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Scarlatti domenico
En 1709, il entre au service de Marie-Casimire, reine de Pologne qui vit alors à Rome, et il compose plusieurs opéras pour sa scène privée. Il est maître de chapelle à la basilique Saint-Pierre de 1715 à 1719 et se rend peut-être l'année suivante à Londres pour y diriger un de ses opéras au King's Theatre.
En 1720 ou 1721 il réside à Lisbonne, enseignant la musique à la princesse Maria-Magdalena Barbara. Il retourne à Naples en 1725, passe quelques années à Séville à partir de 1729 pour y étudier le flamenco puis s'installe de façon définitive à Madrid en 1733 où il redevient maître de musique de la princesse qui a entre-temps épousé l'héritier du royaume d'Espagne. Le reste de sa vie se passe donc en Espagne. Maria Barbara devient reine d'Espagne et lui conserve toujours sa confiance et sa protection. C'est pendant cette dernière période qu'il compose son ?uvre monumentale pour le clavecin.
Son ?uvre
Domenico Scarlatti doit sa renommée à son ?uvre pour le clavecin qui est unique à maints égards:
Un volume inégalé de 555 pièces, dites « sonates » ou « essercizi » : l'enregistrement intégral par Scott Ross a nécessité 35 CD. Cette production représente en volume bien plus que celle de Johann Sebastian Bach et de François Couperin réunis pour le même instrument
une qualité musicale exceptionnelle, dans l'invention mélodique et rythmique et la haute technicité de l'exécution
La forme unique de toutes les pièces qui ne sont identifiables que par le numéro des recensements effectués par G. Pestelli, Alessandro Longo et Ralph Kirkpatrick (numéros Kk. ou K.), et qui constituent donc un tout difficile à cerner et à dissocier, contrairement à Couperin qui nomme ses pièces individuellement et les réunit dans des ordres, et à Bach qui groupe ses compositions en cycles distincts : les Inventions et sinfonies, les Suites françaises, le Clavier bien tempéré, etc. Le style de Scarlatti se situe d'ailleurs aux antipodes de celui de ces deux autres « géants » du clavecin.
Chez Scarlatti, une « sonate » est en fait une pièce de coupe binaire avec reprises (comme les danses de la forme « suite »); cette sonate n'a donc pas le sens que nous donnons aujourd'hui à ce terme. D'un style aisément reconnaissable, ces pièces extraordinaires ont circulé dans toute l'Europe sous la forme de manuscrits et ont assuré à leur auteur une place privilégiée parmi les musiciens de son époque.
S'il connaît le contrepoint et la tradition de ses devanciers, s'il sait intégrer l'influence de la musique populaire espagnole, Scarlatti ne se laisse pourtant jamais enfermer dans un cadre contraignant élaboré par d'autres : il privilégie la mélodie, intrinsèquement liée au rythme et à l'harmonie qui sont servis par une virtuosité incomparables. Il multiplie les dissonances, les modulations, les ruptures rythmiques, les contrastes mélodiques. Ses trouvailles dans ces domaines sont extrêmement nombreuses et non conventionnelles : elles renouvellent de façon très personnelle la littérature du clavecin, dans ce domaine, seul un della Ciaja peut lui être comparé à la même époque.
Seule une petite partie de son ?uvre a été éditée de son vivant. Scarlatti lui-même semble avoir supervisé la publication, en 1738, de son recueil de 30 Essercizi qui sont découverts avec enthousiasme dans toute l'Europe après avoir été imprimés à Londres sur l'intiative de Thomas Roseingrave. Aucune de ses sonates ne subsiste en autographe : ce qui nous est parvenu provient de deux recueils manuscrits emmenés par Farinelli en Italie lorsqu'il quitta la cour des Bourbons d'Espagne
L'influence de Scarlatti est certainement importante sur l'évolution de la musique (spécialement de la musique pour clavecin et piano-forte) vers la fin du XVIIIe siècle, même s'il a toujours été considéré comme un musicien un peu en marge : à cette époque, son pays d'adoption, l'Espagne, paraît en effet bien loin des centres musicaux les plus actifs (Allemagne, Italie, France). Quant à son pays d'origine, l'Italie, il est alors en train de délaisser le clavier pour se tourner vers l'opéra, le bel canto, le violon, la sonate, le concerto.
Sources et bibliographie
Adélaïde de Place, Alessandro et Domenico Scarlatti, Fayard, coll. « Mirare », 2003, 94 p. (ISBN 2-213-61468-7)
(en) Ralph Kirkpatrick, Domenico Scarlatti, Princeton University Press, 1953, 496 p. (ISBN 0-691-02708-0)
Sources: Wikipedia
Partitions
|Titre||Instrument||Cote||Taille||Pages|
|6 sonates||Guitare||275||17|
|Fugue du chat||Orgue||377||7|
|Sonates 31-45||Clavecin||3046||59|
|Sonates 1-15||Clavecin||2817||53|
|Sonates 104 - 117||Clavecin||2361||56|
|Sonates 118 - 132||Clavecin||3042||52|
|Sonates 133 - 145||Clavecin||2988||53|
|Sonates 16-30||Clavecin||3082||57|
|Sonates 46-63||Clavecin||2973||45|
|Sonates 64-84||Clavecin||2146||54|
|Sonates 85-103||Clavecin||2907||54|