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Une solution aux déchets plastique
Les polymères fabriqués à partir de certaines plantes pourraient apporter une réponse à une législation sur l’environnement de plus en plus sévère sur le traitement des plastiques utilisés dans les sacs et les intérieurs de voitures.
Les ingénieurs et les chimistes de Warwick Advanced Sustainable Technologies (WASTe), du Groupe Warwick Manufacturing, développent des plastiques à partir des triglycérides, l’huile extraite de cultures telles que le raisin, le lin et le chanvre. Ces plastiques renouvelables pourraient avoir une variété d’applications, selon Malcolm Harold, membre de la direction de WMG. "Ils possèdent une gamme de propriétés dont toute la richesse n’a pas encore été établie. Les premières études montrent que les polymères sont très versatiles et conviennent pour des utilisations qui vont des mousses pour ralentir la propagation du feu aux plastiques souples", déclare-t-il.
La demande pour les polymères renouvelables est susceptible d’augmenter rapidement puisque les gouvernements du monde entier imposent des taxes sur l’utilisation du plastique et des réglementations strictes sur son traitement. Le Bangladesh a récemment interdit tous les sacs plastiques, alors que l’Irlande a imposé une taxe de 0,15 euros sur chaque sac utilisé dans les supermarchés. Le gouvernement britannique envisage actuellement quelles mesures il devra adopter et il existe une pression croissante sur les supermarchés pour qu’ils trouvent des solutions viables, selon Harold. "Si nous pouvons fabriquer des sacs avec du plastique d’origine renouvelable qui soit assez résistant pour être réutilisé pendant environ un mois, nous aurions un sac complètement écologique", dit-il. Ces plastiques pourraient également venir en aide aux fabricants automobiles, qui vont se heurter cette année à la directive européenne sur la fin de vie des véhicules. Cette directive, qui rendra les fabricants responsables du recyclage des voitures à la fin de leur exploitation, doit être introduite cette année pour les nouveaux véhicules et en 2007.pour toutes les voitures. "Dans le passé, les voitures n’ont pas été conçues pour être recyclées, c’est donc un cauchemar pour les fabricants", déclare Harold.
Dans le cas du lin et du chanvre, on en extrait non seulement de l’huile, mais aussi des fibres. Le plastique issu de l’huile peut ensuite être réuni avec cette fibre pour fabriquer des composites, qui pourraient fournir remplacer les polyesters renforcés verre, utilisés dans les sièges arrière et les châssis des voitures. "Le verre ne se décompose pas très facilement, mais si les fabricants automobiles utilisaient du plastique et des fibres d’origine renouvelable, ce matériau pourrait être composté à la fin de la vie du véhicule".
Les plastiques d’origine renouvelable sont considérés comme étant la prochaine étape après le recyclage. Cette culture offrirait une survie financière à quelques agriculteurs et quand le produit arrive en fin de vie, il se décompose simplement et naturellement avec d’autres déchets biodégradables.
Les plastiques peuvent être fabriqués à partir d’une variété de matières, y compris l’amidon de pomme de terre. Mais, bien que les scientifiques le sachent depuis un certain nombre d’années, produire du plastique de cette façon n’a jamais été commercialement viable, car les coûts de transformation ont été historiquement trop élevés.
"Le travail consiste maintenant à réduire ces coûts et à développer des marchés pour les polymères avant qu’ils puissent être commercialisés, déclare Harold. Le gouvernement devrait également envisager d’imposer une taxe sur les plastiques non renouvelables pour encourager plus d’entreprises à utiliser les polymères écologiques", selon lui.