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Après dix jours de grève, les bagagistes de l'aéroport de Genève ont fait plier leur employeur (Swissport), contraint le gouvernement à intervenir, et mis en lumière les conséquences des politiques d'entreprise et de site menées par l'Aéroport, les entreprises privées qui y agissent et les autorités cantonales, politiques qui se résument en un mot, à la fois invocation religieuse et mot d'ordre politique : la concurrence. Les grévistes n'ont pas obtenu tout ce qu'ils demandaient, mais ils ont obtenu beaucoup plus que ce que prétendait leur laisser leur employeur, et le syndicat croupion qu'il avait hérité de Swissair -et utilisait comme Swissair : une nouvelle convention collective de travail, la suppression des réductions de salaire en cas de maladie, 190 francs d'augmentation de traitement pour les portefaix et quarante francs pour tous les autres employés de Swissport. Qui se plaint : c'est un million de plus à débourser par an. Pour une entreprise multinationale dont le chiffre d'affaire se situe autour des deux milliards, et dont on se doute bien que les patrons gagnent bien plus en un an que le million que les 300 employés genevois de Swissport vont, modestement, se partager.