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Une récente étude révèle que des souris qui expriment des excès du précurseur de la protéine b-amyloïde (b-APP) manifestent des signes de perte de mémoire sans pour autant avoir formé des plaques séniles. Ces plaques, qui sont constituées d'agglomérations anormales de la b-amyloïde, ne se développant pas chez ces souris, «elles ne sont pas nécessaires aux dysfonctionnements cognitifs liés à l'APP», conclut un chercheur impliqué dans cette expérience, Linda Higgins, de la société pharmaceutique Scios Inc., à Sunnyvale, en Californie (Etats-Unis) (Lancet 2001 ; 358 : 1879).Higgins et ses collègues ont fabriqué des souris transgéniques qui expriment la protéine humaine b-APP normale. Ces souris développent de petits dépôts amyloïdes éparpillés dans l'hippocampe, l'amygdale et le cortex, mais n'exhibent pas de plaques amyloïdes. Les scientifiques ont testé les souris transgéniques, ainsi que des souris normales, dans la «piscine de Morris» et dans des «arènes sèches» spécifiquement conçues pour tester leurs fonctions d'apprentissage et de mémoire spatiale.Ils ont trouvé que les déficiences dans l'apprentissage, le traitement et le rappel de l'information dans les tests effectués dans la piscine de Morris varient en fonction de l'âge chez les souris normales comme chez les souris transgéniques (Proc Natl Acad Sci 2001 ; 98 : 14675-80). Toutefois, les souris transgéniques obtiennent des scores significativement plus mauvais que les souris normales dès l'âge de trois mois. Cette déficience est plus marquée à six mois et à deux ans. Aucune souris n'a exprimé de déficit lors des tests réalisés dans l'arène sèche, ce qui suggère que l'expression exacerbée de b-APP entraîne des déficits cognitifs qui n'affectent que certaines formes d'apprentissage spatial.Selon les expérimentateurs, cette étude démontre que la formation de plaques séniles n'est pas une condition nécessaire pour endommager la mémoire des souris transgéniques qui expriment la b-APP humaine (Med Hyg 2001 ; 59 : 593). Alors que les plaques séniles permettent de diagnostiquer la maladie d'Alzheimer, les rôles de l'amyloïde soluble, intracellulaire et en plaques dans les manifestations cliniques de la maladie d'Alzheimer font l'objet de controverses. «Il est raisonnable de penser que n'importe laquelle de ces différentes formes est susceptible de suffisamment perturber le traitement de l'information pour endommager les fonctions d'apprentissage et de mémoire», estime toutefois David Morgan, de l'Université de Floride du Sud, à Tampa (Etats-Unis).«Le faisceau de preuves grandit pour indiquer que la présence de plaques de b-APP n'est pas un facteur causal nécessaire au dysfonctionnement dans les modèles disponibles de la maladie d'Alzheimer», commente Christophe Janus, de l'Université de Toronto (Canada). «A l'avenir, les études devraient éclairer la façon dont ce modèle aide à cerner le rôle de diverses formes de b-APP dans la cognition et sur leur pertinence dans les modèles comportementaux de la maladie d'Alzheimer», ajoute-t-il.