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En éliminatoires de la Coupe du monde de football, à Bâle, devant 26 000 spectateurs, la Suisse a perdu devant la Slovénie: 1 à 0. A la suite d'une mauvaise passe en retrait d'Henchoz vers Pascolo. Rageant et immérité.
L'issue de ce match ne méritait pas de voir la Suisse s'incliner. Certes, l'équipe nationale helvétique aurait pu, aurait dû concrétiser le très grand nombre d'occasions de buts qu'elle s'était créées tout au long du match.
Mais Stéphane Henchoz ne peut plaider que coupable. Car l'erreur fatale qu'il a commise à dix minutes de la fin, sur le but slovène, n'est qu'une répétition d'une erreur semblable qu'il avait commise dix minutes auparavant.
A la 67ème minute, en effet, Henchoz avait renvoyé de la tête le cuir dans les jambes de l'adversaire. à six mètres de la cage suisse. Mais en la circonstance, Pascolo, le gardien, avait sauvé le camp helvétique.
On avait senti la Suisse baisser quelque peu pavillon au début de la seconde mi-temps. Mais, peu à peu, elle était redevenue conquérante avec la double entrée en jeu de Sforza, combatif et inspiré, et Lonfat, vif et déterminé.
Et alors que chaque supporter priait en son for intérieur pour que la Suisse trouve enfin l'ouverture, la Slovénie, bénie des dieux, ouvrait la marque, et conservait jusqu'au bout un avantage immérité.
D'autant plus immérité qu'elle n'a réussi à contrer les attaquants suisses que de manière irrégulière, le plus souvent. Sous le regard compatissant d'un arbitre beaucoup trop laxiste.
Et dire qu'en première mi-temps, la Suisse avait su jouer ras terre. On l'avait vue pratiquer des une-deux, tenter de belles ouvertures et tirer plusieurs fois au but. Un gage de confiance retrouvée.
Comme par exemple à la 14e minute, où Fournier avait lancé Frei qui avait tiré de peu à côté. A la suite d'un très bon mouvement d'ensemble helvétique développé depuis les bases arrières.
A la demi-heure de jeu, une nouvelle attaque suisse s'était terminée également par une reprise de la tête de Frei, à la suite d'une belle progression collective.
La Suisse mettait du cœur à l'ouvrage. Elle jouait bien. On la sentait inspirée et attirée vers le but slovène.
Ce fut par son côté droit qu'elle se montrait la plus dangereuse. Avec Wicky, Zellweger et N'Kufo. Alors qu'à gauche, Lombardo ne fit jamais vraiment le poids physiquement, lors de ses incursions balle au pied.
En tous les cas, ce match aura démontré que la Suisse possède une belle équipe et qu'il ne lui manque pas grand-chose pour passer l'épaule.
Sforza s'est donné. Mais Henchoz était épuisé par sa trop longue saison. Ce fut fatal à l'équipe de Suisse. Tout autant, d'ailleurs, que le manque de réalisme suisse devant la cage slovène.
Emmanuel Manzi