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(1904 – 1981)
Première présidente du Grand Conseil
Emma Kammacher est née en 1904 à Meyrin. Elle a passé sa maturité au Collège Calvin puis a entrepris des études de droit à Lausanne avant de passer son brevet d’avocat à Genève où elle a ouvert une étude en 1932. Jeune étudiante, elle eut tôt fait de s’intéresser aux mouvements féministes et tout particulièrement à l’égalité civique entre hommes et femmes.
Emma Kammacher fut en effet secrétaire de l’Association genevoise pour le suffrage féminin aux côtés d’Emilie Gourd puis présidente de l’Association de 1947 à 1955, époque charnière pour la lutte en faveur du suffrage féminin.
Les Genevoises ayant obtenu le droit de vote et d’éligibilité en mars 1960, Emma Kammacher fut élue sur la liste du Parti Socialiste lors de l’élection au Grand Conseil de 1961, la première à admettre les candidatures féminines. Lors de la dernière année de la législature, en 1965, elle présida le Grand Conseil.
L’élection d’Emma Kammacher à la tête du parlement cantonal est un événement historique de portée nationale. En succédant à Yves Maître, elle devint en effet la première femme présidente d’un parlement cantonal suisse. Dans son discours d’investiture, elle ne manquera pas de rappeler la longue lutte des femmes sur le chemin de l’égalité civique.
“On lui a demandé si elle considérait l’accession des femmes à la vie politique comme irréversible, Mme Kammacher a répondu : “Voyez-vous, la preuve que nous sommes dans le vrai, c’est que nous n’avons encore jamais reculé et que, nos droits accordés, il ne se trouve plus personne pour oser prétendre qu’il faudra un jour revenir en arrière”” (Images et Evénements genevois, 1946-1990, 1990, p.88)
L’année de présidence d’Emma Kammacher est marquée par une nouvelle initiative en faveur de l’égalité civique au plan fédéral. Le 22 février 1965, la présidente du Grand Conseil adresse en son nom et en celui de 564 Suissesses habitant Genève, un recours au Conseil fédéral contre le refus du Conseil d’Etat genevois de les admettre aux votations et élections fédérales.
L’argumentaire de Maître Kammacher se fonde sur le fait que le terme “citoyen suisse” tel que mentionné dans la constitution fédérale s’applique également aux femmes. Par conséquent, les droits de vote et d’éligibilité en découlant reviennent aussi aux citoyennes suisses. Emma Kammacher fait en outre valoir le fait que les droits de vote et d’éligibilité se fondent sur ce même droit accordé dans le canton de domicile. Or, à Genève, les femmes ne sont plus exclues de l’exercice du droit civique depuis le 6 mars 1960.
Le Conseil fédéral déboutera le recours et maintiendra qu’au niveau fédéral, les droits de vote et d’éligibilité féminins ne peuvent être accordés qu’à l’issue d’un scrutin fédéral masculin, à la majorité du peuple et des cantons. La tentative d’Emma Kammacher eut le mérite de faire avancer la cause du suffrage féminin au niveau fédéral. Les citoyennes suisses obtinrent le droit de vote au niveau fédéral en 1971.
Emma Kammacher fut également une membre active de l’Association des femmes de carrières libérales et commerciales et du Comité du centre de liaison des sociétés féminines genevoises. Elle contribua également au journal Femmes en Suisse et anima durant de longues années le Cartel genevois d’hygiène sociale et morale.
Domiciliée au Grand-Saconnex, elle siégeait au Conseil municipal de la commune depuis 1971 et présidait encore la commission de l’environnement lorsqu’elle décéda en avril 1981.
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