Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07264.jsonl.gz/758

Jean-Louis Roy, saisi dès l'enfance de la passion du cinéma, commence par monter chez lui un ciné-club pour ses copains. Sans savoir que son engagement pour le 7e art le mènerait tout d'abord au petit écran. En effet, il est enrôlé avec les pionniers de la Télévision suisse romande par René Schenker. La jeune TSR constituera pour lui une véritable école de l’image. Il y fera, dit-il, tous les métiers, avant de choisir celui de réalisateur.
En 1961, ce jeune réalisateur de 23 ans va présenter son premier film D'un jour à l'autre au Festival de Locarno. Il en parle dans Carrefour.
Happy End
Avec le concours de Pierre Koralnik, il écrit et réalise en 1964 Happy end, une émission de variétés fiction, sélectionnée par le jury suisse pour représenter la Télévision suisse au Festival de la Rose d'Or de Montreux 1964 et, surprise, elle y obtient la récompense suprême.
Le voyage imaginaire d'un petit homme, un peu naïf, un peu rêveur, que le hasard précipite dans la mythologie du cinéma plonge le spectateur dans un univers poétique où la réalité et le merveilleux cinématographique créent une constante équivoque entre les coulisses et la scène: extrait.
L'inconnu de Shandigor
Ce qu'a fait Jean-Louis Roy, c'est un chef-d'oeuvre mondial et on en parlera longtemps.
Allier tant de cruauté avec un tel amour et un tel humour... Le premier long-métrage de fiction réalisé par Jean-Louis Roy marque. Il s'agit d'une parodie des films d'espionnage mêlant le baroque à l'inattendu, un ballet se déroulant autour d'un savant à demi-fou capable de désamorcer les armes nucléaires. A propos de ce film qui fera partie de la sélection au festival de Cannes en 1967, les interviews de Jean-Louis Roy et de quelques-uns des comédiens du film:
En 1968, Jean-Louis Roy se joint à quatre réalisateurs suisses romands, Alain Tanner, Claude Goretta, Michel Soutter, Jean-Jacques Lagrange qui s'associent pour produire des films de fiction indépendants. Le Groupe 5 est né.
Black Out
Jean-Louis Roy tourne en 1970 dans le cadre du Groupe 5 un film étonnant qui raconte l’aventure tragi-comique d’un couple âgé se mettant délibérément en confinement au milieu d'une montagne de provisions. Une fable grinçante mais une aussi une histoire qui illustre la Suisse, selon son auteur. Une fois encore, le travail de Jean-Louis Roy retient l'attention, avec une sélection au festival du film de Berlin. Canal 18/25 nous propose d'assister au tournage.
Le travail pour la télévision
Malgré la patte originale de son cinéma, Jean-Louis Roy n'obtient pas de soutien financier de la Confédération, il se consacre alors au petit écran. Il travaillera notamment pour l'émission Temps présent, souvent en duo avec son frère José Roy. Nombre de ses émissions réalisées avec un regard très personnel restent dans les mémoires: il suffit de citer Romands d'amour ou Petites annonces pour grand amour, Le messager boiteux, Profession exorciste, Ce jour-là à Sonvilier...
Avec son reportage sur les séducteurs tourné en 1992, il fera sourire des années plus tard des centaines de milliers de followers sur les réseaux sociaux.
Le réalisateur Jean-Louis Roy ne cache pas un goût pour l’étrange, le bizarre, les personnes en marge. Il tournera toute une galerie de portraits, tour à tour décalés, amusants ou touchants mais toujours très sensibles. A découvrir notamment l'Indien des Acacias, La Maison des souvenirs...
Vous trouverez en lien toute une série des reportages réalisés par Jean-Louis Roy, un réalisateur hors-normes.
Marielle Rezzonico pour les archives de la RTS