Document ID: /curiavista/filtered/00000_business.jsonl.gz/169614

<h2>SubmittedText<h2><p>Le Conseil fédéral est chargé de soumettre au Parlement un projet d'acte visant à ce que la participation d'orateurs étrangers à des manifestations de nature politique soit à nouveau soumise à autorisation, comme le prévoyait l'arrêté du Conseil fédéral du 24 février 1948, qui a été abrogé en 1998.</p><h2>FederalCouncilResponseText<h2><p>En édictant l'arrêté du 24 février 1948 mentionné par l'auteur de la motion, le Conseil fédéral créait un instrument destiné à prévenir une éventuelle subversion politique. Cette mesure avait été décidée au début de la guerre froide. Selon ledit arrêté concernant les discours politiques prononcés par les étrangers, un étranger ne disposant pas d'une autorisation d'établissement en Suisse devait requérir une autorisation spéciale pour prendre la parole. L'autorisation était refusée si l'on pouvait craindre que la sûreté extérieure ou intérieure du pays soit mise en danger ou que l'ordre soit troublé.</p><p>Sur recommandation du Conseil des États, le Conseil fédéral a abrogé cet arrêté, entre-temps considéré comme obsolète et anticonstitutionnel, au 30 avril 1998. Cette appréciation est aujourd'hui toujours valable. L'obligation générale faite aux orateurs étrangers de disposer d'une autorisation pour prendre la parole dans les réunions politiques représenterait une restriction disproportionnée de la liberté d'expression.</p><p>Même sans l'obligation d'autorisation telle que la demande l'auteur de la motion, la Confédération dispose actuellement de possibilités pour empêcher, au cas par cas, un orateur étranger d'intervenir au cours d'une manifestation politique. Ainsi, s'appuyant sur l'art. 67, al. 4, de la loi fédérale sur les étrangers (LEtr ; RS 142.20), l'Office fédéral de la police (Fedpol) peut interdire l'entrée en Suisse à des personnes si elles constituent, par leur participation à une manifestation, une menace immédiate pour la sécurité intérieure ou extérieure de la Suisse. À ce propos, il consulte au préalable le Service de renseignement de la Confédération (SRC). Ce type de mesures ont été prises par le passé à diverses reprises. Ainsi, l'an dernier, Fedpol a prononcé dix interdictions d'entrée contre des prédicateurs véhiculant un message de haine.</p><p>Au moyen de l'interdiction d'exercer une activité, le Conseil fédéral, après avoir consulté le SRC, peut interdire à une personne physique, à une organisation ou à un groupement d'exercer une activité menaçant concrètement la sûreté intérieure ou extérieure de la Suisse et servant directement ou indirectement à propager, à soutenir ou à promouvoir d'une autre manière des agissements liés au terrorisme ou à l'extrémisme violent (art. 9 de la loi fédérale du 21 mars 1997 instituant des mesures visant au maintien de la sûreté intérieure, LMSI ; RS 120 ; nouveau et sans modification à l'art. 73, al. 1, de la loi sur le renseignement, LRens). Si ces conditions sont remplies, un ressortissant étranger qui séjourne déjà en Suisse peut donc se voir refuser de prendre la parole au cours d'un rassemblement politique.</p><p>Actuellement, les autorités de sécurité de la Confédération disposent de suffisamment d'instruments afin d'interdire à un orateur étranger, qu'il se trouve encore à l'étranger ou déjà en Suisse, d'intervenir au cours d'un rassemblement politique.</p><p>Par ailleurs, les autorités compétentes au niveau local disposent de leur côté des bases légales nécessaires soit pour autoriser la tenue d'un événement politique uniquement à certaines conditions, soit pour ne pas l'autoriser du tout, entres autres pour des raisons de sécurité publique. Ces mêmes autorités peuvent en outre réagir rapidement aux changements de situation et ainsi interdire à court terme une manifestation précédemment autorisée si l'une des conditions n'était plus respectée.</p>  Le Conseil fédéral propose de rejeter la motion.