Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06935.jsonl.gz/98

Aujourd’hui, la science remet en question la théorie de l’évolution d’une façon que Darwin lui-même aurait peut-être adoptée s’il avait eu accès à la technologie moderne.
(Condensé d'une critique publiée dans
le premier numéro de Vision)
La lecture de cet article vous emporte inconsciemment dans un processus extraordinaire. Des photons de lumière, réfléchis sur la page, traversent la cornée de vos yeux. Ces petits paquets d’énergie que le cristallin concentre sur la rétine, à l’arrière de l’œil, déclenchent une séquence complexe de réactions chimiques au niveau des bâtonnets et cônes qui composent la rétine, lesquels émettent à leur tour des impulsions électriques vers le cerveau. Pour finir, celui-ci traduit les impulsions en une image mentale qui vous permet de voir la forme des lettres et des mots, mots qui transmettent idées et concepts. Les pensées de l’auteur ont ainsi été transférées de son esprit au vôtre.
Le processus impliqué dans notre capacité de voir fait partie des thèmes qu’aborde le biochimiste Michael J. Behe dans son ouvrage publié en 1996, Darwin’s Black Box: The Biochemical Challenge to Evolution. Pendant presque 150 ans, la pensée scientifique a été dominée par la philosophie de l’évolution. La conviction que toute l’incroyable diversité de la vie peut s’expliquer par des mécanismes purement naturalistes est passée d’un acquiescement enthousiaste dans les dernières années du XIXe siècle à un dogme strict un siècle plus tard. Il ne faut pas croire que la théorie de l’évolution a échappé à des assauts répétés, mais la plupart d’entre eux étaient menés par des bigots dont la croyance fondamentale en un Dieu au pouvoir surnaturel a été déniée par nombre de scientifiques pour absence de qualité scientifique. Cependant, les arguments de M. Behe ne sont pas si faciles à écarter.
M. Behe explique qu’avant la mise au point du microscope, on ne pouvait voir que l’anatomie à grande échelle des créatures vivantes. Or, comme leur fonctionnement global était inconnu, l’organisme tout entier était en fait considéré comme une boîte noire : « un appareil qui fait quelque chose, mais dont le mécanisme interne est mystérieux, soit parce qu’il ne peut être vu, soit parce qu’il est tout simplement incompréhensible ». Le microscope a révélé que tous les organismes étaient constitués de cellules, mais que la cellule elle-même était une boîte noire. Par la suite, les microscopes électroniques ont permis aux scientifiques d’atteindre la structure subcellulaire, dont le fonctionnement restait une énigme. Aujourd’hui, grâce à la cristallographie aux rayons X et à d’autres techniques, les scientifiques sont capables de déterminer la position de chaque atome au sein d’une molécule.
M. Behe soutient que les arguments en faveur de l’évolution sont erronés dans la mesure où ils se fondent sur des généralisations, et non sur une appréhension précise de la véritable nature de la vie au niveau biochimique. Il précise par ailleurs : « Adoptant la théorie de Darwin, beaucoup ont proposé de fractionner les mutations importantes en petites étapes plausibles échelonnées sur de longues périodes. Cependant, aucune preuve solide étayant ce point de vue ne s’est dégagée ». Plus loin, il ajoute : « La biochimie a poussé la théorie de Darwin jusqu’à ses ultimes limites. En effet, elle a ouvert la dernière boîte noire, la cellule, nous permettant ainsi de comprendre le fonctionnement de la vie. C’est l’étonnante complexité des structures organiques subcellulaires qui suscite l’interrogation suivante : "Comment tout cela a-t-il pu évoluer ?" ».
L’ÉCHEC DE L’ÉVOLUTION
M. Behe emploie l’expression « complexité irréductible » pour exprimer son principal argument contre la théorie de l’évolution de C. Darwin. Il explique que Darwin lui-même, dans De l’origine des espèces, signalait un moyen de réfuter son analyse : « Si on arrivait à démontrer qu’un organe complexe existe sans qu’il ait pu se former par une longue série de légères modifications, ma théorie s’effondrerait complètement ».
M. Behe définit la complexité irréductible comme « un système isolé, composé de plusieurs éléments parfaitement compatibles qui interagissent afin de participer à une fonction élémentaire, de sorte que le retrait de l’un d’eux provoque l’arrêt effectif du fonctionnement de l’ensemble ». Il prend l’exemple de la tapette à souris pour illustrer son propos. Elle ne comprend que cinq pièces et quelques fixations ; pourtant, chacune est indispensable pour que le piège opère. Il faut non seulement que les éléments soient présents, et ce à la dimension appropriée et en position correcte, mais aussi qu’ils présentent les propriétés particulières grâce auxquelles ils peuvent assurer leur fonction au sein du système : le ressort doit être capable de réguler la force du marteau pour que la souris soit tuée ; quant au socle, il doit être assez rigide pour maintenir le marteau en position, une fois le piège installé.
Si un système irréductiblement complexe ne dispose pas de toutes ses pièces, il ne fonctionne pas. S’il ne fonctionne pas, il n’apporte aucune valeur à l’organisme auquel il appartient et ce dernier, bien souvent, ne pourra pas survivre. Par conséquent, tous les éléments doivent apparaître en même temps. En d’autres termes, un tel système ne peut pas se former par « une longue série de légères modifications ». C’est précisément dans ces conditions que Charles Darwin admettait que sa « théorie s’effondrerait complètement ».
