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A Berne, le stade du Wankdorf a été construit en 1954 pour la Coupe du monde de football. Il a été le théâtre de grands événements qui ont marqué l'histoire, dont le retour de l'Allemagne sur le devant de la scène internationale.Ce contenu a été publié le 06 juillet 2001 - 14:34
«D'un côté, je dois vous dire que je suis content que l'on reconstruise enfin le stade du Wankdorf», déclare l'ancien secrétaire générale de l'ASF, Edgar Obertüfer. «De l'autre, ça me fait mal que ce stade soit détruit. Car pour moi, il représente un monument de notre mémoire collective.»
Et il l'a été encore plus particulièrement pour les Allemands qui, après la Seconde guerre mondiale, ont pu retrouver une place dans le concert international des nations, à la suite de leur victoire sur les Hongrois 3 à 2, en finale de la Coupe du monde, le 4 juillet 1954, au Wankdorf de Berne.
Rappelez-vous. Au début des années 50, les Hongrois sont les meilleurs footballeurs de la planète. Puskas, Csibor, Koscis et consorts partent favoris. Dans un Wankdorf garni de 60 000 spectateurs jusque sur la pelouse, les Allemands retroussent les manches face aux artistes magyars et retournent la situation en leur faveur, après avoir été mené 2 à 0.
Ainsi, grâce au football, l'Allemagne renaît de ses cendres. Et le Wankdorf en devient leur bastion-témoin. Car il faut rappeler que l'Allemagne, bannie de la FIFA depuis la Seconde guerre mondiale, n'avait pas pu participer au Mondial de 1950 au Brésil.
D'ailleurs, pour avoir été la première nation à rejouer, en amical, avec l'Allemagne, après la Seconde guerre mondiale, en 1950, à Stuttgart, la Suisse avait écopé d'une amende de la FIFA.
Mais le Wankdorf a offert au monde d'autres moments mémorables. Le 30 mai 1961, il y a eu la finale de la Coupe d'Europe des clubs champions entre le Benfica et le FC Barcelone (3 à 2). Puis, le 10 mai 1989, la finale de la Coupe d'Europe des vainqueurs de coupes entre la Sampdoria de Gênes et Anderlecht (2 à 0).
«Si vous demandez à un Bernois le plus beau match qu'il ait vécu au Wankdorf, il vous répondra, sans hésitation, la demi-finale de la Coupe d'Europe des clubs champions entre les Young-Boys et le Stade de Reims, le 15 avril 1959, devant 64 000 spectateurs. Record d'affluence absolu», précise Edgar Obertüfer.
Les Bernois s'étaient imposés 1 à 0, mais avaient finalement été éliminés 2 à 0 au match-retour. Reste qu'en finale, Reims s'était à nouveau fait battre par le grand Real de Madrid, qui en était déjà à son quatrième trophée d'affilée.
Le Wankdorf a été aussi le temple des finales de la Coupe de Suisse. «Je n'ai jamais oublié la finale entre Bâle et Lausanne, remportée par forfait 3 à 0 par les Rhénans, en 1967».
Tous les joueurs du LS s'étaient assis sur la pelouse pour protester à l'encontre d'un penalty discutable. Car, à deux minutes du coup sifflet final, et sur un score désormais de 2 à 1 pour Bâle, les Vaudois ne pouvaient plus raisonnablement revenir au score.
De manière générale, pour Edgar Obertüfer, les plus belles finales de Coupe ont été celles animées par les cohortes de supporters valaisans.
«Jean-Paul Brigger était monté à la Tribune officielle chercher sa médaille d'or et soulever la Coupe. En me serrant la main, il me remercia d'avoir trouvé une place assise pour sa mère handicapée dans ce Wankdorf plein à craquer. Mon plus beau souvenir!»
Enfin, sachez qu'avant 1954, le club de la capitale, Young Boys, disposait d'un stade en bois. Mais, pour le Mondial 54, il fallait un grand stade coulé dans le béton.
Ainsi est né le Wankdorf des esquisses d'un architecte tessinois de Berne, Virgilio Muzzulini.
Emmanuel Manzi
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