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Man Hastam (J'existe)
Tara Parsa
Suisse, 23 min
Première mondiale
Armée d’un magnétophone, la cinéaste parcourt les rues de Téhéran, arrête les passants et leur pose des questions sur leur vie. L’action se déroule hors champ. L’écran est noir et en lui s’inscrivent les voix. Au début les propos sont évasifs. Après, petit à petit, la confiance s’installe et la capacité d’argumentation des Iraniens révèle bientôt la pensée cachée de la nation.
Une jeune cinéaste iranienne parcourt les rues de Téhéran, armée d’un magnétophone et d’un appareil photographique. Elle arrête les passants et leur pose des questions sur leur vie. L’action se déroule hors-champ. L’écran est noir et en lui s’inscrivent les voix qui interrogent et celles qui répondent. Ici et là, la réalisatrice demande aussi si elle peut photographier ses interlocuteurs. Quelques-uns acceptent, d’autres non. Au début, les propos sont hésitants et évasifs d’un côté et de l’autre. La timidité et la peur dominent. Après, petit à petit, la confiance s’installe. Protégés par l’anonymat, ses concitoyens s’ouvrent à la franchise et à la sincérité. Ainsi, à travers la traditionnelle capacité d’argumentation des iraniens se déploie la pensée cachée de la nation. « Mon film reflète le débat sur l’identité, sur la liberté d’expression et sur le rôle de l’art dans une société où tout est contrôlé. De quelle façon chacun de nous porte-t-il en lui les obligations et la censure ? Osons-nous mentionner que nous n’osons pas parler ? Quelle partie de nous se cache sous la pression sociale ? » (TP).
Luciano Barisone