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NON à l'initiative pour l'interdiction de l'expérimentation animale
Lors de sa séance du 23 novembre 2021, le Comité du parti s'est prononcé à l'unanimité contre l'initiative.
- L'initiative est trop radicale :
En cas d'acceptation de l'initiative, il ne serait plus possible de peser les intérêts en présence. C'est méconnaître la grande importance de la recherche.
- L'approvisionnement en produits médicaux serait rendu très difficile :
La Suisse aurait de graves problèmes d'approvisionnement en biens médicaux, car l'initiative interdirait l'importation de biens faisant appel à l'expérimentation animale.
- Un durcissement de la loi est inutile :
Le droit en vigueur est suffisamment strict pour bien protéger l'homme et l'animal dans le domaine de la recherche.
- La Confédération encourage déjà les alternatives à l'expérimentation animale :
Les alternatives à l'expérimentation animale sont déjà encouragées. De plus, le principe des 3R (Remplacer, Réduire, Rajuster) est poussé en avant afin de minimiser les expériences d'envergure et de moins solliciter les animaux.
L'initiative populaire "Oui à l'interdiction de l'expérimentation animale et humaine" soumise au vote le 13 février demande une interdiction inconditionnelle de l'expérimentation animale et de la recherche sur l'être humain. Elle exige en outre une interdiction du commerce et de l'importation de tous les produits pour lesquels des expériences sur des animaux sont réalisées directement ou indirectement. Une pesée des intérêts ne serait plus possible à l'avenir.
L'initiative populaire a été lancée par l'association "IG TIERVERSUCHSVERBOTS-INITIATIVE CH". Ses membres et les organisations qui la soutiennent doutent de l'utilité de la recherche par l'expérimentation animale et la considèrent fondamentalement comme un crime envers les animaux. La recherche en médecine ne ferait pas de progrès, mais tenterait uniquement de traiter des symptômes.
Les expériences sur les animaux doivent être autorisées
Les expériences sur les animaux constituent la base de nombreux traitements en médecine et du développement de médicaments, comme par exemple les nouvelles méthodes de traitement du cancer ou encore les vaccins contre le Covid-19. Les expériences sur les humains au sens strict font également partie de la recherche en psychologie et en sociologie. Actuellement, toutes les expériences sur les animaux doivent faire l'objet d'une autorisation. Chaque année, environ 500'000 expériences de ce type sont autorisées, alors qu'elles étaient encore 2 millions par an dans les années 80.
3R : Éviter autant que possible les expériences sur les animaux
En Suisse, la protection des animaux est déjà ancrée dans la Constitution, à l'article 80. La recherche sur l'homme est régie par la loi relative à la recherche sur l'être humain. La Suisse fait déjà beaucoup pour réduire continuellement le nombre d'expériences sur les animaux. Entre 1983 et 2020, celui-ci a pu être réduit de plus des deux tiers. L'objectif du principe dit des 3R en vigueur dans la recherche suisse est d'éviter autant que possible les expériences sur animaux (Remplacer) et de limiter le nombre d'animaux (Réduire) et leurs souffrances (Rajustement) dans les expériences au strict nécessaire. Aujourd'hui déjà, l'ordonnance sur la protection des animaux n'autorise les expériences sur les animaux que si le gain de connaissances visé ne peut pas être obtenu par des méthodes alternatives. Ce sont les commissions pour l'expérimentation animale des cantons qui délivrent les autorisations. Chaque institut de recherche dispose en outre d'un responsable 3R afin de mettre en œuvre et de réaliser les travaux de recherche dans le respect de ce principe. Depuis 2018, il existe un centre de compétences 3R ainsi que, depuis le printemps 2021, un programme national de recherche à ce sujet.
L'initiative demande une interdiction inconditionnelle de l'expérimentation animale et de la recherche sur l'être humain. Elle veut également une interdiction du commerce ou de l'importation de tous les produits qui ont été développés entièrement ou en partie en recourant à l'expérimentation animale. En outre, l'initiative prévoit une sanction aussi sévère que possible en cas d'infraction, car les expériences sur les animaux devraient être considérées comme des actes de cruauté envers les animaux, voire comme des crimes.