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Pour la première fois, le chancelier autrichien Sebastian Kurz est visé par une enquête sur des soupçons de «fausse déclaration» et de corruption. Le conservateur ne compte pas démissionner.
Il s'appelle Sebastian Kurz et c'est un peu le «Emmanuel Macron» de l'Autriche. Jeune, il n'a que 34 ans. Charismatique. Conservateur. Il est chancelier de son pays depuis 2017 et il a annoncé, ce mercredi, qu'il est soupçonné de fausses déclarations et de corruption par le parquet financier.
Lors d'une annonce, mercredi, devant des journalistes à Vienne, l'élu de 34 ans a dit «s'attendre» à une mise en examen. «J'ai toujours répondu honnêtement à toutes les questions», a ajouté le conservateur, écartant toute démission à ce stade.
La procédure a été initiée à la suite d'accusations de l'opposition sociale-démocrate et libérale. «Il y a eu plusieurs signalements» et «l'examen mené a révélé l'existence de suspicions», a expliqué le parquet, qui a donc «ouvert une enquête préliminaire pour étudier les allégations». Il s'agit d'un délit passible de trois ans de prison.
Des dirigeants de l'opposition ont appelé le chancelier, accusé de saper l'Etat de droit, à démissionner en cas de mise en examen. La justice soupçonne Sebastian Kurz d'avoir menti l'an dernier devant des députés qui cherchaient à savoir s'il était intervenu dans la nomination d'un proche, Thomas Schmid, à la tête d'une holding publique.
Le chancelier, qui s'exprimait sous serment, avait alors nié toute intervention. Mais ces derniers mois, des échanges de SMS entre les deux hommes, suggérant qu'ils en avaient discuté ensemble, ont fuité dans la presse. Dans un message accompagné d'emojis affectueux, le chancelier avait ainsi écrit: «Tu obtiens tout ce que tu veux». Auquel Thomas Schmid avait répondu: «Je suis si heureux. J'adore mon chancelier».
Cette affaire intervient alors que le ministre des Finances, un autre proche de Sebastian Kurz, est déjà mis en cause dans une autre affaire. Gernot Blümel, soupçonné d'être impliqué dans le financement occulte du parti conservateur. Son domicile avait été perquisitionné en février.
Sebastian Kurz avait alors publiquement critiqué cette perquisition, ce qui avait suscité un tollé chez les magistrats, inquiets pour leur indépendance dans ce pays membre de l'Union européenne, qui compte 8,9 millions d'habitants. (ats)