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A LA SÉANCE DU DIES ACADEMICUS le 5 juin 1958
NOTRE maison voit chaque année le nombre des étudiants augmenter, les manifestations se multiplier, les obligations du bureau du Sénat et du Recteur s'étendre à des domaines de plus en plus variés et je sais que mes auditeurs, aujourd'hui, désirent que j'abrège le plus possible cette allocution.
Il est cependant des faits essentiels que le devoir m'oblige à relater si mon auditoire désire avoir un aperçu de la vie universitaire au cours de cette année depuis le Dies Academicus de l'an passé.
Je vous demande indulgence et patience, indulgence pour les omissions qui seront involontaires, patience pour l'exposé qui, je l'espère, ne vous paraîtra pas trop long.
Nous avons eu, hélas, à déplorer le départ de plusieurs de nos maîtres.
Le 5 août 1957, mourait le Dr Ferdinand MOREL, professeur ordinaire de clinique psychiatrique et directeur de la clinique de Bel-Air.
Il se trouvait depuis quelques jours à Giétroz en Valais où il passait ses vacances avec sa femme.
Agé de 69 ans, le professeur Morel, originaire du Jura bernois, fit tout d'abord des études de théologie à l'Université de Neuchâtel et obtint son grade de bachelier en 1911.
En 1918, étant docteur de la Faculté des lettres, il fut attiré par la médecine psychiatrique; il fit alors toutes ses études à la Faculté de médecine. Il les termina en 1927. Deux ans plus tard, il obtenait son diplôme de médecin et fut alors nommé médecin-adjoint et privat-docent à la Faculté de médecine, dès 1934.
Le 21 octobre 1938, il succéda au professeur Ladame à la tête de la clinique psychiatrique de Bel-Air. Durant les dix-neuf années de son enseignement, il consacra son temps — en dehors du côté pédagogique de sa charge — à d'importants travaux, non seulement sur la psychiatrie pure, mais également sur l'anatomo-pathologie cérébrale et sur la génétique psychiatrique des affections médicales.
C'est sous sa direction que l'établissement de Bel-Air a été perfectionné et agrandi, notamment par l'aménagement de laboratoires d'endocrinologie. La réputation du professeur Morel avait dépassé nos frontières; il se rendit jusqu'en Amérique du Sud, à Sao Paulo.
Président de la Société susse de psychiatrie, il fut appelé à l'étranger à donner de nombreuses conférences. La mort de ce savant est une grande perte, non seulement pour Genève, mais pour la science médicale tout entière.
Le professeur honoraire René KOENIG nous quittait le 9 octobre 1957.
Ceux qui l'ont connu garderont le souvenir du maître qui honorait grandement notre Faculté de médecine, et de l'homme au caractère d'une rare énergie. Il ajoutait à sa fermeté une très grande indépendance et une belle franchise de jugement.
Son enseignement et sa très large activité, tant dans le domaine de la recherche que dans le domaine professionnel ne l'empêchaient pas de suivre avec intérêt les manifestations de la vie intellectuelle et artistique de Genève.
Le Dr KOENIG est né à Strasbourg le 25 janvier 1871. Il obtint son doctorat en médecine à Berne en 1896 et il fut privat-docent en 1903 puis suppléant à la chaire de gynécologie et d'obstétrique en 1905, 1906 et 1907. Il fut nommé professeur ordinaire de cette science le 25 mars 1930. Il y a quelques années, il prenait sa retraite avec le titre de professeur honoraire de l'Université.
Il paya le lourd tribut d'un grave accident au sport qu'il aimait tant pratiquer.
Né à Fiez dans le canton de Vaud, le 23 septembre 1880, Léon-William COLLET, après avoir suivi le Collège cantonal de Lausanne, continua ses études secondaires à Nyon et les termina à Genève en 1899.
En 1904, il obtint le grade de Dr ès sciences. Peu après, il est assistant à Edimbourg chez sir John Murray où il est attaché, pendant quelque temps, au Service des Lacs d'Ecosse.
De retour à Genève, il est nommé privat-docent en 1906 où il enseigne jusqu'en 1910.
Soutenu par son tempérament enthousiaste et sa robustesse d'alpiniste, il développe et étend vers l'est et l'ouest ses investigations dans la Nappe de Mordes, ce qui lui vaut, après publication des résultats, le Prix Plantamour-Prevost.
La même année, l'Université argentine de La Plata l'appelle comme professeur de géographie physique, puis il est nommé en 1912 directeur du Service hydrographique à Berne.
Lors de la retraite du professeur Sarasin en 1918, Léon-William Collet est nommé professeur ordinaire de géologie et de paléontologie. De 1922 à 1926, il est doyen de la Faculté des sciences.
De 1927 à 1929, il enseigne pendant les semestres d'hiver à l'Université de Harvard. En 1933, ii est docteur honoris causa de l'Université de Glasgow.
Le 30 septembre 1944, Léon-William Collet se retire avec le titre de professeur honoraire.
Il a publié environ 200 mémoires; ses ouvrages traitent de sujets variés appartenant à la géologie, à la paléontologie, à la géographie physique.
