Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07087.jsonl.gz/125

Après des années de violentes controverses quant aux liens supposés qui pourraient exister entre la vaccination contre l'hépatite virale de type B et la possible survenue d'affections démyélinisantes une estimation officielle vient, pour la première fois, d'être rendue publique concernant le nombre des personnes qui, en France, sont porteuses chroniques du virus responsable de cette hépatite. Selon les résultats encore préliminaires d'une étude menée sous l'égide de l'Institut national français de veille sanitaire (INVS), le nombre des adultes porteurs chroniques du virus de l'hépatite B serait d'environ 300 000 en France métropolitaine, soit deux fois plus que les estimations qui étaient généralement avancées. C'est un «élément important» à prendre en compte dans l'étude du rapport entre les bénéfices et les risques du vaccin contre l'hépatite B, a déclaré devant la presse le Pr Gilles Brücker directeur général de l'INVS en présentant ces résultats.Cette étude a été réalisée en 2003-2004 auprès de 14 000 personnes âgées de 18 à 80 ans et affiliées au régime général de l'assurance maladie. Le taux de prévalence du portage de l'antigène HBs, signe d'une infection chronique par le virus de l'hépatite B, est estimé à 0,68%. Ce taux s'avère nettement supérieur à celui escompté jusqu'alors (de 0,2% à 0,4%).Moins de la moitié (49%) des porteurs chroniques du virus de l'hépatite B connaissent leur statut sérologique. Ce «coup de sonde épidémiologique» permet, selon toute vraisemblance, de penser que l'on compte dans l'Hexagone 300 000 personnes porteuses chroniques du virus de l'hépatite B. On sait que les porteurs chroniques de ce virus sont susceptibles de le transmettre lors de relations sexuelles non protégées, cette infection pouvant d'autre part évoluer chez eux vers une cirrhose puis, le cas échéant, vers un cancer primitif du foie. Le taux de porteurs chroniques du VHB est plus fort chez les hommes (1,19% contre 0,16% pour les femmes) et fortement influencé par la précarité sociale. Il semble être trois fois plus élevé parmi les bénéficiaires de la Couverture maladie universelle complémentaire que parmi les non-bénéficiaires.La prévalence de l'hépatite B a-t-elle augmenté ? L'avait-on au contraire largement sous-estimée il y a une dizaine d'années ? Curieusement, on ne dispose ici d'aucun élément de réponse ; une situation qui ne simplifie pas la conduite à tenir en matière de vaccination.