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Au début de cette période examinée par le rapport hebdomadaire, il a neigé abondamment surtout dans l’ouest et le nord, généralement jusqu’à basse altitude. La Suisse était ainsi totalement sous l’emprise de l’hiver. De nombreuses avalanches spontanées (cf. série de photos, photo 1), mais également des avalanches de plaque de neige déclenchées artificiellement (cf. photo 1) se sont produites. Au cours de la période sous revue, on a observé de plus en plus d’avalanches de glissement, surtout dans l’ouest et le nord (cf. photo 10). C’est également dans ces régions que les quantités de neige dépassaient les valeurs moyennes. Dans le nord et l’ouest, les hauteurs de neige atteignaient pratiquement le double des valeurs habituelles en cette période de l’année, y compris à moyenne altitude. Dans les autres régions, les hauteurs de neige correspondaient souvent aux valeurs moyennes.
Du vendredi 15 décembre au dimanche 17 décembre: Beaucoup de neige fraîche dans le nord et l’ouest, nombreuses avalanches parfois de grande ampleur
Au cours de la nuit du jeudi au vendredi 15 décembre, il a neigé intensément dans l’ouest ainsi que sur l’est du versant nord des Alpes. La limite des chutes de neige est descendue depuis 1500 m jusqu’à basse altitude. Un vent temporairement fort de secteur ouest accompagnait les chutes de neige. Du mercredi midi 13 décembre au vendredi matin 15 décembre, des quantités considérables de neige fraîche se sont accumulées (cf. figure 2).
Etant donné que les quantités de neige fraîche atteignaient des valeurs non prévues dans certaines régions, le danger d’avalanche a été modifié le vendredi matin, et le degré de danger 4 a été étendu à toutes les régions touchées par les précipitations les plus importantes. En cours de journée, il y a eu une pause dans les précipitations et des éclaircies. Celles-ci ont été mises à profit par les services de sécurisation pour le déclenchement artificiel d’avalanches. De nombreuses opérations de minage ont été couronnées de succès et il a été possible de déclencher des avalanches de taille moyenne (cf. photo 3) à grande (cf. photo 1).
C’était surtout dans les régions de l’ouest touchées par les précipitations les plus importantes que l’on a également observé des avalanches spontanées de taille moyenne à grande (cf. photo 4) et ayant localement aussi provoqué des dégâts (voir la section Accidents d’avalanche et avalanches ayant provoqué des dégâts à la fin du présent rapport).
Du vendredi soir 15 décembre au dimanche 17 décembre avant midi, il a à nouveau neigé jusqu’à basse altitude dans l’ouest et le nord. Dans certaines régions, l’apport supplémentaire de neige était de 50 à 80 cm (cf. figure 5). Le vent était faible à modéré de secteur nord-ouest. Le dimanche était de plus en plus ensoleillé dans l’ouest, mais il neigeait encore un peu dans l’est. Dans le sud, le temps était souvent ensoleillé le samedi et le dimanche.
Immédiatement après les chutes de neige, les couches parfois épaisses de neige fraîche et de neige soufflée étaient encore insuffisamment liées entre elles. Cela s’est traduit, le dimanche 17 décembre, par de nouveaux départs d’avalanches et cela a aussi été confirmé par les tests de stabilité (cf. photo 6 et figure 7).
Le lundi 18 décembre, il est encore tombé de 15 à 25 cm de neige sur la crête nord des Alpes et dans le Bas-Valais, et ailleurs de 5 à 10 cm jusqu’à basse altitude. Dans le sud, le temps était partiellement ensoleillé. Le vent était temporairement modéré à fort de secteur ouest à nord-ouest dans le nord et dans la région du Simplon et faible à modéré ailleurs. Le mardi 19 décembre, il est à nouveau tombé de 5 à 10 cm de neige jusqu’à basse altitude dans le nord. Dans le sud, le temps était généralement ensoleillé. Un vent modéré de secteur nord soufflait en altitude.
Au cours de la nuit du mardi au mercredi 20 décembre, la nébulosité était comparable à du brouillard élevé dans l’est. On a observé une mince croûte à la surface neigeuse à différents endroits sur le centre et l’est du versant nord des Alpes et dans le nord des Grisons. Cette croûte avait une épaisseur de quelques millimètres à 1 cm et était présente à toutes les expositions, parfois jusqu’à une altitude de 2500 m. Il est très vraisemblable qu’au cours de la nuit du mardi au mercredi des précipitations sous forme de gouttelettes d’eau en surfusion soient tombées à partir du brouillard élevé se transformant en glace uniquement au moment du contact avec le sol ou la surface neigeuse (cf. photo 8).
Le mercredi 20 décembre, le temps est devenu de plus en plus ensoleillé en montagne. Dans le sud, le soleil a brillé toute la journée. Le vent du nord était faible à modéré, mais aussi fort dans certaines régions de haute montagne. Avec une température de -3 à -6 °C à 2000 m, il faisait d’abord encore frais. Le jeudi 21 décembre était souvent ensoleillé au début. En altitude, un vent du nord encore temporairement fort soufflait, surtout pendant la nuit. Il a diminué en cours de journée. L’isotherme zéro degré est montée à environ 2000 m.
Au cours de la seconde moitié de la période couverte par le rapport hebdomadaire, le vent de secteur ouest à nord a donné lieu en permanence, surtout en altitude, à la formation d’accumulations relativement petites de neige soufflée susceptibles de se décrocher. En revanche, les épaisses couches de neige fraîche de la semaine passée se tassaient et se consolidaient de plus en plus. C’est la raison pour laquelle le danger de déclenchement d’avalanches dans les couches proches du sol diminuait nettement dans les régions de l’ouest et du nord où la neige était abondante. Quelques ruptures dans les couches profondes du manteau neigeux étaient possibles, surtout en présence d’une surcharge importante ou au niveau du passage de zones avec peu de neige vers des zones fortement enneigées (cf. photo 9).