Genève lui doit d'avoir introduit le goût de l'étude des sédiments marins et des roches sédimentaires. D'autre part, il fait de son Institut un centre de géologie alpine qui attire de nombreux élèves et confrères, anglo-saxons surtout.
Ce grand savant appartenant à de très nombreuses sociétés scientifiques, s'est éteint le 13 octobre 1957, laissant le souvenir d'un professeur à l'enthousiasme communicatif, d'un savant connu hors de nos frontières et enfin d'un collègue dévoué.
Le Dr Edmond GRASSET, professeur ordinaire d'hygiène et de bactériologie, directeur de l'Institut d'hygiène, est décédé le 29 octobre 1957.
Né à Genève en 1895, il fit dans notre ville toutes ses études couronnées à l'Université par le doctorat en médecine.
Le professeur Grasset avait été assistant de bactériologie et d'hygiène; il fut également collaborateur de l'Institut de pathologie.
De 1923 à 1929, il compléta sa formation scientifique à l'Institut Pasteur à Paris et six années plus tard, il était appelé
à diriger à Johannesburg le «South African Institute for Médical Research».
En 1946, le Conseil d'Etat l'appelait à succéder au professeur Reh à la chaire d'hygiène et de bactériologie puis, quelques mois plus tard, à diriger l'Institut d'hygiène.
Membre du Comité International de la Croix-Rouge, le professeur Grasset a fait partie de très nombreuses sociétés internationales de bactériologie, de médecine préventive, de pathologie.
En qualité d'expert de l'Organisation mondiale de la Santé (O.M.S.), il a participé à de nombreuses missions, notamment en Indonésie. Il a donné également des cours à Bâle, à l'Institut des maladies tropicales.
Ce maître a signé plus de 150 publications; son apport à la science est donc très important.
On ne saurait oublier avec quelle autorité le professeur Grasset présida, l'an passé, le Congrès médical de poliomyélite qui s'est tenu dans notre ville et qui avait attiré plus de 2000 savants et médecins.
Le professeur Alexis FRANÇOIS était né en 1877. Il acheva ses études à la Sorbonne et au Collège de France où il fut notamment l'élève de Gaston Paris, de Mario Roques et de Ferdinand Brunot.
En 1908, il était nommé à Genève professeur extraordinaire d'histoire de la langue française moderne, puis l'année suivante, professeur ordinaire de philologie française.
En 1929, il était nommé agrégé de l'Université de Paris.
De 1906 à 1924, Alexis François fut le secrétaire avisé de la Société Jean-Jacques Rousseau et rédacteur des Annales Jean-Jacques Rousseau. Il comptait parmi les fondateurs de la Nouvelle Société Helvétique en compagnie de Gonzague de Reynold. En dépit de sa formation française, Alexis François était resté profondément genevois. Il avait pris sa retraite en 1952. Depuis lors, il était professeur honoraire.
Son oeuvre littéraire est importante. On lui doit notamment «La Grammaire du Purisme et l'Académie française du XVIIIe siècle» (1905). «Dans la lutte» (1916), «La part du neutre» (1917), «Le Berceau de la Croix-Rouge» (1918), «Le premier baiser de l'amour ou J.-J. Rousseau inspirateur d'estampes» (1920), «Aspects d'Henri Dunant» (1948), «La désinence dans le vocabulaire français» (1950), ainsi que d'innombrables
articles de journaux et revues qui s'honorent de sa collaboration. Il achevait en outre une «Histoire de la langue française cultivée» qui sera, pour autant qu'un classement soit possible dans des travaux d'une telle valeur, son oeuvre maîtresse.
Le professeur William RAPPARD, dont on avait fêté le 75me anniversaire peu de jours auparavant, est mort le 29 avril 1958 dans sa demeure de Valavran. L'an passé déjà, il avait été gravement atteint, mais il avait conservé néanmoins toute sa vigueur d'esprit.
William Rappard est né le 22 avril 1883 à New York. Il fit ses études supérieures aux universités de Genève, Berlin, Munich, Harvard, Paris et Vienne. Il avait obtenu sa licence en droit à l'Université de Genève en 1906 et son doctorat en 1908.
Après avoir enseigné durant quelques années à Harvard, il revint à Genève et en 1913, il était nommé professeur ordinaire d'économie politique, puis chargé de l'enseignement des finances. publiques en 1915.
En 1917, mandaté du Conseil fédéral, il accomplit avec succès une importante mission auprès du Président Wilson: il s'agissait d'obtenir des Etats-Unis des livraisons de blé qui étaient absolument indispensables à notre population.
Après la première guerre mondiale, il fit partie de la Conférence des Neutres et il participa à l'organisation de la ligue des Croix-Rouges.
De 1920 à 1925, il fut directeur de la Section des mandats de la S.D.N., puis dès 1925, membre de la Commission permanente des mandats. Tant que dura la S.D.N., William Rappard fut membre de la délégation suisse.
C'est en 1928 qu'il fonda l'Institut de Hautes Etudes Internationales dont il devint le directeur. Il partagea ces charges avec Paul Mantoux et jusqu'en 1955, il fut l'âme de cette institution.
William Rappard fut recteur de l'Université à deux reprises, de 1926 à 1928 et de 1936 à 1938.
