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Il est préférable d'envisager le développement sexuel comme un continuum, impliquant aussi la vie sexuelle de l'adulte et ne se limitant pas aux phases pré- et postpubérales.En fait, s'il est possible de parler d'involution fonctionnelle de la sexualité avec l'âge, l'identité sexuelle, quant à elle, ne subit aucune dégradation.Ceci étant, la personne vieillissante doit se sentir dispensée d'exercer une activité sexuelle conçue comme devoir biologique. En revanche, la persistance de l'intérêt sexuel doit pouvoir s'intriquer avec l'élan vital dans son acception la plus large. le développement sexuelDès lors qu'il acquiert les caractéristiques propres à son sexe, ce qui se produit avant la naissance déjà, l'individu se trouve confronté à son destin sexuel. Cette trace fondamentale va d'ailleurs le suivre tout au long de son existence.Les différentes étapes nous les connaissons, elles sont constituées par un mélange inextricable de constatations basées sur l'évidence d'une part, et de points de vue théoriques, autrement dit d'options conceptuelles d'autre part. Quoi qu'il en soit, il est clair aujourd'hui que l'époque pubérale n'est plus à considérer comme le moment déterminant du développement sexuel, puisque que l'on se réfère ou non à Freud la présence préalable d'une sexualité infantile apparaît désormais comme une donnée acquise.Quant à Freud, nous n'ignorons pas qu'il conçoit ce développement appelé par lui psycho-sexuel comme une addition de plusieurs stades successifs, dont chacun marque une étape significative de la sexualité infantile. Le premier est nommé stade oral : il met en avant l'érotisation de la bouche et de l'alimentation dans toutes ses composantes sensitives et émotionnelles. Il est suivi du stade dit anal, qui se focalise sur l'autre extrémité du tube digestif, l'anus, mais aussi sur le méat urétral. Alors que le stade oral entraîne des résonances émotionnelles d'avidité : peur de n'être pas assez nourri, peur aussi de n'être pas assez aimé, le stade anal, lui, évoque émotionnellement la nécessité du contrôle sphinctérien, auquel s'ajoutent des exigences de rétention ou d'expulsion de quelque chose qui est ressenti à la fois comme une propriété et comme une menace interne. Le stade suivant, dernière de ces étapes constitutives, est appelé le stade phallique. C'est lui qui, selon Freud, ferait entrer l'enfant dans la conflictualité du complexe d'dipe, autrement dit qui le placerait dans une perspective conflictuelle vis-à-vis du père et de la mère ou, plus simplement, entre les deux sexes. En effet, tandis que le garçon réalise qu'il possède des organes génitaux directement appréciables, qui le rassurent dans son schéma corporel, la fillette ne peut que constater un manque de ce point de vue-là, puisqu'elle n'est pas encore capable, à cette période de son existence, de prendre conscience de ses organes sexuels internes.Cette vision freudienne, bien systématisée, qui implique aussi les notions de fixation sensitivo-émotionnelle à l'un des trois stades d'une part, et de régression de l'adulte à l'une des trois étapes du développement psycho-sexuel d'autre part, comporte également une troisième perspective, celle que Freud nomme la perversion polymorphe. Le principe fondamental du développement psycho-sexuel serait comparable à un puzzle dont les différentes pièces s'assembleraient pour produire, à travers les vicissitudes d'une sexualité prégénitale partielle et morcelée, une sexualité génitale jugée mûre et achevée. La notion de perversion polymorphe implique notamment que certains comportements pervers de l'adulte sont déjà présents en pièces détachées chez l'enfant, préparant un tout unique, qui dans les premières années de vie ne s'est pas encore constitué entièrement ni dans sa forme définitive. En fait, tout enfant porte en lui des tendances à l'exhibition sexuelle, au voyeurisme ou au sadisme. Ce qui signifierait que l'adulte qui manifeste des comportements pervers, quel que soit son