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Mercredi
18.04.2018,
20h30
Maison de Quartier sous-gare
(Avenue Édouard Dapples 50, Lausanne)
Rencontre avec Ivan Segré
Nous abordons le dernier ouvrage rédigé par Spinoza, resté inachevé à sa mort intervenue en février 1677, le Traité politique. Dans celui-ci, nous mettons la focale sur un des concepts centraux de l’ouvrage, soit l’Imperium, dont le sens au cours de l’ouvrage flotte au gré des contextes à tel point que les traducteurs sont amenés à le rendre alternativement par pouvoir, Etat, gouvernement, souveraineté. Ce constat a finalement déterminé son plus récent traducteur en français, Bernard Pautrat, à le traduire par … «imperium»!
Il s’agira de tenter de clarifier le concept, au-delà de la multiplicité des sens qu’il prend selon les passages. S’il nomme la puissance d’agir de la multitude, quelle en est, alors, la forme d’organisation la meilleure: la monarchique, l’aristocratique ou la démocratique? De cette dernière, Spinoza dit dans les premières lignes qui lui sont consacrées (ch. 11), qu’elle est «absolue en tout» mais son exposition s’interrompt à peine entamée. Le recours à cette formule suffit-il à conclure que, pour son auteur, la démocratie est la meilleure mise en forme de la puissance collective d’agir?
On déploiera les termes de cette question, entre autres en discutant les lectures qu’en font quelques lecteurs versés dans la chose spinozienne, et en versant au débat, notamment, ce propos de l’auteur que, «si c’était libres de tout affect et conduits par le seul zèle pour le bien public que les patriciens choisissaient leurs collègues patriciens, aucun imperium ne supporterait la comparaison avec l’aristocratique».
Incertitude, ainsi, entre l’ «absolument absolu» que serait la démocratie et la supériorité qualitative d’une aristocratie qui s’ordonnerait en vue du bien public: la puissance de la multitude trouve-t-elle son maximum dans la démocratique ou dans l’aristocratique? Telle est d’un mot l’interrogation qui servira de fil directeur à notre exploration de cette œuvre et de la notion d’imperium dont elle est, en somme, le traitement systématique.
Ivan Segré
Né à Paris en 1973, il est docteur en philosophie et l’auteur de plusieurs livres dont Qu’appelle-t-on penser Auschwitz? (Lignes, 2009), Le manteau de Spinoza (La Fabrique, 2014) et Judaïsme et révolution (La Fabrique, 2014).