Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07161.jsonl.gz/1130

Critique
Ce soir-là, toute la ville du Caire se trouve devant la télé, l’Egypte jouant un match de foot capital de Coupe d’Afrique. La cinéaste K. A. Zekry en profite pour brosser, en l’espace de vingt-quatre heures, les portraits d’une dizaine d’habitants de la cité: il y a là un animateur TV alcoolisé, une chrétienne de 40 ans qui cherche à divorcer, une esthéticienne très débrouille, une grande star de la chanson qui ressemble à Penélope Cruz, un jeune coiffeur peu scrupuleux, un grand-père dealer, une infirmière un peu coincée, un gamin déluré, et d’autres encore. Chacun va vivre une nuit agitée qui ira jusqu’à remettre en question son propre équilibre existentiel. La réalisatrice a manifestement gagné son pari: WAHED-SEFR est un film choral, bien maîtrisé dans le rythme et le montage, qui prend peu à peu la forme d’un tableau - en creux - de la société du Caire, avec ses contradictions, ses hypocrisies, ses tabous. WAHED-SEFR - on lui pardonnera une ou deux séquences un peu kitsch - est un modèle de cinéma populaire, sensible, critique et efficace, qui dit beaucoup de choses sans jamais perdre le spectateur en route.
Antoine Rochat