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Lorsqu’une patiente ou un patient doit revenir à l’hôpital de façon imprévue, le CHUV cherche toujours à savoir si cette réadmission met en cause la qualité de ses soins, ou si d’autres problèmes peuvent y avoir conduit.
Lorsqu’une patiente ou un patient revient au CHUV moins de 30 jours après sa sortie de l’hôpital, on parle de réadmission. Certains de ces retours sont prévisibles ou même planifiés, suite à une opération, ou lorsqu’un traitement au long cours demande que la patiente ou le patient revienne séjourner au sein de l’institution (par exemple en cas de cancer). Mais d’autres réadmissions sortent de ce cadre. Il faut alors se demander si le retour de la patiente ou du patient résulte d’un problème dans sa prise en charge. Une infection suite à une opération peut se déclarer une fois la patiente ou le patient rentré·e chez elle ou chez lui, ou l’organisation de la sortie vers le domicile peut ne pas avoir été gérée de manière optimale. Afin d’améliorer la qualité des soins, il est donc important d’identifier les réadmissions qui pourraient être évitées.
Dans son éventail d’indicateurs, l’Association nationale pour le développement de la qualité dans les hôpitaux et les cliniques (ANQ) a retenu le taux de réadmissions potentiellement évitables à 30 jours, calculé par l’algorithme SQLape®.
Si une nouvelle admission survient dans un délai de 30 jours après la sortie de la patiente ou du patient, cet algorithme évalue si la réadmission était potentiellement évitable et calcule un taux observé pour le CHUV. Son calcul se base sur les données médico-administratives, dont les codes de diagnostic; il prend également en compte les caractéristiques des patientes et patients et la complexité des situations. Le taux du CHUV est comparé à un taux attendu, basé sur les données de la Suisse entière pour les années 2007 à 2012.
Nombre de réadmissions potentiellement évitables
Limite supérieure attendue, selon les caractéristiques des patientes et patients
Pourcentage de réadmissions potentiellement évitables au-dessus de la limite
Pourcentage de réadmissions potentiellement évitables au-dessous de la limite
Les résultats 2018 mettent en évidence un taux trop élevé de réadmissions potentiellement évitables. Le CHUV suit cet indicateur semestriellement et avec beaucoup d’attention. C’est pourquoi deux analyses approfondies des résultats ont été conduites en 2017 et en 2018. Ces études ont montré que, dans certains cas, la préparation à la sortie n’était pas assez bien organisée. Durant la même période, des travaux importants ont été menés dans le Département de médecine. Réorganisé en profondeur, il planifie désormais mieux les séjours et suit les traitements de façon plus soutenue.
Les analyses ont également montré que les possibilités d’amélioration ne dépendent pas seulement du CHUV, mais aussi du réseau qui relaie la prise en charge. Enfin, il faut souligner que les réadmissions ne sont pas toutes évitables, en particulier chez les patientes et patients qui souffrent d’une maladie grave et se trouvent en fin de vie. Ces patientes et patients retournent brièvement à la maison avant d’être réadmis à l’hôpital.
En 2019, des mesures qui améliorent la préparation à la sortie des patientes et patients seront poursuivies dans le cadre du projet de Gestion proactive des séjours (GPS+).
De plus, deux projets de prévention seront mis en œuvre concernant certaines complications pouvant générer des réadmissions évitables (thromboses veineuses, sepsis). A moyen terme, l’ensemble de ces démarches devrait contribuer à la diminution des réadmissions potentiellement évitables.
Personne de référence: professeur Peter Vollenweider, chef de service, Service de médecine interne
En instaurant dans ses unités un colloque matinal quotidien, le Service de médecine interne a nettement amélioré sa prise en charge. La durée moyenne du séjour a également diminué.
Le Service de médecine interne (SMI) est l’un des plus gros secteurs de soins du CHUV. On y compte plus de 180 lits, répartis dans huit unités. Quelque 400 personnes y travaillent, dont plus de 100 médecins. Et chaque année, plus de 5’000 patientes et patients y séjournent, le plus souvent âgé·e·s. On y soigne ainsi des affections très diverses, notamment des embolies pulmonaires, des pneumonies, des problèmes dus à l’insuffisance cardiaque, des situations d’infection généralisée (le sepsis ou la septicémie) ou encore des états confusionnels, pour ne citer que les pathologies les plus courantes.
S’il veut suivre au plus près l’état de chaque patiente et patient, un service d’une telle taille demande une organisation très rigoureuse. Jusqu’en 2017, l’organisation du SMI comprenait deux réunions hebdomadaires au sein de chaque unité, dans lesquelles se retrouvaient médecins et personnels soignants pour revoir la situation de chaque patiente ou patient. Il existait aussi, chaque jour, un bref colloque aux premières heures de la matinée. Le rythme et la nature de ces discussions ne permettaient cependant pas de suivre au mieux l’évolution de chaque patiente ou patient, ni de gérer correctement leur sortie de l’hôpital. De plus, les lits du SMI étaient tous occupés durant toute l’année. Cette saturation générait périodiquement des problèmes pour accueillir de nouvelles patientes et nouveaux patients, et menaçait d’épuisement les équipes médicales et soignantes.
Dans le but de résoudre cet ensemble de problèmes, le SMI a radicalement changé l’organisation de ses réunions. Depuis le mois de mai 2017, un «point de 8h» se tient quotidiennement, cinq jours sur sept, au sein de chaque unité du service. Ce colloque dure 30 minutes et regroupe au minimum six personnes: une ou un médecin cadre, une cheffe ou un chef de clinique, des médecins assistant·e·s, l’infirmière cheffe ou l’infirmier chef d’unité, l’infirmière ou l’infirmier de liaison et la ou le secrétaire des médecins. Une ou un physiothérapeute peut également s’y adjoindre. Pendant la discussion, la situation de chaque patiente ou patient est abordée en suivant des critères précis et selon un tour de parole défini. Si une patiente ou un patient vient d’arriver, on définit rapidement son projet de soins. Si elle ou il est en cours de séjour, on ajuste son traitement si nécessaire. On évoque aussi sa potentielle date de sortie de l’hôpital. Chaque projet de soins est ainsi relié à l’organisation du séjour de chacune et chacun.
Les effets de cette nouvelle organisation se sont rapidement fait sentir. D’une part, le rythme quotidien des discussions permet de réagir en temps réel aux éventuelles complications. D’autre part, le «point de 8h» aide à prévoir la sortie de chaque patiente ou patient suffisamment à l’avance. Cette visibilité permet d’avertir sa famille et ses proches à temps. Elle a aussi pour effet d’accélérer la rédaction de la lettre de sortie: destinée à la médecin traitante ou au médecin traitant qui prend le relais des soins, ce document décrit le séjour de la patiente ou du patient à l’hôpital. Son envoi s’effectue désormais deux fois plus tôt qu’auparavant.
Enfin, autre effet très appréciable, la durée des séjours au sein du SMI a très sensiblement diminué. Dès la deuxième moitié de l’année 2017, pour les pathologies les plus fréquentes, elle est passée de 12 à 9 jours par patiente ou patient. C’est un changement considérable. Le service n’est désormais plus saturé. Moins chargées, les équipes médicales et soignantes peuvent mieux respirer et, si nécessaire, se rendre plus disponibles pour les patientes et patients.
Le Service de médecine interne a remporté l’un des deux Prix du jury 2018 lors de la journée Qualiday 2018 pour son «point de 8h».