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Les écoles allemandes sont en train d’intégrer la numérisation à un rythme rapide. Mais cette nouvelle transformation fondamentale est-elle bien fondée? Un regard sur les Etats-Unis montre que les écoles sont bien plus avancées dans ce domaine – et fort désillusionnées en même temps.
Dans une salle de classe d’une école primaire à Washington DC. La plupart des enfants de six ans sont assis devant leurs tablettes. Ils sont censés traiter les problèmes mathématiques de manière indépendante, tandis que l’enseignant se concentre sur le travail en petit groupe. Un garçon, appelons-le Kevin, fixe son écran. «Effectue l’addition de 8 et 3», demande la tablette.
Comme il ne sait pas très bien lire il appuie sur le bouton «lire à haute voix», encore et encore … sans savoir donner de réponse par la suite. Il ne comprend pas le mot «addition». Dans les programmes des autres enfants, il y a des instructions comme: «Arrondis 119 à la dizaine suivante»et «Trouvela surface du triangle dans les carrés». Si un enfant ne comprend pas le mot «addition», les autres seront-ils en mesure comprendre des mots comme «arrondis»et «carré»?
La réalité numérique
dans les écoles américaines …
Dans la plupart des écoles américaines, le numérique constitue la réalité depuis longtemps. Dans un rapport de l’institut de sondage Gallup,89 % des élèves ont déclaré qu’ils recevaient un enseignement numérique pendant plusieurs jours par semaine. 96 % des directeurs d’écoles et des présidents des académies ainsi que 85 % des enseignants sont favorables à «l’emploi accru des outils d’apprentissage numériques dans leurs écoles». Pourtant, il n’est pas du tout évident de savoir si les programmes conviennent à l’usage didactique. De nouvelles études suggèrent qu’ils aggravent même les problèmes des élèves en difficulté. L’enthousiasme se révèle donc amoindri par une base de données déficiente. Néanmoins certains des enseignants semblent en être bien conscients. A la question s’ils disposent de «beaucoup d’informations à leur portée sur l’efficacité»des outils numériques employés, seul le quart d’entre eux environ répond par l’affirmative. En fait, les preuves scientifiques sont minces. Pire encore, la plupart des données disponibles montrent des effets négatifs. En 2015, par exemple, des chercheurs pédagogiques ont publié une enquête d’envergure où des millions d’élèves du secondaire étaient saisis, et cecidans les 36 états membres de l’OCDE. L’enquête arrive au constat que les élèves ayant un emploi intensif de l’ordinateur en classe obtenaient, en comparaison avec leurs condisciples les employant moins souvent, «des résultats bien plus mauvais dans la plupart des domaines d’apprentissage, même lorsque ils étaient ajustés en fonction du milieu social et des effets démographiques».
… aboutit à de moins
bons résultats aux examens
Dans une enquête réalisée en 2016 auprès des étudiants de Westpoint, académie militaire américaine bien renommée, les moins bons résultats aux examens correspondent à ceux disposant d’ordinateurs portables ou d’appareils numériques dans leurs classes. Les élèves de huitième de Caroline du Nord, ayant appris l’algèbre en ligne, se montrèrent incapables de calculer aussi bien que ceux enseignés traditionnellement, de manière frontale, voilà ce qui résulte d’une enquête comparative entreprise à l’université Northwest, en 2014. De plus, l’analyse des données datant de 2019 relevé par la Fondation Reboot, basée à Paris et s’engageant à «stimuler la pensée critique à l’école», révèle un autre fait alarmant: les élèves de quatrième année employant des tablettes dans toutes ou presque toutes les classesrévélèrent, aux tests de lecture, en moyenne une note entière inférieure à celle de leurs homologues écrivant sur du papier seulement. La fondation avait notamment fondé ses conclusions sur les données des tests Pisa.
