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Par Janet Biehl
Traduction : Ronald Creagh
Murray Bookchin, théoricien du social aux États-Unis, a fécondé la gauche politique par ses idées sur la démocratie d’assemblée, l’écologie et l’opposition aux hiérarchies sous toutes leurs formes ; et il a formulé ces idées bien avant qu’elles ne deviennent populaires.
Bookchin a grandi à New York. Il était jeune communiste durant l’ère progressiste des années 1930 ; mais vers la fin des années 1940 il rejeta le marxisme-léninisme comme étant non seulement autoritaire mais aussi fallacieux, chimérique – somme toute, le prolétariat n’était pas révolutionnaire. Mais plutôt que d’abandonner une politique radicale, comme le firent beaucoup de ses anciens camarades, il maintint le cap et s’efforça de repenser le projet révolutionnaire pour une ère nouvelle. Si le capitalisme ne trouvait pas sa limite dans la chute progressive du taux de profit, quel serait l’obstacle qu’il ne pourrait pas surmonter ?
Dans les années 1950, Bookchin se rendit compte que la faille fatale du capitalisme se trouvait dans son conflit avec l’environnement naturel, qu’il allait détraquer celui-ci, ce qui résulterait dans une crise. Il rédigea en 1964 le premier manifeste d’écologie radicale : il recommandait la décentralisation des cités gigantesques, envahies par les brouillards de la pollution, mais aussi celle des fermes industrielles, arrosées de pesticides, afin de permettre aux gens de vivre à plus petite échelle, de produire leur nourriture sur un plan local et d’utiliser une énergie renouvelable pour gérer leurs propres affaires.
Dans les années 1950, son étude de l’antique cité d’Athènes, en Grèce, lui enseigna que les gens sont capables de se gouverner eux-mêmes dans des assemblées démocratiques où les citoyens sont face à face. Il repéra d’autres exemples : en 1700, les Puritains de la Nouvelle-Angleterre s’étaient autogouvernés en pratiquant des réunions communales ; et dans les années 1770, leurs enfants utilisèrent ces assemblées de citoyens comme un moteur révolutionnaire contre le pouvoir colonial britannique. En 1793, les sans-culottes de la révolution française gouvernèrent Paris à travers des assemblées de section.
Assurément, la polis de l’Athènes ancienne excluait les femmes et les non Athéniens, et elle s’appuyait sur un système d’esclavage et d’impérialisme. Les assemblées de la Révolution française s’accompagnaient de la guillotine. Celles de la Nouvelle-Angleterre intégraient un fanatisme religieux et pratiquaient une guerre de génocide contre les indigènes. Mais Bookchin pensait que toutes ces déficiences n’étaient pas intrinsèques à ces institutions concrètes qui prenaient leurs décisions en face à face. Il fallait s’en affranchir et établir l’assemblée démocratique sur un programme séculier (laïque), progressif du point de vue social, qui incluait tous les citoyens, y compris les femmes et les minorités. Ces assemblées, en se confédérant, remplaceraient l’État-nation, de sorte que le peuple se gouvernerait par lui-même, y compris en matière d’économie et d’écologie. Ces assemblées fonctionneraient sous la forme de communautés qui prendraient leurs décisions en harmonie avec l’ensemble de la biosphère, et les gens seraient coopératifs en construisant une société juste, libre, rationnelle et écologique. Il désigna ces idées sous l’expression « écologie sociale » et s’efforça de construire un mouvement pour les propager, mouvement qui serait lui-même établi sur un terrain démocratique.
Dans les années 1960, il s’efforça de persuader de ces idées la Nouvelle Gauche – les étudiants révolutionnaires, le mouvement des Noirs et celui contre la guerre. Mais ces courants étaient plutôt intéressés à créer une révolution prolétarienne internationale, en solidarité avec Fidel Castro, Che Guevara, Ho Chi Minh et Mao.
Dans les années 1970, il tenta de persuader de ces idées le mouvement antinucléaire, mais celui-ci était intéressé par la fermeture des centrales nucléaires, pas par le changement de la société qui les avait créées.
