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Il est temps d’entamer une discussion ouverte sur les perspectives d’avenir d’une discipline en pleine expansion et sur les défis que doit relever un Directoire en crise. Peter Christen, qui occupe les fonctions ad interim de chef sport et de chef de la discipline dressage en plus de son poste au sein du Comité de la Fédération Suisse des Sports Equestres, donne un aperçu et montre la voie vers un avenir optimiste.
Peter Christen: «Le dressage a plutôt la fonction de gymnastiquer le cheval.» Photo: Anna-Mengia Aerne-Caliezi est à nouveau devenue championne suisse de la catégorie Elite avec son imposant étalon gris de 17 ans Raffaelo va Bene.
«Bulletin»: Peter Christen, quelle est l’importance d’une discipline relativement petite comme le dressage pour la FSSE?
Peter Christen: Le dressage représente un grand intérêt pour la FSSE. Il est discutable si le mot «dressage» est le bon terme pour désigner cette discipline, étant donné que son objet n’est pas le dressage de l’animal à proprement parler. Le dressage a plutôt la fonction de gymnastiquer le cheval, de le rendre perméable à la monte. N’importe quel cheval dans n’importe quelle discipline en a besoin afin que nous puissions le monter sans lui nuire. Au même titre, chaque cavalier a également besoin du dressage, qui constitue la pierre d’achoppement d’une bonne équitation. La discipline dressage est tout simplement la spécialisation dans laquelle cette perméabilité à la monte est jugée en compétition.
Cependant, les chevaux de dressage ont eux aussi besoin d’une formation variée, c’est pourquoi j’en appelle toujours aux cavaliers de dressage: montez vos chevaux aussi à l’extérieur afin qu’ils soient équilibrés mentalement et physiquement, qu’ils ne perdent pas leur capacité à s’adapter à des sols irréguliers, etc. Les chevaux de dressage ne devraient pas seulement briller au galop montant, mais justement aussi une fois pouvoir faire une montée au galop. Le travail de gymnastique sur des cavalettis ou de petits obstacles fait également du bien aux chevaux de dressage.
En résumé: chers cavaliers de dressage, raccourcissez vos étriers et utilisez un filet simple de temps en temps afin de profiter pleinement d’une chevauchée à travers les prés. Transmettre de telles idées relève également de notre responsabilité de Directoire et nous essayons, à travers les chefs d’équipe et le chef sport, d’agir en fonction sur les cavaliers.
Quelles sont les fonctions qui constituent le Directoire?
Pour faire court - et il va de soi que la forme féminine est également toujours incluse: le chef - ou la cheffe - de la discipline assume la responsabilité globale et surveille la stratégie et la planification, le chef sport est responsable des chefs d’équipe des différents cadres, le chef technique s’occupe de l’encadrement et de la formation des officiels, des juges, etc., ainsi que des règlements, le chef administration gère le budget et d’autres questions administratives, et le vétérinaire de la discipline représente les intérêts des chevaux et sert de conseiller au Directoire pour les questions vétérinaires.
A quoi ressemble une telle planification stratégique?
Nous misons sur une planification à long terme sur quatre ans, au rythme des JO. C’est-à-dire qu’au cours de la première année après les JO se fait le plan jusqu’aux prochains jeux. Ainsi, Tokyo (JPN) 2020 est le prochain grand objectif avec, comme étapes intermédiaires, les Jeux équestres mondiaux à Tryon (US) de cet automne, suivis des Championnats d’Europe à Rotterdam (NED) en 2019.
Cependant, il ne faut pas oublier que dans notre sport, le cavalier n’est pas le seul athlète: il y a aussi le cheval. Il n’est pas évident de trouver un cheval pouvant être amené au plus haut niveau, et cela prend beaucoup de temps. La formation d’un cheval de Grand Prix dure au moins six ans, et un cheval en top forme pourra peut-être concourir à ce niveau jusqu’à 18 ans. Si le cheval est débourré à 4 ans et ensuite formé pendant six ans, il atteindra la maturité pour le Grand Prix à 10 ans. S’il peut concourir à haut niveau pendant huit ans, il s’agit d’un véritable coup de chance. La fédération doit tenir compte de cela lors de la planification.
