Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06966.jsonl.gz/588

Découvrons le troisième et dernier volet de la série des expressions françaises d'origine culinaires !!
Compter pour du beurre: Qualifiant une personne sans importance ou intérêt. Le beurre étant associé dans la plupart des expressions comme une valeur d’abondance (mettre du beurre dans les épinards), mais dans cette expression elle est péjorative. Le beurre était considéré comme la graisse du pauvre, jusqu’au XVème siècle, où elle devient un produit de luxe apprécié. Autrefois, il existait une locution adjective "de beurre", qui indiquait quelque chose sans valeur. De même, dans le Larousse au XIXe siècle, "vendre du beurre " signifiait "être ignoré, délaissé dans la société". Les filles qui "vendaient du beurre" dans un bal, étaient celles qui n’avaient pas de cavalier pour danser. Le beurre fût considéré comme une graisse facile à produire, contrairement à l’huile. Même Jules César l’utilisait comme cirage pour ses sandales et était également utilisé pour les maladies oculaires ou pour soigner les brûlures.
Sabrer/sabler le champagne: Ouvrir une bouteille de champagne pour célébrer une occasion. Au XVIIe et XVIIIe siècles, sabler s’appliquait à tous les vins et signifiait : faire cul sec, avaler d’un coup. "Ensuite, changement de sens de l'expression au début du XIXe siècle, sabler le champagne, veut désormais dire : boire en abondance, pour laquelle le dictionnaire Le petit Robert donne comme exemple "Sabler le champagne, boire du champagne en abondance lors d'une réjouissance". Sabrer le champagne est un usage traditionnel dont l'origine remonte aux régiments de cavalerie de plusieurs armées du monde, à commencer par les célèbres hussards de la garde napoléonienne. Au retour de la bataille, les officiers de ces glorieux centaures sabraient le champagne pour rendre un hommage vibrant à la victoire, à la vigueur, à la virilité et aux dames... Ainsi ouvraient-ils les bouteilles d'un geste spectaculaire et magistral. D'un revers de lame, ils faisaient sauter le bouchon".
Tchin-tchin : trinquer. Il existe plusieurs interprétations pour déterminer l’origine de cette expression courante. La première viendrait du Moyen Age, ou l’empoisonnement était courant lors des banquets entre seigneurs, nobles et autres notables. Pour parer à ce danger, les maîtres des lieux, remplissaient leurs vers à ras bord et cognaient les verres, afin qu’un peu de liquide s’échange entre les verres, garantissant ainsi la sécurité du contenu. C’est ce double cognement de verre, qui serait à l’origine de l’expression. Ensuite, certains étymologistes s'accordent pour affirmer que l'expression viendrait de "tsing tsing", qui signifie "salut" en pidgin (Chine). Apparue au XVIIIe siècle, ce seraient les marins anglais qui l’auraient popularisée. Dernièrement, le plus fantaisiste, un industriel français pour célébrer un contrat signé avec des chinois, aurait levé le verre à ses invités chinois, en portant un toast, qui auraient rétorqués en levant le verre en disant "France-France".
Veiller au grain: Etre vigilant, prudent ou se prémunir contre un éventuel danger. Qui dit blé, imagine le paysan qui surveille son champ de blé. Mais cette expression, datant du milieu du XIXème siècle, trouve son origine dans le milieu marin. Le grain signifiant un vent violent et soudain, donc un danger qui menace et un bon marin doit donc toujours veiller au grain.
Avoir les yeux plus gros que le ventre: Avoir plus d’appétit apparent que réellement/avoir vu trop grand. Expression utilisée d’origine par Montaigne, au XVIe siècle, qui remplace le terme ventre par panse "avoir plus grands yeux que grande panse".
Mettre son grain de sel : Prendre position ou donner son avis dans une conversation ou une affaire, souvent mal à propos. En Europe, du XIIIe au XVIIIe siècle, le sel est une denrée rare et précieuse, taxée par un impôt. Mettre un grain de sel, était donc un luxe, que pas tout le monde pouvait se permettre. L’expression naît au XXe siècle, traduit du latin "cum grano salis" signifiant "avec un grain de sel".
Avoir la gueule enfarinée : Avoir une confiance aveugle d’obtenir à coup sur ce que l’on est venu chercher/ Etre mal réveillé. Cette expression est issue de la fable de Jean de la Fontaine, le chat et le vieux rat. Le chat use de ruses pour attraper le rat et se farine entièrement, en se cachant dans la huche à pain, en espérant que ces derniers, le prennent pour du pain. Mais le rat est méfiant et ne se laisse pas prendre: "Rien ne te sert d'être farine; Car, quand tu serais sac, je n'approcherais pas. C'était bien dit à lui; j'approuve sa prudence: Il était expérimenté, Et savait que la méfiance, Est mère de la sûreté."
Avoir un petit pois dans la tête/le cerveau : Etre stupide, pas très intelligent. Selon les croyances de l’époque, le cerveau était sphérique et l’intelligence dépendait de la taille de ce dernier. Donc, celui qui a un cerveau de la taille d’un petit pois, serait réduit à être une personne pas forcément intelligente.
En vous souhaitant une magnifique journée gourmande
Sources: expressions-françaises.fr, expressio.fr, Wikipédia, Maisons-champagne.com