«Dans la plupart des écoles américaines, le numérique constitue la réalité depuis longtemps. Dans un rapport de l’institut de sondage Gallup, 89 % des élèves ont déclaré qu’ils recevaient un enseignement numérique pendant plusieurs jours par semaine. 96 % des directeurs d’écoles et des présidents des académies ainsi que 85 % des enseignants sont favorables à ‹l’emploi accru des outils d’apprentissage numériques dans leurs écoles›. Pourtant, il n’est pas du tout évident de savoir si les programmes conviennent à l’usage didactique. De nouvelles études suggèrent qu’ils aggravent même les problèmes des élèves en difficulté.»
Le même effet est visible dans les cours dits «inversés»(flipped classroom): les logiciels didactiques enseignent la matière aux apprenants devant leurs écrans, à la maison. Les cours en classes sont ensuite réservés à consolider l’apprentissage théorique par les exercices. Il s’agit là, par rapport à l’enseignement classique, en effet de l’enseignement inversé. Les analyses consacrées aux réussites de cette nouvelle méthode montrent que ceux qui étaient déjà forts en mathématiques ont fait de bons progrès tandis que les autres n’ont pas progressé du tout. La numérisation n’a donc fait qu’accentuer les différences de performance existantes.
Pas plus, mais moins
d’équité en matière d’éducation
La technologie devrait avoir exactement l’effet inverse. Les Etats-Unis avaient longtemps un problème d’équité en matière d’éducation. Chaque fois que les élèves étaient testés, des écarts considérables se creusaient entre les enfants de familles aisées et ceux issus de milieux pauvres. Dans le passé, on tentait d’améliorer la formation des enseignants pour compenser cette situation. Aujourd’hui, les éducateurs placent leurs espoirs notamment dans les logiciels et les tutoriels en ligne. Ed-Tech est en plein essor. Même les écoles maternelles et les cours préscolaires ont emprunté la voie du numérique, encouragés par des philanthropes technophiles comme Bill Gates et Mark Zuckerberg, pour ne nommer que ces deux icônes.
L’école de Kevin est située, elle aussi, dans un quartier pauvre de la capitale américaine. Là, de nombreux enfants sont confrontés à leurs difficultés à lire – et comme beaucoup d’entre eux ne parlent pas l’anglais à la maison ils ont du mal à comprendre même des mots simples. L’école est d’autant plus fière de sa politique de «one to one». Par ces termes, on dénomme la pratique, de plus en plus répandue aux Etats-Unis, consistant à mettre à disposition un terminal numérique à chaque enfant. «Face à l’évolution technologique continuelle en cours d’améliorer notre monde», explique le site web de l’école, «nous pensons que les enfants issus de familles à faible revenu ne doivent pas être laissés à la porte».
Les erreurs du concept
de l’individualisation
La vision de ces passionnés du numérique inclut l’apprentissage personnalisé: chaque enfant doit être en apprentissage sur son écran en fonction de ses capacités personnelles. L’approche numérique personnalisée permet aux enfants de choisir certains des contenus à apprendre.
Ce qui est impressionnant dans ces approches, cependant, ce n’est pas le progrès de l’apprentissage, mais la mesure dans laquelle les enfants et les programmes d’apprentissage échouent lorsqu’ils sont abandonnés à eux seuls. Les enfants doivent passer des «pré-tests»afin que le logiciel puisse déterminer le niveau approprié des questions. Mais si les termes employés par le logiciel déjà ne correspondent pas au monde conceptuel de l’enfant, le niveau n’a pas d’importance. Comme Kevin, qui se met en boucle lorsqu’il calcule parce qu’il ne comprend pas les mots clé constituant la question. Un enseignant réel aurait immédiatement compris le problème tandis que la machine à apprendre ne fait que répéter sa question.
Les problèmes
du découplage des enseignants
Des situations bizarres résultant du découplage des enseignants se manifestent dans une autre classe de première année de l’école de Kevin. Là, les élèves emploient un programme de compréhension en lecture. Sur l’écran d’une fille, on se trouve face à des informations sur les bananes, notamment la phrase: «La plupart des bananes viennent de l’Inde.» Il s’ensuit une question à choix multiples. Comme la jeune fille n’arrive pas à lire le mot «Inde», elle demande à un camarade de classe d’où viennent les bananes. Il répond: «Des arbres». C’est une réponse exacte, il est vrai, mais qui ne figure pas sur le schéma des réponses possibles. En classe, les enfants auraient pu discuter de ce que sont les bananiers et pourquoi la plupart d’entre eux viennent d’un pays appelé Inde. Devant leur ordinateur, en revanche, deux enfants se retrouvent seuls avec de gros points d’interrogation sur leurs visages.
