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thk. Au beau milieu de la guerre froide, on a fondé, en 1964 lors du 50e anniversaire des forces aériennes et à l’occasion de l’exposition nationale à Lausanne, l’équipe de vol acrobatique Patrouille Suisse. C’était une combinaison de la précision helvétique et de la volonté de se défendre et a démontré, vers l’intérieur comme vers l’extérieur, la détermination face à tout agresseur potentiel. L’idée de montrer les capacités aéronautiques du pays à un large public est née en 1959. Deux doubles patrouilles du Hunter britannique durent s’entraîner pour des buts de démonstration. Elles ont démontré leur savoir-faire lors de l’exposition nationale, et ce fut l’heure de naissance de la Patrouille Suisse qui, respectant strictement la neutralité, ne pouvait être vue que dans notre pays jusqu’en 1978. Au cours du temps, aux quatre avions s’en sont ajoutés deux autres, et au lieu du Hunter, on s’est entraîné depuis 1995, sur le Tiger, qui était plus rapide et plus agile.
L’histoire des forces aériennes suisses est mouvementée, et l’on peut parler d’ironie du sort que juste 100 ans après leur fondation a lieu une votation qui va décider du maintien de ce pilier important de l’armée. Par l’émission d’une monnaie commémorative officielle et deux timbres commémoratifs, on rappelle le souvenir de la pose de la première pierre des forces aériennes et de l’équipe de vol acrobatique Patrouille Suisse il y a 50 ans. Voici un bref aperçu historique de la naissance, du développement et de la signification des forces aériennes.
Lorqu’en été 1914, dans la soi-disant crise de juillet, en l’espace de peu de temps, la guerre devint probable, la Suisse a
dû s’attendre à être impliquée dans le conflit tout d’abord européen. En 1914, notre pays était mal préparé à cette guerre. A l’époque, tout comme aujourd’hui, une grande partie de la politique était de l’avis erroné que la «paix éternelle» régnait en Europe car, depuis la guerre franco-allemande en 1870/71, il n’y avait pas eu de conflits militaires sérieux sur notre continent. Seulement, avec les deux guerres des Balkans en 1912 et 1913, la guerre sanglante est revenue en Europe, mais à l’époque c’était encore très loin.
A ce moment-là, l’Armée suisse n’était que partiellement préparée à une grande guerre qui, étant donné l’hostilité franco-allemande, aurait pu facilement avoir lieu sur le territoire suisse. Des forces aériennes performantes n’existaient pas au début de la guerre. Certes des Suisses faisaient partie des pionniers de l’aviation, on se souvient en particulier d’Oskar Bider (cf. Horizons et débats, no 15 du 28/4/13), mais à ce moment-là on n’avait pas encore reconnu l’avantage militaire. Le 31 juillet 1914, la situation change du jour au lendemain par la mobilisation générale de l’Autriche-Hongrie. Le capitaine Theodor Real, pilote et officier instructeur de cavalerie reçoit du Conseil fédéral l’ordre de mettre sur pied un groupe d’aviation. Le 3 avril déjà, après la déclaration de guerre des Allemands à la France, le Conseil fédéral ordonna le «premier détachement d’avions suisse». Le capitaine Real leva avec 10 pilotes et 8 avions la première troupe aérienne suisse. A ce moment-là, la plupart des avions étaient en possession privée et le nombre des machines à disposition était extrêmement modeste. Certes, les forces aériennes ne jouèrent d’abord qu’un rôle subordonné et ne s’imposèrent pas comme décisives dans le combat, pourtant la signification du combat aérien, de la reconnaissance aérienne et le soutien au combat sur terre continua à augmenter. Et les forces aériennes sont devenues au cours du temps, à côté des forces terrestres et de la marine, une force armée importante.
Le réarmement d’abord secret, puis de plus en plus ouvert de l’Allemagne des années 30 mena en Suisse au renforcement et à l’expansion des forces aériennes ainsi qu’à la création d’une défense contre avions opérationnelle dirigée par un divisionnaire. En 1936, le Conseil fédéral déclara la troupe d’aviation arme à part entière.
