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Le travail dans les révolutions russes
|Titre:||Le travail dans les révolutions russes.

De l’URSS à la Russie: le travail au centre des changements
|Auteur:||Pierre Rolle|
|Collection:||Cahiers libres|
|Pages:||240|
|Prix:||19,5 EUR - 33 CHF|
|ISBN:||2-940189-07-2|
|Date de publication:||1998|
Pierre Rolle est spécialiste de l'organisation du travail dans les sociétés capitalistes développées. Il a examiné de concert avec des sociologues russes trois lieux de travail de la région de Rostov sur le Don (une banque, une entreprise de réparation de motrices électriques, une fabrique de cigarettes) dans la transition de l'URSS à la Russie, avec des références plus générales sur le passage de la Russie à l'URSS, puis de l'URSS à la Russie. Un ouvrage qui réunit reportages, analyses et tentatives de mise en place d'un appareil conceptuel, cela afin de comprendre que dans la Russie actuelle le désordre qui règne, par rapport à l'ancien régime, ne relève pas du strict chaos.
Recensions
Ce qui différencie l’économie occidentale et le système soviétique russe n’est donc pas le système économique (planification ou marché) mais le système de l’emploi. Dans l’économie soviétique russe, le travailleur négocie à l’intérieur de l’entreprise la reconnaissance qui sera accordée par la direction et le collectif de travail à ses prestations… Dans la firme occidentale, la qualité du travailleur est codée a priori en un système de classification des compétences par le système de formation initial ou continu. Mais l’ajustement entre la compétence certifiée et les besoins de la firme n’est jamais garanti… Au contraire de l’entreprise occidentale, l’entreprise soviétique est organisée à partir de l’obligation de conserver son personnel.
Une fois de plus, les travaux de Rolle remettent en cause des idées que l’on croyait acquises. Leur originalité et leur pertinence s’expriment à travers les ruptures qu’implique le passage du local au mondial, de l’établissement industriel à la relation avec l’économie soviétique dans son ensemble, de l’observation sociologique à la critique de l’économie politique.
Pierre Lantz, L’homme et la société (France), N° 130, oct.-déc. 1998
Indifférent aux modes, insensible à l’air du temps, Pierre Rolle en vrai chercheur poursuit son enquête. Son analyse ne porte ni sur les péripéties politiques qui occupent le champ médiatique, ni sur des règlements de comptes avec un passé mal digéré, mais simplement, avec rigueur, il observe le fond obscur des ateliers. Comment pouvait-on maîtriser cette société en mouvement? La réforme n’allait-elle pas emporter la Russie au-delà de ce que ses initiateurs imaginaient jusqu’à disqualifier ses initiateurs et frapper d’impuissance l’Etat lui-même? Pour comprendre ces transformations, encore fallait-il se demander quelle était la nature du régime ancien qui se disait communiste? Qu’en restait-il aujourd’hui, et comment pouvait-on comprendre la Russie apparemment méconnaissable qui paraît se défaire sous nos yeux?
C’est en sociologue du travail que Rolle décortique les zones les plus cachées, c’est-à-dire en fin de compte les lieux où s’effectue le travail.
Mateo Alaluf, professeur de sociologie à l’Université libre de Bruxelles,
La Quinzaine littéraire (France), N° 750, 16-30 nov. 1998