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Les échanges de l’ombre à travers la frontière franco-suisse durant la Seconde Guerre mondiale (1939-1945)
Pays neutre entouré par les forces de l’Axe, la Suisse de 1940 à 1944 constituait pour les services de renseignements alliés, ainsi que pour les différents mouvements et réseaux de résistance des pays limitrophes, une plate-forme de choix par laquelle ils pouvaient faire transiter l’information vers Londres ou Washington via les ambassades à Berne. Toutefois, ce " trafic " n’aurait pas été possible sans la collaboration des services de renseignements et de contre-espionnage suisses. Un " gentlemen agreement " a rapidement été trouvé au sein d’une communauté d’intérêt pour les renseignements sur le IIIe Reich, rassemblant autour des Suisses, les Britanniques, les Américains et les Polonais en exil, de même que les résistants français et italiens et des opposants aux régimes nazis et fascistes provenant des quatre coins de l’Europe. L’activité des services alliés était tolérée par les autorités helvétiques en dépit de la politique de neutralité et de la législature sur l’espionnage, en échange de renseignements intéressant la défense nationale et d’un minimum de discrétion.