âge, serait resté sexuellement immature, figé à une période du développement psycho-sexuel pas tout à fait dépassée et encore agissante.Ceci étant, il est clair que d'autres facteurs vont contribuer au développement sexuel, notamment les premières expériences auto- et hétéro-érotiques par lesquelles tout enfant finit par passer, ainsi que différents apports de types éducatif et culturel. Dans un sens que l'on pourrait qualifier de phénoménologique, une autoperception à la fois sensitive et émotionnelle du corps se met en place, conduisant à une représentation mentale de la sexualité en général, qui pourra à son tour influencer le comportement sexuel de l'enfant devenu adolescent puis adulte. Cette autoperception implique naturellement que les différentes sensations perçues, comme aussi les diverses émotions vécues, entrent en confrontation, non seulement du point de vue de leur qualité, c'est-à-dire de leur aspect agréable ou désagréable, mais également en fonction de leur intensité ou de leur persistance. C'est ainsi, par exemple, que la douleur pourrait être ressentie plus aisément que le plaisir, amenant un équilibre instable entre ces deux perceptions majeures. Il en découle un problème central pour la sexualité de l'adulte, celui de l'appréciation et de la gestion de l'érotisme en tant que source de plaisir.Ceci soulève une première question, très importante : à quel moment du développement sexuel est-il possible de percevoir les premiers signes de ce qui pourrait être considéré comme un vieillissement sexuel, si tant est qu'il existe un vieillissement sexuel au sens strict du terme ? En effet, au cours de la vie la sexualité subit des changements considérables, ainsi qu'une certaine dégradation fonctionnelle. Toutefois, elle reste presque immodifiée par rapport à l'identité sexuelle de chacun et s'impose avant tout comme un état de faits où le psycho-émotionnel et le corporel sont intimement liés.excitation versus inhibitionSi la tentation existe de réduire le développement sexuel à une sorte de préliminaire incontournable de la sexualité adulte, force est de constater que dans les faits personne ne se préoccupe vraiment de la manière dont sa sexualité s'est constituée ; ce qui importe bien plus ce sont ces deux références majeures que sont le désir érotique d'une part, et la satisfaction d'autre part. Dans ce contexte, on peut supposer que la personne vieillissante subit l'influence de ses propres expériences bien davantage que celle de concepts et de causalités lointaines, remontant aux étapes présumées d'un développement sexuel standard.Quoi qu'il en soit, à tout âge la sexualité va être soumise à une dialectique entre excitation et inhibition. Cette dialectique présente d'ailleurs un étrange paradoxe : lorsqu'elle devient trop vive l'excitation sexuelle est susceptible de se transformer en inhibition, et à l'inverse une inhibition trop contraignante peut engendrer une excitation presque immaîtrisable. Seul l'équilibre homéostasique de ces deux forces, antithétiques à bien des égards, serait à même de garantir une situation optimale. Mais ce paradoxe n'est pas le seul à marquer la vie sexuelle, et nombreuses sont les situations où le désir est stimulé par l'interdit et la culpabilité qu'il engendre, tandis qu'une permissivité trop grande affaiblit au contraire l'élan érotique.Pour revenir plus spécifiquement au vieillissement, soulignons encore cette hypothèse que l'individu jeune pourrait vivre sa sexualité plutôt comme un devoir biologique indispensable au maintien de son identité sexuelle, tandis que la personne plus âgée pourrait vivre la sienne comme le fruit d'un libre choix et donc comme une sorte de luxe biologique.Il ne semble pas que la persistance de l'activité sexuelle lorsque l'on est âgé contribue directement au maintien de la santé physique ou favorise la longévité. Il est néanmoins probable qu'en lieu et place de rapports sexuels rapprochés et réguliers s'instaure une érotisation diffuse de tout le corps, fondée sur des souvenirs