Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07070.jsonl.gz/714

Vous devez avoir le flash player 9 installé et javascript activé pour voir les images de ce projet
Depuis le début du 20ème siècle, la planification à Genève a fait preuve d'une remarquable constance dans une certaine volonté de structuration du développement urbain par les espaces ouverts. Le moment fondateur, s'il faut le rappeler, est le plan directeur régional établi en 1936 par le DTP sous la direction de Maurice Braillard. Avec un maillage général par des «surfaces publiques ou sites à classer», il anticipait les besoins d'un canton-ville qui verra sa population tripler depuis cette date. Les Plans directeur successifs reprennent tous une forme de macro-structuration du développement urbain par de grands espaces ouverts. Les attentes quant à leurs fonctions ont évolué au cours du temps: en 1966 on veut surtout y implanter des aires sportives et récréatives et des lieux de promenade et en 1975 on souhaite d'avantage préserver l'aire agricole et les forêts qui s'y trouvent. Dans le «Plan directeur cantonal 2015» les thématiques environnementales et agricoles sont intégrées de façon décisive avec l'objectif de garantir les pénétrantes de verdure à long terme. Notons que ces espaces prennent le nom de «pénétrantes de verdure» en 1966 avec le plan dit alvéolaire et que leurs périmètres sont restés inchangés depuis 1975.
Depuis cette date (2001), la croissance démographique du canton de Genève s’est renforcée et avec comme corollaire une pression accrue sur certaines pénétrantes, avec des projets de construction ou simplement par une fréquentation croissante. On constate aussi dans certains cas une concurrence entre les fonctions naturelles, agricoles et récréatives. Cette évolution renforce donc la conviction que les pénétrantes de verdure ne pourront pas être garanties à l’avenir simplement parce qu’elles ne sont pas comprises dans les zones constructibles. C’est pourquoi le plan directeur cantonal 2030 précise dans les fiches A11 et C04 le rôle des pénétrantes de verdure et préconise de les mettre en valeur en considérant leurs diverses fonctions. La réalisation d’une étude générale des pénétrantes de verdure poursuit plusieurs objectifs. Il s’agit tout d’abord de contribuer à construire une vision commune du rôle des pénétrantes dans le territoire et ses usages. Ensuite, il s’agit de caractériser chacune d’entre elles, en identifiant leurs principaux enjeux du point de vue de différents domaines: agriculture, nature, patrimoine, mobilité douce, loisirs et autres usages urbains. Enfin, pour quatre d’entre elles présentant des potentiels particuliers ou faisant l’objet de divers projets (les pénétrantes de verdure de Pinchat, de la Seymaz, du Rhône et de Pregny), esquisser les bases de futures études directrices.
in: préface de l’étude générale par le service du plan directeur cantonal
L’étude s’est développée essentiellement selon deux axes de travail:
Les situations particulières des pénétrantes de verdure relativement au territoire du bassin genevois permettent d’en dresser une typologie. Outil conceptuel riche en prolongements opérationnels, il permet d’articuler les caractères paysagers dominants (l’espace le long d’un fleuve ou d’une rivière, une ouverture vers le lac ou, à l’inverse, vers le Jura ou le Salève…) avec de grands enjeux de préservation et de valorisation. La typologie implique aussi une reconnaissance précise des structures naturelles du territoire ce qui n’est pas sans utilité sociale si on la met en regard du désir de la population de tisser à nouveau des relations avec le territoire qu’elle habite, probablement en compensation du caractère abstrait de la vie contemporaine.
Des esquisses, informées des contextes particuliers de chaque pénétrante de verdure, testent l’aptitude de quatre d’entre elles à jouer des rôles dans l’organisme urbain. Car il s’agit bien de définir des vocations pour ces espaces généralement imbriqués dans le cadre bâti. Une synthèse est faite des actions à entreprendre, à court et long terme, pour mettre en place les vocations dominantes. Une perspective est ouverte pour la fructification de ces espaces, si longtemps (et passionnément peut-on dire dans le cas genevois) préservés de constructions, en tant qu’espaces ouverts d’un «canton-ville» pour une population aspirant à garder le contact avec le territoire naturel et agricole, et à y pratiquer des formes de vie en plein air.
Maître d'ouvrage:Etat de Genève, DALE / Office de l’urbanisme
Date de réalisation:2014-se poursuit
Association d'architectes:
L’héritage des «pénétrantes de verdure» apparaît comme une chance extraordinaire pour Genève, d’apporter à l’agglomération des espaces ouverts structurants. Un bien commun à prendre en main pour renforcer son attractivité et sa qualité de vie, pour y apporter les plus-values paysagères, climatiques, environnementales, d’accueillir des loisirs de proximité, la promenade, et de valoriser la production agricole locale. Rien de moins que les promesses sous jacentes à l’idée de «ville verte».