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16/01/2016
The hateful eight
Ce début d'année voit la sortie d'un nouveau Tarantino. Le réalisateur est connu et souvent apprécié (bien que je ne sache pas si c'est mérité car il y a plusieurs problèmes). Donc un film de sa part est toujours un événement. The Hateful Eight se déroule peu après la guerre civile. Un chasseur de prime amène une femme vers une ville afin de la faire pendre et de recevoir une récompense. Sur la route il croise deux personnes. Les 4 voyageurs se dirigent en direction de la ville mais ils et elle sont obligé-e-s de faire halte dans une petite auberge bien connue afin de se sustenter et de se protéger d'une tempête de neige. Dans le bâtiment il y a 4 autres personnes. Tout le monde se présente mutuellement mais il est vite apparent qu’une ou plusieurs personnes ne sont pas ce qu'elles disent être. Alors que la tempête force à la cohabitation les tensions montent.
Que dire de ce film ? Les huis clos sont intéressant sur plusieurs points. Nous avons un lieu fermé avec un nombre limité de protagonistes. Bien que tout le monde puisse savoir ce que sont les autres il peut y avoir mensonges et secrets ou rien de tout cela. Un huis clos est donc un moyen de montrer comment réagissent les personnes lorsqu'elles sont effrayées et ou suspectées. D'un seul coup les liens de confiance se brisent et les problèmes deviennent de plus en plus importants même s'ils sont basés sur des choses triviales. Le problème c'est que, dans ce film, il n'y a déjà aucuns liens de confiance. L'atmosphère ne peut pas changer. En effet, jamais les personnages n'ont été francs entre eux et tout le monde le sait.
Bien que la violence soit omniprésente dans ce film elle ne détone pas trop. Tarantino a tendance à jouer sur l'esthétisme de la violence. Dans ce film on l'explique difficilement par une différence entre la justice "de vengeance" et la justice civilisée. Même à l'intérieur de l'histoire cette distinction vole très rapidement en éclat après une scène que j'ai détestée. Durant plusieurs minutes l'un des personnages, le Major, décrit à un père comment il a humilié puis violé son fils en éclatant de rire. Ce qui m'a le plus gêné dans cette scène n'est pas seulement le rapport de pouvoir instauré entre deux personnages par le passé ni la tentative de justifier un meurtre par la légitime défense. Non, ce qui m'a le plus gêné ce sont les rires des spectateurs dans la salle. Rires qui ne sont pas anomalie. La scène est clairement conçue comme une juste rétribution des choix du jeune homme. Mais ces rires posent de nombreuses questions sur la manière dont on considère les violences sexuelles dans notre société. Et ce sont ces rires dont je me souviendrais le plus.
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*** Bien que l'image et la bande son soient réussies j'ai trouvé le film mou.
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Image : Allociné