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Intégration avec la civilisation
Il est des événements dans la vie sociale d’une collectivité, d’une bourgade, qui marquent d’une empreinte profonde son histoire à venir. Voici six générations, de jeunes enthousiastes jetaient les bases d’une société qu’ils voulaient être le symbole de l’unité du village. Placée sous l’égide du saint patron de la paroisse, réunissant autour d’elle, amis et sympathisants, la jeune « Stéphania » enlaçait ses racines dans la famille du vieux bourg comtal.
En Préambule
En 1848, la Constitution suisse réorganisa l’armée : de cantonale, elle devint fédérale. De ce fait, plusieurs troupes valaisannes rentrèrent au pays. Mais peu de temps après, les Valaisans étaient à nouveau sous les drapeaux. Le 24 août 1870, plusieurs compagnies de carabiniers furent mobilisées à Sion. La France venait de déclarer la guerre à la Prusse. Les frontières suisses étaient menacées sur l’arc Neuchâtel-Bâle. Dès le mois de janvier 1871, la totalité des troupes d’élites valaisannes fut mobilisée.
Il y avait la batterie 27, forte de 133 hommes, le bataillon 35, fort de 635 hommes, le bataillon 40 qui comptait 715 hommes, ainsi que le bataillon 53, réunissant quant à lui de 530 hommes. Le bataillon 40 était notamment constitué d’hommes de Sierre, Granges, Chalais, Grône et St-Léonard, qui restèrent sous les drapeaux du 25 janvier au 12 février 1871. Les soldats du bataillon 40 assistèrent dans le Jura à l’arrivée sur le sol suisse des soldats réfugiés de l’armée française de l’est, dite « Armée de Bourbaki ».
Fondation
1887 marqua la naissance de la Stéphania. C’est effectivement en automne 1887 que Maurice Germanier rassembla une dizaine de jeunes de Granges pour fonder une société de musique. Il y donna les premières leçons de solfège et voua, dès le début, une attention considérable à la bonne marche de la société en assumant notamment le rôle de président. Lorsqu’il fallut donner un nom à la société de musique, Maurice Germanier proposa celui du saint patron de la paroisse « Saint-Etienne » qui se dit en grec « Stéphanos ». Germanier lui conféra une forme féminine « Stéphania » qui signifie en grec « Couronne ».
Saint-Etienne, diacre et premier martyr, mourut à Jérusalem vers l’an 33 après J-C. Les juifs le soupçonnèrent de blasphémer Moïse et Dieu, et le tuèrent par lapidation. Il mourut le 26 décembre en priant ses bourreaux.
En 1889, la Séphania était, avec les musiques de Chalais, St-Léonard et Bramois, l’initiatrice de la Fédération de Musique du Valais Central. Cette idée germa notamment dans la tête de l’avocat M. Zufferey. Un comité d’initiative se constitua à cet effet, et ainsi naquit la FMVC. 1896 fut une année faste pour la jeune « Stéphania ». Elle défila au festival de Grône avec son premier drapeau. Son inauguration eut lieu à l’église, lors d’une cérémonie religieuse.
Dès 1900
En 1900, l’adieu d’un siècle fut célébré par la Stéphania. Dès le soir de la Saint-Sylvestre, une poignée de musiciens se réunirent au Café de l’Industrie pour manger et boire un dernier verre. Vers minuit, la fanfare joua la retraite jusqu’au dernier tintement des cloches car toutes les paroisses les sonnaient à grandes volées. Dans l’esprit des gens, la fin du siècle pouvait signifier la fin du monde. Certains faux prophètes ne s’étaient pas gênés de l’annoncer. Il n’en fut rien. A minuit et deux minutes, des cris de joie retentirent des maisons et envahirent les ruelles de Granges. La Stéphania joua la diane jusqu’à huit heures du matin. Si l’on en croit la chronique d’alors, c’est à cette date que naquit la coutume de jouer la retraite et la diane.
En 1912, la Stéphania célébra ses 25 ans. De 1914 à 1918, en temps de guerre, la Stéphania cessa son activité jusqu’à la fin des hostilités. En 1919, la guerre étant finie, les hommes revinrent au village de Granges. Le 21 septembre de cette année, après deux criées ordinaires, les musiciens de la Stéphania furent appelés à une assemblée extraordinaire. La musique reprit ses activités sur de nouvelles bases, avec de nouveaux statuts et un nouveau comité.
