Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07059.jsonl.gz/764

Les migrants constituent 4,7% de la force de travail dans le monde. Leur nombre atteignait l'année dernière 164 millions, selon les estimations dévoilées mercredi à Genève par l'Organisation internationale du travail (OIT).
L'institution mentionne une augmentation de 9% en quatre ans. Mais les données de 2017 sur 188 pays prennent en compte près de 20 millions de réfugiés.
"La majorité des migrants" se déplacent pour leur travail ou pour en chercher un, a dit devant la presse la directrice du département du travail et de l'égalité à l'OIT, Marisa Tomei. Ceux-ci apportent une contribution positive et remplissent surtout des emplois qui ne sont pas occupés par les ressortissants nationaux du pays d'accueil, selon elle.
Mais tout dépend des politiques nationales à leur égard, selon Mme Tomei qui cite par exemple les discours de certains gouvernements qui ont un effet "important" sur cette question. Parmi les migrants actifs, 96 millions sont des hommes et 68 millions des femmes. La part des premiers s'est étendue de 2 points de pourcentage pour s'établir à 58%.
Toutefois, davantage de femmes se sont déplacées depuis 20 ans pour trouver du travail. Mais "la discrimination à laquelle elles font souvent face en raison de leur sexe et de leur nationalité réduit leurs opportunités d'emplois", selon Mme Tomei. Environ 87% des travailleurs migrants sont âgés de 25 à 64 ans. Leur départ pourrait avoir un impact négatif sur la croissance économique de leurs pays.
Pacte mondial des migrations soutenu
Près de 112 millions se trouvent dans des pays à revenus élevés, soit environ deux tiers mais dont la part est en baisse. Le reste se répartit entre 30,5 millions dans les pays à revenus intermédiaires les plus riches, où la part est en augmentation en raison du développement économique, 16,6 millions dans les moins aisés de ce segment et 5,6 millions dans les pays pauvres.
Les travailleurs migrants continuent 18,5% du total des actifs des pays riches mais seulement environ 2% dans les pays pauvres. Parmi les régions, près d'un quart habitent dans le nord du continent américain. La même part se trouve en Europe, à l'exception de l'Est du continent, et 13,9% dans les Etats arabes.
L'est de l'Europe, l'Afrique subsaharienne et l'Asie/Pacifique sont au-dessus de 5%. En revanche le nord de l'Afrique n'accueille qu'1% de travailleurs migrants. Peu de variations ont été observées depuis 2013 dans toutes ces régions.
L'OIT veut oeuvrer pour contribuer à l'application du Pacte mondial des migrations auquel la Suisse a renoncé pour le moment à s'associer. L'institution appelle à davantage de données. Le Pacte prévoit notamment des principes pour réduire le trafic d'êtres humains ou les abus d'employeurs, aligner les besoins des pays d'accueil et les compétences de ceux qui arrivent ou encore renforcer la protection des travailleurs migrants.