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Pierre Streit
Gazprom et sa future armée
Mercredi 3 juillet, le parlement russe a adopté, en troisième lecture, une loi autorisant le géant énergétique Gazprom, ainsi que Transneft (monopole des oléoducs), à entretenir leur propre service de sécurité, armé et doté de pouvoirs élargis. En clair: les agents de sécurité auront les mêmes prérogatives que les forces de l'ordre de l'Etat russe.
Le projet de loi doit encore être approuvé par le président Poutine, mais son appui est acquis. On lui prête d'ailleurs l'intention après 2008 de reprendre la direction de ... Gazprom ...
D'autres entreprises sont sur les rangs: banques, chemins de fer, mais aussi petites et moyennes entreprises soucieuses de protéger leurs biens.
Cette nouvelle est l'une des formes de la désormais reconnue "privatisation de la sécurité" ou "privatisation de la guerre". Si l'Etat russe y est confronté, tel est aussi le cas des Etats occidentaux, y compris la Suisse. Ses formes sont multiples et d'autant plus difficiles à appréhender que les liens qui existent entre Etats et entreprises "privées" sont étroits, voire ténus. L'entreprise militaire ou sécuritaire privée est donc en plein essor et pose une série de questions non seulement juridiques, mais aussi politiques (rôle de l'Etat, monopole de la violence). Car sous couvert de juteuses affaires, il y a des pratiques et parfois des dérapages dont les conséquences ont un coût politique très lourd.
PS