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L’origine et la signification de Stonehenge, le plus grand site mégalithique de Grande-Bretagne, demeurent un sujet de spéculation depuis un millier d’années.
L’historien médiéval Geoffroy de Monmouth affirmait que les roches avaient été apportées d’Irlande par Merlin, l’enchanteur de la cour du roi Arthur. L’architecte du 18 ème siècle, Inigo Jones, croyait que les Romains avaient construit Stonehenge « à la toscane », tandis que John Aubrey, auteur du charmant livre Vies brèves, penchait plutôt pour la thèse d’un temple de druides, prêtres et mages de la Bretagne celte. Cette dernière opinion prévalut jusqu’au-delà du milieu du 18ème. siècle. Deux pierres couchées furent qualifiées d’autel et de pierre du sacrifice : on pensait que les druides y avaient pratiqué des sacrifices humains. En fait, Stonehenge avait déjà mille ans lorsque les premiers druides arrivèrent dans l’actuelle Grande-Bretagne, il est donc probable que le site mégalithique leur parut aussi mystérieux pour eux que pour nous. Théories modernes
Au début du 20ème siècle, la plupart des chercheurs et archéologues convenaient que les parties les plus anciennes de Stonehenge dataient de 2000 avant J.-C. et que même son élément le plus « moderne », le cercle extérieur, avait été érigé vers 1000 avant J.-C. La tendance actuelle est de dater l’achèvement de Stonehenge encore plus tôt : aux environs de 1400 avant J.-C. Mais quel était le rôle de Stonehenge ? Était-ce un temple, un lieu de rencontre pour des chefs de guerre, un observatoire ? Probablement les trois, mais tandis que la polémique continue, un nombre croissant d’érudits pense que ce monument préhistorique avait au moins quelques fonctions astronomiques, en rapport peut-être avec la prédiction des éclipses. Un observatoire lunaire Les alignements de Stonehenge furent remarqués pour la première fois avant la guerre de 1914-1918 par l’astronome Sir Joseph Norman Lockyer (1836-1920). A l’époque où Lockyer avança ses arguments, peu d’archéologues les prirent au sérieux : ils respectaient la réputation de Lockyer en tant que scientifique mais le trouvaient incompétent dans des domaines hors de sa spécialité et, au bout de quelques an-nées. la théorie de Lockyer tomba dans l’oubli.
Cependant, dans les années 1960, cette théorie fut reprise et révisée par des érudits tels que les professeurs Hawkins, Hoyle et Thom, qui pensaient tous avoir fourni des preuves solides pour l’existence d’alignements astronomiques significatifs à partir de la position des mégalithes de Stonehenge et des « mouvements » du soleil, de la lune et des planètes par rapport à la terre.
Les arguments avancés par ces hommes étaient loin de concorder entre eux, et sont toujours sujets à de nombreuses controverses. Il semble cependant bien que la théorie avancée par le professeur Thom soit très convaincante, et un nombre d’archéologues professionnels l’acceptent maintenant : selon lui, Stonehenge et bien d’autres alignements mégalithiques auraient été érigées dans le but d’établir des observations précises de la Lune. S’il en est ainsi, on peut considérer les bâtisseurs de Stonehenge comme faisant partie des premiers astrologues et astronomes.