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23/11/2016
Jusqu'au 27 novembre, je vais reprendre sur ce blog les réponses aux questions fréquemment posées pendant la campagne en faveur de la sortie programmée du nucléaire.
Risque que l'arrêt des centrales nucléaires suisses provoque une augmentation des émissions de CO2 en Europe ? Sornettes !
Le risque de voir les émissions de CO2 augmenter en Allemagne parce que la Suisse devrait importer du courant allemand produit par des centrales à charbon, voire à lignite, est l'un des arguments souvent avancés par les opposants à la sortie programmée du nucléaire.
C'est de la pure propagande : les collaborateurs scientifiques de l'université de Cologne J. Peter und S. Hagspiel viennent de rappeler que n'importe quel électricien de l'Union Européenne qui augmenterait ses émissions de CO2, pour vendre plus de courant à la Suisse, suite à l'arrêt des centrales nucléaires, devrait entièrement le compenser par des réductions équivalentes. L'office fédéral pour l'environnement l'a confirmé.
Nous n'avons pas transmis cette information jusqu'à présent parce que l'initiative demande explicitement que le nucléaire soit progressivement remplacé par les renouvelables et l'efficacité et non par du courant produit par des centrales nucléaires ou à charbon étrangères.
Et si les opposant devaient continuer à freiner la réalisation des dizaines de milliers d'installations actuellement sur la liste d'attente, la Suisse pourrait acheter du courant vert européen, en effet les renouvelables progressent à pas de géant : en Europe tous les 18 jours sont mises en services de nouvelles installations qui produiront annuellement autant d'électricité que la centrale nucléaire de Mühleberg.
Mais même si les électriciens suisses achetaient, pour des raisons commerciales, davantage de courant « sale » sur la bourse européenne, les émissions de CO2 n'augmenteraient pas vu l'obligation européenne de compenser.
Risque de devoir payer des milliards de dédommagement aux exploitants des centrales en cas d'acceptation de l'initiative ? Très faible, à moins que la majorité du Conseil fédéral et/ou du Parlement le décident.
Les opposant brandissent le risque que la Confédération doive payer des dédommagements à hauteur de milliards.
Il est peu probable que des exploitants obtiennent de tels dédommagements car :
1° L'arrêt des centrales s'impose pour des motifs sécuritaires.
2° L'exploitation des centrales nucléaire est déficitaire depuis 5 ans. Au dire même des propriétaires ils perdent des centaines de millions (plus d’un demi milliard) par an, et des bénéfices ne sont pas en vue ces dix prochaines années.
pertes moyennes ces 5 dernières années
3° Les propriétaires des centrales ont essayé de vendre leurs parts, même pour un franc symbolique… et n’ont pas trouvé d’acheteur : les centrales nucléaires n’ont plus de valeur marchande.
Donc, arrêter par étapes les centrales nucléaires suisses ne causerait pas de dommages, peu probable donc que les exploitants obtiennent des milliards de dédommagements.
En conclusion, aucun risque à voter Oui à la sortie programmée du nucléaire d'ici le 27 novembre, que des avantages !
18/11/2016
Réponses à Roger pour son frère... et pour d'autres personnes qui hésitent encore à voter OUI à la sortie programmée du nucléaire
Je pourrais simplement dire à tous ceux qui me demandent si les risques brandis pour les inciter à refuser ou à accepter l'initiative sont bien réels :
"La Suisse romande se passe déjà fort bien du nucléaire, mais les faux choix stratégiques pris en Argovie, à Berne et à Zurich, continuent à nous faire courir des risques démesurés..."
Ou plutôt leur poser des questions :
"Que préférez-vous ? Une sortie du nucléaire avec un arrêt planifié et prévisible, favorisant les investissements dans les renouvelables et l'efficacité énergétique, ou le prolongement, à coup de milliards, de la lente agonie des centrales nucléaires, accompagnée de pannes subites mettant en danger notre approvisionnement ?"
ou encore:
"Iriez-vous à Paris avec un vieil avion de plus de 45 ans, repeint à neuf, mais truffé de fissures, sachant qu'il y a un avion sur cent qui s'écrase, ou prendriez vous le TGV ? Il y a une centrale sur cent qui a eu un accident majeur ..."
Mais je vais plutôt essayer, ces prochains jours, de répondre au mieux, sur ce blog, aux questions qui me sont posées :
Risque d'accident grave dans une centrale suisse ? Malheureusement réel !
Les concepteurs des centrales nucléaires affirmaient que le risque d'un accident grave est très faible : de l'ordre de un milliardième par année d'exploitation (rapport WASH-1250). Aujourd'hui des chercheurs, notamment de l'EPFZ et de l'Université de Sussex (A Rethink of Nuclear Risk Assessment 7-2016), remettent en question la méthode utilisée par l'Agence Internationale de l'Énergie Atomique, et, par conséquence, par l'Inspectorat fédéral pour la sécurité nucléaire (IFSN), pour évaluer les dangers de l'atome.
Les faits l'ont montré : les risques sont très élevés, de l'ordre de un millième par année d'exploitation. Sur moins de 500 centrales dans le monde il y a eu 5 accidents gravissimes (Three Mile Island, Tchernobyl, Fukushima 1, 2 et 3) : davantage qu'un pour cent !
