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Imaginez un inventeur à qui il reste 85 minutes pour rendre ses poupées socio-compatibles. En puisant chez Boris Vian, la Cie Alchimie interprète «Rue des ravissantes» au Théâtre de l'Arsenic jusqu'au 10 juin. Puis, du 12 au 24 juin, à la Comédie de Genève.
Que signifie le désir de beauté et de perfection? Que fait la société des vilains et des non-conformes? Où vont nous mener le clonage, les aliments transgéniques? Les femmes ont-elles une âme? Et les animaux sont-ils des choses?
C'est pour «rire jaune» de toutes ces questions que la Compagnie Alchimie a imaginé l'histoire d'un inventeur qui crée des poupées d'une beauté parfaite et d'une intelligence exceptionnelle. Corollaire avoué: faire disparaître de la surface de la terre tous les laids et les imbéciles.
Pour ce faire, la Compagnie Alchimie a fait un montage, né d'un collage de différents passages extraits des écrits de Boris Vian. Textes choisis par les sept membres du Collectif Alchimie.
«Nous avons également choisi les chansons les moins connues de Boris Vian, précise la chanteuse et comédienne, El Baze, auxquelles ont été ajoutées les propres compositions de notre pianiste, Daniel Perrin.»
El Baze joue l'une des cinq poupées sur scène. Elle interprète la diva. Vêtue d'un peignoir qui laisse entrevoir une longue robe d'un vert émeraude en soie, madame sort de sa baignoire et chante.
Et pourtant, nous sommes dans un entrepôt où traînent des caisses d'où sortent ces poupées de chair et de sons. Typées garce, châtelaine du XVIIIe ou danseuse en tutu, elles sont les cinq dirigées par le pianiste inventeur, Daniel Perrin.
Il y en a même une (de ces poupées) qui est habillée en homme et qui se découvre femme à la fin du spectacle. En fait, on réalise qu'elle pourrait bien être l'inventeur du départ...
Absurde et tendre, l'univers théâtral et musical de la Compagnie Alchimie est à l'image de l'écrivain, poète et musicien français, Boris Vian. Elle se joue des préjugés sociaux pour mieux dénoncer le ridicule des comportements humains.
Emmanuel Manzi