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La tension monte contre le barrage de Belo Monte
Après la décision de la justice brésilienne de donner son feu vert à la construction du barrage de Melo Monte, les opposants ne renoncent pas. Les déclarations de guerre du chef indien Raoni ont fait monter la pression de plusieurs crans.
Après vingt ans de controverses, la justice fédérale brésilienne a donné son feu vert le 16 avril à la construction de la troisième installation hydroélectrique la plus grande du monde (11.000 MW), derrière celles des Trois Gorges en Chine (18.000 MW) et Itaipu (14.000 MW), à la frontière entre le Brésil et le Paraguay.
Les indiens d'Amazonie et les écologistes mobilisés contre le barrage de Belo Monte ont reçu de nombreux soutiens, notamment celui du réalisateur d'«Avatar», James Cameron. Le Canadien s'est rendu en avril à Brasilia et a demandé au président Luiz Inacio Lula da Silva d'assumer un rôle de «héros» en annulant la construction du barrage de Belo Monte.
Modèle de progrès contesté
Le projet de Belo Monte se situe dans l’un des bassins hydrographiques les plus importants du pays (sur un affluent du fleuve Amazone) et représente un nouveau chapitre d’un modèle de progrès contesté parce qu'il ouvre un peu plus la région amazonienne au secteur énergétique. Les spécialistes estiment que ce lieu abrite l'avenir de l’énergie brésilienne.
Selon le ministère public local, Le barrage va inonder quelque 500 km2 de terres, «va demander des excavations équivalentes aux travaux du canal de Panama» et peut «assécher les 100 km de la rivière où vivent des milliers d'indigènes et petits agriculteurs».
Si malgré la forte mobilisation contre cette installation, le projet devait aboutir, il permettrait de produire de l'énergie bon marché – moins de 83 reais (35 euros) le mégawatt-heure. Toutefois, Le rapport entre puissance installée et énergie produite de la centrale sera seulement de 40%. L’entreprise publique Eletrobras souligne que le fonctionnement de Belo Monte permettra aux centrales des régions Sudeste, Centro-Oeste, Nordeste ou Sul de «se reposer» et de remplir leurs réservoirs. Un argument qui n’a pas convaincu plusieurs spécialistes ni de potentiels investisseurs comme Odebrecht (leader du BTP en Amérique latine) ou Camargo Corrêa (conglomérat brésilien, numéro un de l’hydroélectricité), qui ont décidé de ne pas répondre à l'appel d'offres car ils estimaient que le ratio profit escompté/risque n’était pas des plus sûrs. (Sources: ats/Courrier International)