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Cette décision s'explique par le fait que les études épidémiologiques, c'est-à-dire l'évaluation systématique de données sur les maladies parmi de grandes populations, n'arrivent pas à déterminer avec exactitude si des doses de rayonnement même extrêmement faibles sont susceptibles d'entraîner des conséquences négatives sur la santé et sur les générations futures, ou s'il existe des valeurs seuils à ce sujet.
La discussion scientifique sur cette question dure depuis des décennies. Il y a trois ans, la société savante "Health Physics Society" avait mis en garde contre toute affirmation quantitative, dans l'état actuel des connaissances, sur le risque sanitaire présenté par des débits de dose individuelle inférieurs à 50 mSv/a et par des doses individuelles cumulées inférieures à 100 mSv. La société internationale "Radiation Science and Health Inc.", créée récemment aux Etats-Unis, va encore plus loin. Lors d'enquêtes publiques de la Commission américaine de la réglementation nucléaire NRC sur les risques de dépôts définitifs, le porte-parole de cette société, M. E. Rockwell, a attiré l'attention sur des découvertes récentes concernant les divers processus qui se déroulent dans une cellule après irradiation. A des doses très faibles, ces processus renforceraient finalement la résistance de la cellule si bien que le bilan pourrait se révéler positif pour sa santé. Cette hypothèse de l'hormèse avancée pour la première fois il y a plus de 20 ans doit être vérifiée par des analyses directes des cellules, a ajouté M. Rockwell. Si elle devait s'avérer exacte, l'hypothèse conservatrice d'une relation linéaire entre la dose et l'effet, hypothèse prudente actuellement en vigueur en radioprotection, perdrait sa base scientifique.
Or lorsque l'on utilise l'hypothèse linéaire pour calculer le risque résiduel de dépôts définitifs de déchets radioactifs, des débits de dose même infimes jouent un rôle important, du fait de la longue période de l'effet, alors que tel n'est pas le cas s'il existe une valeur seuil. Vu sous cet angle, l'intérêt que manifeste le DOE pour un éclaircissement définitif de cette question s'explique aisément, le DOE étant responsable du stockage de longue durée aux Etats-Unis.
Source
P.B./C.P. d'après Nucleonics Week du 1[sup]er[/sup] avril 1999