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Lausanne
est une petite ville, au bord du Lac Léman, très attachante pour sa tranquillité et sa verdure.
Pour une visite en image cliquer
ici.
C'est la capitale du canton de Vaud, un des
23 cantons qui composent la Suisse,
appelée aussi Confédération Helvétique (doù le sigle CH). Le 1er août 2016, les suisses ont
fêté la 725-ème anniversaire de la confédération helvétique.
La capitale de la Suisse est Berne et non pas Zurich ni Genève comme beaucoup le pensent. Le président de la Confédération (cf autorités fédérales) pour l'année 2016 est Johann Schneider-Ammann. En Suisse, le président n'est pas élu au suffrage universel mais déterminé par un système de rotation collégial et le titulaire change chaque année. Pour consulter la liste des présidents qui se sont succéder cliquer ici. (cf articles en annexe).
Lors de l'élection du 10 décembre 2003, un séïsme historique a secoué la coupole fédérale: L'UDC avec Christophe Blocher a enterré la fameuse formule magique au détriment de Ruth Metzler (PDC) laquelle aurait dû être la présidente de la Confédération en 2004.
La proportion d'étrangers vivant en Suisse est plus importante que dans tous les pays voisins. La raison principale est la lourdeur des démarches pour se naturaliser. A fin Avril 2004, 20.2% de la population résidente en Suisse était de nationalité étrangère, soit 1'483'756 personnes (+1.9% par rapport à 2003). La plus forte augmentation concerne les Portugais, les Allemands et les Français. La nationalité suisse a été accordée à 35'235 personnes (+336). De nouveaux projets de loi sont en cours dans le canton de Vaud pour faciliter l'accès à la naturalisation (cf articles en annexe). C'est surtout dans la Suisse romande, francophone, quil y a le plus de Malgaches. Un reportage sur la communauté malgache en Suisse a été fait par le quotidien lausannois 24 Heures au mois d'août 2000. Si vous avez les moyens et si vous avez l'intention de vous établir en Suisse, lisez d'abord ceci à titre d'information.
Par leur vote du 24 septembre 2006, les Suisses ont quasiment fermés leurs frontières aux étrangers non européens, en particulier ceux du tiers-monde (cf article en annexe).
Plusieurs entités en relation avec Madagascar existent en Suisse. Pour en citer quelques uns, ceux dont les activités ont le plus d'impact sur la communauté malgache:
|La FKMSM ou Fiangonana Kristiana Malagasy aty Soisa sy ny Manodidina c.à.d Eglise Chrétienne Malgache en Suisse et aux environs qui est oecuménique. Elle a fêtée sa 30-ème année d'existence en novembre 2015 et a deux chorales, un à Genève et un à Lausanne.|
|La F.J.K.M. Gland, antenne suisse de l'Eglise de Jésus Christ à Madagascar et qui est protestante.|
|La : Mission permanente de la République de Madagascar auprès des Nations-Unies|
|L'épicerie malgache à BegninsVente de produits et boissons malgaches pour les nostalgiques.|
|Par ailleurs la branche suisse de Terre des Hommes fait venir régulièrement des enfants de Madagascar pour être soignés dans les hôpitaux suisses. Généralement il sagit dune opération chirurgicale qui ne peut pas être effectuée sur le lieu dorigine de lenfant.|
La plus grande partie des malgaches habitant en Suisse est répartie dans la zone délimitée par Genève, Lausanne, Fribourg et Neuchâtel. En général ce sont des étudiants à l'EPFL, à l'Université de Lausanne, à l'école hotelière, à l'Université de Neuchâtel, à l'école d'ingénieur du Canton de Vaud, à l'école d'ingénieur de Genève, à la HEG de Genève. D'autres infos sur les études supérieures en Suisse sont disponibles en cliquant ici ou bien là...
L'enseignement de la théologie en Suisse
romande
Les trois universités romandes jouent la carte de la différenciation pour assurer leur complémentarité, offrir une formation diversifiée et décerner des grades communs. L'enseignement se répartit en cinq centres de compétences au profil marqué. Genève accueille l'histoire en mettant l'accent sur la tradition protestante, la systématique et l'éthique. Lausanne enseigne les sciences bibliques et les sciences des religions. Neuchâtel se consacre à la théologie pratique et à l'herméneutique.
Il faut souligner, à titre d'information, les trois choses qui font la particularité de la Suisse à mon humble avis. Il y a d'abord le secret bancaire, ensuite la politique de neutralité vis-à-vis des conflits internationaux et enfin la non appartenance de la Suisse à l'union européenne (reférendum rejeté par le peuple le dimanche 6 décembre 1992). Ces trois points reviennent très souvent à la première place de l'actualité suisse. Une autre particularité est la stabilité du gouvernement grâce à la fameuse "Formule magique" même si l'UDC a mis fin à cette situation depuis fin 2003.
L'autre aspect de la Suisse qui me tient particulièrement à coeur est
d'ordre spirituel. Il faut être de mauvaise foi pour ne pas constater que la Suisse est
un pays béni des dieux. Même si beaucoup ne sont pas pratiquant, la Suisse est un pays
à majorité chrétienne (cf Religion).
En fait, après plusieurs guerres internes, souvent très féroces, les
Suisses ont compris, et ceci petit à petit depuis 700 ans, qu'il vaut mieux vivre
ensemble avec ses différences linguistiques et culturelles plutôt que de se haïr ou de
s'entretuer. C'est le message de la Suisse à l'humanité entière. Et celui qui a agit
dans ce sens depuis fort longtemps, et qui reste toujours dans les arrières-plans
spirituels de la Suisse est Saint Nicolas de Flue. Une autre personne qui est à l'origine
du rayonnement de la Suisse à l'extérieur du pays est le genevois Henri Dunant
(1828-1910). Témoin de sanglantes guerres au 19-ième siècle et voulant aider les
bléssés, indépendamment du camp de celui-ci, il eut l'idée de créer la croix rouge.
