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16/10/2015
Palazzo Dario, Venise, dessin de Ruskin
Ecrivain, dessinateur, esthète, théoricien d'art, John Ruskin a écrit d'innombrables pages sur l'architecture et laissé de remarquables dessins et pensées. Voici quelques extraits qui pourraient être lus et médités par les décideurs et promoteurs modernes.
"Le principe des temps modernes [...] consiste d'abord à négliger les édifices puis à les restaurer. Prenez soin de vos monuments et vous n'aurez nul besoin de les restaurer. Quelques feuilles de plomb placées en temps voulu sur la toiture, le balayage opportun de quelques feuilles mortes et de brindilles de bois obstruant un conduit sauveront de la ruine à la fois murailles et toiture. Veillez avec vigilance sur un vieil édifice; gardez-le de votre mieux et par tous les moyens de toute cause de délabrement. Comptez en les pierres comme vous le feriez pour les joyaux d'une couronne; mettez-y des gardes comme vous en placeriez aux portes d'une ville assiégée; liez-le par le fer quand il se désagrège; soutenez-le à l'aide de poutres quand il s'affaisse; [...] faites-le avec tendresse, avec respect, avec une vigilance incessante, et encore plus d'une génération naîtra et disparaîtra à l'ombre de ses murs [...]
Des dégradations ignorantes et aveugles, il est inutile de parler. Mes paroles n'arriveront pas jusqu'à ceux qui les commettent, mais qu'on les entende ou non, il est une vérité qu'il me faut exprimer: la conservation des monuments du passé n'est pas une simple question de convenance ou de sentiment. Nous n'avons pas le droit d'y toucher. Ils ne nous appartiennent pas. Ils appartiennent en partie à ceux qui les ont construits, en partie à toutes les générations d'hommes qui viendront après nous. Les morts ont encore droit sur eux, et nous n'avons pas le droit de détruire le but de leur labeur, que ce soit la louange de l'effort réalisé, l'expression d'un sentiment religieux ou toute autre pensée dont ils auront voulu voir le témoignage permanent en cet édifice qu'ils édifiaient. Ce que nous-mêmes nous aurons construit, libre à nous de l'anéantir; mais ce que d'autres hommes ont accompli au prix de leur vigueur, de leur richesse et de leur vie, reste leur bien; leurs droits ne sont pas éteints avec leur mort. Ces droits ils n'ont fait que nous en investir. Ils appartiennent à tous les successeurs. Ce peut être dans l'avenir un sujet de douleur ou une cause de préjudice pour des millions d'êtres, que nous ayons consulté nos convenances actuelles et démoli tels édifices dont il nous plaisait de nous défaire. Cette douleur, cette perte nous n'avons pas le droit de l'infliger. [...] Un bel édifice vaut nécessairement le terrain sur lequel il s'élève; et il en sera de même jusqu'à ce que le centre de l'Afrique et de l'Amérique soient aussi peuplés que le comté de Middlesex."
John Ruskin, "La lampe du souvenir" ds. Les sept lampes de l'architecture, trad.G. Elwall, Paris, 1886 (1849), pp. 259-260 http://1886.u-bordeaux3.fr/files/original/77a778b2b48cf0b...
