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Pascal Couchepin : "Au Conseil fédéral, je n'ai jamais entendu parler de cette affaire d'espionnage"
L’affaire d'espionnage international «Crypto AG» frappe la Suisse de plein fouet. Un document de la CIA affirme que l’ancien conseiller fédéral Kaspar Villiger aurait été au courant de l’affaire. Interrogé sur Rhône FM, son collègue de l’époque Pascal Couchepin prend la parole.
C’est une affaire d'espionnage international qui ébranle fortement la Suisse. L’affaire «Crypto AG», du nom de cette entreprise zougoise au travers de laquelle la CIA et les services de renseignements allemands, ont pu espionner plus de 120 pays durant des décennies, des années 60 aux années 2000. La question qui revient : une partie de nos dirigeants étaient-ils au courant ?
Pascal Couchepin : «J’ai une assez bonne mémoire»
Interrogé, l’ancien conseiller fédéral valaisan de 1998 à 2009 Pascal Couchepin répond : «Je n’ai jamais entendu parler de relation entre une entreprise zougoise et la CIA. Je crois pouvoir dire que durant les onze ans où j’ai été au Conseil fédéral, on n’a jamais évoqué ces questions. Comme j’ai une assez bonne mémoire, je me serais souvenu d’un événement aussi extraordinaire. Je peux vous dire qu’on n’en a jamais parlé au Conseil fédéral».
«Je fais confiance à priori à Kaspar Villiger»
Un document de la CIA sous-entendrait que l’ancien conseiller fédéral Kaspar Villiger (1989-2003), chef du Département militaire fédéral de 1989 à 1995, aurait eu connaissance des dessous de l’affaire. Kaspar Villiger dément. Du même parti politique, le radical Pascal Couchepin a été son collègue à la fin des années 90 et au début des années 2000. «Je m’en remets à ce qu’a dit Kaspar Villiger. Il conteste les affirmations de la CIA, qui est une organisation chargée de l’espionnage et de la propagande. Par conséquent, à priori, je fais confiance à Kaspar Villiger».
«Je réponds à toutes les questions»
Le 15 janvier dernier, le Conseil fédéral a ouvert une enquête. Un rapport devrait être rendu d’ici la fin juin. Les partis politiques suisses envisageraient de leur côté une commission d’enquête parlementaire. D’anciens responsables politiques pourraient être entendus. «Vous savez, si on m’interroge, je répondrais ce que je vous ai répondu à l’instant», déclare Pascal Couchepin, qui conclut : «Rien de ce que j’ai fait dans le passé, ou vécu dans le passé, est tel que je n’ai pas envie de répondre. Je réponds à toutes les questions qui sont posées».
Thomas Schürch