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Sortir des taux négatifs en septembre "est logique", dans un contexte d'inflation record, et un rythme "de référence" pour y parvenir consisterait en deux hausses de "25 points de base" chacune, en juillet et en septembre, a déclaré Philip Lane, dans une interview au quotidien économique espagnol Cinco Días.
Le taux de référence de la BCE est actuellement fixé à -0,5%, niveau auquel il campe depuis 2019. Il s'agit du taux d'intérêt que paient les banques qui confient une partie de leur dépôts dormants aux banques centrales de la zone euro.
Cette politique, entamée en 2014, visait à soutenir le crédit aux ménages et aux entreprises pour stimuler l'activité économique et, in fine les prix.
Lundi dernier, la présidente de la BCE Christine Lagarde avait écrit qu'une sortie des taux d'intérêt négatifs était probable "d'ici la fin du troisième trimestre", soit en septembre, dans un blog très remarqué.
"Toute discussion sur d'autres mouvements (sur les taux) devrait plaider en faveur d'un mouvement plus fort que cette séquence de hausses en juillet et septembre", ajoute M. Lane.
Au sein du conseil des gouverneurs de la BCE, le néerlandais Klaas Knot voit lui une hausse des taux de 50 points de base dès juillet possible si l'inflation augmente.
L'inflation a atteint le taux record de 7,5% sur un an en avril en zone euro, tirée par la flambée des prix de l'énergie sur fond de guerre en Ukraine, et l'indicateur pour mai, attendu mardi, sera très scruté.
La BCE semble vouloir avancer à pas feutrés pour faire ralentir l'inflation, tandis que la Fed américaine a estimé mercredi dernier que des hausses de taux d'un demi-point de pourcentage, plus rapides que les habituels relèvements d'un quart de point, seront "sans doute appropriées" dans les mois à venir.
"Notre évaluation actuelle de la situation, où nous estimons que les perspectives d'inflation à moyen terme sont conformes à notre cible de 2%, appelle à une approche graduelle de la normalisation" monétaire, selon M. Lane.