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Dans le cadre de la formation continue de ses militants et permanents, le syndicat UNIA organise des conférences-débats. Nous avons évoqué celle portant sur le travail temporaire. Plus récemment, à Genève, c’est le thème des conflits et du partenariat contractuel qui a été débattu à partir d’un exposé de Vasco Pedrina, ancien président du syndicat.
L’orateur a distingué trois périodes dans l’histoire récente du mouvement syndical :
- Une première phase (1991-1997) ouvre la plus longue crise qu’ait connue la Suisse depuis la fin de la deuxième guerre mondiale. Les syndicats, surpris après une longue période de paix du travail, réagissent mollement.
- Dans la deuxième phase (1997-2003), les grèves se font plus fréquentes, réaction aux atteintes à la dignité des travailleurs. Elles sont mieux acceptées par l’opinion publique et les syndicats en prennent la tête.
- Dès 2003, on assiste à une contre-offensive patronale. Un manuel anti-grève est édité. Ce durcissement se traduit par des actions en justice visant à l’intimidation des salariés, à l’affaiblissement financier des syndicats. Visiblement les patrons cherchent à obtenir une interprétation jurisprudentielle restrictive d’un droit reconnu par la nouvelle Constitution fédérale de 1999.
Le déclenchement de la grève répond le plus souvent à des décisions patronales qui mettent en cause la dignité des salariés. Ces mouvements revendicatifs et de protestation sont donc presque toujours défensifs.
Sur 102 débrayages et grèves durant cette période, 40% ont lieu dans le secteur public et semi-public. Neuf mouvements sur dix ne durent pas plus d’un jour; six sur dix plus de deux heures. 80% des débrayages et grèves touchent des entreprises ou des branches d’activité qui ont une tradition de conventions collectives de travail (CCT). Quatre mouvements sur dix répondent à une rupture de CCT et quatre sur dix constituent une riposte à des licenciements de masse.
Depuis 2005, la fréquence des grèves augmente dans le secteur tertiaire. La Suisse ne connaît pas de grèves sauvages: 99% des mouvements sont conduits et soutenus par un syndicat; d’où le peu de grèves lorsque le degré de syndicalisation est faible. Enfin, sept mouvements sur dix menés par le syndicat UNIA depuis 2004 ont été couronnés de succès.