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Que faire pour remédier aux embouteillages ? Shanghai a trouvé une parade dans l'économie de marché. Chaque mois, les autorités municipales fixent le nombre de nouvelles plaques d'immatriculation que peut supporter l'infrastructure routière, qui est par ailleurs en constante amélioration. Le nombre tourne autour de 8000 nouvelles plaques par mois, par rapport à un total d'environ 3 millions de véhicules sur les routes de cette ville de 24 millions d'habitants. Les plaques sont mises aux enchères sur internet. Le prix d'une plaque tourne autour de CHF 13000. Une fois acquise elle est valable indéfiniment. Son propriétaire peut la revendre librement.
On croirait cette solution idéale pour Genève, si profondément enracinée dans l'économie de marché. Bizarrement, lorsque je l'évoque autour de moi mes interlocuteurs même de la droite libérale s'avèrent réticents, arguant que la méthode est injuste parce qu'elle privilégie les riches. En effet, mais c'est là l'essence même de l'économie de marché tout entière.
Or, selon les autorités de Shanghai, le revenu provenant de la vente de plaques - qui frise le milliard de CHF par année ! - sert notamment à financer les transports publics, qui sont de très bonne qualité : l'offre s'étend des vélibs au train à lévitation magnétique.
Si on n'aime pas le marché libre, on peut se tourner vers la variante de Beijing. Comme à Shanghai, le nombre de plaques y est limité en fonction de la capacité de l'infrastructure (et de la pollution de l'air, qui est un fléau à Beijing), mais elles sont distribuées non par enchères mais par loterie. Les Chinois trouvent cependant que cette méthode est moins efficace et moins équitable que le marché.