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Durant l’été 2017, la Fondation Urgences Santé (FUS), centre téléphonique répondant aux questions de santé des cantons de Vaud et Neuchâtel, a observé une augmentation des appels de parents redoutant chez leur enfant une noyade sèche. Ceci a fait suite à la publication dans les médias d’articles mentionnant les décès d’enfants liés à ce phénomène. Ces articles ont décrit la noyade sèche comme secondaire à l’inhalation de quelques cuillerées d’eau (« boire la tasse »). Elle se caractériserait par des symptômes respiratoires, difficultés respiratoires (dyspnées) toux, lèvres bleues (cyanose), mais aussi généraux comme un teint grisâtre, des douleurs thoraciques, une fièvre, et une altération de l’état de conscience et serait mortelle. Cette noyade se manifesterait après une période asymptomatique s’étendant jusqu’à sept jours et serait plus fréquente chez l’enfant.
La définition de noyade a longtemps souffert d’un manque de consensus. En 2005, on recensait 33 définitions ayant trait à ce phénomène. Pour pallier cette confusion, un groupe d’experts a conclu en 2003, puis en 2015, à une définition universelle de la noyade, décrite comme « une insuffisance respiratoire primaire résultant de la submersion dans un milieu liquide». La submersion désigne l’immersion complète, incluant les voies respiratoires, dans un liquide. Le diagnostic de noyade ne varie pas, que le patient survive ou non, et on en distingue trois catégories : fatale, non fatale avec séquelles et non fatale sans séquelles. Les notions de noyade « humide », « active », « passive », « silencieuse », « secondaire » et « presque noyade » ne sont plus utilisées. Les complications respiratoires les plus fréquentes de la noyade non fatale sont le syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA pour les professionnels de la santé) et les pneumonies infectieuses.
Le terme noyade sèche est issu de la médecine légale et désigne, lors d’autopsies de corps noyés, l’absence d’eau dans les poumons à la suite d’un laryngospasme réflexe. L’existence de ce phénomène est à ce jour débattue.
On peut considérer qu’un enfant a été victime d’une noyade si les parents ont constaté une détérioration respiratoire suite à un événement dans l’eau. Le simple fait d’avaler de l’eau et de tousser quelques secondes n’est pas une atteinte significative et « boire la tasse » ne constitue pas une noyade. Le syndrome décrit sur internet n’existe donc pas.
En Suisse, la noyade représente la deuxième cause de mortalité par accident chez l’enfant de 0 à 4 ans, après les accidents de la route. La grande majorité des noyades dans les pays à revenus élevés surviennent en piscine ou en baignoire. Dans plus de 90% des cas, les enfants sont seuls et l’absence de surveillance constitue, après l’âge, le principal facteur de risque. Les circonstances des noyades sont également dépendantes de l’âge. Les enfants de moins de 12 mois sont relativement immobiles, mais peuvent se noyer très rapidement dans des récipients jugés non dangereux (mare, seau, toilettes). Les enfants de 1 à 4 ans sont plus à risque, car ils se déplacent mais sont incapables de reconnaître les dangers. Chez l’adolescent et le jeune adulte, la consommation d’alcool ou de toxiques aux abords de l’eau sont les principaux facteurs de risque. On retrouve une alcoolémie significative chez 30 à 70 % des victimes de plus de 15 ans.
La prévention est l’action la plus efficace pour réduire la mortalité : 85 % des noyades pourraient être évitées et l’OMS (Organisation mondiale de la santé) en a fait un objectif prioritaire de santé publique depuis 2015.