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"L'économie moderne serait difficile à imaginer sans le secteur spatial"
"On aurait de la peine à imaginer le fonctionnement de l'économie moderne sans le spatial. Prenons l'exemple de la météo: la capacité de prévision est due à l'utilisation de satellites. On ne peut pas non plus se passer des télécommunications, des GPS... Ces applications terrestres du spatial sont loin d'être anecdotiques", a souligné le professeur d'écologie industrielle à l'Université de Lausanne Suren Erkman jeudi dans le Journal du Matin de la RTS.
Il s'exprimait en marge du premier Forum de l'Agence spatiale européenne sur les applications terrestres de la recherche spatiale à Lausanne.
"Aujourd'hui, les gens du spatial souhaitent associer dès le départ des entreprises du terrestres à leurs projets et développements technologiques et créer des applications simultanément sur Terre et dans l'espace", a-t-il précisé.
Missions habitées de longue durée
Concrètement, le grand enjeu actuel est celui des missions spatiales habitées de longue durée. "Une mission sur Mars serait de l'ordre de 1000 jours, et cela a un coût prohibitif d'emporter des réserves d'eau, de nourriture ou d'oxygène: environ 20'000 francs le kilo", a détaillé Suren Erkman.
Avant, les astronautes allaient en pique-nique. Ils prenaient leur sac et revenaient avec leurs déchets.
"Avant, les astronautes allaient en pique-nique. Ils prenaient leur sac et revenaient avec leurs déchets. Maintenant, il s'agit de prendre avec soi la capacité de régénérer l'air, l'eau, et de produire de la nourriture", a-t-il encore expliqué. "Et on a remarqué qu'on n'arrivait pas à faire mieux que ce que fait la biosphère".
Dans les grandes lignes, le but est par exemple de régénérer les déchets des astronautes (excréments, etc.) afin de faire pousser des plantes, qui permettront de produire de la nourriture.
Une économie durable sur Terre?
Ces systèmes autonomes dits "support-vie" pourraient-il être appliqués à la vie sur Terre à l'échelle d'une famille, d'un immeuble voire d'une ville? "C'est l'enjeu. Sur Terre, nous sommes confrontés à des pressions croissantes sur l'accès aux ressources et sur leur exploitation. Ce modèle expérimental permet de tester ce que c'est d'avoir une économie durable", a répondu Suren Erkman.
Mais quelles sont les entreprises, en Suisse, qui sont concernées par les applications terrestres du spatial? "En théorie, toutes", estime Suren Erkman. "Mais elles sont peu à être réellement impliquées". Il cite notamment Ruag, ou Nestlé, "qui s'intéresse à comment on fait un régime alimentaire bon pour la santé dans un milieu sous très fortes contraintes".
La Suisse pourrait encourager davantage d'entreprises à collaborer avec le secteur spatial, notamment celles qui s'intéressent au recyclage
"La Suisse pourrait en encourager davantage à collaborer avec le secteur spatial, notamment celles qui s'intéressent au recyclage (...) Les entreprises du non-spatial doivent être conscientes que pour faire du spatial, on va être obligés de faire des choses qui ressemblent à des systèmes durables sur Terre", a-t-il encore insisté.
jvia
Publié le 09 juin 2016 - Modifié le 09 juin 2016