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A-t-on plus de risque de développer une aversion aux homos ou au mariage gay si l’on vit à côté d’une décharge publique ou si la tuyauterie de son immeuble est défaillante? Cette hypothèse a priori ridicule a été suivie par des chercheurs de l’Université de l’Arkansas. Dans un papier publié en ligne par la revue «PLOS» au début du mois, le professeur Patrick Stewart raconte une expérience plutôt concluante sur ce sujet.
Son équipe a recruté un panel de 57 personnes qu’ils ont répartis dans deux salles où les cobayes devaient remplir des questionnaires sur leur opinions en matière politique et sociale. Or dans un local, les chercheurs avaient planqué des tampons d’ouate imbibés de quelques gouttes d’acide butyrique – la principale composante de la bonne vieille boule puante.
Devinez quoi: les participants installés dans la salle à l’atmosphère fétide se sont montrés bien moins tolérants envers le mariage pour tous et les relations gay, mais aussi envers le sexe avant le mariage, l’avortement ou la pornographie. A l’inverse, les personnes «fortement en faveur» des unions gay étaient quasiment deux fois plus nombreuses dans la salle sans odeur que dans la classe puante.
Le dégoût comme facteur politique
L’expérience s’appuyait sur des études qui ont isolé, parmi les agents décisifs du conservatisme, le dégoût. Les chercheurs de l’Arkansas ont pris ce mot au pied de la lettre pour explorer l’impact de la sensation d’écœurement sur les opinions politiques et sociétales. Il serait particulièrement fort chez les personnes les plus âgées. «Il est possible, concluent les auteurs, que l’exposition à des facteurs olfactifs accroissent le sentiment de dégoût, qui à son tour active un système d’évitement et motive un désir de pureté (propreté).»
» via New Republic.