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L'Insediamento del mese di marzo è una versione sintetica del rilevamento apparso nella nuova pubblicazione ISOS Vallese, volume 1.2 Bas-Valais M-Z (disponibile solo in Francese).
A l'origine: un centre religieux
Occupé dès l'époque romaine, comme en témoigne la découverte de plusieurs tombes, le site tire son nom du prieuré de Saint-Pierre (> 1.1.1), dont l'église constitue l'un des sanctuaires les plus prestigieux du Valais, ainsi que l'un des plus beaux exemples d'architecture romane de toute la Suisse. Vraisemblablement édifiée au début du 12e siècle, mentionnée pour la première fois dans une bulle papale en 1153, l'église était à l'origine filiale de l'abbaye bénédictine Saint-Martin-d'Ainay à Lyon.
Après la conquête du Bas-Valais, à la fin du 15e siècle, le prieuré, qui constituait jusqu'alors le centre des possessions de l'abbaye d'Ainay en Valais, revint à l'évêché de Sion. Il fut agrandi et transformé en 1623, comme le rappelle une date gravée au-dessus de la porte d'entrée. Par la suite, le sanctuaire fut rattaché à la paroisse de Chamoson, avant de retrouver son indépendance en 1945.
Croissance jusqu'au début du 20e siècle
A la fin du Moyen Age, l'emprise du site correspondait sans doute à celle du noyau central (> 1.1). La localité semble avoir revêtu une certaine importance commerciale, comparable à celle de Tourtemagne, faisant office de relais sur la route du Valais. Les bâtiments qui bordent l'embranchement du carrefour central en direction de Chamoson, ainsi que le front nord de la place de l'église, constitué au 16e-17e siècle, témoignent, malgré les transformations subies, de l'épanouissement qui caractérise cette période.
Sur la première édition de la carte Siegfried de 1880, le site se limite encore aux bâtiments composant le noyau central, sans la moindre construction parasite alentour. Les terrains qui cernent l'agglomération ne sont pas encore plantés en vigne. La ligne de chemin de fer est déjà indiquée. Les habitants devaient alors se rendre à la gare voisine de Riddes, la station CFF n'ayant été édifiée que vers 1900, suivie du buffet de la gare, puis, à partir des années 20, de différents entrepôts viticoles. L'augmentation du trafic ferroviaire, mais également routier, provoqua une certaine croissance le long de la route cantonale, de part et d'autre du noyau central.
Croissance au cours de la seconde moitié du 20e siècle
Par la suite, et jusque dans les années 1960, le développement du site s'est interrompu, avant qu'un regain de la croissance démographique, mais également de nouvelles exigences en matière de confort ne se traduisent par un abandon progressif du tissu ancien et la création de nombreuses constructions nouvelles, essentiellement des habitations individuelles, à la périphérie de l'agglomération historique, le long des différentes voies d'accès.
Malgré cette évolution, dont témoignent, entre autres, deux immeubles locatifs hors d'échelle, le secteur agricole, sans doute à cause de l'extension importante du vignoble depuis les années 1950, occupe toujours 13% de la population active. La création, dans les années 1970, d'une route d'évitement doublant la ligne du chemin de fer, puis, dans les années 1990, l'ouverture de l'autoroute du Valais ont notablement réduit la gêne liée à la circulation de transit.
Le monument
L'église Saint-Pierre et le prieuré, disposés en équerre, dominent fortement l'image du lieu - et cela malgré une taille somme toute modeste. Sa qualité architecturale réside à la fois dans son pignon d'entrée, dont la simplicité de traitement et l'économie des moyens, notamment décoratifs, mis en oeuvre n'exclut pas une majesté saisissante, et dans la tour-lanterne en briques et en tuf. Avec un étage de fenêtres géminées à colonnes et chapiteaux, celle-ci se réfère au modèle des clochers octogonaux de l'abbatiale de Cluny. Le volume intérieur du sanctuaire ne le cède en rien sur le plan de la perfection architecturale et son austérité invite de manière exemplaire au recueillement. Son sol est aujourd'hui situé nettement en contrebas du niveau de la route, du fait des alluvions accumulées au cours des siècles par les débordements de la Losentse.
