Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07100.jsonl.gz/139

La chronique
de Lionel Maumary
15 Pluviers guignards dans la plaine de la BroyeLionel Maumary, Oiseaux.ch, 23.08.2008
Depuis le 17 août, une troupe de 15 Pluviers guignards adultes ont fait escale dans la plaine de la Broye près de Grandcour. Cet oiseau montagnard est rarement observé en plaine, surtout à ces dates précoces. Lespèce est aussi exceptionnellement observée en si grand nombre.
Laire de nidification du Pluvier guignard sétend principalement de lEcosse à travers la Scandinavie et lextrême nord de la Sibérie jusquà la péninsule des Tchouktches (Russie); des populations isolées se reproduisent çà et là sur certaines montagnes des Pyrénées, des Alpes, des Abruzzes, des Balkans, des Sudètes, des Carpates, du Caucase, de lOural, de Mongolie et dAsie centrale. La zone dhivernage est entièrement comprise dans une étroite bande entre le Maroc et le golfe Persique, ce qui impose un trajet dau moins 10'000 km pour les populations de Sibérie orientale. En dehors des Alpes et du Jura, qui accueillent principalement des oiseaux dorigine scandinave, des migrateurs sont régulièrement observés en France sur les plateaux arides de Provence, dans les Causses et en Crau notamment.
En Suisse, le Pluvier guignard peut être rencontré en migration postnuptiale dans les Préalpes et les Alpes entre 2'000 et 3'000 m daltitude (65 % des données, 1950-2003) et sur les sommets dénudés du Jura autour de 1'600 m (23 % des observations dont 91 % au Chasseral BE et au Suchet VD). Les observations de plaine, plus rares (11 % des observations), concernent en règle générale des oiseaux hâtifs au printemps ou attardés en automne, contraints par la neige ou le froid à descendre aux basses altitudes. Les sites descale traditionnels dans les Alpes sont le Cassonsgrat GR, la Silberen SZ et le Hohgant BE, et dans le Jura le Chasseral BE, le Suchet VD, le Mont-Tendre VD et le Mont-dOr F.
La migration dautomne (98 % des observations, 1985-2003) débute mi-août avec le passage des adultes (notamment des femelles qui partent avant les mâles), culminant dans la dernière décade de ce mois ; les jeunes suivent 15 jours plus tard. Le passage décline brusquement fin septembre, pour ne laisser que quelques attardés en octobre et novembre. Les données de novembre se situent toutes aux basses altitudes; il est possible quil sagisse là de migrateurs sibériens. La migration de printemps, à peine perceptible en Suisse, sétale de début avril à début juin. La rareté du Pluvier guignard au printemps sexplique en partie par le fait quil survole lEurope centrale pratiquement sans escale, ses sites descale privilégiés en montagne étant encore recouverts de neige à cette période.