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SOMMAIRE.
DANS cette homélie prononcée le matin , l'orateur commence comme s'il allait parler des animaux terrestres, et entame tout de suite son sujet. Et Dieu dit : Que la terre produise une âme vivante… Après avoir réfuté en peu de mots une erreur des Manichéens qui donnaient une âme à la terre , il compare les animaux nageurs aux animaux terrestres : il prouve par quelques réflexions générales et quelques exemplaires particuliers , que ceux-ci ont une vie beaucoup plus parfaite, une âme qui gouverne toute la machine , bien différente cependant de l’âme humaine. Il montre en quoi consiste cette différence et se prépare à continuer, lorsque tout-à-coup il s'interrompt, en supposant que plusieurs de ses auditeurs se font des signes comme s'il avait omis quelque article essentiel. Eu effet, il avait oublié de parler des animaux volatils qui tiennent le milieu entre les animaux nageurs et les animaux terrestres. Il annonce donc qu'il va parler des oiseaux. Et d'abord il examine pourquoi l'Ecriture les fait sortir des eaux ainsi que les poissons : Que les eaux produisent des reptiles animés… et des oiseaux qui volent sur la terre. Si la raison qu'il en apporte, ainsi que nous l'avons déjà observé, paraît faible, et si l'un n'en trouve pas de meilleure, il suffira de dire que Dieu a agi de la sorte parce qu'il l'a voulu. Les descriptions des oiseaux en général, et de quelques espèces particulières des insectes volants , et principalement de l'abeille, que, suivant l'usage d'anciens naturalistes , l'écrivain place dans la classe des oiseaux; ces descriptions , dis-je , sont accompagnées de réflexions morales et religieuses. Saint Basile termine son homélie eu demandant excuse à ceux qui l'écoutent de la longueur de son discours , et en leur montrant qu'il est de leur intérêt de ne point se lasser d'écouter la parole sainte.
ET Dieu dit : Que la terre produise une âme vivante, selon l'espèce (c'est-à-dire, des animaux
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vivants, selon leur espèce) , des animaux domestiques, des reptiles, des botes sauvages, selon leur espèce; et cela se fit ainsi. L'ordre du. Seigneur se fait entendre en avançant toujours, et la terre reçoit l’ornement qui lui est propre. Que les eaux produisent des reptiles animés, avait-il dit d'abord. Que la terre, dit-il ici, produise une âme vivante. Est-ce que la terre est animée? et la folie des Manichéens (1), qui donnent une âme à la terre, aurait-elle lieu? Parce qu’on lui a dit : Qu’elle produise, ce n'est pas qu'elle ait produit ce qui était en elle; mais le Dieu qui lui a donné l'ordre, lui a donné en même temps la vertu de produire. En effet, parce qu'il a été dit à la terre : Qu’elle produise de l'herbe verte et des arbres fruitiers, il ne s'ensuit pas qu'elle ait produit l'herbe cachée dans son sein, ni qu'elle ait fait paraître sur sa surface le palmier, le chêne, le cyprès, cachés dans ses entrailles; mais la parole divine est le principe naturel des choses créées. Que la terre produise, c'est-à-dire, non pas : Qu'elle produise ce qu'elle a; mais : Qu'elle acquière ce quelle n'a pas, Dieu lui donnant la vertu d'agir et de produire. Ainsi à présent : Que la terre produise une âme, non une âme qui soit en elle, mais une aine qui lui soit donnée par l’ordre de Dieu. Ajoutez que nous tournerons contre les hérétiques leurs propres paroles. Car si la terre a produit une âme, elle s’est donc laissée elle-même dépourvue d'une âme. Mais voici de quoi confondre leur opinion perverse. Pourquoi les eaux ont-elles reçu l'ordre de produire des reptiles animés,
(1) Manichéens, hérétiques assez connus par les deux principes bon et mauvais qu'ils admettaient dans la nature. On voit ici qu'une de leurs erreurs était de donner une âme à la terre.
