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Titre: La Bulle Universitaire: Faut-Il Poursuivre Le Rêve Américain?
Directeur: Libero Zuppiroli
Éditeur: Editions d'en bas 2010
Pages: 156
L'université se retrouve de plus en plus fréquemment dans les médias. Que ce soit pour la critiquer à cause de son manque d'adéquation avec la réalité économique où pour nous offrir des comptes-rendus de découvertes stupéfiantes. Tout le monde, en tout cas, semblent s'accorder sur une vision proche de l'économie pour l'université. Une université dont les recherches peuvent créer de l'argent ici et maintenant. C'est dans ce contexte que l'EPFL, dont Zuppiroli est professeur, est pris comme exemple. Un campus dans un cadre magnifique, lui même très impressionnant et qui met en place des recherches de pointes tout en s'alliant aux entreprises (après tout le dernier bâtiment est bien le Rolex Learning Center). La réussite semble parfaite mais l'auteur souhaite nuancer ceci...
Pour ceci il a écrit un livre en trois actes. Tout d'abord, l'EPFL est pris comme exemple pour montrer comment une certaine vision de la recherche peut mener à cette réussite médiatique. Dès cette partie l'ironie mordante de l'auteur commence déjà à s'accrocher aux quelques manques qu'il observe. Par exemple, l'impossibilité pour les professeurs de faire de la recherche et de l'enseignement alors qu'ils doivent chercher du financement. Plutôt étrange non? Imaginer des professeurs qui n'enseignent pas et qui ne cherchent pas. Dans un second temps, l'auteur nous brosse un tableau général de l'université européenne. Dans cette partie il s'attaque à l'uniformisation des savoirs tout en déplorant une perte de sens critique. Selon lui, la mise en place du processus de Bologne a créé des savoirs spécialisés mais qui existent tous dans toutes les universités selon la mode du moment. Il observe aussi des étudiants et des recherches de plus en plus médiocres. Pour ces dernières, tout simplement parce que le professeur doit publier pour être côté et rendre son université cotée dans les Rankings internationaux. Le nombre d'étudiants jouant aussi dans ces classements. D'ailleurs, l'auteur n'oublie pas de souligner l'aspect subjectif de ces classements qui ne parlent que la langue de Shakespeare et le modèle universitaire américain. Ainsi, le seul moyen d'y être bien vu est de parler anglais et d'agir comme un universitaire américain. Enfin, l'auteur décide de nous montrer un autre modèle d'université. Un modèle ou la pensée est plus importante que la communication et l'argent. Une forme d'université qui s'essaie à l'excellence et non à la surveillance de la productivités des chercheurs (d'ailleurs, peut-on vraiment quantifier le savoir?). Un contre-modèle américain en somme.
Ce livre devrait être lu par les étudiants et les chercheurs, bien entendu, mais aussi par les journalistes, les politiciens et les citoyens. Car il nous montre une vision de l'intérieur de ce qui se passe. Une vision qui peut être étonnante et angoissante puisqu'elle nous montre une recherche en perte de vitesse et de plus en plus médiocre. Nous y voyons aussi qu'une grande partie de l'argent public alloué à la recherche part dans les caisses de bureaucraties de la communication et n'atteint pas le but qui est celui de tels fonds. Suite à une telle décadence de la recherche et des universités ne serait-il pas mieux d'aller vers une autre voie? Une voie moins clinquante et moins médiatique mais de meilleurs qualité et qui accomplit la véritable mission des universités plutôt que de feindre l'accomplir.
Image: lcdpu.fr