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La troisième vague est bel et bien là, mais cette fois les choses sont différentes: les chiffres augmentent plus lentement, les décès diminuent, marquant peut-être le début de la fin.
Depuis la mi-février, l'OFSP parle d’une troisième vague. Malgré des mesures strictes, le nombre de cas en Suisse continue d’augmenter, mais plus lentement que lors de la première et de la deuxième vague, où l'on avait observé une croissance exponentielle.
Au printemps et à l'automne dernier, l'augmentation du nombre de cas a été suivie, en décalage, d’une augmentation d'hospitalisations et, plus tard d'une augmentation du nombre de décès.
C’est exactement ce qui différencie la situation actuelle des précédentes: si la courbe avait été la même qu'à l'automne dernier, les décès auraient dû augmenter de manière conséquente depuis quelques jours. Même si on a enregistré dernièrement plus de 10’000 morts causées par le Covid, la courbe des décès n'augmente plus, ou du moins pas encore. Ce qu’affirme la virologue bâloise, Emma Hodcroft, dans une interview accordée au portail en ligne Republik, c'est qu'il y aurait deux schémas possibles: soit nous voyons enfin les résultats de la vaccination - soit nous sommes actuellement dans une période plutôt calme qui ne devrait pas durer.
Cette différence est en partie due au fait que plus de 10% de la population suisse est désormais protégée contre le Covid-19, ayant reçu à ce jour deux doses de vaccin. Une partie de cette population appartient au groupe de personnes à risque. Étant désormais vaccinée, la Suisse a atteint un des objectifs majeurs dans la lutte contre la pandémie en Suisse.
Mais «protéger les personnes âgées n'est pas suffisant», indique Madame Hodcroft. Les plus jeunes sont susceptibles d’être infectés plus rapidement, d'autant plus que des variants du virus se propagent plus rapidement. Dans certains cas, les jeunes sont également dépendants d'une assistance médicale ou subissent des séquelles sur le long terme. Les personnes âgées de 10 à 30 ans sont actuellement plus touchées par le Covid en Suisse.
Après une augmentation du nombre de cas, depuis la mi-février, la situation s'est stabilisée au cours des deux dernières semaines. En réalité, le nombres de personnes infectées devrait diminuer grâce à l'immunité obtenue par la vaccination ou la guérison.
L'incidence dite «ajustée au vaccin» est intéressante dans ce contexte, car elle permet d’aborder l'évolution du nombre de cas chez les non-vaccinés en Suisse. Si le nombre quotidien de cas reste le même, malgré l’augmentation de personnes vaccinées, cela est dû au fait que le virus se propage plus rapidement parmi le reste de la population
Cet effet est clairement plus visible en Allemagne. L'idée de «l'incidence ajustée au vaccin» vient de l’allemand, Bernd Knust. Ses calculs, comparés avec les données de l'Institut Robert Koch, montrent que l'incidence chez les non-vaccinés en Allemagne continue d'augmenter, même si l'incidence pour l'ensemble de l'Allemagne stagne.
L'OFSP craignait que le nombre de cas non déclarés augmente, car de moins en moins de personnes sont testées pour le virus à l'aide de tests PCR et antigéniques. Parmi les raisons invoquées par l'expert de l'OFSP Patrick Mathys figure l’incohérence entre les séquences du gène Sars-CoV-2 trouvées dans les eaux usées de Zurich et les infections retrouvées dans le bassin versant. Entre-temps, cet écart s'est de nouveau réduit. Malgré quelques valeurs aberrantes, les courbes présentent de nouveau approximativement la même incidence.