10/07/2015
Dix-huit années de tâtonnements dans les ténèbres de l’iconoclasme et l’opacité de procédures pas claires du tout prendront-elles fin lors de l’annonce de l’obtention du nombre de signatures requises pour faire aboutir le référendum municipal contre le budget de quelques 140 M° voté par le Conseil municipal en vue des travaux de restauration et d’agrandissement du Musée d’Art et d’Histoire de Genève, soit contre le « projet Jean Nouvel » ? Quoi qu’il en soit, n’en déplaise à certaines fortunes et à une « élite » cosmopolite d’expression anglaise, qui s’estiment plénipotentiaires, la première étape d’un des processus de la très enviée sacro-sainte démocratie semi-directe helvétique aura pris place. L’étape suivante sera celle de la votation populaire à mettre sur pied comme le réclame la procédure référendaire. Il reviendra alors à la vox populi votant en Ville de Genève de s’exprimer. Mais comment, au sortir du tortueux chemin ténébreux, retrouver la lumière, les lumières de la raison ? Car, comme Francisco Goya l’avait si bien illustré, le sommeil de la raison engendre des monstres …
Par leur diversité, les personnalités, associations, groupements, partis du comité référendaire ont représenté le large front des opposants à un projet imposé d’en haut, critiquable d’un point de artistique, architectural, muséographique, financier, moral et éthique. Rarement projet culturel à Genève n’a suscité autant de dissensions. Tout déplaît dans le fond comme dans la manière : du projet qui fait fi du beau parti architectural de Camoletti, du côté daté de ce projet – pire, démodé -, à la désinvolture face à un des plus beaux monuments du patrimoine genevois ; de la superbe de MAH+, à la morgue de l’archistar en passant par l’arrogance du principal bailleur de fonds. Pour bien moins que ça des votations populaires issues de processus référendaires ont été gagnées à Genève ! Les citoyens ont ainsi sauvé la transformation lourde du Musée Ariana menacé par un projet de salle polyvalente, refusé la démolition pure et simple de l’Hôtel de la Métropole, empêché la disparition des Bains des Pâquis, rejeté un projet de Musée d’ethnographie à la place Sturm …
Lux fiat ! Que la lumière soit d’abord faite sur l’édifice qu’on annonce déjà moribond ! Repoussée depuis trop longtemps aux calendes grecques et subordonnée au projet d’agrandissement, la restauration de l’édifice s’impose maintenant comme une priorité absolue. Restaurer signifie ici retrouver la qualité et la cohérence dont l’édifice a été privé au fil des ans et des outrages. Dans un premier temps c’est un restaurateur qu’il faut au chevet de l’édifice et non un architecte soucieux d’imprimer sa marque, un restaurateur au sens où l’entend si bien déjà le théoricien florentin de la Renaissance, Léon Battista Alberti, dans son Livre X du De Architectura qui, comme un médecin, s’enquiert de l’état de santé de l’édifice, répare ce qui est dégradé, améliore ce qui est défaillant, tout en respectant les caractéristiques et fonctionnement de l’organisme architectural d’origine. Comme le prescrivent les chartes nationales et internationales, en particulier la Charte de Venise (1964), incontournable guideline en matière de conservation architecturale, l’auscultation fine et le diagnostic des pathologies précéderont toute décision d’intervention.
Documenter le Musée d’Art et d’Histoire, faire la lumière sur son histoire précise, ne seront pas chose difficile, l’extraordinaire photothèque du musée comprenant une fabuleuse collection photographique permettant même de retrouver l’état des épatants aménagements d’origine, jusqu’aux magnifiques vitrines polygonales aux châssis de bois durs dont aucune (dans la trop opulente et trop négligente Genève) n’a survécu à ce jour ! La photothèque illustre par le menu l’état des transformations/modernisations successives, par salle ou par département, au gré de la volonté des directeurs et conservateurs successifs. L’étude exhaustive de cette documentation, qui permettrait de connaître l’évolution quasi-quotidienne du bâtiment et de ses aménagements n’a jamais été faite. Aucun directeur n’en a jamais éprouvé le besoin ni l’envie. Une telle étude pourrait pourtant donner lieu à une extraordinaire exposition monographique sur l’histoire du Musée d’Art et d’Histoire, à l’heure où l’on n’aura bientôt d’autre scénario que de fermer l’institution pour plusieurs années. De même, et afin de sensibiliser les publics à la grandeur de la tradition architecturale genevoise, ce sont plusieurs autres importantes expositions qui pourraient rapidement prendre place au Musée d’Art et d’Histoire de Genève : des trésors documentaires dorment encore dans les archives d’Etat ou aux archives de la Bibliothèque ou de l’Université de Genève, et seuls quelques chercheurs privilégiés en connaissent les richesses. Le fonds Edmond Fatio et ses splendides aquarelles, remplirait à lui seul plusieurs galeries du MAH ...
