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Avant d’entrer dans le vif du sujet, il faut faire la distinction entre deux points importants : le tennis « loisir » et celui de « compétition ».
En effet, dans le but de progresser et de se lancer dans la compétition, il est important de comprendre comment le système fonctionne. Bien entendu, si votre objectif pour vous ou vos enfants est de jouer quelques fois par mois en dilettante, cette descente dans les entrailles « infernales » de la classification des joueurs ne sera pas très intéressante.
Pour les autres, il est important de comprendre la structure des classements nationaux et internationaux et pour commencer, je vais évidemment parler du système suisse.
Ce dernier est relativement simple et prend la forme d’une pyramide composée de deux étages principaux : Régional (dénomination R) et National (dénomination N). Notre classement national et régional pour les femmes et les hommes peut être comparé avec d’autres classements sur le plan international à l’aide de cette table d’équivalence qui est à mon avis un peu vieille et dépassée (2009).
Dans les faits, tout commence par le haut et la catégorie Nationale (N) est structurée de la manière suivante :
• En haut de la pyramide, il y a la catégorie N1 qui regroupe les meilleurs joueurs en Suisse classés de la 1ère à la 10ème place. Bien entendu, à l’heure où j’écris ces lignes, la première place est occupée par Roger et la seconde, par Stan.
• Ensuite on retrouve la catégorie N2 avec le 11ème joueur jusqu’au 30ème
• La catégorie N3 inclut le 31ème joueur jusqu’au 70ème joueur
• Enfin, la dernière catégorie N4 abrite les joueurs classés de la 71ème à la 150ème place
Vient ensuite la catégorie Régionale avec ses 9 niveaux répartis comme suit :
• R1 avec 160 joueurs classés entre le 151ème et 310ème rang
• R2 avec 320 joueurs classés entre le 311ème et 630ème rang
• R3 avec 640 joueurs classés entre le 631ème et 1’270ème rang
• R4 avec 1’280 joueurs classés entre le 1’271ème et 2’550ème rang
• R5 avec 2’560 joueurs classés entre le 2’551ème et 5’110ème rang
• R6 avec 5’120 joueurs classés entre le 5’111ème et 10’230ème rang
• R7 avec 10’240 joueurs classés entre le 10’231ème et 20’470ème rang
• R8 avec 10’300 joueurs classés entre le 20’471ème et 30’770ème rang
• Et enfin les joueurs restants se retrouvent dans la catégorie R9
Même si le classement féminin à la même structure, il diffère légèrement dans la composition car il y a moins de joueuses du côté féminin. Au niveau national, les femmes représentent environ 1 personne sur 5. Pour celles et ceux qui veulent plus d’information sur le classement suisse, ils peuvent prendre connaissance des directives concernant les classements sur le site de Swiss Tennis.
Tous les gens intéressés à la compétition peuvent tout simplement faire une demande de licence auprès de leur club et ils la recevront sous quelques jours. Normalement, si vous n’avez pas un passé glorieux dans le tennis, vous commencerez tout en bas de l’échelle… soit R9.
Grâce à ce sésame, tout licencié peut s’inscrire à un tournoi de sa catégorie et, s’il gagne des matchs, pourra grimper dans la hiérarchie. Les résultats ne sont pas immédiats, et, habituellement, Swiss Tennis met à jour les résultats deux fois par an pour la période d’avril à septembre et d’octobre à mars. Ceci dit, depuis quelques années, l’organisation propose le classement de chaque joueur mensuellement au travers d’un SMS payant.
In fine, chaque joueur aura une valeur et cette dernière est obtenue au travers d’une équation relativement complexe qui prend en compte votre nombre de matchs, les victoires, les défaites, la valeur des opposants, le temps entre les matchs, etc. Une partie de la formule se trouve dans les directives concernant les classements mais en voici un extrait :
Un conseil, il vaut mieux s’entraîner et gagner des matchs que tenter de reproduire cette formule dans Excel. L’échelle des valeurs est évidemment directement liée aux classements cités précédemment :
Chaque personne est unique et ce qui suit n’est qu’une généralité mais grosso modo, avec un entraînement occasionnel et quelques heures régulières de tennis par mois, il est aisément possible de monter R7 ou R6. Parvenir à un niveau du type R3 ou R1 demande des entraînements réguliers et, idéalement, un apprentissage précoce du tennis. Bien sûr, même s’il y a des exceptions, passer dans la catégorie N4 ou N3 demande des entraînements intensifs et des tournois fréquents.
