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22/07/2007
De Surrein à Rueras
Au petit déjeuner, le patron me demande si les violents coups de tonnerre durant la nuit ne m'ont pas empêché de dormir. Ma réponse est que le sommeil m'a rapidement emporté et, à part quelques grondements lointains, seul les chants des cours d'eaux libres ont accompagné mes rêves.
Le ciel est encore sous sa cape couleur de plomb. De très fines gouttes tombent. Est-il nécessaire de mettre ma pèlerine? Je ne perçois pas les gouttes d'eau sur mon corps. Mes mains en geste d'imploration détectent un timide embrun. Rien ne m'incite à sortir cette cape cirée que je promène. Restera-t-elle inutillisée à tout jamais?
Ma route se poursuit, longeant l'une des branches de ce vénérable fleuve. Chaque branche débute par le nom de famille suivi du prénom.
Je remonte donc le Rhin Antérieur. Il me fallait bien en choisir un et vivant, de préférence. Que serrait-il advenu si mon choix s'était porté sur le Rhin de Sumvitg.
Mort!
Condamné par un barrage et il n'est pas le seul nouveau-né de sa famille à avoir trépassé ainsi.
J'en reviens au Rhin Antérieur.
Vers Disentis Mustér, plus précisément sous Mompé Medel, il pourrait être torentueux dans ses gorges, si on ne l'avait pas privé d'un nombre appréciable de ses cousines "rivières" et cousins "ruisseaux et torrents".
Ma marche continue sur un agréble sentier de montagne, souvent boisé où montées et descentes se succèdent. A ce petit jeu, les montées sont gagnantes. Mon étape se termine a Rueras.
Demain la source du Rhin.