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Abolir l’État ?
Libéralisme, libertarisme, marxisme, communisme, anarchisme, toutes ces idéologies politiques ont en commun d'avoir comme finalité l'abolition de l’État.
Pour les uns essence néfaste de la coercition, pour les autres instrument maudit de domination de classe, l’État n'a pas une place très positive dans les grandes philosophies politiques qui ont marqué l'Histoire et qui continuent d'influer très largement sur la construction de nos sociétés contemporaines.
Comment se fait-il que moi, en tant que socialiste, je me refuse alors à soutenir l'abolition (ou le dépérissement) de l’État ?
Ma croyance que l’État est nécessaire à la construction d'une société humaine harmonieuse s'ancre plus profondément dans ma croyance que l’individu contemporain n'est pas suffisamment solidaire, partageux, juste, altruiste, bref en un mot sociable, pour se passer d'un médiateur impersonnel organisationnel comme l’État.
Un autre être humain, un individu transformé, plus évolué, pourra peut-être réaliser l'utopie d'une société sans État.
Mais dans la situation présente, je pense que nous ne saurions nous passer d'organisation collective sous la forme étatique et démocratique.
Cette vision de la nature humaine contemporaine est-elle réactionnaire comme le prétendent certains libertaires ?
Ce n'est pas moi qui trancherait cette question.
Sur ce, je cesse d'occuper l'espace virtuel de la blogosphère genevoise pendant quelque temps, histoire de me couper du monde pour mieux le réinventer.
Votre serviteur,
Adrien Faure,
idéologue en vacances