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Selon une étude réalisée auprès d'écoliers de 15 ans, les comportements déviants des jeunes ont diminué ces dernières années, sauf les cas de harcèlement et les agressions sexuelles. Le canton de Vaud va renforcer ses actions de prévention.
La conseillère d'Etat Anne-Catherine Lyon a présenté vendredi les résultats de deux recherches menées auprès des directions scolaires du canton et de quelque 2600 élèves âgés de 15 ans. Ces derniers résultats ont été comparés avec une enquête réalisée il y a dix ans auprès de 550 écoliers lausannois du même âge.
Bonne nouvelle
Cette mise en perspective livre "une bonne nouvelle": le nombre de jeunes ayant subi ou commis des violences (lésions corporelles, racket ou brigandage) et consommé des drogues ou de l'alcool a diminué. "Et cette évolution n'est pas spécifique à Lausanne, ni à la Suisse", a expliqué Sonia Luca, une des auteures de l'étude.
Pour les chercheurs, la diminution de cette violence s'explique en partie par le changement du style de vie des jeunes. Ceux-ci sortiraient moins pour faire la fête ou se retrouver dans la rue.
Harcèlement
Tous les comportements déviants n'ont pas régressé: les violences sexuelles ont légèrement augmenté, et le harcèlement est resté stable: environ 10% des jeunes disent en être victime.
Pour la première fois, le cyber-harcèlement entre pairs a été étudié. Pour les auteurs de l'étude, ce phénomène est un prolongement du harcèlement scolaire traditionnel et il est souvent réciproque: les victimes sont souvent aussi auteurs. Elles en subissent les effets négatifs, mais le reproduisent sur d'autres.
Ces comportements - insultes ou messages menaçants sur les réseaux sociaux, fausses rumeurs - sont difficiles à détecter. "Et les adultes ont tendance à minimiser ces actes", regrette Mme Luca.
Couples adolescents
L'étude s'est aussi penchée sur la violence au sein des couples adolescents, un aspect encore peu étudié en Suisse. 38% des jeunes interrogés ont ou ont eu une relation de couple. Parmi eux, la moitié a admis être victime de "monitoring", soit de surveillance et de contrôle par son partenaire et 14% de violence physique. Parfois cette violence, réciproque, est "une dynamique de couple".
Pour répondre à ces évolutions, le canton de Vaud va poursuivre et développer ses actions de prévention, évaluer les besoins des établissements scolaires et renforcer la coordination. "Il n'est jamais facile de coordonner un médecin, un enseignant, un juge, un policier et un éducateur", a relevé Serge Loutan, chef du Service de l'enseignement spécialisé et de l'appui à la formation.
Des outils pour les établissements
L'école obligatoire vaudoise compte 87'000 élèves. "Nous devons fournir des outils aux établissements pour qu'ils accompagnent les difficultés des jeunes. Mais il faut aussi des réponses individuelles", a-t-il ajouté. La lisibilité des règles et des sanctions sera également améliorée.