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Soutien à l’industrie de la défense
Le Conseiller national Jean-Luc Addor (UDC, VS) a déposé cette semaine une motion invitant le Conseil fédéral à revoir sa stratégie dans le domaine de l’industrie de la défense. La motion est contresignée par la Conseillère nationale Jacqueline de Quattro (PLR, VD) et Thomas Rechsteiner (Le Centre, AI). Voici le texte de la motion :
Le Conseil fédéral est chargé de prendre toutes les mesures nécessaires pour renforcer ou reconstituer :
1. la capacité de l'industrie suisse à livrer à notre Armée les biens, composants et pièces de rechange critiques en cas de montée en puissance ou d'engagement massif ;
2. la maîtrise sur le sol national des technologies les plus avancées qui, livrées à des alliés en cas de crise, incitent à la réciprocité et qui, développées pour la Suisse, renforcent la crédibilité de notre outil de défense.
Pour ce qui est du premier élément, les commandes de notre Armée à l'industrie suisse sont insuffisantes pour garantir la survie de celle-ci. Subsister est pourtant la condition essentielle pour que notre industrie de défense soit à même de monter en puissance au profit de l'Armée si le besoin s'en fait sentir. En sus de mesures favorisant la recherche et le développement et les collaborations industrielles d'armasuisse, il s'agit de réexaminer les conditions d'exportation de matériel de guerre et à double usage, qui ont été récemment rendues si difficiles que des sites de production d'entreprises helvétiques ont été délocalisés à l'étranger ou le seront encore.
En lien avec le second élément, il est admis que les grandes puissances militaires sont les seules à posséder une large autonomie nationale dans le domaine de l'armement. Tous les autres Etats dépendent, à des degrés divers, des importations. Les progrès des technologies de défense résultent de plus en plus d'innovations certes civiles, mais jalousement protégées par les Etats où elles émergent. La Suisse doit accorder une attention particulière à cet aspect, puisqu'elle n'est membre d'aucune alliance défensive et qu'en dehors d'une dépendance réciproque, elle ne peut pas prétendre à ce que ses commandes de composants soient honorées par les Etats producteurs. L'accès aux technologies et composants utilisés dans les systèmes de l'Armée ainsi que pour leur exploitation et leur entretien n'est donc pas assuré. La dépendance technologique de l'Armée suisse vis-à-vis de l'étranger, notamment dans le domaine des composants-clés, restera totale si nous ne nous donnons pas les moyens de créer une dépendance réciproque.
Le Conseil fédéral doit donc élaborer et mettre en oeuvre une politique industrielle et technologique spécifique qui permette à l'industrie suisse d'occuper des niches indispensables ou importantes pour les autres nations productrices d'armement. Il s'agit de définir une politique précise d'encouragement à l'innovation dans des domaines-clés pour la défense, puis concrètement appuyer les start-up et entreprises qui font voir le jour à des produits de pointe.
L'indépendance de la Suisse est à ce prix.