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Mathématiques: la médaille Fields 2018 à un professeur de l'EPFZ
01.08.2018
Alessio Figalli, professeur de mathématiques à l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ), a remporté mercredi la médaille Fields 2018 de mathématiques. L'Italien de 34 ans fait partie des quatre lauréats de ce prix considéré comme le Nobel des mathématiques.
Né à Rome en 1984, M. Figalli a été récompensé pour ses "contributions à la théorie du transport optimal et ses applications aux équations différentielles et à la géométrie métrique", ont annoncé les organisateurs du Congrès international des mathématiques, qui se tient à Rio jusqu'au 9 août.
Il s'est notamment distingué en résolvant un problème vieux de vingt ans relatif à l'équation dite de Monge-Ampère. Introduite au XIXe siècle, cette célèbre équation aux dérivées partielles est utilisée dans des domaines aussi variés que l'urbanisation, l'imagerie ou la météorologie, a précisé l'EPFZ dans un communiqué.
"J'ai du travail pour les 30 ou 40 prochaines années", s'est félicité le professeur zurichois, cité sur le compte Twitter du congrès. "Mais il y a un problème que j'espère bientôt résoudre, c'est de vivre dans la même ville que ma femme", a-t-il ajouté.
Nombreuses récompenses
En 2007, un an à peine après avoir obtenu son diplôme de Master à l'Ecole normale supérieure (ENS) de Pise, il soutient son doctorat à l'ENS de Lyon en cotutelle avec l'ENS de Pise. La même année il est recruté comme chargé de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) français.
Depuis lors, il a poursuivi ses travaux comme chercheur du CNRS détaché, d'abord comme professeur à l'Ecole polytechnique puis à l'université du Texas à Austin et, depuis 2016 à l'EPFZ. M. Figalli avait déjà obtenu plusieurs distinctions mathématiques destinées aux jeunes chercheurs.
"Avec la médaille Fields, il est désormais pleinement reconnu comme l'un des plus grands mathématiciens de sa génération", a déclaré la ministre française de la Recherche Frédérique Vidal, citée par l'AFP. Selon elle, cette récompense témoigne "du remarquable rayonnement des sciences mathématiques françaises et italiennes".
Réfugié kurde iranien primé
Les autres lauréats sont les scientifiques Caucher Birkar, Akshay Venkatesh et Peter Scholze. Né au Kurdistan iranien, Caucher Birkar, 40 ans, est réfugié depuis 2000 au Royaume-Uni, où il enseigne à l'Université de Cambridge. Il a été récompensé pour sa contribution aux études géométriques sur le plan de Fano.
"J'espère que cette nouvelle va faire sourire 40 millions de personnes", a-t-il réagi sur Twitter, en référence au peuple kurde. Avec tous les conflits qui font rage dans la région, "le Kurdistan n'était pas un endroit où on pourrait imaginer qu'un enfant puisse s'intéresser aux mathématiques", a-t-il ajouté.
Peter Scholze, professeur de l'Université de Bonn, a remporté la médaille Fields grâce à ses travaux sur l'arithmétique et la géométrie algébrique. Le quatrième lauréat, Akshay Venkatesh, 36 ans, est né à New Delhi et a grandi en Australie. Il a été récompensé pour ses travaux sur la théorie analytique des nombres.
Jeunes mathématiciens
La médaille Fields est attribuée depuis 1936 à un maximum de quatre mathématiciens de moins de 40 ans. Ce prix a été proposé en 1923 par le mathématicien canadien John Charles Fields, décédé en 1932. Il a légué ses biens à la science pour financer cette récompense, souvent qualifiée de "prix Nobel" de mathématiques.
Sur les 55 lauréats au total, on compte notamment treize Américains et douze Français, les deux nationalités ayant reçu le plus souvent cette récompense.
Les médailles ont été remises lors du Congrès international des mathématiques, qui a lieu tous les quatre ans depuis la fin du XIXe siècle et était organisé pour la première fois dans l'hémisphère sud.
ats