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Programme : transformation d’un local commercial en bar
Adresse : place du Tunnel, Lausanne
Maître de l’ouvrage : privé
Réalisation : 1997
Surface totale : 240 m2
Photographies : J.-M. Landecy
Bibliographie :
revue as architecture suisse, n° 129 - juin 1998
revue Art 4 Thaïland, n° 42 - septembre 1998
Nighthawks montre comment je m’imagine une rue pendant la nuit ; pas nécessairement quelque chose de particulièrement solitaire. J’ai beaucoup simplifié la scène et agrandi le café. Inconsciemment sans doute, j’ai peint la solitude dans une grande ville..."
Edward Hopper, 1942
Le site Un immeuble début du siècle typique de l’agglomération lausannoise donnant sur une place devenue carrefour ; quatre ou cinq étages de logements devenus bureaux posés sur un rez-de-chaussée ayant connu les affres des transformations successives : un supermarché, un garage, puis à nouveau un commerce. Et puis, le "sidewalk café", espace transitoire cherchant à raconter cette histoire en plus de la sienne. Un trait d’union entre la place, la ville et lui-même ; un lieu qui, chaque soir entre "chiens et loups", annonce que l’urbain est avant tout artifice.
Le programme Peu de choses : une grande salle parallélépipède dans laquelle se côtoient le bar, un long meuble en métal gris et noir serpentant entre les piliers porteurs, la cuisine et les commodités, deux boîtes en bois rouges comme deux containers et une ellipse en parquet réceptionnant les tables et les chaises.
Le concept L’œuvre de Edward Hopper et en particulier le tableau "Nighthawks" qu’il peignit en 1942 fut pour nous la référence de ce travail. A partir de cette peinture, la substance de ce lieu, non seulement celui de l’intervention mais aussi celui qui unit la ville et la nuit, dont le bar serait le témoin, le révélateur, devenait évidente. Le bar, les boîtes rouges et l’ellipse, tout en exprimant respectivement leur fonction intrinsèque, sont positionnés librement. Cette mise en scène de l’espace est tout entière révélée par la vitrine, dont les dimensions et les qualités de transparence, apparemment disproportionnées pour un tel endroit, en fait un immense écran cinématographique dont la salle est la Place. Un écran, que l’on nomme si justement une toile, dont l’appellation du lieu figurant sur toute sa longueur, "s i d e w a l k c a f é " en est le sous-titrage, hommage à l’hommage du cinéma pour la ville, hommage au "polar", à la culture urbaine par excellence : le "sidewalk café" est en effet un lieu exclusivement urbain et "il est surtout une surface de projection pour différents fantasmes" pour reprendre les termes de R.G. Renner à propos du "Nighthawks" de Hopper.