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Cet article reflète l'opinion personnelle de l'auteure et ne correspond pas nécessairement à la position de la SCNAT.
Une femme a-t-elle réussi lorsqu’elle décroche un poste de direction scientifique ? C’est souvent ainsi que l’on voit les choses mais, à mon avis, cela ne suffit pas. En effet, le succès est amoindri si une femme cadre quitte son poste prématurément ou involontairement, ou bien également si elle ne parvient pas à atteindre ses principaux objectifs. L’expression « falaise de verre » décrit l’observation selon laquelle les femmes (ou les membres de minorités) se voient proposer des postes de direction lorsque les perspectives de réussite sont, au mieux, incertaines. Des cas tels que le bref mandat de la Prof. Denise Denton au poste de rectrice de l’Université de Californie, Santa Cruz, et les conclusions tragiques qui ont suivi illustrent l’énorme hostilité envers les femmes occupant des postes de direction scientifique. Des rapports récents maintes fois cités sur les insuffisances des femmes aux postes de direction scientifique ont soulevé des questions sur le biais de genre et la discrimination à la fois dans la couverture de ces cas et dans le soutien institutionnel et systémique qui est fondamental pour la réussite individuelle à des postes de direction. Les femmes occupant des postes de direction scientifique doivent être conscientes que le succès peut être éphémère et les solutions incertaines.
La réussite dans son contexte
La réussite n’est jamais uniquement le résultat d’un effort et d’une performance individuels, mais se produit toujours dans des contextes et systèmes spécifiques. Des facteurs systémiques influencent la réussite des hommes comme celle des femmes. Cependant, contrairement aux hommes, les femmes doivent réussir dans un système scientifique marqué par des stéréotypes de rôles et des attentes spécifiques au genre. Par exemple, l’exclusivité de la réussite scientifique et le fait que les postes de chef de groupe soient occupés par une seule personne. Cette situation est difficile à concilier avec les traits de caractère axés sur le collectif que l’on attribue aux femmes. Étant donné que ces normes favorisent l’ascension des hommes, les femmes (et les membres de minorités) doivent accorder beaucoup plus d’attention aux facteurs systémiques et institutionnels qui peuvent entraver ou nuire à la réussite.
La diversité est synonyme de succès
Pour obtenir un succès solide à un poste de direction scientifique, les femmes doivent formuler clairement leurs propres objectifs de leadership et comprendre le potentiel de mise en œuvre de ces derniers dans le système scientifique. Dans un récent article publié sur le blog 500 Women Scientists Fribourg-Bern, j’ai formulé huit questions pour les femmes qui s’apprêtent à occuper un poste de direction scientifique : (1) Que souhaitez-vous accomplir à votre poste de direction scientifique ? (2) À quelles contraintes devrez-vous vous confronter ? (3) Quelles sont les ressources dont vous disposez ? (4) Quels compromis acceptez-vous de faire pour assumer vos nouvelles responsabilités ? (5) Qui pouvez-vous contacter si vous avez besoin de conseils ou de soutien ? (6) Quel sont les leviers du changement dans votre organisation ? (7) Comment les informations sont-elles transmises dans votre organisation ? et (8) Quelles sont les structures de pouvoir formelles et informelles dans votre organisation ?
Je suis convaincue qu’il faut davantage que des solutions individuelles pour assurer une réussite solide des femmes à des postes de direction scientifique. Comme l’a écrit la féministe Carol Hanisch : « Il n’y a pas de solutions individuelles... Il n’y a que des actions collectives pour une solution collective » (« There are no personal solutions... There is only collective action for a collective solution. ») Les femmes scientifiques partagent de nombreuses préoccupations identifiées par les jeunes chercheuses et chercheurs et s’impliquent également dans de nombreuses initiatives visant à rendre le système scientifique plus inclusif, plus favorable et plus durable. L’augmentation de la diversité de genre a produit des idées de recherche plus novatrices et à plus fort impact. Je suis convaincue qu’une plus grande diversité à des postes de direction scientifique est essentielle pour assurer le succès futur des institutions scientifiques.
Ce texte est basé sur la contribution de webinaire intitulée « I did it! Experiences from leading scientists” (webinar #8 in der Serie “Achieving Gender Equality and Diversity in the Natural Sciences”). Vous trouverez ici un enregistrement du webinaire.
La version anglaise de ce texte (avec les références) est disponible sous ce lien.
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Janet Hering is the Director of the Swiss Federal Institute of Aquatic Science & Technology (Eawag), Professor of Environmental Biogeochemistry at the Swiss Federal Institute of Technology, Zürich (ETHZ) and Professor of Environmental Chemistry at the Swiss Federal Institute of Technology, Lausanne (EPFL).