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Randonnée pédestre en montagne: risques et sécurité
- Observe-t-on, dans ce domaine, un nombre particulièrement élevé de personnes imprudentes, insuffisamment équipées ou mal formées?
1 Cet article a été réalisé avec le soutien de la fondation Emil Huber-Slockar ( Löwenstr. 1, 8001 Zurich ), qui a pour but d' aider à supporter financièrement les conséquences d' accidents, de sauvetages ou de recherches de personnes en montagne ainsi que les mesures visant a éviter les accidents ou à en réduire le nombre, de même qu' à prendre les mesures de protection appropriées.
Le terme de randonnée pédestre en montagne ( RPM ) recouvre un très large éventail de formes de progression dans des ter- rains très divers, correspondant à des niveaux de difficulté également très variables
Randonnée pédestre en montagne: risques et sécurité
Ueli Mosîmann, Utzigen BE
Cet article1 se propose de creuser ces questions et, autant que possible, de mettre en évidence et d' analyser les dangers d' accidents spécifiques à cette activité.
La notion de randonnée pédestre en montagne
Qu' entend, de fait, par randonnée pédestre en montagne, et comment peut-on fixer la limite entre cette activité et d' autres sports de montagne? Il n' existe pas de définition valable généralement. Lorsqu' on y regarde de plus près, on constate rapidement que la notion de RPM ne peut se limiter au seul domaine des chemins pourvus d' un marquage. De nombreux sommets et traversées en terrain relativement facile, hors de tout chemin, sont aussi accessibles à l' excursionniste, bien qu' ils puissent déjà exiger un pied très sûr et une bonne capacité d' orientation. La randonnée en montagne présente donc un éventail très large de difficultés. C' est pourquoi on a défini, pour les chemins et iti-
La RPM peut aussi vouloir dire qu' on marche sur des pentes de neige ou de névé néraires marqués, une signalisation en trois degrés: chemins d' excursion sans difficultés ( jaune ), chemins de montagne de difficulté moyenne ( blanc-rouge-blanc ), itinéraires alpins de haute difficulté ( blanc-bleu-blanc ). Les guides du CAS utilisent une définition en trois degrés analogue, qui comprend également des itinéraires non marqués mais qui est cependant plus détaillée:
- P - piéton Elle correspond aux parcours sur chemins et sentiers. Les passages exposés sont protégés par des câbles ou des barrières.
- PE = piéton expérimenté Le parcours peut être raide, avec ou sans sentier. Les passages exposés ne sont pas protégés. Le marcheur doit être capable de s' orienter et d' estimer le terrain.
- REA - randonneur alpin expérimenté Pentes herbeuses raides comportant des zones rocheuses. L' emploi des mains est nécessaire. Prises de mains et marches peuvent consister en mottes d' herbe ou rocher friable dont l' excursionniste doit être capable d' estimer la solidité.
La définition des deux degrés P et PE recouvre avec précision ce que l'on entend par randonnée pédestre en montagne. Celle du troisième degré, REA, est un peu plus délicate. Les courses qu' elle inclut doivent le plus souvent être classées à la limite des courses de haute montagne ou d' escalade proprement dites. La statistique des accidents établie par le CAS, de même que le présent article, recourent à un critère utile afin de resserrer les possibilités d' interprétation de ce type de courses: si La RPM peut signifier un parcours sur un chemin pédestre bien aménagé l' usage habituel impose que l'on s' encorde, la course sera considérée comme une course de haute montagne ou d' escalade. Si ce n' est pas le cas, elle sera classée parmi les RPM.
Les accidents dans la statistique
Pour la région des Alpes et du Jura suisses, on dispose des informations fournies par la « Statistique des accidents mortels en montagne » publiée par le CAS depuis 1964 sous forme de rapport annuel. Depuis la réorganisation, en 1991, du système d' annonce des accidents concernant les interventions des secours en montagne du CAS et des organisations partenaires, l' ensemble des accidents ( pour autant que les services de sauvetage aient été appelés à intervenir ) peut maintenant être pris en compte. Bien que ces statistiques n' enregistrent donc pas tous les accidents sans exception, les chiffres disponibles forment une base solide pour analyser les facteurs en cause lors d' accidents de RPM.
La RPM s' étend jusqu' aux parcours d' itinéraires alpins pouvant présenter des passages d' escalade facile Pour l' alpiniste, le skieur et le randonneur 01 a Nombre de victimes 100 90 80 70 60 50 40 30 20 10 3
NI
-10 -20 -30 -40 -50 -60 Graphique B: Accidents mortels de randonnée pédestre en montagne 1985-1994 par classe d' âge des victimes Classement des accidents
Afin de compléter et d' illustrer la définition de la RPM donnée plus haut, voyons encore quelques exemples typiques:
- Le but premier de la course prime sur l' activité momentanée. Cela signifie, par exemple, qu' un alpiniste qui s' est mis en route pour accomplir une course de haute montagne ou d' escalade et qui est victime d' un accident sur un chemin de cabane marqué sera enregistré dans la statistique en tant que grimpeur ou alpiniste de haute montagne et non en tant que randonneur.
