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Mercredi 8 février 2012, la cour de justice de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) examine une plainte déposée contre le gouvernement fédéral et contre celui de l'État de Rivers pour le recours meurtrier à des armes à feu, imputé à des membres des forces de sécurité, contre des résidents du quartier de Bundu, situé au bord de l’eau, et des habitants des alentours, à Port Harcourt (État de Rivers, Nigeria) en octobre 2009.
La plainte a été déposée par 10 résidents de Bundu et des zones voisines, et par le Projet pour les droits socio-économiques et la responsabilité (SERAP), une ONG nigériane.
Amnesty International a soumis un mémoire destiné à éclairer la cour, répertoriant les normes internationales et nationales sur le droit à la vie, le droit à la protection contre les expulsions forcées, et le droit à un recours utile, ainsi que celles relatives au recours à la force et aux armes à feu. Ce mémoire souligne par ailleurs que l’ordonnance de police 237 du Nigeria n'est pas conforme à ces normes, mais permet à la police de faire feu sur des manifestants, qu’ils représentent une menace pour la vie d’autrui ou non.
Le 12 octobre 2009, au moins 13 personnes été tuées par balle dans le quartier de Bundu, lorsque des membres des forces de sécurité ont ouvert le feu sur une foule de personnes qui protestaient pacifiquement contre le projet de démolition de leurs habitations. Le nombre total de morts demeure indéterminé et, plus de deux ans plus tard, aucune enquête n’a été menée. Une vidéo locale réalisée peu après le drame revient sur les faits et les conséquences directes pour les survivants.
En 2010, Amnesty International a attiré l’attention sur ce cas dans un rapport et demandé au gouvernement d’ouvrir une enquête sans délai.
Les règlements de la police nigériane ne sont pas conformes aux normes internationales sur le recours à la force et aux armes à feu, qui ont pour objectif d'empêcher toute perte de vie supplémentaire et de permettre à la police d’utiliser des armes à feu uniquement lorsque cela est strictement nécessaire à la protection de la vie. En particulier, le Nigeria doit abroger l’ordonnance de police 237, qui ne fournit pas de consignes suffisamment claires concernant le recours aux armes à feu. Rédigée en termes vagues, elle autorise les policiers à faire feu sur les manifestants, qu’ils représentent une menace pour la vie d’autrui ou non.