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Hasard ou coïncidence ? Alors que ne cesse d'augmenter le nombre des pays du continent interdisant toute forme de consommation du tabac dans les lieux publics, la multinationale pharmaceutique Pfizer vient de faire savoir que l'Agence européenne du médicament a approuvé la commercialisation de Champix (varénicline), nouveau médicament pour le sevrage tabagique de l'adulte. «La mise sur le marché de Champix, premier d'une nouvelle classe thérapeutique, constitue une avancée dans le dispositif de lutte contre les maladies et les décès liés au tabac, ainsi que dans l'amélioration de la santé des non-fumeurs exposés au tabagisme passif» assure fièrement la firme. Découvert et développé par Pfizer, Champix est indiqué dans le sevrage tabagique chez l'adulte. Il agit sur le mécanisme de la dépendance à la nicotine, se fixant sur le même récepteur du cerveau que la nicotine (le récepteur a4b2), mais avec une affinité supérieure. La molécule, selon son fabricant, exerce «une stimulation partielle sur ce récepteur et entraîne une réponse réduite de la dopamine, atténuant à la fois l'envie impérieuse de fumer et les symptômes de sevrage (irritabilité, troubles du sommeil, dépression et anxiété) associés à l'arrêt du tabac». Et chez une personne sous varénicline, le fait de fumer une cigarette réduit la sensation de récompense. Cette autorisation de mise sur le marché se fonde sur les résultats d'un vaste programme de recherche clinique comprenant notamment quatre essais ayant inclus plus de 4000 fumeurs qui fumaient en moyenne 21 cigarettes par jour depuis environ 25 ans. Dans deux des essais cliniques, de conception identique, le pourcentage de fumeurs ayant arrêté de fumer sous Champix était près de 2,5 fois supérieur à celui observé sous placebo après douze semaines de traitement (44,4% versus 17,7%) et de 1,5 fois supérieur à celui observé sous bupropion (44,4% versus 29,5%).«Dans ces études, les patients bénéficiaient de conseils d'aide à l'arrêt du tabac à chaque consultation. Ils étaient suivis pendant 40 semaines après l'arrêt du traitement, précise Pfizer. Le suivi à long terme de ces patients montre qu'après un an, environ 22% de ceux qui avaient reçu un traitement de douze semaines par Champix étaient toujours non fumeurs.» Dans les différents essais menés, cette spécialité semble avoir généralement été bien tolérée, avec un taux d'arrêt prématuré proche de celui observé sous placebo (11,4% avec Champix vs 9,7% avec le placebo). Les effets indésirables les plus fréquents ont été des nausées de faible intensité, des rêves anormaux, des maux de tête.«De plus en plus de fumeurs tentent d'arrêter compte tenu des contraintes d'interdiction introduites par les pouvoirs publics. Ils vont désormais pouvoir bénéficier de la mise à disposition de ce nouveau traitement dans le sevrage tabagique, explique pour sa part cité par Pfizer le Pr Bertrand Dautzenberg, du service de pneumologie et de réanimation de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris. De plus, avec les campagnes d'information réalisées, les citoyens comprennent de mieux en mieux les dangers du tabac pour la santé, ils sont donc davantage motivés pour arrêter. Avec Champix, les professionnels de santé et les fumeurs disposeront désormais d'une nouvelle arme thérapeutique pour relever le défi du sevrage tabagique.» La varénicline est déjà commercialisée aux Etats-Unis depuis août 2006, sous la dénomination commerciale voisine mais tout aussi étrange de «Chantix».