Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07192.jsonl.gz/417

NEW YORK – Une récente étude a montré que des personnes souffrant d’hypertension dormant plus de 8 heures ou moins de 5 heures par nuit présentent un risque massivement plus élevé de souffrir d’AVC. Le risque le plus bas de souffrir d’AVC était observé chez des patients qui dormaient entre 7 et 8 heures par nuit. Par le passé, une étude publiée en 2010 avait montré que 7 heures de sommeil par nuit chez des personnes saines étaient idéales pour une bonne santé cardiovasculaire, que cela soit dans la prévention de l’AVC mais aussi de l’infarctus du myocarde.
Étude en détail
Pour arriver à ces conclusions, les chercheurs ont analysé les données récoltées pendant plus de 9 ans par le U.S. National Health Interview Survey de plus de 200’000 résidants américains souffrant d’hypertension.
Après des corrections d’usage d’ordre mathématique et statistique pour éviter les biais, les scientifiques ont pu observer que les personnes hypertendues qui dormaient moins de 5h par nuit présentaient 83% plus de risque de souffrir d’AVC que ceux dormant entre 7 et 8h par nuit. Au contraire, les personnes hypertendues dormant plus de 8h par nuit voyaient aussi leur risque d’AVC augmenter de 74% comparé à ceux dormant entre 7 et 8h par nuit.
Présenté autrement, le risque de souffrir d’AVC chez ces participants hypertendus était de 5% chez ceux dormant entre 7 et 8h, de 14% chez ceux dormant plus de 8h, de 11% pour ceux dormant moins de 5h et de 6% pour ceux dormant entre 5 et 6h.
Le Dr. Akinseye, de l’hôpital du Mount Sinai à New York, a réalisé ce travail de recherche avec son équipe.
Cette étude présente selon certains médecins un point faible, car les participants devaient renseigner eux-mêmes la durée de leurs nuits de sommeil. On sait qu’il s’agit d’un exercice difficile pouvant engendrer d’importants biais. D’autres études, mesurant avec des appareils scientifiques la durée exacte des nuits de sommeil de chaque participant, pourraient s’avérer plus précises. Il pourrait aussi être utile de mesurer la qualité des nuits de sommeil. On sait par exemple que l’apnée du sommeil est un facteur de risque important des maladies cardiovasculaires.
AVC
L’AVC touche 800’000 Américains par année, il s’agit d’une source importante de décès et d’handicap. En France, chaque année entre 130’000 et 150’000 personnes sont frappées par un accident vasculaire cérébral (AVC). Parmi elles, 40’000 décéderont et 30 000 resteront lourdement handicapées.
Il faut relever que l’hypertension est déjà un important facteur de risque de l’AVC. Seulement aux États-Unis, environ 30% de la population souffre d’hypertension. Cette étude montre qu’une personne hypertendue dormant peu ou au contraire trop accroît massivement le risque d’AVC. Autrement dit, pour ces personnes on observe un risque doublé (hypertension et nuits de sommeil malsaines).
Cette étude a été divulguée à New York à l’occasion du congrès annuel sur l’hypertension de l’American Society of Hypertension (Société Américaine d’Hypertension). L’étude est à un stade préliminaire et n’a pas encore été publiée dans une revue scientifique de référence pour le moment.
Les chercheurs relèvent toutefois qu’il s’agit d’une observation et que l’étude n’était pas construite pour montrer un éventuel lien de cause à effet.
Causes possibles
Il reste difficile en 2015 de connaître les causes exactes de cette augmentation des troubles cardiovasculaire comme l’AVC et l’infarctus associées à des nuits de sommeil trop courtes ou trop longues. En 2010, des chercheurs avaient néanmoins observé que les excès de sommeil affectaient les glandes endocrines et les fonctions métaboliques tandis que les privations de sommeil pouvaient conduire à un affaiblissement de la tolérance au glucose, une sensibilité réduite à l’insuline, ou à une augmentation de la pression artérielle. Autant d’éléments qui augmentent le risque de boucher ses artères, une cause fréquente d’AVC ou d’infarctus. Une autre hypothèse par rapport à l’AVC est une possible dérégulation du cerveau provoquée par des nuits de sommeil trop courtes ou trop longues.
Finalement, la concentration de cortisol dans le sang pourrait aussi expliquer l’augmentation du risque d’AVC, cette “hormone du stress” a tendance à augmenter avec de courtes nuits de sommeil.
Le 18 mai 2015. Par Xavier Gruffat (pharmacien) et la rédaction de Creapharma.fr. Sources : Dailymail, Folha de S.Paulo