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L'hyperactivité n'est souvent pas détectée chez les filles
Mouvement constant, impulsivité, inattention: les symptômes de référence pour diagnostiquer le trouble du déficit de l'attention et de l'hyperactivité (TDAH) ont été établis majoritairement en étudiant des garçons.
Or, les filles avec un trouble de l'attention présentent des symptômes différents. Elles ont souvent du mal à se concentrer, sont rêveuses, anxieuses, bavardes ou distraites, mais sans trop se faire remarquer, expliquait dimanche Susanne Walitza, directrice de la clinique de psychiatrie pour enfants et adolescents de l'Université de Zurich, dans le SonntagsBlick. Selon la spécialiste, certaines jeunes filles souffrent d'une agitation intérieure et luttent contre leurs émotions. Elles ne perturbent pas l'enseignement, mais en premier lieu elles-mêmes.
Sous-détection
Il en résulte une sous-détection du trouble chez les femmes alors que, selon les dernières recherches, elles sont autant touchées par le TDAH que les hommes. Concrètement, les filles seraient deux fois moins souvent diagnostiquées que les garçons, d'après l'état actuel de la recherche. En outre, les garçons sont diagnostiqués en moyenne à l’âge de huit ans, alors que pour les femmes, l’âge moyen est de 17 ans, soit presque dix ans de plus sans thérapie.
Les chiffres de l’Observatoire suisse de la santé indiquent également que les ordonnances pour les médicaments contre le TDAH sont nettement plus souvent prescrites pour les hommes.
Malgré les progrès réalisés auprès des pédiatres pour détecter ce trouble chez les filles, cela reste encore compliqué en milieu scolaire, comme l'explique dans la Matinale, Claude Bertoncini, président du groupement des pédiatres vaudois.
"Les pédiatres ont appris à diagnostiquer les filles qui sont moins symptomatiques et qui ont surtout un déficit d'attention et beaucoup moins des symptômes d'hyperactivité. Maintenant, il est vrai que ces cas sont probablement moins vite détectés surtout dans le cadre scolaire parce que ce sont des enfants moins bruyants."
Conséquences? Des années d'école très compliquées, répond le spécialiste. "Souvent, ces enfants sont mal compris. On croit qu'ils ne sont pas motivés. Du coup, ils sont dans leur souffrance, parce qu'ils accumulent des remarques qui ne sont pas justifiées. Ils sont stigmatisés et trouvent cela totalement injuste. Cela entraîne une perte de motivation et un décrochage scolaire."
>> Ecouter l'interview complète de Claude Bertoncini dans La Matinale:
Sujet radio: Malika Scialom
Adaptation web: Fabien Grenon