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Pour les inconditionnels du libéralisme, l’intégration à l’économie mondiale doit automatiquement apporter le bien-être. Ses adversaires y voient au contraire la source de tous les maux de la planète. Une récente étude de la Banque mondiale propose un éclairage plus nuancé.
Au cours des années nonante, deux douzaines de pays en développement, regroupant trois milliards d’habitants, ont incontestablement profité de la mondialisation de l’économie. La croissance Ð en moyenne 5% par an Ð y a été plus soutenue que dans les pays riches. L’espérance de vie a augmenté et le niveau de formation d’une large partie de la population s’est amélioré. L’intégration au commerce mondial a permis de réduire de manière significative la pauvreté.
Qui participe au commerce mondial ?
Par contre, nombre de pays pauvres, essentiellement dans l’Afrique subsaharienne et dans l’ex-Union soviétique Ð soit environ deux milliards d’habitants Ð ne participent que très marginalement au commerce mondial. Leur produit national stagne ou baisse et la pauvreté y progresse. En proie à la guerre civile, frappés par des épidémies ou dotés d’institutions insuffisamment fortes, ces pays ont vu diminuer leur part au commerce mondial au cours des vingt dernières années.
Pour les auteurs de cette étude, le gain des pays en développement résultant de la mondialisation de l’économie pourrait être plus substantiel encore. A condition que les pays riches renoncent à leur politique protectionniste à l’encontre des produits pour lesquels les pays pauvres possèdent un avantage comparatif. Actuellement, le manque à gagner dû aux barrières tarifaires dressées par les pays riches représente des sommes de loin plus importantes que les crédits consentis par ces mêmes pays au titre de l’aide au développement. L’allégement de la dette extérieure constitue également une condition indispensable au démarrage des pays les plus pauvres. Mais de leur côté, ces derniers doivent créer un climat favorable aux investissements en luttant contre la corruption, en améliorant l’efficacité de leur administration, en développant les infrastructures et en promouvant la santé publique et l’éducation. jd
Source : Globalization, Growth and Powerty : Building an Inclusive World Economy, http://.econ.worldbank.org