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Christian Wohlwend n'a jamais peur de dire clairement ce qu'il pense. Dans un entretien avec Keystone-ATS, l'entraîneur du HC Davos s'est notamment exprimé sur le mode de championnat, les lacunes des joueurs suisses et la recette gagnante en play-off
Christian Wohlwend, votre joueur Enzo Corvi a regretté qu'il y ait dix jours de pause entre la fin de la qualification et le début des play-off. L'entraîneur partage-t-il ce point de vue?
(il rit) «Il a dit ça? Non, je prends plutôt la pause. Je pense qu'il voulait dire qu'on était sur une bonne dynamique avec huit succès sur les onze derniers matches. Mais après une longue et dure saison contre des adversaires très solides, avec encore les JO au milieu, nous sommes heureux de notre 5e rang et de bénéficier d'une pause!»
Votre équipe a bien passé la pause olympique. Est-ce que cela vous procure de la confiance pour la suite?
«Sans aucun doute. On a eu quelques malades, d'autres ont été blessés. C'est donc bien que tous puissent avoir quelques jours pour se régénérer et de remettre. On a eu deux jours de congé, puis deux d'entraînement et encore deux autres de congé. Et maintenant, on a quatre jours pour préparer le premier duel contre Rappi.»
Durant les JO, vous étiez l'assistant de Patrick Fischer en équipe nationale. Etait-ce un risque de laisser votre équipe seule à Davos durant cette période?
«Absolument pas. Nous avons un excellent staff avec Jörgen Jönsson et Waltteri Immonen. Ils travaillent exactement comme je le fais.»
Avec un peu de distance, quel est votre verdict sur la performance de la Suisse à Pékin?
«C'est très clair: nos attaquants n'ont pas assez marqué de buts. Quand tu marques aussi peu, tu n'as aucune chance d'avoir du succès dans un tel tournoi.»
Avez-vous une explication pour cette disette offensive?
«Peut-être que c'est un peu plus facile pour nos attaquants en Suisse sur les grandes patinoires. Sur celles qui sont plus petites, face à des défenseurs un peu meilleurs que ceux qu'ils affrontent en championnat, cela rend les choses plus difficiles, et on a pu le constater.»
Vous avez déjà laissé entendre que vous n'étiez pas un fan des pré-play-off. Est-ce que c'est parce que vous aviez perdu dans cette phase l'an passé après avoir fini 8e de la qualification?
«Non. (il rit) Mais cela ne contribue pas à ce que je devienne fan. Quand tu joues 50 ou 52 matches de saison régulière, tu dois te battre dur pour obtenir les points pour être dans le top 8. Alors après, tu affrontes un club qui a récolté 20 points de moins, voire davantage, je ne trouve pas que c'est juste. Mais peut-être que je suis juste vieux jeu, parce que pour les fans et les médias, c'est certainement quelque chose d'alléchant.»
Vous allez affronter les Rapperswil-Jona Lakers en quart de finale. La première pensée qui vient à l'esprit, c'est que Davos est le club le plus titré, et donc favori...
«Ils ont fini au 4e rang, et nous juste derrière. Normalement, cela devrait être le quart de finale le plus serré des quatre. Rappi a fait une remarquable saison régulière, très constante. Je pense que cette série, c'est du 50-50. Je dis toujours la même chose: ce sont les leaders qui doivent faire la différence. Et les leaders qui y arriveront le mieux, qui auront le plus de volonté, feront gagner leur équipe.»
Dans quel domaine le HC Davos a-t-il fait mieux que la saison dernière?
«Nous avons eu la deuxième meilleure défense et le deuxième meilleur jeu en infériorité numérique. Notamment grâce à ça, on a pu finir dans le top 6.»
Les gardiens ont joué un rôle prépondérant...
«(Sandro) Aeschli(mann) a travaillé extrêmement dur pendant l'été, tant physiquement que mentalement. Et cela a payé. Il évolue de manière constante à un haut niveau, cela nous donne une chance à chaque match.»
Zoug et Fribourg ont perdu respectivement cinq et six matches en fin de saison. Est-ce que cela vous causerait du souci pour les play-off si vous étiez entraîneur chez eux?
«Honnêtement, cela me dérangerait. Il y a toujours quelques joueurs qui pensent qu'il suffit de jouer un peu. Mais cela ne fonctionne pas dans notre Ligue, jamais, et quel que soit le cadre de l'équipe. Chaque joueur doit donner son maximum et les leaders doivent faire la différence. C'est ainsi dans notre sport. Quand les leaders ne font pas la différence, cela devient difficile pour chaque équipe, c'est aussi pour cette raison que ce sont eux qui ont les meilleurs contrats.»
Malgré tout, cette saison, deux équipes n'ont pas vraiment été compétitives. Et il pourrait y avoir 14 clubs en National League l'an prochain. Qu'en pensez-vous?
«Je joue volontiers au hockey dans ce championnat. On verra comment cela évoluera. Mais je peux quand même dire qu'aucun match n'a été facile pour nous aussi contre Ajoie et Langnau.»
Avec 14 équipes, il sera permis d'aligner un étranger de plus. Est-ce que vous êtes d'accord avec ça?
«Oui, je pense. Je suis d'avis qu'il y a pas mal de joueurs suisses bien payés qui ne doivent pas aller à leur limite de performance et qui n'ont pas de conséquences à craindre. Avec un ou deux étrangers de plus, cela devrait les inciter à rechercher leurs dernières limites.»
ATS