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Les débats de la COP 27 incluent la compensation des pertes et préjudices (loss and damage) dues au changement climatique. Ces pertes peuvent être matérielles, culturelles, humaines, ou psychologiques. Les pays pauvres, tropicaux, souffriront les premiers du réchauffement. Actuellement, 97% des personnes touchées par les événements extrêmes vivent dans des pays en voie de développement.
Les famines du Sahel survenues entre 1968 et 1985 étaient déjà dues au réchauffement climatique. La Somalie a vécu une grave sécheresse en 2017 et cette année, traverse la pire crise de la faim dans l’Histoire de la région. Les sécheresses en Afrique subsaharienne ont triplé entre 1970–79 et 2010–19. En 2018, des cyclones dévastateurs ont touché 2,2 millions de personnes au Malawi, au Mozambique et au Zimbabwe. En Afrique occidentale et centrale, de graves inondations ont entraîné la mortalité et la migration forcée, la perte d’abris, de terres cultivées et de bétail. Des maladies se répandent et l’insécurité alimentaire augmente (Lancet, lien). Les mers attaquent les régions côtières.
Les pays les moins développés sont les plus touchés par ces “pertes et dommages” alors qu’ils sont les moins préparés pour y faire face et les moins responsables du réchauffement global. Au contraire de la Suisse, les maisons individuelles ne sont pas assurées et les Etats ne disposent pas de moyens pour réparer les routes et les infrastructures détruites par les glissements de terrains et les inondations.
Les pays les plus exposés, notamment les petits Etats insulaires, demandent l’instauration d’un mécanisme de compensation. Celui-ci devrait, selon eux, être distinct des fonds qui existent déjà pour l’adaptation ou la diminution des émissions. “Le système onusien aujourd’hui a de l’argent pour mettre des panneaux solaires, pour moderniser votre maison (…), mais il n’en a pas pour les gens qui perdent leur maison”. Harjeet Singh, CAN (Climate Action Network).
“Les pays du Nord disent que ce sont des sommes colossales, qu’ils ne pourront pas le ‘vendre’ à leurs concitoyens”. Pourtant des solutions existent. En septembre, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, avait par exemple appelé à taxer “les profits exceptionnels des entreprises productrices d’énergies fossiles” pour ” les pays souffrant de pertes et dommages causés par la crise climatique”. Il serait aussi possible de taxer les émissions des secteurs aérien et maritime, de mettre en place un prélèvement sur les transactions financières ou encore d’instaurer un moratoire sur la dette des pays touchés par une catastrophe climatique (d’après FranceInfo).
Je suis bien sûr favorable à ces compensations. Il est tout à fait juste d’offrir des moyens de subsistance à ceux qui en seront privés par un climat déchaîné. Les victimes perdront leurs maisons ou leur gagne-pain. Les sécheresses rendront l’agriculture difficile ou impossible. Nous devons les aider à avoir une vie décente et à éviter la mort de faim, l’handicap causé par la malnutrition, les aggressions lors d’une vie de sans-abri, la vente des filles, le vol, le travail inhumain, et autres mesures désespérées provoquées par l’extrême pauvreté.
Je m’interroge un peu aussi sur la faisabilité des compensations. Si le climat évoluait vers un réchauffement abrupt, ce que le seuil d’1,5°C a pour but d’éviter, les conséquences seraient extrêmement graves. De nombreux pays seraient dévastés, avec une mortalité très élevée, et nous vivrions essentiellement, chichement, en autarcie en Europe. Nos pays subiraient des graves catastrophes à répétition auxquelles nous aurions de la peine à faire face. Il serait alors impossible de compenser les pertes des pays pauvres, et il resterait peut-être peu d’habitants à qui offrir les compensations. Mais ce jour-là, nos gouvernements trouveraient certainement un moyen pour passer outre.
