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L'Allemagne pourrait, lit-on, accueillir 800'000 refugiés cette année. La Suède qui héberge à peine plus d'habitants que la Suisse s'apprête à en héberger 90'000. En France, un ex-ministre de droite, président des maires de France, sans doute bon catholique, refuse une répartition obligatoire des 24'000 migrants que le président Hollande a décidé d'accepter. À Berne, on va palabrer sur le sujet de l'asile toute la journée.
Que fait ma commune de Bardonnex? Que fait ma paroisse de Compesières?
- L'une, ma commune, pourrait accueillir très vite deux ou trois familles de réfugiés dans la grande cure, vide depuis des mois, mais parfaitement habitable, située juste au-dessous de la mairie, dans le château de Compesières, qui appartint, jusqu'à la révolution française, à l'ordre hospitalier des chevaliers de Malte, qui y entretient encore un musée,
-L'autre, ma paroisse de Compesières, pourrait mettre à disposition de manière transitoire, pendant l'hiver qui vient, l'église de Compesières, un bâtiment chauffé mais vide, qui, avec quelques aménagements simples, pourraient loger dix ou vingt familles selon le besoin. Durant ce temps, les cérémonies religieuses pourront être dites à Troinex, dont l'église est vide aussi la plupart du temps.
La commune de Bardonnex pourrait sans doute faire plus encore, si le besoin devenait encore lus grand. Quoiqu'en disent les partisans de No Bunkers, l'abri de protection civile doublé de tente pour passer la journée à l'air libre peut lui aussi offrir une solution d'urgence pour un hiver. L'abri de La Croix-de-Rozon peut accueillir sans problème 100 a 200 personnes et il suffit de requisitionner un terrain en herbe pour y dresser des tentes et une cantine ou l'on peut distribuer des soupes et des pâtes pour presque rien. Les champs regorgent de nourriture laissée sur place car les fruits et les légumes n'atteignent pas le calibre et la beauté requises par les consommateurs suisses..
Et si chaque commune du canton fait de même, Geneve pourrait accueillir des milliers de réfugiés. Et si chaque canton fait de même, la Suisse pourrait héberger facilement plus de cent mille migrants.
Combien y a-t-il de place dans les casernes en Suisse? Combien y a-t-il de places publiques de protection civile en Suisse. Combien de chômeurs, de retraités, d'étudiants, de bénévoles, les cantons pourraient-ils mobiliser pour assurer une aide transitoire à l'arrivée des gens avant que ceux-ci se prennent en charge contre une rémunération progressive?
Fort bien diront les bougonneux et autres grincheux. Et à Pâques qu'en fera-t-on?
En quatre ou six mois, on aura pu décider qui a le droit de rester et qui doit repartir ou demeurer dans des camps de fortune. En quatre et six mois, des particuliers auront pu annoncer le disponibilité d'accueillir une ou deux personnes ou une famille. De quoi soulager les structures publiques. Bien sûr, il faudra que le département d'Hodgers via une loi du Grand Conseil fasse l'impasse sur le gymkhana d'une autorisation de construire. Il suffira d'annoncer son projet constructif et économique, lequel sera supervisé par l'autorité communale enregistré et validé sauf cas exceptionnel.