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Benjamin Smadja: Le Coronavirus est évidemment sur toutes les lèvres. Certaines personnes qui dépendent de l’OMS sont allées sur place en Chine au début de l’épidémie notamment, vous, Docteur Bruce Aylward, sous-directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé, épidémiologiste et médecin. Vous êtes allés en Chine au début de cette épidémie. Qu’avez-vous vu ?
Bruce Aylward: Comme vous le savez, le coronavirus est une maladie respiratoire, et en général, il est difficile de contrôler un virus de ce type avec les mesures de santé publique. Or j’ai pu constater que la Chine, grâce à la recherche des contacts ( le processus d’identification des personnes qui peuvent avoir été en contact avec une personne infectée), a pu contrôler l’épidémie. J’ai été également surpris de voir à quel point la Chine a fait preuve de discipline et de patience face à ce virus et aux mesures de contrôle.
BS: Ce sont des mesures qui sont prises un peu partout dans le monde, finalement. Selon vous, ce serait la meilleure manière de réagir aujourd’hui, sachant que ce virus est sorti de Chine?
BA: Non, et en réalité la Chine comprend 31 provinces, et peut-être un milliard de villes, de grandes cités, mais il y a seulement un, deux, voire trois, lieux où ce système de confinement a été mis en place. La plupart du temps les premières mesures mises en place étaient le lavage des mains, les masques, et ensuite, la suspension des grandes fêtes. Ce sont les mesures les plus importantes qui ont rompu, pour la plupart, l’échelle de transmission.
BS: La Suisse a annulé les rassemblements de plus de 1’000 personnes. C’est une mesure intelligente, plutôt que de fermer des frontières, par exemple?
BA: Le plus important c’est que la population suisse comprenne les symptômes, les signes de ce virus, parce qu’il ne s’agit pas d’un rhume, c’est une fièvre, une toux, il ne faut pas croire que c’est un simple rhume, c’est important. Et oui, arrêter les grands rassemblements, etc, est une mesure efficace.
Laurie Selli: Pour l’OMS, parler de pandémie est prématuré. Quel est la différence entre une épidémie et une pandémie?
BA: Normalement, c’est une fonction du virus, il peut aller partout, dans toutes les grandes communautés rapidement. Mais le coronavirus est différent. En réalité vous n’avez pas une grande flambée globale de ce virus mais, au contraire, de petites flambées. La population pense, en général, que la pandémie est le pire scénario mais, en réalité, la grippe saisonnière peut être une pandémie si elle va partout. La différence avec le coronavirus, c’est qu’il y a une possibilité de couper les chaînes de transmission et ainsi de protéger un grand nombre de personnes avec les mesures vraiment traditionnelles.
LS: L’épidémie est là maintenant, est-ce que l’on va devoir apprendre à vivre au quotidien avec le coronavirus? C’est ce que font les personnes en Chine?
BA: C’est une des grandes questions, il est encore trop tôt pour le dire. Mais une chose est intéressante et importante aussi, c’est que la Chine ne prend pas ce risque. Elle part du principe que ce virus va rester dans la population. Pour cette raison, nous devons mettre en place des mesures, les lits, l’oxygène, les “city scanners”, les capacités des laboratoires, pour vivre avec ce virus si nécessaire. J’ai été surpris, quand je suis retourné à l’Ouest après six semaines, de voir que les pays n’étaient pas prêts pour la première vague, alors que la Chine s’est déjà préparée pour une deuxième vague, si elle vient. C’est une autre mentalité.
LS: Donc, selon vous, la Suisse ne s’est pas suffisamment bien préparée pour faire face à ce coronavirus?
BA: Non je ne peux pas dire ça. En général, les Suisses sont bien préparés pour tout ça. Cette mentalité est très bonne pour un virus comme celui-là, et nous avons une société très bien organisée ici en général.
BS: Quels sont les défis à venir avec ce coronavirus? Certains, comme le président américain Donald Trump, n’arrêtent pas de répéter que, quand il fera beau et chaud, nous n’entendrons plus parler de ce coronavirus. Est-ce vrai?
