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Dans le cadre de la loi sur le CO2, le Conseil national débat lundi de l'éventuelle instauration d'une taxe sur les billets d'avion, déjà en vigueur dans plusieurs pays européens notamment les pays limitrophes de la Suisse.
En France, en Allemagne, en Italie ou en Autriche, les voyageurs sont depuis plusieurs années prélevés de quelques dizaines de francs par vol long courrier au nom de la protection du climat.
Ce n'est pas le cas en Suisse, dont les habitants prennent pourtant l'avion deux fois plus souvent en moyenne que leurs voisins.
Surcoût de 2,6 centimes par km et passager
Selon unréalisé pour le compte de l’Office fédéral du développement territorial, les coûts externes du trafic aérien suisse s'élèvent à 2,6 centimes par kilomètre et par passager.
Pour un vol de Zurich à Berlin (environ 700 km), cela représenterait un surcoût de 18 francs et de quelque 200 francs pour un vol jusqu’à Beijing (environ 8000 km), d'après un autreréalisé pour la Commission de l'énergie du Conseil national (CEATE-N).
La part de l'aviation dans l'ensemble des émissions de gaz à effet de serre (GES) est relativement élevée en Suisse en comparaison internationale.
Selon la, le transport aérien est à l'origine d'environ 3% des émissions totales de (GES) de l'UE, et de plus de 2% des émissions mondiales. En Suisse, cette proportion s'élève à 10%.
Forte croissance attendue
L'aviation est surtout l'une des sources d'émission de gaz à effet de serre se développant le plus rapidement, et cette croissance inquiète pour l'avenir. En Suisse, les émissions liées à ce secteur ont ainsi augmenté de plus de 70% depuis 1990.
D'ici 2020, le niveau des émissions globales résultant du trafic aérien devrait être de 70% supérieur à celui de 2005, selon les projections de l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI). Et l'organisation prévoit qu'elles pourraient encore augmenter de 300% à 700% d'ici 2050.
Pendant longtemps, le secteur aérien a échappé à toute réglementation internationale mais les choses sont en train de changer. Sous l'égide de l'OACI, un accord visant à compenser l'augmentation des émissions a vu le jour en 2016. La première phase est volontaire et se transformera en régime obligatoire en 2027.
Pauline Turuban