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L'OACI a décidé "d'entreprendre une enquête factuelle" et souligné "l'importance d'établir les faits sur ce qu'il s'est passé et de comprendre s'il y a eu violation du droit international de l'aviation par un Etat membre de l'OACI, y compris de la Convention [de Chicago, ndlr] sur l'aviation civile internationale et de ses annexes".
L'instance a également appelé "tous les Etats membres de l'OACI et les autres parties prenantes concernées à collaborer à cette enquête", qui sera menée par le secrétariat de l'OACI.
La décision a été prise lors d'une réunion d'urgence à huis clos de son organe directeur, durant laquelle étaient convoqués les 36 représentants diplomatiques du Conseil.
Aucun pouvoir de sanctions
Le régime d'Alexandre Loukachenko est accusé d'avoir détourné dimanche un appareil de Ryanair pour arrêter un opposant à bord, au moyen d'un avion de chasse, ce qui lui a valu des sanctions européennes, dont la fermeture de l'espace aérien de l'UE. En réaction, l'agence onusienne, qui n'a aucun pouvoir de sanctions, avait fait part de sa "profonde inquiétude".
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Mercredi, les membres européens du Conseil de sécurité de l'ONU et les Etats-Unis avaient appelé l'OACI "à enquêter d'urgence" sur le détournement de l'avion, dans une déclaration conjointe.
En cas de violation avérée des règles internationales, le rôle de l'OACI consiste simplement à "aider les pays qui le voudraient à mener les discussions, à prononcer les condamnations, à appliquer les sanctions, etc., conformément à la Convention de Chicago", rappelle l'OACI sur son site.
Minsk défend une manœuvre "légale"
Le président biélorusse Alexandre Loukachenko a affirmé avoir "agi légalement" face à une alerte à la bombe.
La Biélorussie a invité mardi les organisations internationales à venir établir "les circonstances" du détournement de l'avion par Minsk, l'Association internationale du transport aérien (IATA) et l'OACI, ainsi que des autorités américaines et de l'UE.
afp/oang
L'alerte à la bombe envoyée après le détournement?
L'alerte à la bombe, invoquée par la Biélorussie comme justification pour avoir dérouté l'appareil de Ryanair, a été envoyée après que le vol a été détourné, affirme vendredi Proton Technologies.
La société de courriels, qui a bâti sa réputation sur la protection des données privées de ses usagers, n'a pas voulu commenter le courriel incriminé dans les détails, soulignant sur Twitter que son chiffrement rend impossible "d'accéder ou de vérifier les contenus du message".
"Toutefois, nous sommes en mesure de voir quand le message a été envoyé et nous pouvons confirmer que le message en question a été envoyé après que l'avion a été détourné", a assuré la compagnie.
Volte-face russe sur l'espace aérien
Après avoir contraint plusieurs compagnies aériennes à annuler leurs vols à destination de la Russie parce qu'ils contournaient l’espace aérien biélorusse, Moscou a changé finalement jeudi son fusil d’épaule.
La presse a annoncé dans la soirée que les vols parcourant un itinéraire alternatif seraient autorisés prochainement.
>> Les précisions de Jean-Didier Revoin dans La Matinale:
L'Union européenne, en recommandant aux compagnies aériennes de contourner la Biélorussie, a un comportement "irresponsable mettant en danger la sécurité des passagers", a estimé vendredi la porte-parole de la diplomatie russe.
La Russie continue de soutenir son petit voisin biélorusse malgré des relations compliquées. Avant une rencontre entre chefs d'Etat, les Premiers ministres des deux pays se sont entretenus jeudi à Minsk pour dénoncer les sanctions européennes.
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