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03/07/2014
Thomas par son fils
La mort De thomas Stevenson ne signifie pas grand chose pour le lecteur. Ses services au genre humain prit des formes que le public connaissait peu et qu’il ne comprenait pas. Il arriva, seul, à Londres pour des raisons pratiques et restait toujours un étranger et un provincial convaincu; vivant pour des années dans le même hôtel où sont père séjourna avant lui, fidèle au même restaurant, à la même église et au même théâtre, simplement choisis pour leur proximité et refusant consciencieusement de diner dehors. Il avait, bien sûr, un cercle qui lui était propre, à la maison; peu d’hommes furent plus aimés, à Édimbourg, il respirait l’air qui lui plaisait et où qu’il se rendit, dans les wagons de chemin de fer, dans les fumoirs d’hôtel, sa veine d’humour étrange, et sa transparente honnêteté, lui attirait des amis et des admirateurs. Mais pour le public général et le monde londonien, excepté dans les anti-chambres des sous-comités parlementaires, il resta un inconnu. Pendant tout ce temps, ses phares se retrouvaient partout dans le monde, guidant le marin, Ses ingénieurs consultaient aux phares et balises d’Inde, de Nouvelle-Zélande et du Japon, ce qui fit d’Édimbourg un centre mondial de science appliquée; en Allemagne, on l’appela Le Nestor de l’illumination des phares; même en France, où on contesta ses demandes pendant longtemps, il fut, finalement reconnu et médaillé, à l’occasion de la dernière exposition. Pour montrer l’inversion de sa réputation, assez limitée en Angleterre et qui maintenant empli le monde, un de mes ami qui passait l’hiver en Espagne se vit demandé par un Péruvien si il connaissait monsieur Stevenson l’auteur, parce que ses travaux étaient très estimés au Pérou. Mon ami crût qu’il faisait référence au conteur; mais le Péruvien n’avait jamais entendu parlé du Dr.Jekyll, ce qu’il avait à l’esprit, ce qui était estimé au Pérou, c’était les livres de l’ingénieur. Thomas Stevenson naquit à Édimbourg en l’an 1818, petit-fils de Thomas Smith, premier ingénieur à la chambre des phares et balises du Nord, fils de Robert Stevenson, frère d’Alan et de David; et son neveu David Alan Stevenson qui le rejoignit dans la compagnie d’ingénieurs, à l’époque de sa mort et qui devint ainsi le sixième de la famille à tenir successivement et conjointement, cet office. Le Bell Rock, grand triomphe de son père était achevé avant qu’il ne naisse; mais il servit sous son frère Alan pour la construction deSkerryvore, le phare de haute mer, sans conteste le plus extraordinaire; et, aidé de son frère David il en ajouta deux: Chiens et Dhu Heartach, au petit nombre des avant-postes sur l’océan. Les deux frères ne construisirent pas moins de vingt sept phares d’approche et vingt six balises. Beaucoup de ports furent menés à bien, un d’entre eux, le port de Wick, fut le désastre majeur de la vie de mon père et un échec. La mer se montra trop forte pour les hommes de l’art. Après des expédients cyclopéens que nous ne détaillerons pas, le chantier a du être déserté et demeure, maintenant, comme une ruine dans cette baie désolée, à 10 milles de John o’Groat’s. Les deux frères développaient leurs opérations parallèlement en Angleterre et en Écosse et aucun ingénieur britannique ne possédait leur expérience. C’est sur le noyau de ces préoccupations que se centrèrent toutes les enquêtes scientifiques et toutes les inventions; elles procédaient et rétro-agissaient sur son activité quotidienne. Il s’intéressa, comme architecte de ports, à la propagation et à la réduction des vagues; sujet difficile, pour un homme qui progressait de manière suggestive et avec de bons résultats approximatifs. Les tempêtes étaient ses ennemies jurées et c’est par l’étude des orages qu’il en vint à la météorologie en général. Beaucoup ne le connaissaient pas autrement que par les écrans bordés de louvre des pluviomètres de jardins. Mais la plus grande réussite de sa vie fut, naturellement l’optique appliquée à l’éclairage des phares. Fresnel avait fait le plus gros du travail en fixant l’appareil d’éclairage sur un principe qui semble encore irremplaçable; Thomas Stevenson s’en mêla et amena la lampe tournante à la même perfection, une jalousie peu artificielle et une controverse douloureuse naquit en France, elle eut son heure, mais elle s’est épuisée, ne le serait-elle pas , c’est sans importance, puisque toutes les pensées de mon père continuaient à justifier de nouveaux progrès. il concevait, sans cesse, de nouveaux appareils pour phares, avec