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Le procès des pots-de-vins et détournements d'oeuvres d'art à la mairie française de Saint-Cyprien, qui concerne le promoteur fribourgeois Damien Piller, s'est ouvert jeudi en présence de 14 des 15 prévenus. Les magistrats examineront d'abord des questions de procédure.
Les prévenus, anciens élus ou fonctionnaires municipaux et chefs d'entreprise, sont soupçonnés d'avoir aidé, dans les années 2000, le maire de l'époque, Jacques Bouille, à accumuler les œuvres d'art, payées par la commune ou par des pots-de-vins. Les chefs d'entreprise versaient, selon l'accusation, leur "ticket d'entrée" aux marchés publics de la commune balnéaire.
Le Fribourgeois Damien Piller, avocat, promoteur et homme de médias, fait partie des prévenus. Dans cette affaire, la justice lui reproche l'acquisition de tableaux de maîtres en 2006-2007 pour l'ancien maire à hauteur de 400'000 euros au total, en échange de décisions propices à ses plans immobiliers. Selon le Fribourgeois, qui réfute les accusations, ces tableaux étaient destinés à un musée.
Jacques Bouille, le maire UMP par qui le scandale est arrivé, ne sera pas jugé. Ce notable, élu depuis 1989, s'est suicidé en prison le 24 mai 2009, cinq mois après son arrestation. Il avait 62 ans.
Le tribunal correctionnel devrait examiner à partir de mardi le fond de multiples dossiers d'achats suspects d'oeuvre d'arts, certains au nom de la famille Bouille, d'autres sous couvert de la municipalité. Il devrait ensuite rechercher si ces opérations ont bien couvert un "système de corruption" entre promoteurs et élus, comme le pense l'accusation. Le procès doit durer trois semaines.
ATS