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Bien que n’étant pas un nom commun de la langue de Shakespeare, le mot foxcatcher évoque une connotation aujourd’hui contestée. En effet, il s’agit du « sport » de la chasse au renard, une activité pratiquée dès le XVIème siècle en Angleterre (pour des raisons sanitaires à l’époque) et aujourd’hui illégale depuis 2005. Pratiquée jadis en tant qu’une des activités favorites de l’élite sociale anglo-saxonne, cette chasse mettait en exergue les moyens dont disposent les chasseurs; avec armes, chevaux et surtout chiens.
Les premières images de Foxcatcher y font allusion et plantent le décor.
Dans les années 1980, John E. du Pont (Steve Carell) est l’héritier de la famille du Pont, basée entre le Delaware et la Pennsylvanie sur la côte est américaine. La famille ayant fait fortune dans la vente de poudre à canon dès 1802, John est un philanthrope, un philatéliste, un ornithologue, mais surtout un amateur de lutte gréco-romaine. Pour assouvir ses désirs, ses ambitions et ses rêves, il prend sous son aile le lutteur Mark Schultz (Channing Tatum), récent médaillé d’or olympique à Los Angeles en 1984. Souvent dans l’ombre de son frère Dave (Mark Ruffalo), Mark vit seul, s’entraîne seul ou avec Dave et vit dans l’anonymat le plus total. C’est là que John du Pont intervient dans la vie des frères Schultz, avec pour objectif les olympiades de Séoul en 1988.
Bien que centré autour du personnage de Channing Tatum, Foxcatcher est bien un film autour de Steve Carell. Maquillé des heures durant chaque matin, il joue son rôle le plus sobre, avec néanmoins cette folie qui me semble sortir un peu de nulle part et qui peut facilement être confuse avec l’excentricité des milliardaires durant le film.
Presque fade dans les couleurs, le film est splendide dans son approche des subtilités psychologiques relationnelles et des perceptions qui créent notre réalité. Il met en avant le fait que chacun a ses propres démons. La relation entre John et sa mère est fascinante, avec cette matriarche de la noblesse américaine, élevée dans l’opulence et le goût de la chasse au renard (car, oui, le domaine sur lequel vivent les du Pont s’appelle « Foxcatcher » avec pour emblème un renard), qui considère « bas » l’attrait de son fils pour la lutte, un sport de contact. La relation entre Mark et John est cruciale; celle d’un père de substitution, d’un mentor, d’un coach. Celle entre Mark et Dave l’est encore davantage selon moi, avec Mark cherchant à être quelqu’un d’autre que le petit frère de Dave Schultz.
Sans aucune note de musique avant 20 minutes de film, des scènes intenses dont une magique dans l’hélicoptère, parsemé de scènes plus lentes (parfois trop lentes) pour se reposer, ce sont les acteurs qui font l’effort, et sont incroyables. Tant Tattum avec son air benêt et son penchant autodestructeur que Ruffalo dans un calme ahurissant élèvent un film ou mégalomanie et complexe divin sont au menu. Si le but d’un film est se transmettre des émotions, alors Foxcatcher nous prend pleinement par les tripes.
Je peux clairement l’engouement que suscite le film aux Etats-Unis, car l’histoire (vraie) parle du rêve américain, de patriotisme, de succès. Il montre la beauté de l’Amérique, son héritage, son histoire, son pédigrée et communique dans le subconscient de chaque personne tellement de bonnes choses.
Et, fondamentalement, les Etats-Unis aiment des vainqueurs.
Noté : 4 / 5
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Bande-Annonce
Casting
Steve Carell
Channing Tatum
Mark Ruffalo
Vanessa Redgrave
Sienna Miller
Anthony Michael Hall
Guy Boyd
Brett Rice
Samara Lee
Jackson Frazer
Détails
Date de sortie en Suisse: 21.01.2015
Réalisateur: Bennett Miller
Pays de production: Etats-Unis
Durée du film: 134 minutes
Genre: Drame / Biographie
(Images droits réservés)