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Pour 80 pourcent de l'humanité, les ressources médicales naturelles, à savoir les plantes médicinales de la nature, constituent la base de leurs soins de santé. Suivant la définition et le comptage, il y a entre 36 000 et 50 000 espèces végétales utilisées à des fins médicales à travers le monde. Globalement, 70 pourcent de ces plantes sont ramassées dans la nature à l'état sauvage. La suite est facile à calculer: Ces trésors de la nature vont diminuer irrémédiablement. Les organisations de protection de la nature alertent depuis bien longtemps: 15 000 des espèces de plantes médicinales connues à travers le monde sont considérées comme menacées. Même des espèces connues se trouvent près de l'extinction à certains endroits, par exemple la primevère officinale (contient des substances contre les affections respiratoires) ou l'Adonis de printemps (fournit une substance active pour les cardiotoniques).
Dans cette situation, peut-on avoir la conscience tranquille en continuant de transformer des plantes médicinales sauvages en extraits, jus, comprimés et gels?
Plantes issues de nos propres champs au lieu des prairies
Dans sa jeunesse, Alfred Vogel ramassa encore des plantes sauvages dans les prairies et les collines; c'était normal à l'époque. Mais suite à l'utilisation et à la demande de plantes médicinales en augmentation partout dans le monde, il a vite compris, lui aussi, qu'il faut protéger la nature contre les prélèvements trop importants. L'entreprise A.Vogel s'efforce donc depuis sa création en 1963 de pratiquer une gestion très consciencieuse des ressources naturelles. Pour cette raison, les plantes médicinales destinées à la fabrication des remèdes naturels d'A.Vogel sont issues exclusivement des sources suivantes:
- culture sur nos terres
- cueillettes autorisées de plantes sauvages
- projets durables dans le pays d'origine de la plante en tenant compte des besoins du pays et de la population autochtone
La part des plantes cultivées sur les terres d'A.Vogel est d'environ 25 pourcent, la part de la culture sous contrat se situe entre 45 et 50 pourcent et celle de la cueillette sauvage est de 25 à 30 pourcent, en fonction des besoins annuels. Dans l'ensemble, nous transformons près de 200 tonnes de plantes fraîches par an.
Favoriser la durabilité
Nos propres cultures biologiques fournissent par exemple l'échinacée et le millepertuis, alors que les châtaignes du marronnier d'inde p.ex. proviennent d'une cueillette sauvage autorisée. Lorsqu'il n'est pas possible de cultiver une plante en Suisse en raison des conditions climatiques, A.Vogel s'engage en faveur de projets durables dans le pays d'origine de la plante. Ainsi, il existe par exemple un projet de culture pour la griffe du diable au désert du Kalahari.
Parmi les près de 70 plantes différentes nécessaires à la fabrication des remèdes A.Vogel, plus de deux tiers proviennent d'une culture ciblée. Seules environ 20 espèces végétales, p.ex. le lierre (Hedera helix) ou le jus et les feuilles de bouleau (Betula pendula) proviennent de plantes sauvages – et celles-ci représentent la plus petite part en termes de quantité.
La priorité revient alors à une utilisation durable, donc de ménager et préserver les plantes. Aucune menace pour la flore naturelle indigène n'est causée par les 75 tonnes de plantes sauvages cueillies qui représentent nos plus gros besoins, les marrons d'Inde (Aesculus hippocastanum) et les bourgeons de sapin (Picea abies) qui servent à fabriquer des remèdes pour les veines ou du sirop contre la toux. Et ces deux plantes ne sont pas „vraiment sauvages" car elles ont été cultivées aussi dans la plupart des cas.
Miser sur des agriculteurs certifiés sous contrat
Outre l'alternance des cultures, la culture biologique est l'un des piliers de la durabilité, souligne Andreas Ryser, responsable des cultures chez A.Vogel jusqu'à 2019. «Le plus important pour moi, c'est la coopération à long terme avec des fournisseurs sérieux», dit-il. Ryser apprécie les plantes cultivées, «elles sont mieux contrôlables, ce qui permet de mieux appliquer nos critères de qualité.» La plupart des plantes cultivées chez A.Vogel sont proches de la forme sauvage de toute manière. «En matière de durabilité, il serait préférable de se passer entièrement de la cueillette de plantes sauvages», explique Ryser.
Dès le début de son activité chez A.Vogel, il a eu une idée en ce sens. Des dispositions peu claires des autorités ayant entraîné des problèmes dans la cueillette sauvage de bourgeons de sapin, Ryser a œuvré pour planter des haies de sapin sur le terrain de l'entreprise. «Cela a bien fonctionné.» Et pourrait être étendu à l'avenir car l'Allemagne, d'où proviennent la plupart des bourgeons de sapin pour les produits A.Vogel, cultive de moins en moins de sapins; de plus, il y a de moins en moins de personnes qui pratiquent la cueillette.
La culture de la plante médicinale Arnica montana (arnica des montagnes), dont la cueillette est interdite dans la région alpine, a également fait ses preuves. Au bout de maintes tentatives et en coopération avec des spécialistes, A.Vogel est parvenu à mettre en place une culture biologique d'Arnica montana en Allemagne. Cela permet de dépendre moins des cueillettes autorisées de plantes sauvages en Roumanie.
Les agriculteurs sous contrat qui travaillent avec A.Vogel «doivent produire en biologique», nous explique Vanathy Erambamoorty, responsable des cultures depuis 2020. «Ils devraient au moins avoir de l'expérience dans la culture maraîchère de plein champ. Car le processus de travail y est similaire à la culture de plantes médicinales, par exemple pour ce qui est du sarclage des adventices, de l'entretien des cultures et du fait que seule une plante bien précise sera présente sur le champ. A.Vogel recherche les agriculteurs sous contrat de préférence à proximité du site de production de Roggwil TG en raison de la transformation de plantes fraîches. Pour les agriculteurs sous contrat ou bien cueilleurs de plantes sauvages situés plus loin, un système de transport sophistiqué et réfrigéré en conséquence permet néanmoins de livrer une marchandise fraîche pour la transformation. La cueillette est accompagnée d'un compte-rendu de récolte indiquant les lieux de la cueillette ou bien la méthode de culture et la durée de la récolte à des fins de contrôle.