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|Remarque : ceci est un travail de maturité = baccalauréat.

Pour valoriser le travail de l'élève, il apparaît ici tel que rendu au final.
Il n'a pas de caution médicale, ou autre, et, bien que cette éléve ait fait un travail acceptable ou bon dans le contexte scolaire, il ne peut prétendre être une source fiable d'informations notamment pour les familles et les personnes handicapées !
Résumé du travail et conclusions :
Mon travail de maturité porte sur l'intégration des handicapés dans la société. Je me suis intéressée à un seul cas de figure car cela m'a permis d'approfondir mes réflexion à ce sujet. Ce travail fournira donc une réponse qui n'est pas universelle. Mon étude portera donc sur un enfant de 12 ans, Alexandre; qui est porteur de la trisomie21. Je l'ai suivi durant six demies matinées dans sa classe de 5ème primaire, dite standard. J'ai essayé, par des observations faites antérieurement, d'analyser son comportement au quotidien. Je me suis tout particulièrement intéressée aux relations qu'il entretient avec ses camarades ainsi qu'avec son professeur et l'attitude qu'il a face au travail.
Pour pouvoir répondre à la question, s'il est intégré ou non dans cette classe , je me suis appuyée sur une définition de Louis Vaney, professeur des sciences de l'éducation mais aussi à la faculté de psychologie de Genève. Il est évident que la réponse à cette question ne se résume pas par un oui ou un non définitif. En ce qui concerne le domaine intellectuel, Alexandre n'est que partiellement intégré. Il lui est en effet, malgré les aménagement mis à sa disposition, impossible de suivre le même programme que les autres enfants. Par contre , en ce concerne l'intégration d'un point de vue social, Alexandre est parfaitement intégré dans cette classe.

Table des matières
Dans une société telle que la nôtre, qui recherche toujours l'homogénéité, l'individu doit en permanence se conformer à des normes. Tout lui est dicté par la société: les métiers, la mode, la manière de consommer et même la façon de penser, le regard qu'il porte sur le beau, le laid ou le bien. Mais il y a toujours des gens qui, par conviction personnelle ou parce qu'ils n'ont pas le choix, deviennent des hors-la-loi, des marginaux. Parmi elles, j'ai choisi de parler des personnes handicapées mentales. Pourquoi? Parce qu'elles n'ont pas eu les mêmes chances de départ que nous.
Mon travail de maturité portera donc sur l'intégration d'une personne handicapée mentale dans la société actuelle. J'ai choisi d'observer un enfant dans le cadre qui semble être le plus propice à son intégration, la classe dans laquelle il se rend chaque jour. Il est important de préciser que c'est une école primaire publique dite normale.
Je vais parler dans mon travail d'un type d'intégration précis, celui du milieu scolaire. L'école est en principe un lieu approprié pour le développement intellectuel et social des individus. Elle est donc un outil de progression pour tous, quelles que soient les caractéristiques spécifiques de chacun. Il est donc normal qu'une personne porteuse d'un handicap ait les mêmes droits qu'un autre être humain. Néanmoins, l'intégration ne va pas de soi et il faut un certain nombre d'aménagements de part et d'autre pour que cette intégration soit possible et utile.
Dans l'approche méthodologique, j'ai décidé de limiter mon étude à une personne précise, un jeune garçon de 12 ans porteur de la Trisomie 21, qui est scolarisé entre autre dans une classe primaire dite standard. Je vais donc me focaliser sur un seul type de handicap. Il est néanmoins important de préciser qu'au sein d'un même handicap les degrés d'infirmité varient selon les individus. J'ai préféré centrer mon travail sur une seule personne pour que mon étude soit plus approfondie que si je parlais un peu de plusieurs cas. Il faut prendre mon travail comme élément de réflexion et non comme une réponse universelle à des interrogations.
De même, plusieurs étapes sont nécessaires pour mener à bien mon projet. Tout d'abord, il faudra définir ce qu'est la trisomie 21 et les effets qu'elle exerce sur les individus qui en sont atteints. Il s'agira aussi de préciser ce que dit la loi à cet égard et les raisons qui ont conduit à permettre aux enfants handicapés de suivre une scolarité.
Au plan méthodologique, j'ai établi un cadre théorique d'observation: prise de notes, présentation des résultats sous forme de tableaux et attitude d'observation en classe.
Enfin, l'analyse des différents tableaux issus de l'observation permettra peut-être de répondre à cette question: Alexandre est-il correctement intégré dans cette classe, comme la loi l'y autorise et cette intégration est-elle susceptible de lui être bénéfique ?
1. Cadrage théorique
- Effets biologiques
La trisomie (ou syndrome de Down) est une maladie génétique. La cause en est l'aneuploïde, c'est à dire l'absence ou le rajout d'un chromosome. Dans le cas de la trisomie, il s'agit de la présence d'un chromosome supplémentaire à la paire 21, d'où le terme couramment utilisé de trisomie 21. Cette personne possède donc trois chromosomes 21 car généralement l'ovule de la mère portait deux chromosomes aux lieux d'un seul. Le problème survient lors de la méiose (division des cellules sexuelles qui s'effectue en deux étapes) où les chromatides ne se séparent pas entièrement et vont donc occuper la même cellule fille. Il existe néanmoins une possibilité pour détecter certaines anomalies du fétus. Grâce à une amniocentèse (prélèvement du liquide amniotique) il sera possible d'établir son caryotype (après avoir photographié les chromosomes, on classe les paires homologues suivant leur taille et forme). C'est ensuite au couple de décider de garder ou non le fœtus. La personne porteuse de ce handicap a un phénotype caractéristique: petite taille, doigts boudinés, grand écart entre les deux premiers orteils, yeux en amande, tête arrondie. D'un point de vue médical, ces personnes peuvent avoir des malformations cardiaques, une plus grande sensibilité aux infections respiratoires, une durée de vie faible, une stérilité pour un bon nombre d'entre eux ainsi qu'un QI (quotient intellectuel) inférieur à la moyenne.
(Voir bibliographie n°1)
- Effets socio-intellectuels
Au point de vue physique, l'action bimanuelle est difficile et la coordination oculo-manuelle présente des troubles. Par contre, les personnes trisomiques ont une préhension souvent plus fine (faculté de saisir, de prendre quelque chose) que les gens non atteint de ce handicap. En ce qui concerne la faculté intellectuelle, qui intervient surtout dans le cadre scolaire, l'orientation dans le temps et dans l'espace est mal perçue. Ils n'ont pas une anticipation spontanée, il faut leur suggérer une action pour qu'ils l'exécutent. Ils ont aussi des problèmes d'attention et de discrimination de l'information; plus exactement, ils n'ont pas développé d'esprit critique, il leur est donc difficile de forger leurs propres pensées. En ce qui concerne leur mémoire, elle n'est pas bonne à long terme; par contre elle l'est pour tous les évènements récents. Pour eux, il n'y a pas non plus de logique procédurale dans une action. En revanche, ils sont parfaitement conscients de leurs limites et donc aussi de leurs différences. Dans le domaine affectif, mis à part le manque d'autonomie, ils ont de l'intérêt pour les autres, de la persévérance (qui est renforcée par leur préhension fine), de l'initiative ainsi que le sens des responsabilités. Pour finir, le langage, entre autre la compréhension écrite et symbolique ainsi que l'expression écrite, est variable selon les cas.
