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Son nom était sur toutes les lèvres depuis des semaines: Samuel Schmid a confirmé les pronostics mercredi en devenant le 105e conseiller fédéral. Ce résultat marque la défaite des stratégies de l'UDC et de la gauche.
La victoire du Bernois n'est pas une grande surprise. Les libéraux, ainsi qu'une grande partie des radicaux et des démocrates-chrétiens, avaient depuis longtemps annoncé vouloir soutenir ce candidat, plus susceptible, à leurs yeux, de mener une politique consensuelle que les deux candidats du ticket officiel UDC.
Pour l'UDC, le résultat est certainement amer. La défaite de ses deux candidats officiels est tout à fait claire. Pourtant, présenté comme le principal rival de Samuel Schmid, l'Argovien Roland Eberle n'a jamais réussi à convaincre.
L'autre candidate officielle, la Zurichoise Rita Fuhrer, a fait beaucoup mieux, en se maintenant jusqu'au dernier tour de l'élection. Elle a même réalisé un beau résultat d'estime en obtenant le plus de voix au premier tour.
Mais, au final, le ticket officiel n'a jamais réussi à ratisser très large auprès des autres partis bourgeois. Pour l'UDC nationale, un constat s'impose donc: pour une majorité de l'Assemblée fédérale, les membres du parti proches de Christoph Blocher sont incompatibles avec des fonctions gouvernementales.
Quant à la gauche, elle était censée pouvoir jouer les juges de paix au cours de cette élection. Mais il n'en a rien été.
Les socialistes n'avaient pas caché leur désir de bouter le représentant de l'UDC hors du gouvernement et de le remplacer par un membre d'un autre parti bourgeois. Mais radicaux et démocrates-chrétiens n'ont pas répondu à leurs attentes, estimant que les temps ne sont pas encore mûrs pour la fin de la «formule magique».
Privés de ce soutien, les socialistes ont changé leur fusil d'épaule et trouvé un «joker» dans les rangs de l'UDC elle-même. Ils ont ainsi soutenu le conseiller national Ulrich Siegrist, considéré comme un UDC «atypique». Cette tentative a toutefois échoué. Au dernier tour de l'élection, Ulrich Siegrist a recueilli 83 voix, soit seulement 11 de plus que l'ensemble du groupe socialiste.
Les Verts avaient l'avantage d'avoir une position très claire. Avec une candidature venue de leurs propres rangs, ils offraient une alternative sans équivoque à l'UDC. Recueillant 53 voix au premier tour, leur candidate, la conseillère nationale Cécile Bühlmann, a même créé la surprise. Mais au fil des tours, ce qui devait arriver arriva: l'écologiste n'a plus recueilli que les voix issues de ses rangs et de l'extrême gauche.
En fin de compte, ce sont bel et bien les bourgeois modérés qui font figure de vainqueurs de cette élection. Ils voulaient le consensuel Samuel Schmid pour gouverner avec eux et ils l'ont eu.
Reste que cette victoire ne résout pas le problème qui existait déjà avec Adolf Ogi: le nouveau conseiller fédéral de l'UDC risque bien d'être en désaccord constant avec son parti.
Olivier Pauchard