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L'accélérateur du CERN, le grand collisionneur de hadrons (LHC), dont la puissance va quasiment doubler, pourrait permettre en 2015 de débusquer une particule encore plus fascinante que le Boson de Higgs. Elle lèverait une partie du voile sur la mystérieuse matière noire.
"Cela pourrait arriver dès cette année... si nous sommes vraiment chanceux", a dit samedi Beate Heinemann, professeur de physique à l'Université de Californie à Berkeley, membre de l'équipe de recherche de l'expérience Atlas du LHC.
"Nous espérons être sur le point de découvrir un autre monde, comme au début du 20e siècle l'antimatière, qui cette fois pourrait être la matière supersymétrique", a-t-elle ajouté lors d'une présentation à la conférence annuelle de l'American Society for the Avancement of Science (AAAS). "Pour moi, c'est plus emballant que le Boson de Higgs", a-t-elle poursuivi.
Partenaire plus lourd
Selon la théorie de la supersymétrie, toutes les particules du modèle élémentaire de la physique ont un partenaire plus lourd. Ainsi le quark qui forme les protons et neutrons de l'atome aurait un partenaire supersymétrique appelé squark.
Mais ce que recherchent les physiciens, c'est le neutralino, une super-particule prédite dans la théorie de la supersymétrie qui serait une combinaison de trois superpartenaires: le photino (partenaire supersymétrique du photon), le zino (partenaire du boson) et le higgsino (partenaire du boson de Higgs).
Selon les physiciens, le neutralino qui est très stable paraît être le meilleur candidat pour former la matière noire, la masse manquante de l'univers qui tient ensemble les galaxies mais est invisible et détectable uniquement par les effets de la gravité.
Energie noire
La matière ordinaire, celle que l'on voit, ne représente que 5% du cosmos tandis que la matière noire compte pour 25%. Les autres 70% sont la mystérieuse énergie noire (sombre) ou du vide, qui expliquerait pourquoi la vitesse d'expansion de l'univers accélère.
Le CERN (Organisation européenne pour la recherche nucléaire) prépare la remise en route du grand collisionneur pour le printemps. L'accélérateur qui est arrêté depuis deux ans verra sa puissance multipliée par deux.
L'ensemble de la machine supraconductrice de 27 kilomètres de long a été refroidi. Il a pratiquement atteint sa température d'exploitation nominale, soit 1,9 degré au-dessus du zéro absolu (-273,15 °C), a indiqué le CERN.