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Qu’entend-on par «résilience»?
Tel un bambou qui produit des feuilles vertes même en hiver, ou tel un bateau qui, tempête après tempête, fait face à la haute mer, ou tel un brin d’herbe, qui se courbe dans le vent pour retrouver ensuite rapidement sa forme initiale! Le concept de la résilience fournit une explication de cette résistance.
Le terme «résilience» provient du latin «resilire», qui signifie faire un bond en arrière. A l’origine, le terme était utilisé en physique pour décrire le caractère de matériaux hautement élastiques qui, après une déformation, reprennent de nouveau leur forme initiale.
Le côté positif: dans le contexte humain, la résilience n’est pas une construction statique, mais un processus; on peut donc l’influencer.
On pourrait dire que les personnes résilientes sont celles qui retombent toujours sur leurs pieds.
Exemple pratique: Madame A. travaille dans une petite entreprise, dans laquelle règne une forte pression des délais. Les délais stricts et le rythme de travail élevé du supérieur hiérarchique la stressent. Après quelques mois de combat individuel, elle se confie à sa collègue de travail. A son étonnement, celle-ci éprouve les mêmes sentiments. Les deux femmes décident donc de chercher le dialogue avec leur supérieur hiérarchique afin de discuter sur les délais stricts. Quant à l’expérience de Madame A., celle-ci a appris en ces temps de grande charge de travail à se confier à une collègue afin de chercher avec celle-ci une solution commune à une situation difficile. Quant à sa croissance personnelle, elle a appris qu’elle n’est pas obligée de régler toutes les difficultés avec elle-même.
Question de réflexion: Quels défis avez-vous déjà relevés au cours de votre vie, et lesquels vous ont même permis d’évoluer?
La résilience en tant que processus
Le concept de la résilience décrit la capacité d’affronter les défis destructeurs que nous lance la vie et d’en sortir de manière renforcée et enrichie (Wustmann, 2012). Welter-Enderlin parle de la question centrale de savoir «comment les hommes arrivent à réagir aux événements difficiles de la vie de manière à en être agités, tels des arbres dans la tempête, mais sans tomber » (Welter-Enderlin, 2010, S.11).
A retenir: Le développement est donc menacé, mais peut malgré tout se réaliser grâce à la gestion réussie des conditions de vie difficiles.
Sont considérés comme des pionniers Werner et Smith, qui ont accompagné des enfants sur l’île Kauai dans leur évolution dans le cadre d’une étude longitudinale (1982, 1992, 2001, cité d’après Wustmann, 2012). Ils ont observé 698 personnes (nées en 1955), de leur développement prénatal jusqu’à leur 40e année. Parmi les enfants faisant partie du groupe à risques, un tiers sont devenus des adultes efficaces et attentifs malgré les conditions difficiles. En revanche, les autres enfants ont développé divers troubles.
Il en résulte la question suivante: comment et pourquoi des enfants développent la résilience? De nombreux chercheurs ont identifié des faits de l’environnement (facteurs externes) qui, selon eux, paraissent avoir une influence sur le processus du développement de la résilience. L’objectif était celui de permettre dorénavant à tous les enfants de se développer avec succès (Fingerle, Freytag & Julius, 1999, zitiert nach Wustmann, 2012).
Le modèle-cadre que présente Wustmann dans son ouvrage consacré à la promotion de la résistance des enfants dans des institutions de prise en charge de jour, «Resilienz – Widerstandsfähigkeit von Kindern in Tageseinrichtungen fördern» (2012), s’inspire beaucoup du «Resilience Framework» de l’Américaine Karol Kumpfer. Le modèle de Kumpfer «fournit un bon cadre d’orientation, car il réunit toutes les bases de recherche théoriques jusqu’ici discutées dans la recherche sur la résilience», explique Wustmann (2012, p 61). Il se base sur les résultats empiriques d’un grand nombre d’études menées jusqu’à aujourd’hui et il repose, dans ce sens, sur des bases scientifiques actuelles (cf. Kumpfer, 1999).
Exemple pratique: Dans des situations conflictuelles, il est particulièrement important pour Mme K. de pouvoir analyser la situation toute seule (ressources cognitives). Ce n’est qu’après une analyse détaillée qu’elle est prête à mener un entretien pour s’expliquer avec la personne concernée. Monsieur F. voit les choses différemment: dans les situations conflictuelles, il doit pouvoir exprimer ses émotions dès le début (ressources émotionnelles ). Ce n’est qu’après cela qu’il est prêt pour une explication rationnelle. Cet exemple montre que les hommes réagissent d’une manière complètement différente aux défis, dans ce cas aux situations conflictuelles. L’objectif de la promotion de la résilience n’est pas de voir quelle est la bonne méthode, mais quel comportement est approprié, fonctionnel et ciblé pour la personne concernée.
A retenir: La résilience ne se caractérise pas par un processus type idéal. Chaque personne dispose de toutes sortes de ressources, qui peuvent être formées et utilisées de manière personnelle. Il n’existe donc pas de recette miracle pour renforcer la résilience personnelle. Ce qui est juste pour une personne et favorable au développement de celle-ci peut être complètement inapproprié pour une autre personne. Ce qui est important, c’est que, lorsqu’elle se trouve dans des situations exigeantes, cette personne apprend à prêter attention à elle-même et à ses propres besoins, à prendre ces besoins au sérieux et à les satisfaire de manière correspondante!
La résilience au quotidien professionnel
Au cours des trois ou quatre dernières années, le terme de résilience s’est largement répandu dans divers domaines. On a notamment constaté un transfert du concept de la résilience vers la prise en charge et la direction des collaborateurs (Bott, 2014), notamment parce que, dans beaucoup de pays, on observe une charge et une occupation accrues aux places de travail depuis quelques années (cf. WHO, 2005, 2010). Cette évolution est source de maladies physiques ou mentales, et, par conséquent, plus de personnes sont incapables de travailler et/ou demandent des prestations de l’AI ou des retraites anticipées.