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Jusqu'à la généralisation des armes à feu au début du XVIe siècle, l'arbalète était l'arme de jet individuelle la plus puissante et la plus précise. Ses grandes qualités spécifiques lui ont conféré certains avantages en temps de guerre.
Le carreau, communément appelé ainsi en raison de la forme quadrangulaire de sa pointe, est le projectile le plus courant. Tous les carreaux sont en fer, métal facile à forger. La pointe, de section losangique, est pourvue d'une douille dans laquelle s'insère une hampe en bois (fig. 1).
Pas moins de 250 carreaux ont été découverts sur le site du château de Rouelbeau. Ils constituent l'essentiel du mobilier à caractère militaire retrouvé sur les lieux. Leur fonction a pu être confirmée par comparaison avec le matériel découvert sur d’autres sites castraux.
Quelques carreaux ont cependant une pointe de forme différente, plus ou moins longue (fig. 2). Dans un château, la majorité des pointes devaient être destinées au combat, mais certaines d'entre elles, plus fines et plus longues, devaient être utilisées pour la chasse.
Le contexte de découverte permet de dater les carreaux de Rouelbeau de la première moitié du XIVe siècle.
À l’origine, l’expression « Tiens-toi à carreau ! » faisait probablement allusion à une pièce carrée dont il ne fallait pas sortir. Malgré une explication fréquemment avancée, elle ne semble pas avoir de lien avec le projectile tiré par l’arbalète, qui aurait constitué un bien cruel rappel à l’ordre…