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Les investisseurs se montrent optimistes quant aux perspectives de reprise vraisemblablement rapide des actions américaines.
Une analyse détaillée de l'évolution décorrélée du marché des actions US et de l'économie des États-Unis a permis de relever trois éléments clés:
- Les actions américaines se sont fortement redressées après les planchers atteints en mars, alors que l'économie a connu un recul important au cours de la même période
- Les investisseurs se montrent optimistes quant aux perspectives de reprise vraisemblablement rapide des actions américaines
- La reprise de l'économie américaine pourrait prendre plus de temps que prévu
L'écart marqué entre l'évolution du marché des actions et celle de l'économie aux États-Unis ne devrait pas durer. «Si l’on considère la bourse comme un mécanisme prévisible, il est clair que l’optimisme soit de mise en ce moment», observe Eric Papesh, spécialiste actions US chez T. Rowe Price. «Néanmoins, nous ne nous attendons pas à ce que le marché des actions US continue à se décorréler de l'économie réelle à long terme. Les marchés financiers américains devraient connaître dans les mois et trimestres à venir un degré de volatilité plus élevé que celui auquel nous sommes habitués ces dernières années».
«La question clé en ce moment n'est pas tant de savoir quand nous espérons revenir à un environnement normal, mais quand nous retournerons à un contexte de récession normal», déclare Julian Cook, spécialiste actions US chez T. Rowe Price. «Avec plus de 13% de la population américaine actuellement au chômage et de nombreuses entreprises encore fermées, ce sont des signaux clés qui ne peuvent pas être ignorés».
La récente reprise économique soulève la question suivante: est-elle due à une réelle amélioration de l'économie et de l'activité des entreprises ou est-elle simplement le résultat d'une relance budgétaire considérable? «Nous nous sommes récemment entretenus avec une société de traitement des paiements de premier plan au niveau mondial, au sujet des tendances dans les dépenses de consommation qu'elle constate actuellement», précise Julian Cook, «la société a confirmé une certaine reprise des dépenses, mais elle a également mentionné que cette progression était d’avantage due à des mesures de relance à court terme que de l'amélioration du sentiment des consommateurs. M. Cook estime que le niveau des revenus de 2019 ne sera pas atteint avant 2022: «La reprise pourrait prendre plus de temps que certains ne le prévoient. Au lieu d'une éventuelle reprise en forme de ‘V’ ou de ‘W’, nous pensons qu'elle pourrait être progressive et en forme de ‘swoosh’, à la manière du logo du fabricant d'articles de sport Nike, qui se courbe d'abord fortement vers le bas, puis remonte très lentement».
En ce qui concerne une éventuelle évolution d’un marché growth vers un marché value, Eric Papesh estime qu'il y a des raisons d'être confiants dans certains domaines value notamment les plus importants, tels que le secteur financier, l'énergie et les matériaux. «Une grande partie des difficultés auxquelles les entreprises de ces secteurs respectifs sont confrontées se reflètent largement dans les évaluations actuelles. Dans le secteur financier, par exemple, de nombreuses compagnies d'assurance se traitent à une fraction de leur valeur comptable, alors qu'elles ont, selon nous, un potentiel de bénéfices à long terme relativement intéressant.»
En ce qui concerne l'évolution future du marché des devises, le dollar américain pourrait bientôt connaître une tendance à la baisse sur le long terme. Ken Orchard, co-responsable des obligations internationales chez T. Rowe Price, anticipe cela sur la base des éléments suivants: «La voie de la reprise économique aux États-Unis semble incertaine et le début d'un nouveau cycle pourrait inverser la tendance. Par ailleurs, le rétrécissement de l'écart de taux d'intérêt entre le dollar américain et les autres devises rend la monnaie américaine beaucoup moins attrayante du point de vue de l'investisseur. Enfin, la modification de la composition des réserves de change des banques centrales indique que le dollar américain est sur une tendance à la baisse».
Ken Orchard conclut: «Alors que nous approchons du dixième anniversaire de la hausse du dollar et que la croissance mondiale montre des signes de reprise post crise du coronavirus, les investisseurs devraient se demander si une diversification des actifs libellés en dollars américains vers des obligations internationales ne serait pas une bonne chose à faire à l'approche du second semestre de l'année.»