneur en i9-tétrahydrocannabinol (THC) serait plus néfaste, comme un âge précoce de consommation. Avec les débats actuels sur la dépénalisation, il semble important d’avertir nos patients d’un effet potentiellement néfaste à long terme.