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La nuit, on éteint les lumières afin d’économiser quelques gouttes dans le flux ininterrompu de la rivière des électrons.
À cause de cela, l’électricité sommeille dans les câbles comme le ferait une eau inerte dans un bras de rivière entravé.
Durant ma jeunesse, j’avais entrepris des recherches sur la présence d’animaux capables de remonter le courant électrique à l’intérieur des fils de cuivre, à la manière des saumons, et d’atteindre le générateur afin de s’y reproduire.
J’y étais parvenu, découvrant une sorte d’asphodèle (une fleur, mais avec une tête de coquelicot) munie de deux nageoires latérales et avançant par microbonds en contractant ce qui devait être le thorax.
Je l’avais nommée : Utrechtus Thoraxus Coquelicotus
À plusieurs reprises, j’ai proposé la publication de cette découverte à de nombreuses revues scientifiques, mais aucune ne donna suite à mon offre.
Je me demande à ce jour, si cet animal extraordinaire sait survivre aux pénuries et coupures ?
Utrecht, devant le gazomètre et ses fumerolles matinales
note personnelle : chats et chaudières craignent l’eau froide
liste des chroniques
pour le plaisir et bien d’autres choses… / voor plezier en vele andere dingen…