le même recherche candide pour la perfection et la même intelligence de moyens. l’invention de la lampe tournante holophote en demeure la plus belle illustration. Il est difficile de lui donner la palme sur les systèmes de condensation ultérieurs, avec ses milliers de modifications possibles. Le nombre et la valeur de ces améliorations méritent à son auteur le nom de bienfaiteur de l’humanité. Partout dans le monde, un havre plus sûr attend le marin. Deux choses doivent être dites: et la première est que Thomas Stevenson n’était pas mathématicien, une perspicacité naturelle, l’intuition des lois optiques et un grand pouvoir de concentration le conduisirent à de justes conclusions; mais le calcul de la formule nécessaire à l’instrument qu’il concevait, le plus souvent, lui échappait et il devait demandé de l’aide aux autres, d’abord à son cousin et ami intime depuis toujours, émérites Professor Swan de St.Andrews et, son dernier ami, le Professeur P.G.Tait. C’est un grand encouragement pour les esprits incertains qu’un homme si mal préparé trouva un des sentiers les plus ardus et les plus abstraits des sciences appliquées. La seconde remarque est que cela s’applique à toute la famille et particulièrement à Thomas pour le nombre et l’importance de ses inventions. Contractuels du gouvernement, les frères Stevenson voyaient leurs travaux comme un devoir envers la nation et aucun d’entre eux ne prit jamais patente. C’est une autre cause de la relative obscurité de leurs noms. Une patente, non seulement amène de l’argent mais répand une réputation et les instruments de mon père entrèrent anonymement dans des centaines de phares et dans des centaines de rapports, où la plus simple des patentes eut témoigné de l’histoire de son auteur. Mais la vie de travail de Thomas Stevenson demeure; ce que nous avons perdu, ou plus exactement ce dont nous essayons de nous rappeler, c’est l’ami et le compagnon. C’était un homme à la manière antique, mélange d’humilité et de douceur entièrement écossais, d’abors un peu troublant; avec une mélancolie existentiel profonde et ce qui l’accompagne souvent, du génie humoristique en compagnie; astucieux et enfantin, passionnément attaché, passionnément vexé, un homme des extrêmes avec des fautes de tempérament et le pied pas très sûr dans les ennuis de la vie. Oui, c’était un conseiller avisé et de nombreux hommes considérables l’écoutaient habituellement. "Quand je lui demandais son avis" dit un parlementaire," Et quand il s’était fait une religion et qu’il la prononce d’ une voix ferme, je sais alors que nul au monde ne peut rien ajouter." Il avait un goût excellent bien que fantasque et partial, il collectionnait les vieux meubles et les tournesols faisaient ses délices bien avant ceux de Monsieur Wilde; il prenait un plaisir durable à contempler les gravures, les pages imprimées et les photographies. Il admirait Thomson et Duddington et à cette époque peu de monde partageait son avis. Bien qu’il lut peu, il relisait constamment ses livres favoris. Il n’apprit jamais le grec mais l'acquit en autodidacte après avoir quitté l’école où il se comporta en oisif consistant. Je dis que c’est une chance pour Lactance, Vossius, et le cardinal Bona qui étaient ses maitres auteurs. IL a du lire le premier pendant vingt ans sans interruption, il le gardait près de lui dans son bureau et le transportait dans un sac en voyage. Un autre vieux théologien Brown of Wamphray, se trouvait souvent entre ses mains. Si il ne se sentait pas bien, il avait deux livres Guy Mannering et The Parent’s assistant, desquels il ne se fatiguait jamais. Conservateur intransigeant, il préférait s’appeler Tory; mais il se départait de l’étiquette par un sentiment chaleureux, spontané et chevaleresque pour les femmes. D’ailleurs il était en faveur d’une loi sur le mariage qui accorderait le divorce aux femmes sur simple demande. Le même sentiment trouva une autre expression à la mission de la Madeleine à Édimbourg, fondée et largement financée par lui-même. c’était un des nombreux canaux de sa générosité publique, quand à sa privée elle se montrait aussi sans restriction. L’ Église d’Écosse dont il professait la doctrine qui était un peu la sienne et pour laquelle il confessait une foi d’homme de clan, profita souvent de son temps et de son argent et sans doute par un sens morbide d’indifférence à l’égard de lui-même, il ne consentit jamais à une charge et servit l’Église comme membre de nombreux comités. Ce qui avait le plus de valeur dans son travail, à ses yeux, c’était la défense du Christianisme. .