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Pour une valorisation des compétences bilingues. Repenser le baccalauréat de français en Vallée d’Aoste
Auteur, co-auteurs
Type de référence
Date2010-02
Langue de la référenceFrançais
Entité(s) de recherche
Référence APAPuozzo Capron, I. (2010, février). Pour une valorisation des compétences bilingues. Repenser le baccalauréat de français en Vallée d’Aoste. Communication présentée à Colloque de l’Université du Luxembourg, Luxembourg, Luxembourg.
Résumé
La Vallée d'Aoste est une région autonome du Nord de l'Italie ; elle se démarque du reste du territoire par son particularisme linguistique : un bilinguisme franco-italien. Les politiques éducatives s'orientent sur un enseignement/apprentissage bi-/plurilingue. Chaque établissement scolaire du second degré (lycée) propose une approche plurilingue singulière en fonction de l'offre formative et de la spécialité. Je présenterai brièvement deux ou trois écoles différentes, en comparant la formation générale et technique. Mais ce qui me semble profondément absurde dans le système d'évaluation, c'est l'épreuve de français au baccalauréat de cette région. J'exposerai alors synthétiquement les trois typologies d'épreuves : l'analyse littéraire, la dissertation et l'analyse-production. Ces épreuves, calquées sur le modèle académique français, posent de véritables problèmes au niveau de la valorisation (dé-) des compétences (chaque lycée a certes une formation unique, mais les épreuves sont identiques pour tous les élèves) et au niveau de l'évaluation de la langue. En effet, ces épreuves normées académiquement induisent une norme linguistique monolingue sans prendre en considération les niveaux du CECR. Un bilinguisme institutionnel, qui s'articule autour de l'apprentissage décloisonné des langues tout au long de la scolarité, devrait également construire une épreuve finale qui s'articule autour de l'ensemble du parcours formatif de l'apprenant et non comme une épreuve additive monolingue dévalorisante. À partir de mon expérience de professeur de français et de mes recherches doctorales menées sur ce territoire de l'Italie, je proposerai durant cette communication trois hypothèses possibles en vue d'une modification du système d'évaluation qui s'orienterait vers une évaluation bilingue et non linguistique. La première hypothèse est celle de construire des critères détaillés et précis d'évaluation qui se baseraient sur Les Référentiels du CECR. Je montrerai quelques exemples de critères possibles. La seconde hypothèse repose sur la réalisation d'un programme unique pour aider les enseignants à construire un apprentissage orienté vers la réussite de ces épreuves. De nombreux professeurs de lycées professionnels n'enseignent pas l'analyse littéraire. Ce qui fait que les apprenants se retrouvent désavantagés. Il est également vrai que ces professeurs doivent se plier aux programmes des établissements et réalisés parfois la langue de spécialité. Enfin, la dernière hypothèse, qui m'apparaît la plus efficace, serait un baccalauréat spécifique pour chaque filière et qui valoriserait les acquisitions et les compétences de l'ensemble du parcours formatif et non uniquement celui de la langue. Le décloisonnement linguistique prendrait alors tout son sens. Au-delà de l'aspect du coût financier et humain d'un tel projet, des questions administratives entrent alors en jeu. En effet, pour accéder à un poste de l'Administration Régionale, il faut passer une épreuve de français dont les typologies varient en fonction des niveaux, allant du simple au plus complexe. Lorsque ce baccalauréat a été mis en place en 1998, l'idée était d'offrir l'opportunité aux apprenants valdôtains d'obtenir l'exonération de ces épreuves. Cet aspect délicat dont les enjeux sont essentiellement politiques, est discutable et fait l'objet d'un vif débat.