Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06884.jsonl.gz/814

Balade, il se pourrait que vous soyez animée de bons sentiments, mais attention, l'enfer est pavé de bonnes intentions. Quant on veut tirer une conclusion aussi définitive sur un sujet aussi complexe, on ne se contente pas de lire un seul livre sur le sujet, probablement écrit par un prêtre-psychologue (si si ça existe!) notoirement homophobe mais masquant ses discours haineux d'une fausse compassion quant à la souffrance des homosexuels.
Premièrement, étant bien placé pour en parler, les souffrances (au pluriel) des homosexuels ne viennent pas du fait d'être homosexuel, mais viennent bien et UNIQUEMENT de l'homophobie générale de l'humanité. Quand l'homophobie n'est pas frontale et violente, elle est au moins pernicieuse, diffuse, fédératrice, et parfois ignorante d'elle même. Elle n'en a pas moins d'effets destructeurs sur la personnalité d'un jeune qui se questionne. Même dans la "communauté" homo, l'homophobie est présente. Non pas parce que c'est "normal" d'être homophobe, mais parce que tous les homos ont grandi avec l'homophobie autour d'eux, comme tout le monde, et l'ont intégrée, comme tout le monde.
Deuxièmement, pour en revenir à vos sources, lisez donc d'autres livres, des études scientifiques par exemple, qui ont démontré statistiquement, que la génétique est une des causes de l'homosexualité, mais pas la seule et qu'elle n'est pas sine qua none (çàd que tous les homosexuels ne le sont pas des suites de leurs gènes). Etant bien intéressé par le sujet, je ne suis pas contenté de lire un seul livre, mais j'en ai lu beaucoup. Une preuve statistique de l'existence indiscutable d'origines génétiques étant l'étude des fratries. Si on prend un individu au hasard dans la population mondiale, il a environ 5% de chance d'être homo, 95% d'être hétéro. Si on met tous ensemble les gens qui ont un frère ou une soeur homo, et qu'on pioche un individu au hasard dans cette population, sa chance d'être homo est de 25%. On peut se dire que c'est dû à l'éducation comme vous l'affirmez. Mais si on prend les jumeaux uniquement, si un des jumeaux est homo, il y a 50% de chance que l'autre le soit aussi. Cette différence entre les fratries standard et les fratries gemellaires ne peut pas s'expliquer par l'éducation uniquement (il y a eu des études sérieuses et pas qu'une). C'est une preuve qu'au moins certains cas d'homosexualité (et a priori une majorité des cas) sont d'origine génétique. Mais les études vraiment sérieuses affirment aussi que cela ne peut pas "expliquer" tous les cas, et qu'il existe aussi des origines endocrinologiques ou hormonales, des origines psychologiques ou éducationnelles, voire des circonstances de la vie, ou une combinaison de plusieurs facteurs. Eh oui! Il n'y a pas une seule façon d'être homo, pas une seule façon de vivre son homosexualité, pas une seule façon de se sentir homo. Il n'y a pas non plus une explication unique, en tout cas aucune qui soit aussi péremptoire que la vôtre.
Troisièmement, peut importe l'origine de sa sexualité pour un individu donné. Ce qui importe pour chaque individu concerné, c'est d'avoir les mêmes droits de vivre que tous les autres, de même qu'on doit avoir les mêmes droits qu'on soit noir ou blanc, petit ou grand, suisse ou belge, germanophone ou francophone, qu'on aime les lentilles et pas les petits pois ou l'inverse, c'est à dire qu'elles que soient les caractéristiques individuelles qu'on ne choisit pas ET qui ne causent de tort à personne (ceci afin de couper net les arguments homophobes ironiques et absurdisants qui prétendent que si on doit donner les mêmes droits aux homos, il faudrait alors pardonner aux terroristes qui ont bien le droit d'exister aussi).
Quatrièmement, ce sont toujours les mêmes clichés qui sont resservis sur le père absent ou dominé par sa femme autoritaire et castratrice, pour expliquer l'homosexualité du petit garçon. Pourtant les juifs ne sont pas tous homos (humour! hommage à un autre cliché de la mère juive). Avec ces arguments, on se concentre sur l'homosexualité masculine et on zappe donc allègrement l'homosexualité féminine. Sans doute parce que cette homosexualité-là est souvent considérée comme "moins grave", dans l'esprit de beaucoup d'hétéros, il n'y a sexe que s'il y a pénis.
Vous écrivez que ce type de couple (père absent, mère trop présente) aura des enfants avec des problèmes d'identité. Vous considérez donc bien l'homosexualité comme un problème (et vos intentions ne sont peut-être pas si bonnes). Désolé de vous le dire, mais comme la plupart des homos, je n'ai aucun problème d'identité, je sais très bien qui je suis, ce que je suis et j'assume très bien d'être un homme, viril, poilu et homosexuel. Mon seul problème est l'homophobie. Et mon frère, hétéro, élevé avec moi par les mêmes parents, n'a pas plus de problème d'identité que moi, merci pour lui!
Enfin pourquoi voit-on toujours des caractéristiques masculines ou féminines à ce qui ne sont que des caractéristiques humaines??? Désolé de vous rendre le monde compliqué mais il me semble que vous le voyez un peu trop simplement (blanc-noir, homme-femme, masculin-féminin, rose-bleu, acquis-inné). Désolé, mais le gris, le mauve, l'humain, les combinaisons, tout ça existe aussi et rendent peut-être le monde un peu plus compliqué mais aussi et surtout beaucoup plus riche, plus beau et plus intéressant.