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La maltraitance infantile se découpe en 5 catégories. Pour rappel, il y a :
- Maltraitance physique (taper, brûler, étrangler, secouer, mordre…)
- Maltraitance psychique (humilier, rabaisser, menacer, intimider…)
- Maltraitance sexuelle (tout acte sexuel commis sur un enfant ou en sa présence)
- Violence conjugale (forme indirecte de violence dans laquelle l’enfant est témoin d’actes de violence physique et/ou psychologique)
- Négligence (besoins non satisfaits)
C’est de cette dernière catégorie que je vous parle dans cet article.
Qu’est-ce que la négligence ?
Selon la définition de l’étude Optimus de 2018, on parle de négligence lorsque les besoins physiques, émotionnels, médicaux et éducatifs de l’enfant ne sont pas satisfaits de manière appropriée : cela comprend également une protection et une sécurité insuffisantes pour le développement et les besoins affectifs de l’enfant.
Cette absence de réponse aux besoins de l’enfant est donc une forme de maltraitance. La négligence peut être consciente ou non. Elle est souvent inconsciente lorsque les parents sont dépassés par leur rôle de parents et dans des situations compliquées et/ou complexes (difficultés financières, difficultés professionnelles, maladie psychique, toxicomanie…).
Lorsque l’enfant est livré à lui-même alors qu’il n’en n’a pas l’âge, qu’il a accès à des stupéfiants, qu’il consomme des médias électroniques sans aucun contrôle, qu’il manque de surveillance, qu’il manque de stimulation nécessaire à son développement… on parle de négligence éducative (guide maltraitance infantile-protection de l’enfance, Protection de l’enfance Suisse).
Quelles sont les conséquences ?
La négligence impacte le développement de l’enfant et elle a de nombreuses conséquences. En voici quelques-unes :
- Sur le plan physique : retard de croissance, prise de poids insuffisante ou inexistante (voire perte de poids), caries importantes, blessures (brûlures, chutes, intoxication…)
- Sur le plan intellectuel : retard de langage, retard intellectuel…
- Sur le plan social : difficultés à entrer en relation avec ses pairs, difficultés scolaires…
- Sur le plan émotionnel : mauvaise gestion émotionnelle, anxiété, stress, difficultés d’attachement…
(liste non exhaustive)
Comment la repérer ?
Il n’est pas simple de repérer la négligence. C’est la somme de plusieurs signes qui va amener à se questionner. Voici quelques pistes :
- Manque d’hygiène (vêtements sales, cheveux-mains-parties génitales sales…)
- Semble avoir tout le temps faim, soif…
- Porte des habits inappropriés à sa taille, la saison…
- A retard de croissance, de langage…
- Etc.
Que faire ?
Dans tous les cas, prendre le temps de réfléchir et ne pas agir dans la précipitation ! Prenez le temps avant d’agir de faire des observations. Il est important de créer une grille d’observation spécifique à la situation.
Ce type de situation va obligatoirement créer un grand remue-ménage d’émotions. Il est important de ne pas vous laisser submerger par tout ce que vous ressentez. Pour vous aider, le protocole de la structure est là pour vous guider et à agir de manière adéquate et professionnelle en étant dans l’action et non dans la réaction. Rester empathique et avec une posture professionnelle (gestion des émotions).
Selon les hypothèses que vous tirerez de vos observations, il est nécessaire d’en informer votre supérieur par le biais d’un rapport écrit. Suite à cela, il sera nécessaire ou non de rencontrer les parents ou alors de solliciter le réseau, de faire un signalement au ministère public de votre région…
Il n’y a pas de recette toute faite, c’est toujours au cas par cas. Moult nuances sont à prendre en compte, c’est pourquoi je ne vais pas plus en détails dans cet article.
La négligence fait partie de la maltraitance et a des conséquences tout aussi importantes que les autres formes de maltraitances. Il est de notre devoir de professionnel.le.s d’intervenir pour protéger les enfants qui nous sont confiés.