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Il incombe au personnel de santé pénitentiaire de veiller à ce que l’environnement carcéral ne porte pas atteinte à la santé des détenu·e·s en ce qui concerne l’hygiène, l’assainissement, l’approvisionnement en eau, l’éclairage et la ventilation, ainsi que la nourriture. Ce personnel doit donc inspecter régulièrement les locaux, en particulier les installations sanitaires et la nourriture, y compris dans les cuisines, et formuler les recommandations nécessaires éventuelles pour améliorer la situation.
Dans le contexte carcéral, de nombreux facteurs contribuent à une prévalence plus élevée et à une plus grande incidence de certaines maladies et problèmes de santé. La population carcérale comprend de nombreux groupes vulnérables, notamment des victimes de violences physiques et sexuelles, des consommateurs de drogues injectables, des personnes présentant une dépendance à l’alcool et des personnes souffrant de maladies mentales. Cette surreprésentation de populations vulnérables peut être aggravée par les conditions de détention, qui peuvent être caractérisées par la surpopulation, une hygiène, un assainissement et une ventilation inadéquats, une mauvaise nutrition, des cas de violences entre codétenu·e·s et des comportements à risque tels que l’injection de drogues, le tatouage ainsi que des contacts sexuels non protégés. Du fait de la combinaison de ces différents facteurs, il y a en milieu carcéral une plus forte prévalence de maladies telles que le VIH, l’hépatite B et C, d’infections sexuellement transmissibles et de tuberculose. Un grand nombre de ces éléments peuvent également contribuer à une augmentation du nombre de cas de maladies mentales et d’actes d’automutilation et de suicide, en particulier lorsque les détenu·e·s récemment admis·es en prison sont particulièrement vulnérables.
Il incombe aux services de santé, à l’administration pénitentiaire et au ministère de la Santé de veiller à ce que les programmes nationaux de lutte contre la tuberculose et le VIH-Sida soient, en particulier, inclus dans les soins de santé pénitentiaires. En cas de risque de propagation de la tuberculose, le personnel de santé peut devoir procéder à un dépistage actif et direct de la population carcérale et du personnel afin d’identifier, isoler et traiter médicalement ces cas. Des campagnes d’éducation et d’information doivent également être menées pour sensibiliser les détenu·e·s et le personnel pénitentiaire aux risques présentés par cette maladie et à la disponibilité des traitements.
Des actions spécifiques doivent être déployées pour lutter contre la propagation du VIH au sein de la population carcérale mais cette question soulève encore trop peu d’attention dans de nombreux pays. Chaque système pénitentiaire doit mettre en œuvre un ensemble complet de mesures médicales, tel que recommandé par l’ONU et l’OMS, y compris un accès au dépistage volontaire, l’échange d’aiguilles et de seringues, la mise à disposition de préservatifs, des traitements contre la dépendance aux drogues, etc.
Le personnel de santé doit appliquer une approche de santé publique à l’égard du milieu carcéral en veillant également à ce que les politiques et les programmes relatifs à la protection et la promotion de la santé mentale et physique soient mis en œuvre dans les prisons, tels que, par exemple, des programmes visant à améliorer les attitudes envers la nutrition et l’exercice, à inciter les détenu·e·s à arrêter de fumer, à lutter contre les intimidations, à identifier et traiter les victimes de violences physiques et psychologiques, y compris la violence sexuelle et domestique.
L’administration pénitentiaire doit maintenir - ou créer s’il n’existe pas - un système d’information sanitaire afin de collecter des données épidémiologiques sur la santé dans les prisons. Ce système doit se baser sur les dossiers médicaux individuels tenus à jour ainsi que sur le recueil systématique de données sur la santé tels que les types et le nombre de cas de maladies spécifiques, les décès en détention et un registre des types et quantités de médicaments prescrits. Les données doivent être compilées dans le même format que celui adopté pour la collecte nationale de données épidémiologiques et peuvent être utilisées pour orienter le calcul du budget de la santé et maintenir un niveau de stock adéquat au sein de la pharmacie centrale de la prison.