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Nous publions cet article d’après un discours de Rob Lyon (lire l’original en anglais ici) à l’école Marxiste Internationale de 2006, qui s’est tenue à Barcelone. La première partie concerne les principes révolutionnaires du contrôle et de l’autogestion ouvrière, en opposition avec la proposition réformiste de cogestion ouvrière telle que réalisée en Allemagne pendant les années 1970.
Camarades, les jours passés, nous avons beaucoup discuté de la révolution au Venezuela et l’un des points les plus importants dont nous avons débattu est la question de la cogestion.
La cogestion peut signifier différentes choses pour différentes personnes, mais il est clair que pour la classe ouvrière du Venezuela, la lutte pour la cogestion est une lutte pour le contrôle ouvrier réel et pour la transformation socialiste de la société.
La lutte qui se développe au Venezuela pour le contrôle ouvrier montre la participation effective et décisive de la classe ouvrière vénézuélienne dans la révolution bolivarienne. Il est impératif, compte tenu du développement de cette lutte au Venezuela, que le débat sur ces questions importantes soit mené également dans nos rangs, afin de de permettre aux camarades de se faire une idée très précise sur les développements au Venezuela, et afin d’expliquer notre position et nos slogans pour les luttes révolutionnaires à mener dans d’autres pays.
Les principes du contrôle ouvrier
L’expression « le contrôle ouvrier » parle d’elle-même : la classe ouvrière et ses représentants dans les entreprises ont le droit d’inspecter les livres de comptes d’une usine ou une entreprise quelle qu’elle soit, de contrôler les revenus et les dépenses, ainsi que toutes les actions de gestion.
Dans Le programme de la transition , Trotski explique que le premier pas vers le contrôle réel de l’économie est l’abolition des « secrets de gestion ». Les secrets de gestion tels que les comptes, les livres des comptes etc. sont évidemment utilisés pour justifier toutes les attaques contre la classe ouvrière comme les réductions de salaire, le chômage technique, les licenciements, les augmentations des heures de travail…
Lorsque les employeurs déclarent une faillite ou informent qu’ils sont en perte de profits et veulent recourir aux mesures mentionnées ci-dessus, le contrôle ouvrier permet aux ouvriers d’inspecter les livres de compte et de vérifier la situation réelle. L’idée étant de lever le voile, de montrer à la classe ouvrière le fonctionnement précis du système capitaliste, ceci étant un premier pas vers son élimination.
La tâche immédiate du contrôle ouvrier devrait être d’expliquer les dépenses et revenus de la société, en contrôlant dans un premier temps le fonctionnement des entreprises, ce qui permettra de déterminer la part des capitalistes individuels dans le revenu national et bien sûr celle de la classe dominante. Une autre tâche du contrôle ouvrier devrait être de révéler à la société comment le système capitaliste provoque le gaspillage de la force de travail et ne recherche qu’un profit immédiat, et également de dénoncer les accords secrets, les mensonges et la corruption inhérente au système.
Trotski explique aussi que le contrôle ouvrier de l’industrie est une « école pour l’économie planifiée », permettant aux travailleurs un apprentissage scientifique du fonctionnement de l’économie, afin que l’humanité puisse la planifier consciemment et démocratiquement dans son ensemble. A travers l’expérience du contrôle ouvrier, la classe ouvrière se prépare pour la gestion directe des entreprises nationalisées.
Le contrôle ouvrier de l’industrie ne sera pas stable sur la longue durée car il implique un double pouvoir dans les entreprises et ne peut pas durer indéfiniment à moins d’être transformé en gestion directe. Nous pouvons voir ici la différence entre la revendication révolutionnaire pour le contrôle et la gestion ouvrière et celle, réformiste, de la cogestion.
Trotski a expliqué pendant les années 1930 que, sous le capitalisme, si la participation des travailleurs à la gestion de la production devait être de longue durée et « normalisée », cela serait sur une base de coopération entre classes, et non pas de lutte des classes.
