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Dès le milieu du 19ème siècle, la Suisse devient une destination privilégiée pour l’émigration italienne. Travailleurs saisonniers, les ouvriers italiens arrivent au printemps au moment de l’ouverture des chantiers et repartent à la fin de l’automne au pays afin d’y passer la mauvaise saison auprès de leur famille.
Pietro-Giovanni, dit Pierre, Gabella travaille pendant plus d’une décennie comme travailleur saisonnier en Suisse. Comme la majorité des immigrés, Pierre n’est pas isolé puisque des parents ou des personnes originaires de Curino, comme lui, sont installés à Lausanne à cette époque. Pierre travaille même en famille puisqu’il occupe un poste de comptable dans l’entreprise de son beau-frère Losio. C’est un malheureux accident de chantier – la chute de vieux planchers – qui met prématurément fin à l’existence de Pierre.
Suite au décès de Pierre, son fils aîné Giovanni-Battista, dit Jean abandonne ses études et reprend, à l’âge de 15 ans, la place de son père. C’est à Lausanne que Jean, bientôt rejoint par son frère Giuseppe-Antonio, dit Joseph, apprend le métier de maçon puis d’entrepreneur.
L’incendie qui ravage Vallorbe, le 7 avril 1883, détruit 98 bâtiments, laissant des centaines de personnes sans ressources et sans abri. Un immense chantier de reconstruction est rapidement lancé ce qui attire nombre d’ouvriers italiens, dont Jean et son équipe d’ouvriers, assurés de trouver du travail à revendre. Ã la fin de cette année, Jean et Joseph Gabella s’installent à La Robellaz, hameau situé sur la Commune d’Essertines-sur-Yverdon.