Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06928.jsonl.gz/170

Le professeur James Richard Crawford est né en 1948 à Adelaide en Australie.
Comme beaucoup de juristes de tradition anglo-américaine, le professeur Crawford porte derrière son nom toute une série de titres parfois difficilement déchiffrables pour les juristes continentaux. En l’occurrence, il s’agit de «A.C.», de «S.C.» et de «F.B.A.».
· «A.C.» signifie «Companion of the Order of Australia », titre qui distingue une personne pour ses mérites extraordinaires dans ses services rendus à l’Australie et à l’humanité toute entière. Le professeur Crawford a reçu cette distinction en 2013.
· «S.C.» est l’abréviation de «Senior Counsel», c’est-à-dire avocat principal, en l’occurrence à la Cour suprême de New South Wales, depuis 1997.
· «F.B.A.» (et non pas «FBI»!) veut dire «Fellow of the British Academy », une distinction que l’Académie accorde à des scientifiques pour leur excellence dans les sciences humaines.
Avant de recevoir ces honneurs et distinctions, le professeur Crawford a fait des études d’anglais, d’histoire et de politique à l’Université d’Adelaide et un doctorat en philosophie à l’Université d’Oxford.
M. Crawford est professeur de droit international. Il l’a été à l’Université d’Adelaide de 1983 à 1986, à l’Université de Sydney de 1986 à 1992, à l’Université de Cambridge de 1992 à 2015, à l’Université de La Trobe à Melbourne de 2011 à 2014 et à l’Université de Xi’an Jiaotong en Chine depuis 2013.
Le professeur Crawford a aussi participé à des projets législatifs d’importance planétaire. Il a ainsi été le premier membre australien de la Commission du droit international des Nations Unies. En cette qualité, il a été responsable des travaux relatifs à la création de la Cour pénale internationale (1994) et aux articles sur la responsabilité de l’État pour fait internationalement illicite (2001). Ces deux projets législatifs avaient été discutés pendant des décennies au sein des Nations Unies. C’est seulement sous la responsabilité du professeur James Crawford que ces projets ont pu être finalisés et par la suite adoptés sous forme de résolutions par les Nations Unies.
A côté de ses activités de professeur et de législateur, M. Crawford est également admis comme avocat en Angleterre, plus précisément en tant que membre du Gray’s Inn, qui est une des quatre associations professionnelles d’avocats à Londres. Il est également un membre fondateur de Matrix Chambers, une étude d’avocats étant rattachée au Gray’s Inn.
En tant que conseil, témoin expert, juge et arbitre, il a été impliqué dans plus de 100 affaires. Il a notamment plaidé à maintes reprises devant la Cour internationale de Justice dans des affaires politiquement très sensibles comme celle qui a opposé la Croatie à la Serbie relative à l’application de la Convention pour la prévention et la répression du génocide, l’affaire des essais nucléaires entre la Nouvelle-Zélande et la France ou encore l’affaire des conséquences juridiques de l’édification d’un mur dans le Territoire palestinien occupé.
M. Crawford, c’est pour moi un privilège et un grand honneur de participer à cette cérémonie du dies academicus lors de laquelle vous recevrez le doctorat honoris causa que l’Université de Neuchâtel a le plaisir de vous remettre.
Cedies academicus a comme thème général «Les défis de la diversité». Qui mieux que vous pourrait incarner ce sujet ? La diversité entre Etats amène certains d’entre eux à commettre des crimes contre d’autres. En l’absence d’un gouvernement mondial, seul le droit international public permet d’appréhender ces crimes et ainsi de relever les défis de la diversité au niveau mondial. C’est précisément sur ce point que votre engagement et votre œuvre représentent une valeur inestimable pour l’humanité toute entière !
Christoph Müller,
Doyen de la Faculté de droit
Neuchâtel, le 18 août 2015