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Le Parlement ne doit pas introduire un frein à l'endettement avec une augmentation automatique de l'âge de la retraite à 67 ans, a averti le ministre des affaires sociales Alain Berset. Cela représenterait une "condamnation à mort" pour l'ensemble de la réforme.
Le projet du gouvernement "Prévoyance vieillesse 2020" est actuellement devant le Parlement. L'union patronale suisse voudrait, elle, introduire une augmentation automatique progressive de l'âge de la retraite à 67 ans, lorsque le fonds AVS diminue trop fortement et qu'aucune réforme n'est engagée.
En cas de votation populaire, il faudrait convaincre le peuple de la nécessité d'augmenter l'âge de la retraite de trois ans pour les femmes et de deux pour les hommes. "Cela va trop loin, le marché du travail n'y est pas préparé", a dit M. Berset dans une interview parue jeudi dans la Neuer Luzerner Zeitung et le St.Galler Tagblatt.
Le conseiller fédéral fribourgeois estime qu'il est faux d'imposer une augmentation de l'âge de la retraite. "Il faut moduler la retraite de manière flexible entre 62 et 70 ans, avec un âge de référence à 65 ans, afin que l'âge réel de la retraite augmente", a indiqué M. Berset.
"Primat de la politique"
Il soutient la proposition du Conseil fédéral avec un frein à l'endettement. Celle-ci tient compte en premier lieu du "primat de la politique". "Dans une deuxième phase, un automatisme temporaire pour le financement pourrait être introduit, mais sans incidence sur l'âge de la retraite".
Concrètement, le Conseil fédéral devra proposer des mesures, si le niveau du fonds AVS menace de descendre au-dessous de 70% des dépenses annuelles. Si le Parlement n'arrive pas à s'accorder sur une solution, les cotisations seront augmentées et l’adaptation des rentes sera restreinte, selon la proposition du Conseil fédéral.
Ce ne sont que des mesures d'urgence, mises en place pour éviter une situation financière critique, avait indiqué M. Berset dans son message au Parlement. Il est dans l'intérêt de la politique que ces mesures ne soient pas activées - ou puissent être levées rapidement.
Toutefois, le Conseil des Etats ne veut pas entrer en discussion sur le frein à l'endettement proposé par le Conseil fédéral. Le Conseil national n'a pas encore délibéré sur le projet de M. Berset.
ATS