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27/06/2016
L'Union Européenne est anti-libérale
La décentralisation politique est l'un des principes fondamentaux défendu par la philosophie libérale. Pour le libéralisme, il est en effet essentiel de préserver les droits et les libertés des individus et cela implique nécessairement que le gouvernement doit rester le plus proche des individus pour être le plus contrôlable possible par ces derniers. L'idéal libéral de gouvernement est donc celui du gouvernement de proximité (small is beautiful).
Par conséquent, tout libéral est communaliste et désire que l'ensemble des compétences exercées actuellement par les strates supérieures de l’État soient attribuées à l’État communal. A défaut, tout libéral est au moins confédéraliste (ou cantonaliste) et souhaite que les compétences exercées actuellement par l’État fédéral (national) soient attribuées à l’État cantonal.
Un deuxième principe fondamental de la philosophie libérale est que plus il y a d’États, plus il y a de concurrence entre les États et plus les gouvernements sont incités à proposer des modèles institutionnels attractifs pour les individus et moins ils peuvent se laisser aller à un quelconque despotisme ou à des abus. Ainsi, plus il y d’États mieux c'est.
Suivant ce raisonnement, le libéral soutient les mouvements autonomistes, indépendantistes et sécessionnistes pacifiques. Le libéral désapprouve la création de l’État fédéral helvétique en 1848 par le fer et le sang (à la suite de la guerre civile menée par les fédéralistes contre les catholiques confédéralistes), la fin de la confédération américaine en 1790 (transformée en État fédéral) et… le développement de l'Union Européenne.
L'Union Européenne est un projet de construction d'un État fédéral européen qui ajoute une strate politique supplémentaire, s'accapare des compétences des strates politiques inférieures et éloigne ainsi le pouvoir politique des individus. En outre, en tentant progressivement de construire un État fédéral européen par des politiques d'uniformisation elle réduit la concurrence entre les États européens. L'UE viole par conséquent deux principes fondamentaux du libéralisme et c'est pourquoi elle est fondamentalement profondément anti-libérale.
Bien entendu, tout libéral est favorable à la libre-circulation des personnes, des biens, des services et des capitaux en Europe. Mais l'UE n'est pas seulement un projet économique (d'échange libre), mais aussi un projet politique (de construction d'un État). C'est pourquoi il convient de dissocier les deux et de soutenir le libre-échange en Europe mais pas l'UE.
Certains libéraux craignent les puissants États autoritaires non occidentaux et s'inquiètent pour la sécurité de l'Europe. Mais en l'absence d'un État fédéral européen, rien n'empêche une alliance et une coordination militaires et diplomatiques entre les États d'Europe.
Pour toutes ces raisons, les libéraux peuvent se réjouir du vote de la population du Royaume-Uni qui sonne peut-être la fin du développement d'un État anti-libéral. Enfin, il est à noter que les mouvements nationalistes se nourrissent de la critique de l'UE, mais avec l'affaiblissement de celle-ci ils perdront progressivement probablement arguments et électeurs, ce dont on ne peut que se réjouir.