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Editorial
Lance Hewson and Alexander Künzli
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HTML version of the Editorial [français]:
Chères lectrices, chers lecteurs,
Pour ouvrir le premier numéro électronique de la revue Parallèles, nous vous proposons un bref regard rétrospectif. Parallèles a vu le jour en 1978. Ronald E. Williams, ancien président de l’École de traduction et d’interprétation (ETI) – aujourd’hui Faculté de traduction et d’interprétation (FTI) – soulevait alors dans l’avant-propos du tout premier numéro de la revue la question suivante : « Verrons-nous un jour figurer aux programmes des universités un cours de “Sciences de la traduction” qui placerait à leur juste rang le traducteur et l’interprète dans la communauté culturelle ? ». Si, quelque 35 années plus tard, nous sommes en mesure de lui donner une réponse positive, les sciences de la traduction et de l’interprétation ne bénéficiaient à l’époque d’aucune garantie de succès. Elles ont dû avoir raison d’un certain nombre d’obstacles avant de former des disciplines reconnues, et les revues spécialisées en traduction et en interprétation ont de toute évidence joué un rôle notable en leur faveur. Tant et si bien que la traduction et l’interprétation sont devenues des disciplines dynamiques et riches du point de vue des thématiques abordées et des méthodes appliquées.
Outre des réflexions théoriques, l’enseignement figurait au cœur de l’éditorial du premier numéro de Parallèles en 1978. Le fait est que les métiers de traducteur et d’interprète se sont transformés, en particulier au cours des dernières années, et se composent aujourd’hui d’activités extrêmement complexes qui, pour la plupart, se réalisent uniquement grâce à une répartition des tâches entre différents acteurs. De nouveaux centres de formation d’interprètes et de traducteurs ont été créés dans les établissements d’enseignement supérieur du monde entier ; les institutions existantes ont ouvert de nouvelles filières d’études et spécialisations afin de prendre en compte les nouveaux types de métiers en lien avec la traduction et l’interprétation ; enfin, les échanges entre les milieux de la recherche, de l’enseignement et de la pratique – trois sphères d’activité qui se nourrissent mutuellement – sont de plus en plus fructueux. Ces échanges constituent l’un des objectifs de Parallèles, qui souhaite stimuler les discussions scientifiques autour de la traduction et de l’interprétation en prenant pour point de départ les pratiques des traducteurs et des interprètes.
Ces développements se répercutent également sur l’histoire de la FTI, l’institution qui publie Parallèles. En effet, la Faculté de traduction et d’interprétation actuelle (désormais faculté dans tous les sens du terme) se différencie en de nombreux points de l’École d’interprètes fondée par Antoine Velleman en 1941. Elle propose un baccalauréat universitaire en communication multilingue, une maîtrise universitaire en traduction, une maîtrise universitaire en interprétation de conférence et des doctorats en traductologie, en interprétation de conférence, en traitement informatique multilingue et en gestion de la communication multilingue. Les différentes spécialisations offertes au niveau doctoral illustrent l’importance que notre Faculté accorde à la recherche. La FTI a accompagné le développement des études en traduction et en interprétation, devenues des disciplines académiques à part entière, ainsi que la croissance exponentielle de la recherche en technologies de la traduction et en gestion de la communication multilingue. Elle investit énormément dans des domaines d’expertise spécifiques tels que la traduction juridique, les aspects cognitifs de l’interprétation, ou encore, au sein de son Département de traitement informatique multilingue, la reconnaissance vocale combinée à la traduction automatique. C’est à l’occasion du 70e anniversaire de la FTI, en 2011, que nous avons choisi d’opérer et d’annoncer le changement symbolique du nom de l’institution – l’École est devenue Faculté – lors d’une cérémonie officielle à laquelle les autorités universitaires ont pris part.
Avec le présent numéro, Parallèles prend un nouveau départ. Elle se concevra désormais comme une publication semestrielle disponible uniquement en ligne. Bien que les revues imprimées présentent de nombreux avantages, elles peinent à se défaire d’un grave défaut : un intervalle de temps considérable – parfois plusieurs années – peut s’écouler entre le moment où un auteur soumet un manuscrit et celui où la revue est publiée. De nos jours cependant, Internet permet de rendre accessibles en peu de temps des contributions liées à la traduction et à l’interprétation et d’échanger à une échelle plus vaste. En outre, nous souhaiterions donner à tous les acteurs de la recherche, de l’enseignement et de la pratique de la traduction et de l’interprétation la possibilité de publier les résultats de leurs recherches ainsi que leurs réflexions scientifiques, et ce dans un large éventail de langues. Nous commençons aujourd’hui par le français, l’anglais, l’allemand, l’espagnol et l’italien.
Les cinq articles du présent numéro constituent une sélection retravaillée de communications présentées lors du colloque international « La traductologie et bien au-delà : hommage à Claude Bocquet », qui s’est tenu les 5 et 6 mai 2011 à la FTI. Quatre articles représentent un thème de recherche central de la FTI en abordant des thématiques relevant de la traduction juridique. Ils sont complétés par une contribution novatrice dans le domaine de la traduction littéraire. Enfin, quatre comptes rendus portant sur les thèmes de l’interprétation de conférence, de l’assurance de la qualité des traductions, de la traduction audiovisuelle, puis de la traduction et des médias parachèvent le numéro, illustrant ainsi la diversité des thématiques abordées tant par les sciences de la traduction et de l’interprétation que par Parallèles. Nous vous souhaitons une lecture intéressante.October 28, 2013
25 - 2013