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Alors qu’aux États-Unis les premières compétitions féminines régulières ont lieu dès novembre 1895, l’Europe s’apprête à prendre part en 1896 à Athènes aux premiers Jeux Olympiques de l’ère moderne. Le baron Pierre de Coubertin, le rénovateur de ces Jeux Olympiques, a ainsi jeté les bases d’une compétition qui engendrera, dans sa fabuleuse histoire, des exploits inoubliables. Mais le Français, né le 1er janvier 1863 à Paris, a également décidé de ne convier aucune femme en Grèce. Selon lui, elles ne pouvaient pas prendre part aux Jeux de l’Antiquité, ni même y assister. II estimait donc que ce principe devait être maintenu. C’est ainsi qu’a débuté sa lutte pour le moins déterminée contre la participation du sexe dit faible à ce qui deviendra, au fil des éditions, la fête mondiale du sport. Il y eut bien en tennis un simple dames lors des Jeux Olympiques de 1900 à Paris (c’est la Britannique Charlotte Cooper qui le remporta, devenant ainsi la première femme détentrice d’un titre olympique), elles durent pourtant attendre 1928 à Amsterdam pour pouvoir enfin participer aux épreuves-reines des Jeux Olympiques, celles d’athlétisme.
Alice Milliat tente de convaincre Pierre de Coubertin
En Europe et plus précisément en France, les femmes n’ont découvert l’athlétisme qu’après la Première Guerre Mondiale. En regroupant en décembre 1917 des clubs déjà existants comme le Fémina Sport (1912) ou l’En Avant (1912), Messieurs Payssé, Pellan, Mainguet, Weber et Lafreté ont créé la Fédération des Sociétés Féminines Sportives de France (F.S.F.S.F.). Le docteur Raoul Baudet devient Président, Mme Surcouf est nommée Présidente et Alice Milliat (1884-1957) s’occupe de la trésorerie. Cette dernière deviendra secrétaire générale en juin 1918 et Présidente de la F.S.F.S.F. le 10 mars 1919, ce qui fait déjà d’elle une véritable pasionaria du sport féminin français. C’est elle qui prend les devants en demandant à plusieurs reprises l’adhésion des femmes au mouvement olympique. Mais face aux blocages incessants des autorités du Comité International Olympique (C.I.O.) et surtout suite à l’ultime refus de Pierre de Coubertin en 1919 d’inclure quelques épreuves athlétiques féminines aux Jeux Olympiques de 1920 à Anvers, Alice Milliat et ses collègues décident, pour protester contre l’attitude hermétique du C.I.O., d’organiser elles-mêmes leurs compétitions féminines à partir de 1921. Pour cela, il faut pouvoir compter sur une instance plus solide administrativement parlant. C’est ainsi qu’en 1920, le bureau de la F.S.F.S.F. devient exclusivement féminin, dont Jeanne Brulé en assure le secrétariat général. Pour débuter modestement au bas de la pyramide, des épreuves sont organisées pour les scolaires.
Genève, berceau de l’athlétisme féminin en Suisse
Pendant ce temps-là en Suisse, à l’instar de la Pologne, l’Italie, la Belgique et la Norvège, un organisme spécial est créé pour diriger l’athlétisme féminin. Mais tout est très lent à se mettre en place; tout comme son développement, qui sera par la suite tellement laborieux qu’on va constater au milieu du XXème siècle un arriéré d’une génération ! Heureusement quelques Suissesses, un peu en avance sur leur temps, réussissent régulièrement à s’illustrer sur le plan international, au point de faire parler de l’athlétisme helvétique en des termes très élogieux. La France étant la force motrice et influente de ce nouveau mouvement, c’est bien logiquement à Genève que sont créés les premiers clubs d’athlétisme féminin en Suisse.
PAB
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