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monde
Le déraillement d'un train bondé tue 63 voyageurs
Au moins 63 personnes sont mortes vendredi dans le déraillement d'un train bondé entre Yaoundé et Douala.
Le train qui a déraillé vendredi au Cameroun, coûtant la vie à 79 personnes, circulait à une vitesse «anormalement élevée», a indiqué mardi à l'AFP un haut responsable de l'entreprise Bolloré, tandis que des enquêtes judiciaire et gouvernementale étaient ouvertes. «Sur une partie du parcours en approche de la gare où s'est produit le déraillement, on a des vitesses qui sont anormalement élevées par rapport aux vitesses qu'on devrait avoir», a précisé Eric Melet, président de Bolloré Africa Railways, qui regroupe les activités ferroviaires du groupe Bolloré en Afrique.
«Dans les zones de ralentissement, dans les zones de gare, en général les limitations de vitesse sont aux alentours de 40-50 km/h selon les zones», a développé Eric Melet, présent au Cameroun et joint au téléphone depuis Paris. Et «la vitesse de circulation du train sur le parcours normal est selon les séquences de 80-90 km/h», selon lui.
Surcharge non établie
Or, «on a des éléments qui semblent montrer que le train en approche était à une vitesse de l'ordre de 80-90 km/h dans des zones où il aurait dû être à des vitesses beaucoup plus basses», a encore dit Eric Melet.
En revanche, selon lui, une éventuelle surcharge du train de la société ferroviaire Camrail, filiale de Bolloré, n'est pas établie. «Rien ne permet de dire aujourd'hui que l'on était en surcapacité, par contre toutes les places étaient occupées», assises et debout, a-t-il expliqué.
Le train qui assurait la liaison entre Yaoundé et la ville de Douala était bondé lorsqu'il a déraillé vendredi à la mi-journée près de la gare d'Eseka (200 km au sud de Yaoundé).
Quelques heures auparavant, un pont s'était effondré sur l'axe routier reliant les deux villes, interrompant toute circulation. Les voyageurs s'étaient rabattus en masse sur la liaison ferroviaire. Environ 550 personnes ont été blessées.
Idée rejetée
Le train était composé de 16 wagons de passagers, outre la locomotive et un wagon fourgon, selon Eric Melet. Il a rejeté l'«idée selon laquelle la composition du train en nombre de rames est la cause de l'accident» comme «totalement fausse».
«Composer des trains avec des nombres de wagons différents selon la demande de transport, c'est ce que fait le transporteur ferroviaire tous les jours (...) c'est vrai pour les trains de marchandises, c'est vrai pour les trains de passagers», a assuré le responsable de Bolloré.
Forte affluence
Accusé d'avoir donné des instructions à la compagnie ferroviaire de rajouter des wagons sur le train accidenté car la circulation routière était interrompue, le ministre des Transports, Edgar Alain Mebe Ngo'o, s'en est défendu mardi, et Erice Melet a abondé dans son sens.
«Ce matin-là sur le site de la gare de Yaoundé il y avait une forte affluence de gens qui souhaitaient se rendre à Douala, et donc les équipes de Camrail ont commencé à constituer leurs trains en appelant davantage de voitures pour faire face à cette demande», a-t-il précisé.
«Un peu plus tard dans la matinée, le ministère des Transports s'inquiétait à juste titre de la coupure de la route et avait demandé à un des responsables de Camrail quelles mesures il envisageait pour le prochain train. A ce moment-là, le train était déjà en formation et le responsable de Camrail avait simplement informé le ministère de l'offre de transport supplémentaire. Le ministère en avait pris bonne note», selon lui.
Commission créée
Deux enquêtes, l'une gouvernementale, l'autre judiciaire, ont été ouvertes mardi. Dans un décret, le président Paul Biya a créé une commission présidée par le Premier ministre Philémon Yang, et qui sera chargée notamment, sous 30 jours, de «déterminer les causes» de la catastrophe et d'en «établir les responsabilités».
De son côté, le parquet de la Cour d'appel de la région du Centre, dont dépend Eseka, a annoncé qu'«une enquête judiciaire conjointe police-gendarmerie a(vait) été ouverte» à la suite de l'accident «ayant entraîné des pertes en vies humaines et autres dommages corporels».
«Toute l'énergie est concentrée sur l'assistance aux victimes (...) le temps viendra (pour) les sujets de coordination technique et juridique», a indiqué pour sa part M. Melet.
ats