En 1946, il représenta notre pays à la Conférence de Washington où il sut admirablement défendre le point de vue de la Suisse et son attitude durant la seconde guerre mondiale.
Enfin il faut rappeler que dès 1945, il fut délégué de la Suisse à la Conférence de l'Organisation internationale du Travail qu'il présida en 1951.
On lui doit de nombreuses publications parmi lesquelles nous devons citer: «La révolution industrielle et les origines de-
la protection légale du travail en Suisse» (1914), «L'individu et l'Etat dans l'évolution constitutionnelle de la Suisse» (1936), «Cinq siècles de sécurité collective» (1945), «La Constitution fédérale de la Suisse» (1948) et tout récemment «Les conditions de la prospérité helvétique» (1957).
Docteur honoris causa de plusieurs universités, il était également membre correspondant de l'Institut de France.
L'Université perd en lui l'un de ses grands maîtres et l'Institut de Hautes Etudes Internationales, celui dont le nom restera comme le créateur de cette haute Ecole.
Nous avons eu à déplorer encore d'autres décès:
M. Théo GUHL, ancien recteur et ancien doyen de la Faculté de droit et des sciences sociales de l'Université de Berne, docteur en droit honoris causa de l'Université de Genève en 1951;
M. Frédéric GARDY, docteur ès lettres honoris causa et directeur honoraire de la Bibliothèque publique et universitaire; M. Pierre BERNADOU, qui fut maître à l'Ecole d'interprètes; M. Pierre TUOR, ancien professeur à la Faculté de droit et docteur en droit honoris causa de l'Université de Genève;
M. Auguste Simonius, professeur ordinaire de droit romain de l'Université de Bâle et docteur en droit honoris causa de l'Université de Genève.
Nos jeunes disciples ont également été éprouvés par la perte de MM. Fathy SALEM et Raafat AWAD, étudiants à la Faculté des sciences, décédés à la suite d'un triste accident;
Mlle Blanca DE LA PLAZA, étudiante à l'Ecole d'interprètes, disparue le 28 avril 1958;
M. Pàl DREN, étudiant hongrois à la Faculté de médecine, mort également accidentellement;
et M. Roland RISTORI, étudiant à la Faculté de médecine.
A toutes les familles si cruellement éprouvées, l'Université tient à exprimer aujourd'hui toute sa sympathie et ses pins sincères condoléances.
D'antre part, comme toujours, lors de cette revue annuelle, nous avons enregistré un certain nombre de démissions:
Le 31 mai 1957, c'est le professeur Samuel BAUD-BOVY qui nous quittait pour assumer la direction du Conservatoire de Musique de Genève, ce dont nous le félicitons tout en regrettant vivement son départ.
Le 8 juin 1957, le professeur William RAPPARD avait donné sa démission et avait été nommé professeur honoraire.
Le professeur Eugène BUJARD, professeur d'histologie normale et d'embryologie générale à la Faculté de médecine, nous quitte, de même que le professeur Victor MARTIN, professeur ordinaire de langue et littérature grecques et le professeur Paul-Edmond MARTIN, professeur ordinaire d'histoire du moyen âge et de paléographie à la Faculté des lettres.
Ces trois collègues, tous anciens recteurs, ont rendu à l'Université d'éminents services et c'est avec un profond regret que nous nous en séparons. Nous tenons à leur exprimer notre vive reconnaissance pour tout ce qu'ils ont fait pour notre Alma Mater.
L'inexorable limite d'âge nous oblige à déplorer encore le départ de trois éminents collègues. Il s'agit de M. Gottfried BOHNENBLUST, professeur ordinaire de langue et littérature allemandes, et des docteurs François NAVILLE et Fernand CHATILLON, respectivement professeur ordinaire de médecine légale et de gynécologie et d'obstétrique. En reconnaissance de leur longue carrière consacrée à notre maison, le Conseil d'Etat leur a conféré le titre de professeur honoraire.
Qu'ils veuillent bien accepter tous, nos voeux de longue et féconde retraite.
Le 9 juillet 1957, M. John LACHAVANNE, professeur attaché de législation à l'Ecole d'architecture, était atteint par la limite d'âge. Nous lui disons notre gratitude et nos remerciements.
M. Albert CAROZZI, nommé professeur de géologie structurale à l'Université d'Urbana (Illinois) a dû abandonner son enseignement de chargé de cours de géologie spéciale.
L'Université se développant de plus en plus, nous avons eu le plaisir d'accueillir parmi nous de nouveaux collègues et d'enregistrer la promotion d'autres maîtres.
M. Raymond TCHUMI, privat-docent, est promu chargé de cours de littérature américaine à la Faculté des lettres pour l'année universitaire 1957/58.
M. Michel TESTUZ est appelé en qualité de chargé de cours de langue et littérature arabes à la Faculté des lettres. Le Dr André MONTANDON, professeur extraordinaire, a été nommé professeur ordinaire de clinique et policlinique d'otorhino-laryngologie.
M. Bertrand BOUVIER devient chargé de cours de langue et littérature grecques modernes à la Faculté des lettres.
Le professeur Henri LAUFENBURGER a assuré, pendant l'année universitaire 1957/58, l'enseignement des finances publiques sous forme de deux séries de conférences.
