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Guatemala - Le président du Guatemala, Alvaro Colom, dirigera une commission spéciale d'enquête sur le scandale de ses compatriotes infectés par des maladies sexuellement transmissibles dans les années 40 dans le cadre d'une étude américaine, a annoncé lundi la présidence.
"Il s'agit de déterminer comment cela a pu se produire, qui furent les victimes et les responsables présumés, et quelles furent les séquelles", a dit le chargé de la communication de la présidence, Ronaldo Robles, en annonçant la création de la commission.
M. Colom sera entouré de son vice-président Rafael Espada, des ministres de la Santé, de l'Intérieur et de la Défense, et de représentants du Conseil de l'Ordre des médecins du Guatemala.
La commission entamera son enquête par la recherche des sources d'information et des documents disponibles au Guatemala et aux Etats-Unis, a précisé le président du Conseil de l'Ordre, Carlos Mejia.
Quelque 1500 personnes vulnérables, comme des prisonniers, avaient été exposés à dessein et à leur insu à des maladies sexuellement transmissibles dans le cadre d'une étude du gouvernement américain sur l'efficacité de la pénicilline, qui était commencée à être utiliser.
Cette étude avait été menée "au moyen d'expériences très semblables à celles des nazis, qui avaient sélectionné des populations en état de vulnérabilité", a poursuivi le Dr Mejia.
"Il faut découvrir le degré d'information qu'avaient le pouvoir législatif et l'exécutif" à l'époque, a-t-il également souligné.
Des politiciens guatémaltèques chargés de hautes fonctions dans les années 40 ont affirmé lundi avoir tout ignoré de telles expériences.
"A cette époque on ne savait rien de cela. Il y avait une importante coopération américaine dans le pays, mais nous n'avons rien su d'une telle barbarie", a estimé l'ancien président du Congrès Oscar Barrios Castillo au quotidien gouvernemental "Diario de Centro America".
"Ce sont des actes indignes. L'administration gouvernementale n'en a eu aucune information", a confirmé l'ancien ministre de l'Economie et du Travail, Alfonso Bauer Paiz.
Washington a présenté vendredi des excuses, et le président Barack Obama s'est personnellement excusé auprès de M. Colom.
ATS