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Intitulé "Superforecasting - The art and science of prediction", l'ouvrage des deux Américains examine ces individus particulièrement fiables dans leurs prédictions, alors que la majorité des pronostiqueurs - experts y compris - est à peine meilleure que le hasard.
Ils ont été baptisés les "super-pronostiqueurs". "Il s'agit d'un terme un peu grandiloquent pour qualifier les individus ayant montré une capacité remarquable à prédire des événements géopolitiques importants sur un horizon de 6 mois à 1 an", a expliqué jeudi Dan Gardner à l'émission Tout un monde de la RTS.
En quoi se démarquent-ils des autres participants à cette grande enquête lancée en 2005 et impliquant des dizaines de milliers de volontaires? Ils se sont montrés capables de répondre à des questions comme "la Russie va-t-elle annexer la Crimée ou s’engager en Syrie? La Grèce sera-t-elle en défaut de paiement?", indique le journaliste.
Des penseurs extrêmement prudents
Comment expliquer que ces volontaires ordinaires soient aussi doués pour la prédiction? Pour Dan Gardner, "ce sont des gens intelligents, au-dessus de la moyenne, mais rien d’exceptionnel non plus. La réponse, c'est qu’ils sont des penseurs analytiques extrêmement prudents et rigoureux".
En d'autres termes, ce sont moins des compétences académiques que psychologiques qui font un bon pronostiqueur. "Ils sont plus rigoureux, note-t-il encore. Ils n'écoutent par leur impulsion initiale en faveur d'une réponse et ils fragmentent la question. Puis, ils avancent très méthodiquement en direction d'une conclusion."
Satisfaire son rejet de l'incertitude
L'étude de Philipp Tetlock arrive en outre à une conclusion des plus troublantes: l'existence d'une corrélation inverse entre la célébrité d'un expert et la pertinence de ses prévisions.
En cause, la nature humaine qui fait que les médias cherchent des experts uniquement pour dire ce que les gens veulent entendre, selon les deux Américains. "Vous pourriez penser que les gens veulent entendre des prédictions correctes mais ce n’est pas tellement ce qu'ils cherchent. Ils veulent plutôt satisfaire leur rejet de l’incertitude avec une explication claire, quelle qu'elle soit", conclut Dan Gardner.
kg