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On désigne sous le terme de fièvres hémorragiques virales un ensemble de maladies diverses, causées par des virus non apparentés. Elles sont la plupart du temps bénignes voire passent inaperçues, mais elles sont toutes potentiellement graves, avec pour certaines des taux de mortalité importants. Comme chez tous les virus, des variants différents plus ou moins pathogènes ou virulents peuvent coexister ou apparaître à la suite de la réponse immunitaire des hôtes infectés. Certaines sont considérées comme maladies émergentes ou émergentes potentielles, ou susceptibles d’être utilisées comme arme biologique, avec risque qu’elles se retournent contre leurs utilisateurs. Les « virus hémorragiques » les plus dangereux semblent compter parmi la famille des rhabdovirus, famille très variée encore incomplètement explorée qui touche à la fois des animaux dont poissons et des plantes. Les virus impliqués sont tous des virus à ARN et appartiennent à diverses familles qui sont Flaviviridae, Bunyaviridae, Filoviridae, et Arenaviridae. Au plan épidémiologique, on distingue entre les virus transmis par les moustiques ou tiques, les virus à réservoir animal, les FHV à réservoir inconnu. La question du virus Ebola est devenue un cas mondial en avril 2014. La situation s’est aggravée depuis lors. Il y a eu des milliers de victimes en Afrique. Plusieurs cas ont également été découverts en Europe.
Qu’est-ce que le virus Ebola et comment se manifeste t-il ?
L’Ebola est un virus très agressif qui provoque rapidement des fièvres hémorragiques, des douleurs musculaires et divers problèmes du système nerveux central. Le virus provient du groupe des Filoviridae et les symptômes qu’il provoque sont la fièvre, des maux de tête aigus, des vomissements, de fortes douleurs musculaires et des saignements. La période d’incubation est de trois semaines. Le virus peut entraîner la mort, qui survient pendant la même période d’incubation. Le virus Ebola est l’agent infectieux qui provoque, chez l’humain et les autres primates, des fièvres souvent hémorragiques, en occurence la maladie à virus Ebola, à l’origine d’épidémies historiques notables par leur ampleur et leur sévérité. La transmission entre humains a lieu avant tout par contact direct avec des fluides corporels. Il s’agit d’un virus à ARN monocaténaire de polarité négative et à génome non segmenté. Il présente l’apparence filamenteuse caractéristique des filovirus, une famille à laquelle appartiennent également le virus Marburg, le virus de Lloviu, genre Cuevavirus, et le virus Měnglà. Autrefois appelé virus Ebola Zaïre, le virus Ebola appartient au genre Ebolavirus et représente le seul virus de l’espèce Ebolavirus Zaïre. Le génome du virus Ebola, long d’environ 19 kilobases, comporte sept gènes qui codent sept protéines structurelles et deux protéines sécrétées supplémentaires par un phénomène de polymerase stuttering : nucléoprotéine de la capside NP, le cofacteur de la polymérase virale VP35, la protéine de matrice majeure VP40, les glycoprotéines GP, sGP et ssGP issues du gène GP, la nucléoprotéine mineure VP30, la protéine de matrice VP24 et l’ARN polymérase ARN-dépendante. Compte tenu de son danger biologique, ce virus ne doit être manipulé qu’au sein de laboratoires P4 ou BSL-46,7, lesquels sont conçus pour prévenir les risques de contamination par accident ou du fait d’actes de malveillance. La maladie qu’il engendre, pour laquelle il n’existe pas jusqu’ici de traitement homologué, présente un taux de létalité allant de 25 % à 90 % chez l’humain ; l’épidémie qui a sévi en Afrique de l’Ouest en 2014 et 2015 affichait ainsi une létalité de 39,5 % au 27 mars 2016, avec 11 323 morts sur 28 646 cas recensés. Après un test efficace en 2015 lors d’une épidémie en Guinée, un premier vaccin a été annoncé à la fin de 2016 et utilisé pour une campagne vaccinale en Afrique de l’Ouest en 2017 ainsi qu’en République démocratique du Congo en 2019.
