Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07062.jsonl.gz/1211

La tarte aux pruneaux est une pâtisserie particulièrement affectionnée des suisses et surtout des romands, car elle est souvent associée au jour du jeûne fédéral ou du jeûne genevois. Mais y-a-t-il une raison spécifique ou religieuse qui se cache derrière cette fameuse tarte aux pruneaux ?
En 1794, la Suisse établit un jour de jeûne au mois de Septembre commun à toute la Confédération. Cette décision intervient suite à un besoin d’asseoir une identité Suisse dans un contexte de Révolution française. Mais c’est seulement en 1832 que l’on définit le troisième dimanche de septembre comme jour du jeûne fédéral. Seul le canton de Genève célèbre le jour du jeûne le jeudi qui suit le premier dimanche de septembre.
Qui dit jeûne dit période durant laquelle on ne mange pas. Le fait de s’abstenir de manger durant le jeûne genevois est une tradition qui s’est perdue au fil des années, comme souvent au cours de l’histoire. Par contre la tarte aux pruneaux, elle, a survécu à l’usure du temps. A l’origine, les genevois devait jeûner jusqu’au soir et c’est seulement à l’heure du dîner que la tarte était dégustée. Elle faisait office de repas complet.
Le pruneau étant un fruit qui est récoltés du mois d’août au mois de septembre, c’est assez naturellement que la tarte aux pruneaux s’est imposée comme le met phare du jeûne genevois et fédéral. Nous ne sommes toutefois pas en mesure de déterminer à quand remonte exactement l’association du jeûne genevois avec le gâteau aux pruneaux mais on pense que c’est au début du XXème siècle. En effet, des personnes nées au début siècle racontent avoir toujours mangé de la tarte aux pruneaux le jour du jeûne genevois.
Le jeûne étant une pratique ancrée dans la religion, il est normal de se demander si la tarte aux pruneaux a un quelconque lien avec la religion. Les historiens Favrod et Morerod dans leur étude intitulée Histoire du temps, expliquent que comme le jeûne devait se faire jusqu’au soir, il était courant que les réunions à l’église se prolongent durant l’après-midi. De cette façon, chacun pouvait profiter de son repas du soir après l’église. Mais c’est le Dictionnaire suisse romand qui nous éclaire sur un détail important, les gens étant à l’église durant la journée, ils n’avait pas le temps de préparer un repas complet en rentrant. Le repas se limitait donc à de la tarte aux pruneaux souvent préparée la veille.
Comme fréquemment dans l’histoire, on se rend compte que les traditions naissent de la résolution d’un problème logistique. Dans ce cas précis, on réalise que la tarte aux pruneaux était cuisinée car pratique, rapide et de saison. En tout cas, ce n’est pas pour nous déplaire! Joyeux jeûne genevois à tous!