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En l'absence de Roman Josi, d'autres défenseurs doivent se mettre en évidence à l'occasion du Championnat du monde en Finlande. C'est le cas de Janis Moser dont la courbe de progression semble exponentielle.
De prime abord, l'arrière des Arizona Coyotes ne paie pas de mine. Le Seelandais de bientôt 22 ans n'est ni le plus grand, ni le plus lourd, ni le plus costaud des soldats de Patrick Fischer. Et pourtant en défense, il est certainement l'un des tout meilleurs. Face au Danemark, il a montré à diverses occasions pourquoi une organisation de NHL avait misé sur lui. Il y a bien sûr son superbe but sur le 4-0, mais pas que.
Le mot qui définit le mieux Janis Moser? Adaptation. Quel que soit l'environnement dans lequel il évolue, le Seelandais va l'appréhender et finir rapidement par le maîtriser. «Je pense que j'apprends assez vite et que je n'ai pas trop de peine à m'adapter à un nouveau niveau de jeu et à des nouvelles situations», reconnaît-il.
Etape par étape
Après une première saison complète avec Bienne en 2018/19 et 9 assists en 55 matches, celui que l'on surnomme «JJ» (prononcez Djay-djay) en Arizona avait participé à la campagne helvétique en Slovaquie lors du Mondial 2019. Placé à côté de Raphael Diaz, le joueur de Safnern n'avait malheureusement disputé que trois rencontres avant de se blesser.
Lors de la saison 2020/21, il avait explosé en inscrivant 30 points, dont 9 buts, en 48 matches avec Bienne. Drafté au 2e tour (60e position) par les Coyotes l'an dernier, le numéro 86 de l'équipe de Suisse a franchi l'Atlantique pour se poser dans le désert. D'abord à Tucson, au sud de Phoenix et à moins de cent kilomètres de la frontière mexicaine, puis à Glendale, en banlieue, là où se battent les Coyotes.
«Je pense que c'était bien de commencer en AHL pour moi, raconte-t-il avec un large sourire empreint d'humilité. J'ai le sentiment que cela m'a enlevé de la pression et que c'était un peu plus facile. Il n'y a pas trop d'yeux qui t'observent et qui analysent tous tes faits et gestes, c'est plus calme. Tu peux prendre le temps de t'adapter, connaître le système de jeu et découvrir les petites patinoires. Il s'agit également de savoir quelles sont les priorités. Aux Etats-Unis, on va par exemple nous demander de bloquer le chemin des attaquants adverses pour gagner du temps et de l'espace.»
Jay-Jay le Bip-Bip
Mais comme d'habitude, «JJ» a brûlé les étapes. Pas question pour lui de s'éterniser à Tucson chez les Roadrunners, ces oiseaux qui courent sur le bord des routes et qu'en Europe on connaît grâce au dessin animé «Bip-Bip et le Coyote». A l'instar de Bip-Bip, «Jay Jay» n'a pas perdu de temps puisqu'il a réussi 12 points (5 buts) en 18 rencontres d'AHL avant d'être rappelé par le grand club. Et là, sous les ordres d'André Tourigny, il a inscrit 15 points (4 buts) en 43 parties.
«C'est clair que comme j'étais plus âgé que les autres joueurs draftés, on attendait davantage de moi que d'un jeune de 18 ans, précise-t-il. Mais même là, je n'ai pas senti ce focus sur moi. J'ai pu prendre mon temps et découvrir non seulement le jeu nord-américain, mais aussi la vie là-bas. J'ai un appartement à Scottsdale dans la banlieue de Phoenix. C'est le genre de lieu où tu vas passer six, sept ou huit mois de l'année en fait. Et cela va peut-être changer la saison prochaine.»
Seulement 5000 spectateurs
Le Seelandais apprécie son coach en club: «Il est venu des juniors, il sait comment travailler avec les jeunes. Il dégage de la confiance et il a le courage de donner du temps de glace et des responsabilités aux jeunes. Et ce n'est pas facile quand tu perds plus que tu ne gagnes. Mais on le savait et c'était intéressant de mettre l'accent sur le processus, de voir que l'on s'améliore à chaque match. On commence à créer un chemin commun et de voir où l'on va en tant qu'équipe.»
Avant de laisser filer le Bip-Bip helvétique, impossible de ne pas lui demander ce qu'il pense de la prochaine saison des Coyotes dans une enceinte de seulement 5000 spectateurs, soit moins que dans «sa» Tissot Arena: «C'est très spécial et très difficile de dire comment cela va être. Je pense que cela peut aller dans les deux sens. Peut-être que ce ne sera pas bien d'avoir seulement 5000 spectateurs en NHL, mais je pense que si on le fait bien, que l'on a chaque fois des guichets fermés et que les fans ont vraiment envie d'être là avec un secteur étudiant qui met de l'ambiance comme en Europe, ça peut aussi être une place chouette pour jouer. Mais ce sera de toute façon spécial.»
jfd, ats