(Voir bibliographie n°2)
- Limites de capacité dans tous les domaines
La trisomie 21 entraîne une certaine inaptitude à assumer un rôle dans la société. Tout individu exécute un certain nombre de rôles en fonction de la situation dans laquelle il est (rôle d'étudiant, rôle d'enfants, rôle professionnel). Le rôle est le comportement attendu d'un individu dans la société. Pour les raisons citées ci-dessus (effets biologiques et socio-intellectuels), le porteur de la trisomie 21 est dans l'incapacité d'assumer la plupart des rôles.
Par sa mauvaise orientation dans l'espace cette personne sera par exemple inapte à se rendre à son lieu de travail, à l'école ou tout simplement chez elle. Ceci la contraint d'être en permanence accompagnée. L'autonomie dans ce cas précis est donc difficile à acquérir alors que la société attend justement des individus qu'ils ne soient pas assistés en permanence. Sur un plan social, les règles de base comme saluer quelqu'un, enlever sa casquette devant une personne ou encore tenir une porte ou laisser une vieille dame s'asseoir dans le bus ne sont pas toutes acquises. Son comportement face à ces situations ne correspond pas aux exigences de la société.
- Classification internationale du handicap (ONU-UNESCO)
Il est important de bien distinguer la différence entre le handicape mental et la maladie mentale. "Est appelé handicapé celui dont l'intégrité physique ou mentale est progressivement ou définitivement diminuée, soit congénitalement, soit sous l'effet de l'âge, d'une maladie ou d'un accident, en sorte que son autonomie, son aptitude à fréquenter l'école ou à occuper un emploi s'en trouve compromise". "Le handicap mental est donc une déficience des capacités intellectuelles tandis que la maladie mentale porte souvent le nom de névrose ou troubles du psychisme. Cependant, certaines personnes handicapées mentales "souffrent de surcroît de troubles du comportement, de troubles de la personnalité, voire d'une psychose"".
(Voir bibliographie n°3 et n°4)
- Qu'est ce que l'intégration scolaire et sociale? "L'aide à l'intégration consiste à accompagner le jeune afin de favoriser sa participation et sa socialisation dans les milieux de vie ordinaires, à différents niveaux: familial, scolaire (ordinaire ou spécialisé), social, sportif, culturel, thérapeutique, professionnel. Une autre définition, plus générale, décrit l'intégration comme une "opération par laquelle un individu ou un groupe s'incorpore dans une collectivité." Ceci laisse à présager que seul l'individu doit fournit un effort pour assumer les rôles qu'on attend de lui. (Voir bibliographie n°5et n°6)
- La loi, les conditions officielles de l'intégration
L'article 4 de la loi sur l'Instruction Publique (Références: voir feuille annexe n°1 du Département de l'Instruction Publique) donne droit à tout individu de bénéficier d'un cadre scolaire public. L'école doit donc mettre en place une structure adéquate pour que les élèves puissent acquérir leurs connaissances dans les conditions les plus favorisantes à leurs apprentissages. Elle aidera aussi les écoliers à trouver leur propre personnalité ainsi qu'à se développer dans différents domaines comme la créativité, les aptitudes intellectuelles, manuelles, physiques et artistiques. L'école s'engage aussi à les préparer à une participation à la vie sociale, culturelle, civique, politique et économique du pays et à aiguiser leur capacité de discernement et d'indépendance de jugement. Au plan social, elle responsabilisera chaque enfant dans la place qu'il occupe dans la société en le sensibilisant au respect d'autrui ainsi qu'à l'esprit de solidarité. Pour finir l'école tente de rétablir les inégalités de chance entre les élèves ainsi que de respecter l'orientation future de l'élève. Cet article permet donc à tous les enfants quelques soient leurs différences d'accéder à l'éducation. Cet encadrement lui permettra d'évoluer dans les diverses disciplines citées ci-dessous, qui vont l'aider à être plus autonome et donc participer plus à la vie sociale. Il est important de signaler que ces lois s'appuient sur différents principes: l'éthique, l'efficacité psychopédagogique(dans le cadre d'une classe), l'intégration sociale et les faits économiques. (Voir bibliographie n°7)
- Au plan de l'éthique
La loi autorise tout personne à bénéficier des installations scolaires (voir la loi, les conditions officielles de l'intégration). En tant que citoyen en difficulté, on peut s'attendre à un soutien de la population, ce qui peut être considéré comme de la solidarité. Il ne faut surtout pas considérer les personnes porteuses d'un handicap comme inférieures à un individu en bonne santé. Cette différence quelle qu'elle soit apporte à l'entourage une grande richesse. D'autre part l'intégration doit permettre à la personne handicapée de saisir le monde dans sa vraie réalité.
- L'efficacité psychopédagogique
Le premier effet de la socialisation devrait permettre à l'individu d'assimiler les valeurs et les normes. Le fait d'être dans une communauté va le stimuler à entreprendre ou à persister dans une activité, car il considère ses pairs comme des modèles à suivre. Ceci va donc augmenter son indépendance. L'école lui permettrait d'assumer certains rôles comme arriver à l'heure, avoir un comportement adéquat lors des cours, écouter ses camarades ou encore converser avec eux. Tous ces exemples exigent de lui une responsabilité; tout individu à besoin de se sentir utile et donc avoir l'estime de soi.
- D'un point de vue psychosocial
La distance stigmatise la différence alors qu'il est de notre devoir d'accepter cette différence pour que cette personne qui est un être comme les autres soit reconnue. Il faut bien voir que la différence est minime, comparée aux nombreuses similitudes, et que cette caractéristique même peut être un avantage. Prenons le cas d'une classe standard où il y aurait un handicapé mental: les élèves, par la présence de ce camarade particulier, apprendront ce qu'est la tolérance et le respect en général envers une personne en difficulté. Ils devront surmonter leurs préjugés, leurs peurs, pour l'aider dans diverses tâches; ils vont devenir plus responsables et relativiser leurs problèmes. Pour la personne porteuse d'un handicap, être dans une classe dite normale lui permettra d'avoir des contacts sociaux, voire même amicaux. Elle se rendra aussi compte de sa différence et pourra ainsi créer sa propre identité.- Dans les faits économiques
L'Etat finance la scolarité de tous les enfants. Lorsqu'il s'agit d'un enfant ayant besoin d'une structure plus appropriée à ses besoins, l'Etat prend en compte cette demande en le plaçant dans une institution spécialisée. Ces institutions sont néanmoins coûteuses, elles ne reçoivent donc que les personnes qui en ont vraiment besoin. Leur principal objectif est que l'individu acquiert une certaine indépendance, car l'assistance et la dépendance coûtent cher à long terme. En le plaçant aussi partiellement dans une institution publique, on réduit les frais; il est par contre nécessaire que les deux établissements aient des contacts permanents pour éviter les doublons. L'institution spécialisée se chargera par exemple de lui donner des cours d'orthophonie tandis que l'institution publique développera son sens de la collectivité.
