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"Je ne veux pas que quelqu'un pense que ce sont des jeux d'enfant. L'Ukraine fait face à la menace d'une guerre totale avec la Fédération russe", a lancé le président sur trois chaînes de télévision ukrainiennes. Selon lui, le nombre de chars dans des bases militaires russes le long de la frontière "a triplé".
Petro Porochenko a également fait état d'une forte augmentation du nombre de bateaux militaires russes dans la mer d'Azov et d'une présence militaire russe renforcée en Crimée, péninsule ukrainienne annexée par Moscou en 2014.
"Provocation" ou "agression"
Accusés d'avoir franchi illégalement la frontière russe, douze marins ukrainiens, sur les 24 faits prisonniers dimanche, ont été placés mardi en détention provisoire jusqu'au 25 janvier, conformément à la décision d'un tribunal de Simféropol, chef-lieu de la Crimée. Les autres marins doivent comparaître ce mercredi.
L'accrochage en mer Noire s'est produit lorsque les bâtiments de la Marine ukrainienne ont tenté de traverser le détroit de Kertch pour entrer dans la mer d'Azov, d'une importance cruciale pour les exportations de céréales ou d'acier produits dans l'est de l'Ukraine.
L'incident a été qualifié de "provocation" par la Russie, tandis que l'Ukraine a dénoncé un "acte d'agression" de Moscou, réclamant la libération des marins et le retour des navires.
Petro Porochenko a assuré avoir tenté, en vain, de joindre Vladimir Poutine. "J'ai été contraint" à demander à la chancelière allemande Angela Merkel "de discuter avec Poutine" de cet incident, a-t-il soutenu.
Vladimir Poutine, lui, a mis en garde l'Ukraine contre tout acte "irréfléchi" et fait part de sa "sérieuse préoccupation" à Angela Merkel, lui demandant de faire pression sur Kiev.
Loi martiale promulguée
Petro Porochenko a promulgué mercredi l'acte sur la loi martiale. Cette mesure doit être introduite pour 30 jours dans dix régions frontalières et côtières de l'Ukraine. Elle permettra pendant un mois aux autorités ukrainiennes de mobiliser ses citoyens, de réguler l'activité des médias et de limiter les rassemblements publics.
Aux yeux de Vladimir Poutine, "il est évident que tout cela a été fait en lien avec la campagne électorale en Ukraine" pour l'élection présidentielle du printemps.
Moscou assure avoir agi "en stricte conformité avec le droit international" et accuse Kiev de chercher "un prétexte pour renforcer les sanctions" de l'UE et de Washington contre la Russie, déjà en place depuis 2014.
afp/pym