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Cathleen pleure de rage. Une fois encore sa mère veut l’empêcher d’aller jouer dehors. De peur qu’il ne lui arrive un malheur. Depuis une année, la petite de 3 ans voit de moins en moins bien.
«Ma fille se cogne souvent dans un meuble ou trébuche», explique Frimina Mselle. «Quand un objet tombe au sol, elle ne le retrouve plus. Et comme la lumière du soleil l’éblouit, elle se protège toujours les yeux quand elle est dehors.» Cette maman de 21 ans qui élève seule son enfant a perdu son travail d’employée de nettoyage parce qu’elle devait constamment s’occuper de Cathleen. Toutes les deux se partagent un lit dans la petite hutte où vivent cinq autres personnes de la famille, dans un bidonville d’Arusha, au nord de la Tanzanie.
Malgré son grave handicap visuel, Cathleen se risque dans la rue du bidonville pour jouer avec les autres enfants. «Cela m‘angoisse», confie sa maman. «Quand j‘entends Cathleen pleurer, je pense immédiatement au pire, à un accident.» Elle ajoute dans un soupir : «Mon âme est comme recouverte de cicatrices à cause de toutes ces frayeurs.»
Quand des voisins lui apprennent que dans la ville voisine de Moshi des enfants de familles pauvres sont soignés gratuitement, Frimina Mselle reprend espoir. Elle emmène sa fille au Kilimanjaro Christian Medical Center, une clinique soutenue par CBM. Dans la salle d’attente, Cathleen prend place sur une petite auto en plastique et se déplace de long en large. Quand sa maman l’appelle, elle s’agrippe aux bancs, complètement désorientée. Elle n’arrive pas à distinguer sa maman parmi les autres personnes.
Après que la cataracte bilatérale a été diagnostiquée chez Cathleen, ses cristallins opacifiés sont remplacés par des cristallins artificiels. L’examen de la vue effectué le lendemain de l’opération montre que Cathleen voit déjà bien. «Sa vision continuera à s’améliorer au cours des prochaines semaines», assure le Dr Godfrey Furahini, ophtalmologue. «Il est fort possible qu’elle la retrouve à cent pour cent.»
De retour à la maison, Cathleen observe tout avec fascination, surtout le visage de sa mère et ses jouets. «Je ne pourrais pas être plus heureuse», déclare Frimina Mselle, rayonnante. Quand elles jouent avec les marionnettes à doigts, Cathleen demande soudain : «Où sont les pattes de l’éléphant?» Ce qui fait beaucoup rire sa maman Frimina. Sa fille l’inonde maintenant de questions. «Sur le chemin du retour, elle a vu un avion dans le ciel et m’a demandé ce que c’était. Depuis, elle veut devenir pilote!»
Avec votre don, vous permettez à nos cliniques partenaires de dépister les personnes concernées et à les soigner. C’est ainsi que la cécité évitable peut être guérie ou empêchée. Pour des enfants, l’opération de la cataracte, avec narcose complète et suivi ophtalmologique, coûte 180 francs. Chaque franc est précieux!