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12/10/2010
Connaissance des cieux, progrès de l'âme
Dans Le Livre des Morts de l'ancienne Égypte, on trouve, dans l'incantation CI, les paroles suivantes:
En vérité, ô Râ! si tu prospères, je prospère, moi aussi!
Ô Râ, en vertu de ton nom magique: Râ!
Lorsque tu dévoiles les Mystères des Mondes de l'Au-delà
Pour initier les cœurs des dieux, tes serviteurs,
Révèle ces secrets à mon Cœur,
Car en vérité, si tu prospères, je prospère, moi aussi!
Paroles mystérieuses, apparemment. Le récitant en tout cas en appelle à la grâce de Râ pour qu'il éclaire, par le biais de son âme, de son cœur, les mystères de l'univers et du monde des dieux: il attend de lui des révélations. Thème présent dans l'Imitation de Jésus-Christ, au sein de laquelle le Christ dit à son adepte que s'il place son cœur en lui, les secrets divins lui seront révélés!
Jeanne Guyon allait dans le même sens: quoiqu'elle rejetât le désir de la connaissance pour elle-même, elle disait que dès que son âme avait été en communion parfaite avec Dieu, des révélations lui étaient venues. Or, ensuite, naturellement, elles aident: elles soutiennent l'effort de l'âme. Elles la peuplent de vérités qui lui tissent comme un réseau corporel ferme, quoique purement psychique.
Le paradoxe est dans le rejet de la curiosité: il s'agit, par la connaissance, d'élever son âme, et d'un autre côté, la véritable connaissance, celle des mystères divins, vient parce que l'âme s'est efforcée de s'élever. C'est une sorte de cercle vertueux. Mais qui commence par le désir fondamental de faire évoluer son âme dans le bon sens, celui qui rend digne de fréquenter les dieux, ou de devenir le compagnon de Râ.
La difficulté demeure, si on relit le passage ci-dessus cité du Livre des Morts, de saisir en quoi la prospérité du récitant, de l'être humain s'initiant aux mystères divins et élevant son âme, est liée à celle de ce dieu, Râ.
Si la prospérité de Râ entraîne celle de l'âme humaine, il faut considérer que de contempler les progrès du soleil dans le ciel crée les conditions du progrès intérieur. On se mêle alors, dans les lointains cosmiques, à ce cheminement, et on sent un dieu effleurer la conscience, pénétrer l'âme. On s'élève dans les cieux et on chemine à travers les figures du zodiaque, c'est-à-dire les douze heures du jour, de concert avec Râ, et on se purifie. Cela rappelle Mme Guyon.
Mais on peut encore comprendre les choses autrement. Les progrès de l'âme humaine glorifient Râ, le font prospérer aussi. L'acquisition de la connaissance des choses divines donne tout son éclat mystique au soleil, en créant l'image du soleil mystique. La création trouve son accomplissement par l'élévation de l'homme.
Le mystère en est profond!