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"Nous allons vers des temps très difficiles" et "nous devons nous préparer à une perte de prospérité", déclare M. Pfister dans un entretien diffusé par Le Temps et les journaux alémaniques du groupe de presse Tamedia.
Selon lui, le monde redevient bipolaire, "non plus entre capitalisme et communisme, mais entre Etats autocratiques et démocratiques". "Cen'est pas une nouvelle ère, mais plutôt un retour à la guerre froide", ajoute-t-il.
La Suisse se range du côté des démocraties occidentales, poursuit-il. "Aujourd'hui, il faut redonner la primauté à la politique, dont la responsabilité est de proposer un cadre prenant en compte les intérêts économiques, mais aussi les questions de droits humains, de démocratie, de liberté d'expression".
"Notre politique étrangère pragmatique, en partie opportuniste, ne fonctionne plus", relève M. Pfister. "Le moment est venu de faire des choix. Ce sont des décisions dures, désagréables, mais auxquelles nous n'échapperons pas".
Ne pas définir la neutralité
Pour le conseiller national zougois, la neutralité ne doit pas se définir de manière théorique. Elle est "décisionnelle". "Il y a des moments dans l'histoire où vous devez décider et ce sont ces décisions qui font la politique de neutralité", explique-t-il.
Le succès du modèle occidental repose sur l'État de droit, la sécurité de la propriété privée et le bien-être social, note M. Pfister. Si l'on veut préserver cette société et ces valeurs, il faut les affirmer contre les attaques, ajoute-t-il.
Dans cette optique, la Suisse doit clarifier ses relations avec l'Union européenne (UE), estime le président du Centre. "La crise ukrainienne illustre le large consensus en Suisse selon lequel nous nous considérons comme un pays européen". Il se dit confiant que dans cinq ans, la Suisse aura résolu le plus grand défi de sa relation avec l'UE, la libre circulation des personnes.