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Dans la troisième semaine de juin 1908, sœur Catherine C, postulante au noviciat de la congrégation de X., Londres, glissa malheureusement deux marches d'un escalier et se foula gravement le pied. Le repos et les remèdes ordonnés par le médecin n'apportèrent aucune amélioration. Le pied restait enflé et décoloré, de sorte que la sœur ne pouvait marcher.
On fait examiner la blessure à l'Hôpital du Royal Collège au moyen des Rayons X,
et le pied malade est enfermé dans une gouttière de plâtre. Le chirurgien ordonne qu'il reste ainsi durant six semaines. Au bout de ce temps, le mal n'ayant point diminué, et la sœur souffrant beaucoup, on essaya un vésicatoire pour réduire l'enflure, mais sans plus de succès. Enfin, le spécialiste de l'Hôpital fut appelé à F. Après une consultation avec le médecin du couvent, il donna une très sérieuse appréciation du mal, et déclara qu'il n'espérait le guérir que sous sa particulière surveillance.
Une opération devient nécessaire.
Ayant su que les parents de la novice désiraient qu'elle fût soignée chez eux, le spécialiste parla d'écrire à un certain professeur du pays pour lui donner ses conseils au sujet de l'opération. De plus, il avertit que les plus grandes précautions seraient à prendre pour le voyage, et que le moindre choc suffirait pour aggraver le mal et rendre une amputation inévitable.
Le mardi suivant, 3 novembre, le Révérend Père frère de la novice, arriva à F. dans le but de la ramener chez elle. Il fut bien affligé de l'état de son pied, et en le voyant d'une si mauvaise couleur, enflé et complètement informe, il comprit clairement qu'une opération devenait urgente.
On prit des mesures pour qu'une voiture d'ambulance se trouvât prête dés l'arrivée de l'infirme à G. Jusqu'alors on avait caché à sœur
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Catherine la nécessité de son départ. Elle fit des instances pour rester au monastère, mais le cas était trop grave et il lui fallut accepter l'épreuve. Elle fit donc bien tristement ses adieux au noviciat, et la voiture qui devait l'emporter loin du couvent qu'elle aimait et regrettait si vivement, fut demandée pour le lendemain matin, à huit heures et demie.
Venons maintenant à la Thaumaturge
qui intervint si merveilleusement cette nuit-là même.
Lors de l'accident, on avait placé sur le pied malade une médaille du Sacré-Cœur, on avait employé de l'eau de Lourdes pour les pansements. Des neuvaines furent faites au Sacré-Cœur, à la très sainte Vierge et à plusieurs saints, mais le Ciel semblait sourd à toutes les demandes
Le 3o octobre, après la décision du chirurgien, sœur Catherine, de l'avis de sa Supérieure, commença une neuvaine à Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus et plaça parmi ses bandages un pétale de rose avec lequel Sr Thérèse avait autrefois embaumé et caressé son crucifix, sur son lit d'agonie. On avait d'ailleurs dans le couvent une grande dévotion à cette jeune sainte contemporaine, et cette dévotion était sur le point de recevoir sa récompense.
« Le vendredi soir, 3o octobre, écrit sœur Catherine dans sa relation, j'avais commencé une neuvaine à la « Petite Fleur » avec une grande confiance. Je ne la perdais pas de vue un seul instant, toujours je la priais d'avoir pitié de moi et de me guérir pour sauver ma vocation. Le 3 novembre, veille de mon départ, je me couchai vers 9 heures, ressentant une excessive douleur dans le pied. Je conjurai alors la « Petite Fleur » de m'obtenir enfin du Dieu Tout-Puissant ma guérison. A chaque fois que je m'éveillais, je lui faisais les mêmes instances. Vers 3 heures, je m'éveillai encore, mais cette fois, ma cellule était remplie de lumière. Je ne savais quoi penser de cette exquise clarté et je m'écriai : « O mon Dieu ! qu'est-ce que cela ? » Je restai dans cette lumière pendant trois quarts d'heure, et je n'arrivais pas à me rendormir, malgré mes efforts. Alors je sentis comme l'impression de quelqu'un qui enlevait les couvertures de mon lit et m'excitait à me lever. Je remuai mon pied, et quelle ne fut pas ma surprise de trouver les sept mètres de bandages, qui avaient été liés très fortement et dont je n'aurais pu me passer, complètement retirés. Je regardai mon pied, il était entièrement guéri. Je me levai, je marchai, et ne sentant plus aucun mal, je tombai à genoux en m'écriant : « O Petite Fleur de Jésus, qu'est-ce que vous avez fait pour moi ce matin! Je suis guérie ! »
Vers l'heure de la Messe, on vint chercher sœur Catherine pour la conduire à la chapelle, mais elle dit qu'elle n'avait plus besoin de l'appui d'un bras, ni de la canne dont elle se servait d'habitude. Elle descendit seule l'escalier et courut vers sa Supérieure.
