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Les banques d’importance systémique doivent disposer de plus de capital réglementaire que les autres banques afin d’être plus résistantes face aux pertes inattendues résultant de l’activité courante et de pouvoir les absorber (capital dit going concern). Parallèlement, ces banques doivent détenir des fonds supplémentaires absorbant les pertes en cas de crise (fonds dits gone concern). Ensemble, les exigences going concern et gone concern définissent l’ensemble des fonds destinés à absorber les pertes (total loss absorbing capacity, TLAC).
En Suisse, il existe deux types d’exigences en matière de capital conformément aux standards internationaux: les exigences pondérées sont calculées sous forme de pourcentage des positions actives pondérées en fonction du risque (risk weighted assets, RWA). Des exigences s’appliquent parallèlement au ratio de fonds propres non pondéré qui est calculé sous forme de pourcentage de l’engagement total (leverage ratio, LR). L’exigence en matière de LR sert de filet de sécurité.
Exigences en matière de fonds propres dans la structure du groupe
Les grandes banques doivent remplir des exigences en matière de fonds propres aux niveaux suivants de leur structure de groupe:
À la Banque cantonale de Zurich (ZKB) s’appliquent des exigences de manière consolidée pour le groupe et de manière individuelle pour la maison-mère. À Raiffeisen, les exigences s’appliquent de manière consolidée aussi bien pour le groupe que pour la société coopérative Raiffeisen Suisse en tant qu’organisation centrale de la fédération des coopératives. Pour PostFinance, seules les exigences posées à la maison-mère sont pertinentes, car celle-ci ne présente aucune société de groupe pertinente pour une consolidation.
Les exigences de fonds propres going concern pour toutes les banques d’importance systémique sont constituées des trois éléments suivants :
Fin 2020, les suppléments s’élèvent à 1,44% pour la part RWA et 0,5% pour le leverage ratio pour Credit Suisse et 1,08% pour la part RWA et 0,375% pour le leverage ratio pour UBS. Pour Raiffeisen, ils représentent 0,36% pour la part RWA et 0,125% pour le leverage ratio. Aucun supplément n’est requis pour la ZKB et PostFinance. Le montant du volant anticyclique applicable fin 2020 dépend du volume des positions de crédit de chaque banque.
Les exigences concernant les fonds gone concern pour les banques d’importance systémique actives au plan national représentent au minimum 40% de leurs exigences de fonds propres going concern. En revanche, les unités suisses des deux grandes banques actives au plan international doivent détenir des fonds gone concern à hauteur de 62% de leurs exigences going concern. Les exigences gone concern pour le groupe consolidé des grandes banques représentent 100% de leurs exigences de fonds propres going concern moins les remises consenties par la FINMA pour les améliorations de la resolvability au-delà des exigences légales. Les exigences gone concern pour les maisons-mères des grandes banques au niveau de l’établissement individuel résultent de la somme des éléments suivants:
Les 30% que la maison-mère doit détenir en référence aux exigences gone concern applicables de manière consolidée représentent un volant qui doit notamment permettre de recapitaliser les filiales de manière flexible.
Les exigences going concern doivent être satisfaites avec des fonds propres de base durs. Elles ne peuvent être satisfaites qu’à hauteur d’au plus 4,3% pour la part RWA et de 1,5% pour le leverage ratio avec des fonds propres de base supplémentaires (additional tier 1 capital, AT1). Il s’agit d’instruments de dette à durée indéterminée qui sont amortis conformément au contrat ou qui sont transformés en fonds propres de base durs (common equity tier 1, CET1), lorsque les fonds propres de base durs de la banque passent en dessous de 7% pour la part RWA. Ces instruments sont généralement désignés comme capital convertible à seuil de déclenchement élevé (high-trigger contingent convertible/write-off bonds, HT-CoCos). Ils absorbent en principe les pertes avant même le bail-in.
En revanche, les exigences gone concern sont en principe satisfaites avec des bail-in bonds. Il s’agit d’instruments de dette qui peuvent être convertis en fonds propres de la banque, dans le cadre d’une procédure d’assainissement. Les bail-in bonds ne peuvent être pris en compte que s’ils remplissent certains critères. En particulier, ils doivent être émis par la holding du groupe, être en principe soumis au droit et au for juridique suisses et ne doivent être ni imputables ni adossés à des sûretés. De plus, leurs conditions doivent comprendre une clause inconditionnelle et irrévocable selon laquelle les créanciers obligataires acceptent une éventuelle conversion ou réduction de créance (bail- in) partielle ou complète ordonnée par l’autorité de surveillance. Les bail-in bonds ne peuvent pas être vendus en petites dénominations, ce qui limite l’achat par de petits investisseurs de ces titres risqués. Les banques sont toutefois libres de satisfaire une partie ou la totalité des exigences gone concern avec des instruments CET1 ou AT1, conformément à l’ordonnance sur les fonds propres (OFR). Selon l’OFR, ces fonds propres sont pris en compte avec un facteur de 1,5 de leur volume au titre de fonds gone concern.
Les banques d’importance systémique doivent être en mesure de répondre à leurs obligations de paiement, même dans des situations extraordinaires. En plus des exigences applicables à toutes les banques, elles devraient satisfaire à des exigences accrues en matière de liquidité.
À l’instar des autres banques, les banques d’importance systémique doivent limiter leurs gros risques. Le plafond général pour de telles positions se situe en principe à 25% des fonds propres de base. Les exigences particulières concernant les banques d’importance systémique résident dans le fait qu’elles doivent limiter leur gros risque vis-à-vis des autres banques suisses d’importance systémique et des G-SIB (banques d’importance systémique actives au plan international) à 15% de leurs fonds propres de base.