Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07062.jsonl.gz/1088

Lisbonne, Portugal. Les mystères de la politique portugaise restent insondables. La plupart des Portugais, et notamment ceux qui vivent en Suisse, n'ont de cesse de critiquer leur gouvernement, qu'il soit dirigé par le PS ou comme maintenant par la droite, essentiellement le PSD. Ils les rendent responsables, non sans raison, de la crise actuelle générée entre autres par des dépenses inconsidérées pendant des années.
Lisbonne, Portugal. Les mystères de la politique portugaise restent insondables. La plupart des Portugais, et notamment ceux qui vivent en Suisse, n'ont de cesse de critiquer leur gouvernement, qu'il soit dirigé par le PS ou comme maintenant par la droite, essentiellement le PSD. Ils les rendent responsables, non sans raison, de la crise actuelle générée entre autres par des dépenses inconsidérées pendant des années.
Lisbonne, Portugal. Le Portugal est à genou. La situation n'est peut-être pas aussi catastrophique qu'en Grèce mais la désillusion est la même après cinq ans de cure d'austérité. "C'est impossible de continuer comme ça. On paie ou on ne paie pas la dette, les intérêts augmentent, la dette est toujours plus élevée, notre déficit est toujours plus haut. Finalement les Portugais se demandent à quoi ont servi leurs sacrifices", s'exclame Manuela Magno, une des chevilles ouvrières du parti "Juntos Podemos" ("Ensemble nous y arriverons"), influencé par le modèle presque homonyme espagnol. Et le résultat du parti Syriza aux récentes élections grecques commence à ouvrir des perspectives nouvelles ici aussi.
Les différents gouvernements de gauche et de droite qui se sont succédés au pouvoir depuis le début de la crise ont toujours cherché à être le bon élève des institutions financières européennes et internationales. Le coût social et humain a été élevé. Plus de 300'000 Portugais ont émigré, dont environ 50'000 vers la Suisse. Ceux qui sont restés au pays et qui ne font pas partie des 13,4 % de chômeurs ont le plus souvent vu leur salaire ou leur pension baisser fortement. Les services de santé se sont dégradés à un niveau inimaginable en Europe. Le nombre d'enseignants a été fortement réduit. Malgré la solidarité familiale, des Portugais souffrent de la faim ou doivent s'éclairer à la bougie, faute de pouvoir payer leur facture d'électricité.
Promesses non tenues
La plupart des améliorations de l'économie qui devaient accompagner les mesures d'austérité sont restées lettre morte. Les structures profondes de l'économie portugaises n'ont pas changé. Les deux secteurs les plus importants en terme d'emploi sont toujours la fonction publique et l'industrie textile qui récupère d'ailleurs une vigueur bienvenue dans le nord du pays. Sinon c'est la déprime générale.
La peur au ventre
Mais le plus lancinant peut-être est ce sentiment de menace sur les conditions de vie. Au hasard d'une rencontre, un Portugais entre deux âges me dit: "Nous vivons dans une insécurité permanente et nous avons peur." Et fort est de constater que pour la première fois au Portugal j'ai de la peine à recueillir des témoignages face à la caméra. Une femme qui explique le drame de son mari hospitalisé dans des conditions médicales dramatiques refuse d'être enregistrée: " on risque d'en subir les conséquences", dit-elle.
Plusieurs étudiants qui signent le formulaire permettant au mouvement "Juntos Podemos" de s'inscrire comme parti pour les élections législatives de cet automne, refusent également de s'exprimer, visiblement gênés. Pourtant malgré toutes les difficultés actuelles on est loin d'un retour à l'état répressif de l'ère Salazar. L'angoisse est plutôt celle d'une population dont les conditions de travail précaires sont devenues la règle, avec la crainte permanente de perdre son emploi.
Porto, Barcelos, Coimbra, Portugal. Avec la crise financière et la hausse du chômage, un nouveau mode de vie s’est crée au Portugal. Les habitants de ce pays se sont habitués depuis toujours à l'émigration mais récemment elle est revenue en force en s'insérant dans un monde globalisé par les transports bon marché et internet. On fait de l'humour noir sur le Portugal soumis aux diktats d'Angela Merkel (photo: fête des étudiants de Coimbra) mais on regarde au-delà des frontières pour s'en sortir.
