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L'autobau Romanshorn consacre une exposition spéciale à Franco Sbarro, l'un des «architectes automobiles» les plus géniaux de Suisse, du 5 juin au 4 septembre.
Franco Sbarro est l'un des grands constructeurs de l'histoire de la construction automobile suisse. Né le 27 février 1939 à Presicce (province de Lecce), ce fils de paysan s'intéresse très tôt à la mécanique. Et ce, bien qu'il n'y soit guère confronté à la maison. A part un cheval, la famille ne possède aucun moyen de locomotion. Et le vélo, Sbarro jr. doit le partager avec les enfants du voisinage.
Après l'école primaire, Sbarro part à Lecce pour y étudier la mécanique. Il finance lui-même ses études grâce à de petits boulots. La légende est connue. Avec seulement un billet de train dans ses bagages et une grande passion pour les voitures dans le cœur, le jeune Sbarro voyage en train vers la Suisse en 1957.
Avec beaucoup de travail et encore plus de talent, Sbarro parvient à reprendre une entreprise de garage à Yverdon-les-Bains en 1960. Alors qu'il n'a que 21 ans, il fait la connaissance du comte Herbert de Caboga. Celui-ci lui présente son capo, le propriétaire d'une écurie de course Georges Filipinetti. Un entrepreneur genevois, importateur général de Ferrari et ambassadeur de Saint-Marin auprès des Nations Unies à Genève. Ce dernier lui dit: «Tu seras notre chef mécanicien.»
L'Ecurie Filipinetti est alors l'une des plus prestigieuses écuries de course privées de renommée mondiale. Ses pilotes s'appellent Jo Siffert, Herbert Müller, Jo Bonnier, etc. Sbarro raconte: «Aujourd'hui encore, mon nom est associé à l'Ecurie Filipinetti. A l'époque, j'avais pour atelier un hangar en contrebas du château, sans chauffage, sans eau et sans électricité. En fait, je devais effectuer les travaux dans le froid, la pluie et la neige sur la place en gravier dans la cour du château. Le soir, je ravitaillai les voitures à nouveau dans la remise et dans les camions. Si j'avais besoin d'un coup de main, j'appelais les enfants des voisins, à qui je donnais un peu de chocolat.»
En tant que chef technique de la Scuderia Filipinetti, Sbarro connaît des hauts et des bas. En 1965, lors de la course des 1000 kilomètres, le Suisse Tommy Spychiger, l'un des quatre pilotes de Filipinetti, est victime d'un accident mortel au volant d'une Ferrari P1. Mais Sbarro ne se laisse pas décourager par ce destin. Et il se remet en selle grâce à ses succès avec la Porsche 906 ou la Ford GT40 aux mains de Herbert Müller ou Willy Mairesse.
Parallèlement, Sbarro travaille sur ses propres constructions – et c'est ainsi que naissent la Filipinetti I et plus tard la Filipinetti II. En 1968, Sbarro fonde son premier atelier ACA (Atelier de Construction Automobile) à Grandson. Il se fait connaître du grand public avec la SV1 (Safety Vehicle) de 1973. Ses créations sont dès lors présentées au Salon de l'automobile de Genève, ainsi qu'à d'autres expositions à Paris et à Francfort.
Afin de transmettre son savoir, Sbarro fonde en 1992 sa première école, «Espace Sbarro», à Grandson. Deux autres suivront: en 1996 à Pontarlier, en 2007 à Montbéliard. Aujourd'hui âgé de 83 ans, il travaille encore du lundi au vendredi – typiquement en survêtement rouge. Ce n'est que le samedi qu'il prend du temps pour les journalistes et les amis. Le dimanche appartient à sa famille.
L'exposition à l'autobau Romanshorn, dont le vernissage a eu lieu hier samedi, montrera la personnalité de Sbarro et son travail professionnel. Elle comprend douze concept-cars alternatifs et d'autres modèles de Sbarro. L'exposition durera du dimanche 5 juin au dimanche 4 septembre 2022 et se tiendra dans la halle du Racing. L'exposition spéciale peut être visitée dans le cadre des heures d'ouverture normales ou lors d'une visite guidée. Du 9 juillet au 27 août, l'autobau erlebniswelt est ouvert tous les jours de 10 à 17 heures.
Infos et texte: Elio Crestani