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16/03/2016
AlphaGo (Deep Mind) a battu l'homme!
C’est énorme : un jeu d'algorithmes auto-apprenants est parvenu, les 8, 10, 12 et 15 mars à battre le Sud-Coréen Lee Sedol, un des meilleurs joueurs de go au monde. Après trois partie gagné par l'Intelligence Artificielle les jeux étaient faits. Même-ci lors de la quatrième partie la machine a concédé une défaite. Petit espoir? Non la défaite a été entérinée hier!
Dans la première partie, après un peu plus de trois heures de jeu, le programme conçu par des chercheurs de Deep Mind (Google) a remporté la manche d’une série de cinq matches, au terme d’une partie très serrée jusque dans les tous derniers moments.
Le même logiciel était parvenu, il y a quatre mois à battre l’un des meilleurs joueurs européens, mais la partie s’annonce plus difficile face à M. Sedol considéré comme le troisième mondial.
En début de première partie, le champion du monde semblait avoir pris un léger avantage sur la machine. Les deux compétiteurs se battaient pour le contrôle du coin inférieur gauche après une série de coups peu classiques de M. Sedol auxquels les algorithmes ont répondu aussi de manière peu conventionnelle.
Mais lorsque le match arrivait à sa fin, la machine ne semblait pas perdre le nord (si on peut le dire ainsi pour une partie de go !). La fin de partie est réputée favorable à la machine, qui dispose de moins d’options et peut donc mieux optimiser sa puissance de calcul. Dans les derniers mouvements du jeu, le différentiel de points était estimé à un ou deux points seulement - une marge faible dans une partie de go. Mais soudain l'homme céda et se déclara perdant.
Dans la seconde partie (10 mars), après cinq heures de jeu et une partie serrée qui est allée au bout du temps imparti, M. Sedol, visiblement fatigué, a perdu aux points après un affrontement durant lequel Deep Mind a joué de manière agressive.
Le 12 mars, AlphaGo a gagné la troisième partie. C'en est alors fini de l'homme, du moins de son intelligence au jeu...de go!
Le 13 mars, Lee Sedol est revenu dans le jeu avec beaucoup d'agressivité, qui est habituel pour lui. La machine a fait quelques coups "étranges" et à finalement concédé la défaite.
Hier, l'homme n'a rien pu faire...les algorithmes dominent...
Donc, 4-1 au final.
Du jamais vu à ce niveau!
L’enjeu de cette compétition a été hautement symbolique: le jeu de go, qui nécessite à haut niveau d’excellentes capacités de réflexion stratégique, est le dernier jeu classique dans lequel la machine ne parvient pas à battre les meilleurs joueurs humains.
C'est donc fait l'homme... a trouvé son maître. Ce jour tant redouté est arrivé... l'intelligence artificielle nous dépasse...
Question: est-ce que la machine sera à notre service ou à l'inverse allons-nous en être tributaire ?
Pas clair... car si la machine devient vraiment si intelligente que cela alors pourquoi elle s'encombrerait d'une créature finalement nuisible à son environnement et qui ne semble pas apprendre vraiment avec le temps ... comme l'homme?
06/03/2016
Une excellente description de l'activisme "Biverisme" (cela vous rappellera forcément quelqu'un ... les insultes en moins)... par notre confrère "blogueur" Grégory Pons "posté" sur son Site Internet: Business Montres (texte reproduit ci-dessous)
Aujourd’hui à Genève pour un événement au salon de l’Auto, avant-hier aux Etats-Unis pour le football (Business Montres du), hier à Londres pour lancer l’horlogerie dans le tatouage chic, demain à Beijing pour un partenariat stratégique avec l’équipe chinoise de football, bientôt dans les paddocks du Grand Prix dAustralie avec une canette de Red Bull à la main, après-demain sur le glacier de la Jungfrau pour un concert de pop on the rocks. Un jour avec une casquette Hublot. Un jour avec une casquette TAG Heuer. Un jour prochain avec une casquette Zenith. Toujours avec du fromage d’alpage et entre deux avions…
On ne l’arrête pas parce qu’on ne le refera pas : le moule est cassé. Il a passé la surmultipliée pour entraîner deux et bientôt trois marques dans un rêve impossible : saturer la capacité d’attention de ses clients potentiels en investissant la moindre part de cerveau disponible. Axée autour du concept de « répétition » [s’imposer avec une message unique dans toutes les étapes de la vie quotidienne d’une clientèle donnée], cet état de saturation mentale voit les maisons TAG Heuer et Hublot aligner chacune près de 300 événements par an sur toutes les terres émergées. Le jour où la Patagonie sera un marché émergent, on ne verra plus que lui dans les brumes du cap Horn.
