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Dès lundi, et pour trois semaines, les Chambres fédérales effectuent leur session de printemps à Lugano. C'est la deuxième fois que le Parlement suisse quitte Berne. Une formule qui entraîne un surcoût de 2 millions de francs à la charge de la Confédération. Mais qui pourrait devenir une tradition.Ce contenu a été publié le 05 mars 2001 - 13:34
Depuis la création de l'Etat fédéral, en 1848, le Parlement n'a jusqu'à présent siégé qu'une seule fois en dehors de Berne. C'était à Genève en 1993.
Les parlementaires s'y étaient déplacés en raison de travaux de réfection dans la salle du Conseil national. Mais cette décentralisation avait aussi un but politique: après le refus de l'Espace économique européen, en décembre 1992, dû essentiellement au vote alémanique, il était alors question de resserrer les liens avec la Suisse romande.
Cette session extérieure avait été considérée à l'époque comme un événement devant rester unique. Le bureau du Conseil national avait d'ailleurs rejeté une motion du socialiste genevois Jean Ziegler demandant que le Parlement siège au moins une fois par an hors de Berne. Mais, moins de dix ans plus tard, les Chambres reprennent la clef des champs.
Ce séjour à Lugano fait suite à une invitation de Dick Marty. En 1999, le conseiller aux Etats tessinois avait suggéré aux parlementaires de franchir les Alpes, afin de favoriser la compréhension entre les différentes cultures et régions du pays. Une proposition acceptée par les deux Chambres.
Une idée qui est, d'ailleurs, en passe de faire école. La session de Lugano débute à peine qu'il est en effet déjà question d'une autre session extérieure, cette fois dans les Grisons. La proposition émane du conseiller aux Etats grison Christoffel Brändli. Qui considère qu'il convient aussi prendre la minorité romanche en considération.
Pour l'heure, cette proposition n'en est qu'au stade de l'idée. Le bureau du Conseil des Etats devrait en parler plus sérieusement avec Christoffel Brändli au cours de la session de Lugano justement.
Peut-on en déduire dès lors que les sessions décentralisées sont en passe de devenir une tradition? Alessandro Delprete, chef du service d'information du Parlement, esquive la question: «en politique, rien n'est jamais définitif, ni dans un sens, ni dans l'autre».
D'autant plus qu'une session à l'extérieur n'est pas une sinécure. Ainsi, ce ne sont pas moins de 500 personnes qui se déplacent à Lugano. Outre les 246 parlementaires, 150 journalistes et des fonctionnaires sont aussi du voyage.
Le déplacement d'un demi-millier de personnes constitue un immense défi, principalement au niveau technique, explique Alessandro Delprete. Il s'agit d'aménager des salles, le réseau de communication et l'intendance, entre autres.
Et, naturellement, tous ces aménagements ont un prix. A Berne, chaque jour de session coûte 100 000 francs, soit un total de 1,3 million pour les 13 jours de débats. A cela, estime Alessandro Delprete, il faut ajouter 2 millions de francs dans le cas de l'opération de Lugano.
Olivier Pauchard, Lugano
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