Une telle collaboration est toujours réalisée entre les niveaux hiérarchiques les plus élevés des syndicats et des entrepreneurs. Au cours des années 1930, il y avait déjà des exemples de participation ouvrière à la gestion des entreprises (l’économie démocratique allemande et le Mondisme anglais). Cependant, tout comme pendant les années 1970 en Europe, il ne s’agissait pas d’un contrôle ouvrier du capital mais d’une soumission de la bureaucratie ouvrière au capital. Par essence, les bureaucrates de la classe ouvrière ont l’habitude de soutenir le capital et de dévier les luttes des travailleurs vers des orientations plus « tranquilles » (pour le capital !).
Et qu’en est-il de l’idée de la participation des travailleurs en Europe ? La participation ouvrière, ou « démocratie industrielle », a été largement discutée et expérimentée en Europe pendant les années 1970. Cela a été surtout la réponse aux luttes du mouvement ouvrier lors des événements de mai 1968 en France et ailleurs, tout comme lors des grèves de 1972 et 1974 en Grande Bretagne, des grèves générales en Italie et au Danemark, et lors de la vague de grèves en Allemagne de l’Ouest.
La classe dirigeante cherchait désespérément à contenir ces mouvements à travers des partenariats sociaux et à rediriger les luttes ouvrières vers des orientations moins déstabilisantes pour elle. En incluant la hiérarchie syndicale dans les conseils d’administration, les patrons espéraient augmenter l’efficacité et augmenter les niveaux de profit.
En fait, des exemples de ce mode de fonctionnement peuvent déjà être trouvés pendant les années 1920, en Grande-Bretagne, lorsque Sir Alfred Mond, de ICI, le grand monopole chimique, a cherché à instaurer l « économie démocratique » au sein de son entreprise.
La participation des travailleurs a permis aux bureaucrates de la classe ouvrière de fournir aux patrons des informations et des suggestions en provenance des travailleurs. Comme nous le savons tous, et comme n’importe quel gérant le sait aussi, ce sont les travailleurs, les personnes qui exécutent réellement les tâches à accomplir, qui savent le mieux comment les exécuter. En même temps, à travers la participation ouvrière, les patrons peuvent aussi transmettre tranquillement leurs instructions aux travailleurs, discréditant ainsi la bureaucratie syndicale en la faisant passer pour responsable des décisions impopulaires.
Les comités de bureaucrates, les organes de participation des travailleurs, étaient essentiellement des comités qui n’avaient aucun pouvoir, où les travailleurs pouvaient un peu exprimer leurs frustrations.
La participation ouvrière créait également l’illusion que les travailleurs participaient au processus de prise de décision, afin d’éviter qu’eux ou leurs organisations n’agissent de leur propre chef. En Allemagne, par exemple, les comités ne pouvaient pas appeler à la grève, ce qui permettait aux patrons et aux bureaucrates de la classe ouvrière de contourner et d’affaiblir les syndicats. En réalité, ces conseils des travailleurs étaient constamment mis en opposition aux syndicats dans le but de les affaiblir. Les patrons utilisaient simplement la tactique vieille comme le monde : « diviser pour mieux régner », en opposant une organisation à l’autre.
L’expérience de la participation ouvrière a créé une nouvelle strate de fonctionnaires industriels qui partageaient les intérêts des dirigeants. En bref : une strate de privilégiés au sein de la classe ouvrière.
Et où tout cela a-t-il mené ? J’ai lu un article de l’ Independent du 28 juillet, concernant les scandales de corruption chez Volkswagen. Un scandale énorme a été découvert récemment, mêlant fonds secrets, recours à des prostituées, achat de voitures de sports… et chef de directeurs des conseils d’administration de VW. Certains d’entre eux ont dépensé des millions d’euros des caisses de l’entreprise dans des maisons, des voyages et des voitures, pour satisfaire leurs histoires de cœur à travers le monde.
