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L'avenir de l'empire Facebook s'est peut-être joué le 29 juillet dernier, au détour d'une simple phrase. Ce jour-là, Mark Zuckerberg est entendu devant le Congrès américain, alors que les autorités mènent une enquête sur les pratiques des GAFA. Le boss du géant bleu est interrogé sur son rachat spectaculaire d'Instagram en 2012, pour un montant proche du milliard de dollars. Ce que ses interlocuteurs soupçonnent? Que cette acquisition au coût gigantesque ait davantage été motivée par l'envie de neutraliser un concurrent sérieux que par le désir d'enrichir son éventail d'activités.
Zuckerberg, hésitant, finit par laisser entendre que lui et son équipe voyaient effectivement le réseau social de photos comme un danger pour le futur de l'entreprise. Selon certains commentateurs, c'est ce moment critique de l'audience qui allait rendre inéluctable une prochaine mise en examen de Facebook. Quelques mois plus tard, les événements donnent raison à ces prédictions. Le 9 décembre, la procureure de New York a ainsi annoncé l'inculpation de la firme pour abus de position dominante. C'est-à-dire pour monopole obtenu de façon non-éthique.
Certes, ce n'est pas la première fois que des autorités poursuivent Facebook devant les tribunaux. L'été 2019, les États-Unis avaient par exemple déjà condamné l'entreprise à une amende record de cinq milliards de dollars pour sa gestion jugée opaque des données personnelles. Mais le procès qui s'ouvrira bientôt pourrait faire bien plus que ponctionner une montagne de cash à un empire qui a les reins solides financièrement. Ce que risque Facebook cette fois? Un démantèlement pur et simple par l'autorité chargée de veiller au respect des règles de concurrence.
La menace de l'éclatement
Mark Zuckerberg a de quoi s'inquiéter, puisque la chose s'est déjà produite au cours de l'histoire américaine. En 1914, dans le cadre des politiques antitrust, le département de la Justice avait notamment mis fin au monopole de la Standard Oil après 44 années de règne dans le secteur des hydrocarbures. La firme fondée par John D. Rockefeller avait alors été fragmentée en 34 sociétés différentes. Une scission qui pend désormais au nez de Facebook. Le régulateur de la concurrence pourrait ainsi ordonner, en cas de victoire devant les tribunaux, la séparation d'Instagram, voire celle, également, de WhatsApp, les deux ayant été achetés à haut prix avec la probable perspective de juguler la concurrence naissante.
On se souvient d'ailleurs que le groupe avait tenté d'acquérir Snapchat dès 2013, un jeune outsider dont le succès rapide inquiétait Mark Zuckerberg. Malgré une offre faramineuse de trois milliards de dollars, les fondateurs de la nouvelle application star des ados avaient tenu bon et affirmé vouloir conserver leur indépendance. Facebook, ainsi que sa filiale Instagram, avaient alors commencé à adopter une autre stratégie: copier les fonctionnalités des réseaux sociaux menaçant de leur faire de l'ombre. Autre preuve que les pratiques parfois douteuses des ténors du numérique sont aujourd'hui réellement attaquées, le Royaume-Uni vient d'inaugurer une agence dont la seule mission sera de scruter leurs comportements et leur impact sur la société.
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