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mardi 11 mars 2014
LA VIE ET L'ART DE KATHLEEN FERRIER Le chant de la terre
D'origine modeste, la cantatrice anglaise Kathleen Ferrier (1912-1953) conquit les scènes du monde entier et laissa derrière elle d'incomparables interprétations de lieder. Sa voix de contralto, reconnaissable entre toutes, son attitude simple et directe, ont contribué à populariser l'art lyrique. Un émouvant portrait de Kathleen Ferrier.
Sa voix de contralto, reconnaissable entre toute, son attitude simple et directe, ont ému les scènes du monde entier, popularisé l'art lyrique et ont fait d'elle une cantatrice adulée en Grande-Bretagne, son pays natal. Le chef d'orchestre allemand Bruno Walter disait que ses deux plus grandes expériences musicales furent la rencontre de Ferrier et Mahler, "dans cet ordre", précisait-il. Pourtant, les débuts de Kathleen Ferrier furent difficiles. Quand elle voulut rejoindre le chœur de son école, on lui conseilla de ne pas chanter fort, car on jugeait sa voix très rauque. Issue d'un milieu modeste, elle arrêta les études à 14 ans pour devenir téléphoniste, mais profitait de ses loisirs pour jouer du piano. Ce n'est qu'à 25 ans qu'elle se découvre un don pour le chant. Elle se produit alors dans les concerts locaux et y trouve un exutoire à un mariage désastreux. Sa carrière internationale ne démarre qu'en 1946, à l'âge de 30 ans, mais sera fulgurante, avant qu'un cancer ne l'emporte huit ans plus tard.
Une voix troublante
Au fil des photos, on voit une jeune femme au visage rayonnant gagner en assurance et en allure à mesure qu'elle s'épanouit sur le plan artistique. Une vidéo la révèle, vive et blagueuse, interprétant avec des mines grivoises un air folklorique anglais. Nourri de témoignages de ses proches, de ses biographes, de musiciens et des carnets intimes de Kathleen Ferrier, ce documentaire retraçant la vie et la carrière de la cantatrice se laisse guider par son timbre doux et plein – capté au cours d'enregistrements, parfois inédits, d'interviews radiophoniques, de concerts ou en studio. Portée par un souffle généreux, cette voix à la tessiture androgyne, troublante pour l'époque, lui permit d'interpréter le rôle d'Orphée dans l'opéra de Gluck. Mais c'est avant tout dans les lieder de Bach, Brahms, Schubert et surtout de Mahler, qu'elle fit merveille. Un an avant sa mort, elle interpréta, sous la direction de Bruno Walter, une version magistrale du Chant de la terre, qui fait référence aujourd'hui. L'œuvre testament du compositeur viennois trouve un douloureux écho dans la vie de la cantatrice, alors terriblement affaiblie, qui reprenait vie dès qu'elle s'approchait des studios. Bernie Hammond, son assistante, raconte qu'à la fin de l'enregistrement, elle eut l'impression que le temps s'était arrêté quelques secondes.
Source du texte : Arte
Autre biographie (et discographie) : wikipedia
Le Chant de la terre par Gustave Mahler, sous la direction de Bruno Walter, Alto solo : Kathleen Ferrier.