BA: Il y a encore beaucoup de questions avec le coronavirus. Est-ce qu’il y a une saisonnalité? Difficile à dire. Par exemple, il y a une grande flambée maintenant à Singapour, pourtant il fait chaud, c’est humide, etc. En Chine aussi, il y a eu une grande épidémie dans tout le pays, alors que le nord et le sud de la Chine ont des climats différents, et le virus est passé partout sans saisonnalité on peut dire. Nous espérons que cela va diminuer avec l’été, mais on ne peut pas le dire avec certitude pour l’instant, et on doit se préparer face à ces questions. Il y a d’autres questions, aussi, chez les enfants, par exemple, on ne voit pas beaucoup de malades, peut-être que c’est parce qu’en Chine, les écoles étaient fermées quand la première vague est arrivée, nous ne le savons pas pour l’instant. D’autres questions se posent encore, comme pour les médicaments, les vaccins, nous sommes juste au début de cette maladie.
BS: Bruce Aylward, vous êtes sous–directeur de l’OMS, épidémiologiste et médecin.
CO2: les Suisses ont voté avec leur porte-monnaie, selon la presse
En rejetant la loi sur le CO2, les Suisses ont voté avec leur porte-monnaie, note la presse lundi. Elle souligne le fossé entre les villes et les campagnes. Il devra être pris en compte pour élaborer de nouvelles solutions, qu'il faudra proposer rapidement.
"Les Suisses ont mal au porte-monnaie et sans doute bien davantage que les politiques ont pu le penser", écrit le Nouvelliste. Et d'ajouter que le slogan de l'UDC "Avant la fin du monde, la fin du mois", est devenu un parfait résumé de la réalité que semblent vivre les citoyens.
"Ce sont surtout les instruments choisis, perçus comme une menace sur les finances des ménages, qui n’ont pas séduit les citoyens", abonde Arcinfo. La Tribune de Genève et 24 heures soulignent également que "la population vote avant tout avec le porte-monnaie" et elle veut "des solutions pratiques et adaptées à différents lieux et modes de vie".
Une majorité de la population a refusé d'être pénalisée parce qu'elle habite dans une commune mal desservie par les transports publics ou parce qu'elle se chauffe au mazout, fait écho La Liberté.
Fossé villes-campagnes
Le journal fribourgeois relève qu'en ayant su dévier le débat de l'urgence climatique vers les implications financières, l'UDC, seul parti opposé à la loi, a engrangé un "succès retentissant". Le Quotidien Jurassien souligne également "l'adroite campagne" menée par les opposants qui a conduit au "non" du peuple, "effrayé par l'épouvantail des taxes plutôt que séduit par les incitations financières récompensant les comportements respectueux du climat".
A l'instar d'autres médias, Le Temps pointe le "profond fossé" que la votation a creusé entre "les campagnes, qui ont eu le sentiment de payer l'essentiel de la facture, et les villes".
Pour le journal lémanique, le monde paysan, ulcéré par des attaques qu'il a perçues comme visant son travail, "a fait de la loi sur le CO2 la victime collatérale des initiatives anti-pesticides". La mobilisation du milieu paysan et des zones rurales, échaudés par une campagne sur les pesticides particulièrement tendue, a pesé lourd dans la balance, abonde Arcinfo.
Pour la RTS Radio, "cet échec est aussi une remise en cause du principe des taxes d'incitation qui s'attaquent directement à des manières de vivre, précisément différentes en ville et à la campagne".
De nouveaux instruments, rapidement
Il faudra donc tenir compte "de la Suisse des champs" pour ficeler un nouveau paquet, ajoute-t-elle. Et il en faudra un rapidement, soulignent plusieurs médias, rappelant que la Suisse a signé l'Accord de Paris, s'engageant à réduire ses émissions de CO2 d'au moins 50% d'ici 2030.
Pour ce faire, de nouveaux instruments devront être élaborés. Les citoyens ayant montré qu'ils n'avaient pas l'intention d'assumer seuls les coûts de la politique climatique, il faudra certainement élargir le cercle des taxés à l'industrie, avance le Nouvelliste. Pour 24 heures et la Tribune de Genève, il s'agira de trouver "une construction plus simple", la "logique des petits pots - une taxe par ci, une redistribution par là", n'ayant pas convaincu.
