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Des souris qui échappent à l’obésité
La chercheuse lausannoise et son équipe s’intéressent au facteur dit «MAF1», une protéine régulatrice qui module l’expression générale de certains gènes en fonction notamment du stress et du niveau de nutriments à disposition des cellules. Dans le détail, la fonction de MAF1 est de limiter l’activité d’une enzyme appelée «ARN polymérase III» dans des situations telles que le stress cellulaire. L’ARN polymérase III synthétise des petites molécules d’acide ribonucléique (ARN) de fonctions diverses, en particulier les ARNs de transfert, qui sont indispensables à la synthèse des protéines.
Une cible médicamenteuse potentielle
Une absence totale de ce facteur chez la souris rend les rongeurs résistants à des conditions qui, normalement, entraînent une obésité. «Alors que des souris soumises à une diète haute en graisse deviennent obèses en l’espace de six semaines, des souris dont le gène codant pour MAF1 a été supprimé restent maigres, demeurent sensibles à l’insuline et donc ne développent pas de diabète, et vivent un peu plus longtemps», témoigne Nouria Hernandez. Plusieurs mécanismes expliquent ce phénomène, en particulier une baisse de la prise de nourriture et une baisse de l’efficacité métabolique, traduite par une dépense énergétique augmentée. «Nous avons identifié MAF1 comme cible médicamenteuse potentielle pour le contrôle de l’obésité», souligne Nicolas Bonhoure, doctorant dans le groupe de la Prof. Hernandez et premier coauteur de l’étude publiée dans la revue «Genes and Development».
Ces travaux, qui ont impliqué plusieurs groupes de recherche, ont principalement été menés par les équipes de la Prof. Nouria Hernandez au Centre intégratif de génomique de l’UNIL et du Prof. Ian Willis au Albert Einstein College of Medicine dans le Bronx, à New York.