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L'un vient du Moyen-Orient, l'autre de l'Est européen. Les deux peintres présentent à Vevey leur peinture, singulièrement en harmonie. Farhard Ostovani fait l'objet d'une rétrospective. Zivo a reçu le Prix de la Fondation Sandoz 1999.
Deux expositions en harmonie sont visibles au Musée Jenisch de Vevey. La première accueille les œuvres de l'artiste iranien Farhad Ostovani, qui a notamment illustré un essai d'Yves Bonnefoy. Cent cinquante huiles et pastels composent des variations poétiques, et musicales, autour du pays natal, mué en lieu mythique.
Montagnes bleues, rouges ou brunâtres, réduites à une silhouette tutélaire, grappes de raisins frais ou flétris, arbres surtout - oliviers ou cyprès - forment l'horizon de cette peinture.
Né en 1950 au nord de l'Iran, Farhad Ostovani a débuté sous la direction d'un peintre traditionnel, étudié à l'Université de Téhéran, avant de voyager en Europe et aux Etats-Unis. Sa pratique maîtrisée du pastel est mise au service d'images parfois décoratives, comme la série des Variations de Goldberg, parfois plus mystérieuses, toujours sobres et belles.
Le lauréat du Prix FEMS 1999 (Prix Edouard Marcel et Maurice Sandoz), Zivo, est né pour sa part en 1960 à Belgrade. Il est arrivé en Suisse romande dès sa petite enfance et a visité par la suite la Yougoslavie en compagnie de son propre fils.
Un pays qu'il semble recréer, non sans nostalgie, dans sa peinture; celle-ci habite d'immenses toiles de lin qui, dit l'artiste, «laissent respirer et palpiter la peinture». Zivo a élu deux motifs privilégiés, deux animaux, l'âne et l'oiseau.
Gauche et sage, l'âne renvoie à un passé ancestral, reflet «de la douleur cachée et tue, de la brimade, de la force qu'on fait plier, de l'idiot mis à l'écart, du soldat écrasé». En contrepoint, l'oiseau figure l'envol, donc la liberté.
Laurence Chauvy
Musée Jenisch (av. de la Gare 2, Vevey, tél. 021/ 921 29 50). Jusqu'au 19 novembre.