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Sur le point de commettre l'irréparable, James Vann quitte l'Alaska et part retrouver sa
famille en Californie - ses parents, son frère cadet, son ex-femme et ses enfants. Lors
de cette tournée d'adieux non dissimulée, chacun essaie de le ramener à la raison, révélant
ainsi ses propres angoisses et faiblesses. Mais c'est James qui devra seul prendre
sa décision, face à son Magnum 44, guidé par des émotions terriblement humaines.
La plume virtuose de David Vann transforme une expérience familiale douloureuse et
fondatrice en une confession spectaculaire sur ce qui nous fait tenir à la vie.
L'Europe ne sait plus où elle va. Les Européens ne se reconnaissent plus dans l'Union, au point que la plupart d'entre eux se replient sur leurs nations respectives. S'ils veulent un avenir, ils doivent se proclamer citoyens d'une République européenne. Qu'ils fassent comme les Français en 1789 : une révolution, non au sens d'un renversement du pouvoir établi au profit d'un autre, ni de la victoire d'une classe sociale sur une autre, mais un acte "politique", né de la décision des uns et des autres d'exercer leur liberté en commun, ce dont le capitalisme les prive.Avec la primauté du politique sur l'économique, sera aboli "l'assujettissement de la vie sociale à l'accroissement sans fin du capital", tandis que la République pourra satisfaire les besoins et désirs essentiels de chacun.
Éminent sinologue, Jean François Billeter a dirigé le département de langue et littérature chinoises de l'université de Genève. Il a publié plusieurs ouvrages aux éditions Allia, dont Leçons sur Tchouang-tseu, Contre François Jullien, Un paradigme et Esquisses. En 2013, il a reçu le prix culturel de la Fondation Leenaards. En 2017, il a publié Une rencontre à Pékin et Une autre Aurélia, couronnés du prix Michel-Dentan, du prix Roger Caillois de l'essai et du prix Psychologies magazine.
Comment vivre plus librement la joie quand les passions nous tiennent ? Comment oser un peu de détachement sans éteindre un cœur ? Éprouvé dans sa chair, Alexandre Jollien tente ici de dessiner un art de vivre qui assume ce qui résiste à la volonté et à la raison.
Le philosophe se met à nu pour ausculter la joie, l'insatisfaction, la jalousie, la fascination, l'amour ou la tristesse, bref ce qui est plus fort que nous, ce qui nous résiste... Convoquant Sénèque, Montaigne, Spinoza ou Nietzsche, il explore la difficulté de pratiquer la philosophie au cœur de l'affectivité. Loin des recettes et des certitudes, avec Houei-neng, patriarche du bouddhisme chinois, il découvre la fragile audace de se dénuder, de se dévêtir de soi. Dans l'épreuve comme dans la joie, il nous convie à renaître à chaque instant à l'écart des regrets et de nos attentes illusoires.
Cette méditation inaugure un chemin pour puiser la joie au fond du fond, au plus intime de notre être.
Né en 1975, Alexandre Jollien a vécu dix-sept ans dans une institution spécialisée pour personnes handicapées physiques. Philosophe et écrivain, il a écrit Éloge de la faiblesse (Cerf, 1999), Le Métier d'homme (Seuil, 2002) et La Construction de soi (Seuil, 2006).
Ce réquisitoire balaie d'un revers de main la démocratie telle qu'elle a cours. Et, ose-t-on ajouter, telle qu'elle a encore cours. Son argumentation repose sur des réflexions philosophiques qui traitent de l'organisation idéale de la collectivité en démocratie, notamment le Contrat social de Rousseau. La raison seule est garante de la justice, et non les passions, nécessairement marquées par l'individualité. Or, les partis, puisqu'ils divisent, sont animés par les passions en même temps qu'ils en fabriquent. Pour Weil, un parti comporte potentiellement, dans sa lutte pour le pouvoir, un caractère totalitaire. Ils défendent leurs intérêts propres au détriment du bien public. Il faut se garder comme de la lèpre de ce mal qui ronge les milieux politiques mais aussi la pensée tout entière. Contre les passions collectives, elle brandit l'arme de la raison individuelle.
