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Mikhaïl Khodorkovski a annoncé lundi qu'il ne briguerait pas la présidence russe en 2018. En cas de candidature de Vladimir Poutine pour un quatrième mandat, l'opposant russe financerait toutefois une campagne destinée à lui trouver une alternative.
"Nous voulons aider nos concitoyens à répondre à la question: qui remplacera Poutine", a déclaré lors d'une conférence de presse retransmise par vidéo l'ancien oligarque, qui a passé près de dix ans en prison en Russie.
"Personnellement, je n'ai pas l'intention de briguer la présidence, mais je suis toujours prêt à offrir mon aide à des candidats démocrates et à mon pays", a déclaré M. Khodorkovski, qui a pris la tête depuis sa libération de prison du mouvement pro-européen Open Russia (Russie Ouverte).
"Les gens en ont assez du pouvoir et de l'élite politique indéboulonnable, incapables non seulement de développer le pays mais aussi de limiter leurs appétits", a-t-il lancé.
L'opposant et ex-patron du géant pétrolier Ioukos avait initialement assuré qu'il ne se mêlerait plus de politique, après avoir été gracié par Vladimir Poutine et mis dans un avion pour Berlin en décembre 2013.
Trouver de nouveaux politiques
Le but du projet de M. Khodorkovski, intitulé "A la place de Poutine", est de trouver "de nouvelles personnalités politiques" capables de se présenter à la présidentielle de 2018 en Russie contre Vladimir Poutine, si ce dernier décidait de briguer un nouveau mandat.
Open Russia présentera également dimanche 19 candidats aux élections législatives et cinq à l'élection du conseil municipal de Saint-Pétersbourg (nord-ouest), la deuxième ville de Russie. "Ce sont de prétendues élections au soi-disant Parlement, mais notre but est de nous servir de ce spectacle politique pour présenter à la société une alternative", a ajouté l'ex-oligarque.
Le Kremlin pas attentif
Interrogé sur ce projet de Mikhaïl Khodorkovski, le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a indiqué lundi qu'il "n'y prêtait pas attention". Il a encore précisé. "On constate une nouvelle fois que ces personnes sont définitivement coupées de la Russie".
Mikhaïl Khodorkovski, auquel on avait prêté des ambitions politiques et une rivalité personnelle avec Vladimir Poutine, avait été arrêté en 2003 et a passé près de dix ans en prison pour "vol par escroquerie à grande échelle" et "évasion fiscale", avant d'être gracié à la veille des JO d'hiver de Sotchi.