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Ferdinando Paer (Parme, 1771 - Paris, 1839), auteur d'une quarantained'opéras italiens et français, a été négligé par la recherchemusicologique jusqu'à la moitié des années 1990. Cependant, ce compositeura été, à côté de Simon Mayr, le plus important représentant de l'opéraitalien en Europe pendant l'interrègne, entre 1800 et 1813, entre lesdernières productions des Cimarosa et des Paisiello et les premierschefs-d'œuvre de Rossini tels que Tancredi et L'italiana in Algeri. Sesopéras, tels que Achille, Sargino, Leonora, Agnese, Le maître de chapelleavaient obtenu à l'époque de grands succès en bénéficiant d'une diffusionconsidérable en toute l'Europe.

Après une longue période dedésintérêt, récemment la musicologie a commencé à prêter plus d'attentionà cet auteur, en tâchant ainsi de rattraper le retard accumulé : en effet,cette lacune est encore très grave, car elle compromet la connaissance del'histoire et de l'évolution de l'opéra italien, en particulier, eteuropéen, en général, de la fin du XVIIIe siècle et du début du XIXe.Paradoxalement, aujourd'hui nous connaissons très bien les opéras desRossini, Bellini, Donizetti, Verdi, mais nous ignorons encore où ilsprennent leurs racines.
Mon projet s'insère à la pointe des nouvellesrecherches dans le domaine de l'opéra italien et vise à contribuer demanière importante à l'acquisition de ces informations, par l'étudeapprofondie et l'établissement d'une édition critique de l'opéra le pluscélèbre de Paer, Agnese, qui après sa création à Parme en 1809 connut unelarge diffusion en toute l'Europe et influença profondément la nouvellegénération des compositeurs d'opéras.
En outre, ce projet vise àcombler une autre grave lacune, qui compromet à son tour la connaissancede ce répertoire : le manque d'éditions musicales modernes. Sans cespartitions musicales - qui malheureusement existent uniquement sous formede sources (autographes, copies manuscrites) conservées dans lesarchives - les théâtres, les chefs d'orchestre et les interprètes n'ontaucun moyen pour monter ces opéras et pour les faire connaître au public.Mon travail d'édition critique de la partition musicale d'Agneseconstituerait ainsi le premier volume dans le cadre d'une plus ample séried'éditions musicales consacrée à ce compositeur.
Le choix d'Agnese aaussi d'autres perspectives : une fois éditée, la partition complèteservira de base pour la mise en scène de l'opéra en 2009 à l'occasion dubicentenaire de sa création parmesane, mise en scène qui pourrait bienavoir lieu en Suisse (Opernhaus de Zurich, Grand Théâtre de Genève, etc.).Finalement, lors de l'exécution on pourra enfin produire un CD, que lemarché discographique attend désormais depuis longtemps.