Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06988.jsonl.gz/1050

Rainer Maria Rilke se rend à deux reprises en Russie, en 1899 et 1900, accompagné de Lou Andreas-Salomé. Il découvre Moscou et Saint-Pétersbourg bien sûr, mais il chemine également le long de la Volga, retourne sur les traces de Léon Tolstoï à Iasnaïa Poliana et poursuit sa route jusqu'en Ukraine. Pour Rilke, ces voyages sont une sorte d'éveil, personnel et artistique. La Russie a été pour le poète, sa vie durant, une patrie spirituelle, l’objet de sa nostalgie. En raison de leur impact sur l’œuvre, ces voyages sont entrés dans l’histoire de la littérature de langue allemande. On trouve dans son œuvre et dans sa correspondance de nombreuses traces de cette « fascination russe ». Inversement, peu d’autres poètes modernes ont suscité autant d’écho dans la Russie d’avant la Révolution d’Octobre.
De nombreux témoignages de cet attrait réciproque ont été rassemblés pour la première fois dans le cadre d’une collaboration trinationale. Zurich et Berne, les deux sites suisses de l’exposition « Rilke et la Russie », présentent près de 280 pièces originales issues de plus de vingt collections allemandes, russes et suisses. À la Bibliothèque nationale, l'exposition « Rilke et la Russie » s'accompagne de volets thématiques consacrés à deux auteurs suisses dont les débuts littéraires ont un lien avec la Russie : Blaise Cendrars, qui débarque à Moscou en 1904, à l’âge de dix-sept ans, et Carl Spitteler, qui fut précepteur en Russie durant huit ans.
Prolongeant à sa façon le catalogue publié à l'occasion de cette manifestation, Passim 20 donne à lire une dizaine de contributions inédites relatives à l'exposition « Rilke et la Russie ». Le Conseiller fédéral Alain Berset nous fait l'honneur d'ouvrir ce nouveau numéro ; un essai du professeur Alexander Honold, à propos des carillons du Kremlin, ainsi que les contributions de Ilma Rakusa et de Felix Philipp Ingold reviennent sur l'expérience russe de Rainer Maria Rilke ; Vincent Yersin se penche, quant à lui, sur les liens entretenus par Cendrars avec Rilke (entre anecdotes historiques et intertextualité inavouée). Ce numéro permet également de présenter diverses institutions – la Rilke-Gesellschaft et la Fondation Rilke, à Sierre – et un projet numérique – la digitalisation des archives de Rilke conservées aux ALS – œuvrant à la mise en valeur du poète allemand. Pour clore ce dossier et élargir la perspective, une « Galerie » montre quelques documents « russes » provenant des archives littéraires d'une dizaine d'écrivains italophones et francophones, tandis que Hannes Mangold revient sur la présence de Lénine dans les murs de la Bibliothèque nationale entre 1914 et 1916, à la veille de la Révolution dont on célèbre cette année le centenaire.
Les lecteurs du Passim retrouveront, en fin de numéro, les informations relatives aux activités des ALS : les dernières publications y sont annoncées (Quarto 44) de même que les inventaires en ligne et les nouvelles acquisitions (Olivier Beetschen et Rose-Marie Pagnard pour les écrivains francophones).
Passim 20 | 2017 (PDF, 3 MB, 16.11.2017)Bulletin des Schweizerischen Literaturarchivs | Bulletin da l’Archiv svizzer da litteratura | Bollettino dell’Archivio svizzero di letteratura | Bulletin des Archives littéraires suisses
Dernière modification 17.11.2017