M. Adrien ROBINET DE CLÉRY, chargé de cours, est nommé professeur extraordinaire de droit constitutionnel comparé.
M. René VERNIORY, précédemment privat-docent, est nommé chargé de cours de géologie spéciale.
M. Laurent L'HUILLIER, professeur extraordinaire de droit des obligations, a été chargé, au même titre, de l'enseignement du droit des transports à la Faculté des sciences économiques et sociales.
M. Walther HABSCHEID occupe, en qualité de professeur extraordinaire, la chaire de droit civil allemand et de procédure civile allemande, dès le semestre d'été 1958. Il était précédemment privat-docent à l'Université de Bonn.
M. Adolphe SCHNITZER, privat-docent, a été nommé chargé de cours pour l'enseignement du droit commercial allemand.
M. André REY, professeur associé et privat-docent à la Faculté des sciences, professeur à l'Institut des sciences de l'éducation, a été chargé d'un cours de psychologie physiologique à la Faculté de médecine.
M. Arthur LOZERON a été nommé chef d'atelier à l'Ecole d'architecture.
M. Gilbert TURIAN, privat-docent, a été nommé chargé de cours de morphologie expérimentale à la Faculté des sciences dès le semestre d'été 1958.
Le Dr René MACH, professeur extraordinaire, a été nommé professeur ordinaire de clinique thérapeutique et d'endocrinologie clinique.
Le Dr Robert MONTANT, professeur extraordinaire, a été nommé professeur ordinaire de chirurgie générale et de chirurgie opératoire à la Faculté de médecine et à l'Institut de médecine dentaire.
Le Dr René PATRY, professeur extraordinaire, était promu professeur ordinaire de policlinique chirurgicale, de chirurgie des accidents et de médecine des assurances.
M. Paul GEISENDORF a été promu professeur ordinaire à la Faculté des lettres.
M. Samuel ROLLER, professeur à l'Institut des sciences de l'éducation, a été nommé, le 16 mai 1958, chargé de cours de pédagogie expérimentale à la Faculté des lettres.
M. Robert GODEL a été nommé par appel professeur ordinaire de langue et littérature latines à la Faculté des lettres.
Mlle Maria BINDSCHEDLER a été nommée professeur ordinaire de langue et littérature allemandes.
Sur proposition de la Faculté des lettres, une chaire d'histoire des idées vient d'être créée. Le Conseil d'Etat n'a pas encore désigné son titulaire.
L'Université s'est enrichie également de plusieurs privat-docents. Ce sont:
Pour la Faculté des sciences: MM. Werner Franz RUEDI, Maurice STROUN et Süleyman TURKUNAK.
Pour la Faculté des lettres: MM. Félix KAHN, Georges-Paul COLLET et Hans SCHWEIZER.
Pour la Faculté de médecine: le Dr René HERRMANN.
Autant nous regrettons ceux qui nous ont quittés, autant nous sommes heureux, en ce Dies Academicus, de saluer nos nouveaux collègues et de les accueillir, certains qu'ils rendront de grands services pour honorer notre maison.
Parmi les manifestations qui se sont déroulées, permettez-moi de vous rappeler les plus importantes:
Le regretté professeur Edmond GRASSET présida, en juillet dernier, à Genève, le Congrès international de la Poliomyélite. Cette manifestation rassemblait dans notre cité plus de 2000 participants, parmi lesquels les personnalités médicales les plus en vue du monde entier.
La séance d'ouverture du semestre d'hiver 1957/58 eut lieu le mercredi 30 octobre 1957 à l'aula. Après une allocution du recteur, notre collègue le professeur Franz LEENHARDT fit une conférence fort remarquée intitulée: «Le mythe et la Bible». A cette occasion, nous avons inauguré les trois plaques commémoratives que vous avez sous les yeux et qui rappellent le fondateur et la fondation de notre maison ainsi que le nom du premier recteur.
Pour donner suite aux décisions que nous avions prises l'an dernier et afin de rapprocher l'Université des organisations internationales de Genève, la Faculté de médecine et l'Université recevaient le 18 décembre 1957 les directeurs et les hauts fonctionnaires de l'O.M.S. Après que le recteur leur eut souhaité la bienvenue, nous entendîmes un exposé fort intéressant du professeur GRZEGORZEWSKI, directeur des services d'enseignement et de formation professionnelle de l'O.M.S., intitulé: «Le rôle des facultés de médecine dans l'enseignement de
l'hygiène publique». Un aimable dîner aux Bergues clôtura cette manifestation.
La fête de Noël universitaire a eu lieu le jeudi 19 décembre 1957; elle s'est déroulée comme toujours dans une atmosphère franche et cordiale.
Le 15 janvier 1958, nous recevions Son Excellence M. Henry TAYLOR, ambassadeur des Etats-Unis, qui nous a remis deux séries de volumes sur l'histoire des Etats-Unis. Il était accompagné du consul général et de Mme GOWEN. Nous avons apprécié l'amabilité et l'atmosphère très agréable de cette visite.
