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La notion d’avantage concurrentiel pérenne, mise en avant par Warren Buffet, est au cœur de l’analyse fondamentale. Aperçu ci-dessous.
Initialement utilisé par Warren Buffet, un «moat» (douve en français) correspond à la pérennité de l’avantage concurrentiel d’une entreprise. Dans une économie de marché, la concurrence est attirée par les domaines d’activité dans lesquels des entreprises dégagent des profitabilité élevées. Avec l’arrivée de nouveaux concurrents, la rentabilité des entreprises a alors tendance à s’éroder. Seules les entreprises disposant d’un avantage concurrentiel significatif sont en mesure de repousser les forces concurrentielles de manière durable.
Pour Morningstar, l’«economic moat» permet à une entreprise de générer des rendements économiques excédentaires pendant une période prolongée. Le profit économique correspond à la rentabilité du capital employé (ou «ROCE» pour «Return on Capital Employed») comparée au coût moyen pondéré du capital (ou «WACC» pour «Weighted Average Cost of Capital»).
Plus l’«economic moat» est important, plus le ROIC sera supérieur au WACC pendant une durée de temps prolongée.
Deux critères doivent être remplis pour disposer d’un «moat»: 1) la perspective d’une rentabilité du capital supérieur à son coût; 2) des sources d’avantage concurrentiel qui empêcheront cette rentabilité de s’éroder rapidement.
Le concept d’«economic moat» (avantage concurrentiel durable) est souvent utilisé comme un élément central du travail d’analyse fondamentale des entreprises. Il joue également un rôle déterminant dans l’évaluation du potentiel d’investissement d’un titre sur le long terme, et dans l’estimation de sa valeur intrinsèque.
En effet, les entreprises ayant des avantages compétitifs structurels ont tendance à générer des rendements sur capital investi importants ce qui leur permet de générer une croissance des bénéfices et des free cash flows supérieures à celle du marché. En conséquence, les performances boursières sont souvent meilleures que celles des indices.
1. Les coûts de transferts
Ce type d’avantage compétitif existe lorsqu’un consommateur doit faire face à des coûts importants pour passer d’un fournisseur de services à un autre.
Ces coûts donnent aux fournisseurs un pouvoir de negotiation sur les prix ce qui leur permet de maintenir des marges relativement élevées.
Intuitive Surgical, ADP, Oracle, Stryker et Salesforce en sont de bons exemples.
2. Les actifs intangibles
Il faut inclure dans cette catégorie les marques, brevets et licences réglementaires. Les nouveaux entrants ne bénéficient pas de ce type d’avantage concurrentiel et ne sont donc pas en mesure de dupliquer le produit ou service des premiers entrants.
Il faut inclure dans cette catégorie des sociétés telles que Coca Cola, Sanofi, Johnson & Johnson et Unilever.
3. Les effets de réseaux
Les effets de réseau sont l’une des sources les plus privilégiées d’un «economic moat». Plus les gens utilisent un certain produit ou un service, plus le réseau prend de la valeur. Visa/Mastercard, Ebay, Meta (Facebook) et Alphabet (Google) en sont de bons exemples.
4. Les avantages au niveau des coûts
Lorsqu’une entreprise peut fonctionner à des coûts durablement inférieurs à ceux de ses concurrents, elle bénéficie d’un avantage concurrentiel difficile à reproduire.
Ikea, Shell, Amazon.com, ABInBev et Walmart font partie des sociétés qui bénéficient de ce type d’avantage concurrentiel.
5. Economies d’échelle
Les marchés oligopolistiques ne sont desservis que par quelques entreprises. Ces dernières génèrent des bénéfices économiques, mais de nouveaux entrants feraient chuter les rendements du capital des acteurs établis à un niveau équivalent ou inférieur au coût du capital. La situation d’oligopole les protège contre l’arrivée de ces nouveaux entrants.
UPS, des entreprises de services publics ou certaines sociétés de transport sont dans des situations oligopolistiques (ou monopolistiques) et profitent ainsi d’économies d’echelle.
L’entreprise américaine Morningstar a créé des indices qui reflètent la performance d’un panier d’actions sélectionnées suivant l’approche d’investissement basée sur l’«Economic moat».
Depuis 2002, l‘indice «Morningstar Wide Moat Focus Total Return Index» a surperformé l’indice MSCI World de plus de 5% par an (cf. graphique ci-dessous).
Le gérant d’actifs américain VanEck a lancé des ETFs (Exchange Traded Funds) qui répliquent ce type d’indice. Parmi eux le VanEck Morningstar Global Wide Moat UCITS ETF