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Tout commence en 1782, lorsque Charles Jean-Marc Lullin, dit Lullin d’Evordes, achète une parcelle située à la Praille et construit, en contrebas de sa propriété (plus ou moins à l’emplacement du bâtiment intergénérationnel de l’Adret), une ferme-bergerie pour créer un élevage de moutons de race Mérinos. N’obtenant pas un grand succès, il la vend en 1797 à Charles Pictet de Rochemont, le célèbre diplomate genevois qui s’installe à Lancy l’année suivante. Il fait de cette exploitation une ferme modèle. Agronome réputé, il développe la culture de la pomme de terre et introduit celle de la betterave à Genève. Il produit un excellent engrais à base d’excréments de moutons. L’on file et tisse la laine des mérinos de pure race qu’il a achetés en 1799 à la bergerie de Rambouillet et son épouse, Adélaïde Sara surveille elle-même la confection de châles de luxe, de gilets de laine et d’autres tissus de grande qualité. Elle tente d’encourager la prolifération des métiers à tisser dans la campagne genevoise, afin de procurer du travail pour les saisons d’hiver, mais ce développement reste modeste. En parallèle, son époux fait profiter les agriculteurs de la région de toutes les améliorations qu’il obtient dans le rendement de l’agriculture et des troupeaux, et forme un grand nombre d’apprentis bergers pour favoriser l’élevage des moutons dans le canton. En 1806, les troupeaux des Pictet de Rochemont comptent 10’000 têtes. A la demande du tsar de Russie, il achemine 1’500 bêtes à Odessa en 1809; neuf ans plus tard, ses troupeaux installés dans ses terres de Novoï-Lancy comptent 10’765 bêtes. Ses mérinos prennent également le chemin de la Provence et de la Hongrie et se vendent également en Suisse.