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La période actuelle couverte par le rapport hebdomadaire a prolongé les conditions qui ont marqué la période précédente. Il a neigé à diverses reprises et parfois intensément. Les chutes de neige étaient accompagnées de vents tempétueux soufflant de direction variable. Dans l’extrême ouest, la neige fraîche était si abondante qu’un fort danger d’avalanche (degré 4) était annoncé temporairement. Le mardi 3 mars était une des journées avec la plus forte activité avalancheuse à ce jour pour cet hiver.
Selon MétéoSuisse, ce mois de février était dans certaines régions le plus tempétueux de ces dernières 40 années environ. Et cela s’est aussi confirmé au cours de cette période couverte par le rapport hebdomadaire. Seuls le mardi 2 et le mercredi 3 mars ont connu temporairement quelques heures avec un vent généralement faible. Le reste du temps, les tempêtes se sont succédé avec des vents soufflant de direction variable: ouest, sud, ouest, sud, nord, brève pause, nord, brève pause, ouest, sud-ouest.
Au cours de la nuit de jeudi à vendredi, la dépression cyclonale Bianca a balayé la Suisse avec un vent tempétueux de secteur ouest et apporté encore de 10 à 20 cm de neige sur une grande partie du territoire. Pendant la nuit, les chutes de neige ont diminué à partir de l’ouest mettant ainsi un terme à une période de précipitations de trois jours qui avait commencé le mardi 25 février et n’avait connu qu’une brève pause le jeudi 27 février (cf. le dernier rapport hebdomadaire). Au cours de cette période, il était encore tombé plus de 50 cm de neige sur une grande partie de l’ouest et du nord (cf. figure 1). La journée était ensuite assez ensoleillée avec une diminution du vent. Dès l’après-midi, des nuages ont toutefois à nouveau envahi le ciel à partir de l’ouest.
En de nombreux endroits, la neige fraîche et la neige soufflée recouvraient une assez bonne surface de neige ancienne marquée par la douceur du temps et par le vent, et par conséquent souvent compacte. Globalement, la neige fraîche se stabilisait rapidement. En dépit des quantités parfois considérables de neige fraîche, l’activité signalée d’avalanches spontanées était relativement faible et les opérations de minage étaient souvent peu couronnées de succès.
Le samedi 29 février, le temps était très nuageux avec une intensification du vent de secteur sud dans l’est et le sud, tandis qu’il était partiellement ensoleillé dans l’ouest. Dans le nord, sous l’influence du foehn, il faisait nettement plus doux que la veille. L’isotherme zéro degré était montée temporairement à plus de 2000 m (cf. figure 2). Le passage d’un front froid pendant la nuit du samedi au dimanche 1er mars a à nouveau apporté de la neige. Une fois de plus, la neige fraîche était la plus abondante dans l’ouest (cf. figure 3). Par ailleurs, un vent fort à tempétueux soufflait de secteur ouest. La journée était généralement ensoleillée et le vent diminuait nettement.
Le samedi 29 février, le danger d’avalanche est resté au degré marqué. Le foehn donnait lieu à la formation de nouvelles accumulations de neige soufflée. Celles-ci étaient cependant peu enclines à se décrocher ou se stabilisaient très rapidement, de sorte que pour le dimanche 1er mars le danger d’avalanche annoncé n’était plus que limité sur une grande partie du territoire. La situation était en revanche tout à fait différente en ce qui concerne les accumulations de neige soufflée formées pendant la nuit du samedi au dimanche 1er mars avec la neige fraîche et le vent de secteur ouest. Celles-ci pouvaient parfois se décrocher très facilement et de nombreuses avalanches ont été déclenchées par des personnes. En raison de la quantité plutôt faible de neige fraîche, ces avalanches étaient toutefois généralement petites. Le risque de décrochement de ces accumulations de neige soufflée constituait la raison pour laquelle le degré de danger 3 avait été étendu en direction de l’est dans le bulletin du dimanche matin. Par la suite, les accumulations de neige soufflée se sont aussi stabilisées rapidement.
Il y a eu des chutes de neige accompagnées d’un vent fort à tempétueux de secteur variable, d’abord surtout dans l’ouest au cours de la nuit du dimanche au lundi 2 mars, puis en journée également sur le versant sud des Alpes. Pendant la nuit du lundi au mardi 3 mars, il a également neigé intensément dans le nord. En cours de journée, le vent et les précipitations ont nettement diminué. Globalement, près d’un demi-mètre et localement jusqu’à 80 cm de neige étaient tombés dans une grande partie de l‘ouest et du sud (cf. figure 4).
En raison de la neige fraîche et du vent, un danger marqué d’avalanche (degré 3) et parfois des avalanches spontanées étaient d’abord annoncés pour le mardi 3 mars dans l‘ensemble des Alpes suisses ainsi que dans l’ouest du Jura. C’était surtout dans la région de Trient qu’il était tombé au cours de la nuit avec une hauteur de 60 à 80 cm nettement plus de neige que prévu. C’est la raison pour laquelle le danger d’avalanche avait été relevé au degré 4 (fort) pour cette région dans le bulletin matinal du mardi 3 mars (cf. figure 5).
Avec les fortes chutes de neige inattendues, le degré de danger 4 était déjà atteint pendant la nuit et l’apogée de l’activité avalancheuse était déjà dépassé au moment de la diffusion du bulletin matinal à 08h00. Ceci était confirmé par les nombreuses grandes avalanches qui s’étaient déclenchées spontanément pendant la nuit descendant parfois jusque dans les zones de verdure. Les opérations de minages ont par ailleurs donné de bons résultats en cours de journée (cf. figure 6 et photo 7). De nombreuses avalanches ont également été signalées dans les autres régions. Le 3 mars était la cinquième journée la plus avalancheuse de l’hiver (cf. figure 8). Une avalanche a même été déclenchée par une personne dans le Jura, mais on ne sait pas si la personne avait été ensevelie ou non (cf. photo 9).
Même si, surtout dans les régions intra-alpines, le manteau neigeux renfermait en profondeur des couches fragiles de neige ancienne, les ruptures se produisaient principalement dans la neige fraîche et la neige soufflée. Au cours des semaines à venir, nous verrons si et quand la neige ancienne de cet hiver, maintenant recouverte en de nombreux endroits d’une grande épaisseur de neige plus récente, constituera à nouveau un problème en ce qui concerne la situation avalancheuse. Un épisode de fortes chutes de neige pourrait accroître la surcharge sur les couches fragiles et les rendre à nouveau susceptibles de se décrocher. Elles seront cependant davantage encore fragilisées au plus tard au printemps par le premier début d’humidification, ce qui donnera probablement lieu à nouveau à des décrochements dans la neige ancienne.
Le mercredi 4 mars, il y a eu une pause dans la météo agitée de cette période couverte par le rapport hebdomadaire. Au cours de la nuit, il est tombé quelques centimètres de neige sur le versant nord des Alpes, tandis qu’ailleurs le temps était assez ensoleillé. La neige fraîche des jours précédents se stabilisait de plus en plus.
Le jeudi 5 mars, l’accalmie était déjà terminée. Sous l’influence d’une violente tempête de secteur ouest, il a neigé abondamment sur une grande partie du territoire et intensément dans l’ouest. Au cours de l’après-midi, la limite des chutes de neige était montée à environ 2000 m. Le matin, les modèles météorologiques prévoyaient nettement plus de précipitations que la veille au soir. C’est la raison pour laquelle, une augmentation du danger d’avalanche au degré 4 en cours de journée était annoncée dans le bulletin matinal (cf. figure 10).
Au cours de cette période couverte par le rapport hebdomadaire, il y a eu 6 accidents d’avalanche, chacune de ces avalanches ayant emporté une personne. Trois personnes ont été ensevelies. On ne déplore heureusement aucune victime.
Après les chutes de neige des deux dernières semaines, les hauteurs de neige sont supérieures aux moyennes pluriannuelles dans l‘ouest. Ailleurs, elles correspondent souvent aux valeurs moyennes ou sont légèrement inférieures à ces valeurs. Le mercredi 4 mars à la station IMIS l’Ecreuleuse (Salvan, VS) à 2252 m, la hauteur de neige de 440 cm équivaut à la valeur maximale mesurée à cette date (cf. figure 11). Cette situation est due à la succession d’un grand nombre de tempêtes de secteur ouest qui ont traversé la Suisse depuis fin janvier. Au cours de ce genre de situation météorologique, il tombe souvent beaucoup de neige dans la partie la plus occidentale du Bas-Valais.
Evolution du danger
Bulletins d'avalanche de cette période.