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Silvio Berlusconi a démissionné comme prévu samedi soir de son poste de chef du gouvernement italien, a annoncé la présidence de la République italienne. La nouvelle a été accueillie à Rome par un tonnerre d'applaudissements de la part des opposants au Cavaliere.
M. Berlusconi a aussitôt quitté la présidence, contraint d'emprunter une sortie dérobée du Quirinal alors que des milliers de manifestants applaudissaient et faisaient sonner des cornes. Ses adversaires brandissaient des drapeaux en criant "bouffon, bouffon!" devant l'entrée principale du palais présidentiel.
Il avait été accueilli moins d'une heure plus tôt aux cris de "va te faire f...", "mafieux!", "honte!", "prison!" "c'est fini!" A des proches, le Cavaliere a alors confié sa "profonde amertume", selon l'agence italienne Ansa. Sur la place du Quirinal, un orchestre improvisé, dont les musiciens et choeurs s'étaient retrouvés sur internet, avait déjà entonné un bel "Alleluia" de Haendel.
"Aujourd'hui, nous sommes ici parce que nous sommes très, très heureux que Berlusconi, finalement, rentre chez lui! Qu'il retourne à la maison!", a déclaré une manifestante au milieu d'un concert de sifflets. "Ciao, et surtout, ne revient pas!", lançait un autre.
Quelques manifestants ont toutefois applaudi le président du Conseil. Il "est unique, inoubliable. Il n'y a personne à la hauteur", ou encore "on se sent orphelins", ont-il déploré.
Le tour de Mario Monti
Les députés italiens ont plus tôt dans la journée adopté des mesures destinées à rassurer les marchés et la communauté internationale. Le texte a été voté à une large majorité, tandis que le principal parti d'opposition, le Parti démocrate (PD), n'a pas pris part au vote pour ne pas entraver l'adoption des mesures.
Sauf énorme surprise, le président de la République italienne Giorgio Napolitano devrait nommer à la place de Silvio Berlusconi l'ancien commissaire européen Mario Monti, 68 ans. Ce dernier a eu un entretien samedi de plus de deux heures avec M. Berlusconi au siège du gouvernement.
ATS