Les deux journaux ajoutent que, pour ce nouveau compromis, "la droite tient le couteau par le manche" et les grévistes du climat n'auront que peu de poids.
Les référendaires de gauche, qui ont annoncé une nouvelle initiative qui inclut la finance, "vont devoir remonter le courant", écrit pour sa part le Courrier. S'il salue cette volonté, le journal constate que, ce week-end, "l’horloge du compte à rebours climatique a avancé vers la sonnerie d’alerte".
Cet article a été publié automatiquement. Source : ats
Remettre l’ouvrage sur le métier – place financière dans le viseur
Les partisans de la loi sur le CO2 ont appelé dimanche à remettre l'ouvrage sur le métier pour respecter l'accord de Paris. La place financière est notamment dans le viseur. Pour les opposants, la loi était soit superflue soit allait dans la mauvaise direction.
Les arguments des coûts pour les ménages et des interdictions concernant notamment les chauffages à mazout et au gaz ont à l'évidence pesé dans la balance, constate avec regret Cristina Gaggini, directrice romande d'economiesuisse, engagée pour le oui.
Pour l'UDC, qui avait lancé le référendum avec la Grève du climat, les arguments selon lesquels un "oui" entraînerait une hausse des prix pour les automobilistes, le chauffage et les vacances ont été décisifs. "Ce qui est déjà prévu suffira pour que la Suisse respecte ses engagements internationaux", a assuré le conseiller national Pierre-André Page (FR).
"Cette loi allait dans la mauvaise direction: elle ciblait les individus et laissait de côté les grands pollueurs", a estimé pour sa part Franziska Meinherz, du comité référendaire pour une écologie sociale.
Exempter certaines entreprises
Du côté des partisans du oui, economiesuisse demande désormais que soient incluses dans le prochain texte discuté au Parlement les réserves émises par la population, et donc qu'on mise davantage sur les incitations positives au lieu d'augmenter la taxe sur le CO2.
Elle insiste sur le fait que doit être gardée la possibilité pour certaines entreprises d'être exemptées de la taxe en question et qu'il faut élargir la possibilité de réduire les émissions de gaz à effet de serre à l'étranger.
Place financière
Le WWF, dans le comité pour le oui, entend de son côté s'engager pour des mesures dans différents secteurs, comme la place financière, le trafic aérien ou l'agriculture. Elle évoque aussi l'élaboration d'un "plan d'urgence pour lutter contre la crise climatique".
La large alliance qui soutenait la loi "constitue une base solide pour former une coalition volontaire associant une grande partie de la population", pense l'ONG. Sa mission sera de "faire avancer la cause d'un abandon rapide du pétrole et du gaz".
Les Verts, pour qui les compagnies pétrolières et gazières et leur lobby au sein de l'UDC et du PLR ont empêché un oui, et le PS ont aussi dans le viseur la place financière suisse. Selon la coprésidente du PS, Mattea Meyer, qui s'exprimait sur Blick TV, ce secteur est "la principale cause de la crise climatique".
Le PS et les Verts espèrent que le PLR et le Centre offriront leur soutien pour rendre cette place plus verte. Les Verts et l'Alliance climatique comptent lancer une initiative commune en ce sens.
La place financière suisse est aussi dans le viseur de la Grève du climat, pour qui une politique écologiste doit impérativement aller de pair avec une politique sociale.
En attendant, le résultat de dimanche ralentit massivement la protection du climat, déplorent les Verts, comme l'Union syndicale suisse (USS). Le Centre, pour qui le vote le même jour sur les deux initiatives anti-pesticides a peut-être été fatal à la loi sur le CO2, reconnaît aussi la nécessité d'agir.
PLR pointé du doigt
Un parti, le PLR, qui avait annoncé un tournant vers plus d'écologie et défendait le oui, est montré du doigt. Pour sa présidente Petra Gössi, le projet de compromis élaboré avec les partis bourgeois est probablement allé trop loin pour la population. Aux yeux du PLR, c'est aux Verts de "prendre leurs responsabilités et proposer des solutions qui puissent convaincre une majorité."
