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Ou "la petite histoire de la bouteille qui susurrait à l'oreille des parents..."
Hello! Aujourd'hui, j'aurais bien titré mon article ainsi (toute réf à un film de Robert Redford que je n'ai même pas vu, serait purement fortuite 😉), mais j'ai pensé que ce serait bien obscur pour démarrer un article sur le top 5 des raisons qui rendent difficile les conversations autour de la sexualité avec nos enfants... Mais du coup, quel rapport avec une bouteille de lait? Pour mieux comprendre, je te propose un petit plongeon dans le passé! Si tu as grandi dans les années 1990, tu te souviens peut-être de cette pub pour Lactel, dans laquelle un enfant demande plusieurs fois à son père "Papa, c'est quoi cette bouteille de lait?". Face à son absence de réponse, l'enfant demande alors "Papa, comment on fait les bébés?"... Réaction immédiate du père qui esquive la question des bébés pour expliquer ce qu'est la bouteille de lait...
⬇️ Petit interlude publicitaire, si tu ne connais pas, si tu as besoin de te rafraichir la mémoire ou simplement pour le plaisir de revoir... ⬇️
Si l’enfant obtient finalement la réponse à sa question initiale, on peut observer une réaction assez typique d’évitement parentalface à l’éternelle question “Comment on fait les bébés?” Devant cette pub, tu as peut-être naguère surpris le rire mi-entendu mi-gêné de tes propres parents, qui semblait entériner la stratégie de l'évitement, face à la fameuse question... Cette réaction, tu l’as peut-être déjà toi-même expérimentée en tant que parent, au détour d’une conversation avec ton enfant. Peut-être même que cette fameuse bouteille de lait t'a alors susurré sa complainte à l'oreille, en t'invitant à parler de n'importe quel autre sujet... N'importe quoi, afin d'esquiver la question “Comment on fait les bébés?” - ou une de ses comparses “Ça veut dire quoi vierge?”, “C’est quoi faire l’amour?” ou encore “Pourquoi moi j’ai un zizi et pas toi?”... Autant de questions qui ont pu soudain te prendre au dépourvu, peut-être même te choquer, ou te rendre tout à coup nerveux.se… au point de te cacher derrière une bouteille de lait, ou tout autre stratagème. Et c’est tout à fait normal! Ce n’est pas si facile d’avoir ce genre de conversation avec son enfant! Encore moins, si ce sujet était tabou quand nous étions nous-mêmes enfants! Alors je te propose d'explorer le pourquoi du comment, afin de mieux comprendre tes réactions (ou celles des parents de ton entourage!)! Au programme du jour: prise de conscience (peut-être), mais déculpabilisation (avant tout!)
Raison 1: le tabou familial Si tu as grandi dans une famille où ce sujet était passé sous silence, voire était totalement tabou, c’est tout à fait normal que ce sujet soit difficile à aborder pour toi aujourd’hui! Être élevé.e dans un environnement où les discussions sur la sexualité sont rares ou malaisantes, est alors devenu ton modèle. Et comme tout modèle fortement ancré en nous, il peut entraîner des réactions automatiques, difficiles à surmonter. Parler de sexualité avec nos enfants peut également susciter des sentiments d'embarras ou de vulnérabilité. Une question de curiosité de notre enfant peut venir réveiller des sentiments inconfortables face à la perception de notre propre corps ou à notre propre vécu de la sexualité. Cela peut aussi nous renvoyer à nos propres expériences difficiles en tant qu'enfant ou ado, à la façon dont nous avons été traité.e.s face à nos questionnements. Cela peut aussi faire ressurgir certaines expériences traumatiques. Il devient alors essentiel de nous interroger sur nos réactions d'inconfort et de nous faire accompagner pour travailler sur notre propre histoire, si nous en ressentons le besoin. Dans tous les cas, prendre conscience de cette influence passée est un premier pas, qui te permettra de cheminer à ton rythme, pour aborder plus ouvertement ces questions avec ton enfant.
