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Hans Erni est mort à l’âge de 106 ans à Lucerne en 2015. Ce centenaire passé laisse derrière lui une œuvre monumentale que seule la mort put arrêter. En effet, jusqu’à la fin de sa vie, il continua à travailler au « rythme d’un jeune homme » comme il aimait le dire, arrivant à son atelier tôt le matin pour y rester jusqu’à 20h et parfois tard dans la nuit. Il n’oubliait jamais de prendre son linge afin d’aller nager après ses séances de production, peut-être ici un des secrets de sa longévité.
Né le 21 février 1909 à Lucerne, troisième enfant d’une fratrie de huit, il commence sa carrière en tant que dessinateur en bâtiment chez Friedrich Felder avant de rentrer à l’école d’art de Lucerne en 1927. Aussi loin qu’il s’en souvienne, son père affirme l’avoir toujours vu avec un crayon à la main.
En 1928, Hans Erni monte étudier à Paris à l’académie Julian, qui lui attribuera un prix. Il ira ensuite travailler à Berlin afin de perfectionner sa technique. Il y rencontrera des artistes renommés tel que Mondrian, Kandinsky ou encore Brancusi et sera très influencé par des artistes cubistes comme Braques et Picasso.
Jusqu’en 1933 il œuvre sous le pseudonyme de François Grèque qui démontre ses influences antiques. A Paris, il s’engage dans le mouvement d’artistes abstrait Abstraction-Création qui lui permettra de côtoyer plusieurs artistes abstraits et de multiplier ses influences. Lors de ses voyages à Londres aux alentours de 1938, il rencontre et devient ami avec des artistes comme Henry Moore ou Ben Nicholson, ou encore des membres du mouvement Bahaus ayant dû fuir l’Allemagne nazie. La guerre interrompt quelque peu son travail et Hans Erni, en plus de sa fonction de conducteur motorisé, est engagé comme peintre de camouflage grâce à son expérience des peintures à grande échelle.
Hans Erni produit des objets divers et variés, autant des tableaux que des timbres en encore des billets de banque. Il excelle tout particulièrement dans ses fresques, un bon exemple étant la fresque colossale Ta panta rei (« tout en mouvement » en grec) que l’on peut admirer au palais des Nations et inaugurée en 2009. Erni est aussi un adepte de sculpture, de gravure et aime aussi écrire.
Malgré le fait qu’il brille sur la scène suisse et internationale, sa carrière sera quelque peu freinée à cause de ses fréquentations et idées politiques tirant vers le communiste. En effet, nous sommes en pleine guerre froide, et penser à gauche n’est pas des opinions les plus populaires. Il se verra par exemple refuser sa participation à la Biennale de Sao Paolo et retiré la commission du design des nouveaux de billets de banque suisse en 1949.
En combinant son inspiration avec ses diverses influences, Hans Erni développe son propre style : des traits harmonieux et ronds, avec souvent des contours blancs, des personnages et animaux presque caricaturés mais toujours plein de grâce. On ressent dans ses travaux des inspirations diverses et variées, comme l’histoire, la science ou encore la mythologie. Dans ces toiles comme dans ses fresques, il sait habilement donner des airs dynamiques et aériens à des personnages et animaux charnels.
Erni nous lègue une œuvre colossale, composée de tableaux, de fresques, de sculptures et de milliers de dessins. Il reste à ce jour un des artistes suisses les plus talentueux et connus à l’international et nous nous souviendrons de lui comme un talent infatigable, qui œuvra pour l’art jusqu’à son dernier souffle.
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