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La question de la nécessité d’être à jeun pour un bilan des lipides sanguins est d’importance car c’est une contrainte à la fois pour le patient, le laboratoire et le médecin. L’étude transversale publiée par Sidhu et coll. tente d’y répondre : elle analyse 209 180 prélèvements sanguins effectués pour un bilan lipidique (cholestérol total, HDL, LDL calculé, triglycérides), au laboratoire central de Calgary, Canada, entre le 1er avril et le 30 septembre 2011, chaque patient étant tenu de préciser la durée du jeûne précédant le prélèvement. Les auteurs ont défini seize catégories en fonction de cette durée (de 1 heure ou moins à 16 heures ou plus). Les résultats ont été ajustés pour l’âge et calculés séparément pour les deux sexes. Ils concluent que la durée du jeûne n’influence pas significativement les taux de cholestérol total et de HDL (variabilité de 2%) ; concernant le taux de LDL, la variabilité est inférieure à 10% tandis qu’elle est inférieure à 20% pour les triglycérides.
Commentaire : cette étude est la première à démontrer, avec un tel collectif, que la variabilité des lipides sanguins n’est que faiblement modifiée par le jeûne. Il semble donc raisonnable, pour la plupart de nos patients, d’effectuer un dépistage de dyslipidémie en période postprandiale. Cependant, la moyenne d’âge et les valeurs lipidiques du collectif étaient relativement basses, ce qui en fait probablement une population à bas risque cardio-vasculaire. Pour des patients à plus haut risque cardio-vasculaire ou avec des valeurs lipidiques anormales, un prélèvement à jeun est pour l’instant encore recommandé pour ajuster le traitement en fonction de valeurs de références jusqu’alors effectuées pour la plupart sur des bilans à jeun.