Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06866.jsonl.gz/1127

A la maison, ma mère m’a appris à boire et à manger proprement et à faire pipi et caca dans les règles de l’art.
A l’école, ma première maîtresse, au sens propre forcément, Mademoiselle Eliou, m’a donné goût au dessin, à la lecture, à l’écriture et au calcul.
Mais, à l’abri des rumeurs et des bruits de la ville, mon père, malgré lui ou sans le vouloir, m’a offert la clé du succès auprès de la gent féminine.
C’était... juste après mon premier et dernier chagrin d’amour.
Ce jour-là, il me dit d’un ton désinvolte:
- Mon cher fiston, ne cours jamais après les ombres. Laisse plutôt celles-ci se confondre à la tienne. Sois généreux, ferme et mystérieux! Et tu verras: les femmes adorent ça.
Anita porte l’épée, moi le bouclier. Ou l’inverse. Désormais, le musée est protégé par un chevalier certain, à la fois mâle et femelle, gardien des cicatrices de l’humanité.
Le soir, j’avertis à ma nouvelle compagne:
- Demain, tout visiteur pourra enfin cracher librement ses propres vérités sur une monument public. Bien que fait en carton-pâte et recouvert de plâtre. La future célèbre statue de Staline et le dinosaure!
- Cracher sur Staline? s’interroge-t-elle à haute voix, toute inquiète.
- Non, écrire au stylo feutre bleu quelques mots sur l’homme et sur la bête.
- Pourquoi en bleu?...