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Depuis des années, les finances publiques des Etats européens se dégradent avec une régularité qu'il convient de saluer. D'acrobaties comptables en emprunts de toute sorte sur les marchés mondiaux, ces mêmes Etats ont présenté jusqu'à aujourd'hui des comptes plutôt bien notés par les grandes agences de notation, et ce malgré une dette énorme. Leurs flatteuses notations ont permis aux gouvernements européens de trouver suffisamment d'argent frais pour assurer confortablement leur train de vie dispendieux. Les salaires des fonctionnaires seront payés. Les aides sociales et les prestations des caisses de pension distribuées. Les investissements assurés. De l'argent. Encore et encore. Tout ce petit monde y trouvait son compte. Si on peut le dire ainsi. Jusqu'à ce que la dette de ces mêmes pays atteigne des sommets - ou des gouffres - inacceptables pour ces fameuses agences de notation. La Grèce et maintenant le Portugal tombent le masque. Il y a donc un certain amusement à entendre les cris épouvantés des Barroso et autres chantres de l'Union européenne, accusant les agences de notation de faire simplement leur travail. C'est comme si les parents conspuaient le professeur pour avoir distribué de mauvaises notes à leur enfant, l'empêchant ainsi de passer son année scolaire faute de bons résultats. La décision prise par Fitch, Moody's et Standard & Poor's de revoir à la baisse leurs notes renvoient au coin toute cette oligarchie et leur mauvaise gestion de l'argent des contribuables. Avec un bonnet d'âne.