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Emplacement
Le col du Julier se situe à 2 284 mètres d’altitude dans la chaîne de l’Albula. Il relie la vallée de l’Engadine au centre des Grisons, de Silvaplana à Tiefencastel, par une route de 42 kilomètres.
Col du Julier – Obstacle antichars constitué de pierres extraites sur place © Swisstopo
Histoire
Ce passage obligé, entre la vallée de l’Engadine et le centre des Grisons avec sa topographie favorable au passage, est connu depuis l’époque pré-romaine vers 1000 ans avant J.C. Les fragments de colonne romaine situés au sommet du col témoignent de l’importance de ce col alpin dans le réseau de communication de l’Empire romain.
Au début des années 1500, le Julier perd son rôle majeur dans les échanges Nord-Sud au profit d’autres cols alpins (Septimer, San Bernardino et Splügen). Mais il reste un passage incontournable pour relier les Grisons à l’Engadine.
A partir de 1820, une nouvelle route carrossable est construite sur le tracé historique avec de nombreux virages en épingle pour faciliter le transit des véhicules à roue. Dans les années 1990 et 2000, la route est modernisée pour absorber le trafic routier car le col est ouvert toute l’année. En 2017, un bâtiment octogonal de couleur rouge est construit au niveau du col et abrite un espace dédié à la culture alpine.
Protéger le col
Depuis la construction de la route carrossable au début des années 1820, le passage du Julier fait partie des axes importants reliant les deux côtés des Alpes facilitant le trafic commercial et touristique. Durant la Première Guerre mondiale, l’armée suisse prend conscience de l’importance du col du Julier et fait construire des positions d’artillerie et d’infanterie au sommet du col.
En octobre 1936, un premier obstacle antichars, sous la forme d’une barricade routière, est édifié sur la route au niveau du col. En mai 1938, deux ouvrages d’infanterie sont construits, à gauche et à droite de l’axe, dans les parois rocheuses dominant le col pour protéger cet obstacle antichars. Les deux ouvrages sont armés d’un canon (can inf de 4,7 cm, puis can ach 9 cm) et de deux mitrailleuses ; 16 hommes assurant la desserte de chaque ouvrage.
En septembre 1939, un barrage antichars, constitué de pierres extraites sur place, est construit au niveau du col entre le lac de las Culuonnas et le bas de la paroi du Chüern Nair. La mission de cette position était de bloquer la poussée d’un adversaire depuis l’Engadine en direction du centre des Grisons.
Après la Seconde Guerre mondiale, cette position de barrage va conserver son importance. Elle est modernisée avec la construction d’abris pour la troupe et d’un ouvrage d’infanterie monobloc armé d’un lance-mines de forteresse de 8,1 cm pour fournir l’appui-feu au niveau du col.
Sur la route du col en direction de Tiefencastel, on construit une seconde position de barrage dans la région de Mulegns.
Désactivation
La position de barrage du Julier, formée de plusieurs ouvrages de renforcement du terrain ou fortifiés (barricades routières, ouvrages d’infanterie, abris, lance-mines monobloc), est classé comme d’importance nationale.
Dans les années 1990, ces deux positions sont abandonnées lors de la mise en place du concept Armée 95.
Construction
La construction de l’ouvrage d’artillerie du Stöckli débute en 1893. Son emplacement se situe à une altitude de 2400 mètres au nord d’Andermatt (UR) sous le sommet du Stöckli (2483 m d’altitude). C’est l’ouvrage le plus haut des fortifications du Gothard. Pour accèder au site, on aménage un chemin d’accès en direction du plateau du Gütsch depuis le hameau de Nätschen situé sur la route du col de l’Oberalp. Un camp de baraques est bâti, à proximité de l’endroit choisi, pour la construction pour loger les ouvriers.
L’ouvrage, en granit, dispose d’une caserne et d’un abri pour la troupe. Il est entouré de dalles de pierre formant un mur avec des créneaux de tir pour l’infanterie. La mission principale du fort est de sécuriser le passage du col de l’Oberalp et les accès au plateau du Gütsch. Son armement principal se compose de deux obusiers cuirassés de 12 cm modèle 1891. Les deux tourelles couvrent de leurs feux le col de l’Oberalp et dominent la route de l’Oberalp.
Amélioration
En 1898, les défenses extérieures sont complétées par de nouvelles tranchées, des casemates de flanquement et un abri pour un projecteur mobile. La caserne pour la troupe est agrandie et l’armement complété par un canon de 5,3 cm sur affût cuirassé mobile (5,3 cm Fahrpanzer) et deux coupoles d’observation blindées. En 1903, un second canon du même type est ajouté. Les deux pièces de 5,3 cm assurent la défense rapprochée de l’ouvrage.
