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Le télescope spatial CHEOPS prend ses premiers clichés
CHEOPS a pris ses premiers clichés. Ceux-ci dépassent les attentes des chercheurs.
Première image de l'étoile choisie comme cible pour CHEOPS après avoir ouvert le couvercle. L'étoile au centre de l'image est située à 150 années-lumière de nous, dans la constellation du Cancer. L'image mesure environ 1000x1000 pixels, un pixel représentant un angle minuscule d'environ 0,0003 degrés (1 seconde d'arc) dans le ciel. Les autres étoiles de l'image, plus faibles, se trouvent en arrière-plan de l'étoile centrale. La section dans le coin inférieur droit montre une zone d'environ 100 pixels de large, centrée sur l'étoile cible. La forme étrange de l'étoile dans l'image est due à la défocalisation intentionnelle de l'optique de CHEOPS. CHEOPS mesure la lumière de l'étoile en ajoutant la lumière reçue dans tous les pixels de la zone représentée au sein du cercle. La défocalisation distribue la lumière à de nombreux pixels, ce qui permet à CHEOPS d'obtenir la meilleure précision photométrique possible. © ESA/CHEOPS Mission Consortium/Airbus
Une nouvelle étape a été franchie dans la mise en service de CHEOPS: après l’ouverture du couvercle du télescope spatial le 29 janvier 2020, CHEOPS a maintenant pris ses premières images du ciel. CHEOPS est un projet de l’Agence Spatiale Européenne (ESA) et de la Suisse placé sous la houlette de l’Université de Berne, en collaboration avec l’Université de Genève.
La tension était à son comble: Réunis non loin de Madrid devant un grand écran dans la maison occupée par les membres du Consortium participant à la mise en service du satellite ainsi que dans les autres instituts impliqués dans la mission CHEOPS, les scientifiques et ingénieur·e·s attendaient les premières images du télescope spatial. « Les premières images qui devaient apparaître étaient primordiales pour nous afin de pouvoir évaluer si les éléments optiques du télescope étaient sortis indemnes du décollage de la fusée », explique Willy Benz, professeur en astrophysique à l’Université de Berne et responsable de la mission CHEOPS. « Lorsque les premières images d’un champ stellaire sont apparues sur l’écran, tout le monde a immédiatement compris: le télescope fonctionne », se réjouit-il. Maintenant la question est de savoir jusqu’à quel point.
Des premières images qui dépassent toutes les attentes
Une première analyse a montré que les images prises par CHEOPS dépassent les attentes. Dans ce cas précis, cela ne signifie pas qu’elles sont parfaitement nettes, car le télescope a été intentionnellement défocalisé. Ainsi la lumière collectée est répartie sur de nombreux pixels, afin d’atténuer l’effet des mouvements du satellite sur les images et d’accroître la précision photométrique. « Cerise sur le gâteau, les images floues reçues sont néanmoins encore plus lisses et symétriques que ce que nous avions imaginé en nous appuyant sur nos mesures en laboratoire », indique Willy Benz. Une haute précision est nécessaire pour permettre à CHEOPS d’observer les petits changements dans l’intensité de la lumière reçue d’une étoile causés par le passage d’une exoplanète devant elle. Comme les changements d’éclats sont proportionnels à la surface de l’exoplanète, CHEOPS pourra mesurer sa taille. «Ces premières analyses sont prometteuses et encourageantes pour les semaines à venir», poursuit-il.
D’autres tests de fonctionnement prévus
Au cours des deux prochains mois, les tests de fonctionnement de CHEOPS vont se poursuivre. « Nous allons analyser en détail de nombreuses autres images afin de déterminer le degré de précision que CHEOPS peut atteindre dans le cadre des différents aspects de son programme scientifique », explique David Ehrenreich, responsable scientifique de la mission à l'Université de Genève. « Les résultats obtenus jusqu’à présent nous laissent penser que nous sommes sur la bonne voie », conclut-il.7 février 2020
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