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19/02/2014
Les qualités et les défauts du système suisse
Parmi les causes invoquées du vote du 9/2, il y a beaucoup de propagande. On accuse le chômage par exemple, alors même qu'il avait diminué à Genève et en Suisse depuis l'introduction de la libre circulation. L'impact sur le vote est donc essentiellement du à la mauvaise foi des vendeurs de bananes bleues.
Il y a aussi des causes réelles, comme la pression sur le logement et les infrastructures. La plupart des pays du monde seraient enchantés d'avoir ce genre de problèmes. Ils en profiteraient pour se moderniser rapidement. Pas la Suisse. Pour trois raisons, qui paradoxalement sont aussi trois de ses principaux avantages.
1) La démocratie directe et les référendums, qui ralentissent la prise de décision, multiplient les oppositions à la construction et freinent la mise en place d'infrastructures.
2) La faible part des prélèvements publics (impots+charges sociales+tva) et le montant élevé des aides sociales en Suisse favorisent la consommation individuelle, mais laissent peu de marge aux pouvoirs publics pour le financement des investissements d'infrastructures nécessaires.
3) La décentralisation rapproche les décisions de l'individu, mais là encore ne favorise pas la prise de décisions d'envergures, même quand il y a urgence.
Ce constat n'est pas une critique, juste un constat. Il est habituel d'avoir les défauts de ses qualités. Le perfectionnisme, c'est d'y réfléchir et d'essayer de conserver les qualités, tout en gommant les défauts d'un système.