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Traduire la Bible est-ce la trahir ?
Le traducteur est-il un traître ?
Le Nouveau Testament justifie la traduction de la Bible
Les rédacteurs du Nouveau Testament ont justifié la démarche de traduction, notamment en traduisant leurs citations des textes hébraïques en grec, la langue la plus répandue dans l’Empire Romain. Une Bible traduite, donc compréhensible de tous, est un bienfait pour l’Église. Toutefois, l’adage italien « traduttore traditore » (le traducteur est un traître) peut, malgré la meilleure des volontés, s’appliquer en certains points à une version biblique.
Une traduction dans le rouge
Je prendrai un seul exemple qui montre qu’à son insu, un traducteur peut importer dans un texte un biais culturel parfois dommageable.
À l’origine, la vénérable version de Louis Segond traduisait qu’Ésaü était roux (Gn 25.25), mais que David était blond (1 S 16.12 et 42), alors que l’adjectif commun à ces deux seuls personnages bibliques évoque sans aucun doute la couleur rouge. Les préjugés anti-roux de notre culture occidentale ont donc amené Segond à éviter au roi judéen, personnage positif dans l’histoire du salut, ce trait physique – pas de problème, par contre, pour le mauvais Ésaü ! Les révisions modernes de cette version ont heureusement corrigé cette erreur.
Faut-il tout jeter ?
Doit-on, à partir de tels exemples, mépriser la valeur des traductions ? Certainement pas, mais une critique de nos versions de la Bible, comme de nos propres interprétations de celle-ci, est essentielle pour mieux comprendre les textes inspirés. O
Robin Reeve, PhD
Professeur HET-PRO en Ancien Testament