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(Dans le dernier volet de ce récit de voyage en Amérique singulier, je raconte ce que m'a dit - ou est censé m'avoir dit - Captain America en personne: qu'il avait reçu, après la destruction du précédent, un nouveau corps de la part de sortes d'extraterrestres vivant dans les glaces de l'Arctique.)
Bien sûr, dans la cité des glaces, aux tours bleues, aux fenêtres vermeilles, aux portes d'or, il avait aussi appris à manier ses armes et ses membres, et même il s'était fait des amis, parmi les êtres qui y vivaient naturellement, avec lesquels il s'entraînait. Deux en particulier lui devinrent chers et proches. L'un était connu des hommes, quoiqu'il n'en eût jamais été un, ayant été vénéré comme un dieu de la foudre par les anciens peuples du nord, et étant intervenu parmi eux, pour les aider dans leurs nobles entreprises. Il n'avait point, certes, eu de père et de mère mortels, et c'est pourquoi John Stevens choisissait de l'appeler, auprès de moi, l'Homme de Foudre, comme si son corps n'avait été jamais fait que d'éclairs.
L'autre ami qu'il s'était fait était, aux yeux humains, un être fait de feu brillant, et entouré, pour agir dans l'atmosphère terrestre, d'une sorte de corps métallique doré et vermeil, fluide mais ayant l'apparence d'une armure, quoiqu'une armure vivante, et jetant des feux, et volant dans les airs. Sa science des forces de l'air était sans limite, et il les contrôlait grâce à ses connaissances, les voyant comme des êtres auxquels il commandait par la pensée. Il avait, dans son corps de lumière, des rayons d'étoiles, qui se cristallisaient en nœuds étincelants, et ils signalaient sa haute origine. L'Homme de Foudre était davantage lié à la Terre, et son pouvoir sur les éléments était plus direct, relevant davantage de l'instinct: sa force était plus grande, mais sa sagesse moins étendue, et ce qu'il perdait en science, il le gagnait par sa fougue. Il était un souffle ardent, traversé de fulgurations, quand l'autre était une brume lumineuse, habitée par des étoiles flottantes et se mouvant comme celles du ciel. Tous deux étaient en un sens divins, et admirables. Leur bonté était réelle, et John Stevens les aimait d'un amour sincère et sans limites.
Avec eux, et quelques autres bons amis qu'ils avaient, il eut l'idée de constituer une équipe, afin de l'aider dans la mission qu'il avait reçue, de venir en aide aux mortels ses anciens congénères, de lutter en leur faveur contre les êtres surhumains qui, venus des étoiles, les tourmentaient et les réduisaient en esclavage pour leur propre gloire. Ces méchants étaient de la même race, pour ainsi dire, que l'Homme de Foudre et le Chevalier d'Or, comme on nommera son autre ami proche. Mais ils n'avaient pas leur bonté, et ne cherchaient qu'à nuire aux hommes pour servir leurs propres intérêts. On avait sauvé John Stevens des glaces afin qu'il acquière le pouvoir de les combattre et d'aider les mortels ses anciens frères.
On l'avait autorisé à requérir dans ce but des habitants de la cité fabuleuse où il avait été soigné, s'ils donnaient leur accord. Et ainsi se créa la noble équipe des Veilleurs - ou, comme le disent les comics, des Vengeurs. Captain America en était le chef, quoiqu'il ne fût pas le plus puissant d'entre eux, car il avait au cœur la plus ardente volonté de venir en aide aux êtres humains, auxquels il s'assimilait encore. Plus qu'aucun autre dans l'équipe, il connaissait les voies des hommes, et pouvait juger du bien et du mal parmi eux, sachant comment et où agir.
(À suivre.)