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29/11/2011
Hésitation ?
Hésitation ?
On m'a dit que j'avais été présomptueusement alarmiste dans ma récente publication, et que je sombrais dans un déterminisme historique typiquement marxiste.
http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/11/25/generat...
Est-ce vrai ?
La réponse dépend de notre appréciation de la conjoncture économique : la crise de la dette va-t-elle se résorber rapidement ou va-t-elle entraîner la quasi disparition de l’État providence tel que nous le connaissions aujourd'hui ?
Imaginons que j'aie été inutilement alarmiste.
Il est possible que l'austérité porte ses fruits (les dettes seront résorbées et les budgets équilibrés), que l’État providence puisse être maintenu après une cure d'amaigrissement, et que malgré la plus faible intervention de l’État, l'économie de marché se remette à tourner.
Quelle forme prendra ce nouvel État providence ? Quel sera sa portée ? Les populations habituées à sa main bienfaisante accepteront-t-elles cette évolution ? Si oui, dans quelle mesure cette acceptation se fera dans l'harmonie sociale (cf. la Grèce, ou l'Espagne aujourd'hui) ?
On voit donc l'évolution conjoncturelle supposée la plus probable par la majorité des analystes actuels : le capitalisme et son État providence (sous une forme amaigrie) vont se maintenir, les populations se serreront la ceinture, et tout continuera comme avant.
A cette hypothèse j'aimerais faire une remarque.
Je n'ai jamais soutenu que c'est parce que le capitalisme allait s'effondrer qu'il était nécessaire de prôner et de penser un nouveau système d'organisation de la société et des activités humaines.
J'ai défendu l'idée que le capitalisme était déterminé à s'effondrer, dès le moment où l’État providence n'était plus capable d'assurer un seuil de conditions de bien-être aux classes non possédantes et non aisées.
La nécessité d'un nouveau système découle de l'imperfection, des limites, de l’État providence dans le capitalisme, et ceci même sous sa forme la plus évoluée possible.
Un nouveau système ne doit donc pas être une création par défaut, mais un véritable idéal.
Enfin, rappelons que le capitalisme n'est pas mariable à la survie de la planète. Seule l'auto-limitation permettra de résoudre la crise écologique. Et l'auto-limitation passe nécessairement par une rupture avec les fondements et les logiques du capitalisme.
Imaginer un nouveau système n'est donc pas uniquement utopique, mais aussi une nécessité technique pour anticiper ce changement, au lieu de le subir.