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La NEF a été créé par des personnes issues du milieu anthroposophique. Elle est d’ailleurs souvent pointée du doigt comme étant une banque anthroposophique soutenant essentiellement des annexes de ce mouvement (écoles Steiner-Waldorf, biodynamistes, etc…).
Dans une publication, la banque explique son lien historique avec ce mouvement occultiste, mais affirme être devenue indépendante de celui-ci. Elle déclare “qu’aucune organisation issue du mouvement anthroposophe n’est présente dans le Conseil de Surveillance“, et que celle-ci “cultive une parfaite indépendance de tout mouvement politique, social, religieux ou philosophique“.
Cependant, nous trouvons dans ce Conseil de Surveillance de La NEF, Jean-Pierre Caron dont les fortes accointances avec différentes annexes de l’anthroposophie depuis des décennies ne peuvent être négligées.
Dans son ouvrage “Sens, essence et réalité“, Jean-Pierre Caron s’inspire des recherches de Bernard Lievegeod et de Jean-Jacques Sick. Bernard Lievegeod est un médecin et éducateur social qui a présidé pendant plusieurs années la Société anthroposophique aux Pays-Bas, et a été président du conseil de surveillance de l’école néerlandaise de formation des enseignants Waldorf VPA [1] . Quant à Jean-Jacques Sick, il siègeait au comité directeur de la Société Anthroposophique de France, et a notamment travaillé sur la Tripartition Sociale.
Déjà en 1983, Jean-Pierre Caron est mentionné dans divers revues anthroposophiques.
En mai 2008 il donna une conférence au Cercle Europe-Cœur des Cultures Institut Rudolf Steiner.
Dans le journal de la Société Anthroposophique en France de 2010, on apprend que Jean-Pierre Caron a fait le compte-rendu de la réunion de la Section Social anthroposophique tenue au Goetheanum en 2007. Et dans celui de 2016 on découvre qu’il est co-responsable de la section de sciences sociales en France de l’École de l’esprit.
Jean-Pierre Caron donne des stages à l’Atelier du Fontenay, ainsi que des séminaires sur les “Outils d’interventions et supervisions dans le domaine social et de l’entreprise selon la démarche anthroposophique de Rudolf Steiner“.
Dans le rapport annuel de 2020 de la Fondation Paul Coroze, il fait l’éloge d’un éminent anthroposophe.
Le 7 novembre 2022, il donna une conférence à la Société Anthroposophique Universelles de France sur son domaine d’expertise, la triarticulation social de Rudolf Steiner.
Une Fondation pour soutenir l’Anthroposophie en Ukraine
Dans la revue Anthroposophy Worldwide (2021) on apprend que Jean-Pierre Caron est l’un des initiateurs de la Fondation Sophia qui a pour but de “promouvoir le travail anthroposophique pratiqué en Ukraine par le biais de contacts réels et via des soutiens financiers”.
Cette Fondation vient de lancer une campagne de dons pour aider des anthroposophes et victimes de l’invasion russe en Ukraine.
Nous nous concentrons sur l’obtention d’une aide financière pour soutenir l’existence de personnes issues d’Initiatives anthroposophiques et d’autres personnes dans le besoin.
Aujourd’hui le collectif Chanology France dévoile un leak d’un mail de Jean-Pierre Caron qui a été envoyé aux réseaux des écoles Steiner-Waldorf en France demandant de soutenir l’appel aux dons de la Fondation Sophia.
Ce document révèle encore plus que ce haut responsable de La NEF soutien activement le développement de l’anthroposophie.
La NEF clame son indépendance à l’égard de l’anthroposophie.
Cependant il semble judicieux de se poser des questions concernant ces affirmations lorsqu’on s’aperçoit que l’un des membres de son Conseil de Surveillance semble être, non seulement un anthroposophe actif influent (Ecole de Science de l’Esprit du Goetheanum), mais qu’en plus il participe à la mise en place d’une fondation de soutien au développement de l’anthroposophie en Ukraine (la fondation Sophia, via la GLS banque – une autre banque liée à l’anthroposophie).
[1] les écrits de Bernard Lievegeod représentent une branche radicale et extrémiste de l’anthroposophie, préconisant de former des “îlots de culture” anthroposophiques qui survivront à l’effondrement de la civilisation actuelle et seront le socle de la future sixième époque post atlantéenne.
