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Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un a supervisé l'essai d'une "nouvelle arme tactique ultramoderne", a annoncé vendredi l'agence officielle KCNA. Cette mesure est perçue par les analystes comme un message politique plus qu'une grave provocation.
C'est la première fois que la Corée du Nord fait état de tests d'armements depuis qu'elle a entamé un délicat processus de négociations avec Washington sur ses programmes nucléaire et balistique.
"Kim Jong Un a visité le site d'essais de l'Académie des sciences de défense et a supervisé le test d'une nouvelle arme tactique ultramoderne", a rapporté KCNA. L'agence ajoute que l'essai a été couronné de succès, mais n'a pas spécifié la nature de l'arme testée.
D'après l'agence sud-coréenne Yonhap, qui cite une source gouvernementale, il pourrait s'agir d'un canon à longue portée en développement depuis plusieurs années.
Les promesses seront tenues
Pyongyang a annoncé en avril suspendre ses essais nucléaires et ses tests de missiles balistiques, élément moteur de la spectaculaire détente en cours sur la péninsule. Celle-ci s'est traduite en particulier par trois sommets intercoréens et un tête-à-tête historique entre M. Kim et Donald Trump.
Le président américain n'a eu de cesse de saluer le comportement de Pyongyang. Le département d'Etat américain a réagi en se disant "confiant" que les assurances faites par Kim Jong Un pendant son sommet avec Donald Trump seraient tenues.
En juin à Singapour, MM. Trump et Kim "ont pris un certain nombre d'engagements sur une dénucléarisation définitive et complètement vérifiée et sur la création d'un avenir plus brillant pour la Corée du Nord", a dit un porte-parole.
Négociations dans l'impasse
A Singapour, Kim Jong Un avait réitéré un engagement nord-coréen vague en faveur d'une "dénucléarisation complète de la péninsule coréenne", dont les modalités et le calendrier avaient été repoussés à des négociations de suivi qui patinent depuis.
Washington exige la dénucléarisation du Nord avant toute levée des sanctions tandis que Pyongyang a condamné les "méthodes de gangster" des Américains accusés d'exiger son désarmement unilatéral sans faire de concession. La reprise des tests nord-coréens jetterait des doutes sérieux sur le processus de négociations.
Les analystes ont cependant exclu la possibilité que le Nord ait rompu sa promesse de suspendre essais balistiques et nucléaires pendant les négociations avec Washington. Les systèmes de détection de la Corée du Sud n'ont rien décelé de tel.
Pas de provocation
Yonhap évoque une nouvelle arme d'artillerie à longue portée développée sous le règne du père et prédécesseur de M. Kim, Kim Jong Il. "Nous ne voyons pas cela comme une provocation militaire d'importance", a dit la source gouvernementale à l'agence.
KCNA n'a publié qu'une seule photographie pour accompagner sa dépêche. On y voit des hommes en uniforme en train de prendre des notes en écoutant M. Kim. Ce dernier a exprimé sa "grande satisfaction" et jugé que le test constituait "un tournant décisif dans le renforcement de la puissance de combat de nos forces armées", selon KCNA.
Cette arme "ultramoderne" et son "grand succès, sont une nouvelle démonstration frappante de la validité de la politique du parti qui accorde la priorité aux sciences et technologies de défense et à ses capacités de défense en développement rapide".
Shin Beom-chul, analyste à l'Institut Asan d'études politiques, juge que Pyongyang veut "envoyer un message politique" à Washington vu l'impasse actuelle. "En général, les tests de nouvelles armes haute technologie sont menés en secret. Le Nord a fait une annonce publique pour montrer sa frustration".
Pour le professeur Yang Moo-jin, de l'Université des Etudes nord-coréennes à Séoul, le nouvel essai est "un signal envoyé" par la Corée du Nord "aux Etats-Unis avant des discussions de haut niveau pour l'avertir que sa patience à elle aussi commence à s'épuiser".