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Tambours de Sibérie - Asie centrale
Le « Practical Discionary of Siberia and the North » distingue six grands types liés à des régions ou des peuples : celui de la Tchoukotka, celui du Kamtchatka, celui de l’Amour, celui des Yakoute-Sakha, celui des Finno-Ougriens et celui de l’Ienissei. Lire la suite >>>
Suite... Un seul instrument est commun à tous les peuples sibériens : le tambour
Le « Practical Discionary of Siberia and the North » distingue six grands types liés à des régions ou des peuples : celui de la Tchoukotka, celui du Kamtchatka, celui de l’Amour, celui des Yakoute-Sakha, celui des Finno-Ougriens et celui de l’Ienissei.
Le Tambour : apprivoiser en hybridant. Le tambour rituel est un attribut chamanique...
Tambour et battoir forment une paire à laquelle plusieurs sens peuvent être attachés par un même chamane selon les circonstances : les chamanes khakasses peuvent en faire dans leurs rituels un cheval et sa cravache, un arc avec sa flèche ou encore une barque avec sa rame quand une mer soit être traversée. Tous ces registres constituent en quelque sorte le répertoire commun dans lequel chaque chamane peut puiser selon les besoins du rituel pour constituer sa propre herméneutique originale.
Sur certains tambours touvas et surtout altaïens, la traverse est interprétée non comme un arc mais comme « les bras du tambour » (caluudyn koly) et la lanière servant à suspendre le tambour, située au-dessus de la « tête », est appelée kezige, natte. Le personnage composé par ces divers éléments est identifié comme l’ancêtre dont le chamane est l’héritier ou comme une représentation de l’esprit-maître du tambour ou encore n’est pas interprété.
L’esprit-maître du tambour des chamans altaïens est souvent représenté à la fois par une sculpture anthropomorphe sur le manche et par une peinture représentant cette sculpture sur la membrane. En outre, le tambour peut se trouver lui-même figuré, indépendamment de son esprit-maître, dans les dessins appliqués sur la membrane. (…) Si l’on se souvient que le tambour est conçu comme une monture, le chamane qui bat de son tambour donne à voir sur son instrument l’image kise en abyme de la scène que l’assemblée a sous les yeux. A la fois excroissance et auxiliaire du chamane, le tambour multiplie, par ces superpositions d’images de soi et de son maître, les effets réflexifs jusqu’au vertige. " Chamanisme, rituel et cognition. Chez les Touvas de Sibérie du Sud, Charles Stépanoff.
Un article passionnant sur les chamanes de Khakassie habitant Abakan
Un article passionnant sur les chamanes de Khakassie habitant Abakan, le chef-lieu de cette république du sud de la Sibérie centrale. Les habitants du Sud de la Sibérie, répondant présents à l’appel de leurs ancêtres, ont évoqué la formation à suivre pour devenir chaman syn kham « professionnel », témoignages: >>>ici
Nature et culture yakoutes - la culture des peuples de Sibérie était fondée sur l'animiste...
Intermédiaires entre le monde des esprits et celui des hommes, les chamanes étaient considérés par la société comme détenteurs de facultés occultes. Selon les statistiques, au XVIIIe siècle, les chamanes représentaient le 6% de la population. Le chamanisme est devenu l’une des formes principales de religion au XIXe siècle et au début du XXe siècle, avec apparition d’une distinction entre chamanes « blancs » et « chamanes « noirs ». Les chamanes furent persécutés par la pouvoir communiste. Aujourd’hui, le chamanisme, tel qu’il existait avant la collectivisation des années 1930, a pratiquement disparu et un nouveau chamanisme se développe dans le cadre du renouveau culturel qui a accompagné la chute du gouvernement soviétique. " Emilie Maj
L'arbre sacré yakoute Aal Luuk Mas, le voyage du chamane yakoute dans l'Arbre de Vie
L’ARBRE COSMIQUE, le voyage du chamane yakoute dans l'Arbre de Vie
par Joan Halifax
« L’arbre cosmique, symbole de régénération perpétuelle, représente pour certains chamans, le moyen de remonter des abîmes du monde inférieur. Cet arbre gigantesque s’élève au centre même de l’univers, dirigeant vers le ciel, le sacré éternel, la vision d’une culture.
