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Hérodote, Histoires, V, 58 (édition et traduction Ph.-E. Legrand, Paris, CUF, 1946)
Ces Phéniciens venus avec Cadmus, dont étaient les Géphyréens, introduisirent chez les Grecs, en s'établissant dans ce pays, beaucoup de connaissances; entre autres celle des lettres, que les Grecs, autant qu'il me semble, ne possédaient pas auparavant; ce furent d'abord les lettres dont tous les Phéniciens aussi font usage; puis, à mesure que le temps passait, en même temps qu'ils changeaient de langue, les Cadméens changèrent aussi la forme des caractères. La plupart des régions d'alentour étaient habitées à cette époque par des Grecs de race ionienne; ils empruntèrent les lettres aux Phéniciens qui les leur avaient enseignées, et les employèrent légèrement modifiées; et, en les employant, ils les firent connaître, comme c'était justice, -puisque c'étaient les Phéniciens qui les avaient introduites en Grèce, - sous le nom de phoinikeia. C'est de même d'après l'ancien usage que les Ioniens appellent les livres de biblos (= papyrus) diphtères, parce que jadis, vu la rareté des livres de biblos (= papyrus), ils employaient des peaux, peaux de chèvres ou de moutons; encore de mon temps, beaucoup de Barbares écrivent sur cette sorte de peaux.