Document ID: /curiavista/filtered/00000.jsonl.gz/97622

<h2>SubmittedText<h2><p>À l'heure actuelle, la presse suisse est en proie non seulement à des problèmes structurels liés à  l'évolution générale des technologies de l'information, mais aussi à des facteurs conjoncturels, qui mettent en péril sa qualité et la diversité des opinions qu'elle représente. Dans ce contexte, il y a donc lieu de se demander comment la Poste suisse remplit son mandat légal de service public dans l'intérêt de la diversité de la presse,  d'autant plus que, dans les faits, le législateur a élevé la Poste au rang de garant principal des mesures - en soi modestes - du secteur public en faveur de la diversité de la presse. </p><p>1. La Confédération peut-elle garantir aujourd'hui que la Poste verse réellement le montant de 20 millions de francs prescrit par la loi au titre de l'aide à la presse, à savoir que le rabais est effectivement accordé par rapport aux prix unitaires, valables pour toute la Suisse indépendamment du statut de la presse (différence, pour les quelque 160 titres bénéficiant de rabais au titre de l'aide à la presse, entre les tarifs réellement payés et ceux qui auraient été appliqués s'il n'y avait pas de subventions)? </p><p>2. Actuellement, des majorations de prix pour les prestations supplémentaires (par ex. formats in-plano ou encarts) sont actuellement facturées à la presse locale et régionale - à la différence de ce qui se fait pour la presse non subventionnée ainsi que pour les journaux gratuits - et réduisent donc considérablement l'indemnité de 20 millions de francs versée au titre de l'aide à la presse. Le Conseil fédéral estime-t-il que ces majorations de prix sont compatibles avec le mandat de service public et l'aide à la presse découlant de la loi sur la Poste ?</p><h2>FederalCouncilResponseText<h2><p>1. La Poste soumet chaque année au DETEC les coûts et produits du compte "Journaux", d'où ressortent les différentes catégories de journaux. La Confédération peut ainsi vérifier si les titres souhaités bénéficient effectivement des subventions dans la mesure voulue. Par ailleurs, dans le cadre des informations qu'elle fournit au régulateur postal (PostReg), la Poste soumet le compte "Journaux" à un organe de révision qui transmet le résultat de son examen à PostReg. </p><p>Le Conseil fédéral peut ainsi garantir que la presse régionale et locale est transportée à des tarifs réduits grâce à une aide 20 millions de francs.</p><p>2. Lors des délibérations sur la nouvelle disposition régissant l'aide à la presse qui ont eu lieu en 2007, le Parlement et le Conseil fédéral ont demandé que la Poste maintienne en l'état ses tarifs pour les titres bénéficiant d'une aide malgré une diminution des subventions. Pour cette raison, la Poste a dû, au 1er janvier 2008, reprendre l'ancien système tarifaire prévoyant les majorations de prix en question pour les prestations supplémentaires. Si la Poste avait à l'époque changé de système pour le remplacer par un système tarifaire reflétant les coûts effectifs, les prix finaux auraient augmenté pour les titres subventionnés, contrairement à ce que prévoyait le mandat politique. Dans l'intervalle, la Poste a élaboré un projet de nouveau système tarifaire pour lequel les prix des prestations supplémentaires ont notamment été examinés. Le système tarifaire applicable aux journaux bénéficiant d'une aide et celui applicable à ceux qui n'en bénéficient pas seront si possible harmonisés à cette occasion - naturellement compte tenu de prix inférieurs pour les titres subventionnés. La proposition est examinée par l'association Presse Suisse depuis juillet 2009. Les éditeurs ne se sont toutefois pas encore entendus sur une position commune. La Poste est donc prête à procéder aux changements souhaités, mais elle ne souhaite pas le faire sans l'accord des éditeurs et de l'association Presse Suisse. </p><p>En modifiant les prix des prestations supplémentaires, il faudra cependant veiller à ne pas aggraver le déficit du compte "Journaux" étant donné que la Poste est légalement tenue de couvrir en principe les coûts de tous ses produits et prestations. </p><p>Dans ces conditions, le Conseil fédéral estime que la Confédération n'a actuellement pas de raison de prendre des mesures supplémentaires dans la question des majorations de prix pour les prestations supplémentaires. D'une part, les éditeurs et la Poste sont en train de négocier un nouveau système tarifaire ; de l'autre, l'ensemble du système d'aide à la presse sera de nouveau examiné dans le cadre de la révision totale de la législation postale.</p>  Réponse du Conseil fédéral.