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Le Henschel Hs-132 [6]
Le premier bombardier à réaction en piqué de l'histoire. Dès 1943, les Allemands s'aperçurent que les pertes enregistrées lors des attaques en piqué menées par les Ju-87 « Stuka » devenaient trop élevées. Qui plus est, ces attaques nécessitaient de plus en plus l'assistance de chasseurs bien armés. Cela était particulièrement manifeste sur le front de l'Est où la chasse soviétique s’était considérablement renforcée et modernisée. Si le « Stuka » avait fait merveille durant les Blitzkriegs de 1939-1941, où sa combinaison tactique avec les Panzers s'était révélée particulièrement redoutable, en 1943 l'appareil était manifestement devenu trop lent et trop vulnérable. Il était temps de songer à le remplacer. La firme Henschel, qui avait acquis une grande expérience en matière d'appareils d'appui au sol, proposa, à la fin de l'année 1944, de construire un bombardier d'attaque en piqué propulsé par un moteur à réaction.
Le réacteur sélectionné, un BMW 109-003E-2 développant 800 kg de poussée, était installé au-dessus du fuselage. Cette disposition, jointe au fait que le Henschel He-132 possédait un empennage bi-dérives de type cantilever, faisait que la silhouette du bombardier ressemblait beaucoup à celle du chasseur à réaction Heinkel He-162. La confusion était encore renforcée par les désignations très similaires des deux appareils dont les noms ne différaient que par quelques lettres. Mais la similitude s'arrêtait là. L'aérodynamisme du Hs-132 avait été étudié en soufflerie pour faciliter l'écoulement de l'air le long du fuselage et diminuer au maximum le coefficient de friction. Il en résultait une cellule oblongue et effilée aux deux extrémités, présentant des formes très pures. La voilure, très fine et magnifiquement profilée, accusait une légère flèche vers l'arrière, avec des ailes fixées à mi-hauteur. La vitesse maximale espérée en palier était de 780 km/h à 6 000 m d'altitude, avec un plafond pratique de 10 250 m et un rayon d'action de 680 km. En piqué, on estime que le bombardier aurait probablement frôlé les 1000 km/h vu sa forme très pure et son aérodynamique très poussée. La capacité d'emport était identique à celui du « Stuka », à savoir une bombe de 500 kg sous le fuselage ou 2 bombes de 250 kg sous les ailes. Sur les photograhies du seul prototype qui fut quasiment achevé, on distingue clairement quatre emplacements prévus pour loger 2 x 2 canons de part et d'autres du nez de l'appareil (voir la galerie de photos).
La caractéristique la plus surprenantes du Hs-132 était la position du pilote qui était étendu à plat ventre dans le nez vitré de l'appareil. Cette disposition particulière garantissait une vision optimale dans toutes les directions, grâce à une verrière très ajourée et à la présence d'une bulle frontale offrant un dégagement angulaire sur 360 degrés. Elle permettait surtout au pilote d'encaisser sans problème jusqu'à + 12 G (soit 12 fois son propre poids) lorsque il amorçait sa ressource vers le haut en cabrant son appareil au sortir d'une attaque en piqué. Cela améliorait considérablement le confort du pilote et facilitait le maniement du bombardier à réaction. Etant étendu sur le ventre, le pilote ne ressentait plus l'effroyable tassement des vertèbres inhérent à la position assise et risquait moins de succomber au fameux "voile noir" provoqué par le brusque reflux du sang vers les pieds. La simplicité de construction de l'appareil, qui faisait largement usage du bois, fut particulièrement appréciée par le Reichsluftfahrtministerium (RLM) qui commanda aussitôt trois prototypes. Leur assemblage commença très tardivement, en mars 1945... Seul le Henschel Hs-132 V1 put être achevé avant la fin des hostilités, mais il ne put prendre l'air avant l'écroulement du Reich. Les trois prototypes construits furent saisis par les troupes soviétiques en mai 1945 et l'on perd ensuite leurs traces. Probablement ont-ils été rapatriés dans le plus grand secret en Union soviétique. Existent-ils toujours? Nul ne le sait…
Fiche technique du Hs-132
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