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Opinion L'Uni de Neuchâtel avait prédit la victoire de Trump
Alors que de nombreux instituts de sondage cherchent à comprendre comment ils ont pu se tromper, des informaticiens de l'UNINE avaient anticipé la victoire du candidat républicain depuis le mois d'avril.
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Une équipe de scientifiques de l'Université de Neuchâtel et de l'institut IFAA de Berne, associés à des chercheurs de la Northeastern University de Boston, ont analysé la popularité des candidats via le nombre de requêtes soumises aux moteurs de recherche ou dans les réseaux sociaux.
«En isolant les requêtes envoyées depuis le territoire américain uniquement, nous avons mis en évidence que Donald Trump a suscité un nombre significativement plus important de requêtes qu’Hillary Clinton», explique Jacques Savoy, professeur à l'UNINE, laissant clairement entrevoir une victoire du champ républicain en avril dernier déjà. Qu'on en dise du bien ou du mal, si tout le monde en parle c'est un succès!
Analyse des avis plus difficile
L'approche du Social Media Lab de l'EPFL, qui prédisait la victoire de Mme Clinton (et qui s'est avérée correcte en terme de nombre de voix), se basait de son côté sur les avis exprimés sur les réseaux sociaux.
Cette méthode d'analyse de la «popularité» sur internet pose plusieurs problèmes. Tout d'abord les principaux contributeurs des réseaux sociaux sont les jeunes, qui votent en majorité pour le parti démocrate.
Mais surtout, les opinions négatives ont plus d'ampleur que les positives. «Si vous avez aimé un restaurant, vous allez le recommander à deux ou trois personnes, mais si vous l'avez détesté, vos en parlerez à 20 personnes, c'est une tendance qui complique l'analyse des statistiques», souligne M. Savoy. La quantité de contenus négatifs à propos d'un candidat doit donc être pondéré pour tenter d'anticiper le nombre d'électeurs qui suivront cette opinion...
Un camp républicain divisé
L’analyse du style des discours, des interviews et des retranscriptions de débats télévisés des candidats ont également été pris en compte par l'UNINE. «Lors des primaires, chacun des candidats a beaucoup insisté sur «je» et «moi», donc sur sa personnalité plutôt que sur un programme. Mais on note surtout, chez les républicains, deux pôles se distinguent clairement, celui des sénateurs Ted Cruz et Marco Rubio d'un côté, avec des valeurs chrétiennes très fortes, et celui de M. Trump, plus orienté sur les questions d'argent», explique le professeur.
Le gouvernement ne sera donc pas aux ordres du nouveau président, concluent les chercheurs.
(Le Matin)
Créé: 10.11.2016, 14h08