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Une crise, financière comme il se doit, commence toujours par un événement marginal. En 2007, ce fut l’effondrement localisé du marché des subprimes, cette frange de prêts hypothécaires accordés à des «NINJA» (no income, no job, no assets), ces ménages américains ne disposant ni de revenus ni d’avoirs suffisants pour honorer une dette hypothécaire, qui contamina ensuite via la titrisation de créances pourries fautivement classées AAA l’ensemble du système bancaire domestique puis, par ricochet, celui du reste du monde.
Précédemment dans l’histoire, le krach de Wall Street d’octobre 1929 s’en était pris en 1931, l’étalon-or aidant, à une banque autrichienne, la Creditanstalt, qui fit faillite et entraîna dans son sillage la totalité de l’économie et de la finance européennes. Aujourd’hui, le déclencheur d’une nouvelle crise pourrait être, pense-t-on le plus souvent, la cascade de blocages (des frontières, des transports, du tourisme) générés par l’épidémie de coronavirus 2019-nCoV, qui paralyse effectivement, dans un monde d’échanges à flux tendus, la plupart des chaînes de valeur manufacturières.