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Modules
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Naissance et petite enfance à l'époque romaine
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L'entrée dans la communauté
Rites d'agrégation à la communauté
Le Dies lustricus
"On appelle dies lustricus pour les enfants, le huitième
jour pour les filles, et le neuvième pour les garçons, jour où on leur donne leur nom".
Festus, s.v. dies lustricus.
Après la naissance succède un temps de marge où
l'enfant n'a toujours pas officiellement de nom. Il n'entre dans la
communauté que huit ou neuf jours plus tard, lors de la cérémonie
du dies lustricus. Cette période d'attente est probablement
liée au taux élevé de mortalité infantile.
Divers rites de protection sont accomplis pendant ce temps de marge. La garde de l'accouchée est assurée par la ronde nocturne de trois hommes incarnant Pilumnus et son pilon, Intercidona, armée d'une hache, et Deverra dont le balai nettoie les souillures. Ils ont pour mission d'écarter du seuil Silvanus, démon effrayant.
Le dies lustricus (jour lustral) est la cérémonie qui termine ce temps de marge. Les personnes qui avaient participé à l'accouchement et le nouveau-né étaient purifiés. L'enfant était porté autour du foyer domestique et recevait un nom. Il était alors admis officiellement dans la famille et la communauté des vivants. La date de la cérémonie varie selon les sexes: la fête avait lieu huit jours après la naissance pour les filles, neuf jours plus tard pour les garçons. Les Anciens eux-mêmes s'interrogent sur cette inégalité qui marque la différence des sexes. Plutarque en propose plusieurs interprétations. Les filles seraient-elles nommées les premières car elles grandissent plus vite que les garçons?
L'appartenance sociale de l'enfant né libre était indiquée par le port d'une amulette. Les garçons recevaient une bulla aurea, un pendentif creux, gonflé "comme une bulle d'eau", formé de deux plaques concaves en or. A l'origine, les plébéiens n'auraient eu droit qu'à un collier en cuir. Mais à la fin de la République, plusieurs monuments funéraires figurent une famille d'affranchis dont le fils arbore fièrement une bulla, signe de leur promotion sociale.
Cette amulette avait aussi une fonction protectrice. La bulla pouvait contenir un remedium destiné à protéger l'enfant du mauvais oeil et des assauts de démons croquemitaines, comme les striges.L'emblème avait également une valeur morale. Plutarque nous dit qu'il devait suggérer la pureté des enfants libres, et rappeler qu'il était interdit d'offenser leur pudeur.
La bulla joue à nouveau un rôle symbolique important à la sortie de l'enfance: à la puberté, au moment de la prise de la toge virile, le pendentif était rituellement consacré aux dieux Lares, les protecteurs du foyer domestique.
Textes
Aristote, Histoire des animaux, 588a 8-10
Augustin, La Cité de Dieu, 6.9.2
Plutarque, Oeuvres morales. Questions romaines, 101
Varron, De lingua latina, 7.97
Plutarque, Oeuvres morales. Questions romaines, 102