« La « Petite Fleur » m'a guérie,
ma mère », lui dit-elle. Et tout aussitôt, la nouvelle se répandit dans la communauté, comme une traînée de poudre. Une sorte de crainte planait sur la maison avec le sentiment que Dieu avait passé par là.
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La Mère Provinciale vint bientôt et se rendit compte par elle-même de l'événement. Pour prouver qu'elle était bien guérie, la novice marcha de long en large à l'extérieur de l'église, et montra qu'elle portait sa chaussure ordinaire, au lieu de la chaussure d'infirme qu'on lui avait préparée, à cause de l'enflure.
Enfin, elle resta tout le temps de la Messe à genoux et marcha d'un pas ferme pour recevoir la sainte Communion des mains de son frère. Celui-ci ignorait encore le miracle, mais il avoua ensuite que jamais, depuis sa première Messe, il n'avait reçu autant de consolations divines qu'à cette Messe-là. Témoignage touchant encore du pouvoir d'intercession de Sr Thérèse en faveur des prêtres, pour lesquels elle aimait tant à prier !
Immédiatement après la Messe, la Mère Prieure alla le trouver et lui raconta ce qui était arrivé. Alors, très ému, il entonna le Te Deum, que la novice poursuivit debout avec la Communauté entière, dans une joie et une émotion indicibles.
L'examen du pied montra que la décoloration, l'enflure, les marques du vésicatoire et des pointes de feu avaient disparu et qu'il était revenu à sa forme naturelle.
La gratitude de la novice et des sœurs fut profonde, en vérité, devant cette intervention de leur bien-aimée « Petite Fleur ». D'autres, pour lesquels son parfum odorant est une joie toujours renaissante, apprendront avec plaisir ce nouveau gage de sa puissance, au milieu d'une génération incroyante.
« Vous nous regarderez d'en haut, n'est-ce pas ? » disait-on à Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus, lorsque, âgée de 24 ans, elle était mourante à Lisieux.
« Non, répondit-elle, je descendrai. »
A F., comme en bien d'autres lieux, la « Fleur de Jésus » descendit.
T. N. T.
22. - Vendée, 6 novembre 1908.
J'aurais pu, dès le premier jour de la neuvaine, vous écrire pour vous annoncer la guérison de mon petit Jean, mais je ne l'ai pas voulu pour ne pas agir avec témérité.
Dès que nous avons eu attaché à la robe du petit malade le morceau d'étoffe ayant appartenu à votre Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus, les vomissements et autres accidents ont cessé; ils ont cessé si brusquement que nous n'osions pas y croire. Depuis ce jour, l'enfant se porte à merveille; jamais il n'avait été aussi gai. C'est de grand cœur que ma femme et moi nous remercions Sr Thérèse. Docteur C.
23. - G., Ecosse, 8 novembre 1908.
Une guérison spirituelle — délivrance d'une tentation qui durait depuis plusieurs années — a été obtenue en un instant par une relique
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de Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus, dans un couvent de G. La religieuse avait déjà demandé de quitter la Congrégation, et maintenant elle est si heureuse d'y être restée !
T.
24. - V. (Seine-et-Oise), 4 décembre 1908.
Ma Révérende Mère,
Je suis très heureuse de venir vous annoncer que Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus a exaucé vos prières et mes supplications en guérissant Mademoiselle S., âgée de 67 ans et atteinte d'une bronchite aiguë, suivie de deux congestions pulmonaires. Son état nous inspirait beaucoup d'inquiétudes.
Lorsque je reçus le sachet contenant de la laine de l'oreiller de la petite sainte, je le posai aussitôt sur la malade, qui l'accepta avec bonheur, me disant qu'elle avait pensé à demander une relique de Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus. C'était la première fois qu'elle me parlait depuis plusieurs jours. Elle ajouta en me regardant : « Oh ! que cela sent bon ! Quelle odeur de roses ! Quel délicieux parfum ! » Et pendant cinq minutes, elle respira ce même parfum. Moi qui étais près d'elle, je ne sentais absolument rien !
Le soir, à 6 h., le docteur revint, et quelle ne fut pas sa surprise de voir que la fièvre avait disparu. Il n'en voulait pas croire ses yeux et, quatre fois, il remit le thermomètre.
