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Certes, il y a eu des pressions de l'étranger. L'idée que Credit Suisse (CS) puisse faire faillite a mis en émoi les dirigeants politiques et les chefs des banques centrales d'importants pays, qui craignaient une déstabilisation du système financier international.
Le soulagement a été grand lorsque la Banque nationale a assuré au Credit Suisse une injection de liquidités. Le ministre des Finances du Royaume-Uni et même le chancelier allemand se sont exprimés à ce sujet. Ils ont expressément salué l'intervention de la BNS.
Mais il serait illusoire de croire que sans la pression étrangère, la Suisse aurait simplement laissé agir les forces du marché. En y regardant à deux fois, c'est tout simplement impossible, et ce pour trois raisons:
Il reste néanmoins regrettable que l'intervention de la BNS ait été nécessaire. Car il existait une autre solution, évidente et utile sur le plan national: UBS, en bonne santé, aurait pu racheter Credit Suisse. Oswald Grübel, qui a autrefois dirigé les deux établissements, estime qu'UBS étudie désormais une reprise.
Bien sûr, il y a des obstacles à ce projet. Une reprise coûterait des emplois — mais beaucoup moins qu'une faillite. Et comme les deux banques sont d'importance systémique, les risques seraient concentrés dans une seule banque, même si leurs bilans totaux additionnés sont bien moins importants que ceux de la seule UBS lors de la crise financière.
Au final, plusieurs arguments plaident en faveur d'un rachat. Car ce qui serait alors un «champion national» renforcerait toute la place financière suisse. Ce serait une meilleure solution pour la place économique locale que si Credit Suisse ou une de ses branches était repris par une banque étrangère. Notamment pour les collaborateurs suisses de CS.