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La Messe en si mineur est essentiellement composée d’un assemblage de diverses pages puisées dans différents ouvrages antérieurs du compositeur et réécrites par lui selon le procédé dit de la parodie (au sens ancien du terme : « texte composé pour être chanté sur une musique connue »1 à l’avance) : par exemple la cantate BWV 12 a fourni la matière du Crucifixus, l’Hosanna est repris de la cantate BWV 215, l’Agnus Dei provenant quant à lui de l’Oratorio de l’Ascension (BWV 11). Seul un tiers de l’œuvre environ consiste en compositions « originales ». La parodie est un processus relativement courant chez Bach, comme d’ailleurs chez maints compositeurs de l’époque, car c’était souvent la seule manière de donner à entendre de nouveau des pièces que leurs auteurs estimaient particulièrement réussies.
La tonalité de si mineur, comme le veut l’usage, vient de la première pièce (Kyrie eleison), les autres numéros étant, à l’exception du n° 26 (Agnus Dei en sol mineur), dans les tons voisins, particulièrement dans la gamme relative, c’est-à-dire ré majeur (13 sur les 27 numéros).
Histoire
- Le Sanctus a été composé pour le jour de Noël 17244,5.
- Le Kyrie et le Gloria (Missa Brevis) ont été élaborés en 17332.
La première version pouvait être utilisée aussi bien dans le rituel catholique que luthérien. Bach a dédié les 21 parties de cette version en juillet à la cour catholique de Dresde, exprimant le souhait de se voir attribuer le titre de Compositeur de la cour. Ce n’est qu’en novembre 1736, qu’il deviendra compositeur de la cour du prince électeur de Saxe et de la cour royale de Pologne.
- En 1747–1749, Bach s’est décidé à élargir la Messe en si mineur5,2 au Credo, au Sanctus et à l’Agnus Dei, soit avec de nouvelles compositions soit en utilisant des parties de cantates antérieures.
Signification liturgique
Certains musicologues (en particulier Gilles Cantagrel et Philippe Charru6) ont noté le côté œcuménique de l’ouvrage, catholique par sa forme et luthérienne dans son esprit. Le dédicataire initial (le prince électeur de Dresde, qui était catholique) peut en être une explication partielle, la cité abritant les deux confessions.
- Dans le Gloria après Domine, fili unigenite, Jesu Christe, le mot altissime fait référence à la liturgie de Martin Luther.
- Dans le Sanctus on trouve gloria eius au lieu de gloria tua.
La partition n’a été publiée qu’en 1833 (Kyrie et Gloria) chez Nägeli à Zurich, alors qu’il avait acquis la partition en 18069. L’intégralité n’est parue qu’en 1845, en association avec un autre éditeur, N. Simrock de Bonn9. Bach n’a jamais entendu la messe dans son intégralité5,10. La création ne semble avoir eu lieu qu’en 185910 en Allemagne.