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En l'absence d'une entente entre le probable nouveau gouvernement d’Alberto Fernandez et le FMI, il sera difficile d'éviter un défaut à court terme.
Les résultats surprenants des élections primaires en Argentine suscitent doutes et inquiétudes quant à l'avenir du pays. La large et inattendue victoire de l’opposition «kircheneriste», non seulement aux élections primaires, mais également dans la province de Buenos Aires, complique les chances de réélection de M. Macri. En théorie, il lui est encore possible d'éviter une défaite au premier tour le 27 octobre et de remporter le second tour, mais peu d'analystes estiment ce résultat probable. La plupart des acteurs du marché vont désormais se concentrer sur la transition et sur les projets de M. Alberto Fernandez, candidat de l’opposition, en faveur de l’économie.
L’accord du FMI, qui est censé couvrir les besoins financiers de l’Argentine jusqu’en 2021, est au cœur de la question, car conditionné à l’atteinte d’objectifs ambitieux en matière de politique budgétaire et d’engagement dans la lutte contre l’inflation. Même avant la détérioration causée par les élections, il était clair que l’Argentine aurait besoin d’un soutien supplémentaire, au-delà de ce qui était établi dans l’accord actuel. Le défi pour le gouvernement argentin, qui pourrait alors être dirigé par M. Alberto Fernandez, consiste donc non seulement à maintenir le programme actuel, mais également à créer la confiance nécessaire pour que le programme soit prolongé au-delà de 2021, avec des conditions économiques et politiques réalisables.
Dans les jours et les semaines à venir, les marchés observeront avec inquiétude tous les signes susceptibles d’indiquer la manière dont le nouveau leader se positionnera par rapport à l'accord avec le FMI. Jusqu'à présent, M. Fernandez n’a pas rassuré les marchés, s'attelant davantage à blâmer le gouvernement actuel pour la situation plutôt qu’à essayer de contenir la tourmente financière. Certes, les élections ne sont pas encore terminées et les acteurs politiques sont toujours en campagne, mais compte tenu de la vive réaction des marchés hier, attendre l’issue des élections pour s’exprimer à ce sujet serait préjudiciable, car les conditions macroéconomiques risquent de se détériorer encore davantage. Selon la 4e révision de l'accord avec le FMI, la dette publique de l'Argentine devait atteindre 76,9% du PIB d'ici la fin de l'année, mais comme elle est en grande partie «dollarisée», les résultats réels seront probablement beaucoup plus élevés.
En l'absence d'une quelconque entente ou d'un engagement public, signalé aux marchés dès que possible, entre le nouveau gouvernement, potentiellement dirigé par M. Fernandez, et le FMI, il sera très difficile d'éviter un défaut à court terme. Compte tenu de la complexité économique et politique de la situation, les investisseurs doivent être préparés à cette éventualité.
Outre la question centrale consistant à éviter un défaut à court terme, l’éventuelle élection de M. Fernandez est également une «douche froide» pour d'autres évolutions positives attendues pour le pays. L'accord commercial récemment conclu entre le Mercosul et l'UE pourrait maintenant être compromis, M. Fernandez ayant été extrêmement critique lors de l’annonce de l’accord. Les relations avec le Brésil risquent également d'être problématiques et de subir des pressions. Le ministre brésilien des Finances, M. Paulo Guedes, a promis une réduction unilatérale des droits de douane. Selon certaines sources, il avait déjà convenu avec le gouvernement de M. Macri de faire avancer le Mercosul dans cette direction. Il est peu probable que M. Fernandez accepte. En fait, M. Bolsonaro faisant face à un rival idéologique à la Casa Rosada, le Brésil pourrait s'interroger sur l'existence même du Mercosul (ou du moins sur son «tarif extérieur commun»), une possibilité qui s’ajoute à toutes les autres incertitudes auxquelles l'Argentine est actuellement confrontée.