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Dans son discours d'ouverture, aux côtés d'autres chefs d'Etat sud-américains, Luiz Inacio Lula da Silva a souligné que la lutte contre la déforestation était fondamentale pour faire face à "l'aggravation sévère des changements climatiques".
Le sommet s'est ouvert le jour où le service européen Copernicus confirmait que le mois de juillet a été le plus chaud jamais enregistré sur terre.
Urgence
"Il n'a jamais été aussi urgent de reprendre et d'étendre notre coopération (...) Nous devons promouvoir une nouvelle vision de développement durable et inclusif dans la région, en alliant préservation environnementale et création d'emplois", a-t-il déclaré, après avoir décrit le sommet comme un "tournant" plus tôt dans la journée.
La rencontre, qui se poursuit mercredi, rassemble des représentants des huit pays membres de l'Organisation du traité de coopération amazonienne (OTCA), créée en 1995 dans le but de préserver cette vaste région qui abrite environ 10% de la biodiversité mondiale.
Le président Lula, dont le pays abrite 60% de la forêt amazonienne, est entouré à Belem de ses homologues de la Bolivie, de la Colombie et du Pérou, tandis que l'Equateur, le Guyana et le Suriname étaient représentés par des ministres.
Expliquant sur X (ex-Twitter) souffrir d'une otite, le président vénézuélien Nicolas Maduro a été remplacé au pied levé par sa vice-présidente Delcy Rodríguez.
Le sommet à Belém fait office de répétition générale pour cette cité portuaire de 1,3 million d'habitants du nord du Brésil qui accueillera en 2025 la conférence de l'ONU sur le Climat COP30.
Mesures "audacieuses"
La secrétaire-générale de l'OTCA, Alexandra Moreira, a annoncé mardi que le sommet accoucherait d'une déclaration commune avec "des mesures audacieuses et énergiques" pour protéger la forêt tropicale.
L'un des principaux défis est de trouver un plan d'action commun pour éradiquer la déforestation illégale. Les terres déboisées sont souvent transformées en pâturage pour le bétail, mais la destruction est également causée par des orpailleurs et des trafiquants de bois.
De retour au pouvoir en janvier, Lula s'est engagé à mettre un terme d'ici 2030 à la déforestation, qui a fortement augmenté sous le mandat de son prédécesseur d'extrême droite Jair Bolsonaro.
Mais le président colombien Gustavo Petro a affirmé que la "déforestation zéro" serait "insuffisante".
"La science nous a montré que même si on recouvre le monde entier d'arbres, ça ne suffira pas à absorber les émissions de CO2 (...). Il faut abandonner les énergies fossiles", a-t-il insisté.
Selon lui, cette responsabilité est avant tout "des pays du nord", tandis que "nous (les pays amazoniens) devons protéger l'éponge", comme il décrit la forêt tropicale.
Mais cette transition énergétique est un sujet plus sensible pour d'importants producteurs d'hydrocarbures de la région amazonienne, comme le Venezuela ou le Brésil.
"Problèmes bien plus graves"
Cette question a également été abordée le weekend dernier, lors d'une rencontre de représentants de la société civile à Belem intitulée "Dialogues Amazoniens", avec des manifestations réclamant une "Amazonie libre de pétrole".
De nombreux leaders indigènes ont également pris part à cette rencontre, espérant faire entendre leurs revendications, notamment sur le droit à la terre.
"Si l'on ne met pas fin à la déforestation, nous devront faire face à des problèmes bien plus graves", a confié lundi à l'AFP le chef indigène emblématique Raoni Metuktire.
Mercredi, le sommet se poursuivra avec la participation de pays non membres de l'OTCA invités à Belém, comme la France, qui possède un territoire amazonien avec la Guyane et sera représentée par son ambassadrice à Brasília, Brigitte Collet.
L'Indonésie, la République du Congo et le Congo-Brazzaville, qui abritent de vastes forêts tropicales, ont également été invités.