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Quatre offices fédéraux et l’Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN) ont présenté lundi de nouvelles analyses des risques pour les centrales nucléaires de Mühleberg (BE), Gösgen (SO) et Beznau (AG).
Intitulée "Crues extrêmes de l'Aar" et lancée suite à la catastrophe nucléaire de Fukushima, au Japon, en mars 2011, l'étude a été conduite par l'institut de recherche WSL. Elle doit permettre aux autorités et aux exploitants des infrastructures sensibles de se préparer au mieux à un événement très rare.
En effet, une crue extrême de ce fleuve pourrait être provoquée par un épisode de précipitations extrêmement rare. La probabilité qu'un tel épisode se produise est équivalente à une fois tous les 100'000 ans.
Immenses dégâts potentiels
Une simulation réalisée par l'équipe de recherche indique que cela pourrait gonfler les débits à plus de 7000 mètres cube par seconde avant la confluence de l’Aar et du Rhin, soit 12 fois le débit moyen.
Dans un tel cas, les sites des centrales nucléaires de Beznau et Gösgen seraient submergés d'environ 1,1 mètre. Celui de la centrale nucléaire de Mühleberg, à l'arrêt, serait également inondé de près d'un mètre.
En outre, les environs de la gare d'Olten (SO), carrefour d’importantes infrastructures de transports, pourraient se retrouver submergés jusqu'à 3,1 mètres sous l'eau, mais seulement si certains ponts étaient bloqués par des débris flottants.
Le bassin versant de l'Aar représente 43% du territoire suisse et comprend certaines des régions urbaines les plus densément peuplées du pays.
Sûreté nucléaire suffisante
Selon l'IFSN, les niveaux d'eau pertinents pour les analyses de sécurité des centrales nucléaires se situent dans une fourchette similaire à celle des analyses précédentes. Toutes les centrales sont déjà suffisamment préparées à de tels événements, a déclaré le directeur de l'IFSN, Marc Kenzelmann, dans un entretien en ligne.
Les exploitants des centrales sont néanmoins invités à réviser leurs analyses sur la base de la nouvelle étude. L’Office fédéral de l'énergie (OFEN), pour sa part, exigera des exploitants d’ouvrages d’accumulation placés sous surveillance fédérale de contrôler, à la lumière des nouvelles connaissances, la conformité des ouvrages en cas de crues.
Autres études prévues
Des simulations similaires doivent être appliquées aux bassins versants d'autres grands cours d'eau. Les résultats seront mis à la disposition des autorités compétentes et des exploitants d'installations dans le but de revoir, voire d'améliorer la protection contre les crues.
ats/jop