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Les élections allemandes 2009
Article du 1er octobre 2009
La première chancelière allemande,
Angela Merkel, peut continuer. Les élections allemandes 2009 l'ont
confirmée au pouvoir bien que son parti ait perdu un peu plus d'un pourcent
de ses électeurs. Merkel a profité du fait que les Libéraux (FDP) sous la
direction de Guido Westerwelle ont fait un bond en avant.
Le résultat officiel provisoire de l'élection au Bundestag du 27 septembre
2009 avec une participation électorale de 70,8% des 62,2 millions d'électeurs
montrent les conservateurs de l'union CDU/CSU en tête avec 239 sièges sur 622, suivis par les sociaux-démocrates du SPD avec 146 mandats, les
libéraux du FDP avec 93 parlementaires, la gauche-radicale Die Linke avec 76
sièges et les verts Grüne avec 68 mandats. En pourcentages, cela fait 33,8%
pour l'union CDU/CSU, 23% pour le SPD, 14,6% pour le FDP, 11,9% pour Die
Linke et 10,7% pour les Verts.
Les Allemands avaient le choix entre la continuation et donc la stagnation
de la Grande Coalition composée de la CDU/CSU et du SPD ou la
„rupture“ avec une majorité formée par la CDU/CSU et le FDP.
Finalement, les électeurs allemands se sont tout juste prononcés pour le
changement.
En fait CDU/CSU et FDP ensemble ne représentent que 48,4% des électeurs.
C'est loin d'un mandat de changement très fort, surtout si l'on considère
qu'Angela Merkel s'est éloignée dans les années de la Grande Coalition d'une
image réformatrice à la Margaret Thatcher pour devenir plus centriste voire
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Malgré ce choix délibéré de se recentrer, l'union CDU/CSU a perdu des voix.
En 2005, encore 35,2% des électeurs s'étaient prononcés pour l'union
conservatrice, et déjà ce résultat était loin d'être glorieux. Beaucoup
d'Allemands se sont dits qu'il vaut mieux soutenir les libéraux s'ils
veulent des réformes.
En 2005, Merkel avait
„vendu“ l'augmentation de la TVA de 2% proposée avant les élections comme
une mesure d'honnêteté. Le SPD y était opposé et proposait donc 0%. Le
résultat des négociations de coalition de 2005 était une augmentation de 3%
de la TVA: 2 + 0 = 3. Une logique peu cartésienne.
Quant aux mesures prises contre la crise économique, on note l'argent
distribué aux personnes qui changeraient leur vieille voiture contre une
nouvelle, l'argent offert pour
„sauver“ le constructeur automobile Opel et bien d'autres mesures
douteuses. Avant la crise, personne n'a contesté la fusion de la deuxième
plus grande banque avec le numéro trois du secteur allemand, créant un autre
géant trop grand pour faire faillite (too big to fail).
L'éléphant Grande Coalition 2005-2009 n'a accouché que d'une souris de réforme.
L'Allemagne a toujours besoin de nombreux changements structuraux. Angela Merkel devrait se rappeler de la réforme radicale des impôts proposée par son
ancien rival Friedrich Merz en 2005, approuvée mais oubliée par la
chancelière après son élection. Le marché du travail reste toujours à
réformer. Des boulots à 1 Euro et à 400 Euros sont des mesures
contre-productives qui devraient tout simplement être abolies. L'ancien
chancelier Schröder avait fait adopté quelques mesures de réformes timides -
après une politique peu convaincante en zig-zag - qui a tout de même aidé à
créer quelques 1,6 millions d'emplois entre 2005 et 2008. C'était donc un
succès de la coalition précédente entre le SPD et les Verts dont a profité la
Grande Coalition avant la crise financière et économique.
Quant au SPD, il a été plus durement frappé que la CDU/CSU. En 2009, le
parti social-démocrate a perdu 11,2% des électeurs par rapport à 2005
(34,2%) pour finir à un misérable 23%. Le SPD ne peut donc plus se vanter d'être un
parti populaire. Les réformes de Schröder ont poussé beaucoup de gens de
gauche dans les bras des Verts et du parti essentiellement est-allemand Die
Linke qui est dirigé par Oskar Lafontaine, l'ancien chef et candidat à la
chancellerie du SPD. Ce rival de Schröder a tout fait pour mutiler son
ex-parti.
Le SPD a été dirigé à la fin par le Ministre des affaires étrangères
Steinmeier, le pâle ex-chef de la chancellerie de Gerhard Schröder. Ce
fonctionnaire devenu politicien n'a pas le charisme pour diriger un parti
populaire. En plus, il a été un créateur du fameux agenda réformateur
„2010“ de Gerhard Schröder. Pour des raisons de stratégie électorale, il
a essayé avec peu de succès de se vendre comme un social-démocrate
traditionnel.
Le grand vainqueur des élections allemandes en 2009 est Guido Westerwelle. Le
chef des libéraux du FDP a fait progresser son parti de 9,8% en 2005 à 14,6%
en 2009. Mais plus important, il a réussi à faire rentrer à nouveau son parti au
gouvernement absent depuis 1998. Sa grande faiblesse est son
inexpérience. Il n'a jamais tenu de poste exécutif, ni au niveau d'un Land
ni au niveau du gouvernement fédéral. En plus, son parti n'a pas de grand
réservoir de talents politiques. Il est cependant vital pour l'Allemagne et
pour l'Union européenne que le FDP arrive à imprégner le programme
gouvernemental d'une touche libérale.
A part des réformes du système des impôts et du droit du travail,
l'Allemagne doit abandonner sa vie à crédit, politique à nouveau prônée par la
Grande Coalition. Le système de santé et celui des retraites dans une
société vieillissante sont deux autres grands chantiers de réformes. Il y a
beaucoup à faire pour la Coalition Noire-Jaune.