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Si la prostatectomie radicale diminue la mortalité chez les patients ayant développé un cancer de la prostate non métastatique, les impacts d’une telle intervention, notamment sur la qualité de vie, et le fait que cette maladie progresse souvent lentement, soulèvent la question d’une surveillance active comme prise en charge alternative. Une étude prospective, randomisée et contrôlée a comparé le devenir de 348 patients scandinaves de moins de 75 ans, atteints d’un cancer de la prostate, à qui une surveillance avait été proposée, avec un groupe de 347 patients répondant aux mêmes critères mais ayant bénéficié d’une prostatectomie. Les outcomes primaires étaient les décès toutes causes confondues, les décès liés au cancer de la prostate et l’apparition de métastases, l’outcome secondaire étant la nécessité d’un traitement palliatif anti-androgénique. Après un suivi moyen de 13,4 ans, les auteurs ont pu confirmer un bénéfice significatif de la prostatectomie sur la mortalité, avec une diminution du risque relatif de décès à dix-huit ans de 29% (toutes causes confondues), respectivement 44% (décès en lien avec le cancer de la prostate). Le nombre de patients à traiter (NNT) pour prévenir un décès après dix-huit ans de suivi s’élève ainsi à huit. Les patients pour qui le bénéfice est le plus net sont les patients de moins de 65 ans (le NNT pour éviter un décès dû au cancer prostatique descend alors à quatre). Par contre, les patients plus âgés, en particulier ceux étant le plus à risque (en fonction du stade tumoral), n’ont pas eu de bénéfice sur la mortalité par rapport au groupe non opéré, tout en étant significativement moins à risque de développer des métastases ou de devoir être traité par des anti-androgènes.
Commentaire : Ces résultats devraient aider le médecin de premier recours à informer au mieux un patient atteint d’un cancer de la prostate sur les possibilités de prise en charge, évidemment avec le soutien de l’urologue. Cette information au patient se fera donc de manière différenciée en fonction non seulement de ses souhaits et éventuelles craintes, mais également en fonction de critères objectifs (âge, stade tumoral), la surveillance active n’étant actuellement recommandée que pour les patients à bas risque.