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Infections urinaires
Définition
Les infections urinaires ou plus précisément les infections du tractus urinaire (ITU) sont un groupe de maladies infectieuses causées par des micro-organismes qui peuvent toucher n’importe quelle région du tractus ou système urinaire.
Les infections urinaires sont principalement : les cystites (vessie), l’urétrite (urètre), l’épidimidite (épididime), l’orchite (testicule) et la prostatite (prostate) ainsi que des voies hautes du tractus urinaire comme la piélonéphrite (reins).
Les infections urinaires peuvent aussi être classées par rapport aux complications. On parle d’infections urinaires non compliquées lorsqu’il n’y a pas d’anomalies de structure ou de fonction du tractus urinaire, qu’il n’y pas d’infection au niveau rénal (pas de de néphropatie) et en l’absence de comorbidité (autres maladies comme le diabète, l’hypertension, etc). On estime qu’il s’agit d’une infection urinaire compliquée lorsque les reins sont touchés, avec des symptômes plus graves et avec des symptômes hétérogènes ainsi que des caractéristiques cliniques associés à d’autres maladies comme les tumeurs, des causes métaboliques, de l’insuffisance rénale, etc.
Dans la plupart des cas, les infections urinaires touchent la vessie (cystite) et l’urètre (urétrite). Les autres infections sont plus rares.
Epidémiologie
Les femmes souffrent particulièrement de telles infections. En raison de leurs conduits urinaires plus courts, les germes peuvent s’introduire et se propager plus facilement. A l’âge adulte on estime qu’il y a 10 à 20 fois plus d’infections urinaires chez les femmes que les hommes.
Près de 40% des femmes subissent au moins une fois dans leur vie une infection des voies urinaires.
La majorité des infections urinaires est de type non compliquée (voir sous définition infections urinaires) comme la cystite.
Aux Etats-Unis, on estime que les infections urinaires sont responsables pour plus de 8 millions de visites médicales par an.
En France, on estime qu’il s’agit du deuxième motif de consultation et surtout de prescription par un médecin d’antibiotiques.
Causes
Les infections urinaires bactériennes notamment lors de cystite peuvent être causées par des bactéries de la famille des entérobactères, comme Escherichia coli (E.coli) avec la plus grande prévalence d’infection (responsable pour 70 à 85% des infections urinaires en milieu non hospitalier et pour 50% des cas en milieu hospitalier). E.coli est une bactérie qui vit dans le gros intestin et peut se répandre (en particulier chez la femme pour des raisons anatomiques) en descendant jusqu’à l’anus puis remonter dans le tractus urinaire en se multipliant et provoquer une infection urinaire (cystite, etc).
D’autres espèces de bactéries fréquentes causant des infections urinaires sont les Staphylococcus saprophyticus, Proteus spp., Klebsiella spp., Enterococcus faecalis, Staphylococcus aureus, S. saprophyticus, S. aureus ou encore E. faecalis.
En cas d’infections urinaires fongiques, il s’agit de Candida albicans qui est la source la plus fréquente.
Ces agents infectieux pathologiques remontent les voies urinaires et peuvent causer des infections dans diverses régions du tractus urinaire.
Facteurs qui déclenchent ou aggravent des infections urinaires
Certains facteurs peuvent favoriser les infections urinaires, comme :
– La rétention urinaire, qui peut favoriser la prolifération bactérienne.
– Une mauvaises hygiène, en particulier dans les régions intimes chez la femme.
– Des rapports sexuels chez la femme et l’utilisation de diaphragme.
– Des malformations au niveau de l’appareil urinaire.
– Des calculs urinaires (lithiase urinaire).
– Le diabète (type I ou II).
– L’utilisation de sondes urinaires.
– Une grossesse (à cause d’une compression du foetus sur la vessie ce qui empêche une vidange complète).
– La constipation.
– La ménopause (entre 50 et 60 ans le risque de développer des cystites à répétition est relativement élevé).
– Un herpès génital.
– Une transplantation rénale.
Urétrite
En cas d’urétrite, en plus des bactéries d’origine gastro-intestinales, des bactéries provoquant des maladies sexuellement transmissibles (MST) comme celles provoquant l’herpès génital, la gonorrhée ou la chlamydia peuvent aussi être responsables de cette inflammation de l’urètre.
Personnes à risque
Certaines personnes sont plus à risque pour développer des infections urinaires :
Toutes les femmes peuvent avoir une cystite (pour des raisons anatomiques), mais :
– En particulier les femmes âgées, car la production hormonale qui a un effet protecteur diminue. Par exemple les femmes ménopausées.
