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Le cardiologue accusé d'homicide par négligence a été acquitté vendredi par le Tribunal correctionnel de Lausanne. Son patient, âgé de 75 ans, était décédé quelques jours après une angioplastie ayant entraîné des complications.
Tout comme le Ministère public, les juges ont considéré qu'aucune faute ne peut être reprochée au médecin au sens du Code pénal. Ils ont suivi l'avis des experts, qui ont estimé qu'il n'y a pas eu de violation des règles de l'art, ni des directives en vigueur.
La Cour souligne que "la médecine n'est pas une science exacte et tous les médecins n'ont pas la même expérience". Tout au plus peut-on reprocher au cardiologue de s'être montré trop persévérant en faisant durer l'opération près de 3h30, et d'avoir "manqué de réactivité et de stratégie" lorsque les problèmes ont surgi.
Sévères complications
En mai 2006, le septuagénaire s'était rendu en clinique pour y subir un examen diagnostic des artères coronaires. L'angioplastie pratiquée à la suite de cette première étape a provoqué de sévères complications, nécessitant une chirurgie d'urgence.
Cette intervention ne pouvait pas être réalisée sur place, le médecin n'étant pas chirurgien et la clinique ne disposant pas d'une salle de chirurgie cardiaque. Le patient n'a été transféré que plusieurs heures plus tard dans une autre clinique, où il a subi un triple pontage coronarien.
Aucune faute
Selon la Cour, on doit considérer "au moins au bénéfice du doute" que le patient a été suffisamment informé des risques d'une angioplastie. Il a signé un formulaire de décharge quelques jours avant l'opération et s'est brièvement entretenu avec le médecin après la coronarographie.
La durée de l'angioplastie n'est "pas exceptionnelle", et les douleurs du patient - qui était conscient durant l'opération - ne justifiaient pas d'y mettre un terme. Le choix "très malheureux" d'avoir placé le patient aux soins intensifs plutôt que de chercher immédiatement à le transférer ne peut pas être considéré comme une faute pénale.
ATS