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Le procureur de la Confédération, Michael Lauber, a été la cible de critiques pour avoir accepté des.
Dans la presse alémanique ce dimanche, l'opposant Alexei Navalny juge que des contacts étroits et privés entre l'équipe de Michael Lauber et ses homologues russes auraient entravé, voire empêché d'importantes enquêtes. En 2015, la fondation anti-corruption dirigée par Navalny avait notamment déposé une plainte auprès du MPC concernant des soupçons de blanchiment d'argent en Suisse, impliquant la famille du procureur de Russie. Mais ^'affaire avait été classée sans suite. Face aux critiques, le MPC précise à la RTS avoir investigué sur ce cas, mais ne pas avoir trouvé d'indices de blanchiment.
Implication de l'ex-policier fédéral
L'ex-membre de la Police fédérale, jugé en appel jusqu'à mardi, est celui qui a eu le plus de contacts avec les officiels russes.
Spécialiste de la Russie, il a effectué plusieurs voyages payés par des officiels russes, ce qui a mené à l'ouverture d'une enquête en Suisse. Il a été condamné l'an passé à une peine pécuniaire avec sursis pour avoir accepté une chasse à l'ours dans la presqu'île du Kamtchatka avec des fonctionnaires russes sans en avoir référé à ses supérieurs.
Le sexagénaire justifie ses actes en disant que ses supérieurs étaient au courant, et que des rapports proches, y compris privés, pouvaient l'aider à obtenir des documents précieux auprès des Russes pour faire avancer les enquêtes du MPC.
Entrave dans une enquête?
Le socialiste zurichois Andreas Gross, ancien conseiller national, estime toutefois que l'ancien inspecteur fédéral est sorti de son rôle. En 2014, le parlementaire avait rédigé un rapport destiné au Conseil de l'Europe sur une affaire tentaculaire, l'affaire Magnitsky, mettant en cause des hauts fonctionnaires russes, et sur laquelle la Suisse enquête depuis 2011.
Mais en 2016, Andreas Gross a été interrogé au Ministère public par le policier en question. Selon les dires du politicien zurichois, l'employé fédéral aurait tenté de démonter son rapport en défendant la version des autorités russes. L'avocat de l'accusé assure de son côté que l'objectif de son client était simplement de vérifier l'exactitude des informations avancées dans le rapport.
Partage d'informations
Il est difficile pour l'instant de dire si l'équipe du procureur de la Confédération a eu un biais dans les dossiers russes, mais le débat reste d'actualité. L'un des plaignants de l'affaire Magnitsky, Bill Browder, affirme que le MPC avancerait trop lentement dans cette enquête et que la Suisse aurait l'intention de partager des informations sensibles avec Moscou, en contradiction avec des directives du Conseil de l'Europe.
Contacté, le MPC répond que toute demande d'entraide passe par l'Office fédéral de la Justice, qui vérifie, ainsi que le MPC, qu'elle soit conforme au droit suisse et aux accords internationaux signés par la Suisse.
Isabelle Cornaz/jfe
Acquittement demandé
Les questions ont porté essentiellement sur les circonstances qui ont amené l'adjoint du procureur général de Russie - décédé entre-temps - à lancer l'invitation à une chasse dans la presqu'île du Kamtchatka.
Les juges ont tenté de déterminer ensuite la fonction exacte de l'ancien membre de la Police judiciaire fédérale détaché dès 2013 auprès du MPC et de qui il dépendait. Durant le premier procès l'an passé, ces points étaient restés assez obscurs: si un membre du MPC était au courant du voyage et, le cas échéant, l'avait autorisé.
Robert Clément, l'ancien chef du policier, a dépeint, comme les deux autres témoins, une image positive de l'accusé: celui-ci était très engagé dans son travail. Mais le supérieur a indiqué qu'il n'aurait vraisemblablement pas autorisé la partie de chasse s'il en avait été informé.
Dans sa plaidoirie, l'avocat de la défense, Me Dominic Neilen, a estimé qu'il n'était pas prouvé que les autorités russes avaient payé la partie de chasse et que le MPC n'avait pas établi non plus quelle influence ce cadeau aurait eue sur les activités de ce spécialiste de la Russie.
Dominic Neilen a rappelé également que la semaine de chasse à l'ours avait eu lieu pendant les vacances de l'ex-policier, en août 2016. Par le passé, l'accusé avait déjà participé à deux week-ends de chasse avec des fonctionnaires russes.
Durant la procédure, tant le MPC que la Police judiciaire fédérale (PJF) ont assuré ne pas avoir autorisé ces séjours - contrairement aux affirmations de l'ex-agent.