Luanda, Angola. Pas toujours facile la vie des Portugais venus s'installer dans l'ancienne colonie d'Angola en raison de la crise sévissant dans leur pays. Comme Alexandre, spécialiste en gestion d'entreprises de télécommunications. Il est arrivé il y a deux mois et demi après avoir déjà roulé sa bosse ailleurs sur la planète. "Il est clair que si la situation était meilleure au Portugal, je n'aurais pas hésité à rentrer", dit-il.
Publié le 18 octobre 2012 à 22:41 dans Portugal
Lisbonne. David est un des organisateurs des manifestations contre l'austérité budgétaire au Portugal en cet automne 2012. A bord d'un des célèbres electricos lisboètes brinquebalants, il nous confesse: Je suis désespéré car je dépends complètement de l'aide de mes parents. Je dois faire attention à chaque sous que je dépense. Certains jours je saute un repas. Ce n'est pas trop grave car je suis jeune. Mais fonder une famille, je préfère ne pas y penser en ce moment. Après des études d'histoire de l'art, il ne trouve que des petits boulots occasionnels. La culture est complètement abandonnée au Portugal en ce moment, dit-il amer.
Publié le 13 février 2010 à 18:15 dans Portugal
Fabrique cherche repreneur prêt à investir 4 millions de francs. La fonderie Oliva à São João da Madeira, c’était un des joyaux de la couronne, fondée en 1925. Elle a eu jusqu’à 3.000 ouvriers. Dans le plus style paternaliste d’avant la Révolution des Œillets, les ouvriers étaient nourris et leurs enfants avaient droit à des colonies de vacances aux frais de l’entreprise. Aujourd’hui les 165 employés d’Oliva, sont au chômage technique depuis le 8 février. Ils se rassemblent deux fois par semaine devant les portes closes de la fabrique et espèrent simplement qu’on leur paie leurs arriérés de salaires.
Publié le 25 septembre 2009 à 16:53 dans Portugal
Au Portugal le chômage continue de sévir lourdement et les salaires sont toujours aussi dérisoires. Avec un salaire minimum à 440 € par mois, il n'est pas étonnant que les Portugais continuent d'émigrer en masse vers la Suisse, l'Espagne ou le Luxembourg. Ici à Anadia, au centre du pays, comme ailleurs au Portugal, les villages se vident de leurs habitants qui préfèrent partir vivre en ville ou émigrer à l’étranger. De quels maux souffre donc le Portugal ?
Publié le 23 septembre 2009 à 16:32 dans Portugal
Ici au sud du Portugal, on cultive le soleil... et la récolte est bonne. En été, le thermomètre dépasse couramment les 40 degrés centigrades. Cet endroit est considéré comme le plus ensoleillé d'Europe. Les 2'520 panneaux orientables, composés chacun de 104 panneaux individuels, de la centrale solaire photovoltaïque d' Amareleja donnent une image de science fiction à la grande plaine qui domine le village.
Publié le 28 juin 2009 à 21:29 dans Portugal
Publié le 23 juin 2009 à 09:26 dans Portugal
Un des charmes du Portugal, c'est sa désuétude: la fête traditionnelle de la São João ici à Braga, les ruelles de l'Alfama à Lisbonne, les gâteaux à la crème vendus dans des pâtisseries comme on n'en voit plus ailleurs, les villages écrasés sous le soleil blanc de l'Alentejo. Malheureusement pour les Portugais, leur pays a du coup la malheureuse tradition de rater les grands rendez-vous avec l'Histoire. Il a été une des dernières dictatures d'Europe occidentale (avec l'Espagne et la Grèce) et le dernier pays à posséder des colonies. Il a fait une révolution (très pacifique) comme on n'en faisait plus et surtout il a raté son entrée dans l'Union européenne. Aujourd'hui les Portugais en paient le prix et émigrent à nouveau en masse.