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Adolescent, de sexe masculin et de nationalité helvétique. Tel est le portrait robot du jeune délinquant jugé en Suisse en 2002.
Son crime: rarement la violence, mais bien plus souvent le vol, les dommages à la propriété et la consommation de stupéfiants.
En 2002, la justice suisse a prononcé 13’000 jugements contre des mineurs. Depuis 1999, ce chiffre n’a augmenté que de 500 cas, comme le relève lundi l'Office fédéral de la statistique (OFS).
Sur l’ensemble des sentences prononcées l’an dernier, 79% l’ont été contre des adolescents de 15 à 18 ans. 81% de ces délinquants étaient des garçons. Et la part des moins de 15 ans n'a pas augmenté depuis 1999.
Les Suisses d’abord
Les jeunes qui sont passés en jugement en 2002 étaient suisses dans 62% des cas - alors que cette part est de 54% chez les adultes. 30% étaient des étrangers domiciliés en Suisse, 4% des requérants d'asile et 4% des mineurs domiciliés dans un autre pays.
Ce qui ne veut pas dire que les jeunes étrangers soient plus «sages». En proportion de leur nombre en effet, les mineurs étrangers domiciliés en Suisse passent en jugement deux fois plus souvent que les Suisses.
Ainsi, si 1% de la jeunesse suisse a eu affaire à la justice l’an dernier, ce taux est de 2% chez les mineurs étrangers.
Vols et drogue
Pour quels délits ces jeunes gens sont-il passés au tribunal? Nettement en tête (42% des cas) viennent les infractions contre le patrimoine, dont près de deux tiers de vols et un tiers de dommages à la propriété.
Juste derrière (40% des cas), on trouve les infractions à la loi sur les stupéfiants, quasiment toutes liées à la consommation, et non au trafic.
Les infractions à la loi sur la circulation routière arrivent en troisième position (12%). Dans la majorité des cas, il s'agit de vols d'usage de véhicules ou de conduite sans permis.
La violence reste marginale
Quant aux délits perpétrés avec violence, ils représentent 11% des cas jugés en 2002. Deux fois sur trois, il s'agit d'infractions contre l'intégrité corporelle et une fois sur quatre de menaces ou de contraintes.
Non seulement, la gravité de cette violence n'a pas augmenté, mais le nombre de cas est resté stable depuis quatre ans.
«Il est totalement faux de prétendre que tous les jeunes sont violents, précise Daniel Fink, de l’OFS. Nos chiffres montrent que la plupart des délits commis par la jeunesse sont des bagatelles comme le vol, la conduite sans permis ou la fumette.»
Le fonctionnaire de l’OFS tient également à souligner que pour un ou deux cas dramatiques et très médiatisés de crimes de sang commis par des jeunes, on oublie trop souvent le nombre de jeunes et d’enfants qui sont victimes de la violence des adultes.
Ainsi, l’an dernier, ce ne sont pas moins de 5537 cas de maltraitance qui ont été dénoncés, le plus souvent à l’intérieur de la famille. Et les professionnels savent bien que ceci n’est que la partie émergée de l’iceberg.
Très peu des jeunes en prison
Pour Daniel Fink, la violence des jeunes n’est donc pas un problème inquiétant.
«Pour s’en convaincre, il suffit de regarder quels types de peines sont infligées à ces jeunes délinquants», argumente le fonctionnaire de l’OFS.
Dans 31% des cas en effet, il s’agit d’une simple réprimande. Les astreintes au travail représentent 28% des cas et les amendes sans sursis 19%.
Des peines de prison n’ont été prononcées que dans 7% des jugements, et ce n’est que dans 2% des cas qu’il s’est agi de peines sans sursis.
swissinfo et les agences