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Les gouvernements n’ayant pas fait preuve d’un leadership suffisant en matière de climat lors du sommet du G20 au Japon, l’actionnariat actif prend de l’ampleur.
Dans un contexte de guerre commerciale et de négociations autour des tarifs douaniers, le récent sommet du G20 à Osaka a également suscité l’intérêt des investisseurs dans le domaine du changement climatique.
Avant l’événement, le Japon a modifié son projet de communiqué – l’accord proposé devant être signé par les dirigeants des pays du G20 – de sorte à exclure les expressions «changement climatique» et «décarbonisation», cédant apparemment aux pressions des États-Unis lors des négociations commerciales. La version définitive de l’accord a finalement pris en compte l’importance de la lutte contre la crise climatique mais, comme les années précédentes, les États-Unis ont refusé de signer la section sur le climat. Les 19 autres nations ont été favorables au passage.
Le Japon prend-il la mauvaise direction?
Depuis la catastrophe nucléaire à la centrale Fukushima-Daiichi en 2011, le Japon a considérablement augmenté ses émissions de CO2 provenant de la production d’électricité. Cette augmentation s’explique en grande partie par la réduction de la production d’électricité à partir de l’énergie nucléaire, qui représente actuellement environ 2% de l’électricité produite au Japon. Le manque a principalement été comblé par les énergies fossiles, notamment le charbon et le gaz, qui représentent aujourd’hui environ 75% de la production d’électricité du Japon.
La production d’énergie renouvelable a légèrement augmenté, mais ne représente encore que 15% de l’électricité. Sur ce plan, le Japon est proche du bas du tableau par rapport à d’autres pays développés.
Suite à la catastrophe nucléaire, les résolutions des actionnaires au Japon exigeant l’abandon de l’énergie nucléaire et l’augmentation de la capacité de production d’énergie renouvelable ont été plus nombreuses que dans tout autre pays. Les résolutions des actionnaires sont des propositions soumises lors d’un vote à l’assemblée générale annuelle d’une société. En règle générale, les propositions sont soumises lorsque la société n’a pas répondu aux attentes des actionnaires. Ce phénomène n’est pas unique au Japon. Les résolutions des actionnaires portant sur des thèmes liés au climat et à l’environnement se font plus nombreuses aux quatre coins du monde. Les taux d’approbation de ces types de résolutions ont également augmenté, ce qui indique que la pression accrue exercée par les actionnaires change le mode de fonctionnement des entreprises.
L’incapacité du sommet du G20 à faire preuve du leadership mondial nécessaire pour faire face à la crise climatique accroît l’importance du rôle joué par les investisseurs et les actionnaires actifs.
Le positionnement en «19+1» du G20 sur le climat (le «1» étant les États-Unis) étant sur le point de se consteller en «18+2» à mesure que le Japon se met également à sortir du lot, la responsabilité d’agir a encore été imposée aux investisseurs et aux consommateurs.
En tant qu’actionnaires actifs, nous soutenons le vote et les interactions avec les entreprises pour faire face aux risques liés au changement climatique, ce qui permet à ces dernières de saisir les opportunités que cela apporte, plutôt que de laisser les éventuels problèmes sans solution.
Schroders participe activement à l’initiative Climate Action 100+ lancée par des investisseurs et qui vise à s’assurer que les plus grands émetteurs de gaz à effet de serre du monde prennent les mesures nécessaires face au changement climatique. Parmi ces entreprises figurent 100 «émetteurs d’importance systémique», qui représentent les deux tiers des émissions industrielles mondiales annuelles, ainsi que plus de 60 autres qui ont de grandes possibilités de favoriser la transition vers une énergie propre.