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Explosion des cours du coton
A moyen terme, les habits en coton coûteront entre 5% et 10% de plus dans les magasins, estime Andreas Sallmann, patron du fabricant de sous-vêtements thurgovien ISA. Le lucernois Calida va aussi augmenter ses prix ponctuellement, mais pas avant l'automne 2011. Les supermarchés Coop le feront probablement aussi à ce moment.
Les cours flambent
Ce phénomène est la conséquence de l'explosion des cours sur les différents marchés mondiaux. L'indice de marché A de Cotlook affichait 1,75 dollar pour une livre (environ 450 grammes) en décembre, contre encore 95 centimes en septembre. Cette hausse vertigineuse des prix a plusieurs causes. Dans de nombreux pays, à cause d'une longue période de prix bas, la production de coton a été réduite et est finalement devenue insuffisante. Il y a aussi eu des récoltes décevantes, voire des catastrophes naturelles, à l'image des inondations au Pakistan.
Parallèlement, la demande a augmenté, surtout depuis l'Asie. "Si chaque Chinois achète un caleçon et un t-shirt de plus par an, cela représente des centaines de tonnes de coton", explique le patron d'ISA. Les entreprises qui avaient réduit leurs stocks pendant la récession ont maintenant besoin de balles de coton supplémentaires.
Report modéré sur les clients suisses
Le fabricant thurgovien subit d'autant plus les conséquences de ces hausses qu'il ne peut en reporter qu'une partie sur ses clients. L'impact négatif sur ses marges est légèrement tempéré par le fait qu'il paye son coton en euros alors que le franc suisse est fort. Du côté de Winterthour, les marges de l'entreprise Hermann Bühler, dernière filature de Suisse, ont souffert durant six mois. Il a été possible d'adapter le prix du fil, "la hausse était compréhensible pour les clients", indique son chef des achats Matthias Lauffer.
A noter que la matière première n'est pas seulement plus chère, elle est aussi plus difficile à obtenir. "Autrefois, le commerçant de coton venait chez moi, nous buvions un café et cela évoluait un peu comme au bazar", raconte Andreas Sallmann, d'ISA. Aujourd'hui, les négociants imposent leurs prix.
Concurrence de l'alimentaire
Le coton devrait rester cher encore un certain temps. Certes, les producteurs vont probablement essayer d'étendre les surfaces cultivables. Mais le manque d'eau pèse dans certaines régions. En outre, la culture du coton est concurrencée par d'autres produits agricoles, alimentaires en particulier. Et la demande reste élevée: "Environ un cinquième des contrats pour la prochaine récolte américaine sont déjà vendus", observe Matthias Lauffer, de la filature de Winterthour. Les prix devraient descendre un peu dans deux ans, espère pour sa part le patron du fabricant de sous-vêtements ISA, Andreas Sallmann.
ats/jzim