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Au fil du temps, le barrage de Verbois
Construit pendant la guerre
Une longue réflexion a présidé à la construction du barrage de Verbois sur le Rhône: c'est au début du 20e siècle que naît l'idée de bâtir une nouvelle centrale hydroélectrique pour répondre à l'augmentation des besoins en électricité de Genève qui dispose alors des ouvrages de la Coulouvrenière, de Chèvres et de Chancy-Pougny. Le projet de construction ne sera pourtant avalisé qu'en 1937, les travaux débutent en 1938, comme en témoignent ces images d'archives reprises par le Journal romand à l'occasion des 50 ans du barrage.
En pleine guerre mondiale, le 2 juin 1944, les installations de Verbois qui ont coûté 53 millions de francs sont inaugurées en grandes pompes, en présence du Général Henri Guisan et du président de la Confédération Walter Stämpfli. Un discours officiel prononcé à cette occasion et transmis à la radio met en évidence les circonstances particulières du moment et l'importance de l'équipement hydroélectrique nécessaire à la Suisse.
Une usine au fil de l'eau
Comment fonctionne une centrale hydroélectrique à basse chute? Dans un dossier consacré à l'énergie en Suisse en 1970, l'émission Vie et métier présente les installations de l'usine de Verbois à l'aide d'un plan et d'une maquette. Une chute de 20 mètres, un débit maximum de 1400 m3/s, 4 turbines Kaplan de 31'500 chevaux chacune, voilà de quoi assurer la moitié de la consommation en électricité de Genève à cette époque.
Un projet de centrale nucléaire
L'eau du Rhône pour refroidir le réacteur, les installations de l'usine hydroélectrique pour la distribution de l'électricité produite: le site de Verbois paraît tout indiqué pour la construction d'une centrale nucléaire devenue nécessaire pour faire face à la hausse de la consommation électrique. Malgré la proximité de l'aéroport et celle de la ville de Genève...
A la suite de la mobilisation d'opposants qui créent des associations pour lutter contre l'idée d'une centrale nucléaire à Verbois, ce projet sera abandonné.
Un incendie
Catastrophe en 1996: la centrale hydroélectrique qui fournit alors un quart de l'électricité de Genève est mise hors service par un violent incendie. Les dégâts se montent à 100 millions de francs, l'usine devra être fermée durant une année causant un préjudice supplémentaire en terme de perte de production.
La vidange de la retenue de Verbois en 2012. [RTS]
La vidange de la retenue
Environ 700'000 m3/an, ce sont les sédiments que l'Arve, affluent du Rhône, transporte et qui s'accumulent dans la retenue de Verbois. Pour éviter un comblement du barrage susceptible de causer des inondations de certains quartiers de la ville de Genève, les Services industriels genevois (SIG) ont organisé entre 1945 et 2003 des vidanges triennales qui ne sont pas sans impact sur l'environnement. En 1997, on tente de préserver les poissons de manière assez insolite.
En 2012 a eu lieu la dernière très importante chasse du Rhône mettant à mal les berges du fleuve et ses habitants à plumes et à écailles.
Par une optimisation de la passe à poissons près du barrage, l'installation de roselières et d'îles pour les oiseaux sur le cours du Rhône ainsi que par le développement de réserves naturelles, les SIG cherchent à compenser les dégâts causés par la gestion du barrage: quelques images d'un Rhône sauvage proposées par Passe-moi les jumelles en 2018.
Marielle Rezzonico pour les archives de la RTS
Publié le 25 septembre 2019 à 00:00 - Modifié le 26 septembre 2019 à 11:45