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Privé
Auvernier
2020-2022
Livré
Fabrice Agustoni, Simon Schneider, Samuel Maire
Reto Duriet, AASN
Le projet a consisté en une transformation intérieure totale et ciblée des façades d’une maison villageoise contiguë faisant partie de l’ancien Auvernier. La maison est inclue dans la dernière étape de développement du bourg en secteur sud-ouest. Elle fait partie d’un pâté de maison qui est tenu au nord par la route cantonale de la Bâla et au sud par une succession de jardins.
La date de fondation précise est inconnue mais il est probable qu’elle ait été bâtie au XVIIIème siècle. Différentes modifications ou petits ajouts secondaires ont eu lieu ensuite.
La situation de départ devait dater de la dernière transformation du début du XXème siècle. La maison n’avait plus connu de modification depuis cette époque et il s’agissait de la mettre à jour sans la brutaliser, dans l’optique qu’une famille nombreuse moderne puisse s’y établir.
Très sombres et doté de peu d’ouverture, les espaces intérieurs se caractérisaient par leur exiguïté et leur manque de rapports à l’extérieur à cause de leur profondeur et de leur étroitesse. Un des enjeux majeurs du projet a d’emblée été de corriger cet aspect.
La solution retenue est d’utiliser le nouvel escalier pour irriguer de lumière le centre de l’édifice afin que ce dernier prenne un rôle et en devienne le cœur. Construit en quart tournant, un velux est placé sur son œil, crevant ainsi les poches sombres. Le plan a aussi été profondément revu pour proposer une typologie conforme aux us et coutumes actuels. Cette stratégie a mis la circulation verticale au centre du fonctionnement de la maison. Elle n’est pas à considérer comme purement fonctionnelle. Les espaces ont tous un rapport avec l’extérieur dans le sens horizontal alors que de la lumière descend verticalement à travers l’escalier.
Sur le plan structurel, l’ensemble est accroché sur les murs mitoyens et l’essentiel des poutres constituant les planchers sont empochées dans ces derniers. Elles ont pu être conservées : couplées à une fine couche de béton armé, elles collaborent dans des dalles mixtes offrant une portée correspondant à la distance entre les 2 murs mitoyens. Cette stratégie développée avec l’ingénieur civil a permis de maintenir sur place ces belles pièces de bois plusieurs fois centenaires.
Les espaces de vie principaux sont maintenus à leur altitude originale, ne touchant pas le sol. Le niveau contre terre, très partiellement enterré, est affecté à de la technique, à du stockage et à des espaces de travail comme à l’origine. En effet, en plus d’un appartement, la maison compte un bureau jouissant d’une certaine indépendance et permettant au MO de travailler à la maison hors de son espace de vie.
Le jardin, dans le prolongement au sud de la maison, est de la même largeur que la parcelle. Il jouit d’une belle profondeur. Tenu par des murs en pierres, ces derniers offrent de l’intimité. Le jardin mesure 30 mètres de long et aboutit sur un mur de soutènement qui donnait sur le lac avant la correction des eaux du Jura. Le projet a pris le parti de le maintenir tel quel et de le connecter à l’espace de vie du 1er par un escalier métallique léger aménagé depuis la terrasse.
Un large volet écologique a été prévu, notamment en isolant le toit pour réduire les pertes énergétiques mais aussi pour améliorer la résistance des espaces intérieurs aux surchauffes estivales. La production de chaleur est mutualisée avec la maison voisine ouest.