Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07059.jsonl.gz/1012

Photo de plateau, anecdotique, pas spécialement belle. Magali Noël y pose avec Federico Fellini, sans doute y règlent-ils une scène. On reconnaît son costume de Gradisca, plus identifiable en couleurs (voir à la fin de ce billet), rôle clé d'Amarcord , tourné en 1973. Le dernier des trois films que l'actrice tourna sous la direction du maître, après La Dolce vita en 1960 et Satyricon en 1969. Le plus beau, peut-être, encore que cela se discute, et tel n'est pas mon propos ce jour. Fantasme et égérie du cinéaste, l'actrice est décédée dans son sommeil, ce mardi matin, dans sa maison de retraite. Elle aurait eu 84 ans samedi. De sa carrière, on racontera dans les JT qu'elle avait chanté du Boris Vian (Fais-moi mal Johnny, chanson interdite d'antenne en 1956, époque d'une si étonnante pruderie) et été la muse de Fellini. Ce ne fut pas tout, bien sûr. Jules Dassin, qui lui donna son premier rôle important, Henri Decoin, René Clair, Jean Renoir, Sacha Guitry, John Berry, Edmond T. Gréville, Julien Duvivier, Costa-Gavras, puis Chantal Akerman et Claude Goretta, la sollicitèrent tour à tour parmi des nuées de tâcherons que la postérité a moins retenus.
Magali Noël tourna beaucoup, pas loin de quatre-vingt films, sans compter les séries et les téléfilms. Magali Noël enregistra beaucoup, du rock, de la chanson rive gauche, des auteurs: une quinzaine d'albums et encore davantage de 45 tours. Elle fit de la scène, du cabaret, du théâtre. Marqua les années 50 et 60. Un peu moins les décennies suivantes. Par mariage, elle vécut près de trente ans à Fribourg, sans se soucier des paillettes du show-biz et des apparences clinquantes d'un monde où tout finit par passer et lasser. Je l'avais rencontrée en 2011 pour une interview et c'était une gentille dame. Elle m'avait même téléphoné après publication pour me remercier de mon entretien. Rares sont ceux qui prennent le temps de le faire. Magali Noël était une personne rare. Je ne l'oublierai jamais.