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A l'étranger
De nombreux pays utilisent l’énergie nucléaire. Ils doivent tous entreposer, puis stocker de manière sûre et durable, des déchets de haute activité et des éléments combustibles usés, ainsi que des déchets de faible et de moyenne activité provenant de l’exploitation des centrales nucléaires.
Certains de ces pays exploitent déjà des dépôts pour déchets radioactifs.
Les déchets radioactifs sont entreposés dans les dépôts intermédiaires centralisés d’Ahaus, de Gorleben et de Lubmin, mais aussi sur les sites nucléaires.
Les éléments combustibles usés sont actuellement stockés dans des dépôts intermédiaires, en attente de leur transfert dans un dépôt géologique profond. Le processus de sélection de sites potentiels pour dépôts géologiques profonds a repris début 2004.
L’Allemagne dispose de trois sites d’entreposage centralisés: Ahaus, opérationnel depuis 1992 pour les éléments combustibles usés, Gorleben, en service depuis 1983 pour les déchets de faible et de moyenne activité et depuis 1995 pour les déchets de haute activité et les éléments combustibles usés, et enfin le dépôt intermédiaire Nord de Lubmin, exploité depuis 1999 pour les déchets de faible et de moyenne activité ainsi que les éléments combustibles usés. D’autres dépôts intermédiaires décentralisés pour éléments combustibles usés se trouvent en plus sur les sites de centrales nucléaires.
La procédure de sélection d’un site pour un dépôt géologique profond a été réorganisée début 2014. Dans ce contexte, un nouvel office fédéral pour la gestion nucléaire (Bundesamt für kerntechnische Entsorgung, BfkEG) a été mis en place afin de gérer et réguler la procédure de sélection d’un site pour les déchets de haute activité (DHA). Concernant les déchets de faible et de moyenne activité (DFMA), l’Allemagne a lancé plusieurs projets de dépôts.
Entre 1971 et 1998, les DFMA ont été emmagasinés dans la mine de sel désaffectée de Morsleben. Le dépôt a été remblayé au cours de ces dernières années, sa fermeture a été demandée et la procédure d’autorisation est en cours.
De 1967 à 1978, on a procédé à des essais de stockage des DFMA dans l’ancienne mine de sel d’Asse. Depuis 2009, l’Office fédéral de la radioprotection (Bundesamt für Strahlenschutz, BfS) examine différentes options de désaffectation de l’installation, tout en privilégiant l’option de la récupération. Concernant le dépôt géologique pour les déchets dégageant peu de chaleur (DFMA), prévu dans l’ancienne mine de fer Konrad, le ministère de l’environnement de Basse-Saxe a remis l’autorisation de construire. Suite à la décision fédérale en 2007 de réaménager le puits Konrad en un dépôt final pour déchets radioactifs, les travaux nécessaires ont commencé. Le dépôt final sera en opération aux alentours de 2022.
Le dôme de sel de Gorleben a été envisagé pour accueillir un dépôt final pour DHA. Les travaux de sondage ont débuté en 1986. Ils ont été complètement stoppés en juillet 2013 avec l’entrée en vigueur de la nouvelle loi sur la sélection des sites. D’ici mi-2016, la nouvelle commission des dépôts finals « Kommission Lagerung hoch radioaktiver Abfallstoffe » élaborera des propositions et des critères pour une nouvelle procédure de sélection des sites.
Dépôts intermédiaires pour déchets de faible et de moyenne activité (DFMA) à Mol et à Dessel.
Dessel comprend en plus un dépôt intermédiaire pour déchets de haute activité (DHA). Les éléments combustibles usés (EC) sont entreposés à Doel et à Tihange. Un dépôt final en surface pour DFMA est en préparation à Dessel.
Les DFMA sont entreposés depuis 1986 à Mol et à Dessel, les DHA à Dessel et les EC à Doel depuis 1995 et à Tihange depuis 1997.
A Dessel, un dépôt proche de la surface est en préparation pour les DFMA. En 2006, le gouvernement belge en a approuvé la construction. L’Organisme national des déchets radioactifs et des matières fissiles enrichies, Ondraf, a déposé début 2013 une demande d’autorisation pour la construction et l’exploitation d’un dépôt qui entrera vraisemblablement en service en 2020.
En 2001, l’Ondraf a présenté au gouvernement un rapport sur la faisabilité de principe du stockage géologique des DHA dans les roches argileuses (Argiles de Boom). Fin 2011, il lui a soumis aussi un projet sur la suite des opérations. Le gouvernement doit maintenant définir sa stratégie de gestion.
