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EDUCATION ET TRAVAIL DES ENFANTS EN CÔTE D’IVOIRE
Malgré la poursuite des progrès économiques dans les pays en développement ces dernières années, le travail des enfants reste encore répandu. Cependant, toutes les activités exécutées par les enfants ne tombent pas forcement dans la catégorie de “travail des enfants”. Dans cette recherche, le travail des enfants se définit par rapport à son caractère dangereux et au nombre d’heures qui y sont consacrées. Plusieurs causes sont à la base de cet emploi précoce des enfants. Ainsi, dans les modèles classiques, l’insuffisance de revenu parentale est le facteur essentiel du travail des enfants (Basu et Van, 1998). Or, des ménages non pauvres mettent aussi leurs enfants sur le marché du travail montrant ainsi les limites des modèles classiques (Bhalotra et Heady, 2003). C’est pourquoi de plus en plus, des études abordent le travail des enfants dans un cadre dynamique faisant de l’imperfection du marché des capitaux un déterminant du travail des enfants (Ranjan, 2001 ; Baland et Robinson, 2000). Dans cette vision, ces travaux cherchent à identifier les raisons pour lesquelles les ménages n’investissent pas dans l’éducation de leurs enfants. En d’autres termes, l’éducation est une alternative au travail des enfants car, elle accroît la productivité des individus et permet de réduire les inégalités (Couralet, 2002). Cependant, le chômage des diplômés et l’insuffisance des infrastructures scolaires constituent des signaux négatifs pour la scolarisation des enfants issus de ménages vulnérables. Par ailleurs, la qualité des écoles laissent à désirer. Malheureusement, les études prennent rarement en compte cette qualité. Or, celle-ci est étroitement liée aux acquis scolaires et à la réussite ultérieure sur le marché du travail. L’objectif général de cette étude est donc de faire ressortir les interactions entre le travail des enfants et l’éducation. De ce fait, le modèle théorique de Bacolod et Ranjan (2008) est considéré. Celui-ci a permis une analyse économétrique à partir de deux modèles : Le modèle probit bivarié et le modèle de sélection de Heckman. A partir des données de l’enquête locale sur le travail des enfants et des politiques éducatives de 2010, les résultats ont montré que l’insuffisance de revenu des parents et la mauvaise qualité de l’école expliquent le travail des enfants. En plus, la possession d’actif comme le bétail est bénéfique à la scolarisation des enfants dans le milieu rural de la zone de savane. Ainsi, les décideurs doivent mettre l’accent sur l’amélioration de l’environnement d’apprentissage des enfants. Cette politique en synergie avec la réduction de la pauvreté par l’accès des ménages au crédit et le développement de l’élevage réduiront significativement le travail des enfants.