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Lisbonne, Portugal. Les mystères de la politique portugaise restent insondables. La plupart des Portugais, et notamment ceux qui vivent en Suisse, n'ont de cesse de critiquer leur gouvernement, qu'il soit dirigé par le PS ou comme maintenant par la droite, essentiellement le PSD. Ils les rendent responsables, non sans raison, de la crise actuelle générée entre autres par des dépenses inconsidérées pendant des années.
Parmi les exemples les plus éloquents: les trois autoroutes à peu près parallèles qui relient à environ 50 km de distance Lisbonne à Porto. Autoroutes au demeurant vides car les automobilistes préfèrent les routes nationales gratuites.
La guerre des géants
Et pourtant, tous les sondages qui déferlent chaque jour sur les électeurs portugais montrent qu'ils vont voter à plus de 75 % pour les deux grands partis de droite et de gauche: le PS et le PSD au travers de sa coalition élargie Portugal à frente. L'affrontement des géants oppose le socialiste António Costa et le PSD Pedro Passos Coelho. Les communistes et le parti du Bloc de Gauche recueilleront un certain écho mais insuffisant pour avoir réelle influence. Quant aux nouveaux partis alternatifs inspirés du Podemos espagnol ou du Syriza grec, il vont disparaître dans les urnes en même temps que les quelques bulletins qu'ils recevront. Les sondages ne leur donnent même pas un demi pour-cent chacun.
Selon Marco Lisi, chercheur en sciences politiques à l'Université de Lisbonne, on ne trouve pas au Portugal les mêmes situations qui ont permis l'émergence des nouveaux partis alternatifs espagnols et grecs. " Syriza a profité de la quasi disparition du parti socialiste grec le PASOK, explique-t-il. Il n'y a rien de semblable avec le PS portugais. Et en Espagne Podemos a réussi a transformer un mouvement de contestation en un parti politique, ce que personne n'est arrivé à faire au Portugal."
Le souvenir de la révolution
Et il faut rappeler que de nombreux Portugais restent historiquement attachés au parti socialiste. Il est lié à la Révolution des œillets et la création d'un revenu d'insertion minimum qui empêche de nombreux chômeurs de tomber dans la misère ou de devoir émigrer.
Mais les électeurs portugais restent bien divisés en deux groupes gauche-droite clairs. Et comme la gauche portugaise est incapable de s'unir, même temporairement, la coalition de droite a de fortes chance de l'emporter sur le Parti socialiste qui ne fait de liste commune avec personne.