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Étude de grande ampleur: trop peu de lait augmente le risque de cancer colorectal
Dans le monde entier, le cancer colorectal est en nette augmentation chez les deux sexes. Il est maintenant la troisième cause de décès par cancer. Il est aussi la deuxième cause d'années de vie en bonne santé perdues (DALY), qui sont la base du calcul de l'espérance de vie corrigée de l'incapacité (EVCI).
La Global Burden of Diseases, Injuries and Risk Factors Study (GBD), soutenue par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et financée par la Bill & Melinda Gates Foundation, a présenté récemment les données actuelles relatives à l'incidence, à la mortalité et aux DALY en fonction de l'âge, du sexe et de la situation géographique1. L'analyse a porté sur 87 facteurs de risque de cancer colorectal. Pour dix d'entre eux, un lien statistiquement significatif a pu être établi avec la mortalité et les DALY liés au cancer colorectal: la consommation d'alcool, une alimentation contenant une forte proportion de viande rouge, une alimentation pauvre en calcium, une alimentation pauvre en fibres, une alimentation "pauvre en lait", un indice de masse corporelle élevé, une glycémie à jeun élevée, une activité physique faible et le tabagisme.
Par ordre d'importance, le premier facteur de risque est l'alimentation "pauvre en lait" avec 15,6 %, suivi par le tabagisme avec 13,3 % et, en troisième position, une alimentation pauvre en calcium avec 12,9 %. Toutefois, l'apport de fibres, facteur de risque le plus souvent mentionné en diététique, arrive en dernière position avec 1,8 %. Cette évaluation mondiale vient appuyer les données d'études d'observation de longue durée (études de cohorte), qui prouvent qu'une consommation élevée de lait et de produits laitiers est corrélée avec une réduction du risque de cancer colorectal.2
- 1. GBD 2019 Colorectal Cancer Collaborators. Global, regional, and national burden of colorectal cancer and its risk factors, 1990-2019: a systematic analysis for the Global Burden of Disease Study 2019. Lancet Gastroenterol Hepatol. 2022
- 2. Barrubés L, Babio N, Becerra-Tomás N, et al. Association Between Dairy Product Consumption and Colorectal Cancer Risk in Adults: A Systematic Review and Meta-Analysis of Epidemiologic Studies. Adv Nutr. 2019
Le fromage renforce aussi la formation musculaire après l'entraînement
L'importance de la musculation pour la santé des jeunes comme des aînés est toujours plus reconnue dans le monde scientifique. Elle est indispensable notamment pour l'entretien de la masse musculaire chez les personnes âgées. Elle est également déterminante pour tous ceux qui suivent un régime, c'est-à-dire qui réduisent leurs apports caloriques pour perdre de la graisse. En effet, seule la musculation alliée à des apports protéiques accrus peut éviter ou réduire au maximum la perte de masse musculaire. Les concentrés de protéines sont souvent vantés comme favorisant mieux la formation musculaire que les denrées alimentaires naturelles.
Afin de procéder à un examen systématique de cette thèse, le groupe de travail dirigé par le professeur Luc van Loon, spécialiste mondialement connu de la recherche sur les protéines, du Department of Human Biology (NUTRIM School of Nutrition and Translational Research in Metabolism) de l'Université de Maastricht (Pays-Bas), a réalisé une étude randomisée sur 20 hommes en bonne santé âgés de 18 à 35 ans. Les tests ont porté sur l'effet de 30 g de protéines, sous forme de concentré de protéines lactiques ou de fromage (Milner 30+ Kaas Jong, avec 18 g de graisse et 29 g de protéines par 100 g), sur les concentrations plasmatiques d'acides aminés postprandiales et les taux de synthèse des protéines musculaires, aussi bien au repos que durant la phase de récupération. L'entraînement de musculation consistait en douze séries d'exercices sur presse à cuisses et sur machine d'extension des jambes.
