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J'aime les élections allemandes, parce que les citoyens y ont deux voix*, une pour désigner l'élu de leur circonscription, désigné au scrutin majoritaire, ce qui assure son ancrage local, une voix pour désigner un parti politique du Länder, dont le nombre d'élus sera proportionnel au nombre de suffrages qu'il aura reçu au niveau régional. Le parlement allemand est ainsi constitué d'une moitié d'élus géolocalisés et d'une autre moitié politicolocalisés.
Ce mode de scrutin pourrait s'appliquer en Suisse. La moitié du Conseil national serait constitué d'élus "régionalisés" et l'autre moitié d'élus désignés par des partis véritablement nationaux. Le débat politique ne serait plus cantonné au canton mais porté davantage par des enjeux suisses et internationaux. En France, Macron pourrait aussi s'en inspirer.
Ce mode de scrutin est aussi celui que je préconise pour refonder la politique genevoise et transformer les communes en voie de dépérissement. A l'heure où plus personne ne sait à quoi sert un maire genevois et où le canton peine à boucler ses fins de mois alors que les communes font des réserves, il n'est pas inutile de rêver à une gouvernance rénovée.
La nouvelle gouvernance genevoise consisterait à élire au Grand Conseil 75 députés désignés au suffrage majoritaire dans 75 circonscriptions qui pourraient être les arrondissements électoraux actuels. L'autre moitié du Grand Conseil serait composée de députés issus de l'élection proportionnelle sans quorum.
Les 75 premiers députés géolocalisés deviendraient des maires d'arrondissements chargés de faire vivre la démocratie locale (consultation sur l'aménagement des quartiers, exercice symbolique du pouvoir lors des manifestations, relais politiques au Grand Conseil des doléances locales). En bref un city manager local doté de deux maires suppléants élus avec lui, d'un budget voté par le Grand Conseil et d'une petite administration territoriale placée sous la tutelle du Ministère de la démocratie locale et participative. Leur fonction sera professionnalisée.
Et les communes? Elle demeureront, mais seront dépourvues de pouvoir politique comme jadis les communes bourgeoises. Ce sera la fin des conseils municipaux et le retour de l'expression directe des citoyens et des habitants dans les arrondissements électoraux, notamment grâce au recours aux réseaux sociaux. Il faut bien avouer que les communes actuelles dont la géographie date du XIXe siècles (sauf la ville de Genève créée dans les années 30) n'ont plus beaucoup de compétences, sauf dans les dicastères de la culture et des sports. Et même dans ceux-ci elles se révèlent incapables de forger des politiques culturelles ou sportives de dimension régionale ou nationale. Partout ailleurs, la législation cantonale s'impose.
Les préavis sur les questions d'urbanisme par exemple passeront des communes aux arrondissements politiques, ce qui en ville de Genève, notamment restituera le pouvoir de la consultation aux populations directement concernées, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. Ce principe de la consultation et du référendum de quartier pourra d'ailleurs être étendu en fonction d'une catégorisation des projets par le Grand Conseil qui définira des cercles de participation des population (quartier, région, canton), comme la Suisse l'a instauré pour des questions controversées comme l'enfouissement des déchets nucléaires où le référendum local est impossible.
* Le système est en fait un peu plus complexe, Wikipedia en donne une description ici. En Suisse et à Genève, il faudrait comme à Hambourg conserver les droits des citoyens à choisir les élus dans les listes de parti (latoisage et panachage).