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L'eau sale qui sort de nos maisons est acheminée - via le réseau d'égouts - vers la station d'épuration (STEP). Celle-ci, véritable usine à nettoyer l'eau, se charge de la purifier avant de la rejeter dans le lac ou dans une rivière.
(STEP d'Ogens 1994)
Pas de solution miracle
Malgré l’efficacité des systèmes mis en oeuvre, les stations d’épuration ne peuvent pas éliminer tous les rejets polluants. De plus, le transport et le traitement des eaux polluées nécessitent de nombreuses infrastructures, coûtent cher et consomment beaucoup d’énergie.
Nombre de STEP autour du Léman
Le bassin versant CIPEL - bassin versant du Léman + du Rhône aval jusqu’à la frontière franco-suisse - totalise 221 stations d’épuration (1er janvier 2005). Ensemble, elles reçoivent chaque seconde environ 9’000 litres d’eau polluée à nettoyer, soit environ 2 fois le débit moyen d’une rivière comme la Venoge. La capacité de traitement des STEP est exprimée en "équivalents-habitants" (EH). Cette unité de mesure est utilisée également pour les STEP industrielles. 1 EH correspond à la pollution engendrée en moyenne par 1 habitant.
Comment ça marche
L’épuration des eaux par les stations d’épuration des eaux suit unprocessus en plusieurs étapes assez proches des mécanismesd’autoépuration qu’on trouve dans la nature.
1) Dégrillage
Les eaux polluées passent à travers une grille qui retient les détritus solides qui seront incinérés.
2) Traitement mécanique
Les matières plus légères que l’eau (huiles, graisses) remontent à la surface ; elles sont raclées pour être récupérées. Les matières lourdes comme le sable se déposent au fond, puis elles sont transportées en décharge.
3) Décantation primaire
Les matières en suspension et la pollution non dissoute se déposent au fond d’un décanteur. Ces "boues primaires" sont ensuite digérées pour éviter la fermentation puis séchées, avant d’être incinérées ou, dans certains cas, épandues sur des terres agricoles.
4) Traitement biologique
Un ajout d’oxygène permet le développement de micro-organismes qui décomposent les matières organiques et les transforment en boues, traitées comme les boues primaires. C’est généralement lors de cette phase qu’a lieu la déphosphatation, grâce à l’ajout de produits spécifiques.
5) Décantation des boues
6) Contrôle
Après un contrôle, l’eau épurée peut retourner au milieu naturel.
Une grande partie du travail d’épuration est accomplie par des bactéries et d’autres micro-organismes. Les produits toxiques jetés dans les éviers et les W.-C.peuvent les tuer.
Que retiennent-elles
Les STEP retiennent les gros déchets ainsi que la matière organique provenant des eaux de cuisines et de salles de bains. Elles retiennent aussi le phosphore pour autant qu’elles pratiquent la déphosphatation. C’est le cas des STEP du bassin versant du Léman, astreintes à la déphosphatation pour réduire le phénomène d’eutrophisation du lac. Elles ne sont cependant pas capables d’éliminer la totalité du phosphate.
L’eau qui sort de la STEP n’est pas potable
Les STEP ne peuvent pas retenir toutes les substances que l’on nomme micropolluants, et dont font partie les pesticides (produits phytosanitaires compris), les métaux lourds ou même certains médicaments. Ces substances sont susceptibles d’induire des effets toxiques pour la faune et la flore, même à de très faibles concentrations.
Article tiré de "La lettre du Léman n°27"
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