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Le stress au travail a augmenté ces dernières années. C'est ce qui ressort de l'enquête suisse sur la santé 2017, publiée aujourd'hui par l'Office fédéral de la statistique (OFS). Au lieu de s'attaquer à ce problème, les politiciennes et politiciens de droite veulent aggraver la situation avec la révision de la loi sur le travail. Elles et ils souhaitent notamment faire en sorte que nombre de salarié-e-s se voient contraints de travailler plus longtemps, et même le dimanche. Le Conseil des États débattra de cette révision à la session d'automne : il doit enfin entendre raison et enterrer ce projet.
L'enquête suisse sur la santé 2017 est on ne peut plus claire : en 2017, 21 % de la population active interrogée par l'OFS subissait très souvent du stress au travail. En 2012, ce taux était de 18 %. La moitié de ces personnes se sentent émotionnellement épuisées au travail et sont ainsi exposées à un risque plus élevé de subir un burnout. Au lieu de reconnaître les pathologies liées au stress comme des maladies professionnelles et de diminuer les horaires hebdomadaires de travail, comme l'exigent la médecine du travail et les syndicats, les majorités des commissions de l'économie des chambres fédérales veulent plutôt empirer la situation en suivant les propositions du conseiller aux États Conrad Graber et de son ancienne collègue Karin Keller-Sutter, aujourd'hui conseillère fédérale. Le temps de travail hebdomadaire maximal grimperait à 67,5 heures et le nombre d'heures supplémentaires maximal par jour serait lui aussi augmenté. Même l'interdiction du travail du dimanche serait assouplie. Parallèlement, l'obligation pour les employeuses et employeurs de saisir le temps de travail des salarié-e-s serait en grande partie supprimée.
Au vu du résultat de l'enquête suisse sur la santé, il est inacceptable que les commissions de l'économie et des redevances (CER) s'obstinent à vouloir imposer ces mesures cyniques de déréglementation. Les pseudo-corrections décidées avant la pause estivale par la CER-E n'y changent rien. Elles sont de nature purement cosmétiques et le stress augmenterait quand même pour de nombreux salarié-e-s. Cette obstination est également incompréhensible : la révision de la loi sur le travail a échoué lors de la consultation. Elle a fait l'objet de critiques sévères de la part, notamment, des inspectorats cantonaux du travail, de la médecine du travail, des Églises avec l'Alliance pour le dimanche ainsi que des syndicats. Du plus, la commission ne tient aucun compte d'un rapport du Conseil fédéral qui souligne que le droit suisse du travail est déjà très souple. Si les Chambres ne mettent toujours pas le holà à cette charge contre la santé des salarié-e-s, les syndicats lanceront un référendum.