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Le projet géothermique de Bâle lancé en 2006 visait à créer un système de fissures artificielles à une profondeur de 4000 à 5000 m, et à l’utiliser comme réservoir géothermique pour produire de l’énergie. Dans ce but, de l’eau froide a été injectée à haute pression dans le sous-sol. En cours de processus, de nombreux microséismes se sont produits, dont certains ont été ressentis, notamment un tremblement de terre d’une magnitude de 3.4 (ML), qui a provoqué de petits dommages sur des bâtiments. Les travaux du projet ont alors été interrompus, puis définitivement arrêtés en 2009 après une analyse de risque complète. Le forage a été ouvert en décembre 2006 en raison de la sismicité accrue, puis à nouveau fermé en avril 2011.
L’activité sismique à proximité du forage est surveillée depuis le début du projet par un réseau sismique et les données collectées permettent de dire qu’elle a plus ou moins constamment baissé dans la zone stimulée depuis la fin du projet en 2006. Environ une année après la fermeture du forage en avril 2011, et notamment depuis le deuxième semestre de 2016, l’activité sismique a recommencé à augmenter significativement à proximité immédiate du forage. Les microséismes se sont produits généralement en essaims, ce qui signifie que des phases d’activité accrue de quelques semaines ont été suivies de périodes plus calmes. Jusqu’ici, aucun de ces séismes n’a été ressenti par la population.
Au cours des derniers mois, la répartition spatiale des séismes a évolué conjointement à l’activité : les derniers tremblements de terre se sont produits en limites sud et nord de la zone concernée jusqu’ici, et indiquent une extension du système de fissures engendré. Les mesures montrent par ailleurs que la pression hydraulique dans le réservoir (pression interstitielle) a augmenté en permanence depuis la fermeture du forage. Une analyse détaillée des données sismiques ainsi que la modélisation de la relation entre les séismes et l’augmentation de la pression interstitielle ont prouvé que même des montées de pression limitées dans le réservoir suffisent à augmenter nettement la sismicité.
Les analyses du SED ont démontré qu’en l’absence de mesures de réduction de pression, un séisme d’une magnitude de 2 pouvant être faiblement ressenti était parfaitement possible dans les 12 mois à venir. La probabilité de cet évènement se situe entre 55 et 85 % et celle d’un tremblement de terre aussi fort que celui de 2006, avec une magnitude de 3.4, s’élève actuellement à environ 5 %. Sur la base de ses modélisations, et de la baisse de sismicité observée entre 2007 et 2011, le SED s’attend à ce que le taux moyen de tremblements de terre soit réduit de 50 à 90 % au cours des deux prochaines années par une nouvelle ouverture du forage.
Au cours des dix dernières années, le SED a conseillé et assisté sur demande les exploitants du projet ainsi que les autorités cantonales (cantons de Bâle-Ville, Jura, Vaud, Thurgovie et ville de Saint-Gall). Cette assistance était centrée sur les aspects sismologiques de l’étude de l’impact sur l’environnement (EIE), sur la surveillance sismique et sur le contrôle des concepts de sécurité sismiques et d’exploitation.
Pour de plus amples informations
Rapport contextuel « Séismes induits dans la zone du projet géothermique à Bâle » (en allemand)
Communiqué de presse du canton de Bâle-Ville pour l’ouverture du forage (en allemand)
Projet de géothermie de Bâle - informations du SED sur le projet
Séismes et géothermie - les relations les plus importantes en bref