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Programme : restauration
Adresse : place du Marché 2, 1860 Aigle, VD
Maître de l’ouvrage : Commune d’Aigle
Réalisation : 2015 - 2018
Photographies : Rémy Gindroz, La Croix-sur-Lutry
Histoire
L’ancienne maison de ville d’Aigle a été construite vers 1500 par Nicolas Chevron. Elle est reprise par la famille De Graffenried en 1541, qui la transforme et l’agrandit. Puis elle passe en mains de la Bourgeoisie d’Aigle à la fin du XVIIe siècle, et sert entre autres d’auberge. La Commune utilise partiellement le bâtiment pour le Conseil dès la fin du XVIIIe siècle, puis songe à le transformer en école vers 1830. Le projet est abandonné et la Commune vend le bâtiment à des privés en 1850, puis le rachète en 1885 pour y installer l’administration après un important chantier. L’administration déménage en 1963 dans le nouvel hôtel de ville construit en face. Diverses affectations se sont succédées dans la maison ces dernières décennies : bibliothèque, galerie d’art, bureaux, hébergement, etc. L’ancienne maison de ville a vécu de nombreux chantiers plus ou moins importants durant ses cinq siècles d’histoire. Elle a reçu la note 2 à l’inventaire cantonal ; elle est classée Monument historique.
La restauration
Le projet de restauration s’inscrit dans la volonté de la Commune d’Aigle de revitaliser le centre-ville. Le programme d’occupation choisi est donc public. Le rez-de-chaussée accueille l’Office du tourisme, un espace de promotion des produits locaux et un petit espace d’exposition temporaire. Le premier étage est consacré à un espace d’exposition géré par la Commune. La Préfecture occupe le 2èmeétage. Les combles accueillent une grande salle de conférence pour la Commune. Les sous-sols conservent leur affectation précédente de caveau communal.
Le processus de projet a pu bénéficier d’une phase de démontages préalables des ajouts récents, permettant une analyse poussée des vestiges patrimoniaux conservés et de l’état des structures.
Le projet de restauration a fait la synthèse entre le bâtiment et le programme d’utilisation. Les ajouts sont traités de manière contemporaine, révélant par contraste la matière d’origine. Les matériaux utilisés sont classiques, mais mis en œuvre de manière contemporaine : le béton teinté sablé, le mélèze, les carreaux de ciment, la peinture minérale. Les parties anciennes sont restaurées dans les règles de l’art, révélant la richesse des décors peints des XVIe et XVIIe siècles.
Le plus grand défi de cette réalisation était celui de la mise aux normes, notamment AEAI et SIA 500. Ces divers standards, aussi souhaitables qu’ils soient, sont souvent incompatibles avec un bâtiment de cinq siècles. Ainsi, la création d’un ascenseur était indispensable, mais impliquait des sacrifices par rapport aux structures anciennes. Son positionnement a fait l’objet de longs réglages, et sa réalisation en sous-œuvre a été particulièrement délicate. Les anciennes dalles à voutains de plâtre des XVIe et XVIIe siècle, portant parfois des décors, étaient incompatibles avec les normes statiques et les normes incendie d’aujourd’hui. Il a fallu trouver des solutions pour conserver ces anciennes dalles en les doublant.
L’enveloppe a retrouvé ses décors et couleurs d’origine, notamment ses fausses chaînes d’angle peintes à filets.