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En 1967, la journaliste Catherine Charbon rencontre le chanteur français Jean Ferrat. Il répond avec gentillesse aux questions sur sa carrière, sa notoriété naissante, ses influences comme les poèmes d'Aragon et sa manière d'écrire ses chansons.
Il interprète également pour le public de la TSR ses deux titres phares La montagne et Potemkine.
Jean Ferrat naît le 26 décembre 1930 à Vaucresson dans les Hauts-de-Seine. Dernier des quatre enfants d'une famille modeste qui s'installe à Versailles en 1935, il poursuit ses études au Collège Jules Ferry. Son père est déporté par les nazis et meurt à Auschwitz. Jean doit quitter le lycée pour travailler afin d'aider la famille.
Au début des années 50, il entre dans une troupe de théâtre, compose quelques chansons et joue de la guitare dans un orchestre de jazz. En 1956, il met en musique Les yeux d'Elsa, un poème de Louis Aragon qu'il admire. En 1958, il sort son premier 45 tours, mais ne rencontre guère de succès. Une jeune chanteuse, Christine Sèvres reprend quelques-unes de ses chansons, il l'épousera en 1961. C'est la rencontre en 1959 de Gérard Meys qui deviendra son éditeur et son ami qui relance sa carrière, il signe chez Decca et l'année suivante sort son second 45 tours avec la chanson Ma Môme qui est son premier succès et passe sur les radios.
La rencontre avec Alain Goraguer sera par ailleurs décisive, ce dernier deviendra l'arrangeur attitré des chansons de Jean Ferrat. Son premier 33 tours sort en 1961 et reçoit le prix de la SACEM. Il entame une longue carrière, émaillée de difficultés avec la censure. Il écrira ses textes ou mettra en musique ceux de ses amis poètes, Henri Gougaud et Georges Coulonges. En 1967, de retour d'un long voyage à Cuba, l'artiste publie un album, riche d'influences musicales nouvelles, dont seront extraits les titres Santiago et Guerillos .
En 1971, il enregistre le célèbre album Ferrat chante Aragon et chante, dans la foulée, le titre Aimer à en perdre la raison, l'un de ses plus grands succès. En 1975, au terme de quatre années sabbatiques, Jean Ferrat fait son retour sur scène, avec l'album La femme est l'avenir de l'homme. En 1980, la publication de l'intégrale de ses titres en douze volumes lui vaudra le « Diamant de l'année » pour l'ensemble de son œuvre. À 44 ans, il enregistre également Le Bilan, un album intimiste, fruit d'une maturité artistique et personnelle.
En 1981, déchiré par la disparition de son épouse Christine Sèvres, Jean Ferrat fuit la scène puis réapparaît, en 1985, avec un album poignant baptisé Je ne suis qu'un cri . En 1991, il publie une intégrale qui fait état de ses créations entre 1961 et 1991. En en 2003, l'artiste publie Ferrat en scène, un album acoustique, florilège de ses plus grands succès enregistrés sur scène, en 1991.
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Journaliste: Catherine Charbon