Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07165.jsonl.gz/883

L'équipe internationale co-dirigée par Joëlle Rüegg, toxicologue de l'environnement zurichoise et professeure à l'Université d'Uppsala (Suède), a analysé les. Un retard de langage est constaté lorsqu'à deux ans et demi, le vocabulaire de l'enfant compte moins de 50 mots.
Des analyses de sang et d'urine de la mère ont été effectuées au cours de la dixième semaine de grossesse. Les scientifiques ont relevé les concentrations de trois types de perturbateurs endocriniens: les phtalates, le bisphénol A, ainsi que les substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS), des produits que l'on trouve dans les emballages plastiques, les vêtements imperméables ou encore les revêtements au téflon.
Résultats: les enfants qui ont été le plus exposés à ces substances durant la grossesse ont un risque nettement plus élevé de troubles du langage. A l'âge de sept ans, leur quotient intellectuel était également moins élevé, selon une étude de suivi publiée dans la revue Acta Paediatrica.
De manière générale, plus de la moitié des mères (54%) ont été exposées à un risque augmenté de retard du langage chez leur enfant, selon de nouvelles valeurs-seuils définies par les chercheurs.
Nécessité de réévaluer les risques
Des expériences complémentaires sur des animaux et sur des cultures de cellules ont en outre montré que ce mélange de produits chimiques perturbe le développement précoce du cerveau ainsi que l'expression de gènes associés à des troubles comme l'autisme.
"Les évaluations des risques ne prennent en compte qu'un produit chimique de manière isolée", a expliqué Joëlle Rüegg. "On néglige ainsi les effets d'une exposition simultanée à plusieurs substances, comme le montrent nos résultats", ajoute la spécialiste.
Cette étude européenne Edc-MixRisk, menée en trois phases, a suivi les enfants depuis le début de la grossesse jusqu'à l'âge scolaire. Elle offre des bases solides pour réévaluer les risques liés à ces produits, selon les auteurs.
L'an dernier déjà, des chercheurs genevois et français avaient établi un lien entre la mauvaise qualité du sperme chez l'homme adulte et l'exposition professionnelle de sa mère aux perturbateurs endocriniens pendant la grossesse. Les pesticides, les phtalates et les métaux lourds étaient en cause.
>> Lire:
>> Revoir aussi le sujet d'A bon entendeur sur les enfants contaminés aux perturbateurs endocriniens:
ats/iar