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Les personnes atteintes d’autisme Asperger sont décrites comme ayant des déficits de compétences sociales, de la réticence à écouter, de la difficulté à s’adapter à l’ordre commun. Elles sont surtout très mal comprises d’autant plus qu’elles ont toutes un niveau intellectuel très élevé. Certaines ont même réussi à se démarquer – par leur accomplissement particulier – à démystifier cette maladie complexe. Parmi ces exceptions savantes qui sont fortement soupçonnées d’être porteuses du syndrome Asperger, on compte de très nombreux génies universels parmi lesquels l’emblématique ingénieur Léonard de Vinci.C’est un psychiatre autrichien, le Dr Hans Asperger, qui décrivit en 1944 des troubles du comportement chez plusieurs enfants qui avaient un développement normal de leur intelligence et du langage tout en présentant une déficience marquée dans les interactions sociales et la communication. Il appela ce trouble « psychopathie autistique ». Malheureusement, comme l’Autriche faisait partie à ce moment de l’Allemagne nazie en guerre, ses travaux restèrent lettre morte.
Ce n’est qu’en 1981 que la communauté scientifique a pris connaissance du syndrome d’Asperger grâce à l’article de Lorna Wing intitulé “Asperger’s syndrome, a clinical account“.
En 1994, le syndrome d’Asperger qui fait partie des TSA (troubles du spectre autistique) a enfin été reconnu officiellement par le DSM IV (manuel de diagnostic américain) de l’association psychiatrique américaine. Il est intéressant de noter qu’une année auparavant, la dyslexie – qui peut aussi concerner les Asperger – avait déjà été reconnue comme handicap par l’OMS.
Le syndrome d’Asperger est un désordre du développement d’origine neurobiologique qui concerne plus fréquemment les garçons (env. 80%) que les filles. Ces personnes, au potentiel intellectuel élevé décodent avec difficulté les situations de la vie quotidienne. Leur corps, leur cerveau et leurs sens reçoivent les informations correctement, mais un défaut d’analyse pragmatique limite le traitement de ces données. Il en résulte, pour la personne atteinte, une appréciation confuse de la vie et de son environnement, notamment dans la manière de communiquer et agir envers autrui.
Quels sont les symptômes d’un autiste porteur du syndrome d’Asperger ?
En préambule, il faut comprendre que chaque Asperger est unique tant l’évaluation de la personnalité d’un autiste Asperger est délicate. Effectivement, les caractéristiques handicapantes qui peuvent définir le spectre autistique spécifique d’un porteur du syndrome Asperger sont nombreuses et chacun d’entre eux n’est concerné que par une partie de celles-ci à des degrés différents suivant que son diagnostic soit considéré comme sévère, moyen ou modéré.
Pour un porteur du syndrome Asperger évalué au niveau le plus « sévère », les caractéristiques principales seraient celles-ci :
- des difficultés dans le domaine des relations et des interactions sociales telles que se faire des amis ou simplement s’adapter aux règles tacites d’une conduite sociale communautaire,
- des centres d’intérêts restreints obsessionnels et une difficulté d’adaptation aux changements et aux imprévus,
- des difficultés dans la communication, notamment verbale – voire dyslexique – qui peuvent se traduire par un débit du langage trop rapide souvent saccadé ou confus, par une tonalité de la voix trop forte, voire aiguë ou encore par des signes ostentatoires d’ennuis et d’impatience,
- une grande difficulté à se mettre au niveau d’une personne qui ne dispose pas des mêmes facultés intellectuelles; il peut s’en suivre un imbroglio difficilement gérable qui peut dégénérer ; ce genre de situation constitue l’une des causes principales de leur mise à l’écart,
- une sensibilité exacerbée qui peut les mener à comprendre et ressentir instantanément des problèmes complexes sans pouvoir les définir avec clarté,
- des défauts d’habileté pour des gestes communs qui confèrent à de la maladresse,
Au final, le perfectionnisme excessif de la grande majorité des autistes Asperger, les conduit à des comportements répétés et stéréotypés au point de développer une compétence hors-norme qui peut conférer au génie.
Le paradoxe de l’autiste Asperger est qu’il peut être reconnu et célèbre dès lors que son domaine de prédilection lui aura permis d’acquérir une notoriété médiatique. Le psychologue spécialisé Peter Vermeulen témoigne d’une telle situation : « La richesse de son vocabulaire, ses excellentes performances dans des domaines bien spécifiques, sa promptitude à engager la conversation ou encore sa fantaisie sont trompeuses, car derrière cette façade d’une connaissance quasi encyclopédique et une éloquence charmante, se trouve un individu en souffrance pour qui le monde est un spectacle désordonné et incompréhensible. »
Les autistes Asperger peuvent ainsi entamer un long monologue sur leur(s) centre(s) d’intérêt(s), sans voir l’éventuelle lassitude de leur interlocuteur. Cette incapacité à réagir aux interactions sociales peut être interprétée comme du mépris ou de l’égocentrisme qui peut les faire passer pour insensibles alors qu’en réalité, ils sont en recherche permanente d’affection.
Très directs, les autistes Asperger sont enclins à signaler les erreurs d’autrui sans percevoir l’embarras que leurs remarques peuvent engendrer. Cette sincérité comportementale tendrait à rendre difficile leur perception de la tromperie et du mensonge dont ils sont dépourvus. Ceci peut les conduire à faire preuve de naïveté dans leur rapport aux autres.
Finalité d’un mal-être qui peut conduire au suicide
Parmi les autistes Asperger – vulnérables face à de nombreux troubles de l’humeur, tels que l’anxiété et à la dépression – seuls 5 à 10% d’entres eux ont la chance de pouvoir valoriser leur important potentiel intellectuel. Dès lors ils ne connaissent finalement guère plus de difficultés que les neurotypiques.
Par contre, pour l’immense majorité stigmatisée, c’est bien souvent un chemin de croix, notamment dans la période délicate de leur adolescence. Statistiquement, plus d’un tiers des autistes Asperger ont déjà tenté de se suicider.