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Sorens, en patois Chorin, le nom de ce village est un toponyme, rude comme doivent l'être ses habitants.
Les demeures paysannes s'y érigent en amphithéâtre, jalouses, semble-t-il d'avoir chacune leur place au soleil. Elles s'étagent en gradins jusqu'en Pépin, la haute terre que le Collège St-Michel hérita des moines d'Humilimont, lors de la suppression de cette abbaye norbertine. Les hauteurs marécageuses de Sorens furent longtemps l'habitat d'une classe de gagne petit, excellent en vannerie, comme dans le vagabondage. Au surplus cette gent du quartier des Jorettes, qui possède un langage particulier dénommé "argot de Sorens" paraît à l'origine du sobriquet "lè vugiyè" ou "lè pouârta kritse" donné parfois au village. Ce jargon est vraisemblablement d'origine celtique. Le véritable sobriquet donné aux gens de Sorens est "lè moutso" soit les "sans queue", allusion à l'antilope légère qui plastronne sur nos armes et court sur les hauteurs du Gibloux.
Sorens remonte à une haute antiquité. Pendant que les romains séjournaient dans la plaine, cette contrée était probablement habitée par une population patriarcale, mais peu nombreuse, qui vivait paisiblement du produit de ses troupeaux. Plus tard, cette contrée fut comprise dans la Seigneurie de Vuippens et de Marsens.
Au XVe siècle il est fait mention pour la première fois d'une chapelle de Sorens. En 1686, Jean Moullet, de Sorens, fit bâtir une chapelle dédiée à Saint-Bernard de Menthon et à Saint-Michel, au lieu-dit "Plan des Marais". Il serait injuste de ne pas signaler qu'en 1825, le village donna le jour au professeur Cyprien Ayer, grammaticien de mérite, qui honora le canton de Fribourg au siècle dernier.
Le croirait-on? Les derniers chevreuils disparurent de notre contrée au début du XIXe siècle et le gracieux animal que Sorens a placé dans ses armes ne se rencontrait plus chez nous il y a 80 ans. En 1886, la Diana fit lâcher 7 femelles et un mâle près de la Valsainte. Grâce à cette initiative heureuse, la région montagneuse et le Gibloux, en particulier, se repeuplèrent rapidement.
Texte tiré de « nos villages gruériens » de Clément Fontaine
Les sobriquets des sorensois sont :
- lè lòchtro (les sans-patrie),
- lè ronyà (les teigneux),
- lè moutso (les courts).