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Critique
"1936. L'Amérique est encore sous le choc de la Grande Dépression. Des milliers de familles sont sur les routes, à la recherche d'un hypothétique emploi pour subsister. Parmi ces dernières, celle de Johnny, contrainte de l'abandonner à un patron d'écurie. Le garçon est un sauvageon mais a une passion, les chevaux. Lorsqu'il croise la route d'un magnat de l'automobile qui vient d'acquérir un petit étalon hargneux, il sait qu'il doit saisir sa chance...
Avec PUR-SANG, LA LEGENDE DE SEABISCUIT, Gary Ross a pris un grand risque. En tout cas pour son public européen, car il est gros à parier que cette histoire de canasson tocard devenu vedette des champs de courses par la combinaison magique du travail et de la réunion improbable de trois hommes brisés séduira largement une Amérique en train de se relever depuis deux ans. Fort à parier aussi que le film franchira la ligne des Oscars avec une tête de vainqueur.
Pourtant il est vrai que par ses côtés de success story, on pense à ROCKY dans sa trame, PUR-SANG, LA LEGENDE DE SEABISCUIT prête largement le flanc à la plume moqueuse de ses détracteurs, jugez plutôt: c'est la Grande Dépression, un modeste réparateur de bicyclette devenu magnat de l'automobile acquiert un canasson nain, adopte un jockey trop grand, et borgne, s'il vous plaît, qu'il fera entraîner par une espèce de dresseur mutique qui ""murmure à l'oreille des chevaux"". Devenu champion, le tocard symbolisera, rien moins, la revanche des laissés-pour-compte de la crise économique!
Cela dit, Gary Ross a la politesse de ne pas en rajouter. Il a compris que son histoire est suffisamment forte et court-circuite par d'astucieuses ellipses toute velléité mélodramatique. De fait, il parvient à contenir l'émotion qui émerge avec pudeur de la relation fusionnelle de ce jeune homme sauvage pétri de contradictions avec son cheval, comme si, tout le temps d'une adolescence difficile, ils avaient attendu leur part manquante.
Car au-delà d'une mise en scène remarquable qui parvient à intéresser le néophyte aux courses de chevaux, du jeu sobre d'un formidable trio d'acteurs, de sa morale sur la seconde chance offerte à tous, ou encore de l'importance de cultiver son rêve, c'est bien cette connivence quasi fraternelle d'un homme et d'un cheval sérieusement abîmés par l'existence qui imprime longtemps nos mémoires après le mot ""Fin""..."
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