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Ce petit paragraphe a pour but d'éclairer la notion de texte narratif en montrant quelques sous-types. Chaqu'un d'entre eux nécessitera des théories, méthodes et techniques spécifiques, mais à présent il me semble plus utile de concentrer le travail sur l'analyse de l'intrigue qui constitue le caractère le plus important du récit.
a) Le chercheur en sciences sociales doit faire la distinction importante entre les textes générés par une recherche (comme la description d'événements politiques) et les textes produits dans un environnement "naturel". La majeure partie des textes en politique constituent une première classe qui n'est pas produite sur demande du chercheur, et il faut considérer en conséquence leur intention et/ou leur effet sur leur audience, leurs récepteurs dans la plupart des cas d'analyse. Des textes comme les articles de journaux ou encore les rapports officiels ont tous une fonction spécifique dont il faudra tenir compte. Une autre classe constitue la plus plus grande partie des textes analysés en science politique. Sa génération est stimulée par le chercheur à des fins précis. On trouvera dans cette catégorie le produit des entretiens. Une troisième classe de textes est généré par la communauté scientifique. On y trouvera les accomptes d'épisodes historiques. Une grande partie des travaux sur l'histoire ne sont rien d'autre que des récits ordinaires à prétention scientifique. Il est donc légitime de dire que dans le cas normal l'histoire est médiatisée par un texte en langage naturel. Il est bien sûr possible d'utiliser ces trois classes dans une même recherche.
b)Le terme "narration" très global couvre une grande classe de textes, même pour les linguistes. Elle figure dans la théorie de texte comme un texte-type au même titre que l'argumentation, la description, l'instruction et l'exposition (cf. Werlich 75). Au sein de la narration il faudra distinguer le récit et le rapport. Le rapport se différencie du récit principalement par sa prétention objectiviste, sa fonction est de rapporter et non non de divertir. Au delà de cette différence fonctionnelle on trouvera des différences stylistiques, que le lecteur pourra percevoir en comparant le texte IIa qui est du genre rapport et le texte IIc qui est un récit. Rapports et récit se divisent eux-même en multiples sous-genres. Le récit qui sera examiné plus en détail dans ce travail, existe par exemple dans les formes littéraires du roman, du drame, du conte de fées, etc. et dans des formes non-littéraires comme la description d'événements dans une conversation. Le rapport existe sous la forme de reportage, d'article de journal, etc. Pour le chercheur en sciences cognitives le récit est une forme qui crée des classes particulières de structures cognitives (comme les "scripts", les plans et les buts) qui servent à produire et à comprendre les actions intentionnelles. Ainsi on pourrait aussi classifier les textes narratifs par les structures cognitives auxquelles ils ont recours.
c) Une troisième distinction est plus technique. Un texte n'est jamais une pure narration, il contient toujours des éléments relevant d'autres textes-type. Toutefois il est nécessaire de distinguer entre des textes où le côté narratif domine de ceux où il est secondaire. Dans le deuxième cas, une narration en apparaitra comme un paragraphe (sémantique) dans un texte, ou y sera imbriqué de facon plus complexe. Un tel exemple est représenté par le texte Ic (cf.anncexe). Dans ces cas la narration n'a qu'une fonction auxiliaire dans le message du texte entier. Savoir quel est l'objectif d'un récit n'est pas toujours simple, et cela dépend souvent de l'intention du producteur ou encore de la perception ("acceptation")du récepteur. Par exemple on ne sait pas quel est l'objectif du texte Ia, mais par contre on est sûr qu'il s'agit d'un récit pûr. Dans le cas des textes oraux, la narration est très souvent incorporée dans une conversation et interrompue par des éléments non narratifs, des questions, commentaires, conclusions, etc. La distinction entre textes narratifs purs et impurs est assez importante, car comme on le verra il est beaucoup plus facile de développer des modèles formels pour catégorie pure que pour une catégorie mixte.
Finalement mentionnerons quelques "variables" additionelles qui peuvent aider de classifier notre matériel. d) Un texte a différents types d'émetteurs et de récepteurs. Il serait p.ex utile de distinguer les textes ayant des producteurs et/ou récepteurs officiels/non-officiels, un individu, un groupe, une masse, d'adultes, d'enfants, etc. Il est clair que ces distinctions doivent se faire en fonction des intérêts de recherche et on ne s'arrêtera pas à les discuter plus en détail. e) La différence entre les média de communication "oral", "écrit", "film", etc. est importante. Un différent médium transforme considérablement la structure-surface d'un texte comme on l'a déjà mentionné. f) Le phénomène d'inter-textualité (c'est-à-dire les rapports qu'entretiennent des textes) force parfois l'analyste à considérer également d'autres textes. Ces relations intertextuelles existent par exemple entre sommaire et la source, l'extrait et le texte entier, ou encore le précédent et le conséquant. g) La fonction d'un texte est une variable cruciale. Mais comme le but de ce travail est surtout de discuter les méthodes qui pourront saisir le message apparent d'un texte et non son intention ou son effet perlocutoire, j'ai renoncé à entrer plus an avant dans cette dimension-ci