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Soupçonnée d'avoir tué ses enfants à Flaach (ZH), la mère a avoué lundi, a révélé son avocate. Dans la journée, on a appris que l'autorité de protection de l'enfant et de l'adulte (APEA/KESB) ne disposait pas des effectifs pour s'occuper intensivement de la mère durant les fêtes de fin d'année.
L'APEA ne dispose d'aucun service de piquet. La majorité bourgeoise du parlement zurichois s'était opposée à ancrer dans la loi un service de secours. La décision est tombée en avril 2012.
Un service de piquet était jugé nécessaire par le chef du département cantonal de la justice Martin Graf (Verts), par le PS, le PDC et les Verts. Le ministre n'a pas réussi à convaincre la majorité bourgeoise (UDC, PLR, PBD, Vert'libéraux et UDF).
Pour les urgences, la police, les médecins, les psychiatres et le Ministère public sont à disposition, ont argumenté les députés bourgeois. Un service de piquet engendrerait des coûts supplémentaires. Le service d'urgence a finalement été refusé par 101 voix contre 57.
Des aveux
La femme de 27 ans a avoué lundi avoir tué ses deux enfants, un garçon de 5 ans et une fille de 2 ans, a affirmé son avocate en soirée à la chaîne régionale "TeleZüri", sans donner de détails. Sa cliente, qui s'est blessée elle-même au cou, est très faible et ne s'exprime qu'avec peine, selon l'avocate.
La jeune femme a été arrêtée dans la nuit du drame près de sa maison. Les blessures qu'elle s'est infligée n'étaient pas d'ordre à mettre sa vie en danger, mais ont empêché un interrogatoire pendant plusieurs jours.
Deux rapports
Le département cantonal de la justice a exigé lundi des rapports sur cette affaire à l'APEA de Winterthour-Abdelfingen et au conseil de district de Winterthour. Ces rapports, qui doivent faire toute la lumière sur la façon dont le dossier de la mère infanticide a été traité par les autorités, sont attendus dans la deuxième moitié de janvier.
Le département cantonal rappelle que les APEA dépendent des autorités communales. Le service des communes du département cantonal de la justice est l'autorité de surveillance. Il ne peut pas corriger des décisions de l'APEA et il ne peut intervenir qu'en cas de mauvaise gestion ou d'irrégularités.
Analyses en cours
L'APEA de Winterthour-Abdelfingen a publié un communiqué lundi pour dire qu'elle analyse les faits, mais qu'elle ne donnera pas de détails sur l'affaire en raison du secret professionnel. L'institution n'a notamment pas le droit de dire pourquoi les enfants n'ont pas été confiés aux grands-parents.
En raison d'importantes "menaces", la police a renforcé le dispositif de sécurité de l'APEA. L'institution voulait organiser une conférence de presse, mais elle a été obligée d'y renoncer afin de protéger ses employés, a précisé l'APEA.
Le garçon et sa soeur ont été tués le soir du 1er janvier. Leur mère, une Suissesse de 27 ans, a été arrêtée. Le drame s'est produit dans le cadre d'un conflit entre la famille et les autorités.
Mesures préventives
L'APEA de Winterthour-Abdelfingen avait déjà reçu des informations concernant des problèmes au sein de la famille. Il avait ordonné des mesures préventives et les enfants ont été placés dans une institution.
Quatre jours avant le drame, la mère avait envoyé un courriel aux médias dans lequel elle critiquait l'APEA. Elle accusait l'institution d'avoir pris ses enfants et de les cacher. Les enfants ont pu retourner auprès de leur mère pendant les fêtes. Ils auraient dû revenir dans l'institution le 4 janvier.
ATS