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Alors qu'elle a occupé la deuxième édition du Café-philo Fribourg il y a plus d'un an et demi, la question de l'avenir des religions fait son retour remarqué à Lausanne.
Cependant, cette fois-ci, elle est abordée avec une subtile nuance : le groupe, inspiré par l'histoire des religions, s'intéresse à leur destinée dans une société où les avancées technologiques et scientifiques se font de plus en plus rapides. Sont-elles destinées à s'éteindre ou, au contraire, à connaître une renaissance triomphante ?
Un étudiant en physique, légèrement agacé par l'orientation de la discussion, intervient d'emblée. Selon lui, l'opposition habituelle entre science et religion est dénuée de fondement. Ces deux domaines ne traitent tout simplement pas des mêmes questionnements.
Tandis que la science s'attache aux causes et aux effets du monde observable, les religions se penchent sur des questions a priori, telles que le bien, le mal, le sens de la vie et de la mort. Quelle que soit l'avancée de la science, elle ne saurait jamais apporter de réponses à ces questions, qui ne font tout simplement pas partie de son domaine d'étude, à moins que la science ne se transforme elle-même en une nouvelle forme de religion.
Une comparaison plus pertinente consisterait à opposer la religion à la philosophie. Le philosophe s'intéresse aux questions a priori avec une approche évolutive, tandis que les religions, plus dogmatiques, prétendent fournir une réponse définitive. Autrement dit, lorsque le philosophe apporte une réponse définitive, il se mue en prêtre.
"Cela dit, le besoin de croire est intrinsèque à l'humanité", affirme un autre participant. Ainsi, la disparition des religions engendrerait l'émergence de nouvelles croyances "sur mesure" qui, contrairement aux religions (dont l'étymologie "religare" signifie "relier"), présenteraient le désavantage d'isoler leurs adeptes dans des bulles de plus en plus restreintes.