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Mondkopf, "tête de lune", aka Paul Régimbaud, est ce jeune prodige de la scène électronique française que les Inrockuptibles n'hésitent pas à désigner comme le successeur de Brian Eno et que Chronicart indique être un possible "héritier du Warp période Artificial Intelligence". En 2009, il sortait l'album, Galaxy Of Nowhere, sorti en 2009 sur Asphalt Duchess. Depuis il enchaîne lives et DJ set avec un succès impressionnant pour ses jeunes 25 ans. Son nouvel album Rising Doom est sorti le 18 mai 2011, il en a donné un petit aperçu avec un CDR de quatre morceaux inédits Day of Anger.
Nous le retrouvons à l'occasion de l'Electron Festival 2011 à Genève où il partage l'affiche ce soir-là avec Kruder & Dorfmeister, Dave Clarke et Shed, rien que ça...
Quel a été ton premier contact avec la musique?
Je n'ai jamais fait de solfège ni joué d'un instrument. Toute ma culture musicale me vient de ce que j'ai entendu à la télévision et à la radio. Mon père m'a aussi beaucoup fait découvrir la musique minimale, avec des artistes tels que Philip Glass, Steve Reich ou John Adams.
A la période du collège, j'écoutais beaucoup de hip hop. Cela m'a donné envie de faire de la musique à mon tour; j'ai donc acheté des logiciels et me suis mis à composer. Finalement, de fil en aiguille, j'ai décidé de m'orienter uniquement vers la musique électronique qui correspondait beaucoup plus à mon monde intérieur.
D'où tires-tu ton nom de scène?
J'avais envie d'un nom avec les termes "tête" et "lune". J'ai cherché dans quelle langue cela sonnerait bien. Je n'étais pas convaincu par Moonhead. Voici comment je suis arrivé à la version germanophone "Mondkopf", ce n'était en rien pour créer un lien quelconque avec la scène électronique allemande. J'aimais juste le concept du nom et la sonorité du terme.
Comment décrirais-tu ta musique?
Je dirais que c'est une musique plutôt émotionnelle qui, à travers des nappes musicales, essaie de retranscrire mon monde intérieur et de dégager l'énergie que j'ai en moi. Lorsque je compose, je laisse simplement émerger les choses enfouies en moi.
Parles-nous de ta collaboration avec le collectif graphique expérimental Trafik.
Je voulais avoir mes live accompagnés de visuels. J'ai donc pensé à Trafik, un collectif lyonnais. Je leur ai donné les grandes lignes de ce que je souhaitais, en particulier avoir des images en noir et blanc et leur ai laissé carte blanche. J'ai tout de suite aimé ce qu'ils m'ont proposé, cela correspondait exactement à ce que j'avais envie d'exprimer avec ma musique. Il y a une vraie osmose entre mon univers et le leur. Ils m'ont alors préparé une application qui m'accompagne sur mes live.
En ajoutant des visuels, j'avais envie d'étendre le concept Mondkopf et proposer une expérience aux spectacteurs qui assistent à mes live, une immersion visuelle et auditive dans mon univers.
Comment se passe ton processus de création?
J'écoute passablement de musique lorsque je suis en train de composer un nouvel album, de tous styles. Cela enrichit mon horizon musical et me donne des inspirations de sonorités et atmosphères. Je compose beaucoup tout seul dans ma chambre, j'ai besoin d'être isolé pour faire sortir les émotions que j'ai envie de transcrire en morceaux. C'est difficile pour moi de travailler avec d'autres gens.
Une des seules personnes qui intervient dans mon travail est mon manager Guillaume [Heuguet]. On se connaît depuis longtemps. Au début, il n'aimait pas beaucoup ce que je faisais, il m'a donné des pistes pour rendre ma musique plus intéressante. Il m'a beaucoup aidé à mes débuts à rencontrer les bonnes personnes, à me trouver des contrats et à lancer ma carrière. Il me donne son avis mais, au final, je sais ce que je veux faire et, même si personne n'écoutait ma musique, je n'arrêterais pas de composer, c'est vital pour moi.
Pour l'album Galaxy Of Nowhere, le processus de création s'est étalé sur trois ans. Je créais toutes les semaines un morceau, puis j'en ai compilé une sélection pour l'album. Pour mon nouvel album Rising Doom, cela a été très différent. J'ai travaillé sur une période beaucoup plus ramassée et de manière beaucoup plus spontanée. L'album a ainsi été composé en trois mois.
Comment qualifierais-tu ton évolution musicale de Galaxy Of Nowhere à Rising Doom?
Dans cet album, j'ai senti le besoin de m'orienter vers des sons plus agressifs, sans doute inspirés par mon écoute de metal extrême, de hard core, de punk, des sons beaucoup plus sombres que ceux que j'avais exploré auparavant. J'ai voulu offrir des morceaux plus courts, des morceaux percutants qui vont à l'essentiel. C'est une musique plus primale, une ambiance noire, mon univers du moment.
Vous retrouvez ci-dessous une captation de sa prestation du 5 mars 2011 à la Gaîté Lyrique.