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Les auteurs proposent dans cet ouvrage une exploration du poème, objet symbolique aux multiples niveaux. Mètre et rythme, sonorités, syntaxe, sémantique et rhétorique sont autant de paramètres analysés avec clarté et précision pour permettre de mieux décrire, comprendre et apprécier la poésie. La perspective choisie est résolument éclectique : la grille d'analyse linguistique présentée réconcilie les acquis de la tradition et les apports de la linguistique moderne dans la perspective d'une sémiologie conçue comme étude des productions symboliques.
Linguiste angliciste et anglophile, l'auteur soutient dans ce livre un point de vue qui ne paraîtra paradoxal qu'aux cuistres et aux adorateurs inconditionnels des idées reçues : le « franglais » qui menace aujourd'hui la qualité de notre langue n'est pas le fruit d'un excès de connaissance de l'anglais, mais, au contraire, celui de l'épaisse ignorance de l'anglais qui caractérise les Français qui le propagent. Avant d'être un livre à thèse, cet ouvrage est cependant une étude - à l'aide de concepts linguistiques rigoureux - des différentes catégories d'anglicismes du français contemporain, et une tentative pour cerner objectivement les contours de l'évolution de la langue française au contact de l'idiome hégémonique du monde contemporain.
Tiraillés entre la tradition aristotélicienne et le formalisme américain, les développements que nos grammaires ou les études plus spécialisées consacrent au syntagme nominal révèlent à l'usage toute sorte de lacunes et de contradictions. Ce livre trace dans l'histoire des déterminants la voie originale d'une « filière française » issue de Beauzée (1767). Il aborde différents problèmes qui sollicitent les linguistes comme les philosophes ou les logiciens, mais replacés sous un éclairage inédit : le statut des noms propres, les types de relatives, les descriptions définies, la généricité et la spécificité, les ambiguïtés pragmatiques... et encore le partitif de, la place de l'adjectif épithète ou le démonstratif de notoriété. Des sujets débattus reçoivent ici un traitement neuf et pédagogiquement exploitable. L'auteur ajoute en filigrane une leçon de méthode.
« L'orthographe, c'est la langue : surtout, n'y touchez pas ! » criaient les uns. « Pas du tout », répondaient les autres, « l'orthographe n'est que le vêtement de la langue ! ». C'est entre ces deux approximations que, pendant plusieurs mois, de 1989 à 1991, on s'est battu autour de l'orthographe, comme on l'a déjà fait plusieurs fois depuis le début du siècle, et comme on le refera sans doute avant qu'il ne s'achève. La visée de ce livre n'est pas seulement de faire l'histoire de la bataille, où s'engagèrent les plus puissants. Il s'agit aussi - et surtout - de décrire l'objet autour duquel on combattait : l'orthographe française. Comment s'est-elle faite ? Comment fonctionne-t-elle ? Est-il possible de la réformer ? Avec une grande sérénité - non dépourvue, parfois, d'une certaine sévérité - Michel Arrivé fait le point. On ne pourra plus parler de l'orthographe ni de sa réforme sans prendre en compte ses analyses.