Ce n'est pas un hasard si le drapeau de la croix rouge est l'inverse du drapeau suisse,
c'est à dire que c'est la Suisse en dehors du territoire helvétique. Enfin il faut
remarquer, et là aussi ça n'a rien à voir avec le hasard, qu'en offrant un terrain à
Rudolf Steiner sur la colline de Dornach près de Bâle en 1925, les membres suisses de la
société anthroposophique permirent la construction du Goetheanum en territoire
helvetique.
Les plus hauts salaires d'Europe, mais 7e rang seulement en termes de pouvoir d'achat
C'est en Suisse que sont versés les plus hauts salaires d'Europe, mais la Confédération n'occupe que le septième rang en termes de pouvoir d'achat. C'est ce qui ressort d'une comparaison internationale de l'Office fédéral de la statistique (OFS). La Suisse se distingue par son taux d'activité élevé, également chez les femmes.
En 2000 comme en 2002, la Suisse, la Norvège, le Danemark et le Royaume-Uni présentaient les plus gros salaires moyens, avec des rémunérations annuelles supérieures à 40.000 euros. Les quatre pays les moins bien placés de l'Europe des 15 étaient l'Italie, l'Espagne, la Grèce et le Portugal, avec des salaires se situant entre 13.000 et 21.000 euros.
En termes de pouvoir d'achat, toutefois c'est l'Allemagne qui détient la palme. Viennent ensuite le Luxembourg, le Royaume-Uni, et les Pays-Bas, la Suisse n'occupant que la septième position. En 11e position arrive la France. En queue de peloton figurent la Lituanie et la Lettonie, selon les chiffres publiés en août 2004 par l'OFS.
En Suisse, le taux d'activité, calculé sur la base du nombre de personnes en âge de travailler, se montait en 2003 à 81,2%. Un niveau comparable était enregistré dans les pays du nord, l'Islande, la Norvège, la Suède, la Finlande et le Danemark. Ces taux sont nettement plus bas dans les pays du Sud.
Temps partiel féminin
La Suisse appartient aussi à un groupe de petits pays aux taux de sans-emploi très bas, alors que la Slovaquie et la Pologne, en particulier, doivent lutter contre un chômage élevé. En comparaison européenne, la participation au marché du travail des femmes de 15 à 64 ans est relativement élevée dans la Confédération. Elle atteignait 73,9% en 2003, plus de la moitié travaillant toutefois à temps partiel. Seuls les Pays-Bas dépassent la Suisse à cet égard.
Le temps de travail hebdomadaire normal est supérieur à la moyenne de l'UE dans tous les nouveaux Etats membres, à l'exception de la Lituanie (39,3 heures) et de Chypre (40 heures). La durée du travail en Pologne et en République tchèque (41,5 heures) est comparable à celle de la Suisse (41,7 heures). Parmi les nouveaux Etats membres, les horaires hebdomadaires les plus longs ont été notés en Lettonie (43,5 heures), ce qui s'explique notamment par la part importante des salariés actifs dans l'agriculture. AP
Un petit bémol malgré tout, sur la prospérité matérielle de la Suisse ou d'autres pays riches, qui n' empêche nullement le mal-être d'un nombre de personnes toujours croissant [cf article]. En Suisse le service militaire est obligatoire et ceci jusqu'à 42 ans. Ainsi après les trois mois d'instruction vers l'âge de 18 ans, le citoyen suisse doit faire chaque année quelques semaines de service militaire pris sur son temps de travail. Comme il conserve son fusil d'assaut à la maison, on note malheureusement un nombre plus élevé de suicide chez les jeunes que dans d'autres pays.
Beaucoup de grandes entreprises qui font la renommée de la Suisse sont, au cours de l'année 2003, en sérieuse difficulté. Pour en citer quelques unes: Swiss, la compagnie aérienne nationale (Swissair avant), les banques cantonales (BCV et BCG) ainsi que le Crédit Suisse, Swisscom (téléphonie). Parmi les rescapés, Nestlé affiche une bonne santé . A noter que le patron dIKEA, Ingvar Kamprad, qui vit dans les hauts de Lausanne (Epalinges) aurait détrôné Bill Gates au hit-parade des multimilliardaires au 1er trimestre 2004 ( cf article).
Il ne faut pas non plus oublier qu'il y a des pauvres en Suisse et ces pauvres ne constituent pas une minorité comme on le croit (10 à 12% de la population selon une enquête de Caritas-Suisse). Pendant le G8 qui eut lieu à Evian (en face de Lausanne mais en France, de l'autre côté du Lac Léman), les manifestations altermondialistes ont été l'occasion pour certains d'exprimer leur ras-le-bol légitime, malheureusement des casseurs en ont profité pour saccager les vitrines des magasins ou d'autres biens appartenant à la collectivité. Comme je l'ai dit dans mes autres pages, il est primordial d'expulser la violence qui est en chacun de nous mais cela doit se faire sans nuire à son voisin.
Vues extérieure et intérieures du 2nd Goetheanum, siège de l'Université Libre de Science Spirituelle:
A remarquer l'absence totale d'angle droit (symbole de dualité) dans l'architecture.
Le secret bancaire: cest quoi au juste?
LUnion européenne met la Suisse sous pression, les banquiers se défendent. Mais, au fait, de quoi sagit-il vraiment?
Jean-Pierre Gattoni (Article du journal "Le Matin" du 9/2/2001)
Secret bancaire suisse: va-t-il, un jour, exploser sous les coups de boutoir des pays "amis" et ennemis qui nen veulent plus? On nen est pas là, et de loin! Alors, prenons le temps de nous balader au sein de ce secret faussement mythifié et qui recouvre des notions bien précises...
1. Pourquoi en parle-t-on si souvent?
Tout est parti du sommet de Feira (Portugal) du 20 juin 2000 lorsque les Quinze de lUnion européenne ont décidé dimposer, à lhorizon 2010, les revenus de lépargne.
2. En quoi la Suisse est-elle concernée?
Simple: les instruments prévus par les membres de lUE retenue à la source ou échanges dinformations ne seront mis en uvre quà la condition exprès que les pays tiers, hors du giron de lUE, se mettent également au diapason. Par conséquent: la Suisse. Ce qui percute directement son secret bancaire.
