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Je commencerai par demander l’avis de l’autre parent. Perçoit il aussi la timidité de son fils? L’enfant hérite de la moitié de la combinaison génétique de chacun de ses parents. Si l’un d’eux se reconnaît dans l’attitude de leur garçon, la communication parentale est un bon moyen de relativiser, de se rassurer et de réfléchir ensemble aux solutions à trouver. Car ce sont bel et bien les parents qui sont les réels “experts” de leur enfant. Ce sont eux qui l’ont vu naître, grandir et sont plus à même de donner un sens aux difficultés qu’il peut rencontrer.
Comme une éponge, le cerveau de l’enfant absorbe une importante quantité d’informations et acquiert un nombre considérable de compétences sur un laps de temps très court jusqu’à l’adolescence. Certains de nos jeunes sont plus timides que d’autres, et certains, plus extravertis. Ces traits de personnalité sont le fruit d’une multitude de facteurs et d’événements qui se succèdent et s’entremêlent au cours de leur développement.
Il suffit parfois d’un déclic pour qu’un enfant silencieux et réservé acquiert de la confiance et se mette à converser parfaitement avec son entourage. Toutefois, il est important d’identifier si le comportement du jeune est semblable dans sa famille et à l’extérieur. Quelles sont les observations des enseignants par exemple ? Joue-t-il avec ses copains ? Pose-t-il des questions en classe ? Est-il à l’aise dans ses mouvements ? Si sa timidité se limite au serveur du restaurant - un adulte et de surcroît un inconnu - alors je pense qu’il n’y a pas trop d’inquiétudes à avoir.
Finalement, il me semble déterminant de bien faire la distinction entre la timidité et le repliement. La première relève d’une prudence à entrer en interaction, signe probable d’intelligence et d’un sens aigu de l’observation. Selon le contexte, cette timidité est courante à 9 ans.
Le repliement, qui se manifeste par un besoin d’isolement et de retrait chez l’enfant, peut être l’indicateur d’une possible anxiété à vivre en société. Selon le degré d’inquiétude, consulter un spécialiste peut être rassurant. Inscrire son enfant dans une activité corporelle peut aussi permettre de déjouer une pression grandissante autour de la question de l’expression verbale et du langage.
À titre d’exemple, l’approche thérapeutique appelée psychodrame est un espace où les enfants jouent et mettent en scène des situations de la vie quotidienne. Ils y expriment des émotions, les mettent en mots et en gestes et apprennent à apprivoiser leur timidité. Il en va de même pour le théâtre. La thérapie avec les chevaux permet aussi de communiquer et d’exprimer au-delà des mots.
Dans tous les cas, gardons à l’esprit que les enfants ne grandissent pas de manière exponentielle. Comme chez les Barbapapa, tout se forme, se transforme et se déforme au cours du développement chez l’enfant. Il suffit parfois de leur laisser le temps d’apprendre à se connaître.
Jon Schmidt est l'auteur de "Adolescence en quête de sens - 12 récits de thérapie" aux éditions Loisirs et Pédagogie. Il parlait de son livre dans une interview que vous pouvez retrouver ici.