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Si la ville
Si la ville est un rivage,
alors j'en suis la marée.
Si la ville est un galet,
alors j'en suis l'érosion.
Les répétitions faciles sont des affronts au langage;
il y a bien trop d'idylles entre les mots et la page
pour se permettre des rimes qui ne mènent nul part.
Alors pourquoi ressens-je le besoin d'imager mon lien à Genève,
de lui mettre ces mots et ces phrases sur le dos,
qui ne font que compliquer une connexion dissipée?
Si la ville est une plage,
alors je suis les galets qui la composent
et l'entourent,
qui la font qui elle est,
elle était
et sera.
Imaginez les ricochets
mentaux
qu'on peut
faire avec
la ville!
Imaginez-la prendre l'air et s'éroder au contact de l'eau,
à chaque rencontre avec la peau,
en un sable plus fin que la brume du matin.
Imaginez la ville se dissoudre entre vos doigts…
Imaginez son sable s'écoulant
et chauffant votre âme de ses brûlant grains!
Si la ville est une rivière,
alors elle coule dans nos veines,
et à chaque battement de coeur,
elle remplit notre âme de joie.
Si la ville est une pluie,
alors elle rafraîchit notre esprit,
et nous permet de nous sublimer
par ce langage de l'incarné.
Et si la ville n'était que ville?
Et si Genève n'était que Genève?
Alors elle serait tout cela en même temps,
et bien plus encore.
Elle serait ce que vous en faîtes,
comment vous la rêvez, comment vous la vivez!
Elle serait plurielle et colorée;
elle serait d'ici et d'ailleurs,
de maintenant et d'avant.
Elle serait comme on ne l'a jamais pensée,
et n'ayons pas peur de le dire,
elle n'en serait que plus belle!