- Les accidents survenant au cours d' autres activités, telles la cueillette de champignons ou la chasse, ne sont pas classés sous la rubrique « randonnée » mais sous « autres activités ».
- Si une personne est victime d' un accident sur un glacier, l' événement aura valeur d' accident de RPM si la victime, dans le cadre d' une excursion ordinaire jusqu' à une cabane, est accidentée sur le chemin ordinaire de la cabane.
- Depuis 1991, les décès consécutifs à une crise cardiaque ne sont plus considérés comme des accidents de montagne. Les chiffres utilisés ici à propos des années antérieures ont été corrigés dans ce sens.
- Les accidents survenant en montagne ne sont pas tous des « accidents de montagne ». Exemple: la chute depuis la terrasse panoramique d' un restaurant de montagne.
Particularités des accidents de montagne
Comme les autres sports alpins, la RPM est extrêmement dépendante des conditions atmosphériques. Il en résulte que le volume d' activité varie beaucoup d' une année à l' autre, ce qui influe naturellement fortement sur le nombre des accidents. On ne peut donc se faire une idée complète du phénomène sur la base des statistiques de l' une ou l' autre année. C' est pourquoi nous avons pris en
Graphique A: Victimes d' accidents mortels en montagne de 1985 à 1994 par activité Autres 8% ( ski hors piste, chasse, cueillette de champignons etc. ) Excursion à ski 17% -70 +70 Course de haute montagne 33%
compte pour cet article tous les accidents mortels de RPM survenus durant les dix dernières années. De 1985 à 1994, 532 personnes ont trouvé la mort dans les Alpes et le Jura suisses lors d' acci de RPM. Ainsi se confirme, en premier lieu, l' hypothèse selon laquelle la RPM est l' activité enregistrant la plus grande proportion d' accidents par rapport au total des accidents de montagne
Les pentes herbeuses raides et parsemées de zones rocheuses exigent un pas très sûr et un bon sens de l' itinéraire. Les chutes dans ce type de terrain sont toujours dangereuses, car on peut alors se heurter à des vires ou autres replats.
( voir graphique A ). La cause de loin la plus fréquente de ces accidents a été la chute: 445 victimes, soit 84% des cas.
Si l'on compare les accidents de randonnée en montagne à la moyenne générale de toutes les activités prises en compte dans la statistique, on note que:
- la proportion d' étrangers est nettement plus faible ( RPM: 30 moyenne de toutes les activités: 47% );
- la proportion des femmes est dans l' ensemble plus faible que celle des hommes, mais elle est nettement plus élevée parmi les étrangères;
- les classes d' âge au-delà de 40 ans sont souvent représentées ( voir graphique B );
- quant à leur déroulement dans le temps, les accidents de RPM, dans la moyenne de la décennie considérée, sont survenus selon une fréquence analogue à ceux des courses de haute montagne au cours des mois de la haute saison d' été, juillet et août, bien que la saison de randonnée en montagne s' étende sur une période considérablement plus longue. De plus, on constate que les accidents de RPM se répartissent assez régulièrement sur toutes les régions alpines de Suisse, en contraste marqué avec les accidents de courses de haute montagne, qui se concentrent en bonne partie, année après année, sur les mêmes montagnes « à la mode ». Il y
a cependant des régions où la fréquence des accidents devient frappante. Cela concerne en particulier la région de l' Alpstein, où 52 randonneurs ont trouvé la mort durant ces 10 dernières années. Certains sommets, par ailleurs, se mettent en évidence: le Säntis ( 14 victimes ), le Vanil Noir, dans les Préalpes fribourgeoises ( 6 ), les Mythen ( 5 ), ainsi que le Pilate et les Rochers de Naye ( 4 chacun ). En revanche, les accidents mortels sont remarquable-
ment rares dans le Jura, ce que l'on doit sans doute attribuer pour l' essentiel à la douceur relative des reliefs.
Comparaison des conséquences d' accidents de RPM et de courses de haute montagne
Les chiffres disponibles depuis juillet 1991 nous permettent désormais aussi de comparer les conséquences d' accidents de RPM et celles des accidents de haute montagne, ces deux catégories d' activités représentant de loin la plus grande proportion des accidents de montagne2.
Du 1er juillet 1991 au 31 décembre 1994, les services de secours en montagne ont été appelés pour 2533 randonneurs, ce qui correspond à une
Cl a 2 Le secours en montagne suisse utilise pour le classement des blessures le système du National Advisory Committee Aeronautic Code ( NACA ) américain. Voir graphique C.
Une trace déjà faite et passant sur un torrent recouvert de vieille neige peut représenter une sécurité trompeuse L' expérience et le sens de l' itinéraire sont des conditions importantes d' un déplacement sûr en terrain dépourvu de chemin Pour l' alpiniste, le skieur et le randonneur V a
moyenne annuelle de 724 personnes sauvées ou ramenées sans vie. Pour la même période, f415 alpinistes de haute montagne ont été concernés, soit 404 par an. Si l'on compare les proportions des conséquences d' accidents de ces deux groupes d' activités ( graphique C ), on constate aux deux extrêmes qu' en randonnée, aussi bien la conséquence mortelle3 que la conséquence nulle ( soit celle où la victime de l' accident s' en tire saine et sauve, sans blessures ) sont nettement plus faibles pour la RPM que pour les courses de haute montagne. En revanche, vers le centre de l' échelle de gravité des conséquences - gravité moyenne exigeant une hospitalisation -, la proportion est beaucoup plus élevée pour la RPM que pour les courses de haute montagne. On peut en conclure que les chances de survie à un accident sont plus élevées pour la randonnée que pour les courses de haute montagne, où l'on doit escompter des suites d' acci plus graves, ne serait-ce qu' en raison de la fréquence plus élevée des situations exposées.
