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Le réservoir du barrage géant que construit l'Éthiopie sur le Nil a atteint son niveau de remplissage prévu la 1e année, a annoncé mardi le gouvernement éthiopien. Cette construction est source de vives tensions avec l'Egypte et le Soudan, situés en aval.
"Il est devenu évident avec ces deux dernières semaines de saison des pluies, que la première année de remplissage du Gerd (Grand barrage de la Renaissance) est achevée et que le barrage en construction déborde déjà", a indiqué dans un communiqué le bureau du Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, à l'issue d'une réunion virtuelle sous l'égide de l'Union africaine (UA).
Appelé à devenir la plus grande installation hydroélectrique d'Afrique, le Grand barrage de la Renaissance (Gerd), construit sur le Nil Bleu (qui rejoint au Soudan le Nil Blanc pour former le Nil), est une source de forte tensions avec l'Egypte depuis 2011. L'Ethiopie estime que le Gerd est essentiel pour son développement économique, alors que l'Égypte -dont l'irrigation et l'eau potable dépendent à 90% du Nil- le considère comme une menace vitale.
Saison des pluies
Addis Abeba avait plusieurs fois annoncé qu'elle entendait débuter les opérations de remplissage du réservoir du barrage en juillet, à une date non spécifiée, en plein coeur de la saison des pluies. L'Egypte et le Soudan estimaient pour leur part qu'un accord global sur le barrage -et notamment la manière dont il est géré- devait être conclu avant que le remplissage ne débute.
La réunion de mardi organisée à l'appel de l'UA visait à faire avancer les discussions, aucun accord n'ayant été trouvé jusque-là. La semaine dernière, l'Ethiopie avait reconnu que le niveau de l'eau retenue par le barrage augmentait, affirmant qu'il s'agissait là d'une conséquence directe de l'avancée du chantier.
La première année, le Gerd devait retenir 4,9 milliards de mètres cubes d'eau, pour permettre à l'Éthiopie de tester le premier ensemble de turbines. La capacité totale du réservoir est de 74 milliards de mètres cubes d'eau.
"Vision commune"
Dans son communiqué, l'Ethiopie n'a pas indiqué quel volume d'eau exactement était déjà entré dans le réservoir. Elle n'a pas non plus précisé si le remplissage avait été effectué exclusivement de manière "naturelle" ou si des actions concrètes avaient été menées pour l'accélérer.
Selon ce communiqué, la réunion de mardi a permis aux trois pays concernés de s'accorder sur une "vision commune" devant mener à un accord global. De nouvelles "discussions techniques sur le remplissage" sont toutefois nécessaires avant qu'un tel accord puisse être trouvé.
Le Premier ministre soudanais, Abdallah Hamdok, a pour sa part insisté sur le fait que le Soudan rejetait "toute mesure unilatérale prise par un pays", a indiqué à la presse le ministre soudanais de l'Irrigation et de l'Eau, Yasser Abbas.