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En 1903, le Canton de Vaud célèbre le centenaire de son entrée dans la Confédération suisse. Pour fêter dignement cet anniversaire, il est décidé de créer à Mézières une œuvre dramatique directement rattachée à l’histoire du canton et de la région: La Dîme, de René Morax. Cette première expérience d’un théâtre à la campagne eut un très gros succès. Soutenu par l’enthousiasme de différents partenaires, René Morax, le décorateur Jean Morax (son frère), Jusseaume (décorateur à l’Opéra de Paris) et le compositeur Gustave Doret élaborent les grandes lignes d’une construction entièrement en bois, loin des dorures et des velours rouges traditionnels.
Une aventure qui fait bien sûr penser à celle Maurice Pottecher, qui créa en 1895 le Théâtre du Peuple, à Bussang, dans les Vosges, dans le même esprit et le même cadre, ou presque: une bâtisse tout en bois plantée au cœur d’un petit village, préfiguration de la grande vague de la décentralisation théâtrale française.
Le Théâtre du Jorat est donc inauguré en 1908 avec une nouvelle œuvre de René Morax : Henriette. Suivra Aliénor en 1910 (qui deviendra un best-seller, puisque repris au même endroit en 1926, 1965 et 1987!). Dès lors, le Théâtre du Jorat monte un spectacle tous les deux ans environ, sauf pendant les deux guerres mondiales. C’est ainsi que 15 œuvres seront créées entre 1908 et 1947, en présence régulière des plus hautes autorités du pays. Le Conseil Fédéral s’est plusieurs fois déplacé in corpore.