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Cela faisait 122 ans que la Suisse n'avait plus vu naître un bébé en liberté. Le faire-part de naissance émane de la fondation du même nom.
Un petit gypaète barbu a été observé fin mars au Col de l'Ofen, dans les Grisons, alors que ses parents le nourrissaient dans son nid perché à 2500 mètres d'altitude.
Au-dessus du Parc national, dans les Grisons, les ornithologues ont observé les parents en train de nourrir leur petit, a indiqué Chasper Buchli, de la fondation Pro gypaète barbu. Il confirmait une information de «24 Heures» et de la «Tribune de Genève».
Le bébé gypaète lui-même n'a pas encore été aperçu. Il a probablement pointé le bout de son bec entre le 20 et le 25 mars, selon M. Buchli. «Mais c'est un peu par hasard, ajoute-t-il pour swissinfo. Les gypaètes ne connaissent pas de frontières et le nid est à 200 mètres de l'Italie...»
Il faut remonter à l'année 1885 pour trouver la dernière reproduction de gypaète en liberté en Suisse, plus précisément à Vrin, aux Grisons. Le grand rapace a par la suite été exterminé par l'homme, pour être réintroduit à partir de 1986.
Depuis, 144 oiseaux nés en captivité ont été relâchés dans les Alpes, notamment dans le Parc National Suisse en 1991.
Un premier couple s'est reproduit en 1997 dans les Alpes françaises, suivi par l'installation de six autres couples nicheurs qui ont mis au monde 33 jeunes au total.
Deux autres nids en Suisse
Les ornithologues suisses ont bon espoir de voir naître deux autres poussins gypaètes sur sol helvétique ce printemps. Deux autres nids ont été découverts, l'un dans le Parc national et l'autre dans la vallée de Derborence, en Valais, dans une réserve nationale de chasse.
Le gypaète grison devrait sortir de son oeuf ces prochains jours, selon le directeur du parc Heinrich Haller. En Valais, l'événement est attendu pour la fin du mois.
En général, l'incubation des oeufs dure entre 55 et 60 jours. Le mâle et la femelle se succèdent pour couver. Cette phase est particulièrement critique. Il arrive souvent que les jeunes couples ratent leur première tentative de reproduction, comme cela a été le cas en Suisse en 2005.
Chances de survie
En général, le gypaète pond deux œufs mais le premier poussin qui éclôt tue son cadet. Le petit reste environ quatre mois dans le nid avant de prendre son envol.
Quelles sont ses chances de survie en Suisse? «Elles sont plutôt grandes, mais je ne peux pas les chiffrer», répond Chasper Buchli. Et de citer les dangers du froid à plus de 2000 mètres, les corbeaux, les aigles qui risquent d'éloigner les parents trop longtemps.
Selon les amis du rapace, une étude réalisée dans les Pyrénées a montré que le principal facteur d'échec de la reproduction provient des hélicoptères. En Valais, ceux qui relient l'hôpital de Sion au CHUV de Lausanne survolent précisément Derborence et un périmètre aérien a été défini pour protéger le nid du gypaète.
swissinfo et les agences
En bref
Le gypaète est un grand rapace de 5 à 7 kg, d'une envergure de 2,7 m et peut vivre jusqu'à 45 ans. Les ailes et la queue sont sombres, la tête et le poitrail clairs et rougeâtres. De près, on dirait qu'il porte une barbe.
Vivant en montagne, il se nourrit d'os de charognes.
A trois mois, les jeunes sont presque de la taille d'un adulte mais leur plumage est sombre avec quelques taches plus claires. Ils prennent la livrée de l'adulte vers 5 à 7 ans.
Le gypaète a été exterminé de Suisse par l'homme à la fin du 19e siècle pour être réintroduit à partir de 1986.
Depuis, quelque 140 oiseaux nés en captivité ont été relâchés dans les Alpes et on dénombre une trentaine de naissances en liberté en Europe.