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Débat
Mme Christina Meissner (UDC). Certains pourraient croire que, après tous les débats que nous avons eus au sujet des citernes de Vernier, il n'y aurait pas lieu de voter cette résolution... Ils se trompent ! Les invites sont, hélas, toujours d'actualité: en effet, la demande de ne pas implanter le ferrailleur Jaeger & Bosshard sur la parcelle dite «Holcim» reste d'actualité, car, il faut bien le dire, l'Etat n'a toujours pas statué à ce propos.
Je reviens sur l'étude mandatée par l'Etat, les privés et la commune. Cette étude, réalisée par Urbaplan, conclut à la fin 2010 que le site de Blandonnet - là où se trouvent les fameuses citernes - pourrait être débarrassé de ces citernes pour autant que la parcelle Holcim - celle où il est prévu d'implanter Jaeger & Bosshard - soit effectivement libre à ce moment-là. Et, s'il est possible d'implanter les citernes de Blandonnet sur la parcelle que l'Etat veut attribuer à Jaeger & Bosshard, la commune de Vernier pourra à nouveau bénéficier de son site de Blandonnet - qui est quand même le coeur de la commune - et le réaliser d'une manière tout à fait rationnelle.
Je rappelle que l'Etat n'a pas donné sa réponse par rapport à cette étude, alors que les conclusions sont claires. Il est possible de procéder à ce déplacement, ce qui permettrait de construire des logements et d'envisager un aménagement cohérent, tout cela sans coût aucun, puisque les frais inhérents au déplacement des citernes seront compensés par la rentabilisation des terrains libérés.
Ce que nous demandons ce soir est simple: que l'Etat indique enfin à la commune de Vernier qu'il l'a entendue, qu'il accepte les conclusions de cette étude, qu'il ne va pas implanter Jaeger & Bosshard sur ce site et qu'il sera possible de déplacer les citernes, afin de réaliser un aménagement cohérent de la commune et offrir les logements sur l'ensemble de ce territoire que nous souhaitons tous.
Les invites de cette proposition de résolution restent donc d'actualité, et nous attendons que l'Etat nous donne un signal clair qu'il travaille pour les Verniolans, dans le sens des conclusions de l'étude qu'il a lui-même mandatée.
M. Miguel Limpo (Ve). Je serai très bref. Les Verts sont favorables à cette résolution. Nous avons dit tout à l'heure que nous étions opposés au déplacement des citernes sur un autre site - peut-être en zone agricole... - car, finalement, d'autres solutions existent, notamment le regroupement des citernes. Par le passé, ces citernes avaient une raison d'être pour des questions de réserve stratégique, mais actuellement une bonne partie d'entre elles sont vides: il faut donc les regrouper.
Ce regroupement pourrait donner l'opportunité à la commune de créer un nouveau quartier, entre guillemets, «d'affaires», lequel permettrait d'offrir des emplois à forte valeur ajoutée en face d'un grand magasin d'ameublement, et cette région est vraiment l'endroit idéal pour construire ces immeubles. Pour une fois, la commune de Vernier propose un projet crédible, un projet qui lui permettrait d'engranger des rentrées supplémentaires. Donc, évidemment, pour les raisons qui ont été évoquées par Mme Meissner, mais aussi pour aider la commune de Vernier à créer des emplois à forte valeur ajoutée, nous vous demandons d'accepter cette résolution, afin que le déplacement de Jaeger & Bosshard soit suspendu et que ces emplois puissent être créés sur la commune de Vernier.
M. Bertrand Buchs (PDC). Nous assistons à un tour de magie... En effet, on vient de parler des citernes de Vernier, et on nous dit tout à coup qu'il est possible de les déménager. Où, on ne le sait pas, mais quasiment gratuitement ! J'aimerais donc bien que l'on m'explique comment on trouve, en deux heures, le financement du coût inhérent au déplacement de ces citernes. (Brouhaha.)
Maintenant, nous pensions que cette résolution... (Brouhaha. Le président agite la cloche.) ...serait retirée, parce que nous avons déjà discuté hier du projet de l'Etang, projet que nous avons soutenu à la majorité. Nous avons aussi parlé des citernes tout à l'heure...
Quoi qu'il en soit, le PDC ne peut pas soutenir cette résolution, car nous sommes favorables au déménagement de l'entreprise Jaeger & Bosshard à Vernier, sur le site prévu à cet effet. Ce déménagement est important: c'est le premier déménagement du site du PAV, et il faut le faire !
