Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07254.jsonl.gz/12

Durant la première décennie du XVIe siècle, Hans Fries a composé des retables, inspirés des oeuvres des Maîtres à l'oeillet.
Fils d'un boulanger fribourgeois, Hans Fries fut l'un des peintres suisses majeurs autour de l'an 1500. A Fribourg, à Bâle et à Berne, où il entra en concurrence avec Niklaus Manuel Deutsch, il était si réputé, qu'on le nomma expert dans une singulière histoire de miracle survenue dans un couvent de Dominicains.
Pas étranger à la falsification
Le contexte politique n'était d'ailleurs pas étranger à la falsification, et détermina l'issue du procès de ses auteurs. Historiens et historiens de l'art se sont unis pour préparer l'exposition de l'ensemble des œuvres conservées de Hans Fries, soit une vingtaine de peintures sur panneaux (retables), quatre dessins et la polychromie de quelques statues en bois.
Etant donné la fragilité et l'ancienneté des pièces, il a fallu argumenter avec finesse pour obtenir les prêts... Résultat de ce travail de longue haleine, une salle adornée de magnifiques tableaux, où la puissance des expressions, qu'on a pu dire patibulaires, ou la douceur d'autres visages (la Vierge, notamment), s'insèrent dans des compositions extrêmement complexes et originales, dont les détails sont hyperréalistes avant la lettre.
On comprend que cette peinture ait pu inspirer les expressionnistes, au XXe siècle, ainsi que les tenants de la Neue Sachlichkeit, ou Nouvelle Objectivité. Scènes de martyre, images de la Légende dorée et cycle de la Vierge constituent de véritables joyaux; le chromatisme chaud et velouté évoque d'ailleurs les effets de l'émail.
Laurence Chauvy
A voir au Musée d'art et d'histoire de Fribourg (tél. 026/ 305 51 67) jusqu'au 24 février.