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Confection et bénédiction du drapeau cantonal
L’assemblée générale du 8 février 1942, à la Brasserie Peier à Fribourg, a réuni une participation record de 128 membres sur un effectif de 266, ce dernier ayant progressé de 53 membres en une année. (…)
A l’issue des débats, un secret jalousement gardé par Paul Pythoud fut dévoilé. Jusqu’à maintenant, seul un fanion offert généreusement par le président Georges Bise, accompagnait les membres et les délégués dans les diverses manifestations auxquelles les Fribourgeois étaient conviés. Il fallait faire mieux à l’avenir et c’est l’idée qui a germé dans l’esprit de Paul Pythoud. Passant de l’idée à la réalisation, il forma un petit groupe de travail qui développa activement l’affaire. Le projet fut adopté par l’assemblée, sous réserve du financement qui avait tout de même préoccupé le promoteur qui avait déjà son plan.
Confiant en son ami Paul, Georges Bise le remercia vivement pour tout ce travail et, compl tenu de la qualité de fondateur et de parfait organisateur de Paul Pythoud proposa de lui décerner le titre de membre d’honneur, ce que l’assemblée confirma par acclamations.
Quelques mois seulement suffirent au groupe Pythoud pour réunir les fonds nécessaires à la confection d’un drapeau qui était maintenant attendu avec joie par chacun. Le projet fut élaboré par le professeur Plancherel qui sut, dans les symboles inscrits sur la soie, allier la grâce et la force. Grâce à la mise sur pied d’une loterie (bénéfice 1403 fr. 35) et à la récolte de dons en espèces (1095 fr. 70), le financement était assuré. Le prix du drapeau s’est élevé à 655 francs tandis que l’armoire-vitrine coûtait 550 francs. Tous frais payés, il subsista un bénéfice de 140 francs.
Une imposante manifestation s’est déroulée le dimanche 31 mai 1942. Le cortège emmené par la musique La Concordia de Fribourg défila dans les rues de la ville pour à la cathédrale de St-Nicolas. Derrière la musique suivaient le Comité central, avec son président Jean Stamm, puis les drapeaux avec les sections soeurs des sociétés militaires claquaient au vent. (…) Le cortège se terminait par de longues rangées de chauffeurs militaires dont la cadence et l’allure martiale prouvèrent la fausseté de la légende qui prétendait que les automobilistes militaires ne savaient pas marcher au pas. La manifestation fut suivie du banquet officiel servi à l’Hôtel Suisse. Les discours furent nombreux et tous empreints d’amitié et de patriotisme.
Le parrain Jean Henrioud, laissant parler son coeur, prononça un discours plein de sentiments. Il dit sa joie d’être parrain du drapeau fribourgeois et du choix de Mme Bise, la maman « Grande Bonté » de tous les chauffeurs militaires comme marraine. Il poursuivit en ces termes: « Vous avez tenu à placer, à côté de vos couleurs de Fribourg, cette teinte lie de vin, si chère à tout chauffeur militaire, accompagnée du jaune canari de nos motorisés des troupes légères. Pour la première fois, les deux couleurs des motorisés voisinent sur un emblème. Je vous félicite de votre bon goût. Il est bien que nos canaris sentent qu’ils font partie de notre famille et qu’ils sont également des chauffeurs militaires tout comme les lie de vin. Seule leur mission diffère. Qu’importe au reste la couleur du parement car, tous, nous saurons faire entièrement notre devoir, si notre pays l’exige ».
Texte et images extraits du livre du 50ème anniversaire de l’ARTM Fribourg, disponible sur la page Histoire.