Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07076.jsonl.gz/1283

22/06/2009
Il y a 50 ans décollait, pour la première fois le Mirage IV 01. le Mirage IV allait, pendant 40 ans, être un des acteurs majeurs de la dissuasion nucléaire français et le seul avion européen a offir une polyvalence avec la reconnaissance à grand rayon d’action.
Historique :
Suite à la crise de Suez d'octobre 1956, la France décide d'étudier la mise en place d'une " Force stratégique d'intervention ", dotée d'armes atomiques. Dès son arrivée au pouvoir, en juin 1958, le général de Gaulle précise que la France doit faire seule son arme de " dissuasion à l'agression " et que le vecteur sera un avion d'abord, un engin balistique ensuite. En effet, en dehors de l'effet d'échelle, l'échauffement cinétique est très différent. Le Mirage IV est choisi. Alors que le Mirage III ne peut soutenir Mach 2 que pendant quelques minutes, le Mirage IV doit s'y maintenir très au-delà de la vingtaine nécessaire à la stabilisation des températures sur l'ensemble de la structure externe et dans les caissons internes qui renferment les équipements et les fluides : pétrole et liquide hydraulique. Une étude thermique complète de chaque composant doit donc être entreprise. L'industrie française des équipements fait face à la quasi-totalité des demandes.
Le Mirage IV 01 est un prototype expérimental destiné à découvrir les problèmes liés au vol supersonique prolongé. L’allure générale du Mirage IV 01 est très voisine de celle du Mirage III A mais à échelle 2 pour sa surface, sa motorisation et son poids à vide. En revanche, il emporte trois fois plus de pétrole interne. Si la définition aérodynamique reste très proche de celle du Mirage III, sa structure, ses aménagements et ses équipements doivent faire l’objet d’une réalisation spécifique. Les écarts de températures au cours des phases d'accélération ou de décélération rapides provoquent des contraintes qui doivent être prises en compte pour le dimensionnement. Les réacteurs Snecma Atar 9 B de 6 tonnes de poussée avec postcombustion sont identiques à celui du Mirage III A qui a volé en mai 1958 soit plus d'un an avant le Mirage IV. Le Mirage IV est le premier avion français à incorporer des commandes de vol électriques sur le gauchissement et la profondeur.
Un deuxième avion de reconnaissance électronique et de brouillage offensif est destiné à préparer le cheminement des bombardiers et à accompagner le raid de bombardement. Le 5 mai 1959, trois avions Mirage IV B de présérie sont commandés, le premier devant voler avant le 1er juillet 1961. Le Mirage IV 01 est alors considéré comme un prototype à échelle réduite destiné à la mise au point du système de navigation et de bombardement. En septembre 59, le souci de ne pas dépendre d’une licence étrangère pour la propulsion d’un vecteur de la Force nucléaire stratégique conduit à adopter un appareil plus petit et d’un coût moindre, le Mirage IV A. C’est la fin du programme Mirage IV B.
Une nouvelle définition de l’appareil, équipé de moteurs Snecma Atar 9 D, baptisée Mirage IV A, est approuvée dès le mois d'octobre 1959. Il s’agit d’un avion d’un poids de 32 t au décollage, capable de 1 100 km minimum de rayon d’action (dont 50 % en vitesse supersonique), distance qui pourrait être augmentée grâce au ravitaillement en vol.
Entrée en service :
Le marché pour 50 avions est confirmé le 29 mai 1962 et, le 4 novembre 1965, celui de 12 avions supplémentaires de même définition mais pouvant être équipés d’un conteneur de reconnaissance.
L'avion de série n° 1 effectue son premier vol à Mérignac, le 7 décembre 1963. Il est livré à l'armée de l'Air en février 1964. Dès octobre de la même année, le premier escadron de bombardement est déclaré opérationnel sur la base aérienne de Mont-de-Marsan. La livraison des avions aux Forces aériennes stratégiques s'effectue à la cadence de deux par mois jusqu’en mars 1968.
A son entrée en service en 1964, le Mirage IV A devient le premier avion militaire européen capable de vol de longue durée à plus de Mach 2 ; il est toujours le seul en Europe occidentale.
Les derniers Mirage IV (P) ont été retirés du service opérationnel en 2005. A partir de 1988 c’est le Mirage 2000 N qui reprend le rôle de la dissuasion nucléaire, les Mirage IV sont progressivement retiré du service, mais une dizaine d’entre eux seront utilisé jusqu’en 2005 pour la reconnaissance stratégique.
Photos : 1 Mirage IV “Reco”. @ T. Laurent. 2 Prototype 01 avant le premier vol. @ Dassault aviation. 3 Mirage IV. @ Mike Freer. 4 L’un des derniers IV Reco à Payerne en 04. @ Pascal Kümmerling