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Avec près d'un milliard et demi d'habitants, l’Inde est le deuxième pays le plus peuplé au monde, en voie de rattraper la Chine. Le dernier recensement met en évidence un fait inquiétant, dans la population indienne il n’y a que 940 femmes pour 1’000 hommes. C’est un argument incontestable en faveur de l’éducation, des filles en particulier.
Après des décennies de stagnation économique et d’explosion démographique, le pays s’est beaucoup développé au cours de ces vingt dernières années. Aujourd’hui, l’Inde fait partie des grandes puissances émergentes aux côtés de la Chine, du Brésil etc. Sa population est encore à 70 % rurale, mais se répartit très inégalement sur un territoire très contrasté. D’une part, des régions désertiques, comme le désert du Thar au Rajasthan, et d’autre part des régions surpeuplées, notamment les vallées et les deltas des grands fleuves.
L’Inde est une mosaïque culturelle où les traditions imprègnent fortement le quotidien de sa population. Au premier regard, le contraste entre richesse et pauvreté saute aux yeux. Le boom économique de ces dernières années a eu pour effet d’élargir ce fossé.
C’est dans ce contexte qu’œuvre Ecoles de la Terre. Au niveau des conditions socio-économiques l’Inde se distingue par ses disparités et ses inégalités criantes. Entre une famille de classe moyenne de Mumbai, la plus grande ville de l’Inde (22 millions d'habitants), une famille de classe populaire de Kanpur, ville provinciale de l’Uttar Pradesh (3 millions d’habitants), une famille ordinaire de Dehri, grande bourgade pauvre et retirée de l’Etat du Bihar (environ 120’000 hab.) et une famille paysanne pauvre de Shergathi, grand village de 30’000 âmes de ce même Etat, les différences de niveau de vie sont énormes. En ce qui concerne l’habitat on passe d’un quartier résidentiel moderne à Mumbai, à un quartier populaire très densément peuplé à Kanpur, à une vieille maison délabrée ou une petite masure à Dehri et à Shergathi; ces visions donnent une première idée des inégalités des conditions de vie entre ces quatre milieux sociaux, où diffèrent aussi la structure familiale et l’accès à l’éducation.
L'ONG Ecoles de la Terre s’est attachée dans la mesure de ses moyens à développer ses programmes éducatifs dans 4 régions de l’Inde, à savoir les Etats fédérés du Bengale, du Bihar, du Rajasthan ainsi que le Territoire de Delhi.
Le Bengale occidental (West Bengal) est un Etat fédéré de l’Inde du nord-est peuplé de plus de 90 millions d'âmes. Il est situé en climat tropical et constitué de plaines, à l’exception de sa partie nord qui se trouve dans un contrefort de l’Himalaya. Le Bengale occidental est souvent considéré comme le cœur culturel de l’Inde, Calcutta ayant été la première capitale de l’Inde coloniale. Grand producteur de jute, il est célèbre pour ses plantations de thé de Darjeeling, au nord, et ses saris de soie. La majorité de sa population vit de l’agriculture, l’industrie étant présente à Calcutta, la capitale, et dans la région de Dhanbad, au long de la rivière de Damodar. Au sud se trouvent plus d’une centaine d'îles baignant dans le Golfe du Bengale. Une trentaine d’entre elles sont habitées par des populations de pêcheurs et d’agriculteurs. C'est là que nous travaillons, dans les îles Sundarbans.
Le Bihar est un Etat fédéré situé du nord-est de l’Inde, campé à l’est de la plaine indo-gangétique. Il fait également frontière avec le Bengale occidental. Région très densément peuplée, plus de 100 millions d'habitants, cet Etat peine à opérer son démarrage économique et souffre de ses infrastructures défaillantes. Ses habitants, très pauvres, s’exilent très souvent dans les autres Etats indiens à la recherche d’hypothétiques travaux. Les grandes plaines du Bihar, fertilisées par les alluvions du Gange donnent à cette région une vocation essentiellement agricole. C'est là qu'Ecoles de la Terre déploie ses programmes, principalement dans les district de Gaya et de Rothas.