Pour la conseillère nationale verte Delphine Klopfenstein Broggini (GE), qui s'exprimait sur la RTS, le résultat de dimanche montre au contraire clairement que "le PLR n'a pas réussi à convaincre son propre électorat". Pour le politologue Claude Longchamp, la question va se poser pour le PLR de savoir quelle direction il devra prendre à l'avenir, a-t-il déclaré sur Blick TV.
Mesures repoussées
"Très déçue", l'ATE fustige le lobby du pétrole et ses "acolytes de l'UDC", qui sont "parvenus à discréditer une loi pourtant très équilibrée par une campagne honteuse, fondée sur la peur".
Elle regrette particulièrement que des mesures en matière de politique des transports ne puissent être appliquées immédiatement, notamment la taxe sur les billets d'avion ou le financement du développement des trains de nuit.
L'USS souligne que les conséquences du réchauffement frapperont avant tout les personnes à bas et moyens revenus. Elle relève le "rôle central de la question sociale". Pour elle, la transition vers une économie plus respectueuse de l'environnement devra mieux tenir compte du pouvoir d'achat. "Toute taxe incitative doit ainsi être autant que possible redistribuée", estime-t-elle.
Cet article a été publié automatiquement. Source : ats
Non aux initiatives anti-pesticides: fossé ville-campagne se creuse
Les pesticides ne seront pas drastiquement limités dans l'agriculture. Le peuple a rejeté dimanche les deux initiatives anti-pesticides lancées par des comités citoyens. "Un fossé semble s'installer entre les grandes villes et la campagne", relève Guy Parmelin.
A la tête du Département fédéral de l'économie (DEFR), Guy Parlemin a salué dimanche le résultat sorti des urnes: "c'est un choix de la raison et du pragmatisme, c'est un choix qui garantit l'avenir de notre agriculture et la sécurité alimentaire de tout le pays."
"La campagne a été très émotionnelle chez les agriculteurs, mais aussi entre la ville et la campagne" a toutefois nuancé le président de la Confédération, qui s'est beaucoup engagé sur ces objets. Un fossé semble s'installer de plus en plus entre les grandes villes et la campagne: il est donc vital et nécessaire de le combler et de renouer les liens."
Les deux initiatives réclamaient des mesures strictes pour réduire les pesticides dans l'environnement, soulignant les dangers qu'ils représentent pour la santé et la nature. L'une demandait l'interdiction pure et simple des pesticides de synthèse, tandis que l'autre intitulée "Pour une eau potable propre et une alimentation saine" voulait durcir les conditions donnant droit aux paiements directs.
Au final, ni l'une ni l'autre n'ont obtenu l'aval du peuple. Tant l'initiative interdisant les pesticides de synthèse que celle "Pour une potable propre" ont été balayées par 60% des voix. Bâle-Ville est le seul canton à avoir dit deux fois oui.
Au total, 1,9 million de citoyens ont glissé un non. Le oui n'a récolté que 1,2 million de voix. La participation s'est élevée à près de 60% des votants.
Le record du non en Valais
Les cantons romands ont tous rejeté les deux textes, dans un vote groupé relativement similaire. Parmi les plus fervents opposants, le Valais figure en tête avec 78,2% de non sur l'Initiatiave Pour une eau propre, et 76,9% sur celle sur les pesticides de synthèse. C'est le record national.
Il est suivi par le Jura (69,2%/67,1%), Fribourg (68,7%/67%), Vaud (66%/62,7%) et Neuchâtel (61,4%/57,3%). Genève ferme la marche avec un petit non légèrement supérieur à la majorité (53,1%/50,6%).
En Suisse alémanique, Bâle-Ville sauve l'honneur des initiants avec un double oui de 58,7% et 57,1%. Tous les autres cantons ont refusé les deux textes. Dans le canton de Zurich, le rejet l'a emporté par deux fois dans une proportion d'un peu plus de 50% et à Berne de 59%. En Suisse centrale (NW, OW, AI, UR, SZ), le front du non a varié entre 70 et 75%.