Voici ce que l’Independent en dit : « Les bénéficiaires principaux de l’énorme budget de M. Gebauer n’étaient pas des simples Allemands, mais quelques travailleurs chanceux, participant aux conseils d’administration de VW. Chaque grosse entreprise allemande est supposée faire de la place dans son conseil d’entreprise à des personnes élues par les travailleurs et qui doivent participer aux décisions d’investissements. Il s’agit d’un élément clef du modèle de consensus à l’allemande, qui aide à garder le niveau des grèves à un minimum, dans un pays où les syndicats ont encore beaucoup de pouvoir. »
Voilà à quoi mène la participation ouvrière. A des bureaucrates syndicaux, qui n’ont plus aucune connexion avec la base, et qui fricotent avec les gestionnaires et managers des entreprises. Les intérêts des travailleurs ont été vendus pour des prostituées, du viagra et des voyages au Brésil.
D’un autre côté, le contrôle ouvrier par les comités d’entreprise ou les conseils ouvriers sera acquis seulement par une lutte de classes très déterminée. Dans des conditions normales, la bourgeoisie ne tolèrera jamais un réel contrôle par les travailleurs, elle n’acceptera jamais un réel double pouvoir dans les entreprises. La capacité de la classe ouvrière d’imposer le contrôle de la production est déterminée par la force de la lutte générale du prolétariat contre la bourgeoisie. Le contrôle réel des travailleurs doit être imposé aux capitalistes, ce qui correspond à une période de crise révolutionnaire de la société, et donc à l’offensive prolétaire et au recul du patronat. Pour ces raisons, le vrai contrôle ouvrier correspond à la période de révolution prolétarienne.
Voilà pourquoi au Venezuela, malgré les tensions et les problèmes autour des questions en rapport avec le contrôle ouvrier, desquels nous parlerons plus tard, nous voyons une extension du contrôle ouvrier. L’une ou l’autre lutte peut être défensive au Venezuela, mais l’extension et la croissance de la cogestion est liée aux larges avancées de la classe ouvrière et au recul évident du patronat.
Dans la lutte pour un réel contrôle ouvrier, la classe ouvrière avance inévitablement vers un contrôle du pouvoir politique et économique. Des îles de socialisme ne peuvent pas survivre longtemps dans un océan capitaliste.
Un bon exemple dans le sens négatif est la fonderie Alcan à Joncquière, au Québec. Alcan est le plus grand producteur mondial d’aluminium. Début 2004, Alcan a soudainement annoncé la fermeture de la grande fonderie de Joncquière, prévue pour 2014. Les travailleurs ont occupé le site dans une lutte défensive. Ils se sont rapidement rendus compte du sabotage opéré par la direction et ils ont éloigné les gérants du site. Après cela, la production fut plus importante qu’elle ne l’avait été avant que les travailleurs ne prennent le contrôle.
Mais le système capitaliste s’est organisé pour les vaincre. Les medias et l’Etat ont mis une énorme pression sur eux. Les autres entreprises ont refusé de leur fournir la matière première nécessaire pour produire de l’aluminium, et la fonderie a été étranglée. Malheureusement, la lutte a finalement été perdue. (Voir l’article « les travailleurs prennent le contrôle de la fonderie Alcan »).
Les entreprises sous contrôle des travailleurs comme Alcan tout comme les entreprises sous contrôle des travailleurs au Venezuela aujourd’hui, doivent acheter et vendre au secteur privé. Elles doivent interagir avec le marché. Dès lors, elles sont à la merci du capitalisme. Cela mène logiquement les travailleurs à lutter contre le pouvoir du capital.
Cette question des crédits, des matières premières et des marchés montre tout de suite la nécessité d’étendre le contrôle ouvrier au-delà des entreprises. Un bon exemple pour cela est ALCASA, une entreprise de production d’aluminium au Venezuela. Actuellement elle expérimente une forme très avancée de cogestion. Durant les lock-out organisés par les patrons en 2002-2003, des saboteurs ont même coupé la fourniture de gaz à la fonderie, forçant ainsi son arrêt. Les travailleurs d’ALCASA, soutenus par des travailleurs d’entreprises sidérurgiques des environs, se sont armés et ont marché vers les usines à gaz, forçant les barrages de police et obligeant les usines à reprendre leur production pour garantir la l’approvisionnement en gaz.
