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En 1974, en réaction d’un coup de force ayant eu pour objectif le rattachement de Chypre à la Grèce (« l’Élosis »), sur fonds de tensions communautaires entre Grecs et Turcs, Ankara lança une opération militaire afin d’occuper le nord de l’île et de créer la « République turque de Chypre nord » [RTCN], dont l’existence est seulement reconnue par la Turquie.
Depuis, une ligne de démarcation (ou « ligne verte »), est surveillée par une mission de maintien de la paix des Nations unies [FNUCHYP] et seule la partie sud de l’île est reconnue par la communauté internationale (à l’exception de la Turquie), au point de faire partie désormais de l’Union européenne. Par ailleurs, ce territoire, anciennement sous la tutelle du Royaume-Uni, accueille deux bases militaires britanniques.
Des négociations ont été menées pour tenter d’obtenir une réunification de l’île. Mais elles ont échoué à chaque fois, malgré la bonne volonté affichée des deux parties, comme en juillet 2017.
À l’époque, Mustafa Akinci, le président de la RTCN élu en 2015, et Nikos Anastasiades, son homologue du sud, étaient en effet déterminés à trouver un accord. Des avancées concrètes furent même évoquées, comme celle consistant à mettre en place un État fédéral avec une présidence tournante. Seulement, la présence militaire turque, forte de 35.000 hommes environ, a fait capoter les discussions, Ankara ayant refusé de retirer ses troupes tout en se réservant un droit d’intervention.
Par ailleurs, l’existence de gisements importants de gaz naturel en Méditerranée orientale, en particulier dans les eaux méridionales chypriotes, trouble les relations entre Chypre et la Turquie, la seconde reprochant à la première des accords passés avec l’Égypte et Israël pour exploiter ces ressources. En outre, Ankara voudrait que la RTCN puisse aussi bénéficier de cette manne gazière.
Aussi, la Turquie exige la suspension de toute prospection d’hydocarbures tant qu’un règlement de la question chypriote ne sera pas trouvé. Mais l’on peut se demander si les autorités turques veulent une telle solution.
En effet, ce 17 septembre, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a annoncé l’envoi de renforts militaires dans la partie Nord de l’île. « Nous n’allons pas réduire le nombre de nos soldats là-bas, mais, nous allons, bien au contraire, l’augmenter », a-t-il en effet déclaré. Pour autant, et contrairement à des informations publiées par la presse, il n’est pas question, du moins pour le moment, d’y établir une base navale.
« Nous n’avons pas besoin de construire une base là-bas » étant donné que la marine turque peut y intervenir « en quelques minutes », a expliqué M. Erdogan. Toutefois, la présence d’une telle base aurait « une dimension psychologique », a-t-il dit. « Si nous en ressentons le besoin, nous le ferons », a-t-il assuré.
D’après le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, les forces adverses déployées de part et d’autre de la zone tampon « comptent un millier de soldats armés chacune, , dont la plupart sont des jeunes conscrits, se faisant ainsi face quotidiennement le long des deux lignes de cessez-le-feu. » Et, poursuit-il, « avec des milliers de soldats supplémentaires déployés à travers l’île », Chypre est déjà « un des endroits les plus militarisés au monde en proportion du nombre d’habitants ».
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