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On désigne par le terme de dégradation, un affaiblissement de la structure du matériau. Les dégradations peuvent apparaître sous diverses formes. On distingue, en simplifiant, les dégradations survenues avant la mise en service, c.-à-d. immédiatement après la confection du béton, et les dégradations se développant pendant la durée de service, c.-à-d. après un certain vieillissement et/ou sous des sollicitations externes.
Par contre, il s’agit d’un défaut si le béton ne présente pas, au moment de la réception de l’ouvrage, les propriétés convenues contractuellement, p. ex. en relation avec son aspect, sa durabilité et sa résistance. L’évaluation des défauts et des dégradations se base sur la considération de leur étendue, leur intensité et leurs effets sur la sécurité structurale, sur l’aptitude au service et la durabilité d’un élément d’ouvrage ou de l’ouvrage. Les critères d’évaluation dépendent des exigences convenues lors du projet pour les phases d’exécution et d’utilisation de l’ouvrage.
Les connaissances des causes et des mécanismes de dégradation sont indispensables pour leur interprétation et l’évaluation de leurs conséquences. Elles constituent la base pour des analyses de risque, la définition de l’entretien nécessaire et le choix des mesures de protection et de remise en état.
Le béton est un matériau de construction très durable, à condition que la composition soit adéquate et que l’exécution soit réalisée selon les règles de l’art. La figure 8.0.1 montre une carotte prélevée dans un revêtement routier en béton (Cant. Argovie), qui a été construit en 1935 et démoli en 2011 au cours d’une réfection.
Evaluation du revêtement en béton Hellgasse, MörikenWildegg par le TFB, Wildegg:
- Composition du béton: il est frappant de constater les rapports E/C visés très bas (0.30 à 0.40). Selon les analyses microscopiques, les valeurs atteintes se situent entre 0.40 et 0.45, donc plus élevées que les valeurs visées, mais toujours très basses du point vue actuel.
- Propriétés du béton durci: aujourd’hui le béton possède une haute résistance à la compression, une haute résistance au gel/dégel en présence de sels de déverglaçage, une haute résistance aux chlorures et une faible perméabilité à l’eau. Ceci s’explique par le rapport E/C bas.
- Malgré une longue exposition aux sels de déverglaçage, la pénétration des chlorures dans le béton est bien moindre que celle des ouvrages routiers plus jeunes, fortement exposés aux sels. Ceci vient du fait que le béton présente une structure très dense et qu’il a été exposé aux sels pour la première fois à un âge déjà avancé (remarque: le déblayage complet et le salage des routes n’a commencé en Suisse que dans les années 1960). Grâce à sa structure dense, le béton possède, malgré une faible teneur en air, une haute résistance au gel en présence de sels de déverglaçage.
- L’armature, disposée avec une épaisseur d’enrobage de 45 mm, ne montrait pratiquement pas de signes de corrosion.