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Heidi est de retour cet été, à l'occasion du 100e anniversaire de la mort de son auteure, la Zurichoise Johanna Spyri. Toute cette semaine, nous suivons les traces de la petite montagnarde suisse. En visitant aujourd'hui l'exposition qui lui est consacrée à Zurich: heidi 01.Ce contenu a été publié le 28 juillet 2001 - 12:19
Le bois qui craque dans la cuisine du chalet du grand-père. Le parfum du lit de paille. Les cris des bergers. La froideur et la sévérité d'une chambre de la grande ville. A travers quelques tranches d'un décor qui mêle reconstitution et abstraction, c'est par les sens que l'exposition présentée au Strauhof de Zurich nous emmène dans le monde de Heidi.
Peut-on vraiment mesurer le succès mondial de la petite orpheline qui vit sur l'alpe avec son grand-père et garde les chèvres avec son ami Pierre? «Heidis Lehr- und Wanderjahre», paraît en 1879, sa suite deux ans plus tard. L'histoire écrite par la Zurichoise Johanna Spyri a aujourd'hui été traduite en plus de 50 langues, vendue à plus de 50 millions d'exemplaires.
Dès la fin des années trente, le thème est repris au cinéma. La première version est celle de Hollywood, en 1937, avec Shirley Temple dans le rôle de Heidi. En Suisse, après-guerre, c'est le film du producteur zurichois Praesens, réalisé par Luigi Comencini, avec Heinrich Gretler dans le rôle du grand-père, qui marque les esprits.
Vient ensuite le tour des séries réalisées pour la télévision, puis du célèbre film d'animation japonais, à la fin des années 70. Dernière adaptation en date: celle, sur grand écran, du Suisse Markus Imboden, sortie cette année. Heidi a les cheveux bleus, va au concert d'un boy's band et surf sur le web. Cinéma, télévision: ce n'est pas tout. Le roman de Johanna Spyri a aussi inspiré une multitude de BD, de pièces de théâtre, les BD, et même de sites Internet.
Mais le but de l'exposition, préparée en grande partie par des étudiants du séminaire d'ethnologie régionale de l'Université de Zurich, est d'aller au-delà du formidable succès de l'histoire de Heidi. Elle veut faire tout le tour du phénomène. Elle passe ainsi en revue, avec beaucoup d'humour, l'enjeu touristique et les innombrables exploitations commerciales de Heidi.
Ses auteurs, ont d'ailleurs une thèse pour expliquer l'intérêt que l'on porte encore au personnage de Heidi. Elke Wurster: «Comme à l'époque où l'histoire a été écrite, celle de l'industrialisation, on vit aujourd'hui, avec la globalisation, la digitalisation, une période de changements, d'incertitudes. Heidi, elle, réconcilie la nature et la culture, la ville et le village, les pauvres et les riches, les jeunes et les vieux.»
Heidi vaut, en tous cas, la peine d'être redécouverte, ou découverte, grâce à cette exposition, qui réussit en outre le tour de force de s'adresser tant aux adultes qu'aux enfants. Elle sera ensuite visible, dès la fin août, au Heidiland, à Bad Pfäfers, puis à l'étranger, avant de s'arrêter, l'été prochain, au château de Prangins, l'antenne romande du Musée national suisse.
Pierre Gobet, Zurich
«Heidi: mythe, marque, star médiatique», au Strauhof de Zurich, Augustinergasse 9, du 22 mai au 5 août.
Deux autres expositions lui sont associées, à Zurich. La première, au siège de l'Institut suisse de littérature pour la jeunesse, est consacrée à Johanna Spyri et la seconde, au Musée Johanna Spyri, à Hirzel, au reste de l'œuvre de la créatrice de Heidi.
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