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Les onze médailles obtenues par la Suisse aux Paralympics de Sydney en sont la preuve: le sport-handicap suisse se porte bien. Financièrement par contre, il ne respire pas vraiment la santé.
Cinq médailles d'or, deux d'argent et quatre de bronze... La Suisse totalise désormais onze médailles. Mardi, Urs Kolly a triomphé au pentathlon et Lukas Christen a terminé deuxième de la finale du 100m. A quatre jours du terme des compétitions, le bilan de la délégation suisse aux Jeux Paralympics de Sydney force déjà le respect. La concurrence augmentant, il devrait cependant se révéler moins bon que celui réalisé à Atlanta en 1996 (21 médailles).
Heinz Frei, Franz Nietlispach et Ursina Greuter (athlétisme en fauteuil roulant), Lukas Christen et Urs Kolly (athlétisme) ainsi que Beat Schwarzenbach (cyclisme) ont en effet déjà permis à l'hymne national suisse de retentir en terres australiennes.
Dans le monde du handicap, les 121 nations présentes ne sont pourtant pas à armes égales. «Au cours des dix dernières années, des progrès extraordinaires ont été réalisés dans la technique des prothèses. Tous les athlètes ne bénéficient pas de ces améliorations et le fossé se creuse entre les participants des nations riches et des nations pauvres», rappelle Lukas Christen.
Certes les athlètes suisses figurent parmi les privilégiés. Mais l'argent reste tout de même un problème majeur pour le Comité Paralympic suisse. Selon Christian Egli, chef de la délégation helvétique, il manque, à l'heure actuelle, 50 000 francs pour couvrir les frais occasionnés par la participation à cette manifestation.
«Ces Jeux Paralympics nous coûtent près d'un demi-million. Et ce budget est difficile à réunir. Nous avons un soutien de l'Association olympique suisse de 160 000 francs. Notre sponsor principal, la Fondation suisse des paraplégiques, nous alloue une somme importante de laquelle nous avons pu retirer 80 000 francs pour les consacrer au budget de ces Jeux. Et chaque association nous a encore donné 30 000 francs. Cela constitue la base de financement sur laquelle viennent se greffer les différents dons provenant d'une dizaine d'entreprises et de privés».
Dès son retour d'Australie, Christian Egli devra donc encore s'employer à trouver des fonds pour éviter un éventuel déficit. Dans cette optique, l'image que la délégation suisse propose à Sydney et ses résultats sont décisifs.
Pour certaines entreprises, le sponsoring du sport-handicap peut être une affaire rentable. En termes d'image à tout le moins. L'UBS en a fait l'expérience entre 1993 et 1999.
Mathias Froidevaux