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Démesure et maladresse. Deux composantes symptomatiques de l'humour et de l'univers de Jerry Lewis et qu'on retrouve sur cette image de The Errand Boy, plus connu sous son titre français, Le Zinzin d'Hollywood. Chargé de dizaines de paquets qui lui débordent des bras, le héros se met ici tout seul en fâcheuse posture. D'où la grimace qui traverse son visage, preuve qu'il se trouve dans une situation inextricable. Les mains occupées, il ne peut sans doute ni ouvrir la porte qui se trouve devant lui, ni actionner une sonnette. Derrière lui, son vélo, du moins peut-on le déduire grâce à l'inscription "mail" - courrier - qui se détache sur le cadre du deux roues. L'ombre (artificielle) que projette la bicyclette sur le sol est par ailleurs provoquée par un projecteur à lentille fixé au plafond, signe que le film est tourné en studio, comme la plupart des comédies américaines de l'époque.
The Errand Boy fait partie des films que Jerry Lewis a lui-même réalisé, affirmant son désir de contrôler l'ensemble d'un système dans ses moindres détails. Il y joue un employé de studio hollywoodien - la Paramutual, firme inexistante mais qui fait visiblement allusion à la Paramount -, employé qui se fait passer pour un préposé au courrier et pour un garçon de courses afin d'espionner, pour le compte du studio, des possibles magouilles internes aboutissant à des détournements de fond louches. Tirant profit de la maladresse innée et récurrente de son personnage, l'acteur réalise un film qui est d'abord un véhicule lui permettant d'exploiter sa dynamique comique. Il a parfois tendance à additionner des numéros qui s'enchaînent les uns à la suite des autres pendant que le milieu du cinéma (curieusement froid et détaché) sert uniquement de toile de fond. Jerry Lewis est également le producteur du film.
The Errand Boy (Le Zinzin d'Hollywood) sera projeté le lundi 2 mars à 20 heures à l'auditorium Arditi, dans le cadre du cycle "Visions d'Hollywood" du ciné-club unversitaire.