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Après sa capture réussie mardi soir, Hubble est entre les mains de l’équipage de la navette spatiale Discovery. Les mécaniciens de l’espace, dont le Suisse Claude Nicollier, tentent maintenant de remettre en marche le télescope.Ce contenu a été publié le 22 décembre 1999 - 10:44
Après sa capture réussie mardi soir, Hubble est entre les mains de l’équipage de la navette spatiale Discovery. Les mécaniciens de l’espace, dont le Suisse Claude Nicollier, tentent maintenant de remettre en marche le télescope.
Après le remplacement des six gyroscopes qui permettent au télescope de se positionner dans l’espace par les astronautes américains Steven Smith et John Grunfeld, le Suisse Claude Nicollier et l'Anglo-américain Mickael Foale vont tenter, jeudi soir, le système de pointage du satellite, ainsi que son ordinateur central. Le nouvel ordinateur qui pèse 35 kilos sera vingt fois plus rapide avec six fois plus de mémoire que l'ancien cerveau électronique du télescope.
Lors d'une troisième sortie prévue vendredi soir, les astronautes devront changer un transmetteur et un enregistreur de données. Ils devront également réparer l'isolation thermique du satellite. Une réparation vitale vu les violents changement de température qu'il subi en passant de l'ombre au soleil lors de chacune de ses orbites de 95 minutes.
Le soir de Noël donc, on saura si la mission a réussi à remettre en marche le télescope. Ce serait un vrai cadeau pour les agences spatiales américaine et européenne, puisqu'elles paient chaque mois 25 millions de dollars pour manoeuvrer l'engin, qu'il fonctionne ou non. Rappelons, en outre, que le satellite d’observation Hubble a coûté plus d’un milliard et demi de dollars et que les réparations successives qu’il a subies ont déjà englouti trois milliards de dollars, mission actuelle comprise. Au final, ce programme devrait coûter quelque 6 milliards de dollars jusqu’en 2010.
Cet investissement peut sembler astronomique. D’autant que les observations effectuées par Hubble alimentent essentiellement la recherche fondamentale. Pour la Suisse, en tous cas, les retombées sont bien réelles. Selon Peter Creola du Bureau suisse des affaires spatiales, chaque franc investi par Berne dans la recherche spatiale (120 millions de francs sont versés chaque année à l’Agence spatiale européenne) revient en Suisse sous forme de contrats industriels. Et puis, sur le plan scientifique, les chercheurs suisses peuvent profiter des services du télescope Hubble pour leurs propres observations.
Frédéric Burnand