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Grâce à ce cahier de brouillon va paraître non pas le QUOI de Tsvetaeva, mais son COMMENT, non pas le contenu de ses écrits, mais les préparatifs, son atelier d’artiste. Le manuscrit présenté ici, daté de 1932-1933, a appartenu à Marc Lvovitch Slonim (1897-1976). Marina Tsvetaeva, vivant alors en exil en France et sur le point de repartir en Russie, a confié certaines de ses archives à des amis proches.
Le Cahier rouge est un objet emblématique, parce que l’un des seuls témoins scripturaux laissés en France, pour une large part écrit en français, à destination d’un public francophone. On sait que Tsvetaeva est avant tout un auteur russe, on sait aussi qu’elle connaissait parfaitement sa langue d’exil, le français, et qu’elle l’a choisie pour une certaine partie de sa création, à partir des années 1930. Ce cahier de brouillon est une saisissante chronique poétique des années 1932-1933 dont le contenu est certes disparate, mais présente au lecteur les prémices d’œuvres majeures.
Ce Cahier rouge contient ainsi plusieurs textes. Le premier est l’essai Poésie épique et lyrique de la Russie contemporaine, réflexion sur l’art de Maïakovski et de Pasternak, et sur la relation du poète au pouvoir. Il comprend également deux versions de sa Lettre à l’Amazone, incursion dans une problématique très téméraire à l’époque. Ce texte était dédié à Natalie Clifford-Barney, une américaine qui tenait un salon de lesbiennes à Paris. Le saphisme est très présent dans l’œuvre de Tsvetaeva.
Enfin Le Cahier rouge rassemble les brouillons du Gars, un poème-conte que Tsvetaeva a composé en russe puis traduit en français.
Le Cahier rouge complète Les Carnets publiés en 2008. Tandis que le matériau autobiographique circonscrit la vie intime de Tsvetaeva, les brouillons nous ouvrent son laboratoire d’écriture. Cette publication s’inscrit dans un projet plus vaste des Éditions des Syrtes : mettre à la disposition du lecteur français l’ensemble de l’œuvre diaristique et épistolaire de Tsvetaeva.
Marina Tsvetaeva (1892-1941) est l'une des plus grandes poétesses russes du siècle dernier. Mariée à dix-neuf ans à Sergueï Efron qui fera le choix de l’Armée blanche après la révolution d’Octobre, elle prendra elle aussi le chemin de l’exil. En 1939, elle retourne en URSS, poussée par des circonstances familiales et personnelles pénibles et met fin à ses jours le 31 août 1941.
Déjà parus aux éditions des Syrtes : Lettres à Anna (2003), Lettres du grenier de Wilno (2004), Cet Été-là, correspondances avec Nicolas Gronski (2005), Correspondance avec Boris Pasternak (2005), Les Carnets (2008).
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