En attendant, le soleil ne se couche jamais sur l’empire Biver, nouveau Charles-Quint de l’horlogerie internationale. Tous les jours ou presque, un événement vient relancer la mise. Au point que la communication passe désormais prioritairement par l’événement – et non plus par le sponsoring ou la publicité classique, qui ne sont plus que des compléments d’appoint. C’est l’événement qui crée, en soi, la rupture et qui génère des retombées rédactionnelles et promotionnelles. C’est même l’événement – caractérisé par la recherche d’une audience maximale à partir d’une même impulsion [le fameux « 1 + 1 = 3 »] – qui devient le pilote de toute la communication : un événement réussi et bien maîtrisé permet d’ailleurs de réduire de façon significative les budgets annexes. Les médias français vont pouvoir le vérifier bientôt avec la réduction drastique des budgets Hublot pendant l’Euro de football : on peut réduire la pression publicitaire quand plusieurs milliards de téléspectateurs voient systématiquement et simultanément fleurir le logo de Hublot sur les panneaux du quatrième arbitre, à chaque changement de joueurs et lors de l’annonce des temps additionnels.
On voit cristalliser chez Hublot et chez TAG Heuer, bientôt chez Zenith, une pratique nouvelle de l’event marketing, discipline que Jean-Claude Biver est à peu près le seul à maîtriser et à pratiquer avec une telle assiduité. En fait, si on y regarde de plus près, cet event marketing de haute intensité remonte aux années Omega du parcours de Jean-Claude Biver. C’était le coup de pied dans le fond de la piscine qui avait permis à Omega de refaire surface et de se lancer dans une course d’endurance derrière Rolex. Une des plus belles opérations d’event marketing avait été la signature du contrat entre Omega et James Bond au cinéma : l’idée géniale n’avait pas été de faire porter une Seamaster [collection alors moribonde qui s’en est trouvée ragaillardie] à l’agent 007, mais d’associer Omega – pour une somme relativement dérisoire – à l’ensemble des événements organisés pour le lancement des films de James Bond. Vingt ans plus tard, les effets positifs de ce coup fumant profitent toujours à Omega : à la place des écoles de marketing et autres « Sup de luxe », on enseignerait dare dare l’event marketing aux nouvelles générations…
Alors, qu’a-t-il dans la tête à la veille de Baselworld ? Justement, pas grand-chose, ni pour Hublot, ni pour TAG Heuer, ni même pour Zenith ! Émerger à Baselworld est un art difficile quand tous les concurrents parasitent la moindre initiative. Ce qu’on remarque le plus dans cette tempête d’égos managériaux déchaînés, c’est l’understatement, le low profile, la discrétion (relative). Jouer en sourdine quand les concurrents nous tympannisent avec leurs grandes orgues : un plaisir d’esthète et de gourmet. Pas question de refaire en moins bien le coup de la récréation fromagère avec Intel et Google, comme en 2015. Pas question non plus de gaspiller les deux ou trois grosses cartouches que tirera TAG Heuer avant et après l’été, quand il sera temps de causer des choses sérieuses, entre hommes qui savent de quoi ils parlent.
