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Certaines de ces sites protégés découlent de décisions du Conseil d’Etat ou des Directions (ex : le Vanil Noir, le Lac de Lussy) et d’autres font l’objet d’un plan d’affectation cantonal (ex : Rive sud du lac de Neuchâtel, les Gorges de la Singine) ou sont protégés par le biais du plan d’aménagement local.
L’un des principaux objectifs du canton de Fribourg, en matière de gestion des biotopes, est la mise sous protection de tous les objets d’importance nationale. Ces biotopes sont répertoriés dans les inventaires fédéraux.
Le plan d'affectation cantonal créant des réserves naturelles sur la rive sud du lac de Neuchâtel a été approuvé par la Direction de l'aménagement, de l'environnement et des constructions.
Par décision du 6 mars 2002, la Direction de l'aménagement, de l'environnement et des constructions a approuvé le plan d’affectation cantonal créant des réserves naturelles sur la rive sud du lac de Neuchâtel. M. le Conseiller d’Etat Claude Lässer met ainsi un terme à cette procédure qui a débuté le 10 novembre 2000 par la mise à l’enquête publique du plan. Celle-ci avait soulevé environ 7500 oppositions et nécessité la tenue de nombreuses séances de conciliation avec les opposants, dont plusieurs communes. Ce plan et son règlement peuvent ainsi entrer en vigueur quelques semaines avant l’ouverture de l’Expo.02.
Ce plan d’affectation cantonal (PAC) concrétise les mesures de protection imposées par :
- l'ordonnance du 1er mai 1996 sur la protection des sites marécageux d'une beauté particulière et d'importance nationale (ordonnance sur les sites marécageux) et son inventaire
- l'ordonnance du 7 septembre 1994 sur la protection des bas-marais d'importance nationale (ordonnance sur les bas-marais) et son inventaire
- l'ordonnance du 28 octobre 1992 sur la protection des zones alluviales d'importance nationale (ordonnance sur les zones alluviales) et son inventaire
- l'ordonnance du 21 janvier 1991 sur les réserves d’oiseaux d’eau et de migrateurs d’importance internationale et nationale (OROEM) et son inventaire
- l'ordonnance du 10 août 1977 concernant l'Inventaire fédéral des paysages, sites et monuments naturels (OIFP) et son inventaire
Le PAC concrétise également plan directeur intercantonal de la rive sud du lac de Neuchâtel approuvé par le Conseil d’Etat le 1er juin 1982.
Le PAC a pour but de conserver le paysage naturel, de préserver les écosystèmes qui le constituent, d’offrir aux espèces indigènes, en particulier à celles qui sont menacées, les conditions nécessaires à leur maintien et d’attribuer aux zones naturelles une vocation d’accueil et de sensibilisation du public. Le PAC prévoit dans ce sens un ensemble de mesures spécifiques de gestion, d’aménagement, de réglementation et d’accueil du public.
Le PAC a été élaboré conjointement avec le canton de Vaud pour l’ensemble de la rive sud du lac de Neuchâtel puisque certaines de ces réserves s’étendent sur les 2 cantons et qu’il était important que ces mesures soient prises de manière cohérente et coordonnée.
Le plan et son règlement ont été approuvés moyennant quelques modifications d’ordre secondaire qui devront être mises à l’enquête publique dans un délai de 3 mois.
Les plans des réserves naturelles peuvent être consultés auprès de la Direction de l'aménagement, de l'environnement et des constructions à Fribourg ainsi que dans les communes concernées.
Les gorges de la Singine représentent une des 18 zones alluviales du canton de Fribourg qui figurent à l'inventaire fédéral des zones alluviales d'importance nationale.
Depuis la dernière glaciation la glace et la rivière ont modelé le paysage des gorges de la Singine. Ce canyon de plus de 100m de hauteur a été creusé le long des siècles dans les couches horizontales de molasse.
La Singine est une des dernières grandes rivières naturelles de la Suisse. De ce fait, elle abrite un grand nombre de plantes et d'animaux. C'est un des derniers endroits en Suisse où niche le Chevalier guignette.
Mais la flore et la faune sauvage ne sont pas les seules à profiter de la tranquillité et de la diversité du site. L'homme y trouve également un milieu agréable pour la détente et l'observation de la nature.
La réserve naturelle du Vanil Noir est située au coeur des Préalpes occidentales, sur les communes de Charmey et Grandvillard. Elle présente un grand intérêt esthétique et scientifique. A cause de sa flore exceptionnelle et diversifiée, en 1966 une réserve botanique y a été créée.
