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Le 13 juin, le peuple suisse se prononcera sur les initiatives "pour une Suisse libre de pesticides de synthèse" - qui veut interdire l'utilisation de ces substances dans la production agricole, ainsi que pour l'entretien des paysages - et "pour une eau potable propre et une alimentation saine", qui souhaite conditionner l'octroi aux agriculteurs de paiements directs à un respect de mesures plus strictes pour protéger les eaux et la biodiversité.
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"Avec les nouvelles connaissances, nous essayons toujours d'affiner les mesures. Et la santé reste la priorité, mais naturellement sans tuer le patient. Si vous tuez notre assurance alimentation qu'est l'agriculture, ce sera catastrophique", estime le chef Département fédéral de l'économie, de la formation et de la recherche Guy Parmelin. "Nous dépendons déjà un jour sur deux des produits importés."
Conséquences "claires"
Pour lui, les conséquences "sont claires". "Nous aurons certainement une augmentation du coût des produits alimentaires et une augmentation du tourisme d'achat", estime-t-il. Il articule un accroissement des prix de "20% à 30%". "L'une des initiatives demande carrément qu'on ne puisse pas importer de l'étranger des aliments qui sont produits avec des pesticides. Ce serait contraire à tous nos engagements internationaux et cela poserait des problèmes à des grandes entreprises qui travaillent la matière première alimentaire."
Nous aurons certainement une augmentation du coût des produits alimentaires et une augmentation du tourisme d'achat
Le président de la Confédération défend les mesures déjà adoptées par le Conseil fédéral et le Parlement, permettant "d'améliorer la situation en matière de protection des eaux d'ici 2027". "Cela s'additionne à tout ce que le Conseil fédéral, avec les cantons, a déjà mis en place: 51 mesures qui produisent leurs effets depuis 2017."
Il explique également que des "primes" sont distribuées aux agriculteurs qui n'utilisent pas certains pesticides. "Pour les céréales, le programme sans insecticides, fongicides et raccourcisseurs a permis de faire en sorte que la moitié des céréales cultivées en Suisse le soient sans ces produits. On voit que l'argent du contribuable permet de cibler et de diminuer la pression sur l'environnement."
Parallèle avec les médicaments
Guy Parmelin fait un parallèle avec les médicaments: "Quand vous êtes malade, vous prenez un médicament, mais seulement si vous avez de la fièvre pour éviter de terminer à l'hôpital. Après, vous ne vous préoccupez pas trop du résidus du médicament qui va aller dans la station d'épuration, va passer et se retrouver dans le lac. Avec les pesticides, on se préoccupe de la chaîne de A à Z."
Dans le Rhin, les pesticides représentent 1% contre 19% pour les résidus de médicaments. Tout le reste correspond à l'activité humaine ou industrielle
Il rappelle que 180 produits ont déjà été retirés du marché. "Les technologies d'analyses sont toujours plus précises. Les pesticides utilisés dans l'agriculture sont les plus surveillés dans notre pays. Dans le lac Léman, 400 pesticides sont analysés. Dans le Rhin, les pesticides représentent 1% contre 19% pour les résidus de médicaments. Tout le reste correspond à l'activité humaine ou industrielle", énumère-t-il.
Ainsi, le conseiller fédéral insiste sur le fait qu'en Suisse l'eau "est consommable". "Les aliments que nous mangeons sont sains, de bonne qualité et contrôlés régulièrement par les chimistes cantonaux. Les quelques scandales que nous connaissons concernent des produits importés de pays très lointains", souligne-t-il.
>> Revoir le débat d'Infrarouge sur les pesticides:
>> Pour en savoir plus sur le contenu des deux initiatives, lire:et
Propos recueillis par David Berger
Adaptation web: Valentin Jordil