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Autrefois les rues n’avaient pas de nom propre mais définissaient plutôt des lieux comme «rue tirant de la Cathédrale à l’église St-Etienne» ou «la petite rue tirant du Pont à St-Jean». L’idée de donner le nom d’une personne à une rue était d’entretenir au sein de la population le souvenir de personnes illustres, voire de saluer la mémoire de diverses personnalités. La coutume de donner le nom d’une personne à une rue n’est pas si ancienne, cela a été initié par le développement du service postal et remonte au milieu du 19ème siècle.
Qui sont ces personnes dont les noms figurent sur les plaques des rues lausannoises? Et pourquoi les noms de femmes sont-ils si rares? Sur une centaine de noms de rue à Lausanne, seuls cinq portent un patronyme féminin, dont deux saintes.
En 1944, la Municipalité décide de ne plus attribuer de noms de personnes et cette décision ne prendra fin qu’à partir de 1970. Malheureusement, il semblerait que la notion de personnalités ne s’adresse qu’à la gente masculine, même à notre époque. En effet, sur les onze nouvelles rues que Lausanne a baptisées depuis 2001, deux ont été attribuées à des hommes et le reste à des lieux. Au niveau politique, une demande pour palier à cette lacune a été faite en 1960 et une autre en 2015, sans succès.
Dans le cadre du bicentenaire du Canton de Vaud, l’Association pour les Droits de la Femme a voulu faire connaître vingt femmes d’exception, oubliées de l’histoire, en leur dédiant, à défaut d’une rue, des plaques commémoratives posées à travers le canton et dans les rues de Lausanne: Rosalie de Constant (rue de Bourg 12), Marthe Guignard-Berche (rue Enning 1), Lucy Dutoit (Mousquines 2), Nora Gross (Cité Derrière 4), Hélène Monastier ( Pré-du-Marché 15), Cécile Biéler-Butticaz (PL. de la Navigation 4), Charlotte Muret-Haët (Aubépines 35), Marie-Claude Leburgue (Maison de la radio).