3. Que répond notre pays?
Les banquiers et le Conseil fédéral, pour une fois pratiquement sur la même longueur donde, répliquent ainsi: le secret bancaire nest pas négociable. Surtout pas unilatéralement. Mais, ajoutent-ils, si nous refusons léchange dinformations, nous sommes prêts éventuellement à introduire un impôt anticipé pour obliger les contribuables étrangers à déclarer leur fortune. Ils concluent ainsi: toute disposition nouvelle qui entacherait le secret bancaire doit devenir universelle. Y compris dans les paradis fiscaux dits exotiques (Bahamas, Hongkong, Caïmans, Singapour...).
4. Mais doù vient le secret bancaire?
Oh, il a près de 300 ans. Noublions pas que les banquiers genevois étaient banquiers des rois de France. Louis XVI avait même lun dentre eux, Jacques Necker, comme ministre des Finances. Le premier texte connu sur le secret bancaire date, semble-t-il, de 1713. La menace nazie a conduit au renforcement de la législation.
5. Qui protège-t-il?
On pense ordinairement que le secret bancaire protège le banquier. Cest faux: il nest que le secret professionnel du banquier. Et ce devoir de discrétion doit servir les intérêts de sa clientèle. Il est, en vérité, un rempart contre les atteintes à la sphère privée. Comme lavocat, comme le prêtre ou le pasteur, le banquier décourage les curieux.
6. Tous les clients vraiment?
A dire vrai, les salariés astreints au certificat de salaire et les contribuables honnêtes qui doivent (ou veulent) transmettre au fisc tout ce que les banques savent de leur fortune et de leurs revenus sont les moins concernés par ce problème...
7. Que couvre ce secret?
Il interdit à votre banquier de révéler lexistence de votre compte et de donner des informations sans votre consentement. Si le banquier passe outre, il peut être puni par lemprisonnement, une amende et des réparations en dommages et intérêts. Le secret bancaire est, en outre, illimité dans le temps, même après la fermeture de votre compte.
8. Quen peut-il être levé?
Cest le client qui peut délier la banque de son obligation de discrétion. Le banquier ne peut pas agir de son plein gré. Mais le secret bancaire nest pas absolu. Il y a des dispositions de droit civil, de droit des poursuites pour dettes et faillites, de droit pénal, de droit pénal administratif et dentraide judiciaire en matière pénale qui érodent ce secret. Il peut être ainsi levé sur ordre dune autorité judiciaire contre la volonté du client.
9. Quels sont les cas de dérogation les plus fréquents?
Les voici: instruction pénale pour respecter le droit des héritiers, lescroquerie fiscale (mais pas la non-déclaration de revenus), labus de confiance, la corruption, le crime organisé, le blanchiment dargent sale. Sur ce dernier point, la Suisse dispose de la meilleure panoplie législative du monde.
10. Existe-t-il des comptes anonymes?
Un compte est dit anonyme, quand lidentité de la personne qui ouvre le compte nest pas connue du banquier. Or, en Suisse, une banque doit toujours connaître lidentité de ses clients. Il nexiste donc pas de comptes anonymes. En revanche, le compte numéroté est à la disposition de celui qui désire une confidentialité stricte. Mais lidentité de ce client-là est aussi connue de la banque.
Le drame qui secoue les Balkans a montré les limites de nos principes fondamentaux. Il est urgent de leur redonner un contenu crédible qui permettra un nouvel élan.
Le Conseil fédéral est profondément embarrassé. Il a du mal à conjuguer les principes fondamentaux de notre politique de neutralité et les impératifs de notre solidarité européenne. La guerre des Balkans a montré une nouvelle fois les limites de sa marge de manuvre. Mercredi dernier, il s'est engagé à suivre les sanctions décrétées par l'Union européenne à l'encontre de la Yougoslavie, à l'exception de l'embargo pétrolier et celui du trafic aérien. Mais ces décisions reflètent un certain malaise chez nos sept Sages. Car les frappes de l'OTAN n'ont pas reçu l'aval de l'ONU. Or notre rapport sur la neutralité n'a pas prévu ce cas de figure. Notre gouvernement donne la pénible impression d'être mis au pied du mur. Il apparaît dépourvu de toute stratégie face à ces événements. Voilà pourquoi il devient impératif de redéfinir les contours de notre neutralité, afin de lui redonner un nouveau souffle. Ce qui renforcera sa crédibilité.
Notre neutralité est composée d'un noyau dur qui est demeuré jusqu'à présent intouché, à savoir: pas d'action militaire, pas de mise à disposition de notre territoire, pas de livraison d'armes à un belligérant. Le reste de la définition est une question d'interprétation, qui est appliquée en fonction de l'opportunité politique et en fonction des situations. Cela se nomme du pragmatisme et se traduit par une neutralité à géométrie variable.
Or ce bien précieux qui fait partie de nos valeurs traditionnelles est condamné aujourd'hui à évoluer. Il a d'ailleurs au cours des années subi des retouches. Rappelez-vous, en 1920, en adhérant à la Société des Nations, la Suisse se déclarait disposée à participer à des sanctions économiques. En 1938, il est vrai, elle revenait en arrière à la suite de l'inefficacité des mesures prises contre l'Italie. Et en 1990, elle s'associait aux sanctions économiques contre l'Irak. Aujourd'hui, notre pays doit faire des choix. Il est temps de savoir ce qu'on veut, comme le dit très justement Joseph Deiss, le nouveau patron des Affaires étrangères. Finies les tergiversations. Notre neutralité est à bout de souffle.
Certes, les Suisses sont très attachés à ce mythe que nous a légué l'histoire. Peu de citoyens seraient prêts à y renoncer. Ils y verraient un acte de trahison. Certains milieux, comme l'UDC de Christoph Blocher, s'en servent même contre toute influence extérieure. Pourtant, ce serait une erreur de croire que neutralité signifie égoïsme, nationalisme exacerbé et repli sur soi. Et qu'en son nom notre pays refuse par exemple, de réagir au conflit qui secoue le Kosovo et de mener une politique de lâcheté à la Ponce Pilate. Les événements forcent le Conseil fédéral à adapter nos principes fondamentaux aux exigences de notre politique extérieure. Il y a des circonstances qui exigent que la politique prime sur le droit.