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et la terre une âme vivante ? Remarquons que par leur nature les animaux nageurs semblent n'avoir qui iule vie imparfaite, parce qu'ils vivent dans l'élément épais de l'eau. Leur ouïe est grossière; leur vue est émoussée, n'ayant que beau à travers laquelle ils regardent; ils n'ont ni mémoire, ni imagination, ni sentiment de l’habitude. Aussi l'Ecriture parlait faire entendre que , dans les animaux aquatiques, une vie charnelle préside à leurs mouvements vitaux; au lieu que, dans les animaux terrestres, dont la vie est plus parfaite, une âme est chargée du gouvernement de toute la machine. La plupart des quadrupèdes ont des sens plus actifs; ils saisissent vivement le présent, ils se rappellent exactement le passé. Il semble donc que les animaux aquatiques ont été créés avec des corps animés, puisque des reptiles animés ont été produits par les eaux; tandis que pour les animaux terrestres une âme a été chargée de gouverner les corps, ces animaux ayant reçu une plus grande portion de faculté vitale. Ils sont sans doute eux-mêmes dépourvus de raison ; mais cependant chacun d'eux, par une voix qu'il a reçue de la nature, manifeste des affections spirituelles. Il annonce par un cri naturel , la joie, la tristesse, le sentiment de l'habitude, le besoin de nourriture, la peine d'être séparé de ceux avec lesquels il paît l'herbe, et mille autres affections. Les animaux aquatiques, non-seulement sont muets, mais encore incapables d'être apprivoisés, d'être instruits, d'être formés à aucune société avec l'homme. Le boeuf reconnaît celui auquel il appartient, et l'âne l'étable de son maître (Is. 1. 3.); le poisson ne pourrait reconnaître celui qui le nourrit. L'âne reconnaît la voix à laquelle il est accoutumé, il reconnaît le chemin par où il a
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souvent marché, quelquefois même il remet dans sa route l'homme qui s'égare. On prétend que la subtilité de fouie de cet animal est supérieure à celle de tous les animaux terrestres. Quel être vivant dans la ruer pourrait imiter cette propriété du chameau, de se souvenir du mal qu'on lui a fait, et d'en conserver un ressentiment profond? Le chameau frappé en garde long temps le ressentiment dans son coeur, et il s'en venge lors-qu'il eu trouve l'occasion. Ecoutez, ô vous qui êtes vindicatifs, qui pratiquez la vengeance comme une vertu, apprenez à qui vous êtes semblables, lorsqu'ayant à vous plaindre de votre prochain, vous gardez cette peine au-dedans de vous-même, comme une étincelle cachée sous la cendre, jusqu'à ce que l'occasion s'offre de laisser enflammer votre colère et de faire éclater votre vengeance.
Que la terre produise une âme vivante. Pourquoi la terre produit-elle une âme vivante? c'est afin que vous appreniez la différence qu'il y a entre l’âme de la bête et ferle de l'homme. Je vous dirai ci-après comment l’âme de l'homme a été formée; écoutez maintenant ce qui regarde l’âme des bêtes. Comme, d'après l'Ecriture, l’âme de tout animal est son sang ( Lévit. 17. 11.) , que le sang épaissi se change ordinairement en chair, que la chair corrompue se résout en terre, les bêtes sans doute n'ont qu'une âme matérielle et terrestre. Que la terre produise une âme vivante. Voyez l'affinité qu'il y a de l’âme avec le sang, du sang avec la chair, de la chair avec la terre ; et ensuite revenant, par un ordre inverse, de la terre avec la chair, de la chair avec le sang, du sang avec l’âme, voyez, dis-je, cette affinité, et vous trouverez que la terre constitue l’âme des bêtes.
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Ne croyez pas que leur âme soit plus ancienne que leur corps, et qu'elle reste après la dissolution de la chair, Fuyez les délires des orgueilleux
philosophes, qui ne rougissent pas de confondre leurs âmes avec celles des animaux. Ils disent qu'ils ont été autrefois femmes, arbrisseaux, poissons de la mer (1). Je ne puis dire s'ils ont été autrefois poissons, mais je soutiens hardiment que, lorsqu'ils écrivaient ces absurdités, ils avaient moins de raison que des poissons.
Que la terre produise une âme vivante.... Plusieurs sont peut-être étonnés que je m'arrête tout-à-coup au milieu de mon discours, et que je garde le silence; mais les auditeurs attentifs n'en ignorent pas la cause. Et comment l'ignoreraient-ils ? eux qui, se regardant les uns les autres, m'obligent de faire attention aux signes qu'ils se font mutuellement, et me rappellent que j'ai omis un article essentiel. En effet, nous avons passé toute une espèce de créatures vivantes, qui n'est pas la moindre ; nous avons presque entièrement oublié d'en parler. Que les eaux produisent des reptiles animés, selon leur espèce, et des oiseaux qui volent sur la terre dans le firmament du ciel. Nous avons parlé hier au soir , selon que le temps nous l'a permis, des animaux nageurs ; nous avons passé aujourd'hui à l'examen des animaux terrestres : les animaux volatiles , qui occupent le milieu, ont échappé à notre mémoire. De même donc que des voyageurs oublieux, qui, ayant laissé quelque objet important, sont obligés de revenir sur leurs pas, et trouvent dans cette fatigue la peine de leur négligence: ainsi il est nécessaire
(1) Il s'agit ici de la métempsycose, admise par Pythagore et ses disciples , lesquels prétendaient que les âmes passaient d'un corps dans un autre.