Rédigé en 1943, ce texte propose un système fondé sur l'affinité et la collaboration de tous, un hymne à la liberté individuelle capable de s'exprimer dans le cadre d'une collectivité.
" Si votre objectif est de faire un voyage un rien déjanté, vous tenez le bon bout. Un frais alizé fait tourner toutes seules ces quelque cent quarante pages. Il n'y a rien à faire. Une fois le voyage commencé, vous voilà embarqué, inutile de résister. " Construire (Suisse)
À la fois autoanalyse et thérapie de groupe, mais loin de toute démonstration académique ou érudite, ce traité se propose, avec humour et autodérision, d'alléger notre tracas, de déposer ce fardeau sur le bord du chemin. Cette douce rébellion est un voyage initiatique au coeur de la pensée zigzagante de l'auteur, en quête de béatitude et d'harmonie.
Peut-on concilier désirs individuels, nécessairement variés, et quête universelle du bonheur ? Peut-on imaginer des principes sur lesquels s'appuyer pour bien vivre ? Y aurait-il un dénominateur commun aux désirs de chacun, sur lequel fonder en raison le bonheur ? Spinoza distingue d'emblée actions, portées par la raison humaine, et passions, contraintes depuis l'extérieur. Parce qu'indépendantes de notre seule volonté, les passions sont généralement mauvaises. Le libre examen et l'intelligence lui confèrent au contraire une puissance d'agir, garantie de son bien-être. Il faut donc oeuvrer à perfectionner ses facultés d'entendement pour bien vivre, jouir de son âme, elle-même définie par l'intelligence. Dans le même temps, être de nature, l'homme ne peut faire fi des contingences extérieures, et encore moins d'autrui. Spinoza expose alors les fondements de la sociabilité humaine. Sociabilité qui est une vertu, à laquelle accéder par l'exercice de la raison.
Les signes d'une crise profonde se multiplient dans les organisations et plus largement dans le monde du travail : stress, burn out, dépressions, suicides, perte de sens, précarité, pertes d'emplois, révoltes, manifestations, séquestrations, occupations ; autant de manifestations destructives qui semble toucher l'ensemble des entreprises et des institutions, privées et publiques... Mais peut-on encore parler de crise lorsqu'elle devient permanente ?
Ce livre explore les sources de cette situation inquiétante. Il décrit les liens entre la dimension psychologique du mal être, les mutations organisationnelles et les transformations du capitalisme financier. La "révolution managériale" qui devait réconcilier l'homme et l'entreprise conduit à la lutte des places et au désenchantement. L'idéologie gestionnaire transforme l'humain en ressource au service de la rentabilité de l'entreprise. La souffrance au travail manifeste une nouvelle exploitation psychique, tout aussi réelle que l'ancienne exploitation du prolétariat dans le capitalisme industriel. La colère gronde chez les salariés confrontés à des restructurations, des réorganisations permanentes qui leur semblent aussi violentes qu'injustifiées.
Dans les institutions publiques, la RGPP (Révision Générale des Politiques Publiques) engendre désorganisation et désespérance. La frénésie modernisatrice, la culture du résultat et l'obsession évaluatrice créent un monde pathogène et paradoxal. Face aux violences innocentes de cette " nouvelle gouvernance ", les salariés semblent n'avoir pas d'autre choix que de se révolter ou se détruire.
Entre la colère et la dépression, d'autres voies sont pourtant possibles. En sociologue clinicien, l'auteur propose un diagnostic approfondi à partir duquel il définit les conditions qui permettraient de " travailler mieux pour vivre mieux ".
Vincent de Gaulejac est directeur du Laboratoire de changement social à l'université Paris VII-Diderot. Membre fondateur de l'Institut international de sociologie clinique, il a écrit une vingtaine d'ouvrage dont Le Coût de l'excellence, La Lutte des places et La Société malade de la gestion.
