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Un hiver dans les montagnes de l'Orégon
Par André Roch.
L' Orégon est situé dans le nord-ouest des Etats-Unis, sur la côte du Pacifique. Il est bordé au nord par les forêts de l' Etat de Washington, au sud par la Californie et à l' est par les déserts de 1' Idaho.
Quatre fois moins peuplé et sept fois plus grand que la Suisse, l' Oregon est encore un pays neuf de pionniers, d' Indiens et de cow-boys.
La côte est immense et vierge, toute en corniches, récifs, rochers aux formes étranges, petites plages solitaires entre les parois battues par la mer. Des forêts gigantesques semblent vouloir empêcher l' homme de s' installer en ces lieux.
Derrière cette région de montagnettes boisées s' étendent de larges vallées fertiles; le climat y est clément, la culture intense. Paysages charmants et doux où les vergers succèdent aux riches pâturages. A l' est, la plaine se mamelonné, les collines se couvrent de forêts de conifères, puis s' élèvent jusqu' aux hautes montagnes volcaniques, derrière lesquelles on ne trouve que déserts et mines d' or abandonnées.
Ces montagnes, qui courent parallèlement à la côte à une distance de 200 kilomètres de celle-ci, forment ce qu' on appelle le « Cascade Range » ( chaîne des Cascades ). Cette chaîne a une longueur de plus de mille kilomètres, s' étendant du Canada par le Mount Baker, au nord de l' Etat de Washington, au « Crater Lake » ( Lac du Cratère ), dans l' Orégon, au Mount Schasta, en Californie, jusqu' à la Sierra Nevada.
La beauté, la variété et surtout l' étendue de ces montagnes sont extraordinaires. Contrairement à ce que l'on voit dans les Alpes où la quantité des cimes rapprochées impressionne, des distances considérables séparent les grands sommets, dont la masse imposante et l' isolement font la sublime beauté.
Ces montagnes ont leurs habitants, leurs pionniers, leurs Indiens, leurs traditions.
Pourtant la civilisation implacable et merveilleusement organisée des Américains y trace sans répit des routes bétonnées, y lance des ponts en fer ou en béton armé, y installe des scieries et des camps de bûcherons ( logging camp ). Les Indiens y sont parqués en réserves; des trappeurs s' y rencontrent encore. La chasse et la pêche sont les sports favoris, mais, peu à peu, le tourisme, l' alpinisme, les sports d' hiver et le golf prennent pied et se développent rapidement.
Les principaux sommets de cette chaîne immense sont, du nord au sud, le Mount Baker, le Mount Rainier ( 4397 m .), le plus élevé, le Mount Adams, le Mount St. Helens, le Mount Hood qui domine Portland, le Mount Jefferson, les Three Sisters, le Mount Mazama qui domine le Crater Lake, le Mount Schasta en Californie qui dépasse également 4000 m. d' altitude. L' été, une foule de touristes, venant de toutes les parties des Etats-Unis, s' empresse à l' escalade de ces énormes montagnes. De célèbres guides suisses de l' Ober Bernois organisent, dirigent et éduquent les novices.
Il me fut donné de passer un hiver au pied du Mount Hood ( 3700 m .) dans un minuscule village qui n' a rien d' européen, mais qui, pourtant, révèle le passé et s' anime de la civilisation mécanique américaine. Deux hôtels, une douzaine de cabines, un hangar pour les chasse-neige, et le tour du village est terminé. Son nom est « Government Camp », son altitude de mille mètres environ, et son éloignement de Portland est de 90 kilomètres. Une excellente route bétonnée aux courbes relevées conduit à Government Camp à travers des vallons sauvages et pittoresques et par-dessus de charmants petits torrents poissonneux.
Le Mount Hood, volcan dont le cratère s' est éboulé d' un côté, apparaît de là énorme et majestueux entre les arbres gigantesques. Il s' éclaire suivant la position du soleil, et ses reflets varient infiniment avec la neige qui le recouvre: après le mauvais temps, il est blanc étincelant, puis le vent déchaîné élève dans le ciel de furieux panaches, le soleil enfin fond ce qui reste et les rochers noirs pointent et par endroits s' éboulent en traînées grisâtres.
