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La communauté villageoise qui s’intéresse à un puits, prend contact avec les responsables du projet à Otélé. Sur place, ils sont conseillés et reçoivent des informations détaillées. Du point de vue financier, les villages et les hameaux doivent participer aux coûts soit par une contribution en espèce, soit par un équivalent en prestations en nature. Ils s’engagent aussi à offrir leur service pour l’excavation du puits, comme pour le ravitaillement et le logement des équipes de travail.
L’eau ne manque pas dans le Cameroun sud tropical. L’eau propre à la consommation est située dans des nappes phréatiques inacessibles à la majorité des hommes. Parce que l’approvisionnement en eau fournie par l’état est inexistante dans ces contrées reculées, les hommes puisent, encore aujourd’hui, leur eau dans des mares polluées et la portent souvent sur de longs parcours et sur des pistes dangereuses jusqu’à leur maison.
Avant de construire une fontaine, la population des diverses communautés souvent éloignées les unes des autres participent à une séance d’information. Les collaborateurs de l’équipe IEC (Information, Education, Communication) sensibilisent les habitants sur les conséquences que provoquent la consommation d’eau sale et le manque d’hygiène sur la santé. Ils expliquent ensuite, comment la fontaine sera construite et comment elle devra être entretenue. Les informations sont transmises aux villageois de manière visuelle et si possible de manière interactive dans le dialecte local.
Le projet d’eau potable débute par l’élection démocratique d’un comité du puits. L’emplacement souhaité pour le puits est délimité. Un collaborateur du projet spécialement formé à cet effet recherche, grâce à un pendule et une baguette de sourcier, une source d’eau souterraine.
Au moyen de camions, l’équipe de creusement et de nombreux outils sont acheminés vers le village où le puits sera construite. Un travail manuel pénible, durant lequel les collaborateurs creusent le puits, débute. Le puits a un diamètre de 1.4 mètres et une profondeur de 21 mètres en moyenne. Le trou le plus profond creusé jusque-là mesurait 36 mètres de profond.
Les travailleurs au projet sont équipés d’un système de sécurité pour éviter les chutes. A cet effet, ils reçoivent au préalable un enseignement sur leur utilisation. La population villageoise s’engage à aider lors des travaux simples et sans danger. Sur toute la durée des travaux, les travailleurs sont nourris et logés.
Dans leur propre usine à Otélé, les collaborateurs locaux fabriquent les éléments d’habillage du puits ainsi que les éléments nécessaires comme les dalles de fond, le couvercle, etc.
Le projet «L’eau c’est la vie» dispose de ses propres camions tout terrain. Ils permettent de véhiculer les éléments sur les chemins longs et cabossés jusqu’aux chantiers.
Les équipes de chantier enfoncent dans le puits la dalle de fond perforée et les tuyaux lourds de 400 kilogrammes et mesurant 0.5 mètres de haut. En fonction de la profondeur du puits, parfois 60 éléments successifs sont nécessaires. Lorsque le puits est habillé, le couvercle posé et les tuyaux installés, la pompe à main est montée.
Les maçons ont cimenté une énorme place autour du puits et un petit mur y est érigé tout autour. De cette manière, une pollution provenant de l’extérieur est évitée. En même temps, cela fait du puits, un point de rencontre et une artère vitale dans le village.
Les villageois organisent une fête pour l’inauguration du puits. A cette occasion, les règles fondamentales sur le point d’eau potable sont répétées à toute la population et au comité du puits. Le maniement correct de la pompe et l’environnement du puits sont importants afin que tous ceux qui utilisent le puits soient toujours satisfaits.
Les membres du village élus au comité du puits font un travail bénévole pour le bien de la communauté. En reconnaissance de leur précieuse collaboration, ils reçoivent un T-Shirt du projet.
Bien que les puits soient solidement construites, l’usure, une mauvaise utilisation, des actes de vandalisme et les influences du temps provoquent des dégâts et des pannes. Parfois, les fortes pluies tropicales détériorent et endommagent le puits de telle manière que les fontaines doivent être totalement renouvelés. Il peut aussi arriver que la source soit à sec et que la nouvelle construction d’un puits soit nécessaire.
Afin que les puits restent fonctionnelles durablement, chaque année, plus de 600 puits sont contrôlés et 200 installations réparées et révisées. Le projet «L’eau c’est la vie» met à disposition une équipe de réparation et d’entretien. A chaque contrôle du puits, l’occasion est prise de sensibiliser à nouveau la population sur le fonctionnement, les soins et l’environnement adéquats du puits. Les villageois reçoivent du projet un soutien pour les réparations, mais ils s’engagent à une participation aux coûts.
Avec le projet «L’eau c’est la vie», il ne s’agit pas seulement de construire de nouveaux puits, mais aussi de maintenir en activité les 1500 installations déjà en service et qui ont fait l’objet d’un soutien financier. Chaque contribution permet à ce que les hommes au Cameroum puissent profiter longtemps d’un accès à l’eau potable.