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Le revenu de base, "dividende universel" ou "opération antisociale"?
Pour Sergio Rossi, le système social a bien fonctionné avec la société du siècle passé, mais il doit être renforcé par un changement de paradigme, "notamment parce que le travail deviendra de plus en plus difficile à obtenir", a-t-il déclaré, évoquant par exemple la robotisation croissante.
Le conseiller d'Etat vaudois socialiste Pierre-Yves Maillard a, lui, défendu le modèle actuel, notamment l'AVS. "C'est une forme de revenu de base inconditionnel (RBI), avec une seule condition: l'âge de la retraite", a-t-il souligné. "On va voir cet automne si l'on pourrait augmenter la rente de base de 10%, cela sera un vrai combat. Or, on se sera épuisés quelques mois plus tôt avec le projet irréaliste du RBI, on aura gaspillé des ressources déjà réduites", a-t-il déploré.
Revenu découplé du travail
"Les entreprises cherchent à minimiser le coût salarial unitaire pour être compétitives au niveau international. S'il y a une utopie, ce n'est pas celle du RBI, mais celle de donner un salaire correct à tout le monde", a répondu le professeur.
S'il y a une utopie, ce n'est pas celle du RBI, mais celle de donner un salaire correct à tout le monde.
La philosophie derrière le RBI serait donc de découpler le revenu du travail. "Il faut passer d'une logique d'assurance à une logique d'existence", suggère Sergio Rossi, qui parle de "dividende universel"."Les très hauts salaires ne sont pas liés au mérite mais au fait que nous avons inventé, auparavant, des choses qui ont augmenté la productivité. Ce capital intellectuel doit aussi être rémunéré", a estimé le spécialiste en macroéconomie.
"Le grand fantasme derrière cette initiative c'est qu'il n'y ait plus de travail. Mais on assiste par exemple à une explosion des emplois dans les services à la personne", a rétorqué Pierre-Yves Maillard.
Le grand fantasme derrière cette initiative c'est qu'il n'y ait plus de travail. Mais on assiste par exemple à une explosion des emplois dans les services à la personne.
Inconnues sur le financement
L'élu socialiste a également souligné les inconnues qui subsistent sur le financement du RBI. "Qui paiera? Il faudra une taxe", a-t-il lancé, avant d'ajouter que l'initiative "calculée sur l'équivalent de l'aide sociale, n'améliorera aucune prestation". "C'est un brassage d'argent où l'on se substitue aux entreprises pour payer le salaire à leur place, sans dire comment on va le faire".
De son côté, Sergio Rossi propose de prélever 30% sur les salaires et les profits. "On peut ainsi facilement financer 170 milliards de francs et ce sont les hauts revenus qui seront davantage mis à contribution", estime-t-il.
Système simplifié?
"Le RBI ne va pas faire table rase du système social qui existe, mais le simplifier", a encore ajouté Sergio Rossi. "Supprimer l'AVS, ce n'est pas possible. Les prestations complémentaires en font partie", a répondu Pierre-Yves Maillard. "Si l'on mettait tout le monde à 2500 francs, cela constituerait une baisse de l'assurance chômage, cela serait une opération antisociale. Le système d'assurance que l'on connaît, avec les prestations complémentaires, devrait donc persister", a-t-il ajouté.
Selon le dernier sondage SSR, l'initiative sur le revenu de base serait largement balayée. "Il faudra voir comment les jeunes vont voter le 5 juin. Si les jeunes sont pour, on va continuer d'en parler", a toutefois prédit Sergio Rossi.
jvia
Publié le 12 mai 2016 à 10:32 - Modifié le 12 mai 2016 à 14:14