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Le projet d'introduction du mercredi matin à l'école primaire sera prochainement soumis au Parlement. Il est donc urgent de reprendre ce sujet et, cette fois, en introduisant les tableaux de comparaison des temps scolaires entre Genève, Vaud et le Valais, comme je l'avais promis dans mon précédent papier.
Depuis 2006, M. Beer n'arrête pas (pour expliquer les mauvais résultats de PISA à Genève) d'affirmer que l'écolier primaire genevois a une dotation d'horaire scolaire inférieure aux autres écoliers de Suisse.
Cette affirmation est doublement erronée !
D'une part, aucune des recherches menées avec PISA ne montre de relation de causalité entre le nombre d'heures scolaires et les résultats obtenus à PISA. Le tableau avec le Nombre d'heures d'enseignement pour les élèves de 7-8 ans en Europe, établi par l'OCDE en 2008 (Cf. ci-dessous) est révélateur.
D'autre part, en comparant les horaires scolaires primaires des cantons de Vaud et du Valais avec l'horaire genevois, j'ai pu constater que le canton de Genève n'a pas, à l'école primaire, de dotation d'horaire scolaire inférieure.
Pour établir mes comparaisons :
1. Je n'ai pas compté le nombre de minutes d'enseignement à Genève durant toute la scolarité obligatoire, en incluant le Cycle d'Orientation (comme cela est souvent fait !!!), mais je n'ai pris en considération que l'école primaire, c'est-à-dire les degrés allant de la première enfantine (1E) à la sixième primaire (6P) ;
2. Je n'ai pas tenu compte de la durée des récréations, qui n'est que de la "petite épicerie" interne et n'ai gardé, comme critère, que la durée durant laquelle un élève est à l'école ;
3. J'ai dû comparer ce qui n'est pas toujours comparable. Seul l'écolier genevois bénéficie (jusqu'en 1P) d'un temps d'accueil (le matin de 8h-8h 45 et l'après-midi de 13h30-14h). Cette souplesse est liée au fait que Genève, canton urbain, n'a pas à organiser de transport d'écoliers. Ce temps d'accueil, durant lequel beaucoup d'élèves bénéficient d'une prise en charge plus individualisée, doit être compté dans la dotation de l'horaire genevois ;
4. Je n'ai pas compté dans la dotation de l'horaire scolaire valaisan l'enseignement religieux (90 minutes par semaine) donné en partie, dans de nombreuses vallées, par un prêtre, et qui serait anticonstitutionnel à Genève ;
5. J'ai puisé toutes mes informations sur l'organisation des classes, sur les horaires, sur les congés et vacances en allant sur les sites officiels des cantons : Pour Vaud : http://www.vd.ch/fr/themes/formation/scolarite-obligatoire/
Pour le Valais, chaque vallée pouvant avoir des particularités dans les horaires, je me suis basée sur les horaires de la commune de Bagnes.
Voici donc ces tableaux comparatifs qui montrent bien que les écoliers genevois, au primaire, n'ont aucun déficit dans la dotation de l'horaire scolaire par rapport à l'élève valaisan ou vaudois.
En ne comparant que les degrés de 1P à 6P, on obtient :
VS : moyenne hebdomadaire de 1559' (année 59242') à laquelle il faudrait enlever 5562' (congés + enseignement religieux) = 53680 minutes
Pour le Valais, le total est de 53680 minutes par an
GE : on obtient 53640 minutes par an.
La différence d'horaire entre GE/VS, sur l'année, est insignifiante. En ne considérant que les degrés de la 1P à la 6P,
le Valais obtient une dotation horaire supérieure de 40 minutes pour l'année 2010-2011,
soit 1 minute de plus par semaine !
Ces données chiffrées montrent également que l'écolier genevois de 7-8 ans a déjà un horaire particulièrement chargé par rapport aux autres écoliers en Europe. (Cf. "Nombre d'heures d'enseignement pour les élèves de 7-8 ans en Europe", ci-dessous).
Et, Monsieur Beer ambitionne encore d'ajouter une matinée au primaire !!!
Il est vrai que celui-ci ne montre pas beaucoup de considération pour le travail de ses prédécesseurs qu'il qualifie de « parenthèses » et de « bricolages », et que, saisi par un besoin compulsif de réformes, il ne peut guère être sensible aux traditions de Genève où, déjà en 1888, les écoliers genevois bénéficiaient d'un jour de congé en milieu de semaine.
Genève, canton urbain, a ainsi développé, depuis des dizaines d'années, des offres culturelles, artistiques, sportives, des cours de langues (organisés par les Consulats pour les enfants allophones), des activités extrascolaires dans les maisons de quartier ou avec le Services des Loisirs ou encore d'autres organismes...
Veut-on vraiment démanteler toutes ces richesses pour une vision éducative, qui pousse à consommer toujours plus d'école sans penser à l'enfant et à ses besoins ?