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Le Fondateur
Morihei Ueshiba, surnommé en japonais O-Sensei (Grand Maître), a fondé l’Aïkido dans la première moitié du XXème siècle. Il naît de Yokoru et Yuki Ueshiba en 1883 à Tanabe au Japon. Durant sa jeunesse, il étudiat différents types d’arts martiaux et devint expert en nombreux styles de jujutsu (combat sans armes), kenjutsu (combat de sabre) et sojutsu (combat de lance). En 1903, durant son service militaire, il fut appelé à être soldat durant la guerre russo-japonaise, ce qui le marqua profondement.
« J’aimais être dans l’armêe mais je ressentais intuitivement que la guerre n’était pas la solution au conflit. La guerre s’accompagne toujours de mort et de destruction et ne peut en aucun cas être une bonne chose. »
En 1907, à la fin de son service, il déménage à Hokkaido où il rencontre et étudie avec Takeda Sokaku, le fondateur du Daito-ryu Aiki-jujutsu, qui eu un impact considérable dans la développement de ce qui deviendra l’Aïkido. Maître Ueshiba, impressionné par son art, consacra beaucoup de temps et d’argent à sa pratique, jusqu’à devenir l’un des meilleurs étudiants de Sokaku, ce qui lui ouvra les portes de l’enseignement.
Néanmoins, suite à la maladie grave de son père, il mit brutalement fin à son entraînement pour retourner à Tanabe. Durant son voyage, un compagnon de route l’introduit à un personnage religieux que fut Onisaburo Deguchi, qu’il rencontra quelques temps plus tard à Ayabe. A la mort de son père, il décida de retourner à Ayabe afin d’y trouver la paix intérieur en vivant en ascète. Durant cette période, Deguchi offra la possibilité à Ueshiba d’enseigner les arts-martiaux, lui permettant ainsi d’ouvrir son premier dojo.
Au cours de cette période, il enseigna en différents lieux, avant de s’installer à Tokyo et de fonder le Kobukan dojo (actuel Hombu Dojo) en 1931. Durant plusieurs années, il y fut extrêmement actif en tant qu’enseignant du Daito-ryu jujutsu. Ce fut au cours de ces mêmes années qu’il se sépara graduellement de style de Sokaku Takeda et créa son propre style, qu’il nomma à ces débuts Aiki Budo.
Peu après le début de la seconde guerre mondiale, Morihei Ueshiba décida de s’installer à Iwama afin de s’éloigner de l’agitation de la guerre et se consacrer à la méditation, l’entraînement et l’agriculture. C’est dans ce contexte que Morihei Ueshiba fonda et développa l’aïkido, une pratique nouvelle née d’une réflexion, d’une évolution, et d’une transformation de sa vision des arts martiaux et de sa propre pratique. Cette discipline se base sur une conception inédite des rapports entre les êtres, et fait de la paix et de l’harmonie ses valeurs les plus importantes, cela tout en respectant les valeurs traditionnelles du Budo.
O-Sensei pratiqua l’Aïkido jusqu’à sa disparition en 1969. Ses connaissances martiales, sa vitalité et sa bonne humeur étaient hors du commun et appréciées des ses élèves. Après son décès le 26 avril 1969, le gouvernement japonais sacra Morihei Ushiba Trésor National du Japon.
Sources:
STEVENS John (1999). Morihei Ueshiba. Une biographie illustrée.
Travail de maturité 2012 « L’aïkido : une philosophie en mouvement » de Muriel Brandt
Aikido Journal Blog
L’Etiquette
Au cours de notre vie quotidienne, nous sommes régit par de nombreuses règles et coutumes sociétales qui permettent aux individus de communiquer et écouter en évitant tant que faire ce peut de possibles malentendus. Dans une société guerrière, telle qu’elle l’était durant le Japon féodal, ces protocoles étaient d’autant plus importants, qu’ils permettaient de gérer la violence par une structure très hiérarchisée et un code d’honneur. L’étiquette, qui englobe toutes ces règles et coutumes,(reishiki ou reigi) est donc le pilier central de cette cohésion.
