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"Sweat" est un film détonnant du réalisateur suédois Magnus von Horn qui raconte l'histoire d'une coach de fitness polonaise, star d'Instagram avec 600'000 followers, mais qui se sent extrêmement seule. Elle est incarnée par une formidable comédienne: la Polonaise Magdalena Kolesnik.
>> A voir, la bande-annonce de "Sweat" (polonais/st anglais):
Une coach polonaise incarnée par une actrice polonaise dans un film réalisé par un Suédois? C'est que Magnus von Horn est un peu particulier: il vit à Łódź, en Pologne, où il a suivi une école de cinéma et où il fait des films en polonais. "Sweat", son dernier-né, sélectionné à Cannes en 2020, a été présenté dans la catégorie "fiction" au Festival du film de Zurich l'an dernier.
Une caméra comme un labrador
Du côté des prises de vue, Magnus von Horn joue aussi la particularité. Quasi hystérique au début du film, lorsqu'elle suit l'héroïne, sa caméra se calme pour aller vers un presque apaisement. "On s'est dit que la caméra devait être comme un chien, un labrador très sensible aux mouvements. Quand il y a de l'excitation dans l'air, le labrador veut courir vers vous et sauter sur vous. On s'est dit que la caméra devait avoir ce caractère", explique le réalisateur à la RTS.
Ce dispositif, qui met les spectatrices et spectateurs au diapason du rythme de l'héroïne, n'est pas du goût du critique cinéma de la RTS, Philippe Congiusti, qui regrette cette immersion forcée un peu trop évidente et aurait préféré que le réalisateur s'inspire du rythme d'un paresseux plutôt que de celui d'un remuant labrador.
>> A voir, les coulisses de "Sweat" avec le réalisateur Magnus von Horn:
Du cliché à une vérité qui remue
Le réalisateur voit Sylwia Zajac comme un personnage très provocant qui pousse au jugement hâtif: "elle représente quelque chose dont on ne sait pas trop quoi faire parce que c'est tellement dans notre époque". Elle s'en sort finalement en étant honnête et elle gagne de la force en exprimant ses vraies émotions. "J'aime ça parce que ça ressemble à un cliché, mais quand tu creuses un peu, en fait c'est une vérité".
Ce voyage du cliché à une vérité qui remue a fait mouche chez le critique cinéma de la RTS, Rafael Wolf, qui a vu ses attentes détournées par la façon très organique et réaliste dont est construit "Sweat". "Je trouve assez passionnant de voir un cinéaste qui va épouser le destin d'une femme qui elle-même se met sans arrêt en scène et écrit sans arrêt sa propre histoire. Il y a quelque chose de fascinant, presque une mise en abîme."
Propos recueillis par Pierre Philippe Cadert
Adaptation web: Sébastien Blanc