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Histoire
Le territoire de l’Emmental supérieur, difficilement accessible, boisé et marqué par des ravins profonds, n’a été peuplé que très tard. Les parties plates et les collines facilement accessibles de la région n’ont été habitées que vers la fin du premier millénaire. Il n’y a pas d’indication qu’il y ait eu une population résidente avant les tribus germaniques. Les découvertes d’objets ensevelis de périodes antérieures nous proviennent probablement de chasseurs sans territoire fixe. Les traces identifiées des forteresses à Wiederberg, sur le Zwygarten et à Bärau concernent probablement des installations de défense habitées de manière permanente au cours du 11e siècle et appartenant à un système de défense étendu.
Le nom du village Langnau remonte à 1139, année où l’on trouve sa première mention dans un document officiel. Des citations antérieures – dont celle de 850 de notre ère - ne se réfèrent probablement pas au Langnau d’Emmental. La désignation „lange au“ est fréquente pour décrire des lieux géographiques et semble correcte pour bien des endroits.
Il n’existe pratiquement pas de documents qui nous donneraient une certitude concernant la propriété régionale d’autrefois. Les chevaliers de Langnau, une famille devant ces redevances aux seigneurs de Kyburg, n’ont laissé trace ni de l’étendue de leur domaine féodal, ni d’une forteresse; les seigneurs libres de Spitzenberg ont érigé leur fort sur le lieu nommé Spitzenegg, près de Gohl. Cet ouvrage de défense a été vendu vers 1300 aux fils de Rodolphe de Habsbourg. Ceux-ci avaient fait enregistrer leurs biens de manière méticuleuse dans l’Urbar habsbourgeois de 1300 à 1310.
Excepté pour les propriétaires fonciers indigènes, des droits fonciers extérieurs existaient. Les tenants changeaient fréquemment tout au cours du Moyen Age, que ce soit par donation ou par aliénation. C’est en 1130 que le couvent bénédictin de Trub fut fondé. Au cours des ans, bien des terrains de la commune actuelle de Langnau ont été ajoutés au patrimoine du couvent. En l’an 1276, les droits de seigneurie et cléricaux de Langnau furent remis au couvent par legs. Dès lors, des moines bénédictins ont assumé la fonction de prêtre à Langnau.
Au cours du 15e siècle, on note une prédominance croissante de l’Etat de Berne sur l’Emmental. C’était la suite logique de la défaite que les anciens Confédérés avaient infligé à la maison de Habsbourg lors de la bataille de Sempach en 1386. Pourtant, l’emprise bernoise sur le territoire régional n’a été obtenue que peu à peu par une politique d’expulsions, d’acquisitions, de «successions», et aussi, pendant une centaine d‘années, par les querelles des autorités avec la ville de Lucerne. C’est en 1406 que Langnau a obtenu un tribunal pour le fief de Trachselwald. Berne a adopté la Réforme en 1528 et a imposé la nouvelle foi dans son territoire. Dès lors, la ville de Berne a exercé l’autorité suprême aux niveaux militaire, judiciaire, de la police et de la religion.
La guerre des paysans de 1653 doit être envisagée en gardant à l’arrière-plan la guerre de Trente ans de 1618-1648 et la persécution des Baptistes dans l’Emmental. La répression de l’insurrection a favorisé une persécution continue du mouvement baptiste par les autorités séculaires jusqu’en 1730 environ. Elle a initié des mouvements d’émigration des adhérents à cette religion, vers le Jura notamment.
Relativement tôt déjà, Langnau n’était plus un village paysan, mais plutôt un lieu mixte englobant du commerce et de l’artisanat. À cette époque, le village a obtenu le droit de marché. Comme il s’agissait alors d’un privilège citadin, c’est un indice que Langnau assumait la fonction de centre régional déjà vers la fin du Moyen Âge. Nous ne savons pas exactement quand Langnau a obtenu ce droit; à la suite de disputes prolongées avec les autorités, il a été fait mention de celui-ci pour la première fois dans un document officiel en 1467. La position économique de Langnau a été renforcée tout particulièrement au cours du 18e siècle. En 1798, la population de la métropole de la toile de lin et du fromage dépassait celle de toutes les villes de campagne bernoises d’au moins un facteur deux. Avec 13’000 habitants, Berne détenait le 1er rang du classement selon la population; cependant, ni Thoune avec 1'500 résidents, ni Berthoud avec 1'300, ne pouvaient concurrencer Langnau avec 3'700 personnes établies dans la commune. Seul Sumiswald, avec 3'100 habitants, avait pris une grandeur comparable. L’Emmental du 18e siècle a connu un essor économique considérable, ce qui a amené de l’argent dans la région; dans le Simmental du 18e siècle, on observe d’ailleurs une évolution similaire. La clientèle mondaine européenne de Micheli Schüppach et les marchands de toile de lin et de fromage qui avaient voyagé bien loin transformaient Langnau en un village ouvert au monde.
A la suite de la chute de l’ancienne Berne, en 1798, Langnau est devenu le chef-lieu du district helvétique de l’Emmental supérieur, le district de Signau actuel.
La construction du réseau ferré détermine de plus en plus les chances de développement de la région au cours du 19e siècle. La gare de Langnau a été inaugurée en 1864 comme tête de ligne du tronçon Berne-Langnau. C’est en 1875 que la liaison intégrale Berne-Lucerne via Langnau a vu le jour. Langnau a obtenu la tête de ligne de la nouvelle liaison Berthoud-Langnau en 1881. À l’ouverture du tunnel du Gotthard en 1882, la liaison Berne-Langnau-Lucerne offrait la relation la plus rapide vers le sud des Alpes; ceci resta valable jusqu’à l’ouverture du tunnel du Lötschberg en 1913, projet soutenu vigoureusement par l’État de Berne. L’extension des voies de communication a provoqué un fort changement des structures paysannes du village d’autrefois. Le centre du village présente un caractère citadin par opposition aux espaces extérieurs de la commune traditionnellement ruraux. L'établissement de petites entreprises des arts et métiers et d’exploitations commerciales et industrielles a engendré une modification durable.
Le tour du village de Langnau révèle son histoire. Le «Chüechlihus», notre musée régional, expose une grande variété de vieux objets utilitaires et d’art local. Nous relevons le «salon Micheli Schüppach» qui honore le fameux «docteur miracle», autrefois connu bien au-delà des frontières nationales.