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Montorge, 13e siècle
Forteresse savoyarde construite sur les terres du Prince-Evêque
A visiter sur place : Montorge, La maison de la Nature
Le château de Montorge est le symbole des luttes incessantes qui opposent durant tout le Moyen Âge l’évêque de Sion aux Comtes de Savoie. Construit en 1233 par Aymon de Chablais, fils du Comte de Savoie, il a pour but de contrôler la vallée du Rhône et le passage vers le Haut-Valais. Il constitue une véritable provocation pour l’évêque de Sion car il empiète sur ses terres. L’édification de cette forteresse sur le territoire épiscopal entraîne donc des luttes sanglantes avec la Maison de Savoie. Elles se terminent finalement par la prise du château par l’évêque Henri de Rarogne en 1264.
Par la suite et durant tout le XIVe siècle, Montorge devient un enjeu majeur dans les conflits et les alliances qu’entretient l’évêque avec les Comtes de Savoie. Montorge passe donc de main en main au gré des circonstances politiques. C’est ce contexte tourmenté qui finit par ruiner la forteresse, incendiée en 1417, au cours de la «Guerre de Rarogne» qui oppose la puissante famille, issue de la noblesse locale et la population valaisanne, avide de libertés. Depuis cette période, le château ne fut pas reconstruit et seules des ruines subsistent.
Le château de Montorge a été construit sur un promontoire rocheux. Au nord, une falaise abrupte rendait son accès impossible, tandis qu’au sud, la pente herbeuse dégagée ne permettait pas de montée à couvert. Pour combler les lacunes des flancs est et ouest, plusieurs ouvrages défensifs avaient été construits: fossés, avantpostes, pont fortifié… Pour pénétrer dans la forteresse, il fallait ensuite passer par le corps de garde et la tour d’entrée. A l’intérieur, se trouvaient un grand bâtiment et son annexe, avec une citerne au sous-sol. Il est difficile de savoir aujourd’hui comment ils étaient aménagés, mais ils ressemblaient certainement aux maisons fortes présentes sur la colline de Valère.
Sur le plus haut point de la colline se dressait une tour de guet et d’alerte qui, par sa situation dominante, permettait de communiquer avec de nombreux autres châteaux de la vallée. Il est possible qu’elle soit plus ancienne que le château lui-même. A l’endroit où se dresse aujourd’hui la statue de la Vierge, aucun vestige médiéval n’a été observé.
Au début des années 2000, la Bourgeoisie de Sion, propriétaire des lieux, entreprit un débroussaillage du site, suivi d’un dégagement des maçonneries recouvertes par la végétation, ce qui permet de redécouvrir les richesses archéologiques du lieu et d’entreprendre des travaux de consolidation et de restauration.