Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07208.jsonl.gz/510

Genève au fil du temps
De nouveaux courants pédagogiques font leur apparition à la fin du 19e siècle, qui trouvent leur origine dans la philosophie de Jean-Jacques Rousseau (1712-1778). Rousseau avançait au 18e siècle que l’éducation des enfants doit préserver leurs qualités naturelles et qu’elle doit essayer de connaître l’enfant dans son développement. Ses idées vont inspirer le psychologue Edouard Claparède (1874-1940) qui fonde en 1912 l’Institut J.-J. Rousseau qui se consacre aux sciences de l’éducation.
Au tournant du siècle, des écoles dirigées par des pionniers de « l’éducation nouvelle » ouvrent leurs portes. Parmi elles, la Maison des Petits créée en 1913 à Genève. Véritable laboratoire, elle met en application les théories de l’Institut J.J. Rousseau dont les principes visent à promouvoir une éducation « qui encourage un apprentissage des savoirs par l’expérience, qui valorise l’esprit de coopération entre les enfants et qui est attentif au développement psychologique des enfants ». « Développer harmonieusement toutes les facultés de l’enfant d’après des méthodes scientifiques d’enseignement » pouvait-on lire sur le programme et le règlement de la Maison des Petits.
Ces images prises par le photographe Albert Détraz (1876-1972) en 1931 illustrent un examen de fin de stage de la classe de Mme Louise Lafendel à l’école du boulevard Carl-Vogt.
On y voit que l’enseignement repose sur le principe de jeux didactiques, utilisés pour explorer des notions abstraites, comme par exemple en mathématiques. Dans la classe de calcul, les élèves manipulent des plots, enfilent des anneaux percés sur une perche pour les amener à découvrir des méthodes de comptage et à les exercer.
Dans le préau, les enfants se prêtent à un jeu de construction grandeur nature. Les garçons se sont transformés en petits maçons, travaillent ensemble à la même tâche, construire les fondations d’une maison. On notera que les filles ne participent pas à l’activité de construction, et qu’inversement les garçons ne prennent pas part à la classe de tissage. Les activités visent en effet à développer, l’habileté des enfants des facultés qui leurs seront utiles leur vie durant. Ce caractère utilitaire est théorisé par Claparède : « Une activité n’est éducative que si elle répond à un besoin ». Edouard Claparède nomme cela l’éducation fonctionnelle. Un besoin élémentaire des enfants est de bouger : des obstacles comme des bancs et de petites tables sont disposés dans la classe, permettant aux enfants de grimper dessus ou de se glisser dessous.
Aujourd’hui la Maison des Petits est devenue un réseau d’écoles toujours dédiées à la recherche et à la formation en didactique des disciplines scolaires.