Le maintien de la santé des chevaux ainsi qu’une formation progressive - avec un programme très varié - en sont des aspects décisifs. Si les chevaux ont une baisse de motivation pendant la formation, il faut leur laisser une période de repos. Une fois qu’ils sont de nouveau en forme, ils pourront également à nouveau fournir des performances. Il s’agit là d’un autre élément à prendre en considération lors de la planification stratégique. Nos objectifs doivent également respecter les principes éthiques: dire «ce cheval n’a certes que 8 ans, mais nous l’emmenons tout de même à Tryon parce que nous en avons besoin pour compléter l’équipe au risque que sa forme et ses performances s’effondrent par la suite»: de telles manières de penser n’existent pas chez nous. Cela ne serait pas correcte envers le cheval et pas défendable éthiquement.
Il est important que les chevaux ne soient pas «brûlés par les deux bouts». Ils doivent être montés en accordance avec les principes éthiques. L’idéal serait qu’au terme de sa carrière dans le sport à haut niveau, un cheval de dressage puisse être utilisé pour l’élevage ou comme professeur pour de jeunes cavaliers, afin d’assurer autant bien la relève des athlètes bipèdes que quadrupèdes de la discipline. Le cheval ne doit jamais être une pièce d’équipement, mais un athlète au sein de l’équipe. Il doit donc également bénéficier d’une planification de carrière, planification qui doit aller au-delà du sport de haut niveau afin qu’il ait aussi une activité et un rôle à remplir dans la prochaine étape de sa vie.
Les propriétaires des chevaux jouent-ils donc également un rôle lors de la planification?
Bien évidemment! Les chevaux d’élite ne sont en général pas la propriété des cavaliers, les propriétaires sont donc une sorte de mécènes. Nous sommes en contact étroit avec ces derniers car en tant que fédération, nous devons savoir ce que les propriétaires ont prévu avec leurs chevaux. Lorsque ceux-ci obtiennent de bons résultats sportifs, ils ont également une plus haute valeur, par exemple après un succès aux Jeux équestres mondiaux. Jusqu’à une année avant les JO, les chevaux peuvent encore être marchandés en vue de ce championnat, ensuite plus. A ce moment, nous devons savoir si les chevaux sont à vendre ou si nous pouvons prendre en considération ces athlètes à quatre sabots dans notre planification à long terme.
Parfois, l’on trouve des sponsors privés aimant le sport et souhaitant mettre leur cheval à disposition de la Suisse. En tant que fédération, nous pouvons servir d’intermédiaire dans ces cas-là. Bon nombre de ces chevaux valent plusieurs millions, un propriétaire doit donc bien réfléchir avant de prendre une telle décision. Un cheval peut se blesser le lendemain et perdre énormément de valeur. Chaque propriétaire doit décider si oui ou non il est prêt à risquer cela. Il y a des propriétaires qui sont très attachés à leur cheval et acceptent volontiers de prendre ce risque, alors que d’autres aimeraient que leur cheval soit monté par des cavaliers d’élite et décident de vendre. Voilà pourquoi l’échange avec les propriétaires est important.
Est-il difficile de gagner des propriétaires comme mécènes du dressage, surtout si l’on ne fait pas partie des meilleures nations dans cette discipline?
Pour attirer les propriétaires de chevaux, il faut expliquer la stratégie. Il faut être en mesure de montrer que les perspectives sont bonnes et que des résultats ont déjà été obtenus. Pour cela, une planification habile de la saison est nécessaire. En début de saison, l’accent est mis sur les compétitions 3* et 4*, ensuite l’on peut envisager d’aller plus haut.
Parfois, il faut aussi laisser une pause de compétition aux chevaux ou les laisser prendre le départ dans une catégorie inférieure, selon ce qui est nécessaire à ce moment-là. Pour cela, nous avons besoin d’avoir la confiance des propriétaires, qu’ils puissent se convaincre que nous faisons du bon boulot en tant que fédération. En tant qu’intermédiaire, la cheffe d’équipe joue un rôle-clé dans la relation que nous entretenons avec les athlètes et souvent aussi avec les propriétaires, avec lesquels l’on peut entrer en dialogue lors d’une compétition par exemple.
