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Pendant le vol d’admission d’un autogire biplace (Magni M16), les pilotes ont dû procéder à un atterrissage forcé dans les alentours de l’aérodrome d’Écuvillens. Ci-dessous le récit d’un des deux pilotes de l’autogire : Après le décollage de l’aérodrome d’Ecuvillens, nous montons jusqu’à 3300 ft, que nous atteignons au milieu du crosswind. Ensuite nous réduisons le régime du moteur à environ 4600 tr/min.
Au moment de revenir à la base en commençant la descente et en réduisant le régime, le moteur s’éteint. Après avoir annoncé que le moteur n’est plus en marche, le premier pilote propose une approche directe vers l’aérodrome d’Écuvillens. Persuadé, en raison de la défaillance du moteur, qu’une approche vers l’aérodrome n’est plus possible et qu’il faut donc atterrir en dehors de l’aérodrome, je réponds à sa proposition par un « négatif » et je décide de prendre les commandes en annonçant « my control ». Pendant ce temps, mon collègue tente encore de redémarrer le moteur.
Je connais la direction du vent grâce à l’orientation de la piste et des conditions au décollage : je cherche donc de possibles terrains d’atterrissage et en identifie trois. Je décide de commencer l’approche vers celui qui me paraît le meilleur en fonction de la disposition des terrains, de la nature des sols et des obstacles à franchir.
Je définis le point de toucher au milieu du terrain pour avoir une marge des deux côtés. À intervalles réguliers, je contrôle la vitesse minimale et la prononce à haute voix : « speed 60kts ». À environ deux mètres du sol je commence à cabrer l’appareil et à un mètre du sol j’ai complètement réduit la vitesse, l’autogire se pose doucement et parcourt encore 7 m avant de s’immobiliser. Après l’atterrissage tout nous paraît tranquille ; nous descendons et constatons que l’autogire ne présente aucun dégât visible.
Après vérification, nous établissons qu’il y a encore 35 litres d’essence, que les pompes à essence fonctionnent et que la pression est là. Deux heures après l’atterrissage, il est à nouveau possible de redémarrer le moteur.
Moralité : en cas d’atterrissage forcé, même si un aérodrome est à proximité, il ne faut pas automatiquement exclure les autres options ; en fonction de la situation il vaut mieux choisir un lieu d’atterrissage plus adapté.
Explications sur les licences de pilote d’autogire : En Suisse, pour voler avec un autogire, il faut avoir une licence PPL A ou H avec une licence autogire étrangère valable pour le type utilisé. C’est ce que prévoit la règlementation actuelle pour les pilotes d’autogires de construction amateur. Une modification de la législation nationale et des systèmes de licences est en vue.