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24/04/2013
La pensée straight par Monique Wittig
Titre : La pensée straight
Auteur : Monique Wittig
Éditeur : Balland 2001
Pages : 157
Bien que ce livre soit terminé depuis pas mal de temps j'ai mis plus de temps que d'habitude à en parler. J'ai préféré attendre car je ne suis pas certain d'avoir vraiment compris le propos des textes de ce recueil. Je vais tout de même essayer d'en faire une présentation qui sera, je le sais déjà, peu adéquate. Je préfère donc prévenir dès le début et conseiller de lire les textes de Wittig et non de les juger selon ce que j'en dis.
Ceci fait quel est le message de Monique Wittig? Nous sommes tous familier de la division de la société en termes de classe et de race. Les analyses qui démontrent la force de ces divisions dans notre société sont nombreuses. Elles sont adjointes à la domination en termes de genre. Ces trois types d'analyses permettent de démontrer que l'homme blanc de classe sociale supérieure se trouve dans une position dominante de facto. Il est surtout important de comprendre que ces différentes divisions s'entrecroisent formant une complexité importante dans les dominations. Ainsi, Michelle Obama est dominante face à une femme blanche de classe sociale modeste. Ceci n'est qu'un exemple illustratif. Cependant je n'ai toujours pas dit ce qu'ajoute Monique Wittig. Son argument considère que les divisions que je viens de (très) rapidement présenté ne sont pas complètes. Elle ajoute une autre forme de domination qui concerne les sexualités. Selon Monique Wittig, la société est formée sur l'hétérosexualité comme norme dominante. Cette dernière est naturalisée comme étant la forme normale et éternelle des relations entre hommes et femmes. Ce qui pousse les femmes à être toujours sous le pouvoir du patriarcat. Ce qui mène au second argument de Monique Wittig. Elle considère, en effet, que les femmes ont soit le choix de l'esclavage patriarcale soit celui de s'échapper dans une nouvelle société: celle des lesbiennes. C'est la raison de l'une de ses phrases: les lesbiennes ne sont pas des femmes. Car, par leur existence elles se placeraient en dehors de la société hétéro-centrée patriarcale. Elles briseraient les chaînes de par leur sexualité même.
Que penser de cette position politique basée sur une analyse de la société? Je pense qu'il est difficile de contester le caractère hétéro-centré de notre monde européen (pour ne pas parler de pays que je ne connais pas). Il suffit d'observer autours de soi pour voir cette réalité. Ce sont parfois de petites choses, mais si symboliques, comme le serveur qui enlève les fleurs lorsque deux hommes ou deux femmes mangent ensemble à la Saint Valentin ou des problèmes plus importants de violence institutionnelle ou individuelle (regardez ce qui s’est déroulé en France ces derniers temps). Mais peut-on considérer que les lesbiennes s'échappent de ce système? Je n'en suis pas aussi certain. C'est, peut-être, une vision un peu noire de la réalité mais je pense qu'il ne suffit pas d'avoir une sexualité autre qu'hétérosexuelle pour échapper à la domination à la fois patriarcale et sexuelle. Cependant, cela n'enlève pas le caractère très intéressant et stimulant des propos de Wittig que, encore une fois, je considère n'avoir pas totalement compris. Une prochaine lecture m'aidera-t-elle? On verra.
Image: Amazon