La FSSE n’a-t-elle donc aucune possibilité de s’assurer de bons chevaux?
Dans d’autres pays, il peut arriver qu’une fédération acquière une part d’un cheval. Ces fédérations ne peuvent pas s’imaginer que ce n’est pas le cas chez nous en Suisse. Mais c’est comme ça, nous ne dépensons pas un centime pour des chevaux, nous n’en avons tout simplement pas les moyens. Notre système est un système fédéral à base privée typiquement suisse.
Notre élite de dressage est-elle suffisamment large pour avoir un véritable choix lors de la sélection pour les championnats?
Il est toujours mieux d’avoir plus de choix! Pour Tryon, nous avons cependant une longlist comptant sept paires cavalier-cheval. Quatre d’entre elles feront finalement le voyage aux Etats-Unis, il y a donc véritablement une sélection. Mais nous avons par exemple décidé récemment de ne pas nous rendre aux Championnats d’Europe des Jeunes cavaliers car les résultats sont encore trop rares dans ce cadre.
Ce qu’il nous manque, c’est une base de relève plus large. Notre spécialisation commence certes avec l’enseignement des bases de l’équitation, mais la plupart des cavaliers choisissant le dressage comme discipline de prédilection préfèrent monter pour le plaisir à un certain niveau, sans avoir des ambitions de haut niveau. Ce dont nous aurions besoin, c’est une relève qui met la pression à l’élite. Une pression venant du bas est la meilleure chose en sport. Nous y travaillons.
Le fait est que le nombre de cavaliers de relève stagne dans toutes les disciplines équestres (dressage, saut, concours complet). Les jeunes d’aujourd’hui disposent d’un choix d’activités de loisir et sportives si large que la plupart ne se concentrent plus sur un seul sport. Et en ce qui concerne les cavaliers de dressage, l’on peut les comparer à des pianistes: ils doivent s’entraîner quotidiennement, souvent seuls à la maison. Cela exige beaucoup de discipline, et ce pendant des années. Cela n’est plus très demandé dans notre société.
Un autre aspect est que le dressage est avant tout un domaine de femmes. Dans les épreuves plus basses, plus de 90% des concurrents sont des femmes. Elles commencent tôt mais choisissent un jour de donner la priorité à la famille ou au travail, ou aux deux, et le sport ne trouve plus sa place. Et si l’on veut recommencer à 40 ans, il est clair que l’on ne trouve plus le chemin vers le sport d’élite. Il n’y a évidemment pas de mal à cela! Il s’agit plutôt d’un des défis de cette discipline à prédominance féminine.
Un autre aspect sont les cavaliers juniors poussés par leurs parents, bien que le sport d’élite ne soit pas leur rêve et l’équitation pas la grande passion de ces jeunes. Une fois que ces cavaliers se soustraient à l’influence des parents, ils se retirent également du sport. Evidemment, il ne s’agit là pas d’un problème spécifique aux sports équestres, mais d’un fait pouvant être observé également dans d’autres sports. Il se peut aussi qu’un cavalier ne dispose tout simplement pas du bon cheval pour monter à haut niveau parce que son entourage n’a pas les moyens d’un financer un.
Autrefois, la Suisse était une nation du dressage. Comment sommes-nous arrivés à un tel manque de résultats?
A l’époque de la EMPFA, les cavaliers de dressage suisses étaient encore très performants, avec Henri Chammartin ou Hans Moser. Puis vint l’ère Stückelberger. Ensuite, la plupart des cavaliers de dressage suisses sont tombés en milieu de classement. Le manque de résultats vint du fait qu’il n’y avait pas assez de promotion de la relève, l’on n’était pas conscient du fait qu’une fois que les cavaliers d’élite se retireront, il faudra à nouveau de bons cavaliers. A cette époque, il n’existait tout simplement plus de cavaliers professionnels. La cavalerie perdit toujours plus d’importance et l’équitation civile dut d’abord se mettre en place. Le dressage devint une activité de loisir individualiste et un sport individuel. Le sport d’élite doit cependant être pratiqué de manière professionnelle si l’on veut pouvoir concurrencer l’élite mondiale.
