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Mort d'un employé colombien Les plaignants qui accusent Nestlé recourent au TF
Les plaignants qui accusent Nestlé d'être co-responsable par négligence du meurtre d'un ancien employé colombien de la firme ont été déboutés par le Tribunal cantonal vaudois. Ils ont annoncé un recours au Tribunal fédéral (TF).
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Le Tribunal cantonal répète en gros les arguments du Ministère public vaudois. Le procureur avait estimé en mai dernier que l'infraction était prescrite et n'était pas entré en matière, a indiqué mercredi à l'ats Marcel Bosonnet, avocat et représentant en Suisse des plaignants, le syndicat colombien Sinaltrainal et le «European Center for Constitutional and Human Rights» (ECCHR).
Pas acceptable
«Ce n'est pas acceptable, d'où notre recours au TF», a relevé M. Bosonnet qui estime que la justice essaie de couvrir Nestlé. Selon lui, le Ministère public n'a rien fait pendant une année après réception de la plainte d'une centaine de pages afin d'atteindre la prescription et de justifier une non-entrée en matière.
ll n'est pas seulement question d'homicide par négligence, mais aussi de la responsabilité organisationnelle de l'entreprise, pour laquelle il n'y a pas de prescription, a-t-il noté. La plainte portait contre cinq employés de Nestlé, mais également contre l'entreprise, a-t-il rappelé.
En outre, l'assassinat d'un syndicaliste en novembre dernier prouve que Nestlé n'a rien fait pour améliorer la situation de ses employés en Colombie, souligne l'avocat. Ce dernier devait animer une conférence-débat sur le sujet mercredi soir à Lausanne, en compagnie notamment du président du syndicat Sinaltrainal.
Pas d'améliorations
La plainte avait été déposée dans un premier temps en mars 2012 en allemand à Zoug avant d'être transmise à la justice vaudoise. Elle attaque Nestlé pour homicide par négligence dans l'assassinat en septembre 2005 du dirigeant syndical Luciano Romero Molina à Valledupar, dans le nord-est de la Colombie, par des paramilitaires.
La veuve du syndicaliste, le syndicat colombien Sinaltrainal et le European Center for Constitutional and Human Rights (ECCHR) à Berlin estiment que Nestlé est coresponsable du meurtre parce que l'entreprise n'a pas protégé cet ex-employé menacé.
Dès le dépôt de la plainte, Nestlé a toujours catégoriquement rejeté les accusations. Elle a déclaré condamner toute forme de violence et souligné que lorsque Luciano Romero Molina avait été tué, cela faisait trois ans qu'il avait cessé de travailler dans sa filiale colombienne. Contactée mercredi soir par l'ats, la multinationale basée à Vevey n'a pas souhaité faire de nouveau commentaire. (ats/nxp)
Créé: 04.12.2013, 20h01