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Des chiffres record dans le secteur de l'asile indiquent l'urgence d'agir
Les chiffres publiés aujourd'hui sur le secteur de l'asile pour la fin du mois de juin annoncent que la Suisse s'achemine vers un nouveau record. 14 430 demandes d'asile ont été déposées durant le...
Les chiffres publiés aujourd'hui sur le secteur de l'asile pour la fin du mois de juin annoncent que la Suisse s'achemine vers un nouveau record. 14 430 demandes d'asile ont été déposées durant le premier semestre de cette année. Le résultat du deuxième trimestre 2012 dépasse de 30% celui de la même période de l'année précédente. Ces chiffres indiquent l'urgence qu'il y a à agir dans ce domaine. Il faut que le Conseil des Etats examine rapidement et rigoureusement la révision en cours de la loi sur l'asile. Les partis du centre PLR et PDC, qui se sont récemment profilés par une ligne prétendument "dure", sont maintenant appelés à faire la preuve par l'acte afin que le Conseil des Etats ne dilue pas une fois de plus cette réforme.
Cette augmentation rapide des demandes d'asile montre aussi que la Suisse est beaucoup trop attractive pour les réfugiés économiques et autres abuseurs du droit d'asile. Si les choses évoluent comme jusqu'ici, la Suisse atteindra fin 2012 le nombre de demandes le plus élevé depuis 1999. Les chiffres détaillés reflètent les problèmes non résolus dans le domaine de l'asile. Une fois de plus, la majorité des demandes déposées durant le deuxième trimestre proviennent d'Erythréens (1275 demandes) à cause du problème des objecteurs de conscience qui attend toujours une solution. Il est frappant de constater que les Tunisiens viennent en troisième position (611 demandes) alors que les troubles de la révolution sont dépassées depuis longtemps et que la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga ne rate pas une occasion pour se vanter d'avoir conclu au printemps dernier un accord sur la migration avec ce pays nord-africain.
Un test pour les partis du centre
Durant la dernière session de printemps, le Conseil national, pressé par l'UDC, a durci la révision en cours de la loi sur l'asile dans différents domaines.
Les points suivants étaient particulièrement importants du point de vue de l'UDC:
- les objecteurs de conscience n'ont plus la qualité de réfugiés.
- les motifs subjectifs survenus après la fuite (par ex., une activité politique en Suisse) ne donnent pas droit à la qualité de réfugié.
- il n'est plus possible de déposer des demandes dans les ambassades suisses.
- les requérants d'asile ne reçoivent par principe que de l'aide d'urgence.
- les demandes de reconsidération et les demandes multiples sans nouveau motif sont classées sans autre forme de procès.
- trois motions ont été déposées à la demande de l'UDC par la commission compétente du Conseil national:
- mandat donné au Conseil fédéral d'ouvrir des négociations avec l'Italie en vue d'un accord "fast track" pour accélérer la réadmission des cas Dublin
- renforcement des contrôles frontaliers si l'accord de Dublin n'est pas respecté
- indemnisation des communes abritant un centre d'accueil avec un forfait pour garantir la sécurité.
Malheureusement, l'UDC n'a pas réussi à trouver des majorités pour d'autres améliorations importantes, notamment en ce qui concerne l'accélération des procédures et mesures contre des requérants d'asile récalcitrants et criminels.
Disposant de la majorité des sièges au Conseil des Etats, les partis du centre PLR et PDC doivent maintenant annoncer la couleur. Ces dernières semaines ils ont attiré l'attention des médias et du public en exigeant un durcissement de la loi sur l'asile. On verra bientôt si ces prises de position étaient sincères ou pure propagande.