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23 juin 1916
En exécution de ces ordres les compagnes devaient se trouver vers 2 heures du matin aux emplacements suivants :
1° Redoute 320 1re, 3e et 4e Cies et CM 1 Ligne de soutien 2e Cie
2° Ligne intermédiaire. Bataillon Mathieu
3° En réserve à Bois Fleury. Bataillon de Vignières
A 1 heure le Colonel ne voyant revenir aucune fraction, demandait au Général Commandant la 260e Brigade, l’autorisation de conserver en réserve à Bois Fleury la 10e Cie.
Vers 2 heures 30’, l’émission de gaz durait toujours. Le Lieutenant Fombard Commandant la 6e Cie, relevée par la 3e venant de la Poudrière, s’arrêtait au P.C. du Colonel et lui remettait un pli par lequel le Comdt de Vignères faisait connaître que seule la 6e Cie pouvait être relevée à temps, les autres Cies de son bataillon ne pouvant pas descendre de la redoute 320 avant le jour. Or le passage entre la redoute 320 et Fleury était constamment battu pendant le jour par des mitrailleuses Le Commandant de Vignères qu’il conservait par ? à la redoute les éléments qui auraient pu être relevés.
Interrogé sur la situation, le Lieutt Fombard rendait compte que la 1re ligne n’était nullement gênée par l’émission des gaz, mais qu’au moment de son départ les unités du Bataillon Décharry ? n’étaient pas encore arrivées à la redoute dans laquelle il n’avait pu voir que quelques éléments de la 1re Cie. Par contre, entre la redoute 320 et Fleury il avait constaté la présence dans tous les trous d’obus des fractions appartenant aux 1re et 2e Cies et à la CM1.
Les 1re et 2e Cies qui venant de Bois Fleury et la CM1 qui venait de la Poudrière avaient fourni un effort considérable pour monter à Fleury, et les hommes échappaient à l’action des chefs qui subissaient les mêmes atteintes, s’échelonnaient dans tous les trous d’obus.
En arrivant à Fleury l’air devenait irrespirable et le Lieutt Fombard avait fait mettre les masques. Dans Fleury quelques fractions auprès du P.C. du Chef de Bataillon.
La 6e Cie se porte à proximité de la 10e à Bois Fleury où elle arrivait à 3 h 30’. La CM3 prise également par les gaz dès son départ de Verdun arrivait péniblement à la même heure à la Poudrière.
A 3 h 30’, l’émission des gaz cessait mais était remplacée par un pilonnage des plus violents qui devait (durer) jusqu’à 8 heures.
Vers 8 h 30’, le Général Comdt la 260e Brigade apprend que l’ennemi occupe Fleury, appelle les 6e et 10e Cies ainsi que la CM3 et les dirige vers l’Ouest du village. La 6e Cie arrive à temps sur le plateau pour assurer la protection d’une batterie de 75 et pour arrêter tout progrès de l’ennemi qui allait tourner complètement le poste de Commandement. La 10e Cie se place à sa gauche, la CM3 garnissait la ligne. Aucun homme des fractions engagées n’a pu parvenir au Colonel pour lui porter le moindre renseignement : seuls sont les hommes qui tombés épuisés avant d’arriver à Fleury ont été traités soit à Verdun soit au poste de secours.
D’autre part le médecin chef de service a pu constater de nombreux décès parmi ceux qui venaient au poste de secours et même parmi ses brancardiers qui avaient tous une excellente cagoule.
La marche avec le masque est des plus pénibles. Les hommes retrouvaient difficilement leur respiration à travers le tampon et le manque d’air frais au visage amène une congestion rapide. La marche était maintenue très lente et les chefs de section arrêtaient leur fraction tous les cent mètres.
D’autre part l’ascension de Fleury parsemée de trous d’obus est très pénible, les hommes ont donc du fournir un gros effort, qui pour les compagnies du Bataillon Mathieu a du commencer dès la sortie de Verdun.
Le Colonel a pu constater en outre que les chefs de section, à travers les lunettes n’arrivaient pas au milieu de la nuit à percevoir le sol sous leurs pieds ni à reconnaître qui que ce soit. Ils paraissaient aussi éprouvés que leurs hommes.
La fatalité a donc voulu que par suite de l’impossibilité de marcher à la vitesse prévue, le Régiment, au lieu de se trouver échelonné en profondeur, s’est trouvé ramassé au moment de cette terrible attaque, sur un kilomètre de profondeur entre la redoute 320 et le village de Fleury. Les hommes ont été asphyxiés ou écrasés sous le feu des plus violents qui couvraient toute cette superficie.
La première ligne qui n’avait pas été incommodée par les gaz asphyxiants bien commandée par des officiers énergiques qui avaient leurs preuves, a du succomber sous le pilonnage, puis tournée sur la droite et sur la gauche.
Pertes :
Blessés :
Lieutenant Boisdon Daniel
Sous Lieutt Gouyard Louis
Sous Lieutt Gay René
Sous Lieutt Hamot Pierre
Disparus :
Commandant de Lignères Ludovic
Capitaine Ménage André
Capitaine Geisen Louis
Capitaine Thiry René
Capitaine Mirony Pierre
Capitaine Dalger Gaston
Capitaine Caneby Julien
Lieutenant Collin Pierre
Lieutenant Aveline Désiré
Lieutenant Ferranti Ocers
Lieutenant Renault Pierre
Lieutenant Marandet Raymond
Lieutenant Bolard Raymond
Lieutenant Lancelot Louis
Lieutenant Chéron Eugène
Lieutenant Thieret Alexis
Lieutenant Labrude Gaston
S/Lieutenant Nicolas Henri
S/Lieutenant Lacoste Louis
S/Lieutenant Duclos André
S/Lieutenant Dardel Jacques
S/Lieutenant Fenet Georges
S/Lieutenant Brissot Henri
S/Lieutenant Grandjean Emile
S/Lieutenant Achard Marcel
S/Lieutenant Guitard Louis
S/Lieutenant Genin Henri
S/Lieutenant Bellan Henri
S/Lieutenant Savignac Maurice
S/Lieutenant Legrix Jean
S/Lieutenant Horlaville Alphonse
S/Lieutenant Hennequin Francois
S/Lieutenant Féger Emile
S/Lieutenant Delaffre René
S/Lieutenant Fardet Alexandre
S/Lieutenant Vaillant René
S/Lieutenant Jacquey Maurice
S/Lieutenant Trubert Jacques
S/Lieutenant Leroy Pierre
Tues 18 hommes
Blessés 161 hommes
Disparus 1260 hommes
Sources :
Texte : SHD, SGA Mémoire des Hommes
Fiche : SGA Mémoire des Hommes