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«L'Agenda de la Commission européenne ne souligne pas seulement la nécessité de mettre en place des opérations efficaces de recherche et sauvetage des réfugiés et mi-grants qui risquent de se noyer en mer, mais reconnaît également que l'ouverture de routes sûres et légales vers l'Europe est essentielle pour limiter le nombre d'hommes et de femmes forcés de confier leurs vies aux mains des passeurs», a déclaré John Dalhuisen, directeur du programme Europe et Asie centrale d'Amnesty International.
Comme lacunes, l'organisation des droits humains relève le manque de transparence concernant l'étendue géographique de Triton, qui devrait impérativement être déployé dans les eaux internationales où se noient la majorité des réfugiés. En outre, il reste à clarifier dans quelle mesure les bateaux qui réalisent de multiples fonctions policières et militaires en dehors de Triton, recevront le mandat explicite de prioriser à tout mo-ment les opérations de recherche et de sauvetage.
En dépit de ces lacunes, l'agenda reconnaît que des patrouilles navales et aériennes le long des principales routes migratoires, notamment près des côtes libyennes, seront nécessaires pour empêcher de nouveaux naufrages en mer, «tant que la pression migratoire persistera».
Routes sûres et légales vers l'Europe
L'agenda souligne la nécessité d'ouvrir des voies d'immigration sûres et légales vers l'Europe et propose un programme de réinstallation à l'échelle de l'Union européenne pour accueillir, en plus des programmes nationaux déjà existants, 20'000 réfugiés supplémentaires à répartir entre tous les pays membres. Amnesty soutient cette me-sure, mais estime qu'elle est largement insuffisante. En ce qui concerne uniquement les réfugiés syriens, le HCR a appelé la communauté internationale à en accueillir 380'000 d'ici fin 2016. Amnesty International considère que les pays de l'Union eu-ropéenne devraient s'engager à accueillir près de 100'000 d'entre eux, alors qu'ils n'ont à ce jour offert que 40'000 places.
L'agenda encourage également les Etats membres de l'UE à ouvrir d'autres voies d'immigration légales, notamment par l'intermédiaire du regroupement familial ou par l'octroi de visas humanitaires. En cas de situations d'urgence, la Commission euro-péenne propose également un nouveau système de répartition des requérants d'asile qui arrivent dans des Etats membres fortement sollicités. «Cette mesure permettrait de répartir plus équitablement entre les Etats membres de l'UE le poids de la crise globale des réfugiés», a souligné John Dalhuisen.
Coopération avec les Etats tiers
L'agenda mentionne plusieurs propositions de coopération avec des Etats tiers pour contrôler les flux migratoires, notamment avec le Niger. Amnesty International insiste sur le fait que tout «centre à multiples usages» doit respecter les droits humains des migrants et réfugiés, en particulier afin de leur offrir une procédure d'asile efficace.
Informations de fond sur la réinstallation
La réinstallation permet aux réfugiés (et non aux migrants ou requérants d'asile) qui ne trouvent pas de protection adéquate dans le pays qui les a accueillis, d'être réinstallés dans un autre pays. Seuls les réfugiés dont le statut a déjà été reconnu par le HCR ou par les autorités du pays d'accueil peuvent être réinstallés. La Commission européenne propose de répartir les réfugiés entre les Etats membres à partir de critères comme leur PIB, la taille de leur population, leur taux de chômage et le nombre de réfugiés qu'ils ont déjà accueillis.
Communiqué de presse publié le 13 mai 2015, Londres/Lausanne
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