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La ministre sud-africaine de la santé, Manto Tshabalala-Msimang, a été huée dimanche 3 août lors de l'ouverture de la conférence nationale sur le sida à Durban, alors qu'elle tentait de justifier la politique du gouvernement consistant à limiter l'accès aux antirétroviraux.«Honte à vous !» et «Traitement pour le sida maintenant !», a scandé un membre de l'assistance lors de l'allocution de la ministre sud-africaine où celle-ci affirmait que l'action du gouvernement sud-africain ne pouvait en rien être assimilée à un «acte de génocide».«L'administration des antirétroviraux ne peut pas être comparée à une ordonnance pour des cachets d'aspirine contre un mal de tête», a martelé la ministre en tentant de se faire entendre. «Des déclarations irresponsables selon lesquelles le gouvernement sud-africain commet un acte de génocide en ne permettant pas l'accès aux antirétroviraux sont politiquement dangereuses, a-t-elle ajouté. Nous ne devons pas nous livrer à des jeux politiques avec des déclarations aussi émotionnelles.»Tout au long de l'allocution de de la ministre, des militants ont brandi des panneaux proclamant : «Deux pilules par jour = des vies sauvées.»Rappelons que l'Afrique du Sud, avec près de 1000 décès quotidiens liés au sida, selon des statistiques de l'ONU, compte l'un des taux d'infection par le virus VIH les plus élevés au monde.L'action du gouvernement de ce pays en matière de lutte contre le sida a, rappelle l'Agence France-Presse, fait l'objet de violentes critiques cette semaine après un avis du Conseil gouvernemental de contrôle des médicaments (CCM) remettant en cause l'efficacité du traitement par la névirapine pour éviter la transmission du virus à l'embryon. L'avis du CCM est basé sur des «vices de forme» relevés dans une étude récente menée en Ouganda pour démontrer l'efficacité de la névirapine, médicament par ailleurs agréé par les agences des Nations Unies.