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Principes de base de la thérapie médicamenteuse des connectivites & vasculites
Conférence à l'Hôpital de l'Île de Berne, Journée nationale des patients
Traduction: Marie-Louise Hagen-Perrenoud
Le traitement d'une connectivite ou d'une vasculite devrait être confié à un rhumatologue expérimenté. Les grands centres, comme par exemple un hôpital universitaire, ont l'avantage de traiter un très grand nombre de patients et les médecins ont une plus grande expérience de ces maladies.
Le travail interdisciplinaire entre les rhumatologues et les différents spécialistes (néphrologues, dermatologues, ophtalmologues, pneumologues, radiologues...) est très important.
Le terme étendue de la maladie exprime le nombre d'organes touchés et la façon dont ils le sont. Le terme activité de la maladie est la dimension de la réaction inflammatoire des organes. Le choix et la dose des médicaments doivent être constamment adaptés à l'étendue et à l'activité de la maladie. Cette adaptation constante de la thérapie à l'activité de la maladie réduit au maximum les effets secondaires des médicaments. Les médicaments contenant de la cortisone (=corticostéroïdes, gluco-corticoïdes) sont un exemple classique. Ils représentent le pilier de base de la thérapie de la plupart des vasculites et des connectivites (exception: sclérodermie et syndrome de Sjögren). Les corticostéroïdes réduisent rapidement l'activité de la maladie et la stabilise. Une administration rapide de corticostéroïdes à haute dose évite souvent de graves dégâts dans les organes. Il n'est pas rare que la cortisone sauve la vie. Cependant une administration de longue durée de corticostéroïdes à haute dose accélère la diminution de la masse osseuse (ostéoporose), augmente la tension, fragilise les glandes surrénales et diminue la résistance aux infections. Le risque d'ostéoporose lors d'un traitement à la cortisone doit être compensé par une prise de calcium et de vitamine D à haute dose. Il existe aujourd'hui des médicaments pour endiguer la diminution de la masse osseuse lorsque l'ostéoporose est déjà déclarée (les bisphosphonates).
De manière générale, une „thérapie de base“ est administrée en premier lieu afin de réduire au maximum la prise de cortisone. Ces médicaments agissent moins rapidement que la cortisone mais ils peuvent juguler l'activité de l'inflammation et les dégâts des organes à long terme, tout en diminuant les effets secondaires de la cortisone.
Anti-inflammatoires non-stéroïdiens (AINS)
Il ne s'agit pas d'une thérapie de base car ils combattent uniquement les symptômes. Il en est de même pour les anti-douleurs (analgésiques) tels que le Paracetamol ou les opiacés. Les AINS ou analgésiques sont souvent un complément précieux car ils améliorent la qualité de vie. L'administration simultanée de corticostéroïdes et de AINS augmente le risque d'ulcères gastriques et doit être accompagnée d'un pansement gastrique.
En plus des médicaments depuis longtemps éprouvés tels que les anti-paludéens, l'Azathioprine, le Methotrexat, le Cyclophosphamide, la Cyclosporine et autres, il existe depuis quelques années des médicaments biologiques qui atténuent les réactions inflammatoires et la réponse immunitaire excessive. Les inhibiteurs TNF-Alpha (Remicade®, Enbrel®, Humira®) ou Rituximab (Mabthera ® ) ne sont pas utilisés uniquement dans les cas d'arthrite rhumatoïde mais aussi pour les connectivites et les vasculites et ceci souvent avec succès.
Les vasculites et les connectivites entraînent également des problèmes tout à fait spécifiques qui doivent être traités spécialement. Par exemple, lors de sclérodermie, de graves problèmes d'irrigation des doigts et des orteils peuvent survenir et une infiltration de prostacycline (Iloprost) soulage dans la plupart des cas. De même, lors de sclérodermie, l'augmentation de la tension dans les artères des poumons (hypertonie pulmonaire) répond en général favorablement à la prise de Bosentan (Tracleer®) et Sildenafil (Revatio®) .
Le traitement des connectivites et des vasculites exige souvent une prise de longue durée, souvent pendant des années, de plusieurs médicaments . Une relation de confiance entre le médecin et le patient est donc très importante. Les explications et l'instruction du patient jouent un rôle éminent. Ces informations doivent déjà être données dans la première phase d'explication de la connectivite/vasculite. Le patient doit être informé minutieusement sur tous les aspects de la maladie et sur les possibilités de traitement. C'est la seule façon de lui faire prendre conscience de sa responsabilité afin qu'il participe activement et de manière compétente aux décisions parfois difficiles concernant le traitement . Dans le cas idéal, il tient un journal de sa maladie et connaît exactement les médicaments et les doses qu'il prend. Il doit également être au courant des principaux effets secondaires des médicaments et des contrôles de sang et d'urine nécessaires.
Nous, équipe de rhumatologie de l'hôpital de l'île, nous sommes persuadés qu'une bonne formation du patient souffrant de connectivite ou de vasculite contribue grandement à sa qualité de vie et à un bon pronostic à long terme. C'est cette prise de conscience qui nous motive à organiser chaque année la journée des patients!