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Les emblèmes de la croix rouge, du croissant rouge et du cristal rouge sont des signes de protection reconnus au plan international dans les conflits armés. Ils signalent les personnes, les installations et les biens qui permettent la fourniture de soins médicaux ou d’une aide humanitaire.
Les personnes, les installations et les biens qui arborent à bon droit un tel emblème doivent être épargnés. Cette protection vaut pour le personnel sanitaire, l’équipement médical ainsi que les hôpitaux et les ambulances des forces armées, les aumôniers militaires, collaborateurs et bénévoles de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge actifs sur le terrain et le personnel médical civil. Dans toutes les langues, ils signifient: «Ne pas attaquer!»
Ces emblèmes servent non seulement de symboles de protection, mais aussi de signes distinctifs des Sociétés na-tionales, comme la Croix-Rouge suisse, en temps de paix. En cela, ils explicitent leur appartenance au Mouvement et attestent qu’elles mènent leur action en conformité avec les Principes du Mouvement.
La protection et le respect des emblèmes de la croix rouge, du croissant rouge et du cristal rouge forment une composante clé du DIH. Tout abus affaiblit leur fonction protectrice et nuit à l’efficacité de l’aide humanitaire à laquelle ont droit les victimes de conflits armés.
Les Conventions de Genève engagent les Etats à régler l’emploi des emblèmes dans leur législation nationale, et plus particuliè¬rement les sanctions applicables en cas d’usage abusif (entre autres l’utilisation perfide, qui constitue un crime de guerre). La Suisse s’est acquittée de cet objectif dans la loi fédérale de 1954 (revisée en 2008) concernant la protection de l’emblème et du nom de la Croix-Rouge ainsi que dans des lois et des ordonnances relatives à la défense du pays et dans le droit pénal.
Bien qu’ils soient reconnus universellement comme des symboles humanitaires, la croix rouge et le croissant rouge sont malheureu¬sement parfois perçus, contrairement à l’intention originelle, comme des signes à connotation religieuse, culturelle ou politique, ce qui a pour conséquence d’amoindrir la protection qu’ils offrent aux victimes et à l’aide humanitaire en temps de guerre.
En 2005, les Etats parties aux Conventions de Genève ont adopté le troisième Protocole additionnel, qui consacre un emblème supplémentaire, le cristal rouge, comme signe de protection. Ce troisième emblème peut être utilisé lorsque l’on craint que la croix rouge ou le croissant rouge ne soit pas respecté et ne puisse donc pas offrir la pro-tection nécessaire. La Croix-Rouge suisse continue toutefois d’utiliser l’emblème et le nom de la Croix-Rouge. Les Etats, assistés dans leurs obligations par les Sociétés nationales, doivent faire en sorte que la protection dont bénéficient en tout temps les trois emblèmes soit connue du plus grand nombre.