Le chemin semble donc tout tracé. Le dernier rapport sur la neutralité, qui date de 1993, est aujourd'hui dépassé. Le Conseil fédéral n'a pas d'autre solution que de remettre l'ouvrage sur le métier. Il est en effet urgent de lui redonner un contenu crédible. Le problème deviendra encore plus pertinent lorsque se posera la question de notre adhésion à l'Union européenne. Si la Suisse veut un jour jouer un rôle clé dans l'instauration de la sécurité en Europe, elle ne pourra pas rester indéfiniment confinée dans une position peu claire et suspecte. Elle doit lever toutes les interrogations et ambiguïtés qui entourent actuellement notre politique de neutralité.
Le gouvernement doit avoir une ligne de conduite claire, qui lui permette de faire face à toutes les conjonctures. Ce qui donnera un nouvel élan à la plupart de nos préceptes traditionnels. Notre politique extérieure s'en trouvera grandie. Le temps est maintenant à l'action. Car il y a urgence. Voilà un formidable défi pour Joseph Deiss.
|« Formule magique »...

LE MONDE DIPLOMATIQUE | SEPTEMBRE 1996 | Page 13
http://www.monde-diplomatique.fr/1996/09/A/6065

La stabilité remarquable du système politique de la Suisse se manifeste dans une pratique « directoriale » d'administration. Le gouvernement Conseil fédéral (Bundesrat) est composé de sept membres égaux en droits, élus par les deux Chambres législatives. En vigueur depuis 1959, la « formule magique » tient en une répartition stable des sièges entre les partis politiques : deux membres chacun pour les trois grandes formations politiques le Parti radical-démocrate (PRD), le Parti démocrate-chrétien (PDC), le Parti socialiste (PSS) et un siège pour l'Union démocratique du centre (UDC). Ce système de répartition devait garantir la représentation des plus importantes forces sociales, et surtout contribuer au maintien de la « paix sociale » entre le capital et le travail. Depuis des décennies, les rapports de forces au sein du Parlement sont restés remarquablement stables. Après les élections de l'automne 1995, les partis présents au Conseil fédéral ont obtenu 74 % des suffrages (PSS : 21,8 % ; PRD : 20,2 % ; PDC : 17,0 % ; UDC : 14,9 %) et à peu près 80 % des sièges parlementaires plus de 90 % au Conseil des Etats. Toutefois, la participation électorale a reculé inlassablement depuis cinquante ans, jusqu'à 42,3 % en 1995. L'opposition s'exprime plutôt lors des référendums qu'à l'occasion des élections. Le système permet également aux partis gouvernementaux d'adopter la fonction de l'opposition sur certains enjeux. Ce modèle « directorial » ne fait pas l'unanimité. Les milieux patronaux ainsi que des forces conservatrices dans les partis bourgeois souhaitent écarter le Parti socialiste du gouvernement afin d'appliquer leur programme de dérégulation ou de « renouveau économique » sans opposition. D'autres critiques à gauche voient la participation de l'UDC au gouvernement fédéral d'un mauvais oeil, car ce parti est de plus en plus dominé par des tendances isolationnistes et populistes d'extrême droite
|Pourquoi le
gouvernement carbure à la concordance

La composition du Conseil fédéral vous échappe? Quelques clés pour comprendre
ARTHUR GROSJEAN (18-11-2003)
Christoph Blocher en a remis
une couche ce week-end. Si le Parlement ne lélit pas au Conseil fédéral, il
considérera que les partis refusent le système de concordance. Et donc que lUDC
doit attaquer non pas le PDC mais un siège socialiste. Si ces propos ont été
relativisés hier, reste toutefois une question: la concordance, ça veut dire quoi?
Accorder ses violons avec les autres partis? Sur quelle base, quels objectifs? Et que
vient faire dans cette mélasse la «formule magique»? Pour y voir un peu plus clair,
débroussaillons le terrain et voyons comment sont élus les conseillers fédéraux.
|VICTOR FINGAL|
|20 octobre 2003|

Ueli Maurer, le président de l'UDC, s'est
prononcé clairement hier dans les studios de la Télévision alémanique, à Zurich, pour
la candidature du tribun zurichois au Conseil fédéral.
|Le jour où la Coupole a
tremblé (10 décembre 2003)

Le Palais fédéral a vécu hier une matinée folle. En trois heures historiques, la messe était dite et la formule magique enterrée
|HISTORIQUE Fin d'un système instauré en 1959. Récit d'une journée riche en rebondissements et en suspense sous la Coupole fédérale|

La formule magique version 1959 est morte hier. Jamais laffluence
na dû être plus compacte, sous la Coupole, pour assister à cette exécution
annoncée. En un peu plus de trois heures. Au moment de se lancer dans la réélection du
Conseil fédéral, peu après 9heures, personne ne pouvait prédire lissue des
scrutins. "Jusquau dernier moment, nous avons espéré que notre stratégie
serait couronnée de succès", admettait après la défaite le démocrate-chrétien
Jean-Michel Cina. Peu après midi, la messe était dite. Ruth Metzler était évincée,
Christoph Blocher était élu et Hans-Rudolf Merz héritait le fauteuil de Villiger.
Après le "dimanche noir" du 6 décembre 1992, voici le dimanche rose. Les Suisses ont plébiscité hier les accords bilatéraux. Alémaniques compris. Tous les cantons ont dit oui sauf Schwytz et le Tessin. Résultat: une approbation massive avec 67,2% des voix. Pour un paquet ficelé dans lequel on trouvait un élément aussi délicat que la libre circulation des personnes, c'est inespéré. Le vote négatif sur l'Espace économique européen appartient désormais au passé.
Comment s'explique une pareille victoire? Rendons à César ce qui est à César. Le Conseil fédéral a su trouver la bonne stratégie. Il a fait passer un message simple et clair: "Les bilatérales sont un accord en soi. Que vous soyez pour ou contre une adhésion à l'Union européenne, vous pouvez voter oui." En préférant l'explication des accords à l'excommunication des opposants, le gouvernement n'a pas divisé l'électorat. La campagne a été certes pragmatique, technique et... ennuyeuse mais aussi redoutablement efficace.