L' ascension du Mount Hood est intéressante, facile et certainement plus amusante en hiver qu' en été. Le sommet est éloigné de 12 km. en distance horizontale et s' élève de 2700 m. d' altitude au-dessus de Government Camp. Ces grandes distances en font une excursion de longue haleine. Mais il est possible de passer la nuit dans une cabane de forestier à mi-chemin du sommet. Une certaine chambre de commerce de Portland, afin de faire de la réclame à cette montagne et en vue d' attirer les badauds, ce qui ne manquerait pas d' augmenter les bénéfices, offrit l' année dernière une prime à la caravane qui en ferait la première ascension de l' année. Aussitôt de la plaine s' élancèrent d' intrépides jeunesses qui, sans aucune idée de ce que sont le froid et l' hiver sur les cimes, étaient à peine équipées. Certains même n' avaient que des souliers bas! Résultat: deux enfants se perdirent et restèrent pour toujours dans l' immensité des forêts; d' autres, plus heureux, retrouvèrent leur route vers la vallée, non sans quelques extrémités gelées. L' expérience fut désastreuse; toute la population de la ville décréta que cette montagne était des plus dangereuses et personne n' en approcha plus.
La difficulté pour moi était de trouver un compagnon d' excursion. La plupart des alpinistes marchaient en raquettes ce qui ne me tentait que médiocrement. Quant aux skieurs, ils étaient tous de véritables Norvégiens qui sautaient 50 à 60 mètres, mais qui n' avaient nulle envie d' escalader la montagne, ne comprenant pas le plaisir du ski dans un terrain vierge et imprévu, ne sachant du reste pas skier hors d' une trace ou d' une piste de saut. Je trouvai finalement un Américain alpiniste, bon skieur et charmant camarade, et par une chance inespérée nous voilà au milieu de janvier, sous un romantique clair de lune et un froid piquant, suivant tant bien que mal la route enneigée qui mène à la limite des forêts ( timber-line ). Il est 3 heures du matin.
Au-dessus des forêts, le jour se lève radieux. Le soleil énorme sort lentement des déserts de l' est. Des profils de montagnes en table s' estompent à contre-jour dans ce jet éblouissant de lumière. Tout le flanc glacé de l' énorme volcan sur lequel nous nous trouvons se dore et miroite violemment sous l' effet de cette clarté intense. La neige à reflets dorés étincelle. Pas de vent, et pourtant il fait grand froid.
Tout autour de nous, c' est l' immensité. Les forêts sans fin s' étendent le long des montagnes aux pentes douces. Derrière les forêts les déserts, derrière les déserts encore des montagnes et encore des déserts. Comme nous sommes loin des Alpes escarpées, aux mille sommets!
A 200 km. d' ici, une autre montagne énorme, majestueuse et solitaire, plane au-dessus des forêts. Là-bas encore une. Qu' elles sont donc belles dans leur simplicité, leur grandeur, leur isolement et dans l' immensité qui les entoure!
Lorsque la pente se redresse, nous abandonnons les skis, car la neige soufflée n' a laissé que glace jusqu' au sommet. Dans le cratère, des fumerolles sentent les œufs pourris, mais ne parviennent pas à nous indisposer. Encore une dernière pente raide et nous voici au sommet. Le soleil est au milieu de sa course et la vue se perd alentour. Pays sans fin, étendues qui parlent à l' âme, couleurs lointaines, premiers plans bleutés, éblouissement, soleil rayonnant et air glacial.
Au sommet est une petite cabane, un « look out » fermé l' hiver, mais qui est utile pendant la saison des incendies de forêts ( fire season ). Tout l' été, un garde y habite et surveille de ce point de vue unique les forêts sans fin. Des qu' un incendie se déclare, il est aussitôt repéré et signalé par téléphone. Au flanc de cette petite cabane le livre du sommet est fixé dans une boîte. Nous remarquons que nous ne sommes pas les premiers de l' année; tant pis pour la prime qui n' existe d' ailleurs plus.
