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Dans le cadre du 60ème anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale et de la libération des camps, le Conseil d’Etat a tenu, sur proposition du Département de l’instruction publique, à rendre un hommage durable, pour les générations actuelles et futures, à toutes et tous les anonymes qui se sont engagés à Genève, au péril de leur existence, pour sauver des vies durant l’une des périodes les plus sombres de l’histoire contemporaine.
Il a décidé de donner à l’établissement de l’enseignement secondaire postobligatoire situé à Plan-les-Ouates le nom d’Aimée Stitelmann, citoyenne genevoise et première personne en Suisse à avoir obtenu l'annulation de son jugement et la réhabilitation en 2004, quelques mois avant son décès. Elle avait été condamnée en 1945 pour avoir aidé des réfugiés à traverser la frontière suisse durant la Seconde Guerre mondiale.
En 1945, à l’âge de 20 ans, Aimée Stitelmann a été emprisonnée pour avoir effectué des passages clandestins de la frontière avec des réfugiés. Le 11 juillet 1945, elle a été condamnée à 15 jours d’arrêts de rigueur après avoir accompli 18 jours de détention préventive. Entre 1942 et 1945, grâce à sa double nationalité suisse et française, et aussi à son jeune âge, elle a pu sauver des enfants juifs et faire passer la frontière à des adultes, réfugiés ou résistants.
Par décision du 2 mars 2004, la Commission de réhabilitation de l'Assemblée Fédérale a constaté l'annulation de ce jugement et la réhabilitation de plein droit d’Aimée Stitelmann. Elle a ainsi été la première personne à bénéficier de la nouvelle loi sur l'annulation des jugements prononcés contre celles et ceux qui ont aidé les victimes du nazisme.
Femme engagée dans de nombreux combats politiques et humanitaires, Aimée Stitelmann s’est toujours rangée du côté de ceux qu’elle considérait comme les plus faibles, ceux privés de leurs droits. Enseignante à l’école primaire pendant près de vingt ans, respectivement à l’école des Cropettes, des Eaux-Vives, de Montchoisy, puis du 31-Décembre, elle a également contribué à l’intégration de tous les enfants au sein de l’école publique genevoise.
La décision du Conseil d’Etat s’inscrit dans le prolongement de l’hommage que le gouvernement a rendu, dans sa déclaration au Grand Conseil de février 2000, aux simples citoyens qui, pendant les années de guerre, ont permis à des réfugiés d’entrer en Suisse. Ce choix est un acte de mémoire qui souligne l’importance que Genève accorde aux valeurs d’engagement, de solidarité et de responsabilité morale. Il répond également à la motion M 1579 « pour que des noms de femmes illustres figurent désormais au frontispice des établissements d’enseignement et de formation de notre canton » adoptée à l’unanimité par le Grand Conseil le 11 mars 2004.
Sources : http://www.ge.ch/chancellerie/conseil/2001-2005/presse - www.blick.ch (photo)