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Of Housing and Politics. Mapping political opportunities for mobilising in Bangalore, India
Swetha Rao Dhananka a une licence en travail social et politiques sociales de l’Université de Fribourg. Après avoir travaillé deux ans à l’Office Fédéral de la Statistique, elle a été engagée comme assistante doctorante en 2007 à l’IEPI à l’UNIL. Elle a enseigné les méthodes quantitatives et terminé sa thèse sous la codirection des Prof. Florence Passy (UNIL) et Isabelle Milbert (Graduate Institute Geneva). Actuellement, elle occupe un poste de coordination scientifique en SSP et elle est chargée de cours à la Faculté des géosciences.
Quelles sont les conditions pour l’émergence d’une mobilisation sociale en faveur du logement convenable dans la métropole de Bangalore (Inde)? Cette question, qui est au cœur de cette thèse, est particulièrement pertinente dans le contexte d’une ville où 1,7 million de personnes, soit un cinquième de la population, vit dans des bidonvilles. La question est aussi intéressante dans la mesure où l’Inde a hérité d’un système de gouvernance colonial et d’une tradition de mouvements sociaux.
Ce travail s’appuie sur un cadre théorique issu de la littérature sur les mouvements sociaux. Il inclut le niveau discursif et la dimension de l’informalité, en considérant la façon dont la corruption et le clientélisme biaisent les opportunités politiques des organisations du mouvement social (OMS) disposant de ressources diverses.
Les résultats montrent que les opportunités politiques ne peuvent être véritablement exploitées que si l’on mobilise des moyens légaux ou contentieux. Cela nécessite des compétences sociales considérables dont la plupart des habitants des bidonvilles sont dépourvus. L’inadéquation entre les ressources à disposition et les besoins très importants des pauvres, donne un poids politique considérable aux acteurs en charge de l’attribution de ces ressources rares. Cet état de fait a des répercussions sur la politique électorale. Représentant un poids électoral important, les habitants des bidonvilles sont mobilisés à travers de pratiques clientélistes : la corruption et le clientélisme se nourrissent mutuellement pour maintenir un certain degré de dépendance des habitants.
Cette recherche empirique met en lumière l’inadéquation entre les prescriptions formelles dans le domaine de la gouvernance des besoins humains (tels que le logement), et les pratiques sur le terrain. En particulier, elle appelle à réfléchir au-delà de la diffusion du discours sur la « bonne gouvernance » et à considérer des formes de « gouvernance vernaculaire » qui prendraient au sérieux l’informalité. La thèse développe ainsi une compréhension des avantages à court terme pour les personnes marginalisées dans la ville, ainsi que des effets à long terme sur la pratique démocratique.