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Miwa était journaliste pour la télévision publique japonaise quand en 2013, alors qu'elle couvrait une campagne électorale, elle décède d'une crise cardiaque, à 31 ans.
"Elle faisait 200 heures supplémentaires par mois, ce qui fait 50 heures par semaine en plus de ses heures normales. Elle ne faisait que travailler et c'est la raison pour laquelle elle est morte", témoigne Mamoru Sado, le père de la victime.
"Elle ne rentrait chez elle que pour prendre une douche. Si j’avais été là pour elle, ça aurait été différent", ajoute la mère, Emiko Sado.
Sanctions exigées contre les entreprises responsables
En deux mois, la journaliste avait ainsi accumulé plus d'heures supplémentaires que ce qui est autorisé en Suisse sur une période de deux ans. Miwa est l'une des victimes d'un mal appelé au Japon "Karoshi", la mort par épuisement au travail.
Accidents cardio-vasculaires ou encore suicides liés au surmenage: à l'origine de ces décès, le problème lancinant des heures supplémentaires, souvent infinies au Japon.
Le gouvernement a voté l'année dernière une loi pour les limiter, mais les associations de victimes exigent désormais des sanctions contre les entreprises responsables.
"Les entreprises nient les faits"
D'après Emiko Teranishi, présidente du Conseil national de défense des familles victimes de Karoshi, la majorité des entreprises continuent à nier les faits et à affirmer qu'elles n'ont pas imposé des horaires de travail aussi longs.
Elle ajoute: "Même s'il y a des preuves des horaires effectués par l'employé, les entreprises disent que ce n'est pas elles qui lui ont demandé de travailler autant."
Des aides à la démission
Au Japon, travailler tard et durement est perçu comme un signe de loyauté envers ses supérieurs et son entreprise. La plupart des employés japonais ne prennent pas leurs vacances et cachent leur fatigue.
La start-up Exit (à ne pas confondre avec l'association suisse de suicide assisté) l'a bien compris. Pour 400 euros, elle aide ceux qui veulent démissionner. Ils n'ont plus alors à faire face à leur patron, l'entreprise se charge de tout.
"Ils n'osent pas démissionner, car leur supérieurs leur font très peur. Ici, les salariés pensent que leur entreprise est plus importante qu'eux-mêmes. C'est typiquement japonais", explique Niino Toshiyuki, président d'Exit.
En deux ans et demi d'existence, la start-up affirme avoir déjà géré près de 10'000 médiations.
Reportage TV: Aruna Popuri
Adaptation web: ther