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Quel que soit le vainqueur de l´élection présidentielle américaine de mardi, les rapports entre Berne et Washington ne devraient pas changer sensiblement. C´est, en tous cas, le point de vue du numéro deux de l´ambassade de Suisse à Washington.
Pierre Combernous est un fin connaisseur des Etats-Unis. Docteur en histoire des Etats-Unis, il rédige régulièrement pour la Confédération des rapports sur la politique américaine et ses conséquences éventuelles pour la Suisse.
Le numéro deux de l'ambassade estime ainsi que le futur locataire de la Maison Blanche, que ce soit George W. Bush ou Al Gore, suivra une politique étrangère peu éloignée de celle développée par Bill Clinton. Pourtant le candidat Bush s'est nettement distancié de la politique extérieure de l'actuel président. Il a ainsi promis de retirer les soldats américains des Balkans, s'il était élu.
Pierre Combernous tient à relativiser ses propos: «Lors de leurs campagnes électorales, les deux principaux candidats au poste de président ont effectivement développé des styles différents. Mais il faut distinguer les messages des deux candidats de ce qu'ils feront une fois élu».
Le diplomate suisse souligne en particulier l'importance du Sénat et de la Chambre des représentants qui seront également renouvelés lors des élections de mardi: «toutes les grandes décisions de l'administration présidentielle doivent obtenir l'aval du législatif. Or les élections de mardi ne devraient pas déboucher sur une majorité très claire dans les deux chambres parlementaires. La situation de blocage qu'a connue l'administration Clinton pourrait donc bien perdurer, quel que soit le président élu».
Sur le plan économique, les programmes des deux candidats sont peu différents. Pourtant, les entreprises suisses présentes aux Etats-Unis ont versé beaucoup plus d'argent pour alimenter la campagne de George W. Bush que celle de son adversaire. «Les Républicains gardent la réputation d'être plus favorables aux milieux d'affaires que les Démocrates. En outre, durant la campagne, ils ont réussi à faire passer Al Gore pour un ami des syndicats et un défenseur d'un Etat interventionniste. Cela a porté ses fruits auprès des différents lobbies qui financent la campagne des candidats».
Quant à la communauté suisse vivant aux Etats-Unis, elle ne semble pas avoir une couleur politique bien définie. Composée au deux tiers de binationaux (suisses et américains), elle est pourtant largement concernée par ces élections.
Pierre Combernous ose tout de même une hypothèse: «La moitié des quelque 90 000 Suisses vivant aux Etats-Unis résident à New York (18 000), San Fransisco (15 000) et Los Angeles (10 000). Or ces trois villes votent majoritairement démocrate. Comme la majorité de ces Suisses sont fortement intégrés, on peut supposer qu'ils votent comme les autres habitants de ces trois villes».
Frédéric Burnand