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Après la rupture du barrage de Brumadinho au Brésil, une trentaine de manifestants ont dénoncé mercredi les pratiques du géant minier Vale devant son siège international, sur les bords du lac Léman.
Pays aux dimensions continentales et aux ressources minérales immenses, le Brésil exploite son potentiel minier depuis des siècles. L'an dernier, le minerai de fer a représenté à lui seul près de 17% des exportations brésiliennes, rapportant plus de 20 milliards de dollars.
Mais deux catastrophes en trois ans ont teinté cette richesse de sang et de boue. Des ruptures de barrages qui impliquent ValeLien externe, numéro 1 mondial de la production de minerai de fer. La rupture d’un barrage vendredi dernier, à Brumadinho, a fait au moins 99 morts et 259 disparus.
En novembre 2015, la compagnie était déjà impliquée dans une catastrophe similaire qui avait fait 19 morts et causé des dégâts environnementaux colossaux, près de Mariana, à 120 km de là, dans l'Etat de Minas Gerais (mines générales) où se concentre la plupart de l'activité minière.
Les réponses de l'entreprise
De son coté, Vale a annoncé ce lundi la suspension du paiement de dividendes à ses actionnaires et de primes à ses cadres. Lors d'une réunion extraordinaire de son conseil d'administration, Vale a également décidé de former deux comités de crise, l'un pour venir en aide aux victimes et l'autre pour enquêter sur les causes de la catastrophe.
Déréglementations
L'accident industriel a fait réagirLien externe des rapporteurs indépendants de l’ONU basés à Genève. «Cette tragédie met en question les mesures préventives prises à la suite de la catastrophe minière de Samarco il y a un peu plus de trois ans, lorsqu'une inondation catastrophique de déchets miniers près de Mariana a tué 19 personnes et affecté des millions de vies», ont relevé les experts.
«Nous exhortons le gouvernement à agir résolument dans le sens de son engagement et à faire tout ce qui est en son pouvoir pour prévenir davantage de telles tragédies et traduire en justice les responsables de cette catastrophe», ont ajouté les experts, notant avec préoccupation les efforts de déréglementation en matière de protection environnementale et sociale au Brésil au cours des dernières années.
A l’occasion de la manifestation, le syndicat international IndustriALL Global UnionLien externe est allé dans le même sens, ajoutant: «Un rapport montrait que ce barrage était dangereux. Vale savait, mais n’a rien fait», a dénoncé Valter Sanches, secrétaire général du syndicat.
Responsabilités suisses
La Suisse est également pointée du doigt. Les manifestants ont déployé une banderole maculée de boue disant, avec ironie, «Thank you for choosing Switzerland» (merci d'avoir choisi la Suisse). Quelques-uns arboraient un masque à l'effigie des conseillers d'Etat vaudois Pascal Broulis et Pierre-Yves Maillard, ainsi que du ministre suisse des affaires étrangères Ignazio Cassis, principaux instigateurs, à leurs yeux, de la politique d'exonération fiscaleLien externe qui attire les multinationales sur les bords du Léman.
Au niveau national, les entreprises transnationales – nombreuses à avoir leur siège social en Suisse - sont au centre de l’attention. Ceci dans la perspective d’une votation populaire sur une initiative «pour des multinationales responsables».
«Si l’initiative était acceptée, Vale serait tenu par la loi d’analyser les risques en matière de violations des droits humains et d’atteintes à l’environnement sur sa chaîne d’approvisionnement et de prendre des mesures concrètes. Ceci augmenterait la pression au sein du groupe pour plus de responsabilité», indique l’ONG Public EyeLien externe.