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Cité du Vatican - Responsables et militants de la lutte contre le sida se sont félicités dimanche des déclarations de Benoît XVI autorisant l'utilisation du préservatif "dans certains cas". Ces propos marquent un pas très attendu, même si certains jugent que le pape ne va pas assez loin.
Dans un livre d'entretiens "Lumière du monde", qui sort mardi en Allemagne et en Italie, le pape a admis pour la première fois l'utilisation du préservatif "dans certains cas", "pour réduire les risques de contamination" du virus du sida. "Cela peut même être un premier pas pour ouvrir la voie à une sexualité plus humaine, vécue autrement", ajoute-t-il.
Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a salué dimanche une déclaration "bienvenue" et "réaliste". Le directeur exécutif d'Onusida, Michel Sidibé, a de son côté qualifié ces propos de "pas en avant significatif et positif". Pour lui, "cette avancée reconnaît qu'un comportement sexuel responsable et l'usage du préservatif ont un rôle important dans la prévention du VIH-Sida".
Des militants de la lutte antisida ou de la cause homosexuelle étaient eux aussi satisfaits. C'est "une modification significative de la ligne traditionnellement dure du Vatican qui s'opposait jusqu'ici à toute utilisation du préservatif", a jugé le militant gay britannique Peter Thatchell.
Opposée à toute forme de contraception, Rome réprouvait jusqu'à présent l'usage du préservatif même pour prévenir la transmission de maladies. En 2009, Benoît XVI avait soulevé une immense polémique en déclarant, lors d'un voyage en Afrique, que l'utilisation du préservatif "aggravait" le problème du sida.
Dimanche le Saint-Siège a publié, de manière tout à fait inhabituelle, un communiqué pour souligner "le caractère exceptionnel" de l'éventuelle utilisation du préservatif. Il y souligne que "le raisonnement du pape ne peut pas être considéré comme un tournant révolutionnaire", même si "jusqu'ici nous n'avions jamais entendu ces propos avec autant de clarté venant de la bouche d'un pape".
ATS