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Le candidat François Hollande a été catégorique pendant la campagne pour les élections présidentielles: tout ministre condamné devra abandonner sa place. Or, Arnaud Montebourg est mis en examen (inculpé) pour «complicité de diffamation publique envers un particulier». Il doit passer au tribunal correctionnel avant la fin de l'année (vraisemblablement en novembre).Que lui reproche-t-on? Dans une interview accordée à l'hebdomadaire L'Express en juin 2010, le député socialiste déclare: «Nous avons un ministre du Budget, en même temps trésorier de l'UMP, dont la femme travaille à organiser la fraude fiscale de Mme Bettencourt».
Un appel à témoin
Il s'agit d'Eric Woerth, dont l'épouse, Florence Woerth, travaille effectivement chez Mme Bettencourt, l'actionnaire principale de L'Oréal. Seulement voilà, son métier consiste à évaluer les produits financiers. «Elle ne s'est jamais occupée de gestion de fortune et n'a jamais habité Genève», affirme Antoine Beauquier, l'avocat de Florence Woerth. En fait, Arnaud Montebourg s'est basé sur des informations erronées, parues dans la presse suisse, affirmant que Florence Woerth «était presque à demeure à Genève». Elle aurait résidé à Château-Banquet, à Genève, dans un appartement, propriété de Mme Bettencourt.
Des rumeurs non fondées
«Les Woerth possèdent un appartement à Chamonix. Pour s'y rendre, ils passent effectivement par l'aéroport de Genève. Mais Madame Woerth n'a effectué que deux déplacements en ville de Genève, le 11 janvier et le 29 mai 2008», précise l'avocat Antoine Beauquier. De toute façon, on imagine mal qu'une épouse puisse, pendant des années, être aux abonnés absents lors des multiples cérémonies et autres réceptions données par son mari, à la fois ministre et maire. Eric Woerth étant également l'élu de la Ville de Chantilly, en Picardie.«Que l'information soit exacte ou non, ce n'est pas le problème d'Arnaud Montebourg. Depuis son arrivée en Saône et Loire en 1997, il n'a jamais cessé de lancer des rumeurs non fondées pour discréditer ses adversaires politiques», dénonce le député européen UMP Arnaud Danjean. En ce qui concerne la famille Woerth, la tentation était trop grande pour le député socialiste: il s'en prenait à la fois à un important ministre de Nicolas Sarkozy, et indirectement à la Suisse, qui reste sa bête noire.
Accusation de blanchiment
On se souvient qu'en 2000, Arnaud Montebourg est l'auteur d'un rapport sur la Suisse qualifiée de «prédateur de la finance mondiale». Il y publiait une longue interview de Bernard Monnot, l'ancien directeur de la succursale à Lyon de la Banque cantonale de Genève. Licencié de l'établissement financier, Bernard Monnot prétendait que la BCGE se livrait à du «blanchiment d'argent à grande échelle». Seulement voilà, l'accusation était totalement fausse. Depuis, Bernard Monnot a été reconnu coupable de délit de diffamation publique par la Cour d'appel de Lyon. Mais Arnaud Montebourg s'est bien gardé de rectifier l'accusation. Que fera le ministre du redressement productif s'il est condamné dans l'affaire Woerth?
«Il n'a jamais cessé de lancer des rumeurs non fondées pour discréditer ses adversaires politiques»
Arnaud Danjeandéputé européen UMP