Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07189.jsonl.gz/1141

L'anglais, le français et l'allemand sont les trois langues de travail officielles à la Commission européenne, mais la langue de Shakespeare a supplanté celles de Molière et de Goethe. Au point d'en arriver "à presque 100% de textes rédigés en anglais", explique Jean Quatremer, correspondant du journal Libération à Bruxelles. Même constat durant les sessions et pour les communications. "Les tweets pour la Journée du multilinguisme étaient en anglais aussi." Et le Brexit n'arrange rien.
A travers leur pétition, des fonctionnaires de différentes nationalités dénoncent un appauvrissement des échanges et une discrimination généralisée, malgré les budgets alloués aux traductions. Ils demandent le droit de travailler davantage en français et en allemand, ou dans leur langue, histoire de se faire mieux comprendre et de comprendre les textes sur lesquels ils se prononcent.
"Négation de l'identité"
"Unie dans la diversité" selon sa devise, l'Union européenne reconnaît 24 langues au total.
"Il ne faut pas oublier qu'il s'agit d'une confédération d'Etats qui se sont tous fondés sur les langues, souligne encore Jean Quatremer. Aujourd'hui, on voit cette institution internationale qui tente d'imposer une langue [....] C'est une négation de l'identité de chaque Etat membre de l'Union. C'est extrêmement dangereux car ça peut nourrir les populismes."
Caroline Stevan/ani