Après la consommation tant de fromage que de concentré de protéines lactiques, les concentrations d'acides aminés en circulation avaient augmenté significativement. À cet égard, la hausse postprandiale précoce a été plus faible après la prise de fromage qu'après celle de concentré de protéines lactiques, mais a duré plus longtemps que cette dernière. En conséquence, les taux de synthèse des protéines musculaires ont augmenté de manière comparable après la prise des deux produits. L'étude a en outre montré que la synthèse protéique musculaire était plus importante si l'entraînement avait lieu avant l'apport de protéines, et que, ni au repos, ni durant la phase de récupération, les taux de synthèse des protéines musculaires postprandiaux ne différaient entre le fromage et le concentré de protéines lactiques. Ces résultats indiquent que des aliments entiers, très protéiques et naturels, comme un fromage affiné, peuvent contribuer à la formation de masse musculaire aussi efficacement que des concentrés protéiques, au repos comme en phase de récupération.
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La contribution du lait à l'alimentation mondiale
Atteindre la sécurité alimentaire et nutritionnelle au niveau mondial n'est pas chose facile, compte tenu de l'augmentation de la population mondiale, de l'ampleur actuelle de la malnutrition et de la suralimentation, ainsi que de la répartition inégale des ressources alimentaires dans le monde. Dans ce contexte, les aliments à haute densité nutritionnelle – à savoir les aliments ayant une teneur élevée en nutriments essentiels par rapport à leur apport énergétique – jouent un rôle important dans la prévention des maladies liées à l'alimentation et des coûts de la santé consécutifs.
Des chercheurs du Riddet Institute de la Massey University et du Fonterra Research and Development Centre (tous deux situés à Palmerston North, en Nouvelle-Zélande) ont récemment calculé la contribution globale du lait par rapport à la disponibilité de 29 nutriments essentiels, sur la base des données de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO). Ils ont en outre documenté la disponibilité et la densité de ces nutriments dans le lait comparativement à 98 autres denrées alimentaires listées par la FAO.
Les résultats indiquent une contribution à l'approvisionnement particulièrement élevée pour 23 nutriments du lait, principalement pour le calcium, la protéine et les acides aminés essentiels, le phosphore, le potassium et de nombreuses vitamines, ainsi que pour la graisse alimentaire.
Globalement, les composants du lait qui occupent le haut du classement sont le calcium, la vitamine B2 et la lysine. Le potassium, le phosphore, la vitamine B5 (acide pantothénique), la vitamine B12, la leucine et la thréonine viennent en deuxième place. Enfin, en troisième position se trouvent la protéine globale, la vitamine A, le zinc, la cystéine, l'histidine, la méthionine et le tryptophane.
Les nutriments essentiels du lait, qui sont caractérisés par une biodisponibilité élevée, restent indispensables tout au long de la vie. Parallèlement, la consommation de lait ne fournit que 7 % des calories alimentaires disponibles.
Bilan: En raison de sa densité nutritionnelle élevée, le lait doit être considéré comme une source particulièrement précieuse pour l'alimentation mondiale.
Le lait, le yogourt et le fromage contre les chutes et les fractures chez les aîné·es?
Une récente étude contrôlée confirme de manière probante les effets préventifs d'une consommation accrue de lait et de produits laitiers: des chercheurs·euses des universités de Melbourne et de Sydney (Australie) ont examiné si et dans quelle mesure l'apport journalier recommandé de 1300mg de calcium et de 1,1g de protéines par kilo de poids corporel pouvait diminuer le risque de chutes chez les aîné·es. Pour ce faire, ils ont recruté 7195 personnes dans 60 établissements médico-sociaux de l'agglomération de Melbourne et de la région de Victoria. Si les participant·es avaient d'importants apports de vitamine D, leurs apports protéiques et calciques étaient en dessous des valeurs recommandées.
Parmi ces établissements, 30 ont été sélectionnés au hasard, dans lesquels les résident·es ont reçu plus de lait, de yogourt et de fromage pour atteindre les valeurs recommandées de calcium et de protéines. Ainsi, ils ont absorbé en moyenne 1142mg de calcium par jour et 69g de protéines par jour (1,1g de protéines par kilo de poids corporel). Les 30 établissements de contrôle ont maintenu les rations journalières habituelles, soit en moyenne 700mg de calcium et 58g de protéines par jour (0,9g par kilo de poids corporel).
