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Sur le Plateau, la proportion de surfaces de promotion de la biodiversité (SPB) est désormais nettement supérieure aux 7 % requis. La qualité des surfaces s’est également améliorée. Cependant, trois quarts des SPB sont à peine reconnaissables comme «habitats semi-naturels».
Au cours des dernières décennies, le déclin de la biodiversité a été particulièrement marqué dans les zones agricoles. Avec son système de paiements directs, l’Office fédéral de l’agriculture OFAG tente de contrecarrer cette tendance en versant des contributions pour la création, l’entretien, la qualité et la mise en réseau des «surfaces de promotion de la biodiversité» (SPB). Dans la présente étude, le nombre et le type d’habitats semi-naturels sont examinés sur la surface agricole utile de 133 exploitations (32,2 km2 au total) représentatives du Plateau. Les résultats montrent qu’avec 3,86 % (6,36 % en incluant les arbres), la proportion d’habitats semi-naturels est encore bien inférieure à la valeur cible fixée dans les objectifs environnementaux pour l’agriculture. 75 % des SPB ne répondent pas aux critères relativement faciles à atteindre pour être considérées comme «habitat semi-naturel» dans notre cartographie.
S’il est vrai que de nombreux agriculteurs considèrent toujours la promotion de la biodiversité dans leurs exploitations comme secondaire, il serait faux de blâmer les seuls agriculteurs pour la faible présence d’habitats semi-naturels dans les campagnes :
- Dans 49 exploitations agricoles, qui ont fait l’objet d’une cartographie en 2009 et en 2015, la superficie des habitats semi-naturels a augmenté de 59 % au cours de cette période relativement courte. Le nombre d’arbres a également augmenté considérablement. Cet effet est en partie dû aux conseils spécifiques sur la biodiversité offerts à certaines de ces exploitations. Mais dans les fermes qui n’ont pas été conseillées, on a également trouvé plus d’habitats semi-naturels et d’arbres lors de la deuxième cartographie.
- Les conditions défavorables liées au site et à l’exploitation limitent le champ d’action de certaines exploitations. L’excédent de nutriments a un effet particulièrement inhibiteur dans certaines régions du Plateau. Cela se manifeste de manière impressionnante, par exemple, par la proportion très faible de bordures ligneuses mésophiles et pauvres en nutriments (< 1 %).
- Le système de contribution actuel motive en partie les agriculteurs à ne pas créer le type de SPB approprié à l’emplacement. Souvent, le type de SPB qui génère le plus de contributions n’est pas celui qui aurait le meilleur effet sur la biodiversité au lieu en question.
- Bien que l’écologie soit un thème de la formation agricole, le temps disponible pour enseigner les contenus est très modeste. L’absence de SPB typiques des terres assolées, en particulier, est due, au moins en partie, à ce manque de formation.
Conclusions
Jusqu’à présent, il n’a pas été possible d’atteindre les «objectifs environnementaux pour l’agriculture» dans le domaine des habitats et de la biodiversité. Les mesures suivantes permettraient d’améliorer la situation :
- l’éducation et la formation ciblées des agriculteurs
- la promotion des services de conseil en biodiversité
- une meilleure prise en compte des conditions propres à chaque site dans la planification des surfaces de promotion de la biodiversité
- un aide à l’investissement pour les infrastructures écologiques
- la poursuite de la stratégie consistant à apporter un soutien particulièrement fort aux SPB de qualité II.
- lutter contre l’excédent d’azote
- assouplir les conditions, les exigences et les contributions à la promotion de la biodiversité.
Article scientifique
Quantité et qualité des habitats semi-naturels de la zone agricole du Plateau suisse