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Alors que la variante Delta représente encore 97% des infections Covid-19 en Suisse, le nouveau variant Omicron continue de se répandre dans le monde. Et en terres helvétiques, ce mutant pourrait également devenir un problème.
Six mois ou plus se sont écoulés depuis la deuxième dose, la protection vaccinale de nombreuses personnes diminue. Pour celles-ci, une vaccination de rappel est alors recommandée. Mais quelle est l'efficacité de cette dernière? Quel vaccin est recommandé? Et la vaccination de rappel est-elle aussi efficace qu'espéré contre les variants?
Jusqu'à présent, un peu plus de 10% de la population totale de plus de 12 ans a été vaccinée trois fois contre le Covid-19 en Suisse, selon les chiffres de l'Office fédéral de la Santé publique (OFSP). Chez les plus de 65 ans, ce chiffre s'élève à 36,5%.
Une chose est certaine: la troisième dose de vaccin anti-Covid stimule le système immunitaire. Il y a néanmoins de fortes disparités entre les différents vaccins, comme l'ont révélé de récentes recherches menées en Royaume-Uni. Dans le cadre d'une étude de phase II, les scientifiques ont, en effet, examiné l'efficacité de la vaccination de rappel avec sept vaccins distincts. Parmi eux, des vaccins qui ne sont pas autorisés en Suisse. Les quelque 2900 participants à l'essai scientifiques avaient reçu une double vaccination de base avec les vaccins de Pfizer-Biontech ou d'Astrazeneca. 28 jours après le rappel, les scientifiques ont observé la réponse immunitaire des volontaires.
Le résultat a été sans appel: la vaccination de rappel avec le vaccin de Moderna est celle qui a eu le meilleur effet – aussi bien après une première vaccination avec Pfizer-Biontech qu'avec Astrazeneca. La réaction immunitaire a été légèrement plus faible lors d'une troisième vaccination avec Pfizer. Dans l'ensemble, la réponse aux vaccinations croisées était «acceptable», selon l'équipe de recherche.
Plusieurs analyses montrent que la troisième piqûre contribue à une protection vaccinale nettement plus élevée. Une étude menée sur plus d'un million de seniors israéliens en Israël a notamment prouvé que les personnes vaccinées deux fois avaient plus de dix fois plus d'infections. Un faux qui monte jusqu'à 20 fois plus d'évolutions graves que les personnes vaccinées trois fois.
Toujours en Israël, plus de 700 000 personnes ayant déjà reçu une vaccination de rappel avec le vaccin de Pfizer-Biontech ont été suivies. Il y avait, par ailleurs, un groupe de contrôle de 700 000 personnes vaccinées deux fois. Après l'analyse des données, l'étude a montré que, premièrement, le risque d'évolution grave ou d'hospitalisation diminuait de plus de 90% pour les personnes vaccinées trois fois par rapport aux personnes vaccinées deux fois. Deuxièmement, le risque de décès dû au Covid était inférieur à 80% si on le compare à celui des personnes doublement vaccinées.
Les scientifiques britanniques qui ont étudié l'efficacité du vaccin en tant que rappel ont également analysé dans quelle mesure les vaccins de rappel étaient performants contre les différentes variantes du virus. Résultat: l'efficacité des anticorps était moindre pour la variante Delta que pour le virus d'origine. A noter, toutefois, que l'ensemble des vaccins de rappel ont montré une efficacité contre tous les variants.
Néanmoins, les données examinées n'étaient que des valeurs de laboratoire. Des taux élevés d'anticorps et de lymphocytes T (les cellules gérant l'élimination des substances étrangères à l'organisme) ne signifieraient pas nécessairement une immunité quotidienne élevée.
On sait encore peu de choses sur le nouveau variant Omicron, qui a été signalé pour la première fois fin novembre en Afrique du Sud. Cependant, il existe d'ores et déjà des estimations quant à l'efficacité des vaccins et même des vaccins de rappel dirigé contre ce mutant du Covid. Selon les premiers résultats des recherches d'une chercheuse allemande, les rappels seraient aussi moins efficaces contre Omicron. Sur ce sujet 👇.
Au départ, de nombreux scientifiques, comme Christian Drosten, virologue en chef à la Charité de Berlin, s'étaient montrés confiants quant à l'efficacité des vaccins contre Omicron. Mais en raison des nombreuses mutations du variant, certains d'entre eux ont ensuite plutôt suggéré une «diminution considérable» de l'effet protecteur. C'est pourquoi les fabricants ont en partie commencé à réviser leurs vaccins.
Sur Twitter, le futur ministre de la Santé Karl Lauterbach (Parti social-démocrate d'Allemagne) a même déclaré que les tests rapides permettaient de détecter Omicron. Assurant plus particulièrement qu'avec une vaccination de rappel, une évolution grave pouvait être évitée «presque à coup sûr». «Nous sommes donc sur la bonne voie», a-t-il ajouté. Le futur ministre de la Santé a, toutefois, également averti qu'Omicron semblait être, pour la première fois, une «variante d'envergure massive».
Adapté de l'allemand par mndl
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