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Dans le cadre d’un complément au projet de recherche du Toûno, une campagne de prospections sur quatre sites aux caractéristiques générales similaires à celles du Toûno a été réalisée lors de l’été 2022 avec une équipe moyenne de cinq personnes. Ces quatre sites se situent dans les Alpes valaisannes, entre le Turtmanntal et le val d’Entremont.
Le premier site se trouve au sud du Pas-de-Lona (2788 m), qui permet de passer entre le val d’Hérens et le val d’Anniviers. Deux noyaux de cabanes positionnées sur un replat, à 2800 m d’altitude, contre les pentes nord du Sasseneire, ont été investiguées. Hormis de rares éclats d’obus, aucun matériel typologique n’a été mis au jour. Cependant, des couches archéologiques caractérisées par des épandages de charbon à l’intérieur des cabanes ainsi qu’un foyer contre un mur intérieur d’une cabane ont été découverts. Des datations au radiocarbone sont prévues afin de placer un jalon chronologique pour l’occupation de ces structures.
Le deuxième site se trouve dans le Ginalstal, qui se situe au-dessus d’Unterbäch et contre la ligne de crête est du Turtmanntal. Sur deux replats, à environ 2850 m d’altitude, une trentaine de fonds de cabane, répartis en plusieurs noyaux, ont fait l’objet d’un relevé drone ainsi que de prospections. Deux objets datant du 1er siècle av. J.-C. ont été mis à jour, ainsi qu’un important foyer qui sera daté au radiocarbone. De rares objets (clous de chaussure, douilles, balles) témoignent de la fréquentation du site au cours de l’époque contemporaine. Deux cabanes situées à 2970 m d’altitude, sur la crête au sud du Ginalshorn ont également été documentées mais n’ont pas livré de mobilier datant ou autres vestiges d’occupation. À proximité immédiate, deux clous de chaussure et une balle de plomb contemporains ont été mis au jour.
Le troisième site se trouve sur les crêtes de Thyon, en contrebas du Mont Carré. Il se caractérise par une trentaine de fonds de cabane, qui sont installées sur un replat à 2385 m d’altitude. Des investigations avaient déjà été menées par les bénévoles du groupe scientifique de RAMHA en 2016 et 2018 pour effectuer un plan du site et récolter du matériel pouvant servir à la datation.
Cette année, une journée de prospections a permis de récolter du mobilier archéologique dont un clou de chaussure romain, caractéristique du 1er siècle avant J.-C., qui se trouvait à l’intérieur d’une cabane, sous la démolition de l’un de ses murs. D’autres objets ne permettant pas une datation mais illustrant des activités ont également été documentés. Ces découvertes permettent d’étoffer les données déjà acquises et semblent confirmer la période supposée d’occupation principale du site ainsi que son lien avec plusieurs des autres positions similaires au Mur (dit) d’Hannibal.
Des investigations préliminaires se sont également déroulées sur le plateau sommital du Bonhomme du Tsapi (2803 m), qui se trouve au-dessus de Bourg-St-Pierre et à environ 2.5 km à vol d’oiseau au sud du Mur (dit) d’Hannibal.
Au sommet de cette éminence, entre huit et dix fonds de cabane ont été documentés. L’abondante pollution du site (un très grand nombre d’éclats d’obus et des clous de chaussure modernes) a grandement compliqué les recherches. En effet, un seul objet datant, un clou de chaussure romain, a pour l’instant été découvert, à l’écart des structures.
Enfin, deux journées ont été consacrées à la poursuite des investigations sur le site du Toûno (3018 m), dans le but de compléter les données acquises l’été passé. De nombreux témoins d’activités (passage) de l’époque contemporaine ont été mis au jour, ainsi qu’un objet non datant, retrouvé dans une couche archéologique, sous la démolition intérieure du mur d’un fond de cabane.
Globalement, ces recherches ont permis de récolter des données sur différents sites inédits de haute altitude. Les premiers résultats attestent d’une occupation qui se place dans le courant du 1er siècle av. J.-C. pour la majorité des sites mentionnés. Les datations radiocarbones prévues devraient apporter un complément bienvenu pour confirmer infirmer la chronologie des sites sur lesquels peu, voire pas, d’objets datant ont pu être mis au jour.
La fonction de ces positions reste hypothétique en raison du faible nombre de données, inhérentes aux travaux très restreints opérés sur ces gisements archéologiques protégés et à leurs probables occupations événementielles.
Les caractéristiques générales et les datations des aménagements de ces lieux permettent de souscrire l’hypothèse d’une occupation qui pourrait être similaire à celles mises en évidence dans le val d’Aoste et en Entremont, soit celle d’une présence militaire événementielle sur de nombreux points haut dans la seconde moitié du premier siècle avant notre ère. Cependant, l’absence de marqueurs indiscutables relatifs à la sphère militaire romaine et le peu de mobilier récolté en général sur certains de ces sites se doivent d’être mentionnés et impliquent de rester prudents quant à l’hypothèse sur la nature des occupants de ces établissements de haute montagne.