Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06865.jsonl.gz/1212

La réponse individuelle aux différents traitements pharmacologiques dépend de facteurs variés : par exemple, l'adhérence au traitement ou les conditions d'absorption de la molécule active. La génétique joue également un rôle primordial, comme le montrent des expériences toujours plus nombreuses. L'équipe lausannoise d'Amalio Talenti vient d'en fournir une démonstration brillante en publiant les résultats d'une étude s'intéressant aux taux thérapeutiques des médicaments antirétroviraux (Lancet 2002 ; 359 : 30-6).Il est connu que des patients suivant un même traitement anti-VIH montrent des résultats virologiques et immunologiques différents. C'est ainsi que certains patients voient leur chiffre lymphocytaire augmenter faiblement malgré une réponse virologique adéquate. Pour comprendre ce mauvais résultat, l'équipe de Talenti a suivi un collectif de 123 patients et s'est intéressée au gène MDR1, qui code pour la glycoprotéine P. Celle-ci joue un rôle primordial en tant que pompe à efflux et assure la sortie de la cellule de médicaments comme les antiviraux. Or, l'équipe lausannoise a découvert une variation génétique importante de l'expression du MDR1 dans la population étudiée. Trois types de génotypes ont été mis en évidence, correspondant à une expression haute, moyenne ou basse de la glycoprotéine P. Les patients exprimant les valeurs les plus basses de la glycoprotéine P ont les concentrations médicamenteuses plasmatiques les plus basses, mais montrent la plus forte augmentation de lymphocytes CD4 (257 cellules contre 165 et 121 chez les autres groupes). On peut ainsi penser qu'une basse concentration de glycoprotéine P entraîne des concentrations intracellulaires de médicaments plus élevées, donc une meilleure action antivirale. Cette nouvelle compréhension relativise la valeur des mesures plasmatiques de médicament. Les valeurs intracellulaires devraient se révéler un bien meilleur marqueur de l'activité antivirale. Par ailleurs, on peut désormais rêver d'une stratégie d'inhibition de la glycoprotéine P.