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Le terme « déficits immunitaires héréditaires » (DIH) est utilisé pour indiquer les maladies génétiques affectant le système immunitaire. Les DIH sont un groupe de maladies rares et très hétérogènes qui peuvent affecter toutes les composantes du système immunitaire. Les DIH sont aussi caractérisées par le développement fréquent chez les patients de maladies auto-immunes diverses, de syndromes auto-inflammatoires et de cancers.
Actuellement environ 300 formes de DIH sont connues. Leur étude scientifique représente une opportunité unique de décrire les mécanismes sous-tendant le développement, la différentiation et la fonction des différentes composantes du système-immunitaire.
Notre laboratoire a mis au point une plateforme de séquençage à haut débit ciblant plus de 360 gènes connus ou suspectés d’être impliqués dans les DIH. Cela permet d’analyser l’ADN de patients présentant un tableau clinique compatible avec un DIH, et de parvenir à préciser ou à diriger un diagnostic moléculaire. Les mutations identifiées dont la signification n’est pas claire sont ensuite caractérisées par des études fonctionnelles sur des cellules immunitaires de patients, ou sur des modèles tels que les cellules souches pluripotentes induites, dérivées de cellules de patient.
La déficience génétique du gène WAS chez l’homme est responsable du syndrome de Wiskott-Aldrich provoquant notamment une thrombocytopénie, des hémorragies, de l’eczéma, des infections récurrentes, des cancers et des manifestations auto-immunes.
Nous étudions le rôle de la protéine WASp dans les mécanismes immunologiques qui sont impliqués dans le maintien de la tolérance immunitaire. Pour cela nous utilisons des modèles d’étude murins, génétiquement modifiés pour ne pas exprimer la protéine spécifiquement dans certaines populations de cellules immunitaires notamment les lymphocytes T régulateurs et les lymphocytes B. Cela nous permet d’étudier le rôle de la protéine WASp pour le développent et la fonction de ces population de cellules.
Nous développons des approches d’édition de génome pour corriger le déficit moléculaire responsable du déficit en adénosine désaminase (ADA), une forme d’immunodéficience combinée sévère. Nous cherchons à restaurer l’activité de cette enzyme en utilisant la technologie récente du CRISPR/Cas9 sur un modèle de cellules déficientes en ADA établies selon le procédé des cellules souches pluripotentes induites. La capacité des cellules corrigées à reconstituer un système immunitaires (lignées lymphoïdes et myéloïdes) sera investiguée et pourra servir de preuve de principe pour établir la faisabilité d’une approche clinique.