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Pas de grande ville moderne dans le sud de la Crète, mais des vestiges de villes antiques importantes. Une nature sauvage dans les massifs montagneux et des cultures d’oliviers, d’oranges et de citrons partout où cela est possible.
Culture d'oliviers sous le site de Festos
La circulation routière en Crète est loin des préoccupations de “via sicura”. La double ligne blanche n’est de loin pas aussi infranchissable que chez nous, et le port du casque en moto ou scooter est sporadique. La cohabitation entre les différents usagers de la route est parfois difficile. Nous en fîmes l’expérience en route vers le sud depuis Heraklion quand, sur une route importante, à quelque 90km/h, un mouton s’est détaché du bord droit pour aller voir au milieu si l’herbe y est plus verte en même temps qu’une voiture s’approchait derrière nous à grande vitesse et entamait un dépassement. Une violente collision entre nous trois n’a été évitée que par un ensemble de manoeuvres hasardeuses et dans un grand nuage bleu de pneus brûlés. In fine que de la peur.
Gortis (ou Gortyn, Gortyna) est un site avec de belles ruines qui comprennent, derrière un théâtre romain, l’odéon, la première publication de lois. Elles sont gravées sur un mur qui longe un corridor ouvert sur le théâtre de l’autre côté. L’idée était semble-t-il que les citoyens soient informés par écrit des règles en vigueur. Je pense qu’il serait peu pratique de graver de même manière le code du travail français, un hall d’exposition n’y suffirait pas. Le site fouillé est entouré de champs sur lesquels reposent encore restes de colonnes et pierres d’époques diverses démontrant outre qu’il reste du travail pour les archéologues, que le site a vécu sur des siècles et s’est étendus sur des kilomètres carrés.
Première mondiale: des lois sont publiées. Gortis.
Festos, (ou Phaistos) est un vestige de la civilisation minoenne. Il existait une ville dans les ruines de laquelle on se promène en se demandant comment on y vivait et dans quelle mesure les indications données à ce sujet par les quelques panneaux que l’on peut lire décrivent la réalité de l’époque ou résultent de l’imagination des archéologues. Barbara qualifie ces promenades dans des champs de ruines de “Trockenuebung”, un mot qui décrit bien la visite d’étendues de pierres et de terrasses dépourvues de végétation et dont la vie est complètement absente.
Tout au sud, après un long parcours sur des pistes cahoteuses à souhait, nous posons la voiture pour 40 minutes de marche à travers des gorges, les gorges de Agiofarago, habitées de chèvres dépourvues de vertige pour arriver à une petite plage, autrefois havre de la civilisation hippie. Il ne reste de cette civilisation que quelques individus mâles barbus et grisonnants.
Chèvre dans les gorges de Agiofarago
Le soir, Matala, plage et petit village. Nous espérions que l’hôtel nous ferait oublier le confort limité de notre chambre, il n’en fut rien.
Matala, plage et falaise
Agios Pavlos, quelques hôtels et tavernas dominent une plage de rêve. Puis Preveli, dit aussi Palm Beach, une autre plage isolée dont l’arrière pays est une forêt de palmiers. Des kilomètres de pistes rugueuses sont nécessaires pour atteindre chacune d’elle. N’achetez pas des voitures de location en occasion.
En remontant au dessus de Preveli on trouve encore un grand monastère en activité, les dévots embrassent icônes et mains de popes.
Monastère de Preveli
Toute cette côte est faite de roches sédimentaires tendres dans lesquelles l’érosion a creusé des gorges profondes et escarpées et sculpté des cavernes de toutes dimensions. Celles de Matala servirent de cimetière romain, avant d’être utilisée pour abriter des tribus nomades hippies pendant les étés de la seconde moitié du XXème siècle.
Caverne naturelle un peu retravaillée pour servir de tombe à l'époque romaine et d'abri à hippies un peu plus tard.

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