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Robin Meier Wiratunga
Dans cette œuvre, un film photographique en 16mm a été exposé à la lumière directe de deux lucioles captives (Pteroptyx malaccae). Sans appareil photo ou autre dispositif optique, les insectes ont simplement été placés sur le film.
Les lucioles utilisent leurs signaux bioluminescents pour communiquer entre elles et créer des démonstrations collectives pour attirer des partenaires. Si la lumière est le principal « zeitgeber » (donneur de temps) pour les rythmes circadiens, à l’échelle des secondes ses pulsations peuvent également synchroniser le rythme des lueurs nocturnes émises par les lucioles.
La projection des motifs qui en résulte est modulée par deux pendules électromagnétiques. Ceux-ci sont placés suffisamment proches l’un de l’autre pour que leurs aimants influencent légèrement leurs champs magnétiques. Ils se synchronisent petit à petit jusqu’à atteindre un rythme commun, tout comme les lucioles dans la nature.
La luciférase, l’enzyme permettant aux lucioles de produire de la lumière, est très utilisée en biotechnologie pour l’imagerie et le marquage. Les mécanismes sous-jacents donnant lieu aux motifs synchrones observés dans la nature sont encore globalement inconnus. Comprendre de tels procédés d’auto-organisation pourrait avoir des applications dans de nombreux domaines : du traitement de l’arythmie cardiaque à la coordination efficace de réseaux informatiques.
- Œuvre liée: Synchronicity