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On connaît l’hypnose depuis l’Egypte antique (3000-1000 avant J.-C.). Les temples de guérison (ou temple du sommeil) étaient des sortes d’hôpitaux, voués à la guérison de maladies, beaucoup d’entre elles étant de nature psychologique. Les prêtres amenaient les patients dans un état de conscience modifié pour analyser leurs rêves et trouver un traitement approprié. Ces temples ont existé au Moyen-Orient et en Grèce antique sous le nom de Asklepieions.
L’hypnose a ensuite été pratiquée pour des exorcismes, par exemple par le Père Hell, un prêtre jésuite du 18ème siècle. Hell s’intéressait à ce qu’on appellera plus tard le mesmérisme, le pouvoir de guérison par les aimants. Le nom « mesmérisme » vient de Mesmer (1734-1815), qui s’inspira du travail de Hell et en tirât l’essentiel du crédit.
Selon Mesmer, le magnétisme animal est la capacité de tout homme à guérir son prochain grâce à un fluide naturel. Le magnétiseur serait la source de ce fluide et le diffuserait grâce à des passes, dites « passes mesmériennes », dans tout le corps. Mesmer avait finalement plus de patients qu’il ne pouvait en traiter, il a donc décidé de faire des séances collectives. Ces séances s’organisaient dans un environnement soigneusement mis en scène (musique, pénombre). Le but était d’obtenir, grâce aux passes magnétiques, une crise convulsive thérapeutique. Mais cette méthode a très vite été controversée et une enquête a été menée, notamment par Monsieur Guillotin. L’objectif était de déterminer si le fameux fluide existait ou non. La conclusion fut que ce fluide n’existait pas mais que le phénomène se produisaient bel et bien car il relève de quatre facteurs : Les attentes, l’imagination, l’imitation et les émotions.
Le rôle des attentes est relativement poussé. Les commissaires ont fait des tests à l’aveugle en emmenant des patients devant une porte fermée en leur annonçant, ou non, qu’un magnétiseur, derrière cette porte, allait les magnétiser. Les patients ne réagissent que lorsque la présence du magnétiseur était évoquée. La conclusion fut que le fluide était donc une fiction. L’imitation joue également un rôle évident. Il suffit qu’une personne ressente quelque chose et l’évoque à haute voix pour que le comportement soit ressenti et mis en acte par les autres.
Plus tard, le Marquis de Puységur (1751-1825), ancien élève de Mesmer, se distingue de ce dernier en déclarant n’être qu’un vecteur pour les malades qui seraient en fait leurs propres médecins. Il remet également en doute le fait que la crise, dont Mesmer avait fait la manifestation par excellence du magnétisme, ne soit autre chose qu’un parasite. Puységur avait utilisé la mesmerisation pour soigner les maux dont son personnel de maison était atteint. Et c’est accidentellement qu’il a réussi à produire chez un paysan l’état de somnambulisme, un état hypnotique très profond qui permet une clairvoyance certaine.
Ce n’est qu’au début du 19ème siècle que le magnétisme a été renommé hypnose par le docteur James Braid, bien que le terme avait déjà été utilisé par d’autres. Braid remplace la méthode d’induction visuelle par une induction avec la fixation d’un objet brillant. Il définit l’hypnose comme un état de sommeil nerveux. Il utilise cette méthode pour obtenir l’anesthésie (l’éther n’a été utilisé aux Etats-Unis qu’à partir de 1842 et en France en 1847).
Mais c’est James Esdaile qui a fait le plus grand travail sur la chirurgie sans douleur en 1846 en Inde. Il est dit qu’il a pu effectuer toutes les opérations possibles et imaginables de l’époque, dont les amputations. La mortalité suite à la chirurgie de l’époque était de 50%. Grâce à sa technique, ce taux est descendu de 8% et les patients se rétablissaient bien mieux et bien plus vite. Quand il est rentré en Angleterre pour montrer sa découverte aux chirurgiens, ceux-ci on montré une résistance si forte qu’il n’est pas parvenu à les hypnotiser. Bien qu’il ait été ridiculisé par ses confrères, Esdaile a tout de même ouvert son propre hôpital à Londres pour continuer son travail.
En 1876, Jean Martin Charcot, médecin le plus connu de l’hôpital de la Salpêtrière, voit en l’hypnose un état pathologique propre aux hystériques. Il n’utilise donc pas l’hypnose à des fins thérapeutique. Le travail de Charcot restitue également toute sa dignité à l’hystérie. Charcot déclare que les symptômes hystériques sont dus un « choc » traumatique provoquant une dissociation de la conscience. La malade n’est donc plus considérée comme étant une simulatrice. Et il découvre aussi, à la surprise générale, que l’hystérie n’est pas le « privilège » des femmes.
Mais Hippolyte Bernheim conteste Charcot. Il soutient que l’hypnose est un phénomène normal, applicable à n’importe qui. Il considère que l’on ne peut pas distinguer l’hypnose de la suggestibilité. Il dit d’ailleurs « La suggestion est née de l’ancien hypnotisme comme la chimie est née de l’alchimie ». Il abandonne progressivement l’hypnose au profit d’une méthode qu’il appelle psychothérapie. Vers 1900, Bernheim est considéré comme l’un des plus grand psychothérapeute d’Europe.
Freud s’est aussi essayé à l’hypnose dans le but de retrouver les souvenirs traumatiques de ses patients. Malheureusement, il s’est avéré qu’il était très mauvais hypnothérapeute et il a donc abandonné. Le refus de certains psychanalystes d’utiliser l’hypnose n’est pas hérité directement de Freud, mais de certains de ces successeurs. L’hypnose a été utilisée ensuite lors de la première et de la deuxième guerre mondiale pour le traitement des névroses.
C’est Milton Erickson et Dave Elman qui vont jouer un rôle déterminant dans l’évolution de l’hypnose. Ils ne se rencontreront jamais et pourtant développerons chacun leur propre méthode : l’hypnose eriksonnienne pour le premier et l’hypnose classique pour l’autre. Tous deux aiderons l’armé lors de la seconde guerre mondiale, soit au recrutement des soldats, soit à leur « guérison » après la guerre.
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