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Déjà dans l’Antiquité avec Platon et Aristote au Moyen Âge, et puis vers le milieu du XVIIIème siècle, en Angleterre, puis en Allemagne et plus tardivement en France, que s’organise une véritable critique comparée des deux sciences (langage et musique), dégagée de l’esthétique générale qui prévalait jusqu’alors. Plus on sépare musique et langue et plus il devient problématique et difficile de comprendre leur association. Marquée par le romantisme allemand qui place la musique au sommet des arts, la réflexion esthétique, au XIXème siècle, fait de la musique le paradigme idéal des arts. Au XXème siècle, la réflexion sur les relations entre langue et musique est notamment marquée par les travaux de l’esthéticien Étienne Souriau, ainsi que ceux des comparatistes Calvin S. Brown et Steven Paul Scher. Avec le livre marquant de Brown (1948), les recherches musico-littéraires passent ainsi du domaine de l’esthétique comparée à celui de la littérature comparée, pour s’y développer durant toute la seconde moitié du siècle. Dans la recherche allemande, les monographies musicologiques consacrées au « Wort-Ton Verhältnise » dans la musique vocale pour divers compositeurs, se sont multipliées ces dernières années, mais sans que soit généralement développée une réflexion véritablement approfondie sur les fondements linguistiques de la collaboration du verbe et de la musique.
Essence de la communication interpersonnelle, le langage est défini comme un code permettant l’expression de la pensée et capable de traiter des représentations mentales. Ces codes pourvus de signifiants offrent des représentations symboliques collectives. Ils sont le moyen de mettre en « forme » notre pensée sous leurs aspects signifiants et sémantiques. La musique, elle, est une forme d’expression non verbale qui lui confère toute sa subjectivité. Les codes sémantiques quelle peut suggérer ne sont pas en adéquation avec la pensée concrète et ne peuvent donc pas s’identifier à un langage au sens de la langue de communication. Malgré tout ce langage non verbal subjectif n’est pas anodin dans sa forme et transmet des codes en fonction des appropriations que l’on peut en faire. Le langage est un système de signes identifiés permettant une communication entre une ou plusieurs entités. Chez l’homme, c’est la capacité observée d’exprimer une pensée et de communiquer au moyen d’un système de signes par un support extérieur ou non.
Dans la mesure où ils sont une formalisation des compétences psychologiques, les systèmes grammaticaux doivent aussi trouver leur équivalent dans le fonctionnement interne du cerveau, ce qui signifie que les compétences correspondent à des systèmes neuronaux définis et indépendants les uns des autres. Pour la musique, là encore, diverses hypothèses ont été développées, dont celles portant sur les systèmes neuronaux modulaires. L’une des hypothèses les plus fortes, et donc les plus contraignantes des théories génératives, que ce soit en linguistique ou en musique, est bien celle de l’innéité des compétences. L’un des arguments en faveur de cette innéité est que le langage, comme la musique, sont des activités spécifiquement humaines qu’on ne retrouve pas dans le monde animal.
Les composantes du langage sont:
-les phonèmes : le son dont l’enchaînement forme des morphèmes
-les morphèmes : l’unité minimale dont la combinaison est le sens qui crée le mot
-la syntaxe ou grammaire : l’arrangement des mots et des phrases avec des règles précises
-la prosodie : mots et phrases susceptible de modification des sens littérals
-le discours : narration, forme de phrase
Les circuits neuronaux essentiels au son sont situés dans les régions temporales supérieures, qui reçoivent les premières l’information provenant des oreilles et du corps vibratoire. La plupart des réseaux impliqués dans l’analyse du son musical y côtoient les réseaux du langage. Cette proximité entre réseaux du son et réseaux du langage explique que souvent un accident cérébral perturbe non pas une seule de ces sphères d’activité, mais les deux. Anatomiquement, musique et langage sont séparés. Mais alors que le langage est attribué pour l’essentiel aux réseaux de l’hémisphère cérébral gauche, la musique serait distribuée dans les deux hémisphères du cerveau. Cette distribution n’est cependant pas symétrique: l’essentiel de ce qui touche aux variations de hauteur (la courbe mélodique) se logerait dans les hémisphères ; le sens du rythme se trouverait ailleurs. Ce qui est bien établi, en tout cas, c’est que, dans le cerveau, certains réseaux neuronaux sont exclusivement dédiés au traitement de la musique. N’est-ce point étrange? Pourquoi le cerveau humain s’est-il équipé d’une machinerie hautement spécialisée et sophistiquée pour s’occuper d’une simple activité ludique comme le son?
