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Le monde occidental s'est interrogé ces derniers jours: qu'est-ce qui retient Olaf Scholz d'envoyer le char de combat Leopard 2 en Ukraine? Est-ce la peur de la bombe atomique russe? Craint-il pour sa propre capacité de défense? Ou le chancelier allemand a-t-il encore en tête certains intérêts tout à fait différents, liés à la politique d'armement?
C'est ce qu'affirme un article de la NZZ. La thèse décrite dans ce papier est la suivante: Scholz temporise parce qu'il craint que les partenaires européens ne se tournent vers le char américain de type Abrams après avoir livré leurs Leopards allemands à l'Ukraine. Les Américains profiteraient donc de l'occasion pour imposer leur char en Europe. Et une fois que l'on a opté pour un char américain et sa chaîne logistique, on ne peut plus s'en passer de sitôt. L'influence américaine serait alors renforcée.
Il est difficile de savoir si ces suppositions sont fondées. Il est, cependant, intéressant de constater qu'en dehors de la dispute sur les livraisons de Leopard, il y a effectivement un bras de fer sur les intérêts européens en matière d'armement. Après tout, le vieux continent est en train de poser les bases pour les décennies à venir avec de nouvelles acquisitions à plusieurs milliards. Il s'agit de savoir comment la défense européenne doit être conçue, de connaître les dépendances politiques et de savoir qui décrochera les gros contrats.
Exemple: la Pologne qui, de tous les pays européens, est celle qui réclame le plus bruyamment des chars Leopard pour l'Ukraine. L'année dernière, la Pologne a conclu un accord avec Washington pour l'achat de 250 chars américains de type Abrams d'une valeur totale de plus de quatre milliards d'euros. Sous l'influence de la guerre, Varsovie a ensuite commandé une nouvelle fois, à la Corée du Sud, la quantité record de 1000 chars K-2 et plus de 600 obusiers blindés. L'objectif: mettre sur pied l'armée la plus puissante d'Europe afin de dissuader durablement la Russie de songer à des choses stupides.
Les producteurs européens, comme le fabricant de Leopard Krauss-Maffei Wegmann, sont en revanche les grands perdants du réarmement polonais. Au lieu d'acheter du «made in Europe», les Polonais se fournissent ailleurs.
C'est un coup dur pour la construction d'une Union européenne de la défense, telle qu'elle est à nouveau fortement réclamée après l'invasion russe de l'Ukraine. Si l'on poursuivait cet objectif de manière conséquente, les Européens se mettraient, en effet, d'accord sur un seul type de char, si possible. Au lieu de cela, plus d'une douzaine de chars différents restent en service en Europe. Le Royaume-Uni a le Challenger 2, l'Allemagne le Leopard, la France le Leclerc et l'Italie son Ariete. En Pologne, des Abrams et le K-2 sud-coréen viennent désormais s'ajouter à la liste
On observe d'ailleurs la même situation pour les avions de combat. Il n'est donc pas étonnant que l'efficacité ne soit pas au rendez-vous. L'arsenal hétéroclite est également la raison pour laquelle les Européens, avec plus de 370 milliards d'euros, pèsent environ la moitié du budget militaire américain, mais n'atteignent qu'une fraction de la force de frappe.
Des efforts pour faire le ménage dans ce fouillis existent. Par exemple avec un super char franco-allemand, mais le projet peine à avancer. Berlin et Paris n'ont même pas réussi à se mettre d'accord sur le fait de savoir s'ils voulaient un canon de 130 ou de 140 millimètres pour le tank. Le développement d'un nouvel avion de combat paneuropéen ne décolle pas non plus.
Dans ce contexte, il n'est pas étonnant que, en plus de la Pologne, de plus en plus de pays européens misent sur les Etats-Unis comme fournisseur d'armes. L'avion de combat américain F-35, par exemple, que l'armée suisse a également commandé, est en passe de devenir un véritable succès commercial en Europe.
Toutefois, le gouvernement allemand fournit lui-même l'argument principal en faveur des achats d'armes américains. Depuis le début de la guerre en Ukraine, le chancelier Olaf Scholz est perçu en Europe de l'Est comme un «hésitant», ce qui lui a fait perdre beaucoup de confiance. Pour beaucoup, il n'est plus certain qu'il soit un partenaire fiable en cas d'urgence. Et c'est pourquoi on préfère acheter ses armes ailleurs.
L'intégration de l'entité helvétique de Credit Suisse dans la structure d'UBS en Suisse devrait se conclure avant la fin du 3e trimestre, estime Sergio Ermotti, directeur général du géant aux trois clés.