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Mirage IIIS (Suisse)
A la recherche d'un successeur aux Vampire, différents avions de combat étrangers font l'objet d'essais dès 1956. Cette année-là, avec le déferlement des troupes russes en Hongrie, la guerre froide atteint son apogée. La situation critique du moment engage le divisionnaire Etienne Primault, Commandant et chef d'arme des troupes d'aviation et de DCA, à doter son aviation du meilleur matériel disponible. En effet, il a lui-même déploré, en 1939, l'équipement dérisoire de notre aviation en avions de combat. Cent Hawker «Hunter», chasseur d'origine anglaise, viennent alors renforcer notre aviation dès 1958, mais il lui manque encore un fer de lance, un avion à hautes performances.
Dès 1958, cinq différents types d'avions font l'objet d'essais en vol, sous la direction de deux pilotes, le colonel EMG Willy Frei et le major EMG Arthur Moll. Ce sont le Saab Draken suédois, le Lockheed Starfighter et le Grumman Supertiger (sans rapport avec notre Tiger de Northrop), tous deux américains, le Dassault Mirage lll français et le Fiat G-91 italien. En 1959,le groupe de travail chargé de l'acquisition d'avions de combat rend son rapport sur les évaluations qui se sont succédées dans les années 1958 et 1959.
A fin novembre 1964, le Conseil fédéral nomme Eugen Studer nouveau Commandant des troupes ADCA. Le gros de la flotte Mirage, les 36 intercepteurs lllS, sont fabriqués sous licence en Suisse. Leur livraison aux troupes d'aviation débute en 1966. Le chef de l'introduction Mirage est le colonel EMG Arthur Moll, qui deviendra plus tard Commandant des troupes d'aviation et de DCA. Il dirige les cours de transition des futurs moniteurs et des pilotes de l'escadre de surveillance, noyau professionnel de notre aviation.
En 1967, les troupes d'aviation engagent le capitaine Fernand Carrel, ingénieur diplômé de l'EPUL et pilote de milice, comme responsable de l'équipe d'expérimentation aérienne. Les premiers défis qui l'attendent sont l'élaboration et la mise au point des procédures de l'engagement opérationnel du Mirage. L'année suivante, le capitaine Aridio Pellanda est nommé commandant de l'escadrille d'aviation 17 de l'escadre de surveillance, la première escadrille Mirage qui entre en service.
Sous la direction du cap Gion Bezzola, un simulateur de vol destiné à la formation des pilotes est mis en service à Payerne, le SIMIR. Des fusées d'assistance au décollage sont aussi introduites. Jusqu'à 8 fusées à combustible solide, montées sous le fuselage, permettent de ramener la distance de décollage à moins de 300 m. Un avion pourrait ainsi être évacué d'une piste partiellement endommagée sur un tronçon encore intact. Afin d'améliorer brièvement les performances d'accélération à très haute altitude, une fusée d'appoint SEPR à combustible liquide peut être intégrée dans le fuselage. C'est à haute altitude que le Mirage est appelé à lancer ses deux engins HM-55S «Falcon», missiles air-air électromagnétiques, contre des bombardiers ennemis. Pour le combat aérien, le Mirage est équipé de deux Sidewinder, missiles à guidage infrarouge, et de deux canons de 30 mm.
Mis à part la pose sur les lllS d'une peinture de camouflage gris-mat déjà adoptée sur les BS, une autre des modifications apportées entre 1988 et 1992 saute particulièrement aux yeux, c'est l'adjonction de canards et de «nose strakes» destinés à améliorer la maniabilité à basse vitesse. Un nouveau siège éjectable et un dispositif de largage de leurres infrarouge et électromagnétiques sont également montés.
La mise hors service des Mirages IIIS a eu éieu en 1998, remplacé par le F/A-18.