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Keiserman arrive à Rome en 1789. Son voyage est financé par le Vaudois Louis Ducros qui l’a engagé comme coloriste dans son atelier de gravures au trait aquarellées, alors en pleine expansion. Le jeune homme se forme rapidement au métier de védutiste au contact des vues topographiques produites à la chaîne par son compatriote. Réputés pour leurs caractères difficiles, les deux hommes se séparent en 1792.
Le tombeau des Plautii, une illustre famille romaine, est situé sur la via Tiburtina qui conduit de Rome à Tivoli. Cette grande tour cylindrique érigée à la fin du Ier siècle av. J.-C. forme un ensemble pittoresque avec le Ponte Lucano, la rivière Aniene, et une auberge en ruine du XVIe siècle. C’est une étape obligée pour les touristes du Grand Tour et une source d’inspiration pour nombre d’artistes dès le milieu du XVIIIe siècle. Ducros lui-même a représenté le site en 1789 (aquarelle conservée au Musée).
Dans cette vue d’après nature, Keiserman se concentre sur le mausolée lui-même. Le graveur Giovanni Battista Piranesi en avait donné deux représentations canoniques : l’une générale, dans ses Antiquités romaines (1756), qui insiste sur la grandeur et la décrépitude du monument, l’autre de détail, dans ses Vues de Rome (1761). Comme dans cette dernière, Keiserman choisit un cadrage serré sur une des faces du monument. Il dépeint l’appareil de blocs de travertin, les inscriptions funéraires et les créneaux ajoutés au Moyen Âge. Sa représentation témoigne aussi de l’influence de Ducros, dans la grandeur du format obtenu par le collage de deux feuilles, la technique et le coloris, mais aussi dans la dramatisation du ciel, l’emprise du végétal, et le jeu des ombres sur les pierres de taille.
Bibliographie
William Hauptman, Peindre l’Italie. Keiserman et Knébel : deux Vaudois à Rome vers 1800, cat. exp. Lausanne, Musée historique de Lausanne, 2005.
Rébecca Mex, Les œuvres de Keiserman conservées dans la collection Knébel du Château de La Sarraz, mémoire de licence non publié, Université de Lausanne, 1993, fig. 7.
Doris Agassiz, « François Keiserman, un paysagiste à Rome 1765 – 1833 », Revue historique vaudoise, mars-avril 1930, p. 64-89.