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Donald Trump est arrivé dans la soirée de samedi à Washington après son premier voyage à l'étranger. Il espérait que ce déplacement lui apporterait un répit, mais les révélations concernant l'affaire russe se sont intensifiées.
KEYSTONE/AP/CAROLYN KASTER(sda-ats)
Après plus d'une semaine au Moyen-Orient et en Europe, Donald Trump est rentré à Washington dans une Maison Blanche en crise. L'enquête sur les liens avec la Russie touche désormais l'un de ses plus proches conseillers, son gendre Jared Kushner.
Plusieurs médias américains rapportent que le mari d'Ivanka Trump, la fille la plus en vue de Donald Trump a voulu établir un canal secret de communication avec le Kremlin, pendant la période de transition avant l'entrée en fonctions du président élu. Le canal devait permettre de contourner les voies de communications traditionnelles entre les deux pays.
Selon le Washington Post, Jared Kushner a fait cette proposition au cours d'une rencontre avec l'ambassadeur russe à Washington, Sergueï Kisliak, le 1er ou le 2 décembre à la Trump Tower de New York.
Jared Kushner est allé jusqu'à suggérer d'utiliser des bâtiments diplomatiques russes afin de "protéger ces discussions pré-investiture de toute surveillance" par le gouvernement américain, assurait vendredi le quotidien. Ce dernier mentionne des conversations entre Moscou et son ambassadeur interceptées par les services de renseignement américains.
"Nous avons des canaux informels de communication avec de nombreux pays. Cela nous permet de communiquer de manière discrète", a défendu samedi le général H.R. McMaster, le patron du Conseil de sécurité nationale (NSC) américain, au cours d'une conférence de presse téléphonique en marge du sommet G7 en Italie. "Cela ne m'inquiète pas", a-t-il ajouté.
"Espionnage"
"Si un officier du renseignement américain avait fait quelque chose comme ça, nous l'aurions considéré comme de l'espionnage", a réagi l'ancien directeur de la CIA sous la présidence de George W. Bush, John McLaughlan, sur la chaîne MSNBC, résumant le sentiment de stupeur à Washington.
L'ancien directeur de l'agence de renseignement américaine NSA, Michael Hayden, voit de son côté une dangereuse ignorance dans l'attitude prêtée à Jared Kushner. "Quel degré d'ignorance, de chaos, d'arrogance, de suspicion, de mépris faut-il avoir pour penser que faire cela avec l'ambassadeur russe est une bonne idée ?" s'est-il interrogé sur la chaîne CNN.
Homme d'affaires devenu conseiller du président en politique étrangère, Jared Kushner, 36 ans est considéré comme faisant partie de la garde rapprochée du président américain et bénéficie d'un large portefeuille de responsabilités et d'une influence considérable à la Maison Blanche. Il est notamment un intermédiaire central en matière de politique étrangère.
Son avocat, Jamie Gorelick, a indiqué que M. Kushner "s'était déjà volontairement proposé de partager avec le Congrès ce qu'il sait de ces rencontres. Il en fera de même pour toute autre enquête". Selon le New York Times, la Maison Blanche est en train de mettre en place une cellule de "communication de crise" pour tenter de distancer l'administration Trump de l'ampleur grandissante du scandale.
Autour du président
Donald Trump est arrivé dans la soirée de samedi à Washington après son premier voyage à l'étranger. Il espérait que ce déplacement lui apporterait un répit, mais les révélations concernant l'affaire russe se sont intensifiées.
Le président a déjà dû se séparer de son précédent conseiller à la Sécurité nationale, Michael Flynn. Plusieurs membres de son équipe de campagne - en particulier son ancien directeur de campagne Paul Manafort - sont de plus ciblés par l'enquête du FBI.
Mais l'enquête du FBI, désormais dirigée par un procureur indépendant, Robert Mueller, sur une possible "coordination" entre l'équipe de campagne de Donald Trump et des responsables russes, semble aussi se resserrer autour du président. Donald Trump lui-même est soupçonné d'avoir fait pression sur plusieurs responsables du renseignement américain pour l'aider à contrer cette enquête.
Les choses pourraient encore se compliquer pour l'exécutif américain avec le témoignage très attendu la semaine prochaine de l'ancien directeur du FBI limogé par Donald Trump, James Comey, devant le Congrès.
Plusieurs enquêtes
Outre l'enquête du FBI, deux autres enquêtes parlementaires sont en cours par les commissions du Renseignement du Sénat et de la Chambre des représentants.
Toujours selon le New York Times, la commission sénatoriale a demandé à l'équipe politique de M. Trump de "rassembler et fournir tous les documents, courriels et enregistrements téléphoniques liés à la Russie depuis le lancement de sa campagne en juin 2015".
ATS