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Remigio, un tout jeune homme, est appelé au chevet de son père mourant. Il hérite de son domaine agricole. Ayant fui en ville une relation filiale difficile, rien ne le prépare à assumer cette lourde tâche. Il multiplie fatalement les maladresses. Rejetant le modèle paternel autoritaire, mais par trop naïf, névrosé et dépourvu d’expérience, il ne parvient pas à trouver une alternative valable. Sa mansuétude encourage les aigrefins de toutes sortes. On lui intente des procès sous de mauvais prétextes, on le vole, on l’humilie.
Remigio est le type même de l’inadapté rêveur voué à endurer la cruauté humaine.
Berto, l’un de ses ouvriers le prend en mauvaise part. Dès lors il n’a de cesse de le dénigrer, de le provoquer et de le menacer. Ces deux personnages antagonistes sont les acteurs d’un drame qui les dépasse. La déliquescence de l’un et la révolte de l’autre campent la férocité d’un monde âpre et cruel.
La phrase précise et concise de Federigo Tozzi décrit avec une rare sensualité cet univers impitoyable loin de tout stéréotype.
Du même auteur à La Baconnière:
Les choses. Les gens (2020)
Les yeux fermés (2016)
Occultée sous le fascisme puis redécouverte dans les années soixante, l'œuvre de Federigo Tozzi (1887-1920) obtiendra la reconnaissance unanime de la critique qui le tient depuis lors, avec Luigi Pirandello et Italo Svevo, pour l’écrivain italien le plus original et novateur de la première moitié du XXe siècle italien.
Frédérique Fanchette pour Libération, 27.06.2021:
Le Domaine a cent ans. Il fut publié dans une revue romaine en 1921. Et cette fable noire et champêtre est d'une fraîcheur absolue.»
René Noël sur Sitaudis, 13.09.2021:
«Federigo Tozzi a ce don de décrire les souffles de la nature. Il y a là l'homme soleil, le rien de la multitude, de la fable et de l'allégorie, quand la vie quotidienne fait de ce centre une roue sur laquelle les générations dérivent immobiles inexorablement.»