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Vérossaz porte un nom d'origine celtique qui s'est modifié au gré des années : Verauca en 1240; Veraze en 1338; Veraucza en 1350; Veroussa en 1609; Voraussa en 1626; Verossa en 1710; Verossaz en 1802; Vérosse puis Vérossaz dès 1820. Il dérive de Verrau, diminutif de verne, à l'instar d'autres localités telles que Vernayaz, Vernamiège etc...
Jusqu'au XIIIe siècle, l'histoire de Vérossaz est des plus discrètes et cela s'explique par le fait que l'existence de Vérossaz est liée à celle de St-Maurice, au temporel comme au spirituel.
Aux premiers âges de la terre, un immense glacier s'étendait de Mex à Choëx; il a creusé de grandes fentes dans la roche calcaire et a donné naissance à de nombreuses moraines. Sa fonte a véhiculé sur tout le plateau des blocs erratiques que l'on remarque aujourd'hui encore.
Il est indéniable que des humains ont vécu dans le secteur du village actuel aux temps les plus reculés de l'histoire. On a découvert des pierres à sacrifice (dolmens) au Nord des Haussex et à Vésenaud. Autre élément de preuve : la pierre druidique de Combrevoux, en gneiss et taillée au feu. C'est un des spécimens les plus intéressants de nos monuments druidiques connus en Suisse (voir cahier valaisan de folklore no 32, de 1935 avec étude détaillée écrite par Denis Fournier). Une hache à ailerons médiants datant de l'âge du bronze a été découverte à proximité en 1874 par le chanoine BOURBAN. Propriété de l'Etat, cette hache est visible au musée cantonal à Sion.
Le fait marquant de l'histoire de Vérossaz est le séjour qu'y fit le roi des Burgondes Saint Sigismond. Après avoir fondé l'Abbaye de St-Maurice en l'an 515 de notre ère, il se retira à Vérossaz pour échapper au roi des Francs et faire pénitence. Il y éleva un oratoire qu'en 1465 l'Abbé Michel BERNARDI d'Allinges remplacera, avec le concours de la population, par une chapelle en l'honneur des Saints Sigismond et Marguerite martyrs. Une colonne de marbre érigée en 1863 sur l'emplacement de l'oratoire porte une inscription latine ainsi traduite : "Je m'élève sur les ruines de l'oratoire du roi Sigismond pleurant ses péchés". CLODOMIR, roi des Francs, fit décapiter Sigismond à Orléans en 525.
En 1032, Vérossaz est placé sous la souveraineté de la Maison de Savoie. Un document atteste qu'en 1239, Amédée IV comte de Savoie, accorde à sa soeur Marguerite, comtesse de Kybourg, la jouissance viagère du bourg de St-Maurice et du village de Vérossaz. La métralie des Haussex et Bassex fait partie de la châtellenie abbatiale de St-Maurice tandis que La Doey appartient encore à la Savoie jusqu'en 1476. A partir de 1476, tout le mandement de St-Maurice relève directement d'un gouverneur nommé par la Diète valaisanne. Avant que n'éclate la révolution française, Vérossaz forme une Commune. En 1798, Vérossaz est placé sous la juridiction de St-Maurice par Bonaparte et ce n'est que le 27 juin 1822 qu'il acquiert sa liberté et son indépendance après des périodes de résistance acharnée. L'historien GRENAT relate qu'une colonne de mécontents descendit de Vérossaz à St-Maurice et assaillit la maison du châtelain de QUARTERY. Quelques révoltés pénétrèrent dans l'Abbaye où les religieux, constatant qu'ils n'en voulaient qu'à leur vin, les abreuvèrent copieusement.
Vérossaz peut s'enorgueillir d'avoir abrité une écrivain de talent au pseudonyme littéraire de MARIO. Née Marie TROLLIET en 1831, cette vaudoise, de lointaine origine bagnarde, fille de pasteur, s'était convertie au catholicisme. Elle porta une affection particulière à Vérossaz où elle séjourna jusqu'à sa mort en 1895.
A la demande de la Société d'histoire du Valais romand, la Commune accorda une concession perpétuelle pour l'érection d'un monument funéraire dédié à MARIO. Cet édifice, sculpté par CASANOVA fut inauguré en grande pompe le 23 octobre 1921 et se remarque à l'entrée Nord-Ouest du cimetière. Il porte l'inscription "Le Vieux Pays", que Mario imagina pour désigner le Valais.