- Contexte d'intégration
Alexandre est un garçon de douze ans, porteur d'une maladie génétique, la trisomie 21. Il est à environ 40% dans un centre spécialisé pour les enfants porteurs d'un handicap, le centre des Voirons, où les activités proposées touchent plutôt le domaine de la médecine. En effet des entretiens avec un psychologue sont prévus, ainsi que des séances de d'ergothérapie. Le reste du temps il est dans une classe standard de 5ème primaire, l'école des Tilènes. Les activités proposées permettent à cet enfant de développer le langage grâce au théâtre par exemple, la créativité par le dessin et l'habileté physique. Mais surtout l'entourage d'enfants dits normaux est un stimulant pour Alexandre. De plus tous les lundis matins, Madeleine, une enseignante spécialisée, travaille avec lui dans la classe.
- Problématique: est-ce qu'Alexandre est intégré?
La question principale de mon travail est de savoir si Alexandre est intégré ou non dans sa classe primaire dite standard. Pour répondre à cette question, je vais donc m'intéresser aux moyens mis à sa disposition, que ce soit dans le comportement de son entourage ou dans le domaine matériel. Néanmoins, il me semble important de préciser que, si l'on veut que l'inté-gration réussisse, il faut que les deux parties y participent activement. C'est pour cela que je vais aussi beaucoup m'intéresser au comportement d'Alexandre. J'ai décidé de m'appuyer sur une définition de Louis Vaney pour savoir si Alexandre est intégré ou non.
Pour Louis Vaney, qui travaille à l'université de Genève en tant que professeur des sciences de l'éducation mais aussi à la faculté de psychologie, l'intégration serait "une situation idéale, toujours en recherche d'équilibre(à reconstruire). C'est jouer des rôles adaptés si nécessaire, partagés dans des conditions et un environnement adaptés(si cela est indispensable). Des appuis et des adaptations sont donc fournis. L'adaptation et l'enrichissement sont réciproques. C'est un équilibre entre le droit et le devoir de ressemblance et la reconnaissance de la différence". (Voir bibliographie°2)
2. Repères méthodologiques
A ce stade de mon travail, il me semble important de signaler que l'observation n'est pas une science exacte. En effet, il est difficile de recenser toutes les informations tellement on est submergé par tout ce que l'on voit. De plus, la différenciation entre un fait pur et son interprétation n'est pas toujours évidente. Bien que ce soit deux choses bien distinctes, on n'arrive pas toujours à garder un œil objectif sur la situation et à ne prendre que les faits sans essayer de comprendre ce qui s'est passé. Dans bien des cas, l'analyse est aussi pure spéculation intellectuelle. Il serait présomptueux de ma part de prétendre comprendre les réactions de cet enfant sans le connaître profondément, ce que je ne pourrais jamais faire. De plus, on est définitivement incapable d'être à la place d'autrui: on n'est donc jamais totalement capable de comprendre et d'expliquer les différentes attitudes d'une personne. Mon analyse sera donc essentiellement un ensemble de suppositions et d'hypothèses que les quelques observations que je ferai confirmeront ou infirmeront.
- Cadre de l'observation
En ce qui concerne la prise de notes lors des observations, j'ai opté pour une grille de références. Il m'a semblé important de clarifier au maximum la transcription de tout ce dont je pouvais être témoin. Cette grille reprend les points essentiels du cadrage théorique, sur lequel je vais me baser tout au long de ce travail: limites de capacité, socialisation, psychopédagogie, conditions générales de l'intégration. L'avantage de cette approche est de donner une ligne de conduite à mon observation, de façon à ne pas m'égarer. Cette démarche me permettra aussi de mettre en évidence un certain nombre de remarques et, qui sait, de faire un lien entre elles. Par ces tableaux, le lecteur devrait avoir une vue d'ensemble des observations essentielles.
- Conditions de l'observation
Pour ce qui est de la préservation de l'anonymat de cet enfant, son enseignant m'a demandé de ne pas mentionner son prénom, ni l'école qu'il fréquente: j'utiliserai donc des noms fictifs (Alexandre, école des Tilènes). De plus, je serai introduite dans sa classe en tant que stagiaire, pour éviter tout changement de comportement chez Alexandre ainsi que chez les autres enfants. En effet, il est important qu'il ne se sente pas observé car cela pourrait fausser toute constatation à son sujet. Une participation ainsi qu'une interactivité avec la classe en général me permettra en outre de me familiariser avec son milieu. L'attention que je porterai à ses camarades est très importante puisque mon sujet traite sur "l'acceptation" ou non d'une personne porteuse d'un handicap au sein d'un groupe.
J'ai reçu l'autorisation d'agir librement dans la classe: me déplacer, interroger les enfants, les aider dans leurs exercices et toute autre activité qui me semble utile. Comme stagiaire, je ne dois pas rester passive pour mieux m'intégrer à la classe. Cette liberté risque de me faire oublier les observations. De plus, comme je suis impliquée dans les situations, je ne suis pas certaine de pouvoir rester objective. Par contre, en étant dans l'action, je peux mieux comprendre certaines réactions. En outre, il est impératif que je garde une relative neutralité (pas de jugements personnels) vis-à-vis d'Alexandre. En effet, il doit toujours y avoir une certaine distance entre l'observé et l'observant afin de garantir l'objectivité de la situation.
- La prise de notes instantanée
J'ai déjà décrit précédemment de quelle manière je voulais retranscrire mes observations (conditions de l'intégration), il ne me reste plus qu'à expliquer les "moyens" que je vais utiliser. J'ai choisi de noter tout ce que j'observais au fur et à mesure. C'est un travail astreignant et long mais qui a l'avantage de ne rien oublier. Néanmoins, il nous détache un peu des situations vécues et ce n'est pas toujours possible de le faire sur le moment. De plus, cette manière de procéder manque de recul car en écrivant tout ce qui se passe, on ne fait pas la part des choses importantes de celles qui le sont moins. A la fin, il y a un gros travail de tri à faire.
- La fréquence
Après maintes réflexions j'ai décidé de diviser en deux les séances d'observation. La première se fera durant la semaine du 29 mars. Je serai parmi eux trois demies journées. Je suppose que cette première observation sera dite spontanée. La seconde en revanche s'effectuera autour de mi-juin et sera donc plus ciblée. Le temps d'intervalle entre les deux m'aura, du moins je l'espère, laissé le temps d'assimiler les premières informations et donc de me focaliser plus précisément sur les éléments les plus importants.
