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Un peu plus de 60 jours après son arrivée au pouvoir, Joe Biden a défendu le bilan de ses deux premiers mois à la Maison Blanche et mis l'accent sur la lutte contre le coronavirus. "J'ai dit d'emblée que les problèmes les plus urgents pour le peuple américain étaient le Covid-19 et la crise économique. C'est pour cela que je me suis concentré au début sur ces problèmes particuliers", a-t-il expliqué, vantant son gigantesque plan de relance de 1900 milliards de dollars.
Alors que son objectif initial de 100 millions de doses de vaccin contre le SRAS-CoV-2 administrées au cours des 100 premiers jours de son mandat a été atteint dès le 58e jour, il a revu son ambition à la hausse. "Nous aurons procédé à 200 millions d'injections d'ici mon 100e jour en fonction", a-t-il promis.
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Des migrants "arrivent tous les ans"
L'essentiel des questions de la presse ont toutefois porté sur ce que les républicains et une bonne partie des médias décrivent comme une "crise" à la frontière avec le Mexique, et notamment sur le sort des 15'500 mineurs étrangers isolés dont les autorités américaines ont la charge. Près de 5000 d'entre eux sont hébergés dans des locaux qui n'ont pas vocation à accueillir des enfants (lire encadré).
"Chaque année, il y a une augmentation importante des arrivées à la frontière l'hiver", parce que les migrants "ont moins de risques de mourir de chaleur dans le désert", a-t-il estimé en relativisant l'afflux de migrants, quelque chose qui "arrive tous les ans". Mercredi, il a confié à sa vice-présidente Kamala Harris la gestion de ce dossier ultrasensible.
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Aux républicains qui l'accusent d'avoir encouragé un appel d'air en assouplissant la politique migratoire de son prédécesseur Donald Trump, il a rétorqué sèchement: "Je ne vais pas m'excuser d'avoir aboli des politiques qui violaient le droit international et la dignité humaine".
Je ne vais pas m'excuser d'avoir aboli des politiques qui violaient le droit international et la dignité humaine
>> Ecouter le décryptage de la crise migratoire dans le 19h30 vendredi:
Appel à interdire les fusils d'assaut
Plusieurs crises ont contrarié ces derniers jours les plans de la Maison Blanche, qui entendait surfer sur le succès de son plan d'aide économique "Help is here", très populaire au sein de la population américaine. Deux fusillades successives, dans des salons de massage à Atlanta en Géorgie, puis dans un supermarché à Boulder, dans le Colorado, ont ainsi ébranlé le pays.
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Si Joe Biden a appelé le Congrès à agir, réclamant en particulier l'interdiction des fusils d'assaut, cette séquence a mis en lumière la faible marge de manoeuvre des démocrates sur la colline du Capitole, où ils ne disposent que de majorités étroites. Devant la presse, il a appelé jeudi les républicains à travailler avec les démocrates plutôt que de choisir la division.
Prêt à faire deux mandats
Alors qu'il est souvent dépeint comme le président d'un seul mandat en raison de son âge (78 ans), il a assuré qu'il prévoyait de se présenter à sa réélection en 2024, toujours avec Kamala Harris comme colistière. Pressé de questions, il a ensuite nuancé sa réponse, affirmant respecter "le destin": "Je n'ai jamais pu planifier avec certitude quatre ans et demi, trois ans et demi en avance", a-t-il plaisanté.
Le président de la première puissance mondiale était aussi attendu sur le front diplomatique. Sans annoncer sa décision finale, il a laissé entendre qu'il ne respecterait pas la date butoir du 1er mai pour le retrait de toutes les forces américaines d'Afghanistan négociée par Donald Trump avec les talibans. "Mais ce n'est pas mon intention de rester là-bas longtemps", a-t-il ajouté, laissant entendre qu'il n'y aurait probablement plus de troupes américaines sur place l'an prochain.
Il s'est également dit prêt à "une certaine forme de diplomatie" avec Pyongyang, mais "soumise à la condition de la dénucléarisation", et a réaffirmé qu'il ne voulait pas de confrontation avec la Chine, une semaine après un premier échange très musclé entre son équipe et les chefs de la diplomatie chinoise.
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ats/Vincent Cherpillod/gk
Des camps pour mineurs loin de l'oeil des caméras
Joe Biden doit faire face à sa première grande crise interne: depuis son entrée en fonction, des milliers de migrants originaires d'Amérique centrale ont afflué à la frontière sud des Etats-Unis. Nombre d'entre eux sont des mineurs non accompagnés.
"Les Etats-Unis sont débordés par cette vague de migrants. C'est du moins ce qu'on peut observer à la frontière mexicaine", a témoigné jeudi dans Forum le correspondant de la RTS sur place Gaspard Kühn. "Chaque matin, on voit des centaines de migrants arriver. A McAllen [une ville du Texas d'environ 140'000 habitants], ce sont des familles avec des enfants parfois très jeunes. Ils sont d'abord testés pour le Covid, puis ils sont accueillis dans un centre catholique, avant d'entrer en contact avec leur famille ou leurs amis qui sont déjà aux Etats-Unis".
Un afflux qui remonte au printemps 2020
Des bus emmènent les migrants dans des camps installés autour de McAllen. [Julio Cortez - Keystone/AP]Ce n'est toutefois pas forcément l'élection de Joe Biden qui a créé un appel d'air pour ces migrants. "Cette vague a commencé à partir d'avril 2020. Avec la fin du confinement, on a vu une augmentation mois après mois du nombre de migrants", constate Gaspard Kühn. Autres facteurs en jeu: la situation économique très compliquée de plusieurs pays d'Amérique centrale, qui pousse les gens à partir, et le changement de politique du Mexique, qui ne veut plus retenir les mineurs dans ses centres du côté mexicain de la frontière.
Pour faire face à cet afflux, des camps provisoires ont été dressés à la hâte du côté américain de la frontière, au sein desquels journalistes et caméras ne sont pas admis. Ils accueillent déjà des milliers de mineurs.
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