Toute vie émerge des eaux primitives qui s’écoulent de l’arbre pour se rassembler à son pied, des eaux sans fin, océan essentiel qui circule à travers la nature. Elles représentent le début et la fin de toute existence, la matrice en mouvement perpétuel qui nourrit et protège la vie. L’arbre monde, d’où sort une sève laiteuse et dorée, est la « réalité absolue », un retour au centre, vers le lieu d’origine, domaine de la sagesse apte à guérir.
Dans la tradition populaire yakoute, comme le rapporte Uno Holmberg, un arbre de sept branches touffues s’élève du nombril jaune de la terre octogonale. Son écorce et ses nœuds sont en argent, sa sève est dorée ; des cônes pendent à ses branches, comme autant de gobelets. Les feuilles de cet arbre merveilleux sont aussi larges que la peau d’un cheval. Une sève dorée s'écoule, plein d’écume, depuis son faîte ; elle apaise la soif et la faim de ceux qui goûtent à ce nectar céleste.
Cet arbre avec ses eaux dispensatrices de vie unit les trois domaines de l’existence : ses racines descendent dans les profondeurs du monde inférieur, son tronc traverse le monde intermédiaire et son faîte caresse les cieux.
Dans certaines traditions archaïques, écrit Eliade, l’arbre de vie est lié à l’idée de création, de fécondité et d’initiation, finalement au concept de réalité et d’immortalité absolues. L’arbre du monde est un arbre qui vit et donne la vie ». Cet arbre cosmique « … » abrite la source intarissable de la vie humaine, le moyen d’atteindre l’immortalité. C'est un arbor vitae, un arbre de vie et aussi un arbre de connaissance. La vie et la mort se rejoignent par son tronc, comme les cieux avec le monde inférieur. On retrouve ce symbole d’union dans l’échelle dont le chaman se sert pour atteindre le royaume céleste.
L’arc-en-ciel symbolise souvent le pont qui relie la terre au ciel. Eliade souligne que les rubans colorés utilisés lors de l’initiation des chamans bouriates sont appelés « arcs-en-ciel » ; ils représentent le voyage du chaman dans les cieux. L’arbre cosmique, le tambour, l’arc et l’arc-en-ciel sont divers moyens d’accéder au royaume des cieux « … ». Joan Halifax, dans "Les chamans"
Aal Luuk Mas, l'Arbre sacré des Yakoutes
Selon Emilie Maj, " l’arbre sacré – Aal Luuk Mas, l’arbre vénérable et arbre de vie - à la parure dense éternellement verte, fut donné par les divinités aux hommes, afin de leur procurer la joie et l’ilge jaune (bienfait cadeau ou boisson nectar des esprits). "..." Dans les rites chamaniques, l’arbre poteau représente le chemin par lequel le chamane accède aux esprits. "..." Aal Luuk Mas, l'Arbre de vie fait partie du mythe de la création yakoute, auprès duquel le premier homme Njurgun vivait; l’arbre du centre du monde d’où sort l’esprit de la terre-mère.
L’homme et les différents animaux sont placés dans une géographie précise de l’environnement qui donne à chaque être vivant sa place et son origine. Dans les épopées yakoutes oloŋxo, l’univers est apparemment présenté comme la superposition de trois mondes horizontaux: le monde ‘du haut’ üöhe dojdu, le monde ‘du milieu’ orto dojdu et le monde ‘du bas’ allara dojdu. Le monde ‘du milieu’ comporte lui-même un centre, qui est représenté par l’arbre ‘du milieu’ Aar Luuk Mas, qui sert de jonction symbolique entre les trois mondes. En dehors du contexte des oloŋxo, le monde n’est pas conçu comme une superposition de mondes parallèles, mais comme un monde incliné et continu du sud-est vers le nord-ouest. Le sud-est est une direction positive, source de vie et d’abondance. C’est la direction du soleil levant vers laquelle les Yakoutes orientent l’entrée de leur maison et d’où viennent les troupeaux de chevaux et les esprits qui en sont propriétaires. " Emilie Maj, thèse EPHE Paris, 2007
Real Siberian Drums - Echte Sibirische Trommeln
Khakassie, terre des chamanes « C’est un axe du monde, c’est là que tout commence et tout finit. Tu viens en Khakassie, et c’est une nouvelle histoire de ta vie qui commence. Et ici même, elle prendra fin. »
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Note : Attention, la peau est sensible à un environnement humide ou à l'inverse trop sec. Dans le premier cas, il sera nécessaire de chauffer légèrement la peau avant utilisation. Dans le second cas, un contrôle régulier de la tension de la peau est recommandé afin de s'assurer de son élasticité et éviter toute déchirure. Une légère application d'eau ou de corps gras peut être nécessaire. Ces tambours ont été concus dans les traditions chamaniques turco-mongoles. Une information sur les soins et entretien est remise avec le tambour
Tambours chamaniques de tradition Altaï - Khakasse, Sibérie, Russie
Tüür - Düngür - tambours sibériens authentiques
Peau de Yanghir, ibex de Sibérie (bouquetin de Sibérie) capra sibirica, cadre et poignée en bois d'épicéa de Sibérie picea obovata, avec résonateurs. Avec maillet orba. Housse incluse.
