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Judith Scott commence par récupérer ou dérober toutes sortes d’objets hétéroclites – un ventilateur ou un parapluie, des magazines, un chéquier, des clés – qui vont constituer le cœur de sa composition. Elle les assemble et les arrime solidement les uns aux autres, puis les entoure, les enveloppe et les enlace de fils, ficelles, cordes, cordelettes et fibres diverses, de manière à protéger et à occulter intégralement le corps central (ill. 3). Durant plusieurs semaines et parfois plusieurs mois, imperturbable, Scott travaille, assise à sa table, faisant croître progressivement sa sculpture, accentuant certaines formes ou certains renflements, et lui faisant suivre des rotations régulières pour la développer de toutes parts. D’allure anthropomorphe, zoomorphe ou organique dans les débuts, les œuvres prennent le large au fil du temps, deviennent de plus en plus grandes et abstraites dans les dernières années. Elles se présentent le plus souvent sans bas ni haut, sans face ni dos.EndFragment
Un article de Lucienne Peiry “Les Chemins de contrebande de Judith Scott“ paraît dans l’ouvrage intitulé « The Creative Growth Book», qui vient de paraître (Milan, éditions 5 continents, 2015). La traduction française est ICI.