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Comme eût dit Teilhard de Chardin, l’idée de l’universel peut en réalité être limitée au plus petit dénominateur commun. L’universel n’est plus regardé dans ce qui est propre à l’humain et qui honore l’humain, mais dans son animalité, ou dans ce qui le constitue en tant qu’espèce sans que ses choix y aient une part. Par exemple, on aime bien dire que les relations entre un père et sa fille ressortissent à l’universel, même quand elles s’enracinent dans une tradition spécifique. Mais en réalité, les problèmes liés à l’hérédité prennent le problème humain par le bas, si je puis dire. La vraie question n’est pas ce que l’humain doit à ses ancêtres, mais quelle est, intérieurement, sa part de liberté par rapport à ce qu’il doit à ses ancêtres. Car quant à ce qu’il reçoit en héritage, qui l’ignore? C’est banal. Et si l’universel est banal, pourquoi chercher à fusionner avec lui?
D’ailleurs, un tel universel banal est en réalité morcelé, voire vide de sens, car dans les faits, il est faux qu’on ait toujours les mêmes relations avec son père, ou bien qu’on en ait qui soient toujours significatives. Il existe mille manières d’avoir des relations avec son père, ou même de ne pas en avoir. L’universel vu sous cet angle se dissout, au sein de la conscience; il n’est que théorique: l’épreuve des faits le particularise à l’extrême.