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Sept éternelles questions sur la fièvre
1. A partir de quelle valeur a-t-on de la fièvre?
On parle de fièvre lorsque la température corporelle dépasse les 38°C. Entre 37,5°C et 38°C, on parle de fièvre légère ou d’état subfébrile. La fièvre est un mécanisme de défense naturel de l’organisme. Dans 90% des cas, elle est en effet le signe d’une infection virale, bactérienne ou parasitaire. Plus rarement, elle peut apparaître en l’absence d’infection (par exemple au décours d’un infarctus du myocarde ou en cas de tumeur maligne). Il arrive aussi qu’on ne connaisse pas sa cause, on parle alors de fièvre d’origine indéterminée.
Les enfants font plus fréquemment de la fièvre, parce qu’ils sont davantage sujets à des infections virales et bactériennes, jusqu’à plusieurs fois par an chez les moins de 5 ans.
Chez les personnes dont le système immunitaire est affaibli (personnes immunodéprimées) en raison d’une maladie ou d’un traitement, il convient d’être attentif à des valeurs plus faibles, soit en dessous de 38°C, et ne pas attendre pour consulter un médecin car, dans ce cas, même une fièvre peu élevée peut être le signe d’une affection potentiellement sévère.
2. Que se passe-t-il dans l’organisme en cas de fièvre?
Lors d’un épisode de fièvre, le «thermostat interne» règle la température corporelle au-dessus de la température normale de 37°C environ. Dans un premier temps, le corps se met à frissonner pour produire de la chaleur et augmenter la température centrale. Les extrémités du corps (mains et pieds) deviennent froides, tandis que le centre du corps se réchauffe. Après cette première phase, la fièvre s’installe. Puis, lorsque le thermostat interne revient à une valeur normale, le corps se met à transpirer pour évacuer cette chaleur. Plusieurs symptômes caractéristiques accompagnent la fièvre: courbatures, maux de tête, légers frissons, transpiration et sensation de soif.
3. La fièvre, c’est grave?
En soi, la fièvre n’est pas forcément grave. Tout dépend des symptômes (toux, écoulement nasal, douleurs, diarrhée, brûlures urinaires, etc.) auxquels elle est associée. C’est pareil chez l’enfant. Là aussi, plus que les valeurs indiquées par le thermomètre, c’est l’état général et la manière dont la fièvre est supportée qui comptent. Ainsi, si l’enfant respire mal, est difficile à réveiller, a le teint grisâtre, est confus, a des convulsions, n’a pas uriné depuis plus de huit heures ou est âgé de moins de 3 mois, il faut consulter immédiatement. Si la fièvre baisse, mais que son état ne s’améliore pas, il est préférable d’appeler de suite le médecin. Dans les autres cas, les parents peuvent au besoin prendre rendez-vous chez leur pédiatre.
4. Comment prendre la température?
On peut par exemple prendre la température sous l’aisselle, dans la bouche ou dans l’anus au moyen d’un thermomètre classique (en verre ou digital) ou dans l’oreille au moyen d’un thermomètre tympanique. A noter que les rubans à appliquer sur le front ne sont pas fiables.
Mesurer la température d’un jeune enfant au moyen d’un thermomètre classique est, avouons-le, une opération parfois délicate. Les fabricants ont alors imaginé de nouvelles solutions: le thermomètre frontal ou tympanique (à infrarouge), ou encore le thermomètre en forme de lolette. A part la lolette, ces méthodes sont considérées comme suffisamment fiables pour un usage familial. Mais la mesure par voie rectale (la plus proche de la température centrale) ou axillaire sont les plus recommandées.
5. Faut-il faire baisser la fièvre?
Ce n’est pas indispensable, et tout dépend de la tolérance de chacun. Cela peut même parfois s’avérer contre-productif, puisque l’élévation de la température corporelle est une réaction de défense de l’organisme face à l’infection. Chez l’enfant, on pourra prendre des mesures physiques ou médicamenteuses pour améliorer son confort. Mais s’il dort bien, on ne le réveillera pas, ni pour prendre sa température ni pour lui administrer un médicament contre la fièvre.
6. Quels sont les moyens médicamenteux pour lutter contre la fièvre?
L’administration de fébrifuges permettra de diminuer la température pendant 4 à 6 heures mais ne soignera pas l’infection qui en est responsable. Chez l’enfant, on donnera en première ligne du paracétamol. Si la fièvre n’a pas baissé trois heures plus tard, on peut donner, en complément (uniquement chez les plus de 6 mois!), de l’ibuprofène (anti-inflammatoires non-stéroïdiens (AINS)). Chez l’adulte, on peut recourir aux mêmes substances médicamenteuses, mais à des dosages différents! D’ailleurs, il faut impérativement respecter les prescriptions et les dosages des médicaments, en fonction de l’âge et du poids de l’enfant. Adressez-vous à votre médecin ou à votre pharmacien et ne donnez en aucun cas à votre enfant des médicaments réservés aux adultes. La plupart du temps, les antibiotiques sont inutiles contre la fièvre. Il faut d’abord en identifier la cause, et seules certaines infections bactériennes (pas les infections virales) nécessitent un traitement antibiotique qui, s’il est prescrit par le médecin, doit être pris pour la durée convenue, même si les symptômes s’amendent avant la fin du traitement.