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Essentiellement asémique, l’écriture est ainsi dénuée de signification. Les lettres et les mots intéressent l’auteur avant tout pour leurs valeurs formelles et graphiques. On lit dans ses œuvres le plaisir jouissif que Carlo Zinelli prend à exploiter les pleins et les déliés ainsi que les rondeurs et les courbes. Les boucles des o, a, e, g, c et en particulier du C majuscule abondent, ainsi que les jambages inférieurs et supérieurs des l et des f, qu’il n’hésite pas à doubler, à tripler et même souvent à quadrupler: « pomodoRRRRo » (tomate) ou « ppppoooollllvvvveeeeRRRReeee » (poussière)
Déjouant souvent les règles de la linéarité, les énoncés se font dansants et ondoyants et changent souvent d’orientation. Polymorphes, ils se glissent dans les interstices, se rangent en colonnes ou s’organisent en pavés, cheminant tout autour de la courbe marquée du dos d’un personnage ou d’un animal, épousant les formes. Les compositions textuelles et graphiques de Zinelli sont d’une grande densité et d’une vitalité puissante, où le verbe et l’image entrent magistralement en symbiose.