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28 Mai 2016
La Sainte Chapelle est avant tout une gigantesque châsse destinée à recevoir les reliques de la crucifixion. Saint Louis rachète en 1239 la couronne d'épines aux Vénitiens pour 135 000 livres. Puis il achète des fragments de la sainte croix et des instruments du supplice à Baudouin II en 1241. Son but est avant tout d'éviter l'éparpillement de ces importantes reliques.
La Sainte Chapelle subit plusieurs incendies (1630, 1777) et une inondation. La révolution ne l'a pas épargnée. Tous les décors extérieurs ont été détruits ainsi que la flèche, dont les fleurs de lys n'incarnaient que trop manifestement la royauté. Sous l'Empire, la chapelle haute sert de dépôt d'archives. Cet usage l'endommage fortement. Les verrières sont dispersées.
Résurrection des morts, Musée de Cluny, Paris
Des restaurations sont entreprises dans la seconde moitié du XIXe siècle. Trois architectes se succèdent à la tête du chantier : Félix Duban (de 1836 à 1848), Jean-Baptiste Lassus (de 1848 à 1857) et Emile Boeswillwald. Viollet-le-Duc vient quelquefois renforcer le groupe, mais il ne prend jamais la tête des restaurations. On commence par détruire les vestiges de l'escalier sud (1849) puis par remettre en place une flèche (1853). En 1857, la décoration intérieure en presque entièrement achevée.
Cette superbe Vierge à l'enfant, provenant du trésor de la Sainte Chapelle, se trouve maintenant au Louvre
Plusieurs choix s'avèrent difficiles. C'est le cas pour la flèche. On ignore s'il y avait une flèche dès l'origine. La seule flèche bien connue est celle qui a été abattue à la révolution. Elle datait de 1630. Duban et Viollet-le-Duc dessinent des flèches du XIIIe siècle, mais Lassus préfère reprendre celle de 1383. L'œuvre qu'il réalise s'approche cependant plus de la flèche de 1460. L'autre grand sujet de débat est la décoration intérieure. Une longue investigation est menée pour rechercher les fragments antérieurs. Beaucoup d'éléments utilisés pour restaurer la décoration sont des innovations. Il n'est pas du tout certain, par exemple, qu'il y ait eu à l'origine un décor de lys sur fond bleu et de châteaux castillans sur fond rouge.
La Sainte Chapelle
Elle a beau ne plus abriter la couronne d'épines que portait Jésus sur la croix, ses 620 m2 de verrières n'en restent pas moins exceptionnels. A l'occasion de la sortie de son nouveau numéro sur Paris et les grands monuments qui ont marqué la capitale, GEO Histoire vous emmène visiter ce chef d'œuvre du gothique qu'est la Sainte-Chapelle.
Dissimulée au cœur du Palais de justice de Paris, sur l’île de la Cité, la Sainte-Chapelle n’est pas un simple lieu de prières mais plutôt un reliquaire destiné à abriter le plus précieux des trésors de la Chrétienté : la couronne d’épines que portait Jésus sur la croix. C’est le roi Saint-Louis qui s’en fit l’acquéreur en 1238 pour une somme colossale. Et c’est lui qui la fit ramener de Constantinople afin qu’elle trône à jamais au cœur de cette chapelle construite pour l’occasion. Inutile de chercher ici la couronne : elle a été transférée en 1806 à Notre-Dame. Mais si le trésor n’y est plus, l’écrin reste toujours aussi impressionnant avec ses 620 m2 de verrières qui apportent au lieu une luminosité exceptionnelle. Les vitraux des 1113 scènes de l’Ancien et du Nouveau Testament racontent l’histoire de l'Humanité jusqu’à l’arrivée des reliques à Paris. Très encrassées par le temps et la pollution, les verrières nord de la nef et la rose ouest ont bénéficié d’une importante rénovation qui a nécessité des années de travail entre 2008 et 2015. C’est donc aujourd’hui le meilleur moment pour visiter ce chef-d’œuvre du gothique et pour en découvrir l’incroyable destin dans le nouveau numéro de GEO Histoire sur Paris et les grands monuments qui ont marqué la capitale.