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Après le bleu outremer de Yves Klein, voici le bleu de Prusse de la cyanotypie, avec les carnet et cartes de Nicole Chuard. Nicole Chuard est photographe lausannoise indépendante. Elle a travaillé pour de nombreux journaux et magazines et, depuis 2017 organise des ateliers de cyanotypie. Elle utilise cette technique pour créer de magnifiques cartes, leporellos, et des carnets !
La cyanotypie
Alors, la cyanotypie, c'est quoi? Il s'agit de ce qu'on pourrait appeler l'ancêtre de la photocopie. En 1842, au début de l' époque victorienne, le britannique John Frederick William Herschel, astronome, chimiste, inventeur, et expérimentateur en photographie, bref, un génie, découvre qu'une solution contenant un mélange de ferrocyanure de potassium et de citrate d’ammonium ferrique peut produire un pigment insoluble de couleur bleue, du ferrocyanure ferrique, aussi appelé bleu de Prusse. Pour déclencher la réaction chimique, il faut exposer le mélange à une source de rayons ultraviolets comme, par exemple, le soleil. On peut donc étaler le mélange sur un support, par exemple une feuille de papier, avec un pinceau, l'exposer en plein soleil une dizaine de minutes, et la page devient bleue. Et si, avant l'exposition aux rayons ultraviolets, on pose sur cette feuille un papier calque sur lequel on a dessiné à l'encre noir le plan d'un bâtiment ou le détail des rouages d'une machine, on en obtient une copie en négatif, des lignes blanche sur un fond bleu, ce qu'on appelle en anglais un ... blueprint. Cette méthode de reproduction a été utilisée pour copier des dessins techniques jusqu'au 20e siècle, et en anglais, le mot "blueprint" désigne encore aujourd'hui un plan ou un dessin technique.
Mais il n'y a pas que les ingénieurs qui ont utilisé la cyanotypie. Le premier usage de la cyanotypie semble être le fait de Anna Atkins, fille d'un naturaliste de grande réputation. Ayant reçu de son père une formation de scientifique, quelque chose d'assez exceptionnel pour une femme à l'époque, elle devient botaniste et travaille sur des herbiers. Elle cherche cependant une méthode pour illustrer les plantes, et étant au courant des travaux de son contemporain John Herschel, elle s'essaie à la cyanotypie immédiatement après sa découverte. Dès 1943, elle publie British Algae : Cyanotype Impressions, une oeuvre en 12 parties illustrée par des cyanotypes qu'elle produit en exposant des feuilles de papier sensible sur lesquelles elle a posé des algues séchées. Il en reste douze exemplaires connus, d'une grande beauté et précieusement conservés dans des musées ou des bibliothèques comme la New York Public Library.
Et bien sûr, il y a des artistes, comme Nicole Chuard, qui souvent utilise aussi des plantes pour la création de superbes images.

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Avril 2021
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