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Les « thérapies de conversion sexuelle » sont présentes à la fois dans les milieux psychologiques/ psychiatriques et dans les milieux religieux, sous diverses formes. Elles concernent les personnes homosexuelles et sont issues d’une conception de l’homosexualité comme « un trouble pathologique ou un péché dans le cadre religieux ».
Définition en milieux religieux
Les « thérapies de conversion sexuelle » visent à « conseiller, soutenir » des personnes homosexuelles dans une démarche de « restauration » vers leur hétérosexualité. Elles sont proposées par certaines communautés ou associations principalement chrétiennes, qui sont proches des milieux évangéliques ou conservateurs. Elles ont émergé dans les années 1980, notamment sous l’impulsion d’Elizabeth Moberly, une théologienne dont la thèse explique l’homosexualité comme conséquence de difficultés dans la relation parent-enfant.
Il existe à ce jour peu de données qui permettent d’évaluer l’étendue de cette pratique. Certaines communautés religieuses tiennent des discours décrivant l’homosexualité comme une « déviance » sur la base d’interprétations strictes de textes fondateurs. Cependant, elles ne mettent pas pour autant en place des « thérapies de conversion sexuelle ».
En Suisse, deux organisations sont attestées comme dispensant ces formes d’« accompagnement spirituel » pouvant aborder l’identité sexuelle. Les deux sont issus de la même organisation internationale évangélique, fondée aux Etats-Unis en 1980. En Romandie, on ne propose pas explicitement des « thérapies de conversion ». Néanmoins, certaines communautés proposent des cours proches de ces pratiques.
Les thérapies de conversion et la thématique de la sexualité semblent plus centrales dans groupe suisse-allemand. En effet, on traite la question « Peut-on changer de sexualité ? », sous le thème de « Thérapie de conversion ».
Législation
En répondant à la motion de la conseillère nationale Rosmarie Qadranti, qui proposait « l’interdiction de « guérir » les mineurs homosexuels », le Conseil fédéral n’a pas abordé ces thérapies dans les milieux religieux mais uniquement dans les domaines médicaux et psychiatriques . La motion a été rejetée par le Conseil fédéral le 4.09.2019, car « il n’existe pas de législation fédérale spécifique à ce domaine, comme par exemple la LPsy, permettant d’introduire une interdiction des thérapies précitées ». L’objet a été cependant repris en décembre 2019 et sera discuté au Conseil national. Légiférer sur cette question dans les milieux religieux peut impliquer de voir s’affronter dans l’espace public deux approches : celle qui priorise le texte contre les discriminations (art.261 CP), et celle qui se réfère à la liberté de croyance (art.15 de la Constitution) et d’opinion (art.16 Constitution).