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Dans une initiative quelque peu hors norme, la multinationale pharmaceutique britannique GlaxoSmithKline (GSK) a annoncé fin juillet les résultats a priori hautement positifs de tests effectués dans le cadre de l'élaboration d'un vaccin contre la forme humaine de l'infection par le virus A(H5N1) de la grippe aviaire. Selon GSK, ce candidat vaccin aurait l'avantage d'être efficace via une faible dose antigénique. Les spécialistes attendent de voir le détail des résultats avant de se prononcer sur la valeur à accorder à cette annonce. GSK a annoncé en substance qu'un essai clinique effectué en Belgique sur 400 patients de 18 à 60 ans avait montré une réaction immunitaire positive chez 80% d'entre eux. Ce résultat aurait été obtenu à partir d'une très faible dose (3,8 microgrammes) d'antigène, soit une dose bien plus faible que celles du prototype élaboré par le principal concurrent de GSK, Sanofi-Pasteur. Les volontaires inclus dans l'essai de Sanofi-Pasteur avaient réagi aux deux tiers positivement après injection de 30 microgrammes d'antigène. De bons résultats avaient aussi été observés chez des volontaires ayant reçu des doses plus faibles (7,5 ou 15 microgrammes).Jean-Pierre Garnier, directeur général de GSK n'a pas craint de parler de «grande percée» de son laboratoire. Il a aussi affirmé sur les ondes de la BBC que le groupe pourrait produire des centaines de millions de doses d'ici la fin de cette année. GSK teste également actuellement un autre vaccin en Allemagne contenant un adjuvant d'alun classique, pour lequel la firme a déjà soumis un prédossier d'agrément auprès de l'Agence européenne des médicaments.Dans une démarche tout aussi inhabituelle Sanofi-Pasteur a aussitôt considéré qu'il était «prématuré de répondre dans l'immédiat» à l'annonce de GSK. Dans l'entourage de Sanofi-Pasteur cependant, on a indiqué qu'il était a priori difficile de juger sans avoir vu les résultats détaillés. On a ajouté, auprès de la presse, qu'il était a priori étonnant qu'une dose antigénique aussi minime puisse réellement déclencher 80% de réponses immunitaires efficaces.Selon la Fédération internationale de l'industrie du médicament (FIIM) trente-et-un prototypes de vaccins contre différents virus de la grippe aviaire ou susceptibles d'avoir une action contre les virus grippaux avaient été recensés début mai et sont en cours de développement dans le monde. Ces candidats vaccins ont fait, ou doivent faire cette année, l'objet de premiers essais cliniques. Vingt-cinq de ces projets recourent à la technique traditionnelle de culture des virus sur des ufs embryonnés. Six autres prototypes recourent à la culture cellulaire des virus, une stratégie innovante que cherche à encourager le gouvernement américain qui a annoncé récemment avoir octroyé des contrats pour plus d'un milliard de dollars à cinq groupes pharmaceutiques. Les 31 prototypes de vaccins grippaux recensés concernent quinze fabricants de onze pays (Australie, Autriche, Canada, France, Allemagne, Italie, Japon, Pays-Bas, Suisse, Royaume-Uni, Etats-Unis). La majorité des candidats vaccins visent des souches précises de virus de la grippe aviaire (H2N2, H5N1, H5N3, H7N1, H7N7, H9N2). Pour sa part, le groupe Merck cherche à mettre au point un «vaccin universel contre la grippe», en utilisant comme antigène une protéine (M-2) conservée dans les différentes souches virales.