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David Geller a quitté Lausanne à l'âge de 15 ans pour s'établir en Israël. Par la suite, il y a donné naissance à cinq enfants, à qui il a transmis sa nationalité suisse. Ils sont venus grossir les rangs d'un contingent helvétique en Israël qui compte désormais 19'909 personnes, selon le Département fédéral des affaires étrangères. Il a aussi contribué à en faire l'une des communautés helvétiques à l'étranger les plus jeunes du monde.
Ainsi, 47% des résidents israéliens détenteurs de la nationalité suisse sont mineurs. Parmi les pays qui comptent plus de 5000 ressortissants suisses, cette proportion d'enfants constitue, de très loin, un record. A titre de comparaison, dans les communautés suisses en Allemagne ou en France, un peu plus d'une personne sur cinq est âgée de moins de 18 ans.
David Geller n'a pas subi un antisémitisme en Suisse qui l'aurait conduit à fuir le pays. Les choix de vie qui l'ont amené à fonder une famille nombreuse en Israël sont religieux et culturels. "Ce qui me manquait le plus en Suisse, c'est la vie juive, la richesse de la vie juive, que l'on ne peut trouver qu'ici, en Israël", explique-t-il. Dans son nouveau pays, avec sa femme et ses cinq enfants, il estime "vivre pleinement son identité juive".
En Suisse comme "des poissons dans un aquarium"
Sa femme compare la transition à celle d'"un poisson dans un aquarium, à savoir les juifs en dehors d'Israël", passant à "son élément naturel". Le couple n'envisage pas de revenir en Suisse. Et, en effet, ils sont très peu à faire ce voyage retour, en général moins de 200 par année. Ces installations définitives combinées à une forte natalité ont favorisé une augmentation massive des résidents israéliens avec passeport suisse. En 25 ans, cette communauté a triplé, de 6500 à près de 20'000 personnes.
La population d'Israël a augmenté de 10% entre 2011 et 2016. Dans le contexte de cette progression démographique importante, le taux de natalité parmi les ressortissants suisses est encore plus spectaculaire. Entre 2011 et 2016, la croissance naturelle de cette communauté, qui exclut les arrivées et les départs, s'est élevée à 26%. Ces chiffres se rapprochent plus de ceux de la minorité ultra-orthodoxe israélienne, dont le taux de fécondité est deux fois supérieur au taux moyen du pays, selon un rapport publié en 2017 par l'Institut israélien pour la démocratie.
Néanmoins, Sabine Simkhovitch-Dreyfus, vice-présidente de la
Fédération suisse des communautés israélites, estime que l'explication est plus complexe. "La population suisse en Israël est assez diverse et pas majoritairement ultra-orthodoxes", affirme-t-elle. "Ce phénomène statistique s'explique probablement par un ensemble de facteurs dont le 'rattrapage de la nationalité' notamment par des jeunes qui peuvent y prétendre", pour rendre les voyages à l'étranger plus aisés.
Pauline Turuban, Tybalt Félix/propos en Israël recueillis par Stéphane Amar