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Le V1 - La charge explosive [35]
La charge contenue dans l’ogive tactique des V1 était composée de 830 kg d’explosifs sous forme pâteuse.
Le type d’explosif utilisé durant la phase de déploiement des V1 a évolué au fur et à mesure des recherches menées à Peenemünde pour améliorer les performances de la bombe volante.
En juin 1944, au moment du déclenchement de l’offensive V1 sur Londres, la version de base standard du missile (Fi-103 A1) emportait une charge constituée d’AMATOL 39A (60 % d’Amatol + 40 % d’ammonite H8).
Au cours de l’été 1944, cet explosif fut progressivement remplacé par le TRIALEN 105, puis par le TRIALEN 106 qui équipèrent bientôt un nouvelle version de la bombe volante, le Fi-103 B2. Le premier V1 équipé de TRIALEN 105 fut tiré en opération le 18 juillet 1944 par le 155 Flak Regiment. La puissance de ces nouveaux explosifs avait été accrue respectivement de 70% et 80% par rapport à l’AMATOL originel. Cela était dû notamment à l’ajout de poudre d’aluminium qui conférait une plus grande puissance brisante à l’explosif, augmentant ainsi considérablement son pouvoir destructeur et l’onde de choc dévastatrice provoquée par l’effet de souffle. L’observation des dégâts obtenus avec ces nouveaux explosifs ultra-brisants montrait que 830 kg de TRIALEN 105 avaient le même effet destructeur qu’une bombe classique de 2000 kg ! L’impact d’un seul V1 était capable de raser un pâté de maison tout entier. L’utilisation de ces nouveaux explosifs se révéla toutefois dangereux car ils étaient par définition très instables et requéraient une prudence accrue durant les phases de convoyage, de manipulation et d’installation de l’ogive. C’est pourquoi les ogives chargées de TRIALEN portaient une croix de Saint André rouge, peinte en évidence sur les deux côtés du cylindre de l’enveloppe.
Au printemps 1945, il devint bientôt impossible de continuer à produire du TRIALEN. L’Allemagne, dont les industries et les voies de communication avaient été détruites ou ruinées par les bombardements stratégiques, souffrait d’une grave pénurie dans tous les domaines. Les ultimes V1 tirés durant les dernières semaines de la guerre furent donc chargés de DONARIT ou de MONACHIT, des explosifs assez pauvres et de mauvaise qualité, généralement utilisés dans les mines. L’effet destructeur était évidemment très inférieur.
Composition des explosifs :
SOURCES :
Yannick Delefosse, "V1 ARME DU DÉSESPOIR", Editions Lela Presse. Collection Histoire de l’aviation n°18. 2006.
Pour en savoir plus sur le V1 ou si vous voulez acheter l’excellent livre très fouillé et richement documenté écrit par Yannick Delefosse sur le V1, nous vous conseillons le site internet de Yannick Delefosse : http://v1armedudesespoir.free.fr/
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