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droits des femmes
Bientôt la peine de mort pour une IVG en Caroline du Sud?
Le pays du rêve et de la liberté voit les droits des femmes reculer encore de quelques pas. Depuis l'abrogation du droit à l'avortement par la Cour suprême en été 2022, plusieurs états américains ont durci leur législation afin d'empêcher le recours à l'interruption volontaire de grossesse.
Ainsi, dans l'état de Caroline du Sud, situé sur la côte est du pays, un élu républicain au Congrès local a déposé fin février 2023 une proposition de loi visant à punir pénalement les personnes ayant recours à l'avortement, sans tenir compte d'un éventuel viol ou inceste, rapporte Insider. Le fœtus ou l'embryon ainsi considéré comme un individu à part entière dès sa conception, l'IVG serait semblable à un homicide. Et parmi les peines attribuées pour homicides en Caroline du Sud, il existe la peine de mort.
La question surgit alors que cet état permet toujours l'avortement à l'heure actuelle: l'acte est légal jusqu'à la vingt-deuxième semaine de grossesse, mais seulement s'il est pratiqué par un-e professionnel-le-s de la santé. Les femmes qui induisent elles-mêmes une interruption de grossesse risquent une peine de deux ans de prison.
Un droit largement menacé
La Caroline du Sud n'est pas le premier état dans lequel est proposée une mesure aussi extrême que la peine de mort: en 2021, avant la décision de la Cour suprême, un élu texan a tenté de faire passer une loi similaire, sans succès. Le Kentucky, l'Oklahoma et l'Arkansas ont également reçu des propositions souhaitant criminaliser l'interruption de grossesse, comme le rapporte le Guardian, et une loi semblable serait également en préparation en Alabama. Même si plusieurs médias relèvent que l'acceptation de ces lois est peu probable, la prolifération de tels projets législatifs bien concrets est inquiétante.
Depuis l'abrogation du droit à l'avortement aux États-Unis, 24 états ont prononcé une interdiction de l'IVG, ou peuvent possiblement l'interdire, d'après l'institut de recherche Guttmacher. Actuellement, le sort de la pilule abortive est également en suspens dans le pays: des opposant-e-s à l'IVG ont en effet demandé la suspension de sa distribution sur tout le territoire. Une réalité qui rappelle étrangement l'histoire de La Servante écarlate: terrifiant…
Rappelons en outre que deux initiatives proposant des mesures pour restreindre l'accès à l'avortement sont toujours en cours de récolte de signatures en Suisse.
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