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14/05/2010
La gauche à Genève a presque toujours été minorisée. La population genevoise a une majorité à droite, ça a toujours été clair. Mais il y a tout de même une exception. La ville de Genève, avec ses grands quartiers populaires, vote systématiquement à gauche, et cela depuis un bon moment. La raison en est simple. En ville, il est très difficile de trouver des logements bon marché. Les prix en loyer libre ou en PPE sont impossibles à payer pour la classe moyenne. Seule la part la plus riche de cette classe moyenne parvient donc à rester en ville. Pour le reste, la classe moyenne est de plus en plus rejetée à l'extérieur de la ville, dans les communes limitrophes, quand ça n'est pas dans le canton de Vaud ou en France. Les seuls à pouvoir rester en dehors des plus riches sont donc ceux qui bénéficient de logements sociaux, c'est à dire les classes les plus populaires, compte tenu des revenus extrêmement bas demandés pour y entrer.
Si on faisait voter les contribuables de la Ville, il est certain que la tendance s'inverserait. Car si la classe moyenne vit en majorité en périphérie, elle travaille majoritairement en ville. La conclusion est donc évidente: la part la plus importante des revenus de la Ville est perçue auprès de personnes qui n'ont pas le droit de se prononcer à propos des aménagements réalisés avec leurs impôts. C'est tout de même une situation intolérable, non ? Et bien loin de récompenser ces contribuables, la Ville passe son temps à leur imposer des chicaneries, les considérant comme des nuisibles, au contraire de ses gentils électeurs. Mieux: afin de s'assurer que la majorité ne change pas de côté, la gauche fait tout pour accentuer la difficulté de la classe moyenne à s'établir en ville.
16/11/2009
Oui, cette élection d'hier ne nous aura apporté aucune surprise. Comme on pouvait s'y attendre, le MCG n'a pas fait son entrée au Conseil d'Etat. Comme on pouvait s'y attendre, la droite reprend la majorité au détriment des Socialistes en déroute. Comme on pouvait s'y attendre, c'est Véronique Pürro qui en fait les frais. Et comme on pouvait s'y attendre, les cinq sortants passent la rampe sans trop de difficultés. Finalement, un scrutin majoritaire, où les coalitions préfèrent ne pas présenter trop de candidats de peur de faire de l'ombre à leurs sortants, c'est vraiment peu enthousiasmant. On aimerait un peu plus de confrontation. On aimerait des coalitions gouvernementales qui présentent chacune 5 ou 6 candidats, pour avoir vraiment le choix. Bref, on aimerait pouvoir faire mieux que réélir les sortants faute de mieux. Certes, on a eu un taux de participation record, mais tout de même, 46% ça n'est pas très glorieux. Et ce genre d'élections où on n'a finalement le choix qu'entre 8 candidats sérieux pour 7 places ne va pas aider à plus intéresser la population !
03/11/2009
Et où sont les sopranos ? On a bien les cinq sortants, d'accord. Mais en dehors d'eux, quel ténor de la politique genevoise a choisi de s'engager pour entrer dans ce Conseil d'Etat ? Oui c'est vrai, il y a Eric Stauffer, Mauro Poggia et Yves Nidegger. Ce qui veut dire que si on veut voter à la droite de la droite, on n'a que l'embarras du choix. Mais en dehors de ça ? Je ne parle même pas des Communistes, mais plutôt des partis gouvernementaux "traditionnels".
Chez les Socialistes, il y avait bien Manuel Tornare qui était prêt à s'engager. Personnellement, je ne nourris pas un amour imodéré pour le personnage, mais il faut reconnaître qu'il jouit d'une bonne quotte de popularité à Genève. Mais voilà, le parti socialiste est un parti dogmatique. Et leur dogmatisme leur a imposé de choisir une femme, même si aucune bonne candidate ne se présentait. Avoir préféré Véronique Pürro à Manuel Tornare pour le représenter, pourrait bien valoir au parti socialiste de ne plus être représenté que par un seul Conseiller d'Etat durant les 4 prochaines années. Car qui voudrait d'une squatteuse à la tête du canton ?
