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L'équipe de Suisse était à moins de dix jours de son premier match de l'Euro, jeudi soir, c'est-à-dire à un moment de sa vie de groupe où chaque minute, chaque apparition sur un terrain doit lui servir à devenir meilleure. Dans ce contexte, défier une formation qui comptait moins de professionnels que d'amateurs, et qui n'a tiré qu'une seule fois en direction du portier helvète, avait-il un sens? 🤔
«On peut se poser la question de la qualité des adversaires», avoue Alexandre Comisetti. «Je souris toujours un peu quand je vois ce genre de match», est obligé de reconnaître Leonard Thurre, qui avait mieux à faire pendant les 70 premières minutes de la partie.
On dit souvent que l'objectif de ce genre de rendez-vous déséquilibré consiste à booster la confiance du meilleur, ce qui n'est pas très sympa pour le Liechtenstein. Toute la question est de savoir si nos titulaires à l'Euro, qui évoluent tous dans des clubs d'importance, ont vraiment besoin de se frotter à une petite nation du football pour se convaincre d'être doués.
Et si l'on aligne une équipe B, comme celle de Petkovic jeudi, quel est alors l'intérêt de flatter l'égo de ceux qui seront remplaçants durant le tournoi? «On ne sait jamais ce qu'il peut se passer dans une compétition, signale Alex Comisetti (30 sélections). Quand Frei s'est blessé à la cheville, peu avant le Mondial 2010, heureusement que Derdiyok avait du temps de jeu dans les jambes.» «Et puis, ça ne fait pas de mal à Gavranovic de marquer trois buts», relève Thurre, huit matches avec la Nati, rappelant que «ce genre de partie amicale sert surtout à se rassurer collectivement.»
Leonard Thurre a dû expliquer à son fils de 9 ans l'intérêt du match amical de jeudi. Que lui a-t-il répondu? «Que c'était une manière de se mettre en confiance et de ne pas créer une polémique inutile avec un résultat défavorable.» Il ajoute: «On ne peut pas tirer d'enseignements dans le jeu car il n'y aura pas d'équipes de ce niveau à l'Euro.»
«L'idée d'un tel match est aussi de ne pas franchir des paliers au niveau physique, rappelle Comisetti. Voulait-on vraiment se mettre au défi avant un grand tournoi? Le défi, finalement, c'est le tournoi.»
S'il s'agissait de se reposer et de ne pas puiser dans ses réserves, l'équipe de Suisse aurait peut-être mieux fait de continuer à s'entraîner dans l'environnement confortable de Bad Ragaz. «Je ne crois pas. Une confrontation interne aurait été du temps de perdu», intervient Comisetti. «Lors d'une rencontre internationale, même amicale, tu fais face à un adversaire que tu ne connais pas, tu appréhendes le match de façon différente que s'il s'agissait d'un affrontement face à des coéquipiers, des joueurs que tu côtoies chaque jour et face auxquels tu peux anticiper la réaction, insiste Sébastien Fournier (40 convocations en équipe nationale). Chaque match te donne des repères.»
Vladimir Petkovic est resté fidèle à son schéma de préparation: avant chaque grand tournoi, son équipe affronte systématiquement deux adversaires, dont un réputé plus faible. Le problème, c'est que cette montée en puissance n'a jamais permis aux Helvètes de franchir les 8es de finale. Fallait-il essayer autre chose? Sébastien Fournier temporise.
C'est-à-dire d'affronter le Liechtenstein, donc de se priver d'un autre adversaire, qui aurait offert une confrontation plus qualitative aux coéquipiers de Granit Xhaka. «Mais cela aurait induit une débauche d'énergie supplémentaire, glisse Fournier. Avec des joueurs qui ont gardé des forces, Petkovic peut planifier une semaine d'entraînements de plus haute intensité la semaine prochaine et amener ses joueurs au top contre le Pays de Galles.»
Stan Wawrinka n'a jamais eu une relation aussi spéciale avec un tournoi que Roland-Garros, dont l'édition 2022 débute ce dimanche. En 2003, il a remporté l'édition junior et dix ans plus tard, il a atteint le sommet de son art en battant Roger Federer en quarts de finale, puis en triomphant de Novak Djokovic en finale.