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Ces dernières années, l’évolution du nombre d’accidents s’est faite dans le bon sens, mais il n’en fut pas toujours ainsi. Jusqu’en 1971, le nombre des accidents de la circulation a connu une courbe ascendante, avec un pic de 1773 victimes.
Du mieux à partir de 1971
Ce fut la pire année. Face à une telle hécatombe, les pouvoirs publics décidèrent de différentes mesures pour améliorer la sécurité routière. En 1971, les voitures furent équipées de ceintures de sécurité, tandis que les limitations de vitesses apparaissent en 1973 (100 km/h hors agglomération, 130 km/h sur autoroute). Les airbags commencent à se diffuser dès 1980, tandis que le taux d’alcoolémie maximum est fixé à 0,8‰. 1981 voit l’obligation de boucler la ceinture pour les passagers avant et de porter un casque pour les motards. Quatre ans plus tard, les vitesses limites sont abaissées à 80 km/h hors agglomération et 120 km/h sur autoroute. En 1994, les passagers arrière doivent aussi boucler leur ceinture, tandis que les piétons deviennent prioritaires. En 2005, le taux d’alcoolémie maximal est ramené à 0,5‰. Le bureau de prévention des accidents (bpa) a révélé que 92% des automobilistes étaient au courant de ce durcissement, cette année-là; ils n’étaient curieusement plus que 65% deux ans plus tard, en 2007.
Différents points de vue
Le rapport Sinus 2018 du bpa est riche d’enseignements sur les accidents de la circulation survenus en 2017. On y apprend que les accidents graves ont connu une évolution différente en fonction des tranches d’âge. S’ils sont en forte baisse pour les moins de 45 ans (-46%), les accidents graves connaissent un déclin plus modéré parmi les 45-64 ans (-14%). A l’inverse, le nombre de blessés graves chez les seniors de plus de 65 ans est resté stable. Ces accidents graves surviennent le plus souvent en agglomération; les chocs mortels interviennent plutôt en campagne. La létalité (nombre d’usagers tués pour 10 000 sinistres avec blessés) y est trois fois plus élevée qu’en ville et deux fois plus que sur autoroute.
Erreur humaine
Les causes de ces accidents sont imputables, dans l’immense majorité des cas, aux humains. Le hit parade des erreurs est toujours le même, avec la distraction et les refus de priorité en tête de liste pour les accidents avec blessés graves et morts. La vitesse figure aussi en bonne position, surtout hors agglomération. La pluparts des crashs se concentrent autour de deux pics: entre 7 h et 8 h et 17 h et 18 h, du lundi au vendredi. Dès 18 h, le nombre d’occurrences diminue graduellement, sauf les vendredis et samedis soir. Le décompte funeste indique que 230 personnes ont trouvé la mort sur les routes suisses en 2017, soit 14 de plus qu’en 2016. Malgré cette petite recrudescence observée l’an passé, le nombre des personnes tuées ces dix dernières années a diminué en moyenne de 17 par an. En comparaison internationale, la Suisse a tout lieu d’être fière de ces résultats, obtenus grâce à des mesures fermes.
Un lourd tribut
Les accidents de la circulation en Suisse ne causent pas seulement de profondes souffrances humaines, mais engendrent aussi chaque année plus de quatre milliards de francs de coûts, notamment pour les traitements médicaux, les dommages matériels à réparer et le manque à gagner (en raison de l’improductivité et des arrêts de travail). En plus de l’aspect humain, qui prévaut, l’angle économique incite aussi à éviter le nombre d’accidents.