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que nous-mêmes nous revenions sur nos pas. Car l'objet que nous avons oublié n’est point indifférent; c'est une des trois espèces des créatures vivantes, puisque l'on compte trois espèces d'animaux, les terrestres, les volatiles et les aquatiques.
Que les eaux produisent des reptiles animés, selon leur espèce , et des oiseaux qui volent sur la terre, dans le firmament du ciel, selon leur espèce. Pourquoi l'Ecriture fait-elle sortir des eaux les animaux volatiles comme les animaux nageurs ? c'est qu'il y a entre tous les deux beaucoup de rapport. En effet, de même que les poissons fendent les eaux, qu'ils s'avancent par le mouvement de leurs nageoires, et que, par les diverses inflexions de leur queue, dont ils se servent comme d'un gouvernail, ils se dirigent en ligne droite et en ligne oblique; ainsi l'on voit les oiseaux nager dans l'air avec leurs ailes de la même manière. Comme donc tous deux nagent également, on leur a donné la même origine et on les a fait sortir également des eaux. Seulement aucun des oiseaux n'est sans pieds, parce que tirant tous leur vie de la terre, ils ont tous nécessairement besoin du secours des pieds. Ceux qui vivent de proie, ont des ongles pointus, propres â saisir les animaux. dont ils vivent. Les autres ont reçu l'avantage es pieds, qui leur sont nécessaires pour se fournir la nourriture et pour les autres besoins de la vie. Peu d'oiseaux ont de mauvais pieds, qui ne sont commodes ni pour marcher, ni pour prendre la proie. De ce nombre sont les hirondelles et les oiseaux appelés drépanes (1) ,
(1) Pline le naturaliste nomme le drépane parmi les oiseaux qui n'ont point de pieds, ou qui n'ont que de mauvais pieds.
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lesquels vivent de petits animaux qui volent dans l’air. La faculté de raser la terre en volant sert de bons pieds à l’hirondelle.
Il y a dans les oiseaux une infinité de différentes espèces. Si on voulait les parcourir en détail comme nous avons examine les poissons, on trouverait qu'ils portent le même nom de volatiles, mais qu'il existe entre eux un nombre infini de différences pour les grandeurs , pour les figures et pour les couleurs ; on trouverait pour la manière de vivre des variétés qu'il serait impossible de marquer. Quelques physiciens ont essayé de forger des mots inconnus et étrangers dans la langue, pour faire reconnaître les espèces particulières. Ils ont appelé les uns schizoptères (1), tels que les aigles ; les autres dermoptères, tels que les chauves-souris ; d'autres ptilotes, tels que les guêpes; d'autres coléoptères, tels que les escarbots , et tous ceux qui sont nés dans des espèces d'étuis et d'enveloppes qu'ils rompent et dont ils s'affranchissent pour voler. Mais qu'il nous suffise , pour marquer les divers genres, de l'usage commun et des distinctions apportées dans les livres saints en oiseaux purs et impurs. Il est des espèces carnivores, qui ont une conformation
(1) Schizoptères , qui ont des ailes divisées en plusieurs parties, tels que les aigles et la plupart des oiseaux. Dermoptères, qui ont des peaux au lieu d'ailes. Ptilotes , qui ont des ailes minces et d'une seule pièce. Quant aux coléoptères l'exemple que cite saint Basile est juste ; mais l'explication qu'il donne ne l'est pas. Les escarbots ne naissent pas dans des étuis dont ils s'affranchissent ; mais leurs ailes , ainsi que celles d'autres insectes volants , sont renfermées dans des étuis d'où ils les tirent et les développent pour voler. Je ne crois pas non plus qu'on soit satisfait de sa distinction , d'après les livres saints , dit-il , en oiseaux purs et impurs. Au reste d'après d'anciens naturalistes , il met les insectes volants au nombre des oiseaux.
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propre à cette manière de vivre , des ongles pointus, un bec recourbé, des ailes rapides, pour pouvoir saisir facilement leur proie, la déchirer et s'en nourrir lorsqu'ils l'ont prise. Ceux qui vivent de grains sont conformés différemment, ainsi que ceux qui se nourrissent de tout ce qu'ils ,rencontrent, Quelles différences dans tous ces animaux ! Les oiseaux de proie vivent seuls ; ils ne connaissent de lien et de société que pour la génération. Presque tous les autres, dont le nombre est infini, se rassemblent en troupes et vivent habituellement en société, tels que les colombes, les grues, les étourneaux, les geais. Dans cette espèce, les uns ne reconnaissent lias de prince et sont comme indépendants ; les autres, tels que les geais , se rangent sous un chef. Il existe une autre différence parmi les oiseaux. Les uns sont indigènes et restent toujours dans le même pays ; d'autres voyagent fort au loin, et changent ordinairement de contrées lorsque l'hiver approche. La plupart des oiseaux cessent d’être farouches et s'apprivoisent lorsqu'on les élève : il faut excepter ceux qui sont extrêmement folles, dont l’excessive crainte et timidité les empêchent de souffrir la main, qui les incommode en les touchant. Quelques oiseaux aiment à se trouver parmi les hommes , et choisissent les mêmes demeures que nous ; d'autres habitent les montagnes et les déserts. Les propriétés de la voix sont encore une grande source de variétés. Les uns sont parleurs et babillards, les autres taciturnes ; les uns sont musiciens et ont une voix fort étendue, les autres ignorent absolument le chant et la musique ; les uns sont imitateurs, qualité qu'ils reçoivent de la nature, ou qu'ils prennent par l'exercice ; les autres ont une voix unique et qui ne peut
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changer. Le coq est fier, le paon est vain ; les colombes et les poules domestiques sont voluptueuses et souffrent le mâle en tout temps : rusée et jalouse, la perdrix aide aux chasseurs à prendre leur proie (1).
