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Les Etats-Unis imposent depuis la semaine dernière de nouvelles barrières douanières sur 34 milliards de dollars d'importations chinoises, la Chine a riposté sur des produits agricoles et du pétrole américains... et les deux pays ont fait savoir que ce n'était pas terminé. Plus tôt cette année, les Etats-Unis avaient instauré des droits de douane frappant l'acier et l'aluminium européen, une décision qui avait été suivie de représailles sur toute une série de produits américains en Europe.
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"Ce sont probablement des escarmouches. Le volume du commerce mondial qui est impacté est de l'ordre de 60 milliards de dollars aujourd'hui, ce n'est même pas 1% du commerce mondial. A ce stade, on est plutôt dans les peintures de guerre, les chansons... Et la question est de savoir si on va vers une escalade. Je pense personnellement que les risques sont assez limités, quoique non nuls", estime Pascal Lamy, directeur de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) de 2005 à 2013, mardi dans l'émission Tout un monde.
"La réalité va résister"
A ses yeux, "l'essentiel va se jouer aux Etats-Unis". "Donald Trump fait des bêtises. Mais la question importante est de savoir combien de temps cela mettra pour que le système américain reprenne le contrôle de ce type qui, sur ce terrain-là, part de principes qui sont complètement farfelus", ajoute Pascal Lamy.
Pourquoi cette escalade n'aura-t-elle pas lieu? "Je pense que la réalité va résister (...). Je ne suis pas sûr qu'un type comme Donald Trump - aussi farfelu qu'il soit et aussi président des Etats-Unis qu'il soit - viendra à bout de son entreprise de démolition, ni des infrastructures, ni des superstructures de la globalisation, c'est-à-dire le multilatéralisme."
Utiliser "l'énergie déstabilisatrice" de Trump
L'ancien directeur de l'OMC reconnaît toutefois que "sur certains sujets", le président américain "n'a pas tort". Il cite en exemple "certaines pratiques chinoises" en matière de commerce qui ne sont selon lui "pas assez disciplinées" par la communauté internationale.
"Les Chinois ne trichent pas avec les règles de l'OMC (...), ce sont les règles de l'OMC qui sont trop lâches, insuffisantes", notamment en matière de subventions, estime Pascal Lamy. Mais les Etats-Unis, l'Europe, le Japon n'ont pas fait assez pression pour moderniser ces règles, ajoute-t-il. "Probablement parce que les Chinois leur auraient demandé des efforts sur d'autres sujets, comme les subventions agricoles aux Etats-Unis."
Dès lors, Pascal Lamy s'interroge: "peut-on utiliser l'énergie déstabilisatrice de Trump" pour faire avancer une négociations multilatérale?".
Propos recueillis par Eric Guevara-Frey
Adaptation web: Jessica Vial