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Le gouvernement genevois n'a pas l'intention de réintégrer le professeur de français Hani Ramadan.
Licencié pour avoir défendu publiquement la lapidation, il avait pourtant obtenu gain de cause devant la justice.
La semaine passée, la commission de recours du personnel enseignant de l'instruction publique avait ordonné la réintégration de Hani Ramadan.
Le Conseil d’Etat genevois est conscient qu'en refusant d’appliquer cette décision il s'expose «à une procédure d'indemnisation», a-t-il indiqué mercredi aux médias.
Le gouvernement a par ailleurs décidé d'ouvrir une nouvelle enquête administrative sur les récents propos tenus par le directeur du Centre islamique de Genève (CIG) dans les colonnes du «Matin Dimanche» du 4 avril.
«Hani Ramadan a persisté à justifier la lapidation», a déclaré le président du gouvernement Robert Cramer.
Réaction de Hani Ramadan
De son côté, l'auteur de la «Charia incomprise» a estimé que la décision du Conseil d'Etat, remettant en cause «une autorité judiciaire de ce pays, est plus grave dans un Etat de droit que tout ce que l'on pourrait me reprocher».
Pour le reste, Hani Ramadan a précisé qu’il entendait suivre les voies légales.
Selon les autorités genevoises, la décision de la commission de recours ne contraint pas le gouvernement à réintégrer le professeur dans ses fonctions. Elle n'interdirait pas l'ouverture d'une procédure en indemnisation.
«Toutefois, le versement ou non de celle-ci est soumis aux conclusions de la nouvelle enquête», a ajouté Robert Cramer.
L'indemnité à laquelle peut prétendre l'enseignant licencié est comprise dans une fourchette de trois à vingt-quatre mois de salaire, précise le Conseil d’Etat.
Prise de position
Les ennuis de Hani Ramadan avec son employeur remontent à l'automne 2002.
Il avait alors publié dans les colonnes du «Monde» une tribune libre sur la Charia dans laquelle il défendait les vertus dissuasives de la lapidation des hommes et des femmes adultères. Ces propos avaient créé une vive polémique.
En octobre 2002, le Conseil d'Etat avait interdit provisoirement d'enseignement Hani Ramadan. Et en février 2003, il décidait de le licencier.
Hani Ramadan a alors fait recours contre cette décision. Un an plus tard, la commission de recours a estimé que le licenciement était une mesure excessive par rapport aux griefs qui étaient formulés.
A la suite de cette victoire, Hani Ramadan a affirmé le 4 avril dans le «Matin Dimanche» que le cas échéant il pourrait défendre aujourd'hui encore les thèses exposées en 2002 dans les colonnes du «Monde».
Il a également ajouté que le conflit avec le Conseil d'Etat genevois était le résultat d'une interprétation tronquée de ses propos.
swissinfo et les agences