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Critique
"Shane Black a sans doute été, dans les années nonante, un scénariste-fétiche pour comédies policières à succès. On lui doit les scripts de L'ARME FATALE, du DERNIER SAMARITAIN ou d'AU REVOIR A JAMAIS. Pas étonnant dès lors que le producteur Joe Silver, qui par ailleurs prend quelquefois des risques pour renouveler le genre (PIEGE DE CRISTAL en 1988, MATRIX en 1999), mise sur un Shane Black désireux de faire ses premiers pas dans la réalisation.
Scénario détonant, à l'image de son titre. Le plancher de l'ouvrage est un hommage à des auteurs de romans policiers de deuxième catégorie que dans sa jeunesse Blake dévorait. ""Ma fascination pour le mythe du privé et mon obsession pour ces 'pulps novels' avaient trouvé un exutoire dans L'ARME FATALE et LE DERNIER SAMARITAIN. Mais je n'avais encore jamais tenté d'écrire une histoire de privé qui résumerait ce que je ressens à propos de ces livres. Ils possédaient un rythme viril, un aspect brut, non dégrossi: j'ai développé pour eux un puissant attachement émotionnel."" Ajoutez un autre lien fort de l'auteur pour Los Angeles: vous avez le cadre. A l'intérieur, le tableau est découpé en mille séquences alertes. Finement juxtaposées, elles créent un copieux cocktail décalé où la dérision règne en maître. Plusieurs points de vue conduisent la narration: en particulier celui de Jonny Gossamer, un héros de roman ""pulp"" oublié, qui à la fois conte l'histoire, ajoute ses commentaires et critique certains plans du réalisateur.
Jonny Gossamer est l'idole de Harry - un voleur en fuite qui se retrouve accidentellement dans un casting de polar hollywoodien - et de Harmony, petite comédienne en herbe. Tous deux vont se trouver progressivement mêlés à un drame beaucoup plus sérieux qui couvait sous les apparences badines. Ils sont flanqués d'un troisième personnage, détective privé sans foi ni loi, chargé au départ d'aider Harry à préparer l'interprétation du rôle qu'on lui a attribué lors du casting.
Le tout est bien mené, bien joué et laisse le spectateur se fourvoyer dans de nombreuses fausses pistes. Mêlant le drôle et le grave, sautant à cloche-pied entre plusieurs degrés d'écriture, ce film ne peut plaire qu'à condition d'accepter beaucoup de décalages et une grosse couche de désinvolture."
Ancien membre