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Devant la diversité des grammaires éthiques et leurs réponses données à une problématique éthique, nous sommes dans la difficulté du choix de la « bonne » grammaire, de la grammaire appropriée à une problématique spécifique. Cette question est importante pour éviter que le choix se fasse en fonction de convictions et de décisions prises d’avance, seulement pour justifier a posteriori une position déjà prise d’entrée. Nous nous retrouverions dans un cercle d’argumentation qui ne ferait rien d’autre que « faire semblant », rien d’autre que donner une « touche sérieuse et scientifique » à des préjugés et des préjugements, c’est-à-dire des a priori. La question en elle-même est d’ordre éthique ; il s’agit en fait d’une question méta-éthique.
En résumé, je pense que des considérations utilitaristes et des éthiques de valeurs et de vertus devraient jouer un rôle plus prépondérant dans l’espace privé, des éthiques de responsabilité et de devoir dans l’espace public. Enfin, les éthiques discursives (procéduralisme) s’offrent pour parvenir à des accords dans les espaces respectives et pour construire des ponts entre ceux-ci.
Armin Kressmann 2004