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La rainette aux Grangettes
Historique
Signalée dans la vallée du Rhône en amont du Léman dès 1909, la rainette devait y être abondante jusqu'au milieu de 19ème siècle. Ensuite, l'endiguement du fleuve, le comblement des étangs et le drainage des marais détruisirent le biotope de ces batraciens arboricoles.
Dès le début des années 80, les dernières rainettes de la plaine ne se trouvaient plus que dans le delta du Rhône, signalée de temps en temps par des naturalistes.
Dès 1989, afin de connaître l'effectif, la distribution et les conditions nécessaires à la survie des rainettes aux Grangettes, le comptage des mâles chanteurs fut entrepris chaque année au printemps.
Jusqu'en 1995, la rainette verte était considérée comme la seule représentante en Suisse d'une famille largement répandue dans la zone tropicale. Suite à des recherches génétiques, la rainette présente au Tessin et dans une partie de l'Italie fut séparée de sa cousine du nord des Alpes Hyla arborea pour devenir une nouvelle espèce: la rainette italienne Hyla intermedia.
Les recherches génétiques effectuée sur les rainettes des Grangettes ont démontré qu'il s'agit de la rainette italienne, qui a été introduite dans la région à une époque indéterminée.
Les deux espèces de rainettes suisses sont pratiquement impossible à différencier dans la nature.
Description
Petit anoure mesurant au maximum 6 centimètres de long, la rainette des Grangettes est de couleur vert tendre, ses doigts sont munis de ventouses. Le mâle possède un sac vocal jaunâtre sous la gorge qu'il gonfle lors des parades. La femelle a la gorge blanche et lisse.
Biologie
Amphibien arboricole, la rainette vit dans les marais entre le Grand Canal, le Léman et le Vieux-Rhône. Cette espèce nocturne passe le plus souvent inaperçue. Les mâles se font entendre dès le crépuscule lors des nuits humides et chaudes entre avril et juillet, puis de nouveau quelques chanteurs se manifestent en septembre et octobre, avant d'hiberner entre novembre et mars.
La reproduction s'effectue dans des mares temporaires ou dans le marais dès son inondation, en général entre fin mai et début juin. Les mâles se rassemblent dans les biotopes favorables et descendent chanter dans l'eau peu profonde. Attirées par la cacophonie, les femelles s'approchent et les accouplements ont lieu. Après la ponte, les adultes se retirent dans les buissons et deviennent à nouveau invisibles.
Évolution des effectifs
La rainette étant une espèce pionnière, elle dépend de l'inondation temporaire de ses lieux de reproduction. Nos recensements révélèrent de grandes fluctuations dues au régime des eaux. De près de 110 chanteurs dénombrés en 1989 et 1990, l'effectif des mâles chanteurs chuta à 8 individus en 1994. Des aménagements urgents et la création de nouveaux biotopes ont fait lentement remonter l'effectif jusqu'en 1999, qui totalisa 24 chanteurs, avant d'augmenter rapidement grâce à une série d'étés humides pour atteindre 121 chanteurs en 2001. Puis les étés secs se succédant, la population s'effondra de nouveau. De nouveaux aménagement réussirent à éviter l'extinction. Les comptages ont par la suite révélé entre 10 et 20 chanteurs, pour atteindre un total de 15 individus en 2011.
Pour calculer l'importance de la population, on peut multiplier le nombre de chanteurs par 3.
Avenir
Si les aménagements de biotopes que nous avons réalisé aux Grangettes depuis plus de 20 ans ont permis à la population de rainettes et à d'autres espèces de batraciens de se maintenir aux Grangettes jusqu'à nos jours, nous devons poursuivre et intensifier nos efforts de protection si nous voulons assurer leur avenir sur le long terme.