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La Genevoise Micheline Calmy-Rey et la Fribourgeoise Ruth Lüthi sont les candidates officielles du PS pour l'élection au Conseil fédéral le 4 décembre.
Le groupe parlementaire socialiste a désigné vendredi les deux conseillères d'Etat pour la course à la succession de Ruth Dreifuss.
«Nous avons choisi les deux meilleures parmi cinq candidats excellents», a déclaré à la sortie d'une longue séance, la présidente du groupe socialiste Hildegard Fässler.
En conséquence, la conseillère d'Etat tessinoise Patrizia Pesenti, la présidente genevoise du Conseil national Liliane Maury Pasquier et le conseiller aux Etats neuchâtelois Jean Studer ont été écartés nettement lors du vote.
Après avoir entendu les cinq papables, le groupe, qui compte habituellement 58 membres, a tout d'abord choisi de présenter un double ticket par 37 voix contre 9 et 3 abstentions. Les opposants étaient partagés entre une candidature unique ou une triple.
Votes clairs
Quant aux deux heureuses élues, la première, Micheline Calmy-Rey est sortie clairement gagnante du premier scrutin. Elle a obtenu 28 voix dès le premier tour sur une majorité absolue de 25 voix.
Ruth Lüthi, elle, a récolté 9 suffrages, Patrizia Pesenti 6, Liliane Maury Pasquier 5 et Jean Studer 1.
Le groupe a ensuite procédé à un deuxième vote pour garnir la seconde place sur le ticket officiel. Ruth Lüthi l'a emporté avec 33 voix, contre 6 à Liliane Maury Pasquier et à Patrizia Pesenti, et 3 à Jean Studer.
Candidats sauvages?
Pour l'heure, seule la présidente du Conseil national a clairement dit qu'elle se retirait désormais de la course au Conseil fédéral, a précisé Hidegard Fässler. Le groupe n'a pas exigé de «déclaration contraignante» concernant un retrait de la part des deux autres candidats écartés.
«Nous espérons qu'ils se montreront solidaires du parti et du groupe», s'est-elle contentée de commenter. Aucun délai ne leur a été imparti pour faire connaître leur position. Les deux écartés n'ont pas non plus fait savoir au groupe s'ils accepteraient d'être auditionnés par d'autres groupes politiques.
Moins qualifiés
Interrogée sur le rejet de la candidature tessinoise, Hildegard Fässler a insisté sur le fait que Micheline Calmy-Rey et Ruth Lüthi «sont les plus qualifiées et celles dont le profil politique correspond le mieux». Le groupe estime aussi que Ruth Lüthi peut être considérée sans autre comme Romande, puisqu'elle y a fait toute sa carrière, a ajouté le vice-président Pierre-Alain Gentil.
Les parlementaires socialistes ont donc suivi à la lettre les recommandations données par le comité directeur une semaine auparavant, qui a exigé que le choix se fasse entre les candiatures féminines de Suisse romande.
Aucun «scénario catastrophe» n'a encore été élaboré en cas d'élection d'un candidat non officiel, a précisé la présidente du Parti socialiste. «On va discuter avec les autres partis et réfléchir à la question d'ici le 4 décembre».
L'UDC contre-attaque
Et le choix des deux candidates socialistes n'a pas laissé indifférent l'Union Démocratique du Centre.
En effet, l'UDC Toni Bortoluzzi a fait, samedi, son entrée dans la course à la succession de Ruth Dreifuss. Le Conseiller national zurichois a été nommé par le groupe parlementaire de l'UDC, lors de l'assemblée des délégués à Holzigen, dans le canton d'Argovie.
A noter que l'UDC qui revendique un deuxième siège au Conseil fédéral, a appelé les partis de droite à sortir du bois. "Et de rendre possible l'élection d'un représentant des petites et moyennes entreprises, en la personne de Toni Bortoluzzi", a précisé Yves Bichsel, porte-parole de l'UDC.
swissinfo avec les agences