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Cette carte a un intérêt historique particulier. Une note en bas à gauche précise : "Carte Corrigée, Augmentée des Découvertes du Capitaine Cook, de ses trois Voyages, de la Route et du Retour de ses deux Vaisseaux..." Et en effet, on peut remarquer en pointillé l'itinéraire des trois voyages de Cook qui, en près de 12 ans de navigation dans le Pacifique, découvrit plusieurs îles et archipels, et cartographia de larges portions de côtes, laissant ainsi un héritage géographique magistral. Cette mappemonde, à peine quelques années après le retour de l'expédition Cook (1780), intègre ses découvertes, mais c'est une réédition modifiant une carte antérieure, qui, elle, racontait d'autres expéditions maritimes du Siècle des Lumières. En observant les tracés en pointillé, on peut suivre le trajet de L'Aigle et la Marie en 1738 et 1739. Il s'agit de l'exploration française de l'Atlantique Sud par Jean-Baptiste Bouvet de Lozier (1705-1786), qui approcha les glaces de l'Antarctique, découvrant les premiers icebergs tabulaires et les premiers pingouins.
On trouve également un réseau de pointillés, marqué Le Centurion entre 1740 et 1744. Il s'agit cette fois d'un épisode de guerre économique. L'Anglais Georges Anson partit avec 6 navires embarquant près de 2000 hommes pour attaquer le galion de Manille, route commerciale espagnole entre les Philippines et Acapulco au Mexique. Cette route, considérée comme la première route maritime régulière (1565-1815), transportait au Mexique plusieurs fois par année des denrées exotiques extrême-orientales qui transitaient ensuite par Veracruz et l'Atlantique vers l'Espagne. Le retour vers Manille se faisait chargé d'argent mexicain. Après une chasse à travers le Pacifique, Le Centurion, seul rescapé de sa flottille, réussit à aborder en juin 1743 le galion Nostra Senorita de Covadonga ( sur la carte Cabadongo), pour rentrer triomphalement en Angleterre avec... 118 survivants, quelques centaines de tonnes d'argent faisant passer le désastre humain de l'expédition au second plan.