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Le Tribunal criminel de Nyon (VD) a publié vendredi son jugement détaillé sur le drame de Vaux-sur-Morges. La Cour n'a pas pu se forger une intime conviction sur la culpabilité de Laurent Ségalat, généticien français accusé du meurtre de sa belle-mère. Dans ces conditions, l'acquittement s'imposait.
Dans ses considérants, le président Jean-Pierre Lador rappelle que le fardeau de la preuve incombe à l'accusation. Si à l'issue des débats, le juge ne parvient pas à se forger une conviction excluant tout doute sérieux, la présomption d'innocence doit s'imposer. Cette présomption d'innocence est violée lorsque le magistrat rend un verdict de culpabilité au seul motif que l'accusé n'a pas prouvé son innocence.
Convaincu de l'agression
En l'espèce, le tribunal est "convaincu" que la belle-mère de l'accusé, municipale de Vaux-sur-Morges, a "bel et bien fait l'objet d'une agression" qui a provoqué une importante hémorragie, puis son décès le 9 janvier 2010. Mais il existe "un doute sérieux" sur le déroulement des faits et sur l'implication du prévenu dans ce drame, un doute qui doit profiter à l'accusé.
Certes, le soir du drame, le prévenu a tardé à appeler les secours et a nettoyé le sang avant leur arrivée, se changeant à deux reprises. Il a aussi modifié sa version sur l'origine des griffures qu'il portait au visage et au cou. Mais ces éléments ne sont "de loin pas suffisants" pour établir un "faisceau d'indices pouvant emporter l'intime conviction du tribunal", écrit le président.
Chute écartée
Le tribunal écarte d'un revers de la main l'expertise du professeur Dominique Lecomte, qui concluait à une chute dans les escaliers. Ce document, commandé par l'accusé, "répond manifestement à ce qu'en attendaient les avocats de la défense".
Mais la Cour reprend les conclusions du professeur Michael Fried, gastroentérologue zurichois, qui n'exclut pas que la victime soit décédée avant l'arrivée de Laurent Ségalat au moulin de Vaux-sur-Morges. "Déjà à ce stade, un doute sérieux et irréductible s'impose", estime le tribunal.
ATS