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Gouvernement communal et institutions
Village pavoisé pour l'inauguration de la mairie en août 1883
En 1846 c'est la révolution à Genève, en 1847, la guerre du Sonderbund, en 1848, la révolution en Europe. Tous ces événements, proches ou lointains de la commune ne semblent pas affecter le bon déroulement de la vie à Chêne-Bougeries. Cependant certains faits auront plus d'influence que d'autres: la constitution fédérale de 1848 qui garantit la liberté de culte, d'association, de presse et d'établissement pour les Confédérés dans tous les cantons contribuera à un vaste brassage de population; en 1850, l'instauration de la monnaie unique; en 1874-1875, l'unification au système métrique; en 1847, une nouvelle constitution pour Genève, qui améliore le statut des communes avec l'élection directe des maires et adjoints par le corps électoral municipal en lieu et place du Conseil d'Etat.
Les communes genevoises sont une création récente. Elles datent de l'occupation
française, qui leur a attribué une autonomie très modeste, sans comparaison avec
celle dont jouissent les communes des autres cantons suisses. Les communes genevoises
ne disposent pas de grandes propriétés communales qui assurent des ressources,
à l’inverse des autres communes suisses. Elles dépendent de l'Etat pour accomplir
les tâches qui leur sont dévolues et sont ainsi sous tutelle du Canton. Avec la
constitution de 1847, les objets d'intérêt général et les fonds d'entretien de
ces derniers sont remis aux communes dans lesquelles ils sont situés: les lieux
de culte, les écoles, les logements des pasteurs et maîtres d'école et autres.
Depuis la création de la commune en 1801, le Conseil municipal avait pour habitude de se réunir chez le maire en exercice. C'est en 1844 que la commune acquiert une maison au centre du village. On y installe la mairie, le hangar des pompes à incendie (qui encombrait la cour du temple), l'école enfantine, l'école de couture et le logement du garde-champêtre.
En 1880, alors qu'on élargit la rue du village pour faciliter le passage du tramway, la reconstruction de la mairie trop exiguë est à l'ordre du jour. Le Conseil municipal vote tout d'abord une proposition visant à construire sur le terrain aux Petites Bougeries. Cette décision est abandonnée face à la forte opposition de la population. A cause d'un endettement trop important, la commune doit se contenter d‘un agrandissement de la Mairie avec le soutien financier de la ville de Genève. En 1883, la mairie agrandie est inaugurée. C'est l'occasion d'une grande fête: cortège officiel, banquet aux Petites Bougeries, tir organisé au pré de la Gradelle, grand bal à la mairie, feu d'artifice et clou incontestable des festivités: l'éclairage électrique entre le temple et les Petites Bougeries.
La commune s'affiche farouchement protestante, même si l'équilibre confessionnel a basculé au catholicisme entre 1850 et 1860. Le pouvoir spirituel siège depuis 1758 au temple et chaque fête paroissiale rassemble toute la population de la commune.
La lutte contre le feu est une des plus glorieuses traditions de Chêne-Bougeries, plus ancienne que le temple ou la commune. La première pompe est acquise en 1736. Ses pompiers sont présents en 1822 lorsque que les flammes ravagent Monnetier, en 1871, lors du grand incendie du quai du Rhône, en 1888 quand les eaux de la Seymaz inondent tout le bas du bourg et les campagnes à proximité. Ils s'engagent "à faire leur service gratuitement, par dévouement pour le bien public, et à se rendre à tous les appels qui concernent le service dont ils sont chargés".
Un point important dans le passage du pouvoir de l'Eglise à celui de l'Etat est l'enseignement primaire. Au début du 19ème siècle, l'enseignement primaire est donné soit par l'Eglise, soit par des écoles privées. La Compagnie des pasteurs est chargée d'établir et d'administrer les écoles. Après la révolution radicale, la Constitution de 1847 déclare gratuit l'enseignement primaire. Il ne devient obligatoire qu'en 1872 car nombreux sont ceux qui voient une atteinte à l'autorité paternelle et aux "principes de liberté individuelle et des mœurs". En 1829, Chêne-Bougeries construit sa première petite école à l'entrée du chemin De-la-Montagne. En 1850, le département de l'instruction publique interdit l'enseignement religieux dans l'école communale. En 1891 l'école de Grange-Canal, jusqu’alors école paroissiale, devient communale. Dès 1893, la population a tant augmenté, que le besoin d'une nouvelle école se fait ressentir. En 1895, l'école sur la route de Chêne est inaugurée. A Grange-Canal, le bâtiment scolaire est reconstruit en 1897. En 1912, l'école de Conches vient répondre à une demande croissante en raison de l'urbanisation de la commune et de l’accueil des orphelins de deux institutions situées sur la commune.