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Genève, le 20 juin 2003. Le Conseil du CERN1, l'organe au sein duquel les représentants des vingt Etats membres de l'Organisation décident des programmes scientifiques et des ressources financières, a tenu sa 125e session sous la présidence du professeur Maurice Bourquin (CH). La réunion a été marquée principalement par la confirmation que la construction du Grand collisionneur de hadrons (LHC) et de ses détecteurs se poursuit dans les délais prévus pour une mise en service en 2007 et que le projet de grille de calcul pour le LHC (LCG) est à la veille de franchir une étape majeure.
Le Grand collisionneur de hadrons
Le Directeur général du CERN, le professeur Luciano Maiani(IT), a fait un tour d'horizon complet de la situation du projet LHC en soulignant que la Direction du CERN était plus déterminée que jamais à respecter le calendrier actuel du LHC. Il a indiqué que les principaux obstacles majeurs concernant l'accélérateur et les détecteurs avaient été levés et que la voie était maintenant libre jusqu'à l'achèvement du projet. "Tous les problèmes que nous avons rencontrés en 2002 ont été surmontés" a-t-il dit, "et, bien qu'on doive encore surmonter des obstacles, il n'y a rien qui puisse arrêter l'élan. Nous pouvons confirmer avec moins de réserves que l'année dernière que le LHC démarrera au printemps de 2007." Le professeur Maiani a attiré plus particulièrement l'attention sur le projet LCG qui fera un grand pas en avant dans le domaine de la technologie informatique distribuée le 1er juillet, avec la mise en oeuvre d'une grille de calcul opérationnelle pour le LHC. Des négociations sont également en cours avec l'Union européenne pour le projet "Réalisation de grilles pour la science en ligne en Europe" (EGEE) qui a pour but de créer une infrastructure de grille à l'échelle européenne en réunissant les nombreuses initiatives en matière de grilles de calcul qui existent sur le continent.
Activités scientifiques
Le Conseil a approuvé le Plan à moyen terme pour les années 2004 à 2007. Deux des excellents programmes avec cibles fixes du CERN – avec des faisceaux d'ions lourds et des faisceaux de kaons neutres – s'achèveront en 2004. Ces expériences ont, respectivement, apporté la première preuve d'un nouvel état de la matière, le plasma quark-gluon, et donné des éclaircissements sur les différences entre la matière et l'antimatière par l'intermédiaire du phénomène appelé violation de CP. D'autres programmes, avec le Décélérateur d'antiprotons (AD), l'installation de neutronique par temps de vol (nTOF) et l'expérience COMPASS, termineront leur première phase avant la mise à l'arrêt des accélérateurs en 2005, mais ils devraient se poursuivre avec des expériences de deuxième génération lorsque les accélérateurs seront remis en service l'année suivante. Les activités concernant le projet Neutrinos du CERN vers le Gran Sasso (CNGS) se poursuivent selon le calendrier fixé, et le premier faisceau est prévu pour la remise en service des accélérateurs. Aux énergies inférieures, la transformation de l'installation ISOLDE en REX-ISOLDE permettra d'élargir sensiblement la gamme de noyaux pouvant être accélérés. Dans le domaine de la R&D sur les accélérateurs, les efforts sont orientés en majeure partie sur un futur collisionneur linéaire appelé CLIC. Grâce à l'installation d'essai 3 de CLIC, on est parvenu à stabiliser un aimant quadripolaire à 0,5 milliardième de mètre (nanomètre) près, un record mondial qui fait des bancs d'essai de CLIC les objets les plus stables qui existent sur Terre. Le programme scientifique hors LHC au-delà de 2005 est réduit au strict minimum, a expliqué le professeur Maiani, et il a encouragé la communauté scientifique du CERN à s'appuyer sur lui pour assurer l'avenir du Laboratoire. Le professeur Maiani a également attiré l'attention sur la nécessité de rénover l'infrastructure, dont certains éléments assurent un service fiable depuis la fin des années 50, en tant que mesure urgente nécessaire au succès du LHC.
