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Avant même la création de l'Internationale antiautoritaire en 1872 à Saint-Imier (Suisse), Proudhon s'était prononcé sur la question de l'éducation intégrale dans la trace de Charles Fourier. Je centrerai mon propos sur l'importance du projet « éducationniste » des anarchistes. En effet, de tout temps et en tout lieu la question de l'éducation et de la pédagogie furent au cœur des activités et des réflexions de notre mouvement. Tout en atteste, que ce soit les nombreuses résolutions prises dans les congrès de l'Association Internationale des Travailleurs (AIT), les textes de Bakounine, de Guillaume, de Stirner et de tant d'autres. Mais, l'éducation fut aussi au cœur des activités et des pratiques du mouvement anarchosyndicaliste et anarchiste international que ce soit dans les Bourses du Travail en France avec Fernand Pelloutier, dans le soutien de la CGT de la région parisienne à la Ruche de Sébastien Faure, dans les écoles rationalistes en Espagne largement développées à l'initiative des militants de la CNT ou encore avec l'école Ferrer de Lausanne qui fut placée sous le patronage de la Fédération des unions ouvrières de Suisse romande.
Écoles modernes, rationalistes, libertaires alternatives... qui rayonnèrent jusqu'au Brésil et dans le Monde entier dont la tradition, ici ou là, se poursuit contre vents et marées. Pour les anarchistes, l'éducation se doit d'être autogestion et l'autogestion éducation. Un cercle vertueux qui vise à développer la conscience de soi-même, des pratiques sociales libertaires et qui participe à l'invention d'une société de femmes et d'hommes fiers et libres.
Hugues Lenoir est un militant syndicaliste de la Fédération anarchiste et de la CNT.