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En 1701, le seigneur Takuminokami Asano se querelle avec le seigneur Kira et essaie de le tuer dans les couloirs du palais du shogun. Sacrilège ! Le shogun condamne Asano à se faire seppuku (littéralement coupure au ventre), ce qu’on appelle aussi hara-kiri. Il confisque les terres et le palais du clan Asano alors que dans le même temps il épargne Kira. Les vassaux d’Asano quittent les terres de leur maître et ses samouraïs deviennent des ronins, des samouraïs errants. Leur leader Oishi tente d’obtenir la restauration du clan en faveur du frère d’Asano. En vain, le shogun refuse. Oishi et quarante six autres ronins n’ont plus d’autre issue que de partir venger leur seigneur.
Critique
L’histoire des 47 ronins était un classique japonais, illustré par le kabuki au XVIIIe siècle et très vite aussi par le cinéma. La loi sur le cinéma de 1939 imposait aux grandes sociétés de production, ici la Shochiku, de réaliser quelques films au ton guerrier et nationaliste. La compagnie a proposé cette adaptation à Mizoguchi. Celui-ci a choisi d’adapter une des version de cette histoire, une pièce de théâtre écrite en 1934 et qu’il trouvait peu spectaculaire. Ce qui lui plaisait.
Mizoguchi signe donc ici un film de vengeance avec peu de combats et peu de sang. Avec un jeu basé sur le verbe, la parole, très peu utilisé généralement dans son cinéma. Du coup, il a réussi à transformer cette histoire de vengeance sanguinaire en un hommage à la patience et au sacrifice de soi. Dans To the Distant Observer Form and Meaning in the Japanese Cinema, Noël Burch notait : « Par certains aspects, ce film est un des rares films japonais qui reflètent de manière consistante le théâtre Nô classique… »
Edouard Waintrop