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Le Conseil de l'Europe a chargé Lili Nabholz d'établir un rapport sur la minorité francophone en périphérie bruxelloise. Le terrain est miné pour la parlementaire zurichoise, trois ans après l'échec d'un précédent rapport suisse.
Le conflit linguistique est moins violent en Belgique qu'il y a dix ans, mais il reste très vif dans les communes de la périphérie bruxelloise. Il s'agit en particulier de six communes dites «à facilité», qui sont officiellement flamandes mais abritent une majorité parfois écrasante de francophones.
Lili Nabholz devra établir l'ampleur des «pratiques discriminatoires» dont les francophones s'estiment victimes. Trente-sept élus, parmi lesquels les bourgmestres de quatre communes à facilité, ont déposé une pétition auprès de l'assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe. Ils ont obtenu l'élaboration d'un nouveau rapport.
Pour l'heure, Lili Nabholz préfère ne pas s'exprimer sur ses intentions et son appréciation de la situation. Elle sait que l'affaire est «assez délicate» et que «la manière la plus sage est d'écouter d'abord les gens concernés». Elle sait surtout que le Grison Dumeni Columberg, en charge de la même mission en 1998, n'avait pas obtenu le moindre résultat.
Dumeni Columberg avait dénoncé certaines tracasseries imposées aux francophones par la région flamande. Il suggérait l'élargissement des frontières de Bruxelles - linguistiquement neutre - ou l'instauration d'un bilinguisme tel qu'il se pratique dans certaines régions suisses. Des propositions très mal reçues en Belgique, où le rapporteur suisse était perçu comme un donneur de leçons incapable de saisir les subtilités locales.
L'assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe avait adopté une version si édulcorée du rapport Columberg que son auteur avait refusé de l'approuver. Un sort que Lili Nabholz veut tenter d'éviter. Elle se documente, notamment sur la base du rapport de son malheureux devancier, avant d'entreprendre des missions sur place dès le mois prochain.
Thierry Zweifel, Bruxelles