- Sacred Tree Drum Arbre Monde
(teinte de peau variable!)
- avec orba (mailloche sibérienne) et housse
Prix: 650.00 - Vendu!
Dünür iak - ungtu evenk - tambours sibériens authentiques
Ecoutez le tambour yakoute - >>>
Le chaman Yakoute Ojun - >>>
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Maître-Tambour: khakasse d'Abakan, République de Khakassie, Russie (Sibérie centrale) - voir plus haut
Dimensions: l62-3 x P9.5 x H77+3 cm/poids 2.045kg : 580.00 - Stock!
Dimensions: l50-3 x P8 x H60+3 cm: 520.00 - Stock!
Sacs à tambour de voyage pour tambours grands formats >>>ici
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Tüür - Düngür - tambours sibériens authentiques - buben
Peau de Yanghir, ibex de Sibérie (bouquetin de Sibérie) capra sibirica ! les teintes varient selon les arrivages!
Cadre de bois de frêne (ou essence variable) profondeur 7 à 8 cm; selon modèle avec ou sans cadre circulaire de poignée; poignée sculptée en bois de hêtre, avec Orba (maillet sibérien) pouvant être joué sur les quatre côtés, selon la sonorité souhaitée, basse-sourde ou percussive-rythmée. Sans housse incluse.
Artisan : russe d'Ulyanovsk, ville située le long du fleuve Volga "Rha", nom scythe, le Fleuve sacré.
tête coussin molletonné
Longueur: +/- 26cm
Chf. 42.00
Modèle 2: Onde* - 2 teintes
*forme du manche variable
Longueur: +/- 30 cm
Chf. 42.00
Chf. 48.00 - Rupture!
Largeur du battoir: 6.5 cm
Modèle de droite: Orba pleine avec symbole sur la peau.
Prix: 75.00
Guimbardes Khomus
Chaque pièce est unique et faite entièrement à la main, tordue, poncée, aiguisée et harmonisée à la force du poignet.
Comme disent les Iakoutes, "le forgeron met sa force de vie dans son instrument, et cette force ressort quand on joue".
Outils rituels chamaniques et bouddhiques d'un chaman altaïen
Outils rituels chamaniques et bouddhiques
par Ksenia Pimenova, Anthropologue et Sociologue
« Depuis la deuxième moitié du XVIIIe siècle, les Touvas connaissent aussi l’influence du bouddhisme tibétain. Promu par les gouverneurs de l’empire sino-mandchou Qing dont la région fait partie entre 1753 et 1911, le bouddhisme s’est répandu sur le territoire touva d’une manière inégale. Les lamas bouddhistes coexistaient avec les chamanes, avec une forte superposition de leurs domaines de compétence rituelle. En raison de cette coprésence, le chamanisme a durablement intégré l’astrologie, ainsi que certains aspects de rites funéraires bouddhiques. Des figures hybrides de spécialistes rituels, à mi-chemin entre les chamanes et les lamas, ont également pu apparaître. » (…)
« C’est ainsi qu’à Touva et en Altaï certains chamanes utilisent les chapelets et les clochettes bouddhiques (ou encore dagues phurba, cloches dril-bu, diamants vajra, miroirs Me-long, écharpe traditionnelle de prière aux esprits Khata, etc…) comme des armes d’attaque et de protection contre les esprits nuisibles. Enfin, il est important que les éléments empruntés ne contredisent pas les objets chamaniques plus traditionnels, mais élargissent leurs fonctions. (…). »
Source: Ksenia Pimenova, 2016. « Traditions et emprunts dans un miroir chamanique. Réflexions
utour d’un nouveau rituel touva ». ethnographiques.org, Numéro 33 - décembre 2016. Retours aux rituels [en ligne].
