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La compréhension du problème du binding, comment le cerveau combine les différents aspects d\'un ob-jet perçu visuellement en une perception unique (par exemple, la reconnaissance d'un visage) , est l'un des défis les plus fondamentaux auxquels les neurosciences contemporaines font face (Lancet 2000 ; 356 : 1825). En novembre 2000, des scientifiques du Collège Birbeck à Londres (Royaume-Uni) ont montré que des bébés de huit mois, au contraire des bébés de six mois, sont capables de percevoir un objet de la même façon que les adultes.L'équipe de chercheurs a présenté un court instant (par flash) une illusion visuelle appelée «carré de Kanizsa» sur un écran, tout en enregistrant en même temps l'activi-té du cerveau des bébés par électro-encéphalographie. Lorsque les adul-tes regardent le carré de Kanizsa, ils perçoivent une illusion de car-ré plutôt que les éléments constitutifs et séparés de cette scène visuelle , appelés «pacman». Les cerveaux des adultes génèrent alors des bouffées d'activité électrique qui oscillent sur un rythme de 40 hertz. Cette synchronisation n'apparaît pas en présence d'un stimulus contrôle.Lorsque le carré de Kanizsa est présenté un court instant (par flash) à des bébés de huit mois, on assiste à une augmentation d'une activité à 40 hertz au niveau du scalp frontal gauche. En revanche, chez les bébés de six mois, les fluctuations de l'activité s'estompent sur de longs intervalles (Science 2000 ; 290 : 1582-85). Ces données collent bien avec des résultats préalables révélant que des bébés de moins de cinq mois ne parviennent pas à percevoir le carré de Kanizsa.