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La Banque nationale suisse (BNS) a annoncé vendredi qu'elle maintient son cap de politique monétaire inchangé. Elle ne craint pas actuellement pour la stabilité des prix à moyen terme.
«Aucune poussée de renchérissement n'est en vue» en Suisse, a déclaré, vendredi, le président du directoire de la BNS Hans Meyer.
Le renchérissement devrait atteindre 2,1 pour cent en moyenne en 2001, contre 1,6 pour cent pour 2000, avant de repasser sous les 2 pour cent en 2002, a expliqué M. Meyer. La BNS considère que ce seuil correspond à une situation de stabilité des prix.
A court terme, l'inflation devrait dépendre principalement de l'évolution de la conjoncture, des cours de change et des prix pétroliers, selon le directeur de l'institut d'émission.
La correction de la méthode de calcul du renchérissement par l'Office fédéral de la statistique (OFS) confirme également les prévisions de la BNS.
La banque centrale s'attend à une poursuite de la croissance économique de la Suisse, mais à un rythme moins vigoureux que ces derniers mois. Il table sur une progression du PIB réel de 2,2 pour cent en 2001 et de 1,6 pour cent en 2002, après une expansion de 3,3 pour cent cette année.
Selon le gardien de la stabilité des prix en Suisse, «l'écart temporaire» enregistré en 2001 est essentiellement dû «au dynamisme de la conjoncture de 2000» et «à la hausse massive des produits pétroliers». Ceux-ci devraient reculer ou au moins se stabiliser à leur niveau actuel l'an prochain, prévoit-il.
Par ailleurs, le tassement attendu de la conjoncture aux Etats-Unis et au sein de l'Union européenne (UE) devrait «modérer la vigueur des exportations suisses», ajoute-t-il.
S'appuyant sur sa sacro-sainte mission d'assurer la stabilité des prix, la BNS conserve la marge de fluctuation du Libor à trois mois, successeur du fameux taux d'escompte, à 3-4 pour cent. La dernière adaptation du London interbank offered rate (taux le plus important parmi les rémunérations des dépôts à court terme) remonte au 15 juin.
Cette décision était «relativement sage» dans le contexte actuel d'incertitude sur la conjoncture internationale, estime Bernard Lambert, de la banque Pictet & Cie à Genève: «on se trouve à la croisée des chemins, rien ne permet pour le moment de dire si le tassement de la croissance se révélera bénin ou sera plus grave.»
Selon lui, le ralentissement devrait rester limité au sein de l'UE, qui soutient la croissance par des politiques fiscales «expansives». Tout dépendra de la situation aux Etats-Unis, estime- t-il. Mais, pour les prochains mois, il ne faut pas s'attendre à un nouveau resserrement de la politique monétaire de la BNS.
swissinfo avec les agences