Les actions et les manières de vivre forment , comme nous l'avons dit, une infinité de différences. Quelques-uns de ces animaux ont un véritable gouvernement, puisque le caractère propre d'une administration est que tous les individus réunissent leurs forces pour un intérêt commun. C'est ce qu'on voit dans les abeilles (2). Leur habitation est commune, elles sortent en commun pour le même objet ; l'occupation de toutes est la même ; et ce qu'il y a de principal, c'est que travaillant sous un roi et sous un chef, elles n'osent point partir pour les prés avant qu'elles voient le roi leur en donner l'exemple. Leur roi n'est pas élu par les suffrages du peuple, parce que l'ignorance du peuple élève souvent à la principauté le
plus méchant homme ; il ne reçoit pas son autorité du sort, parce que le caprice du sort confère souvent l'empire au dernier de tous ; il n'est pas
assis sur le trône par une succession héréditaire , parce que, trop ordinairement, les enfants des rois, gâtés par la flatterie et corrompus par les délices, sont destitués de lumières et de vertus : c'est la nature qui lui donne le droit de commander à tous, étant distingué entre tous par sa grandeur, par sa figure, par la douceur de son caractère.
(1) Saint Basile donne à la perdrix une qualité que lui ont donnée d'autres savants , c'est d'aider les chasseurs à prendre des perdrix dont elles sont jalouses.
(2) Nous venons de remarquer que saint Basile , d'après d'anciens naturalistes , mettait les insectes volants au nombre des oiseaux.
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Le roi a un aiguillon ; mais il ne s'en sert pas pour satisfaire sa vengeance. C'est connue une loi de la nature, une loi non écrite , que plus on est élevé à une grande puissance, moins on est prompt à se venger. Les abeilles qui n'imitent point l'exemple du roi sont punies sur-le-champ de leur témérité, puisqu'elles meurent en lançant leur aiguillon. Que les chrétiens soient attentifs, eux à qui il est ordonné de ne point rendre le mut pour le mal , mais de vaincre le mal par le bien ( Rom. 12. 17 et 21. ). Imitez le caractère propre de l'abeille, qui forme ses rayons sans nuire à personne et sans piller le bien d'autrui. Elle recueille ouvertement la cire sur les fleurs ; et pompant avec sa trompe le miel qui est répandu sur ces mêmes lieurs comme une douce rosée, elle le dépose dans le creux des rayons. Ce miel est d'abord liquide ; mais se formant avec le temps, il prend enfin la consistance et la douceur qui lui sont propres. Le livre des Proverbes donne à l'abeille la plus belle et la plus convenable des louanges, en l'appelant habile et laborieuse (Prov. 6. 8. ). Autant elle annonce d'activité en ramassant de toutes parts sa nourriture, activité dont les princes et les particuliers recueillent les fruits salutaires ; autant elles montrent d'art pour façonner et disposer les cellules de son miel. Ces cellules, multipliées et contiguës les unes aux autres, sont faites d'une cire étendue en membrane déliée. Elles sont faibles par elles-mêmes ; mais liées ensemble, elles se soutiennent mutuellement. Chacune tient à une autre par un petit mur mitoyen qui l'unit à elle et qui l'en sépare. Placées les unes au-dessus des autres, elles forment plusieurs étages. Ce petit animal se donne bien de garde de ne construire qu'un seul magasin dans
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tout l’espace de peur que la liqueur précieuse ne le rompe par son poids et ne se répande au-dehors. Voyez comment les inventions géométriques ne sont que la copie du travail de l’industrieuse abeille. Les cellules des rayons, toutes exagones et a côtes égaux, ne portent pas les unes sur les autres en ligne droite, parce qu'alors les côtés non soutenus se trouveraient fatigués ; mais les angles des exagones inférieurs sont le fondement et la base des exagones supérieurs ; ils les aident à supporter le poids qui est au-dessus d'eux, et à garder le trésor liquide contenu dans leur enceinte.
