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Moderato con moto – Agitato – Tempo primo
Vivace – Animando – Largamente – Cadenza
Passacaglia: Andante lento
(Un poco meno mosso)
Les années 1930 ont vu la floraison d’une incroyable lignée de concertos pour violon, commençant avec celui de Stravinski (1931) et culminant avec ceux de Barber, Hindemith, Walton, Hartmann et Britten (qui datent tous de 1939), après que Szymanowski, Bloch, Prokofiev, Schönberg, Bartók et Berg se soient eux aussi prêtés à l’exercice. C’est d’ailleurs le concerto de ce dernier, entendu lors d’un voyage à Barcelone, qui a donné à Britten l’envie de composer une œuvre concertante similaire. Commencé en 1938 en Angleterre et achevée l’année suivante au Québec, puis aux Etats-Unis, où il avait suivi ses amis écrivains Auden et Isherwood, l’unique concerto pour violon de Britten est marqué par un sentiment de désespoir que la Guerre civile espagnole avait suscité chez le compositeur anglais, sympathisant des forces républiques. L’œuvre a donc valeur de « concerto funèbre » et est dès lors étroitement apparentée au War Requiem de Britten, composé en 1940. Elle respecte une découpe en trois mouvements, mais ceux-ci sont inversés par rapport à l’ordre traditionnel, le mouvement rapide constituant le pivot central de l’ouvrage. L’opulente orchestration intègre aussi un glockenspiel, une harpe et une large palette de percussions. A la demande du violoniste espagnol Antonio Brosa, créateur du concerto en mars 1940 à New York, Britten avait initialement laissé libre cours à une virtuosité assez luxuriante dans la partie du soliste. Il a par la suite allégé la partition lors des révisions entreprises en 1950 et en 1958.