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Ma précédente note a fait réagir les partisans de l'initiative de l'UDC, dite "d'autodétermination", renommée, à juste titre par ses adversaires "initiative contre les droits de l'homme". C'est normal.
Une partie de ces réactions est d'ordre émotionnel, hors argumentation. Je respecte les émotions de mes contradicteurs et il n'y a pas lieu de les commenter ou d'y répondre.
Mais un double argument revient : premièrement l'initiative de l'UDC ne remet pas en cause les droits de l'homme et, deuxièmement, de toute façon ceux-ci sont garantis par notre Constitution, qui ne peut être modifiée qu'à la majorité du peuple et des cantons.
Sur le premier point, il faut distinguer les motivations de chaque électeur et l'objectif des dirigeants de l'UDC. De nombreux électeurs vont voter oui à l'initiative pour toutes sortes de raisons, sans vouloir remettre en cause les droits de l'homme. C'est leur droit le plus strict et je serais le dernier à vouloir juger les raisons intimes de leur vote, qui leur appartiennent. Mais, pour l'UDC, ce sont bien les limites que la CEDH ou d'autres conventions internationales mettent aux initiatives populaires fédérales qui sont insupportables. Ils estiment que ces initiatives doivent pouvoir, si la majorité du peuple et des cantons en décide ainsi, porter atteinte sans restriction à la dignité humaine ou à la liberté religieuse, ou encore discriminer les minorités, les personnes handicapées, les enfants ou les femmes. Ses porte-paroles ne s'en cachent d'ailleurs pas lorsqu'on les interroge à ce sujet, même si la campagne en faveur de l'initiative essaie de banaliser sa portée pour ratisser large.
Quant au deuxième argument, il tombe à faux. En effet, le but de l'initiative est justement de permettre à des initiatives populaires de déroger aux droits fondamentaux prévus par la Constitution, voire de les abolir pour certaines personnes, et cela en se débarrassant des limites qui résultent aujourd'hui de l'adhésion de la Suisse à la CEDH et à d'autres conventions internationales qui protègent les personnes les plus vulnérables, comme par exemple les personnes handicapées ou les enfants.
C'est dans cette portée illimitée de l'initiative populaire, sans plus aucun égard pour la protection des minorités, que réside le risque d'une "dictature de la majorité" et non, bien entendu, dans le jeu normal de la démocratie, directe ou non, qui veut que la minorité respecte le choix de la majorité.