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Le Conseil fédéral a rejeté mercredi deux initiatives populaires antinucléaires. Dans son projet de loi, qui fait office de contre-projet, le gouvernement fait toutefois quelques concessions aux opposants.Ce contenu a été publié le 28 février 2001 - 17:43
Deux initiatives issues des écologistes et de la gauche sont pendantes. La plus radicale, intitulée «Sortir du nucléaire», demande que les cinq centrales nucléaires suisses soient graduellement mises hors service d'ici à 2014.
Le second texte va moins loin. «Moratoire-plus», propose que le moratoire sur la construction de nouvelles centrales, adopté par le peuple en 1990, soit prolongé de dix ans.
Le Conseil fédéral reconnaît qu'il serait techniquement envisageable de sortir du nucléaire. Cependant, deux raisons le poussent à poursuivre dans la voie du nucléaire et, par conséquent, à recommander le rejet des deux initiatives.
D'abord, l'énergie nucléaire devrait être remplacée par d'autres types d'énergie, comme le pétrole ou le charbon. Or, ces solutions iraient à l'encontre de l'obligation légale d'abaisser les émissions de gaz carbonique (CO2) et auraient des conséquences néfastes pour l'économie.
Ensuite, l'abandon du nucléaire coûterait très cher. Selon une étude commandée par l'Office fédéral de l'énergie, l'abandon du nucléaire provoquerait une perte d'un milliard de francs par an pendant plusieurs années et augmenterait de 20% le prix de l'électricité.
La prolongation du moratoire serait un peu moins ruineuse. Les pertes annuelles seraient de 300 millions si la durée d'exploitation était limitée à 40 ans et de 130 millions avec une limite fixée à 50 ans.
Fort de ces considérations, le gouvernement maintient donc l'option nucléaire dans son avant-projet de la Loi sur l'énergie nucléaire (LENu). Il renonce de plus à limiter la durée d'exploitation des centrales.
Le Conseil fédéral fait cependant quelques pas en directions des initiants. Il propose d'abord que la mise en service de toute nouvelle centrale soit soumise à un referendum facultatif. Ensuite, il entend aussi imposer l'interdiction du retraitement des combustibles usés et des exportations qui lui sont liées.
Quant aux déchets, le gouvernement prévoit un concept de «stockage géologique durable sous contrôle». En clair, les déchets seraient abrités durant des centaines d'années dans des endroits sûrs, mais accessibles. Ce système allie donc le stockage final cher aux milieux atomiques et la possibilité de récupérer des déchets exigée par les défenseurs de la protection de l'environnement.
En résumé, dans ce dossier nucléaire, le Conseil fédéral ménage la chèvre et le chou. Contrairement à l'Allemagne, il ne prévoit pas de sortir du nucléaire et ainsi de sacrifier l'économie sur l'autel de l'écologie. D'un autre côté, il ne ménage pas ses efforts, afin de calmer l'inquiétude d'une partie de la population.
Olivier Pauchard
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