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Un ancien mineur a porté plainte contre la société Duiker Mining. Il souffre d’un cancer incurable provoqué par l'inhalation de fibres d'amiante.
Les dangers de l'amiante étaient pourtant bien établis depuis les années soixante.
Alors qu'il n'avait que 18 ans, Isaac Manchonyane a travaillé pendant six mois dans la mine d'amiante bleue «Wandrag», exploitée par Duiker. Depuis 1998, Isaac Manchonyane souffre d'un mésothéliome, un cancer incurable provoqué par l'inhalation de fibres d'amiante.
Incapable de travailler, il ne bénéficie ni d'une pension, ni d'aide médicale: il a seulement reçu une compensation 10’700 francs suisses, allouée par le Fonds de maladies professionnelles.
Loi défavorable sous l’apartheid
Aujourd'hui, sa famille vit dans une extrême pauvreté: l'ancien mineur n'a même pas les moyens de s'acheter une bouteille d'oxygène dont il aurait le plus grand besoin.
«Sous l'apartheid, la loi était très défavorable aux mineurs. Il est choquant que les multinationales s'abritent derrière cette législation, qui leur donnait le droit d'adopter un comportement criminel, sans s'inquiéter des conséquences», accuse Richard Spoor, l'avocat du plaignant.
Les dangers de l'amiante bleue sont, en effet, bien établis depuis les années soixante. En 1969, sa production a été interdite en Grande-Bretagne et, dix ans plus tard, son usage comme pare-feu dans la construction a été banni par l'Union européenne.
«Les conditions de travail sur la mine Wandrag étaient épouvantables, affirme l'avocat. Les installations baignaient dans la poussière d'amiante ! Mon client n'a jamais été informé des dangers qu'il encourrait, on ne lui a jamais appris comment utiliser un masque respiratoire.»
«Les masques étaient d'ailleurs inefficaces car ils n'étaient pas entreposés à l'abri des poussières. Les mineurs n'avaient même pas la possibilité de se laver et de se changer, pour éviter de contaminer leurs dortoirs», conclut Richard Spoor.
swissinfo, Valérie Hirsch, Johannesburg