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19/12/2011
Aliénation idéologique capitaliste : maux et remèdes
Est victime de l'aliénation idéologique, toute personne étant amenée à penser et à agir contre son intérêt, tout en pensant le contraire.
Ce processus de l'aliénation idéologique peut expliquer, dans une très large mesure, les défaites successives de la gauche en Suisse.
On peut distinguer quatre types d'aliénation idéologique différentes.
L'aliénation idéologique directe volontaire et consciente, dont la propagande libérale diffusée par les classes dominantes (à travers les partis de droite) est l'illustration parfaite. Toutefois, il est intéressant de noter que à droite on trouve des individus dont les intérêts consisteraient à défendre la social-démocratie ou le socialisme, mais qui s'engagent néanmoins en faveur du libéralisme contemporain. Ces individus, aliénés, vont par la suite participer à propager l'aliénation idéologique dont ils sont les victimes.
On a donc à faire ici à un cas d'aliénation idéologique directe volontaire et inconsciente.
En fait, il est difficile de prouver l'existence réelle d'une aliénation idéologique volontaire et consciente, puisqu'on peut montrer que le bonheur des classes dominantes ne peut être atteint dans le système qui semblent les avantager. En effet, une récente étude sociologique a démontré que à partir d'un certain niveau de revenu, toute augmentation provoquait une baisse de la satisfaction globale (baisse de l'utilité marginale). L'intérêt réel, non illusoire et libéré de toute aliénation, des classes dominantes tend donc à rejoindre celui des autres classes sociales (l'intérêt de tous est dans l'égalité des ressources).
L'aliénation idéologique directe involontaire consiste dans la production dans le cadre du système capitaliste, de vecteurs d'aliénation par des agents qui ne recherchent pourtant pas une telle finalité à leur action. Ainsi, l'étude de l'économie de marché durant la formation scolaire part de l'idée de former les individus de manière trouver un emploi ensuite, dans le cadre du système en place. Mais cette étude exclusive de l'économie de marché durant la formation scolaire tend à forcer l'adhésion à cette même économie de marché, puisque cette dernière apparaît comme le modèle qui fait force de loi au niveau du savoir scientifique.
L'aliénation idéologique indirecte (ou systémique) correspond à toute la production aliénante non créée dans le but de servir de vecteur d'aliénation. Il s'agit de la force d'intertie, de résistance, et d'enracinement, du système capitaliste, qui s'exprime à travers une certaine production télévisuelle, un certain cinéma, une certaine mode vestimentaire, une certaine presse, etc. Ces vecteurs d'aliénation agissent surtout en forçant l'intégration de pré-notions axiologiques ou idéologiques chez les individus, afin de les rendre dociles et accessibles aux autres formes d'aliénation.
Face à l'aliénation idéologique capitaliste,
que faire ?
On peut certes compter sur l'évolution de la conjoncture socio-économique pour faciliter une conscientisation des individus, et par conséquent une désaliénation idéologique. Toutefois, ce serait se terrer dans une passivité contre-productive.
La solution pour combattre l'aliénation, pour désaliéner les individus, réside dans l'adoption d'un comportement militant décomposable en quatre points :
- Mobilisation
C'est uniquement par l'activité de contre-propagande active que nous pouvons espérer faire passer nos messages et nos idéaux, remèdes au mal de l'aliénation.
- Intégration
Partis politiques de gauche, collectifs, groupements, associations, syndicats des travailleurs, et mouvements sociaux, doivent intégrer le maximum possible d'aspects de la vie des individus pour pouvoir assurer une conscientisation idéale et un niveau de désaliénation adéquat.
- Radicalisation
Le rejet et la rupture avec le capitalisme sont nécessaires à tout processus de désaliénation sur le long terme. On ne saurait en effet lutter uniquement contre des conséquences sans éliminer le problème à sa source.
- Détermination
C'est la condition de la réussite de toute lutte contre l'aliénation idéologique capitaliste.
Face à des forces plus puissantes que nous, notre détermination doit être à toute épreuve.
14/12/2011
La jeunesse en marche !
Le 4 octobre 2010, je fondais avec Julien Vogler, Kevin Fernandez, et Gérald Laury, la Gauche des Collèges de Genève. Notre collectif se livra pendant une année et demi à un travail d'information engagée et de politisation active visant à conscientiser et mobiliser nos camarades sur des thèmes qui nous importaient, comme l'écologie, les inégalités sociales, la xénophobie, la diversité culturelle, etc. Durant ce laps de temps, nous publiâmes un certain nombre de manifestes, de tracts, et d'affiches, avec le soutien, plus ou moins prononcé, de nos professeurs, tout en subissant par contre une attitude plutôt répressive de la part des directions de nos établissements scolaires respectifs. Notre activité s'étendit à la majorité des collèges de Genève, ainsi qu'à l’École de Culture Générale, raison pour laquelle nous prîmes alors le nom de Gauche du Post-Obligatoire Genevois.