Le Globe de l'innovation du CERN
Le Conseil a accepté à l'unanimité et avec gratitude l'offre généreuse récemment faite par la Confédération suisse de faire don du "Palais de l'équilibre", un pavillon sphérique en bois de 22 mètres de hauteur qui avait été l'une des vedettes de l'exposition nationale suisse l'année dernière. Le Palais, qui devrait arriver au CERN au début de 2004, deviendra le "Globe de l'innovation du CERN", et donnera plus d'ampleur aux missions de sensibilisation du public et de transfert de technologie du CERN. Le CERN s'engage à apporter sa part des ressources nécessaires pour équiper le Globe afin qu'il devienne un pôle pour les visites du public au CERN et un centre d'activités de transfert de technologie. Structure emblématique, le Globe, conçu à Genève, deviendra un repère bien visible dans le paysage local.
Personnel local
Le Conseil a approuvé la création d'une nouvelle catégorie de personnel recruté localement à compter du 1er juillet pour répondre aux besoins en techniciens et en personnel administratif de l'Organisation. C'est une étape importante en vue de s'assurer les ressources humaines qui seront indispensables pour l'achèvement du LHC. Le personnel local viendra compléter les activités externalisées qui peuvent être gérées dans le cadre de contrats à obligation de résultats. Le programme du personnel local permettra au CERN de recruter environ 150 nouveaux membres du personnel dans les mois à venir.
Comité d'audit
Dans le cadre de la restructuration actuelle du CERN, le Conseil de l'Organisation, à sa 124e session en mars dernier, a approuvé la création d'un comité d'audit. Celui-ci sera présidé par le professeur W.Hoogland (NL) et ses membres seront M. B. Brandt (SE), M. B.J. Höfer (DE) et M. M. Pannier (FR). Il aura pour rôle d'examiner les procédures du CERN, plus spécialement en matière financière, et de rendre compte au Conseil.
Structure organique
Le Directeur général élu, M. Robert Aymar (FR) a présenté sa proposition de nouvelle structure organique du CERN à compter du 1er janvier 2004, date à laquelle il prendra ses fonctions. Ses plans se fondent sur une recommandation du Comité d'examen externe qu'il avait présidé en 2001 et 2002. La nouvelle structure vise à assurer une continuité et à s'appuyer sur les points forts existants du CERN, tout en apportant aux échelons supérieurs des changements adaptés aux objectifs actuels de l'Organisation. Les principales caractéristiques de cette structure sont des lignes hiérarchiques courtes et un Directoire restreint constitué de M. Aymar, d'un Directeur scientifique, le professeur J.J. Engelen (NL), exerçant les fonctions de Directeur général adjoint, et d'un Directeur des finances, M. A.J. Naudi (CH/GB). Les divisions actuelles du CERN seront regroupées en un plus petit nombre de départements, et des fonctions comme la sécurité, le transfert de technologie et l'information du public seront transférées au Bureau du Directeur général.
L'Inde
Après avoir accordé le statut d'observateur à l'Inde en décembre dernier, le Conseil a accueilli ce jour pour la première fois une délégation indienne à sa réunion. Les scientifiques indiens participent activement au programme du CERN depuis les années 60. Un accord de coopération signé en 1991 et reconduit pour dix ans en 2001 a officialisé ces contributions. La signature du protocole de 1996 avec le Département indien de l'énergie atomique a fait de l'Inde l'un des premiers Etats non-membres apportant d'importantes contributions au LHC. Les scientifiques indiens sont également des membres très appréciés des collaborations ALICE et CMS, et leurs compétences informatiques sont mises à profit pour les projets de grilles de calcul dans le cadre de nouveaux protocoles signés en 2002. L'Inde rejoint ainsi les Etats-Unis d'Amérique, Israël, le Japon, la Turquie, la Fédération de Russie, la Commission européenne et l'UNESCO en qualité d'observateur, ce qui l'autorise à participer, sans droit de vote, à toutes les réunions du Conseil.
Election
Le mandat du professeur W. Buchmüller (DE) en qualité de membre du Comité des directives scientifiques a été renouvelé pour une deuxième période de trois ans à compter du 1er juillet 2003.