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Presque 200'000 signatures ont été récoltées en faveur des deux référendums contre les lois «inhumaines» sur l'asile et sur les étrangers. Votation en septembre.Ce contenu a été publié le 06 avril 2006 - 15:28
Menée par l'ex-ministre Ruth Dreifuss, l'opposition au durcissement voulu par le parlement vient notamment de la gauche et des Verts.
Les référendums contre ces deux lois parfois qualifiées de «Lex-Blocher» (du nom du ministre de la droite dure en charge du dossier) ont récolté plus de 164'000 signatures valables, déposées à la Chancellerie fédérale jeudi à Berne.
Lors du rassemblement organisé à cette occasion, on a pu voir l'ex-ministre socialiste Ruth Dreifuss, qui préside le Comité pour le double NON, initiateur des deux référendums.
La loi sur l'asile est aussi combattue par le Parti socialiste suisse et la Coalition pour une Suisse humanitaire, forte d'une trentaine d'organisations nationales.
Le référendum lancé contre ce texte a recueilli un peu plus de 90'000 signatures validées, alors que 50'000 sont nécessaires.
Pour ce qui est de la loi sur les étrangers, les Verts et le Forum pour l'intégration des migrants se sont aussi associés au référendum.
74'200 signatures ont été validées, une bonne part venant de Genève, Vaud, Zurich et Berne. La votation pourrait avoir lieu le 24 septembre.
Contraires à la tradition humanitaire
A Berne, les orateurs se sont félicités du succès de la campagne référendaire. Selon eux, ces lois votées en décembre sont contraires à la tradition humanitaire de la Suisse, excessives et contre-productives.
Deux points ont été dénoncés en particulier au chapitre de l'asile: l'extension de la suppression de l'aide sociale à tous les requérants déboutés d'abord.
Le tour de vis donné contre les personnes qui ne peuvent pas présenter des papiers d'identité ou des documents de voyage dans les 48 heures ensuite.
«Comment obtenir des papiers valables lorsqu'on est persécuté», s'est interrogée Corinne Hechoz-Pagnini, de l'Entraide protestante (EPER).
Ces personnes seront exclues du système de l'asile et considérées comme des délinquants, ont déploré les conseillers nationaux (députés) Ueli Leuenberger (Verts/Genève) et Ursula Wyss (socialiste/Berne).
Traités «comme des criminels»
La prolongation jusqu'à deux ans des mesures de contraintes, applicables aux requérants d'asile et aux étrangers indésirables qui s'opposent à leur renvoi, est aussi dans le collimateur.
Aux yeux de Ruth Dreifuss, il est inadmissible de traiter «comme des criminels» des personnes qui ont en fait rêvé d'un avenir meilleur.
L'ex-ministre s'est par ailleurs élevée contre la loi sur les étrangers, qui rate sa cible selon elle. La Suisse doit adapter sa politique migratoire aux besoins de l'économie.
Mais on ne répond pas à ces besoins en excluant les travailleurs extra-européens non qualifiés, a noté Ruth Dreifuss en faisant allusion notamment aux tâches d'aide domestique ou familiale.
Pour une vraie loi sur l'immigration
«Cette loi encourage donc les gens à demander l'asile ou à devenir clandestin», a lancée l'ex-ministre.
«Il nous faut une loi sur l'immigration et non pas une loi spéciale pour les non-européens», a renchéri la municipale zurichoise Monika Stocker (Verts).
Les solutions proposées ne sont qu'un «placebo»: elles n'empêcheront pas les gens concernés de rester en Suisse, dans l'illégalité avec tous les risques que cela comporte.
Autre grief, la sévérité accrue en matière de regroupement familial. Qui multiplie les obstacles à l'intégration, alors même que des améliorations ont été introduites à ce niveau dans la loi, assure Ruth Dreifuss.
La Genevoise est d'ailleurs d'avis que les dispositions visant à favoriser l'intégration devraient être reprises au cas où les textes en votation sont rejetés par le peuple.
swissinfo et les agences
Faits
121'794 signatures contre la loi sur l'asile
74'246 signatures contre celle sur les étrangers
Les référendaires devaient réunir 50'000 signatures dans les 100 jours
164'000 signatures ont été validées
En bref
- La nouvelle loi fédérale sur les étrangers donne clairement la priorité aux citoyens venant de l'Union européenne alors que l'immigration venant des pays extracommunautaires est limitée au travailleurs qualifiés.
- Les dispositions permettant le regroupement familial et l'obtention du permis de travail ont été durcies.
- La nouvelle loi sur l'asile supprime l'aide sociale aux demandeurs refusés et double à deux ans la période de détention en attente de leur renvoi forcé. L'admission pour motif humanitaire est abandonnée.
- Dans le cas d'admission provisoire, l'obtention d'un permis de travail et le regroupement familial ont par contre été facilités.
- Ces deux lois ont été acceptée en décembre dernier par le parlement fédéral.
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