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21/04/2016
Si j'ai bien compris, en substance, les députés formulent trois principaux reproches au ministre des finances. C'est à tort qu'il aurait annoncé, en août 2015, des rentrées fiscales en baisse. Il n'aurait pas été assez présent auprès des députés pour les convaincre du bienfondé de sa politique. Enfin, il serait responsable de l'absence de budget pour l'année 2016.
Ces critiques m'amènent quelques observations.
Que le ministre des finances communique sur l'état des rentrées fiscales en cours d'année me convient très bien. Il risque de ne plus le faire à l'avenir et je le regrette. Sur le fond, il avait raison d'annoncer une baisse des rentrées fiscales. Malgré une perception fiscale extraordinaire et une population en forte augmentation, les revenus fiscaux baissent sensiblement en comparaison des comptes de l'année 2014: de 53 millions pour l'impôt sur les personnes physiques et de 74 millions pour l'impôt sur les personnes morales. Cela est préoccupant.
Que le ministre laisse travailler le parlement sans chercher sans cesse à le convaincre de sa position ne me dérange pas. Au contraire. Un élu au Grand Conseil doit être capable de penser par lui-même et d'agir en fonction de ses propres convictions. Je n'ai pas besoin d'être pris par la main pour effectuer convenablement mon travail. A chaque fois que j'ai sollicité une information, celle-ci m'a été transmise. Sans exception. Je soutiens le Conseil d’État à chaque fois que cela me paraît juste. Je l'affronte à chaque fois que cela est nécessaire. C'est en quatre mots: la séparation des pouvoirs.
Que les députés rendent le ministre des finances responsable de l'échec du budget 2016 révèle une certaine absence d'autocritique. Le Conseil d’État s'était mis d'accord sur un projet de budget 2016. Seule la ministre du Département de l'Instruction Publique a publiquement fait état d'une divergence. C'est cette position qui a indéniablement affaibli la position du collège gouvernemental. En revanche, la majorité du parlement a souverainement décidé de ne pas entrer en matière sur un projet de budget 2016. Pour ma part, j'aurais souhaité examiner ce projet de budget 2016 en commission des finances, mais la majorité du parlement en a décidé autrement. Je respecte cette décision. L'immense majorité du parlement a refusé, en l'absence de ce travail indispensable, d'amender et de voter le budget 2016 présenté par le Conseil d’État: nous devons l'assumer.
15/12/2015
Les enseignants du Cycle, qui constituent une grande partie des actuels grévistes, veulent attirer l’attention de la population sur leurs conditions de travail. Soit. Parlons-en.
Les enseignants genevois sont ceux qui, en Suisse romande et au Tessin, passent le moins de temps face aux élèves : 16h30 par semaine, 38,5 semaines par an.
Aussi, si les seuls profs du Cycle acceptaient d’enseigner :
comme les vaudois, l’économie serait de 26,8 millions par an,
comme les valaisans, l’économie serait de 35,8 millions par an,
comme les fribourgeois, l’économie serait de 39,8 millions par an,
comme les jurassiens ou les neuchâtelois, l’économie serait de 53,6 millions par an,
comme les bernois, l’économie serait de 58,1 millions par an.
Cela n’impliquerait bien sûr aucun élève supplémentaire par classe et aucune baisse de salaire.
Les enseignants genevois du Cycle resteraient les mieux payés de Suisse romande.
Ces chiffres ne sont pas les miens.
Ce sont ceux de l’Institut de recherche et de documentation pédagogique (http://www.irdp.ch/…/201…/enseignantsdocumentcomplet1314....), lesquels ont été approuvés par les départements de l’instruction publique romands et tessinois de la Conférence intercantonale de l’instruction publique de la Suisse romande et du Tessin, ainsi que ceux qui ont été donnés par le DIP à la commission des finances le 11 novembre 2015 (le rapport rédigé par M. le député Roger Deneys le 7 décembre 2015 est désormais public).
Il me semble qu’il devrait être possible de parler de cela sans être immédiatement taxé d’anti-fonctionnaire.
Les économies ainsi réalisées pourraient non seulement servir à rembourser la dette de l’Etat de Genève, mais aussi à maintenir ou développer les prestations étatiques de notre Canton.
Y compris dans le domaine de la formation.
13/12/2014
Les syndicats appellent à la grève. C’est leur droit. Les enseignants de l’école primaire et du cycle se mobilisent en masse. Soit.
Ils disent dénoncer des coupes insupportables et un budget d’austérité, mais ils ne donnent pas de chiffres pour fonder leurs revendications.
Alors je me propose de combler cette omission :
En 2015, le projet de budget du Conseil d’État prévoit, pour le seul «enseignement obligatoire et orientation » :
a) Une augmentation du budget de CHF 27’286'387, soit une augmentation de 4,5% (page 83, tome 1 du budget 2015). Autrement dit, l’équivalent d’environ 200 postes de travail.
b) La coupe de 14 millions (sur l’entier du budget de l’État) votée par la commission des finances réduirait cette augmentation à CHF 23'458'087 et impliquerait, in fine, une augmentation globale de 3,9%.
c) Le taux d’encadrement au primaire 1 et 2 sera sensiblement amélioré et passera de 17 à 15,8 élèves par enseignant (page 86, tome 1 du budget 2015).
d) Le taux d’encadrement au cycle restera stable à 10,3 élèves par enseignant (page 86, tome 1 du budget 2015).
Voilà pour les faits. Les chiffres sont disponibles sur le site internet de l’État de Genève.