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M. Weinstein, qui purge déjà une peine de 23 ans de prison après sa condamnation à New York en 2020 pour des faits similaires, "est déterminé à poursuivre ses procédures judiciaires pour finalement prouver son innocence", selon un communiqué transmis à l'AFP par son porte-parole.
"Harvey est évidemment déçu par le verdict", ajoute le communiqué, en soulignant que le témoignage sur lequel se base sa condamnation "fournit une base solide pour un appel".
L'ancien "roi" du cinéma de 70 ans, qui a produit de grands succès primés comme "Pulp Fiction" ou "The Artist", a été reconnu coupable lundi d'un viol et de deux agressions sexuelles sur une femme dans un hôtel de Beverly Hills en 2013, au terme d'un procès qui a disséqué la manière dont il abusait de son pouvoir à Hollywood pour agresser impunément nombre d'actrices.
Après deux mois de procès, les jurés ont ainsi entièrement donné raison à l'une des quatre femmes anonymes qui l'accusaient. Ils n'ont en revanche pas formulé de verdict concernant les accusations de deux autres femmes, et l'ont déclaré non coupable des allégations portées par la dernière.
Pas unanimes
Les enquêtes de presse qui avaient révélé les premières accusations en 2017 ont entraîné le mouvement #MeToo, phénomène mondial de libération de la parole des femmes sur les violences sexistes et sexuelles.
Lundi, la femme reconnue comme victime par les jurés a salué le verdict et a espéré que son agresseur "ne voit jamais de sa vie l'extérieur d'une cellule de prison." "Harvey Weinstein a détruit une partie de moi pour toujours", a-t-elle insisté dans un communiqué.
Mardi, les jurés n'ont pas réussi à se montrer unanimes sur d'éventuelles circonstances aggravantes de l'agression qu'elle a subie. De quoi limiter la peine maximale encourue par l'ex-producteur à 18 ans derrière les barreaux, au lieu de 24.
"Ogre tout puissant"
Le verdict de ce nouveau procès à Los Angeles était particulièrement important pour l'ex-producteur. Car après un refus initial de la justice, la Cour suprême de New York l'a finalement autorisé en août à faire appel de sa condamnation de 2020, une décision initiale qui avait constitué une victoire majeure du mouvement #MeToo.
A l'audience, l'accusation a dépeint M. Weinstein comme un ogre tout puissant, un "prédateur" dont la mainmise sur Hollywood - les films qu'il a produits ont reçu plus de 330 nominations aux Oscars et 81 statuettes - a longtemps empêché ses victimes de parler, par peur de répercussions sur leur carrière. Sa défense a elle systématiquement mis en doute la parole des quatre accusatrices au cours du procès et a insisté sur le manque de preuves matérielles et d'éléments médico-légaux.
Au total, près de 90 femmes, dont Angelina Jolie, Gwyneth Paltrow et Rosanna Arquette, ont accusé Harvey Weinstein de harcèlement, d'agressions sexuelles ou de viols. Mais le délai de prescription a été dépassé dans nombre de ces affaires, certaines remontant à 1977. L'ex-producteur est également inculpé au Royaume-Uni pour des agressions sexuelles qui remonteraient à 1996.