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Il y a maintenant 15 ans qu'Hamdi Halili espère devenir un citoyen suisse à part entière. Si son épouse et leurs enfants ont pu être naturalisés, la demande lui a été refusé il y a quatre ans, alors qu'il semblait réunir tous les critères.
La raison invoquée pour justifier ce refus peut laisser perplexe. En effet, selon les bourgeois, c'est le fait d'avoir aperçu l'individu en pantalons de training dans la commune qui expliquerait le refus. Une explication réitérée une fois l'an dernier, lors d'une nouvelle demande rejetée.
Au mois d'août, le canton avait décidé de prendre les choses en mains, en donnant l'ordre à la commune de naturaliser le "Trainerhosen-Kosovare" (ndlr: le Kosovar qui porte des pantalons de training), comme l'appellent les médias outre-Sarine. Mais la bourgeoisie de Bubendorf se braque: elle a désormais fait appel au Tribunal cantonal, et l'affaire rocambolesque est repartie pour un troisième tour.
Des motifs plus inavouables ?
Alors se pose une question. Ces fameux pantalons de training suffisent-ils à expliquer le refus des bourgeois de la commune? L'affaire est peut-être plus compliquée et revêt sans doute des motifs plus inavouables.
En 2005, la famille Halili, réfugiée de guerre, est menacée d'expulsion. L'église de Bubendorf lui offre l'asile et lui évite un renvoi forcé. Un épisode que certains bourgeois n'ont apparemment toujours pas avalé.
Mais au-delà des aspects rancuniers, c'est tout le système de naturalisation qui est en cause ici. Les voix se multiplient pour dénoncer une procédure basée sur l'arbitraire et l'émotionnel.
Plutôt que de se fier au bon vouloir d'une assemblée, on estime qu'il faudrait la confier à une commission ou à un exécutif. En tous les cas, la saga du "Kosovar en training" pourrait bien faire jurisprudence dans la campagne bâloise.
Alain Arnaud/ther