Aujourd'hui le site est soumis au règlement du 11 janvier 1983 concernant la protection de la réserve du Vanil Noir.
La réserve naturelle s'étend sur environ 10 km2 de territoires de propriété de Pro Natura auxquels s'ajoutent environ 5 km2 de surfaces pour lesquelles des servitudes foncières ont été constituées en faveur de Pro Natura.
La gestion de la réserve naturelle du Vanil Noir est assurée par Pro Natura Fribourg.
La région du Vanil Noir représente un paysage préalpin d'une beauté particulière et abrite une flore et une faune très diversifiées. Elle figure à l'inventaire fédéral des paysages, sites et monuments naturels d'importance nationale (IFP) ainsi qu'à l'inventaire des districts francs fédéraux (ODF) .
La brochure Randonnée naturaliste dans la réserve naturelle du Vanil Noir, éditée par Pro Natura Fribourg en 1998, propose deux itinéraires de découverte de la région avec des postes traitant la géologie, la géomorphologie, la faune, la flore et le rôle de l'homme. La brochure est en vente dans les offices du tourisme de Bulle, Charmey, Gruyère et Château d'Oex ainsi que dans les cabanes des Marindes et de Bounavaux ou auprès du secrétariat de Pro Natura Fribourg (prix: fr. 8.-) .
La réserve du lac de Pérolles présente, aussi bien par ses paysages d'une beauté remarquable que par sa flore et sa faune particulièrement riches, un grand intérêt esthétique et scientifique. Située aux portes de la ville de Fribourg, elle constitue également un lieu de détente pour la population. L'accueil du public est réalisé grâce à des panneaux d'informations et de sensibilisation installés le long du sentier Ritter et du Sentier de l'Eau. Cette région a également un rôle économique (production de bois et d'énergie hydraulique).
Le périmètre de la réserve s'étend sur le territoire de 4 communes (Fribourg, Marly, Villars-sur-Glâne et Pierrafortscha) (voir plan du site en pdf).
Le lac de Pérolles et ses abords font actuellement l'objet d'un plan de gestion couvrant la période 2002 à 2011. Le plan de gestion du lac de Pérolles propose une gestion intégrale et harmonieuse des milieux de la zone en tenant compte des différents intérêts en jeu: protection de la nature, entretien forestier et accueil du public.
Les méandres de la Sarine offrent un paysage de falaises spectaculaires et surplombantes alternant avec des pentes arborées et des successions de terrasses qui descendent jusqu'au lit de la rivière. Ces espaces naturels, rehaussés par la valeur esthétique du lac artificiel de Pérolles sont un atout indéniable pour l'agglomération de Fribourg. Le plateau fribourgeois est l'un des seuls endroits de la Suisse occidentale où l'on puisse observer un tel canyon.
Les milieux écologiques très variés qui s'y côtoient recèlent une flore particulièrement riche qui mérite d'être préservée à long terme. Plus de 570 espèces, dont 72 sont menacées, ont été recensées dans le périmètre de la réserve située sur la commune de Fribourg. La région du barrage de la Maigrauge est la plus riche avec à elle seule près de 500 espèces.
Oiseaux : Le cercle Ornithologique de Fribourg a dressé une liste des oiseaux de la réserve du lac de Pérolles (voir pdf). L'importance de ce site pour son avifaune a été un facteur déterminant pour sa mise sous réserve. Les plans d'eau sont attractifs pour les espèces migratrices et hivernantes, dont 68 ont été observée à ce jour (pdf à télécharger). 94 espèces sont nicheuses, dont 27 sont menacées.
Chauves-souris : Fribat - groupe Fribourgeois pour l'étude et la protection des Chauves-souris - centralise les données relatives aux chiroptères. 8 espèces ont été recensées dans la réserve (pdf à télécharger). La pipistrelle commune est la seule qui ne soit pas menacée.
Amphibiens et reptiles : Le centre de coordination pour la protection des amphibiens et des reptiles en Suisse (KARCH) a recensé 7 espèces de batraciens et 4 de reptiles (pdf à télécharger). La plupart de ces animaux sont très menacés à l'échelle du canton.
Flore: les parois rocheuses imposent des conditions extrêmes à la flore et constituent donc des milieux favorables à des espèces atypiques sur le plateau. Le nombre d'espèce rare y est élevé.
Faune: les cavités et les surplombs des parois rocheuses favorisent la nidification d'espèces particulières comme le faucon pèlerin ou le hibou grand-duc. En hiver, même le tichodrome échelette chasse dans ces parois.
