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Prévu fin novembre à Genève, le troisième procès d'Erwin Sperisen, ex-chef de la police du Guatemala, est reporté de six mois. Ses avocats Florian Baier, à sa gauche, et Giorgio Campa, à sa droite, ont demandé la récusation de la présidente de la Chambre pénale d'appel et de recours (archives).
KEYSTONE/ALAIN GROSCLAUDE(sda-ats)
A Genève, le troisième procès de l'ex-chef de la police du Guatelama, Erwin Sperisen, ne reprendra pas le 28 novembre mais le 16 avril. Ce report est dû aux demandes de récusation de la présidente de la Chambre pénale d'appel et de révision.
"Cela confirme que la présidente, Alessandra Cambi Favre-Bulle, prend l'hypothèse de sa récusation au sérieux", ont indiqué jeudi à l'ats Florian Baier et Giorgio Campa, codéfenseurs d'Erwin Sperisen. Selon l'ordonnance qu'elle a rendue vendredi, la Chambre pénale d'appel et de révision indique que la procédure consécutive à ces demandes suit son cours par devant la chambre.
Les avocats du binational guatémaltèque-suisse ont déposé deux demandes de récusation, les 27 septembre et 9 octobre. Ils dénoncent le fait que la présidente de la chambre a affirmé que la perspective d'une condamnation d'Erwin Sperisen paraissait encore "vraisemblable" et que les conclusions du Tribunal fédéral (TF) à ce sujet étaient "tout à fait similaires" aux siennes, a expliqué M. Baier.
"Comment un juge qui a pris une position aussi manifestement partiale pourrait-il encore s'apprêter à juger au fond?", s'interrogent les avocats. M. Sperisen et ses avocats ont déjà essayé jusqu'au TF de faire récuser une juge. Ils ont aussi tenté à plusieurs reprises d'obtenir la récusation du procureur genevois Yves Bertossa, qui a soutenu l'accusation.
Mesures assouplies?
Né en 1970, Erwin Sperisen a dirigé la police nationale du Guatemala entre 2004 et 2007. Venu se réfugier en Suisse, il a été condamné deux fois par la justice genevoise à une peine de privation de liberté à vie pour l'exécution extrajudiciaire de détenus dans le cadre d'une reprise en main musclée d'une prison. Le TF a cassé cette condamnation et demandé la tenue d'un nouveau procès.
En raison du report de près de six mois de ce troisième procès, les avocats vont déposer une demande d'assouplissement des mesures de substitution, qu'ils jugent "draconiennes", imposées à leur client. M. Sperisen est assigné à résidence depuis sa sortie de prison le 26 septembre et doit porter un bracelet électronique. Il peut sortir pendant une heure trente le matin et deux heures l'après-midi.
Ses défenseurs veulent qu'il ait le droit de sortir entre 08h00 et minuit. Mais ils ne contestent pas l'obligation qui lui a été faite de se présenter trois fois par semaine au poste de police. La justice estime que le risque de fuite est élevé.
ATS