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Après le bronze, la Nidwaldienne est devenue championne olympique de tir, tout en battant un record. Elle espérait secrètement ce titre.
Nina Christen a décroché son titre à la carabine trois positions. Déjà en bronze à la carabine à 10 m il y a une semaine, la soldate de 27 ans évolue sur un nuage. Elle a signé au passage un record olympique (463,9 pts). Un peu distancée après les trente premiers tirs, elle a fini très fort pour devancer deux tireuses russes. C'est la onzième médaille suisse à Tokyo, la deuxième en or.
Nina Christen, aux nerfs d'acier, est montée en puissance au fil de la compétition, finissant sans trembler et avec un œil de lynx au tir debout, après n'être sortie que sixième des qualifications. En finale, au tir debout, elle a mis cinq fois dans le mille (10 points) sur ses cinq derniers tirs.
Le tir aux 50 m est sa discipline de prédilection, et elle ne cachait pas ses ambitions pour le titre, après le bronze assez inattendu aux 10 m (carabine air comprimé), sa «moins bonne» épreuve.
Il y a cinq ans aux JO de Rio, la tireuse de Wolfenschiessen (NW) - une commune au nom prédestiné - s'était montrée déçue de sa sixième place. Elle était restée dans l'ombre de l'aînée Heidi Diethelm Gerber, médaillée de bronze au pistolet à 25 m, et n'en avait tiré aucune fierté.
Au Japon, les suiveurs les plus avertis du tir helvétique ne s'attendaient pas à ce que Nina Christen monte deux fois sur le podium, même si elle comptait déjà un titre européen dans la discipline en 2019 et une victoire en Coupe du monde la même année.
Avant ces Jeux, la dernière Suissesse à avoir glané deux médailles aux JO était Gianna Hablützel-Bürki en escrime à Sydney 2000, mais désormais l'épéiste est rejointe par Nina Christen et Belinda Bencic, déjà assurée de deux médailles en tennis avant ses finales et simple et en double.
Le tir est une spécialité helvétique. Le pays de Guillaume Tell s'enorgueillit déjà de 23 médailles olympiques. Mais Nina Christen n'est que la deuxième Suissesse à monter sur le podium et la première à remporter l'or.
Pour la Nidwaldienne, c'est aussi une récompense de son courage consistant à tout miser sur sa passion. Elle a abandonné ses études de biologie afin de se consacrer exclusivement au tir et de prendre un statut de soldate à 50% dans le cadre du programme fédéral de Macolin (BE).
Son visage taquin sur le podium était empreint d'une émotion compréhensible. Mais Nina Christen n'en perdait pas son calme
caractéristique olympien.