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Les nitrates ne sont pas seulement un sujet sans cesse repris dans les médias ; les professionnels présents ont également témoigné un intérêt particulier pour les engrais et leur présence dans les eaux souterraines. Des amorces de solution pouvant permettre de respecter la limite supérieure autorisée furent présentées. Car en Suisse, 80 % de l'eau potable proviennent des eaux souterraines et l'ordonnance sur la protection des eaux exige que les eaux souterraines utilisées comme eau potable ne contiennent pas plus de 25 milligrammes de nitrate par litre. Toutefois cette valeur est aujourd'hui dépassée dans maints endroits.
Succès du projet nitrate à Morges
Le directeur de l'eau potable de la ville de Morges sur le lac Léman, Alain Jaccard, apporta une contribution passionnante sur ce sujet. Il parla du projet, initié en 2002, de capter l'eau potable pour Morges dans la région voisine au Pied-du-Jura et de l'acheminer jusqu'à la ville. Avec le soutien d'Aurèle Parriaux (hydrogéologue émérite de l'EPFL), Jaccard a expliqué comment, après d'intenses négociations, il a réussi à convaincre tous les acteurs de la valeur du projet et d'approuver les mesures nécessaires telles qu'une modification de la rotation des cultures et de la gestion de la zone phréatique. Cela a ainsi permis de réduire les teneurs en nitrates à un niveau qui a rendu possible l'approvisionnement en eau potable de Morges à partir des eaux souterraines. Des approches de planification spatiale furent également discutées : Il serait par exemple possible d'implanter la production agricole là où la pollution par les nitrates est faible, ce qui déchargerait les zones de fortes concentrations. La Confédération finance plusieurs projets qui expérimentent différentes possibilités de réduction des nitrates (OFEV Thème nitrates)
Seul celui qui sait ce dont il dispose peut le gérer avec minutie.
De l'eau propre, c'est une chose - de l'eau en quantité suffisante en est une autre. La canicule de l'été 2003 a donné un avant-goût de ce qui pourrait arriver plus fréquemment en période de réchauffement climatique : une pénurie d'eau en raison de conditions météorologiques extrêmes. Compte tenu du fait que l'on utilise des eaux souterraines pour 16 % des terres irriguées, il est important de savoir où se procurer l'eau, en quelle quantité, et quelle est la grandeur du réservoir concerné. C'est la seule façon de gérer avec compétence des situations extrêmes, à savoir d'assurer qu'il y ait toujours suffisamment d'eau disponible.
Il convient donc d'adapter l'agriculture tant à la qualité des eaux souterraines qu'aux quantités d'eaux souterraines disponibles de manière durable. Pour résoudre les conflits d'usage, les maîtres mots sont doigtés, confiance et équilibre des intérêts. Dans cette optique, l'échange de connaissances et d'expériences entre professionnels, scientifiques et praticiens est continuel, même au-delà des frontières linguistiques et cantonales.