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Le Grand Conseil tessinois a nommé lundi une Commission parlementaire qui devra enquêter sur les dessous du scandale judiciaire, baptisé Ticinogate, impliquant notamment le contrebandier italien Gerardo Cuomo et le juge tessinois Franco Verda.Ce contenu a été publié le 18 septembre 2000 - 18:34
Elle devra entre autres découvrir pourquoi Gerardo Cuomo avait obtenu un permis de séjour à Lugano en 1993 alors qu'il était sous le coup d'un mandat d'arrêt international.
La constitution de la Commission d'enquête avait été réclamée en août dernier par les principaux partis tessinois après l'arrestation du juge Franco Verda, président du tribunal pénal cantonal. Ami intime de Gerardo Cuomo - accusé par la justice italienne d'être à la tête d'un vaste trafic de cigarettes, armes et drogue - le juge Verda a été suspendu de ses fonctions en juin dernier.
Accusé de corruption passive, violation répétée du secret de fonction et entrave à l'action pénale, Franco Verda avait été incarcéré à Lugano du 4 au 24 août. La semaine dernière, le Conseil de la magistrature a décidé de le priver de son salaire.
Le mois dernier, le Conseil d'Etat tessinois avait ouvert une enquête administrative. Il voulait savoir comment Gerardo Cuomo repris de justice à Naples et accusé par la magistrature de Bari (Pouilles) de tirer les ficelles d'un trafic international de cigarettes de contrebande, armes et drogue, avait pu obtenir sans peine un permis annuel à Lugano en mai 1993.
L'enquête devait aussi se pencher sur les longueurs de la procédure judiciaire entreprise par les avocats de Cuomo après la suspension de ce permis, en 1994. En fait, grâce à une série de recours et renvois de la décision finale, le «boss» napolitain a séjourné sans problème à Lugano jusqu'en novembre 1998.
Interdit de séjour en Suisse en mars 1999, il n'a pas hésité à organiser la fête de baptême de sa fille, en mai de la même année. Fête à laquelle son avocat, Fulvio Pezzati, député PDC au parlement, avait participé en toute connaissance de cause. La Commission parlementaire devra examiner quelles sont les implications politiques de l'affaire.
Quant à Fulvio Pezzati, sa légèreté de comportement lui a valu sa place de responsable de la fraction démocrate-chrétien au législatif et celle de vice-président du Parlement. Pressé de toutes parts, l'ex-avocat de Cuomo a annoncé sa démission de ces deux fonctions, lundi à l'ouverture de la séance parlementaire. S'estimant «victime d'une grave injustice», selon ses propres termes, il n'a pas renoncé à son mandat de député.
Les membres de la Commission d'enquête parlementaire devraient être désignés, ces prochains jours, par la Commission de gestion du Grand Conseil.
Gemma d'Urso, Lugano