Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07153.jsonl.gz/1193

Compte-rendu transmis par les organisateurs.
La Pâquelais, le 8 juillet 2016
L´assistance n´a pas été aussi nombreuse que nous l´aurions souhaitée et la présentation du matin s´est prolongée, comme prévue, jusqu´à l´heure du déjeuner.
I ) PRÉSENTATION DE L´ECOLOGIE SOCIALE ET RADICALE
Ont été rappelées la base et les causes profondes de la séparation entre les sociétés humaines et la nature et de la détérioration progressive de cette dernière. D´après l’Ecologie Sociale, ce sont les injustices sociales qui sont la cause de la destruction de la nature. Les injustices sociales prenant elles-mêmes leurs sources dans l´émergence des rapports de domination au sein des sociétés pré-alphabétisées, sans doute dans le croissant fertile il y a environ 5000 ans avant notre ère. A commencer par la domination des femmes par les hommes, des jeunes par les vieux, etc. Le capitalisme agraire né au XVIème siècle en Angleterre, par l´accès des baux soumis à la concurrence, déboucha sur “l´amélioration des terres” (improvment) ce qui comprend la chasse aux sorcières et les enclosures, Ces phénomènes n´étant que l´exacerbation des dominations traditionnelles comme le patriarcat, et la mise en place d´un mécanisme de marché omniprésent qui, pour la première fois de l´histoire allait donner naissance au phénomène d´économie comme activité séparée, autonome, primordiale et prépondérante, coupée du politique et dissolvante des liens communautaires.
Arrivés à ce brutal tournant de l´histoire, la triple alliance entre l´Etat moderne la connaissance scientifique et le Capitalisme agraire a permis l´optimisation de ce dernier qui débouchera logiquement sur le Capitalisme industriel qui ne cessera de se développer jusqu´à nos jours.
Le domaine du politique est évacué petit à petit des communautés paysannes et citadines. Le politique est pris en otage et dénaturée par l’Etat moderne dès la naissance du capitalisme. Au fur et à mesure de l´intégration du prolétariat dans la société capitaliste, celle-ci se voit octroyer des “droits” pour soi-disant participer à une démocratie représentative. En fait, il ne s´agit là que d´une légitimation du pouvoir pour bien affirmer que nous sommes toutes et tous complices du Capitalisme et de l’Etat, les deux faces de la même monnaie: celle qui nous domine et détruit la nature. La première différence entre les Anticapitalismes tronqués comme ceux des citoyennistes de tout bord (partis politiques de droite comme de gauche, les verts, Attac, etc…) et celui de l´écologie sociale se trouve en ce que cette dernière considère l´Etat comme partie intime, et comme catégorie à part entière du Capital et que toute politique qui prône sa conquête est vouée à renforcer le pouvoir du Capital. C´est pourquoi l´écologie sociale à travers ses politiques, propose le municipalisme libertaire ou communalisme pour reconstruire les tissus sociaux et créer un contre-pouvoir hors des Institutions de l´Etat. Ce pouvoir parallèle devra se développer par une pratique autogestionnaire, et créer ses propres institutions basées sur les assemblées populaires décisionnelles de quartier ou de village et que celles-ci, servent d´école permanente (agora) afin que chacune et chacun atteigne la pleine capacité de dialogue et d´auto-réalisation afin de faire progresser ce double pouvoir parallèle à celui de l´Etat jusqu´à l´évincer, lui et son double: le Capital.
Ces propos et ce projet de communalisme, appelé « confédéralisme démocratique » au Rojava rejoint celui des Zapatistes dans ses principes fondamentaux. Reste à voir comment le mette en marche dans nos pays constituant “la Zone piétonne” du Capitalisme.
Pour ce faire il nous faut optimiser, développer et synthétiser les critiques faites à l´encontre de la société capitaliste actuelle, y compris son monopole politique étatiste dans la spécificité de ces zones qui sont les nôtres, évaluer à bon escient les forces en présence et voir dans quels domaines nous pouvons avancer, tout en sachant bien que nous ne pouvons négliger aucun des aspects qui touchent à la vie. Notamment la mise en place d´espaces d´échanges de savoirs qui permettent de trouver des solutions matérielles des minimums indispensables pour vivre sans passer par le marché. Par ailleurs les luttes comme celle des ZAD sont bien entendu à développer pour notre survie mais aussi parce que les contradictions systémiques y affleurent avec plus d´acuité. Ces contradictions révélant par là-même le caractère inéluctablement destructeur du capitalisme, permettent du coup, de mettre en évidence le rôle de l´Etat et de ses institutions subordonnées à ce dernier, partis politiques inclus.
Il nous sied également de bien comprendre et de montrer à nos associations et autres collectifs amis, le repli identitaire que révèlent la présence d´autant de chapelles dans tous nos pays “avancés”, toujours sur la défensive et finissant souvent par intégrer l´économie de marché. Notre propos serait au contraire de casser ces limitations d´enfermement par la fédération politique de toutes ces initiatives autogestionnaires avec un paradigme commun anti-capitaliste. Ainsi en s´auto-représentant, elles pourraient se rendre visibles et faire connaître leurs activités à tout le monde et que tout le monde en prenne conscience et puisse concevoir la spécificité de chaque initiative dans l´unité locale et par la suite territoriale, par le Confédéralisme.
[…]
II) L´ESPAGNE ET SA RÉVOLUTION.
L´après-midi, le temps s´est fait court et a été majoritairement consacré à la présentation, par Patrick, de la Révolution Espagnole et de ses acquis, partant de l´ouvrage de Gaston Leval: “L´Espagne Libertaire”.
III) NUIT DEBOUT
Du coup le sujet suivant n´a pu être abordé faute de temps. Il s´agissait d´analyser la relation qu´il pouvait y avoir entre Nuit Debout et le municipalisme libertaire et de quelle façon le second aurait pu influencer le premier.