Fossé villes-campagne
Seules les grandes villes se sont montrées favorables aux deux initiatives. En moyenne, le oui est d'environ 60% dans les communes de plus de 50'000 habitants. Il dépasse cette barre à Berne, Zurich et Bâle. Il est au-dessus de 50% à Lausanne et Genève.
Le non l'emporte en revanche dans les communes de plus petite taille et dépasse les 70% dans les communes de moins de 1000 habitants. A Bourg-Saint-Pierre (VS), qui compte environ 200 habitants, c'est presque un non à l'unanimité (95,8%). Les quelque 40 habitants de Berken (BE) ont eux tous glissé un non dans l'urne sur l'initiative contre les pesticides de synthèse.
Pronostics confirmés
Les résultats confirment les pronostics des sondages qui donnaient d'abord les initiatives phytos légèrement en tête puis en recul constant au fil d'une campagne très polarisée, voire agressive. Le monde agricole a dans sa grande majorité martelé que ces deux textes menaçaient leurs exploitations.
Ils auraient été difficiles à mettre en ½uvre pour certains secteurs comme l'élevage de volailles ou de porcs ou les producteurs de fruits. La production agricole indigène aurait chuté, les prix augmentés et l'objectif vers une production plus écologique n'aurait pas été garanti. Le Conseil fédéral et le Parlement se sont aussi opposés aux deux initiatives.
Pour le gouvernement, des mesures ont été prises depuis plus de 20 ans pour réduire les pesticides dans l'environnement. Il a encore mis en consultation récemment un paquet d’ordonnances pour protéger les eaux. Objectif: réduire les risques liés aux produits phytosanitaires de moitié d’ici 2027 par rapport à la moyenne de 2012 à 2015.
Des initiatives hors sérail
Les deux initiatives ont été lancées par des personnes hors du sérail politique. En face de l'Union suisse des paysans et des partis de droite, on trouve le viticulteur neuchâtelois Jean-Denis Perrochet, l'un des sept citoyens sans appartenance politique à l'origine de l'initiative sur les pesticides de synthèse. "Même si les deux initiatives n'ont pas passé le cap des urnes, de nombreux problèmes ne peuvent plus être cachés sous le tapis."
Franziska Herren, l'initiatrice de l'initiative sur l'eau potable, déplore le fait que les opposants l'aient dépeinte comme "extrême". Cette monitrice de fitness à Wiedlisbach (BE) a souligné qu'un choix existe si on veut manger des produits bio, mais qu'il n'y en a aucun pour plus d'un million de personnes qui boivent de l'eau contaminée par des pesticides, dépassant la valeur limite.
La campagne nerveuse, voire violente, pourrait laisser des traces. Un travail de dialogue va devoir se faire dans les deux sens, estime Anne Challandes, présidente de l'Union suisse des paysannes et des femmes rurales. Dans le camp des partisans, Fernand Cuche, ancien conseiller national (Verts/NE), trouve que le débat suscité va permettre d'aller de l'avant.
Les Verts, les Vert'libéraux, les milieux environnementaux, certains agriculteurs et la gauche ont essuyé un camouflet dimanche. Le Conseil fédéral, le Parlement, l'Union suisse des paysans, la droite et l'économie l'emportent plus largement qu'attendu.
Cet article a été publié automatiquement. Source : ats
Opposants à la loi Covid-19 défaits mais déjà sur le pied de guerre
Partis, économie et culture se réjouissent du "oui" du peuple à la loi Covid-19, qui sauve les aides financières à venir. Les Jeunes UDC vont récolter des signatures en faveur d'un nouveau référendum contre cette même loi, déjà soutenu par les Amis de la Constitution.
Ces derniers, qui avaient lancé le référendum de dimanche, se disent satisfaits que leur campagne "très forte" ait réveillé une bonne partie des Suisses, malgré la défaite dans les urnes. Contacté par Keystone-ATS, leur coprésident Werner Boxler assure que la lutte pour restaurer la souveraineté du peuple n'en est qu'à ses débuts.
"Nous sommes de toute façon du côté des gagnants, car nous avons pu mettre en place un mouvement citoyen indépendant fort de 10'000 membres", prêt à continuer la lutte pour la démocratie, a-t-il dit. Et d'annoncer que les Amis de la Constitution soutiendront le référendum contre les modifications de la loi Covid-19 datant de mars dernier, sur le certificat sanitaire et le traçage, notamment.
