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L'Estonie a présenté à ses partenaires une proposition chiffrée: une dotation de 4 milliards d'euros fournie par les Etats membres à la Facilité européenne pour la paix (FEP), le fonds utilisé pour les achats et la fourniture d'armements à l'Ukraine. Cette dotation permettrait d'acheter un million d'obus de 155 mm.
Selon Première ministre estonienne Kaja Kallas, le mécanisme serait similaire à celui utilisé pour l'achat de vaccins pendant la pandémie de Covid-19.
"Aucune décision n'est attendue lundi sur cette question", ont cependant prévenu plusieurs diplomates européens, soulignant que de nombreux points restaient encore à débattre.
"C'est un bon point de départ mais la solution qui sera finalement retenue pourrait être très différente", a résumé l'un d'eux.
Le ministre ukrainien de la Défense Dmytro Kuleba participera à la réunion de Bruxelles à l'approche du premier anniversaire de l'invasion de l'Ukraine par la Russie.
"Je suis très favorable à la proposition estonienne de mobiliser l'industrie de défense européenne pour commander, acheter et produire ensemble des munitions", a assuré le président du Conseil européen, Charles Michel, dans un entretien au quotidien français Libération. "Je soumettrai des propositions opérationnelles au Conseil européen du 23 mars", a-t-il ajouté.
En fonction du PIB
La Facilité européenne pour la Paix a déjà débloqué 3,5 milliards d'euros en sept tranches de 500 millions d'euros et les Etats ont accepté de lui accorder une dotation de 2 milliards supplémentaire.
L'argent est utilisé pour rembourser aux Etats la fourniture à l'Ukraine d'armes et de munitions prélevées sur leurs stocks.
Le budget de la FEP est abondé par des contributions des Etats sur la base de leur PIB et les trois principaux contributeurs sont l'Allemagne, la France et l'Italie. Trois pays - Autriche, Irlande et Malte - ne contribuent pas au financement de la fourniture d'armes létales et leurs contributions sont prises en charge par les 24 autres membres de l'UE.
"Il est possible d'augmenter la dotation de la Facilité, si nécessaire", a soutenu vendredi le représentant d'un grand pays de l'UE. Mais il faudra l'accord des 27.
"Depuis le 24 février, début de l'agression russe, l'Union européenne s'est adaptée à la situation, comme l'a montré l'utilisation de la Facilité pour fournir des armes létales, et les achats groupés de gaz. Le pragmatisme a toujours prévalu", a souligné le diplomate.