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Le site de La Tène a marqué l'histoire de l'archéologie. Découvert au milieu du XIXe siècle, alors que les trouvailles lacustres suscitaient un engouement sans précédent, il a livré une quantité impressionnante d'objets, majoritairement en fer (armes et outils) en parfait état de conservation, ainsi que des éléments en matière organique (bois, vannerie, tissu et cuir), des céramiques et des ossements animaux et humains.
Certains de ces objets présentent d'étranges traces de mutilations volontaires, qui témoignent de pratiques sacrificielles confirmant la fonction cultuelle du site. Cette fonction a été reconnue récemment par les archéologues, à la suite des enseignements gagnés lors des fouilles récentes de plusieurs sanctuaires contemporains dans le nord de la France (Gournay-sur-Aronde, Ribemont-sur-Ancre). A l'origine, les objets avaient été consacrés à des divinités guerrières, probablement exposés sur des trophées commémoratifs. Mais les mutilations sont postérieures: elles ont été effectuées lors de la réfection ou lors de l'abandon du sanctuaire. Les mutilations empêchaient la réutilisation de ces objets précieux, qui restaient ainsi la propriété de la divinité.
Nathalie Zürcher, diplômée en archéologie, stagiaire en muséologie de l'Université de Neuchâtel et guide-animatrice au Laténium