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Les partisans de l'initiative "pour des entreprises responsables", soumise au peuple le 29 novembre, démarrent la campagne avec une nette avance dans les intentions de vote, indique le premier sondage de l'institut gfs.bern pour le compte de la SSR. Si la votation avait eu lieu mi-octobre, 63% des personnes interrogées auraient accepté le texte, tandis que 33% auraient dit non.
Le deuxième objet sur lequel les Suisses sont appelés à se prononcer est lui aussi bien parti. L'initiative "pour une interdiction du financement des producteurs de matériel de guerre" dispose de 54% d'opinion favorables. Un peu plus de 40% des sondés sont en revanche opposés au texte lancé par le Groupe pour une Suisse sans armée (GSsA) et les Jeunes Verts.
"Entreprises responsables": une opposition gauche-droite
Sans surprise, les sympathisants des partis de gauche soutiennent l'initiative "pour des entreprises responsables" à la quasi-unanimité (95% de oui pour les Verts, 93% pour le PS). Le texte, qui veut que les sociétés basées en Suisse puissent être traduites devant les tribunaux helvétiques en cas d'atteinte aux droits humains ou à l'environnement, est à l'inverse rejeté par les électeurs des partis de droite (66% de non au PLR, 58% à l'UDC).
Pour l'heure, l'électorat centriste penche lui aussi du côté du oui, tout comme les personnes qui ne se déclarent proches d'aucun parti (63% de oui). A ce titre, la base du PDC - favorable à 56% à l'initiative - s'oppose aux instances du parti, qui prônent le rejet du texte. En revanche, la ligne officielle des Vert'libéraux et les intentions de vote de leurs sympathisants convergent (78% de oui).
Fort soutien chez les femmes et les bas revenus
Les trois régions linguistiques sont majoritairement favorables à cette initiative lancée par une vaste coalition d'organisations non gouvernementales, d'associations de défense des droits de l'homme et de l'environnement ou autres syndicats. L'opposition au texte est toutefois un peu plus importante en Suisse alémanique qu'en Suisse romande ou au Tessin.
En termes de genre, plus de 70% des femmes se déclarent favorables à l'initiative, contre 55% des hommes. L'adhésion au texte croît par ailleurs à mesure que le revenu du ménage baisse. Trois quarts des sondés issus d'un ménage gagnant moins de 5000 francs par mois plébiscitent l'initiative. Le oui reste néanmoins majoritaire même chez les plus aisés.
Clivage droite-gauche aussi sur le matériel de guerre
Comme pour le premier objet, l'initiative sur le financement des producteurs de matériel de guerre est le théâtre d'un traditionnel clivage entre la droite et la gauche. Le texte veut interdire tout financement de la Banque nationale suisse (BNS) ou des fondations et institutions de prévoyance dans des entreprises réalisant plus de 5% de leur chiffre d’affaires annuel dans ce type d'industrie.
L'électorat du PLR (74% de non) et de l'UDC (66% de non) ne veut pas entendre parler de telles restrictions, tandis que celui des Verts (91% de oui) et du PS (87% de oui) y est clairement favorable. Au centre, les sympathisants vert'libéraux (65% de oui) penchent du côté de la gauche et ceux du PDC (56% de non) se rangent avec la droite.
Les femmes font pencher la balance
Aucun fossé linguistique ne se dessine. L'initiative recueille une courte majorité d'opinions favorables dans les trois régions du pays. C'est le vote féminin qui pousse le curseur vers le oui: 63% des femmes se disent convaincues par le texte, tandis qu'ils ne sont que 44% côté masculin. Le non est d'ailleurs légèrement majoritaire chez les hommes (52%).
L'initiative dépasse les 50% d'intentions de vote favorables dans toutes les classes de revenu, à l'exception des personnes issues de ménages gagnant plus de 11'000 francs par mois. L'opposition au texte augmente avec le revenu, passant de 28% chez les sondés gagnant moins de 3000 francs par mois à 49% chez les plus aisés.
Didier Kottelat
Méthodologie
Le sondage a été réalisé par l'Institut de recherche gfs.bern sur mandat de la SSR. Il a été effectué par téléphone et sur internet, entre le 5 et le 19 octobre 2020. Il a porté sur un échantillon représentatif du corps électoral suisse de 15'267 personnes. La marge d'erreur est de +/-2,9 points de pourcentage.