En 1937, la Stéphania célébra ses 50 ans.
En 1939, aux prémices de la deuxième guerre mondiale, une odeur de poudre et des bruits de bottes arrivèrent aux frontières du pays. Le Conseil fédéral décida la mobilisation générale. La Stéphania cessa toutes ses activités faute de musiciens qui revêtirent l’uniforme militaire.
En 1944, la Stéphania reprit ses activités. Néanmoins, la société manquait d’argent. L’assemblée décida de repartir à zéro et de ne pas encaisser les cotisations arriérées en raison de la guerre.
En 1947, une importante décision fut adoptée au niveau de la Fédération des Musiques du Centre, à savoir celle de créer deux fédérations, celle du centre et celle du haut, qui devint notamment la Fédération des Musiques des Districts de Sierre et Loèche.
En 1957, avec la collaboration des fanfares de Grône, Bramois et St-Léonard, il fut décidé de constituer l'Amicale du Centre, plus communément connue sous l’appellation de « Petit Festival ».
Depuis les Années 1960
En 1962, la Stéphania avait 75 ans d’existence. Peut-être ne le croirez-vous pas, mais on oublia purement et simplement de fêter le 75ème anniversaire de la vénérable Stéphania ! En effet, lors de la Sainte-Cécile, la patronne des musiciens et des chanteurs, qui se tint le 25 novembre de la même année, personne ne se manifesta pour marquer l’évènement. Qu’à cela ne tienne, le 80ème approchant constitua la chance à ne pas manquer pour se rattraper.
En 1963, lors du Festival de Miège, les musiciens de la Stéphania prirent la décision d’acquérir un costume de manière à rivaliser avec les autres fanfares de la région, l’usure du temps rendant nécessaire l’acquisition d’un nouvel habit.
En 1964, la Stéphania inaugura enfin ses premiers costumes. Le comité discuta longuement pour savoir s’il était également nécessaire de costumer les filles d’honneur. Il fut finalement décidé que les filles d’honneur s’habilleraient selon la mode du moment.
En 1966, il n’y eut aucun conflit de génération à la Stéphania, seulement des musiciens qui aimaient jouer de la musique et faire la fête. Il se créa notamment à l’intérieur de la Stéphania, la mini-fanfare « Les Copains », qui s’en alla cette année-là agrémenter le carnaval de St-Léonard.
En 1967 eurent lieu les 80 ans de la Stéphania. En 1971 arrivèrent enfin des filles dans la fanfare ! En 1973, la Stéphania inaugura son nouveau drapeau, dont le parrain était M. Luc Lamon et la marraine, la Gérondine de Sierre.
1974 fut une grande année pour la Stéphania. Elle étrenna son nouveau costume, le deuxième depuis son existence, de couleur tendance avec un veston rouge, un pantalon noir et une chemise blanche.
En 1977, la Stéphania organisa le 77ème Festival des Musiques de sa fédération. La fête fut belle. En 1987, la Stéphania était une toute jeune centenaire. Un siècle après sa création, la vaillante société de musique était toujours aussi dynamique et prospère qu’à son origine.
En 1994, la Stéphania organisa le 94ème Festival des Musiques de sa fédération, comme chaque 17 ans.
De nos Jours
En 2004, la Stéphania s’offrit son 3ème costume (depuis sa création), tout en gardant les mêmes couleurs, mais avec des tons plus flamboyantes.
En 2009, la Stéphania organisa la 52ème Amicale des Fanfares du Centre.
En 2011, la Stéphania organisa le Festival des Fanfares du district de Sierre et Loèche. La fête fut fortement appréciée et laissa plein de beaux souvenirs derrière elle.
En 2017, la Stéphania organisa la 59ème Amicale des Fanfares du Centre, un challenge sans précédent étant donné la jeunesse et l’inexpérience du comité en charge de l’organisation de cette manifestation. Toutefois, grâce aux conseils de musiciens plus chevronnés, tout se déroula à merveille.