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Me 262 Introduction [27]
Le Me 262 constitue une étape décisive dans l’histoire de l’aviation. Il fut non seulement le premier avion à réaction à être effectivement engagé en opération et à combattre, mais aussi l’appareil le plus rapide de la seconde guerre mondial, si l’on excepte le Me 163 qui était un avion à moteur-fusée. La plus haute vitesse atteinte en palier par un Me 262 fut probablement 930 km/h, obtenus avec le prototype V12 propulsé par deux Jumo 109-004B-4 « gonflés » à 1000 kgp. La version de chasse standard (Me 262 A-1a) affichait une vitesse de pointe de 853 km/h à 3'000 m d’altitude et atteignait 920 km/h à 10’ 000 m.
L’histoire malheureuse du Me 262 est celle d’un appareil d’exception, très en avance sur son temps et aux performances extraordinaires, qui aurait pu bouleverser le sort de la guerre, mais dont le développement ne cessa d’être entravé et qui arriva finalement trop tard pour tirer parti de ses extraordinaires qualités…
Cet appareil était le fruit d’un vaste programme de recherches, commencé en Allemagne bien avant la guerre, concernant la mise au point de turbines à gaz. Messerschmitt avait dessiné les plans de l’appareil dès 1939 et la cellule des prototypes était prête dès 1941. Le Me 262, conçu à l’origine comme un chasseur intercepteur, aurait donc pu voler dès 1942 et entrer en opération dès 1943 si la mise au point de ses turboréacteurs n’avait pas pris autant de temps et si Hitler n’avait pas interféré ultérieurement dans son développement, ce qui retarda sa mise au point et repoussa son entrée au service jusqu’à l’été 1944.
Bien que le développement de ses turboréacteurs n’ait pas été mené jusqu’aux extrêmes limites de ses potentialités, le Me 262 administra la preuve de ses qualités au combat. C’était un excellent appareil, d’une maniabilité rare et d’une puissance de feu redoutable. On peut même affirmer qu’il a ouvert la voie au développement des jets de combat modernes.
Lorsque il entra enfin en service opérationnel, en juin 1944, la Luftwaffe était laminée par quatre ans et demi de guerre et la majorité des vétérans de la première heure avaient disparu, tués au combat… La plupart de ceux qui volèrent sur ce nouvel avion durent se familiariser avec ses performances inusitées et ses caractéristiques de vol étonnantes, très différentes des appareils classiques à pistons. La vitesse et la finesse de pilotage du Me 262 surprirent plus d’un pilote et causèrent parfois leur perte. Mais l’appareil fut généralement apprécié pour sa vélocité, sa maniabilité et son agilité, à l’exception des manœuvres délicates du décollage et de l’atterrissage qui coûtèrent de nombreuses vies.
Durant sa courte carrière opérationnelle, de juillet 1944 à avril 1945, le Me 262 ne put malheureusement démontrer que partiellement son efficacité et sa redoutable faculté d’interception. Il fut fabriqué trop tardivement, disponible en trop petit nombre et engagé de manière trop dispersée. Une bonne part de ses pilotes avaient reçus une formation bâclée et manquaient cruellement de pratique. La plupart des accidents qui entachèrent la réputation de l’appareil étaient dus à l’inexpérience et au très jeune âge des pilotes, parfois issus directement des rangs de la Hitlerjugend. Ils auraient pu être évités aux mains de pilotes chevronnés et mieux qualifiés.
Un nombre non négligeable d’engins furent, de plus, détournés de leur vocation première de chasseur, suite à de nombreuses tergiversations du Führer quant à son affectation opérationnelle. Pour les mêmes raisons, mais aussi à cause d’une tactique qui diminua leurs capacités, ces exemplaires transformés en bombardiers sur ordre de Hitler n’eurent pas non plus le temps de véritablement démontrer leur efficacité. Par ailleurs, le Me 262 subit de plein fouet la pénurie de terrains, de pièces détachées, de mécaniciens et de matériaux sensibles entrant dans sa fabrication…Parmi le petit nombre de ceux qui furent finalement affectés à des unités combattantes, la plupart furent de fait cloués au sol par la pénurie de carburant ou le manque de pièces de rechanges.
Cet appareil d’exception, aux caractéristiques absolument révolutionnaires, aurait sans doute bouleversé l’issue de la guerre aérienne s’il avait pu être mis au point plus tôt, produit en plus grand nombre et engagé massivement. Il souffrit des atermoiements de Hitler qui freinèrent considérablement son développement et repoussèrent sa mise en service. Lorsqu’il put enfin entrer en service, il était trop tard pour qu’il puisse jouer un rôle conséquent, même pour un appareil d’exception...
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