Depuis ce jour, Mademoiselle S. est allée de mieux en mieux. Aujourd'hui elle est guérie et me charge de vous dire, ma Révérende Mère, que nous viendrons cet été remercier nous-mêmes la chère petite Reine à son tombeau. Veuillez nous envoyer sa « Vie », et croyez que nous sommes prêtes à nous dévouer pour la faire connaître et avancer sa béatification.
M. M.
25. - Carmel de S. P., Espagne, 15 décembre 1908.
Ma Révérende Mère,
J'ai la consolation d'écrire à Votre Révérence ce qui suit :
Une de nos sœurs, âgée de trente et quelques années, était reconnue
tuberculeuse par le médecin, qui lui donnait, tout au plus, deux ans de
vie.
Nous commençâmes une neuvaine à l'Immaculée Conception par l'intercession de votre aimable petite sainte, et nous la terminâmes le 20 septembre par la sainte Communion.
La malade, se voyant dans le même état, me dit : « Ma Mère, le 30 de ce mois, c'est l'anniversaire de la mort de la petite Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus. Ce jour-là, je crois qu'elle fera quelque chose pour moi. »
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Voyant sa confiance, nous recommençâmes une neuvaine et, le lendemain du dernier jour, je fis appeler le docteur qui, après avoir ausculté notre chère sœur, me dit tout surpris : « Mais elle est beaucoup mieux ! »
Cependant je croyais qu'il fallait un certain temps pour constater une guérison complète. Ces jours derniers, je la fis donc examiner de nouveau. Après l'auscultation, le médecin se tourna vers moi et me dit : « Il n'y a plus rien, elle est guérie !» Il me promit volontiers le certificat que je vous envoie. Vous y lirez que : « cette guérison, si prompte, lui paraît étrange et merveilleuse. »
Je ne puis vous dire, ma Révérende Mère, avec quel bonheur et quelle reconnaissance nous avons récité, au chœur, un Te Deum et un Magnificat en actions de grâces.
Chère petite Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus, combien nous l'aimons !
Sr T., prieure.
Suit le certificat du médecin.
26. - D., Suisse, 18 décembre 1908.
Ma Révérende Mère,
Pardonnez-moi si je viens un peu tard vous raconter la guérison de ma petite fille, Marie-Thérèse, âgée de deux ans, guérison obtenue par l'intercession de Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus.
En 1907, cette enfant, d'ailleurs très chétive, fut atteinte d'un mal à l'index de la main droite. La phalange supérieure devint si enflée qu'elle égalait en grosseur le pouce d'une grande personne.
Ce mal, parait-il, était la tuberculose osseuse localisée (Spina ventosa), et on l'appelle doigt en radis.
Le docteur jugea une opération indispensable. Il ouvrit donc le petit doigt malade et gratta l'os. Pendant cinq mois, je dus lui conduire tous les deux ou trois jours ma petite fille pour les pansements, mais l'état ne s'améliorait guère. Il se forma même une excroissance de chair, que l'on dut enlever, au moyen du cautère électrique, et le doigt suppurait toujours un peu.
En rentrant en France, au mois d'avril, je le fis voir à un autre docteur qui, ne le trouvant pas bien du tout, me dit qu'une seconde opération serait nécessaire.
C'est alors que, désolé, mais confiant en votre angélique sœur, je résolus de conduire mon enfant à son tombeau.
Arrivé là, j'assis tout simplement Marie-Thérèse sur la tombe de la petite sainte en disant : « Bonne petite Sr Thérèse, vous qui avez promis de faire du bien sur la terre, guérissez ma petite Marie-Thérèse. »
Eh bien, ma Révérende Mère, le doigt qui, jusqu'alors, ne cessait point de suppurer, sécha ; une petite croûte se forma, puis tomba, et huit jours après, tout était cicatrisé et guéri.
Depuis cette époque ma petite fille se porte à merveille.
De la part de son père et de sa mère, mille fois merci et vive reconnaissance à Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus.
G. H. — C. H.
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27. - 21 décembre 1908.
C'est un devoir de reconnaissance qui m'amène aujourd'hui près de vous. Ayant obtenu par l'intermédiaire de la petite Sr Thérèse une grâce signalée, je me fais une joie de venir vous la raconter :
Depuis un certain temps j'allais voir un pauvre malade. Elevé dans la religion, cet homme, sans devenir sectaire, était devenu plus qu'indifférent ; il avait beaucoup lu, et, de ses lectures, il avait retiré avec l'incroyance la volonté de se faire enterrer civilement ; cette volonté il l'avait manifestée à ses enfants.