Un accident majeur aurait des conséquences catastrophiques dans un pays aussi densément peuplé que la Suisse. Nous n'avons ni un Océan à proximité, où la majeur partie de la radioactivité pourrait se répandre, comme au Japon, ni de vastes forêts, comme autour de Tchernobyl. Le Conseil fédéral a fait distribuer dans un rayon de 50 km autour des centrales des pastilles de iode à prendre en cas d'accident pour empêcher que la thyroïde absorbe du iode radioactif : 5,2 millions de personnes les ont reçues !
La protection civile a évalué les dommages directes et indirects possibles lors d'une catastrophe nucléaire en Suisse à plus de 4000 milliards, avec près d'un million de personnes à évacuer... Irresponsable d'y maintenir en activité plus de 45 ans, des centrales atomiques prévues pour durer 30 ans ! Et pourtant c'est ce que veulent les exploitants, essayant de minimiser les problèmes posés par des corrosions, fissures, inclusions etc.
Ils attaquent même en justice une ordonnance qu'ils estiment donner trop de possibilités d'interventions à l'IFSN.
Risque de pénurie en 2017 ? Des sornettes pour effrayer les électeurs !
Actuellement il y a une surcapacité électrique considérable en Europe, de quoi produire onze fois plus que les 5 centrales nucléaires suisses ! Près de 100 centrales à gaz sont à l'arrêt forcé car elles produisent de l'électricité à un coût plus élevé que les centrales au charbon. Pourtant elles émettent la moitié moins de CO2, et elles pourraient bien mieux compenser les variations de production du solaire et de l'éolien... Mais les considérations financières priment.
Quant aux lignes pour importer et exporter du courant, elles sont opérationnelles. Annuellement plus de 85 milliards de kilowattheures traversent les frontières suisses, à comparer aux 3 milliards de kWh produits actuellement par Beznau 2 qu'il faudrait probablement importer temporairement en plus. Quant aux transformateurs supplémentaires nécessaires, ils seront opérationnels à Beznau dès mars 2017, donc aucun souci dans la région de Zurich, et à Mühleberg dès 2018. Mais il n'est pas nécessaire de renforcer la ligne Mühleberg-Bassecourt et de l'équiper de transformateurs avant 2025, car un nouveau transformateur a été mis en service à Laufenburg en prévision de l'arrêt de Mühleberg en 2019 !
Mais si vraiment il devait y avoir un risque sérieux de black out dans la région de Berne, le Conseil fédéral saurait sûrement assumer ses responsabilités d'exécutif et prolonger de quelques mois le fonctionnement de la centrale de Mühleberg. Aucun risque de pénurie donc ou de chaos, ni cet hiver à cause de l'arrêt pour de graves problèmes techniques, de Leibstadt et Beznau 1, bien qu'elles produisent normalement presque la moitié du courant nucléaire suisse (46,7%), ni ces prochaines années à cause de l'initiative qui demande l'arrêt en 2017 des 2 plus petites centrales, qui produisaient moins du quart du courant nucléaire suisse (23%) ... (Beznau 1 est déjà hors circuit!)
Risque de devoir importer du courant « sale » produit par des centrales au charbon ou nucléaires ? Vrai ou faux, cela dépend de choix commerciaux !
Beznau 1, à l'arrêt depuis 20 mois, est déjà remplacée par du renouvelable produit en Suisse grâce à la rétribution à prix coûtant (RPC). Une partie au moins des presque 50'000 projets sur les listes d'attente de Swissgrid peuvent être rapidement construits. Et rien n'empêche les électriciens suisses de planifier pour 2017, si nécessaire, l'importation de courant « propre » européen hydraulique, éolien ou solaire, meilleur marché que le courant nucléaire suisse ! Mais Axpo et Alpiq devraient réduire leur
s importations de courant « sale » allemand bon marché qui leur permettent actuellement de revendre plus cher du courant hydraulique suisse...
En conclusion, aucun risque à voter Oui à la sortie programmée du nucléaire d'ici le 27 novembre, que des avantages !
10/10/2016
Le Conseil fédéral affirme qu'il ne faut pas prescrire une durée limite pour l'exploitation des centrales nucléaires. Elles devraient pouvoir fonctionner aussi longtemps que la sécurité est assurée.
Malheureusement la nouvelle majorité parlementaire a refusé de légiférer pour améliorer la sécurité des centrales vieillissantes.
Maintenant Mühleberg reste en activité malgré d'importantes fissures dans le manteau du réacteur, Beznau 2 aussi, malgré plusieurs dizaines de trous dans la cuve de pression du réacteur. Seule Beznau 1, où l'on a découvert en 2015 presque 1000 petits trous dans cette même partie de la centrale, est à l'arrêt. Mais les propriétaires prévoient de la faire redémarrer en 2017 : avec suffisamment d'argent on trouve toujours des experts prêts à démontrer qu'il n'y a pas de risques...
Vous vous direz peut-être que ces petites imperfections ce n'est pas bien grave, qu'il faut faire confiance à nos autorités.
