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Le Cocu imaginaire
Comédie de Molière représentée pour la première fois le 28 mai 1660 et jouée à de nombreuses reprises durant les saisons 1660-1661 et 1661-1662. De même que Les Précieuses ridicules, Le Cocu imaginaire connaîtra un succès dépassant largement ce qui était attendu pour une petite comédie destinée à accompagner une pièce en trois ou cinq actes et deviendra même la pièce la plus souvent représentée par la troupe de Molière du vivant de ce dernier.
En raison de ce succès, le texte de la comédie fera l’objet, comme Les Précieuses ridicules l’année précédente, d’une publication non autorisée. En effet, en dépit de l’existence d’un privilège que Molière avait pris le 31 mai 1660, Donneau de Visé fera paraître le 12 août, sous le titre Sganarelle ou le Cocu imaginaire, une version de la comédie accompagnée d’arguments de son cru précédant chaque scène (il vantera cette réalisation au t. III des Nouvelles Nouvelles, p. 226). Simultanément, il tentera une autre opération de captation du succès de la pièce, en publiant le 14 août une Cocue imaginaire, qui consiste en un décalque inversé de la pièce de Molière (les personnages masculins sont transformés en personnages féminins et inversement).
(pour de plus amples informations, voir la notice de la pièce dans les Œuvres complètes de Molière, Paris, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 2010, t. I, p. 1225-1239)
Fausses apparences et « affront à l’honneur »
Comme de nombreuses pièces des années 1640 et 1650, Le Cocu imaginaire exploite le motif des fausses apparences. Les personnages se trouvent chacun à leur tour victimes de l’illusion créée par une perception défectueuse ou une interprétation erronée du donné des sens. Mais, à la différence de ce que proposaient les comédies de Scarron, Thomas Corneille ou Boisrobert, cette expérience est étroitement associée à la hantise d’un « affront à l’honneur » : le héros Sganarelle et sa femme sont convaincus tous deux de l’infidélité de l’autre et redoutent l’infamie du cocuage qui porterait atteinte à leur réputation. Comme les protagonistes de Don Garcie de Navarre et de la “Conversation des soupçons”, au t. II des Nouvelles Nouvelles, ils sont en proie aux « soupçons qui sont causés par une certaine apparence de vérité » (t. II, p.33).
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