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Sean Penn, acteur et réalisateur choisit souvent des scénarios engagés qui le mènent à jouer des rôles divers : un homme en attente d’une greffe dans 21 grammes, un père en détresse dans Mystic river et un homme politique gay dans Harvey Milk. Il est également connu pour avoir réalisé The pledge et, en 2007, il nous livre l’excellent Into The Wild, tiré d’une histoire vraie.
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Le film commence en Alaska vers Fairbanks, à la piste Stampede, une route de chantier abandonnée où Chris Mc Candless (Emile Hirsch) trouve refuge dans un vieil autobus, surnommé le « Magic Bus ». Le film est divisé en 5 chapitres : naissance, adolescence, âge adulte, famille et accession à la sagesse. Le film revient sur des flashbacks, le but étant de nous montrer le parcours de Chris avant d’arriver en Alaska (1990-1992).
2 ans auparavant, Chris a obtenu son diplôme universitaire. Pendant le repas avec ses parents et sa sœur, ses parents veulent lui offrir une nouvelle voiture qui remplacerait sa vieille Datsun. Mais pour Chris, sa vieille auto lui suffit.
Rejetant les valeurs de la société moderne, il décide de partir à l’aventure, sur les routes, sans en aviser sa famille. Avant de partir pour son voyage, il donne presque l’intégralité de sa bourse (24000 dollars) pour soulager la faim dans le monde.
Il part d’abord pour l’Arizona où sa voiture est inondée, qu’il abandonne. En Californie, il rencontre un couple de hippies Jan (Catherine Keener) et Rainey (Brian Dierker) en camping car. Il les quitte en laissant un merci sur la plage.
Dans le Dakota, il travaille dans un silo à grains où il rencontre Wayne (Vince Vaughn). Puis il descend les rapides du Colorado en kayak jusqu’au Mexique. Après plusieurs jours à Los Angeles, il décide de prendre la route pour l’Alaska, sa destination finale, pour vivre en communion avec la nature.
Sur le chemin, il retrouve le couple Jan et Rainey dans une « communauté » hippie et rencontre Ron (Hal Holbrook), un vieil homme qui a perdu sa femme et son fils et qui lui proposera de l’adopter à son retour. Chris arrivera enfin en Alaska, décidé à vivre son rêve. Je vous laisse découvrir la suite…
Le film a été la révélation d’Emile Hirsch, l’acteur principal. Il fait preuve d’un talent démesuré avec énormément de jeux de regards. Il incarne le véritable Chris de façon magistrale.
On sent qu’il s’est énormément impliqué dans ce rôle. Il a réalisé lui-même toutes ses cascades, dans la rivière ou pour escalader les roches. Pour les besoins du film, il a perdu 20 kilos.
On l’a notamment vu jouer récemment dans le très bon The Jane Doe identity (chroniqué sur le site). L’acteur préfère plutôt jouer dans des films indépendants que de gros blockbusters. Les autres acteurs sont tous très bons, mais la palme revient à Hal Holbrook qui incarne Ron Franz, avec un rôle très touchant.
Jon Krakauer a écrit en 1996 le récit autobiographique de Christopher Mc Candless, Voyage au bout de la solitude. Il retrace l’histoire véridique de ce jeune homme qui a fui la civilisation pour un retour à la vie sauvage. Sa sœur Carine va collaborer avec le journaliste comme consultante sur le film.
Il y a quelques petites erreurs entre le film et la réalité. Chris ne s’est pas débarrassé de ses documents d’identité qui ont été retrouvés ainsi qu’une carte et de l’argent. Sa mort n’était pas liée à un empoisonnement mais à la malnutrition.
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Le lourd secret derrière Into the wild est raconté par sa sœur dans son livre Into the wild, l’histoire de mon frère était que Chris ne poursuivait pas seulement une quête un peu idéaliste. Mais il a surtout fui un milieu familial hautement toxique.
Chris a été un enfant non désiré qui a précipité le mariage des ses parents. Son père violent et pervers ne cessait de frapper sa femme et de se comporter de façon tyrannique avec ses enfants. Chris nourrissait une terrible culpabilité.
Il s’était juré de quitter ce milieu étouffant dès qu’il le pourrait. Le livre poursuit l’histoire après sa mort. Carine aura la lourde tâche de convoyer ses cendres funéraires. Elle finira par récupérer des années plus tard son sac à dos qu’un trappeur alaskien avait caché.
Le bus 142 est perdu au beau milieu d’une région très sauvage et hostile de l’Alaska. On estime que chaque année, une centaine de personnes de nationalités différentes s’engagent dans ce pèlerinage vers la liberté et la communion avec la nature. Un pèlerinage qui a piégé bon nombre de personnes qui se sont perdues sur le chemin.
