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Le Rolex et ses lignes de fuite
"(...) l'architecture peut aussi être perçue comme l'art du projet avant d'être celui de la construction."
Avoir un plan: avoir une idée précise de ce que l'on veut faire.
Projet élaboré comportant une suite ordonnée d'opération, en vue de réaliser une action ou une séries d'action
Dispositions, organisation de ses parties considérées, après coup (abrégé, résumé) ou élaboré avant la composition.
L’intérêt de notre projet ou plutôt notre plan, devrais-je dire, au début de cette phase PLANES portera sur les disparités de la surface du terrain choisi (plis, ondulations, courbes et surtout sa pente) dans le but de créer: un plan ou plutôt une surface plane qui épouserait parfaitement ce terrain.
En effet, en lisant attentivement les definitions du terme plan dans le codex, nous pouvons de suite observer de quelle manière le plan et le terrain sont intimement liés mais aussi et surtout comme ils se contredisent:
1. Se dit de toute surface qui n'offre ni plis, ni courbes, ni rides, ni ondulations.
2. Surface plane. celle sur laquelle une ligne droite peut s'appliquer complètement dans toutes les directions
3. Idée de réduction à une surface plane
Ainsi nous trouvions d'autant plus intéressant de se pencher minutieusement sur ce terrain et de relever toutes ses particularités afin de créer notre surface plane ou notre plan d'horizontal "parfait". La complexité principal de cette nouvelle phase résidera dans notre capacité à "aplanir" ce terrain qui regorge de petites disparités.
"S'il n'y avait pas de terrain, les bâtiments pourraient être construits à l'identique en nombre indéfini d'exemplaires comme une partition de musique peut être exécutée un nombre indéfini de fois. La resistance du terrain à l'aplanissement limite la reproductibilité de l'architecture. " (p.27)
Cette citation du CODEX évoque la notion de terrain et la complexité à l’aplanir ainsi que l'idée de répétition qui elle aussi va jouer un rôle dans notre projet.
En effet, cette nouvelle phase est d'autant plus compliquée car il ne s'agit pas de créer un projet à partir d'une page blanche mais de garder en tête le travail effectué dans
- Rythme
- Répétition
- Subjectivité
Ainsi, nous avons dû penser à la manière dont nous allions faire parler ces mots dans notre structure, et à la suite de questionnements et d'expérimentations, notre dévolu s'est porté sur une structure composée de plusieurs poutres avec un espacement et une longueur prédéfinis en fonction du site et de notre emplacement sur celui-ci. Cette structure nous permettrait de recréer l'horizontalité "parfaite" sur notre site en pente avec un module qui se répète mais aussi de suivre les lignes de perspective présente autour de notre emplacement. Aussi, nous envisageons de couper nos poutres de manière à créer un chemin au travers de cette structure afin de pouvoir évoluer à l'intérieur de celle-ci et rappeler les traces des chemins coupés visibles sur le site. Ce faisant, nous permettrons une confrontation à ce nouveau plan, en laissant libre d'évoluer au travers.
"La profondeur naît d'interaction du plateau horizontal et de la succession de plans verticaux [...]. C'est en [en] dressant plusieurs que l'on construit la troisième dimension." - Codex, p.42
Le plan sera horizontal. Certes. Mais comment tiendra-t-il debout (enfin, couché)? Une question à laquelle nous réfléchissons encore pour le moment.
Ensuite, un des points récurrents de nos projets respectifs de MEASURES était l'idée de répétition d'un module. Ainsi ce sera l'une des piste que nous allons suivre dans l'élaboration de la structure qui soutiendra la plan horizontal.
Ici une maquette qui présente plusieurs possibilité de motifs pour la conception de la sous-structure. Le travail qui nous attend pourrait consister à trouver le système qui révèle la profondeur de l'espace sous le plan horizontal, tout en offrant une interaction forte avec le sol.
"L'aire, donc, peut ne pas être horizontale tout en restant plane, mais il semble qu'elle ne puisse pas ainsi être aussi ferme et c'est alors au bâtiment de combler ses faiblesses." Codex, p.25
Notre intention avec ce projet est de prolonger le sol plat du Rolex Learning Center en un plan horizontal qui recouvrirait l'intégralité de la zone autour, créant une base qui mettrait le batiment en valeur et créerait une expérience pour les visiteur, les mettant en confrontation avec ce nouveau plan et le terrain déjà present.
Au départ, nous projettions de simplement construire ce plan sur une petite parcelle, puis l'idée nous est venu de prolonger cette horizontal à une échelle plus massive. Cependant, n'ayant ni le temps, ni les ressources, la construction sera érigée sur la parcelle choisie au départ, mais sera composée de modules répétés et invitant à l'imaginer bien plus étendue.
La première étape a été de topographier le terrain par carroyage, en tendant un quadriage horizontal et en mesurant la distance du fil jusque sol, afin d'en faire une maquette à l'échelle, nous permettant d'élaborer les prototypes de structure. Nous avons choisi un module de 50x80 cm, dimensions qui définissent le module de la structure.
Ensuite, nous avons construit un moule de la pente. La première étape fut de mesurer la distance entre le fil horizontal et le sol, recréant une sorte de négatif de la pente. On l'inverse et on créée une sous-structure de contreforts qui accueillera les facettes de la pente.
Un plâtrage plus tard, nous obtenons une maquette à l'échelle un dixième de notre parcelle, prête à accueillir des essais de construction en bois.
Nous avons ensuite décidé d'aggrandir la zone mesurée pour comprendre le comportement du terrain alentour à notre structure, nous sommes donc descendu jusqu'au chemin et avons élargi la zone à 2,5 m au lieu de 1m.