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Adoptée lors de l’Assemblée Annuelle Extraordinaire de la JS Suisse du 31 août 2019 à Trimbach.
La forêt amazonienne, qui produit environ 20% de l'oxygène mondial et qui est donc considérée comme le « poumon du monde », brûle depuis des semaines. Dans de nombreux cas, ces incendies dévastateurs ont été déclenchés par des déforestations illégales et des brûlis. L'objectif est de créer de l'espace pour des exploitations bovines de plus en plus grandes et davantage de surfaces cultivables pour l'agriculture à grande échelle, en particulier pour le soja, destiné à être ensuite utilisé pour l'élevage bovin en Europe.
Ces incendies libèrent de grandes quantités de CO2. Mais ce qui est encore plus menaçant, c'est le risque que la déforestation dépasse un point critique de basculement et que la circulation de l'eau dans la forêt tropicale s'arrête. Dans le nord-est du Brésil, les sécheresses se sont répétées ces dernières années. Le déclencheur réside dans le manque de pluie, dû notamment à la diminution de la superficie forestière dont la conséquence fut que la formation de nuages a diminué massivement[1].
Depuis l'investiture du président d'extrême-droite du Brésil, Jair Bolsonaro, le 1er janvier 2019, la déforestation illégale a considérablement augmenté : en juillet 2019, la déforestation du bassin amazonien a ainsi augmenté de 278% par rapport à l'année précédente[2]. Dans ce contexte, l'accord de libre-échange entre la Suisse et les pays du Mercosur, dont le Brésil, l'Argentine, l'Uruguay ou encore le Paraguay font partie, est une véritable farce. L'accord, négocié sur une période de deux ans, permet l'échange de marchandises entre pays sans droits de douane – un peu comme l'accord de libre-échange tout aussi dangereux avec l'Indonésie[3]. Selon toute vraisemblance, l'accord avec le Mercosur entraînera une augmentation massive des importations de viande et de fourrages en provenance d'Amérique du Sud – et donc une augmentation de la déforestation, des brûlis et des monocultures nocives.
Cependant, non seulement les normes écologiques mais aussi les normes sociales sont piétinées dans le Brésil de Bolsonaro : un projet de loi est actuellement en cours de discussion, qui permet l'extraction de ressources sur le territoire autochtone – même en cas de résistance des personnes concernées[4]. En outre, l'exploitation du bassin amazonien sert de soupape sociale, car elle fournit de nouvelles perspectives de travail à une population jeune et en manque d'emplois qu'elle ne trouve pas dans les villes[5]. La lutte pour la préservation de la forêt tropicale est donc inextricablement liée à la lutte pour un travail significatif et durable pour les 99%.
Face à la menace d'une catastrophe climatique et à l'affaiblissement systématique des droits des populations indigènes, la JS Suisse demande que les mesures suivantes soient prises :
• La non-signature de l'accord avec le Mercosur ;
• La promotion de la production alimentaire locale et régionale afin d'éviter des transports de longue distance ;
• La réduction des importations de fourrages dans le but « Feed no food to animals » ;
• Renforcer les droits de propriété autochtones – au Brésil et dans le monde entier ;
• Une « transition juste » pour tous-te-s les travailleurs/ses agricoles ;
• Un bon travail pour tout le monde.
Si l'accord avec le Mercosur est signé par la Suisse, la JS Suisse soutiendra le référendum contre l'accord.
[1] https://www.n-tv.de/wissen/Amazonas-Wald-droht-Kollaps-durch-Braende-article21231150.html
[2] https://www.republik.ch/2019/08/22/wir-werden-den-amazonas-ausbeuten-er-gehoert-uns
[3] https://www.regenwald.org/news/9268/freihandelsabkommen-schweiz-indonesien-palmoel-bleibt-drin
[4] https://www.dw.com/de/legaler-raubbau-auf-land-von-indigenen/a-50120132
[5] https://www.republik.ch/2019/08/22/wir-werden-den-amazonas-ausbeuten-er-gehoert-uns