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Le pouvoir désigne avant tout la capacité d'agir "je peux" donc j'ai la puissance de faire et je m'affirme dans le monde par cette volonté et cette puissance de m'activer et de prendre mon destin en main.
Contrairement aux passions subies et aliénantes, le pouvoir est entièrement contrôlé par ma volonté de puissance. S'affirmer par cette relation entre le pouvoir et l'affirmation de soi : "en choisissant, on se choisit" et qui fait dire à Nietzsche "Deviens ce que tu es".
D'où cette fascination pour le pouvoir qui est liée à l'affirmation et à la puissance, et qui porte parfois à croire qu'on bâtit son pouvoir sur une servilité. La puissance tient davantage du paraître avec tous ces symboles qui impressionnent les individus sans pouvoir ou dépossédés de leur pouvoir et qui l'ont entièrement délégué. Carla Bruni se vantait d'aimer les "hommes de pouvoir", faut-il interpréter les hommes puissants qui dominent, aime-t-elle être dominée comme le fut Cécile B. avec le banquier Stern ? Un homme de pouvoir qui domine et manipule jusque dans la relation sexuelle d'un être dominé et impressionné par les signes du pouvoir qui sont aussi ceux de la richesse.
On identifie plusieurs types de pouvoir le pouvoir moral individuel . Dans le pouvoir moral chaque conscience a le pouvoir de se contraindre à obéir à la loi qu'elle s'est prescrite, en exerçant ce pouvoir sur ce qui lui est propre, en obéissant à sa propre législation, ce qui est une manière de se manifester indissolublement comme pouvoir de liberté.
Le pouvoir partagé, chacun à sa place exerce un pouvoir, au service de tous, en fonction de ses capacités et de ses responsabilité. En ce sens le pouvoir n'appartient à personne. Il est au service du bien commun.
Le corollaire du pouvoir est l'abus de pouvoir, celui qui devait être humblement le serviteur au service du bien commun s'approprie le pouvoir pour réconforter le soi et devient l'arrogant serviteur qui se prend pour le maître d'où le nombre d'ouvrages édifiants sur "Ces narcissiques qui nous gouvernent", le pouvoir a été détourné pour le bien d'une seule personne. Et lorsqu'on a goûté au pouvoir c'est puissant, il est difficile ensuite d'y renoncer , Henry Kissinger le définit ainsi : "Le pouvoir est l'aphrodisiaque suprême. "
Les dictateurs sont assez forts dans ce détournement du pouvoir avec en sus, la capacité de harceler, de contrôler, de punir toute rébellion à l'égard du pouvoir devenu fou et la propre rébellion pour secouer ces dictatures ont de forte chance d'engendrer sa cohorte de nouveaux narcissiques. La société est réduite à une simple équation : ceux qui ont le pouvoir et ceux qui ont des devoirs.
Y -a-t-il pouvoir sans domination ? Le pouvoir implique le recours à la force pour faire appliquer et exécuter les décisions, donc surveillance, contrôle et punition et sanction si on enfreint la loi, émanation du pouvoir. Le pouvoir peut s'appliquer partout, dans la rue, dans les écoles, dans les hôpitaux, interdiction, contrôle, sanction, symboles partout des interdits. Interdit de fumer, interdit de tagger, interdit de………….
Les dictateurs ont bien compris que la capacité de penser offre le pouvoir d'agir, donc censure, rassemblement populaire interdit. Dans le même sens, pour Hannah Arendt "la véritable liberté de penser et d''expression est celle qui ouvre au pouvoir d'agir, à force de faire violence à notre pouvoir de penser l’événement, nous détruisons le monde que nous prétendons transformer" . Donc l'expression du pouvoir est auss son discours, l'autorité du discours qui permettra d'intégrer le dispositif législatif et normatif, le pouvoir organisera ainsi le savoir qu'il transmettra via le discours et qui se reconnaît comme seule autorité autorisée par lui-même à penser. Au-delà, tout est transgression de la norme donc on s'assure des techniques de répression et de punition pour remettre l'a-normal" sur les chemins de la volonté du pouvoir et du savoir. Si les transgressions à la norme deviennent de plus en plus nombreuses, il est temps de conclure que les normes sont en cours d'évolution et que "si le peuple ne craint plus le pouvoir, c'est qu'un nouveau pouvoir plus fort se pointe à l'horizon."
Il ne sert donc à rien de remplir les prisons mais de tenter de comprendre le changement et remettre en cause celui ou ceux qui détiennent le pouvoir, donc qui croit savoir a de la peine à intégrer et comprendre, hors de son discours, que le savoir s'est déplacé ainsi que le pouvoir.
Le pouvoir est aussi une force, une puissance que l'on ne peut pas totalement enlever à l'autre, on considère sa force d'être par "Tu peux le faire " en lieu de "tu dois le faire" , préférer l'acteur actif au sujet plutôt objet passif qui subira la domination exprimée par "Tu dois".
Préférons résolument le "Tu peux " à "Tu dois " c'est dans cette affirmation que réside notre volonté de puissance et notre capacité de prendre notre vie en main de manière libre et volontaire et qui invite au pouvoir d'agir.