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Un incendie de forêt ravage la faune et la flore; après un incendie, les zones d’habitation et les voies de circulation se retrouvent exposées à un risque accru d’érosion et de chutes de pierres. Et pourtant, les espèces refont rapidement leur apparition et leur diversité dépasse en quelques années seulement celle de la forêt initiale.
Les incendies de forêt modifient les conditions de vie et favorisent l'implantation de nombreuses espèces. Par exemple, après un incendie, la structure forestière temporairement plus clairsemée ainsi que l’amélioration à court terme de la situation nutritionnelle offrent des conditions de vie favorables à de nombreux animaux et végétaux, notamment des insectes et des araignées. Nous étudions la dynamique de la recolonisation et de la régénération forestière après les incendies de forêt, afin que les connaissances acquises puissent être intégrées dans la gestion sylvicole ainsi que dans la protection de la nature.
La forêt incendiée de Loèche (2003)
Le 13 août 2003, plus de 300 hectares de forêt comportant environ 200'000 arbres ont brûlé près de Loèche , ce qui a causé des dommages matériels d'un montant total de 7,6 millions de francs. Peu de temps après l'incendie, une biodiversité impressionnante s'est développée. Au cours des 20 années qui ont suivi, nous avons étudié comment les plantes, les champignons et les arthropodes ont recolonisé les lieux.
Résultats
Avec les années, les graminées se répandent sur la zone incendiée. Dès les premières années, la diversité des espèces a considérablement augmenté sur la surface incendiée de Loèche. Si de nombreuses plantes herbacées ont poussé en premier, les graminées ont ensuite commencé à dominer dans les zones inférieures. Des arbres pionniers comme le peuplier, le saule et le bouleau se sont rapidement répandus. Dix ans après l'événement, la diversité des espèces était encore nettement plus grande que dans la forêt mixte de conifères voisine. Ainsi, la zone incendiée comportait neuf fois plus d'espèces d'insectes menacées d'extinction que la forêt voisine, comme les abeilles sauvages, les sauterelles et les habitants importants de bois mort tels que les capricornes.
Parmi les plantes rares, on remarque surtout l'épinard fraise (Blitum virgatum), très rare en Valais, qui est apparu en masse deux ans après l'incendie. Ses graines ont survécu pendant des décennies dans le sol. Après un incendie, les conditions de croissance sont complètement différentes de celles d'une forêt fermée. De nombreuses espèces rares y trouvent temporairement un habitat approprié, souvent très étendu. D'autres espèces peuvent bénéficier des premiers arrivants – une pyramide alimentaire fascinante se construit et disparaît progressivement avec la reforestation. De ce point de vue, un incendie de forêt est un enrichissement pour la nature. En revanche, pour les habitations et les voies de communication, le manque de protection contre les dangers naturels constitue un risque sur une longue période.
Fonction de protection
Après 10 ans, une forêt buissonnante est apparue presque partout, bien que plus tard et de manière plus lacunaire dans les zones les plus basses, très sèches, qu'aux / altitudes plus élevées. Dans les zones les plus basses, les chênes pubescents s'ajoutent au maquis, les pins sylvestres, nombreux à l'origine, ne peuvent pas se propager loin de la lisière car leurs graines sont trop lourdes. Nous constatons ici un changement d'essences. En haute altitude, les épicéas et les mélèzes envahiront la forêt buissonnante dans les décennies à venir. Pour retrouver une forêt telle qu'elle était autrefois, il faudra attendre longtemps.
Avec comme référence l’incendie de forêt de Loèche, été 2003, le plus grand sinistre de ce type en Valais de ces cent dernières années, nous montrons la variété des conséquences sur la nature d’événements à ce point destructeurs. À la lumière du changement climatique annoncé, le risque d’incendie pour l’avenir est débattu, et des exemples en vue d’actions préventives sont proposés.