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Rafael Nadal peut toujours rêver de dernier carré au Masters. L'Espagnol s'est difficilement imposé face à Stefanos Tsitsipas (6-7 6-4 7-5) et doit désormais compter sur un succès de Daniil Medvedev pour se qualifier pour les demi-finales. Le Majorquin ne serait toutefois pas dévasté en cas d'élimination. Il a aussi reconnu que soulever son 5e trophée de numéro un mondial en fin de saison était un "accomplissement".
Rafael Nadal, comment allez-vous physiquement après ces trois gros matches?
"Je vais bien. J'ai joué deux matches de près de trois heures. Cela peut sans doute m'aider, car cela prouve que je suis aussi capable de tenir lors de ce type de matches. J'en avais besoin car ma préparation pour ce tournoi n'avait pas été idéale. Je pense donc qu'être capable de passer autant d'heures sur le court m'aide à être meilleur. Plus je passe de temps sur le terrain, plus je sens que je joue mieux."
Vous devez espérer un succès de Daniil Medvedev face à Alexander Zverev pour vous qualifier pour les demi-finales. Comment vivez-vous cette situation?
"Je ne suis pas sûr de regarder le match. La seule chose dont je suis sûr est que je dois être prêt à tout. De mon côté, j'ai fait mon travail et je l'ai bien fait. Je suis heureux de ma victoire, mais maintenant je dois juste attendre. Je vais peut-être aller manger avec ma famille pendant la rencontre. Je dois également me préparer comme si je jouais demain à 14h00 (ndlr: samedi à 15h00, heure suisse). Je dois être prêt au cas où je joue. Et si ce n'est pas le cas, ce n'est pas grave."
Si vous jouez la demi-finale, votre adversaire devrait être Roger Federer. Cette affiche vous inspire quoi?
"Tout est possible, même si c'est l'une des surfaces où il se sent le plus confortable. Il joue tellement bien, il est si rapide... Je devrai donc jouer un match parfait demain si je veux avoir une chance d'être en finale. Je pense toutefois que je joue de mieux en mieux, mais il est aussi vrai que Roger a joué de manière incroyable contre Novak (ndlr: Djokovic). Il va donc arriver avec le plein de confiance. J'espère donc être prêt à jouer à mon plus haut niveau possible si nous nous affrontons."
A l'inverse, comment vivriez-vous une élimination dès la phase de groupe?
"Si je ne suis pas en demi-finales, ce ne serait pas comme si je perdais le tournoi. Les sentiments sont différents. Je savais en arrivant ici que ma préparation avait été très courte en raison de ma blessure subie à Paris-Bercy et que je n'arrivais pas dans des conditions idéales. Il était donc important pour moi de mieux jouer que ce que j'avais pu faire lors de mon premier match. Cette partie avait été difficile, même si je pense que j'aurais pu un peu mieux jouer. Je n'avais aussi joué qu'un seul set d'entraînement avant le tournoi. Le Masters est d'ailleurs la pire compétition pour arriver avec une préparation tronquée. Normalement, tu peux avoir un peu de chance avec ton tableau, remporter quelques matches et ainsi arriver prêt pour les rencontres compliquées. Mais ici, tu joues dès le premier jour contre l'un des meilleurs joueurs du monde sur une surface compliquée. La configuration est donc difficile. Si je ne me qualifie pas, alors j'irai à Madrid (ndlr: disputer la Coupe Davis) avec la conviction que je joue de mieux en mieux. La chose la plus importante à mes yeux était de terminer l'année avec un sentiment positif, même si j'aimerais évidemment disputer les demi-finales."
Vous avez reçu le trophée du numéro un mondial en fin de saison. Est-ce particulier de soulever une coupe alors que le tournoi n'est pas terminé?
"Je suis totalement satisfait et j'arrive à séparer ces deux choses. Ce trophée représente, en effet, le travail effectué durant l'entier de l'année. Cette dernière a d'ailleurs été excellente à tous les niveaux. Il s'agit donc d'une grosse satisfaction personnelle. Mon équipe et ma famille ont joué un rôle très important cette année, encore plus que les autres fois, car j'ai eu plusieurs moments compliqués en début de saison. J'étais un peu démoralisé à cause de mes problèmes physiques. Je ne les remercierai donc jamais assez pour leur support. Il y a aussi onze ans qui se sont écoulés entre la première fois où j'ai terminé l'année numéro un mondial et aujourd'hui (ndlr: vendredi). Je ne sais d'ailleurs pas si quelqu'un l'a déjà fait, mais c'est quelque chose de difficile. Onze ans entre mon premier et mon cinquième trophée est juste énorme."
Est-ce que ce trophée de numéro un mondial a autant de valeur qu'un Grand Chelem à vos yeux?
"C'est différent. C'est quelque chose d'énorme et de très important car il récompense onze mois de travail. Pour remporter un Grand Chelem, il faut bien jouer durant deux semaines. C'est difficile de comparer car, avec ce trophée, tu n'as pas les sentiments que tu peux avoir lorsque tu gagnes la balle de match en finale d'un Grand Chelem. C'est la grande différence. Lorsque j'ai gagné l'US Open cette année, cela avait été quelque chose de très émotionnel. Remporter ce trophée est quelque chose d'inattendu et qui signifie beaucoup pour moi. C'est donc difficile de comparer. Je ne veux tout simplement pas choisir (rires)!"