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Urs Nussbaum : Le libre-échange crée la prospérité
Le libre-échange entre l’Indonésie et la Suisse est mis à rude épreuve. Le 7 mars, le peuple sera appelé à se prononcer sur un accord de libre-échange économique global. Urs Nussbaum, CEO de R. Nussbaum SA et président de l’Association de l’industrie et du commerce de la région d’Olten, explique dans une interview pourquoi l’économie suisse dépend du libre-échange.
Monsieur Nussbaum, au cours de la crise du corona, des exigences ont été formulées selon lesquelles la Suisse devrait se préoccuper d’elle-même. Pourquoi vous engagez-vous pour une imbrication élevée et le libre-échange ?
Cet accord reflète nos qualités traditionnelles : nous avons les moyens de conclure des contrats de manière indépendante, nous sommes une nation exportatrice et nos produits jouissent d’une grande réputation. Le succès de notre économie repose sur des possibilités commerciales aussi illimitées que possible. Nos entreprises exportent des produits et services innovants et de haute technologie dans le monde entier. La Suisse ferait bien d’étendre encore son réseau commercial et de sauvegarder ses intérêts par le biais d’accords de libre-échange bilatéraux. Ces derniers suppriment des barrières commerciales coûteuses telles que les droits de douane et garantissent la sécurité juridique, de planification et d’investissement. Par conséquent, ils garantissent des emplois en Suisse. Les accords de libre-échange sont extrêmement importants, surtout dans des périodes économiques difficiles et de protectionnisme croissant. Donc, l’accord avec l’Indonésie arrive au bon moment. Il contribue à la reprise après le choc du corona.
Les opposants critiquent que les accords de libre-échange profitent principalement aux pays industriels riches. Qu’en pensez-vous ?
Il est prouvé depuis longtemps que le libre-échange accroît la prospérité de manière égale dans les pays engagés. C’est logique, dans le cas contraire aucun État ne conclurait un tel contrat. Par conséquent, ce ne sont pas seulement les nations industrielles qui bénéficient du libre-échange des marchandises et des services, mais aussi, pour l’essentiel, les populations des pays en développement et des pays émergents. Ils accèdent à nos marchés pour leurs services et peuvent à leur tour créer des emplois, ce qui est beaucoup plus digne et durable que de fermer nos marchés et de prétendre fournir une aide au développement. Les produits industriels suisses sont très innovants. Il s’agit pour la plupart de produits haut de gamme performants qui, dans le cas spécifique seront accessibles à l’Indonésie à des prix plus favorables. Le transfert de technologie et de connaissances améliore d’une part la formation et par conséquent la prospérité et d’autre part augmente la durabilité, la protection de l’environnement et du climat dans le pays cible.
Vous avez déjà mentionné l’accord de libre-échange avec l’Indonésie. Nous sommes appelés à nous prononcer à ce sujet le 7 mars. Pourquoi l’Indonésie est-elle considérée comme un marché cible intéressant pour les exportateurs suisses ?
Avec plus de 267 millions de consommateurs et une démographie dynamique, l’État insulaire présente un grand potentiel pour les entreprises suisses. Les conditions politiques sont stables. La classe moyenne prospère et les experts estiment que l’Indonésie sera la quatrième économie mondiale d’ici 2050. De cette manière, le présent accord contribue à élargir la base de nos marchés d’exportation à l’extérieur des zones dominantes que représentent l’UE et les États-Unis. Indirectement, de nombreux fournisseurs et entreprises profitent des commandes des entreprises orientées vers l’exportation - c’est pourquoi l’accord est dans notre intérêt à tous.
Pourquoi alors, jusqu’à présent la part des exportations vers l’Indonésie est-elle si modeste ? L’accord de libre-échange changera-t-il la donne ?
Il ne fait aucun doute que les droits de douane élevés sur les produits industriels suisses constituent un obstacle important pour l’exportation à large échelle de marchandises suisses vers l’Indonésie. En moyenne, ce désavantage représente 8%, pouvant parfois même atteindre 30%. Dans ce contexte, l’accord de libre-échange améliore effectivement la situation. En effet, 98% des exportations suisses sont exonérées de droits de douane. À cela s’ajoutent l’élimination de nombreuses entraves techniques au commerce et la protection de la propriété intellectuelle. L’accord de libre-échange facilite donc l’accès des entreprises suisses au marché indonésien, qui connaît une croissance rapide. En même temps, il leur confère un avantage concurrentiel décisif sur leurs concurrents directs de l’UE et des États-Unis, qui n’ont pas (encore) d’accord de libre-échange avec l’Indonésie.
En termes économiques, l’accord peut donc être considéré comme un succès. Mais qu’en est-il de la durabilité - notamment en ce qui concerne l’huile de palme ?
L’accord de libre-échange permettra de progresser également dans ce domaine. Il contient un chapitre de grande portée avec des règles de durabilité qui sont contraignantes en vertu du droit international. L’accent est mis sur l’huile de palme. Cette dernière ne bénéficiera d’avantages commerciaux que si elle est certifiée et traçable. Ainsi, l’accord crée une incitation importante pour l’Indonésie à cultiver l’huile de palme de manière durable et pourrait servir éventuellement de modèle pour des accords avec d’autres partenaires. La politique est l’art du possible - et le résultat négocié est satisfaisant. Les opposants à l’accord doivent se poser la question de savoir si la situation s’améliorera si ce dernier est rejeté - bien sûr que non !
En votant OUI à l’accord de libre-échange le 7 mars, nous confirmons la voie suivie par la Suisse pour développer nos relations internationales de manière équitable, sous forme de partenariat et étape après étape.
L’interiew a d’abord été publiée sur le site de la Chambre de commerce Soleure.