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Dans la voiture ce matin j'écoute un débat sur l'utilité et la faisabilité des classes intégratives dans les cantons de Genève et Vaud. Permettez-moi alors de partager quelques experiences personnelles à ce sujet.
Il est bien entendu que l'intégration à l'école normale n'est pas possible pour tous les enfants handicapés. Déjà faudrait-il que l'enfant soit physiquement capable d'assister aux cours. Il ne s'agit donc pas d'une intégration à tout prix, mais d'une approche qui se doit être viable et enrichissante pour les enfants autant que pour le corps enseignant. Puis on parle uniquement des bénéfices pour les enfants handicapés. Qu'en est-il des autres?
Quand mon fils fréquentait l'enseignement primaire en France il y a dix ans environ, une classe intégrative venait d'ouvrir dans son école. Les enfants disposaient de deux éducatrices et pouvaient rejoindre les classes normales pour certains sujets selon leur handicap. Ils étaient donc au contact journalier avec les enfants "normaux", se croisaient dans la cour de récréation et pendant certains cours.
Un jour j’ai accompagné la classe de mon fils à une sortie scolaire. Après une petite randonné les instituteurs avaient organisés des jeux de compétition. J’ai été impressionnée de voir à quel degré les enfants "normaux" s’occupaient de leur petits camarades handicapés dans le respect et la tolérance. Lors d’une course de relais il ne restait plus que deux coureurs dont un était handicapé. L’autre équipe était loin devant et pour moi l’affaire était close, surtout qu'à l'âge de 9-10 ans l'esprit de compétition est bien dévelopé. Et bien non! L’enfant "normal" faisait exprès de courir lentement afin que l’autre petit garçon puisse gagner la course sous les acclamations de tous les spectateurs.
Je n’oublierai jamais cette sortie scolaire qui m’a montré que les enfants sont souvent beaucoup plus tolérants que ne le sont souvent leurs parents. Malheureusement cette classe a dû être abandonnée après quelques années faute de moyens financiers.
Je vis un peu la même chose dans mon orphelinat au Cambodge où les enfants du personnel vivent avec les enfants handicapés dans la plus grande normalité. On joue ensemble, on rigole et on s'entraide. Et l'entraide n'est pas réservé aux enfants "normaux". Selon leur handicap les uns aident les autres à faire les choses : le boiteux va pousser la chaise roulante, l'autiste aidera le petit aveugle à manger. Tous les jours je vis des scènes touchantes qui me montrent que les limites n'existent que dans notre tête!
Alors "oui" aux classes intégratives et "oui" au respect mutuel et à la tolérance!