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Au 9ème siècle avant J.-C., des Magdaléniens venus des rives du lac du Bourget se sont abrités dans les grottes, aujourd’hui disparues, du pied du Salève. Les siècles passant, Allobroges et Romains s’établirent dans la région et y furent massacrés lors des invasions alémanes. Au 5ème siècle après J-C., la forêt de Pinchat, domaine royal burgonde, fournissait le bois nécessaire à l’entretien et au chauffage du palais de Gondebaub à Carouge.
Le Moyen Age fut fort mouvementé en cette région. Au temps de la Réforme, en marge des guerres entre Genève et le duc de Savoie, il y eut, le 22 juillet 1589, une bataille à Pinchat où 600 Genevois mirent en fuite 6’000 hommes d’armes, mercenaires du duc, dont la garde milanaise, vêtue de pourpre et casquée d’or, armures certes belles et étincelantes, mais certainement fort chaudes en période de canicule. Veyrier, terre de Savoie, subit les contrecoups de la guerre de succession entre la France et l’Espagne et voit défiler au cours des ans Français, Espagnols et Sardes.
Sous les régimes bonapartiste puis napoléonien, la commune de Veyrier est annexée à la France, occupée par les Autrichiens qui détruisent le pont de Sierne, construit depuis peu (avant il n’y avait qu’un bac). Au traité de Vienne, en 1815, Talleyrand a dit : «Il y a l’Europe et Genève.» Gageons qu’au traité de Turin, en 1816, il fut fort question de Veyrier, puisque c’est alors que fut dessinée la frontière qui scinda la commune en deux.
Devenu terre genevoise, le village est relié à Genève-Rive, dès 1896, par un tramway à vapeur. Mais, en 1892, Veyrier était déjà l’une des gares de départ du premier chemin de fer électrique et à crémaillère du monde, qui emmenait les voyageurs jusqu’au sommet du Salève.
En 1924, les armes de la famille éteinte « de Veyrier » sont devenues les armoiries de la commune. Bourgeois de Genève, dès le XVe siècle, on trouve des « de Veyrier » membres du Conseil, puis syndics de Genève. Les bandes vertes et jaunes des armoiries symbolisent les prés et les bois alternant avec les blés mûrs.
Veyrier, c’est maintenant une commune en pleine expansion. Ayant quelque 800 habitants au début du siècle, elle en compte aujourd’hui plus de 11’000. Le village vivait autrefois de l’exploitation des carrières du Salève et des domaines agricoles. Aujourd’hui, il subsiste quelques maraîchers et agriculteurs, grâce à l’assainissement de la région des marais où les serres ont remplacé les joncs et les carpières.
Demeurée rurale jusqu’au milieu du XXe siècle, la commune de Veyrier est aujourd’hui essentiellement résidentielle. Elle préserve toutefois sa vocation agricole, puisqu’environ un tiers de sa surface est réservée aux grandes cultures, aux cultures maraîchères et à la vigne. La commune ne compte que quelques entreprises artisanales et enregistre de ce fait un important déficit en nombre d’emplois.
Le village, blotti autour de son église depuis le Moyen Age, a gardé son cachet de petit bourg, avec son château du 18ème, ses commerçants, artisans, ses cafés campagnards et ses restaurants de bonne renommée.
La grande fête de Veyrier se célèbre en septembre : c’est la Vogue, qui se situe le week-end le plus proche de la Saint-Maurice (22 septembre), patron de l’Église catholique. A cette occasion a lieu un concours de tir au fusil, type mousqueton 1911, réservé aux hommes habitant la commune ou qui en sont originaires. Celui qui place le tir le plus centré est couronné roi du tir.