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Paris - "Ses actes, je ne les explique pas, je suis déçu par son comportement", a déclaré un ancien collègue trader de Jérôme Kerviel à la Société générale, au troisième jour de son procès. Il a affirmé que "tous les traders ont des limites à respecter".
Il a notamment affirmé ne pas être au courant de pratiques de trading appliquées par Jérôme Kerviel, telles que le transfert de résultat d'une année sur l'autre. "Je suis très surpris", a rétorqué Jérôme Kerviel, glissant dans sa réponse un "c'est évident" qui a agacé le président.
Jérôme Kerviel, 33 ans, est jugé, pour avoir fait perdre à la banque 4,9 milliards d'euros début 2008, après avoir pris à l'insu de sa hiérarchie des positions spéculatives exorbitantes, de dizaines de milliards, en déjouant tous les contrôles. Il encourt cinq ans de prison et 375'000 euros d'amende.
"C'est faux de dire que tous les traders dépassent les limites, ce n'est pas quelque chose de standard", a poursuivi M. Némouchi, contrairement à ce qu'a affirmé Jérôme Kerviel.
L'ancien collègue a déploré sur ce point que Jérôme Kerviel ait "mis en danger" la banque en l'engageant sur les marchés financiers "pour des montants stratosphériques", prenant des positions "aberrantes".
Il a raconté ses derniers échanges avec l'ancien trader. Ils ont bu un verre le soir du 18 janvier 2008 et le 19, un samedi, il recevait un sms de Jérôme Kerviel disant: "je vais me faire virer, content de t'avoir connu".
L'audience a commencé avec la projection d'un film de la Société Générale au mois de mai dans une salle de marché. "Vous n'avez pas d'archives du desk delta One, où travaillait Jérôme Kerviel?", a demandé Me Olivier Metzner, avocat de l'ancien trader, à Claire Dumas, une responsable de la banque présente.
"Non", a-t-elle répondu. "Eh bien nous vous les montrerons la semaine prochaine!", a rétorqué l'avocat.
ATS