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Philippe Valence, un jeune martiniquais, vit à Paris. Etudiant pauvre, il travaille le soir comme guide au musée Grévin. Un soir, il rencontre Margaretha, une jeune touriste suédoise. Ils passent la nuit ensemble. Le lendemain, Margaretha repart pour la Suède. Elle veut revenir vivre à Paris. Philippe lui trouve une place de nurse chez les Courtales. Philippe écrit un roman autobiographique. Mr Courtales, agent littéraire, reussit à faire publier le roman de Philippe. Mme Courtales fait croire à Philippe que Margaretha le trompe avec son mari, et le séduit. Philippe, comprenant qu'il a été joué, avoue tout à Margaretha. Courtales va tendre un piège à Philippe et veut le tuer. Au cours de la bagarre, Philippe, se défendant, tue Courtales, oubliant un papier compromettant. Huit mois plus tard, le cadavre est découvert...
" ... très vite, on se rend compte que si le film intéresse, c'est bien en deça ou au-delà, comme on voudra, de sa trame policière. Nous touche, profondément, et au meilleur de nous même, l'apport de Drach dans son film. Déréliction et solitude jusqu'à la tentation du suicide. La minable comédie sociale que l'on joue dans certains milieux para-littéraires - vous voyez le côté de chez Juilliard. L'aventure avec la femme de celui qui prend en mains les destinées du jeune homme. Son idylle enfin très chaste - oui ! au cinéma en 1960 !- avec la jeune Suédoise au visage d'ange.
Quelques très beaux moments de cinéma expriment cette solitude (...) La comédie cruelle, c'est une ou deux scènes où l'on voit le garçon céder au vertige d'un mlieu où les choses ne se vendent jamais assez vite. Il espérait s'accomplir par son roman, communiquer, retrouver sa condition abolie : on en fait un produit marchand; mieux, c'est de lui qu'on fait une marchandise, dans un tournoiement de grosses sirènes chauves cependant que la glace du whisky tinte dans les grands gobelets d'argent (...)
On n'enterre pas le dimanche (...) avec sa ténacité vitale, est d'un véritable cinéaste. A qui l'on peut savoir gré d'avoir tiré au mieux parti de la nécessité pour lui - ou les conditions de tournage- de construire sa mise en scène presque autant sur le montage que sur le découpage. Un style qui intègre par exemple une figure aussi classique que le fondu-enchaîné pour être bien le point d'orgue dynamique sur lequel le film, par longues phrases, meurt et renaît.
Tout particulièrement celui-ci, véritable métaphore, des glaces de l'aquarium du Trocadero aux vitres d'un café où les jeunes gens se sont réfugiés; je le cite par reconnaissance, car j'ai compris là, moi qui ne sais pas regarder, qu'une vitrine c'est un grand aquarium où se meuvent paresseusement les nuages, où les arbres des cours foisonnent et pataugent dans le soleil. "
J.M. Leuwen
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