Le mouvement n'est en effet pas le seul à "s'offusquer de la politique de désinformation du Conseil fédéral" et à vouloir "rétablir le principe de subsidiarité". Les Jeunes UDC ont annoncé dimanche qu'ils allaient démarrer leur récolte de signatures pour ce deuxième référendum, se déclarant très optimistes.
Soutien pas acquis
Cette fois, les partisans de la loi ne pourront plus se cacher derrière les aides financières, souligne David Trachsel, leur président. Et de relever que la part du "non" à la loi Covid-19 ce dimanche est plus ample que prévu. "Il y a six semaines, le vote contre la loi concernait 27% de l'électorat, contre désormais 39%."
Interrogée, l'UDC n'a pas annoncé de soutien à ce nouveau référendum, précisant qu'elle se prononcerait en assemblée. Le parti ne peut que se réjouir du fait que les aides soient confirmées, a dit la conseillère nationale genevoise Céline Amaudruz. Il est cependant plus amer concernant le blanc-seing qui a été offert au Conseil fédéral. Divisée, l'UDC prônait la liberté de vote.
"Bête et systématique"
Du côté des partisans à la loi Covid-19, soit presque tous les partis, on salue le soutien massif du peuple à ces mesures financières. Les Suisses ont voté de façon "sage et efficace" en faveur d'une loi économique chargée de soutenir ceux qui en ont besoin, a résumé le conseiller aux Etats Philippe Bauer (PLR/NE).
Avec un "non" à la loi Covid-19, cette dernière aurait expiré d'ici le 30 septembre et les aides financières aussi, alors que de nouvelles aides seront très certainement nécessaires à l'avenir, a-t-il rappelé. Et d'ajouter que lancer "un nouveau référendum, c'est faire un usage bête et systématique des droits politiques".
Même son de cloche à gauche. En votant en faveur de la loi, la population a exprimé sa solidarité avec les entreprises et les industries touchées par la pandémie, a dit à Keystone-ATS Barbara Gysi, conseillère nationale st-galloise et vice-présidente du PS. Un autre référendum ne fera que renouveler la même expérience.
La culture rassurée
Les acteurs culturels respirent à pleins poumons après le "oui" net du peuple à la loi Covid-19. Les mesures de soutien sont nécessaires et contribuent à préserver la diversité culturelle en Suisse, a rappelé Alex Meszmer, du bureau de coordination de la task force culture et directeur de Suisseculture.
De nombreux événements ont dû être annulés pour cet été, et les offres ne commencent à reprendre que maintenant. "Nous prévoyons que le secteur de la culture ne reviendra à la normale qu'à l'été 2022 au plus tôt, si tout se passe comme prévu", a ajouté M. Meszmer. Dans cette optique, la loi Covid-19 assure une certaine sécurité pour de nombreux travailleurs culturels.
"Le certificat sanitaire est important pour de nombreux travailleurs culturels afin de pouvoir voyager à l'étranger", a-t-il aussi rappelé. Il ne doit toutefois en aucun cas être la seule solution pour le déroulement et la participation à des événements culturels.
Devant la justice
Comme dans le cas de la loi sur les mesures policières de lutte contre le terrorisme, la loi Covid fait l'objet d'un nombre inhabituel de recours avant même la tenue du scrutin. Les Amis de la Constitution ont indiqué dimanche qu'ils suivraient de près la manière dont le Tribunal fédéral statuera juridiquement sur ces cas, espérant même une annulation et un report du scrutin.
Cet article a été publié automatiquement. Source : ats
Loi contre le terrorisme: les opposants craignent pour l’Etat de droit, les partisans rassurent
Les partisans de la loi sur les mesures policières de lutte contre le terrorisme saluent le "oui" au texte, qui va permettre d'agir en amont. Les opposants déplorent eux une atteinte à l'Etat de droit. Des plaintes sont encore pendantes au Tribunal fédéral.
