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Éliane Guyon
* 1.3.1918 Saint-Médard-en-Jalles (F), † 15.5.1967 Lausanne VD. ∞ 1948 Albert Jeanmonod, dit →Jean Monod, peintre et décorateur de théâtre.
Après l’obtention d’un diplôme de gymnastique et une formation d’institutrice à l’École normale supérieure de Sèvres, G. y dirige un internat et utilise le théâtre de marionnettes comme instrument pédagogique. Marcel Marceau, qui y trouve refuge en 1944, l’assiste puis la convainc de suivre les cours d’Étienne Decroux à Paris. Elle en devient rapidement la collaboratrice grâce à ses prédispositions physiques exceptionnelles et en 1945, à l’Hôtel de Chimie, au côté de Decroux et de Jean-Louis Barrault, elle joue dans Le Passage des hommes sur la Terre. Par la suite, elle perfectionne les créations de Decroux, L’Usine, L’Esprit malin, La Statue, développant la statuaire mobile, expression corporelle de sujets abstraits. En tournée, elle rencontre son futur mari et quitte la compagnie en 1949. Avec lui, elle présente des spectacles de marionnettes dans les cabarets parisiens. En 1951, à Rome, aux Nottambuli, accompagnés de →Marcel Imhoff, ils participent au projet de recherche d’Alessandro Fersen sur le mouvement, alternant mime et marionnettes. À Paris en 1952, elle travaille à la création d’un mimodrame Le Tribunal, dans une salle du quai de la Mégisserie, se distançant de Decroux par l’usage de masques et de costumes. Puis elle retourne aux marionnettes construites par Monod et présente ses spectacles à La Colombe, La Rose rouge, Les Trois Baudets. Durant la saison 1953/54, elle présente aux →Faux-Nez à Lausanne Mimes et Dessins (caricature des spectateurs) et met en scène L’Étranger au théâtre d’André Roussin, Ici Paris et Gros Chagrins de Courteline. En 1954, elle joue le Soldat dans l’→Histoire du Soldat de →Charles Ferdinand Ramuz et Strawinsky qu’elle met en scène avec →Charles Apothéloz comme un spectacle de marionnettes géantes. Toujours insatisfaite de ses réalisations, puis malade, elle interrompt ses activités jusqu’en 1962. En 1958, elle entre au groupe de Gurdjieff à Genève où elle retrouve les mêmes exigences de maîtrise du corps. En 1962, elle reprend son activité dans l’Atelier de recherches scéniques, travaillant sur les automatismes physiques et émotifs et faisant du mime un travail spirituel, où le mouvement naît de l’immobilité, la voix et le verbe du silence. →Jacques Gardel, →Martine Paschoud et →Michel Poletti comptent parmi ses élèves. Elle met en scène La vieille vache se meurt de Gordon Craig et Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll, travaux interrompus avant représentation.
Bibliographie
- Barbara Bonora, "É. G.", mémoire de licence de la Faculté des lettres de l’Université de Bologne dirigé par Marco De Marinis, 1997.
Autorin: Mouna Chercher
Source:
Chercher, Mouna: Éliane Guyon, in: Kotte, Andreas (Ed.): Dictionnaire du théâtre en Suisse, Chronos Verlag Zurich 2005, vol. 1, p. 774–775.