Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06903.jsonl.gz/538

Peu d'impact sur les prix finaux
Les premières entreprises commencent à relever le défi de la décarbonation par toutes sortes de leviers. Des entreprises comme le producteur de bière Carlsberg ou le fournisseur d'articles de sport Decathlon veulent rendre visibles les émissions dans leurs chaînes d'approvisionnement en collectant des données plus détaillées et en obligeant les fournisseurs à réduire leurs émissions de CO2. Des entreprises allant de Tesla à Ikea réduisent l'empreinte carbone de leurs produits grâce à de nouveaux designs utilisant moins de matériaux ou des matériaux plus durables. Des entreprises comme Apple et Google financent, avec leurs fournisseurs, la production d'électricité verte et les investissements dans des mesures d'efficacité.
En outre, les entreprises commencent à accélérer plus largement la transformation écologique de leurs secteurs. Le géant du transport Maersk, par exemple, se bat au sein de l'Organisation maritime internationale (OMI) pour imposer des objectifs environnementaux ambitieux à l'ensemble du secteur.
«Parmi les mesures les plus importantes, il y a le passage à la chaleur et à l'électricité renouvelables, en plus de nouveaux processus dans la chimie et la production d'acier».
Toutes ces mesures prennent certes du temps; elles impliquent des efforts et bien sûr des coûts. L'impact réel sur les prix de détail est toutefois limité pour de nombreuses entreprises. Ainsi, le Boston Consulting Group a calculé, dans une étude réalisée avec le WEF, que pour de nombreux produits, même une chaîne d'approvisionnement complète à zéro net n'augmenterait pas le prix final de plus de 1 à 4% à moyen terme. Cela s'explique d'une part par le fait que les matières premières à forte émission dans la plupart des produits ne représentent qu'une part relativement faible du prix du produit final – environ 20 % pour une voiture et pas plus de 10 à 20 % pour une paire de baskets; d'autre part, par le fait que toutes les émissions en amont ne sont pas particulièrement coûteuses à réduire.
Les coûts de la décarbonation peuvent donc sembler élevés pour certaines industries de production, mais ils sont relativement abordables pour le consommateur final. Comment cela se fait-il? Un exemple permet d'illustrer ce calcul. L'acier utilisé pour une voiture familiale de taille moyenne (Fr. 30 000 ) est – avec l'aluminium – la plus grande source actuelle d'émissions en amont. La réduction des émissions dans la production d'acier est coûteuse et le passage à l'acier sans carbone augmenterait considérablement les coûts de production. «Mais comme l'acier représente moins de 1000 francs du prix de vente final de la voiture, le supplément qu'il engendre représenterait toujours moins de 1 pour cent du coût total» explique Jens Burchardt, Managing Director & Partner du Boston Consulting Group.
La durabilité est réclamée par les consommateurs
Compte tenu de ces faibles coûts, la décarbonation de la chaîne d'approvisionnement peut même s'avérer avantageuse pour les entreprises au final. Dans les pays occidentaux en particulier, les sondages montrent que plus de 50% des consommateurs sont prêts à payer plus pour des produits durables. Et cette volonté n'existe pas seulement sur le papier: des études sur différents produits de consommation montrent déjà que les produits durables se vendent bien dans certains segments de clientèle, même avec des surcoûts d'environ 40% – un multiple des futurs coûts de décarbonation. De plus, ce segment connaît une croissance rapide. Au cours des cinq dernières années, la demande de produits fabriqués de manière durable a augmenté environ sept fois plus vite que la demande de leurs équivalents fabriqués de manière conventionnelle. La décarbonation systématique des chaînes d'approvisionnement pourrait donc être bénéfique pour tous: l'environnement, les industries et les consommateurs.