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Cette 8e Journée mondiale a pour but de renforcer la tendance vers l'abolition aux États-Unis et dans le monde entier. C'est l'occasion de s'opposer publiquement à l'utilisation de cette peine inhumaine, cruelle et dégradante et de soutenir ceux et celles qui, aux Etats-Unis, se battent pour son abolition.
Chiffres et faits
Les États-Unis sont l'un des rares pays fédéral qui donne à chaque État le pouvoir de légiférer sur la question de la peine de mort. La Cour suprême avait bloqué toutes les exécutions de 1972 à 1976, jugeant qu’il s’agissait d’un châtiment cruel et exceptionnel. Malheureusement, les exécutions ont repris dès 1977.
À l'heure actuelle, on compte seulement 15 États abolitionnistes. Pourtant, sur les 35 États ayant la peine de mort dans leur législation, 10 n'ont procédé à aucune exécution depuis au moins 10 ans. Ces dernières années, les mesures abolitionnistes se sont propagées dans ce pays. Malgré tout, la question de l’abolition de la peine de mort reste très sensible.
Selon Amnesty International, la peine de mort aux États-Unis a atteint un sommet en 1994. Les exécutions ont depuis chuté de plus de 60%. L'année dernière, en 2009, le Nouveau-Mexique est devenu le 15e État à abolir la peine capitale dans sa législation.
Un système judiciaire discriminatoire et dysfonctionnel
Depuis la reprise des exécutions en 1977, plus de 138 personnes (dont neuf en 2009) ont été libérées des couloirs de la mort aux Etats-Unis après avoir été innocentées. La plupart du temps, ces personnes sont condamnées à la peine capitale malgré leur innocence, en raison de dépositions peu fiables des témoins oculaires, d'erreurs de la police ou du procureur, d'insuffisance dans la représentation juridique, d'expertises non fiables et de faux aveux.
C’est ainsi qu’Anthony Porter a vu son exécution suspendue en 1998 après 17 ans passés dans le couloir de la mort dans l’État d’Illinois. Pendant le sursis, un groupe d’étudiant·e·s s’est saisi du cas et a prouvé son innocence. Il a alors pu être libéré. En 2003, le gouverneur de l’Illinois a déclaré un moratoire sur les exécutions et commué les condamnations à mort de tous ceux qui étaient dans les couloirs de la mort.
Les discriminations entraînent des erreurs judiciaires
La population américaine est composée de 68% de blancs, 12% de noirs, 15% d’hispaniques et 5% d’autres origines. Cependant, 42% des condamné·e·s à mort sont des Afro-américain·e·s, contre 44% de blancs selon le Centre d’information sur la peine de mort[1]. Le statut socioéconomique joue également un rôle influent dans la détermination de qui est condamné à mort. Dans la plupart des cas, les condamné·e·s à mort sont issu·e·s de milieux pauvres et ne peuvent payer des frais élevés pour assurer leur défense. Pourtant, ni les revenus, ni l’origine, ne doivent pas être un facteur influent dans l’application de la justice.
Il y a des moyens plus efficaces pour lutter contre la criminalité
Bien que les dépenses liées à la peine de mort soient différentes dans chaque État, elles sont partout très élevées aux États-Unis. Et dépasse largement le coût de l’emprisonnement à vie. Cela est d’autant plus critiqué, que ces dépenses pourraient être utilisées à d’autres fins
De plus, un rapport de 2009 du Centre d’information sur la peine de mort a montré que les chefs de police américains estiment que la peine de mort n’est pas un moyen de dissuasion efficace.
Une tendance vers l’abolition
Aux États-Unis des progrès ont eu lieu ces dernières années. En 2002, la Cour Suprême a interdit l’exécution de personnes qui ont un «retard mental». En 2005, elle a interdit l’utilisation de la peine de mort contre les personnes qui avaient moins de 18 ans au moment du crime qui leur est reproché. En 2009, les progrès se traduisent par la diminution du nombre de condamnations à mort par rapport aux années précédentes ainsi que par l’augmentation du nombre d’innocentés. En outre, dans 11 États des propositions de loi pour abolir la peine de mort ont été soumises au vote.
Cette tendance positive vers l’abolition ne serait pas possible sans le développement du réseau abolitionniste qui s’étoffe de jour en jour aux États-Unis, traduisant le basculement progressif de l’opinion publique vers l’abolition de la peine de mort.