Le 3 mars 1958, la Faculté des sciences économiques et sociales inaugurait son Centre de recherches tandis que les membres du Bureau accueillaient les délégués de la Fédération internationale des femmes diplômées des universités, le 21 mars 1958, dans la salle du Sénat.
D'aimables paroles furent échangées entre le recteur et les représentantes de la dite Fédération.
Lundi dernier, le Recteur recevait le Congrès de sédimentologie présidé par le professeur Augustin LOMBARD.
Votre Recteur a eu, en outre, l'honneur de représenter l'Université de Genève, le 15 juin 1957, au jubilé de la Banque nationale à Berne.
Il a été invité, du 23 au 26 juin 1957, à participer au 500me anniversaire de l'Université de Fribourg-en-Brisgau.
Du 3 au 6 juillet 1957, c'est le Vice-Recteur, mon collègue le professeur COURVOISIER, qui nous représentait aux fêtes du 350me anniversaire de l'Université de Giessen.
Le 12 octobre 1957 également, le Vice-Recteur assistait à la rentrée des Facultés et à l'inauguration de la nouvelle Faculté des sciences de l'Université de Dijon.
Du 21 au 26 avril 1958, les Recteurs des Universités suisses étaient invités par le Ministre de l'Instruction publique de Belgique et furent conviés à visiter les quatre Universités belges: Liège, Bruxelles, Louvain et Gand ainsi que l'Exposition internationale. Votre Recteur représentait l'Université de Genève. Nous tenons à exprimer au Ministre de l'Instruction publique ainsi qu'aux Recteurs des Universités belges des sentiments de grande reconnaissance pour la réception magnifique qui nous a été faite partout.
Le 14 mai 1958 avait lieu le 140me anniversaire de la fondation de l'Université de Varsovie et le 150me anniversaire de la
fondation de la Faculté de droit de cette même Université. C'est le professeur Jean GRAVEN, doyen de la Faculté de droit, qui nous a représenté à cette manifestation au cours de laquelle le Professeur Jean Piaget a reçu le doctorat horions causa.
Le rapport administratif qui paraîtra dans la brochure du Dies Academicus 1958 vous indiquera en outre toutes les manifestations en Suisse et à l'étranger auxquelles nos collègues ont pris part.
Nous ne voudrions toutefois pas manquer de rappeler que le fanion d'honneur de l'Université a été remis, le 24 juin 1957, à M. Xavier PONCET par M. Brechbühl, pour les services rendus à la cause du sport durant de nombreuses années.
En outre, nous avons fêté plusieurs anniversaires:
Le 27 janvier 1958, la Faculté des sciences économiques et sociales organisait un dîner en l'honneur des trente ans d'enseignement du professeur Charles BURKY.
En février dernier, les professeurs Maurice ROCH et Charles WERNER célébraient leurs 80 ans ainsi que le professeur Théodore REH, en avril 1958. Nous les en félicitons vivement.
Le 10 mars 1958, la Faculté des sciences économiques et sociales fêtait le 70me anniversaire du professeur Antony BABEL, ancien recteur, et ses trente ans d'enseignement universitaire.
Enfin, je tiens moi-même à remercier, une fois encore, mes collègues d'avoir organisé en mon honneur, le 5 mai, à l'occasion d'un double anniversaire, un dîner de Faculté fort réussi.
Il nous semble naturel de remercier ici toutes les Institutions amies de notre maison qui, par leurs bienfaits, nous aident dans divers domaines.
En premier lieu, je pense à la Société académique, présidée par M. André FATIO, et dont la générosité et l'intérêt se manifestent chaque fois que nous avons recours à elle pour le bien de nos instituts et laboratoires.
La Fondation Ford a accordé une nouvelle subvention de 65.000 dollars pour une période de cinq ans. Elle servira à l'achèvement des recherches sur la relation entre le développement de la pensée et la perception de l'enfant.
D'autre part, un capital de fr. 30.000,- nous a été donné pour la constitution du Fonds Henri Chenevard par Mme Chenevard de Morsier en mémoire de son mari, éditeur, écrivain et publiciste. Ce Fonds permettra aux étudiants de la Faculté
des sciences économiques et sociales ou de la Faculté de droit de bénéficier de ce don.
La Fondation Rockefeller, enfin, accorde une nouvelle aide de fr. 600.000,- pour une période de cinq ans commençant le 1er octobre 1958, pour subvenir aux besoins du Centre international d'épistémologie génétique créé par le professeur Piaget.
L'Association des étudiants en médecine américains a eu la délicate attention de faire don à la clinique de chirurgie d'un appareil de projection avec haut-parleur Bell et Howell. Nous tenons à remercier nos étudiants américains et à leur dire ici combien leur geste a été apprécié.
J'indique encore que la Faculté des sciences a bénéficié de la succession Philippe de Palézieux, héritage et collections.
Le Comité de patronage a une responsabilité et un travail de plus en plus grands au fur et à mesure que le nombre des étudiants augmente. Nous le remercions vivement de tout ce qu'il fait pour nos jeunes.
Nous tenons également à dire combien la Maison internationale des Etudiants nous est utile et combien ceux qui ont le plaisir d'y séjourner sont satisfaits de l'ambiance qui y règne. Merci pour tout son dévouement à Mlle BALMER à laquelle nous associons Mme CHAMP-RENAUD qui dirige la Maison des étudiantes.