Entre deux pôles...
Cette stratégie des petits pas énerve bien sûr les euroturbos et les europhobes. Chacun a essayé hier de récupérer le vote des Suisses à son profit. Les socialistes, qui se disent "enthousiasmés" par ce oui, demandent une réactivation rapide de la demande d'adhésion de la Suisse à l'Union européenne. Cet avis est partagé par les Verts, la gauche du PdT-POP, les associations proeuropéennes et les gouvernements cantonaux de Genève et du Jura. A l'opposé, on trouve l'Union démocratique du centre. Pour elle, ce vote démontre que les Suisses ne veulent pas aller plus loin et donc que l'adhésion n'est plus à l'ordre du jour. A ses côtés figurent déjà l'Association pour une Suisse indépendante et neutre, les Démocrates suisses et, côté économique, l'Union suisse des arts et métiers.
... la troisième voie
Entre ces deux pôles, on trouve le Conseil fédéral. Qui persiste et signe. L'adhésion reste un but à long terme car ce week-end "le peuple a dit oui et oui uniquement aux accords bilatéraux", martèle Pascal Couchepin. Cette troisième voie est appuyée par les radicaux et même par le Parti démocrate-chrétien qui pourtant se présente comme un fervent supporter de l'adhésion. Ce camp est renforcé par un poids lourd de la politique suisse en la personne du... Vorort. Le lobby des grosses entreprises, après avoir massivement financé la campagne des bilatérales, prône désormais l'attente.
Le calendrier européen de la Suisse, sauf surprise, ne va donc pas s'accélérer. Le Conseil fédéral a répété qu'il n'envisage pas d'ouvrir des négociations d'adhésion avant 2003. En fait, le test crucial aura lieu en 2007. A cette date, les Suisses devront certainement, par voie de référendum facultatif, reconfirmer les bilatérales. Si le oui l'emporte, rien n'empêchera alors que le concubinage avec l'UE ne se transforme en demande de mariage.
En attendant, le dossier européen va rebondir demain à la Commission de politique extérieure du Conseil national. Celle-ci doit traiter l'initiative populaire "Oui à l'Europe" qui demande à la Confédération d'engager "sans délai" des négociations d'adhésion. L'initiative, qui passera devant les Chambres en juin, n'a aucune chance. Le monde politique la trouve trop contraignante et le Conseil fédéral veut rester maître du calendrier. Mais l'Assemblée pourrait élaborer un contre-projet qui fixe notamment une date-butoir. Quant à la votation populaire, elle pourrait traîner jusqu'en 2003. Il est donc fort probable que les Suisses se prononcent auparavant sur leur entrée à l'ONU ou l'envoi de soldats suisses à l'étranger. Deux votations difficiles qui cette fois-ci vont mobiliser des opposants autrement plus puissants que les Démocrates suisses ou la Lega.
VOTATIONS
Europe: les Suisses écrasent la pédale du frein
Linitiative du NOMES a essuyé une cuisante défaite: 76,7% de non. Tous les cantons lont refusée. Même les Romands ont préféré suivre la voie du Conseil fédéral.
Anne Dousse
5 mars 2001
LEurope ne fait aujourdhui plus rêver les Suisses! Même les Romands ont fait volte-face. Les citoyens qui se sont rendus aux urnes ce week-end ne veulent pas que le Conseil fédéral ouvre sans délai des négociations dadhésion avec lUnion européenne. Linitiative "Oui à lEurope!" a en effet essuyé une gifle cinglante: 76,7% de non. Et tous les cantons lont refusée. On est loin des 40% de oui quespéraient les initiants. Quant à la participation, elle a atteint les 55%.
Comment une telle Berezina a-t-elle pu se produire? Plusieurs facteurs sont à
lorigine de cette défaite. Le rôle du Conseil fédéral a été déterminant. Ses
arguments le dossier nest pas mûr et il appartient au gouvernement de décider
quand ouvrir des négociations ont fait mouche.
Des événements extérieurs expliquent aussi ce résultat. Il y a eu les pressions de lUnion européenne sur le secret bancaire qui ont énervé plus dun Suisse. Lhistoire de la vache folle et ses répercussions ont aussi pu influencer le vote des citoyens. Enfin, le dernier sommet de lUE à Nice na pas renforcé limage des Quinze.
Pas de Röstigraben
Certes lampleur du non a surpris, notamment en Suisse romande dont les cantons, à lexception du Valais, avaient approuvé lEspace économique européen. Aux côtés des adversaires résolus de ladhésion, il y a tous ceux qui ont choisi la voie raisonnable prônée par le Conseil fédéral. Pascal Couchepin a dailleurs fait un parallèle avec linitiative de la Lega qui demandait laval du peuple pour ouvrir des négociations en vue dune entrée à lUE et qui a été repoussé dans les mêmes proportions en 1997. Notre ministre de lEconomie a aussi fait remarquer que sil ny a pas aujourdhui de Röstigraben, les sensibilités restent différentes selon les régions.
Quelle conséquence ce non va-t-il avoir? LASIN de Christoph Blocher réclame déjà que le Conseil fédéral retire sa demande dadhésion, actuellement gelée. Dautres voix exigent que le gouvernement revoie son objectif stratégique. Hier soir, Pascal Couchepin comme Joseph Deiss refusaient dinterpréter ce non comme le refus dune future adhésion à lUE. Berne na donc pas lintention de changer de ligne de conduite.
Deiss: "Pas de raison de modifier notre objectif"
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Non et non, et encore non: même le seul oui
dhier est un non aux dépenses inconsidérées dun Parlement panier
percé (merci Swissair!). Unitaire, unanime, univoque, quel vote cohérent! Plus de fossé
de rösti ni de clivage ville-campagne, même les habituelles voix critiques du Jura, de
Genève ou de Bâle mettent la sourdine. Les Suisses ont peur, naccordent aucune
ouverture à des mesures à long terme et votent comme le leur dit Maman Helvétie.
