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|Fils du peintre Wolfgang-Adam Töpffer et de Jeanne-Antoinette Counis, Rodolphe Töpffer naît à Genève le 31 janvier, dans la maison dite de la "Bourse française", près de la cathédrale Saint-Pierre.||1799|
|Etudes au Collège, puis de lettres à l'Académie (c'est-à-dire l'Université) de Genève.||1808-1816|
|Le jeune Rodolphe
est fermement décidé à devenir peintre. Il passe désormais
le plus clair de son temps dans l'atelier de son père et
le suit dans ses excursions pour dessiner sur le motif.

D'origine modeste (son père est un tailleur d'habit originaire de Franconie), Adam Töpffer est accueilli dans la bonne société genevoise grâce à ses talents d'artiste et au "piquant" de sa conversation. Cette ascension sociale sera renforcée par le mariage de la sur aînée de Rodolphe, Ninette, avec le collectionneur genevois François Duval, issu d'une famille de joailliers installée à Saint-Petersbourg.
|1816||

|La mort dans l'âme, Rodolphe Töpffer doit renoncer à la peinture en raison de troubles oculaires (sa vue sera de plus en plus perturbée par ce qu'il appelle ses "grenouilles" ou "filoches"). "Toute illusion cesse. Adieu, idées de réputation, de talens, de gloire même. Tout cela s'est enfui, et ne laisse presque rien pour me consoler." Il se résigne à se consacrer à l'enseignement, et séjourne à Paris d'octobre 1819 à juin 1820 pour poursuivre ses études de lettres. Il en profite pour visiter des musées et des collections privées, rencontrer des artistes et assister à des spectacles.||1819-1820|
|Rodolphe Töpffer entre comme sous-maître dans la pension du pasteur Heyer et fait l'année suivante ses premières excursions avec les élèves. Il épouse Anne-Françoise Moulinié (1801-1857), dite Kity, le 6 novembre 1823.||1822-1823|
|Il crée son propre pensionnat, dans la maison de la "place Maurice" sur la promenade Saint-Antoine, et publie en grec les Harangues politiques de Démosthène.||1824|
|Rodolphe Töpffer
emmènera désormais ses élèves une ou deux fois par an
en "course d'école" à travers la Suisse, la
Savoie et l'Italie. De retour à Genève, il en rédigera
les récits illustrés, d'abord sous forme d'albums
manuscrits, puis, à partir de 1832, d'autographies.

Madame Töpffer fait parfois partie de la troupe. Elle est la "présence féminine" qui "voyage pour le soulagement des blessés, et l'agrément de ceux qui se portent bien. Elle porte un voile vert, et une petite pharmacie dans son sac".
|1825-1842||

|Rodolphe Töpffer
publie de manière anonyme sa première critique d'art,
une revue de l'exposition qui se tient cet été-là au
Musée Rath de Genève. Il écrit plusieurs comédies jouées
dans son pensionnat.

Kity donne naissance à des jumeaux qui ne vivront pas. Naîtront ensuite Adèle-Françoise en 1827, François en 1830, Jean-Charles en 1832, qui deviendra sculpteur, et Françoise-Esther en 1839.
|1826|
|Rodolphe Töpffer compose sa première histoire dessinée, Les amours de Mr Vieux Bois, qu'il publiera dix ans plus tard et qui sera portée à l'écran en 1921.||1827|
|Parution d'un premier opuscule intitulé Réflexions et menus propos d'un peintre genevois; dix autres suivront jusqu'en 1843, véhiculant les opinions de Rodolphe Töpffer sur l'esthétique, l'état des arts à Genève et parfois la politique genevoise. Une sélection de ces opuscules augmentée de textes inédits sera publiée de manière posthume à Paris sous le titre de Réflexions et menus propos d'un peintre genevois ou Essai sur le Beau dans les arts (1848).||1830||

|Goethe admire les récits de voyage illustrés et les histoires dessinées que Rodolphe Töpffer lui a fait parvenir. Cet éloge décide l'auteur à publier sous forme d'autographies son Excursion dans les Alpes et, l'année suivante, l'Histoire de Mr Jabot. C'est aussi en 1832 que paraissent ses premières nouvelles. Il est nommé professeur de rhétorique à l'Académie le 17 octobre.||1832||

|Témoignant du succès remporté par le genre, des contrefaçons de l'Histoire de Mr Jabot, de celle de Mr Crépinet des Amours de Mr Vieux-Bois paraissent à Paris. Rodolphe Töpffer publie son roman Le Presbytère.||1839|
|La réputation européenne de Rodolphe Töpffer est consacrée par la parution des Nouvelles genevoises chez l'éditeur parisien Charpentier et par la publication d'une longue étude du critique français Sainte-Beuve dans la Revue des deux mondes.Cependant, les premiers symptômes de la maladie qui l'emportera (une "hypertrophie de la rate") se manifestent déjà. Il fera au cours des années suivantes des cures à Lavey et à Vichy.||1841|
|Membre du Conseil représentatif de Genève de 1834 à 1841, Rodolphe Töpffer s'oppose violemment à la montée du Radicalisme, dont il raillera le chef dans l'Histoire d'Albert.Le mouvement remporte une première victoire en 1841, à la suite de quoi Töpffer participe à la rédaction du très conservateur Courrier de Genève.||1842-1843|
|Publication des Essais d'autographie.||1842|
|Le couple hérite de la mère de Kity la propriété de Cronay. C'est dans cette "maison des champs" qu'il chérit que Rodolphe Töpffer exécute une partie des révisions nécessaires à la publication des Voyages en zigzag chez son cousin l'éditeur parisien J.-J. Dubochet. L'ouvrage, illustré d'après les dessins de l'auteur, paraît en 1844.||1843-1844|
|Dubochet publie une édition des Nouvelles genevoises enrichie d'illustrations gravées d'après les dessins de l'auteur. Parution à Genève de l'Essai de physiognomonie et, sous forme de feuilleton, de Monsieur Cryptogame dans le magazine français L'Illustration, avec des dessins réinterprétés pour la gravure sur bois par le caricaturiste Cham. Rodolphe Töpffer vend son pensionnat.||1845||

|Rodolphe Töpffer
meurt le 8 juin dans son appartement de la Cour Saint-Pierre.
La presse genevoise et celle de Paris feront largement écho
à cette mort, Sainte-Beuve ne consacrant pas moins de
trois notices à Töpffer l'année même.

Paraîtront de manière posthume le roman Rosa et Gertrude (1847), les Réflexions et menus propos d'un peintre genevois ou Essai sur le Beau dans les arts (1848) et les Nouveaux voyages en zigzag (1854), ainsi que de nombreuses rééditions et plusieurs traductions de ses uvres. Le Musée Rath de Genève lui consacrera, en même temps qu'à son père, une rétrospective en 1946.
|1846|