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La prévalence des douleurs thoraciques en médecine de premier recours est estimée entre 0,7 et 2,7% avec une origine coronarienne dans 12% des cas. Des scores prédictifs ont déjà vu le jour dans les départements d’urgences, principalement en ce qui concerne le diagnostic de syndrome coronarien aigu, qui ne sont pas directement applicables en médecine de premier recours. L’ECG et le dosage des troponines étant d’une valeur limitée en médecine de premier recours, le but de cette étude était de développer un score prédictif simple et utile basé sur des signes et symptômes cliniques, pouvant aider le médecin généraliste à exclure une maladie coronarienne chez les patients se présentant avec une douleur thoracique. Les variables choisies et évaluées ont été définies sur la base de l’étude TOPIC (Thoracic Pain in Community) effectuée auprès de 58 cabinets médicaux suisses entre mars et juin 2001. Dans 74 cabinets médicaux allemands, 1199 patients de plus de 35 ans ayant une douleur thoracique non encore investiguée, non traumatique, de moins d’un mois, ont été recrutés sur la base d’une anamnèse standardisée pendant une période de douze semaines ; un suivi était réalisé par contact téléphonique à six semaines et six mois, à la recherche de la présence ou non d’une maladie coronarienne (évolution des douleurs, traitement, médication et éventuelle hospitalisation). Les cinq variables les plus influentes sur le diagnostic de coronaropathie ont été retenues pour calculer un score (allant de 0 à 5) : 1) âge/sexe (femme ≥ 65 ans, homme ≥ 55 ans) ; 2) maladie vasculaire cliniquement connue ; 3) douleur accentuée à l’exercice ; 4) douleur non reproductible à la palpation ; 5) patient supposant que la douleur est d’origine cardiaque.
L’application de ce score sur la cohorte TOPIC montre des résultats pertinents : un score ≤ 2 est négatif, un score ≥ 3-5 points est positif avec une sensibilité à 87,1%, une spécificité à 80,8% et une valeur prédictive négative élevée de 97,7%.
Commentaire : ce score prédictif simple permet d’offrir aux médecins de premier recours un outil permettant d’exclure une maladie coronarienne chez les patients à bas risque avec suffisamment de confiance. Il ne remplace néanmoins pas un jugement clinique affûté lors de situations hautement suggestives d’un syndrome coronarien aigu.