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La justice militaire a ouvert deux enquêtes ordinaires contre deux membres du Corps des gardes-frontière tessinois. Un soupçon d'infraction contre le patrimoine a été conforté dans une enquête diligentée fin août en complément de preuves.
Au terme de son enquête, le juge d'instruction a estimé que les éléments recueillis justifiaient l’ouverture de deux enquêtes ordinaires contre deux membres du Corps des gardes-frontière, a indiqué mardi la justice militaire dans un communiqué. L’auditeur en chef, le procureur militaire, a donné suite à cette requête.
La justice militaire menait depuis la fin août une enquête préliminaire sur les gardes-frontières de la région IV pour diverses irrégularités. Un porte-parole de l'administration fédérale des douanes avait déjà confirmé la suspension et le déplacement de deux officiers. Il n'avait pas précisé les charges pesant contre eux.
L'enquête a été lancée après la publication de reportages dans les médias tessinois sur une caisse approvisionnée par des fonds de la Confédération que les responsables auraient géré de manière discrétionnaire. La justice militaire s'est emparée de l'affaire après la publication d'un communiqué de presse de l'Administration fédérale des douanes, a déclaré le porte-parole de l'armée, Mario Camelin, à Keystone-ATS.
Fin octobre, le Département fédéral des finances (DFF) a répondu à une question posée au Parlement par le conseiller national tessinois Marco Chiesa (UDC). Selon le DFF, gérer une caisse de cette façon n'est pas une pratique courante chez les gardes-frontière. A l'heure actuelle, il n'est pas possible de fournir d'indications concernant l'existence, les dessous ou la gestion d'une éventuelle caisse, peut-on lire dans la réponse donnée par le DFF.
Climta tendu
Plus des deux tiers du corps des gardes-frontière se sont également plaints d'un climat de travail très tendu dans une lettre adressée à l'Administration fédérale des douanes (AFC). La lettre signée par de nombreux employés critiquait les rotations prévues dans la région gardes-frontière IV, ordinaires, selon le DFF.
Les mesures prises visent à stabiliser et à apaiser rapidement la situation dans la région IV. Cette procédure est normale dans une telle situation et, selon le DFF, elle n’est pas le résultat de l’enquête en cours.
Selon M. Camelin, l'enquête préliminaire contre les deux gardes-frontière pourrait prendre plusieurs mois. Ensuite, le procureur militaire se penchera sur les conclusions du juge d'instruction et décidera de la suite à donner.