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Saga de la Famille Hewitt
2-Histoire de Mao-Tza, père de Ronalek1 - A 26 ans, en 1992, Mao Tza quitte la Chine et découvre Hong Kong
Mao Tza, le père de Ronalek, était d'origine chinoise (région sud-est de l'Asie): à 26 ans, il était devenu un érudit spécialisé dans les religions de sa région. Il en connaissait tous les symboles, les signes et les mythes; mais il avait aussi beaucoup travaillé sur les rites et les habitudes des fidèles de ces religions. Cela lui avait permis par la suite de publier son ouvrage "la maîtrise des événements lors de la Révolution Culturelle" . Il faut rappeler que cette Révolution avait été imaginée par un certain Mao Dzé Dông, qui s'était proclamé Grand Timonier de ce vaste pays qu'était alors la Chine. Mao Dzé Dông avait conçu cette révolution à partir d'un petit livre distribué à toute la population et qu'il avait appelé le Petit Livre Rouge.
Il se trouvait en effet que Mao Toung, le père de Mao Tza était l'un des rédacteurs du Petit Livre Rouge en 1966. C'était l'année où son fils Mao Tza, était né. Il est reconnu que ce Livre est un des exemples les plus extraordinaires d'utilisation des ondes Roco presque 40 ans avant leur découverte scientifique. Mao Tza était ami de Lin Piao et l'avait aidé à choisir les citations de Mao Dzé Dông et à les mettre dans un ordre dont le symbolisme était voulu. C'était la première fois que le désordre apparent d'un livre Saint était pensé et réfléchi d'après les textes anciens: ainsi les 33 chapitres étaient à rapprocher du chiffre mythique de 33, le nombre de Citations du Parti 343 fois soit 7x7x7 soit 3 fois le chiffre parfait par lui-même etc...
Mao Tza avait entendu pendant son enfance son père réciter inlassablement des pages entières du Petit Livre Rouge. Il s'en était tellement imprégné que ce texte était devenu pour lui une sorte de prière. D'ailleurs, il avait souvent entendu son père faire un parallèle entre le rôle de la prière et le rôle qu'avait eu le Petit Livre Rouge pendant la Révolution Culturelle. Il le connaissait par coeur et les sons des petites phrases brèves étaient à jamais inscrites dans son esprit, indépendamment parfois de leur sens réel. Plus tard un Livre très ancien du même type, le Petit Catéchisme de Martin Luther, lui avait été signalé et il avait été frappé de la similitude des deux démarches.
Ses relations avec les dirigeants successifs de la Chine avaient permis à Mao Toung, le père de Mao-Tza de rester dans « son » pays jusqu'à sa mort en 1992. Fasciné par la science que lui apprenait son père, Mao Tza était devenu un homme d'un savoir inépuisable dans l’histoire des religions de son pays, et en particulier le bouddhisme.
Après la mort de son père, Mao Tza avait été un peu lassé de cette ambiance d'enrichissement systématique qui régnait dans son pays et même parmi ses compagnons de recherche les plus proches. C'était en Chine une époque où la Monnaie s'était brutalement implantée comme instrument de cohésion sociale à la place de l'Idéologie et des mythes communistes.
Malgré de nombreuses propositions pour accéder à de hauts postes de responsabilité politique, il préférait continuer ses recherches. Il connaissait en effet grâce à son père tous les gens de l'Elite de l'époque. Universitaire connu pour ses travaux, il n'aurait eu aucune peine non plus à trouver un poste dans une "Université" des ex-USA.Il préféra aller à Hong Kong rejoindre un de ses amis, Tseu-Ha, de l'Université de Pékin, médecin célèbre spécialisé dans les problèmes de nutrition. Ils étaient amis d’enfance et étaient allés à l’école ensemble. Depuis ce temps, ils étaient toujours restés en relation.
En arrivant à Hong Kong à l'adresse indiquée par son ami, Mao Tza se trouva devant un curieux bâtiment en forme de Triangle, surmonté d'une coupole semi-circulaire: sur la porte étaient inscrits en caractères arabes, chinois, cyrilliques et latins les mots suivants: Groupe d'Etudes des Sciences de la Nutrition. Il eut la curieuse sensation d'être observé et crut entendre que quelqu'un l'appelait. Il poussa la porte et se trouva dans une salle formant triangle. Assise à une sorte de bureau de réception, il vit une femme très belle qui lui sourit: ses dents étaient d’un éclat et d'une blancheur extraordinaires. Cette femme était Noire. Elle devait avoir une cinquantaine d'années et elle avait déjà l'aimable corpulence des femmes noires de cet âge. Elle était belle comme une chanteuse d'Opéra que l'on voit dans les bandes vidéo, ces curieuses machines à reproduire le réel à cette époque. Elle regarda Mao Tza droit dans les yeux avec assurance mais sans provocation:
- Bonjour, Monsieur, puis-je vous être utile ?
- C'est-à-dire oui, je viens voir mon ami Tseu Ha et je voudrais savoir où je peux le rencontrer.
Mao Tza regarda autour de lui et vit que cette salle triangulaire était du haut en bas tapissée de "livres", de bandes "vidéo" et d'autres systèmes de reproduction.
- Hé bien, je peux vous dire qu'il est ici. Vous avez senti comme un appel en entrant ici. Nous expérimentons un système d'ondes qui permet de transmettre des messages à distance. Grâce au petit appareil que j'ai ici dans mon oreille, j'amplifie un message qui peut être perçu à environ 50 mètres autour de ce bâtiment. Il est transmis par ondes courtes en infrasons non perceptibles par l'oreille humaine mais directement par le cerveau. Les chiens ou les chats, eux, entendent très bien ces ondes.
