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Il était une fois un aventurier qui parcourait le vaste monde. Il fit la connaissance d’une femme mystérieuse sur un bateau. Elle voyageait beaucoup, elle aussi. Elle lui indiqua le nom d’une région qu’il n’avait pas encore explorée. Il vous faudra visiter le cimetière, je ne vous en dis pas plus, lui dit-elle.
Si tu veux être heureux une heure, fais une sieste;
si tu veux être heureux une journée, va à la pêche;
si tu veux être heureux un mois, fais le voyage de tes rêves;
si tu veux être heureux un an, gagne à la loterie;
si tu veux être heureux toute la vie, aime les autres.
– Dr Paul Steinberg
Lorsqu’il arriva à destination, il demanda à un passant de lui indiquer où se trouvait le cimetière. Il se promena dans les allées et fut touché par les épitaphes gravées sur les tombes. C’est un cimetière d’enfants, se dit-il. Mort à l’âge de 6 ans. Mort à l’âge de 15 ans. Mort à l’âge de 10 ans. Mort à l’âge de 2 ans. Trouvant cela troublant, il chercha à savoir ce qui avait bien pu se passer dans cet endroit qui pourrait expliquer la mort prématurée de tous ces pauvres gamins. Il alla à l’unique café sur la place du village afin d’interroger les gens du coin.
- Je reviens du cimetière, dit-il, bouleversé. Que s’est-il passé ici? La mort de tous ces enfants est-elle due à une épidémie? Un empoisonnement alimentaire? La terre ou l’eau de votre région sont-elles contaminées? Avez-vous informé les autorités de votre pays de cette hécatombe? Toute une génération décimée en bas âge, c’est terrible! Et cela vous fait sourire?
- Vous n’y êtes pas du tout, lui répondit un brave homme. Chez nous, nous n’inscrivons jamais sur les stèles les dates de naissance et de décès. Lorsqu’un enfant vient au monde, nous avons pour coutume de lui offrir un petit carnet recouvert de toile violette. Comme celui-ci, voyez-vous? dit le brave homme en le sortant de la poche intérieure de son veston. Tout au long de notre vie, au fil des jours, nous notons les moments de bonheur auxquels nous avons eu droit. Lorsque la personne décède, un membre de sa famille fait le calcul des jours, des heures, des minutes, et même des secondes, et c’est ce résultat que nous gravons sur les tombes. C’est ce que nous appelons «Le carnet du bonheur». Vous conviendrez, cher Monsieur, que l’état de jouissance, de félicité, de béatitude, de bonheur ne peut pas durer dans le temps. Ce sont des moments précieux, uniques, furtifs, qui cependant, peuvent illuminer la vie d’un être humain afin de l’aider à supporter les moments difficiles, son quotidien, ou la routine, tout simplement. Le bonheur, c’est un peu comme le rire. Connaissez-vous quelqu’un qui est animé d’un fou rire perpétuel, et ce, depuis sa naissance? Cela n’existe pas!