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SOPHIA ANTIPOLIS – Les femmes devraient immédiatement appeler une ambulance si elles ont des symptômes de crise cardiaque, car chaque minute compte. Une étude publiée le 11 décembre 2018 dans le European Heart Journal : Acute Cardiovascular Care, une publication de la Société européenne de cardiologie (ESC) (DOI: 10.1177/2048872618810410), a démontré qu’elles attendent plus longtemps que les hommes pour appeler de l’aide.
Les cardiopathies ischémiques sont la principale cause de décès chez les femmes et les hommes. On croit à tort que les crises cardiaques sont un « problème d’homme», mais elles sont tout aussi fréquentes chez les femmes. En moyenne, les femmes sont 8 à 10 ans plus âgées que les hommes lorsqu’elles ont une crise cardiaque.
Des symptômes différents chez les femmes et les hommes
L’auteur de l’étude, le Dr Matthias Meyer, cardiologue à l’hôpital Triemli de Zurich (Suisse), a déclaré que les femmes peuvent attendre plus longtemps en raison du mythe selon lequel les crises cardiaques surviennent généralement chez les hommes et parce que les douleurs thoraciques et au bras gauche sont les symptômes les plus connus. « Les femmes et les hommes ressentent la même douleur pendant une crise cardiaque, mais l’endroit peut être différent », selon lui. « Les personnes qui ont mal à la poitrine et au bras gauche sont plus susceptibles de penser qu’il s’agit d’une crise cardiaque, et ce sont des symptômes habituels chez les hommes. Les femmes ont souvent mal au dos, aux épaules ou à l’estomac ».
Dans les crises cardiaques causées par l’obstruction aiguë d’une artère qui alimente le cœur en sang, la réouverture rapide du vaisseau par l’insertion d’un stent est essentielle. Une restauration plus rapide de la circulation sanguine se traduit par une plus grande récupération du muscle cardiaque et moins de tissus morts, moins d’insuffisance cardiaque subséquente et un moindre risque de décès. Au cours des 10 à 15 dernières années, de multiples stratégies ont été employées dans les réseaux de traitement des crises cardiaques pour réduire le délai entre les symptômes et le traitement. Cette étude visait à déterminer si les retards ont diminué chez les femmes et les hommes.
4’360 patients observés
L’étude était une analyse rétrospective des 4’360 patients (967 femmes et 3’393 hommes) ayant subi un infarctus aigu du myocarde avec une élévation du segment ST (STEMI) traités à l’hôpital Triemli, le deuxième centre d’intervention coronarienne percutanée (ICP) le plus important en Suisse, entre 2000 et 2016.
Les principaux résultats observables étaient les changements dans le délai entre le temps écoulé après l’apparition des symptômes et la prise de contact avec un hôpital, un service médical d’urgence ou un omnipraticien ainsi que le délai de prise en charge (le temps ultérieur jusqu’à la réouverture du vaisseau). Un résultat secondaire a également été observé, celui de la mortalité à l’hôpital.
Les femmes attendent plus longtemps avant d’entrer en contact avec les services médicaux
Pendant 16 ans, les femmes et les hommes ont connu des réductions égales des retards dans la prise en charge. Le Dr Meyer explique : « Nous n’avons constaté aucune différence entre les sexes dans la mise en œuvre des soins en temps voulu par les professionnels de la santé, les hommes et les femmes recevant un stent plus rapidement après avoir communiqué avec les services médicaux que par le passé ».
Toutefois, le délai de demande d’aide chez les patients a légèrement diminué chez les hommes au cours de la période de 16 ans, mais n’a pas changé chez les femmes. Les femmes attendent environ 37 minutes de plus que les hommes avant d’entrer en contact avec les services médicaux. Les signes cliniques d’inconfort thoracique persistant ont été associés à des retards plus courts chez les hommes, mais pas chez les femmes. « Les femmes qui font une crise cardiaque semblent moins susceptibles que les hommes d’attribuer leurs symptômes à un état qui nécessite un traitement urgent », a-t-il déclaré.
Mortalité plus significative chez les femmes
La mortalité à l’hôpital était significativement plus élevée chez les femmes (5,9 %) que chez les hommes (4,5 %) pendant la période étudiée. Les retards n’étaient pas associés à la mortalité à l’hôpital après correction pour tenir compte de facteurs multiples. Le Dr Meyer précise : « Comme on pouvait s’y attendre, les complications aiguës d’une crise cardiaque entraînent une mortalité à l’hôpital plutôt que des retards. Mais nous savons par des études précédentes que les retards prédisent la mortalité à long terme ».
Il a conclu : « Chaque minute compte quand on a une crise cardiaque. Faites attention aux malaises modérés à graves, notamment des douleurs à la poitrine, à la gorge, au cou, au dos, à l’estomac ou aux épaules qui durent plus de 15 minutes. Elles s’accompagnent souvent de nausées, de sueurs froides, de faiblesse, d’essoufflement ou de peur. »
Le 13 décembre 2018. Par la rédaction de Creapharma.ch (supervision scientifique par Xavier Gruffat, pharmacien). Sources : Communiqué de presse de l’étude (en anglais). Référence : European Heart Journal: Acute Cardiovascular Care (DOI: 10.1177/2048872618810410).