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L’architecte*
Né près de Genève en 1908, Marc J. Saugey est une figure de l’architecture et de l’urbanisme qui a créé les réalisations architecturales parmi les plus modernes des années d’après-guerre à Genève. Après des études au Technicum, il devient en 1931 membre du GANG, le Groupe pour l’Architecture Nouvelle à Genève, et ouvre son bureau d’architecture en 1941. Avec Alberto Sartoris et Anthony Krafft, il fonde la revue Architecture, formes + fonctions en 1956. Il enseigne également à l’Ecole d’architecture de l’Université de Genève.
* Source principale: Catherine Dumont d’Ayot, Marc J. Saugey, L’espace, la ville et les affaires, thèse de doctorat, 2014.
L’un des premiers grands projets de Marc J. Saugey est l’Hôtel du Rhône (1947-1950), l’actuel Mandarin Oriental sur le Quai Turretini. Il réalise ensuite à Genève entre 1951 et 1957 quatre immeubles commerciaux, le Mont-Blanc Centre où se trouve le Plaza, et trois autres complexes, Terreaux-Cornavin, Cité Confédération et Gare-Centre qui ont comme caractéristique commune, leur multifonctionnalité moderne et dynamique.
Flexibles et organiques, les immeubles de Saugey peuvent abriter de nombreuses fonctions, des bureaux aussi bien que des commerces de quartier, un cinéma, un restaurant ou un bar, et même des logements.
Marc J. Saugey a marqué la ville de ses interventions. Inspirés par l’architecture américaine, ses ensembles sont souvent reconnaissables à leurs façades-rideaux. Les passages, les vitrines, les rampes, emblématiques de son œuvre ont également marqué le paysage urbain et le quotidien de la population genevoise.
« Saugey étudie des stratégies particulières pour prendre en charge et accompagner le public, le conduire à l’intérieur des bâtiments en créant des mises en scène efficaces et spectaculaires. » explique Catherine Dumont D’Ayot dans la revue Tracés (5-6, 2020)
Passionné de cinéma, Saugey réalise ensuite le cinéma Le Paris.
Saugey apporte aussi une contribution marquante dans la conception des espaces privés. On ne peut qu’être ébloui.e par son chef d’oeuvre de Miremont-le-Crêt, qui constitue le manifeste de ce qu’il nommait l’« espace habitable », l’espace privé complémentaire de l’espace de la ville.
Vient ensuite la Tour de Rive, vigie érigée aux abords de la Vieille-Ville, dont il occupera d’ailleurs les derniers étages pour son logement et son bureau.
Il travaille ensuite à l’Exposition nationale de 1964 à Lausanne. Puis il se consacre de plus en plus à son rôle d’enseignant d’urbanisme à l’École d’architecture de l’université de Genève et à ses activités au sein de la Commission d’urbanisme. Il développe également quelques grands projets en Espagne. Il décède à Genève en janvier 1971.
Les perspectives du foyer et de la salle ci-dessous ont été dessinées par Louis Bongard, artiste qui a réalisé plusieurs fresques murales pour les bâtiments de Marc J. Saugey)