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La finalité des ENT est éducative. La réussite d'un projet de déploiement d'un ENT se mesure au niveau de ses usages éducatifs : s'ils sont considérés, en quantité et en qualité, comme satisfaisants par les enseignants, les élèves et les institutions impliquées, alors le projet d'ENI sera reconnu comme un succès.
Mais que faut-il entendre par usages éducatifs d'un ENT ? Faut-il faire la différence entre usages éducatifs et usages pédagogiques ? Existe-t-il des usages pertinents d'un ENT qui ne soient ni éducatifs ni pédagogiques ? Faut-il commencer par les usages éducatifs, ou les laisser émerger d'une démarche générale de modernisation des établissements ? Questions difficiles auxquelles nous ne chercherons pas à répondre, mais que nous tenterons d'instruire à la lumière des expériences et des pratiques connues.
Considérons les exemples simples suivants:
On peut, dans cette liste, distinguer quatre catégories d'usages.
1. Les usages qui correspondent à des activités d'apprentissage (apprendre une règle de grammaire anglaise ou un théorème de mathématique) ou d'enseignement (commenter une carte, présenter un cours illustré de documents multimédias). il s'agit là d'authentiques usages pédagogiques : ils servent directement des objectifs d'apprentissage ou d'enseignement.
2. Les usages qui ne sont pas en eux-mêmes pédagogiques mais qui sont indirectement liés à des tâches scolaires : rechercher un document sur le web, rédiger une note de lecture, se familiariser avec un logiciel dans le cadre d'un projet pédagogique - ou du côté de l'enseignant, préparer un cours, échanger avec une communauté disciplinaire. il s'agit là d'usages très courants, sans doute les plus fréquents, L'informatique est ici prise comme un outil.
3. Les usages administratifs ou liés à la vie scolaire, qui entrent dans le cadre du fonctionnement de la communauté éducative, mais ne se rattachent pas directement à l'enseignement.
4. Les usages pratiques ou distractifs qui ne soient liés à aucune tâche scolaire et ne sont en eux-mêmes ni éducatifs ni pédagogiques : envoyer un courriel, consulter un site web ou rédiger un texte sans rapport direct ou indirect avec J'apprentissage ou l'enseignement scolaire, « clavarder » ou jouer. De la part des enseignants, ces activités ne posent pas de problème particulier. S'agissant des élèves, elles inquiètent davantage. On peut certes faire valoir que certaines d'entre elles peuvent aussi avoir une dimension éducative. Mais n'étant pas soutenues par une intention pédagogique explicite, leurs retombées éducatives sont difficiles à identifier et peu transférables. S'il est évidemment impossible d'empêcher totalement ces pratiques - autant vouloir bannir le bavardage au fond de la classe... -, il est cependant important de s'assurer qu'elles ne prennent pas la place des usages éducatifs et pédagogiques normalement prévus et espérés.
Beaucoup de projets d'ENT, sans rejeter ni interdire nécessairement tous les usages de la part des élèves qui ne seraient pas spécifiquement scolaires, se fixent néanmoins pour objectif de promouvoir des usages ayant un caractère nettement éducatif ou pédagogique.
Mais, ce faisant, leurs promoteurs s'avancent sur un terrain difficile, sujet d'intenses controverses entre spécialistes et qui demeure, pour l'essentiel, l'apanage des enseignants.
Extrait de :
Du cartable électronique aux espaces numériques de travail
Une réflexion conduite par la Caisse des dépôts et la Fing
Sous la direction de Daniel Kaplan et Serge Pouts-Lajus
Collection "Les Cahiers pratiques du développement numérique des territoires", juin 2004, 200 pages,L’ouvrage est disponible à La documentation française :