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La Carta marina navigatoria de Martin Waldseemüller (1516) serait, selon les historiens, la principale source de Mercator pour son dessin de l’Afrique et en particulier pour le réseau des cours d’eau et l’intérieur de la partie septentrionale. Cette une source avait été pratiquement ignorée par Gemma Frisius.
Sur le globe terrestre, les contours du continent africain sont détaillés et riches en toponymes ; ils présentent d’importants changements avec le globe de Frisius. Par contre, l’intérieur des terres est longtemps demeuré méconnu. Seules les côtes sont largement explorées et jalonnées de comptoirs. La circumnavigation de l’Afrique par les Portugais à la fin du XVe siècle repousse définitivement les marges de l’écoumène, même si l’arrière-pays reste toujours inexploré et inconnu. Il faudra attendre la fin du XVIIIe siècle pour que des expéditions s’aventurent à l’intérieur des terres.
L’aspect général du continent africain semble plutôt juste au premier coup d’œil, mais en superposant les contours actuels, on se rend compte des décalages importants de l’ensemble.
Martin Behaim, le prédécesseur allemand de Mercator, place les sources du Nil dans la vaste Ethiopie. Mercator préfère les situer au sud de l’équateur en les faisant jaillir de deux lacs subéquatoriaux, encadrés par un réseau de montagnes, suivant en cela l’enseignement de Ptolémée.
Les moindres étapes du cours du Nil, depuis son embouchure divisées en sept bouches, jusqu’aux deux lacs qui lui donnent naissance, sont inscrites avec un soin extrême. On lit successivement Alcair, Apollinis, Syene, Berethis, Sacala et Zoquila ; sur la branche qui part du lac occidental, on remarque Neli, Zodiata, Ithia, Gorala, Gaida, Chaga et Meraga ; et sur la branche qui sort du lac oriental, Bersera, Haba, Singa, Caigra, Baricia, Ropoga, Uque, Heicer, Buatili, Sesila, Losa, Caba, Girat et Bara. Plusieurs de ces noms sont tirés de Ptolémée.
En 1488, Bartolomeu Dias atteint un cap où soufflent des rafales déchaînées. Il a atteint le point le plus méridional de l’Afrique qu’il nommera cap des Tempêtes, renommé cap de Bonne-Espérance pour l’augure de ce que les Indes sont proches. En 1497, Vasco de Gama contournera complètement l’Afrique pour atteindre les Indes.
Sous la pointe sud de l’Afrique, au-delà du cap de Bonne-Espérance, Mercator qualifie une partie du continent antarctique de Psitacorum regio, le pays des perroquets.
Pour en savoir plus
- Carta marina navigatoria Portugallen : par Martin Waldseemüller, document numérisé, Bibliothèque digitale Luso-Brasileira.