Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06999.jsonl.gz/146

Phénomènes météo - Juillet 2005
Trombe d'eau le 5 et grêle le 18 juillet 2005.
Trombe d'eau observée sur le lac Haut Lac Léman | 5 juillet 2005
La trombe observée sur le Haut-Lac Léman le matin du 5 juillet 2005 vers 08h15 peut étonner. Cependant, ce phénomène n'est pas si rare que cela et il s'est déjà produit à plusieurs reprises ces dernières années, par exemple le 11 juin 2001 vers 08h45 sur le Haut-Lac également.
Visuellement semblable aux tornades, les trombes sont néanmoins des phénomènes distincts qui naissent lors de conditions atmosphériques bien différentes. Alors que les tornades terrestres issues de violents orages nécessitent en plus une forte instabilité, un cisaillement de vent important avec l'altitude, les trombes, elles, se forment lorsque le cisaillement vertical du vent est faible dans des conditions atmosphériques souvent bien moins dynamiques...
Plusieurs ingrédients préalables sont nécessaires pour qu'une trombe puisse se former. Tout d'abord, une certaine instabilité atmosphérique est bien sûr primordiale pour permettre à l'air de monter. Cela implique que l'eau de surface doit être relativement chaude et que l'air en altitude doit être relativement froid. Cet air chaud proche de l'eau est donc plus léger que l'air froid environnant et une ascendance s'amorce. Bien que l'on puisse observer les trombes sous les orages, souvent, elles se forment alors que le cumulus naissant n'a pas encore atteint le stade d'un orage. Ces cumulus congestus, comme ils sont appelés, représentent une source d'ascendance et donc une aspiration pour la masse d'air qui se trouve au-dessous.
L'ingrédient peut-être le plus important et le plus difficile à cerner est la présence d'une zone de tourbillon préalablement en place au dessous du cumulus en formation. Cette rotation peut provenir de plusieurs sources et au départ se présente sous une forme horizontale (axe horizontal) tel qu'un rouleau compresseur. Parmi les sources de tourbillonnement horizontal, on peut nommer les zones de convergence entre les masses d'air, telles que les fronts de rafales et les fronts de brises. Ce tourbillon axé horizontalement peut ensuite être basculé verticalement par l'ascendance provoquée par le cumulus et finalement être étirée par ce dernier au point de provoquer la trombe elle-même.
Pour les trombes qui se forment sur le Haut-Lac, une hypothèse est émise quant aux mécanismes exacts qui rentrent en jeu pour certaines d'entre elles. Une majorité des trombes observées sur le Haut-Lac se forment tôt le matin en saison chaude à l'arrière d'un front froid lorsque l'air en altitude s'est considérablement refroidi. En début de matinée, lorsque la brise de montagne nocturne encore relativement forte débouche de la vallée du Rhône en direction du lac, une zone de tourbillonnement horizontal est créée par ce front de brise sur une partie du Haut-Lac. Si l'instabilité est suffisante et qu'un cumulus important prend naissance au-dessus de ce tourbillon axé horizontalement, tous les ingrédients sont en place pour que l'ascendance provoquée par le cumulus permette un basculement puis un étirement du tourbillon à la verticale.
Pour finir, il est important de distinguer entre une trombe qui se forme de cette manière et une trombe résultant d'une tornade terrestre qui se serait déplacée sur l'eau. La tornade est en effet infiniment plus dangereuse et génère des vents de plus de 100 km/h et une forte dépression. La trombe renforce certes le vent de façon très locale et pourrait faire chavirer une petite embarcation, mais ne génère en aucune façon des dégâts aussi massifs qu'une tornade.
Les images ont été prises le mardi 5 juillet 2005 à 8h15 depuis la Tour-de-Peilz en direction du Bouveret. Nous remercions Monsieur Geoffrey Kyle de nous les avoir mises à disposition. Le phénomène s'est produit à la suite de la perturbation active ayant traversé la Suisse le lundi 4 juillet. L'air froid avait envahi le pays et une cellule de pluie s'était développée au dessus de Villeneuve à la même heure comme on peut le voir sur l'image radar de 8 heures 15 représentée ci-dessous.
5 juillet 2005, Lionel Peyraud, Pierre Eckert, MétéoGenève | www.meteosuisse.ch
Orages violents: rafales de vent record au Bouveret et grêle dévastatrice sur la Riviera vaudoise
Lundi après-midi 18 juillet vers 15 heures, une cellule orageuse a provoqué des rafales de vents atteignant les 160 km/h au Bouveret et généré des grêlons de plusieurs centimètres de diamètre sur la Riviera vaudoise.
Après une matinée bien ensoleillée, permettant d'accumuler de l'énergie potentielle, le ciel s'est très rapidement couvert vers la mi-journée par l'ouest. La perturbation pluvio-orageuse attendue pour ce lundi après-midi s'est effectivement manifestée sur une grande partie du territoire romand.
Vers 14h30, une cellule orageuse violente s'est développée sur l'ouest lémanique, puis dans un courant du sud-ouest a progressivement gagné sur le coup des 15h la Riviera vaudoise; elle s'est ensuite dirigée en direction des Préalpes fribourgeoises. Les rafales provoquées par cette cellule orageuse ont été exceptionnellement fortes sur le haut lac Léman: 160km/h ont été atteints au Bouveret, un record pour une station de de plaine. Dans les Préalpes, 75 à 80 km/h ont été relevés à Oron et à Aigle, et sur l'arc lémanique, les rafales ont atteint 60 à 65 km/h, valeurs beaucoup plus fréquentes. A titre de comparaison, les rafales de vents dues au passage de l'ouragan Lothar le 26.12.99 sont de: Bouveret 133km/h, Oron 132 km/h, St.Prex 126 km/h, Bâle 147 km/h et Schaffhouse 162 km/h.
De plus, cette cellule orageuse a provoqué la formation de grêlons atteignant plusieurs centimètres de diamètre. Ce sont surtout ces derniers qui ont provoqué d'importants dégâts.
Côté précipitations, 20 à 30 mm sont tombés en moins d'une heure dans le Bassin lémanique, le Chablais et les Préalpes. Localement, elles ont même pu être plus importantes.
MétéoSuisse avait émis dès dimanche un avertissement pour orages violents destiné aux autorités de tous les cantons romands couvrant une période critique allant de lundi 18 à 12h jusqu'à minuit. Cet avertissement était également disponible sur le site internet de MétéoSuisse ainsi que sur le numéro 162. Le potentiel dévastateur de ce qui pourrait se passer lundi avait été détecté ce week-end déjà, par contre il est impossible dans ce genre de situation de prévoir dans quelle région exactement les cellules orageuses vont se développer.
Durant l'après-midi du lundi 18 juillet, MétéoSuisse a émis plusieurs flash-orage à destination des autorités mais également diffusés par les radios locales et par la RSR 45 à 30 minutes avant l'arrivée de la supercellule dans la région.
19.07.05 Florence Golaz | www.meteosuisse.ch