Au cours des années 1980, il entreprit d’inspirer les partis Verts qui se créaient, mais ceux-ci étaient plus soucieux de devenir des partis conventionnels, qui allaient du sommet vers la base, qui visaient le pouvoir et qui voulaient changer la politique environnementale dans le cadre du système existant.
Et dans les années 1990, il essaya de convaincre les anarchistes sur l’idée que les assemblées démocratiques de citoyens étaient l’institution politique naturelle qu’ils préconisaient ; mais les anarchistes rejetèrent cette forme d’organisation parce que la démocratie impliquait le vote et l’acceptation des décisions de la majorité. De plus, selon eux, les gouvernements municipaux n’étaient rien d’autre que des mini États-nations, et ils n’avaient en soi rien de potentiellement libérateur. Bookchin n’était pas considéré comme faisant partie de ce mouvement, on lui dit qu’il y était « comme une cheville carrée dans un trou rond ».
En dépit de ces revers, Bookchin continua d’élaborer son projet démocratique, désigné désormais par le nom de municipalisme libertaire. Il recommandait de démocratiser les quartiers urbains et les villes en donnant le pouvoir aux assemblées de citoyens. L’espace physique de la cité pouvait être décentralisé, lui aussi. Les ressources technologiques et économiques pourraient être redimensionnées selon des appréciations écologiques, établissant un équilibre créatif entre ville et campagne.
En ce qui concerne les territoires plus larges, il devait être possible pour les assemblées de se confédérer à des niveaux urbains, régionaux et au-delà. Elles enverraient des délégués à des conseils confédéraux pour coordonner et administrer les politiques. Le pouvoir irait de la base vers le sommet. Au fur et à mesure que les municipalités se démocratiseraient et se confédéreraient, elles deviendraient assez puissantes pour constituer un deuxième pouvoir par rapport à l’État-nation et au capitalisme, puis pour se révolter contre ceux-ci. Les confédérations, du fait qu’elles exprimeraient la volonté du peuple, deviendraient les leviers du transfert de pouvoir. Elles exproprieraient les ressources économiques majeures et « municipaliseraient » l’économie, dont la communauté prendrait possession. La vie économique ferait partie des affaires publiques des assemblées confédérées, et celles-ci distribueraient pour le bien de tous les moyens matériels de la vie.
Sentant ses forces décliner, Bookchin se retira de la vie politique, espérant qu’un jour, dans le futur, un mouvement prendrait ces idées au sérieux. Si tel était le cas, ses écrits étaient rédigés et les attendait.
Ce fut à ce moment que Abdullah Öcalan1 lui écrivit à partir de la prison de l’île d’Imral où il avait été mis en isolement.
La confédération démocratique d’Öcalan
Öcalan a conclu de la chute de l’Union Soviétique en 1991 que c’était un moment historique où le peuple kurde devait réagir et réévaluer son programme qui, jusque là, avait été d’orientation marxiste. En 1999, à son procès, il demanda la démocratisation de la république turque, afin que chaque citoyen, quel que soit son groupe ethnique, puisse avoir le droit de participer également à la vie politique de la Turquie. Cet appel fut écarté et il fut jugé coupable de trahison.
Dans son isolement cellulaire, il n’était autorisé à recevoir que la visite de ses avocats, une heure par semaine. Durant ces entrevues, au début des années 2000, il leur demandait souvent de questionner des amis pour savoir quels étaient les livres dont ils recommandaient la lecture. Ceux-ci empaquetèrent les volumes pour que les avocats puissent les lui amener, et l’un d’entre eux était un livre de Bookchin qui avait été traduit en turc.
Quand Öcalan lut l’ouvrage de Bookchin, il lui sembla avoir reconnu en celui-ci quelqu’un qui était sur la même longueur d’onde. En 2002, dans ses notes de prison, il écrivit : « Je recommande ce livre pour les municipalités ». Puis Öcalan demanda d’autres livres du même auteur et les reçut. Il devint clair qu’il travaillait sur « un changement de paradigme » fondé sur l’écologie sociale et le municipalisme libertaire. Il initia une discussion avec le PKK.
