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Robert Ireland a suivi sa formation à l’École cantonale d’art de Lausanne (ECAL) de 1982 à 1987. Il a été membre fondateur du collectif M/2 à Vevey en 1987, qui fut l’une des premières plateformes artistiques off en Suisse romande. Il a été lauréat de nombreux prix et bourses dont ceux de la Fondation Leenaards (2003) et du Canton de Vaud (2009). Depuis 2010, il enseigne à l’École cantonale d’Art du Valais et il est représenté par la Galerie Skopia à Genève.
Robert Ireland crée des dispositifs qui mettent en crise aussi bien nos habitudes perceptives que nos références interprétatives. Sa production apparaît comme tendue entre deux exigences contradictoires, celle qui fait de la déconstruction un principe qui se dérobe à l’égard de la peinture et celle de la construction qui en convoque tous les éléments. Ainsi, la pièce intitulée Apocalypse est une peinture (faisant partie d’une série de quatre) qui s’est construite à partir de gravures d’Albrecht Dürer. Il a choisi un détail de l’œuvre gravé, qui représente le conflit se jouant entre les éléments (ciel, eau, nuages, lumière, etc.) dans une situation dramatique de fin du monde. Ensuite, les tracés de la gravure sur bois ont été agrandis, puis soigneusement reproduits à une autre échelle. Dans un deuxième temps, de l’encre d’imprimerie a été apposée sur le tracé, puis le tout, une fois au sol, a été inondé de térébenthine afin de diluer et flouter le tracé initial de manière aléatoire. Avec ce protocole d’appropriation d’une source iconographique, Robert Ireland interroge «l’organisation des images au sein d’une surface» et il tente de redéfinir le statut de l’œuvre d’art comme son mode de reproduction.