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L'Egypte doit suspendre toutes les exécutions prévues et adopter un moratoire. Le rapporteur spécial de l'ONU contre la torture, le Zurichois Nils Melzer, a lancé cet appel vendredi à Genève avec plusieurs homologues après plusieurs accusations de procès inéquitables.
Ces spécialistes se disent "particulièrement préoccupés". Les condamnations ont été décidées sur des "preuves obtenues par la torture ou des mauvais traitements, souvent pendant une période de disparition forcée", selon eux.
Ils ont notamment demandé des clarifications aux autorités égyptiennes après un précédent appel en juin dernier à la suspension des exécutions de six hommes, toujours menacés d'une telle sentence. Mais ils reçoivent des indications sur d'autres cas.
Les spécialistes demandent une réévaluation de toutes ces sentences et de nouveaux procès qui garantissent les droits de l'homme lorsque celles-ci ont été décidées en s'appuyant sur des procédures inéquitables. Une exécution doit seulement être appliquée aux crimes les plus graves et après un mécanisme légal adapté.
Elle peut être considérée comme un traitement "cruel, inhumain ou dégradant", selon les spécialistes. Ces personnes appellent aussi l'Egypte à "considérer un moratoire" et à oeuvrer vers la fin des exécutions dans ce pays. Outre M. Melzer, l'appel est lancé par les rapporteuses spéciales sur les exécutions arbitraires et la protection des droits de l'homme dans la lutte contre le terrorisme et les présidents de deux groupes de travail à l'ONU.