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« Pour moi, un tableau doit être comme des étincelles. Il faut qu’il éblouisse comme la beauté d’une femme ou d’un poème ».
Miró
A travers 150 toiles, la rétrospective de Joan Miró au Grand Palais à Paris retrace 70 années d’évolution technique et stylistique de l’artiste d’orgine catalane.
N’appartenant à aucune école ni à aucun groupe, Miró crée à partir de ses rêves. L’artiste remet continuellement en question son langage pictural. Dans les années 1915-1917, il a une période fauve puis entretient une relation complexe avec le cubisme. A partir de 1923, il s’intéresse au surréalisme. Son imaginaire se déploie pour se substituer à la représentation du réel. Quelques années plus tard, il exécute deux séries de Paysages Imaginaires. Dans ces 14 toiles peintes durant les étés 1926 et 1927, Miró retrouve la ligne d’horizon qui partage le paysage en deux et les aplats de couleurs vives saturées.
La montée des fascismes dans les années 1930 s’imposent dans l’oeuvre de Miró. Il se lance dans le cycle des Peintures Sauvages. En 1936, il s’exile à Paris avec sa famille pour fuir la guerre civile espagnole.
Miró explore différents supports: il peint sur masonite, fait une serie de gouaches sur papier avec les Constellations et va également s’intéresser à la céramique. En 1942, avec son ami Josep Llorens i Artigas, il apprend à modeler la terre. L’étape du feu et ses effets imprévisibles constituent pour Miró « des surprises excitantes ».
A la fin de la guerre, il part aux Etats-Unis où il effectuera une grande peinture murale pour le Terrace Plaza Hotel de Cincinatti. A son retour, ses toiles sont plus spontanées. Son langage devient plus codifié et immédiatement reconnaissable. Il repose sur des points et des cercles pour les yeux, des arcs et des croix pour les astres, des signes verticaux et horizontaux pour les sexes et les oiseaux. Ce retour marque également le prolongement de son travail de sculpteur et le développement de son oeuvre lithographique.
En 1956, l’artiste s’installe à Majorque. Dans le grand atelier qu’il a fait construire, il déballe les caisses dans lesquelles étaient conservées les oeuvres qu’il n’avait pas revues depuis son départ de Paris avant la guerre. Il porte un regard critique sur ces oeuvres et en détruit un grand nombre. Il veut prendre de nouvelles directions et « dépasser la peinture de chevalet ». Dès 1961, il crée des oeuvres monumentales intitulées Bleu I, Bleu II et Bleu III. Ces peintures représentent la synthèse de toutes les expériences qu’il a menées. C’est pour lui « l’aboutissement ».
Vers la fin de sa fin, il repousse encore les limites de sa création avec ses Toiles brûlées. Plus libre, il peint avec ses doigts, ses poings, marche sur la toile pour retrouver cette puissance primitive caractéristique de l’ensemble de son oeuvre.
L’exposition est à voir jusqu’au 4 février 2019.
Vue de l’exposition Miró (14), scénographie Atelier Maciej Fiszer © Rmn-Grand Palais / Photo Didier Plowy
Vue de l’exposition Miró (5), scénographie Atelier Maciej Fiszer © Rmn-Grand Palais / Photo Didier Plowy
Vue de l’exposition Miró (13), scénographie Atelier Maciej Fiszer © Rmn-Grand Palais / Photo Didier Plowy
Vue de l’exposition Miró (4), scénographie Atelier Maciej Fiszer © Rmn-Grand Palais / Photo Didier Plowy
Anonyme, Joan Miró en train de peindre Le Faucheur,
Pavillon Espagnol, Exposition Universelle, Paris 1937
© Successió Miró / Adagp, Paris 2018. Photo Successió Miró Archive
Grand Palais
Miró
Du 3 octobre 2018 au 4 février 2019
Toute reproduction interdite
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