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... Dans un article récent du journal italien Espresso, Umberto Eco, compare IBM et Apple respectivement au protestantisme et au catholicisme. IBM illustrerait l'esprit protestant, fait de décisions difficiles, personnelles, un parcours non évident, solitaire et ascétique, en opposition au monde du Macintosh doté d'un esprit, d'aprés lui Contre Réforme, joyeux et gentil, avenant et enthousiaste, prometteur de Paradis, qui se traduit par des symboles simples et de belles formes. Windows serait, d'aprés Eco, un shisme anglican.
Quant au langage mathématique, commun aux deux églises, il se réferrerait à une sorte d'Ancien Testament.
Si l'on peut contester cette proposition d'Eco en remarquant, aujourd'hui, l'apparition d'une sorte d'eocuménisme de la pensée informatique, ce qui me parait plus intéressant serait d'assimiler le langage commun des ordinateurs à l'Ancien Testament.
On pourrait dire, en effet, que l'image ici s'apparente à une sorte d'écriture cabalistique... écriture chiffrée qui reste à décrypter comme un message.
Dans la langue cabalistique, il y a une sorte d'évaluation numérique des mots: un nombre correspond à chaque mot, ce nombre se rapportant selon un code précis à un autre nom.
(Les mots hébreux par exemple Yahin, vin et sod, secret ont la même valeur numérique 70, ce qui rapproche ces deux mots, vin et secret, et donne l'ivresse comme révélatrice des secrets.)
Dans l'écriture cabalistique, le chiffre et la lettre se rejoignent dans un langage commun, dans l'image informatique, le chiffre et l'image.
Ici, la pensée devient parole divine, là, elle devient image...
L'image, alors, comme écriture, et comme écriture cabalistique, suggère, une double lecture, un double sens, celui de son langage icônique et celui de sa structure cachée.
L'image naît d'une prose utilitaire et d'une poésie des formes.
D de B
Extrait de conférence (ECAL, Lausanne, novembre 94)