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Une enquête parlementaire va déterminer si des tests réalisés sur des tiques auraient pu conduire à la propagation de la maladie de Lyme.
L’armée américaine aurait-elle quelque chose à voir avec la propagation de la maladie de Lyme ? Les élus de la Chambre des représentants ont approuvé jeudi 11 juillet, un amendement demandant à l’Inspection générale un rapport sur des tests menés entre 1950 et 1975 visant à utiliser des tiques et d’autres insectes comme armes biologiques. Mais surtout, ils cherchent à savoir si ces expériences ont eu un impact sur la propagation de la maladie de Lyme à travers le monde.
Le représentant républicain du New Jersey, Chris Smith, est à l’origine de cet amendement, qui bien qu’adopté par la Chambre des députés, doit encore passer au Sénat.
Des recherches pour « transformer les tiques et autres insectes en armes biologiques »
L’homme veut lever le voile sur ce mystère alors qu’« un certain nombre de livres et d’articles suggèrent que des recherches importantes ont été faites sur des sites du gouvernement américain pour transformer les tiques et autres insectes en armes biologiques ». « Si c’est vrai, quels étaient les paramètres du programme ? Qui l’a commandé ? », a demandé Chris Smith durant le débat à la Chambre des représentants.
La maladie de Lyme est transmise par des tiques qui sont contaminées par des bactéries et qui vivent dans des zones tempérées, humides et boisées. Elle toucherait plusieurs millions de personnes, qui souffrent en conséquence d’arthrite rhumatoïde juvénile. La France a noté une « augmentation significative » du nombre de cas de maladie de Lyme entre 2017 et 2018 (104 cas pour 100 000 habitants en 2018 contre 69 cas pour 100 000 en 2017).
Premier cas identifié à Lyme
Le premier cas est identifié dans les années 1970 aux Etats-Unis dans la ville de Lyme. A 15 kilomètres seulement de celle-ci se trouve un laboratoire du gouvernement américain, le Plum Island Animal Disease Center. Ce dernier n’a ouvert ses portes aux médias qu’en 1992 et ses activités sont longtemps restées secrètes.
Dans un livre paru en mai dernier, d’ailleurs cité par le républicain Smith, une scientifique de l’université Stanford et ancienne maladie de Lyme, Kris Newby, assure que l’épidémie provient d’une expérience militaire qui aurait mal tourné. L’auteure cite notamment Willy Burgdorfer, un scientifique suisse naturalisé américain qui a identifié en 1981 l’agent infectieux portant aujourd’hui son nom (« Borrelia burgdorferi »).
D’après « The Guardian », Willy Burgdorfer, décédé en 2014, a travaillé comme chercheur sur les armes biologiques pour l’armée américaine. Il a déclaré avoir été chargé d’élever des puces, des tiques, des moustiques et d’autres insectes suceurs de sang, et de les infecter avec des agents pathogènes qui causent des maladies humaines.
Une expérience qui aurait mal tourné
Toujours selon le livre de Kris Newby, des programmes visaient à larguer des tiques et d’autres insectes infectés depuis les airs. Des insectes non-infectés auraient été lâchés dans des zones résidentielles aux Etats-Unis afin de retracer leur propagation. Selon les propos de Willy Burgdorfer repris par la scientifique, cette expérience aurait pu mal tourner et mener à la propagation de la maladie de Lyme aux Etats-Unis.
L’enquête parlementaire a pour but d’évaluer la portée de cette expérience et des autres tests réalisés mais également de déterminer « si des tiques ou des insectes utilisés dans une telle expérience ont été rejetés à l’extérieur d’un laboratoire par accident ou si cela faisait partie de l’expérience ».
Source l’OBS
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