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Dans la mythologie grecque, la déesse Némésis était la déesse de la vengeance. Elle était redoutée car elle débusquait ce qu'elle considérait comme des excès et renvoyait alors les contrevenants à la justice des dieux. Nous avons tous en tête un exemple de ce type de réaction qui nous conduit à nous débarrasser d'un problème en agissant abruptement, sans avoir mesuré toute la conséquence de nos actes. Pour ne pas être perturbés par l'angoisse ou le doute, on fonce et l'on va dans le mur. On pense avoir chassé le problème qui nous irritait. Erreur, il est toujours là, mais hors de notre champ de vision. Et les suites de cette fuite en avant se révèlent presque toujours catastrophiques. L'Histoire nous en donne de multiples exemples. S'agissant de certains pays – par exemple en Europe centrale - dont les gouvernements se singularisent aujourd'hui par un nationalisme ombrageux et par un discours politique populiste, Némésis a plus que jamais de beaux jours devant elle. Pour ne pas être accusé d'utiliser le terme populiste mal à propos, j'en cite ici la définition du Larousse. Le populisme « désigne un type de discours et de courants politiques, critiquant les élites et prônant le recours au peuple, d'où son nom. Un peuple s’incarnant dans une figure charismatique et soutenu par un parti acquis à ce corpus idéologique. Il suppose l'existence d'une démocratie représentative qu’il critique.».
Pas besoin d'être grand clerc pour savoir ce que ça veut dire.
Claude Bonard