Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06999.jsonl.gz/459

Un nouveau procédé en 1850: le collodion humide
Les inconvénients du négatif sur papier, peu transparent, incitent rapidement les chercheurs à trouver un meilleur support: l’utilisation du verre est séduisante, mais comment y faire adhérer l’émulsion sensible?
En 1846, un chimiste français, Louis Ménard, dissout du coton-poudre ou fulmicoton - découvert la même année par un chimiste bâlois, Christian Friedrich Schönbein - dans un mélange d’alcool et d’éther: il obtient un liquide visqueux qui durcit et devient transparent en séchant, c’est le collodion, utilisé à diverses fins, entre autres dans le domaine médical.
Le photographe Gustave Le Gray, auteur du «Traité pratique de photographie sur papier et sur verre» paru en 1850 évoque l’utilisation du collodion sur le verre dans un appendice. Sa méthode n’est pas très aisée mais semble donner d’excellents résultats.
En mars 1851, le sculpteur et calotypiste anglais Frederick Scott Archer met au point la méthode dite du collodion humide: la plaque doit être préparée immédiatement avant usage sous peine de perdre sa sensibilité et développée sitôt après la prise de vue. Le photographe doit donc s’équiper d’un laboratoire portatif lorsqu’il sort! La très belle qualité des négatifs ainsi obtenus fait se généraliser cette méthode dès les années 1860 au détriment des daguerréotypes et calotypes.
Développement de l’image
«On retire la glace de son châssis, on la tient par un coin entre le pouce et l’index; à l’aide d’un verre à précipité, on y verse rapidement – afin de mouiller d’un seul coup la surface tout entière – le liquide révélateur, généralement formé d’une dissolution aqueuse de sulfate de fer additionnée d’acide pyrogallique ou acétique. - Cette opération est très-importante: elle s’exécute au-dessus d’un bassin ou d’une pierre d’évier. – Quand le liquide révélateur est versé sur la glace, on maintient celle-ci dans une position horizontale afin que la solution s’y maintienne également répartie sur toute sa surface (…). L’image se révèle peu à peu. Seulement elle est négative, c’est-à-dire que les blancs du modèle ressortent en noir sur le verre, et inversement.» (Gaston Tissandier, Les merveilles de la photographie, Paris, 1874)