En 1905, l’armée installe une station d’essai pour un système de télégraphie sans fil avec des mâts de 50 mètres de haut sur le Gütsch. En 1915, les défenses de l’ouvrage sont complétées par une galerie de tirailleurs de 200 mètres de long dotées de casemates armées de mitrailleuses sur les flancs. Des positions de tir permanentes pour des batteries d’artillerie sont ajoutées. Sur le Gütsch, un ouvrage d’infanterie et une position pour une demi-batterie de deux canons de 12 cm sont construits. Près du col de l’Oberalp, on complète le dispositif avec des positions de tir provisoires pour l’artillerie.
Désarmement
Durant la Seconde Guerre mondiale, le fort ne joue aucune rôle car sa mission est reprise par le nouvel ouvrage d’artillerie du Gütsch doté de trois tourelles armées d’un canon de 10,5 cm. Le col de l’Oberalp est sécurisé avec quatre ouvrages d’infanterie : deux barrent l’axe au début de l’Oberalpsee et les deux autres à mi-chemin du lac.
En 1947, l’ouvrage obsolète est désarmé comme ouvrage d’artillerie car l’efficacité de son armement est limitée et ses bâtiments ne résistent pas aux bombes. Exposé aux éléments naturels du fait de son emplacement, des travaux d’entretien sont constamment nécessaires en raison des conditions météorologiques rudes. Les bâtiments ont encore été utilisés comme cantonnement pour les troupes, puis laissés à l’abandon.
Site stratégique depuis toujours
Les recherches archéologiques effectuées sur le site permettent de dater l’occupation de la colline de l’Ehrenbreitstein aux environs de l’an 4000 avant J.-C.
Sous l’Empire romain, un burgus (fortification romaine) est construit sur la colline. Sa mission est de protéger la ville de Confluentes (Coblence), l’embouchure de la Moselle dans le Rhin, les voies romaines menant à Cologne (Colonia Claudia Ara Agrippinensium) et Mayence (Mogontiacum) et la frontière du Limes rhénan située non loin près de Niederberg.
Le Deutsches Eck vu de la forteresse de la Feste Ehrenbreitstein
Une première fortification médiévale est bâtie à l’époque carolingienne aux alentours du 8ème siècle. Vers l’an 1000, le château d’Ehrenbreitstein occupe le sommet de la colline. Racheté par les princes-évêques de Trèves vers 1020, il est considéré comme l’ouvrage de défense le plus sûr de l’électorat de Trêves.
Au fil des siècles, le château est adapté aux techniques militaires de défense en vigueur. Au début du 16ème siècle, il devient une forteresse avec l’installation de pièces d’artillerie sur ses remparts et la construction de bastions et de fossés supplémentaires.
La forteresse baroque
Au cours de la guerre de Trente Ans (1618-1648), la forteresse change plusieurs fois de propriétaires au gré des événements. A partir de 1729, l’électorat de Trêves agrandit et transforme la forteresse. On ajoute des ouvrages défensifs et des batteries d’artillerie supplémentaires. Un nouveau rempart avec fossé, un chemin couvert et un système de contre-mines complètent les défenses du site.
A partir de 1795, les troupes révolutionnaires françaises assiègent la forteresse à quatre reprises. Le 27 janvier 1799, Ehrenbreitstein se rend aux Français après un siège de presque un an. En 1801 avec la signature du Traité de Lunéville, la France doit abandonner la rive droite du Rhin. Elle quitte Coblence en faisant sauter la forteresse d’Ehrenbreitstein.
Reconstruction
Après le Congrès de Vienne de 1815, le territoire de l’électorat de Trêve est attribué au royaume de Prusse. Entre 1817 et 1828, une nouvelle citadelle est construite sur les ruines de l’ancienne forteresse par la Prusse. Ce nouvel ouvrage est intégré au système défensif de la ville de Coblence. Appelé Oberehrenbreitstein, il est considéré comme le système fortifié le plus vaste d’Europe.
Utilisée par l’armée prussienne jusqu’en 1918, la Feste a pour mission de sécuriser la vallée du Rhin moyen et l’ensemble des infrastructures de transport du secteur de Coblence (ponts, voies de chemin de fer, ports et routes).
Occupée par les troupes américaines en 1919, puis françaises de 1923 à 1929, elle est réoccupée par l’armée allemande en 1936.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, la Feste abrite les biens culturels et les archives de plusieurs villes situées le long du Rhin. Pour assurer la défense aérienne de Coblence, trois pièces de DCA sont installées sur le site. Un abri antiaérien est creusé dans le rocher de l’Ehrenbreitstein pour abriter des civils. Entre 1939 et 1945, Coblence est détruite à 87 % par les attaques aériennes alliées mais la forteresse ne subit que peu de dommages.
Le 27 mars 1945, les troupes américaines occupent la forteresse et à la mi-1945, elle est intégrée à la zone d’occupation française.
Après guerre
Entre 1946 et 1950, un camp pour personnes déplacées occupe la forteresse. A partir de la mi-1949, de nombreuses familles sans abri de Coblence s’installent dans les casemates de l’ouvrage transformées en logements.
