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Delémont, le 6 décembre 2010
Le Laboratoire cantonal a effectué des analyses de résidus de pesticides, de nitrate, de métaux et de micropolluants organiques volatils dans les 119 eaux souterraines utilisées potentiellement en tant qu'eau potable. S'agissant des paramètres analysés, l'eau brute est d'excellente qualité, à de rares exceptions près.
L'Office fédéral de l'environnement, dans une publication de 2002, montrait qu'environ 10% des sources contrôlées régulièrement par le réseau NAQUA (réseau national d’observation des eaux souterraines) présentaient des dépassements des normes en résidus de pesticides.
Le Laboratoire cantonal jurassien, à l'aide d'un appareillage acquis récemment, a effectué un contrôle des 119 sources et nappes d'eau brute destinées à l'utilisation en tant qu'eau potable. Des échantillons ont été prélevés en juin et octobre 2010 (périodes d'épandage). Les résultats sont excellents, s’agissant du respect de l’ordonnance fédérale sur la protection des eaux (OEaux). Cette haute surveillance simultanée de toutes les sources et nappes du Canton est une première en Suisse.
Dans 69% des sources analysées en juin 2010, aucun résidu de pesticide n'était mesurable et dans 27%, les résidus mesurés se situaient en-dessous des normes légales. Seules cinq sources montraient des dépassements des valeurs-normes. Une source n'est plus utilisée et une autre est traitée de façon à éliminer les pesticides. Quant aux trois sources avec des concentrations trop élevées, aucune ne présentait des quantités telles qu'elles auraient pu mettre en danger le consommateur.
Les résultats d'octobre 2010 montraient dans deux cas une confirmation des résultats obtenus en juin 2010 (une source non utilisée et une source dont le traitement permet d'éliminer les pesticides) et la présence, dans deux autres sources, de pesticides dépassant les normes (dont une source non utilisée), soit au total seulement 3% des sources contrôlées.
Les taux de nitrate de toutes les eaux souterraines mesurées étaient non seulement inférieurs à la valeur de tolérance fixée dans la législation sur les denrées alimentaires, mais respectaient même l’objectif de qualité. La seule source faisant exception n’est pas utilisée pour l’alimentation en eau potable, mais comme eau industrielle. Ces résultats confirment les données obtenues antérieurement.
En résumé, on peut donc affirmer que les résultats sont très bons s'agissant des influences agricoles possibles. Ils résultent des efforts conjugués des agriculteurs (respect des zones de protection, utilisation parcimonieuse des pesticides) et des distributeurs (instauration et surveillance des zones de protection, mise en place d'un traitement approprié, autocontrôle). Quant aux dépassements constatés, ils auront pour conséquence une maîtrise par l’adaptation des zones de protection d’une part, par la collaboration avec les agriculteurs concernés et les contrôles réguliers d’autre part. Pour les autres distributeurs d’eau, une vérification périodique par des analyses de l’eau, après les périodes d'épandage, permettra de surveiller l’évolution de la situation.
S'agissant des métaux, seule une source non utilisée actuellement comme alimentation en eau potable montrait par deux fois des dépassements en plomb et en aluminium. Les autres sources ne montraient aucune concentration anormale s'agissant des 19 éléments analysés, dont l'arsenic et l'uranium. Ces teneurs confirment les bons résultats mesurés antérieurement par le Laboratoire cantonal concernant l'eau potable des distributeurs jurassiens.
Enfin, seules trois sources contrôlées en octobre 2010 présentaient des concentrations de substances organiques volatiles dépassant les normes, soit 3%. Ces résidus (du trichloréthylène et du perchloréthylène) proviennent notamment de décharges influençant les sources d'eau. Une source n’est pas utilisée actuellement pour l’eau potable et fait l’objet d’une haute surveillance, les deux autres sont traitées de manière à éliminer efficacement les micropolluants.
Ces résultats sont rassurants et permettent au consommateur d'avoir confiance en l'eau du robinet. Toutefois, la vigilance des distributeurs, responsables de la qualité de l'eau potable, reste de mise. En effet, seul l'autocontrôle des distributeurs d'eau permettra de montrer l'évolution de la qualité des sources d'eau potable. Des pointages seront en outre effectués par les autorités d'exécution, qui prendront les mesures nécessaires en cas de pollution. Le Laboratoire cantonal effectuera dès 2011 des analyses similaires dans le domaine des eaux usées et de surface, sous la responsabilité de l'Office de l'Environnement.