Mise à jour 29 déc. 2022
Philippe Leconte, un croyant investi de la Communauté des Chrétiens, le culte christique fondé par Rudolf Steiner
Ivan Chaleil, membre du directoire de la Nef, admet dans L’Est Républicain qu’il y a actuellement 1/4 des personnes du Conseil de surveillance qui sont (ouvertement) anthroposophes.
Dans l’article enquête de Tribune de Lyon du 30 nov. 2022, il explique que Philippe Leconte ne fait plus partie du comité d’éthique de La Nef :
Président du conseil de surveillance de La Nef de 2004 à 2012, Philippe Leconte est intervenu en 2016 dans le film L’Économique, le Juridique, le Spirituel, selon Rudolf Steiner, avant de participer en 2017 à la rencontre annuelle de la Société anthroposophique en France. Or son nom apparaissait encore au sein du comité d’éthique de La Nef en 2018, dont « il ne fait plus partie », affirme aujourd’hui Ivan Chaleil.Tribune de Lyon, Entre ombre et lumière, La Nef, banque modèle des écologistes qui interroge
Ce qu’omet de préciser monsieur Chaleil, c’est que Philippe Leconte à toujours un lien direct avec la banque. Il est actuellement Président du conseil d’administration de la Nef Service Conseil, mais aussi Administrateur au côté de la banque.
Cette société, qui avait pour nom Nef Investissement jusqu’en 2018, est une filiale de la Nef qui a pour objet de gérer des Fonds Communs de Placement à Risque.
Stratégie de riposte
Un document interne de la Nef de 2019 “Note sur la maîtrise du risque de réputation liée à l’anthroposophie” dévoile sa “stratégie de riposte”.
Elle travaille sur son référencement (SEO) afin de se positionner en 1ère position sur Google lorsque les internautes recherchant les mots-clés “Nef + anthroposophie” ou “Nef + secte” soient redirigé vers une page dédiée sur le site de la banque.
Ce document nous apprend aussi qu’elle utilise de nombreux bénévoles et sociétaires actifs (dont une partie sont formés aux éléments de communication de la Nef), afin de leur permettre de réagir rapidement aux “attaques” sur les réseaux sociaux concernant ses liens avec le mouvement anthroposophique, et de “prendre systématiquement le dessus dans les échanges”.
Bénévolat ou abnégation ? J’ai déjà eu l’occasion d’échanger avec quelques-uns d’entre eux sur les réseaux sociaux. On constate effectivement les éléments de langage propre à leur stratégie de communication. Hermétique à tous arguments contradictoires, à aucun moment un réel échange ne fut possible.
La ligne directrice de la banque consiste à éviter de demander des droits de réponse lors de parution dans la presse, préférant plutôt contacter en privé, voire rencontrer les auteurs ou dirigeants des publications afin de s’expliquer directement avec eux.
Elle “se réserve néanmoins le droit d’attaquer en diffamation si les publications provoquent des conséquences trop importantes”.
Le dernier rapport de la Miviludes évoque quelques banques qui sont liés avec l’anthroposophie :
Le groupe exerce également une influence prépondérante sur certains établissement bancaires « éthiques » au pouvoir financier extrêmement important comme Triodos, GLS ou, en France, la Nouvelle économie fraternelle (Nef).Rapport d’activité 2021 de la Miviludes, p. 72
Quant à Allianz Eliant (le groupe de lobby anthroposophique au niveau européen), elle liste sur son site les différentes banques qui sont affiliées avec le mouvement.
Voici la réponse d’Ivan Chaleil que nous pouvons lire dans l’enquête menée par Tribune de Lyon “Entre ombre et lumière, La Nef, banque modèle des écologistes qui interroge” :
Est-ce qu’à chaque fois que la Miviludes pond quelque chose sans l’étayer, il faut qu’on fasse de nouveau une action en justice pour attester que ce qui était faux il y a 20 ans l’est encore aujourd’hui ? Nous, on est prêts à montrer tout ce qu’on faitIvan Chaleil, l’un des membres du directoire de La Nef
Est-ce que la banque aurait l’intention de demander à être reçu par le Préfet Gravel ?
Va t-elle essayer de faire pression, voire porter plainte contre la Miviludes si elle ne rétracte pas le paragraphe la mentionnant dans son dernier rapport ?