La descente le long des pentes gelées s' effectue à pied. Ces pentes offrent au printemps et au début de l' été un terrain à ski idéal, lorsque la neige mollie au soleil devient skiable. A la limite des forêts nos amis les Norvégiens étaient venus à notre rencontre. Ainsi escortés, nous terminons la descente dans une excellente neige à travers les sapins tortueux.
Peu après notre arrivée à « Government Camp » un camarade nous rejoint et nous annonce que son compagnon s' est cassé un pied à la « timber-line » ( limite des forêts ). Aussitôt nous nous disposons à remonter pour tirer d' affaire le malheureux blessé, car il serait dangereux de le laisser passer la nuit dans de pareilles conditions. Cependant, une ingénieuse suggestion vient interrompre nos préparatifs. En effet un trappeur à la barbe hirsute, qui venait des montagnes avec un attelage de quatre énormes et magnifiques chiens, était arrivé peu de temps auparavant et avait vendu ses chiens, et le traîneau par dessus le marché, à un jeune homme entreprenant qui habitait dans les environs. Un coup de téléphone amena l' attelage qui, bien escorté, redescendit le blessé sans difficulté. Ces chiens demi-sauvages tiraient avec une férocité enragée.
Le trappeur les accompagnait. Il habitait, pour quelque temps encore, chez le nouveau propriétaire de la meute dans une de ces « log-cabin » comme on appelle ces cabanes en rondins, construites par les trappeurs eux-mêmes. Elles sont si bien aménagées à l' intérieur qu' elles sont très confortables. Les deux hommes travaillaient à transporter du bois à l' aide du traîneau et des chiens. Une femelle portait et sa progéniture allait bientôt augmenter la meute. Un beau jour, le trappeur disparut, et le lendemain, les chiens disparurent également. Après les avoir vendus il les avait repris, ce qui était évidemment une transaction fort avantageuse. Un mois s' écoula. Un garde forestier ( ranger ) arrêta un jour notre trappeur dans le sud de l' Orégon. Quelques coups de revolver durent être tirés pour intimider et ramener à la raison l' indélicat individu. Les chiens furent rendus à leur propriétaire. La femelle avait mis bas, mais on ne retrouva jamais les petits. Quant au trappeur il passa quelque temps dans une prison à méditer sur les droits de la propriété. Il avait de plus trappe des castors, ce qui est sévèrement interdit sur les terrains de l' Etat.
Il est difficile de se faire une idée exacte de l' étendue des forêts qui recouvrent la base des montagnes.
Lorsque les Indiens occupaient le territoire, il arrivait souvent qu' une tribu, gênée par ses voisins, mettait le feu aux forêts de ces derniers. Ceux-ci, en témoignage de reconnaissance, leur rendaient aussitôt la pareille. C' est pourquoi, de quelque côté que l'on se dirige, on traverse des étendues immenses de forêts dont il ne reste que les troncs séculaires encore debout et noircis par les incendies de jadis. Cependant le sort actuel de ces forêts est toujours très aléatoire. Malgré les efforts et l' organisation d' une lutte systématique, les incendies éclatent encore fréquemment et l'on peut affirmer que durant presque toute l' année cela brûle quelque part. Des équipes se rendent aussitôt sur place de façon à enrayer l' incendie. Les hommes abattent rapidement une grande quantité d' arbres et travaillent jour et nuit jusqu' à ce que le fléau soit vaincu ou limité.
La coupe des bois est une des ressources principales de l' Orégon. Elle se fait par des entreprises nommées « logging camp ». Ces camps peuvent compter jusqu' à 500 bûcherons pour des entreprises de grande envergure ou ne se composer que de trois ou quatre hommes. Les méthodes dans les deux cas sont presque les mêmes.
Dans la région choisie, un homme spécialisé escalade l' arbre le plus gros et le plus haut. Pour cela il s' aide de « grimpettes » possédant une pointe à l' intérieur du pied. L' arbre est dégarni de ses branches, le sommet est décapité.
