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D'après le journal Phnom Penh est une place idéale pour les nombreux investisseurs de l'immobilier venant surtout de Singapour, de la Corée du Sud et du Japon. A part des centres commerciaux et des bureaux, on construit des complexes d'habitations - des condominiums - à 1200 $ le mètre carré. Faute d'un système d'épargne comme en Europe on place son argent dans l'immobilier. Mais ce n'est certainement pas la majorité des Cambodgiens qui pourra s'acheter un tel logement!
Dans le centre-ville on rase pour construire des immeubles ou créer des parkings pour les grosses voitures. Il faut bien les caser quelque part...
Tous les jours nous passons devant le "Miracle of Phnom Penh", un complexe gigantesque près d'Olympic Stadion pour lequel 300 familles ont été délogées de force. Il a beaucoup progressé depuis l'année dernière mais est encore loin d'être terminé.
Nous avons évidemment aussi visité le nouveau centre commercial de luxe Aeon, construit par des Japonais. Pendant la semaine le centre est assez vide, mais le week-end les Cambodgiens y affluent. Pour la majorité parmi eux c'est trop cher pour y faire leurs courses mais on vient pour l'admirer. Au deuxième étage du centre on trouve essentiellement des fast-food asiatiques dans un fond sonore tel que nous prenons la poudre d'escampette aussitôt qu'arrivées.
Phnom Pen étend ses tentacules également à la périphérie pour des nouveaux lotissements qui poussent comme des champignons. Près de l'orphelinat il y a toute une nouvelle ville en train de naître.
Par contre le décalage entre ce nouveau luxe et les gens qui vivent dans la misère totale est ahurissant.
Quand nous avions visité les gens à la campagne la semaine dernière, nous les plaignions pour leur pauvreté. Ici c'est pire! Les gens vivent dans des bidonvilles, étouffés par une poussière constante, au bord d'un cours d'eau immonde rempli de détritus. Je doute qu'ils aient des installations sanitaires. A la campagne au moins les pauvres vivaient à l'air frais, proches des rizières et des cours d'eau plus ou moins propres qui permettaient d'améliorer un peu le repas quotidien.
Le Cambodge investi - mais visiblement pas dans son peuple.