C'est dans ces dispositions que je le trouvai il y a deux mois. Je ne fis d'abord que des visites d'ami; quand j'en arrivai aux visites de prêtre, quand je parlai du bon Dieu, de l'Eternité, un sourire sceptique et des paroles de dénégation accueillirent mes premières tentatives d'apostolat. Je revins souvent sur la question et toujours ce fut la même réponse : « J'ai trop lu, mon cher Monsieur, pour ne pas savoir la fausseté de toutes les religions. » Un miracle seul pouvait sauver cette âme, et ce miracle c'est à l'ange de Lisieux que je le réclamai. Je priai, je fis prier, une neuvaine fut entreprise. Elle n'était pas terminée qu'une nuit le pauvre malade, de lui-même, en pleine connaissance, me fit demander : -« Va me chercher Monsieur l'abbé », dit-il à sa femme. Et, cette demande, il la réitéra depuis 1 h. jusqu'à 6 h. du matin. A 6 h., la femme, vaincue par cette persistance, vint me chercher. J'arrivai en toute hâte et en toute joie surtout. Le malade m'accueillit tout heureux ; il se confessa, reçut l'Extrême-Onction. Le loup était devenu agneau, l'impie d'autrefois était devenu subitement un chrétien repenti. Oh ! ils seront pour moi inoubliables ces instants de retour subit et convaincu vers Dieu. Longtemps j'entendrai dans mon cœur la voix, maintenant éteinte, de ce pauvre malade qui en embrassant son Christ lui disait avec une réelle piété : « Seigneur, ayez pitié de moi qui vous ai offensé Seigneur, je vous aime !... Mon Dieu, pardonnez-moi !... »
Oui, Dieu t'a pardonné, cher ami ! Plus heureux que nous, tu jouis maintenant, peut-être, de Celui que tu ne connaissais plus, de Celui que, pendant les huit jours qui suivirent ta conversion, tu prias avec tant d'humilité confiante ! Tu me pardonneras d'avoir levé le voile sur tes derniers instants : il s'agissait de glorifier celle qui se fit auprès de Dieu ton avocate et ton sauveur...
L'abbé M.
28. - Collège de X., Etats-Unis, 11 janvier 1909.
Ma Révérende Mère,
Je viens vous relater, avec une reconnaissance bien profonde, le fait d'une protection merveilleuse dont j'ai été l'objet de la part de votre angélique Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus.
Le 22 septembre 1908, étant à New-York avec notre Révérende Mère, nous eûmes à traverser, pour reprendre le train, un croisement de voies
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ferrées encombré de voilures, de tramways, d'automobiles, etc. Je crus -que notre Mère était passée et je voulus la suivre, mais elle avait vu venir, sans avoir eu le temps de m'en prévenir, un tramway électrique qui me heurta en plein front et me fit tomber. Lorsque le mécanicien parvint à l'arrêter (après un trajet de 5 ou 6 mètres), tout le monde me croyait écrasée et la foule se pressait autour de moi ; mais je me relevai sans le moindre mal ! Notre Mère s'était approchée, pille comme sa guimpe... On nous entourait, on voulait m'aider à marcher. Des « reporters » de journaux demandaient mon nom. Notre Mère disait : « C'est une religieuse exilée de France, le bon Dieu a fait un miracle en sa faveur. » Alors on nous laissa passer avec une sorte de respect, bien que la foule augmentât toujours. Pour nous soustraire à une ovation, nous entrâmes dans une maison où l'on nous reçut avec la plus grande bonté et je dis à notre Mère : « C'est la petite Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus qui m'a préservée : je l'ai senti au moment de l'accident. » Et sortant de ma poche une de ses petites photographies que j'avais dans un carnet, je la baisai avec reconnaissance. Depuis elle ne me quitte plus.
Je ne puis dire quelle impression de surnaturel nous avait envahies. Cependant les « reporters » nous avaient suivies pour demander des détails. Ils me regardaient avec ébahissement, ne semblant pouvoir admettre que je n'eusse pas été blessée ; car sous ces lourdes machines, appelées ici « street cars » et beaucoup plus volumineuses que nos tramways français, il y a tout un attirail de chaînes qui devraient au moins blesser ceux qui sont dessous. Le mécanicien avait dit à notre Mère que j'avais été enfermée entre les roues avec tant de précision, que c'est comme si la mesure de mon corps avait été prise. Plusieurs journaux ont dû relater le fait.
