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La prostate est un organe présent uniquement chez les hommes. Il est toutefois étonnant de voir que la plupart d'entre eux ne savent que très peu de choses sur cette partie de leur corps et sa fonction. Beaucoup d'hommes ne prennent vraiment conscience de leur prostate que quand elle cause des problèmes - et ceci est le plus souvent le cas quand elle se met à grossir.
La prostate est une petite glande qui épouse la vessie par la bas. De la taille d'une châtaigne, elle a un volume d'environ 25 millilitres. Elle doit son nom au mot grec "prostates", ce qui signifie l'homme qui dirige ou qui précède. Cela s'explique par le fait que, en raison de sa situation, l'organe soutient le col vésical et donc la fermeture de la vessie. L'urètre traverse le milieu de la prostate.
Beaucoup d'hommes pensent que, au fond, cette petite glande est sans importance et ne sert à rien. Et bien, non. La tâche principale de la prostate consiste à produire une sécrétion qui forme une partie du liquide séminal. Avec les spermatozoïdes en provenance des testicules et les sécrétions de deux autres glandes, elle compose le sperme. Au moment de l'éjaculation, la fonction de la prostate est similaire à celle de la pompe à injection du moteur d'une voiture: Lorsque ses muscles se contractent, le liquide séminal est propulsé dans l'urètre.
De plus, la sécrétion de la prostate joue un grand rôle dans la fertilité de l'homme. Outre une série d'autres substances, elle contient des enzymes importantes comme la phosphatase acide de la prostate et l'antigène prostatique spécifique PSA. Celui-ci liquéfie le sperme. La sécrétion prostatique stimule le déplacement des spermatozoïdes et en fait de nageurs performants; la substance appelée spermine protège l'information héréditaire des spermatozoïdes.
La sécrétion de cette glande n'a aucun rapport avec la capacité à accomplir l'acte sexuel. C'est l'hormone nommée testostérone qui régule la fonction de la prostate. Ce n'est qu'au moment de la puberté, avec l'arrivée de la maturité sexuelle, que la prostate devient un organe en état de fonctionner.
L'hyperplasie bénigne de la prostate (grossissement des cellules prostatiques), HBP en bref, est la cause la plus fréquente des troubles de la miction chez les hommes.
C'est déjà à partir de l'âge de 30 ans que le tissu prostatique commence à augmenter. De 25 millilitres à l'âge de 30 à 35 ans, son volume augmente doucement à environ 45 millilitres à 70 ans. En même temps, le flux urinaire diminue en quantité et en vitesse. Malgré des études de grande envergure, on ne connaît toujours pas entièrement les causes de ces changements. On considère comme avéré que des facteurs génétiques, ainsi que le ratio entre les hormones mâles et féminines jouent un rôle.
Le rapport des hormones androgènes, des hormones sexuelles de l'homme, dont la plus importante est la testostérone, à l'œstrogène change avec l'âge. On observe, au niveau de la chimie du corps, l'activité accrue d'un certain groupe d'enzymes, la stéroïde-5-alpha réductase, qui catalyse la transformation de l'hormone sexuelle testostérone en dihydrotestostérone (DHT). Cela fait augmenter la concentration en DHT, le déséquilibre des hormones augmente et le tissu prostatique grossit.
Mais une modification du tissu prostatique ne signifie pas pour autant que des problèmes vont survenir. Le grossissement de la prostate qui débute tôt est normal dans une large mesure et ne constitue pas encore une maladie. La majeure partie des hommes (à peu près 80 pourcent) ont certes une prostate qui a grossi, mais ne présente aucun trouble nécessitant un traitement.
Mais, si le tissu qui grossit entraîne un fort rétrécissement de l'urètre et que des problèmes surviennent, l'homme ne devrait pas attendre trop longtemps, mais se rendre chez le médecin de sa confiance.
L'âge moyen de l'apparition des troubles en cas d'hyperplasie de la prostate se situe à 65 ans. Les symptômes d'une HBP peuvent être un début ralenti de la miction (miction = uriner), un jet d'urine qui s'affaiblit et un besoin d'uriner fréquent la nuit.
