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Le terme de troubles de la personnalité désigne un modèle de comportement et une manière de vivre et de ressentir les événements qui s’éloignent de manière plus ou moins nette des attentes de l’environnement socioculturel. Les personnes présentant des troubles de la personnalité sont souvent ressenties comme des concitoyens bizarres, des intellectuels un peu toqués, de drôles de citoyens, des contemporains désagréables qui se plaignent de la moindre bagatelle et sont désagréablement pointilleux. Ils sont la plupart du temps pas très souples, ont de la peine à s’adapter et à entretenir des relations. L’élément caractéristique réside dans le fait que les signes reconnus comme anormaux ne se manifestent pas seulement de manière exceptionnelle ou dans certaines circonstances précises, mais sont persistants.
L’évolution des troubles de la personnalité, au sens étroit du terme, débute dès l’enfance. Les symptômes ne deviennent évidents en règle générale seulement à l’âge adulte et touchent typiquement différents secteurs de la vie. Le diagnostic doit être réservé quand il s’agit de sujets jeunes, car il est encore difficile d’évaluer jusqu’à quel point leur modèle de comportement peut encore se modifier.
La limite entre ce qui est considéré comme „traits de caractère normaux“ et les troubles de la personnalité ne peut pas être définie de manière très stricte. Elle se situe dans une zone,
Selon leur degré de gravité, les séquelles d’un trouble de comportement constituent souvent une gêne importante pour entrer en contact avec les autres, en réduisant la capacité de performance de la personne, sa vie professionnelle et sa qualité de vie tout en provoquant pour elle-même et pour son entourage de réelles souffrances. C’est seulement dans de pareilles situations qu’il faudrait parler de troubles de la personnalité.
Les souffrances de l’âme provoquent aussi très souvent des symptômes physiques, en particulier en ce qui concerne l’estomac et le colon ou le coeur et la circulation sanguine, sans oublier les maux de tête, les douleurs dans les membres et les souffrances nerveuses.
La classification des troubles de la personnalité n’est pas uniforme et ne peut pas répondre à toutes les variantes de la pensée humaine et du comportement humain. Les différents troubles présentent souvent des contours beaucoup plus fluides et certaines caractéristiques peuvent exister en même temps sous plusieurs formes. Dans ce cas, et si d’autres souffrances comme les dépressions, les angoisses ou l'abus de drogues (aussi de médicaments) accompagnent des troubles de la personnalité, on parle de comorbidité.
Le regroupement suivant s’appuie sur des symptômes typiques souvent liés et ne dépend pas de la cause.
Il s’agit d’un trouble de la personnalité que les psychologues et les psychiatres diagnostiquent actuellement le plus souvent. Ce trouble se caractérise par un sentiment d’insécurité intérieure, par un changement d’émotion rapide et un manque ou une absence de contrôle des impulsions qui se manifestent par une pleurnicherie, une susceptibilité exagérée ou au contraire par un comportement agressif et querelleur. Ces personnes sont continuellement ballottées entre leurs émotions tout en essayant d’étouffer leurs dispositions. Autres signes fréquents de cet état: la peur d’être abandonné et des efforts continuels pour l’empêcher, un sentiment de vide, un comportement d’autodestruction (voir plus haut), essais très démonstratifs de se suicider et attitude ambivalente vis-à-vis de l’entourage. Elles présentent en même temps et la plupart du temps des signes de dépression, parfois combiné avec d’autres signes de troubles de la personnalité (particulièrement fréquents), de troubles anxieux ou des troubles de l’alimentation (boulimie ou l'anorexie mentale), ainsi que des difficultés dans les relations avec leur partenaire. S’il existe en même temps des signes de troubles dissociatifs de la personnalité («image de soi brisée»), des pensées troublées, des pensées obsessionnelles et des «états de somnolence» sont possibles
Ressenti comme un „comportement asocial“, ce trouble se caractérise par de l’égocentrisme, une incapacité à éprouver de l’empathie ou à se lier avec autrui, une froideur émotionnelle, une irritabilité, une pauvreté en contacts humains et un mépris des normes sociales. Par contre, il manque la peur et le sentiment de culpabilité. La personne ne tire pas la leçon de ses propres erreurs. Il s’ensuit un parcours de vie „sinueux, même tortueux“, un manque d’autocritique, de nombreuses interruptions dans la formation ou la profession, avec comme séquelle des dettes ou un comportement impulsif comme celui d’un toxicomane.
Dans ce cas, c’est un sentiment de dépréciation de soi qui domine, devenant une source permanente de soucis et de peurs. Ce sentiment d’infériorité et d’angoisse ainsi que le refus de toute critique ont pour résultat un isolement social et professionnel, dû à la peur d’entrer en contact avec autrui; ces signes sont également ceux de nombreux troubles de la personnalité. L’éventualité d’une combinaison avec des troubles dus à l’angoisse et à la dépression est dans ce cas imminente.
