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Le groupe de biotechnologie admet ses torts dans le litige sur la commercialisation du Serostim aux USA, une hormone de croissance utilisée contre le Sida.
Serono a conclu un accord avec la justice américaine. Il payera une amende de 910 millions de francs et tous ses laboratoires seront exclus des programmes sanitaires des Etat-Unis pendant cinq ans.
Le groupe genevois Serono, actif dans les biotechnologies et l'industrie pharmaceutique, s'ôte une épine du pied. Ce règlement permet de tourner la page sur une enquête de quatre ans sur les pratiques de vente douteuses du Serostim aux Etats-Unis.
La somme de 910 millions de francs (704 millions de dollars) est composée de 177 millions de francs d'amende et de 733 millions d'exigences civiles.
La justice américaine précise que cet accord est le troisième en importance dans les cas de fraudes de médicaments aux Etats-Unis. Il vise à récupérer les sommes payées par les services de santé publiques américains de 1996 à 2004.
Une enquête de quatre ans
En 2001, sa principale filiale, Serono Inc, avait dû mettre à disposition du procureur de Boston des documents relatifs au Serostim, une hormone de croissance prescrite aux patients atteints du sida, de 1992 jusqu'à aujourd'hui.
L'enquête a débouché récemment sur la mise en accusation de quatre anciens cadres de la principale filiale américaine de Serono, deux hommes et deux femmes âgés de 41 à 48 ans.
On leur reproche d'avoir offert aux médecins prescrivant le Serostim un voyage tous frais payés pour assister à une conférence médicale à Cannes, afin de doper les ventes de ce médicament, alors en chute libre..
«Serono a abusé du système d'homologation et fait passer son désir d'augmenter ses ventes avant l'intérêt des patients», a commenté le procureur général américain Alberto Gonzales.
Parallèlement à cette affaire, l'enquête vise aussi à déterminer si la fixation du prix du Serostim aux grossistes et les pratiques commerciales ont contrevenu à la loi américaine ou constitué une fraude dans le cadre du remboursement à des tiers par les systèmes de santé publique Medicare et Medicaid.
Un médicament coûteux
Le Serostim est un médicament coûteux généralement administré sur douze semaines, ce qui revient à 27'000 francs. Selon le procureur général, Serono aurait réalisé plus de 116 millions de francs.
Le Serostim, qui contient l'hormone de croissance humaine somatropine, est la première hormone de croissance à bénéficier d'une homologation de la Federal Drug Administration (FDA) aux Etats-Unis pour traiter la perte pondérale liée à l'infection par le VIH, souvent fatale.
A cette époque, en 1996, des inhibiteur de protéase sont arrivées sur le marché qui, administrés en «cocktail», se sont montrés efficace dans le traitement du Sida.
Une perte de 733 millions
Cet arrangement avec Serono est le dernier épisode d'une série d'affaires provoquées par des plaintes de 'whistleblower' (employés dénonçant des irrégularités dans leur entreprise). La facture a atteint 3,9 milliards de francs pour les firmes pharmaceutiques ces dernières années.
Ayant constitué une provision de 936 millions de francs en relation avec cette affaire, Serono avait enregistré une perte de 733 millions au premier trimestre 2005.
Le patron Ernesto Bertarelli avait assuré aux autorités sa pleine collaboration et annoncé un accord proche.
Après avoir plongé dans le rouge au 1er trimestre, le premier semestre du groupe s'est achevé sur une perte nette ramenée à 510,3 millions de francs.
swissinfo et les agences
Faits
Serono, Inc., à Rockland (Massachusetts, Etats-Unis), est la filiale aux Etats-Unis de Serono, dont le siège est basé à Genève.
Serono est active notamment en biotechnologie, médecine de la reproduction et neurologie.
En 2004, Serono a réalisé un chiffre d'affaires de 2,7 milliards de francs et un bénéfice net de 504 millions, ce qui en fait le numéro 3 mondial de biotechnologie.
Elle emploie 4900 employés dans le monde.