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Hamish Fulton
Haus konstruktiv Zurich jusqu'au 5 septembre 2004
Walking cuts a line through 21st century life
Le Haus konstruktiv à Zurich a eu la bonne idée d'inviter Hamish Fulton pour une exposition (la première semble-t-il dans une institution suisse). Elle s'étend sur deux étages. Au rez-de-chaussée sont présentées des interventions murales. Elles évoquent des marches effectuées entre 1990 et 2003. Deux travaux ressortent par leur dimension, l'un propose l'inscription Water en letttres d'or et l'autre 3 mots Brain, Heart, Lungs, Tibet 2003. La première affirme les préoccupations écologiques de l'artiste, rappelle la nécessité de l'eau et la deuxième synthétise parfaitement les problèmes, les qualités essentielles à la réussite d'une expédition en haute altitude. Ces réalisations ont un pouvoir de suggestion et d'évocation très fort. Au premier étage sont présentés des photographies, croquis, plans et travaux divers qui évoquent ces voyages.
Hamish Fulton (1946) affirme que "marcher transforme". Depuis le début des années 1970, il parcourt le monde à pied. Il ne rapporte rien de ses voyages, ni des pierres, ni d'autres éléments qu'il utiliserait comme traces, sculptures. Il a réalisé plusieurs centaines de marches dans 24 pays qui représentent des milliers de kilomètres parcourus, imposant sa démarche comme fait artistique par des expositions, des photographies, et des publications. Il travaille sur le passage du privé au public, le privé étant factuel, sa propre expérience et le public fictionnel, ce que suggère lévocation de ses expériences au spectateur. Il insiste sur le fait quil y a deux moments distincts. La marche éphémère dont il ne conserve aucune trace est luvre dart. Il nintervient pas dans le paysage si ce nest en laissant la trace de ses semelles dans la poussière ou la boue comme nimporte qui et nemporte rien avec lui. Contrairement à dautres artistes du Land art, il nintervient pas dans la nature et ne ramène aucune trace matérielle comme le fait Richard Long avec des pierres ou des morceaux de bois (une installation de Richard Long et un film permettent de bien saisir la différence entre les deux démarches).
La deuxième phase est lexposition et les mots, les phrases, les divers objets quil réalise, fait exécuter à cette occasion. Il sagit dévoquer une expérience, mais rien ne remplacera cette expérience qui est unique et éphémère et qui a le caractère dune méditation. Dans ses expositions, Fulton utilise les textes et la trace de ses parcours qui devient un trait appliqué à un support. Les textes sont peints sur les murs par des équipes de collaborateurs. Il travaille sur les couleurs et lassociation avec différents documents en particulier des photographies et des lithographies. La typographie magistrale, lutilisation des couleurs donnent à ses expositions le caractère dinstallations impressionnantes, éloignées des faits quotidiens relatés, lesquels nont d'ailleurs en soi aucun intérêt, spectaculaire du moins. Utilisant des moyens dexpression qui appartiennent au monde artistique : écriture, typographie, photographie, sérigraphie, lithographie pour réaliser les traces matérielles de ses pérégrinations, il travaille en collaboration, en définissant une série dinstructions qui sont réalisées par d'autres (des polaroïds dans une vitrine montrent la réalisation des peintures murales par deux personnes de Zurich). Ce mode de faire est un indice de dématérialisation de luvre ou du moins de détachement de la main de lartiste.
La photographie qui forme l'aspect le plus accessible de l'activité de Fulton ne sert pas à reconstituer ce qui est perdu, elle est un index, un système darchives. De plus pour éviter quelle ne devienne trop attractive, elle est souvent fragmentée, recouverte par un texte.
En refusant toute forme d'"expression artistique", d'intervention directe, de prélèvement sur le monde Fulton parvient pourtant à produire des installations qui associent le texte, les couleurs, les formes, le récit l'évocation d'un vécu et surtout une prise de position extrêmement forte et claire face au monde qui l'entoure.
La démarche de Fulton sapparente au récit, un récit visuel qui trouve un support dans lexposition ou le livre. Les traces principales, les seules formes matérialisées de ces voyages et de leur évocation artistique sont les livres qu'Hamish Fulton publie en grand nombre et des photographies ou des estampes scarifiées par les textes qui rappellent le cheminement suivi. Il utilise aussi sa réputation pour défendre un point de vue, ainsi le catalogue de sa dernière exposition à la Tate Britain à Londres comprend un texte sur le réchauffement de la planète et le récit dune expédition dans lHimalaya par un guide, qui viennent compléter un texte présentant son activité.
Hamish Fulton, Walking Journey, Tate, 2002, Ben Tufnell and Andrew Wilson, with contributions by Bill McKibben and Doug Scott. (catalogue de l'exposition présentée à la Tate Britain en 2002).
Le site de l'artiste est très complet et donne une bonne idée de ses travaux: http://www.hamish-fulton.com/main.htm
Le site de Richard Long est également très intéressant.
Richard Long fait l'objet d'une importante rétrospective Walking and Marking à la Scottish National Gallery of Modern Art à Edimbourg jusqu'au 21 octobre 2007.
Tate Britain Richard Long: Heaven and Earth 3 juin - 6 septembre 2009
Après le Moca à Los Angeles, le Haus der Kunst à Munich présente Ends of the Earth. Land Art to 1974 jusqu'au 20 janvier 2013, une vision très étendue du Land art.
http://moca.org/landart/