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01. Fortifications Buisson
LES FORTIFICATIONS BUISSON, 1716
En 1711, vu les progrès de l'artillerie, les fortifications de Genève doivent être modernisées ; plusieurs ingénieurs et militaires sont « invités à donner leurs idées » et l'on voit alors « surgir une infinité de plans dans des systèmes différents ».
Le plan du brigadier Ami Buisson (1649-1721), un officier genevois au service de France, pourrait bien être une réponse à cette sollicitation, bien que plus tardif (1716).
C'est le collectionneur Gustave Dumur qui, voyant ce plan chez un marchand, se rappelle cet extrait d'une lettre de Jacques-Barthélemy Micheli du Crest :
En 1716, le brigadier Buisson « me communiqua un fort beau plan qu'il avait conçu à Paris pour fortifier notre ville et qu'il venait d'y faire dessiner par Mr Desbergeries Officier dans son régiment, c'était une ovale parfaite […] qui supposait une destruction de toutes les anciennes fortifications, et pourvoirait assez bien […] à l'entrée et à la sortie des eaux, car disait-il la Ville est par là toute ouverte et la communication de Saint-Gervais n'est point assurée.
Je me souviens très bien qu'il faisait passer le Rhône à sa sortie par nombre d'arcades qui formaient une courtine épaisse et terrassée qui assurait la communication de Genève à Saint-Gervais […].
Mais je lui fis l'objection du haut et bas terrain, qui soumettait son plan aux revers du haut et du bas, ce qu'il n'avait pu prévoir à Paris n'ayant pas un plan du terrain ou les hauteurs et pentes fussent dessinées. Mr le Brigadier Buisson me répondit qu'il examinerait la chose sur le terrain même ; ce qu'il fit peu après et à son retour il me dit que la chose était telle que je lui avais dépeinte et que cela méritait des réflexions et un autre arrangement. Or peu après il partit pour Paris, ou il ne vécut pas longtemps. » (Lettre au Conseiller Jalabert, 1er avril 1762, Archives d'Etat de Berne).
Parmi les ingénieurs sollicités en 1711 figure le brigadier-général Guillaume Levasseur des Roques (c. 1668-1730), le directeur général des ingénieurs des Etats de Hollande (Pays-Bas). Ce dernier propose de se charger lui-même des travaux. Après un séjour à Genève, des Roques soumet une série de documents à la Chambre des fortifications et au Conseil, et leur recommande l'ingénieur Pierre Pradès de La Ramière. Les deux hommes élaborent le plan de fortification qui sera choisi et exécuté, dès 1716.
A cette époque, Jacques-Barthélemy Micheli du Crest (1690-1766), qui a mené plusieurs campagnes militaires dans les armées du roi de France, est de plus en plus passionné par les fortifications. La discussion du plan Buisson a attiré son attention sur les défenses côté lac et Rhône, ainsi que sur l'importance des données topographiques. Micheli du Crest passe plusieurs années à développer et perfectionner des techniques et des instruments de mesure et de cartographie.
1. Projet de fortification de Genève par le brigadier Ami Buisson, 1716 (Collection Dumur, A.P. 247/V/133)
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