Du point de vue purement physique, les premiers symptômes d'une HBP sont souvent anodins, mais désagréables et dérangeants pour la plupart des hommes. Le fait de se rendre de plus en plus souvent aux toilettes, de ne pas pouvoir vider la vessie entièrement, l'attente jusqu'à ce que cela se mette enfin à „couler” ou que les pertes postmictionnelles s'arrêtent enfin, mettent les nerfs à rude épreuve. Des troubles de la vie sexuelle, p.ex. un dysfonctionnement érectile, qui peuvent survenir également, sont ressentis comme altération grave de la qualité de vie.
L'évolution des symptômes de la HBP est assez fluctuante. Jusqu'à 20 pourcent des patients connaîtront une amélioration spontanée. Chez une grande partie des hommes concernés, entre 60 et 80 pourcent, on observe une évolution par vagues. D'autres 10 à 20 pourcent verront une évolution continue de la maladie.
Selon des études menées à la clinique universitaire de Heidelberg, à peu près la moitié des hommes de plus de 60 ans présente une prostate ayant grossi de manière plutôt importante, sachant que la seule augmentation du tissu n'équivaut justement pas encore à une maladie de la prostate. Au cours de la huitième décennie de leur vie, il est possible de dépister un grossissement bénin de la prostate chez la quasi-totalité des hommes. Mais ce ne sont qu'environ dix à 20 pourcent qui développeront des troubles nécessitant un traitement.
En fonction de l'évolution de la maladie et des troubles engendrés, la médecine distingue trois stades de gravité différente. Dans une large mesure, c'est la question de savoir s'il est encore possible de vider la vessie entièrement qui détermine le stade. Si cela n'est pas le cas et que de l'urine reste dans la vessie, elle constitue un terrain favorable aux bactéries qui vont soudainement y proliférer. Cela entraîne des infections répétées de la vessie, favorise la formation de calculs vésicaux et éventuellement une dangereuse rétention d'urine dans les reins. Celle-ci peut entraîner des dommages durables; au pire le décès suite à une défaillance rénale ou une septicémie („empoisonnement du sang”).
- Stade I, également appelé stade de la vessie irritable:
problèmes légers, tels un début retardé de la miction, besoin d'uriner fréquent, même la nuit, gouttes après la miction. Le bien-être psychique et la sexualité peuvent être affectés. Absence d'urine résiduelle dans la vessie.
- Stade II, stade d'urine résiduelle avec troubles modérés:
augmentation des troubles du stade de la vessie irritable, éventuellement incontinence, formation d'urine résiduelle à cause d'une vidange incomplète de la vessie.
- SStade III, le stade de décompensation avec troubles importants:
survenue d'une incontinence par regorgement, à savoir que la vessie reste fortement remplie durant une période prolongée et ne peut plus être vidée que par petites portions non contrôlées, pertes de gouttes en permanence. La perturbation de l'évacuation de l'urine peut engendrer la formation d'une obstruction urinaire d'origine rénale. Cela signifie que le bassinet et les calices connaissent une expansion pathologique et sont endommagés. Se produisent alors des dysfonctionnements rénaux allant jusqu'à la défaillance rénale et l'urémie (empoisonnement par l'urée).
Bien que le cancer de la prostate aille également de pair avec un grossissement de la prostate, l'hyperplasie bénigne de la prostate en soi ne constitue pas un risque accru de développer un cancer de la prostate.
Beaucoup d'hommes hésitent à consulter un médecin à cause de problèmes à uriner. Il s'agit d'une partie du corps de l'homme dont on n'aime pas trop parler. Ils trouvent gênant le fait de ne plus pouvoir vider la vessie par un jet puissant, fatigant de devoir aller aux toilettes deux fois par nuit, pénible les gouttes qui s'échappent en permanence. Un grossissement bénin de la prostate peut aussi favoriser un dysfonctionnement érectile - et c'est au plus tard à ce moment-là que la confiance en soi de l'homme en prend un coup. S'y ajoutent des angoisses: Qu'est-ce que j'ai? Peut-être que c’est même ma sexualité qui a un problème? Dois-je consulter un médecin? Et qu'est-ce qui va se passer ensuite?
Männliche Skulpturen pinkeln in BrunnenMais la honte n'a pas sa place quand il est question de problèmes de prostate. Plus un grossissement bénin de la prostate est détecté tôt, plus il sera simple de gérer les symptômes et plus vite on sera soulagé.
