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Le ralentissement de l’activité manufacturière mondiale, tel que reflété dans les indices des directeurs d’achats (PMI), au cours du second semestre 2018 a provoqué un repli modéré de l’indice des prix des matières premières du Commodity Research Bureau.
Par John Greenwood, Economiste en chef d’Invesco Ltd.
Entre la mi-juin et la fin décembre, l’indice CRB a chuté de près de 10% en dollars américains. (Cet indice se compose de 22 éléments sensibles, mais exclut le pétrole brut et les autres produits énergétiques.) Toutefois, au cours de la même période, l’indice S&P GSCI des prix au comptant a chuté d’un peu plus de 25%, reflétant la forte pondération des produits énergétiques dans cet indice. (L’indice S&P GSCI est un indice pondéré en fonction de la production mondiale qui est fondé sur la quantité moyenne de production de chaque matière première présente dans l’indice au cours des cinq dernières années pour lesquelles des données sont disponibles.)
Depuis fin 2018, les deux indices se sont redressés, le S&P GSCI étant à nouveau en tête grâce à sa forte pondération du secteur de l’énergie. Le prix du baril de Brent, par exemple, est passé d’un plus bas de 50,47$ le 24 décembre à un peu plus de 71,73$ le 10 avril, soit une hausse de 42%. Les décisions de l’OPEP et les perturbations temporaires de l’approvisionnement en pétrole dues à des facteurs notamment politiques au Venezuela, en Libye, en Iran et ailleurs ont accentué le rebond rapide des prix du pétrole, mais les perspectives à long terme des prix du pétrole et des matières premières en général seront déterminées par la demande mondiale, elle-même conditionnée par les perspectives des entreprises.
Ici, le tableau est plus nuancé en raison des facteurs liés à la demande. Tant que les dépenses globales seront limitées par des taux de croissance lents à modérés de la monnaie et du crédit, et que les pressions inflationnistes resteront donc sous contrôle, les perspectives à moyen terme de la demande de matières premières seront modérées, sauf dans les secteurs spécifiques qui sont soumis à des perturbations au niveau de l’offre.
La forte hausse des prix des matières premières entre février 2009 et avril 2011 a été presque entièrement due à l’énorme augmentation des dépenses intérieures chinoises.
L’examen de la performance des prix des matières premières dans leur ensemble depuis 2008 (graphique) corrobore cette conclusion. La forte hausse des prix des matières premières entre février 2009 et avril 2011 a été presque entièrement due à l’énorme augmentation des dépenses intérieures chinoises résultant de la croissance massive de la monnaie et du crédit à cette époque. Par la suite, la croissance des dépenses chinoises en termes réels et nominaux s’est ralentie et, avec elle, la performance globale des prix mondiaux des matières premières. Par conséquent, à moins que les dépenses intérieures de la Chine et/ou des pays de l’OCDE n’augmentent sensiblement en termes réels ou nominaux au cours des douze prochains mois, les prix des matières premières devraient – dans l’ensemble – rester faibles pendant cette période.