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Le comptable qui a mis au jour la fraude colossale commise par l'ex-trader d'UBS jugé à Londres a décrit mercredi la panique qui a alors saisi le numéro un bancaire suisse. Il témoignait au procès de Kweku Adoboli, dont les agissements ont fait perdre près de 2 milliards de francs il y a un an.
Ancien comptable d'UBS, William Steward a raconté avoir appelé Kweku Adoboli le 14 septembre 2011 pour comprendre pourquoi il avait pris une position de plus de 2 milliards de dollars. Il lui avait indiqué que la banque aurait un "problème" si les contreparties ne couvraient pas les sommes dues.
Grande tension
"Tout le monde (au sein de la banque) était devenu très tendu". Les opérations effectuées par Adoboli ont causé une "grande angoisse" au sein du service de back-office, chargé de s'assurer que les opérations des traders sont correctement couvertes, a indiqué le comptable.
Mais Adoboli avait d'abord esquivé la question en lui répondant qu'il était parti chez le médecin. Il lui avait ensuite envoyé un courriel dans lequel il admettait que les contreparties à ses prises de positions étaient fictives.
Selon le comptable, le système d'alerte automatique de la banque n'a pas été en mesure de signaler les positions de Adoboli au département de contrôle des risques. Les positions du trader ont causé in fine une perte de quelque 1,85 milliard de francs à UBS.
Jusqu'à 10 ans de prison
Agé de 32 ans, Kweku Adoboli est poursuivi pour "abus de position" et "fraudes comptables" et risque jusqu'à 10 ans de prison. Il plaide non coupable.
L'accusation lui reproche d'avoir dépassé ses limites de courtage autorisé, en inventant des opérations fictives et en mentant à ses supérieurs. Il aurait ainsi cherché à faire progresser son bonus et ses perspectives de carrière.
Les agissements du trader, qui travaillait au département des ETF ("Exchange Traded Funds", des produits financiers complexes adossés à l'évolution d'un indice boursier), avaient débuté en 2008. Kweku Adoboli est actuellement libre sous contrôle judiciaire.
ATS