Les lapsus ? Nous connaissons tous. Nous les entendons autour de nous, nous les produisons, souvent sans nous en rendre compte ; on en rit, comme on rit des contrepèteries, à cause de leur cocasserie ; et de ce rire nous rougissons ; et du lapsus dont nous venons de prendre conscience nous éprouvons une certaine gêne, comme si nos interlocuteurs voyaient dans l'incongruité du lapsus la manifestation d'une confusion mentale. Pourtant rien de plus normal qu'un lapsus : tout homme, s'il parle et quand il parle, produit des lapsus ; le lapsus accompagne la parole comme un témoin de sa normalité. Rien de plus arbitraire aussi que le lapsus, du moins en apparence. Involontaire chez celui qui l'émet, ne faisant pas sens et par conséquent ne s'intégrant pas dans le discours, il apparaît comme une bizarrerie risible et cocasse. Et pourtant on l'explique : Freud n'y a-t-il pas vu une expression de l'inconscient ? Les auteurs de ce premier ouvrage consacré, en France, aux lapsus se placent quant à eux sur le terrain linguistique et psycholinguistique pour éclairer le mécanisme de production des lapsus. A partir d'un corpus de près de 3 000 de ces erreurs de langage, extraites de conversations spontanées en français, ils recherchent les éléments phonétiques du contexte, les associations lexicales, etc., qui expliquent pourquoi ici on dit le contraire de ce qu'on voulait dire, pourquoi là deux mots se télescopent, pourquoi souvent les consonnes et les voyelles, tels de petits gnomes espiègles, jouent les intrus indésirables, bref les raisons qui expliquent l'apparition des lapsus et la forme qu'ils prennent. Les résultats de ces investigations, comparés à ceux obtenus pour d'autres langues, leur permettent une réflexion sur les modèles de production de la parole proposés par les psycholinguistes, production dont les lapsus, de façon paradoxale, éclairent bien des aspects, depuis la conceptualisation du message au plus profond de notre cerveau jusqu'à ce bruit qui nous sert à communiquer et que nous nommons la parole.
Dans quelle mesure peut-on parler d'un français de la médecine, du droit ou de l'audio-visuel ? Une étude pluri-dimensionnelle utilisant des acquis de la linguistique générale montre que la spécificité des textes spécialisés tient pour une large part à leur terminologie, c'est-à-dire à l'expression des connaissances. Toutefois, ce n'est pas seulement la prédominance du « sens conventionnel » sur le « sens naturel » qui est remarquable, mais aussi les moyens linguistiques du transfert des connaissances : l'écriture des énoncés, une morphologie composite, une syntaxe marquée, une énonciation stylisée. L'ouvrage vise à faire le point sur ce que la linguistique a à voir avec la traduction et la rédaction techniques, la documentation, la normalisation, l'aménagement linguistique, l'ingénierie de la connaissance, la lexicographie, la terminographie et l'enseignement des langues.
Le dictionnaire fait figure d'autorité : il dirait le droit des usages langagiers dans le commerce des mots au sein d'une société établie. Tel mot doit ou peut se prendre dans telle ou telle acception pour signifier telle chose dans telle circonstance. Tel mot doit s'écrire et se dire selon telle règle d'usage quelle que soit la circonstance. Le dictionnaire serait-il donc « un prêt à parler » ? Pour tenter de répondre, nous avons construit une lecture du dictionnaire selon la problématique d'une analyse du discours engagée sur les pistes ouvertes par M. Foucault et M. Pêcheux. Aussi avons-nous donné aux premiers dictionnaires monolingues du français un statut d'événement. Événement discursif parce que, dès leur apparition, ils ont été l'instrument d'une politique de la langue. Événement linguistique, parce qu'ils ont constitué le « corps » de la langue et, par là, contribué à la formation d'une conscience linguistique des sujets parlants. Nous avons donc ouvert les dictionnaires comme lieu d'expérimentations d'une écriture du sens. Écriture qui se voudrait réglée par une théorie voilée du lexique mais qui se règle autrement dans la diversité des pratiques discursives mises en oeuvre dans le texte des articles. Aujourd'hui, consulter le dictionnaire revient à se frayer des « chemins de traverse » dans un réseau d'énoncés de définition, d'exemples et de domaines d'usage dont les effets de sens échappent à une maîtrise absolue du sens.
