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Noville
Noville, la plus grande des petites communes du Haut-Lac
Les eaux du Léman, du Rhône et de l’Eau froide sont les frontières naturelles respectivement nord, ouest et est du territoire communal de Noville, étendu à travers la basse plaine du Rhône. Au sud, Noville jouxte les communes de Chessel et Roche ; à l’est, celles de Villeneuve et Rennaz. Notre commune a une superficie de plus de 1’000 ha.
Un canal d’assainissement parallèle au Rhône, le Grand-Canal, traverse les terres pratiquement plates, où la dénivellation la plus importante n’est que de quelques mètres au-dessus du niveau du lac. On ose se targuer d’être la commune du Delta, et partant la plus basse du canton. Ainsi, la problématique hydrologique y est lancinante car il reste encore bien quelques bas-marais. Dès lors, il s’agit d’entretenir, deux fois par année, des kilomètres de fossés de drainage afin d’assainir les terrains les plus marécageux.
D’origine géologique incertaine, on trouve encore quelques monticules qui seraient des moraines médianes ou un soulèvement du sol provoqué par l’éboulement d’une partie de la montagne avoisinante. Des archives communales, dont le document actuellement le plus ancien date de 1412, l’on extrait « qu’après la chute du Tauretunum – il s’agirait d’une partie de la Suche, montagne surplombant la Porte-du-Scex à l’ouest de Chessel – le pays entre Roche et la Porte-du-Scex devint un marais demeuré inculte pendant plus de 500 ans ». L’assainissement de la région préoccupe les gouvernements de tous les temps et les dernières œuvres en date sont les améliorations foncières de 1918 à 1922, ainsi qu’une station de pompage dans les années septante.
Les origines de Noville et son hameau Crebelley, sis au milieu de la plaine, remontent à l’an 1100, époque à laquelle la maison de Savoie inféoda les terres de la région. Quelques habitants de Villeneuve s’installèrent alors à Noville. Citée pour la première fois dans une bulle du pape Alexandre III en 1177, l’église de Noville donna naissance à une paroisse dont le pasteur officiait également à Chessel et à Roche.
A cette époque, Villeneuve et Noville décidèrent du partage de leur bien commun et convinrent de laisser en indivision quelques forêts et carrières du Mont d’Arvel. Lorsqu’en 1475, les Bernois firent la conquête d’Aigle avec l’appui de la population, les habitants de Noville s’y joignirent et, libérés de la tutelle savoyarde, s’affranchir de Villeneuve en 1476, pour devenir « sujets de Leurs Excellences ». Villeneuve tomba sous domination bernoise en 1536, ce qui engendra de longs conflits et procès quant aux droits respectifs des deux communes. A noter encore qu’en 1840, Rennaz est issue de la séparation de celle-ci d’avec la commune de Noville. L’avenir du hameau de Crebelley s’est joué à une voix de majorité pour qu’il reste rattaché à Noville ; d’où l’origine du précepte « chaque voix compte ».
En 2012, lors de notre dernière présentation dans la FAO, on comptait 736 habitants. Aujourd’hui, on compte 1154 citoyens domiciliés sur notre commune, se répartissant principalement entre les hameaux de Crebelley, des Grangettes et le village de Noville. Actuellement, il n’y a presque plus de terrains constructibles aux abords immédiats du village. De plus, les transformations de maisons d’habitation, de granges et autres ruraux rencontrent d’énormes complications car le village figure à l’Inventaire fédéral des sites construits à protéger en Suisse (ISOS). Ainsi donc, notre village est recensé parmi les 1285 sites d’importance nationale. En effet, la présence presque exclusive de fermes concentrées typiques du XVIIe au XIXe siècle, ainsi que d’éléments individuels de valeur tels que l’église et la cure médiévales (note 1 à l’inventaire des monuments historiques), collège, maison de maître, confèrent au site des qualités historico-architecturales évidentes, voire prépondérantes.
