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28/01/2017
Cette question est la question que se posent toujours les comités de jeunesse de parti, notamment, évidemment, quand ils font face à un manque de membres actifs. En effet, la base d'une jeunesse de parti est constituée d'étudiants dont l'année se divise en : périodes de cours où ils doivent étudier, périodes d'examens pendant lesquelles ils doivent réviser, vacances où ils travaillent ou voyagent. Il se peut en outre que ces étudiants travaillent en parallèle de leurs études durant les périodes de cours et d'examens. Ils ne leur restent donc, en dehors de tout cela, que le temps libre, qui leur est, évidemment, précieux. L'engagement représente donc un coût, un sacrifice, pour le membre : coût direct (le temps dévolu à l'engagement) et coût d'opportunité (ce qu'il pourrait faire à la place de l'engagement). Tout le travail d'une jeunesse de parti consiste à mettre en place les structures et l'organisation qui transforment un coût (1) en un investissement et (2) en un gain.
(1) Pour transformer l'engagement en investissement pour les membres, une seule option : leur proposer d'acquérir des compétences. La formation que peut proposer une jeunesse de parti pour transmettre des compétences peut s'axer autour de trois options : (a) formation théorique, (b) formation politique et (c) formation technique.
(a) consiste à fournir des connaissances (des savoir que) à travers des présentations ponctuelles, des conférences, des journées de formation, des ateliers, etc. Le type de connaissances peut concerner un bon nombre de disciplines comme la philosophie politique, l'histoire des idées, la science économique, l'histoire politique, l'histoire économique, etc.
(b) consiste à fournir des connaissances sur comment faire de la politique (des savoir-faires politiques) qui peuvent être de deux types (b1) savoir-faires politiques et (b2) savoir-faires politiciens. (b1) signifie essentiellement apprendre aux membres à communiquer en politique. (b2) signifie inviter des élus pour qu'ils parlent de leurs activités d'élus. Je ne vous cache pas que je trouve (b1) plus important à transmettre aux membres que (b2).
(c) consiste à fournir aux membres des savoirs techniques généraux comme par exemple : apprendre à rédiger un PV, apprendre à modérer une AG ou un groupe, apprendre à effectuer un travail de graphiste, apprendre à gérer un groupe de travail, apprendre à réserver un espace dans la ville pour un stand, apprendre à rédiger un tract, apprendre à débattre, etc. La décentralisation des tâches du comité au membres (le principe de subsidiarité interne au parti) permet entre autres de réaliser cela.
(2) Pour transformer l'engagement en gain, on peut utiliser trois stratégies : (a) fournir de la satisfaction immédiate à travers l'engagement, (b) fournir des prestations en échange de l'engagement et (c) créer un sentiment d'appartenance au groupe/d'identification au parti.
(a) La seule manière de procurer de la satisfaction immédiate aux membres à travers leur engagement consiste à mettre en place une bonne ambiance, une convivialité, au sein du parti. On parvient à cela, entre autres, en organisant les relations sociales et les rapports de pouvoir au sein du parti de manière horizontale.
(b) On peut fournir des prestations en échange de l'engagement des membres qui peuvent prendre trois formes différentes : (b1) des moments festifs, (b2) des plaisirs intellectuels/culturels et (b3) un cercle social qu'ils apprécient.
(c) On peut créer un sentiment d'appartenance au groupe/d'identification au parti en : (c1) donnant (davantage) aux membres le contrôle sur le parti (on est toujours davantage de soucieux de ce qui est nôtre), (c2) en établissant une ligne politique dans laquelle ils se retrouvent et (c3) par des moyens symboliques (le parti est associé à des symboles que les membres peuvent adopter facilement). (c1) nécessite une démocratisation des structures de prise de décision et d'organisation du parti. (c2) nécessite l'écriture d'un document programmatique commun. (c3) peut passer par l'établissement de rituels ou représentations communes.
