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Rapport sur le développement durable 2012 20 ans de développement durable en Suisse depuis le Sommet de la Terre de Rio: une évolution contrastée
Neuchâtel, 30.04.2012 (OFS) - Les conditions de vie en Suisse sont bonnes et se situent à un niveau élevé en comparaison internationale. Des inégalités persistent toutefois tant sur les plans national qu'international. La consommation des ressources non renouvelables ne permet pas de préserver les stocks disponibles pour les générations futures. Telles sont les principales conclusions du «Rapport sur le développement durable 2012», publié par les Offices fédéraux de la statistique (OFS), du développement territorial (ARE) et de l'environnement (OFEV) ainsi que par la Direction du développement et de la coopération (DDC).
Le «Rapport sur le développement durable 2012» est publié à l'occasion de la Conférence des Nations Unies sur le développement durable «Rio+20». Il fait le point sur l'évolution du développement durable en Suisse 20 ans après le Sommet de la Terre de Rio de 1992, qui ancra pour la première fois cette notion dans de nombreuses politiques nationales et internationales.
Les conditions de vie sont bonnes et d'un niveau élevé en comparaison internationale
Tous les individus doivent pouvoir vivre dignement et jouir de bonnes conditions de vie selon les principes du développement durable. A ce titre, l'augmentation de l'espérance de vie en bonne santé de la population suisse depuis 1992 (+8% pour les femmes et +9% pour les hommes) va dans le sens du développement durable. La satisfaction générale de la population suisse se maintient à un niveau élevé: près de 75% des personnes se disaient très satisfaites en 2010, ce qui plaçait le pays dans le haut du classement international en la matière. Le revenu d'équivalence mensuel disponible est resté stable depuis le début des années 2000 et s'élevait en moyenne à un peu plus de 4000 francs par personne en 2008. Environ 15% de la population sont exposés au risque de pauvreté, ce qui place la Suisse légèrement en-dessous de la moyenne observée dans l'UE-27.
Les ressources restent inégalement réparties
Un niveau de vie élevé perd de son importance si les ressources sont distribuées inégalement au sein d'un pays et entre les pays. En 2008, les 20% de la population suisse les plus riches gagnaient en moyenne plus de quatre fois plus que les 20% les plus pauvres. Cette situation n'a pas significativement évolué depuis l'an 2000. Une réduction des inégalités est cependant observable, par exemple dans la diminution des disparités salariales entre les hommes et les femmes (-23% entre 1994 et 2010). Dans le domaine de la formation, tous les groupes de population ne bénéficient pas de l'égalité des chances. Par exemple, les jeunes étrangers sont quatre fois plus nombreux que les jeunes suisses à ne pas avoir de formation post-obligatoire. À l'échelle mondiale, la répartition des ressources est également inégale. Ainsi, la population suisse utilise par habitant près de trois fois plus de ressources et services environnementaux que ce qui est disponible en moyenne par personne à l'échelle globale. La Suisse s'engage toutefois pour une répartition plus égale des ressources entre les pays à travers l'augmentation de près de 15%, depuis 1992, de la part de son revenu national brut consacré à l'aide publique au développement.
La consommation des ressources non renouvelables ne permet pas de préserver les stocks disponibles pour les générations futures
Selon les principes du développement durable, les stocks de ressources non renouvelables doivent être préservés, afin de laisser la possibilité aux générations futures de subvenir à leurs besoins. Or, l'augmentation de la consommation de matières observée ne va pas dans cette direction: l'ensemble des besoins matériels a augmenté de plus de 20% depuis 1992. Les conséquences sont, entre autres, une production croissante de déchets (augmentation de plus de 30% de déchets urbains produits depuis 1992). L'ensemble des besoins matériels par unité de produit intérieur brut (intensité matérielle) a cependant diminué de plus de 5% depuis 1992 grâce notamment aux progrès effectués dans les procédés industriels et à un accroissement du recyclage. L'héritage des générations futures est toutefois en partie préservé en ce qui concerne le capital humain. En témoignent l'amélioration des compétences en lecture des jeunes de 15 ans, la croissance des ressources humaines en science et technologie ou encore l'augmentation du nombre de demandes de brevets déposées. Finalement, l'augmentation de la part du produit intérieur brut affecté aux investissements démontre la volonté de l'économie d'améliorer son efficacité et de préserver son patrimoine productif.
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