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Allergies alimentaires: des régimes inadéquats peuvent entraîner une malnutrition
Les intolérances alimentaires sont beaucoup plus fréquentes que les allergies alimentaires. Mais les réactions allergiques peuvent avoir des conséquences graves pouvant mettre en jeu le pronostic vital. Lors d’une véritable allergie alimentaire, il convient d’éliminer strictement l'allergène de son alimentation. Les experts en nutrition déconseillent toutefois les régimes inadéquats.

Allergie ou
intolérance
alimentaire?

L’article suivant est un résumé des informations disponibles sur le portail des médecins medscape.de.
Malgré une prévalence en augmentation, les allergies alimentaires sont aujourd'hui encore nettement moins fréquentes que les intolérances à certains aliments, comme l’ont déclaré les experts lors du congrès annuel des internistes à Wiesbaden. Environ 1% à 10% de la population en Allemagne souffrent d'une vraie allergie alimentaire.
L’augmentation des cas d’allergies aux pollens a également entraîné une hausse du nombre d’allergies croisées (entre les aliments et les pollens).
En effet, les personnes souffrant de rhume des foins sont de plus en plus souvent allergiques à certains aliments. Ce phénomène est dû à la structure similaire des molécules de pollens et de celles de certains aliments, provoquant une sensibilité de l'organisme à ces deux éléments. Toutefois, la complication sérieuse appelée «choc anaphylactique» ne peut survenir qu’en cas de réelle allergie, suite à une réaction exacerbée du système immunitaire.
Intolérance (hypersensibilité) ou allergie?
Il est souvent difficile pour les patients de distinguer s’ils souffrent d’une intolérance ou d’une vraie allergie. En cas de troubles gastro-intestinaux, ils consultent fréquemment le médecin avec la conviction qu'il s'agit d'une allergie alimentaire. Mais selon les experts, aucune allergie n’est diagnostiquée dans 90% des cas; il s’agit généralement d’une intolérance à un aliment particulier à laquelle il est possible de remédier en modifiant son alimentation.
Les principaux responsables d'intolérance alimentaire sont le lactose, le fructose, le gluten (maladie cœliaque) ainsi que les colorants et les conservateurs.
Les symptômes d’une intolérance alimentaire sont variés. Les réactions les plus courantes sont les nausées, la diarrhée, la constipation, les ballonnements ou les crampes. D'autres signes d’intolérance sont les éruptions cutanées, les maux de tête, les troubles vasculaires et articulaires. En raison de l’apparition relativement insidieuse des symptômes, il est fréquent que les patients n’établissent pas immédiatement un lien avec un aliment consommé.
Les dangers de l’allergie
En cas de vraie allergie, le système immunitaire réagit également à l’allergène. L’hypersensibilité spécifique à certaines protéines végétales ou animales (les allergènes) sans danger en temps normal, déclenche un mécanisme de défense de l'organisme (réaction immunitaire). Consommer une infime quantité de l’allergène suffit à provoquer l’apparition de symptômes pouvant, dans le pire des cas, engager le pronostic vital.
Les allergies alimentaires se manifestent principalement au niveau de la peau (démangeaisons, urticaire, plaques prurigineuses), des voies respiratoires (rhume, gonflement de la langue et une obstruction des voies respiratoires avec des difficultés à respirer = asthme allergique) et des yeux (conjonctivite).
Contrairement à l’opinion générale, les symptômes gastro-intestinaux tels que la nausée et la diarrhée sont plutôt rares en cas d’allergie alimentaire. Environ 10% des personnes concernées présentent des manifestations cardiovasculaires. La réaction la plus sérieuse est le choc anaphylactique qui entraîne une chute rapide de la pression artérielle et une augmentation du rythme cardiaque jusqu'à un collapsus cardiovasculaire (urgence médicale).
Deux formes d’allergies alimentaires
Il existe deux types d’allergies alimentaires: l’allergie de type 1 est purement alimentaire, il s’agit par exemple d’une hypersensibilité au lait de vache, aux œufs de poules, aux cacahuètes, etc. Les deux premières touchent généralement les enfants mais elles disparaissent dans 70% des cas à l'âge scolaire. Des réactions violentes (choc anaphylactique) sont fréquentes, c’est pourquoi il est important que les enfants ainsi que leur entourage (enseignants, etc.) s’informent sur l’allergie, écartent strictement l’aliment allergène et connaissent les mesures à adopter en cas d’urgence.
En cas d’allergie connue, les patients doivent toujours être munis de leur passeport d’allergie et d'un kit d'urgence. Celui-ci se compose d’une injection d’adrénaline (pour auto-injection), d’un antiallergique (antihistaminique) et d’un glucocorticoïde.
L’allergie de type 2 touche en revanche principalement les jeunes et les adultes. Il s’agit d’une allergie croisée (à un aliment et un pollen). L’une des allergies croisées les plus fréquentes est l’allergie à la pomme et au pollen de bouleau. Les symptômes, tels qu’une sensation pâteuse dans la bouche et des picotements sur la langue et les lèvres, sont généralement modérés. Mais elle peut également occasionner de graves réactions. Pour découvrir les allergies alimentaires croisées avec le pollen les plus répandues, cliquez ici >> .
Les principales causes de réactions allergiques graves chez les enfants sont les allergies alimentaires, suivies par les allergies aux piqûres d’insectes (abeilles ou guêpes) et aux médicaments. La tendance s’inverse chez les adultes: les réactions allergiques graves sont généralement occasionnées par les piqûres d’insectes et les médicaments, et moins fréquemment par les aliments.
Il est souvent difficile d’identifier quel aliment ou quel composant alimentaire est à l’origine de la réaction allergique car dans la plupart des cas, plusieurs aliments sont consommés en même temps ou bien il s’agit d’un aliment transformé ou composé d’un mélange d’ingrédients. Lors de la recherche de l’allergène, la Société allemande d’immunologie et d’allergologie recommande de tester les réactions aux aliments allergènes les plus fréquents, à savoir la pomme, la noix, le poisson, l’œuf de poule, la carotte, le lait, le sellerie, le sésame, le soja, le blé ainsi que les crustacés chez les adultes (crevettes).
En cas d’allergie croisée (à un aliment et un pollen), un test cutané de réaction au pollen suffit; en règle générale, il n’est pas utile de tester tous les aliments potentiellement en cause.
Allergie alimentaire: quel traitement?
Il est impératif d’éviter strictement les allergènes connus – chose souvent plus facile à dire qu’à faire, même si l’industrie alimentaire est soumise à l’obligation de déclaration. Toutefois, les experts mettent en garde contre les régimes stricts, inadéquats et initiés de son propre chef. Afin d’éviter toute malnutrition, les personnes souffrant d’une allergie alimentaire doivent, de préférence, composer leur alimentation avec les conseils d'un spécialiste. Il arrive en effet que certains aliments (comme la pomme) soient bien tolérés sous forme cuite, mais ont un effet allergène sous forme crue. Par ailleurs, toutes les variétés de pommes ne possèdent pas le même potentiel allergisant, ce que de nombreux patients ignorent.
medscapemedizin.de, aha allergiezentrum schweiz
03.06.2013 - dzu