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«Pourquoi la vanille, alors que je suis plutôt un écrivain de l’état nomade, plus préoccupé de Perse, d’Inde, de Chine et de Japon que d’une plante qui demande des soins quotidiens extrêmement exigeants, d’autant plus que je suis un cancre en botanique? Ce sont les hasards de ma vie de chercheur d’images qui m’ont mis sur cette piste-là. [...]J’ai été contacté il y a une vingtaine d’années par un chocolatier de Suisse centrale, qui faisait du chocolat en bloc, destiné à des confiseurs qui l’arrangeaient ensuite à leur sauce, et il se flattait de parfumer son chocolat à la vanille naturelle.»
L’ouvrage ne fut jamais publié, le chocolatier, presque ruiné, non seulement refusa de payer l’auteur, mais traita son texte de «mal de dents». Au cours du mois de mai 1997, Nicolas Bouvier ressortit de ses tiroirs ce texte et l’enrichit de longs prolégomènes qu’il appela: «Petite histoire de la vanille et quelques réflexions d’un cancre amoureux des plantes». Avec ce ton intimiste, ces mots caressés, cette érudition éblouissante qu’il partage en toute simplicité avec chaque lecteur, Nicolas Bouvier, même s’il n’a pas navigué au moment de la guerre des épices à la recherche d’une orchidée qu’on appela vanille, était du voyage, avec Cortés et l'empereur Montezuma au XVIe siècle, dans l’Angleterre du XIXe siècle.