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Depuis que l'homme est homme, on oserait presque dire, avant que l'homme soit homme, les jardins existaient.
Je ne citerais que le jardin d'Eden qui, après tout, est le lieu dans lequel l'homme est né. Il préexistait à l'invention d'Adam et Eve. On parle des jardins de Sémiramis, des fameux jardins suspendus de Babylone.
Un jardin égyptien pharaonique a laissé des traces. C'est celui qu'avait dessiné le pharaon Toutmosis III dans l'enceinte même du temple de Karnak.Plus près de nous encore, on connaît dans la littérature, les splendeurs des jardins des mécènes de Tivoli, contemporains de l'empereur Néron. Ces jardins étaient considérés, au point de vue du goût, comme ce que l'on pouvait imaginer de plus grand, de plus beau, de plus noble.Ce qui fait que l'empereur Néron, jaloux, s'en était fait dessiner de plus beaux encore. Ils ornaient la Domus Aurea. Ils se situent sous le parking du Colisée aujourd'hui.
Vous avez probablement entendu parler des jardins que l'impératrice Théodora avait fait dessiner pour son époux Justinien, à Byzance.
Partout où l'homme est homme, il se prend du besoin de redessiner, de recréer le monde. Un monde plus beau, plus pur, plus parfumé, plus coloré. Le jardin est probablement le lieu où s'appréhendent le mieux les espoirs d'une civilisation.
En fait l'homme se définit par son jardin. La destination d'un jardin change de lieu en lieu, de civilisation en civilisation.
Je vais essayer de vous montrer que ces jardins de la Renaissance italienne, qui ont l'air d'être des jardins de plaisir uniquement, sont en fait des jardins initiatiques. Je les ai classés dans un ordre justement initiatique. En partant du plus simple, en allant au plus complexe. Ainsi, en fin de parcours, vous serez, je l'espère, assez familiarisés avec cette idée d'initiation, pour saisir sa véritable portée, son sens profond.