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Les délégués du Comité International de la Croix-Rouge n’iront pas témoigner devant les tribunaux pénaux internationaux. Ainsi en a décidé à La Haye une majorité de juges du Tribunal sur l’ex-Yougoslavie. Le CICR fera donc exception à la règle.Ce contenu a été publié le 07 octobre 1999 - 16:00
Les délégués du Comité International de la Croix-Rouge n’iront pas témoigner devant les tribunaux pénaux internationaux. Ainsi en a décidé à La Haye une majorité de juges du Tribunal sur l’ex-Yougoslavie. Le CICR fera donc exception à la règle.
La décision a été prise en juillet déjà, mais c'est maintenant seulement qu'on l'apprend par le biais du journal "Le Temps". La Chambre d'accusation du Tribunal pénal international sur l'ex-Yougoslavie, à La Haye, a dû se prononcer en effet sur l'obligation ou non faite aux collaborateurs du Comité international de la Croix-Rouge de témoigner dans des procès sur des crimes de guerre. Certains juges estimaient qu'il appartenait au tribunal, et à lui seul, de décider si le principe de confidentialité derrière lequel s'abrite le CICR était recevable ou pas.
La Cour s'est finalement ralliée aux arguments de l'organisation humanitaire. Le CICR n'en tire cependant aucune fierté. Sa position n'était pas simple à justifier. Elle était même paradoxale puisqu'il a toujours milité en faveur de la création d'une cour criminelle internationale. Invoquer le principe de confidentialité n'était manifestement pas une décision prise à la légère.
Les conditions de travail des humanitaires sont de plus en plus dures, au point de les empêcher d'intervenir, comme en Tchétchénie. «Si en plus, expliquent-ils, on nous colle une étiquette de témoins potentiels, du genre: ‘tout ce que vous direz au CICR pourra être retenu contre vous’, alors on nous fermera définitivement la porte au nez.» L'enjeu de la décision de La Haye est clair : il y va de l'accès aux victimes et aux acteurs des conflits, qu'ils soient civils ou militaires.
Bernard Weissbrodt
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