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A. M., né en 1944, est agriculteur et exploite sa propre entreprise agricole à La Chaux-de-Fonds. Ses revenus imposables ont été fixés comme suit par les autorités fiscales ces dernières années : - 1991 : taxation d'office, 47'800 francs - 1992 : taxation d'office, 57'600 francs - 1993 : taxation ordinaire, 23'600 francs - 1994 : taxation d'office, 54'500 francs - 1995 : taxation d'office, 74'500 francs Les différents bordereaux relatifs à ces années sont entrés en force faute de réclamation. B. Le 9 janvier 1997, M. a déposé une demande de ré- vision pour les années 1992, 1994 et 1995. Il avançait en bref qu'il avait chargé un tiers de s'occuper de sa comptabilité et qu'il n'avait appris qu'à l'occasion d'une plainte pénale que les déclarations d'impôts n'avaient pas été déposées. Sa demande a été rejetée par le service des contributions le 20 janvier 1997, motif pris que les conditions d'une ré- vision n'étaient pas remplies. M. a recouru au Département des finances et des affaires sociales le 10 février 1997, reprenant l'argumentation de sa de- mande. Il ajoutait que les revenus retenus dans les taxations d'office étaient invraisemblables, son exploitation ne s'étant pas modifiée ces dernières années. Le département a rejeté son recours le 13 mai 1997. S'agissant de la taxation 1992, il a relevé que la demande était interve- nue après la fin du délai de péremption de trois ans. S'agissant des ta- xations 1994 et 1995, il a d'une part nié l'existence de faits nouveaux ou de preuves concluantes que M. n'aurait pas connus auparavant et d'autre part estimé qu'on ne saurait reprocher au service des contribu- tions d'avoir omis de tenir compte de faits pertinents ou d'avoir commis une erreur manifeste et essentielle. Il a au surplus rejeté la demande d'audition du nouveau mandataire fiscal de M. et celle visant à lui permettre de s'expliquer oralement devant l'autorité de recours. C. M. recourt le 4 juin 1997 au Tribunal administratif contre la décision du 13 mai 1997, concluant, sous suite de frais et dé- pens, principalement à la révision des taxations des années 1992, 1994 et 1995. A ces arguments développés en première et deuxième instances, il ajoute que la décision est arbitraire; que les taxations d'office prises à son encontre sont des décisions de représailles; que le refus de la de- mande de révision est une mesure de rétorsion; que, prévenu d'infraction à l'article 169 CP, il a été libéré par le Tribunal de police du district de La Chaux-de-Fonds; que la comparaison entre la taxation ordinaire 1993 et celles d'office montre que les revenus retenus dans celles-ci sont beau- coup trop élevés compte tenu de ce que peut lui rapporter son exploita- tion; que ces revenus ont également pour conséquence qu'il est astreint à verser des cotisations AVS sans rapport avec sa situation réelle. Il re- quiert en outre à nouveau son audition et celle de son mandataire fiscal actuel. D. Le département confirme sa décision en renvoyant à ses motifs. C O N S I D E R A N T en droit 1. Interjeté dans les formes et délai légaux, le recours est rece- vable. 