Alors regardez ce qui est arrivé, lors d'un test de pression en 1965, à une cuve semblable à cause d'une petite imperfection de 5 millimètres : elle était destinée à contenir des produits chimiques, et à être soumise, comme les cuves des réacteurs nucléaires à de fortes températures et pressions, rayonnements en moins.
Photo copiée de la Schweiz am Sonntag du dimanche 9 octobre
Un tel accident à Beznau nécessiterait l'évacuation de plus d'un million de personnes.
Pour arrêter à temps ces centrales vieillissantes votons OUI le 27 novembre à la sortie programmée de l'énergie nucléaire !
23/09/2015
Le Conseil des Etats décide de laisser poursuivre indéfiniment l'exploitation des centrales nucléaires suisses.
Il refuse aussi bien de prévoir leur arrêt à une date limite, qu'un concept d'exploitation dans la durée qui renforcerait la sécurité des vieilles centrales faute de quoi elles devraient être arrêtées.
Double danger :
D'un côté ces vieilles centrales aux multiples défauts font courir à la Suisse et à l'Europe des risques insupportables : Notre pays n'est pas entouré de vastes forêts comme Tchernobyl ou flanqué d'un océan comme Fukushima, où une bonne partie de la radioactivité pourrait se répandre. Un accident majeur rendrait inhabitable une bonne partie du plateau suisse !
D'un autre côté repousser aux calendes grecques l'arrêt des centrales nucléaires, ne permet pas à l'économie de planifier leur remplacement en investissant dans l'efficacité énergétique et dans les énergies renouvelables.
Le Conseil des Etats a même supprimé les déductions fiscales pour les assainissements énergétiques des bâtiments et les constructions de remplacement, provoquant les critiques de la Société Suisse des Entrepreneurs. On laisserait passer l'occasion de créer en Suisse des emplois de qualité !
Il appartiendra au nouveau Parlement de corriger ces décisions déplorables. Et aux électrices et électeurs d'effectuer leur choix d'ici au 18 octobre en tenant compte des engagements des candidats et ... des promesses de 2011 non tenues !
17/04/2015
Nucléaire à Jaitapur : Ils disent NON ! Projection d'un reportage en présence du réalisateur
L’Inde est un des seuls pays à persévérer avec des projets de centrales nucléaires. Malgré Tchernobyl, malgré Fukushima, New Delhi prévoit de construire à Jaitapur, en bord de mer entre Bombay et Goa, 6 réacteurs nucléaires EPR.
Ancien chercheur du programme nucléaire indien devenu donneur d’alerte, Pradeep Indulkar a réalisé un reportage sur la résistance des riverains. Venez voir son film Jaitapur live ! , écouter son récit et lui poser vos questions ! Entrée gratuite, chapeau à la sortie. Infos: 076 693 62 93 ou <email-pii>
Morat Jeudi 23 avril à 19h30 - Hôtel Murtenhof - Rathausgasse 1-3
Bulle Mercredi 29 avril 20h - Hôtel de ville - Grand-rue 7
Genève Mercredi 06 mai 19h30 - Grütli, fonction:cinéma. - Rue du Général Dufour 16
Martigny Vendredi 08 mai 19h30 - Salle du Vampire - Rue des Petits Epineys 7
Morges Mercredi 13 mai, 20h - Foyer Beausobre – Av. de Vertou, 2
Neuchâtel Lundi 18 mai, 20h Muséum d’histoire naturelle - Rue des Terreaux 14
01/09/2012
Je vous soumets un excellent article d'Olivier Cabanel faisant le point sur le nucléaire, paru sur le site Agoravox le 27 août 2012
Alors que les lobbys du nucléaire tentent de faire croire à une improbable relance de leur énergie favorite, l’Europe quitte, sur la pointe des pieds, un nucléaire de plus en plus contesté et contestable.
En effet, contrairement à une idée fausse et pourtant largement répandue, l’Europe n’est pas si nucléarisée qu’on veut le faire croire.
Du Portugal, à l’Irlande, en passant par l’Italie, la Grèce, l’Autriche, la Pologne, la Lituanie, la Lettonie, l’Estonie, Chypre et le Danemark, ce sont déjà 147 millions d’Européens qui ont tourné définitivement la page du nucléaire.
Viennent ensuite les pays qui ont prévu d’en sortir : l’Espagne, la Belgique, l’Allemagne, la Suède et la Suisse sont du nombre, ce qui représente 150 millions d’habitants.
Il ne reste donc que 204 millions d’européens à avoir encore recours « sans limites » à cette énergie dangereuse : la Grande Bretagne, la Bulgarie, la Roumanie, la Hongrie, la France, la Slovaquie, la Tchéquie, les Pays Bas, la Slovénie, et la Finlande, sauf que dans la majorité de ces Etats, les populations y sont majoritairement hostiles.
En France d’après un sondage IFOP, ils sont 77% dans ce cas, (lien) en Bulgarie, le gouvernement, sous la pression populaire, à abandonné en mars dernier, le projet de la centrale nucléaire de Belene (lien), et il faut remonter à 1991 pour trouver encore quelques pays à promouvoir cette énergie à hauts risques.