Lecture conseillées : MCHOD-ROL. Les instruments de la musique tibétaine ; Mireille Helffer ; Éditions de la Maison des sciences de l’homme, CNRS Éditions, 2017 [en ligne].
(de gauche à droite) : une dague phurba , une omoplate de mouton, un chapelet, une cloche et un diamant vajra , ainsi que des branches de genévrier à brûler pour la purification.
République d’Altaï, Gorno-Altaïsk, 2015. (Photographie : Ksenia Pimenova)
Les instruments tibétains dans les pratiques chamaniques et bouddhistes
Les instruments tibétains dans les pratiques chamaniques et bouddhistes
par Ted Andrews, auteur, enseignant et conférencier dans les domaines métaphysiques et spirituels
« On observe un renouveau de l’intérêt pour les anciens instruments tibétains. Ces instruments ont de grandes applications dans le processus de récit magique. Ils équilibrent les hémisphères du cerveau, ce qui prépare le chemin à une réception plus facile des symboles et ils servent de signal pour appeler nos niveaux de conscience les plus profonds.
Un grand nombre des instruments dont on joue dans les pratiques tibétaines de guérison chamanique entrent dans la catégorie des instruments de percussion, mais ils sont bien plus polyvalents. Les cloches, les gongs et les cymbales ne servent pas seulement à produire un rythme, mais créent aussi des notes inhabituelles. Plusieurs d’entre eux sont des instruments de guérison extrêmement efficaces, avec la capacité de faire éclater les vieux schémas de comportement dans le corps physique comme dans les corps subtils. Ce qu’on sait à leur sujet en occident suffit à nous donner envie d’en savoir plus.
L’un des instruments tibétains les plus communs est la cloche dril-bu et le dordjé, ou foudre. Ce sont des instruments rituels puissants dans diverses pratiques chamaniques et bouddhistes. On s’en sert en combinaison au cours de cérémonies religieuses. La cloche représente l’aspect féminin de nos énergies, notre côté yin. C’est ce qu’on appelle l’aspect de prajña ou sagesse. Le dordjé représente l’aspect masculin ou yang. On l’appelle upaya, la méthode pour se servir de la sagesse.
Quand on fait résonner la cloche, on tient le dordjé de façon à faire circuler l’énergie autour de soi. Les deux ensemble contribuent à restaurer l’équilibre des énergies masculine et féminine. (…) La cloche et le dordjé constituent un instrument de musique et ils ont la capacité de produire une grande variété de notes. Il y a aussi des techniques pour se servir de la bouche comme d’une chambre d’écho, afin de produire un son plus « cosmique ». Leurs emplois dans le domaine de la guérison n’ont pas encore été entièrement explorés. Au niveau métaphysique, ils représentent l’union de la sagesse et de la méthode pour atteindre l’illumination. (…)
Les cymbales tibétaines tingsha sont un autre outil efficace pour la guérison et pour le processus de récit magique. Quand on frappe les cymbales, elles émettent un son cristallin qui attire l’attention de chacun des atomes de notre corps. Il purifie l’aura et détend le système, le rendant plus réceptif à l’influence du récit.
Elles sont efficaces quand on les utilise au début et à la fin d’une méditation ou d’une session de récit magique. Au tout début d’une session, elles ont un effet apaisant qui facilite la résonance avec les symboles et les images de l’histoire. Ensuite, quand on termine la session en les faisant résonner, elles laissent le public calme, équilibré et rafraîchi. »
Source : La magie des sons. Magie et guérison par les mots et la musique. Ted Andrews, Alliance Magique Editions.
Le Tambour damaru ou Thöd rnga au Tibet, instrument d’immortalité
Le Tambour damaru ou Thöd rnga au Tibet, instrument d’immortalité
par Lucie Rault, Docteur en ethnologie, Maître de conférences et musicienne
« En Inde, le tambour est associé à l’émission du son primordial, origine de la « manifestation » et rythme de l’univers : c’est le rôle du tambour damaru, attribut de Shiva ou de la daïkini bouddhique ; son rythme est lié à l’expansion du dharma, et il est évoqué par le Bouddha comme tambour d’immortalité.
