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Père Georges [Maximov] et Père Ioasaph [Tandibilang]
Le lendemain, je servais la Liturgie dans la paroisse du saint Prince Egal-aux-Apôtres Vladimir (Patriarcat de Moscou). Le recteur ici était le hiéromoine Ioasaph (Tandibilang), et pour l'aider il y avait le diacre Basile [Manuputi]. Quand j'étais à Djakarta, les services étaient encore célébrés dans un appartement-nous ne disposons pas de notre propre église. L'église temporaire était située dans la maison de l'un des paroissiens-une veuve dont le seul bien était cette maison. Elle avait la pensées de louer cet appartement, mais Père Ioasaph lui a dit: "Aie la foi: aussi longtemps que tu offriras ta maison pour les services divins, le Seigneur prendra soin de toi, afin que tu n'aies pas besoin d'argent." Elle le crut, et il en fut ainsi: depuis sept ans elle offre sa maison à titre gracieux pour les offices, ses enfants ont reçu de très bons emplois, de sorte que leurs salaires étaient suffisants pour couvrir également ses propres besoins. Maintenant Père Ioasaph a déjà construit une église séparée sur un terrain qu'un vieil émigré russe, Vladimir, qui est décédé il y a plusieurs années, à légué à cet effet.
La manière de prêcher de Père Ioasaph a fait une grande impression sur moi. Ses sermons étaient en indonésien, et quand je les écoutais, j'eus le sentiment étrange que, bien que je ne comprenais pas un mot du discours de Père Ioasaph, je le croyais, car, on ne pouvait parler de la vérité qu'à la façon dont il parlait.
Bien que ses sermons soient longs, il maintient très bien l'attention de ses auditeurs: il a une bonne appréciation du temps, il sait combien de temps il lui reste. Afin que les paroissiens ne se lassent pas d'être longtemps debout, Père Ioasaph a introduit la pratique d'être assis pendant le sermon. Et ceci, peut-être, est la seule différence avec ce qui se passe dans nos églises russes. Père Ioasaph est un expert et un fanatique des services selon les règles de l'Église et des traditions de l'Orthodoxie russe, de sorte que, dans ses paroisses, tout est exactement à ce qui se fait couramment, comme cela lui a été enseigné en Russie. A cette époque, il avait deux paroisses -à Djakarta et à Surabaya, et maintenant Bali a été ajouté.
En regardant la prédication de Père Ioasaph et l'attention qu'il suscite, je fus surpris, et je me demandais si tous les prêtres orthodoxes étaient ici de tels Chrysostome! Il se trouve que tous ne le sont pas, le sont seulement le fondateur de la mission en Indonésie, l'archimandrite Daniel [Bayantoro] et Père Ioasaph.
Grâce à un tel talent, dans la soirée du même jour où nous avons servi la Liturgie, le Père Ioasaph a été invité chez le diacre Agapit (ERHF) pour faire un discours en mémoire de la belle-mère de ce dernier. Père Ioasaph m'a amené avec lui. Dans la mesure où de nombreuses personnes non-orthodoxes venaient au mémorial, il était nécessaire de consacrer quelques mots en général à la compréhension orthodoxe du sort d'une personne au-delà de la tombe, et aussi à la question de savoir pourquoi nous prions pour les morts (ce que les protestants ne font pas). Il est digne de respect, que les Indonésiens orthodoxes tentent d'utiliser toute occasion qui se présente pour leur mission.
Et donc, vers le début de la soirée, nous y sommes allés en voiture. Je pensais, "Quelqu'un de proche de ces personnes est décédé. Ils sont en deuil, et je devrais faire comme si je l'étais aussi."
Cependant, quand nous sommes arrivés, je l'ai vu des gens souriants et de bonne humeur. Ils ne ressemblaient pas du tout à des gens en deuil, comme nous l'entendons. Il y avait vraiment beaucoup de gens là-bas! Tout a commencé avec une pannikhide, que Père Boris a célébrée, puis il y eut un sermon de Père Ioasaph. Après cela, le Père Agapit ait fait un bref éloge de la défunte, et puis soudain, un gâteau a été apporté et tout le monde a commencé à chanter "Happy Birthday to you."
Et puis j'ai découvert, à ma grande surprise, que les Indonésiens avaient décidé de combiner le mémorial de la belle-mère de Père Agapit avec l'anniversaire de son épouse. Je regardais ce qui se passait, et j'ai réalisé que si vous racontiez à quelqu'un en Russie quelque chose comme ça, ce serait perçu comme un blasphème. Mais ces Indonésiens étaient également sincères à la fois lors de la première moitié des célébrations et de la deuxième également. On ne sentait pas du tout, qu'il y avait quelque chose de faux: tout semblait naturel, bien que nous, bien sûr, ne pouvions même pas imaginer une telle chose. Voilà combien peut être importante une différence de mentalité.
Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après