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Ses auteurs s'en défendent, mais l'opération a toutes les apparences d'un plagiat doublé d'une manipulation. En 1998, l'équipe de Giuseppe Barbaro, un chercheur de l'Université la Sapienza à Rome, publie dans le New England Journal of Medicine (NEJM) un article sur les cardiomyopathies chez des patients infectés par le virus du sida et sur la présence du virus dans les cellules cardiaques. L'article contient une figure représentant une hybridation in situ de l'ARN viral dans une biopsie cardiaque d'un patient infecté.Or, un article publié en 1990 par un autre groupe dans le Journal of Cardiology contient une figure frappante de ressemblance. «L'aspect cellulaire des deux figures est entièrement superposable», constatent les éditeurs du NEJM, qui ont annoncé dans leur édition du 11 juillet le retrait de l'article de Giuseppe Barbaro. Selon les investigations du NEJM, la figure originale a été inversée de haut en bas et de gauche à droite. Des pixels ont été ajoutés, ce qui suggère une présence accrue d'ARN viral. Pour les éditeurs, il s'agit non seulement d'un plagiat, mais d'une manipulation intentionnelle.Giuseppe Barbaro et ses collègues s'en défendent. Dans une lettre au journal, ils précisent qu'ils «n'approuvent pas cette décision» et «défendent énergiquement la valeur scientifique» de leur travail. Interrogé dans Nature Medicine, Giuseppe Barbaro regrette que le NEJM n'ait pas organisé, comme il le demandait, une réunion de toutes les parties concernées pour examiner la validité des résultats.