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Le scénario semble identique à celui de l'an passé. Après que la situation sanitaire s'est améliorée ce printemps en Europe, le Covid-19 a regagné du terrain à partir de la fin du mois de juin. En Catalogne, puis dans le reste de l'Espagne, dans le sud de la France et petit à petit vers le nord et l'est du continent, comme le montre notre carte animée ci-dessous créée à partir des données du(OMS).
Quelques différences se dessinent par rapport à l'été 2020. Le Royaume-Uni, frappé avant l'Europe continentale par le variant Delta, a notamment affronté une quatrième vague dès le début du mois de juillet.
Le virus aime voyager
Les régions prisées des vacanciers estivaux ont donc à nouveau été parmi les premières où le virus s'est multiplié. Elles ont probablement favorisé sa diffusion en Europe. Car le Covid-19 aime voyager.
Une étude publiée le 7 juin dansa mis en lumière le rôle des touristes durant l'été 2020. Les chercheurs ont découvert qu'un variant, à l'origine présent uniquement en Espagne, a été importé par des vacanciers dans des centaines de régions à travers le continent. Ce variant est progressivement devenu dominant dans plusieurs pays, propulsant la 2e vague.
Le tourisme, "accélérateur" du Covid-19
L'histoire s'est-elle répétée cet été? "La situation était légèrement différente", explique Catherine Smallwood, responsable des situations d'urgence au bureau Europe de l'OMS. "L'Espagne n'a pas été le moteur de la propagation du virus. Cette année, c'est très lié au variant Delta, qu'on a vu apparaître très tôt au Royaume-Uni et dans plusieurs pays du nord de l'Europe".
"Le tourisme a surtout joué un rôle d'accélérateur, d'amplificateur", et la mobilité de l'été a permis au virus de se déplacer facilement, poursuit-elle. De plus, les activités des vacances, comme la fréquentation de fêtes et de bars, augmentent le risque de transmission de la maladie. "Ce secteur a fait beaucoup d'efforts, notamment les hôtels qui jouent leur réputation, mais le virus reste très difficile à contrôler et je ne pense pas que ça soit possible d'avoir une industrie touristique ouverte sans augmentation des contaminations."
Les conséquences sont rapidement apparues en Suisse durant l'été. Dans plusieurs cantons romands, les autorités sanitaires estimaient qu'un quart des personnes tombées malades fin juillet avaient contracté le virus à l'étranger.
Mais selon Catherine Smallwood, "le virus, surtout le variant Delta, serait venu en Europe avec ou sans le tourisme". La réouverture de la société dans son ensemble lui a permis de regagner du terrain, avec davantage de mobilité et de rassemblements, petits et grands. "Notamment les grands tournois de football et les concerts", souligne-t-elle.
Moins d'impact sur les hôpitaux
Comme durant l'été 2020, l'assouplissement des mesures a donc été suivi d'un regain de l'épidémie. Les mêmes erreurs ont-elles été commises deux fois? "Je ne parlerais pas d'erreur mais de choix", nuance la responsable de l'OMS. "Les décideurs ont examiné les risques et ont dû trouver un équilibre entre l'économie, la santé, la faisabilité des mesures et leur longévité. L'ouverture a intensifié la circulation du virus, mais elle n'a pas eu le même impact sur les systèmes de santé que l'année passée grâce à la vaccination."
Depuis la fin des vacances estivales, la situation s'est stabilisée dans l'Europe de l'ouest. Maintenant, le regard de Catherine Smallwood se tourne vers les écoles. Et vers les pays, notamment en Europe de l'est, où le taux de vaccination reste encore bas, alors que l'automne approche.
"On a vu cet été les conséquences du variant Delta avec de nombreux décès en Russie et dans d'autres pays européens où la couverture vaccinale est encore faible", conclut-elle, appelant les Etats européens à davantage d'équité pour que tous aient accès au vaccin.
>> Voir aussi notre carte animée sur la deuxième vague en Europe:
Valentin Tombez