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Hausse du prix du pain dans un contexte de grogne sociale
Les autorités libanaises ont annoncé lundi une augmentation du prix du pain d'environ 20%, dans un pays en plein effondrement économique. Les autorités peinent de plus en plus à subventionner les produits de base malgré la grogne sociale.
Cela fait plus d'un an que le Liban est englué dans une grave crise économique qui s'accompagne d'une dépréciation inédite de sa monnaie, une hyperinflation, des licenciements massifs et des restrictions bancaires drastiques.
Evoquant «la hausse continue du prix du blé» et l'augmentation du taux de change pour le dollar, le ministre de l'économie Raoul Nehmé a dévoilé lundi les nouveaux tarifs de vente du pain.
Le sac de pain passe de 900 grammes à 930 grammes et son prix de 2000 à 2500 livres libanaises, a rapporté l'agence nationale d'information ANI, soit une augmentation d'environ 20%. Le prix avait déjà été augmenté en juin et en novembre 2020.
Seuil de pauvreté
La nouvelle hausse intervient alors que plus de la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté, selon l'ONU. La part de la population vivant dans l'extrême pauvreté a explosé, passant de 8% en 2019 à 23%.
Le syndicat des importateurs des produits alimentaires a mis en garde lundi contre un amenuisement à venir des stocks «de moitié, voire plus». Le pays importe 80% de sa consommation de nourriture.
Le syndicat explique ces pénuries et les difficultés d'importation par les fermetures des banques en raison du confinement en vigueur, le manque de liquidités, mais aussi l'afflux des Libanais vers les supermarchés.
A l'automne 2019 la détérioration des conditions économiques avait été un des déclencheurs d'un soulèvement populaire inédit, qui dénonçait l'intégralité d'une classe politique inchangée depuis des décennies, accusée de corruption et d'incompétence.
Heurts à Tripoli
La semaine dernière, Tripoli, dans le nord, a connu plusieurs jours d'affrontements entre les forces de l'ordre et des manifestants fustigeant les répercussions économiques du confinement et l'inaction des pouvoirs publics. Les heurts ont fait un mort et plus de 400 blessés.
La colère pourrait grandir, mettent en garde des experts: les subventions destinées aux produits de base, comme les médicaments, la farine ou l'essence, pourraient être supprimées dans les mois à venir afin de préserver les réserves en devises étrangères de la Banque centrale.
Dans ce contexte, la Banque mondiale et le gouvernement ont signé vendredi un accord portant sur un prêt de 246 millions de dollars sous forme de transferts d'argent et d'accès aux services sociaux à environ 786'000 Libanais.Retour à la page d'accueil
ATS