Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06906.jsonl.gz/508

Pour le Alex Frei footballeur, le Brügglifeld d'Aarau a été le théâtre d'un moment mythique. C'était en novembre 2001, quand il a remporté avec l'équipe nationale des moins de 21 ans le barrage qualificatif pour l'Euro contre l'Ukraine. Le Bâlois avait marqué le but de la victoire, propulsant les jeunes Suisses sur la grande scène de la phase finale. Ce jour correspond à la naissance des «Titans» et, d'une certaine manière, au début de l'envolée remarquable du football suisse qui dure encore aujourd'hui.
Désormais, le Brügglifeld va devenir le centre de vie du Alex Frei entraîneur. Il manque encore la signature du contrat, mais personne ne doute que l'ex-star de la Nati sera le nouvel entraîneur du FC Aarau. A peine Boris Smiljanic avait-il annoncé son départ «pour des raisons personnelles» dimanche en fin de matinée, lors d'un brunch avec l'équipe, le staff et les collaborateurs du club, que l'on apprenait que Frei était le favori pour lui succéder.
Comme le révèle l'Aargauer Zeitung, média appartenant au même groupe que watson, le contact entre le directeur général du FC Aarau, Sandro Burki, et Alex Frei ne date pas de dimanche midi. Des entretiens exploratoires sans engagement ont toujours lieu dans ce secteur. En tant que planificateur méticuleux, Burki a cherché très tôt à savoir qui pourrait être un candidat en cas de séparation avec Smiljanic. Oui, avoir un plan B qui reste dans les tiroirs en cas de situation d'urgence fait partie du travail de toute direction sportive.
La question de savoir si Boris Smiljanic a anticipé un licenciement en résiliant son contrat reste ouverte. Burki n'a pas limogé Smiljanic en mars, alors que la situation au classement était très mauvaise. Il lui a laissé le temps de terminer la saison sur une bonne note, avec une série de succès. Le technicien y est parvenu, mais il n'a pas atteint son objectif premier: la promotion en Super League.
On peut supposer qu'en démissionnant du FC Aarau, quatrième du classement final de Challenge League, Smiljanic a plutôt fermé un chantier. Poursuivre le chemin avec lui aurait été un risque. Après avoir raté le barrage, le coach démissionnaire aurait porté avec lui l'odeur de l'échec pour une partie de son entourage. A l'inverse, un licenciement aurait pu être délicat, car il aurait été mal perçu par l'équipe. Smiljanic jouissait en effet d'une bonne cote auprès des joueurs.
Quoi qu'il en soit, Sandro Burki a donc sorti le dossier «Alex Frei» de son tiroir. Le plan B est devenu le plan A. A tel point que peu d'éléments laissent penser que d'autres candidatures sont actuellement examinées sous toutes les coutures au Brügglifeld.
Si aucun obstacle juridique insurmontable – comme le contrat toujours en cours de Frei au FC Bâle – ne se dresse d'ici la fin du mois, c'est-à-dire d'ici le milieu de la semaine, les deux fiancés s'uniront par les liens du mariage dans quelques jours.
Le FC Aarau s'offre ainsi les services d'un esprit provocateur et parfois gênant. Frei est acharné et ambitieux: il serait donc utile à un club que l'on qualifie régulièrement et péjorativement d'oasis de bien-être. Un reproche qui n'était d'ailleurs pas toujours infondé, notamment la saison dernière, au vu des prestations sur le terrain parfois léthargiques.
Quant à Frei, le FC Aarau représente une chance de relancer sa carrière d'entraîneur après sa déception et son licenciement il y a à peine quatre mois au FC Bâle. Mais signer dans le club argovien de Challenge League n'est-il pas pour lui un pas en arrière après son expérience bâloise? D'une certaine manière, oui. D'autant plus qu'Aarau réduira son budget la saison prochaine et sera sans doute davantage axé sur la formation que sur les résultats.
Mais il faut aussi se poser la question inverse: un engagement dans des clubs de Super League parfois chaotiques comme Sion, GC ou Lucerne serait-il une meilleure option après l'amère expérience de Bâle? En tout cas, Frei aurait déjà affirmé en petit comité à propos du FC Aarau que «c'est un club super bien géré». Des voix enthousiastes avaient aussi laissé entendre ce printemps que le Bâlois était même prêt à venir au Brügglifeld «à pied», une manière métaphorique de signaler son fort intérêt.
Avec Frei, Aarau se lance dans une nouvelle ère avec ses entraîneurs: après avoir travaillé à Wil (de septembre 2020 à novembre 2021) et à Winterthour (de décembre 2021 à juin 2022) en Challenge League ainsi qu'au FC Bâle (de juillet 2022 à février 2023) en Super League, Frei dispose d'une expérience du football professionnel nettement supérieure à celle de ses prédécesseurs Patrick Rahmen, Stephan Keller et Boris Smiljanic au moment de leur engagement à Aarau.
De plus, le Bâlois arrive au Brügglifeld avec un certain palmarès, du moins en Challenge League. A Wil, il était considéré comme un excellent développeur de jeunes footballeurs. Puis, à Winterthour, ses résultats ont été bons, au point de permettre aux Zurichois de retrouver l'élite après 37 ans d'absence.
D'ailleurs, les dirigeants du FC Aarau ne sont pas rancuniers: Alex Frei et le FC Winterthour avaient engrangé deux victoires décisives contre les Argoviens lors du deuxième tour de la saison 2021/22 et avaient ravi à ces derniers la première place du classement, synonyme de promotion, lors de la dernière journée.
Adaptation en français: Yoann Graber
Ce sont des scènes inhabituelles que l'on voit depuis fin février dans les kops de nombreux clubs suisses de hockey. Les fans de Davos, Zoug, Ambri, Langnau ou Lausanne, entre autres, affichent tous leur mécontentement dans des tifos (banderoles et chorégraphies) par rapport à l'évolution du traitement à leur égard de la ligue et des clubs. Un véritable mouvement collectif est né.