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Plus de la moitié des courses de Coupe du monde ont déjà été disputées cet hiver et la Suisse est toujours derrière l'Autriche au classement par nation:
Tout porte à croire qu'après deux saisons passées au sommet du ski mondial, notre pays va subir le renouveau autrichien et s'effacer devant ce voisin si conquérant depuis 30 ans. Quatre raisons permettent de comprendre cette passation de pouvoir tant redoutée.
Nos voisins sortent de deux années compliquées par les blessures de certains cadres et la retraite du «coureur du siècle» Marcel Hirscher. Le Salzbourgeois avait remporté le classement général de la Coupe du monde huit fois de suite.
Soudain, il manquait aux Autrichiens leur super fournisseur de points; celui qui, les saisons précédentes, rapportait environ 13% de toutes les unités glanées par son pays.
Cette année, nos adversaires ont trouvé le moyen de mieux compenser la perte de ce trésor disparu. Ils ont gagné en moyenne 145 points par course (statistiques au 20 janvier), un chiffre similaire à celui de la fin de l'ère Hirscher (157). Dans le même temps, la Suisse en a conquis 132 en moyenne, soit 19 de moins que l'année dernière.
En termes de victoires, la Suisse reste le numéro 1 incontesté, avec déjà 10 victoires à son actif. L'Autriche n'en a que cinq, mais elle a une meilleure densité de bons coureurs puisqu'elle en place davantage dans les points que lors des deux saisons précédentes.
Walter Reusser, directeur du ski alpin à la Fédération suisse de ski, estime que c'est dans ce domaine que la Suisse peut progresser. La Fédération investit d'ailleurs beaucoup. Un million supplémentaire a récemment été attribué aux régions afin d'améliorer l'encadrement de la relève. Reusser est persuadé que cela portera bientôt ses fruits.
La Suisse possède actuellement 734 points de retard sur l'Autriche. Un écart naît en début de saison déjà, lors des courses parallèles de mi-novembre en Autriche. L'équipe hôte y a récolté 340 points. Les Suisses sont rentrés chez eux avec 103 unités et n'ont jamais pu refaire leur retard par la suite, pour les raisons évoquées précédemment.
L'écart s'est creusé presque exclusivement chez les hommes. La Suisse avait envoyé une équipe réduite en Autriche, renonçant à aligner des coureurs comme Marco Odermatt ou Loïc Meillard. Une erreur? Le chef alpin Walter Reusser affirme que les athlètes ont délibérément renoncé aux courses afin de pouvoir s'entraîner. «Et cela s'est avéré payant, notamment dans le cas de Marco Odermatt», explique Reusser.
L'équipe autrichienne est meilleure à la fois chez les hommes et chez les femmes. Surtout chez les femmes, d'ailleurs:
Walter Reusser explique cette différence-là par le fait que toutes les athlètes de haut niveau ont déjà été «dans le pétrin» cette année: Wendy Holdener, Michelle Gisin et Corinne Suter ont lutté contre des soucis physiques pendant la préparation. Lara Gut-Behami n'a certes pas eu à souffrir de ces problèmes, mais la Tessinoise a manqué cinq courses à cause du Covid 19, courses dans lesquelles elle aurait pu récolter de nombreux points.
Jan Ullrich était au sommet. Elevé dans des conditions précaires en RDA, sans son père qui a fui le domicile familial très tôt, il est passé du statut d'enfant prodige à l'élu - le messie du vélo. En 1993, il devenait à 19 ans champion du monde chez les amateurs, et il est, toujours à ce jour, le seul coureur allemand à avoir remporté le Tour de France. Ullrich, c'est aussi un titre de champion olympique, une Vuelta et un Tour de Suisse.