.'La statistique du secours en montagne prend également en compte les événements survenus en conséquence d' une maladie. Pour la RPM. les cas mortels par crise cardiaque représentent chaque année une proportion de 15 à 20% du total des cas mortels.
Graphique D: Cause première des accidents mortels de randonnée pédestre en montagne de 1985 à 1994 Graphique C:
Blessures et maladies lors de randonnées pédestres en montagne et de courses de haute montagne, du 1.7.1991 au 31.12.1994 ( en °/o des personnes secourues dans l' activité concernée ) Pour cent. 45
_LL l Course de haute montagne 34567 Randonnée pédestre en montagne Index NACA 0 Aucune blessure/sain et sauf 1 Aucun soin médical immédiat nécessaire 2 Traitement ambulatoire nécessaire 3 Blessure/maladie sans mise en danger de la vie, hospitalisation nécessaire 4 Blessure/maladie avec danger de mort potentiel 5 Blessure/maladie avec danger de mort élevé 6 Mesures de réanimation nécessaires, entreprises avec succès 7 Blessure/maladie mortelles, échec de la réanimation * Aucune indication 5 O )
Dangers, risques et causes d' accident
La langue courante ne fait guère la différence entre « danger » et « risque ». Il est cependant indispensable de distinguer ces deux notions si l'on veut analyser des dommages causés par les accidents. En simplifiant, on peut dire que le danger définit une situation sur laquelle il est impossible d' influer, tandis que le risque, en revanche, dépend d' une décision et d' une action humaines par rapport au danger et il est donc, fondamentalement, dans le pouvoir de l' être humain de le diriger. Il n' en va pas autrement dans l' alpinisme: là aussi, des accidents ne surviennent que suite à des décisions et des actes risqués répondant aux dangers spécifiques de la montagne. Dans cette optique, la règle consistant à répartir en gros les accidents de montagne entre dangers objectifs ( donnés par la nature ) et dangers subjectifs ( sur lesquels on peut influer ) s' avère insuffisante pour examiner le déroulement des accidents.
Nombre de victimes 250 240 —: 230 j—: 220 210 — 200 190 — 180 170 j--:
160 — 150 — 60 |—:
50 — 40-- 30 — 20 —, 10 —
11 fi H il n
a. u. _rç Ainsi donc, quelles sont les causes des accidents de RPM, et à quelles prises de risques doivent-ils être attribués? Les causes des accidents mortels survenus ces 10 dernières années, présentées dans le graphique D, montrent très clairement que ce sont les accidents consécutifs à une chute qui pèsent le plus lourd dans le bilan total des accidents. Ce n' est d' ailleurs pas une surprise. A l' exception des courses à ski et du ski hors piste, activités pour lesquelles la principale cause d' accident est à chercher dans les risques pris en rapport avec le danger d' avalanche, les accidents causés par une chute sont aussi les plus nombreux pour les autres sports de montagne. Pour les courses de haute montagne et d' escalade, on peut souvent trouver un rapport de cause à effet très précis entre un acte ou une erreur d' estimation particuliers et l' accident. Pour la RPM, cependant, cela n' est possible que dans de très rares cas. Lorsque quelqu'un trébuche sur un chemin de montagne ou glisse sur une pente herbeuse ou un pierrier, l' événement - sur le plan delà technique alpine - n' est guère analysable et on est le plus souvent contraint de le classer sous la rubrique vague « imprudence ». En conséquence, s' interroger sur la raison de telles chutes impose de prendre en considération les circonstances, c'est-à-dire, en premier lieu, le terrain et ses difficultés. On peut ainsi distinguer les catégories suivantes d' acci de RPM dtis à une chute:
Accidents dus à une chute dans un terrain sans neige et dépourvu de chemin Les chutes à l' écart des chemins ou sentiers de montagne sont, de loin, la cause la plus fréquente d' accidents mortels de RPM. L' herbe mouillée et les zones de rochers glissants ou friables représentent un terrain délicat et exigent un pas très sûr. La pente n' a pas besoin d' être particulièrement raide: chuter dans un tel terrain peut devenir dangereux même sur une faible dénivellation, lorsque la victime se heurte à des saillies ou tombe sur un replat. L' analyse de ces accidents impose de tenir compte de deux situations de départ essentiellement distinctes:
Le randonneur quitte intentionnellement le chemin ou le manque involontairement Un promeneur qui quitte un chemin de montagne peut se trouver immédiatement confronté à d' autres difficultés que celles qu' il avait prévues pour l' itinéraire envisagé. S' il n' y est pas préparé techniquement et/ou qu' il n' est pas équipé de façon appropriée, il en résulte un risque élevé d' accident. Les raisons pour lesquelles, contrairement aux intentions de départ, on quitte un chemin de montagne sont de nature très diverse: le randonneur voulait cueillir des fleurs, il cherchait un emplacement idéal pour photographier ou filmer, il a pris un raccourci, il s' est perdu etc. Les informations à disposition ne permettent guère une évaluation statistique de chaque cas individuel. L' exemple suivant, caractéristique de nombreux accidents de ce genre, montre en tout cas la rapidité avec laquelle des situations dangereuses peuvent surgir.
