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Et où sont les sopranos ? On a bien les cinq sortants, d'accord. Mais en dehors d'eux, quel ténor de la politique genevoise a choisi de s'engager pour entrer dans ce Conseil d'Etat ? Oui c'est vrai, il y a Eric Stauffer, Mauro Poggia et Yves Nidegger. Ce qui veut dire que si on veut voter à la droite de la droite, on n'a que l'embarras du choix. Mais en dehors de ça ? Je ne parle même pas des Communistes, mais plutôt des partis gouvernementaux "traditionnels".
Chez les Socialistes, il y avait bien Manuel Tornare qui était prêt à s'engager. Personnellement, je ne nourris pas un amour imodéré pour le personnage, mais il faut reconnaître qu'il jouit d'une bonne quotte de popularité à Genève. Mais voilà, le parti socialiste est un parti dogmatique. Et leur dogmatisme leur a imposé de choisir une femme, même si aucune bonne candidate ne se présentait. Avoir préféré Véronique Pürro à Manuel Tornare pour le représenter, pourrait bien valoir au parti socialiste de ne plus être représenté que par un seul Conseiller d'Etat durant les 4 prochaines années. Car qui voudrait d'une squatteuse à la tête du canton ?
Quant à Michèle Künzler, elle fait à peine mieux. Je doute beaucoup de sa capacité à convaincre les Genevois. Et à droite, Isabel Rochat peine tout autant à imposer sa personnalité. On le voit, trois partis ont choisi de proposer une femme. C'est une bonne chose, mais n'y a-t-il aucune femme genevoise capable de gagner une élection ? N'y a-t-il aucune femme jouissant d'une popularité suffisante pour que son nom s'impose de lui-même ? Car les Genevois ne sont pas idiots et n'éliront pas de femmes si aucune femme ne semble à même de remplir les plus hautes fonctions. Le résultat pourrait bien être un second tour dont seuls seraient exclus les cinq sortants.
Ou peut-être même pas tous. Et à ce second tour, participeront probablement aussi les deux candidats MCG. Je ne pense bien sûr pas qu'ils aient des chances réelles. Car ils ont déjà pratiquement fait le plein de voix. Il n'y a guère que du côté de l'UDC que le MCG pourrait recueillir des voix pour le second tour. En tout, ils ne devraient pas pouvoir dépasser les vingt pourcent. Mais tout de même. Le risque pris par les partis gouvernementaux en ne présentant, pour remplacer les sortants qui ne se représentent plus, que des candidates de valeur assez discutable, nous fait prendre un risque totalement inutile. Alors les ténors et les sopranos, la charge de Conseiller d'Etat vous fait si peur que ça ? C'est vrai que diriger un canton comme Genève, ça n'est pas simple. Mais il y a des défis passionnants pour notre avenir en suspens. Il faudra bien un jour que des personnes compétentes s'y atellent...