Aujourd’hui propriété du Land de Rhénanie-Palatinat, la forteresse d’Ehrenbreitstein abrite différentes institutions étatiques ou privées (musées, auberge de jeunesse, services administratifs, etc.). La Feste est accessible à pied ou en téléphérique.
Pour notre premier voyage depuis 2019, 22 personnes sont parties, du 16 septembre au 19 septembre 2022, dans un circuit de 4 jours en Suisse à la découverte d’ouvrages fortifiés, de positions de barrage et de défense antiaérienne avec comme fil rouge le thème « Tessin-Grisons-Suisse centrale – Les défenses sud et centre du pays ».
Tessin
Forte Airolo
Forte Olimpio (Fortino Magadino inferiore)
Centi-Bunker San Martino et tour Dufour de Camorino
Grisons
San Bernardino – Sufers – Ouvrage d’artillerie de Crestawald
Secteur fortifié de St. Luzisteig
Schwytz
Ouvrage d’infanterie de Grynau (position de la Linth)
Position de barrage de l’Etzelpass
Zoug
Menzingen – Gubel – Position de tir d’engin guidé sol-air BL64 Bloodhound
Nidwald
Stansstad – Ouvrage d’artillerie de Fürigen
Remerciements
Nous avons pu bénéficier pour l’organisation et la conduite des visites de l’aide des associations suivantes :
Tessin : Associazione Amici del Forte Airolo, Associazione Fortificazioni Gambarogno, Associazione FOR.TI et Associazione Fortini Camorino
Grisons : Verein Festungsmuseum Crestawald et Militärhistorische Stiftung Graubünden
Schwyz : Stiftung Schwyzer Festungswerken
Zoug : Militärhistorische Stiftung des Kantons Zug
Nidwald : Verwaltung Nidwaldner Museum
Près de la ville de Manderscheid, dans le massif de l’Eifel, on découvre les ruines de deux châteaux forts dont l’histoire est marquée par les relations conflictuelles entre l’électorat de Trèves et le duché de Luxembourg.
La dénomination Manderscheid est attestée dans un acte de donation de 973. Les noms de famille et du château apparaissent dans l’histoire médiévale, entre 1141 et 1146, lors d’une querelle entre la maison de Namur-Luxembourg et le prince électeur de Trèves. A cette époque, les possessions du prince électeur forment une tête de pont dans le territoire luxembourgeois qui les entourait.
Le prince électeur accorde des droits de ville en 1332 à la cité de Manderscheid.
Oberburg
Manderscheid – Oberburg
Le château supérieur (Oberburg) est situé sur une colline dont le sommet a été arasé pour permettre sa construction. Il se compose d’un mur extérieur et d’un donjon de cinq étages.
Au sommet du donjon, la vue s’étend sur le château inférieur (Niederburg), la ville de Manderscheid et la vallée de la rivière Lieser.
En 1673, le château, toujours en possession de l’électorat de Trèves, est détruit par les troupes françaises.
Niederburg
Manderscheid – Niederburg
Le château inférieur (Niederburg) est situé sur un rocher en contrebas du château supérieur. Il en est séparé par la rivière Lieser sur trois côtés,
Depuis cet emplacement stratégique, les seigneurs de Manderscheid contrôlent la circulation dans la vallée et peuvent la bloquer en cas de nécessité.
Au fil des années, le château inférieur et ses fortifications sont agrandies et englobe le hameau de Niedermanderscheids situé en contrebas.
Vers la fin du 12ème siècle, le Niederburg devient le fief principal des seigneurs de Manderscheid dont la puissance est importante dans cette région de l’Eifel au Moyen-Âge.
Entre 1346 et 1348, le château est assiégé par les troupes du prince électeur de Trèves.
Enfin, en 1457, Dietrich III de Manderscheid est fait comte d’Empire. Au cours de son règne, il agrandit sa puissance et son domaine grâce à des achats et à une politique d’héritage habile.
En 1498 à sa mort, la famille Manderscheid se divise en trois lignées : Manderscheid-Kail, Manderscheid-Schleiden et Manderscheid-Blankenheim.
Le château inférieur reste la propriété des Manderscheid-Blankenheim ; ces derniers ne l’habitent plus et il tombe en ruine. La dernière de la lignée à régner fuit en 1794 devant l’approche des troupes françaises. Le château, définitivement abandonné, est mis en vente à l’encan en vue de sa démolition.
Restauration et utilisation
En 1921, les ruines de l’Oberburg sont restaurées par la ville de Manderscheid et rendues librement accessibles. Depuis le 1er janvier 2018, les ruines du Niederburg sont également propriété de la ville.
Les deux sites sont gérés par une association et le dernier week-end d’août de chaque année, une fête médiévale est organisée au château et sur la prairie adjacente.