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Manifeste pour la décoration Propos préliminaires Quelque dix architectes de la FAS ont constitué en 1978 un groupe de réflexion sur le thème de la décoration. Ils remettent en question les idées issues du manifeste pour le fonctionnai isme qu'Adolf Loos a publié en 1908 et dont s'inspirent* les courants de pensées qui ont éclos entre les deux guerres mondiales. Ceux-ci influencent très largement 1'architecture depuis cinquante Le groupe lance un cri d'alarme ; il dénonce l'indigfence ornemen tale des constructions contemporaines qui ne sont pas conçues en priorité pour les perceptions que l'on en a. L'un des objectifs du débat consiste à réhabiliter 1 ' architecture vn tant que décor. Cette finalité trouve sa mot.ration dans le besoins qu* éprouve l'homme de s'identifier à son cadre de vie. La qualité de ce dernier préoccupe l'opinion ; réveiller 1'intérêt pour la décoration.
Problématique de la perception du cadre dans lequel évolue l’homme " Dos notre naissance, la perception des choses nous parvient au travers des sens. Nous apprenons à connaître le monde environnant et à nous y incorporer par le jeu d'actions et de réactions, en fixant dans notre mémoire des expériences vécues. Ainsi nous recon naissons le bois de sapin au toucher ; sa structure ne semble pas la même si nous faisons glisser le doigt dans le sens des fibres ou perpendiculairement à celles-ci. Nous reconnaissons de la même façon le fer parce qu'il pompe la chaleur de la peau, le rayon de soleil parce qu'il éblouit et réchauffe, le verre parce qu'il est lisse et froid, etc... La nature inanimée se reconnaît à son immo bilité, et les êtres vivants parce qu'ils sont en mouvement. " " Cela s'applique à là perception de l'espace. Cette dernière résulte •d'un apprentissage : voir, écouter, marcher, sauter, sont des moyens qui permettent de prendre connaissance des masses, des dimensions, des formes et autres aspects des choses. " " Les sens fournissent de très nombreuses informations sur l'environ nement, son étendue, sa couleur, sa température. Nous sentons les mouvements/d'air, la résonance, la lumière, la texture des matières, l'odeur, les vibrations. "
L’iconoclasme contemporain .Jusqu'au début du XXe siècle, en Occident, 1' importance que l'on attache il la décoration apparait sur les bâtiments. Ceux-ci sont ornés de colonnes » de pilastres, de niches, de corniches, de chapi teaux sculptés, de bas reliefs, de triglyphes et de métopes, de statues, de peintures, et de tous éléments en pierre, en métal ou en bois, en staff, -en stuc, en étoffe. Des les premières années du XXe siècle, on dénonce 1'exubérance du décor, 1'inadaptation des formes à la technologie et à la structure, 1'incohérence des programmes et le chaos qui en découle. On considère 1'ornementation comme une ineptie. On justifie 1'archi tecture par la fonction, à 1'exclusion de toute motivation irration-
" Les connaissances mémorisées, la culture, le développement intel lectuel complètent ces perceptions fragmentaires et procurent des satisfactions supplémentaires". C'est le cas lorsque nous jouissons d'u*ne phrase poétique ou'd'un raisonnement mathématique élégant . " " A ces conditions essentielles (lien culturel et connaissance de la matière) peuvent s'en ajouter d'autres qui influencent notre juge ment: : la nouveauté, l'effet de surprise, la variation. Cette dernière joue un rôle important. On sait que 1'extrême régularité, la mono tonie, la répétition exagérée peuvent agir négativement déjà au niveau des sens. Elles sont nuisibles comme un "bruit"qui masque "
" la communication. Et quand l'image n'est pas totalement monotone, mais possède une structure trop "fine", elle est gênante. Les surfaces pourvues de perforations rapprochées ou de stries régu L'Ecole d'Amsterdam, 1'expressionnisme, le Bauhaus, le rationalisme de Gropius et de Le Corbusier, le néoclassicisme de Mies van der Rohe, N lières provoquent des effets stroboscopiques désagréables. De meme un bruit blanc électronique est ressenti comme inesthétique, ont en commun d'abolir la décoration en tant que telle ; ils la alors que la même nature de son§ mais plus variés, une chute d'eau jugent arbitraire. par exemple, est généralement appréciée. " Ces mouvements ont mûri entre les deux guerres mondiales et d 'aucuns se sont épanouis à la faveur de 1'extraordinaire développement qu'a subi la Construction depuis 1950 jusqu'à aujourd'hui..
" Faut-il rappeler que notre champ de vision n'est, net et précis que dans un angle très restreint. Cet inconvénient est compensé par le mouvement continuel de l'oeil (plusieurs fois pat seconde I . ",
Le bilan de cette éclosion montre une architecture dépouillée mais "honnête" enyce sens qu'elle exprime de la façon la plus simple et la plus directe le programme qu'elle contient, ainsi que la structure, et montre avec franchise les matériaux utilisés.
