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L'OMS a sollicité des laboratoires pharmaceutiques en vue de produire un vaccin contre la grippe porcine, dont on ignore toujours le degré de sévérité. Une fois les données établies, il faudra environ quatre mois pour la mise en place. Le suisse Novartis est sur les rangs.Ce contenu a été publié le 01 mai 2009 - 18:28
On sait que le A/H1N1 est un virus mutant mélangeant des gènes humains, aviaires et porcins et qu'il se transmet d'humain à humain, mais l'Organisation mondiale de la santé (OMS) ignore encore le degré de sévérité de l'épidémie.
C'est pourquoi elle a maintenu jeudi son niveau d'alerte à «seulement» 5, faute d'éléments suffisants pour passer au 6e et dernier échelon, soit l'existence établie d'une pandémie.
Le porte-parole de l'OMS a souligné que des personnes ont déjà été guéries de la grippe porcine. «Mais nous ne savons pas comment le virus va évoluer, a ajouté Gregory Hartl. Il faut analyser les modes de transmission et les causes des décès.»
Pour éviter une pandémie
Les médicaments standards sont efficaces, mais un vaccin spécifique permettrait de limiter le développement de cette souche et, précisément, d'éviter une pandémie.
De nouveaux tests de dépistage vont être distribués aux Etats-Unis et un laboratoire équipé de ces tests a été installé au Mexique, ont annoncé jeudi les centres américain de contrôle et de prévention des maladies (CDC). Ce qui devrait accélérer l'identification du virus.
Jusqu'ici, 331 cas de grippe porcine sont confirmés dans 11 pays et le H1N1 a fait 10 morts. Or la grippe classique tue jusqu'à 500'000 personnes chaque année dans le monde.
Il existe une vingtaine de laboratoires produisant des vaccins contre la grippe classique, soit environ 780 millions de doses chaque année. Ils commencent précisément leur production en prévision de l'hiver prochain. L'OMS leur a demandé de poursuivre ce travail, tant que le principe actif d'un futur vaccin contre la grippe porcine n'aura pas été isolé et qu'on n'aura pas décidé d'en développer un nouveau.
Environ quatre mois
Mais cela pourrait prendre dans les quatre mois avant que les premières injections puissent être testées sur des volontaires.
Aux Etats-Unis, les CDC espèrent parvenir à isoler le principe actif d'un futur vaccin dès la mi-mai. «Nous sommes environ à un tiers du chemin», affirme le chercheur Ruben Donis.
Si le résultat génère une bonne réponse immunitaire, les scientifiques pourront se mettre au travail. Il faut d'abord multiplier les agents infectieux en très grand nombre. Traditionnellement, ce processus se déroule via une culture dans des oeufs de poules embryonnés, mais cette technique est trop lente.
Contacté par l'OMS, le groupe suisse Novartis figure parmi les quelques laboratoires qui utilisent une technique plus rapide de cultures de cellules.
Novartis est au travail
Jeudi à Bâle, Novartis s'est dit prêt à se mettre au travail. «Nous avons déjà reçu le code génétique du H1N1 et commencé à évaluer la production d'un vaccin. Nous n'attendons plus que le virus lui-même», a indiqué un porte-parole.
Le groupe pharmaceutique suisse a annoncé qu'il allait également examiner les possibilités de son vaccin contre la grippe aviaire (H5N1) Aflunov. L'utilisation d'un additif, le MF59, permettrait d'augmenter l'efficacité d'un nouveau vaccin.
L'américain Dynavac Technologies et le britannique Lipoxen ont également mené des recherches qui pourraient s'avérer utile.
Les CDC ont encore envoyé un échantillon du nouveau virus à MedImmune, un laboratoire américain qui a commercialisé le seul vaccin antigrippal administré par voie nasale avec un spray.
De leur côté, les 27 ministres de la Santé de l'Union européenne se sont engagés jeudi à travailler «sans délai» avec les laboratoires pharmaceutiques pour développer un vaccin prototype.
Ils ont décidé de mettre en commun leurs données sur la prévention ainsi que le traitement de la maladie et créé un comité d'experts.
swissinfo et les agences
Permanence en Suisse
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Le point
Un jour après le premier cas de A (H1N1) enregistré en Suisse, l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) ne signale aucun nouveau cas. La Suisse compte encore 19 cas suspects.
Le médecin cantonal argovien Martin Roth a indiqué que le malade de 19 ans hospitalisé à Baden (Argovie) après être rentré du Mexique est en bonne santé et qu'aucun de ses proches ne présente le moindre symptôme suspect de grippe.
Les personnes qui se trouvaient dans le même avion que le jeune Argovien sont toutefois priées de consulter dans tous les cas. Le 25 avril, il a emprunté les vols US 804 et US 710 reliant Cancun à Philadelphie, puis Philadelphie à Zurich.
D'un point de vue clinique, la Suisse s'attend à ce que la grippe porcine ait des effets similaires à ceux d'une grippe saisonnière mais avec quatre à cinq fois plus de malades.
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