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Critique
"On est en 1960, c'est l'été. Bobby Garfield, onze ans, vit seul avec sa mère Liz dans une petite ville américaine anonyme. Il a deux amis du même âge, Carol et John, deux fidèles compagnons de jeux qui lui sont d'autant plus chers que sa propre mère ne lui témoigne guère d'affection. Un nouveau locataire, Ted Brautigan, se présente un jour chez les Garfield: courtois, évasif, un rien mystérieux, l'homme inspire une méfiance immédiate à Liz tandis que Bobby, fasciné, s'attache vite à cet étranger surgi de nulle part et qui se révèle bienveillant et cultivé.
Il va découvrir à son contact quotidien un monde ignoré, développer des intérêts nouveaux et commencer à se forger une personnalité. Ted ne se contente pas de lui faire lire les journaux, de lui conseiller des livres et de lui parler du sens à donner à la vie: il lui restitue l'image de son père disparu. Mais avec la fin de l'été une succession d'événements vont venir troubler l'existence de Bobby, Carol et Liz...
Adaptation d'un roman de Stephen King (""Hearts in Atlantis""), CŒURS PERDUS EN ATLANTIDE se veut l'histoire d'une rencontre entre un personnage marginal et un jeune garçon au seuil de l'adolescence. Bien des années plus tard, lors de l'enterrement de son ami John, Bobby (Anton Yelchin) se remémore le lointain été où Ted l'avait aidé à grandir.
Le film de Scott Hicks (réalisateur de SHINE, un grand succès commercial de 1996) est plein de bonnes intentions, mais ne convainc pas. Le personnage de Ted (pourtant campé par Anthony Hopkins) aurait dû être le centre de gravité du film, mais il manque de crédibilité: sa complexité, ses origines, les ""dons"" particuliers dont il dispose, les menaces (FBI? CIA? mafia? on ne saura jamais) qui planent sur lui ne sont qu'esquissés. Le réalisateur a peut-être choisi de nous faire découvrir Ted à travers les yeux naïfs de Bobby, mais cette option-là est une erreur: le spectateur a beaucoup de peine à se glisser dans une narration qui reste très banale (dans la forme) et trop mince (dans le fond). On veut bien croire que Ted possède des facultés ""paranormales"" qui lui permettent de deviner les pensées d'autrui, on veut bien admettre qu'il ait réussi à réorienter l'existence de Bobby, par ailleurs un gamin sympathique et malin, en lui faisant connaître quelques instants de bonheur, mais tout cela n'est guère qu'amorcé et l'écriture du film, totalement plate, ne nous permet jamais d'espérer entrer dans le monde des correspondances cachées, des mystères et des non-dits. Tous les personnages sont décrits de façon assez conventionnelle, et la direction d'acteurs paraît bien molle.
Malgré la présence d'Anthony Hopkins, CŒURS PERDUS EN ATLANTIDE reste une œuvre laborieusement mise en scène, qui manque de subtilité et qui, malgré un sujet qui aurait pu être intéressant, ne ménage guère de surprises."
Antoine Rochat