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Plasticien de la musique, l’artiste suisse Christian Marclay joue du visuel comme de notes à arranger sur une partition. Influencé par le mouvement artistique Fluxus des années 60 et le punk, Marclay est un pionnier de l’usage instrumental des platines vinyles pour créer des collages sonores.
Son œuvre pop et ludique se développe généralement à partir d’objets récupérés: haut-parleurs, vinyles, pochettes de disques, cassettes audios ou vieux téléphones. Tel un disque-jockey, l’artiste fragmente, assemble, recolle ces morceaux pour en superposer les occurrences auditives ou visuelles. Un travail à la croisée de plusieurs domaines, de la performance acoustique à la photographie, de la vidéo au collage.
Depuis le 16 novembre, le prestigieux Centre Pompidou à Paris propose une rétrospective de son travail, de la fin des années 70 jusqu’à nos jours.
Sculptures sonores
Suisse né en Californie, Christian Marclay passe sa jeunesse à Genève où il étudie à l’École supérieure d’art visuel. Il quitte cette ville pour suivre l’enseignement du Massachusetts College of Art à Boston puis s’installe à New York en 1977.
Il y découvre la musique expérimentale et les performances, deux médiums qu’il entremêle. En 1979, il adopte l’outil de ses actions musicales: le tourne-disque.
Marclay précède l’avènement du scratching et des disques-jockeys, qui apparaissent au début des années 1980. Ses premières œuvres présentent des vinyles morcelés puis réassemblés pour former un objet. Des sculptures sonores livrés ensuite au tourne-disque pour une interprétation improvisée et cacophonique.
À partir de là naît une carrière faite de collage et de montage. À l’instar de son œuvre "Téléphones", un assemblage d’extraits cinéma, où l’artiste fait interagir des acteurs de différents films, créant ainsi un dialogue imaginaire.
Œuvres interactives
L’exposition s’ancre aussi dans le monde digital et fait la part belle aux contenus produits par les réseaux sociaux. Dans l’œuvre "All together", l’artiste expose des smartphones qui se répondent via des montages capturés sur l’application Snapchat.
La façade du bâtiment s’est aussi transformée en un instrument de musique grâce à une collaboration entre l’artiste et des techniciens de Snap AR. Les visiteurs pourront expérimenter Playing Pompidou, une expérience en réalité augmentée, audio et visuelle, depuis le parvis du centre.
L’exposition est visible jusqu’au 27 février 2023.
Sujet TV: Raphaël Grand
Adaptation web: saje