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02. Menaces sur la ville
MENACES SUR LA VILLE
Conscients du danger, l’évêque et le duc de Savoie ont tenté de réagir : la guerre de la Cuiller en 1530, où les nobles du Pays de Vaud savoyard assiègent Genève, qui est débloquée une première fois par les alliés bernois. Les prétentions du duc de Savoie sur Genève sont l’objet de discussions que les Suisses tentent d’arbitrer à Saint-Julien, puis à Payerne, sans succès. Cependant, la Réforme fait des progrès à Genève. Les prédications agressives de Guillaume Farel et d’Antoine Froment provoquent des émeutes. En 1534, les Fribourgeois, fidèles à l’ancienne foi, se retirent de la combourgeoisie. Quant à l’évêque, il a quitté la ville en juillet 1533 et n’y reviendra plus.
La sentence de Payerne, du 31 décembre 1530, prononcée par les cantons suisses entre Berne, Fribourg et Genève, d’une part, et le duc de Savoie de l’autre (AEG, P.H. 1055)
Par cet important document, les neuf cantons et alliés rétablissent le duc de Savoie dans la possession du vidomnat de Genève, c’est-à-dire de l’exercice de la justice pénale coutumière dans la ville, mais maintiennent la combourgeoisie entre les trois villes. Cette sentence, à laquelle on se référera longtemps, jusqu’au traité de Saint-Julien de 1603, allait peser très lourd sur la destinée de Genève dans ses relations avec le duc de Savoie, puis avec Berne, et à nouveau avec le duc de Savoie.
Toutefois ses partisans, les «Peneysans», qui restent fidèles non seulement à l’ancienne foi, mais aussi à leur position sociale et politique qui dépend du pouvoir épiscopal, étroitement contrôlé par le duc de Savoie, ayant quitté la ville, occupent les châteaux épiscopaux de Peney, de Jussy et de Thiez. De là, appuyés aussi sur d’autres forts appartenant à des vassaux du duc de Savoie, ils lancent des attaques contre la ville, empêchent son ravitaillement, font subir mille tourments aux bourgeois et aux commerçants genevois qu’ils peuvent capturer. De leur côté, les Genevois résistent, font le procès des Peneysans, les condamnent à mort par contumace.
Sans le secours des Bernois, toutefois, les Genevois ne pourront pas se libérer de ce siège cruel, qui durera presque deux ans, de l’été 1534 au mois de janvier 1536. Après d’innombrables tentative de Berne et de la Diète des Cantons suisses pour ramener la paix entre le duc de Savoie et les Genevois restés dans la ville, c’est seulement en janvier 1536 que la République des bords de l’Aar se décide à partir en campagne, non sans avoir consulté les villes et les communautés de la campagne sujette.
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Lettres d’Ami Porral, envoyé du Conseil de Genève à Berne, septembre-octobre 1535. Ces lettres relatent les efforts de l’envoyé genevois pour obtenir l’aide militaire des Bernois contre ceux qui assiègent Genève, font état des hésitations du gouvernement bernois à intervenir et du soutien ardent de la population aux réformés genevois (AEG, P.H. 1121).
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La fuite de l’évêque, 1533. Aquarelle d’Edouard Elzingre, exécutée pour illustrer l’ouvrage d’Alexandre Guillot, Le siècle de la Réforme à Genève, paru en 1917 (AEG, Archives privées 279.11).