Enfin, lorsque la foule fut presque dispersée, nous nous dirigeâmes vers la gare, marchant assez vite pour ne pas être suivies de nouveau. Quand nous fûmes installées dans notre compartiment, notre Mère encore tout émue me demanda : « N'avez-vous pas mal à la tête? — Pas du tout, pas plus que si j'étais tombée sur un lit de plumes. » — « Ne portiez-vous pas vos lunettes bleues quand vous êtes tombée ? — Oui, je les avais et les ai remises inconsciemment dans ma poche en me relevant : les voici, elles sont intactes. Je ne sais vraiment, ni comment je suis tombée, ni comment je me suis relevée ; tout ce que je puis dire, c'est qu'il m'a semblé pendant quelques instants être dans un autre monde, une puissance surnaturelle agissait. »
Nous convînmes, notre Révérende Mère et moi, de ne parler de cet événement qu'à M. l'Aumônier, pour lui demander une messe d'action de grâces. Cependant notre Mère crut de son devoir de tout raconter au docteur du couvent. Il vint, me croyant du moins couverte de blessures; mais... rien, pas même une égratignure ! et il partagea notre sentiment que cette protection tenait du miracle.
Veuillez, ma Révérende Mère, avec toute votre communauté, m'aider à remercier celle qui a été pour moi ce que l'ange Raphaël a été au jeune Tobie, et croyez à mes sentiments à jamais dévoués en Notre-Seigneur.
Sr M., née C. de V.,
Sr X., Prieure.
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Une de nos Sœurs souffrait depuis dix ans de peines morales qui la torturaient et lui faisaient délaisser la sainte communion des semaines entières. Elle fit plusieurs neuvaines à Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus qu'elle aime beaucoup. Il y a trois semaines, un soir, pendant l'oraison de 5 h., s'y étant rendue encore plus bouleversée que jamais et tout à fait découragée, elle redouble de ferveur et de supplication auprès de Thérèse, priant devant son image et baisant sa sainte relique.
Tout à coup, en un clin d'œil, dit-elle, son cœur se trouva rempli de paix et de consolation, avec l'assurance, comme le sentiment intime, que la « Petite Thérèse » avait passé près d'elle et lui avait ôté comme un lourd vêtement. Elle ne pouvait même plus se rappeler ce qui avait tant de fois tourmenté sa pauvre âme ! « Alors, dit-elle encore, j'aurais voulu pouvoir communier deux fois au lieu d'une !» Elle est toute changée depuis ce jour de grâces et son visage, autrefois si triste, ne reflète plus qu'une joie profonde.
C'est en reconnaissance de cette inestimable faveur que notre Révérende Mère vous envoie une offrande pour la béatification tant désirée.
Sr G.
30. - Saint-H. (Vendée), 18 janvier 1909.
Mon fils Louis, né le 27 septembre 1908, était très fort et se portait très bien, lorsque le jeudi, 8 octobre, dans l'après-midi, il fut pris d'une forte fièvre accompagnée d'une sueur abondante. Il ne dormit point la nuit suivante et ne cessa de crier. Le lendemain ses petites mains étaient fermées, sans qu'il fût possible de les lui ouvrir. La sage-femme, le trouvant très mal, nous dit d'aller chercher le médecin. Celui-ci déclara qu'il était atteint du tétanos et ne nous laissa aucun espoir de guérison. Il nous dit cependant d'essayer de mettre l'enfant dans les bains ; mais la maladie ne fît qu'augmenter. Bientôt mon petit garçon devint raide comme un cadavre, sa bouche était fermée, à peine si l'on pouvait faire couler entre ses lèvres quelques gouttes d'eau ou de lait, il était absolument impossible de passer la cuiller. Ses bras étaient allongés, ses mains fermées, ses poignets tournés à l'envers et repliés, de sorte que ses petites mains touchaient aux bras. Son dos et son estomac étaient contrefaits, on aurait dit deux bosses de chaque côté. Ses jambes étaient serrées l'une contre l'autre ; bientôt la droite passa par-dessus la gauche et tourna. Enfin tous les membres étaient contractés. Le pauvre petit ne pouvait faire aucun mouvement, il n'avait point de sommeil et ne cessait de crier jour et nuit. Sa maigreur était telle qu'on aurait dit un squelette. Sa peau avait, au toucher, la dureté d'une pierre. Dans les crises il devenait tout bleu.
Le médecin revint la semaine suivante ; il fut surpris de le trouver dans un état pareil et nous dit : « Pour moi, cet enfant est perdu, il ne
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vivra pas et la mort est préférable, car, s'il survit, il restera en cet état Jamais encore je n'ai vu pareille chose dans ma vie de médecin. » Toute les personnes qui voyaient mon enfant me plaignaient beaucoup.
