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Karl BARTH est l’un des chefs de file de la « théologie dialectique » : en réaction contre le libéralisme théologique du XIXe siècle, dont l’optimisme anthropocentrique (la confiance dans les capacités de l’homme à se perfectionner moralement et spirituellement et à construire le Royaume de Dieu sur terre) s’est fracassé contre la guerre de 14-18, il rappelle la transcendance absolue du Dieu biblique. Ce dernier n’est un Père pour les hommes qu’en tant que Tout Autre, en vertu d’une « différence qualitative infinie » entre Lui et nous (expression empruntée à Kierkegaard). De ce fait, les œuvres humaines sont disqualifiées d’emblée, et l’amour infini de Dieu pour sa Création s’inscrit dans un mouvement dialectique entre son « Oui » à l’homme et son « Non » à ses œuvres. L’histoire et le Royaume entretiennent donc entre eux un rapport de discontinuité absolue.
Cette intransigeance face aux prétentions humaines à sacraliser les événements historiques conduira Karl Barth à soutenir avec lucidité l’Église confessante allemande, entrée en résistance spirituelle contre la mainmise du régime nazi, et à rédiger la Déclaration théologique de Barmen en 1934.