agréables de la vie amoureuse et témoignant d'une transformation de la fonction sexuelle en amour pour la vie sous toutes ses formes.Il va de soi que cette érotisation va dépendre de la physiologie propre à chacun des deux genres et que par conséquent elle sera vécue différemment selon que l'on est homme ou femme. Ainsi par exemple, si la femme, statistiquement parlant, vit en moyenne une dizaine d'années de plus que son compagnon, sa fertilité est limitée puisqu'elle prend fin à la ménopause, alors que celle de l'homme, pourtant moins endurant a priori, est illimitée, ce qui détermine chez lui un désir d'enfanter qui, en vieillissant, peut se révéler plus fort que le désir érotique proprement dit. L'homme vieillissant, qui ne connaît pas de véritable andropause, se trouve donc à l'opposé de la femme ménopausée qui, si elle continue à avoir une vie sexuelle régulière, n'a plus à se préoccuper de contraception, tandis que lui-même devra se montrer attentif, s'il a des rapports avec une femme encore féconde, à ne pas provoquer de grossesse indésirée. C'est dans ce contexte que l'on peut situer l'angoisse de certains hommes âgés face à une réduction de leur éjaculation ; angoisse qui peut par ailleurs augmenter considérablement s'il s'y ajoute une éjaculation rétrograde causée par des médicaments sur l'effet desquels le patient n'a pas été suffisamment informé. A noter encore, en ce qui concerne la dimension reproductive de la sexualité qui, précisons-le d'emblée, ne nuit en rien à l'érotisme à proprement parler qu'il arrive que des pères déjà assez âgés disposent d'un sperme plus performant que celui de leurs fils, pourtant bien plus jeunes. C'est d'autant plus vrai aujourd'hui que l'hypofertilité masculine semble progresser.Sur un plan plus général, la sexualité, comme toute autre fonction organique, semble dépendre d'un conglomérat de facteurs génétiques et épigénétiques, ce qui ne l'empêche pas de prendre avec l'âge une configuration de plus en plus personnalisée, et ceci en dépit d'aspects standards qui pourraient donner à penser qu'elle est d'abord une fonction anonyme, dépourvue de toute empreinte individuelle. En tant que pure fonction, la sexualité probablement bien plus que d'autres fonctions corporelles fait vivre à l'individu vieillissant le drame de ce que l'on pourrait appeler «la trahison du corps» ; ce corps qui dans sa jeunesse semblait si prometteur, qui tendait à faire du bon fonctionnement sexuel une condition essentielle du bonheur, et qui soudain non seulement perd ses attraits mais qui, par-dessus le marché, devient sexuellement boiteux, se couvrant de honte et de ridicule. Et pourtant, l'homme âgé qui craint de ne pas obtenir d'érection durable devrait savoir qu'un nombre considérable de jeunes gens nourrissent les mêmes craintes et qu'une érection, si vigoureuse soit-elle, produite par le sildénafil ou l'un de ses dérivés artificiels, peut d'un coup se résorber parce que le sujet (qui peut également être un jeune homme) a ressenti en son for intérieur la peur de vieillir.La femme aussi peut vivre de manière dramatique le vieillissement de son corps, peut-être plus encore que l'homme, car pour elle ce vieillissement se double de la ménopause et de la postménopause. L'âge venant, elle se trouve au pied du mur : soit elle associe sa féminité, l'essence de son identité sexuelle à la maternité, aux enfants qu'elle n'a pas eus ou ne pourra plus avoir, ce qui signifie qu'elle vit la sexualité comme une fonction reproductive et rien d'autre, soit elle comprend que la sexualité englobe toute la personne, qu'elle est faite de projets et de souvenirs, qu'à l'instar de toute chose dans la vie elle est constituée de satisfactions et de déceptions, de fantasmes et de réalité, de bien et de mal.mémoire et oubliLa société a une position très ambiguë vis-à-vis de l'âge avancé. Tantôt elle semble miser beaucoup sur une augmentation de l'espérance de vie, tantôt, au contraire, elle paraît accorder une importance démesurée à l'entretien des personnes devenues