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Quand l’alcool fait que vous battez la chamade
En langue anglaise cela donne «holiday heart syndrome», une manière de dire qu’une consommation sans modération d’alcool (ici au moment des fêtes de fin d’année) pouvait avoir des conséquences non négligeables sur l’activité cardiaque. La formule a été inventée vers la fin des années 1970. Un peu plus de trente ans plus tard, on commence à saisir un petit peu mieux à quoi correspond ce concept.
Des chercheurs de l’Université de Californie – San Francisco (UCSF) – viennent ainsi d’établir les liens entre consommation d’alcool et des troubles du rythme potentiellement graves, au premier rang desquels la fibrillation auriculaire. «Les personnes qui connaissent des épisodes dits de fibrillation auriculaire ont un risque multiplié par 4,5 de déclencher un de ces épisodes s’ils consomment de l’alcool», écrit le Dr Gregory Marcus, auteur principal de cette étude; une étude qui, après tant d’autres, met en garde contre les conséquences des consommations excessives de boissons alcooliques. Il faut ici bien faire la différence entre les simples palpitations généralement bénignes et les troubles du rythme cardiaques qui peuvent avoir des causes et des conséquences potentiellement graves. Un cas particulier (et fréquent) est celui posé par la fibrillation auriculaire.
L’étude de l’UCSF a été menée de 2004 à 2011 chez 223 personnes (âge moyen: 59 ans) souffrant d’épisodes de différents troubles du rythme cardiaque (fibrillations auriculaires, tachycardies paroxystiques supra-ventriculaires). On a demandé à ces personnes si la prise d’alcool est ou non susceptible, chez elles, de déclencher des arythmies; et ce sur une échelle cotée de 0 («jamais») à 5 («chaque fois»). Dans le groupe des personnes ayant coché 4 («fréquemment») et 5 (soit 133 patients), la probabilité de rapporter une consommation d’alcool comme déclencheur de fibrillation auriculaire est multipliée par 4,42. Ce travail sera publié dans l’édition datée d’août de l’American Journal of Cardiology.
Comment comprendre? Spécialiste de cardiologie à l’UCSF le Dr Marcus estime, pour sa part, que l’alcool a un effet direct sur l'activité électrique de cette région particulière du cœur qu’est l'oreillette, effet direct provoquant ces arythmies. Pour lui il est désormais nécessaire de mener d’autres études sur un nombre plus important de patients. Il se refuse, prudemment, à extrapoler à partir de ces premières observations se bornant à un message général de prudence en observant qu’il existe ici des variations individuelles avec des personnes de plus ou moins grande susceptibilité. Il importe aussi selon lui de replacer ces données dans le contexte plus général des aspects positifs de la consommation d’alcool (à dire vrai plus précisément de vins rouges) sur le risque d’accidents cardiovasculaires dus à l’athérosclérose; et ce via l’antioxydant resvératrol.
Reste, quand on sait que son cœur a tendance à battre la chamade (et que l’alcool est le principal suspect, bien loin devant une émotion amoureuse) à en tirer les conclusions qui, estime-t-on, s’imposent.