Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06998.jsonl.gz/87

Fred, diplômé sans emploi comme beaucoup de jeunes Nigerians, démarre un nouveau travail de taximan. Akin, lui, taxe les véhicules commerciaux pour le syndicat national des transports. Tous deux évoluent dans le riche paysage urbain d'Ibadan, dont la caméra d'Alain Kassanda chorégraphie la multiplicité et les perpétuels rapports de force qui s'y jouent.
Diplômé sans emploi comme beaucoup de jeunes Nigerians, Fred, trentenaire, ingénieur de formation, démarre son activité de taximan dans les rues d'Ibadan. Akin, d'égale condition, se situe de l'autre côté de l'échiquier urbain : il taxe les véhicules commerciaux sillonnant l'asphalte encombré et dense de la troisième ville du pays. Alain Kassanda embarque sa caméra pour accompagner Fred pendant son initiation aux pièges, combines, ruses et règles de survie sur la route. Le montage parallèle, nerveux, chorégraphie sur des morceaux afrobeat, son appropriation progressive du territoire et les gestes de ceux qui y disputent, comme lui, leur place, ou le quadrillent, tels les employés du Syndicat national des transports dont fait partie Akin... Trouble Sleep (titre emprunté à une chanson de Fela Kuti) nous immerge dans le riche paysage urbain d'une cité africaine contemporaine, saturée de sons et de mouvements, aux prises avec des pulsions autophages, où les êtres rêvent d'un autre destin, moins amer, en buvant le soir, avant de replonger, le lendemain dans l'incessante lutte quotidienne de tou.te.s. contre tou.te.s.
Emmanuel Chicon