3. ObservationsL'observation proprement dite n'est pas une liste d'observations exhaustive. En effet, il est impossible et bien inutile de rédiger la totalité des observations effectuées. J'ai donc préféré décrire ci-dessous l'essentiel des activités de cet enfant. Certains détails (qu'il soit droitier par exemple) n'apparaîtront que plus tard, au moment de l'analyse mais que s'ils sont indispensables. De même, il y a certaines observations que j'ai gardées en mémoire car il est impossible de tout noter sur le moment.-1ère série d'observations
Séance no 1
Lundi 29 mars, de 8 heures à 11 heures 30. Alexandre arrive avec un quart d'heure de retard. Il me dit bonjour d'une façon spontanée et va se mettre à sa place. Une dame, Madeleine, va l'assister tout le matin, c'est son institutrice spécialisée, détachée par le Service Médico-pédagogique du DIP. Elle l'aide à sortir ses affaires du cartable. Il apporte les devoirs qu'il a fait à son maître. Le professeur lui fait un compliment sur sa prestation d'acteur(il avait prétendu être malade car il ne voulait pas travailler). Il rit et tape sur la table. Il fait de la lecture avec Madeleine. Il décompose les mots en syllabes. Il est distrait par ses camarades. Il fait parfois des mouvements de la bouche (l'ouvre, la ferme, claque de la langue) et a tendance à produire des petits cris. Le professeur me demande de travailler avec lui l'ordre de grandeur (il s'agit de classer des images en fonction de leur taille). Bien qu'il ne soit pas toujours attentif à mes remarques, il réussit très bien cet exercice. Il remercie l'un des ses camarades du cadeau qu'il lui a fait pour son anniversaire(un CD de rap ainsi que 20 Frs). Il accompagne sa parole par une caresse dans les cheveux de l'autre. Pendant la pause, il joue avec les autres enfants à un jeu de "combat", le but étant que les autres enfants arrivent à le toucher. Il court beaucoup et se roule même par terre. Après la pause, il refuse de remonter les escaliers pour aller en cours. Il va donc traîner sur les marches, s'asseoir par terre ainsi que s'accrocher à la rampe. Le prof va simuler une course pour le stimuler. En classe, un camarade l'aide à faire des additions, je m'installe avec eux en dehors de la salle de classe. Il a l'air de compter méthodiquement jusqu'à dix. Il s'aide parfois de ses doigts ou de ceux de son camarade. Il inverse la graphie de certains chiffres(1,2). Il joue avec son crayon (le lance et l'attrape environ une fois sur cinq). Il est déconcentré, répond sans réfléchir, l'ordre des chiffres n'a plus de signification pour lui. Il commence à émettre des cris, joue avec le stylo et son pantalon. Madeleine va le prendre un moment en charge. Par la suite, elle lui propose de faire un jeu avec moi; il vient donc me le demander(il s'est rappelé de mon prénom alors que je lui avais dit une seule fois). Nous faisons donc un jeu de Memory. Il ne veut surtout pas que je l'aide. Il retourne systématiquement les cartes qui sont devant lui ou parfois soulève celle que je viens de piocher. Les images ont un rapport avec le film le Roi Lion. Il chante à chaque fois qu'il arrive sur une image précise de la chanson du film. Je lui pose des questions sur le film et les personnages: dans l'ensemble, il arrive à répondre. Je le félicite en disant "Champion" et cela le fait bien sourire. Puis nous faisons des puzzles (20 pièces par jeu). Malgré la cloche qui a sonné, il continue jusqu'à ce qu'il ait fini. Le prof ne trouvant pas ses clefs, il prétend les avoir, mais c'est une blague.
Séance no 2
Mardi 30 mars, de 8 heures à 11 heures 30. Alexandre arrive en classe, me salue, puis ressort car il a oublié son sac. Il prend ses devoirs et les apporte spontanément au prof. Le prof me suggère de lui faire travailler la lecture. Alexandre a tendance à confondre les lettres, il en oublie parfois. La classe le distrait et l'intéresse, il pousse de temps en temps de petits cris. Il semble nerveux car il met constamment son doigt dans la bouche. Ensuite, nous travaillons les mathématiques. Il inverse la graphie de certains chiffres (2 et 3) et ne se concentre pas. Il me semble dépassé par ma présence (claque sans arrêt de la langue et bouge tout le temps) et ne sait pas comment gérer la situation. Il transforme le moment de travail en moment de récréation. A un moment, il me donne une tape sur les fesses. A 9 heures, il y a la gymnastique. Il participe à sa façon aux exercices d'anneaux, de barres parallèles et de perches: il réussit un certain nombre d'exercices. Par contre, il a du mal à sauter d'une certaine hauteur car il a le vertige; de même, il refuse de jouer au ballon car il en a reçu un sur la figure le jeudi précédent. Après la pause, Alexandre fait des difficultés pour remonter en classe, comme la veille. Finalement, une fois en classe, il essaie de recréer le contact avec moi. Mais le professeur l'envoie vers son ordinateur pendant que la classe travaille. Je participe aux activités des élèves. Alexandre est performant à l'ordinateur sur lequel il copie des lettres et des mots. Ensuite, il fait un jeu de voitures.
Séance no 3
Vendredi 2 avril, de 13 heures 30 à 16 heures. Le prof lui a demandé d'aller ouvrir la classe et de déposer ensuite la clef sur son pupitre. Il a très bien accompli ce qu'on lui a demandé et il allume en plus les lumières de la salle. Il me montre le contenu de son pupitre en m'expliquant à quoi cela sert (cahier, ciseau, bande adhésive). Lorsque le prof aimerait que j'aille travailler avec les autre enfants, Alexandre répond: "non, que pour moi". Je vais quand même aider les autres en histoire. Après un certain moment, il désire travailler avec moi. L'exercice qu'il me propose est au-dessus de ses capacités, le professeur me conseille, pour ne pas le vexer, de modifier l'énoncé de sorte qu'il puisse le comprendre. Il me demande avec autorité de cracher mon chewing-gum. Il n'écoute pas ce que je dis et joue avec moi. Le prof lui demande donc qu'il aille travailler seul à son ordinateur pour dessiner. Les autres enfants le félicitent pour ce dessin. Alexandre et moi allons ensuite travaillé ensemble à l'ordinateur: il s'agit de copier des mots à partir d'un livre illustré et de les copier sur l'ordinateur. J'ai l'impression qu'il lit le mot surtout grâce aux photos. Il a tendance à s'énerver lorsqu'il n'y arrive pas et claque de la langue. Il tape très bien à l'ordinateur. Ce travail terminé, l'enseignant me donne le classeur de travail d'Alexandre. Celui-ci vient m'expliquer de quoi il s'agit (il se rappelle très bien ce qu'il a fait comme exercice). Quand mes cheveux tombent sur le classeur, il les remet systématiquement en place. Je suis allée aider les autres enfants. A la fin de l'heure, il est très agité. Au retentissement de la cloche, il lance un crayon à travers la classe et sort en claquant la porte.
