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Historique
Comment est née Uni3-Genève ?
Pour reprendre le titre du célèbre ouvrage de Jacques Monod, prix Nobel de médecine, nous pouvons dire, sans forcer beaucoup sur la note, que l'Université du 3e âge de Genève est née, du hasard et de la nécessité.
Le hasard d'abord, car c'est bien à lui qu'est dû pour beaucoup le fait que M. Georges Lambert-Lamond, haut fonctionnaire franco-britanique de l'ONU, résidant à Genève en ces années-là, ait connu personnellement le Professeur Pierre Vellas de par leurs activités communes au sein de diverses instances internationales; c'est ainsi qu'il eut connaissance de la nouvelle institution que ce professeur à l'université des Sciences sociales de Toulouse venait d'y créer, en 1973. Avec l'appui du Dr Mahler, alors directeur-général de l'OMS, le Professeur Vellas fut invité à faire deux causeries à Genève sur les buts qu'il s'était fixés en organisant, dans le cadre de son université, ce qu'il avait appelé "Université du 3e âge" ; elle fut la première du genre au monde.
De la nécessité ensuite de suivre à Genève l'exemple donné par le Professeur Vellas. Car c'est bien le sentiment impérieux que dut ressentir Monsieur André Chavanne, alors Conseiller d'Etat et chef du Département de l'Instruction publique, lorsque, après avoir écouté Pierre Vellas à Genève, il partit pour Toulouse avec l'un de ses proches collaborateurs, Raymond Leclerc, son ami Georges Lambert-Lamond et Bernard Ducret, secrétaire général de l'Université, pour voir lui-même ce que pouvait bien être cette chose nouvelle, une université du 3e âge. La "saga" de notre institution veut que la conviction d'André Chavanne sur la nécessité de mettre sur pied à Genève ce que Pierre Vellas avait inventé à Toulouse, ne se soit affermie qu'au cours d'une seconde visite qu'il fit dans la ville rose, en compagnie du seul Georges Lambert-Lamond.
Restait, pour notre haut magistrat, à trouver un dénominateur commun entre les deux termes de l'équation: une personne apte à faire se rejoindre les fruits du hasard et les effets de la nécessité. Parmi tous les membres du corps professoral de notre Alma Mater qui pourraient se montrer compétents, désintéressés, et seraient bientôt, vu leur âge, déchargés de leurs fonctions, le choix du "grand maître de l'Université" se porta sur le doyen de la Faculté de médecine qui accepta avec enthousiasme ce véritable défi, car il s'agissait bien de cela pour le Professeur William Geisendorf. Mettre sur pied un nouveau secteur universitaire sans autres moyens que sa propre persévérance, son intelligence et sa vision de l'avenir, mais avec l'aide désintéressée de nombreuses bonnes volontés; l'organiser sans aide financière aucune des pouvoirs publics, mais avec leur puissant et bienfaisant appui moral, afin d'offrir aux retraités "des possibilités de formation permanente et d'élargissement de leur horizon culturel" ; avec pour objectif "de retarder le vieillissement, de faciliter un art de vivre au 3e âge, de laisser naître la créativité qui est en chacun".
Les débuts
C'est ainsi que naquit le mardi 4 novembre 1975 à la salle Piaget d'Uni Dufour et devant quelque 450 "étudiants", avec une certaine solennité l'Uni3 de Genève, patronnée par un comité composé de hautes personnalités du canton, de la Ville et des organisations internationales. Le Professeur William Geisendorf présidait ce comité dit alors d'organisation, qui avait établi un programme de conférences et de visites sur un canevas qui ne s'est pratiquement pas modifié au cours des années écoulées. Une enquête menée auprès des "étudiants" en novembre 1975 déjà, indique que les femmes sont nettement plus nombreuses que les hommes, l'éventail professionnel s'étendant de façon prépondérante aux représentants de la classe dite moyenne de la population. Une modeste finance d'inscription annuelle de CHF 30.- fut jugée suffisante pour couvrir les quelques frais du secrétariat de l'époque, l'aide de nombreux bénévoles assurant par ailleurs sa bonne marche.
Extrait d'un texte du Professeur Aloys Werner, président de l'Uni3 de Genève de 1986 à 1994