Toutefois, la demande de logements reste soutenue car de nouvelles entreprises s’installent dans la région, notamment dans le périmètre du Syndicat des Fourches où plusieurs centaines d’appartements et d’habitats contigus seront prochainement sur le marché de l’immobilier. Il faut relever que, selon nos prévisions et en regard des développements prévus et planifiés, notre population pourrait atteindre les deux mille habitants à l’horizon 2030.
L’activité principale des personnes travaillant sur le territoire de la commune est liée aux travaux de la terre. Si les agriculteurs propriétaires de bétail se comptent encore sur les doigts d’une main, ils sont remplacés par des maraîchers et des cultivateurs qui profitent d’un sol alluvial riche en minéraux dans un climat modéré dû à l’influence du Léman. De plus, la proximité de la nappe phréatique permet de surmonter les périodes de sécheresse, grâce à quelque huitante puits recensés permettant d’irriguer à volonté. A ce stade de la présentation, il faut encore relever que Noville compte trois installations portuaires, dont la plus importante se situe au Vieux-Rhône où l’on trouve également un grand chantier naval. De plus, le magnifique camping des Grangettes qui s’étend sur 6 ha peut accueillir plus de 600 résidents en haute saison.
Depuis plus d’un demi-siècle, Noville paie un lourd tribut à l’écologie avec toutes sortes de contraintes environnementales allant d’une OROEM (Ordonnance fédérale sur les réserves d’oiseaux d’eau et de migrateurs) jusqu’à la Convention internationale de Ramsar (Iran). En effet, environ 600 hectares sont ainsi soumis à une stricte législation (Rothenturm, entre autres), dans le cadre d’un plan d’affectation cantonal (PAC 291) qui s’étend de l’embouchure du Rhône jusqu’à celle de l’Eau-Froide, englobant au passage la célèbre réserve naturelle des Grangettes.
Présentement, la Municipalité est en passe de finaliser la plupart des travaux d’équipements collectifs à l’intérieur du périmètre des Fourches afin de réaliser ce vaste plan d’affectation intercommunal de 130 ha dont 90 sur la commune de Noville. Ce périmètre compact fait partie de l’agglomération RIVELAC qui s’étend jusqu’à la Basse-Veveyse, englobant ainsi Châtel-Saint-Denis et ses villages satellites. Avec audace et ambition, le site stratégique des Fourches propose des zones de développement dans des secteurs aussi divers que l’industrie, l’artisanat, l’hôtellerie, l’administratif, le commercial et l’habitat, permettant ainsi de favoriser des synergies tant promotionnelles qu’opérationnelles. La plupart des projets se sont profilés en résonance avec l’hôpital Riviera-Chablais de Rennaz qui sera inauguré à fin 2019. Il faut encore relever que l’ouverture officielle de la route transchablaisienne H144, en novembre 2012, aura permis de diminuer significativement le trafic de transit au travers du village de Noville.
Au chapitre des grands dossiers qui ont préoccupé durablement les autorités ces dernières années, il est important de relever que Noville a dû gérer deux entreprises de correction fluviale, à savoir : la création du canal de Praz-Riond qui récupère les eaux claires de l’hôpital et des quartiers ouest de Rennaz, ainsi que la création du canal du Haut-Lac pour reprendre les eaux de Roche et de la H144 (travaux à bout touchant). La prochaine législature verra le chantier du siècle dans le cadre de la 3e correction du Rhône. En effet, la création d’un delta sur les 80 ha du Domaine du Fort, avec la creuse d’un bras secondaire et d’un bras tertiaire, va profondément modifier tout le secteur.
Ainsi donc, avec ses 4,5 km de rives sauvages, Noville reste l’ouverture naturelle du district d’Aigle sur le Léman et se trouve en parfaite harmonie avec un environnement exceptionnel.
Chacun pourra encore longtemps profiter des avantages de la vie à la campagne, tout en étant très proche d’Aigle, de Montreux et de la Savoie ainsi que des stations touristiques de montagne.
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