Enfin, sauf particularité, les catégories N1 et N2 se destinent à des joueuses et joueurs qui ont pour ambition d’avoir une carrière professionnelle dans le tennis.
J’espère que vous l’aurez compris : si vous débutez et que vous êtes R9, il n’y a aucune chance d’être invité à un tournoi dit ATP 500 comme Bâle ou 1000 comme Rome. D’ailleurs, sauf exception, avant d’aborder un tournoi ATP, il faudra passer par d’autres structures car entre un tournoi Régional, National et International, il y a plusieurs niveaux.
En gros, là aussi, il y a une pyramide qui se constitue de la manière suivante :
• Tournois du Grand Chelem, 4 par année et géré par l’ITF (2’000 points pour la/le gagnant(e))
• ATP Tour Masters 1000, 9 par année et géré par l’ATP (1’000 points pour la/le gagnant(e))
• ATP Tour 500, 13 par année et géré par l’ATP (500 points pour la/le gagnant(e))
• ATP Tour 250, 39 par année et géré par l’ATP (250 points pour la/le gagnant(e))
• ATP Challenger Tour, environ 178 par an et géré par l’ATP (de 80 à 125 points pour la/le gagnant(e))
• Enfin l’ITF Men’s Circuit ou Futures, plus de 500 par an et géré par l’ITF (de 18 à 35 points pour la/le gagnant(e))
Vu le nombre de tournoi dits Futures ou Challenger, il y a l’embarra du choix et il est possible de jouer toute l’année, y compris en Suisse. Ceci dit, au niveau international, il y a un seul barème qui compte et c’est le classement ATP.
Pour obtenir des points ATP, il faut généralement passer par les tournois Futures via une invitation ou en se qualifiant. Bien entendu, si votre classement national le permet, vous pouvez également rentrer directement dans le tableau principal. Gains possibles ? Pour les tournois Futures, ça reste « faible » puisque le gagnant empochera entre 18 et 35 points ATP et bénéficiera de quelques milliers de dollars. Pour que les choses soient claires, une carrière à ce niveau ne vous permettra pas d’en vivre et une aide financière sera absolument nécessaire.
Dans la catégorie supérieure, Challenger, les points en jeu pour le gagnant se situent entre 80 et 125 points ATP et le gain peut se chiffrer en dizaines de milliers de dollars. Cette catégorie est réellement l’antichambre d’une carrière professionnelle.
S’il est difficile de savoir combien de points le gagnant du tournoi des Singes 2017 engrangera, il est très facile de savoir combien de points seront remportés par le gagnant d’un tournoi ATP 1000 ou 500… c’est 1’000 ou 500 points sans parler des gains financiers possibles. En résumé, la différence est donc très importante entre ces catégories Future, Challenger et ATP. Au niveau international, il y a des milliers de joueuses et joueurs qui vivent chichement pendant des années au niveau de tournois Futures et Challenger… peu auront accès aux lumières et prix des tournois ATP.
Pour mieux illustrer ce propos, voici la classification des joueurs suisses fin avril 2017 au classement ATP :
Dans le but de mieux appréhender ce billet, je vous propose un exemple concret avec Johan Nikles. Actuellement classé à la 644ème place mondiale, il pourrait se qualifier pour un tournoi ATP 500 et, si d’aventure il venait à gagner la finale, il empocherait 500 points, ce qui le propulserait plus ou moins à la 107ème place mondiale. La différence ne serait pas simplement édifiante pour son classement mondial… les gains financiers et cette nouvelle place lui assureraient une entrée facilitée ou quasiment automatique dans certains tournois ATP, voire même dans un Majeur. Pour encore mieux imager mes propos, il faut savoir que lors d’un tournoi comme Roland Garros, le joueur qui perdra au premier tour encaissera EUR 30’000 et 10 points ATP.
Bien entendu, d’un point de vue mathématique, ce genre de calculs est très simple mais dans la réalité, les choses sont un peu plus compliquées.
J’ai sciemment évité de rentrer dans les détails, les conditions ainsi qu’un bon nombre d’autres éléments liés aux compétitions internationales parce que ça sera le thème d’un autre billet. Ceci dit, j’espère que ce premier billet vous aura permis de comprendre la mécanique derrière le classement suisse et international.
Tony