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Dans "Lettre à mon dictateur", le romancier Eugène, Lausannois né à Bucarest en 1969, raconte comment, à la suite d'une discussion avec sa mère, il se retrouve à devoir remercier un certain Ceaușescu qui est pourtant la raison pour laquelle l'auteur et sa famille ont fui la Roumanie... Eugène comprend dans cette discussion qu'il est né un peu grâce, ou à cause, du dictateur qui avait décrété l'interdiction absolue de l'avortement dans le pays.
Suite aux révélations de sa mère, Eugène décide d'écrire une lettre. "Je me suis dit: je dois quelque chose à Ceaușescu. Je me suis mis à lui écrire pour comprendre ce que je lui dois et surtout pour comprendre ce que lui me doit", explique l'auteur interrogé par la RTS.
Participer au débat sur l'héritage de Ceaușescu
Dans "Lettre à mon dictateur", Eugène raconte son parcours de migrant, lui qui a quitté la Roumanie avec ses parents à l'âge de six ans. Eugène devient écrivain après une carrière musicale dans le groupe de rock Sakaryn. "J'ai trouvé un vrai sens à l'écriture après avoir fini l'université et avoir sorti deux disques avec Sakaryn", glisse Eugène.
Suite aux différents prix remportés grâce à son roman, Eugène songe désormais à remercier Ceaușescu en faisant traduire son roman en roumain. "J'aimerais participer au débat roumain sur l'héritage de Ceaușescu. Je sais que beaucoup de jeunes disent à leurs parents qu'ils en ont marre d'entendre parler de ce type qu'ils n'ont jamais connu - il est mort en 1989. Ils en ont assez de cet héritage. D'autres pensent que Ceaușescu a maudit le pays pour plusieurs générations. J'aimerais bien, avec ce genre de texte, participer à la discussion", conclut l'écrivain.
Propos recueillis par Pierre Philippe Cadert
Adaptation web: ld
Eugène, "Lettre à mon dictateur", éditions Slatkine.