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La plupart des ménages suisses mettent de l’argent de côté tous les mois. Mais qui épargne, et combien? Et quels sont les facteurs qui déterminent le comportement d’épargne? Nous avons examiné les données de l’Office fédéral de la statistique d’un peu plus près. Nous présentons ci-dessous ce qu’il en ressort.
Précisons tout d’abord ce qui nous intéresse ici: le montant de l’épargne désigne la part du revenu qui reste après déduction des dépenses obligatoires et facultatives et qui peut être placée sur un compte d’épargne ou dans le 3e pilier ou investie dans des placements. Les cotisations à la prévoyance professionnelle ne sont pas prises en compte, car elles font partie de l’épargne dite «obligatoire». Le taux d’épargne désigne quant à lui le montant épargné en pourcentage du revenu mensuel du ménage.
Le montant de l’épargne est proportionnel aux revenus
Constat peu étonnant: plus le revenu est élevé, plus l’épargne est importante, avec une moyenne de 1460 francs par mois. Pour un ménage sur cinq, ce montant s’élève à presque 5000 francs, alors que les ménages avec un revenu moyen de 4614 francs ne peuvent mettre que 223 francs de côté. C’est entre le 3e et le 4e quintile que l’augmentation relative est la plus importante. Près de la moitié des 2145 francs de différence de revenus entre ces deux groupes est épargnée (996 francs).
En moyenne, chaque ménage en Suisse économise 1460 francs par mois.
La valeur négative dans le 1er quintile tient aux faibles revenus des retraités, qui vivent principalement de leurs économies et des avoirs retirés de la caisse de pension et du 3e pilier.
2. L’épargne n’est pas identique dans toute la Suisse
De nettes différences sont observées entre les régions. Les épargnants les plus disciplinés vivent dans la région de Zurich et en Suisse centrale, avec des taux d’épargne avoisinant les 17%. L’épargne est moins importante au Tessin (12,6%) et dans la région lémanique (10,6%).
En règle générale, on économise davantage là où les revenus sont plus élevés, à l’exception du Mittelland et de la région lémanique: bien qu’elles se situent dans la moyenne en termes de revenus, les taux d’épargne y sont nettement plus faibles. En revanche, la Suisse centrale présente le taux d’épargne le plus élevé alors qu’elle n’occupe que la quatrième place en termes de revenus.
Les Zurichois et les habitants de Suisse centrale épargnent plus que les Genevois et les Tessinois.
La répartition par région linguistique révèle des différences similaires: avec 15,2%, la Suisse alémanique et rhéto-romane économise nettement plus que la Suisse italienne (12,8%) et la Suisse romande (9,8%). Il convient ici de mentionner que pour ces deux derniers taux, le coefficient de variation, c’est-à-dire les différences entre les taux, est très important.
3. L’épargne varie en fonction de l’âge
Taux d’épargne en fonction de l’âge
Jusqu’à 34 ans
19.8
35-44
17.8
45-54
15.9
55-64
13.1
65-74
-0.4
Dès 75 ans
5.5
Source: HABE (2015-2017), OFS
Le taux d’épargne diminue avec l’âge. Cela s’explique par les dépenses liées aux enfants, que les parents doivent assumer, en particulier entre 35 et 54 ans. Cependant, les salaires augmentant avec l’âge, les montants épargnés augmentent eux aussi en chiffres absolus malgré une baisse du taux d’épargne.
Les jeunes épargnent une plus grande part de leurs revenus que leurs aînés.
De plus, certaines personnes atteignent leurs objectifs d’épargne plus tôt et n’ont plus besoin d’épargner. Parmi les personnes âgées de 55 à 64 ans, les préretraités sont les principaux responsables de la baisse du taux d’épargne.
Pourquoi le taux d’épargne augmente-t-il à nouveau à partir de 75 ans?
Les personnes de cette tranche d’âge ont tendance à être moins actives, à moins voyager et donc à dépenser moins. Le fait que seuls les ménages privés soient pris en compte explique en partie ce constat. Les résidents des maisons de retraite et de soins, qui ont des coûts très élevés et qui n’épargnent pratiquement plus, n’entrent pas dans les statistiques.
4. Partager un domicile est avantageux
L’influence des enfants sur le taux d’épargne
Couples (moins de 65 ans) sans enfants
18.7
Ménages monoparentaux (moins de 65 ans)
11.6
Ménage monoparental
8.9
Couple avec enfants
16.9
Source: HABE (2015-2017), OFS
Il n’y a rien d’étonnant à ce que les couples sans enfants aient le taux d’épargne le plus élevé. Mais les couples avec enfants parviennent également à épargner. En revanche, le taux est nettement plus faible pour les célibataires et les ménages monoparentaux. Ce ne sont donc pas les enfants qui font baisser le taux d’épargne, mais le fait d’être le seul contributeur au budget du ménage.
Taux d’épargne selon l’âge de l’enfant le plus âgé
Jusqu’à 4 ans
16.5
5-9
16.7
10-14
14.5
15-19
14.5
Dès 20 ans
21.9
Source: HABE (2015-2017), OFS
La raison pour laquelle les enfants de 10 à 20 ans représentent le principal facteur de baisse du taux d’épargne tient aux coûts occasionnés. Grèvent en premier lieu le budget les dépenses de nourriture, d’habillement et surtout de loisirs. Dès que les enfants commencent à quitter le domicile familial, les parents se consacrent à nouveau à leurs centres d’intérêt.
5. L’épargne pendant la pandémie de coronavirus
Comme dans presque tous les pays, le taux d’épargne a fortement augmenté en Suisse pendant la pandémie. Cela s’explique d’une part par la limitation des possibilités de consommation et d’autre part par un besoin accru de sécurité. Actuellement, le taux d’épargne est à nouveau en baisse, mais selon les prévisions du Centre de recherches conjoncturelles (KOF), il restera supérieur au niveau d’avant la pandémie.
Pendant la pandémie de coronavirus, le taux d'épargne a augmenté.
6. Les taux d’intérêt sur l’épargne repartent à la hausse
Pendant un siècle, les taux d’intérêt sur l’épargne tournaient autour de 4%. Durant et après la Seconde Guerre mondiale, ils sont tombés à zéro à deux reprises avant de connaître une forte augmentation. Les taux ont atteint des niveaux maximaux, autour de 5%, au milieu des années 1970 et au début des années 1990. Depuis lors, les taux d’intérêt n’ont cessé de baisser, et ces dernières années, ils étaient pratiquement de zéro.
Il est difficile de dire dans quelle mesure les taux d’intérêt sur l’épargne influent sur la décision de placer son argent sur un compte épargne ou de l’investir dans les marchés, d’autant plus que cette décision ne dépend pas seulement des taux d’intérêt et des marchés financiers, mais aussi de la situation actuelle et des objectifs personnels. Quelle que soit la solution que vous choisissez, nous avons les produits adaptés à votre stratégie de constitution de patrimoine.