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Dès le début de sa carrière, à l’aube des années 1980, Silvia Kolbowski (*1952) s’intéresse aux stratégies héritées de l'art conceptuel, un mouvement artistique qui marque la décennie précédente. Elle explore des sujets alors généralement négligés, comme la sexualité et la différence. A l’instar d’un certain nombre d'artistes féministes de sa génération, elle a recours à la photographie et à l'appropriation pour développer son approche critique de la représentation, en particulier celle de la femme dans les médias.
Dans les années 1990, elle interroge les modalités de l’institutions artistique elle-même, en particulier ses mécanismes d’autorité et de production de valeur – qu’elle soit scientifique ou marchande. En écho aux pratiques de Michael Asher et de Marcel Broodthaers, les séries Enlarged from the Catalogue et Once More, with Feeling déconstruisent les dispositifs qui caractérisent l’art comme institution : la barrière, le dépliant, le cube blanc, le produit dérivé… Son travail récent, dans un dialogue fructueux avec l'histoire et l'actualité, continue d'explorer les mécanismes psychologiques de la communication, en particulier la façon dont le pouvoir politique et les médias abusent de biais psychiques tels que la menace et la peur.
Après l’acquisition en 2017 de l’iconique Model Pleasure, le MAMCO a récemment fait entrer dans ses collections le fonds d’atelier de l’artiste, soit une quinzaine d’œuvres (photographies, installations et vidéos) réalisées entre 1987 et 2019. Cet engagement fait suite au souhait de l’artiste d’archiver son travail en musée avant de quitter New York et d’une relation qu’elle entretient, depuis les années 1990, avec Genève au travers de certaines personnalités et programmes institutionnels. L’opération a été rendue possible grâce au soutien de la Fondation Coromandel, qui accompagne le développement de la collection du MAMCO depuis des années