Dans la descente du Kaiseregg ( Préalpes fribourgeoises ), un groupe de 39 personnes composé de jeunes et de leurs moniteurs adultes a manqué le chemin dans une zone de pâturages relativement plate. Sur quoi, tout le groupe s' est bientôt trouvé dans un terrain de rochers brisés extrêmement délicat et abrupt. Au lieu de rebrousser chemin, les moniteurs ont tenté de forcer le passage avec tout le groupe afin de regagner la vallée. Ce n' est qu' après la chute d' un participant qu' ils ont pris conscience du sérieux de la situation et qu' ils ont appelé à l' aide. Un groupe d' éclaireurs se trouvant par hasard dans la vallée a entendu leurs appels et alerté les secours. Puis, malgré la détérioration du temps et l' arrivée de la nuit, il a été possible d' éva par les airs le groupe entier, grâce à une action de sauvetage qui a duré quatre heures et au moyen de deux hélicoptères. A la lecture du procès-verbal de cette intervention, on doit considérer comme une chance extraordinaire que, au vu de la situation, plusieurs membres du groupe n' aient pas lait de chute.
Comment éviter de tels accidents? Il relève certainement d' abord du bon sens d' empêcher une première et corrigible erreur d' aboutir à des risques impossibles à maîtriser. Et il est évident qtie cette préoccupation doit être de la plus grande importance pour les personnes assumant une responsabilité de chef de course.
Le parcours de terrain dépourvu de chemin est prévu au programme de la course ou de l' itinéraire Au contraire de la catégorie examinée ci-dessus, on a affaire ici à des courses assez difficiles. Dans de nombreuses régions, ces courses étaient plus souvent laites dans le passé qu' aujourd, de sorte que, souvent, les traces de passage n' y sont plus guère visibles. De plus, les informations dont on disposait jadis sur le parcours et l' état des itinéraires tombent peu à peu dans l' oubli ou ne sont plus actuelles. Dès lors, de telles courses peuvent facilement exiger un niveau de technique alpine supérieur à celui qui est nécessaire pour une course de haute montagne assez facile et souvent faite. Et si, dans le passé, on citait souvent des chaussures inappropriées comme cause d' accident sur de tels parcours, c' est aujourd'hui beaucoup plus le manque d' information ou de sens de l' itinéraire qui conduit à l' accident. Il apparaît que dans cette catégorie, ce sont souvent des marcheurs solitaires qui sont concernés par des chutes. Bien que les acci- Pour l' alpiniste, le skieur et le randonneur a.
En randonnée également, il convient de ne pas sous-estimer le rôle des conditions météo sur la sécurité. Les pentes herbeuses mouillées et donc glissantes, les chemins fraîchement ennei-
dents survenant au cours de ce type de courses ne soient pas nombreux, il ne faut pas perdre de vue que, compte tenu de la fréquence des courses, il s' agit ici du segment de la RPM présentant le plus de risques.
Accidents dus à une chute sur un chemin de montagne
En règle générale, les chemins de montagne marqués et les sentiers praticables présentent moins de difficultés que les terrains dépourvus de tout chemin. Les cas de chute n' y sont cependant pas rares et, avec 155 victimes pour ces dix dernières années, ils représentent la deuxième cause la plus fréquente d' accidents de RPM.
Les informations à disposition ne permettent pas d' établir une classification approfondie de ces événements en fonction des difficultés techniques du chemin. Il apparaît cependant que de tels accidents sont rares sur les chemins bien aménagés, compte tenu de la fréquentation élevée de ceux-ci. Pour une part non négligeable, cette situation est due au fait qu' on a reconnu depuis quelques années la valeur économique de la randonnée pédestre pour les régions touristiques. La plupart
gés ou verglacés augmentent notablement le risque de chute. De plus, le brouillard et la neige peuvent perturber considérablement l' orientation, même sur des chemins marqués.
des instances compétentes sont manifestement conscientes qu' un bon entretien des chemins peut contribuer de manière essentielle à la sécurité, et elles assument leurs responsabilités dans ce domaine. De plus, on constate que sur ces chemins, les excursionnistes adoptent en général un comportement plus prudent et plus discipliné que ce que l'on peut observer dans la pratique du ski de piste hivernal.
