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Un groupe de scientifiques, comprenant notamment Paul Crutzen, prix Nobel de Chimie, estime que notre planète passe dans une nouvelle ère: de l’Holocène elle entrerait dans l’Anthropocène.
C’est-à-dire une ère dominée par l’Homme, dans laquelle les changements majeurs seraient induits par celui-ci.
Le passage d’une ère à une autre est établi d’après des modifications importantes ou radicales du climat et/ou de la faune et de la flore. A ces moments charnières de modifications climatiques, des espèces disparaissent et d’autres se développent et prennent une place prépondérante. L’entrée dans l’Holocène, par exemple, est fixée à la fin de la dernière grande période glaciaire, il y a environ 10’000 ans. Il correspond au développement de l’agriculture et de l’élevage, qui ont permis une expansion puissante de l’espèce humaine.
C’est le début de la sédentarisation et de la capacité de subvenir aux besoins alimentaires sur toute l’année. Les premiers humains organisés et culturellement avancés étaient moins dépendants de la nature. L’agriculture, l’outillage, l’élevage ont été les moteurs de son développement.
Ainsi l’Homo Sapiens a connu un développement extraordinaire depuis l’entrée dans l’Holocène.
En même temps, il a provoqué le début d’une utilisation plus intensive des ressources naturelles et du remodelage du milieu. En effet jusque là les humains s’adaptaient au monde. Depuis lors ils adaptent le monde à eux.
Revenons aux scientifiques qui pensent que nous changeons d’ère géologique. Ils arguent du développement exponentiel de la population mondiale, et des éléments suivants:
«Les dégâts causés par l'Homme entraîneront, toujours d'après ces scientifiques, la sixième extinction de masse de l'Histoire de la Terre. Celle-ci provoquera la disparition de milliers d'espèces végétales et animales. De nombreuses espèces ont d'ailleurs déjà été rayées de la surface de notre planète depuis le début de l'ère industrielle, qui a commencé au XIXe siècle, notamment le tigre de Bali, le crapaud doré, le grand pingouin ou le dauphin de Chine dernièrement.
Appelée "Anthropocène", du grec ancien anthropos qui signifie "être humain", cette nouvelle ère serait la première à avoir été façonnée par une espèce vivante. Les chercheurs réunissent en ce moment des preuves, afin que le nom de cette époque soit officialisé et que l'Holocène lui laisse place.Les chercheurs prendront en compte tous les changements de la planète dus à l'activité humaine, ses conséquences sur la biodiversité et bien sûr, les impacts de la pollution et de l'extraction des minéraux. Ils espèrent présenter leurs recherches d'ici trois ans à l'Union internationale des sciences géologiques, qui décidera si, oui ou non, nous sommes entrés dans une nouvelle ère géologique.»
Cette idée de changement d’ère va bien avec le stress climato-médiatique dans lequel nous vivons depuis 20 ans. Certes, des habitats naturels changent par la présence en nombre des humains et de leurs outils et moyens de remodelage de la planète.
Mais on doit se rendre compte que cela n’est pas nouveau. Le début de ce processus date du début de l’Holocène et de la sédentarisation, comme dit plus haut. On assiste certes à une accélération des choses, comme l’utilisation poussée des ressources naturelles entre autres et l’introduction de substances nouvelles non naturelles depuis la société industrielle-technologique. Soit, mais ce ne sont que des développements de la sédentarisation et de l’accroissement des richesses qu’elle a provoqué.
En réalité l’Anthropocène, c’est l’Holocène. Les crises passées ne se sont pas passé en 20 ans, 50 ans ou 200 ans, mais en milliers d’années voire en centaines de milliers d’années. On a retrouvé par exemple des traces de vie de certaines espèces de dinosaures des centaines de milliers d’années après la date supposée de leur disparition - dans l’hypothèse où ils ont disparu par la chute d’un astéroïde ou par des manifestations volcaniques intensives.
Arguer de la disparition d’espèces n’est pas suffisant pour parler de changement d’ère. Les extinctions massives du passé ont amené à la disparition de 50% à 90% des espèces. En sommes-nous là? Hubert Reeves parle d’une extinction de 20% à 30% des espèces d’ici 2050. Soit une extinction quantitativement de moindre importance.
La planète a régulièrement connu des crises biologiques. Les extinctions de masse - qui sont des crises majeures - ont profité à de nouvelles espèces ou ont permis des mutations importantes pour l’évolution des espèces et la biodiversité. On peut admettre que nous vivons une nouvelle crise biologique. Peut-on affirmer que l’action humaine est la cause majeure de celle-ci? Peut-on affirmer que cette crise sera majeure ou au contraire mineure? Peut-on affirmer qu’elle sera désastreuse ou au contraire profitable à l’humanité? Verra-t-on une vie péjorée et une humanité affaiblie, ou au contraire une vie majorée et une humanité mutée et mieux adaptée?
Tout est ouvert, cela dépend de l’état d’esprit des chercheurs et du verre à moitié plein ou à moitié vide. Et cette humanité qui a pris tant de place depuis 10’000 ans sur la planète, remodelant son environnement avec génie et erreurs, semble dotée d’une force d’adaptation et d’action que peu d’espèces ont montré jusqu’à ce jour.
Extinction de masse en 2050 sur la terre selon Hubert REEVES
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PS: L’otage suisse en Libye aimerait bien changer d’air... Celui des montagne lui manque.