Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07083.jsonl.gz/776

Un ancien infirmier et diacre dans un diocèse de Flandre a admis avoir provoqué la mort d'une vingtaine de personnes, ont rapporté mardi les médias belges. Il est jugé depuis lundi aux assises de Bruges, dans le nord de la Belgique, pour au moins dix assassinats.
C'est la première fois que l'homme, surnommé le "diacre de la mort" par la presse, donne publiquement une évaluation de son nombre de victimes. Il y a en eu "entre dix et vingt, vingt au maximum. C'est approximatif (...) C'est de cet ordre de grandeur", a-t-il répondu lors du premier interrogatoire sur le fond mené par le président de la cour.
"Je voulais éliminer leurs souffrances, ces gens ne vivaient plus", a aussi dit l'ancien infirmier en exprimant des regrets. "Aujourd'hui, je ferais appel à une équipe de soins palliatifs".
La plupart de ses victimes étaient des personnes âgées en fin de vie, dont il a décidé seul d'abréger les souffrances physiques ou psychiques, lorsqu'il travaillait comme infirmier dans un hôpital de Menin, près de la frontière française. Il leur administrait du Valium ou leur injectait de l'air dans les veines.
L'ancien infirmier a été employé une vingtaine d'années dans cet hôpital dans les années 80 et 90. Mais il a continué d'y intervenir en tant que visiteur pastoral jusqu'en 2011 après avoir été ordonné diacre de Wevelgem en 1996.
Confidences à son psy
Durant l'enquête, qui a porté sur une liste d'au moins 50 décès suspects, il a admis avoir abrégé les souffrances de deux patientes et de quatre proches, dont sa propre mère et son beau-père. Il a cependant nié les "assassinats" reprochés.
Marié et père de trois enfants, cet homme âgé aujourd'hui de 61 ans avait été arrêté et incarcéré en mai 2014 après que la justice eut été informée des confidences faites à son psychiatre. Selon ces dernières, il aurait "activement euthanasié des dizaines de personnes".
Lundi, il a expliqué le contexte de ses confidences au psychiatre, consulté sur les conseils de sa femme. "Je voulais qu'on m'aide pour mes cauchemars, j'avais grand besoin d'une thérapie. C'est pourquoi j'ai évoqué des dizaines de cas, c'était délibérément exagéré", a affirmé l'accusé.
Près de 80 témoins sont attendus à la barre pour ce procès qui devrait durer deux semaines. L'ancien infirmier encourt la réclusion à perpétuité.