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Pénétrer dans le monde de la rose, c’est pénétrer dans un labyrinthe qui prend naissance dans la Préhistoire, comme l’indiquent des évidences fossiles.
Les premières espèces "horticoles", donc cultivées à partir d’espèces sauvages, remontent à 5000 ans. La distribution des espèces sauvages était limitée à l’hémisphère nord et variait en fonction de la latitude : Europe, Moyen Orient, Asie, Amérique.
Pour ce qui est de l’Europe, avec l’expansion de l’Empire romain, puis à la suite des croisades, de nombreuses variétés avaient été importées d’Orient et hybridées avec les autochtones. De ce fait, quatre grands groupes étaient cultivés au XIIIe siècle.
- Les rosiers galliques
- buissons compactes, drageonnants, aux fleurs rose vif ou rouge très parfumées
- Les rosiers alba
- grands buissons à feuillage gris-vert et à floraison blanche ou rose clair
- Les rosiers de Damas
- à floraison abondante blanche, rose ou rouge, utilisés pour la distillation de l’attar de rose
- Les rosiers eglanteriae
Progressivement, à la suite de croisements multiples, d’autres variétés sont apparues. Les résultats étaient le fruit du hasard, issu de la plantation à proximité de roses différentes. Ainsi est née au XVIe siècle en Hollande la rose Centifolia, appelée aussi rose de Provence ou rose chou, probablement un hybride spontané de rosa damascena et rosa alba.
De la Centifolia est issu le rosier mousse aux pétales et tiges recouverts de poils ("mousse") au contenu aromatique.
Une place particulière est occupée par le rosier de Chine, connu en Europe depuis la fin du XVIIIe siècle. Sa faculté révolutionnaire à refleurir ("remonter") plusieurs fois du printemps à l’automne lui valut le nom de "rose à floraison perpétuelle".
L’introduction du rosier de Chine coïncide avec le développement de méthodes modernes d’hybridation, soit le mélange CIBLÉ de matériel génétique de deux variétés choisies pour leurs caractéristiques.
C’est ainsi qu’apparaît la rose de Portland à la fin du XVIIIe siècle.
Le rosier Noisette naît en Amérique au XIXe siècle et porte le nom de son créateur ("obtenteur").
Les rosiers Bourbon font également leur apparition au XIXe siècle et sont nommés d’après leur île (La Réunion, anciennement appelée Ile Bourbon).
Et, en fin de liste – qui, loin d’être exhaustive, nous sert de fil rouge – figure le rosier de thé. Originaire de Chine, il doit son appellation à sa senteur évoquant vaguement celle du thé... ou peut-être son nom est-il dû à son voyage depuis l’Orient à bord de navires transportant du thé?
Le rosier de thé est une pierre miliaire dans l’histoire de la rose, car avec tous ses hybrides, on entre dans l’ère des roses modernes.
Passionnante histoire ! Cependant, celui qui essaie de la connaître, trouvera dans 100 livres 100 histoires différentes et, bien sûr, d’innombrables classifications… Seule définition (arbitraire !) admise par tous : les roses anciennes sont celles d’avant 1920, les roses modernes, celles d’après 1920.
Les rosiers modernes, en particulier les hybrides de thé, produisent de façon répétitives des roses de grande taille aux tiges droites, souvent destinées à la coupe. Si l'abondante floraison est remarquable, le buisson lui-même, petit et trapu, manque de charme.
Les rosiers anciens, à floraison souvent unique, sont par contre des buissons somptueux.
David Austin, rosiériste anglais, a croisé avec succès, depuis les années cinquante, ces deux sortes de rosiers. Il a ainsi obtenu des plantes foisonnantes avec une floraison qui conjugue les couleurs et les formes séduisantes des roses anciennes, à l'abondance, la taille de fleur et la répétitivité des roses modernes.
La démarche d'Austin, père des rosiers anglais a été suivie aussi par d'autres obtenteurs et des magnifiques nouvelles variétés ont été créées.