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L'enquête menée auprès des médecins de premier recours était centrée sur deux thèmes : la satisfaction relative à l'activité médicale et au système de santé ainsi que l'utilisation des systèmes d'information électroniques Des médecins de famille pratiquant en Allemagne, Australie, au Canada, aux Etats-Unis, en France, Grande-Bretagne, Norvège, Nouvelle-Zélande, aux Pays-Bas, en Suède et en Suisse y ont participé. Environ 1000 médecins de premier recours ont été interrogés en Suisse sur mandat de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) et de la Fédération des médecins suisses (FMH).
Leur satisfaction au sujet de leur activité médicale est grande en comparaison internationale : 84 % se déclarent satisfaits ou très satisfaits ; 92 % estiment que la formation de base et la formation continue sont bonnes, voire très bonnes. Ils jugent également que la Suisse occupe une position de pointe en ce qui concerne l'accès aux prestations médicales. Selon eux, la majeure partie des patients (88 %) obtient facilement un rendez-vous pour des tests diagnostics spéciaux et doit attendre très peu de temps pour un traitement. La plupart d'entre eux (88 %) se voient même accorder, s'ils le sollicitent, un rendez-vous pour le jour même ou le lendemain. La collaboration avec les médecins spécialistes est également jugée positive : 96 % des médecins de premier recours reçoivent toujours ou souvent la totalité des informations sanitaires importantes. 87 % sont également informés des changements de médication ou de traitement concernant leurs patients.
Les avis sont plus tranchés en ce qui concerne le revenu, le volume de travail et la charge administrative. 57 % des médecins de premier recours se déclarent satisfaits ou très satisfaits de leur revenu. Mais si leur revenu est comparé à celui des médecins spécialistes, ils ne sont plus que 17 % à être satisfaits. Près de 90 % travaillent plus de 55 heures par semaine, ce qui place la Suisse au deuxième rang dans le contexte de l'enquête, derrière la France. Pour plus de 90 % des médecins de premier recours, le temps consacré aux questions administratives liées aux assurances ou aux décomptes est un problème. Ils sont près de la moitié à estimer que le système de santé est globalement bon. L'autre moitié pense que des changements sont nécessaires pour que la profession demeure attractive.
Les médecins de premier recours ont également été interrogés sur l'utilisation des systèmes d'information. Moins de la moitié travaillent avec des dossiers électroniques concernant leurs patients. Par rapport aux autres pays participant à l'enquête, la Suisse occupe la dernière place dans ce domaine. Par conséquent, les médecins rencontrent également de grandes difficultés à établir des listes de patients en fonction des diagnostics, des résultats d'analyse ou des médicaments prescrits.
Plusieurs projets destinés à remédier aux lacunes constatées sont en cours d'élaboration en Suisse. D'autres sont déjà mis en œuvre, comme le masterplan « Médecine de famille et médecine de base », la stratégie fédérale en matière de qualité et la stratégie Cybersanté Suisse. Le masterplan doit permettre de traiter et de résoudre rapidement les problèmes constatés dans le domaine de la médecine de base. Il a été lancé en juillet 2012 par le conseiller fédéral Alain Berset en collaboration avec la Conférence suisse des directrices et directeurs cantonaux de la santé (CDS) et en concertation avec les autres partenaires importants.
Les résultats de l'enquête internationale ont été examinés lors d'une rencontre ministérielle du Commonwealth Fund qui a eu lieu à Washington du 14 au 16 novembre 2012. Le Commonwealth Fund est une fondation privée qui a pour objectif de promouvoir la mise en place de systèmes de santé publique opérationnels et efficaces, offrant un meilleur accès à l’assurance-maladie, ainsi que d’améliorer la qualité de ces systèmes. La délégation suisse était conduite par Pascal Strupler, directeur de l'OFSP, qui s'est vu octroyer pour l'occasion le titre de secrétaire d'Etat par le Conseil fédéral.