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Implanté sur un plat à l’entrée du bourg médiéval de Villeneuve, faisant face au château de Chillon, l’Hôtel Byron est l’œuvre d’un négociant de Vevey et bourgeois de Veytaux du nom de Vincent Masson-Vallon. Visionnaire, ce dernier confie en 1837 la construction de l’hôtel à l’architecte genevois Jean Marc Louis Junod, auteur en 1835 de l’Hôtel de la Couronne, premier établissement doté d’un puits de lumière et de galeries intérieures.
Le plus grand bâtiment hôtelier de la Riviera
Dédié au célèbre poète anglais Lord Byron, figure de proue du tourisme lémanique et créateur du mythe de Chillon, l’hôtel en portera le nom dès 1839. Mentionné sur les listes des hôtels de Villeneuve en 1841, il apparait dans la première édition du guide Baedeker en 1844. Construction à l’architecture classique, le Byron est alors le plus grand des bâtiments hôteliers de la Riviera. Mais le projet a peut-être été trop ambitieux ou sa réalisation est intervenue trop tôt, car les soucis financiers jalonneront son histoire. Déjà la construction posera des problèmes de règlementation et d’innombrables tracasseries entre la Commune de Villeneuve et le propriétaire. Lorsque ce dernier demandera en 1846 une autorisation pour exploiter un Casino à l’image de Baden, la commune opposera son refus. En 1848 l’hôtel est même qualifié par les guides de vétuste. Quand en 1853 on y construit «des bains chauds et froids pour les étrangers et autres personnes qui désirent y passer la belle saison», les guides révisent leur jugement.
Le raccordement au gaz le rend
autonome avant 1876
Dès 1860 le Byron va profiter du développement de Montreux et figurer dans les publicités aux côtés de ses collègues montreusiens. Il n’est pas en reste non plus côté technique, puisqu’une demande de raccordement au gaz veveysan nous indique qu’il est lui-même autonome avant 1876. En 1889 il profite de l’établissement de l’électricité dans la région, et en 1898 il installe un chauffage central fonctionnant à la vapeur et un ascenseur, ce qui est encore rare à cette époque. La ligne du tramway Vevey-Montreux-Chillon va se prolonger en 1903 jusqu’à Villeneuve, le liant ainsi à la mégapole lémanique. En 1912 on construit une dépendance avec salles de bain, seul bâtiment encore debout aujourd’hui, car le Byron va être victime d’un incendie dévastateur le 24 janvier 1933, presque à la veille de célébrer son centenaire.
Source: Flückiger-Seiler Roland. Hotelträume zwischen Gletschern und Palmen. Schweizer Tourismus und Hotelbau 1830-1920. Baden 2001, p. 105-107. Bestellung direkt beim Autoren.