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La méthode du forçage génétique est très efficace pour contrôler les populations de ravageurs. Les gènes forcés sont des éléments génétiques « égoïstes » qui assurent la transmission de certains gènes naturels à la descendance beaucoup plus souvent qu’en moyenne. Grâce à de nouvelles méthodes moléculaires, il est aussi possible d’insérer artificiellement les gènes dans un organisme.
Si les gènes forcés sont liés à des gènes responsables d’un certain trait, ce trait peut être intégré dans une population en quelques générations. Cette technique est aussi réalisable quand le trait est préjudiciable aux ravageurs. On peut ainsi influencer la taille des populations ou modifier des traits pour faire en sorte que les insectes, par exemple, ne transmettent plus de maladies. Les moustiques responsables de la malaria peuvent être modifiés de façon à ne plus pouvoir servir d’hôtes à l’agent pathogène. La technologie du forçage génétique est envisagée par exemple pour lutter contre la drosophile du cerisier, une espèce envahissante. Cela permettrait d’économiser de grandes quantités de pesticides.
Pas de nouveaux risques à craindre pour l’environnement
Avant que ces organismes puissent être libérés, les risques pour l’environnement doivent être soigneusement évalués. À cette fin, les chercheurs d’Agroscope ont réalisé une étude qui a récemment été publiée dans la revue Environmental Science & Policy. Ils constatent que la technologie de forçage génétique ne présente pas de risques fondamentalement nouveaux pour l’environnement par rapport aux méthodes de lutte établies contre les ravageurs. Pour évaluer les risques, les scientifiques se fondent sur l’expérience acquise avec les méthodes conventionnelles de lutte contre les ravageurs. Celles-ci aussi impliquent la libération d’organismes vivants, par exemple les antagonistes naturels de certains ravageurs. Ces organismes utiles peuvent s’établir et se propager dans le nouvel environnement.
La recherche sur la protection des végétaux peut sauver des vies
La stérilisation est une autre méthode de lutte efficace contre les ravageurs. Elle consiste à inonder les populations de ravageurs de congénères stériles élevés en masse en laboratoire. Les accouplements n’engendrent aucune descendance. La stérilisation se fait par irradiation ou par modification génétique. Le contrôle des populations d’insectes par la stérilisation est une méthode qui est utilisée avec succès depuis des années lutter contre les ravageurs et assurer ainsi la protection des végétaux. Le moustique tigre, vecteur de maladies infectieuses tels le zika ou la dengue, pourrait aussi être combattu à l’avenir à l’aide de cette méthode. La recherche sur les plantes peut apporter une contribution essentielle à la lutte contre les insectes vecteurs du paludisme.