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« La bonté peut être désagréable si elle laisse une piqûre derrière elle. » Katharine Mary Drexel a fait sienne cette maxime enseignée par sa belle-mère. Née dans une famille américaine de philanthropes, la jeune femme apprend au contact de cette femme en lutte contre un cancer en phase terminale, que l’argent des Drexel ne pouvait acheter ni protection contre la douleur, ni contre la mort. Sa vie prend alors un profond tournant.
Par Myriam Bettens | Photo: DR
La vie de Katharine Mary Drexel ne commence pas de la manière la plus simple qui soit. Elle voit le jour à Philadelphie en novembre 1858. Cinq semaines plus tard, sa mère décède. Son père épouse Emma Bouvier. Cette dernière élève « Kate » et ses deux sœurs comme ses propres filles sur un modèle de « féminité chrétienne » et de philanthropie. Elle montre la voie en ouvrant sa maison trois fois par semaine pour venir en aide aux pauvres de Philadelphie. Emma décède en 1883 d’un cancer, suivie de son mari en 1885. Les sœurs Drexel décident d’utiliser les 14 millions de dollars, fortune colossale pour l’époque, pour poursuivre les activités philanthropiques de leurs parents.
Particulièrement sensible au traitement réservé aux Amérindiens, Katharine Mary Drexel cherche à améliorer les possibilités d’éducation dans les réserves de l’Ouest américain. En 1886, elle se rend en Europe pour se former aux dernières techniques d’enseignement. Elle y rencontre le pape Léon XIII et lui demande d’envoyer des religieuses sur le terrain. Le Pape lui propose alors de devenir elle-même missionnaire. En 1887, elle écrit au père James O’Connor, le prêtre de sa famille, pour lui faire part de sa résolution de se consacrer au Christ. L’évêque local suggère la création d’un nouvel ordre au service des Amérindiens et des Afro-Américains. Le 12 février 1891, elle prononce ses vœux en tant que fondatrice des Sœurs du Saint-Sacrement pour les Amérindiens et les Afro-Américains. A sa mort, en 1955, l’ordre dirige 61 écoles, trois maisons de services sociaux et l’Université Xavier de Louisiane, seule université ouverte alors aux Afro-Américains. L’année 1964 marque l’ouverture de sa cause en béatification. Canonisée le 1er octobre 2000, elle est fêtée tous les 3 mars.