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santé
Lauren Wasser, le mannequin victime d'un choc toxique, sera amputée de sa seconde jambe
Elle pensait qu'il s'agissait d'une simple grippe, mais la réalité était bien plus terrible: en 2012, alors âgée de 24 ans, Lauren Wasser est retrouvée proche de la mort sur le sol de son appartement à Los Angeles. Alerté immédiatement, le personnel médical parvient à la sauver de justesse, et lui diagnostique un syndrome du choc toxique, contracté alors qu'elle portait un tampon hygiénique. Face à l'infection, ayant enclenché un état de survie maximal, ses organes vitaux avaient alors délaissé l'irrigation sanguine des extrêmités de son corps, résultant d'une gangrène, et de l'amputation en urgence de sa jambe droite.
Poursuivie en justice par la maman du modèle, la marque de tampons qu'utilisait Lauren s'était défendue en avançant que le risque de contracter cette rare maladie infectieuse était précisé dans la notice d'emballage.
Cinq ans après la tragédie, la jeune femme a appris à accepter ce nouveau corps. Malgré l'opération, une longue dépression, et une douloureuse rémission, elle a courageusement poursuivi sa carrière de mannequin, et milite activement pour la prévention et la sensibilisation au SCT, en montrant sa prothèse sur plusieurs campagnes publicitaires.
Une seconde amputation
En décembre 2017, Lauren a annoncé que l'amputation de sa seconde jambe était devenue «inévitable». En effet, ainsi qu'elle l'expliquait dans une tribune publiée dans le magazine «InStyle», l'ablation des orteils et des talons qu'elle avait subie lors de sa première opération, en 2012, lui inflige actuellement une douleur atroce. Après la chirurgie, afin d'ordonner la repousse des os manquants, son corps s'était automatiquement mis à produire une grande quantité de calcium, si bien que chacun de ses pas devenait extrêmement douloureux. Plusieurs tentatives de «poncer» ces nouveaux os n'ont pas suffi à réduire sa souffrance.
Depuis cinq ans, le mannequin se bat pour obtenir une législation sur le sujet du choc toxique, réclamant que des mesures soient prises, afin de garantir la sécurité des protections hygiéniques féminines. Selon des statistiques américaines et anglaises, la maladie affecte une femme sur 100 000.
Qu'est-ce le SCT?
Il est important de rappeler que le syndrome du choc toxique n'est pas directement causé par le tampon, mais par l'activation d'une bactérie, qui se met alors à sécréter un agent pathogène extrêmement agressif.
Par définiton, le SCT est une maladie infectieuse, causée par la prolifération d'une toxine TSST-1, produite par la bactérie Staphylococcus Aerus (ou staphylocoque doré). De manière générale, un faible pourcentage d'humains est porteur de cette bactérie, souvent sur l'épiderme, dans le nez ou dans la gorge. Selon des recherches menées par le «Journal of Clinical Microbiology», elle est également présente dans le vagin de 9% des femmes (selon des études menées en 2005). Le même article précise cependant que seules 1 à 5% des souches bactériennes du Staphylococcus Aerus peuvent potentiellement produire la toxine TSST-1. Ces pourcentages varient selon les études, les pays et les années, mais mettent en évidence la rareté de la maladie. En 2016, le journal «Le Monde» notait que seul 1% des femmes était susceptible de la contracter.
Le port d'un tampon crée un environnement favorable à la production de cette toxine, chez le faible pourcentage de femmes porteuses du Staphylocoque doré (uniquement la variante pouvant produire la toxine) dans le vagin. En effet, le fluide menstruel restant «coincé» dans le tampon, il stagne dans un milieu chaud et humide, idéal pour son activation, et la production de la toxine. Cette dernière pénètre alors dans le sang et enclenche le choc toxique. Les symptômes sont difficiles à identifier, en raison de leur proximité avec ceux de la grippe, mais comptent entre autres une forte fièvre, des nausées, maux de tête, vômissements et évanouissements.
Malheureusement, le nombre de femmes ayant contracté le SCT semble croître au fil du temps, pour des raisons encore peu claires (certains spécialistes évoquent des modifications subtiles dans la flore vaginale, dues à des changements dans l'alimentation). En France, toujours d'après «Le Monde», 5 cas ont été déclarés en 2004, 19 en 2011, et 22 en 2014. Afin de réduire les risques de subir un choc toxique durant les règles, les médecins recommandent de changer très régulièrement de tampon (au maximum toutes les quatre heures), ou de porter des serviettes hygiéniques, afin de minimiser le risque d'offrir à la bactérie un environnement propice à son développement.
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