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Rovray
Je ne sais si les temps changent, mais je remarque que notre environnement se modifie. Rovray, village de 91 habitants du Nord Vaudois, autrefois à l'écart de toute voie de communication peut aujourd'hui être situé par rapport à la voie routière suisse N1, plus précisément sur la droite de l'entrée du tunnel des Arrissoules en direction de Payerne-Zurich, ou sur la gauche de la sortie de ce même tunnel en direction d'Yverdon-les-Bains-Genève.
Mais Rovray a été là bien avant l'autoroute, le manque d'archives nous permet même de supposer que Rovray a toujours existé!
Bâti dans une région recouverte de chênes, ceux-ci sont à l'origine des armoiries de la commune, adoptées en 1928: D'azur semé de glands d'argent, au cerf élancé d'or. Quant au cerf, il est l'attribut de saint Blaise, patron de la première chapelle de Rovray, fondée en 1448. Au XVIe siècle, notre commune fait partie de la seigneurerie de Saint-Martin, tandis que sous l'occupation bernoise elle est rattachée au baillage d'Yverdon.
La construction de la N1, qui s'achèvera au printemps 2001, est l'un des événements qui va sans doute marquer l'histoire de notre commune. Bien que d'une relative faible emprise territoriale, l'autoroute a modifié le paysage de la partie nord-ouest de notre commune, créant une barrière visuelle artificielle non dénuée d'une certaine beauté. Le chantier de la N1 a surtout été source, non pas de soucis, les rapports aussi bien avec les services de l'Etat qu'avec les entreprises concernées ont toujours été excellents, mais de rentrées fiscales bienvenues. La majorité des employés qui ont travaillé au gros oeuvre de la réalisation des tunnels des Arrissoules ont élu domicile à Rovray et y ont payé leurs impôts.
Cette manne financière n'est pas étrangère au fait qu'en juillet 1997, la Municipalité a obtempéré aux souhaits pressants des services de l'Etat, et a présenté au Conseil général un projet de construction d'une station d'épuration avec mise en séparatif des collecteurs d'eaux usées. Cette réalisation a permis l'inauguration de notre STEP le 5 juin 1998 et, avec elle, la dernière commune du canton donnait ainsi satisfaction aux exigences tant fédérales que cantonales en matière de protection des eaux.
L'ouverture de la déchetterie communale à fin 1999, la dissolution la même année du Syndicat AF créé en 1980 pour l'exécution des travaux d'équipement après réunion parcellaire ou encore, l'adhésion de notre commune en 1994 à l'ARRIBRU (Association intercommunale et intercantonale d'adduction en eau potable de la région des tunnels des Arrissoules et des Bruyères) sont quelques-unes des priorités traitées par la Municipalité.
La majorité des habitants de Rovray tirent leur revenu de l'agriculture, alors que les autres travaillent dans les entreprises de la région. Les enfants en âge de scolarité se rendent à Yvonand pour suivre leur classe commune qui fait partie du Groupement scolaire d'Yvonand et environs. Passée la scolarité obligatoire, c'est le plus souvent à Yverdon-les-Bains que se rendent nos jeunes pour poursuivre leur formation.
Mais Rovray c'est aussi le village natal d'Alice Rivaz. En effet, au début de ce siècle est née à Rovray Alice Golay, fille de l'instituteur et plus tard politicien socialiste vaudois Paul Golay, qui a pris pour nom d'écrivain celui d'Alice Rivaz. L'association "Alice Rivaz" dont les buts sont de favoriser l'étude de la vie et de l'oeuvre d'Alice Rivaz et de participer à son rayonnement, se propose, à l'occasion du centième anniversaire de la naissance de l'écrivain en 2001, d'apposer une plaque commémorative sur sa maison natale à Rovray.
Concrétiser la fusion du corps des sapeurs-pompiers avec ceux voisins d'Arrissoules et de Chavannes-le-Chêne, procéder à des travaux de réfection et de modernisation de notre réseau de distribution d'eau potable ou encore clore le dossier du plan général d'affectation, voici dans les grandes lignes les futures préoccupations de la Municipalité
Rovray, petit village n'ayant plus ni restaurant ni bureau postal a-t-il encore un avenir en tant qu'entité politique? Sans hésitation, la réponse est oui. Avec une population en légère augmentation et l'apparition aussi bien de nouvelles constructions que de transformations de bâtiments existants, les autorités communales voient l'avenir avec confiance et se réjouissent de participer, dans un esprit de coopération active, avec les communes voisines, grandes ou petites, au maintien et au développement de l'une des plus petites cellules politiques de notre canton.
Texte rédigé pour l'Alphabet des communes vaudoises, Feuille des avis officiels, vendredi 10 mars 2000, par André Gallandat, alors Syndic de Rovray.