Le premier pas vers le diagnostic est le toucher rectal. Cela signifie que le médecin va introduire un doigt dans le rectum, à l'aide de gants à usage unique et d'un gel lubrifiant, afin de toucher la prostate pour l'examiner. Ce n'est pas très agréable, mais pas douloureux, et c'est surtout très vite fait. Même si vous n'êtes pas très à l'aise - c'est un acte de routine pour un médecin expérimenté qui en aura fini en trente secondes.
On réalise éventuellement encore une échographie qui permet de faire des affirmations plus précises quant à la taille de la prostate. Cet examen permet aussi de déterminer la quantité d'urine restée dans la vessie. L'examen permettant à l'urologue de déterminer la présence et l'étendue d'une entrave à l'évacuation de l'urine est rapide et facile, lui aussi: Lors de l'examen dit urodynamique, on urine dans un entonnoir doté d'un dispositif de mesure et fixé à la cuvette des toilettes. Cela permet de déterminer le volume maximal d'urine par unité de temps.
On dirait certainement pas que vous allez passer la meilleure journée de votre vie. Mais quasiment tous les hommes qui ont franchi le pas de l'examen sont unanimes pour dire que le soulagement prime largement sur les moments gênants. Il vaut mille fois mieux savoir ce qui se passe et pouvoir prendre des mesures appropriées à un stade précoce de la HBP que de vivre dans l'incertitude, la peur et des troubles grandissants.
En fonction du stade, de la gravité des symptômes, de l'état général et l'état de santé du patient, le médecin traitant va envisager différentes possibilités. Beaucoup d'hommes arrivent à s'adapter aux troubles et à les vivre plutôt bien. S'ils vivent la maladie comme un fardeau, p.ex. parce qu'ils doivent se lever toutes les nuits, il y a des substances naturelles, tout comme chimiques, qui peuvent atténuer les symptômes et influencer positivement l'évolution de la maladie.
Au cours des stades précoces et moyens de la HBP, le médicament de choix pour beaucoup d'hommes concernés est un remède naturel. C'est ici que le palmier nain, au nom scientifique de Serenoa repens, entre en scène: Ses fruits servent à fabriquer des extraits qui améliorent significativement les symptômes et l'évolution de la maladie (voir le chapitre „plante médicinale” par les substances contenues dans les fruits du palmier nain ou sabal.
Bien qu'il y ait, comme souvent en médecine naturelle, régulièrement des études qui attribuent aux préparations à base de sabal une efficacité à peine supérieure à celle d'un placebo, une étude dite „analyse Cochrane” est arrivée à une conclusion différente en 2009. Ces analyses sont des travaux synoptiques systématiques reconnus au niveau international comme norme de qualité de la médecine basée sur des preuves. Dans ces travaux, on pouvait lire: "Serenoa repens a apporté une amélioration des symptômes de l'appareil urinaire et de l'évacuation de l'urine similaire à celle du finastéride (une substance active synthétique souvent utilisée, n.d.l. réd.) tout en étant accompagné de moins d'effets secondaires indésirables.
Une étude de grande actualité a aussi constaté que, outre l'efficacité contre les symptômes de HBP, l'avantage des préparations à base de sabal est leur très bonne tolérance et l'absence d'effets secondaires. En 2016, des chercheurs espagnols ont réalisé une étude portant sur plus de 1700 participants qui a comparé l'extrait de sabal aux médicaments également prescrits souvent, tels des alpha-bloquants et des inhibiteurs de réductase.
Le résultat: Le médicament phytothérapeutique était aussi efficace que les médicaments de synthèse, et ceci en étant nettement mieux toléré. Lors du traitement avec des principes actifs de synthèse, il n'est pas rare de voir apparaître des effets secondaires désagréables, tels une chute non désirée de la tension, des troubles dépressifs et des problèmes d'éjaculation (alpha-bloquant) ou un dysfonctionnement érectile (inhibiteurs de réductase); ceci n'était pas le cas du traitement avec des extraits de sabal.
