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L'Université de Zurich devra verser l'équivalent de 17 mois de salaire à Christoph Mörgeli. Le licenciement de l'ex-conseiller national UDC en automne 2012 était irrégulier, estime le Tribunal administratif zurichois.
La haute école zurichoise a commis plusieurs erreurs, estime la Cour dans son verdict rendu mardi. Le licenciement de l'ex-conservateur du Musée d'histoire de la médecine a en effet été prononcé par le recteur de l'université, qui n'y est pourtant pas habilité. L'institution aurait en outre dû soutenir Christoph Mörgeli face aux critiques formulées auparavant dans les médias.
Attitude de M. Mörgeli défendable
Le supérieur direct de Christoph Mörgeli a en outre refusé de s'entretenir avec le professeur. Compte tenu de ce contexte, les déclarations critiques de M. Mörgeli sur son employeur dans les médias étaient donc largement défendables et ne constituaient pas une cause suffisante pour licencier le conservateur de musée.
Le tribunal considère l'université "largement coresponsable" de la perte de confiance entre M. Mörgeli et elle-même. Il exclut en revanche la possibilité pour le professeur de retrouver son emploi au sein du Musée de l'histoire de la médecine. Le verdict ne donne en effet pas à l'employé le droit à un rétablissement de son contrat de travail.
La Cour a fixé à 5 mois de salaire le montant des dédommagements et à 12 mois de salaire celui des indemnités à verser à M. Mörgeli. L'Université de Zurich estime "regrettable" que des erreurs aient été commises lors du licenciement du conservateur de musée, a indiqué à l'ats un porte-parole de la haute école. L'alma mater va analyser le verdict avant de décider si elle fera appel.
Raisons politiques, selon le camp Mörgeli
L'avocat de Christoph Mörgeli se dit satisfait du verdict. Son client recevra 136'000 francs de l'université, précise-t-il, tout en se disant déçu que M. Mörgeli ne puisse pas retrouver sa place. Et d'affirmer que le professeur avait été licencié pour des raisons politiques.
L'avocat exige l'ouverture d'une procédure disciplinaire contre l'ancien supérieur de son client. L'actuel directeur de l'institut d'histoire de la médecine est sous le coup d'une enquête pénale pour violation du secret de fonction. L'université attend l'issue de cette procédure pour décider d'éventuelles mesures. D'ici-là, l'ancien chef de M. Mörgeli reste suspendu de ses fonctions.
En septembre 2012, le Tages-Anzeiger avait révélé des manquements dans les conditions de conservation des objets détenus par le musée dirigé par M. Mörgeli. L'affaire avait en fin de compte conduit au licenciement du professeur par ailleurs non-réélu au Conseil national en octobre dernier.
ATS