Cinq semaines s'écoulèrent ainsi. Je priais et faisais prier, accompagnant mes supplications de toutes sortes de promesses, sans rien obtenir Touchées de mon extrême affliction, les demoiselles institutrices m'envoyèrent, le dimanche 15 novembre, une image de Sr Thérèse de l'Enfant Jésus, à laquelle était attachée une relique, me disant qu'elles allaient prier et faire prier leurs petites filles, et nous recommandant de commencer une neuvaine à la petite sainte. Le soir même nous commencions la neuvaine ; chaque jour je faisais toucher l'image à mon enfant demandant à Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus sa guérison ou sa mort J'ajoutai que, s'il devait être plus tard un mauvais chrétien, je préférais le voir mourir.
La petite sainte ne fut pas sourde à nos prières. Le jeudi suivant, cinquième jour de la neuvaine, je pus faire plier le bras gauche de mon petit enfant, puis son autre bras. Bientôt il reprit le sein, et, à Noël, il était complètement guéri. Aujourd'hui, on ne le reconnaît plus, tant il est beau et fort ! Il rit et commence à gazouiller ; les personnes qui le voient n'en reviennent pas et croient bien à un miracle.
A sa naissance, mon petit Louis avait à la tête une bosse qui lui restait encore après sa guérison. Je fis alors toucher à sa tête l'image de Sr Thérèse, et depuis la bosse diminue de jour en jour.
Ma reconnaissance est bien grande envers Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus, de même que ma confiance. Je demande à cette chère petite sainte de m'accorder maintenant toutes les grâces nécessaires à mon état, que mon mari et mes enfants soient toujours de bons chrétiens. Je lui demande de m'accorder cette grâce encore de voir au moins l'un de mes enfants se consacrer à Dieu.
M. G.
Suivent 19 signatures.
31. - Couvent du Bon Pasteur de X., France, 9 février 1909.
Si les miracles extérieurs opérés par votre petite thaumaturge sont grands et admirables, que dire des miracles intérieurs de la grâce qui sont toujours plus grands et plus nombreux ? C'est une pluie serrée de roses. Dieu soit béni de cette grande consolation qu'il nous ménage au milieu d'épreuves toujours plus pénibles et plus dures. Il serait bien difficile, je crois, d'arriver à exprimer tous les bienfaits spirituels que Sr Thérèse n'a cessé de faire descendre sur notre grande famille religieuse depuis un an et plus. C'est le secret du bon Dieu et du sacrement de Pénitence où le cœur du prêtre ne peut moins faire que d'être sans cesse débordant de reconnaissance.
L'abbé B.,
aumônier.
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32. - I. (Seine), 11 février 1909.
Ma bonne Mère,
Nous avons ici une jeune fille atteinte d'un ulcère à l'estomac, elle vomit le sang. Entendant parler des nombreuses guérisons obtenues par l'intercession de votre chère petite Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus, elle y a recours. Nous allons commencer une neuvaine, et nous demandons à votre communauté de bien vouloir s'y unir pour obtenir sa guérison.
Sr.
Télégramme reçu le dimanche 21 février, dernier jour de la neuvaine :
Malade entièrement guérie par Sœur Thérèse de l'Enfant-Jésus.
Sr Saint-A.,
Relation de la jeune fille guérie.
Ma Révérende Mère,
Depuis quatre ans je souffrais de l'estomac. Le 29 décembre 1908, j'ai eu, pour la première fois, un vomissement de sang. Le 30 et le 31, les médecins étaient encore indécis ; mais le 1er janvier 1909, ils se prononcèrent et déclarèrent que j'avais un ulcère. Du 29 au 31 décembre, j'eus plusieurs vomissements; on essayait de me faire boire du lait, mais je le rejetais immédiatement. Du 1er au 21 janvier, je restai en traitement à l'hôpital Saint-Joseph où l'on me soumit au régime lacté. Pointes de feu, vésicatoires, calmants, tout fut essayé sans succès ; je souffrais toujours. A la fin de janvier je suis venue me faire soigner chez les Dames de... à L Le 8 février j'eus une très forte crise avec plusieurs vomissements de sang. Je ne gardais pas le lait, mais seulement un peu d'eau de Vais, et, encore, pas toujours. On écrivit alors au Carmel de Lisieux, afin de me mettre sous la protection spéciale de Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus. La Mère Prieure m'envoya un petit sachet contenant de la laine de son oreiller d'infirmerie ; je le mis immédiatement sur moi et l'on commença une fervente neuvaine à la petite Sœur, en union avec Lisieux.
