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Réunis fin mai à Genève les représentants des Etats membres de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) ont, une nouvelle fois, reporté une décision concernant la destruction des échantillons restants du virus de la variole : agents pathogènes considérés comme une arme biologique potentielle. L'assemblée annuelle des 192 nations de l'OMS a été incapable de fixer une date pour la destruction des derniers échantillons de ce virus fortement contagieux, qui ne se trouvent plus officiellement que dans deux laboratoires, aux Etats-Unis et en Russie. Cette même assemblée n'a pas non plus pu convenir de l'organisation d'un bilan des stocks de la variole avant leur destruction. Elle a décidé de demander au conseil exécutif de l'OMS d'établir, lors de sa session en janvier 2007, un projet de résolution qui serait soumis à l'assemblée en mai de l'année prochaine. Depuis les années 90, les Etats membres de l'OMS «réfléchissent» au meilleur usage qui devrait être fait de ces échantillons viraux. Il y a sept ans, au terme de la 52e Assemblée mondiale de la santé, l'OMS avait décidé, mardi 25 mai, de renvoyer à l'année 2002 les questions relatives à la destruction des derniers stocks de virus variolique existant dans le monde.Le 8 mai 1980, l'OMS publiait un bulletin de victoire annonçant l'éradication planétaire de la variole. Au terme d'une importante mobilisation internationale et grâce à une coopération exemplaire entre pays industrialisés et pays en voie de développement, le virus de la variole avait, par le biais de la vaccination, disparu de la surface de la Terre. En réalité, cette éradication avait été obtenue dès le mois d'octobre 1977, le dernier cas humain de variole ayant été diagnostiqué en Somalie.Par prudence, l'OMS avait attendu plus de deux ans avant d'en faire l'annonce officielle. Dix ans plus tard, le comité des orthopoxviroses de cette organisation onusienne déclarait officiellement que tous les stocks de virus variolique conservés à travers le monde devaient impérativement être détruits avant le 31 décembre 1993. Mais pourquoi stocker un agent infectieux à ce point dangereux pour l'espèce humaine ?Les raisons officielles avancées étaient multiples. Certains plaidaient pour la conservation d'un virus témoin, parmi d'autres, de la diversité biologique du monde vivant. D'autres pour les études scientifiques qui, à l'avenir, pourraient être menées sur le patrimoine génétique de ce virus mortel. A dire vrai, l'argument principal était d'un autre ordre : le virus variologique intéressait au plus haut point les spécialistes de la guerre bactériologique et les experts en charge de la lutte contre le bioterrorisme.En dépit des exhortations de l'OMS, l'échéance de 1993 ne fut nullement respectée. Trois ans plus tard, l'assemblée mondiale de la santé décidait que la destruction des derniers stocks viraux devrait impérativement intervenir au plus tard le 30 juin 1999. Officiellement, on ne compte, outre les Etats-Unis, qu'un autre site de stockage de ce virus, celui du Centre de recherche russe sur la virologie et la biotechnologie situé à Koltsovo, non loin de Novossibirsk.