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Parmi les idées d’investissement farfelues nous trouvons la vente de parcelles lunaires. Dès les années 50, plusieurs individus se sont autoproclamés propriétaire du satellite de la Terre.
L’imagination humaine n’a pas de limite et ce n’est certainement pas la lune qui l’arrêterait. Depuis plusieurs années, Dennis Hope vend des parcelles lunaires via son Ambassade lunaire (Lunar Embassy). Il affirme avoir vendu plus de 611 millions d’acres pour un prix de 20 dollars la parcelle. Une autre société américaine s’est également lancée dans ce commerce en 1999. La Lunar Republic Society est basée à New York et affirme également être propriétaire de la Lune. Hélas, aucune institution digne de ce nom n’a jamais reconnu la validité des titres de ces sociétés. Pourquoi ?
Le Traité international établi sous l’égide de l’ONU en 1967 avait stipulé dans son article II que «l‘espace extra-atmosphérique, y compris la Lune et les autres corps célestes, ne peut faire l’objet d’appropriation nationale par proclamation de souveraineté, ni par voie d’utilisation ou d’occupation, ni par aucun autre moyen». Ce traité avait été signé par 125 pays. En 1980, un second traité, signé que par 12 pays, prohibait explicitement toute vente de terrain lunaire aux ONG, entreprises et particuliers.
Un autre traité international, établi en 1979, concerne l’éventuelle exploitation de la Lune et des autres corps célestes. Exploitation qui est encadrée mais parfaitement autorisée. Seuls onze États l’ont ratifié et cinq l’ont signé, dont la France et l’Inde. Mais pas les États-Unis, la Chine, la Russie ou le Japon. D’autres traités complètent cette liste.
Mais les enjeux économiques prévalent toujours. Un think thank américain, le Space Settlement Institute, milite pour une extension du droit de propriété privée à la Lune et à d’autres planètes. Pour les membres de cette organisation, seule la privatisation permet l’établissement de bases économiquement viables sur la Lune. Son intense campagne de lobbying qui date du début des années 2000 semble porter ses fruits.
L’Administration américaine de l’aviation (FAA) travaille discrètement sur le sujet selon des documents obtenus par Reuters en 2015. Elle est poussée par des sociétés telle que Bigelow Aerospace qui prépare un projet d’habitat lunaire gonflable mais aussi envisage une exploitation minière sur la Lune. Bigelow Aerospace aurait reçu une réponse encourageante de la FAA qui travaillerait pour que des sociétés privées puissent acquérir des droits exclusifs sur le territoire lunaire.
Mais le gouvernement américain ne peut pas juridiquement autoriser la FAA d’émettre des permis d’exploitation minière sur la Lune. Les autorités des autres pays n’accepteraient pas cet état de fait. Il faudra donc que tous les pays se penchent sur une réglementation internationale qui traitera des territoires interplanétaires.
En attendant, la juridiction sur la revendication de nouvelles terres qui souligne que pour être reconnu légitime possesseur d’un continent récemment découvert, l’implication de l’esprit (penser à réclamer) et du corps (y être allé physiquement) sont les bases fondamentales. Pour l’instant, aucun des individus vendant des terrains lunaires n’a posé un pied sur cette planète. Avis aux investisseurs…