Le noyau historique
Le centre médiéval (> 1.1) se confond avec le cour historique du site. Constitué autour d'un carrefour avec la route du Valais, il s'oriente aussi bien selon cet axe, sur lequel sont notamment alignés l'église et un front bien structuré au nord, que perpendiculairement, le long d'une voie occupant l'arête du cône alluvionnaire. Cette double orientation des constructions se traduit par un degré de complexité élevé qui reflète bien son origine médiévale et lui confère par endroits un caractère très urbain, en contradiction avec son évolution rurale ultérieure.
Le bâti reprend en mineur certaines de leurs caractéristiques, avec notamment à deux reprises l'existence de coursives à colonnades - aujourd'hui malheureusement fermées par des vitrages -, ainsi qu'un volume en saillie en surplomb de la route. Le front nord de la place est également composé pour l'essentiel de bâtiments remontant au 16e-17e siècles, mais porte aujourd'hui la marque des transformations subies dans les années 1950. Le fait que ces bâtiments soient presque tous occupés par des auberges correspond parfaitement à la vocation historique du site et traduit la persistance de leur affectation d'origine.
Certaines des constructions, réalisées en maçonnerie, comportent encore leur couverture en dalles de pierre caractéristiques. Les espaces intermédiaires tendent à constituer de simples prolongements de la chaussée du fait de la densité du tissu, notamment dans le cas de la ruelle centrale, où l'implantation en biais des constructions crée des séquences spatiales fortes. Par-delà la route de passage, l'ensemble souffre d'une certaine faiblesse de son tissu.
Le bâti à la périphérie du noyau historique
L'extension engagée à la fin du 19e siècle, de part et d'autre du noyau central, le long de la route cantonale, a abouti en quelques décennies à la création de l'agglomération historique. Reprenant les caractéristiques générales du tissu ancien, elle s'en distingue par une disposition plus lâche des constructions, ainsi que par une plus grande diversité des matériaux : bois, plots de ciment, tuiles, etc. Le nombre de dépendances y est également supérieur. La présence de deux exploitations viticoles, à chaque entrée du site, souligne l'évolution progressive vers une monoculture qui marque fortement son image actuelle.
L'environnement
En ce qui concerne les prolongements de l'agglomération, il convient de faire la distinction entre les développements amorcés dès la fin du 19e siècle (> II, III) le long d'un axe plus ou moins perpendiculaire à la route du Valais, vers Chamoson et en direction de la station CFF, et les extensions survenues au cours de ces deux dernières décennies, prises sur le vignoble et qui tendent à porter une atteinte grave à l'image historique du site.
Nous recommandons
Nous qualifions
** Qualités de la situation
**/ Qualités spatiales
*** Qualités historico-architecturales
Qualités de la situation
Implantée dans la partie inférieure du vaste cône alluvionnaire déposé par la Losentse, l'agglomération occupe une situation prépondérante au croisement entre la route cantonale et celle rejoignant Chamoson, dans un écrin de vignes. Si certaines qualités sont dévalorisées par l'implantation de nombreuses constructions à la périphérie du tissu historique au cours de la seconde moitié du 20e siècle, elles n'en demeurent pas moins évidentes jusqu'à ce jour.
Qualités spatiales
Les qualités spatiales sont prépondérantes dans le noyau central, du fait d'une forte densité du tissu, qui contraste avec l'esplanade formée par le carrefour, généreusement proportionnée ; elles sont évidentes dans le restant du tissu, du fait notamment d'une transition nette avec le vignoble, qui lui confère un caractère quasi insulaire.
Qualités historico-architecturales
Le noyau présente des qualités historiques et architecturales prépondérantes grâce à la présence d'un tissu d'origine médiévale, encore identifiable de nos jours, auquel se sont ajoutées des constructions vernaculaires typiques de la région. L'église romane et l'ancien prieuré constituent des éléments individuels tout à fait exceptionnels.
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