Un matin d’avril 2004, je me suis assise devant mon ordinateur et je vérifiais mon courriel. Je trouvai une lettre de deux intermédiaires qui exprimaient l’intérêt d’Öcalan pour le travail de Bookchin, qui était mon compagnon, et ils sollicitaient un dialogue. Bookchin fut surpris d’être contacté par le meneur emprisonné du PKK. Mais il répondit quelques jours plus tard ; il se réjouissait de cette lettre et il recommandait ses livres traduits en turc ; il ignorait que Öcalan les avait déjà lus.
Environ un mois plus tard, en mai 2004, deux intermédiaires écrivirent une seconde lettre à Bookchin, disant que Öcalan « affirmait nettement avoir bien compris vos idées » et il se désignait comme « un de vos bons étudiants ». Il « développait le concept d’une société éco-démocratique et l’application pratique du municipalisme libertaire au Kurdistan ». Il déclarait aussi que « le mouvement de libération kurde était déterminé à mener à bien vos idées. »
Quelques jours plus tard, Bookchin répondit en disant aux intermédiaires : « Je suis heureux qu’il trouve que mes idées sur le municipalisme libertaire sont utiles pour penser l’avenir du futur corps politique kurde. […] Je ne suis pas à même de mener un dialogue théorique approfondi avec M. Öcalan, comme j’aimerais pouvoir le faire. […] J’espère que le peuple kurde pourra un jour établir une société libre et rationnelle qui permettra à son génie de briller de nouveau. Il a beaucoup de chance, en vérité, d’avoir un meneur avec les talents de M. Öcalan pour les guider. »
Quelques mois plus tard, le 27 octobre, Öcalan écrivit de nouveau dans ses notes de prison : « Pour les municipalités, j’ai suggéré de lire Bookchin et que ses idées soient mises en pratique. » Le 1er décembre il écrivit : « Ma vision du monde est proche de celle de Bookchin, » et il recommanda au mouvement turc de lire les livres qui avaient été traduits.
Öcalan continua de développer un programme de démocratie à la base pour le mouvement kurde. En mars 2005, il publia une « Déclaration de la Confédération Démocratique du Kurdistan » qui appelait pour une démocratie de gens de la base […] fondée sur la structure démocratique communale de la société naturelle. » Celle-ci devait « établir des assemblées de villages, de villes et de cités ; et les vraies décisions seraient confiées à leurs délégués, ce qui signifiait en effet que le peuple et la communauté prendraient les décisions. » Ces institutions démocratiques se répandraient, proposait-il, de telle sorte que toute la Turquie entreprendrait un processus de démocratisation. Les assemblées pourraient alors franchir les frontières nationales, introduire une civilisation démocratique dans la région et susciter la liberté non seulement pour les Kurdes mais une union confédérale démocratique à travers le Moyen-Orient.
Quand Bookchin mourut en juillet 2006, l’assemblée du PKK salua « un des plus grands savants des sciences sociales du 20e siècle, » déclarant que Bookchin « avait montré comment faire pour qu’un nouveau système démocratique devienne une réalité. » Ils décidèrent de « mettre cette promesse en pratique pour devenir la première société établie sur un confédéralisme démocratique évident. »
La réalisation du confédéralisme démocratique
En 2005, un réseau qui se dénomma très vite « Groupe des communautés kurdistanes » (KCK) fut fondé pour mettre en œuvre le confédéralisme démocratique au Kurdistan. Il affirma que les problèmes kurdes ne seraient pas résolus par la création d’un nouvel État-nation mais par une autonomie démocratique. La solution devait se trouver au niveau local.
Cette même année, dans le nord de la Syrie, le Parti de l’Union démocratique (PYD) publia un « Projet d’auto-gouvernance démocratique dans le Kurdistan occidental » et il commença à s’organiser clandestinement pour mettre le confédéralisme démocratique en pratique. A partir de 2005, une autre organisation intitulée TEV-DEM (« MOUVEMENT POUR UNE SOCIÉTÉ DÉMOCRATIQUE ») travailla pour créer des institutions locales en vue d’un confédéralisme démocratique.
