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«Je meurs de soif auprès de la fontaine…»
(François Villon).
La recherche d'alternatives aux énergies fossiles va de pair avec la recherche de solutions pour pallier la pénurie d'eau qui menace l'humanité. C'est que 34'000 personnes meurent quotidiennement dans le monde faute d'accès à de l'eau saine (Le Monde, 22-23.1.2006). Quant à la qualité de l'eau, son insalubrité est la première cause de mortalité sur la planète, devant la malnutrition.«L'accès à l'eau, défi mondial» (Le Monde, 16.3.2006). Pourtant l'eau ne manque pas, mais 97% est salée et l'essentiel de l'eau douce est gelée. Ceci dit, il en reste suffisamment pour faire face au «stress hydrique» dont souffre 1.5 milliards d'êtres humains. Ceci à condition que la gestion de l'eau soit totalement remaniée. L'urgence hydrique appelle plusieurs mesures:
Restriction de l'irrigation des cultures vivrière
L'accaparement révoltant de l'eau par les multinationales agro-alimentaire découle de la désertification croissante des terres arables. L'Amérique du Sud, qui détient le quart des ressources mondiales en eau, est particulièrement convoitée. C'est que l'agriculture absorbe le 73% de l'eau douce disponible. De cet énorme volume prélevé pour l'agriculture, le tiers est perdu. «Ruée vers l'or bleu»(Le Mondediplomatique, mars 2005). L'arrosage ciblé –goutte à goutte– réduit certes ces pertes mais l'économie d'eau passe avant tout par l'abandon des produits agro-alimentaire inutiles, destinés à l'élevage ou aux biocarburants.
Sélection des essences nécessaires
Quantité de produits trop gourmands en eau douce doivent être abandonnés, à commencer par ceux destinés à l'alimentation animale. On sait par exemple que 1 kg de viande rouge épuise 20'000 litres d'eau potable alors qu'il suffit de 1500 litres pour produire 1 kg de céréales. L'alimentation carnée, artificiellement entretenue par le marché, doit être réduite au maximum. C'est donc vers une «révolution végétarienne» – par ailleurs salutaire – qu'il faut s'orienter.
Boucher le tout-à-l'égout
S'il y a pénurie, c'est que d'énormes quantités d'eau sont prélevées sans être utilisées. Actuellement, les ménages rejettent 10 fois plus d'eau qu'ils n'en consomment et l'industrie 7 fois plus. «Ruée vers l'or bleu» (Le Monde diplomatique, mars 2005). C'est comme si, pour boire un seul verre d'eau on en vidait dix à l'égout. D'autres mesures urgentes peuvent être prises sans qu'elles entraînent la moindre privation. Par exemple, supprimer l'eau en bouteille dont chaque litre consomme trois litres d'eau.«Haro sur l'eau en bouteille»(Le Temps, 21.6.2008). Bouder les pommes de douches sans brumisateurs, les robinets automatiques, supprimer les WC à chasse d'eau, interdire le lavage de voitures et l'arrosage des pelouses improductives…
Réduire la gabegie industrielle
Il suffit de faire le tour des déchetteries pour se convaincre que le productivisme consumériste n'est plus viable. La plupart des produits rejetés sont encore utilisables, réparables, récupérables. Ces rebuts rebuteraient davantage encore si des bennes recueillaient les masses d'eau gâchées pour les produire. Avec un kilo d'aluminium, on jette les 100'000 litres d'eau qu'il a fallu pour le produire, un kilo d'acier consomme 300 à 600 litres, un kilo de papier, 500 litres…
Assainir les eaux impures
De fortes quantités d'eau sont perdues faute d'être recueillies, telles les abondantes eaux pluviales parfaitement utilisables. D'autres ressources très abondantes telles que les eaux impures peuvent être purifiées par distillation solaire notamment. Si la revalorisation de l'eau demeure exceptionnelle, c'est qu'elle demande de grandes quantités d'énergie, produite actuellement par les centrales thermiques, y compris nucléaires, dont les régions pauvres ne disposent évidemment pas. C'est donc vers l'énergie solaire qu'il faut s'orienter. Il n'y a plus d'autres choix.
Dessaler l'eau saumâtre
Partout où elles sont accessibles, les eaux saumâtres peuvent être pompées et dessalées par évaporation-condensation. Le nombre d'installations de désalinisation dans les pays arides et côtiers est considérable, en en compte 12'500 (Le monde, 12.1.2000). Cependant toutes ces usines sophistiquées demandent de gros investissements et sont voraces en énergie fossile. Le pompage et le dessalement par énergie solaire est très simple, efficace et gratuit comme le montre les installations séculaires.
Acheminer l'eau au robinet
Enfin, rappelons que des millions de femmes dans le monde s'épuisent quotidiennement aux corvées d'eau. Or son pompage solaire, pour être conduit dans les foyers, est parfaitement réalisable. Là encore de multiples réalisations, éprouvées dans le passé, doivent être réhabilitée, n'en déplaise aux marchands d'eau, de pétrole et de gadgets technologiques qui sont, de fait, les assoiffeurs et affameurs des pauvres.
C'est quand le puits est sec que
l'eau devient richesse.
Proverbe français