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Le 6 mai 1920, Hermann Escher, directeur de la bibliothèque municipale de Zurich, Felix Burckhardt, son collaborateur, et Marcel Godet, directeur de la Bibliothèque nationale suisse, créent la Bibliothèque pour tous (BPT). Le but de la fondation nationale est le renforcement des bibliothèques éducatives de Suisse en vue de "relever le niveau intellectuel, moral et professionnel de toutes les classes sociales de la population".
Avec l’introduction de la semaine de 48 heures se pose en effet pour la première fois la question de loisirs "judicieux". Les fondateurs voient surtout en la lecture une utilité économique et une chance d’améliorer les conditions de vie des travailleurs et travailleuses: "Le travailleur a droit à se délasser. Nous ne voulons pas seulement augmenter ses connaissances, mais son bien-être", déclare Marcel Godet.
Des fonds poussiéreux
A l’époque pourtant, près de trois quarts des communes suisses possèdent déjà une bibliothèque. Alors à quel besoin répondait la création de la BPT? La réponse de Laurent Voisard, directeur du Bibliocentre romand: "Les bibliothèques étaient finalement assez pauvres en livres, et certains d'entre eux déjà poussiéreux. La BPT oeuvrait déjà à l'époque à renouveler les fonds des bibliothèques publiques". C'est elle aussi qui dès sa naissance s'est employée à créer un catalogue.
Aujourd’hui rebaptisée, elle prête des livres à environ un millier de bibliothèques en Suisse et, avènement du numérique oblige, les aide à devenir à la fois innovante et inclusive. Elle possède environ 610'000 titres papier (en français quelque 150'000) et 7000 numériques. Mais surtout, elle propose des livres en douze langues, dont l'albanais, le tamoul et le turc.
Avec environ 370'000 prêts par an, la centrale des lectures suivies est le principal fournisseur pour la lecture commune en classe. Un nombre impressionnant de livres a circulé dans toute la Suisse pendant ces cent dernières années! En 2018 par exemple, cela représentait 543'128 volumes. Avec le confinement et la fermeture physique des librairies et autres bibliothèques,numériques a fait un bond impressionnant.
Sylvie Lambelet/mcm