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Un tel projet s’appuie sur les acquis de recherches précédentes tout en développant des méthodes renouvelées et en construisant un objet dont les contours se précisent au fur et à mesure de l’avancée des investigations, mais aussi grâce à des cours, des colloques et des publications. La recherche profite en particulier des travaux menés par Maria Tortajada sur le cinéma suisse ainsi que de ceux liés au concept de « dispositif ».
- Enseignements
Au printemps 2014, Maria Tortajada a enseigné à la Section d’histoire et esthétique du cinéma le cours séminaire « Gisèle et Ernest Ansorge », qui a amené certains étudiants à développer des travaux approfondis. Cet enseignement a permis de revenir sur les modifications institutionnelles et structurelles du cinéma suisse dans le tournant des années 1960, en envisageant aussi la question de la création au sein du couple Ansorge. L’analyse de nombreux films a permis de relever la présence de thèmes et de formes communs, repris et développés suivant des orientations évolutives.
- Mémoires de master
Parallèlement au cours « Gisèle et Ernest Ansorge », deux étudiantes ont choisi d’approfondir un aspect du travail de création des Ansorge dans un mémoire de licence.
Le premier mémoire, rédigé par Chloé Hofmann, porte sur Les poupées de Nag et Gisèle Ansorge (1958-1963). Techniques et pratiques. Il aborde pour la première fois de manière précise les premiers films des Ansorge, complément oubliés et qui s’insèrent au croisement de diverses problématiques (la production en Suisse de films d’animation et le lien avec la scène internationale ; le cinéma d’animation et les pratiques amateurs, entre autres). L’analyse approfondit la notion de technique et l’envisage comme une pratique en soi avec ses contraintes propres.
Le second mémoire, rédigé par Elodie Murtas, Ernest Ansorge et le groupe cinématographique de l’Hôpital psychiatrique de Cery ou le cinéma comme thérapie, s’intéresse à une expérience hautement originale, voire totalement exceptionnelle, pendant laquelle des groupes de patients ont pu s’adonner à la réalisation de films, soit en animation, soit joués par eux-mêmes. Ce corpus donne une image singulière du trouble psychique, mais aussi de l’institution et plus précisément du cinéma envisagé dans un cadre thérapeutique.
- Journée d’étude
Dans le cadre du cours, une journée d’étude a été organisée le 14 mai 2014 à la Cinémathèque suisse. Les interventions ont alterné entre spécialistes du cinéma et spécialistes de l’histoire de la médecine, les films des Ansorge étant envisagés comme relevant de diverses techniques et comme appartenant à un moment nodal dans l’histoire des pratiques cliniques et thérapeutiques. Outre le travail même des Ansorge, c’est aussi le contexte institutionnel qui a été traité, ouvrant la question du lien à l’art brut – la collection de l’art brut étant accueillie à Lausanne dès 1971, notamment grâce au Prof. A. Bader, directeur du Centre d’études de l’expression plastique de Cery.
Cette journée a donc aussi contribué à l’affirmation d’un réseau et à l’établissement d’un dialogue entre des chercheurs qui s’intéressent tant aux Ansorge qu’au cinéma envisagé au regard de la psychiatrie.