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Le Centre de recherches conjoncturelles de l’école polytechnique fédérale de Zurich (KOF) a publié récemment une étude[1], de laquelle il ressort que les ménages à faibles revenus sont particulièrement touchés par la crise du coronavirus, alors que c’est moins le cas des ménages à revenus élevés. La pandémie et les mesures de lutte contre le virus ont aggravé les inégalités sociales.
Quelques exemples :
Une baisse de revenu importante pour les personnes gagnant des bas salaires
Tout d’abord, la baisse de revenu en raison de la crise du coronavirus a été plus importante pour les ménages aux revenus les plus bas (jusqu’à 4’000 francs par mois) que pour les autres ménages : de 20% en moyenne, elle se situe à 8% dans les ménages les plus aisés, qui gagnent 16’000 francs et plus par mois.
Les personnes indépendantes ont connu des baisses de revenu importantes, plus élevées que celles qui percevaient des indemnités pour réduction de l’horaire de travail (RHT). Toutefois, pour les ménages aux revenus les plus bas, ce sont les chômeuses et chômeurs qui ont subi la baisse de revenu la plus importante, qui se situe à plus de 50%. Les auteurs de l’étude expliquent cette diminution par le fait que certaines personnes n’ont pas droit aux indemnités de l’assurance-chômage, par exemple lorsqu’elles sont en formation ou employées avec des contrats courts ou précaires. Dans d’autres situations, dans la gastronomie par exemple, une partie des salaires n’est pas assurée.
Une péjoration de la situation professionnelle
La situation professionnelle des ménages aux bas revenus ne s’est pas améliorée à la fin du semi-confinement, contrairement à celle des ménages aux revenus supérieurs.
L’évolution de la situation professionnelle aussi est différente selon la situation économique des ménages : ceux qui gagnent les revenus les plus bas sont plus souvent touchés par une péjoration de leur situation professionnelle. À titre d’exemple, un tiers des ménages au revenu les plus bas et qui travaillaient avant la crise du coronavirus se sont retrouvés en 2020 soit en réduction des horaires de travail, soit au chômage. Dans la catégorie de revenu de 16’000 et plus, ils sont un sixième à se retrouver dans cette situation.
Des dépenses incompressibles qui dépassent les revenus
L’étude du KOF se penche aussi sur l’évolution des dépenses des ménages. Tout d’abord, 50% des ménages indiquent n’avoir pas moins dépensé que d’habitude. Cela n’empêche pas une disparité dans les comportements des différents ménages : les ménages aux revenus les plus bas ont dépensé en moyenne 12% de moins et ceux aux revenus les plus haut 16% de moins.
Pour les ménages les plus défavorisés, les dépenses ont dépassé, en moyenne, les revenus pendant toute l’année 2020. Cela s’explique par le fait que ces ménages peuvent difficilement réduire sans autres leurs dépenses, pour la plupart incompressibles.
Une baisse de l’épargne, une hausse de l’endettement
Pour les ménages les plus pauvres, cette distorsion entre dépenses et revenus a obligé 39% d’entre-eux à puiser dans leurs économies. L’endettement de ces ménages s’est également accru : 11% des ménages les plus pauvres ont contracté de nouvelles dettes en 2020. Pour les ménages les plus riches, la tendance est inverse, à savoir que plus de la moitié d’entre-eux ont connu une augmentation de leur épargne pendant la période passée sous revue et seuls 2% ont contracté de nouvelles dettes. L’endettement diffère aussi selon la situation professionnelle : tous ménages confondus, 25% des personnes au chômage, 13% des indépendant-e-s, 11% des personnes en RHT se sont endettés, contre moins de 4% des personnes salariées, sans activités lucrative ou rentières.
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