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Avec l’introduction du système de Bologne, la mobilité des étudiants a passé du cas exceptionnel à la règle générale, les formalités ayant été grandement simplifiées et la mobilité favorisée. La plupart des étudiants sont en effet, durant leurs études, amenés à se poser les deux questions suivantes: «Est-ce que je veux partir en échange?» et «Où est-ce que je veux faire mon master?», la mobilité entre les niveaux de bachelor et master étant également favorisée. Mais, d’un point de vue quantitatif, cela se reflète-t-il dans les faits? Décryptage statistique sur la mobilité des Suisses et des étudiants étrangers.
Globalement, pas de surprise: le nombre d’étudiants ERASMUS a explosé, qu’il s’agisse de ceux venant séjourner en Suisse en échange ou des Suisses passant un séjour à l’étranger dans le cadre de leurs études. En 2001/2002, les Suisses étaient moins de 1’300 à profiter du système ERASMUS contre plus de 2’000 en 2007/2008, avec une proportion égale d’hommes et de femmes. Evolution similaire du côté des étudiants venus de l’étranger faire un échange en Suisse qui, eux, ont passé de moins de 1’500 à plus de 2’400 durant la même période. Quant au passage au master, plus de 95% des étudiants entrant en 2005 ont fait leur bachelor dans la même école; une légère évolution s’est faite sentir ces dernières années, ce taux étant passé à 90% en 2007. Toutefois, étudier bachelor et master dans la même haute école universitaire reste malgré tout la règle générale.
Les Suisses ne réservent que peu de surprises lorsqu’il s’agit de choisir où partir en échange en Europe: plus d’un cinquième des concernés choisissent l’Allemagne. L’Espagne est une destination également très convoitée, comme la France, la Grande-Bretagne, et, moins attendue, la Suède. Cela se reflète plus ou moins chez les étudiants européens attirés par la Suisse: là aussi, les plus nombreux sont les Allemands (presque un tiers du total), nos voisins français, italiens et autrichiens et, un peu plus éloignés, les Espagnols, les Scandinaves (Suédois et Finlandais en tête), les Britanniques et les Hollandais.
Les disparités entre les établissements suisses sont bien présentes. On remarque notamment que les universités romandes sont, généralement, plus prêtes à accueillir et à laisser partir. L’EPFL, l’UNIL et l’UNIGE sont les universités suisses accueillant le plus d’étudiants ERASMUS, et de loin. Les universités de Berne, Fribourg et Zurich sont celles laissant le plus de leurs étudiants faire un échange (attention, on parle ici de chiffres absolus, pas de pourcentage). Quant à la mobilité entre établissements suisses, 459 étudiants en ont profité en 2007/2008.
Chaque année depuis 2004, environ 20% des nouveaux entrants en master proviennent de l’étranger. Les hautes écoles ont en effet, depuis l’instauration de la réforme de Bologne, trouvé une «clientèle» étrangère pour leurs masters, représentée en grande partie par des Français, des Allemands et des Italiens, qui comptent pour chacune des nationalités environ 150 entrants en 2007. Cela permet d’ailleurs assez bien de compenser les étudiants de bachelor qui s’en vont ensuite ailleurs pour le master.
L’aperçu donné par ces quelques chiffres permet de se faire une idée de la composition de la mobilité. Une mobilité colorée qui porte ses fruits et qui, jugée positivement par presque tous, a un avenir certain!