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Conseiller fédéral, Hans Peter Tschudi (1913–2002) dirige de 1959 à 1973 le Département fédéral de l’intérieur. A ce poste, il développe les assurances sociales en tirant parti de l’essor économique que connaît alors la Suisse. C’est à lui que l’on doit les prestations complémentaires à l’AVS, l’adaptation des rentes à l’évolution des prix et des salaires et l’inscription du principe des trois piliers dans la Constitution fédérale.
Issu d’une famille d’enseignants, Tschudi grandit à Bâle. Après des études de droit couronnées par un doctorat de l’Université de Bâle, il travaille comme adjoint à l’Office du travail, puis comme directeur de l’inspectorat du travail du canton de Bâle-Ville. Ayant obtenu son habilitation, il est nommé professeur de droit du travail à l’Université de Bâle en 1952. Après avoir adhéré au Parti socialiste (PS) en 1936, il s’affilie au syndicat de la fonction publique (SSP/VPOD) en 1943. Député au Grand Conseil de Bâle-Ville depuis 1944, il est élu au Conseil d’Etat en 1953, puis au Conseil des Etats en 1956. A son poste de chef du Département cantonal de l’intérieur, il est notamment à l’origine de la loi bâloise sur l’aide aux invalides. En 1959, l’Assemblée fédérale élit Tschudi au Conseil fédéral, en même temps que le socialiste Willy Spühler et les deux candidats catholiques conservateurs Jean Bourgknecht et Ludwig von Moos. C’est le début de la « formule magique », qui attribue au PS deux sièges au gouvernement fédéral. Déjà lors de son élection, Tschudi a la réputation d’un social-démocrate pragmatique, attaché aux principes de la collégialité et de la concordance. Il reprend les rênes du Département fédéral de l’intérieur, où son style de travail tambour battant ne tarde pas à être connu sous le nom de « Tschudi Tempo ». Ce département englobe non seulement la politique sociale et la politique de la santé, mais aussi les routes nationales, la politique de l’éducation, de la recherche et de la culture et un domaine politique encore balbutiant, la protection de l’environnement. Pendant le mandat de Tschudi, marqué par une croissance économique constante et par le développement général des activités de l’Etat, le budget du Département fédéral de l’intérieur (y compris les dépenses sociales) bondit d’un demi-milliard à près de six milliards de francs. Après avoir quitté le Conseil fédéral en 1973, Tschudi reprend l’enseignement dans les Universités de Bâle et de Berne, une charge qu’il conservera jusque dans les années 1980. Il s’engage aussi comme président de Pro Senectute et comme membre du Comité international de la Croix-Rouge.
Le développement de la sécurité sociale reste le pilier central de l’action politique de Tschudi, partisan convaincu d’une extension de la politique sociale, alimentée par la prospérité économique. Il a ainsi à son actif plusieurs révisions de l’AVS qui adaptent les rentes à l’évolution des prix et des salaires et améliorent diverses prestations. C’est surtout la 8e révision (1972) qui contient un relèvement substantiel des rentes. Tschudi, qui remporte aussi la bataille des prestations complémentaires (introduites en 1965), est d’emblée – contre l’avis de son parti – un défenseur convaincu du modèle dit des « trois piliers » et du régime obligatoire de la prévoyance professionnelle (1972). De la sorte, son mandat est marqué non seulement par le l'expansion l’AVS, mais aussi par la limitation du champ d'action AVS par le biais du développement des deuxième et troisième piliers (caisses de pension et épargne vieillesseindividuelle). Tschudi n’est en revanche pas parvenu à introduire une obligation partielle de s’assurer contre la maladie (1974), ni à mener à terme d’autres initiatives de la gauche en matière de politique sociale. Son engagement en faveur de l'élargissement du champ d’application de l’assurance-accidents est certes couronné de succès, mais il ne sera plus en poste lorsque cette obligation entrera en vigueur (1984).
Literatur / Bibliographie / Bibliografia / References: Tschudi Hans Peter (1993), Im Dienste des Sozialstaates. Politische Erinnerungen, Basel; Altermatt Urs (1991), Die Schweizer Bundesräte. Ein biographisches Lexikon, Zürich.HLS / DHS / DSS:Tschudi, Hans Peter.
(12/2014)