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DU CYCLE 1 AU POST-OBLOGATOIRE
Les parents ne devraient pas se réjouir
d’avoir des enfants trop sages.
Ce n’est qu’une façon
de déserter
Francois Gravel
La suradaptation c’est :
La somme des comportements qu’une personne adopte, volontairement ou non, quand il existe une inadéquation entre ce que l’on projette et attend d’elle et ses capacités réelles. Si ses attitudes ne sont pas reconnues comme adaptées à la situation, par l’entourage direct ou par elle-même, elle va masquer son décalage par la suradaptation ou l’inadaptation.
Le problème des enfants sans problème
extrait d’un article de Boris Cyrulnik
« Des chercheurs portugais ont posé un problème tellement simple que personne n’y avait pensé : Que deviennent les enfants sans problème ?(1) Après enquête (sur douze ans), et comme on pouvait le prévoir, la réponse fut : les enfants très sages sont devenus des adultes plutôt bien socialisés, sans troubles graves de la personnalité et les filles ont été plus sages que les garçons.
Mais grande fut la surprise quand les chercheurs constatèrent que ces enfants modèles avaient vécu à l’âge adulte plus de dépressions et d’angoisses (12 %) que les enfants difficiles (8 %).
Pourquoi les filles sont-elles plus souvent des enfants modèles ? Se développent-elles plus facilement ? Généticiens et biologistes répondent qu’il est plus difficile de construire un mâle qu’une femelle. Les garçons sont plus souvent hospitalisés et remplissent les consultations psychologiques. Après la puberté, les rapports s’inversent. Les femmes consomment plus de soins médicaux, dépriment souvent, sont plus anxieuses que les hommes. […]
Est-ce parce que ce type d’enfant a surinvesti l’école au prix de son plaisir de vivre ? Ou, au contraire, se sentant triste et craintif, a-t-il utilisé l’école pour plaire, s’adapter et revaloriser son estime de soi ? Etre sage témoigne d’une grande souplesse d’adaptation, peut-être même d’une trop grande malléabilité qui, soumettant l’enfant aux pressions de conformité sociale, entrave le développement d’une partie de sa personnalité, ce qui donnera plus tard un adulte malheureux.
Dans ce cas, les petites transgressions, pour 30 % des filles et 60 % des garçons, témoigneraient d’une plus forte personnalité, moins soumise à la famille et à l’école, et capable plus tard de plus d’autonomie.
Dépression, angoisse, problème d’identité, faux self…. sont des difficultés réelles auxquelles sont confrontées les personnes suradaptées, à la longue,
Comment voir « un problème » là ou il n’y en a pas …. On vous propose de commencer par répondre à ces quelques questions.
Signes possibles au fil du temps
- Au cycle 1 : dès 4 ans (Degré primaire de la 1ière à la 4ième) : Souvent décrit(e) comme l’élève idéal(e), sage, prévenant(e), gentil(le), répond toujours positivement aux consignes, bon(ne), voire très bon(ne) élève « mais » qui ne semble pas sortir de la norme… en trois mots : TOUT VA BIEN…..
- Au cycle 2 : dès 8 ans ( Degré primaire de la 5ième à la 8ième) : Souvent décrit(e) comme l’élève discret(e), voire timide, donne rarement son avis, est toujours d’accord avec « celui d’en face ». en trois mots : Agréable, serviable, s’exprimant peu. Des signes de perfectionnisme sont souvent de plus en plus perçus
- Au cycle 3 : dès 12 ans (Degré secondaire de la 9ième à la 11ième) : Deux cas de figure sont possibles à l’adolescence :
- Soit le/la jeune a viré dans le perfectionnisme et est souvent décrit(e) comme l’élève « bosseur (se) », les enseignants l’adorent, ses camarades l’admirent, ses parents l’aiment et l’apprécient car « docile »
- Soit le/la jeune a basculé dans un manque d’assurance, la suradapatation l’ayant déjà amené(e) à ne plus avoir accès à ses besoins. Souvent les remarques du genre : peut mieux faire, dommage, il ou elle a du potentiel….garnissent ses carnets.
Dans un cas comme dans l’autre, la suradaptation va être source de souffrance lorsque la (le) jeune va devoir faire des choix pour elle, lui même.
- Au post-obligatoire : dès 15 ans ; la suite va dépendre de la « crise » identitaire que le, la jeune va confronter.
Les statistiques et notre expérience du terrain, par contre, sont claires : d’une envie d’apprendre, d’une curiosité sans faille du petit enfant à HP, un bon 60% d’entre eux a perdu en route confiance, envie, joie de vivre, mais jamais leur curiosité qui allume leur œil, dès qu’on leur fait une proposition qui leur parle……..
Dans la classification de par Betts, & Neihart², l’enfant, l’ado peut correspondre à deux profils types :
La classification est la vision de Betts & Neihart
Sentiments et attitudes
Ennui
Dépendance
Image de soi positive
Anxiété
Peur de l’échec et culpabilité en cas d’échec
Motivation extrinsèque (besoin d’être motivé par autrui)
Se sent responsable envers autrui
Peine à s’affirmer et à exprimer ses émotions
Critique envers lui-même
Comportements
Perfectionniste
Très performant
Recherche l’approbation de l’enseignant
A besoin d’une structure
Évite de prendre des risques
Réussit bien sur le plan scolaire (études)
Accepte et se conforme
Subordonné (suradapté)
Comment on le/la perçoit
Les enseignants l’adorent
Ses camarades l’admirent
Ses parents l’aiment et l‘apprécient
Profil 3 : La crypto-sudouée, la clandestine, la surdouée honteuse de l’être. Underground
Manque d’assurance
Se laisse impressionner
A l’esprit embrouillé
Culpabilité
Insécurité
Peine à s’affirmer et à exprimer ses émotions
Nie sa surdouance
Quitte les groupes avancés ou pour HP
Rejette les défis
Aspire à être socialement bien intégré(e)
Change d’ami(e)s.
Une meneuse ou alors pas reconnue
Moyenne à bonne
Docile
Tranquille, timide
Les adultes pensent qu’elle n’ose pas prendre de risques,
endurante ( résistante)
Documents de références , source :
Brochure Harmos : Accord intercantonal de l’harmonisation de la scolarité obligatoire.
1- “Que deviennent les enfants normaux” d’A.C. Fonseca, M.H. Damiao, J.A. Rebelo, M.F. Oliviera, S.J.V. Pinto, université de Coïmbra. Congrès de psychopathologie de l’enfant et de l’adolescent, Paris, 29/10/2004.
2- George T. Betts & Maureen Neihart; profiles of the Gifted ans Talented, in Gifted Child Quaterly, vol 32, Numbers 2, Spring 1988