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La Préhistoire
Vue d'un crâne de bison des steppes avec les chevilles osseuses supportant les cornes.
Des ossements de mammouths, de bovidés (aurochs, bisons ?) d'équidés et de rhinocéros laineux ont été retrouvés dans des dolines.
Ils datent d'environ 30'000 ans. Quelques artefacts lithiques, probablement contemporains et attribuables au Moustérien ont également été découverts. Il y a notamment quelques éléments de concept Levallois et des outils. Parmi ceux-ci, les racloirs sont les mieux représentés avec en particulier un racloir à dos aminci et deux racloirs déjetés d'angle.
La fin du Paléolithique supérieur est représentée par deux pointes à dos courbe caractéristiques des derniers groupes humains qui ont fréquenté la région à l'extrême fin de la dernière glaciation (Weichsélien).
Le Mésolithique est également présent avec quelques artefacts. Il s'agit de trois outils: un trapèze, un segment et un fragment de pointe de Bavans. Ce dernier élément se retrouve généralement à la transition entre les derniers groupes de chasseurs et les premières traces d'agriculture.
Le Néolithique et la fin du Bronze moyen sont également attestés par des objets épars, qui ne sont malheureusement pas associés à des structures.
L'Age du Fer
Tombe remontant vraisemblablement à la période de La Tène.
Un ensemble de trous de poteaux et de fosses, associés à du mobilier domestique, a été découvert au nord du site. Il témoigne de la présence de bâtiments construits en matériaux légers (bois et terre). Le mobilier est constitué de fragments de pots en céramique, d'objets métalliques, de fusaïoles (pour les métiers à tisser) et de meules. Les datations au C14 et quelques céramiques indiquent une phase d'occupation située aux alentours de la fin du Hallstatt et du début de La Tène; cependant quelques éléments isolés du mobilier sont également attribués à La Tène finale.
Vers le sud du chantier, on retrouve les mêmes catégories de mobilier qu'au nord, également daté de la transition de la fin du premier âge du Fer au début du second. Ces objets se concentrent dans des surfaces espacées sur une distance de plusieurs centaines de mètres. Mais là, l'érosion a fortement perturbé la couche archéologique et la quasi absence de structures restreint fortement les possibilités d'interprétation. Il est possible que de petites unités d'habitation se trouvaient à l'origine sur un replat localisé directement à l'ouest de la zone fouillée.
Une tombe a également été découverte; celle-ci remonte vraisemblablement à l'Age du Fer. Cette inhumation, dont les ossements étaient fort mal conservés, ne comportait aucun mobilier funéraire. Il s'agit de la première tombe de cette période découverte sur le sol jurassien.
L'Époque romaine et le Haut Moyen Age
Vue latérale d'un four à chaux de l'Époque gallo-romaine.
Au moins septs fours à chaux, dont cinq au moins remontant à l'Époque romaine, indiquent une activité de type artisanale sur le site pendant cette période. En grande partie enterrés, ils se présentent sous forme de fosses circulaires donnant sur une fosse de travail. Il s'agit là de constructions en matériaux durs: des murets en blocs calcaires ont été aménagés afin de soutenir la superstructure en terre et en bois. Ces fours ont été utilisés plusieurs fois avant d'être volontairement comblés. Des bancs calcaires affleurant de chaque côté du vallon ont fourni la matière première permettant d'obtenir la chaux, utilisée comme ciment.
Le mobilier se compose majoritairement de fragments de parois en terre cuite et de scories vitrifiées résultant d'un mélange de sédiments siliceux et de mortier de chaux. On relève toutefois des fragments de récipients en céramique à la périphérie de l'un des fours. Dans une zone du chantier, on observe la succession de trois fours à chaux; les deux premiers ont fonctionné à l'Époque romaine mais le plus récent, implanté moins profondément dans le terrain, est daté du Haut Moyen Age. De la céramique dispersée sur le site ainsi qu'une fosse attestent de même une fréquentation des lieux à cette époque. Dans l'axe du vallon, des tronçons d'ornières ainsi qu'un chemin grossièrement empierré ont sans doute servi de desserte à ces fours à chaux.
L'Époque moderne
Plusieurs fours à chaux de l'Époque romaine ou, comme celui-ci du 18e s., ont été découverts.
Une exploitation artisanale visant à produire de la chaux et datant du 18e s. a été mise en évidence plus au nord du site. A demi enterrée elle se présente sous forme d'une fosse circulaire. Il s'agit là d'une construction en matériaux durs: la face interne de la paroi a été renforcée par une maçonnerie en blocs calcaire. Cette structure est directement reliée par une surface empierrée à une voie au revêtement caillouteux Quelle que soit la période à laquelle ils appartiennent, les fours ont été utilisés plusieurs fois avant d'être volontairement comblés. Ils sont en relation avec une série d'infrastructures complémentaires: zones de travail empierrées et chemin.
De manière générale, le mobilier est assez pauvre en dehors des fragments de parois en terre cuite et des scories vitrifiées résultant d’un mélange de sédiments siliceux et de mortier de chaux.
La découverte de nouveaux fours à chaux
Vue en plan d’un four à chaux gallo-romain à son apparition. A l’arrière-plan se trouve la chambre de chauffe circulaire, à l’avant-plan la fosse de travail allongée.
En 2004, plusieurs fours à chaux d’Époque romaine ont été dégagés sur ce site archéologique ajoulot. Ces installations se situent toutes au pied du versant nord-ouest du petit vallon de Grands’Combes, à quelques mètres seulement des bancs rocheux d’où le calcaire a été extrait avant d’être calciné dans les fours. Au moins cinq de ces structures sont connues sur le site pour la période romaine; leur configuration est identique, malgré des dimensions variables. La chambre de calcination de plan circulaire, d’un diamètre de 3 à 4 mètres, a été creusée jusqu’à une profondeur de 2 à 3 mètres sous le terrain de l’époque; vers l’aval, elle communique par une ouverture (gueule) délimitée par des dalles à une fosse de travail allongée, de 5 à 10 mètres, dont le fond pentu aboutit à la surface du sol à son extrémité.
Les observations réalisées laissent entrevoir des utilisations répétées de ces fours, avec des réfections complètes ou partielles de leur paroi. Ils apparaissent regroupés dans l’espace, en batterie, par deux ou trois exemplaires. Il faut rappeler qu’un four du site, fouillé en 2001, est daté du 18e siècle. Une exploitation de la chaux sur une durée de plusieurs siècles est fort probable dans le vallon de Grands Combes; de nombreux autres fours à chaux sont probablement localisés en dehors des emprises dédiées aux travaux archéologiques.
Vue latérale d’un deuxième four à chaux gallo-romain.
Pour en revenir à la période romaine, la chaux était un matériau produit en grande quantité pour fabriquer du mortier, utilisé notamment comme liant dans les constructions publiques et privées. Dans l’environnement immédiat du site, il faut signaler à moins de deux kilomètres du site l’existence de deux grandes villas, l’une à Buix, l’autre à Lebetain, sur territoire français.
Fiche technique du site
|Commune / Localité||Boncourt / Boncourt|
|Site||Grands'Combes|
|Datation et type de site

- principal
- secondaire

Époque romaine, fours à chaux
|Année de découverte||2001|
|Contexte de découverte||Construction de l'autoroute A16|
|Date(s) de la fouille||2001-2004|
|Surface de la fouille||10'000 m2|
|État de la fouille||Achevée|
|Étude||Achevée|
|Publication(s)||CAJ 34|
|Responsable de la fouille||Blaise Othenin-Girard|