Notre collectif rassembla plusieurs dizaines de jeunes qui souvent restèrent uniquement pendant de courtes périodes de temps.
Au final, il me semble que nous avons agi aux mieux de nos moyens et de nos forces.
Aujourd'hui, je pense que l'on peut dire que le projet prend fin avec l'enterrement de la Jeunesse Humaniste, collectif mort-né qui tenta de se développer sur les restes de la Gauche du Post-Obligatoire Genevois.
Quel impact réel avons-nous eu sur nos camarades ? A vrai dire, difficile de le savoir, car peu d'entre eux semblent avoir rejoint les rangs des mouvements sociaux ou des partis politiques humanistes (c'est à dire de gauche). L'impact le plus important de notre action collective est celui qui s'est porté sur nous-mêmes, les acteurs de ce collectif, étant donné que la plupart d'entre-nous a rejoint à présent un parti politique humaniste. Personnellement, c'est par mon activité au sein de la Gauche des Collèges que j'ai d'ailleurs été repéré et recruté par la Jeunesse Socialiste Genevoise.
Il y a donc des esprits militants qui sommeillent chez les jeunes et il s'agit de les éveiller, d'incarner cette main tendue qui se révélera véritablement lorsque l'étincelle de l'indignation ou de la révolte aura mobilisé l'énergie politique potentielle contenue dans chacun. C'est pourquoi il revient aux militants politiques de gauche (et notamment aux jeunesses de gauche) d'occuper le terrain des établissements de formation des jeunes pour concrétiser cette main tendue pleine d'espérance réciproque.
Car les futurs changements sociaux ne se réaliseront pas sans la mobilisation de la jeunesse. C'est en effet par l'union des jeunes, des précaires, et des intellectuels, qu'émergera une force de changement capable de transformer la société.
30/10/2011
Le mouvement des Indigné-e-s, vu par un Indigné
Petit retour sur un mouvement que je fréquente depuis sa création en juin dernier.
Le mouvement des Indigné-e-s est a-partisan, c'est à dire qu'il n'est pas affilié à un quelconque parti politique (ce qui ne veut pas dire forcément que ses membres ne le soient pas).
Par contre, le mouvement n'est pas apolitique, puisque par essence il s'est fondé sur des revendications politiques. Le fait qu'il critique la démocratie représentative ne veut d'ailleurs pas dire qu'il ne soit pas politique.
Si le mouvement est politique, il est avant tout un mouvement social formé d'individus d'origine fort diverse et de sensibilités politiques variées. Ces individus, bien qu'ils ne soient pas d'accord sur tout, mènent des actions politiques sur des sujets spécifiques (on l'a vu par exemple avec le vote blanc).
La décision de fonctionner par consensus empêche le mouvement d'avoir une ligne idéologique clairement définie. Toutefois, cela permet de faire que personne ne se retrouve rebuter par un point quelconque et que chacun puisse amener ses idées. Finalement, c'est un élément rassembleur qui permet d'unir plutôt que de diviser.
Si des actions politiques spécifiques sont un apport intéressant à la dynamique du mouvement, ce dernier garde un avantage général très important, du fait que sa simple existence est un symbole de résistance et de contestation au système en place.
Par l'occupation libre et ouverte d'une portion d'un espace public, le mouvement invite la population à la mobilisation et à la politisation, c'est à dire à une réappropriation symbolique de la politique et de la démocratie. Cette réappropriation est un apport bienvenu à un système démocratique qui peine à rassembler et à intéresser.
En soi donc, le mouvement des Indigné-e-s œuvre au bien commun en tentant d'amener la population à prendre son destin en mains.
Enfin, il faut noter que le mouvement forme une société à l'intérieur d'une société plus grande, et qu'il tente d'organiser cette société (dans les limites qui sont les siennes bien entendu) comme une société tendant vers l'idéal recherché par la globalité du mouvement.
Ainsi, il défie ouvertement l'organisation sociétale actuelle, et permet de proposer (de manière partielle évidemment pour le moment) concrètement et quotidiennement, une expérimentation de ce que pourrait être une alternative à la réalité en place.
En conclusion, j'invite les citoyen-ne-s indigné-e-s, ou simplement curieux/curieuses, à se rendre au campement (au parc des Bastions) des Indigné-e-s, pour participer au mouvement, et amener leur pierre à la construction d'une utopie concrète, qui diffère de celles vécues jusqu'à aujourd'hui.
« CREER C'EST RESISTER.
RESISTER C'EST CREER. »
Appel du Conseil National de la Résistance, relayé dans le livre de Stéphane Hessel "Indignez-vous!"