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No 21 – Jean Calvin (1509-1564)
Sa vie
Jean Calvin est né à Noyon en Picardie. Il est le fils d’un administrateur de biens au service des chanoines de Noyon et d’une mère catholique dévote morte prématurément.
Son père le destinait à la prêtrise mais, à la suite de démêlés avec les chanoines de Noyon, il oriente son fils vers le droit. L’étude du droit marque durablement la pensée de Calvin. Il considère toujours la loi de façon positive, contrairement à Luther.
À la mort de son père, il se tourne vers la théologie et les lettres.
La conversion de Calvin remonte sans doute à 1533, mais il est difficile de la dater précisément. Il se trouve à Paris quand éclate en 1534 l’affaire des placards. Durant la répression, il quitte définitivement la France et se réfugie à Bâle. Il y poursuit son travail théologique.
L’appel de Genève
Calvin aurait pu continuer sa brillante carrière d’intellectuel sans un hasard providentiel. Il veut se rendre à Strasbourg. La route directe est fermée à cause des guerres. Il doit passer par Genève. Genève vient d’adopter la Réforme, sous l’influence du réformateur Guillaume Farel. Celui-ci, apprenant la présence de Calvin à Genève, pense aussitôt que l’auteur de l’Institution Chrétienne est l’homme qui pourra le mieux l’aider dans la tâche de structurer la Réforme à Genève. Il lui adresse un appel pressant. Calvin reste à Genève. Il tente de mettre en pratique ses idées, mais la tâche est rude.
Calvin et Farel s’opposent au gouvernement genevois sur la question de l’autorité respective de l’Église et de l’État, notamment sur les sujets religieux. Ils n’ont pas le dernier mot et sont expulsés par les autorités de la ville en 1538.
Calvin à Strasbourg
À l’appel du réformateur Martin Bucer, Calvin s’établit à Strasbourg. Il exerce les fonctions de pasteur et de professeur. Il fréquente de nombreux intellectuels. Il se marie avec une jeune veuve, Idelette de Bure, dont il aura un fils mort en bas âge..
En 1541, il fait paraître son Petit traité de la Cène, où il définit une position médiane entre celles, inconciliables, de Luther et de Zwingli.
Retour à Genève
A la demande des autorités, Calvin revient à Genève en septembre 1541. Il y reste jusqu’à la fin de sa vie.
On voit souvent Calvin comme un dictateur à Genève. En fait, il n’a jamais été favorable à une emprise du pouvoir religieux sur le pouvoir politique.
À partir de 1555, son autorité spirituelle n’est plus contestée à Genève. Le modèle genevois se diffuse largement en Europe. En 1559, il donne sa forme définitive à l’Institution Chrétienne, qui compte désormais quatre livres et quatre-vingt chapitres. Il écrit de nombreux traités, donne des cours publics à l’Académie de Genève qui vient d’être fondée. De santé fragile, ce travail intense et soutenu l’épuise. Il meurt le 27 mai 1564 à l’âge de cinquante-cinq ans.
Source: http://www.museeprotestant.org/notice/jean-calvin-1509-1564/