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Quelles suites pour notre système monétaire?
Une conférence de l'Institut Libéral s'est penchée sur la manipulation monétaire et l'échec de l'euro.
C'est devant un public nombreux que s'est tenue la conférence de l'Institut Libéral sur l'avenir du système monétaire le 21 novembre à Genève. Comme l'a relevé Pierre Bessard, l'Institut Libéral a été l'une des rares voix à souligner le rôle du système monétaire centralisé dans la crise qui a frappé le monde et qui continue de susciter des inquiétudes. Cela contraste avec les diagnostics simplistes de l'instabilité des marchés et de la déréglementation financière.
Philippe Simonnot, économiste et auteur notamment de La Monnaie — histoire d'une imposture, a rappelé que la monnaie n'a pas toujours été gérée de manière centralisée par l'État. Au contraire, la monnaie a émergé naturellement comme facilitateur d'échange, et les métaux précieux, en raison de leurs spécificités physiques, se sont imposés spontanément comme moyens d'échange universaux. Ce n'est que par la suite que l'État s'est approprié du pouvoir d'émettre la monnaie. Lorsque les banques ont commencé à émettre de la monnaie papier sous forme de certificats de dépôt, elles sont devenues les éléments centraux du système monétaire. Le marché bancaire étant tel qu'il favorise les banques de grande taille, il s'est formé un oligopole qui a aboutit en la création d'une banque centrale, désormais seule responsable de l'émission monétaire. Lorsque l'État a décidé de rompre le lien de la monnaie avec l'or, il est ensuite devenu le gardien non gardé de la monnaie que l'on connait aujourd'hui.
Commander le livre de Philippe Simonnot:
La Monnaie — histoire d'une imposture
Le fait que l'émission monétaire n'est pas une prérogative nécessaire de l'État est également une réalité à laquelle les partisans de l'intégration européenne doivent faire face. Pierre Leconte, président du Forum monétaire de Genève, a rappelé que la création de l'euro s'accompagnait de l'espoir d'une création d'un État européen. L'euro, pensait-on, amènerait une convergence des différents pays européens et favoriserait ainsi l'émergence d'un État supranational européen. En réalité, l'euro a momentanément permis à certains pays de s'endetter à bas taux d'intérêt, un endettement qui se transforme aujourd'hui en crise car le marché a compris que l'union monétaire ne s'est pas transformée en union fiscale et que les États riches de l'union ne paieraient pas pour les autres. Ainsi, alors qu'à son introduction, l'euro était supposé concurrencer le dollar pour le statut de réserve internationale, l'échec de cette monnaie construite politiquement entraîne même une incertitude à propos de sa survie.
Lire la communication de Pierre Leconte:
«L'échec de l'euro» (8 pages, PDF)
Lire le rapport de la conférence par Levi-Sergio Mutemba, «L'Agefi»:
«Une monnaie sans gardien»
23 novembre 2012