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Supplique à Vladimir Vladimirovitch Poutine
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Monsieur le président, au début du XXe siècle, mon grand-père paternel Apollon Vassilievitch, juge d’instruction à Odessa, faisait partie de l’aristocratie russe. Son frère, le vice-amiral Alexandre V., a commandé la flotte russe de la mer Noire durant la Première Guerre mondiale. Après la Révolution de 1917, Lénine l’a nommé commandant en chef des forces navales de 1921 à 1922, puis professeur à l’Académie navale de Leningrad.
A la suite de l’exil de mon grand-père et de sa famille en 1919 pour échapper à la Terreur rouge, me voilà devenu citoyen et médecin en Suisse, pays le plus démocratique du monde. Une chance inouïe!
Aujourd’hui, je m’interroge sur les raisons qui ont motivé votre agression militaire contre l’Ukraine. Une crise de paranoïa? Un rêve de grandeur? Alors que Gorbatchev, Prix Nobel de la paix, avait compris que l’URSS se trouvait en 1991 dans une impasse politique, économique et idéologique, voilà que les Russes qui, comme tous les peuples, aspirent à la paix et à vivre dans un Etat démocratique, se retrouvent à nouveau sous le «knout» d’un régime dictatorial fondé sur la violence étatique et la mort.
Monsieur le président, votre entrée en guerre contre l’Ukraine, berceau de la religion orthodoxe par saint Vladimir vers 900, représente pour ma famille russe, enfin retrouvée à Moscou après nonante ans de séparation en raison du rideau de fer, une absurdité qui la fait souffrir.
Je vous supplie de mettre un terme à ce massacre de deux peuples frères, en arrêtant cette guerre «ubuesque» qui n’a aucun sens.
Ivan Nemitz, Estavayer-le-lac