Pourrais-je vous détailler exactement tous les instincts particuliers des oiseaux continent les grues font alternativement il garde pendant la nuit. Les unes dorment; les autres faisant la ronde, leur procurent toute sûreté pendant le sommeil. Ensuite, lorsque le temps de la sentinelle est rempli , celle qui veillait va dormir, avertissant par le bruit de ses ailes une autre qui vient prendre sa place, et lui rendre la sûreté qu'elle en a reçue. Le même ordre est observé dans les voyages. Chacune à son tour marche à la tête ; et lorsqu'elle a conduit la troupe un temps marqué, elle se retire en arrière et laisse à une autre cette fonction. L’instinct des cigognes approche beaucoup d'une raison intelligente. Elles arrivent toutes ensemble dans nos contrées, elles partent toutes ensemble au même signal. Elles sont accompagnées dans leur départ par nos corneilles (1) , qui les escortent, pour ainsi dire, et qui leur prêtent du secours contre des oiseaux ennemis. Ce qui atteste ce fait, c'est que dans le temps où partent les
(1) M. Valmont de Bomare paraît loin d'adopter ce fait : il compte les corneilles parmi les ennemis des cigognes.
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cigognes, on ne voit nulle part aucune corneille, et qu'elles reviennent avec des blessures, qui sont des témoignages sensibles de leur attention à escorter et à défendre des volatiles étrangères. Qui est-ce qui leur a prescrit les lois de l'hospitalité ? qui est-ce qui les a menacées de les accuser de désertion de service, pour qu'aucune ne se dispense de cette escorte ? Que cet exemple instruise ces hommes durs qui ferment leurs portes aux étrangers, et qui refusent de les mettre à l'abri même dans les nuits de l’hiver. Les soins que donnent les cigognes à leur père âgé suffiraient pour engager nos enfants, s'il voulaient y faire attention, à chérir leurs parents. Car il n'est personne assez peu sensé pour ne pas rougir d'être surpassé en vertu par des oiseaux destitués d'intelligence. Lorsque leur père voit les plumes de ses ailes tomber par la vieillesse, elles l’entourent, l'échauffent de leurs propres ailes, et lui fournissent abondamment de la nourriture. Dans les voyages, elles le secourent de tout leur pouvoir, en volant à ses côtés et en le soutenant le plus doucement qu'elles peuvent. Ce fait est si connu et si célèbre, que plusieurs, pour exprimer le mot (1) de reconnaissance, se servent d'un nom pris de celui des cigognes.
Que personne ne déplore sa pauvreté et ne désespère d’avoir de quoi se nourrir, parce qu'il n'a laissé dans sa maison aucune ressource ; qu'il ne craigne pas de manquer en considérant l’industrie de l’hirondelle. Pour construire son nid, elle apporte des pailles dans son bec : mais comme ses pieds ne peuvent enlever de l'argile , elle mouille dans l'eau l'extrémité de ses ailes, s'enveloppe
(1) Ce mot est antipelargorsis, formé du nom que les cigognes ont en grec.
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d'une menue poussière , et imagine ainsi de former une argile, avec laquelle, comme avec un ciment, elle lie peu à peu les pailles toutes ensemble. C'est dans ce nid qu'elle nourrit ses petits (1). Apprenez de là à ne jamais vous permettre de vols par pauvreté, à ne point perdre espérance dans les conjonctures les plus fâcheuses, à ne point vous livrer à l'inaction , mais à recourir à Dieu, qui a tant fait pour l'hirondelle, et qui fera beaucoup plus encore pour ceux qui l'invoquent de tout leur coeur.
L'alcyon (2) est un oiseau maritime. Il dépose ses oeufs le long des rivages, et les fait éclore vers le milieu de l'hiver, lorsque la mer agitée par la violence des vents vient se briser sur la terre. Cependant tous les vents s'assoupissent et les flots s'apaisent durant les sept jours que l'alcyon couve ses oeufs ; car il ne met que ce temps à faire éclore ses petits. Lorsque ces petits ont besoin de nourriture, un Dieu magnifique accorde, pour les laisser croître, sept autres jours à ce faible animal. C'est ce que savent tous les marins, qui appellent ces quatorze jours, jours alcyonides. Tout cela a été réglé par une providence divine, qui s'étend. sur les animaux mêmes pour vous engager à demander à Dieu ce qui vous est salutaire. Quels prodiges ne s'opèreront pas pour vous qui avez été créé a l'image de Dieu, puisque pour un si petit animal un élément aussi étendu
(1) J'ai supprimé après ce mot une petite phrase qui m'a paru une recette un peu cruelle , et rompre la liaison des idées : Si on leur crève les yeux , on aura un remède naturel pour guérir la vue de ses enfants.
