Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07151.jsonl.gz/858

Intervenant:
Thierry Bornand est titulaire d’une maîtrise en histoire moderne de l’Université de Lausanne et, depuis août 2010, assistant diplômé à l’Institut d’études politiques et internationales de l’Unil, dans le groupe de recherche du Centre d’histoire des idées politiques et des institutions. Son travail de thèse porte sur les discours d’institutionnalisation de l’éducation et les pratiques pédagogiques pendant la Révolution française, dans leurs rapports avec les formes de la démocratie.
Exposé:
La pensée politique de Jacques Rancière s’efforce de réfléchir aux conditions de l’émancipation. En tenant compte des formes réelles d’élaboration des luttes sociales, la pensée de J. Rancière prend en effet au sérieux la prise de parole des dominé-e-s, par laquelle ils-elles affirment l’égalité de n’importe quel être parlant avec n’importe quel autre être parlant.
Contre les États oligarchiques de droits qui s’auréolent du titre de démocratie, tout comme une certaine philosophie politique qui prétend fournir la formule de la « bonne gouvernance » et qui, de fait, ne sert qu’à la légitimation de la distribution hiérarchique des places et des fonctions de ces États, J. Rancière tente de redéfinir la politique, entendue comme « […] l’action qui sans cesse arrache aux gouvernements oligarchiques le monopole de la vie publique et à la richesse la toute puissance sur les vies » . Car pour J. Rancière, en dernière instance, le fondement de la politique tient dans l’absence de tout fondement et se caractérise, en conséquence, par la contingence égalitaire de tout ordre social. Le lieu d’émancipation réside dès lors dans un processus de subjectivation politique, par lequel les « sans-parts » – les exclu-e-s de la communauté politique – rompent avec une identité sociale, qui les fige dans une manière d’être et de dire, en mettant en crise la logique inégalitaire de l’ordre social.
Ma contribution entend ainsi à la fois restituer les éléments caractéristiques de la pensée politique émancipatrice de Jacques Rancière et, à partir d’elle, réfléchir et imaginer comment une politique d’interruption et de défiguration du temps inégalitaire de l’ordre social peut se déployer.
Horaire
Samedi 27 octobre
10h00-11h45
Anthropôle, salle 5081
Panel – Philosophie et libération: Émancipation et institutionnalisation.