Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06989.jsonl.gz/54

16/10/2008
PEINTURE - L'ART NOUVEAU - 1890/1905
L’ART NOUVEAU.
Entre 1890 et 1905, l’Art Nouveau exprima les réalités d’un vaste Mouvement Artistique qui apparut d’abord en Angleterre, chez les artistes qui s’étaient regroupés autour de William MORRIS, avant de gagner la France et l’Allemagne.
Les anglais le surnommèrent « Liberty », alors que les allemands le baptisèrent « Jugendstil ». En France, on lui donna l’appellation de « Modern’style ».
Il fut le résultat des nombreuses influences littéraires, scientifiques et philosophiques qui avaient participé à sa création. On ne peut pas le détacher des nombreux courants Symbolistes et Expressionnistes de ces années là. Il apparaît plus comme une étape importante dans l’existence de la peinture, qu’un simple mouvement de renouveau. MORRIS, « rénovateur important » des métiers de l’art, créa des bases nouvelles pour l’architecture comme pour l’imprimerie ou le monde de l’art artisanal. Il théorisa alors l’orientation des constructions des maisons par rapport au soleil et à la situation topographique du lieu.
L’Art Nouveau resta un art décoratif qui puisait ses éléments dans certaines structures végétales, et que l’on exprimait en formes stylisées, riches et parfois baroques, en ligne ou en répétition de motifs, en privilégiant aussi les courbes féminines. Il pénétra tous les domaines de la création, comme l’architecture ou les arts plastiques, mais aussi l’industrie et les diverses activités de l’artisanat. Les arabesques en fonte des entrées du Métro parisien, dessinées en 1899 par Hector Guimard, en sont un exemple frappant.
En peinture, l’Art Nouveau se remarqua déjà dans les dernières compositions de Van GOGH et de SEURAT, et l’Oeuvre de TOULOUSE LAUTREC en matière d’affiches grandioses, se situa à l’apogée de ce nouveau mouvement. Les artistes produisirent des tableaux, mais aussi des vitraux ou des cartons de tapisserie. La « réclame » que l’on n’appelait pas encore la publicité, donna ses lettres de noblesse à l’affiche, et TOULOUSE LAUTREC, STEINLEN, CHERET ou MUCHA créèrent des œuvres graphiques incomparables.
Les sujets étaient représentés par des plages colorées uniformes, et le trait s’exprimait par l’arabesque, en schématisant les formes pour mieux les cerner. A la fin du 19ème siècle, l’Art Nouveau se diffusa dans toute l’Europe, en devenant le moyen d’expression d’artistes très divers. A Vienne, l’ancienne capitale des Habsbourg, le peintre des célèbres décorations de l’université, KLIMT, donna son essor au mouvement, en publiant la revue « Ver Sacrum » alors qu’il était président de la « Sécession Viennoise ». Les « Ateliers Viennois » créés en 1903, produisirent des meubles, des bijoux, de la céramique et d’autres objets d’art qui correspondaient au goût « prétentieux » de la société cosmopolite de la capitale autrichienne. C’est dans ces ateliers que KOKOSCHKA, alors âgé de dix sept ans, commença son Oeuvre.
En Allemagne, le mouvement se répandit dans plusieurs grandes villes. A Weimar, l’architecte et graphiste Van DE VELDE, alors nommé à la direction de l’Académie, après avoir travaillé à Bruxelles à la fin des années 1890, laissa s’exprimer toutes les tendances progressistes qui s’étaient regroupées dans le mouvement. A l’exemple des « Ateliers Viennois », l’architecte Bruno Paul fonda les « Ateliers Allemands » à Berlin, pour en assurer la direction.
L’Espagne ne resta pas insensible au mouvement, et à Barcelone, les influences du courant allemand entraînèrent l’architecte Gaudi à réaliser ses constructions fantastiques, entièrement recouvertes d’ornements de plantes, de feuilles, de vrilles, de fruits et de lignes s’harmonisant avec des surfaces torses. C’est dans cette atmosphère de renouveau que grandit le jeune PICASSO dont les premiers dessins furent publiés dans les revues modernes espagnoles.
A Paris, l’œuvre lithographique créée sous l’influence de l’Art Nouveau devint abondante, et les noms de TOULOUSE LAUTREC, de GAUGUIN et des Nabis s’associèrent à ceux de STEINLEN et HODLER, les deux artistes suisses installés à Montmartre. Dans l’application des arts graphiques, la naissance des merveilleuses affiches de cette époque s’entoura des noms de CHERET, qui créa des compositions dont les figures humaines reflétaient la mode du « Paris fin de siècle », et de MUCHA qui, bien que différent de ses confrères parisiens, maîtrisa parfaitement les composantes de l’affiche grand format. Les personnages de MUCHA, réalisés dans le maniérisme forcé de l’Art Nouveau, furent traités comme des fleurs ou des plantes.
Le mouvement de l’Art Nouveau coïncida avec le développement de l’industrie. Le commerce et la production affirmaient leur besoin de publicité. Une forme particulière de « réclame » vit donc le jour, en s’appuyant non pas sur la recherche de la création artistique, mais sur l’efficacité de l’image créée.
Les nouveaux artistes exprimèrent alors une synthèse façonnée de la spécificité de l’artiste classique des Beaux-Arts qui parfois se soumet trop peu au sujet, et de la personnalité du professionnel de la publicité qui ne possède pas la force créatrice artistique capable de représenter un objet de manière convaincante. On créa alors de nouvelles écoles d’art décoratif et d’art industriel qui s’écartèrent radicalement de l’enseignement traditionnel académique, pour se constituer en ateliers divers.
Si vous souhaitez obtenir des informations plus exhaustives concernant l' Histoire de l'Art Mondial (Artistes-Mouvements-Techniques-Cotations-Fabricants et Marques de Produits Beaux-Arts), visitez mon site : www.lartpourtous.net
ALAIN VERMONT