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Thème 2020: MOBILITÉ
La mobilité, dans son sens le plus large, est la propriété ou l’état d’être mobile ou amovible. Le terme peut se référer à la capacité d’une personne à se mouvoir de façon autonome, sans aide externe, ou à celle de ressources à circuler ou à être transportées.
En médecine, la mobilité se réfère à la capacité à bouger une articulation ou un membre. En physique, la mobilité indique la mesure dans laquelle des objets, des particules, un liquide ou un gaz se meuvent. La mobilité économique est la capacité des individus à améliorer leur statut socio-économique et à élargir leurs choix de vie, alors que la mobilité spatiale rend possible les connexions entre les gens et au sein des communautés, en élargissant les échanges artistiques et culturels et le flux des connaissances.
La migration et la mobilité humaines intègrent la recherche en sociologie, histoire, économie et droit et, plus récemment, en informatique, avec l’application des technologies de l’intelligence artificielle, du « big data » et de la blockchain à l’action humanitaire en faveur des personnes déplacées. Les modes de vie mobiles qui consomment de vastes quantités d’énergie et ont un impact sur le changement climatique nécessitent le développement de systèmes de mobilité sûrs et durables.
CROSS 2020: projets retenus
Dans la première moitié du 18e siècle, sous le règne de Pierre I, la Russie a vécu des transformations radicales dans toutes les sphères de la vie, de la science et de la culture. La construction ex nihilo de la ville de Saint-Pétersbourg, devenue capitale de l’Empire russe, était censée fournir un nouveau modèle « européen » de la vie culturelle en Russie. En se fondant sur des matériaux des archives de Saint-Pétersbourg et de Mendrisio, le projet explorera la contribution des architectes suisses tessinois à la construction de Pétersbourg et à la re-définition de la culture russe. Le projet étudie la migration des architectes et le transfert et la circulation des connaissances et rassemble l’architecture et l’épistémologie historique de la culture.
Au cours des 50 dernières années, les développements technologiques dans le domaine des transports et des télécommunications ont contribué à la reconfiguration des pratiques de mobilité qui sont devenues plus complexes impliquant une accélération des rythmes quotidiens. Une abondante littérature critique a décrit les effets néfastes de l’accélération sur : les individus, les structures sociales, les inégalités, les pratiques modales et les territoires. Au-delà d’une accélération considérée comme linéaire, les recherches récentes développées sur le cas de la Suisse suggèrent que les rythmes quotidiens présentent une diversité importante en termes de configuration spatio-temporelle et de densité d’activité. Comme le montre la littérature, l’analyse des rythmes quotidiens devient une question centrale. Le projet vise à développer de nouveaux dispositifs d’analyse à la rencontre des sciences sociales et informatiques pour améliorer la compréhension des rythmes quotidiens.
En cherchant à comprendre notre culture numérique contemporaine, plusieurs études récentes ont montré l’importance et les limites de la mobilité en ligne : les moteurs de recherche ne satisfont jamais véritablement leurs utilisateurs qui ont plutôt tendance à développer des stratégies de navigation contextuelle par étapes, tandis que les algorithmes de recommandation ne facilitent pas la navigabilité. Les utilisateurs délaissent les algorithmes de recherche en faveur de la navigation personnelle, traçant alors leurs propres parcours dans un océan de données chaque jour plus vaste. En intégrant les questionnements et les concepts de l’anthropologie aux efforts des humanités numériques pour modéliser les pratiques de navigation, ce projet vise à mieux saisir les mobilités intellectuelles en ligne, ainsi qu’à concevoir un outil de navigation permettant aux utilisateurs de générer leurs propres mobilités.
Lorsque nous abordons le changement climatique mais aussi les différentes pollutions atmosphériques du point de vue de la mobilité et la recherche sur les infrastructures, nous sommes confrontés au défi d’assurer une transition vers une mobilité à faible empreinte carbone – marche, vélo, etc. -, qui aille au-delà des solutions purement technologiques vers une approche holistique. Ce projet développera l’analyse et les méthodes nécessaires pour concevoir des infrastructures paysagères multimodales qui favorisent des stratégies de mobilité active, non seulement en tant que modes de transport efficaces, mais aussi en tant qu’expériences incarnées agréables et saines qui bénéficient d’écologies urbaines et régionales riches et résilientes, tout en contribuant à leur valorisation. Un catalogue de nouveaux types d’infrastructures appelés ‘passages paysage’ sera élaboré.
Les nouvelles du retour des combattants et de leurs familles étant régulièrement rapportées dans de nombreux pays européens, des discussions publiques sur ce sujet se déroulent au niveau international, tant dans les medias traditionnels que dans les médias sociaux. En combinant l’expertise en science des données et en sciences sociales, nous visons à identifier les acteurs importants qui diffusent et contestent les principaux cadres et lignes argumentatives, liés au retour des combattants étrangers en Europe.
Le projet vise à développer des métamodèles formels du phénomène multidimensionnel de la mobilité humaine et de la mobilité des idées telles comme des motifs musicaux en s’appuyant sur un échantillon de compositeurs de la période 1600-2000 (tiré des corpus du DCML). Contrairement aux approches précédentes, nous cherchons à modéliser la mobilité d’une manière qui reflète sa complexité géopolitique, prend en compte l’incertitude et les interprétations contradictoires et qui peut être implémenté en utilisant les technologies du Web sémantique. Les résultats seront transférables à d’autres phénomènes historiques et contemporains qui impliquent des facteurs similaires.