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La Première ministre britannique Theresa May a présenté à Londres sa vision de l'après-Brexit.
KEYSTONE/EPA BLOOMBERG POOL/CHRIS J. RATCLIFFE / POOL(sda-ats)
La Première ministre britannique Theresa May a présenté vendredi à Londres sa vision de l'après-Brexit. Elle souhaite un partenariat "le plus large et le plus approfondi possible" et des relations commerciales harmonieuses avec l'Union européenne après mars 2019.
Ce partenariat devra couvrir plus de domaines que tout autre accord commercial, a dit Theresa May, affaiblie dans son pays depuis les élections de l'an dernier et pressée par l'UE d'avancer des propositions concrètes pour sortir du flou et faire progresser les négociations.
"Je veux l'accord le plus large et le plus étoffé possible, qui couvre plus de secteurs et implique une coopération plus forte que n'importe quel autre accord commercial dans le monde aujourd’hui", a-t-elle martelé dans un discours devant des ambassadeurs et des hommes d'affaires à Mansion House, résidence officielle du maire de Londres.
"Je pense que c'est possible parce que c'est aussi bien dans l’intérêt de l'Union européenne que dans le nôtre." Elle a rappelé qu'elle ne permettrait pas que le Brexit remette en question les progrès accomplis en Irlande du Nord sur le chemin de la paix.
Elle a souligné que la Grande-Bretagne et l'UE se devaient de trouver une solution pour éviter qu'une frontière "dure" soit rétablie entre l'Irlande du Nord et la République d'Irlande. Toute frontière dure ou barrière douanière en mer d'Irlande nuirait au marché commun britannique et serait inacceptable, a-t-elle dit.
Frontière irlandaise
Le négociateur en chef de l'Union européenne sur le Brexit, Michel Barnier, a présenté mercredi à Bruxelles une ébauche juridique de l'accord de retrait du Royaume-Uni de l'UE, que Londres a aussitôt rejetée.
Parmi les mesures proposées par l'UE, il est prévu que l'Irlande du Nord, future seule frontière terrestre entre le Royaume-Uni et l'UE, restera au pire des cas alignée sur les règles du marché unique et de l'union douanière.
"Tout comme il serait inacceptable de revenir à une frontière dure entre l'Irlande et l'Irlande du Nord, il serait inacceptable de faire éclater le marché commun du Royaume-Uni en déplaçant la frontière douanière et réglementaire en mer d'Irlande", a tenu à réaffirmer vendredi Theresa May.
Partenariat douanier
Les futures relations commerciales avec l'UE, a-t-elle insisté, devront reposer sur des accords contraignants, sans que la législation britannique se doive d'être alignée sur toutes les règles de l'UE. En cas de différend, il faudra un arbitrage indépendant.
"Nous aurons besoin d'un mécanisme d'arbitrage qui sera complètement indépendant, ce qui est d'ailleurs habituel dans les accords de libre-échange", a-t-elle noté.
Dans des domaines comme la chimie, l'aéronautique et la médecine, a-t-elle concédé, Londres cherchera à se plier aux règlements européens.
Theresa May a évoqué un partenariat douanier entre Londres et l'UE. La Grande-Bretagne pourrait ainsi accepter les droits de douanes fixés par Bruxelles pour les marchandises destinées à l'Union, tandis que Londres appliquerait d'autres droits pour les biens destinés au Royaume-Uni, a-t-elle dit.
Si cette idée n'est pas acceptée, elle a suggéré de se rabattre sur des accords douaniers simplifiés afin de permettre de garantir des relations commerciales harmonieuses.
ATS