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Fort Les Bancs
"Fort Les Bancs" est situé aux confins des départements de l'Ain et de la Savoie, au-dessus du défilé et du fort de Pierre Châtel, sur la route reliant Chambéry à Lyon et Belley. Cette cluse étroite et encaissée, taillée par un bras du Rhône dans une barrière calcaire, constituait, du 17e siècle au milieu du 19e siècle, la frontière entre le royaume de France et les Etats de Savoie (suite au rattachement du Bugey à la France en 1601). Ce point de passage, qui formait un verrou stratégique de première importance, fut fortifié dès le 17e siècle avec la construction du Fort de Pierre Châtel, édifié par la France sur l'emplacement d'une ancienne chartreuse.
Par deux fois, en 1814 et en 1815, le nid d'aigle de Pierre Châtel fut attaqué par les Autrichiens qui, faute de pouvoir l'emporter d'assaut, en firent le siège, se contentant de pilonner la place avec des canons hissés sur les sommets encadrant le défilé. La garnison française résista avec succès et ne se rendit que lorsque le sort de la France fut scellé. Mais l'expérience avait montré la principale faiblesse de Pierre Châtel qui pouvait facilement être battu et bombardé depuis les hauteurs avoisinantes. En témoignent les impacts de boulets de fonte qui ont écorné les murs du portail de l'ancienne chartreuse…
La menace principale venait du sommet qui dominait directement le fort, d'où l'ennemi jouissait d'une vue plongeante sur la place de Pierre Châtel, ce qui permettait non seulement de la battre avec de l'artillerie mais aussi d'épier tous les mouvements des défenseurs.
Pour pallier cette grave faiblesse, un fort de couverture fut érigé sur ce sommet au milieu du 19e siècle. Il fut baptisé " Fort Les Bancs ", par allusion au litage horizontal des strates de calcaire du massif qui forment de gigantesques bancs de pierres. La construction, commencée en 1840, fut achevée en 1849 et le fort inauguré en 1850. Sa construction étant antérieure aux progrès de l'artillerie rayée, l'ouvrage présente encore un tracé bastionné et terrassé, le rempart étant conçu pour résister uniquement à des boulets métalliques pleins. De ce point de vue, il est caractéristique de la dernière génération de fortifications précédant la généralisation de l'artillerie rayée. Originellement, les plans prévoyaient de doter l'ouvrage de bastions classiques, mais leur forme fut tronquée pour adapter le fort à la topographie allongée de la crête. Cette caractéristique géographique obligea également les constructeurs à compartimenter l'espace intérieur en multipliant les traverses pour empêcher le fauchage des défenseurs par un tir de contrebatterie prenant l'ouvrage en enfilade depuis le sommet situé de l'autre côté de la gorge.
"Fort Les Bancs" n'eut jamais à combattre ; il servit de cantonnement et de place d'instruction, comme en témoignent certaines fresques encore visible à l'entrée du fort. Quant aux mâchicoulis qui garnissent son corps de garde, ils sont caractéristiques de cette époque où le " pseudo-médiéval " était très tendance. On retrouve le même type d'aménagements dans certains forts de la ceinture de Paris, construits vers la même époque…
Le fort n'est pas ouvert à la visite. Toute tentative d'y pénétrer serait considérée comme une intrusion, avec tout ce que cela peut impliquer pénalement et juridiquement… sans compter les nombreux dangers et pièges mortels que recèle l'ouvrage.
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