Comme l’écrivait Jacqueline Denis-Lempereur dans les colonnes de « Science & Vie », EDF avait alors la dette la plus importante au monde pour un organisme, ou une société, puisqu’elle atteignait près de 35 milliards d’euros (lien) et début 2010, elle avait dépassé les 42 milliards d’euros. lien
Sur les 27 pays que comporte l’Union Européenne, il ne reste donc plus aujourd’hui que 10 pays à imposer cette énergie dangereuse aux populations.
En Grande Bretagne, l’état, en refusant de subventionner les projets, bloque tout nouveau projet, prouvant par là que le nucléaire n’est pas rentable sans subventions.
Au Pays Bas, les néerlandais sont très inquiets au sujet de Fukushima, convaincus à 62% que la situation pourrait s’aggraver, les 2/3 de la population des Pays Bas pensant qu’une catastrophe du même type pourrait se produire dans l’un de leurs 2 réacteurs restants. lien
De la Tchéquie à la Slovaquie, en passant par la Hongrie, la Roumanie, et la Bulgarie, il ne reste plus que 16 réacteurs en fonctionnement, et 7 ont déjà étés arrêtés.
Enfin, en Finlande, au-delà des 4 réacteurs qui fonctionnent, l’EPR peine à finir : son budget initial de 3 milliards d’euros va atteindre les 7 milliards, la date de démarrage est constamment repoussée (lien) et l’inauguration prévue pour 2009 a été repoussé au-delà de 2014.
De plus les 4 milliards d’euros de dépassement financier seront à la charge intégrale de la France, ce qui ne va pas arranger la balance commerciale de ce pays. lien
Ajoutons pour la bonne bouche que les déboires du chantier se multiplient, et que la crédibilité d’AREVA ne cesse de plonger, tout comme le cours de ses actions, lesquelles ont perdu en 4 ans 85% de leur valeur.lien
Les découvertes récentes de fissures sur les cuves des réacteurs de Doel, en Belgique, fissures potentiellement existantes aussi en Allemagne, Espagne, Pays bas, Suède et Suisse ne sont pas de nature à améliorer la situation.
La France n’est pas épargnée, ni par les fissures, ni par les problèmes de plomberie, puisque l’ASN a pointé du doigt le 28 juin 2012 des problèmes concernant 118 pièces de robinetterie défaillantes, pour 31 centrales (lien) mais comme l’écrit avec humour Stéphane Lhomme dans sa revue de presse, « les fissures françaises sont meilleures que les fissures belges ». lien
A ceci s’ajoute un défaut sur les grappes de commande à Fessenheim : début juin 2012, sur les 48 grappes de commande, 8 posaient problème. lien
Revenons aux fissures, c’est grâce à un contrôle effectué en 2004 sur l’un des réacteurs de la centrale française du Tricastin, dont la cuve était zébrée de fissures horizontales (les plus dangereuses) que les exploitants belges ont découvert les 8000 probables fissures de la cuve du réacteur N°3 de Doel.
En attendant le redémarrage de ce réacteur n’est pas à l’ordre du jour, car il faudrait que l’exploitant prouve que ces défauts ne menacent pas l’intégrité du réacteur, ce qui semble un challenge compliqué, d’autant que dès septembre, c’est le réacteur de Tihange 2 (dont la cuve est du même constructeur) qui va être regardé de plus près. lien
Un rapport récent d’experts indépendants montre les insuffisances des tests de résistance, et Greenpeace a dressé la carte de l’éventuelle pollution en cas d’accident nucléaire en Europe.
On le voit, le nucléaire pose de plus en plus de problèmes en Europe…tout comme ailleurs.
A Fukushima, rien n’est réglé, bien au contraire, et l’on ne peut que s’inquiéter des bricolages de fortune réalisés pour protéger la piscine du N°4, laquelle a été recouverte d’une simple bâche de plastique. photo
Sur cette photo, on peut juger de l’état du bâtiment dévasté.
L’occasion d’évoquer l’étonnement des japonais, devant notre utilisation régulière du mot « Fukushima » : ils préfèrent parler du « 11 mars 2011 », car disent-ils fort justement, limiter la catastrophe à Fukushima n’est pas très cohérent, puisque la planète entière continue à être mise en danger.
D’ailleurs, n’utilisons-nous pas la date du 11 septembre plutôt que d’évoquer New York et la : « catastrophe des tours jumelles » ?
Nous sommes loin d’avoir fait le bilan de la catastrophe, puisque la centrale accidentée continue de cracher dans l’air, l’eau et la terre, des quantités effarantes de radioactivité, et il parait improbable que nous soyons à l’abri de cette pollution, à quelque endroit de la planète.
Yusutero Yamada, un ingénieur de 72 ans à la retraite a bouclé récemment une tournée aux USA, afin d’obtenir une intervention internationale, et que soit retiré à Tepco la mission de gérer la catastrophe. lien
La situation est en effet inquiétante, et elle continue de se dégrader. lien
Un homme qui travaillait sur le site vient d’y laisser sa vie, et malgré une dose cumulée de 25,24 millisieverts mesurée sur son corps, Tepco affirme qu’il n’y aurait pas de lien entre sa mort et la dose de radioactivité qu’il a reçu.
