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Pas de tirages accrochés aux murs mais des projections photographiques pour mieux saisir l'importance des diapositives dans la culture visuelle du 20e siècle.
Pour Anne Lacoste, la commissaire de l’exposition et également conservatrice au Musée de l’Elysée, l'exposition démontre le lien étroit entre l'histoire de la photographie et le tirage de l'objet.
L'expo
La sélection de diapositives comprend plus d'une vingtaine de projections et réunit différents médiums comme des appareils de projection ou une documentation originale.
Les artistes exposés sont nombreux: de Nan Goldin à Laszlo Moholy-Nagy en passant par Alfred Stieglitz, Bertrand Gadenne ou Le Corbusier.
"Diapositive - Histoire de la photographie projetée" se décline en quatre sections: l'image de lumière, le dispositif, la séquence et la séance.
>> A voir: Visuels de l'exposition
Un peu d'histoire
La diapositive suit la tradition des lanternes magiques qui projetaient des dessins. La projection photographique, elle, est inventée en 1850 par les frères Langenheim. Mais à ce moment-là, on est loin du support plastic de 5 centimètres, contenant une diapositive au format qu’on a tous connu.
Très vite, les diapositives deviennent une pratique populaire aux Etats-Unis et en Europe à la fin du 19e et au début du 20e siècle.
L’invention du cinéma par les frères Lumières en 1895, ne tuera pas les projections de diapositives. Or il y a eu au tournant du siècle les mêmes débats qu’à l’arrivée de la télévision: on disait que ça tuerait le cinéma. Ces craintes s'avèrent finalement fausses.
En parallèle se crée des associations de photographes et des clubs qui organisent des projections privées. Et pourtant, les diapositives ne sont pas considérées, à ce moment-là, comme un art. On opposait alors les tirages photographiques sur papier, qui étaient prisés par la bourgeoisie de l’époque, et les projections de diapos, qui étaient considérées comme une distraction.
La diapo, le retour d'un objet vintage?
Publicité Kodak pour le film Kodachrome (1982). [Musée de l'Elysée, Lausanne - Kodak]
Anne Lacoste estime que cet objet n'est pas tombé en désuétude, au contraire. "Il y a de plus en plus d'artistes qui s'intéressent à la matérialité et finalement la diapositive est avant tout un objet sur lequel on peut intervenir et qui peut offrir de nombreuses formes artistiques", explique-t-elle à la RTS.
Pour Anne Lacoste, la diapositive et la multiprojection ou encore les effets de séquence, proches de l'audiovisuel, intéressent toujours les artistes.
Nadine Haltiner/mcc/ats
, Musée de l'Elysée, Lausanne, jusqu'au 24 septembre 2017.