En juillet 2011, au sud-est de la Turquie (c’est-à-dire dans le Nord Kurdistan) un congrès extraordinaire à Diyarbakir déclara « l’autonomie démocratique. » Bientôt, dans les villes et les cités, les Kurdes construisirent des institutions démocratiques : des assemblées, des conseils, des comités et des coopératives. Cela revenait à réaliser un autogouvernement émergent, potentiellement un second pouvoir dans l’État turc.
Entre temps, en Syrie, en mars 2011, le soulèvement contre Assad commença, et le mouvement kurde alla de l’avant, créant des conseils de villages, de quartiers et de districts, selon le modèle du confédéralisme démocratique. En juillet 2012, le régime d’Assad abandonna ses positions clé dans le nord-est, sur quoi le mouvement démocratique prit le contrôle de la plus grande partie du Rojava, y compris les bâtiments gouvernementaux, les écoles et les hôpitaux.
Le système d’assemblées et de conseils confédéraux qui était déjà en place s’étendit et obtint un toujours plus grand soutien populaire. En janvier 2014, les trois cantons de Cizîrê, Kobanî et Afrin établirent le régime d’autonomie.
Le Contrat social des trois cantons2
Le même mois cinquante partis et organisations des trois cantons entérinèrent le contrat social, qui établit les principes et structures de ces trois cantons.
Il soulignait l’égalité des genres comme clé de l’autonomie démocratique. Les trois cantons s’efforcent de briser le système patriarcal :
– Les femmes peuvent participer à tous les aspects de la vie.
– Un système double d’encadrement est en place : chaque position de meneur est occupée par deux personnes, un homme, une femme.
– Aucune rencontre n’est légitime si elle n’atteint pas le quorum de 40 pour cent de femmes.
Le contrat social garantit des droits égaux pour toutes les ethnies et religions, afin de créer les conditions de coexistence et de coopération entre Kurdes, Arabes, Syriaques, Turkmènes, Tchétchènes et d’autres.
Il garantit toutes sortes de droits humains, y compris des points de la déclaration internationale sur les droits humains. Il garantit le droit d’être éduqué dans sa propre langue et que les personnes en quête d’un asile politique ne soient pas déportées. Il invite d’autres régions de la Syrie à adopter le modèle d’autonomie démocratique et à établir des régions autogouvernées qui puissent le rejoindre. Il se voit comme le modèle d’une Syrie future, démocratique, décentralisée.
La structure
Puisque nous sommes intéressés ici par les institutions démocratiques, regardons de près Rojava.
Au niveau 1 : les communes. Le système s’appuie sur les communes de 300 personnes, dans les quartiers (ou, hors de la ville, constituées par des villages). Par exemple, la ville de Qamislo est composée de 6 différents quartiers. Chaque quartier regroupe 18 communes et chaque commune comprend 300 foyers.
Les communes se rencontrent toutes les deux semaines, les réunions sont ouvertes à tous les résidents. Chaque commune élit un bureau, qui se rencontre chaque semaine, et tous les membres de la commune peuvent assister aux rencontres du bureau s’ils le souhaitent.
Chaque commune peut avoir jusqu’à huit commissions associées, dans des domaines comme l’économie, l’instruction dans la langue kurde, l’auto-défense, la réconciliation et la justice. Les commissions communales de réconciliation et de justice s’efforcent de résoudre les conflits locaux. Les commissions d’auto-défense organisent les unités d’auto-défense armée des communes.
Le niveau 2 : le voisinage. Ce niveau est constitué par le voisinage (ou, à la campagne, par le conseil de village). Il est constitué par les deux co-présidents élus pour être délégués à ce deuxième niveau de la confédération. A Qamilso, chacun des 6 voisinages possède un conseil composé des délégués des communes.
