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Cannabis et grossesse : quels sont les risques pour le développement de l’enfant ?
Un impact possible sur les fonctions cognitives de l’enfant des usagées problématiques (excessive).
Le QI global est identique à celui des enfants de mères non consommatrices.
Impacts sur les fonctions cognitives de l’enfant
Le nombre de femmes consommant du cannabis est en augmentation. Parmi cette population se trouvent des femmes enceintes mal informées sur les risques du cannabis chez des femmes enceintes et l’effet que la consommation de cannabis peut avoir sur le développement de leur enfant. Si ses effets sur la grossesse sont très modestes, voire inexistants (à part des effets de la fumée) ou même positifs en ce qui concerne l’accouchement (le cannabis peut faciliter l’accouchement par son effet analgésique et de détente), le cannabis peut altérer les fonctions cognitives des enfants dont la mère a fumé excessivement [1] au cours de sa grossesse.
On estime à plus de 4 millions le nombre des consommateurs de cannabis, dont 850.000 personnes consommant régulièrement, c’est-à-dire plus de dix fois par mois. Parmi ces derniers, il y aurait 7% de jeunes filles de 17 ans. La consommation se prolonge souvent au-delà de l’adolescence. Selon des études portant sur ce sujet, 3% à 30% des femmes fumeraient pendant la grossesse. Une telle proportion va s’accroître dans la mesure où les jeunes fumeuses sont de plus en plus nombreuses et que les femmes enceintes sont encouragées à arrêter le tabac, très rarement le cannabis. Ainsi, certaines compensent les signes du sevrage tabagique par un ou deux joints par jour tandis que d’autres apprécient l’efficacité du cannabis contre les nausées et les vomissements du premier trimestre [2]
Les effets actuellement documentés du cannabis sur le foetus et l’enfant dont la mère a fumé excessivement :
A ce jour, il n’a pas été démontré d’effet sur l’incidence des malformations congénitales, ni sur la prématurité. Une consommation régulière tendrait toutefois à diminuer modestement le poids de naissance [3].
Les nouveau-nés de mère ayant consommé du cannabis pendant la grossesse présentent plus souvent des troubles du sommeil.
Au cours du premier mois, ils présentent plus de troubles du comportement : trémulations, diminution de la puissance des pleurs et de la réponse visuelle aux stimulations lumineuses.
Le cannabis exerce un effet négatif sur la croissance, visible entre 1 an et 9-12 ans : faible périmètre crânien.
Vers dix ans, les enfants exposés sont davantage hyperactifs, impulsifs et inattentifs.
Ils présentent plus de troubles scolaires (même si le QI est identique à celui des autres enfants) : diminution des capacités d’abstraction, du raisonnement en rapport avec la sphère visuelle.
Certaines études différencient les troubles en fonction de la période d’exposition au cannabis. Ainsi, durant le premier trimestre de grossesse : troubles de la mémoire ; durant le deuxième trimestre : troubles de l’attention et impulsivité.
D’autres auteurs montrent une augmentation des difficultés d’apprentissage de la lecture et du calcul, et des échecs scolaires deux fois plus fréquents.
Et enfin, ces enfants sont plus souvent anxieux et dépressifs.
Il est important de connaître ces effets afin de prévenir les jeunes femmes des risques de la consommation de cannabis durant la grossesse. Il faut leur en parler et surtout les aider à arrêter de fumer du tabac et/ou du cannabis. Bien sûr, pas d’alcool non plus.
Sources : Le quotidien du médecin
À lire sur ce sujet :
Notes
[1] excessivement
[2] il existent d’autres possibilités pour des femmes enceintes désirant compenser leur sevrage tabagique ou traiter leurs nausées avec du chanvre, par exemple les infusions, les granulés homéopathiques au cannabis, l’inhalation à la vapeur etc.
[3] ce qui peut également être lié à la consommation de tabac plutôt qu’à celle du cannabis