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Les faucons pèlerins font normalement leur nid sur des parois rocheuses inaccessibles à haute altitude, mais ils choisissent aussi parfois des endroits de remplacement tels que des ponts d'autoroutes, des cheminées d'usine ou, justement, des tours de réfrigération. Ils parviennent à faire leur nid même dans des rochers naturels sans renfoncements appropriés. A l'initiative d'un spécialiste de l'Institut des sciences environnementales de l'Université de Zurich, on a imaginé d'installer un nichoir sur la tour de refroidissement de Leibstadt près d'un feu de position à 100 m de hauteur. Ce nichoir a été occupé pour la première fois en 1997. L'année dernière, on a installé en face du nid une caméra vidéo qui retransmet en direct sur écran toute la vie des oiseaux. On a ainsi pu suivre en 1998 la naissance et la croissance de quatre jeunes faucons. Cette année encore, les quatre nouveaux oisillons sont nourris plusieurs fois par jour par leurs parents qui leur apportent les proies qu'ils ont chassées. Alors que les années précédentes, il s'agissait essentiellement de pigeons, le menu est plus varié ce printemps. D'après les restes trouvés, leur nourriture se compose aussi de corneilles et de souris.
Il est prévu pour la première fois cette année de baguer les jeunes oiseaux. Des bagues en aluminium numérotées apposées sur les pattes permettent de suivre la mobilité des oiseaux et de connaître leur âge. Cette méthode est utilisée depuis longtemps déjà par les scientifiques pour étudier les migrations. Les restes des repas des faucons contiennent aussi des bagues de Suisse, d'Allemagne et de France qui permettent de savoir la provenance de leurs proies.
Après l'utilisation de DDT dans les années 60, la population des faucons pèlerins et autres rapaces avait fortement diminué. L'accumulation de pesticides dans les oiseaux se trouvant à la fin de la chaîne alimentaire avait fait que la coquille des oeufs était devenue si fine qu'elle se brisait pendant la couvée. La chasse par les éleveurs de pigeons, ainsi que le pillage des oeufs et des oisillons pour les fauconneries, avaient entraîné une quasi disparition de cette espèce. L'interdiction du DDT et des mesures sévères de protection ont permis à la population de croître à nouveau et selon des estimations de spécialistes, il y a actuellement en Suisse quelque 250 à 350 couples de ces faucons pèlerins, comme pour l'aigle royal. La tendance va en s'améliorant. Le premier facteur limitatif semble être le manque d'endroits appropriés pour les nids, surtout dans le Mittelland. La mise à disposition de possibilités supplémentaires sur d'autres sites permet donc aux faucons pèlerins de s'établir ailleurs.
Source
M.E./C.P.