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Alors que les chercheuses et chercheurs dirigés par les universités de Genève et de Waseda (Japon) et par l'Observatoire astronomique national du Japon (NAOJ) étudiaient des données d'observation de galaxies jeunes et lointaines, ces astronomes ont remarqué des émissions inattendues provenant de régions apparemment vides de l'espace, expliquait cette semaine.
Les recherches ont confirmé que ces signaux provenaient de deux galaxies jusqu'alors inconnues. Ces dernières, formées à peine 800 millions d'années après le Big Bang, sont presque entièrement cachées par la poussière cosmique. Elles échappent ainsi à l'oeil des télescopes comme Hubble.
Cette découverte suggère qu'il pourrait y avoir de nombreuses galaxies qui n'ont pas encore été détectées, bien plus que ce que l’on pensait jusqu'à présent, estiment les astronomes, qui placent beaucoup d'espoirs dans le futur télescope James-Webb.
Au-delà de la poussière
Invité dans l'émission CQFD, Pascal Oesch, professeur assistant au département d'Astronomie de l'Université de Genève (Unige) et l'un des auteurs de, confirme la sérendipité de cette découverte: "Comme souvent, les découvertes inattendues sont les plus intéressantes."
À l'origine, les scientifiques étudiaient des données provenant du réseau d'antennes ALMA, qui se trouve dans le désert des Andes chiliennes, explique-t-il. Ce télescope permet d'observer l'espace dans des longueurs d'ondes millimétriques, soit beaucoup plus longues que des télescopes comme Hubble, qui permettent d'observer la poussière cosmique, "c'est-à-dire des particules qui contiennent quelques molécules seulement", détaille Pascal Oesch.
Des galaxies pas encore observables
Les galaxies ainsi dissimulées ne peuvent donc pas être observées avec Hubble. "Ce type de galaxies cachées par la poussière, on en connaît peut-être une dizaine. On pensait que c'était assez rare", dit-il. "Nous connaissons leur distance de manière assez précise", poursuit-il, mais il est aujourd'hui impossible de les observer directement.
Toutefois, leur observation pourrait être rendue possible par le lancement en décembre du tout nouveau télescope spatial James-Webb. "Nous aurons une sensibilité beaucoup plus élevée qu'avec Hubble. Avec le James-Webb, nous pourrons observer des galaxies à des longueur d'ondes bien plus proches des infrarouges. Et cet effet cachant de la poussière sera diminué", explique encore Pascal Oesch.
Ce nouvel outil fonctionnera en complémentarité avec ALMA, qui permettra de détecter les amas de poussière, tandis que James-Webb permettra de voir à travers.
Le mystère des origines
L'objectif poursuivi par ces recherches est de savoir quand les premières galaxies se sont formées, en remontant toujours plus loin dans le temps. Et ainsi, peut-être, contribuer un peu plus à répondre au mystère de nos origines.
Dans l'état actuel des connaissances, des galaxies vieilles de seulement 400 millions d'années après le Big Bang sont connues. "Mais on sait qu'il y en a eu avant", affirme Pascal Oesch. En revanche, il reste pour l'heure impossible de remonter plus loin que le Big Bang, qui demeure un horizon indépassable.
Sujet radio: Stéphane Délétroz
Texte web: Pierrik Jordan