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Monsanto accusé de manipuler les études scientifiques sur le glyphosate
La plupart des études qui blanchissent le glyphosate - herbicide soupçonné depuis des années d'être cancérigène, et composant du célèbre Roundup de la firme Monsanto - sont menées par les plus grandes agences américaines et européennes chargées d'évaluer la dangerosité des produits.
Or, dénonce le quotidien français Le Monde dans le deuxième volet de son enquête sur les "Monsanto papers" déclassifiés au cours de l’été 2017, la multinationale américaine a recours au "ghostwriting", littéralement "écriture fantôme".
Signatures fictives
Cette pratique consiste, pour une entreprise, à agir en "auteur fantôme": alors que ses propres employés rédigent textes et études, ce sont des scientifiques sans lien de subordination avec elle qui les signent, apportant ainsi le prestige de leur réputation à la publication.
Il existe en effet une étude contradictoire qui arrive à la conclusion que le glyphosate est bien cancérigène: celle du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), datant de 2015. La conclusion différente de cette étude s'explique par les données utilisées: alors que le CIRC n'utilise que des informations publiques, de nombreuses autres études s'appuient sur les données fournies par Monsanto.
Immixtions dans le politique
La pratique est bien connue de l'eurodéputée écologiste Michèle Rivasi, qui renchérit: "Monsanto a même menacé la Commission européenne, en agitant le spectre d'un procès en cas d'interdiction du glyphosate. On a connu ces procédés de la part de l'industrie du tabac, on les retrouve aujourd'hui chez Monsanto."
La fondation Swissaid, active à l'étranger dans l'aide au développement, a elle aussi été témoin d'une intervention directe de l'entreprise américaine pour influencer les députés du parlement burkinabé.
Au sein de l'Union européenne, le renouvellement de la licence pour l'utilisation du glyphosate doit être débattue le mois prochain. En Suisse, le Conseil national vient de rejeter un motion des Verts demandant aux autorités de faire la lumière sur la toxicité du glyphosate et d'en suspendre la vente par principe de précaution.
Cynthia Racine/kkub
Publié le 06 octobre 2017