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Thee, Stranded Horse a tout d'abord été un nom sur un flyer de la « Tournée bistrophonique » organisée tous les ans à Orléans. Thee, Stranded Horse y donnait un concert au temple protestant. Ce samedi là, je me suis donc frayée un chemin dans l'unique rue à bistrots d'Orléans (!), la rue qui mène au temple; beaucoup de monde, beaucoup de bouteilles de bière, la foule à l'entrée du temple. Je rentre et m'assieds dans l'édifice circulaire, face à moi le tableau de bois où sont notés les numéros faisant référence aux passages de la Bible étudiées à l'office, drôle d'atmosphère. Que voit-on d'autre ? Un ptit gars au cheveu hirsute derrière un instrument à cordes inconnu, ma voisine m'apprend que cela s'appele une kora, c'est un instrument africain. Ce p'tit gars qui ne ressemble pas à grand chose joue et chante, on reconnaît tout de suite des mélodies dans la plus pure tradition folk, la kora remplaçant la guitare. Le chant est entrecoupé de longs silences, plus un son, rien ne bouge, tout est suspendu, ces silences rythment les chansons d'une manière suprenante, créent des rebondissements innatendus, on s'arrête de respirer puis tout repart. Tous les titres sont en anglais, sauf un, des chansons egrennées d'une voix surprenante, parfois nasale, parfois murmurée, toujours juste. On pense au Mississipi, au temps qui s'étire, à l'Afrique, c'est une musique de la poussière et de la chaleur, tout est dépouillé, nostalgique, les titres s'enchainent sans que l'on sache où s'arrête une chanson et où commence l'autre, c'est doux.
Thee, Stranded Horse signifie « Toi, cheval échoué », le p'tit gars au cheveu hirsute s'appelle Yann Tambour, il est français, son précédent projet s'appelait Encre, je lui souhaite de venir encore s'échouer longtemps parmi nous.
- Sabine, le 14 01 2008