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Margaret Thatcher, en son temps, a exprimé en des mots particulièrement édifiants la limite de la voie du compromis, du consensus ou encore de la convergence, puisque c'est ainsi qu'à Genève, au sein de la Constituante, on a rebaptisé ce type de fonctionnement. C'est une manière, disait-elle, « d'abandonner toute conviction, tout principe, toute valeur et toute ligne de conduite pour une chose en laquelle personne ne croit, mais à laquelle personne ne trouve plus rien à redire ».
S'agissant d'énergies, la Constituante a jeudi dernier fourni une nouvelle illustration de ce jeu politicien en l'élevant non seulement au niveau de la caricature mais à celui de l'absurde. Voici le texte de l'article 169 qu'une nette majorité de constituants, en témoignage sans doute de leur « volonté de compromis et de consensus », a accepté :
1. La politique de l'Etat en matière d'approvisionnement en énergies est fondée sur les principes suivants :
- un approvisionnement en énergies ;
- la réalisation d'économies d'énergie ;
- le développement prioritaire des énergies renouvelables et indigènes ;
- le respect de l'environnement ;
- l'encouragement de la recherche dans ces domaines.
2. Les collectivités et institutions publiques sont liées par les objectifs de la présente section, notamment pour leurs investissements et dans l'utilisation de leurs droits sociaux.
3. La collaboration entre l'Etat et les entreprises privées est encouragée en vue de la réalisation de ces objectifs.
Ainsi donc le fondement de la politique de l'Etat en matière d'approvisionnement en énergies se résume à ... un approvisionnement en énergies !!! M. de Lapalisse n'aurait pas fait mieux. Plus aucune référence à l'obligation faite aux autorités d'assurer un approvisionnement suffisant en énergie. Renoncement même à la mission confiée à l'Etat de répondre aux besoins énergétiques de la population et de l'économie. A croire que le canton de Genève, sous la baguette des écologistes, a renoncé à l'économie de marché et est entré en période de rationnement.
On notera que ces absurdités et les dangers qui vont avec ont été votés par une bonne partie de la droite.
Pierre Kunz, constituant