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Rencontre avec le recteur de l'université de neuchâtel
Etumag: Monsieur Strohmeier, comment se porte l'Université de Neuchâtel aujourd'hui?
M. Strohmeier: Elle se porte plutôt bien. Au niveau du budget, nous sommes dans les chiffres noirs, et nous avons enregistré une augmentation de plus de 12% des immatriculations à la rentrée par rapport à l'année dernière.
Et au niveau des accords de Bologne, où en êtes-vous?
L'introduction du système de Bologne est quasiment achevée. Tous les étudiants s'étant nouvellement inscrits sont sous le régime, donc sont inscrits pour obtenir un bachelor ou un master. Et dès l'automne 2006, on pourra s'inscrire pour compléter une licence en Lettres et Sciences humaines afin d'obtenir un master comme deuxième titre.
On vous reproche de façon vigoureuse la suppression des chaires de grec et d'italien, que répondez-vous aux étudiants?
Nous avions le choix entre plusieurs scénarios: l'un d'entre eux, pour la chaire d'italien, proposait de créer une deuxième chaire, soit 350'000 Frs de plus par année. Cette dépense était injustifiable étant donné le faible nombre d'étudiants inscrits. Nous avons préféré mettre les moyens là, où nous avons beaucoup d'étudiants et peu de professeurs, les Sciences humaines et sociales, pour ne pas les nommer.
Mais comment est-ce que vous calculez ce fameux rapport idéal entre les étudiants et les professeurs?
De façon générale, pour garantir la qualité d'un enseignement, il faut réunir un nombre minimum d'étudiants et de professeurs. La Conférence des recteurs des universités suisses (CRUS) estime qu'il faut au minimum trois professeurs pour une filière d'études complète et 20 étudiants qui commencent chaque année cette filière. Mais bien sûr, ces chiffres peuvent être discutés en fonction de la nature de la discipline.
Est-ce que les étudiants peuvent encore s'attendre à de nouvelles suppressions?
Il ne faut plus s'attendre à des disparitions de chaires, au contraire. Certes, plusieurs chaires seront réorientées, mais nous avons aussi créé de nouvelles chaires. Nous voulons simplement mettre les moyens là où il y a le plus d'étudiants, et là où nous pensons avoir des atouts. A noter que toutes les créations sont en Sciences humaines et sociales: histoire de l'art et muséologie, sciences de l'éducation, analyse des processus sociaux, journalisme et communication, ethnologie, mais aussi droit et gestion.

Et en ce qui concerne les étudiants? Tenez-vous compte de leurs remarques?
Bien entendu. D'ailleurs, les étudiants sont consultés lors de chaque élaboration d'un nouveau règlement. Ceci dit, tout changement rencontre toujours des résistances importantes - mais je suis étonné du conservatisme des étudiants suisses. Cela peut sans doute s'expliquer par le fait que la jeunesse d'aujourd'hui a beaucoup de craintes quant à son avenir. Néanmoins, il reste évident qu'il n'est pas question de faire une université contre les étudiants.
Et je tiens quand même à dire que nous avons maintenu l'initiation au grec! Quant aux étudiants neuchâtelois qui veulent choisir l'italien comme une de leurs branches, cela reste possible grâce aux accords que nous avons avec d'autres universités dans le cadre de BENEFRI ou du Triangle AZUR.
Est-ce que les universités se coordonnent plus entre elles depuis tous ces grands chambardements?
La coordination entre les universités doit encore faire des progrès. Mais ce n'est pas à la plus petite université de le dire.
Et au niveau des HES, est-ce que de nouvelles collaborations sont prévues?
Nous venons de signer des accords très importants avec la HEP BeJuNe, la Haute école pédagogique du Jura bernois, du Jura et de Neuchâtel, ainsi qu'avec l'Institut romand de recherche et de documentation pédagogique. Cet accord est très important. Il fallait éviter d'allonger la durée de formation des enseignants des degrés secondaire I et II. Nous avons réussi et nous avons gagné une année de formation par rapport au projet de départ. Nous avons par ailleurs des collaborations avec le secteur d'ingénierie HES, surtout au niveau de la recherche. Avec la section de gestion, nous collaborons dans la formation post-grade des magistrats. Oui, en gestion, il y a encore des progrès à faire. On pourrait par exemple partager certains cours.
Pour finir, avez-vous un mot pour les étudiants de votre université?
Je vous souhaite plein succès dans vos études. Profitez de l'excellent encadrement que nous pouvons offrir et de la proximité entre professeurs et étudiants. Nous sommes là pour vous soutenir et vous encourager dans vos projets de formation.
...et ceux qui n'ont pas choisi Neuchâtel?
Bonne chance dans vos études également. Si vous envisagez une réorientation, en particulier entre le Bachelor et le Master, prenez le temps de vous informer, sur l'Université de Neuchâtel également, par exemple en consultant notre site WEB.