La musicalité existe depuis la préhistoire, elle est à la fois forme d’expression humaine individuelle (notamment l’expression des sentiments), source de rassemblement collectif et de plaisir (fête, chant, danse) et symbole d’une communauté ou d’une nation (hymne national, style musical officiel, musique religieuse, musique militaire). On a découvert récemment que l’homme de Néanderthal jouait sans doute d’une sorte de la flûte ; il y a de cela 82 000 ans.
De récentes études scientifiques réalisées par la psychologie évolutionniste, l’ethno-physiologie et la psychologie du développement psycho-affectif de l’enfant (Zetter, 2000) confirme notre position. Ainsi, le docteur en neurologie, Clara James démontre comment le cerveau humain peut être développé par l’apprentissage de la musique à un jeune âge ou à l’âge adulte. Dans sa thèse « Musical minds: experience induced changes in music processing revealed by electrical neuroimaging and behavioural approaches », nous observons des différences saillantes dans les réponses comportementales et électroencéphalographiques, en fonction de l’expérience musicale à tous les niveaux d’analyse, mettant ainsi en évidence, grâce à des statistiques, les sources d’activités cérébrales spécifiques chez les musiciens dans les aires temporales médiales droites, insulaires frontales et pariétales.
Selon Dr. Clara James, la ligne rouge montre l’activation de la réaction chez les experts, c’est- à- dire musiciens ou humains avec une éducation musicale, et la ligne noire représente les humains sans aucune éducation musicale. Ceci nous laisse croire que le cerveau du musicien expert capte l’anormalité naturellement et plus simplement.
Une recherche, qui s’inscrit dans le vaste champ des études musico-plurilinguistique, se concentre donc sur un objet extrêmement technique, permettant de rester au plus près des deux domaines (linguistiques et musicaux). Dans une perspective résolument interdisciplinaire, sont convoquées à la fois la linguistique, la métrique, et la musicologie sous son double aspect analytique et historique. Mais plus encore qu’interdisciplinaire, ce travail se veut comparatiste. Comparer, c’est non seulement faire apparaître des similitudes et des différences, mais, de façon beaucoup plus dynamique, mettre en relation, c’est-à-dire en tension, afin d’en faire surgir des spécificités. Or, il s’agit bien, en effet, de faire jouer, l’une par rapport à l’autre, deux formes d’expression (musique et littérature, à la fois art et langage), mais aussi des langues, tant par le choix d’un corpus que par l’étude des processus de traduction des paroles– il s’agit donc bien, au sein même d’un corpus musico-plurilinguistique donné, de confronter plusieurs lectures musicales d’un même texte, avec le souci de ne pas se contenter de jugements normatifs, mais de mettre au jour la pluralité des choix de lecture.
Entre le corps et son environnement, les deux hémisphères cérébraux coordonnent notre expression linguistique. Cette production diffusée à l’extérieur du corps, assure à la fois la compréhension et l’expression du langage. Les centres de langage et leur traitement des acquisitions ont été localisés dans les hémisphères. La complexité des mécanismes linguistiques sont très peu connus malgré la recherche neurologique de ses dernières années. Leur architecture et leur interaction semblent même dépendre de processus cognitifs encore plus fondamentaux (Jacoby&al., 1989; Tiberghien, 1984). Certains de ces processus seraient automatiques, non conscient et indépendant du contexte. Certains déterminent le stockage et la réactivation de nos «connaissances», quelles soient sémantiques ou procédurales. Le sentiment de «familiarité» est l’état de conscience qui leur serait associé (Tulving&al., 1996). D’autres processus seraient sous contrôle intentionnel, conscient et dépendant du contexte, déterminant le stockage et la réactivation de nos «souvenirs» épisodiques proprement dits. Le sentiment de «récollection» est l’état de conscience qui leur serait associé (Jacoby&al., 1993; Rugg&Wilding, 2000). De nombreuses recherches comportementales et des études en neuroimagerie, réalisés sur des sujets saints et sur des patients présentant des lésions cérébrales, confirment la plausibilité de cette conception théorique générale de la mémoire humaine.
Les neurosciences cognitives et de la neuropsychologie s’intéressent à la relation entre les performances cognitives et du cerveau en cognition dans un sens plus large des fonctions telles que le langage, la mémoire, le calcul et les compétences complexes et des mécanismes pour contrôler les émotions et le comportement peut être compris. L’objectif scientifique principal de notre groupe est d’explorer les processus de traitement des nombres et du calcul, la prise de décision dans les maladies neurologiques, et les bases du traitement du langage.
