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Schéma 1
Pratiques sociales de référence
En didactiques, les pratiques sociales de référence, comme leur nom l'indique, constituent des activités non-didactiques (dépourvues d'intention didactique) dans lesquelles un certain objet de savoir fonctionne. En ce sens, elles peuvent constituer un système antagoniste au système didactique proposé par l'enseignant dans lequel sont supposés fonctionner les savoirs enseignés.
Mais, comme nous le rappelle à juste titre G. Brousseau (1996, p. 62 et ssq.), "la conception moderne de l'enseignement va donc demander au maître de provoquer chez l'élève les adaptations souhaitées, par un choix judicieux, des "problèmes" qu'il lui propose". Au centre de notre problématique, cette question du "choix judicieux".
Il ne suffit pas de mettre l'élève face à n'importe qu'elle situation-problème pour déclencher des apprentissages. L'intérêt de réflechir à l'action pédagogique d'un point de vue didactique concerne justement le besoin, tant pour l'enseignant que pour l'élève, que ce dernier accepte la situation problème comme sienne et que, sur la base de cette acceptation, il assume le fait de devoir trouver une réponse (au sens large). Autrement dit, l'enseigant doit faire un choix judicieux, parmi les multiples pratiques sociales de référence (réelles ou virtuelles), afin de proposer à l'enfant une image de ce que peut être le fonctionnement non-didactique des savoirs (a) enseignés(er), mais également, du sens que peut prendre la tâche en termes d'apprentissage.
Les pratiques sociales de référence peuvent aider l'enseignant à construire un milieu a-didactique, qui, à son tour, imprimera une certaine logique de fonctionnement du ou des savoirs dans le milieu didactique: par exemple il est manifeste qu l'on n'enseigne pas la même chose au sujet de l'objet de savoir "peinture à l'eau" si le milieu a-didactique suggéré est celui du peintre en bâtiment que s'il s'agit des Fresques du muralisme Mexicain.
L'exemple cité nous permet de faire la remarque suivante: il apparaît de plus en plus naturel aux enseigants en arts plastiques de privilégier de manière quasi exclusive l'ensemble des pratiques sociales de référence liées aux mondes de l'art et de l'artiste. S'il est vrai que ceux-ci constituent des référentiels privilégiés pour l'identification de pratiques structurant l'enseignement des arts plastiques, il n'est pas moins vrai qu'ils sont loin d'être les seuls ou, encore, les plus pertinents en tout temps.
Dans les activités d'arts plastiques la structuration du Milieu didactique passe par une interaction importante avec l'Objet en tant que praxème. Y. Chevallard (1991) définit un praxème comme un objet (de savoir) dont le sens ne peut être conçu indépendament des pratiques culturelles. C'est ainsi que, par exemple, les gestes corporels s'inscrivent à la fois en tant que gestes pratiques et en tant que système symbolique. Les représentations matérielles qui emplissent notre espace vital jouent un double rôle, comme objet et comme symbole, dans la construction du 'sens'.
Cependant, il convient de ne pas confondre les pratiques
sociales de référence avec les
référentiels disciplinaires. Ces derniers
constituent une articulation "savante" d'objets de savoir,
à l'intérieur de laquelle peuvent avoir lieu des
pratiques sociales diverses. Par exemple, dans l'univers des
productions artistiques, les artistes sont les dépositaires
de toutes sortes de savoirs experts (savoirs et savoirs-faire sur
les médiums, les techniques ou les instruments, savoirs
experts et/ou expérientiels de réception d'oeuvres
d'art, ...) qui alimentent leurs pratiques sociales en tant que
producteurs d'oeuvres d'art. Mais, font également partie de
cet univers, par exemple, les critiques d'art, les commissaires
d'exposition, les amateurs... et chacun de ces acteurs mobilise
des savoirs artistiques en regard des pratiques sociales qui sont
les siennes et dont tout semble indiquer qu'elles ne sont pas de
même nature que celles spécifiques aux autres
acteurs.
En conséquence, il apparaît nécessaire de souligner qu'il n'y a pas qu'un seul savoir "savant" qui constituerait le référentiel disciplinaire privilégié; cependant, le choix de référentiels disciplinaires, et leur explicitation, semble nécessaire au programme didactique dans la mesure où l'enseignement en arts plastiques n'est pas un entraînement techno-instrumental, autrement dit, dans la mesure où il ne suffit pas de situer l'enfant au milieu (ou dans) des pratiques pour que l'identification des savoirs soit opérée.
Schéma 2