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On glose ferme ces temps-ci sur la future composition du Conseil fédéral, sur la stratégie à adopter pour respecter la concordance, la collégialité, la représentativité politique des partis tout en ménageant leurs susceptibilités. On ressort les calculettes, on calcule des moyennes pour tenter de placer 8 ou 9 personnes sur sept sièges, un peu comme dans le jeu des « chaises musicales ». Vous savez ce jeu qui laisse un joueur sur le carreau faute d'avoir trouvé un siège lorsque la musique s'arrête.
Or donc c'est ce jeu, finalement très confédéral, qui se tiendra le 14 décembre prochain.
Mais franchement pourquoi la composition du Conseil fédéral ne devrait-elle dépendre que de moyennes arithmétiques ? Pourquoi faudrait-il absolument que le gouvernement fédéral reflète rigoureusement les trois, quatre ou cinq partis les plus représentés aux deux chambres du parlement ?
Aujourd'hui le Conseil fédéral est faible, nous le savons tous. Cela tient à nos institutions autant qu'à son mode d'élection qui tente la gageure de faire cohabiter sept personnes souvent disparates, issues de milieux politiques divers, de régions géographiques et linguistiques différentes, sans trop se préoccuper de leur cohabitation, ni de leur personnalité ou de leur faculté à travailler ensemble.
Or un gouvernement ce n'est pas la juxtaposition, ni la somme de sept talents, mais un ensemble efficace et homogène qui œuvre au succès d'un projet politique cohérent préalablement décidé et accepté par tous. L'image que nous offre aujourd'hui l'attelage fédéral qui tire à hue et à dia, ne correspond pas vraiment à cet idéal.
Si l'on veut restaurer la confiance, la collégialité, la cohérence et l'efficacité au sein du Conseil fédéral, il est indispensable que l'UDC sorte du gouvernement fédéral et entre clairement dans l'opposition.
En effet, on ne peut pas tout à la fois faire partie de l'exécutif tout en étant dans l'opposition.
Compte tenu des très nombreux défis qui attendent la Suisse au cours de ces prochaines années, voire de ces prochains mois déjà, - je pense notamment à nos relations avec l'UE qui s'annoncent d'ores et déjà "coriaces" - il faut impérativement renforcer le Conseil fédéral et c'est urgent !
Nous ne pouvons plus nous satisfaire d'un gouvernement réactif qui se contente de réagir aux événements « au fil de l'eau », sans les avoir anticipés. L'adage nous rappelle que « gouverner c'est prévoir », c'est donc d'un Conseil fédéral proactif dont nous avons besoin.
Dans ce contexte, l'UDC n'est pas un partenaire gouvernemental crédible, ni fiable, car il faut s'attendre à ce qu'il utilise sa démagogie habituelle et sa capacité de nuisance pour perturber le fonctionnement de l'exécutif, ceci pour servir ses propres intérêts. Avec l'UDC au sein du Conseil fédéral, celui-ci devrait se contenter de traiter les affaires courantes, autant dire que la Suisse serait quasiment ingouvernable. Est-ce cela que nous voulons ? Est-ce le message envoyé par le peuple le 23 octobre dernier ?
Par conséquent c'est autour d'un "pacte républicain" que les partis PLR, PDC, PBD, Verts libéraux, Verts et Socialiste doivent s'entendre d'ici au 14 décembre prochain, pour éjecter l'UDC du Conseil fédéral.
En auront-ils le courage ? En prendront-ils le risque ? Là est toute la question !
Dans une telle configuration on pourrait imaginer un Conseil fédéral composé de : 2 PLR, 2 PDC, 1 PBD et 2 socialistes ou 2 PLR, 1 PDC, 1 PBD, 1 Vert et 2 socialistes.
Il nous faut un Conseil fédéral composé de personnes compatibles entre elles, de personnes qui se font confiance par delà les appartenances partisanes. A cet égard, Eveline Widmer-Schlumpf n'a pas démérité, bien au contraire. Par conséquent, pourquoi faudrait-il la remplacer ?
Ce n'est point d'une "cuisine arithmétique fédérale" dont nous avons besoin, mais d'une "cuisine imaginative" où se "marient toutes les saveurs", entendez par là toutes les compétences et les intelligences dont les Chambres fédérales regorgent !
Alors Messieurs les grands stratèges politiques, Messieurs les faiseurs de rois, MM. Pelli, Darbellay, Grunder, Bäumle, Ueli Leuenberger et Leyvrat, un peu de courage et d'imagination que diable !