Pendant la neuvaine les souffrances étaient plus vives, les vomissements continuels, l'insomnie était perpétuelle. On ne pouvait plus me nourrir par les moyens ordinaires.
Le 21 février, jour où la neuvaine se terminait, je voulus absolument aller à la messe de 6 h., avec le désir d'y communier, persuadée que je serais guérie. Pendant tout le temps de la messe je souffrais horriblement, mais je priais avec beaucoup de ferveur et mon espérance était bien grande. Lorsque je revins de la sainte Table, où je m'étais traînée bien péniblement, mes souffrances redoublèrent. Enfin, au troisième Ave Maria que dit le prêtre au bas de l'autel, je sentis une douleur atroce à l'estomac, cette douleur correspondait dans le dos ; il me semblait qu'on m'arrachait l'estomac. J'eus ensuite la sensation très nette d'une main qui se posait sur la partie malade et y répandait un baume céleste... puis, plus rien, un grand calme... J'étais guérie!
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Je sentis alors que j'avais faim et j'avalai une grande tasse de lait que je trouvai exquise. Je restai ensuite à la messe de 7 h. en action de grâces, et je l'entendis à genoux. Après cette deuxième messe, j'allai au réfectoire où je pris une grande tasse de chocolat accompagnée de deux morceaux de pain, moi, qui, depuis quatre mois, n'avais pas mis une bouchée de pain dans ma bouche ! Et j'avais encore faim !
A en juger par le bien-être que j'éprouve, je ne croirais pas avoir été malade. Je suis absolument guérie. Il ne me reste qu'une faiblesse dans les jambes qui me rappelle seule les heures douloureuses que j'ai vécues.
Cette nuit j'ai parfaitement dormi ; je me sens tout à fait bien. Toutes les personnes qui m'ont connue malade admirent en moi l'œuvre de Sr Thérèse, ma chère bienfaitrice. Voilà, ma Révérende Mère, le compte rendu de ma maladie et de ma guérison si miraculeuse.
Notre bonne Mère Supérieure espère avoir demain le certificat du docteur. Je commence une neuvaine d'action de grâces que j'irai terminer par un pèlerinage au tombeau de la petite sainte de Lisieux.
Agréez, etc.
M. C.
Suit le certificat du médecin.
33. – C., Autriche, 25 février 1909.
Ma Révérende Mère,
Je vous renvoie la notice sur le miracle d'Angleterre, en vous remerciant de me l'avoir communiquée. Mais tout cela n'est rien à côté des grâces que je sais avoir été reçues par l'intervention de sœur Thérèse, grâces de conversions vraiment immenses et miraculeuses. Une jeune personne, par exemple, a passé en moins d'une année de la boue la plus dégradante à un état de pureté tel qu'on peut l'imaginer chez les saints, et à la présence de Dieu presque continuelle ; et cela dans le milieu le plus mondain et le plus frivole, entourée de toutes les occasions de chute !
Ah! vous avez bien raison de dire qu'une pluie de roses est descendue sur la terre, depuis que cette sainte est montée au ciel. Oui, cette remarque qu'elle descend de nouveau est sur la terre littéralement vraie. Que de fois je l'ai sentie près de moi dans cette dernière année !
M.-H. D.,
34. - L. (Normandie), 29 janvier 1907.
Je suis un séminariste âgé de 23 ans. Après de nombreux crachements de sang et hémorragies violentes, j'étais arrivé à un tel degré d'affaiblissement que je dus m'aliter le 23 août 1906. Deux médecins jugèrent mon état très grave : une caverne profonde s'était formée au poumon droit, les bronches étaient très endommagées et l'analyse des crachats révéla
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la présence du bacille de la tuberculose. Les médecins s'avouèrent impuissants et me condamnèrent.
Alors, mes parents, éplorés, sollicitèrent ma guérison de Notre Dame de Lourdes par l'intercession de Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus, et je passai à mon cou un sachet des cheveux de cette petite sainte. Les premiers jours de cette neuvaine mon état s'aggrava : j'eus une hémorragie si violente que je pensai mourir; on appela en toute hâte un prêtre; mais, bien que l'on m'engageât à faire le sacrifice de ma vie, je ne pouvais m'y résoudre et j'attendais avec confiance la fin de cette neuvaine. Le dernier jour aucun mieux ne s'était produit. Alors le souvenir de Thérèse se présenta à mon cœur, la parole qui a si nettement esquissé sa grande âme me pénétra d'une confiance indicible : « Je veux passer mon ciel à faire du bien sur la terre. » Je pris au mot la jeune Carmélite. Elle était au ciel, oh! oui, j'en étais sûr; j'étais sur la terre, je souffrais, j'allais mourir : il y avait du bien à faire, il fallait qu'elle le fît. Serrant donc fortement contre ma poitrine la chère relique, je priai la petite sainte avec tant de force, qu'à la vérité, les efforts mêmes, faits en vue de la vie, eussent dû me donner la mort.
