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Salomé. Préface de Charles Méla, introduction de Sylviane Messerli, 2008
Un drame biblique par un poète mis au ban de l’Angleterre victorienne
La tête de Jean Baptiste contre une danse érotique, un écrivain homosexuel condamné peu après à deux ans de travaux forcés pour outrages publics à la pudeur : la pièce en un acte d’Oscar Wilde avait de quoi scandaliser la société victorienne. La représentation préparée par Sarah Bernhardt fut interdite en Angleterre ! Illustrée par Aubrey Beardsley, mise en musique par Richard Strauss, Salomé rassemble des artistes reconnus et distille encore un parfum sulfureux.
L’autographe publié en fac-similé est l’état le plus ancien du texte rédigé en français par le poète irlandais. Ces pages, dont Wilde pourra dire : « Si le cahier n’avait pas été là sur la table, je n’aurais jamais songé à faire une chose pareille », témoignent d’un moment unique – fragile et émouvant – de la création littéraire. Elles sont accompagnées de l’édition originale de la version française (publiée en 1893) dédicacée ici à Paul Verlaine, que l’auteur considère comme son alter ego, puis de la traduction anglaise (publiée en 1894) entreprise avec Alfred Douglas, l’ami intime de Wilde, et rehaussée par les dessins de Beardsley.