Faisons néanmoins confiance à Jean-Claude Biver pour nous tirer de son chapeau ou du fond de sa poche une ou deux prototypes qui feront saliver dans les chaumières : il ne peut pas s’en empêcher, c’est plus fort que lui. Il sait distribuer à ses courtisans médiatiques – encore un de ses empires sur lequel le soleil ne se couche jamais – quelques friandises et des amuse-bouches qui calment les blessures d’amour-propre et qui rassurent les grands perroquets affectifs. À droite en rentrant, immédiatement après les tourniquets d’entrée (TAG Heuer), puis toujours à droite sur le même trottoir (Zenith), puis en face de l’autre côté de l’année (Hublot), au besoin en passant par les sous-sols spécialement aménagés pour gagner vers le bas ce qu’on ne pouvait plus surélever : le pré-carré bâlois de Jean-Claude Biver est une confédération à la suisse face aux grand empires centraux…
04/03/2016
Les "Big Data" sont à la mode... parlons-en!
Contrairement à ce qui a été souvent dit les "Big Dat" ne concernent pas seulement les grands volumes de données mais surtout les données non-structurées.
La première caractéristique des "Big Data", c'est la capacité de traiter de l'image, du son, des textes libres (blog, chat, ...) etc.
Si l'on est d'accord avec cette définition alors le domaine d'analyse des données non structurées couvre toutes les entreprises qu'elles soient grandes, moyennes ou petites... "Big" n'est plus le critère dominant... donc :
les "Big Data" peuvent être aussi des "Small Data"!
Dès lors l'analyse des données non-structurées revient à poser la bonne question (1) à chercher les bonnes données (2) à nettoyer les données (3) à chercher les caractéristiques structurelles dans les données - appelées aussi les patterns - (4) à analyser ces méta-données structurelles (patterns) au regard des compétences métiers - donc à les transposer en résultats/actions (5) et finalement à valider le tout à l'épreuve du terrain - feedback (6).
Au niveau de la compréhension les "Big Data" sont à la portée de tous au niveau du travail à effectuer, cela reste le champ des "Data Scientist"!
Donc si vous êtes entrepreneurs et que vous voulez survivre demain... la première chose à faire "dans l' immédiat", ce serait d'engager un "Data Scientist" (ou de le former si vous n'en trouver pas un sur le marché... car vous pouvez transformer assez facilement un jeune comptable, informaticien, statisticien ou mathématicien en "Data scientist")... et n'oubliez surtout pas qu'il sera votre principal levier de croissance pour l'avenir de vos affaires...
les "Data Scientist" seront les principaux leviers de croissance de votre entreprise!
Comme il n'y a pas de restriction de taille sur les données: qu'attendez-vous pour croître avec les "Big Data" ?
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18/02/2016
En janvier, les exportations de montres suisses ont perdu 13,7% de leur volume à destination du marché américain (selon les statistiques publiés aujourd'hui par la fhs).
On apprend dans le même rapport que ce sont surtout les deux segments des montres à moins de 200 CHF (-15,1) et celui entre 200 à 500 CHF (-14,2) qui ont le plus souffert!
Justement ... pile dans la gamme des prix des montres connectées.
Celles-ci, depuis l'impulsion créée par le lancement de l'Apple Watch en avril 2015, commencent à occuper un créneau de plus en plus important (on estime à 18 millions le nombre de montres connectées vendues en 2015).
Ainsi, il va falloir s'habituer... à partager le marché avec un nouveau type de montre...
Il y avait la montre mécanique, puis celle à quartz dès les années 70 et maintenant la "connectée"... et ce sera comme cela pour toujours!
Mais ce que l'on n'a pas encore voulu voir dans les manufactures horlogères suisses c'est l'avantage compétitif qu'ont les "smart watches"... elles sont justement "smart"... elles n'indiquent pas seulement l'heure... elles nous informent... elles nous renseignent... elles nous enseignent... elles nous conseillent... elles nous sauvent...
Bref elles nous rendent plus "smart" donc plus intelligent.
C'est exactement cela que l'horlogerie suisse n'a pas su (ou voulu) comprendre... la montre connectée est une guerre pour l'intelligence... pas pour le poignet!
16/02/2016
Lorsque l'on ne vend pas... la marchandise a tendance à s'accumuler.
C'est exactement ce qui est arrivé l'année dernière dans la plupart des boutiques de l'horlogerie suisse dans le monde: 2015 a été une année du stockage de montres!