L’Etat fédéré du Rajasthan, peuplé d'environ 70 millions d'habitants, se trouve au nord-ouest de l’Inde et fait frontière avec le Pakistan. Il est formé de 2 régions bien distinctes, au nord-ouest le désert du Thar, au sud-est, la vallée fertile de la Chambal, séparée du désert par la chaîne des Ârâvalli. C’est une région plutôt sèche qui souffre depuis bien longtemps du manque de précipitations. Malgré cela l’économie du Rajasthan est principalement tournée vers l’agriculture. Son industrie a démarré fort tardivement, au cours des années 1960, dans les secteurs du textile et des mines. Du point de vue culturel l’Etat du Rajasthan est l’héritier d’une mosaïque de petits Etats princiers fort belliqueux. Les valeurs viriles ne semblent pas favoriser l’éducation des filles. Ecoles de la Terre s'est engagé à scolariser les enfants pauvres de petits villages du désert du Thar.
Le Territoire de la capitale nationale de Delhi fait partie des 7 territoires qui, en plus des 28 Etats fédérés, constituent l’Etat fédéral. Situé au nord de l’Inde, Delhi accueille le siège central de notre structure Ecoles de la Terre en Inde – précisément Ecoles de la Terre Welfare Society. Deuxième plus grande ville du subcontinent indien après Mumbai, Delhi est devenue une énorme cité cosmopolite. Comme tous les grands centres urbains de l’Inde, Delhi souffre des problèmes liés à la pollution et aux embouteillages. Capitale administrative, Delhi connaît une croissance exceptionnelle dans le secteur des services.
Aujourd'hui nos activités peuvent se résumer en trois programmes principaux qui sont l'éducation, la santé et le microcrédit. Nous vous donnons ici les principaux chiffres qui illustrent ces activités déployées au cours de l'année scolaire 2018-2019; celle-ci est calquée sur la période qui s'étend du 1er avril au 31 mars de l'année suivante.
Nous comptons 28 écoles dans 73 villages et 5 quartiers de ville pour 4376 élèves, répartis en 2285 filles et 2091 garçons. Ces écoles se trouvent dans les 3 Etats fédérés de l'Ouest Bengale, du Bihar et du Rajasthan, de même que dans les villes de Calcutta et de Delhi. Nous dénombrons 5 centres de formation dans ces mêmes 3 Etats fédérés pour 1289 apprentis, répartis en 1182 filles et 107 garçons.
Des centres de santé itinérants, avec médecin et infirmier, se chargent du suivi médical régulier des élèves et des apprentis au Bengale, au Bihar et au Rajasthan. À Calcutta et à Delhi, un infirmier et en cas de besoin un médecin assument la même mission. Au Bihar, un hôpital de campagne se charge du suivi des soins pour les habitants de 23 villages pauvres du district de Gaya. Ce dispensaire assure le suivi médical de plus de 1'500 patients chaque mois.
Afin de pourvoir en eau potable le plus de personnes possibles, 8 stations de purification d'eau fournissent cette eau aux écoles et aux villages du Bihar et des Îles Sundarbans au Bengale. Deux nouvelles usines de production d'eau minérale assurent la distribution d'eau pour des familles pauvres des Sunderbans. La construction de 2 nouvelles usines de production d'eau minérale est en projet pour le Bihar et pour le désert du Thar au Rajasthan. Un système de traitement de l'eau en citerne et réservoir est à l'étude pour les écoles du désert du Thar.
L'aide financière pour les mères de famille
À Bodhgaya, au Bihar, un bureau de microcrédit composé d'une équipe de 4 personnes gère plus de 2000 prêts accordés aux mères de familles pauvres, dont celles de nos élèves. À Raidighi, dans les Îles Sundarbans de l'Ouest Bengale, notre office de microcrédit, également constitué d'un staff de 4 personnes, gère un volume de prêts similiaire à celui du Bihar. À Jaisalmer, dans le désert du Thar, au Rajasthan, 2 personnes forment notre petit bureau de microcrédit et gère environ 500 prêts au cours de l'exercice.
Le total des prêts pour l'ensemble de cette année scolaire 2018-2019 est projeté à 35 millions de roupies indiennes ou l'équivalent d'un peu plus d'un demi-million de francs suisses. Au cours de cette période, du 1er avril 2018 au 31 mars 2019, pas moins de 4500 mères de famille obtiendront ainsi un crédit destiné à financer leurs micro-entreprises.