Actuellement, il y a des cavaliers disposant d’un entourage adéquat et étant prêts à pratiquer notre sport de manière «semi-professionnelle», comme par exemple des jeunes pouvant concilier sport et études, mais aussi d’autres cavaliers trouvant suffisamment de temps pour s’investir à haut niveau. Nous sommes donc sur la bonne voie, surtout chez les juniors, où nous pouvons même remporter des médailles les bons jours, ce qui nous permet évidemment d’être optimistes. Cependant, même si nous sommes performants chez les juniors aujourd’hui, il n’y a bien sûr pas de garantie que tel soit toujours le cas dans deux ou trois ans, c’est pourquoi nous devons certainement encore travailler cette continuité. Pour l’instant, notre objectif est d’atteindre le milieu du classement des nations, c’est-à-dire les positions 4 à 10. Il n’est pas réaliste de vouloir remporter des médailles au cours des deux à trois prochaines années.
Y a-t-il d’autres éléments pouvant promouvoir le dressage d’élite suisse?
Nous aimerions bien qu’une ou deux épreuves internationales soient organisées en Suisse. Un concours international était prévu à Andermatt cette année, mais nous avons finalement dû le déplacer à l’année prochaine pour des raisons liées au trafic routier. Nous essayons également d’avoir un ou deux juges FEI suisses afin de garder un pied dans la porte au niveau international et d’entretenir nos contacts. Pour réussir dans le sport d’élite, il faut être actif sur plusieurs fronts et disposer d’une base large.
La bonne collaboration de toutes les personnes impliquées dans des domaines très différents est également primordiale. Cela commence avec une base solide et bien formée nous permettant de reconnaître des talents que nous pouvons ensuite promouvoir dans les cadres régionaux puis nationaux. Cela signifie que même au sein de la relève, le cavalier, le cheval et leur entourage sont analysés chaque année afin de pouvoir faire des suggestions pour l’avenir.
La question des entraîneurs n’est pas toujours facile non plus, surtout en ce qui concerne les entraîneurs privés qu’il s’agit d’amener à se conformer à la stratégie et aux objectifs donnés par le conseiller technique. Ce dernier remplit la fonction d’entraîneur national, et avec Gareth Hughes de Grande-Bretagne, nous disposons d’un excellent cavalier et «technical advisor» pour notre pays. Les cavaliers s’entraînent avec lui une fois par mois et discutent la suite de leur programme.
Je tiens à souligner ici que l’esprit d’équipe manque encore un peu dans cette discipline, c’est une chose que nous devons encore améliorer. Cet esprit d’équipe doit être vécu et mis en pratique d’abord au sein du Directoire et ensuite être transmis aux cadres et à leur entourage. Notre réussite dépend de cela. Une chose est sûre: ces cavaliers s’entraînent seuls 300 jours par année. Ce n’est tout simplement pas un sport d’équipe. Dans l’idéal, l’entraîneur privé est présent lors des rencontres mensuelles avec l’entraîneur national et explique ce à quoi travaille la paire cavalier-cheval en ce moment. Cet échange entre les deux entraîneurs est très important.
L’esprit d’équipe est donc également important en dressage pour réussir?
En concours, les cavaliers veulent tout d’abord obtenir un bon résultat individuel pour montrer les progrès qu’a fait le cheval au propriétaire ou pour être sélectionné pour un championnat par exemple. Mais, une fois que le cavalier est sélectionné, il est primordial qu’il soit là pour l’équipe et qu’il veuille obtenir un bon résultat pour celle-ci. Et ceci n’est pas toujours évident.