Alors que le marché mondial exerce une écrasante domination, et que chaque nation est dépendante du commerce mondial, la question des importations et exportations montre que le contrôle ouvrier doit s’effectuer à un niveau national. Cela met immédiatement en opposition les organes centraux de contrôle ouvrier aux organes de la classe dirigeante.
Notre conception du développement de la révolution socialiste ne peut pas être mécanique, mais nous pouvons constater que le contrôle de l’industrie par les travailleurs, ou le double pouvoir dans les entreprises, correspond (ou mène) généralement à une période de double pouvoir dans le pays. Le pouvoir dual dans les usines et le pouvoir dual au niveau de l’état, ne seront pas toujours obtenus le même jour. Dans certains cas, le contrôle ouvrier se développera avant la dualité du pouvoir au niveau de l’Etat, dans d’autres, cela sera le contraire.
L’irréconciliable contradiction inhérente au système du contrôle ouvrier et aussi à la dualité de pouvoiratteindra un niveau de contradiction insupportable pour les deux côtés. Le double pouvoir est une étape de la lutte des classes, qui intervient lorsque les contradictions de classes sont devenues tellement fortes que la société est divisée en deux camps hostiles, deux pouvoirs hostiles: l’un ancien, dépassé et réactionnaire, l’autre nouveau, ascendant et révolutionnaire. La seule issue pour la classe ouvrière est de prendre le pouvoir et de gagner la révolution, sinon la révolution sera écrasée par la victoire de la contre-révolution. Il suffit de regarder la différence entre l’issue de la révolution russe et celles en Italie et en Allemagne.
Comme au Venezuela aujourd’hui, le contrôle ouvrier de l’industrie implique non seulement le contrôle d’entreprises en activité, mais également d’entreprises dont l’activité est réduite, qui sont fermées, ou sur lesquelles les patrons ont instauré un lock-out.
La tâche de rouvrir ces compagnies en mauvais état sous contrôle de comités d’entreprise, au sein du système capitaliste, implique un début de planification économique. Ces entreprises doivent être fournies en matières premières et être capable d’écouler leur production. Cela mène directement à la question de l’administration de l’industrie par l’Etat. Comme nous pouvons également le voir au Venezuela. Les entreprises appartenant à l’Etat font face à des actes de sabotage, et sont encore à la merci du capitalisme, que cela soit au niveau national ou international. Cela mènera tôt au tard à la question de l’expropriation des capitalistes.
Ce que tout cela signifie est que le contrôle ouvrier n’est pas la prolongation d’une condition « normale ». Il est symptomatique d’une accélération de la lutte de classe, qui implique la résolution du problème du double pouvoir dans l’industrie.
Le contrôle ouvrier est une étape de transition dans un moment particulièrement intense de la lutte des classes, vers la nationalisation révolutionnaire de l’industrie, qui correspond à la transition d’un régime bourgeois vers un régime prolétaire.
Il est important de comprendre la différence entre le contrôle ouvrier et la gestion ouvrière. Cela a été une source de confusion au cours de l’histoire et nous devons être très clairs à ce sujet. Le contrôle ouvrier signifie que le contrôle est dans les mains des ouvriers, mais que la propriété reste dans les mains des capitalistes. Le contrôle ouvrier peut être dominant et englobant, mais il reste uniquement un contrôle.
