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Le plus grand « retour sur investissement » se traduit par une augmentation de l’offre de places de crèches
En collaboration avec l'Université de Neuchâtel et celle de Fribourg, Pro Familia Suisse édite une étude interdisciplinaire (2019). Elle met l’accent sur les aspects théoriques et pratiques. Elle propose des réponses aux incitations sur le marché du travail, en rapport avec la problématique des structures d’accueil et le renforcement d’une politique de la petite enfance.
Les auteurs de l'étude se sont intéressés à deux questions centrales pour la politique familiale. La première porte sur les interruptions d’activité professionnelle des femmes après la naissance des enfants : ces interruptions d’activité sont-elles fréquentes, quelle est leur durée et quelles en sont les conséquences économiques, en particulier sur le salaire des femmes ? La seconde question concerne le choix de la mère d’exercer une activité professionnelle ou non. Peut-on attendre d’une baisse du prix de garde ou d’une meilleure disponibilité des places de garde une augmentation de la participation des mères au marché du travail et du nombre d’heures travaillées ?
En résumé, les femmes et les mères interrompent leur activité professionnelle en moyenne durant 9,2 ans – les femmes ayant un enseignement supérieur en moyenne durant 6,7 ans et les femmes sans formation en moyenne 12,1 ans. Pour les femmes qui ont un diplôme de niveau tertiaire, une année d'inactivité professionnelle provoque une amputation du revenu annuel brut plus élevée, soit de 3,2% par année, (2300 francs). Appliquée à la durée moyenne de la période d'inactivité, soit 6,7 ans, la pénalité sur le salaire représente un cinquième du salaire (21,7%) ou 19 070 francs. La durée de la carrière résiduelle étant de 25 ans, la perte totale de revenu professionnel est estimée à près d'un demi-million de francs. La perte totale pour l’économie est de CHF 800 millions par an.
Le plus grand « retour sur investissement » économique et social se traduit par une augmentation de l’offre de places de crèches. Si l’offre de places d’accueil augmente de 30 % (+ 18 000 places) – sans modifier les tarifs pour les familles – les coûts supplémentaires seraient compensés par les recettes fiscales des mères qui travaillent (CHF 166 millions pour le secteur public compensés par des nouvelles recettes fiscales de CHF 250 millions).