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Vers la dépénalisation du cannabis au Portugal
Ces dernières années, il a beaucoup été question du soi-disant "modèle portugais", basé sur une initiative qui a conduit à l'utilisation de drogues illicites dépénalisées en 2001.
En fait, il est souvent dit que le Portugal est le premier pays en Europe à dépénaliser la consommation de drogues illicites au moyen d'un aspect législatif, tandis que l'Espagne, par exemple, a instauré cette mesure dans la pratique, pour la première fois en 1974 : ce n'était pas par une loi spécifique, mais plutôt le résultat d'une décision de la Cour suprême.
Le processus de dépénalisation au Portugal est sans aucun doute un exemple démontrant qu'une plus grande tolérance envers les usagers de drogues ne conduit pas à une augmentation de la consommation. Mais au contraire, tous leurs indicateurs montrent une réduction de la consommation des drogues illicites et des problèmes liés à celles-ci, suite à ce changement.
Néanmoins, cette dépénalisation a des lacunes et des contradictions : la culture de plantes psychoactives illicites (dont le cannabis est la plus courante) est toujours considérée comme un délit, même si elle est destinée à un usage personnel. Cette contradiction, permettant la possession et l'utilisation de petites quantités mais pas l'auto-approvisionnement, signifie que les consommateurs sont encore dépendants du marché illégal.
De plus, la possession pour usage personnel est passible d'une infraction administrative. Des commissions de dissuasion (dont les membres sont des conseillers juridiques, des psychiatres et des travailleurs sociaux) ont été créées et sont en mesure d'imposer des amendes ou des services communautaires. Un autre de ces rôles est de persuader les personnes toxicomanes à s'inscrire à des programmes de traitement. Environ dix pour cent des cas ont été réglés par une amende.
Depuis quelques temps, divers groupes ont fait valoir que des mesures supplémentaires doivent être prises pour la dépénalisation avec une règlementation cohérente qui couvrirait tous les aspects de la question et permettrait un système d'approvisionnement alternatif au marché illégal.