L’extension et/ou l’agrandissement du MAH doivent peut-être faire l’objet d’un vrai concours architectural, quand bien même, dans un esprit prévoyant, nos autorités avaient dans les années 1930’ montré la voie d’un scénario lumineux – perdu dans l’amnésie administrative-, celui de la restitution du bâtiment des Casemates, occupé aujourd’hui par la HEAD, par l’Etat à la Ville en cas de nécessité. Comme calculé par Patrimoine Suisse, les surfaces ainsi récupérées offriraient un important gain en m2. Si toutefois c’est un type d’extension (partiellement) visible que l’on devait préférer (on se demande d’ailleurs pourquoi au juste), l’élaboration des termes du concours dans ce périmètre sensible et historique entre Vieille Ville et Plateau des Tranchées se fera de manière concertée en profitant de l’expérience des historiens de l’architecture et du développement urbain de Genève et dans le respect du génie du lieu. On veillera donc à ce que le lobby des architectes ne fasse main basse sur le jury (règle devenue trop implicite pour être contestée !), de sorte que le MAH ne redevienne pas l’otage de partisans uniformément prosélytes de l’architecture moderne et industrialisée.
Mr Chaplin, mais où sont donc les Lumières de la Ville aujourd’hui ? Plus guère dans la foi réformée, ni dans l’Esprit de Genève, pas plus que dans la Banque protestante … Ville internationale, plateforme bancaire et de matières premières, Genève s’est un peu perdue entre global et local et n’a plus foi dans tout ce qui constitue pourtant son identité hors pair. Or aujourd’hui, la « population genevoise » se réveille et dit : Non au « projet Nouvel » ! Il est permis d’espérer.
27/05/2015
Le cahier double 21/22 de la revue de l'Office du patrimoine et des sites Patrimoine et Architecture vient de paraître aux éditions InFolio au mois d'avril 2015. La publication résulte d'un colloque international qui s'était tenu au Département d'histoire de l'art et de musicologie de l'Université de Genève en hiver 2010. Le propos de ce colloque était d'établir un point sur la question patrimoniale telle qu'elle s'est développée entre 1970 et 2010.
12/05/2015
COMMUNIQUE DE PRESSE
MAH- Non au « Projet Jean Nouvel » pour le Musée d’Art et d’Histoire de Genève
Rassemblant des opposants de différents horizons culturels et politiques au "projet Jean Nouvel" pour le Musée d’Art et d’Histoire de Genève,
entendent faire valoir des arguments en faveur de la restauration dans les règles de l’art du Musée d’Art et d’Histoire de Genève et prendre le contrepied d’une propagande sans limite propagée par tous les canaux et organes officiels et inofficiels.
Construit par Marc Camoletti, l’un de nos meilleurs architectes genevois du début du XXe siècle, le Musée d’Art et d’Histoire est un monument majeur du patrimoine genevois et national qui aurait dû figurer sur la liste des monuments classés depuis longtemps.
Contrairement à ce qu’assènent les partisans de ce projet, vieux de dix-sept ans, la coûteuse transformation qu’on entend lui faire subir, sous le label de « projet Nouvel », va, en occupant la cour, en disqualifier la distribution, la subtilité de l’éclairage et la respiration de l’architecture sans pour autant augmenter sensiblement les surfaces à disposition des actuelles collections. Il est par ailleurs déplacé d’invoquer ici quelque principe de réversibilité que ce soit, s’agissant d’un projet devisé à quelques 140 M° de frs. Enfin le Partenariat Public/Privé mis sur pied avec la Fondation Gandur revient à une inacceptable privatisation d’un patrimoine public.
Alarmé de façon plus générale par la désinvolture avec laquelle nos élus et nos représentants dans la Commission des Monuments, de la Nature et des Sites considèrent le patrimoine architectural auquel les Genevois sont attachés et gèrent son destin, MAH- entend marquer sa désapprobation à l’égard de projets outranciers et vulgaires qui dénaturent les monuments et le paysage urbain genevois.
MAH- Genève, le 12 mai 2015.
