Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07092.jsonl.gz/1198

Du 17 septembre 2014 au 04 janvier 2015
Charlot Soldat (Shoulder Arms), 1918 © Roy Export S.A.S., scan Cineteca di Bologna, courtesy Musée de l'Elysée, Lausanne
Charlie Chaplin doit-il continuer à faire du cinéma ou rejoindre les tranchées ? La polémique sur le non-engagement de l’acteur britannique aux côtés des siens éclate dès 1915. Alors au début de sa gloire, Chaplin est déjà confronté aux critiques. Vingt-cinq ans plus tard, ce sera à son tour de questionner les convictions morales et politiques à l’aube de la Seconde Guerre mondiale.
En 1914, l’Amérique découvre ce jeune comédien de music-hall sur les écrans des cinématographes dans les films burlesques de la Keystone. En quelques mois, Chaplin devient l’une de leurs vedettes. Se démarquant par sa défroque, son style et ses mimiques, son personnage plaît au public. La Première Guerre retarde la diffusion de ses courts-métrages sur le vieux continent à 1915, mais Charlot y est tout aussi populaire, auprès des civils comme des « poilus ».
Chaplin ne quitte pas sa terre d’accueil mais continue d’entretenir le moral des troupes par son humour. Il rallie néanmoins l’effort de guerre en 1918 et produit un court métrage de propagande en faveur de la troisième campagne des Bons de la liberté. Cette même année, il tourne Charlot soldat, un Charlot héroïque qui réussit à capturer le Kaiser, alliant situations comiques et réalisme des tranchées. Sorti quelques semaines avant l’armistice, le film connaît un véritable succès.
La conscience politique de Chaplin s’aiguise encore pendant l’entre-deux-guerres, de même que ses préoccupations pour l’économie. La montée du fascisme au début des années 1930 inquiète celui qui était devenu un pacifiste convaincu. C’est un cinéma engagé qu’il met en oeuvre en tournant Le Dictateur en 1939-1940. Chaplin brosse une caricature de la dictature où se mêlent ironie et tragédie. Charlot, l’opprimé de la société, se retrouve sous les traits du barbier juif. Pour son premier film entièrement parlant, le cinéaste ose dire tout haut ce que beaucoup préfèrent taire.
L’exposition présentée par le Musée de l’Elysée rassemble des tirages originaux et des documents d’époque appartenant aux Archives Chaplin, dont les photographies sont déposées depuis 2011 au musée. Des extraits de films (provenant de Lobster, MK2, Gaumont Pathé Archives, Transit Film/Berlin Filmothek Bundesarchiv), des photographies des deux guerres mondiales issues de la collection du musée et des affiches de la Cinémathèque suisse, ainsi que de collections privées, étayent les prises de position de Chaplin face à l’Histoire.
Album Keystone
En résonance avec le centenaire de Charlot, les éditions Xavier Barral et du Musée de l’Elysée publient un album insolite du Fonds photographique Chaplin déposé au musée depuis 2011 : l’Album Keystone. Il témoigne de la première année de Chaplin face aux caméras de la Keystone en 1914.
Scruter ses 795 photogrammes, c’est voir évoluer le jeune acteur, voir naître un personnage et découvrir les débuts d’un cinéaste. Edité en français et en anglais, ce bel ouvrage est enrichi de deux textes et d’une filmographie.
L'Album Keystone est disponible à la librairie du musée.
L'Album Keystone est disponible en version numérique pour iPad.
Vidéo
Chaplin, entre guerres et paix | Vidéo de l'exposition
Textes de l'exposition
Téléchargez les textes de l'exposition | Français (pdf)
Depuis 2011, le Fonds photographique Charles Chaplin a reçu le soutien de l’Office fédéral de la culture, de la Fondation Coromandel, de la Fondation Le Cèdre, de la Fondation Leenaards, de la Fondation Sandoz et de la Fondation BNP Paribas Suisse.
Hynkel, dictateur de Tomainie, Le Dictateur (The Great Dictator), 1939-1940 © Roy Export SAS, scan Cineteca di Bologna, courtesy Musée de l’Elysée, Lausanne
Charlot Soldat (Shoulder Arms), 1918 © Roy Export S.A.S., scan Cineteca di Bologna, courtesy Musée de l'Elysée, Lausanne