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cinq poèmes d’auteurs féminins pour chœur de femmes a cappella opus 74
L’Ensemble Féminin de Musique Vocale de Lausanne a été fondé en 1977 à l’instigation de Dante Granato, organiste et compositeur, à l‘occasion de la rénovation des orgues de l’Eglise Notre-Dame de Lausanne. La direction de cet ensemble d’une vingtaine de voix est assumée par Marie-Hélène Dupard, elle-même cantatrice de talent ayant obtenu un premier Prix de virtuosité et une Licence de concert au Conservatoire de Lausanne. A l‘occasion du 10ème anniversaire de ce groupe vocal, ces dames ont exprimé le vœu que Julien-François Zbinden écrive une œuvre spécialement conçue pour elles. Le compositeur estima qu’il serait heureux, à cette occasion, de rendre hommage non seulement aux femmes-interprètes mais aussi aux femmes-auteurs. Au cours d‘un déjeuner chez André Charlet, son épouse Daisy proposa à Julien-François Zbinden de rechercher des textes dans une anthologie d’auteurs féminins. Cela permit tout d’abord au compositeur de découvrir les admirables poésies de l’adolescente Sabine Sicaud, dont il mit quatre poèmes en musique sous le titre La Solitude, œuvre pour soprano et orchestre. Puis il choisit un certain nombre de textes, dont cinq furent retenus, d‘entente avec Marie-Hélène Dupard.
Le premier chœur est écrit sur un texte intitulé Ombres de Lucie Delarue-Mardrus, née à Honfleur en 1880, décédée en 1945 et qui épousa en 1900 le docteur J.C. Mardrus, traducteur des Mille et Une Nuits. Il s’agit d’un poème très court que le compositeur traite avec une douce mélancolie. Le second, Printemps, est dû à la plume alerte de Marie Gevers, native d’Edegem près d’Anvers en 1883 et décédée en 1975. Tiré d’un recueil portant le titre Missembourg, ce poème met en scène un coq et un enfant, sur le mode plaisant et enlevé d’une comptine. C’est Aliette Audra, née en 1897 et décédée en 1962, qui a signé le troisième poème Unsaid. Il s’agit d‘une ode aux mots qu‘on ne peut jamais dire, tout empreinte de tristesse désabusée. Quant à Mathilde Pomès, originaire des environs de Tarbes, née en 1886 et décédée en 1977, elle a écrit un ravissant poème sur les Martinets, prétexte au quatrième chœur que le compositeur a traité comme une sorte de perpetuum mobile sur le tempo le plus vif. Enfin, le cinquième chœur emprunte son texte à une œuvre de Louisa Paulin, née en 1888 dans le Tarn et décédée en 1944. Il est intitulé Nocturne. Il s’agit d’une très belle ballade à la nuit qui évoque une atmosphère de mystère.
Comme l’on peut s’en rendre compte, tous les poèmes choisis ont pour auteurs des femmes nées en 1880 et 1900. C’est probablement ce qui leur donne une certaine unité de ton que le le compositeur s’est efforcé de maintenir dans la musique du cycle entier. Clair-Obscur, le titre du recueil, a été choisi par Julien-François Zbinden afin de bien marquer l’alternance des poèmes tristes et gais. L’œuvre, publiée chez Maurice & Pierre Fœtisch à Lausanne, a été créée par l’Ensemble Féminin de Musique Vocale de Lausanne, sous la direction de Marie-Hélène Dupard , au cours d’un concert donné dans le cadre d’une Heure Musicale de la Radio Suisse Romande - Espace 2, le 25 octobre 1987 en la célèbre Abbaye de Romainmôtier en Suisse.
Ensemble féminin de musique vocale de Lausanne
Ensemble Vocal Féminin de Lausanne, Marie-Hélène Dupard (direction)