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L'empathie ou « la faculté de comprendre ce que ressent une autre personne et de s'identifier à elle » est un facteur essentiel de l'intelligence émotionnelle propre aux bons managers. Elle exige de pouvoir adopter la perspective des autres, de tenir compte de leurs pensées, opinions et sentiments ainsi que de pouvoir se mettre à leur place.
« Faites chauffer une casserole d'eau à haute température. Essayez d'y plonger une grenouille vivante : la grenouille s'échappe d'un bond. Renouvelez l'expérience dans de l'eau froide, qui est ensuite chauffée progressivement jusqu'à ébullition : la grenouille n'essaie jamais de s'échapper. Elle meurt ébouillantée. »
Assumer de nouvelles tâches ou responsabilités peut parfois s'avérer difficile : cela nous oblige à sortir de notre zone de confort en nous exposant au regard de notre hiérarchie dans un domaine où nous ne nous sentons pas tout de suite à l'aise. Cela nous demande sans doute du courage et des efforts supplémentaires, mais l'enjeu est de taille car, en fin de compte, c'est ce qui nous permettra de progresser dans notre travail et d'exprimer pleinement notre potentiel.
Je rentre tout juste de la conférence annuelle de l'Association internationale des ombuds, où l'un des thèmes abordés était le rôle du témoin passif, à savoir la personne qui assiste à une situation inacceptable ou potentiellement toxique, et qui ne fait rien. Or, le simple fait d'être là a une incidence sur la situation.
Pourquoi la présence d'un témoin est-elle importante ?
Le mois dernier, le CERN a accueilli une réunion du groupe européen des ombuds et des médiateurs, qui a rassemblé environ 25 ombuds des secteurs public et privé en Europe. L'occasion pour les membres du réseau d'avoir des échanges et de faire le point sur leurs procédures et pratiques.
Lorsque je suis arrivée au CERN, en 1976, relativement peu de femmes y travaillaient. Les rares femmes occupaient généralement des postes administratifs, beaucoup ayant commencé en tant que « scanning girl », appellation incongrue qui leur était donnée indépendamment de leur âge. À l'époque, il était tout à fait normal d'entrer dans un atelier et de trouver des photos de femmes nues accrochées aux murs ; le sexisme au quotidien était monnaie courante.
Cela vous est peut-être déjà arrivé : vous écoutez quelqu'un parler et, même si ce qui est dit a l’air raisonnable, vous avez un sentiment de malaise. Sans pouvoir mettre précisément le doigt sur le problème, vous commencez à vous interroger sur les motivations de la personne en face de vous, et avez de plus en plus la sensation qu'elle vous manipule. La manipulation peut prendre de nombreuses formes, et se dissimuler derrière une apparence de vulnérabilité, de bonnes intentions ou d’un souci du bien de l'équipe.
Attribuer des étiquettes à ses collègues, qu'elles soient négatives (« halo négatif ») ou positives (« halo positif »), revient à les observer à travers un prisme qui colore toutes nos perceptions ainsi que celles de ceux qui nous entourent. Cette attitude encourage les préjugés, ce qui influence notre jugement et, indépendamment du fait qu'ils soient positifs ou négatifs, rend nos appréciations moins objectives. Aussi faut-il éviter d'apposer des étiquettes et garder notre esprit ouvert en toute circonstance.
La conférence « Gender in Physics », organisée au CERN la semaine passée, a été l’occasion de rappeler que, depuis 20 ans, notre Organisation est à la pointe du mouvement en faveur de l’égalité hommes-femmes dans la science, une voie ouverte en 1996 avec le lancement du programme d’égalité des chances. Les femmes représentant aujourd’hui environ 18 % des effectifs de scientifiques et d’ingénieurs, on mesure le chemin parcouru depuis 1995, où elles ne représentaient qu’environ 11 % des informaticiens, 3 % des physiciens (physique théorique et appliquée) et 0,5 % des ingénieurs.
Traditionnellement, le début d’une nouvelle année est le moment pour chacun et chacune d’entre nous de faire le point sur ce qui a été accompli par le passé et de se fixer des objectifs pour l’avenir. Pourquoi alors ne pas également en profiter pour réfléchir collectivement, en tant que collaborateurs du CERN, à nos échanges quotidiens sur le lieu de travail et décider des moyens par lesquels nous pourrions contribuer à favoriser un climat de bien-être et de respect autour de nous ?