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Historique de la compagnie
En 1777, Carouge amorce sa transformation, en devenant un centre névralgique où convergent plusieurs voies conduisant à Genève.
La localité a, en cinq ans, dépassé le cap des 1000 habitants, répartis en quelques cent maisons.
D'où la demande du conseil, de proposer l'achat d'une seringue, soit une pompe à feu, avec son équipement en tuyaux, un chariot et l'aménagement d'un bâtiment pour le remiser.
Il faudra ensuite prévoir des personnes qui seront exercées pour la mettre en mouvement et pour sa conservation.
Dans le courant de 1780, la compagnie des sapeurs-pompiers de la ville de Carouge est créée, à la suite de la demande du Conseil, au Seigneur intendant.
Celle-ci comprend un capitaine, un lieutenant, un sergent, trois caporaux et seize soldats, soit six ouvriers de seringue, cinq charpentiers, trois porteurs d'échelles et deux porteurs de falots.
La fin du 18ème siècle, marque pour carouge la période faste de son histoire puisque érigée ne ville dès 1786.
Destin prospère au détriment de Genève, qui passe à cette époque par des années d'insécurité et qui rebute marchands et commerçants.
Carouge attire les chalands par les nombreux avantages octroyés par le roi de Sardaigne, dont la tolérance à l'égard des protestants et des juifs, a déjà largement dépassé les frontières, profitant ainsi à notre bonne ville qui quadrupla sa population pour atteindre en 1792 le nombre de 4672 habitants.
Dès lors, la seringue achetée en 1780 ne suffit plus et en 1791 les autorités proposent une souscription pour l'acquisition d'un second engin.
Après moult tergiversations tant politiques que financières, l'appel est entendu et la seconde seringue est livrée le 6 thermidor an 5 (25 juillet 1797).
L'administration prend les choses très au sérieux et trois mois plus tard le 10 fructidor (28 août 1898) elle édicte un arrêté confirmant l'établissement de deux compagnies dotées dès lors d'un règlement dont voici un extrait toujours d'actualité :
Art. 6 Il est défendu de jeter l'eau contre qui que ce soit, par malice ou par badinage déplacé, en faisant l'exercice ou en cas d'incendie (!)
Dès 1808 le maire de Montfalcon multiplie les moyens de secours jusqu'au rattachement des communes réunies au canton de Genève, où le service du feu est contrôlé par un inspecteur cantonal. A partir de 1823, un rapport annuel est tenu par cette instance, mentionnant l'inventaire de l'équipement et le rôle des pompiers.
En 1836, le corps des pompiers carougeois se compose de 5 compagnies dotées de 2 grosses pompes, d'une pompe campagnarde, d'une pompe à bras ainsi que de quelques échelles.
Vu l'ampleur prise par la commune ainsi que le nombre croissant d'intervention, un nouveau groupement se forme au mois d'août 1893 en renfort des pompiers, sous le nom de Corps des sauveteurs auxiliaires, fort de plus de 100 membres, tous issus de la jeunesse carougeoise.
En 1880, la commune engage de gros frais pour le service du feu, par l'acquisition d'une nouvelle pompe (Fr. 5400.--), achat de 4 pièces de drap de deux qualités différentes (Fr. 527.30), de 90 casquettes de drap avec galons et étoiles (Fr. 420.10) de 10 casques (Fr. 80.--), puis en 1881 d'une échelle à haubans de 13 mètres.
Dès 1910, avec l'industrialisation, le modernisme fait son apparition dans notre compagnie avec un matériel plus performant. La construction d'immeubles de 5 à 6 étages rendit indispensable l'achat d'une grande échelle de 24 mètres en bois.
En 1920, ce fût l'apparition d'appareils de protection de la respiration avec casque de scaphandrier en cuir "Dräger", qui furent remplacés en 1946 par 5 appareils à circuits fermé.
En 1945, dès la fin de la seconde guerre mondiale, les premières motopompes arrivèrent dans notre compagnie.
En 1955, deux fourgons d'occasions, pour le premier racheté au chocolats Kohler et pour le second racheté au "poste permanent", firent carrière pour le transport des hommes et du matériel jusqu'en 1975, année à laquelle deux véhicules plus modernes vinrent le remplacer.
Ces deux véhicules, soit un fourgon Chevrolet et un fourgon Mercedes sont toujours en fonction avec l'appui du tonne pompe que nous partageons avec la voirie.
Comme pour nos prédécesseurs, nous espérons, nous aussi voir dans un avenir pas trop lointain le changement de ces véhicules devenus vétustes au fil des années.
Après divers déménagements, nos locaux furent établis en 1879 sur la place actuelle de la salle de gymnastique des Charmettes et ceci jusqu'en 1957 où nous nous installâmes à la rue Jacques-Grosselin.
Depuis le mois de juin 2000, nous avons investi nos nouveaux locaux sur l'ancienne parcelle Abbé SA, dans le nouveau centre voirie, service du feu et sauveteurs auxiliaires.
La roue tourne et nous espérons que les jeunes qui reprendront les rênes et l'avenir de la compagnie le feront avec autant de plaisir et de motivation que nos anciens, qui furent les précurseurs des services de sécurité.
Quand à nous, nous essayons de transmettre à la nouvelle génération de sapeurs-pompiers carougeois notre expérience, pour que notre compagnie perdure encore longtemps.