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Faire un sortie au cinéma, impensable pour une personne aveugle ou malvoyante? Plus maintenant, grâce à l'application...09.02.2017 11:00
Après un cafouillage inédit, "Moonlight" a remporté dimanche l'Oscar du meilleur film, propulsant le jeune réalisateur américain Barry Jenkins au firmament d'Hollywood. Battu sur le fil, le grand favori "La La Land" ne repart pas bredouille, avec six des plus prestigieuses récompenses du cinéma américain.
Odyssée poignante d'un jeune Afro-américain pauvre, "Moonlight" a aussi remporté la statuette de meilleur second rôle masculin pour Mahershala Ali dans le rôle d'un trafiquant de drogue qui devient une figure paternelle de substitution. Barry Jenkins, 37 ans, a aussi été primé pour le scénario, adaptation d'une pièce de Tarell McCraney.
"Moonlight" raconte l'histoire de Chiron, joué à trois âges de la vie par différents acteurs. Il grandit auprès d'une mère toxicomane dans un quartier rongé par la violence et découvre peu à peu son homosexualité. C'est le deuxième film de Barry Jenkins après "Medicine for Melancholy", qui avait été acclamé par la critique.
"Moonlight" a été loué pour avoir dépeint un portrait de l'Amérique noire peu vu au cinéma: pas de rap, pas de fusillades, mais une plongée au coeur d'un quartier difficile, celui de Liberty City à Miami.
Mauvaise enveloppe
Ce drame intimiste a éclipsé la comédie musicale américaine "La La Land", de Damien Chazelle, qui a été annoncée vainqueur par erreur durant quelques secondes. Deux producteurs de "La La Land" étaient en train de remercier l'académie, quand l'un d'eux s'est rendu compte du quiproquo devant des centaines de millions de téléspectateurs.
L'erreur a été corrigée quelques minutes plus tard, Barry Jenkins, le réalisateur de "Moonlight", assurant qu'il ne s'agissait pas d'un canular. Warren Beatty, venu décerner l'Oscar du meilleur film en compagnie de Faye Dunaway, a ensuite expliqué qu'on lui avait donné la mauvaise enveloppe.
La société d'audit Price Waterhouse Cooper, qui supervise l'attribution des prix, a confirmé qu'il s'agissait d'une erreur d'enveloppe. "Nous enquêtons pour savoir comment cela a pu se produire et le regrettons profondément", dit-elle dans un communiqué. La firme présente par ailleurs ses excuses aux équipes de "Moonlight" et de "La La Land".
"Meilleur film de tous les temps"
Jamais de mémoire de comédien une telle erreur ne s'était produite lors de la cérémonie. "C'est le moment le plus fou de l'histoire des Oscars", a commenté Emma Stone, sacrée meilleure actrice dans "La La Land". Selon elle, "Moonlight" est "l'un des meilleurs films de tous les temps".
Outre celui de meilleure actrice, "La La Land" a raflé entre autres les Oscars de la meilleure musique, de la meilleure chanson et du meilleur réalisateur. A 32 ans, Damien Chazelle est ainsi devenu le plus jeune lauréat dans cette catégorie.
Casey Affleck a quant à lui décroché le prix du meilleur acteur pour son interprétation d'un homme brisé dans le drame familial "Manchester by the Sea". Ce film a également remporté l'Oscar du meilleur scénario, écrit par l'Américain Kenneth Lonergan, le réalisateur du film.
Pas de surprise pour "Courgette"
Côté suisse, le film d'animation "Ma vie de Courgette", du Valaisan Claude Barras, a été battu par le bestiaire de Disney "Zootopie". Le géant américain du divertissement Disney enlève ainsi sa cinquième statuette d'affilée. L'oeuvre de Claude Barras avait décroché vendredi à Paris le César du meilleur long-métrage d'animation et celui de la meilleure adaptation.
L'ombre du président étasunien Donald Trump a plané tout au long des trois heures et demie de la cérémonie. Le présentateur Jimmy Kimmel a multiplié les piques politiques à son égard, lui envoyant même un tweet auquel il n'a pas eu de réponse.
Le réalisateur iranien Asghar Farhadi, qui a remporté l'Oscar du meilleur film étranger avec "Le client", avait quant à lui refusé d'assister à l'événement, protestant contre le décret américain anti-immigration. Plusieurs personnalités arboraient par ailleurs un ruban bleu en signe de soutien à l'Union américaine des droits civiques (Aclu), qui a contribué à la suspension de ce décret par la justice américaine.