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Voici Encelade, l'un des deux-cents satellites naturels de Saturne. Des observations réalisées depuis 2004 par la sonde Cassini ont révélé une géométrie très complexe sur et sous sa surface. Et notamment des jets, des sortes de geysers, qui indiquent qu'il y aurait de l'eau liquide sous sa surface, elle-même composée d'une importante couche de glace ou de neige (schéma ci-dessous), épaisse d'une centaine de mètres.
Il neige en effet sur Encelade depuis au moins 100 millions d'années. Une étude parue dans le dernier numéro de la revue Nature s'intéresse à des données recueillies par Cassini et aux grains minéraux minuscules expulsés par les fameux geysers. Selon les chercheurs, ces grains de silice ne peuvent provenir que de cheminées hydrothermales situées au fond d'un océan d'eau liquide. Ces cheminées propulsent de l'eau chaude d'une température de 90° au moins. Ce genre de sources chaudes existent également au fond des océans terrestres. Et créent un environnement où les bactéries peuvent proliférer. Cette activité se déroulant sur Encelade depuis des millions d'années, il y a donc de fortes chances que les sources abritent elles aussi une forme de vie microbienne. De plus, ladite activité géothermique (c'est la toute première qu'on observe en dehors de la terre) explique la présence de méthane dans les nuages s'échappant du pôle sud du satellite. La présence d'eau chaude en interaction avec un fond rocheux étant un indice crédible de la présence d'organismes vivants, il ne reste plus qu'à aller vérifier sur place. Cassini terminera sa mission en 2017, mais d'autres envois sont à l'étude aux Etats-Unis, au Japon et en Europe.