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Contenu et objectifs du travail de recherche
La présente recherche s'articule en trois analyses de l’influence du genre littéraire sur le processus de canonisation. La première partie vise à expliquer pourquoi, alors que William Shakespeare (1564 – 1616) est connu aujourd’hui en tant que dramaturge, à son époque le succès commercial de deux de ses poèmes, Venus and Adonis (1593) et Lucrece (1594), dépassait celui de la plupart de ses pièces de théâtre. Venus and Adonis était même son œuvre la plus populaire. Focalisé sur George Herbert (1593 – 1633) et John Donne (1572 – 1631), la deuxième partie traite des développements anticipant l’émergence de « la poésie métaphysique », qui a profondément redéfini la relation entre ces deux poètes, après l’introduction formelle de cette étiquette générique par Samuel Johnson à la fin du XVIIIesiècle, et son adoption enthousiaste par T.S. Eliot au début du XXe. Enfin, la dernière partie porte sur l’impact de l’identité nationale, et plus particulièrement de la conception de l’identité anglo-irlandaise, sur la différence de réception entre la poésie et la prose d’Edmund Spenser (1552? – 99).
Contexte scientifique et social du projet de recherche
Depuis des décennies déjà, on cherche à déterminer si le canon littéraire est singulier ou multiple, s’il est presque sacré et fixe ou profane et malléable, s’il est simplement perçu par des institutions, ou si celles-ci l’impose. Cette recherche se fonde sur des projets historiques récents qui ont pris en compte la production concrète des canons littéraires. Elle tend à confirmer que la réception des poètes et de leurs poèmes à travers les époques contribue à notre patrimoine intellectuel et aux interprétations littéraires actuelles, nous amenant à réfléchir plus généralement sur la nature de l’interaction humaine avec l’art.