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Avec plus de cent tableaux, l’exposition de Bernard Piffaretti (1955, Saint-Etienne) occupait tout le deuxième étage. Piffaretti est un artiste à protocole (fixé dès 1986, ce protocole est inchangé depuis) : la division verticale de la toile par un épais trait de couleur en constitue invariablement le premier élément ; cette césure détermine alors une partie gauche et une partie droite du support. L’image, peinte indifféremment sur l’une ou l’autre des parties, est ensuite prise pour modèle et réinterprétée comme une partition, de mémoire, sur l’autre partie. Cette ultime étape achève généralement le tableau. Les peintures de Piffaretti n’entretiennent pas plus de relation avec le monde visible qu’avec l’abstraction. Les motifs colorés saturés ou non, d’une infinie variété stylistique, ont, avec leur air de déjà-vu, un caractère d’extrême banalité. Son œuvre « ne veut rien prouver, rien faire de plus, rien faire de mieux », sauf peut-être désinvestir le tableau de tout contenu, mettre à distance tout acte pulsionnel par le redoublement, pour bien montrer que « la peinture ne représente jamais qu’elle-même ».
Exposition organisée en collaboration avec le Centre régional d'art contemporain de Sète