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Le déclin de Caux et l’arrivée du Réarmement Moral
Dès 1930, la station de Caux – célèbre alors dans le monde entier avec des hôtes comme Sacha Guitry, Paul Morand, Romain Rolland, des princes, des ministres – voit sa situation se dégrader: fermetures d’hôtels, faillites, disparition des touristes, retombées néfastes de la crise américaine. La situation du Caux-Palace, déjà dégradée, empire encore: le nombre des nuitées du personnel dépasse celui des hôtes! Il ferme ses portes aux premiers jours de la Seconde Guerre mondiale. Il rouvrira quatre ans plus tard, pour accueillir des internés, des réfugiés, des aviateurs anglais et américains évadés. Tout semblait perdu pour le fleuron des Palaces suisses: un entrepreneur zurichois offrait même quelques centaines de milliers de francs pour le démolir et un grand magasin parisien une somme plus importante encore pour le vider de tout son matériel!
C’est alors qu’intervint le mouvement du Réarmement Moral, qui cherchait un endroit où les Européens, déchirés par la haine, la souffrance et les ressentiments engendrés par la guerre, pourraient se retrouver. Ce fut Caux. La Banque Populaire Suisse, qui en était devenue propriétaire, allait alors le vendre à une société française, lorsque le syndic de Montreux, Albert Mayer, mobilisa des personnalités montreusiennes pour que priorité soit donnée au Réarmement Moral. Qui l’acheta en 1946.
(photo collection Josiane Blaser-Noverraz)