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Sally, serveuse dans un casino, hébèrge son mari, Dave qui vit maintenant avec sa soeur, dans un vieil immeuble d'Atlantic City. Dave a trouvé de la drogue dans une cabine téléphonique et aidé de Lou, voisin de Sally qui a toujours rêvé d'être un truand, tente de la revendre.
Critique
Jusque dans les années 1940, Atlantic City était une station balnéaire mythique. A la fin des années 1970, l'Etat décide d'y construire des casinos : luminaires et stuc dégoulinant remplacent les somptueuses villas du début du siècle. Avec son oeil de documentariste, Louis Malle utilise cet entrelacs architectural comme un labyrinthe où courent des personnages sur le déclin. Certains traînent leur passé comme une casserole rouillée, clamant à qui veut l'entendre combien il fut rutilant.
Lou et Grace sont de ceux-là, potiches en mal d'affection, que la vieillesse rend pitoyablement clownesques. D'autres brandissent leur avenir, supposé prometteur, comme une protection, et s'en remettent aveuglément aux murs de béton qui s'élèvent. Telle est Sally, ancienne fille de bûcherons, qui se bouche les oreilles en parcourant les rues, mais préfère abandonner un homme qui l'aime plutôt que de quitter la ville.
Louis Malle orchestre à merveille la rencontre de ces pauvres gens qui ne sont que des courants d'air. Personne n'oubliera la fragilité de Susan Sarandon, ni le triomphalisme perplexe de Burt Lancaster.
Marine Landrot, Télérama