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Par contre, les avalanches, les éboulements et les chutes de pierres causent en moyenne davantage de décès et de blessés que les autres dangers naturels.
Ce à quoi il faut s'attendre
La Suisse est exposée à presque tous les processus de dangers naturels.
De tout temps, les phénomènes naturels façonnent le paysage de la Suisse. Lorsqu'ils touchent des personnes, des zones urbanisées ou des infrastructures, ces phénomènes sont alors considérés comme des dangers.
Il existe plusieurs types de dangers naturels. Si les glissements de terrain, les éboulements, les incendies de forêt, les avalanches, les crues et les tremblements de terre sont des processus très différents les uns des autres, ils ont en commun de faire partie de l'histoire de notre pays. Comme le montre le tableau suivant, la Suisse est un pays caractérisé par les dangers naturels et est exposée à presque tous les processus dangereux.
|Processus de dangers naturels||En Suisse|

Intempérie, chute de grêle, tempête/ouragan, vague de froid, vague de chaleur, sécheresse, incendie de forêt
|Oui|
|Crue, ruissellement, lave torrentielle, glissement de terrain, processus de chute (chutes de pierres et de blocs, éboulement et écroulement), avalanche||

Oui

Tremblement de terre

Oui

Éruption volcanique

Non

Propagation massive de ravageurs ainsi que d'espèces exotiques animales et végétales

