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Un siècle d'innovation et de dévouement
aux causes sacrées.
Fondé en 1916 à Fribourg (Suisse), l'ITS a toujours mis une priorité absolue sur la mission de la divulgation du savoir sans frontières ou limites. De nombreuses personnalités importantes du 20ème siècle font partie des anciens de cet institut qui se distingua notamment par une résistance académique au fascisme à travers l'Université clandestine de Rome. Que ce soit les bolides d'Alfa Romeo, l'ENIAC - premier "vrai" ordinateur du monde, les plateformes pétrolières dans la mer du Nord ou encore les machines de bureautique d'Olivetti - l'ITS a fourni une petite contribution à tous ces achèvements.
Découvrez l'histoire de cet étonnant institut à travers les jalons les plus importants.
L'histoire de l'ITS
1914
Bien que la Suisse ne fît pas partie des nations belligérantes, le pays subit de plein fouet les conséquences de la Grande Guerre, ce qui se traduit non seulement par une pénurie pour quasiment tous les biens vitaux, mais également par la présence de nombreux réfugiés des pays environnants.
Pas tellement drôle, cette guerre
Bon nombre d'entre eux avaient tout perdu et se trouvaient en condition précaire - malgré le fait que de nombreux d'entre eux était auparavant des industriels d'avant-garde ou des étudiants promis à un avenir brillant.
Aussi, de nombreux membres de famille de ces immigrés forcés se trouvaient quelque part dans les tranchées, de l'un ou de l'autre côté des frontières politiques.
1916
Au plein milieu de la guerre, plus précisément en 1916, Guido Bonzanigo, un jeune ingénieur en électrotechnique de l'EPFZ, prit l'initiative de fonder l'Institut Technique Supérieur ITS dont le but fut d'offrir un moyen de formation académique aux soldats, réfugiés et autres personnes touchées par la tourmente des nations.
Naissance d'un institut résolument différent
Comme un enseignement académique traditionnel n'était quasiment pas possible en temps de guerre, il s'est tourné vers une idée qui à l'époque était révolutionnaire : reconnaître les acquis académiques et l'expérience préalables, compléter ces connaissances dans une approche structurée et attester des qualifications par une certification, et ce à travers un modèle hybride combinant cours traditionnels et cours par correspondance.
C'est ainsi que l'Institut Technique Supérieur vit le jour en tant que premier institut de formation pan-européen: un concept résolument moderne.
1925
Durant la période entre les deux guerres, l'ITS continua son œuvre avec, entre autres, la collaboration de plusieurs professeurs de l'Université de Fribourg. De nombreuses personnalités de l'époque - dont Gabrielino D'Annunzio, fils du fameux poète italien, Adriano Olivetti, directeur du futur géant de l'informatique, ou encore Carlo Pesenti, qui deviendra un des plus importants industriels européens du ciment - ont présenté leurs travaux de diplôme à l'Institut Technique Supérieur et obtenu leur certificat ITS.
Croissance et diplômés célèbres
La correspondance de cette époque montre à quel point l'ITS était apprécié par les industriels Italiens, mais également Allemands ou encore Tchèques ou Polonais. Nombreuses sont les lettres de remerciement, les recommandations ou les demandes de soutien de la part d'entreprises comme FIAT, Alfa Romeo ou même d'institutions comme le Vatican.
La réputation de l'institut était telle qu'il était de bon ton, parmi les industriels notamment italiens, d'envoyer leurs fils en Suisse pour étudier auprès de l'ITS. Ainsi, les fils Olivetti, mais également les fils Romeo (de la fabrique automobile Alfa Romeo) ainsi que de nombreuses autres personnes d'entreprises moins connues ont obtenu un certificat de l'ITS. Cette réputation s'est pérennisée et inscrite dans la tradition industrielle Italienne durant le reste du 20ème siècle.
1937
Lors de la montée au pouvoir du fascisme en Italie, l’accès aux écoles publiques fut interdit aux étudiants juifs, et les érudits hébreux n'avaient plus le droit d'enseigner. Une fois de plus, l'ITS suivit ses principes de divulgation du savoir et de la technologie sans frontières ou limites.
Résistance académique contre le fascisme - la cause des Justes.
En 1941, Guido Coen et Guido Castelnuovo s'accordent pour organiser des cours universitaires "clandestins" en sciences d'ingénierie, utilisant toute la structure et tout le matériel de l'ITS. En plus, Castelnuovo fait appel autant que possible à des professeurs juifs qui se trouvaient sans emploi suite aux lois raciales. Ainsi, Maria Piazza en chimie et minéralogie, l'architecte Angelo Di Castro, l’ingénieur Giulio Supino en constructions hydrauliques à Bologne et Vito Camiz, ingénieur et mathématicien élève de Castelnuovo et professeur en technologie des matériaux et technique des constructions, trouvèrent un emploi dans le cadre de l'université clandestine. Castelnuovo fait aussi appel à des professeurs "ariens", mais antifascistes, comme Giulio Ugo Bisconcini (mécanique rationnelle), Raffaele Lucaroni, assistant de Castelnuovo (géométrie analytique et descriptive), Nestore Bernardo Cacciapuoti (physique). Les cours étaient plus théoriques que ceux habituellement fournis par l’ITS, très pratiques et orientés à l’application des technologies, donnés par correspondance ou par tuteur.
