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Zürich, 02.09.2017
L'ex-procureure générale au Venezuela Luisa Ortega est arrivée jeudi au Mexique où elle a remis des documents à la justice sur plusieurs enquêtes. Elle a fui son pays où elle se dit victime d'une "persécution politique".
"Je suis venue ici pour rencontrer le procureur général de la République à qui j'ai remis hier (jeudi) des informations importantes liées à des enquêtes en cours au Venezuela et qui peuvent intéresser ce pays", a-t-elle déclaré aux journalistes vendredi.
Mme Ortega, contre laquelle Caracas a annoncé le prochain lancement d'un mandat d'arrêt international, est arrivée jeudi après-midi au Mexique, nouvelle étape de sa "croisade" sur le continent contre le président socialiste Nicolas Maduro. Jeudi soir, elle a rencontré le procureur général du Mexique, Raul Cervantes, mais n'a pas fourni de détails sur leur entretien en raison du "secret de l'enquête".
"D'après les conversations que j'ai eues et les instruments juridiques internationaux comme la convention de Palerme, je suis confiante dans le fait que bientôt nous pourrons avoir une réponse aux délits commis au Venezuela et pour lesquels il est impossible d'obtenir justice" dans ce pays, a affirmé Luisa Ortega, qui a accusé M. Maduro et son entourage de corruption.
"Perte de la démocratie"
"La justice est niée au Venezuela car on a perdu l'Etat de droit, on a perdu la démocratie et on a perdu les libertés", a-t-elle ajouté. Cette chaviste entrée en dissidence a été démise de ses fonctions le 5 août par la toute nouvelle Assemblée constituante vénézuélienne acquise au président Maduro.
Son époux, le député German Ferrer, est accusé de corruption par Caracas et risquait d'être arrêté après que l'Assemblée constituante l'a privé de son immunité parlementaire.
Ils ont fui leur pays pour chercher refuge en Colombie où elle est arrivée mi-août, avant de se rendre au Brésil et au Costa Rica pour présenter ce qu'ils disent être des preuves à charge contre le chef de l'Etat vénézuélien et chercher des soutiens.
Détournement de fonds
A Caracas, son successeur Tarek William Saab a accusé jeudi lors d'une conférence de presse Mme Ortega d'avoir couvert un détournement de fonds de 200 millions de dollars autour d'un contrat pétrolier en refusant d'ouvrir une enquête sur cette affaire.
"Vous êtes la principale responsable du détournement de fonds (...) car bien que vous ayez eu ces preuves en votre possession, vous n'avez rien fait. Ce que vous avez fait, c'est détourner l'enquête pour rançonner" les personnes impliquées, a déclaré Tarek William Saab à l'adresse de sa prédécesseure.