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Le premier parachutiste romand licencié
Le premier parachutiste licencié du premier registre des licences suisses de l’OFA fut Willy Ammon de Tavannes, dans le Jura. Il s’expatria d’abord en France près de Paris où il fit ses premiers sauts en 1936, puis se déplaçant aux Etats-Unis pour quelques temps où il y poursuivit son activité. De retour en Suisse juste avant la guerre de 39-45, il exécuta avec succès trois sauts d’examen le 23 août 1939, pour l’obtention de la licence "n°1" de parachutiste. L’OFA s’étant décidé à répertorier dorénavant les parachutistes au bénéfice d’une licence officielle. L’examen se passa sur l’aérodrome de la Blécherette près de Lausanne. Alphonse Kammacher, chef de place, représentait pour l’occasion l’OFA et fonctionna comme expert.
Les premiers parachutistes fribourgeois et autres romands
Benoît Musy, premier parachutiste fribourgeois, obtint la licence "n° 2" le 29 juillet 1947, soit huit ans plus tard que Willy Ammon. Ce fribourgeois ingénieur agronome de profession, pratiquait plusieurs activités. Il était officier et pilote militaire à l’escadrille aviation 4 dotée d’avions Morane D-3800 et D-3801, durant la mobilisation 1939-45. Sportif, il pratiquait l’escrime, l’équitation, les courses motocyclistes et automobiles. Célèbre dans les différentes disciplines sportives pratiquées, il était également le fils de l’ancien conseiller fédéral fribourgeois Jean-Marie Musy. Initié par Willy Ammon, il avait effectué ses sauts d’entraînement et de licence sur l’aérodrome de Granges SO.
En 1956, il décéda lors d’un accident dû à une rupture de matériel sur le circuit de Montlhéry en France. Il est possible d’en savoir plus en visitant le site internet www.musy.net . Site élaboré en sa mémoire par son fils Edouard-Jean Musy.
Dans la période qui suivit, quatre autres parachutistes romands réussirent leur brevet : Charles Bonvin de Sierre (licence n° 8) le 7 décembre 1948, Rudolf Rätz de St Imier (licence n° 10) le 18 avril 1949, Roger Audoin, français d’origine habitant Sonceboz (licence n° 11) le 2 juin 1949 et Henry Cotting de Genève (licence n°13) le 2 avril 1951
Pierre Bossy, de Fribourg fut deuxième parachutiste fribourgeois. Avec l’aide de l’expert parachutiste de l’OFA, le bâlois Ernest Schneider, il entreprit sa formation sur l’aérodrome de Schmitten-Filistorf (FR). Il obtint la licence n° 14 le 16 juin 1951. Bien qu’il ait aussi sauté sur divers aérodromes dont Bellechasse et Ecuvillens, il resta un parachutiste indépendant jusqu’à la fin de son activité. Fait remarquable pour l’époque : le 7 juin 1953, avec Roger Audoin et le Dr Pitermann, ils sautèrent sur le glacier de la Kander (massif de la Blümlisalp) à une altitude de 3200 m. Cette expérience réalisée pour l’évaluation de sauts de sauvetage avec atterrissage sur glacier était organisée par le Dr Bucher, pionnier de la Garde aérienne suisse de sauvetage, en vue de l’engagement de parachutistes-secouristes formés par la garde aérienne.
Autre événement particulier en 1953 : le 1er saut exécuté par un chien parachutiste, largué avec un parachute Autoflug-PAK au-dessus de l’aérodrome de Filistorf-Schmitten FR, ceci en vue des largages futurs de chiens d’avalanche par la Garde aérienne suisse de sauvetage.
Les deux parachutistes fribourgeois avaient déjà marqué le canton de Fribourg par leur intérêt précoce pour la pratique du sport parachutiste.
1951, rencontre de deux pionniers, Béda Hefti et Roger Audoin
C’est dans le Jura, en 1951, que débuta l’enchaînement des faits qui permit la fondation de la première école de parachutisme fribourgeoise et suisse sous l’égide du club fribourgeois d’aviation [CFA].
C’est le pilote fribourgeois Bernard Progin, d'abord instructeur de vol sur l’aérodrome de Courtelary, puis instructeur au club fribourgeois d’aviation et premier largueur fribourgeois sur le canton qui fit la connaissance à Courtelary, d’un nouvel élève-pilote dénommé Roger Audoin. Il lui donna des leçons de vol en double-commande sur le Piper L-4 de 65 CV. Roger Audoin était ingénieur à la Chaux-de-Fonds et ancien parachutiste militaire français, venu travailler en Suisse. Il pratiquait déjà, comme activité sportive, des sauts en parachute lors de fêtes et meetings d’aviation. Hormis les sauts traditionnels en parachute avec ouverture manuelle, sa spécialité était le saut double et même le triple. Ces sauts très spectaculaires pour l’époque consistait à sauter équipé de deux voire trois parachutes « adaptés ». Roger Audoin sautait d’un avion, ouvrant le premier parachute et s’en dégageant, il procédait avec le même principe pour le 2e parachute. Il retombait ainsi une à deux fois en chute libre, et terminait sa descente par un atterrissage avec le dernier parachute après son ouverture.
Le 24 juin 1951, à l’occasion du 50ème anniversaire de l’Aéroclub suisse, un grand meeting d’aviation eut lieu sur la plaine de Givisiez près de Fribourg, aménagée pour l’occasion en aérodrome de campagne.
L’armée suisse y présentait une escadrille des premiers avions à réaction Vampire DH 100, ainsi qu’une escadrille d’avions Mustang P-51. Il y avait également des démonstrations de vols acrobatiques, des vols de passagers pour le public et un double saut en parachute, exécuté par Roger Audoin qui avait déjà été largué auparavant plusieurs fois par Bernard Progin. Ce dernier, avait aussi largué d’autres parachutistes du moment tels que : Willy Ammon, Benoît Musy et Pierre Bossy.
C’est ainsi que Béda Hefti, alors président du club fribourgeois d’aviation et président de l’organisation du meeting, rencontra Roger Audoin. Ce fut le début d’une amitié entre Roger Audoin, parachutiste enthousiaste, et le club fribourgeois d’aviation, dont il devint membre. C’est après cette rencontre que germa dans l’esprit des deux amis l’idée, puis le projet, d’une future école où l’on formerait des parachutistes sportifs.