improductives, ayant perdu tout ou partie de leur autonomie. En d'autres termes, alors même que toute collectivité s'enorgueillit de ses centenaires, il n'en est pas une qui ne redoute une augmentation disproportionnée des membres âgés de la population. Les vieillards eux-mêmes sont d'ailleurs souvent complices de cette ambivalence de la communauté, et si par moments ils exhibent volontiers ce dont ils sont encore capables malgré leur grand âge, le plus souvent ils exigent des plus jeunes une prise en charge non discriminatoire et durable. D'autre part, les vieillards acceptent trop facilement les préjugés que le groupe nourrit à leur égard, et notamment celui qui voudrait que la personne âgée renonce à toute vie amoureuse, avec ou sans activité sexuelle. Nous voyons pourtant, en ce qui concerne la sexualité justement, que maintes dysfonctions sexuelles telles que les troubles de l'érection ou les rapports sexuels douloureux touchent aussi les jeunes. Pour autant, il arrive que l'on observe chez certaines personnes âgées des excès érotiques tout à fait inadéquats : vieillards tendant à se comporter comme des satyres ou vieilles femmes jouant les séductrices. Bien souvent ces comportements inappropriés ne témoignent pas d'une véritable envie sexuelle, ils viennent combler un besoin de réassurance résultant de la non-acceptation du vieillissement, ils marquent une réaction face à la peur de la mort. A noter, ici encore, que ces comportements excessifs peuvent se retrouver chez des gens plus jeunes, seulement cela choquera moins, cela paraîtra moins honteux.Tout ceci nous amène à une autre dialectique essentielle, celle entre mémoire et oubli. Quand des personnes d'un certain âge commencent à se plaindre de troubles de la mémoire, c'est peut-être qu'elles sont hantées par le spectre de la maladie d'Alzheimer. Par trouble de la mémoire elles désignent souvent le fait de ne pas se souvenir du nom d'une personne ou de la date d'un événement. Or, dans bien des cas, il s'agit là d'une conséquence de l'angoisse plutôt que d'un véritable amoindrissement cérébral. Toujours est-il que la mémoire, tout comme son partenaire dans la dialectique qui nous intéresse, c'est-à-dire l'oubli, possède des couches extrêmement profondes et souvent hors de portée de la conscience. Des souvenirs plaisants ou déplaisants vont se graver dans cette mémoire profonde et corporelle, jouant un rôle pas toujours facile à saisir, mais déterminant peut-être dans la manière de vivre son corps, y compris dans les aspects liés à la vie amoureuse et à la sexualité. Nous parlons bien ici de dialectique, c'est-à-dire d'un balancement possible et constant entre mémoire et oubli, où par exemple un souvenir agréable gravé dans la chair pourrait rester assez vif, tout en faisant oublier le contexte qui entoure son origine. Plus clairement dit : le souvenir perçu dans son corps d'une expérience érotique satisfaisante pourrait tour à tour devenir stimulant ou inhibiteur. Si l'effet stimulant semble aller de soi, il est plus difficile de comprendre en quoi un tel souvenir peut se révéler inhibiteur. Et pourtant, il n'est pas impossible que le sujet, en même temps qu'il ressent une impulsion profonde, réalise que ses perceptions appartiennent au passé et que le contexte, depuis lors, a changé en sa défaveur.L'oubli peut agir de manière analogue. Soit parce qu'il ne parvient pas à effacer de la mémoire profonde et implicite un souvenir érotique désagréable et, partant, tout à fait inhibiteur, soit parce qu'il n'agit pas suffisamment sur un ensemble de souvenirs corporels douloureux (résultant par exemple d'une maladie et des angoisses qu'elle aura suscitées). Dans ce dernier cas l'oubli se portera plutôt sur un plaisir dont nous avons vu qu'il peut être trop difficile à gérer.Penchons-nous maintenant sur d'autres aspects à même d'influencer la vie sexuelle du couple, quel que soit l'âge de ses membres.Pour commencer, examinons l'impact de l'habitude sur l'érotisme. A ce sujet, nous constatons que, quoi qu'on