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Corsier La grande cloche du temple, fissurée, sera bientôt extraite du clocher pour réparation. Mais avant les travaux, il s'est agi de vérifier si une colonie de Grands Murins, mammifères protégés, occupait les lieux.
Jeudi 11 juillet, deux biologistes du CCO-Vaud (Centre de coordination ouest pour l'étude et la protection des chauves-souris) visitent le temple de Corsier, guidées par le syndic Franz Brun. Leur mission: déterminer, avant les travaux liés à la réparation de la cloche principale et la restauration des deux autres cloches, si une colonie de chauves-souris occupe le clocher. Ces mammifères étant protégés par la législation fédérale depuis 1967, des mesures de protection particulières devraient, le cas échéant, être mises en œuvre.
Mystérieuse disparition
Mais pourquoi soupçonner la présence de chauves-souris à cet endroit? Essentiellement parce qu'en 1982, une expertise menée préalablement à l'entretien de la toiture relevait l'existence d'une colonie de Grands Murins, regroupant environ 100 femelles. Mais en 1995, un rapport réalisé avant les travaux de réfection de la flèche du clocher concluait: «Aucun élément ne permet d'affirmer la persistance de la colonie». Hypothèses avancées quant aux causes de cette disparition: les filets anti-pigeons des fenêtres supérieures, qui auraient pu contraindre la colonie à émigrer dans un endroit plus accessible, «au-dessus de la nef par exemple», ou peut-être le déclin de la colonie suite à une modification des terrains de chasse ou à l'emploi de pesticides. Pourtant, selon Franz Brun, des habitants disent encore régulièrement avoir aperçu des chauves-souris au centre de Corsier.
À la recherche d'indices
Premier constat lors de la visite du clocher: les deux ouvertures en façade sont grillagées, empêchant le passage de volatiles. Par ailleurs, la température n'excède pas une vingtaine de degrés, alors que «les colonies de reproduction ont besoin d'une température régulière d'au moins 30 degrés», selon la biologiste Audrey Megali. Pas de trace non plus de guano sur le sol et, observée à la lampe torche et à la jumelle, la voûte ne laisse deviner aucune silhouette chiroptérique. La conclusion est vite faite: le clocher n'héberge plus aucune colonie de chauves-souris. Restera encore à explorer ultérieurement la partie supérieure de la nef, accessible seulement par une ouverture dans la façade extérieure. Refuge, qui sait, de la colonie disparue?
Textes et photo: Priska Hess