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Les symboles Reiki, entre sacré et secret
Les symboles Reiki de Mikao Usui à ce jour
Le Reiki a été initié par Mikao Usui en 1920, six ans avant son décès, en tant que pratique hermétique et secrète ne devant jamais se transmettre au-delà des frontières du Japon. Chujiro Hayashi lui a succédé, apportant un peu plus de largesse à la méthode et formant peu avant de mourir Hawayo Takata qui va faire connaître le Reiki dans le monde. Cette transmission purement orale s'est très rapidement assouplie, ouverte à un plus large public et teintée des croyances et de l'environnement culturel de chacun.
Un grand mystère a toujours été entretenu sur l'origine et l'usage des symboles dont aucune trace écrite n'a été conservée durant les premières décennies ayant suivi l'élaboration du Reiki par Mikao Usui. Les symboles étaient transmis, dessinés par les élèves afin de les mémoriser, puis les dessins étaient regroupés et brûlés. Les premières traces écrites sont apparues vers le milieu du siècle passé, montrant déjà de nombreuses divergences sur le plan du graphisme. Alors commencèrent les premières querelles de clochers, car de nombreux enseignants, qui n'avaient pour la plupart jamais rencontré Mikao Usui, prétendaient détenir les symboles originaux. L'être humain a toujours été très doué pour faire parler les morts afin d'ériger ses croyances personnelles en vérité universelles.
Jusqu'à la fin du siècle passé, ces connaissances déjà très divergentes ont été plus ou moins bien contenues et placées sous le sceau du secret. Puis Internet est devenu public au début des années 1990 et par réaction à cette longue période de mystères entretenus sur les symboles Reiki, ces derniers ont commencé à s'étaler sur le web, se déclinant dans toutes les variantes possibles et imaginables, nourrissant ainsi les fantasmes de chacun. Mais la question que nous pouvons nous poser aujourd'hui est la suivante :
Le sacré doit-il rester secret ?
Les grandes religions ont longtemps tenté d'alimenter cette croyance, rendant Dieu inaccessible au commun des mortels, entretenant de nombreux mystères prétendument accessibles aux initiés qui nourrissent la peur pour mieux régner. Doit-on aujourd'hui alimenter encore et encore ce schéma élitiste et profondément archaïque ? Chacun y apportera sa réponse personnelle. A mes yeux, le secret n'est par le gardien du sacré. Dévoiler les symboles Reiki n'enlève rien de leur aspect sacré, dès l'instant où l'on rappelle que ceux-ci font partie intégrante d'un enseignement et qu'Internet ne se substituera jamais à ce dernier.
Cacher le sacré pour en conserver l'exclusivité
Pour celui ou celle qui veut absolument y accéder, restreindre l'accès au sacré n'est jamais un obstacle, mais seulement un défi de plus. Cacher le sacré est une volonté (consciente ou inconsciente) d'en conserver l'exclusivité afin de marquer une supériorité et d'asseoir son pouvoir. Qui d'autre que l'ego peut manifester une telle arrogance ? Dévoiler les symboles Reiki s'apparente pour moi à une mise à disposition plutôt qu'à un étalage forcé puisque leur publication n'oblige personne à les consulter. Il s'agit simplement de les rendre visibles à qui le souhaite. Le respect du sacré ne peut être le fruit d'une censure, mais seulement celui d'un comportement responsable : Que fais-je d'une information à laquelle j'accède sur Internet ou dans un livre ? Cacher le sacré est un acte possessif et exclusif alimenté par la croyance trop répandue que le sacré se dissout au fur et à mesure qu'il se diffuse à un plus large public.
Si à mes yeux le sacré n'a rien de secret, il ne suffit bien évidement pas pour autant d'y accéder visuellement ou intellectuellement pour en assimiler son essence. Dans ce sens, il faut rappeler que toute démarche personnelle ou spirituelle est un chemin incompressible qui nécessite du temps, de l'intériorisation et de l'authenticité.
Pourquoi publier les symboles Reiki ?