Quant à Michèle Künzler, elle fait à peine mieux. Je doute beaucoup de sa capacité à convaincre les Genevois. Et à droite, Isabel Rochat peine tout autant à imposer sa personnalité. On le voit, trois partis ont choisi de proposer une femme. C'est une bonne chose, mais n'y a-t-il aucune femme genevoise capable de gagner une élection ? N'y a-t-il aucune femme jouissant d'une popularité suffisante pour que son nom s'impose de lui-même ? Car les Genevois ne sont pas idiots et n'éliront pas de femmes si aucune femme ne semble à même de remplir les plus hautes fonctions. Le résultat pourrait bien être un second tour dont seuls seraient exclus les cinq sortants.
Ou peut-être même pas tous. Et à ce second tour, participeront probablement aussi les deux candidats MCG. Je ne pense bien sûr pas qu'ils aient des chances réelles. Car ils ont déjà pratiquement fait le plein de voix. Il n'y a guère que du côté de l'UDC que le MCG pourrait recueillir des voix pour le second tour. En tout, ils ne devraient pas pouvoir dépasser les vingt pourcent. Mais tout de même. Le risque pris par les partis gouvernementaux en ne présentant, pour remplacer les sortants qui ne se représentent plus, que des candidates de valeur assez discutable, nous fait prendre un risque totalement inutile. Alors les ténors et les sopranos, la charge de Conseiller d'Etat vous fait si peur que ça ? C'est vrai que diriger un canton comme Genève, ça n'est pas simple. Mais il y a des défis passionnants pour notre avenir en suspens. Il faudra bien un jour que des personnes compétentes s'y atellent...
25/10/2009
Oui nous avons bien les extrémistes de gauche les plus bêtes du monde. Et ça n'est pas peu dire quand on voit les autres ! Déjà qu'ils ont fait pour la seconde fois une bourde monumentale en partant en ordre dispersé pour l'élection au Grand Conseil. Ils payeront ainsi leur idiotie par quatre nouvelles années d'absence du législatif genevois. Mais le pire, ils nous le réservaient encore ! Voilà que les Communistes présentent trois candidats pour le Conseil d'Etat !
Je ne parle même pas de l'étrangeté de présenter trois candidats alors qu'il est évident que pas un seul d'entre eux ne figurera au rang des élus. N'auraient-ils pas pu se mettre d'accord sur le nom d'un candidat ? Ne sont-ils donc pas capables de laisser leur place à un camarade de parti ? Je les trouve vraiment affligeants... Mais finalement le plus affligeant, ça reste le manque de réalisme politique de ces gens. Incapables de s'apercevoir que leur candidature n'a pas une chance, ils vont juste réussir à prendre des voix à la gauche modérée et ainsi réduire la capacité de la gauche à se faire élire au Conseil d'Etat !
Ca n'est pas que ça me dérangerait vraiment. Si l'abominable Beer pouvait quitter ce Conseil d'Etat, j'en serais le premier heureux. (bien que j'en doute très fort) Mais le problème, c'est que le MCG n'attend qu'un faux pas de la gauche pour réussir son entrée dans l'exécutif ! En effet, avant que les Communistes ne présentent leurs candidats, on pouvait raisonnablement penser que Eric Stauffer et Mario Poggia n'avaient aucune chance. Désormais, on peut vraiment craindre qu'ils parviennent à prendre un à deux sièges à la gauche...
Bref, si vous êtes de gauche, je n'ai qu'un conseil à vous donner: votez réaliste ! Ne donnez pas votre voix aux Communistes, mais choisissez un bulletin de la gauche modérée. Vous pouvez éventuellement panacher votre liste avec les noms communistes, mais dans tous les cas, ça ne servira à rien car ils ne seront pas élus ! Le mieux serait d'ajouter des noms de droite... Car le plus important finalement, c'est que les candidats du MCG ne soient pas élus. Pour ma part, je choisirai une liste de l'Entente que je panacherai avec trois noms de gauche. C'est en groupant les forces qu'on empêchera le MCG d'entrer au Conseil d'Etat !
