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Ne vous inquiétez pas, je ne vais pas continuer pendant des semaines à vous ennuyer avec l'affaire Proteron, mais il me semble correct de porter à votre connaissance la réponse que j'ai reçue de l'éditeur de MaxMenus, suite au dernier courriel que je lui ai envoyé.
Cette lettre répond à quelques remarques que j'ai faites à Sam Caughron, l'un des directeurs de Proteron.
Je lui expliquais que si je détestais le piratage, sous toutes ses formes (eh oui, on ne se refait pas), je détestais encore plus les logiciels espions qui envoyaient des données en provenance de l'ordinateur d'une personne sans son consentement, même si cette dernière utilise un programme illégalement.
J'écrivais également à l'éditeur que sa façon de faire était particulièrement vicieuse, puisqu'il laissait l'utilisateur malhonnête entrer le numéro de série illégal sans rien dire, alors qu'il suffisait d'interdire cette installation à ce moment précis, pour mieux le pincer ensuite par un procédé qui pouvait être illégal dans certains pays.
Voici donc la réponse de Proteron à ces remarques que j'ai traduite ci-dessous.
Je me donne de la peine pour suivre vos news chaque jour, et mon français devient meilleur chaque heure!
Si nous avertissons l'utilisateur qu'il entre un numéro pirate, il ne faudra que quelques heures pour qu'une nouvelle liste avec des numéros de série soit à nouveau disponible. Nous savons cela d'expérience. Ce serait un exercice vain.
Notre unique choix a été d'observer silencieusement pendant quelque temps les utilisateurs qui entraient un numéro pirate.
Notez bien que nous n'avons jamais violé la sphère privée de nos utilisateurs, pas même celle de ceux qui ont entré un numéro pirate. Après avoir été informés de leur malhonnêteté, nous les avons contactés en privé. Certains utilisateurs ont décidé de faire d'une discussion privée entre Proteron et eux-mêmes un débat public…
Vous voyez peut-être les choses ainsi parce que vous ne voyez qu'un côté du débat. Chez Proteron, nous sommes aussi des individus humains qui utilisent des logiciels et nous désirons également que notre intimité soit respectée.
Nous détestons également les spywares (N.D.L.R.: mécanismes espions intégrés à un logiciel allant donner certaines données d'un ordinateur à un éditeur sans le consentement de l'utilisateur) mais nous faisons également partie des gens durement touché par le piratage. Et selon nous, un logiciel qui ne va donner des données à l'insu de l'utilisateur SEULEMENT quand il a été volé n'est pas un spyware. Si vous acceptiez de vous mettre à notre place, votre point de vue serait certainement différent.
Je le répète, notre système ne "pince" que ceux qui utilisent des numéros illégaux
Quant à savoir si la publicité qui nous est faite par ces pratiques via votre site est mauvaise, Quod scriptis scriptis! Beaucoup d'utilisateurs sont d'accord avec nous, beaucoup ne le sont pas. Nous les laissons seuls juges.
Je tiens à préciser qu'en ce qui concerne le fait de me mettre à la place de l'éditeur, je peux le faire sans peine puisque la programmation est l'une de mes activités principales (moins maintenant qu'il faut faire tourner Cuk.ch) et que je n'aime pas trop non plus être piraté (bien que quelque part, cela me flatte, tout en étant conscient que j'ai l'avantage de ne pas vivre de mes productions).
Je crois aussi avoir écrit à moult reprises dans les articles consacrés à l'affaire qui nous intéresse ici à quel point j'étais opposé au piratage.
Nous en venons donc très vite à un dialogue de sourds que je vais arrêter d'alimenter après cette humeur.
Juste deux petites choses encore:
- lorsque Proteron laisse les utilisateurs seuls juges du bien-fondé de ses pratiques, il a peut-être tort. La justice pourrait bien rappeler à cette entreprise un jour ou l'autre les lois concernant la protection de la sphère privée que l'éditeur outrepasse dans certains pays.
- comme me le faisait remarquer P.B. et comme je l'ai déjà écrit en commentaires de l'humeur de dimanche, la morale de cette histoire, c'est que l'utilisateur pirate va pouvoir payer son logiciel 25$, alors que l'utilisateur honnête va devoir continuer à verser 30$ pour le même produit. C'est tout de même le monde à l'envers!
Enfin, je tiens à vous signaler à nouveau l'article paru sur MacPlus de ComradE Ogilvy et le lancement de son action "Payez un shareware et envoyez la preuve du paiement à Proteron". Cela me semble être un bel acte de solidarité vis-à-vis des programmeurs (mis à part que je reste persuadé qu'il est indispensable de payer tous les softs que l'on utilise) et ferait un joli pied de nez à ce même Proteron.
Voilà, quant à moi, j'espère en avoir fini avec cette histoire…
J'ai bien peur pourtant qu'à l'avenir, il faille faire face de plus en plus à ce genre d'affaires. Et que peut-on alors faire d'autre qu'écrire notre désaccord?