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26/01/2016
Soif et brûlures (1, à suivre)
Nilolaï Tsouliakov était un homme libre. Il avait pourtant deux passions. Écrire et marcher. Écrire de petits poèmes. Et marcher à travers les steppes. Écrire, disait-il, c’est le seul remède efficace, susceptible de soulager momentanément mes brûlures, les brûlures de la vie. Et marcher, le seul moyen pour acquérir ce remède.
À part ces deux passions, Nikolaï Tsouliakov ne possédait rien. Il vivait avec son père, Fédor Alexandrovitch Tsouliakov, un maître d’école à la retraite. Et travaillait comme vendeur chez son ami d’enfance, Viktor Garipov, originaire du Tatarstan, qui, lui, possédait un kiosque à journaux dans le hall central de la gare de Barnaoul, ville située au sud-ouest de la Sibérie.
Le kiosque de Viktor mesurait un mètre sur deux. Il était ouvert vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Nikolaï y était présent de six heures du matin à six heures et demie du soir. Et Viktor de six heures du soir à six heures et demie du matin. Les deux hommes, depuis qu’ils travaillaient ensemble, ne se voyaient en somme plus qu’une heure par jour. Un heure pour régler ce qu’il y avait à régler et échanger quelques mots.
Le kiosque n’était jamais fermé. Ni les jours de fête ni les jours où Nikolaï marchait à travers les steppes.
Quand Nikolaï marchait à travers les steppes, c’était Véra, l’épouse de Viktor, qui le remplaçait. Et ça fonctionnait. Tout allait bien, très bien... Sans doute, trop bien jusqu’au jour où...
Il y a des visages qui donnent... à imaginer, à écrire...