Il faut bien visualiser le mécanisme de distribution de la montre pour comprendre cet aspect "surprenant" du métier.
D'abord, les marques suisses vont exporter la quasi-totalité de leur production vers l'étranger en comptabilisant dans leur bilan ces "ventes". La marchandise part en boutique déjà "vendue" non pas au consommateur final mais aux intermédiaires. On appelle cela dans le jargon du "SELL IN". (Le "SELL OUT" étant l'opération de vente vers le client final).
De plus, le prix "export" est arbitraire et tourne en moyenne pour toute l'industrie autour de 750 CHF. Ce chiffre ne correspond pas au prix final qui lui va beaucoup varier selon la destination (adaptation différenciée du taux de change aux pays destinataires!) ou si la montre va finir au marché "gris" (vente à prix cassé de matériels neufs mais considérés comme vieux modèle)... ou encore reprise!
Bref, on vend sans vraiment vendre... car si la marchandise n'est pas écoulée alors la marque horlogère va devoir reprendre (en totalité ou en partie) les invendus pour pouvoir exposer les nouveaux modèles ...
"Vous voyez d'ici l'imbroglio... on vend mais on doit tout de même reprendre...les invendus!"
Ainsi de manière très concrète si l'on regarde la comptabilité 2015 par exemple pour le groupe Swatch ... on voit qu'il y a bien eu pour 8,4 Milliards de vente mais que le stock est maintenant comptabilisé à 6,2 Milliards ... cela signifie que le stock a grossi en une année de plus de 300 millions de francs !
Comprenez bien... on est toujours dans du virtuel car le stock ne sera certainement pas vendu entièrement... donc il faudra bien un jour ou l'autre inscrire des pertes... d'autant plus qu'à ce niveau cela représente tout de même près de cinq années de bénéfice... eh oui, le bénéfice 2015 a été fixé à 1,4 Milliard!
Tout cette démonstration est importante car c'est plus ou moins la même chose - pour n'importe quelle marque horlogère suisse ... le "sell in ... sell out" étant une pratique généralisée dans la profession...
C'est pourquoi il faut toujours regarder la fluctuation des "breloques en stock" ... si vous voulez connaître la santé d'une marque... c'est le seul indicateur de certitude!
07/02/2016
Inouï...une étude mesurant la notoriété des marques de luxe sur le Net place Apple Watch devant Rolex ... et tous les suisses loin derrière !
La conversation de 700 millions de post, blog ou tweet, parlant de luxe a été observée et analysée pendant une année dans 80 pays par des Bots (sorte d'algorithmes qui se baladent tout seuls dans Internet à la recherche par exemple de mots clés). Ils cherchaient à savoir combien de fois les marques de luxe étaient citées dans les conversations.
C'était précisément le but de cette recherche qui a été menée par Netbase, une société d'analyse de marché dont vous pouvez lire l'étude ici.
Le classement a donné un résultat surprenant pour l'horlogerie:
"Apple Watch sort 13ème juste devant Rolex 14ème"
Après moins d'une année la montre connectée d'Apple entre dans ce classement très prestigieux dans lequel les trois premières marques sont dans l'ordre Chanel, Gucci et Hermès... Rolex était encore classé l'année dernière: 8ème et première marque suisse ... mais cette année Rolex a perdu 6 place !
C'est tout à fait surprenant.
Bien sûr, on est ici dans le monde d'Internet avec un public jeune et moins riche que dans les boutiques de luxe... et cela n'aura donc pas d'effet immédiat sur les ventes ... mais à terme, ce public tout en acquérant âge et argent se sera éloigné des marques suisses de montres mécaniques. On peut ainsi prédire que les horlogers suisses resteront à la traîne de ce type de conversation et donc aussi des futurs achats de luxe....
C'est a n'y rien comprendre ... pourquoi les horlogers suisses ne passent pas à l'offensive du "connecté"...
" c'est comme si ces derniers pariaient sur le passé et pas sur le futur... aberrant - stupide!"
01/02/2016
La campagne présidentielle américaine 2016 semble être totalement bizarre: elle favorise incroyablement les outsiders!
