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En se baladant à Bulle, on respire quelques fois un petit air du Sud, sans forcément savoir pourquoi. Cette impression n'est pourtant pas sans fondement. Elle est liée à l'immigration italienne en Suisse, qui a laissé de nombreuses traces en Gruyère. Dès la fin du XIXe siècle, la région a besoin de bras, notamment pour la construction du Chemin de fer ou de travailleuses pour la chocolaterie de Broc en plein essor. Michel Charrière nous explique le fonctionnement des flux migratoires dès le milieu du XIXe siècle particulièrement ceux qui concernent les Italiens. Les auteurs Laurence Cesa et Aloys Lauper nous apprennent qu'après l'incendie de Neirivue, près de 300 Italiens ont oeuvré à la reconstruction. Patrick Rudaz décrit le village de Charmey, qui doit beaucoup à la famille italienne Albinati, installée dans la commune dès 1885. En effet, la maison que cet entrepreneur fît construire, marque le centre du village et dicte l'alignement de la rue.
Cette culture italienne est encore vivante aujourd'hui, grâce aux artistes descendants de ces premières familles immigrées. Une part de la publication leur est dédiée. Leurs oeuvres sont à voir au Musée gruérien du 13 avril au 28 septembre 2014.