Pour Castelnuovo, cela était associé à un danger mortel, mais il réussit, le 16 octobre 1943, à échapper à un raid sur les Juifs romains et, en tant que "Guido Cafiero", à trouver un abri auprès d'amis fidèles. Heureusement, en 1943, le vent se retourne contre les fascistes et Guido Castelnuovo s'adresse au ministre de l'Education nationale pour demander la reconnaissance, par l'Italie, des examens passés en Suisse. Cependant, vu les tourments de l'époque, sa missive ne fut lue qu'un an plus tard par le nouveau ministre, le philosophe Guido De Ruggiero, qui prend les mesures nécessaires pour reconnaître les deux années d'études des étudiants juifs qui sont réadmis en 1944 dans les universités italiennes. Ainsi, après la guerre, dans une Italie libérée du fascisme, ces diplômes furent reconnus au même titre que ceux délivrés par les universités officielles durant la guerre.
1945
Entre la fin de la Seconde Guerre mondial et les années soixante, Guido Bonzanigo a pu convaincre de nombreux professeurs d'université y compris celle de Fribourg (entre autres les professeurs Bays, Lambossy et Büchy) de s'investir académiquement dans les activités de l'ITS. L'institut avait également des relations très cordiales avec les autorités et notables de Fribourg.
Collaboration intensifiée avec les Universités
C'est également la période pendant laquelle des professeurs de plus en plus illustres s'impliquaient dans la cause de l'ITS. Ainsi, Enzo Aparo, professeur de mathématiques appliqué à l'Université de Rome La Sapienza, était aussi professeur et membre de la commission d'examens à l'ITS.
Enzo Aparo a contribué, au cours de la Deuxième Guerre mondiale, au développement des premiers ordinateurs électroniques vraiment programmables, comme le célèbre ENIAC, qui constituait un grand pas en avant vers l'informatique moderne. Il a ensuite travaillé pour l'OTAN, toujours dans le domaine des mathématiques systémique et a développé ce qu'on a appelé "operations research" par la suite. Un autre contributeur célèbre est Sergio Lo Monaco, ingénieur et aviateur, conseiller d'administration auprès de Chrysler aux États-Unis et en même temps membre du conseil d'administration de l'Institut Technique Supérieur.
1953
Après la guerre, l'activité de l'Institut Technique Supérieur reprend de plus belle. Les bureaux à la Route du Jura sont rapidement trop petits, et en 1953, l'ITS s'installe dans de tout nouveaux locaux à l'Avenue du Tivoli 15, adresse qui est devenue plus tard Place de la Gare 15 et qui constitue toujours l'emplacement de l'Institut Technique Supérieur à ce jour.
Plus de 65 ans à la même adresse
L'institut s'équipe alors avec ce qu'il y avait de plus moderne à l'époque - divers moyens didactiques, mais également du matériel de reproduction qui du reste était le prototype d'une invention décrite dans le travail de diplôme de Frantisek Svoboda, ingénieur en mécanique et inventeur.
Rapidement, l'institut contribue à la reconstruction d'une Europe détruite par la formation et certification de toute une génération d'ingénieurs dont la plupart ont dû participer à la guerre. C'est ici que la flexibilité et l'approche générale de l'ITS a apporté un plus certain par rapport aux cursus de formation traditionnels.
1976
A la mort de Guido Bonzanigo en 1976, l'Institut a de prime abord continué sur son chemin et même connu une croissance du nombre d'étudiants pendant quelques années. Cependant, vingt années plus tard, la direction de l'époque n'a pas senti venir les grands bouleversements initiés par la démocratisation de l'informatique et l'avènement de ce qui allait devenir le disrupteur du temps moderne, soit l'Internet.
Un passage à vide suite au décès du fondateur
Ainsi, ce qui fut alors un institut fier et résolument moderne et petit à petit devenu un acteur de niche avec un nombre décroissant d'étudiants. Faute de renouvellement du corps professoral, le problème principal devenait alors la disparition - un à un - des professeurs en raison de leur âge élevé, et il en était de même pour le reste du personnel de l'ITS.
L'ITS n'a jamais cessé son activité grâce à un petit groupe d'ardents défenseurs de la cause, notamment Luca Bonzanigo, petit-neveu du fondateur, Walter Dayné, ingénieur polyvalent et directeur de section pendant de nombreuses années, ainsi que Antonio D'Onofrio, membre du conseil d'administration et défenseur de la cause auprès d'associations, d'universités et d'entreprises. Mais force était de constater que l'ITS devait se renouveler de fond en comble pour pouvoir affronter les défis d'un marché devenu global.
2020
En 2020, la majorité des actions de l'ITS a été reprise par la société AGILIS SERVICES SA. AGILIS est une entreprise de conseil en entreprise qui a un savoir-faire solide tout au long du cycle de vie d'une entreprise - partant de la stratégie, de l'exécution de celle-ci jusqu'à l'optimisation continuelle de l'efficacité et de la qualité des services ou du produit fourni. Mais AGILIS n'est pas qu'un consultant: c'est également une organisation résolument entrepreneuriale qui investit dans les causes dans lesquelles elle croit.
En route pour le monde digital
L'ITS est une telle cause. Un institut plus que centenaire, qui a non seulement contribué à un développement industriel sans précédent mais qui en plus a toujours eu une position extrêmement droite face à tout ce qui s'est passé durant la deuxième guerre mondiale mérite d'avoir un partenaire qui assure son avenir.
Dès lors, AGILIS s'est défini comme mission de repositionner l'Institut Technique Supérieur dans le monde digital, préservant d'une part son patrimoine historique extraordinaire et assurant d'autre part sa viabilité dans un monde de plus en plus complexe et interconnecté. Comme une des compétences-clé d'AGILIS est la digitalisation, ce vénérable Institut qu'est l'ITS se voit projeté dans le monde moderne, avec pour but de faire perdurer l'histoire de l'ITS et surtout ses valeurs humanistes.