(2) Comme on ne sait pas au juste quel était l'alcyon des anciens , on ne peut savoir si les merveilles qu'ils en rapportent sont véritables.
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que terrible reste calme et tranquille au milieu des rigueurs de l'hiver ?
On dit que la tourterelle une fois séparée de celui auquel elle s'est attachée d'abord, ne s'unit plus à un autre, mais qu'elle reste veuve et refuse de contracter un second hymen pour rester fidèle à son premier époux. Femmes , apprenez comment, même chez les brutes, l'honneur de la viduité est préféré à l'indécence de plusieurs mariages. L'aigle est le plus dur des êtres pour sa postérité. Lorsqu'il a fait éclore deux petits, il précipite à terre l'un des deux, en le jetant dehors d’un coup de ses ailes : il ne reconnaît que celui qui reste. Il renonce à son propre fruit par la difficulté de l'élever (1). Mais l’orfraie, dit-on , ne le laisse point périr , il le reçoit lorsqu'il tombe, et l'élève avec ses petits. lis ressemblent à l'aigle ces pères qui, sous prétexte de pauvreté, exposent leurs enfants, ou qui sont trop injustes dans le partage de leurs biens. C'est une justice , sans doute, qu'ayant également donné le jour à chacun, ils leur fournissent également à tous les moyens de ivre. N'imitez pas la cruauté des oiseaux de proie, qui, dès qu'ils voient leurs petits s'essayer à voler , les chassent du nid, en les frappant et les poussant avec leurs ailes, et ne prennent plus d'eux aucun soin. Il faut louer 1'amour de la corneille pour ses petits ; elle les suit lorsqu'ils volent déjà, les entretient et les nourrit le plus longtemps qu'elle peut. Plusieurs espèces d'oiseaux l'ont pas besoin, pour concevoir, de
(1) Saint Ambroise , dans son hexaëméron, contredit ce fait rapporte par Aristote et appuyé par d'autres naturalistes Au reste , quoiqu'il puisse être vrai que l'aigle quelquefois rejette un ou plusieurs de ses petits , les observateurs cependant ont trouvé jusqu'a trois aiglons dans l'aire de cet oiseau.
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l'union avec les milles ; mais tandis que les oeufs des autres sont stériles si cette union n'a précédé, on prétend que les vautours engendrent ordinairement sans elle (1); et cela, quoiqu'ils vivent fort longtemps, et que souvent leur vie s'étende au-delà de cent années. Je vous exhorte à bien remarquer ce fait dans 1ihistoire des oiseaux, afin que, lorsque vous verrez des hommes qui se rient d'un de nos mystères, comme s'il était impossible et nullement naturel qu'une vierge enfante sa virginité restant toujours intacte, vous pensiez que celui qui a voulu sauver les fidèles par la folie de la prédication, nous a ménagé dans la nature mille moyens de croire des mystères surprenants.
Que les eaux produisent des reptiles animés, et des oiseaux; qui volent sur la terre dans le firmament du ciel. Les oiseaux ont reçu l'ordre de voler sur la terre, parce qu'ils trouvent leur nourriture sur la terre. Dans le firmament du ciel , c’est-à-dire, comme nous l'avons déjà expliqué plus haut, dans cet air qui est au-dessus de notre tête, qui nous enveloppe et qui est appelé firmament, parce que, vu les exhalaisons qui s'élèvent d'en bas , il est plus épais et plus condensé que l'éther qui le domine.
Vous voyez donc le ciel décoré, la terre embellie, la mer pleine des productions qui lui sont propres, l’air rempli des oiseaux qui le traversent. Auditeur attentif , examinez par vous-même tous les êtres qui ont passé par l’ordre de Dieu du néant à l'existence , tant ceux dont nous avons parlé , que ceux que nous avons omis , dans la
(1) Je ne crois pas qu'aucune histoire naturelle moderne confirme le fait que saint Basile rapporte d'après l'autorité d’Elien.