2. Une demande de révision doit être présentée dans les trois ans qui suivent l'expiration de l'année au cours de laquelle la décision at- taquée est devenue exécutoire (art.141 al.1 LCdir). Cette disposition n'est pas contraire à l'article 4 Cst.féd. (RJN 1995, p.190; RDAF 1996, p.79). La taxation d'office 1992 du recourant lui a été envoyée le 20 jan- vier 1993, de sorte que le délai expirait le 31 décembre 1996. La demande du 9 janvier 1997 est ainsi tardive pour cette année et le recours témé- raire sur ce point, la décision entreprise rappelant déjà ce qui précède (p.3). 3. a) Selon l'article 140 al.1 litt.a LCdir, une décision exécu- toire peut être révisée s'il est découvert des faits importants ou trouvé des preuves concluantes que la personne touchée par la décision ne pouvait connaître auparavant, même en usant de l'attention commandée par les cir- constances. Une révision est cependant exclue si elle est demandée en rai- son d'un manque de connaissances juridiques du contribuable, si elle est demandée par un contribuable qui a violé ses obligations ou qui s'est trompé lors de sa déclaration ou, dans tous les cas, lorsqu'en faisant preuve de la diligence qui pouvait raisonnablement être exigée de lui, le contribuable aurait pu faire valoir ses griefs dans la procédure ordinaire (Ryser/Rolli, Précis de droit fiscal suisse - impôts directs, 3e éd., 1994, p.413; RDAF 1978, p.28). b) En l'espèce, le recourant ne peut pas se prévaloir de l'ar- ticle 140 al.1 litt.a LCdir. Il admet en effet que les taxations 1994 et 1995 lui ont été notifiées. Son absence de connaissances juridiques ne l'empêchait pas de constater que les sommes réclamées se basaient sur des montants qui ne correspondaient pas à ce qu'il estimait être sa situation réelle. Il n'a cependant pas, le cas échéant, réagi en 1994 et 1995, ni d'ailleurs en 1991 et 1992. Il n'a dès lors pas fait preuve de l'attention qu'on pouvait raisonnablement exiger de lui. Les reproches qu'il formule à l'encontre de son mandataire de l'époque sont à ce sujet sans pertinence. Comme tout contribuable, il savait qu'il lui appartenait de faire parvenir chaque année aux autorités fiscales sa déclaration d'impôts. Il aurait dû ainsi s'inquiéter du fait que son mandataire ne lui a fait signer que la seule déclaration 1993. Il n'y a en conséquence pas de faits importants que le recourant n'aurait découvert que postérieurement à l'entrée en force des deux taxations litigieuses. 4. a) Selon l'article 140 al.1 litt.b LCdir, une révision peut éga- lement être demandée si l'autorité qui a pris la décision n'a pas tenu compte de faits importants ou de preuves concluantes qu'elle connaissait ou devait connaître, ou si elle a violé d'une autre manière les principes essentiels de procédure. Une révision ne doit cependant être admise dans ces hypothèses que dans des cas exceptionnels, car elle n'a pas pour but d'offrir au contribuable un moyen de contester librement une décision en- trée en force en invoquant des arguments qu'il aurait pu soulever lors d'une procédure de réclamation. Une telle interprétation irait à l'en- contre de la sécurité juridique (RDAF 1996, p.440-441). On admettra en revanche, à l'instar des autorités fiscales fribourgeoises, que la voie de la révision est ouverte lorsque l'autorité de taxation a commis une erreur manifeste dont elle porte l'unique responsabilité et qui aboutit à un ré- sultat choquant heurtant le sentiment de l'équité (RDAF 1990, p.405-406). b) En l'espèce, le recourant ne prétend pas qu'en procédant aux taxations litigieuses, le service