C'est toujours avec succès que nous avons recours aux délégués culturels des différents pays auxquels appartiennent nos étudiants étrangers et je remercie particulièrement l'Office scolaire iranien en la personne de M. MEHRAN et la Mission scolaire égyptienne dirigée par M. BADAWI.
Nous entretenons avec le C.E.R.N. et le Battelle Memorial Institute des relations toujours plus étroites. Je tiens à adresser aux directeurs de ces institutions nos remerciements les plus sincères pour leur fructueuse collaboration.
Parmi les sujets dignes d'être relatés, je m'en voudrais de ne pas citer l'Association des Etudiants qui assume un rôle très utile par ses offices d'ordre social. J'ai déjà dit, l'an passé, l'importance du geste de nos étudiants envers leurs camarades hongrois; ce geste a été renouvelé cette année avec succès. Qu'ils en soient félicités et remerciés, notamment M. Claude MOPPERT, auquel je me permets d'associer le président de l'Office d'entr'aide, M. le professeur Paul COLLART. Cette action est d'autant plus importante qu'actuellement le nombre des étudiants hongrois s'élève à plus de cent.
Je me permets de rappeler et de recommander à tous l'action de parrainage instituée l'an passé.
Je profite de ce rappel pour exprimer également â Mlle SECRETAN toute la gratitude de l'Université pour son action si utile et bienfaisante.
Toujours à propos des étudiants, je dois dire que l'élection du Comité de l'A.G.E. a donné lieu à quelques difficultés qui ont amené cette Association à reviser ses statuts afin qu'il ne subsiste aucun malentendu. Cette revision vient d'être approuvée par le bureau du Sénat et je souhaite que les élections pour l'année universitaire prochaine puissent se faire encore au mois de juin.
Samedi dernier, les couloirs de l'Université abondamment décorés ont accueilli les participants à l'Unibal. Cette manifestation placée sous le signe de l'entr'aide a été réussie en tous points et je suis heureux d'en féliciter les organisateurs.
Vous savez que l'A.G.E. patronne un journal «Action Etudiante», et l'an passé, je formais le souhait de lire des articles constructifs, intéressants et dignes. des étudiants appartenant à notre Ecole. Hélas, ce n'est pas le cas et le Bureau du Sénat ainsi que nombre de nos collègues en éprouvent une grande déception.
Une mention toute spéciale doit être adressée au comité de l'Association des Anciens Etudiants qui a eu de très heureuses initiatives grâce à la bonne volonté de ses membres et au dévouement de son président, M. Raymond RACINE. Que tous en soient remerciés; c'est là un organisme des plus utiles pour la préparation du IVe centenaire.
L'activité bienfaisante de la Commission des Sports, présidée par le professeur WALTHARD, a récolté cette année encore un succès grandissant grâce aux séjours pour les sports d'hiver et aux joutes amicales qu'organise M. BRECHBUHL. Merci à tous.
Nous présentons à MM. les Aumôniers, le pasteur Philippe GILLIERON et le Père Jean de la Croix KAELIN nos sentiments de gratitude.
Comme chaque année, les Facultés ont apporté des modifications de détails dans leur règlement de façon à fixer d'une manière plus précise les conditions exigées pour l'obtention des diplômes.
Je signalerai entre autres la proposition de création d'un doctorat en astronomie et la modification du règlement de la licence ès sciences politiques (mention études internationales).
L'Ecole d'interprètes compte un nombre d'élèves de plus en plus grand. Je félicite notre collègue, le professeur STELLING-MICHAUD de ce succès et je rappelle que l'an passé, nous avions déjà signalé l'heureux développement de cet Institut qui jouit d'une renommée internationale.
Certains étudiants en médecine ont compris tout l'intérêt qu'il y avait dans le rôle d'interprètes techniques. Je voudrais qu'il en soit de même de certains étudiants de la Faculté des sciences, de ceux, par exemple, qui ont un don particulier pour l'étude des langues.
A ce propos, il me plaît de signaler la prospérité des institutions qui dispensent l'enseignement du français aux étrangers sous la direction du professeur Charles MAYSTRE.
Les Cours de vacances ont réuni, du 15 juillet au 19 octobre 1957, 860 participants.
Le Séminaire de français moderne et l'Ecole pratique de langue française ont compté ensemble 860 élèves au semestre d'hiver et 805 ce semestre-ci.
Ces trois institutions rendent des services à toutes les Facultés et il ne tient qu'aux professeurs de toute l'Université d'exiger de leurs étudiants étrangers une connaissance suffisante, sinon approfondie, du français.
La tâche du Recteur ne serait pas possible sans la collaboration et le soutien de notre Secrétaire général, M. BLANC, qui assure la continuité et auquel on a recours chaque fois qu'un cas difficile se présente. Il a secondé le Recteur avec la plus grande bienveillance et je tiens à lui dire combien je lui en suis reconnaissant.
Je remercie d'autre part tout le personnel administratif de l'Université qui remplit sa tâche consciencieusement; je m'en voudrais de faire des personnalités, de crainte d'oublier quelqu'un.
