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Le président argentin reconnaît sa défaite
ATS
28.10.2019 - 05:38
Le péroniste de centre gauche Alberto Fernandez a remporté dimanche l'élection présidentielle en Argentine. Avant la fin du dépouillement, le président sortant libéral Mauricio Macri, qui se représentait, a reconnu sa défaite dans la soirée.
Il a félicité Alberto Fernandez et l'a invité à un déjeuner au palais présidentiel lundi, a fait savoir le conservateur de 60 ans à ses partisans à Buenos Aires. Après le dépouillement de plus de 90% des bureaux de vote, le candidat de centre-gauche Alberto Fernandez a obtenu près de 48% des voix, selon les chiffres officiels. Mauricio Macri récoltait lui environ 41% des voix.
Alberto Fernandez ayant obtenu plus de 45% des voix, il n'y aura pas de second tour. Le taux de participation a été d'environ 81%.
Les électeurs ont rejeté la politique d'austérité rigoureuse de Macri en pleine crise économique. «Cette victoire retentissante au premier tour est une expression très claire du peuple argentin», a déclaré Felipe Solé, l'un des proches conseillers de Fernandez.
Le retour de Cristina Kirchner
Ces résultats signifient également que la prédécesseure directe de Macri, Cristina Kirchner, reviendra au gouvernement en tant que vice-présidente. Présidente de 2007 à 2015, elle fait l'objet de plusieurs procédures pour corruption. Elle est actuellement sénatrice et jouit donc de l'immunité.
Après l'annonce de sa victoire, M. Fernandez, visiblement ému, a pris la parole devant plusieurs milliers de ses partisans. «Les temps qui viennent ne sont pas faciles», a-t-il déclaré. «La seule chose qui nous préoccupe, c'est que les Argentins arrêtent de souffrir».
Mme Kirchner, qui se trouvait à ses côtés, a appelé M. Macri à prendre dans les derniers jours de son mandat «toutes les mesures nécessaires pour atténuer la situation dramatique» de l'Argentine.
Inflation élevée
Le président sortant achève son mandat au milieu de la pire crise économique que l'Argentine ait vécue depuis 2001. En récession depuis plus d'un an, le pays connaît une inflation élevée (37,7% en septembre), une dette massive et un taux de pauvreté en hausse (35,4%, soit un Argentin sur trois).
Mais des investisseurs craignent que le retour au pouvoir d'Alberto Fernandez n'entraîne le retour des politiques interventionnistes de la période du kirchnérisme (2003-2015). L'ancienne présidente défend une politique économique protectionniste et entretient des relations conflictuelles avec le FMI.
Des analystes se demandent donc qui gouvernera réellement: M. Fernandez, ancien chef de cabinet de Cristina Kirchner et de son mari Nestor Kirchner (président de 2003 à 2007), ou bien Mme Kirchner, 66 ans.
Chute du peso
Affaibli par les craintes d'un défaut de paiement du pays, qui a bénéficié d'un crédit de 57 milliards de dollars du FMI, le peso a chuté de 5,86% dans la semaine précédant le vote pour finir à 65 pesos pour un dollar. La monnaie américaine est historiquement le refuge des Argentins en cas de crise.
Le vote en Argentine a lieu alors que la région est secouée par de nombreuses crises politiques et sociales : mobilisation contre les résultats de la présidentielle en Bolivie, vague de contestation au Chili et troubles sociaux en Equateur deux semaines auparavant.
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ATS