Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06880.jsonl.gz/1361

Le mont San Salvatore est une montagne bien particulière, que l’on peut qualifier de légendaire. Né au cœur d’une ancienne mer, dans un environnement semblable à l’actuel archipel des Bahamas, ce mont arbore un passé qui se perd dans la nuit des temps.
Au début de l’ère du Trias, il y a 245 millions d’années, les eaux d’une mer primitive commencèrent à monter et à envahir les côtes de l’unique continent alors existant : la Pangée. Cet environnement inondé était caractérisé par un climat chaud et tropical, et par une mer si peu profonde que la lumière du soleil en atteignait les fonds. Le climat était donc favorable au développement d’organismes marins tels que les coraux, qui eux-mêmes contribuèrent à la formation de récifs de corail. A leur mort, les algues, les éponges, les oursins et les mollusques qui peuplaient ces récifs déposaient leurs squelettes et carapaces au fond de la mer, formant ainsi un immense dépôt qui finit par atteindre plusieurs centaines de mètres d’épaisseur. Ce phénomène – qui peut sembler paradoxal pour une mer de seulement quelques mètres de profondeur – est dû au fait que le poids extraordinaire des sédiments, en perpétuelle augmentation, entraînait un affaissement de la croûte terrestre tout en stabilisant le niveau de profondeur : cela permettait à la lumière d’éclairer les fonds marins, et donc aux organismes de survivre.
Les pressions colossales exercées par le poids des couches de sédiments les unes sur les autres furent à l’origine de la roche dolomitique du San Salvatore.
Par la suite, la plaque continentale africaine s’est déplacée vers le nord ; puis les deux plaques sont entrées violemment en collision il y a environ 40 millions d’années, entraînant le soulèvement et le chevauchement des fonds sousmarins rocheux, ce qui aboutit à la formation de la chaîne des Alpes. C’est à ce moment-là que le mont San Salvatore a émergé de la mer, et les témoignages de son origine marine sont aujourd’hui visibles au musée dans l’espace dédié aux roches, minéraux et fossiles.
Tel.: +41 91 985 28 28
Fax: +41 91 985 28 29
email: <email-pii>
Dès 1200, des pèlerins gravissent à pied ce mont pour honorer le fils de Dieu qui selon la légende aurait
fait une courte halte avant de s’élever au ciel.