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Portrait de Clara Haskil, anonyme, s.d.
Fonds Clara Haskil, BCU Lausanne
Un fonds contenant les archives Clara Haskil est hébergé à la Bibliothèque cantonale et universitaire de Lausanne :
L’Association Clara Haskil a financé le travail de tri et de catalogage de ce fonds, ainsi que l’élaboration de deux bases de données, l’une consacrée aux concerts donnés par la pianiste durant sa carrière, l’autre aux enregistrements qu’elle a réalisés. Ces deux bases de données permettent de connaître le répertoire joué par Clara Haskil.
Remerciements tout particuliers à l’UNIGE qui héberge ces bases de données.
Ce travail a été réalisé par deux musicologues, Nancy Rieben, chargée d’enseignement à l’Unité de Musicologie de l’Université de Genève qui réalise actuellement un travail de recherche sur Clara Haskil, et Camille Dinkel.
Naissance de Clara Haskil le 7 janvier à Bucarest.
Le 2 juillet, décès du père de Clara d’une pneumonie contractée lors d’un incendie survenu dans l’immeuble où vit la famille.
Après avoir étudié le piano auprès de sa mère Berthe, Clara Haskil entre au conservatoire de Bucarest.
Départ pour Vienne où Clara Haskil étudie le piano avec Richard Robert. Elle vit dorénavant avec son oncle Avram Moscuna. Le 16 novembre, elle donne son premier concert.
Départ pour Paris. Clara Haskil entre au Conservatoire où elle deviendra, en 1907, l’élève d’Alfred Cortot. Souvent absent, ce dernier se fait régulièrement remplacer par Lazare-Lévy. Haskil travaille également avec Joseph Morpain avec qui elle entretiendra une longue amitié.
Le 13 juin, Clara Haskil remporte le premier prix de violon à L’Union française de la jeunesse. Le jury est présidé par Jacques Thibaud. Au Conservatoire, elle ne remporte qu’un second prix de piano.
Clara Haskil gagne son premier prix de piano au Conservatoire de Paris.
En Suisse, Ferruccio Busoni entend Clara Haskil jouer et propose à sa mère que la jeune pianiste vienne étudier chez lui, à Berlin. La mère refuse, ce que Clara regrettera toute sa vie.
Clara Haskil est envoyée à Berck, dans le nord de la France, pour soigner une scoliose déformante. Elle y restera, emprisonnée dans un corset, jusqu’à la fin de la guerre en 1918.
Sa mère meurt d’un cancer le 31 décembre.
À la fin de la guerre, Clara Haskil rentre à Paris et y fait la connaissance de Mme Gélis-Didot et Mme Desmarais qui deviendront ses mécènes.
De passage en Suisse pour se reposer, Clara Haskil rencontre Werner Reinhart qui l’invitera à plusieurs reprises à se produire à Winterthour et Emile-William Rossier, membre du comité de l’Orchestre de la Suisse Romande et président de l’Association Arts et Lettres à Vevey.
Elle retrouve la scène quittée en décembre 1913.
Première tournée aux Etats-Unis et au Canada.
Deuxième tournée aux Etats-Unis.
Le 7 avril, à Lausanne, Clara Haskil donne son premier concert avec le violoncelliste Pablo Casals. Leur amitié durera toute la vie de Clara Haskil et ils donneront une quinzaine de concerts ensemble.
Troisième tournée aux Etats-Unis.
Clara Haskil signe un contrat avec la firme Polydor pour qui elle enregistre quelques 78 tours.
Dès 1934, et durant les années qui précèdent la guerre, Clara Haskil joue à plusieurs reprises avec l’Orchestre National de France sous la direction de Désiré-Emile Inghelbrecht.
Le 12 juin, Clara Haskil donne un concert en duo avec le pianiste roumain Dinu Lipatti dont elle est très proche. Clara place beaucoup d’espoir dans ce duo, mais ils ne donneront finalement que cinq concerts ensemble.
Juive, Clara Haskil n’est plus en sécurité à Paris. Inghelbrecht lui permet de passer en zone libre avec les membres de l’Orchestre National de France. Grâce à son amie Youra Guller, elle est hébergée, comme beaucoup d’autres artistes, à Montredon (Marseille) chez la comtesse Lily Pastré.
Clara Haskil est opérée par trépanation d’une tumeur sur le nerf optique. Pour fêter le « retour à la vie » de la pianiste, la comtesse Pastré organise un concert pour elle dans les jardins de Montredon. Elle joue le Concerto n°20 en ré mineur K.466 de Mozart. Mais la zone libre n’est plus sûre : Clara Haskil obtient un visa pour la Suisse et arrive à Genève, à la gare de Eaux-Vives, le 7 novembre. Le 11 novembre, la zone libre est occupée par les Allemands.
Clara Haskil se lie d’amitié avec Michel Rossier, un marbrier de Vevey, qui deviendra son ami et son impresario.
Première collaboration avec Bernhard Paumgartner, le chef d’orchestre avec lequel Haskil donnera le plus grand nombre de concerts.
Clara Haskil obtient la nationalité suisse.
Clara Haskil rencontre le violoniste belge Arthur Grumiaux à Prades. Ils donneront une cinquantaine de concerts ensemble.
Le 2 décembre, Dinu Lipatti décède des suites d’un cancer à l’âge de 33 ans.
Le 7 avril, Clara Haskil signe un contrat d’exclusivité avec Philips.
En mai, elle fait un séjour à Ascona dans le même hôtel que Herbert von Karajan mais elle n’ose pas l’aborder.
Elle emménage le 10 juillet dans un appartement sur le quai Perdonnet à Vevey.
Le 15 octobre, elle donne son premier concert avec Herbert von Karajan, au Musikverein à Vienne. Leur collaboration se renouvellera une vingtaine de fois.
Clara Haskil fait la connaissance de Charlie Chaplin. Ce dernier achète un Steinway pour qu’elle puisse jouer un bon piano quand elle vient au Manoir de Ban.
Elle reçoit le Grand Prix du Disque de l’Académie Charles Cros pour son enregistrement de la Sonate en si bémol majeur D.960 de Schubert.
Le 29 septembre, Clara Haskil donne en Italie son unique concert avec Isaac Stern.
Tournée aux États-Unis.
Clara Haskil reçoit avec Arthur Grumiaux le Grand Prix du Disque de l’Académie Charles Cros pour leur enregistrement de sonates de Mozart.
De novembre 1957 à mars 1958, elle est empêchée par la maladie et séjourne dans une chambre de l’hôtel Cayré à Paris. Elle doit annuler de nombreux concerts ainsi qu’une tournée aux États-Unis.
En septembre, Clara Haskil reçoit la Légion d’honneur. Oona et Charlie Chaplin organisent à cette occasion une fête au manoir de Ban.
En septembre, le théâtre de Vevey se transforme pour quelques jours en studio d’enregistrement. La municipalité interdit la circulation pour garantir le silence. Clara Haskil enregistre pour Philips les Sonates pour piano op.31 n°2 et 3 de Beethoven.
En octobre et en novembre, elle enregistre avec Igor Markevitch à Paris le Concerto n°2 de Chopin, les Nuits dans les jardins d’Espagne de Manuel de Falla, ainsi que les Concertos K.466 et K.491 de Mozart.
Le 1er décembre, Clara Haskil donne son tout dernier concert au Théâtre des Champs-Elysées avec Arthur Grumiaux. Elle meurt le 7 décembre suite à une chute dans les escaliers de la gare de Bruxelles.