Est-il une notion plus familière à tout homo loquens que la notion de mot ? En est-il de plus enracinée dans la conscience linguistique ? Cependant c'est une notion qui a été évacuée de la grammaire par toutes les écoles linguistiques contemporaines, qui ont construit leurs hypothèses grammaticales sur les unités plus petites (morphème) ou plus vastes (phrase, syntagme). Et si, pourtant, le mot existait bien ? S'il était bien une unité grammaticale ? Non seulement une unité grammaticale « de plus », mais l'unité grammaticale par excellence, en fonction de laquelle toutes les autres trouvent leur cohérence, et autour de laquelle l'ensemble de la structure formelle s'organise ? Tirant les leçons des impasses respectives des modèles structuraliste et générativiste, cet essai propose une théorie du mot, et tente de faire apparaître que cette théorie du mot - redéfini sur une base formelle rigoureuse - constitue la clé de voûte de la morphologie et de la syntaxe, ainsi que de leurs rapports à l'énoncé.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
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Autoportrait dit à l'abat-jour (Chardin), Composition : paysans (Picasso), Le déjeuner sur l'herbe (Manet), etc., semblent être les produits originaux d'une fabrication ad hoc, dans un cadre énonciatif fortement conditionné par leurs relations de coprésence à la peinture. Pourtant, donner un titre à une toile implique un équilibre entre le vouloir-dire singulier d'un sujet et les contraintes d'acceptabilité du discours dans lequel ce vouloir-dire se formule. Les titres de tableaux tendent toujours à se constituer en système de formes dénominatives. Ce livre esquisse ainsi, à partir du cas d'espèce que constituent l'intitulation picturale, une théorie générale de la nomination - la Signalétique - selon laquelle les dénominations d'objets uniques construites en discours sont soumises à des processus stables et inconscients. L'ouvrage s'adresse non seulement aux linguistes que la question de la nomination intéresse mais aussi aux étudiants en sciences humaines qui y trouveront des outils sémiotiques et sémantiques utilisables dans des domaines où l'image et le texte sont nécessairement conjoints. En repérant des clivages et des points d'inflexion suivant les domaines et les époques, il ouvre par ailleurs à l'historien de l'art et au plasticien les perspectives nouvelles d'une analyse langagière.
Ce livre a été écrit pour tous ceux qu'intéressent les problèmes du langage et plus particulièrement pour les étudiants en lettres, auxquels le passage de l'explication littéraire traditionnelle au commentaire stylistique pose des problèmes redoutables. Pour les résoudre, il a semblé qu'entre les ouvrages théoriques souvent difficiles à lire et les exercices de stylistique appliquée, il y avait place pour un livre d'initiation qui permette d'avoir une vue d'ensemble de ce vaste domaine. De là ces notions de stylistique générale, générale parce qu'elles s'appuient sur les données essentielles du langage, mais en même temps française dans la mesure où presque tous les exemples sont empruntés à notre langue. Le livre est divisé en deux parties. Puisque la stylistique traite avant tout des énoncés, sont définis d'abord les différents éléments de l'énonciation. Cette analyse permet ensuite de restituer à la notion de genre toute son importance, de classer les genres littéraires en fonction des rapports entre le dit et l'écrit, en redonnant à la notion aristotélicienne d'imitation toute sa valeur. Ce qui devrait inciter le lecteur à se poser certaines questions et à préciser les correspondances entre la littérature d'une part, la peinture et la musique de l'autre.
Ce livre est un ouvrage de syntaxe générale. Il prend pour l'objet l'actance, c'est-à-dire les relations grammaticales qui s'établissent entre le prédicat verbal et les termes nominaux qui en dépendent. L'actance est au coeur de la grammaire de toute langue. Si les relations syntaxiques ne sont pas sans rapport avec les relations perçues dans le monde réel, il s'en faut de beaucoup qu'elles en soient le reflet pur et simple. Elles participent à la dialectique propre du langage, constamment modelé par l'expérience humaine et par les nécessités de la communication, à la fois exposé à une multitude de hasards et soumis à des conditions générales qui transcendent la diversité des langues. Les relations actancielles sont ici explorées selon les méthodes du structuralisme fonctionnaliste classique, avec une attention particulière portée aux variations, en vertu de l'adage saussurien selon lequel « dans la langue il n'y a que des différences ». La démarche suivie est de typologie comparative. Les notions traditionnelles telles que sujet, objet, accusativité, ergativité, diathèse, passif, antipassif, transitivité, etc., sont discutées dans cette perspective, pourvues de définitions nouvelles et situées dans une théorie d'ensemble cohérente. Le livre aboutit à la construction d'invariants ou universaux du langage, conçus comme des cadres au sein desquels se placent les variations de valence et d'actance.