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Un consensus qui sonne creux :
Du développement durable comme tarte à la crème (bio, la crème)
Quand un concept fait l'unanimité, il y a de fortes chances pour que ce soit en raison de sa vacuité. Et quand tout le monde, de l'UDC aux Communistes, et nous compris, prône le " développement durable ", c'est vraisemblablement que le concept ne gênant personne, il ne sert à rien. Sinon à remplir les discours de campagnes électorales. C'est le principe du tambour : ça résonne parce que c'est creux.
Développement du râble
Ce qu'il y a de plus durable dans le concept de " développement durable " est bien l'usage qu'on en fait pour tenter de pérenniser des comportements et des modes d'organisation sociale qui sont tous contradictoires des beaux objectifs proclamés. Il n'y a pas de développement " durable " concevable dans la poursuite d'une croissance fondée sur l'utilisation de ressources non renouvelables, sur la production et de la consommation de biens marchands acquis non pour leur utilité mais pour le signe d'intégration sociale qu'ils manifestent et sur l'appropriation privée de l'espace. Bref : il n'y a pas de développement durable sans rupture avec notre mode de vie actuel -pas de développement durable sans décroissance. Or tel qu'il nous est vanté, le " développement durable " n'est qu'une forme de croissance. Une croissance light, soft, fit, tant qu'on voudra, mais une croissance. Or c'est bien, désormais, la décroissance qui devrait s'imposer, et avec la décroissance, un changement radical des répartitions de la richesse, des ressources et du pouvoir. La crise financière actuelle pourrait-elle le provoquer ? Les Etats font et feront tout pour qu'il n'en soit rien. Avec les plus de 1000 milliards de dollars affectés par les USA et les Etats européens et asiatiques au sauvetage d'un système financier parasitaire, on éradiquerait la faim, l'analphabétisme et la plupart des maladies endémiques qui ravagent encore la périphérie; on assurerait l'accès universel à l'eau potable et aux soins. Et quand on s'inquiète ici sur le coût d'un plein pour sa bagnole, on a des soucis d'une toute autre nature ailleurs : 1,5 milliard de personnes, soit le quart de la population mondiale, sont menacées par la dégradation croissante des terres desquelles elles dépendent directement. Et la flambée des prix des denrées alimentaires a entraîné une augmentation de 50 millions du nombre des affamés dans le monde.
Un consensus qui sonne creux :