Le para-sensitif : la vue, l’ouïe, le gout, le cortex olfactif, l’oreille et leurs cellules sont indissociables. Apprendre à écouter est un travail actif. Cet apprentissage permettant à l’auditeur d’augmenter sa mémoire et sa capacité d’attention. Quand on auditionne, le cerveau enregistre automatiquement et volontairement car il y a un intérêt pour le sujet qui s’installe. La mémorisation est très importante dans la musico-plurilinguistique. Car la ligne mélodique guide le texte associé au rythme et donne le sens linguistique.
Stimulation des neurones
Conscient que notre cerveau enregistre involontairement des perceptions, nous utilisons notre intelligence auditive pour transmettre à notre mémoire ce qui peut être constructif. Notre oreille est très fiable et se trompe peu, sauf à la limite neurologique. Le cerveau humain peut être considéré comme un ordinateur géant, si ce n’est pas mieux. Cette capacité d’enregistrer à une grande vitesse une mélodie entourée de son rythme immédiatement et le fait de pouvoir acquérir une grande quantité d’informations et leurs donner un sens adéquat et particulier à travers la musique est lié à la nature homéostatique du cerveau humain. La structure musicale est présente dans le cerveau plus profondément que les paroles, qui ne peuvent être retenues immédiatement. L’homme est né pour faire évoluer son cerveau. Il a besoin de stimulations pour la mise en place des neurones en réseaux. Notre cerveau tris-unique a une grande efficacité pour le traitement du langage grâce à l’innéité du langage. Le développement d’une langue est spontané. C’est une réponse à une motivation ou à une stimulation. L’homme est fait pour parler un langage syntaxique.
Les mécanismes linguistiques cérébraux peuvent être préservés par l’intégration et l’ouverture au monde extérieur. Les mécanismes de la plasticité renforcent les connections entre les synapses et les neurones. Les récentes découvertes montrent que des nouveaux neurones peuvent se former dans le cerveau d’un adulte (on peut parler de neurogenèse) dans les réseaux existants formant ainsi des nouvelles connexions.
La neuro-assimilation du «son» linguistique se réalise par des canaux métaphoriques-analogiques par le moyen idéal : la musique. La répétition phonétique musicale est utilisée pour reconstruire l’architecture d’une langue étrangère de façon précise et fidèle, maximisant ainsi son enregistrement dans la mémoire implicite.
RHH, créateur de la musico-plurilinguistique après des années d’études et de recherches, a découvert que le son musical est un agent qui contribue à la consolidation de la compréhension sémantique des connaissances acquises et leur assimilation dans la mémoire. Il a démontré, grâce à son travail de recherche, que l’architecture de la musique littéraire psycho-sémantique favorise un apprentissage complet, intégral et structuré. Ce processus musico-plurilinguistique est véhiculé par les voies sensorielles figuratives du système sous-cortical émotionnel (système limbique, amygdale, hippocampus) et raffiné au moyen du cortex droit, où l’hémisphère droit joue un rôle substantiel (cf.Milner, 1974, spécialisation hémisphérique, Emotional Brain, Joseph LeDoux, University of New York, 1996).
Les observations intenses et profondes sur le fonctionnement du cerveau concernant la complexité des mécanismes linguistiques et le son ont amenées RHH à faire des recherches sur ce phénomène. Les avances de l’exploration de l’esprit par la tomographie et par l’émission des positrons (TEP), attestent qu’il y a des centres cérébraux communs entre la musique et le langage. Appellant à des amis scientifiques, médecins, pédagogues, psychologues, sophrologues Prof. RHH a partagé ses observations, en prenant conscience de leur complexité et nécessité de la résoudre psychologiquement.
La culture vocale au service de l’expression linguistique mène aux recherches sur des relations musique- langage nous indiquant que la musique et le langage doivent être considérés comme une constellation. Dans plusieurs cas les liens ne sont pas évidents à première vue. Ces liens sont bien ancrés et beaucoup plus importants que la plupart de scientifiques le croyaient. Avec une intense attention, les ressemblances et les différences ont été minutieusement observées. Les autres recherches concernent la rythmique que les humains enregistrent comme un signal auditif. Il existe des capacités, ou «compétences» spécifiques au langage d’une part, à la musique d’autre part ces compétences pouvant être décrites dans leur fonctionnement sous forme de «grammaires», c’est-à-dire de systèmes capables de «générer» des séquences linguistiques ou musicales, indépendamment de tout apprentissage. Les compétences musicales constituent un ensemble original d’aptitudes ou de capacités innées dont le bon fonctionnement ne dépend que très peu des conditions particulières d’exercice concret au cours de l’enfance puis de la vie adulte.
