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L'ATE est disposée à débattre de l'introduction d'une tarification de la mobilité applicable à tous les modes de transports, comme l'a proposé mardi le ministre des transports Moritz Leuenberger. Toutefois, les transports publics – écologiques – doivent rester abordables pour les pendulaires.
A long terme, une taxe sur la mobilité est inévitable puisqu'avec l'avènement des voitures électriques – le moyen de transport individuel du futur – les recettes générées par l'impôt sur les huiles minérales disparaîtront. En plus, les voitures modernes à l’essence consomment moins de carburants que les vieilles.
Mais ainsi, une nouvelle menace se profile: un fort renchérissement des transports publics par rapport à la route. En considération des problèmes de réchauffement climatique, un tel scénario doit être évité: il n'est pas souhaitable qu'une tarification de la mobilité pousse les usagers des transports publics à préférer l'automobile. C'est pourquoi le Conseil fédéral doit veiller à mener une politique des transports durable, préservant le climat.
Il n'est pas inutile de rappeler qu'une grande partie de la population suisse est tributaire des transports publics: pendulaires, écoliers, étudiants, enseignants. Pour eux, les transports publics doivent rester abordables aux heures de pointe.
Une tarification de la mobilité, assortie d'une majoration des tarifs aux heures de pointe, peut contribuer à une meilleure utilisation des capacités des transports publics et de la route. En effet, les heures marginales gagneraient en attractivité par rapport aux heures de pointe. Le gouvernement fédéral ne doit pas non plus perdre de vue le fait que les transports routiers ne couvrent pas du tout leurs coûts externes, tels que, par exemple, la pollution de l'environnement – lesquels doivent être supportés par l'ensemble de la communauté.
L'introduction d'une tarification de la mobilité ne dispense pas le Conseil fédéral de réfléchir aux modes de financement futurs des transports publics. Dans la perspective d'une constante croissance de la demande, le réseau de chemin de fer doit pouvoir poursuivre son extension. Parallèlement, l'entretien de l'infrastructure ferroviaire doit être assuré de manière à garantir sa pérennité pour les générations futures.
Alain Rouiller conseiller en mobilité à l'ATE Suisse