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Dans une annonce surprenante faite le 26 juillet, la Banque centrale européenne a déclaré que les 21 signataires du 4e Accordsur les avoirs en or des banques centrales (CBGA) " ne voient plus la nécessité d'un accord formel " car le marché s'est développé et a mûri, et par conséquent les signataires " ont décidé de ne pas renouveler cet accord à son expiration en septembre 2019 ".
Pour rappel, la première CBGA a été signée en 1999 pour coordonner les ventes d’or prévues par les différentes banques centrales. Lors de son introduction, la BCE note que “l’accord a contribué à l’équilibre des conditions sur le marché de l’or en assurant la transparence des intentions des signataires. Elle a été renouvelée trois fois en 2004, 2009 et 2014, pour évoluer progressivement vers des conditions moins strictes.”
La quatrième CBGA, qui expire le 26 septembre 2019, a été signée par la BCE, la Banque nationale de Belgique, la Deutsche Bundesbank, l’Eesti Pank, la Banque centrale d’Irlande, la Banque de Grèce, la Banco de España, la Banque de France, la Banca d’Italia, la Banque centrale de Chypre, la Banque nationale de Belgique et la Banque nationale de Belgique, la Latvijas Banka, la Lietuvos Bankas, la Banque centrale du Luxembourg, la Banque centrale de Malte, la Nederlandsche Bank, la Oesterreichische Nationalbank, la Banco de Portugal, la Banka Slovenije, la Národná Banka Slovenska, la Suomen Pankki – Finlands Bank, la Sveriges Riksbank et la Banque Nationale Suisse.
La raison pour laquelle l’accord n’est plus nécessaire est que les banques centrales qui vendaient de l’or dans les années 1990 et au début des années 2000, achètent actuellement à un rythme sans précédent. En 2018, la demande des banques centrales a été la plus forte depuis la fin des accords de Bretton Woods le 15 août 1971.
En raison du changement de sentiment des banquiers centraux, l’accord initial, qui était conçu pour coordonner principalement les intentions de vente afin d’éviter d’inonder le marché, est devenu obsolète. En effet, comme le montre le graphique suivant de la BCE, il n’y a eu pratiquement aucune vente d’or sous la CBGA durant ces 10 dernières années.
La tendance de 2018 se confirme en 2019. Les banques centrales ont acheté un montant record de 15,7 milliards de dollars d’or au cours des six premiers mois de l’année dans le but de diversifier leurs réserves par rapport au dollar américain alors que les tensions commerciales mondiales continuent de secouer les marchés financiers. De plus, avec de plus en plus d’obligations d’états européens donnant des taux d’intérêt négatifs, l’or devient source de diversification.
Les dernières données publiées par le Conseil mondial de l’or ont montré que les banques centrales, menées par la Pologne, la Chine et la Russie, ont acheté 374 tonnes d’or – la plus grande acquisition de ce métal précieux jamais enregistrée par les institutions publiques au premier semestre de l’année. Les banques centrales ont représenté près d’un sixième de la demande totale d’or au cours de la période.
Pourtant, comme le note Pimm Fox de l’agence Bloomberg, ce n’est pas parce qu’elles n’ont pas vendu d’or récemment qu’elles ne le feront pas dans l’avenir. Fox note que parmi les signataires de la CBGA figurent la Banca d’Italia et la Banque de France, qui détiennent chacune plus de 2 400 tonnes de ce métal précieux et sont confrontées à une détérioration de leurs finances. Eh bien, comme l’OCDE l’a récemment rapporté, le déficit de l’Italie atteindrait 2,5 % du PIB cette année alors que l’économie se contracterait de 0,2 %.
Selon l’OCDE, la dette publique de l’Italie atteindra le niveau record de 133,8 % du PIB cette année et passera à 134,8 % en 2020. En France, le gouvernement a réduit sa prévision de croissance du PIB pour 2019 de 1,6 % à 1,4 % et est sur la bonne voie pour un déficit budgétaire supérieur à 3 % du PIB. La dette publique du pays représente plus de 98 % du PIB.
Donc il serait tentant pour ces deux pays de vendre une partie de leurs réserves surtout si le cours devait encore augmenter durant ces prochains mois. Il faudra aussi voir si la demande de bijouterie sera affectée ou non par des cours qui ont fortement progressé depuis le début de cette année. Affaire à suivre.
N/B Pour rappel les cours de l’or et de deux indices d’actions suisses