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Critique
"Adaptation de l'opéra de Georges Bizet, U-CARMEN est ici parlé et chanté en xhosa, l'une des langues sud-africaines, et voit les amours de Carmen et Don José transposées dans un township. Mark Dornford-May, qui avait précédemment monté sa ""Carmen"" au théâtre à Londres et en Afrique du Sud, décida de tourner cette version en plaçant tout le récit à E-Khayelitsha en 2004, près de la ville du Cap et non pas en recréant les environs de Séville en 1820.
Passée la première surprise de la transposition, on découvre que la belle au caractère bien trempé travaille dans une fabrique de cigarettes et qu'elle est membre d'un chœur local. Suite à une bagarre avec une autre ouvrière, elle est arrêtée par le brigadier Jongikhaya qu'elle charme pour se voir libérée. Elle s'enfuit puis rencontre le célèbre chanteur d'opéra Lulamile Nkomo (adaptation du fameux toréador), revenu au pays. Tout commence à se nouer jusqu'au drame final.
L'originalité et la réussite de cette réalisation tient au mariage entre le quotidien d'un quartier misérable qui n'est pas caché et l'interprétation envoûtante du livret, notamment par Pauline Malefane, une chanteuse lyrique très convaincante, dont l'énergie le dispute à l'insolence et à la séduction. Le naturel et la fluidité des mouvements des acteurs et actrices, quel que soit leur embonpoint, apportent beaucoup à ce film qui, en plus de faire vivre le fameux livret, comporte une magnifique scène de chant et danse sud-africains lors de l'accueil de Lulamile Nkomo de retour dans le township.
A noter encore que ce film a obtenu un Ours d'Or lors du 55e Festival du cinéma de Berlin."
Serge Molla