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Parce qu'elle le jugeait peu rentable, la Poste suisse voulait supprimer l´office postal installé depuis 120 ans dans le bâtiment principal de l´administration fédérale. Critiquée de toute part, elle vient de revenir sur sa décision.
Créée en 1880 et ornée d'élégants vitraux, la poste du Palais fédéral - siège du Parlement et de la plupart des ministères fédéraux - est un outil de travail important de l'administration suisse. Elle permet en effet à de nombreux services de l'Etat central d'expédier et de recevoir dans les meilleurs délais leur volumineux courrier (plusieurs tonnes par année).
Selon la direction de la Poste, cet office postal n'est toutefois pas "rentable" - on parle d'un déficit annuel de 400'000 francs- et fort de sa nouvelle autonomie, la Poste avait décidé de le fermer à la fin de l'année.
Cette décision devait cependant susciter toutes sortes de protestations. Notamment de la part de parlementaires, de hauts fonctionnaires de l'administration et même, semble-t-il, de membres du gouvernement. L'argument de la Poste, selon lequel la poste du Palais fédéral - malgré le rôle important qu'elle joue dans l'intérêt de l'Etat tout entier - serait un office postal comme les autres et qu'il n'y aurait par conséquent pas de raison de la traiter différemment des nombreux autres bureaux de poste dont la fermeture est envisagée, avait particulièrement étonné.
On avait par ailleurs trouvé surprenant que la Poste n'ait apparemment pas estimé que le maintien d'une poste au Palais fédéral symboliserait la pérennité et la vitalité de l'institution postale - et du service public - et pourrait se révéler, à long terme, un argument publicitaire et un geste utile de relations publiques.
En fait, on s'acheminait peu à peu vers un conflit car certains, notamment à la Chancellerie fédérale - secrétariat-général du gouvernement - n'étaient pas du tout contents. Des discussions ont été engagées et après plusieurs séances de travail - qui ont duré tout l'été - la direction de la Poste a finalement cédé.
Aucune des deux parties n'a voulu nous dire ce qui a amené la Poste à changer d'avis mais on peut s'imaginer que l'entrée en fonction à la tête de l'institution, le 1er juillet, d'un nouveau directeur général qui était jusqu'à peu directeur de l'administration fédérale des finances, n'est pas étranger à la chose.
Michel Walter