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Amnesty International est dans la tourmente depuis la publication jeudi d'un rapport reprochant à l'armée ukrainienne de mettre en danger des civils dans sa résistance à l'invasion russe en installant des infrastructures militaires dans des zones habitées. Ces conclusions ont indigné Kiev et poussé à la démission la responsable de l'ONG en Ukraine.
>> Les explications dans Forum:
L'agression russe condamnée dès le début
Interrogée dans Forum, Nadia Boehlen, porte-parole d'Amnesty International en Suisse, a tenu à rappeler que l'ONG procède toujours de la même manière: "Amnesty documente de manière rigoureuse et selon la même méthodologie les violations commises par les différentes parties au conflit".
Dès le début du conflit en Ukraine, Amnesty a condamné l'agression de la Russie et a depuis publié "plus de 20 documents qui mettent en avant les violations du droit international humanitaire commises par les forces russes, dont un document de 74 pages. Là, c'est la première fois que nous documentons et publions des violations des droits humains commises par les forces ukrainiennes".
Les violations commises sont enregistrées en établissant des gradations d'importance, rappelle encore Nadia Boehlen. "Nous avons documenté bien plus de violations commises par les Russes, comme nous avions documenté bien plus de violations commises par les forces de Bachar el-Assad au début du conflit en Syrie, mais nous avions aussi condamné les violations commises par les forces d'opposition comme nous le faisons à présent pour les forces ukrainiennes".
Faire réagir les autorités ukrainiennes
Les rapports établis concernant les violations commises par les forces russes depuis le début du conflit ont tous été publiés et rendus publics. Pour demeurer impartial, Amnesty doit procéder de même pour les constats de violation concernant les forces ukrainiennes, explique encore la porte-parole. Les recherches sont conduites par le secrétariat international et non par les sections nationales sur place, à nouveau pour garantir une indépendance dans la conduite des recherches, explique Nadia Boehlen.
Livré au ministère de la Défense ukrainien le 19 juillet, "le rapport avait aussi vocation de lobbying auprès des autorités ukrainiennes, de les questionner dans leurs tactiques de guerre et de les pousser à agir le plus proprement possible dans cette guerre défensive extrêmement complexe", a conclu Nadia Boehlen.
Propos recueillis par Esther Coquoz/lan