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La rémunération totale versée aux instances dirigeantes des sociétés financières a augmenté de près de 8% alors qu'elle est restée pratiquement stable dans les autres secteurs. L'étude sur les rémunérations 2010 des 48 plus grandes sociétés cotées à la bourse suisse publiée par la Fondation Ethos montre également que 56% des sociétés étudiées ont proposé un vote consultatif sur les rémunérations lors des assemblées générales 2011.
Elles n'étaient que 38% l'an dernier. Malgré cette progression, l'autorégulation en matière de rémunérations ne semble pas fonctionner. Pour Ethos, il est par conséquent devenu urgent de procéder à la révision de la loi sur les sociétés, du Code de bonne pratique d'Economiesuisse, ainsi que de la Directive de la Bourse suisse relative à la transparence en matière de gouvernance d'entreprise.
La Fondation Ethos a publié une étude sur les rémunérations 2010 des instances dirigeantes des 48 plus grandes sociétés cotées en Suisse (sociétés du SMI et SMIM).
Les rémunérations variables ne sont pas toujours variables
Les membres de la direction des 48 plus grandes sociétés cotées à la bourse suisse ont gagné en moyenne pour l'année 2010 près de 3,1 millions de francs. Les présidents du conseil d'administration ont reçu en moyenne 2,4 millions, alors que la rémunération moyenne des administrateurs est de 300'000 francs. La rémunération totale de l'ensemble des conseils d'administration et des directions générales des sociétés incluses dans l'étude a augmenté de près de 2% à 1,29 milliards de francs. La hausse était de 8% dans les sociétés financières, alors qu'on observe des rémunérations pratiquement stables dans les autres secteurs. L'analyse des rémunérations totales au cours des six dernières années montre une variabilité en fonction des performances dans le secteur financier, contrairement aux sociétés des autres secteurs.
Hausse marquée des salaires de base
Le montant des rémunérations est presque deux fois plus élevé dans le secteur financier comparé aux autres secteurs. Dans les sociétés financières étudiées, les membres de la direction générale ont en effet reçu en moyenne 4,7 millions de francs, contre 2,5 millions pour leurs collègues des autres secteurs.
Un fait marquant de l'année 2010 est la hausse quasi généralisée des salaires de base des sociétés financières. En moyenne, les salaires de base ont augmenté de 15% pour se situer à CHF 900'000 par personne. Pour les CEO des sociétés financières plus particulièrement, la hausse est de 66% en moyenne. Les salaires de base sont en revanche restés stables dans les autres secteurs. Dans l'ensemble, la part variable de la rémunération demeure largement supérieure à 50% de la rémunération totale, les sociétés financières de l'indice SMI détenant toujours le record des plus hautes rémunérations variables, à savoir 78% en moyenne.
Say on Pay: Hausse de la contestation
56 pourcent des sociétés analysées (27 sociétés) ont proposé, lors de leur assemblée générale 2011, un vote consultatif du rapport ou du système de rémunération des organes dirigeants, contre seulement 38% en 2010. Le taux de contestation s'est élevé à plus de 16% en 2011 (11% en 2010). Pour la première fois en Suisse, un rapport de rémunération a même été refusé. La société Weatherford n'a en effet reçu que 44% de voix positives. Ainsi, en 2011, les rémunérations sont devenues le thème le plus contesté lors des assemblées générales des sociétés suisses.
Réviser la loi et le Code de bonne pratique devient urgent
Malgré l'augmentation du nombre de sociétés qui acceptent dorénavant un vote Say on Pay, de nombreuses sociétés s'y opposent encore, ce qui montre que l'autorégulation en matière de rémunération fonctionne mal. La plupart des sociétés argumentent qu'elles ne vont pas modifier leur pratique tant que la loi ne l'impose pas. Pour Dominique Biedermann, directeur de la Fondation Ethos, «Nos lois, codes et directives ne sont plus adaptés à la situation actuelle en matière de rémunération des instances dirigeantes. Une révision de la loi sur les sociétés, du Code de bonne pratique d'Economiesuisse, ainsi que de la Directive de la Bourse suisse relative à la transparence en matière de gouvernement d'entreprise est devenue urgente».