Qu'il soit question de Sade ou de Lautréamont, ce à quoi vise ce livre, c'est à élucider quels rapports entretiennent le mouvement d'écrire et le travail d'une plus grande raison, soit que celle-ci se prépare, soit qu'elle se modifie, soit qu'elle se prépare en se ruinant. Dans le cas de Sade, nous voyons, au moment où Hegel sort à peine du « Stiff » de Tubingen où il se lia à Hölderlin et à Schelling, s'affirmer l'exigence d'une dialectique au sens moderne, la prétention de fonder la souveraineté raisonnable de l'homme sur un pouvoir transcendant de négation, lequel exprime et, tour à tour, annule, par une expérience circulaire, les notions d'homme, de Dieu, de nature, pour affirmer finalement l'homme intégral, « l'homme unique dans son genre ». Dans le cas de Lautréamont, c'est à une expérience non moins centrale que nous assistons, recherche d'une droiture par le détour qu'est l'écriture, travail géant d'un être enfoui qui peu à peu se lève, s'édifie et à la fin apparaît au jour, prêt à se confondre avec le jour. Seulement, dans cette expérience qu'est Maldoror, le travail s'accomplit à l'intérieur même de l'oeuvre : par la gravitation des thèmes, la trituration des images, le retour et la transformation des mots, l'obsession et la métamorphose des motifs - ce qui veut dire qu'ici, « l'espérance d'une tête », la promesse d'une lucidité ironique, se confond avec la genèse d'une forme.
Ce ouvrage est intialement paru aux Éditions de Minuit en 1949 et a été réédité en 1963, dans la collection « Arguments ».
Descartes n'invente pas la prééminence du sujet humain - déjà affirmée dans « l'humain mesure de toutes choses » de Protagoras ; il n'est pas non plus le premier à mettre au premier rang la rationalité - l'ontologie mathématique de Pythagore le précède en cela. Son originalité est de les poser ensemble. Étudier comment il a tenté d'accorder ces deux positions adverses conduit à faire ce constat : Descartes est moins le créateur du rationalisme que celui qui plonge le rationalisme dans une crise profonde, caractéristique de la pensée moderne.
"On sait : l'autre. On sait qu'il va venir. Il arrive toujours. Il nous tient par les yeux, nous oppresse. Il contamine notre espace, veut nous réduire à petit feu. On sait qu'il est en bas, là, derrière le mur. C'est à devenir dingue. C'est à devenir : on devient. Presque... Mais non, on ne le laissera pas faire, on ne veut pas finir si vite. Alors on se concentre, on se concentre puis on l'attend, l'autre, le pied ferme. On ne veut pas céder à la panique. On court vers la salle de bains se rincer le visage, puis on relève la tête et soudain, le reflet dans la glace, nous dit droit dans les yeux : On : c'est l'autre..."
L'extraordinaire prospérité matérielle qu'a connue notre monde au cours des deux derniers siècles s'est construite sur l'idéal d'un homme libre, doté d'une Raison absolue. Un progrès indéniable. Mais cette promesse d'une souveraineté individuelle a accouché d'un monde de plus en plus marqué par la dilution des cultures, l'affaiblissement des nations, l'interdépendance économique et politique. Un monde où chacun ne serait qu'un rouage interchangeable d'une mécanique globale qui ne servirait qu'elle-même.
Inévitablement, les questions d'identité, de liberté et de sens se posent donc à nouveau - la résurgence des nationalismes, le retour de l'obscurantisme religieux, l'essor de l'idéologie transhumaniste apparaissent de fait comme des réactions extrêmes à cette globalisation du monde, héritage de l'esprit des Lumières.
Pour l'économiste Pierre Bentata, face à ces désillusions de la liberté, une nouvelle sagesse est à construire, qui réconcilie racines et Raison, pluralisme et universalisme, avant que le monde ne se défasse.