Comme déjà indiqué, l'enzyme 5-alpha réductase joue un rôle essentiel dans la survenue de la HBP, car elle transmet la transformation de la testostérone en sa forme active, le dihydrotestostérone (DHT) Un taux de DHT élevé de la prostate en favorise la croissance à son tour. L'extrait de sabal diminue l'activité de l'enzyme, ce qui entraîne une baisse de la production des hormones sexuelles mâles, et le taux de DHT va baisser. C'est ce que l'on appelle l'effet anti-androgène (les androgènes sont des hormones qui commandent le développement des caractères sexuels masculins). En même temps, des substances présentes dans les fruits du sabal inhibent certaines liaisons aux récepteurs, ce qui limite la croissance cellulaire et réduit le volume de la prostate.
Des études cliniques démontrent que les symptômes pénibles s'améliorent nettement suite à la prise systématique d'extrait de sabal. Le flux d'urine redevient plus fort, la quantité d'urine restant dans la vessie diminue. Il est certes impossible d'arrêter définitivement le grossissement de la prostate, mais le fait d'atténuer les symptômes entraîne une amélioration nette de la qualité de vie.
L'absence d'effets secondaires graves est encore plus importante. Un grand avantage du médicament phytothérapeutique est son action anti-androgène sélective. C'est ce qui fait que des effets indésirables comme la perte de la libido ou la croissance des seins (gynécomastie), qui peuvent tout à fait se produire lors des autres traitements anti-androgènes, n'interviendront pas. Comme déjà évoqué plus haut, il y a aussi d'autres effets indésirables tels les problèmes de tension sanguine et les troubles dépressifs qui ne surviennent pas lors du traitement au sabal. Les troubles de l'érection et de l'éjaculation sont rares. Les seuls effets indésirables observés jusqu'à présent sont des problèmes d'estomac, mais de nature légère (et qui se produisent aussi lors du traitement avec des inhibiteurs de réductase).
Bien entendu, le traitement par les substances synthétiques évoquées est aussi une option en présence des symptômes concernés.
Les alpha-bloquants sont des principes actifs qui dilatent les vaisseaux sanguins et baissent la tension, développés initialement pour traiter l'hypertension. Au niveau de la prostate et de l'urètre, ils provoquent un relâchement des muscles, ce qui améliore le flux urinaire. Ils n'ont cependant aucune influence sur la taille de la prostate ou bien la croissance du tissu. Parmi les effets secondaires indésirables les plus fréquents figurent les troubles de l'éjaculation et les chutes de tension qui se produisent en se levant de la position assise ou couchée (hypotension orthostatique). Ce dernier phénomène est devenu plus rare avec les alpha-bloquants plus récents, p.ex. le principe actif tamsulosine souvent prescrit.
Les inhibiteurs de 5-alpha réductase, c'est le principe actif finastéride qui est le plus souvent prescrit, ont un mécanisme de fonctionnement similaire à celui des extraits de sabal. Ils réduisent la concentration en dihydrotestostérone, ils ont donc un effet anti-androgène. Les symptômes s'améliorent aussi comme sous traitement au sabal, mais seulement au bout de bon nombre de mois: Le flux urinaire s'améliore, le volume de la prostate peut régresser.
La différence importante est encore une fois la fréquence et la gravité des effets secondaires. Chez environ 12 pourcent des patients, la prise de finastéride entraîne des effets secondaires sur la vie sexuelle, comme une libido diminuée, des troubles de l'éjaculation et l'impotence.
En cas de troubles graves de la prostate, c'est souvent une combinaison d'alpha-bloquants et d'inhibiteurs de 5-alpha réductase qui est utilisée. Beaucoup de médecins doutent de la pertinence de longue durée d'un tel traitement double uniquement avec des principes actifs de synthèse contre les symptômes prostatiques. Chez beaucoup d'hommes d'un certain âge, il y a bien d'autres problèmes de santé qui se trouvent au premier plan, comme une hypertension nécessitant un traitement, un taux de cholestérol trop élevé ou des problèmes cardiaques. En prenant beaucoup de médicaments en même temps, il faut toujours aussi réfléchir au problème des éventuelles interactions médicamenteuses. (Aucune interaction avec d'autres médicaments n'a d'ailleurs été démontrée pour les préparations à base de sabal.)
