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Statut de menace: Non menacé (LC)
Priorité nationale: moderée (4)
Caractéristiques:
- Allure élancée
- Tronc et queue nettement segmentés
- Corps entièrement noir, sans le moindre motif
- Peau luisante, semblant enduite de laque
- Parotoïdes volumineuses, réniformes (en forme de rein)
- Grands yeux noirs globuleux et protubérants
Confusions possibles:
Description
La salamandre noire (Salamandra atra, Laurenti 1768) se distingue clairement des autres amphibiens vivant en Suisse. Bien qu’une certaine humidité soit nécessaire à sa survie, elle peut se passer de cours d’eau et de plans d’eau pour se reproduire. Elle n’est d’ailleurs qu’une très mauvaise nageuse.
Sa peau est lisse et brillante, d’un noir uniforme (même la face ventrale !), son corps est marqué par des sillons costaux circulaires. Une double rangée de glandes forme une ligne centrale tout le long de son dos, tandis que ses flancs sont parsemés de petites protubérances en forme de cônes, dotées d’une ouverture au bout de leur pointe.
Les différents individus sont extrêmement semblables et seul des marquages artificiels permettent de les distinguer. La protubérance accentuée du cloaque chez le mâle est une caractéristique, parfois difficile à observer, qui permet de différencier le mâle de la femelle. Les animaux adultes atteignent une taille allant de 9 à 13 cm, les femelles, avec un maximum de 15 cm, sont sensiblement plus grandes.
Une sous-espèce de la salamandre noire, la Salamandra atra aurorae, présente dans les Alpes italiennes du Sud, à l’est de Trento, est parsemée de grandes taches blanc-jaune. Dans le reste du massif alpin, aucune autre sous-espèce de ce type n’a été découverte.
Mœurs
La salamandre noire ne se laisse pas facilement observer. Elle passe une grande partie de sa vie cachée par exemple sous des pierres, des troncs ou des racines ou à l’intérieur de fentes dans la roche. Une grosse pluie orageuse, parfois aussi les instants qui précèdent l’orage, sont les moments propices à l’observation du plus grand nombre d’animaux. Mais si l’averse se prolonge, ceux-ci se retirent dans leurs abris. Certains individus peuvent aussi être observés à l’aube, lorsque le sol est encore humide de rosée. Par temps sec et venteux ainsi qu’au cours de la soirée et des premières heures de la nuit, la plupart des animaux restent introuvables.
En basse altitude, l’activité annuelle ne commence que vers le début du mois de mai et dans les montagnes souvent plusieurs semaines après la fonte des neiges. En juin, l’activité s’accentue sensiblement et l’on peut alors observer l’accouplement de ces animaux. Lorsque l’humidité est suffisante, ils sont aussi actifs pendant les mois de juillet et d’août, en dépit des températures assez élevées. Vers le début du mois de septembre, les premiers animaux se retirent déjà. Peu d’observations ont pu être faites au mois d’octobre. Actuellement, on ne dispose pour ainsi dire d’aucune information concernant l’hibernation de la salamandre noire.
Reproduction
L’accouplement a lieu sur terre ferme. Le mâle se glisse sous la femelle et entoure les pattes antérieures de celle-ci avec les siennes. Il dépose ensuite un paquet de sperme sur le sol et détourne sont arrière-train de manière à ce que le cloaque de la femelle touche le sperme et que celui-ci pénètre dans le cloaque de la femelle. En règle générale, seuls deux des quelque 50 œufs produits sont fécondés et se développent.
Tout le développement embryonnaire et larvaire se passe à l’intérieur de l’utérus et dure, vers 1000 m d’altitude, deux ans, entre 1000 et 2000 m trois ans et même quatre dans les régions les plus élevées. Après avoir quitté la membrane de l’œuf, les larves mangent, à l’intérieur de l’utérus, les autres œufs qui se sont entre temps transformés en une masse protéique. Plus tard, la paroi utérine va produire des cellules nutritives que la larve « broutera ». La larve dispose de grandes branchies et serait en mesure de survivre en milieu aquatique. Mais plus le moment de la métamorphose approche, plus les branchies se résorbent.
Après une très longue portée d’environ 2-4 ans, les jeunes naissent, grands de quelque 45 à 50 mm, parfois encore pourvues de restes de branchies. Une femelle qui a mis bas ne peut plus être fécondée au cours de la même année.
Répartition
La répartition de la salamandre noire s’étend des Alpes vaudoises à l’est de la vallée du Rhône (aucune observation n’a pu être enregistrée à l’ouest et au sud du Rhône) jusqu’aux Alpes autrichiennes à 50 km de Vienne en passant par les Alpes du Nord et le massif du Säntis. Depuis l’Autriche, les populations s’étiolent en direction du sud, à travers les Dinarides du Nord des Balkans jusqu’en Albanie du Nord. Les Alpes italiennes de l’Est recensent, quant à elles, quelques populations isolées.
La limite nord de la répartition en Suisse est formée par les Alpes fribourgeoises, les vallées de la Sarine et de la Singine, l’Emmental et l’Entlebuch, la région de Lucerne, le Rigi, la vallée de la Sihl, les cantons de Schwyz et de Glaris et le Walensee pour aboutir dans le massif du Säntis. En raison de leur climat aride, les vallées au centre des Alpes, telles que le Valais, l’Engadine et la Valteline, ne sont que très marginalement peuplées. Ceci vaut également pour le Tessin, où , la salamandre avait été repérée voilà plusieurs années dans le nord du canton mais n’y a plus été recensée depuis.
La majorité des observations ont été effectuées entre 800 et 2'000 m d’altitude, quelques rares animaux ont même pu être observés à 2'430 m. C’est dans la région du Walensee que la salamandre noire peuple les régions les plus basses. Au bord de ce lac, cette espèce est présente sur la rive sud, à une altitude de 420 m. D’autres régions situées en dessous de 600 m, comme les bords de la Sarine, de la Singine, de l’Emme ou de la Sihl, abritent également quelques populations.
Mesures de protection
Le statut de la salamandre noire n’est pas clairement déterminé. Sa présence passe souvent inaperçue et des estimations concernant la densité et l’évolution des populations sont difficiles à établir. Indubitablement, la forte augmentation du nombre de moutons sur les pâturages empêche toutefois la salamandre d’accéder à de tels refuges.
Toute la lumière n’a cependant pas encore pu être faite en ce qui concerne l’impact qu’ont la pluie et le brouillard acides sur le sol des forêts alpines et donc sur la vie de ses habitants. Il est toutefois certain qu’au niveau local, le trafic routier est responsable de la mort d’un certain nombre de salamandres. A long terme, les mesures doivent avant tout viser à préserver sans restriction les forêts et les alpages existants.
Habitat
Alpages pas trop secs, éboulis, forêts humides, chablis, clairières et lisières de forêts, ravins, bords de ruisseaux et de routes. Préférence pour les forêts de feuillus ou les forêts mixtes, plutôt que les forêts de conifères. Plus fréquente dans les régions à roche calcaire que sur le granit ou le gneiss.