Le damaru a une forme de sablier, forme qui évoque symboliquement la chute éternelle du temps, son écoulement inexorable et son aboutissement à la mort dans le cycle humain. Mais il suggère aussi une possible réversibilité, un retour aux origines. Haut et bas sont en lui analogues et le renversement est nécessaire pour que s’effectue l’écoulement ; la continuité du mouvement et la communication impliquent le passage par le goulot d’étranglement : ainsi se succèdent vide et plein, passage du supérieur vers l’intérieur, du céleste vers le terrestre. Cette forme de tambour, qui se rapproche de celle de la calebasse, n’est pas sans rappeler aussi le fourneau des alchimistes, fait de deux réservoirs à l’image du ciel et de la terre, dont l’étranglement médian figure le pôle de la « manifestation ». L’écoulement – du sable et du temps – se fait selon un déroulement cyclique d’abord imperceptible, puis rapide et précipité. La symbolique du tambour damaru de Shiva veut que les deux parties du sablier soient deux triangles inversés linga-yoni dont le point de contact est le bindu, origine de la « manifestation ».
Au Tibet, la damaru se présente le plus souvent comme un petit tambour rnga-chung (ou Thöd rnga) en sablier et boules fouettantes. Il peut aussi être un « tambour-crânes », thod-dar ou thod-rnga, fait des deux calottes crâniennes accolées, ou parfois encore de taille plus grande, en bois peint de scènes macabres, pour le rituel gcod ou gcod-dar.
Le son émis par le damaru est dit shabda, ou « son primordial ». Associé au sceptre rituel rdo-rje/vaajra, le damaru rappelle la notion d’ « habilité des moyens », thabs/upaya qui, combinée à la « sagesse » sbes/prajna, permet d’atteindre à l’illumination ; la sonorité de l’instrument est censée y aider. (…)
Les visions secrètes du cinquième dalaï-lama font état de plusieurs daïkini blanches porteuses de damaru et de clochettes, quand ce n’est pas l’épouse de Padmasambhava, Mandarava, qui apparaît avec les mêmes attributs. D’autres personnages héroïques, qui figurent dans les danses rituelles mensuelles, en sont également pourvus. Quant à Padmasambhava lui-même, deux parmi ses « huit manifestations » le représentent portant un damaru de la main droite – la gauche tenant soit un miroir melong, soit une coupe en crâne. (…)
Pour certains auteurs, la description détaillée des différentes parties du tambour damaru sert de point d’appui à un développement théorique de la doctrine : l’instrument devient signe et repère pour la méditation. Il est ainsi question de la « ceinture » de tissu, ornée de coquillages, qui sépare les deux éléments du sablier, des boules fouettantes et de leur action percutante, de la poignée en tissu de l’instrument, ornée d’éléments décoratifs chargés de valeur symbolique – les cinq couleurs, le motif tribolé, le crochet, le miroir, les cheveux humains, les fragments de tigre ou léopard, les grelots, etc. Chacun de ces éléments, célébré dans sa forme, sa couleur, sa matière, donne lieu à des correspondances d’ordre métaphysique, justifiant le rôle d’objet de méditation qu’occupe damaru, tandis que sa dimension sonore est une « incitation pour le yogin à se lever pour faire le bien des êtres ». (…)
L’instrument tenu par sa poignée, est soumis à une brusque rotation du poignet de l’officiant pour que les boules viennent frapper simultanément les deux peaux ; les formules diffèrent selon les scansions des textes, mais elles sont toujours qualifiées en des termes caractéristiques comme « sons terribles », « bruits de tonnerre » ou « coupure ».
Source: Lucie Rault; Instrumen
La Résonance sympathique. La cloche Ghanta - Dril bu et les cymbales Tingsha
La Nature innée des Instruments dans la Tradition Bouddhiste Tibétaine. Principe de résonance.
Par Diane Mandle, Sonothérapeute franco-américaine et fondatrice du Tibetan Bowl Sound Healing School
« Dans la tradition bouddhiste tibétaine, nous travaillons avec l’interdépendance de toute chose et la nature innée des instruments. « … » ils nous ramènent de manière empirique à notre mémoire viscérale de complétude. Dans quelle mesure est-ce si important ? Lorsque quelqu’un concentre toute son attention sur un problème ou une maladie, travailler avec les instruments aide la personne à se recentrer sur l’intégralité de son être. Pouvoir entrer en relation avec la perfection qui nous définit au plus profond, plutôt que de s’identifier à la souffrance de son corps, est d’un secours capital !
