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Paul Klee
alias Le Poète
18 décembre 1879 - 29 juin 1940
Paul Klee est un gigantesque peintre suisse, ou presque… Il déroule sa jeunesse à Münchenbuchsee près de Berne. Il se plonge dans la barbouille à l’Académie de Munich. Il nourrit ses mirettes lors de ses vadrouilles à Rome, Naples, Florence, Paris… Michel-Ange, Beardsley, Blake, Ensor, Goya, Corot, Van Gogh, Cézanne, Picasso, Braque le charment, le bousculent. Il fricote avec Kandinsky, Jawlensky, Marc, Matisse, Derain, Delaunay. Sa virée à Tunis avec Macke en fait un peintre de la couleur. Il enseigne au Bauhaus de Weimar, aux Beaux-Arts de Düsseldorf. Les nazis perquisitionnent sa turne, le cataloguent "dégénéré". Il se carapate en Helvétie. Mais toujours, inlassablement, il crée, invente, découvre, expérimente, imagine un monde coloré et poétique unique. Et quand en 1939, il demande la nationalité suisse, on pense formalité. Enquêtes, interrogatoires… Un pandore bernois obtus et scribouillard tartine un délicieux rapport qui met en évidence la mauvaise influence de l’art moderne, assimilable à une maladie mentale et dangereux pour la population indigène. On traîne, on lambine. Paul rejoint le paradis des couleurs une semaine avant la décision.
11 avril - 17 avril 1970
Apollo XIII
Apollo XIII, le rêve de marcher sur la lune devient la lutte pour la survie
Récit d’une aventure
« Houston, nous avons un problème », phrase culte et célèbre qui a fait le tour du monde. Tout le monde l’a compris, je parle ici d’Apollo 13. Un rêve qui a tourné au cauchemar pour ses participants.
Décollage le 11 avril 1970, le but étant d’explorer la lune et de ramasser des échantillons. Mais les trois passagers de la fusée, les Américains Jim Lovell, John « Jack » Swigert et Fred W.Haise, ne mettront jamais les pieds sur l’astre lunaire. En effet, l’un des réservoirs d’oxygène de leur module de service Odyssey explose tout proche de la Lune. C’est à ce moment-là que la phrase universellement connue est prononcée par le pilote Jack Swigert et qui a été légèrement déformée : « Houston, we’ve had a problem », « Houston nous avons eu un problème ». Ce n’est qu’une demi-heure plus tard, que les trois passagers se rendent comptent de la gravité de la situation : l’explosion a provoqué une fuite d’oxygène à l’extérieur, une perte d’approvisionnement en eau et en électricité. Seul le module lunaire Aquarius est viable. La liste des problèmes est loin d’être finie : au moment de l’explosion, ils se trouvent déjà à plus de 320’000 km de la Terre et ne peuvent pas faire demi-tour. La pénurie des ressources et l’abandon du module de service rendent quasiment impossible la survie de l’équipage.
Mais c’est sans compter sur le génie des scientifiques de la NASA. Ils trouvent le moyen, avec les équipements disponibles à bord, de filtrer le dioxyde de carbone, de récupérer de l’énergie et de l’oxygène. Par ailleurs, une solution au problème du retour est tentée : faire le tour de la Lune et utiliser son attraction pour les propulser vers la Terre, les astronautes se servant des moteurs d’Aquarius pour corriger leur trajectoire.
L’histoire finit bien, les astronautes amerrissent dans l’Océan Pacifique le 17 avril et sont rapidement secourus. Bilan : les trois hommes sont en état de déshydratation et ont perdu au total 14 kg. Une histoire romanesque et dramatique qui a tenu en haleine toute une planète pendant les six jours qu’a duré leur périple.
Aujourd’hui, 10 ans plus tard, nous fêtons cet échec qui n’en est pas un, mais un exploit humain et solidaire qui fera sûrement encore parler de lui dans les cent prochaines années.
Article de Fred Murray, Washington Post, 17 avril 1980
Morgane Maret et FrançOis Maret