En 2013, plus d’une douzaine ont été piégées par la nature. Je crois même qu’à un moment, on a déplacé le bus suite à la noyade d’une jeune Biélorusse, alors qu’elle tentait de rejoindre le bus. Son mari a réussi à la tirer hors de l’eau en aval de la rivière, mais elle était déjà morte. Une réplique du bus se trouve sur un parking d’une brasserie à Healy, à 126 kilomètres de Fairbanks et à 4 kilomètres du parc du Denali.
Petites anecdotes concernant le film. La montre qu’Emile Hirsch porte durant le film est la vraie montre de Chris, un cadeau de sa famille. Le Magic Bus est une réplique exacte du vrai bus (Sean Penn et Emile Hirsch n’ont pas souhaité tourner dans le vrai bus par respect pour la famille de Chris).
Le tournage a été effectué en Alaska, où l’équipe est revenue 4 fois pour tourner dans chacune des saisons. Il a duré 8 mois. Sean Penn a essayé d’être fidèle et s’est rendu sur les lieux où Chris est passé.
En 2007 sort l’album tiré de la musique du film, collaboration entre Eddie Vedder, chanteur du groupe Pearl Jam et le guitariste Michael Brook. L’album est excellent et ceux qui pensaient qu’Eddie Vedder n’était capable de faire que du grunge se sont lourdement trompés. Cette musique rock-folk donne une ambiance routard qui fait du film un excellent road movie.
Quand on pense à Into the wild, comment ne pas mentionner d’autres films tel que Wild, sorti en 2014 ? Egalement une histoire vraie qui retrace le périple en solitaire de Cheryl Strayed avec pour seule compagnie le souvenir de sa mère décédée, ou Jeremiah Johnson, chroniqué sur le site.
De nos jours, il serait impensable de partir à l’aventure sans une préparation adéquate. Chris est parti sans cartes de la région et sans aucune connaissance en chasse et en pêche. D’ailleurs, cela est magistralement montré dans le film avec la scène de l’élan, qui a beaucoup marqué Chris. S’il avait persévéré en voulant partir du bus, il aurait pu trouver à quelques kilomètres de là une cabane avec des vivres et un petit bateau pour traverser la rivière.
Ce qui est aussi marquant dans le film est l’humanisme qui s’en dégage. Au cours de son périple, Chris rencontrera beaucoup de personnes touchantes et attachantes. Obstiné par son rêve de rejoindre l’Alaska, il ne se rendra compte que trop tard que « le bonheur n’est réel que s’il est partagé », ultime maxime du film.
Le film a eut un succès mérité et remporta de nombreux prix et récompenses (elles sont en fin de chronique, après la fiche technique). Etonnamment, Emile Hirsch ne reçu aucune nomination aux Golden Globes ou à l’Oscar, malgré sa magnifique prestation.
Je vous conseille vivement Into the wild qui regorge de sublimes scènes, de personnages attachants, de paysages d’une beauté hallucinante, de moments forts et émouvants, accompagné d’une musique qui colle parfaitement au film et qui nous immerge complètement. Un pur chef d’œuvre à voir absolument, les 2h23 du film passant à une vitesse folle. Tout simplement un de mes films préférés.
Freya
Extraits vidéo :
Into the wild
Sortie: 2007
Durée: 148 minutes
Genre: histoire vraie
Pays: Etats-Unis
Réalisation : Sean Penn
Production : Art Linson, Sean Penn et Bill Pohlad
Distribution : Paramount Pictures (USA), Pathé (France)
Scénario : Senn Penn, adapté du récit « Voyage au bout de la solitude » de Jon Krakauer (basé sur des témoignages et notes de Christopher McCandless)
Musique : Michael Brook, Kaki King et Eddie Vedder
Acteurs principaux: Emile Hirsch (Christopher McCandless, dit Alexander Supertramp), Marcia Gay Harden (Billie McCandless), William Hurt (Walt McCandless), Jena Malone (Carine McCandless), Catherine Keener (Jan Burres), Brian Dierker (Rainey), Vince Vaughn (Wayne Westerberg), Kristen Stewart (Tracy), Hal Holbrook (Ron Franz)
Budget : 20’000’000 $
Recettes : 56’255’142 $
Récompenses :
Golden Globes 2008 :
meilleure chanson originale (Guaranteed)
Gotham Awards :
meilleur film
Mill Valley Film Festival :
meilleur acteur (Emile Hirsch)
National Board of Review :
meilleure performance masculine (Emile Hirsch)
Palm Springs International Film Festival :
meilleur réalisateur (Sean Penn)
meilleure révélation (Emile Hirsch)
Festival international du film de Rome :
prix du jury
Mostra de cinéma de São Paulo :
meilleur film en langue étrangère (Sean Penn)