des contributions aurait violé des prin- cipes essentiels de procédure. Comme il s'agit de taxations d'office, l'autorité fiscale ne peut pas non plus avoir écarté des preuves conclu- antes, faute d'avoir obtenu la moindre information du recourant. La seule question à trancher est ainsi de savoir si l'autorité a omis de tenir compte de certains faits importants qu'elle connaissait ou devait con- naître, rendant de ce fait des décisions manifestement erronées. Le recourant avance en substance que, compte tenu de son revenu imposable 1993 de 23'600 francs (taxation ordinaire), il est arbitraire de retenir un montant de 54'500 francs en 1994 et de 74'500 francs en 1995, car son exploitation agricole n'a pas subi de changements. Il ne saurait cependant être suivi dans cette voie. Lors de sa taxation ordinaire 1993, le service des contributions a retenu un revenu avant déductions de 33'651 francs. C'est sur cette base qu'il a calculé le revenu imposable de 1994, en estimant qu'il convenait de l'augmenter de 80 % au vu de l'évolution des revenus agricoles constatés en 1993 dans le canton pour des exploita- tions similaires dans la même région (décision entreprise, p.4). Il est ainsi parvenu à un revenu de 60'571 francs avant déduction (33'651 x 180 %), soit un revenu imposable net de 54'500 francs. Un tel raisonnement ne relève pas d'une erreur manifeste et n'aboutit pas à un résultat clai- rement choquant. Il découle seulement d'une appréciation fondée sur un critère objectif (évolution d'exploitations similaires à celle du recou- rant), ce qui exclut une révision. La Cour de céans n'a en effet pas à entrer en matière sur la pertinence de la réévaluation de 80 % à laquelle il a été procédé, car ce critère aurait pu être contesté dans une procé- dure ordinaire si le recourant avait fait preuve du minimum de diligence exigible de tout contribuable. S'agissant enfin de la taxation 1995, le service des contribu- tions a repris le revenu agricole 1994 majoré de 10 % auquel il a ajouté des allocations familiales, un montant consécutif à une réestimation des immeubles (valeur locative du logement), un solde entre les paiements di- rects 1993 et 1994, ainsi qu'un salaire 1993 non déclaré en 1994 (v. la décision du 20.01.1997, p.2 et les pièces justificatives annexées à la taxation 1995). Il n'apparaît dès lors pas qu'en procédant de la sorte l'autorité fiscale aurait omis des faits importants ou des preuves con- cluantes. 5. Le droit d'être entendu ne comprend en principe pas le droit de s'exprimer oralement devant l'autorité appelée à statuer (ATF 122 II 469 cons.4c et les références; RJN 1980-1981, p.218; Schaer, Juridiction admi- nistrative neuchâteloise, 1995, p.98). En outre, l'audition de l'actuel mandataire fiscal du recourant n'est pas nécessaire, cette personne n'étant pas intervenue durant les périodes litigieuses. Il convient dès lors d'écarter les réquisitions de preuve du recourant. 6. Mal fondé, le recours est rejeté et les frais mis à la charge du recourant (art.47 al.1 LPJA) qui n'a pas droit à des dépens (art.48 al.1 LPJA). Par ces motifs, LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF 1. Rejette le recours. 2. Met à la charge du recourant les frais par 500 francs et les débours par 50 francs, montants compensés par son avance. 3. N'alloue pas de dépens. Neuchâtel, le 9 septembre 1997

