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Ce constat soulève un paradoxe: par rapport à leurs voisins, les Suisses sont théoriquement mieux positionnés pour accéder à la propriété. Avec le niveau des salaires en Suisse, l'achat d'un logement n'est pas des plus coûteux, estime Raiffeisen.
La banque a fait le calcul: dans notre pays, un ménage peut gagner l'équivalent d'un appartement standard en travaillant huit ans et demi, contre plus de neuf ans en Allemagne, et treize ans en France. Et c'est aussi en Suisse, comparativement, qu'il serait le plus avantageux - financièrement parlant - de passer de la location à la propriété.
Choix politique
Alors, pourquoi le taux de propriétaires reste-t-il aussi bas? Pour Raiffeisen, ce n'est pas faute de candidats potentiels à la propriété. Mais ils font face à la hausse continue des prix, d'une part, et à des obstacles réglementaires, d'autre part, en termes de fonds propres et de solvabilité.
"Ce qui se passe, c'est qu'on a des réglementations assez strictes, surtout comparé à d'autres pays, qui empêchent une grande partie des Suisses de s'acheter un bien", explique Michel Fleury, économiste chez Raiffeisen. "C'est un choix politique: on a choisi la sécurité du système aux avantages que l'on pourrait avoir si on avait un taux de propriétaires plus élevé."
Chez d'autres spécialistes, on trouve une explication supplémentaire à ce faible taux: le manque de terrains à bâtir en Suisse.
Guillaume Meyer/kkub