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Le grand radiateur planétaire est de retour. Il est dans son rythme, de 3 à 7 ans. Il faisait une pause après l’épisode de 2015-2016. Un épisode considéré comme aussi intense, ou davantage, que l’épisode 1998.
Celui de 2019 est plus annoncé plus faible par la NOAA (administration météorologique états-unienne). Néanmoins il pourrait influencer les températures mondiales en les poussant légèrement à la hausse. Car il y a une corrélation entre les poussées chaudes du XXe siècle et l’Oscillation Décennale du Pacifique (PDO en anglais) dans laquelle s’inscrivent les El Niño les plus intenses.
L’image 1 (clic pour agrandir) montre les températures de surface du Pacifique depuis depuis 1900, selon le Joint Institute for the Study of the Atmosphere and Ocean, partenaire de la NOAA. On voit que les périodes majoritairement en rouge (chaudes) correspondent aux poussées des températures mondiales moyennes.
On voit une forte poussée chaude entre 1920 et 1945. Puis de 1945 à 1974 un refroidissement à dominante La Niña, surnommé nommé « hiatus » parce qu’il est en contradiction avec les modèles informatiques. Au point où le rédacteur en chef de la prestigieuse revue scientifique Nature annonçait en 2016 que le débat sur ce hiatus explosait à nouveau. Le désaccord entre scientifiques n’est pas épuisé.
On voit un nouveau cycle chaud entre 1980 et 2000, pendant lequel se sont déroulés les El Niño les plus puissants connus. C’est la poussée chaude actuelle nommée réchauffement ou dérèglement climatique. Elle s’est mise en pause depuis le début des années 2000, avec de minimes variations standards, sauf en 2008-2009 et surtout 2015-2016 et son méga-El Niño.
Les El Niño les plus intenses depuis 1980 correspondent donc aux poussées de chaleur planétaire. On ne peut cependant que faire le constat sans en trouver la cause. On connaît encore mal le phénomène et son rôle dans le climat mondial est loin d’être percé à jour.
La chaleur océanique envoyée dans l’atmosphère circule et se refroidit en particulier dans les hautes couches de la troposphère. Autre mécanisme de rafraîchissement: les ouragans et tempêtes, et le passage en épisode La Niña, de l’eau plus froide qui réabsorbe une partie de la chaleur.
La phase actuelle laisse penser que l’évacuation de cette chaleur n’est pas complète. En réalité les extrêmes météorologiques annoncés par les apocalyptiques ne se passent pas vraiment. Or il faudrait plus de brassage des eaux océaniques (tempêtes) et de l’atmosphère (tempêtes et ouragans). Gaz à effet de serre ou pas la chaleur s’accumule, un peu plus que ce qui est perdu.
Sur l’image 2 la courbe bleue de la température de l’océan en région 3.4 d’El Niño est assez bien corrélée avec la courbe rouge des températures globales du Berkeley Earth. La pause depuis 2000 est visible, sauf vers 2015 où se préparait l’épisode très intense d’El Niño.
Ce nouvel épisode 2019, annoncé faible, produira-t-il un été chaud et beau, un aussi long et bel été que 2018? Espérons-le.