Après une intervention d'une durée moyenne de 13 mois, la probabilité de chutes avait significativement baissé de 11% et, par conséquent, le risque de fractures de 33%. Les fractures typiques de la hanche, quant à elles, avaient diminué de 46%. Des effets préventifs statistiquement fiables ont déjà été constatés après 3 mois pour les chutes et après 5 mois pour les fractures de la hanche. Aucun effet n'a été constaté sur la mortalité.
Les auteur·es ont conclu qu'un meilleur apport de calcium et de protéines grâce à une consommation accrue de produits laitiers est une mesure simple permettant de réduire nettement les chutes et fractures, fréquentes chez les résident·es des établissements médico-sociaux.
La consommation de lait et de produits laitiers fait baisser le risque d'endométriose
L'endométriose est une inflammation gynécologique chronique bénigne, mais souvent douloureuse, où du tissu ressemblant à la muqueuse utérine (l'endomètre) se met à coloniser les ovaires, les trompes de Fallope, l'intestin ou le péritoine. Dans de rares cas, des foyers d'endométriose peuvent se développer en dehors de la cavité abdominale comme dans le poumon. Les symptômes typiques sont des règles très douloureuses, mais les douleurs peuvent aussi survenir indépendamment du cycle. Les foyers d'endométriose peuvent finalement former des métastases et endommager durablement les organes. La maladie touche 4 à 12 % des femmes entre la puberté et la ménopause – ce qui en fait la deuxième maladie gynécologique la plus courante.
Bien que les causes de cette maladie soient encore insuffisamment étudiées, l'environnement et le mode de vie sont soupçonnés de favoriser ou d'inhiber son apparition. Afin de clarifier l'impact de la consommation de lait et de produits laitiers sur le risque d'endométriose, des scientifiques de la Jining Medical University à Zaozhuang (Chine) ont analysé les données issues d'études épidémiologiques. Au moyen de sévères critères d'inclusion et d'exclusion, ils ont sélectionné 7 études de qualité suffisante pour être intégrées dans une méta-analyse.
Résultat: lors de la plus forte consommation, le risque était significativement réduit de 17% en comparaison de la plus faible consommation. Une relation dose-effet inverse a pu en principe être constatée avec le risque d'endométriose: plus la consommation augmentait, plus le risque baissait de façon quasi linéaire. À partir de 21 portions par semaine, la baisse du risque était presque statistiquement significative. La diminution du risque s'expliquait en premier lieu par la consommation de produits laitiers gras: avec plus de 18 portions par semaine, le risque baissait significativement de 14%. Si l'on différenciait par type de produit, une forte consommation de fromage était liée à un risque significativement moindre, alors que pour le lait entier et le lait allégé en matière grasse, le yogourt et la crème glacée, la baisse du risque n'atteignait pas la signification statistique.
Les chercheurs déduisent de leurs analyses qu'à raison d'une consommation journalière moyenne d'au moins 3 portions, la prise de produits laitiers est corrélée avec une diminution du risque d'endométriose.
Le lait et les produits laitiers protègent contre le cancer de l'intestin
Par le passé, un grand nombre d'études d'observation de longue durée ont montré que la consommation de lait et de produits laitiers réduisait significativement le risque de cancer de l'intestin (1). Il ressort du dernier rapport du World Cancer Research Fund (WCRF) et de l'American Institute of Cancer Research (AICR), publié en 2020, que la consommation de lait et de produits laitiers contribue très probablement à protéger contre le cancer colorectal (2). Toutefois, jusqu'ici, très peu d'études ont analysé le lien entre la consommation de lait et de produits laitiers et l'adénome colorectal ou les lésions dentelées, considérés comme des stades préliminaires du cancer de l'intestin. Pour cette raison, un groupe de gastroentérologues chinois a procédé à une méta-analyse des études existantes sur cette question (3).