L'accès libre aux symboles Reiki est donc utile et complémentaire pour les personnes ayant reçu l'enseignement relatif à leur usage. Il permettra également aux personnes non initiées au Reiki de les découvrir et de les ressentir, car chaque symbole, chaque forme géométrique est porteuse d'une énergie. Plusieurs personnes assistant à mes stages m'ont d'ailleurs affirmé s'être senties appelées au Reiki suite à la rencontre avec l'un ou l'autre de ces symboles, que ce soit sur Internet ou dans des livres. Un symbole Reiki peut donc agir parfois comme un révélateur, un éveilleur de conscience chez la personne non initiée au Reiki.
En réponse à vos questions et affirmations
Ne pas dévoiler les fondements du Reiki, n'est-ce pas une manière de le protéger des dérives et des usurpateurs ?
Je suis intimement convaincu du contraire. Lorsque vous tentez de cacher quelque chose en l'enrobant de mystère, vous nourrissez le fantasme et les dérives. Lorsqu'une idée ou une méthode est clairement et ouvertement exprimée, elle peut alors se transmettre et perdurer, sans qu'elle soit désacralisée pour autant.
Pensez-vous que la libre divulgation des symboles Reiki puisse être une concurrence aux formations dispensées par des enseignants Reiki ?
Non, aucunement ! Comme je le précise toujours, un symbole Reiki consulté sur Internet ou dans un livre ne devient une clé utile que pour celui ou celle ayant reçu l'enseignement relatif (deuxième degré/niveau pour les Cho Ku Rei, Sei He Ki, Hon Sha Ze Sho Nen et troisième degré/niveau pour le Dai Ko Myo). Je rappelle que cet enseignement n'est pas constitué uniquement d'un bagage théorique pouvant se résumer sur un document, mais surtout d'une dimension énergétique transmise par l'enseignant pendant le stage et plus particulièrement durant les initiations.
Est-ce-correct de divulguer un secret ?
Voilà une question intéressante. Selon ce qui nous a été rapporté de Mikao Usui, ce qu'il a nommé "Reiki" était initialement une pratique énergétique secrète qui ne devait jamais quitter les frontières du Japon et se transmettre uniquement sous forme orale. Aujourd'hui, de nombreux puristes critiquent largement Hawayo Takata pour avoir exporté et occidentalisé la méthode, qui jamais n'aurait dû parvenir jusqu'à nous si le secret initial avait été respecté. Sans doute faut-il vivre avec son temps et accepter que tout évolue, l'important n'étant pas de défendre un secret devenu public depuis longtemps, mais de se centrer sur l'essence du Reiki et ce qu'il permet d'atteindre au plus profond de soi.
Aujourd'hui, même les secrets les mieux gardés sont devenus des secrets de polichinelle. Je pense au secret bancaire, au secret médical, mais surtout au jardin secret de chacun qui se réduit comme peau de chagrin au fil de l'évolution des technologies et de l'arrogance des gouvernements qui sèment la peur pour mieux s'immiscer dans l'intimité de l'être humain. Il faut donc se rendre à l'évidence et accepter que la faiblesse humaine et le temps qui passe finissent presque toujours par mettre à jour les secrets les mieux gardés.
Quelle est pour vous l'importance du secret et de la confidence ?
Lors d'accompagnements, je suis amené fréquemment à accueillir des confidences et secrets de famille, parfois d'importance. Il est évident pour moi que ceux-ci sont précieusement gardés, même s'ils pourraient intéresser dans certains cas la presse ou les juges. Les divulguer reviendrait à trahir la confiance de celles et ceux qui me les ont confiés dans le but de s'alléger. C'est une responsabilité immense que d'accueillir dans le coeur, sans jugement et curiosité malsaine une confidence ou un secret que l'on vous confie.
Mais pour en revenir aux symboles Reiki, la situation est essentiellement différente. Si vous recherchez "Cho Ku Rei" sur Google, vous obtiendrez bien plus de 100'000 résultats. Les symboles Reiki et leur graphisme sont accessibles en un simple clic par chaque internaute de la planète. Vous pouvez les trouver également dans de nombreux livres disponibles en librairie. Comment pourrait-on prétendre conserver secrètement une information devenue publique il y a de cela plusieurs décennies ? Notre responsabilité n'est donc pas de tenter de cacher ce qui est public, mais d'en respecter l'aspect sacré lorsque nous l'abordons.
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