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Le manuscrit de la Consultation sur la validité des mariages protestants de France (1770), avec des annotations de la main de Voltaire, a été mis en vente par l'héritier en ligne directe de Jean-Etienne Marie Portalis, le célèbre juriste.
L'unique descendant Portalis, Cyrille vit dans l'ouest-varois sur les terres de l'ancêtre fondateur du code civil français au Château Pradeaux (au paradis! c'est à dire au milieu des mourvèdres de l'appellation Bandol...) Il a du se dessaisir de documents familiaux inestimables que la morsure du Temps mettait en danger.
Le document concernant les protestants fut acheté par la Cour de Cassation qui a finalement bien du mal à régler la facture en cette période de disette budgétaire. Ce qui fait l'objet d'articles:
Citation de l'article Johannès du 22 avril 2014 (in le Monde) :
"Portalis (1746-1807) a été ministre des cultes de Napoléon, a pris une grande part au Concordat signé avec le pape, et organisé le sacre de l'Empereur. Déjà tout jeune (il est devenu avocat à 19 ans), il s'est fait remarquer par de belles victoires judiciaires contre Beaumarchais ou Mirabeau, et le duc de Choiseul, ministre de Louis XV, lui confie la rédaction d'un plaidoyer en faveur de la tolérance religieuse.(...)
Portalis a 24 ans lorsqu'il signe en 1770 le fameux manuscrit, Consultation sur la validité des mariages protestants de France, qu'un ami genevois fait porter à Voltaire. Le vieil écrivain de 76 ans annote plaisamment l'ouvrage, et le renvoie au jeune auteur. L'ensemble fait l'objet du lot numéro 5, le clou de la vente, estimé entre 120 000 et 150 000 euros. Une pièce superbe, à la reliure fatiguée et aux pages un peu mangées par le temps, qui contient en fait plusieurs manuscrits et les brouillons du même livre, de la main de Portalis ou de celle de son secrétaire.
Les notes en marge de Voltaire – les marginalia – ne sont pas toujours très tendres : « vous l'avez déjà dit », « ce mot est inconnu à tous les bons écrivains », « tout le reste est étranger au procès et pourrait être indiqué en deux pages ». Le vieux monsieur plaisante parfois. Portalis écrit doctement, « nos Princes ne veulent qu'une église, qu'un pasteur, qu'un troupeau », Voltaire rajoute « de bœufs ». La lettre d'accompagnement est en revanche très aimable et se conclut par un « Bonsoir, mon très cher philosophe».
Le texte juridique est publié. Par exemple: Consultation sur la validité des mariages protestants en France, in Ecrits juridiques et politiques, 1988, p. 193—227.
Une chose est certaine, un livre d'historien reste à écrire sur ...le principal fondateur du code civil et du concordat: Jean-Etienne-Marie Portalis !
Dont le rôle majeur dans la construction juridique de la notion de laïcité d'Etat.
Sylvie Neidinger
COMPLEMENT D'INFORMATION ISSU DU COMMENTAIRE DE JEAN D'HÖTEAUX REINTEGRE A L'ARTICLE:
Jean d'Hôteaux-"En tapant " Consultation sur la validité des mariages protestants de France " dans un moteur de recherche, je découvre que l'ouvrage de Portalis, daté de 1771, a été digitalisé par Google à la Bibliothèque de la faculté de théologie de L'Eglise Libre de Lausanne et qu'il peut être consulté en ligne. Il ne s'agit bien évidemment pas du manuscrit annoté par Voltaire, mais c'est tout de même un privilège que de pouvoir se mettre dans le contexte de l'époque. Je vais m'empresser de le télécharger sur ma tablette ...
Dans l'exemplaire en question, on relève l'annotation suivante :
" devenu rare ... acquis par AAB (de la Biblioth. N. Weiss) 1947 "
D'autres ouvrages de Jean-Etienne-Marie Portalis, portant sur ses activités de l'époque, peuvent également être consultés en ligne, notamment ceux sur son projet de Code civil".