Le chant à travers l’histoire humaine reflète l’état d’âme poétique et philosophique et correspond aussi à une logique linguistique et rythmique, mettant en relief la linguistique par sa respiration. Cette même logique produit le fait que, dans toutes les langues et dialectes, on chante. Le chant poétique a pour vertu incomparable de mettre en relief le langage poétique et les valeurs des syllabes syntaxiques. La pratique du chant-diction et l’expression théâtrale mettent en évidence la voix et ses limites. Avec l’audiovisuel tout chanteur ou artiste devient un acteur devant les caméras, car il doit adopter son comportement corporel à sa production artistique. Cependant, l’efficacité vocale est l’atout majeur de tout style confondu.
La pensée humaine est exprimée par des «règles de base» qui constituent une grammaire «noyau» commune à toutes les langues d’une part, commune à tous les systèmes musicaux d’autre part. Ces règles de base produisent les séquences types ou les «formes» que l’on retrouverait partout, dans toutes les cultures. En ce qui a trait à la musique, la confrontation des diverses grammaires musicales doit peu à peu permettre de mieux cerner ce que sont ces « formes élémentaires » universelles que l’on retrouverait dans toutes les cultures musicales, formes universelles qui ne devraient donc leur structure qu’aux systèmes psychologiques qui les ont produites et dont, par hypothèse, on pose qu’ils sont communs à tous les êtres humains. Comparaison de la musique avec du langage nous fournissent de forts moyens pour étudier les mécanismes que notre cerveau utilise pour donner un sens au son.
Les études musico- plurilinguistiques suggèrent les voies qui permettent de tracer la ligne entre la science et l’esprit humain. Elles sont un domaine dans lequel les études scientifiques et humaines sont très liées et difficilement séparables. Leur interaction donne naissance à plein de nouvelles idées et découvertes. Cette étude qui unit le savoir scientifique et humain est très singulière. C’est la recherche sur ce nœud subtil qui a un intérêt futur.
Les relations entre langues et musique sont déjà entreprises depuis plus d’un siècle, et développées par de grands savants universitaires : « processing, prosofic and musical patterns », « Processing syntactic in relations in language and music », « Is music autonomous from language ? A neuropsychological appraisal. In : Perception and Cognition of Music », etc (voir bibliographie ISM p. 26-27). En 2004, le psychologue péruvien d’origine italienne, le regretté Me Alfredo Biella-Bianchi, licencié de l’Université de Genève et de Lima (Pérou), et collaborateur scientifique de l’Université de Bourgogne, France, a fait une première analyse dans notre Institut.
L’étude des relations entre l’expression vocale et musicale relève institutionnellement de plusieurs disciplines : littérature comparée, musicologie, esthétique, linguistique, métrique, mélodique, harmonie, musico-mathématique, rythmique. Les relations elles-mêmes sont très anciennes et peuvent être décrites comme une progression : de l’Antiquité grecque et du Moyen Age, où musique et poésie formaient une unité.
Le langage humain et la musique ont une relation intime interagissant et collaborant mutuellement. Ils sont une importance transcendante pour l’apprentissage humain dans toutes ses modalités. L’affectivité et l’apprentissage para-logique-implicite-émotionnel sont des phénomènes scientifiques d’importance significative et inéluctable dans l’actualité de toutes les sciences psychosociales. De ce fait les nouvelles techniques éducatives doivent être plus dynamiques et plus efficaces, se dirigeant plutôt sur les mémoires subconscientes affectives en empruntant de nouvelles voies de réception sensorielle, comme a fait découvrir le pédagogue, RHH, créateur de la théorie et de la pratique de la science musico-plurilinguistique. La musique et le langage sont fortement liés au niveau de réflexe et du système nerveux. Relation entre la musique et le langage et les études comparées de leurs uniques pouvoirs et capacités humaines peuvent nous être utiles pour éclaircir les systèmes nerveux.
La musicalité émotive est partagée par tous. Mais pour la majorité d’entre nous, cette connaissance est inconsciente. Elle s’acquiert automatiquement, par simple audition de la musique. Dès la naissance, l’être humain se tourne en effet vers le son musical, un penchant ancré dans l’organisation cérébrale de son cerveau, il devient mélomane. Le sens musical émotif, est le langage le plus incontestable que l’esprit humain a pu édifier. Son pouvoir nous entoure à chaque instant de notre vie quotidienne. Nous nous promenons en ville et soudain une séquence magique de sons dynamiques attendrit le silence, le maîtrise. Nous sommes, par exemple, en train d’écouter une douce chanson française, ou une vive mélodie italienne, ou même une thématique anglophone, et c’est à ce moment-là qu’une série de mouvements intérieurs de l’âme humaine influence notre corps et nos états affectifs. Dans certains cas, ce sera avec un changement très subtil de l’humeur. Dans d’autres cas, si la personne s’identifie vraiment avec le discours harmonique mélodique, elle pourra éprouver une forte émotion. A l’égal du langage, le son musical existe dans toutes les formes de sociétés humaines que l’on a pu retracer jusqu’à ce jour. Elle est universelle et avant tout un langage des émotions.
