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Des équipes médicales américaine et sud-coréenne viennent d'annoncer avoir découvert une souche du VIH jusqu'à présent inconnue ou méconnue qui pourrait exiger la création de nouveaux traitements et de vaccins spécifiques. Les spécialistes craignent que cette nouvelle mutation du virus ait déjà fait l'objet d'une diffusion internationale. «Une sous-structure du VIH a été trouvée dans le sang d'une femme de 33 ans, décédée du sida en 1997», a annoncé Choi Kang-Won, directeur d'une équipe de chercheurs de l'hôpital de l'Université nationale de Séoul. La femme, une prostituée qui opérait dans le port du sud de Pusan, a pu propager le nouveau virus à d'autres Sud-Coréens, a-t-il ajouté.
Ce nouveau virus a été découvert simultanément aux Etats-Unis, par une équipe médicale de l'Université d'Alabama qui effectuait des tests sur le sang d'un patient atteint du sida décédé à Chypre en 1998. «Les virus de la patiente sud-coréenne et du patient chypriote ont la même structure génétique», a expliqué M. Choi à l'Agence France-Presse en précisant que celle-ci était «totalement différente» des formes connues du VIH. «Les équipes de chercheurs américains et sud-coréens feront prochainement une déclaration conjointe de leur découverte» a assuré M. Choi. «Il ne s'agit pas d'une mutation du virus existant et nous pensons que ce nouveau virus vient d'Afrique».
D'autre part, les NIH américains ont défini de nouvelles directives pour traiter l'infection par le VIH, directives qui prévoient notamment de commencer la thérapie plus tardivement dans l'évolution de l'infection. Selon ces recommandations, publiées en marge de la Conférence annuelle sur les rétrovirus qui se tient à Chicago, le traitement ne devrait pas débuter avant que le nombre de lymphocytes CD4 ne descende dans le sang à moins de 350/mm3 alors qu'auparavant, il était conseillé de débuter la thérapie au taux de 500/mm3. Mais, toujours selon les NIH, pour les patients infectés dont le taux de lymphocytes CD4 est supérieur à 350/mm3, le traitement doit être envisagé si le taux de VIH dans le plasma est de 30 000 copies/ml avec les tests d'ADN (alors que, précédemment, la limite était de 10 000 copies). Ces directives «prennent en compte que nous ne possédons pas encore les données dont nous avons besoin pour faire des recommandations définitives sur le meilleur moment pour commencer le traitement», a souligné l'un des auteurs du rapport, le Dr John Bartlett, de l'Université Johns Hopkins à Baltimore (Maryland). Souples, elles «encouragent une approche individualisée» pour engager la thérapie tout en «tentant de fournir une orientation», a-t-il ajouté.
Ces nouvelles directives incorporent d'autre part deux nouveaux traitements «fortement recommandés» : l'inhibiteur de protéase Kaletra (formule rassemblant le ritonavir et le lopinavir) et la combinaison ritonavir-indinavir. Enfin, ce rapport consacre un chapitre important au suivi du traitement, le Dr Bartlett rappelant qu'une «assiduité extraordinaire aux médicaments antiviraux est nécessaire pour maintenir le contrôle de la réplication du VIH». Toutes ces directives peuvent être obtenues sur le site www.hivatis.org.