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Portraits de femmes ayant oeuvré pour le féminisme à Genève et en Suisse.
Marie Goegg-Pouchoulin
(1824-1899)
Femme courageuse et pionnière, elle fut regardée avec étonnement par ses contemporains. C’est elle qui fonda, en 1868 à Genève, la première société féministe en terre romande, l’Association internationale des femmes, dont le but était de soutenir les efforts tendant vers la paix et la liberté de travailler à l’avancement moral et intellectuel de la femme et à l’amélioration graduelle de sa position dans la société par la revendication de ses droits humains, civils et politiques.
La renommée de cette fondation dépassa le cadre de nos frontières puisqu’elle fut saluée par Guiseppe Garibaldi. Dissoute deux ans plus tard, cette association fut immédiatement remplacée par une autre, la « Solidarité » dont l’activité fut féconde et utile. Elle s’occupa notamment avec énergie des questions concernant les professions et les salaires.
Marie Goegg-Pouchoulin fut pendant plus de vingt ans secrétaire et caissière de la Ligue de la paix et de la liberté et elle fonda le « Journal des Femmes », premier journal féministe suisse. On lui doit par ailleurs l’admission des femmes à l’Université de Genève.
Pauline Chaponnière-Chaix
(1850-1934)
Co-fondatrice de l’Alliance de sociétés féminines suisses, elle participa à l’organisation du premier Congrès féminin suisse (1896), présida le Conseil international des femmes (CIF) et fut membre du Comité international de la Croix-Rouge.
Emma Pieczynska-Reichenbach
Genevoise de coeur, elle propagea à Genève les idées qui étaient à l’origine des premiers clubs de femmes américains. Elle créa en Suisse les premières ligues sociales d’acheteurs dont elle fut présidente et publia un des premiers livres d’éducation sexuelle (1897).
Camille Vidart
(1854-1930)
Elle fut l’initiatrice, la fondatrice et la première présidente de l’Union des Femmes à Genève. Professeure de littérature française, elle traduisit en français les fameux livres de Heidi écrits par Johanna Spiry. Féministe convaincue par esprit de justice et d’équité, de solidarité humaine et par une conception très élevée des tâches et des responsabilités de la femme dans la vie publique, elle participa à la fondation de l’Alliance de sociétés féminines suisses.
Emilie Gourd
(1879-1946)
Véritable pionnière du suffrage féminin à Genève et en Suisse, avec cet autre ardent défenseur du féminisme que fut Auguste de Morsier, elle présida l’Association suffragiste et fonda en 1912 le journal « Mouvement féministe » qui est devenu aujourd’hui l’émilie (lien). Professeure d’histoire brillante et passionnante, oratrice hors-pair, ses réalisations pour la cause de la femme sont nombreuses : ouvroir fondé en 1914, foyer d’accueil pour les prostituées, Cartel d’hygiène sociale et morale. Le mot d’ordre qu’elle laissa en quittant la présidence de l’Association suisse pour le suffrage féminin en 1928, illustre fort bien son caractère : « Soyez optimiste, croyez au succès, n’ayez jamais peur ; quand une cause est juste, comme la nôtre, le succès ne saurait manquer, mais il ne faut pas s’immobiliser dans l’attente de temps meilleurs, vous devez les forger vous-mêmes de vos mains, et avec votre cœur en ayant foi en l’avenir. »
Hélène Gautier-Pictet
(1888-1973)
Ardente défenseure des droits de la femme comme son père Paul Pictet (fondateur du journal « La Suisse » avec Gaspard Vallette), Helène Gautier fut la véritable fondatrice du Centre de liaison des associations féminines genevoises et sa présidente pendant près de vingt ans. Son but était de grouper les associations féminines existantes pour leur permettre de se consulter, de coordonner leurs efforts et d’avoir, sur plusieurs plans, une action concertée pour l’amélioration du sort de la femme. C’est grâce à sa ténacité que le CLAFG fut, dès ses débuts, reçu et écouté par les autorités.
Dr Marguerite Champendal
Première étudiante genevoise à recevoir le diplôme de docteur en médecine, elle ouvre en 1901 un cabinet de consultation et crée la « Goutte de lait », institution d’avant-garde dont le but est de venir en aide aux nouveau-nés et aux enfants des milieux défavorisés. Son « Manuel des Mères » se diffuse dans toutes les couches de la population. Elle crée en 1905 l’école d’infirmières du « Bon Secours » et « la Pouponnière ».
Dr Lina Stern
Professeure de physiologie à la faculté de médecine de l’Université de Genève de 1918 à 1925, elle fut la première et seule femme jusque dans les années 1940 à laisser son empreinte dans l’enseignement universitaire.