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Norodom Sihanouk, ancien roi du Cambodge, est décédé à Pékin
Malade depuis de longues années, Norodom Sihanouk est décédé lundi vers 02h00 (18h00 GMT dimanche) dans un hôpital de Pékin, en Chine, a indiqué le gouvernement cambodgien. Le corps de l'ancien Premier ministre, chef de l'Etat et monarque cambodgien sera ramené à Phnom Penh.
L'ancien souverain est mort "d'une crise cardiaque", a précisé l'aide personnel de Sihanouk, le prince Sisowath Thomico. Il était souvent dans la capitale chinoise depuis quelques années pour y suivre des traitements contre des cancers, du diabète et de l'hypertension.
Un règne tourmenté
Norodom Sihanouk, dont le règne a été l'un des plus longs d'Asie, avait abdiqué en octobre 2004 en faveur de son fils Sihamoni, invoquant son âge et des raisons de santé. Hasard de l'Histoire, son décès survient au dernier jour des festivités de Pchum Ben au cours desquelles les Cambodgiens se retrouvent en famille et honorent les ancêtres.
Le monarque a traversé le siècle, de la colonie française jusqu'au retour de la paix au Cambodge en 1998, en passant par des décennies de guerre civile et le régime des Khmers rouges (1975-1979), responsable de la mort de près de deux millions de personnes et avec lequel il avait fait alliance. (voir ci-dessous)
Six fois marié - sa dernière épouse, Monique Izzi, est un ancien mannequin d'origine italienne et cambodgienne -, l'héritier des bâtisseurs d'Angkor a eu quatorze enfants, dont cinq tués sous le régime de Pol Pot.
afp/dk
Le règne de Sihanouk en bref
Deux ans plus tard, il abdique en faveur de son père pour devenir Premier ministre. A la mort du roi, en 1960, il devient chef de l'Etat mais préfère laisser le trône vacant et se contenter du titre de "prince".
En mars 1970, en pleine guerre du Vietnam, Sihanouk est chassé du pouvoir par le putsch pro-américain du général Lon Nol. Réfugié cinq ans en Chine, il revient à Phnom Penh en 1975 comme chef d'Etat symbolique du Cambodge, quelques mois après la prise du pouvoir des Khmers rouges.
L'année suivante, il est contraint à la démission par le régime de Pol Pot et passe près de deux ans et demi en résidence surveillée dans le Palais Royal. Sa captivité s'achèvera juste avant l'arrivée des troupes vietnamiennes à Phnom Penh qui marque la fin du régime khmer rouge.
Il prend alors la tête de la résistance multipartite cambodgienne contre le régime pro-vietnamien de Phnom Penh jusqu'aux Accords de paix de Paris en octobre 1991. Ceux-ci aboutiront en septembre 1993 à sa consécration comme monarque constitutionnel qui "règne mais ne gouverne pas".