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Quatre vainqueurs de Grand Chelem ont mis un terme à leur saison: Federer, Nadal, Wawrinka et Thiem. Pour des blessures graves et sans date de retour connue.
C'est le dernier forfait en date: Rafael Nadal a annoncé ce vendredi qu'il n'irait pas à New York - mais à le voir barboter au large de Majorque, peu de gens en doutaient encore. Sa saison est terminée (29 matches au total).
Ce pied douloureux est le gauche, symbole de mauvaise humeur. Il fait souffrir Nadal depuis ses vingt ans et a souvent menacé de ruiner sa carrière.
En 2006 déjà, son oncle et mentor, Toni Nadal, révélait en marge de l'Open d'Australie: «Rafa souffre d'inflammations chroniques au pied gauche. C'est grave, très grave. Fin de carrière? Je ne suis pas en mesure de me prononcer. Les médecins recommandent d'être prudent.»
Ces inflammations proviendraient d'une tendinite chronique - ou mal soignée - contractée en octobre 2005, au niveau des genoux. Pour éviter de soumettre son pied gauche à des torsions trop extrêmes (pointure 42 pour une masse corporelle de 89 kilos), Nadal a modifié ses appuis au sol et mué vers un style de jeu plus économique, tout en revoyant ses méthodes d'entraînement (plus de jogging; vélo, natation, rameur).
Mais les vieilles blessures sont par définition tenaces et, à 34 ans, Nadal les subit comme les vestiges d'une activité surhumaine, même s'il fait mine de penser le contraire:« Je veux comprendre l'évolution de cette blessure car elle n'est pas nouvelle. Il est temps de prendre une décision, de chercher un type de traitement un peu différent. Je suis convaincu qu'avec du repos et un effort quotidien très important, je peux y arriver», conclut-il dans une vidéo.
L'Autrichien ne défendra pas son titre l'US Open, pas plus qu'il ne terminera la saison. Officiellement, ses douleurs au poignet droit nécessitent un repos complet - le communiqué mentionne un décollement de la gaine postérieure sur le bord ulnaire, côté intérieur.
Plus fondamentalement, Dominic Thiem traverse une période sombre, qu'il qualifie parfois lui-même de dépressive.
Tennistiquement, Thiem a été élevé par Günther Bresnik, un dur à cuir qui avait mâté le jeune Boris Becker, et par un officier de l’armée autrichienne du nom de Joseph... Resnik, une genre de Rambo en mode hipster, adepte des virées nocturnes dans les sous-bois et des nages en rivière tout habillé, afin de réveiller l'instinct animal.
Thiem a mis longtemps à s'émanciper de cette éducation patriarcale, très longtemps à remplacer Bresnik & Resnik par le champion olympique Nicolas Massu. Trop longtemps, peut-être, à exister et vivre en dehors du tennis, selon certaines sources qui le disent déjà «carbonisés» (à 27 ans).
Aux dernière nouvelles, «Stan the Man» a posé les béquilles et entamé sa rééducation au Camp des Loges, le centre d'entraînement du PSG.
Déjà opéré en mars au même pied gauche, très exactement au niveau des tendons de la voute plantaire, Stan Wawrinka a mis plusieurs semaines à seulement reposer le pied au sol, avant d'entamer une rééducation athlétique. Il avait à peine repris l'entraînement que les douleurs sont réapparues.
Il a vite compris qu'il ne disputerait pas la saison de terre battue mais il espérait revenir sur gazon à Stuttgart. Aujourd'hui, il n'a pas d'autre perspective qu'un éventuel retour en janvier, dans l'espoir de redisputer «une saison pleine, au moins une». A 36 ans, il reste sur trois opérations lourdes (greffe du cartilage au genou gauche, deux interventions aux tendons du pied gauche) et un total de 29 matches en deux ans.
Pour la troisième fois en une année et demi, le Maître doit recourir à la chirurgie pour soigner le ménisque de son genou droit.
Le Dr Versier rappelle que la méniscectomie consiste «à enlever les fragments de ménisques instables qui sont responsables de douleur, d’accrochages, voire de blocages», mais il n'exclut pas dans ce cas d'espèce, compte tenu du nombre d'opérations subies, «des lésions cartilagineuses associées», un mal beaucoup plus complexe à guérir.
Roger Federer reste très discret sur sa blessure mais, à 40 ans, ce n'est un secret pour personne qu'il en reviendra plus péniblement, voire plus difficilement encore.