L’Aïkido, comme toutes formes de budo, représente une part de cette société guerrière dont on penètre l’univers en entrant dans le dojo et qui, selon comment il est codifié, peut devenir un lieu de respect et de camaraderie ou une place de discorde et de violence. L’étiquette est donc un aspect de l’entraînement en Aïkido, qui permet de pratiquer dans le respect, la sécurité et la confiance mutuelle, offrant ainsi un environnement adéquat pour l’apprentissage et évitant, de ce fait, toute blessure physique et mentale.
Dans les arts martiaux, l’étiquette se construit sur de nombreuses règles, comprenant à la fois des attitudes à avoir au sein du dojo que des règles à suivre durant les entraînements. Celles-ci permettent de se préparer et de rester prêt à recevoir l’enseignement qui peut venir à n’importe quel moment ou forme, que ce soit d’un sensei ou d’un débutant.
Cette transmission du savoir est symbolisé par le Kamiza (littéralement « siège du haut », place d’honneur) dont orne en général une calligraphie, des sabres, un portraint ou tout autre objet symbolique lié à la discipline enseignée. En montant sur les tatamis et en les quittant, le pratiquant salue debout (ritsurei) en direction du Kamiza afin de manifester son engagement et son désir d’approfondir ses connaissances et par signe d’humilité
Chaque début de cours commence par un instant de contemplation en position assise (seiza) qui permet de se couper du monde extérieur et de suivre le cours avec sérénité. Au signal du sensei (rei), les pratiquants saluent le Kamiza en s’inclinant, à genoux. Par ce geste de modestie, l’étudiant s’engage à accepter toute forme d’enseignement sans idée préconçue, sans jugement envers la pratique de l’autre. Dès lors, l’enseignant se retourne face aux élèves et salue de nouveau en prononçant Onegai Shimasu, indiquant que l’on demande à pouvoir pratiquer. Ce dernier salut se pratique également durant le cours après chaque présentation de technique et lorsque les élèves se saluent mutuellement avant de travailler ensemble, manifestant ainsi leur respect et leur accord d’éviter toutes formes de blessures. A la fin du cours, et en signe de remerciement, ce salut est renouvellé en prononçant cette fois Arigato Gosaimasu, « merci beaucoup ».
Cette structure de salut se retrouve également lors de la pratique avec des armes. La particularité dans de tel cas et qu’il convient de saluer avec l’arme présentée devant soi à hauteur des yeux en s’inclinant avec les bras restant à une hauteur fixe. Le placement de l’arme dépend simplement du type utilisé (tanto, bokken, jo).
Au delà d’un certain protocole durant le cours, l’étiquette comprends aussi des attitudes à suivre personnellement et qui montre une forme de respect envers l’enseignant, les autres pratiquants, mais surtout envers nous-même. Maintenir certaines règles de bon-sens, comme garder son équipement propre et en bon état, ou retirer ses bijoux et anneaux avant la pratique sont d’autant de règles à suivre qui illustre le respect du pratiquant et sa complète préparation. Se rappeler que le dojo où l’on pratique est un lieu d’enseignement, et non pas un lieu pour gratifer son égo ou montrer une attitude de réceptivité et d’humilité sont d’autant de comportement qui sont conseillés afin de profiter d’une ambiance favorable et bénéfique à l’apprentissage.
Cependant, bien que fondé en grande partie sur la courtoisie traditionnelle japonaise, l’étiquette n’est pas figée et peut s’adapter selon les idéaux et/ou enseignements qu’on suivi les senseis. Quelque soit sa structure, il est nécessaire qu’elle soit construite avec tout l’énergie et la conscience sincère afin qu’elle fasse sens et prend vie dans le dojo.
Sources:
Wikipedia. Étiquette de l’aïkido
Mitsugi Saotome (2013). Aikido and the Harmony of Nature
Bruce Klickstein, Morihiro Saitō (1987). Living Aikido