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Ménopause et sexualité: une action hormonale locale contre la sécheresse vaginale
La ménopause correspond à de nombreux bouleversements biologiques et psychologiques, et constitue ainsi bel et bien une nouvelle étape de la vie des femmes. Pour faire face aux profondes modifications hormonales qui la caractérisent (et les risques médicaux qui lui sont associés), différentes méthodes hormonales de «substitution» ont vu le jour ces dernières années et alimenté bien des controverses. Ces méthodes visaient aussi à prévenir ou à lutter contre différents symptômes post-ménopause qui peuvent notablement compliquer la vie sexuelle féminine. Il s’agit notamment de sécheresse vaginale plus ou moins compliquée, d’atrophie vulvo-vaginale ou encore de dyspareunie (rapports sexuels douloureux). Ce que certains spécialistes américains appellent désormais le «syndrome génito-urinaire».
Dans quelques semaines, le journal Menopause de la North American Menopause Society (NAMS) publiera les résultats de nouvelles recherches médicales qui pourraient rapidement connaître une traduction thérapeutique.1 Ces recherches prolongent un travail mené par une équipe de l’Université Laval (Québec) et publié dans le même journal en 2009.2 L’objectif? Définir quel usage pourrait être fait du sulfate de déhydroépiandrostérone, substance mieux connue sous le nom de DHEA. On désigne ainsiune molécule synthétisée par l’organisme, longtemps tenue pour avoir des propriétés antivieillissement. Son efficacité dans ce domaine soulève toutefois bien des interrogations et alimente de nombreuses controverses.
En 2000, une étude largement médiatisée dénommée «DHEAge» avait conclu à une amélioration relative de la densité osseuse et des propriétés mécaniques de la peau chez des femmes âgées de 70 ans ou plus. Une amélioration relative de la libido avait été également constatée. Effet placebo ou pas? Ces données n’ont jamais été clairement confirmées et les incertitudes demeurent.
Cette molécule pourrait-elle être utilisée dans la prise en charge des troubles uro-vulvo-vaginaux souvent observés après la ménopause? Des troubles qui, pour diverses raisons, ne sont pas toujours évoqués auprès des médecins généralistes ou gynécologues. De plus, ils sont encore mal compris et insuffisamment pris en charge. Une situation d’autant plus regrettable qu’ils peuvent avoir des conséquences négatives sur l’équilibre psychologique, la vie sexuelle, l’autonomie et la qualité de vie.
Muqueuse vaginale modifiée
Les nouveaux résultats à paraître dans Menopause sont issus d’une étude originale, dite de phase III et menée en double aveugle chez 492 femmes ménopausées. Parmi elles, 325 ont testé (quotidiennement durant douze semaines) l’efficacité d’ovules intravaginaux dosés à 0,5% de DHEA, soit 6,5 mg/ovule. Les autres participantes utilisaient un placebo. Les auteurs expliquent que les femmes du premier groupe présentaient, par rapport à celles du groupe placebo, des améliorations significatives au terme des douze semaines. Ces améliorations concernaient les douleurs pouvant être ressenties durant une relation sexuelle. Mais elles portaient également sur la structure de la muqueuse vaginale (augmentation du nombre des cellules superficielles) ainsi que sur la sensation de «sécheresse vaginale» et la production de sécrétions vaginales augmentée. De manière objective, le «pH vaginal» semblait rééquilibré, gagnant en acidité.
Pour les auteurs de ce travail, il s’agit là d’effets locaux d’une application hormonale locale. La DHEA se transformerait en œstrogènes dans certaines cellules de la muqueuse vaginale (les cellules parabasales), réactivant alors le processus de maturation qui les transforme en cellules superficielles. Responsable de la North American Menopause Society, la Dresse JoAnn V. Pinkerton souligne que l’action hormonale est ici cantonnée à la sphère vaginale, ne se diffusant pas au-delà via la circulation sanguine et n’exposant pas de ce fait les femmes aux risques inhérents à l’administration générale d’hormones –notamment celles chez qui la prise d’œstrogène est contre-indiquée.
Les auteurs font aussi valoir qu’à la différence des hydratants et lubrifiants non hormonaux (qui peuvent temporairement fournir des solutions palliatives pratiques), cette méthode permet de corriger de manière physiologique, et donc durable, les causes du phénomène à l’origine des symptômes. Les promoteurs américains de ce travail ne cachent pas, désormais, leur souhait que cette nouvelle présentation intravaginale de DHEA soit prochainement autorisée à la commercialisation.
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2. Un résumé (en anglais) de cette publication est disponible ici: «Intravaginal dehydroepiandrosterone (Prasterone), a physiological and highly efficient treatment of vaginal atrophy»