-2ème série d'observations
Séance no 4
Mardi 15 juin, 08heures à 11heures 30 Il m'a tout de suite reconnu et s'est adressé à moi par mon prénom. Il a l'air perturbé par ma présence. Un peu plus tard le maître d'école et Alexandre pratiquent un exercice d'écriture, qu'il exécute très bien. Le professeur m'a fait savoir que ceci est dû à ma présence. Je dois l'aider à écrire et colorier de son nom un T-shirt. Il n'a aucun problème pour reconnaître les couleurs ainsi que de mettre les capuchons sur les stylos. Il dessine avec précision. Il me raconte les vacances qu'il va passer avec ses parents mais je n'arrive pas toujours à bien le comprendre car il trop excité et donc bafouille les mots. Une fois de plus il joue avec sa salive. Nous jouons ensuite au Mémory avec un de ses camarades. Il retourne toujours les mêmes cartes, celles qui sont le plus proches de lui. Il a remarqué que le drapeau de la Suisse ne figure pas sur la boîte. Il est persuadé que je porte une perruque car pour lui seuls les cheveux courts sont vrais. Nous devons interrompre notre partie car une fille de la classe doit présenter son exposé. Il n'y a pas de chaise à son pupitre et il s'assoit donc dessus. Après la pause voyant qu'il ne rentre pas, un de ses camarades est allé le chercher. Etant donné que c'est la fin de l'année, il y a beaucoup de rangements à faire. La classe en face lui permet d'écraser un cœur en papier mâché qu'ils voulaient jeter.
Séance no 5
Vendredi 18 juin, de 13heures30 à 16 heures Il est en retard de 10 minutes. Il enlève ses affaires, tout en prenant son temps, il les apporte à son maître qui les corrige. Il reçoit la photo de classe et passe en revue tous ses camarades. De la même façon, il consulte ensuite les photos de la classe verte tout en me citant le nom de tout ces camarades et les activités qu'ils ont fait. Nous faisons des maths ensemble(+1, +2,-1) en dehors de la classe. Il répond complètement au hasard car il essaie de répondre le plus vite possible comme pour me montrer qu'il sait. Il inverse une fois de plus les chiffres(Ex: 2 S). Il prend soin de bien mettre chaque chiffre dans la case correspondante et lorsqu'il doit gommer quelque chose, il le fait avec attention et prend beaucoup de temps. Le professeur le prend à part pour qu'il dessine des lettres à l'aide de petits points. Nous sortons ensuite de la classe pour nous installer à une longue table. A l'aide d'un chablon, il dessine des péniches, sa nouvelle passion depuis la classe verte. J'ai dû le menacer de partir rejoindre les autres enfants s'il ne se ne comportait pas mieux. En effet il commençait à élever la voix et à être très désagréable. Il a pris ma remarque très au sérieux et s'est calmé. Il me raconte ensuite qu'il aimerait bien acheter une péniche et me demande s'il a assez d'argent pour ce projet.(Il tient dans la main des petits ronds en carton qu'il considère comme des pièces.)
Séance no 6
Mardi 21 juin 09 heures à 11heures
Lorsque j'arrive à neuf heures, Alexandre fait la tête et refuse de travailler. Madeleine, l'institutrice spécialisée, essaie de faire des calculs. Le maître d'école m'interdit de lui dire bonjour car il est puni et doit donc rester tranquille dans son coin. Après un bon moment, il se résigne au travail tout en claquant de la langue. Il est à l'affût de ce que ses camarades font. Madeleine est très douce avec lui, mais n'hésite pas à le reprendre lorsque c'est nécessaire. Il s'énerve une fois pour une raison que j'ignore. Voyant qu'il ne veut pas collaborer, elle le laisse tranquille et va s'occuper des autres élèves. Le maître d'école nous demande de ne pas prêter attention à lui.
Finalement, il essaie de calculer tout seul. S'étant calmé et ayant trouvé un résultat, Madeleine revint vers lui. A chaque fois qu'il réussit un calcul, il l'exprime avec un cri de joie. Il exprime aussi sa joie avec la gestuelle, ce que Madeleine apprécie moins car il donne des coups de poing dans sa direction. Le professeur préfère que je m'occupe des autres élèves car tout élément "nouveau" risquerait de l'exciter à nouveau. Il veut prendre son goûter mais on le lui interdit. Il part donc deux fois de suite au robinet pour se rafraîchir. Il décide ensuite de ranger son bureau et de ramener quelques affaires chez lui. Il nettoie même son bureau. Il a l'air tout à fait satisfait. Il part en disant au revoir à Madeleine, au professeur et à moi-même.Au fur à mesure de mes observations j'ai commencé à moins noter pour plusieurs raisons. Premièrement les situations se répètent, par exemple, il a toujours les mêmes difficultés en mathématique, je m'attarde donc moins à les écrire puisque je l'ai déjà fait une fois. Ensuite, connaissant maintenant plus le terrain, je trie tout de suite les informations qui me sont nécessaires pour mon travail. Mais surtout, j'ai réalisé qu'il était beaucoup plus intéressant d'être dans l'action que derrière son calepin. Ce que je veux dire par là, c'est que je ne peux pas m'occuper de lui tout en écrivant ses faits et gestes: j'ai donc choisi de privilégier ma relation avec lui.
4. Tableaux analytiques
Les outils à dispositionHypothèse
Définitions tirées de Vaney et du dictionnaire Petit Robert.
(Voir bibliographie n°2 et n°5) Psychopédagogie: Répondre à une sollicitation intellectuelle et/ou didactique par la mise en actes de ses compétences propres, additionnant des compétences nouvellement acquises. Psychosocial: Mettre ses compétences intellectuelles en concurrence avec la somme des compétences intellectuelles du groupe, de façon à s'intégrer à se groupe.
Action bimanuelle
Actions différentes de deux mains qui conduisent à un résultat unique.
Il l'effectue bien, ce qui lui permet de progresser dans les activités qui en nécessitent l'usage comme gommer, tailler un crayon, dessiner ou encore utiliser l'ordinateur. Pas d'effet observé.
Coordination oculo-manuelle
Action de la main par rapport à la vision. Il n'a aucun problème pour saisir un objet qui est posé sur une table. Par contre lorsqu'il s'agit d'un objet qui bouge, il a plus de peine. En ce qui concerne les gros objets comme un ballon qu' on lui lance, il arrive parfaitement à le rattraper lorsqu'il est quand même bien lancé, mais il aura plus de peine avec un objet plus petit comme un stylo. Les jeux d'équipes où l'adresse des yeux et de la vitesse lui sont demandées lui posent quand même problème. Il a tendance à être maladroit.
Préhension
Faculté de saisir et de manipuler minutieusement des petits objets. Il arrive très bien à saisir et à manier des petites choses où la délicatesse est demandée comme par exemple utiliser un crayon ou encore faire ses nœuds de lacet. Il est capable de rendre de petits services quotidiens à ses camarades (passer un crayon)
Problème d'orientation dans le temps et l'espace
Savoir quelle est le moment de la journée/de la semaine et l'endroit où l'on se trouve. Pas de programme établi de géographie et d'histoire. Il a beaucoup de peine lorsqu'il s'agit de notion liée à l'abstrait. La notion de temps n'existe pas pour lui, ceci lui pose un problème dans sa vie sociale car lorsqu'on lui fixe un rendez-vous, pour un certain mardi dans une semaine, ce n'est absolument pas représentatif pour lui. Par contre il se déplace avec aisance dans des espaces qu'il connaît comme sa maison ou l'école, mais l'itinéraire de la maison à l'école est plus difficile à réaliser seul.
