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Du 20 au 27 avril 2010, près d'une quarantaine de leaders Yanomami de l'État d'Amazonas étaient réunis au xapono (village circulaire) de Komixiwë, dans le moyen rio Marauiá, dans la commune de Santa Isabel do Rio Negro. Ils venaient d'une dizaine de xapono proches du rio Marauiá, de deux xapono du rio Demini et de deux représentants du xapono de Momohiteri situé au Venezuela.
C'était le troisième volet d'une formation à la citoyenneté, un programme de la SECOYA qui reçoit l'appui de la commune genevoise de Meyrin.
Le cours a commencé par une phase préparatoire au cours de laquelle, l'animateur du cours, Silvio Cavuscens a visité les différents xapono afin que ceux-ci désignent leurs représentants. Le cours a eu lieu dans les deux langues, yanomami et portugais. Une majorité de participants étaient des hommes. Les femmes présentes étaient originaires de la communauté de Komixiwë. Il y a eu quelques intervenants extérieurs liés aux entités qui agissent dans le territoire yanomami.
Une partie du programme a consisté à faire un diagnostic du vécu des communautés. D'abord les problèmes relevant de la responsabilité des Yanomami eux-mêmes. Il en a été relevé de trois sortes : les divisions susceptibles d'opposer des villages entre eux, mais aussi les tensions à l'intérieur des communautés en raison de la multiplicité des leaders (pajés, professeurs, agents de santé, etc.); la lutte contre la prolifération des cafards et des moustiques; la dispersion des outils nécessaires pour cultiver la terre et le mauvais état du bateau servant à transporter les marchandises.
Les participants ont évoqué les problèmes relevant des napë (les non Yanomami) : les déficiences des services publics, comme le manque de médicaments et le mauvais fonctionnement du service de santé, mais aussi la fermeture des postes de la Fondation nationale de l'indien - FUNAI et l'absence de pistes d'atterrissage dans certaines communautés. Ils ont cité la mauvaise gestion des programmes sociaux (Bolsa familia) et l'interférence d'intermédiaires véreux et les manipulations de commerçants. Ils ont relevé les abus commis à l'endroit des femmes séjournant dans les "Maison de l'Indien" et ceux commis par les employeurs de main d'oeuvre Yanomami. Le non-respect par les napë de la législation en vigueur dans les Terres indigènes, par exemple l'introduction de boissons alcoolisées.
Une autre phase du cours a été consacrée à la législation brésilienne relative aux organisations de la société civile. Les implications de ces formes d'organisation, les dépenses que cela entraîne, etc. Enfin les participants ont élaboré un programme de travail qui reprend les problèmes identifiés, comment y répondre, quand et qui prend quelle responsabilité. La prochaine phase du cours est fixée pour septembre ou octobre de cette année.
Les associations AYA et SECOYA expriment leur très vive gratitude à la Commune de Meyrin qui apporte son appui à la réalisation de ce cours. Il est important que les Yanomami soient en mesure d'être les acteurs de leur propre destin.
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Pour en savoir plus (en portugais) sur le cours + quelques photos : http://www.secoya.org.br/index.php?option=com_content&view=article&id=107:iii-curso-de-formacao-de-liderancas-yanomami-do-amazonas&catid=4:noticias&Itemid=29
Tout en haut : Carte de la Terre indigène Yanomami, les xapono du rio Marauiá et la localisation du cours
Photos Secoya - Laucilene Lopes & Felipe Araujo - Cours pour leaders Yanomami - avril 2011 - Xapono de Komixiwë (Mission Marauiá). Photo du haut : les participants. Photo du bas :le tableau qui résume le diagnostic du vécu.
Pause estivale oblige : la publication des "brèves" est prévue pour reprendre dans le courant du mois d'août. Bon été aux lecteurs de ce blog !
Cette note (en version réduite) a été publiée dans "AYA Info" No 62, de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2