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La Suisse est un pays riche dont le niveau de santé de la population est bon. Les deux vont souvent de pair. L’espérance de vie des hommes (78,5 ans) et celle des femmes (83,7 ans) sont parmi les plus élevées en Europe. En termes d’inégalités en matière de santé, on aurait pu penser que l’origine du problème se situe ailleurs : dans les pays à bas revenus ou dans les pays riches où les poches de pauvreté restent importantes. Cette hypothèse est malheureusement fausse. Le problème en Suisse n’est pas une mauvaise santé liée à la pauvreté – le taux de pauvreté en Suisse est bas – mais liée aux inégalités économiques et sociales.
La Grande-Bretagne a depuis longtemps porté son attention sur les différences socio-économiques et leurs répercussions sur la santé.1,2 De nombreux pays attribuent cet état de fait au rapport obsessionnel des Britanniques aux classes sociales et supposent que de telles différences sont inexistantes dans leur propre pays. La réalité est toute autre. D’un pays à l’autre, on relève des inégalités socio-économiques de la santé.3 La Suisse ne fait pas exception. Le plus étonnant est que ces inégalités socio-économiques en matière de santé ne concernent pas uniquement les couches les plus pauvres de la population mais suivent le gradient social du haut vers le bas.2 Le défi est donc de comprendre ces différences socio-économiques en matière de santé et de prendre des mesures afin de les réduire.
Cette problématique est globale. La Commission des déterminants sociaux de la santé a mis en évidence d’importantes inégalités en matière de santé parmi des pays à bas, moyen et hauts revenus.4 La Commission a rendu des conclusions concernant les causes de ces inégalités et les moyens de les réduire. La tâche incombe désormais à chaque pays de développer les solutions qui lui correspondent. Le défi est important, mais il est à la hauteur de ses bénéfices potentiels.