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Les pays doivent améliorer les conditions de travail et les revenus de ces personnes, explique-t-elle dans le rapport "Emploi et questions sociales dans le monde". Les mauvaises conditions de travail des travailleurs clés exacerbent la rotation du personnel et les pénuries de main-d'oeuvre, mettant en danger les prestations.
Selon l'OIT, il faut investir davantage dans les systèmes alimentaires, les soins de santé et d'autres branches. Dans les 90 pays pour lesquels des données sont partagées, plus de la moitié de tous les emplois sont occupés par des travailleurs clés. Cette part s'établit à 34% dans les pays riches.
Pendant la pandémie, les travailleurs clés "ont été en danger", a dit à la presse une responsable de l'organisation. Ils ont fait face à des taux de mortalité plus élevés que les autres employés. Certains redoutaient de se rendre au travail parce qu'ils ne voulaient pas contribuer à la propagation du virus.
Au total, 29% des travailleurs clés sont rémunérés moins de deux tiers du salaire horaire médian. La part atteint 47% dans l'alimentaire et 31% pour le nettoyage et l'assainissement. Ces branches emploient de nombreux migrants, notamment dans les pays riches. Près d'un travailleur clé sur trois a un contrat temporaire, mais les différences sont considérables entre les pays et les activités.
"Indispensable"
Plus de 46% des employés clés des pays pauvres travaillent de longues heures. Et près de 60% de ces personnes ou de celles dans les pays à revenus intermédiaires n'ont pas de protection sociale. "Le travail décent est un objectif pour tous les travailleurs, mais il est particulièrement important pour les travailleurs clés", estime le directeur général de l'OIT Gilbert Houngo.
La situation de ces personnes a abouti à une pénurie de personnel, ajoute de son côté la responsable de l'organisation. Or leur travail "est indispensable" pour la société, notamment pour anticiper les prochaines pandémies.
Le rapport recommande d'investir davantage dans les infrastructures, la capacité de production et les ressources humaines. Et le sous-investissement, surtout dans les systèmes de santé et d'alimentation, contribue aux déficits de travail décent. Il faut une collaboration entre gouvernements et partenaires sociaux et une amélioration de la protection sociale ou des salaires, ajoute l'organisation.