M. Behe remarque que « de nombreux étudiants apprennent dans des manuels à observer le monde à travers les lunettes de l’évolutionnisme. En revanche, on ne leur enseigne pas comment une évolution darwinienne est susceptible de produire les systèmes biochimiques extraordinairement élaborés que ces textes décrivent ».
À partir de là, toute personne « qui ne se sent pas obligée de restreindre ses recherches à des origines dénuées d’intelligence [peut] conclure sans détours […] que de nombreux systèmes biologiques ont été conçus. Ils l’ont été ni par les lois de la nature, ni même par hasard ou par nécessité ; ils ont été planifiés. […] La vie sur terre à son niveau le plus fondamental, dans ses composants les plus essentiels, est le produit d’une intelligence active. La démonstration d’une conception intelligente découle naturellement des données mêmes, non de livres sacrés ou de croyances sectaires ».
Mais que faut-il à une conception ? Selon M. Behe, « il y a indéniablement conception quand un certain nombre de composants indépendants en interaction sont ordonnés de manière à remplir une fonction qui dépasse chacun d’eux pris individuellement ». Comme l’expliquait William Paley en 1802 dans Natural Theology, si nous trébuchons sur une montre au milieu d’un champ, nous savons qu’elle a eu un concepteur et un fabricant puisque toutes ses pièces sont façonnées exactement pour œuvrer ensemble dans un but unique : indiquer l’heure. Il en va de même pour le mécanisme interne d’une cellule ; toutefois, celle-ci est immensément plus compliquée et elle se compose d’éléments bien plus nombreux, tous conjuguant leur travail afin de préserver et de reproduire la vie.
Dans sa conclusion, M. Behe déplore la réaction de la communauté scientifique face à l’évidente démarche de conception que reflète la complexité de la cellule et de ses systèmes biochimiques : « Le résultat de cette accumulation de recherches sur la cellule – afin d’étudier la vie au niveau moléculaire ‑ est un cri perçant, fort et clair : "conception !". L’aboutissement est tout à fait dépourvu d’ambiguïté, et si parlant qu’il doit être classé parmi les plus importantes réalisations de l’histoire de la science. […] Pourquoi les milieux scientifiques n’adoptent-ils pas sans retenue leur sensationnelle découverte ? […] Le dilemme est celui-ci : tandis qu’un côté du mastodonte porte l’étiquette "conception intelligente", l’autre pourrait être appelé "Dieu" ».
UNE CHANCE INFIME
Les conclusions de M. Behe sont corroborées dans un autre ouvrage, The Design Inference: Eliminating Chance Through Small Probabilities, par William A. Dembski (1998).
La démonstration s’appuie sur ce que W. Dembski, professeur et auteur de recherches sur les bases conceptuelles de la science à l’université de Baylor (Texas), appelle la Loi des faibles probabilités. Celle-ci énonce que les événements ayant une faible probabilité d’occurrence ne se produisent pas par hasard. Comme illustration, W. Dembski choisit un agent électoral américain poursuivi en justice par ces adversaires politiques parce qu’il avait, soi-disant par pure coïncidence, placé le nom de son parti politique sur la première ligne du bulletin de vote (avantage) 40 fois sur 41. La probabilité que cela se produise par hasard étant inférieure à 1 sur 50 milliards, le tribunal a déclaré que « rares sont les personnes raisonnables qui accepteraient la chance absolue pour justifier cette situation ».
Pouvoir expliquer un événement en éliminant le hasard à partir d’une base solide est important dans de nombreux domaines, tels que la protection de la propriété intellectuelle, les enquêtes criminelles, la détection de données falsifiées dans les études scientifiques, ou encore la cryptographie. C’est aussi un argument crucial dans le débat opposant création et évolution.
RECONNAÎTRE LA CONCEPTION
M. Behe et W. Dembski soulignent que la démonstration d’une conception intelligente fondée sur des preuves factuelles de l’univers physique ne fournit pas pour autant le nom d’un concepteur particulier. Pourtant, le Créateur de l’humanité n’a pas laissé sa création sans révéler son existence et son identité.
Il y a près de 2000 ans, l’apôtre Paul aboutissait à la même conclusion : « La colère de Dieu se révèle du ciel contre toute impiété et toute injustice des hommes qui retiennent injustement la vérité captive, car ce qu’on peut connaître de Dieu est manifeste pour eux, Dieu le leur ayant fait connaître. En effet, les perfections invisibles de Dieu, sa puissance éternelle et sa divinité, se voient comme à l’œil nu, depuis la création du monde, quand on les considère dans ses ouvrages. Ils sont donc inexcusables […] » (Romains 1 : 18‑20).
David, roi d’Israël, écrivait déjà : « Quand je contemple les cieux, ouvrage de tes mains, la lune et les étoiles que tu as créées : qu’est-ce que l’homme, pour que tu te souviennes de lui ? ». Et aussi : « Je te loue de ce que je suis une créature si merveilleuse. Tes œuvres sont admirables […] » (Psaume 8 : 4‑5 et 139 : 14).
Les photons de lumière qui frappent nos yeux pendant que nous observons un ciel nocturne ont déjà parcouru des distances énormes avant de nous atteindre. Ils déclenchent une réaction biochimique irréductiblement complexe qui se traduit par la vue. Cependant, la vision oculaire n’est rien comparée à la vision intérieure de notre esprit. L’extrême beauté de l’univers et la complexité de la vie ne peuvent-elles pas nous amener à réfléchir à la grandeur de Dieu, à l’instar du roi David ?
JOHN C. ANDERSON
Traduit par Elise Druenne
Haut de page