A chacun de mes collègues du bureau du Sénat, je veux dire la reconnaissance que j'éprouve pour leur amitié et leur aide précieuse.
Je souligne le rôle difficile et ingrat de M. le professeur BAUMANN, secrétaire du Sénat, dont le talent de rédaction nous a permis d'abréger souvent les commissions ou les séances trop chargées du Bureau du Sénat.
Nos cinq à sept du mardi m'ont fait apprécier le dévouement de chacun de vous: sans vos conseils éclairés, faisant ressortir
l'intérêt que vous prenez à conduire la barque à travers les flots parfois perfides des graves questions que nous avons à débattre, votre Recteur n'aurait pu aborder le rivage avec la satisfaction du devoir accompli. Je n'aurais garde de l'oublier et je penserai bien souvent à vous, chers collègues, l'an prochain, lorsque l'horloge du mardi sonnera cinq heures.
Le professeur Baumann va quitter aussi ce bureau; j'ai dit tout ce qu'on lui devait. Le professeur Eric Martin deviendra vice-recteur ce dont je le félicite. J'ignore encore le nom de son successeur comme doyen de la Faculté de médecine. Enfin, je forme le voeu que les doyens Chodat, Collart, Graven, Terrier, Leenhardt soient les dignes représentants de nos Facultés lors du IVe centenaire.
Je m'adresse maintenant à Monsieur le Conseiller d'Etat Alfred BOREL, chef du Département de l'Instruction Publique qui continue à nous prouver des sentiments véritablement amicaux qui font que c'est toujours avec Je plus grand plaisir que nous lui exposons nos problèmes ou que nous discutons de certaines questions essentielles et bien délicates. Je m'excuse auprès de lui des sollicitations nombreuses que j' ai dû lui transmettre.
Je tiens à relever la compréhension avec laquelle il s'est efforcé, sur notre demande, de réadapter les traitements des professeurs de l'Université et de faire adopter, dans les délais les plus courts, la nouvelle loi de traitements qui va nous régir bientôt, dès que certains ajustements pour nos instituts, seront entérinés.
Je tiens également à dire à M. Henri GRANDJEAN, secrétaire général du Département de l'Instruction Publique, toute mon amitié et ma reconnaissance pour l'aide qu'il nous apporte chaque fois que nous recourons à ses bons offices.
Enfin, nos remerciements vont à M. René JOTTERAND, secrétaire adjoint du même Département, dont nous apprécions l'amabilité.
Le Sénat s'est réuni 4 fois durant l'année. Il a discuté de la loi concernant les traitements des professeurs et il a adopté le port de la robe qui devient obligatoire, à chaque cérémonie officielle, pour les membres du bureau du Sénat, tandis qu'il reste facultatif pour les professeurs ordinaires et extraordinaires. Le professeur GYSIN continue son oeuvre si utile à la tête de la Commission universitaire pour le Fonds National de la
Recherche. Il distribue judicieusement les 50.000,- francs que nous alloue le Fonds National pour les jeunes chercheurs les plus intéressants. Je lui souhaite très vivement une forte augmentation de cette allocation qui est nettement insuffisante devant les besoins actuels de la science.
Le Smith College, cette cohorte de jeunes filles qui nous viennent d'Amérique, nous reste fidèle. Nous cri sommes particulièrement heureux et je tiens à remercier ici Mme KOFKA, directrice, aidée dans sa tâche par Mme DAVINROY. Ces jeunes filles contribuent à rendre un peu de jeunesse à la vétusté de nos couloirs, mais n'en travaillent pas moins avec zèle et application.
Le Centre d'Etudes Industrielles que dirige M. HAENNI est une institution qui, comme je le disais l'an passé, fait partie des instituts rattachés à notre maison.
Votre Recteur a eu l'occasion et le plaisir de se rendre avec M. Haenni en Amérique pour assister au Conseil de ce Centre et visiter quelques universités et centres d'études.
Que M. Haenni soit remercié de toute l'amabilité et la gentillesse qu'il prodigue aux professeurs de l'Université.
Je dois dire, hélas, que la construction de la Cité universitaire doit subir un temps d'arrêt. En effet, les restrictions de crédits, l'élévation du taux d'escompte des capitaux ont eu leur répercussion sur la collecte que l'Université fait pour son IVe centenaire. D'autre part, certains industriels ont préféré remettre leur don pour d'autres buts universitaires.
Je désire faire ici un appel pressant à tous ceux d'entre vous et spécialement à tous mes collègues pour qu'ils contribuent à cette oeuvre si nécessaire.
Le nombre des étudiants croît régulièrement de semestre en semestre et nous avons dépassé encore au semestre d'hiver le nombre du semestre précédent.
Nous comptons maintenant 2773 étudiants et 668 auditeurs, ce qui représente un total de 3441 personnes, soit une augmentation de 224 unités par rapport au semestre d'hiver précédent.
C'est la raison pour laquelle j'avais déjà adressé, l'an passé, un appel à nos autorités.
Cette année, je suis heureux de vous dire que les Conseils de notre République ont enfin admis le principe du déménagement du Musée d'histoire naturelle, ce qui permettra, dans
deux ou trois ans, d'avoir tonte cette aile à notre disposition. D'autre part, l'Herbier Boissier sera transféré et nous pourrons effectuer les transformations nécessaires dans le bâtiment de l'Université.
