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L’utilisation large des quinolones, pour traiter les infections urinaires non compliquées, a conduit à une augmentation des résistances, raison pour laquelle les recommandations récentes ne les prônent plus en première intention. Mais du fait de leur bonne tolérance, les quinolones restent très prescrites, et une alternative simple et bien tolérée serait la bienvenue : les céphalosporines orales de troisième génération sont un candidat. Les auteurs ont conçu une étude randomisée en double aveugle visant à démontrer la non-infériorité d’un traitement de trois jours de cefpodoxime en comparaison avec la ciprofloxacine, chez 300 femmes présentant une infection urinaire non compliquée.1 Après un suivi de 30 jours, les auteurs ont jugé de la guérison clinique, et n’ont pas pu démontrer la non-infériorité de la cefpodoxime (82 vs 93% avec la ciprofloxacine). Ces résultats suggèrent que la cefpodoxime ne doit pas être considérée comme une alternative thérapeutique dans cette situation.
Commentaire : cette étude appelle quelques commentaires méthodologiques. Il est curieux que les auteurs aient choisi de comparer une céphalosporine de troisième génération, pour laquelle la crainte de développement de résistance en cas d’utilisation large est probablement aussi importante que pour les quinolones. Mais les alternatives sont rares… La comparaison avec le co-trimoxazole, considéré comme un premier choix, plutôt que la ciprofloxacine, aurait probablement été plus intéressante. Enfin, le recrutement très faible pour une pathologie aussi fréquente, quatre ans ayant été nécessaires pour inclure 300 patientes, est surprenant. Se basant sur un taux de guérison de 85 à 95%, les auteurs avaient choisi une marge de non-infériorité de 10%, ce qui paraît raisonnable pour une affection aussi bénigne. Ce résultat, «heureusement» négatif, permet d’exclure l’utilisation de cette famille d’antibiotiques à large spectre, ce qui est heureux car le risque de développement de résistance complexe (type ESBL (β-lactamases à spectre élargi)), lié à une utilisation large, est significatif. Du fait de la fréquence des infections urinaires simples chez la femme, la pression de sélection induite par une utilisation large d’antibiotiques ne peut que conduire à l’émergence préoccupante de souches bactériennes résistantes. Au-delà du choix de l’antibiotique, ne faut-il pas s’interroger sur la place même de l’antibiothérapie dans le traitement de première intention de cette pathologie bénigne ? C’est ce que suggèrent des données récentes…2