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Les armes à effet de souffle constituent une grave menace dans tout le spectre des conflits
6 mai 2001 (première partie)
a première génération d'armes à effet de souffle est apparue à la fin des années 1960, mais des versions plus modernes, plus légères et plus efficaces sont de plus en plus disponibles sur le marché mondial aujourd'hui.
Les progrès technologiques dans le domaine des explosifs ont amené le développement d'une classe de systèmes d'armes à effet de souffle plus efficaces désignées sous le nom de : "armes thermobariques"ou "armes à effet de souffle améliorées". Ces armes ont été utilisées en Afghanistan, en Bosnie et en Tchétchénie.
Les armes à effet de souffle constituent une menace potentielle pour les Forces armées dans le contexte des opérations de combat, des opérations de soutien de la paix ou des opérations autres que la guerre partout dans le monde. La plupart des informations sur ces armes étaient jusqu'à tout récemment classifiées, mais la prolifération desdites armes incite les Forces armées à informer leurs soldats de leurs effets et des moyens de se protéger contre elles ou d'atténuer leurs effets potentiels.
Définition et fonctionnement
L'effet de souffle est un déplacement rapide et de courte durée de la masse d'air depuis le centre d'une zone de pression, comme lors d'une explosion ou de la combustion de carburant de fusée. L'effet de souffle se compare assez bien à l'impression de recevoir"un coup de poing"qu'on ressent lorsqu'une grenade ou une autre arme explosive détone à proximité.
L'onde de souffle créée par la détonation d'explosifs ordinaires engendre une surpression capable d'écraser les organes internes d'une personne et d'abattre un mur ou d'autres structures. La chaleur de l'explosion peut causer des brûlures à la peau et allumer des incendies.
Les armes à effet de souffle fonctionnent comme suit : au moment de l'explosion initiale de la munition, un matériau combustible ou un genre de poussière est dispersé dans l'air et crée un"fin nuage". Ce nuage de combustible ou de poussière détone et engendre une onde de souffle qui génère de très fortes surpressions et une grosse boule de feu qui se propagent dans toutes les directions. Dans le cas des explosifs combustible-air, les niveaux de surpression peuvent atteindre 1,5 à 2 fois la surpression créée par des armes conventionnelles.
La durée de l'onde de souffle ou de la boule de feu est beaucoup plus longue que dans le cas d'une arme conventionnelle comme une grenade ou un lance-roquettes. Imaginez que plutôt que de recevoir un coup de poing rapide, le poing que vous sentez continue d'exercer sa force pendant une période beaucoup plus longue que celle que dure un coup de poing normal. Quels sont donc les effets réels de cette onde de souffle et de cette boule de feu prolongées?
Les caractéristiques des armes à effet de souffle les rendent très efficaces comme casse-casemates, pour neutraliser les troupes retranchées les troupes en zone découverte et contre les véhicules blindés de combat (VBC) légers.
Les types d'armes à effet de souffle
Il existe de nombreux types d'armes à effet de souffle. Les armes à explosifs combustible-air et les armes thermobariques en sont deux. Les effets terminaux de ces deux armes sont très différents à courte portée, mais sont comparables à l'extérieur du périmètre de la boule de feu.
Ce genre de munition crée un effet de souffle énorme dans un espace clos, par exemple une bâtisse ou un navire, et plus le volume d'explosifs combustible-air est grand, plus l'effet produit est fort. Les explosifs à effet de souffle ne sont pas utilisés pour propulser des charges creuses, mais pourraient servir à propulser des fragments de métal. Ils peuvent être intégrés dans des cônes de charge en tandem où avec une charge creuse; cette dernière sert à la pénétration et le projectile secondaire cause l'effet de souffle derrière le blindage.
Les munitions à effet de souffle peuvent être lancées par l'artillerie, les aéronefs et les armes d'épaule. Dans l'artillerie, les munitions à effet de souffle peuvent être tirées par des lance-roquettes multitubes comme le GRAD 122 mm, le URAGAN 220 mm et le SMERCH 300 mm. Il existe également des armes à effet de souffle modifiées ou improvisées, par exemple le KREMAC IV yougoslave. Les aéronefs peuvent lancer une gamme d'armes et la technologie des armes à effet de souffle est présente dans le S8DM, les roquettes S-13 et les bombes ODAB de 500 kg.
Mais les armes d'épaule constituent le vecteur le plus pratique et flexible pour l'engagement de ces armes. On trouve en premier lieu les armes russes RPO-A SHMEL et TBG-7V TANIN. Ces armes d'infanterie utilisées à l'épaule servent de"casse-casemates"et ont été conçues au premier titre pour neutraliser les troupes débarquées occupant des positions défensives comme une casemate ou une bâtisse défendue.
