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DUBOIS, Magali, Des chanoines de Saint-Maurice en Algérie. L'orphelinat de Mdjez-Amar (1854-1857)
En avril 1855, une partie du chapitre de l'abbaye de Saint-Maurice s'installa en Algérie, dans la province de Constantine afin de reprendre la tête de l'orphelinat de Mdjez-Amar. Le titre de concession accordé par napoléon III mettait l'abbé de Saint-Maurice en possession de plusieurs centaines d'hectares cultivables, à charge pour ce dernier de les faire prospérer et de parvenir à une autosubsistance. Néanmoins, confrontés à de nombreuses difficultés, les chanoines ne surent faire face et les ressources commencèrent rapidement à manquer. En 1856 déjà, l'abandon de l'orphelinat fut décidé par le chapitre de l'abbaye. Il est intéressant de tenter de comprendre les raisons de cet échec et de mieux cerner pourquoi les chanoines ont aussi rapidement abandonné leur entreprise. Depuis la conquête d'Alger en juillet 1830, la colonisation française de l'Algérie progresse rapidement à mesure que la pacification se généralise. Cette pacification s'acheva avec l'expédition de Randon en Grande Kabylie en 1857. C'est donc dans un contexte général encore très confus que les chanoines ont dû gérer leur établissement. En effet, au-delà d'une colonisation agricole du pays, l'Eglise catholique, menée par Pie IX favorisait également l'établissement de nombreuses congrégations dans les trois provinces de l'Algérie, relayant ainsi l'œuvre colonisatrice française. Pourtant, l'Algérie, objet de nombreux enjeux, peinait encore dans la seconde moitié du XIXe siècle, à trouver un équilibre stable en matière de colonisation. L'orphelinat de Mdjez-Amar est un sujet idéal pour observer les tensions et les liens qui se tissèrent entre colonisation, missions et résistances locales.