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La dispute, initiée par Neil Young contre la plateforme musicale Spotify, a réveillé l'injustice dont les artistes moins connus souffrent depuis l'avènement du streaming. Avec 381 millions d'utilisateurs et un peu plus de 30% de part de marché dans le streaming musical, la plateforme est un «mal nécessaire» pour la plupart des artistes musicaux.
Pour la plupart d'entre eux, la possibilité de toucher un large public et d'être potentiellement rémunéré signifie qu'ils se sentent obligés de rester sur Spotify, même si beaucoup disent que le géant du streaming les rémunère injustement.
Si le podcast vedette de l'animateur Joe Rogan, accusé de colporter des théories complotistes, a poussé le chanteur Neil Young à agir, il a surtout relancé un autre débat, autour du modèle économique du géant de la musique en ligne.
Dans l'idéal, le guitariste de jazz Michael Valeanu n'aurait ainsi «probablement jamais eu sa musique sur Spotify». Le musicien, new-yorkais d'adoption, dit encore envisager de temps en temps de l'en retirer, sans passer à l'acte.
Selon plusieurs médias américains, Spotify verse, en moyenne, entre 0,3 et 0,5 centime par écoute, soit entre trois et cinq dollars pour un millier de streams.
Sollicitée par l'AFP, une porte-parole a rappelé que, depuis 2020, le groupe avait distribué plus de 23 milliards de dollars de redevances aux détenteurs de droits, dont plus de cinq milliards pour la seule année 2020.
D'après Leo Sidran, musicien et animateur du podcast «The Third Story» le modèle économique de Spotify ne favorise que 5% des artistes au sommet: «Je réalise que la relation est problématique», dit-il, «que nous ne sommes pas rémunérés de façon juste ou équitable». Mais pour lui, impossible de quitter Spotify. Cela signifierait perdre un moyen par lequel il pourrait être découvert et entendu.
Selon le site du magazine spécialisé Billboard, Neil Young et Joni Mitchell vont perdre un peu plus de 10% de leurs revenus en renonçant à Spotify. Oui sauf qu'ils gagnent plusieurs millions de dollars par an et sont écoutés sur d'autres plateformes par des millions de personnes.
«Si une Adele, une Billie Eilish ou un gros artiste pop contemporain se retirait, peut-être que ça pourrait changer les choses», estime Leo Sidran, «mais si un artiste indépendant s'en va, ça n'a pas d'impact sur Spotify, ça pénalise l'artiste».
Pour musiciens et chanteurs, la polémique autour de Joe Rogan met aussi en lumière la nouvelle stratégie de la société suédoise, qui a fait du podcast une priorité depuis trois ans.
Selon un calcul effectué par l'AFP, Spotify a déboursé plus d'un milliard de dollars en acquisitions depuis début 2019 pour bâtir un écosystème entier autour du podcast, de la production à la commercialisation, avec un gros chèque, au passage, pour Joe Rogan.
Même si elle est encore nettement plus inégalitaire que celle de la musique, l'économie du podcast, dont la majorité des programmes ne sont pas rémunérés par la plupart des plateformes, a aussi son gratin de stars qui, elles, empochent des millions. (ats)
Pour Carlo Triol, c'est tous les jours la fête des Pères. Heureux et fier du parcours de son fils Loris au télé-crochet The Voice, le cuisinier et patron du restaurant Tennis du Mail à Neuchâtel ne tarit pas d'éloges sur les talents de sa progéniture, mais aussi la gentillesse qui le caractérise.