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Etabli à Lausanne, Mike Horn (47 ans) compte plusieurs tours du monde à son actif: que ce soit à pied, à vélo, en voilier, en parapente, en kayak, à la nage ou encore à ski tracté par un cerf-volant... Tous les moyens de locomotion "naturels" sont bons pour arriver à ses fins. L'Amazone, le fleuve le plus long du monde (7000km), il y a déjà goûté, Horn avait emmené le 10 juin Schweinsteiger & Cie sur son bateau. [Reuters] tout comme le cercle polaire arctique ou encore l'Himalaya. La survie en milieu hostile et le dépassement de soi il en connaît donc tout un rayon.
Mental d'acier et main de... fer
Cet ancien lieutenant dans les forces spéciales sud-africaines n'est pas grand: 1m75 environ. Sa poignée de main est "franche", très franche même. A tel point qu'on a eu l'impression l'espace d'un instant de devoir mettre un terme à cette rencontre pour aller se remettre la main en place chez l'ostéopathe. Le ton est donné.
Froid au départ,se livre un peu au fil des minutes et nous raconte sa dernière aventure. Elle remonte au 17 mai dernier avec l'ascension sans oxygène du Makalu, sommet perché à 8'463m du côté du Népal. Le tout sans oxygène. Presque normal à l'écouter.
"Si tu as peur de perdre, tu ne gagneras jamais"
Mais que fait cet explorateur des temps modernes, qui a rallié le Pôle Nord... de nuit en 2006, dans la station balnéaire et confortable de Porto Seguro? "La Fédération allemande de football m'a contacté pour que je parle à son équipe". Basée non loin du camp de base de l'équipe de Suisse, la "Mannschaft" tient donc dans ses rangs une sorte de "motivateur" chargé de renforcer, si besoin était, la cohésion d’équipe.
La "fédé" a semble-t-il mis tous les moyens pour permettre au groupe de Joachim Löw de devenir la première équipe européenne à remporter une Coupe du monde sur le continent américain.
"J'ai étudié la psychologie du sport ainsi que la science du mouvement humain. Au travers de mes différentes expéditions, j'ai acquis quelques connaissances au niveau du mental et du dépassement de soi. Je crois savoir comment absorber la pression et pousser les limites pour essayer d'atteindre les objectifs fixés".
Horn, ici en 2004 lors d'un de ses tours du monde. [Keystone]"C'est très important de faire comprendre aux joueurs qu'ils doivent évoluer sur le terrain l'esprit libre. De manière générale, la peur de perdre ainsi que la pression de porter le maillot d'un pays peut en bloquer certains. Et si tu as peur de perdre, tu ne gagneras jamais... La volonté de gagner doit toujours être plus grande que la peur de perdre...".
Déjà une Coupe du monde en... cricket
Et que pense-t-il alors de cette équipe allemande? "La semaine passée, j'ai fait monter les joueurs sur mon bateau (ndlr: un voilier en aluminium de 35m de long construit au... Brésil, à Sao Paulo) et nous sommes partis au large de Porto Seguro. J'ai le sentiment que cette expérience les a encore plus rapprochés et soudés". Le festival allemand face auest là pour en attester.
La "Mannschaft" semble bien partie pour aller au bout de son aventure brésilienne. La raison est totalement subjective. Quoique... "En 2010, j'avais travaillé avec l'équipe nationale indienne de cricket. Elle avait gagné la Coupe du monde en 2011. Puis j'ai collaboré avec des équipes sud-africaines de rugby, qui ont également remporté le championnat". Vous avez compris où Mike Horn voulait en venir?
L'entretien est déjà terminé. "S'il vous plaît ne dites pas trop fort que je travaille avec l'Allemagne. Je ne veux pas avoir d'ennuis avec mes amis suisses", plaisante le Sud-Africain.
L'aventurier nous raconte encore qu'il va bientôt mettre le cap sur l'Antarctique pour une expédition qui durera plus d'une année. Cela vaut bien une autre poignée de main.
Porto Seguro, Miguel Bao - twitter @migbao #RTSmondial