M. Serge Hiltpold (L). Nous avons passablement parlé, dans la résolution 647, du chemin de l'Etang et, dans la motion 1902, de la localisation de Jaeger & Bosshard. Je pense qu'il faut maintenant mener une vraie réflexion, d'une part sur les citernes, et d'autre part sur la parcelle où sera implantée l'entreprise Jaeger & Bosshard. Nous avons également beaucoup parlé du secteur tertiaire, du secteur de Blandonnet, et un autre élément important doit être pris en compte dans la politique économique genevoise, à savoir toute la question du recyclage.
Vous parlez énormément du PAV... Le déclassement a été voté à l'unanimité de ce parlement. Jaeger & Bosshard est la première entreprise qui souhaite partir du PAV et libérer une part du camembert de l'espace du PAV, et elle va s'implanter dans un emplacement idéal.
Les libéraux et les radicaux sont sur la même longueur d'onde que le parti démocrate-chrétien. La sagesse commande de renvoyer cette résolution à la commission d'aménagement, afin de pouvoir lier la problématique du chemin de l'Etang à cette parcelle. Si un droit de superficie est octroyé à une entreprise, ce n'est pas par hasard: la localisation de Jaeger & Bosshard sur la rive droite est parfaite en termes d'infrastructures, et je pense donc qu'il serait sage et responsable de renvoyer cet objet à la commission d'aménagement.
M. Eric Stauffer (MCG). Le groupe MCG va soutenir ce texte. Je ferai juste une petite remarque à l'intention de nos collègues Verts... Nous avons entendu il y a quelques minutes qu'ils avaient reçu le puck en s'opposant au projet du Genève-Servette Hockey Club. Nous entendons maintenant que le fait de déplacer les citernes loin des habitants poserait problème, car j'imagine qu'il faut préserver quelques grenouilles dans la campagne...
Vous nous excuserez quant au choix de nos priorités, mais nous préférons assurer la qualité de vie et la sécurité des citoyens ! Par conséquent, s'il était possible, une fois pour toutes, d'enlever les citernes de la commune de Vernier et de les déplacer à «Pampelune-les-quatre-jeudis», ou peut-être - je ne sais pas, moi ! - en rase campagne, vers les Cheneviers, un peu plus loin dans les environs, ou tout du moins loin des habitations, ce serait une bonne chose. Mais si vous mettez en opposition les citoyens et les grenouilles ainsi que quelques brins d'herbe qu'il faudra plier, le canton est vraiment mal barré pour construire du logement ! Et si, chaque fois qu'un projet propose un déclassement pour réaliser des constructions, vous vous y opposez en faisant ce que j'appellerai «de l'ayatollisme Vert», c'est vraiment dommage pour la population genevoise ! Voilà ! En tout état de cause, le MCG soutiendra ce texte.
M. Antoine Bertschy (UDC). Mesdames et Messieurs les députés, la société Jaeger & Bosshard est devenue un symbole... Un double symbole ! Un symbole pour le canton, car nous connaissons tous l'attachement du conseiller d'Etat en charge du DCTI pour le PAV. Ce serait la première entreprise à être déplacée ailleurs: cela montrerait que le PAV démarre, qu'il va de l'avant et que ce projet d'envergure est sur de bons rails.
Mais c'est aussi devenu un symbole à Vernier, c'est pourquoi je parlais de double symbole. En effet, pour Vernier, c'est un symbole de blocage, car l'endroit où l'on veut implanter Jaeger & Bosshard à Vernier - en ce qui me concerne, je n'ai rien contre cette entreprise, brillante, magnifique, qui a tout ce qu'il faut - bloque un projet de construction de mille logements et la possibilité d'offrir quatre mille emplois, dans le secteur du chemin de l'Etang.
Quoi qu'il en soit, la seule chose que demande cette résolution, c'est de trouver une solution ! En tant que Verniolan, j'aurais tendance à dire, si j'étais obtus, que je ne veux pas de Jaeger & Bosshard sur le territoire de ma commune, mais étant donné que je ne le suis pas, je demande qu'une solution soit trouvée ! A Vernier, d'accord ! Près des voies de chemin de fer, à Vernier, il existe d'autres endroits, alors trouvons un nouvel emplacement qui se prêterait à cette implantation et développons le quartier du chemin de l'Etang ! Construisons ces mille logements dont nous parlons depuis deux jours, et réalisons un endroit qui permettra de créer les quatre mille emplois à la clé ! En conclusion, l'UDC acceptera avec plaisir le renvoi de cette résolution en commission.
