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C'est à ces conclusions que parvient une étude économétrique de Kenneth B. Medlock, Peter Hartley et de collaborateurs du Baker Institute de la Rice University de Houston, au Texas. Ce travail fait partie d'une étude globale sur l'énergie soutenue par la Tokyo Electric Power Co. Inc.
Dans un pays tel que le Japon qui dépend pour plus de 80% de ses importations d'énergie, la sécurité d'approvisionnement est une question politique d'importance majeure. Les chocs pétroliers des années 70 ont touché l'économie japonaise de manière particulièrement brutale. Une amélioration de l'efficacité et une diversification des sources d'énergie ont permis au Japon de faire baisser la part du pétrole dans son approvisionnement énergétique, qui était de plus de 75%, à 50% environ. L'extension de l'énergie nucléaire a été l'une de pierres d'angle de cette politique. Il devrait continuer d'en être ainsi, et la part du nucléaire devrait augmenter à 30% d'ici 2010. Afin de déterminer si, compte tenu des expériences de 2003, année pendant laquelle 17 tranches nucléaires sont restées à l'arrêt pour des inspections complémentaires, une part de nucléaire aussi élevée est supportable pour la sécurité d'approvisionnement, l'Institut Baker a élaboré un modèle économique correspondant pour le Japon. Ce modèle quantifie la contribution de l'énergie nucléaire à la sécurité d'approvisionnement. Il répond ainsi aux questions suivantes: conséquences d'une élévation soudaine des prix du pétrole; proportions des dégâts pour l'économie nationale; risque économique d'une défaillance partielle ou totale des centrales nucléaires; valeur des centrales nucléaires actuelles pour l'économie nationale japonaise; avantage relatif de la construction de nouvelles centrales nucléaires par rapport à la construction d'autres centrales électriques dans les 30 années à venir. Le modèle tient compte de différentes variantes de prescriptions environnementales et du programme de développement de nouvelles énergies renouvelables en vigueur. La comparaison avec des données historiques depuis les années 70 permet d'adapter le modèle aux particularités du réseau électrique japonais isolé, avec une charge de pointe élevée.
Selon les calculs sur modèle, les centrales nucléaires permettent au Japon d'économiser déjà quelque 42 millions de yens cumulés (environ 470'000 francs suisses) par mégawatt installé. En cas de hausse subite de 25% des prix du pétrole, les économies réalisées enregistreraient à nouveau un bond de 42 millions de yens par MW, équivalent à 16% environ du capital investi dans les centrales nucléaires. Si les turbulences sur le marché du pétrole persistaient pendant une période assez longue, les économies pourraient atteindre jusqu'à 60% du capital investi. En charge de base, c'est le charbon qui est l'énergie la plus avantageuse après l'énergie nucléaire, pour autant que les considérations environnementales jouent un rôle secondaire. Si tel n'est pas le cas, c'est le gaz naturel. Un autre résultat de l'étude est que pour parvenir à un approvisionnement optimal, le gouvernement ne devrait jouer qu'un rôle limité, et que la flexibilité dans le choix des sources d'énergie maintient les coûts globaux à un niveau peu élevé.
Source
P.B./C.P. d'après NucNet du 28 septembre et la Baker Institute Study no 26, octobre 2004