Un rapport publié en 2019 par le National Education Policy Center de l’université du Colorado donne de mauvaises notes à l’apprentissage numérique personnalisé. Par-dessus tout, les scientifiques révèlent des «suppositions douteuses sur l’éducation»ainsi que du «manque de volonté de vérification scientifique».
Peu d’échange d’idées,
absence de discussion
Avec l’apprentissage individualisé et autodéterminé, une partie importante de l’éducation scolaire antérieure est perdue: l’échange d’idées et les discussions en classe, voies royales pour affiner les compétences linguistiques des enfants. En communauté, ils apprennent à raisonner et à accepter d’autres opinions. De plus, l’écran est un obstacle cruel à toute motivation vive que seuls les êtres humains réels et présents sont capables de générer. Si un professeur avait demandé à Kevin de calculer 8 plus 3, il aurait probablement été beaucoup plus enclin à le faire. «Vous vous trouvez dans une situation complètement différente quand vous êtes enseigné par une seule personne», explique le psychologue cognitif Daniel Willingham de l’Université de Virginie. «Il devient important de savoir ce qu’elle pense de vous. C’est fondamental pour que les enfants soient beaucoup plus susceptibles de faire un effort.»
Les enfants laissés seuls
en classe numérique
Ainsi, la numérisation des écoles aux Etats-Unis actuelle signifie avant tout: laisser les enfants seuls dans la classe numérique. Les ordinateurs sont moins chers que les bons enseignants. Cela conduit des personnes déjà défavorisées à souffrir davantage: un example sans les Rocketship public schools,gérées commercialement, en sont un exemple. Ils s’adressent principalement à une clientèle à faibles revenus et reposent largement sur la technologie numérique. Pendant la période dite de «laboratoire d’apprentissage», une sorte d’assistant enseignant supervise jusqu’à 90 élèves. Un seul «laboratoire d’apprentissage»élimine donc la nécessité de pourvoir à plusieurs postes d’enseignants bien formés. La demande est si importante et la technologie numérique employée de manière si désinvolte que dans les écoles Rocketship, même les enfants d’âge préscolaire passent 80 à 100 minutes par jour devant un écran.
Le processus d’apprentissage perturbé
Tout cela aboutit à la conclusion que précisément ceux ayant particulièrement besoin d’aide se trouvent abandonnés à une technologie qui interfère directement avec le processus d’apprentissage. Il y a deux raisons à cela: placé devant l’ordinateur, les loisirs et le temps d’apprentissage sont beaucoup trop proches l’un de l’autre. Si l’attention est constamment interrompue par des idées centrées sur le jeu informatique actuel ou sur le prochain surf à travers le vaste univers d’Internet, les élèves ne développent pas ou à peine seulement suffisamment de concentration, nécessaire à l’apprentissage durable. Plus les enfants sont jeunes plus ils risquent de se distraire. Kevin est également séduit par les tentations de la tablette. Abandonné à un système d’information impersonnel, après un quart d’heure d’essais inutiles, il n’a toujours pas trouvé la solution pour son problème avec 8 plus 3. Il commence à dessiner des lignes d’un rose vif avec son doigt, l’une des nombreuses alternatives qu’une telle tablette offre aux enfants découragés. Il soupire en demandant s’il ne peut pas continuer par un jeu.