La piscine du réacteur N°4 est au cœur des préoccupations, puisqu’elle contient encore 264 tonnes de combustible nucléaire, et si la piscine venait à se vider, ou s’écrouler, la radioactivité dégagée représenterait 10 fois plus que celles produite par Tchernobyl. lien
Des rascasses pêchées au large de la centrale accidentée présentaient un niveau 258 fois supérieur à celui fixé par le gouvernement, soit 25 800 becquerels par Kg, battant le record mesuré sur du poisson de rivière dans le secteur de Fukushima (18 700 Bq/k).
Sans sourire, Tepco envisage de mesurer la radioactivité de profondeur dans l’Océan, en capturant crevettes ou crabes, afin de détecter l’origine de cette contamination. lien
Après l’apparition récente de mutations génétiques sur des papillons, suite à la catastrophe, nous ne sommes vraisemblablement pas à l’abri d’autres surprises et les chercheurs japonais à l’origine de cette découverte craignent maintenant que les êtres humains puissent bientôt en faire les frais. lien
Revenons à la piscine du N° 4.
Dans les colonnes du Nouvel Observateur, Vincent Jauvert, propose un dossier complet sur la question.
Robert Alvarez, Haut responsable de l’énergie sous Bill Clinton, a été l’un des premiers à tirer la sonnette d’alarme, affirmant : « si un tremblement de terre ou tout autre évènement venait à affecter cette piscine, il pourrait en résulter un incendie radiologique catastrophique, avec près de 10 fois la quantité de césium 137 qui s’est propagée à la suite de l’accident de Tchernobyl ».
Le physicien français, Louis Basdevant, a déclaré que cette piscine, positionnée à 30 mètres du sol, semble être maintenue en hauteur par les seules « forces de l’esprit », et que sa chute pourrait être 60 fois plus grave que la catastrophe du 11 mars ».
Hiroaki Koide, professeur à l’Institut de Recherche nucléaire universitaire de Kyoto, ne dit pas autre chose, assurant que « si le bassin du réacteur N° 4 s’effondrait, les émissions de matière radioactive seraient énormes : une estimation prudente donne une radioactivité équivalente à 5000 fois la bombe d’Hiroshima ». lien
C’est ce que confirme dans cette vidéo, Arnie Gundersen, ingénieur spécialisé dans le nucléaire, déclarant que les assemblages stockés dans la piscine du N° 4 pourraient prendre feu, avec les conséquences que l’on imagine.
Alors si aujourd’hui, ils sont de plus en plus nombreux ces pays à quitter le monde sans avenir du nucléaire, préférant se tourner vers des énergies propres et renouvelables, il n’en reste pas moins que, tant que le combustible de cette piscine n’aura pas été évacué, le monde entier restera sous la menace du pire accident nucléaire qu’ait jamais pu connaitre notre planète.
Comme disait un vieil ami hindou : « d’abord ils vous ignorent, puis se moquent de vous, vous combattent, et enfin, vous gagnez ».
L’image illustrant l’article provient de « journaldel’environnement.net »
01/07/2011
Après Fukushima, la plupart des gens souhaitent sortir progressivement du nucléaire.
On a vu ce que représente le « risque résiduel » : une centrale sur 100 finit par « crasher », libérant de la radioactivité et portant gravement atteinte à la santé des populations environnantes.
Ce risque, longtemps occulté, est inacceptable.
Mais la question qui revient sans cesse est : peut-on se passer du nucléaire ?
Au niveau mondial, c'est évident: les centrales nucléaires fournissent à peine plus que 2% de l'énergie utile. Insignifiant ! Mais chez nous en Suisse?
Rappelons quelques faits : le nucléaire fournit dans notre pays environ 40% de l'électricité consommée, donc environ 10% de toute l'énergie.
Mais on peut constater qu'au moins 40% de l'électricité que nous consommons est gaspillée et pourrait être économisée en utilisant de meilleurs appareils et de meilleures techniques, déjà disponibles aujourd'hui...
Réduire le gaspillage
S.A.F.E, l'Agence Suisse pour l’efficacité énergétique, a actualisé dernièrement une étude qui montre que, d'ici à 2035, on peut économiser annuellement 26 TWh d'électricité, autant que la production de nos 5 centrales nucléaires. Ces économies sont réalisables dans de très nombreux secteurs:
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5,6 TWh pour les appareils et l'éclairage dans les logements;
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5,1 TWh pour les installations techniques et l'éclairage dans les services, le commerce et l'industrie;
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1,9 TWh pour les appareils de bureau, technologies de l'information et de la communication;
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7,8 TWh pour les utilisations industrielles et artisanales (dont 75% pour des moteurs);
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5 TWh pour les chauffages et la production d'eau chaude sanitaire électriques...
Vous pouvez en trouver le détail sous http://www.efficace.ch en ouvrant la fiche d'information et le tableau du « potentiel d'économie d'électricité 2035 ».
Agir dès aujourd'hui
Mais quelles mesures prendre pour que ces économies ne restent pas seulement « potentielles », mais qu'elles deviennent réelles, qu'on gaspille moins d'énergie en Suisse?
