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L'hiver a été très doux. Depuis janvier, les températures dans la région se situent entre 3 à 6 degrés au-dessus de la moyenne, selon les experts. Du coup, la neige a fondu tôt, ce qui accentué à son tour la hausse des températures.
"Nous avons regardé les données disponibles depuis la fin des années 1950. En hiver, des grandes anomalies de températures sont fréquentes. Mais pas au mois de mai", explique Martin Stendel, chercheur à l'Institut météorologique danois. "Dans ces données qui remontent jusqu'à la fin des années 1950, je n'ai pas trouvé un autre moment à la mi-mai avec des températures aussi chaudes par rapport à la moyenne comme c'est le cas cette année. C'est assez extrême."
Des feux de forêts plus importants
Il faisait ainsi 25 degrés vendredi dernier dans la ville arctique de Khatanga, habituée plutôt à des zéros degrés à cette période de l'année. Autre alarme: les feux de forêts en Sibérie, qui ont débuté très tôt ce printemps, d'une ampleur bien supérieure à la même période l'an dernier. Ils contribuent aussi au réchauffement, lorsque la suie produite par l'incendie va se déposer plus loin.
"Plus il y a d'incendies de forêt en Arctique, plus il y a du carbone-suie qui va venir se déposer sur la banquise par le gré des vents et qui noircit cette banquise", souligne Mikaa Mered, l'auteur du livre "Les Mondes Polaires". "Comme la banquise n'est plus tout à fait blanche, elle va absorber plus de rayons du soleil et elle va se réchauffer et fondre plus. C'est tout simplement un cercle vicieux."
Par ailleurs, les incendies qui brûlent cette année en Arctique pourraient être ceux de l'an dernier qui sont restés endormis pendant l'hiver, selon la revue. Il s'agirait de ce qu'on appelle les incendies zombies, lorsque des feux survivent à l'hiver en brûlant dans des couches de végétations sous la neige et reprennent au moment où la neige a fondu.
Isabelle Cornaz/ebz