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Novecento est un livre découvert au gymnase, en cours d'italien. Depuis, je l'ai lu et relu (et je viens de le relire), et il me touche toujours autant.
Ecrit comme un monologue théâtrale et poétique, il raconte l'histoire de Danny Boodmann T.D. Lemon Novecento, le plus grand pianiste de l'océan. Oui. De l'océan.
En 1900, le Virginian est un navire qui traverse l'Océan Atlantique 5 à 6 fois par année. Croisière de luxe pour certains et immigration pour d'autres... En arrivant en Amérique, un jour de la première année de ce "foutu" nouveau siècle, un bébé est abandonné dans un carton de citrons, sur le piano de la première classe. Il y est trouvé par un membre de l'équipage qui se charge alors de lui et lui donne le nom de Novecento (en italien, cela signifie dix-neuf cent [1900]). L'enfant grandit sur ce bateau, sans jamais en descendre, l'océan devenant sa maison.
Autodidacte et très talentueux, Novecento devient pianiste sur le Virginian. De ses doigts naît une musique enchanteresse et jamais entendue nulle part. Des milliers de personnes défilent sur le navire et Novecento parvient à les "lire" : de ce qu'il lit d'eux naît une mélodie qui l'entraîne alors dans des voyages empreints de saveurs, d'odeurs et de couleurs... exotiques pour lui qui est resté toute sa vie au milieu de l'océan.
C'est dans les années 30 qu'il rencontre Tim Tooney, trompettiste nouvellement embauché sur le Virginian, et narrateur de l'histoire. Ils deviendront meilleurs amis, jusqu'à ce que l'océan, la terre, la guerre, la mort... les séparent.
Ce livre est un petit bijou. La musique, les vagues et l'italien en font un texte très poétique. Puissant comme une tempête, doux comme un air de piano, léger comme un papillon. Sans fioritures autre que quelques notes de piano suspendues dans le temps. Je ne l'ai jamais lu en français, je ne sais pas ce que donne la traduction, mais dans la langue originale, l'italien sert complètement le texte. Dès la première page (c'est certainement mon passage préféré), on est happé. L'espoir, l'inconnu, la solitude, la peur, l'aventure. C'est tout ça qui transpire d'entre les lignes.
Une adaptation cinématographique en a été faite en 1998, et est plutôt réussie (la bande annonce ici).
Et voici un passage du film que j'aime bien (mais qui n'est pas dans le livre) pour donner un avant-goût musical :