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Il est issu d'une très ancienne famille de la noblesse savoyarde qui, selon le Comte Amédée de Foras, auteur de l'Armorial Nobiliaire de Savoie, pourrait provenir d'Ecosse. Celle-ci serait arrivée sur le continent au cours du XIIIe siècle, sous le patronyme de "Flescher", avant de le franciser lors de son établissement à Saint-Jeoire, dans l'actuelle Haute-Savoie, où elle construit le château de Beauregard, place forte qui contrôle l'accès à la vallée de la Risse.
Cette famille va s'illustrer à plusieurs reprises dans l'histoire de la Savoie, notamment en participant en 1366 à la Croisade d'Orient à l'occasion de laquelle on accorde des bandes blanches peintes sur la partie haute des murs du château de Beauregard, distinction encore visible de nos jours.
Plus tard, le mariage d'un des descendants - François-Marie - qui épouse en 1654 la nièce du prince évêque de Genève - Jean d'Arenthon-d'Alex - scelle définitivement l'union de cette famille avec les plus hautes instances de la noblesse savoyarde.
Pierre-Claude de la Fléchère, qui réside encore au Châtillon, achète en 1770 la seigneurie de Sierne pour 2.600 livres. Il obtient de ce fait l'unification de ses terres et, par la grâce de Charles-Emmanuel III, l'érection du comté de Veyrier le 20 avril de cette même année. Entre-temps, il a déménagé et fait construire dès 1769 le château de Veyrier, une belle bâtisse rectangulaire abritant une quinzaine de salles. En 1772 il rénove l'église de Veyrier en bénéficiant d'une subvention de 4000 livres versée par le roi, puis il améliore les voies de communication et assèche les marais. Il fait enfin construire le pont de Sierne en 1782 pour enjamber l'Arve.
En 1775 il obtient du roi Victor-Amédée III des privilèges pour favoriser l'essor économique du territoire de Carouge, cédé en 1754 au Royaume de Sardaigne par la République de Genève. Principal promoteur de l'érection de la ville de Carouge, il va concrétiser son projet par la mise en place d'un concept politique particulièrement libéral qui s'appuie sur l'édit de tolérance promulgué par le roi Victor-Amédée III le 27 août 1787 à l'endroit des Juifs domiciliés dans cette ville.
Ces derniers bénéficieront ainsi, au même titre que les Francs-maçons et les protestants, de l'application du droit commun, ainsi que d'une totale liberté de culte.
L'un des actes les plus significatifs sera le prêt par M. de la Fléchère de sa vaste demeure seigneuriale de Carouge pour que l'on y fixe une Synagogue. Celle-ci sera en exercice à partir de l'année 1789 et fonctionnera jusqu'en 1859, date à laquelle elle sera remplacée par la construction de la Grande Synagogue de Genève.
Le Comte Pierre-Claude de la Fléchère meurt à Veyrier, au pied de la fontaine de son château, un matin du 2 avril 1790 sans avoir vu se concrétiser son dernier vœu, faire venir à Carouge des Musulmans et y ériger une Mosquée (il soumet cette idée à Turin par écrit le 13 mars 1789).
Il nous laisse néanmoins un extraordinaire témoignage des phases de la construction de Carouge grâce à l'abondante correspondance qu'il a entretenu avec le pouvoir turinois, et qui a largement été utilisée par de nombreux historiens pour la rédaction de plusieurs ouvrages sur l'histoire de Carouge.