L'analyse incluait 12 études: 3 études de cohortes et 9 études de cas-témoins. Les résultats ont montré une réduction significative du risque d'adénome colorectal et de lésions dentelées pour la consommation la plus élevée de lait et de produits laitiers par rapport à la plus basse (risque relatif = 0,80; 95%, IC: 0,68-0,96). Alors qu'aucun lien n'a pu être établi avec la consommation de lait entier ou écrémé, une réduction significative du risque d'adénome colorectal et de lésions dentelées a pu être établie pour la consommation la plus élevée de tous les produits laitiers fermentés regroupés (RR = 0,97; 95%, IC: 0,96-0,99), de yogourt (RR = 0,93; 95%, IC: 0,87-0,99) et de fromage (RR = 0,96; 95%, IC: 0,93-0,99) par rapport à la consommation la plus basse. Les analyses dose-réponse ont révélé une relation linéaire pour la consommation totale de lait et de yogourt: le risque baissait de 12% pour 200 g/jour de lait et de produits laitiers en plus (RR = 0,88; 95%, IC: 0,81-0,95) et de 8% pour 50 g/jour de yogourt en plus (RR = 0,92; 95%, IC: 0,85-0,99).
Les chercheurs·euses ont conclu que les produits laitiers fermentés en particulier, tels que le yogourt et le fromage, étaient significativement associés à un risque réduit de précurseurs conventionnels et dentelés du cancer colorectal. Ces données viennent conforter la probabilité que la consommation de lait et de produits laitiers soit un facteur causal de la diminution du risque de cancer de l'intestin.
- 1. Barrubés L, Babio N, Becerra-Tomás N, et al. Association Between Dairy Product Consumption and Colorectal Cancer Risk in Adults: A Systematic Review and Meta-Analysis of Epidemiologic Studies. Adv Nutr 2019
- 2. Clinton SK, Giovannucci EL, Hursting SD. The World Cancer Research Fund/American Institute for Cancer Research Third Expert Report on Diet, Nutrition, Physical Activity, and Cancer: Impact and Future Directions. J Nutr 2020
- 3. Guo LL, Li YT, Yao J, et al. Dairy Consumption and Risk of Conventional and Serrated Precursors of Colorectal Cancer: A Systematic Review and Meta-Analysis of Observational Studies. J Oncol 2021
Ce que révèlent les marqueurs biologiques: moins de diabète de type 2 grâce au lait et aux produits laitiers
De nombreuses études épidémiologiques ont montré qu'une consommation accrue de lait et de produits laitiers diminue le risque de développer un diabète de type 2. Les données sur le comportement alimentaire des probant·es sont basées en majorité sur des interviews ou des questionnaires et comptes-rendus qu'ils ont remplis eux-mêmes, soit des sources susceptibles de comporter des erreurs et conduisant à des résultats non fiables. Il est possible de documenter la consommation alimentaire plus précisément s'il existe des biomarqueurs spécifiques dans le sang ou l'urine qui peuvent être liés à l'évolution de la maladie.
Un groupe de chercheurs·euses a recouru à cette méthode et a étudié l'association entre la consommation de lait et de produits laitiers et le risque de diabète de type 2. La population comprenait des participant·es des études Prevención con Dieta Mediterránea (PREDIMED), Nurses' Health I et II, et Health Professionals Follow-Up.
Au total, on dénombrait 38 métabolites associés à la consommation des différents produits laitiers. Trois d'entre eux étaient utilisables comme biomarqueurs et pouvaient être associés à la fois à la consommation totale et à la consommation spécifique de lait, de yogourt, de fromage, etc. (sphingomyéline C14:0, phosphatidyléthanolamine C34:0, γ-butyrobétaïne). Les facteurs de risque et d'influence pertinents ont été pris en compte sur le plan statistique et une corrélation significative a été trouvée: plus la consommation de lait et de produits laitiers était élevée, plus le risque de diabète était faible, l'effet étant légèrement plus fort chez les participant·es espagnols (hazard ratio: 0,76; 95 % CI: 0,63-0,90) que chez les participant·es américains (HR: 0,88; 95 % CI: 0,78-0,99).
