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Au service de la FIFA depuis plus de 25 ans, Sepp Blatter connaît bien les rouages d'une institution qu'il dirige avec un style hérité des années Havelange.Ce contenu a été publié le 29 mai 2002 - 17:24
Le Suisse travaille dans les arcanes du football international depuis 27 ans. Mais la carrière professionnelle et sportive de Joseph S. Blatter remonte à bien plus longtemps encore.
«J'étais un ancien numéro 9 sur le terrain, aime-t-il à répéter. Mais j'ai rapidement compris que ce n'est pas ainsi que je connaîtrais le succès.»
L'irrésistible ascension de Blatter
Fils d'un réparateur de vélos dans le Haut-Valais, Sepp Blatter a d'abord accédé au poste de secrétaire général de la Ligue suisse de hockey en 1964. Avant d'occuper à Bienne le rôle de directeur des relations publiques de Longines jusqu'en 1975, date de son entrée à la FIFA, où il gravira les échelons, au service de sa passion.
Il deviendra directeur des programmes de développement. Puis, secrétaire général, de 1981 à 1998. Et, enfin, patron de la plus grosse association socioculturelle au monde.
Au Congrès de Paris, il remportera en 1998, à la surprise générale, le duel qui l'oppose à son vieil ennemi, le Suédois Lennart Johansson. Lequel ne le lui pardonnera jamais.
Abandonné par le milieu du foot
Si le pire souvenir de sa carrière est encore tout frais dans les mémoires, le meilleur remonte au début de son parcours. Lorsqu'il effectuait des voyages pour promouvoir le football dans les pays défavorisés.
«Au Sri Lanka, nous avions offert des dizaines de ballons et les jeunes étaient tellement émus qu'ils avaient commencé à entonner l'hymne national», soulignait-il, deux jours avant son élection à Séoul, laissant parler sa fibre humaine.
Et d'ajouter: «heureusement que je peux compter sur ma famille, car je me suis un peu senti abandonné ces derniers temps par le milieu du football».
Dans l'ombre de Joao Havelange
Polyglotte, jonglant indifféremment avec le français, l'allemand, l'anglais et l'espagnol, le patron de la FIFA a su soigner au fil des années les contacts avec l'ensemble de la famille footballistique. Faisant ses gammes dans l'ombre du Brésilien Joao Havelange (1974-1998), son maître à penser.
Depuis sa prise de pouvoir et avant la vague des «affaires» et accusations qui ont miné ses derniers mois, Sepp Blatter s'est distingué en créant et développant le projet «Goal», venant en aide financièrement et logistiquement à des nations défavorisées. A ce jour, 117 pays ont bénéficié d'aide pour développer leur football.
A 66 ans, le patron du foot mondial a laissé entendre qu'il ne briguerait pas un troisième mandat. Par contre, il n'est pas exclu que son règne soit prolongé d'un an, si le Congrès de la FIFA l'accepte.
Motif? La FIFA veut éviter que la prochaine campagne présidentielle ne coïncide avec la Coupe du monde en 2006.
swissinfo/Gabriel Nadav à Séoul