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Première mondiale, un Coran chronologique a été édité en Suisse. Son auteur, Sami Aldeeb, Suisse d'origine palestinienne et chrétien, est responsable du droit musulman et arabe à l'Institut suisse de droit comparé (Lausanne). Il a travaillé durant 5 ans à cette oeuvre gigantesque : 600 pages de versets non pas dans l'ordre canonique mais chronologique de leur révélation, avec leurs variantes. Sur 4000 versets, il n'y a pas en effet une seule page du Coran qui ne comporte plusieurs variantes.
Pourquoi un tel Coran chronologique n'a-t-il pas été édité auparavant ? Il s'agit pour l'auteur en partie d'un problème d'accès à l'information. « En outre, si vous dites qu'il y a des variantes ou que tel verset est abrogé ou abrogeant, les gens commencent à douter. Ces variantes existent et sont reconnues par les autorités religieuses, mais cela reste du domaine des spécialistes. Elles peuvent même changer le sens de certains versets. Je les ai mises dans les notes pour les chercheurs et pour que les gens se rendent compte que le texte n'est pas un texte monolithique », explique S. Aldeeb. « En ce qui concerne l'ordre chronologique, on ne sait pas avec certitude comment le Coran a été révélé ni dans quel ordre exact les versets l'ont été. Mais on a tenté, à travers plusieurs indices et témoignages, de faire des classifications des chapitres du Coran. Ni les musulmans ni les orientalistes ne sont d'accord entre eux sur ce classement. Il existe cependant une classification faite par l'Université islamique Al-Azhar au Caire, le centre islamique le plus important du monde sunnite. Dans son édition du Coran, en tête de chaque chapitre, il est précisé le numéro dans l'ordre chronologique. »
Sami Aldeeb est donc parti de cette classification acceptée par la plupart des musulmans et, pour ne pas les heurter, il a ajouté à la fin de son édition une table des matières indiquant les chapitres par ordre normal : « Celui qui veut suivre sa foi et lire le Coran selon l'ordre normal peut donc le faire. »
Dans le même état d'esprit, l'auteur dit avoir suivi les instructions d'ouvrages reconnus par les autorités religieuses musulmanes et n'avoir pas travaillé avec des documents « contestés ».
Un grand travail visuel (utilisation de deux couleurs, le rouge et le noir) et de mise en page a été réalisé pour faciliter la lecture du texte et indiquer qu'un verset appartient à une autre époque. Autre particularité de cette traduction du Coran : un certain nombre de versets ne sont plus considérés comme normatifs par certains juristes musulmans et ont été abrogés, tout en étant maintenus dans le Coran. Dans la version de Sami Aldeeb, ces versets abrogés sont indiqués. Enfin, chaque fois qu'un passage du Coran rappelle un texte de l'Ancien ou du Nouveau Testament ou d'un apocryphe, des notes y renvoient.