Avant les campagnes étaient tellement coûteuses que seuls les notables fortunés des partis arrivaient à mener campagne, sinon dans le cas contraire, ils devaient soulever des fonds auprès de millions de "petits" américains en créant de très nombreuses équipes de campagne (ce qu'Obama avait fait par exemple).
Cette fois-ci rien de tel.
Les deux candidats Donald Trump et Bernie Sanders n'ont pratiquement rien dépensé comme argent et se retrouvent en excellente position dans la campagne.
Quel mystère entoure alors ces deux candidats?
Ont-ils des équipes de communicants hors pairs?
Des stratégies nouvelles?
Eh bien ... non... Sanders mais surtout Trump ont su utiliser un tout nouveau phénomène média lors de la campagne présidentielle américaine: le digital. Non pas de manière classique (par des diffusions virales de slogans comme Obama) mais en offrant une plateforme de sur-traitance.
Deux aspects de ces pratiques digitales de "sur-traitance" apparaissent clairement aujourd'hui lors de cette campagne hors norme:
1.- les GIFs (sorte de petite animation obtenue par succession de plusieurs images le tout contenu dans un seul fichier GIF. Aujourd'hui, ce concept est beaucoup utilisé pour détourner des événements d'actualités ou faire des animations comiques notamment sur les célébrités)
et 2.- les SEARCHs (se sont les requêtes sur Internet ou sur les assistants vocaux tels que SIRI ou Google NOW. Les SEARCHs donnent une bonne indication instantanée de ce que les gens cherchent ou veulent regarder). Du coup plus les gens "cherchent" quelque chose plus le traffic induit va rapporter de l'argent et donc les médias vont s'emparer du sujet et amplifier en même temps la fréquentation ... ainsi les SEARCHs créent la NEWS...
En créant des attitudes, des situations et des propos provocants l'un et l'autre (surtout Trump) entraînent les gens à agir (créer des comics, des tweets, des chats puis à chercher et regarder les résultats de tout ce vacarme)... le cycle de la "sur-traitance" est en marche... y compris dans la presse écrite.
Cela fonctionne ainsi en quatre étapes : Un geste provoquant - Nudge (1) ... une répétition du geste détournée - GIF (2) ... un flot de "views" - Search Engine (3) et c'est parti pour les tweets et retweets - Le Karaoké Médiatique (4) ...
C'est comme une boule de neige qui dévale la pente... et grossit ... le tour est joué!
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NB: A tel point c'est bien joué ... que les médias traditionnels (papier et digital) ont été obligé de s'y mettre eux aussi ... ils parlent des provocs des candidats car cela leur rapport 10 fois plus... incroyable ... non!
26/01/2016
Après la publication aujourd'hui des résultats des exportations 2015:on doit faire le point sur l'année écoulée.
" On peut déjà affirmer que rien ne sera plus jamais comme avant dans l'horlogerie suisse car il va falloir gérer la décroissance... décroissance des marges, des prix, des volumes, du personnel, des points de ventes, de l'appareil de production, des frais de marketing, etc."
Mais la décroissance est un exercice tout à fait périlleux et les horlogers suisses n'y sont pas prêts !
Il y a dix raisons a cela:
1.- Les exportations ont chutés de 3,3% en 2015... Après deux décennies de croissance, il va falloir mettre en place des stratégies de décroissance...pas si simple!
La baisse a perdu un peu de sa vigueur en décembre, mais les exportations horlogères sont restées sur une pente négative. Leur valeur a indiqué 1,7 milliard de francs, ce qui correspond à une diminution de 3,8% par rapport à décembre 2014, avec toujours une influence prépondérante de Hong Kong sur le résultat global. Sur l’ensemble de l’année, les exportations sont repassées sous la barre des 22 milliards de francs, accusant une contraction de 3,3%, à 21,5 milliards de francs. (FHS)
2.- Le prix moyen des montres à l'export a diminué pour la première fois depuis longtemps...et cela risque de continuer!