22/02/2015
Inauguré en grande pompe en 1910, le Musée d’art et d’histoire de Genève, résultat final de deux concours d’architecture, continue d’impressionner les visiteurs locaux et étrangers. Sur le site de Tripadvisor, dont une rubrique tient le rôle d’enquête de satisfaction, les commentaires de ces quatre dernières années nous en apprennent beaucoup sur la réception du bâtiment et de ses collections par le public. Plusieurs touristes s’étonnent de trouver à Genève un aussi «magnifique» bâtiment, «un palais exceptionnel», avec cour intérieure et splendide escalier.
13/12/2014
Lundi 8 décembre dernier on inaugurait devant un public ravi et nombreux un bâtiment qui avait été menacé de démolition dans les années 1960' pour faire place aux grands projets des ingénieurs de la circulation et du tout automobile en ville. Construite par un tandem formé à l'Ecole germano-alémanique de Gottfried Semper, les architectes Henri Bourrit, diplômé de l'Ecole Polytechnique de Zurich, et Jacques Simmler, l'ancienne Ecole de Chimie, alias Bâtiment des Philosophes, est un bâtiment étonnant, parfait représentant des conceptions académiques et modernes à la fois de l'architecture de la seconde moitié du XIXe siècle.
Photo Unige, Après la première réfection de façade (photo Sébastien Bergot, 1997)
29/11/2014
Orienté plein Sud le quartier des Tranchées est un site demeuré exceptionnel et exceptionnellement exemplaire dans toute l'histoire de l'urbanisation genevoise. L'historien de l'architecture Rolf Pfändler lui avait consacré son mémoire de licence, publié dans la revue du Musée d'Art et d'Histoire Genava (1979) et en avait reconnu toutes les qualités urbanistiques et architecturales. Dans ce contexte rare, entre cours et jardins, plusieurs bâtiments se distinguent par leur qualité hors pair. C'est le cas de l'immeuble Bel, à l'angle de la rue Jean Sénebier et de la rue Imbert Galloix, oeuvre de jeunesse de Maurice Braillard.
03/11/2014
Cher Monsieur Pulfer, mon articulet est un brûlot. En effet. Parce que tous les arguments censés ont déjà été employés. En pure perte. Si la liberté d’expression est encore possible, dans une République consensuelle et timorée qui a des relents de ploutocratie, ce pamphlet a pour but de réveiller le public, de contrer les marchands de rêve et leurs images d’architecture sur papier glacé … Et ce, tandis que le rouleau compresseur des partisans d’un projet architectural, qui met à mal un monument emblématique du patrimoine genevois, fait un forcing lourd et aveugle qui n’est pas sans évoquer l’aéroport de Notre-Dame des Landes, le barrage de Sivens …
Ravie que vous ayez pris de l’intérêt à lire ma thèse consacrée à un petit pan de l’architecture genevoise. Vous aurez peut-être aussi parcouru toutes mes autres publications scientifiques sur Genève et celles de mes nombreux collègues et des étudiants du Département d’Histoire de l’art et de musicologie de l’Université de Genève, qui depuis une trentaine d’années documentent, éclairent, expliquent et sortent de l’oubli le patrimoine architectural genevois, au demeurant fort riche et intéressant. Sans toutefois que les conclusions de conservation et de revalorisation, qui partout ailleurs s’imposeraient, ne soient prises. Qui pour défendre et chérir ces bâtiments qui sont les vôtres et que vous appréciez tant dans les livres? L’Office du patrimoine de l’Etat n’a jamais reçu les moyens qu’il mérite et qu’il semblerait si naturel de lui donner dans une Ville de Culture (sic le Routard) et il ne fait pas le poids face aux assauts des affairistes.
Vous souhaitez que je parle d’architecture, comme s’il n’avait pas déjà tant été question de toutes les belles qualités du Musée d’Art et d’Histoire de Marc Camoletti. Mais comme certains s’ingénient à dénigrer l’édifice, je m’exécute bien volontiers. D’autant plus volontiers que le projet de réhabilitation du MAH avait été l’objet de mon diplôme en architecture. Je me rappelle encore combien mes maîtres de l’époque (Raymond Reverdin, Italo Insolera) m’avaient mise en garde sur les profils des moulures et autres détails du décor intérieur qu’il s’agissait de conserver à tout prix …
Doté d’une façade qui déroule sa colonnade colossale ionique de part et d’autre de la porte d’entrée monumentale, surmontée de l’allégorie des Arts et de la Renommée de Paul Amlehn, l’imposant quadrilatère a été conçu dans la plus internationale tradition Beaux-Arts du temps : ce sont le Petit et le Grand Palais parisiens qui sont convoqués ici. L’édifice marquera la Genève du début du XXe siècle, tout comme les deux palais de l’Exposition Universelle de 1900 ont marqué la Ville Lumière.
