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Le 12 mai 1926 à Varsovie, le maréchal Jozef Pilsudski, l'un des pères de l'indépendance retrouvée de la Pologne en 1918 irrité par l’instabilité permanente des gouvernements de la jeune Polognedéclencha un coup d’Etat militaire. Le 13 mai au soir, le président de la République Wojciechowski donnait sa démission et les combats cessèrent. Au cours des jours qui suivirent, on assista à une valse des portefeuilles et à une restructuration totale des structures de l’Etat. Mettant en oeuvre une politique dite de « sanacja », soit « d’assainissement moral », Pilsudski prit le portefeuille de Ministre des Armées, n’éprouvant aucun besoin d’être un dictateur. Contrairement aux attentes d’une part importante de la population, il ne brigua pas la charge de Président de la République. Après ce putsch, l’opposition au régime de la « Sanacja » fut très active depuis la Suisse, grâce à ce que l’on a appelé le « Front de Morges », regroupé autour de la figure emblématique du premier président de la République de Pologne, le pianiste Ignacy Paderewski, dont la résidence de Riond-Bosson à Morges constitua un centre de réflexion politique qui tenta d’avoir une influence sur la vie politique polonaise. Le 6 mars 1936, les généraux Sikorski et Haller ainsi que le leader du parti paysan Wincenty Witos vinrent à Riond-Bosson et jetèrent les bases d’une opposition crédible capable de se faire entendre en Pologne. On retrouvait ainsi au sein des opposants quelques figures emblématiques de l’armée polonaise restés « légalistes » après le putsch du 12 mai 1926 dont les généraux Haller et Sikorski, futur chef du gouvernement polonais en exil à Londres disparu lors du crash pour le moins curieux de son B 24 au décollage de Gibraltar en 1943 et le colonel Anders , futur général et vainqueur de la bataille de Monte-Cassino en 1944.
Claude Bonard