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La réponse a été mise à jour le 18 September 2023.
Bonjour,
Nous vous remercions d'avoir fait appel au service Interroge, voici le résultat de nos recherches :
Nous trouvons une explication à votre question dans l'historique de ce parti. Voici ce qu’indique le Dictionnaire historique de la Suisse (DHS) dans son article « Union démocratique du centre (UDC) » :
« Le parti des paysans, artisans et bourgeois (PAB) ou parti des paysans, artisans et indépendants (PAI), UDC depuis 1971, a été fondé au début du XXe s. pour défendre les intérêts de la paysannerie et de l'artisanat et est entré au Conseil fédéral en 1929. Au début des années 1990, il s'est progressivement transformé de parti conservateur (centre droit) en parti de droite populiste; depuis lors, il est considéré en politique comparée comme appartenant à la famille des mouvements populistes européens (Partis). […] »
Le chapitre 3 Développement et ouverture au centre (1971-1991) de cet article ajoute :
« L'année 1971 marqua une coupure importante dans l'histoire du parti: d'une part, les partis démocratiques des cantons de Glaris et des Grisons se joignirent au PAB et, d'autre part, celui-ci changea son nom en Union démocratique du centre (Schweizerische Volkspartei/SVP en all.). La fusion et la nouvelle appellation en français et en italien (Unione democratica di centro) étaient l'expression d'une ouverture au centre, qui correspondait à la ligne sociale et libérale des deux partis démocratiques. En se qualifiant de "parti populaire" en allemand, l'UDC réagissait à l'érosion de son électorat rural traditionnel, due à l'accélération des transformations structurelles dans le monde agricole, et visait un élargissement de sa base électorale aux employés, aux ouvriers et à la classe moyenne inférieure. Cette réorientation se manifesta dans le nouveau programme du parti de 1977, qui abordait des thèmes tels que l'écologie, la protection des consommateurs et les droits de l'homme. »
Enfin, comme vous pourrez le lire dans le chapitre 4 Evolution en parti de droite populiste et ascension (depuis 1992) :
« A partir de 1992, sous la direction de la section cantonale zurichoise et de son président Blocher, l'UDC connut une nouvelle mutation fondamentale. Cette année-là, elle lança pour la première fois de son histoire une initiative populaire ("Contre l'immigration clandestine", rejetée en 1996) qui marqua le début d'une politique migratoire caractérisée par l'exclusion et la xénophobie. La même année encore, l'UDC passa dans le camp des opposants lors de la votation sur l'adhésion à l'Espace économique européen et fit depuis lors figure d'adversaire véhément de toute ouverture en politique étrangère. Comme d'autres partis similaires en Europe occidentale, l'UDC défendit désormais une politique combinant des revendications nationalistes et identitaires dans les questions européennes et migratoires et des positions néolibérales en politique économique et fiscale, assorties d'une rhétorique populiste anti-establishment. Une opposition à la nouvelle ligne de l'aile zurichoise se fit jour à l'intérieur du parti, principalement dans les cantons de Berne et des Grisons, mais elle portait davantage sur le style et les interventions publiques que sur le contenu politique et les orientations idéologiques. […]
Le profil social de l'électorat UDC se diversifia nettement au cours des années 1990 et 2000. Aux électeurs traditionnels (hommes, classe moyenne relativement âgée, activité indépendante, zones rurales) s'ajoutèrent des ouvriers, des membres des basses classes de revenus, des sympathisants résidant dans les zones urbaines, ainsi qu'un grand nombre de jeunes. Comme le soulignent les études, l'UDC a bénéficié systématiquement du conflit ouverture/exclusion qui, depuis les années 1990, est un des principaux éléments qui déterminent la position des citoyens lors des élections et des votations; un nouveau clivage que le parti a largement contribué à faire apparaître en politisant des thèmes comme les migrations et l'intégration européenne. »
L’article Quand un parti gouvernemental se radicalise, publié sur Swissinfo le 22 octobre 2003, relaie l’entretien avec Oscar Mazzoleni, auteur d’une étude sur l’UDC, pour qui « il s’agit d’un cas de radicalisation d’un parti gouvernemental, unique en Europe. »
L’ouvrage d'Oscar Mazzoleni – Nationalisme et populisme en Suisse : la radicalisation de la "nouvelle" UDC – publié en 2003 dans la collection Le savoir suisse, fournit de nombreuses informations sur ce parti :
« A la fin des années 1990, l’Union démocratique du centre – en allemand "Parti suisse du peuple" – s’impose comme le premier parti suisse en termes de suffrages électoraux. ». Et ajoute que son « succès correspond à un tournant dans l’agenda et dans la stratégie politique de l’UDC : le parti rompt avec son pragmatisme traditionnel et entame un processus de radicalisation. A plusieurs égards, à partir du milieu des années 1990, il serait légitime de parler de l’avènement d’une "nouvelle" UDC. […] »
Page 14, nous lisons encore ce qui suit :
« Trois étapes majeures caractérisent l’histoire de cette mouvance que nous désignons, de manière provisoire, comme "national-populiste" :
- Les années 1960 et 1986 environ : cette mouvance se constitue essentiellement autour d’AN [Action nationale], des Républicains et des Vigilants ; c’est l’époque du "mouvement contre l’emprise étrangère".
- La période de transition entre le milieu des années 1980 et le début des années 1990 : on assiste à la tentative de renouveler l’héritage de ce mouvement (avec les DS, héritier direct d’AN), à l’essor d’un nouvel acteur, le Parti des automobilistes (devenu Parti suisse de la liberté) et à l’activation des thèmes de l’asile, du néolibéralisme, de l’intégration européenne.
- Des années 1990 jusqu’à nos jours : temps des succès électoraux pour la LEGA et surtout pour la "nouvelle" UDC. Les thèmes du "national-populisme" s’imposent dans l’agenda politique suisse et traduisent un changement important des rapports de force entre les principaux partis. »
L’auteur développe ensuite ces « trois étapes qui marquent la transition de la mouvance "national-populiste" suisse de la "périphérie" vers le "centre" du système politique. »
Dès la page 28, nous trouvons les chapitres Au coeur du système politique : la "nouvelle" UDC et L’ancienne UDC expliquent le changement d’orientation clair du parti : « Jusqu’à la deuxième moitié des années 1980, l’UDC a été essentiellement un parti conservateur de centre-droite […]. »
Mais enfin, comme le relève le parti lui-même, sur la page L’histoire de l’UDC de son site :
« Le nouveau parti, qui était aussi le plus petit parmi les quatre partenaires gouvernementaux, a été baptisé Union démocratique du centre (UDC). S'il est vrai que le profil d'un parti est déterminé par sa politique et moins par son nom, cette nouvelle appellation devait tout de même inaugurer une ère nouvelle pour ce mouvement politique. Le champ d'action de l'UDC, précédemment avant tout déterminé par la défense d'intérêts professionnels (agriculteurs, arts et métiers, indépendants), s'est notablement élargi. »
En résumé, comme l'indiquent les sources ci-dessus, l'UDC s'est transformé dès les années 90 en « parti conservateur (centre droit) en parti de droite populiste », malgré son nom qui contient toujours le terme « centre » et que le parti n'a apparemment pas souhaité changer jusqu'ici.
Nous espérons que ces éléments vous aideront dans votre recherche. N'hésitez pas à nous recontacter pour tout complément d'information ou toute autre question.
Cordialement,
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