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Hans Holbein dit le jeune,
Le Christ mort, 1521,
Bâle, Kunstmuseum, Öffentliche Kunstsammlung.
1521, alors que
la Renaissance italienne vient de connaître son apogée sous les
pinceaux de Raphaël (le maître est mort l'année passée),
Hans Holbein le jeune peint cette représentation du Christ mort,
encore toute influencée de ce qu'on pourrait appeler l'expressionnisme
du Moyen Age dont le panneau central du retable d'Isenheim de Matthias Grunewald,
représentant la Crucifixion est
sans doute le meilleur exemple. Dans son tableau, Holbein montre, dans une vue
claustrophobique, le Christ allongé dans son tombeau. Celui-ci n'a pas
encore la rigueur et la pâleur cadavérique, ce qui prouve qu'il
vient de mourir sur la croix et d'être enseveli en ce lieu. Mais déjà,
le corps est longiligne, sec et maigre, les os transparaissent sous la peau,
les doigts de la main droite sont longs et crispés dans une dernière
volonté de bénédiction. De plus, d'une manière assez
crue, le peintre dépeint les stigmates d'où le sang a été
essuyé mais où la chair est encore à vif.
Cependant, les leçons de la Renaissance italienne sont aussi visibles dans ce tableau. Le corps présente une rare mais ferme musculature (principalement dans les jambes et les bras), ce qui prouve que, à l'instar des artistes italiens de son époque, Holbein a étudié le corps humain sur le motif avant d'aborder son tableau. Il s'éloigne donc en cela de l'expressionnisme médiéval pour un réalisme tout moderne.
De plus, si, de son côté, le Christ de Grunewald souffre de tout son corps atrocement distordu et semble déjà mort sur la croix, presque sans grand espoir de résurrection, le Christ d'Holbein, même enterré, semble encore vivant. Les yeux mi-clos, la bouche entr'ouverte, les doigts dans le geste de la bénédiction donnent cette impression. Ils sont des signes avant coureurs du troisième jour. Ils renforcent l'espoir du croyant attristé à la vue du corps mort. Ils réitèrent à chaque fois le plus grand des miracles, celui de la Résurrection.