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Le ministre de l’Economie du Brandebourg n’est pas plus économiste que le ministre fédéral de l’Economie et que tous les membres du gouvernement. Ils sont donc autorisés à mener une politique économique sans avoir les principes d’hommes d’affaires prudents. En Allemagne, la politique économique consiste à obéir aux ordres des grandes entreprises internationales et à rechercher leur bien-être aux dépens de nos contribuables allemands. Cette politique est également à l’origine de la création d’une usine automobile du groupe américain Tesla à Grünheide.
Un économiste aurait émis de nombreuses réserves :
1) Tesla est une bulle financière dans l’industrie automobile. A ce jour, leurs produits ont toujours été médiocres, et cette enseigne n’a pas gagné un seul centime ces dernières années, mais n’a fait que de réunir des capitaux supplémentaires. Aucun homme d’affaires sérieux ne conclurait de contrat avec une telle bulle d’air.
2) L’usine Tesla à Grünheide n’a pas non plus de sens économique. Nous avons en Allemagne les plus grands constructeurs automobiles du monde, à qui nous devons également une grande partie de nos excédents d’exportation. Il est un non-sens économique de leur nuire avec un autre concurrent.
Face aux amendes imposées par l’industrie automobile américaine à leurs concurrents allemands (30 milliards de dollars pour VW, 10 milliards pour Daimler-Benz), le gouvernement allemand a échoué en tant que puissance protectrice de notre industrie, et a favorisé le grand capital étranger par rapport aux entreprises allemandes. Avec Tesla, c’est maintenant le deuxième tour.
1) Toute l’électrification de l’industrie automobile pourrait être une bulle d’air, car:
• chaque voiture doit traîner avec elle une batterie géante;
• les limites de performance de la batterie représentent également les limites d’autonomie de la voiture;
• il n’existe pas encore de batteries plus puissantes sur le marché;
• et en plus, la production de batteries est insuffisante pour une électrification majeure, et quand bien même, il n‘y aurait pas assez de stations de charge pour cette quantité de batteries. Il est donc fort douteux que cette aventure technologique se déroule bien.
2) La politique quasiment obsessionnelle en faveur de l’électro-mobilité est vendue à l’aide de considérations environnementales. Si l’on compare la plus grande nocivité de la production des batteries nécessaires et la quantité insuffisante de stations de recharge et d’électricité avec les coûts de carburant toujours plus bas des moteurs à combustion, la comparaison environnementale pour l’électro-mobilité pourrait bien être négative. Il y a plus d’idéologie derrière toute cette vague que de technologie et d’économie de l’environnement.
3) Si vous voulez abattre un arbre en privé ou si vous devez abattre plusieurs arbres, tout le pouvoir bureaucratique des éco-fonctionnaires est contre vous. Tesla peut cependant défricher 90 hectares de forêt avec des millions d’arbres dans le Brandebourg en procédure rapide, obtient la zone pour en détruire l’environnement, qui en plus est payée par les fonds de promotion publique, sans que les protecteurs professionnels de l’environnement ne s’en préoccupent. Pour le grand capital, il y a de nouveau deux poids, deux mesures.
4) En ce qui concerne les subventions, le ministre de l’économie du Land de Brandebourg, qui manque cruellement de professionnalisme, souligne l’effet de l’usine Tesla sur l’emploi. C’est douteux: l’usine Tesla a été construite intentionnellement à une demi-heure de route (60 km) de la Pologne et, selon ses propres déclarations, elle est censée avoir des employés majoritairement polonais; elle fait de la publicité en polonais et refuse strictement de permettre aux syndicats allemands de travailler dans l’usine. Subventionner cette concurrence déloyale contre nos entreprises allemandes est en fait inadmissible pour des raisons de politique du marché du travail.
5) Si jamais Tesla produit à Grünheide, l’Etat allemand ne recevra même pas un euro d’impôt sur les bénéfices de cette société de paradis fiscal. Au lieu de cela, les ministres de l’Economie surenchérissent sur Tesla avec des subventions qui dépassent un milliard. La classe moyenne allemande, qui doit gagner l’argent de ces subventions, reste pantoise devant cette nouvelle préférence pour le grand capital international.
6) Dans la mesure où elle a été gérable jusqu’à présent, l’usine Tesla de Grünheide s’est financée exclusivement par des investissements et des dettes de l’Etat. Non seulement l‘investisseur est une bulle d’air, mais l’investissement peut également en devenir une. Il y aurait alors 90 hectares de salles inutilisées à Grünheide, et une nouvelle tâche de subvention de la politique économique pour trouver de nouveaux utilisateurs. Ainsi, une erreur en entraîne une autre.
Chaque investissement important a un côté spéculatif. Cependant, contrairement aux solides usines automobiles allemandes, Tesla a jusqu’à présent poursuivi davantage la spéculation que l’investissement. Tesla n’est resté qu’un modèle de réussite que dans la collecte de capitaux; dans la production et la rentabilité, c’est un flop. Etant donné qu’il n’existe ni batteries technologiquement abouties, ni production de batteries, ni stations de recharge pour la mobilité électrique à grande échelle, et que la révolution énergétique de Merkel a donné à l’Allemagne l’électricité la plus chère du monde, tout investissement public dans ce projet spéculatif s’interdisait. Mais les hommes politiques bénéficient de l’immunité, ne peuvent être attaqués eux-mêmes pour leurs erreurs et peuvent donc acheter la gratitude et le soutien du capital international aux dépens des contribuables de la classe moyenne. •
(Traduction Horizons et débats)
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