Voilà quelques pistes que le Conseil national a déjà demandé au gouvernement de suivre:
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interdire la vente de tous les appareils électriques de mauvaises qualité énergétique, qui gaspillent énormément d'électricité;
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remplacer les chauffages électriques par des chauffages aux pellets ou par des pompes à chaleur;
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chauffer au moins une partie de l'eau chaude sanitaire par des énergies renouvelables, notamment des panneaux solaires thermiques...
Investir pour économiser
Certaines de ces mesures, sont très rapidement rentables: Des appareils qui consomment moins d'énergie sont plus chers, mais en quelques années les économies réalisées sur les factures d'électricité dépassent le surplus du prix d'achat. Interdire la vente des appareils les plus énergivores est donc un service que les autorités peuvent rendre aux consommateurs.
D'autres mesures, par contre, nécessitent de nombreuses années pour être amorties. Des aides et des mesures d'encouragement s'imposent. C'est le cas, par exemple, pour le remplacement des chauffages électriques directs, avant de les interdire à terme.
Il est important que le Parlement qui sortira des urnes cet automne, comporte une majorité prête à agir dans ce sens.
Agir aussi individuellement
Mais l'encouragement des meilleures techniques ne servira à rien en l'absence d'une prise de conscience qu'il faut éviter les gaspillages:
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Acheter un téléviseur qui consomme moins est inutile si, prétextant qu'il est économe, on le laisse allumé du matin au soir...
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Avoir une maison bien isolée, mais laisser les fenêtres tout le temps ouvertes parce qu'il fait trop chaud, à cause d'un mauvais réglage, annule les économies...
Bref, le potentiel des économies d'énergies est là. Les réaliser permettrait non seulement de « sortir du nucléaire », mais aussi d'économiser à terme des milliards de francs.
A nous de prendre les bonnes mesures législatives et individuelles pour concrétiser ce potentiel ces prochaines années!
08/06/2011
Encore hier l’Agence de la Sûreté Nucléaire japonaise a révélé qu’elle double l'évaluation de la quantité de matières radioactives rejetées dans l’air pendant les premiers jours de la catastrophe de Fukushima Daiichi.
Nous savons tous aujourd'hui ce que signifie « risque résiduel » lorsqu'il concerne le nucléaire: au moins une centrale sur 100 crashe !
Seriez-vous prêts à partir en voyage en avion si vous saviez qu'un avion sur 100 s'écrase? Sûrement pas.
Les votes de ce matin du Conseil national pour ne plus admettre la construction de nouvelles centrales nucléaires en Suisse se justifient donc entièrement, mais il faut maintenant prendre des décisions pour pouvoir se passer de l'électricité d'origine nucléaire dans des délais raisonnables.
Il ne faut surtout pas attendre, pas besoin d'études complémentaires.
De nombreuses études, et les réalisations chez nous et dans d'autres pays, montrent clairement qu'en investissant les dizaines de milliards qui étaient prévus pour construire de nouvelles centrales nucléaires dans l'efficacité et les renouvelables nous pouvons disposer de toute l'électricité nécessaire: en limitant les gaspillages et en améliorant l'efficacité énergétique, on peut réaliser des économies équivalant à la production des centrales nucléaires suisses. Le potentiel d'augmentation de l'électricité renouvelable équivaut, lui aussi à la production de nos centrales nucléaires.
On verra ces prochaines heures si le Conseil national prendra sans atermoiements les bonnes décisions. Approuvera toutes les motions et les postulats qui nous permettrons d'atteindre ce but. Elles proviennent de tous les partis.
En particulier: que ce soit pour ôter le couvercle qui bloque la réalisation d'installations pour produire du courent vert (motions Häberli-Koller, Baümle, van Singer,) ou pour améliorer l'efficacité énergétique (motions Teuscher, Noser, Geri Müller, Nordmann...), pour remplacer les chauffages électriques (motions Grunder) pour simplifier les procédures d'autorisation (motion Cathomas) ou encore pour renforcer la recherche énergétique (motions Maire, Riklin)...
Espérons que le Parlement dépasse les clivages partisans et accepte les bonnes propositions indépendamment de leur provenance.
19/05/2011
L'initiative populaire « Sortir du nucléaire » : indispensable pour sortir la politique énergétique suisse de l'impasse!
Il y a 20 ans la Suisse était pionnière dans le domaine des énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique.
Aujourd'hui notre pays est à la traine:
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En 1990 par exemple, on produisait en Suisse 10 fois plus d'électricité solaire par personne qu'en Allemagne, aujourd'hui 17 fois moins.
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Et en un jour et demi, on installe chez notre voisin du nord autant de panneaux photovoltaïques que chez nous en une année!
Et on peut multiplier les exemples pour illustrer notre retard:
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la Suisse a 22 fois moins d'éolien par habitant et 6 x moins de panneaux solaires thermiques que l'Autriche...
Les causes de cette situation sont claires: le lobby nucléaire et le Conseil fédéral n'ont pas réussi à construire de centrale nucléaire après Tchernobyl, mais malheureusement ils ont réussi à freiner l'essor des énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique.
