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Portrait de Mario Venzago, qui dirigera en avril l’Orchestre Symphonique de Göteborg.
par Pierre JAQUET
Le 17 avril, Genève accueille un chef tessinois et des musiciens suédois pour un programme anglo-allemand !
Responsable musical de l’Orchestre Symphonique d’Indianapolis, Mario Venzago effectue cette année sa deuxième saison à la tête de l’Orchestre Symphonique de Göteborg dont il est le chef principal. Auparavant, le musicien tessinois, né à Zurich en 1948, a occupé divers podiums, presque exclusivement à l’étranger : directeur de l’Opéra de Heidelberg entre 1986 et 1989, de la Philharmonie de chambre de Brême entre 1989 et 1992, de l’Opéra de Graz entre 1990 et 1995, de l’Orchestre Symphonique d’Euskadi au Pays Basque de 1998 à 2001, et de l’Orchestre Symphonique de Bâle de 1997 à 2003.
Toutes ces collaborations régulières se sont conjuguées avec des rencontres ponctuelles avec des ensembles aussi variés que l’Orchestre de l’Opéra comique de Berlin, l’Orchestre du Gewandhaus de Leipzig, l’Orchestre Symphonique de la Radio Bavaroise, l’Orchestre Philharmonique de Londres, l’Orchestre Symphonique de Baltimore, l’Orchestre de Philadelphie, ou encore de l’Orchestre de la Suisse Romande...
- Mario Venzago
Son répertoire
Deux périodes attirent particulièrement le chef. En premier lieu, il donne beaucoup d’attention aux compositions du milieu du XIXe siècle : Mendelssohn et Schumann sont deux de ses auteurs de prédilection. Une partition fétiche est la Quatrième symphonie du maître rhénan. Mario Venzago l’a souvent guidée avec de grandes phalanges, en insistant sur le rubato (sa « marque de fabrique »), mais il a eu aussi visiblement beaucoup de plaisir à la conduire récemment avec l’Orchestre de Chambre de Lausanne, dans une échelle plus resserrée. Pour reprendre une de ses formules : « Le vêtement change mais la musique reste la même ! »
Les partitions pour orchestre de chambre lui correspondent bien. Mario Venzago est très attaché à la « Seconde Ecole de Vienne » et au répertoire contemporain. Il porte tout spécialement son attention sur les partitions de Zemlinsky, Schrecker, Schoek, Webern, ou Schönberg, et plus largement à tout ce qui lui permet de se distancer des affiches habituelles. Ce directeur artistique, dans les différents entretiens qu’il a accordés, insiste souvent sur ce constat : quand ces compositeurs ont écrit pour des formations plus réduites, ils n’en ont pas moins produit des textes dont la stature ne paraît jamais atrophiée. Ce cadre concentré permet également de bien explorer ces textes. Passionné par le répertoire germanique, il estime aussi Janacek, Bartók ou Strawinsky.
Création
Mario Venzago consacre une grande part de son énergie à la création d’oeuvres contemporaines ; c’est ainsi que l’Orchestre de Göteborg a proposé pour son centième anniversaire un concert comprenant notamment un opus de Luigi Nono (1924-1990). Cet univers particulier l’attire par sa pureté instrumentale. Le chef y perçoit une aventure sonore hors normes. Ayant eu l’occasion de rencontrer l’auteur, il a une connaissance intime des portées, même si les échanges avec ce compositeur à la personnalité très sensible et émotive n’ont pas toujours dû être aisés ! Alors, comme aime à le dire Mario Venzago, dans une remarque qui témoigne de la fraîcheur de ses approches, « pourquoi ne pas l’écouter avec naïveté, tel qu’il est ? »
Et l’avenir ?
Fêtant bientôt ses soixante ans, l’artiste suisse souhaite un « lever le pied » et prendre ses distances par rapport au tourbillon des concerts et des tournées. Mais loin d’envisager une retraite, il aimerait pouvoir approfondir certaines esthétiques, avec des instrumentistes avec lesquels il se sent des affinités particulières, et qui partagent sa quête d’un son spécifique.
Pierre Jaquet
Site internet : http://www.mariovenzago.com
Orchestre Symphonique de Göteborg - Orchestre National de Suède
Direction : Mario Venzago
Soliste : Viviane Hagner, violon
Mendelssohn-Bartholdy, Britten, Schumann
Genève : Victoria Hall, Jeudi 17 avril à 20h30