Les Argiles de Boom font l’objet d'études depuis 1973 et depuis 1984 dans un laboratoire souterrain à Mol.
Un dépôt final en surface accueille les déchets de faible et de moyenne activité (DFMA).
Les déchets radioactifs sont en outre entreposés sur les sites des centrales nucléaires. Un dépôt intermédiaire centralisé pour DHA entrera en service à Villar de Cañas en 2018. Les DFMA sont stockés depuis 1992 dans le dépôt final en surface d’El Cabril. Sur le même site, une installation pour les déchets de très faible activité est en service depuis 2008.
Jusqu’à présent, les projets de dépôts pour déchets radioactifs se sont concentrés sur le stockage intermédiaire centralisé. Un nouveau programme de «stockage géologique profond» a commencé en 2014. La procédure de sélection de site démarrera en 2017, l’exploitation en 2068. Des rapports de sûreté génériques sont disponibles pour des dépôts géologiques pour déchets de haute activité (DHA), implantés dans le granite et les roches argileuses. Ils doivent toutefois être mis à jour.
Deux dépôts géologiques pour déchets de faible et de moyenne activité (DFMA) et une installation de stockage en piscine pour éléments combustibles usés (EC) sont en service sur les deux sites nucléaires d’Olkiluoto et de Loviisa.
Posiva, organisation chargée de la gestion des déchets radioactifs, propriété de deux compagnies d’électricité, réalise aussi des recherches au laboratoire souterrain d’Onkalo sur la presqu’île d’Olkiluoto. Des déchets de haute activité (DHA) ainsi que des éléments combustibles usés et des déchets de moyenne activité à vie longue (DMAL) seront un jour stockés ici.
Les deux sites nucléaires d’Olkiluoto et de Loviisa accueillent des installations de stockage en piscine pour EC. Les DFMA sont stockés depuis 1992 à Olkiluoto, dans un dépôt géologique pour déchets d’exploitation. Les cavernes de stockage ont été aménagées dans la roche cristalline, à 100 mètres de profondeur. Un autre dépôt DFMA, également dans la roche cristalline et à 110 mètres de profondeur, est en service depuis 1998 à Loviisa.
En 2011, le Parlement a approuvé les projets de dépôt géologique DMAL et EC à Olkiluoto. Les travaux de construction du laboratoire souterrain d’Onkalo sur le futur site d’implantation du dépôt ont commencé en 2004. Depuis, Posiva étudie le site et recueille d’importantes informations sur la géologie et optimise les techniques d’excavation et de stockage. La demande d’autorisation de construire a été présentée fin 2012, la demande d’autorisation d’exploiter suivra en 2020. Le dépôt géologique pourrait entrer en service vers 2022.
Les déchets radioactifs de faible activité sont stockés dans plusieurs dépôts en surface.
Deux dépôts proches de la surface accueillent déjà les déchets de faible et de moyenne activité (DFMA) à vie courte. Un dépôt géologique profond est prévu pour les déchets de haute activité (DHA).
Les DFMA à vie courte sont stockés dans deux dépôts en surface. De 1969 à 1994, les DFMA à vie courte ont été emmagasinés au Centre de la Manche. Le Centre de l'Aube est en service depuis 1992. Depuis 2003, un dépôt pour déchets de très faible activité est opérationnel à Morvilliers. Un autre dépôt pour DFMA à vie longue est en projet.
Pour les DHA, un dépôt géologique profond est à l’étude. L’Andra (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs) gère à Bure un laboratoire souterrain dans les roches argileuses. Le site de stockage potentiel se trouve à quelques kilomètres du laboratoire souterrain et fait actuellement l’objet d’études. Il est prévu de déposer prochainement la demande d’autorisation de construire du dépôt profond et d’en commencer l’exploitation pilote en 2025. L’exploitation officielle quant à elle est prévue entre 2030 et 2035.
Les déchets de faible et de moyenne activité (DFMA) sont entreposés en surface à Sellafield ainsi que sur plus de 30 autres sites.
Le dépôt pour déchets de haute activité (DHA) et éléments combustibles usés (EC) se trouve également à Sellafield. Une stratégie adaptée à la recherche de sites de dépôts géologiques profonds a été adoptée mi-2014.
