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Résumé
L'accès de la Biélorussie à l'indépendance avait engagé le pays dans une politique de biélorussianisation qui, à la différence de celle menée dans les années 1920 puis abandonnée à la fin des années 1930, avait pour objectif non pas de rallier la population à la cause communiste mais de la désoviétiser et de la nationaliser. Les méthodes employées ont pourtant été critiquées dès le début des années 1990 en raison des changements importants que la biélorussianisation entraînait dans les usages et les représentations linguistiques. La biélorussianisation post-soviétique est, en effet, largement le produit d'une volonté politique qui ne trouve pas de fondements populistes voire populaires puisqu'elle repose, au contraire, sur une attitude volontariste de la part des citoyens et surtout sur une remise en cause des stéréotypes idéologiques sur les langues et notamment sur la supériorité du russe. Elle est liée à une politique indépendantiste qui ne souhaite pas nécessairement plaire au peuple, mais qui cherche à forger une identité nationale et à définir les intérêts nationaux du pays. Cette nationalisation de l'espace politique biélorussien va s'éloigner progressivement du discours indépendantiste pour être intégrée, à partir du milieu des années 1990, à un populisme autoritaire dans lequel la langue russe est valorisée non pas tant pour montrer la dépendance historique et économique du pays à l'égard de la Russie que pour souligner l'inscription du passé et du futur de la Biélorussie dans un espace de civilisation slave qui, pendant un temps, fut aussi soviétique.
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