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Alors que le virus Ebola a déjà fait plus de 4000 victimes en Afrique de l'Ouest, Patrick Zylberman, professeur d'histoire de la santé à l'Ecole des hautes études en santé publique (EHESP) à Paris, a commenté mardi sur la RTS la perception de l'épidémie dans la population.
L'historien évoque une "pop-culture du drame sanitaire", répandue par des films ou des séries télévisées actuels.
"Imagination débordante"
"En Europe, nous avons oublié depuis deux générations ce qu'est une épidémie. Cet oubli a été remplacé par une imagination débordante, dans laquelle Ebola joue un rôle central."
Les choses commencent à la fin des années 1980, explique l'historien, avec deux singes infectés du virus découverts dans un laboratoire aux Etats-Unis. Sur la base de ce fait divers, un ensemble de récits (romans, films) est né, et Ebola s'est trouvée au centre de cette pop-culture.
Peur non fondée
"Il est normal d'avoir peur d'une épidémie pour laquelle on n'a ni vaccin ni traitement", affirme encore l'historien. "Toutefois, cette peur n'est pas fondée en Europe, où seules 9 personnes ont été contaminées."
kkub
Problème de communication
Différent de l'épidémie de la peste
"Les grandes épidémies présentent un double aspect: une crise sanitaire et médicale très violente, et également une crise morale, politique et économique, comme c'est le cas au Libéria."
Mais la comparaison s'arrête là, pour l'historien: "A l'époque de la peste, chaque localité se défendait elle-même. Aujourd'hui, nous assistons à un enchevêtrement des niveaux nationaux et internationaux qui n'existait pas au 14e siècle."