Grand chambardement dans l’industrie horlogère helvétique. En dix ans, de 2003 à 2013, la branche avait plus que doublé son chiffre d’affaires. Maintenant la tendance s’inverse. Le président de la Fédération de l’industrie horlogère suisse (FH), Jean-Daniel Pasche, nous confirme déjà une première depuis 2009: le prix moyen de la montre suisse a reculé de 2% par rapport au même moment, un an plus tôt. L’automne dernier, une montre suisse était en moyenne vendue pour la somme de 723 francs. (24 heures)
3.- La baisse des volumes entraîne une surcapacité de production qu'il faudra bien un jour ou l'autre adapter voir corriger!
Ce n’est qu’une rumeur, mais il semblerait que la demande de mouvements horlogers soit devenue si faible (pour cause de méventes et de surstocks, y compris chez les marques du groupe Swatch) que les ateliers ETA fonctionnent à présent au ralenti. (Business Montres)
4.- Le sur-stockage des montres en boutique va nécessiter des rachats coûteux des anciens modèles!
Le bourrage des stocks chez les détaillants. L’industrie continue comme toujours d’approvisionner au maximum les magasins quitte à reprendre la marchandise non écoulée dans des circuits parallèles. C’est un processus vieillot, peu rationnel et coûteux. (AGEFI)
5.- Internet va mettre de plus en plus la pression sur les réseaux classiques de distribution
Les nouvelles formes de distribution et de vente des montres bousculent fortement les habitudes. Par exemple, Fossil vend 27% de ses montres via son site Internet. Cela offre des marges intéressantes. Apple a vendu près de 3 millions de montres à des gens qui ne l’ont même jamais porté au poignet! Il faut tout repenser dans la distribution et la vente! (AGEFI)
6.- Apple Watch fait jeu égal avec les suisses: c'est un stress énorme pour toute la profession!
L'industrie horlogère doit produire ses propres montres connectées afin de lutter face à la concurrence d'Apple, estime Jean-Claude Biver. Selon le patron du pôle horloger du géant français du luxe LVMH, la branche doit prendre au sérieux la menace de la marque à la pomme. (Le matin)
7.- La "sur-traitance" est l'objectif ultime de la montre connectée. A ce jeu là, les suisses ont déjà perdu la guerre!
Jusqu’ici, l’industrie « traditionnelle » a recouru à la sous-traitance et à la standardisation en pilotant verticalement sa chaîne de valeur. Le modèle numérique suit un chemin inverse. Il développe une plateforme suffisamment attrayante pour y attirer une multitude de porteurs de données indépendants. Il se produit ainsi un phénomène nouveau de « sur-traitance », qui autorise à toute une série de producteurs et de prestataires d’ajouter des services que le détenteur de la plateforme numérique rend disponibles, mais ne pilote pas. (MSM)
8.- La "Manufacture 4.0" de la révolution numérique va poindre son nez... de lourds investissements sont à prévoir...
Ce concept correspond à une nouvelle façon d’organiser les moyens de production : l’objectif est la mise en place d’usines dites « intelligentes » (« smart factories ») capables d’une plus grande adaptabilité dans la production et d’une allocation plus efficace des ressources, ouvrant ainsi la voie à une nouvelle révolution industrielle. Ses bases technologiques sont l'Internet des objets(WIKIPEDIA)
9.- Le luxe change ... plus de "vécu" moins de "bling bling" ... cela entraîne aussi une nouvelle communication !
Ras l’icône ! Les rééditions patrimoniales et le recours aux musées comme réflexe créatif ont été tués par l’abus des « hommages » aux modèles emblématiques de chaque marque [on a même vu Panerai rééditer des rééditions plus anciennes !]. On perd sa respiration à force de vouloir souffler trop de bougies. Plutôt que de restyler des montres du passé, aussi intéressantes et signifiantes soient-elles, ne serait-il pas plus judicieux de créer aujourd’hui les « icônes » de demain : l’horlogerie suisse n’existe que par sa projection vers l’avant : cessons de regarder dans le rétroviseur ! (Business Montres)
10.- De manière globale: le management actuel n'a pas les compétences pour relever ces nouveaux défis car ils sont tous issus de l'ancien monde.