BILATÉRALES
La Suisse souvre
Statut du saisonnier aboli, moins de tracasseries pour sétablir dans notre pays: la libre circulation des personnes qui entre en vigueur aujourdhui offre des facilités aux citoyens des Quinze
L'UE et la Suisse ont scellé mercredi à Bruxelles un compromis global sur le contenu de neuf accords spécifiques de coopération bilatérale, prévoyant notamment l'entrée fin 2006-début 2007 de la Confédération dans l'espace européen de Schengen sur la libre circulation des personnes.
Les différents accords que l'UE et la Suisse vont maintenant signer et
appliquer avec des délais variables "marquent le début d'une nouvelle dimension
dans nos relations bilatérales", a déclaré le président de la Commission
européenne, Romano Prodi.
Grâce à eux, la Suisse "s'intègrera encore plus à nombre d'activités européennes : le contrôle aux frontières, la lutte contre la fraude, la participation à des programmes d'éducation, à l'agence de l'environnement...", a-t-il expliqué.
"Nous pouvons par là apporter la preuve que la Suisse n'est pas simplement mise à l'écart" de la construction européenne et "montrer combien nous épousons le grand projet européen", a déclaré Joseph Deiss, le président de la Confédération.
S'agissant du dossier clef de la fiscalité de l'épargne, l'un des neuf accords en cours de conclusion, Joseph Deiss a estimé qu'il ne serait "pas possible" à la Suisse "d'être définitivement prête au 1er janvier" prochain.
"Mais nous pensons qu'il sera possible de trouver des accommodements", a déclaré M. Deiss.
"Il est trop tôt pour dire" si la Suisse devra organiser un référendum sur cette question, la consultation devant avoir lieu si une demande en ce sens recueille 50.000 signatures, a expliqué M. Deiss.
S'agissant de l'entrée de la Suisse dans l'espace Schengen, un porte-parole de la Commission européenne a estimé mercredi qu'il était "raisonnable de penser" qu'elle aurait lieu en 2007. La date est liée à la mise en place effective de la nouvelle base de données européenne sur l'espace Schengen, a-t-il précisé.
Même si elle était attendue, cest une petite révolution que
Pierre Chiffelle, visiblement satisfait, a dévoilée hier. Avec lavant-projet de
loi pour le droit de cité vaudois, on sapprête en effet à tailler à la hache
dans des procédures datant de 1955 et qui assimilaient jusquà maintenant la
naturalisation à un véritable parcours du combattant. Ainsi, on espère ramener la
durée du marathon de quatre ans à deux au plus. Pour mémoire, il convient de rappeler
encore quil est désormais interdit pour les collectivités de prélever une taxe à
cette occasion: seuls des émoluments correspondant aux frais administratifs peuvent être
perçus.
Adjoint du chef du Service de la population, Jacques Grossrieder précise dailleurs ce point: "Au total, le coût de la naturalisation ne devrait pas dépasser 600francs entre les procédures communale, cantonale et nationale." Sur ce chapitre, Vaud est donc en conformité avec sa nouvelle Constitution. Et il devrait donc être complètement en phase avec larticle69 dès le 1erjanvier 2005 si les choses suivent leur cours comme veut le croire Pierre Chiffelle. "Etant dun naturel plutôt optimiste" et sans doute conforté par léchec cuisant des opposants au droit de vote des étrangers sur le plan communal, le socialiste estime que cet avant-projet ne devrait pas connaître une vague doppositions formelles, hormis "celles de principe des extrêmes". Au passage, il rappelle que le taux de naturalisations en Suisse est plus bas que dans les pays voisins (lire encadré) et que la population du canton comprend 27,5% détrangers
Compatible
Par ailleurs, le magistrat fait savoir que le projet tiendra la route,
quoi quil advienne de la réforme fédérale sans doute mise en votation populaire
en octobre prochain. A priori, rien ne semble donc pouvoir barrer la route dune
nouvelle loi cantonale qui rendrait la naturalisation plus rapide en Pays de Vaud que dans
les cantons voisins, à en croire Jacques Grossrieder.
Concrètement, elle concernera surtout les étrangers de la deuxième et de la troisième génération, souligne Pierre Chiffelle avant de présenter les principaux changements.
On retiendra ainsi que la durée de résidence cantonale et communale minimum sera abaissée de cinq à deux ans. Autre modification notable, qui devrait celle-là susciter nombre de commentaires dans les communes, la décision de naturalisation (bourgeoisie, droit de cité cantonal) reviendra désormais à lExécutif. Pourquoi transférer cette compétence à la Municipalité plutôt que de la laisser au Conseil communal. "Tout simplement, explique Pierre Chiffelle, parce que la Constitution stipule quil y a droit de recours. Dès lors, il faut que lautorité puisse motiver son refus. Ce qui est le cas de lExécutif alors que le vote du Législatif, lui, se fait à bulletins secrets, et on ignore tout des motivations des gens."
Qui tranche?
Notons quau plan cantonal, le gouvernement sest refusé à
trancher. Ce nest quà lissue de la consultation, fin février,
quon décidera si la décision appartient au Conseil dEtat ou au Département
des institutions et relations extérieures (DIRE). Pourquoi ce dilemme? Pour le chef du
DIRE, dans lidéal, ce serait bien à une véritable autorité politique de prendre
cette responsabilité. Reste quil se demande sil ne serait pas problématique
que la décision du Conseil dEtat puisse être remise en question par le Tribunal
administratif en cas de recours?
Au chapitre des nouveautés toujours, il sera mis fin aux aller et retour entre administrations. Il ny aura ainsi plus quun seul passage au niveau communal. Une fois la décision connue, elle sera transmise au canton qui statuera, avant de passer à létage de la Confédération. Et si celle-ci donne son feu vert, le candidat sera convoqué devant le Conseil dEtat pour prêter serment. Sans entrer dans les détails, le canton met encore en avant une procédure plus facilitée pour les jeunes nés en Suisse et pour les jeunes de la deuxième génération ayant effectué lessentiel de leur scolarité obligatoire en Suisse et âgés entre 14 et 24ans. Toutes ces nouveautés devraient permettre de doper encore le nombre de demandes ces prochaines années.
JEAN-MARC RAPAZ
Un record qui sexplique: Il est plus facile de se faire naturaliser à létranger.
