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« Les enfants peuvent être bien cruels.»
Au cours de sa scolarité, Vreny a continuellement été harcelée par ses camarades de classe. Elle se retrouvait souvent seule et n’avait pas confiance en elle. Elle dit d’elle-même : « J’étais une enfant bizarre ». Sa personnalité introvertie et les problèmes avec son père dominant n’étaient guère propices pour se concentrer sur sa scolarité et pour s’engager dans une formation solide. Un ressenti qui perdure aujourd’hui encore. « À cette époque de ma vie, j’aurais eu besoin de bien plus d’aide extérieure. » Le fait d’avoir été ballottée de foyer en foyer durant l’enfance a encore nettement aggravé la situation. Elle n’a jamais achevé de formation.
« Je n’ai jamais eu le temps de m’occuper de moi-même. »
La relation qu’elle entretenait avec sa mère était très fragile. Celle-ci a d’abord été marquée par le mari beaucoup plus âgé et, plus tard, par le nouveau partenaire de sa mère, qui lui parlait de manière obscène et qui était violent avec elle. Vreny n’a jamais vraiment eu de répit. À 25 ans, elle est tombée enceinte de sa fille Rahel*. Le père, un réfugié grec, n’a tout d’abord pas reconnu la paternité. Étant touché par la stérilité, il ne pouvait pas le croire. Lorsque Rahel a eu 12 ans, il a pourtant fini par la reconnaître. Dès ce moment-là, il s’est occupé de Rahel avec affection.
« La foi en Dieu m’a sauvée. »
Durant sa grossesse, les événements se sont bousculés dans sa famille. Beaucoup de choses sont arrivées en même temps. Vreny souffrait de dépression prénatale. Simultanément, sa propre mère, elle-même enceinte, a perdu son enfant. Peu de temps après, sa fille Rahel est venue au monde. À l’époque, il était usuel que l’on nomme automatiquement un tuteur général lorsque survenait une naissance hors mariage. Elle a confié sa fille Rahel aux soins de sa mère. Cette situation a provoqué de la rivalité entre les deux. Durant cette période très difficile, Vreny avait trouvé la foi grâce à un groupe biblique. « Sans ce soutien, je n’aurais pas voulu poursuivre ma vie chaotique. »
« Je ne juge personne. Je préfère prier pour les autres. »
Plus tard, dans sa vie d’adulte, Vreny a développé ce qu’on appelle le syndrome de Diogène. Il s’agit d’un comportement compulsif consistant à accumuler de manière excessive des objets dans son propre appartement. Ces objets lui donnaient un sentiment de sécurité et atténuaient apparemment sa solitude. Dans son appartement régnait un chaos indescriptible. L’immeuble locatif dans lequel elle vivait a été entièrement rénové au cours des dernières années. Vreny, étant psychiquement fragilisée, a réagi trop tard et a dû être évacuée. Et maintenant, que faire ?