La découverte d’Ebola
Le virus Ebola a été découvert en 1976. Le matériel génétique du virus contient sept gènes et ne change pas rapidement, mais il est très envahissant et se propage très rapidement. Une personne malade peut infecter un très grand nombre de personnes. En Afrique, il est arrivé qu’une personne parvienne à infecter un village entier, l’exterminant. Les premières statistiques sur le virus se sont produites au Soudan et au Congo où il a été découvert il y a quarante ans. Cependant, sa propagation a toujours été limitée par le fait que les villages étaient situés dans des contextes insulaires, de sorte que la rareté des voies d’accès a facilité la réglementation de la quarantaine.
La propagation du virus Ebola
Le virus s’est propagé par le biais des animaux. Les renards volants en particulier, les animaux frugivores, qui sont considérés comme les porteurs sains du virus. Le virus Ebola s’est propagé à l’homme par la chaîne alimentaire : les animaux qui avaient contracté le virus ont été mangés. Comme les renards volants se trouvent dans des endroits assez isolés, comme les forêts tropicales, il est probable que des contacts ont été établis par le personnel des entreprises envoyées dans ces endroits pour exploiter des matières premières, comme les minéraux. Une fois que l’homme a contracté le virus, sa propagation devient plus facile. Parce que le virus peut être transmis par le sang, la salive et tous les fluides corporels. Les rapports sexuels sont également un moyen de propagation du virus Ebola. En particulier, le virus peut survivre plusieurs heures en dehors du corps qui l’a hébergé : il s’ensuit que le fait de toucher un objet précédemment touché par une personne malade peut entraîner une contagion, si dans cet objet subsiste une trace du fluide corporel d’une personne malade. Dans un contexte où les gens entrent souvent en contact les uns avec les autres en raison de besoins différents, les formes de contagion peuvent augmenter de manière exponentielle.
Le virus Ebola tue les personnes infectées
Il convient toutefois de noter que le virus est transmis entre mammifères, de sorte que piquer un insecte dans un endroit infecté n’est pas dangereux, tout comme le contact avec une personne tombée malade par la suite, car le virus doit être présent en quantités massives dans un organisme. Le virus Ebola, comme nous l’avons dit, affecte et tue depuis longtemps, mais le contact, qui a eu lieu ces dernières années entre les populations, a accru sa diffusion. Ce qui inquiète les autorités sanitaires, c’est le danger réel qu’elle se propage dans une ville très peuplée, où il serait difficile de gérer une quarantaine.
Prise en charge et traitement
Comme il n’existe aucun vaccin capable de tuer le virus, il est nécessaire, pour contrer la propagation d’Ebola, d’hydrater et de nourrir les personnes qui présentent les symptômes de l’infection en leur administrant des médicaments antipyrétiques. La seule bonne nouvelle – si l’on peut dire – est que le virus ne peut pas muter tant qu’il n’est pas en suspension dans l’air. La maladie causée par le virus est fatale dans 20 % à 90 % des cas. Cette large différence est due au fait que le virus Ebola est particulièrement dangereux en Afrique, où les soins sont limités et difficiles à fournir aux populations. Si le virus ne dispose d’aucun traitement spécifique, de nombreux traitements symptomatiques tels que la réanimation, la réhydratation, et la transfusion, peuvent permettre d’éviter le décès du patient. La première utilisation du sang ou du sérum de convalescents comme piste de traitement, pour tirer avantage des anticorps de ceux-ci et susciter une immunisation passive chez les malades transfusés, a été ainsi tentée avec succès lors de la première épidémie d’Ebola de 1976 à Yambuku. Un programme de plasmaphérèse a même été mis en œuvre à cette occasion et fait partie des recommandations de la Commission Internationale déployée à l’époque par le gouvernement Zaïrois. Un vaccin vivant