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Le Mali, un pays sans débouché sur la mer et situé dans la zone du Sahel, est structurellement vulnérable et en proie à l’insécurité alimentaire et à la malnutrition. Selon le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), en 2018, le pays était classé 182e sur 189 des pays les plus pauvres de la planète. On estime que la moitié de sa population vit au-dessous du seuil de pauvreté. Les femmes et les enfants des régions rurales sont les plus touchés par la pauvreté. Leurs conditions de vie sont rendues encore plus difficiles par les crises sociales et politiques ainsi que l’insécurité généralisée qui n’a pas cessé depuis 2012.
L’économie de cet État d’Afrique de l’Ouest dépend fortement du secteur primaire : 68 % des personnes actives travaillent dans l’agriculture ou l’élevage. Dans les régions rurales, les méthodes traditionnelles de culture prévalent et il n’existe pas de conseil agricole approprié. Ces méthodes traditionnelles sont peu adaptées à l’évolution rapide des conditions climatiques (notamment les sécheresses de plus en plus fréquentes et les inondations de plus en plus soudaines et violentes), et la pauvreté gagne du terrain. La diminution des revenus accélère en outre l’exploitation des ressources naturelles.
La région de Bandiagara se trouve au centre du Mali et compte environ 450 000 habitants. La population travaille dans l’agriculture (céréales et horticulture), l’élevage, la pêche, le commerce, l’artisanat et, jusqu’au début des crises sociales et politiques, on y vivait également du tourisme. La population locale vit au jour le jour dans un climat d’insécurité généralisée, avec de mauvaises récoltes liées aux sécheresses, le changement climatique entraînant un manque de précipitations et une érosion sévère, et un accès limité au marché, ce qui entraîne un manque de perspectives économiques et sociales.
Les cultures du millet et du sorgho représentent les principaux produits agricoles des petits agriculteurs autosuffisants. Mais avec des précipitations imprévisibles, trop rares et mal réparties en raison du changement climatique, les rendements ont chuté, et les revenus baissent en conséquence. En outre, de nombreuses personnes sont déplacées à l’intérieur du pays en raison de conflits sociaux, et leur nombre a fortement augmenté à Bandiagara. Cette situation exige une certaine souplesse : les activités du projet doivent être adaptées aux évolutions politiques, sociales et sécuritaires.
Caritas Suisse est présente depuis plus de 40 ans au Mali. Après avoir travaillé principalement dans le domaine humanitaire dans les années 1970, elle s’est de plus en plus impliquée dans la coopération au développement à partir des années 1980. Caritas Suisse a ainsi pris avec ses partenaires locaux une place importante de partenaire technique, grâce à son expertise dans les domaines de l’agriculture, de la gestion de l’eau et du changement climatique. Ses interventions dans les zones rurales s’appuient sur deux approches centrales : la promotion de l’utilisation durable des ressources naturelles et l’importance du développement économique local.