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L'Italie n'a toujours pas de gouvernement: Carlo Cottarelli, chargé par le président Sergio Mattarella de former un nouvel exécutif, a rencontré mardi le chef de l'Etat, mais il est ressorti sans présenter une liste des ministres, contrairement à ce qui était attendu.
M. Cottarelli est resté quelques dizaines de minutes dans le bureau du président, avant de repartir discrètement, sans faire de déclaration. M. Cottarelli "a informé le chef de l'Etat de la situation et tous deux se reverront demain matin", a simplement déclaré à la presse le porte-parole de la présidence, Giovanni Grasso.
Le nouveau gouvernement, que M. Cottarelli avait promis lundi de présenter "dans des délais très brefs", n'a aucune chance d'obtenir la confiance d'un Parlement dominé par les populistes eurosceptiques. Il devrait en être réduit à expédier les affaires courantes avant des élections.
Elections dès le 29 juillet?
Selon des sources politiques, Carlo Cottarelli envisagerait même de renoncer à son mandat et d'ouvrir ainsi la voie à la tenue d'élections législatives anticipées dès le 29 juillet. Si l'ancien économiste du Fonds monétaire international (FMI) se récuse, le chef de l'Etat n'aura pas d'autre choix que de dissoudre le Parlement dans les prochains jours.
Dans ce cas, l'actuel président du Conseil par intérim, Paolo Gentiloni, conserverait son poste jusqu'à l'organisation des élections.
L'Italie connaît depuis dimanche une nouvelle crise politique. Le Mouvement Cinq Etoiles (M5S, anti-système, populiste) et la Ligue (extrême droite) ont abandonné leur projet de former un gouvernement après le refus de Sergio Mattarella d'avaliser leur choix de l'économiste eurosceptique Paolo Savona comme ministre de l'Economie.
Appel à la dissolution
Sortis vainqueurs des législatives du 4 mars, la Ligue et le M5S avaient négocié un programme de gouvernement tournant résolument le dos à l'austérité. Désormais, ils sont vent debout contre l'exécutif à venir. Le chef proposé incarne la rigueur budgétaire qu'ils combattent.
Mais le nom de Carlo Cottarelli n'a pas non plus suffi à calmer le vent de défiance qui souffle sur l'économie italienne. Le "spread", l'écart entre les taux d'emprunt italien et allemand à dix ans, a fini la journée à 303 points (+68), tandis que la Bourse de Milan a clôturé en baisse de 2,65%.
Sondages en hausse pour la Ligue
Les principaux partis du pays estiment que la mission de Cottarelli n'aboutira pas et appellent à une dissolution du Parlement. "Il est probable que Cottarelli renonce à son mandat. Cela n'a aucun sens pour lui d'aller dans un parlement où il n'aurait qu'une poignée de votes", a déclaré un député de Forza Italia, la formation de l'ancien président du Conseil Silvio Berlusconi.
Le sénateur du Parti démocrate (PD), Andrea Marcucci, a appelé à une dissolution "immédiate" du Parlement pour organiser de nouvelles élections dès juillet.
Pour l'instant, les sondages évoquent des intentions de vote stables ou en très légère baisse pour le M5S, qui a obtenu plus de 32% des voix en mars. En revanche, elles seraient en nette hausse pour la Ligue, qui dépasse désormais les 20%, parfois largement, après obtenu 17% en mars au sein de la coalition de droite.