Raison 2: le manque de connaissances As-tu grandi à l'époque où la cigogne livrait "encore" les bébés? Ou celle où les petits garçons naissaient dans les choux et les petites filles dans les roses? Ou peut-être qu'ado, ton seul cours de science sur le sujet consistait à dérouler un préservatif sur une banane? À moins que ta seule connaissance de l'anatomie féminine se limitait au croquis minuscule sur la notice d'une boîte de tampons... Si c'est le cas, tu peux logiquement vite te sentir dépassé.e par les questions de ton enfant! Beaucoup d'entre nous n'ont jamais reçu d’informations concrètes sur le corps, les émotions ou encore la sexualité, nous laissant souvent désemparés face aux questions plus ou moins complexes de nos enfants!
Raison 3: la croyance que c’est un sujet à aborder seulement à l’adolescence Beaucoup d’entre nous ont l’image de LA fameuse discussion que doivent avoir les parents avec leur ado. Pourtant, l’éducation à la sexualité positive n’est pas faite d’un unique grand discours d’une heure, mais d’une multitude de petites conversations sur de multiples sujets tout au long de l’enfance et de l'adolescence… Mais pas facile de savoir quoi dire, quand et comment… La peur d’en dire trop, trop tôt, ou pas assez, ou encore trop tard, peut nous retenir... Encore une fois, pas de panique, c’est normal! Parler de tous les sujets en fonction de la maturité et du développement de ton enfant, cela s’apprend! Et si ton enfant est déjà ado, et que tu n'as encore jamais parlé avec lui de ces sujets, pas de panique non plus! Il n'est jamais trop tard! (nous en reparlerons dans une prochaine publication!)
Raison 4: le poids de la société Nous vivons dans une société qui paradoxalement met énormément le sexe en avant, notamment pour faire vendre tout et n'importe quoi, et qui, en même temps, est pétrie de tabous. En tant que parent, nous devons donc naviguer dans un environnement peu propice, où le sexe est à la fois à portée de rétines, mais empreint de honte et de stigmatisation. Aborder ouvertement les questions autour de la sexualité avec nos enfants peut donc être difficile, d'autant plus si on a peur d’être jugé.e par les autres. (Petit coucou à celleux qui culpabilisent les parents dont l’enfant utilise le mot “pénis” ou “vulve”, parce que ce ne serait pas un mot approprié dans la bouche d’un enfant… alors que pourtant c’est juste le mot juste!)
Raison 5: la peur de la mauvaise influence “Si je ne parle pas du problème, le problème n’existe pas” Si toi aussi tu cultives sans t’en rendre compte cette pensée magique, tu imagines peut-être que ne pas aborder le sujet préservera l’innocence de ton enfant. Malheureusement, non! Bien au contraire! Les questions de curiosité de notre enfant font partie de son développement normal. Si nous ne lui offrons pas un espace ouvert et bienveillant pour répondre à ses questions, il ira chercher ses réponses ailleurs. Ailleurs = auprès de ses copains, sur internet, dans la pornographie, dans des conduites à risque... L’éducation à la sexualité ne devrait donc pas être vue comme un risque de donner des “mauvaises” idées à notre enfant, mais comme un moyen de prévention.
Parlons sexualité à notre rythme! Parler de sexualité avec notre enfant ou notre ado, de manière éclairée et respectueuse, est un véritable défi, qui peut paraître intimidant. Et c’est normal! Comme nous l’avons vu, plein de facteurs entrent en jeu! Rappelle-toi aussi que c’est normal d’avoir besoin de temps et d'entraînement pour aborder ces sujets avec ton enfant! Après tout, on ne naît pas parent, on le devient, et on apprend chaque jour à grandir au côté de notre enfant! Alors prends ton temps, un petit pas à la fois! Et viens partager en commentaire tes réflexions ou tes préoccupations. Tu peux également me poser tes questions, et je pourrais les explorer dans un prochain article ou post instagram! Tu peux également me contacter en message privé, si c’est plus facile pour toi! Ensemble, avançons pas à pas pour une éducation à la sexualité positive! À bientôt Guénaëlle - Parlons consentement