02/09/2009
Oui c'est assez rageant de devoir voter à nouveau sur le même sujet. Il y a pas loin de deux ans, nous avions accepté à près de 80% l'initiative pour des lieux publics sans fumée. Le 27 septembre, nous allons à nouveau voter sur le même sujet. En réalité, il ne s'agit pas vraiment du même sujet car cette fois, c'est sur un référendum opposé à la loi d'application acceptée par le Grand Conseil que nous allons voter. Il n'y a donc pas lieu de crier au "simulacre de démocratie" comme le font beaucoup. La loi est bel et bien respectée. Ceci dit, le sentiment de frustration face à cette minorité incapable de reconnaître sa défaite est compréhensible. En démocratie directe, quand le peuple s'est prononcé ça doit mettre fin au débat. On ne devrait pas chercher tous les moyens de recours pour s'opposer à la volonté de la majorité. Et si on veut relancer le sujet, il faut le faire avec une nouvelle proposition. Par exemple, j'aurais été beaucoup moins critique vis-à-vis d'une initiative visant à autoriser la fumée dans les petits établissements. (même si j'aurais voté contre)
14/08/2009
Rapellez-vous. Ca ne fait pas si longtemps. En 1993, suite au plébicite des transports publique par le peuple, le Grand Conseil avait voté favorablement à la construction d'un métro de type VAL, automatique et léger, entre St-Genis et Annemasse. Ce métro aurait dû être l'épine dorsale de notre réseau de transports publiques. Mais 5 ans plus tard, le nouveau Grand Conseil mettait fin abruptement à ce projet. (voir ici) Pour des raisons de coût, les Genevois ont choisi l'autocensure et ont décidé qu'ils étaient trop petits pour s'offrir un tel luxe. Et pourtant une ville telle que Lille, bien moins riche que Genève, avait déjà sauté le pas. Et quelques années plus tard, les voisins lémaniques de la capitale vaudoise ne faisaient pas autant de chichis et ont décidé vaillament de se lancer dans la construction de leur propre métro. Et le succès est finalement au rendez-vous, prouvant clairement l'erreur commise par nos élus genevois.
Ils ont alors décidé de remplacer "avantageusement" ce magnifique projet par l'extension du réseau de trams. Il faut reconnaître que le tram est très efficace sur de petites distances. Il permet de relier des arrêts plus nombreux que le métro et avec une plus grande vitesse moyenne que le bus. Toutefois, quand il s'agit de plus longues distances, la vitesse commerciale beaucoup plus élevée du métro le rend bien plus intéressant. Il suffit de se rendre à Paris pour s'en apercevoir. Il n'y a pas un point de la ville qui ne puisse pas être relié en moins d'une demi-heure. Et cela malgré la taille de la ville qui n'a rien à voir avec celle de Genève.
Donc choisir de remplacer le métro par un tram en direction de St-Genis, c'était bel et bien un renoncement à des transports publics vraiment efficaces. Et en plus, en réduisant systématiquement la capacité des pénétrantes, on ne parvient même pas à obtenir l'effet escompté, c'est à dire à transférer les pendulaires du trafic privé vers le tram. Tout ce qu'on arrive à produire, c'est un chaos chaque jour grandissant !
Quant à l'argument du coût, il ne tient que si on compare directement le tram avec le métro. Mais si on avait pris en considération le CEVA, dont la construction n'aurait pas été nécessaire si un métro circulait aujourd'hui sur l'axe St-Genis - Annemasse, il devient beaucoup moins évident que le métro aurait été à ce point hors de prix. Et au final, nous aurions une ligne efficace reliant le Pays de Gex et la Haute-Savoie, ce que le CEVA n'offrira pas. Quant au tram, ce qui le rend inefficace sur cette liaison, c'est la grande distance entre les deux pôles frontaliers.
Bref, nous ne referons pas l'histoire de notre canton. Désormais il est bien trop tard pour revenir en arrière. Nous devrons faire avec le réseau de trams. Le CEVA va en outre nous permettre de disposer d'un semblant de réseau de métros. Restera à l'étendre au Pays de Gex pour disposer d'un véritable réseau capable de drainer une grande partie des pendulaires. Quant au trafic individuel, auquel on a pris de larges espaces en ville, nous attendons de pied ferme qu'une traversée de la rade apporte une compensation permettant au trafic qui n'a rien à faire en ville de ne pas y entrer. Pas sûr en tout cas que tout cela coûte moins cher qu'un métro...
09/06/2009
L'été passé, les fumeurs ont tellement envahi les terrasses, qu'il était souvent difficile de trouver de la place. Mais soit. Il faut bien avouer que c'était assez normal vu l'interdiction de fumer à l'intérieur. On l'avait donc accepté comme un effet secondaire de l'interdiction. Et cette interdiction, elle est salutaire pour nous autres non-fumeurs, qui ne voulons plus supporter la fumée des autres dans des locaux fermés.
