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“Grand monarque des sombres habitations, plaise aux destins que vous prêtiez attentivement le sens auriculaire de votre Justice aux éloquentes articulations de nos clameurs, et que par le triste visage de notre âme vous puissiez être pénétré de nos unanimes sentiments.” (LA PRÉCIEUSE, Scène V)
Guillaume Marcoureau dit Brécourt. L’Ombre de Molière. Comédie.
Préface d’Alice Bottarelli
“Avez-vous déjà souhaité composer une œuvre en hommage à une autrice ou un auteur que vous adulez ? Avez-vous par exemple kiffé les Tarantino au point de rêver d’un film qui s’appellerait Eight Shameless Fuckers in Hollywood (ou quelque chose dans ce goût-là) et dans lequel vous joueriez son sosie, comme lui-même dans ses propres films ? Avez-vous songé à mettre en scène une pièce qui s’intitulerait Diététique du Meurtrier ou L’Ombre de Nothomb, après avoir été fan de l’autrice durant toute votre adolescence ? Lorsque vous avez su Britney aux prises avec la justice, avez-vous envisagé une reprise de Oops !… I did it again où, adoptant vous-même vaillamment le rôle de la chanteuse, vous l’auriez fait danser pour sa défense ? Eh bien Brécourt, lui, a osé”. Alice Bottarelli.
Sortie: août 2022 (déjà disponible sur le site)
“Dans l’autobus X, à l’heure creuse de minuit, un garçon noiraud et une fille blonde,
serrés l’un contre l’autre, chuchotent.”
Étienne Barilier, Exercices de style éroti-comique.
Raymond Queneau, dans ses Exercices de style, a choisi de raconter une même histoire, d’une réjouissante banalité, de 99 façons différentes. Étienne Barilier s’inspire de ce texte fameux pour écrire ses Exercices de style éroti-comiques : il reprend, dans l’ordre et scrupuleusement, chacun des 99 modes choisis par Queneau, et conserve l’autobus quenaldien, mais y place des personnages en situation plus croustillante, évoquant une fable milésienne moderne. Un tel divertissement peut paraître à première vue assez éloigné du style habituel de cet auteur. Mais outre que la veine comique n’est pas absente de ses romans, il espère qu’on lira ses Exercices de style comme des exercices d’admiration – de la langue française.
Écrivain, traducteur, professeur émérite de l’Université de Lausanne, Étienne Barilier a publié plus de cinquante romans et essais, distingués par plusieurs récompenses littéraires, dont le Grand Prix de la Fondation vaudoise pour la création artistique en 1987, le Prix européen de l’essai Charles Veillon en 1995, ou le Prix Dentan, en 2002, pour son roman L’Énigme. Parmi ses derniers livres, on compte À la recherche de Vinteuil (Phébus, Paris 2021) et Pour la main gauche. Histoire d’un piano singulier (Premières Loges, Paris 2021).
“Dans cet instant, le portrait de son aïeul, qui était au-dessus du canapé où ils s’étaient assis, poussa un profond soupir, et secoua son armure… Manfred vit son aïeul se détacher du panneau dans lequel le portrait était enchâssé, et descendre sur le plancher avec un air grave et mélancolique.”
Une « histoire gothique » ? C’est ainsi qu’Horace Walpole définit son Château d’Otrante, un conte où se côtoient un spectre, un casque géant, une épée monstrueuse, une statue qui saigne, un moine, des princesses et un tyran retranché dans son château fort. Esthète et lord anglais, Horace Walpole (1717-1797), compose ainsi le premier roman gothique de la littérature occidentale. Le Château d’Otrante, avec son tragique exacerbé qui laisse place à un grotesque volontairement démesuré, pose les jalons des récits fantastiques et des romans noirs des siècles à venir.
Cette réédition de la première traduction française du Château d’Otrante (1767) est préfacée par Alain Cobellari, professeur de littérature française médiévale aux universités de Neuchâtel et de Lausanne, et auteur, aux Presses Inverses, de la Petite histoire de la littérature médiévale à la manière de Pierre Desproges.
Parutions récentes
” Il y a des montagnes de comique dans la littérature médiévale – la masse égrillarde et rigolarde des fabliaux en est un exemple. Mais a-t-on déjà parlé de manière humoristique de la littérature du Moyen Age? A notre connaissance, non, ou si peu – ou alors de manière involontaire. Heureusement, Alain Corbellari vient de combler cette lacune.”
Philippe Simon, “La littérature médiévale est une matière à rire. Etonnant, non?” Le Temps, 18.12.21
[…] L’ ancien français marque le net déclin de la déclinaison latine; il n’ utilise usuellement que deux cas : le cas sujet et le cas régime. Le fait que ce sont les formes du second de ces deux cas qui ont fini par s’ imposer en français moderne se comprend aisément: il est assez évident en effet que les souverains féodaux aient eu une nette tendance à mettre leurs sujets au régime. Notons que le cas régime peut s’utiliser pour déterminer un nom, à la manière d’un génitif, c’ est ce que l’ on appelle le cas régime absolu. Exemple : la mort le roi, l’hôtel Dieu, le bain Marie, le pied Jésus, la brosse Adam.
Nettement plus rare, car à l’usage exclusif des chiens à qui on l’ apprenait consciencieusement, il y avait aussi le cas niveau. À l’usage des bûcherons qui finissaient leurs soirées au bistrot, il y avait le cas bouleau. Enfin pour l’ humour juif, surtout le plus gras, on utilisait avec prédilection le cas rabbin. […]
(Alain Corbellari. Petite histoire de la littérature médiévale à la manière de Pierre Desproges)
Collection originale | no. 2
Parution: septembre 2021
[…] Grâce au caprice de l’éruption qui a détruit quatre villes, cette noble forme, tombée en poussière depuis deux mille ans bientôt, est parvenue jusqu’à nous ; la rondeur d’une gorge a traversé les siècles lorsque tant d’empires disparus n’ont pas laissé de trace ! Ce cachet de beauté, posé par le hasard sur la scorie d’un volcan, ne s’est pas effacé.
Voyant qu’il s’obstinait dans sa contemplation, les deux amis d’Octavien revinrent vers lui, et Max, en le touchant à l’épaule, le fit tressaillir comme un homme surpris dans son secret. […]
(Théophile Gautier, Arria Marcella. Souvenir de Pompeï)
Collection fantastique | no. 3
Parution: septembre 2021
Le ciel
si… clair!
Les maisons:
de petits carrés, blancs, presque inexistants.
Un bistrot, vide,
dedans
un vieillard, seul,
attend.
(Alexandre Glikine, Igoumenitsa Blues)
Collection originale | no. 1
Parution: août 2021.
Al arrache ce que j’ai planté, al replante
ce que j’ai arraché, quand je greffe
du Bon-crequin, al dit que c’est de la bargamote ; là où j’ai planté des choux, al
veut qu’il y vienne des raves, n’y a rien
dont al ne s’avise pour aller à rebours de
moi ; hier al v’lait pour avoir des preunes
pu grosses, qu’on les semât sous couche
comme des melons, je crois, dieu me par-
donne, qu’al me fera bientôt planter des
citrouilles en espalier.
(Charles Dufresny, L’Esprit de contradiction)
Hors collection
Parution: août 2021.