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Au moins trois soldats ont été tués jeudi et cinq autres blessés lors d'un accident de canot pneumatique survenu sur la rivière Kander, dans l'Oberland bernois. Deux autres hommes sont encore portés disparu. La justice militaire a ouvert une enquête.
Le corps de trois militaires décédés ont d'ores et déjà pu été repêchés dans la rivière. Parmi les cinq hommes transportés à l'hôpital, deux sont grièvement blessés mais leur vie n'est pas en danger, a précisé le Département fédéral de la Défense lors d'une conférence de presse à Spiez.
Le drame est survenu jeudi en fin de matinée aux environs de Wimmis (BE) lors d'un exercice à bord de canots pneumatiques. Les soldats victimes de l'accident appartiennent à une compagnie de sûreté du transport aérien, spécialisée dans la protection d'hélicoptères, qui effectuait son cours de répétition dans la région.
Les soldats étaient censés aménager une plate-forme temporaire pour permettre l'atterrissage d'un hélicoptère, a expliqué Felix Endrich, le porte-parole du DDPS.
Selon des informations non confirmées, l'accident a impliqué deux canots pneumatiques avec chacun cinq personnes à bord. L'emplacement exact de l'accident n'a pas été révélé par l'armée. On ne sais pas non plus si les soldats portaient des gilets de sauvetage.
Recherches en cours
Près de 80 militaires, policiers et pompiers locaux ont été déployés sur place pour participer aux efforts de secours et tenter de retrouver des survivants, a indiqué Otto von Allmen, porte-parole de la police cantonale bernoise.
Deux hélicoptère de la REGA équipés de caméras infrarouges ainsi que la police du Lac de Thoune sont également à pied d'oeuvre. Les recherches s'étendent sur un rayon de 10 kilomètres.
Consternation
Le commandement de l'armée suisse a exprimé toute sa sympathie aux proches des victimes et les a assurés de tout entreprendre pour leur offrir le meilleur soutien possible.
Informé de l'accident, le conseiller fédéral Samuel Schmid a annulé son déplacement prévu ce jeudi à Bruxelles. Le ministre suisse de la défense devait participer à une réunion de la Force internationale du Kosovo (KFOR). Lors d'une déclaration faite jeudi après-midi, il a exprimé sa «consternation et sa tristesse» à propos du drame.
Enquête probable
Par ailleurs, des hommes de la justice militaire ont été dépêchés sur place afin de passer au peigne les faits, les personnes impliquées et le contexte de l'accident.
Lorsque cette phase sera terminée, la justice militaire décidera s'il y a lieu d'ouvrir une enquête préliminaire, a déclaré Silvia Schenker, porte-parole de la Justice militaire. Une telle procédure est en principe courante pour ce genre d'accidents. Mme Schenker n'a toutefois pas voulu se prononcer sur le cas de Wimmis.
Météo pas en cause
Selon les service météorologiques suisses, aucun orage n'a été signalé dans la région de Wimmis avant l'accident. La température ambiante en fin de matinée s'élevait à environ 8 degrés.
Interrogés par swissinfo, des habitants du voisinage ont pourtant affirmé que le niveau de la rivière Kander était plus haut qu'à l'habitude. Le secteur présumé où a eu lieu l'accident est considéré comme très difficile par les spécialistes du rafting.
swissinfo et les agences
Faits
Pour l'armée suisse, le drame de Wimmis est le deuxième accident grave en l'espace d'une année.
Le 12 juillet 2007, cinq recrues et un sergent avaient perdu la vie à proximité du sommet de la Jungfrau, victimes d'une chute mortelle provoquée par une coulée de neige.
Le 12 octobre 2001, un hélicoptère de l'armée s'était abîmé au dessus de Crans-Montana, après avoir percuté un câble servant à la prévention contre les avalanches. Ses quatre occupants avaient été tués.
Le 25 mai 2001, un autre hélicoptère s'écrasait sur les hauts de Delémont, après avoir accroché une ligne téléphonique. Ses quatre occupants étaient mortellement blessés.
Le 12 novembre 1997, un Pilatus Turbo-Porter PC-6B s'écrasait lors d'un exercice militaire dans le Simmental (BE). Le pilote et ses quatre passagers étaient tués. L'accident est imputé aux conditions météorologiques défavorables.
Le 2 novembre 1992, six personnes étaient tuées par l'explosion de 400 tonnes de munitions périmées un dépôt souterrain du col du Susten. Les causes de l'accident n'ont jamais été clairement élucidées.