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Le Blason, dans le langage cornant, est un emblème en couleur obéissant à des règles précises et qui représente un individu ou un groupe de personnes. On emploie aussi les termes d'armes ou armoiries. L'utilisation d'emblème remonte à la plus haute antiquité, mais c'est au XIIe siècle que le blason apparait en Europe. Le héraut d'armes, tour ä tour messager, diplomate et organisateur de tournois devient le spécialiste du blason. Il donne son nom à la discipline consacrée à l'étude de ceux-ci : l'héraldique.
Au XIIIe siècle le blason devient héréditaire, s'étend à toute la noblesse et se répand hors du cercle guerrier. Son usage se retrouve chez les ecclésiastiques et chez les dames de la noblesse. Le droit des femmes au port d'armoiries coïncide avec le moment ou leur rôle se développe dans la société féodale compte tenu des guerres souvent lointaines (croisades) entraînant une absence prolongée et une mortalité élevée chez les jeunes hommes.
Au XIVe siècle, allant de pair avec le mouvement d'indépendance communale, les villes portent blasons. Le symbole et son emplacement dans l'écu indiquent souvent la force du lien unissant la ville à son suzerain. A la fin du XIVe siècle les blasons sont adoptés par toutes les couches de la société, du noble au non noble (roturier), du bourgeois au paysan libre (vilain) en passant par les artisans, les corporations et les communes.
Pendant la Révolution considérés à tort comme des symboles de féodalité, les blasons sont abolis le 19 juin 1790. Leurs représentations sur les monuments sont effacées et leur usage interdit.
L’empire en 1808 rétablit l’usage des armoiries et adopte une symbolique nouvelle souvent empruntée à l’Empire romain ou influencée par les campagnes napoléoniennes.
Les écus multicolores, parfois curieusement meublés, et le langage héraldique, à la fois archaïque, déconcertant et savoureux, obéissent à certaines règles et rencontrent toujours un certain intérêt. Il n'est donc pas surprenant que si de nombreuses armoiries sont anciennes, de nouvelles continuent à apparaître. En 1934-1936, Donald Lindsay Galbreath publiait son Armorial vaudois en deux volumes, comprenant une étude minutieuse des diverses sources utilisées, allant des anciens armoriaux aux marques à feu. Ce magistral travail, resté inégalé, résumait des années de recherches sur les armoiries de très nombreuses familles vaudoises ou en relation avec la canton de Vaud.
Pour le compléter, Olivier Dessemontet élabora un fichier héraldique à partir de 1952, avec la collaboration des héraldistes vaudois. En effet, plusieurs armoiries avaient échappé aux recherches pourtant minutieuses et approfondies de Galbreath; d'autre part, de nouvelles créations voient le jour régulièrement. Quand elles leur sont communiquées, celles-ci sont enregistrées gratuitement par les Archives cantonales qui en contrôlent le blasonnement et vérifient si elles ne sont pas déjà portées.
D'après l'Armorial Vaudois, de M. D. L. Galbreath, héraldiste à Baugy sur Clarens, paru en automne 1934, beaucoup d'armoiries de familles ont été créées à la fin du XVIIIe siècle ou dans la première moitié du XIXe, Elles sont signées le plus souvent du nom de Jean Heberlé, arpenteur à Rolle (ou à Genève), entre les années 1790 et 1800, et tirées le plus souvent de Manuels d'héraldique français, D'autres cependant, et ce sont naturellement celles qui présentent le plus sûr caractère d'authenticité, ont été relevées sur de vieux sceaux et cachets de cire, ou encore sur d'anciennes marques à feu.
A la fin du siècle passé, vers 1890-1900, un M. B, Reynouard, dessinateur à La Tour de Peilz et Vevey, a fait de nombreuses copies d'armoiries, plus ou moins fantaisistes, décorées de palmes et de plumes d'autruche.
Malheureusement, ni Heberlé, ni Reynouard ne s'embarrassaient de recherches généalogiques; pour eux la famille dont ils dessinaient les Armoiries descendait toujours d'une des plus anciennes qui soient, comme dans les contes de fées, originaire de Venise, Dijon, Anjou ou Montauban, et issue au moins d'un gentilhomme, seigneur ou chevalier; et neuf fois sur dix cette origine honorifique est en contradiction absolue avec le résultat de nos recherches aux Archives.
Les armoiries dans leur ensemble peuvent représenter plus que l'écu (le blason). Les armoiries sont « habillées » de nombreux autres éléments , cet habillage est apparu plus tard dans l'histoire de l'héraldique, il n'obéit à aucune règle bien définie si ce n'est l'embellissement des armes par elles-mêmes. Ces ornements extérieurs ont souvent servi à indiquer le rang, les charges, les dignités, les fonctions des possédants. Ainsi en France, les grands officiers de la Couronne portent des soutiens spécifiques à leur charge, tels les deux bâtons fleur-de-lysés des maréchaux. Plus tard le recours à l'ornement s'est généralisé et il ne faut pas rechercher quelconque symbole dans ces éléments.Tout comme pour les couronnes, les heaumes se déclinent en variantes sensées représenter un titre.
Néanmoins, à une certaine époque, si tout le monde avait le droit de posséder ses armoiries, il pouvait en couter très cher à l'usurpateur d'un heaume et de surcroit d'une couronne ! Ces heaumes, mis en tant que timbres sont apparus plus tardivement et sont d'avantage des heaumes de joutes et de parades que des casques utilisés au combat . Les lambrequins (du flamand lamper, voile).sont de longs rubans d'étoffe partant du heaume et entourant l'écu. Les lambrequins sont normalement aux couleurs des armoiries qu'ils encadrent. Leur dessin est un élément décoratif où peut s'exprimer pleinement le talent de l'artiste, depuis les versions simples du Moyen Âge jusqu'aux flots et entrelacs savant de la Renaissance. Les lambrequins représentent les coiffes de tissu fixées au casque, découpées en lanières et formant de longues retombées, que l'on portait sur les heaumes de joute et de tournois dès la fin du XIIIe siècle.