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Rétrospective
Le Kunstmuseum Bern présente la première grande rétrospective consacrée à l’artiste peintre Martha Stettler (1870-1945), native de Berne et active à Paris sa vie durant. Son œuvre, rattachée à l’impressionnisme tardif, connut une grande notoriété de son vivant et l’exposition rend compte de son importance dans la peinture suisse.
Honorée de nombreuses distinctions prestigieuses dans des expositions internationales, Martha Stettler fut la première femme suisse à exposer à la Biennale de Venise en 1920. Elle cofonda à Paris et dirigea pendant quarante ans l’Académie de la Grande Chaumière qui compta notamment parmi ses élèves Balthus, Louise Bourgeois, Alexander Calder, Alberto Giacometti, Germaine Richier et Meret Oppenheim.
Une impressionniste entre Berne et Paris
Martha Stettler fut une personnalité renommée de son vivant, aussi bien à Berne qu’à Paris. Elle se rendit à Paris en 1893 avec Alice Dannenberg, sa compagne d’origine balte, elle aussi artiste peintre, afin d’y poursuivre sa formation artistique et d’y mener une vie indépendante. Bien qu’elle bénéficiât du soutien de sa famille, elle n’avait pas, en tant que femme, les mêmes possibilités de formation que ses collègues masculins. Elle s’imposa cependant avec succès et prit part à la scène artistique de son temps avec une œuvre de style impressionniste modéré. Parallèlement, elle milita sans relâche pour la défense de la place des artistes femmes.
Les tableaux réalisés à Paris constituent le cœur de cette exposition. L’artiste avait une prédilection pour les scènes de plein air dans lesquelles figurent ses sites favoris, le Jardin du Luxembourg, les Jardins des Tuileries et ceux du château de Versailles. Elle peignit également des intérieurs et des natures mortes. La section introductive de l’exposition est dédiée à l’origine bernoise et à la formation parisienne de Martha Stettler et abrite un cabinet consacré à son environnement artistique et personnel.
Les œuvres exposées proviennent essentiellement des fonds de la succession de l’artiste, des collections du Kunstmuseum Bern et de collections privées de Suisse. Par ailleurs, quelques œuvres majeures venues de l’étranger ont pu être réunies pour la première fois dans une même exposition. Cette rétrospective permet, d’une part, d’avoir un aperçu de l’œuvre d’une artiste peintre à laquelle l’histoire de l’art officielle n’a jusqu’à présent accordé que peu d’attention, et de l’autre, de parcourir un pan de l’histoire des femmes de la fin du XIXe et du début du XXe siècle.
Du 4 mai au 29 juillet 2018