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"Si vous avez visité plusieurs dôjô, et dans des pays différents, vous n'aurez pas manqué de noter que certaines salles se rapprochent d'un lieu de culte, alors que d'autres présentent tous les aspects d'une cour de récréation. Dans un cas comme dans l'autre, l'exagération n'est pas souhaitable. D'un lieu de culte, le dôjô ne devrait prendre que la notion de respect du lieu. Un dôjô est un endroit de recherche de soi-même, d'expériences et d'étude des valeurs humaines . Il est normal qu'une certaine éthique soit de mise. Ceci dit, c'est aussi un lieu de vie. La fantaisie, l'humour, bref, l'expression de diverses émotions humaines y sont souhaitables, sans pour autant tomber dans une ambiance de foire. Tout est une affaire de dosage. Un dôjô doit respirer la joie, l'enthousiasme. Les airs pincés de certains pratiquants nuisent à la réputation de leur dôjô.
Tenons-nous aux choses simples et évidentes: une certaine discipline personnelle, une hygiène corporelle (Keikogi propre, ongles coupés), un vocabulaire contrôlé (respect de l'adversaire et du lieu), une attitude de travail positive (respect de l'enseignant – personne ne vous oblige à venir), aide aux débutants (il fut un temps où …) . Requérir ces qualités n'est pas excessif, nous semble-t-il.
Finalement, notons encore que le dôjô est une représentation symbolique du monde, avec ses points cardinaux (à l'est, le shômen (mur d'honneur) ou kamiza au sud, le jôseki (mur des enseignants/anciens), à l'ouest, le shimoza (mur où devrait se trouver l'entrée – également place des élèves) et au nord, le shimoseki, le mur des débutants. Même si la salle ne se prête pas à cet arrangement, la séquence devrait rester la même. Cette notion géographique encourage le pratiquant à se situer dans un lieu et à ne pas se placer, inconsciemment, n'importe où.
Et il en va de même dans la vie…" Pascal Krieger
Dans le dôjô
Saluer le shomen en entrant dans le dôjô et en sortant. Saluer debout (ritsurei) ou en seiza (zarei), en direction du kamiza, en entrant et en sortant du tatami.
Toujours se vêtir d’une tenue propre et bien mise (dignité). Les hommes ne portent pas de t-shirt sous le gi. Les femmes nouent leurs cheveux de manière pratique. Ne pas porter de bijoux (collier, bague, montre ou boucles d’oreille) pendant la pratique (risque de blessures).
Utiliser des armes en bon état (sécurité). Iaïdô : vérifier le mekugi avant chaque entraînement.
Déposer ses armes du côté du shimoseki de manière à ce que leur pointe ne soit pas en direction du shomen. Toujours savoir précisément où sont ses armes (en particulier lors d’un stage très fréquenté).
Ne jamais emprunter les armes d’un autre pratiquant sans lui demander la permission.
En cas d’arrivée en retard, se préparer et attendre debout (à côté du tatami) que le professeur invite à rejoindre le cours. On peut déjà effectuer le reishiki et placer son iaïto dans la ceinture.
Ne pas quitter le tapis pendant le cours, sauf en cas de force majeure ; dans ce cas, avertir le professeur et le saluer avant de sortir.
Les éventuels spectateurs sont invités à prendre place en silence, hors du tatami (ou au bord), dans une zone sécurisée du dojo. Ils ne posent des questions qu’à l’invitation du professeur.
Vis-à-vis du professeur
Pour regarder une démonstration technique, se replacer en ligne (éventuellement en seiza) ; saluer le professeur au terme de la démonstration.
Après une correction individuelle donnée par le professeur, le remercier en le saluant.
Pour poser une question au professeur, ne pas le héler, mais s'approcher de lui, ou attendre qu’il s’approche, chercher son regard et le saluer debout, puis attendre sa disponibilité.
Quand le professeur signale la fin d’un exercice ("Yame!"), s'arrêter sans délai, saluer son partenaire et retourner à sa place en ligne. Cependant, si l'on est en train d'exécuter un kata, on termine correctement le kata avant de rejoindre le rang.
Si un sensei de haut rang est présent, un pratiquant porte, prépare, nettoie et range ses armes. Eventuellement, il offre de plier son hakama après l’entraînement.
Pour inviter un partenaire à travailler, le regarder dans les yeux, le convier d’un geste et le saluer (armes basses) avant toute action.
En Sôtaï renshu, le pratiquant le plus expérimenté se place du côté du Kamiza et prend en premier le rôle de ushidachi.
Eviter de discuter entre pratiquants (même au sujet de la technique), mais pratiquer sans perdre le rythme, pour utiliser au mieux le temps disponible.
Eviter de corriger un débutant, à moins d’être shidosha (instructeur), ou au moins yudansha (gradé porteur de ceinture noire). Eventuellement guider avec bienveillance son partenaire dans le mouvement.
En cas de blessure, ne pas manifester bruyamment, mais avertir le professeur, ou le shidosha.
Ne jamais s'alimenter ou mastiquer du chewing gum sur le tatami. Eviter de boire, sauf par grande chaleur et à l’invitation du professeur.
Si du matériel doit être préparé et rangé, ou le dojo balayé, les débutants prennent l’initiative de s’en occuper, sous le contrôle du shidosha.
REISHIKI implique ainsi sérieux, respect et discipline dans la pratique, mais n’interdit ni la gentillesse, ni la complicité amicale, ni surtout l’humour !Rédaction: Jean-Marc Spothelfer