Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07275.jsonl.gz/388

Les fonctions du président de la République autrichienne sont essentiellement protocolaires.
KEYSTONE/AP/RONALD ZAK(sda-ats)
L'écologiste libéral Alexander Van der Bellen a été officiellement installé jeudi dans ses fonctions de président de la République d'Autriche. Il avait battu en décembre le candidat de l'extrême droite Norbert Hofer.
Européen convaincu, Alexander Van der Bellen jugeait ce scrutin décisif pour l'avenir de l'Autriche dans l'Union européenne (UE). Il l'avait emporté le 4 décembre avec 53,8% des voix contre 46,2% à Norbert Hofer, 45 ans, vice-président du Parlement et cadre du Parti de la liberté (FPÖ),
"Je jure que j'observerai la Constitution et toutes les lois de la République fidèlement et remplirai mon devoir en mon âme et conscience", a déclaré l'ancien patron des Verts autrichiens, âgé de 73 ans, lors d'une cérémonie au Parlement.
Soulagement pour Vienne
Même si les fonctions du président de la République autrichienne sont essentiellement protocolaires, une élection de Norbert Hofer aurait constitué pour la première fois l'arrivée d'un candidat d'extrême droite à la tête d'un Etat de l'UE.
A ce titre, ce scrutin avait été très observé dans les capitales européennes. L'extrême droite autrichienne espérait capitaliser sur un contexte international propice aux formations eurosceptiques et anti-immigration après la victoire du Brexit au Royaume-Uni et celle de Donald Trump aux Etats-Unis.
La victoire de M. Van der Bellen avait aussi représenté un soulagement pour la coalition centriste au pouvoir à Vienne depuis 2007 entre sociaux-démocrates (SPÖ) et conservateurs (ÖVP). Elle leur a évité d'avoir à cohabiter avec un président d'extrême droite qui aurait pu mettre le gouvernement sous une forte pression.
Rôle d'arbitre
Mais les tiraillements demeurent au sein de l'exécutif autrichien, mené par le chancelier Christian Kern (SPÖ). Le gouvernement est déchiré par de nombreuses divisions qui alimentent, depuis le début de l'année, les spéculations sur des législatives anticipées avant 2018.
Dans ce cas de figure, le FPÖ, fondé par d'ex-nazis en 1956 mais qui a lissé son discours, est régulièrement donné en tête des intentions de vote face au SPÖ et à l'ÖVP. Le président Van der Bellen pourrait être amené à jouer un rôle d'arbitre lors de la désignation d'un futur chancelier.
Les candidats à la présidentielle des deux grands partis autrichiens traditionnels avaient été éliminés dès le premier tour de la présidentielle, le 24 avril. Ce scénario inédit a conduit, pour la première fois, à l'élection d'un chef d'Etat non issu de leurs rangs.
ATS