Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07101.jsonl.gz/395

Bien que désigné comme « compositeur national » allemand au XIXe siècle, Carl Maria von Weber a néanmoins conçu son dernier ouvrage lyrique en anglais. Mandaté en 1824 de composer une pièce pour le Royal Opera House londonien, Weber a accepté la commande, bien gravement atteint dans sa santé. «J'aquiert en Angleterre une belle somme d’argent. Je le dois à ma famille, mais je sais très bien que je vais à Londres pour mourir» a-t-il écrit à un ami. Le compositeur a encore pu diriger lui-même la création d’« Obéron » en avril 1826. Huit semaines plus tard, il a été emporté par la tuberculose.
Au niveau du contenu, « Obéron» est un mélange de l’épopée du même nom du poète allemand Wieland et de motifs shakesreariens. Sire Huon, un jeune chevalier de Bordeaux, doit faire ses preuves en Orient sous le regard du roi des elfes Obéron, ce qu'il réussit avec l'aide d'une corne magique. Il s’agit donc d’un sujet romantique par excellence, traversé d’éléments féeriques, chevaleresques et orientaux. Weber devait cependant répondre aux besoins spécifiques de la scène londonienne, qui allaient à l’encontre de sa propre sensibilité dramatique, et n’a reçu le livret que par tranches successives. L'ouverture, dans laquelle Weber évoque sept thèmes centraux de l'opéra, est par contre libre de toute restriction. Comme dans d'autres ouvertures lyriques, Weber a eu recours à la forme sonate pour anticiper musicalement les conflits et la fin heureuse de l’ouvrage. L'introduction lente avec l’appel de cor d’Huon, le trottinement des elfes et les gestes chevaleresques constituent un pur émerveillement sonore.