Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06958.jsonl.gz/880

Deux études parues en ce début 2007, l'une suisse et l'autre suédoise, concluent que l'usage du téléphone portable n'est pas un facteur de risque majeur de tumeur cérébrale pour l'utilisateur, du moins à moyen terme. Mais l'une des études révèle, chez les utilisateurs de longue date, une modeste mais troublante prépondérance des tumeurs du côté habituellement utilisé pour tenir le téléphone.Une équipe de l'Institut de médecine sociale et préventive de Berne a étudié l'évolution du nombre de décès par tumeur cérébrale entre 1969 et 2002 en Suisse, sur la base des statistiques nationales de mortalité (Eur J Cancer Prev 2007;16:77-82). La mortalité par tumeur cérébrale a augmenté de façon significative durant la période 1969-2002 parmi les plus de 60 ans, mais pas dans les classes d'âge inférieures, où l'usage du téléphone portable était pourtant plus prévalent. Par ailleurs, depuis l'introduction du téléphone mobile en 1987, le nombre de décès suite à une tumeur cérébrale est restée stable dans tous les groupes d'âge. Pour les chercheurs, ces observations laissent supposer que l'usage du téléphone portable «n'est pas, à court terme, un facteur de risque majeur de décès par tumeur cérébrale». Un risque à plus long terme ne peut être exclu.Ces résultats sont en accord avec les observations réalisées à une toute autre échelle par une équipe de la Radiation and nuclear safety authority (STUK) finlandaise, à Helsinki, grâce à un financement public (Int J Cancer 2007 ; publication en ligne le 17 janvier). Cette étude cas-témoin a été réalisée entre 2000 et 2004 auprès de 1500 patients atteints de gliome et 3300 contrôles en Finlande, Norvège, Suède, Danemark et Grande-Bretagne. «L'utilisation régulière d'un téléphone portable, la durée d'utilisation totale ou le nombre cumulé d'appels n'ont aucun effet sur le risque», lit-on dans le communiqué de la STUK.Ce résultat rassurant est cependant remis en doute par une curieuse observation faite durant la même étude : chez les utilisateurs de téléphone portable depuis plus de dix ans, les tumeurs apparaissent de façon «légèrement» mais significativement préférentielle du côté où les patients déclarent placer habituellement leur téléphone.Cette observation, tout comme le manque de recul, suffit à laisser ouverte la question très précise du risque de tumeur cérébrale pour l'utilisateur du téléphone mobile lui-même. La même incertitude règne à propos des effets des stations de base sur la santé, ou encore des conséquences autres que tumorales des rayonnements.