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Dans Traverse
Cette étude, issue d’une thèse de doctorat, analyse la politique financière fédérale, depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale jusqu’à l’introduction d’une base constitutionnelle pour les recettes ordinaires de la Confédération, en 1958. La période étudiée est importante, parce que le régime financier qui y est âprement débattu, puis finalement concrétisé, sera maintenu dans ses grandes lignes jusqu’en 1993, date où l’Impôt sur le chiffre d’affaires (ICHA) est remplacé par la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA). L’ouvrage montre de manière approfondie comment ce régime financier a été forgé à l’épreuve des rapports de forces sociaux et politiques de l’après-guerre. Une telle démonstration repose sur le recours à un riche matériau empirique (archives du Conseil fédéral et de l’administration, des commissions parlementaires, de nombreux partis et associations engagés sur les questions fiscales), mis au service d’un récit historique fluide et bien structuré. Ce travail apporte ainsi un prolongement majeur à l’étude pionnière de Jakob Tanner (Bundeshaushalt, Währung und Kriegswirtschaft, 1986), dévolue à la politique financière de la Confédération durant le deuxième conflit mondial.
Olivier Longchamp montre en particulier comment les milieux patronaux et les secteurs de la droite liés à ces derniers ont réussi à imposer, dans l’après-guerre, une politique financière libérale. Cette réussite est d’autant plus remarquable que cette période est connue, au contraire, comme celle du développement, en Europe occidentale, d’un modèle d’État social financé par une imposition progressive. Le cas helvétique est, à l’inverse, fondé sur une croissance fortement contenue des dépenses de l'État et sur le maintien d’une imposition directe modeste au plan fédéral. Ainsi, les dépenses de la Conf&