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Le nageur américain a remporté son premier titre olympique individuel jeudi, en gagnant le 100 mètres libre. Pour arriver à ce niveau, il a une astuce: écrire.
Caeleb Dressel est devenu jeudi matin champion olympique pour la première fois de sa carrière en individuel. A Tokyo, l'Américain de 24 ans a remporté le 100 mètres libre, la discipline reine de la natation. Une victoire en 47 secondes et 2 centièmes, synonyme de record olympique dans l'épreuve et de quatrième meilleure performance de l'Histoire.
Des histoires, le nouveau médaillé d'or aime en écrire. Chaque soir. Pour s'épanouir en tant qu'athlète, mais aussi en tant qu'homme.
Le quotidien sportif français L'Equipe révèle que l'Américain tient trois journaux intimes. Il les remplit tous les soirs avant d'aller se coucher. L'idée est venue de son entraîneur au lycée de Jacksonville (Floride).
Dès ses 14 ans, Caeleb Dressel a commencé à rédiger dans son «swim journal», une sorte de carnet de route où il prend des notes relatives à tous ses entraînements dans le bassin et aux compétitions: les distances parcourues, les séries précises, contre qui il a nagé ou encore qui il a battu. A chaque nouvelle saison, il entame un nouveau carnet, auquel il donne un titre différent.
Ces lignes permettent au champion de travailler aussi sur son mental: «Je m'évalue par rapport à ce que j'ai fait auparavant, je détaille (...) si je me suis énervé contre mon entraîneur Gregg Troy ou si Troy s'est énervé contre moi (...) Je tourne la page et je passe à autre chose. Surtout, j'essaie de ne pas trop me focaliser sur les choses négatives.»
La dimension psychologique de ses écrits est encore plus marquée dans les deux autres types de journaux qu'alimente Caeleb Dressel: un carnet, le «life journal», où il (se) raconte son existence hors bassin, et un recueil de citations. Le premier fonctionne comme une soupape émotionnelle: «J'écris beaucoup de choses négatives, toutes les pensées anxieuses que j'ai eues. Mais aussi ce que j'ai fait ce jour-là, avec qui, si j'ai passé un bon moment. Il y a évidemment des choses positives aussi.»
Derrière cette démarche, il y a toujours la volonté de progresser, comme l'Américain l'explique:
Quant aux citations, le nageur essaie d'en trouver d'inspirantes partout où c'est possible: livres, panneaux d'affichage, mais encore graffitis dans la rue. «Elles m'accompagnent dans mon parcours, ce sont un peu des points de repère. L'idée, ça n'est pas de les apprendre par coeur et de les réciter. Juste de savoir qu'elles sont là et qu'à un moment précis, elles peuvent me servir pour comprendre des choses ou relativiser.»
Contrairement à certains sportifs de premier plan, Caeleb Dressel n'a pas l'intention d'utiliser toutes ses notes pour en faire une autobiographie. Personne, à part lui, n'a le droit de les lire. C'est pourquoi le médaillé d'or de Tokyo a rangé tous ses calepins sous son lit.
Seule sa chérie pourrait être amenée un jour à se plonger dans ses écrits. «J'ai dit à Meghan: "Si je meurs, tu peux tout à fait les lire pour avoir une idée de comment je travaillais, comment je fonctionnais, et des choses que j'avais en tête jour après jour."»
On est quand même très curieux de savoir quels mots écrira Caeleb Dressel ce jeudi 29 juillet 2021 pour se souvenir de son premier sacre olympique, la plus belle victoire de sa carrière pour l'instant.