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L'Institut suisse des produits thérapeutiques précise avoir examiné cette demande d’extension, déposée le 7 mai dernier par Pfizer, dans le cadre d’une procédure évolutive rapide.
Une adolescente de 14 ans vaccinée en Roumanie. [EPA/Robert Ghement - Keystone]Les adolescents qui ont participé l'essai clinique ont reçu la même dose que les adultes. La réaction immunitaire qu’ils ont développée était comparable à celle des participants plus âgés à l’essai, qui avaient entre 16 et 25 ans. Comme pour les personnes de plus de 16 ans, il faut administrer deux doses du vaccin.
Effets secondaires identiques
Quant aux effets secondaires observés chez les adolescents, ils correspondaient eux aussi à ceux déclarés lors des essais cliniques pour les 16-25 ans et les adultes. Les plus fréquents étaient des douleurs à l'endroit de l'injection, une fatigue générale, des maux de tête, des frissons, des courbatures, de la fièvre et des douleurs articulaires.
Ces effets indésirables, qui peuvent être plus marqués après l’administration de la seconde dose, disparaissaient en règle générale un à trois jours plus tard.
Utile à la collectivité?
Vacciner les adolescent serait donc très efficace. Mais est-ce véritablement utile? Oui, selon le vice-président de la task force Covid Urs Karrer. Selon lui, la vaccination des enfants est parfaitement raisonnable. Elle permettrait d'abord de renforcer l'immunité collective, mais aussi "d'éviter l'arrivée de centaines d'enfants aux soins intensifs dans les deux ans à venir", avait-il affirmé lors d'une récente conférence de presse à Berne.
Je comprends pourquoi certains pays voudraient vacciner les enfants ou adolescents. Mais je les exhorte à reconsidérer leur décision et faire don de ces doses au mécanisme Covax
Mais certains spécialistes en doutent, comme Christiane Eberhardt, médecin adjointe au centre de vaccinologie des HUG: "Au niveau individuel, ce vaccin est efficace pour protéger les enfants. Au niveau collectif, on a vu en Israël que, si l'on vaccine la population adulte, cela fait descendre non seulement les infections chez les adultes, mais aussi chez les enfants non vaccinés. Donc la vaccination de l'enfant devient moins importante".
Privilégier à Covax
Outre son effet dérisoire au niveau global, la vaccination des enfants interroge sur la solidarité envers les pays qui manquent de doses pour protéger les personnes vulnérables. Le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) Tedros Adhanom Ghebreyesus avait appelé, il y a plusieurs semaines, à vacciner les adultes des pays les plus pauvres avant les enfants des pays les plus riches.
"Je comprends pourquoi certains pays voudraient vacciner les enfants ou adolescents. Mais je les exhorte à reconsidérer leur décision et faire don de ces doses au mécanisme Covax. Car dans les pays à faibles revenus ou revenu intermédiaires, le stock de vaccin n’est pas suffisant pour immuniser le personnel soignant et les hôpitaux sont surchargés", a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus.
Interrogée à ce sujet, Virginie Masserey, cheffe de la section Contrôle de l’infection et programme de vaccination à l'OFSP, répond: "C'est une question qui peut se poser, mais on ne parle pas de grandes quantité de vaccins. En Suisse les adolescents entre 12 et 15 ans sont environ 330'000. Donc ce n’est pas ça qui va faire une grande différence", estime-t-elle.
Protection individuelle ou collective, la question de savoir à qui profite vraiment ces doses est devenue centrale aujourd'hui.
Christophe Ungar/fme/vkiss/ats
>> Voir aussi la réaction du médecin cantonal neuchâtelois Claude-François Robert dans le 19h30: