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Lorsque l'ODM (Office Fédéral des Migrations) décide de déménager de Genève à Vallorbe, en 2000, il ouvre un centre du nom de CERA (Centre d'Enregistrement des Requérants d'Asile). Quelques années plus tard, dès 2006, les CERA suisses changent de nom, on les appelle dorénavant des CEP (Centre d'Enregistrement et de Procédure).
Le CEP occupe l'ancienne caserne près de la gare et offre jusqu'à 270 places en dortoirs de 16 lits, pour accueillir les requérants qui choisissent de demander l'asile en Suisse. L'enregistrement de chaque requête requiert une photo, une dactyloscopie (prélèvement des empreintes digitales), un entretien de dépistage de la tuberculose et la première audition pour établir: l'identité du requérant, et - brièvement - ses motifs de recherche d'un asile et son parcours pour venir en Suisse. Une deuxième audition, plus approfondie, suivra.
Le requérant est autorisé à sortir du lundi au vendredi, de 8h30 à 12h et de 13h à 17h30, (sauf s'il est convoqué pour l'une des formalités de l'enregistrement). A ses frais, il peut partir en week-end.
Les requérants sont nourris et logés. Du fait de l'allongement moyen du séjour dans les CEP en novembre 2006, la Confédération accorde depuis lors Fr. 3.- d'argent de poche, par jour et par personne. Cela ne résout que très partiellement les problèmes de la majorité qui est totalement démunie pour téléphoner, se déplacer, ou passer le week-end chez des connaissances.
Fouillés au retour de chaque sortie, ils n'ont le droit d'introduire dans le CEP ni nourriture achetée à leur frais, ni stylo, ni téléphone portable, ni menus objets de toilette comme ciseaux ou pinces à ongles. L'alcool, la drogue, les armes ou objets dangereux assimilés sont bien évidemment interdits dans le CEP.
La plupart des requérants arrivent en Suisse par des filières, sans papiers, après un voyage périlleux de plusieurs semaines. Ils viennent en majorité de l'Ex-Yougoslavie, d'Europe de l'Est, de Russie, du Caucase, du Moyen Orient et d'Afrique, surtout de la corne de l'Afrique. Cela représente jusqu'à quelques quarante nationalités qui doivent cohabiter dans une promiscuité parfois à la limite du supportable. Environ 70% sont des hommes, le plus souvent jeunes, seuls; 30% sont des femmes, seules ou avec enfants.