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Thèse de Fabrice Brandli
Un nain est aussi bien un homme qu'un géant". Les relations diplomatiques entre la France et Genève au XVIIIe siècle, culture politiques et modalités de la représentation.
Thèse soutenue le 5 juin 2010 à l'Université de Genève
Direction : Michel Porret (Université de Genève)
Jury : Bronislaw Baczko (Université de Genève), Marc Belissa (Université Paris X - Nanterre), Dino Carpanetto (Université de Turin), Gabriella Silvestrini (Université du Piémont oriental), Président du Jury : Wladimir Berelowitch (Université de Genève)
Depuis l’établissement de la résidence de France à Genève, en 1679, jusqu’à l’annexion de la petite République lémanique à la Grande Nation, en 1798, il s’agit de penser les pratiques de la diplomatie comme l’expérience sociale et politique de l’altérité entre le fort et le faible.
Comment la France, principale puissance continentale, peuplée d’environ 25 millions de sujets, modèle par excellence de la monarchie absolue de droit divin, la France de la révocation de l’Édit de Nantes (1685), entretient-elle des relations diplomatiques permanentes avec la République de Genève, cité-État identifiée au protestantisme réformé, espace frontalier morcelé sur moins de 9'000 hectares, renfermant à peine 30'000 habitants au plus fort de son développement démographique ? Les Révolutions française et genevoise modifient-elles la nature et le déroulement des rapports entre les deux États ? Quelle diplomatie est-il possible d’instituer lorsque les parties contractantes présentent au premier regard de telles différences en termes de régime de gouvernement, de culture politique et d’identité confessionnelle ?
Pour répondre à ces questions, l’analyse systémique des relations diplomatiques entre la France et Genève, soucieuse de leur donner sens à l’aune de l’ordre européen, se double d’une attention toute particulière à la dimension interpersonnelle de la diplomatie d’Ancien Régime. L’interprétation se construit à partir de notions telles que la sociabilité, l’interconnexion concurrentielle des réseaux sociaux ou encore la culture politique des agents de la diplomatie en renonçant à une division trop abstraite entre espace public et espace privé. A l’histoire politique et juridique des relations diplomatiques franco-genevoises s’ajoute une histoire culturelle des pratiques de la diplomatie attentive, notamment, aux modalités cérémonielles de la représentation.
Illustration: Jean-Antoine Linck, Genève vue prise de Sécheron, s.d., aquarelle, 327x502 mm., Bibliothèque de Genève, Centre d'iconographie.