A. M., né en 1944, est agriculteur et exploite sa

A. M., né en 1944, est agriculteur et exploite sa propre entreprise agricole à La Chaux-de-Fonds. Ses revenus imposables ont

propre entreprise agricole à La Chaux-de-Fonds. Ses revenus imposables ont été fixés comme suit par les autorités fiscales ces dernières années :

été fixés comme suit par les autorités fiscales ces dernières années : - 1991 : taxation d'office, 47'800 francs

- 1991 : taxation d'office, 47'800 francs - 1992 : taxation d'office, 57'600 francs

- 1992 : taxation d'office, 57'600 francs - 1993 : taxation ordinaire, 23'600 francs

- 1993 : taxation ordinaire, 23'600 francs - 1994 : taxation d'office, 54'500 francs

- 1994 : taxation d'office, 54'500 francs - 1995 : taxation d'office, 74'500 francs

- 1995 : taxation d'office, 74'500 francs Les différents bordereaux relatifs à ces années sont entrés en

Les différents bordereaux relatifs à ces années sont entrés en force faute de réclamation. force faute de réclamation. B. Le 9 janvier 1997, M. a déposé une demande de ré-

B. Le 9 janvier 1997, M. a déposé une demande de ré- vision pour les années 1992, 1994 et 1995. Il avançait en bref qu'il avait

vision pour les années 1992, 1994 et 1995. Il avançait en bref qu'il avait chargé un tiers de s'occuper de sa comptabilité et qu'il n'avait appris

chargé un tiers de s'occuper de sa comptabilité et qu'il n'avait appris qu'à l'occasion d'une plainte pénale que les déclarations d'impôts

qu'à l'occasion d'une plainte pénale que les déclarations d'impôts n'avaient pas été déposées. Sa demande a été rejetée par le service des

n'avaient pas été déposées. Sa demande a été rejetée par le service des contributions le 20 janvier 1997, motif pris que les conditions d'une ré-

contributions le 20 janvier 1997, motif pris que les conditions d'une ré- vision n'étaient pas remplies. vision n'étaient pas remplies. M. a recouru au Département des finances et des

M. a recouru au Département des finances et des affaires sociales le 10 février 1997, reprenant l'argumentation de sa de-

affaires sociales le 10 février 1997, reprenant l'argumentation de sa de- mande. Il ajoutait que les revenus retenus dans les taxations d'office

mande. Il ajoutait que les revenus retenus dans les taxations d'office étaient invraisemblables, son exploitation ne s'étant pas modifiée ces

étaient invraisemblables, son exploitation ne s'étant pas modifiée ces dernières années. Le département a rejeté son recours le 13 mai 1997. dernières années. Le département a rejeté son recours le 13 mai 1997. S'agissant de la taxation 1992, il a relevé que la demande était interve-

S'agissant de la taxation 1992, il a relevé que la demande était interve- nue après la fin du délai de péremption de trois ans. S'agissant des ta-

nue après la fin du délai de péremption de trois ans. S'agissant des ta- xations 1994 et 1995, il a d'une part nié l'existence de faits nouveaux ou

xations 1994 et 1995, il a d'une part nié l'existence de faits nouveaux ou de preuves concluantes que M. n'aurait pas connus auparavant

de preuves concluantes que M. n'aurait pas connus auparavant et d'autre part estimé qu'on ne saurait reprocher au service des contribu-

et d'autre part estimé qu'on ne saurait reprocher au service des contribu- tions d'avoir omis de tenir compte de faits pertinents ou d'avoir commis

tions d'avoir omis de tenir compte de faits pertinents ou d'avoir commis une erreur manifeste et essentielle. Il a au surplus rejeté la demande

une erreur manifeste et essentielle. Il a au surplus rejeté la demande d'audition du nouveau mandataire fiscal de M. et celle visant

d'audition du nouveau mandataire fiscal de M. et celle visant à lui permettre de s'expliquer oralement devant l'autorité de recours.

à lui permettre de s'expliquer oralement devant l'autorité de recours. C. M. recourt le 4 juin 1997 au Tribunal administratif

C. M. recourt le 4 juin 1997 au Tribunal administratif contre la décision du 13 mai 1997, concluant, sous suite de frais et dé-

contre la décision du 13 mai 1997, concluant, sous suite de frais et dé- pens, principalement à la révision des taxations des années 1992, 1994 et

pens, principalement à la révision des taxations des années 1992, 1994 et 1995. A ces arguments développés en première et deuxième instances, il

1995. A ces arguments développés en première et deuxième instances, il ajoute que la décision est arbitraire; que les taxations d'office prises à

ajoute que la décision est arbitraire; que les taxations d'office prises à son encontre sont des décisions de représailles; que le refus de la de-

son encontre sont des décisions de représailles; que le refus de la de- mande de révision est une mesure de rétorsion; que, prévenu d'infraction à

mande de révision est une mesure de rétorsion; que, prévenu d'infraction à l'article 169 CP, il a été libéré par le Tribunal de police du district de

l'article 169 CP, il a été libéré par le Tribunal de police du district de La Chaux-de-Fonds; que la comparaison entre la taxation ordinaire 1993 et

