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Les partisans de Recep Tayyip Erdogan ont célébré la victoire du "oui" au référendum constitutionnel dans les rues d'Istanbul.
KEYSTONE/AP/PETROS KARADJIAS(sda-ats)
Les autorités turques ont revendiqué dimanche soir la victoire du "oui" au référendum prévoyant un renforcement des pouvoirs du président Recep Tayyip Erdogan. L'opposition a de son côté dénoncé des "manipulations" et annoncé qu'elle contesterait ce résultat.
Après dépouillement des bulletins de vote provenant de plus de 99% des bureaux de vote, le oui était en tête avec 51,20 %, selon les résultats partiels publiés par l'agence Anadolu.
Les chiffres cités par l'agence montrent que le "oui" recueille de forts suffrages en Anatolie centrale tandis que le "non" domine dans les régions côtières proches de la mer Egée et dans le Sud-Est à majorité kurde. Le "non" était notamment donné en tête à Istanbul, Ankara et Izmir, les trois plus grandes villes du pays.
"Décision historique" pour Erdogan
"La Turquie a pris une décision historique au sujet de son système de gouvernance", a déclaré dans la soirée M. Erdogan lors d'un discours à Istanbul. "Nous voulons que les organisations et les pays étrangers respectent la décision de notre nation", a-t-il ajouté.
Un peu plus tôt, le premier ministre Binali Yildirim a revendiqué la victoire du "oui" lors d'un discours au quartier-général du Parti de la justice et du développement (AKP), à Ankara. "Le Turquie ouvre une nouvelle page de son histoire démocratique", a-t-il lancé.
"Le dernier mot revient à la nation et la nation a dit 'oui'", a ajouté M. Yildirim, qualifiant le résultat du référendum de "meilleure réponse" aux commanditaires de la tentative de coup d'Etat manquée du 15 juillet, aux militants séparatistes kurdes et aux forces étrangères hostiles à la Turquie.
Le chef du Parti d'action nationaliste (MHP, opposition nationaliste), Devlet Bahçeli, favorable au "oui", a pour sa part qualifié le résultat du vote de "succès incontestable" et estimé que tous les Turcs devraient l'accepter.
Résultats contestés en justice
Les deux principaux partis d'opposition ont toutefois dénoncé des "manipulations" au cours du référendum. Ils ont dénoncé une mesure annoncée à la dernière minute par le Haut-Conseil électoral (YSK), celle de considérer comme valides les bulletins ne comportant pas le tampon officiel du bureau de vote dans lequel ils ont été glissés dans l'urne.
Le principal parti d'opposition, le CHP (social-démocrate), a annoncé par la voix de l'un de ses cadres qu'il allait contester les bulletins provenant de près de 37% des urnes. Ce chiffre pourrait atteindre 60%, a déclaré Erdal Aksünger, adjoint au secrétaire général du CHP, cité par les médias turcs.
Le HDP (pro-kurde) a de son côté fait savoir sur Twitter qu'il allait contester les votes provenant des "deux tiers" des urnes. "Les données qui nous parviennent indiquent qu'il y a une manipulation de l'ordre de trois à quatre points de pourcentage", a-t-il affirmé.
Cinquante-cinq millions d'électeurs étaient appelés à se prononcer sur une série d'amendements constitutionnels visant à remplacer le régime parlementaire par un régime présidentiel qui permettrait à Recep Tayyip Erdogan de concentrer l'essentiel du pouvoir exécutif entre ses mains et de rester au pouvoir au moins jusqu'en 2029.
ATS