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Le lièvre commun (brun)
est présent dans l’ensemble du pays, jusqu’à l’altitude de 1800 m environ. Originaire des régions steppiques, il apprécie un climat doux et peu pluvieux, ainsi que les sols secs, fertiles, légèrement sablonneux. Son habitat idéal se compose de petites surfaces agricoles comportant de nombreux buissons et bosquets champêtres et bordées de lisières forestières richement structurées.
Le lièvre variable
se rencontre dans les régions alpines. En été, il se tient dans les zones non boisées au-dessus de 1500 m d’altitude, alors qu’il peut se retirer dans des régions plus basses en hiver, cependant rarement en-dessous de 800 m.
Description
- Le lièvre brun possède une morphologie typique d’une espèce coureuse, pratiquant la fuite. Le corps allongé, mince, avec de longues oreilles caractéristiques, s’appuie sur des pattes antérieures fines et sur des pattes postérieures longues et vigoureuses.
- Le lièvre variable est un peu plus petit et plus trapu que le lièvre brun, avec une tête plus arrondie et des oreilles plus courtes. Sous nos latitudes, le pelage est gris-brun en été, blanc neige en hiver. Les pointes des oreilles restent constamment noires.
- L’ouïe est extrêmement développée chez les lièvres, l’odorat est fin, mais la vue médiocre. La disposition latérale des yeux offre un champ de vision considérable, mais réduit drastiquement la vision stéréoscopique.
Mœurs
Les lièvres sont essentiellement nocturnes et vivent en solitaire, hormis lors du rut. Le lièvre brun passe la journée dans une petite dépression qu’il a lui-même creusée en terrain ouvert. Le lièvre variable s’abrite dans des arbrisseaux, entre des racines ou des pierres ou encore, durant l’hiver, dans un trou qu’il creuse dans la neige.
Les lièvres sont en général sédentaires et leur domaine excède rarement un kilomètre de diamètre. Ils ne sont pas territoriaux, ce qui signifie que les domaines se recoupent largement. Les lièvres échappent à leurs ennemis en premier lieu grâce à leur vitesse de course, qui atteint 60 km/h! Un comportement caractéristique est le fait de se tapir jusqu’au dernier moment à l’approche d’un ennemi, avant de bondir brutalement, souvent en direction du poursuivant. Durant leur fuite, les lièvres effectuent des crochets et des demi-tours brusques pour distancer leur adversaire.
Alimentation
- La nourriture du lièvre brun se compose de trèfle, de chou, de graminées, de dents-de-lion, de semailles de céréales, de feuilles de betterave et d’écorce de bois tendre.
- Le lièvre variable se nourrit de la végétation des pelouses alpines et, en hiver, de myrtilles, d’herbes sèches, de bourgeons et d’écorce.
Reproduction
Par temps doux, le rut débute dès janvier et se poursuit jusqu’en août, par périodes. La production de semence s’interrompt alors chez le mâle. La gestation est de 42 jours chez le lièvre brun; la hase peut mettre bas 3 à 4 portées entre mars et fin août. La portée peut compter 3 ou 4 petits à la période la plus favorable (mai/juin). Chez le lièvre variable, la gestation dure 50 jours et il n’y a que deux portées par an, en mai/juin, puis en août. Les levrauts sont nidifuges, c’est-à-dire qu’ils se dispersent peu après la naissance pour se tenir à distance les uns des autres (meilleure protection face aux prédateurs!). Ils portent des poils et voient dès la naissance; le sex-ratio est de 1:1 à la naissance. Les hybrides des deux espèces de lièvres sont stériles.
Protection et chasse
La prospérité du lièvre brun dépend en premier lieu de l’adéquation de son habitat (voir paragraphe distribution). En Suisse, la tendance actuelle va vers une agriculture plus naturelle et les efforts visant à rendre les steppes cultivées plus hospitalières pour la faune favorisent l’espèce. Quant au lièvre variable, il a surtout besoin de refuges sans dérangements.
Les deux espèces de lièvres sont protégées dans certains cantons. Dans les autres cantons, la chasse est pratiquée de manière modérée ou bien on y a même renoncé volontairement. Il est prouvé scientifiquement que dans notre pays la chasse n’a pas de conséquence importante sur la prospérité des deux espèces.
Ennemis naturels
Ils sont nombreux: renard, chat, corneille et rapaces pour le lièvre brun; grand corbeau, grand-duc et martre pour le lièvre variable. Les opinions divergent quant à l’impact des prédateurs sur les effectifs. Il est certain que certaines épizooties et la mortalité sur la route contribuent à décimer les effectifs du lièvre brun.
Dégâts et prévention
Le lièvre brun et le lièvre variable n’occasionnent pas de dégâts notables, de par la modestie de leurs effectifs respectifs.