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Arrêté au début du mois d'avril en Espagne, et sous le coup d'une demande d'extradition de la Suisse, pays dans lequel il a été condamné à cinq ans de prison, Hervé Falciani a été remis en liberté conditionnelle. Il indique à la RTS ne pas avoir été surpris outre mesure par son arrestation. "Je savais qu'il y avait un ordre d'extradition Interpol, (...) la question restait de savoir quand il allait être activé."
Le Français rappelle que le système d'alerte d'Interpol clignotait depuis des années à la frontière française, un pays qui n'extrade pas ses ressortissants, alors qu'en Espagne, il ne se passait rien.
Une monnaie d'échange?
Les circonstances de l'activation du mandat en Espagne restent opaques, faisant naître dans ce pays des spéculations. La presse se demande si l'informaticien serait devenu une monnaie d'échange avec l'une des indépendantistes catalanes, actuellement en Suisse, et réclamée par la justice espagnole via une demande d'extradition. L'explication est tentante mais Hervé Falciani se résiste à cette interprétation.
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Pour lui, en effet, c'est plutôt l'Allemagne qui pourrait avoir intérêt à une sorte d'échange d'extradition, puisque c'est dans ce pays que l'indépendantiste catalan Carles Puigdemont a été interpellé. "La Suisse n'est pas une priorité espagnole en termes d'extradition, je ne crois pas, même si effectivement une figure majeure réside en ce moment en Suisse, la priorité reste l'Allemagne."
Un seul condamné
Hervé Falciani s'interroge sur l'activation soudaine de la demande, mais ne charge donc ni la justice ni le gouvernement espagnol. Il suggère plutôt certaines hypothèses. Et répète qu'il fait confiance à la justice espagnole mais pas en celle de la Suisse. Il reste d'ailleurs toujours témoin protégé en Espagne. Hervé Falciani vit dans le risque et assume la situation actuelle, comme si cette partie d'échec dont il fait partie l'amusait presque.
"Un de mes objectifs reste la judiciarisation de ce qui se passe. (...) Finalement, si on regarde l'histoire au niveau judiciaire, il n'y a qu'un condamné. Il y a des acteurs bancaires qui ne sont jamais condamnés, qui paient des amendes (...) et donc cette réécriture de la réalité, au niveau judiciaire, où il y a un coupable (...), cette volonté de réécrire l'histoire, c'est un peu ce qui est en jeu aujourd'hui."
Pour Hervé Falciani, la fin du secret bancaire en Suisse pour les clients étrangers depuis le 1er janvier n'est pas satisfaisante: "Si on vous dit qu'il y a un secret simplement pour les résidents suisses, c'est une invitation à ce qu'on appelle le mécanisme de prête-nom. Malheureusement, c'est assez simple de démonter la prose faite sur ce thème."
Hervé Falciani estime que des mécanismes manquent, notamment pour protéger les lanceurs d'alerte, alors qu'une directive pour leur protection est justement présentée mardi par la Commission européenne.
Valérie Demont/ebz