Les instruments nous recentrent. Pensons à la métaphore de la colonne vertébrale et imaginons une vertèbre sortie de son alignement. Quelles seront les conséquences, combien d’organes seront affectés ? Le corps émotionnel en éprouvera un malaise. Les muscles se raidiront, et les nerfs s’en trouveront affaiblis. Une inflammation se développera. Ainsi, les effets d’une seule vertèbre sortie de son axe seront ressentis à maints niveaux. Mais qu’adviendra-t-il de tous les maux périphériques si l’on replace la vertèbre dans l’alignement originel ? C’est ainsi que je conçois les instruments. Manipulés correctement, ils vont créer un alignement énergétique qui se manifestera à tous les niveaux, physique, mental, émotionnel et spirituel. Il est fondamental de toujours garder le contexte général à l’esprit. D’un point de vue purement physique, lorsqu’on joue correctement des instruments, on rééquilibre les hémisphères droit et gauche du cerveau, on régule la pression artérielle, on crée une synchronicité cardio-respiratoire, et tous les systèmes s’harmonisent entre eux. Cela crée un environnement propice à la guérison, quel que soit le problème initial qui avait engendré un dérèglement.
Les soins par le son utilisent le phénomène de résonance sympathique. La science nous dit que toute vie est énergie. Cette énergie est éternelle, et change de forme en permanence. Chaque « forme d’énergie » possède son propre modèle de fréquences ou modèle vibratoire. Lorsqu’une forme d’énergie rencontre la fréquence compatible d’une note de musique, elle va vibrer en affinité avec la note. C’est la résonance sympathique.
Une puissante vibration sonore peut même permettre à une forme de se restructurer, comme cela a été montré avec les cellules cancéreuses par le travail de Fabien Maman (Le Tao du Son) et les cristaux d’eau par Masaru Emoto. Dans son livre, Les Messages cachés de l’eau, le docteur et chercheur Masaru Emoto montre des photos de cristaux d’eau formés par la vibration de pensées conscientes. Sachant que notre corps est principalement composé d’eau, nous pouvons de la même manière restructurer tout notre système à l’aide de vibrations sonores. Des chanteurs d’opéra ont brisé des verres de cristal en créant et intensifiant des ondes de fréquences compatibles entre elles. Il s’agit des effets restructurant du phénomène de résonance sympathique.
Observons les tingshas (petites cymbales tibétaines). Ces deux pièces métalliques reliées par une lanière de cuir n’évoquent-elles pas de petites soucoupes volantes ? D’une certaine manière elles suggèrent le voyage spatial, comme vous vous en rendrez bientôt compte ! Dans les Himalayas, les tingshas sont utilisés de manière variée lors des rituels et cérémonies. Ils sont constitués d’un alliage sacré de douze métaux extrêmement solides. Ne craignez donc pas de les frapper, sans omettre cependant de les manier avec subtilité. Leurs tailles varient, ils sont souvent décorés de symboles à l’intérieur et à l’extérieur, et chacun possède une texture sonore bien distincte. Les tinghas neutres à l’extérieur - sont utilisés par le praticien de soins, les autres dans un temple. Les mantras inscrits à l’intérieur des tingshas représentent les « Trois Joyaux » du bouddhisme tibétain. Ce sont les trois énergies qui sont réveillées en nous lorsqu’on frappe les tingshas : le Sangha, qui représente un groupe de gens rassemblé en général dans un but spirituel (chakra couronne), la Vérité (chakra de la gorge), et la Compassion (chakra du cœur). Dans les soins vibratoires, les tingshas sont utilisés — pour purifier un espace avant et après un soin ; — pour signaler la mise en route d’un soin ; — comme instrument de diagnostic pour localiser les blocages ou les déficiences énergétiques dans le corps du client.
Le ghanta, ou la cloche (dril-bu), est considérée comme le symbole universel de la sagesse ou comme une énergie féminine. C’est pourquoi il est toujours tenu dans la main gauche, le côté féminin, le côté qui reçoit. L’énergie de sagesse féminine est déplacée en faisant claquer ou chanter la cloche pour transformer l’énergie de façon puissante et aimante. Selon la tradition, on fait toujours sonner le ghanta selon une structure rythmique.
