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8 milliards de métèques, et moi, et moi, émoi...
La population mondiale devrait dépasser les 9 milliards d'individus en 2050, pour 6,8 milliards cette année et 7 milliards début 2012, selon des calculs de l'ONU. La population des pays en développement passera de 5,6 milliards d'individus en 2009 à 7,9 milliards en 2050. Les pays les plus développés ne devraient voir leur population augmenter que très faiblement (de 1,23 à 1,28 milliard pendant cette même période), et diminuerait même d'une centaine de millions de personnes sans le solde migratoire positif provenant des pays en développement, qui devrait (si les pays riches ne s'entourent pas de murs pour empêcher une immigration qui leur sera pourtant nécessaire) s'établir aux alentours de 2,4 millions de personnes chaque année entre 2009 et 2050. La population des 49 pays les moins développés devrait passer de 840 millions à 1,7 milliard de personnes entre 2009 et 2050. Enfin, la fécondité passera en moyenne mondiale de 2,56 enfants par femme en 2005-2010 à 2,02 enfants par femme en 2045-2050, ce qui se traduira par un vieillissement général de la population mondiale.
L'immigration pour survivre
En février dernier, lorsqu'il s'est agi de voter sur l'élargissement des accords bilatéraux à la Roumanie et à la Bulgarie, élargissement que nous soutenions pour des raisons de principe (la libre circulation est un droit fondamental, indépendamment de toute conjoncture), les autorités politiques et les grandes organisations patronales assuraient que cet élargissement était sans risque pour la Suisse et les Suisses, en particulier les travailleurs, et qu'elle ne représentait pas une concurrence pour les travailleurs indigènes Quelques mois plus tard, les mêmes autorités (les conseillères fédérales Widmer-Schlumpf et Leuthard, la première pour des raisons électoralistes, la seconde pour tenter de boucher les trous béants de son programme) ont un moment envisagé d'user de la " clause de sauvegarde " permettant d'établir, au prétexte de l'augmentation du chômage, des contingents de travailleurs venant de l'Union Européenne. Or non seulement il est impossible d'établir la moindre corrélation entre l'immigration et le taux chômage depuis l'entrée en vigueur de la " libre " circulation, mais on sait désormais (même si on se refuse à l'admettre ouvertement) que l'immigration est une condition de la survie de nos sociétés. Finalement, le Conseil fédéral a rejeté l'idée de réintroduire les contingentements, en expliquant que de toutes façons la crise allait réduire l'immigration (ce dont on peut d'ailleurs fortement douter). C'est confirmer on ne peut plus clairement que la proposition de Widmer-Schlumpf et de Leuthard relevait de la gesticulation politicienne et du déni d'évidence : on ne peut pas dire que la conscience de l'évolution démographique mondiale se soit imposée à nos décideurs politiques, qui en sont toujours à se demander comment freiner l'immigration quand celle-ci est tout simplement déjà la condition de notre survie. sociale A en croire les projections de l'ONU, l'avenir démographique de nos pays " développés " est tout tracé : celui de peuples cacochymes torchés par des aide-soignants venus de l'étranger pour travailler dans des EMS construits par des travailleurs émigrés.