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La biruche est une ruche dans laquelle vivent deux reines qui
ne se rencontrent jamais. Pondant chacune dans leur compartiment, elles sont
séparées par une paroi médiane verticale et des grilles à reines horizontales.
Les filles de ces deux reines s’acceptent sans difficulté, elles franchissent
les grilles à reines et se rencontrent dans le grenier à miel commun.
Dans une biruche, la ponte est double et l’émulation, constante. La récolte de miel n’est pas doublée comme nous serions enclins à le penser, mais triplée voir quadruplée.
|C’est particulièrement Emile Loubet de l’Hoste
qui a vulgarisé la biruche, grâce à son livre, souvent réédité « La biruche
- Intimité de deux reines ».

Les différentes éditions furent préfacées par Messieurs Chenivesse, Alin Caillas, Xavier Grandjean, Vice-Président de la Chambre Syndicale belge d’Apiculture, A. Grivelli, auteur de « La Ruche Transparente » et R Vanhée, conférencier apicole.
Cependant, ce système de ruches à plusieurs pondeuses et hausses communes, était déjà connu et présenté dans plusieurs livres anciens d’apiculture ; ainsi, dans un article de « L’apiculture Rationnelle » (l’ancêtre de la Belgique Apicole) de mars, avril et septembre 1925, dont le titre est : « Comment récolter des tonnes de miel ». Cet article parle de « ruches jumelles » employées en Espagne par José Monclus, avec cadres Layens, dès 1888 …
|N’importe quel modèle de ruche peut être installé en biruche. L’idéal est de diriger une entrée est vers l’Est et l’autre vers l’Ouest.J’ai commencé vers 1983 avec une Dadant 12 cadres. Rapidement, pour obtenir un meilleur contrôle, j’ai ajouté à tous les corps et pour chaque compartiment, un cadre témoin et un double plateau. Il va de soi que le contrôle des populations, parfois phénoménales, des biruches, est primordial|
|D’anciennes Dadant
14 cadres furent également reconverties en biruche. Deux compartiments de 7
cadres offraient un plus grand champ de ponte.

J’ai également apprécié cette méthode parce qu’elle permet de tirer profit, d’une manière plus adéquate, d’un matériel conçu au 19éme siècle - matériel qui n’est pas toujours adapté à notre flore et notre climat. (Rappelons que C. Dadant a créé son modèle de ruche vers 1860, et Langstroth en 1851, tous deux en Amérique.)

|Chaque année, une
reine ou les deux, étaient remplacées.

Les ruchettes destinées à l’élevage des jeunes reines étaient placées à côté des biruches.
Parfois sur la toiture.
|Lorsque certains emplacements ne permettaient pas l’orientation des entrées Est –Ouest, les trous de vol étaient dirigés dans la même direction. Les cadres témoins se trouvaient alors en façade.|
|Afin d’atténuer le dérangement de ces énormes populations lors d’une intervention, même uniquement dans un seul compartiment, j’ai fait évoluer la technique en séparant les deux colonies, tout en gardant les hausses communes. Chaque colonie était placée dans sa propre ruche. Première évolution avec des ruchettes Dadant 7 cadres et des Dadant10 cadres. Les photos sont prises en fin de saison. J’ignorais à l’époque qu’un jour, je serais amené à rédiger un article sur la biruche ; si bien que je n’ai pas, hélas, de photos montrant les biruches équipées de leurs hausses.|
|Et finalement, pour simplifier la méthode, je n’employais plus qu’un seul cadre : le cadre de hausse.Le renouvellement des reines est facilité, mais on se prive de l’usage du cadre témoin, précieux instrument d’observation et de contrôle.|
|Pour moi, la méthode de travail fut vraiment simplifiée, lorsque les deux colonies furent logées dans 2 corps de ruche séparés. En 1994, Monsieur Pagès (Bures-sur-Yvette) nous a donné l’idée d’employer la ruche « Ségap », composée d’éléments contenant 7 cadres des hausses Dadant. . Ces super-divisibles apportent vraiment beaucoup de souplesse à la conduite de la biruche. « Plus besoin d’être un fort des halles ou presque pour élever des abeilles … », écrit-il …à juste titre !|
|Mais cette fois, les hausses ne sont plus communes, alors que « l’effet biruche » reste entier ; c’est un tunnel placé sur les couvre cadres, qui permet aux abeilles de se rencontrer. Des ouvertures dans les couvre cadres, munies de grille à reines, donnent sur un tunnel de 7 mm d’hauteur recouvert d’un verre ou un plexiglas. L’idée de ruches « placées en tandem » se trouve très bien décrite dans « Apiculture repensée » de Raymond Chaise. Et la quantité de miel récolté est toujours aussi abondante … A vous d’essayer, et… bonnes récoltes !|

Jean-François Dardenne, janvier 2006

Bibliographie
« L’apiculture Rationnelle » de mars, avril et septembre 1925.
« La biruche - Intimité de deux reines » Emile Loubet de l’Hoste.
« Ruche Ségap » Pierre Pagès.
« Apiculture repensée » R Chaise.