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Le but essentiel de notre élément est de rappeler, dans son apparence, l'environnement organique dans lequel il repose. Il se situe à la frontière de l'urbain et du végétal, deux zones séparées par un grillage. Cela donne lieu à un contraste entre, d'un côté, la circulation intense et, de l'autre, un "lit-fenêtre" dans un endroit plus figé et calme.
La définition du lit correspondant à l'usage de cet objet hybride est un "meuble [...] sur lequel on s'étend" (CNRTL). On peut également ajouter à cette définition celle, au sens figurée, de la fenêtre qui est une "ouverture [...] ouvrant de nouveaux horizons et d'autres perspectives". L'ensemble de l'élément se justifie, formant une sorte de nid à l'intérieur duquel la personne qui s'y tient perçoit la fenêtre comme une ouverture et vit une expérience personnelle, enfermée à l'intérieur de cette colonne. La notion d'intimité est ici importante et renvoie à la définition du lit comme un lieu où l'on va pour se reposer, être seul avec soi-même.
But de cette recherche: lier/unir au mieux la fenêtre, le lit et la colonne.
1ère ligne - différentes colonnes formées par assemblage de tambours, donnant diverses structures.
2ème ligne - allégement et élancement des colonnes en réduisant et/ou supprimant les "anneaux" situés aux extrémités des tambours.
variante supprimant tous les "anneaux"
Dès lors, la colonne n'est plus creuse comme dans les essais précédents mais devient un poteau vertical parmi les autres montants.
Le projet évoluant, notre décision s'est portée sur un système qui bloque les montants d'une manière bien précise au niveau du sommier et au niveau du sol. Ainsi, la fenêtre n'existe pas sans le lit.
Référence
Le "nid d'oiseau" de Herzog et de Meuron a été une référence pour notre travail. Initialement, nous étions intéressés par l'aspect végétal de la façade. Mais au final, en plus de cet aspect qui semble aléatoire et désordonné, tous les éléments sont structurels, ce qui est également le cas de notre lit, où chaque planche joue un rôle d'ancrage dans le sol, de portée et/ou de point d'appui pour les montants.
Stade national de Pékin, structure toit/façade, Herzog et de Meuron, 2008
Simplification du terrain
schématisation du terrain, 1:10
Mesure des proportions du lit en fonction de l'Homme
Les dimensions du lit sont à proportions humaines, la largeur minimale étant une largeur moyenne d'épaule. Quant à la longueur, elle a été définie en fonction de la taille moyenne d'un être humain et de manière à ce que seules les jambes en dépassent.
Le lit est par définition un meuble posé sur le sol sur lequel on peut s'étendre pour se reposer. A l'origine constitué d'un simple empilement de paille, il a ensuite été surélevé afin d'éviter les facteurs de maladie, comme par exemple la peste. La monture ainsi que le sommier constitué de lattes sont généralement constitués soit de métal, soit de bois.
La fenêtre est, selon le CNRTL, une "ouverture pratiquée dans un mur, une paroi, pour faire pénétrer l'air et la lumière à l'intérieur d'un local, et normalement munie d'une fermeture vitrée". Au sens figuré, dans le même dictionnaire, la fenêtre est une "ouverture permettant une communication avec le monde extérieur, ouvrant de nouveaux horizons et d'autres perspectives". La fenêtre au sens le plus simple peut donc être une simple encadrure permettant la vision et attirant le regard vers une "scène" ou révélant quelque chose de caché.
La porte est composée de deux éléments: le huis et la chambranle. La porte est par définition une structure dans mur permettant d'entrer et de sortir d'un édifice. Il y a plusieurs types de portes: porte coulissante, porte fenêtre, porte tournante, porte dépliante, porte de ville. À l'époque, la porte servait à créer un lieu fermé tout en pouvant sortir à tout moment de cet espace. Donc le but de la création de la porte était de créer un endroit intime (ce qui est le plus intérieur), de se protéger des maladies contagieuses, garder un certain silence dans ce lieu mais également un lieu qui puisse conservé la chaleur. Au fil du temps, elle a été améliorée, pour des raisons de sécurité, conservation de chaleur, etc..
La table est une surface plane et horizontale destinée à être posée sur un ou plusieurs pieds, tréteaux ou supports. "Mettre ou dresser la table" est à prendre au sens littéral. A l'époque Moyen-âgeuse, on retire les pieds (ou les tréteaux) de la table afin de changer la fonction de la pièce qu'elle occupe. Les tables sont faites en fonction de la manière de s'y tenir et/ou de leur fonction principale (forme & fonction liées univoquement dans chaque style, formant des modèles de meuble). Les tables destinées au travail se distinguent par leur nom et les accessoires associés. Les tables d'ameublement ont aussi des noms spécifiques selon leur usage. Lieu convivial, la table peut-être considérée comme lieu de rassemblement et de partage.
Le site VIII est composé de deux bâtiments dont l'un est caché dans l'ombre du premier. Seul un espace de quelques mètres sépare ces deux infrastructures. Sur la façade sud du plus petit des deux bâtiments se trouve un graffiti. Le mot "graffiti" qui tire son étymologie du grec graphein qui signifie écrire, peindre mais surtout dessiner. Une relation se crée entre le graffiti, un art que je définirais comme rebelle et qui s'exprime principalement sur les murs, et l'architecture, qui est à la base de ces même murs.
Mais cet art rebelle, synonyme de liberté, composé de courbes, n'est-il pas opposé à l'architecture? L'architecture n'est-elle pas remplie de contraintes, limitant les prises de risques et de liberté?
Bien au contraire ces deux arts sont bien plus similaires que ce que l'on pourrait penser. Pour l'un, les courbes ne sont restreintes par aucune règles et peuvent ainsi se dessiner tout le long du graffiti. Mais pour l'architecture ce sont les droites qui sont synonyme de liberté car elles permettent de réaliser une quantité de choses que les courbes ne pourraient tout simplement pas supporter. Ces bâtiments droits et immenses symbolisent ce sentiment de liberté que peut ressentir l'architecte en tentant de toucher le ciel.
Bâtiment Ricola, Mulhouse, architecte Herzog et De Meuron
Monge et perspective à l'échelle 1:132
Moule en carton 1:132
Plâtre à l'échelle 1:132