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Votre enfant fait systématiquement 20 fautes à la dictée et peine à mettre en pratique les règles orthographiques apprises. Il souffre, peut-être, de dysorthographie. Zoom sur un trouble de l'apprentissage, qui perturbe durablement l'apprentissage de la grammaire, en compagnie d'Isabel Pérez, enseignante et coach scolaire.
Combien d'enfants sont touchés par la dysorthographie?
Cela varie en fonction des études sur le sujet. Mais, on estime qu'entre 5 à 10% des élèves scolarisés en sont atteints.
Quand est-ce que ce trouble apparaît-il?
La plupart du temps, après la 4ème année Harmos. A ce moment-là, l'élève est en pleine phase d'apprentissage des règles orthographiques alors que la lecture demeure une compétence mieux acquise.
Et qu'en est-il du dépistage?
Malheureusement, la dysorthographie est détectée souvent plus tard vers la 7ème année alors que la matière à acquérir se fait plus dense et se complexifie. Souvent jusqu'à cette année, les enfants dysorthographiques ont passé entre les gouttes du système car leur scolarité s'est déroulée sans trop de heurts.
Quels sont les signes avant coureurs?
La dysorthographie se définit comme un trouble développemental qui entrave, de manière durable, l'apprentissage de l'orthographe. De ce fait, l'enfant qui en est victime peine à mettre en pratique les normes grammaticales apprises. Il ne parvient pas à distinguer les homophones et à appliquer les règles d'accord comme, par exemple, celle qui différencie les mots «et» et «est». L'élève peut aussi présenter des difficultés au niveau de la compréhension fine d'un texte. Le sens d'une histoire peut totalement lui échapper alors qu'il ne présente aucun obstacle en mathématiques.
D'autres pathologies lui sont-elles associées?
Oui, la dysorthographie est souvent liée à la dyslexie, qui touche à l'apprentissage de la lecture, voire à la surdouance (enfants à Haut Potentiel). Ce qui prouve que les enfants dysorthographiques sont loin d'être idiots.
Si je soupçonne que mon enfant est atteint d'un tel trouble, que faire?
Il convient d'en alerter les enseignants et d'aller voir un spécialiste du sujet, soit un neuropsychologue, un pédiatre voire un pédopsychiatre. A noter que la plupart des écoles romandes proposent un soutien personnalisé des élèves victimes de troubles de l'apprentissage: logopédiste, psychologue scolaire, psychomotricienne...
Dans tous les cas, il convient de ne pas rester seul avec son doute. Souvent, les parents ont une intuition de trouble qui se trouve confirmée par les spécialistes. En outre, plus une pathologie est détectée tôt, plus elle se soignera vite.
Comment est posé le diagnostic?
Il s'agit d'effectuer un bilan global qui doit exclure plusieurs paramètres. Ainsi, il faut vérifier, avant tout diagnostic, que l'écolier entend et voit bien. En outre, certains élèves non dysorthographiques peuvent peiner à se repérer dans l'espace. Il ne parviennent alors pas à suivre les lignes de lecture et passent de l'une à l'autre sans transition. L'ophtalmologue peut alors aider en proposant des séances d'orthoptie une thérapie visant à rééduquer l'oeil.
Il convient également de vérifier que le bambin ne souffre d'aucun retard mental, ni d'une mémoire déficiente. Enfin, ses capacités d'attention, de raisonnement et ses fonctions exécutives devront aussi êtres testées.
Quelles solutions peut-on adopter en classe pour aider ces enfants?
Leur laisser plus de temps pour répondre aux consignes d'un examen ou alors leur enlever certaines questions afin de rendre le test moins long. Les enseignants peuvent aussi faire preuve de plus de souplesse quant au respect des règles orthographiques et en tenir compte lors de l'établissement de leur barème. Concernant l'apprentissage des règles de grammaire, il convient de leur fournir une aide visuelle sous forme d'aide-mémoire. Enfin, il est aussi utile de leur donner les devoirs longtemps à l'avance, deux voire trois semaines avant, afin que l'enfant puisse travailler, à la maison, par petites tranches.
On distingue deux types de dysorthographies. La première est dite phonologique. Elle implique des difficultés relatives au passage du phonème au graphème. Dans ce premier cas, l'élève peine à transcrire sur papier ce qu'il entend. L'écolier ne parvient pas à écrire, sans faute, des mots irréguliers ou nouveaux. Il a recours à une mauvaise lettre pour traduire un son et a tendance à rajouter des lettres, à en enlever ou à en inverser. La deuxième est nommée la dysorthographie de surface. L'enfant victime de cette dernière n'arrive pas à reproduire correctement des mots déjà connus. Il a des difficultés à mémoriser l'orthographe exacte de certains termes et écrit un mot comme il l'entend sans tenir compte des règles orthographiques en usage.
1. Enormément de fautes d'orthographe sous dictée ou sous écriture spontanée
2. Difficulté à segmenter les composants de la phrase
3. Incapacité à mettre en pratique les règles d'accords
4. Difficulté à différencier les homophones et à retranscrire des sons identiques mais d'orthographe différente comme le «0» qui peut donner «o», «eau», «au», «oh»...
5. Ajout de lettres à l'intérieur des mots
6. Inversion de lettre à l'intérieur même des mots
7. Orthographe d'un mot varie dans un même texte: par exemple, une fois «enfan» et une autre fois «anfen».