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2016 fut pour les Archives littéraires suisses une année de festivités placées sous le signe des avant-gardes au xxe siècle ; collant à la thématique choisie par notre institution, nous avons sollicité le
professeur Vincent Kaufmann et dédié la rencontre annuelle du Cercle à Jean Starobinski et son rapport aux avant-gardes critiques ou artistiques.
Jean Starobinski et quelques autres Genevois de naissance ou d’adoption furent les représentants historiques de ce que l’on a appelé la « nouvelle nouvelle critique », et leurs travaux ont été accueillis avec autant de respect que de curiosité par certaines des avant-gardes critiques du demi-siècle passé ; pensons à Barthes, à Todorov ou à Genette, mais aussi aux jeunes revues d’après-guerre, alors si lues, et au coeur des Lettres modernes. Jean Starobinski s’est tenu, par nature profonde et par jugement, à distance, n’acceptant qu’avec réticence d’être associé à un groupe, refusant le plus souvent de théoriser sur ses méthodes, privilégiant toujours une position qui lui permettait d’osciller entre manifestations sincères d’intérêt et prises de distance. Pour Jean Starobinski, déjà en 1965, « l’affaire n’est pas de savoir si les nouvelles intentions de la recherche critique se définissent dans les salles de cours, ou dans les revues d’avant-garde : il s’agit davantage de savoir ce que sont ces intentions et quel traitement elles réservent à la littérature ».
Dernière modification 22.11.2016