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Les droits qui ont trait à la sexualité, la grossesse, l’accouchement et la maternité sont particulièrement importants pour les femmes et les jeunes filles. Ces droits sont depuis longtemps ancrés dans le droit international et sont toujours plus précisés au cours des années.
Cependant, dans beaucoup d’endroits encore, les femmes et jeunes filles sont encore loin de pouvoir jouir de ces droits: Elles ne peuvent pas décider de leur propre sexualité, elles sont victimes de violence sexuelle, et elles ne peuvent pas déterminer le nombre de grossesses qu’elles veulent vivre ni à quelle intervalle elles doivent les vivre. De plus, les femmes enceintes, celles sur le point d’accoucher et les jeunes mères ont souvent un accès insuffisant aux services de santé. Dans beaucoup de pays, on peut également assister à une dégradation des droits sexuels et reproductifs.
Interruption de grossesse et droits des femmes
Amnesty International exige que les jeunes filles et les femmes qui sont tombées enceintes suite à un viol, une agression sexuelle ou un abus sexuel au sein de leur famille, doivent avoir la possibilité d’interrompre leur grossesse. Ce droit devrait également être valable lorsque la vie ou la santé des femmes enceintes sont menacées. Lorsque ces cas se présentent, l’interruption de grossesse doit être accessible aux femmes et se faire de manière sûre et sans discrimination.
Amnesty International exige en outre la dépénalisation de l’interruption de grossesse, ce qui veut dire qu’aucune sanction ne doit être prise contre les femmes qui ont interrompu leur grossesse ou contre les personnes ayant procédé à l’interruption. Les mesures préventives sont néanmoins également très importantes: Chaque jeune fille doit avoir accès à des informations sur la sexualité et sur les moyens de contraception
Santé maternelle
Une femme meurt toutes les 90 secondes de complications liées à la grossesse. 95% d’entre elles vivent dans des pays en voie de développement et dans la pauvreté, la plupart du temps en zone rurale et avec un accès limité à l’éducation, sans pouvoir de décision sur leur vie.
Dans presque tous les cas, elles auraient pu être sauvées si des soins médicaux appropriés leur avaient été apportés à temps. Les femmes et les jeunes filles pauvres ne sont pas informées des risques liés aux complications, surtout si elles n’ont pas été scolarisées ou sont illettrées. Les traitements sont souvent trop chers pour qu’elles puissent en supporter le coût. Pour celles qui vivent dans des zones reculées, il est difficile de se rendre dans les établissements de soin – le coût de transport peut être trop élevé ou les routes impraticables.
Le cinquième objectif du Millénaire est consacré à la réduction de la mortalité maternelle et à l'accès général des femmes et des filles à la santé reproductive. Mais la communauté internationale est encore bien loin de l'avoir atteint! Pour y arriver, il faut s'attaquer au fait que de nombreuses femmes ne jouissent pas de leurs droits les plus fondamentaux: le droit à la vie, le droit à la santé, le droit à l'autodétermination en matière de sexualité, de grossesse et de maternité.
Amnesty International fait campagne pour obtenir l’interdiction et l’élimination des violations des droits humains qui provoquent des décès et des complications évitables liés à la maternité. Ces violations - comme le mariage précoce, les mutilations génitales féminines, les violences sexuelles et le manque d’accès aux informations et services relatifs à la santé sexuelle et reproductive - augmentent les risques de grossesses non désirées, de décès ou de complications évitables liées à la maternité.