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Qui est Danny Fenster, le journaliste américain emprisonné en Birmanie ?
Un homme humble, toujours positif et inspiré par le combat de George Orwell contre l'autoritarisme. Tel est Danny Fenster, journaliste américain emprisonné et poursuivi pour terrorisme par la junte en Birmanie, selon l'un de ses collègues rencontré par l'AFP.
Depuis le coup d'Etat de février qui a renversé Aung San Suu Kyi et lancé une répression qui a fait plus de 1200 morts, la Birmanie est, après la Chine, le pays au monde qui a mis le plus de journalistes en prison.
Arrêté en mai alors qu'il tentait de quitter le pays, Danny Fenster risque la prison à vie pour terrorisme et sédition et a déjà été condamné à onze ans de prison la semaine dernière pour participation à une association illégale et incitation anti-armée, des accusations que son avocat et le gouvernement américain jugent infondées.
Danny «était toujours l'une des personnes les plus positives dans la pièce», a déclaré à l'AFP Andrew Nachemson, ami et collègue du rédacteur en chef adjoint du magazine Frontier Myanmar.
M. Fenster était heureux de travailler dans les coulisses, dit-il, façonnant et peaufinant les articles des journalistes locaux d'un journal à la très bonne réputation.
«Il se souciait beaucoup de la vérité et de la lutte contre l'autoritarisme».
Il est un «grand fan» de George Orwell, qui fut fonctionnaire britannique en Birmanie et qui a consacré l'un de ses premiers romans à cette expérience.
«Onze ans en prison ?»
Comme Danny Fenster, Andrew s'est installé en Birmanie pour couvrir la transition du pays vers un régime démocratique avec Aung San Suu Kyi à sa tête dans les années 2010.
L'économie était en plein essor mais de nombreux problèmes subsistaient «dont les gens ne voulaient pas parler», raconte-t-il. «Quelqu'un comme Danny voulait témoigner du fait que les journalistes étaient toujours arrêtés, ou que les Rohingyas étaient toujours tués».
Les deux hommes se sont liés d'amitié lors de week-ends passés à faire de la randonnée, de la natation et du kayak dans les environs de Rangoun.
La peine de onze ans d'emprisonnement, prononcée à l'issue d'un procès rapide dans la prison où Fenster est détenu depuis, a été «traumatisante», a déclaré M. Nachemson. "Cela semblait si injuste et c'était effrayant de penser "Et s'il passait réellement onze ans en prison?"».
Les contacts de Danny Fenster, qui aurait contracté le Covid-19 en prison, avec le monde extérieur se limitent à des visites de sa compagne et à des appels téléphoniques avec sa famille.
Il se peut qu'il soit «utilisé comme un otage» par la junte dans ses relations avec les Etats-Unis, qui ont prononcé des sanctions contre ses dirigeants, estime Andrew Nachemson.
D'autres journalistes étrangers détenus par la junte l'ont été pour des périodes plus courtes, notamment l'Américain Nathan Maung qui a été libéré en juin, deux semaines après l'arrestation de Fenster.
Battu et privé d'eau pendant plusieurs jours au cours de son interrogatoire, M. Maung pense que la diplomatie américaine a permis sa libération.
Mais la junte semble plus inflexible dans le cas de Danny Fenster, qui a notamment été exclu d'une liste de milliers de prisonniers, dont plusieurs journalistes critiques, libérés par la junte à l'occasion d'un festival bouddhiste en octobre.
M. Maung s'est dit «choqué» et «en colère» en apprenant la sentence prononcée contre le journaliste de Frontier Myanmar.
«Nous espérons qu'une sorte d'accord pourra être trouvé», a déclaré M. Nachemson, ajoutant ne pas être optimiste.
Et il craint le pire car son ami s'apprête à être jugé pour terrorisme et sédition.
«Je ne cesse de penser à lui», a-t-il déclaré. «Même les jours où il n'y a aucun développement dans l'affaire, Danny est toujours dans mon esprit».
AFP