Document ID: /curiavista/filtered/00000.jsonl.gz/152420

<h2>SubmittedText<h2><p>Le terrorisme en Irak vise entre autres les Yézidis. Nombre de femmes Yézidi sont encore et toujours retenues prisonnières. D'autres ont réussi à fuir au Kurdistan syrien, dans le nord de la Syrie. Toutefois, elles n'y reçoivent pratiquement aucune aide, le Kurdistan syrien n'étant pas reconnu par la communauté internationale.</p><p>- Comment faire pour que l'aide humanitaire arrive dans cette région ?</p><p>- Le Conseil fédéral a-t-il conscience de la situation extrêmement difficile dans laquelle se trouvent en particulier les femmes Yézidi ?</p><p>- Existe-il des solutions permettant de venir en aide aux femmes retenues prisonnières ?</p><h2>FederalCouncilResponseText<h2><p>Le Conseil fédéral est conscient de la situation humanitaire dramatique en Syrie et dans le nord de l'Irak. Il a exprimé sa préoccupation à plusieurs reprises. La Suisse a notamment participé le 1er septembre 2014 à la vingt-deuxième réunion du Conseil des droits de l'homme, qui avait pour thème les violations des droits de l'homme en Irak et plus spécifiquement ceux causées par le groupe terroriste Daech (abréviation arabe pour ISIS, utilisée par la communauté internationale).</p><p>Le terme Rojava est utilisé par les Kurdes pour désigner la partie de la Syrie qu'ils revendiquent. Il s'agit en fait de trois enclaves séparées qui se sont proclamées autonomes pendant la guerre civile en Syrie, mais qui ne sont reconnues par aucun État. Les Yézidis sont une minorité religieuse du nord de l'Irak poursuivis par les extrémistes du Daech. Les Yézidis irakiens en Syrie jouissent du statut de réfugié selon la Convention relative au statut des réfugiés de 1951, cela indépendamment du statut de la région Rojava. Il s'agit de plusieurs milliers de personnes, dont la plupart se trouvent au camp Newroz. Le nombre de Yézidis capturés par le Daech est inconnu, et on ignore aussi combien de femmes se trouvent parmi eux.</p><p>L'accès au nord de la Syrie pour les actions humanitaires constitue un défi très important. Pour cette raison, la résolution no 2165 du Conseil de sécurité de l'ONU, adoptée en juillet 2014, a autorisé des actions humanitaires de l'ONU à travers les frontières en Syrie.</p><p>La Suisse a déployé un expert pour un appui technique aux activités onusiennes destinées au nord de la Syrie en Turquie. Un passage frontalier (celui entre Nusaybin et Qamishii) qui donne accès à la région al-Hassakeh, où se trouve le Camp Newroz, est partiellement ouvert et est utilisé par le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) pour acheminer de l'aide.</p><p>Vu cette situation et vu le fait qu'il n'y a pas d'information fiable disponible sur le nombre des femmes yézidies capturées par le Daech ni sur leur destin, il est malheureusement impossible de leur apporter une aide directe sur place. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) est un des rares acteurs qui a encore accès à une large partie du nord de la Syrie, y inclus le territoire contrôlé par le Daech. Le CICR s'efforce inlassablement d'obtenir un accès accru aux personnes en détresse.</p><p>Depuis la crise, la Suisse a accordé plus que 85 millions de francs à l'assistance humanitaire, dont la moitié en Syrie, et la moitié dans les pays voisins. En 2014, la Suisse soutient le HCR pour ses actions dans la crise syrienne à hauteur de 18,1 millions de francs. L'Aide humanitaire suisse a aussi mis à disposition de cette organisation deux experts déployés en Syrie. La Suisse soutient aussi le CICR et le Programme alimentaire mondial (PAM) en Syrie. Le PAM a atteint 4,1 millions de personnes en août, dont 330 000 au moyen de livraisons transfrontalières. Toutefois, si des fonds additionnels ne sont pas mis à disposition très rapidement, le PAM devra cesser ses opérations. L'Aide humanitaire suisse soutient également l'ONG "Action contre la faim", qui est depuis longtemps active dans cette région.</p>