en dise, dans le domaine sexuel l'habitude est l'un des piliers de la cohésion entre partenaires. Ce qui ne veut pas dire qu'elle ne puisse pas devenir dangereuse dès lors qu'elle barre la route au changement ou à la nouveauté, car ce faisant elle risque bien de favoriser la monotonie et l'ennui. Toutefois, il apparaît que l'homme en particulier est assez enclin à instituer une forme ou une autre de régularité sexuelle, dans laquelle il semble trouver une certaine assurance, tandis que la femme, elle, se montre plutôt gênée par la répétition et la ritualisation, leur préférant le changement et la surprise.Autre aspect de quelque importance pour la sexualité, la capacité de sélection énergétique. Chez la personne âgée cette capacité se traduit en pratique par l'habileté qu'elle a acquise au fil du temps à ne rien faire qui la contraigne à trop dépasser les limites de ses possibilités organiques. Même si cela ne fonctionne pas toujours au mieux, nous pouvons tout de même retenir l'idée que la vie sexuelle de la personne vieillissante ne doit plus avoir affaire avec le devoir biologique et qu'elle doit au contraire se poser comme un choix relativement libre.Enfin, nous référant davantage au couple qu'à l'individu, rappelons cette alternance, à laquelle chacun, jeune ou moins jeune, est soumis le phénomène s'accentuant toutefois chez les plus vieux, entre le besoin d'être accompagné et celui, paradoxal, d'être seul. Ce sera la capacité acquise à trouver et maintenir une distance opportune entre les deux membres du couple qui déterminera la viabilité de la relation. L'éloignement psycho-émotionnel et corporel ne devra pas être trop grand, mais il faudra à tout prix éviter la fusion, qui mettrait en danger l'autonomie individuelle des membres du couple.eros et thanatosPlus l'âge d'une personne donnée avance, moins il importe pour elle d'avoir un sexe plutôt qu'un autre ou de déployer une activité sexuelle régulière ou non. Ce qui compte surtout, bien davantage encore que par le passé, c'est de se reconnaître comme un être sexué. Autrement dit, il ne s'agit plus d'avoir, de posséder quelque chose. Au contraire, ce dont il s'agit plus que jamais, c'est d'être, d'exister comme une personne dont l'appartenance sexuelle contribue à forger l'identité. Certes, le temps qui passe a réduit les impulsions sexuelles de type fonctionnel, mais il a contribué aussi à mieux ancrer l'homme dans sa masculinité et à mieux enraciner la femme dans sa féminité.D'une façon analogue, nous pourrions étendre ces considérations à la mort, à Thanatos. Notre culture, école romantique en tête, a souvent mis en relation l'amour et la mort. Associant Eros avec une certaine souffrance, les poètes romantiques ont fini par auréoler la passion amoureuse d'un halo mortiphère. Et pourtant, la personne âgée, à mesure qu'elle voit approcher la mort, à mesure que se noue son dialogue avec Thanatos, se voit étrangement condamnée par la société à renoncer ou au moins à ne pas exprimer de pensées et à ne pas accomplir d'actes en lien trop étroit avec Eros. Tout se passe comme si la communauté voulait accentuer les interdits sexuels pour les gens âgés, alors même qu'elle semble convaincue qu'au-delà d'un certain âge on n'est plus capable de s'adonner à l'érotisme et à la sexualité.Or, il est fort possible que pour la personne âgée, le simple fait de pouvoir ressentir encore un éventuel désir sexuel suffit à procurer une forme de satisfaction, abstraction faite de toute activité sexuelle effective. Puisque, encore une fois, l'apparition ou la réapparition d'un désir érotique ne sera pas ressentie comme devant aboutir à un acte sexuel déterminé, mais bien davantage comme le signe d'une vitalité persistante.A bien des égards désir et satisfaction ne se présentent plus comme deux étapes successives et différenciées d'un circuit, ils se fondent au contraire pour ne faire plus qu'un : une entité indissoluble où la vie s'impose avec un élan renouvelé alors précisément qu'elle entre dans le voisinage de la mort.