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La science viendrait-elle à la rescousse d'une spiritualité épuisée ? Au début du siècle, beaucoup voyaient en elle le fer de lance de l'élimination de la religion ; à la fin, la situation semble retournée : la science, vecteur principal de la sécularisation, est devenue un agent de spiritualisation. Pour souligner la nouveauté de la situation actuelle, on emploiera volontiers l'expression de «changement de p aradigme». Le mot a été mis à la mode dans les années soixante par l'historien des sciences Thomas Kuhn, pour rendre compte de l'évolution non linéaire des idées scientifiques. Les promoteurs du New Age s'y sont reconnus à l'aise. Des théologiens soucieux d'élaborer une théologie contemporaine l'ont aussi adopté. Indéniablement, une mutation s'est opérée. Plusieurs éléments
contribuent à ce changement de paysage.