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L’église de la Trinité fut le sanctuaire catholique le plus proche géographiquement de la ville de Genève pendant tout le XVIIIe siècle. Le curé Benoît de Pontverre élèva en 1699 une chapelle en bois pour rétablir le culte catholique à Lancy ; un premier édifice en maçonnerie est construit entre 1700 et 1707 avec tes pierres de l’ancienne église en ruine. Dès 1731, l’édifice est développé d’après les plans des maîtres maçons Vanière et Pellaton (clocher porche intérieur à la mode savoyarde, nef agrandie, chœur surélevé et voûté). En 1890, une abside néogothique est ajoutée, et entre 1898 et 1900, la façade est remaniée dans le style « village suisse » (création d’un porche et d’un berceau, déplacement latéral du clocher, avec un nouveau couronnement). Ces apports, clocher excepté, seront supprimés lors de la restauration de 1974-75.
En 1873, l’église de la Trinité et la cure furent affectées au catholique-national, nom qui sera rapidement supplanté par celui du diocèse suisse catholique-chrétien (d’une traduction de l’allemand Christkatholisch, littéralement et plus justement, église catholique du Christ). Et en 1909, elles furent remises au conseil de la paroisse catholique-chrétienne de Lancy, à charge pour ce dernier d’entretenir ces bâtiments et de leur conserver leur affection religieuse.
Introduction de la messe en français, participation des fidèles aux chants des offices.
En 1890, la sacristie est agrandie d’une salle de catéchisme et l’église d’une abside en style néo-gothique, ce qui entraînera la pose de vitraux. Sur le vitrail de gauche, on trouve Saint-Paul, Saint-Jean à droite et au centre la colombe dans un motif circulaire.
En 1921, l’église est classée monument historique
Les fresques représentant la nativité et la crucifixion datent de 1922 et ont été peint par Louis Uldry.
La salle de paroisse date de 1930.
En 1960, il fut décidé d’abandonner la politique des réparations selon leurs urgences pour réaliser une restauration complète, par étapes préalablement définies.
En 1973, après une restauration complète permise par le legs d’un généreux paroissien, l’église se présente sous cet aspect.
La paroisse qui aurait pu, en 1974, célébrer par une manifestation solennelle le centenaire de son appartenance aux vieux-catholicisme a préféré porter son effort sur l’achèvement des travaux et l’installation du nouveau mobilier liturgique.
L’autel est consacré le 16 novembre 1975.
C’est lors de l’Assemblée paroissiale 2007 que le projet d’achat d’un nouvel orgue a été présenté par M. Hervé Rousseau, notre organiste. L’orgue électronique commençait à avoir des défaillances. Et comme tout instrument électronique, sa réparation était incertaine. L’idée est alors venue d’envisager la possibilité d’achat d’un orgue à tuyaux. Il s’agissait d’un projet audacieux qui existait depuis des dizaines d’années et qui n’avait finalement jamais vu le jour.
L’orgue a été inauguré officiellement le 31 janvier 2010 lors d’un concert.
En façade, les deux devises de Mgr. Herzog, le premier évêque catholique-chrétien de la Suisse, ont été gravées dans des niches.
« Nous n’avons qu’un seul maître qui est le Christ. » et Là où est l’esprit du Seigneur, là est la liberté »
Les cloches de la Trinité
En 1696, le curé de Confignon Benoît Quimier de Pontverre, descendant de la famille des de Pontverre, célèbres dans l’histoire des “Chevaliers de la Cuiller”, parti pro- savoyard, qui désolèrent Genève au temps de la Réforme, veut rétablir la messe à Lancy.
Il loue une pièce dans une maison au n ̊ 7 du chemin du 1er Août, et y installe une chapelle. Celle-ci sera détruite par un incendie déclaré́ dans la maison voisine après y avoir dit cinq fois la messe.
En 1699, fort de l’appui de la maison de Savoie, qui voyait d’un bon œil le retour du catholicisme, de Pontverre décide de construire une nouvelle chapelle sur un terrain habilement choisi en terre savoyarde. Cette petite chapelle, consacrée sous le vocable de Sainte-Trinité, existe toujours et sert de sacristie. Dès 1704, de Pontverre décide d’agrandir cette chapelle. Ces travaux d’agrandissement continuèrent jusqu’en 1732, avec l’aide de la Savoie. Le 5 décembre 1732, est baptisée la grande cloche, don du roi de Sardaigne Charles- Emmanuel II. Le parrain est le marquis de Challes, seigneur de la Bâtie Meillé, et la marraine est la marquise de Challes, dame d’honneur de la reine et dame de la Bâtie-Meillé. Cette cloche, d’un diamètre de 0m 97, fut installée derrière l’œil de bœuf percé dans la façade de l’église.
Peu de temps après un campanile fut construit sur le toit, selon le modèle du clocher savoyard, et la cloche y fut installée, afin d’être mieux entendue. L’œil de bœuf fut muré, de peur qu’un cambrioleur ne s’introduise dans l’église, ce qui aurait été́ aisé à l’aide d’une échelle. En 1856, la commune, propriétaire de l’édifice jusqu’en 1909, fait réparer le clocher et refondre la cloche qui était fêlée. Cette refonte fut exécutée par la fonderie BILLOT FRERES, à Carouge et porte l’inscription suivante (orthographe respectée !) :
1856
PRESENTE A LA BENEDICTION DE L’EGLISE EN L’HONNEUR
DE MARIE IMMACULE PAR
LE R.P. BOUVIER, CHANOINE, CURE ET DOYEN A LA MARTINIQUE ET PAR MDE
LA COMTESSE CAROLINE NAKYVASKA NEE POTOKA
Le campanile, endommagé par les eaux de pluie, fut détruit et remplacé par le clocher actuel en 1898. Plus tard, une petite cloche fut commandée à la Fonderie de cloches de La Sarraz. Cette cloche, portant le nom de “LANCY”, fut refusée pour un défaut de sonorité́. En 1929, une petite cloche, achetée on ne sait où, fut installée. Il s’agit de la cloche du bateau à vapeur “BONIVARD”, appartenant à la Compagnie du Bateau à Vapeur l’Helvétie, devenue en 1873 la C.G.N. Construit en 1868, ce bateau a été́ détruit par un incendie dans le port d’Ouchy, en 1925.
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