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Le Parti socialiste français considère que ses primaires aboutissant à désigner son candidat pour l'élection présidentielle ont été un très grand susccès et que l'événement est historique. La Droite n'a pas manqué de se demander bruyamment comment le candidat dit de tous fera la syanthèse entre l'aile droite et l'aile très à gauche de son parti; sans parler d'une main tendue aux écologistes, à l'extrême gauche et une autre ouverte vers le Centre. On verra bien. Ce n'est pas le propos ici.
L'interrogation porte surtout sur l'opération elle-même. On souligne la légitimité du candidat. Mais observons que pouvait voter, choisir quiconque, sans être membre du parti socialiste, déclarait son empathie pour la gauche en versant une obole. Ce n'est donc pas un acte fort et concentré sur les militants socialistes fortement engagés; comme lorsqu'une Assemblée des délégués ou un Congrès désigne son candidat. Autrement dit, le candidat issu de l'opération conduite par son parti est déjà un peu porté par des courants que le débordent. Annonce d'un large rassemblement mais dilution aussi d'une certaine identité. Le PS français se réjouit d'avoir montré que l'on ferait désormais de la politique autrement mais il ne sent peut être pas que lui-même pourrait bien ne plus jamais être tout à fait le même. En s'aventurant un peu loin dans les hypothèses d'évolution, on peut s'interoger: un jour, tous ces actes politiques se feront-ils par internet, avec des questions adressées à tous? Un questionné pourrait par exemple choisir Hollande comme candidat socialiste puis voter finalement Sarkozy. A ce point d'une telle évolution, entre sondages et opérations électroniques que resterait-il comme rôles aux partis? Que resterait-il du militantisme et d'un vrai engagement citoyen? Affaire à suivre, comme on dit.
Tout cela donne à penser que la Suisse a de la chance d'avoir un régime fédéraliste. Et l'UDC n'a pas raison de souhaiter une élection du Conseil fédéral par le peuple. Faudrait-il, en plus, que chaque parti impliqué dans la formule magique organise des primaires populaires compliquées? Non, la désignation de nos candidats au Parlement par les partis cantonaux et l'élection des conseillers fédéraux par le Parlement élus sur proposition des Groupes parlementaires: c'est vraiment le meilleur système pour nous. Celui, aussi, qui laisse encore de la place à de la vraie politique et ne glisse pas dans une démocratie de brassage informatique.