Anticipation des actions
Capacité à prévoir le déroulement d'une action. Tout dépend des situations: il enlèvera spontanément sa trousse pour travailler mais il faudra lui rappeler de prendre son cahier. La société fonctionne en action-réaction. Ce qui peut lui poser des problèmes puisqu'on attend de lui un certain comportement qui ne lui semble peut-être pas évident.
Attention
Aptitude à garder son esprit en éveil. Il a plus de peine à se concentrer que ses camarades, ce qui est un désavantage sur un plan personnel car chaque activité qu'il entreprend sera interrompue . Il en est de même sur un plan social. Il éprouve des difficultés à soutenir une conversation dans la durée.
Discrimination de l'information
Savoir distinguer l'information importante d'un ensemble. Il lit de gauche à droite et il sépare les mots en deux Il sait parfaitement distinguer les gentils et les méchant camarades ou encore l'ironie du sens premier.
Mémoire à court et à long terme
Faculté de ses rappeler des événements passés. Court terme: quelques heures. Long terme: quelques jours à plusieurs années. La mémoire à court terme est assez bonne. En ce qui concerne la mémoire à long terme elle est comme chez chaque individu, sélective. Il s'est rappelé de mon nom après deux mois.
Le rôle de l'élève
Vis-à-vis du prof
Items Psychopédagogique Psychosocial
Obéissance et respect des consignes
Se soumettre aux exigences de quelqu'un. Généralement il respecte ce que le professeur lui dit, mais il arrive qu'il se révolte et refuse de travailler.
Respect envers le professeur
Avoir de l'égard, considérer quelqu'un. Il le respecte, mais il a moins de retenue que les autres élèves. Il lui arrive de dire des grossièretés par exemple.
L'écoute
Capacité à faire silence et à chercher à comprendre l'interlocuteur, agir en fonction de ses demandes. Il prend au sérieux ce qu lui dit son maître sauf, quand il a décidé de ne rien faire.
Devoir moral
Nécessité de se conformer aux attentes de l'enseignant. Il le salue, est relativement poli, se tient bien en classe.
Le rôle de l'élève
Attitude face au travail
Items Psychopédagogique Psychosocial
Autonomie
Etre indépendant des autres personnes. Lorsqu'il s'agit de travailler avec un adulte, il a tendance à cherche à se faire assister. Il peut très bien être autonome, lors de la récréation par exemple. Il est tout à fait capable de s'organiser seul vis-à-vis des autres enfants.
Soin/ordre/ propreté
Prendre soin de ses affaires avec ordre et propreté.
Il aime bien ranger ses affaires, s'assurer que tout est à la bonne place et il n'est d'ailleurs jamais sale ou encore mal habillé. A la gym, il aime composer les différentes équipes.
Motivation/ intérêt
Ce qui captive l'esprit et pousse au désir de connaissance.
Il aura plus d'intérêt à faire des mathématiques que de faire un exercice d'écriture. La participation d'un de ses camarades qui l'aide dans un travail ou dans un jeu est pour lui plus attrayante que s'il devait le faire seul.
Participation
Prendre part à une activité orale, écrite, individuelle ou collective. Dans la mesure des possibilités, il participe volontiers aux activités de la classe comme les activités sportives et manuelles, le dessin. Lorsque les activités ne sont pas de son niveau, soit on le lui adapte en changeant l'énoncé, soit il reçoit une autre tâche à faire.
Attentif/ concentration
Maintenir son esprit en éveil. Il a tendance à être à l'affût de ce qu'il se passe à côté de lui. Voir problème d'attention
Rythme
Cadence à laquelle un individu effectue des activités.
Il y a deux facteurs qui interviennent: Son état physique (fatigue, lassitude) et son état psychologique (énervement, envie pressante). Ses rythmes de travail sont donc tout à fait aléatoires.
Volonté
Capacité à fournir un effort en vue d'un résultat attendu. Il montre une grande volonté face au travail. Il m'est toutes ses chances de son côté pour pouvoir progresser.
Initiative
Capacité d'entreprendre quelque chose sans que quelqu'un le lui suggère. Il est tout à fait capable de prendre des initiatives simples, bien qu'il ait parfois tendance à demander l'assistance d'un adulte ou d'un camarade.
Image de soi
Ce qu'une personne pense d'elle même. On peut dire globalement qu'Alexandre a une bonne image de lui. Il est tout à fait conscient de ses forces, mais aussi de ses faiblesses qu'il n'hésite pas à exprimer. Cette bonne image de lui est suscitée par ses camarades et les adultes qui l'entourent qui n'hésitent jamais à l'encourager ou encore le féliciter.
Le rôle de l'élève
Vis-à-vis aux élèvesItems Psychopédagogique Psychosocial
Ecoute
Capacité à faire silence pour laisser s'exprimer un autre individu. La communication passe bien entre les deux parties qui se témoignent beaucoup de respect.
Tolérance et respect
Respecter la personne pour ce qu'elle est, en ne portant aucun jugement. Il est respectueux envers ses camarades et n'abuse pas de son statut.
Entre aide
Capacité de soutenir/ aider une personne en difficulté. Ce sont surtout les autres qui l'aident
Gentil et amical
Personne ayant un comportement agréable et plaisant vis-à-vis aux autres. Il aime bien de toucher les gens et il le fait très doucement. Il joue aussi beaucoup avec les enfants, lors de la pause par exemple.
Socialisation
Comportement qu'un individu devrait avoir pour être admis dans un groupe. C'est un garçon tout à fait sociable: il n'a aucun problème à s'intégrer dans un groupe et il sait très bien aussi obéir à une discipline de groupe.
Communication
Moyen par lequel un individu exprime ses idées. Dans le cadre du travail, il s'exprime bien. Il a toutefois tendance à s'exprimer par monosyllabes. Ses interventions sont adéquates et toujours en phase avec son interlocuteur.
Le rôle de l'élève
Institutionnel
Items Psychopédagogique Psychosocial
Vestimentaire
Une tenue propre et correcte est attendue. C'est sûrement sa mère qui doit l'habiller, mais en tout cas je ne l'ai encore jamais vu mal habillé.
Arriver à l'heure
Capacité à être présent au moment demandé par l'institution. Il a parfois tendance à arriver 5-15 minutes en retard le matin et, lorsqu'il s'agit de rentrer en classe après la pause, il se laisse souvent prier et arrive donc aussi en retard.
Contrôle
Maîtriser ses pulsions face à une situation. Il essaie de se contrôler mais il lui arrive quand même de hurler ou encore de jeter un stylo ou son goûter à travers la classe.
Respect du matériel
Ne pas endommager volontairement le matériel mis à disposition. Il n'a jamais cassé un objet intentionnellement, on peut donc dire qu'il respecte le matériel scolaire.
Respect des règles
Ne pas enfreindre les règles édictées par l'enseignant et le groupe. Il les prend très à la lettre: à deux reprises il m'a imposé de jeter mon chewing-gum car c'était contraire aux règles de l'école.
5. AnalyseCondition d'intégration
Voici les aménagements particuliers dont bénéficie Alexandre dans sa classe:
- Un programme adapté à son niveau.
