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Après le Conseil des Etats, le National a accepté le rapport du Conseil fédéral sur la politique suisse des droits de l'homme. La majorité des députés a approuvé la politique actuelle, malgré les critiques de la gauche.
Le débat a notamment porté sur le paradoxe qui consiste à soutenir les droits de l'homme et en même temps à encourager les relations économiques avec les pays qui ne les respectent pas. Pour les partis de gauche, ce genre de politique, parfois pratiquée par le Conseil fédéral, est incohérent.
Des députés socialistes et écologistes ont, entre autres, dénoncé la politique menée envers la Chine et la Turquie. Ils estiment également que la Suisse devrait être plus courageuse, notamment pour dénoncer la peine de mort aux Etats-Unis.
Devant les parlementaires, Joseph Deiss a défendu la politique du Conseil fédéral, notamment en ce qui concerne la Chine. Pour le ministre suisse des Affaires étrangères, en matière de droits de l'homme, il convient en effet de garder une vue d'ensemble et de ne pas se limiter à condamner. Pour promouvoir ces droits, plusieurs chemins sont possibles; le dialogue en est un.
Les partis de droite ont soutenu cette vision. Des parlementaires ont notamment rappelé que la chute du communisme en Europe de l'Est a montré que les échanges économiques peuvent être compatibles avec les droits de l'homme. Quant aux sanctions économiques, elles touchent bien davantage les populations innocentes que les régimes en place.
Au final, le Conseil national a donc accepté le rapport du Conseil fédéral. Il a toutefois également estimé qu'il était nécessaire que le rôle du Parlement soit renforcé dans le domaine des droits de l'homme.
Le rapport répondait à un postulat déposé en 1997 par la conseillère nationale Ursula Bäumlin (PS/BE), qui demandait des explications au gouvernement sur la politique extérieure de la Suisse durant les années 90.
Olivier Pauchard