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Le président Donald Trump a signé mercredi un décret pour sanctionner les interférences étrangères dans les élections aux Etats-Unis. L'annonce a été faite par son conseiller à la sécurité nationale John Bolton lors d'une conférence de presse.
Le décret "ne vise aucun pays en particulier" puisque "la menace" peut venir de plusieurs endroits, et s'appliquera aux élections parlementaires du 6 novembre, a-t-il ajouté.
A l'approche du scrutin, "nous avons observé des signes, pas seulement de la Russie mais aussi de la Chine, et des moyens potentiels de l'Iran et même de la Corée du Nord", a précisé le directeur du renseignement américain, Dan Coats.
La réponse de Donald Trump à l'ingérence russe dans la campagne présidentielle de 2016 a été jugée timorée par l'opposition démocrate, mais aussi par certains élus républicains. Plusieurs parlementaires ont déposé depuis des propositions de loi pour renforcer les sanctions américaines si le scénario se répétait.
En signant son décret, le chef de l'Etat "montre qu'il prend le contrôle du sujet, qu'il s'en préoccupe beaucoup", leur a indirectement répondu John Bolton. Le décret permet une certaine "flexibilité", alors qu'une loi "qui semble une bonne idée" peut s'avérer compliquée à mettre en place six mois plus tard, a de son côté plaidé Dan Coats.
Opération concertée du pouvoir russe
Le texte signé par le président vise tout pays, personne ou entité étrangère ayant encouragé ou organisé une tentative d'influencer le cours des élections aux Etats-Unis.
Il prévoit une période de 45 jours après une alerte pour que les services de renseignement réunissent des preuves, puis octroie à nouveau 45 jours aux ministères de la Justice et du Trésor pour imposer des sanctions. Celles-ci peuvent couvrir le gel des avoirs d'une personne, l'interdiction d'investir dans une entreprise ou encore d'entrer sur le sol américain.
Selon les services de renseignement américains, le pouvoir russe a mené une opération concertée et planifiée pour influencer l'élection présidentielle de 2016 en faveur de Donald Trump, notamment à travers l'utilisation des réseaux sociaux et la diffusion de "fausses nouvelles".
En mars 2018, l'administration américaine avait pris des sanctions contre 19 personnes et cinq entités dont les services de renseignement russe, des mesures jugées tardives et insuffisantes par l'opposition. "2016 a envoyé un signal d'alerte, nous mettons le cadre en place pour que cela ne se reproduise pas", a déclaré John Bolton.