En revanche, les accidents dus à une chute sont considérablement plus nombreux sur les chemins ou sentiers de montagne marqués qui exigent un pas plus sûr ou qui comportent des passages exposés sans assurage suffisant. Trébucher ou glisser dans ces situations peut avoir des conséquences aussi fatales que dans un terrain dépourvu de chemin. On a noté une fréquence significative d' acci de ce genre les années où la saison de la randonnée s' est prolongée grâce à un arrière-automne pauvre en neige. Même si, dans ces cas, de nombreux chemins sont pour l' essentiel dépourvus de neige, les passages verglacés, à l' ombre, créent des situations dangereuses. Il n' est souvent pas facile de repérer ces zones et elles requièrent donc la plus grande attention.
Chute sur neige ou névé
Sur ce type de terrain, c' est au cours de l' avant, en début d' été, que les accidents sont les
plus fréquents. A cette époque de l' année, chemins et sentiers sont encore souvent enneigés. Sont particulièrement délicats les passages encaissés, où la neige persiste longtemps. Ces zones, de plus, débouchent souvent vers le bas sur un terrain peu « accueillant », de sorte qu' une glissade d' abord anodine peut mal finir, lorsque les moyens ou les connaissances nécessaires à la maîtrise de la situation manquent au randonneur. Dans les Préalpes, le bilan favorable enregistré à ce propos doit certainement être attribué en partie aux hivers relativement pauvres en neige et à la fonte complète de la neige plus précoce qui en est résultée. Une information plus intensive de la part des instances compétentes et le bouclage des chemins ou les travaux nécessaires pour les rendre praticables dans le
rayon d' accès des remontées mécaniques devraient également contribuer à éviter ces accidents.
Autres causes d' accidents
Bien que, comme on l' a vu plus haut, la chute soit de loin la cause la plus fréquente d' accidents de RPM, il convient de ne pas négliger d' autres risques.
Bloqué, épuisé, perdu
Au cours des dix dernières années, un total de 17 randonneurs sont morts après s' être trouvés bloqués ( en raison de difficultés techniques inattendues ou pour des raisons météorologiques ), perdus, épuisés et/ou en état d' hypothermie. Ces cas concernent fréquemment des marcheurs solitaires. La plupart du temps, les victimes ne sont retrouvées qu' après d' assez longues recherches et l'on ne peut faire que des hypothèses sur le déroulement exact des événements. Ainsi, par exemple, à propos d' un cas tragique survenu au Tessin, où deux Allemandes et deux jeunes enfants ont perdu la vie. Les deux femmes avaient loué une maison de vacances à Sementina, près de Bellinzone, d' où elles voulaient entreprendre diverses excursions. Leurs proches ont donné l' alarme lorsqu' elles ne sont pas revenues de leurs vacances le jour convenu. La colonne de secours, comprenant au total plus de 100 personnes, s' est concentrée d' abord sur les environs proches, où les deux femmes avaient été vues pour la dernière fois. Après trois jours, on a trouvé plus loin une boîte de boisson allemande, sur quoi les recherches se sont prolongées dans une
Pour l' alpiniste, le skieur et le randonneur 01 a
autre direction. Pour des raisons inexplicables, les deux femmes et leurs enfants avaient suivi une passée de gibier débouchant sur un précipice. Les victimes ont finalement été découvertes dans un terrain très difficile. Les examens ont révélé qu' elles étaient mortes d' épuisement et d' hypothermie.
Accidents d' avalanche
Les accidents d' avalanche en RPM sont les plus fréquents au cours d' arrière pauvres en neige, en novembre et décembre. On remarque que, dans ces conditions, il n' est pas rare que même des montagnards expérimentés se fassent surprendre - tout comme en excursion à ski.
Deux accidents survenus au Säntis en décembre 1994 ressortent du bilan de ces dix dernières années, où l'on totalise 16 victimes: dans un intervalle d' un peu plus de deux semaines, sept personnes y ont été tuées. Le premier accident a concerné un groupe Jeunesse + Sport de la branche Excursions et plein air, dont quatre participants ont été tués. Lors du deuxième, ce sont trois montagnards très expérimentés qui ont été emportés par une avalanche et tués en montant par le Chamhal-denweg.
Disparitions
Selon les définitions adoptées par la statistique des accidents de montagne, une personne est considérée comme disparue lorsqu' elle n' a pas été retrouvée à la fin de l' année considérée. Avec un total de 16 cas durant les dix dernières années, les disparitions au cours de randonnées en montagne
Les chemins d' excursion bien aménagés ne présentent guère de risques de chute. Les cas de mort par crise cardiaque n' y sont cependant pas rares.
sont plus fréquentes que dans les autres activités sportives en montagne. Il s' est agi exclusivement de marcheurs solitaires, et la classe des plus de 50 ans est fortement représentée, dans une proportion supérieure à la moyenne. Bien qu' on ne dispose d' aucune indication sur les causes de ces accidents, on peut supposer que toutes les victimes n' y auraient pas laissé leur vie si elles n' étaient pas parties en course seules.
Chutes de pierres et foudre
Selon une opinion répandue, les accidents de ce type sont provoqués par des dangers objectifs impossibles à influencer. Certains cas de chutes de pierres peuvent effectivement confirmer cette vision des choses. Cependant, pour ce qui concerne surtout la foudre, on doit conclure pour la plupart des accidents que la situation météorologique a été mal interprétée. Il faut souligner en toute clarté que les situations orageuses exigent une préparation de la course particulièrement minutieuse et réfléchie.
