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La dépendance n’est pas seulement une question de consommation d’un produit; elle s’inscrit dans des circonstances, dans un contexte dans lequel se trouve une personne, modifiant les relations: les maladies de la dépendance sont avant tout des affections de la relation à soi et aux autres.
Chaque personne est à la recherche de la satisfaction de ses besoins et développe divers types de comportements qu’elle va reproduire habituellement pour se procurer apaisement et bien-être.
La réponse-produit (alcool par exemple), qui n’est qu’un palliatif soulageant momentanément, devient rapidement exclusive et ne contribue pas à guérir les blessures à long terme, mais au contraire les augmente. En utilisant une ressource extérieure à elle-même pour répondre à ses besoins, quelque soit le produit, la personne crée sa propre façon de vivre en circuit fermé (hors relation); elle a recours à ce produit ou ce comportement chaque fois que le besoin s’en fait sentir et en devient dépendante.
La dépendance se traduit par un sentiment d'impuissance pour faire face à une situation et à l'incapacité de choisir une autre possibilité, une autre solution, une autre réponse que le recours au produit. Peu à peu s'instaure entre la personne et le produit une relation de dépendance obsessionnelle.
Plus la personne utilise les produits sans pouvoir trouver une autre ressource, plus elle se sent coupable de ne pouvoir faire autrement. Ce sentiment de culpabilité exacerbe encore l'obsession qui conduit à consommer de nouveau des produits (alcool ou autre) et engendre un sentiment de culpabilité encore plus grand.
Cette quête de mieux-être et d'apaisement, quête de liberté, se retourne contre la personne en devenant dépendance et emprisonnement.
La personne devenue dépendante perd peu à peu l'espoir et la confiance nécessaire pour pouvoir affronter la vie au moyen de ses propres ressources intérieures.
Cette dépendance, loin de n'être lié qu'au seul produit absorbé, se rapporte à l'être tout entier, dans ses fibres les plus profondes. Elle imprime des attitudes de dépendance, c'est-à-dire la nécessité d'avoir recours à quelque chose d'extérieur à soi, de non intégré, pour faire face à la vie et répondre aux besoins existentiels de la personne.
Pour être bien ou moins mal, pour vivre, la personne dépendante a besoin de consommer son produit et ne peut s'en passer. Elle annule le côté dangereux pour ne plus voir que le côté agréable qui aide à vivre, c'est-à-dire le côté qui change, modifie la perception qu'elle a d'elle même et de ce qu'elle vit. Si vous vous auto-administrez une substance quelconque contre votre volonté ou malgré votre pensée qui dit "il ne faudrait pas", il s'est tissé entre vous et cette substance une relation de dépendance.
La dépendance n'est pas seulement une question de consommation d'un produit; elle s'inscrit dans des circonstances, dans un contexte dans lequel se trouve une personne, modifiant les relations: les maladies de la dépendances sont avant tout des affections de la relation à soi et aux autres.