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L’infiltration par corticostéroïdes est pratiquée de manière courante malgré un manque d’évidence. Les auteurs ont voulu étudier l’effet de l’infiltration intra-articulaire de triam-cinolone chez des patients avec gonarthrose symptomatique et pré-sence de synovite inflammatoire. Ils ont randomisé 140 patients en deux groupes, qui recevaient tous les 3 mois des infiltrations de corticostéroïdes versus placebo. Ils ont suivi les patients durant deux ans et ont observé la perte cartilagineuse, les dommages structurels articulaires, la douleur et la répercussion fonctionnelle. Les patients ont également bénéficié d’un suivi IRM à 0, 12 et 24 mois. Les résultats montrent une perte de l’épaisseur cartilagineuse plus importante dans le groupe corticoïde (- 0,21 mm vs 0 ,10 mm p = 0,01) ainsi qu’une diminution plus importante de l’index de dommage cartilagineux (-133,66 vs 72,41 µm3, p = 0,048). Il n’y avait pas de différence entre les deux bras concernant les douleurs (-1,2 vs 1,9 p = 0,17) ou la fonctionnalité.
Commentaire : Dans cette étude, l’utilisation de l’IRM a permis pour la première fois de mettre en évidence une perte cartilagineuse secondaire aux infiltrations de corticostéroïdes. La signification clinique de ces dégâts reste inconnue. Cette étude n’a pas permis de mettre en évidence une différence concernant les douleurs entre les deux groupes. Il faut dire que le suivi était effectué uniquement tous les trois mois et qu’un effet transitoire après l’infiltration n’a pas pu être étudié. Le collectif reste par ailleurs petit et des études à plus grande échelle seront nécessaires afin de statuer définitivement sur l’utilité d’un tel traitement. Dans l’état actuel des connaissances et au vu de ces résultats, la prudence devrait pousser à limiter autant que possible les infiltrations chez les patients souffrant de gonarthrose.