La musique peut être subjective et chacun pourrait en donner une définition en fonction de ses représentations et son histoire du rapport qu’il a avec elle. Son matériau de base est le son ou plutôt l’objet sonore. Ce sujet n’est pas palpable, pas factuel et pourtant sur un synchronisme de temps s’organise pour donner naissance à un discours doué d’émotion. Ce discours une fois entendu est éphémère. Il se joue du temps qui défile et abandonne immédiatement au passé le moment présent. Le son passe par le sens de l’ouïe ce qui lui confère une place singulière dans le développement futur. Notre audition a le privilège de disposer d’une mémoire dans laquelle les stimuli peuvent être organisés et peuvent restituer des thèmes musicaux sans erreur. Bien évidemment l’imprégnation et l’appropriation du thème musical est nécessaire pour que ce processus fonctionne. Ce processus, liant mémoire et construction identitaire, explique par exemple le fait que les personnes âgées dans une pathologie de démence se souviennent des airs connus dans leur jeune âge et prennent plaisir à fredonner. Cette musique fait donc partie intrinsèquement de notre psychisme et est ancrée dans notre mémoire, tout comme notre langue maternelle. Cette place qu’occupe la musique n’est pas loin de celle du langage qui vient aussi à nos oreilles qui lui servent de réceptacle.
Les sons des langues ont des musicalités en elles-mêmes. Ce sont leurs registres sonores qui les distinguent les unes des autres. Chaque langue possède en effet une organisation accentuelle, rythmique et mélodique spécifique, particulièrement évidente lorsque nous entendons un locuteur s’exprimer dans une langue étrangère. Le système phonologique d’une langue s’organise à l’intérieur des schémas rythmiques et intonatives d’une langue. La mise en place des structures prosodiques nous apparaît comme un véritable pré-requis dans l’apprentissage d’une langue étrangère, qui permettra par la suite une acquisition efficace de la prononciation.
Les programmes télévisés et les médias, en général, ont un retentissement mondial. Avec l’accès à l’image T.V., la chanson à texte exerce une influence sur chaque être humain. Elle rend possible le commencement d’une nouvelle et optimale forme de communication, qui intègre l’expression vocale. C’est une forme de poésie, grâce notamment aux chansons à texte, auxquelles l’être humain à un accès direct par l’image, exerçant une puissance illimitée dans le monde entier en influençant les différentes cultures. Les télécommunications, la retransmission du son et de l’image ont changé tout notre environnement, surtout la télévision, Internet, l’ordinateur, les satellites et le laser qui exercent une influence permanente sur chaque être humain. Grâce à ces nouvelles techniques, chacun a la faculté de se définir face à cette mutation. Ce phénomène, qui obéit à des faits neuropsychologiques émotionnels et à l’intelligence sémantique, dégage l’architecture du son poétique musical. C’est la raison pour laquelle la communication linguistique reliée à la musicalité, facilite et rend accessible la compréhension.
Les chaînes audio visuelles sont obligées d’avoir du succès auprès des téléspectateurs. L’actualité et le sport sont en tête de l’intérêt général. De plus en plus, le divertissement intelligent se focalise sur la bonne chanson communicative. Parfois, cette communication phonétique est si forte qu’on oublie que c’est une autre langue qu’on ne comprend pas mais qu’on devine. L’éventail des possibilités au-delà des frontières linguistiques est une richesse culturelle et peut être considéré comme le plus grand laboratoire linguistique, phonétique et musical de l’humanité actuelle.
La retransmission du son et de l’image a changé notre environnement. Chaque être humain est sous influence permanente. Chacun est personnellement responsable de lui-même en ce qui concerne utilisation de l’audiovisuel (sauf les enfants). Celui qui programme et choisit peut tirer le plus grand intérêt culturel de ses nouvelles ressources. Les programmes audiovisuels ont des rôles bien précis dans le fonctionnement des chaînes. Il est intéressant de constater que des émissions dont la production se base sur la mémoire du passé e du présent de la musique, de l’histoire et des événements, ont le plus grand succès de diffusion journalière sur l’espace francophone au niveau mondial. Cet exemple n’est pas unique, car partout, le sens culturel se développe…