Notre prochain grand objectif est de disposer d’une bonne équipe pour les Jeux olympiques de Tokyo 2020. Dans cette perspective, les Jeux équestres mondiaux de Tryon sont une sorte de baromètre. Ensuite, nous voulons qualifier une équipe pour les JO à l’occasion du Championnat d’Europe l’année prochaine. Aux JO, finalement, nous voulons prouver que nous pouvons nous positionner dans la meilleure moitié du classement. Ainsi, nous voulons montrer qu’en travaillant de manière conséquente et ciblée en équipe, la Suisse est aussi capable d’obtenir de bons résultats en dressage et que la discipline est en développement dans notre pays.
Cela paraît tout à fait logique et convaincant. Mais pourquoi y a-t-il tant d’agitation au sein du Directoire ces derniers temps?
Il a été difficile de fixer et de poursuivre des objectifs communs et de se mettre d’accord sur le long terme quand il s’agissait de s’éloigner des buts à court terme. La recherche de consensus a été trop mauvaise, la confiance ne régnait pas au sein du Directoire et les décisions prises n’étaient pas poursuivies jusqu’au bout. Cette problématique n’a probablement pas été reconnue suffisamment tôt, de sorte qu’à un moment donné, la recherche de consensus n’était plus possible. Nous n’aurions pas dû en arriver au point que certaines personnes ne pouvaient ou ne voulaient plus collaborer.
Entre-temps, nous avons tiré beaucoup de choses au clair. Je suis donc persuadé de pouvoir remettre mes fonctions ad interim de chef sport et de chef de discipline en de bonnes mains. Nous sommes actuellement en discussion et à la recherche de personnes. Dans les autres disciplines, même si tout le monde n’est pas du même avis, l’on arrive à surmonter les différends. Je suis convaincu que cela est aussi possible en dressage.
Que doivent donc apporter les nouveaux responsables pour assurer le bon fonctionnement du Directoire dressage?
A mon avis, dans ces fonctions, il est extrêmement important que l’on soit dans la mesure de garder son calme, même dans des périodes plus agitées. Evidemment qu’il y a différentes manières de mener une équipe, mais cela ne fonctionne pas en imposant simplement les décisions de la majorité. Il faut chercher le dialogue avec toutes les personnes concernées et essayer de les convaincre.
Une certaine expérience dans le do-maine de la direction et des compétences en matière de gestion sont donc primordiales, surtout dans une discipline comme le dressage où les cavaliers sont des personnes très sensibles menant leur cheval avec beaucoup de doigté. Ces personnes désirent également être dirigées avec sensibilité. Mis à part cela, la capacité de travailler en équipe est d’importance centrale. Nous évoluons dans la vie associative et pas dans l’économie privée. Les responsables sont élus pour un mandat de quatre ans, il faut donc trouver un terrain d’entente, l’on ne peut pas simplement les licencier.
Il ne faut pas non plus sous-estimer le fait que ces postes bénévoles demandent énormément d’engagement et qu’il n’est pas facile de les occuper à titre accessoire. Si l’on est engagé dans la vie professionnelle - et nous recherchons justement des personnes qualifiées, donc en général des personnes assumant déjà des postes à responsabilité - l’on ne peut pas si facilement investir du temps à titre bénévole. Concilier la vie professionnelle, bénévole et parfois encore familiale exige une bonne organisation et beaucoup de discipline, choses que l’entourage des personnes concernées doit aussi accepter.
Ces postes ne devraient-ils pas être occupés par des «professionnels»?
Cela n’est tout simplement pas possible au sein de notre petite nation (équestre). Un chef de la discipline professionnel ne serait pas occupé à temps plein car il n’y a pas assez de cavaliers. Il devrait de toute manière exercer encore une autre activité accessoire. Financièrement aussi, cela ne serait pas envisageable. En Allemagne, les chefs de discipline perçoivent des salaires de manager, mais ils ont également un plus grand nombre de cavaliers à «gérer». Ils ont certainement dix fois plus à faire que chez nous. En Angleterre et en France, la situation est la même. La FSSE s’autofinance à 90%. Comme sponsor, nous avons Swiss Olympic dont les prestations dépendent des résultats. L’avantage est que nous ne nous retrouvons pas devant un grand vide si un sponsor décide de se retirer, mais nous devons cependant adapter nos objectifs et projets aux moyens disponibles.