Trotski expliquait : « L’idée même de ce slogan [le contrôle ouvrier] a été une conséquence de la phase de transition dans l’industrie, quand le capitaliste et ses administrateurs n’ont plus pu prendre des décisions sans consulter les travailleurs. Mais elle correspond également à la phase où les travailleurs n’ont pas encore acquis les connaissances politiques nécessaires à la nationalisation, ni appris les aspects techniques de la gestion, ni même créé les organes essentiels pour le faire. N’oublions pas que ce qui est en jeu ici n’est pas seulement la prise en charge des entreprises, mais également la vente des produits ainsi que l’achat de matières premières et de nouveaux équipements, tout comme les opérations de crédit etc. » (Questions vitales pour le prolétariat allemand, troisième partie)`
La gestion réelle de l’industrie nationalisée requiert des formes administratives et étatiques nouvelles, et surtout, elle requiert un savoir, des compétences et une forme d’organisation spécifique. Il s’agit d’un réel apprentissage. Durant la période de cet apprentissage, qu’il advienne pendant ou après la prise de pouvoir, la classe ouvrière a intérêt à laisser la gestion dans les mains d’administrateurs compétents, sous contrôle ouvrier. Cette période prépare les éléments d’une planification économique.
La gestion ouvrière de l’économie, provient de cette période de transition, car elle est liée au pouvoir étatique et au plan économique. Alors que le contrôle provient de la base et est exécuté par les conseils d’entreprises, les organes de gestion sont les conseils ouvriers centralisés ainsi que le pouvoir étatique centralisé. Il est important de souligner que les conseils d’entreprises ne disparaissent pas, et que leur rôle, même s’il change, reste important.
Nous ne sommes pas des syndicalistes, nous ne croyons pas que la propriété des usines individuelles devrait passer dans les mains des travailleurs de ces usines. Une des priorités pour le développement socialiste de la société est la propriété collective et sociale des moyens de production et l’élimination de la compétition économique au sein d’une société – et cela commence avec la propriété étatique des moyens de production.
En 1917, on a demandé à Trotski si les travailleurs de chaque usine devaient être propriétaires des usines où ils travaillaient, et les profits partagés parmi les travailleurs. Il a répondu : « Non, le partage du profit est une notion bourgeoise. Les travailleurs dans une mine auront un salaire adéquat .Tous les profits qui ne seront pas payés aux propriétaires (qui devraient percevoir 5%-6% de leur investissement annuel) appartiendront à la société. » (En défense de la révolution russe, – le contrôle ouvrier et les nationalisations – Léon Trotski).
Dans un état ouvrier, si la gestion de l’économie n’était pas de la responsabilité des conseils ouvriers représentant l’Etat et la classe ouvrière dans son ensemble, les usines et entreprises resteraient en compétition. Il serait alors impossible de coordonner un plan national et essentiellement la société resterait toujours capitaliste.
C’est pourquoi nous sommes opposés à l’idée syndicaliste et anarchiste de la propriété des industries de chaque secteur par les ouvriers de ce secteur. Cette idée de propriété sectorielle où les travailleurs sont propriétaires de leur usine, ne change pas la nature productive et sociale de cette usine. Cela reste une entreprise individuelle, non collectivisée. Une entreprise qui appartient aux travailleurs, que cela soit par une coopérative ou par un comité d’autogestion, resterait une entreprise capitaliste, dépendante des profits, qu’elle appartienne à une coopérative de travailleurs de 12, 250 ou une seule personne. Ce n’est pas une propriété sociale. Il n’y a que la nationalisation des entreprises, sous propriété étatique et sous contrôle des travailleurs qui garantisse le caractère à la fois social et nationalisé de l’économie.
Le programme des marxistes par rapport à la gestion ouvrière et pour une économie planifiée démocratiquement est le suivant : les conseils de gestion de toutes les entreprises nationalisées seront composés comme suit : 1/3 de la direction représentera les ouvriers de l’entreprise à travers leur représentation syndicale, afin de garantir les intérêts des travailleurs de l’entreprise et d’encourager leur créativité, leur connaissances et leur compétence ; 1/3 représentera la classe ouvrière du pays dans son ensemble et devrait être élu par la centrale nationale du syndicat ; les 1/3 restants devraient provenir de l’état ouvrier pour représenter le plan national de production.