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Des projets scientifiques majeurs, notamment des travaux visant à étudier le déclin de la glace de mer autour de l’Antarctique et celui des populations de manchots, devraient être annulés, retardés ou réduits en raison de coupes dans le budget de l’Australian Antarctic Division (AAD). Cette réduction intervient juste après l’annonce que la glace de mer dans l’Antarctique a atteint de manière surprenante un niveau dramatiquement bas.
En juillet 2023, la direction de l’AAD a informé son personnel par courrier électronique qu’elle devrait réduire son budget de fonctionnement annuel de 16 % pour l’année suivante. En conséquence, plusieurs projets qui devaient être mis en œuvre à partir des stations Davis et Mawson ne seront plus soutenus au cours de la prochaine saison. L’AAD devrait réduire ses dépenses d’un peu moins de 25 millions de dollars australiens (environ 14,9 millions d’euros), selon les plans du gouvernement travailliste australien d’Anthony Albanese, et est tenu de présenter des plans à cet effet dans les 12 prochains mois.
Aujourd’hui, les scientifiques du monde entier craignent que la recherche sur les effets du changement climatique sur l’Antarctique ne soit interrompue. D’autres craignent que la recherche soit suspendue ou du moins retardée, alors qu’il est urgent d’apporter des réponses à la crise climatique.
Une réduction d’autant plus surprenante que le gouvernement de l’ancien Premier ministre Scott Morrison avait annoncé, pas plus tard qu’en février 2022, un investissement de 800 millions de dollars dans le département afin de maintenir le continent « exempt de conflits ».
Les scientifiques qui dépendent d’une logistique et d’un transport fiables vers les stations exploitées par l’AAD se sont également plaints que les réductions budgétaires affectent désormais leurs recherches. En effet, les réductions concernent également le transport aérien et maritime de personnes et de marchandises.
Par ailleurs, le sénateur du parti vert australien Peter Whish-Wilson a appelé le gouvernement travailliste à ne pas réduire les dépenses de la division, soulignant l’importance de la recherche sur les causes et les effets du changement climatique.
Une liste interne, qui pourrait être révisée avant le début de la prochaine saison estivale 2023/24, est longue et indique que 56 projets pourraient voir leur souteint interrompu, selon des médias tels que The Guardian. Par exemple, des réductions de personnel sont prévues dans les stations de Davis et de Mawson, où six scientifiques étaient censés surveiller la reproduction des oiseaux marins de l’Antarctique et étudier, entre autres, les effets possibles de la pandémie de grippe aviaire.
La station Davis compte un seul projet prioritaire qui puisse être entièrement pris en charge par le département. Parmi les études qui ne bénéficieront pas d’un soutien accru en raison des réductions budgétaires, citons les mesures aéroportées de l’épaisseur de la glace de mer et les observations de la banquise côtière, la zone de glace de mer qui est reliée en permanence au continent et qui joue un rôle important pour de nombreuses espèces de l’Antarctique. D’autres projets pourraient être menés à partir de la troisième station australienne, Casey, indiquent les documents.
En outre, le document interne indique que le « Programme pour un Antarctique plus propre » ne sera pas mis en œuvre en raison de contraintes budgétaires. Le programme était censé servir de projet scientifique modèle pour « renforcer le leadership scientifique et environnemental de l’Australie ». Le plan consistait à réparer les dommages causés par les activités humaines, y compris les déversements de carburant et d’huile.
L’impact des réductions sur les autres institutions de recherche est tout aussi grave, car certains projets de recherche sont menés en collaboration avec des institutions polaires telles que l’Institut Alfred Wegener ou diverses universités. Les jeunes chercheurs sont également susceptibles d’être affectés par ces réductions, qui pourraient porter un coup dur à leur carrière scientifique.
Heiner Kubny, Polarjournal
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