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L'UDC fulmine, les autres partis satisfaits
La dépénalisation de la consommation du cannabis est bien accueillie par les partis gouvernementaux, l'UDC excepté. Les spécialistes de la prévention estiment que les propositions du Conseil fédéral s'adaptent à la réalité helvétique.
Le PDC souscrit à la libéralisation modérée de la consommation, de la culture et du commerce des produits du cannabis, écrit-il dans un communiqué. Il en accepte la dépénalisation pour de petites quantités. Il souhaite en outre un renforcement massif des mesures de protection des jeunes.
La dépénalisation de la consommation «est une adaptation de la loi à la réalité», a expliqué la porte-parole du PRD Barbara Perriard. Les radicaux soutiennent d'autant plus le Conseil fédéral qu'ils ont l'impression que leur argument pour que l'on différencie la consommation privée de la consommation publique a été entendu.
Le PS attribue une «bonne note» au message du Conseil fédéral sur le cannabis. Il qualifie en revanche le passage sur les drogues dures de «tout juste suffisant». Les socialistes regrettent que le cannabis n'ait pas été complètement sorti de la révision de la loi sur les stupéfiants et que le Conseil fédéral n'ait pas trouvé de solution «claire» pour les drogues dures.
L'UDC est, pour sa part, consternée par le projet de dépénaliser la consommation de cannabis, a déclaré sa porte-parole Irène Schellenberg. Le parti agrarien s'en étonne d'autant plus que l'ONU a fustigé le mois dernier cette révision de la loi fédérale. A l'instar de l'ONU, l'UDC craint que la Suisse ne devienne une sorte de paradis du cannabis.
L'Union démocratique fédérale (UDF) partage le même point de vue. Elle craint que les propositions du Conseil fédéral ne mènent à la dépénalisation de la consommation de l'ensemble des stupéfiants.
Les propositions du Conseil fédéral «sont inacceptables de A à Z», selon l'Association faîtière des organisations pour une politique orientée sur l'abstinence des drogues (DaD). Son président, le conseiller national PRD et directeur de la police bernoise, Kurt Wasserfallen, estime qu'elles sont «irresponsables et qu'elles représentent un mauvais signal pour la jeunesse».
A l'inverse, l'Association des spécialistes alémaniques de la drogue et des toxicomanies (VSD) estime que le Conseil fédéral rejoint la réalité. Elle aurait toutefois préféré des solutions allant plus loin, selon son président Ueli Liechti.
L'Institut suisse de prévention de l'alcoolisme et autres toxicomanies (ISPA) est satisfait du projet des autorités, a indiqué son vice-directeur Michel Graf. Pour ce qui est du commerce du cannabis, il est heureux de constater que le gouvernement ne parle pas de légalisation, mais de tolérance.
La Coordination suisse du chanvre félicite le Conseil fédéral pour sa proposition de dépénaliser la consommation de cannabis et d'en soumettre le commerce à certaines conditions. Elle comprend que le gouvernement ne souhaite pas la légalisation du produit, vu les pressions extérieures.
La Fédération suisse des parlements des jeunes voit dans la dépénalisation une mesure positive, qui rejoint ses propres prises de positions, écrit-il dans un communiqué.
«Le projet de révision de la loi sur les stupéfiants prend les parlementaires fédéraux, le public, l'économie et les médias pour des imbéciles, estime Jean-Pierre Egger de l'Association suisse des amis du chanvre. Plutôt que de s'acheminer vers la libéralisation, elle s'approche de l'interdiction», a-t-il ajouté.
swissinfo avec les agences
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