M. Alain Charbonnier (S). Le groupe socialiste soutiendra le renvoi en commission de cette motion, puisque c'est simplement un plagiat d'une motion socialiste datant de septembre 2009, donc déposée quelque temps avant cette motion... Cette résolution, pardon ! Non, cette motion ! J'y arriverai ! (Rires.) Non, il s'agit bien d'une résolution déposée par l'UDC, qui n'a fait - je le répète - que plagier la motion déposée par les socialistes en septembre 2009, laquelle avait été renvoyée à la commission d'aménagement où elle a été traitée en partie. Le conseiller d'Etat Muller est d'ailleurs venu nous apporter quelques réponses, mais entre-temps cette motion a été mise au frigo, et elle est en attente de compléments d'informations à la commission d'aménagement. Il nous a été indiqué que Jaeger & Bosshard pouvait tout à fait migrer un peu plus haut dans la commune de Vernier, le long des voies de chemin de fer. Cela ferait plaisir à M. Hiltpold, qui n'est malheureusement plus là... (Commentaires.) Ah, mais si, il est là ! Pardon, Monsieur Hiltpold ! Donc, d'autres endroits de la commune de Vernier seraient susceptibles d'accueillir Jaeger & Bosshard, mais malheureusement la parcelle qui a été choisie bloque effectivement différents projets.
Nous ne défendrons pas le projet du chemin de l'Etang tel qu'il est décrit car, comme nous l'avons déjà expliqué hier soir, le fait de créer mille logements et quatre mille emplois ferait passer la densité à 2,7. Nous considérons pour notre part que ce projet est vraiment ultra-mauvais: nous voulons que soient réalisés des logements, mais pas à ces conditions ! Construire mille logements au chemin de l'Etang, oui, d'accord, mais pas aux conditions du projet actuel ! Et puis déplaçons Jaeger & Bosshard un peu plus haut, de façon que puissent se faire ces délocalisations des entreprises du PAV - que nous soutenons aussi et que nous appelons de nos voeux - afin de permettre de construire du logement dans le PAV, aux conditions que nous avons réclamées, c'est-à-dire un logement pour un emploi, comme pour le reste du canton.
Nous sommes d'accord de renvoyer cette résolution à la commission d'aménagement de façon qu'elle soit traitée conjointement avec la motion 1902, qui est au frigo dans cette même commission. Et nous espérons que l'UDC, cette fois-ci, la soutiendra, parce qu'il faut quand même dire que, depuis septembre 2009 jusqu'au printemps 2010, elle a toujours refusé le traitement en urgence de cette motion, qui a traîné à l'ordre du jour plus d'une année, malgré les velléités soudaines de tous ces Verniolans qui se retrouvent dans cette résolution.
Le président. Merci, Monsieur le député. Je donne la parole à Mme Christina Meissner, à qui il reste une minute quarante.
Mme Christina Meissner (UDC). Merci, Monsieur le président ! Nous sommes enchantés que les socialistes du Grand Conseil rejoignent enfin la position des socialistes de la commune de Vernier et, par ricochet, celle de l'UDC et des Verts ! Nous sommes donc tous sur la même longueur d'onde: réjouissons-nous !
Bien sûr, nous allons tous discuter de cette question de façon très cohérente en commission d'aménagement: je ne remets pas cela en cause ! Je voulais juste apporter quelques précisions en matière de coûts. Oui, en effet, l'étude montrait plusieurs scénarios. Déplacer et rationaliser les citernes sur les sites actuels, sauf Blandonnet, représenterait un coût de 200 millions et la valorisation des terrains libérés atteindrait 200 millions, ce qui en ferait une opération neutre. Par contre, comme le suggérait mon préopinant Stauffer, les déplacer aux Cheneviers coûterait environ 400 millions, mais la valorisation des terrains libérés, elle, resterait évidemment à 200 millions.
Le résultat est donc clair: les Verniolans doivent vivre avec leurs citernes, mais pas n'importe où ! S'il est possible de les déplacer sur le site que l'Etat a prévu pour Jaeger & Bosshard, ce serait parfait ! Je vous remercie donc de nous suivre en commission.
