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Pierre Maudet: "Je ne m'accroche pas, je défends des principes"
"Pour moi, le but était de m'exprimer et de répondre à des questions de la base, de pouvoir enfin parler, rencontrer les membres", a expliqué Pierre Maudet au micro de La Matinale mercredi.
>> Lire aussi: Pierre Maudet obtient la confiance d'un PLR genevois divisé
Le président du PLR genevois Alexandre de Senarclens, qui a fait savoir dans la foulée de l'annonce des résultats qu'il démissionnerait "dans les meilleurs délais" - a évoqué une "victoire à la Pyrrhus" - c'est-à-dire obtenue au prix de terribles pertes pour le vainqueur - et un "parti en champ de ruines" (lire encadré).
"Le parti est en ordre de marche"
Pierre Maudet, lui, offre une vision de la situation qui lui est nettement plus favorable. "Le parti est indubitablement divisé", reconnaît-il. Mais selon lui, une partie des votes a également sanctionné les décisions du comité directeur du PLR genevois. "Les orientations prises par la direction du parti ont finalement été désavouées", souligne-t-il. "Le parti est triste, mais il est en ordre de marche."
Les critiques à son égard ont néanmoins été entendues, affirme-t-il. "J'ai reçu également beaucoup de soutiens critiques, j'ai entendu la déception et la tristesse de certains membres."
"Si je démissionne, qui sera le prochain?"
Se défiant d'une attitude égoïste, le ministre affirme tirer des leçons de ce qui lui est arrivé, tout en défendant son choix de ne pas démissionner. "Il ne s'agit pas de s'accrocher à tout prix, mais de défendre un certain nombre de principes. Si je démissionne, qui sera le prochain?"
Il estime on outre que pour la suite, son parti doit "revenir aux idées". Il faut "dépasser les condamnations ad hominem", écouter davantage, cultiver l'échange d'idées et la capacité à débattre. "La nouvelle présidence est attendue sur tout cela", déclare-t-il, taclant une nouvelle fois les organes directeurs de son parti.
"Je me concentre sur Genève"
Dans le traitement des "affaires" qui l'ont mis dans la tourmente, Pierre Maudet dénonce encore des informations "systématiquement partielles et biaisées", beaucoup de sujets "qui ont fait 'pchit'", et de nombreuses violations du secret de fonction. "J'ai été surpris par la violence de certains propos de la presse, notamment alémanique", déclare-t-il.
Son avenir politique, il le voit aux couleurs genevoises. "Je me concentre sur Genève, même si c'est beaucoup plus difficile dans les circonstances actuelles", dit-il. Le Conseil d'Etat genevois a par ailleurs annoncé qu'il statuerait sur de nouvelles mesures d'organisation ce mois-ci.
>> Ecouter aussi l'analyse de La Matinale sur le vote de confiance du PLR genevois:
>> Ecouter l'analyse de Mathieu Lombard dans le 12h45:
Propos recueillis par Chrystel Domenjoz
Adapation web: Katharina Kubicek
Publié le 16 janvier 2019 à 08:43 - Modifié le 16 janvier 2019 à 13:43
Le PLR genevois cherchera un nouveau président
Le score sur le destin du magistrat, extrêmement serré, ne fera pas taire les oppositions, selon Alexandre de Senarclens. ''Je pense que cette assemblée a montré à quel point le parti est divisé, et il est un peu en champ de ruines après une telle soirée", déplore-t-il mercredi. "Pierre Maudet a voulu sentir l'air du bureau, il a sa réponse. J'espère qu'il aura la lucidité de comprendre que sa parole est durablement affectée.''
Sans regrets
Alexandre de Senarclens craint pour l'avenir du parti, les sièges des élus fédéraux notamment. ''C'est une victoire à la Pyrrhus. Le parti de Monsieur Maudet aura de la difficulté à faire campagne. Il (n.d.l.r.: Pierre Maudet) doit se demander quelles sont les valeurs qu'il veut mettre en avant et pourquoi il veut agir alors qu'il a été décrédibilisé.''
Le président genevois a affirmé n'avoir aucun regret. ''J'ai défendu les valeurs que j'estime devoir défendre. Le résultat est ainsi, je l'assume et c'est pourquoi j'ai annoncé ma démission.'' L'affaire Maudet lui laisse tout de même un goût amer. ''Il n'y a pas eu de division idéologique. Toutes nos crispations se sont cristallisées sur sa personne et c'est ce qui me dérange.''
>> Voir l'interview d'Alexandre de Senarclens dans La Matinale du 16.01:
ani