L' opération n' est pas sans danger. L' an dernier il arriva ainsi un atroce accident. Le grimpeur avait fixé une corde au sommet de l' arbre gigantesque, et avait scié le tronc à la hauteur voulue. Les hommes d' en bas tiraient sur la corde pour amener à terre la partie sommitale lorsque, sous l' effort, le tronc se fendit. Le grimpeur, posté à trente ou quarante mètres de hauteur, fut précipité malgré lui dans la fente par la corde qui l' attachait au tronc. Un fracas terrible, le sommet de l' arbre s' abattait sur le sol tandis que la fente se refermait sur l' infortuné en l' écrasant. Le soin de ramener à terre le corps affreusement mutilé du malheureux, qui restait pris à quarante mètres au-dessus du sol, fut confié à un de mes amis. Il était âgé de dix-sept ans à peine et travaillait alors dans ce camp de bûcherons. Ses impressions furent violentes et il connut ainsi très tôt l' âpreté réaliste de la rude vie des pionniers.
L' arbre une fois dégarni de ses branches est amarré au sol de tous côtés au moyen de câbles de fer. En son sommet on place une poulie qui actionne un levier fixé lui-même perpendiculairement au tronc. Le tout, mil par des treuils mécaniques appelés « donkey' s engine », enlève dans toute la région voisine les arbres énormes, les soulève comme des plumes et les place sur des wagons. Jour après jour, les trains s' en vont vers les scieries desquelles sortent des poutres, des plateaux, des planches, etc.
Lorsque la rivière est propice, les troncs sont flottés; une équipe d' hommes est chargée de former et de conduire les longs radeaux. Ces hommes sont chaussés de bottes munies de clous pointus qui empêchent de glisser. Ces clous sont vissés dans le cuir de la semelle. Pareille ferrure est cependant déplorable pour les escalades de rocher, car les clous sont arrachés par I' effort. Malgré leur grande habileté, il arrive que l' un de ces hommes, par maladresse ou à la suite de querelle, soit précipité à l' eau. L' hiver surtout la situation du malheureux peut devenir alarmante, ses vêtements gèlent sur lui et un grand feu doit être aussitôt allumé pour éviter une catastrophe.
En été, des concours aquatiques sont organisés qui consistent à se tenir debout le plus longtemps possible sur un tronc taillé en forme de tonneau.
Ou encore les bûcherons armés de grandes haches attaquent un tronc au signal donné et celui dont l' arbre capitule le premier gagne les honneurs. La majorité de ces bûcherons sont d' anciens Suédois et Norvégiens qui ont importé dans 1' Oregon les coutumes de leur pays d' origine.
Tous les dimanches de l' hiver se passaient en concours de skis dans les stations de montagne. Aux jours de grande compétition il était curieux de voir le nombre incalculable d' automobiles venus de la ville. Aussi la route était-elle encombrée de chaque côté sur une distance de 3 kilomètres en avant et 3 kilomètres en arrière de la piste de saut. Et les malheureux arrivés en retard devaient effectuer encore 3 km. à pied, ce qui n' est pas dans les habitudes américaines; aussi beaucoup faisaient demi-tour.
Après l' ascension si bien réussie du Mount Hood j' eus l' occasion d' y refaire encore deux tentatives d' escalade. A la première de ces tentatives le temps était absolument beau. Mais lorsque nous parvînmes au-dessus des forêts, le vent violent nous jetait à terre. Après deux heures de lutte contre ce courant d' air déchaîné, nous fûmes forces de battre en retraite. Nous ne pouvions même plus nous diriger à notre gré. Le vent nous chassait, nous fouettait, nous gelait, nous déshabillait. Souvent nous étions roulés et emportés au bas de pentes glacées. Enfin à l' abri de ce fléau, nous fûmes heureux de pouvoir respirer un air calme et dégeler tous nos membres qui s' engourdissaient. Nous étions exténués.
Durant la seconde de ces tentatives d' ascension, le temps était très menaçant. Prudemment nous revînmes sur nos pas sans pousser bien haut notre escalade. Bien nous en prit, car le temps se gâta si subitement et la bourrasque fut si violente que j' ai la conviction que si nous avions été surpris dans cet ouragan, nous ne serions jamais redescendus. Des trombes d' eau s' abattirent sur la région. Une nuit les ponts furent emportés.
