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Womanhouse est un film iconique réalisé en 1974 par la réalisatrice, écrivaine, professeure et productrice Johanna Demetrakas, re-édité en 2013 par le collectif de curateurs-activistes le peuple qui manque.
Il s’agit d’un documentaire historique sur l’un des événements culturels féministes les plus importants des années 1970 aux Etats-Unis : le projet artistique et pédagogique Womanhouse, initié par les artistes Judy Chicago et Miriam Shapiro dans le cadre du Feminist Art Project (FAP) mis en place au California Institute of the Arts (Los Angeles).
En 1972, dans le cadre de ce projet collaboratif, vingt-quatre femmes (dont Faith Wilding et Sandy Orgel) aménagent une maison à Los Angeles. Là, elles vivent et travaillent ensemble pendant plusieurs semaines afin de partager leurs réflexions et productions artistiques avec le public, à l’occasion d’une exposition collective et transdisciplinaire elle-même intitulée Womanhouse. L’espace domestique devenant espace d’exposition, la distinction entre les sphères publique et privée disparaît et les conventions régissant la représentation volent en éclats.
Le film et le projet dont il est issu seront présentés le 15 février prochain lors d’une discussion animée par la curatrice et chercheuse Camilla Paolino. Le projet Womanhouse sera analysé en tant que l’un des premiers exemples de pédagogie féministe jamais réalisé au sein d’une école d’art. Comment ce projet a-t-il confronté les dynamiques d’exclusion et de discrimination des systèmes de production de savoirs universitaires et des circuits artistiques dominants des années 1970 ? À l’aide de quelles pratiques et stratégies a-t-il amorcé une opération de dénaturalisation ciblant les appareils institutionnels tels que l’université, le musée, l’espace domestique et le corps ? Quels étaient le rôle et les effets de la prise de conscience et de l’approche collective, en tant qu’outils pédagogiques et méthodologies artistiques ? L’importance du travail documentaire de Johanna Demetrakas, face à la destruction de l’archive de Womanhouse et à l’effacement partiel de son histoire, sera également abordé lors de la discussion.
(1974, 47 min, VOSTFR)