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L'ancien commandant de la police cantonale jurassienne Henri-Jospeh Theubet a été reconnu coupable mercredi d'abus d'autorité pour avoir annulé à 55 reprises entre 2004 et 2010 des amendes d'ordre. Il a été condamné à 20 jours-amende à 200 francs avec sursis pendant deux ans.
M. Theubet a aussitôt annoncé qu'il fera recours. "Je ne pense pas que je puisse avoir honte de ce qui s'est passé", a-t-il dit à l'issue de l'audience. "Ce qui m'interpelle, c'est ce qu'il adviendra d'autres agents", a-t-il déclaré.
Pour le juge Pascal Chappuis, seul le Ministère public est habilité à annuler et à classer des amendes d'ordre. Il estime que l'ancien commandant ne peut pas s'abriter sous les usages ou des habitudes. Le prévenu n'a pas donné une image flatteuse de la police et de la justice, a-t-il affirmé. "La culpabilité du prévenu est relativement grave".
Bon sens
M. Theubet n'a jamais contesté avoir fait sauter des amendes. Mais il s'agissait selon lui de cas bagatelles. "Il y avait une espèce de bon sens dans ces annulations", a estimé M. Theubet. L'ancien commandant n'a pas manqué de relever que cette pratique existait avant son arrivée.
M. Theubet a par exemple annulé une amende d'ordre pour une automobiliste qui a commis un excès de vitesse sur une autoroute alors qu'elle se rendait chez son médecin. "Si on a un certificat médical on a aussi un blanc-seing?", s'est interrogé le juge.
Le procureur Jean Crevoisier avait requis une peine de 50 jours-amende, sans s'opposer à l'octroi du sursis. Il n'avait pas fixé le montant d'un jour-amende en raison de la situation du prévenu à la recherche d'un emploi. Le procureur estimait que l'ancien commandant avait instauré un système arbitraire de gestion des amendes d'ordre.
ATS