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Certains insistent sur le fait que le changement d'heure présente des effets négatifs sur leur santé. D'autres le pensent simplement inutile. Que dit l'Union européenne? On a tenté de répondre aux huit questions les plus courantes à propos de cette habitude mondiale.
L’heure d'été voit à nouveau le jour cette nuit. Dès 2 heures du matin, il faudra avancer les horloges d'une heure.
Une routine biannuelle qui malgré le fait qu'elle soit connue de tous, déroute encore quelques fois tant sur son origine, que ses mythes ou son impact en Suisse. Ça tombe bien, on s'y est intéressés. Certaines réponses devraient vous étonner.
Retour dans le temps. Au début du XIX siècle, chaque ville dans le monde gérait sa propre heure en fonction du soleil. Tous les 18 km, soit l'équivalent d'un long trajet de train, l'heure variait d'une minute environ. Ces différences d'heure posaient peu problème puisque rares étaient ceux qui franchissaient cette distance d'une traite.
Ce n'est qu'avec l'avènement du chemin de fer que ce système de «temps solaire» a commencé à perturber les voyageurs. Plus particulièrement ceux ratant leurs correspondances et devant prévoir d'autres trains disponibles. Faisant ainsi apparaître un problème majeur: deux trains qui utilisent des références temporelles différentes risquent de circuler en même temps sur la même voie de chemin de fer.
En 1883, l'ingénieur canadien Sandford Fleming invente le système des fuseaux horaires afin de normaliser le réseau ferroviaire au Canada. Ce dispositif est alors censé permettre de prévoir une heure homogène pour un territoire donné plus étendu.
Il divise alors (de façon imaginaire) la surface de la Terre en 24 fuseaux horaires, de longitude identique. Lesquels sont alors définis à partir de l'heure dite «méridienne» donnée par Greenwich, petite ville située près de Londres où se trouve l'ancien Observatoire astronomique royal.
Le père du changement d’heure serait Benjamin Franklin, le fondateur des Etats-Unis. Dans une tribune publiée en 1784, il estime en effet que le quotidien des Parisiens ne leur permet pas de profiter au maximum du soleil. Mais ses explications afin d'avancer le temps d'une heure durant l'été restent floues et ne convainquent personne.
Il faudra patienter une centaine d'années plus tard, en 1907, pour que des chercheurs soulignent l'intérêt du changement d'heure, notamment afin d'économiser l'énergie à une époque où l’éclairage est le dispositif le plus consommateur en termes énergétiques. Reculer ou avancer d'une heure permet de faire varier les besoins d'éclairage, plus spécifiquement dans les commerces ayant des heures d'ouverture et de fermeture.
L'idée est finalement appliquée en 1916, durant la Première Guerre mondiale. L’Allemagne, la France, l’Angleterre et l’Irlande ouvrent le bal, mais stoppent le projet au début de la Seconde guerre mondiale en 1939. Jusqu'au choc pétrolier de 1973, qui plonge de nombreux pays dans une crise sans précédent. Le 28 mars 1976, l'Europe décide de récupérer le changement d'heure avec pour objectif principal: économiser l'énergie. Un plan de sauvetage qui plait à tous les pays du continent, sauf la Suisse.
La Suisse a introduit l'heure d'été au milieu de la Seconde guerre mondiale. Initialement intitulée «Daylight Saving Time», l'heure d'été durait du mois de mai au mois d'octobre. Il ne s'agissait cependant que d'une mesure temporaire servant uniquement la guerre.
Lorsqu'en 1976, les pays limitrophes décident d'adopter le changement d'heure comme mesure permanente, la Suisse contrecarre le mouvement à coup de référendums. Mais la résistance ne dure pas longtemps. Le positionnement géographique de la Suisse, au cœur de l'Europe centrale, désorganise le réseau ferroviaire du territoire et poussera le pays à capituler.