Les chiffres, ou en tout cas une interprétation rapide, peuvent être
trompeurs. Avec près dun million et demi détrangers aujourdhui, dont
plus de la moitié est née sur son territoire ou y réside depuis plus de dix ans, la
Suisse nest pas loin de détenir le record en Europe occidentale. En fait, seuls le
Liechtenstein et le Luxembourg comptent une plus forte proportion détrangers.
Ainsi, dans lexposé des motifs, il est rappelé quen Belgique, en Allemagne
et en Autriche, la part détrangers se situe entre 8% et 9%. Cette proportion est de
5 à 6% en France et en Suède, alors que dans tous les autres Etats, elle est encore
inférieure.
Selon le Conseil dEtat, cette différence sexplique bel et bien par le faible taux de naturalisation en Suisse, lun des plus bas sur le continent. Et ce peu dempressement à adopter la nationalité sexpliquerait par des procédures plus lourdes et compliquées que chez nos voisins. Ainsi, si «la Suisse avait naturalisé... au même rythme que la moyenne des pays européens, le taux détrangers dans notre pays serait inférieur à 10%, soit moins de la moitié de ce quil est actuellement.»
Au passage, le canton souligne limportance de limmigration qui, entre autres, permet de maintenir un rapport acceptable entre la population active et les retraités. Un point qui a toute son importance «car cest la population active qui assure la plus grande partie du financement de lAVS et des budgets publics».
JEAN-MARC RAPAZ
Vaud, lun des cantons les plus attractifs de Suisse
DÉMOGRAPHIE
La population résidant dans le canton de Vaud a augmenté de 1,3% en 2004. Une progression remarquable, mais qui traduit surtout un afflux constant détrangers.
F. W.
Publié le 14 avril 2005

DR
Fin 2004, le canton comptait 644 097 habitants, 8247 de plus qu'en 2003 (+1,3%). Cette
progression est constante et s'explique d'abord par un solde migratoire élevé. Vaud est
d'ailleurs le canton le plus attractif après Zoug et compte 28% d'étrangers.
«A lui seul, le canton de Vaud totalise plus du quart de la croissance étrangère en Suisse.» Ce constat ponctue l'étude que «Statistiques Vaud» a consacrée à l'évolution démographique du canton en 2004.
Pour la quatrième année consécutive, la population vaudoise est en croissance. A un rythme qu'elle n'avait plus connu depuis le début des années 90: 1,3%. Seul Zoug fait mieux: 1,5% (moyenne suisse 0,7%).
Avec 8247 résidents supplémentaires, cette population était de 644 097 habitants le 31 décembre dernier - 658 600 si l'on y inclut les autorisations de séjour de moins d'un an, les requérants d'asile et les fonctionnaires internationaux.
Cet accroissement démographique est aux trois quarts le fait de la population étrangère, qui atteint 180 162 personnes (+6165). Un rythme de croissance élevé (3,5%) dopé depuis 2002 par l'entrée en vigueur de l'Accord sur la libre circulation des personnes.
Regroupement familial et activité lucrative sont les premiers motifs de cet afflux, avant la formation. Le Portugal reste le pays le plus représenté (19%) devant l'Italie (en baisse), la France, la Serbie-Montenegro et l'Espagne.
La population portant passeport suisse s'élève à 463 935 personnes, soit un gain de 2082 résidents (+ 0,5% contre 0,4% en 2003). En fait, sans les 2994 naturalisations de 2004, elle serait en baisse! Le solde migratoire est largement négatif, la différence entre naissances et décès, tout juste positive.
Tous les districts ont vu leur population augmenter, à un taux qui varie de 3,1% (Aubonne) à 0,2% (La Vallée). Le 0,8% (0,5% en ville, 1,3% dans le reste du district) enregistré à Lausanne confirme la reprise de la croissance enregistrée depuis 2001.(Retour texte initial)
Les appels communs de la gauche, des Eglises et de certains bourgeois contre le tour de vis donné aux
législations sur l´asile et les étrangers ont été vains. Dans les deux cas, les votants se sont rangés derrière l´avis du
Conseil fédéral et des partis bourgeois qui ne voyaient pas dans ces textes une remise en cause de la tradition humanitaire
de la Suisse.
La révision de la loi sur l´asile, qui vise à accélérer les renvois de requérants indésirables et à intensifier la chasse aux abus, a été acceptée par plus de 1,598 million de votants contre près de 761 000 à l´avoir rejetée. Les proportions sont semblables pour la nouvelle loi sur les étrangers qui va limiter l´immigration extra-européenne aux travailleurs qualifiés et durcir les mesures de contrainte: quelque 1,602 million de oui contre plus de 755 000 non.
Oui romand plus timide
Tous les cantons ont approuvé les deux projets. Dans les deux cas, la Suisse romande, qui se montre habituellement plus réticente à durcir les conditions de vie des étrangers, s´est rangée derrière le reste du pays. Son "oui" a toutefois été plus réservé.
Le taux d´acceptation le plus faible vient de Genève (asile: 51,3 %, étrangers: 52,5 %). Le Jura (52,8 %, 52,7 %) et Neuchâtel (52,9 %, 52,8 %) suivent de près. Les Vaudois ont glissé quant à eux respectivement 57,2 % et 54,2 % de bulletins favorables dans les urnes.
Dans les cantons bilingues - Fribourg (63,2 %, 63,3 %), Valais (64,8 %, 64,6 %) et Berne (68,3 %, 68,8 %) -, les scores sont plus nets: Pour les deux projets, le soutien le plus massif est venu de Suisse centrale et orientale: Nidwald (79,6 %, 79,7 %), Schwytz (80,1 %, 79 %), Appenzell Rhodes-intérieures (78,6 %, 78,8 %) et Glaris (78,2 %, 78 %) figurent en tête du palmarès. (Retour texte initial).
MAL-ÊTRE
Les psys sarrachent les cheveux
PASCALE BIERI
Journal Le Matin du 06 juin 2004
De plus en plus de personnes ont recours aux thérapies dites «brèves»
pour mieux prendre leur vie en main. Plus rapides que la psychanalyse, elles donnent des
résultats spectaculaires
Il existe plusieurs types de thérapies brèves. Le Dr Martine Balandraux Olivet est une grande spécialiste de l'une d'entre elles, à Genève: la thérapie dite «guérison du passé».
