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L’église paroissiale d’Ecuvillens à travers les âges
La paroisse d’Ecuvillens-Posieux est entrée dans l’histoire voilà bientôt 900 ans. En effet, l’acte de fondation de l’abbaye d’Hauterive datant de 1138, avec lequel Guillaume de Glâne fait donation de ses avoirs à l’abbaye, cite la présence de plusieurs témoins, dont notamment Petrus prêtre d’Ecuvillens. Cependant, le premier document connu à attester de la présence d’une église à Ecuvillens date de 1453 suite à une visite de l’évêque de Lausanne, Georges de Saluces qui constata qu’il n’y avait pas de sacristie et que la porte de l’église n’avait pas de serrure tout en constatant que dans la nef il n’y avait pas de plancher ou de pavés et aucune fenêtre n’avait de vitre.
En 1571, puis en 1580, le gouvernement accorda à la commune d’Ecuvillens respectivement 4000 et 500 tuiles pour couvrir l’église. A noter que c’est à cette époque (9 septembre 1590) que Posieux ainsi que Les Muëses, membres jusqu’alors de la paroisse de Matran, furent rattachés à la paroisse d’Ecuvillens dont faisaient également partie Corpataux et Magnedens.
En 1685, la paroisse a été autorisée à procéder à des réparations de l’église consistant, notamment, à faire trois ou quatre grandes fenêtres du côté du midi, faire blanchir l’église intérieurement et à poser un tableau pour l’autel de Saint-Antoine de Padoue. Un peu avant, vers 1663, on fit des réparations au clocher.
Au début du 19ème siècle, compte tenu du mauvais état de l’église et du fait qu’elle ne répondait plus aux besoins, la paroisse décida d’en construire une nouvelle. Les travaux ont débuté vers 1808 et se sont terminés en 1810. Seule la tour datant de la fin du 17ème siècle a été partiellement maintenue.
Les comptes de la construction arrêtés en 1810 font état du coût total de 1268 Louis d’or y compris le Louis d’or promis pour poire quand on lève la corniche.
Le 7 février 1892, l’assemblée paroissiale a décidé de construire une nouvelle église. Cette construction relève d’une stricte nécessité, l’actuelle étant trop petite. Le curé, Etienne Favre, déclare que d’après son calcul, il y a environ 200 personnes qui n’assistent pas à la messe le dimanche faute de place. Cependant, en 1893, l’on suspend le projet en raison de la procédure de séparation engagée par les communes de Corpataux et Magnedens. C’est finalement en 1911 que les travaux débutent. La
paroisse a obtenu de la banque cantonale un crédit en compte courant de 85’000 francs qui dû être complété par un emprunt supplémentaire de 22’000 francs. C’est à cette époque que la perception de l’impôt paroissial a été introduit.
Réfection des façades en 1967 et 1988
Coût total de la réfection : 52’000 francs. Toutefois, en 1969 déjà, des détériorations des crépis teintés à la partie basse du clocher ont été constatées. Les causes de ces dégâts n’étant pas connus, on charge le laboratoire des matériaux l’EPFL de procéder, en été 1972, à une expertise. Finalement des retouches sont effectuées en 1975 pour environ 5000 francs et l’on décide d’en rester là. Le problème de l’humidité dans les murs, en particulier du clocher, et de la détérioration des crépis qui y est liée, ne seront résolus que par les travaux d’assainissements périphériques du soubassement de l’église effectués en 1986 et ceux de restauration des murs extérieurs et des toitures terminés en 1988.
Les curés d’Ecuvillens
Parmi les curés qui ont officié en l’église d’Ecuvillens (la liste des curés débute en 1137 avec Pierre), le révérend François-Xavier Bielmann, curé de la paroisse de 1772 à 1808, aura connu un sort particulier lié à l’affaire du révolutionnaire Pierre-Nicolas Chenaux. Extrait du récit :
« Le 2 may 1781 Dom François Xavier Bielmann de Treyvaux, curé d’Ecuvillens, n’avait aucune connaissance de la trame et complot de rébellion que Chenaux de la Tour de Trême avait formentée contre les magistrats de l’Etat de Fribourg, dans laquelle l’on venoit de lui dire que son paroissien et proche voisin Henry Rossier était engagé. Il s’empressa, dans la vue de détourner l’orage et d’éviter l’effusion de sang, de l’envoyer chercher pour en apprendre au juste les circonstances ».
Après avoir parlé à Rossier, l’abbé Bielmann se rend alors à Fribourg pour en informer un magistrat (le conseiller Claude Joseph Odet) afin d’obtenir son pardon pour Henri Rossier et ses compagnons, à l’exception de Chenaux. « Celui-ci ayant entendu la relation du curé, lui promit avec bonté que non seulement Rossier, mais encore tous les autres complices (excepté le chef de la rébellion Chenaux), s’ils voulaient déposer les armes, tranquillement se retirent et aller le sous lendemain sur l’hôtel de ville de la capitale y implorer leur pardon et se reconnaitre, il se faisait fort qu’ils obtiendraient sans difficulté ; qu’en conséquence il n’avait qu’à s’en retourner incessamment pour les en assurer ».
Rentré dans sa paroisse, il trouve les conjurés à Posieux (à la Croix Blanche). M. Bielmann donne de nombreux détails sur ce qui se passa à Posieux et sur ses efforts pour arrêter les conjurés. Il rentra dans sa cure le 4 mai sans réponse pour les conjurés, ce qui lui faisait craindre la vengeance des conjurés. Cette crainte et la frayeur étaient si vives, qu’il refusa d’accourir auprès de Chenaux lorsque celui-ci fut frappé à mort (entre Ecuvillens et Posieux).
Les derniers travaux
Par la suite et au fil des années, de nombreux travaux ont été effectués à l’intérieur et à l’extérieur de l’église pour lui donner son aspect que nous connaissons aujourd’hui. Un site (l’ensemble église et cure) qui marque incontestablement le centre du village d’Ecuvillens.
Jean-Denis Chavaillaz