Quelles autres qualités devraient avoir les candidats?
Le chef de la discipline doit avoir une personnalité de meneur et être un bon communicateur. Bien évidemment, il doit connaître le monde du dressage, mais il ne doit pas forcément avoir participé lui-même aux Jeux olympiques.
Le rôle du chef sport est de planifier les formations proposées, d’établir le programme de la saison de compétition, de décider quels concours compteront pour la sélection de championnats, etc. La personne occupant cette fonction doit donc posséder un bon sens de l’organisation et être capable de travailler en équipe, étant donné qu’elle collabore étroitement avec les deux chefs d’équipe. Elle doit être organisée et savoir communiquer afin d’être en mesure de choisir la voie stratégique et de garder le cap sur celle-ci. Le chef sport doit connaître le monde du dressage, il doit savoir comment fonctionnent les mécanismes, quelles exigences sont imposées aux différentes classes de performance, etc., et il doit être capable d’estimer le temps nécessaire pour un tel développement.
Il doit savoir où ont lieu les grandes compétitions internationales et connaître le mode de fonctionnement de celles-ci afin d’obtenir une invitation d’y participer par exemple. Ces organisateurs ne veulent que les meilleurs cavaliers du monde. En conséquence, si l’on ne fait pas partie de cette élite mondiale, il faut faire jouer ses relations pour obtenir la possibilité de prendre le départ. Il faut aussi être capable d’estimer l’importance des différentes compétitions: le chef sport doit donc disposer de «connaissances du secteur». La personne adéquate n’est pas forcément un (ancien) cavalier de haut niveau, mais certainement quelqu’un étant sur le terrain depuis longtemps, comme juge, coach, etc. Les cas de figure sont nombreux.
Jusqu’à quand les intéressés peuvent-ils déposer leur candidature?
Le délai d’inscription est le 1er août, les personnes intéressées peuvent donc encore se manifester. Je dispose déjà de quelques contacts et je suis convaincu que nous allons trouver de bonnes solutions autant pour le poste de chef de la discipline que pour le chef sport. L’objectif est de former un nouveau Directoire avant la fin de l’année.
Interview: Cornelia Heimgartner
Photos: Geneviève de Sepibus
Peter Christen: «Notre prochain grand objectif est de disposer d’une bonne équipe pour les Jeux olympiques de Tokyo 2020.» Photo: Podium élite CS avec Birgit Wientzek Pläge, Anna-Mengia Aerne-Caliezi et Estelle Wettstein.
Questions sur les prochains Jeux Equestres Mondiaux
«Bulletin»: Les Jeux équestres mondiaux ont lieu déjà à la mi-septembre. Quels sont les objectifs pour Tryon?
Peter Christen: En équipe, nous souhaitons nous placer dans le quart supérieur. Il s’agira d’une sorte d’état des lieux. La performance en équipe est notre priorité, après tout, nous voulons envoyer une équipe à Tokyo dans deux ans. Bien évidemment, de bons résultats individuels nous réjouiraient aussi beaucoup.
Quand a lieu la sélection définitive?
Le Championnat suisse est une pierre d’achoppement importante, nous allons ensuite décider début août quelles paires envoyer aux Etats-Unis. La sélection est une tâche exigeante, mais il ne faut pas oublier que les paires non sélectionnées continuent de se préparer pour Tokyo. Après les Jeux équestres mondiaux, l’on ne recommence pas au début, l’on poursuit le chemin que l’on a emprunté. Les paires ne pouvant aller à Tryon ont encore toutes leurs chances de faire leurs preuves lors des Championnats d’Europe l’année prochaine.
Qui prend la décision?
La Commission de sélection qui se compose de la Cheffe d’équipe, du Directeur de la discipline, du Chef sport, du vétérinaire de la discipline, du Chef technique et de la Cheffe administration. Chaque membre évalue les paires selon son domaine de spécialisation: La Cheffe d’équipe relève les résultats sportifs, le vétérinaire communique son évaluation des chevaux etc. La décision est ensuite prise à partir de la mise en commun de toutes ces opinions.