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Zürich, 19.09.2018
Le Japon a enregistré un déficit commercial en août, après avoir déjà été dans le rouge en juillet, en raison d'une forte augmentation des achats de ressources énergétiques à l'étranger, tandis que son excédent vis-à-vis des Etats-Unis a reculé.
Le solde négatif s'est élevé à 444,6 milliards de yens (3,8 milliards de francs), à comparer à un excédent de 96,7 milliards de yens un an plus tôt. Les économistes interrogés par l'agence Bloomberg anticipaient un déficit de 483,2 milliards de yens.
Les exportations ont augmenté de 6,6% sur un an, à 6.691,5 milliards de yens, retrouvant de la vigueur après une hausse de 3,9% en juillet, grâce aux ventes d'acier, de machines-outils pour l'industrie et de voitures.
Cela n'a cependant pas suffi à compenser la nette progression des importations (+15,4% à 7.136,15 milliards de yens): les achats de pétrole brut et produits dérivés ont en effet bondi de plus de 50%, et ceux de charbon de 35%.
L'excédent vis-à-vis des Etats-Unis, dans le collimateur de Donald Trump, a quant à lui décliné de 14,5%, mais il reste élevé (455,8 milliards de yens) et le Japon craint d'être la prochaine cible de la croisade du président américain.
L'archipel a par ailleurs accusé un déficit commercial à l'égard de l'Union Européenne sur fond d'intensification des échanges entre les deux ensembles, qui ont récemment signé un vaste accord de libre-échange avec une entrée en application prévue en 2019.
Vis-à-vis de l'Asie, l'excédent a avancé de 5,2%, tandis que se réduisait le déficit avec la Chine de 25% grâce à de plus importantes exportations de machines industrielles et d'automobiles.
La troisième économie du monde, dirigée depuis fin 2012 par le Premier ministre conservateur Shinzo Abe qui brigue jeudi un nouveau mandat à la tête de son parti, s'appuie sur la force de son commerce extérieur, d'où les inquiétudes face aux mesures protectionnistes de Washington.
Le Japon a affiché une forte croissance au deuxième trimestre, mais les analystes s'attendent à un ralentissement, alors que le pays a été frappé cet été par une série de catastrophes naturelles.
La croissance reste structurellement faible dans un archipel vieillissant, de même que l'inflation, qui se situe loin de l'objectif de 2% de la Banque du Japon (BoJ).
Celle-ci doit rendre à la mi-journée à Tokyo une décision de politique monétaire à l'issue d'une réunion de deux jours. Les 51 économistes sondés par Bloomberg tablent sur un statu quo après les premiers ajustements en deux ans effectués fin juillet.