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1930
L’auberge de jeunesse de Rotburg près de Mariastein et le château d’Ehrenfels au-dessus de Sils im Domleschg constituent les deux « châteaux de jeunesse » de la Suisse. Sur l’exemple de la France et de l’Allemagne, les années 1930 ont vu naître sous la direction de l’architecte Eugen Probst des programmes de volontariat destinés aux jeunes sans emploi. Plus que des mesures d’entretien des monuments et de l’aspect historique, ces travaux de restauration avaient pour objectif principal de mettre fin au délabrement de ces vestiges et de mettre à disposition de la jeunesse un château où elle puisse loger et travailler.
Le territoire du Jura tabulaire du nord fait partie des zones de Suisse les plus riches en châteaux forts, qui se comptent ici par douzaines, certains en bon état et d’autres en ruines. Le Rotburg ne jouait pas un rôle particulièrement important et ne présentait pas non plus de valeur architecturale significative. Certaines suppositions selon lesquelles le Rotburg aurait été la légendaire forteresse Robur de l’empereur Valentinien Ier pour se protéger contre les Germains semblent erronées. On suppose que la fondation de ce château fort remonte plutôt à l’époque des XIIe et XIIIe siècles, où furent édifiés la plupart des châteaux forts suisses.
L’ouvrage fut édifié sur un promontoire rocheux au pied du Blauen. L’espace y était si restreint que des murs d’appui spéciaux durent y être aménagés pour la construction du chemin et d’un petit enclos.
Premiers représentants de leur lignée, Johans et Wernher von Rothberg sont mentionnés pour la première fois dans la seconde moitié du XIIIe siècle. Les seigneurs de Rothberg avaient cherché assez tôt à se rapprocher de la ville de Bâle, toujours plus influente, et lui avaient fourni plusieurs bourgmestres. En 1451, un certain Arnold von Rothberg fut même consacré évêque de Bâle.
On ignore à ce jour si le Rotburg avait déjà été détruit par le grand tremblement de terre de Bâle de 1356. Il se peut toutefois qu’il ait subi alors des dommages très importants qui ne furent jamais réparés et qu’il se soit ensuite dégradé progressivement.
Mais le domaine, situé au pied de la colline, continua d’être utilisé. En 1918, l’union coopérative générale des deux Bâle (Allgemeiner Consumverein beider Basel) reprit le domaine et devint ainsi propriétaire des ruines.
En 1933, l’architecte zurichois et président de l’Association suisse Châteaux forts Eugen Probst proposa, sur l’exemple de la France et de l’Allemagne, de faire renaître le Rotburg sous la forme d’un « château de la jeunesse ». Il prévoyait pour cela de faire appel à des jeunes sans emploi à qui il offrirait ainsi une expérience professionnelle concrète. L’union coopérative de Bâle soutint ce projet et mit en place des récoltes de dons dans ses magasins.
C’est ainsi que près de 30 jeunes commencèrent les travaux en janvier 1934. Eugen Probst s’occupait de la planification et le Consumverein fournissait pour sa part la direction des travaux.
Le 27 novembre 1935, les travaux étaient terminés et le château de la jeunesse pouvait ouvrir ses portes.
Bibliographie