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Genève, le 17 septembre 2010. Au cours d’une série intense de réunions, qui s’achève aujourd’hui, le Conseil du CERN1 a approuvé à une large majorité le plan à moyen terme révisé du Laboratoire pour la période 2011 à 2015. Ce plan avait initialement été présenté au Conseil à sa session de juin, au cours de laquelle celui-ci avait demandé à la Direction du CERN d’y inclure des mesures d’économie. Dans le plan révisé, les contributions des États membres seront réduites au total de 135 MCHF sur la période de cinq ans couverte par le plan, avec des mesures visant à consolider les régimes de protection sociale du CERN. Au total le programme subira une réduction de 343 MCHF. Le plan adopté protège le programme vedette du CERN, le LHC, et réalise des économies en ralentissant le rythme d’autres programmes. La Direction du CERN estime qu’il s’agit d’un résultat positif pour le Laboratoire dans le climat financier actuel.
« Le plan que nous avons présenté au Conseil est résolument axé sur les activités scientifiques, a déclaré Rolf Heuer, directeur général du CERN. Il réduit les dépenses pour la recherche et les travaux de consolidation par un ajustement rigoureux et réfléchi du rythme prévu à l'origine, sans compromettre indûment le futur programme de recherche. Les réductions seront douloureuses, mais dans le climat financier actuel, elles sont équitables. »
Parmi les programmes qui seront affectés, il y a le relèvement de l'intensité des faisceaux du LHC, qui permettra aux expériences d'accumuler des données plus rapidement. Ce relèvement aura donc lieu plus tard que prévu, et le nouvel accélérateur linéaire ne sera opérationnel qu'en 2016 au lieu de 2015.
Il n’y aura pas d’exploitation des accélérateurs du CERN en 2012. La décision de ne pas faire fonctionner le LHC en 2012 avait déjà été prise en février pour des raisons purement techniques. L’ensemble du complexe d’accélérateurs du CERN sera donc, comme le LHC, soumis à un arrêt technique d'un an.
À plus long terme, le plan prévoit la poursuite de la R&D sur l’étude sur le collisionneur linéaire compact du CERN, le CLIC, et les sources de protons de haute intensité, mais à un rythme moins soutenu que prévu initialement. Les travaux relatifs au CLIC pourraient aboutir à de nouvelles technologies pour la mise au point d’une nouvelle machine permettant d’étudier de façon approfondie les découvertes faites par le LHC, alors que les sources de proton de haute intensité permettront au CERN de jouer son rôle dans les progrès de la physique des neutrinos au niveau mondial.
« La décision du Conseil d’aujourd’hui est importante pour la science européenne, a déclaré Michel Spiro, président du Conseil. Même si le Conseil est conscient que les réductions seront douloureuses, nous reconnaissons l’excellente performance du LHC et des détecteurs, et nous avons donc pris des décisions qui réduisent au minimum l’impact pour le CERN et la communauté mondiale des utilisateurs. La décision du Conseil souligne l’engagement de l’Europe en matière de recherche fondamentale, et elle témoigne de la force du modèle de collaboration scientifique internationale que représente le CERN. Le Conseil exprime à la Direction du CERN sa reconnaissance pour le pragmatisme et le réalisme qui inspirent sa proposition de réaliser de substantielles économies en ces temps de crise. »
Note(s)
Le CERN, Organisation européenne pour la Recherche nucléaire, est le plus éminent laboratoire de recherche du monde en physique des particules. Il a son siège à Genève. Ses États membres actuels sont les suivants : Allemagne, Autriche, Belgique, Bulgarie, Danemark, Espagne, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Italie, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République slovaque, République tchèque, Royaume-Uni, Suède, Suisse. La Roumanie a le statut de candidat à l’adhésion. Israël est État membre associé en phase préalable à l’adhésion. La Commission européenne, les États-Unis d'Amérique, la Fédération de Russie, l'Inde, le Japon, la Turquie et l'UNESCO ont le statut d'observateur.