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"Finances durables", voilà la nouvelle tendance qui régit le marché financier suisse. C'est sous ce titre que bon nombre de fournisseurs de services financiers s'engagent pour plus de durabilité. L'air du temps semble porter certains d'entre eux à des raisonnements pour le moins téméraires. Tel est par exemple le cas de la Banque cantonale argovienne (sigle allemand AKB) qui a adopté de nouvelles directives pour ses octrois de crédit. Partant de prétendus "critères d'exclusion reconnus au niveau international", la banque a décidé de ne plus soutenir certaines entreprises, soit en particulier celles faisant le commerce de produits du tabac ou d'armes, encourageant la pornographie, le travail d'enfants ou la pêche aux filets dérivants, exploitant des casinos et même celles produisant ou vendant des boissons alcoolisées. L'abus d'alcool, insiste l'AKB, provoque des "problèmes sanitaires et sociaux" et détruit des familles et des amitiés.
Toutefois, l'AKB exclut la bière et le vin de sa liste noire. Ces boissons, estime-t-elle, sont des produits de consommation tolérables "qui font partie de notre culture alimentaire". De quoi surprendre des chefs d'entreprise argoviens comme Lorenz Humbel qui ne s'attendait certainement pas à ce que sa distillerie de spécialités active depuis 1918 soit classée dans la même catégorie que les marchands d'armes et les producteurs pornographiques.
Les oies et les canards sont des oiseaux aquatiques. Alors que les premières se déplacent principalement à terre, les seconds évoluent fréquemment sur l’eau. Néanmoins, les oies doivent disposer d’eau à proximité, notamment pour soigner leur plumage. L’ordonnance sur la protection des animaux en tient compte en exigeant un plan d’eau sur lequel les oies peuvent nager.
Le comportement typique de l’espèce pour les soins du corps ne doit pas être inutilement restreint par le mode de garde des animaux, exige en substance l’ordonnance sur la protection des animaux. Jusque-là, tout le monde est d’accord, mais, s’il en va selon l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV), les détenteurs d’oies devront bientôt agir en maîtres-nageurs.
Pour des raisons pratiques, le bassin mis à disposition des oies pour soigner leur plumage est généralement disposé dans l’étable. Ainsi, les animaux peuvent se nettoyer matin et soir. Mais de l’avis de l’OSAV, cela ne suffit pas. Le bassin doit être à disposition toute la journée et durant toute l’année. En clair, les détenteurs d’oies doivent aménager un étang doté d’un dispositif d’entrée et de sortie antidérapant
ou d’un bassin portable remplissant la même fonction.
En présence de jeunes animaux, le bassin doit être plat sur les bords et faciliter la sortie de tous les côtés. Dès leur troisième semaine de vie, les jeunes oies doivent avoir la possibilité de se baigner, les six premières semaines sous surveillance – un programme de soins complet pour ces animaux d’élevage.
L’OSAV impose les mêmes standards de protection des animaux à tous les éleveurs, qu’ils soient bio ou non. Il précise cependant qu’il ne faut pas comparer les exigences suisses en matière de garde avec les standards UE. Résultat: les producteurs novateurs de Suisse se retirent de plus en plus de ce marché à cause des exigences excessives et le nombre d’oies importées de Hongrie augmente. Dans ce pays, les oies ne peuvent pas sortir en plein air et n’ont pas d’eau. Elles sont tout simplement engraissées.
Le parlement municipal de Genève a décidé durant une séance nocturne de février 2022 d'offrir une carte de réduction aux femmes habitant la ville. L'égalité des droits est une revendication dépassée: aujourd'hui, les femmes genevoises doivent pouvoir profiter d'un rabais de 20% sur tous les équipements de la ville. Les hommes, eux, continueront de payer le plein tarif pour accéder à la piscine, au théâtre ou au musée.
Cette proposition a été justifiée par l'inégalité des salaires. Selon la parlementaire socialiste Oriana Brücker, la lutte contre cette inégalité est une tâche des villes et des communes. L'intervention a avant tout un "caractère symbolique" et sert à illustrer le problème. Des spécialistes de droit constitutionnel estiment que la proposition viole le principe de l'égalité des droits? Les initiatrices s'en moquent complètement. Elles se réjouissent en revanche de l'écho médiatique international obtenu par leur action. On parle de notre idée, constatent-elles avec satisfaction.
La commune argovienne de Berikon se situe dans le district de Bremgarten, au sud du col de Mutschellen. Une idylle rurale qui est cependant dérangée depuis quelque temps par une sérieuse dispute. A cause de l'intervention de quelques habitants insomniaques, Walter Brechbühl, un paysan de l'endroit, doit désormais enlever les cloches à ses vaches à 22 heures. Les règles du silence nocturne s'appliquent également aux cloches des vaches, a décidé le département cantonal concerné. La commune de Berikon devra donc adapter son règlement de police – et Walter Brechbühl fera désormais paître ses vaches sans cloche.
L'auteur de la plainte est un habitant de la commune du nom de Markus Hüsser. Sa maison se situant directement à côté du pâturage, il est impossible d'y dormir une nuit complète, affirme-t-il. Durant les vacances, il a même dû "fuir sa maison" pour avoir la paix. Pour lui, il n'est pas acceptable qu'il soit interdit de faire la fête dans son jardin après 22 heures, alors que les vaches peuvent faire sonner leurs cloches toute la nuit. Sa plainte a suscité diverses réactions: une pétition signée par 37 personnes pour une interdiction des cloches de vaches entre 20.00 et 07.00 heures a été suivie par une autre pétition signée par 74 citoyens opposés à une interdiction des cloches. Il y a même eu une manifestation de solidarité pour le paysan concerné et ses vaches portant cloches.
La commune de Bauma dans la vallée zurichoise de la Töss a posé un contrepoint: l'assemblée communale a décidé que les cloches d'église et de vache ne constituaient pas une nuisance sonore, si bien qu'elles doivent être exclues du règlement sur les heures de silence. Une inscription dans ce sens dans le règlement de police est censée empêcher toute plainte. "Ces bruits font partie de la vie rurale", a relevé le président de la commune. Point final.
Gagnant des sièges dans toute la Suisse, le parti écologiste se sent appelés à de grandes d'initiatives. Par exemple, Raphael Fuhrer, député au Grand Conseil de Bâle-Ville, estime que les citadins devraient davantage prendre conscience du monde des légumes. La population doit être sensibilisée aux changements saisonniers et à la durabilité, estime-t-il.
Raphael Fuhrer a donc déposé au Grand Conseil une intervention qui charge le canton d'informer la population sur la saisonnalité des plantes et denrées alimentaires ainsi que sur leur culture. Les connaissances sur la culture végétale régionale se perdent de plus en plus, regrette-t-il. Les jardiniers de la ville doivent donc recevoir le mandat d'informer les Bâloises et les Bâlois sur la date de la récolte de pommes de terre et sur la manière d'exploiter biologiquement les jardins collectifs.
La Grand Conseil a certes finalement suivi l'avis du gouvernement cantonal, mains non pas parce que celui-ci aurait jugé l'idée déplacée: non, en fait le Conseil d'Etat avait déjà "implicitement formulé ce mandat": le canton de Bâle-Ville offre depuis plusieurs années un service de conseil en matière de compostage. Il est ainsi possible de demander un rendez-vous à un expert en la matière. Celui-ci se rendra au domicile du citoyen pour lui "expliquer étape par étape comment composter correctement dans son jardin". Lorsque tous les cas pendants auront été réglés, le service de conseil pourra être étendu à d'autres domaines. Rien n'est impossible.