Oui

Tsunami lacustre, chute de météorites, tempête solaire

Oui
Les dangers naturels peuvent provoquer d'importants dommages et mettre la vie des personnes en danger.
Entre 1972 et 2022, les crues, les laves torrentielles, les glissements de terrain et les processus de chute ont provoqué en moyenne des dommages à hauteur d'environ 305 millions de francs par an. Ces dommages sont, à plus de 90 %, dus aux crues et aux laves torrentielles.
Par contre, les avalanches, les éboulements et les chutes de pierres causent en moyenne davantage de décès et de blessés que les autres dangers naturels.
Il ne faut pas non plus oublier les tempêtes hivernales et les orages de grêle estivaux, qui occasionnent d'importants dommages matériels. De même, la sécheresse endommage les cultures et porte atteinte aux écosystèmes qui ont besoin d'humidité (p. ex. zones alluviales). Le manque d'eau cause aussi des dégâts aux forêts et fait augmenter le danger d'incendies.
Enfin, les dangers naturels qui peuvent occasionner les dommages les plus élevés en Suisse sont les tremblements de terre. Les séismes de grande ampleur sont certes rares, mais ils peuvent survenir à tout moment et en tout lieu, également hors des régions connues pour leur activité sismique.
Les changements climatiques modifient la situation en matière de danger naturel en Suisse.
En Suisse, les changements climatiques sont visibles et perceptibles, et ils modifient l'occurrence des dangers naturels.
Les fortes précipitations sont plus fréquentes et intenses que par le passé. Par endroits, elles ruissellent en surface, sans s'infiltrer dans les sols, et provoquent localement davantage d'inondations.
En outre, la probabilité des glissements de terrain, des coulées de boue et des processus de chute s'accroît. Des avalanches peuvent se produire à d'autres endroits qu'auparavant. Enfin, il faut s’attendre à des canicules et à des sécheresses plus fréquentes en été, phénomènes qui augmentent le danger d'incendies de forêt.
Puisque les changements climatiques ont aussi des conséquences sur les dangers naturels, la protection du climat contribue également à celle contre les dangers naturels.
« Toute société a besoin de sécurité pour se développer. Ce constat vaut aussi pour la Suisse et comprend la sécurité face aux dangers naturels. »
Josef Eberli
Chef de division
OFEV, Prévention des dangers
En Suisse, les dangers naturels peuvent survenir partout.
La majorité des communes, qu'elles se situent en montagne, en plaine, au sud, à l'ouest, au nord ou à l'est du pays, ont déjà été touchées par des dangers naturels au moins une fois par le passé.
Environ 20 à 25 % des zones à bâtir se situent dans des zones de danger. En Suisse, près de deux tiers des bâtiments sont susceptibles d’être touchés par le ruissellement dû à de fortes pluies.
Les cartes de dangers indiquent où il faut s'attendre à des dangers naturels.
Les cartes de dangers et les cartes de l’aléa indiquent où, avec quelle intensité et avec quelle probabilité des dangers naturels peuvent survenir. Elles sont accessibles librement et constituent des bases de travail contraignantes pour les autorités et l'ensemble des planificateurs.
« Au vu de la rareté des grandes catastrophes naturelles, la population oublie que celles-ci peuvent se produire et en sous-estime souvent nettement les risques. »
Friederike Braune
Mitigation des séismes
OFEV, Prévention des dangers
Que peut-il se passer à votre domicile ? Votre lieu de travail, votre appartement de vacances ou votre place de camping sont-ils menacés ?
Vous trouverez les réponses à ces questions sur le portail Protection contre les dangers naturels.ch – et sur les cartes de dangers et les cartes indicatives des dangers des cantons.
Le Portail des dangers naturels de la Confédération indique les dangers actuels.
Sur www.dangers-naturels.ch, vous trouvez les alertes en cours, les mesures en vigueur ainsi que des recommandations utiles sur le comportement à adopter.
Vous pouvez ainsi vous préparer à toute éventualité, vous informer de la situation et adopter le comportement adéquat en cas de situation dangereuse.
« Protégez-vous et vos proches, de même que votre foyer. Préparez-vous à toute éventualité, informez-vous au sujet de la situation actuelle et suivez les recommandations sur le comportement à adopter. »
Markus Müller
Gestion d'événements
OFEV, Prévention des dangers
Comment faire face aux dangers naturels en Suisse ?
La protection contre les dangers naturels est une tâche conjointe.
L'engagement de tous, à savoir des autorités, des assurances, des planificateurs-trices, des exploitants-es d'installations et des citoyens-nes, des entreprises de transport, est requis afin d’assurer et d’améliorer la sécurité.
Les autorités sont chargées de protéger la population ainsi que les biens matériels de grande valeur contre les dangers naturels. Cette responsabilité incombe avant tout aux cantons : ils élaborent par exemple les cartes de dangers ou mettent en œuvre des mesures de protection de grande ampleur ; ils donnent l'alerte en cas d’événement et maîtrisent les situations dangereuses au moyen de leurs forces d'intervention (sapeurs-pompiers, police, etc.).
Par ailleurs, les assurances apportent aussi une précieuse contribution par les conseils au sujet des dangers et des mesures qu'elles fournissent aux personnes touchées et en assurant ces dernières en cas de dommages.
Enfin, les planificateurs-trices, les entreprises de transport, les exploitants-es d’installation et les citoyens-nes ont un rôle à jouer, dans la mesure où ils doivent tenir compte des dangers naturels dans leurs décisions.
La responsabilité n'incombe pas aux mêmes acteurs selon les processus.
Tremblement de terre, grêle et tempête
La responsabilité de la protection contre les tremblements de terre, les orages de grêle et les tempêtes revient principalement aux propriétaires de bâtiments et d'infrastructures (p. ex. voies de transport).
Crue, processus de glissement et de chute (avalanche, chute de pierres, etc.)
Remarque : les explications suivantes décrivent un cas de figure normal. Selon la législation cantonale, des règles particulières peuvent s’appliquer.
S'agissant de la protection contre les crues, les avalanches ou les chutes de pierres, les responsabilités sont réparties en fonction des mesures nécessaires.
En principe, les pouvoirs publics (communes, cantons et Confédération) sont responsables des mesures à la source du danger (p. ex. lit du cours d’eau, flanc de montagne ou paroi rocheuse).
Les propriétaires d'objets sont quant à eux tenus de mettre en œuvre eux-mêmes les mesures visant à protéger directement un objet menacé (p. ex. bâtiment, chemin de fer).
De même, les citoyens-nes et les planificateurs-trices ont des obligations et des possibilités d’action.
Les citoyens-nes sont responsables de leur propre sécurité et de la protection des biens dont ils sont propriétaires.
Les planificateurs-trices doivent quant à eux tenir compte des dangers naturels dans les mandats dont ils/elles assurent la réalisation, que ce soit à titre de directeur-trice général-e de projet, de professionnel-les spécialisé-es ou de consultant-e.
« Tout le monde peut être touché par les dangers naturels. Et tout le monde peut contribuer à en réduire les risques. »
