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Marie Balmary a impressionné par l’apparent sérieux de l’interprétation qu’elle a faite, principalement de la Genèse ainsi que d’une partie des évangiles, par sa prétention à la scientificité, par sa méticulosité dans certaines analyses, comme les supposées carences psychologiques d’Abraham ou de Job, ou la jalousie de Caïn.
Ce style séduisant méritait un examen attentif qui mette en évidence certains travers, des libertés prises avec les traductions, et surtout la projection systématique de thèses a priori, d’origine plus ou moins lacaniennes, censées sous-tendre le texte biblique. Ces procédés induisent des effets problématiques, spécialement lorsqu’ils s’exercent sur le Nouveau Testament et sur la personne du Christ, qui n’autorise pas une marge d’interprétation aussi large que pour certains personnages de la Genèse.
L’agnosticisme de la psychanalyste ne saurait justifier n’importe quelle manipulation du texte ou n’importe quelle critique de l’exégèse pratiquée par l’Église à travers les siècles. L’auteur souligne l’arbitraire de bien des thèses soutenues par Balmary. Et son travail n’est pas moins instructif lorsque, après une présentation du courant rationaliste moderne et de sa déconstruction de l’Écriture, il met en évidence l’impensé philosophique qui structure en profondeur la démarche de Balmary.
Et si la psychologie des profondeurs était commandée, encore plus profondément, par une structure de pensée philosophique qui seule rend compte des prises de position relativistes sur la liberté, sur le bien moral, sur la nature humaine, présentées comme allant de soi?