Nos institutions publiques, issues de la Modernité, sont essentiellement fondées sur la foi en la science et la raison, qui irriguent nos philosophies depuis quatre siècles et dont la base est le principe de non-contradiction qui nous vient des Grecs.
Cette croyance est fortement affaiblie en ce début de 21esiècle, du fait de la faillite des idéaux liés au Progrès, des catastrophes environnementales, ainsi que, plus profondément mais, ce qui est moins connu, de la découverte progressive de l'incomplétude radicale des mathématiques, donc de toute science et par conséquent de toute modélisation.
Cependant nos institutions publiques actuelles sont devenues inefficientes et irréformables.
La vie invente chaque jour du nouveau au sein de notre société et de nouvelles solidarités s'y tissent.
/> Cet ouvrage montre ce qui est en train de naître au coeur de la société, en dehors des institutions, émergences basées sur la discrétion, la fragilité, la simplicité, l'ouverture, la solidarité, mais aussi accueillant l'incertitude structurelle et structurante de notre quotidien.
Affirmant la fin de la période dite Moderne et son basculement vers un monde plus ouvert, ce texte plaide pour une philosophie qui détache la science de la technoscience et met la science et la raison à une place seconde par rapport à la vie et à l'existence, là où les paradoxes règnent et où le discours rationnel cède la place à la sensibilité, à l'art et à la poésie.
Le " libre arbitre ", cette capacité à choisir librement ou encore à déterminer notre propre volonté, semble menacé par les avancées de la psychologie et des neurosciences contemporaines. Or, certaines interrogations philosophiques doivent être résolues avant de tirer les conséquences de ces résultats empiriques : le déterminisme causal, qui est au fondement de toute démarche scientifique, est-il compatible avec la notion de libre arbitre ? Quel type de relation entretiennent l'esprit et le cerveau ? L'examen de ces problèmes fondamentaux constitue le préalable à l'interprétation des données issues des neurosciences, en particulier des expériences de Benjamin Libet qui ont semblé remettre en question l'efficacité causale de nos décisions conscientes. Par ailleurs, il est légitime de se demander si les limites de la conscience et le rapport qu'elle entretient avec les processus inconscients, qu'ils relèvent de l'Inconscient freudien ou de l' " inconscient cognitif " mis en lumière par les neurosciences, constituent un frein à l'exercice de notre liberté. Cet ouvrage esquisse une solution nouvelle à ces questions. Il montre comment la psychologie et les neurosciences, bien que menaçant la conception traditionnelle du libre arbitre, permettraient de concevoir en leur sein même une redéfinition de cette notion, envisagée comme une capacité relative et non plus absolue, nécessitant un apprentissage.
La question qu'ouvre ce livre ramène nécessairement à l'inépuisable dialogue entre Cratyle et Hermogène, chez Platon. Cratyle s'attachant au sens des mots, tel qu'il a été d'après lui défini une fois pour toutes (ainsi dirait-on toujours, aujourd'hui, que 'formidable' ne devra jamais dire qu''effrayant', 'redoutable', ou que 'scabreux' doit définitivement signifier, comme à son origine, 'escarpé', 'abrupt', 'raboteux'). Hermogène, lui, plaide pour la convention, le contrat, l'évolution, le glissement de sens à partir du moment où un accord général se fait. Globalement on peut dire qu'Hermogène a raison, de plus en plus raison, et que Cratyle a tort, de plus en plus grand tort. L'ennui est que Cratyle n'a pas tout à fait tort, d'une part, et que son tort, qui pis est, se révèle souvent plus séduisant, plus riche, plus littéraire que la raison d'Hermogène - de sorte qu'on n'échappe guère à la tension maintenue, entre les positions de l'un et de l'autre ; ni n'arrive-t-on seulement à le souhaiter vraiment. Indéfiniment vibrante, la corde tendue par leur échange définit un grand arc où n'a pas de mal à se loger une discussion détaillée, point par point, ligne à ligne, de ce qui fut en son temps 'l'affaire Renaud Camus'.