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Et si on parlait d'éducation?
Des conditions pour manger
22.05.2019
Ces histoires sont des « séquences » extraites des rencontres que l’Education Familiale organise dans le canton ; elles traitent des compétences éducatives des parents.
Ces histoires sont des « séquences » extraites des rencontres que l’Education Familiale organise dans le canton ; elles traitent des compétences éducatives des parents.
Education familiale Fribourg
Une histoire de Franz Hohler (écrivain suisse) raconte la situation d’adultes autour d'un enfant, âgé d'un an, qui ne voulait pas manger.
Par hasard, le père trouve un moyen pour le faire manger: le nourrir à travers la barrière, à l'entrée de sa chambre. Les parents sont soulagés. Seulement, l'enfant a des plus en plus d’exigences envers ses parents et sa baby-sitter pour qu'il mange: la maman doit être à ses côtés, le papa doit porter un chapeau, etc. Les parents essaient de refuser, mais l'enfant refuse à son tour de manger et pour finir, les adultes cèdent à toutes ses demandes. A la fin de l'histoire, le père nourrit l'enfant depuis une échelle, à travers la fenêtre, avec un chapeau sur la tête et un parapluie dans la main, pendant que la mère est couchée sur une armoire en pyjama et la baby-sitter à côté du bébé accompagne chaque bouchée avec le bruit de maracas.
En lisant cette histoire, des parents rigolent : qu’est-ce que nous faisons avec nos enfants ? Quels services offrons-nous à nos enfants et quels caprices suivons-nous par peur de perdre la relation ou par souci de sa santé?
"C'est vrai, on se fait du souci, quand ils ne mangent pas", raconte Pierre. "Du coup, c'est une arme très efficace quand ils veulent s'opposer...".
Et sa conjointe rajoute: "Notre enfant ne prenait que le biberon, encore à une année et demie. Il ne mangeait pas de nourriture solide. Par souci de sa santé, nous avons commencé à mélanger des fruits et des céréales moulus dans le lait du biberon.
Comment ces parents ont fait alors pour s'en sortir?
"Notre fils testait déjà les limites et ses difficultés à s'adapter à d'autres aliments augmentaient ; nous avons réalisé que nous étions trop concentrés sur la nourriture et pas assez sur son besoin de structures.
La pédiatre nous a confirmé qu'un enfant sans problème de santé, ne va pas se laisser mourir de faim. Nous avons alors mis en place un cadre avec des règles claires: le biberon seulement le soir ; pendant la journée, les mêmes repas prévus pour tous. C'était très dur au début, parce qu'il criait et pleurait beaucoup. Heureusement nous étions deux pour nous passer le relais et nous encourager à tenir bon.
Et puis, il a vite évolué : le premier jour il avait déjà goûté une patate !"