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Réchauffement anthropique ou pas ? Disons que personne ne sait si l'homme en général provoque un réchauffement global notable, ce qui est par contre certain, c'est que les climatologues, eux, provoquent un réchauffement non négligeable.
Prenons l'exemple de Sion, l'une des douze stations que MétéoSuisse utilise pour calculer l'évolution des températures globales en Suisse (réf. meteosuisse.ch pour les valeurs).
Les températures relevées montrent un réchauffement séculaire minime de 0.18 °C. Après homogénéisation, le réchauffement atteint 1.43 °C par siècle.
L'homogénéisation est utilisée par les météorologues pour assurer la cohérence des températures en cas de déplacement de la station, de changement de thermomètre ou autre modification de l'appareillage. Individuellement, ces adaptations sont fondées, elles provoquent des corrections en escalier comme nous pouvons le voir sur le graphique.
Entre 1864 et 2008, la station a été déplacée de moins de 2 km en situation et baissée de quelques dizaines de mètres en altitude. Le réchauffement artificiel opéré entre ces deux dates est d'environ 2 °C.
Dans ce cas, on se demande bien pourquoi on éprouve le besoin de déplacer les stations au risque d'introduire des discontinuités, pourquoi on choisit pour les nouvelles situations des endroits plutôt dégagés et pourquoi il existe une classification de la qualité des stations en fonction de leur environnement.
L'argumentaire de MétéoSuisse signifie que les homogénéisations en cas de déplacement correspondent à des différences micro-climatiques indépendantes de l'activité humaine et surtout constantes dans le temps. Pour que cette hypothèse soit vérifiée, il faudrait que la moyenne statistique des homogénéisations de déplacement soit nulle.
Pour Sion (déplacements en 1873, 1964 et 1978), cela reviendrait à obtenir trois fois pile en lançant une pièce de monnaie, ce qui n'a rien d'extraordinaire, l'hypothèse n'est pas infirmée. Je me suis aussi intéressé aux stations de Genève et de Chaumont, sur deux déplacements repérés (Genève 1962 et Chaumont 1933), les deux homogénéisations tendent également à réchauffer les températures postérieures. MétéoSuisse cite encore dans sa réponse le cas d'un déplacement pour la station de Zurich (1949) qui va dans le même sens. Nous sommes à 6 piles de suite, le hasard n'est plus une explication crédible. D'autant plus que l'ajustement moyen pour ces 6 cas atteint environ 0.62 °C, que pour la somme des 12 stations, le réchauffement par homogénéisation est significatif, et que pour chacune des stations prise isolément la somme des homogénéisations est toujours positive.
Qu'il n'y ait pas de hasard est une preuve raisonnable que, contrairement à ce qu'affirme MétéoSuisse, l'urbanisation a un impact significatif sur les températures.
A noter que ce phénomène n'est probablement pas à mettre entièrement sur le compte des îlots de réchauffement urbain qui, en principe, ne sont significatifs que dans les grandes villes. Il s'agirait plutôt de perturbations des températures par l'urbanisation de proximité. La différence entre les deux est essentiellement une question d'échelle.
Ne pas prendre en compte l'historique de l'urbanisation à l'occasion des homogénéisations pour déplacement de station c'est s'autoriser à cumuler du réchauffement fictif sans limite.
Ainsi s'explique le réchauffement surprenant des températures valaisannes. Ainsi s'explique également une bonne partie du 'réchauffement global suisse'.
MétéoSuisse utilise abondamment un type de graphique à barres calé sur une norme pour représenter l'évolution des températures. Ce graphisme est très mauvais car il dramatise une notion sans intérêt et sans correspondance dans la réalité, la norme, tout en brouillant la lecture de l'évolution réelle des températures. Pour cette raison et pour la raison que nous avons vue plus haut, le graphique proposé par MétéoSuisse pour l'évolution des températures en Suisse montre de manière éloquente que le réchauffement de la fin du XXème siècle est un événement singulier sans équivalant durant la période des relevés thermométriques.
Or, la réflexion sur les homogénéisations nous indique qu'il serait préférable d'utiliser les séries de températures brutes pour analyser des tendances à long terme. Je n'ai pas fait l'analyse pour l'ensemble de la Suisse mais pour la moyenne de trois stations (Genève, Sion et Chaumont). A noter qu'en faisant une moyenne sur plusieurs stations, ignorer les décalages de températures pour déplacement est moins gênant que pour l'analyse d'une station unique. Le résultat est intéressant car le réchauffement de la fin du XXème siècle n'apparaît plus comme un événement singulier mais comme une légère anomalie positive suivant une plus profonde anomalie négative (env. 1963-1985) sur fond d'une lente augmentation des températures probablement depuis le XVIIème siècle.
Suite au scandale du climategate, le Met Office britannique a rendu public une partie des données utilisées par l'une des trois éditions des courbes d'évolution des températures globales à la base des travaux compilés par le Giec. Les données utilisées pour la Suisse sont les versions homogénéisées par MétéoSuisse.
Pour la petite Suisse, les données sont donc déficientes. Problème, il semble bien que chaque fois que des curieux se penchent sur la validité des données à la base des différentes courbes de températures globales, ils tombent sur des erreurs (ou des manipulations ?) grossières (voir en particulier Australie, Nouvelle-Zélande, Etats-Unis, Russie, Bolivie).