Ce petit "gadget" a été mis au point par Louis Vierne, l'un des dix nutritionnistes qui travaillent chez nous. Voilà: nous sommes, des "universitaires" qui nous intéressons au rôle de la nutrition dans l'évolution des individus et des peuples: le sujet est immense et nous recherchons des bonnes volontés. Ce bâtiment nous a été offert par un architecte japonais passionné par notre recherche et qui possède une grande quantité de Monnaie. Moi-même je travaille à la F.A.O. et suis spécialisée dans les problèmes de sous-nutrition en Afrique.
Elle brancha le petit appareil sur la position 2, connue d'elle seule; cette fois le message qu'elle avait enregistré était plus personnel, c'était "comment me trouvez-vous?". Cette question, il l'entendit dans son inconscient mais ne voulut pas y répondre; il trouvait cette femme belle mais trop imposante, trop âgée pour lui plaire.
Sans vouloir répondre, Mao Tza voulait communiquer avec cette femme car elle l'intéressait, il ne savait pas trop pourquoi. Il ne voulait pas que leurs relations en restent là. Il ne savait pas quoi répondre. Tout à coup la porte par laquelle il était arrivé s'ouvrit .
Il vit apparaître un jeune homme noir, petit, avec un gros nez épaté mais dont les traits du visage était très fins. Ses yeux bleus étaient encadrés par des paupières qui dessinaient entre elles deux formes admirables et légèrement dissymétriques rappelant celles de deux amendes. Son regard exprimait une apparente candeur dissimulant mal un sentiment de supériorité. Sur ses lèvres minces, flottait en permanence, un sourire très doux, un peu interrogateur et narquois; ses cheveux étaient soigneusement lissés et avaient du autrefois être légèrement crépus ; son corps, bien que pas très haut (environ 165cm, estima Mao-Tza) était très élancé. Sa sveltesse était mise en valeur par un pantalon noir assez serré sans être provocant. Sa taille était ceinte d'un tissu rouge.
- Oh! Maa, tu es là, dit la femme comme à regret. Monsieur je vous présente mon fils qui fait actuellement une thèse sur les religions en Afrique Australe en comparant les mythes de différentes tribus bantoues. Ce travail va être écrit et fera l'objet d'un livre qui sera sûrement très intéressant. Dès qu'il aura fini, il projette de fonder une "famille" et d'avoir un enfant qui devrait naître l'année prochaine si tout va bien.
- Maman, pourquoi racontes-tu tout cela à ce monsieur que je ne connais pas ?
- Mon fils, je te présente Mao Tza qui vient de Chine pour retrouver son ami Tseu-Ha.
Maa ne put retenir un brusque geste qui montrait sa confusion extrême, le sang vint jusqu'à son visage, son coeur se mit à battre
- Monsieur, je suis absolument désolé: vous êtes donc le fameux Mao Tza. J'ai lu tous vos écrits et je m'en suis même servi pour construire mon travail.
Mao Tza trouva ce petit homme peu sympathique.
D'abord, il n'avait pratiquement jamais vu de noir. Et puis voir un homme se spécialiser dans un sujet aussi restreint lui paraissait suspect et manquer singulièrement d'ampleur.
Maa poursuivit en disant:
- Voyez-vous, ce ne sont pas tellement les mythes qui m'intéressent dans mon étude mais les raisons pour lesquelles ils se sont construits: j'ai une "formation" de mathématicien mais je suis venu à la neurologie bien plus tard.
Mao Tza éprouva un curieux sentiment: il venait à peine de se faire une réflexion dans sa tête que déjà la réponse lui était donnée.
Il ne pouvait maîtriser l'antipathie grandissante qu'il éprouvait pour ce jeune homme au fur et à mesure qu'il lui parlait et que l'autre lui répondait.
- Vous vous demandez sûrement pourquoi, ayant fait des études neurologie et de mathématiques, j'en suis venu à étudier les mythes bantous?
Là Mao Tza, pourtant connu pour son calme et sa courtoisie ne put réprimer un geste d'agacement: le jeune homme maintenant précédait ses questions et ses pensées et cela il le supportait mal.
Heureusement à ce moment arriva Tzeu-Ha avec un sourire un peu figé. Il s'inclina devant son ami.
Selon les habitudes de cette époque, ils ne cherchèrent pas à mieux connaître leur état respectif avec un neuro-analyseur mais utilisèrent des mots qui dans ces situations étaient toujours les mêmes, surtout dans cette région du Monde:
- Je te salue, O mon ami, comment te portes-tu ?
- Je te salue, O mon ami, comment te portes-tu ?
Puis d'autres mots et d'autres gestes suivirent.
Pour abréger, disons qu'ils décidèrent d'aller déjeuner ensemble dans un "restaurant". Ils entrèrent dans un Hôtel que Tzeu-Ha avait l'air de fort bien connaître. C'était l'hôtel Hyatt le plus réputé de la ville mais qui appartenait à cette catégorie dite internationale pour gens qui cherchaient surtout à obtenir beaucoup de Monnaie. Mao-Tza fut très étonné que son ami l'emmène dans un tel endroit. Ainsi l'ambiance qu'il avait fui dans cette Chine avide de Monnaie, il la retrouvait dans cet Hôtel de Hong Kong où l'emmenait son ami. Il aurait préféré un lieu plus propice à évoquer leurs souvenirs et retrouver l'ambiance leur jeunesse, dans ces Ecoles de Pionniers où on leur apprenait qu'il fallait vivre pour la Société Communiste.
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