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Le dimanche 16 mai 1920, soit une année et demie après la fin de la Première Guerre mondiale, notre pays adhérait à l’ancêtre de l’ONU, avec des résultats de votation intéressants à rappeler. Ce fut très tendu pour l’obtention de la majorité des cantons, puisque onze cantons et demi acceptèrent et dix et demi refusèrent. En termes de votants, ce fut plus clair avec 414 660 oui pour 322 739 non. A relever un taux de participation absolument exceptionnel de 75%.
Le «Röstigraben» était déjà d’actualité avec une majorité d’avis négatifs outre Sarine. Les résultats du canton de Vaud furent incroyables dans leur proportion: 63 284 oui contre 4 800 non (voir ci-contre les résultats du district d’Orbe). Une étude historique – peut-être a-t-elle été faite – ne serait pas de trop pour tenter d’expliquer cette quasi-unanimité vaudoise.
Dans son édition du 19 mai 1920, la Feuille d’Avis d’Orbe, dans sa chronique locale signée d’un certain G.T., ne ménage pas son enthousiasme pour évoquer ces résultat: «Depuis la fondation de la Confédération, jamais question si capitale n’avait été soumise à l’approbation du peuple suisse (…) Le lundi la ville offre un air de fête. Beaucoup de maisons sont pavoisées. Dans nos écoles, la signification de la journée fut soulignée par les maîtres. Les écoliers ont eu congé l’après-midi et se sont répandus en fusées d’allégresse (…) Vers le soir les cloches de plusieurs villages environnants tintèrent joyeusement (… )» Et plus bas dans le texte quelques considérations générales: «L’honneur lui a été départi d’avoir Genève comme siège de la Société des Nations (…) De même la Société des Nations ne sera susceptible de perfectionnement que si tous les pays qui en font partie déploient en son sein une saine et généreuse activité.» Cette fin de citation ne se vérifiera malheureusement pas; et après quelques résultats obtenus dans des arbitrages et règlements de conflits internationaux (par exemple le référendum organisé pour savoir si la Sarre allait revenir à la France ou à l’Allemagne), la montée du fascisme (invasion de l’Ethiopie par l’Italie, par exemple) et du nazisme (réarmement de l’Allemagne, annexion de l’Autriche…) coulèrent la SDN à l’aube de la Seconde Guerre mondiale.
Lui succèdera l’Organisation des Nations Unies (ONU) à laquelle la Suisse refusera, une première fois, sèchement d’adhérer en 1986. Il faudra attendre 2002.
Les documents présentés viennent d’archives et notamment de la Feuille d’Avis d’Orbe du mercredi 19 mai 1920.