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11/05/2015
Pas besoin d'être de gauche pour considérer avec bienveillance l'initiative du PEV.
Sur le principe, il est intelligent et équitable de songer à prélever une (modeste) part sur une succession pour financer le déficit de l'AVS. En effet, recevoir de l'argent que l'on a pas gagné devrait induire tout naturellement un renvoi de fortune gracieux et solidaire. Une transposition moderne et biblique du jubilé hébreux, un moyen légitime d'éviter une distorsion grandissante et néfaste entre une minorité de familles toujours plus riches et puissantes et une majorité de citoyens toujours plus démunis.
Sur le moyen, cette initiative semble pourtant manquer de pragmatisme. Pourquoi avoir fixé une franchise relativement faible à CHF 2'000'000.- ? C'est ce genre d'erreur qui fera probablement et malheureusement perde ce noble combat. Il ne fallait pas pénaliser la classe moyenne, laquelle risque de rejeter l'initiative du PEV. En politique, ce n'est pas comme dans le Royaume de Dieu à venir, il faut certes s'inspirer d'un idéal, mais il convient aussi d'appliquer l'adage "un tiens vaut mieux que deux tu l'auras".
Ainsi, il aurait suffi de fixer une franchise légèrement supérieure pour éviter cet écueil et/ou moduler le taux d'imposition en fonction du degré de parenté ou du nombre d'enfants héritiers...
Dommage que le PEV n'y ait pas songé.
Olivier Emery
PS: Lire ou relire le chapitre 25 du Lévitique ne fera de mal à personne.