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La Suisse possède un gigantesque stock de vaccins anti-variole, mais il est inutilisable
Le Conseil fédéral devrait annoncer mercredi l'achat d'un vaccin pour endiguer la variole du singe. Il s'agit en fait d'un vaccin contre la variole traditionnelle, de la troisième génération, vaccin que la Suisse ne possède pas en stock.
Dans des stocks de la pharmacie de l'armée tenus secrets, la Suisse possède en revanche des millions de doses du vaccin de première génération, soit suffisamment pour vacciner toute la population suisse. Cependant, il est vieux de 50 ans et est aujourd'hui inutilisable.
Effets secondaires trop importants
"On ne préconisera en aucun cas ce vaccin pour protéger de la variole du singe. Ses effets secondaires sont trop importants. Il y a une multiplication du virus qui donne des lésions pendant environ trois semaines", a expliqué mardi dans le 19h30 de la RTS le professeur responsable du Centre maladies virales émergentes des HUG Laurent Kaiser.
"Ces vaccins de première génération ne remplissent ni les standards actuels de fabrication, ni de sécurité", indique pour sa part l'OFSP.
Cette première génération de vaccins contre la variole a été administrée en Suisse jusqu'en 1972. Puis, en 1980, la maladie est officiellement éradiquée de la surface de la planète.
Mais les attentats du 11 septembre 2001 redistribuent les cartes. La variole devient une menace bioterroriste et les pays s'équipent à nouveau. Comme l'annonce une archive du Téléjournal cette année-là, le Conseil fédéral décide d'acheter des millions de doses de vaccin contre la variole, pour un montant de 10 millions de francs. Un peu plus de 20 ans plus tard, ils dorment toujours dans des frigos.
Efficacité encore à définir précisément
Après la première vint la deuxième génération de vaccins contre la variole, dont la Suisse n'a pas fait l'acquisition. Aujourd'hui, c'est l'achat de vaccins de troisième génération qui est en négociation.
"Il s'agit de vaccins extrêmement atténués. Le virus va pénétrer dans la cellule humaine, mais il va être incapable de créer de nouveaux virus. C'est un peu comme avec l'ARN messager", explique Laurent Kaiser.
Si les indicateurs semblent rassurants, l'efficacité de ces vaccins de troisième génération contre la variole du singe, un virus différent, bien que génétiquement proche de la variole humaine, reste encore à définir précisément.
>> Ecouter aussi la médecin cantonale genevoise Aglaé Tardin s'exprimer sur l'arrivée du vaccin anti-variole sur le plateau du 19h30 mardi:
Sujet TV: Théo Jeannet
Adaptation web: Vincent Cherpillod
"On a besoin d'une stratégie globale pour la Suisse"
"C'est vrai qu'il y a un certain attentisme, surtout quand on regarde ce qui se passe autour de nous. Et il peut faire un peu peur, puisque le nombre de cas est en augmentation", a analysé le conseiller national Baptiste Hurni (PS/NE) mercredi dans La Matinale de la RTS.
"Il faut évidemment savoir raison garder, on n'est pas sur une épidémie avec un développement aussi immédiat et aussi rapide que le Covid par exemple", a précisé celui qui est aussi président de la section romande de la Fédération Suisse des Patients.
"Mais il y a une sorte de cafouillage", a ajouté Baptiste Hurni: "Certains cantons font quelque chose, d'autres non. Certains imposent de rester à la maison, d'autres non. Et tout ça créée le sentiment qu'on ne sait pas très bien Où on va".
Aujourd'hui, a encore relevé le Neuchâtelois, "on a besoin de clarté, d'une stratégie globale pour la Suisse. Et derrière, on a aussi besoin de ce vaccin".
>> L'interview de Baptiste Hurni dans La Matinale: