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Liberales Institut
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«L'Etat est responsable de la crise»
L'analyse libérale de la crise financière contraste singulièrement avec celle des autorités
L'analyse libérale de la crise financière contraste singulièrement avec celle des autorités, ainsi que le montre le symposium sur les leçons de la crise organisé par le Liberales Institut, vendredi à Zurich, où l'unanimité existe sur les causes: les banques centrales, en premier la Fed, ont introduit une extraordinaire instabilité dans les taux d'intérêt qui est à l'origine des graves difficultés actuelles.
Le processus a été aggravé par l'Etat et les lois d'encouragement à la propriété immobilière, explique Pascal Salin, professeur à l'Université de Paris-Dauphine. Le Département de justice américain a même poursuivi pour discrimination des instituts de crédit qui refusaient d'accorder des prêts.
«L'économie planifiée a causé la crise»
Pourtant, dans l'opinion publique, le capitalisme a failli. «C'est l'économie planifiée qui a causé la crise», rétorque Thorsten Polleit, professeur à l'Université de Francfort et économiste auprès de Barclays. «L'Etat a le monopole de la création monétaire, distribue les licences bancaires, fixe les taux d'intérêt, définit les fonds propres, juge les produits. Où est le marché dans ce système?» demande-t-il.
Michael von Prollius, fondateur du Forum Ordnungspolitik, demande la suppression des banques centrales et l'établissement du «free banking». La «dénationalisation» des banques centrales et la création de monnaies privées voulues par le courant libertaire ne peuvent être proposées que par les citoyens eux-mêmes, selon Thorsten Polleit.
Entre la voie monétariste (Friedman) et celle de l'école autrichienne (Hayek, Mises, Rothbard), cette dernière a toutefois le vent en poupe en Europe, notamment dans les pays de l'Est. Les difficultés de l'approche empirique et modélisée de l'économie facilitent la renaissance de l'approche déductive de Mises ou de Hayek pour qui «l'interventionnisme de l'Etat, c'est du destructionnisme». Pascal Salin estime même que le plan de relance d'Obama est un plan de récession.
La thèse «autrichienne» consiste à proposer un système monétaire dans lequel une création monétaire arbitraire est impossible. Le taux d'intérêt, défini comme le prix du temps, doit être non pas le résultat de la politique monétaire, mais de la confrontation entre prêteurs et emprunteurs.
Une attribution «tragique»
«Les banques centrales ont doublé la masse monétaire en dix ans», explique Michael von Prollius. Les errements de la Fed sont logiques. Seul le marché peut déterminer la bonne quantité de monnaie. Il est donc «tragique» d'attribuer la récession au fonctionnement libre des marchés, selon Pascal Salin.
Sans surprise, les autorités accusent les banquiers ou le marché. «Il est aussi correct de dire que l'avidité des banquiers a déclenché la crise que de dire que l'accident de Swissair à Halifax résulte de la pesanteur, selon Hans Geiger, professeur à l'Institut bancaire de l'Université de Zurich. Ne confondons pas facteurs déclencheurs et causes.»
Hans Geiger veut créer un système financier stable au plan national. La Suisse ne doit pas attendre la création d'un terrain de jeu identique pour tous. Elle doit créer de meilleures conditions cadres-qu'ailleurs.
6. Juni 2009