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Réunis mercredi à Istanbul, des ministres et des hauts fonctionnaires de la santé européens et suisses discutent de mesures de lutte contre l'obésité.Ce contenu a été publié le 15 novembre 2006 - 11:57
Les 53 pays participants doivent signer une Charte européenne afin d'enrayer ce problème de santé publique en constante progression.
En Europe, plus de la moitié des adultes et un cinquième des enfants souffrent de poids excessif, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Un tiers de ces personnes sont considérées comme étant obèses.
Pour les experts, le véritable problème réside dans le fait que la surcharge pondérale provoque près d'un million de morts par an sur le continent, tout en affectant le développement économique. Selon eux, des mesures ciblées doivent être prises afin de lutter contre ce phénomène en progression.
Le mois dernier, l'OMS, qui a son siège à Genève, a tiré la sonnette d'alarme. Selon l'organisation, l'obésité atteint des proportions épidémiques en Europe: d'ici à 2010, le nombre d'adultes obèses aura augmenté à 150 millions, soit 20% de la population. «La prévalence de l'obésité a triplé au cours des deux dernières décennies», soulignent les spécialistes.
La situation est à peu près comparable en Suisse: un quart des enfants présentent une surcharge pondérale, proportion qui atteint un tiers chez les adultes. Les coûts engendrés par ce problème de santé publique sont estimés à environ 2,7 milliards de francs par an.
Une stratégie nationale
De leur côté, les autorités ne sous-estiment pas le problème. Hans-Peter Roost, de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP), indique qu'il est pris au sérieux depuis plusieurs années.
«Le nombre de personnes présentant un poids excessif est en augmentation constante en Suisse et en Europe, a-t-il confié à swissinfo, c'est pourquoi nous sommes en train de développer une stratégie nationale fondée sur l'alimentation, l'exercice physique et la vie saine pour lutter contre l'obésité.»
Le gouvernement a lancé le projet en 2005, suivant l'initiative de l'Union européenne. Son plan d'action a été élaboré en incluant les industries de l'alimentation, de la publicité, le commerce de détail, les organisations de défense des consommateurs, ainsi que des experts dans le domaine de l'obésité.
Le but de ce plan européen est de promouvoir l'action volontaire contre l'obésité, en particulier parmi les enfants.
Pour sa part, la Suisse a également lancé depuis les années 2000 une série d'initiatives destinées à lutter contre la surcharge pondérale, à l'instar du rapport sur la nutrition, publié tous les cinq ans.
Projets de prévention
«Nous avons aussi soutenu des projets de prévention tel que Swiss Balance. Destiné aux plus jeunes, ce programme combine conseils nutritionnels et exercices. Il s'est montré efficace», explique Hans-Peter Roost.
A Istanbul, les délégués présents à la conférence de l'OMS discuteront de la Charte européenne sur la lutte contre l'obésité. La plupart des pays présents devraient la ratifier.
Quant à la Suisse, elle a été très active dans la préparation de ce texte, qu'elle adoptera. Selon Hans-Peter Roost, il s'agit en effet d'un document politique et stratégique important pour toute l'Europe.
Quelques points risquent cependant d'être soumis à contestation. «Une difficulté est l'équilibre à trouver entre la responsabilité personnelle et le rôle de l'Etat», observe Hans-Peter Roost.
«Ce n'est pas toujours facile de trouver la juste mesure, en particulier lorsqu'il s'agit de protéger les mineurs.» Les restrictions en matière de publicité pour les produits alimentaires ont par exemple crée des tensions entre l'industrie alimentaire et les experts en santé publique.
«Nous estimons que cette protection doit être maintenue», déclare Hans-Peter Roost, «et nous sommes convaincus que ce sentiment est partagé par la plupart des autres pays.»
swissinfo, Scott Capper
(Traduction de l'anglais: Carole Wälti)
Faits
Le cinquième rapport sur la nutrition en Suisse, publié en 2005, indique que 37% de la population suisse est en situation de surcharge pondérale.
Près de un jeune âgé de 15 à 25 ans sur cinq mange au moins deux fois par semaine dans un "fast food".
Les maladies et les problèmes de santé publique liés au poids coûtent 2,7 milliards de francs par an à la Suisse.
En bref
Dans l'UE, jusqu'à 27% des hommes et 38% des femmes sont considérés comme obèses, selon les critères de mesure en vigueur dans le pays où ils vivent.
Selon les experts, l'obésité est plus fréquente parmi les personnes dont le revenu et le niveau d'éducation sont bas. Celles-ci ont tendance à manger plus de viande, ou des plats plus gras ou plus sucrés.
La surcharge pondérale et l'obésité accroissent les risques de développer des problèmes de santé tels que diabète, maux cardiaques, hypertension, cancer, ostéoporose.
Selon l'OMS, l'obésité absorbe entre 2 et 8% des budgets nationaux consacrés à la santé.
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