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Le 1er décembre 1967, la Suisse inaugure le premier tunnel routier alpin entièrement sur son territoire. Long de 6,6 km, le tunnel du San Bernardino a non seulement permis de rapprocher les communautés grisonnes du Moesano et de la vallée du Rhin, mais a aussi redonné à la région un rôle important sur l’axe nord-sud.
Déjà connu à l’époque des conquêtes romaines, le San Bernardino est l’un des plus anciens cols alpins. Il a été durant des siècles un carrefour essentiel des voies de communication du continent. L’ouverture du chemin de fer du Saint-Gothard à la fin du XIXe siècle a cependant permis de réduire au minimum le trafic à travers les vallées grisonnes.
Dans la période de l’après-guerre, la volonté de construire un tunnel routier sous le San Bernardino, facilement accessible en hiver, se manifeste fortement. A l’aide de véhicules équipés de foreuses, on a pu excaver en moyenne 115 mètres par mois du côté sud et 95 mètres par mois du côté nord. Au terme de trois ans de travaux impliquant 500 travailleurs, le dernier diaphragme rocheux tombe le 1er avril 1965.
L’inauguration officielle n’a toutefois lieu que deux ans plus tard, en présence de représentants de cinq pays européens: Autriche, Italie, Allemagne, Liechtenstein et Suisse. A l'époque, Hans-Peter Tschudi, alors ministre de l’Intérieur avait souligné dans un entretien à la Radio-télévision suisse de langue italienne (RSI) le rôle pionnier joué par la Suisse dans la construction d’infrastructures routières et ferroviaires à travers les Alpes: «La géographie et l’histoire ont donné à la Suisse le mandat d’ouvrir et de sécuriser les cols alpins et lui ont ainsi confié un rôle essentiel de médiateur entre le Nord et le Sud. Avec le nouveau tunnel du San Bernardino, nous confirmons qu’il s’agit de notre mission européenne».