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Éphésiens 4: 11 à 13
« C’est lui qui a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme bergers et enseignants. Il l’a fait pour former les saints aux tâches du service en vue de l’édification du corps de Christ, jusqu’à ce que nous parvenions tous à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à la maturité de l’adulte, à la mesure parfaite de Christ »
Différentes figures d’autorité ont compté pour la vie du peuple d’Israël. Les prophètes, les rois, les sacrificateurs, les anciens du peuple ; nous pouvons encore citer les Juges.
Tout peuple, toute nation possède ses autorités.
L’histoire biblique nous montre que ces « chefs » n’ont pas toujours été des responsables soucieux de vérité, de justice, d’honnêteté.
Leur fonction devait les conduire à assurer la paix du peuple dans son pays, veiller à la condition des plus faibles, à l’application de la justice et à ce que la Parole de Dieu soit rappelée.
Ces autorités ne remplacent pas Dieu, et l’attente messianique était forte lorsque Jésus arrive sur la scène de l’histoire. Jésus fut acclamé comme roi par la foule. A sa naissance, déjà des mages venus de loin étaient venus pour adorer le roi des Juifs qui venait de naître. Pilate, embarrassé d’avoir à se prononcer face aux accusations portées contre Jésus, lui demande :
« Es-tu le roi des Juifs ? » et Jésus lui répond : « Tu le dis » Matthieu 27-11.
« Je suis venu jeter un feu sur la terre » Luc 12-49
Un feu est une source de chaleur, d’éclairage.
Un élément d’une vie domestique, il rassemblait les familles à l’époque où le feu était la source de chaleur, d’éclairage et le mode de cuisson pour la nourriture.
Le mot foyer désigne autant une cheminée, un âtre ou une famille.
En grec, le mot feu se dit « PUR » et s’utilise pour désigner une force irrésistible (le feu de la passion, de l’ardeur d’un sentiment…),
Le feu désigne aussi ce qui détruit, c’est l’expression du jugement de Dieu.
Selon la distance qui nous sépare de ce feu, celui-ci peut chauffer, faire du bien, ou brûler.
Jésus est venu pour bâtir son église. Cette œuvre (comme on parlerait d’un chef d’œuvre) n’est pas une œuvre sans caractère, sans force. Elle produit un rassemblement, un rapprochement, une communion.
Austin Sparks dans son livre « la maison spirituelle de Dieu » utilisait une comparaison pour aider à définir l’église. Un bouquet de roses, et un rosier :
« Dans le bouquet, toutes les roses ont le même parfum, mais leur durée de vie est courte. Le rosier, par contre, va connaître un cycle de vie et même s’il passe par un paroxysme de mort pour une saison, l’année suivante il repoussera de nouvelles fleurs ».
C’est la différence qui sépare une congrégation qui consiste en un certain nombre de chrétiens, d’unités qui se rassemblent en tant qu’unités, et un organisme spirituel, une expression locale du corps de Christ. Austin Sparks va jusqu’à dire que Satan ne s’oppose pas à de simples réunions, mais il s’oppose aux familles locales, aux expressions locales du corps de Christ.
C’est pour cela, écrit-il, que nous avons cette grande histoire de l’effort persistant fait par Satan pour éparpiller les enfants de Dieu, rompre leur vie corporative, pour mettre fin à leur fonctionnement pratique unie.
Dans la pensée du Seigneur, l’église est une force donnant corps, et vie à un royaume spirituel. Une force qui renverse des raisonnements, des logiques ; celles qui ont donné naissance et qui ont en même temps conduit à la faillite des empires construits par la force militaire, par des alliances politiques, ayant pour ambition d’accroître l’étendue des populations sous contrôle, de dominer le monde, d’imposer une idéologie et d’accroître la possession de certaines richesses. Les populations étant asservies.
« Le Royaume de Dieu, c’est la justice, la paix et la joie, par le Saint-Esprit » Romains 14-17.
« Cherchez premièrement le royaume de Dieu et sa justice, et toutes ces choses vous seront données par-dessus » Matthieu 6-33.
L’église a aussi ses chefs, c’est-à-dire, ses prophètes, ses rois. Ils ont d’autres noms et surtout d’autres désirs que de s’emparer d’un pouvoir. Leur but :
1) Encourager les autres à entrer pleinement dans leur vocation spirituelle, à leur permettre d’exercer leurs dons, les encourager dans cette liberté qui permet d’accomplir les tâches inhérentes à l’édification du corps de Christ. Il ne s’agit pas seulement de faire quelque chose, mais de le faire en ayant conscience de la présence des autres afin de travailler de manière à se rapprocher, travailler au rapprochement, à la consolidation des relations fraternelles. C’est cela se former aux différentes tâches du service en vue de l’édification du corps de Christ.
« Nous servons sous le régime nouveau de l’Esprit, et non selon la lettre qui a vieilli » Romains 7-6.
Etre formé en vue de l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, parvenir à la maturité de l’adulte, à la mesure parfaite du Christ.
L’unité doit se trouver au cœur de nos prières, de nos préoccupations. Arriver à dépasser ce qui nous sépare, ce qui pousse à nous éloigner, nous séparer, nous tenir à l’écart, en acceptant que d’autres aient des points de vue différents sans qu’ils deviennent la cible de nos jugements ou de nos critiques négatives. L’unité de la foi doit prévaloir sur celle des opinions, des points de vue, des « ce que je pense… ». Non pas tout tolérer mais placer le filtre ou le tamis de l’amour. Aimer, c’est plus que tolérer.
