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L’Escalade est une fête populaire célébrée le 12 décembre à Genève. Elle commémore la victoire obtenue en 1602 par la république protestante contre ses assaillants savoyards. Elle porte ce nom puisque les soldats du duc Charles–Emmanuel Ier avaient espéré s’emparer de la ville en escaladant ses murs avec des échelles en bois. Fête complexe et multiforme, l’Escalade a toujours donné lieu à des manifestations variées (mascarades, cortèges, partages alimentaires, courses…).
La mascarade est une pratique festive qui a été intégrée très tôt aux célébrations de l’Escalade. Elle est déjà mentionnée en 1670 par les Registres de la Compagnie des Pasteurs qui en critique le caractère subversif et sa proximité avec les pratiques carnavalesques interdites à Genève depuis l’évènement de la Réforme. La mascarade de l’Escalade peut effectivement être considérée comme un contrepoint à la solennité des célébrations militaires et patriotiques, en ce sens elle est proche des carnavals traditionnels. Elle permet l’expression de la liesse populaire, la critique du pouvoir en place, mais aussi l’inversions des codes sociaux et de codes de genre.
Par exemple, ce masque, qui représente la Mère Royaume, a habituellement été porté par des hommes. Ils pouvaient ainsi parodier tant les personnages historiques que tourner en dérision la répartition genrée des rôles proposés par la stricte morale protestante.
Encore de nos jours les déguisements publiques font l'objet d'un encadrement stricte. Depuis 1960, une ordonnance du Conseil d'État n'autorise les masques sur la voie publique qu'aux enfants de moins de quinze ans pour éviter de porter atteinte "à la solennité de la cérémonie de 1602" et que des méfaits soient commis sous couvert de la mascarade. L'interdiction est reconduite en 1978 et reste en vigueur même si des autorisations particulières peuvent être accordées.