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Rassurez-vous, vous n’êtes pas les seuls à connaître de plus en plus de couples qui mettent au monde des jumeaux ces derniers temps ! Le nombre de grossesses de jumeaux aurait doublé dans les pays développés depuis les années 1970. Pour prendre des exemples populaires, on peut mentionner Beyonce, Jennifer Lopez, Amal Clooney (épouse de monsieur Nespresso), Mirka Federer, Céline Dion, Laura Bush ou encore Charlène de Monaco. Et la liste est longue ! Regardez autour de vous ! Ne remarquez-vous pas d’avantage de jumeaux ? Les statistiques suisses sont explicites : si en 1970, 1,8% des grossesses entraînaient la naissance de jumeaux, ce pourcentage a doublé en 2015. Mais quels facteurs pourraient expliquer un tel boom des naissances de jumeaux ?
Une maternité plus tardive
Le principal facteur des grossesses gémellaires. En effet, plus la maman est âgée et plus les chances d’avoir deux ou plus d’enfants sont élevées. L’âge moyen pour les mères était au plus bas en 1977 (26 ans et demi). Aujourd’hui, il est de 31,8 ans. Pourquoi une telle corrélation ? Les femmes de plus de 35 ans ont simplement plus d’ovulations doubles ou triples, ceci étant dû au taux de FSH (l’hormone responsable de l’ovulation) dans le sang qui augmente avec l’âge. Si les chances de grossesse gémellaire sont de 6 pour 1000 à l’âge de 20 ans, elles sont de 15 pour 1000 entre 35 et 39 ans. Fait intéressant : ce phénomène a déjà été observé au XXème siècle. Pendant la Première Guerre Mondiale, les hommes étant retenus au front, l’âge moyen des mamans a légèrement augmenté, ce qui a fait augmenter la naissance de jumeaux. Cet âge moyen est retombé en 1960-1970 pour ensuite progresser au niveau d’aujourd’hui.
De nos jours, les facteurs qui déterminent cet âge plus avancé n’ont heureusement plus rien à voir avec la guerre, mais peuvent être expliqués par une durée des études plus longues notamment. Les femmes sont également de plus en plus actives dans le monde du travail et visent maintenant une situation stable avant de fonder une famille.
Le recours à la procréation assistée
Sans doute le facteur le plus déterminant, avec un effet trois fois supérieur à celui de la maternité retardée. Les techniques de procréation médicale assistée sont déterminantes : en effet, dans le cas d’une fécondation in vitro, plusieurs ovules sont implantés afin de maximiser les chances de grossesse. En Suisse, plus d’un ovule est fécondé dans 15 à 20% des fécondations assistées selon l’Office fédérale de la statistique. Statistique encore plus frappante : en France, c’est 61% des grossesses gémellaires qui sont dues à l’assistance médicale à la procréation (AMP).
Aussi, notons que les deux facteurs présentés ci-dessus ne sont pas sans lien. En effet, plus une femme vieillit, plus elle aura des soucis de fertilité et sera donc contrainte de faire appel à l’AMP.
Une grossesse plus risquée
Le principal problème n’est finalement pas qu’il faille s’occuper de deux enfants au lieu d’un seul ou tout faire deux fois : les couches, le repas, le bain, la veillée la nuit… Le fait est que les grossesses gémellaires sont bien plus risquées que les grossesses classiques. Dans le cas de vrais jumeaux, ils partagent le même placenta. Il est donc fréquent que les jumeaux soient trop légers ou naissent prématurément. Il y a plus de risques de malformations et de retards de croissance. La maman quant à elle, s’expose à des risques de thromboses accrus ou encore à un diabète gestationnel. Inutile de mentionner la difficulté de l’accouchement (il est déjà difficile de se représenter la douleur d’un seul accouchement, alors plusieurs…). La césarienne est également une pratique courante dans ces cas.
Afin de contrer le risque de fécondations multiples lors de la pratique in vitro, plusieurs médecins ont adopté la technique de l’embryon unique, qui comme son nom l’indique, consiste à n’implanter plus qu’un seul embryon, quitte à en garder un congelé en réserve pour l’implanter peu après si la première fécondation n’est pas un succès. Ils visent une grossesse simple plutôt que gémellaire. Mais comme de plus en plus de femmes demandent l’AMP, le taux de grossesse gémellaire ne diminue pas encore. Il faudra donc encore attendre quelques années pour observer l’effet de cette technique de l’embryon unique.
C’est tout concernant les jumeaux ! Etant désormais conscients de cette problématique, ayez une petite pensée pour tous les Fred et les Georges de ce monde ainsi que pour leurs parents. Bien que la procréation soit plus compliquée et qu’avoir deux enfants traversant en même temps les différentes épreuves de la vie (bébés, premiers pas, jeunes enfants, adolescents) ne soit pas toujours une chose aisée, je suis convaincu que cela n’enlève rien à l’indescriptible joie de tenir pour la première fois ses enfants dans les bras, de les élever, les voir grandir et se lancer dans la vie.
Martin Boujol