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Les conditions préalables légales vont être réunies par une modification de la législation nucléaire et environnementale. Le gouvernement vient de présenter à nouveau au Parlement un projet de loi correspondant qui devrait permettre de reprendre les importations de combustible usé à des fins de stockage et de retraitement.
Le ministère de l'énergie atomique Minatom escompte des milliards de recettes de ces services. Comme l'a déclaré mi-juillet à Moscou le premier vice-directeur de Minatom, M. Valentin Ivanov, l'importation de 20'000 tonnes de combustible usé à des fins de stockage et de retraitement pourrait rapporter jusqu'à 21 milliards de dollars de devises dans les 10 à 15 prochaines années. Les seuls acomptes de 2 milliards de dollars permettraient déjà à Minatom de moderniser et d'agrandir les dépôts existants. Minatom utiliserait 35% des recettes pour résoudre des problèmes environnementaux dans les environs des installations "et dans toute la Russie". Comme l'a constaté M. Ivanov à ce propos, "c'est l'essentiel dans ce projet: ne pas faire un drame des problèmes existants, mais les résoudre". Les 200 premières tonnes de combustibles importés seraient transférées dans le dépôt à sec de Krasnoïarsk. Une capacité de stockage de 3000 tonnes supplémentaires serait ensuite ajoutée sur ce même site. Le système de transport serait modernisé lui aussi. Minatom envisage également de construire des dépôts à sec qui seraient surveillés en permanence. Les déchets seraient ensuite stockés dans des formations géologiques ou sous contrôle dans des conteneurs. Quelque 10% de provisions seraient prélevées des recettes futures pour le stockage définitif. Pour M. Ivanov, les intérêts de ces sommes suffiraient pour financer l'exploitation des dépôts.
Minatom a l'intention d'utiliser aussi des provisions productives d'intérêts pour le financement de la construction de nouvelles centrales nucléaires. Selon son programme, la capacité de production d'électricité nucléaire de la Russie devrait tripler d'ici 2030. A l'heure actuelle, la contre-valeur d'un demicent américain environ est prélevée pour de nouvelles unités sur chaque kWh vendu. Au cours du premier semestre 2000, les centrales nucléaires russes ont livré 66,9 milliards de kWh, soit 10% de plus que lors de la même période de l'année précédente. La part du nucléaire dans la production totale d'électricité a ainsi augmenté à 15,5%.
Minatom entend créer cette année encore une nouvelle société d'exploitation pour toutes les centrales nucléaires du pays. Cette société serait chargée de la commercialisation de l'ensemble de la production d'énergie électrique. La constitution de cette entité uniforme devrait améliorer les conditions de financement pour la construction de nouvelles centrales nucléaires. A l'heure actuelle, les neuf centrales nucléaires sont gérées comme des collectivités indépendantes sur le plan économique. Huit sont des filiales de la compagnie de centrales nucléaires Rosenergoatom, tandis que la neuvième, Sosnovy Bor (Leningrad), est autonome. L'énergie produite est commercialisée en partie par Rosenergoatom, et en partie directement par les centrales nucléaires, qui ainsi se font concurrence.
Source
P.B./C.P. d'après NucNet des 18 et 29 juillet et du 14 août 2000