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Richard Koller, président du comité d'initiative, devant la presse à Berne.
Keystone/ANTHONY ANEX(sda-ats)
Un jour après le début de la récolte de signatures, le comité de l'initiative "Priorité aux travailleurs en Suisse" s'est présenté à Berne. Son texte demande que l'accès des étrangers au marché du travail soit limité dès que le chômage en Suisse dépasse 3,2%.
Il ne s'agit pas d'une initiative de l'UDC, a souligné le président du comité, le secrétaire de l'UDC cantonale lucernoise Richard Koller. Elle est portée par un comité bourgeois dont les membres sont issus de différents partis et aux convictions politiques diverses.
Le comité de neuf personnes comprend également le président du groupe pro-armée Giardino Willi Vollenweider. Cet ancien UDC s'était engagé pour le référendum avorté contre la loi d'application de l'initiative contre l'immigration de masse. Le député UDC au Grand Conseil vaudois Werner Riesen y figure aussi. Selon eux, l'initiative rencontre beaucoup de sympathie parmi la population.
La nouvelle initiative va plus loin que celle de l'UDC sur l'immigration, dont le Conseil fédéral n'a pas encore fixé les derniers détails d'application. Concrètement, elle demande que l'accès des étrangers au marché du travail soit limité dès que le chômage en Suisse dépasse 3,2%, selon la définition de l'Organisation internationale du travail (OIT). En 2016, ce taux était de 4,8%.
Pour trouver un travail, il faudra être domicilié en Suisse et avoir la nationalité helvétique ou, à défaut de cette dernière, avoir terminé en Suisse sa dernière année scolaire obligatoire ou y avoir achevé une formation professionnelle initiale ou des études dans une haute école.
L'exigence d'une citoyenneté helvétique ne serait pas non plus exigée pour les personnes qui ont ou ont eu droit à des indemnités de chômage en Suisse ou pour les étrangers domiciliés en Suisse dont le revenu net au moment de la signature du contrat de travail représente au moins le double du revenu disponible moyen.
Contingents
Si le chômage est inférieur à 1% dans une profession, le Conseil fédéral pourrait fixer, sur demande, un contingent d'autorisations de travail pour les étrangers. Enfin, Berne doit encourager en priorité la formation et la reconversion des demandeurs d'emploi domiciliés en Suisse.
L'initiative précise qu'aucun traité international contraire à ses exigences ne peut être conclu. Elle exige en outre la dénonciation de l'accord bilatéral de libre circulation des personnes dans un délai de trois mois, pour autant que l'accord n'ait pas été adapté ou dénoncé.
La libre circulation est également dans le viseur de l'Action pour une Suisse indépendante et neutre (ASIN). Celle-ci a chargé son comité d'élaborer une initiative, qui devrait être présentée aux délégués de l'UDC le 24 juin. La récolte de signatures devrait être lancée durant la seconde moitié de l'année.
ATS