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1999, 75 min., 35mm, film documentaire. Réalisation Michel Favre
En 1946, au Brésil, Geraldo de Barros découvre l’abstraction à travers la photographie ; ces premiers travaux sont aujourd’hui une référence dans le monde de la photographie.
Sa carrière s’est ensuite orientée vers la peinture et le design. À 56 ans, Geraldo de Barros est un artiste complet et réputé quand il est frappé par une attaque cérébrale. Loin de renoncer à son art, il développe au contraire une exigence conceptuelle croissante qui lui permet de dépasser les limites que lui impose la maladie. À 73 ans, il retourne à la photographie : ce sont désormais les négatifs tirés de cartons d’images de famille qu’il va réarranger, découper, coller sur des plaques de verre ; portraits ou scènes de vacances devenus le matériau de base d’une nouvelle oeuvre originale, les « Sobras », (restes).
L’élaboration de cette série a été suivie dès le début par le cinéaste Michel Favre. Le dialogue instauré par l’artiste entre l’histoire intime des clichés familiers et son dévoilement au public a trouvé un prolongement dans le film SOBRAS EM OBRAS.
« Comment raconter la vie d’un homme? Dans le cas de Geraldo de Barros, la réponse était ardue, puisque ce Brésilien né en 1923 et décédé à soixante-quinze ans a développé des activités dans des domaines différents, du design et de la conception de mobilier à la photographie et à différentes expérimentations, qui ont fait de lui une personnalité de la modernité et de l’abstraction. Actif jusque dans les années ‘90, il procédait alors à des photomontages, des « fotoformas », dans lesquels il inventait des espaces géométriques abstraits et se jouait encore des apparences de la réalité.
Michel Favre a pris le parti d’aborder cette personnalité par cercles concentriques, qui du plus large au plus étroit, en définissent les dimensions. Ainsi, il traite de l’évolution de l’histoire du Brésil, et de son histoire de l’art, dans laquelle de Barros fut une figure de proue. Il se penche également sur les diverses activités de l’artiste, esthétiques et commerciales, et montre dans le détail comment ce dernier redéfinit la présence de l’humain dans un monde en spectaculaire mouvement. Enfin, le cinéaste approche la sphère privée de Geraldo de Barros, et c’est sur ce plan qu’il affirme particulièrement la finesse de son talent. Sans faire violence, il dresse un portrait psychologique et humain qui enrichit la compréhension de l’entier de cette existence. Il est vrai que Michel Favre est l’époux de Fabiana, fille de Geraldo. Ceci donnait un avantage au cinéaste, mais dont il a su tirer parti sans excès. »
Jean Perret, Visions du Réel
Avec Electra Delduque de Barros, Antonio Carelli, Fabiana de Barros, Joana, Cunha Bueno, Paulo Herkenhoff, Lenora de Barros, Augusto de Campos, Hermelindo Fiaminghi, José Soares, Antonio Bioni, Nelson Leirner, Wesley Duke Lee, Charles-Henri Favrod