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Enfant, dans les années 50, Andy Kaufman animait déjà des émissions imaginaires, pour son seul plaisir. Devenu adulte, il entreprend d'imiter Elvis dans un cabaret, tout en se faisant passer pour un réfugié d'Europe de l'Est. Contacté par l'agent George Shapiro, il abandonne son apparente modestie pour confesser sa plus chère ambition : conquérir le monde, ni plus ni moins. Après avoir chanté, sans trop convaincre, sur le plateau du célèbre show «Saturday Night Live», il s'impose dans la série comique «Taxi», où il incarne, il est vrai, son personnage fétiche de petit immigré. Ayant monté sa propre émission, il recrute un chanteur sans classe, Tony Clifton...
Critique
Man on the Moon brûle sciemment les étapes, n'hésite pas à se montrer lacunaire sur la vie de ce bonhomme protéiforme. Le film montre Kaufman comme une énigme, une machine humaine qui s'emballe et prolifère. L'incapacité de se trouver, le sentiment d'imposture, l'imminence de la mort sont toujours en filigrane... Jim Carrey, grand admirateur de Kaufman, impressionne ici par sa capacité à changer de registre, de ton, d'accent dans la même phrase. Grâce à lui, Forman réalise un truc constamment sur le fil, ébouriffant sans chercher à être efficace, joyeux et morbide, transgressif et tranquille.
Jacques Morice, Télérama