Ces personnes sont incapables de prendre les décisions quotidiennes les plus banales sans l’approbation d’autrui et vivent continuellement dans l’angoisse d’être abandonnées, car le fait d’être seul leur procure un profond sentiment de malaise. Elles se sentent incompétentes ou non-performantes et craignent de ne pas pouvoir faire face à leurs tâches quotidiennes. Elles sont de ce fait complètement livrées aux décisions des autres, se cramponnent à la personne de leur entourage et cherchent à être continuellement prises en charge. De telles personnes ne relèvent aucun défi et répriment leurs besoins propres. Elles souffrent souvent de dépressions et d’autres symptômes physiques comme les troubles de l’estomac, du colon, de maux de tête et autres souffrances.
Le terme vient du latin «histrio», mime, comédien; on parlait dans le temps de prédisposition histrionique. Les personnes qui souffrent de ce trouble sont intérieurement poussées à se mettre en permanence en avant, éprouvent un besoin exagéré d’être considérées et admirées, dramatisent leur vécu par un comportement théâtral. C’est un peu le comportement du „plaisantin importun ou du guignol pot de colle“.
Aussi sont-elles dépendantes des louanges et de l’approbation d’autrui et souvent facilement influençables. Si l’entourage ne leur procure pas la reconnaissance attendue, elles deviennent agressives et provoquent des conflits; elles ont aussi tendance à se déculpabiliser et à se prendre en pitié.
L’expression vient de Narcisse, un beau jeune-homme de la mythologie grecque qui est tombé amoureux de sa propre image. Ces personnes sont toujours occupées d’elles-mêmes, leur propre personne est toujours à l’avant plan, la perception de la réalité et le sentiment personnel peuvent varier d’une extrême à l’autre, entre l’amour exagéré de soi et un certain sentiment de supériorité („je suis le meilleur, le plus grand“) et une incapacité d’éprouver de l’empathie pour d’autres. L’entourage ressent un tel comportement comme égocentrique.
En phase d’admiration de soi, elles ne supportent que difficilement la critique, veulent être admirées par les autres et confirmées dans ce qu’elles font. Après une humiliation, leur humeur peut changer du tout au tout et se transformer en un sentiment de dépréciation de soi pouvant même se transformer en dépression.
Ces personnes éprouvent des envies irrésistibles, sont par exemple pointilleuses et perfectionnistes, ont un grand besoin d’ordre et de propreté. Ces pensées et ces actions compulsives, comme le besoin de compter ou de laver, servent à les rassurer et à prouver que leur idée d’ordre s’est réalisée. Elles ne parviennent pas à changer de comportement, alors qu’elles l’éprouvent elles-mêmes comme désagréable et étrange. Les événements imprévus et le fait de s’écarter du plan prévu ou de la manière dont les choses doivent se dérouler déclenchent en elles une grande angoisse et elles ont beaucoup de peine à réagir de manière adaptée aux changements de situation.
Les personnes qui présentent ce trouble ont une attitude froide et distante, elles sont introverties, ont de la difficulté à manifester leurs émotions et leurs sentiments ou bien les refoulent. Elles n’ont pas de relations stables et durables et recherchent l’isolement. Une personne qui manifeste de telles tendances est souvent un „personnage aigri et solitaire“, il ne s’agit nullement de l’ermite à motivation religieuse dont la relation se situe dans la sphère transcendantale.
L’élément caractéristique est la méfiance. Les personnes paranoïdes pensent continuellement qu’on est en train de les tromper ou de leur causer des dommages. Très souvent elles fuient leur entourage. Elles vivent les rencontres et les situations comme hostiles ou humiliantes, car elles interprètent tout comme source de conflit. Autre élément caractéristique, une jalousie morbide. Elles ont tendance à se surévaluer, ne reconnaissent guère leurs propres erreurs, car ce sont toujours les autres qui ont tort et ces personnes se mettent parfois à faire des reproches aux autres, ouvertement ou en cachette, et à les accuser.
Il faut toujours prendre au sérieux les remarques et les commentaires de l’entourage immédiat, les entretiens de qualification, la critique venant de l’extérieur. En particulier lorsque ces réserves sont exprimées de différents côtés et de manière répétée. Il faudrait se demander calmement s’il y a „anguille sous roche“.
S’il faut finalement conclure qu’il s’agit d’une maladie et que la situation est ressentie comme pesante, il est raisonnable de faire appel à une personne compétente. Cela est particulièrement valable si la mise en danger de soi ou d’autrui n’est pas à exclure. En cas de crises sérieuses et de conflits, un traitement médical spécial est indiqué, parfois même une psychothérapie en milieu hospitalier.