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Pensez à vos spermatozoïdes: courez plutôt que de rester sur votre canapé
Une étude menée à la Harvard School of Public Health fait un parallèle entre l’activité physique et les critères de bonne santé des cellules sexuelles mâles. Révélons d’emblée le chiffre le plus explicite: la pratique régulière d’une heure de sport par jour augmente de près de 50% la concentration du sperme en spermatozoïdes. Ce qui augmenterait également (cela reste à démontrer) la fertilité.
Quinze heures par semaine
Publiés en février dernier sur le site de la revue British Journal of Sports Medicine, ces résultats viennent d’être complétés. Ils ont été présentés à la réunion de l’International Federation of Fertility Societies à Boston1.
L’étude est basée sur les analyses de 189 échantillons de sperme de participants volontaires, âgés de 18 à 22 ans. Outre leur sperme, ces jeunes avaient fourni une série de renseignements détaillés sur leurs activités physiques habituelles. Après croisement des données, les chercheurs observent que sept heures d’exercice physique par semaine sont associées à une concentration de spermatozoïdes accrue de 48% (par rapport à une pratique hebdomadaire inférieure à une heure). Quant aux hommes qui pratiquent plus de quinze heures d’activité physique par semaine, leur concentration spermatique est de 73% supérieure à ceux qui font moins de cinq heures d’exercice.
Haltérophilie: rentable
Quels sports sont les plus profitables? C’est l’haltérophilie qui semble tout particulièrement efficace sur la concentration en spermatozoïdes. Ainsi, deux heures et demie d’haltérophilie par semaine sont associées à une augmentation de 25%. Il en va de même pour les activités de plein air: une heure et demie chaque semaine d’activité physique en plein air est à elle seule associée à une concentration accrue de 42% de la concentration en spermatozoïdes.
Pourquoi? Les auteurs font valoir que l’haltérophilie a des effets (déjà amplement démontrés) sur les niveaux de testostérone et l’amélioration de la sensibilité à l'insuline. D’autre part, l'exposition aux rayons du soleil pourrait stimuler la fertilité en augmentant les niveaux de vitamine D.
Cyclistes: inquiétudes scrotales
Tous les sports ne présentent pas les mêmes avantages. Il semblerait notamment que les cyclistes auraient des concentrations en spermatozoïdes particulièrement faibles. Pour la chercheuse Audrey Gaskins, l’une des hypothèses retient les pressions durablement exercées par les selles sur les scrotums.
Point important: l'exercice physique ne semble pas associé à la mobilité et aux caractéristiques morphologiques des spermatozoïdes, critères également déterminants de l'infertilité masculine.
Prescrire du sport?
Peut-on dès lors raisonnablement prescrire des activités physiques comme remède contre l'infertilité? La plupart des spécialistes restent ici très prudents. Pour Audrey Gakins, il est possible que l'activité physique puisse aider à prévenir l'infertilité (ou l’hypofertilité) masculine, voire même à la guérir. Mais les données manquent encore. «Dans cette étude, nous n'avons pas examiné la relation entre l'activité physique et les taux de grossesse, a expliqué au quotidien français Le Figaro le Dr Jorge Chavarro. Nous ne pouvons donc pas faire le lien entre les concentrations de sperme plus élevées chez les hommes pratiquant une activité sportive et une amélioration de la fertilité. Cela demandera d'autres travaux.»
L’importance du style de vie
Quoi qu’il en soit, cette étude vient confirmer le rôle majeur des facteurs comportementaux et de mode de vie sur les critères objectifs de la fertilité masculine. Une étude qui vient d’être publiée dans la revue Fertility et Sterility va ainsi dans le même sens2. Les auteurs y ont analysé plus de 350 échantillons de sperme provenant de 156 hommes allant en consultation au Massachusetts General Hospital Fertility Center. Ces hommes avaient fourni de nombreux renseignements sur les caractéristiques de leur alimentation.
L’analyse constate au final que la consommation de viandes rouges «transformées» a un effet néfaste sur la morphologie des spermatozoïdes, leur taille et leur forme. Soit un impact négatif sur la fertilité. Les résultats suggèrent que l’apport de graisses saturées est lié à la baisse du nombre de spermatozoïdes. Une seule tranche de bacon ou une seule saucisse par jour entraînerait une baisse de 30% du nombre de spermatozoïdes. En revanche, la consommation régulière de chairs de poissons blancs est associée à une amélioration de la qualité du sperme et de la forme des spermatozoïdes. Et celle de poissons «rouges» à l’augmentation, jusqu’à 34%, de leur nombre.
1. Ce travail, signé par des chercheurs américains, espagnols et danois, a été dirigé par les Drs Audrey Jane Gaskins et Jorge E Chavarro (département de nutrition, Harvard School of Public Health, Boston, Massachusetts). Un résumé (en anglais) de cette étude est disponible ici.
2. Un résumé (en anglais) de ce travail est disponible ici.