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Une condition de tout changement de politique culturelle :
Que les acteurs (s')activent !
Lorsqu'il y a deux ans une majorité gouvernementale cantonale tenta de transférer aux communes, c'est-à-dire, très concrètement, à la Ville, le peu de charges et compétences culturelles assumées par le canton, ce funeste projet fut victorieusement combattu par une alliance nécessaire : celle de forces politiques (notamment le PS et SolidaritéS), et celle des " acteurs culturels ". Sans cette conjonction, sans la résistance de la gauche et la mobilisation du RAAC, le " transfert de charges " devenait réalité. Et la politique culturelle du canton une politique de l'inculture, revendiquée, sinon assumée, comme telle.
" Que cent fleurs s'épanouissent "
Aucune politique culturelle n'est concevable sans les acteurs culturels, aucun changement de politique culturelle sans leur volonté de changement -et sans qu'ils se soient dotés des instruments (de mouvements, d'associations, d'organisations) d'expression collective d'une telle volonté. L'alliance des " politiques " et des " cultureux " reste indispensable -et indispensable aussi la mobilisation des uns et des autres, non seulement pour défendre ce qui mérite de l'être, mais aussi pour opérer les changements nécessaires, pour accroître les ressources allouées par les collectivités publiques à la culture, y faire contribuer toutes les collectivités publiques, et modifier les répartitions de ressources (entre les institutions et les autres champs culturels, entre la représentation patrimoniale et la création, entre le fonctionnement et la programmation…). Tout cela, finalement, devrait relever de l'évidence : un changement décrété " d'en haut " a toute les chances de n'être qu'un simulacre, ou une manœuvre. On n'ordonne pas que " cent fleurs s'épanouissent " sans avoir quelque intention de les couper dès leur floraison. Les " cent fleurs " maoïstes furent un gigantesque piège : celles et ceux qui, sans s'arrêter au paradoxe d'une injonction autoritaire à la liberté, prirent au pied de l'idéogramme l'ordre " donné d'en haut " de s'exprimer et de créer librement, le payèrent très cher une fois l'exercice terminé, aussi autoritairement qu'il avait commencé. On passe très vite des " Cent Fleurs " à un Grand bond en arrière.
Une condition de tout changement de politique culturelle :