Les DFMA sont stockés en surface depuis 1957 à Dounreay et depuis 1959 à Drigg. En 2007, le gouvernement a adopté une stratégie de gestion des DFMA. Le stockage définitif des DHA et des EC usés, quant à eux, doit avoir lieu dans des dépôts géologiques. En 2008, le gouvernement a défini sa stratégie de stockage des DHA.
La procédure de sélection de site, basée sur la candidature volontaire des communes d’implantation potentielles, est en cours. Mi-2014, le gouvernement a adopté une stratégie adaptée à la recherche de sites et confirmé qu’il maintenait l’option du stockage en couches géologiques profondes.
Les déchets de faible et de moyenne activité (DFMA) comme les déchets de haute activité (DHA) sont entreposés en surface à proximité de la centrale de Borssele.
Les DFMA sont entreposés sur le site de la centrale nucléaire de Borssele depuis 1992. Depuis 2003, les DHA sont entreposés à long terme, soit pour une centaine d’années, dans le dépôt intermédiaire HABOG (Hoogradioactief Afval Behandelings Gebouw) construit sur le même site. Cette solution doit garantir la réversibilité du stockage et permettre de réunir des moyens financiers suffisants pour réaliser un projet de stockage final. Actuellement, la COVRA (Centrale organisatie voor radioactief afvall) poursuit un programme de recherche et de démonstration dans les roches d’accueil envisageables (dépôts de sel et d’argiles).
Les déchets de faible et de moyenne activité (DFMA) sont entreposés sur les sites nucléaires de Barsebäck, Ringhals et Oskarshamn, ainsi qu’au Studsvik Research Center.
Oskarshamn dispose en plus d’une installation souterraine de stockage en piscine pour les éléments combustibles (EC) usés. Un dépôt géologique DFMA est en service sur le site de la centrale nucléaire de Forsmark. Un dépôt géologique profond pour déchets de haute activité (DHA) est également à l’étude à Forsmark. Le laboratoire souterrain d’Äspö, à proximité d’Oskarshamn, permet d’étudier le sous-sol cristallin.
Les DFMA sont entreposés sur les sites nucléaires de Barsebäck, Ringhals et Oskarshamn ainsi qu’au Studsvik Research Center.
Pour les EC, il existe depuis 1985 une installation souterraine centralisée de stockage en piscine, sur le site nucléaire d’Oskarshamn (dépôt intermédiaire CLAB). Une extension de cette installation a été décidée en 2008.
Depuis 1988, le site nucléaire de Forsmark accueille un dépôt DFMA aménagé dans la roche cristalline. La SKB (Svensk Kärnbränslehantering AB), société suédoise pour le combustible nucléaire et les déchets radioactifs, prévoit une extension de ce dépôt. La demande d’autorisation doit être déposée en 2014. Le début de l’exploitation est prévu pour 2023.
En perspective d’un dépôt géologique profond pour EC, d’importantes recherches de sites dans la roche cristalline ont été réalisées de 2002 à 2007, à Oskarshamn et à Forsmark. En 2009, la SKB a proposé le site de Forsmark et déposé en 2011 la demande d’autorisation correspondante. La mise en service pourrait commencer vers 2029. Depuis 1995, le sous-sol cristallin fait l’objet d’études au laboratoire souterrain d’Äspö à Oskarshamn. De plus, la Suède gère à Oskarshamn un « Canister Laboratory » où diverses méthodes de scellement et de tests pour conteneurs de déchets sont développées. Une installation de conditionnement pour EC (confinement dans des conteneurs en cuivre) est en projet. Une demande d’autorisation a été déposée en 2006.
Les déchets radioactifs sont stockés dans le dépôt intermédiaire centralisé ainsi que sur les sites des centrales nucléaires.
Un dépôt final pour déchets provenant du retraitement du radium et de l’uranium est en phase de réalisation. La procédure de sélection de site pour un dépôt géologique pour déchets de haute activité (DHA) est en cours.
Les déchets de faible et de moyenne activité (DFMA) sont stockés en partie dans le dépôt intermédiaire centralisé WWMF (Western Low and Intermediate Level Waste Management Facility, Bruce), en partie sur les sites des centrales nucléaires, où sont entreposés aussi les éléments combustibles (EC) usés.
