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J'ai subi un infarctus quand je n'avais pas encore trente ans, un AVC quelque temps plus tard, puis un deuxième en janvier 2018. Nietzsche a raison de dire que toute pensée est la confession d'un corps, son autobiographie. Que me dit le mien avec ce foudroiement qui porte avec lui un peu de ma mort ? La disparition de ma compagne cinq ans en amont de ce récent creusement dans mon cerveau, qui emporte avec lui un quart de mon champ visuel, transforme mon corps en un lieu de deuil. " Faire son deuil " est une expression stupide, car c'est le deuil qui nous fait. Comment le deuil nous fait-il ? En travaillant un corps pour lequel il s'agit de tenir ou de mourir. Un lustre de mélancolie ou de chagrin porte avec lui ses fleurs du mal. Ce texte est la description du deuil qui me constitue. Faute d'avoir réussi son coup, la mort devra attendre. Combien de temps ? Dieu seul (qui n'existe pas) sait... Pour l'heure, la vie gagne. Ce livre est un manifeste vitaliste. M. O.
Michel ONFRAY est docteur en philosophie ; il a créé l'Université populaire de Caen.ÿIl a publié une trentaine d'ouvrages dans lesquels il propose une théorie de l'hédonisme : que peut le corps ? En quoi est-il un objet philosophique de prédilection ? Comment penser en artiste ? De quelle manière installer une éthique sur le terrain de l'esthétique ? Quelle place laisser à Dionysos dans une civilisation tout entière soumise à Apollon ? Quelles relations entretiennent l'hédonisme éthique et l'anarchisme politique ? ÿEdité onze fois dans les éditions du Livre de Poche, il est traduit en quelque treize langues, dont le japonais, le chinois, le serbe et le coréen. L'un de ses derniers titres, Le traité d'athéologie (Grasset - 2005) s'est vendu à plus de cent mille exemplaires. Il a également publié en 2002 « Splendeur de la catastrophe » consacré à Vladimir Velickovic, aux éditions Galilée