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Le rapport final des autorités allemandes sur la catastrophe d'Überlingen le 1er juillet 2002 est sévère pour les contrôleurs aériens suisses de Skyguide.
Le document publié mercredi à Braunschweig attribue aussi une responsabilité aux pilotes du Tupolev russe.
Le document parle d'une chaîne de cinq causes pour expliquer la collision qui avait fait 71 morts au-dessus du lac de Constance.
Le rapport affirme que des erreurs ont été commises aussi bien par le contrôleur suisse en poste au moment du drame que par les deux pilotes de l'avion russe.
Le rapport du Bureau allemand d'enquête sur les accidents aériens (BFU) met aussi le doigt sur des facteurs liés à l'organisation de la sécurité aérienne.
Ordre donné trop tard
Le document n'est pas tendre à l'égard de la société suisse de contrôle aérien Skyguide, qui n'a pas identifié à temps, selon le BFU, le danger de collision entre un Tupolev TU-154 de la Bashkirian Airlines et un avion-cargo Boeing 757 de la compagnie de transport express DHL.
L'ordre de descendre donné à la machine russe par le contrôleur aérien suisse a ainsi été trop tardif. L'équipage russe a suivi cette injonction alors que le radar anti-collision (TCAS) avait donné l'ordre de monter.
Le rapport reproche aussi à Skyguide d'avoir toléré pendant des années qu'un seul contrôleur aérien suive les écrans durant la nuit au moment où son collègue était en pause. Le drame d'Überlingen s'est justement produit dans un tel scénario.
Travaux pas coordonnés
Le BFU a par ailleurs regretté que les travaux de maintenance effectués durant la nuit de l'accident n'aient pas été coordonnés avec les autres contrôleurs aériens.
Les deux appareils s'étaient percutés à 11’300 mètres d'altitude au-dessus d'Überlingen, au nord du Lac de Constance sur territoire allemand. L'avion reliait Moscou à Barcelone via Genève.
La justice statuera
Les 71 occupants des deux appareils ont tous été tués. Parmi eux, 54 enfants de Bachkirie, petite république russe de l'Oural, qui avaient «gagné» un voyage en Espagne grâce à leurs bonnes notes à l'école. Quinze adultes les accompagnant et l'équipage étaient aussi à bord. Les deux pilotes du Boeing de DHL sont aussi décédés.
Le rôle du BFU n'est pas de désigner les coupables, ce qui est du ressort de la justice. Celle-ci devra statuer sur les indemnisations et les éventuelles suites judiciaires. Le rapport d'enquête de 120 pages, qui a pour but de clarifier le déroulement de l'accident, servira toutefois d'expertise pour la justice.
swissinfo avec les agences