Tous les CEO sont mortels, même les plus hauts placés : la quinzaine de chaises musicales enregistrées depuis la rentrée de septembre en témoigne. Lors de la précédente crise de 2008-2009, une petite quarantaine de fauteuils éjectables avaient transformé le paysage (y compris chez Rolex). Donc, après cette Wonder Week plutôt meilleure que prévu, profil bas de rigueur. Méfions-nous des starlettes et des couvertures de magazine (payées par la marque pour le tout-à-l’égo de son manager). Les amateurs ont le poil qui se hérisse quand on leur inflige cette arrogance typique des marques surplombantes aujourd’hui condamnées par les mutations sociétales : place à al connivence et au dialogue. Tout le monde au travail, en bras de chemise et en toute humilité ! (Business Montres)
21/01/2016
Klaus Schwab se trompe dans son texte sur la 4ème révolution industrielle...et aussi dans le classement du WEF... les révolutions ont besoin de révolutionnaires (des gens qui pensent en dehors des boîtes (out of the box) et agissent en dehors des lois (outlaw = Uber, AirBnB, etc...) et pas de conditions cadres....(les conditions cadres: c'est ce que prend en compte le WEF dans son analyse! ... vraiment rien compris à l'innovation de rupture....à écouter aussi sur...Forum/RSR)
Ainsi, c'est une totale illusion de croire que la Suisse serait parmi les pays en pôle position dans cette transformation sociétale profonde ... car ce n'est pas le nombre de gens connectés ou de brevets déposés qui comptent... mais le nombre de gens capables de transformer le digital en business, en sciences ... et parmi ces gens de talent, il y a ce que l'on appelle les "DATA SCIENTISTS" .... et il en manquerait 20'000 en Suisse...
Donc à part San Francisco et Boston... tout le monde est quand même à la traîne... et pourtant on aurait besoin de ces gens pour de nombreux secteurs d'avenir comme ceux: de la Fintech, de l'industrie 4.0, des montres connectées, de l'Internet des Objets et de la Santé (Digital Health) etc...
Voilà... une discussion que l'on devrait avoir en Suisse au lieu de bétonner encore et encore des "parcs scientifiques" comme notre ministre de l'économie l'a annoncé cette semaine encore....
14/01/2016
A QUELQUES JOURS DE LA GRANDE MESSE HORLOGÈRE DE GENÈVE: ENFIN LES CHIFFRES DE VENTE DES MONTRES CONNECTEES !
APPLE ÉCRASE TOUT LE MONDE
En 2015, dans le domaine de la montre connecté, l'Apple Watch a devancé tous ses concurrents et le marché n'est encore qu'à ses débuts!
D'après Juniper Research, l'Apple Watch domine le marché des montres connectées: 17,1 millions de montres se sont vendues en 2015 dont 8,8 millions d'Apple Watch. La montre étant sortie le 24 avril 2015, Apple est donc parvenu, en l'espace de neuf mois, à occuper plus de la moitié du marché à lui seul. Exactement : 51,8 %!
Et pourtant, l'Apple Watch ne manque toutefois pas de concurrents: Parmi les plus connus figurent Samsung avec la Gear S2, Sony avec la Smart Watch 3, Motorola avec la Moto 360, Samsung avec la Gear S2 ou encore Pebble. Sans oublier les marques traditionnelles de l'horlogerie qui font des incursions dans les montres connectées, telles que Fossil ou TAG Heuer.
Même si Apple refuse toujours de divulguer ses chiffres de ventes, l'entreprise Juniper Research, paraît sûr d'elle. L'année 2015 a vu le marché exploser à plus de 17 millions de montres connectées vendues. C'est beaucoup moins que la plupart des analystes espéraient (de 24 à 40 millions d'unités étaient les chiffres évoqués il y a tout juste une année).
Ces chiffres sont loin d'être hors d'atteinte, sans doute ils vont l'être déjà en 2016, car plusieurs nouveaux modèles sont déjà annoncés. Fossil vient de le faire au CES de Las Vegas (début janvier) et Apple va le faire en mars prochain à San Francisco en attendant les annonces "espérées" des suisses à Genève (semaine prochaine) et à Bâle (fin mars).
