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Plusieurs milliers d'arbres produisent du latex, un liquide laiteux qui peut être récolté lorsqu'on les découvre de leur écorce, dont l'Hevea brasiliensis (appelé hévéa en français). Cet arbre représente de nos jours la source commerciale principale de latex et dont la culture s'est étendue à de nombreux pays tropicaux en particulier la Malaisie, la Thaïlande et l'Inde. Il fait partie de la famille des Euphorbiacés (comme le manioc, le ricin et le poinsettia).
L'utilisation actuelle du latex est ubiquitaire et très variée: plus de 40'000 produits en contiennent: gants utilisés dans bien des domaines et en particulier en médecine, préservatifs, ballons à gonfler, gommes à papier, chewing gums, tétines de biberons, élastiques des habits, certaines peintures résistantes à l'eau, …
Les réactions au latex peuvent être divisées en plusieurs types: les réactions locales [cutanées (de la peau), respiratoires] et les réactions systémiques (de l'ensemble du corps); les réactions par irritation chimique et les réactions allergiques nécessitant une sensibilisation (lors d'une exposition avec la substance, développement d'une réponse du système de défense immunitaire qui peut amener à une réaction allergique lors d'un contact ultérieur, de type retard (survenant habituellement dans les 24 à 48 heures) ou immédiat [dans les secondes à une heure, lié à la production d'immunoglobuline E (IgE, anticorps déclenchant les allergies immédiates) contre les protéines du latex].
La fréquence de la sensibilisation est plus élevée dans certains groupes à risque: les professionnels de la santé, les autres professions exposées (utilisateurs de gants, employés de fabriques de produits en latex), les patients ayant nécessité de nombreuses opérations, en particulier au niveau urinaire (telles les personnes atteintes de spina bifida), les atopiques, les personnes avec dermatite des mains, les patients avec allergies alimentaires croisées (voir plus bas). Si le taux de sensibilisation est estimé à un peu moins de 1% dans la population générale, il est évalué entre 3 et 17% chez les professionnels de la santé et entre 28 et 67% chez les patients porteurs de spina bifida.
Voir "Types de réaction" ci-dessus.
Mentionnons également le syndrome latex – fruit: les personnes sensibilisées aux protéines du latex peuvent développer des réactions d'allergies alimentaires croisées en particulier avec la banane, l'avocat, la châtaigne et le kiwi (liste des aliments cf tableau I).
Le diagnostic d'allergie au latex commence toujours par une anamnèse (interrogatoire) précise sur le type de réaction, la relation temporelle avec l'exposition au latex, l'importance de l'exposition et les facteurs de risques. Des tests à la recherche d'une sensibilisation sont alors effectués. Pour les tests cutanés (prick-tests, intradermoréaction), l'utilisation d'extrait de latex non-traité permet de retrouver la plus grande palette d'allergènes (protéines allergisantes) avec des résultats reproductibles. Ces tests, pratiqués aux concentrations recommandées, ne déclenchent pas de réaction systémique et sont bons. Pour la recherche d'IgE spécifiques dans le sang, plusieurs firmes ont développé des tests. Pour la description générale de ces tests sur la peau et dans le sang se référer au chapitre sur les méthodes diagnostiques. En cas de discordance entre l'anamnèse et la recherche d'une sensibilisation, il peut être réalisé soit une observation au lieu de travail, soit des tests de provocation nasale ou bronchique.
Concernant les réactions d'anaphylaxie, la règle est l'éviction (éviter le contact) la plus stricte possible. Un passeport d'allergie devra être remis à tout patient chez qui le diagnostic aura été établi. Il faudra prescrire une trousse d'urgence contenant un anti-histaminique d'entrée en action rapide (p.ex. Xyzal ou Semprex) et de l'adrénaline auto-injectable (p.ex. EpiPen).
Concernant les allergies avec rhinite et asthme, plusieurs études de suivi montrent une évolution favorable après mise en place de mesures comprenant en règle générale une éviction du latex par le patient ou souvent une réduction de l'exposition en employant des gants à faible contenu en allergènes, mesure appliquée à tout l'hôpital.
|Tableau I:|
|Réactions croisées latex – aliments|

Dr Cédric DERUAZ