"L'acceptation de ces nouvelles mesures policières met gravement en péril la présomption d’innocence", dénonce le comité référendaire "Non aux détentions arbitraires". Lors de la campagne, celui-ci a en outre souligné le manque de clarté des définitions de "terrorisme" posées dans la loi.
Les Verts veulent justement définir plus précisément la notion de terrorisme dans la loi. Le groupe soumettra une initiative parlementaire au cours de la semaine prochaine, a indiqué à Keystone-ATS le conseiller aux Etats Mathias Zopfi (GL).
Cette proposition est prématurée, estime le conseiller national et vice-président des Vert'libéraux Beat Flach (AG). Un "bricolage" de la loi ne trouverait pas de majorité au Parlement. Les jeunes Vert'libéraux espèrent pour leur part une application proportionnée de la loi, a déclaré leur coprésidente Virginie Cavalli.
Pour le PS, la forte part du "non" est un signal clair contre tout nouveau durcissement, par exemple dans la loi sur le renseignement. La population peut être à l'aise avec des mesures visant une petite minorité, mais pas avec une surveillance généralisée, a souligné la conseillère nationale zurichoise Min Li Marti.
Plaintes au Tribunal fédéral
Le Parti Pirate, qui a participé au référendum contre la loi, s'en remet maintenant au Tribunal fédéral, qui a dû se saisir de quelque 600 plaintes de citoyens au total. Jamais encore autant de plaintes n'avaient été déposées contre un objet de votation.
Le vote doit être répété, estime le Parti Pirate, qui compte sur un jugement "équitable" de la part des juges. Les plaignants affirment que le livret de vote n'est pas objectif et ne permet pas aux électeurs de se faire une opinion claire. Selon eux, les faits présentés sont trompeurs et des conséquences juridiques importantes sont mises sous le tapis.
Un changement de paradigme
Opération Libero dénonce pour sa part un "dangereux changement de paradigme" dans l'ordre juridique suisse, à savoir le passage de la présomption d'innocence à la présomption de dangerosité. L'adoption de la loi ne transformera pas la Suisse en Etat policier du jour au lendemain, mais ouvre la porte à des dérives et à des abus de pouvoir de la part des autorités policières.
Rarement le Conseil fédéral et les partis n'ont diffusé autant de fausses informations, poursuit le mouvement. Pour ce dernier, l'appareil de répression a déjà été utilisé avant même l'entrée en vigueur de la loi, avec les perquisitions menées fin mai chez des activistes du climat, qui avaient appelé à une grève militaire.
Les activistes du climat "pas impactés"
Les activistes du climat, ou d'autres manifestants ne seront pas impactés par les mesures policières de lutte contre le terrorisme, assure pour sa part la conseillère nationale Jacqueline de Quattro (PLR/VD) sur les ondes de la RTS. Elle estime que la jurisprudence cadre très bien la définition générique de la loi.
Son collègue de parti, le sénateur argovien Thierry Burkart, estime que l'électorat a clairement exprimé son souhait d'être mieux protégé contre les actes terroristes. La loi permet de combler les lacunes. Il a également confiance en une mise en oeuvre proportionnée. La Suisse est une cible pour les terroristes, comme le prouvent les deux attaques au couteau commises l'an dernier à Morges (VD) et Lugano, rappelle-t-il par ailleurs.
La loi vise les terroristes et non pas les extrémistes, souligne le conseiller national Mauro Tuena (UDC/ZH). Les partisans tiendront les promesses qui ont été faites durant la campagne, assure-t-il. Il considère les plaintes comme un comportement "de mauvais perdant", "manquant de style".
Agir en amont
Charles Juillard (Centre/JU) s'est également dit très satisfait de l'acceptation de la loi, qui donne des moyens aux autorités pour agir en amont et ne pas devoir attendre que des actes soient commis. "Je crois que le bon sens l'a emporté", a-t-il souligné à Keystone-ATS.
Sa collègue de parti, la conseillère nationale Ida Glanzmann (LU), s'attend à des décisions de justice concernant la mise en oeuvre de la loi contre le terrorisme. Sur la base de la pratique judiciaire, il faudra voir comment les mesures coercitives à l'encontre des personnes dangereuses doivent être appliquées.
Cet article a été publié automatiquement. Source : ats
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