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Les partisans du texte demandent une "réorientation" des subventions vers une production alimentaire "durable et sans pesticides".
"Depuis des décennies", "des milliards d'argent public" sont utilisés pour promouvoir une production alimentaire dépendante des pesticides, du fourrage importé et des antibiotiques, ont déploré les initiants, réunis à la ferme biologique Farngut à Grossaffoltern (BE). Selon eux, la politique agricole de la Suisse cause "des dommages environnementaux considérables" et "pollue l'eau potable".
"Un million de personnes consomment actuellement de l'eau potable contaminée par des pesticides, dont la valeur dépasse jusqu'à 20 fois la limite maximale autorisée", a déclaré Roman Wiget, représentant de la Fédération des distributeurs d'eau Lac de Constance-Rhin (AWBR), cité dans le communiqué.
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Les niveaux de nitrates sont également très élevés sur l'ensemble du Plateau suisse, a averti Martin Würsten, ex-chef de l'Office de l'environnement du canton de Soleure et initiateur de l'association professionnelle 4aqua.
"Même en dessous de la limite", la présence de nitrates dans l'eau potable "augmente le risque de cancer de l'intestin". "Il est donc nécessaire de prendre des mesures au niveau du principal pollueur, l'agriculture", a-t-il appuyé.
Critères écologiques à respecter
Pour ce faire, le comité d'initiative, "soutenu par des agriculteurs, des entrepreneurs et des scientifiques", demande que "les subventions soient réorientées vers une production alimentaire durable et sans pesticides".
En clair, si l'initiative fédérale "Pour une eau potable propre et une alimentation saine" devait être acceptée, les agriculteurs ne pourraient toucher de paiements directs qu'à la condition de respecter des exigences écologiques. Parmi lesquelles la préservation de la biodiversité, une production sans pesticides et des animaux nourris avec le fourrage produit dans l'exploitation.
Les initiants s'attaquent aussi à l'utilisation préventive d'antibiotiques, qui augmente les résistances à ces traitement. Ils souhaitent par conséquent que les subventions soient coupées aux paysans administrant préventivement ou régulièrement des antibiotiques à leurs animaux. L'octroi d'autres aides (recherche, formation, investissement) dépendrait des mêmes conditions.
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Production animale dans le viseur
Dans le détail, selon les initiants, 82% des quelque 3,5 milliards de subventions annuelles vont à la production animale, "particulièrement néfaste pour le climat". Pour eux, "l'argent des contribuables devrait soutenir une agriculture durable sans pesticides", le savoir-faire pour une telle production étant disponible depuis longtemps.
Pour le chercheur et climatologue Thomas Stocker, aussi cité dans le communiqué, l'initiative est également pertinente pour atteindre les objectifs climatiques de l'agriculture, dont aucun n'a pour l'heure été atteint, selon les initiants. "Grâce à une production agricole qui sollicite beaucoup moins les ressources en eau potable, on rejette finalement moins de gaz à effet de serre", a-t-il argumenté.
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ats/kkub