Chute dans une crevasse glaciaire
Tous les accidents de ce type se sont produits sur les tronçons glaciaires d' itinéraires d' accès à des cabanes du CAS haut perchées; des parcours que les randonneurs empruntent également, que ce soit dans le cadre d' une excursion d' une journée ou pour aller passer la nuit à la cabane, et qu' il est tout à fait possible, lorsque le glacier n' est pas enneigé et moyennant les précautions qui s' imposent, d' effec sans équipement de haute montagne proprement dit tel que corde, piolet et crampons. Par température relativement élevée, la surface de la glace d' un glacier est ramollie et rugueuse et on peut y marcher en sécurité même sans crampons. Cepen-
dant, aux premières heures du matin ou après une chute de la température, elle peut très rapidement devenir lisse comme un miroir, et dès lors le danger de glissade à proximité de crevasses peut conduire à des risques importants. C' est pourquoi, au moins pour les courses d' une certaine longueur, il peut être utile, même pour une randonnée pédestre, de disposer de crampons dans ce genre de terrain. Par ailleurs, les zones du glacier où la neige n' a pas
veiller à la sécurité. Dans de nombreux cas, une cordelette et un encordement improvisé suffiront.
La montagne est un magnifique terrain de jeu pour les enfants également. Dès qu' un danger de chute surgit, il faut ralentir le pas et Une randonnée en montagne entreprise avec un groupe peu nombreux et judicieusement conduit: les conditions sont réunies pour une sortie en mon-taone sûre et aaréable.
encore complètement fondu peuvent cacher des crevasses et ainsi devenir très dangereuses pour les personnes non encordées.
Noyade
Ici, la plupart des accidents se produisent par rupture de la couverture neigeuse au-dessus de torrents. Ce genre de danger n' est pas toujours facile à reconnaître, y compris pour des montagnards expérimentés. En début de saison, même de petits torrents ne doivent pas être sous-estimés: pris sous la couche affouillée de vieille neige, on peut s' y noyer même si le débit est faible.
a. < Pour l' alpiniste, le skieur et le randonneur Même sur les chemins faciles, les chaussures glissantes ne sont pas seulement inconfortables mais recèlent également des dangers de blessures aux articulations du pied
La question de la sécurité
Dans le débat sur les accidents de montagne, le grand public continue de nos jours d' être marqué par l' image du montagnard mal équipé et qui, légèrement vêtu et pantoufles de gymnastique aux pieds, s' expose au danger de façon irresponsable. De fait, il n' est pas rare de rencontrer en randonnée des gens que leur habillement et leurs chaussures légères mettraient dans une situation très inconfortable en cas de détérioration du temps. Il est cependant très rare qu' on puisse démontrer un rôle déterminant de l' équipement dans des cas concrets d' accidents: telle chute ou glissade aurait-elle vraiment été évitable avec des chaussures un peu plus appropriées? La mort par hypothermie de telle personne bloquée ou perdue ne se serait-elle pas produite avec de meilleurs vêtements?
Pour ce qui concerne la RPM, il n' est guère possible de donner des réponses exactes à de telles questions, notamment parce qu' il s' agit là de la forme la plus simple de l' alpinisme. Cette activité n' impose de surmonter aucune difficulté exigeant des capacités spécifiques en matière de technique alpine. Ainsi - comme nous l' avons déjà mentionné -, en cas d' accident de RPM, on ne peut généralement pas conclure sur un rapport de cause à effet entre une manipulation ou fausse manoeuvre précise et l' accident. Il existe néanmoins aussi pour la
En raison de leur légèreté et, le plus souvent, de leur confort, les pantoufles de gym sont aussi appréciées pour la randonnée en montagne. Sur les chemins bien aménagés, elles ne présentent fondamentalement pas de risque pour la sécurité. Cependant, en raison surtout de la stabilité insuffisante de leur semelle, elles ne seront plus appropriées dès que l'on s' aventurera en terrain sans chemin, même relativement facile.
randonnée en montagne des règles et des prescriptions qui permettent de minimiser les risques. Voyons-en de plus près quelques aspects.
Chaussures
Cet objet d' équipement est de première importance en RPM. Des chaussures non appropriées peuvent non seulement compromettre grandement la sécurité, mais elles peuvent également, si elles ne sont pas suffisamment confortables, transformer une modeste excursion en une torture. C' est pourquoi on trouve un vaste choix de chaussures de montagne, de marche et de trekking. Chaque chaussure n' est donc pas identiquement adaptée à chaque type de terrain. Les chaussures de gymnastique ou de course ne peuvent être rejetées en bloc, bien que certains montagnards compétents continuent de les voir d' un mauvais œil. Pour autant qu' elles soient pourvues d' une semelle antidérapante d' un profil suffisant, elles ne présentent pas de risque fondamental sur des chemins bien aménagés. Si l'on a les chevilles faibles, cependant, elles augmentent le risque de blessure. Il faut également prendre en compte qu' on aura les pieds mouillés en cas de pluie ou de terrain humide. Les chaussures de marche ou de trekking conviennent aussi aux terrains sans chemin faciles, si elles assurent une stabilité suffisante. Dans la neige, sur névé dur ou dans les pentes herbeuses raides, la stabilité latérale de la semelle sera cependant trop faible pour garantir une tenue suffisante et empêcher le risque de glissade. Dans ces terrains, la sécurité commande de
En terrain difficile, seules les solides chaussures de montagne procurent une garantie suffisante contre la glissade, grâce à la bonne stabilité de leur semelle
donner la préférence aux souliers de montagne sur lesquels des crampons peuvent être fixés.