Flore: cette unité forme des ceintures de végétations sur le rivage en pente douce des plans d'eau calme. Elle est dominée par le roseau.
Faune: de nombreux oiseaux vivent dans la roselière, qu'ils soient nicheurs (râle d'eau), hivernants (grand butor) ou migrateur (marouette poussin).
Le lac de Pérolles et ses abords font l'objet d'un plan de gestion établi pour les années 2002 à 2011 et coordonné par le Service des Forêts et de la Faune.
Ce plan propose une gestion intégrale et harmonieuse des milieux de la zone en tenant compte des différents intérêts en jeu: protection de la nature, entretien forestier et accueil du public.
Sentiers de l'eau
Inaugurés le 2 juin 2007, les "Sentiers de l'eau" emmènent le randonneur à la découvertes des milles et unes facettes de l'eau: milieu de vie pour la faune et la flore, ressource indispensable de notre quotidien.
Observation de la flore et de la faune
L'endroit est propice à l'observation de la flore et de la faune. Un sentier botanique est installé entre Marly et Bourguillon (dans le bois des Rittes).
Histoire et culture
Le sentier Ritter parcourt un périmètre riche de patrimoine. Certains aspects historiques et culturels sont présentés sur des panneaux explicatifs (ex. barrage de la Maigrauge, galerie Ritter).
Sport
Tour du lac de Pérolles: compétition (contre la montre) de course à pied organisée par le CA Marly
Grand Prix La Liberté: compétition de VTT
Piques-niques et grillades
Cabanon du bois des Morts
Situé à une altitude de 820 mètres, le lac est entouré d'une grande ceinture marécageuse formée de roseaux et de gazons flottants (très rares dans le Moyen Pays). Des surfaces importantes de bas-marais entourent également le plan d'eau. Elles sont inscrites à l'inventaire fédéral des bas-marais d'importance nationale (11 ha). Au nord du lac, un bel étang résulte de l'exploitation de la tourbe du siècle passé. La plaine au sud du lac possède d'intéressants restes de hauts-marais. Ceux-ci sont inscrits dans l'inventaire fédéral des hauts-marais et des marais de transition d'importance nationale. Le site figure aussi dans plusieurs inventaires cantonaux tels que celui des batraciens et reptiles, des prairies maigres et des géotopes.
Le lac de Lussy occupe une jolie cuvette au nord de Châtel-St-Denis. Avec les marais qui l'entourent, les haies et les fermes dispersées sur les collines environnantes, il fait partie d'un ensemble paysager inscrit dans l'inventaire des sites marécageux d'une beauté particulière et d'importance nationale.
Avec les petits marais des Bous au nord-ouest du site, la région constitue l'un des derniers restes d'un paysage marécageux qui s'étendait autrefois de Châtel-St-Denis à Bulle. Ce paysage de marais est d'ailleurs unique : c'est le seul entourant un petit lac en Suisse romande !
Le paysage, la flore et la faune de ce site offrent une diversité étonnante. Malheureusement ceux-ci sont menacés essentiellement par les activités humaines. Il existe pourtant différentes mesures pour protéger ce joyau de la région qui offre également un lieu de détente et de loisirs pour les habitants de la région.
Le Lac de Lussy occupe une cuvette d'origine glaciaire. Il est entouré de terrains marécageux.
Les collines voisines se composent essentiellement de grès et de conglomérats, produit de l'érosion des nappes alpines. Elles ont été arrondies par l'érosion glaciaire, tandis que les dépressions entre les crêts, correspondant à des couches de marnes plus tendres et imperméables, ont été remplies de dépôts morainiques. Ces cuvettes imperméables ont permis la formation de marais.
Les éléments culturels dans ce site, tels que les haies, les fermes isolées avec leurs vieux arbres ou l'utilisation traditionnelle du sol renforcent le caractère unique de ce paysage.
De nombreux oiseaux aquatiques trouvent refuge au lac de Lussy. La bécassine des marais, oiseau migrateur, en a fait une escale. On peut la voir au printemps (mars et début avril) et en automne (principalement en octobre). Certains individus peuvent même y passer l'hiver. A l'époque, la bécassine nichait régulièrement en Suisse, mais l'assèchement des marais a détruit son habitat.
En Suisse, les sites marécageux et leurs marais comptent parmi les milieux les plus précieux pour la nature. Un quart des espèces animales menacées dépendent de tels endroits pour survivre.
