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Omar Porras propose un spectacle sur Simon Bolivar, qui sera donné à Meyrin, puis partira en tournée.
par Saskia PIGUET
Ce spectacle sera donné en espagnol, sous-titré français, au Théâtre Forum Meyrin du 28 septembre au 10 octobre. La Quinta de San Pedro à Santa Marta, ville de la côte caraïbe colombienne, est le domaine où Simon Bolivar a terminé sa vie. C’est également le lieu où le metteur en scène Omar Porras, accompagné de William Ospina (philosophe et romancier colombien) et d’Erick Bomgcam (compositeur colombien) a eu l’idée de ce testament du grand « Libertador ».
En ces mois de juillet et d’août 2010, on fête dans tout le pays le bicentaire du retentissement du « cri » de Simon Bolivar pour l’indépendance de la Colombie. Dans ce spectacle, Simon Bolivar remonte une dernière fois le cours du fleuve Magdalena, mais aussi le cours de l’histoire des peuples indigènes et de leurs racines.
Conter l’indépendance
Ce voyage est accompagné de musiciens qui figurent des variations autour des musiques traditionnelles que sont le vallenato, chant de la vie quotidienne et des mythes fondateurs de la côte caraïbe, et le llanero, long poème épique de la frontière avec le Venezuela, pays d’origine de Simon Bolivar. Les voix des chanteuses sont magnifiques et prenantes.
Le maître de Bolivar, Simon Rodriguez, lui a enseigné la culture humaniste et roussauiste des Lumières. Certaines lectures se font notamment « en français dans le texte ».
- « Bolivar, fragments d’un rêve ».
- Photo Joseph Aznar
Après l’échec de la première République du Vénézuela, Simón Bolívar s’exile en Jamaïque, où il écrit la Lettre de Jamaïque, dans laquelle il projette la création de la Grande Colombie, dont la Nouvelle Grenade, l’actuelle Colombie fait partie.
Il s’agit donc de conter l’indépendance de quatre nations : le Vénézuela, l’Equateur, le Panama et la Colombie ; ainsi que l’avènement de la République, influencée par la Révolution Française, dans toute l’Amérique latine.
Pour ce spectacle, pas de masques comme dans les Fourberies de Scapin données au Théâtre de Carouge, ni de coiffes improbables comme dans La Périchole de l’hiver passé à l’Opéra de Lausanne.
La sobriété est de mise. Les décors de terre, tissus et bois démontrent la volonté d’un retour aux sources et d’une proximité avec la nature. Nature dont les quatre éléments sont également présents dans la mise en scène. Les trois couleurs du drapeau sont quant à elles utilisées pour exorciser tous les maux.
Pour Omar Porras, « Le théâtre, c’est l’être humain. Le corps de l’acteur est le pinceau qui dessine avec son mouvement dans l’espace, qui donne l’interprétation du poème ». Avec ce spectacle, il tente de nous emporter dans ce mouvement de la Liberté, citant Bolivar, Rousseau, Pablo Neruda, Jorge Gaitan Eliécer et Napoléon, entre autres.
- « Bolivar, fragments d’un rêve ».
- Photo Julian Arango
Tournée
Après une première à Châteauvallon en France, le spectacle a entamé une tournée aux mois de juillet et d’août en Colombie. A Bogotá, le Théâtre Jorge Eliécer Gaitan (un autre héro de la révolution colombienne) et le tout nouveau Théâtre Santo Domingo accueillent un public visiblement connaisseur de l’œuvre d’Omar Porras et ravi de la fin burlesque du spectacle.
En terminant sur une union du passé et du présent, on peut simplement regretter que tout comme le « Libertador », Omar Porras n’ait pas inclus un discours plus militant en ce qui concerne les populations encore peu intégrées actuellement que sont les populations indiennes et surtout afro-colombiennes, présentes jusqu’à 95 % sur ces mêmes côtes caraïbes. Ces populations étaient défendues à l’époque par Agustìn de Agualongo, un autre « libérateur » moins connu cependant, car comme le dit si bien Omar Porras « l’Amérique latine représente bien ce métissage culturel ».
Saskia Piguet