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Conçu par l’artiste Mai-Thu Perret, ce service à thé est prévu pour servir de la mescaline, une drogue hallucinogène tirée d’un cactus. Elle est utilisée autant par des chamans amérindiens pour des cérémonies que par certains artistes comme l’écrivain Henri Michaux.
Un service à thé est-il une œuvre d’art? Il s’agit dans ce cas d’un objet unique conçu par l’artiste Mai-Thu Perret.
Le trouble subsiste cependant : à la fonction a priori utilitaire se superpose une recherche artistique, voire mystique (la mescaline est un psychotrope). Adepte de l’appropriation de formes, l’artiste a copié un ensemble de l’artiste allemande Margarete Heymnann (1899-1990) qu’elle a placé sur une petite table inspirée du mobilier minimaliste, comme ceux produits par l’artiste américain Donald Judd.
Cette démarche conjugue deux postures privilégiées par Mai-Thu Perret : l’esthétique issue de l’appropriation de formes et l’intérêt pour les avant-gardes, leur inventivité formelle, notamment celles du début du 20e siècle, comme le constructivisme russe ou le Bauhaus.
D’autres centre d’intérêts multiples de l’artiste, les utopies du début du 20e siècle, la vie en communauté, les grands espaces désertiques américains, l’art minimaliste, la solidarité féminine, la création d’objets faits mains et d’artefacts, inspirés de l’esthétique Arts & Crafts, sont incarnés par un projet global, intitulé "The Crystal Frontier", au sein duquel prend place "New Ponderosa", une communauté utopique et féministe dans un désert du Nouveau-Mexique.
Ce simple service à thé peut alors se lire à l’aune de ce large récit et son pouvoir d’attraction provient peut-être aussi du fait qu’il semble en attente d’un acte performatif.