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Isidro chapitre 3 Créé le: 10.09.2018, édité le: 10.09.2018
Colombie, région de Cartagena, même époque
Il était tard, passé minuit. Le village était tapi entre deux collines, à quelques dizaines de kilomètres de la côte atlantique de la Colombie. La lune était cachée. Il faisait nuit noire et, du haut de la colline qui surplombait le village, on apercevait quelques lumières, faibles et vacillantes, laissant deviner ce gros bourg peuplé au mieux de cinq à six mille âmes.
Au dehors, on entendait le bourdonnement incessant des insectes, les cris des singes ou ceux, plus rares, des rapaces nocturnes et, parfois, le bruit lointain des vagues. Le hamac recouvert d’une moustiquaire de fortune, se balançait, comme poussé par une main invisible. Bercé par le balancement régulier, Isidro, trois ans, dormait du sommeil du juste. La chaleur était moite, étouffante, à peine atténuée par un vent chaud venu de l’Atlantique, charriant des senteurs marines et les fragrances des plantes tropicales de la forêt toute proche. L’humidité collait à la peau, la rendant poisseuse et adhésive, un peu comme les mains sur lesquelles a jailli le jus d’un fruit trop mûr.
La maison en briques nues se composait de trois pièces de plain-pied : une grande pièce commune où dormaient les parents, une chambre pour le petit et une cuisine, dans laquelle se trouvait le seul accès à l’eau courante, froide, de la maison.