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En 1868, le peintre et graveur sur cuivre Jakob Lorenz Rüdisühli s’installe à Bâle. Pour populariser les dessins des principaux artistes suisses, il publie plusieurs livraisons d’estampes par la suite réunies sous le titre Schweizerisches Künstler-Album. Originalwerk für bildende Kunst von lebenden Schweizer-Künstlern. En février 1869, parmi les gravures déjà publiées, figure Le prêtre pêchant (ou Curé-pêcheur) de Bocion.
Les eaux-fortes ou lithographies du recueil sont exécutées par les artistes eux-mêmes, comme l’indique ici la signature «Bocion rad.» [Bocion l’a gravé]. L’intérêt de l’artiste pour la gravure est ainsi attesté. En 1876, il fera acquérir une presse à eaux-fortes par le Musée industriel de Lausanne, pour poursuivre ses propres essais et pour favoriser la pratique de cette technique par d’autres artistes de la région.
Bocion place son sujet – un prêtre en train de pêcher à la ligne en compagnie d’un chat –, sur les rives françaises du lac Léman. À l’arrière-plan, le château d’Yvoire, dont le toit, brûlé en 1591, ne sera reconstruit qu’en 1939, ainsi que le clocher à bulbe de l’église se fondant parmi les silhouettes des arbres. Un dessin au crayon noir, conservé au Musée et ayant sans doute précédé cette eau-forte, présente le même sujet dans un format horizontal, laissant voir quelques barques à voiles latines.
En 1873, Le prêtre pêchant se retrouve dans le Schweizerisches Künstler-Album paru chez l’éditeur-imprimeur Christian Krüsi à Bâle, avec un texte de Gottfried Kinkel, professeur d’archéologie et d’histoire de l’art à l’École polytechnique fédérale de Zurich. Cette année-là, une sépia intitulée Der Pfarrer von Yvoire est aussi présentée par l’artiste à Winterthour, lors de l’Exposition de la Société suisse des Beaux-Arts.
Bibliographie
L’Estafette, 20.2.1869, p. 4.
Camille de Alencastro, Bocion. Peintre du Léman, Gollion, Infolio, 2022.