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1866 est l'année de l'apparition d'un embryon de Faculté de droit.
Si la ville de Neuchâtel a en 1816 déjà installé une chaire de droit coutumier pour les jeunes gens désireux de se vouer aux emplois publics, cette chaire, faute d'auditeurs, a disparu en 1822.
Son titulaire Auguste-Charles-François de Perrot n'était pourtant point mince professeur ! C'était au contraire remarquable juriste et pédagogue appartenant par la méthode à la lignée des maîtres universitaires d'autrefois. Pas de cours « dicté » pour lui ! Chaque année ne détruit-il pas son cours pour s'astreindre à le refaire en le complétant sans cesse grâce à de nouvelles investigations, à de constantes recherches ?
Si Georges-Auguste Matile est à l'Académie le second professeur officiel de droit, l'enseignement privé de cette branche s'était cependant maintenu chez nous dès le XVIIIe siècle, à ce qu'assure le Mercure suisse de 1737.
Les leçons se donnaient dans des « pensions distinguées » ! Serait-ce aussi dans ces « pensions distinguées » que divers juristes neuchâtelois travaillent à des oeuvres connues des initiés de notre histoire, le Traité du barreau, de Monvert, les ouvrages de Boyve, ceux du commissaire Etienne Meuron, de Brandt, de Guyenet, de Samuel Ostervald, d'Emer de Vattel ? Et aient-ce là les professeurs distingués de nos pensions distinguées ?
A côté des étudiants auxquels une situation aisée permettait de fréquenter ces pensions aux fins d'y apprendre l'histoire et la théorie, il y avait ceux qu'une bourse plate obligeait à commencer par la pratique. C'étaient les saute-ruisseaux, les gratte-papier, les employés ronds-de-cuir et stagiaires. Ainsi formés, les candidats-avocats ne bénéficient donc point avant 1840 d'un enseignement assez systématique pour que l'on puisse faire de leurs connaissances un examen quelconque
Il n'en serait autrement que beaucoup plus tard. Dès l'apparition d'une Faculté de droit, il devenait logique que l'on exigeât des avocats un bagage de connaissances qu'ils avaient la possibilité d'acquérir.
Tandis que l'enseignement du droit se perfectionne ensuite au point de préparer le juriste à toutes ces nouvelles matières qu'il doit dominer, l'on érige l'Académie en Université en 1909. On enrichit enfin sans cesse de nouvelles disciplines le programme de la Faculté.
(source: Patrie neuchâteloise, 3ème série, 1949, p.173ss)