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Le " Râmâyana " de Vâlmîki.
Les auteurs contemporains se plaisent à mentionner la multiplicité des Râmâyana (sans parler de leurs variantes sanscrites), tant dans les langues vernaculaires de l'Inde, du hindi du XVIème siècle au tamoul en passant par le bengali, que dans tout le Sud-est asiatique, où il a eu plus d'impact que le Mahâbhârata. Il faut ajouter toutefois que des extensions de l'épopée ont pris beaucoup de liberté par rapport au modèle sanscrit, surtout hors de l'Inde. Le nom même de Râmâyana n'est ni gardé ni traduit littéralement du sanscrit.
Aussi bien ce Râmâyana sanscrit est-il attribué à Vâlmîki et à personne d'autre, tout comme le Mahâbhârata sanscrit est l'oeuvre du seul Krsna Dvaipâyana, dit plus communément Vyâsa, le " diffuseur (des Veda) ". Même son origine est à peine indiquée - il serait fils de Pracetas "l'intelligent", un "maître des créatures" directement issu de Brahmâ. Au reste, peu importe, puisqu'il est mythique, et qu'il est mieux connu par son lien au Râmâyana. Il en serait non seulement l'auteur, mais aussi un acteur essentiel, quoique caché dans son ermitage. Vâlmîki signifie "termitière", forme que l'on prête à quelques ascètes particulièrement immobiles, qui permettent aux termites d'édifier autour d'eux leur habitacle, Jusqu'à les recouvrir complètement. Mais, dès le début du poème, on voit Vâlmîki se déplacer. Il n'a donc qu'un lien bien symbolique avec la termitière qui, pour la croyance populaire, abrite un cobra et serait en communication avec l'intérieur de la Terre. Ce détail le place tout de suite dans une position significative avec Sîtâ : c'est lui qui, au chant VII, guidera le retour de la princesse au sein de la Terre.
Extrait du Rãmãyana de Vãlmîki. Ed. de la Pleiade. NRF