La Chaux-de-Fonds; que la comparaison entre la taxation ordinaire 1993 et celles d'office montre que les revenus retenus dans celles-ci sont beau-

celles d'office montre que les revenus retenus dans celles-ci sont beau- coup trop élevés compte tenu de ce que peut lui rapporter son exploita-

coup trop élevés compte tenu de ce que peut lui rapporter son exploita- tion; que ces revenus ont également pour conséquence qu'il est astreint à

tion; que ces revenus ont également pour conséquence qu'il est astreint à verser des cotisations AVS sans rapport avec sa situation réelle. Il re-

verser des cotisations AVS sans rapport avec sa situation réelle. Il re- quiert en outre à nouveau son audition et celle de son mandataire fiscal

quiert en outre à nouveau son audition et celle de son mandataire fiscal actuel. actuel. D. Le département confirme sa décision en renvoyant à ses motifs.

D. Le département confirme sa décision en renvoyant à ses motifs. C O N S I D E R A N T

C O N S I D E R A N T en droit

en droit 1. Interjeté dans les formes et délai légaux, le recours est rece-

1. Interjeté dans les formes et délai légaux, le recours est rece- vable. vable. 2. Une demande de révision doit être présentée dans les trois ans

2. Une demande de révision doit être présentée dans les trois ans qui suivent l'expiration de l'année au cours de laquelle la décision at-

qui suivent l'expiration de l'année au cours de laquelle la décision at- taquée est devenue exécutoire (art.141 al.1 LCdir). Cette disposition

taquée est devenue exécutoire (art.141 al.1 LCdir). Cette disposition n'est pas contraire à l'article 4 Cst.féd. (RJN 1995, p.190; RDAF 1996,

n'est pas contraire à l'article 4 Cst.féd. (RJN 1995, p.190; RDAF 1996, p.79). La taxation d'office 1992 du recourant lui a été envoyée le 20 jan-

p.79). La taxation d'office 1992 du recourant lui a été envoyée le 20 jan- vier 1993, de sorte que le délai expirait le 31 décembre 1996. La demande

vier 1993, de sorte que le délai expirait le 31 décembre 1996. La demande du 9 janvier 1997 est ainsi tardive pour cette année et le recours témé-

du 9 janvier 1997 est ainsi tardive pour cette année et le recours témé- raire sur ce point, la décision entreprise rappelant déjà ce qui précède

raire sur ce point, la décision entreprise rappelant déjà ce qui précède (p.3).

(p.3). 3. a) Selon l'article 140 al.1 litt.a LCdir, une décision exécu-

3. a) Selon l'article 140 al.1 litt.a LCdir, une décision exécu- toire peut être révisée s'il est découvert des faits importants ou trouvé

toire peut être révisée s'il est découvert des faits importants ou trouvé des preuves concluantes que la personne touchée par la décision ne pouvait

des preuves concluantes que la personne touchée par la décision ne pouvait connaître auparavant, même en usant de l'attention commandée par les cir-

connaître auparavant, même en usant de l'attention commandée par les cir- constances. Une révision est cependant exclue si elle est demandée en rai-

constances. Une révision est cependant exclue si elle est demandée en rai- son d'un manque de connaissances juridiques du contribuable, si elle est

son d'un manque de connaissances juridiques du contribuable, si elle est demandée par un contribuable qui a violé ses obligations ou qui s'est

demandée par un contribuable qui a violé ses obligations ou qui s'est trompé lors de sa déclaration ou, dans tous les cas, lorsqu'en faisant

trompé lors de sa déclaration ou, dans tous les cas, lorsqu'en faisant preuve de la diligence qui pouvait raisonnablement être exigée de lui, le

preuve de la diligence qui pouvait raisonnablement être exigée de lui, le contribuable aurait pu faire valoir ses griefs dans la procédure ordinaire

contribuable aurait pu faire valoir ses griefs dans la procédure ordinaire (Ryser/Rolli, Précis de droit fiscal suisse - impôts directs, 3e éd.,

(Ryser/Rolli, Précis de droit fiscal suisse - impôts directs, 3e éd., 1994, p.413; RDAF 1978, p.28).