Je conclurai en rappelant que nos concurrents dans la capture du temps libre de la jeunesse sont : les sociétés d'étudiants, les clubs et les associations. Nous devons donc fournir non seulement les mêmes prestations que ces entités, mais davantage pour les surpasser, si nous voulons maximiser notre capture du temps libre de la jeunesse.
Le présent document est une synthèse des conclusions auxquelles nous étions parvenues avec les réformateurs de la JS genevoise. Elles ont été appliquées avec succès jusqu'à ce que le comité oublie une règle d'or : la politique c'est avant tout de la communication, la communication passe inévitablement par les médias et les médias ne s'intéressent à vous que si vous vous démarquez du reste du troupeau.
21/05/2014
Dans le cadre de cette période de bilan et de rétrospective que je m'offre (et qui durera encore un certain temps), je propose une petite classification des différentes jeunesses de parti à Genève. Mon propos est moins de mettre en valeur ma propre jeunesse de parti que de proposer au regard extérieur un petit panorama du rapport des forces des jeunesses de parti dans ce canton. Par ailleurs, si certains jugeaient mon analyse erronée, je serais très heureux de recueillir leurs commentaires et leurs données. Enfin, il faut noter que certaines jeunesses de parti sont des sections de leur parti mère, tandis que d'autres (comme la Jeunesse Socialiste Genevoise) sont des sections de leur propre parti (dans notre cas la Jeunesse Socialiste Suisse) affiliées à leur parti mère (ce qui nous donne évidemment une autonomie supplémentaire et une liberté de mouvement supérieur par rapport aux autres jeunesses de parti qui dépendent directement de leur parti mère).
1. Les grandes jeunesses de parti
Il s'agit des jeunesses de parti qui sont les plus actives (au moins une action par mois), les plus nombreuses (au moins 10 membres actifs), et les plus communicantes (au moins une à deux communications par mois aux médias et à la presse).
Dans cette catégorie, on trouve bien évidemment la Jeunesse Socialiste Genevoise avec entre 15 et 20 membres actifs, plus d'une action par mois, et bien davantage que deux communications par mois normalement, mais aussi la Jeunesse Libérale-Radicale (JLR), dont on peut supposer qu'elle s'est inspirée un peu de nous pour certaines choses, avec probablement une quinzaine de membres actifs.
2. Les petites jeunesses de parti
Il s'agit des jeunesses de parti qui sont peu actives (moins d'une action par mois), peu nombreuses (moins de 10 membres actifs), et peu communicantes (moins d'une communication par mois aux médias et à la presse).
Dans cette catégorie, on trouve le Groupe Jeunes de SolidaritéS (qui a le statut formel de groupe de travail, et non de jeunesse de parti), et les Jeunes Démocrates-Chrétiens (JDC).
3. Les jeunesses de parti amorphes
Il s'agit des jeunesses de parti qui sont inactives, inhabitées, et silencieuses. On retrouve dans cette catégorie les Jeunes Vert-e-s (depuis le départ de Julien Cart), la Jeunesse Communiste (malheureusement), les Jeunes de l'Union Démocratique du Centre (JUDC), et les Jeunes du Mouvement Citoyen Genevois (JMCG).
En tout, il y a donc 8 jeunesses de parti à Genève, dont 2 sont vraiment actives, nombreuses, et communicantes, 2 autres le sont un peu, et 4 autres ne le sont quasiment pas.
A noter que tous les autres partis n'ont simplement pas de jeunesse de parti, car ils sont trop petits (et trop faibles) pour être capables d'assurer le financement, le recrutement (nécessaire au tout début du lancement d'une jeunesse), et le soutien à une jeunesse de parti. Le fait de "posséder" une jeunesse de parti est donc le reflet de la puissance d'un parti, et même si une jeunesse de parti peut ne pas toujours servir directement l'ensemble des intérêts d'un parti (lorsque cette jeunesse est particulièrement autonome ou aspire à une position avant-gardiste), elle assure tout de même la formation d'une partie des futurs membres (voire « cadres » disent certains) du parti.