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Quand l’alcool devient médicament
«Matin, midi et soir – quand l’alcool devient médicament»: tel est le thème de la Journée nationale sur les problèmes liés à l’alcool 2018. Les personnes qui souffrent de certaines maladies ont un risque accru de développer un problème d’alcool. Cela peut s’expliquer par le fait que l’alcool est utilisé comme une sorte de médicament: bien des patientes et patients atteints de troubles psychiques y ont recours pour atténuer leurs symptômes. Des études montrent que la probabilité de développer une consommation d’alcool problématique est doublée en cas de dépression, par exemple, alors qu’elle est six fois plus importante lors de troubles bipolaires.
L’alcool n’est pas un remède
«Lorsque je suis seul à la maison le soir et que je bois un verre, je supporte mieux ma solitude». «J’étais incapable de quitter mon appartement pour prendre l’air. Je pensais que la seule chose qui pouvait me faire du bien, c’était de boire». «Quand je sais que je vais devoir effectuer des tâches difficiles au travail, je dois d’abord boire quelque chose pour tenir le coup». «J’ai besoin d’alcool, sinon, je ne supporterais pas mes peurs». La consommation d’alcool peut atténuer certains symptômes à court terme, comme le stress ou l’anxiété. Mais cela peut favoriser une consommation à long terme qui provoquera de nouveaux troubles (anxieux, etc.) ou renforcera les troubles existants. L’alcoolisme influence négativement l’évolution et le traitement de ces troubles, et vice-versa.
Des voix dans la tête
«Lorsque j’entends des voix dans ma tête et que je bois de l’alcool, les voix ne disparaissent pas, mais elles deviennent plus supportables». D’après les estimations, les personnes atteintes de schizophrénie ont un risque trois fois plus élevé de devenir alcooliques. Lorsqu’elles cumulent les deux maladies, leur état de santé se détériore et elles ont souvent tendance à être plus agressives vis-à-vis des autres ou plus suicidaires.
L’alcool est aussi fréquemment utilisé pour atténuer d’autres problèmes tels que douleurs (chroniques), stress et troubles du sommeil. Or, il est prouvé par exemple que l’alcool n’améliore pas la qualité du sommeil, au contraire.
Les aînés constituent d’ailleurs un groupe à risque, car avec l’âge, les troubles de ce type sont plus fréquents.