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Matthias Huss, glaciologue à l'Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage WSL et à l'ETH Zurich, répond aux principales questions sur la tragique rupture du glacier dans les Dolomites.
Les réponses suivantes émanent de Dr Matthias Huss, responsable de Glacier Monitoring Switzerland (GLAMOS), le réseau suisse de mesure des glaciers géré conjointement par le WSL, l'ETH Zurich, l'Université de Zurich et l'Université de Fribourg.
Un tel événement pourrait-il aussi se produire en Suisse?
Oui, de tels événements ne peuvent jamais être exclus. Il est toutefois très difficile d'en prévoir le lieu et le moment, à moins qu'il n'existe des indices préalables d'une éventuelle instabilité.
Quels sont les facteurs environnementaux en jeu?
Pour l'instant, il est encore difficile de le dire avec certitude. Des enquêtes menées par les responsables sur place devront déterminer les causes exactes de l'événement. Mais la situation exceptionnelle de cette année, avec très peu de neige en hiver et une fonte des glaces précoce et importante, a certainement joué un rôle.
La sécheresse et la chaleur ne sont certainement pas les seuls facteurs déterminants, mais elles favorisent une situation potentiellement dangereuse qui existait déjà auparavant et qui s'est probablement développée sur une longue période. Toutefois, des températures élevées et donc un apport accru d'eau de fonte peuvent finalement être un facteur déclenchant.
Y a-t-il d'éventuels signes avant-coureurs auxquels les alpinistes pourraient prêter attention?
Il paraît très difficile pour des non-spécialistes d'évaluer une situation. Même avec beaucoup d'expérience, il est souvent presque impossible d'estimer à partir d'une seule observation si une rupture de glacier est imminente ou non. Lorsqu'une situation critique est identifiée, seule une surveillance continue pourrait fournir des informations sur le moment de l'événement.
Les randonnées sur glacier seront-elles de plus en plus dangereuses à l'avenir?
Je ne pense pas que l'on puisse répondre à cette question de manière générale. En haute montagne, les dangers tels que les chutes de séracs ou de pierres ont toujours été imprévisibles et le resteront dans une certaine mesure à l'avenir. Toutefois, le changement climatique actuel entraîne des situations nouvelles et jusqu'ici difficilement prévisibles, qui doivent être constamment réévaluées.
De tels événements seront-ils plus fréquents avec le changement climatique?
On ne peut pas l'affirmer de manière générale. Toutefois, le changement climatique favorise l'apparition de nouvelles situations dangereuses. Le grand défi est de les reconnaître à temps pour mettre en place des systèmes d'alerte précoce.
Peut-on encore sauver les glaciers?
Avec une protection cohérente et globale du climat, il est effectivement encore possible de sauver une partie des glaciers. Il est question ici d'environ un tiers des glaciers dans les Alpes si l'Accord de Paris sur le climat est mis en œuvre. Ce n'est certes pas beaucoup, mais cela permettrait tout de même d'atténuer les effets les plus néfastes.
- Dr Matthias Huss, Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage (WSL), Birmensdorf et ETH Zurich, Suisse
Directeur du réseau suisse de mesure des glaciers Glacier Monitoring Switzerland (GLAMOS), géré conjointement par le WSL, l'ETH Zurich, l'Université de Zurich et l'Université de Fribourg.
- <email-pii>
- Tél.: 044 632 40 93
- Langues: allemand, français, italien
- Dr Daniel Farinotti, professeur assistant de glaciologie à la Station expérimentale d'hydraulique, d'hydrologie et de glaciologie (VAW) et Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage (WSL), Birmensdor, Suisse
- <email-pii>
- Tél.: 044 739 25 04
- Langues: allemand, italien, français, anglais
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