Ces nouvelles données montrent clairement que la réduction du risque de diabète liée à une consommation accrue de produits laitiers est très probablement de nature causale. Les chercheurs·euses citent plusieurs composés bioactifs des produits laitiers qui pourraient être responsables de cet effet préventif, notamment parce qu'ils favorisent la sensibilité à l'insuline, comme le calcium, les bactéries lactiques, le magnésium, les globulines de la matière grasse du lait, l'ostéocalcine, la vitamine K2, la vitamine D, la protéine lactosérique et certains acides gras spécifiques du lait. Les chercheurs·euses soulignent toutefois que les mécanismes d'action exacts doivent encore faire l'objet de recherches.
Étude de cohorte: le fromage et le yogourt réduisent le risque de maladies vasculaires cérébrales
L'étude française "NutriNet-Santé" a examiné le lien entre la consommation de lait et de produits laitiers et le risque de maladies cardiovasculaires. Un total de 104 805 adultes français (>18 ans; âge moyen au début de l'étude 42,8 ans) ont été intégrés à l'étude. Au début, la prise de nourriture quotidienne a été enregistrée au moyen de questionnaires relatifs à l'alimentation sur 24 heures. Après 5,5 années, l'apport total de produits laitiers – lait, fromage, yogourt, produits laitiers fermentés, gras et allégés – a été mis en relation avec l'incidence de maladies cardiovasculaires.
Les résultats ont été publiés à la fin avril 2021: au total 1952 cas de maladies cardiovasculaires ont été diagnostiqués, dont 1219 cas de maladies coronariennes et 878 cas d'accidents vasculaires cérébraux. Aucune corrélation n'a été établie entre la consommation de produits laitiers et le risque total d'infarctus du myocarde ou d'accident vasculaire cérébral. En revanche, la consommation d'au moins 160 grammes de produits laitiers fermentés (p. ex. fromage, yogourt) par jour était significativement associée avec une réduction du risque de maladies vasculaires cérébrales.
Cette importante étude de cohorte a permis de constater qu'un apport quotidien de produits laitiers n'entraînait pas de hausse, mais plutôt une baisse du risque cardiovasculaire. À noter que le lait entier et les produits laitiers gras présentaient des résultats aussi bons que les produits allégés.
Consommer des produits laitiers après un infarctus? Oui!
Après un infarctus, on recommande souvent de renoncer au lait et aux produits laitiers, car ceux-ci contiennent des acides gras saturés et du cholestérol. Ou on suggère aux patient·es d'opter pour des produits pauvres en matière grasse et de remplacer le beurre par de la margarine.
Bonne nouvelle: nombre de méta-analyses ont entre-temps montré que les acides gras saturés et le cholestérol alimentaire n'entraînent pas un risque d'infarctus du myocarde ou d'AVC pour les personnes saines, et que le lait et les produits laitiers n'accroissent pas non plus ce risque. Cette problématique n'avait été jusqu’alors que peu étudiée sur des personnes ayant fait un infarctus. Afin de combler cette lacune, des scientifiques de l'Université de Wageningen (Pays-Bas) ont analysé les données de 4365 patient·es post-infarctus de la cohorte Alpha-Omega, âgés de 60 à 80 ans (21 % de femmes), dans le cadre d'une étude de suivi de longue durée. Les scientifiques ont recueilli les données relatives à leur alimentation au début de l'étude (2002-2006) à l'aide d'un questionnaire de fréquence de consommation comprenant 203 éléments et ont observé les patient·es jusqu'en 2018 pour établir les causes spécifiques de mortalité. Sur la base du modèle de Cox, ils ont calculé le risque de maladies cardiovasculaires, de cardiopathies ischémiques et d'AVC, l'ajustant par rapport à l'âge, au sexe, à l'apport énergétique, à l'activité physique, au tabac, à la consommation d'alcool, au diabète, à l'obésité et à l'alimentation.
