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(Essais et réglages en février/mars 2020)
L'histoire occultée des Palestiniens (1947-1953)
Sandrine Mansour-Mérien
Éditions Privat, 2013
Ce livre aborde une approche différente et nouvelle de l'histoire des Palestiniens. Il replace la Catastrophe, traduction française du terme arabe «Nakba» qui évoque le début de l'exode forcé des Palestiniens en mai 1948, dans une perspective historique s'appuyant sur des archives nouvellement ouvertes et des textes d'historiens, tant palestiniens qu'israéliens.
Lorsque l'Etat d'Israël est déclaré créé par les forces juives en Palestine, pour justifier aux yeux du monde le projet de construction d'un Etat sur les terres de remplacement d'un autre peuple, il fallait faire passer le message: «Une terre sans peuple pour un peuple sans terre». Depuis lors, les Palestiniens ont dû constamment se battre pour faire entendre leur propre histoire. Ce livre tente de réparer ces lacunes, à travers de nouvelles archives diplomatiques, retrouvées lors de conflits successifs et préservées dans des pays étrangers, et aussi grâce aux travaux des nouveaux historiens israéliens qui, à partir des années 1980, ont pu revoir complètement la version propagandiste de l'Etat israélien. Le livre fait appel aussi à de nombreux historiens palestiniens qui ont été à la fois des témoins et des acteurs de la situation ainsi qu'à des sources orales palestiniennes, recensées entre autres par des travaux de séminaire à l'Université de Birzeit à Ramallah. Cette collecte de témoignages marque le début de la prise en considération de l'histoire personnelle des réfugiés palestiniens, forcés de fuir leur demeure et leur pays.
Le chapitre «L'humanitaire, à défaut du politique» met en exergue les contradictions issues de la non-application des résolutions de l'ONU. Par là même, les exilés deviennent des «absents», cette invention de la notion d’«absent» ayant permis la mainmise de l'Etat d'Israël sur la totalité des propriétés appartenant à des Palestiniens, qu'ils soient réfugiés ou non. De même, il relate les différentes tentatives des réfugiés auprès des autorités israéliennes pour retourner dans leur ville ou leur village, qui ont abouti à un refus catégorique de la part de l'Etat israélien.
Cet ouvrage extrêmement bien documenté nous fait réfléchir à la façon dont un peuple a été dépouillé totalement de son histoire et nous interpelle sur le drame de la Nakba, qui a marqué les Palestiniens pour plusieurs générations. Tout le système d'enfermement actuel à l'intérieur de routes interdites, de colonies et de postes militaires relève de cette expropriation: «Ce n'est plus la Nakba, relève l'auteur, mais une autre «catastrophe» qui n'a pas encore été nommée.»