Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06884.jsonl.gz/1313

« Le fils de Saul » est le premier long métrage du jeune réalisateur hongrois, Làszlò Nemes.
Ce film a remporté il y a quelques jours l’Oscar du meilleur film en langue étrangère. Cette récompense fait suite à de nombreux autres prix obtenus dans différents festivals plus ou moins connus.
"Le fils de Saul" a notamment gagné le Grand Prix du Festival de Cannes en 2015, ainsi que le Golden Globe en 2016.
Pour faire un résumé de ce film, il faut tout d’abord rappeler ce qu’étaient les sonderkommandos dans les camps de concentration pendant la deuxième guerre mondiale.
Les sonderkommandos, autrement dit les unités spéciales, étaient constitués de détenus, la plupart du temps juifs, qui pouvaient être exécutés à tout moment, qui se relayaient jour et nuit et qui étaient contraints d’extraire les cadavres des chambres à gaz, de les brûler dans les crématoires et de disperser leurs cendres.
Le film montre deux journées de la vie de Saul Ausländer, juif hongrois, dans le camp de concentration d’Auschwitz-Birkenau, au début du mois d’octobre 1944.
Saul Ausländer fait partie du sonderkommando affecté à l’un des fours crématoires.
Saul croit reconnaître son fils, lorsqu’il aperçoit un enfant mort dans une chambre à gaz.
Saul tente de le sauver de l’incinération et de trouver un rabbin, afin d’essayer d’enterrer l’enfant selon le rite approprié.
Peu de films ont jusqu’à présent traité des sonderkommandos, notamment parce que ces derniers sont assez méconnus car il y avait peu de survivants et même ceux qui ont survécu se sont la plupart du temps abstenus de raconter leurs horribles expériences.
Le Professeur historien Gideon Greif, spécialiste de l’histoire des camps de concentration et des sonderkommandos en particulier, a notamment collaboré avec le réalisateur Laszlò Nemes dans le cadre de la réalisation de ce film.
Le Professeur Greif a d’ailleurs eu l’occasion d’interviewer des survivants des sonderkommandos.
Cette collaboration avec le Professeur Greif et avec d'autres historiens donne d’autant plus de « crédibilité historique » à ce film.
Il s’agit d’un film très poignant et la façon dont il a été filmé, la caméra est souvent placée derrière Saul, a pour effet que le spectateur vit les évènements comme s'il se trouvait dans la peau de Saul.
C’est la deuxième fois qu’un film hongrois remporte l’Oscar du meilleur film en langue étrangère.
La première fois, c’était en 1982, lors de la victoire de « Mephisto », d’Istvàn Szabò, basé sur le roman de Klaus Mann.
Les récompenses obtenues par « le fils de Saul » et en particulier l’Oscar du meilleur film en langue étrangère ont fait beaucoup de bien à la Hongrie.
Ça fait plaisir que la Hongrie fasse parler d’elle pour d’autres raisons que les actions de son Premier ministre.
Les Hongrois n’ont pas souvent l’occasion de se réjouir et les prix obtenus par « le fils de Saul » leur ont donné l’occasion de ressentir de la fierté, ce qui est hélas beaucoup trop rare par les temps qui courent mais ces rares occasions sont d'autant plus appréciables.
Rien ne laissait toutefois présager que « Le fils de Saul » allait avoir un tel succès. Il s’agit en effet du premier long métrage du réalisateur, Làszlo Nemes.
Géza Röhrig, qui joue admirablement bien le rôle de Saul, n’est pas un acteur à la base et le budget du film était très bas.
Malgré cela, "Le fils de Saul" a un succès planétaire, il a obtenu environ 40 prix dans différents festivals.
Ceci démontre bien qu’il ne faut pas obligatoirement avoir des millions de dollars, d'euros ou de francs suisses pour faire un bon film.
Andreas Dekany