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Le gaz naturel liquéfié est un gaz refroidi à -161 degrés, ce qui le transforme en liquide. Beaucoup moins volumineux, il se transporte plus facilement dans des méthaniers. Mais il y a une grande pression environnementale sur cette énergie fossile, non renouvelable.
"Il y a assez de gaz naturel liquéfié dans le monde pour répondre à la demande européenne à très court terme", a expliqué dans La Matinale de vendredi Jean Abiteboul, président du groupement international des importateurs de gaz naturel liquéfié. Mais "le marché du GNL était déjà tendu avant même la crise ukrainienne. Depuis 3-4 ans, on sous-investit de façon significative dans les chaînes GNL, notamment sous la pression environnementale. Les prix du gaz avaient commencé à augmenter dès l'automne dernier, ils avaient déjà été multipliés par 3 ou 4. La crise ukrainienne n'a fait qu'empirer la situation", a t-il encore relevé.
Mais l'Europe pourrait récupérer du GNL qui aurait dû aller en Asie, "si des pays comme la Chine, le Japon ou la Corée substituent au GNL du charbon pour la production d'électricité".
Des problèmes d'infrastructures
Pour faire venir ce GNL, la question des infrastructures se pose parce qu'il faut des terminaux spéciaux pour regazéifier le gaz liquéfié. Pour Jean Abiteboul, il y en a assez mais pas forcément placés au bon endroit. "Il existe de grandes capacités disponibles en Espagne et au Royaume-Uni , mais depuis là on ne peut pas l'acheminer vers le continent ou l'Europe de l'ouest".
Il est prévu d'ajouter des infrastructures de regazéification. "Il faut 18 mois pour faire des terminaux flottants sur des navires. A a la fin 2023, début 2024, on aura suffisamment de capacité de regazéification pour recevoir du GNL supplémentaire. Par contre pour l'hiver prochain c'est un peu tard".
"Si on voulait remplacer tout le gaz russe par du GNL, il faudrait investir 300 milliards de dollars dans la liquéfaction. Pour cela nous avons besoin d'une stabilité de l'environnement politique, ce qui n'est pas toujours le cas aujourd'hui", a conclu Jean Abiteboul.
Propos recueillis par Eric Guevara-Frey/lan