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N° 97 (16/11/2006). A la une: Bush perd une élection, la guerre continue... p. 14
Lien direct: https://www.solidarites.ch/journal/d/article/2708
Vaud
Milliard de cohésion : AGT-Vaud vote blanc!
A la fin de la première partie de ses Assises cantonales, «A Gauche toute!» Vaud s’est prononcée à propos du «milliard de cohésion», comme on désigne couramment la Loi sur la coopération avec les Etats de l’Europe de l’Est. La discussion qui a précédé le vote a permis de vérifier paradoxalement, que les quatre positions représentées (oui, non, abstention et vote blanc) étaient, quant au fond, assez proches:
- cette aide au développement était principalement une aide à l’exportation de l’industrie suisse des biens et des services, comme l’illustre on ne peut mieux la campagne des partisans de la loi, avec son pommier dont il faudrait cueillir les fruits bien mûrs;
- cette aide sera compensée partiellement par une réduction des autres crédits alloués à la coopération avec l’Est;
- la prétendue «cohésion sociale» sera le parent pauvre, voire l’absente absolue de cette opération, sans garantie réelle quant à l’objectif ultime des fonds qui seront votés par le parlement.
Dès lors, le débat, fourni, a aussi et surtout porté sur l’appréciation des effets des différentes positions sur la politique intérieure helvétique. En cause, bien sûr, les initiateurs du référendum, la droite la plus réactionnaire et conservatrice de l’Helvétie, UDC en tête, son égoïsme sacré et borné, son isolationnisme méprisant et sa xénophobie ouverte. Son comité de campagne s’oppose aux allocations familiales et au milliard de cohésion avec le même argument: c’est de l’argent qui part à l’étranger («En clair, une fois de plus on nous soutire de l’argent pour le distribuer ailleurs. En l’occurrence, des milliards de francs suisses iraient à l’étranger»: www.payer-encore-payer.ch).
Mais, d’un autre point de vue, l’absence d’une campagne préalable de solidarité avec les syndicats, les mouvements associatifs et d’aide au développement dans ces pays pèse lourdement. Elle aurait permis de montrer concrètement la possibilité d’une autre politique de soutien, favorable aux salarié-e-s et à l’emploi, sans concessions face au néolibéralisme dominant à l’origine des mouvements migratoires et de l’exode rural. Elle aurait donc fourni un contenu politique beaucoup plus lisible au non, à l’abstention ou au vote blanc.
Du coup, aucune des quatre positions défendues ne semblait parfaite. Le oui, même très critique, peinerait à se distinguer de celui d’économiesuisse, en l’absence d’une propagande propre intense. Pour la même raison, le non ne trancherait pas sur celui de l’UDC. L’abstention présentait le défaut de ne pas être perceptible et de donner l’impression d’être sans opinion sur cette question. Elle fut cependant la position initiale des représentant-e-s parlementaires d’«A Gauche Toute!» ce printemps. Restait dès lors le vote blanc, qui, opposé au oui, l’emporta finalement, après l’élimination dans un premier temps des positions abstentionniste et négative.
Daniel SÜRI
A Genève solidaritéS, comme les autres membres d’AGT à l’exception des Communistes, a appelé, sans grand débat, voire sans débats à coter OUI, suivant en cela la position du groupe parlementaire AGT formulée par Pierre Vanek dans une contribution dont nous publions publiée dans le bulletin du groupe parlementaire AGT paru début octobre dont nous donnons ici quelques très brefs extraits. (texte intégral sur www.solidarites.ch)
[…] Si cette loi passe en votation populaire le mois prochain, c’est sur la base d’un référendum déposé par l’UDC, avec l’appui des petits groupes d’extrême droite que sont les «Démocrates» suisses et la Lega au Tessin. Leur propos est évidemment aux antipodes du nôtre et nous appelons à voter OUI, pour barrer la route à leur discours. L’UDC appelle à refuser «le milliard» en question au motif général que la Suisse n’en a pas les moyens et que cette dépense nouvelle contribue à «une politique déficitaire qui mine la compétitivité de la Suisse» comme l’a affirmé le conseiller national UDC neuchâtelois Yvan Perrin. […]
Comme toujours, le camp UDC, en xénophobes conséquents, essayera dans cette campagne d’opposer cette dépense publique «pour l’étranger» aux besoins des «Suisses» et de la Suisse, alors qu’elle s’emploie par ailleurs avec acharnement à démanteler les prestations sociales au service de la majorité des habitant-e-s du pays.
Un autre argument de l’UDC, développé par le conseiller national Schlüer, UDC zurichois, est que le gouvernement aurait dû négocier des «contre-parties» au versement du milliard, notamment... le «respect du secret bancaire» et le respect de la «souveraineté fiscale des cantons». En clair, la possibilité de voler des centaines de millions de francs par an aux fisc des Etats européens à travers le dumping fiscal de certains cantons, que l’Union Européenne cherche à contrer à juste titre!
On le voit, un NON à cette loi offrirait un nouveau tremplin à l’UDC pour développer sa politique ultra-libérale et réactionnaire...
Pierre Vanek
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