Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07276.jsonl.gz/290

Vertes urnes
Un sondage Tamedia paru hier dans "Le Matin Dimanche" confirme les tendances des précédents sondages (Tamedia ou SSR) : progression des Verts (+ 3,1 %) et des Verts libéraux (+ 2,6 %), reculs de l'UDC (- 1,5 %), du PDC (1,2 %), mais également du PS, du PLR et du PBD (0,8 % chacun). Globalement, ces glissements progressif des désirs électoraux accouchent d'un léger glissement à gauche (la progression des Verts faisant plus que compenser la stagnation ou le léger recul du PS), un léger renforcement du centre (la progression des Verts libéraux effaçant les reculs du PDC et du PBD), pendant qu'à droite les reculs du PLR et de l'UDC ne sont compensés par aucune autre force. Pas de révolution dans les urnes, donc. On n'en attendait d'ailleurs pas. On est en Suisse, quand même.
Faut toujours croire au printemps. Même à droite ? Même...
Au fond, les élections fédérales ne sont une addition d'élections cantonales. Sans doute une tendance globale finit-elle par s'impose, puisque les grands enjeux ignorent les limites cantonales, mais les contextes et les rapports de force strictement politiques sont essentiellement cantonaux : l'"Affaire Maudet", à Saint-Gall, on s'en secoue. Et si Genève et Vaud ont un siège de plus au Conseil national, ce qui pousse les partis à la concurrence pour se l'adjuger, Neuchâtel a un siège de moins, ce qui les pousse à la concurrence pour ne pas le perdre.
A Genève, le programme de la section cantonale du PDC brille d'une belle clarté de gauche : soutien aux bilatérales "dans une perspective d'adhésion, par étapes, à l'Union Européenne", instauration d'un revenu universel, d'une taxe sur les transactions financières et d'un fonds souverain pour le climat pour financer la transaction énergétique. Et tout cela dans le cadre d'une alliance électorale avec le PLR. Ce n'est même plus un grand écart, c'est carrément un écartèlement.... Le printemps avait donné d'étranges idées au PDC genevois. Une sorte de poussée de fièvre hormonale. Un besoin d'indépendance : sa présidence proposait à son assemblée des délégués, le 4 avril, de changer d'alliance électorale pour les fédérales de l'automne et les municipales du printemps suivant, d'abandonner celle de droite (l'Entente) avec le PLR (auparavant avec les libéraux et les radicaux séparés), adoptée dans les années 1930 pour résister au parti socialiste de Léon Nicole, et de passer à la place une alliance centriste avec les Verts libéraux, le PBD et les Evangéliques. Une alliance dont le PDC aurait été le principal partenaire, au lieu que d'être le petit frère du PLR dans l'Entente. Mais bon, vous savez ce que c'est, les bourgeonnements printaniers : ça donne bien des fleurs et des fruits chez les végétaux, mais chez les humains, ça ne donne que de l'acné. Et l'acné, ça passe. L'Assemblée des délégués du PDC a donc refusé de divorcer d'avec le PLR. Et le parti reste englué dans son alliance de droite. Du moins pour l'instant. Parce que si jamais cette alliance se gaufre aux fédérales, la question d'en changer, logiquement, devrait se reposer pour les municipales. Au printemps prochain. Faut toujours croire au printemps. Même à droite ? Même.