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Qu'en est-il vraiment ?
En 1974, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) prévoyait une capacité installée dans le monde correspondant à 4450 réacteurs de 1000 MW. La diminution rapide des ressources en uranium devait être compensée par la mise en circuit des surgénérateurs, appelés à produire plus de plutonium qu'ils n'en consomment, et devenir donc une source, soi-disant, inépuisable d'électricité bon marché.
En 1977, André Giraud, alors patron du Commissariat à l'énergie atomique (CEA), voyait se profiler une crise énergétique «en tout cas avant la fin du 20e siècle», à moins que les programmes nucléaires ne soient nettement accélérés. Il ajoutait qu'il y aurait 540 surgénérateurs de la taille de Superphénix en service dans le monde à la fin du 20e siècle.
Aujourd'hui, 30 ans après ces prédictions, la situation du nucléaire est bien différente. En juillet 2010, le CEA dénombrait 439 réacteurs nucléaires en service dans le monde, soit moins de 10% des projections faites par l'AIEA 30 ans plus tôt. Le gouvernement français a fermé Superphénix, qui a tout de même coûté 10 milliards d'euros à la France pour ne fonctionner que 2,5 ans sur 11 ans d'activité. Aucun surgénérateur au plutonium de taille industrielle n'est en service dans le monde.