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Glace de lacs, d'étangs et de rivières

Les hivers du XIXe et du début du XXe siècle étaient
généralement plus rigoureux qu'aujourd'hui et permettaient une congélation
sur plusieurs dizaines de centimètres d'épaisseur; seuls quelques hivers
trop doux sont mentionnés dans les annales. Contrairement à l'exploitation
des glaciers, l'extraction de ces différents sites se déroulait en hiver.
Une main-d'oeuvre abondante était parfois nécessaire, plusieurs
centaines d'ouvriers suivant la grandeur du lieu en exploitation. Le contexte
économique s'y prêtait bien, les hommes étaient paysans l'été et
tireurs de glace durant la saison morte.
Principaux lacs jurassiens exploitées
En Suisse, il s'agit des lacs de Joux, Brenet et Ter; en France des lacs Saint-Point, de Chaillexon et de Bouverans. A la Vallée de Joux, l'exploitation des lacs permit à la région toute entière de se forger un nom dans cet étrange commerce. Son produit, d'une grande qualité, plus connu sous le nom de Glace Suisse était réputé jusqu'en France. En 1911, l'été fut si chaud qu'un train par jour fut envoyé du Pont vers Paris pour rafraîchir la population.
Exploitation des rivières
Les rivières furent aussi utilisées pour la glace qu'elles
fabriquent annuellement. On bloquait généralement l'écoulement de l'eau
pour favoriser sa consolidation. Dans le canton de Neuchâtel (Suisse),
entre Couvet et Boveresse, on exploita vers 1910 le Fer à Cheval. Cet
ancien méandre mort de l'Areuse, formé à la suite de la correction des
eaux de 1847 approvisionnait les brasseries et les boucheries de la région.
Exploitation des étangs
Les étangs et bassins de châteaux fournirent essentiellement de la glace à leurs propriétaires. La glace, obtenue à partir d'une eau stagnante et peu profonde était souvent d'une qualité médiocre, peu hygiénique.