Quand on est au bout du rouleau, faire une thérapie brève, ça peut être utile?
Ça peut même être salvateur. Quand on n'écoute pas les signaux donnés par son corps - fatigue extrême, petits accidents à répétition -, il peut y avoir un réel danger pour la santé.
Dans ces cas-là, la meilleure solution n'est-elle pas le repos?
C'est important d'avoir du répit. Mais, s'il y a des problèmes de fond, ce n'est pas ça qui va les régler.
Une thérapie brève de type «guérison du passé», c'est une psychanalyse en accéléré?
En psychanalyse, on essaie de comprendre pourquoi on est ce qu'on est; quel événement est à l'origine de tel problème ou de tel comportement. C'est très intéressant. Mais, pour aller mieux, cela ne suffit pas toujours; il faut en plus pouvoir évacuer les émotions qui sont restées bloquées suite à diverses expériences. Puis cicatriser. C'est ce qu'on fait avec ce type de thérapie.
Donc, tout est enregistré?
Nous sommes le fruit des émotions de notre enfance. Y compris celles vécues dans le ventre de notre mère. Les émotions positives nous construisent confiants, tolérants et adaptables. Les émotions négatives nous troublent. Soit elles sont évacuées, soit elles restent bloquées. Ce qui crée des problèmes psychologiques ou physiques.
Pour qu'il y ait un blocage, il faut avoir vécu des choses particulièrement douloureuses?
Pas forcément. Une «petite» tristesse ou une «petite» colère peut rester coincée si elle n'est pas acceptée et accompagnée par un adulte compatissant. Mais ça peut aussi, évidemment, être la conséquence d'un choc plus important.
Et quel est l'impact?
Le corps enfouit ces émotions bien profondément pour que ça le gêne le moins possible. Mais il ne peut pas les empêcher de s'exprimer quand des événements stressants font baisser nos défenses. Certaines personnes vont même jusqu'à tomber malades. Les problèmes digestifs et le mal de dos étant les plus fréquents.
Comment peut-on accéder aux émotions enfouies?
Une séance commence par de la relaxation, puis on entre en régression par différentes techniques. L'objectif étant de se connecter à son inconscient, de le laisser s'exprimer tout en restant conscient. J'aide alors la personne à retrouver ses émotions, à les revivre. Puis à rassurer et «réparer» l'enfant qui est en elle.
De quel type sont ces émotions?
C'est de la tristesse, de la colère ou de la culpabilité. Cette dernière est la plus invalidante. Si on a la sensation de n'avoir pas été un bon petit garçon ou une bonne petite fille, on s'interdit d'être heureux.
Combien de temps faut-il pour régler ses problèmes?
Les séances durent deux heures. Pour une thérapie de fond, il faut compter l'équivalent de trois semaines intensives.
Après une thérapie brève, les résultats se font rapidement ressentir?
Certains sont immédiats! Les gens réalisent tout à coup qui ils sont vraiment, ce qu'ils souhaitent profondément faire de leur vie. Parfois, cela peut même déboucher sur de grandes remises en question.

Nestlé en 2002
LAURENT AUBERT
Lhomme daffaires
le plus riche du monde vit à Epalinges
Qui leût cru? Lhomme daffaires le
plus riche du monde ne serait autre quun résident de la commune dEpalinges.
Cest une dépêche de lAgence télégraphique suisse (ATS), tombée hier
matin, qui le révèle. Elle rapporte les propos de la chaîne de télévision publique
suédoise SVT2, citant elle-même un article à paraître dans le magazine édité à
Stockholm Veckans Affarer. Nous y sommes: il sagit ni plus ni moins du Suédois
Ingvar Kamprad, 77 ans, fondateur de la chaîne de meubles IKEA. Avec sa petite fortune de
400 milliards de couronnes (68 milliards de francs), il devancerait désormais Bill Gates,
dont le pécule se monterait à 47 milliards de dollars «seulement», selon le dernier
classement de la revue américaine Forbes. Cest la dépréciation du dollar face aux
autres devises qui expliquerait la raison pour laquelle le big boss dIKEA aurait
détrôné celui de Microsoft. Dans son classement des 300 plus grandes fortunes de Suisse
paru en décembre 2003, le magazine suisse Bilan avait estimé la richesse dIngvar
Kamprad entre 14 et 15 milliards de francs, ce qui faisait de lui lhomme le plus
nanti de Suisse. En lespace de quelques mois, le marché et ses fluctuations
auraient donc fait gonfler son portefeuille de façon vertigineuse.
Depuis les hauts de Lausanne, où il sest établi en 1976, le multimilliardaire veille sur son entreprise, mais il nintervient plus au quotidien dans la gestion dIKEA. Le magnat intègre progressivement ses trois fils dans ses affaires. Cela fait longtemps que le patron du géant suédois ne travaille plus en solo, avec ses 180 magasins dans plus de 30 pays. Son empire comprend le groupe financier et immobilier Ikano, lun des distributeurs de carte de crédits les plus importants de la planète.
CÉLINE FONTANNAZ (Matin du 06/04/2004)
|Vingt-quatre heures de violences à Genève|

|À COUPS DE MARTEAU Sous les huées des manifestants
pacifistes, des excités quittent le cortège pour s'adonner à des déprédations en tout
genre. Photo © Eric Aldag

|XAVIER LAFARGUE - FRÉDÉRIC JULLIARD - MICHEL NOVERRAZ|
|02 juin 2003|
|AFFRONTEMENTS Dès leur retour de la
manif, les altermondialistes ont longtemps nargué les forces de l'ordre. Qui ont fini par
charger massivement. Nombreuses interpellations

Les violences et les pillages ont continué hier soir à Genève. Lors du
retour de la manifestation, les policiers ont disposé des cordons à travers les rues
pour tenter d'empêcher les casseurs d'entrer en ville. En vain. Mais, peu avant 21
heures, un déploiement de forces sans précédent leur a permis de procéder à de
nombreuses interpellations.