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1994 cette année-là Ivan Mattei et sa famille ont osé franchir un cap important avec leur agritourisme à Piano di Peccia au Tessin. Ils ont abandonné les vaches de race Brune traditionnelle pour des Highland. 2008 cette année-là, Juan Pablo Echeverri a ouvert les portes de l'exploitation de café familiale en Colombie aux visiteurs des quatre coins du monde. Son Bed & Breakfast figure déjà dans les principaux guides touristiques. Nous avons visité les deux exploitations.
Quelle est la particularité de votre agritourisme?
Ivan Mattei: Notre exploitation familiale biologique est située au coeur d'un plateau idyllique dans la vallée supérieure de la Maggia. Nous élevons environ 50 Highland et proposons un hébergement adapté à tous les budgets, du camping à l'appartement de vacances.
Juan Pablo Echeverri: Nos hôtes font preuve d'une grande curiosité et souhaitent découvrir le processus de production du café. Nous louons trois catégories de chambres: l'auberge pour les routards sac-à-dos, la maison d'hôte pour les touristes Samsonite et la maison principale pour les épicuriens Louis Vuitton.
Votre plus grand défi?
I. M.: Nous dépendons fortement de la météo. Les chaudes journées d'été, beaucoup de visiteurs viennent de Locarno pour profiter du magnifique paysage. Mais pas de soleil, pas de touristes. Et bien entendu, nous ressentons la force du franc: actuellement, les dortoirs sont nettement plus demandés que les appartements.
J. P. E.: Lorsque la quatrième génération, c'est-à-dire mon frère et moi, avons repris l'exploitation en 2002, le marché du café était au plus bas. Nous devions diversifier nos revenus. Aujourd'hui, nous réalisons 60 % de notre chiffre d'affaires avec le café, 20 % avec la torréfaction et 20 % avec le tourisme.
Souhaitez-vous vous agrandir?
I. M.: Pas vraiment. Nous n'aspirons pas à concurrencer les hôtels de la vallée. L'offre d'hébergement est secondaire, notre priorité est l'élevage.
J. P. E.: Je ne suis pas réticent à l'idée de faire évoluer le B&B, tant qu'il est possible de préserver un juste équilibre entre le profit et l'authenticité. Nous investissons plutôt dans la torréfaction: depuis peu, nous torréfions à l'aide d'une nouvelle machine Bühler venue de Suisse.
Comment financez-vous la croissance?
I. M.: A l'aide de toute la famille. Autrement, une exploitation telle que la nôtre ne pourrait pas fonctionner. Nous ne pouvons pas verser de salaires conformes au marché, les journées de travail sont longues, et nous prenons très peu de vacances. Mais j'aime mon travail malgré tout.
J. P. E.: Pour les travaux de rénovation de l'hacienda, nous avons contracté un crédit bancaire. Je construis également des partenariats à long terme avec des importateurs directs au Japon et en Suisse pour augmenter nos marges.
Faites-vous preuve d'innovation?
I. M.: Nous avons beaucoup d'idées. Depuis un moment, j'envisage de créer une gamme de produits pré-cuisinés issus de la vallée de la Maggia. Je pense que beaucoup ne savent plus cuisiner ou n'ont tout simplement pas le temps. Au supermarché, tous les produits finis proviennent de chaînes internationales. Alors pourquoi ne pas élaborer des recettes uniquement à base d'ingrédients de la vallée de la Maggia?
J. P. E.: Les expériences que les voyageurs projettent de vivre pendant leur séjour sont pour moi une source d'inspiration inépuisable.