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Texte de Sandrine Bavaud que nous remercions chaleureusement pour sa participation.Les droits des femmes sont définis dans la Déclaration universelle des droits de l’homme. Cette déclaration a été signée le 10 décembre 1948 par 58 Etats membres et fait suite à la deuxième guerre mondiale. Même si le concept de « Human Rights » a été traduit en français par « droits de l’homme », l’usage de « droits humains » est préférable. En effet, de nombreuses études scientifiques prouvent que l’usage d’une langue a des effets sur les comportements.
Au 17e siècle, avec l’apparition de l’Académie française, l’usage du genre masculin soi-disant neutre est préféré et des mots féminins disparaissent du vocabulaire. Au Moyen Age, les femmes étaient baillives, châtelaines, peintresses et aujourd’hui si certains mots sont à nouveau employés, d’autres ne sont toujours pas reconnus par nos correcteurs d’orthographe.
La non féminisation d’une langue implique une logique : placer les hommes comme référentiel et le sexe féminin en deuxième position, ce qui est contraire aux droits humains. Les conséquences n’en sont pas des moindres. Ce sont davantage les statuts valorisés dans nos sociétés qui ne sont pas féminisés (docteur et infirmière). C’est encore le masculin qui structure notre mode de pensée (les femmes sont plus belles ou moins intelligentes que les hommes). Ce sont finalement les femmes qui disparaissent du langage. Pourtant, les femmes soutiennent la moitié du ciel (proverbe chinois).
Deux journées pour les droits des femmes
La Journée internationale des femmes du 8 mars est un moment fort pour défendre les droits des femmes. Cette journée trouve son origine dans les manifestations de femmes au début du XXe siècle en Europe et aux États-Unis. Elles y réclament de meilleures conditions de travail et le droit de vote. La tradition du 8 mars se met en place à partir de 1917, avec la grève des ouvrières de Saint-Pétersbourg et devient centrale dans le monde entier dès la fin de la deuxième guerre mondiale. Elle est officialisée par les Nations Unies en 1977 et chaque pays est invité à célébrer une journée pour les droits des femmes.
En Suisse, le 14 juin est aussi une date importante pour les femmes. Elle symbolise la Journée nationale des femmes. Le 14 juin 1981, avec 60% de oui, le peuple a accepté d’inscrire le principe de l’égalité entre femmes et hommes dans la Constitution fédérale. Le 14 juin 1991, un demi million de suissesses s’est mobilisé pour demander que ce principe soit enfin appliqué. Depuis, la loi fédérale sur l’égalité a été introduite en 1996. Mais beaucoup reste encore à faire ! En Suisse : les femmes gagnent 16% de moins que les hommes ; parmi les couples avec enfants, dans 73% des cas, c’est à la femme seule qu’incombe la responsabilité des activités ménagères ; 82% des personnes travaillant à temps partiel sont des femmes ; elles sont à la tête de 85% des familles monoparentales (ces familles constituent près de 20% des ménages avec enfants) ; une femme sur cinq est victime de violence domestique (physique ou sexuelle) ; La pauvreté touche 16% des femmes seules ou en ménage monoparental, contre 6% chez les hommes.
Continuer à aller de l’avant
Pour que les droits universels soient pleinement reconnus aux femmes, il faudrait encore : favoriser le temps partiel pour les hommes, reconnaître le travail fourni par les sans-papières dans le secteur domestique ; augmenter l’offre d’accueil des enfants ; superviser le matériel scolaire ; valoriser toutes les filières de formation ; favoriser la formation continue pour les femmes ; combattre la diffusion des images sexistes des publicités et des médias.
Des personnes estiment aujourd’hui que l’égalité entre les sexes est désormais atteinte. Pourtant les chiffres le prouvent, les discriminations subsistent. Pire encore, certains milieux appellent à un retour de la gente féminine à la maison. Les femmes doivent donc – avec les hommes – rester vigilantes sur leurs droits. Une indépendance économique ne peut émerger sans salaire et un réseau social se construit aussi par la voie professionnelle. N’oublions pas que même pour porter des pantalons, des femmes se sont mobilisées. C’était il n’y a pas si longtemps, en Mai 68.
Il s’agit surtout de défendre la vision selon laquelle l’égalité doit nous conduire aux respects des un-e-s et des autres, à la reconnaissance des trajectoires de vie dans leur pluralité, soit au respect de la vie et de son humanité.
Et que pour que nos enfants ne restent pas enfermés dans des schémas sexistes, des livres à leur intention sont attentifs aux potentiels féminins grâce au regard de lab-elle .