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Critique
Acteur éclectique, mais aussi réalisateur, scénariste et producteur, Tim Robbins n'a jamais hésité à aborder des sujets qui dérangent l'Amérique (LE GRAND SAUT, LA DERNIERE MARCHE). Avec CRADLE WILL ROCK, le cinéaste fait revivre l'agitation culturelle, sociale et politique de New York, en 1936, avec la montée des fascismes en Europe. Les artistes (comédiens, chanteurs, peintres) se battent pour leur liberté d'expression. Le film trouve son centre de gravité en la personne d'un jeune metteur en scène de 22 ans, Orson Welles, qui s'efforce, contre vents et marées, de monter une comédie musicale sur le thème de la répression politique. Le film de Tim Robbins est généreux, foisonnant d'idées et servi par une brillante distribution. Le montage - fait le plus souvent de plans séquences très élaborés - suit une ligne essentiellement musicale, élégante et précise: l'oeuvre d'un véritable cinéaste, même si le film (adaptation d'une pièce de théâtre) eût gagné à être moins bavard.
Antoine Rochat