Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07119.jsonl.gz/76

CANTERBURY (ANGLETERRE) – Selon une nouvelle étude anglaise, une partie significative de patients âgés de plus de 70 ans prenaient des médicaments antihypertenseurs malgré le fait qu’ils ne souffraient pas d’hypertension mais au contraire d’hypotension. Ces prescriptions à tort augmentent le risque de mortalité et le nombre d’admissions à l’hôpital chez les seniors relèvent les chercheurs.
Pour arriver à ces conclusions, des chercheurs de l’institution de santé Centre for Health Services Studies de l’Université du Kent et de l’hôpital East Kent en Angleterre ont analysé les données de 11’167 patients âgés de plus de 70 ans et ont découvert que l’hypotension était associée de façon indépendante à une augmentation du taux de mortalité et du nombre d’admissions à l’hôpital. Parmi 1899 patients qui souffraient d’un certain degré d’hypotension, 1246 ou 66% prenaient des médicaments pour abaisser la pression (antihypertenseurs).
Le principal auteur de cette étude le Prof. Chris Farmer explique : « Traiter l’hypertension à un âge avancé réduit le risque d’AVC et d’autres événements cardiovasculaires. Néanmoins, chez des patients âgés avec de nombreux risques, il y a un équilibre à trouver entre l’utilisation d’antihypertenseurs pour réduire le risque de futures maladies et une augmentation du risque provoqué par des effets secondaires de ces médicaments. »
Pas toujours pris en compte
Le professeur anglais poursuit : « Une fois que la thérapie est instaurée, le traitement n’est pas régulièrement évalué en fonction des changements physiologiques liés à l’âge et aux effets d’autres médicaments additionnels. »
Cause ou conséquence ?
Quand les scientifiques ont analysé les patients avec la tension sanguine la plus basse (moins de 100mmHg), presque 70% prenaient des médicaments hypotenseurs. Le nombre de médicaments n’avait pas d’influence sur la mortalité. Cette étude n’a pas été en mesure de déterminer si l’hypotension était la conséquence d’une grave maladie menant le patient à l’hôpital ou si la cause était l’hypotension elle-même. Néanmoins, les chercheurs relèvent l’importance de leur étude en terme clinique, c’est-à-dire qu’une partie importante des personnes âgées souffrant d’hypotension prennent des antihypertenseurs.
Réévaluation nécessaire
Les auteurs concluent leur travail de recherche en relevant que les conséquences de l’hypotension sont une source de coût importante pour les systèmes de santé, notamment le NHS au Royaume-Uni, où l’étude a été réalisée. Ils estiment aussi que cela affecte négativement la qualité de vie des patients âgés. Ils recommandent que les traitements contre l’hypertension soient plus souvent réévalués par le personnel soignant pour toujours trouver un bon compromis entre les risques et les bénéfices. D’autres études sont nécessaires pour mieux comprendre cette problématique et savoir quand une personne âgée doit prendre ou arrêter son traitement contre l’hypertension.
Cette étude a été publiée en novembre 2016 dans la revue spécialisée Age and Ageing.
Le 6 janvier 2017. Par Xavier Gruffat (Pharmacien Dipl. EPF Zurich). Sources : communiqué de presse de l’étude. Références : Yvonne Morrissey, Michael Bedford, Jean Irving, Chris K. T. Farmer. Older people remain on blood pressure agents despite being hypotensive resulting in increased mortality and hospital admission. Age and Ageing, 2016; DOI: 10.1093/ageing/afw120. Photo : Fotolia.com