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Une épaisse couche de cendres recouvre l'archipel d'ordinaire magnifiquement coloré des îles Tonga, dans les mers du Sud. L'ampleur de la gigantesque éruption du volcan sous-marin Hunga-Tonga-Hunga-Ha'apai reste incertaine. Les images satellites de ces derniers jours montrent un gigantesque nuage de cendres qui recouvre la région.
Les volcanologues suisses de l'EPFZ, Olivier Bachmann et son collègue Razvan-Gabriel Popa, surveillent avec vigilance l'évolution de la situation aux îles Tonga.
Dans le même temps, des avions de reconnaissance ont transmis les premières images et données des zones dévastées. «A ma connaissance, il s'agit de la plus grande éruption depuis celle du Pinatubo en 1991», a expliqué Razvan-Gabriel Popa à watson. Sur l'indice d'explosivité des volcans (VEI), le Hunga-Tonga a atteint le niveau 4 ou 5.
A titre de comparaison, le niveau 4 a déjà été atteint en 2010 par l'éruption de l'Eyjafjallajökull en Islande. L'éruption du Vésuve, qui a détruit la ville de Pompéi près de Naples en 79 après J.-C., est considérée comme une éruption de niveau 5, ou encore l’éruption du Mont Saint Helens, dans l'Etat de Washington, lorsque des coulées pyroclastiques ont dévalé la montagne à 400 km/h, tuant 57 personnes.
L'éruption la plus violente de ces dernières décennies s'est produite aux Philippines en 1991, lorsque le Pinatubo est entré en éruption après 550 ans de repos. L'explosion a atteint le niveau 6. «A l'époque, le nuage de cendres s'était élevé jusqu'à 35 kilomètres d'altitude, contre 20 kilomètres aux Tonga», poursuit Razvan-Gabriel Popa. Près de 900 personnes avaient alors perdu la vie.
Les effets de cette éruption ont été ressentis dans le monde entier. Elle a entraîné une plus grande libération d'aérosols dans la stratosphère. Ainsi, une baisse globale des températures de 0,6 °C a été enregistrée.
«Selon ce que l'on sait actuellement, cette éruption n'a pas d'impact majeur sur le climat mondial», explique Oliver Bachmann. L'éruption comparable du Mont Saint Helens avait refroidi le climat mondial de 0,1 degré. Tout dépend maintenant de la manière dont l'éruption se poursuit, ajoute Razvan-Gabriel Popa.
Le Hunga-Tonga-Hunga-Ha'apai est un volcan sous-marin. Cela n'a pas pour effet d'amortir l'éruption ou l'émission de cendres. Au contraire: «Lorsque le magma rencontre l'eau à faible profondeur, cela peut amplifier l'explosion et faire monter les cendres encore plus haut dans l'atmosphère», explique Popa.
Le volcan de la mer du Sud était déjà actif depuis plusieurs semaines. L'éruption aurait donc eu lieu avec un avertissement préalable. Et ce, bien que cet abîme de feu isolé ne soit pas observé aussi intensément que d'autres volcans.
L'un des volcans les plus dangereux au monde se trouve en Europe, plus précisément dans le sud de l'Italie, dans le golfe de Naples. Le Vésuve est entré en éruption 79 après J.-C. et a détruit la ville de Pompéi.
Une telle éruption est-elle à nouveau possible sans grand avertissement ? «Le Vésuve a normalement besoin de plusieurs siècles, voire de plusieurs millénaires, pour s'élever jusqu'au point où il provoque de grandes éruptions explosives, comme celle de 79 après J.-C.», répond Bachmann à ce sujet.
De plus, des scientifiques observent le Vésuve 24 heures sur 24 au moyen d'innombrables instruments.
Gérald Darmanin