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Ordre, décoration ou médaille, phaléristie?
Sous le vocable d'Ordre, on désigne généralement une communauté religieuse ou quelques fois militaire, mais le concept des Ordres s'affranchit de cette seule signification quand l'idée vint aux régnants d'en prendre modèle afin de créer des ordres chevaleresques capables d'assurer à leurs dynasties des services identiques à ceux que les chevaliers-religieux apportaient à la Papauté. Cependant, les statuts ancestraux empêchaient l'extension du nombre des membres et la réception de roturiers de telle sorte que l'on vit ensuite la création d'ordres de mérite militaires et civils.
Ordre
La nomination à un ordre donne quelques fois droit à des avantages civils, nobiliaires ou pécuniers; c'est l'aristocratie des distinctions et les processus de leur attribution qui se retrouvent dans la plupart des Etats ou Régimes. Dans certains pays, il existe encore des Ordres très anciens, mais on a aussi créé des Ordres plus récents, plus ou moins ouverts aux différentes couches sociales. L'appartenance à un ordre se caractérise par l'usage de termes appropriés correspondant à des grades (chevalier, officier, commandeur, grand-croix, etc.).
Décoration
En phaléristique, le mot décoration est générique et il est utilisé dans le langage courant au sens de distinction pour tout ce qui ne relève pas des Ordres. Il désigne les insignes honorifiques, que ce soient le bijou d'un ordre, une croix de guerre, une étoile de mérite, voire une médaille commémorative. Cette appellation de "décoration" reprenant la terminologie anglo-saxonne, elle s'applique à tous les insignes militaires ou civils qui récompensent les actes de courage, la fidélité exemplaire ou la conduite irréprochable à l'occasion d'un fait spécifique ou au cours d'une certaine période.
Médaille
Le terme de médaille recouvre, lui aussi, la plupart des insignes de distinction, militaires ou civils. Il permet de faire la différence entre les médailles de récompense qui sont attribuées pour des actes personnalisés de courage, de bravoure, de conduite ou de volontariat, avec les médailles de reconnaissance ou de service qui attestent la participation du récipiendaire et célèbrent des campagnes, ou encore les médailles commémoratives, qui sont des distinctions qui marquent des événements. Un dernier groupe est celui désignant les médailles honorifiques qui montrent la gratitude des autorités pour des activités de longue durée au service d'une cause ou d'une institution.
Phaléristique: Mais d'où vient ce mot?
Le mot phaléristique vient du latin phalère (phaleræ, f. pl.), qui est une plaque de métal brillant servant soit de décoration militaire, soit d'ornement pour les chevaux. La phalère paraît être d'origine de l'Orient, d'où elle serait passée en Grèce et en Italie. Tout d'abord, ce n'était vraisemblablement qu'un clou à large tête qui assemblait les courroies des harnais. A partir du IIIe siècle avant J.-C., à l'époque Sarmate, le harnachement prend une importance croissante. Devenue cheval de parade, la monture fait désormais corps avec le statut social de son cavalier ou de sa cavalière. On voit apparaître des plaques rondes, les phalères, qui offrent un vaste champ à l'image. Leur fonction première est d'assurer l'intersection des courroies, sur la tête, le poitrail, les épaules et la croupe du cheval. Puis, suivant la loi vérifiée dans tous les domaines, d'après laquelle ce qui est indispensable ou simplement utile devient par la suite un ornement, la large tête de ce clou se transforma, et on eut un disque d'or, d'argent, de bronze ou d'autres matières précieuses, avec des figures ou des emblèmes tantôt gravés, tantôt repoussés ou ciselés. Non content de poser les phalères isolément, on en attachait ensemble un certain nombre et dans ce cas, on y ajoutait des pendants en forme de croissants, de larmes, de palmettes... Ces sortes de colliers se plaçaient soit à la muserolle, soit à la sous-gorge, soit à la base du cou, pris du garrot, d'où ils retombaient en sautoir sur le poitrail.
Certaines empruntent leurs images au répertoire hellénistique, perçu comme une marque de culture aristocratique. D'autres utilisent un vocabulaire animalier fortement stylisé. C'est là l'expression d'une élite guerrière qui s'affirme en affichant son appartenance à une caste. Les figures animales, quand elles subsistent, cessent de constituer un langage codé, fournissant une clé d'accès au monde pour se faire ornementales et prendre valeur de blason. Les cavaliers, des hommes mais aussi des femmes, sont en passe de devenir chevaliers.
L'art, apanage d'une classe sociale et non plus expression d'un idéal guerrier change de statut, et passe du "comment voir" au "m'as-tu vu?". Les phalères désignent également des ornements humains, généralement assez grands, se portant sur la tunique. Ils peuvent être faits de métal ou d'ivoire. La forme ronde n'est pas une obligation, mais est la plus courante. Elles sont visiblement de tailles imposantes (8-12cm de diamètre). Les grands personnages adoptèrent les phalères pour rehausser l'éclat de leur costume et les portèrent sur la poitrine. D'après Florus I, 5, 6, les Romains les empruntèrent aux Etrusques et les réservèrent d'abord comme insignes distinctifs (tels que l'anneau d'or, le laticlave...) aux sénateurs, aux premiers magistrats et aux chevaliers. Plus tard, ils en firent des récompenses militaires, d'abord pour les cavaliers qui avaient immolé un ennemi et rapporté ses dépouilles et alors c'était le cheval qui en était orné, puis, pour les fantassins qui les attachaient sur la poitrine et sur les flancs.

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