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L'office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) précise que les prix de l'opium "se sont envolés" depuis que les talibans ont interdit la plantation de la fleur en avril 2022.
La récolte de cette année a été largement exemptée du décret. Les agriculteurs afghans doivent décider au début novembre s'ils plantent du pavot à opium pour l'année prochaine sans savoir si les autorités vont appliquer l'interdiction, explique l'organisme basé à Vienne, en Autriche.
Ils sont "pris au piège de l'économie illicite des opiacés", selon la directrice exécutive de l'ONUDC, Ghada Waly, citée dans un communiqué, qui appelle la communauté internationale à "intensifier les interventions".
Inflation à 35%
L'Afghanistan est de loin le premier producteur mondial de pavot, dont sont extraits l'opium comme l'héroïne et "le revenu tiré par les agriculteurs de la vente d'opium a triplé" en un an, estime l'ONUDC.
Passé de 430 millions d'euros (426 millions de francs au cours actuel) en 2021 à 1,4 milliard d'euros en 2022, il est le "plus rentable enregistré depuis des années" et représente 29% de la valeur agricole totale du pays, contre 9% un an plus tôt.
Cependant, l'augmentation des revenus ne s'est pas nécessairement traduite en pouvoir d'achat, car l'inflation a grimpé en flèche au cours de la même période, le prix des denrées alimentaires augmentant en moyenne de 35%, dit l'ONUDC.
Les saisies d'opiacés dans les pays frontaliers de l'Afghanistan indiquent que le trafic d'opium et d'héroïne afghans n'ont pas cessé. Entre 80% et 90% de l'héroïne et de l'opium dans le monde proviennent d'Afghanistan, principalement du sud-ouest du pays, selon l'ONU.