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Cette méthode porte le nom de son inventeur, Moshe Feldenkrais (1904 – 1984). Curieux de tout et aux nombreux talents, il était polyvalent. Il a été maçon, judoka, physicien, ingénieur en mécanique et électricité pour ne citer que quelques exemples…
Dans le milieu des arts martiaux, il est connu pour être l’un des introducteurs du judo en France dans les années 1930 (il a été première ceinture noire de judo en France).
Par sa situation familiale dans une époque tourmentée (une famille juive d’Europe de l’Est), il voyage à travers le monde et parle de nombreuses langues: d’Ukraine où il est né, il se rend en Palestine, puis à Paris où il se forme comme physicien et ingénieur.
Pendant la seconde guerre mondiale, il se réfugie en Grande-Bretagne où il est engagé par l’Amirauté britannique pour faire de la recherche sur la défense des sous-marins. C’est dans les années 50 qu’il s’installe en Israël, pour terminer sa vie entre Tel-Aviv et l’Amérique du Nord.
Suite à une blessure grave au genou dont il refuse l’opération (dans les années 40), Moshe Feldenkrais étudie tout ce qui concerne la santé et la guérison. Après des mois d’observation minutieuse et d’exploration de très petits mouvements, il aurait redécouvert et affiné le processus d’apprentissage utilisé par les jeunes enfants pour acquérir la marche. Il parvient à marcher de nouveau et reprend même sa pratique de judo.
A partir des années 50, il met au point sa méthode d’apprentissage du mouvement et de la prise de conscience. Selon lui, le fait de prendre conscience de comment l’on bouge peut-être une clé pour se soigner et mieux s’organiser d’un point de vue anatomique.
Cette méthode est inspirée par les nombreux domaines de connaissances de Moshe Feldenkrais: neurosciences, physique, biomécanique, psychologie, arts martiaux (judo, jiu jitsu), certaines approches orientales (yoga, zen, acupuncture) ainsi que le développement de l’enfant. Il puise également dans le travail de chercheurs innovants à propos de la conscience et du mouvement corporel, dont Gurdjieff, Mathias Alexander et Henrich Jacobi.
Même si la méthode de Moshe Feldenkrais a aidé de nombreuses personnes à se soigner, en commençant par lui-même, son objectif est pédagogique et non thérapeutique. Elle fait ainsi partie de l’ensemble des pratiques somatiques se définissant comme étant «un champ disciplinaire émergeant des méthodes qui ont pour objet l’apprentissage par la conscience du corps sensible en mouvement dans l’espace». «Soma» est à comprendre dans le sens de «corps vécu», «vivant», c’est-à-dire relié à la pensée, au cerveau. D’autres méthodes somatiques sont, par exemple, la technique Alexander, l’eutonie, la Gymnastique Holistique ou encore le Body-Mind Centering.
La Méthode Feldenkrais® propose d’explorer les potentialités de notre squelette et, par un travail qui lie étroitement le cerveau à ses découvertes corporelles, de prendre conscience de ces potentialités afin de trouver dans notre quotidien un fonctionnement plus harmonieux.
A n’importe quel âge, notre cerveau possède une capacité innée et impressionnante pour apprendre et pouvoir augmenter notre potentiel. Pour changer notre qualité de mouvement et agrandir nos possibilités, la méthode propose d’élargir et d’affiner le contrôle du cerveau sur l’ensemble de nos muscles.
D’où l’importance accordée à la prise de conscience inhérente à chaque étape, de manière à éviter de répéter automatiquement un mouvement déconnecté de la pensée.
On sait maintenant grâce à des recherches scientifiques, que dans l’effort et la douleur (se muscler ou s’étirer de manière trop brutale par exemple) le cerveau signale au corps des zones d’alerte, entraînant au prochain training de devoir encore plus forcer sur l’étirement ou la musculature pour avoir un résultat.
Il faut donc trouver des stratégies pour détourner l’attention du cerveau et garder le corps disponible. Ce sont ces stratégies que Moshe Feldenkrais a étudiées et qu’il utilise dans ses leçons. Un des effets de la méthode est qu’en se concentrant sur la structure squelettique, paradoxalement, on travaille indirectement et presque sans s’en rendre compte les muscles profonds et la souplesse.
Ce qui est étonnant, c’est qu’on découvre alors qu’avec moins d’effort la performance est décuplée : on améliore l’aisance, multiplie les possibles corporels, acquiert une meilleure utilisation de la gravitation, et enfin on peut même apprécier la beauté du geste réalisé
Les méthodes somatiques (au nombre de trente) s’intéressent à “l’apprentissage de la conscience du corps en mouvement dans son environnement social et physique”. En font partie: l’Eutonie de Gerda Alexander, la Technique Alexander, le “Body-Mind Centering de Bonnie Bainbridge-Cohen. Voir Yvan Joly, “L’éducation somatique : au-delà du discours des méthodes”, Bulletin de l’Association des praticiens de la méthode Feldenkrais de France, n°14, hiver 1993, p.1.