Elles peuvent également être utilisées contre les troupes retranchées en zone découverte et permettent alors aux troupes d'assaut de manoeuvrer à moins de 40 mètres de l'objectif lorsque le RPO-A est utilisé.
Ces armes ne sont pas conçues pour pénétrer physiquement la surface de l'objectif comme le sont les lance-roquettes antichar. Le RPO-A peut être utilisé à partir d'un espace clos si le souffle arrière de l'arme peut être évacué à l'extérieur. Il peut aussi être muni du viseur supplémentaire OPO-1 qui permet de tirer sur des objectifs se trouvant jusqu'à 850 mètres de distance; son degré de précision à cette distance n'est cependant pas connu. Des armes d'épaule du même genre sont fabriquées par les Bulgares (le GTB-7BG, qui ressemble au TBG-7V russe, qui est lui-même une grenade propulsée par une roquette lancée par une variante du RPG-7) ainsi que par les Chinois (le RPO-A chinois).
Leurs performances respectives sont les suivantes : la portée efficace des RPO-A et TBG-7V est respectivement de 200-300 et 150-600 mètres, la zone mortelle en terrain découvert de 50 et 10 mètres carrés, et la zone mortelle en espace clos de 80 et 300 mètres carrés.
Pour obtenir un effet pénétrant, les Russes ont par ailleurs développé le RShG-1 (un projectile qui ressemble au RPG-27 TAVOLGA) et ont fait de la publicité au sujet d'une version plus moderne, le RShG-2, les deux munis d'un cône de charge en tandem. Ces armes peuvent être utilisées comme casse-casemate ou comme arme antiblindé.
Un cône de charge en tandem comporte deux charges. Dans le cas d'une arme à effet de souffle, la première charge perfore un trou dans l'objectif pour permettre à la charge thermobarique secondaire de pénétrer dans l'objectif. Cet effet pénétrant antiblindé/perce-béton laisse passer la charge thermobarique qui explose complètement à l'intérieur de l'objectif. Le rendement de l'arme est amplifié en raison du confinement plus étroit de l'explosion et grâce à la surpression prolongée et aux effets calorifiques produits derrière le blindage ou à l'intérieur de la casemate. L'effet meurtrier à l'intérieur de la structure est augmenté comparativement à une charge conventionnelle HEAT.
Des cônes de charge à effet de souffle pour les missiles guidés antichars (MAC) ont également été développés. Les MAC actuels incluent le missile russe AT-3F MALYUTKA, le AT-4 FAGOT, le AT-6 SHTURM, le AT-13 METIS-M, le AT-14 KORNET, le AT-15 KHRIZANTEMA et le VIKHR, pour n'en mentionner que quelques uns. Ces missiles sont tous offerts ouvertement en vente et ont été utilisés en Tchétchénie. De plus, la modification des générations de missiles plus anciennes visant à inclure des cônes de charge à effet de souffle a été publicisée ouvertement.
Utilisation des armes à effet de souffle
Le principal rôle de l'arme d'épaule à effet de souffle est de neutraliser ou de détruire des positions fortifiées et, grâce aux courtes distances de sécurité qui les caractérisent, de permettre aux troupes d'assaut amies de se rapprocher plus efficacement de l'objectif. Ces armes sont distribuées aux soldats jusqu'au niveau de la section. On peut s'attendre à ce que les armes à effet de souffle soient employées surtout dans les rôles suivants :
Compte tenu de la ressemblance des armes d'épaule à effet de souffle à d'autres armes d'épaule antichars, on prévoit que la majorité des engagements à l'aide de ces armes se fera à des distances allant de 150 à 300 mètres ou moins, selon la taille de l'objectif engagé. L'engagement de bâtisses pourrait se faire à plus longues distances.
À l'heure actuelle, rien ne laisse croire que le RPO-A peut être muni d'un dispositif de vision nocturne. En raison de la disponibilité des viseurs de nuit comme les MEO 50P et ILH52 russes pour le RPG-7, il serait avisé de s'attendre à ce que le TBG-7V TANIN et le RShG-1/2 puissent engager des objectifs avec précision la nuit sans source d'éclairage.
Rewriting: Cap Ludovic Monnerat
Sources
"La menace des armes à effet de souffle", Le centre des leçons retenues de l'Armée, Le Bulletin, Vol 7 no 3, janvier 2001
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