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Le sexisme est une idéologie qui attribue des qualités spécifiques et immuables aux gens selon leur sexe, pour des raisons génétiques. Cette attribution différencie les attentes et les éducations et a justifié la sexualisation des rôles et des métiers favorisant l’inégalité professionnelle. D’après le rapport 2020 de l’ONU, la population mondiale est sexiste à 90%. (1) En septembre 2020, le conseil de l’Europe rappelle à ses 47 états membres que la lutte contre le sexisme est une de ses priorités. (2) En France, le sexisme est interdit par le code du travail.
Mesure du sexisme d’une population de cadres
À partir de la théorie des schémas, j’ai créé un outil, le QISP, pour obtenir une cartographie des schémas individuels nuisibles à l’épanouissement professionnel. Mon échantillon de 194 passations (3) est réalisé à 78% par des personnes en poste dont 70% de femmes. Elles ont un diplôme niveau master et sont cadres. La population, volontaire pour passer le QISP, est répartie dans des entreprises diversifiées. Les différences significatives entre les cartographies des femmes et celles des hommes portent sur 6 schémas (voir l’encadré ci-dessus).
35% des femmes interrogées sont misogynes
Le fait d’être une femme est vécu pour 35% comme un handicap à leur réussite. Elles ont tendance à s’auto-dévaloriser, à ne pas demander ce dont elles ont besoin, à mieux traiter les autres qu’elles-mêmes et à dénigrer leur propre succès. Elles sont 4 fois plus nombreuses que les hommes à croire que les autres performent mieux qu’elles de façon systématique. Plus de la moitié des répondantes se sentent isolées et en manque de soutien au travail. Les femmes sont deux fois plus nombreuses que les hommes à ressentir ces émotions d’autant plus «limitantes» qu’elles les expriment peu car elles ne sont pas entendues. Il manque des oreilles aptes à décrypter ce dont il s’agit, celles des coachs par exemple...
92% des coachs interrogés sont sexistes
«Les coachs ne peuvent pas être sexistes, ils sont formés, tout de même!», m’a-t-on souvent répondu. Et bien non. La majorité des formations de coaching n’aborde pas le sexisme et ses impacts; alors qu’en France, les entreprises forment leurs effectifs et leurs référents agissements sexistes et harcèlement sexuel, fonctions devenues obligatoires depuis janvier 2019.
«Si les femmes n’ont pas envie d’évoluer professionnellement, on ne peut pas les forcer et leur infliger le désir des féministes!», m’a-t-on répondu lors d’une conversation entre coachs... En 2020, j’ai lancé une passation d’un outil identifiant le sexisme. 112 coachs ont répondu dont 59% de femmes: 92% exprimaient des croyances sexistes comme 100% des superviseurs (19 réponses). Pour leur défense, d’anciennes théories de la personnalité basées sur des croyances sexistes sont plébiscitées par certaines écoles de coaching. Ceci explique peut-être cela...
Force est de constater que peu de travaux visent à mesurer l’impact des croyances sexistes, celles des personnes coachées comme celles des coachs sur les carrières des femmes. De nombreuses questions sont ouvertes, des travaux restent à faire pour vérifier si les femmes sont aussi bien coachées qu’elles devraient l’être...
(3) L’étude complète est à disposition sur mon site up-change.com
- Féminin dévalorisé Tendance à dévaloriser les capacités des femmes à réussir au travail
- Isolement Sentiment d’être isolée, incomprise et de n’avoir personne sur qui compter au travail
- Contrôle de soi Sentiment d’être submergée par l’anxiété et le découragement au travail
- Abandon Sentiment de ne pas être soutenue au travail et peur d’être rejetée
- Échec Tendance à dévaloriser ses propres résultats professionnels et à croire que les autres réussissent mieux
- Abnégation Tendance à satisfaire les besoins ou ambitions des autres au détriment des siens propres