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"Mesdames et Messieurs, vous avez pris la décision capitale
d'adopter le document", a déclaré le président de la conférence,
Amos Wako, à l'adresse de la centaine de représentants des pays
participants à la Conférence contre le racisme.
Le texte devait initialement être soumis au vote vendredi, au
dernier jour de la conférence, mais les diplomates ont décidé
d'avancer le vote au lendemain du scandale provoqué lundi par les
attaques contre Israël du président iranien Mahmoud
Ahmadinejad.
Micheline Calmy-Rey satisfaite
Lundi, le discours du président iranien a fait scandale à Genève. [Reuters] Aucun pays n'a demandé un vote et le
texte n'a pas été modifié par rapport au texte du Russe Youri
Boychenko, adopté par le comité préparatoire vendredi dernier. Tous
les groupes régionaux ont approuvé ce document. La conférence se
poursuivra néanmoins jusqu'à vendredi pour entendre tous les
participants.
A la tribune de l'ONU, la conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey
a exprimé sa satisfaction après l'adoption par consensus du
document final, qui "répond aux grands principes défendus par la
Suisse". "Ce texte permettra de faire des progrès contre toutes les
formes du racisme. Après les propos inacceptables d'hier, c'est un
signe très important à l'égard des victimes du racisme", a-t-elle
conclu.
Applaudissements unanimes
Le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner
s'est aussi félicité de l'adoption de la déclaration finale, qui
montre que le président iranien Mahmoud Ahmadinejad qui voulait en
faire une "tribune de la haine" a "échoué".
Le texte a été adopté, donc Mahmoud Ahmadinejad "a échoué", a
déclaré le chef de la diplomatie française. "A partir d'aujourd'hui
il y a un texte de référence qui concerne les discriminations", un
"texte antiraciste majeur",
s'est-il félicité.
"Nous ne pouvions laisser notre détermination et le consensus être
détruits par les instances isolées, l'intolérance et les
incitations à la haine auxquels nous avons assisté hier", a
également commenté l'ambassadeur de Grande-Bretagne Peter
Gooderham.
Retrait des Tchèques
La chaise vide de la République tchèque, qui s'est retirée de la conférence. [Keystone] La République tchèque
a pour sa part annoncé lundi soir qu'elle se retirait
"définitivement" de la conférence, rejoignant dans le boycott les
Etats-Unis, Israël, l'Australie, le Canada, l'Allemagne, l'Italie,
les Pays-Bas et la Pologne. Selon Pierre Hazan, porte-parole de la
Haut commissaire, "il est de la responsabilité des Etats de savoir
s'ils veulent ou vont s'appliquer pour que cette conférence traite
des vrais problèmes liés au racisme et pour marginaliser les propos
du président iranien".
A propos des pays qui ont décidé à la dernière minute de boycotter
la conférence, la Haut commissaire s'est déclarée persuadée que
"puisqu'ils ont participé au processus par lequel le document a été
adopté, eux aussi participeront un jour à la mise en oeuvre de ces
dispositions".
Ban Ki-moon a lui souligné que la conférence ne constituait pas
"la fin du processus mais le début". "Sur la base de ce texte,
j'adjure les Etats membres de l'ONU à appliquer l'ensemble des
recommandations au niveau de leur politique nationale tout en
essayant de coordonner leur action entre eux", a-t-il ajouté.
agences/boi
La presse iranienne divisée
En revanche, la presse réformatrice a qualifié le discours du président de "controversé". "Etemad Melli" souligne "la présence bruyante d'Ahmadinejad à Genève".
Le journal "Sarmayeh" évoque en Une "la sortie de 40 diplomates oc cidentaux en signe de protestation".
Quant à la presse française, elle condamne les mots d'Ahmadinejad et s'interroge sur l'attitude à avoir face à de tels dérapages.
La presse israélienne épingle la Suisse
Elle salue l'attitude des Européens, mais épingle la Suisse. Le tabloïd "Yediot Aharonot" relève que les représentants de la Suisse n'ont pas bougé pendant le discours "haineux" du président iranien. "Il est impossible de rester neutre face à ce personnage".
"Haaretz", journal de référence, demande: "Si Hitler s'était adressé aux dé légués de la conférence, est-ce que Ban Ki-moon serait resté assis? Honte à ceux qui sont restés dans la salle écouter Ahmadinejad ou l'applaudir!".