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La Bosnie marque jeudi le 20e anniversaire de son indépendance par des cérémonies organisées dans l'entité croato-musulmane, mais ignorées par les Serbes. Cette réalité trahit la profonde division des communautés qui se sont fait la guerre dans les années 1990.
Les membres musulman et croate de la présidence collégiale du pays, Bakir Izetbegovic et Zeljko Komsic, se sont rendus sur des lieux symboliques de la guerre inter-communautaire (1992-95), qui avait éclaté un mois après la proclamation de l'indépendance, massivement rejetée à l'époque par les Serbes.
"Aujourd'hui, nos pensées sont tout d'abord avec ceux dont les plus chers ont donné leur vie pour la défense de la liberté et pour le droit à une vie digne", a déclaré M. Izetbegovic dans un communiqué.
10'000 civils tués
MM. Izetbegovic et Komsic ont déposé des gerbes de fleurs au cimetière des combattants de Sarajevo. Ils devaient faire de même au monument des enfants tués pendant le siège de Sarajevo par les forces serbes de Bosnie.
Ce siège, qui s'est pratiquement étendu tout au long du conflit, a coûté la vie à environ 10'000 civils, dont 1500 enfants.
Boycott des Serbes
Le membre serbe de la présidence bosnienne, Nebojsa Radmanovic, n'a pas participé à ces événements. Le jour de l'indépendance n'est pas célébré en Republika Srpska (RS), entité des Serbes de Bosnie. La RS et la Fédération croato-musulmane composent la Bosnie depuis la fin de la guerre.
Au référendum sur l'indépendance qui s'était déroulé le 29 février et le 1er mars 1992, les Musulmans et les Croates avaient voté en faveur de la séparation de la Bosnie de l'ex-Yougoslavie. Le scrutin avait été boycotté par les Serbes.
ATS