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Paul Morand, né le 13 mars 1888 à Paris 8e et mort le 23 juillet 1976 à Paris 15e, est un écrivain, diplomate et académicien français.
Attaché à l'ambassade de Londres, il rentre à Paris et est affecté au cabinet du ministre des Affaires étrangères pendant la 1re guerre mondiale. Il est ensuite en poste à Rome et à Madrid. Son amitié avec Philippe Berthelot lui permet de faire des missions diplomatiques qui sont en fait à but littéraire. Après son mariage il se fait mettre en congé illimité mais réintègre la Carrière en 1939, il est nommé à Londres pour diriger la Mission économique française.
Ses premiers textes publiés sont des poèmes, notamment Lampes à Arc en 1919. Mais il fait sa véritable entrée en littérature en 1921 avec la parution de son premier ouvrage en prose, Tendres Stocks, un recueil de nouvelles préfacé par Proust.
Au cours des années 1920-30, il écrit de nombreux livres, récits de voyage, romans brefs et nouvelles (Ouvert la nuit, Lewis et Irène...), qui frappent par la sécheresse du style, le génie de la formule et la vivacité du récit, mais aussi par la fine description des pays traversés par l'auteur ou ses personnages, généralement de grands bourgeois cultivés aux idées larges.
Son écriture témoigne également d'une certaine vision du métissage : « En fait, si comme dit Emerson, la nature adore les mélanges, elle ne les adore pas tous, on ne saurait visiter une université ou un collège noir aux États-Unis, contempler ces innombrables métis si appliqués et pourtant si studieux, ces visages d'Européens égarés sous d'affreuses tignasses laineuses, ces négresses blondes ou rousses, ces âmes brûlées par des désirs contradictoires, ces corps dont toutes les proportions ont été bousculées, violées dans le combat des deux hérédités, sans ressentir cette pitié angoissée, mêlée de répulsion qu'inspirent les anomalies humaines... » (Citation extraite d'Hiver Caraïbe, 1926).
Durant la même période, il pratique le journalisme, notamment pour Le Figaro. Il exerce aussi le métier d'éditeur en dirigeant chez Gallimard la collection « Renaissance de la nouvelle », où paraissent en 1938 les Nouvelles orientales de Marguerite Yourcenar, et est également membre du Comité de direction de l'Association du Foyer de l’Abbaye de Royaumont.
Le 3 janvier 1927, à Paris, il épouse la riche Roumaine d'origine grecque Hélène Chrissoveloni (1879-1975), princesse Soutzo, dont le frère Jean (+ 1926), banquier fort cultivé et polyglotte, avait acquis trois ans plus tôt, avec son épouse Sybille, le château des Mesnuls (Yvelines), où le couple très mondain donna des fêtes fastueuses.