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Dernière modification le 11-6-2021 à 20:21:36
Evolution de la température en suisse et comparaison avec la température mondiale
La Suisse est durement touchée par le changement climatique : pour illustrer le changement climatique progressif, l’évolution de la température en Suisse est souvent comparée à celle de la température moyenne mondiale. MétéoSuisse présente en détail le déroulement des deux séries de mesures au cours des 150 dernières années et explique les similitudes et les différences.
La température de l’air près du sol est un élément central de l’observation du changement climatique. La température moyenne mondiale a augmenté d’environ 1 °C au cours des 150 dernières années, et la température suisse a même augmenté d’environ 2 °C. Qu’est-ce qui explique cette différence et la Suisse est-elle un cas exceptionnel ? Nous souhaitons ici jeter un œil aux similitudes et aux différences afin de mieux comprendre et identifier les particularités de la courbe suisse.
Tendances du réchauffement climatique
La courbe de température globale est constituée de l’évolution de la température dans toutes les régions du monde, et cette évolution n’a pas été la même partout. Ceci est montré très clairement sur la carte mondiale des tendances au réchauffement (Fig. 2), où deux schémas plus larges peuvent être observés :D’une part, le réchauffement se fait moins au-dessus des océans qu’au-dessus des terres. L’une des raisons à cela est le fait que les océans sont d’énormes réservoirs de chaleur. L’énergie supplémentaire est partiellement absorbée par l’eau et conduit au réchauffement des couches océaniques plus profondes. Les masses terrestres, d’autre part, sont moins capables de stocker la chaleur, de sorte que plus d’énergie est disponible pour chauffer l’air au-dessus. Une deuxième raison pour le modèle de réchauffement différent est que l’énergie supplémentaire est également utilisée pour évaporer l’eau, qui est disponible sans restriction au-dessus de la mer. L’approvisionnement en eau et donc l’évaporation sont limités sur les terres, c’est pourquoi l’énergie supplémentaire est de plus en plus utilisée pour réchauffer l’air. Le réchauffement plus faible au-dessus des océans s’étend également quelque peu à l’intérieur des terres, par exemple visible en Amérique du Nord ou en Europe occidentale.
Réchauffement de la terre mesuré selon les données GISTEMP v4 de la NASA. Il montre la différence entre les valeurs moyennes sur 30 ans 1881-1910 et 1991-2020 [en °C]. L’ensemble de données de la NASA est plus court que les données CRUTEM4 utilisées dans les autres figures, mais une source de données supplémentaire et indépendante. Le réchauffement de +2,1 °C au-dessus de la Suisse au cours de la période indiquée se compare bien avec le résultat de la moyenne des températures suisses (+2,0 °C).
Le deuxième élément de réchauffement notable sur la carte du monde est la plus grande augmentation de la température dans les latitudes plus élevées par rapport aux régions équatoriales (également connue en science sous le nom d’amplification polaire, fig. 2). Les processus sous-jacents sont complexes et les causes sont diverses. Un effet important est le réchauffement supplémentaire causé par la diminution de la couverture de neige et de glace. Les zones exposées sont plus sombres, absorbent plus le rayonnement solaire et donc se réchauffent davantage. En outre, il semble que le réchauffement climatique entraîne également une augmentation du transport de chaleur des basses latitudes vers les pôles. En raison de l’emplacement de la Suisse dans la masse terrestre des latitudes moyennes nord, on comprend comment le réchauffement plus élevé d’environ 2 ° C peut s’expliquer fondamentalement par rapport au développement mondial.
Courbes de température
En plus du réchauffement plus important, lorsque l’on compare la courbe de température suisse avec les évolutions mondiales, des fluctuations nettement plus importantes sont également perceptibles, par exemple la phase froide vers 1890, la période chaude de la fin des années 1940 et la brusque augmentation de la température à la fin des années 1980. Ces différences peuvent également être expliquées car on fait la moyenne sur des zones de tailles différentes. Plus une région choisie est petite, plus la variabilité naturelle du climat est grande, en particulier aux latitudes moyennes. L’interaction des régimes d’écoulement spéciaux avec la tendance au réchauffement à long terme peut entraîner non seulement des fluctuations à court terme, mais aussi des changements brusques tels que ceux de la fin des années 1980 ou du début des années 2010.
Afin de clarifier les différences entre les régions plus grandes et plus petites ainsi que l’augmentation de la latitude nord, examinons l’évolution des températures terrestres moyennées sur toutes les longitudes à la latitude géographique de la Suisse (45-50 ° N) (voir Fig. 2). On peut voir que cette courbe ne suit pas les fortes déviations régionales de la courbe suisse, mais montre un réchauffement global tout aussi fort de l’ordre de +2°C. La hausse sensible de la température en Suisse à la fin des années 80 a été rattrapée 15 ans plus tard. Les masses continentales plus au nord (60-80°N) ont également participé à ce développement. Leur réchauffement a été nettement plus élevé depuis le début du millénaire et atteindra bientôt 3°C.
Conclusion
La Suisse est fortement touchée par le changement climatique. Par rapport aux évolutions mondiales, la température dans ce pays a augmenté environ deux fois plus au cours des 150 dernières années. Les différences entre l’évolution de la température en Suisse et dans le monde s’expliquent bien. Cette plus grande augmentation peut être observée dans presque toutes les régions des latitudes élevées, et elle augmente avec la proximité de l’Arctique