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"Les femmes fîrent beaucoup moins de fraix pour leur fête". Les marchands suisses et le financement des pratiques de lobbying (Lyon, XVIIIe siècle).
À Lyon, au XVIIIe siècle, la nation suisse constitue la communauté de marchands étrangers la plus importante, non seulement en termes quantitatifs, mais également en raison de ses privilèges. Et pourtant, les marchands suisses sont constamment impliqués dans des contentieux au sujet de l’exercice de privilèges et de droits divers. Afin de défendre leurs prérogatives et, de manière générale, de consolider leur pouvoir en ville et dans le royaume, différents moyens sont employés. À côté des arguments juridiques, utilisés dans le cadre de correspondances, suppliques et missions diplomatiques, un véritable travail de lobbiyng est mis en place à Lyon. Des cadeaux et des étrennes sont régulièrement distribués, des fêtes grandioses sont organisées, des repas sont offerts et des aumônes sont faites aux institutions charitables. Par ce biais, au fil des siècles, la nation suisse arrive à se doter d’un capital social remarquable, fait de vastes réseaux de contacts, de liens privilégiés avec les autorités locales et d’un imposant arsenal juridique et documentaire. Mais tout cela a bien sûr un prix. À combien s’élèvent ces dépenses et en quoi consistent-elles ? Pourquoi décide-t-on de dépenser de l’argent et dans quelles démarches s’inscrivent ces dépenses ? Quelles sont les sources de financement ? Y-a-t-il des conflits au sujet du financement ? Ou des différends en fonction de l’origine ou de l’appartenance confessionnelle des marchands ? De cette analyse, il apparaît évident que richesse matérielle et richesse immatérielle s’alimentent mutuellement, et que c’est précisément cet entrelacement qui rend possible, dans un contexte protectionniste, la permanence au fil du temps de cette communauté étrangère.