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2019-02-11
Six heures. C'est la durée du procès en appel qui s'est déroulé ce lundi pour les deux incendiaires de l'hôtel du Kaiseregg survenu en août 2017 et dont les condamnations ont été prononcées au printemps dernier.
Le verdict rendu il y a onze mois par le Tribunal pénal de la Sarine avait débouché sur la condamnation du propriétaire, âgé de 62 ans, à 30 mois de prison, dont 6 mois ferme et le reste avec un sursis de trois ans. L'autre accusé, âgé de 40 ans, avait écopé d'une peine de quatre ans et demi de prison ferme pour avoir organisé l'incendie et pour d'autres affaires.
Le projet des deux hommes consistait à escroquer l'Etablissement cantonal d'assurance des bâtiments (ECAB), lequel s'est constitué partie civile. Ils voulaient détruire l'hôtel pour lancer un nouveau projet immobilier. Aussi bien la défense des deux condamnés que le procureur général ont déposé un recours contre le verdict.
Le procès en appel de lundi a donné lieu à une sérieuse passe d'armes. La défense du propriétaire de l'hôtel s'est attachée à démontrer que son client était pleinement engagé dans la transformation de son établissement, sans avoir jamais voulu chercher à le faire partir en fumée.
Projet tangible
Les procédures étaient lancées, même si elles prenaient du temps, et tout prouve qu'elles auraient pu aboutir, ont plaidé ses avocats. Au-delà, ces derniers se sont évertués à démontrer que des témoins-clés de l'affaire n'avaient pas apporté les preuves nécessaires à faire condamner leur client, dont ils demandent l'acquittement.
La défense de l'associé du propriétaire a cherché à prouver un mécanisme ayant conduit à faire de son client le coupable idéal, en créant une «image d'ennemi public numéro un». Elle a dénoncé la procédure simplifiée réservée à l'incendiaire, condamné en décembre 2017 déjà par le Tribunal pénal de la Gruyère à une peine de 33 mois, 6 mois ferme et 27 avec sursis pendant quatre ans. La défense de l'associé a plaidé un allègement de la condamnation à quatre et demi de son client.
Dossier solide
Le procureur général Fabien Gasser a, lui, insisté sur le fait que le dossier était très solide. Il a décortiqué le mode de fonctionnement du principal accusé, «qui a toujours cherché à s'entourer de gens manipulables», à l'instar de l'individu mandaté pour mettre le feu à l'hôtel en janvier 2015.
Fabien Gasser s'est élevé contre la volonté des accusés de développer une théorie du complot, comme si le Ministère public avait dès le début cherché à les faire condamner. Il s'est opposé au premier verdict, le trouvant insuffisamment sévère pour l'associé, qui a déjà accompli deux ans de prison, et a demandé une peine de cinq ans et demi.
Après avoir renoncé à des transformations, le propriétaire de l'hôtel Kaiseregg avait projeté de construire des immeubles locatifs. Mais il n'a pas reçu d'autorisation de démolition, le bâtiment étant classé.
Verdict mardi
Dès l'automne 2014, en désespoir de cause, le propriétaire est entré en relation avec son futur associé, reconnu coupable en première instance d'avoir mandaté le troisième individu pour mettre le feu à l'hôtel, en échange de 20'000 francs, une somme que l'incendiaire n'a d'ailleurs jamais perçue.
Le verdict du procès en appel doit tomber mardi après-midi en séance publique. (ats/nxp)Créé: 11.02.2019, 18h18