Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06930.jsonl.gz/339

L'épaule assure une connexion entre le tronc et le bras via des muscles, des tendons, des ligaments et des structures osseuses (omoplate, humérus et clavicule). L’omoplate comporte une cavité (appelée cavité glénoïde) dans laquelle s’insère la tête de l’humérus (d’où l’autre appellation: articulation gléno-humérale).
Dans la luxation postérieure de l'épaule, la tête de l'humérus sort de sa cavité articulaire pour se positionner en arrière de la glène de l’omoplate (scapula). La tête humérale peut être palpée dans le dos.
La luxation gléno-humérale postérieure est rare: moins de 5% de toutes les luxations de l’épaule.
La luxation gléno-humérale postérieure apparaît le plus souvent lors d'un traumatisme (épisode convulsif, électrocution, accident sur la voie public).
Le diagnostic est manqué dans plus de 50% des cas lors de la première consultation. La luxation gléno-humérale postérieure est un challenge pour le clinicien du fait de ses signes cliniques modérés et d'un bilan radiologique standard souvent équivoque.
Le retard diagnostic altère le pronostic fonctionnel. Après trois semaines, une luxation postérieure de l’épaule, non réduite, est affectée du terme invétérée. Le traitement d'une luxation invétérée est le plus souvent chirurgical.
Contrairement à la luxation antérieure, l'inspection visuelle ne retrouve pas toujours la présence de modification des contours de l’épaule et la palpation ne permet pas souvent de détecter la position de la tête humérale. Par ailleurs, l'impotence fonctionnelle est très souvent modérée, voire inexistante. Le diagnostic clinique repose sur la recherche d'une perte de la rotation externe du membre supérieur.
Le diagnostic radiologique peut être ardu car la radiographie de face ne présente qu'une seule anomalie: la disparition de l'interligne articulaire glénohuméral! L’incidence de profil (Neer) ne donne pas suffisamment d’information sur la position de la tête humérale par rapport à la glène. Dans cette situation, en cas de doute, l'imagerie en coupes (scanner ou IRM) est l'arme absolue!
Patiente de 41 ans héliportée aux urgences pour traumatisme crânien lors d'une collision à ski. Une perte de connaissance d'une dizaine de minutes est indiquée par les accompagnants.
Dès son arrivée, un scanner cérébral est réalisé. Cet examen est normal: aucun saignement intracrânien n'a été décelé.
Des radiographies de l'épaule (Images 1 et 2), du thorax et un gril costal sont réalisées. Les radiographies de l'épaule sont vues aux urgences et sont considérés comme d'interprétation délicate en raison de leur mauvaise qualité. Une IRM est demandée à la recherche d'une probable rupture de la coiffe des rotateurs.
IRM de l'épaule (T2FATSAT dans les 3 plans de l'espace, T1 axial - Images 3 à 10): luxation gléno-humerale postérieure avec fractures.
Scanner de contrôle (Acquisition volumique sur toute l'épaule sans contraste i.v. Images 11 à 15) après réduction sous anesthésie générale: persistance de la luxation gléno-humerale postérieure.
Cliquer sur une vignette ci-dessous pour accéder aux images de grandes tailles.
Patiente de 60 ans admise aux urgences suite à un accident sur la voie publique.
Le scanner cérébral réalisé lors de son admission ne montre pas de lésion intracrânienne.
Radiographies initiales: fracture peu déplacée de l'humérus proximal.
Radiographies du 1er contrôle: l'interligne articulaire glénohumérale n'est pas clairement délimitée.
Radiographies du 2ème contrôle: l'interligne articulaire glénohumérale n'est clairement pas respectée.
Scanner réalisée lors du 2ème contrôle: luxation gléno-humérale postérieure associée à une fracture comminutive de l'humérus proximal.
Cliquer sur une vignette ci-dessous pour accéder aux images de grandes tailles.