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Dernières parutions
Comment passe le temps
Ouvrage publié avec l’aimable autorisation de la fondation Stockhausen pour la musique.
Karlheinz Stockhausen (1928-2007) a été, dans les années 1950, l’une des figures dominantes de l’avant-garde musicale : un compositeur inventif, audacieux et visionnaire. Chacune de ses œuvres constituait un événement et une avancée, chacune ouvrait des horizons nouveaux, et chacune était accompagnée par une réflexion théorique : Kreuzspiel et Kontra-Punkte sont liées aux notions de « musique ponctuelle » et de « composition par groupes » développées dans les premiers textes – Stockhausen cherchait alors à généraliser le sérialisme à toutes les composantes de l’écriture ; Gesang der Jünglinge fut le premier chef-d’œuvre de la musique électronique, dont Stockhausen a été un pionnier, et dont il détaille les enjeux dans ses écrits ; Zeitmaße et Gruppen apportèrent des éléments d’indétermination liés à une nouvelle conception du temps et de la forme, que Stockhausen appelle « statistique », et qu’il expose notamment dans son texte central, « … comment le temps passe… » ; elle entraîna l’idée d’une musique spatialisée, créant de nouvelles conditions d’écoute, discutées dans « Musique dans l’espace » ; Kontakte mélange les sources instrumentales et électroniques, développant une nouvelle conception de la forme, appelée « forme-moment », qui est aussi le titre de l’un de ses essais ; enfin, des pièces comme Klavierstück XI, Refrain ou Zyklus introduisirent une part d’aléatoire qui redonna aux musiciens une certaine liberté dans le travail d’interprétation.
Dans ses textes, Stockhausen s’appuie sur la nature des phénomènes plutôt que sur des considérations historiques ou esthétiques. À chaque étape de son évolution, il a forgé des concepts et ouvert des perspectives. C’est cette formidable aventure, qui fut globalement celle de toute une génération, qui est consignée dans les textes regroupés ici, écrits entre 1952 et 1961. Ils révèlent une pensée profonde et prospective, en perpétuelle recherche, mais traversée par une exigence centrale : unifier tous les éléments d’une œuvre, de la micro à la macrostructure, dans une organisation totale qui reflèterait l’ordre divin et échapperait au temps mesuré.
Ces textes, dont plusieurs n’avaient pas été traduits jusque-là, sont regroupés ici pour la première fois en français.
Édité par Philippe Albèra
Traduit par Christian Meyer
Parution : octobre 2017
352 pages
Beat Furrer, compositeur suisse installé de longue date en Autriche, est sans doute l’une des figures les plus importantes de la musique actuelle. Révélé au grand public grâce à Claudio Abbado et à la réalisation de plusieurs opéras de conception originale, Furrer a développé un style très personnel, dans lequel l’attention à la vie interne du son et aux frontières entre son et bruit s’inscrit à l’intérieur de constructions formelles extrêmement rigoureuses.
Dans le livre qu’il lui consacre, Daniel Ender suit l’évolution du compositeur, analysant ses oeuvres principales avec finesse et dégageant leurs significations profondes. À travers cette étude remarquable, il fait apparaître l’importance du principe de métamorphose, qui donne son titre à l’ouvrage, et renvoie au fondement même de la pensée musicale de Furrer, ainsi qu’à son imaginaire.
Daniel Ender a fait ses études au Conservatoire et à l’Université de Vienne en étudiant le piano, le chant, la musicologie, la philosophie et la linguistique. Il est aujourd’hui chargé de cours à l’Université de Vienne et l’auteur de nombreux textes sur la musique contemporaine.
Édité par Philippe Albèra
Introduction de Philippe Albèra
Traduit de l’allemand par Catherine Fourcassié
Ouvrage publié avec le concours du Centre National du Livre, Paris, et de la fondation Pro Helvetia, Zurich.
Parution : 7 juin 2019
Format : 14 × 22,2 cm
Pages : 320
ISBN : 978-2-940068-55-5
Univers parallèles
Le compositeur anglais Brian Ferneyhough (né en 1943) est l’une des personnalités dominantes de la scène contemporaine depuis les années 1970. Découvert au Festival de Royan, il apparut très rapidement comme le représentant principal de ce que l’on a appelé la « New Complexity » (nouvelle complexité). Sa musique présente en effet une densité et un degré de formalisation qui se reflètent dans la notation elle-même et qui exige des interprètes une virtuosité aussi bien digitale que mentale. Beaucoup de ses œuvres s’inspirent d’éléments extra-musicaux liés à la nature, à la peinture, à la poésie, à la philosophie ou à la science.
Les textes et les entretiens réunis dans ce volume, auxquels s’ajoutent les analyses que le compositeur a écrites sur ses œuvres, sont inédits ou proviennent de revues aujourd’hui introuvables. L’ensemble de ces textes constitue un document indispensable à l’approche de l’œuvre du compositeur, dont il propose des analyses détaillées tout en éclairant l’arrière-plan esthétique et philosophique. Il se présente aussi comme une réflexion fondamentale sur la musique en général, abordant toutes les questions auxquelles sont confrontés les compositeurs aujourd’hui. En ce sens, il apparaît comme l’une des contributions réflexives les plus importantes après celles de compositeurs tels que Boulez, Stockhausen ou Lachenmann.