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le cours de la pelle mécanique est au beau fixe, hm?
La fin de La Tour sonne-t-il celui des squats à la genevoise? Il
est intéressant le lendemain de l'évacuation du squat de La Tour à
Genève de se poser quelques questions relatives à la politique Suisse
romande au regard de l'immobilier. La question des intérêts cachés,
politiques et économiques est incontournable.
Pourquoi Genève ne
se permet-elle pas, comme par exemple pour développer son aéroport, ou
pour ses transports en commun (on pense au RER vers Annemasse),
d'exproprier les propriétaires des terrains concernés? L'enjeu humain
est-il moins important que les enjeux financiers?
Pourquoi ne l'a-t-elle pas fait pour La Tour, pourquoi pas pour certains autres squats salubres et paisibles, qui ont maintenu des immeubles hors de la spéculation pendant des années, alors qu'il semble plus que jamais que ces parcelles sont d'intérêt public? Doivent-elles forcément entrer dans le marché de la spéculation immobilière? Elles devraient en tout cas rester hors de la spirale infernale des prix immobilier, et surtout à Genève au vu des vacations de logement quasi inexistantes.
Probablement que si ces squats avaient été hors zônes potentiellement très lucratives, ne se serait-il pas passé grand chose. Peut-être que même le canton ou la ville auraient déjà repris ces bâtiments et parcelles pour en faire quelque chose de profitable à la population globale, et surtout pour ceux en quête de logement ou de lieux publics humbles.
Probablement qu'à Genève, aussi, l'habitant genevois de classe moyenne ou basse qui ne consomme pas, qui ne paie que peu d'impôts, n'intéresse en fait pas ni le politicien, ni le professionnel de l'immobilier. Mais probablement que l'humilité politicienne et entreprenariale a disparu à Genève, en même temps qu'une vision urbaine à long terme.
Genève est une ville à vendre pour ceux qui en ont les moyens. Genevois, désolé, vous ne les avez pas, et moins encore les squatteurs. Et si les habitants du canton ne se réveillent pas pour le faire remarquer, il se réveilleront probablement trop tard, un jour et dans une bâtiment d'habitation de masse, loin de cette ville sûre et propre qui fait tant rêver le monde entier...
Ce n'est pas les squatteurs qui devraient être débattus, mais les enjeux qu'ils révèlent par leur évacuation.