Le rachat du courant vert, a débuté en Suisse avec 10 ans de retard et assorti de limites et d'un système bureaucratique qui paralysent le système:
Près de 8000 installations attendent une décision positive de Swissgrid.
Aussi longtemps que le lobby nucléaire gardera l'espoir de construire des centrales atomiques, il freinera l'évolution de la politique énergétique suisse.
Après Tchernobyl ils ont dit, c'est un problème « soviétique », après Fukushima, ils commencent déjà à dire, c'est un problème typiquement japonais, impossible qu'un tel accident se produise chez nous.
Evitons que dans quelques années, après le prochain accident, le monde entier dise: c'est typiquement suisse; que voulez-vous ils étaient tellement sûrs d'être les meilleurs, que rien ne peut leur arriver, qu'ils ont refusé de voir le vieillissement et les défauts de leurs centrales nucléaires...
C'est pour exclure cette éventualité, une catastrophe dont la Suisse ne se relèverait pas, mais aussi et surtout pour que notre pays fasse enfin le choix des renouvelables et de l'efficacité énergétique, meilleures aussi bien pour l'environnement et pour la sécurité des habitants, que pour l'économie, que je m'engage avec les Verts et tout le mouvement antinucléaire pour la réussite de l'initiative
« pour la sortie programmée de l'énergie nucléaire »:
Mühleberg doit être arrêtée immédiatement, Beznau 1 et 2 dans les années qui viennent, Leibstatdt et Gosgen avant 2029!
La récolte des signatures commencera ce dimanche 22 mai à l'occasion de la marche « STOP au nucléaire » en Argovie. Départs des principales gares de Suisse romande, inscriptions encore possibles pour obtenir un billet au tarif préférentiel sur www.sortirdunucleaire.ch
02/04/2011
Depuis 3 semaines, on m'interpelle fréquemment sur Fukushima.
Les questions le plus souvent posées sont les suivantes:
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Pourquoi, avec toute l'eau qu'on verse sur les centrales, on n'arrive pas à arrêter le dégagement de radioactivité et de chaleur? Que se passe-t-il au juste dans ces centrales?
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Mais alors, il n'y a pas que les centrales soviétiques qui sont dangereuses? Nos centrales nucléaires, ne sont-elles pas sûres?
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Y-a-t-il beaucoup de radioactivité qui se répand dans l'environnement? Quels sont les risques pour la santé?Probablement vous êtes nombreux à vous poser ces mêmes questions, je vais donc essayer d'y répondre succinctement dans cet billet.
1. Quand on parle d'une fusion qui n'est pas une fusion nucléaire,
mais une fonte des barres de combustible
Lors d'un arrêt d'urgence:
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Les barres métalliques et l'eau borée, qu'on introduit dans le coeur de la centrale, ont pour effet de stopper la fission en chaîne de l'uranium, provoquée par des neutrons ralentis
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Mais les produits de fission – les déchets radioactifs donc - déjà présents dans le combustible, continuent leurs réactions radioactives et continuent donc à dégager de la chaleur.
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Il est indispensable que des génératrices « de secours » fournissent du courant pour faire circuler l'eau pour le refroidissement.
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Si cette chaleur n'est pas évacuée normalement, les barres de combustibles surchauffent. Et les gaines risquent de fondre.
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L'eau réagit avec les gaines en zirconium des barres surchauffées et il se dégage de l'hydrogène.
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La pression monte.
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Si l'on évacue la vapeur pour faire baisser la pression, l'hydrogène peut provoquer des explosions.
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Si les barres de combustible sont déjà abimées, des isotopes radioactifs sont aussi libérés dans l'environnement.
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Explosions, températures élevées, corrosion... l'enceinte du réacteur peut perdre son étanchéité. Matériaux radioactifs se répandent alors aux environs.
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Barres et combustible en fusion – il s'agit donc de métaux fondus, pas de fusion nucléaire- coulent au fond de la centrale,
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avec le risque de percer l'enceinte, entrer en contact avec d'autres matériaux et provoquer une très forte explosion -classique- provoquant la contamination radioactive de vastes territoires.
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Il y a même un risque, heureusement très faible, que dans ce coeur fondu, appelé corium, une réaction nucléaire s'enclenche, la masse critique étant atteinte, il y aurait alors une véritable explosion nucléaire.
A Fukushima, tous ces événements, sauf les k) et l), se sont produits, de manière plus ou moins accentuée dans les réacteurs numéros 1 à 3. Dans le réacteur numéro 4, qui était à l'arrêt lors du tsunami, c'est la piscine où était stocké le combustible usagé qui n'a plus était refroidie, l'eau s'est évaporé, les barres ont surchauffé et...
Des centaines de pompiers, de techniciens et d'ingénieurs, sont engagés sur place, au détriment de leur santé, pour refroidir ces réacteurs et éviter le pire, c'est-à-dire les événements k) et l). Mais pendant plusieurs semaines, voire des mois, la situation restera critique.
L'eau déversée sur les centrales lessive des éléments radioactifs dans la mer.
Le vent qui soufflait vers l'océan au début, mais dans d'autres directions par la suite, propage au loin iode et césium radioactifs, et tout un cocktails d'autres isotopes aussi sympathiques que le plutonium, dont l'inhalation d'un seul milligramme induit à terme, presque à coup sûr, un cancer...
