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En juin 2007, après leur libération de Guantánamo, Abdellah al-Hajji et Lofti Lagha ont été arrêtés et prétendument torturés lors de leur retour en Tunisie. Les deux hommes ont ensuite été condamnés pour lien et appartenance à une organisation terroriste.
Deux autres anciens détenus de Guantánamo sont détenus, sans possibilités de contact avec l’extérieur et sans inculpation, depuis leurs retours en Lybie en décembre 2006 et en septembre 2007, ceci malgré les assurances diplomatiques demandées et reçues par les Etats-Unis.
Les Etats-Unis cherchent activement des Etats tiers qui acceptent des anciens détenus, mais jusqu’à présent sans succès. Le 31 juillet, le porte-parole du Ministère des affaires étrangères, Sean McCormack a dit : «Nous avons demandé à plus de 50 pays, pour éclaircir la possibilité d’une émigration… nous n’avons trouvé qu’un très faible soutien… nous continuons à demander à la communauté internationale de soutenir nos efforts pour trouver une solution de réintégration appropriée.»
Les Etats-Unis responsables
Le gouvernement des Etats-Unis est le premier responsable pour trouver une solution juste et légale aux problèmes qu’il a lui-même créés à Guantánamo. Il pourrait proposer aux détenus qui ne peuvent retourner dans leurs pays d’origine l’émigration aux Etats-Unis, comme alternative à leurs détentions illégales qui continuent à Guantánamo. Mais cette option ne représente pas une solution acceptable pour la majorité des hommes concernés, après qu’ils aient été stigmatisés durant des années et sans raison comme «combattants ennemis» et «terroristes». Ils devraient pouvoir s’installer dans un état tiers pour y commencer une nouvelle existence.
L'asile dans des états tiers
Le 12 décembre 2007, le parlement européen a demandé à la Commission et au Conseil «de lancer une initiative au niveau européen et international, afin d’accueillir des détenus de Guantánamo dans des Etats-tiers.» Depuis, dans quelques Etats, des commissions parlementaires ont réclamés à leurs gouvernements d’augmenter la pression sur les Etats-Unis, pour que ceux-ci accordent l’asile aux détenus «libérables», ou qu’ils les accueillent dans leur propre pays. A cette occasion, la Suisse pourrait poser la première pierre à une solution internationale à ce scandale des droits humains.
Amnesty International s’engage depuis des années pour la fermeture du centre de détention de Guantánamo afin de mettre fin aux nombreuses et innommables violations des droits humains. La recherche de solutions humanitaires durables pour les détenus qui ne peuvent rentrer chez eux représente un pas dans cette direction. Ils doivent être transférés dans un pays où ils pourront enfin être en sécurité, après des années de souffrance et d’absence de protection. L’octroi individuel de l’asile est une option, mais elle n’est pas la seule variante possible. L’admission collective d’un groupe de réfugiés est également envisageable.