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Du temps de la Guerre froide, il y avait la Ligue 1, la Ligue 2 et les ligues amateurs, illustre dans Géopolitis Bertrand Badie en traçant un parallèle avec le football. Désormais, selon l'intellectuel français, c'est terminé. Donald Trump est le président qui aura permis aux dictateurs nord-coréens de réaliser leur rêve: "jouer dans la même division que les grandes puissances mondiales".
Le statut même des Etats-Unis à la tête du système international est aujourd'hui remis en question, estime Bertrand Badie en citant plusieurs raisons. Déplacement de son ambassade en Israël à Jérusalem, retrait de l'Accord de Paris sur le climat ou encore dénonciation de l'accord sur le nucléaire iranien, Washington se retrouve de plus en plus isolé.
"America first"
Contrairement à son prédécesseur à la Maison Blanche Barack Obama, lequel misait sur le libre-échange et le soft power, Donald Trump est entré dans le jeu des relations internationales comme un éléphant dans un magasin de porcelaine. Le nouveau slogan des Etats-Unis, c'est "America first", rappelle Bertrand Badie.
Et c'est au nom de ce principe que Washington introduit des sanctions à l'encontre de ses partenaires commerciaux, notamment sur l'acier et l'aluminium.
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Selon l'expert, les sanctions sont le signe d'un "moment négationniste". Grâce aux innovations technologiques, qui permettent le raccourcissement des distances et l'hypercommunication, les "relations interdépendantes n'iront qu'en s'affirmant". Les contrarier, c'est "aboutir aux catastrophes que l'on voit se dessiner", avertit Bertrand Badie.
Système mondial inégalitaire
A travers ces échanges, la mondialisation était censée amener la stabilité. Faux, rétorque le politologue: "La mondialisation a inventé le système social le plus grand, certes, mais aussi le plus inégalitaire qui n’aie jamais existé depuis Adam et Eve".
En effet, la mondialisation ne crée pas seulement les inégalités, "elle les rend visibles. Les pauvres sont désormais dans le même bateau que les riches, et ils peuvent les observer directement". Selon Bertrand Badie, "on a encore la naïveté de penser que l'on pourra vivre durablement dans un système aussi inégalitaire".
La mondialisation a créé le système le plus inégalitaire depuis Adam et Eve.
"Ouvrir les yeux"
Mais alors que faire face à ces turbulences mondiales? "On ouvre les yeux", répond le professeur, qui dénonce l'aveuglement des élites dirigeantes. "Continuer comme ça, c’est ignorer la souffrance des autres, ce qui est déjà en soi criminel, mais c’est aussi ignorer les dangers de demain".
Pour Bertrand Badie, la solution réside dans la mise en place d'une gouvernance sociale globale. Pour y arriver, "il faut promouvoir un multilatéralisme actif".
Stefan Renna