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C’est probablement la difficulté de mettre en accord la vision ptoléméenne et les nouvelles découvertes géographiques en Asie du Sud qui a été la principale motivation de Mercator pour publier son globe terrestre. Le cartographe s’efforçe en effet de faire correspondre les découvertes les plus récentes avec la représentation héritée des géographes antiques.
Les erreurs sont cependant encore nombreuses pour le continent asiatique. Sur le globe, l’Asie s’étend trop loin vers l’Ouest. D’autres inexactitudes résultent d’une mauvaise interprétation des récits de Marco Polo.
Dans diverses cartouches illustrant le continent, Mercator fait référence à Paulus Venetus ou Paul de Venise, un philosophe italien qui lui a également servi de source.
Vingt ans avant Marco Polo, Guillaume de Rubrouck, un moine franciscain d’origine flamande, dresse le premier portrait des Chinois, des Ouïgours, des Tangouts, des Tibétains du Nord et des Coréens.
D’autres ecclésiastiques séjournent en Arménie, en Perse, en Chine mongole et au Cathay au XIIe et XIIIe siècles, mais c’est surtout grâce aux récits de Marco Polo que le Cathay va s’élever au rang de terre mythique.
L’île de Ceylan fut d’abord connue sous le vocable enchanteur de Trapobane. ce nom évoque la forme de l’île (« tamraparni » en sanskrit) autant que la couleur de sa terre (« tambapanni » en cinghalais).
Pour les navigateurs grecs, elle est la terre des Antichtones, la terre du bout du monde. La flotte d’Alexandre le Grand l’atteint au VIe siècle avant Jésus-Christ. Bien plus tard, quelques riches Vénitiens visitent l’île et les contrées avoisinantes.
Trapobane fascine non seulement par ses richesses, mais aussi parce que depuis le voyage du négociant Suleiman au XIe siècle, on raconte qu’Adam et Eve y avaient trouvé refuge. Nombre d’auteurs chrétiens vont ainsi s’obstiner à faire de Trapobane le lieu du paradis terrestre.
Bien que le voyageur vénitien n’y ait jamais mis les pieds, il l’a amplement rêvé et fantasmé. Zipangri va ainsi représenter tout ce que l’Orient a de plus fabuleux, alimenter les rêves et les fantasmes des voyageurs, des marchands et des cartographes de l’Occident. C’est en tentant d’atteindre ces régions, que Christophe Colomb partira vers le couchant, admettant seulement à son troisième voyage qu’il n’était jamais arrivé face à Cipango.
L’archipel du Levant est finalement atteint par les Portugais en 1543. Mais, les contours des côtes et des îles de cette partie du globe restent très approximatifs jusqu’à la fin du XVIe siècle et la première carte à peu près exacte de l’archipel nippon sortira seulement à l’aube du XVIIe siècle.