Bâtons de ski ou de marche
II y a quelques années encore, on considérait que l' usage de bâtons de ski en excursion pédestre ne se justifiait que pour les personnes en convalescence ou affaiblies. Mais aujourd'hui l' idée s' impose de plus en plus qu' il peut aussi être très utile pour ménager les articulations des jambes à titre préventif. Il a par ailleurs pour « effet secondaire », si l'on peut dire, de procurer un meilleur équilibre, ce qui peut aussi avoir des effets très positifs sur la sécurité. Cependant, l' emploi non approprié des bâtons fait surgir des risques: les bâtons télescopiques présentent un fort danger de chute lorsqu' un segment n' est pas suffisamment bloqué et que, soumis à une forte charge, il cède soudain. Les rondelles de bâtons qui se crochent ou se coincent ne sont pas seulement gênantes mais comportent aussi un danger de blessure ( luxation de l' épaule ) à ne pas sous-estimer. De plus, il convient de veiller au fait que l' utilisation par trop intensive des bâtons atrophie le sens naturel de l' équilibre. Enfin, soulignons que sur les pentes de neige ou de névé les bâtons de ski ou de marche ne sauraient être un substitut fiable du piolet!
Assurage d' itinéraires
II faut entendre par ce terme les mesures prises pour réduire le risque de chute sur les chemins et les itinéraires de randonnée, telles que amélioration des chemins, garde-fous ou autres barrières. Conçus judicieusement, réalisés avec soin et entretenus dans la conscience des responsabilités, ces aménagements contribuent de manière essentielle à l' amélioration de la sécurité. Il faut noter que les actions entreprises dans ce domaine sont de toutes sortes, prises en charge qu' elles sont par les
institutions et les groupes d' intérêt les plus divers. D' une manière générale, le niveau de développement et l' état de ces assurages d' itinéraires correspondent dans les Alpes suisses aux exigences de la sécurité. On tombe cependant çà et là sur des installations qui ne remplissent qu' insuffisamment leur fonction présumée. En effet:
- Un assurage d' itinéraire devrait avant tout éliminer les passages potentiellement dangereux. Si, par des améliorations du chemin, on réduit du même coup les difficultés techniques, il faudrait intervenir à l' avenant sur la totalité de l' itinéraire.
- Les restes d' anciennes installations auxquels on ne peut plus faire confiance devraient être enlevés.
- Il faut accorder la plus grande attention à la durée de vie du matériel utilisé pour les barrières et mains courantes. Bien que les vieilles cordes de montagne offrent une possibilité peu coûteuse et facile à mettre en œuvre, elles ne conviennent pas à ce type d' équipement. Ce matériel n' est pas prévu pour être exposé en permanence aux intempéries et y résister. De plus, une corde de montagne frottant sur des arêtes et saillies rocheuses est rapidement entamée.
Assurage à la corde
Par définition, les randonnées pédestres en montagne sont des courses où l' emploi d' une corde d' assurage n' est pas nécessaire. Il y a cependant des situations dans lesquelles les membres les plus faibles d' un groupe devraient être assurés dans les passages délicats. Cela s' applique en particulier aux excursions entreprises avec déjeunes enfants. Sur les chemins comportant des passages exposés, une cordelette et un encordage au corps simple peuvent suffire. II faut cependant être très attentif à la constitution menue des enfants: une boucle lâche passée autour de la taille n' aura dans le meilleur des cas qu' un effet de discipline. En cas de chute sérieuse à un passage dangereux, un encordement aussi sommaire risquera de ne pas être suffisant pour empêcher l' enfant de glisser à travers la boucle.
Information
Seule la conscience des dangers encourus dans la pratique d' une activité et la capacité de les percevoir permettent d' espérer des décisions et des actes tenant compte des risques. Expérience et bon sens en sont les meilleures conditions non seulement en alpinisme. La plupart des dangers spécifiques de la montagne, en effet, n' autorisent qu' une faible marge d' erreur, de sorte que le principe pédagogique consistant à apprendre par l' erreur, valable en soi, se réduit à d' étroites limites. C' est ainsi qu' en alpinisme, l' information en tant que moyen de prévention des accidents doit prendre une importance primordiale.
Pour l' alpiniste, le skieur et le randonneur
En RPM également, des décisions importantes pour le déroulement sûr de la course doivent être prises dès sa phase de préparation. Il existe pour cela une abondante littérature, sous forme de guides, cartes et prospectus. Toutefois, par rapport aux guides de haute montagne ou d' escalade, qui fournissent en général des informations structurées et précises, les indications dont disposent les randonneurs en montagne sont moins harmonisées, moins comparables entre elles et - suivant la source - de qualité très variable. C' est pourquoi il est plus difficile, surtout pour les excursionnistes en montagne non expérimentés, de s' informer correctement au sujet de l' itinéraire envisagé.