– Les petites filles qui n’ont parfois pas encore une hygiène adaptée (s’essuyer correctement, etc).
– Les femmes qui ont une vie sexuelle active.
– Celles qui utilisent certaines méthodes de contraception comme le diaphragme ou des spermicides.
Les hommes sont moins concernés par ce problème, toutefois ceux qui ont des problèmes de prostate sont plus sujets aux cystites.
Symptômes
Les infections urinaires peuvent présenter ou non des symptômes marqués, voici quelques symptômes typiques :
– Besoin immédiat d’uriner.
– Besoin fréquent d’uriner.
– Sensation de brûlure au niveau des voies urinaires, en particulier de la vessie.
– Douleur ou sensation de brûlure à la miction (avant, pendant ou après la miction).
– Jet urinaire réduit (en particulier lors d’infection urinaire chez l’homme comme la prostatite).
– Douleurs au niveau du dos.
– Sensibilité de l’os pubien.
– Sang dans l’urine (ou urine rose).
– Urine trouble.
– Odeur forte de l’urine.
– Douleurs rectales chez l’homme.
– Fièvre.
En cas de pyélonéphrite (parfois une complication des infections urinaires) les symptômes incluent presque toujours: fièvre, douleurs lombaires, nausées et vomissements.
Prenez également connaissance de symptômes spécifiques pour chaque type d’infections urinaires : symptômes cystite, symptômes prostatite.
Infections urinaires chez les personnes âgées, confusion mentale
Chez les personnes âgées (ex. 80 ans ou plus), les symptômes classiques d’une cystite comme l’envie constante d’uriner peuvent souvent être inexistants, ce qui complique fortement le diagnostic. La personne âgée peut toutefois présenter des symptômes comme de la confusion, des troubles de la mémoire, un délire ou encore des hallucinations. L’agitation et le vertige sont deux autres symptômes possibles.
Ces symptômes mentaux précèdent souvent les symptômes typiques de la cystite comme la douleur ou l’envie fréquente d’uriner et peuvent même parfois être les seuls symptômes de la cystite chez la personne âgée.
Comme chez les personnes plus jeunes, le traitement consiste à administrer des antibiotiques pour soigner l’infection.
Comment diagnostiquer les infections urinaires ?
Le diagnostic des infections urinaires peut être effectué par les signes cliniques présentés par le patient.
Parfois et dans certains cas critiques (grossesse,…) ou lors de complications des tests de laboratoire (par ex. une culture urinaire ou analyse d’urine), notamment par une culture de germes sensibles, sont effectués.
Critique des tests de diagnostic basés sur une culture d’urine, presque toutes les femmes avec des symptômes souffrent réellement d’infection bactérienne
La majorité des femmes avec des symptômes typiques de l’infection du tractus urinaire (ITU) comme la cystite, c’est-à-dire qu’elles souffrent de douleur à la miction, ont un besoin fréquent ou urgent d’uriner probablement ont une infection bactérienne en général causée par E.Coli, même lorsqu’aucune infection n’est détectée en utilisant un test d’analyse de culture d’urine. Ce dernier est souvent réalisé en laboratoire et non pas en cabinet médical.
Ces conclusions proviennent d’une étude réalisée par l’Université de Gand en Belgique et publiée dans le journal Clinical Microbiology and Infection en avril 2017. Des chercheurs belges ont utilisé une méthode plus sensible appelée réaction en chaîne par polymerase quantitative (en anglais : quantitative polymerase chain reaction ou qPCR) et ont découvert que 98,2% des femmes présentant des symptômes typiques de l’ITU avaient réellement une infection bactérienne. En utilisant des tests normaux ou standards de culture d’urine, ce chiffre était de seulement 80,9%. Plus de 300 femmes belges ont participé à cette étude. Lire davantage
Les recommandations (guidelines) hollandaises sur les infections urinaires affirment qu’une femme peut facilement reconnaître les symptômes d’une infection du tractus urinaire (ITU) comme la cystite si elle a déjà souffert dans le passé d’une ITU. Cela signifie, que la recherche de signes cliniques (symptômes) est de plus en plus privilégiée à des tests chimique ou biologique recherchant des bactéries.
Une échographie peut également être proposée par le médecin et dans certains cas il peut aussi utiliser des techniques d’imagerie médicale pour vérifier des éventuelles malformations ou problèmes au niveau du tractus urinaire.
