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Ne blâmez plus les doux rêveurs, leur cerveau, contrairement aux apparences, est en pleine bourre ! Bailler aux corneilles permet de s'atteler à la résolution de problèmes complexes.
Rêver éveillé booste le cerveau ! C'est la conclusion d'une étude, de l'Université de Colombie-Britannique, au Canada, publiée dans les Actes de l'Académie nationale des sciences (PNAS). Selon les neurologues, l'activité de nombreuses régions du cerveau augmente lorsque notre esprit vagabonde.
"L'errance de l'esprit est généralement associée à des choses négatives, comme la paresse ou l'inattention", explique l'auteur principal, la professeur Kalina Christoff, du Département de psychologie. "Mais cette étude témoigne que notre cerveau est très actif quand on rêve éveillé, beaucoup plus actif que lorsque nous nous concentrons sur des tâches de routine."
C'est grâce à l'imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf) que les chercheurs ont pu aboutir à cette conclusion. Pour l'étude, des sujets ont été placés à l'intérieur d'un IRMf, pour effectuer une tâche de routine (appuyer sur un bouton) ou rêvasser. Les résultats suggèrent que la rêverie (qui peut occuper jusqu'à un tiers de notre temps d'éveil) est un état cognitif durant lequel les structures cérébrales dédiées à la résolution des problèmes complexes sont activées.
Les chercheurs ont en effet enregistré une activité dans le "réseau par défaut" du cerveau qui gère les tâches simples dans les deux situations. En revanche, la zone cérébrale impliquée dans la gestion des tâches plus compliquées, le "réseau exécutif", était curieusement activée en parallèle lors des rêveries. "Il s'agit d'une découverte étonnante que de voir ces deux réseaux du cerveau activés en même temps", explique Kalina Christoff. "Jusqu'à présent, les scientifiques pensaient que quand l'un fonctionnait l'autre était en dormance".
En clair, il semble que pour résoudre des problèmes compliqués, il vaut mieux laisser son esprit vagabonder. "Quand on rêve éveillé, on peut ne pas atteindre son objectif immédiat (par exemple la lecture d'un livre ou suivre les cours en classe) mais l'esprit prend le temps de régler des questions plus importantes, tels que la promotion de sa carrière ou ses relations personnelles" conclut Kalina Christoff.
J.I.
Sciences-et-Avenir.com
13/05/2009
> Lire l'article sur tempsreel.nouvelobs.com
Non, rêvasser n'est pas bon pour le cerveau !!
Lorsque notre esprit vagabonde, le cerveau subit une intense activité cérébrale; le mot "Booste" est tout à fait approprié.
Ce que les scientifiques qui ont mené cette expérience n'ont certainement pas remarqué, ou pas pu observer, c'est que le "vagabondage cérébral" est à l'origine de l'épuisement intellectuel, en raison justement de cette intense activité. Cela est normal, car à l'instar d'autres organes, le cerveau se fatigue après un effort. Et si rêvasser ne peut être associé à la paresse, il est source d'inattention.
La fin de l'article le dit bien : le rêveur ne peut pas atteindre son objectif immédiat ou suivre les cours en classe ! Par contre, je suis intimement persuadé que la rêverie ne va pas aider le sujet à résoudre ses problèmes, tout au contraire.
Ce qui peut aider à résoudre certains problèmes compliqués, se nomme en fait la "décentration" qui peut se décrire ainsi : le cerveau passe d'un état de concentration à un état réceptif conscient puis revient à la concentration sur le problème le concernant. Il a pris une certaine distance avec ce problème, et laisse ainsi venir une solution qui lui paraît convenable.
Est-ce plutôt cela qui aurait été observé à l'aide de l'IRM ?
Les scientifiques qui ont réalisé cette expérience sont partis d'une observation clinique formidable pour arriver à des déductions manquant de précisions, puis le journaliste qui signe J.I a un peu maladroitement conclu en déclarant que "rêvasser est bon pour le cerveau".
Ce qui pourrait porter à confusion, car un lecteur non averti serait enclin à considérer cette observation comme absolue.
Bien sur, un peu de rêvasserie ne peut nuire à personne, mais à la condition expresse qu'elle ne devienne pas un état permanent ; le sujet doit se dire : je profite de mon temps libre pour rêvasser pendant quelques minutes, puis je reviens à des choses concrètes.
Or, rester dans cet état conduit à une instabilité excessive de la pensée.
Le Dr Vittoz dénonçait justement cet état de vagabondage cérébral permanent, source de bien des déréglements cérébraux, conduisant au manque de concentration, à la fatigue permanente, à l'insomnie, aux angoisses et à certaines phobies. (Voir la déinition du contrôle cérébral dans le site).
Il est fort dommage que Madame Kalina Christoff et son équipe ne se penchent pas plutôt sur la réceptivité ou sur d'autres fonctions cérébrales conscientes du cerveau.
Depuis le temps que la science se consacre à l'inconscient, on peut se demander où en serait celle-ci aujourd'hui si elle se consacrait davantage aux activités du cerveau conscient !