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Les armes à effet de souffle constituent une grave menace dans tout le spectre des conflits
23 juin 2001 (deuxième partie)
lusieurs des contre-mesures appropriées face à des armes conventionnelles sont pertinentes pour se protéger contre les armes à effet de souffle : le camouflage et la dissimulation, la dispersion, ainsi que la déception.
L'établissement de la présence ou de l'absence d'armes à effet de souffle sur le champ de bataille devrait constituer un besoin de renseignement critique du commandant ou un besoin de renseignement prioritaire. Tous les militaires devraient être à l'affût de ces armes et devraient faire rapport dès que possible par la chaîne de commandement lorsqu'ils voient des armes de ce genre ou présument en avoir vues.
Les défenses doivent être disposées en profondeur et chercher à donner l'alerte lointaine et à faire la destruction des systèmes d'armes à effet de souffle et de leurs servants. La capacité des armes à effet de souffle de détruire une fortification de campagne ou de la rendre inefficace en un ou deux coups souligne encore davantage la nécessité pour ces fortifications d'être placées en appui réciproque ou d'être appuyées de diverses façons, par exemple par des troupes retranchées ou des véhicules blindés.
À condition que les règles d'engagement le permettent, les personnes qui transportent ou se préparent à employer des armes à effet de souffle devraient être engagées comme objectifs prioritaires.
Protection du personnel
À partir des travaux de Recherche et développement pour la défense Canada (RDDC) on peut affirmer qu'il est actuellement difficile de protéger les personnes contre les effets de souffle et de surpression. Il est toutefois possible de prendre des mesures pour atténuer l'effet des débris projetés et les effets thermiques de la boule de feu. Le port du casque, du gilet pare-éclats et de lunettes de sécurité assure un certain degré de protection contre les débris et la poussière soufflés. La tenue et les gants dont peuvent disposer chaque membre d'équipage de véhicule blindé assurent également une certaine protection contre les flammes et l'éclair.
Les armes antiblindés conventionnelles continuent d'être plus menaçantes pour les véhicules blindés que les armes à effet de souffle. À condition que le véhicule soit bien fermé, ses occupants seront protégés contre l'effet de souffle d'armes comme le RPO-A, même si les antennes, les éléments attachés à l'extérieur, les dispositifs optiques et les pneus subiront des dommages à des degrés divers. La surpression des armes à effet de souffle peut entrer à l'intérieur des véhicules blindés légers par les entrées d'air et les panneaux d'accès au compartiment moteur, faisant de ces derniers et de tout autre objet détaché, des débris volant de toutes parts.
Les véhicules blindés lourds sont largement à l'abri des effets des armes d'épaule à effet de souffle bien que les armes à cône de charge en tandem (comme les RShG-1/2) poseront une menace pour les véhicules blindés légers. Pour tous les membres d'équipages (par exemple chars de combat, obusiers blindés) exposés à la menace du souffle, les procédures d'opération seront très semblables à celles applicables au combat en environnement ABC, c'est-à-dire qu'il faut opérer écoutilles fermées.
Protection des fortifications permanentes
La meilleure manière de protéger les occupants d'une fortification de campagne contre l'effet des armes à effet de souffle est d'empêcher l'onde de souffle de pénétrer dans la structure. Si la menace associée à une arme à effet de souffle est présente ou imminente, voici les mesures à envisager au moment de la construction ou de l'amélioration d'une fortification de campagne.
Les fortifications permanentes ou construites à des fins spécifiques, comme par exemple les casemates et postes d'observation, devraient être munies :
Lorsque c'est possible, les fortifications devraient par ailleurs comporter des ouvertures d'observation et de tir qui ne serviront pas de points d'entrée à l'onde de souffle. Cela voudrait dire d'équiper les casemates d'un affût coaxial, d'ouvertures d'observation avec vitrage blindé, d'épiscopes du genre utilisé sur les véhicules ou d'un dispositif équivalent pour l'observation.
Sous les climats chauds, on pourrait envisager d'équiper les casemates d'un système de climatisation permettant leur occupation lorsque les orifices d'observation sont fermés.
