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Julien Vercueil, Editions Points.
Julien Vercueil est professeur de sciences économiques à l’INALCO, directeur du master «Commerce international», il codirige le séminaire «BRICS» de l’EHESS. Il est également rédacteur en chef de la Revue de la Régulation.

L'avis du Club de présélection du prix Turgot
|Florence Anglès||

Comme disait Winston Churchill, «La Russie est un rébus enveloppé de mystère au sein d’une énigme». Pour mieux comprendre un pays, il s’avère nécessaire de connaître son histoire. L’auteur, Julien Vercueil, propose dans cet ouvrage une synthèse de l’économie politique russe.
Le livre débute en 1918, lors de la révolution bolchévique. D’inspiration marxiste, cette dernière repose sur la collectivisation de l’économie. La planification centralisée devient systématique en 1928 avec comme chef d’orchestre des plans quinquennaux, le fameux Gosplan. Les deux grands piliers de l’économie sont la propriété étatique et la planification centralisée. Les réformes commencent en 1985 avec un jeune apparatchik réformateur, M. Mikhaïl Gorbatchev. Ce fervent défenseur de la liberté d’expression et d’ouverture, veut réformer l’économie soviétique en profondeur. La Perestroïka va conduire inexorablement à l’implosion de l’URSS et à la naissance de la Fédération de Russie. C’est fin 1999 qu’apparaît le nouvel homme fort du pouvoir, le Président Vladimir Poutine, qui mettra fin à 10 ans d’incertitude. La Russie entre dans une nouvelle ère ayant pour moto la souveraineté économique. Avec le développement de l’industrie pétro gazière, le pays connaît une décennie brillante de 1999 à 2008. L’économie se caractérise également par l’interpénétration des secteurs financier et énergétique avec un phénomène de concentration sur un petit nombre de gros acteurs. Cependant, certains pans de l’économie n’ont pas profité de cette embellie, c’est le cas notamment de l’industrie manufacturière. Elle ne s’est toujours pas relevée de sa chute des années 90. Ainsi, la rente pétro gazière influence de manière systématique le régime d’accumulation russe et souligne sa dépendance aux fluctuations du prix des matières premières, notamment du pétrole. En 2008, la Russie se sentait immunisée contre la crise financière, comme ses banques n’avaient pas investi dans les subprimes. Mais, elle est touchée de plein fouet par cette dernière en automne de la même année. Son système financier est le premier impacté avec la coupure de l’accès de l’investissement en dollars. La crise surprend également par son ampleur avec une chute de 7.9% de PIB malgré un plan anticrise. Même si l’économie russe a amorcé son redressement en 2017, elle demeure toujours à la croisée des chemins et soulève des questions par rapport aux orientations prises, notamment en matière de politique de substitution aux importations, son rapport à la Chine et aux BRICS et aussi ses relations avec l’Union européenne. Selon l’auteur, sur ce dernier point, la Russie et l’Union européenne ont tout à y gagner. Pour la première, cela lui permettrait de développer son tissu de PME, structurellement sous-représenté, avec le renforcement du réseau russo-européen et des échanges d’expérience et de compétences. L’union européenne a de son côté tout intérêt à construite un partenariat avec une Russie stable et prospère.