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les minuscules
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le médicament
Il se lève péniblement. Il tâtonne à la recherche de sa canne. Il se dirige vers la trop petite salle de bains, s’assied sur la cuvette des toilettes, fait couler de l’eau tiède et frotte son gros corps ridé. Il coupe et lime soigneusement ses ongles, brosse longuement ses dents. Il enlève ses vêtements de nuit, les plie et les range sous son oreiller. Puis il passe un slip kangourou, des chaussettes usées, un vieux survêtement noir, un t-shirt difforme, deux pulls en laine et un sweat à capuche. Il attache les lacets de ses baskets, puis peigne soigneusement ses cheveux rares. Il se regarde dans le miroir, contrôle l’état de ses oreilles, de son nez. Rien ne doit dépasser. Rien ne doit être sale, ce serait insupportable. Il se jette un dernier coup d’œil, prend ses clés et sort de son minuscule appartement. Il s’appuie à la rambarde de l’escalier plutôt qu’à sa canne pour descendre la volée de marche qui mène à la rue. Une voisine le dépasse en trombe sans même le voir. Il boite, son pied le fait déjà souffrir. Il parcourt courageusement les quatre rues qui le séparent du métro. Il s’agrippe au mur pour pénétrer dans les entrailles de la terre new yorkaise. Il observe les gens quelques minutes, découvre rapidement la ligne qui génère le plus de passage. Il se poste devant l’escalier et regarde longuement les pendulaires monter et descendre les marches.
Ce mois-ci, pour la première fois en trente ans de diabète, il lui manque cent dollars pour payer son traitement. Il ne veut pas perdre son pied, alors il baisse les yeux et tend la main.
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