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Le séisme qui a ébranlé le canton le 25 janvier 1946 à 18h32 avait pour épicentre le Valais central. Il a été suivi par 46 secousses secondaires perceptibles jusqu'à 4h15 le lendemain matin. Le tremblement de terre est ressenti dans toute la Suisse ainsi qu'en France jusqu'à Clermont-Ferrand et Strasbourg, et dans le nord de l'Italie à Turin et Milan.
A l'époque, l'intensité du séisme est estimée à huit degrés sur l'échelle de Forel-Rossi, tombée en désuétude. Sur l'actuelle échelle d'intensité MSK, ce séisme aurait atteint 7 degrés.
L'échelle de Richter, qui sert à mesurer l'énergie libérée par un séisme et non les effets visibles des secousses, n'était pas connue à l'époque. Depuis, on estime la magnitude du séisme de 1946 à 5,8 sur cette échelle. Selon les spécialistes, un tremblement de terre de cette importance se produit en moyenne une fois par siècle en Suisse.
"Nous étions épouvantés"
"C'était le soir. J'étais avec ma maman, ma grand-maman et ma petite soeur. Nous regardions des photos sur la table de la cuisine quand tout à coup, la lumière s'est éteinte et tout a commencé à trembler dans un bruit sourd. Nous étions épouvantés", raconte Roland Pitteloud à Keystone-ATS.
Alors âgé de six ans, le Valaisan, qui à l'époque habitait Salins, a été marqué par cette soudaine plongée dans la nuit. "Nous ne savions pas quoi faire. Ma maman est sortie de la maison pour voir ce qui se passait; d'autres habitants étaient sortis dans les rues du village. Les jours suivants, les gens ont encore beaucoup parlé du séisme. Nous les gosses, on a repris rapidement notre vie normale."
"Je jouais avec un ami que j'avais invité quand tout s'est mis à trembler, la lumière a clignoté et j'ai vu d'énormes éclairs du côté des CFF parce que les fils de contact se touchaient les uns les autres, faisant des courts-circuits (...) J'ai eu peur et je n'étais pas le seul", confie de son côté Pierre de Chastonay, ancien président de la ville de Sierre, qui avait 15 ans au moment du séisme. Et de se rappeler que la peur a été ravivée à chaque séisme qui a suivi.
>> L'interview de Pierre de Chastonay dans le 12h30:
Des dégâts un peu partout
En Valais, des dégâts sont constatés un peu partout en ce jour hivernal de 1946 et plus de 3500 bâtiments sont endommagés. A Sion, le plafond d'un cinéma s'écrase dans la salle. Une partie de la voûte du couvent des Capucins tombe dans la rue, alors que la flèche du clocher de la cathédrale se déplace de 50 centimètres. De nombreux bâtiments sont lézardés, des clochers et des cheminées effondrées, l'électricité et le téléphone sont coupés.
A Sierre, la peur fait sortir la population dans les rues, où des habitants font des feux pour lutter contre le froid. A Chippis, l'intérieur de l'église subit d'importants dégâts. Des éboulements en amont de Sierre coupent la ligne du Simplon.
Dans le canton de Vaud, les journaux de l'époque relatent qu'un quai s'est effondré dans le Léman à Villeneuve, que tous les tableaux d'une exposition de peinture sont tombés à Châteaux-d'Oex et qu'à Aigle, le sommet d'un clocher d'église s'est effondré dans la rue.
>> Réécouter l'interview d'un géologue en 1946:
>> Le Valais est-il paré pour le prochain grand séisme? Ecouter le débat dans Forum entre Raphaël Mayoraz, géologue de l’Etat du Valais, Alain Dubois, archiviste cantonal, Roberto Peruzzi, ingénieur expert en constructions parasismiques et Valérie November, géographe, directrice de recherche au CNRS et experte en gestion des risques et des crises:
boi avec ats
Plusieurs événements prévus
Pour les 75 ans de ce séisme, le Centre interdisciplinaire de recherche sur la montagne (CIRM) de l'Université de Lausanne et une dizaine de partenaires organisent plusieurs événements, dont un colloque en ligne sur inscription le 25 janvier. Parmi les thèmes traités, la surveillance sismique actuelle en Valais, la construction parasismique et la sensibilisation de la population au risque sismique par l'éducation.
Une soirée publique, une exposition itinérante, un jeu de piste et des ateliers sont également prévus, mais la pandémie a bouleversé l'agenda. Ils devraient s'échelonner à partir de mars prochain.
Le Valais se prépare à un nouveau séisme
Aujourd'hui, le Valais est la région de Suisse la plus menacée par le risque sismique. Le canton se prépare en protégeant les bâtiments stratégiques, en affinant les concepts d’intervention et en sensibilisant la population.
"L'Etat se prépare, les travaux sont en cours mais les Valaisans doivent aussi se préparer. Sans être alarmiste mais en étant pragmatique, il faut reprendre l’habitude d’avoir des réserves à la maison. De l’eau, de la nourriture, des habits prêts à être utilisés pour subvenir à ses propres besoins le temps que les secours arrivent", explique Olivier Luyet, chef de l'office de la protection de la population en Valais, dans le 12h45.
Les experts estiment qu'un séisme comme celui de 1946 se produit en moyenne tous les 90 ans en Valais.
Plus d'un millier de séismes en 2020
En 2020, la terre a tremblé 1400 fois en Suisse et dans les régions limitrophes, soit un nombre légèrement supérieur à la normale, communique lundi le. Cent six ont été ressentis par la population.
Avec une magnitude de 4,3, le plus fort tremblement de terre a eu lieu le 25 octobre près d'Elm, dans la région de Glaris.