1994, p.413; RDAF 1978, p.28). b) En l'espèce, le recourant ne peut pas se prévaloir de l'ar-

b) En l'espèce, le recourant ne peut pas se prévaloir de l'ar- ticle 140 al.1 litt.a LCdir. Il admet en effet que les taxations 1994 et

ticle 140 al.1 litt.a LCdir. Il admet en effet que les taxations 1994 et 1995 lui ont été notifiées. Son absence de connaissances juridiques ne

1995 lui ont été notifiées. Son absence de connaissances juridiques ne l'empêchait pas de constater que les sommes réclamées se basaient sur des

l'empêchait pas de constater que les sommes réclamées se basaient sur des montants qui ne correspondaient pas à ce qu'il estimait être sa situation

montants qui ne correspondaient pas à ce qu'il estimait être sa situation réelle. Il n'a cependant pas, le cas échéant, réagi en 1994 et 1995, ni

réelle. Il n'a cependant pas, le cas échéant, réagi en 1994 et 1995, ni d'ailleurs en 1991 et 1992. Il n'a dès lors pas fait preuve de l'attention

d'ailleurs en 1991 et 1992. Il n'a dès lors pas fait preuve de l'attention qu'on pouvait raisonnablement exiger de lui. Les reproches qu'il formule à

qu'on pouvait raisonnablement exiger de lui. Les reproches qu'il formule à l'encontre de son mandataire de l'époque sont à ce sujet sans pertinence. l'encontre de son mandataire de l'époque sont à ce sujet sans pertinence. Comme tout contribuable, il savait qu'il lui appartenait de faire parvenir

Comme tout contribuable, il savait qu'il lui appartenait de faire parvenir chaque année aux autorités fiscales sa déclaration d'impôts. Il aurait dû

chaque année aux autorités fiscales sa déclaration d'impôts. Il aurait dû ainsi s'inquiéter du fait que son mandataire ne lui a fait signer que la

ainsi s'inquiéter du fait que son mandataire ne lui a fait signer que la seule déclaration 1993. Il n'y a en conséquence pas de faits importants

seule déclaration 1993. Il n'y a en conséquence pas de faits importants que le recourant n'aurait découvert que postérieurement à l'entrée en

que le recourant n'aurait découvert que postérieurement à l'entrée en force des deux taxations litigieuses. force des deux taxations litigieuses. 4. a) Selon l'article 140 al.1 litt.b LCdir, une révision peut éga-

4. a) Selon l'article 140 al.1 litt.b LCdir, une révision peut éga- lement être demandée si l'autorité qui a pris la décision n'a pas tenu

lement être demandée si l'autorité qui a pris la décision n'a pas tenu compte de faits importants ou de preuves concluantes qu'elle connaissait

compte de faits importants ou de preuves concluantes qu'elle connaissait ou devait connaître, ou si elle a violé d'une autre manière les principes

ou devait connaître, ou si elle a violé d'une autre manière les principes essentiels de procédure. Une révision ne doit cependant être admise dans

essentiels de procédure. Une révision ne doit cependant être admise dans ces hypothèses que dans des cas exceptionnels, car elle n'a pas pour but

ces hypothèses que dans des cas exceptionnels, car elle n'a pas pour but d'offrir au contribuable un moyen de contester librement une décision en-

d'offrir au contribuable un moyen de contester librement une décision en- trée en force en invoquant des arguments qu'il aurait pu soulever lors

trée en force en invoquant des arguments qu'il aurait pu soulever lors d'une procédure de réclamation. Une telle interprétation irait à l'en-

d'une procédure de réclamation. Une telle interprétation irait à l'en- contre de la sécurité juridique (RDAF 1996, p.440-441). On admettra en

