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La société créée par les entreprises d'interconnexion reprend l'exploitation du réseau électrique suisse à très haute tension. Une réponse à l'ouverture du marché de l'électricité dans l'UE.Ce contenu a été publié le 15 décembre 2006 - 11:47
Le secteur de l'électricité prend ainsi de l'avance sur la future loi sur l'approvisionnement en électricité, toujours en discussion.
Une nouvelle ère s'ouvre en Suisse avec les débuts opérationnels de Swissgrid vendredi. Désormais, la gestion de l'ensemble du réseau électrique à très haute tension est chapeautée par une seule et même entreprise.
Concrètement, le nouveau venu est responsable de l'exploitation «sûre et fiable» de la totalité d'un réseau de 6700 kilomètres. Il devient l'unique interlocuteur dans ce domaine à l'échelle nationale.
Cette gestion centralisée du réseau renforce la position de la Suisse en tant que plaque tournante au centre de l'Europe. Avec ses 130 employés, Swissgrid dit garantir aussi la sécurité de l'approvisionnement électrique en Suisse même.
Sur le plan politique, la loi sur l'approvisionnement en électricité est actuellement entre les mains du Parlement fédéral et le texte devrait entrer en vigueur au plus tôt en 2008.
Mais Swissgrid n'a pas attendu pour entrer en scène. Sa création résulte à la fois de l'ouverture du marché de l'électricité dans l'Union européenne (UE) et de l'ouverture de négociations prévues l'an prochain.
Suisse et UE vont en effet négocier un accord bilatéral en matière d'approvisionnement électrique. Ceci alors que le peuple suisse a rejeté une libéralisation du marché électrique intérieur en 2002.
Une étape intermédiaire
Selon son directeur Hans-Peter Aebi, Swissgrid remplit d'ores et déjà une partie des exigences de la future loi en discussion sur l'approvisionnement en électricité.
«L'entame des activités de Swissgrid représente une étape intermédiaire», confirme Walter Steinmann, directeur de l'Office fédéral de l'énergie (OFEN).
Il manque en particulier à la Suisse une autorité de régulation. Une autorité prévue dans la nouvelle loi. Baptisée Elcom, elle surveillera non seulement les prix mais aussi les tarifs d'utilisation du réseau.
En clair, cette commission déterminera la rentabilité du réseau d'acheminement qui, de l'avis de Walter Steinmann, ne devrait pas être trop élevée étant donné qu'il s'agit d'un monopole. Ce qui devrait réduire son intérêt au yeux des producteurs de courant.
Sur fond de controverse
Swissgrid se met au travail alors que la séparation entre exploitation du réseau et production d'électricité suscite la controverse sur le plan national.
Pas plus tard que cette semaine, le Parlement a opté pour la création d'une société nationale possédant ET exploitant le réseau d'approvisionnement en électricité.
Conséquence: la propriété du réseau sera transmise à Swissgrid, ses actuels propriétaires demeurant actionnaires de la société basée en Argovie (et donc possesseurs indirects du réseau).
Si Swissgrid n'émet guère d'objections à la reprise du réseau, ses actuels propriétaires – les compagnies régionales d'interconnexion EOS, Atel, BKW, NOK, CKW, EGL, et EWZ - s'y opposent vigoureusement.
Intérêts de politique régionale
Il s'agit là d'une solution imposée par la politique, estime Hans Schweickardt, président de Swisselectric, l'organisation faîtière de ces entreprises.
Pour celui qui est aussi patron du groupe vaudois EOS, des problèmes interviendront au moment où il s'agira de développer le réseau, dont les capacités sont arrivées à leurs limites.
Ainsi, les besoins des producteurs de courant se verront confrontés à des intérêts de politique régionale. «En conséquence, des coupures du réseau ne peuvent être exclues», avertit Hans Schweickardt.
Ces craintes, le directeur de l'OFEN ne les partage pas. Un groupe de professionnels examine déjà les questions portant sur l'expansion du réseau, indique Walter Steinmann.
Et conformément à la loi, ce groupe devra tenir compte des aspects de politique régionale dans ses décisions.
swissinfo et les agences
Chronolgie
Face à la libéralisation du marché de l'électricité dans l'Union européenne (UE), les fournisseurs ATEL, BKW et EOS créent en 1998/99 la société suisse de réseau SNG. En parallèle, EWZ Zurich, CKW et NOK mettent leurs réseaux en commun.
Les sociétés des deux groupes fondent à fin 1999 une entité commune baptisée ETRANS SA, qui se met au travail dès 2000.
En avril 2002, les entreprises d'électricité ATEL, BKW, CKW, EGL, EOS et NOK établissent une organisation faîtière nationale des producteurs de courant, Swisselectric.
La loi sur libéralisation du marché de l'électricité est refusée en votation populaire le 22 septembre 2002 par 52,6% du corps électoral. L'ouverture progressive du marché impliquait la création d'une société unique pour gérer le réseau national.
Swisselectric met sur pied cette société le 30 avril 2004. Elle s'appellera Swissgrid et sera responsable de la gestion du réseau de distribution en Suisse et du transit international du courant.
Le dossier Swissgrid passe entre les mains de la commission de la concurrence, de la commission de recours et du Tribunal fédéral. Avec un an de retard, l'entreprise est opérationnelle à partir du 15 décembre 2006.
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