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Hans Block and Moritz Riesewieck
Hans Block and Moritz Riesewieck
L'utilisation des médias sociaux a changé la manière dont les sociétés communiquent, entrent en contact et travaillent. Mais qui gère les informations que nous recevons et que nous échangeons ? Hans Block et Moritz Riesewieck sont deux jeunes réalisateurs de documentaires dont le premier film, The Cleaners, explore le monde caché de la modération du contenu sur les médias sociaux.
Hans Block et Moritz Riesewieck se sont rencontrés dans une école de théâtre à Berlin, et tous deux avaient le souhait de travailler dans la recherche plutôt que de mettre en scène des pièces plus traditionnelles. Ils utilisent différentes formes d'expression, notamment pièces de théâtre, livres ou films, et travaillent ensemble sous le nom de « Laokoon ». Laocoon est le nom d'un prophète, dans la mythologie grecque, qui est le seul à avoir compris que le cheval de Troie est en fait un piège dangereux ; les deux réalisateurs veulent suivre ses pas en révélant les chevaux de Troie de notre temps. Dans leur premier film, The Cleaners, ils s'intéressent à la face cachée du web sûr, que des milliards de personnes utilisent tous les jours.
Hans Block et Moritz Riesewieck se sont ainsi demandé qui décide de ce qui est visible sur les médias sociaux. Ils ont découvert à Manille, aux Philippines, une force de travail cachée qui détermine ce qui doit être détruit et ce qui doit être conservé. En examinant chaque jour des milliers de photos, de vidéos et de commentaires, les jeunes travailleurs qui effectuent ce travail sont confrontés à des éléments extrêmement perturbants. Mais leurs décisions peuvent également influencer le débat public et les conflits politiques dans le monde entier. En plus des implications idéologiques, politiques, culturelles et religieuses du travail de ces personnes qui « nettoient » la sphère numérique, le film révèle les effets psychologiques que celles-ci subissent, et montre que ce web « sûr » a un prix : l'exploitation cachée de milliers de jeunes travailleurs, dans des pays en développement, et le musellement de l'esprit critique dans l'univers numérique.
Plutôt que de considérer les nouveaux médias sociaux de la même manière que les formes de communication plus anciennes et bien établies, Hans Block et Moritz Riesewieck plaident pour de nouveaux cadres et de nouvelles institutions capables de les comprendre et de les endiguer. Le fait que la responsabilité soit externalisée est un problème que les deux cinéastes veulent souligner, dans l'espoir que les sociétés civiles, les gouvernements et les autorités étatiques réagissent. Au lieu de se contenter d'être des utilisateurs passifs, les internautes devraient, en tant que « citoyens numériques », récupérer le pouvoir sur la sphère publique numérique.