Dorothea Wabbels
Cheffe d'état-major
OFEV, Prévention des dangers
La Suisse assure une gestion intégrée des risques.
Des risques existent là où des zones menacées sont utilisées. Les dangers naturels peuvent menacer la vie des êtres humains et occasionner des dommages aux bâtiments et aux infrastructures. Ces risques peuvent être identifiés et évalués. Ils servent d'étalon pour définir le niveau de sécurité visé.
Pour améliorer la sécurité face aux dangers naturels, la Suisse poursuit une stratégie basée sur les principes de la gestion intégrée des risques. Cette dernière combine de manière optimale différentes mesures de protection afin de réduire les risques existants et prévenir tout nouveau risque.
La gestion des risques est dite « intégrée » lorsque toutes les parties prenantes apportent leur pierre à l'édifice, que plusieurs types de mesures sont associés et que la sécurité face aux dangers naturels est assurée durablement, avant, pendant et après un événement.
L'exemple des avalanches permet de bien expliquer la stratégie de gestion intégrée des risques.
Sur mandat des cantons, les spécialistes évaluent la situation avalancheuse générale à un endroit au moyen de modélisations et d’observations sur le terrain. Sur ces bases sont élaborées les cartes de dangers et les cartes indicatives des dangers.
Les cantons et les communes planifient les mesures nécessaires et les mettent en œuvre. Ces dernières comprennent par exemple l'entretien des forêts de protection ou la construction d'ouvrages paravalanches et de digues de déviation.
Les communes inscrivent la menace dans le plan de zones, lequel est contraignant pour les propriétaires. Selon l’ampleur de la menace – de jaune-blanc (menace résiduelle) à rouge (danger élevé), en passant par jaune (danger faible) et bleu (danger moyen) – les bâtiments neufs et rénovés sont soumis à différentes prescriptions. Celles-ci consistent en des exigences posées aux constructions dans les zones jaunes ou bleues, voire en l'interdiction de construire dans la zone rouge.
Les instituts de recherche et les autorités locales observent l’évolution de la situation avalancheuse tout au long de l’hiver. En cas de danger d’avalanche imminent, des alertes sont diffusées, des routes et des chemins sont fermés si nécessaire et, en cas d’urgence, la population est évacuée. En cas d’avalanche, les forces d’intervention et les équipes de secours sont sollicitées au besoin.
Les personnes concernées s’informent au sujet de la situation et adaptent leur comportement en conséquence.
« La gestion intégrée des risques signifie que chacun assume ses responsabilités, met la main à la pâte et fait au mieux.»
Wanda Wicki
Gestion des risques
OFEV, Prévantion des dangers
Si la sécurité a été améliorée, les risques continuent cependant d’augmenter.
La sécurité face aux dangers naturels a été grandement améliorée ces dernières décennies, et les parties prenantes s’engagent durablement pour la maintenir.
Les risques dus aux dangers naturels, à savoir les dommages qui en résultent, continuent d’augmenter en Suisse. Un risque élevé signifie qu’il faut s’attendre à de graves conséquences en cas d’événement naturel.
Les principales raisons de l’accroissement des risques
Si les risques augmentent, c'est principalement parce que les zones urbanisées s'étendent et que les dangers naturels sont trop peu pris en considération lors de la planification ainsi que de la construction et de l’entretien des objets. Des installations et des bâtiments vulnérables et onéreux sont également construits dans des zones menacées et ne sont pas suffisamment protégés contre les dangers naturels.
En outre, le risque augmente en raison des changements climatiques. Ces derniers ont pour effet d’accroître la fréquence et l’intensité des dangers naturels et de les déplacer. À titre d’exemple, les fortes précipitations deviennent plus fréquentes et intenses, et les masses d’eau ruissellent en surface, sans s'infiltrer dans le sol. Elles entraînent ainsi davantage d’inondations locales.
La stratégie de gestion intégrée des risques permet aussi de limiter efficacement de nouveaux risques. Dans le contexte des changements climatiques, les plans et les mesures existants sont examinés à la lumière de l’évolution de la situation en matière de dangers et adaptés en conséquence.
« Quelles essences composeront les forêts protectrices à l’avenir ? Cette question nous occupe aujourd’hui déjà. »
Benjamin Lange
Forêts protectrices
OFEV, Prévention des dangers
Votre contribution
Informez-vous au sujet de la menace.
Par quels dangers naturels votre maison, votre appartement, votre lieu de travail ou l’infrastructure que vous planifiez peuvent-ils être touchés ? À quoi devez-vous vous attendre sur votre lieu de vacances ?
Vous trouverez des renseignements sur le portail Protection contre les dangers naturels et sur les cartes de dangers et les cartes indicatives des dangers.
Le Portail des dangers naturels de la Confédération indique les endroits dangereux actuellement : https://www.dangers-naturels.ch.
Tenez compte des dangers naturels.
Sécurisez un bâtiment existant au moyen de mesures de protection là où cela est nécessaire. Tenez compte des dangers naturels lorsque vous planifiez la construction ou la rénovation d'un bâtiment. Adaptez aussi l’utilisation des bâtiments à la menace.
Sur le portail Protection contre les dangers naturels, vous trouverez les éléments auxquels vous devez faire attention.
Faites preuve de prévoyance.
Gardez à portée de main les principaux numéros d’urgence ainsi qu'une trousse de premier secours et constituez des provisions.
Contrôlez votre bâtiment une fois par an pour y déceler d’éventuels dommages, et vérifiez que les antennes, les installations solaires, les paraboles, les stores, etc. sont bien fixés et que les avant-toits, les porches et les balcons sont stables.
Vérifiez si, dans votre canton, les dommages causés à votre bâtiment par des événements naturels sont couverts par l’établissement cantonal d’assurance. S’il n’existe pas d’établissement cantonal d’assurance dans votre canton, il vous est recommandé de conclure une assurance bâtiment privée.
Vous avez des questions au sujet des mesures de protection relatives à un bâtiment ?
Adressez-vous à l’établissement cantonal d’assurance.
Vous avez besoin de données détaillées concernant les dangers là où vous habitez ?
Contactez directement votre commune ou le service cantonal des dangers naturels.
Vous projetez la construction ou la rénovation d’un bâtiment et avez des questions relatives aux dangers qui le menacent, aux exigences en matière de construction ou à la protection des objets ?
Contactez directement votre commune ou le service cantonal des dangers naturels.
Vous êtes journaliste et avez besoin d’informations supplémentaires ?
Pour tout renseignement, veuillez-vous adresser au Service médias de l’Office fédéral de l’environnement (OFEV).
Que ce soit avant, pendant ou après un événement, il
est toujours possible d’entreprendre quelque chose pour réduire le risque
résultant d’un danger naturel ».
Katharina Edmaier
Protection contre les crues
OFEV, Prévention des dangers
Dernière modification 11.07.2023