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Il est cinq heures du matin. Température extérieure 15 degrés (c'est déjà beaucoup mieux que les 13 degrés de la veille). Ceux de notre équipe logeant à l'hôtel attendent les tuktuks pour nous rendre à Angkor Wat. Là-bas nous serons rejoints par le reste de la troupe habitant Siem Reap. Comme d'habitude un convoi interminable de tuktuks - et maintenant aussi de voitures - serpente la route qui mène au départ de la course. Il fait encore nuit mais le jour ne tardera pas à se lever. Les coureurs de semi-marathon sont déjà partis à 5 heures du matin, pour nos 10 kilomètres le départ est prévu pour 6 heures. Les coureurs du semi-marathon font une boucle autours des temples tandis que pour nous c'est un aller-retour sur une longue droite. L'ambiance est bonne et nous arrivons pile poil pour le départ.
De plus en plus de coureurs/marcheurs s'inscrivent à cette course qui compte plus de 12'000 participants cette année. Initialement l'événement a été créé après presque 30 ans de guerre civile pour encourager les victimes des mines antipersonnelles. Puis c'est graduellement devenu un événement de charité pour personnes en situation de handicap et enfants pauvres
Quand le signe de départ est donné, le ciel est juste en train de rosir pour faire ressortir la silhouette mythique d'Angkor Wat. Des joueurs de tambours placés au départ nous encouragent à suivre leur rythme et forcer le pas.
Pendant longtemps nous restons plus ou moins entourées par le même groupe. Il y en a qui courent un petit bout, puis s'arrêtent et reprennent en marchant. Nous continuons d'un pas régulier. Après à peine deux kilomètres les premiers coureurs du semi-marathon font leur apparition, encouragés par nos applaudissements. Il existe également une catégorie pour chaises roulantes dans la course, et tous les participants se font également encourager chaleureusement.
Au troisième kilomètre nous franchissons la porte sud d'Angkor Thom puis un pont où dieux et démons tirent sur un serpent géant. Beaucoup de coureurs s'arrêtent pour prendre des photos ou selfies. Mais pour moi l'ambiance manque encore un peu de luminosité. Ce sera mieux au retour.
Heureusement que les dieux restent muets devant tout ce peuple qui grouille sur leurs terres. Visiblement ils aspirent plus à la tranquillité qui sied si bien à ces lieux.
Nous contournons le temple de Bayon, construit à la fin du 12e siècle et allons retrouver sur deux kilomètres nos collègues coureurs qui sont déjà sur le retour. Cela nous donne le petit coup de peps pour accélérer nos pas. Puis c'est la porte nord et nous contournons la balise de 5 km. Nous avons mis une heure. Allez, courage, plus que 5 km.
L'ambiance en franchissant des courants d'eaux dans la brume matinale n'a rien perdu de son charme depuis l'année dernière. Je dois certainement prendre les mêmes photos chaque année. Mais que voulez-vous? C'est tellement beau!
Puisque la pauvre Marie doit faire beaucoup plus de pas que moi pour parcourir la même distance, j'en profite pour prendre ces quelques photos, sans trop m'arrêter quand même. Allez, encore une des terrasses de l'éléphant dans la douceur dorée du matin.
Je sens un certain ralentissement dans le troupeau des coureurs dont beaucoup deviennent marcheurs. Mais nous on maintient toujours notre rythme et nous franchissons la ligne d'arrivée après 1h55 de marche. La plupart de nos collègues sont déjà arrivés, mais nous attendons encore Rose qui est la seule cette année à faire les 21 km.
Nous avons rendez-vous au Pumpkin Café pour nous restaurer avant de prendre la photo de groupe traditionnelle avec nos médailles bien méritées. C'est la quatrième année que l'équipe du Bravehearts Center y participe, mais certainement pas la dernière.
Le reste de la journée sera consacré au doux farniente, massage et shopping avant de reprendre le bus demain matin pour retourner à Phnom Penh et entamer notre dernière semaine à l'orphelinat.