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Bien que l’effet placebo soit un phénomène reconnu, les mécanismes qui le gouvernent sont mal compris. Par le biais d’une étude conduite dans un collectif de 262 patients souffrant d’un côlon irritable, Kaptchuk et coll. ont cherché à démontrer que cet effet survient en réponse à trois composantes principales : le simple fait de la conduite d’un examen clinique, le «rituel» de la prescription d’un médicament (placebo) et l’établissement d’une relation thérapeutique. Les patients ont ainsi été répartis en trois groupes : 1) évaluation de base et mise sur une liste d’attente (groupe observationnel) ; 2) acupuncture placebo (à côté des points indiqués) avec interaction minimale avec le médecin (groupe intervention limitée) et 3) acupuncture placebo associée à un entretien médical de 45 minutes au cours duquel l’accent était mis sur une attitude empathique, le soutien et l’établissement d’une relation de confiance (groupe intervention augmentée). Après trois semaines, la proportion de patients présentant une diminution significative des douleurs était de 28% dans le groupe observationnel, 44% dans le groupe intervention limitée et 62% dans le groupe intervention augmentée. L’analyse statistique confirmait une gradation de l’effet, la liste d’attente étant significativement moins efficace que l’intervention limitée qui elle-même était significativement moins efficace que l’intervention augmentée. Cette tendance était aussi observable sur d’autres caractéristiques telles que sévérité des symptômes et qualité de vie par exemple.
Commentaire : outre la mise en évidence de ces trois composantes de l’effet placebo, cette étude illustre ainsi une fois de plus l’importance de l’établissement d’une bonne relation entre le médecin et son patient, moyen thérapeutique qui peut être prescrit sans limitation, en association à un traitement standard ou à un placebo, et sans risque d’effets secondaires associés !