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Le Traité de Lausanne en 10 dates
Dernier des grands traités de l’après Première Guerre Mondiale, le Traité de Paix dit de Lausanne est signé au Palais de Rumine le 24 juillet 1923.
Il aura fallu deux cycles de négociations intenses entre le 20 novembre 1922 et le 4 février 1923 puis entre le 23 avril 1923 et le 24 juillet 1923 pour que la Conférence de Lausanne sur les affaires du Proche-Orient aboutisse à la signature d’un traité. Ce Traité s'inscrit également dans un contexte complexe, synthétisé ici en 10 dates clés pour en saisir les enjeux.
Entrée de l’Empire ottoman dans la Première Guerre mondiale
L’Empire ottoman est allié aux Empires centraux (Empire allemand, Autriche-Hongrie et Royaume de Bulgarie).
Armistice de Moudros
Vaincu, l’Empire ottoman signe un armistice avec les Britanniques représentant les Alliés. Cet armistice précède de peu celui du 11 novembre 1918 mettant fin aux combats de la Première Guerre mondiale.
Traité de Sèvres
L’Empire ottoman se voit très sévèrement sanctionné par les puissances alliées. L’Empire est dépecé. Les provinces arabes sont mises sous tutelle britannique (Palestine, Transjordanie, Irak) et française (Liban, Syrie). La Thrace orientale, à l’exception de Constantinople, est cédée à la Grèce. La Turquie perd une partie de ses territoires en Anatolie, certains sont rattachés à la République d’Arménie sous réserve d’un arbitrage par le président américain W. Wilson et d’autres cédés aux Kurdes qui obtiennent – sur le papier – un territoire autonome dont les dispositions apparaissent difficilement applicables dans le contexte de 1920.
Armistice de Mudanya
La guerre d’Indépendance turque, menée pendant près de trois ans par les troupes de Mustafa Kemal s’achève sur plusieurs victoires contre les peuples grec et arménien. Ce changement de rapport de force contraint les Alliés à négocier un nouveau Traité de paix pour remplacer le Traité de Sèvres - jamais ratifié et devenu caduc - ce qui conduit à l’organisation de la Conférence de Lausanne.
Abolition du Sultanat
L’humiliation subie à la signature du Traité de Sèvres fait perdre ses derniers soutiens au sultan Mehmed VI. Renforcé par les victoires de la guerre d’indépendance, la Grande Assemblée nationale vote l’abolition du sultanat le 1er novembre 1922, ce qui marque la fin de l’Empire ottoman. Le sultan quitte le pays quelques jours plus tard et le gouvernement du mouvement national turc de Mustafa Kemal devient le seul à gouverner le pays.
Cérémonie d’ouverture de la Conférence de Lausanne au Casino de Montbenon
Cette réunion officielle rassemble les délégations de l’Empire britannique, de la France, de la Grèce, de l’Italie, du Japon, de la Roumanie et du Royaume des Serbes, Croates et Slovènes face à celles de la Turquie. Sont également présent·e·s, avec le statut d’observateurs·rices des diplomates des États-Unis, de la Russie et de la Bulgarie ou encore du Vatican. La Turquie s’y présente en vainqueur. L’ambition de cette Conférence est de négocier un nouveau Traité de Paix, à la suite du changement de rapport de force obtenu par les victoires militaires de Mustafa Kemal.
Début de la seconde partie de la Conférence de Lausanne
Après une interruption intervenue le 4 février 1923, les négociations entament une nouvelle phase. Les délégations française, turque et japonaise reprennent leurs quartiers au Lausanne Palace. Les délégations anglaise, italienne et américaine se réinstallent au Beau-Rivage Palace, les délégations bulgares et yougoslaves sont au Savoy (qui deviendra plus tard le Royal-Savoy) alors que la délégation grecque est installée à l’Hôtel Alexandra à l’avenue de Rumine (palace qui sera démoli en 1976).
Signature du Traité de Lausanne dans l'aula du Palais de Rumine.
Dernier traité résultant de la Première Guerre mondiale, il met fin au conflit entre l'Empire ottoman et les Puissances alliées et fixe les frontières de la Turquie moderne (à l'exception du Sandjak d'Alexandrette). Cette dernière récupère une pleine souveraineté sur Constantinople et son arrière-pays européen ainsi que sur la côte orientale de la mer Égée. Le projet de «territoire autonome des Kurdes» est supprimé. L’Arménie, satellisée par l’URSS, avait déjà vu son territoire réduit à la portion congrue et son sort scellé avant la Conférence de Lausanne. Une convention spécifique signée le 30 janvier 1923 définit les déplacements de populations entre la Grèce et la Turquie.
Proclamation de la République de Turquie
L'Assemblée nationale turque réunie à Ankara proclame la République turque et consacre la mort de l'Empire ottoman. Mustafa Kemal, dit le «Gazhi» (le vainqueur), en devient le premier président. La capitale est établie à Ankara, petite ville d’Anatolie, marquant la rupture avec l’Empire ottoman et sa capitale Constantinople.
Abolition du Califat
Sur proposition de Mustafa Kemal, les députés turcs votent l’abolition du Califat, en place depuis quatorze siècles. La Turquie devient le premier état laïc du monde musulman, l’islam conservant néanmoins un statut de religion d’État, jusqu'en 1928, date à laquelle un amendement à la Constitution abolit ce statut.
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