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12/01/2015
La liberté d'expression est une institution tirée de ce qu'on appelait les droits naturels. Dans cette conception, rien n'empêchait un individu de s'exprimer ou de ne pas s'exprimer.
Les restrictions à l'expression de l'individu sont donc forcément hétéronomes. Cela ne veut pas dire que toute restriction est injustifiée: il est ainsi logique de punir des personnes qui, par exemple, en insultent d'autres, les accusent de commettre des crimes sans en avoir la preuve, ou qui révèlent des secrets protégés, mais il est aussi logique de soumettre l'expression à des conditions en fonction du contexte (il est généralement interdit de distribuer des tracts dans les écoles ou de déployer des banderoles sur des lieux protégés).
Mais la liberté d'expression comme droit fondamental est en quelque sorte un dernier recours. La possibilité de s'exprimer sans restrictions déraisonnables va de soi ici en Suisse, ce qui m'amène à m'étonner lorsque des internautes invoquent directement une violation de leurs droits fondamentaux pour se plaindre d'un commentaire injurieux supprimé par l'administrateur.
Cette espèce de paranoïa du net coupe généralement court à tout débat (ce qui est assez paradoxal); je viens d'ailleurs à l'instant de lire les commentaires d'une publication facebook dont l'auteur a invoqué sa liberté d'expression dès le premier commentaire d'un contradicteur.
Cette confusion des termes et de la nature de certains droits m'amènent à souligner, comme je l'ai déjà dit plus haut, que le droit à la liberté d'expression doit être perçu comme un dernier recours dans la vie de tous les jours. Ce droit n'existe uniquement en raison des nombreuses fois où il fut violé dans les précédents siècles: il n'est pas destiné à justifier l'expression de l'individu, qui va de soi et n'a besoin de rien d'autre qu'un peu de bon sens pour exister.