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Ville Bé 26 8bre 1865.
(retenue par indécision de la faire partir, jusque au 30 8bre)
Monsieur,
Depuis que j'ai eû l'honneur de vous voir dans mon court passage à Zurich, j'ai fait faire un travail duquel il résulte deux choses:
1o Que la garantie d'un revenu brut de 25/m fr par Kilometre
serait parfaitement suffisante pour constituer cette compagnie générale, Suisse, dont je vous ai entretenue – laquelle aurait la mission de restaurer toutes les compagnies dans la souffrance et de faire une excellente part à celles qui, comme la vôtre et le central, sont dans la prospérité ou la médiocrité –
2o que, d'après le rendement actuel, 1101 Kilometres; Nord-Est Union, Central Ouest, Fribourg franco-Suisse, (22,280 par Kilométre)
La confédération ne courrait aucune mauvaise chance provenant de sa garantie – Il suffirait qu'elle imposât le décime sur la perception des tarifs pour être à couvert. Or, ce serait de toute justice que ceux qui jouissent des chemins de fer contribuent à atténuer les pertes de ceux qui les ont faits et missent la confédération à l'abri de toute perte.|
Si l'on préferait laisser les choses dans l'état, ce que selon moi on aurait tort de faire, la confédération pourrait être appelée à pouvoir à un deficit de 3/m fr brut par Kilomêtre réduits de 40% pr frais d'exploitation non dépensés, soit à 1800 fr.
Sur 1,375 Kilométres, le réseau achevé, fr. 2,475,000 fr 2 millions 2 Cre rond.
que la confédération serait appelée à payer à titre d'avances, remboursables après que les Actionnaires auraient triché 4% du capital primitif ou 5% environ du capital réduit.
En retour de ce débours, qu'il dépendait d'elle d'éviter pas l'institution du décime, que de compensations n'aurait-elle pas?.....
Elles sont énumérées dans ma note du Xbre 1863 au Conseil fédéral, et dignes de sérieuse considération.
Je me résume dans ce que j'ai eu l'honneur de vous dire: je suis intimement convaincu des avantages de toutes sortes de l'adoption du Systême proposé.
Je voudrais| ardemment que la réflexion vous eût conduit à reconnaître qu'il y a une belle chose à faire et une belle position à prendre, et que vous consentissiez à vous mettre à la tête de cette Oeuvre capitale et essentielle pr notre pays.
Après la révision de la constitution dont s'occupent en ce moment les conseils de la nation, il n'y a pas de question plus importante et plus urgente que celle là, incontestablement.
Quant au passage des Alpes, indépendamment des raisons qui peuvent sagement conduire à attendre l'expérience qui se fait en ce moment au Mont-Cenis, où, dit-on, l'on rencontre à pertes le grand tunnel, des difficultés inattendues, j'estime qu'il est logique et politique tout à la fois de constituer l'instrument capable d'exécuter, avant de résoudre le choix du passage. On n'aurait pas, de cette manière, contre soi les partisans des passages repoussés et quant à la compagnie ses intérets, d'accord avec ceux de sa caution, serait qu'on choisit le passage qui satisferait le mieux à l'intérêt public.
Pour toutes ces choses, j'ai une conviction ancienne et raisonnée et n'ai aucune hésitation dans l'esprit: la mesure serait une excellente mesure, à quelque point de vue qu'on se place, et je serais heureux| d'avoir été ou d'être pour quelque chose dans sa réalisation. Mais je ne me dissimule pas les difficultés et l'absolue nécessité de votre concours – mais, avec lui et celui d'hommes influents dont l'adhésion est acquise, je ne douterais pas un succès.
C'est pourquoi je reviens à la charge auprès de vous, Monsieur, qui deviendrez le restaurateur d'une industrie aussi utile que les chemins de fer et qui compte en Suisse tant de victimes pr avoir commencé à l'oeuvre pourtant la plus nécessaire, la plus naturele.
Je le répéte: c'est une belle place à prendre, une belle oeuvre à accomplir et elle vous est naturellement dévolue par la position que vous occupez de président et fondateur de la seule compagnie en prospérité.
Je prolonge un peu mon séjour en Suisse, cette année à cause du cholèra. Cette circonstance pourrait me permettre, si cela vous convenait, de me rendre à Berne ou sont réunis tous les hommes influents. Nous causerions de nouveau et a fond de cette grande affaire; je vous communiquerais un travail préparé résumant le projet tout entier et nous concerterions ensemble les moyens de faire avancer la solution. Elle est digne d'occuper les amis de la Suisse.
Agréez, Monsieur, l'assurance réitérée de ma haute considération.
F Barthalony.