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Alors que les recherches pour lutter contre le paludisme se focalisent sur un seul des quatre parasites transmetteurs de la maladie, Plasmodium falciparum, deux nouvelles études menées en Papouasie Nouvelle Guinée, dont l’une était dirigée par l’équipe suisse de Blaise Genton, mettent en garde contre un deuxième parasite : Plasmodium vivax.
On considérait jusqu’à présent que P. vivax ne provoquait qu’une forme bénigne de la maladie. Mais contrairement aux idées reçues, d’une part il est impliqué de façon non négligeable dans les cas de paludisme sévère – environ un cas sur cinq – et d’autre part, une infection combinée de ce parasite et de P. falciparum ne protège pas contre les complications de la maladie.1,2
Des données collectées pendant quatre ans dans des hôpitaux du sud de la Papouasie ont révélé que dans ces régions un patient sur trois infecté par les deux parasites à la fois et un patient sur quatre infecté uniquement par P. vivax développaient un paludisme sévère, contre un patient sur cinq avec P. falciparum. Ces résultats alarmants et inattendus sont aggravés par la résistance des deux parasites à la chloroquine.
Ces informations sont corroborées par une étude menée pendant huit ans par l’Institut tropical suisse et l’Institut de recherche médicale de Papouasie-Nouvelle Guinée, dans le cadre du Malaria vaccine epidemiology and evaluation project.
Cette étude a permis de répertorier plus de 9000 cas confirmés de paludisme parasitaire liés à l’un ou l’autre des deux parasites. Les cas de paludisme grave se sont surtout déclarés chez les plus jeunes, touchant 12% des 2223 enfants de moins de cinq ans infectés par P. falciparum, 9% des 978 enfants infectés par P. vivax et 17% des 156 enfants ayant été infectés par les deux parasites. Il est à noter que les patients infectés par P. vivax présentaient une anémie moins importante que ceux infectés par P. falciparum, le parasite étant présent en moins grande quantité dans le sang et s’attaquant donc moins rapidement aux globules rouges. En revanche, ces patients souffraient plus souvent de détresse respiratoire, ce qui pourrait résulter d’une dysfonction alvéolo-capillaire due au parasite.
«A une époque où la communauté internationale est prête à renforcer ses efforts pour mieux lutter contre la malaria, ces deux études, souligne Blaise Genton, permettront de cibler plus efficacement les actions entreprises.»