L'option de traitement la plus radicale est l'opération, lors de laquelle différents procédures sont utilisées pour entailler des tissus prostatiques pour offrir plus de place à l'urètre, des tissus sont éliminés ou bien détruits au laser, ou encore la prostate est retirée entièrement. Des techniques chirurgicales spéciales ont été développées pour la HBP. La procédure standard est la „résection transuréthrale de la prostate“ (TURP). On y retire, couche par couche, les tissus prostatiques en croissance à l'aide d'une caméra minuscule et d'une boucle métallique introduites dans l'urètre via un petit tube. Les procédures les plus récentes, telles l'utilisation d'implants pour maintenir l'urètre ouvert sont encore en cours d'essai.
Une intervention est envisagée quand les autres méthodes de traitement n'apportent pas d'amélioration suffisante ou s'il y a des infections des voies urinaires à répétition par exemple. L'intervention engendre assez souvent des résultats indésirables. Les troubles de l'érection et l'incontinence durables sont rares de nos jours, mais il peut y avoir une diminution de la fertilité, des infections des voies urinaires ou une faiblesse temporaire de la vessie.
Et donc cette plante qui se présente de manière si impressionnante comme option de traitement efficace en cas de HBP, tout en étant doux et quasiment sans effets secondaires, c'est quoi au juste?
L'apparence du sabal est plutôt insignifiante, un peu hirsute, bien que la plante souvent appelée palmier nain ou chou palmiste puisse atteindre une hauteur allant jusqu'à trois mètres, parfois quatre. Les troncs ne poussent pas à la verticale, mais rampent au sol et ne redressent que leur pointe pour former un arc en direction de la lumière. Ils sont coiffés d'un écheveau de feuilles vertes fraîches et de feuilles brunes, sèches. Au niveau du tronc, les gaines mortes des feuilles forment un tapis de fibres brun foncé.
Ce n'est qu'en y regardant de plus près et de préférence à contre-jour que se révèle le charme des grands éventails de feuilles, régulièrement espacées, de couleur verte à bleu-vert, dont les différents segments des feuilles portent une fine dentelure au bord - d'où le nom allemand de «Sägepalme» («palmier scie»). Les fleurs qui ne font que quelques millimètres sont aussi considérées comme insignifiantes. En y regardant de plus près, il s'avère toutefois que ce sont des entités filigranes, de couleur blanche à crème, avec des étamines jaunes d'une hauteur pouvant aller jusqu'à un mètre, qui se dressent vers le haut entre les feuilles du palmier.
C'est à partir de ces fleurs que les fruits se forment à l'automne, d'une longueur de deux à trois centimètres, et qui ressemblent un peu aux olives. Verdâtre au début, jaunâtre et presque orange, leur couleur passe au rouge foncé pour devenir noir-bleuâtre en séchant. Les médicaments utilisés en cas de grossissement de la prostate sont fabriqués à partir des baies mûres et séchées du sabal.
En allemand, le nom de Sägepalme (palmier scie) s'explique par la famille (palmacées, Arecaceae) et les feuilles avec leurs bords dentelés, „sciés“. À l'époque, on utilisait aussi le nom botanique Sabal serrulata, c'est pourquoi on parle encore souvent aujourd'hui de „sabal“. Sachant que l'adjectif „serrata“ signifie „en forme de scie“ lui aussi. Cette propriété des feuilles de ce palmier est tout à fait impressionnante; les bords tranchants des feuilles peuvent causer des blessures jusqu'au sang. Notre houx épineux (Ilex) n'est rien à côté!
Aujourd'hui, le nom correct de la plante est Serenoa repens, d'après le botaniste américain Sereno Watson. L'épithète „repens", qui signifie „rampant“, est dû aux troncs couchés et racines souterraines qui permettent à la plante de se répandre. Mais le palmier nain est le seul palmier du genre Serenoa. Aux USA, on l'appelle „saw palmetto“.
L'arbre n'est pas très exigeant au niveau de son emplacement, mais il préfère un climat doux. Le palmier nain est originaire des états du littoral sud-est d'Amérique du Nord. Il est assez répandu en Floride où il occupe même le rang de „state tree“, d'arbre officiel de l'état. Au „sunshine state“ il pousse sur quasiment tous les sols, que ce soit un sol sablonneux maigre, sec ou marécageux, et il forme un sous-bois épais dans les pinèdes et l'immensité des Everglades.
