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Plusieurs scientifiques, dont des Suisses, lancent un SOS depuis le Japon au terme d'une conférence internationale. Les lacs se meurent dans l'indifférence générale.Ce contenu a été publié le 16 novembre 2001 - 19:05
Ce cri d'alarme a été lancé vendredi à Otsu, dans le centre du Japon, par 900 scientifiques du monde entier. Parmi eux, plusieurs Suisses non moins inquiets des outrages infligés aux surfaces d'eau douce.
«Dès qu'il y a urbanisation, la pollution arrive très vite et violente les lacs», observe Carinne Bertola, du musée du lac Leman à Nyon.
Faire preuve d'une conscience environnementale
«Nous les tuons et les gouvernements les laissent mourir dans l'indifférence générale», ajoute son collègue canadien William Cosgrove, le vice-président du Conseil mondial de l'eau.
Dans une déclaration finale, la conférence d'Otsu dénonce, «le manque de prise de conscience et de sens du devoir des opinions publiques. Ce qui constitue un obstacle à la recherche de solutions pour sauver les lacs d'une mort certaine».
Les scientifiques suisses partagent le principe du «pollueur payeur » adopté par la conférence d'Otsu. Il consiste à rendre responsable de leur assainissement ceux qui détruisent les lacs et les rivières
Les entreprises et les industries doivent faire preuve d'une «conscience environnementale». Et améliorer leur communication avec le public en ce domaine.
Le Léman montré en exemple
A Otsu, le Leman a été montre en exemple de conservation de ses rives et de ses paysages. Mais l'on ne peut pas en dire autant des 5 millions d'autres lacs recensés d'un bout à l'autre de la planète.
Beaucoup d'entre eux meurent d'une mort lente. Du fait d'une demande toujours plus grande d'eau douce consécutive à une croissance non moins considérable de la population mondiale.
Carinne Bertola explique que l'eau des lacs est souvent détournée pour l'irrigation des cultures. Elle est contaminée par des substances chimiques et le déversement des égouts.
Et si la Suisse a épargné à ses lacs de destructions aussi graves, l'on ne peut pas en dire autant d'autres régions du globe.
William Cosgrove mentionne le cas extrême du lac Victoria, le plus grand d'Afrique. La croissance des plantes dues à la pollution est telle que les pêcheurs ne peuvent plus quitter ses rives avec leurs bateaux. En Chine, le lac Taihu est si dégradé que, disent les scientifiques, l'«on peut marcher sur sa surface».
Les hommes utilisent, déjà, plus de 50% des ressources d'eau douce disponibles. Et 90% d'entre elles se trouvent dans les lacs. D'où ce cri d'alarme lancé à Otsu par des scientifiques suisses et étrangers.
Georges Baumgartner, Tokyo
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