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BRISBANE – La consommation d’alcool pendant la période de conception représenterait un réel danger pour la croissance du placenta. Des recherches menées sur des rats ont été réalisées par l’University of Queensland en Australie. Les résultats publiés le 10 juin 2019 dans la revue scientifique Development (DOI : 10.1242/dev.172205) ont révélé que la prise de boissons alcoolisées dès la conception pouvait ralentir la croissance du placenta et entraîner un faible poids du bébé à la naissance.
Réduction de la croissance de l’embryon et du placenta
Selon l’étude, boire des boissons alcoolisées pendant la grossesse serait à l’origine d’une mauvaise croissance fœtale ainsi que d’un faible poids à la naissance. Certes, la plupart des femmes arrêtent la consommation d’alcool lorsqu’elles savent qu’elles sont enceintes, mais les effets de l’alcool pendant les premiers stades de la grossesse et même au moment de la conception demeurent encore peu connus. C’est sur cette période incluant le moment de la conception que l’équipe du Dr Jacinta Kalisch-Smith et du professeur Karen Moritz a concentré ses études. Les chercheurs ont notamment analysé l’impact que pourrait avoir la consommation d’alcool sur le placenta au début de la grossesse. L’expérience a montré que la croissance du placenta des rats qui ont consommé de l’alcool au moment de la conception a été considérablement réduite.
Impact significatif de l’exposition précoce à l’alcool
Selon le Dr Kalisch-Smith, l’objectif de cette expérience était de comprendre si l’exposition précoce à l’alcool pouvait affecter le développement de l’embryon et du placenta. Sur les rats utilisés, les chercheurs ont évalué le mode d’implantation de l’embryon dans l’utérus et la capacité des vaisseaux sanguins à se former dans le placenta. À travers cette approche, ils ont pu observer les changements successifs ayant eu lieu tout au long de la gestation du rat. Ce suivi méticuleux leur a permis d’apprendre qu’une exposition du placenta à l’alcool, même à une période très précoce comprise entre le 4e jour avant et après la fécondation, réduisait significativement sa croissance et sa fonction.
Les embryons femelles plus vulnérables
Cet impact de l’alcool était plus important sur des embryons femelles. Lors de l’expérience, les chercheurs ont constaté que les placentas des embryons femelles étaient particulièrement sensibles, avec une réduction allant jusqu’à 17 % de la taille et une chute de 32 % de la formation des vaisseaux sanguins, limitant ainsi la capacité du placenta à transporter les nutriments nécessaires au développement fœtal. Ce mécanisme observé chez les rats peut se reproduire d’une manière similaire chez l’homme, ce qui explique, en partie, pourquoi les bébés exposés à l’alcool souffrent d’une insuffisance pondérale à la naissance. D’après le Dr Kalisch-Smith, comprendre les causes d’un faible poids à la naissance est d’une importance capitale, car les enfants souffrant de ce phénomène sont plus susceptibles de développer certaines maladies comme le diabète de type 2, l’hypertension artérielle et l’obésité à l’âge adulte.
Il ajoute que les résultats de cette étude constituent une base de données intéressante pour orienter les recherches futures sur les conditions liées à la grossesse comme la restriction du développement fœtal. Le second volet du projet permettra de savoir si une supplémentation en éléments nutritifs pourrait avoir un impact positif ou aider à prévenir les effets dévastateurs de l’exposition à l’alcool dès la période précoce de la grossesse.
Le 12 juin 2019. Par la rédaction de Creapharma.ch (supervision scientifique par Xavier Gruffat, pharmacien). Sources : Communiqué de presse de l’étude (en anglais). Référence : journal Development (DOI : 10.1242/dev.172205). Crédit photos : Adobe Stock