Le niveau 3 : le district. Chaque conseil de voisinage élit des délégués pour le niveau supérieur, le district. Le district est une cité avec son voisinage rural. Les mondes urbain et rural sont donc unis. A Qamislo, chacun des 6 conseils de voisinage élit 2 co-présidents, qui constituent le conseil de district de Qamislo. Outre ces 12 personnes, les autres sont directement élues.
Le canton de Cizîre consiste en 12 districts. Chaque conseil de district élit des délégués au conseil du peuple des cantons.
Le niveau 4 : le niveau cantonal, le Conseil du Peuple du Kurdistan Occidental (MGRK). Au sommet de conseil du peuple des cantons se trouvent les représentants de tous les conseils de district ainsi que les représentants des groupes au sein du TEV-DEM, le Mouvement pour une Société Démocratique. Le MGRK est supposé coordonner les Trois Cantons, mais la situation de guerre actuelle l’empêche de se réunir en un seul lieu.
Les conseils de femmes. Un système différencié de conseils de femmes existe, en parallèle avec les conseils différenciés de communes, de voisinage et de district. Elles ne prennent aucune décision sur les questions générales, puisque c’est le rôle des conseils mixtes. Elles discutent des enjeux qui sont spécifiques aux femmes. Les conseils de femmes disposent aussi d’un comité pour la résolution des conflits. Et elle ont le droit de veto sur toutes les questions qui concernent les femmes.
Les Administrations Démocratiques Autonomes. Les trois cantons de Rojava avaient des difficultés à être reconnus sur le plan international. La raison en était peut-être le caractère radical du système démocratique. Aussi, pour les besoins des relations internationales, le Contrat Social a établi une structure pour la formation d’une Administration Autonome Démocratique pour chacun des trois cantons. Ceux-ci ont été régulièrement constitués. Selon le Contrat Social, la population toute entière forme le conseil législatif, et celui-ci à son tour élit un conseil exécutif. A l’heure où ces lignes sont écrites, du fait des conditions de ce temps de guerre, les élections n’ont pas encore eu lieu. Le conseil législatif est donc constitué par les partis et organisations qui ont ratifié le Contrat Social ainsi que par les représentants des divers groupes ethniques.
Les Administrations Démocratiques Autonomes existent en parallèle au système de conseil. A ce jour, leur travail est intégré et coopératif, bien que la structure de leur relation n’ait pas été soigneusement définie.
Toutes les parties sont libres de participer au système. Mais quelques-unes, surtout les plus fidèles au KDP de Massoud Barzani qui gouverne le KRG voisin, ont choisi de rester en dehors du système tout entier. Elles peuvent participer mais choisissent de ne pas le faire. Elles devront obtenir 40% des sièges de l’assemblée législative si elles décident de participer.
La Déclaration de la Fédération de Rojava/Syrie du nord. En mars 2016, des représentants des trois cantons se rencontrèrent à Rimelan avec la Fédération de Rojava/Syrie du nord, afin de pouvoir incorporer les aires libérées à l’intérieur du système démocratique-autonome. L’objectif à long terme est « une Syrie démocratique et fédérale, plutôt qu’une administration centralisée. » « Des régions auto-administrées » à l’intérieur de la fédération doivent s’organiser « sur la base de conseils, académies, communes et coopératives. »
Je pense que Bookchin aurait été heureux de voir ces développements dans les deux parties du Kurdistan, comme je le fus moi-même quand je visitai les trois cantons en décembre 2014.
Que ce soit au Moyen-Orient ou n’importe où ailleurs, l’assemblée, pour Bookchin, était un processus éthique. Comme il l’écrivait : « Notre liberté en tant qu’individus dépend fortement des systèmes de soutien de la communauté et de la solidarité. […] Ce qui nous distingue en tant qu’êtres sociaux, dotés espérons-le d’institutions rationnelles […] c’est nos capacités de solidarité réciproque pour mettre mutuellement en valeur notre développement autonome […] et réaliser la liberté au sein d’une collectivité socialement créative et institutionnellement fertile. »
15 mai 2016
1 Un des fondateurs du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).
2 Le terme canton est une référence aux cantons suisses (N. d. T.)