contre de la sécurité juridique (RDAF 1996, p.440-441). On admettra en revanche, à l'instar des autorités fiscales fribourgeoises, que la voie de

revanche, à l'instar des autorités fiscales fribourgeoises, que la voie de la révision est ouverte lorsque l'autorité de taxation a commis une erreur

la révision est ouverte lorsque l'autorité de taxation a commis une erreur manifeste dont elle porte l'unique responsabilité et qui aboutit à un ré-

manifeste dont elle porte l'unique responsabilité et qui aboutit à un ré- sultat choquant heurtant le sentiment de l'équité (RDAF 1990, p.405-406). sultat choquant heurtant le sentiment de l'équité (RDAF 1990, p.405-406). b) En l'espèce, le recourant ne prétend pas qu'en procédant aux

b) En l'espèce, le recourant ne prétend pas qu'en procédant aux taxations litigieuses, le service des contributions aurait violé des prin-

taxations litigieuses, le service des contributions aurait violé des prin- cipes essentiels de procédure. Comme il s'agit de taxations d'office,

cipes essentiels de procédure. Comme il s'agit de taxations d'office, l'autorité fiscale ne peut pas non plus avoir écarté des preuves conclu-

l'autorité fiscale ne peut pas non plus avoir écarté des preuves conclu- antes, faute d'avoir obtenu la moindre information du recourant. La seule

antes, faute d'avoir obtenu la moindre information du recourant. La seule question à trancher est ainsi de savoir si l'autorité a omis de tenir

question à trancher est ainsi de savoir si l'autorité a omis de tenir compte de certains faits importants qu'elle connaissait ou devait con-

compte de certains faits importants qu'elle connaissait ou devait con- naître, rendant de ce fait des décisions manifestement erronées. naître, rendant de ce fait des décisions manifestement erronées. Le recourant avance en substance que, compte tenu de son revenu

Le recourant avance en substance que, compte tenu de son revenu imposable 1993 de 23'600 francs (taxation ordinaire), il est arbitraire de

imposable 1993 de 23'600 francs (taxation ordinaire), il est arbitraire de retenir un montant de 54'500 francs en 1994 et de 74'500 francs en 1995,

retenir un montant de 54'500 francs en 1994 et de 74'500 francs en 1995, car son exploitation agricole n'a pas subi de changements. Il ne saurait

car son exploitation agricole n'a pas subi de changements. Il ne saurait cependant être suivi dans cette voie. Lors de sa taxation ordinaire 1993,

cependant être suivi dans cette voie. Lors de sa taxation ordinaire 1993, le service des contributions a retenu un revenu avant déductions de 33'651

le service des contributions a retenu un revenu avant déductions de 33'651 francs. C'est sur cette base qu'il a calculé le revenu imposable de 1994,

francs. C'est sur cette base qu'il a calculé le revenu imposable de 1994, en estimant qu'il convenait de l'augmenter de 80 % au vu de l'évolution

en estimant qu'il convenait de l'augmenter de 80 % au vu de l'évolution des revenus agricoles constatés en 1993 dans le canton pour des exploita-

des revenus agricoles constatés en 1993 dans le canton pour des exploita- tions similaires dans la même région (décision entreprise, p.4). Il est

tions similaires dans la même région (décision entreprise, p.4). Il est ainsi parvenu à un revenu de 60'571 francs avant déduction (33'651 x

ainsi parvenu à un revenu de 60'571 francs avant déduction (33'651 x 180 %), soit un revenu imposable net de 54'500 francs. Un tel raisonnement

