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José Manuel Soria, ministre espagnol de l'Industrie, a annoncé vendredi sa démission. Cette décision intervient après sa mise en cause dans l'affaire des "Panama Papers".
En début de semaine, deux médias espagnols avaient révélé que son nom était associé au vaste scandale des Panama Papers. Ils expliquaient qu'il avait été brièvement administrateur d'une société offshore aux Bahamas, ce qu'il avait nié catégoriquement.
Mais plusieurs médias avaient contesté ces affirmations, publiant des documents qui selon eux montraient qu'il avait menti.
Vendredi, plusieurs journaux, y compris de droite, accusaient le ministre d'avoir aussi été administrateur d'une société offshore basée sur l'île britannique de Jersey jusqu'en 2002, alors qu'il était maire de Las Palmas, dans l'archipel des Canaries.
Grave tort au parti
"J'ai transmis ma décision irrévocable de présenter ma démission", a écrit le ministre de l'Industrie, de l'Energie et du Tourisme dans un communiqué, "compte tenu du tort évident que cette situation cause au gouvernement et au Parti populaire" conservateur de Mariano Rajoy.
"A partir d'aujourd'hui, j'abandonne tout type d'activité politique", a ajouté M. Soria qui était également député au Congrès (chambre basse) et président du Parti populaire (PP) des Canaries.
Le ministre estime que le tort causé à son parti est "particulièrement grave au moment politique actuel".
Ayant perdu la majorité absolue au Parlement à l'issue des législatives du 20 décembre, le PP est actuellement incapable d'obtenir l'investiture de son candidat à la présidence, le chef du gouvernement sortant Mariano Rajoy, faute d'alliés.
Succession d'erreurs
Le ministre avait semblé s'empêtrer dans ses explications, ces derniers jours, la presse publiant chaque jour de nouvelles informations contredisant ses affirmations.
M. Soria a dit lui-même avoir démissionné après une "succession d'erreurs commises ces derniers jours". Mais il ne s'est accusé que d'un "manque d'information précise sur les faits qui ont eu lieu il y a plus de vingt ans".
Précédent islandais
Le quotidien en ligne El Confidencial avait expliqué que M. Soria avait été administrateur d'une société offshore apparaissant dans des documents issus du cabinet d'avocats panaméen Mossack Fonseca.
Selon El Confidencial, Mossack Fonseca avait inscrit en septembre 1992 l'entreprise UK Lines Limited, sur laquelle Jose Manuel Soria figurait comme administrateur, au registre des sociétés des Bahamas. Deux mois plus tard, le nom de M. Soria avait été retiré. La société avait ensuite été dissoute en mars 1995.
Les révélations des Panama Papers avaient déjà poussé à la démission Sigmundur David Gunnlaugsson, ex-Premier ministre islandais.
ATS