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Devenir champion du monde n'a pas été une sinécure pour Beat Feuz. Débarqué à St-Moritz avec l'étiquette du grand favori, le Bernois a dû faire fi de la pression pour décrocher sa médaille d'or.
"Cela a été une semaine très éprouvante", a reconnu le nouveau roi de la descente. "J'avais gagné deux fois l'an dernier à St-Moritz (réd: dans le cadre des finales de la Coupe du monde), et tout le monde me voyait rééditer cette performance, tout le monde me voyait déjà avec une médaille autour du cou. Le fait de m'être placé tout devant dès les entraînements a encore accentué les attentes à mon égard", a-t-il relevé.
"Je lis volontiers les journaux et regarde la télévision. Du coup, j'étais bien conscient qu'on m'attribuait partout le statut du grand favori. C'est un peu stressant, et je n'aurais sans doute pas gagné si j'étais resté dans cet état de nervosité. En me levant dimanche, j'ai donc décidé d'éteindre mon téléphone portable, j'ai essayé de me couper au maximum de l'extérieur. Cela a fonctionné, et c'est plutôt détendu que j'ai pu attaquer ma course", a-t-il raconté.
Cette course, à en croire Beat Feuz, n'a pas été optimale. "J'aurais aimé partir de tout en haut (réd: la descente a été raccourcie en raison du brouillard), et je ne me suis pas montré très bon depuis le départ de réserve. Il a fallu attendre la partie intermédiaire pour que je réussisse de très belles choses. Je ne dirais pas que j'ai effectué des passages parfaits, mais je me suis en tout cas montré très solide à partir de ce secteur", a-t-il estimé.
Le souvenir de 2012
Si cette médaille d'or a une telle saveur pour Beat Feuz, c'est que l'Emmentalois revient de très loin. Eternel blessé dans l'équipe de Suisse, il ne compte plus les pépins physiques. Le plus grave de tous, une sévère infection au genou gauche contractée en 2012, avait même failli signifier la fin de sa carrière. "Mes médecins m'avaient dit que je ne pourrais peut-être plus jamais faire du ski de compétition. Et après avoir passé un mois à l'hôpital, je n'étais pas loin de les croire", s'est-il souvenu.
Cette grosse blessure était intervenue après une saison 2011/2012 étincelante, durant laquelle il avait échoué sur le fil face à Marcel Hirscher dans la lutte pour le globe du classement général de la Coupe du monde. "Je pensais alors que je pourrais rejouer ce globe une autre fois. Mais la blessure a tout changé, et je ne suis plus en mesure désormais de briller sur une saison entière. Je dois me concentrer sur certains gros événements. C'est ce que j'ai fait pour ces Mondiaux, et on dirait que cela a plutôt bien marché", a-t-il noté.
"J'avais tant rêvé de ces Mondiaux à domicile. Et voilà que le rêve se concrétise et que je suis médaillé d'or en descente. C'est tout bonnement incroyable", a conclu le héros du jour qui, en amateur de tennis, s'est aussi montré particulièrement fier d'avoir pu gagner sous les yeux de Roger Federer.
Déjà médaillé (mais en bronze) deux ans plus tôt à Beaver Creek, Beat Feuz avait pu partager à l'époque son bonheur avec Patrick Küng, lui qui avait raflé l'or dans le Colorado. Il n'en a pas été de même dimanche dans les Grisons, la faute aux deux misérables centièmes qui ont manqué au Glaronais pour monter sur le podium. "Terminer au 4e rang, aux Mondiaux et en Suisse, ce n'est vraiment pas agréable", a pesté le tenant du titre. "Deux centièmes, c'est tellement infime. Il est impossible à dire où j'ai laissé filer cette médaille", a-t-il relevé.
ATS