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Autres vues aériennes de St Légier
C'est certainement le plus beau des châteaux de plaisance du canton de Vaud qui en compte pourtant beaucoup. Sur un plateau ondulé au-dessous de Saint-Légier, parmi les vergers et les bosquets, il occupe une situation magnifique, face aux Alpes et au lac Léman.
Château à la française qui fait contraste avec celui tout proche de Blonay à l'aspect moyenâgeux. Pourtant Hauteville fut, longtemps, aussi un château féodal. C'est une reconstruction, exécutée au XVllle siècle qui a englobé un premier manoir plus petit.
La terre d'Hauteville, au Moyen Age dépendait de la seigneurie de Blonay. Au XVIe siècle elle devint un fief de LL.EE. de Berne. Jusque vers 1740, il n'y avait là qu'une grosse tour carrée et un logis au-dessus d'énormes caves car la colline était alors couverte de vignes. Les communs occupaient le côté nord.
Pendant la première moitié du XVIIIe siècle, la seigneurie appartint successivement aux familles de la Mothe, Jaquemin, d'Herwart, et fut acquise, en 1760, par Pierre Philippe Cannac (1705-1785), d'origine française huguenote, devenu bourgeois de Vevey en 1728.
Pierre Philippe Cannac (1705-1785)
Pierre-Philippe Cannac était un homme très riche et fort actif. Il décida de démolir en grande partie l'ancien château féodal trop petit pour ses ambitions, et de construire une belle demeure semblable à celles qui s'élevaient un peu partout en Europe à cette époque.
Cannac mourut en 1785, à l'âge de 80 ans. En 1794, Hauteville revint à Daniel Grand de la Chaise, banquier à Amsterdam, qui prit dès lors, le nom de Grand d'Hauteville, nom gardé par ses descendants aujourd'hui encore propriétaires du château.
la façade sud avec les deux fenêtres peintes en trompe l'oeil
Le plan peut être rapproché de ceux des châteaux de Prangins et de Coppet. Il est de tradition française. Malgré le souci qu'a eu l'architecte veveysan Donat Cochet de trouver une ordonnance symétrique et imposante, il a dû tenir compte des bâtiments qui existaient lors de la reconstruction et qui n'ont été que partiellement démolis.
Les plans du château avec la disposition des salons et chambres au début des années 1900.
Le plan du château est simple, c'est celui d'un fer à cheval dont l'ouverture est du côté montagne comme à L'Isle, à Vullierens, à Saint-Saphorin sur Morges, dont les châteaux datent de la même époque. Cette disposition permet d'étaler la façade principale au soleil et de la réserver à la vie intime des habitants, tandis que l'autre côté est au va-et-vient des visiteurs et fournisseurs.
Un regard attentif peut constater que les nouveaux murs sont venus se raccorder aux anciens, en plusieurs endroits du corps central. C'est à cela qu'il faut attribuer l'emplacement de l'escalier principal qui aboutit à l'étage dans un corridor assez étroit.
Sur les façades un décor peint en trompe l'oeil supplée au manque d'élémets architecturaux.
Le grand salon
Le grand salon, peint à fresque, est d'un aspect tout à fait surprenant. Il figure dans l'inventaire qui fut dressé le 24 avril 1760, lors de l'acquisition de la seigneurie par Pierre Philippe Cannac. La décoration de style rococo exubérante est l'oeuvre d'un artiste italien qui ne manquait ni de hardiesse, ni d'habileté. Elle a été exécutée avant la reconstruction du château actuel. Rien de semblable n'existe dans les châteaux vaudois. La disposition du grand salon, qui s'élève sur deux étages et fut englobé dans la nouvelle bâtisse, au milieu du XVIIIe siècle, ne permettait pas à l'architecte d'ouvrir des fenêtres au centre de la façade sud, au 1er étage. Le mur plein ne pouvant rester nu à cet endroit, il fut donc recouvert d'une fausse architecture peinte, solution qui a aussi été adoptée pour les autres façades.
La salle à manger
La bibliothèque installée dans le corridor à l'étage
Un salon
Le salon d'été: 6 grands tableaux dans le style de l'Albane et de Boucher
Le corridor du rez-de-chaussée avec l'entrée vers le grand salon
L'ancienne bibliothèque ou salle de billard à l'extrémité de l'aile Ouest
De l'ancien château, Cannac garda aussi les caves, dont les murs ont plus de deux mètres d'épaisseur. Lors des fouilles effectuées dans les caves, les archéologues ont mis au jour un collier de bronze et une hache, trouvée dans une sépulture romaine.
L'allée d'arbres menant à la rotonde. Ce petit temple, en forme de rotonde, fut construit en 1814. Il existe au moins quatre exemplaires de pavillon monoptère dans le Canton de Vaud, les autres sont au Signal de Bougy , à la Gordanne et à Lausanne, derrière le Tribunal Fédéral
Ce nouveau château revint à un prix fou. On prétend qu'une fois passés les 200'000 francs (valeur de l'argent à l'époque) Cannac brûla ses livres de comptes pour n'y plus penser.
Il nous a ôté ainsi, malheureusement la clé de bien d'autres secrets.
Bibliographie