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Entre les réacteurs nucléaires français à l'arrêt et la Russie qui coupe son gaz à l'Allemagne, Stéphane Genoud estime que le risque de black-out en Suisse cet hiver est très probable. "Il faut comprendre que l'électricité, c'est un peu comme un tandem: il y a plusieurs personnes qui pédalent en même temps et si on n'arrive pas atteindre une vitesse minimum, on tombe. Et c'est difficile de redémarrer un tandem, surtout si on est en pente. C'est cela le black-out. Et la Suisse fait partie du tandem."
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Stéphane Genoud explique concrètement ce qu'il se passe en cas de black-out. "Il n'y a plus d'électricité du tout. Dans les maisons, les frigos et les congélateurs s'arrêtent. Il n'y a pas d'électricité pour l'éclairage. C'est pour cela qu'on a suggéré d'acheter des piles et des lampes de poche. Ce n'est pas trop grave, parce qu'on peut se passer d'un peu d'électricité."
"Maintenant, il y a certains éléments critiques, comme les ascenseurs, dans lesquels il faut s'assurer que personne ne reste coincé. Donc si c'est une pénurie annoncée, on pourra anticiper et éviter que les gens ne prennent l'ascenseur. Par contre, si c'est une pénurie qui n'est pas anticipée et qu'on arrête au moment où vous êtes dedans, vous restez bloqué et cela peut durer longtemps."
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Avoir de l'eau en réserve
Et l'expert de citerélaborée par l'Office fédéral pour l'approvisionnement économique du pays (OFAE) pour se préparer au mieux à ces éventuelles pénuries. "Il faudrait par exemple garder de l'eau en réserve, parce qu'on ne sera pas sûr d'avoir de l'eau au robinet. Il serait bien aussi d'avoir une radio avec des piles pour avoir des informations sur l'évolution du black-out."
S'il y a une pénurie de 3 heures, vous enlevez 3 heures de PIB. Un pays comme le nôtre, sans électricité, s'arrête complètement
De telles coupures auraient un coût économique considérable pour la Suisse, avertit Stéphane Genoud. Pour le calculer, "vous prenez le PIB de la Suisse, vous le divisez par les 8760 heures qu'il y a en une année et vous avez le PIB par heure. S'il y a une pénurie de 3 heures, vous enlevez 3 heures de PIB. Un pays comme le nôtre, sans électricité, s'arrête complètement."
"Même moi, qui suis accessoirement agriculteur, dans mon exploitation, on doit traire les vaches avec des machines à traire. Même l'agriculture primaire, sans électricité, s'arrête. L'impact économique d'une pénurie d'électricité est le troisième plus important, après les tremblements de terre et les accidents nucléaires."
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Des coupures de 4 ou 8 heures
Pour éviter un tel scénario, Stéphane Genoud explique qu'il faut tout d'abord limiter au maximum la consommation d'électricité. "Certains équipements seront arrêtés, comme les vitrines ou les jacuzzis." Il appelle également à ne pas acheter des groupes électrogènes ou des chauffages électriques. "Cela aggraverait le système."
Si ces réductions de consommation ne suffisent pas, "la Confédération demandera de couper. Ils ont annoncé des coupures de 4 heures ou de 8 heures en rocade. On aura Lausanne qui sera coupée pendant 4 heures et après ce sera peut-être Montreux, puis Yverdon. Et cela reviendra, on aura en alternance des arrêts et des remises en service du réseau."
"Ils prévoient de faire des coupures pour éviter d'avoir le pays entier qui tombe. Si la ville de Lausanne est arrêtée pendant quatre heures, la ville de Genève aura du courant électrique, donc on aura au moins une des villes qui sera alimentée. Des pénuries réglées, avec des séquences d'arrêt de quatre ou huit heures, seront beaucoup moins dommageables au niveau économique qu'une coupure complète."
Interview radio: Aleksandra Planinic
Adaptation web: Antoine Schaub