Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06855.jsonl.gz/1254

PHILADELPHIE – Une nouvelle étude a révélé que le belimumab, un inhibiteur des lymphocytes B, améliore de manière significative le lupus érythémateux cutané (LEC), que les patients soient ou non atteints de lupus érythémateux systémique (LES, SLE en anglais). Cette étude a été présentée en novembre 2022 à l’ACR Convergence 2022, la réunion annuelle de l’American College of Rheumatology (ACR). Creapharma.ch était physiquement présent à ce congrès, le plus grand au monde sur la rhumatologie, qui se tient à Philadelphie et online.
Le lupus érythémateux cutané (LEC) est une maladie auto-immune qui, comme son nom l’indique, affecte principalement la peau. Les lésions se développent sur les zones du corps exposées au soleil et peuvent être la seule manifestation du lupus ou exister avec une maladie systémique (général). Outre la détresse psychologique, le LEC peut également provoquer des cicatrices et des modifications de la pigmentation, en particulier sur les peaux foncées. Le bélimumab, un anticorps monoclonal qui inhibe l’activation des
cellules B (lymphocytes), est approuvé pour le lupus érythémateux systémique ou LES (appelé aussi lupus érythémateux disséminé), mais on sait moins de choses sur son utilisation dans le cas du LEC, notamment sur le délai de réponse après l’introduction du médicament.
Les chercheurs ont entrepris cette méta-analyse pour examiner l’efficacité du belimumab et le délai de réponse chez les patients atteints de LEC avec ou sans LES.
Après une recherche manuelle exhaustive de plus de 700 études interventionnelles et observationnelles, les chercheurs ont identifié six études interventionnelles en aveugle à inclure dans la méta-analyse, où le belimumab était comparé à la norme de soins, comme les antirhumatismaux modificateurs de la maladie (ARMM) conventionnels ou la prednisone plus l’hydroxychloroquine. Les études incluses étaient homogènes, avec un faible risque de biais.
Le principal résultat était la réponse clinique à 52 semaines chez les utilisateurs de belimumab par rapport aux non-utilisateurs. La réponse clinique a été définie comme une diminution des manifestations cutanées d’un score de base du British Isles Lupus Assessment Group (BILAG) de A ou B à un score de B-E. L’indice BILAG est une mesure validée de l’activité de la maladie dans le LES.
Les chercheurs ont calculé le rapport de cotes regroupé pour chaque intervalle consécutif de quatre semaines afin de déterminer le temps de réponse clinique et le temps de réponse soutenue chez les utilisateurs de belimumab par rapport aux non-utilisateurs. Ils ont également regroupé les probabilités de poussées cutanées à un an.
L’analyse qui en a résulté a montré que les chances de réponse clinique à 52 semaines étaient 44% plus élevées chez les patients utilisant le belimumab. La réponse clinique a été observée pour la première fois 20 semaines après la mise en route du médicament, avec une réponse clinique soutenue culminant à un an. Les patients utilisant le belimumab présentaient également un risque de poussées cutanées graves inférieur de 49%.
“Notre étude est la première méta-analyse de l’efficacité du belimumab dans la LEC et souligne qu’il s’agit d’un traitement d’appoint efficace pour les patients atteints de LEC comme manifestation primaire du LES”, déclare Dr Shivani Garg, professeur adjoint à l’école de médecine et de santé publique de l’Université du Wisconsin et responsable de l’étude. Le scientifique poursuit : “L’étude souligne également que le belimumab peut prendre au moins 20 semaines avant d’obtenir une réponse clinique soutenue chez les patients atteints de LEC, par contre le traitement ne devrait pas être interrompu prématurément chez ces patients.”
Le Dr Garg souligne également les résultats montrant que les utilisateurs de belimumab ont un risque de poussée cutanée grave inférieur de près de 50% à celui des non-utilisateurs. L’étude n’a pas examiné l’efficacité comparative du belimumab dans différents sous-types de LEC, mais le Dr Garg dit qu’elle “jette les bases de futures études sur les sous-types de LEC”.
Le 14 novembre 2022. Par Xavier Gruffat (pharmacien). Source principale : Communiqué de presse d’ACR (en anglais). Lien vers Abstract
Décharge de responsabilité : cette activité n’est pas sanctionnée par, ni fait partie de l’American College of Rheumatology (This activity is not sanctioned by, nor a part of, the American College of Rheumatology).