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La campagne présidentielle de 2024 aux Etats-Unis peine à décoller
Il y a quatre ans, au même stade de la campagne en janvier 2019, pas moins de neuf démocrates avaient déclaré leur intention de se porter candidat à l'élection de 2020 en vue de défier le 45e président des Etats-Unis: Donald Trump.
Quatre ans plus tard, le milliardaire américain, finalement battu par Joe Biden, est le seul candidat à avoir déjà formellement fait acte de candidature dans le camp républicain. Nikki Haley, ancienne gouverneure de Caroline du Sud et ambassadrice américaine à l'ONU, a certes annoncé mercredi son intention de se lancer dans la course, mais elle ne le formalisera qu'à mi-février.
Derrière Donald Trump, 76 ans, une nouvelle génération aimerait prendre la relève dans le camp conservateur. Pourtant, cette jeune garde peine à sortir du bois, comme si elle n'osait pas encore s'affranchir de l'emprise de l'ancien président, en tête dans les sondages malgré une campagne qui manque un peu de souffle.
Mais pour les éventuels papables en vue des primaires républicaines, se lancer isolément dans la course à l'investiture du parti signifie aussi être l'unique cible de la vindicte de Donald Trump, connu pour ses attaques assassines, y compris dans son propre camp.
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"Donald Trump fait moins peur"
Interrogé mardi dans l'émission Tout un monde, Gabriel Scheinmann, directeur de l'organisation conservatrice Alexander Hamilton Society, pondère toutefois l'influence de l'ancien président. "Je pense que Donald Trump fait moins peur aux candidats qu'avant. Non seulement il n'est plus président, mais il a aussi perdu un peu de vitesse. Je ne pense pas qu'ils attendent de rentrer dans les primaires tous en même temps."
Gabriel Scheinmann voit aussi d'autres raisons qui poussent les candidats potentiels à freiner leurs ardeurs. "Les campagnes sont très chères et très longues en Amérique. Il y a aussi pas mal de règles techniques. Dès qu'un candidat se déclare, il ne peut plus dépenser de l'argent de la même manière; il y a des règles précises à respecter. C'est probablement une raison pour laquelle les candidats ne se pressent pas au portillon."
Les papables républicains tablent peut-être aussi sur un début de lassitude à l'encontre de Donald Trump. Surtout, ils attendent de voir l'effet que pourraient avoir les différentes affaires concernant l'ancien résident de la Maison Blanche, visé par une enquête judiciaire pour avoir conservé des cartons entiers de documents, dont certains classés "top secret", à son départ de Washington en 2021, et son rôle dans l'assaut du Capitole le 6 janvier 2021.
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Ron DeSantis, l'homme providentiel?
Pour faire face à Donald Trump, un nom revient régulièrement chez les républicains: Ron DeSantis. Le gouverneur de Floride a quelques atouts pour défaire l'ancien président lors des primaires.
"C'est un gouverneur bien aimé en Floride. Il vient d'être réélu par plus de 20 points, ce qui est une marge énorme. En comparaison, la première fois qu'il a été élu en 2018, il avait une marge de moins d'un point", explique le directeur de l'Alexander Hamilton Society.
Ron DeSantis a capté le côté populiste du Parti républicain et il arrive à maintenir son aspect plus traditionnel
"Il a aussi capté le côté populiste qu'on retrouve en ce moment dans le Parti républicain. En même temps, il arrive à maintenir l'aspect plus traditionnel du parti. Donc c'est quelqu'un qui arrive à avoir l'appui d'une plus grande population chez les républicains", note encore Gabriel Scheinmann, qui souligne aussi le fait que n'importe quel gouverneur de Floride est par essence un candidat sérieux à l'élection présidentielle.
Donald Trump a dernièrement vu plusieurs de ses grands donateurs annoncer publiquement qu'ils ne soutiendraient pas sa candidature en 2024, au profit de l'étoile montante du parti.
Ce week-end, dans son avion de campagne, l'homme d'affaires n'a pas manqué d'accuser Ron DeSantis de manque de loyauté: "C'est grâce à moi qu'il a été élu gouverneur", a-t-il estimé.
D'autres figures du Parti républicain se profilent en coulisses, comme l'ancien vice-président Mike Pence ou encore l'ancien secrétaire d'Etat Mike Pompeo.
Patrick Chaboudez/jfe
Les démocrates dans l'attente d'une décision de Joe Biden
Joe Biden, qui a fêté ses 80 ans en novembre, briguera-t-il un deuxième mandat? L'incertitude règne. Au sein du Parti démocrate, aucun candidat potentiel ne semble avoir la velléité de se lancer contre lui. Au contraire, les démocrates semblent afficher une unité plutôt inhabituelle, explique le politologue Daniel Warner.
"Joe Biden dirige le Parti démocrate et il le fait assez bien. S'il annonce sa candidature, je serais étonné que d'autres prétendants se lancent", affirme l'ancien professeur au Geneva Graduate Institute.
Il y a tout de même la question de l'âge du 46e président américain, avec des interrogations réelles et légitimes sur sa capacité à assumer un deuxième mandat, mais aussi à l'emporter dans une deuxième campagne présidentielle.
>> Revoir le sujet du 19h30:
Des documents et un fils embarrassants
Joe Biden est toutefois dans une posture délicate après l'annonce mi-janvier de la découverte dans sa résidence privée de documents confidentiels.
"Je ne crois pas que la question de ces documents va primer auprès des Américains, mais plutôt celle de son âge. La population aime les gens dynamiques et jeunes, comme pouvait l'être John F. Kennedy. Par contre, les affaires de son fils pourraient être très dangereuses pour lui", estime Daniel Warner.
Hunter Biden est soupçonné d'affaires financières douteuses avec l'Ukraine et la Chine. Il pourrait se retrouver au coeur d'enquêtes parlementaires menées par la majorité républicaine de la Chambre des représentants.
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