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Une cour d'appel sud-coréenne a confirmé lundi la culpabilité de l'héritier de l'empire Samsung Lee Jae-Yong, jugé pour corruption. Mais elle a ramené sa condamnation à une peine de prison avec sursis et ordonné sa libération immédiate.
Vice-président de Samsung Electronics et fils du président du groupe Samsung, Lee Jae-Yong avait été condamné en août à cinq ans de prison, notamment pour corruption, abus de bien sociaux ou parjure dans le retentissant scandale qui a entraîné la destitution de l'ex-présidente sud-coréenne Park Geun-Hye. Sa peine a été réduite de moitié lundi, à deux ans et demi, avant une suspension de son application, permettant à Lee Jae-Yong de retrouver la liberté.
Agé de 49 ans, l'héritier de l'un des plus grands conglomérats industriels du monde était détenu depuis février 2017. A sa sortie du Centre de détention de Séoul, il a dit que le temps passé derrière les barreaux avait été fructueux, lui permettant de "réfléchir sur lui-même". Il s'est aussi déclaré "désolé de ne pas avoir montré son meilleur visage".
Lee Jae-Yong a quitté la salle d'audience en agitant les mains libérées des menottes qui l'entravaient à chaque apparition publique depuis son arrestation en février 2017, selon la télévision publique. Il est apparu souriant, mais amaigri avant d'être emmené à sa prison pour les formalités administratives de sa sortie.
Retour au sein de l'entreprise
Il a ajouté qu'il rendrait rapidement visite à son père, le président de Samsung Lee Kun-hee, qui est souffrant depuis une attaque cardiaque en 2014. La décision de la Haute Cour devrait permettre à l'héritier de Samsung de reprendre ses fonctions au sein du groupe, dont celle d'administrateur de Samsung Electronics.
Pour beaucoup d'experts, la décision de la Cour d'appel s'inscrit dans une longue tradition de clémence de la justice à l'égard des dirigeants de Samsung.
L'avocat de Lee Jae-Yong a annoncé le dépôt d'un recours devant la Cour suprême, estimant que certains arguments de la défense n'avaient pas été entendus par la Haute Cour. Les procureurs réclamaient, eux, un alourdissement de la peine à 12 ans de prison.
Soutien à des entités détenues par Choi
En première instance, le tribunal avait estimé que le soutien financier de Samsung à des entités détenues par Choi Soon-sil, une amie et confidente de l'ex-présidente, relevait de la corruption.
La cour avait notamment retenu les 7,1 milliards de wons (5,9 millions de francs) versés par Samsung pour soutenir la carrière équestre de la fille de Mme Choi.
En échange de ses contributions, avaient exposé les procureurs, Samsung avait recherché le soutien du gouvernement à la fusion controversée de deux de ses filiales. Une opération qui avait permis à Lee Jae-Yong de renforcer son contrôle sur le groupe.
L'ancienne présidente Park, qui dément toute malversation, a démissionné en mars 2017 à la suite d'une procédure de destitution parlementaire. Son procès est en cours.