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A 35 ans, Gaëlle Thalmann demeure l'une des leaders de l'équipe de Suisse dames, et l'incontestable titulaire au poste de gardienne. La Fribourgeoise rêve bien sûr de l'Euro en 2022, mais songe également à la Coupe du monde 2023.
«Le championnat d'Europe 2021 aurait peut-être constitué le dernier tournoi de ma carrière. Mais le prochain Mondial aura finalement lieu un an seulement après l'Euro. Si je suis en forme, si j'éprouve toujours du plaisir, si je parviens à apporter ce que je peux et si l'on veut toujours de moi, je continuerai», lâche-t-elle.
«Ces tournois sont les temps les plus forts d'une carrière», rappelle Gaëlle Thalmann dans un entretien accordé à Keystone-ATS. Elle n'oubliera ainsi jamais les émotions vécues lors des premières participations de la Suisse à une Coupe du monde (en 2015) et à un Euro (2017). «C'était plutôt cool», sourit-elle.
Indispensable
L'équipe de Suisse a de toute manière encore grandement besoin du talent et de l'expérience de Gälle Thalmann. Les observateurs ont pu s'en rendre compte le 1er décembre dernier, lorsqu'elle avait dû renoncer au déplacement en Belgique en raison d'un test positif au Covid-19. Sans elle, la Suisse avait sombré.
Sa remplaçante Elvira Herzog avait dû plaider coupable sur deux des quatre buts concédés ce jour-là par les Suissesses. Celles-ci s'étaient inclinées 4-0 lors de la dernière journée des éliminatoires, alors qu'un nul leur aurait permis de décrocher leur ticket pour la phase finale en Angleterre.
«C'était un coup dur de devoir manquer cette rencontre. Cela faisait près de deux ans que je me réjouissais de vivre ce moment», explique Gaëlle Thalmann, qui avait dû se contenter de regarder ce match décisif sur son IPad. «J'avais souffert avec mes équipières. J'étais même abasourdie», glisse-t-elle.
La Fribourgeoise refuse toutefois de jeter la pierre à Elvira Herzog. «Elle n'avait évidemment pas fait bonne figure. Mais toute l'équipe l'avait laissée tomber. C'est encore une jeune gardienne (réd: 21 ans désormais), et elle va apprendre de ses erreurs. Cette expérience lui sera profitable», assure-t-elle.
Gaëlle Thalmann sait de quoi elle parle. En 85 matches joués sous le maillot de l'équipe nationale, elle a forcément commis quelques erreurs, aux conséquences plus ou moins grandes. Deux buts concédés lors de l'Euro 2017, face à l'Autriche (défaite 1-0) puis face à la France (1-1), lui sont par exemple imputables.
Mais la gardienne de Servette, titulaire de l'équipe de Suisse depuis 2011, a toujours su se relever après ses quelques bévues. Ce sont ses prouesses qui lui ont permis d'évoluer durant de longues années en Allemagne ou en Italie, et de faire progresser l'équipe de Suisse dames.
Nielsen: «Elle parle tout le temps»
Le sélectionneur national Nils Nielsen est d'ailleurs ravi de pouvoir compter sur sa gardienne no 1, notamment pour le barrage qualificatif pour l'Euro face à la République tchèque. «Gaga rend meilleure toute la défense. Notamment parce qu'elle s'exprime haut et fort. Elle parle tout le temps d'ailleurs», s'amuse-t-il.
Le Danois se souvient d'ailleurs parfaitement de sa première rencontre avec la Fribourgeoise, alors qu'il entraînait encore l'adversaire de la Suisse. «Je m'étais dit: +qui est donc dans les buts?+ Je n'avais rien compris, mais j'avais pu entendre tout ce qu'elle avait dit», explique-t-il.
Selon lui, il s'agit même de la principale qualité de Gaëlle Thalmann. «Elle dirige si précisément les joueuses qu'elle n'a parfois pas besoin d'effectuer d'arrêts, la défense étant souvent parfaitement positionnée pour pouvoir bloquer nos adversaires», souligne Nils Nielsen.
Capable d'effectuer des parades décisives si nécessaire, comme en février dans le premier match amical perdu face à la France, Gaëlle Thalmann devra sortir le grand jeu face à la République tchèque. L'enjeu sera immense. Mais «l'envie de disputer l'Euro et le plaisir de jouer sont plus forts que la pression», assure la Fribourgeoise.