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Une vie d'excès d'alcool augmenterait aussi le tour de taille
Mauvaise nouvelle pour les amateurs d'apéros en visioconférence où l'alcool coule à flots, des chercheurs britanniques ont montré qu'une forte alcoolisation tout au long de la vie pourrait ajouter plusieurs centimètres à votre tour de taille vers 50 ans, sans parler de l'augmentation des risques d'attaque et d'hypertension.
Une équipe du University College London (UCL) a suivi 4.820 adultes âgés de 59 à 83 ans, soit 69 ans en moyenne.
Les habitudes d'hyper-alcoolisation (binge drinking) et de consommation dangereuse d'alcool des participants étaient évaluées au cours de chaque décennie de leur vie au moyen du test «Alcohol Use Disorders Identification Test for Consumption» (AUDIT-C).
Ce test comprend seulement trois questions et permet d'évaluer la fréquence de la consommation d'alcool, la quantité bue et la fréquence d'hyper-alcoolisation (au moins six verres sur une courte période de temps). Les chercheurs décrivent le buveur qui met sa vie en danger: c'est celui qui boit trois ou quatre verres au moins quatre fois par semaine.
A partir de leurs réponses, les participants ont été classés en plusieurs groupes. Celui des buveurs qui n'avaient jamais mis leur vie en danger (buveurs modérés), les anciens buveurs à risque précoces (qui ont arrêté de trop boire avant 50 ans), les anciens buveurs à risque tardifs (qui ont arrêté après 50 ans), les buveurs à risque actuels et les buveurs à risque constants (qui buvaient beaucoup tout au long de leur vie).
Les résultats de cette étude, repris par la revue Addiction, ont montré que plus de la moitié des participants (56%) avaient été de gros buveurs à un moment de leur vie. De plus, 21% buvaient beaucoup au moment de l'étude, et 5% avaient beaucoup bu de manière constante tout au long de leur vie.
Ils ont noté que les gros buveurs étaient principalement des hommes, surtout blancs, et plus susceptibles d'avoir eu des responsabilités professionnelles.
De plus, après avoir pris en compte d'autres facteurs quotidiens pouvant influer sur les résultats, les anciens gros buveurs, les buveurs actuels et les gros buveurs constants affichaient une tension artérielle systolique plus élevée et un fonctionnement de foie amoindri par rapport aux buveurs modérés.
Les anciens gros buveurs tardifs voyaient leur risque de mortalité non-liée à des maladies cardiovasculaires doubler par rapport aux buveurs modérés. Les gros buveurs actuels voyaient leur risque d'attaque tripler par rapport aux buveurs modérés.
En plus de l'augmentation de différentes maladies, les gros buveurs constants affichaient aussi un tour de taille plus conséquent que ceux qui modéraient leur consommation. Les anciens gros buveurs tardifs, les anciens gros buveurs précoces et les gros buveurs constants affichaient respectivement un tour de taille de 1,88 cm, 2,44 cm et 3,85 cm supplémentaires par rapport à ceux qui consommaient de l'alcool avec modération.
Les scientifiques ont cependant précisé que le fait d'arrêter de beaucoup boire avant l'âge de 50 ans permettait de préserver la santé globale des sujets.
«Le mauvais usage de l'alcool, malgré la perception courante du 'binge drinking' chez les jeunes, est fréquent chez les adultes plus âgés, les hospitalisations pour cause d'alcool les plus courantes en Angleterre sont plus fréquentes chez les adultes âgés de plus de 50 ans», commente le Dr. Linda Ng Fat en charge de l'étude.
«Les études précédentes s'étaient concentrées sur des instantanés uniques de consommation, ce qui masquait potentiellement les effets cumulés de l'alcool. Cette étude permet de prendre conscience des effets de la consommation d'alcool tout au long de la vie», conclut la chercheuse.Retour à la page d'accueil