Nous recommençâmes une neuvaine, demandant cette fois ma guérison à Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus elle-même, avec promesse, si elle nous exauçait, d'en publier la relation. Dès le lendemain la fièvre baissa subitement, et, les jours suivants, après l'auscultation, le médecin conclut au rétablissement d'une façon aussi catégorique qu'il avait affirmé la fin. De la caverne du poumon il n'y avait plus trace ; l'oppression avait cessé et l'appétit revenait sensiblement. J'étais guéri.
Mais en même temps qu'elle renouvelait mes forces physiques, Thérèse accomplissait aussi en mon âme une transformation merveilleuse. En un jour, elle a fait en moi le travail de toute une vie.
Je m'arrête, ma Révérende Mère, Dieu m'a mis au cœur une telle reconnaissance que je ne saurai jamais l'exprimer. Aidez-moi à lui rendre grâce.
L'abbé A. (1)
Suit le certificat du médecin.
Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus semble favoriser particulièrement ma famille. Il y a deux ans, c'était moi qu'elle guérissait de la tuberculose ; aujourd'hui c'est mon jeune frère, âgé de 11 ans, qui vient d'être soudainement sauvé et rétabli par elle.
Voici en quelles circonstances : Le samedi, 22 août 1908, il fut victime d'un accident terrible. Etant tombé d'une hauteur d'environ six mètres, par une trappe donnant sur une cave, sa tête vint frapper brutalement à terre. On releva le pauvre petit sans connaissance et perdant son sang à pleine bouche. Le médecin, mandé aussitôt, déclara que c'était l'affaire de deux heures ; le crâne était, en effet, fracturé en plusieurs endroits,
1 Devenu prêtre M. l'abbé A. est actuellement vicaire dans une paroisse importante et suffit sans fatigue à un travail laborieux.
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la mort était imminente. Cependant la nuit se passa sans le dénouement qu'on attendait. Le docteur se fit assister d'un chirurgien spécialiste de R... qui, sans aucune hésitation, confirma le jugement de son confrère. Nous n'avions donc plus rien à esPèrer, humainement du moins; moi-même j'avais entendu le docteur et c'eût été de la folie d'esPèrer quand même.
J'eus cette folie, mes parents l'eurent avec moi : et, le 24 août, ma Révérende Mère, vous commenciez, sur ma demande, une neuvaine à Sr Thérèse pour la guérison de mon frère.
Cependant, des crises violentes et réitérées nous jetaient dans de cruelles alarmes. Nous avons cru quatre fois que la mort allait venir. Le pauvre enfant resta huit jours entiers sans connaissance et se débattait continuellement dans son délire.
Le neuvième jour, il reconnut tout son monde, le calme revint, c'était fini ! Il n'avait qu'à reprendre des forces ; ce qu'il fit. Il est aujourd'hui en classe, ne conservant aucune trace, ni physique ni morale, de son accident.
L'abbé A.
En mars 1908, un petit enfant de cinq ans était atteint d'une méningite des plus graves. J'engageai sa mère à prier avec confiance Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus. Une neuvaine fut commencée. L'enfant était dans un perpétuel délire ; et, cependant, lorsqu'on voulait lui faire baiser la relique de Sr Thérèse qu'il portait sur lui, il la retenait et la pressait sur son cœur. Il allait toujours plus mal. « Il y a deux jours qu'il devrait être mort », disait le docteur. Mais sa mère ne perdait pas courage. Tandis qu'il était presque agonisant et que depuis plusieurs jours il ne pouvait articuler une parole, elle vint à l'église et dit à Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus : « Ma petite sainte, si je dois croire que vous voulez bien guérir mon fils, faites qu'en revenant de la messe il me demande à boire. » — « Maman, donne-moi à boire », dit l'enfant aussitôt que sa mère eut mis le pied sur le seuil de sa chambre. Dès lors il alla de mieux en mieux. Aujourd'hui il se porte bien.
L'abbé L.
16 avril 1909.