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D. Le livre aux ACV
1. Un passé médiéval sans image ni livre d'église
Aucun manuscrit liturgique ni livre enluminé n’existe aux Archives cantonales vaudoises, si l’on excepte le Livre d’heures de Jean de Gingins de 1421, les écrits du poète bourguignon Antitus Favre, de la fin du XVe siècle, et quelques épaves et fragments. Ce sont les effets directs de l’introduction de la Réforme dans le Pays de Vaud, en 1536.
2. Le Livre d'heures de Jean de Gingins
Jean de Gingins (1385-1461) fait exécuter un livre d’heures en 1421 à Jaquet l'Escuyer de Paris. Conservé en mains privées aux Château de la Sarraz, il échappe ainsi à l’iconoclasme de la Réforme. D’autres ouvrages vaudois, mis à l’abri dans des régions catholiques limitrophes à la même époque, peuvent aujourd’hui se retrouver en divers endroits d’Europe. Le Livre d’heures de Jean de Gingins, par contre, n’a jamais quitté le Pays de Vaud. Transmis dans la branche de La Sarraz de la famille de Gingins, il est finalement hérité par Henri de Mandrot (1861-1920). A sa mort, il est légué aux Archives cantonales avec les autres documents conservés au Château de La Sarraz.
Miniature : Saint Jérôme (347-420), docteur de l’Eglise, est présenté assis sur la cathèdre du savant. Il écrit son commentaire des Evangiles pendant qu’un lion lui tend un rameau d’épines dans sa patte sanglante.
Qu’est-ce qu’un livre d'heures? Il s’agit, en fait, du type le plus courant d'ouvrage médiéval enluminé. Chaque livre d'heures est unique, mais tous contiennent une collection de textes, de prières et de psaumes avec des illustrations correspondantes et constituant un recueil de base pour la pratique de la religion catholique. Les enluminures constituent une importante documentation iconographique sur la vie aux 15e et 16e siècles. Réservé aux personnes riches, le livre d'heures était alors bien souvent le seul ouvrage acheté dans une vie! La somme consacrée à l’acquisition du Livre d’heures par Jean de Gingins lui avait été remise en récompense de services militaires par le duc de Bourgogne Philippe le Bon (1396-1467).
3. La Bible: un succès éditorial!
L’histoire de l'imprimerie est étroitement liée à celle de la diffusion des idées nouvelles et à celle de la Bible en langue vulgaire. Dans le domaine théologique, la diffusion de la Bible permettra à davantage de personnes d'avoir accès directement au texte, supprimant au passage la position d'intermédiaire incontournable de l'Eglise. La première conséquence est que la lecture du texte permettra des interprétations différentes de celles de l'Eglise. A terme, cela facilitera l'émergence de la Réforme, qui n'aurait pu voir le jour sous cette forme (retour du croyant à l'accès direct au texte de la Bible) si la Bible n'était pas devenue accessible à un plus grand nombre par l'imprimerie. Depuis Gutenberg, la Bible est l’ouvrage le plus vendu et le plus traduit au monde.
4. Que conserver?
Le succès des bibliothèques publiques de jadis était tel que l’on y découvre souvent - non sans quelque émotion - certains livres usés jusqu’à la corde ! Dans notre culture, une association inconsciente «Livre – Bible» incite bon nombre de personnes à avoir vis-à-vis des livres le plus grand soin. On n’aime pas les jeter. Bibliothécaires et archivistes se doivent toutefois d’opérer un tri parmi des ouvrages déjà conservés en de nombreux exemplaires ou en très mauvais état. Les ouvrages rares peuvent toutefois bénéficier d’une nouvelle vie en étant reliés à neuf.
5. La bibliothèque des Archives cantonales vaudoises
|Salle de lecture||Dépôt||Périodiques||Articles||Réserve|
|Monographies et ouvrages de référence, |
consultables en libre-accès. 7000 titres
|Ouvrages|
spécialisés, parfois remplacés en salle de lecture par des publications plus récentes.7500 titres
|Plusieurs collections débutant au 19e siècle déjà, issues d’échanges entre sociétés savantes. 800 titres||Articles, brochures et |
plaquettes diverses, historiques de sociétés et d’institutions. 15000 titres
|Livres anciens|
antérieurs à 1850, de provenances
multiples. 1300 titres
|Histoire|
|Imprimés vaudois|
Les Archives cantonales vaudoises sont avec la Bibliothèque cantonale et universitaire un des principaux conservatoires du patrimoine imprimé vaudois.
|La bibliothèque des ACV travaille en réseau avec d’autres institutions. Les notices bibliographiques sont consultables sur le catalogue RERO.|
|Sciences auxiliaires|
|Consultation|
Les ouvrages conservés en dehors de la salle de lecture, peuvent être demandés selon la procédure mise en place pour la demande des documents.
|De nombreux imprimés, anciens ou très spécialisés, sont aussi conservés dans les fonds d’archives officielles ou privées avec lesquels ils forment une unité. Ils sont inventoriés dans la base DAVEL.|
|Sources publiées|
|Historique|
1838 Pierre-Antoine Baron, premier archiviste de l’Etat propose l’acquisition d’ouvrages ;1955, Jacqueline Exchaquet est nommée bibliothécaire ;1990, informatisation et intégration à RERO, le réseau des biblio-thèques de Suisse occidentale.
|Bibliothèques de la SVHA (Société vaudoise d’histoire et d’archéologie) et du CVG (Cercle vaudois de généalogie) qui ont leur siège aux ACV.|
|Publications administratives|
|Brochures||Bibliothèque professionnelle dans le domaine archivistique.|
|Provenance||Ouvrages du 15e au 19e siècle décrits dans le Répertoire des fonds imprimés anciens de Suisse.|
|Livres anciens|