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|Marx
2000

Avec l'exposition Marx 2000, le MEN jette un regard critique sur la société capitaliste ultra-libérale de cette fin de siècle. L'exposition vise à relever la pertinence d'une partie de l'analyse de Marx en évoquant la fatalité des crises liées à la métamorphose du capital, l'aliénation de l'homme-marchandise, l'effet dévastateur de la spéculation, l'influence majeure de la mécanisation, la violence de la guerre industrielle; elle relève également ce que Marx n'a pas su ou pu prévoir: les effets atténuateurs du réformisme social, la disparition du prolétariat traditionnel, le développement de l'informatique, l'apparition d'un sous-prolétariat biologique (les bactéries) et technologique (la fibre optique), la délocalisation, le tout à l'information et à l'exclusion; elle souligne enfin quelques erreurs d'appréciation tournant principalement autour des notions de lutte finale et d'avenir radieux.

La superposition de l'auteur du Capital et d'une séquence d'ADN suggère l'idée que rien n'échappe plus au marché et que la sélection de ce qui se vend le mieux entraîne inexorablement l'exclusion de ce qui se vend mal ou ne se vend pas.
Développant cette thèse, le MEN présente tout d'abord les débris de l'histoire que sont l'agriculture traditionnelle, le secteur minier, la sidérurgie, la typographie ou les conflits idéologiques. Abandonnés comme s'ils provenaient de gisements taris ou conservés pêle-mêle comme témoins d'une période pas si lointaine où ils avaient leur place, les objets issus de ces divers secteurs sont aujourd'hui recyclés par le système sur un plan plus idéalisé, plus nostalgique. Par le jeu des réfections et des détournements de sens, ils sont alors revendus comme des signes à lire au second degré, rappelant ou magnifiant un passé révolu.
Dans un magasin de luxe, l'exposition évoque ensuite les marchés de pointe liés au corps humain, au génie génétique, à la technologie ou à l'informatique. Elle développe l'idée que rien ni personne n'échappe plus à la vente, au catalogue ou au brevet. Elle suggère par une section centrale consacrée à l'argent que la planète entière est soumise à la règle suivante: réaliser un maximum de profit avec n'importe quoi et par n'importe quels moyens dans les délais les plus brefs possibles.
Après avoir présenté quelques aspects de la vie de Marx, dont le spectre plane sur l'ensemble des secteurs, le MEN confronte le visiteur à la violence d'une compétition sociale qui produit son lot de gagnants et son quota d'exclus.
Percevant les enjeux qui se jouent derrière les murs des laboratoires de recherche, l'exposition propose pour conclure une image d'un avenir pas si radieux que ça où la pratique systématique du clonage, de l'eugénisme et de la sérialisation risque de faire déraper nos sociétés vers un nouveau type de totalitarisme.
|Mise à jour le 18.09.1998 [Webmaster]|