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Elèves et classes apprennent à lire
Pourquoi se pencher à nouveau sur des données datant de 1973 et touchant à l’enseignement / apprentissage de la lecture ? Essentiellement parce qu’elles peuvent être réexaminées à l’aide d’un outil statistique nouveau et plus fin que celui utilisé à l’époque, une analyse multiniveau permettant la mise en interaction des variables individuelles et de celles de la classe. En effet, cette analyse parvient à estimer les sources de la variance vraie du critère, ici la réussite en lecture, et tente d’attribuer à divers facteurs la part qui leur revient, d’abord au niveau des individus, puis à celui des groupes. Ainsi, de nouveaux résultats apparaissent, analysés ensuite à la lumière des connaissances actuelles en didactique de la lecture. Risque-t-on alors de voir se rallumer une guerre des méthodes de lecture pour apprendre à lire ? En aucun cas. En réalité, l’analyse statistique montre un grand nombre d’interactions et prouve que la bonne méthode n’est pas la même selon le type d’élève ou selon le contexte de la classe.
Les variables majeures mises en évidence par l’analyse statistique en raison de leur influence sur les capacités de lecture des élèves sont discutées d’un point de vue didactique ; que disent les chercheurs à leur propos ? Quelle actualité prennent-elles dans l’école en Suisse romande aujourd’hui ? Ces variables sont les suivantes : le décodage, l’apprentissage des lettres et l’approche écrite ; la motivation interne, les objectifs affectifs ; la vitesse d’avancement de l’enseignement / apprentissage. Cette mise en perspective se prolonge par un regard sur les principales recherches processus-produit menées dès les années 1970, du même type finalement que celle de l’IRDP de 1973. Là, certaines interactions entre variables pédagogiques et personnelles des élèves sont prises en considération, en lien avec la question de l’efficacité de l’enseignement. Si des pistes telles que la différenciation de l’enseignement sont citées, la question de l’efficacité de l’enseignement de la lecture reste largement ouverte aujourd’hui encore.
Enfin, une discussion méthodologique termine le document, sous la forme d’un plaidoyer en faveur d’une « alliance » entre recherches quantitatives et qualitatives, vues comme complémentaires et favorables à un travail en équipe. Il ressort en effet en conclusion que l’affinement des outils d’analyse devient de plus en plus nécessaire pour répondre aux questions complexes que pose l’école actuelle.