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Le Commissaire européen au Transport et à l'Energie veut harmoniser sa politique. Dans un rapport, publié récemment, la voie suisse y est montrée en exemple. Notamment en matière de programme d'infrastructures ferroviaires financé à plus de 50% par la route.Ce contenu a été publié le 15 septembre 2001 - 16:40
«Nous nous sommes clairement inspirés du modèle suisse». Tel est le commentaire d'un proche du Commissaire Européen Loyola de Palacio, en charge des Transports et de l'Energie, qui a publié mercredi son Livre Blanc sur «La Politique des Transports à l'horizon 2010».
Ce document préconise de faire payer aux usagers le coût réel de leur recours aux infrastructures routières et d'utiliser ces montants pour investir dans des modes de transports alternatifs, et notamment dans le ferroutage, le transport de camions par le train.
Un coût en termes de santé humaine
La Commission dresse un constat inquiétant de la situation actuelle. La route représente 44% du transport de marchandise dans l'Union européenne, contre 8% pour le rail. 10% du réseau routier est quotidiennement affecté par des encombrements.
16 000 kilomètres de voies ferrées peuvent être considérés comme des goulets d'étranglement, soit 20% du réseau. En l'absence de toute mesure pour inverser la tendance, le trafic routier augmentera de 50% d'ici à 2010.
Ces développements ont un coût, en termes de santé humaine (problèmes respiratoires des populations, stress), et en termes d'économie: chaque année, le recours massif au transport de marchandises par la route fait perdre un demi point de PIB aux Quinze pays de l'Union.
La Commission se dit déterminée à inverser la tendance. Elle veut principalement harmoniser à la hausse la fiscalité sur les carburants utilisés par les usagers professionnels de la route, et allouer ces montants supplémentaires à la modernisation de l'infrastructure ferroviaire.
Le Livre Blanc qualifie «d'originale » la voie suivie par la Suisse en la matière. «La Suisse est le premier pays à s'être doté d'un programme d'infrastructures ferroviaires financé à plus de 50% par la route.
Le peuple suisse ne prend pas à la légère la question puisque le mode de financement des grands projets ferroviaires pour les 20 prochaines années a fait l'objet d'un article spécifique dans la Constitution fédérale», note la Commission.
Alain Franco, Bruxelles
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