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L'ex-ministre français Jérôme Cahuzac avoue avoir un compte à l'étranger
Dans une déclaration diffusée mardi sur son blog (actuellement surchargé), l'ex-ministre français chargé du Budget Jérôme Cahuzac a admis avoir un compte à l'étranger depuis une vingtaine d'années.
Il a été mis en examen mardi pour blanchiment de fraude fiscale par les juges devant lesquels il a reconnu la détention d'un compte à l'étranger.
Le socialiste a confirmé aux juges qu'il avait "donné les instructions nécessaires pour que l’intégralité des actifs déposés sur ce compte, qui n’a pas été abondé depuis une douzaine d’années, soit environ 600'000 euros, soient rapatriés sur mon compte bancaire à Paris".
Demande de pardon
Accusé par le site d'information Mediapart de détenir un compte bancaire à l'UBS, Jérôme Cahuzac avait nié vigoureusement. Le journal en ligne avait maintenu ses accusations et diffusé dans un second temps un enregistrement dans lequel Jérôme Cahuzac évoquait son compte en Suisse.
La justice française s'est ensuite saisie de l'affaire et a ouvert une enquête qui a conduit Jérôme Cahuzac devant les juges ce mardi.
Dénégation de sa dénégation
Après la révélation de l'affaire fin 2012, le ministre délégué au Budget avait déclaré le 5 décembre devant les députés français: "Je n'ai pas, je n'ai jamais eu de compte à l'étranger. Ni maintenant, ni avant".
A propos de la conversation enregistrée, Jérôme Cahuzac avait déclaré début janvier 2013: "Ca ne peut pas être moi puisque je n'ai jamais eu de compte à l'étranger".
Le ministre avait également annoncé le dépôt d'une plainte en diffamation contre Mediapart. Pour le co-fondateur du site, Edwy Plenel, le parquet "confirme ligne par ligne l'ensemble des informations mises sur la place publique par Mediapart".
olhor
Publié le 02 avril 2013 - Modifié le 03 avril 2013
"Faute morale impardonnable" aux yeux d'Hollande
"En niant l'existence de ce compte devant les plus hautes autorités du pays ainsi que devant la représentation nationale, il a commis une impardonnable faute morale", a déclaré la présidence française dans un communiqué.
Dépêché en urgence sur la chaîne télévisée France 2, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault s'est placé sur la même ligne de défense. "Je n'avais aucune raison de ne pas croire" Jérôme Cahuzac, "je viens vous dire que je ne savais rien", a-t-il assuré.
De la gauche au pouvoir à l'opposition de droite, les critiques ont aussitôt fusé contre le menteur qui avait clamé son innocence en direct à la télévision et jusque dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale.
"J'ai du mal à imaginer que Hollande et Ayrault n'aient pas été au courant", a notamment lancé Christian Jacob, chef de file de l'UMP (opposition) à l'Assemblée nationale.
Blanchiment de 30'000 euros
Les avocats de M. Cahuzac évaluent le montant du blanchiment à environ 30'000 euros (36'500 francs environ).
"Nous avons fait observer que les faits se rapportant à l'ensemble des recettes sont aujourd'hui largement prescrits", a remarqué Me Veil. M. Cahuzac "s'est engagé à ne faire aucun recours contre les investigations qui seront menées en Suisse", a-t-il poursuivi.
L'enregistrement compromettant
Dans cet enregistrement datant, selon le site, de la fin de l'année 2000, l'homme déclare: "Ca me fait ch... d'avoir un compte ouvert là-bas, l'UBS c'est quand même pas forcément la plus planquée des banques".
Cet enregistrement était en possession depuis douze ans de l'avocat Michel Gonelle, ex-rival politique de Jérôme Cahuzac dans le sud-ouest de la France.
La police technique scientifique, qui avait comparé la voix de l'interlocuteur mystérieux de la bande avec celle de Jérôme Cahuzac, avait conclu: "le résultat de notre analyse renforce l'hypothèse que Jérôme Cahuzac est le locuteur inconnu".