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Dans une grande partie du Nord du pays igbo, les tabourets ronds à trois pieds sont peut-être les tabourets de titre ozo les plus courants ; cela est dû à leurs fonctions largement reconnues au sein de l’institution de titre ozo. Assez curieusement, les premières sources d’archives et de textes, comme celles de Georges T. Basden (1921) et d’Amaury Talbot (1929), n’y font aucune allusion.
Connus sous le nom de oche mpata parce qu’ils sont portatifs, ces tabourets étaient utilisés par un grand nombre de personnes et répandus pour de nombreuses raisons. Une personne igbo titrée possède deux modèles de tabourets de titre : l’un plus élaboré, l’autre, oche mpata, plus transportable. Le premier, objet de prestige, est considéré comme un trône : il est le dépositaire du pouvoir et de l’autorité, tandis que l’autre est adapté à un usage quotidien. Un porteur de titre ozo reçoit ses invités dans l’espace public obu de l’enceinte familiale et s’assoit sur le oche mpata, tandis que ses invités s’assoient sur des banquettes d’argile. Traditionnellement, il leur offre des noix de cola et de la craie blanche (nzu).
Au cours de toute assemblée de lignage où les affaires de la communauté ou de son propre foyer sont discutées, il doit s’asseoir sur ce tabouret rond au plateau finement cannelé soutenant fermement son poids ; les trois pieds du tabouret solidement plantés au sol assurent sa stabilité. Tous les matins, le chef de famille et le porteur de titre ozo s’assoient sur leur tabouret rond, font des libations et recrachent la noix de cola mâchée sur l’autel de l’ancêtre afin de l’activer rituellement.
Hors de chez lui, le porteur de titre ozo emporte son tabouret rond aux assemblées générales (mgbako obodo) dans le village ou sur la place publique de la ville. Ceux qui ne portent pas le titre ozo s’assoient sur le sol. S’asseoir sur le sol attire la pollution rituelle et c’est pourquoi les porteurs de titre ozo considérés comme des êtres sacrés, car leur langue a été rituellement lavée et nettoyée (isacha ile) au cours de cérémonies d’initiation, évitent de s’y asseoir.
Selon Onwuka Akuagbalanze, autrefois, pour les réunions publiques, un enfant (nwa mpata oche) portait le tabouret rond et escortait le porteur de titre ozo en marchant devant lui. Leur passage était annoncé par le tintement d’une petite cloche (oduma) qui pendait librement sous un sac en peau de chèvre suspendu sur l’épaule gauche de cet enfant. Ce son permettait aux personnes transportant un cadavre à la fosse commune d’emprunter un chemin différent car il est interdit aux porteurs de titre ozo de voir un cadavre, en particulier pour les membres pleinement initiés au système ozo, connu sous le nom de ozo ezeani à Oraifite.
Il semble donc évident que ce modèle de tabouret circulaire à trois pieds (oche mpata ou tabourets conçus pour être transportés) est géographiquement le plus répandu et le plus largement utilisé de tous les tabourets de porteurs de titre ozo.