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Au seuil d’une auberge, devant un portail en bois poli, une dame soignée fait un signe de tête vers l’avant en signe de bienvenue. Le couple s’approche et après s’être excusés, l’homme et la femme délaissent leurs chaussures respectives pour des chaussons blancs alignés devant eux. Sous leurs pieds, le bois laqué est agréablement lisse et ils se laissent guider jusqu’à la chambre. Au passage, ils traversent un petit pont surplombant un étang. La femme se retourne et montre les carpes à son ami. Dans le jardin peuplé de bonsaïs, les arbres regardent silencieusement les trois êtres avancer sereinement. Arrivée à la chambre, l’hôtesse ouvre la porte doucement. Elle laisse entrer ses invités. Un bouquet de fleur déposé à la manière d’un ikebana les observe. A droite, il y a une petite armoire et à gauche, en ouvrant les portes en bois, il y a une pièce en tatami avec au centre une table basse et des coussins de chaque côté.
Ils s’assoient sur les genoux et la dame après un silence, demande si le voyage s’est bien passé. Elle laisse infuser les feuilles puis verse le thé dans deux tasses en faïence. L’un en face de l’autre, le couple boit l’infusion avec un bonbon au sucre. La dame s’éclipse et le couple admire l’intérieur tout en discutant de choses et d’autres. Ils se lèvent et mettent de l’ordre dans les valises. Après une brève pause, ils prennent les deux yukatas, des vêtements en coton, pliés soigneusement dans l’armoire. En sortant de la chambre, ils se dirigent vers les bains. La femme et son ami se séparent.
Elle explore le lieu, puis se déshabille. Enfin, elle entre dans les bains avec une petite serviette blanche. Tandis qu’elle est dans le bassin, elle pense aux jours précédents, à la tension pour terminer le travail, entre toute l’agitation, tous les hurlements dans les téléphones pour de légères histoires et les repas mangés à la hâte, elle ne savait plus où donner de la tête. Et là , à l’instant, enfin sereine, elle ferme les yeux et elle n’entend plus que le bruit de l’eau qui se jette continuellement dans le bassin.
Info
Ce texte est le quatrième d’une série de six nouvelles enrichies de croquis et de photos et qui s’intitule Japon, quelque part entre calme et chaos. Loin des grandes catastrophes qui ont ébranlé ce pays, loin du fanatisme nippon pour les mangas et les gadgets kawaii, ce projet dépeint un Japon ordinaire, mal connu, celui de la vie quotidienne. Les nouvelles, publiées chaque dernière semaine du mois, mêlent la fiction et la réalité telle que vécue par l’auteure Sayaka Mizuno, réalité principalement inspirée de visites à Kawasaki près de Tokyo. Les ryokans évoqués dans cet épisode sont des auberges typiquement japonaises qui possèdent souvent un onsen, un bain thermal, où viennent se reposer les Japonais.