A propos de la sécurité, l' évolution prévisible des conditions météo est un autre et important élément de la préparation d' une course. Malgré des prévisions parfois fausses, les bulletins météo d' aujourd sont une aide indispensable. En comparaison avec les pays alpins voisins, les bulletins suisses, grâce au fait qu' ils sont diffusés en trois lan-
gues, peuvent intéresser un public plus large. On ne doit cependant pas oublier que même en Suisse, pays touristique par excellence, de nombreux étrangers n' ont pas accès à ces informations importantes pour des raisons de langue.
Dans de nombreux cas d' accident de RPM, la cause proprement dite de l' accident doit être attribuée à de mauvaises décisions dues à des difficultés d' orientation. Les marquages de chemins et d' itiné peuvent fournir une contribution essentielle à la sécurité d' une course, pour autant qu' ils soient disponibles en quantité suffisante et sous une forme qui n' induise pas en erreur. De bonnes cartes sont également importantes. Du point de vue de la prévention des accidents, il est incompréhensible qu' en Suisse un important éditeur renonce, sur ses cartes pédestres, à des éléments essentiels de la représentation possible du terrain.
Remarques finales
La question des accidents de montagne nous confronte souvent au problème de la comparaison des risques entre les divers groupes d' activités. Les données de base dont on dispose aujourd'hui autorisent certes une saisie tout à fait fiable et une approche statistique de ces accidents. Toutefois, aucune statistique ne permet à elle seule de répondre à la question centrale des risques d' accident de chacun des sports de montagne, car on n' en connaît pas le nombre des pratiquants. Une contribution intéressante à cet égard a été fournie par une publication sur l' analyse des risques4. La statistique des accidents mortels survenus dans les sports de montagne y est évaluée conjointement à des sondages et estimations concernant la fréquence
des courses. L' auteur confronte à celle-ci les cas mortels survenus dans chaque groupe d' activité, mettant ainsi en évidence un facteur de risque chiffré pour chaque groupe d' activité, obtenu en divisant le nombre de victimes par le nombre total des pratiquants de l' activité. Les valeurs communiquées pour les activités qui nous intéressent ici, soit la RPM, les courses de montagne et les courses d' esca se basent sur la statistique des accidents et l' estimation de la fréquence des courses de 1984 à 1989.
Nombre de Nombre de Facteur de risque mmniimwvictimes pratiquants'( x 10 RPM 74 1,9 mio 3,9 Courses de 45,. " " .2 150000 30 haute montagne Courses d' esca 10,. " " .3 15 000 70 lade Traduit de l' allemand par François Bonnet
Bien que, dans ces calculs, les chiffres concernant le nombre de montagnards actifs reposent sur des estimations et des sondages, ils rendent possible une comparaison des risques d' accident mortel représentés par chaque groupe d' activité, au moins au niveau des ordres de grandeur. C' est ainsi qu' on peut estimer le risque d' une randonnée pédestre en montagne 8 fois inférieur à celui d' une course de
Les chemins encore encombrés de neige, à la fin du printemps, sont une source de dangers importants pour les randonneurs inexpérimentés ou insuffisamment
haute montagne et 18 fois inférieur à celui d' une course d' escalade6.
Dès lors, il apparaît très clairement que la randonnée pédestre en montagne, malgré le nombre élevé d' accidents qui y est associé - en comparaison avec les autres sports de montagne - n' est pas plus dangereuse, comme on le suppose souvent, mais au contraire considérablement plus sûre, compte tenu du nombre élevé des randonneurs. Cela est dû sans doute en bonne partie au nombre inférieur de sources de danger potentiel en RPM. Il convient également de ne pas sous-estimer l' influence sur les accidents des attentes différentes placées sur les divers sports de montagne: en général, les randonneurs recherchent le contact avec la nature et non le défi. En randonnée, les accidents devraient donc être attribués plus fréquemment au manque de connaissances et plus rarement à la surestimation de soi.
J A. F. Pritsche: Wie gefährlich leben wir? Ed. TÜV Rheinland, 1992.
* Les chiffres sur la fréquence des courses ( nombre de pralicants d' une activité ) se fondent sur des sondages effectués par l' Association suisse du sport en 1978 et 1984. Pour les courses en haute montagne, des estimations ont été faites à partir des statistiques des nuitées dans les cabanes du CAS. Quant aux courses d' escalade, on a admis un rapport de 1 grimpeur pour 10 alpinistes de haute montagne ( voir également note 6 ).
.'Ces dernières années, l' escalade est devenue très populaire. Dans le même temps, les accidents mortels survenus dans cette activité ont diminué. Aujourd'hui, le risque d' accident mortel lors d' escalade sur terrain nature], calculé d' après cette méthode, devrait se situer plutôt autour de 10 x 10 V L' escalade, en conséquence, ne serait « que » 2,5 fois plus dangereuse que la RPM, mais environ 3 fois plus sûre que les courses de haute montagne.
équipés. A ce sujet, un marquage responsable peut apporter une contribution essentielle à la prévention des accidents.