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Après les derniers résultats des élections fédérales, le Centre est dorénavant la troisième force du pays. Le parti pourrait donc revendiquer un deuxième siège au Conseil fédéral, mais ces ambitions ne correspondent pas à ses objectifs à l'heure actuelle.
Car le Centre se veut être le parti de l'équilibre, de la stabilité et de la modération. Sa position est incompatible avec un trop grand appétit gouvernemental, expliquent plusieurs de ses membres contactés par la RTS.
En principe, un conseiller fédéral en fonction est aussi systématiquement réélu. Cette règle n'a connu que quatre exceptions au cours des 175 ans d'histoire de la Suisse moderne et à chaque fois il s'agissait de petites révolutions. Evincer un conseiller fédéral nuirait à l'image consensuelle du parti.
Une action trop radicale risquerait également de ne pas être comprise par la base, attachée à la stabilité que propose le système de concordance actuel.
A l'avenir, ses ambitions pourraient changer
Mais le Centre n'est pas désintéressé par le pouvoir, il se veut surtout prudent, car il connaît les dangers d'un siège contesté au gouvernement.
En 2003, il avait échoué à défendre le siège de sa conseillère fédérale Ruth Metzler, siège qu'il avait perdu au profit de l'UDC. D'ailleurs, ce choc reste inscrit dans les mémoires des anciens. S'il retrouve un jour ce deuxième fauteuil, le Centre veut qu'il soit solide.
Reste à savoir quand le parti le réclamera. Selon Maxime Moix, vice-président des Jeunes du Centre Suisse, il faut attendre une meilleure occasion. La question se posera lorsqu'un conseiller fédéral, en l'occurrence un PLR, décidera de démissionner", analyse-t-il mardi dans La Matinale.
Selon lui, lors d'une prochaine vacance, de nouvelles ambitions seront sans doute plus légitimes: "Aujourd'hui, le Centre est clairement troisième. Cela a toujours été le mot d'ordre du PLR, de dire que les trois premiers au Conseil national avaient droit à deux sièges au Conseil fédéral."
D'autres membres, plus prudents, souhaitent attendre une confirmation de leur force lors des élections fédérales de 2027.
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Sujet radio: Philéas Authier
Adaptation web: Miroslav Mares
Il n'y a plus de bloc bourgeois, selon Gerhard Pfister
Le bloc bourgeois n'existe plus depuis que Christoph Blocher a positionné l'UDC comme un parti protestataire, estime le président du Centre Gerhard Pfister. Ainsi le Zougois ne croit guère au renforcement de la collaboration entre les partis dits bourgeois souhaitée par le PLR et l'UDC après les dernières élections fédérales.
Avant l'époque Blocher, l'UDC était un parti pragmatique, qui n'était guère différent du PDC d'alors, a déclaré Gerhard Pfister dans une interview publiée par la NZZ. L'UDC et le PDC se voyaient comme faisant partie d'une alliance menée le plus souvent par le PLR et les associations économiques contre les partis de gauche.
Ceux qui parlent d'un camp bourgeois méconnaissent la réalité politique, relève le président du Centre. Et le conseiller national de remarquer que c'est l'UDC qui se plaint le plus que cette époque soit révolue. "C'est pourtant son maître à penser, Christoph Blocher, qui a fait éclater le bloc bourgeois", a dit Gerhard Pfister.
En se transformant en parti protestataire, l'UDC s'est vigoureusement démarquée des autres partis, ce qui a été payant pour elle. Mais elle attend maintenant que tous se soumettent à elle, "que nous avalions toutes les couleuvres et que nous restions fidèlement à ses côtés".
Une grande partie de la base du Centre ne veut rien avoir à faire avec l'UDC, affirme son président, qu'il s'agisse du style, du contenu et de l'attitude envers les institutions. Mais en cas de convergence, les partis pourraient collaborer, à condition que cela se fasse sur un pied d'égalité.
Cela n'aurait toutefois rien à voir avec un bloc bourgeois. Il faut se défaire de cette idée. "Nous assistons à la formation d'un système à trois pôles. A droite, l'UDC et le PLR, à gauche le PS et les Vert-e-s, et entre les deux un centre autour du parti du Centre", a déclaré le Zougois. (ats)