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Comprendre un krach boursier
La bourse est un marché comme les autres. Alors qu'au marché aux puces, on y trouve de vieux vinyles, à la bourse on achète et vend principalement des actions, soit des parts d'entreprises dont le prix varie constamment. Et comme sur n'importe quel marché, si beaucoup d'acheteurs sont intéressés par une action, son prix monte, tandis que si les investisseurs veulent en vendre et que les actions ne trouvent pas preneur au cours actuel, leur prix va baisser. En acquérant des actions à un certain prix, les acheteurs espèrent à terme gagner de l'argent, et donc les revendre lorsque la valeur des titres aura augmenté. Pour cela, ils analysent en général les prévisions des performances à venir des entreprises.
Il arrive cependant que les investisseurs soient moins rationnels. Ils parient par exemple sur une mode. Ils pensent qu'un secteur donné va continuer à avoir d'excellents résultats, qu'il aura davantage de valeur et donc que le prix des actions va monter, monter, monter à l'infini... Jusqu'au jour où, dans les faits, la valeur des actions cesse de monter.
Et là, c'est la panique. Les investisseurs décident de vendre les actions au plus vite. Mais plus personne ne veut en acheter et la valeur des titres dégringole brutalement, parfois en une seule journée: c'est le krach boursier. Cet accident financier peut survenir sur un seul marché boursier ou plusieurs à travers le monde. Un krach se caractérise par une baisse de plus de 20% en quelques jours d'un indice boursier, qui regroupe les principales actions d'un pays ou d'un secteur d'activité économique.
C'est ce qui est arrivé en 2000 aux Etats-Unis avec les entreprises de l'informatique. Les tout jeunes sociétés de l'internet, comme Netscape ou Amazon, sont alors à la mode. L'appétit des investisseurs pour les actions de ce secteur devient énorme. Ils achètent, achètent, achètent, et la valeur des titres grimpe en flèche. Mais cette frénésie finit par ne plus avoir de lien direct avec les résultats réels de ces entreprises. Dès mars 2000, le secteur plonge et c'est le krach.
Dans le jargon boursier, cette déconnexion entre les marchés et les fondamentaux des entreprises (chiffre d'affaires et bénéfices) est nommée "bulle spéculative". Lors d'une bulle, le prix d'une action ne se justifie que par la croyance en une valeur plus élevée à l'avenir, sans logique économique. Mais on ne sait avec certitude qu'il s'agit d'une bulle que lorsque la bulle éclate.
Lors d'un krach, les investisseurs qui n'ont pas réussi à vendre avant la dégringolade perdent de l'argent. Après l'an 2000 et la bulle internet, ceux qui avaient misé gros, voire même emprunté de l'argent pour acheter des actions, ont été ruinés.
De leur côté, les entreprises voient leur valeur boursière baisser lors d'un krach, mais elles ne perdent pas directement de l'argent. Par contre, elles peinent à se financer sur les marchés si elles en ont besoin. Par exemple, après 2000, certaines jeunes sociétés du web ont manqué de capital. Pour continuer à se développer, elles ont dû se faire racheter, ou alors ont été liquidées. Et si le krach provoque une récession, les conséquences sur les entreprises sont plus importantes, tout comme sur l'ensemble de l'économie.
RTS Découverte, avec la collaboration de Michel Girardin, chargé de cours en macro-finance à l'Université de Genève.
Sources: "La Bourse pour les Nuls" de Gérard Horny (2014), Dictionnaire historique de la Suisse, Wikipédia
Publié le 16 octobre 2017 - Modifié le 08 novembre 2017