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Lors de nos séances, un directeur de la photographie, nous a rendu visite. Son rôle est central dans la réalisation de courts métrages réussis. Je reviens sur ses qualités et l’apport de son travail.
Le directeur de la photographie est souvent assisté pour les longs métrages par un cadreur en charge des images mais dans le cas des petites productions et des court-métrages en particulier, il se charge de tout ce qui se rapporte à l’image, y compris le cadrage.
Tout d’abord, les dénominations de « directeur de la photographie » ou de « chef opérateur » se réfèrent au même métier. Même si le terme de directeur de la photo est plus souvent employé pour les longs métrages, ils désignent en fait des rôles un peu différents sur un plateau de tournage.
Ainsi, le chef opérateur s’occupe plus particulièrement de la ou des caméras : choix des optiques, de la caméra, du film utilisé, de l’angle de prise de vues, des mouvements d’appareil… Alors que, en tant que directeur de la photographie, ce rôle englobe également le façonnage de la lumière.
Cependant, dans les faits, on parle souvent de « chef op » ou de « directeur photo » indifféremment. Les anglo-saxons utilisent d’ailleurs les termes de « cinematographer » ou « director of photography » de la même façon et pour désigner une même personne sur un plateau. D’ailleurs, l’association américaine des directeurs de la photographie s’appelle l’ASC (American Society of Cinematographer).
Définition globale
Le directeur de la photographie est responsable de l’image du tournage au montage. À savoir qu’il se charge à la fois de la prise de vues (il est cadreur) mais aussi de l’étalonnage lors du montage final. Il travaille en étroite collaboration avec le réalisateur qui lui donne les consignes concernant ce qu’il attend en terme d’image.
Tournage
Dans les productions à budget limité, le directeur de la photographie joue le rôle de cadreur. C’est-à-dire qu’il va effectuer le tournage selon les directives du réalisateur. Comme d’habitude, je ne serais trop que conseiller l’utilisation d’un storyboard. En effet, le storyboard contient les cadrages souhaités par le réalisateur (gros plans, plans larges, etc.)
Le directeur de la photo est donc l’interlocuteur privilégié du réalisateur: il le conseille sur l’image et également sur le découpage technique ou le storyboard. il aide le réalisateur à mettre en image ses idées en le conseillant sur les méthodes techniques et artistiques pour y parvenir.
Un jour (peut-être est-ce une légende urbaine?), un chef opérateur demandant à Hitchcock quelle focale il devait utiliser, le célèbre réalisateur lui dit de regarder le storyboard! En effet, celui-ci, via les images permet au directeur de la photographie de savoir avec précision quel est l’attente du réalisateur et comment celui-ci imagine la scène et donc quel objectif utiliser et comment il doit placer la caméra.
Sauf exception, le directeur de la photographie connaît son matériel et décide de tous les paramètres à utiliser, voire de la caméra à utiliser (le smartphone donne parfois de bien meilleurs résultats qu’un camescope).
L’éclairage est également l’une de ses spécialités. En effet, les ombres donnent de la profondeur à l’image. Tout dépend ce que souhaite le réalisateur: est-ce que la scène se passe le matin, le soir l’après-midi. Est-ce que l’heure du tournage correspond à l’heure escomptée dans le film? Si la réponse est non, comment simuler? Doit-on éclairer les visage jusqu’à renvoyer tous les détails? Est-ce que les rides doivent être bien visibles ou diminuées? Tous ces détails devraient être considérés par le directeur de la photographie.
Le positionnement des éclairages (pour les intérieurs) ou des réflecteurs (pour les extérieurs) est aussi de sa responsabilité: c’est à lui de donner les directives.
Pour faire simple: il est le garant de la qualité de l’image captée.
Post-production
Une fois le film tourné, il intervient également à la post-production pour étalonner les images. Ce travail est important et long (voire fastidieux). Il va donner une connotation au film en privilégiant certains parti-pris. C’est au réalisateur de donner les directives qui seront ensuite traduites en colorations. Ainsi, si le réalisateur veut faire passer un sentiment de dureté, l’étalonnage privilégiera la coloration bleue (couleur froide).
Certains étalonnages privilégieront les couleurs naturelles, d’autres vont forcer une couleur (par exemple, le film Matrix a poussé la coloration verte à l’extrême). Il existe toute une palette de possibilités qui ne se limitent pas aux exemples très simplistes que je viens de donner.
Au niveau de l’étalonnage, même si le directeur de la photo garde la décision finale, il est souvent réalisé par un étalonneur spécialisé à qui le directeur photo donne ses directives et intentions artistiques. Cependant, avec le numérique, beaucoup de directeur photo se sont également mis à l’étalonnage. Cela permet d’économiser un poste sur le budget de production
Un rôle prépondérant
Le rôle de directeur de la photographie c’est donc de passer le film de fiction amateur au rang de film de fiction professionnel. Nul doute que, au delà de l’histoire qu’il faut privilégier, cet homme-orchestre va donner le ton du film. Comme toujours dans le cinéma, son travail sera d’activer la cognitivité du spectateur: la couleur, l’éclairage, le cadrage sont là pour suggérer les ambiances ou les sentiments sans nécessiter une voix off explicative…
Le travail du directeur de la photographie est donc un « plus » indispensable. Peu d’entre eux sont connus du grand public et pourtant… Janusz Kamiński, par exemple, est le chef opérateur attitré de Spielberg. Et son travail est très intéressant, que se soit pour La liste de Schindler (film pour lequel il obtient un oscar bien mérité) ou pour The Fabelmans qui montre, là encore, la qualité du travail effectué (on peut citer la séquence à la lumière des phares de voiture mais tout le film est une réussite en termes de couleurs très années cinquante).
Si tous les chef opérateurs ne deviennent pas systématiquement des réalisateurs, cela arrive de temps en temps ce qui montre comment le directeur de la photographie est un assistant indispensable à un réalisateur.