Le diagnostic est toujours le travail du médecin, c’est lui seul qui décidera du meilleur traitement en fonction du diagnostic.
Complications
Les infections urinaires, lorsqu’elles ne sont pas soignées de façon adéquate, peuvent atteindre les voies hautes du tractus urinaire, ce qui peut provoquer une pyélonéphrite aiguë ou chronique, causant dans certains cas des lésions rénales et parfois même une insuffisance rénale. D’autres complications des infections urinaires peuvent également toucher la région rénale comme la nécrose papillaire rénale.
En cas d’absence de traitement ou dans certains cas rares l’infection peut se répandre au niveau du sang, on parle alors de septicémie, une maladie très grave qui nécessite un traitement urgent.
Complications de la cystite
La cystite entraîne assez rarement des complications. Toutefois, dans certains cas, lorsque le traitement n’est pas adapté ou inexistant, des bactéries peuvent remonter au niveau du rein, on parle alors de néphrite ou de pyélonéphrite. Ce genre de complication est problématique et peut mettre le rein en danger (risque d’insuffisance rénale, avec dialyse), en cas de doute lors de cystite consultez toujours un médecin.
Pour les hommes, lire aussi notre dossier sur la prostatite (une complication en général de la cystite chez l’homme).
Traitements
Le traitement des infections urinaires vise principalement à éliminer les agents infectieux du tractus urinaire.
Traitement infections urinaires bactériennes
En cas d’infection urinaire bactérienne on utilise des antibiotiques.
Lorsqu’il s’agit d’une infection simple, les antibiotiques (en général utilisés) sont la sulfamétoxoazol-trimétoprime, l’amoxicilline, l’ampicilline et les antibiotiques de la classe des quinolones (ciprofloxacine, norfloxacine et lévofluoxatine). En cas de cystite on utilise également toujours plus la fosmoycine qui présenterait certains avantages.
Parfois d’autres antibiotiques comme les céphalosporines peuvent être utilisés. Seul votre médecin est habilité à prescrire ce genre de médicaments.
En général, les symptômes disparaissent dans les premiers jours de traitement, mais il est important de suivre les recommandations du médecin et de terminer le traitement antibiotique même si les symptômes ont disparu pour s’assurer d’éliminer toutes les bactéries pathogènes et de ce fait limiter les résistances aux antibiotiques dans la société.
Le médecin peut aussi prescrire des antalgiques notamment lorsque le patient ressent une douleur. Des antipyrétiques (en cas de fièvre), des antispasmodiques ou encore des anti-inflammatoires peuvent être prescrits.
Traitements infections urinaires fongiques
Quand l’infection urinaire est causée par un champignon, on utilise alors de préférence le fluconazol. L’amphotéricine B est utilisée lorsque la réponse au fluconazol n’est pas satisfaisante.
Ménopause et infections urinaires
Après la ménopause, certains médecins prescrivent des œstrogènes (par ex. en application vaginale) pour prévenir le risque d’infections du tractus urinaire chez la femme.
Remèdes naturels (phytothérapie)
Plantes utilisées en prévention des cystites (cystites à répétition par ex.)
– Les airelles rouges, utilisée sous forme de jus.
– La canneberge (cranberry), utilisée sous forme de jus ou de gélule. Attention, toutefois selon une étude américaine de fin 2010, la canneberge ne serait pas plus efficace qu’un jus quelconque. Cette étude a montré qu’il s’agit surtout du fait de boire beaucoup qui aide à prévenir et soigner la cystite. Une autre étude de 2005 a également émis des doutes sur l’efficacité scientifique de la canneberge.
Plantes pour soigner les cystites
– Le bouleau, utilisé sous forme de tisane ou en gélule.
– La bruyère, utilisée sous forme de gélule.
– L’ortie (en feuille), utilisée sous forme de tisane ou en gélule.
– La prêle, utilisée sous forme de tisane ou en gélule.
– Le raisin d’ours, utilisé sous forme de tisane ou en gélule.
Voir aussi : la tisane anti-cystite : mélange de plantes médicinales sous forme de tisane.
Bons conseils
Voici quelques conseils pratiques pour compléter la thérapie médicamenteuse en cas d’infections urinaires :
– Buvez beaucoup : 1,5 à 2 litres de liquide par jour, car comme lors d’un refroidissement boire permet une dilution et une élimination des germes infectieux. Cet effet étant particulièrement utile au niveau des voies urinaires et de la vessie.
