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Enseignement du français «Un très mauvais signal» pour la cohésion nationale
Helvetia Latina, institution luttant pour améliorer la place des langues minoritaires au sein de la Confédération, s'inquiète du vote en Thurgovie.
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Le vote du parlement thurgovien est un «très mauvais signal», estime Jacques-André Maire, président d'Helvetia Latina. «On peut craindre que les objectifs d'apprentissage du français ne soient pas atteints» en fin de scolarité.
Par ailleurs, «en retardant encore le français, il perd en attractivité, car les préjugés augmentent avec l'âge des élèves», analyse le conseiller national (PS/NE), interrogé par l'ats. «Et le plaisir des langues diminue.»
Le danger pour la cohésion nationale est réel, souligne-t-il encore. Deux tiers des Suisses ont besoin d'une autre langue nationale dans leur quotidien, rappelle-t-il. «Je crains aussi que ce signal ne soit repris par la population zurichoise le 21 mai». Le peuple se prononce alors sur une initiative demandant qu'une seule langue étrangère soit enseignée à l'école primaire.
«Population attachée au consensus suisse»
Il dit cependant avoir espoir dans le peuple, que cela soit en Thurgovie, si le référendum est saisi, ou dans les Grisons, où une initiative voulant une seule langue étrangère au primaire a été validée par le Tribunal fédéral mercredi. «La population est attachée au consensus suisse», souligne M. Maire, citant l'exemple de Nidwald, dont les habitants ont rejeté une initiative similaire en 2015 par plus de 60% des voix.
Dans une réaction transmise à l'ats, Silvia Steiner, présidente de la Conférence des directeurs cantonaux de l'instruction publique (CDIP), rappelle elle aussi que le consensus des deux langues étrangères à l'école primaire a été consolidé par le peuple de plusieurs cantons. «Les connaissances en langues étrangères sont une compétence clé et l'expression de notre diversité culturelle suisse», conclut la Zurichoise.
Trop tard pour créer un lien émotionnel
Pour Beat Zemp, président de la faîtière des enseignants alémaniques LCH, repousser le français à la 7e année est une mauvaise idée, a-t-il dit à l'ats. Pour apprendre une langue, les élèves doivent avoir un lien émotionnel avec elle. En 7e année, quand les élèves ont 13 ans, c'est trop tard pour créer ce lien. La relation est plus forte avec l'anglais, car il se retrouve partout dans leur quotidien.
De leur côté, les services du ministre de l'intérieur Alain Berset n'ont pas voulu commenter le vote du parlement thurgovien. Il ne s'agit que d'une première lecture, ont-ils fait valoir. (ats/nxp)
Créé: 03.05.2017, 17h39