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"Un million d’habitants dans le Grand-Genève en 2030. C’est la perspective de l’Observatoire statistique transfrontalier."
... écrit Madame Emmanuelle Drevon dans la Tribune de Genève.
Quel image de naïvité et des illusions qu'elle présente, probablement représentant une grande partie des autorités de toute genre.

On peut se demander pourquoi on se réjouit apparemment d'une région "toujours plus dynamique, en mouvement, où les grands chantiers se succèdent et donnent un image de précurseur."
Quel avantage voit-on dans une société de grands chantiers sans cesse? Est-ce l'économie, le travail?
Et après, à 2030, si la région aurait achevé tous ces travaux, un réseau de transports public plus élaboré, des autoroutes à 3 voies, une troisième ligne de chemin de fer Genève Lausanne, la CEVA entre Eaux-Vives et Cornavin, les appartements, les entreprises additionnelles, quoi après?
Doit on continuer à croître, "car Genève n'a pas le choix"?
Où et quand voyons nous des limites?
A quel moment auront nous eu assez de croissance?
Comment va Genève s'approvisionner avec la nourriture, les énergies pour tous ces transports et les entreprises et la consommation privée dans les temps de pénurie de pétrole, de nourriture, de la dégradation de beaucoup de ressources et de la nature?
Pensez-vous vraiment que l'on peut "préserver les ressources environnementales" (lesquelles d'ailleurs?) et au même temps augmenter la consommation de ressources non-renouvelables locales et importées?
Pourquoi aurait la région le privilège de pouvoir croître et ainsi demander de plus en plus de ressources importées d'ailleurs? N’oubliez pas que les villes "porteuses de promesses et de progrès social" sont sans exception presque totalement dépendantes des ressources importées.
Le monde est déjà surpeuplé outre mesure et l'épuisement des ressources non-renouvelables fait craindre que le monde moderne va s'effondrer avant que nous aurions atteint une population mondiale de 9 milliards vers 2050. Cependant les meneur(e)s d'opinion promeuvent toujours la croissance - croyant(e)s en une croissance dématérialisée - mais illusoire.
Au moment que la pénurie d'énergie pour les transports, pour l'agriculture et pour la fabrication de toutes sortes de produits arrive, en combinaison avec les effets du changement climatique, les grandes villes auront des vrais problèmes.
Le pic de pétrole va venir, plus vite que l'on le pense. En 5, 10 ou 20 ans? "Et si cet horizon de 2030 semble lointain," en termes de générations humaines de 25 années, "c'est presque déjà demain."
Ne faudrait-il pas considérer ce genre de circonstances, avant que l'on salue et planifie pour une croissance sans issue?
En 1916, lorsque Madame Renée M. avait 1 an, la terre avait la taille suivante.
A cette époque la terre était peuplée d'environ 1.6 milliard d'individus. Les voitures, les réfrigérateurs, les portables, les télévisions et les machines à laver n'existaient pas encore. De plus, il y a 90 ans, l'empreinte écologique de chaque citoyen était une fraction de celle d'aujourd'hui.
Mon petit-fils tenta de s'emparer du modèle réduit lorsque ma fille prit la photo lors de son anniversaire en 2007.

Voici une taille relative de la terre, bien plus petite depuis que la population a atteint les 6.6 milliards d'individus, 4 fois plus qu'en 1916.

Depuis 90 ans, notre production et notre consommation ont beaucoup augmenté. En effet, notre planète est devenue autant délabrée et dépouillée que peut l'illustrer cette petite sphère entre mes doigts.
Nos empruntes écologiques ont envahi et surexploité la terre sous presque tous ces aspects, telles que sa surface, l'eau, la pollution, l'énergie, les mineraux, la biodiversité, la faune marine, etc.

Mon petit-fils essaya à nouveau d'attraper cette petite chose fascinante.|
Hélas, le globe glissa de mes doigts et disparut!
Cette photo n'était pas prévue.
De la même manière que nos leaders ne planifient pas consciemment la destruction de notre terre.
La plupart d'entres eux sont des individus respectables autant des parents que des grands-parents.
Mais connaissent-ils réellement la situation actuelle de l'environnement et son aspect ? Que savent-il exactement, par exemple, de la faisabilité des solutions qu'ils préconisent pour stopper le changement climatique et assurer les besoins des générations futures whilst pushing for more growth and therefore more environmental depletion?
Combien de temps cela prendra-t-il pour que l'économie reconnaisse et admette que la terre possède des ressources limitées et que la croissance économique est un programme suicidaire.

Oui, c'est moi, essayant de manger la terre, après l'avoir attrappée.

1) "Limits to Growth", 1972, comparez aussie ecostory 17-2004 (anglais)

Notice de droits d'auteur:: Nous avons réproduit notre terre rétricante sans but commercial. [top]
Note: "Resource footprint" is not the same as the widespread notion of "ecological footprint". The latter only considers the consumption of biological i.e. renewable resources. This is often forgotten and the ecological footprint model is therefore misleading.
The resource footprint comprises all resources that humanity consumes, water, topsoil, minerals, biodiversity, fish, a normal climate, and so on. I have no measure for the weight that we exert upon the planet but it is absolutely sure that we have overshot the earth's carrying capacity by far. Most of these non-renewable resources are being depleted at a very high rate. Once gone, they can never be replenished or recreated. They will be gone forever, leaving nothing for my grandson.
Therefore, instead of expanding our human economies, we will have to contract and reduce our weight upon the earth.
Helmut Lubbers ... 26.1.2007 - E D F

Un million d’habitants dans le Grand-Genève en 2030. C’est la perspective de l’Observatoire statistique transfrontalier. Effrayante? Non, au regard de la planète, il n’y a pas de quoi s’alarmer. Nous sommes encore bien loin de Tokyo et de ses 31 millions d’habitants ou encore de New York et de ses 28 millions de résidents au compteur; pour le canton, la situation devrait donc rester gérable. Elle serait même enthousiasmante. Imaginez une région toujours plus dynamique, en mouvement, où les grands chantiers se succèdent et donnent une image de précurseur.
Si le projet d’agglomération franco-valdo-genevoise reste bien l’une des préoccupations centrales de l’actuel gouvernement, il n’en demeure pas moins que, pour l’heure, ses grandes lignes semblent donner plus dans l’intention que dans la réalisation. Construire des logements, améliorer l’offre de transports publics tout en préservant les ressources environnementales ne devrait plus suffire. Car Genève n’a pas le choix; cette croissance est inexorable. Comme dans le reste du monde, les villes sont porteuses de promesses et de progrès social.
Et si cet horizon de 2030 semble lointain, en termes d’investissements structurels, c’est presque déjà demain. En 2009, les Genevois éliront un nouveau gouvernement. Il lui reviendra de passer concrètement à l’action. Une antienne bien connue. Mais cette fois, plus question de tergiverser: les conseillers d’Etat sortis des urnes auront la tâche, urgente, de concevoir un modèle d’expansion urbaine susceptible de sauvegarder la cohésion sociale et l’égalité des chances. Les problèmes des banlieues françaises servent de rappel. Mais encore faudra-t-il s’en donner les moyens. Même motivé par ses meilleures ambitions, le nouveau gouvernement devra ménager des années de vaches maigres et les défis liés à la surpopulation. Un casse-tête.
Source: La Tribune de Genève, editorial, reproduit sans but lucratif.