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109.
Dorn retourna sur son bateau et retraversa le fleuve dans l’autre sens. Mais arrivée
au port, elle ne retrouva pas Ewald, car ce dernier avait choisi une autre
destination.
Il y avait dans une auberge reculée du port une demoiselle prénommée Sanja, qui
prenait son service. Depuis quelques temps, elle s’était mise, sans y prêter attention,
à repenser à ces étrangers au milieu de la forêt. A l’un d’eux en particulier. Celui
qui venait d’apparaître dans l’encadrement de la porte. Et qui lui commanda un thé.
Plus tard, cette auberge particulière devint le seul établissement de la ville à disposer
d’un service de soin. Lorsqu’on leur demandait de narrer leur rencontre, Ewald et
Sanja racontaient ce qui aux yeux des gens, passait pour être une fable. Personne
n’avait pu leur soutirer la vérité, si bien qu’un mystère finit par entourer le couple.
Quant à Dorn, elle quitta la région pour se rendre plus au sud, et troqua la
navigation fluviale pour la navigation maritime. Avant, elle naviguait seule, pour
fuir l’insipidité de la vie. Pourtant, elle eût beaucoup de succès auprès des apprentis
marins qui, la voyant faire, sollicitèrent son enseignement. Elle devint très
populaire. Certains de ses apprentis firent carrière dans la marine impériale. Elle
leur transmit toutes ses connaissances.
Ainsi que l’histoire un peu saugrenue d’un vieil homme qui s’était caché dans la cale
de son bateau.
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