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Critique
Paul (Titoff), écornifleur de talent, se retrouve à la rue après avoir exaspéré les uns après les autres ses amis qui l'hébergeaient. Il s'assied dans un café pour réfléchir à son futur immédiat lorsqu'arrive Alexandre (Frédéric Diefenthal), venu accrocher au panneau d'annonces une offre de cours de guitare. Paul laisse traîner une oreille et entend assez de la conversation entre Alexandre et la serveuse pour préparer un joli plan. Il relève l'adresse sur la petite annonce et, quelques heures plus tard, sonne à la porte d'Alex. La main sur le cœur, il raconte une histoire à peine vraisemblable, mais suffisamment toutefois pour s'assurer l'hospitalité. Dès lors il s'incruste, vit sur un grand pied grâce à ses escroqueries et finit par provoquer des catastrophes.
Le thème du parasite n'est pas neuf. Il est souvent pénible parce que pour durer le temps d'un film, il doit s'appuyer sur un deuxième personnage dont la faiblesse, voire la naïveté, sont aussi inacceptables que la muflerie du premier. Tout est dans le dosage. L'INCRUSTE affronte le risque et ne s'en sort pas trop mal grâce à un scénario solide et une bonne compréhension de la psychologie des personnages. Certes, le trait est forcé. Paul, le pique-assiette, est lourd. Ses copains manquent par trop de fermeté. Mais le personnage d'Alexandre, la victime, offre un visage plus nuancé. D'abord parce que, piégé par sa propre situation, il doit contenir son exaspération. Ensuite, parce qu'il traverse une période difficile et que sa solitude le rend vulnérable. Il se prend d'amitié pour Paul, qui le lui rend. Cette ambiguïté rend le film sympathique. A son crédit encore, une bande-son bien construite, dont une musique judicieuse.
Geneviève Praplan