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Élection présidentielle: Au Pérou, Keiko Fujimori se voit refuser l’audit international
Le camp de la candidate de droite Keiko Fujimori dénonce toujours des «fraudes» lors de la présidentielle qui donne vainqueur le candidat de gauche Pedro Castillo.
Le gouvernement péruvien a rejeté vendredi la demande de la candidate de droite Keiko Fujimori d’un audit international sur le second tour de la présidentielle du 6 juin, au motif que cela violerait sa «neutralité» dans le processus électoral.
La fille de l’ex-président Fujimori (1990-2000), qui est dans le collimateur de la justice dans une enquête pour corruption, a commencé à évoquer des fraudes trois jours après le scrutin lorsque le candidat de gauche Pedro Castillo a repris l’avantage qu’elle détenait jusque-là.
«En vertu du principe de neutralité que toute institution de l’État doit respecter et avec le processus électoral en cours, il n’est pas possible juridiquement de répondre à la demande formulée», a écrit le ministre de la Justice, Eduardo Vega, dans une lettre de réponse à la requête présentée par Keiko Fujimori lundi.
«Les éventuelles irrégularités auxquelles vous faites référence dans votre lettre doivent être traitées par le Jury national des élections, qui a évalué et réglé les contestations et les demandes de nullité (de votes) formulées par les groupes politiques», a ajouté le ministre.
Un scrutin jugé libre et transparent
La candidate de la droite populiste, qui avait réclamé un audit «comme cela a été fait en Bolivie» après l’élection présidentielle contestée en 2019, a vivement réagi à ce refus sur les réseaux sociaux, en s’en prenant au président intérimaire du Pérou. «Le président Francisco Sagasti a abdiqué son importante responsabilité de garantir des élections transparentes dans des conditions d’égalité», a-t-elle twitté.
La mission d’observation de l’OEA, les États-Unis et l’Union européenne ont estimé que le scrutin au Pérou avait été libre et transparent et ont défendu le travail de l’ONPE en charge de l’organisation du vote et celui du Jury national des élections (JNE) chargé d’étudier les litiges.
Le camp de la candidate ultralibérale dénonce des «fraudes» dans ce scrutin qui donne vainqueur le candidat de la gauche populaire, Pedro Castillo, avec 50,12% des voix sur 100% des votes dépouillés, soit environ 44’000 voix d’avance. Des recours portant sur plusieurs dizaines de milliers de votes ont été déposés.
En 2019, un rapport de l’Organisation des États d’Amérique (OEA) réalisé à la suite de l’élection présidentielle en Bolivie avait conclu à des «manipulations intentionnelles» de la part du gouvernement du président de gauche, Evo Morales (2006-2019).
AFP