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Endigués, canalisés, enterrés, asphyxiés par la pollution et le manque d’eau, les cours d’eau du canton de Genève ont été mis à mal jusqu'aux années 1990 avec des conséquences regrettables pour la qualité des eaux ainsi que pour la faune et la flore aquatiques.
En avril 1997, le parlement adopte une modification de la loi cantonale sur les Eaux (LEaux-GE L 2 05) qui introduit sept nouveaux articles relatifs à la renaturation des cours d’eau.
Protéger et reconstituer les cours d’eau et leur paysage et ainsi favoriser durablement la biodiversité (art. 43 LEaux-GE)
La renaturation comprend le cours d'eau, ses berges, son environnement immédiat et, lorsque c'est nécessaire, la maîtrise de l'hydrologie. Elle consiste en des travaux faisant appel aux techniques permettant au cours d'eau de retrouver des biotopes naturels abritant une faune et une flore indigènes diversifiées et un tracé et des berges proches de l'état naturel.
Ses deux grands principes sont :
- Reconstituer les conditions permettant aux cours d’eau de s’écouler dans un tracé naturel et de retrouver des biotopes proches de l’état naturel, chaque fois que cela est possible
- Réaménager les rives afin qu’elles puissent, chaque fois que cela est possible, retrouver leurs fonctions (environnementale, protection contre les dangers dû à l’eau et sociale).
Ces principes s’appliquent par analogie au lac, considéré comme un cours d’eau au sens de la loi.
L'Etat de Genève établit un programme de renaturation des cours d’eau avec un ordre de priorités déterminé en fonction de la biodiversité potentielle des milieux concernés et des aspects liés à l’hydrologie :
- la maîtrise des risques d’inondation et la gestion des crues
- la garantie pour nos cours d’eau de bénéficier des débits minimaux pour assurer sa capacité de milieu biologique, notamment grâce au partage durable de la ressource eau
- la qualité des milieux et des rejets liés à l’usage de l’eau
- la mise en valeur paysagère, la gestion et l’accueil du public
- l’entretien et la gestion courante des rivières et de la végétation des rives
- la gestion des eaux pluviales, notamment en milieu urbain
- la sensibilisation et la communication en faveur des milieux aquatiques
- l’entretien et la gestion des équipements d’assainissement des eaux
- l’intégration des objectifs de la renaturation des cours d’eau dans le plan climat cantonal, etc.
Parallèlement, un fonds cantonal de renaturation est créé.
Il est alimenté essentiellement par les redevances hydrauliques dont s’acquittent SIG (Services Industriels de Genève) et la Société des Forces Motrices de Chancy-Pougny pour turbiner l’eau du Rhône, par les taxes de pompages perçues par l’Etat, par les subventions allouées par la Confédération et par des dons de tiers (Genève et la philanthropie).
Parmi les projets phares de renaturation :
- Le Nant d'Avril
- L'Aire
- Le Foron
- La Seymaz