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La zone euro a désormais entamé la septième année de sa crise, suite aux déboires de la finance débridée par la libre circulation des capitaux rendue possible avec l’adoption de la monnaie unique européenne lors de la signature du Traité de Maastricht en 1992.
Celles et ceux qui considèrent l’euro comme étant le coupable de cette situation se trompent toutefois de cible. Il suffit de considérer les États-Unis comme terme de comparaison pour comprendre que l’unification monétaire n’est pas, en tant que telle, un facteur de crise. Tout dépend en effet de la manière dont la monnaie unique est encadrée au niveau politique et institutionnel. Les différents États américains coiffés par le dollar états-unien n’en souffrent pas autant que les pays membres de l’Euroland souffrent de l’euro, pour deux raisons essentielles:
– d’une part, les États-Unis sont clairement une union politique et pas simplement une union économique et monétaire comme l’Euroland. Cela signifie concrètement qu’il existe un gouvernement fédéral qui coiffe les États membres et les soutient entre autres par un système de péréquation financière analogue à celui de la Suisse, notamment par un mécanisme de transferts fiscaux réduisant les écarts d’ordre économique entre les États membres (particulièrement évidents en cas de crise majeure);
– d’autre part, le gouvernement fédéral états-unien peut compter sur la Réserve fédérale (entendez la banque centrale) américaine pour faire face utilement aux conséquences négatives d’une telle crise, notamment par le financement accordé par la banque centrale au Trésor public américain. Rien de tel n’existe dans l’Euroland, où il n’est donc pas possible de relancer l’activité économique par une politique d’assouplissement monétaire efficace et efficiente, étant donné qu’il lui manque le volet budgétaire indispensable pour une telle réussite.
Au lieu de continuer à tromper l’ensemble des parties prenantes, par des déclarations auxquelles lui-même visiblement n’y croit plus, Mario Draghi devrait se rendre à l’évidence et réclamer le perfectionnement de l’union économique et monétaire s’inspirant de ce qui existe depuis longue date aux États-Unis.
L’assouplissement monétaire ne peut qu’aggraver les déséquilibres si la banque centrale qui en est à l’origine ne soutient pas l’activité dans l’économie «réelle». Continuer à ignorer cette évidence empirique est extrêmement dangereux, comme la Suisse pourrait le constater à ses propres dépens au fur et à mesure qu’elle avance par inertie au lieu de se résoudre à empoigner les problèmes qui sont désormais évidents à celles et ceux qui ne sont pas obnubilés par l’idéologie néolibérale qui continue d’entretenir la spirale négative de l’économie européenne.