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La violence politique et les émotions dans le XIXe et XXe siècle
Donnerstag, 9. Juni
09:15 bis 10:45 Uhr
Raum 2056
Aujourd’hui, la relation entre pouvoir et émotions ne requiert plus de justifications. L’importance des émotions comme élément cognitif est donc désormais généralement acceptée. Conscients de cette liaison, nous proposons un panel dédié aux émotions dans la violence politique dans le long XIXe et le XXe siècle.
Le premier, offert par Moisés Prieto, traite la représentation des attentats depuis la Révolution Française. Différents assassinats et tentatives depuis la fin du XVIIIe siècle, cela contre François-Ferdinand d'Autriche, le complot contre Hitler (1944) et le meurtre de Kennedy nous offrent un corpus d’événements digne d’étude. Bien que ces événements aient été abordés de manière plus ou moins profonde, la recherche historique a négligé leur effet médiatique. L’attentat, descriptible à travers le triptyque composé par l’exécution, l’arrestation ou le jugement et finalement le châtiment des auteurs, devient ainsi un sujet lisible à travers les émotions. La rage et la haine envers le terroriste, ou bien envers le tyran échappé au guet-apens, la satisfaction pour l’arrestation et le châtiment du coupable, le deuil pour la mort du chef de l’Etat sont les sentiments véhiculés au public qui s’articulent dans un régime émotionnel déterminé.
Le deuxième paper, présenté par Matteo Millan, vise à étudier les émotions des classes des propriétaires, c’est-à-dire la peur et l’angoisse mais aussi les espoirs et les aspirations face à la violence collective et aux pratiques d’organisation, au début du XXe siècle jusqu’au début de la Première Guerre mondiale. A travers de récits en troisième personne comme les rapports de police et les lettres, Millan essaiera de se rapprocher aux émotions et perceptions collectives et individuelles des propriétaires en Italie, Espagne et France. Il a pour but de déterminer une phénoménologie des émotions des classes propriétaires, de mettre ces émotions en relation avec les cultures politiques, les préjugés et les opinions et d’analyser de quelle manière ces émotions réussissent à provoquer mêmes des mobilisations violentes.
Le troisième paper nous amène à la Suisse de l’après-guerre à travers de la contribution de Carole Villiger. A partir d’une image superficiellement bucolique de la Suisse, Villiger pénètre dans une narration généralement méconnue, marquée par le séparatisme Jurassien, les protestes d’extrême gauche et d’extrême droite et la sympathie avec les groupes armés radicaux en Italie et dans la RFA. Consciente de l’importance des émotions et des affects, Villiger s’interroge sur leur rôle lors d’une militance violente. La dimension émotionnelle dans l’engagement politique violent est étudiée à travers une approche d’histoire orale, grâce aux récits d’anciens activistes d’extrême gauche et d’extrême droite.