Mais cet été la situation est différente. Les fumeurs semblent tellement s'accrocher à leurs privilèges qu'ils ont fait passer un référendum contre la loi d'application, ce qui a remis à plus tard son application, pourtant inéluctable. Alors Messieurs et Mesdames les fumeurs, si vous tenez tant à fumer à l'intérieur, allez-y ! Cet été, nous les non-fumeurs nous contenterons très bien des terrasses. Nous vous laissons tout l'intérieur des cafés-restaurants !
Et en septembre, nous allons donc revoter puisque vous nous y obligez. Et nous allons accepter cette loi. Puis, la loi entrera en vigueur. Et l'hiver prochain, vous aurez le choix entre vous abstenir ou aller fumer dehors, comme ça se fait dans de nombreux cantons et pays sans que personne n'ait rien à y redire ! Et alors, nous pourrons enfin respirer sans problème dans ces lieux publics tellement insupportables lorsqu'ils sont enfumés.
Fumeurs, sachez que nous n'avons rien de personnel contre vous. En tout cas pas moi. J'ai de nombreux amis fumeurs et je ne les juge pas d'après ce vice. Mais votre fumée, nous ne voulons plus la supporter car c'est une réelle nuisance. Nous n'accepterons plus de tousser tout un week-end après être sorti d'un lieu public trop enfumé. Nous n'accepterons plus de voir nos repas gâchés par des odeurs nauséabondes. Nous n'accepterons plus de recevoir en pleine poire la fumée d'un impoli à la table voisine. Nous n'accepterons plus de voir certains lieux publics nous être interdits pour éviter ces nuisances. Nous avons accepté pendant très longtemps de subir votre loi. Désormais c'est votre tour.
03/05/2009
Entre tous les sujets pour lesquels nous aurons à voter le 17 mai prochain, ça devient une tradition, il y en a deux qui ne font absolument pas débat. Et pour cause, ces sujets ne sont soumis au vote qu'au titre du référendum obligatoire et le non n'est donc véritablement soutenu par aucune association, ni aucun lobby.
Je pense que le référendum obligatoire pour des questions constitutionnelles a un sens. En effet, la constitution est par excellence un texte appartenant aux citoyens et il est normal qu'ils soient les seuls à pouvoir y apporter des modifications. Mais la où ça devient ridicule, c'est quand on se retrouve obligé de voter sur des questions mineures, sans réel enjeu. Ainsi, je pense que le référendum obligatoire pour des questions fiscales ou de droit du logement est une fausse bonne idée.
Cela pouvait peut-être sembler être une mesure de protection utile pour la population qui est bien sûr la première concernée par ces questions. Mais il ne faut pas oublier que la grande majorité des changements qui touchent ces lois concernent des adaptations mineures. Dès lors, l'absurde réalité est qu'on envoie toute la population aux urnes pour des questions par lesquelles elle ne se sent pas concernée. Mais à force de rendre la chose politique aussi peu intéressante, on risque seulement de désintéresser encore plus de monde et les taux d'abstention risquent bien d'augmenter ! Et je ne parle même pas des frais occasionnés par l'organisation d'un scrutin inutile...
Et finalement, à quoi sert le référendum obligatoire ? Uniquement à protéger les caisses des associations qui n'ont alors plus besoin d'organiser les récoltes de signatures dans les rares cas où elles auraient décidé de lancer un référendum. Et ça les protège de l'échec dans le cas où elles n'auraient pas pu récolter assez de signatures. Ainsi on envoie voter toute la population sur une foule de sujets sans importance, juste pour éviter dans quelques cas que ces associations doivent dépenser trop d'énergie. C'est en tout cas le cas de l'ASLOCA, qui a réussi à faire adopter le référendum obligatoire pour le droit des locataires il y a quelques temps.
L'absurdité du scrutin est particulièrement criante dans le cas de l'adaptation du droit cantonal au nouveau régime fiscal des entreprises. Pour rappel, Genève avait l'année passée accepté ce texte fédéral avec un peu plus de voix que la moyenne. Imaginez maintenant que l'électorat fasse un caprice et refuse d'appliquer ces dispositions dans le droit cantonal ! Dans quelle situation absurde nous nous retrouverions. Et de toute façon, il ne faut pas se faire d'illusions, le Tribunal Fédéral invaliderait alors la décision populaire genevoise. Alors pourquoi voter si on sait d'avance que notre décision ne sera validée que si elle va dans le sens de la loi fédérale ?
Je pense que cette question du référendum obligatoire mériterait que les partis politiques la mettent sur la table. Avis aux intéressés...