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Le CIO a botté en touche. Il n'a encore rien décidé quant à une éventuelle exclusion de la Russie des Jeux olympiques de Rio, en raison du dopage d'Etat révélé par le rapport McLaren.
Un Russe au moins est certain de ne pas aller aux Jeux de Rio: le ministre des Sports Vitali Moutko. Mais pour les sportifs russes, menacés d'une exclusion collective après le cinglant rapport McLaren sur le "système" de dopage russe, le CIO a décidé de ne rien décider, en se défaussant sur les fédérations internationales.
Après avoir réuni d'urgence en fin de matinée sa commission exécutive, le Comité international olympique (CIO) a donc repoussé une décision attendue par le monde sportif, précisant seulement qu'il allait "explorer les options juridiques" entre une exclusion collective de la Russie des Jeux cariocas et "le droit à la justice individuelle" des sportifs russes.
Mais pour la mise en oeuvre de cette éventuelle exclusion, le CIO a botté en touche, se défaussant sur les diverses fédérations sportives internationales, comme l'a déjà fait l'IAAF, la fédération internationale d'athlétisme, qui a suspendu l'ensemble de la Fédération d'athlétisme russe le 17 juin.
Dans son communiqué, le CIO précise d'ailleurs qu'il va "prendre en considération" l'avis du Tribunal arbitral du sport (TAS) de Lausanne attendu d'ici jeudi sur l'appel des 68 athlètes russes, qui contestent leur suspension collective par l'IAAF.
Pour les autres sports, charge donc aux diverses fédérations internationales de "mener une enquête approfondie".
"L'admission de chaque athlète russe devra être décidée par sa Fédération internationale sur la base de l'analyse individuelle des contrôles antidopage auxquels il s'est soumis au niveau international", précise le CIO. Concrètement, pour l'IAAF, cela avait abouti à repêcher une seule athlète russe pour Rio, la sauteuse en longueur Darya Klishina, basée en Floride !
De telles enquêtes devront être menées en coordination avec le travail de l'expert indépendant, Richard McLaren, qui avait dénoncé dans son rapport le "dopage d'Etat" russe, avec la participation "active" des services secrets, souligne le Comité, qui a également créé une commission disciplinaire visant à d'éventuelles sanctions des membres du ministère des Sports russe impliqués.
Cette position du CIO paraît molle, au lendemain des déclarations de son propre président, Thomas Bach, selon qui les conclusions du rapport McLaren faisaient état "d'une atteinte choquante et sans précédent à l'intégrité du sport et des Jeux olympiques". M. Bach avait alors ajouté que le CIO n'hésiterait pas à "prendre les sanctions les plus sévères".
Rien de tel donc. Et la Russie n'est donc pas le premier pays exclu des JO depuis l'Afghanistan des talibans, en 2000 à Sydney, ou l'Afrique du Sud de l'apartheid, revenue dans le giron olympique en 1992 après avoir été bannie pendant sept éditions, depuis 1964.
Véritable géant du sport, la Russie peut donc toujours espérer aller à Rio du 5 au 21 août. A la Une des journaux du monde entier fin juin, pour le comportement de ses hooligans lors de l'Euro 2016 de football en France, la Russie avait à nouveau été placée au ban du monde sportif lundi par le rapport McLaren: pour le dopage cette fois.