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Voyages en première classe, gardes du corps permanents, dépenses excessives, loyer très avantageux: le scandale des dépenses du ministre de l'Environnement de Donald Trump enfle. Mais le président étasunien lui a réitéré son soutien, satisfait de son action.
Scott Pruitt dirige depuis l'an dernier l'Agence de protection de l'environnement (EPA), chargé d'une des missions prioritaires de la présidence Trump: démanteler le bilan environnemental de Barack Obama.
Venu de l'Oklahoma, où il avait bâti sa réputation de défenseur des industries fossiles en tant que procureur général, il s'est attelé à sa nouvelle tâche avec un tel zèle qu'il s'en voit aujourd'hui remercié par Donald Trump.
Nombreux gardes du corps
La liste des violations éthiques potentielles de l'administrateur de l'EPA s'alourdit pourtant chaque semaine de révélations faites par les médias et des élus démocrates du Congrès.
Scott Pruitt a en effet beaucoup voyagé en première classe, accompagné de nombreux gardes du corps. Une précaution de sécurité, a justifié l'EPA, évoquant des menaces. Mais l'argument s'est effondré quand on a appris que M. Pruitt, pour les déplacements personnels qu'il devait payer de sa poche, se contentait de la classe économique.
Le nombre de gardes du corps est d'ailleurs pléthorique, comparé à ses prédécesseurs: 19 agents et 19 véhicules, pour une protection 24 heures sur 24, selon CNN.
Par comparaison, Gina McCarthy, qui occupait le même poste sous Barack Obama, n'en avait qu'une demi-douzaine, et voyageait seule le week-end. Une autre administratrice, sous George W. Bush, Christine Todd, a dit à CNN qu'elle se rendait à pied au travail, seule.
Dépenses excessives
Scott Pruitt est en outre accusé d'avoir fait muter un garde du corps qui avait refusé d'activer les sirènes de son véhicule parce que le ministre était en retard à un dîner, car il ne s'agissait pas d'une urgence.
Il aurait ordonné des dépenses excessives, comme l'installation d'une cabine téléphonique sécurisée dans son bureau (43'000 dollars). Au moins cinq fonctionnaires qui se sont opposés à d'autres projets de dépenses, comme l'achat d'un bureau blindé ou la location mensuelle d'un avion privé, ont été écartés ou limogés, selon le New York Times.
Sans compter le bail particulièrement avantageux signé par Scott Pruitt pour ses nuits à Washington: un appartement loué 50 dollars la nuit à une lobbyiste, largement en-dessous des prix du marché.
"Action audacieuse"
Le président étasunien a étonnamment concédé que son ministre était relativement dispendieux. "Bien que les dépenses de sécurité dépassent quelque peu celles de ses prédécesseurs, Scott Pruitt a reçu des menaces de mort en raison de son action audacieuse à l'EPA", a tweeté Donald Trump. "Un air et une eau extraordinairement propres, tout en faisant économiser des milliards de dollars aux USA".
Si le tweet présidentiel éclaircit le ciel à court terme, il ne met pas fin à l'affaire.
Fossoyeur de l'agence
L'inspecteur général de l'EPA enquête, et l'opposition démocrate du Congrès continue à découvrir des faits accablants, aiguillés par des fonctionnaires de l'EPA qui considèrent Pruitt comme le fossoyeur de l'agence et profitent d'une loi leur permettant de se confier secrètement à des parlementaires pour dénoncer des violations éthiques.
Nombre d'élus démocrates et trois républicains ont appelé à sa démission. Le reste des élus de la majorité sont de plus en plus réticents à le défendre.
Mais tant que le président lui conserve sa confiance, Scott Pruitt est assuré de garder son emploi.