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Albert Rösti: "J'ai sous-estimé le travail pour l'UDC en Suisse romande"
Depuis l'entrée en fonction d'Albert Rösti à la tête de l'UDC Suisse en avril 2016, le parti a perdu toutes les votations importantes: la réforme de l’asile, la naturalisation facilitée ainsi que la troisième réforme de l’imposition des entreprises (RIE III).
Du côté des élections, le parti a connu plusieurs échecs cuisants, notamment en Valais où il a perdu son siège au Conseil d'Etat avec la non-réélection d'Oskar Freysinger. A Neuchâtel, il a perdu la moitié de sa représentation au Grand Conseil (11 sièges). Ailleurs en Suisse, l'UDC semble être confrontée à un plafond de verre: elle a perdu un siège à Soleure, alors qu'elle a connu une stagnation à Bâle, en Argovie et à Fribourg.
"Je suis alarmé par cette situation"
Questionné dans l'émission Forum vendredi, Albert Rösti s'est dit "alarmé de cette situation," mais tente de relativiser: "Il faut mettre les choses en perspective. A Fribourg, on a pu augmenter un peu le taux de l'électorat. En Valais, c'est clair que c'est grave d'avoir perdu le siège exécutif, mais on a quand même gagné deux sièges au Parlement."
Pour le président, la débâcle du parti conservateur à Neuchâtel au début du mois constitue "un échec". "Mais, a-t-il dit, c'était une situation spécifique concernant des personnes."
"Ce n'est pas un bon bilan"
Quel bilan tirer après toutes ces défaites? "Il est clair que ce n'est pas un bon bilan. Mais on sortait d'une année avec beaucoup de succès", selon le responsable. Et d'admettre que la formation s'est trop reposée sur ses lauriers ces derniers mois: "Oui, c'est vrai. C'était déjà ma préoccupation lorsque j'ai pris le poste de président. L'UDC Suisse a fait une belle campagne avant les élections fédérales de 2015. Et là, j'avais déjà pris conscience que certaines sections n'étaient pas actives."
Certaines sections de l'UDC ne sont pas assez actives
Le manque de personnalités connues représente, selon Albert Rösti, l'un des obstacles en Suisse romande pour son parti: "On a peu de personnel bien connu. Et lorsque, par hasard, on a un ou deux échecs, cela compte beaucoup plus que dans les cantons alémaniques, comme Zurich ou Berne, où il y a davantage de personnel", a-t-il expliqué, ajoutant: "On a grandi assez rapidement et maintenant il faut de la consolidation."
Pas d'effet Parmelin en Suisse romande
Alors qu'Albert Rösti avait soutenu, lors de l'élection de Guy Parmelin au Conseil fédéral en décembre 2015, que le ministre allait porter l'UDC en Suisse romande, il semblerait que cet effet n'ait pas eu lieu. "Parler d'un 'effet Parmelin' crée des attentes trop grandes (...) On ne peut pas se reposer uniquement sur un conseiller fédéral (...) J'admets absolument que j'ai peut-être sous-estimé le grand travail qui est devant moi en Suisse romande. Mais je crois au potentiel de l'UDC en Romandie", a-t-il indiqué.
On ne peut pas se reposer uniquement sur un conseiller fédéral pour faire progresser l'UDC en Suisse romande
"Non, je ne démissionnerai pas"
Le Bernois mène une campagne très offensive contre la stratégie énergétique 2050. Les sondages ne le donnant pas favori pour l'instant, envisage-t-il de démissionner si cette nouvelle loi était acceptée le 21 mai? "Non, je ne donne pas ma démission", a-t-il rétorqué.
Pour lui, l'échéance la plus importante est la votation sur le futur accord-cadre institutionnel entre la Suisse et l'Union européenne, un sujet encore en négociation entre Berne et Bruxelles: "Il y aura une votation dans un ou deux ans sur cette question et ce sera la votation principale pour la Suisse, mais aussi pour l'UDC."
Propos recueillis par Mehmet Gultas
Texte web: Mathieu Henderson
Publié le 21 avril 2017 - Modifié le 26 avril 2017
"Nos membres ne sont pas des employés d'une entreprise"
Cet apparent manque de concertation interpelle. L'UDC ne manque-t-elle pas de gouvernance? "Je suis convaincu que je conduis le parti. Je suis partout, dans toutes les sections", a répondu le président Albert Rösti. "Nos membres ne sont pas des employés d'une entreprise, ils ont la liberté de faire ce qu'ils veulent (...) Cela n'a vraiment rien à faire avec moi".