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A titre personnel, Lorenzo Stoll, le directeur de la compagnie Swiss pour la Suisse romande, ne se dit "pas surpris que l'avion soit au centre du débat" dans les manifestations pour le climat organisées ce week-end en Suisse. Dans La Matinale de la RTS, il souligne que l'avion est un "symbole très visuel et très visible de ce que peut être un moteur qui émet du CO2", même si l'aviation n'est à l'origine que de 2% des émissions au niveau mondial.
"Nous, compagnies aériennes, ne pouvons pas simplement nous cacher derrière ce chiffre. Nous avons une responsabilité de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour limiter, pour diminuer notre impact écologique", déclare Lorenzo Stoll. Pour lui, ce n'est pas directement une réponse au mouvement des jeunes pour le climat, mais c'est un mouvement qui est déjà lancé depuis plusieurs années.
Une taxe suisse serait peu utile
Pour Lorenzo Stoll, une taxe suisse sur les billets d'avion ou sur le kérosène n'aurait pas de grand effet. Il juge que la réglementation que l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI) va mettre en oeuvre dès le 1er janvier 2021 - le programme Corsia qui veut que toute la croissance aérienne mondiale à partir de cette date se fasse sans émissions de CO2 supplémentaires - sera plus efficace qu'une initiative unilatérale de la Suisse.
Il relève aussi un risque, celui de voir des passagers se détourner des aéroports suisses pour fuir la taxe: "Le secteur français de l'aéroport de Bâle, non soumis à la réglementation suisse, se trouve à 40 minutes de train de Zurich."
Des investissements pour réduire les émissions
Lorenzo Stoll met en avant les investissements de Swiss pour réduire les émissions de CO2, notamment avec l'acquisition des nouveaux avions court-courriers C-Series, qui consomment 20% de carburant en moins que la génération précédente. Et il s'interroge sur le retard de l'unification du ciel européen et de l'harmonisation des routes aériennes européennes: "Genève-Londres en ligne droite, c'est 750 kilomètres, mais nos avions en parcourent 900 à chaque trajet, à cause des passages entre les différents systèmes de contrôle aérien", ce qui pourrait être évité si un accord politique pouvait être trouvé.
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Propos recueillis par Valérie Hauert/ebz
Les incitations du low cost, mais aussi de l'économie
Et de s'interroger: "Est-ce que l'aviation a créé la demande, ou est-ce que la manière dont nous, humains, vivons sur cette planète, a fait grandir l'aviation à la taille qu'elle a aujourd'hui?"