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Le traitement de la dépression nécessite un concept de traitement multimodal comprenant une psychothérapie et une thérapie comportementale, une pharmacothérapie avec des antidépresseurs et un suivi psychiatrique. Dans les cas graves, il existe également la possibilité de recourir à la thérapie électroconvulsive (ECT et plus connue sous le nom de traitement par électrochocs).
Les maladies dépressives font partie des maladies mentales les plus courantes. Selon l’Office fédéral de la statistique, 9 % de la population suisse souffre de dépression et 17 % de la population connaîtra un trouble dépressif au moins une fois dans sa vie. La dépression se caractérise par son caractère épisodique: des phases dépressives d'une durée moyenne de six mois à un an sont suivies de périodes sans dépression. Les personnes touchées connaissent généralement plusieurs épisodes dépressifs, qui peuvent survenir à des intervalles variables.
Bien que les troubles ou les changements physiques et psychologiques décrits par les personnes concernées peuvent varier considérablement d'une personne à l'autre, trois symptômes principaux caractérisent la dépression:
- Déprime et humeur dépressive
- Perte d'intérêt et manque de joie
- Manque de motivation et épuisement
Selon le type et la gravité des symptômes, on distingue différentes formes de dépression:
- La dépression mélancolique est caractérisée par un manque de joie, une perte de libido et une perte d'intérêt.
- La dépression masquée se manifeste par des troubles apparemment physiques, c'est-à-dire somatiques. Il peut s'agir de maux de tête, de douleurs dorsales et cervicales, mais aussi de douleurs abdominales, de troubles digestifs et même de problèmes cardiaques.
- La dépression hostile se manifeste par une irritabilité et une agressivité accrues.
Jusqu'à 30 % des patients souffrant de dépression majeure ne répondent pas aux thérapies médicamenteuses multiples * et environ 50 % de ces patients ne répondent pas à l'éléctroconvulsivothérapie *. Dans ces cas, la stimulation cérébrale profonde peut être considéree comme essai thérapeutique.
Depuis 2005, plusieurs études non aveugles, dites «ouvertes», ont été publiées sur la stimulation cérébrale profonde présentant des résultats prometteurs, dans le cadre desquelles différentes structures cibles du cerveau ont été visées et stimulées. Ces premiers résultats optimistes ont été atténués après la publication d'une première étude contrôlée contre placebo. Aucune différence dans les effets antidépresseurs n'a été constatée entre les patients qui ont été activement stimulés dans le striatum ventral et ceux qui ont reçu une implantation d'électrodes dans la même zone du cerveau sans stimulation *.
Depuis 2005, diverses études ont stimulé différentes cibles pour le traitement de la dépression majeure. Il s'agit du gyrus cingulaire (SCG), du bras antérieur de la capsule interne (ALIC), du striatum ventral et du noyau accumbens (VC/VS et NAc), de l’habenula latérale (LHb) et du faisceau médian du télencéphale (MFB). Selon les découvertes neurobiologiques, toutes ces structures sont impliquées dans le contrôle des processus émotionnels tels que les affects et la motivation.
Une étude randomisée contre placebo plus récente réalisée aux Pays-Bas s'est révélée nettement plus positive *. Ce groupe a changé le point cible anatomique de la stimulation vers le bras antérieure de la capsule interne. Chez 10 des 25 patients (40 %), on a constaté un effet antidépresseur distinct sous stimulation, et un effet au moins partiel chez 6 autres patients (24 %) par rapport au groupe placebo.
En résumé, les études concernant l'efficacité de la stimulation cérébrale profonde dans la dépression restent floues et celle-ci demeure l'objet de recherches intensives. En particulier, il existe un désaccord entre les experts et les différents centres sur le point anatomique à influencer par stimulation. Néanmoins, les résultats sont prometteurs et permettent d’être optimiste.
Nous continuerons donc à considérer la stimulation cérébrale profonde comme traitement alternatif pour les patients souffrant de formes de dépression majeure, là où toutes les autres thérapies ont échoué, et à la proposer aux candidats appropriés.
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Rush A, Trivedi M, Wisniewski S, Nierenberg A, Stewart J, Warden D et al. Acute and Longer-Term Outcomes in Depressed Outpatients Requiring One or Several Treatment Steps: A STAR*D Report. American Journal of Psychiatry. 2006;163(11):1905-1917.
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Heijnen WT, Birkenhäger TK, Wierdsma AI, van den Broek WW. Antidepressant pharmacotherapy failure and response to subsequent electroconvulsive therapy: a meta-analysis. J Clin Psychopharmacol. 2010;30(5):616-619.
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Dougherty DD, Rezai AR, Carpenter LL, et al. A randomized sham-controlled trial of deep brain stimulation of the ventral capsule/ventral striatum for chronic treatment-resistant depression. Biol Psychiatry. 2015;78(4):240-248.
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Bergfeld I, Mantione M, Hoogendoorn M, Ruhé H, Notten P, van Laarhoven J et al. Deep Brain Stimulation of the Ventral Anterior Limb of the Internal Capsule for Treatment-Resistant Depression. JAMA Psychiatry. 2016;73(5):456.