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Le problème essentiel de la défense de la langue française, de son statut et de richesse, n’est pas tant de lutter contre l’impérialisme de l’anglais mais de cultiver le français dans sa diversité. L’apprentissage de langues étrangères y aide paradoxalement. Certes, la politique d’expansion de l’anglais dans toutes les sphères de la société a été dictée par la position des vainqueurs de la seconde guerre mondiale, qui ont pu imposer le langage mercantile dans cet idiome. Le processus d’anglicisation a été ainsi distillé, très vite de manière hégémonique, même dans des institutions publiques, marquées par une préférence affichée à faire appel à des anglicismes au lieu d’utiliser des équivalents français. Churchill, lui-même, mettait en garde, dans son célèbre discours de 1943, les locuteurs francophones de cette tendance à l’aplaventrisme.
Cependant, l’attitude unilinguiste constitue également un problème. La réalité du français n’est pas une mais multiple. Que l’on se trouve en Suisse romande ou au Québec (où vient d’avoir lieu le Sommet de la Francophonie), le mot « les gosses » ne revêt pas la même signification. On le voit, la langue est un phénomène social global.
Et la Suisse romande dans ce concert? Existe-t-elle dans la francophonie ? Libre à chacun de répondre à cette question … Avec un bémol, toutefois. Il est en fait des expressions typiquement suisses qu’on utilise sans parfois connaître leur origine - un peu comme Jourdain qui parlait de la prose depuis quarante ans sans le savoir – et qui méritent le détour :
« Timbrer » pour pointer , « guigner » pour jeter un coup d’œil , « postulation » pour candidature , « brucelle » pour pince à épiler , « logopédiste » pour orthophoniste (malgré une évolution étymologique certifiée) , « benzine » pour essence, …