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Stan Wawrinka n'a jamais eu une relation aussi spéciale avec un tournoi que Roland-Garros, dont l'édition 2022 débute ce dimanche. En 2003, il a remporté l'édition junior et dix ans plus tard, il a atteint le sommet de son art en battant Roger Federer en quarts de finale, puis en triomphant de Novak Djokovic en finale.
Après deux opérations au pied, le Vaudois a manqué le tournoi l'année dernière et n'est revenu sur le circuit qu'en mars. Grâce à un classement protégé, il se retrouve pour la première fois depuis 18 mois dans le tableau principal d'un tournoi du Grand Chelem.
Stan Wawrinka, qu'est-ce que cela vous fait de pouvoir rejouer en Grand Chelem?
Je suis très heureux. C'est important pour moi d'être de retour, d'avoir cette sensation. Je sais que du point de vue du tennis, du physique et du mental, je ne suis pas encore dans la forme que j'aimerais avoir. Pour atteindre mon meilleur niveau, il faudra des semaines ou des mois. Mais je suis très content, les entraînements se passent bien. Je me sens bien.
Vous aviez reçu une wild card pour jouer à Genève, mais vous avez ensuite renoncé. Pour quelle raison?
La préparation pour Rome a été compliquée, puis j'y ai gagné deux longs matchs. Il s'en est suivi une inflammation de l'épaule droite, qui s'est développée parce que mon corps n'est plus habitué à jouer des parties aussi intenses. C'est pourquoi j'ai pris le temps de me reposer et de ménager mon épaule. Participer au tournoi de Genève aurait été tout simplement trop risqué. Je ne veux pas jouer deux matchs et devoir ensuite faire une pause. J'ai une vision à beaucoup plus long terme. C'est pourquoi j'essaie de ne pas me blesser et de construire mon corps lentement.
A Rome, vous avez fêté votre première victoire après plus d'un an. Vous avez battu Reilly Opelka, un joueur du top 20, et Laslo Djere, un joueur du top 50. Vous avez ensuite pu vous mesurer à Novak Djokovic. Pouvez-vous décrire ce que vous avez ressenti?
C'était absolument génial. Pouvoir jouer devant ce public, sentir ce soutien, c'était quelque chose de grand. C'est la raison pour laquelle je suis revenu, pour laquelle je travaille si dur. En plus, j'ai beaucoup mieux joué à Rome que ce à quoi je m'attendais. Mais je dois continuer à progresser, tennistiquement et physiquement.
Où voyez-vous encore un potentiel d'amélioration?
Les choses vont plus vite que je ne l'espérais, mais tout peut et doit s'améliorer. J'ai besoin de matchs. Je dois mieux servir, mieux me déplacer, réagir plus vite, frapper plus fort, acquérir plus de confiance en moi. Cela prend du temps. Et pourtant, c'est formidable d'être ici. Les bases sont maintenant posées.
Vous avez évoqué la vision à long terme que vous poursuivez. Savez-vous déjà ce qui se passera après Roland-Garros?
Je suis très concentré sur le moment présent. Mais ensuite, je jouerai probablement sur gazon, au Queens et à Wimbledon, puis je disputerai à nouveau des tournois sur terre battue, à Bastad et à Gstaad. Mais bien sûr, cela dépendra des résultats, de mon parcours ici à Paris et des sensations que j'aurai par la suite.
Vous affrontez au 1er tour le Français Corentin Moutet (ATP 139). Que pensez-vous du tirage au sort?
J'ai déjà joué contre lui et j'ai perdu. C'est un gaucher, un adversaire compliqué. En plus, il évolue à domicile devant son public, où il joue encore mieux. Mais dans ma situation, le tirage au sort n'est pas important. Je me concentre sur moi. J'ai besoin de matchs difficiles. Mais bien sûr, j'ai regardé le tirage au sort et je sais qui est dans mon tableau (rires).
Vous pourriez en effet rencontrer le recordman de victoires Rafael Nadal au 2e tour.
Ce serait absolument génial (rires). Mais je serais déjà très heureux si je gagnais le premier match. Je n'ai remporté que deux rencontres au cours des deux dernières années. Il n'y a donc aucune garantie, aucune sécurité. Ce sera un tour de montagnes russes, avec des montées et des descentes.
Adaptation en français: Julien Caloz
Les questions tombent comme les frappes lourdes d'un boxeur: «Quelle skieuse sans neige? Quel rugbyman ou marathonien à 40 ou 45 degrés? Quel régatier dans des mers couvertes d’algues toxiques? Quel kayakiste dans des rivières à sec? Quels sports de nature dans des paysages devenus arides?» Ces interrogations sont celles de nombreux sportifs, professionnels ou amateurs. Elles figurent aussi dans le rapport du WWF (une des plus célèbres organisations de protection de l'environnement) sur «les effets et conséquences du dérèglement climatique sur le sport».