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La plupart des jouets sont fabriqués en Chine. Malheureusement, la réalisation des rêves des enfants est synonyme de misère et d'exploitation pour les travailleurs et travailleuses. C'est ce que montre notre dernière enquête dans quatre usines chinoises de jouets.
Les ouvrières et ouvriers proviennent souvent de régions éloignées et vivent séparés de leurs enfants, amis et parents. Les salaires auxquels ils sont payés ne suffisent pas pour vivre. C'est pourquoi ils multiplient massivement les heures supplémentaires en travaillant onze heures par jour, six jours par semaine en haute saison (c’est-à-dire en été et automne pour produire les jouets vendus à Noël). Le manque de formation en matière de sécurité et le nombre insuffisant d'équipements de protection constituent des risques pour la santé. Les insultes contre les travailleurs-euses et les discriminations sont monnaie courante. Le harcèlement sexuel est également un problème majeur.
La plupart des ouvrières et ouvriers dorment jusqu’à huit dans des dortoirs d’usine vétustes. Les installations insalubres et sans eau chaude ne sont pas rares. Il n'existe pas non plus de mécanismes de plainte permettant de dénoncer les violations du droit du travail, sans parler de l'existence de syndicats indépendants qui pourraient contribuer à améliorer la situation du travail.
Des changements insuffisants
Cette situation n'est pas nouvelle. Dès le milieu des années 1990, deux incendies dévastateurs d'usines ont mis en lumière les conditions de travail précaires dans les usines chinoises de jouets. Les critiques et pressions massives de la part des consommatrices et consommateurs, des ONG et des médias ont conduit l'industrie du jouet à prendre des mesures, quoique limitées.
L’association mondiale du jouet a adopté un code de conduite. Ce « Code of Business Practices » valable pour tout le secteur a défini et normalisé des normes sociales minimales pour tous les fabricants (en particulier en Chine) qui produisent pour le compte de multinationales telles que Mattel, Disney ou Hasbro. Avec très peu d’impacts. C'est ce que prouvent les nombreuses recherches menées dans les usines chinoises de jouets par l'ONG China Labor Watch.
Le rapport 2019 met en lumière la précarité des conditions de travail
De juin à octobre 2019, l’ONG China Labor Watch a conduit une vaste enquête dans cinq usines de jouets qui produisent pour Hasbro, Disney, Mattel et Lego (pour Legoland). A nouveau, de graves violations du droit du travail chinois et des normes de l’Organisation internationale du travail (OIT) ont été constatées. Voici quelques-unes des violations les plus lourdes:
- Heures supplémentaires excessives (jusqu'à 126 heures)
- Salaires minimums qui ne sont pas suffisants pour vivre décemment
- Sécurité inadéquate au travail : vêtements de protection manquants ou inadéquats, absence d'examen de santé pour les personnes occupant des postes de travail dangereux, formation insuffisante en matière de sécurité
- Conditions de vie indignes : dortoirs surpeuplés et installations sanitaires pas hygiéniques
- Sécurité sociale insuffisante
- Pas de système de représentation des employé-e-s et pas de mécanismes de plainte indépendants
- Discrimination et harcèlement sexuel des travailleuses