Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06934.jsonl.gz/400

Devant le nez des premiers enthousiastes de la Planète unie par les peuples unis — et j’en étais — un certain rideau de fer est tombé, brutalement.
Notice
1948-1950 : c’est le moment où la question de l’union de l’Europe devient prioritaire dans l’œuvre de Denis de Rougemont, une Europe qu’il souhaite unie sur la base de sa culture et selon la méthode fédéraliste.
Rapporteur de la commission culturelle de l’historique congrès de La Haye (mai 1948), Rougemont en précise le sens dans Fédération, l’organe des fédéralistes français (« Pour sauver nos diversités… »). D’un point de vue général, la plupart des textes qu’il publie sur l’Europe mettent très en avant la question du fédéralisme. Signalons ici une curiosité : l’article « Pourquoi l’Europe ? », tiré d’une conférence à La Sorbonne, et publié par l’organe officiel du RPF, le parti gaulliste et souverainiste de l’époque qui semble l’approuver… Dans sa réflexion, Rougemont n’oublie pas le rôle que devrait jouer selon lui la Suisse (« L’idée fédéraliste »). On trouvera aussi des articles sur la création du Centre européen de la culture, et notamment son intervention lors de la Conférence européenne de la culture à Lausanne en décembre 1949 (« Raisons et buts d’une conférence »). Notons enfin un « Essai sur l’avenir », qui préfigure des réflexions que Rougemont approfondira dans les années 1970.