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Dans un article récent, De Beaugrade et Colby (79) critiquent les modèles génératrices et proposent de nouveau une approche plus struturaliste. Ils attaquent d'une manière assez virulente les approches qui utilisent des grammaires abstraites contenant des règles de réécriture et le concept de l'épisode (=action + réaction, ou exposition + complication + résolution etc.). Ils prétendent que les grammaires génératrices qu'on vient de présenter indiquent seulement les règles selon lesquelles on peut raconter un récit correct. En révanche ils réclament une théorie qui établisse les mécanismes suivant lesquels un récit individuel est assemblé et les lois qui le rendent intéressant. La production et la réception de texte devient alors une activité de resolution de problème (socialement, une mise en activité de resolution de problème par le narrateur). Le récepteur même doit essayer de comprendre les personnages dans le récit comme entités-machines de resolution de problème en interaction. Une théorie du récit accordera une même importance aux phénomènes structureles et aux phénomènes procédurales (savoir-faire) Voici l'essence de la thèse qui est partagée par de nombreux chercheurs:
Les actions du récit sont déterminées par des plans orientés vers la réalisation de buts. L'essence d'un récit est alors l'exposition des problèmes des différents personnages - qui ont des buts conflictuels. Le monde du récit est un système progressif, ou des événements et des actions provoquent des changements d'un état vers un autre: Le récit consiste donc en un ensemble de paires d'états qui sont liées par une action ou un événement. Le processus de compréhension de la part du récepteur consiste à évaluer l'état actuel du système que constitue le récit, et à tenter d'imaginer les actions et les plans que les personnages doivent accomplir pour atteindre leurs buts. Un concept-clé est celui du couple antagoniste/protagoniste, qui se définit par rapport aux valeurs que l'auditoire partage avec lui. Cette vision du récit n'a que le statut d'une théorie partielle. Il est clair que beaucoup d'autres phénomènes mentaux (cognitifs ou non) sont également connectés avec le traitement du récit.
Une grammaire n'est donc pas suffisante pour modéliser la production et la compréhension d'un récit. Il faut des mécanismes de simulation de cognition et de communication que l'on discutera ailleurs dans ce travail. On peut néanmoins s'interroger sur la possibilité d'intégrer les grammaires génératrices et structuralistes dans ce type de recherche. Il faut également noter que pour certains types de recherche ces grammaires plus traditionelles offrent toujours des avantages. Ne serait-ce que par leur facilité d'utilisation pour des travaux expérimentaux et analytiques. Les modèles de l'intelligence artificielle sont souvent limités à certains domaines très spécifiques et certains d'entre elles sont tres` difficiles à utiliser. Ainsi dans ce travail on ne discutera en détail que deux modèles inspirés par l'intelligence artificielle assez simples à utiliser, mais qui ont un grand domaine d'application. Un autre avantage de grammaires plus simples est leur concentration sur une problématique plus spécifique qui peut correspondre enti`èrement à certains buts d'analyse. Les modèles complexes de l'AI peuvent rendre obscure l'objet d'analyse (en le rendant plus trop complexe) s'ils sont mal utilisés.