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Joe Flour
Joe FLOUR est le nom américanisé de Joseph FARINE, ce diminutif étant en soi une position critique vis-à-vis du marché de l’art, de la part d’un individu ayant une pratique publique de galeriste et, circonstanciellement, d’artiste.
Son travail artistique est basé essentiellement sur la performance, l’installation et la production d’œuvres basées dans l’héritage, de l’assemblage et du collage.
Le citationisme est récurrent, non pas dans le sens post-moderne de redite de l’histoire mais plutôt sous la forme d’hommage à des artistes, des poètes qui l’ont profondément marqué.
« Je ne sais rien, je ne vaux rien, et quand je mets les mains dans mes poches je trouve encore les idées des autres », Willem De Kooning.
La performance « Dithyrambe », en hommage à l’artiste français Jacques MONORY a lieu en 1982, encore sous le nom de Joseph FARINE. Il s’agissait d’un hommage à un peintre essentiel de la Nouvelle Figuration des années 1970, à un moment où une autre figuration tenait le haut du pavé sur le marché de l’art (Combas, Di Rosa, Boisrond, etc. …). Le geste était donc un clin d’œil ironique sur l’hébétude des modes artistiques.
« Call me Arturo », hommage à Arthur RIMBAUD a lieu en 1991 au moment du Centenaire de la mort du poète dont la fin de la vie fut mêlée au commerce en Afrique.
Joe Flour signe un « Hommage au Pop Art » dans une performance de 1992. Il intervient dans des installations performatives à ART BASEL en 1993 sous le titre « Objet - traître » avec l’artiste François JAQUES , où c’est le blanchiment d’argent sale dans le commerce d’art au sein de la plus importante foire d’art contemporain du monde qui est ciblé, pour la circonstance le nom de la galerie est métamorphosé en ANDATA/BOTERO.
En 1996, « Hommage à Yves KLEIN », reconstitution de l’exposition du vide d’Yves KLEIN en 1958 chez Iris Clerc à Paris parallèlement à une exposition de Pierre Descargues sur Yves KLEIN à la Galerie Bonnier.
À la foire d’EUROP’ART à Genève, il présente en 1996 « To be free, to be in love »-Hommage à Saint-François d’Assise et Charles Baudelaire ». Deux personnalités paradoxalement reliées pour la circonstance dans un rapport sublimé de la matérialité, du dandysme baudelairien à l’éloge de la pauvreté franciscaine.
La dernière intervention de Joe FLOUR date de 1998 sous le titre « Circulez, il n’y a rien à vendre ». Sur le stand d’EUROP’ART - Genève étaient présentées trois œuvres d’Andy WARHOL, Joseph BEUYS et Marcel DUCHAMP dans le seul but de les faire voir pour leur valeurs intellectuelles et émotionnelles. Une affiche signée, numérotée à 1000 éx. était offerte aux visiteurs et est aujourd’hui épuisée.
Après cette ultime performance, Joe FLOUR choisit le « Harrar » du retour à son travail de faiseur d’expositions selon le mot de Harald Szeemann en tant que directeur artistique de la galerie/laboratoire ANDATA/RITORNO. La fin et l’aboutissement de sa pratique dans ce lieu est programmé à une date incertaine dans le retour à sa propre production plastique par un travail de peinture qui sera mené à un paroxysme conceptuel, en effet, l’auteur après avoir défendu et montré de très nombreux artistes pendant des décennies dans son activité de médiateur culturel, ne rendra en aucune manière son propre travail publique dans le cadre institutionnel ou sur le champ du marché de l’art.
« To be free, to be in love »
Hommage à Saint-François d’Assise et Charles Baudelaire
Performance live artmaking
EUROP'ART, Genève, Palexpo, 1996
en construction