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Une méthode réductrice d’étude du langage de l’enseignant pour l’analyse de compétences interactionnelles
Auteur, co-auteurs
Type de référence
Date2014-11
Langue de la référenceFrançais
Entité(s) de recherche
Référence APAMaitre, J.-P. (2014, novembre). Une méthode réductrice d’étude du langage de l’enseignant pour l’analyse de compétences interactionnelles. Poster présenté à Interactional Competences in Institutional Practices - International Conference Neuchâtel, Suisse.
Résumé
L'enseignement de notions nouvelles appelle l’usage de signes dont l’enseignant sait la signification inconnue des élèves. Puisque le signe "ne peut ni faire connaître ni reconnaître [son] objet" (Peirce, 2.231), pour instruire ses élèves, l’enseignant doit "leur parler de ce qu'ils ne connaissent pas (…) avec des mots qu'ils connaissent" (Condorcet, 1791-1792, p.278). Cohabitent alors, dans le discours de l'enseignant, des termes aux significations connues, et d’autres aux significations inconnues. Notre première hypothèse est que pour aider la compréhension d’un terme dont l’enseignant présuppose la signification non-connue des élèves, il l’utilise en association avec d’autres termes dont la signification est présupposée connue. D’abord, la production d’un signe est un processus ; une sémiose (Morris, 1938). Ensuite, l’enseignant, relativement au terme inconnu, attend de l’élève la construction d’un concept – des connaissances pour l’action (Piaget 1970 ; Vergnaud, 1990) – qui est un signifié nécessairement implicite au discours. Alors, nous parlons du processus d’implicitation. Notre seconde hypothèse est qu’un terme dont l'enseignant présuppose la signification connue des élèves est produit sans autres termes pour aider à sa compréhension. Ici, toute part du signifié est tue ; nous parlons du processus de tacitation. Nous présenterons la méthodologie développée pour tester ces hypothèses et décrirons comment l’étude (par observation filmée) de l’association (ou non) de termes dans le discours de 13 enseignants de sciences a permis de prédire 80% de leurs présuppositions à l’égard des connaissances de ces termes par les élèves (recueillies par auto-confrontation). Fort de cet argument pour la pertinence du modèle des implicitations et tacitations en classe, nous avons procédé au repérage de l’intégralité de leurs occurrences pour plusieurs termes, dans deux séances introductives de sciences physiques sur la quantité de matière, tenues par 5 enseignants. La répartition des processus a pu être mise en relation avec la compréhension des termes par les élèves (évaluée par questionnaires). Nous discuterons alors la mesure dans laquelle les résultats de cette étude exploratoire suggèrent que la production d’implicitations et de tacitations puisse être l’expression d’une compétence enseignante.