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Le boulevard de Pérolles
Jusqu’au milieu du XIXe siècle, Pérolles est un espace occupé par quelques domaines agricoles et coupé par des ravins qui en font un lieu peu propice à un quelconque développement. La paroisse et la commune de Villars-sur-Glâne, auxquelles toute la zone est rattachée, n’ont guère d’attention pour ces lieux éloignés de leur centre et très peu habités.
Deux événements vont complètement bouleverser cette situation relativement ancienne. Le chemin de fer d’abord. Après des tractations plus ou moins intenses, la gare de Fribourg est implantée à l’ouest de la ville. Le bâtiment construit en 1872 - 1873 par Adolphe Fraisse (1835 - 1900) (aujoud’hui l’Ancienne Gare) amorce une mutation importante de la ville puisque, au fil des décennies, celle-ci va voir son centre quitter le quartier historique du Bourg et rejoindre peu à peu ce nouveau pôle d’attraction. Dans l’immédiat, toute la partie de Pérolles la plus proche de la ville passe sous l’administration de la capitale cantonale après un accord passé avec la commune voisine de Villars-sur-Glâne (1872). Pratiquement contemporain de la construction de la gare, le projet de Guillaume Ritter (1835 - 1912) qui veut transformer toute la zone en un centre industriel échoue (1869 - 1875), mais confirme un nouvel intérêt pour ces espaces jusque-là considérés comme sans intérêt.
Plus concrètement, Ritter contribue à donner à Pérolles une impulsion favorisée par l’absence d’impôt prélevé par la commune de Villars-sur-Glâne sur la partie sud-est du futur quartier, ce qui incite plusieurs entreprises à s’installer sur le plateau toujours séparé de la ville par les ravins. Dans les années 1890 cependant, la situation ne satisfait plus personne : une meilleure liaison avec la gare s’avère indispensable et l’absence d’infrastructures due au manque de moyens de Villars-sur-Glâne aboutit également à un changement territorial.
Dans un premier temps, le boulevard de Pérolles est construit sur un plan qui impose à la topographie du lieu une nouvelle organisation de l’espace : l’axe principal, achevé en 1900, traverse les ravins et le quartier à construire se fera autant que possible sur une trame en damier. Le boulevard lui-même sera bordé d’immeubles locatifs destinés à la classe moyenne plus ou moins aisée, des villas pourront être construites sur sa rive gauche pour les familles les plus fortunées alors que, pour les milieux plus modestes, des immeubles seront érigés sur la droite du quartier (rue de l’Industrie par exemple). Pour le territoire, il faut attendre une décision finale en 1906 pour que tout le quartier passe sous l’administration de la capitale cantonale dont le dynamisme a incité le Conseil d’Etat à appuyer une solution qui lui soit favorable.
Dès lors, les constructions se suivent et Pérolles contribue à son tour à attirer le centre de la ville vers la gare. Des immeubles, un cinéma, de nouvelles entreprises s’installent alors que l’ancienne Fabrique de wagons devient la Faculté des sciences (1896), esquissant une autre facette de l’identité du plateau de Pérolles : la formation.
C’est dans ce contexte de développement rapide et auquel la Première Guerre mondiale apportera un coup d’arrêt temporaire, que les Sœurs de Menzingen acquièrent une parcelle pour leur nouvelle Académie. Elles choisissent de s’installer en bordure d’une artère en plein développement, mais à l’extrémité de celle-ci, soit dans un environnement relativement calme, au point que l’établissement qui lui fait face, le Casino des Charmettes (1900), était, au temps de la Belle Epoque, l’une des destinations des promenades dominicales des citadins.
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