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La législation suisse sur la protection des animaux (LPA) est une des plus avancées au monde. Elle réglemente également les expériences sur des animaux (art. 17 à 20 LPA). Pour pouvoir effectuer quelque intervention ou manipulation que ce soit sur des animaux à des fins expérimentales, les chercheurs doivent déposer une demande d'autorisation auprès de l'autorité cantonale, motiver et prouver que les avantages que la société tirera de ces expériences sont plus importants que leurs inconvénients, à savoir les souffrances causées des animaux durant l'expérience (pesée des intérêts). Les chercheurs doivent établir, en outre, qu'il n'existe pas de méthode alternative à l'expérience pour laquelle ils demandent une autorisation. Ces demandes sont évaluées par une commission cantonale de l'expérimentation animale composée de spécialistes et de défenseurs des animaux. Comme autorité chargée de la haute surveillance de l'expérimentation animale, l'Office vétérinaire fédéral peut faire recours contre les autorisations cantonales (art. 25 et 40, LPA).
En 2011, le nombre d'autorisations cantonales en cours de validité était de 3592 (+1%). Le nombre de nouvelles autorisations s'élevait à 1015 (-15%) dont la moitié était assortie de charges. Deux demandes d'autorisation ont été rejetées par l'autorité cantonale. Dans deux cas, l'OVF a fait recours contre une autorisation cantonale.
Une autorisation concernait des cosmétiques, à savoir des filtres UV dont l'utilité pour la santé humaine est incontestée mais qui sont considérés par la Suisse et l'UE comme des cosmétiques (alors que l'Australie et les USA les considèrent comme des médicaments). Initiées en 2010, ces expériences sur la répartition des filtres UV dans le corps des rats ont été poursuivies en 2011.
79% des animaux utilisés étaient des rongeurs, tels que des souris, des rats, des hamsters ou des cochons d'Inde. Des oiseaux, notamment de la volaille, ont été utilisés dans 10% des cas, à savoir dans des essais d'affourragement et des études pour déterminer les conditions de détention conformes aux besoins des animaux. Les autres animaux utilisés étaient des poissons, différentes espèces d'animaux de compagnie et d'animaux de rente, des lapins, des amphibiens, des primates et d'autres mammifères.
Un bon tiers des animaux d'expérience ont été utilisés en 2011 dans les Hautes écoles et les hôpitaux (-4%) et près de deux cinquièmes dans l'industrie (-25%). La nette diminution d'animaux utilisés par rapport à 2010 (-99'547) s'explique par la renonciation à une expérience dans de grands élevages de volailles dans le canton de Lucerne. Mais le recul du nombre d'animaux d'expérience est général : il est constaté dans tous les domaines de l'expérimentation animale.
Les contraintes subies par les animaux d'expérience sont classées selon quatre degrés de gravité, de 0 à 3. Les expériences de degré 0 sont celles qui ne causent pas de contrainte à l‘animal, par exemple l'observation du comportement des poules. Les expériences de degré 3 par contre provoquent de fortes contraintes. En 2011, 79% des expériences effectuées étaient de degré 0 ou 1, 19% de degré de gravité 2 et seulement 2% de degré de gravité 3.
La statistique détaillée interactive des expériences sur animaux réalisées en 2011 peut être consultée sur le site Internet de l'OVF (www.ovf.admin.ch)