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Critique
Remake, comme on dit en français, d'une comédie de 1967 (FANTASMES), ENDIABLE joue sur un thème vieux comme le monde: comment attirer l'attention et susciter l'amour de la femme que l'on aime et que l'on désire. La littérature médiévale connaissait les philtres d'amour, d'origine plus ou moins recommandable, et aux résultats parfois redoutables, allant à fin contraire de ce qui était espéré, se retournant contre celui ou celle qui les employait.
Elliot, employé de bureau brocardé par ses collègues, s'intéresse à Alison, mais ne parvient pas à entamer avec elle ne serait-ce qu'un début de conversation. Le diable, ou plutôt la diablesse, sa version féminine, sentant Elliot mûr pour l'enfer, lui propose un marché: son âme contre l'amour d'Alison et le bonheur.
Elliot pourra formuler sept voeux pour réaliser son rêve de faire d'Alison sa femme. Après quelques hésitations, le malheureux accepte.
Ses souhaits, richesse, pouvoir, sensibilité, succès, force, etc. se succèdent au gré des humeurs changeantes d'une Alison qui n'existe pas. Ils sont exaucés les uns après les autres et mènent tous à la catastrophe; le diable est un malin, et en la circonstance une maligne. Comprenant enfin qu'il a été dupé, et désespérant de lui-même, Elliot ne souhaitera plus qu'une seule chose: qu'Alison soit heureuse. Commencera alors une merveilleuse histoire d'amour...
Cette comédie très divertissante doit beaucoup à son acteur principal, Brendan Fraser (LA MOMIE, PREMIERE SORTIE, GODS AND MONSTERS), dont les métamorphoses en baron de la drogue, jeune homme hypersensible, champion de basket, etc., sont irrésistibles. Fraser dispose dans le registre comique, ou tragi-comique, d'une palette d'expressions très large.
Mené à bon rythme, le film d'Harold Ramis fait oublier la banalité du thème (ce qui ne veut pas dire qu'il soit sans importance) par sa fantaisie et sa drôlerie. Et, bien sûr, tout ceci pour rappeler utilement que le diable se confond plus sûrement avec nous-mêmes qu'avec le personnage aux pieds fourchus que l'on imagine traditionnellement. C'est nous qui nous nous enfermons souvent dans notre enfer ou qui poussons doucement la porte de notre paradis, en cessant de ne penser qu'à nous-mêmes.
Ancien membre