Enfin, encore une bonne nouvelle: la création d'un nouveau restaurant universitaire est prévue sur l'emplacement des anciennes policliniques de l'avenue du Mail.
Je me permets donc de signaler, une fois encore, à nos autorités, l'urgence de nouveaux locaux pour l'Ecole d'Architecture qui compte cent étudiants qui travaillent dans de mauvaises conditions sous l'experte direction du professeur BEAUDOUIN et de M. CINGRIA, administrateur.
Il en est de même pour l'Ecole de Chimie qui cherche par tous les moyens possibles à subsister sans qu'il ne se produise d'accidents graves.
M. le professeur MIRIMANOFF qui dirige l'Ecole de Pharmacie voit lui aussi avec angoisse augmenter le nombre de ses étudiants qu'il ne pourra plus caser dans ses locaux.
Je forme donc Jes voeux les plus ardents pour que l'Etat prenne nos requêtes en considération. Je sais que M. Jean DUTOIT, Conseiller d'Etat chargé du Département des Travaux Publics est assailli de toutes parts par des demandes multiples, mais tout en reconnaissant ce qu'il a déjà fait, je me permets de lui demander encore qu'il pense à notre maison qui mérite de vivre et de se développer.
Vous avez certainement remarqué le magnifique collier, la chaîne du Recteur, que j'ai l'honneur de porter aujourd'hui pour la première fois, à l'occasion du «dies academicus».
Cette oeuvre d'art est offerte à l'Université, pour son IVe centenaire par la Maison Patek-Philippe, notre vieille manufacture genevoise d'horlogerie.
Les donateurs ont désiré que le Recteur la porte avec la robe universitaire qui avait été abandonnée dès 1848 et dont le port a été rétabli cette année par le Sénat.
Je tiens à exprimer à nouveau la reconnaissance et les remerciements de l'Université à M. Pfister, administrateur et à M. Delessert, directeur, et l'hommage de notre admiration à M. Gilbert Albert, dessinateur et à M. Albert Pellarin, qui a exécuté cette oeuvre magnifique.
Il est un devoir et un plaisir tout particulier de dire maintenant à mon collègue et ami, le professeur Pierre GAUTIER,
toute la reconnaissance de l'Université pour son dévouement durant de longues années à la Caisse-maladie. Il a assumé les délicates fonctions de médecin-conseil avec infiniment de tact et d'humanité et nous désirons lui exprimer d'une façon tangible nos sentiments en lui remettant la médaille de l'Université.
La tâche principale du prochain Bureau va être la préparation, puis la réalisation des fêtes du IVe centenaire de l'Université.
C'est là une lourde charge pour laquelle mes prédécesseurs et moi-même avons déjà oeuvré modestement en créant les commissions générale et des finances, les commissions du programme et de réception, la commission de presse et celle très importante des publications, la commission de l'exposition, organisations pour lesquelles de nombreux concours nous ont été généreusement accordés.
Dans une année, jour pour jour, notre vénérable Alma Mater sera en fête. Que ces quatre journées prévues deviennent, pour la population de Genève, le symbole de l'attachement à cette Institution qui a contribué â la renommée de la Cité et qui doit, dans l'avenir, se montrer digne de son passé.
En terminant cette trop longue allocution, il me reste le devoir et le plaisir de vous présenter le Recteur de l'Université de Genève pour la période du 16 juillet 1958 au 15 juillet 1960, le professeur Jaques COURVOISIER, ancien doyen de la Faculté de Théologie, actuellement Vice-Recteur.
Déjà en cette qualité, il a pris à coeur de mener à bonne fin l'énorme tâche que va représenter pour lui les fêtes du IVe centenaire. Son dévouement à notre maison, ses qualités d'homme et de professeur nous permettent de fonder sur lui la plus légitime espérance.
L'idéal dont il est animé fera de lui, en cette année 1959, le digne collègue et successeur de celui dont le nom est inscrit ici-même: Théodore de Bèze, premier Recteur de l'Académie de Calvin.Mesdames, Messieurs,
Je vais bientôt achever la tâche que j'ai acceptée lors de mon élection en qualité de Recteur.
Certes, cette tâche est lourde, surtout pour un professeur de sciences qui doit rester à la tête de son institut. Je ne vous
cèlerai pas que je n'ai pas pu réaliser tout ce que je désirais et les déceptions ont parfois obscurci un peu le ciel sous lequel j'avais imaginé qu'un Recteur déployait son activité; peut-être n'ai-je pas su avoir la philosophie de certains de mes prédécesseurs. Néanmoins, j'ai bénéficié de l'amitié et de l'appui de ceux qui m'ont entouré, j'ai cherché à me rendre utile, m'efforçant d'utiliser toujours pour le bien de l'Université les quelques qualités dont je dispose; puisse le voeu ultime que je formule être pour vous le reflet de mes sentiments les plus intimes: que notre Alma Mater soit notre raison d'être, qu'elle oeuvre dans la paix et dans la concorde pour le progrès de la science et de la vérité pour le bien de notre petite patrie genevoise.