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La température moyenne à Genève a baissé de près d’un demi degré depuis janvier, comme le montre l’image 1 (clic pour agrandir) extraite du site prévision-meteo.ch. C’est possiblement un effet de La Niña.
En juin on l’annonçait fatiguée, en bout de course. Et bien non: elle est repartie de plus belle. Le phénomène appelé La Niña est bienvenu. Il est la partie rafraîchissante de l’oscillation des températures océaniques nommée ENSO (El Niño/La Niña Southern Oscillation).
L’image 2, extraite de ce site météorologique gouvernemental australien, montre en coupe la température de l’océan Pacifique sur une profondeur de 200 m. Quatre mois sont superposés, de juillet en haut à octobre en bas. On voit clairement l’augmentation progressive de la masse d’eau froide (jusqu’à -5° par rapport à la moyenne).
Le phénomène est la conséquence de variations dans le régime des vents. En phase La Niña les alizés poussent les eaux chaudes de surface vers l’ouest, l’Asie. L’effet mécanique est la remontée d’eaux froides des profondeurs près de l’Amérique du Sud.
L’ENSO influe sur la météorologie mondiale, plus ou moins fort selon l’année et la région. La Niña apporte des conditions en général plus fraîches. Selon Météo France:
« La Niña a pour effet de refroidir temporairement les températures à l’échelle mondiale. Toutefois, elle n’a pas suffi à empêcher que 2020 soit l’une des trois années les plus chaudes jamais constatées.
Le phénomène La Niña influence les précipitations sur de nombreuses régions du globe. Il favorise des conditions plus sèches sur le Moyen-Orient et le sud des États-Unis tandis que l’Indonésie, l’Australie orientale, le nord de l'Amérique du Sud et l'Inde subissent généralement un excédent de précipitations.
La Niña est un élément qui a accentué les pluies diluviennes car elle occasionne des eaux de surface du Pacifique anormalement chaudes dans l’ouest du bassin et potentiellement des pluies plus intenses sur les régions de l’est de l’Australie. »
Depuis quarante ans les températures mondiales ont augmenté par à-coup après chaque phase El Niño intense: années 1980, 1998, 2002, 2015.
L’image 3 court sur 20 ans d’observations. En rouge la température globale mesurée par satellites; en vert le CO2; en bleu l’effet de l’ENSO en lien avec la température globale. Si elle monte c’est le chaud El Niño qui est actif, si elle descend c’est le frais La Niña. Ce lien est déjà visible sur d’autres graphiques avant 2002. La température globale est donc étroitement liée aux variations de l’ENSO.
Mais pour l’épisode El Niño 2015-2016 la montée brutale de la température d’un demi degré semble excessive en comparaison avec d’autres épisodes, et elle n’a que peu baissé après l’épisode. La Niña d’alors était faible.
Pour le Dr Antero Ollila, climatologue, chercheur en changement climatique, le CO2 ne peut pas expliquer un tel graphique. Quelque chose d’autre est intervenu. Selon lui:
« On peut conclure à l’œil nu (…) que la teneur en dioxyde de carbone augmente régulièrement, mais la température se déplace sur ses propres chemins et maintenant elle a fortement baissé. L’une des raisons invoquées par l’establishment climatique pour expliquer cette absence « apparente » de causalité est qu’il s’agit d’une variation naturelle. Je suis tout à fait d’accord avec cela et la raison est claire : ce sont les variations de soleil et de nébulosité. »
Mais depuis un an il y a une Niña qui se prolonge et se réactive ces derniers mois. On constate d’ailleurs une chute brutale de la température mondiale, comme on le constate aussi à Genève sur l’image 1.
Il a fait froid au printemps sur une large partie de l’Europe, et l’été n’a connu que trois ou quatre jours à plus de 30. Des records de froid et d’enneigement ont été battus dans les deux hémisphères. Ce mois de novembre est frais à Genève, mais aussi en Chine et en Australie où des vagues de froid exceptionnelles sévissent (image 4).
En Europe, cette année 2021 est jusqu’à présent légèrement fraîche. Il y a eu de longues séquences de températures inférieures aux moyennes. En même temps les régimes de bise comme il y a 50 ans sont revenus, plus intenses et plus fréquents, soufflés par des anticyclones polaires habituels dans les configurations froides.
Il y a eu moins de vent de sud-ouest, plus de vents d’ouest et nord-ouest porteurs de pluies longues et continues. Les masses d’air ont circulé différemment. J’ai constaté une présence plus fréquente que par le passé de cirrus, ces nuages élevés très fins qui renvoient une partie de l’énergie solaire vers l’espace, contribuant à rafraîchir notre atmosphère.
Quelque chose semble bouger dans la position des courants aériens.
Ce sont peut-être les frémissements d’un rafraîchissement, déjà annoncé en raison de la diminution de l’activité solaire. En effet cela génère une plus grande masse nuageuse et donc un moindre ensoleillement.
Depuis plusieurs décades l’ensoleillement a augmenté, forçant le réchauffement des sols même sans CO2. S’il y a un changement vers plus de couverture nuageuse et de précipitations au-dessus des terres, les températures baisseront.
Cela dit il faut être patient, très patient, et très prudent. En climatologie une année ne suffit pas. Les processus sont lents et l’inertie climatique bien réelle, qui fait de février le mois le plus froid alors que ce pourrait être décembre si l’ensoleillement seul jouait un rôle.
On voit beaucoup trop d’alarmistes analyser notre climat actuel sur la base de quelques événements, sans tenir compte des cycles et de l’évolution à long terme. Je ne veux pas faire pareil, d’ailleurs rien ne me permet d’être affirmatif à 100%. Je traque les signes parce que j’ai des raisons solides de ne pas souscrire sans autres à l’alarmisme actuel.
Je peux cependant faire fausse route, mais je n’en suis pas convaincu. Je déplore l’abandon de la pensée critique sur un sujet qui engage la civilisation. Je déplore l’incapacité d’une réflexion complexe chez les adeptes de Greta Thunberg. Je déplore l’omerta officielle sur les nombreuses paroles critiques et la sorte de terrorisme intellectuel qu’on nous sert sous prétexte de sauver la planète.
Bon, mais alors, comment sera l’hiver?
Ça, je vous le dirai en mars.