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Le Kunsthaus de Zurich se défend d’avoir pêché dans la présentation de la provenance de la collection Bührle, qu’il abrite. Des experts indépendants vont vérifier si le traçage des oeuvres, réalisé et présenté par les responsables de ladite collection, a été accompli de manière correcte.
L’intégration de la collection Bührle dans le nouveau bâtiment du Kunsthaus, inauguré cet automne, a suscité la polémique sur la présentation de sa provenance.
La provenance de la grande majorité des 203 oeuvres concernées serait établie sans lacune (détenteurs successifs, lieux de détention et dates des reventes). Mais dans quelle mesure une partie de la collection pourrait être liée au vol d’oeuvres d’art par les nazis?
Pour en avoir le coeur net, la société d’art du Kunsthaus va mandater un groupe d’experts indépendants pour évaluer si les méthodes de recherches de la Fondation Bührle étaient à la hauteur de leur ambition et si la présentation de leurs résultats est correcte.
Le Kunsthaus répond ainsi aux exigences formulées récemment par le canton et la ville de Zurich.
En avril 2021, Une étude confirmait qu’Emil Bührle a créé sa collection grâce aux armes
Les exportations d’armes ont permis à Emil Bührle (1890-1956) de constituer sa collection d’art controversée. Deux cents de ses œuvres seront exposées au Kunsthaus de Zurich, dès l’année prochaine. La Ville et le canton de Zurich ont mandaté une étude pour faire toute la lumière sur les liens entre les ventes d’armes et la collection d’art, dont les conclusions ont été présentées le mardi 30 mars 2021. L’historien Matthieu Leimgruber, de l’Université de Zurich, est l’auteur de l’étude.
La fortune personnelle d’Emil Bührle est passée de 8 millions de francs en 1938 à 162 millions en 1945. Il a utilisé une partie de cet argent pour constituer sa collection d’art, avec les premières œuvres achetées en 1936. A cette époque, les expropriations et et les persécutions raciales du régime national-socialiste avaient un grand impact sur le marché de l’art.
Au total, Emil Bührle a acheté 600 œuvres d’art pour 39 millions de francs. En 1960, les héritiers ont constitué la Fondation de la collection Emil Bührle qui en contient 200. Ce sont ces tableaux que le Kunsthaus de Zurich accueillera dès 2021.
L’exemple de la collection Gurlitt, à Berne
Le Musée des beaux-arts de Berne va conserver 1365 oeuvres sur les quelque 1400 héritées de la fameuse collection Gurlitt dont la provenance a pu être vérifiée.
En revanche, le Musée des beaux-arts cède 38 oeuvres. Neuf d’entre elles ont déjà été restituées par l’Allemagne à leurs propriétaires légitimes en concertation avec l’institution bernoise. Il s’agissait de toiles dérobées par les nazis. Sur les 29 restantes, cinq iront en Allemagne et deux autres à des familles juives.
Ce sont donc encore 22 oeuvres qui restent au musée bernois dans l’attente des résultats des recherches pour retrouver leur parcours