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"Pour être crédible, il faut pouvoir défendre son espace aérien"
La Suisse doit acquérir de nouveaux jets de combat et un nouveau système de défense sol-air, estime le Conseil fédéral. Il a fixé mercredi une enveloppe à huit milliards de francs au maximum. Un investissement conséquent, qui soulève des critiques, notamment de la part de la gauche.
Les forces aériennes pourront voler sur ces appareils dès 2025. Mais la menace contre le ciel suisse est-elle encore crédible actuellement? "Personne n'avait pu imaginer un jour que l'ex-Yougoslavie s'embraserait", répond Guy Parmelin, invité jeudi de La Matinale de la RTS. Il évoque également le conflit dans l'est de l'Ukraine, qui "nous rappelle crûment que la paix, qui paraissait perpétuelle à la chute du Mur de Berlin, n'est plus qu'un souvenir".
"La neutralité a un prix, et pour être crédible, il faut pouvoir défendre correctement son espace aérien", insiste-t-il. Le conseiller fédéral rappelle "qu'à l'époque de la guerre au Kosovo, nos avions ont dû intervenir pour protéger notre neutralité (...) ce n'est pas gratuit".
Du "matériel toujours plus sophistiqué"
Guy Parmelin réfute aussi le fait que cette acquisition se fasse au détriment d'autres domaines des forces armées. "Nous pouvons dégager la marge de manoeuvre nécessaire pour faire des investissements dans d'autres domaines, notamment dans la cyberdéfense, qui est une de nos priorités."
Si nous ne pouvons pas remplacer tous les avions de manière échelonnée, nous aurons une lacune considérable à l'horizon 2030.
Le conseiller fédéral en charge de la Défense ajoute que le matériel de l'armée devient de plus en plus sophistiqué, et comporte de plus en plus de logiciels qui nécessitent un renouvellement fréquent, alors que les coûts d'exploitation ont tendance à augmenter. "Dans l'idéal, nous aurions eu besoin de 10 milliards supplémentaires pour tout ce qui ne concerne pas l'espace aérien", déclare-t-il.
Eviter le scénario du Gripen
Il n'est pas certain à ce stade que le peuple puisse se prononcer sur cette dépense. Mais en 2014, les Suisses avaient refusé l'achat d'un autre jet de combat, le Gripen. "A l'époque, il était question de ne remplacer qu'une partie de la flotte (...) Avec ce projet, si nous ne pouvons pas remplacer tous les avions de manière échelonnée, nous aurons une lacune considérable à l'horizon 2030", estime Guy Parmelin.
Propos recueillis par Pietro Bugnon
jvia
Publié le 09 novembre 2017 à 08:22 - Modifié le 10 novembre 2017 à 18:39
"Il faut se mobiliser pour montrer les avantages des JO"
"Ce projet, tel que nous l'avons cadré avec le Conseil fédéral, est une opportunité unique pour notre pays, insiste-t-il. Pour lui, l'organisation de l'événement sportif en Suisse promet "des retombées à très long terme, et pas juste pendant la quinzaine des Jeux", notamment en terme de tourisme.
"Il faut se mobiliser pour montrer les avantages des Jeux olympiques, qui doivent susciter un engouement au-delà des cantons organisateurs", insiste le conseiller fédéral.