« A force de tout voir, on finit par tout supporter. A force de tout supporter, on finit par tout tolérer, à force de tout tolérer, on finit par tout accepter et à force de tout accepter, on finit par tout approuver » Saint-Augustin
« Etre formé aux tâches du service en vue de l’édification du corps de Christ, jusqu’à ce que nous parvenions tous à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à la maturité de l’adulte, à la mesure parfaite de Christ »
Une formation qui nous conduit plus loin que nous-mêmes, plus loin que notre propre travail loin d’être suffisant à lui seul. L’édification du corps de Christ n’est pas terminée, l’unité de la foi est toujours à revivre dans chaque génération, l’unité de la connaissance du Fils de Dieu demande que nous soyons toujours éveillé à ce que nous croyons du Christ…
Nous sentons bien que nous ne sommes pas loin du rivage que nous avons quitté et que l’océan est vaste avant que nous n’atteignions l’autre bord. Nous avons commencé, il nous faut continuer, persévérer, et ne pas perdre de vue notre destination.
Pour cette traversée, sur le bateau il y a bien sur le capitaine, l’officier supérieur, c’est le Seigneur lui-même. Il y a aussi les officiers de bord, les responsables aux machines, l’intendance… Toutes ces personnes attentives à leur champ de responsabilité. Ce sont les apôtres, les prophètes, les évangélistes, les pasteurs et docteurs. Ils sont là pour la traversée, mais imaginons qu’ils sont là pour préparer aussi leurs successeurs aux différentes responsabilités, car personne ne sait quand le voyage arrivera à son terme. Il a commencé il y a deux mille années… Il importe de ne pas changer de cap.
Regardons un peu la diversité présente dans ces différents aspects du ministère, de ces ministères donnés. Ils portent en eux ce qui vient du Christ lui-même.
L’apôtre. C’est celui qui est envoyé. Jésus se définit ainsi :
« Celui qui me reçoit, reçoit celui qui m’a envoyé » Matthieu 10-40.
Celui qui est envoyé ne vit pas pour lui-même. Il va où il est envoyé. Il obéit. L’observation du service d’apôtre dans le nouveau testament montre l’acceptation d’une vie ou d’épisodes itinérants. Il faut aller dire à d’autres et établir la parole annoncée telle une ambassade nouvelle dans un territoire auparavant dépourvue d’une telle représentation. Et là, y poser les richesses apportées.
Le prophète. Comme l’apôtre il porte une parole. Il est donné par le Seigneur porteur dans son âme d’un message, rempli d’un souffle pénétrant, remuant les consciences, annonçant ce qui ne peut être du domaine du savoir humain.
Alexandre Westphall, en introduction à un ouvrage sur les prophètes, au sortir de la première guerre mondiale :
« Le grand américain Woodrow Wilson nous a donné le frisson de la parole inspirée. On a étouffé sa voix, et sa fin vient de surprendre la conscience du monde civilisé comme un remords. Faute de conducteurs spirituels, le désarroi politique s’étend, la dissolution sociale s’aggrave, l’après guerre que nous avions saluée comme une aurore s’assombrit de jour en jour comme un crépuscule. Ne serait-ce pas le moment de relire les prophètes d’Israël ? »
Les contemporains de Jésus ont dit de lui :
« C’est Jésus, le prophète de Nazareth en Galilée » Matthieu 21-11.
L’évangéliste. Lui aussi est donné à l’église. Lui aussi parle, il parle pour dire l’Evangile, son cœur brûle pour faire connaître la bonne nouvelle à ceux et celles qui ne la connaissent pas encore et qui sont courbés dans la vie par le fardeau de leurs souffrances.
Jésus fut ce premier évangéliste :
« L’Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu’il m’a consacré par onction pour annoncer la bonne nouvelle aux pauvres ; il m’a envoyé pour guérir ceux qui ont le cœur brisé, pour proclamer aux prisonniers la délivrance et aux aveugles le recouvrement de la vue, pour renvoyer libres les opprimés, pour proclamer une année de grâce du Seigneur » Luc 4-17 à 19.
Pasteur et docteur. Ces deux mots nous conduisent dans une sphère plus domestique, familiale, plus intérieure et quotidienne de la vie de l’église. Jésus fut ce souverain berger, cet enseignant qui s’entoura de disciples et qui était souvent entouré de personnes curieuses. Partout où il passait, des personnes s’approchaient de lui
Il dit lui-même à propos de ses disciples : « Lorsque j’étais avec eux, je les gardais en ton nom. J’ai protégé ceux que tu m’as donné » Jean 17-12. « Je suis le bon berger » Jean 10-11.
Nous pourrions qualifier ce service, de service de proximité. Il n’est pas de berger sans troupeau.
Ces deux mots pasteurs et docteurs apparaissent ensemble comme pour nous dire que l’enseignement, n’est pas un froid exposé de vérités. Ce qui est à dire nécessite en premier lieu une proximité, une relation, une écoute. Le pasteur, c’est l’ami, l’oreille qui écoute sans parti-pris, c’est celui qui se plait à voir les uns et les autres marcher ensemble.
Une définition du pasteur par Spurgeon :
« Pour être pasteur, il faut avoir des entrailles capables de s’émouvoir, un cœur chaud et aimant, dont le contact nous réchauffe comme la flamme de votre foyer. Il faut aussi être gai et de bonne humeur, car autant la légèreté d’esprit et la frivolité sont condamnables, autant une gaieté d’aloi est propre à attirer les âmes à l’évangile. Cela vaut mieux, en tout cas, que l’attitude de ces moines qui, lorsqu’ils se rencontraient, se disaient les uns aux autres : Frères, il nous faudra mourir un jour ».
Prédication de François Quoniam, pasteur de l’Eglise Evangélique Libre