Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06890.jsonl.gz/608

L'aconitase, enzyme connue depuis longtemps comme carburant pour la production d'énergie cellulaire, joue également un rôle clé pour défendre le génome des mitochondries, ces centrales énergétiques des cellules. Telle est la conclusion de travaux publiés dans la revue Science datée du 4 février. Cette découverte constitue une étape importante dans la compréhension de l'origine de l'évolution cellulaire, a expliqué le Dr Ronald Butow, professeur de biologie moléculaire à l'école de médecine de l'Université Sud du Texas, l'un des chercheurs signataire de la publication de Science. Souvenons-nous de ce passage du cycle de Krebs : «Le citrate est ensuite pris en charge par l'aconitase. Cette enzyme a pour cofacteurs un centre Fer-Soufre et le glutathion, tripeptide qui sert de réserve d'Hydrogène pour maintenir l'enzyme dans un état réduit. L'aconitase soustrait d'abord une molécule d'eau au citrate en créant une double liaison entre le Carbone qui porte la fonction alcool tertiaire et le Carbone situé en dessous. Le composé intermédiaire n'est pas libéré mais immédiatement réhydraté en additionnant cette fois une molécule d'eau dans l'autre sens, de sorte que le produit final qui est l'isocitrate, porte une fonction alcool secondaire sur le Carbone 4. L'ensemble des deux réactions catalysées par l'aconitase est faiblement endergonique et réversible.»On sait aussi qu'en raison de leur apparente origine microbienne, les mitochondries ont leur propre ADN, l'ADN mitochondrial ne disposant d'aucun mécanisme propre pour se protéger. Or, cette fonction de protection serait assurée par l'aconitase. «L'ADN mitochondrial a été découvert dans les années 60 et nous en savons peu sur sa structure, son mécanisme de protection et la manière dont cet ADN est transmis, explique le Dr Butow. Ce qui est vraiment étonnant c'est que nous avons découvert depuis peu que des substances comme l'aconitase, dont on pensait qu'elles avaient seulement des fonctions métaboliques, sont essentielles pour préserver l'ADN mitochondrial et assurer sa descendance.» Cette découverte pourrait selon lui être de nature à aider à traiter un certain nombre d'affections neuromusculaires ainsi que le vieillissement prématuré, provoqué par la perte de l'ADN mitochondrial par certaines cellules.