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Hier s'ouvrait à New York le procès d'appel opposant plusieurs associations de victimes de l'apartheid et un groupe de multinationales.
En première instance, plusieurs entreprises suisses figuraient sur le banc des accusés, parmi lesquelles UBS AG, Credit Suisse Group, Novartis, et Oerlikon-Bührle.
Pour le procès d'appel, la juge américaine n'a retenu que six groupes (General Motors, Ford, Fujitsu, IBM, Daimler AG and Rheinemetall AG ) parmi les 23 multinationales pointées par l'accusation.
Alors que de nombreux médias internationaux reprennent la nouvelle, on ne peut que s'effrayer du silence de mort qui règne sur le sujet dans les médias suisses.
L'occasion de se souvenir du programme national de recherche PNR 42+ (2001-2005) et du rapport du professeur Georg Kreis sur les relations entre la Suisse et l'Afrique du Sud. A l'époque le Conseil Fédéral - sous pression de l'étranger - avait commandé une étude au FNS. Puis, au moment de publier ses résultats - comme le rappelle un communiqué de la coordination suisse de l'Apartheid Debt and Reparations Campaign (ADR) - le rapport Kreis avait été censuré par le Conseil Fédéral et sa publication plusieurs fois repoussée, soi-disant pour préserver les intérêts des banques suisses alors impliquées dans une autre affaire de justice internationale ... celle des fonds juifs en déshérence.
Quelques extraits du communiqué de presse du FNS lors de la publication du rapport en 2005:
"L'industrie suisse a contourné à grande échelle l'embargo sur les armes décrété par l'ONU pour l'Afrique du Sud", écrit l'historien Peter Hug dans son étude. "L'administration était au courant de nombreux commerces illégaux et semi-légaux. Elle les a tolérés tacitement, les a en partie soutenus activement ou les a critiqués mollement."
Les résultats obtenus par le juriste Jörg Künzli montrent que des lacunes dans la législation économique extérieure ont été sciemment entretenues ou justifiées par des arguments peu crédibles juridiquement.