Résultat: pendant la période de suivi d'environ douze ans (48 473 années-personnes), on a enregistré 2035 décès, dont 903 dus à une maladie cardiovasculaire, 558 à une cardiopathie ischémique et 170 à une attaque cérébrale. Aucun lien n'a été établi avec la consommation globale de lait et de produits laitiers. La distinction entre lait frais, produits laitiers fermentés, fromage et beurre n'a pas non plus révélé d'incidence sur la mortalité cardiovasculaire. Les auteurs ont toutefois observé un rapport inverse en cas de consommation croissante de yogourt: plus les patient·es mangeaient de yogourt, plus le risque de mortalité cardiovasculaire baissait.
2 à 4 portions journalières de produits laitiers: réduction de moitié du risque de cancer du sein
En Espagne, des scientifiques des Universités de Navarre, de Madrid et de Valence mènent actuellement une étude de suivi de longue durée intitulée SUN Project (Seguimiento Universidad de Navarra) pour examiner entre autres l'influence de l'alimentation sur diverses maladies. Fin février 2021, ils ont publié une analyse concernant l'influence de la consommation de lait et de produits laitiers sur le risque de cancer du sein. Ils ont utilisé pour cela les données alimentaires de 10 930 femmes. La notion de "produits laitiers" incluait la crème, le lait condensé, le yogourt, le fromage, le cottage cheese, le fromage frais, le flan et la glace. Pendant le suivi de 12 ans, 119 cas de cancer du sein ont été identifiés.
Après la prise en compte statistique de nombreux facteurs possibles, ils ont observé une relation en forme de U, le risque le plus faible de cancer du sein, soit une diminution de 51 %, étant observé pour 2 à 4 portions de lait et de produits laitiers par jour. La différenciation en cancers du sein pré- et post-ménopausique a montré une baisse statistiquement significative de 58 à 72 % du risque de cancer du sein post-ménopausique pour la consommation précitée. S'agissant du cancer du sein pré-ménopausique, une diminution du risque certes tendancielle, mais statistiquement insignifiante, a été observée. La diminution du risque devenait statistiquement insignifiante à partir de 4 portions journalières de lait et de produits laitiers également.
Jeunes femmes en surpoids: une meilleure ligne avec du lait et des produits laitiers!
Des chercheurs canadiens ont découvert que les jeunes filles et les jeunes femmes peuvent améliorer leur ligne par une modification simple de leur alimentation. L’étude a soumis 54 participantes en surpoids, dont l’âge moyen était de 15 ans, à un programme d’alimentation et d’entraînement structuré de 12 semaines. Le programme sportif comportait trois unités par semaine de 60 à 90 minutes, avec une combinaison d’endurance, de musculation et d’entraînement sensori-moteur.
Le programme d’alimentation n’avait pas pour but la réduction calorique, mais plutôt de tester l’influence du lait et des produits laitiers sur la composition corporelle. Une partie des participantes avait l’instruction de consommer le moins possible de lait et de produits laitiers, plus exactement deux portions par jour au maximum. Le deuxième groupe devait au contraire ingérer quotidiennement quatre portions de lait ou de produits laitiers.
À la fin des 12 semaines, si on n’a constaté aucune différence au niveau du poids, on en a trouvé au niveau de la composition corporelle: en moyenne, les jeunes femmes ayant consommé beaucoup de lait et de produits laitiers avaient perdu significativement plus de graisse et formé plus de masse corporelle non adipeuse, soit principalement de la masse musculaire, que les participantes n’en ayant pas consommé, ou très peu.
Une telle modification de la composition corporelle améliore non seulement la silhouette, mais protège également mieux contre une nouvelle prise de poids et favorise la santé.
Les influences variées des produits laitiers sur la santé métabolique
Un groupe de travail de nutritionnistes de plusieurs instituts de l'Université de Dublin (Irlande) a récemment publié une analyse approfondie de la littérature relative à l'influence du lait et des produits laitiers sur différents paramètres métaboliques importants pour la santé (1).
