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Avec l'accord de Paris, la taxe sur le CO2 devrait augmenter jusqu'à 240 francs par tonne de CO2. Les exigences pour les véhicules devraient être renforcées (archives).
KEYSTONE/ENNIO LEANZA(sda-ats)
La Suisse doit s'engager à appliquer l'accord de Paris sur le climat. Après le National en mars, la Chambre des cantons a autorisé mercredi le Conseil fédéral à ratifier le traité par 39 voix contre 3, issues de l'UDC.
L'accord de Paris, approuvé par la communauté internationale (plus de 190 Etats) en décembre 2015, vise à poursuivre l'action pour limiter l'élévation de la température à 1,5 °C. Il oblige les États membres à déposer tous les 5 ans des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre et à prendre des mesures.
Celles-ci seront définies dans la révision de la loi sur le CO2 que le gouvernement présentera aux Chambres d'ici la fin de l'année. La taxe sur le CO2 devrait augmenter jusqu'à 240 francs par tonne de CO2. Les exigences pour les véhicules devraient être renforcées. Les combustibles fossiles pourraient même être bannis des bâtiments si nécessaire.
La part de la réduction des gaz à effet de serre réalisée au niveau national devrait atteindre au minimum 60%, jusqu'à 40% pouvant être réalisés à l'étranger. La Suisse s'est engagée à réduire ses émissions de CO2 de 50% d'ici à 2030 par rapport au niveau de 1990.
Trop ambitieux
Au nom de la minorité, Werner Hösli (UDC/GL) a proposé un objectif moins ambitieux de 30% de réduction des émissions de CO2. "Si l'objectif est déjà de 50%, quels seront les suivants?", s'est interrogé l'élu. Il craint pour la place économique suisse.
M. Hösli "doute" que les Etats membres respectent réellement leurs engagements de diminuer les émissions. Un pays peut, même sans accord, mener une politique climatique excellente alors qu'un pays qui en fait partie peut en avoir une très mauvaise, a-t-il argumenté.
La Suisse très exposée
Même si l'objectif est ambitieux et coûteux, il est nécessaire. La Suisse est, en tant que pays alpin, l'un des plus exposés, a contré Beat Rieder (PDC/VS). Les conséquences du réchauffement climatique sont déjà visibles: les glaciers fondent, le niveau de la mer augmente, les périodes de sécheresse sont plus fréquentes, a énuméré Werner Luginbühl (PBD/BE) au nom de la commission. Il est important que la Suisse contribue à cette lutte.
Et Raphaël Comte (PLR/NE) d'ajouter qu'aucun pays ne sera épargné par le changement climatique et que, pour cette raison, la solution doit être globale. Il a, comme nombre d'autres sénateurs, critiqué la décision du président américain Donald Trump de se retirer de l'accord. "Cette décision a peut-être une seule vertu, celle de faire réagir les autres pays en espérant qu'elle agisse "comme un aiguillon".
Ne rien faire sera plus cher
Répondant aux opposants, la ministre de l'environnement Doris Leuthard a déclaré que ne rien faire coûtera bien plus cher que prendre des mesures pour stopper le réchauffement climatique. "C'est une transition rentable". En tant que place financière forte, la Suisse peut avoir une influence non négligeable.
Atteindre l'objectif de 50% ne sera pas facile, c'est sûr, a dit la conseillère fédérale. Elle est néanmoins convaincue que les domaines de la technologie et de l'innovation vont aider à les réaliser. "Un peu de courage et d'ambition ne fait pas de mal en politique", a-t-elle conclu.
Référendum pas exclu
Le National avait donné son feu vert au protocole de manière moins nette, par 123 voix contre 62. L'UDC, dont certains membres ont été jusqu'à remettre en cause les origines et les effets du réchauffement climatique, avait fait bloc contre l'accord. Le parti avait mené campagne contre la stratégie énergétique 2050. Il n'est pas exclu qu'il lance un référendum lors de la mise en oeuvre de la loi sur le CO2.
ATS