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crainte de nous arrêter trop longtemps sur ces objets et de passer les bornes; examinez-les, dis-je , par vous-même , et vous pénétrant de la sagesse divine qui éclate dans tous, ne cessez point de l'admirer, ne vous lassez point de glorifier le Créateur par toutes les créatures. Vous avez des espèces d'oiseaux qui vivent la nuit, au milieu des ténèbres ; d’autres volent pendant le jour , en pleine lumière. Les chauves-souris, les hiboux et autres, sont des oiseaux de nuit. Ainsi donc, dans le calme d'une nuit tranquille, lorsque le sommeil ne ferme pas vos yeux, il vous suffira de vous occuper de ces espèces, et de considérer les propriétés de chacune pour glorifier celui qui les a faites. Vous verrez comment, lorsqu'il couve ses oeufs (1) , le rossignol veille, et continue toute la nuit ses chants mélodieux : comment la chauve-souris est en même-temps un quadrupède et une volatile; comment, seule des oiseaux, elle a des dents et enfante un animal; comment elle s'élève dans l’air , non avec des ailes de plumes, mais avec une membrane de chair; comment enfin les mêmes chauves-souris sont unies naturellement entre elles. suspendues l'une à 1iuitre, et formant comme une chaîne dont tous les anneaux se tiennent (2), union qu'il est si difficile de rencontrer parmi les hommes , dont la plupart aiment mieux s'isoler et ne songer qu'à eux-mêmes, que de s’attacher à la société et de travailler pour elle. Vous verrez comment ceux qui se livrent à de vaines
(1) C'est la femelle du rossignol qui couve les œufs; et le mâle chante tandis qu'elle couve , jusqu'à ce que les petits soient éclos.
(2) Les chauve-souris restent engourdies pendant l'hiver, accrochées les unes aux autres, et suspendues aux voûtes des souterrains.
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sciences ressemblent aux yeux du hibou. La vue de cet oiseau est aussi perçante pendant la nuit que faible et obscure quand le soleil brille: l'esprit des faux sages est aussi vif et aussi clairvoyant pour contempler de vains objets, que pesant et obtus pour comprendre la véritable lumière. Pendant le jour , il vous sera fort aise de recueillir de toutes parts de quoi admirer le Créateur. Vous voyez comment un oiseau domestique vous excite au travail par ses cris aigus qui annoncent de loin le lever dit soleil, qui réveillent le voyageur, et appellent le laboureur à la moisson. Vous voyez combien les oies sont une espèce vigilante; combien ils sont subtils pour sentir ce qui se cache , eux qui jadis ont sauvé la ville impériale, en décelant des ennemis (1) qui s'avançaient par de secrets souterrains pour s’emparer de la citadelle de Rome. Dans quelle espèce d'oiseaux la nature ne vous montre-t-elle pas quelque merveille particulière? Qui est-ce qui annonce aux vautours la mort d'un grand nombre d'hommes, lorsque deux armées marchent l’une contre l'autre? Des milliers de vautours alors suivent ces armées, et prévoient l'événement par les préparatifs. Cela approche beaucoup de l’intelligence humaine. Comment vous raconterai-je les terribles expéditions des sauterelles, qui, partant toutes au même signal et fondant ensemble sur une grande étendue de pays ne touchent pas aux fruits avant qu'elles aient reçu l’ordre de l'Etre suprême? Elles sont suivies de l'oiseau seleucis , qui remédie à la plaie par la faculté dévorante, continuelle et insatiable, qu'un Dieu bienfaisant lui a donnée pour l’utilité des
(1) Ces ennemis étaient les Gaulois , qui, s'étant rendus maîtres de la ville , voulaient s'emparer de la citadelle. Personne n'ignore ce trait de l'histoire romaine.
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hommes. Vous dirai-je quelle est la nature du chant des cigales ; comment elles sont plus mélodieuses à midi , parce qu'alors leur estomac se relâchant renvoie un air qui forme un son plus étendu: Mais il semble que je suis plus loin de pouvoir expliquer par mes discours toutes les merveilles des volatiles, que de pouvoir, par mes pieds, atteindre à leur légèreté naturelle. Lorsque vous voyez les volatiles appelées insectes, telles que les abeilles et les guêpes. et qui sont ainsi nommées parce qu’elles offrent des cercles ou anneaux qui semblent les couper en plusieurs parties , songez qu'elles n’ont ni respiration, ni poumon ; mais qu'elles vivent de l’air par toutes les parties de leur corps. Aussi , quand elles sont humectées d’huile, elles tombent presque mortes , parce que leurs pores sont fermés. Si on les arrose sur-le-champ de vinaigre, elles revivent , parce que leurs pores se rouvrent. Dieu n'a rien fait de Superflu, et il a donné à chaque animal ce qui lui est nécessaire. Si vous considérez aussi les volatiles qui se plaisent dans l'eau, vous trouverez une autre conformation. Leurs pieds ne sont, ni fendus comme ceux de la corneille, ni crochus comme ceux des oiseaux carnivores, mais larges et accompagnés de membranes , afin qu'ils nagent aisément, se servant des membranes de leurs pieds, comme de railles pour s'avancer dans l'eau. Si vous remarquez comment le cygne, plongeant son cou, tire du fond lie l'eau sa nourriture, vous verrez la sagesse du Créateur, qui lui a donné un cou plus long que ses pieds , afin que le jetant dans l'eau comme la ligne du pêcheur , il y prenne sa nourriture que le fond recèle. Les paroles de l'Ecriture lues simplement ne sont que quelques syllabes : Que les eaux produisent des oiseaux
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qui volent sur la terre dans le firmament du ciel; mais si l’on cherche le sens des paroles, on voit dors le prodige admirable de la sagesse du Créateur. Que de variétés différentes de volatiles il a prévues ! comme il a distingué les espèces les unes des autres ! comme il les a caractérisées chacune par des propriétés particulières!
