Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06881.jsonl.gz/265

Contenu externe
Le contenu suivant a été fourni par des partenaires externes. Nous ne pouvons ainsi pas garantir son accessibilité à tous les utilisateurs.
Débat sur le montant du revenu de base inconditionnel: 2500 ou 986 francs?
KEYSTONE/CHRISTIAN BEUTLER(sda-ats)
L'un des initiateurs en Europe du revenu de base Philippe Van Parijs juge trop élevé le montant de 2500 francs évoqué par l'initiative populaire. Le professeur belge qui travaille depuis trente ans sur le sujet argue que son but est de "renforcer la sécurité de base".
"Je ne crois pas en un revenu de base inconditionnel (RBI) de 2500 francs. Cela correspondrait à 38% du PIB par habitant, auxquels il faut ajouter les autres dépenses publiques", explique-t-il dans un entretien paru dans Le Matin Dimanche. Il plaide pour un RBI de 986 francs, soit 15 % du PIB par tête "grosso modo".
Le texte de l'initiative ne précise pas le montant minimum. Il se contente de prévoir à son point 2 "une somme qui permette une existence digne", explique M.Van Parijs. "Or il s'agit presque de la même expression que celle employée par la Conférence des institutions d'action sociale pour expliquer le choix de 986 francs pour l'aide sociale forfaitaire, à compléter par une aide au logement".
"Sans aucun doute"
Selon Philippe Van Parijs ce dernier montant pourrait donc servir de base à la législation. Et c'est une allocation que peut se permettre l'économie suisse "sans aucun doute", affirme encore le fondateur du Basic Income Earth Network, dont la section suisse a porté l'initiative "pour un revenu de base inconditionnel" devant le peuple.
Le but de ce revenu minimum n'est pas "de fournir un hamac pour toute la vie, mais de renforcer la sécurité de base", argue le père de l'allocation universelle en Europe. Un tel socle permet aussi "d'élargir le choix de ceux qui en ont le moins", souligne le professeur.
Il peut par exemple permettre de réduire son temps de travail pour éviter un burnout ou acquérir une nouvelle formation, d'offrir des stages aux jeunes dont les parents ne peuvent pas les soutenir financièrement, ou encore d'encourager l'innovation, liste-t-il.
Philippe Van Parijs insiste: "le RBI n'est pas là pour fournir un revenu à des personnes définitivement exclues de l'emploi", mais pour "libérer les gens au lieu de les asservir".
ATS