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À travers les bâtiments dévastés, les forces russes ont progressé vers le centre de Severodonetsk, ville stratégique du Donbass où se déroulent désormais des combats de rue. L'entrée dans cette ville représente une avancée symbolique majeure pour la Russie.
>> Le point de situation dans le 19h30:
L'armée ukrainienne perd ainsi du terrain dans la région du Donbass. Aux yeux de l'enseignant à l'Université de Lausanne Bernard Wicht, auteur de plusieurs livres sur la stratégie militaire, cette situation résulte de "l'art opératif" de Moscou, qui vise depuis le début de son invasion des objectifs bien différents de ceux perçus par les Occidentaux.
>> L'avancée de l'armée russe (en rouge) entre le 13 et le 27 mai:
"C'est difficile à dire compte tenu de la situation humanitaire, mais du point de vue de la stratégie militaire, la manoeuvre entreprise par l'armée russe depuis le déclenchement de la guerre entrera probablement dans les annales de l'Histoire comme un modèle du genre", estime-t-il.
Trois mystifications
Selon lui, le succès des opérations russes, "c'est d'avoir réussi à mystifier tout le monde". D'abord en donnant l'impression qu'ils cherchaient à mener une opération rapide, comme ils avaient déjà pu le faire par le passé. Ensuite, en faisant croire qu'ils cherchaient à prendre la capitale Kiev. Puis, désormais, à rassembler et fixer les forces ukrainiennes près de la ville symbolique de Kharkiv.
"Les Ukrainiens défendent la ville. Pendant ce temps les Russes ont les mains libres dans le Donbass", argue Bernard Wicht.
Objectifs pas seulement militaires
Par ailleurs, les victoires militaires et les gains territoriaux ne sont pas le seul objectif de l'opération de Moscou. "Les Russes pratiquent ce qu'on appelle l'art opératif. Ils ne cherchent pas à détruire l'adversaire, mais à le pousser à s'effondrer sans se laisser entraîner dans un combat d'usure."
Or, pour le spécialiste, certains de ces objectifs ont déjà été atteints: faire peur à l'Union européenne et montrer à l'Otan jusqu'où ils sont prêts à aller. "Nous, Occidentaux, nous voyons le combat comme une bataille gagnée ou perdue. Mais ce n'est pas la vision russe".
Propos recueillis par Philippe Revaz
Texte web: jop