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Pierre Dubochet | 29 mai 2013
Mis à jour le 1er mai 2014
Sur quelles normes se base l'OMS ?
L'OMS fixe ses limites d'exposition d'après les analyses de la Commission internationale pour la protection contre les rayonnements non ionisants (CIPRNI). La CIPRNI est, aux États-Unis, l’institution la plus influente avec l’IRPA, l’Association internationale de radioprotection. La CIPRNI a publié en 2001 un Guide pour l’établissement de limites d’exposition aux champs électriques, magnétiques et électromagnétiques sur lequel se fonde l’OMS.
Première lacune inacceptable :
Cette revue a été conduite en appliquant des critères d'évaluation de la crédibilité des différentes observations rapportées [Repacholi et Stolwijk, 1991 ; Repacholi et Cardis, 1997] et propose des seuils d'exposition pour une durée de six minutes (p. 35). Pourtant, nous baignons quotidiennement dans un signal d’hyperfréquences quasi permanent qui de surcroît se développe sans cesse, sauf à vivre dans une région reculée et s’abstenir d’être dans le champ d’émission de micro-ondes de proximité.
Deuxième lacune inacceptable :
Seuls les «effets avérés ont été retenus comme fondements pour les valeurs limites d'exposition proposées», avertit l'ICNIRP. Ainsi, «ce guide n'est fondé que sur des effets immédiats sur la santé, tels que la stimulation des muscles ou des nerfs périphériques, les chocs et brûlures provoqués par le contact avec des objets conducteurs, ou encore l'élévation de température des tissus sous l'effet de l'absorption d'énergie liée à l'exposition aux champs électromagnétiques» (pp 21 - 22).
Quant au risque de cancer à la suite d’irradiation sur le long terme, l'ICNIRP conclut que les données disponibles «étaient insuffisantes pour servir de base à l'établissement de valeurs limites d'exposition». Enfin, elle accepte que des «recherches épidémiologiques ont cependant apporté des éléments en faveur d'une association entre l’exposition à des densités de flux magnétique très inférieures aux valeurs recommandées dans le présent guide, pour les champs de 50/60 Hz et effets cancérogènes potentiels».
Consommateurs et non consommateurs –ces derniers exposés contre leur gré malgré qu'ils n'en tirent aucun bénéfice– sont pareillement confrontés à une insécurité, à la probabilité d’une atteinte plus ou moins grande, avec un degré d’incertitude. Tout cela engendre des liens complexes, que les méthodes de recherche disponibles à l’heure actuelle ne permettent pas de comprendre.
La science ne sait pas en quoi consistent les forces et les rayonnements électromagnétiques. La lumière se comporte comme une vibration tout en présentant les propriétés des particules. Ce phénomène restera inexplicable tant que nous ne nous déciderons pas à abandonner notre représentation traditionnelle de l’espace et du temps.
Tant que la science voudra comprendre indubitablement comment les forces électromagnétiques peuvent interférer avec notre fonctionnement biologique, elle ne pourra pas conclure à une relation de cause à effet claire.
Chaque jour qui passe lie les usagers au confort des appareils sans fils, à un point tel que désormais, même si les instances officielles se décidaient enfin à communiquer sur les dangers, une part des utilisateurs continueraient d'exposer leur santé pareillement.
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