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Monsieur le Président,
Nous nous réjouissons de pouvoir contribuer à la réunion en formule Arria d'aujourd'hui et remercions le Royaume-Uni pour l’organisation de cette discussion.
La Suisse accorde une grande importance à la protection contre les persécutions des groupes religieux ou communautés de croyance, ainsi que d’autres groupes sociaux ostracisés – de façon générale, et tout particulièrement dans des contextes de conflits armés. De telles persécutions constituent non seulement des attaques contre la dignité humaine de l’individu, mais également une menace pour la paix et la sécurité internationales. En effet, les violences commises dans le cadre de tensions politiques ou de conflits armés contre des communautés restent dans les mémoires et peuvent conduire à de nouvelles violences, prolongeant ainsi les cycles de conflits.
Dans son travail de promotion de la paix, la Suisse observe que l’exclusion politique conduit soit à la passivité, soit à la violence, deux comportements qui nuisent à la paix et à la sécurité durable. La participation politique non-discriminatoire des communautés religieuses ou de croyance est donc une condition nécessaire à la résolution pacifique de conflits et à la pérennisation de la paix.
A titre d'exemple, la Suisse a coopéré avec la Tunisie pour soutenir le développement d'un dialogue politique inclusif dans le pays. Au terme d’une période de régime autoritaire, la Tunisie a montré la voie pour une intégration dans le processus de participation politique et citoyenne de groupes d’opinions et de croyance précédemment écartés, ostracisés et persécutés.
Le Conseil de sécurité devrait encourager, lorsqu’il est approprié de le faire, une approche similaire dans les contextes spécifiques dont il est saisi. Au cours des dernières décennies, de nombreuses communautés de croyance ont été mises à l’écart de la participation politique dans plusieurs régions du monde, que ce soit en Asie, en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, au Sahel ou en Afrique de l’Est. De telles exclusions se font régulièrement au nom de la lutte contre le terrorisme dans le but d’écarter des opposants politiques. Cela ne fait que détériorer la situation sécuritaire et les chances de résoudre pacifiquement les conflits : les Nations Unies en font quotidiennement l’expérience dans leurs efforts de médiation.
Ainsi, pour œuvrer à la prévention et à la résolution de conflits politiques violents, le Conseil de sécurité devrait d’une part tenir compte de la protection contre les persécutions des groupes religieux et des communautés de croyance. D’autre part, la Suisse encourage le Conseil à protéger ces groupes et communautés contre l’exclusion politique et à encourager leur participation politique et citoyenne – et ce, même si leurs idées se distinguent de celles de la majorité.
Je vous remercie.