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Des lacunes dans le montage des boîtes d'essieux seraient à l'origine du déraillement de train de Daillens (VD). Des correctifs immédiats sont demandés à l'atelier de maintenance allemand qui s'était occupé du wagon. Le canton de Vaud exprime son inquiétude.
Dans son rapport intermédiaire publié vendredi, le Service suisse d'enquête de sécurité (SESE) tire la sonnette d'alarme. "Il y a un déficit de sécurité latent", écrit-il.
Grosse pollution
Les défauts de qualité dans la maintenance des boîtes d'essieux constatés lors de l'inspection du 28 octobre 2015 peuvent toucher "un nombre considérable de boîtes d'essieux actuellement en service".
Le convoi avait déraillé à Daillens le 25 avril, sans faire de blessé, mais entraînant une grosse pollution par 25 tonnes d'acide sulfurique, trois tonnes de soude caustique et des quantités marginales d'acide chlorhydrique.
Le SESE recommande à l'Office fédéral des transports (OFT) de faire procéder à des corrections "immédiates" dans le montage des roulements des boîtes d'essieux en Allemagne. Il demande à l'OFT d'informer les propriétaires de wagons dont les essieux ont été entretenus par l'entreprise.
Exigences claires
Ces essieux peuvent présenter "des irrégularités au niveau de leurs organes de roulement". Le SESE note que l'entreprise en question disposait de la certification nécessaire à l'accomplissement de ses tâches.
Questionné par l'ats, l'OFT a indiqué avoir pris les choses en main dès qu'il a été informé des conclusions du rapport. Il est en train de mettre en oeuvre les recommandations.
Vive inquiétude
L'OFT a prié l'entité de maintenance de prendre les mesures nécessaires pour remédier aux problèmes. Il a exigé en outre la liste des clients de ce service afin de pouvoir les informer et leur demander de vérifier leur matériel.
De son côté, le gouvernement vaudois a exprimé, par la voix de Nuria Gorrite, "sa vive inquiétude". Les questions et les craintes sont nombreuses après la lecture du rapport. "Il y a un vrai problème de traçabilité et de démultiplication des acteurs et des responsabilités", selon la conseillère d'Etat.
Renforcer la sécurité
Le canton va écrire à l'OFT pour s'assurer du suivi du dossier. Après l'accident, il avait déjà appelé au renforcement des mesures de sécurité pour le transport des matières dangereuses. Il demandait notamment le réexamen des responsabilités des propriétaires de wagons et des normes plus exigeantes pour les entreprises qui font transporter de telles cargaisons dans leurs sites industriels.
Le wagon en cause à Daillens était la propriété de l'entreprise allemande VTG à Hambourg (leader de la location de wagons). Il avait été révisé en août 2011 et n'avait parcouru depuis "que" 43'000 kilomètres.
Zone inhabitée
Le déraillement a eu lieu à 02h49 dans une zone inhabitée sur un convoi marchandises reliant Bâle à Lausanne triage. Le train était constitué de 22 wagons, dont 14 intégraient des matières dangereuses.
Quelques centaines de mètres avant l'accident, le 20e wagon a perdu une partie de ses pièces des organes de roulement. En sortant des rails, il a renversé les deux wagons précédents, le wagon suivant et fait dérailler le premier bogie du dernier wagon du train.
Mauvais entretien
Lors de l'inspection dans l'atelier de maintenance, les experts ont pu constater le mauvais entretien des boîtes à essieux, avec des restes de peinture et des particules métalliques sur des roulements. Des roulements étaient par ailleurs remontés dans les boîtes alors que ces dernières n'étaient pas sèches.
Une boîte à essieux contenait aussi du liquide de nettoyage dans son fond. Le SESE souligne qu'un tel produit dégrade la graisse, ce qui entraîne l'échauffement du roulement et la détérioration de la pièce.
ATS