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Donald Trump Jr. est au coeur d'une controverse liée aux contacts avec la Russie durant la campagne électorale de son père (archives).
KEYSTONE/AP/CAROLYN KASTER(sda-ats)
Donald Trump Jr. a admis mardi avoir volontairement rencontré une avocate présentée comme émissaire du gouvernement russe. Elle semblait pouvoir fournir des informations compromettantes sur Hillary Clinton, rivale de son père dans la campagne présidentielle de 2016.
La révélation de ce rendez-vous, qui a eu lieu en juin 2016, a renforcé les soupçons de collusion entre le premier cercle du président américain et le pouvoir russe. Ces accusations font déjà l'objet d'enquêtes du procureur spécial Robert Mueller et de plusieurs commissions du Congrès.
Devançant leur divulgation imminente par le New York Times, Donald Trump Jr., 39 ans, a publié sur Twitter quatre pages de messages échangés en juin 2016 avec un intermédiaire britannique nommé Rob Goldstone, en contact avec des proches du pouvoir russe. M. Goldstone est un agent représentant le chanteur russe Emin Agalarov, dont la famille connaît bien celle de Donald Trump.
Dans un email daté du 3 juin 2016, il informe le fils Trump que le procureur général de Russie (qu'il appelle, selon une formulation britannique, "procureur de la Couronne") a proposé au père d'Emin Agalarov, Aras, de "donner à la campagne Trump des informations et documents officiels qui incrimineraient Hillary et ses transactions avec la Russie et qui seraient très utiles à votre père".
"Ce sont évidemment des informations de très haut niveau et sensibles, mais qui font partie du soutien de la Russie et de son gouvernement pour M. Trump", écrit Rob Goldstone. "Si c'est ce que vous dites, j'adore (l'idée), surtout plus tard cet été", a répondu Donald Jr. 17 minutes plus tard.
"Pas d'informations à donner"
S'ensuivent des échanges pour tenter de caler d'abord une conversation téléphonique entre Emin Agalarov et Donald Jr., puis un rendez-vous, le 9 juin 2016 à la Trump Tower, avec une avocate russe venue de Moscou et présentée comme "avocate du gouvernement russe", Natalia Veselnitskaya. La rencontre a bien eu lieu à Manhattan, au 25e étage de l'immeuble, en compagnie du gendre du milliardaire, Jared Kushner, et de son directeur de campagne, Paul Manafort.
"La femme, comme elle l'a dit publiquement, n'était pas une responsable gouvernementale", a déclaré Donald Jr. dans un communiqué. Il a ajouté pour sa défense qu'elle n'avait finalement "pas d'information à donner" et voulait en réalité parler de la loi américaine Magnitski sanctionnant des Russes pour des violations de droits de l'homme.
"Mon fils est une personne de grande qualité et j'applaudis sa transparence", a déclaré mardi le président Trump, dans un texte lu par sa porte-parole à la Maison Blanche.
"Inacceptable"
Mais les messages ont immédiatement enflammé la capitale américaine. Au Capitole, le mot de trahison n'était plus tabou pour certains démocrates.
"Quand quelqu'un reçoit un message disant que le gouvernement russe veut aider faire élire son père, et qu'une avocate du gouvernement russe arrive de Moscou pour le voir, toute personne normale tirerait le signal d'alarme et appellerait les forces de l'ordre", a déclaré le sénateur démocrate Tim Kaine, ancien colistier d'Hillary Clinton.
Les parlementaires républicains ne pouvaient s'esquiver face à ces révélations. "C'est très problématique", a réagi le sénateur Lindsey Graham. D'autres républicains confiaient dans les couloirs du Capitole qu'ils n'auraient jamais accepté une telle rencontre, tout en tâchant de minimiser le scandale.
Signe du malaise, le vice-président Mike Pence a fait savoir qu'il ignorait tout de ces événements, n'ayant été nommé colistier que le 15 juillet 2016.
L'ancien directeur de campagne d'Hillary Clinton, Robby Mook, a quant à lui posé la question qui devrait désormais être au centre des débats: "Que savait le président, et quand l'a-t-il appris?". Une question célèbre, passée à la postérité après avoir été posée par un sénateur en 1973 lors de l'enquête sur le scandale du Watergate, qui fit tomber le président Richard Nixon.
ATS