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Porte 1
Croisée Chemin des Grands Crus
Ce lieu marque la limite entre les deux appellations les plus prestigieuses du canton de Vaud. Le 21 mars 2013, le Gouvernement vaudois décidait de répondre favorablement à la demande de la Commission interprofessionnelle du vin vaudois de conférer aux zones viticoles du Dézaley et du Calamin l'Appellation d'origine contrôlée Grand Cru. La situation particulière des appellations Dézaley et Calamin est historiquement avérée et ancrée dans la réglementation vaudoise depuis 1949, même si la révision de 2009 les avait quelque peu oubliées !Le terroir très particulier de ces deux lieux de production contigus a par ailleurs été reconnu dans l'étude des terroirs viticoles vaudois publiée en 2004 sous l'égide de plusieurs instances scientifiques et administratives.
A quelques mètres de la Capite à Antoine, une bien agréable place de pique-nique, avec table et bancs, qui offre une ombre bienvenue aux promeneurs estivaux, le lieu-dit Savorettaz offre un joli point de vue sur la Tour de Marsens.
Bien qu’attestée en 1272 seulement dans les biens de l’évêque de Lausanne, la Tour de Marsens doit certainement remonter au XIIe siècle: le nom de Marsens apparaît pour la première fois dans la transcription d’une charte de 1166, et une maison y est signalée (domum de Marcens). Il est donc possible que ce soit l’évêque Landri de Durnes qui fit construire la tour, vers 1160. Il fit cadeau des terres du domaine au couvent d’Humilimont, fondé par les Sires de Marsens en Gruyères. La tour semble avoir servi de refuge pour les moines, mais ceux-ci n’en furent jamais propriétaires.
En 1527, alors acquise par Jean de Plait, qui fut anobli à cette occasion, la tour connaît une importante transformation. D’ouvrage défensif, elle devient habitat. Entre la fin du XVIe et le XIXe siècle, la tour appartient aux membres de la famille Clavel, de Cully, qui furent les derniers seigneurs de Marsens. Mais, peu à peu, ils laissèrent l’édifice tomber en décrépitude.
En 1870, François Naef, pasteur et historien à Lutry, la rachète pour la sauver de la ruine.
Il décide le percement de la porte inférieure, pour faciliter l’accès à l’intérieur de la tour lors des travaux de restauration. Il dirige les premiers travaux avec l’aide de son neveu Albert Naef, archéologue cantonal bien connu.
En 1946, les façades sont restaurées et, grâce à l’aide des pouvoirs publics, une zone protégée, avec interdiction de construire, est créée pour laisser à la tour de Marsens un cadre digne d’elle.
La fondation de famille, constituée en 1969 par Bernard Naef et Suzanne Roux (fille de Henri Naef, historien), a pour but de conserver l’intégralité de la tour de Marsens et de maintenir l’ensemble du mobilier qu’elle abrite, pour éviter la dispersion de ce patrimoine historique et artistique
Du haut de ce coteau 34 millions d’années vous contemplent. C’est en ces temps reculés que les roches de poudingue et de molasse se rencontrèrent et se marièrent ici. Puis la poussée des Alpes a érigé ce coteau qui offre son flanc au soleil. Ses roches, comme taillées au marteau, portent les traces du recul du glacier rhodanien. La saisissante déclivité du Dézaley n’a pas découragé les moines cisterciens, qui y ont planté les premières vignes de Lavaux au XIIe siècle. Pour soutenir les ceps et le terrain en forte pente, les moines ont érigé plus de 400 kilomètres de murs, qui dépassent souvent les 15 mètres de haut. Emblématiques du paysage du Dézaley, leurs pierres nourrissent la vigne en captant et retenant la chaleur du soleil.
Il a fallu deux siècles aux moines Cisterciens du couvent de Haucrêt des Tavernes, sous les ordres de l’Evêque de Lausanne Guy de Maligny, pour créer de ce beau vignoble de 54 hectares en appellation Dézaley Grand cru.
D’ici la pente du Dézaley est maximale et offre une vue grandiose sur le Léman. En se retournant, l’on aperçoit la Croix-de-Notre-Dame, qui rappelle la présence d’un lieu de pèlerinage durant des siècles.Le 25 mars, fête de l’Annonciation à Marie, était marqué par un grand rassemblement dans la cathédrale de Lausanne. Mais pour des raisons de distance comme de sécurité - les routes étant infestées de brigands -, de nombreux pèlerins s’arrêtaient sur cette hauteur de laquelle ils pouvaient apercevoir la cathédrale. Jusqu’au 19e siècle, protestants et catholiques ont continué de venir y prier. En 1975, lors des 700 ans de la cathédrale, les deux Eglises ont érigé la croix de fer actuelle pour rappeler ce passé hautement symbolique en matière d’œcuménisme.
A la croisée de la Route de la Corniche et du Chemin du Dézaley, le lieu-dit Chapotannaz. Ici transitaient de nombreux attelages hippomobiles pour transporter le vin vers la Suisse alémanique durant l’occupation bernoise. Les uns remontaient vers Chexbres en empruntant le Chemin de la Tour de Marsens, les autres rejoignaient le bord du lac, sous les Abbayes, d’où le vin était acheminé par barque jusqu’à Lausanne.
Ce lieu a également inspiré le célèbre peintre Rodolphe-Théophile Bosshard (1889-1960), l’undes seuls paysagistes qui osa tourner le dos à son lac. Son œuvre La Chapotannaz recompose, par un modelé de volumes presque cubiste, la route déclive de la Corniche entre Chexbres et Epesses. Les lotissements pyramidaux du vignoble deviennent aussi le sujet principal des tableaux de Steven-Paul Robert (1896-1985), le peintre élégiaque si cher à Gustave Roud. Le lac n’y est présent que dans le relief des murets ou la moirure des frondaisons