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Votation La vignette autoroutière vaut-elle 100 francs?
Le comité antivignette à 100 francs dénonce une tromperie. Doris Leuthard affirme la hausse indispensable car la circulation a doublé sur le réseau en vingt ans. Verdict le 24 novembre.
Dossier
Sur quoi vote-t-on?
La modification de la loi sur la vignette autoroutière a été acceptée par le parlement en mars de cette année.
La loi prévoit de relever le prix de la vignette de 40 à 100 francs. Cette augmentation doit servir entre autres à financer le transfert de 400 km de routes cantonales en routes nationales.
Par voie de référendum, cette loi est attaquée par un comité qui pense qu’une augmentation de 150% est abusive. Verdict le 24 novembre.
La vignette en chiffres
1985: date de l’introduction d’une vignette autoroutière afin de financer la construction, l’exploitation et l’entretien des routes nationales. En 1995, son prix passe à 40 francs alors qu’elle coûtait 30 francs à son apparition.
9 millions: le nombre de vignettes autoroutières vendues en 2012. Et notamment 3,2 millions à des touristes étrangers.
361 millions: en francs suisses, les recettes générées en 2012 par la vignette autoroutière. Dont 132 millions ont été payés par les étrangers de passage.
100 francs: le prix envisagé de la vignette. Tout comme en Autriche. Les autoroutes allemandes sont gratuites, celles d’Italie et de France sont accessibles après passage au péage.
400 km: le nombre de kilomètres de routes cantonales qui doivent rejoindre le réseau des routes nationales sous responsabilité de la Confédération. C’est l’un des principaux arguments pour justifier la hausse des tarifs tout comme la réalisation de contournements urgents à terminer pour compléter le réseau des routes nationales. La Confédération entend y consacrer près de 4 milliards ces vingt prochaines années.
26 milliards: les kilomètres parcourus chaque année sur les routes nationales. La circulation a doublé en vingt ans. A noter que les autoroutes absorbent plus de 40% du trafic total. Et même 67% du trafic marchandises. Les voies les plus encombrées sont les axes Genève-Lausanne, et Berne-Winterthour.
2016: l’année de l’introduction de la vignette à 100 francs, si le peuple suit le Conseil fédéral et le parlement le 24 novembre prochain.
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Indispensable à l’extension du réseau national dans les régions périphériques. La ministre des Transports Doris Leuthard, à l’heure de lancer la campagne pour le oui à la vignette à 100 francs, n’y est pas allée par quatre chemins, prenant même la voie rapide, l’autoroute, et dégainant des chiffres.
La conseillère fédérale PDC sait que cette augmentation de 150% n’est pas forcément populaire. Alors à défaut, elle essaie d’expliquer en quoi elle est nécessaire, voire carrément indispensable.
«Sans l’arrêté sur l’extension du réseau, il ne sera pas possible d’éliminer les goulets d’étranglement», martèle Doris Leuthard. Aussi, vingt-deux projets sont sur la liste de grands travaux à venir de la Confédération. Dont deux prêts à être réalisés, à savoir le contournement du Locle et de La Chaux-de-Fonds.
Une vignette, combien de cafés?
Le Conseil fédéral, tout comme le parlement et la plupart des partis, défendent ainsi cette augmentation jugée raisonnable en regard des enjeux en termes de mobilité routière pour le pays. La hausse à 100 francs, c’est un café par mois ou 17 centimes par jour.
Et, rappelle Doris Leuthard, sans vignette à 100 francs, il faudra trouver le financement ailleurs: l’augmentation de la taxe auto dans les cantons ou celle de l’essence au niveau fédéral seraient des conséquences d’un non le 24 novembre.
Le vent de la révolte contre la vignette à 100 francs a soufflé, tout d’abord, depuis les organisations d’automobilistes. Les présidents de l’Automobile Club de Suisse (ACS) et du Touring Club Suisse (TCS) coprésident le comité du non qui a armé le référendum et récolté les signatures. Ils sont épaulés par de nombreux représentants de l’UDC et d’autres partis bourgeois.
Vaste tromperie
Pour ces opposants, il y a «tromperie sur la vignette»: c’est la thématique de leur campagne. Aussi pour le président de la commission politique du TCS, Thierry Burkart, la reprise de 376 kilomètres de routes cantonales par la Confédération n’apporte aucune plus-value aux automobilistes et ne coûterait à la Confédération que 100 millions de francs par année: d’où la tromperie.
Sans compter que les opposants, TCS en tête, dénoncent le prélèvement par la Confédération auprès des automobilistes de quelque 9 milliards annuels en taxes, impôts et redevances qui «disparaissent» à 70% dans la caisse fédérale afin de financer avant tout le trafic ferroviaire.
Voiture passion
A noter que l’Association Transports et Environnement (ATE), plutôt ancrée à gauche, ainsi que les Verts, soutiennent ce référendum. Tous deux craignent que la vignette à 100 francs serve surtout à étendre le réseau routier actuel.
Et comme rien n’est jamais simple dans un sujet aussi passionnel que l’automobile, on trouve des socialistes opposés à l’augmentation – en contradiction avec la position habituelle de leur parti – tout comme on trouve des UDC favorables à cette hausse, au nom d’un certain pragmatisme, et de régionalistes souhaitant la conclusion de certains travaux qui les concernent. (nxp)
Créé: 18.10.2013, 23h00