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Ensemble-16- Série (dissociable), série de sept dessins dissociables faisant écho à la partition de la composition musicale Clarinet Trio. Encre noire sur papier, chacun 48,5 x 69 cm
Oeuvre présentée dans le cadre de l'exposition Echos d'une collection - Oeuvres du Frac Franche-Comté
Dans le parcours du compositeur minimaliste Tom Johnson, le visuel et les mathématiques ont tous deux une grande importance. Ils se combinent dans une œuvre comme Clarinet Trio. Ici, les dessins ne sont pas des partitions, comme ce peut être le cas parfois, mais des diagrammes qui ont inspiré sept courtes compositions musicales pour trois clarinettes en si bémol, soit environ 20 minutes de musique.
Les sept dessins sont basés sur une conception combinatoire (12,3,2) : 12 notes dans la gamme, 3 notes dans chaque accord, chaque paire de notes apparaissant ensemble deux fois.
Lors de l’édition de la partition de Clarinet Trio, Tom Johnson a tenu à ce qu’apparaissent aussi les diagrammes qui l’ont inspirée.
Né en 1939 dans le Colorado (USA)
Vit et travaille àParis
Après avoir étudié à l’université de Yale, il s’installe à New York à la fin des années 1960 et suit les cours privés de Morton Feldman. Entre 1971 et 1983, tout en signant ses premières compositions, il écrit des critiques spécialisées dans les musiques nouvelles pour The Village Voice. Il y forge le terme de musique minimaliste dont il estime qu’il qualifie tout à fait sa propre musique. Dès 1983 il s’installe à Paris.
Il lui arrive de faire intervenir la parole, avec un récitant expliquant le concept de la composition. Le visuel est aussi important, avec des œuvres comme Nine Bells (1979) où le musicien est placé au centre d’un carré de neuf cloches, ou Dropping Balls (2011) une composition pour jongleurs. Tant le récitant que l’aspect performatif lui permettent de rendre plus claire la structure musicale de son œuvre.
Pour composer, Tom Johnson explore des procédés logiques comme l’accumulation, le comptage ou le déphasage, et fait de plus en plus appel aux mathématiques. Il utilise des notions dues à Euler ouBlaise Pascal et collabore aussi avec des mathématiciens contemporains.
En 1973 déjà, Tom Johnson publie Imaginary Music, un recueil de 104 dessins, faits de noires, de croches, de dièses et de soupirs, destinés à susciter chez la personne qui regarde des «musiques imaginaires». Il utilisera ensuite les dessins comme des diagrammes pour visualiser le rapport entre les notes. Parfois réalisés pour étudier une musique déjà conçue, ceux-ci sont aussi des outils pour trouver de nouvelles musiques. Plusieurs œuvres ont à voir avec des motifs de tissage. L’une d’elle, créée avec la collaboration du mathématicien Marc Chemilier, est inspirée par un dessin de carapace de tortue que les initiés de l’archipel du Vanuatu réalisent en un seul tracé d’un doigt dans le sable (Tortue de mer, 1977). Il arrive aussi à Tom Johnson de dessiner sans aucun prétexte musical.