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La reconnaissance est un besoin humain vital et constitue une des clefs de la vie en société.
Cette poussée de la reconnaissance s’est faite sur l’effondrement des hiérarchies sociales qui avaient pour fondement l’honneur, et par l’irruption de la notion de dignité et celle d’idéal d’authenticité.
Le discours visant à établir une politique de la reconnaissance a cependant abouti à deux versions antagonistes.
Le passage de l’honneur à la dignité a contribué à valoriser une politique d’égale dignité entre les hommes ; l’idéal d’authenticité a plutôt mis en lumière la nécessité de sauvegarder les différences.
Alors que la politique de dignité universelle a d’abord mis l’accent sur la lutte contre les discriminations, la politique de la différence prône un traitement différentiel entre les différents groupes pour rétablir un équilibre, une équité.
Dans le premier camp, il s’agit d’insister sur un potentiel humain universel ; dans l’autre, on précise que ce potentiel universel consiste d’abord dans le fait de « former et définir sa propre identité».
Du coup, une exigence nouvelle est en train de voir le jour.
D’un côté, il s’agit d’être aveugle aux différences, de l’autre, de favoriser la particularité.