- Le professeur accordera plus d'attention à l'élève concerné (ce qui peut être un désavantage pour le reste de la classe).
- Une enseignante spécialisée, Madeleine, est mise à sa disposition tous les lundis matins.
- De l'argent a été donné par l'État pour du matériel spécial: stylo, ordinateur, jeux.
- Des entretiens et réunions de synthèse entre le maître d'école, les parents d'Alexandre et l'Institution scolaire sont indispensables.
- Le maître d'école doit suivre des stages de formation pour accueillir Alexandre.
- Des vêtements de rechange sont rangés à son attention dans la classe au cas où il s'oublierait. A ce stade de mon travail, je vais essayer de comparer les tableaux que j'ai tirés de mes observations avec la théorie que j'ai établie précédemment. La question est la suivante: mes observations sont-elles en accord ou contradictoires à la théorie développée plus haut ?Effet biologique
Tout d'abord, en ce qui concerne les caractéristiques physiques, j'ai noté qu'en effet il a la tête arrondie et les yeux en amande, mais ses traits sont moins caractéristiques qu'on aurait pu le croire. Ainsi, les doigts sont boudinés, par contre leur petitesse ne peut pas être vérifiée car il n'a pas encore fini sa croissance. Globalement, il est d'une corpulence moyenne et n'est pas différent de la moyenne des autres enfants.
Effets socio-intellectuels
En ce qui concerne les effets socio-intellectuels, on constate à la lecture des tableaux que les effets attendus(théorie) sont bien là. Alexandre, en effet, possède la plupart des outils intellectuels de ses camarades. Il est capable de maîtriser la préhension, la coordination oculo-manuelle, d'anticiper des actions, de mémoriser ou de se concentrer selon les circonstances. Il est très important de signaler qu'il a de l'aisance dans ces domaines mais que des facteurs comme son état mental, physique ou encore l'environnement peuvent amoindrir ses performances face aux exigences. Néanmoins, sa qualité d'utilisation des capacités intellectuelles est globalement amoindrie par rapport à ces mêmes camarades. Il a par exemple beaucoup de peine à s'orienter dans l'espace et dans le temps car la notion liée à l'abstrait n'a pas bien été intégrée, cette notion est normalement en voie d'acquisition vers l'âge de six ans. Alexandre possède donc les mêmes outils, mais il ne les maîtrise pas comme on pourrait s'y attendre de la part d'un enfant de son âge. Il est néanmoins important de préciser que ce handicap n'est pas privatif mais est une déficience au niveau mental et physique: il a donc une certaine inaptitude à utiliser correctement ses outils. On peut aussi remarquer que Alexandre maîtrise mieux que dans la théorie certains domaines de l'activité: ses actions bimanuelles sont souvent très fines. En ce qui concerne son langage et la discrimination de l'information, j'ai l'impression qu'il les maîtrise relativement bien comparés aux outils qu'il à disposition. Mais toutefois, vu la complexité des facteurs qui interviennent dans ces deux domaines il m'aurait fallu plus de temps ainsi que de points de comparaison pour en dire plus. Il est important de noter que la théorie nous sert de point de repère, mais elle n'est pas représentative. En effet, elle nous fournit un renseignement global sur un type d'individu, mais étant donné que les niveaux de handicaps varient, il est donc impossible de schématiser.
Rôle de l'élève
Je pense que Alexandre a tout a fait conscience du rôle d'élève qu'il doit accomplir et essaie dans la mesure de ses possibilités de le faire. En ce qui concerne l'attitude en classe exigée de lui, comme par exemple le respect et l'écoute envers les autres ou encore le respect des consignes, ces règles sont le plus souvent bien exécutés. Il faut toutefois ajouter qu'il suit cette classe depuis la 1ère enfantine, ce qui veut dire qu'il a des points de repère et l'habitude de cette ambiance. De même il prend bien soin du matériel de l'enceinte ainsi que de ses propres affaires. Alexandre est un élève qui se sent très concerné par ce qui se passe dans la classe, il est toujours désireux de participer aux activités et manifeste un grand intérêt aux tâches qu'il doit accomplir. Il se peut néanmoins qu'il refuse catégoriquement de travailler. Ce refus peut se traduire par une simple protestation qui sera relativement calme et passagère ou par un excès de colère où il perd tout contrôle de lui. Comparé aux autres enfants de la classe, il lui arrive plus fréquemment de n'avoir plus le contrôle de soi. Mais lorsqu'il est décidé à travailler, il témoigne une grande assiduité et est très concentré à ce qu'il doit faire. Malgré sa grande volonté de progresser, il a tendance à vouloir se faire assister par un adulte. Il est tout à fait capable de prendre des initiatives et donc de devenir autonome dans des activités qui sont toujours à son niveau. Mais, comme toute personne, il a tendance à abuser un peu de son statut pour se faire assister. Il est très difficile d'évaluer ce qu'un individu pense de lui, toutefois je pense qu'il est assez satisfait de lui. Il est tout a fait conscient de sa différence et met en avant ses atouts tout en essayant d'améliorer ses faiblesses. C'est un enfant qui est très sociable; en effet, avec ses camarades, il très gentil et à l'affût du contact. Il se sent à l'aise au sein de la classe et les enfants ont l'air d'apprécier sa compagnie. Il y a une réelle amitié qui s'est installée entre eux bien qu'Alexandre ait des difficultés pour communiquer ses idées.
On peut donc constater que Alexandre accomplit la plupart des critères exigés pour tenir son rôle d'élève. Néanmoins il ne faut pas oublier que le travail qu'on exige de lui est nettement simplifié comparé aux autres et que parfois la classe s'adapte à lui pour lui faciliter la tâche. Une grande tolérance envers Alexandre s'est aussi installée, qui lui permet de bénéficier du soutien de tous les élèves pour qu'il accomplisse correctement son rôle d'élève.
Assimilation et insertion, intégration
Il est très important de comprendre la différence entre ces trois mots: assimilation et insertion, intégration.
En ce qui concerne l'assimilation c'est faire comme les autres; en d'autres termes "les rôles sont normalisés, des appuis sont fournis mais il y a peu ou pas d'adaptation. Les adaptations, les efforts ne sont pas réciproques mais généralement demandés unilatéralement à la personne. Le milieu ne se modifie pas, ne s'enrichit pas. C'est le devoir de ressemblance".
(voir bibliographie n°2)
Lorsque les enfants partent en course d'école, Alexandre doit se comporter comme le reste du groupe. Il ne peut pas tout d'un coup décider de manger, il doit respecter la décision de la collectivité et s'y plier. En ce qui concerne la discipline scolaire, Alexandre n'en est nullement dispensé, il doit comme tous les élèves le faire. Après le cours de gym, il doit ranger le matériel utilisé comme les autres, il va de soit qu'on l'aidera en cas de problème.
