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née Grandjean, Bulle
Suzanne Gaillard a rendu son dernier souffle jeudi soir, dans sa 74e année. Un dernier hommage lui sera rendu ce lundi, en l’église de Saint-Pierre-aux-Liens à Bulle. Suzanne est née le 3 mars 1943, à Bulle, dans le foyer d’Anna et Louis Grandjean. Elle était la troisième fille de leurs quatre enfants. Après sa scolarité à l’Institut Sainte-Croix, elle partit apprendre l’allemand à Berne, comme aide nurse. A son retour, elle fut engagée en tant que secrétaire par le notaire Morard. C’est à cette époque qu’elle rencontra l’amour de sa vie, Fernand Gaillard. En 1960, elle le suivit au Locle. Deux ans plus tard, ils se marièrent. Suzanne travaillait alors à la Chaux-de-fond chez Bloch. Dans leur nouveau logement à Bercher, en 1964, elle mit au monde Chantal. De retour à Bulle, en 1966, naquit Christine, puis, en 1969, Pascal. Elle poursuivit alors son activité professionnelle à mi-temps. Maman attentive, elle prit à cœur l’éducation de ses enfants. Malgré les multiples emplois qu’elle cumulait, son ménage était toujours impeccable et elle trouvait encore le temps de coudre et tricoter. Elle appréciait les plaisirs de la table et elle régalait son petit monde de bons petits plats. Fan de foot, elle rejoignit le comité du FC Bulle. Elle y assura le secrétariat. Repérée pour ses compétences professionnelles et humaines, son intégrité et sa loyauté, le Parti radical bullois souhaita qu’elle se mette en liste pour les élections communales. Elle siégera au Conseil communal de 1982 à 1986. En charge du dicastère de la santé et des affaires sociales, elle s’impliqua beaucoup pour la Maison bourgeoisiale, gérée par des religieuses qui souhaitaient se retirer. La bâtisse est vétuste. La construction d’un nouvel EMS s’impose. Il s’érigera à Bouleyres. En 1986, libérée de son mandat politique, elle y fut nommée directrice.
En 1991, la Maison bourgeoisiale, rénovée, fut inaugurée. Désormais à la tête des deux sites, Suzanne se consacra au bien-être de ses plus de 130 résidents. Entre 1988 et 1993, elle eut la joie d’accueillir les naissances de six petits-fils. Bien que très occupée, elle les accueillait pour un repas de midi les jours d’école ou, de temps en temps, pour un week-end au camping. En 1994, Suzanne eut l’incommensurable douleur de perdre son fils Pascal dans un accident de moto. Dès lors, elle lutta pour ne pas sombrer. Sa famille et ses pensionnaires restèrent son leitmotiv. En 2007, l’heure de la retraite arriva. Malheureusement, les problèmes de santé ne lui permettent pas d’en profiter comme elle l’aurait mérité. Elle s’adonnait à la broderie, aux mots fléchés, profitait des beaux jours au camping. Elle assistait avec passion aux matches de foot de ses petits-enfants. A la télé, elle suivait les championnats de foot, de tennis, de hockey. Elle avait un immense bonheur à participer aux repas de famille. En juin 2016, son état se péjorant, elle entra au Foyer de Bouleyres. Ce fut une épreuve difficile mais soulagée par le tact, l’empathie du personnel. Jusqu’au bout, Suzanne a démontré une force, un courage, une volonté impressionnante. Elle laissera à ses proches l’image d’une grande dame digne et généreuse. A eux et à tous ceux qui pleurent la disparition de Suzanne Gaillard, nous disons notre sympathie émue. GRU