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Ces plantes imitent la présence d'une récompense pour le pollinisateur, en utilisant différents indices sensoriels, en particulier olfactifs ou visuels, mais sans lui fournir de récompense. Ici, nous nous concentrons sur l'interaction entre le genre Arum et ses mouches pollinisatrices. Plus précisément, nous utilisons notre système modèle (depuis plus de dix ans), Arum maculatum, une espèce iconique de nos contrées, qui a développé des stratégies pour piéger temporairement ses pollinisateurs en imitant par signaux olfactifs les sites de ponte spécifiques de deux mouches de la famille des Psychodidae, à savoir Psychoda phalaenoides et Psychoda grisescens. Alors que la première espèce est presque exclusivement prise au piège dans la plupart de la zone de distribution de la plante, la seconde espèce se retrouve principalement dans les inflorescences en Europe du Sud, ainsi que dans certains endroits de la frange atlantique ouest-européenne.
Dans ce projet, nous cherchons à identifier d’où proviennent ces différences dans la capacité d’attraction. Sont-elles liées à la disponibilité du pollinisateur, ou à l'adaptation des lignées de plantes au pollinisateur local le plus efficace?
Ce projet combine les approches génétique, comportementale et d'écologie chimique afin d'identifier la nature des adaptations locales dans la production des odeurs florales et dans l’attraction du pollinisateur. Plus généralement, notre projet vise à comprendre comment les interactions biotiques conduisent à l'adaptation locale, la différenciation écologique et génétique, et enfin la spéciation, dans les systèmes de pollinisation par tromperie.