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Etude en Suisse Une majorité de médecins défend le suicide assisté
Interrogés individuellement sur leur attitude face à l'assistance au suicide, trois quarts des médecins répondants considèrent la pratique comme fondamentalement défendable.
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Trois quarts des médecins suisses ayant participé à l'étude, mandatée par l'Académie suisse des sciences médicales (ASSM), considèrent qu'il est défendable que des praticiens puissent fournir une assistance au suicide. Mais seule une minorité d'entre eux sont prêts à participer eux-mêmes à un suicide.
«Ces résultats montrent l'ambivalence du corps médical à ce sujet», explique Michelle Salathé, vice-secrétaire générale de l'ASSM. D'après l'étude, publiée ce mercredi 19 novembre, très peu de médecins pratiquent actuellement l'assistance au suicide.
Des questionnaires ont été envoyés à 4800 médecins choisis au hasard et douze ont été interrogés individuellement sur leur attitude face à l'assistance au suicide. 1318 praticiens (27%) ont retourné le formulaire.
Il apparaît que trois quarts des répondants considèrent la pratique comme fondamentalement défendable. Un peu moins de la moitié peuvent envisager des situations dans lesquelles ils seraient personnellement prêts à fournir une assistance au suicide. Un bon quart tolèrent l'assistance sans toutefois être prêts à la fournir eux-mêmes.
Malades en fin de vie
Pour la majorité des répondants, l'acceptation de l'assistance au suicide dépend de la situation concrète: plus le diagnostic d'une maladie somatique est évident et la fin de vie proche, plus l'acceptation de la pratique est élevée. Ainsi, trois quarts des répondants refusent l'aide au suicide des personnes très âgées mais en bonne santé.
Un peu plus de la moitié la refusent à des personnes souffrant de troubles psychiques. L'approbation des médecins varie aussi d'après leur spécialisation et leur lieu de travail (cabinet ou hôpital), leur âge et leur expérience en la matière.
Demande d'assistance
De telles expériences sont nombreuses: près de la moitié des répondants ont été confrontés au moins une fois à une demande d'assistance au suicide. Un quart ont été chargés au moins une fois de vérifier si les conditions requises pour un suicide assisté étaient remplies. Pour la plupart d'entre eux, ce n'était que très rarement le cas. Quelques médecins isolés ont déjà procédé au moins 50 fois à une telle vérification.
Peu sont les médecins qui indiquent avoir pratiqué au moins une fois un acte qui, du point de vue juridique, est considéré comme une assistance au suicide. Sur les 1318 répondants, 111 sont dans ce cas. En règle générale, il s'agissait de la prescription du médicament létal NaP (natriumpentobarbital). Dans trois quarts des cas rapportés par les répondants, une organisation d'assistance au suicide était impliquée.
Ces résultats ne peuvent pas être généralisés à l'ensemble du corps médical, compte tenu du taux de réponses. Ils reflètent l'attitude de médecins intéressés par la thématique, souligne l'ASSM.
Débat de société
Le contexte de l'étude est constitué par les débats menés depuis des années sur le sujet et sur le rôle du corps médical dans cette pratique, ajoute l'académie.
Les directives de l'ASSM en la matière datent de dix ans et seront révisées prochainement. Les résultats de l'enquête menée auprès des médecins, ainsi que ceux du Programme national de recherche «Fin de vie», en cours, seront pris en compte dans la révision, qui dure en moyenne trois à quatre ans. (ats/nxp)
Créé: 19.11.2014, 08h27