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En 1929, Friedrich Murnau, l'un des plus grands cinéastes au monde, abandonne le confort d'Hollywood pour rallier, à bord d'un petit voilier, les Marquises d'abord puis Tahiti et Bora-Bora. C'est là qu'il réalise Tabou, « le plus beau film du plus grand auteur de films », selon Éric Rohmer.
Mais ce chef-d'oeuvre incomparable est maudit. Son tournage sera marqué par les drames et les catastrophes. Et Murnau, comme basculant dans son propre film, mourra tragiquement une semaine avant la première du long-métrage.
Murnau des ténèbres est le roman vrai de cette expédition fascinante. Dans un style à la beauté envoûtante, Nicolas Chemla conjugue le récit d'aventures, le conte fantastique et la méditation philosophique. À la frontière du rêve et de la réalité, de la vérité et de la fiction, il signe un texte à rebours de toutes les modes et renoue avec le souffle des grands écrivains-voyageurs comme Joseph Conrad, Herman Melville ou Pierre Loti.
Rentrée littéraire 2021 ;
L'épopée tragique et visionnaire de l'anti-Schwarzenegger... et du rêve américain.
« Il se demandait à quoi devait ressembler un roman du bodybuilding ? À quoi ressemblerait une prose sous stéroïdes ? Gonflée, boursouflée, hypertrophiée ? À la fois ronde et tendue, symétrique et structurée ? Ou bien répétitive, crescendo ? Toute en puissance lourde ou à l'inverse, en mouvements rapides et légers, contrôlés ? Nue ? Après avoir fait un texte de son corps, écrit avec ses muscles et sa chair un poème de la force virile, il lui fallait trouver le langage qui écrirait le roman du corps. » Entre 1975 et 1985, dans le monde entier, Mike Mentzer incarna l'homme idéal - un corps spectaculaire, en ce qu'il joignait la perfection des formes classiques et la promesse d'une surhumanité nouvelle. Il fut l'un des monstres sacrés d'une jeune discipline, le bodybuilding. Avec cette faculté inédite d'être aussi écrivain, théoricien et philosophe. Aujourd'hui encore, ils sont des milliers à tenter de percer son énigme, à vouloir comprendre pourquoi Arnold Schwarzenegger jura sa perte - et même, s'il en fut la cause. Monsieur Amérique nous fait entrer dans la peau de ce personnage hors du commun pour conter son épopée et celle d'un pays en crise. C'est un roman du masculin, construit et déconstruit, de la chair et de la fonte, un roman du rêve américain et du crépuscule qu'il portait, peut-être, déjà, en germe.
Le Luxe semble avoir pris possession de la planète : d'une santé éclatante malgré la crise, de New York à Shanghai, il dicte nos rêves, sculpte nos corps, lisse nos peaux, redessine nos villes. Pour des millions d'individus, il définit le rêve ultime. Il a ses temples, ses messes, ses gurus, ses prêtres(ses), ses croisés - tout travaille à convertir nos âmes à sa nouvelle religion.
Et si l'on retrouvait derrière ce phénomène l'avènement d'un esprit luciférien ? Non pas le Diable rouge, épouvantail d'une idéologie bigote, mais, en revenant aux sources mêmes de ce qu'il incarne, Lucifer comme principe de liberté, de rupture et de création.
C'est la surprenante et troublante hypothèse de cet essai au style fluide et précis, qui se lit comme une enquête littéraire et sociétale, brassant les références à la fois pop et académique, de Lady Gaga à Annie Le Brun, de Marlowe à Morrison. Un point de vue à la fois expert et personnel, implacable, qui ambitionne de rafraichir le regard tout autant sur le luxe que sur Lucifer.
Un livre d'avant-garde. Vous détestez les Bobos ? Vous allez haïr les Boubours - à moins que vous n'en soyez un. Une nouvelle forme humaine émerge et prolifère depuis le début des années 2010 : le Bourgeois-bourrin ou Boubour.
Un livre qui va faire débat. Né du rejet du Bourgeois-bohème (Bobo), cette élite molle à la mentalité bien-pensante qui a envahi la sphère publique et médiatique, le Boubour oppose désormais sa vision du monde : masculinisme surgonflé, symboles ostentatoires de la puissance, discours anti-intello et faussement transgressif. Bienvenue dans l'univers du Boubour.
Un livre drôle et féroce. C'est ainsi qu'après la pensée unique (qui est toujours celle des autres), le bon sens est revenu en flèche dans les débats publics, tout comme les notions de suivre un sens commun et d'observer plus de virilité dans la décision politique. Le Boubour est le dignitaire satisfait de ce clinquant décomplexé, une sorte de missionnaire tout azimut du confort intellectuel et de l'habitude.
Le Boubour, comme le poujadiste en son temps, est une dérive naturelle de la démocratie en démagogie. Il était temps de se pencher sur ce bipède qui prend de l'ampleur, et de le décaper en s'amusant.