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Tout commence par un cadeau de Tomas Saraceno, un artiste-architecte argentin à Markus Buehler, professeur au MIT: une araignée sud-américaine réputée pour tisser de spectaculaires toiles. Installée dans un laboratoire du MIT, elle a fait son travail que des chercheurs, Isabelle Su notamment, se sont empressés de scanner et de digitaliser afin de pouvoir le reproduire non seulement visuellement mais aussi en le traduisant de manière sonore. En effet, Buehler et ses collaborateurs ont mis au point un modèle mathématique de la toile qu'ils ont utilisé pour créer une approche de "sonification" afin de traduire la géométrie de la toile en un son audible, qui constitue la base de l'instrument Web (toile) qui est joué de façon interactive en concert.
Nous voici donc embarqués dans un dispositif diffusant en 3D le réseau de fils dans lequel on se trouve immergé avec le point de vue ... de l'araignée:
Il ne reste plus alors à Nick Joliat, musicien et "technologiste" du MIT qu'à improviser en donnant la réplique à la musique tissée par l'araignée...
... et au spectateur à se laisser rêver dans un monde où il aurait 8 bras.
Du point de vue de la création artistique, on parle ici de collaboration inter-espèces (entre l'araignée et l'homme dans ce cas). Cette approche est assez courante par ici. Swissnex accueillait trois personnalités la semaine dernière qui présentaient leur démarche collaborative avec d'autres espèces
Le concert arachnoïde se passait dans le "Immersion Lab" de la partie du MIT.nano qui consacre ses recherches à l’infiniment petit. Pour donner une idée, le motif de cette plaque de silicone d'une vingtaine de centimètres de diamètre est constitué des 270'000 noms des étudiants du MIT depuis sa création jusqu'à aujourd'hui.