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Le Tchétchène Bulat Chagaev a tenté mardi à Neuchâtel de s'expliquer sur les malversations dont il est accusé dans le cadre de la faillite du club de football de Neuchâtel Xamax. Les audiences du procès reprendront le 21 septembre pour deux jours au moins.
La journée de mardi a été consacrée exclusivement à l'interrogatoire de Bulat Chagaev. Comme il l'avait promis, ce dernier s'est déplacé de Moscou pour donner sa version des diverses péripéties ayant conduit à la faillite du club de Xamax, prononcée en janvier 2012.
Le procès a été ajourné après l'interrogatoire du prévenu, en raison de l'absence de son co-accusé, Islam Satujev, ancien vice-président du club et bras droit de Bulat Chagaev.
Devant la Cour criminelle du Littoral et du Val-de-Travers, l'ancien président de Xamax devait répondre des accusations de gestion fautive et déloyale, ainsi que de faux dans les titres et de soustraction à l'impôt payé à la source. Sur ce dernier point, Bulat Chagaev a promis de s'acquitter d'un montant 685'000 francs d'ici l'audience prévue le 21 septembre, à laquelle le Tchétchène tient à participer.
Autres promesses
Il a promis également de payer les salaires contractuels dus à l'entraîneur Victor Munoz ainsi qu'à trois joueurs espagnols et à un suisse. L'avocat des parties civiles s'est refusé à communiquer le montant total des prétentions exigées par les cinq plaignants.
Lors d'une pause, le procureur général Pierre Aubert a relevé que Bulat Chagaev s'était engagé à honorer des dettes qu'il a toujours contestées lors de l'instruction. "On verra ce qu'il en est le 21 septembre", a ajouté le représentant du Ministère public.
Accusations rejetées
Durant son interrogatoire, l'ancien président de Xamax a rejeté les accusations portant sur la production d'un faux document de la Bank of America attestant d'une garantie de crédit de 35 millions de dollars. Bulat Chagaev a affirmé à ce sujet qu'il était étranger à la manœuvre et qu'il en a appris l'existence par la presse. Il a ajouté qu'il avait des soupçons quant à l'auteur du faux mais qu'il préférait ne pas révéler de noms.
S'agissant de la prévention de gestion fautive et déloyale, le Tchétchène a laissé entendre qu'il était mal informé de la situation financière précaire de Xamax. Selon lui, il a dû parer au plus pressé en concluant des contrats calamiteux avec un nouvel équipementier et un fournisseur de véhicules.
De même, il ignorait le rôle primordial de la société Pro'Îmax SA, responsable du sponsoring, dont il a signifié la liquidation après en avoir exploité la trésorerie.
Quatre ans
La descente aux enfers de Xamax entre mai 2011 et janvier 2012 avait marqué toute une région. Dans un premier temps, le monde sportif et politique ne s'était pas opposé à la vente de Xamax par le président sortant Sylvio Bernasconi à Bulat Chagaev, mystérieux homme d'affaires.
Le Tchétchène avait su séduire en faisant miroiter des rêves de grandeur pour l'équipe. Mais rien n'a fonctionné comme prévu en raison du refus des banques d'exécuter des transactions à partir de fonds jugés de provenance douteuse. Le nouveau patron avait également imposé un style de direction autocratique et s'était coupé des groupes de dirigeants et de supporters.