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Cher Confrère,
Je vous remercie de la lecture attentive de notre article cité en référence et vous adresse ci-après ma réponse point par point.
Contrairement à votre affirmation, les critères d’interprétation PIOPED sont toujours bien en vigueur aux Etats-Unis.1 Une version simplifiée est utilisée au Canada avec trois catégories de résultats : scintigraphie normale, de forte probabilité et non diagnostique.2 Ces critères sont les seuls à avoir été utilisés dans ce qui est la référence de qualité méthodologique dans le domaine du diagnostic de l’embolie pulmonaire, à savoir des études de prise en charge (management ou outcome studies) à grande échelle, incluant des patients consécutifs, dans lesquelles la décision de traiter, ne pas traiter ou procéder à des tests additionnels, est basée sur le résultat de l’examen.2–4 Les critères d’interprétation de l’EANM n’ont pas été adoptés par les sociétés savantes qui émettent des recommandations pour le diagnostic de l’EP, notamment les plus récentes émanant de la European Society of Cardiology.5 En effet, elles reposent sur un nombre limité d’études de comparaison et non de prise en charge, qui ont inclus un petit nombre de patients et sont de faible qualité méthodologique.
Aucun examen n’a une innocuité totale.
Nous ne disons pas autre chose.
Notre article fait une revue scientifique de la littérature à ce sujet, et discute les risques liés à l’irradiation avec toute la prudence voulue, s’agissant d’évidences très indirectes. Dans la discussion concernant la relation linéaire sans seuil, nous mentionnons le caractère discutable de cette approche. Quoi qu’il en soit, nous arrivons à la conclusion que le risque carcinogène lié à la scintigraphie ou au CT est très faible et ne doit en aucun cas retenir le clinicien de pratiquer ces examens en cas de suspicion d’EP chez une femme enceinte. L’obscurantisme consisterait à prétendre qu’il est nul.
Je ne vois pas en quoi ces affirmations sont contredites en quoi que ce soit par notre article. En particulier, nous ne demandons pas aux services d’imagerie une sécurité totale. Encore une fois, notre conclusion principale, qui figure dans les «implications pratiques», est que l’assurance d’un diagnostic positif ou d’exclusion fiable l’emporte sur toute autre considération dans cette situation clinique.
Je ne vois en conséquence rien à corriger dans cet article et, tout en vous remerciant de votre lecture, regrette le ton inutilement offensif de vos critiques.
Veuillez croire, Cher Confrère, à l’expression de mes sentiments distingués.