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La justice administrative égyptienne a annoncé mardi avoir décidé de suspendre la commission chargée de rédiger la future Constitution, dominée par les islamistes et boycottée par les libéraux. Le tribunal du Caire n'a pas expliqué dans l'immédiat les raisons de sa décision.
Un recours avait été déposé auprès de la justice administrative par des juristes et des partis politiques libéraux. Ils accusaient le Parlement, qui a formé cette commission, d'avoir abusé de ses prérogatives.
La commission, formée de 100 personnes désignées fin mars par le Parlement, est principalement composée de membres des Frères musulmans et de fondamentalistes salafistes, très largement majoritaires parmi les députés et sénateurs.
Caution aux islamistes
Les partis laïques se sont retirés de cette commission, estimant que leur présence ne faisait que servir de caution aux islamistes pour la rédaction d'une loi fondamentale reflétant leurs options politico-religieuses. La prestigieuse institution islamique sunnite d'Al-Azhar et l'église copte orthodoxe d'Egypte ont aussi décidé de la boycotter.
Les islamistes estiment que cette commission doit refléter la composition d'un Parlement élu au suffrage universel, où les Frères musulmans ont près de la moitié des sièges et les salafistes près d'un quart.
Les laïques réclament en revanche une commission plus équilibrée, redoutant que la mainmise des islamistes n'aboutisse notamment au renforcement de la référence à la charia (loi islamique) dans la législation. La commission constituante a en principe six mois maximum pour rédiger une loi fondamentale, qui doit être soumise à référendum.
ATS