L’apprentissage purement numérique
va à l’encontre du fonctionnement du cerveau
Ce qui plus est: certains chercheurs sont convaincus que l’apprentissage purement numérique va à l’encontre du fonctionnement du cerveau: Les textes sur l’écran, supposent-ils, se mémorisent beaucoup plus difficilement que ceux écrits parce qu’ils manquent de forme tridimensionnelle, forme qui caractérise le livre (voir Technical Review 11/2018, p. 26 ss). En effet, la mémoire du cerveau, situé à l’hippocampe, provient d’un système d’orientation spatiale des premiers vertébrés. Elle peut faire meilleur usage des informations si elles sont accompagnées d’une expérience tactile. La «saisie» des informations sur papier est donc plus facile que celle des informations sur écran.
Du moins aux Etats-Unis, ces constatations ont tendance d’opérer un changement progressif de mentalité. Dans les écoles du comté de Baltimore par exemple, les résultats des tests des écoles numériques ont soudainement dérapé par rapport à ceux des écoles conventionnelles. Il y a cinq ans, le comté a voulu abandonner complètement les livres scolaires et le papier à moyen terme tandis qu’actuellement il vient de décider d’utiliser moins d’ordinateurs, au moins dans les premières classes de l’école primaire. Et Rocketship a dû renoncer à son projet d’ouvrir une troisième école à Washington D.C. Seuls 22 écoliers/étudiants s’étaient inscrits.
Les Etats-Unis corrigent leurs erreurs, l’Allemagne les perpétue
L’Allemagne, cependant, continue d’évoluer dans la direction opposée. En février 2019, l’Etat fédéral et les Länder se sont mis d’accord sur l’accord numérique des écoles («Digitalpakt Schule»): Cinq milliards d’euros de subventions provenant du budget fédéral contribueront à mettre en place une «infrastructure éducative numérique moderne» déployée sur la totalité du pays. Rien n’indique actuellement qu’une approche plus équilibrée de celle appliquée aux Etats-Unis soit adoptée.
Il existe en effet un «soutien scientifique du développement par la recherche éducative». Cependant, l’enjeu n’est pas tant d’introduire les méthodes numériques avec prudence, mais surtout de garantir le déroulement prévu sans problème. Le coordinateur du programme est Michael Kerres, professeur de didactique des médias à l’Université de Duisburg-Essen. Sa tâche principale consiste à inviter les différents chercheurs soutenus par le Ministère fédéral de l’éducation et de la recherche (BMBF) dans son institut et à les relier avec les écoles. Officiellement, il doit également «relever les défauts de connaissances».
Kerres est l’un des pionniers allemands de l’apprentissage en ligne, en employant des cours basés sur Internet dès les années 1990. Il dirige également un «laboratoire d’apprentissage» («Learning Lab»). Cependant, contrairement aux laboratoires d’apprentissage des écoles de Rocketship, les élèves ne sont pas supervisés et leur réussite de l’apprentissage n’est même pas mesurée. Son personnel réfléchit à la manière dont il peut promouvoir la numérisation dans les écoles. Son approche consiste à former les enseignants et à relier les écoles aux réseaux numériques afin que chaque école n’ait pas à réinventer la roue.
«Avec l’apprentissage individualisé et autodéterminé, une partie importante de l’éducation scolaire antérieure est perdue: l’échange d’idées et les discussions en classe, voies royales pour affiner les compétences linguistiques des enfants. En communauté, ils apprennent à raisonner et à accepter d’autres opinions. De plus, l’écran est un obstacle cruel à toute motivation vive que seuls les êtres humains réels et présents sont capables de générer.»
Les «classes aux tablettes» douteuses
C’est la même situation dans le Bade-Wurtemberg: depuis 2015, certaines écoles secondaires ont des «classes aux tablettes». Non seulement elles ont été présentées comme l’avant-garde de la numérisation, mais elles ont été présentées aux parents sceptiques comme «expérience pilote scientifiquement accompagnée». Mais même dans ce cas, l’évaluation scientifique ne consiste pas à savoir si les enfants apprennent aussi bien sous forme numérique. Seules les questions pratiques sont examinées, par exemple si les enseignants, du point de vue des scientifiques, préparent les programmes de leurs leçons numériquesde telle manière à ce qu›ils s’adaptent au monde numérique.
