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Sans lui, Cincinnati serait encore plus de 30 ans après à la recherche d'une première victoire en play-offs NFL: l'intrépide et talentueux quarterback Joe Burrow peut rendre l'histoire plus belle en offrant aux inattendus Bengals un premier Super Bowl, dimanche contre les Rams.
Qui aurait misé un «cent» sur la présence en finale de la franchise de l'Ohio ? A part leurs fans les plus passionnés, personne. Car sans remettre en cause l'immense potentiel de Burrow, meilleur joueur universitaire d'une saison 2019 couronnée d'un titre de champion avec les Tigers de LSU, nul n'imaginait le no1 de la draft 2020 se relever si fort de la grave blessure au genou gauche qui a brutalement coupé son élan il y a presque 15 mois.
Il en a mis neuf pour se remettre de cette déchirure des ligaments croisé antérieur et collatéral interne. Et sa montée en puissance s'est opérée tout au long de l'actuel exercice, avec d'abord la qualification pour les play-offs le 2 janvier, en battant in extremis (34-31) Kansas City, champion 2020.
En complétant 30 de ses 39 passes, dont quatre ont fait touchdown, pour 446 yards avalés, il a battu le record de la franchise de «TD» (36) et de yards parcourus (4.631) lors d'une saison régulière.
«Joe cool»
Burrow a fait encore mieux 28 jours plus tard, chez ces mêmes Chiefs, avec, au bout, un succès plus retentissant encore (27-24, après prolongation) en finale de conférence. Car il a su garder le bras solide (deux touchdowns) et la tête froide pour permettre aux siens d'effacer 18 points de retard. Jamais une équipe n'avait réussi pareil come-back à ce stade.
Et voilà les Bengals, qui végétaient encore deux ans plus tôt dans les abysses du championnat, décrocher une troisième participation au Super Bowl. Ils ont perdu les deux premiers en 1982 et 1989 face aux 49ers d'un autre Joe, légendaire celui-ci, Montana, auquel Burrow est comparé par certains, pour leur capacité à rester «cool» dans les moments cruciaux.
Pour donner davantage de corps à ce parallèle, le «QB» de 25 ans devra en faire la démonstration en mondovision dimanche, car son glorieux aîné a glané quatre bagues de champions. «Je ne pense pas vraiment à tout cela», balaye Burrow, interrogé sur l'improbable conte de fées des Bengals. «Je me concentre sur la préparation du match, en essayant d'éviter les distractions autant que possible. Un Super Bowl, à Los Angeles, il y a de quoi en avoir. Or l'équipe qui gère le mieux ce contexte gagnera le match.»
Traitement spécial
Burrow est donc focalisé sur son objectif et porté par une force de caractère dont il a su autant faire preuve pour redevenir un joueur compétitif que pour forcer le destin longtemps contrarié de Cincinnati. Celui qui a débuté aux postes de receveur et running-back, «pour garder le ballon le plus longtemps possible», en a gardé l'art de l'échappée belle au milieu des gants et bras adverses, pour se sortir de pièges inextricables.
Pourtant, Burrow, qui s'est luxé l'auriculaire de la main droite en décembre, a égalé malgré lui un drôle de record mi-janvier: celui du quarterback ayant subi le plus de «sacks» (plaquage du quarterback, 9) dans un match de play-offs, lors de la victoire chez les Titans du Tennessee. Il a également été le plus souvent plaqué en saison régulière, 51 fois, preuve à la fois de l'attention que lui porte les défenses adverses et des carences de ses propres lignes protectrices.
Tomber, se relever et avancer, sans cesse, semble être la griffe Burrow, déterminé à garder l'oeil du tigre pour le match le plus important de sa vie. «Il y a tant de gars qui font toute leur carrière, sans jamais atteindre le Super Bowl. Alors quand vous y arrivez, vous devez vous retrousser les manches pour saisir cette opportunité», prévient-il.
ATS