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Depuis la naissance du CERN en 1954 jusqu'au début de la prise de vue numérique, plus d'un demi-million d'images filmées (noir et blanc et couleurs) ont été tournées pour illustrer l'installation des expériences, le détail des technologies, la vie au CERN, la visite des VIPs ou encore la sauvegarde des présentations lors des conférences avant l'utilisation des logiciels de présentation.
Malgré le mauvais état de ce matériel, il a été décidé de le transférer près de la salle de stockage du Laboratoire photo, afin de vérifier s'il s'agissait bien de doubles des négatifs disponibles. La règle du projet Mémoire numérique du CERN, qui consiste à numériser tous les contenus analogiques multimédias produits par l'organisation au cours du XXe siècle, s'appliquerait également à ces "diapositives délabrées" : numérisons-les d'abord, et trions-les une fois numérisées. Par coïncidence, le physicien et photographe Matteo Volpi a vu les diapositives dégradées. Puisqu'il animait régulièrement des ateliers d'art où les participants tentent de transformer des diapositives normales en œuvres d'art avec du feu, de l'eau, etc. il a proposé à Jean-Yves Le Meur d'évaluer leur valeur.
Une étroite collaboration entre les deux collègues Volpi-Le Meur (VolMeur) a débuté dans le but de sélectionner quelques centaines d'images parmi des centaines de diapositives brutes, de les numériser et de les encadrer comme des tableaux à exposer dans un musée. Différentes techniques de numérisation des diapositives ont été envisagées, car il est difficile de les numériser sans perdre leur valeur artistique et leur belle transparence. La solution préférée a finalement été de les projeter à l'écran, de décider pour chacun d'eux de la mise au point la plus adéquate, avant de les capturer avec une photographie haute résolution.