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« J’étais en train de cuisiner du riz et des pommes de terre au quatrième étage lors du premier séisme. J’ai couru en bas les escaliers, mais les secousses étaient si violentes que je suis tombée sur les marches à plusieurs reprises », raconte la jeune Anjila Shrestha en tremblant. Arrivée au rez-de-chaussée, elle voit sa mère et l’entraîne en dehors de la maison. Nouvelle réplique. Cette fois, c’est la mère, Osha Shrestha qui empoigne sa fille : « J’ai poussé ma fille vers le poulailler, me suis couchée sur elle et j’ai mis nos têtes dans la cage en métal pour nous protéger. »
La maison des voisins s’effondre et les deux femmes sont ensevelies jusqu’à la poitrine. Elles se dégagent mutuellement avec leurs mains, restées libres, par chance. « Ma mère m’a sauvé la vie », constate Anjila. Heureusement, sa sœur et son frère cadets sont sains et saufs, car ils jouaient près de la rivière en dehors de la ville. « Plusieurs enfants qui jouaient dans les rues sont morts durant le séisme », déplore la jeune femme. Les deux femmes sont blessées : la fille à la main et la mère au dos et à la jambe.
Sous tente aux abords de la ville
Maintenant, la famille vit dans une tente aux abords de la ville, près de la rivière. Excepté le père qui est policier. « Nous ne l’avons plus vu, car depuis le séisme, il travaille sans cesse pour aider les victimes », nous explique son épouse. Les Népalais se disent très satisfaits de l’engagement de la police et de l’armée pour aider les victimes du séisme. Ils sont plus critiques envers leur gouvernement qui, selon eux, n’a pas apporté suffisamment d’aide après le séisme.
La ville de Sankhu s’est transformée en un champ de ruines. La plupart des maisons se sont complètement effondrées. La ville déplore plusieurs centaines de morts et de disparus. L’odeur est dure à supporter. Les gens portent un masque en tissu pour se protéger de la poussière et des effluves. Les habitants ont peur de nouvelles répliques sismiques et n’osent pas récupérer leurs affaires sous les décombres. Les deux femmes ont peur de retourner dans leur maison, mais elles sont néanmoins venues en ville pour chercher la dernière des poules qui s’est échappée durant le séisme. Elles avaient dix poules dont sept ont survécu. À force de « cot cot cot » et de quelques graines, la mère arrive finalement à attraper la poule avant la tombée de la nuit. En ces temps de disette, les poules sont précieuses.
Texte: Katja Remane, responsable communication Suisse romande
Photo: Caritas Suisse