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Sous le titre «Défense de la secondarité», D. Zaslawsky tente de répondre (dans RThPh 1982/III, p. 285-294) à l’article de Gilbert Hottois, «De l’ontologie au XXe siècle» (RThPh 1982/11, p. 121-140). L’enjeu est effectivement d’importance. Dans ses ouvrages antérieurs, comme dans l’article qu’il consacre au livre de B. d’Espagnat, Hottois fait le constat d’un enfermement de la philosophie contemporaine dans le langage, l’activité philosophique devenant ainsi secondaire. La distinction qu’il effectue entre une secondarité métalinguistique (celle de la philosophie anglo-saxonne) et une secondarité adlinguistique (caractéristique de la pensée phénoménologico-herméneutique), si utile didactiquement, établit un parallèle entre des éléments de traditions différentes, dont la pièce maîtresse semble bien être le langage. Limitée à son aspect descriptif, une telle distinction recèle une part de vérité; lorsqu’elle devient point de départ d’une critique de la situation contemporaine, diagnostic2 dénonçant la misère de la philosophie actuelle, et norme d’un dépassement ou d’une métaphilosophie du langage qui ne peut devenir référentielle que comme «philosophie de la technique», il vaut la peine d’en examiner et discuter les fondements. D. Zaslawsky a montré que, dans la pensée anglo-saxonne, l’enfermement dans le langage n’est pas aussi évident que le croit Hottois; le langage n’est pas seulement l’objet de la philosophie, mais aussi et peut-être surtout une méthode d’analyse des problèmes non-linguistiques.