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Titre: L'état démantelé, enquête sur une révolution silencieuse
Directeurs: Laurent Bonelli et Willy Pelletier
Éditeur: La découverte 2010
Pages: 323
Le titre en dit beaucoup, ce livre pose la question de la vision de l'état. Est-il un bien qu'il faut développer pour entourer les citoyens ou un mal qu'il faut minimiser en faveurs des lois "naturelles" du marché? Cette question les libéraux et les néo-libéraux se la sont posées et ont pris une décision: l'état doit être minimisé et le marché doit devenir la seule force de régulation de la société. Ce qui amène ces penseurs et théoriciens a réformer les missions et corps de l'état en direction d'une concurrence et d'un abandon du service public remplacé par le profit. Pour cela les auteurs nous montrent comment le néo-libéralisme a, progressivement, pris une position dominante dans la pensée des intellectuels d'état et des grandes écoles traditionnelles. Les différents articles inclus nous permettent aussi d'observer différents exemples de privatisations et de réformes dans la société française mais aussi anglaise et allemande. Nous y observons les résultats réels ainsi que les conséquences de ces réformes. Conséquences lourdes puisque la qualité du service public semble baisser aussi rapidement que la qualité du travail et le moral des ex-fonctionnaires.
La lecture des différents articles de ce livre a eu l'effet de me rendre pessimiste sur l'avenir. En effet, on y trouve des articles sur des réformes massives qui ont pour conséquences de faire perdre de la qualité au service et de faire souffrir les employés. Dans le même temps, des personnes qui croient au néo-libéralisme - peut être de manière sincère? - s'enrichissent et font tout pour gagner de plus en plus d'argent. Je ne suis pas un libérale et la lecture des différents articles de ce livre ne vont surtout pas me faire changer d'avis. Car j'ai eu l'impression que toutes ces réformes, ces appels à la responsabilité individuelle, cachent la volonté de se faire de l'argent, plus d'argent encore et toujours plus d'argent. Ceci même si des personnes doivent en souffrir. Mis a part ces impressions j'ai trouvé la lecture très intéressante. Je pense, d'ailleurs, qu'il est nécessaire de communiquer ce type d'articles pour que les citoyens puissent comprendre ce qu'impliquent ces réformes. Car il me semble normal que les citoyens puissent choisir quel est l'intérêt supérieur des services publics: le profit ou le bien commun?
Image: amazon