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Du beau principe à la réalité
De quoi parle-t-on quand on parle de "libre circulation" ? de "libre circulation" des personnes ou de "libre circulation" des travailleurs ? Ce qui est en cause dans le vote du 9 février sur l'initiative udéciste, ce n'est pas la "libre circulation", mais ce que les accords passés et les politiques menées en font, et qu'on nomme "libre circulation des travailleurs" alors que chacun des mots de cette expression est, dans la réalité, mensonger. Libre, la circulation ? Non : elle ne s'applique (et encore, avec des restrictions pour certains) qu'aux ressortissants de l'Union Européenne (ou aux pays avec lesquels des accords spécifiques ont été passés). S'agit-il de "circulation" ? Non : il s'agit, pour la Suisse, d'importation de main d'oeuvre. S'agit-il de "libre circulation des personnes" ? Non, il s'agit de "libre circulation" des travailleurs utiles à l'économie du pays. On a donc d'abord une discrimination entre les Européens et les autres : La "libre circulation" n'est pas libre. On a ensuite une discrimination entre les travailleurs, et entre les travailleurs et les autres : la "libre circulation" est utilitariste. On a enfin un droit fondamental (la libre circulation) réduit à une politique spécifique de l'emploi. Bref, la "libre circulation des travailleurs" n'est pas libre, n'est pas une circulation, est discriminatoire et utilitariste. Tromperie sur la marchandise...
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Du beau principe à la réalité
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Le Conseil d'Etat a annoncé le 21 décembre (c'était le jour de la tourbe, ça s'imposait) qu'il se ralliait à la « préférence cantonale » prônée par le MCG (mais en s'y ralliant sans le dire, et dans des « limites du possible » si étroites qu'on ne peut guère répondre à sa posture qu'en ricanant) et qu'il entendait donner, dans les grands établissements publics (Hôpital, TPG, Aéroport) comme dans l'administration centrale, préférence aux chômeuses et chômeurs genevois (au sens large du qualificatif «genevois») dans l'embauche de personnel. Voilà le donc le chômeur genevois proclamé membre d'une espèce protégée... Être protégé par Longchamp et Favre, de quel avenir est-ce que cela peut bien présager pour l'espèce chômeuse locale ? L'avenir du dodo ou celui du panda ?
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Groupons et demain, l'Internationa-a-a-a-le sera le genre humain...
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Telle que nous la concevons, l'internationalisation est un processus de décision élargi à la participation de toutes les nations ; elle est donc également, dès lors que nous ne concevons de mode de décision que démocratique et respectueux de l'égalité des droits (entre les peuples, entre les individus, entre femmes et hommes...) une participation de tous les peuples et de toutes les parties constitutives de toutes les sociétés à la prise des décisions qui les concernent. Un tel processus n'est évidemment pas, en tant qu'il est réellement démocratique, dans la logique de la globalisation et de la mondialisation capitalistes, mais il est constitutif de celle du socialisme -dont il est même la condition.
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Il n'y a pas de réponse nationale à la mondialisation capitaliste, pas plus qu'il n'y avait de réponse féodale à la révolution industrielle : le repli à l'intérieur des frontières, le retour au cloisonnement national, l'usage purement défensif, quand il n'est pas fétichiste, des instruments de l'Etat-nation, sont non seulement inefficaces, mais également, et au sens propre du terme, réactionnaires. La critique de la globalisation capitaliste ne doit pas nous faire oublier que le mouvement socialiste a toujours eu pour projet le dépassement des limites nationales, et a dès l'origine rendu hommage au caractère révolutionnaire du capitalisme.
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Les termes en lesquels Karl Marx ou Rosa Luxemburg saluent l'effet de rupture de l'ordre ancien apporté par le capitalisme sont sans équivoque : " La Bourgeoisie a joué dans l'histoire un rôle essentiellement révolutionnaire "... Les principes fondateurs de la Première Internationale expriment la même reconnaissance à l'égard du rôle révolutionnaire joué par le capitalisme, et la même certitude que ce ne sera qu'à partir des acquis de la mondialisation capitaliste, et en les dépassant, non en les annulant, qu'un projet socialiste pourra voir le jour. Les résultats calamiteux des tentatives d'imposer le " socialisme dans un seul pays " (si grand soit-il) sont là pour dissiper tout doute à ce sujet : les Russes et les Chinois n'ont pas fini d'en payer les conséquences.
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Même si, fondamentalement, le mouvement socialiste est fondé sur l'internationalisme, et sur l'exigence de la solidarité internationale, son pluralisme a permis l'expression en son sein ou à ses marges de conceptions dont le moins que l'on puisse écrire est qu'elles furent fort éloignées de ces exigences . Ces conceptions nationalistes, isolationnistes, conservatrices, perdurent. La mondialisation capitaliste leur a même redonné, en même temps qu'un vernis de " résistance ", des forces et une audience nouvelles -sans leur donner plus de pertinence qu'elles n'en eurent jamais. Nous avons à nous en défaire, et à les combattre.
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A la globalisation et à la mondialisation capitalistes, nous n'avons pas à opposer l'enfermement national, pas plus que les socialistes du XIXème siècle n'opposaient à la révolution industrielle le retour aux institutions féodales, mais l'internationalisme et l'internationalisation, c'est-à-dire l'élargissement du processus de décision à l'ensemble des nations, et la généralisation à l'ensemble des personnes et des peuples des droits fondamentaux conquis (fût-ce partiellement et précairement) dans notre partie du monde -droits qu'il convient en outre de renforcer et d'élargir ici-même. C'est en tant qu'elle est négatrice de ces droits que nous combattons la globalisation capitaliste, et c'est pour élargir ces droits que nous y opposons notre propre internationalisme.
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Et puis, enfin, soyons clairs : l'abolition du capitalisme socialisé entraînera une dégradation des conditions matérielles d'existence pour la majorité de la population de nos pays (cette majorité formée de la " classe moyenne " et de la " classe dirigeante "), mais elle est la condition du passage de la majorité de la population du monde, d'abord de la misère à la pauvreté, ensuite de la pauvreté à la couverture matérielle de l'exercice de tous les droits fondamentaux.