Organisées autour d’un patio quadrangulaire en jardin, les grandes galeries du rez-de-chaussée, qui étaient toutes dotées d’un décor ornemental devenu ténu aujourd’hui (et d’un mobilier exceptionnel complètement disparu), sont éclairées a giorno par d’immenses baies en plein cintre. Celles de l’étage reçoivent un éclairage zénithal diffusé par les impressionnantes verrières, qui obéissaient aux progrès les plus avancés de la technologie muséale. De plus petits cabinets prennent jour du côté du patio.
Pièce de résistance de l’intérieur de l’édifice, le grand escalier déroule ses deux immenses volées opposées, du palier inférieur au palier supérieur, en passant par l’intermède d’un palier médian, lequel dessert des cabinets en mezzanine. Baigné dans la lumière provenant des grandes baies tournées vers le patio, cet escalier, comme on n’en fait plus, propose ainsi une lente promenade architecturale, comme un rituel initiatique destiné à conditionner le visiteur. Par l’emphase de cette distribution et son implantation en façade permettant un généreux éclairage naturel, l’architecte indiquait clairement le programme d’exception. Ce faisant, Camoletti offrait à Genève tout ce dont elle avait manqué pendant tant de siècles : de la pompe ostensible et de l’emphase pour un temple des arts prenant place dans le contexte de l’extension de la ville sur le périmètre de ses anciennes fortifications.
Tandis que la chute d’un rivet au Grand Palais de Paris en 1993 amorçait le classement complet de l’édifice au titre de Monument Historique et marquait corollairement le début d’une entreprise de restauration complète de l’édifice, la chute d’un morceau de corniche en 2007 au Musée d’Art et d’Histoire de Genève survenait en plein processus d’une transformation contestée. Faisant preuve d’un provincialisme désolant les autorités genevoises campant obstinément sur des positions aussi incompréhensibles qu’anachroniques s’entêtent à vouloir surélever le bâtiment et obstruer son patio, c’est-à-dire à la priver de ses principales qualités urbanistiques et architecturales.
28/10/2014
Alors que l'avenir du Musée d'Art et d'Histoire n'en finit pas de secouer la parvulissime République (un débat de plus va se tenir prochainement entre partisans et opposants du "projet Nouvel" ...) on peut prendre un peu de recul et questionner la question du mécénat à Genève. Le legs de Gustave Revilliod, riche et généreux célibataire léguant à la collectivité son mythique Ariana (en fait un mémorial à sa mère Ariane tant aimée), réceptacle de sa vision du monde et de la collection, est passé à deux doigts de l'anéantissement qui aurait irrémédiablement ruiné le fruit de sa vie et de ses efforts. Qui, par ailleurs, se souvient encore de l'énorme legs Brunswick de 12 M° de francs or qui a alimenté l'érection de tant d'ouvrages fameux (en dehors de son propre cénotaphe qui trône en bonne place en face de l'hôtel qui l'a vu mourir) et qui, alors que les Bâtiments Académiques (alias le bâtiment d'UniBastions), construit grâce à sa magnanimité posthume, se sent concerné par l'hommage à rendre à sa générosité?
14/09/2014
Le colloque du réseau RANN (Réseau Art Nouveau Network) se tenait il y a une semaine à Riga, capitale européenne de la culture en 2014 et classée au Patrimoine mondial depuis 1999 pour son important patrimoine d'immeubles Art Nouveau. Avec enthousiasme l'architecte et historien des monuments Janis Krastins devait faire les honneurs de sa ville aux congressistes émerveillés de voir une telle concentration d'immeubles plus exceptionnels les uns que les autres.