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Au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, le réacteur s’imposa rapidement comme le futur incontournable du moteur à hélice. En 1945, quelques Messerschmitt 109 à l’avenir très incertain et plusieurs escadrilles de Morane bricolés complètement dépassés ne constituaient plus une force aérienne crédible. La vitesse des avions de chasse avait doublé entre 1939 et 1949. Le manque d’intercepteurs efficaces pendant la guerre avait vu le ciel suisse transformé en carrefour pour belligérants. Il était donc probable qu’une invasion de blindés puisse être facilement protégée par des appareils ennemis. (Présentation et formulaire de commande ci-dessous)
A l’instar de nombreuse nations, la Suisse chercha à développer une aviation indigène. Dès le début du 20e siècle, quelques constructeurs suisses (Dufaux, Wild, Häfeli, Comte) s’étaient lancés dans la réalisation de prototypes avec plus ou moins de succès. En 1945, les défis étaient devenus bien plus complexes. La Fabrique Fédérale d’Avions à Emmen (F+W Emmen) développa un chasseur delta, le N-20. Les Ateliers FFA d’Altenrhein étudièrent l’avion d’assaut P-16. Afin de valider le concept du N-20, très en avance sur son époque, F+W Emmen construisit d’abord un planeur, puis une version motorisée, le N-20 Arbalète. Après essais de l’Arbalète fut réalisé le N-20.10 Aiguillon, un quadriréacteur à l’aérodynamique avancée. Le projet fut brutalement abandonné en 1953 pour des questions de dépassement de budget.
A la même époque, les FFA développaient leur P-16. Cet avion promis à un bel avenir s’abîma dans le lac de Constance en 1955, provoquant un retard de programme. Les prototypes suivants furent testés avec succès par les Troupes d’Aviation. Les Chambres Fédérales décidèrent en 1958 de commander 100 P-16. C’est alors qu’un deuxième prototype plongea lui aussi dans le même lac, entraînant l’annulation de la commande de 100 P-16.
La politique s’en mêla : l’armée utilisait déjà les Vampire et Venom anglais, pourquoi ne pas acheter le Hunter ? Les propositions américaines, intéressantes, étaient soit trop chères soit inadaptées au contexte suisse. Le Hunter, lui, était un avion éprouvé, qui ne plongeait pas inopinément dans les lacs. Le P-16 n’en était qu’au stade du développement et avait tout juste prouvé sa robustesse et son excellence en tant que plate-forme de tir. Le Hunter pouvait intercepter d’autres avions, le P-16 était juste bon à taper sur des troupes au sol.
Devenu un sujet politique sensible, le P-16 fut définitivement abandonné au profit du Hunter. Mais dans l’intervalle, William Lear avait repris le dessin de l’aile du P-16 pour l’adapter à un projet américano-suisse, le SAAC-23 Lear Jet. Cet avion fut développé avec succès aux Etats-Unis. Dans les années 1980, les bouleversements technologiques (notamment avec l’arrivée des commandes de vol électriques) permirent à l’ALR, un groupe d’ingénieurs, de techniciens et de pilotes, de proposer un concept de chasseur multirôle léger et bon marché : le Piranha. Cet avion ressemble beaucoup au SAAB JAS39 Gripen suédois et au LCA Tejas indien. Aucun de ces avions créés en Suisse n’a été produit en série, à l’exception du Lear Jet.
Lire la critique du livre, sur l’excellent site aéostories :http://www.aerostories.org/~aerobiblio/article3437.html

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