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Avec pas moins de 39 médailles d'or décrochées durant la quinzaine olympique, les Etats-Unis ont remporté le classement général devant la Chine et le Japon. Il y a de quoi être fier, et c'est d'ailleurs un peu à cela que sert le tableau des médailles: flatter la fibre patriotique des participants et de leurs supporters.
Les pays bien classés l'utilisent également comme un baromètre de leur santé sportive, mais cette lecture n'est pas sans risque, car ce tableau de «référence», qui compile toutes les médailles obtenues par les délégations engagées aux JO, ne reflète qu'en partie l'équilibre des forces entre les nations, et ne dit pas tout non plus du vivier des talents. En résumé: il est très réducteur.
Une simple observation du top 5 permet de se rendre compte de la fragilité de la hiérarchisation actuelle. La Grande-Bretagne et le Comité olympique russe (ROC) ont remporté plus de médailles que le Japon, mais ils figurent pourtant derrière l'Archipel.
Cela s'explique par le fait que les médailles d'or priment sur celles d'argent et de bronze. Or, une telle cotation revient à négliger la force de frappe d'un pays, sa capacité à monopoliser les podiums à grande échelle. En gardant le même esprit, un classement par coefficients (5 points pour l'or, 3 pour l'argent et 1 pour le bronze) ne serait-il pas plus représentatif?
A ce jeu-là, le Comité olympique russe serait 3e (207 points), la Grande-Bretagne 4e (195) et le Japon 5e (194).
On pourrait affiner les calculs en attribuant également des coefficients aux diplômes (prix remis aux athlètes classés parmi les huit premiers). C'est la proposition faite par Grégory Quin, historien du sport à l'Université de Lausanne.
Vrai: en 1964 en Autriche, les athlètes suisses s'étaient hissés à sept reprises dans le top 8 de leur discipline, contre six en 1960 à Squaw Valley (USA).
Le chef de la délégation suisse espérait 7 médailles à Tokyo. Les Helvètes en ont récolté 13. «Mais ça n'est pas la norme», a recentré Ralph Stöckli, en référence à la taille du pays (donc de son réservoir). Un élément dont ne tient pas compte le tableau des médailles actuels, sinon les Pays-Bas seraient largement devant les Etats-Unis.
Avec 1 breloque pour 692 000 habitants, nous serions aussi mieux classés que les Américains. Et même que la France (1 médaille/2 millions d'habitants).
D'autres pistes de lecture pourraient être envisagées, comme le rapport entre les résultats et le montant investi par l'Etat dans le sport, ou la trajectoire des médaillés jusqu'à l'Olympe. Nikita Ducarroz a offert un podium à la Suisse en BMX freestyle, mais son exploit ne vient nullement récompenser la politique de formation nationale: la championne, née en France, a grandi aux Etats-Unis, où elle vit d'ailleurs toujours.
Un classement plus complet encore retiendrait la répartition des titres dans les disciplines. S'il s'agit de récompenser la meilleure nation en sport, l'homogénéité ne devrait-elle pas être un facteur-clé?
Avec 13 médailles dans 7 disciplines, la Suisse devancerait la Turquie (qui en a obtenu autant mais dans 6 sports). Elle serait en revanche moins bien classée que le Danemark et ses 12 médailles dans 8 disciplines distinctes.
En conclusion, il semble bien que sous sa forme actuelle, le tableau des médailles soit un peu comme les maillots de bain: il donne des idées, mais il cache l'essentiel.
Sur un plan purement sportif, le transfert de Xherdan Shaqiri à Chicago est (déjà, encore) une déception. L'équipe occupe les dernières places de la Conférence Est et n'a obtenu que deux victoires en onze matchs – pour huit malheureux buts inscrits.