L'azurée de la sanguisorbe (Maculinea teleius) est un papillon fortement dépendant des marais. Il suit un cycle biologique étonnant, dépendant de la pimprenelle officinale et d'une espèce de fourmi (Myrmica). Le papillon pond ses œufs sur la fleur. Les chenilles sont cannibales et une seule survit par tête de la plante. La survivante se nourrit de la fleur puis tombe à terre et devient prédatrice. Emportée par les fourmis dans leur nid, elle consomme leur couvain pendant tout l'hiver, puis se chrysalide dans la partie supérieure du nid. La chrysalide libère un beau papillon et le cycle recommence.
Donc, 1 fleur de pimprenelle + 1 un nid de fourmis (Myrmica) = 1 azuré de la sanguisorbe.
Le site du lac de Lussy offre un habitat idéal pour l'azuré de la sanguisorbe, car les pimprenelles officinales y sont abondantes et la densité des nids de fourmis importante. La population du lac de Lussy semble être la plus importante en Suisse romande.
Le respect de dates de fauche tardives pour les prairies entourant le lac, permettant la ponte et la conservation des chenilles, est essentiel à la survie de ce papillon très rare.
On retrouve autour du Lac de Lussy la flore typique des bas-marais et des hauts-marais.
La végétation du site du lac de Lussy présente une succession concentrique :
- au centre, la végétation aquatique,
- puis les roselières et les restes de haut-marais,
- plus loin, les prés à litière, dominés soit par la molinie soit par les petits carex,
- ensuite les praires humides à silènes fleur de coucou et myosotis,
- et en bordure, les prairies relativement grasses qui font office de zone-tampon et qui vont s’amaigrir.
Au printemps avait lieu "la vente des parcelles". Les habitants de Châtel-St-Denis se partageaient les surfaces à exploiter afin qu'il y ait suffisamment de tourbe pour chacun. A certains endroits, l'extraction de la tourbe atteignait une profondeur de 2.5 mètres. A la fin de l'exploitation, la commune remblayait les parcelles.
L'exploitation de la tourbe au cours des deux derniers siècles est une des activités responsables de la destruction des hauts-marais, autrefois très répandus. La tourbe se forme à raison d'un millimètre par année. Les 2.5 mètres exploités au lac de Lussy correspondent donc à 2500 ans dans la formation de la tourbière ! La tourbe ne constitue de loin pas une source d'énergie renouvelable.
L'exploitation de la tourbe: Au cours du XIXè siècle et jusqu'à la fin de la deuxième guerre mondiale, la tourbe était exploitée à l'endroit de l'actuel stade. On l'utilisait comme combustible pour chauffer les habitations.
L'exploitation de la glace: La glace du lac de Lussy était exploitée pour garantir le froid dans les restaurants. Elle était coupée en blocs pendant l'hiver et stockée dans une "glacière" des environs. Dès le mois de mai, elle était distribuée, deux fois par semaine, avec les boissons aux restaurants de la région. Cette exploitation s'arrêta vers 1956.
Ces milieux sont naturellement pauvres en éléments nutritifs et abritent de ce fait de nombreuses espèces de fleurs spécialisées. Si le terrain s'enrichit, ces espèces disparaîtront. Et les milles couleurs des prairies agrémentant le paysage s'effaceront. Heureusement, des mesures de protection existent.
Mais d'autres dangers menacent encore le site !
- Dépôts organiques sauvages (infiltration d'eau eutrophiée)
- Loisirs (pontons pour bateaux, radeaux pour la baignade, cabanons de week-end sur les rives)
- Destruction des haies
- Mise sous tuyau de petits ruisseaux
- Piétinement des milieux naturels
Concrètement, il existe différentes mesures pour protéger un tel site marécageux, ses bas- et hauts-marais :
- Contrats LPN sur les surfaces agricoles environnantes (renoncement aux engrais, exploitation de prairies à litière)
- Travaux de régénération : débroussaillement des tourbières et colmatage des drainages
- Suppression des décharges
- Remise à l'air libre des petits ruisseaux
- Plantation de nouvelles haies
Depuis 1974, le site bénéficie, grâce à l'initiative de la commune, d'une protection par un arrêté du Conseil d'Etat. Dans le plan d'aménagement local de Châtel-St-Denis, le secteur est affecté à une zone de protection de la nature et du paysage. D'autre part, le site est protégé par différents inventaires fédéraux (inventaire des sites marécageux, inventaire des bas-marais, inventaire des hauts-marais).