Les états sudistes de la Caroline du Sud et du Mississippi forment les bords de la présence, la plante résistante se fait déjà plus rare ici. Certains peuplements se trouvent à Cuba et aux Bahamas. Souvent, on évoque aussi des présences au Texas ou même en Californie; mais ce sont des sites de culture, qui ne font pas partie de l'habitat naturel du Serenoa repens, ce qui est aussi le cas des présences au pourtour méditerranéen, p.ex. en Afrique du Nord. Les fruits utilisés comme médicament sont toujours issus de plantes sauvages.
Lorsque la plante est à l'aise, elle est quasiment impossible à éradiquer et elle est capable de conquérir un habitat qui pose problème à d'autres plantes. La sécheresse ou les inondations ne pourront pas grand chose contre cet arbre résistant. Après un feu, Serenoa est souvent la première plante à recommencer à se répandre, grâce à ses rhizomes souterrains.
Les substances présentes dans les fruits du sabal qui les rendent intéressants, p.ex. pour le traitement du grossissement de la prostate, sont surtout des acides gras comme l'acide dodécanoïque, l'acide hexanoïque, l'acide octanoïque, l'acide tétradécanoïque, l'acide palmitique et l'acide oléique, qui sont présents dans différentes formes chimiques. Selon la pharmacopée européenne, les fruits non entièrement secs doivent contenir au moins 11 pourcent d'acide gras au total. Selon Wikipédia, un extrait de sabal doit pouvoir démontrer une teneur en acides gras d'au moins 80 pourcent. Outre l'acide tétradécanoïque et l'acide oléique, l'acide dodécanoïque joue un rôle clé dans le mécanisme d'action; l'extrait médicalement efficace exige un taux d'au moins 23 pourcent.
D'autres substances importantes sont les stérols, donc des hormones, notamment le bêta-sitostérol. Le phytostérols sont utilisés en thérapie, pour baisser le cholestérol, parfois pour traiter des irritations cutanées et démangeaisons, mais surtout dans le traitement symptomatique du grossissement bénin de la prostate. De plus, les fruits du sabal contiennent des flavonoïdes comme l'isoquercitrine, les molécules de sucres à chaînes longues ainsi que des huiles essentielles et d'autres huiles.
Mentionnons au passage le fait que les habitants de la Floride n'apprécient pas que les fruits et leurs substances salutaires. Les cœurs de palmiers tendres du saw palmetto, la moelle à l'intérieur des troncs, sont une spécialité prisée de la cuisine régionale jusqu'à nos jours. Sous le nom de „swamp cabbage“, chou des marais, on les trouve encore dans certaines tavernes authentiques à la campagne.
L'ethnie des Séminoles comme nous la connaissons aujourd'hui a vu le jour en Floride il y a plus de 250 ans. Tout comme celle de tous les indigènes d'Amérique du Nord, leur histoire est tragique; la majeure partie des Séminoles se voit comme une nation souveraine. Au cours du XVIIIe siècle, la tribu avait une relation étroite avec cette plante qui marque le paysage de la Floride. Les feuilles servaient à fabriquer des toits, des tapis, des nattes et des paniers. Les feuilles de palmier étaient aussi utiles pour en faire des outils ou poupées pour les enfants que pour en faire des éventails et hochets pour les cérémonies.
Bien que très amers, les fruits étaient considérés comme aliment fortifiant. Mais leur utilisation comme médicament à base de plantes était encore bien plus importante - déjà à l'époque, ils servaient de remède contre une prostate ayant grossi et les troubles que cela engendre, ainsi que d'autres problèmes de l'appareil urogénital. De plus, ils étaient administrés aux femmes contre l'infertilité et les règles douloureuses, ainsi que pour favoriser la production de lait après la naissance d'un enfant. Comme on sait aujourd'hui que les substances présentes dans les fruits influencent l'interaction des hormones mâles et féminines dans le corps, on peut supposer que les applications de ce type étaient tout à fait prometteuses.
Des médecins et pharmaciens américains du XIXe siècle ont adopté le savoir des Séminoles et se sont essayés aussi dans de nouveaux domaines d'utilisation. En Europe, ce n'est qu'au XXe siècle que le sabal s'est fait connaître comme remède; le médecin allemand Gerhard Madaus cite, déjà dans son ouvrage paru en 1938, „Lehrbuch der Biologischen Heilmittel“ (manuel des remèdes biologiques), l'hyperplasie de la prostate et les affections de la vessie concomitantes. Il est aujourd'hui un médicament établi.