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Opposant les républicains aux nationalistes, la guerre d'Espagne s'est terminée il y a exactement 80 ans par la victoires du camp du Général Franco qui établira une dictature et gardera le pouvoir absolu jusqu'à sa mort en 1975.
Guerre civile qui a marqué les opinions et qui est parfois vue comme un prélude à la Seconde Guerre mondiale, elle a aussi marqué la naissance du photojournalisme moderne.
"Durant ce conflit, le photographe devient un activiste. Il n'est pas là pour prendre de belles images, il est là pour remuer les consciences. Notamment en France et en Angleterre ou les gouvernements ont décrétés qu'ils ne soutiendraient pas la cause républicaine espagnole alors que les troupes de Franco sont soutenues officiellement par l'Allemagne et l'Italie" explique à la RTS Pauline Vermare, directrice culturelle de l’agence Magnum, à New York.
Robert Capa, le père du photojournalisme
Pour cette spécialiste, une autre raison explique cette rupture dans le travail de photographe de guerre: le matériel. La commercialisation de l'appareil photo Leica à partir du milieu des années 1920 permet de prendre des photos en étant au plus prêt du front et des soldats.
Et un homme saura s'approprier cette technique comme nul autre: le photographe et correspondant de guerre hongrois Robert Capa (1913-1954). "Capa est dans l'action, dans la bataille. Il y a quelque chose de dangereux, d'héroïque. On sent le risque dans ses photos" explique Pauline Vermare.
Si la photo n'est pas bonne c'est que vous n'êtes pas assez près.
Un travail mis en valeur dans la presse
En plus d'être plus facile à réaliser, la photographie devient aussi plus facile à imprimer et plus facile à distribuer à travers le monde, grâce à des avancées technologiques dans le domaine de la presse. Des magazines comme "Regards", "Vu" ou "Life" se font l'écho de son travail, ainsi de celui d'autres photojournalistes sur place comme Chim, Gerda Taro ou encore Henri Cartier-Bresson.
En 1938, lorsque Robert Capa photographie la bataille du Rio Segre, son reportage est repris par de nombreux magazines dont le "Picture post" et "Match". C'est la première fois qu'un reportage photo est publié comme une histoire, qui est racontée du début à la fin. A cette occasion, le journal britannique proclame d'ailleurs Robert Capa comme "le plus grand photographes de guerre du monde".
Mort d'un soldat républicain
Une des images emblématiques de cette guerre d'Espagne, signée Robert Capa, est la "Mort d'un soldat républicain".
Elle montre un homme tombant en arrière, fauché par une balle. Pauline Vermare, qui a aussi été conservatrice durant sept ans des archives de Robert Capa, explique que cette image a suscité pas mal de questions concernant sa véracité. Est-ce une photo qui a été mise en scène? A-t-elle été rejouée? Capa l'avait déjà fait, donc il serait pas étonnant que ce soit aussi le cas pour cette image.
"Mais comme on n'a pas retrouvé la planche contact, aujourd'hui il est impossible de prouver ou non que c'était une mise en scène", explique Pauline Vermare.
>> A lire aussi:
Un peu moins de dix ans après la fin de la guerre d’Espagne, Robert Capa, Chim et Henri Cartier-Bresson fondent l’agence Magnum, entre New York et Paris. Un collectif qui reste aujourd’hui une référence en terme de photojournalisme.
Sujet radio: Caroline Stevan
Adaptation web: Andréanne Quartier-la-Tente