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En 1946, le grand-père chinois du réalisateur confie sa mère à une famille suisse à son plus jeune âge. Il ne reviendra jamais la chercher. Aujourd’hui, la mère de François Yang part en Chine sur les traces d’un passé douloureux auprès des proches dont elle a été séparée, dans une ultime tentative de comprendre la vie qu’elle n’a pas vécue.
Rencontrant son frère aîné puis son demi-frère et sa demi-soeur (son deuxième frère du premier mariage de son père a choisi de s’exiler en Suisse ayant trop souffert dans les geôles chinoises), Heidi-Thérèse découvre les séquelles de l’histoire et du régime communiste, renouant avec un passé sombre auquel elle a échappé.
La séquence d’ouverture, en vue aérienne, suit une femme qui avance au milieu des montagnes enneigées. On comprend rapidement qu’il s’agit de la mère du réalisateur François Yang qui entraîne sa mère dans une périple difficile et empli de circonvolutions sur les traces de sa famille restée en Chine, sur les traces de son passé et de sa culture qu’elle méconnaît.
Alors que la pandémie du Coronavirus amène le monde entier a regarder les Chinois de manière suspicieuse et à les tenir pour responsables de cette pandémie planétaire, le réalisateur tire des parallèles sur les regards que sa mère a subis alors que son père, philosophe venu étudier en Suisse, à Fribourg et en France, à Paris, avait décidé de rentrer en Chine sans sa fille à la mort de sa femme. Le grand-père de François Yang confie alors sa fille à une famille suisse … Une première blessure d’abandon. Mais ce père admiré a promis à la fillette de revenir la chercher mais il n’est jamais revenu … Deuxième deuil à faire ! Il est doc resté en Chine, s’est remarié et a eu deux autres enfants, un garçon et une fille.
N’ayant jamais connu les arcanes de l’histoire familiale, Heidi-Thérèse part en quête, accompagnée de son fils qui souhaite aussi combler les pièces manquantes du puzzle. Son frère, exilé à Genève, ne souhaite pas témoigner devant la caméra de son neveu; on ne fera qu’entrevoir son portrait furtif.
En partant en Chine à la rencontre des autres membres de sa famille, Heidi réalise l’importance que la famille tient dans cette culture et cette société réprimées, muselées, emprisonnées, torturées pendant des décennies. Alors qu’il raconte les tortures subies par son père et lu, son demi-frère s’effondre en pleurs de vant la caméra. Son épouse le rassure : « Ne t’inquiète pas ! Ce film ne sortira pas en Chine. »
Si on avait encore un quelconque doute au sujet de l’absence de liberté d’expression, les pleurs du demi-frère de Heidi éclaire sur la situation actuelle des Chinois.
Au fil des rencontres et du film, on comprend combien chaque destinée a été douloureuse et difficile. Le frère aîné de Heidi est enthousiaste de rencontrer sa petite soeur et, alors qu’il sort de l’hôpital après une hypertension alarmante, sommée rester se reposer à la maison, il souhaite poursuivre cette découverte réciproque mais se heurte au caractère extrêmement têtu de Heidi.
A l’heure des adieux, le frère pose sa main ouverte sur la vitre de la voiture qui emmène Heidi qui constate qu’ils n’ont pas la même intensité dans les émotions des retrouvailles.
A l’issue de la projection, le public est enrichi par la petite histoire de Heidi sur les traces de ses origines comme par la grande histoire de la Chine et ses pages obscures de la Révolution culturelle et ses affres.
Né à Fribourg, François Yang est Diplômé en réalisation à l’ECAL, haute école d’art appliquée de Lausanne, section cinéma; il a complété sa formation à l’atelier scénario de la Fémis et est titulaire d’un master cinéma de l’université Paris VIII.
Après plusieurs courts-métrages primés dont One Magic Evening – prix de la relève SSA, il sort en 2017 son premier long-métrage de fiction L’âme du tigre, présenté en première mondiale au festival du film de Zurich et au festival de Namur.
En parallèle, il réalise de nombreux documentaires de création pour le cinéma et la télévision, où il privilégie l’émotion et l’introspection, en explorant les thématiques sociologiques et interculturelles, à l’instar de Heidi en Chine, présenté au Festival Visions du Réel, à Nyon en 2019.
Firouz E. Pillet
Les avant-premières du film Heidi en Chine auront lieu en présence de François Yang dans les salles suivantes :
Royal Ste-Croix – Mercredi 24 juin à 20h00
City Club Pully – Jeudi 25 juin à 18h00 et à 20h00
Cinémas du Grütli Genève – Vendredi 26 juin à 20h30
Cinéma d’Oron – Samedi 27 juin à 20h00
Rex Fribourg – Dimanche 28 juin à 11h00
La Grange Delémont – Dimanche 28 juin à 17h00
Les Cinémas Capitole Nyon – Lundi 29 juin à 20h30 en collaboration avec Visions du Réel 2020
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