Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06999.jsonl.gz/800

La Suisse reprend une collaboration controversée avec l'Erythrée
Depuis le début de ce mois, la Direction du développement et de la coopération (DDC) a repris des projets de coopération en Erythrée. Avec l'organisation non gouvernementale italienne Volontariato Internazionale per lo Sviluppo (VIS), mais aussi avec le Comité suisse de soutien à l’Erythrée (suke), une organisation privée à but humanitaire, active dans ce pays depuis les années 1970.
Jusqu'en 2019, la DDC lui versera environ 500'000 francs par année pour financer une école professionnelle. Il s'agira in fine d'inciter les jeunes Erythréens à travailler sur place et donc éviter qu'ils immigrent, ce qui est un objectif cher du régime d'Asmara. L'argent de la Suisse sera transmis au consul honoraire en Suisse, Toni Locher, également président de ce Comité suisse de soutien à l'Erythrée.
Ami personnel du président érythréen
Cette collaboration a de quoi surprendre. Toni Locher empêche, par exemple, l'octroi de visas aux journalistes suisses qui accusent le régime d'être une dictature. Ami personnel du président érythréen, ses positions progouvernementales lui valent les critiques d'une partie de la diaspora érythréenne en Suisse.
Toni Locher n'est pas le moins étonné d'avoir été choisi par la DDC. "Evidemment que la DDC a cherché un partenaire suisse sur place. Et notre organisation est active en Erythrée depuis une quarantaine d’années", relève l'intéressé, qui tempère: "Ce n’est pas décisif de savoir qui réalise ce projet, ce qui compte c’est son contenu, sa faisabilité."
>> L'interview de Toni Locher dans La Matinale:
Confrontée à ces faits, la DDC n'a dans un premier temps pas été en mesure de répondre à la RTS. NB: Le DFAE a finalement transmis une réponse après la diffusion du sujet, retranscrite dans l'encadré ci-dessous.
Malgré les critiques récurrentes de la communauté internationale contre l'Erythrée, et sous pression du Parlement, le Conseil fédéral a décidé de renouer le dialogue avec Asmara, après onze ans d'interruption, notamment pour endiguer le flux migratoire en provenance de ce pays.
>> Ecouter aussi le débat entre Claude Béglé, conseiller national PDC, et Alain Bovard, chargé de politique des droits humains à Amnesty Suisse:
Marc Menichini/lgr
Publié le 13 octobre 2017 - Modifié le 14 octobre 2017
La réaction du DFAE
Selon la DDC, l'organisation jouit d’une bonne réputation auprès des autorités érythréennes, "une base nécessaire pour pouvoir travailler dans ce contexte". En outre, SUKE porte la certification ZEWO, gage que "les processus et les contrôles pour la bonne utilisation des fonds sont garantis".