Dans les régions avec moins de neige du sud du Valais, du Tessin, du centre des Grisons, de l’Engadine et des vallées du sud des Grisons, les couches de neige proches de la surface étaient encore nettement moins recouvertes de neige. Dans ces régions, on a encore perçu des bruits sourds à partir de couches profondes du manteau neigeux et on a même observé localement des déclenchements à distance d’avalanches de plaque de neige.
Au cours de la période sous revue, les mouvements de neige glissante se sont également intensifiés et il y a eu de nombreuses avalanches de glissement (cf. photo 10). Il s’agissait à cet égard de ce que l’on appelle des ‚avalanches froides de glissement‘. Dans ce cas, le manteau neigeux n’a une température de 0 °C qu’au niveau du passage vers le sol. Le reste du manteau neigeux est plus froid. Le moment du déclenchement d’avalanches froides de glissement ne dépend pas de la météo. Elles peuvent se produire à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit. En raison des grandes hauteurs de neige, les avalanches de glissement menaçaient également des tronçons routiers, des poteaux de lignes électriques et localement des bâtiments, y compris à basse et moyenne altitude. Sur les pentes exposées au sud, on a observé des avalanches de glissement jusqu’à des altitudes de 2200 à 2400 m, et sur les pentes orientées au nord jusqu’à des altitudes d’environ 2000 m.
Le jeudi 21 décembre, les hauteurs de neige étaient clairement supérieures aux données moyennes sur tout le versant nord des Alpes. Entre 1000 et 2000 m d’altitude, il y avait souvent près du double de la hauteur habituelle de neige en cette période de l’année. De nombreuses stations à cette altitude avaient pour la dernière fois relevé des quantités comparables de neige peu avant Noël en 2011 et 2012. Au-dessus de 2000 m environ, il y avait sur le versant nord des Alpes près d’une fois et demi la quantité normale de neige. Une seule station (Titlisboden 2150 m, Engelberg, OW, début des mesures en 1993) occupait le rang 1 pour la hauteur de neige un 21 décembre, mais près de 50% de toutes les stations avec au moins 20 années de relevés se situaient entre le rang 1 et le rang 5. Les dernières fois qu’il y avait des hauteurs similaires de neige les jours précédant Noël c’était en 2011, 2012 et 2002. En revanche, dans le Tessin et dans les vallées de la Viège, les hauteurs de neige au-dessus de 2000 m étaient légèrement inférieures aux valeurs moyennes.
Par contre, il convient de mentionner l’abondance de neige dans les vallées du Sottoceneri au cours des 20 premiers jours de décembre. Locarno et Bellinzona étaient recouvertes de neige depuis 11 jours. Une hauteur moyenne de neige similaire y avait été enregistrée pour le dernière fois en 1991.
Au cours de période couverte par le rapport hebdomadaire, trois avalanches impliquant des personnes et deux avalanches ayant provoqué des dégâts ont été signalées.
- Dans la nuit du jeudi au vendredi 15 décembre, plusieurs grandes avalanches se sont produites au-dessus de La Fouly, VS, à partir de la cuvette du glacier de l'A Neuve. Au moins l'une d'entre elles a provoqué des dégâts à la forêt au-dessus du terrain de camping de La Fouly. ·
- Le samedi 16 décembre, une personne a été touchée et emportée par un glissement dans le Jura sur le versant nord de la Hasenmatt (Selzach, SO).
- Le dimanche 17 décembre, une personne a été touchée par une avalanche sur une pente exposée au sud-est à 2500 m dans le domaine skiable de Marguns (St. Moritz, GR). Elle s'en est tirée indemne. ·
- Le dimanche 17 décembre, la ligne de chemin de fer Cervin-Gothard a dû être fermée temporairement entre Nätschen et le col de l'Oberalp en raison d'une avalanche de glissement. ·
- Le dimanche 17 décembre, une avalanche de glissement s'est déclenchée dans le domaine skiable de Ratzi (Spiringen, UR) sur une pente exposée au sud à environ 1700 m (cf. photo 11), précisément au moment où un snowboarder se trouvait dans la zone de rupture. Etant donné que les avalanches de glissement ne peuvent guère être déclenchées artificiellement, on ne sait pas exactement si le snowboarder a déclenché l'avalanche ou si la rencontre de l'adepte des sports de neige et de l'avalanche est un fait rare dû au hasard. Quoi qu'il en soit, cet exemple confirme le bien-fondé de la recommandation de ne pas s'attarder inutilement dans le voisinage de fissures de glissement. Comme on ne savait pas avec certitude que personne n'avait été enseveli, les dépôts de l'avalanche qui atteignaient parfois 3 m d'épaisseur ont été fouillés à l'aide de sondes.
- Le jeudi 21 décembre, une personne a été emportée sur une pente sud à 3200 m dans le domaine skiable de Verbier. Elle n'était pas ensevelie, mais blessée.
Les opérations de recherche sont considérées comme des avalanches ayant provoqué des dégâts, car elles engendrent également des frais. Il est dès lors important de signaler les avalanches sans conséquences graves. Pour communiquer une telle information, on peut soit s’adresser à la Rega (au numéro 1414) soit, dans les domaines skiables, au service chargé de la sécurité des pistes.
Evolution du danger
Bulletins d'avalanche de cette période.