Après le bombardement de la ville espagnole de Guernica en avril 1937 par des forces aériennes allemandes de la Legion Condor, la menace aérienne et l’effet désastreux des armes devinrent de plus en plus évidents. Les forces aériennes devinrent en général un élément intégral de la guerre et furent de plus en plus développées lors de la Seconde Guerre mondiale. L’armée suisse, elle aussi, augmenta de manière massive le nombre d’avions: le maintien de la neutralité et la défense de la souveraineté ne sont possibles que si l’armée dispose des moyens nécessaires.
La défense de l’espace aérien joua et joue encore un rôle décisif dans la stratégie de guerre. Au cours du seul mois de février 1945, il y eut 491 violations de l’espace aérien suisse de la part des alliés et des puissances de l’Axe. Outre ces violations de l’espace aérien, qui ont pu être parées grâce à une défense aérienne et des forces aériennes opérationnelles, ce qui nous a épargné de plus grands dégâts, le pays dut toujours s’attendre à une invasion de troupes étrangères. Lors de la Seconde Guerre mondiale, les forces aériennes suisses étaient impliquées dans des combats aériens avec l’armée de l’air allemande ainsi qu’avec celle des Alliés pour défendre la souveraineté
et la neutralité. A côté de ses succès, un certain nombre de nos avions ont été abattus.
Au début de la guerre froide, il était toujours aussi évident qu’il fallait défendre de manière souveraine et indépendante l’espace aérien suisse. Pour cela on avait besoin de forces aériennes performantes et équipées selon les dernières connaissances de la technique, une défense aérienne qui mérite ce nom. Même si chaque acquisition d’avions déclencha de vifs débats dans le pays, nous étions toujours capables de protéger à part entière notre espace aérien. De la gauche à la droite, on était unanime en ce qui concernait le maintien de la souveraineté et de la neutralité.
Si nous analysons aujourd’hui, 25 ans après la fin de la guerre froide, la conduite moderne de la guerre des Américains et de leurs alliés, nous devons constater que les forces aériennes en sont devenues un facteur tout à fait décisif. Déjà lors de la guerre du Vietnam l’armée de l’air américaine a largué trois fois plus de bombes qu’au cours de la Seconde Guerre mondiale. De même les guerres d’Israël et de l’OTAN des 20 à 25 dernières années ont été menées essentiellement par des forces aériennes. Lors de la guerre de Libye en 2011, l’OTAN n’a mené pas moins de 20 000 opérations aériennes. Il est donc tout à fait naïf et dépourvu de tout sens de réalité de prétendre que notre pays n’a plus besoin de défense aérienne puisque les grandes guerres ne sont plus d’actualité. Un seul regard en direction l’Ukraine nous détrompe, à savoir comment, sous l’influence de forces externes, nottament de l’UE et des Etats-Unis, un pays peut soudainement se retrouver dans une situation où la guerre est toujours dans l’air. Il y a un an la majorité des gens aurait dit qu’en Europe la guerre n’est plus possible, mais l’attention était focalisée surtout sur le Proche-Orient. Qui ose émettre des prédictions pour les prochaines 5 années à venir?
L’histoire centenaire de nos forces aériennes montre que la politique était, dans le meilleur des cas, trop crédule et trop peu réaliste, et que notre pays devait faire les plus grands efforts pour être équipé de manière appropriée en cas d’agression. Mais il ne faut quand même pas oublier que le fait que la Suisse soit sortie relativement indemne de toutes les guerres européennes et mondiales ne va pas de soi, et est souvent dû à un hasard heureux. Prévenir vaut toujours mieux que se lamenter après coup. C’est pourquoi l’armée suisse a de toute urgence besoin d’un nouvel avion militaire. •
Bibliographie:
www.admin.ch
Marc Bühlmann, Fritz Sager, Adrian Vetter: Verteidigungspolitik in der direkten Demokratie. Zürich/Chur 2006; ISBN 3-7253-0820-9
Gruppe Giardino; Mut zur Kursänderung. Baden 2013; ISBN 9-783033-019164
Ernst Frei: Erlebter Aktivdienst 1939–1945. Schaffhausen 2000; ISBN 3-907160-54-1
Hansruedi Christen, Jürg Schneider: Fliegerabwehr – Défense contre Avions. Basel 1996; ISBN 3-9521104
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