Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06981.jsonl.gz/1097

En 1935, Ella Maillart quitte Pékin pour la Chine intérieure avec le journaliste britannique Peter Flemming. Dans ses carnets, elle raconte son voyage.
Née à Genève en 1903, Ella Maillart est une grande sportive. Elle pratique le ski, le hockey et la voile à haut niveau. Elle navigue en Méditerranée, travaille sur des chantiers navals, s’engage comme matelot, participe aux Jeux olympiques de 1924 dans la catégorie yachting et seule femme de l’équipe suisse.
Dès 1930, indépendante et passionnée d’aventures, son goût du voyage la conduit à explorer et à parcourir des contrées peu connues de la Russie, du Caucase, du Turkestan, de l’Iran, de la Chine (dont certaines provinces interdites à la visite), de l’Inde ou encore d’Afghanistan. Elle traverse ces pays, sac au dos et munie de son appareil photo, à pied, à cheval, à dos de chameau, avec sa voiture, en bateau, en bus etc. dans des conditions souvent hasardeuses, qui font d’elle une véritable aventurière. Elle raconte ces premiers exploits en 1934 dans le livre "Des Monts célestes aux Sables rouges".
En janvier 1935, elle quitte Pékin pour la Chine intérieure avec Peter Flemming, journaliste britannique qui travaille pour le Times. S’ensuit une expédition de 7 mois, où l’aventurière évoque la multitude des peuples d’Asie centrale. Ses notes prises au cours du voyage et conservées dans quatre carnets spiralés bleus serviront de base à la rédaction du livre "Oasis interdites : de Pékin au Cachemire".
L’écrivain Paul Morand la décrit ainsi : "Celle que je veux dire, c'est une femme bottée de mouton, gantée de moufles, le teint cuit par l'altitude ou le vent du désert, qui explore des régions inaccessibles avec des Chinois, des Tibétains, des Russes, des Anglais dont elle reprise les chaussettes, panse les plaies, et avec lesquels elle dort en pleine innocence sous les étoiles … Et cette femme, c'est Ella Maillart."
Toujours volontaire et active, elle s’installe en Inde en quête de spiritualité entre 1939 et 1945. A son retour en Suisse en 1946, elle vit entre la ville et la montagne (Genève en hiver et Chandolin en Valais en été) et organise des voyages culturels pour partager sa passion et ses connaissances.
Décédée en 1997, ses manuscrits et ses archives sont déposés à la Bibliothèque de Genève et ses photographies au Musée de l’Elysée à Lausanne.
https://hls-dhs-dss.ch/fr/articles/007912/2008-08-21/
Ville de passage à la croisée des routes entre le Nord et le Sud de l’Europe, ville d’opportunités commerciales, lieu d’émulation du savoir : Genève a attiré les voyageurs autant qu’elle a fait naître chez nombre de ses habitant-e-s le goût de l’exploration. Ces deux mouvements, concentrique et excentrique, ont contribué à enrichir les collections patrimoniales genevoises.