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Peu de Lémaniques savent qu'un des plus grands romanciers en espéranto a vécu de nombreuses années, à Gland, parmi eux. Claude Piron a eu une trajectoire peu commune qui l'a fait passer des cabines d'interprétation des Nations-Unies à la faculté de psychologie de l'Université de Genève où il a donné plusieurs années de cours.
Truculent petit personnage, jamais avare d'une anecdote glânée en Chine, en Amérique du Sud ou en Belgique, il s'est fait connaître pour ses romans policiers et ses nouvelles, dans lesquelles il use et abuse avec délectation des mille et une possibilités poétiques de la langue de Zamenhof.
En bon universitaire, il a également publié quantité d'études scientifiques démontrant avec rigueur les avantages de l'espéranto sur les plans économique, social, diplomatique, psychologique. En vulgarisateur hors pair, il a réuni le fruit de ses réflexions dans un ouvrage très abouti: Le défi des langues (L'Harmattan, 1994).
Dans La bona lingvo (Pro esperanto, 1989), il s'adresse au lectorat espérantophone, de façon très simple, pour faire le bilan des raisons pour lesquelles il y a lieu de qualifier cette langue de "bonne". Ainsi il parvient à faire approcher le génie d'une langue à ses locuteurs au quotidien, qui en profitent, en jouissent parfois, sans en saisir les mécanismes psychologiques:
Comment se fait-il que tous les locuteurs de l'espéranto trouvent la même tournure plus élégante qu'une autre, quand bien même elle est souvent plus éloignée de leur langue d'origine ? Comment se fait-il que nous créons spontanément des mots en espéranto, que nous serions bien incapables de traduire dans notre langue maternelle ? Comment se fait-il que l'intuition soit plus efficace que la rigueur et le bachotage pour bien s'exprimer en espéranto ?
Décidément, il n'y a pas de mauvaises raisons de consacrer quelques heures à apprendre cette langue !
Au cours du mois de décembre, je propose une sorte de calendrier de l'Avent laïc. Chaque jour, une proposition de lecture, censée constituer une fenêtre ouverte sur le monde. Je vais essayer de répartir ces fenêtres sur le plus de façades, de sorte que les points de vue et les panoramas couverts soient aussi variés que possible. Plus d'informations sur cette démarche dans ma note du 1er décembre.