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Pour lutter contre la crise, la Banque nationale suisse procède à un assouplissement monétaire de 50 points, le quatrième en deux mois. Elle anticipe aussi une récession comprise entre 0,5% et 1% pour l'économie helvétique l'an prochain.
L'institut d'émission a abaissé à 0,0%-1,0% le Libor à trois mois. A l'issue de ses trois précédentes interventions, il avait déjà réduit de 1,75% son taux de référence.
En baissant une nouvelle fois ses taux, la BNS décide "une politique monétaire résolument expansive", a expliqué son président de la direction. "Nous savons désormais que l'activité économique se repliera simultanément aux Etats-Unis et en Europe, et elle va ralentir sensiblement dans les pays émergents", a déclaré Jean-Pierre Roth.
La BNS craint par ailleurs une récession pour l'économie suisse en 2009. Elle prévoit désormais que le produit intérieur brut de la Suisse sera négatif, compris entre -0,5% et -1%.
La banque centrale revoit aussi nettement à la baisse sa prévision d'inflation pour 2009, à 0,9%, contre 1,9% en septembre. Les perspectives conjoncturelles défavorables et la baisse du prix du pétrole ont conduit à une révision radicale de ses estimations. Pour 2010, le renchérissement annuel moyen devrait être ramené à 0,5%.
Par ailleurs, la BNS n'exclut pas de nouvelles pertes dans les deux grandes banques suisses, l'UBS et le Credit Suisse, "étant donné la morosité des conditions du marché", a indiqué son vice-président de la BNS, Philipp Hildebrand.
Vu la forte dégradation de la conjoncture, la baisse de taux de la banque centrale suscite globalement des commentaires positifs. "La décision de la BNS était attendue, face à la dégradation de l'environnement économique", a indiqué le chef économiste d'economiesuisse. Mais pour Felix Brill, de l'UBS, la BNS a désormais "épuisé ses cartouches".
L'Union syndicale suisse, qui salue la décision, en profite pour demander aux banques de baisser davantage et plus rapidement leurs taux hypothécaires.
Toutes ces décisions techniques sont très parlantes pour les marchés, que pour eux. Quand ces marchés sont sains et normaux. Ce n’est pas le cas maintenant. La seule façon d’atténuer la crise, c’est de donner du pouvoir d’achat à ceux qui en ont un cruel besoin, les bas revenus. Ce sont les seuls dont on peut être sûrs qu’ils vont se servir d’un pourvoir d’achat qu’on leur donnerait. La baisse des taux ne pourrait servir qu’à des entreprises, pour autant qu’elles aient besoin de crédits et qu’en plus elles l’obtiennent…rien n’est moins sur ! Les industriels de l’automobile des pays voisins commencent à déstocker. Certains distributeurs, en Grande Bretagne et en Belgique, ont commencé à brader leurs stocks, certains offrant 2 voitures pour le prix d’une ! Nous verrons bientôt aussi l’électroménager soldé de la sorte. L’audiovisuel a aussi commencé.
Le danger n’est de loin plus l’inflation, le risque majeur c’est la déflation ! C’est elle l’ennemi mortel !