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L'ancien international (18 sélections) regrette le manque d'engagement et de justesse technique de la Nati contre l'Italie (0-3) mais lui prédit un avenir doré.
Xavier Margairaz, est-ce que ça vaut toujours la peine d'aller jusqu'en Azerbaïdjan dimanche pour défier la Turquie, si c'est pour jouer comme ce mercredi?
D'abord, je pense qu'on est tombé sur une Italie bien plus forte dans tous les compartiments du jeu, individuellement et collectivement. C'était un match sans pour la Suisse. Mais cette défaite peut être un mal pour un bien.
Dans quel sens?
Elle va réveiller tout le monde, booster le groupe.
N'est-ce pas un peu inquiétant de se dire que des joueurs professionnels ont besoin de perdre pour être motivés?
Le joueur est automatiquement motivé. Mais quand il affronte une équipe aussi forte que l'Italie, s'il n'est pas à son niveau, il se ramasse une claque.
Ce qui choque, c'est moins la différence technique entre les deux équipes que l'écart d'engagement, d'esprit de sacrifice.
Cet écart dans l'attitude était flagrant. L'Italie s'est battue sur tous les ballons, deux joueurs taclaient sur chaque frappe suisse. La Squadra azzura a toujours été ainsi, forte collectivement, avec des valeurs très prononcées. La Suisse a été en-dessous dans tous les domaines. Elle s'est montrée passive, a manqué de pressing et de maîtrise technique. Mais je suis convaincu qu'elle a le potentiel pour redresser la situation.
Quand on est Suisse, qu'on aime son pays et qu'on a joué en sélection, est-ce qu'on arrive à être admiratif du jeu proposé par les Italiens?
Oui, quand même! (il rit). Je suis très admiratif. L'Italie avait d'ailleurs fait presque le même match contre la Turquie vendredi.
On peut donc affirmer que la Suisse n'a pas été surprise...
Non. Elle n'a pas été surprise, mais dépassée.
Cela vous est-il déjà arrivé, dans votre carrière de milieu de terrain, de subir des vagues adverses, d'être harcelé dès la perte du ballon?
Oui, plusieurs fois. Dans ce genre de cas, si tu ne trouves pas la passe qui casse le pressing et les lignes, et qui te permet de souffler, c'est très compliqué. Or la Nati l'a rarement trouvée.
A force de subir, elle a fini par faire preuve de naïveté en laissant beaucoup trop de liberté au tireur à 20m sur les deux derniers buts.
Oui, et ça m'embête un peu d'ailleurs car à ce niveau-là, tu ne peux pas laisser autant de temps et d'espace à l'adversaire.
Est-ce que ce match n'était pas une rencontre pour des joueurs plus travailleurs et moins artistes? On aurait pu imaginer un 3-5-2 avec deux numéros 8, par exemple, mais Vladimir Petkovic a reconduit le même onze que face aux Gallois.
C'est facile à dire après le match, mais c'est vrai qu'un Denis Zakaria, avec son agressivité et son volume de jeu, aurait fait du bien à mi-terrain. La Suisse n'a pas été très agressive, surtout en première mi-temps, n'a pas été cherché très haut son adversaire, donc elle aurait pu adopter un autre schéma. Mais Petkovic a voulu montrer qu'il avait confiance en son onze de base et à sa philosophie de jeu. C'est une preuve de courage de sa part.
Soyons clairs: il s'est trompé dans ses choix. Il a reconduit Seferovic et Shaqiri en croyant qu'ils seraient meilleurs que samedi, et ça n'a pas du tout été le cas.
(il hésite). Sur ces deux matches, c'est vrai que le rendement des cadres a été insuffisant. Ils doivent faire beaucoup plus. Ce sera intéressant de voir quels choix Petkovic va opérer contre la Turquie. Il devrait y avoir des changements.
Quels changements souhaiteriez-vous?
Peut-être que Petkovic lancera Zakaria à mi-terrain, à la place de Freuler. Sans doute Rodriguez glissera-t-il également dans l'axe. On verra. Mais je reste convaincu que la Suisse se qualifiera pour les 8es de finale.
Qu'est-ce qui vous permet de le penser?
Je ne sais pas, c'est un feeling. Je crois même qu'elle est capable de faire un quart de finale. On a constaté par le passé, et lors de beaucoup de grandes compétitions comme des Euros ou des Coupes du monde, que les vainqueurs n'avaient pas toujours brillé en phases de groupes.
Certes, mais il y avait toujours des motifs d'espoir. Là, on a du mal à en trouver...
(il rit). La Nati a de la qualité individuelle et collective. Dans un passé récent, elle a été capable de faire de gros matchs, de revenir de certaines situations pas évidentes.