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Une étude britannique (Lancet 2003 ; 361 : 653-61) montre que la prolongation des traitements antidépresseurs réduit de façon substantielle les risques de rechute dans les troubles dépressifs. John Geddes et ses collègues de l'Université d'Oxford ont réalisé une revue systématique des travaux existants. Ils ont notamment recensé trente et un essais randomisés menés auprès de près de 4400 patients au total, arrivés au terme d'un traitement médicamenteux conventionnel (de quatre à six mois généralement), comparant la poursuite du traitement à la prise d'un placebo.Le taux de rechute dans les groupes placebo est environ deux fois plus élevé que dans les groupes d'intervention (41% vs 18%). Cette réduction du risque semble indépendante du risque de rechute ou de la durée du traitement de base. Elle est observée pour toutes les classes d'antidépresseurs. Le suivi après arrêt du traitement était de douze mois dans la majorité des études, mais les six études à plus long terme laissent penser que l'effet du traitement subsiste jusqu'à trois ans.Conclusions : les antidépresseurs semblent efficaces contre les rechutes. La prolongation du traitement, estiment les auteurs, devrait être décidée en fonction du risque de rechute, et serait particulièrement indiquée pour les patients à haut risque, s'ils sont prêts à adhérer à cette stratégie. John Geddes et ses collègues estiment que d'autres essais devraient être entrepris pour déterminer la longueur optimale du traitement.Des études supplémentaires permettraient notamment de déterminer le bénéfice d'un traitement prolongé pour les patients moins exposés aux rechutes, souffrant de troubles dépressifs légers, qui étaient sous-représentés dans les essais passés en revue.Autre réserve possible : les essais impliquent forcément une interruption de traitement chez les patients des groupes placebo. Le risque existe donc qu'un certain nombre de rechutes au sein des groupes placebo soit provoqué directement par le déséquilibre né de l'arrêt du traitement. Autrement dit, les études ne mesureraient pas l'efficacité des antidépresseurs à long terme, mais les risques de rechute suite à l'arrêt du traitement. Ce biais semble toutefois peu probable dans les études considérées, car le taux de rechute n'est pas particulièrement élevé durant le mois suivant l'interruption du traitement.