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Le prix Goncourt 2013, plus prestigieuse récompense littéraire de l'année, a été attribué lundi au Français Pierre Lemaitre pour son livre "Au revoir là-haut".
Publié chez Albin Michel, ce roman s'intéresse à une génération perdue, les démobilisés de la Première guerre mondiale, qui ont été sacrifiés par une France exsangue après quatre ans d'horreur dans les tranchées, a été récompensé au douzième tour par six voix contre quatre.
Un roman populaire
"Ce que l'Académie Goncourt a bien voulu couronner, c'est un savoir faire qui vient du polar, du roman populaire, et c'est une bonne nouvelle pour la littérature populaire", s'est réjoui Pierre Lemaitre, 62 ans, qui a confié avoir pleuré à l'annonce de sa victoire.
Quatre finalistes étaient en lice pour le prestigieux prix: Pierre Lemaitre, mais aussi Jean-Philippe Toussaint avec "Nue", Karine Tuil avec "L'invention de nos vies" et Frédéric Verger, avec un premier roman, "Arden".
L'an passé, l'écrivain français Jérôme Ferrari avait été récompensé pour "Le Sermon sur la chute de Rome", le prix échappant au Genevois Joël Dicker et son roman "La vérité sur l'affaire Harry Quebert".
Des militantes féminines protestent
Avant l'annonce des prix, alors que journalistes et photographes se bousculaient, une petite dizaine de militantes du mouvement féministe La Barbe ont brièvement pénétré dans le restaurant Drouant pour lire un manifeste de protestation contre le manque de femmes dans les jurys et la liste des candidats.
"Messieurs de l'Académie Goncourt, La Barbe est à vos côtés pour célébrer la gloire du verbe masculin", a lancé une militante. "Chers jurys du Goncourt, en 110 ans, et 109 prix remis, vous avez honoré 99 fois de mâles et talentueux écrivains", ironisait le mouvement sur son compte Twitter.
boi avec afp
Le Renaudot à Yann Moix
Cet ouvrage de près de 1200 pages, centré sur l'enfer des relations parents-enfant, commence par la venue au monde de l'auteur, sous les insultes de ses parents.
"Naissance" a été désigné par 6 voix au 1er tour.
Ont aussi eu des voix Etienne de Montéty, pour "La Route du salut", Charif Madjalani, pour "Le dernier seigneur de Marsad", et Romain Puértolas, pour "L'extraordinaire voyage du Fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea".