Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07077.jsonl.gz/198

Pourquoi on en parle ?
Même si l’égalité femmes-hommes est inscrite dans la loi, on constate dans la réalité que les garçons et les filles sont socialisés différemment et selon des stéréotypes de genre. Ceci influence leurs choix de vie, parfois au détriment de leurs propres aspirations et compétences personnelles.
-
Les stéréotypes de genre sont des croyances générales associées à des individus en raison de leur appartenance sexuée. Ils sont relatifs aux caractéristiques personnelles comme des traits de personnalité ou des comportements.
-
La socialisation genrée est l’intégration des comportements attendus par les stéréotypes dès l’enfance et tout au long de la vie. Ces attentes influencent les parcours de vie et, sans vigilance particulière, peuvent être reproduites dans le cadre scolaire.
Par exemple, on observe que l’altruisme est davantage valorisé et encouragé chez les filles qui sont perçues comme naturellement plus calmes et émotives. Tandis que l’ambition et la prise de risque sont favorisées chez les garçons qu’on estime fort et courageux.
A long terme, cette différentiation basée sur des stéréotypes restreint le développement personnel et les choix de vie : les garçons vont plutôt se diriger vers des métiers à haute valeur ajoutée et le plein emploi, négligeant plus facilement leur vie familiale et peut-être leur santé. Les filles, elles, vont privilégier des parcours professionnels dans les métiers de soin ou d’assistance et à temps partiel, qui les rendent plus sujettes à une précarité financière.
Ces choix se répercutent sur d’autres aspects de notre société comme la pérennisation des stéréotypes de genre et le déséquilibre des sexes dans les rôles décisionnels des entreprises, des postes à temps partiel et dans la répartition des salaires. Au final, cela impacte la conciliation entre la vie privée et la vie professionnelle, puis le niveau de vie au moment de la retraite.
-
L’institution scolaire a un rôle crucial dans le processus de socialisation puisque c’est un environnement que tous les enfants fréquentent sur une longue durée et de manière régulière. L’école transmet des savoirs et des compétences, selon les objectifs pédagogiques, mais elle incarne aussi des valeurs et façonne les différents rôles et comportements sociaux.
L’école a, entres autres, la mission de transmettre les valeurs sociétales qui sont inscrites dans la Constitution, dont l’égalité entre hommes et femmes fait partie. Ce thème mérite une attention particulière puisqu’il est de portée universelle et concerne tout le monde.
Actuellement, l’égalité apparaît dans diverses matières mais n’est pas enseignée de manière pro-active, sauf par certaine∙e∙s enseignant∙e∙s concerné∙e∙s et motivé∙e∙s. Or, il est nécessaire d’avoir une approche systématique de ce thème et d’intégrer des valeurs égalitaires à tous les niveaux du cursus dans une démarche pluridisciplinaire.
Evolution historique & situation actuelle
-
Dans le milieu scolaire et la formation, de nombreuses avancées pour l’égalité femmes-hommes ont déjà été réalisées, notamment :
• L’accès à la scolarité obligatoire aussi bien pour les filles que les garçons.
• Des écoles mixtes avec les mêmes matières pour chaque élève.
• Les filières post-obligatoires ouvertes à toutes et tous, avec les mêmes performances scolaires exigées.
• Un accès égal à l’école et à toutes les formations, sans critères supplémentaires ou différenciés selon le sexe pour accéder à tous les métiers.
• Des niveaux de formation équivalents pour les femmes et les hommes.
• L’école prône un traitement égalitaire et est investie de la mission d’offrir les mêmes chances à chaque enfant.
Pourquoi cela ne suffit pas ?
-
Malgré ces acquis, les statistiques montrent clairement que les inégalités persistent dans plusieurs domaines :
• Les femmes sont sous-représentées dans des métiers dits techniques et sur-représentées dans les soins, le social et les services.
• Les femmes sont sous-représentées dans les postes dirigeants.
• Les filles et les femmes se limitent dans leurs choix professionnels et de carrière en vue d’un rôle familial à assumer plus tard.
• Les filles choisissent leur métier dans un panel plus limité avec des formations souvent plus courtes et donc des emplois moins bien rémunérés.
• Les hommes, avec ou sans famille, continuent de travailler à un pourcentage plus élevé.
• Par ailleurs, les hommes sont plus souvent auteurs d’actes criminels ou de comportements violents.
• Les femmes sont plus souvent victimes de violence domestique.
-
L’égalité n’est donc pas un acquis et requiert une volonté politique et stratégique. La situation peine à évoluer concrètement malgré des conditions structurelles favorables. C’est toute la société qui en pâtit en terme de diversité, de relève professionnelle et de qualité de vie des femmes comme des hommes.
Comment remédier au problème ?
-
L’égalité devrait être enseignée de manière pratique, pragmatique, socio-culturelle et pluridisciplinaire dans tout le cursus scolaire, afin que les mentalités évoluent de concert avec les structures sociétales. Sans action pro-active, il y a une égalité de droit mais pas de fait. L’égalité dans l’enseignement peut être intégrée sous différents angles :
• En tant que thème officiel (histoire des droits des femmes, réflexions sur les comportements sexistes comme les injures et les représentations, etc.).
• De manière transversale dans les matières traitées (les femmes dans l’Histoire, des problèmes de math avec des femmes ingénieures, un équilibre entre les figures littéraires féminines et masculines et leurs rôles, etc.).
• Dans la socialisation des garçons et des filles et avec une réflexion sur les comportements et les attentes (répartition en groupe pour des exercices, les tâches confiées aux garçons ou aux filles, les jeux à disposition et leur distribution dans l’espace, etc.).
• Veiller aux modèles donnés par les adultes dans le cadre scolaire.
Cela implique alors une formation de base des enseignant∙e∙s pour aborder l’égalité comme un thème en soi et une finalité dans l’apprentissage de base des enfants et des jeunes. Ceci exige également une posture auto-réflective sur les pratiques habituelles.
Le travail du BEF
Le BEF propose une réflexion globale sur l’égalité dans la formation en lien avec les réalités professionnelles et sociétales des milieux concernés. Il montre qu’une approche pluridisciplinaire est nécessaire et utile afin de promouvoir l’égalité à tous les niveaux de la société.
Le BEF s’implique dans plusieurs projets en lien avec l’enseignement dans le canton de Fribourg et au niveau Suisse.
-
Matériel pédagogique (4 brochures) clé en main pour enseignant∙e∙s en accord avec le PER (Programme d’Etude Romand) qui couvre tous les niveaux de la scolarité obligatoire.
-
Journée destinée aux élèves de 7H et 10H pour découvrir des métiers atypiques et ouvrir de nouveaux horizons professionnels.
-
Stand du BEF à cet événement bisannuel pour sensibiliser au choix genré des métiers et ouvrir d’autres perspectives.
-
Intervention auprès des professionnel∙le∙s (petite enfance, médiateurs/trices, enseignant∙e∙s) et auprès des jeunes à tous niveaux de formation pour sensibiliser aux stéréotypes de genre. Interventions organisées ponctuellement sur diverses thématiques liées au genre.