Le président. Merci, Madame la députée. Je donne la parole à M. Thierry Cerutti, à qui il reste une minute trente.
M. Thierry Cerutti (MCG). Merci, Monsieur le président, ce sera largement suffisant ! Le groupe MCG, naturellement, va soutenir le renvoi de cette résolution à la commission d'aménagement. Nous ne pouvons que nous réjouir de la première invitation demandant au Conseil d'Etat de revoir sa position à l'égard de Jaeger & Bosshard...
Une voix. L'invite !
M. Thierry Cerutti. L'invite ! L'invitation, l'invite... Merci, Marc ! Donc nous nous réjouissons de pouvoir traiter cela et d'entendre la proposition du Conseil d'Etat, notamment, je présume, pour déplacer Jaeger & Bosshard sur le terrain du Moa Club. Nous nous réjouissons également de travailler pour trouver une cohérence et une coordination entre le canton, la Ville de Vernier et le promoteur, afin de pouvoir développer le projet concernant la réalisation de mille logements et l'offre de quatre mille emplois. Par conséquent, pour nous, ce n'est que du bonheur de pouvoir travailler et traiter cette résolution au sein de la commission d'aménagement.
M. Mark Muller, président du Conseil d'Etat. Mesdames et Messieurs les députés, avant de vous donner quelques éléments sur la question des citernes, j'aimerais revenir sur le précédent débat, dans la mesure où il a été clos de façon relativement peu élégante par Mme Emery-Torracinta. En effet, après m'avoir adressé de virulentes critiques, cette dernière a tout simplement retiré sa résolution, ce qui m'a évidemment empêché de répondre.
Par conséquent, j'aimerais indiquer très brièvement à ce sujet que si, effectivement, la procédure a pris quelques mois, ce temps a été mis à profit tout simplement pour faire respecter nos lois. Il a été mis à profit pour faire en sorte de baisser les loyers que l'Hospice général souhaitait pratiquer. Et je m'étonne, Madame la députée - je m'étonne vraiment beaucoup ! - que vous critiquiez cette manière de faire, dont le simple but est de mettre sur le marché des logements dont les loyers sont abordables. Et puis, je m'étonne aussi que vous ne sachiez pas que l'Hospice général - que vous connaissez bien pour des raisons familiales - pratique une politique immobilière loin - loin ! - d'être sociale.
S'agissant maintenant des citernes de Vernier et de Jaeger & Bosshard - nous en parlons effectivement beaucoup ces temps-ci - j'aimerais donner un certain nombre d'éléments et corriger une ou deux contrevérités.
Tout d'abord, ce n'est pas le Conseil d'Etat qui cherche absolument à installer Jaeger & Bosshard sur la fameuse parcelle largement évoquée - la parcelle Holcim... C'est Jaeger & Bosshard elle-même, soutenue par des partenaires privés, qui a monté une opération lui permettant d'être délocalisée sans frais pour l'Etat, ce qui est quand même tout à fait appréciable. C'est le premier point. (Brouhaha. Le président agite la cloche.)
Deuxième point: ce qui se passe sur cette parcelle ne bloque en rien le projet de l'Etang. Cela a été démontré par une expertise toute récente. Vous dites que le projet de l'Etang serait bloqué si les citernes n'étaient pas déplacées, comme vous le souhaitez, sur la parcelle Holcim destinée à Jaeger & Bosshard... C'est totalement faux, et il faut arrêter de prétendre cela ! Cette expertise pourra vous être présentée en commission.
Enfin, dernier élément: nous cherchons malgré tout - malgré le fait que la parcelle Holcim se prêterait parfaitement bien à accueillir Jaeger & Bosshard - à trouver une autre solution. Du reste, nous sommes en train d'en étudier une, avec le concours des différents partenaires concernés, qui sont d'accord de jouer le jeu.
Je vous invite donc à reprendre le débat en commission. Cela nous permettra de vous donner des informations, informations que nous n'avons pas encore en totalité, puisque nous attendons l'étude sur les citernes ainsi que celle sur cette autre parcelle qui pourrait accueillir Jaeger & Bosshard.
Le président. Merci, Monsieur le conseiller d'Etat. Mesdames et Messieurs les députés, nous sommes saisis d'une demande de renvoi de la proposition de résolution 647 à la commission d'aménagement.
Mis aux voix, le renvoi de la proposition de résolution 647 à la commission d'aménagement du canton est adopté par 77 oui et 1 abstention.