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1663
Charles Sorel, Le Parnasse réformé
Œuvres diverses, Paris, Compagnie des libraires, 1663
De l'utilité de la comédie
Dans son Parnasse réformé, Sorel confie à Mercure la défense la comédie. La démonstration donne toute sa place à la représentation et au spectateur :
Mercure mettant la comédie en ce rang remontrait qu’elle était un passe-temps illustre qui faisait paraître les héros et les empereurs sur la scène et qui fournissait d’exemple à tous les hommes pour leur conduite. Que l’art de l’éloquence en était tiré et que les grands orateurs comme Cicéron et quelques autres avaient appris la prononciation et le geste d’un Roscius et de semblables comédiens. Que les harangueurs parlaient seuls d’ordinaire, comme faisaient aussi quelques personnages de comédie, mais que de plus on faisait parler plusieurs gens ensemble sur les théâtres avec des intrigues admirables, ce qui était une excellente image de la vie civile. Qu’aussi les comédiens avaient été extrêmement honorés dans plusieurs États et leur exercice fort approuvé.
Mercure défendit encore la danse, alléguant que c’était une comédie muette et qu’elle représentait par les gestes et les postures ce que représentait l’autre par les paroles. En ce qui était des ouvrages comiques ou burlesques, il assura qu’ils étaient nécessaires pour se délasser après des études sérieuses et que les comédies enjouées et même les farces devaient être utiles à ceux qui s’adonnaient aux occupations les plus importantes, parce que les hommes studieux étant le plus souvent fort mélancoliques, il fallait quelque chose de piquant pour les réveiller.
[…]
Là dessus Mercure voulut joindre les effets aux paroles et les exemples aux raisons, pour mieux persuader ce qu’il désirait. Étant assisté de Momus et d’autres divinités de bonne humeur, il fit faire plusieurs représentations où Apollon et les muses assistèrent avec les plus raisonnables d’entre les lettrés.
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