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Critique
"Ce 4e ""Exorciste"" laissait craindre le pire. Les trois premiers ont été réalisés par des cinéastes différents (Friedkin, Boorman et Blatty). Renny Harlin, réalisateur finlandais, a signé des œuvres de genres très variés et a dirigé de nombreux comédiens connus, tels que Laura Dern, Robert Duvall, Sylvester Stallone. Il s'en tire plutôt bien dans ce genre difficile et surexploité du film d'horreur.
Le Père Merrin a été traumatisé par un épisode tragique de la Seconde Guerre mondiale dans lequel il fut impliqué. Il perd la foi et devient archéologue. Il est envoyé au Kenya où l'on vient de découvrir une église byzantine enfouie dans les sables du désert. Cet édifice, miraculeusement conservé, est hanté par une puissance démoniaque qui sème la terreur. Le défroqué parvient à l'exorciser, tout en retrouvant la foi. Monsieur Merrin redevient le Père Merrin.
Les amateurs de ce type de film ne seront pas déçus. Le sang coule, des monstres apparaissent et font sursauter le spectateur qui reste tendu dans l'attente de l'horreur que souligne avec force une sonorisation puissante. Mais tout cela est fait avec modération et intelligence au service d'un scénario qui se tient. On peut même repérer des scènes bibliques, la lutte de Jacob avec l'ange et les récits des Evangiles au cours desquels Jésus chasse les démons.
Le genre admis - l'auteur de ces lignes n'en est guère friand - ce fut une bonne surprise. Peut-être aussi parce que la réalisation paraît un peu vieillotte, que les comédiens sont excellents, que les effets spéciaux ne prennent pas la première place au détriment de décors habilement reconstruits en studio.
Mais il faut le répéter, le genre admis."
Maurice Terrail