atténué expérimental donne des résultats encourageants chez le singe. Il a été administré en mars 2009 à une chercheuse travaillant sur le virus, après une possible contamination accidentelle. L’évolution en a été favorable. D’autres pistes sont en cours d’exploration chez l’animal : utilisation d’une protéine inhibitrice d’un facteur de la coagulation64 ou inhibition de l’ARN polymérase virale par des ARN interférents. Un sérum, composé d’anticorps monoclonaux produits par des plants de tabac PGM appelé ZMapp de la firme américaine Mapp Biopharmaceutical, est administré avec succès, de façon expérimentale, en août 2014, sur deux patients américains infectés. Les États-Unis ont partiellement levé des restrictions sur un autre traitement expérimental de la société canadienne Tekmira, mais sa mise sur le marché pourrait prendre plusieurs mois. Les japonais ont eux aussi un traitement expérimental qui fonctionnerait sur le virus Ebola même 6 jours après infection et ce sur les souris, les tests sur les primates n’ont pas encore été faits et le Nigéria devrait bientôt recevoir un petit stock de ce produit utilisé pour traiter la grippe et qui fonctionne sur la Fièvre du Nil, la Fièvre Jaune et la Fièvre Aphteuse.La lamivudine, molécule anti-HIV disponible en quantité en Afrique, est en cours de test pour soigner Ebola. En 2014, en République démocratique du Congo, des chercheurs ont prélevé des anticorps sur un survivant infecté par le virus Ebola. Testés sur la souris, plusieurs de ces anticorps se sont révélés efficaces, 60 à 100 % des souris sur lesquelles l’injection de ces anticorps avait été pratiquée ont survécu à l’infection.
Précautions
L’abattage des animaux infectés en utilisant des gants et un masque, avec une surveillance rigoureuse de l’enterrement ou de l’incinération des carcasses, peut s’avérer nécessaire pour réduire le risque de transmission de l’animal à l’humain. La restriction ou l’interdiction du déplacement des animaux à partir des élevages infectés vers d’autres zones peut réduire la propagation de la maladie. Les produits comme le sang et la viande doivent être cuits soigneusement avant d’être consommés.
Les communautés touchées par le virus Ebola doivent informer la population de la nature de la maladie et des mesures prises pour endiguer la flambée, y compris lors des rites funéraires. Les personnes mortes de cette infection doivent être enterrées rapidement et sans prendre de risque. L’imposition de la quarantaine, l’interdiction d’aller dans les hôpitaux, la suspension de la pratique des soins aux malades et des funérailles ainsi que la mise à l’écart des malades dans des huttes séparées qui sont désinfectées de l’eau de javel à deux semaines d’intervalle suffit, parfois brûlées après la mort de leurs occupants, permettent d’endiguer les épidémies. Sur le terrain, il n’existe toujours pas de mesure plus sécuritaire si ce n’est le port du filtre à air.
Les recherches en laboratoires doivent être menées au sein d’installations de confinement de niveau de biosécurité 4. Les laboratoires de niveau 4 sont entièrement autonomes et possèdent un système de ventilation spécialisé, un sas d’entrée et de sortie, des enceintes de protection biologique de classe III, etc. Les procédures sur la stérilisation et la décontamination y sont rigoureusement appliquées et les employés revêtent une combinaison pressurisée.
En Europe, le premier laboratoire à recevoir l’autorisation de travailler sur Ebola, en l’an 2000, est le laboratoire P4 Jean Mérieux, à Lyon en France. En Belgique, le Conseil Supérieur de la Santé a émis un avis dans lequel il définit, pour les hôpitaux belges, la prise en charge des patients chez qui une infection par le virus Ebola ou par le virus Marburg est envisagée, suspectée ou confirmée. Aux États-Unis, la NIH finance, à partir de 2012 pour une durée de 5 ans, l’institut Albert Einstein College of Medicine afin d’étudier les mécanismes moléculaires de l’infection du virus et sa diffusion chez l’animal.