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"Le chat resta au moins 5 minutes immobile et attentif, face à moi qui n'osais pas avaler ma salive, silhouette gris roux, tachée de clair au museau et à la gorge, oreilles longues et pointues, tournant par instant sa tête vers le haut. Il fit quelques pas le long du rocher (...), puis s'élança d'un bond puissant au haut du banc de rocher, où il resta quelques instants immobile, ombre indistincte, avant de disparaître dans le bois."
Robert Hainard (1906-1999)
Carte d'identité
du Chat forestier (felis silvestris)
Classification: mammifère carnivore de la famille des félidés.
Habitat: Il apprécie les zones forestières denses entrecoupées de pâturages boisés. Ne parvenant pas à se déplacer et à chasser dans une importante couche de neige, le chat forestier évolue principalement en basse et moyenne altitude.
Dimensions: tête + corps: 50-64cm; hauteur au garrot 30-36cm; queue: 25-36cm.
Poids: 3.5-6kg
Reproduction: Période de reproduction principale entre janvier et février (parfois jusqu'à fin juin). Après 63 à 67 jours de gestation, la chatte met bas une portée de 1 à 7 chatons (moyenne 3.4) dans un terrier abandonné, une cavité ou un tas de branches.
Mode de vie
du Chat forestier (felis silvestris)
Le chat forestier fait partie des hôtes les plus discrets et méconnus des forêts jurassiennes. On le sait inféodé aux forêts mixtes et denses de moyennes altitudes bordées de pâturages boisés naturels. S'il craint l'homme, il n'est pas rare de le rencontrer au crépuscule à proximité d'un sentier de randonnée fréquenté ou d'une route de campagne. Plutôt solitaire et individualiste, le chat forestier possède un territoire propre sur lequel il ne tolère pas d'autres individus.
Carnivore, le chat forestier se nourrit presque exclusivement de micro-mammifère (principalement de campagnols et de musaraignes) et occasionnellement d'oiseaux qu'il chasse avec adresse. D'une patience à toute épreuve, le chat forestier peut rester de longues heures à l'affût devant une galerie de campagnol pour croquer son habitant. Il peut aussi chasser à l'approche, mais contrairement à une vieille croyance populaire, il ne chasse jamais dans les arbres.
Chat forestier
ou chat domestique?
Le chat forestier ou chat sauvage (felis silvestris) n'est pas l'ancêtre direct du chat domestique (felis silvestris catus), leurs routes s'étant séparées il y a plus de 200'000 ans. Ces derniers descendraient de lignées félines domestiquées dans la région du croissant fertile il y a 10'000 ans.
Lorsqu'on croise la route d'un chat en pleine nature, quelques indices permettent de différencier un chat forestier d'un chat de ferme ou un chat haret (chat domestique retourné à l'état sauvage):
Présence d'une bande dorsale noire, unique et très visible qui s'étend de l'arrière du garrot à la racine de la queue sans jamais s'y poursuivre.
Queue cylindrique, touffue en forme de cône à son extrémité, qui est parcourue d'anneaux noirs toujours fermés devenant de plus en plus larges et visibles. La queue est toujours terminée par un manchon noir.
Présence de 4-5 rayures noires allant de la région frontale jusqu'à l'espace cervical.
Sur la face, présence de 2 raies noires grossièrement parallèles parcourant les joues. L'une part de l'angle externe de l'oeil et l'autre du zygomatique. La truffe est rose cerclée d'un fin liseré noir et les yeux sont jaunes ou jaunes-verdâtres.
Sur les flancs, présence de rayures noires perpendiculaires à la bande dorsale sans y être rattachées ou de taches noires imprécises (parfois absentes du pelage d'été). Les rayures disparaissent sous le ventre, qui est tacheté.
Observer et photographier
le Chat forestier
OBSERVER: Très craintif et discret, le chat forestier ne se laisse pas voir facilement. S'il semble être plus actif en début de matinée et en fin de soirée, on peut parfois croiser son regard en pleine journée alors qu'il affûte patiemment une taupinière dans un pâturage boisé.
PHOTOGRAPHIER: Privilégiez l'affût à la billebaude qui risque d'entraîner la fuite du chat. Un téléobjectif puissant et lumineux permettra de garder ses distances avec le petit félin et de réaliser des images en basse lumière.
PROTÉGER: Autrefois chassé et piégé pour sa fourrure, le chat forestier est strictement protégé en Suisse depuis 1962. Rarement observé à la fin du siècle dernier, sa population semble en expansion depuis quelques années. Le chat est un hôte délicat qui requiert un milieu bien particulier pour s'émanciper. Sa protection passe donc par la conservation de zones boisées mixtes et denses bordées de pâturages naturels. La prévention de la fragmentation des populations, isolées par la construction de barrières humaines infranchissables (autoroutes,...), est également indispensable. Enfin, une meilleure sensibilisation des milieux agricoles et sylvicoles sur les bienfaits écologiques du chat forestier (régulation des campagnols notamment) est également nécessaire.