180 %), soit un revenu imposable net de 54'500 francs. Un tel raisonnement ne relève pas d'une erreur manifeste et n'aboutit pas à un résultat clai-

ne relève pas d'une erreur manifeste et n'aboutit pas à un résultat clai- rement choquant. Il découle seulement d'une appréciation fondée sur un

rement choquant. Il découle seulement d'une appréciation fondée sur un critère objectif (évolution d'exploitations similaires à celle du recou-

critère objectif (évolution d'exploitations similaires à celle du recou- rant), ce qui exclut une révision. La Cour de céans n'a en effet pas à

rant), ce qui exclut une révision. La Cour de céans n'a en effet pas à entrer en matière sur la pertinence de la réévaluation de 80 % à laquelle

entrer en matière sur la pertinence de la réévaluation de 80 % à laquelle il a été procédé, car ce critère aurait pu être contesté dans une procé-

il a été procédé, car ce critère aurait pu être contesté dans une procé- dure ordinaire si le recourant avait fait preuve du minimum de diligence

dure ordinaire si le recourant avait fait preuve du minimum de diligence exigible de tout contribuable. exigible de tout contribuable. S'agissant enfin de la taxation 1995, le service des contribu-

S'agissant enfin de la taxation 1995, le service des contribu- tions a repris le revenu agricole 1994 majoré de 10 % auquel il a ajouté

tions a repris le revenu agricole 1994 majoré de 10 % auquel il a ajouté des allocations familiales, un montant consécutif à une réestimation des

des allocations familiales, un montant consécutif à une réestimation des immeubles (valeur locative du logement), un solde entre les paiements di-

immeubles (valeur locative du logement), un solde entre les paiements di- rects 1993 et 1994, ainsi qu'un salaire 1993 non déclaré en 1994 (v. la

rects 1993 et 1994, ainsi qu'un salaire 1993 non déclaré en 1994 (v. la décision du 20.01.1997, p.2 et les pièces justificatives annexées à la

décision du 20.01.1997, p.2 et les pièces justificatives annexées à la taxation 1995). Il n'apparaît dès lors pas qu'en procédant de la sorte

taxation 1995). Il n'apparaît dès lors pas qu'en procédant de la sorte l'autorité fiscale aurait omis des faits importants ou des preuves con-

l'autorité fiscale aurait omis des faits importants ou des preuves con- cluantes. cluantes. 5. Le droit d'être entendu ne comprend en principe pas le droit de

5. Le droit d'être entendu ne comprend en principe pas le droit de s'exprimer oralement devant l'autorité appelée à statuer (ATF 122 II 469

s'exprimer oralement devant l'autorité appelée à statuer (ATF 122 II 469 cons.4c et les références; RJN 1980-1981, p.218; Schaer, Juridiction admi-

cons.4c et les références; RJN 1980-1981, p.218; Schaer, Juridiction admi- nistrative neuchâteloise, 1995, p.98). En outre, l'audition de l'actuel

nistrative neuchâteloise, 1995, p.98). En outre, l'audition de l'actuel mandataire fiscal du recourant n'est pas nécessaire, cette personne

mandataire fiscal du recourant n'est pas nécessaire, cette personne n'étant pas intervenue durant les périodes litigieuses. Il convient dès

n'étant pas intervenue durant les périodes litigieuses. Il convient dès lors d'écarter les réquisitions de preuve du recourant. lors d'écarter les réquisitions de preuve du recourant. 6. Mal fondé, le recours est rejeté et les frais mis à la charge du

6. Mal fondé, le recours est rejeté et les frais mis à la charge du recourant (art.47 al.1 LPJA) qui n'a pas droit à des dépens (art.48 al.1

recourant (art.47 al.1 LPJA) qui n'a pas droit à des dépens (art.48 al.1 LPJA).

LPJA). Par ces motifs,

Par ces motifs, LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF

LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF 1. Rejette le recours.

1. Rejette le recours. 2. Met à la charge du recourant les frais par 500 francs et les débours

2. Met à la charge du recourant les frais par 500 francs et les débours par 50 francs, montants compensés par son avance. par 50 francs, montants compensés par son avance. 3. N'alloue pas de dépens.

3. N'alloue pas de dépens. Neuchâtel, le 9 septembre 1997

Neuchâtel, le 9 septembre 1997