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Lay summary
Cette étude qualitative s'intéresse à l'impact communicationnel de malentendus et incompréhensions survenant dans des consultations de médecins spécialistes avec des patients migrants peu à l'aise en français et souffrant de douleurs musculo-squelettiques chroniques.Des enquêtes sociolinguistiques ont récemment permis de mieux comprendre comment certains ratés de l'interaction verbale affectent les processus thérapeutiques et le climat relationnel dans des consultations de premier recours impliquant des patients migrants qui ont une maîtrise limitée de la langue de l'échange. Il s'agit maintenant de compléter ces observations effectuées en médecine générale par d'autres, portant sur des suivis médicaux spécialisés de cas complexes et/ou chroniques, suivis qui se caractérisent par certaines spécificités. L'impact relationnel des malentendus risque par exemple de s'y trouver exacerbé du fait des attentes de guérison souvent insatisfaites des patients ; à l'inverse, l'expertise médicale acquise par les patients chroniques apparaît plutôt propre à faciliter l'intercompréhension.Ce projet lausannois se centre sur les consultations spécialisées (orthopédie, rhumatologie, antalgie, psychiatrie) avec des patients qui souffrent de douleurs musculo-squelettiques chroniques. Le setting retenu pour cette étude de cas mérite une attention particulière : les patients concernés disent en effet souvent se sentir incompris par les soignants et on trouve généralement de nombreux migrants plurilingues en leur sein.En s'appuyant sur des méthodes d'analyse élaborées par la sociolinguistique interactionnelle, l'enquête prévoit un décryptage des malentendus et incompréhensions dans des consultations filmées avec des patients migrants ayant une maîtrise limitée du français. Grâce notamment à des entretiens de recherche ultérieurs avec les patients et les cliniciens, on tentera d'établir comment les difficultés d'interaction repérées affectent les possibilités de chacun de réaliser son " agenda " communicationnel et d'accéder au point de vue de l'autre protagoniste sur le problème de santé du patient. Les résultats seront contrastés avec ceux tirés d'investigations analogues de consultations avec des patients autochtones francophones de langue première.L'étude doit contribuer à nourrir le savoir scientifique à propos de ces interactions tout en fournissant aux cliniciens des éléments de réflexion sur leur pratique (ex. comment gérer les risques de malentendus dans ces consultations ? quand faut-il un interprète ?). En ce sens, elle devrait, à terme, contribuer à augmenter la satisfaction des soignants et à optimiser les résultats thérapeutiques.