La recommandation, très répandue internationalement, de limiter la consommation de graisses à 30 % de l'apport énergétique (E %) – et notamment celle de réduire les acides gras saturés à moins de 10 E % – a été le point de départ de l'analyse. Inchangée depuis des décennies, cette recommandation vise notamment à réduire le risque de maladies cardiométaboliques. La graisse lactique étant riche en acides gras saturés à chaînes courtes, moyennes et longues, cette recommandation implique de toujours réduire la consommation de lait et de produits laitiers en général et de privilégier les variantes pauvres en graisse. C'est sans tenir compte des données épidémiologiques qui démontrent depuis longtemps qu'une consommation élevée de lait et de produits laitiers – entiers également – n'est pas associée à une hausse du risque cardiovasculaire, mais parfois même, à un effet protecteur significatif (2).
Les chercheurs irlandais concluent que ce discours réductionniste est trompeur: on ne consomme pas des "acides gras saturés", mais des aliments. Dans le lait et les produits laitiers, les acides gras saturés font partie d'une matrice complexe composée de dizaines de nutriments. En outre, les nombreux produits laitiers se distinguent par leur structure et leurs composants, ce qui entraîne des réponses biologiques différentes et donc des effets variés sur le métabolisme. Le classement habituel du lait et des produits laitiers comme un groupe d'aliments homogène dans les recommandations nutritionnelles empêche de considérer leurs effets métaboliques très différents individuellement.
Les chercheurs demandent que les effets variables des différents produits laitiers sur le métabolisme soient à l'avenir étudiés et considérés de manière différenciée. En outre, les effets liés aux différents types de matrices des aliments ingérés doivent également être pris en compte.
Le lait et les produits laitiers ne font absolument pas augmenter le risque de fractures de la hanche
On dit souvent que la consommation de lait et de produits laitiers met en danger la santé osseuse. On se réfère pour cela à une étude suédoise qui avait démontré qu'une consommation accrue de laitages s'accompagnait d'une élévation du risque de fractures de la hanche. Pour clarifier la question, un groupe de travail de l'Université Soochow à Suzhou (Chine) a synthétisé les données disponibles. Il a dépouillé à cet effet les résultats de 14 études d'observation de longue durée dans le cadre d'une méta-analyse.
Conclusions: en comparaison de la plus faible consommation de yogourt, la consommation la plus élevée de yogourt s'accompagnait d'une diminution de 22% du risque relatif de fractures de la hanche. En ce qui concerne la consommation de lait, les 4 études américaines traitant de la thématique indiquaient également une diminution significative de 25% du risque lors de la consommation la plus élevée par rapport à la consommation la plus faible. Par contre, aucune relation n'a pu être constatée dans les 4 études suédoises correspondantes. Globalement, la consommation de fromage était tendanciellement mais pas significativement associée à un risque diminué. Les scientifiques en concluent qu'il n'y a pas de preuve que la consommation de lait et de produits laitiers provoque une augmentation du risque de fractures. Il faut plutôt s'attendre à ce que ces produits aient un effet protecteur.
Le lait entier freine la progression de l’artériosclérose
Après douze années d’observation, des chercheurs se sont penchés sur le lien entre la consommation de lait entier et la progression de l’artériosclérose dans le cadre d’une étude de suivi de longue durée menée aux États-Unis avec 5273 participants issus de différents groupes ethniques (Multi-Ethnic Study of Atherosclerosis – MESA). Pour ce faire, ils ont comparé le score calcique (ou score d’Agatston) des participants, mesuré une première fois au moment de leur intégration à l’étude et une deuxième fois à la fin de la période d’observation. Le score calcique a été calculé par tomodensitométrie multi-coupes (MDCT). Après avoir procédé à différents ajustements liés à de nombreux facteurs d’influence potentiels, les chercheurs ont conclu que le risque de progression de l’artériosclérose était significativement réduit (OR = 0,765; 95% CI 0,600–0,977; P = 0,032) par la consommation régulière de lait entier. Cet effet était particulièrement marqué chez les participants de poids normal et ceux âgés de moins de 64 ans. L’analyse du mécanisme d’action possible a montré que la consommation d’acide caproïque, un acide gras saturé à chaîne courte présent dans la matière grasse lactique, contribue de façon notable à l’effet préventif. Une preuve supplémentaire que les acides gras saturés et les aliments qui en contiennent doivent faire l’objet d’une réévaluation différenciée.
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