Au gré des vents, de la neige et des pluies qui diffusent et précipitent les éléments radioactifs, des territoires sont contaminés bien au delà des 20 Km évacués et des 30 Km, où les gens sont sensés rester barricadés chez eux depuis 3 semaines, L'eau potable, le lait, les produits de la terre sont contaminés...
2. Toute centrale nucléaire représente un danger inacceptable,
qu'elle soit de technologie soviétique ou occidentale
Le lobby nucléaire affirmait, à raison, que l'accident de Tchernobyl était moins une défaillance du nucléaire, que du système soviétique dont il a précipité la chute.
Cette explication ne s'applique pas au Japon, nation démocratique à la pointe de la technique. Ses centrales ressemblent aux nôtres: comme en Suisse, le 1er confinement des réacteurs est en acier et entouré d'une couche de béton épaisse un mètre... A l'évidence, dans des installations aussi complexes, les enchaînements susceptibles d'aboutir à des accidents majeurs sont multiples et imprévisibles. Par exemple, en 2006 en Suède, dans la centrale de Forsmark, une panne de courant, suivie de la défaillance des 4 génératrices de secours, a privé de refroidissement le réacteur pendant 23 minutes. Selon le rapport de l'organisme de sureté suédois on a réussi enfin à faire redémarrer manuellement 2 des génératrices, 7 minutes de plus et la situation aurait été gravissime...
A Fukushima, tout le monde peut constater que la sûreté des centrales nucléaires, même de conception occidentale, ne peut être garantie à 100%.
Et les conséquences d'un accident majeur seraient catastrophiques pour la Suisse. Un rapport officiel de la Confédération1 les a évaluées: plus de 900'000 personnes à évacuer, plus de 4000 milliards de dégâts...
Il n'y aurait même pas l'espoir, comme au Japon, que le vent pousse la radioactivité vers la mer. En moyenne, deux jours sur trois le vent souffle en direction des grandes villes suisse-allemandes, un jour sur trois la bise souffle en direction de la Romandie!
3. Quels sont les effets de la radioactivité « s'échappant » de Fukushima?
Des millions de personnes sont à la merci de la radioactivité !2
Depuis le 12 mars dernier, les habitants des zones contaminée subissent l’impact des rejets radioactifs de FUKUSHIMA DAIICHI.
Toutes les voies d’exposition se cumulent :
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Exposition aux rayonnements qu’émettent les aérosols et les gaz radioactifs que les vents transportent vers les zones habitées, celles de la Préfecture de Fukushima, mais aussi bien au‐delà de la ville de Sendai, à 100 km au nord et bien au‐delà de Tokyo à 230 km au sud.
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Exposition aux rayonnements émis par les produits radioactifs qui retombent progressivement au sol (du fait de la gravitation, des pluies et de la neige) et s’accumulent sur les surfaces ; Les débits de dose sont multipliés par 10 à bien plus de 100 km de la centrale nucléaire, par 100 à quelques 60 ou 70 km de distance et dans un périmètre d’une cinquantaine de kilomètres certaines valeurs dépassent de 1 000 fois le niveau normal. Il s’agit là de zones où les populations n’ont été ni évacuées, ni confinées.
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Contamination externe à cause du dépôt des particules radioactives sur la peau et les cheveux (une contamination qui peut très facilement se transformer en contamination interne si la peau comporte des blessures ou de simples microlésions; si les doigts sont portés à la bouche, au nez; si la personne manipule des aliments sans s’être lavé les mains; si les aérosols déposés sur les cheveux sont remis en suspension et inhalés…).
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Contamination interne par INHALATION des aérosols et gaz radioactifs présents dans l’air : parce que l’on ne peut pas s’arrêter de respirer, parce que les simples masques à poussières portés par la population ne procurent AUCUNE PROTECTION contre les iodes radioactifs gazeux dont l’air est chargé ; parce que le confinement à l’intérieur des bâtiments est une mesure de COURT TERME qui n’aurait jamais dû être prolongée sur plus de 15 jours : soit les personnes s’asphyxient parce que le confinement fonctionne, soit il est imparfait, et elles sont alors approvisionnées en oxygène ET en produits radioactifs !
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Contamination interne par INGESTION d’eau et d’aliments contaminés : parce que le contrôle des aliments à risque a commencé de façon tardive ; parce que ne sont retirés de la consommation que les aliments dont le taux de radioactivité dépasse les normes.
Il faut surtout comprendre que même les faibles doses de radioactivité ont un effet. On peut comparer la situation à celle d'une troupe qui doit traverser un champ de mines. S'il y a beaucoup de mines, le risque que plusieurs soldats meurent ou soient blessés est grand. S'il y a peu de mines le risque est faible, mais pour le soldat qui saute sur une mine les conséquences sont terribles. Il en va de même avec la radioactivité. S'il y a peu de particules radioactives, peu de risques d'en ingérer ou d'en respirer une. Mais pour les personnes atteintes les conséquences peuvent être létales.
Pour avoir une information indépendante dans ce domaine, vous pouvez consulter le site www.criirad.org