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Eric Sturdza s’interroge sur l’optimisme qui se dégage des données économiques d'août et sur les politiques et risques géopolitiques à l'horizon.
Malgré la hausse du nombre de cas déclarés dans certaines régions, les nouvelles liées au COVID-19 ont généralement été encourageantes tout au long de la période estivale. Certains problèmes, tels que les capacités des hôpitaux, se sont progressivement atténués tandis que les gouvernements et les régulateurs entérinaient leur intention de faciliter toutes les étapes nécessaires afin de produire un vaccin le plus rapidement possible.
Des données économiques positives, pointant toujours dans le sens d’une reprise en cours, ont également soutenu cette évolution. Dans ce contexte, le marché boursier mondial s'est redressé en août d'env. +6,5%, comme reflété par l'indice MSCI World net return. Au cours de la même période, le dollar US s'est encore déprécié par rapport aux autres principales devises (environ -1,3% pour l'indice DXY), tandis que les rendements des bons du Trésor américain à plus long terme ont augmenté (UST 10 ans; de 0,53 en hausse à environ 0,70, US 30 ans; de 1,19 à environ 1,47). Les incertitudes persistantes auraient dû maintenir les rendements des échéances plus longues à un niveau plafonné, mais vers la fin août, les craintes d'inflation ont refait surface, poussant le niveau point-mort de l'inflation à 30 ans plus haut.
Nos perspectives n'ayant pas changé depuis juillet, le commentaire du mois d’aout est à ce titre très similaire au précédent.
Les marchés financiers ont été soutenus par les trillions de dollars en liquidités supplémentaires injectés par les banques centrales, et par les trillions additionnels attendus, insufflés au travers des programmes gouvernementaux d’accompagnement des individus et entreprises. L'absence d'investissements sans risque générant des rendements réels positifs soutiendra probablement les marchés boursiers mondiaux en général. Cela sera particulièrement perceptible à court et moyen terme pour les entreprises de haute qualité, car celles-ci deviennent l’affectation naturelle des excédents de trésorerie.
En ce qui concerne les fondamentaux, les risques politiques et géopolitiques sont manifestement en hausse, les États-Unis se préparant pour l’élection présidentielle en novembre, et les relations entre ces derniers et la Chine continuant de se détériorer. Il est difficile d’anticiper la réaction du marché face à ces sources d’incertitude, étant donné la prépondérance du rapport offre-demande sur les cours par rapport à l’influence des fondamentaux dans un marché normal. Cette dissonance a contribué à nous faire adopter une approche plus prudente. L'importance des réductions d'impôts promulguées par M. Trump sur les bénéfices par action aux États-Unis a été un catalyseur de la performance en 2017-2018 ; cette rentabilité plus élevée a justifié les valorisations supérieures des actions américaines par rapport à celles d'autres régions. Un renversement partiel de cette «aubaine» de valorisation pourrait peser, selon certains experts, jusqu'à 8% sur le bénéfice par action du S&P, un vent de face supplémentaire à affronter lorsque l'ampleur de l'impact économique du COVID-19 sera dévoilé.
Le risque géopolitique provenant des marchés asiatiques est plus difficile à quantifier; la dépendance de nombreuses entreprises américaines clés à ces marchés - que ce soit du point de vue de l'offre ou de la demande - et le poids de ces entreprises dans les indices boursiers américains nous induisent à penser que l’élément géopolitique contribue au risque.
Dans l'ensemble, compte tenu des objectifs et philosophie du Sturdza Family Fund, l'équipe d'investissement a décidé d'adopter une position légèrement plus défensive à l'approche du second semestre 2020, tout en restant à l'affût d'opportunités spécifiques, solides et liées à des entreprises en croissance et de qualité.
En août, le fonds a progressé de +3% (classe SI). En termes de rendement total, le portefeuille actions s'est apprécié d'env. +5,7% tandis que les investissements «Fixed Income» reculaient d'environ. -0,5% sur la période.
En termes de performance, Apple a été le principal contributeur positif (environ +0,5%), suivi de Facebook (environ +0,33%) et de Royal Caribbean Cruises (environ +0,29%). En revanche, le contributeur négatif le plus important a été Becton Dickinson (environ -0,23%), suivi de Centene (environ -0,1%) et Nitori (environ -0,08%). Dans le segment Fixed Income, les bons du Trésor à plus longue échéance ont été les principaux détracteurs tandis que les instruments de plus courte échéance sont restés plus ou moins stables sur la période.
L’allocation globale d’actifs du Fonds, devenue légèrement plus prudente en juillet, est restée la même tout au long du mois d’août, les perspectives élaborées en juillet n’ayant pas été modifiées. Ainsi, l’exposition actions du Fonds reste proche de 60%, tandis que les gains réalisés sont conservés en marge afin de saisir les opportunités quand elles se présentent.
À la fin août, presque toutes les sociétés détenues dans le Fonds avaient publié leurs résultats trimestriels – la plupart des chiffres édités attestant de leurs résiliences. D'une manière générale, l’équipe de gestion a été réticente à établir des estimations prospectives détaillées car la situation actuelle rend l'exercice pratiquement impossible selon les secteurs, etc. Cela dit, à mesure que la situation évolue et que le nombre des «scenarios possibles» consolide, la capacité de certaines entreprises à fournir des objectifs financiers sera très certainement un puissant moteur de performance à court terme.