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De l'Irlande à la Pologne
Sylvia revient d'Irlande où elle habite depuis une année. Elle retourne voir sa famille qui vit dans une petite ville près de Cracovie. C'est là qu'elle a grandi. En Pologne, après douze ans d'école obligatoire, certains continuent trois années supplémentaires qui se terminent par un test décisif pour rentrer à l'université. Ce test comporte trois disciplines: le polonais (littérature et grammaire), une branche à choix (mathématique, géographie,...) et une deuxième langue. Ensuite on postule pour entrer dans une université. C'est là qu'il y a une grosse différence avec la Suisse. En effet, les universités jouent beaucoup sur leur réputation et leur longue vie (certaines ont 700 ans) et sont plus sévères que d'autres. Elles prennent donc les meilleurs élèves et ont un nombre de places limité.
Les universités polonaises comptent beaucoup sur cette tradition des universités et se veulent un enseignement de qualité reconnu à travers toute l'Europe et dans tous les domaines. L'université publique est gratuite et donc très sélective. Cela a pour conséquence une floraison de petites écoles privées dans divers secteurs.
Sylvia a terminé ses études de géographie il y a deux ans. Même si ses parents avaient les moyens de l'aider financièrement, elle a pu obtenir une maigre subvention que l'université attribue aux élèves qui ont les meilleures moyennes. Maintenant Sylvia travaille en Irlande comme. conseillère en tourisme! Cela n'a rien à voir avec le domaine dans lequel elle a étudié. C'est sa passion pour le voyage qui l'a poussée à quitter la Pologne. Ainsi elle gagne plus d'argent et peut voyager. Bien sûr, elle cherche à travailler dans son domaine, mais c'est très difficile à trouver. Si elle était restée en Pologne elle n'aurait pas trouvé de travail dans son secteur, sauf peut-être en tant que professeur, mais elle n'aurait gagné que 250 euros par mois, un minimum qui ne lui aurait pas permis de voyager.
Ecole de commerce à Budapest
Noemi vit près de Budapest. Elle est d'origine roumaine. Ses parents sont venus en Hongrie quand elle avait quatre ans. Là, elle a fait quatre années d'école primaire et quatre d'école secondaire. Ensuite elle avait le choix entre deux années supplémentaires qui lui auraient permis de gérer un commerce, trois années supplémentaires dans le domaine commercial ou cinq années d'université. Elle a choisi la voie de l'école de commerce. Il ne lui reste plus qu'une année durant laquelle elle doit faire un stage de six mois (non-payé) et les examens. Comme ses parents n'ont pas énormément de moyens, elle doit partir de la maison cette année. Heureusement, elle a des amis à Budapest qui peuvent l'héberger. Récemment, elle a réussi à trouver un travail dans une agence de courtier. Elle devra repousser ses examens, mais de cette manière elle a un salaire et travaille dans un domaine qui l'intéresse.
Après les études elle ne sait pas trop ce qu'elle va faire. En Hongrie il est très difficile de trouver du travail hors de Budapest. Elle pense avoir un bon feeling avec les échanges boursiers et pense pouvoir se mettre à son compte pour gagner de quoi vivre. De toute manière, elle est très motivée et très débrouillarde. Quand je l'ai rencontrée, elle allait donner des cours à d'autres élèves: quatre heures de train pour cinq heures de cours. Et cela ne l'a pas empêchée de me proposer une visite guidée de Budapest!
Gymnase bilingue hongrois-roumain
Andreea allait à Timisoara pour payer son inscription à l'université qu'elle va commencer l'année prochaine. On a discuté et elle m'a fait visiter la ville. Elle m'a expliqué qu'en Roumanie, tout le monde suit huit ans d'école obligatoire. A la fin de ce cycle il y a des examens. Ceux qui échouent commencent un apprentissage et ceux qui réussissent peuvent effectuer quatre années de lycée qui se terminent par un examen. Elle a étudié dans un lycée spécial bilingue. Son examen comportait quatre branches: mathématiques, roumain, géographie et chimie. Cette école ajoute à l'examen une cinquième branche qui est le hongrois. C'est sa langue maternelle. Elle est d'origine hongroise, mais est née en Roumanie. Elle vit à Arad, ville frontalière qui compte un nombre important de résidents hongrois.
A 19 ans, Andreea vient de passer ses examens, durant la canicule qu'il y a eu au début de l'été. Elle a réussi et a eu envie de changer de voie. En effet, elle, qui avait passé son examen dans des matières scientifiques, a décidé de faire l'université en art…Son école bilingue ne proposait pas de formation artistique, mais elle tenait à étudier dans les deux langues. Elle a dû alors passer un examen qui ne retient que treize élèves par année. L'écolage est offert aux six premiers. Pour les autres, c'est assez cher par rapport au niveau de vie: 650 euros par année... Elle va donc commencer en octobre dans la section design industriel pour une durée de 5 ans.
Après ses études, elle voudrait partir, mais elle ne sait pas où. Elle sait qu'en Roumanie, il est très difficile de trouver du travail en tant que designer industriel, mais elle croit fermement que dans cinq ans les choses auront changé.
Happy few à l'école d'ingénieurs
Adrian vient également de Roumanie. Quand je l'ai croisé, il allait à Salonique au Nord de la Grèce. Une bonne semaine de relaxation avant d'attaquer sa dernière année d'ingénieur en génie civil. Ces études durent cinq ans. Pour y accéder, il faut juste avoir passé le deuxième examen du lycée. La sélection se fait par la difficulté. Au début ils sont entre 300 et 500 et en dernière année ils ne sont plus que 50... Sur 50 il n'y a que 5 ou 6 filles... Les étudiants sont divisés en deux sections: ceux qui font les bâtiments (comme lui) et ceux qui font les ponts et autres aménagements civils.
Après ces études, ils ont plusieurs possibilité^s: chercher du travail (il y en a assez), faire de l'enseignement au niveau du lycée, ou alors faire un master. Le master peut durer entre une et trois années. Avec ce diplôme, il pourrait soit travailler ou alors enseigner à l'université. C'est ce qu'il va essayer de faire...