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Chômage: méfiez-vous des femmes!
Les lois sur l'assurance chômage ne se contentent pas de discriminer les femmes, elles renforcent les inégalités devant le travail. Le point sur cette logique perverse dans un brillant article de Carola Togni, doctorante à l'Université de Berne et collaboratrice de recherche à la Haute Ecole de travail social et de la santé du canton de Vaud (EESP).
Les normes juridiques appliquées dans l'assurance chômage renforcent les inégalités de genre de deux façons et à deux moments distincts. D'abord, la loi considère globalement que seul le travail salarié, par opposition au travail domestique et/ou éducatif, est digne d'être vraiment indemnisé. Ensuite, elle se méfie de toutes les variétés de temps partiel qui sont le lot presque exclusif des femmes et des mères en particulier. Sophistiqués, les mécanismes de discrimination agissent dès l'affiliation à l'assurance, puis une nouvelle fois lors de l'indemnisation de l'assurée qui doit remplir des conditions plus strictes que celles imposées aux assurés. Dans le dernier numéro de Nouvelles Questions féministes, la chercheuse Carola Togni pose cinq jalons historiques de cette discrimination si persistante.
1. 1924-1933: la norme du travail masculin
Introduite en 1924, la première loi fédérale sur l'assurance chômage se borne à octroyer des subventions aux caisses privées et publiques existantes. Ces caisses sont principalement organisées par les syndicats et les membres s'y affilient sur une base volontaire. Or les syndicats de l'époque considéraient souvent les femmes comme des concurrentes déloyales (notamment à cause des bas salaires qu'elles recevaient!) et elles sont donc peu nombreuses à s'affilier. Cette première loi précise que, pour avoir droit aux indemnités, la personne doit pouvoir prouver un travail régulier et subir une perte sur le gain "normal"
Malgré ces restrictions, la disposition légale a un effet positif: la part des femmes dans les effectifs des caisses passe de 17% en 1924 à 25% en 1933. Chiffre encourageant qu'il faut pourtant immédiatement nuancer puisque, dans le même intervalle, la proportion de femmes parmi les personnes indemnisées diminue de 30% à 20%.
2. 1934-1950: l'exclusion des femmes mariées
Une ordonnance de 1934 vient remettre l'église au milieu du village
Désormais, seule une personne par famille a le droit de toucher des indemnités de chômage. Et le texte précise: "Cette personne est c