La première directive sur le changement d'heure d'été est officiellement adoptée par toute l'Union européenne en 1980 et la mesure entre finalement en vigueur en Suisse le 1er janvier 1981. Tous fixent le début de l'heure d'été au premier dimanche de mars et la fin au dernier dimanche de septembre.
Depuis 1996, bien que chaque fuseau horaire soit resté différent, les changements se font partout au même moment. Dans l'Union européenne, on passe simultanément à l'heure d'été le même jour à la même heure, soit pour l'heure d'été, du dernier dimanche de mars au dernier dimanche d'octobre.
L'heure du basculement, 2 heures du matin un dimanche, a été choisie de manière à minimiser tout risque de perturbations sur les transports et les télécommunications.
Dans la nuit du samedi 27 mars au dimanche 28 mars, il faudra se préparer à passer de l'heure d'hiver à celle d'été, aussi dit «heure d'été d'Europe centrale (CEST)». Cela signifie qu'à 2h00 du matin, nous avancerons les horloges d'une heure. Donc de 2h à 3h.
Mais pas de panique, aujourd'hui, la plupart des horloges (téléphone portable, ordinateur, et tout autre dispositif lié au réseau de votre opérateur téléphonique) changent automatiquement.
Les arguments en faveur de l'heure d'été sont pour l'opinion publique d'ordre psychologique: le soleil et ses bienfaits sur la santé et le moral sont connus. Une étude importante de 2003 dans le Journal of Psychosomatic Research révèle que se réveiller à l'aide du lever du soleil diminuerait même le risque de dépression.
Mais au départ, la raison pour laquelle la Suisse a accepté de se soumettre à l'heure d'été servait principalement à s'adapter aux normes imposées par les pays européens. Lesquels justifiaient qu'une telle mesure permettait d'économiser de l'énergie. Or cette justification n'a pas été confirmée.
Par ailleurs, de nombreux chercheurs remettent en question les bénéfices sur la santé. Selon eux, changer d'heure deux fois par an conduirait en réalité certaines personnes à des stress psychologiques tels que des troubles du sommeil ou des dépressions saisonnières. Mais le changement d'heure pourrait également provoquer des conséquences négatives sur la pression artérielle, la fréquence du pouls et la température corporelle dû à des difficultés d'ajustement.
De plus en plus de voix s'élèvent contre les changements d'heure. Il y a trois ans, l'Union européenne s'était prononcée en faveur de l'abolition de cette mesure internationale. Une première enquête de la Commission européenne a alors indiquée que 84% des participants étaient favorables à son abolition. Une abolition officielle du changement d'heure devait ainsi rentrer en vigueur dès 2021, afin de ne vivre que selon l'heure d'été. Mais depuis, rien n'a été fait.
En fait, sur le principe, tout le monde est d'accord. C'est plutôt sur les modalités que les esprits divergent. L'Allemagne et la France par exemple préfèrent l'heure d'été, contrairement au Danemark et aux Pays-Bas qui penchent plutôt pour celle d'hiver.
La Commission européenne a indiqué à watson que, pour l'heure, des analyses concrètes manquaient à l'appel et ne permettaient pas la fin du basculement. Des discussions à Bruxelles sont toujours en cours pour une possible abolition dès 2022.
La plupart des pays européens et presque tous les États américains changent d'heure à l'approche de la saison estivale. Une pratique néanmoins abandonnée par beaucoup de pays dans le monde.
La Chine, l’Afrique du Sud, l’Argentine, la Tunisie, l'Égypte ou encore l'Ukraine sont de ceux qui ont abandonné le basculement de l'heure car ils considéraient le gain énergétique trop minime. La Turquie est le dernier pays en date à avoir choisi de ne plus changer d'heure.
La Russie a également arrêté de changer l'heure. Pour le président de l'époque, Dimitri Medvedev, le changement était «dommageable pour le rythme biologique des individus», d'après les propos rapportés par la BBC. Il posait surtout des problèmes fréquents dans ce pays de 11 fuseaux horaires différents.