Pour ce qui est de l'insertion, une des définitions possibles est d'être parmi les autres. Plus précisément "les rôles de la personne sont différents de ceux de ses pairs, les appuis et l'adaptations sont inexistants ou peu importants. C'est le droit à la différence, parfois malheureusement à l'indifférence car l'environnement de la personne ne se transforme pas (où très peu), ne s'adapte pas à la personne. Les attentes au niveau de la personne sont souvent basses et ses propres efforts d'adaptation rares".
(Voir bibliographie n°2)
Lorsque les élèves effectuent un travail de français, Alexandre n'ayant pas les outils adéquats pour accomplir ce travail correctement, effectue un autre travail plus à sa portée. Dans cet exemple, il exerce donc un rôle différent des autres enfants. De même, lorsque ses camarades font de l'allemand, Alexandre ne peut pas suivre et ira par exemple jouer sur l'ordinateur. On peut dire qu'aucun appui et moyen d'adaptation n'ont été mis à sa disposition pour qu'il puisse s'intégrer dans le cadre de ce travail. Néanmoins même si son entourage et les infrastructures font tout pour qu'il puisse participer, c'est sa déficience intellectuelle ou son manque de compétence qui l'empêcheront d'effectuer cette activité. Dans ces situations, la différence de Alexandre est prise en compte puisqu'on ne l'oblige pas à faire comme les autres. En ce qui concerne l'intégration c'est une adaptation réciproque. En effet "c'est une situation idéale, toujours en recherche d'équilibre. C'est jouer, dans la mesure du possible, des rôles semblables ou complémentaires à ceux de ses pairs, grâce à des appuis et à des aménagements de l'environnement si nécessaire. L'adaptation et l'enrichissement sont réciproques. C'est un équilibre entre le droit et le devoir de ressemblance et la reconnaissance de la différence".
(voir bibliographie n°2)
Lors d'un tournoi scolaire de hand-ball, les camarades de classe de Alexandre ont insisté pour qu'il soit dans leur équipe sachant qu'il contribuera à leur perte. En le prenant en tant que joueur ils ont créé des rôles "semblables" car une fois sur le terrain on ne les différencie plus que par leur numéro de maillot. Ce geste démontre bien l'attachement que les enfants ont envers lui. Il est donc possible de montrer que "l'adaptation et l'enrichissement sont réciproques". Lorsqu'il s'agit de d'accomplir en groupe un travail manuel comme construire un maison, il participe en tenant le bois ou même en sciant le bois. Là encore il participe activement au sein d'un groupe où son rôle est "complémentaire à ceux de ses pairs." Des appuis et des aménagement ont été mis à sa disposition pour qu'il progresse dans les meilleures conditions. En effet, à tour de rôle les camarades aident Alexandre dans son travail, de même Madeleine, une enseignante spécialisée vient tous les lundis matins pour l'assister dans son travail. Alexandre est traité comme tous les enfants, il est autant félicité que grondé suivant ce qu'il vient de commettre. Néanmoins il est normal qu'on soit un peu plus tolérant avec lui: lorsqu'il dit des gros mots par exemple, le professeur peut difficilement le punir car Alexandre ne le fait pas exprès, et n'en connaît sûrement pas la signification. Ceci s'appelle "la reconnaissance de la différence".
ConclusionEn ce qui concerne la réponse à ma problématique (est-ce qu'Alexandre est intégré dans sa classe primaire, dite standard?) il m'est impossible de répondre par un oui ou non catégorique. En effet socialement, il est tout à fait intégré. Les infrastructures ainsi que son entourage lui ont permis d'être intégré au sein de l'école.
Par contre, en ce qui concerne l'intégration dans le domaine intellectuel, Alexandre n'est que rarement intégré. En effet à cause de son déficit intellectuel Il est incapable de suivre le même programme que ses camarades.
Un des problèmes qu'ont les gens qui connaissent une personne porteuse d'un handicap, c'est qu'ils ont tendance à l'assister. Pourquoi avons nous tendance à les assister? Est-ce bénéfique pour eux ou au contraire cela les empêche-t-il de progresser? Bien que ce sujet soit délicat, je pense qu'il est nécessaire de parler d'abord du regard des gens pour pouvoir ensuite répondre à ces questions. Il y a tout d'abord la peur, la peur de la différence. On désapprouve ceux qui ne nous ressemblent pas car on ne peut pas les cerner, les calculer. Beaucoup de gens vont donc détourner le regard face à une personne dite anormale, par indifférence, voire même mépris ou encore pour ne pas la gêner. Il y a aussi une certaine fascination pour ce qui est différent: je me suis déjà surprise plus d'une fois à observer quelqu'un pour sa différence. Mais une fois cette barrière de la peur franchie, pourquoi n'arrivons nous pas à nous comporter normalement? Je pense qu'on éprouve une certaine pitié à leur égard. On se sent presque remerciant d'être normal. Je crois que nous n'arrivons pas à accepter cette différence et que pour combler cette gêne nous allons redoubler d'attention. Je me rappelle une fois pendant mon stage, il ne voulait pas remonter de la pause. Alexandre était assis sur les escaliers et se tenait aux barreaux. Je savais très bien qu'il jouait un peu de la comédie et que j'aurais dû lui dire de remonter avec les autres camarades, mais j'ai préféré le prendre dans mes bras et le porter jusqu'à dans la classe. Il n'avait pas gagné en autonomie mais il avait au moins le sourire aux lèvres. Par mon exemple, je viens de répondre indirectement à la question: pourquoi a-t-on tendance à les assister? Ce n'est sûrement pas bénéfique qu'on soit toujours derrière eux, après tout ils doivent prendre leur envol comme chaque personne. Mais face à des gens qui ont besoin d'appui pour progresser, il est normal qu'on les aide. C'est donc à nous de savoir si notre comportement est une aide ou un handicap pour eux.
Un autre problème à mon avis c'est qu'on a une mauvaise définition du mot différence. Mais que veut dire au juste être différent? Je suis unique et donc différente des autres. N'est-ce donc pas cette non similitude qui est ma richesse? La plupart du temps, les gens ne voient pas ce qu'une personne porteuse d'un handicap pourrait leur apporter. En ce qui concerne mon expérience avec Alexandre, j'en garde un bon souvenir. Il est vrai qu'il y a eu des moments pénibles, mais dans l'ensemble sa compagnie m'a été très agréable. Il a gardé ce côté magique qu'ont les enfants, cette authenticité et cette simplicité. Il est toujours à l'affût de ce qui se passe et se réjouit aussi des petits bonheurs quotidiens que bien souvent les adultes ne remarquent plus tellement ils sont préoccupés.
Remerciements
J'aimerais remercier mon professeur de travail de maturité, M. Lombard pour son assistance tout au long de ce travail. En effet, il est toujours rassurant de savoir que quelqu'un veille sur vos écrits. Ses remarques, idées et encouragements m'ont permis de mieux structurer mon travail. J'aimerais aussi remercier M. Baelde, le professeur d'Alexandre, qui a eu la gentillesse de m'accueillir dans sa classe. Grâce à ses explications, l'interprétation de certains comportements d'Alexandre m'est apparue plus clairement. Mais merci surtout à mon père qui a eu la patience de revoir avec moi la structure de mon travail et la forme que je voulais lui donner.
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