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Le prévenu, un Fribourgeois de 52 ans emprisonné depuis août 2019, doit s'expliquer devant le Tribunal pénal économique du canton. En raison de la pandémie, ce procès ne se déroule qu'en présence des plaignants et du fils de l'accusé.
Selon les investigations, l'ex-boursier a détourné des fonds de la commune pour un montant de 5,85 millions de francs, entre 2005 et 2019. Pour parvenir à ses fins, l'ex-boursier a recouru à une série d'artifices lui ayant permis de procéder à des prélèvements en espèces du compte bancaire de Belfaux, commune de 3300 habitants.
Comptes et biens séquestrés
Le Ministère public, par l'entremise de la procureure générale adjointe, a clos il y a six mois une instruction ouverte un an plus tôt. Durant l'enquête, la magistrate a fait bloquer des comptes bancaires du prévenu en Suisse pour une somme avoisinant 200'000 francs. Elle a également séquestré deux biens immobiliers dans le canton de Fribourg. Des demandes d’entraide internationale ont en outre été envoyées au Brésil, pays d'origine de son ex-femme, et en Espagne.
L'accusé, qui a sollicité en vain une remise en liberté depuis son arrestation, en raison d'un risque de fuite, ne conteste pas les faits. Il a exprimé par ailleurs ses "vifs regrets". Il a dit vouloir révéler, durant ce procès prévu sur cinq jours, le détail de ses actes délictueux, qui auraient débuté en 2004.
Suspicions et enquête tardives
L'ancien responsable communal n'a fait l'objet de suspicions qu'à partir de 2018. Un mentorat avait alors été mis en place pour seconder celui qui avait la haute main sur la caisse de Belfaux depuis de longues années. Une enquête avait été finalement ouverte par le Conseil communal en juillet 2019.
L'acte d'accusation comporte 19 pages. Il met en lumière une montée en puissance dans l'intensité du comportement criminel. Celui-ci a atteint son point culminant à partir de 2013. En l'espace de six ans, jusqu'en 2019, le prévenu a procédé à pas moins de 205 prélèvements en espèces, présentant une moyenne de 25'000 francs.
Il les a essentiellement ʺjustifiésʺ par des fausses factures, des ordres de virement frauduleux et des falsifications de la comptabilité. Avec son montage, il a notamment créé des débiteurs fictifs, en doublant les factures réelles de fournisseurs.
Une somme de 2,5 millions de francs n’a toujours pas été retrouvée.
>> Les précisions de Nicolas Beer dans le 12h45:
ats/oang