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Le Père Ziad avait emmené avec lui des dessins d'enfants réfugiés dans le "Centre éducatif Saint-Sauveur" de Homs. Des dessins réalisés "par des enfants qui rêvent d’un avenir dans la paix et la sécurité. Il n’y a plus qu’eux qui rêvent chez nous aujourd’hui car les adultes ne rêvent plus, ils sont perdus dans leurs cauchemars. On peut dire que nous vivons le chaos et la destruction. Chez nous, la paix ne se voit plus que dans les dessins des enfants!"
Une présence cruciale
A l'occasion de la réception du prix de 5000 euros, le 21 septembre 2013, à la Faculté de philosophie et de théologie de Sankt-Georgen, une institution jésuite à Francfort, le Père Ziad Hilal a rappelé qu'il aurait aimé venir avec le Père Frans van der Lugt, "mon compagnon jésuite, mon supérieur et mon ami dans cette crise". Le jésuite hollandais ne peut cependant pas sortir du quartier de Bustan al-Diwan, dans la vieille ville de Homs encerclée par l'armée gouvernementale. "Il vit dans la Résidence des jésuites de Bustan al-Diwan avec 73 chrétiens et deux familles musulmanes, pris au piège depuis 15 mois. La petite communauté assiégée ne peut se mouvoir que sur un minuscule territoire de moins d'un kilomètre de long!", a-t-il déclaré à l'agence Apic. Le Père Ziad Hilal a a ajouté se sentir "humble aujourd’hui devant l’exemple du Père Frans et sa mission envers et pour les autres, chrétiens et musulmans, assiégés dans le centre ville historique de Homs. Le Père Frans est pour eux le frère, le père, le serviteur et aussi le prêtre. Je ne peux que le désigner en disant 'c’est l’homme'. Au milieu de la haine et de l’absurdité, sa voix et sa solidarité avec et pour les autres prêchent que 'des grains de la Parole de Dieu sont tombés dans de la bonne terre; ils ont donné des fruits en poussant et en se développant, et ils ont produit trente, soixante, cent pour un' (Lc 8-8). Sa voix pacifique est plus forte que le bruit des armes".
Le jésuite syrien a encore souligné que le Père Frans "montre avec ceux qui sont avec lui que la vie est plus forte que la mort, et que le chemin pacifique est toujours plus vrai que la voie de la violence". En présentant le travail des jésuites de Syrie avec les enfants dans les trois grandes villes - Damas, Alep et Homs – il a insisté sur l'esprit de leur action : "Construire la paix à partir des enfants et de les protéger de la haine et de la violence pour qu’ils grandissent dans la paix et la sécurité". Leur mission humanitaire, avec le JRS (Jesuit Refugee Service), est de servir les déplacés et les réfugiés, en distribuant des paniers alimentaires, des effets sanitaires et des médicaments, et à les aider à se loger.
"Aujourd’hui, a-t-il ajouté, la présence des jésuites au milieu de la population en Syrie est une chose cruciale. Vivre avec et pour eux, comme le Christ qui n’a pas abandonné les siens, est un signe que l’Eglise est toujours auprès de tout homme. Notre mission avec le JRS montre que nous sommes unis avec les autres associations humanitaires et que nous répondons à la demande de l’Eglise, à celle du Saint-Père et de notre Père général qui nous appellent à aller au delà des frontières afin de servir les hommes opprimés ou abandonnés. L’objectif de notre mission est d’aider notre peuple afin d’arriver à la réconciliation pour la paix en vivant le pardon et en passant par le dialogue et la parole, qui donnent le fruit de la vie." (apicréd.)