Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07218.jsonl.gz/176

Le candidat de l'extrême droite à la présidentielle brésilienne, Jair Bolsonaro est revenu jeudi sur l'une de ses promesses de campagne. Il a affirmé que son pays resterait dans l'Accord de Paris sur le climat, si Brasilia garde sa pleine souveraineté sur l'Amazonie.
Jair Bolsonaro s'était engagé à retirer le Brésil de l'accord conclu en 2015 dans la capitale française en raison de désaccords sur les moyens de protéger l'Amazonie. Le Brésil abrite les trois cinquièmes de la surface.
Mais "si on m'écrit noir sur blanc" qu'il n'est pas question de "triple A, pas plus que de l'indépendance d'une quelconque terre indienne, je maintiens (le Brésil dans) l'Accord de Paris", a déclaré Bolsonaro lors d'une conférence de presse à Rio de Janeiro.
Le triple A est un un projet de couloir écologique transnational allant des Andes à l'océan Atlantique en traversant l'Amazonie. Il prévoit la création d'une vaste zone de protection environnementale reliant parcs naturels, réserves indiennes et espaces naturels de biodiversité.
L'initiative portée par une organisation de défense de l'environnement et soutenue pendant son mandat par l'ex-président colombien Juan Manuel Santos, n'a pour l'heure aucun cadre officiel. Avec le triple A, "136 millions d'hectares ne seraient plus sous notre juridiction, mais sous la juridiction d'autres pays", puisque l'Amazonie est "essentielle pour la survie de l'humanité", a poursuivi le candidat.
Secteur nucléaire
L'ancien officier de l'armée, âgé de 63 ans, avait dit vouloir résoudre la pénurie chronique d'énergie du pays en développant le secteur nucléaire et en construisant de nouveaux barrages sur l'Amazone.
Après le premier tour de l'élection présidentielle, une vingtaine d'ONG ont publié une lettre ouverte dans laquelle elles dénonçaient plusieurs promesses de campagne de Bolsonaro qui représentaient, selon elles, une grave menace pour l'environnement et pourraient conduire à faire "exploser" la déforestation.
L'Amazonie, plus grande forêt tropicale au monde, est considérée comme l'une des meilleures défenses naturelles contre le réchauffement climatique, grâce à ses arbres qui absorbent une gigantesque quantité de dioxyde de carbone.
Ton plus modéré
L'annonce de Bolsonaro constitue une volte-face surprenante pour un candidat soutenu par un puissant lobby agroalimentaire et qui disait considérer les mesures de préservation de l'Amazonie comme une menace à la souveraineté du Brésil. D'autant qu'il a aussi laissé entendre mercredi qu'il pourrait revenir sur une autre proposition controversée, à savoir celle souhaitant la fusion du ministère de l'Environnement avec celui de l'Agriculture.
A mesure que sa probable accession au pouvoir se dessine, Jair Bolsonaro a adopté un ton plus modéré, après que certains de ses propos jugés homophobes ou misogynes ont fait effet de repoussoir auprès d'une partie de l'électorat brésilien, de même que certaines de ses positions en matière de sécurité et d'environnement.
Le candidat du Parti social-libéral s'est prononcé en faveur d'un assouplissement du contrôle des armes à feu afin de lutter contre l'insécurité dans les zones rurales du pays et a promis de mobiliser l'armée contre la violence urbaine.
Toujours en tête
D'après la dernière enquête d'opinion parue jeudi, Jair Bolsonaro est crédité de 56% des intentions de vote pour le second tour de l'élection présidentielle, contre 44% pour son rival, le candidat du Parti des travailleurs (PT, gauche) Fernando Haddad.