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Bertrand Lavier (1949, Châtillon-sur-Seine) travaille sur des « chantiers » : c’est ainsi qu’il désigne les séries toujours ouvertes d’œuvres réalisées selon un même protocole, qui consiste à remettre en jeu des gestes historiques de l’art, que ce soit le choix d’un ready-made, la pose d’une touche picturale ou des méthodes d’appropriation. L’un de ces chantiers consiste à empiler deux meubles d’usage courant (comme un coffre et un réfrigérateur) selon des critères formels ; un autre à repeindre des objets avec une touche épaisse « à la Van Gogh » ; un troisième à « socler » des objets banals ; un autre encore à réaliser à l’échelle humaine des dessins figurant l’art moderne dans les histoires de Mickey ; à peindre des tableaux avec deux couleurs portant le même nom sans être identiques ; à recouper des objets physiques comme s’ils étaient cadrés par une photographie, etc. Avec plus de cinquante œuvres, la rétrospective de Lavier au quatrième étage évoquait ces différents chantiers par le rappel des expositions qui leur avaient été consacrées.