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Mon intérêt pour le monde slave ne pouvait pas se contenter éternellement de la Pologne! Mon «Drang nach Osten» personnel m'a ainsi progressivement poussé à m'intéresser à la Russie, où j'ai finalement mis les pieds pour la première fois en septembre 2015. Un ami m'avait dit au printemps: «Je voudrais bien visiter la Crimée, puisque tous les médias en parlent!» Après avoir soigneusement étudié les conditions dans lesquelles pouvait se faire un tel voyage (les cartes de crédit et cartes téléphoniques occidentales ne fonctionnent pas sur ce territoire soumis aux sanctions occidentales), nous avons réservé les vols et les hôtels (sans problème sur internet), puis demandé les visas. Nous avons volé d'abord jusqu'à Moscou où nous sommes restés un jour et demi – juste assez pour être déjà fasciné – avant de reprendre l'avion pour Simferopol. Nous avons passé quatre nuits à Sébastopol, puis trois à Feodosiya, et enfin une dernière à Simferopol avant le vol de retour, via Moscou en transit. Ce séjour en Crimée nous a permis de visiter le site archéologique de Chersonèse, l'ancienne base secrète de sous-marins de Balaclava, Yalta et le Palais de Livadia où se sont rencontrés Staline, Churchill et Roosevelt en 1945, mais aussi les restes de l'ancienne forteresse génoise de Sudak, ainsi que le détroit de Kertch, tout à l'Est de la péninsule.
Mon second voyage en Russie est survenu peu de temps après, en avril 2016. Avec deux amies aussi désireuses que moi de découvrir ce pays, j'ai passé une semaine à Moscou, puis une semaine à Saint-Pétersbourg, le trajet entre les deux villes ayant été effectué en train à grande vitesse «Sapsan». Ces deux villes sont splendides. Nous avons visité le métro de Moscou, le Kremlin avec un guide, le Palais de l'Hermitage à Saint-Pétersbourg (aussi avec une guide) et beaucoup d'autres lieux et monuments splendides.
Troisième voyage en octobre 2018, cette fois pour réaliser le projet caressé depuis deux ans: le Transsibérien! Nous avons voyagé à trois, en avion jusqu'à Moscou, puis en train pendant trois semaines jusqu'à l'extrémité orientale de cette ligne mythique. Sur le quai de la gare de Vladivostok, une borne commémorative en signale la longueur: 9288 kilomètres. Auparavant, nous avons visité Kazan, capitale du Tatarstan; Ekaterinbourg, où l'Oural marque la frontière entre l'Europe et l'Asie; Novosibirsk, première véritable étape sibérienne; Irkutsk et le lac Baïkal, au bord duquel nous avons passé quatre jours enchanteurs; puis encore Oulan-Oudé, capitale de la Bouriatie, et Khabarovsk, sur le fleuve Amour, à quelques encablures de la Chine – pourtant la ville respire la Russie européenne, tout comme Vladivostok d'ailleurs. Entre ces étapes, d'infinies étendues de forêts, de bouleaux et de pins, de toundra et de taïga, de villages silencieux et colorés et de fantômes d'usines soviétiques en ruines. Nous avons traversé sept fuseaux horaires, tout en restant à peu près à la même latitude. Trois semaines de bonheur loin des dérives de l'Occident.