Le son du ghanta est fort et parfois perçant, et peut émettre des notes variées des graves aux aigus. Tout comme les bols, on peut le faire chanter avec le sens des aiguilles d’une montre ou l’inverse. Dans la tradition bouddhiste tibétaine, tout ce qui se déplace dans le sens des aiguilles d’une montre envoie/dirige l’énergie (des prières ou des bénédictions) à l’extérieur, alors que les mouvements dans le sens inverse rassemblent/recueillent l’énergie vers l’intérieur. Ces directions forment un principe fondamental que vous devez apprendre, vous l’utiliserez très souvent. Dans la guérison vibratoire, le ghanta est utilisé comme invocation à pratiquer, casser et disperser l’énergie agglomérée. Le ghanta, tel un laser, dissipe les énergies ténébreuses et bloquées. Le ghanta est utile pour travailler, entre autres, avec des états dépressifs, des tumeurs, des excroissances, des peurs…(…)
Tout comme les bols, les ghantas varient en taille et en qualité. Certains sont fondus dans de l’argent et d’autres possèdent un manche et un dorjé (foudre) recouvert d’une dorure. La qualité artisanale de ces ghantas (le ghanta au manche doré étant légèrement supérieur en qualité) est d’un grand raffinement (en termes d’esthétique et de son) en comparaison aux ghantas plus ordinaires utilisés par les praticiens. Ces instruments sont fabriqués à la main, ils présentent parfois de petites irrégularités. »
« Nous menons la danse du Féminin et du Masculin sacrés qui vivent en vous. Nous semons les graines de la sagesse et de la compassion, véhiculant notre énergie à chaque niveau de votre corps, au travers de chacune de vos pensées, de vos mots et de vos actions. » Ghanta et Dorjé (la cloche et le sceptre ou foudre)
Source : « Guérir avec l’énergie du son ». Introduction aux techniques de soin vibratoire et à la pratique des instruments tibétains ; Diane Mandle ; le Courrier du Livr, 2021
- Petits tambours tibétains à boules fouettantes damaru - rnga-chung - thöd rnga
- Plus grands tambours tibétains à boules fouettantes, sur demande
- Cloches tibétaines ghanta - dril-bu
- Cymbales tibétaines ting-sha
- Trompes téléscopiques dung-chen
- Miroirs de l'esprits et de protection Me-long - küzüngü à Touva - Darpana ou Adarsha - Toli Mongolie
- Echarpes traditionnelles de prière aux esprits Khata - khada - Khadaks en Mongolie
- Mala - trengwa chapelets à 108 perles et bracelets bouddhistes à mantra et méditation
- Amulettes Dzogchen de bénédictions et de libérations des âmes, contenant des mantras et un mandala faits main sur sur des petits papiers reposant dans une pochette bleue de soie scellée, bénies par un lama au Bhoutan.
Commandes possibles par la poste. Les informations et des visuels des pièces souhaitées peuvent être envoyées par email. Différentes grandeurs sont disponibles pour ces instruments.
La vente de ces instruments soutient des centres bouddhistes et projets humanitaires au Tibet et Bhoutan.
Les sautoirs-talismans sont issus de l'artisanat traditionnel yakoute. Ces travaux de perlage raffinés sont à porter au niveau du plexus solaire. Selon les traditions yakoutes, ils protégent du stress, des influences négatives et énergies néfastes.
Représentation: khomus, la guimbarde yakoute et messagère des esprits. Perles de verre et autres matières assorties selon modèle.
Origine : Yakoutie, nord de la Sibérie
Prix: 65.00
Les esprits écoutent
Musiques des peuples autochtones de Sibérie. (2012)
Par Henri Lecompte
Un livre de l’ethnomusicologue Henri Lecomte sur la musique des peuples autochtones de Sibérie, pour découvrir la diversité des instruments de musique et des techniques vocales utilisées dans cette région du monde.
La Sibérie s'étend sur une superficie qui est vingt-trois fois celle de la France. Elle abrite environ un million et demi d'autochtones, qui parlent des langues aussi variées (ouraliennes, altaïques, louoravetliennes, youkeskales, paléosibériennes) que le sont leurs expressions musicales. Même si d'autres formes de relation avec la surnature y sont présentes (bouddhisme dans le sud ou christianisme), le chamanisme a résisté à des siècles de répression et reste une composante majeure de ces cultures dans lesquelles tout chant est susceptible d'être entendu par les esprits.
