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Au 19e siècle, les glaciers ont grandi avant de reculer suite à un phénomène naturel. Les émissions de suie liées à l'industrialisation, qu'on croyait responsables, n'ont joué qu'un rôle marginal dans ce changement, explique mercredi l'Institut Paul Scherrer (PSI).
Des scientifiques réunis autour de Michael Sigl du PSI ont analysé les polluants atmosphériques archivés à différents niveaux de profondeur dans la glace. Grâce à des analyses de carottes de glace, les chercheurs ont pu établir des données continues sur les émissions de suie d'origine industrielle entre 1740 et aujourd'hui, précise le PSI dans un communiqué.
Les résultats de cette recherche ont été publiés mercredi dans la revue spécialisée The Cryosphere. Les données récoltées ont permis d'établir que cette suie n'est pas responsable de la fonte des glaciers qui a eu lieu entre 1850 et 1875. A cette époque "80% du recul des glaciers avait déjà eu lieu", souligne M. Sigl. cité dans le communiqué.
Fortes éruptions volcaniques
C'est seulement à partir de 1875 que les quantités de suie industrielle dépassent les quantités présentes naturellement dans l'atmosphère. La suie industrielle n'aurait dont tout au plus "influencé que les derniers 20% du recul au 19e siècle", explique M. Sigl.
Le changement de taille des glaciers à cette époque est lié à des événements naturels. La première moitié du 19e siècle a été marquée par plusieurs fortes éruptions volcaniques dans les Tropiques. Les particules de soufre ainsi libérées ont provoqué temporairement un refroidissement global du climat et la taille des glaciers alpins a fortement progressé. Les glaciers sont ensuite simplement revenus à la taille naturelle qui était la leur auparavant.
Les années 1750 comme référence
"La question de savoir à partir de quand les activités humaines ont commencé à avoir un effet sur le climat reste ouverte", souligne Michael Sigl. La date du début de cette influence n’est par ailleurs pas forcément une référence pour les modèles climatiques, car d’autres facteurs entrent en ligne de compte. Il estime que les années 1750, soit avant la dernière période de refroidissement du Petit Âge glaciaire, sont une bonne référence temporelle.
"Cela a un sens, car nos données montrent maintenant clairement que le climat du milieu du 19e siècle n'était pas celui d'origine", précise le scientifique. Il appelle également à une meilleure prise en compte de l'évolution dans le temps des quantités de suie dans l'atmosphère.