– Evitez de boire des sodas ou d’autres boissons gazeuses, privilégiez l’eau ou des tisanes à base de plantes médicinales contre les cystite
– Evitez de boire des boissons qui irritent la vessie comme le café ou les boissons alcooliques.
– Respectez absolument la durée du traitement prescrite par votre médecin, ne pas arrêter au milieu du traitement. Car cela peut favoriser les résistances aux antibiotiques dans la société.
– Vous pouvez appliquer une bouillotte sur le bas ventre pour soulager la douleur pendant une infection urinaire (en particulier lors de cystite).
Prévention
-Buvez beaucoup (au moins 1 litre chaque jour). Afin de prévenir des cystites à répétition (une forme fréquente d’infections urinaires). Boire beaucoup a été prouvé scientifiquement comme étant très efficace pour prévenir les cystites à répétition.
– Luttez contre la fatigue et le stress, ces deux affections peuvent être responsables de l’apparition d’infections urinaires en affaiblissant le système immunitaire. Prenez par exemple des fortifiants ou des vitamines afin de renforcer ce système immunitaire.
– Augmentez vos défenses immunitaires en pratiquant par exemple un sauna, en s’alimentant sainement avec des fruits (riche en vitamines mais éviter les agrumes) ou avec des probiotiques(yaourts, lactobacilles).
Vous pouvez également prendre des médicaments à base d’échinacée, de vitamine C ou des médicaments immunostimulants à base d’extraits de germes comme la bactérie E-coli pour renforcer le système immunitaire.
– Limitez votre consommation de caféine et d’alcool qui peuvent irriter le tractus urinaire.
– Habillez-vous chaudement et évitez de porter des sous-vêtements trop serrés, trop courts ou synthétiques (privilégiez des sous-vêtements en coton). Il faut remarquer que la mode n’aide pas les jeunes filles avec des pulls qui laissent souvent le ventre ouvert (attention en hiver !) car comme pour les refroidissements, le froid fragilise le système immunitaire et augmente ainsi le risque d’avoir des infections urinaires (comme une cystite).
– Changez régulièrement vos sous-vêtements, car ces derniers peuvent être une source d’agents infectieux.
– Ayez une bonne hygiène intime, l’utilisation de savons ou agents cosmétiques trop irritants peut, au contraire, favoriser l’entrée d’agents infectieux.
– Soignez et prévenez tout problème de constipation le plus vite possible, en effet la constipation peut favoriser une fermentation intestinale qui pourrait aboutir à une propagation de bactéries vers les voies urinaires.
– Urinez lorsque le besoin se fait sentir, il n’est pas conseillé de se “retenir”, car les germes sensibles peuvent proliférer plus facilement.
– Parfois après les premiers rapports sexuels dans la vie d’une femme des restes d’hymen empêchent une bonne évacuation de l’urine et peuvent provoquer des cystites (une forme fréquente d’infections urinaires). C’est pourquoi certaines femmes observent une diminution voire un arrêt des cystites après la naissance de leur premier enfant. Pour autant que l’accouchement se déroule par voie basse, car cela permet d’évacuer de façon naturelle les restes d’hymen. Dans certains cas le médecin peut proposer une opération pour enlever de façon chirurgicale ces restes d’hymen.
– Respectez des conseils d’hygiène aux toilettes, pour la femme s’essuyer d’avant en arrière, en direction de l’anus. Afin d’éviter de contaminer les voies urinaires par des agents infectieux fécaux.
– Parfois des rapports sexuels peuvent favoriser la survenue de cystites, il est conseillé de boire avant le rapport et juste après d’aller uriner (vider sa vessie), cela permet une “élimination” de certains germes susceptibles de provoquer une cystite.
– Evitez de vous rendre dans un jacuzzi (trop infecté en général par de nombreux germes).
– Si vous êtes à l’âge de la ménopause, il faut savoir qu’une sécheresse vaginale symptomatique de la ménopause, peut favoriser des infections urinaires. Parlez-en à votre médecin si tel devait être le cas afin d’agir de façon préventive.
News (actualités) :
Références (sources) :
Clinical Microbiology and Infection, Mayo Clinic
Crédits photos : Fotolia.com.
Infographies : Creapharma.ch (Pharmanetis Sàrl).
Dossier écrit par Xavier Gruffat (Pharmacien).
Comment traduit-on les infections urinaires dans d’autres langues
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Anglais: urinary tract infections (UTI)
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Allemand: Harnwegsinfektionen
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Italien: infezioni del tratto urinario
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Portugais: infecção urinária
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Espagnol: infecciones del tracto urinario