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Dans le ciel clair de l’orient, dans le matin calme d'Abu Dhabi, l’ange a pris son envol. L’ange, à cause de ses ailes si grandes et de son poids si léger - à peine quelques plumes. L’ange - Solar Impulse 2. Le tour du monde en avion mû par énergie photovoltaïque commence.
Un staff météo suit leur route en permanence pour indiquer le meilleur plan de vol d’une étape à l’autre. Le génie humain est en première ligne.
C’est beau un ange qui vole. C'est lent, presque étale.
Mais parfois il chute. J’imagine que dans une centaine d’années, une nouvelle génération d’écologistes condamnera les cellules solaires et les éoliennes comme de la technologie dépassée, chère et polluante à produire, peu rentable, et très vilaine à voir dans la nature.
Dans une centaine d’années, peut-être, lira-t-on des éditoriaux incendiaires sur le diable Piccard et sa drôle de machine, icônes proclamées de l’arrogance productiviste humaine et de la collusion de chercheurs avec le grand capital. L'avion solaire rejoindra peut-être l'automobile dans les symboles de liberté brûlés après avoir été adorés. C'est très humain.
Solar Impulse n'est pas Icare. Mais le rêve est grand. Aussi grand peut-être. Vivent les pionniers!
P.S.: même s'il est parti d'Abu Dhabi, non, le pilote n'est pas nu dans l'habitacle...
Ah, ah, ah...