Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07127.jsonl.gz/273

La notion d’effort joue un rôle central au sein de nos réflexions ordinaires comme en sciences. En psychologie, par exemple, le principe de moindre effort est utilisé pour expliquer de nombreux comportement, le sentiment effort est utilisé pour expliquer notre conscience de la distinction entre nous et le monde extérieur. En philosophie, on recourt à l’effort pour expliquer la liberté de la volonté, la justice distributive, ou encore la distinction entre actions et événements. En économie, on invoque le concept d’effort pour expliquer la valeur économique ou les coûts de décision. En droit, on fait appel à l’effort pour expliquer le concept de tentative (central en droit pénal) ou l’origine de la propriété.
Le concept d'effort joue ainsi le rôle d’un couteau-suisse, utilisé à travers de multiples disciplines pour éclairer une large variété de phénomènes. Etonnamment cependant, l'effort n’est presque jamais explicitement défini. Cela peut conduire à douter de l’unité de ce concept : peut-être la raison pour laquelle l’effort est devenu un tel concept à tout faire est-elle précisément qu’il est équivoque et mal défini ?
Le but de ce projet est de parvenir à une définition rigoureuse des efforts et de leurs valeurs. Trois principales conceptions tacites de l’effort peuvent être dégagées de la littérature :
La troisième conception pourrait être la plus prometteuse. Elle explique notamment que les efforts soient souvent considérés comme des manifestations de persévérance face à l’adversité. Elle ouvre d'autre part la voie à une explication plausible du fait en apparence paradoxal que nous tirons souvent du plaisir de nos efforts.