Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07266.jsonl.gz/1706

Alors que son aéroport est confronté aux plaintes de propriétaires, Zurich teste un système mesurant l'impact du bruit des avions sur le prix des maisons.
Les autorités cantonales et celles l'aéroport espèrent que ce nouveau système d'évaluation deviendra un standard.
Le système est testé sur 19 demandes de dédommagement soumises cette semaine à une commission fédérale d'évaluation. Les plaignants sont des propriétaires de maisons situées à Opfikon, près de l'aéroport de Zurich-Kloten.
Au total, le canton doit faire face à 14'000 demandes de dédommagement de la part de propriétaires privés.
Les cinq premières demandes ont été examinées jeudi par la commission, mais les conclusions ont été rejetées par les propriétaires concernés. Leurs avocats jugent en effet que les propriétés ont perdu 35% de leur valeur, alors que la commission arrive à une estimation deux fois plus basse.
Si le reste des propriétaires ne se satisfait pas du verdict de la commission, ce sera en fin de compte à la justice de déterminer si leurs propriétés ont bel et bien perdu de leur valeur.
Le processus d'évaluation se base sur un modèle informatique mis au point par la Banque cantonale de Zurich. Ce modèle traite des informations relatives aux caractéristiques et à la localisation de chaque maison et au niveau de bruit au-dessus d'elles.
Valeur des propriétés
Un groupe d'experts combine ensuite ces données informatiques avec d'autres tests, afin de déterminer dans quelle mesure la pollution sonore due au trafic aérien a un impact sur la valeur des maisons.
Ce groupe est constitué de Martin Hoesli, professeur à l'Université de Genève et spécialiste de finance et d'estimation immobilière, de Peter Kugler, professeur d'économie à l'Université de Bâle, d'un représentant de l'association des propriétaires du canton de Zurich et de Beat Spalinger, responsable des finances de l'aéroport.
Des représentants de l'Office fédéral de l'aviation civile et du canton de Zurich y participent également, mais seulement en tant qu'observateurs neutres.
«C'est une petite pièce du puzzle, mais une pièce importante, a déclaré Beat Spalinger à swissinfo. Autrefois, il était impossible aux experts d'évaluer la perte potentielle de la valeur des propriétés, mais ce nouveau modèle permet désormais de juger l'impact du bruit dû au trafic aérien.»
Beat Spalinger admet cependant qu'avant d'être acceptés, les résultats de l'étude devront être examinés par les autorités chargées d'enquêter sur les demandes de dédommagement.
Une facture très lourde
«Les propriétaires ont accueilli positivement ce nouveau modèle d'évaluation, déclare encore Beat Spalinger. Mais ils ne nous ont pas encore fait parvenir une réaction officielle.»
C'est à Unique – société qui a succédé au canton dans la gestion de l'aéroport en juin 2001 – qu'incombe l'entier de la facture. On estime que le montant total des demandes d'indemnisation représente entre 800 millions et 1,2 milliards de francs.
Ces coûts sont compensés par une taxe sur la pollution sonore prélevée auprès des passagers et des compagnies qui transitent par l'aéroport.
Les plaintes relatives à la pollution sonore ont débuté suite à la mise en place de nouveaux couloirs aériens.
Ces nouveaux couloirs passent beaucoup plus au-dessus des zones les plus habitées de Zurich. Ils avaient été mis en place suite à l'interdiction des vols de nuits au-dessus de l'Allemagne du Sud.
swissinfo, Matthew Allen, Zurich
(Traduction: Olivier Pauchard)
Faits
Quelque 14'000 propriétaires de maisons situés dans les environs de l'aéroport de Zurich ont demandé des dédommagements pour la perte de valeur de leur bâtiment causée par le trafic aérien.
Le montant total de la facture est estimé entre 800 millions et 1,2 milliards de francs.