D’autre part, même si nous prévenons une évolution grave, certains pays, les îles menacées par la montée du niveau de la mer, les deltas, ou d’autres, victimes de la désertification, devront être abandonnés et leurs habitants relogés ailleurs. En général, je dirais qu’il ne faut pas reconstruire continuellement des routes sans cesse détruites, des villes inondées à répétition. Autant que possible, il faut préférer les solutions les plus sûres tout de suite, reconstruire ailleurs, ou sécuriser très bien lors de rénovation, comme c’est souvent le cas en Suisse. La réduction du réchauffement est la meilleure solution, la plus sûre. Il faut garder à l’esprit qu’indépendamment du mécanisme de compensation, nous devons tout faire, immédiatement, pour éviter une évolution catastrophique du climat. Il en va de notre propre sécurité.
Cela dit, le Futur est incertain. Il est clair que les compensations des pertes et préjudices du réchauffement seraient en tout cas très utiles maintenant, lors de l’actuelle famine de Somalie ou de coûteuses inondations en Amérique du Sud. Elles permettraient aux populations des pays touchés de vivre dignement dans leurs pays, dans des sociétés relativement sûres et stables, et nous pouvons leur offrir cela aujourd’hui, pour les prochaines années.
Deux pétitions qui demandent une compensation des pertes et dommages:
350.org Tell Biden: https://act.350.org/sign/Biden-loss-damage-petition-COP27
One to World leaders: https://act.one.org/sign/adenike-climate-petition-int
4 réponses à “COP27: Compensation des pertes et dommages du réchauffement”
Bonjour,
Oui tout à fait d’accord, un discours bien à gauche en france qui ne marque pas comme dans tous les autres pays ou presque, au motif que les entreprises vont partir ailleurs, d’ou l’intérêt d’être cohérents et groupés et d’homogénéiser les actions. Mais nos politiques privilégient toujours le court terme et les finances et l’économie et le plein emploi. !!!
Pas d’ingérence, moralité on va droit dans le mur ou le précipice !!
Comme vous dites nos politiques et patrons ont tous trouvés des moyens pour ne rien faire et attendre le mandat prochain ou la décennie prochaine (qui veut la patate chaude) .
Les ou des entreprises ou usines polluent sans se soucier, ils engrangent des profits colossaux, pour le boss et les actionnaires. mais les conséquences du réchauffement et de leur pollution depuis un siècle c’est et ce sera la collectivité qui va le payer à prix forts.
Beaucoup de constats évidents mais nos gouvernants sont incompétents pour le long terme, et sans gouvernances mondiales, je ne vois pas la solution.
Notre avenir, sécheresse, chaleur, tornades, inondations, trait de cote qui avance ….
Certains nous demandent encore d’être un peu positif, c’est de l’hypocrisie !! la machine terre ne va pas s’arrêter demain de tourner mais elle continuera dans sa lancée. Un peu de lucidité !!
Et encore je suis européen, que doivent dire les pays encore en voie de développement ???
bon WE à tous
L’argent va évidemment être utilisé pour en gagner encore plus, en prétextant que l’exploitation minière va sauver la planète avec les VE.
Alors regardez cette vidéo très instructive qui montre qu’avec les mines on creuse…..notre tombe!
RIP
Conférence éclairante sur les métaux:
https://lnkd.in/emh8tFC5
Je rebondis sur ce que vous dites très justement.
Il faut aussi mentionner la pénurie de sable qui nous guette.
https://information.tv5monde.com/info/penurie-de-sable-un-enjeu-planetaire-environnemental-et-economique-185813#:~:text=Les%20%C3%A9tudes%20actuelles%20estiment%20qu,des%20extractions%20massives%20de%20sable
Madame Retelska parle dans son texte à plusieurs reprises de construction ou de restauration.
A quoi va servir l’argent versé par les pays riches du nord (si l’on fait abstraction des sommes qui partiront inévitablement pour la corruption) ?
Elle serviront à construire et équiper les pays du sud (il paraît qu’on passe la barre des 8 milliards d’êtres humains aujourd’hui).
On se trouvera donc face une situation paradoxale : on répare les préjudices climatiques causés au pays du sud en finançant des projets qui « permettraient aux populations des pays touchés de vivre dignement dans leurs pays, dans des sociétés relativement sûres et stables » mais on épuise les ressources de la planète pour y parvenir.
Les experts en expertise ont de belles nuits blanches devant eux.
Je suis tout à fait d’accord avec le principe de compensation pour les pays du Sud et les pays en développement, donc j’ai signé les deux pétitions.