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Gagnante historique, la stratégie 60/40 ne devrait pas être rejetée du jour au lendemain. Quelques ajustements permettent de l'adapter à l'environnement actuel.
Si investir 60% en actions et 40% en obligations a été une valeur sûre pendant des années, cette stratégie a rencontré des obstacles ces dernières semaines. Mais devons-nous oublier des décennies de résultats ou juste regarder à travers la turbulence? Existe-t-il des moyens de préserver les rendements et de battre l'inflation?
Au cours des quatre dernières décennies, cette stratégie de portefeuille a offert aux investisseurs une croissance intéressante, en plus d’une protection décente contre la volatilité. L'attrait de cette stratégie est assez simple et repose sur l'idée que les deux types d'investissements ne sont généralement pas corrélés. Les 60% d'actions permettent aux investisseurs de bénéficier d'une exposition aux sociétés dont les bénéfices augmentent. La plus petite partie du portefeuille en obligations permet de stabiliser le portefeuille lorsque les actions ne sont pas aussi performantes.
Pour les investisseurs prêts à prendre leur retraite, elle est également considérée comme une couverture contre le risque de vendre des actions à perte lors d'une baisse généralisée des marchés. Dans cette situation, la partie obligataire du portefeuille, plus performante, peut être vendue pour obtenir de l'argent rapidement, en attendant que les actions reprennent de la valeur. En résumé, c’est une stratégie conçue pour s'adapter à tous les types de circonstances de marché.
Depuis 1987, un portefeuille global 60/40 a, en moyenne, affiché des rendements annualisés d'environ 9,16%. Avec des taux d'intérêt en baisse constante, le portefeuille a réussi à produire un rendement annuel de 9,76% avec une déviation de 8,45%. Entre 2010 et 2020, il a obtenu un rendement annuel de 11,16% avec une déviation de 8,31%, tandis qu'il a enregistré un rendement de 8,37% depuis le début de l'année. Toutefois, la stratégie 60/40 a connu des difficultés récemment. Selon les calculs du Financial Times, un portefeuille 60/40 générique contenant des actions américaines et des obligations d'État a chuté de 3,5% en septembre, soit la plus forte perte pour ce type de portefeuille depuis la chute de 5% en mars 2020.
En effet, la stratégie est solide lorsque les deux classes d'actifs présentent une corrélation négative : l'une est là pour sauver l'autre quoi qu'il arrive. Cependant, quelle que soit l'allocation, lorsque les deux classes d'actifs évoluent en tandem, les avantages de détenir un portefeuille diversifié diminuent.
La stratégie 60/40 est censée résoudre le double objectif de préservation et d'appréciation du capital à long terme. Toutefois, avec point de départ actuel, les perspectives s'amenuisent. Lorsque les obligations offrent un rendement trop faible et que les actions sont chères, les investisseurs peuvent être confrontés à une plus grande volatilité du marché et à des perspectives de rendement plus faibles. Les obligations dont les taux sont historiquement bas, offrent une protection réduite contre une baisse du marché, en plus de perspectives de rendement peu attrayantes. En effet, avec des rendements aussi bas, il semble mathématiquement compliqué de reproduire la performance du portefeuille 60/40 des dernières décennies.
Dans cette optique, nous pensons que les investisseurs pourraient envisager de détenir moins d'obligations et plus d'actions dans leur portefeuille. Si cette approche implique de tolérer une plus grande volatilité du portefeuille, une trop grande exposition aux obligations avec des rendements aussi faibles n'est guère utile, mais détenir au moins une part de revenu fixe reste une mesure de sécurité intéressante.
Cette idée semble être soutenue par Welch et Tenaglia dans leur article «Rethinking Investing in a Post 60/40 World (2021)». Constatant également l'impact des taux d'intérêt bas couplés à des prévisions de rendement des actions plus faibles, ils ont proposé une adaptation du portefeuille 60/40 pour le long terme. Avec un horizon d'investissement suffisamment long, même les actions les plus mauvaises ont tendance à obtenir de meilleurs résultats que les obligations ou les liquidités. Ils recommandent donc de porter la part des actions à 75%. En outre, les dividendes du marché action sont désormais comparables aux rendements obligataires américains à 10 ans, et parfois même plus robustes et durables avec la reprise économique attendue.
Ils envisagent également de s'exposer à des classes d'actifs alternatives, telles que les matières premières, pour aider à maintenir le pouvoir d'achat dans le temps.
De nombreux investisseurs sont également d'avis que pour obtenir des rendements supérieurs à la moyenne, il ne suffit pas d'utiliser uniquement des obligations et des actions. Un portefeuille bien diversifié doit inclure davantage de classes d'actifs.
Selon les prévisions les plus pessimistes, les portefeuilles 60/40 ne devraient progresser qu'au rythme de 2,2% par an dans leur composition actuelle. Par conséquent, il pourrait être judicieux de diversifier la composante actions avec du private equity, du venture capital, des hedge funds et des métaux précieux, afin que la performance du portefeuille ne dépende pas uniquement de la volonté du marché action, mais également d'autres moteurs de performance.
Dans la même logique, il pourrait être intéressant de rechercher des alternatives aux obligations traditionnelles, telles que la dette des marchés émergents, les stratégies long / short, et la dette bancaire – des produits à revenus fixes qui peuvent s'avérer moins volatils et offrir des propositions de rendement plus attrayantes que les obligations.
La stratégie 60/40 fonctionne depuis des décennies et ne devrait donc pas être rejetée du jour au lendemain. Toutefois, quelques ajustements pourraient permettre d'adapter les portefeuilles à l'environnement actuel. D'une part, les pourcentages du portefeuille peuvent être ajustés pour plus d'actions, et d'autre part, les investisseurs peuvent envisager de diversifier les deux parties du portefeuille.