Les enseignants, en particulier, sont de plus en plus préoccupés par cette tendance. Evidemment, les écoles agissent avec réserve. Jusqu’à présent, elles n’ont tiré que 40 millions d’euros des fonds communs, soit moins de dix pour cent du montant mis à disposition. «Nous avons déjà l’impression que les enfants sont beaucoup moins concentrés», déclare un représentant du syndicat des enseignants de Basse-Saxe. «Les équipements numériques dans les écoles ne font que causer encore plus de troubles.»
Le livre scolaire classique
est loin d’être superflu
Martin Korte, chercheur spécialiste du cerveau à l’Université technique de Braunschweig, ajoute: «Il y a un manque évident de résultats de recherche qui examinent systématiquement et à long terme l’utilisation des médias numériques dans l’enseignement et la formation.» Il fait maintenant le tour des écoles – à l’invitation des enseignants qui aimeraient savoir ce qu’un neurobiologiste pense des salles de classe numérisées. Korte explique dans la salle de réunion devant le collège comment fonctionne le contrôle de l’attention, comment l’utilisation des moteurs de recherche sur Internet au lieu de propres archives de connaissances change déjà l’apprentissage, et comment celui-ci se reflète dans les structures du cerveau – et pourquoi le livre scolaire classique est encore loin d’être superflu. A ces mots, il reçoit chaque fois de vifs applaudissements.
Korte ne veut pas être mal compris: Il salue le fait que les écoles allemandes se modernisent numériquement. Il serait très favorable à ce que tous les enfants, à partir de la septième classe, suivent des cours d’informatique afin de comprendre vraiment le monde numérique et ses codes. Mais le chercheur n’aime pas l’utilisation des médias numériques pendant les cours normaux. «Le monde numérique est plus un obstacle qu’un avantage dans la transmission des connaissances», dit-il. «Il n’est utile que pour approfondir ce que vous avez déjà compris.»
Même les entrepreneurs des institutions éducatives ont de forts doutes
Même certains entrepreneurs des institutions éducatives ont de forts doutes à l’égard de cette tendance actuelle: Larry Berger, PDG de l’entreprise américaine Amplify, par exemple, développe des programmes d’études numériquement améliorés en mathématiques et en sciences ainsi que des programmes de lecture de la maternelle à la huitième classe. «La technologie peut fournir des informationsde manière fiable, mais elle n’est pas très efficace pour démontrer les avantages sociaux des connaissances», explique M. Berger. «Pour ce faire, il faut replacer ces connaissances dans un contexte social.» Il aimerait que la numérisation revienne à des formes d’enseignement un peu plus classiques. Il lui semble complètement déplacé de donner un matériel de complexité variable à des étudiants différents. «Tous les enfants devraient avoir le même contenu, ils pourraient alors le traiter ensemble», dit-il. La différenciation, estime-t-il, ne devrait avoir lieu qu’une fois que le contenu est compris. «Tous les élèves pourraient lire la Déclaration d’indépendance, par exemple, mais les bons écrivains pourraient ensuite écrire un essai à ce sujet, tandis que les autres ne pourraient répondre qu’à des questions particulières.»
Il considère les méthodes numériques plutôt comme un moyen de faciliter le travail des enseignants: M. Berger estime que les programmes d’apprentissage peuvent automatiquement regrouper les enfants et (qu’ils peuvent) ainsi aider les enseignants à promouvoir et à évaluer de plus de 20 élèves de manière différenciée. Le système est également moins discriminatoire: lors de la différenciation sur l’ordinateur, aucun enfant ne sait de l’autre de quel groupe il fait partie. En outre, il permet d’éviter que les enseignants ne privilégient involontairement certains enfants.
Les méthodes d’enseignement numérisées doivent-elles être considérées uniquement comme un système de soutien pour les enseignants au service d’une méthodologie éprouvée? Dans ce cas la technologie éducative ne jouerait qu’un rôle beaucoup plus modeste ne correspondant pas à celui préconisé et espéré par la plupart des opérateurs de ce secteur, jusqu’à présent. Mais cela rendrait probablement l’enseignement meilleur – et non pire.•
Source: Technology Review, avril 2020
(Traduction Horizons et débats)
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