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Dans un paysage mythique à la beauté grandiose et aux espaces infinis, un vieux maître aveugle va de village en village jouant et chantant ses airs de banjo. Toute sa vie, il s'est rattaché à un espoir que lui donna son maître agonisant, il y a soixante ans: lorsqu'il aura rompu la millième corde de son sanxian (banjo à trois cordes chinois), il pourra recouvrer la vue. Son jeune disciple, aveugle lui aussi, se préoccupe moins de cet espoir lointain que de l'amour immédiat qu'il partage avec une jeune fille du village. Il y a aussi l'aubergiste, dont le visage impassible ressemble fort à la statue se trouvant dans l'ermitage du vieil artiste. Est-il Dieu? Est-il la Mort ou le Destin? Peut-être un peu de tout cela.
Un des plus talentueux cinéastes chinois de la Cinquième génération, Chen Kaige a réalisé une élégie poétique entre l'eau et le sable, le ciel et la terre: un cinéma d'une telle beauté qu'il donne plus à voir au coeur qu'aux yeux. Cette profonde sensibilité, alliée à une maîtrise de son art, nous interroge sur la nécessité d'un but, d'une foi: contraste entre le maître totalement pris par sa musique et l'espoir d'un monde meilleur et le jeune disciple voulant jouir du moment présent, de l'amour tout de suite. «Life on a string» est un conte merveilleux, d'une très grande beauté plastique, qui raconte l'itinéraire d'un «saint» jusqu'au dernier niveau du nirvana spiritue