À titre de comparaison, il s'est écoulé près de 355 millions de smartphones, dont 48 millions d'iPhone, au cours du seul troisième trimestre 2015, selon le cabinet d'études IDC.
(infos extrait du Figaro, Juniper Research et de IDC aujourd'hui)
04/01/2016
La saison commerciale des ventes de fin d'année aux USA est à peine terminée que déjà les conclusions des économistes et surtout des boursicoteurs tombent:
Le gagnant dans la catégorie montre connectée: FITBIT
Surprenant?
En fait, pas tellement.
Fitbit a vendu près de 18 millions de bracelets connectés (contre seulement 6 millions pour Apple) et depuis plusieurs années commercialise aussi des bracelets qui donnent l'heure soit ce que l'on appelle d'habitude une montre. Les produits Fitbit ont beaucoup de succès car ils sont esthétiques, bon marché et très efficaces dans le "tracking" des activités physiques...
Mais pas seulement... car plus qu'un produit, Fitbit offre une plateforme... c'est-à-dire un environnement sur Internet qui permet d'analyser ses performances et de les comparer aux autres (aux amis)... ces outils d'analyses s'appuyant aussi sur une sorte de réseau social faisant de cet "écosystème" la différence par rapport aux autres... y compris Apple!
C'est très important de comprendre ce changement imposé par les consom'acteurs: Ils veulent participer !
Demain seuls les acteurs économiques capables d'offrir de telle plateforme aux consommateurs, seront les gagnants.
Pour l'horlogerie, cela sera aussi vrai d'autant plus que la guerre du "poignet" ne laisse que peu de place! Il n'y aura pas assez d'espace pour tout le monde!
Donc dans l'économie digitale qui émerge, soit vous chercher à être un sur-traitant (celui qui possède un écosystème via sa plateforme internet), soit vous êtes un sous-traitant... et contrairement aux dires de Jean-Claude Biver ...Tag Heuer n'est finalement qu'un terminal pour Android (Google)... rien d'autre... et donc finalement Biver est un sous-traitant!
22/12/2015
Cette fois-ci c'est clair et net, le marché américain de la montre suisse ralenti fortement. Après la Chine, c'est le deuxième plus important marché mondial qui nous lâche!
Avec moins de 5,3% en novembre (selon les toutes récentes statistiques à l'exportation) et après des baisses significatives en septembre et octobre (2015), on ne peut plus parler seulement de problème conjoncturel mais bien d'inversion de tendance en Amérique.
La question que tout le monde se pose désormais est : avons nous à faire à un problème seulement conjoncturel ou alors systémique (= changement de paradigme économique, technologique ou même de fabrication) ... en d'autres termes, dans un marché de la consommation américaine (par ailleurs encore très vivace) est-ce que la "montre mécanique" suisse subit juste une contraction provisoire ou bien est-ce beaucoup plus grave du genre la "montre connectée" est en train de la détrôner définitivement la montre traditionnelle ? Les chiffres à l'exportation montre que c'est surtout la gamme des prix de 200 à 5oo CHF qui est touchée donc pile dans les montres connectés... d'où notre déduction sur le changement de paradigme et de la guerre économique systémique que nous cessons d'annoncer depuis si longtemps déjà...
Ainsi les chiffres d'aujourd'hui montrent sans doute la fin d'une époque... car tout ce qui arrive économiquement aux USA finit toujours par gagner le monde entier... forcément, une fatalité du système économique en quelque sorte : les marchés "followers" suivent toujours par définition.
Voilà la donne est claire...
Si les Suisses veulent éviter la débâcle ... il n'y a qu'une issue, c'est rejoindre la tendance du marché et donc fabriquer des "montres connectées"...
Pour ce faire et pour rattraper rapidement notre retard... une seule solution : acheter la compétence aux Américains....
Comment ?
Il existe plusieurs dizaines d'entreprises ou de start-ups californiennes spécialistes des "objets connectés" ... il suffirait donc de toutes les racheter ou faute de mieux quelques unes...
Swatch, Richemont ou Rolex pourraient commencer par Garmin, Pebble, FullPower ou Bionymi...