Protection des bâtisses fortifiées
Les bâtisses susceptibles de s'effondrer comme les bâtisses de béton sans structure avec planchers et toits de béton sont à éviter. Lorsqu'il est nécessaire et possible, des centres de résistance devraient être érigés à l'intérieur des bâtisses pour fournir une protection supplémentaire. Comme pour les casemates et lorsque c'est possible, les bâtisses reconnues comme objectifs probables devraient être protégées au moyen d'écrans anti-roquettes à distance de sécurité.
Pour réduire les effets de souffle à l'intérieur de la structure, il s'agit de sceller les ouvertures non utilisées afin de bloquer l'onde de souffle, tandis que les ouvertures donnant sur l'extérieur devraient être fermées au moyen de panneaux soufflables qui permettront à l'énergie de s'échapper. On peut également suspendre de lourds rideaux détrempés dans les points d'entrée et de sortie et dans les ouvertures de tir pour atténuer l'effet thermique dû à la boule de feu.
Tous les matériaux (poutres de bois ou d'acier, sacs de sable) utilisés pour soutenir un plafond devraient par ailleurs être fixés de manière à ce qu'une force en direction opposée, lorsque le plafond est soulevé plutôt qu'écrasé par la pression, ne les déloge pas.
Même si les armes à effet de souffle posent une menace pour les soldats qui livrent combaten zone bâtie, il n'a pas jusqu'à maintenant été nécessaire d'apporter des modifications radicales au concept actuel des fortifications.
Enfin, si les effets des armes à effet de souffle réduisent l'efficacité globale des tranchées mais ne l'annulent pas complètement. On peut protéger la partie abri de la tranchée jusqu'à un certain point en suspendant un lourd rideau dans l'ouverture. Des recherches effectuées par le United Kingdom Chemical and Biological Defence Establishment (CBDE) à Porton Down ont montré que les soldats retranchés dans un abri voûté avec toiture étaient plus en sécurité s'ils se tenaient accroupis en position verticale à l'extrémité couverte de l'abri. Malgré la perte d'efficacité des tranchées face à l'onde de souffle des armes à effet de souffle, les tranchées restent utiles contre les débris et contre les autres systèmes d'armes conventionnels présents dans le secteur.
Les soins aux blessés
Les blessures causées par les armes à effet de souffle ne sont pas radicalement différentes de celles déjà présentes sur le champ de bataille, même s'il risque d'y avoir une plus haute incidence de brûlures sur les surfaces de peau exposées et de blessures par effet de souffle que dans le cas des armes conventionnelles. Dans les opérations en milieu urbain, les fragments projetés et les débris tombant causeront vraisemblablement une augmentation des blessures aux yeux, des blessures fermées et des blessures par écrasement. Les blessures de ce genre peuvent dissimuler une blessure interne due à l'effet de souffle et le personnel des services de santé doit garder l'oeil ouvert, en particulier dans les opérations en milieu urbain.
Il peut s'avérer difficile de diagnostiquer les blessures dues à l'effet de souffle et ces blessures peuvent être lentes à se manifester, en particulier les blessures dans la région abdominale. Il peut n'y avoir aucune trace externe de blessure et le problème peut donc être difficile à distinguer des cas de réaction au stress de combat (hyperventilation, perte de souffle et agitation). La perte d'audition peut être un symptôme révélateur dans ce genre de cas. Parmi les autres indices de blessure potentielle due à l'effet de souffle, notons le saignement d'oreille, les troubles respiratoires y compris une expectoration de sang ou des traces de sang dans les mucosités ou l'écume de bouche.
Il n'est pas nécessaire de modifier le traitement des blessés; toutefois, avant de se déployer dans un théâtre d'opération, les médecins militaires devraient chercher des directives professionnelles au sujet des plus récentes pratiques médicales et de l'évaluation de la menace. Les planificateurs des soins de santé à tous les niveaux devraient tenir compte du risque de blessures dues à l'effet de souffle lorsqu'ils évaluent la menace.
Rewriting: Cap Ludovic Monnerat
Sources
"La menace des armes à effet de souffle", Le centre des leçons retenues de l'Armée, Le Bulletin, Vol 7 no 3, janvier 2001
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