Cette présentation des pratiques musicales des différents peuples (instruments, formes musicales, textes de chants enregistrés sur place) montre que les formes « traditionnelles » (qui sont ici privilégiées) ne sont pas les seules à être imprégnées de culture animiste, mais que les groupes de « néo-folk » ou de rock le sont également. Des exemples vécus sur place en donnent des exemples concrets.
La compréhension de ces musiques nécessitant une connaissance des peuples qui les ont créées et les font vivre, sont jointes une discographie et une bibliographie, qui comprend aussi bien des ouvrages ethnologiques que des romans d'auteurs autochtones.
Livre : Chf. 47.50
Le double CD : Chf. 30.00
Description CD 1 et 2:
1) Pupi Puhiâ (07:28) Uljana Nikolaevna Randimova
2) Kurynka (01:23) Vladimir Merov
3) Faon Étoilé Ou Le Faon Sacré [The Starry Fawn Or The Sacred Fawn] (01:44)
4) Trois Grands Visages [Three Great Faces] [Excerpt] (06:19) Svetlana Nikolaevna Khorolja
5) Rituel Pour Écarter Le Suicide Des Jeunes [A Rite To Keep the Youth Away From Suicide] (17:29) Djulsimjaku Demnimeevic Kosterkine
6) Chanson Apprise Dans Son Enfance [A Song Learnt In His Childhood] (02:36) Vladimir Andreevic Cekurmin
7) Berceuse A Capella (Knylju) [A Capella Lullaby] (Knylju) (01:39) Anna Vasilevna Kolegova / Irina Khristoforovna Kolegova
8) Chant Tiré D'un Conte, A Capella [An A Capella Song Taken From A Tale] (01:53) Marija Innokentevna Pricina
9) [Untitled] (04:46) Pavel Ivilovic Pokka
10) Au Printemps, La Toundra Se Réville [The Tundra Wakes Up In Spring] (04:23) Slava Egorovic Kemlil
11) [Untitled] (01:58) Ekaterina Ivanova Tymkil
12) [Untitled] (01:17) Ol'ga Anatol'evna Njavan
13) [Untitled] (04:26) Ljudmila Petrovna Édusko / Anastasia Pavlovna Kotan / Ol'ga Anatol'evna Njavan
14) Danse Du Poisson Kambala (Barbue) [Dance Of The Kambala Fish (Brill)] (02:41) Vera Eremeevna Khejn
15) [Untitled] (01:02) Antonina Vasil'evna Škalygina
CD 2
1) Ema Mer Natale [My Native Sea] (01:49) Evdokia Petrovna Agaphonnikova
2) [Untitled] (04:43) Evdokija Egorovna Lekhanova
3) Chant Chamanique Avec Tambour Ungtu [Shamanic Song With Ungtu Drum] (03:49) Kada Ingerovna Kile
4) Chant Pour La Cueillette Des Baines [A Song For Picking Berries] (00:47) Avscetina Trukhanovan Priiscnina
5) [Untitled] (01:27) Ensemble De Quatre Jeunes Filles Et D'un Jeune Garçon [an Ensemble of Four Young Girls and a Young Boy]
6) Chant De Bienvenue [A Welcome Song] (01:06) Ogava Khacuko
7) Chant Chamanique Avec Tambour [Shamanic Song With Drum] (03:28) Aleksej Nikolaevic Kalkin
8) [Untitled] (03:35)
9) [Untitled] (01:55) Quatuor Féminin Ly'in [Ly'in Female Quartet]
10) [Untitled] (01:31) Magdalena Semënovna Tontuleeva
11) Son De Ma Patrie [The Sound Of My Country] (04:49) Ivan Alekseev
12) Danse En Rond Psuokhaï [Oksuokhaï Round Dance] (19:04)
13) Chant De La Jeune Fille Qui Va Se Marier [The Song Of The Young Made About To Be Married] (03:57) Valentina Jakolevna
14) Extrait D'un Tiruel Bouddhique Tantrique [Excerpt From A Tantric Buddhist Ritual] (07:47)
15) Èrbèd Sooxor (01:57) Pylma Cyrenovna Dorzieva