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Afin d’uniformiser toutes les formes de langage inclusif au sein de l’EPFL, la Direction a adopté trois principes de base. Ils sont classés dans un ordre hiérarchique : le premier correspond au plus recommandé.
1- Privilégier la forme épicène
- Les étudiants (sous-entendu groupe mixte) devient Le corps estudiantin
Un langage est épicène lorsqu’il n’y a pas de marqueur de genre. Un mot épicène peut désigner indifféremment le féminin, le masculin ou le neutre. La forme épicène se démarque par sa capacité à inclure toute personne.
- Les étudiants devient Le corps estudiantin
- Les collaborateurs devient Le personnel
- Les chercheurs devient L’équipe de recherche
A l’oral :
- Tout le monde se sent représenté.
- La communication paraît plus fluide.
A l’écrit :
- La lecture paraît fluide.
- Elle n’est pas une difficulté supplémentaire pour les personnes qui présentent une dyslexie ou un trouble de la lecture / de l’apprentissage.
- Sa lecture paraît plus aisée / fluide pour les personnes non francophones/en apprentissage du français.
- On dit que c’est la forme qui « dénature » le moins la langue française.
A l’oral :
- Il s’agit d’un exercice de français. Il faut se déshabituer de l’usage de certains termes et en privilégier d’autres.
A l’écrit :
- Nécessite de bonnes capacités rédactionnelles.
- Les personnes non francophones peuvent voir cette forme de rédaction comme un obstacle.
2- Utiliser le doublet féminin-masculin lorsque des formulations épicènes ne sont pas envisageables
- Les étudiants (sous-entendu groupe mixte) devient Les étudiantes et les étudiants
On parle de “doublet féminin-masculin” , lorsqu’on présente conjointement la forme féminine et masculine. Il est alors nécessaire de féminiser ou masculiniser tous les corps de métiers, fonctions et autres activités.
Le féminin précède le masculin dans la suite des mots genrés, non pas par galanterie, mais notamment pour :
- Donner une meilleure visibilité au genre féminin et ainsi, prévenir l’usage prédominant du masculin générique pour désigner des groupes mixtes.
- Restreindre la primauté du masculin dans l’ordre de présentation des suites de mots genrés.
- Les étudiants devient Les étudiantes et les étudiants
- Les collaborateurs devient Les collaboratrices et les collaborateurs
- Les chercheurs devient Les chercheuses et les chercheurs OU Les chercheures et les chercheurs
- Lutte contre la hiérarchie des mots. En effet, on confère plus d’importance et de pertinence au mot placé en premier.
- Lutte contre la perpétuation de certains stéréotypes. En effet, l’ordre de présentation des mots est un moyen d’exprimer et de perpétuer des stéréotypes.
- Lutte contre le masculin qui est majoritairement présenté en premier, car perçu comme référent, donc plus pertinent. Dans le domaine scolaire par exemple, les femmes sont perçues comme plus pertinentes, elles sont alors présentées en premier.
- Lutte contre la reproduction collective d’un certain ordre de présentation, tel un motif. Exemples de motifs : hommes et femmes ; mari et femme ; Messieurs-Dames ; Madame, Monsieur ; Frères et sœurs ; Adam et Eve ; Tristan et Iseult ; Sartre et Beauvoir ; Pierre et Marie Curie ; Rodin et Claudel
- Lutte contre l’asymétrie dans le langage causé par la primauté du masculin sur le féminin.
- C’est une forme qui permet de se représenter les femmes dans nos projections mentales.
- Puisque les deux genres sont représentés, il n’y a pas d’ambiguïté dans notre système cognitif (en réaction au masculin générique).
- C’est une forme très binaire, elle se limite aux genres féminin et masculin.
- Les doublets dans une même phrase peuvent alourdir le texte et nuire à la rapidité de sa lecture.
3- N’utiliser la forme contractée du doublet féminin-masculin qu’en dernier recours
- Les étudiants (sous-entendu groupe mixte) devient Les étudiant·es
Cette forme présente simultanément le masculin et le féminin. Elle se compose d’un mot au masculin relié au suffixe féminin par un point médian. A noter qu’afin d’éviter l’usage d’un second point médian, le pluriel est collé à la forme féminine.
Il existe de nombreuses formes contractées en français, l’ajout d’un x est de plus en plus courant, notamment pour inclure les personnes qui ne se reconnaissent pas dans la binarité des genres.
- Les étudiants devient Les étudiant·es
- Les collaborateurs devient Les collaborateur·trices
- Les chercheurs devient Les chercheur·euses OU Les chercheur·es
- C’est une forme plus courte que le doublet féminin-masculin (principe n°2).
- Parce qu’elle est courte, elle permet de représenter le féminin et le masculin même dans les contextes où il y a une limitation de caractères (rubriques internet, onglets, titres, etc.)
- L’adaptation à la lecture est plutôt facile et rapide (pour autant qu’on ne présente pas de troubles de la lecture ou de l’apprentissage).
- Tout le monde se sent représenté.
- C’est une forme à la mode qui gagne en sympathie.
- C’est une forme qui semble moins adaptée aux masculins et féminins qui n’ont pas une orthographe proche.
- C’est une difficulté supplémentaire pour les personnes qui présentent une dyslexie ou un trouble de la lecture/de l’apprentissage.
- Ce n’est pas une forme adéquate pour les personnes malvoyantes et/ou qui utilisent un lecteur d’écran.
- Peut être considérée par certaines personnes comme une forme «illisible», «inesthétique» ou qui «déforme la langue française».
- Son adaptation à l’oral n’est pas aisée.
Accord des adjectifs, déterminants et participes passés
Afin de fluidifier les textes rédigés de manière plus inclusive, la Direction a adopté l’accord de proximité. Il s’applique aux adjectifs, déterminants et participes passés.
1- Privilégier l’accord de proximité
- De nombreux étudiants étrangers sont inscrits au cours d’introduction. (sous-entendu groupe mixte) devient De nombreuses étudiantes et étudiants étrangers sont inscrits au cours d’introduction.
L’accord de proximité, aussi appelé accord de voisinage, est un accord grammatical qui consiste en l’accord de l’adjectif, du déterminant et/ou du participe passé en genre et en nombre avec le nom qui se situe au plus proche et qu’il qualifie.
Bien que la règle “le masculin l’emporte sur le féminin” soit la plus enseignée dans les écoles, la règle de l’accord de proximité n’a jamais disparue pour autant. Elle semble d’ailleurs plus naturelle à l’oreille.
A noter que la règle de proximité peut s’appliquer pour l’accord de tout mot, déterminant ou participe passé. Ainsi, n’hésitez plus à rédiger vos textes en adoptant cet accord.
- De nombreux étudiants étrangers sont inscrits au cours d’introduction. devient De nombreuses étudiantes et étudiants étrangers sont inscrits au cours d’introduction.
- Les célèbres chimistes américains seront les invités d’honneur. devient Les célèbres chimistes américaines et américains seront les invitées et invités d’honneur.
- Tous les collaborateurs sont priés de lire la nouvelle directive. devient Toutes les collaboratrices et les collaborateurs sont priés de lire la nouvelle directive.¹
¹Il est également possible de privilégier une forme épicène : L’ensemble du personnel est prié de lire la nouvelle directive.