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Parmi les thèmes qui ont animé les discussions de la nouvelle loi sur les transplantations, la question de l'utilité d'un registre central s'est posée, registre dans lequel seraient inscrits les noms des personnes acceptant le don de leurs organes après leur décès ou, au contraire, refusant ce don.Le travail du Pr Hakan Gäbel, responsable de la coordination des transplantations en Suède, apporte une réponse fondée à cette question. Il s'agit des conclusions d'une enquête sur ce thème dont l'a chargé le European Health Committee. Au cours du mois de février 2002, Gäbel a examiné le développement et la structure de onze registres nationaux en Europe. Il s'agissait des pays suivants : Autriche, Belgique, Danemark, France, Hongrie, Italie, Pays-Bas, Portugal, Pologne, Suède et Grande-Bretagne.Gäbel remarque surtout que ces registres ne touchent, en général, qu'une petite proportion de la population de sorte que, dans un tel système, le succès d'une recherche d'un donneur d'organe potentiel au sens du consentement éclairé n'est que très faiblement assuré. Aux Pays-Bas, par exemple, 37% de la population sont inscrits dans le registre alors qu'en Autriche, en Hongrie et en France seul 1% est enregistré. Statistiquement parlant, si la vraisemblance de respecter la volonté de la personne est de l'ordre de 50% aux Pays-Bas, elle est pratiquement nulle ou, en tout cas, très faible dans les autres pays cités.Le développement et le maintien d'un registre sont relativement onéreux. Ainsi, le démarrage d'un tel registre en Suisse est estimé à un million de francs environ. En Belgique, sa mise à jour régulière est de l'ordre de 60 000 euros par an et en Suède d'environ 100 000 couronnes. Selon Gäbel, l'introduction d'un registre de donneurs n'a jamais vraiment augmenté le taux des dons d'une nation. En revanche, il pourrait avoir une certaine influence positive sur la promotion et le «marketing» du don d'organes.Un registre paraît nécessaire et, juridiquement parlant, même essentiel lorsque la solution de l'opposition est choisie concernant l'acceptation du don d'organes. En Suisse, le projet de loi semble plutôt choisir la solution du consentement.Dans cette situation, la création d'un tel registre de donneurs potentiels ne paraît être, à l'heure actuelle, ni nécessaire ni même utile, surtout si l'on considère le coût d'une telle mise en place. L'acceptation et l'accord de la population pour le don d'organes doivent être soutenus par des solutions moins formelles et moins institutionnalisées mais plutôt, par exemple, par des manifestations régulières d'information de la part des autorités fédérales et cantonales.A mon avis, le dévouement attentionné du personnel médical dans l'identification des donneurs potentiels, de même que sa formation pour un comportement compréhensif vis-à-vis des familles soutiendront plus sûrement une augmentation de la proportion du don d'organes en Suisse.* Texte original paru dans le n° 21/2004 du Bulletin de Swisstransplant Traduction française : Dr Raymond C. Benoit.