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Malgré ses prénoms impériaux, Franz Josef Holzer, né en 1967 à Walenstadt, est d'abord médecin diplômé mais s'intéresse très tôt à la vidéo et au cinéma. Il se réclame notamment d'Antonioni et de Lynch: son observation du couple et son art de "promener" le spectateur en témoignent. Son premier long métrage, L'Ecart, tourné à Genève, est très prometteur.
Antoine Fregoli (Michel Voïta) - le patronyme n'est pas choisi au hasard, le personnage principal du film se transformant en vue de trouver sa vérité - est chirurgien. Sa profession imprègne le film: décors d'une blancheur clinique, habitat froid et dépouillé, éclairages crus. Très épris de sa femme Elizabeth (Monica Budde), il se met en tête qu'un sosie s'est substitué à elle. Par glissements successifs, il va douter de plus en plus de son identité, allant jusqu'à chercher à prélever clandestinement des échantillons destinés à une analyse de l'ADN.
Antoine souffre du syndrome de Capgras-Reboul-Lachaux, délire amenant le patient à croire que des personnages de son entourage sont des doubles, des sosies. Insensiblement, il dérive vers des comportements de plus en plus marginaux, qu'il est capable de maîtriser dans un premier temps grâce à ses compétences médicales. Des écarts alarment sa femme et des amis proches; des examens psycho-neurologiques sont prescrits, de même que des médications calmantes. Mais le délire va s'amplifiant.
Bien servi par une belle distribution - Michel Voïta confirme son talent de Doppelgänger illustré par Jenatsch de Daniel Schmid - et par un excellent compositeur de musique, Vincent Gillioz (qui recourt judicieusement au Dies Irae à un moment décisif), Franz Josef Holzer offre un opus 1 très élaboré, plein de subtiles références visuelles et sonores.
Daniel Grivel
|Nom||Notes|
|Daniel Grivel||14|