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access_time Publié 16.10.2020
Défense endogène contre les infections bactériennes des voies urinaires
Prof. Dr méd. Reto Krapf
Sans détour
Défense endogène contre les infections bactériennes des voies urinaires
16.10.2020
L’épithélium des voies urinaires a la capacité de sécréter un certain nombre de peptides anti-microbiens (appelés AMP). Une autre possibilité est la sécrétion de lipocaline (appelée NGAL) à partir des cellules du tube collecteur (qui possèdent un capteur intégré pour les bactéries, l’échangeur chlorure-bicarbonate). Cette lipocaline séquestre le fer libre, privant ainsi les bactéries de ce facteur de croissance essentiel. Les cellules de la branche ascendante des anses de Henle sécrètent à leur tour de l’uromoduline (UMOD; anciennement protéine Tamm-Horsfall, un composant des cylindres hyalins du sédiment urinaire, par exemple) et on soupçonne depuis longtemps que l’UMOD offre également une protection contre les infections urinaires.
Un groupe de chercheurs zurichois (ETH, Kinderspital, Institut physiologique) a découvert que cette protéine forme des filaments semblables à l’arête de poisson qui se lient aux pili ou fimbriae des bactéries uropathogènes. Plus précisément, il se produit une liaison entre les séquences glycosylées des fibrilles UMOD et la protéine bactérienne fimbriale, l’adhésine. Cela empêche les bactéries de se fixer à l’uroépithélium. Les bactéries piégées dans le réseau UMOD sont ensuite excrétées avec l’urine ([1], voir figure). Une variante génétique dans la région promotrice du gène UMOD conduit à un doublement du taux d’excrétion de l’UMOD et est associée à une protection contre les infections urinaires [2].
Figure: Les filaments d’uromoduline lient les pili des bactéries uropathogènes (ici, Escherichia coli) via leur protéine fimbriale, l’adhésine, et empêchent ainsi les bactéries de se fixer à l’uroépithélium (image de l’uroépithélium: © Jlcalvo | Dreamstime.com).