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|Né à Venise, le 18 mars 1882; mort à Trévise, 1er août 1973. Il fut élève des conservatoires de Vienne, de Venise et de Bologne, - avant de devenir lui-même professeur de composition à Parme, puis directeur de l'institut musical de Padoue, enfin directeur du Liceo musicale B. Marcello de Venise à partir de 1939 (il y forma certains compositeurs de la jeune génération italienne, parmi lesquels Luigi Nono). Dès 1913, la création parisienne du Sacre du Printemps de Stravinski avait produit sur lui une profonde impression; cependant sa musique sera tout autre, - essentiellement marquée par l'étude des maîtres du XVIIe et du XVIIIe siècle. Malipiero entreprit d'ailleurs, par d'importants travaux musicologiques, la résurrection d'uvres de Monteverdi, de Vivaldi, et de musiciens de moindre envergure comme Galuppi ou Marcello, - soulignant ainsi sa dette envers un passé glorieux de son pays. Son uvre - avec celles d'un Pizzetti et d'un Casella - peut être regardée comme «néo-classique». Toutefois son style mélodique semble réaliser un curieux compromis entre les modes grégoriens (que Malipiero intégra à son langage «de la même manière que les Russes avaient assimilé leur folklore») et les principes de la liberté rythmique, ainsi que d'un constant renouvellement affranchi des servitudes du développement thématique. Malipiero fut principalement un compositeur lyrique (plus de trente opéras) et l'auteur de grands oratorios ou «mystères». La production instrumentale, cependant, comporte quatorze symphonies, neuf concertos, huit quatuors à cordes, des sonates. [...] Malipiero fut un indépendant, très vite sorti du postromantisme, ne s'attardant pas davantage dans l'impressionnisme, et pourtant conservant de la grande leçon de Debussy le goût de la liberté poussé jusqu'à la fantaisie, de la clarté et de la concision, enfin d'une harrnonie savoureuse et raffinée allant se régénérer aux sources modales, tant du chant grégorien que de la musique de la Renaissance. Longtemps fidèle à un diatonisme Modal d'ailleurs non dépourvu de dissonances parfois assez rudes, le langage musical de Malipiero, toujours axé sur un contrepoint mélodique aussi souple que riche d'imprévus, s'enrichit sur le tard, à partir de 1954 environ, de matériaux nettement plus chromatiques, allant jusqu'à l'utilisation (mais sans esprit de système) de structures dodécaphoniques. Si mélodique, la musique instrumentale de Malipiero se veut cependant athématique, de même que ses structures formelles échappent à tous les cadres traditionnels, et refusent notamment la notion de développement. Livrée aux hasards d'une pensée spontanée et proche de l'improvisation, cette musique dépend évidemment de l'inspiration du moment. Mais, dans ses meilleurs moments - et notamment dans les Quatuors -, elle séduit par sa fraîcheur jaillissante, tantôt proche des sources populaires, tantôt d'un raffinement intellectuel typique de cet aristocrate de vieille race, descendant d'une antique famille vénitienne.