Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07262.jsonl.gz/732

Pour l'émission Lettres suisses de janvier 1968, Jacques Chessex confesse sa fascination pour Charles-Albert Cingria qu'il présente comme un «écrivain merveilleux, chat qui touche tout et qui fait partout l'étincelle de sa fourrure.» L'oeuvre poétique de Cingria lui apparaît par ailleurs comme «une longue chronique ininterrompue».
Dans cette interview, Jacques Chessex présente également sa vision de l'identité du poète qui doit être «le créateur d'un langage et de situations inoubliables.»
Le poète, romancier et essayiste, Jacques Chessex est né à Payerne le 1e mars 1934. Après sa licence en lettres de l'Université de Lausanne, il entre dans l'enseignement. A l'université déjà, il participe au mouvement littéraire né autour de revues tels Pays du lac et Rencontre. Il poursuivra ce travail d'animateur de revue avec la fondation, en 1964, d'Ecritures, en collaboration avec l'éditeur Bertil Galland.
Jacques Chessex débute en littérature par la publication de ses premiers poèmes, marqués de l'empreinte de Gustave Roud et de Pierre-Louis Matthey. Ses recueils laissent deviner, dans le chant de la beauté de la nature, l'intuition de la précarité de l'être et la hantise de la mort. Son premier roman, La confession du pasteur Burg paraît en 1967 et se réclame de l'esprit de La Nouvelle Revue française à laquelle il collabore par des chroniques et des notes de lectures.
Avec Portrait des Vaudois (1969), Jacques Chessex recherche sa propre identité, fortement marquée par ses racines familiales et par le poids du suicide de son père. L'image paternelle, autoritaire et étouffante, est au coeur de L'Ogre qui lui vaudra le Prix Goncourt. Jacques Chessex devient ainsi le premier écrivain romand – et le seul – à obtenir cette prestigieuse reconnaissance.
Au fil de ses romans, tels Judas le transparent (1982), Jonas (1987) ou Morgane madrigal (1990), il crée une oeuvre marquée par les forces contrastées de la vie et la fascination de la mort. Son style, volontiers baroque et vindicatif, répond pourtant aux exigences d'une esthétique réaliste. Critique d'art avisé, il a publié plusieurs essais consacrés aux auteurs romands et aux maîtres français du réalisme.
Son dernier roman, Le vampire de Ropraz est la narration singulière d'un fait divers atroce survenu au début du XXe siècle dans le village qu'il habite depuis une trentaine d'année. La critique et le public ont été unanime pour saluer les qualités de ce récit.