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Vendredi - L'impact de la liste rouge de l'UICN
Aujourd'hui, Craig Hilton-Taylor, Chef de l'Unité en charge de la Liste rouge de l'UICN, nous parle de l'impact de la Liste rouge: son utilisation ainsi que sa contribution à la préservation d'espèces menacées.
Une galerie photo présente également quelques espèces, comme le rhinocéros blanc ou l'iguane bleu de l'île Grand Cayman, qui ont été sauvées de l'extinction.
Qui se sert de cette liste ?
La Liste rouge de l'UICN est utilisée par les chercheurs, les étudiants, les enseignants, les gouvernements, les écologistes, les organisations gouvernementales et non gouvernementales, le secteur privé et bien d'autres. Le fait qu'elle constitue, d'une part, la source d'information la plus complète et scientifiquement vérifiée sur les espèces et leur état de conservation et qu'elle est, d'autre part librement accessible à toute personne dans le monde, en fait un outil largement utilisé.
Dans quelle mesure contribue-t-elle à faire évoluer les politiques au niveau local et international ?
Au-delà du descriptif relatif au risque d'extinction des espèces, la Liste Rouge fournit également une description de leur valeur économique et écologique. Cela permet aux décideurs politiques, nationaux et internationaux, de décider comment investir dans les efforts de conservation. Suite par exemple au listing d'une espèce surexploitée, un gouvernement local peut imposer des sanctions strictes et des régulations afin de limiter les récoltes et le commerce de cette espèce dans son pays.
La Liste rouge permet également d'identifier les menaces nouvelles et émergentes, ainsi que les mesures préventives nécessaires qui peuvent être prises pour prévenir ou réduire les extinctions (comme pour le cas des amphibiens sujets aux impacts du champignon chytridiomycète).
La situation des espèces répertoriées sur la Liste rouge de l'UICN est un élément clé pris en compte par les cadres réglementaires (par exemple, la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction - CITES et la Convention sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage - CMS), les systèmes de certification (par exemple, le système de certification forestière) et les sauvegardes environnementales (par exemple la Norme de performance 6 de la Société financière internationale). La plupart des études d'impact sur l'environnement (requises dans la plupart des pays aujourd'hui pour de nouveaux projets susceptibles d'avoir un impact sur l'environnement) exigent des entreprises de vérifier si des espèces sont considérées comme menacées sur la Liste rouge de l'UICN.
Avez-vous des exemples d'impact de la Liste rouge dans la préservation d'espèces spécifiques? Avez-vous des cas de réussite à partager avec nous ?
Oui, nous avons plusieurs cas de réussite encourageant d'espèces rétablies en raison d'une action de conservation efficace. Hormis le cas du rhinocéros blanc que j'ai déjà évoqué, il y a beaucoup d'autres exemples, notamment le cheval de Przewalski et l'iguane bleu de l'île de Grand Cayman.
Le cheval de Przewalski (Equus ferus) a été inscrit comme Éteint à l'état sauvage des années 1960 jusqu'en 1996, en raison de la pression exercée par une chasse intense. L'espèce a été ensuite réévaluée et classée dans la catégorie En danger critique car seul un individu mature survivait à l'état sauvage. Cette espèce a bénéficié de réintroductions réussies et la population est estimée à plus de 50 individus matures vivant à l'état sauvage. En 2011, l'espèce a été déclassée et répertoriée dans la catégorie En danger. Le Groupe des spécialistes des équidés, le Groupe des spécialistes de la réintroduction et le Groupe de spécialistes de médecine vétérinaire de la Commission pour la survie des espèces de l'UICN (SSC) ont tous joué un rôle important dans la réintroduction et le rétablissement de cette espèce. Le cheval de Przewalski est légalement protégé en Mongolie et la chasse a été interdite depuis 1930. L'ensemble de l'aire de répartition de l'espèce réintroduite en Mongolie se trouve dans des aires protégées et elle est inscrite à l'Annexe I de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction, qui en interdit le commerce.
L'iguane bleu de l'île de Grand Cayman (Cyclura lewisi) a été répertorié comme En danger critique au cours de la période 1996-2004, en raison des effets dévastateurs liés à l'introduction de chiens et de chats, de la conversion de l'habitat et la circulation routière. Le Programme de rétablissement de l'iguane bleu, dirigé par un membre du Groupe de spécialistes de l'iguane de la Commission pour la survie des espèces de l'UICN, a élevé avec succès ces iguanes en captivité avant leur libération dans toutes les aires protégées de l'île de Grand Cayman. En 2012, l'espèce a été déclassée et répertoriée dans la catégorie En danger. L'iguane bleu de l'île de Grand Cayman est entièrement protégé en vertu de la législation locale et est effectivement tenu à l'écart du commerce international par son inscription à l'Annexe I de la CITES.