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28/02/2017
La vertu
A travers mes pérégrinations militantes et politiques, j'ai rencontré (au moins) quatre types de gens : des militants honnêtes qui souhaitaient réaliser le bien commun, des individus qui cherchaient à travers la politique à servir leurs intérêts propres, toutes sortes de gens positionnés quelque part entre ces deux pôles, et, enfin, des âmes en quête de chaleur humaine ou d'une occupation. Je ne m'étendrai pas davantage sur la dernière catégorie qui est celle, amorale et assez inoffensive, de ceux qui recherchent un hobby ou une extension de leur vie sociale (ou à l'inverse un cercle prêt à les accueillir pour combler un vide social). Quant à la troisième, elle ne se définit évidemment que par rapport aux deux premières.
La seconde catégorie est celle qui désire le pouvoir, directement ou indirectement, pour lui-même ou pour s'en servir dans ses intérêts personnels. C'est aussi celle qui arrive au pouvoir et qui le détient. Elle est le vice. La négation de la politique dans son sens noble de recherche de la meilleure forme d'organisation de la vie en société.
Quid de la première ?
Le philosophe Kevin Mulligan a dit une fois « la vertu est belle ». Il a aussi dit que ce n'était pas quelque chose de aisément compréhensible de nos jours. Il y a pourtant des gens pour qui la vertu est belle, même si je ne crois pas qu'il ait pensé à eux lorsqu'il prononça cette phrase. Les idéalistes, ceux qui croient en des idées, ceux qui ont des convictions, ceux qui s'engagent parce qu'ils souhaitent réaliser un idéal, parce qu'ils ont un idéal, et parce que cet idéal correspond selon eux à la recherche du bien commun, du bien-être général, de ce qui est le mieux pour tous ; ces gens, ces gens excellents, sont l'expression de la vertu.
Vous me direz que la vertu est dans la marge. Et vous aurez raison.
Mais la vertu, elle, est belle.