" Nous devons, par conséquent, établir sans cesse un rapport adéquat entre l'objet observé et la distance qui nous en sépare. La hiérarchie des masses, des éléments constituants et des détails facilite cette adéquation. "
La sémiotique résultant de cette conception bannit l ' ornement.. 111c permet notamment de rationaliser la construction et d'en réduire le coût. L'avantage économique est une des causes de son succès. Mais cet iconoclasme appauvrit l'architecture.
" Dans cette optique, la décoration remplit non seulement symbol iquement mais aussi matériellement une des fonctions essentielles de 1'espac architectural. File humanise et complète 1'architecture pur la nouveau té, la variatiön, la structuration, la polychromie, la signification. "
Eloge de la modenature De tout objet, l'oeil perçoit la silhouette, la forme, la valeur moyenne relative, les valeurs composantes, les couleurs, les textures, etc. L'ensemble de ces éléments constitue l'objet visible. perceptible à l'oeil est ainsi composée.
de sa porte, la ciselure de la serrure. L'on parvient à son pied sans que 1'intérêt visuel se soit jamais relâché. A chaque étape de la progression, la construction livre à l'oeil une partie d'ellemême, différente de la précédente. Le regard ne cesse de découvrir, comme si le bâtiment se renouvelait sans cesse. A côté de cette richesse, le silo offre une façade lisse, fade, étouffante d'immobilisme visuel.
Toutefois, cette perception n'est pas simultanée : elle dépend de la distance à laquelle on regarde l'objet, de l'angle sous lequel on . 1'observe et de la lumière qui l’éclaire. ,
Il lui manque ces choses d'échelle, de forme, et de nature diverses qui créent une succession d' "évènements" et contribuent largement à faire 1'architecture.
En admettant que le spectateur se déplace, la distance et les angles d'observation et, respectivement, l'éclairage, varient. L'aspect de l'objet se modifie dans le temps. Cette capacité enrichit les choses de 1'intérêt visuel qu'elle suscite. Tout dans la nature offre cette richesse : un arbre, par exemple, de loin, présente son profil, sa forme, une couleur, une valeur. Puis, à mesure que l'on s'en approche, la silhouette se cisèle, la forme se précise, il apparaît une texture faite de feuilles et de branches ; couleur et valeur se divisent en plusieurs sortes ; le moindre souffle d'air devient perceptible, il fait bouger les feuilles qui miroitent à la lumière ; l'on distingue de mieux en mieux l'écorce du tronc, les défauts du bois, les fleurs ou les fruits et plus on 9'approche, plus les détails abondent : les pétales, les multiples gerçures de l'écorce, le tracé des branches, leur découpe, leur articulation, leur envolée, leur puissance, leur flexibilité, leur délicate fermeté jusqu'aux feuilles de tons verts avec leurs dentelles, leurs veines, leur mouvement. Un seul arbre, quelle richesse ! Tout édifice, en tant qu'objet visible, devrait présenter de sembla bles qualités. De loin on en aperçoit la silhouette, la forme, les proportions, une valeur... A mesure que l'on s'en approche, on en discerne couleurs et textures. A chaque pas - ou à chaque étape - l'oeil saisit un nouvel échelon, une nouvelle composante visuelle donnés par tel ou tel élément architectural qui maintient éveillé 1' intérêt du spectateur que la forme ou les proportions finissent par lasser. Une façade moderne, confrontée à un bâtiment du XIXe siècle, exprime par défaut 1'indigence ornementale dont souffre 1'architecture depuis une cinquantaine d'années. Beaucoup d'édifices contemporains sont aussi nus qu'un silo auquel d'aucuns s'apparentent encore, en tant que "récipients” de personnes ! Ce dernier, vu de loin, peut avoir la silhouette de la tour d'unq cathédrale, mais à mesure que l'on s'en approche il n'offre que la monotonie de sa tôle. Tandis que l'autre présente successivement au regard ses lignes de ‘forces, ses bandeaux, ses corniches, ses modénatures, ses sculptures, le bas relief de son tympan, le sourire d'une statue, les motifs
Conclusion L'homme sensible exprime aujourd'hui le profond désir de combler le vide ornemental que les décennies de "fonctionnalisme" ont provoLe besoin se traduit, communément, par la préoccupation de sauve garder ce qui existe plutôt que de l'améliorer. L'on propose de protéger le paysage et la nature, de "préserver un site, un monu ment. L'on prend des mesures conservatrices plutôt que créatives. Car la menace de destruction pèse dans les esprits et les incite a commencer par écarter le danger. Ce réflexe de défense a ceci de positif qu'il trahit la recherche d'une qualité plus transcendante que le fonctionnement, le confort ou la solidité : un désir de conférer au cadre une expression, un caractère, une signification ; autrement dit, de le mettre en valeur au moyen de tout ce que l'homme est capable d1 imaginer 11 et de créer pour-amé1iorer le décor dans lequel il vit. Cet impact de la sensibilité dans ^le concret devrait préoccuper les esprits qui produisent quoi que ce soit. Bien que bannie par les courants de pensée qui inspirent l'architec ture depuis cinquante ans, la décoration demeure l'une des compo santes essentielles et irremplaçables du domaine bâti. Elle compte parmi ces choses que la raison juge superflues, mais que la sensibilité considère comme primordiales. Car la décoration est un moyen d'identification de l'homme avec son cadre. En stimulant son intérêt visuel, sensoriel, culturel, elle contribue à lé faire "dialoguer" avec le milieu dans lequel il évolue. Elle est un mode d'expression et de communication ; elle est le langage qui confère à l'environnement une signification, une dimension supplémentaire, la transcendance. René KOHCHLIN
1. L'espace urbain : de la réalité à la théorie et à la pratique 2. La nature de l'espace urbain 3. L'expansion spatiale urbaine
4. Les statistiques urbaines : définition, délimitation et mesure de l'espace urbain. 5. Les sites urbains 6. Le sol urbain et sa valeur
L'Espace urbain n'échappe pas aux conditions nouvelles de la connaissance : une multiplication inouïe d1 informations cartographiques, photographiques et surtout statistiques plus ou moins fiables, des possibilités de leur trai tement grâce à 11 ordinateur, des approches pour les corrprendre, c'est-à-dire des sciences et des théories. Qnerveillé et pris de vertige devant ce foison nement, on voudrait pouvoir pratiquer toutes les sciences à la fois ou les fusionner en une seule : la science des villes. Mais à défaut de l'homme plu ridisciplinaire, il faut se contenter de l'équipe, bien difficile à pratiquer. Cerne langage commun, s'offrent alors les mathématiques avec leur apparente rigueur et leurs formulations simplificatrices, nais incomparable instrument de synthèse. Il faut toutefois tempérer leur usage par une fine observation des cas d'espèce c'est-à-dire des herrmes, des quartiers, des villes. Leurs caractères, même les plus simples, ne sont pas entièrement réductibles à des nenbres. A côté du mesurable il y a le non ou le pas encore mesurable, du ra tionnel, 11irrationnel, du connu, l'inconnu, du planifié, le spontané, du souhaitable, le possible, du prévisible, l'imprévisible, du réalisable, l'ir réalisable du moins pour 1'instant ! Autour de oe thème central : la spécificité et finalement, malgré son extrême diversité à travers le monde, une certaine unité de l'espace urbain, les auteurs ont essayé d'ordonner et d'éclairer une multitude de faits et les idées pour les expliquer déjà exprimées par un grand ncirbre d'auteurs que l'on trouvera cités dans la bibliographie. Toute science a trois objets : permettre de mieux connaître et ocnprendre, mettre les connaissances à la portée du plus grand norbre, être utile par ses applications. Ici la corrpréhension des processus est indispensable pour l'aména gement de l'espace urbain nais une science des villes, fut-elle unique, peutelle devenir normative ? Dans un domine où il faut finalement choisir et réali ser, les auteurs ont voulu être le plus concrets possible et en premier lieu ne jamais perdre de vue les problèmes esthétiques, techniques, juridiques, finan ciers, économiques, sociaux et politiques. Il est bien évident que le but de tout urbanisme doit être de réaliser les meilleures conditions de vie possibles pour les citadins au meilleur coût. Enfin, les auteurs se sont efforcés de rester toujours accessibles et par consé quent chaque fois que deux termes pouvaient être utilisés d'employer le plus simple, même si l'autre faisait plus savant. Cet ouvrage est donc à la portée du grand public cultivé.
7. Plans et structure urbaine 8. Le parc immobilier et le logement 9. Les équipements 10. La circulation urbaine 11. La population urbaine
12. Les villes à fonctions et activités spécialisées 13. Les fonctions et localisations industrielles 14. Les commerces et les services 15. Le centre directionnel des affaires ou C.B.D. 16. Le tertiaire public, services et administrations 17. La circulation générale et la ville 18. Les zones d'influence, les réseaux et la hiérarchie urbaine 19. L'espace urbain vécu 20. L'environnement 21. L'urbanisme 22. Rénovation ou conservation 23. Les villes nouvelles 24. La rurbanisation 25. les types d'espacesurbains Conclusion : la croissance urbaine future ; les activités urbaines futures 1 espace urbain futur ; espace urbain et progrès technique ; connaissance de l'espace urbain : utopie ou réalité ; espace urbain et régime politique, économique et social. Bibliographie - Index - Tables.