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Le fleuve depuis la ville de Québec
À notre arrivée dans la province de Québec, nous avions imaginé suivre le fleuve Saint- Laurent. Pourtant, le chemin s’est révélé être complément autre. Nous sommes montés au Nord dans les montagnes du mont Tremblant puis sommes passés par le Sud et la région de l’Estrie. Ce n’est qu’après la ville de Québec que nous longeons finalement le fleuve.
Il est imposant, par endroit si vaste qu’on ne voit pas la berge opposée. Il traverse le Québec et son flot continu le conduit dans le Golf de Saint-Laurent. Celui-ci compose une mer intérieure qui rejoint l’Océan Atlantique par les détroits de Cabot et de Belle-Isle. Ce gigantesque fleuve draine l’eau douce du système des Grands Lacs, là où il prend sa source. Il constitue avec ces derniers environ 25% des réserves mondiales d’eau douce. Les peuples autochtones l’appelaient d’ailleurs la «Rivière qui marche» parce qu’il impose le respect par sa force impétueuse et ses humeurs changeantes.
Certains l’appellent la grande autoroute bleue
Pour pouvoir traverser le fleuve en hiver, et avant l’apparition de bateaux à vapeur, les personnes utilisaient soit des ponts de glace soit le canot lorsque ceux-ci n’étaient pas assez solides. Dans les années 1860, plus de deux cents canotiers faisaient traverser les personnes et marchandises entre Lévis et Québec. Aujourd’hui, c’est une profession, une tradition et un sport extrême. Depuis 1955, une course de canot est organisée, et depuis 1987 elles sont ouvertes aux équipes féminines. Certains affirment que le canot à glace est un patrimoine vivant du Québec.
Ici près de Sainte-Anne de Beaupré, l’eau du fleuve est déjà salée et vit au rythme des marées de l’océan. Son estuaire est parmi le plus profond et le plus grand du monde. Il possède d’ailleurs de gros ports commerciaux et il est un transit important de marchandises internationales. Certains l’appellent même la grande autoroute bleue. En hiver, des brise-glaces traversent le fleuve pour ouvrir l’accès aux bateaux commerciaux. C’est aussi le lieu d’une production hydroélectrique, qui alimente en partie le Québec, et de pêche commerciale dont le crabe des neiges, le homard, la crevette, le maquereau, le hareng et le flétan.
Près de Sainte-Anne de Beaupré, l’eau du fleuve est déjà salée.
Ce fleuve majestueux aux myriades de couleurs est surtout un important sanctuaire. À Tadoussac, à l’embouchure de la rivière Saguenay, de grosses remontées d’eaux profondes mélangent les eaux, créant une concentration importante d’organismes marins dont le krill et le calepan. Le lieu foisonne ainsi de baleines. Plusieurs espèces dont la baleine à bosse et le gigantesque rorqual bleu s’y retrouvent chaque été. Le béluga y vit à l’année. En 2016, un jeune narval séparé de ses congénères a été adopté par un groupe de bélugas. Ils se considèrent maintenant comme l’un des leurs. Cela fait trois ans qu’ils nagent ensemble dans les eaux du fleuve Saint-Laurent.
Céline