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Dans trois ans exactement, à l’heure où j’écris ces lignes, les Etats-Unis auront un nouveau président. Barak Hussein Obama aura remis les clefs de la Maison-Blanche à son successeur, qui rejoindra le Capitole pour prêter serment, à midi heure locale, devant les corps constitués et une foule venue de tout le pays. Ce 20 janvier 2017 marquera l’inauguration du mandat du président que les Américains auront élu en novembre de l’année précédente.
Personne n’a oublié l’épidémie d’« obamania » qui avait frappé le monde, et la presse singulièrement, quand les démocrates ont choisi le jeune sénateur de l’Illinois comme candidat à la présidence en 2008. Tous les superlatifs y sont passés. Il est vrai qu’une campagne électorale se joue à coups de millions de dollars pour « vendre un président » dans le grand jeu de la surenchère d’une élection américaine au suffrage universel.
Obama arrivait après les années difficiles inaugurées par les attentats du 11 septembre 2001 et après une crise financière et bancaire désastreuse. Il promettait une réforme de l’assurance maladie, laquelle ne fait pas l’unanimité aujourd’hui. Sur le plan diplomatique, force est de constater la minceur du bilan, et il reste encore à démontrer pour quelles raisons le prix Nobel de la paix lui a été attribué, quelques mois seulement après son installation à la Maison-Blanche. D’autres présidents ont reçu cette distinction, mais après services rendus : Théodore Roosevelt en 1906, Woodrow Wilson, le père de la Société des Nations, en 1919 ; Jimmy Carter sera récompensé en 2002 ‒ vingt-deux ans après avoir quitté le pouvoir ! ‒ pour son action incessante en faveur des droits de l’homme, du développement économique et social dans le monde et, il est permis de le penser, pour le premier traité de paix entre Israël et un pays arabe, les accords de Camp David, signés en 1978 par le premier ministre israélien Menahem Begin et le président égyptien Anouar el-Sadate.
Alors, dans trois ans, quel nouveau président prêtera serment sur la Bible ? Un démocrate ? Un républicain ? Un homme ? Une femme ? Un Latino-américain ? Ce n’est pas encore l’heure des paris. Des revenants des précédentes campagnes en rêvent, mais l’Amérique a changé. La politique nord-américaine, et plus qu’ailleurs sans aucun doute, réserve souvent des surprises qui bouleversent l’échiquier. Jimmy Carter, quatre ans gouverneur d’un Etat du Sud, était Jimmy Who ? au tout début de l’année 1976, avant d’être élu de justesse au mois de novembre…
Cet automne auront lieu les élections de mi-mandat, qui « lanceront » les deux dernières années de la présidence Obama. La période dite du « canard boiteux » (lame duck). Par ce qualificatif peu élégant, les Américains désignent un président en fin de mandat parce qu’il ne peut pas se représenter. Ces élections sont généralement difficiles pour le parti au pouvoir. En 1978, une forte poussée des républicains au Congrès de Washington annonçait le raz de marée en faveur de Ronald Reagan deux ans plus tard.
Il faudra reparler de ces élections de 2016. Elles promettent une course haletante et une empoignade peut-être sans précédent dans chacun des deux grands partis au cours de ces fameuses élections primaires américaines, que nos voisins français tentent avec mille difficultés de mettre sur pied chez eux, mais non sans trébucher… Copier les méthodes d’ailleurs n’est sans doute pas la meilleure recette pour gagner.
Le film de la campagne d’Amérique commence. A suivre.