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- Audio 8 min.
- 1 mars 1946
- Emission sans nom
En 1946, alors que le moteur à réaction est à peine inventé, Auguste Piccard rêve de la lune. A l'en croire, une telle expédition est tout à fait réalisable, même s'il doute qu'on puisse aller bien plus loin. Problème majeur: le carburant, qu'il faudra embarquer en grande quantité. Et plus on en embarque, plus il en faut pour pouvoir le transporter. Quant à l'énergie nucléaire, la chambre de combustion ne résisterait pas à la chaleur dégagée.
M. Guyot, sans doute Edmond Guyot, directeur de l'Observatoire de Neuchâtel, décrit les conditions inhospitalières qui règnent sur la lune: pas d'atmosphère, températures extrêmes selon qu'on est à l'ombre ou au soleil. Pour ces raisons, Piccard estime qu'il faudrait alunir dans les zones crépusculaires. D'autant que sur la lune, un "jour" dure 15 jours.
Si une telle expérience doit être tentée pour des raisons scientifiques, l'exploitation de la lune par l'homme reste pour Piccard un non-sens. "Ceux qui le pensent sont dans la lune" ironise-t-il.
(Source photo: Photo12.com - Collection Cinema)
Le physicien Auguste Piccard n'a cessé de repousser les limites du possible au cours de sa vie de "savanturier". Stratosphère et abîmes marins ont eu droit à la visite de ses drôles de machines. Son fils Jacques et son petit-fils Bertrand ont allègrement marché sur ses traces au plus profond des mers et au plus haut des cieux.
Sa description d'un futur voyage sur la lune présente des points communs saisissants avec l'expédition lunaire imaginée par Hergé en 1954. Cela n'a évidemment rien d'un hasard...
Auguste Piccard fut un habitué des studios de la Radio. De 1940 à 1960, on trouve plus de cinquante entretiens radiophoniques sur ses expériences, mais aussi sur les sujets les plus divers: météorologie, radiesthésie, paratonnerres...
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Journaliste: André Savoy