L' épicier qui nous ravitaillait trois fois par semaine avec son auto-magasin ne dut la vie sauve qu' à un hasard extraordinaire. Il descendait dans la vallée, sa tournée accomplie. Malgré la nuit noire et la pluie il menait grand train le long de la route qu' il connaissait trop bien. Tout à coup il heurta un arbre, ce qui éteignit ses phares; ne voyant plus rien, il bloqua aussitôt et descendit pour enquêter. Trois mètres plus avant le torrent grondait furieusement, le pont était parti et les flots rongeaient la route. L' heureux épicier remonta à « Government Camp » pour chercher asile. Les routes restèrent coupées des deux côtés durant une semaine. Peu importait, car l' épicier était bloqué parmi nous et son auto était bien garnie. Après les chutes d' eau une tempête de vent se déchaîna et des forêts entières furent terrassées comme le blé sous la pluie. C' était triste de voir tant d' arbres arrachés, déracinés et brisés.
Les maisons qui n' avaient pas été emportées par les flots étaient défoncées par les arbres qui s' étaient abattus en tous sens. Le feu même éclata, et durant de longs jours une fumée de mauvais augure emplit la région.
Cependant ces ouragans avaient soulevé des déserts une quantité inimaginable de sable et de poussière qui voila le soleil pendant une semaine encore. Ce nuage s' avançait même au-dessus de la mer jusqu' à des centaines de milles, gênant la navigation. Après quoi, le calme se rétablit peu à peu. Pourtant la poussière ne disparut pas si vite. On en trouvait partout, on en mangeait et on en buvait. La neige avait perdu son éclat, elle était terne et sale.
C' est alors que le ski-club de Portland organisa, à titre de réclame, une expédition qui avait pour but de battre un record. Il s' agissait de partir de Portland, d' ascensionner le Mount Hood et de revenir au point de départ en un temps minimum. Pour les vrais alpinistes l' idée est critiquable; elle n' est pourtant pas qu' américaine: n' a pas établi un record Chamonix-Mont Blanc et retour, ou encore cabane du Hörnli-Mont Cervin et retour en 3 h. 15, et d' autres encore? Le recordman est un étudiant américain, monté en 1 h. 50, 10 minutes d' arrêt au sommet et descendu en 1 h. 15 ( d' après « La Montagne », novembre/décembre 1930, p. 387 ).
Une maison de vente mit aussitôt à notre disposition une huit-cylindres et un chauffeur d' une habileté extraordinaire. En effet nous fûmes transportés à une distance de 90 km. en 56 minutes et sur une route accidentée. Les skis de course, graissés à l' avance, devaient nous porter de 1000 mètres à 3700. Je ne me souviens plus de l' horaire exact, peu importe. Nous étions admirablement entraînés; n' empêche que la répétition du même mouvement pendant si longtemps nous fatigua. Nous avions, en effet, escalade 2700 m. d' altitude d' une montée uniforme. C' est perclus de crampes que nous glissions directement en bas les pentes sans fin du magnifique volcan. Malheureusement, pour descendre de la limite des forêts à Government Camp où nous attendait l' auto, nous fûmes considérablement retardés par la neige fondante et la poussière qui la recouvrait.
Nous dames marcher la descente et sur une distance, parcourue en 10 minutes au cours de l' hiver, nous mîmes 50 minutes.
De sportives girls au large sourire nous attendaient pour nous encourager. Le retour en automobile fut le bouquet; la route, libre le matin, était encombrée, par une circulation intense; malgré cela nous ne mîmes que 5 minutes de plus qu' à l' aller. Le succès fut complet. Levés à 6 heures du matin, nous prenions le five o' clock tea, changés et baignés, confortablement attablés à l' ombre des arbres en fleurs. Quelques heures auparavant nous étions encore au pays des neiges éternelles.
Pourtant l' hiver était fini et nous nous séparâmes, mes bons camarades et moi, pour vaquer à des occupations plus rémunératrices. Peut-être nous retrouverons-nous une fois sur quelque pente de neige.