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Muselière à veau
Cette muselière était installée sur les veaux destinés à être mangés selon la mode du "veau blanc", c’est-à-dire à la chaire très claire. Avec ce panier sur le museau, le veau ne pouvait manger ni herbe fraîche, ni foin, ni paille, etc. Il ne pouvait consommer que du lait. L’animal était généralement abattu vers 3 mois, parfois plus tard.
Muni de cette muselière, le veau pouvait se rendre aux pâturages et grandir aux côtés de sa mère. Toutefois, dans la plupart des cas, le veau destiné à la consommation était éloigné de sa mère dès la naissance et était nourri au bidon. Il portait une muselière même s’il n’allait pas au pâturage, l’étable étant garnie de fourrage.
Ici composée de trois lames de bois entrecroisées et clouées à un arceau, ce type de muselière pouvait aussi être fabriquée avec un assemblage de cordes de chanvre, d’osier ou de fils de métal. Cet objet a été remplacé par la suite par un modèle en polyéthylène.
Muselière à veau interdite
En Suisse, la muselière à veau n’est plus autorisée depuis l’entrée en vigueur de l’Ordonnance sur la protection des animaux de 2008. En outre, le veau doit pouvoir consommer à volonté du foin ou d’autres fourrages appropriés. Néanmoins, même s’il existe des "broutards", qui mangent l’herbe sous leur mère, la viande de veau à chaire rouge rencontre toujours peu de succès. Ces bêtes d’engraissement restent ainsi nourries presque exclusivement de produits lactés.
À noter encore qu’il existait aussi des muselières avec des pointes en métal, qui servaient à empêcher les veaux sevrés de téter leurs mères ou leurs congénères pour assouvir leur réflexe de succion. Une fois piquée, la vache ne se laissait plus approcher par l’animal qui lui avait fait mal. Aujourd’hui ces piques sont en matière douce et aux bouts arrondis. Elles ne sont presque plus utilisées.
Photo : Mathieu Bernard-Reymond © MCAH