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22/05/2013
Petit glossaire des principales idéologies et doctrines politiques contemporaines – version V
Plus d'un an et demi après mon dernier petit glossaire, j'en propose une nouvelle version, totalement renouvelée et améliorée, et débarrassée de toute la confusion de la version précédente. Les doctrines sont classées sous les axes politiques du clivage gauche/droite en fonction de leur sens contemporain, ceci car ce clivage n'a toujours été qu'un clivage fluctuant et subjectif, impliquant d'adapter mes classifications à l'esprit de l'époque. Certes, on pourrait écrire une saga sans fin sur chacune des doctrines que je présente en quelques mots, et l'intérêt de cette présentation est simplement de permettre au curieux de savoir mettre un nom sur son positionnement politique.
Extrême droite (ou droite radicale)
Nationalisme
Le nationalisme s'oppose à l'internationalisme des mouvements socialistes en prônant l'organisation de la société sur la base d'un regroupement historico-culturel autour du concept de nation. Afin de réaliser l'unité nationale, le nationalisme prône la collaboration de classe (le corporatisme), dont la forme contemporaine se traduit par la paix du travail, ou la consultation généralisée lors d'une prise de décision politique (néo-corporatisme). Une petite minorité de nationalistes parle parfois de réaliser l'unité nationale par la société sans classes ou l'égalité (simple posture ?), mais généralement les nationalistes prônent systématiquement la collaboration de classe.
Sur les questions économiques, les nationalistes adoptent soit un positionnement étatiste et protectionniste, soit un positionnement plutôt libéral.
Sur les questions morales ou sociétales, les nationalistes sont bien souvent généralement conservateurs.
Sur les questions de migrations, les nationalistes sont bien entendu pour une fermeture maximale (ou au moins forte) des frontières et une immigration des plus limitée.
Droite
Conservatisme
Le conservatisme s'oppose au progressisme. Il prône le maintien de l'ordre moral et sociétal actuel et refuse davantage de liberté dans les mœurs.
Réaction
Être réactionnaire, c'est être pour le retour à l'ordre ancien. Autrefois, les réactionnaires étaient favorables au retour de l'Ancien Régime et de la monarchie. Aujourd'hui on qualifie de réactionnaires les conservateurs.
On classerait aussi probablement le courant de l'écologie profonde (anti-humaniste), pour qui la biosphère est plus importante que l'être humain, dans les courants réactionnaires.
Libéralisme radical (ou minarchisme, ou libérisme, ou ultra-libéralisme, ou néo-libéralisme)
Les libéraux radicaux défendent le capitalisme de marché et s'opposent à une intervention de l’État dans la société et dans l'économie afin de préserver ce qu'ils appellent la liberté individuelle (ou liberté négative), entendue comme la liberté de faire ce qu'il nous plaît sans qu'autrui ne viennent nous empêcher de le faire. Les libéraux radicaux acceptent que l’État se charge des fonctions dites régaliennes de la justice, de la police, et de l'armée, mais refusent tout Etat-providence.
Les libéraux radicaux se présentent volontiers comme les descendants du libéralisme classique (la première formulation du libéralisme).
Anarchisme libéral (ou libéralisme humaniste, ou libertarianisme, ou anarcho-capitalisme)
Les anarchistes libéraux refusent l'existence de l’État et prônent son abolition afin de préserver la liberté individuelle telle que définie plus haut. Selon eux, le marché capitaliste seul devrait régler tous les échanges entre les êtres humains. Ils sont aussi favorables à l'abolition de la démocratie et de la politique, car par définition la démocratie et la politique sont coercitifs, une majorité imposant sa volonté à une minorité.
Centre droit
Écologie libérale
Les écologistes libéraux sont des social-libéraux de droite favorables à une forme relativement légère d'intervention de l’État dans le capitalisme de marché pour y mener des modifications favorables à l'environnement.
Social-libéralisme de droite
cf. Social-libéralisme
Les social-libéraux de droite sont favorables à un État-providence de petite taille.
Centre
Social-libéralisme
Descendants du courant du nouveau libéralisme du XIXe siècle, les social-libéraux prônent un État providence (ou État-social), au sein d'une économie capitaliste de marché, à même d'assurer les droits sociaux des individus. L’État-providence doit notamment organiser la solidarité par la fiscalité afin d'assurer le maintien d'un système de santé et d'instruction publique efficace, et de développer un filet social composé entres autres d'assurances chômage, d'aides sociales, et d'un système de retraite.
Centre gauche
Social-libéralisme de gauche ou keynésiens
cf. Social-libéralisme
Les social-libéraux de gauche sont des social-libéraux keynésiens qui ajoutent à leur vision d'une économie capitaliste de marché modéré par un Etat-providence d'autres rôles à l’État. Ce dernier est en effet censé assurer la bonne marche de l'économie capitaliste de marché par la régulation, la redistribution des richesses (dans un but économique et non uniquement social), et d'autres politiques économiques (soit budgétaires, soit monétaires).
Gauche
Écologie politique (ou décroissance)
Courant à l'origine proche du socialisme (si ce n'est dérivé), l'écologie politique contemporaine a tendance à perdre en consistance. Malgré cela, ce courant continue de porter une remise en question de notre mode de production et de notre mode de consommation, ainsi que de notre imaginaire, afin de nous amener à penser une société soutenable écologiquement qui ne se fonde pas sur le mythe d'une croissance économique infinie. La remise en question du productivisme (produire toujours plus) et du consumérisme (consommer toujours plus), ainsi que la critique du matérialisme (au sens commun du terme) et de la publicité, se retrouvent dans l'écologie politique, qui articule des idées phares comme la relocalisation des activités humaines ou le ralentissement de notre rythme de vie.
Étatisme philanthropique
Les étatistes philanthropiques sont favorables à une forme ou une autre de capitalisme d’État ou de capitalisme bureaucratique, c'est à dire à une forme d'économie où l’État a une propriété plus ou moins étendue des moyens de production et en organise la production dans des buts philanthropiques. La production peut être déterminée par les mécanismes de l'offre et de la demande (avec une régulation étatique forte), ou bien par un procédé de planification en fonction de la consommation. En sus de ce rôle d’État producteur, et éventuellement planificateur ou régulateur, l’État assure bien entendu aussi un rôle keynésien et organise un État-providence fort avec des services publics développés.
Socialisme
Le socialisme est un projet de société qui prône l'organisation de la société afin de maximiser l'autonomie et la liberté individuelle et collective. Afin de supprimer l'exploitation et la domination, le socialisme préconise la propriété des travailleurs sur leurs moyens de production, (ou simplement la propriété collective), l'abolition du salariat, et le dépassement du capitalisme. Des modèles de socialisme de marché ou planifié sont envisageables. L’État peut ou pas jouer un rôle plus ou moins grand dans l'organisation d'une société socialiste, selon le degré d'autonomie atteint par les membres de la société dans leur capacité d'auto-organisation et d'autogestion.
cf. Aussi mon article sur le socialisme.
Extrême gauche (ou gauche radicale)
Communisme
Le communisme est un socialisme accompli où l'autonomie de tous a été réalisé, et où par conséquent l’État n'est plus particulièrement nécessaire. L'égalité économique (et pas seulement l'équité) est aussi une réalisation du communisme. Enfin, le communisme est nécessairement un système planifiée.
Anarchisme
L'anarchisme est un projet de société assimilable au socialisme. La principale différence réside dans sa plus grande rapidité à vouloir abolir l’État et la hiérarchie.
Marxisme
cf. Mon article sur le marxisme.