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Philemon Owona
dim., 29 avr. 2012 03:58 CDT
Le journal en ligne Mediapart vient encore de s'illustrer dans le créneau du journalisme
d'investigation qui lui sied à merveille. En effet, ce samedi 28 avril, ce journal dirigé par Edwy Plenel, a présenté un document qui prouverait que le colonel Kadhafi aurait donné son "accord de
principe" pour financer la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007.
Dans ce document, une note issue des services secrets libyens signée par son chef de l'époque, Moussa Koussa, et traduite de l'arabe par Mediapart, on peut lire que, dès 2006, le gouvernement libyen aurait décidé "d'appuyer la campagne électorale" de Nicolas Sarkozy pour un "montant de 50 millions d'euros". La note ne précise pas si un tel financement a effectivement eu lieu.
Moussa Koussa ajoute que cet accord est consécutif au "procès-verbal de la réunion tenue le 6/10/2006, à laquelle ont participé de notre côté le directeur des services de renseignements libyens (Abdallah Senoussi) et le président du Fonds Libyen des investissements africains (Bachir Saleh), et du côté français M. Brice Hortefeux et M. Ziad Takieddine". L'ex-ministre de l'intérieur, Brice Hortefeux, a déclaré n'avoir "jamais rencontré Moussa Koussa et Bachir Saleh", ancien homme clef du régime libyen et actuellement recherché par Interpol. Mediapart explique avoir obtenu cette note de la part "d'anciens hauts responsables du pays, aujourd'hui dans la clandestinité", qui l'ont communiquée "ces tout derniers jours".
Mediapart relève, par ailleurs, que l'auteur de cette note et son destinataire ont vécu, à l'heure de la chute du régime Kadhafi, des destins similaires. Moussa Koussa vit actuellement au Qatar, sous protection, après avoir fui la Libye en guerre, en mars 2011, ralliant d'abord Londres, puis quelques semaines plus tard Doha. Bachir Saleh, emprisonné brièvement par les rebelles du Conseil national de transition (CNT) avant d'être relâché en août dernier, a été exfiltré et accueilli par les Français. Comme l'ont déjà rapporté des sources crédibles comme Rue89 ou africascoop lui et sa famille bénéficient toujours de la protection des autorités françaises qui leur ont accordé un titre de séjour provisoire.
Interrogé par Mediapart, Ziad Takieddine, l'homme d'affaires qui a introduit dès 2005 en Libye Claude Guéant, et Nicolas Sarkozy lui-même, a déclaré que "ce document prouve qu'on est en présence
d'une affaire d'Etat, que ces 50 millions d'euros aient été versés ou non".
En réponse à la demande de l'équipe de campagne de François Hollande de s'expliquer sur les informations dévoilées par Mediapart sur le financement de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007 par le colonel Kadhafi, Nathalie Kosciusko-Morizet, porte-parole du président-candidat, a dénoncé samedi "une diversion grossière", imputée à "l'équipe de François Hollande".
"Il s'agit d'imaginer un financement libyen de 50 millions d'euros, dans une campagne électorale dont les comptes sont plafonnés à 22 millions d'euros. Des comptes qui ont par ailleurs été validés par le Conseil constitutionnel et n'ont donné lieu à aucune contestation, a ajouté Madame la porte-parole du président en campagne électorale.
Source : http://fr.sott.net
MAJ du 24 Avril 2012 :
Le parquet de Paris ouvre une enquête suite à la plainte de Sarkozy contre Médiapart
Le parquet de Paris a ouvert ce lundi une enquête préliminaire pour «faux et usage de
faux» et «publication de fausses nouvelles», à la suite d’une plainte de Nicolas Sarkozy contre Mediapart, a-t-on indiqué de source judiciaire.
La plainte vise le site Mediapart, son directeur de la publication Edwy Plenel ainsi que les deux journalistes Fabrice Arfi et Karl Laske qui ont signé samedi un article faisant état d’une note présumée à propos d’un soutien libyen à la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007, a-t-on précisé.
(AFP)
MAJ 01/05/2012 :
Mediapart accuse Sarkozy de vouloir intimider les journalistes
(Reuters) - Le site internet Mediapart se déclare mardi "stupéfait" d'être l'objet d'une plainte du parquet pour faux et usage de faux après avoir publié un document présenté comme étayant la thèse d'un financement de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007 par le régime de Mouammar Kadhafi.
Le parquet de Paris a ouvert lundi une enquête préliminaire de police après avoir été saisi d'une plainte déposée par le chef d'Etat sortant contre deux journalistes et le directeur de publication du site d'informations pour "faux, usage de faux, recel de faux et publication de fausses nouvelles".
Cette qualification, préférée à celle de la diffamation, va amener la police à s'intéresser au fond du problème et donc à la véracité éventuelle du document publié samedi par Mediapart, portant ce qui est présenté comme la signature du patron des services secrets libyens de l'époque, Moussa Koussa.
Le site l'a présenté comme une note des autorités libyennes formalisant un accord pour un appui à la campagne de Nicolas Sarkozy de 2007 pour un montant de cinquante millions d'euros, ce que le président-candidat conteste vivement.
"Cette démarche exceptionnelle vise à contourner la procédure spéciale prévue par la loi sur la presse", dit Mediapart dans un communiqué dans lequel il fait part de sa "stupéfaction" devant la procédure choisie.
"Une procédure du chef de diffamation aurait exigé un débat public devant le Tribunal correctionnel ainsi que la production des preuves et des témoins, ce que, manifestement, M. Nicolas Sarkozy ne veut pas", poursuivent les responsables du site.
UN FAUX GROSSIER, DIT SARKOZY
Ces derniers affirment que le pouvoir a fait "le choix d'une procédure secrète, à l'abri, qui vise à intimider les journalistes dans l'exercice de leur mission constitutionnelle d'information du public".
Cette affaire envenime la campagne présidentielle à cinq jours du second tour où le socialiste François Hollande est le favori des sondages.
Mediapart dit avoir obtenu ce document "d'anciens hauts responsables du pays" qui ne sont pas nommés.
Le président français a parlé lundi de manipulation. "Ce document est un faux grossier (...) tout simplement parce que les deux personnes en Libye censées avoir envoyé ce document et le recevoir l'ont démenti", a dit Nicolas Sarkozy en accusant une nouvelle fois Mediapart d'être une "officine".
Exilé au Qatar, Moussa Koussa a nié dans plusieurs médias être le signataire de ce document. Nommé aussi, Bachir Saleh, autre ex-dignitaire du régime Kadhafi censé en avoir été le "trésorier", a publié un communiqué via son avocat Pierre Haïk à Paris, où il est réfugié. Il dit que la note est mensongère.
François Hollande a estimé que la justice devait être saisie au sujet de cette note. "C'est à la justice d'être saisie. Si c'est un faux, eh bien le site sera condamné, et si ce n'était pas un faux, à ce moment-là il y aurait des explications à fournir", a-t-il dit lundi sur Europe 1.