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Neuchâtel Lourdes peines requises contre les accusés
Au 2e jour du procès en appel de l'affaire Chrome, le Ministère public a demandé 15 et 8 ans de réclusion à l'encontre des trafiquants de drogue présumés.
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Au 2e jour du procès à Neuchâtel de membres présumés d'un réseau de trafic de drogue, la procureure a requis des peines de prison entre 5 et 15 ans. Dans son réquisitoire, elle a défendu le travail de l'agent infiltré. A l'opposé, la défense a estimé que les prévenus avaient été provoqués et manipulés par la taupe.
La procureure Nathalie Guillaume-Gentil Gross a requis mercredi une peine de 15 ans de prison contre l'homme qu'elle considère comme le chef de ce réseau jugé d'envergure internationale. Elle estime que ce Kosovar a déployé une «impressionnante énergie criminelle» et qu'il ne bénéficie d'aucune circonstance atténuante.
Contre le présumé bras droit, le Ministère public a demandé 8 ans de réclusion et contre l'homme de main une peine de 5 ans de prison. Il a enfin requis une peine de 8 ans contre le restaurateur italien dont l'établissement aurait servi de lieu de rencontres. Devant la Cour pénale du Tribunal cantonal, la procureure a accusé les prévenus dans l'affaire «Chrome» d'agir en bande, par métier et de concourir dans un trafic de drogue et de blanchiment d'argent depuis 2011.
Lors du procès en première instance, l'accusé principal avait été condamné à 8 ans de prison. Une peine de 33 mois avait été infligée au second accusé. Le troisième homme avait été condamné à un an de prison avec sursis et le restaurateur à deux ans de prison avec sursis. Le Ministère public et plusieurs avocats avaient fait recours.
Travail de l'agent infiltré
Comme la veille, le rôle et l'influence de l'agent infiltré ont été au centre de cette audience qui s'est déroulée sous très haute surveillance policière. «Toutes les preuves sont exploitables et licites», a répété lors de son réquisitoire de près de cinq heures la procureure Nathalie Guillaume-Gentil Gross.
«Aucun vice de procédure n'a jamais été établi», a souligné la procureure en mentionnant les résultats de l'infiltration et des écoutes téléphoniques. Pour la magistrate, il n'y a eu dans ce dossier ni provocation ni incitation de la part de ce policier agissant sous couverture.
La procureure a précisé que cet agent infiltré devait se comporter conformément à la légende qu'il s'était créée pour tisser des liens de confiance dans ce milieu, soit un acheteur potentiel de drogue. Les prévenus ont toujours affirmé avoir été provoqués par la taupe, arguments repris par leurs mandataires.
Appât du gain
«Il n'y a pas de fantasme ou d'exagération dans cette affaire Chrome», a souligné Nathalie Guillaume-Gentil Gross. «On est ici dans un milieu mafieux d'origine kosovare», a-t-elle affirmé en dénonçant la densité de l'activité criminelle déployée par les prévenus qui auraient agi par appât du gain.
La défense a présenté une vision diamétralement opposée du rôle de l'agent sous couverture. Elle a été unanime à estimer qu'il fallait écarter les investigations secrètes de ce dossier. Pour l'un des avocats, l'agent infiltré a été un provocateur et un «coach du crime». L'infiltration n'aurait pas respecté les règles.
Les mandataires ont aussi estimé que l'accusation avait largement exagéré l'ampleur du trafic. «On n'a pas de volet cocaïne dans le cadre d'un grand et vaste trafic», a ainsi affirmé Yves Grandjean qui a demandé une peine de 3 ans de prison pour son client, le principal accusé.
Guerre des quantités
Lors du procès en première instance, la procureure avait parlé de centaines de kilos de cocaïne livrées depuis l'Amérique latine en Europe entre 2011 et 2015, ainsi que de centaines de kilos de marijuana depuis l'Albanie et le Kosovo en Suisse. Pour les défenseurs, la justice et la police s'étaient fait tout un film.
Le Tribunal criminel de La Chaux-de-Fonds avait retenu le trafic de marijuana et de cocaïne mais dans une mesure qui était moins importante que celle défendue par l'accusation. Le verdict sera rendu le 12 novembre. (ats/nxp)
Créé: 09.10.2019, 14h59