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Fukushima-Daiichi: critiques à l'encontre de l'exploitant, des autorités et du gouvernement
Dans un rapport intermédiaire validé par le gouvernement japonais le 26 décembre 2011, la commission a évalué 456 interviews, dont celles de collaborateurs de la Tepco et d'agents gouvernementaux.
La commission constate en l'espèce que la Tepco avait eu connaissance, dès 2008, de modélisations montrant qu'un tsunami d'une hauteur de 15 m ou plus risquait de frapper la centrale nucléaire. Or l'exploitant n'avait pas jugé nécessaire de prendre les mesures de protection adéquates. L'autorité de surveillance n'a pas non plus réagi. Lorsque le 11 mars 2011, l'électricité est tombée en panne sur le site en raison du tremblement de terre et du tsunami consécutif, le personnel de la centrale a commis des erreurs de manipulation sur le système de refroidissement d'urgence des tranches 1 et 3. Leur fonctionnement exact n'a pas été bien compris ni par le personnel sur place ni par les autorités supérieures à Tokyo. Si, par ailleurs, les voitures de pompiers avaient été dépêchées plus tôt sur les lieux pour pomper de l'eau dans les réacteurs, les crayons combustibles auraient subi moins de dégâts et la quantité d'émissions radioactives aurait été moindre.
Communication lacunaire
Dans son rapport intermédiaire, la commission critique également le comportement du gouvernement: d'une manière générale, le public japonais a été informé avec retard, des communiqués de presse ont été retenus et les déclarations sont restées floues. La commission constate que ce n'est pas la bonne façon de communiquer dans les situations d'urgence. La communauté internationale n'a pas non plus été tenue au courant, ce qui a semé le doute quant à la capacité du Japon à maîtriser les catastrophes.
Evacuation mal organisée
Le manque de communication au sein de la Chancellerie du Premier-ministre à Tokyo a empêché l'utilisation du «Speedi-System» lequel peut prédire la diffusion des substances radioactives. Selon le rapport intermédiaire, les données de ce système n'auraient pas été consultées lorsque le gouvernement donna ses consignes pour l'évacuation des habitants. En plus d'être peu claires, ces consignes ont aussi atterri avec retard dans les communes concernées.
Gestion des accidents sur une base volontaire uniquement
Le ministère d'alors, le Miti (Ministry of International Trade and Industry), devenu aujourd'hui le Meti (Ministry of Economy, Trade and Industry), avait publié dès 2002 une feuille de route pour la gestion des accidents («Roadmap of Accident Management») en proposant des mesures pour les cas d'accidents majeurs. Le document ne portait toutefois que sur des événements internes tels que les défaillances mécaniques et les erreurs humaines, passant sous silence les événements externes comme les séismes ou les tsunamis. Par ailleurs, les exploitants étaient libres de mettre ces mesures en œuvre ou de ne pas le faire, puisqu'elles ne faisaient pas partie des exigences régulatoires. Ainsi, la Tepco n'a pas intégré de mesures contre les tsunamis à son système de gestion d'accidents.
La commission a l'intention d'interroger d'autres représentants du gouvernement afin d'obtenir des données complémentaires sur la gestion des crises et de proposer des mesures concrètes. Le rapport final sera publié en été 2012.