Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06870.jsonl.gz/1362

Le procédé de la typographie qu’inventèrent à Mayence vers 1450 Jean Gutenberg et les chercheurs de son temps repose sur un principe très différent. Il s’agit d’un procédé d’imprimerie à caractères mobiles métalliques, que le compositeur peut assembler à sa guise. La technique de l’imprimerie à la main peut se résumer en trois éléments :
On obtient les caractères en gravant la lettre en relief sur un poinçon d’acier qui est frappé en creux dans une matrice de cuivre. Celle-ci est placée dans un moule où on coule l’alliage de plomb. D’où des séries de lettres absolument identiques.
Le compositeur prend les caractères dans la casse et les dispose dans le composteur d’après le texte qu’il lit sur le visorium placé au dessus de la casse.
L’imprimeur place la forme, c’est-à-dire l’ensemble des pages disposées de façon à être imprimées en même temps sur la surface horizontale du marbre. Il tient la balle de crin avec laquelle il encre la forme, puis amène celle-ci sous un plateau mobile sur un axe vertical, la platine, qu’il fait descendre d’un coup de barreau, afin de presser la feuille qui reçoit alors l’empreinte des caractères.
Les anciens associés de Gutenberg ouvrirent très tôt de nouveaux ateliers qui se multiplient du vivant de Gutenberg dans la région de Mayence et dans les pays rhénans : Mentelin (Strasbourg 1459), Pfister (Bamberg 1460), Zell (Cologne 1466), Ruppel (Bâle 1468), Zainer (Augsbourg 1468).
L’itinéraire européen de Johann Neumeister illustre remarquablement la mobilité des premiers typographes : compagnon de Gutenberg vieillissant, vers 1460 il part pour l’Italie, est à Rome en 1464, puis à Foligno où il publie en 1470 la première édition imprimée des œuvres de Dante. Il est à Mayence, en 1479, puis à Albi en 1480, avant de passer par Vienne en Dauphiné et de se fixer à Lyon en 1485.
***