Pour les DFMA, un dépôt géologique est projeté à Kincardine. La procédure d’autorisation a été lancée en 2005. La mise en service pourrait commencer en 2025. Les déchets provenant du retraitement du radium et de l’uranium doivent être stockés à Port Hope, dans un dépôt proche de la surface. L’autorisation nécessaire a été accordée en 2009 par l’instance de surveillance CCSN (Commission canadienne de sûreté nucléaire). La phase de réalisation a commencé en 2012.
Pour les DHA, un dépôt géologique doit aussi être construit à terme. La recherche d’un site a été lancée en 2010 sur la base de candidatures volontaires de communes. Début 2015, 9 communes étaient encore impliquées dans le processus. Les premières études de faisabilité sont déjà terminées. Les campagnes d’investigations géologiques devraient débuter prochainement.
Un laboratoire souterrain a été exploité de 1990 à 2001 au Lac du Bonnet. Il est actuellement fermé.
Les déchets radioactifs sont entreposés sur différents sites.
Pour les DFMA et les déchets de haute activité (DHA), il existe depuis 1992 un dépôt intermédiaire à Rokkasho, qui accueille également depuis 1999 des éléments combustibles (EC) usés. Les EC sont entreposés par ailleurs sur les sites des centrales nucléaires. Un dépôt intermédiaire EC de très grande capacité est actuellement en construction à Mutsu. Différentes organisations de recherche gèrent leurs propres dépôts intermédiaires DFMA. Les DHA sont aussi entreposés au centre de recherche de la JAEA (Japan Atomic Energy Agency) à Tokai. Diverses options sont évaluées pour les déchets de Fukushima.
Un dépôt final DFMA en surface est en service depuis 1992 à Rokkasho-mura. Le projet de dépôt pour déchets de démantèlement, à environ 100 mètres de profondeur, est en cours sur le même site. De plus en 2008, le gouvernement a chargé la JAEA de planifier et de réaliser un dépôt en surface pour les déchets de la médecine et de la recherche. La procédure de sélection de site est en cours.
Pour les DHA, un dépôt géologique est prévu. La recherche d’un site, confiée à NUMO (Nuclear Waste Management Organization of Japan), est dorénavant pilotée par le gouvernement japonais. La sélection du site devrait avoir lieu d’ici 2025, la mise en service de l’installation est prévue pour 2035.
Dans l’ancienne mine de fer et de cuivre de Kamaishi et dans la mine d’uranium de Tono (toutes deux dans la roche de granite), des laboratoires souterrains ont été exploités par la JAEA, respectivement de 1988 à 1998 et de 1986 à 2003. D’autres laboratoires souterrains sont actuellement en construction à Horonobe dans la roche sédimentaire et à Mizunami dans la roche cristalline.
Depuis avril 2008, NUMO est également responsable de la gestion des déchets de moyenne activité à vie longue (DMAL) provenant du retraitement et de la fabrication de combustibles MOX (oxydes mixtes).
Des dépôts intermédiaires se trouvent sur de nombreux sites nucléaires. Plusieurs dépôts finals proches de la surface accueillent les déchets de faible et de moyenne activité (DFMA). Un dépôt géologique est déjà en service pour les déchets militaires transuraniens.
Le DOE (Department of Energy) gère plusieurs dépôts intermédiaires pour DFMA et DMAL à Hanford WA. De plus, des entrepôts décentralisés se trouvent sur 72 sites nucléaires répartis dans 33 Etats. Dans le cadre d’une nouvelle stratégie de gestion nucléaire, une nouvelle installation centralisée pour DHA est prévue et doit entrer en service en 2025.
Le DOE gère aussi cinq dépôts nationaux pour DFMA principalement d’origine militaire. On recense encore huit dépôts proches de la surface pour les déchets issus d’une exploitation nucléaire commerciale, dont quatre sont déjà fermés.
Pour les déchets de haute activité (DHA), on disposait avec le Yucca Mountain d’un site dans le tuf, qui avait été approuvé par le Congrès. Mais le gouvernement n’a pas souhaité poursuivre cette option et a chargé une commission (Blue Ribbon Commission on America`s Nuclear Future) d’analyser d’autres alternatives de gestion nucléaire. Le rapport final publié par la commission début 2012 préconise le stockage géologique profond, option jugée scientifiquement la meilleure. Un programme de Recherche et Développement a été mis sur pied en 2013.
A Carlsbad, Nouveau Mexique, le DOE gère le Waste Isolation Pilot Plant (WIPP) depuis 1999. C’est un dépôt final pour déchets militaires transuraniens dont la fermeture est prévue pour 2030.