Le jour me manquerait si je voulais détailler toutes les merveilles de l'air. Le continent nous appelle pour étaler à nos yeux les bêtes sauvages, les reptiles et les troupeaux , pour nous montrer un spectacle qui ne le cède ni aux plantes, ni aux animaux nageurs , ni à toutes les volatiles. Que la terre produise l’âme vivante des animaux domestiques , des bêtes sauvages et des reptiles selon leur espèce.
Que pouvez-vous dire, ô vous qui refusez de croire le bienheureux Paul sur les changements qui doivent s'opérer dans la résurrection, quand vous voyez nombre d'habitants de l'air changer de formes ; quand vous songez à ce qu'on rapporte du ver à soie qui, étant d'abord une espèce de chenille, devient chrysalide avec le temps, et ne tarde pas à quitter cette forme pour prendre les ailes d'un papillon ? Lors donc , ô femmes , que vous êtes assises pour filer leur travail , je veux dire cette soie précieuse qu'une contrée étrangère nous envoie pour fabriquer des vêtements somptueux, rappelez-vous les changements qu'éprouve cet animal ; prenez de-là une idée sensible de la résurrection, et croyez les changements que Paul nous annonce à tous.
Mais je m'aperçois que je passe les bornes. Lors donc que je fais attention à la longueur de mon discours, je vois que je me suis étendu outre mesure : mais lorsque je considère cette variété de
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sagesse qui brille dans les ouvrages du Tout-Puissant, il me semble que j'ai à peine commencé mon récit. D'ailleurs, il n'est pas inutile de vous tenir un peu plus longtemps. Eh ! que feriez-vous jusqu'au soir. Vous n'êtes pas pressés par des convives, de grands festins ne vous attendent pas. Si donc vous le jugez à propos , nous userons du jeûne corporel pour réjouir les antes. Vous avez souvent obéi à la chair pour vous procurer des plaisirs, prêtez-vous aujourd'hui constamment au service de l’âme. Réjouissez-vous dans le Seigneur, et il vous accordera ce que votre coeur demande ( Ps. 36. 4. ). Désirez -vous les richesses ? vous avez des richesses spirituelles. Les jugements du Seigneur sont vrais , et tous également justes. Ils sont plus désirables qu'une grande abondance d'or et de pierres précieuses (Ps. 18. 10.). Aimez-vous la volupté et les délices? vous avez les paroles divines, qui, pour un homme dont le sens spirituel est en bon état, sont plus douces que les rayons du miel. Si je vous renvoie et si je dissous l'assemblée , les uns courront aux jeux. Là , sont des blasphèmes , de violentes disputes , et les aiguillons de l'avarice hi, se trouve le démon enflammant la fureur par les instruments du jeu ; faisant passer l'argent tantôt d'un côté, tantôt d'un autre , faisant tour-à-tour triompher de joie celui qui était accablé de tristesse , et rougir de honte celui qui était fier de son gain. A quoi sert que le corps jeûne, si l’âme est remplie de mille maux ? celui qui s'interdit le jeu , et qui se livre à l'oisiveté, que de paroles inutiles ne dit-il pas que de propos déplacés n'entend-il pas ! Le loisir, sans la crainte de Dieu, est pour ceux qui ne savent pas en user, une occasion de se livrer au vice. Peut-être donc tirerez-vous quelque avantage de
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mes discours ; vous en tirerez du moins celui de ne pas pécher durant le temps où vous serez occupes à m'entendre. Ainsi plus je vous retiendrai, ous je vous éloignerai de l'occasion de commettre des fautes. Toutefois un juge équitable trouvera suffisant ce que nous avons dit, s'il considère, non les richesses de la création , mais la faiblesse de nos forces , et ce qui doit suffire pour satisfaire des auditeurs assemblés. La terre vous a présenté les productions de son sein , la mer ses poissons, l'air ses volatiles : le continent est prêt à vous offrir d'aussi grandes merveilles. Mais finissons ici le repas du matin, de peur que la satiété ne vous rende moins propres à goûter le festin du soir. Que celui qui a perfectionné tous les objets de la création , et qui nous a donné dans tous des témoignages sensibles de sa puissance merveilleuse , remplisse nos coeurs d'une joie spirituelle, en Jésus-Christ notre Seigneur, à qui soient la gloire et l'empire dans les siècles des siècles.
Ainsi soit-il.