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Grand intellectuel et qualifié d' « ascétique », le cardinal Bergoglio est réputé pour l'austérité et la discrétion de son style de vie. Toutefois, s'il est loin d'avoir l'aisance médiatique d'un Jean Paul II, il est aussi décrit comme un pasteur, qui sait se rendre proche de ses fidèles. C'est un homme solide, disponible et attentif, qui s'intéresse de près aux problèmes sociaux et n’hésite pas à mettre en garde contre les dangers du néolibéralisme de la mondialisation.
Jorge Mario Bergoglio est né le 17 décembre 1936 à Buenos Aires, dans une famille modeste. Son père est d'origine italienne. Après des études de chimie, il entre à 22 ans au noviciat de la Compagnie de Jésus. Ses problèmes de santé - il n'a qu'un seul poumon - ne l'empêchent pas d'approfondir ses études de philosophie, de théologie et de psychologie, ni d'enseigner la littérature dans des écoles privées d'Argentine. Il est ordonné prêtre onze ans plus tard, le 13 décembre 1969. Après une année passée à Alcala de Henares en Espagne, il prononce sa profession perpétuelle le 22 avril 1973.
Théologie de la libération
La même année, il est élu provincial - responsable national - des jésuites argentins. Il a 36 ans. Il reste à ce poste pendant six ans, qui sont des années difficiles. C'est l'époque de la dictature militaire en Argentine. Il est ensuite nommé recteur des Facultés de théologie et de philosophie de la Compagnie de Jésus à Buenos Aires, assumant en même temps la charge de curé de paroisse. En 1986, il part à Fribourg, en Allemagne, afin de terminer sa thèse de doctorat, puis revient en Argentine, où il est nommé dans une paroisse de Cordoba, à 700 km à l'ouest de Buenos Aires, au pied de la Sierra de Cordoba, et à Mendoza, encore plus à l'ouest, près de la frontière chilienne. C'est en 1992 que Jean Paul II le nomme évêque auxiliaire de Buenos Aires, puis évêque coadjuteur en juin 1997.
Il travaille alors aux côtés du cardinal Antonio Quarracino, qui le décrivait, quelque jours avant sa mort en 1998, comme « un homme discret et très efficace, fidèle à l'Eglise et très proche des prêtres et des catholiques. Il est une bonne nouvelle pour son diocèse ». Au décès de Mgr Quarracino, Mgr Bergoglio prend donc sa suite. Le jour de sa nomination, la presse locale le présente comme « un homme d'une profonde et solide formation théologique, et en même temps très proche de ses fidèles ».
Créé cardinal en février 2001, il a été membre des Congrégations romaines pour le culte divin, pour le clergé, et pour les Instituts de vie consacrée, ainsi que du Conseil pontifical pour la famille. (apic)