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Pierre Dubochet | 29 mai 2013
Mise à jour le 26 mai 2014
Les effets biologiques négatifs sont connus depuis bientôt cent ans. Cela fait donc bientôt un siècle que l'industrie doit trouver des solutions pour que ces dangers restent ignorés du plus grand nombre
Quelques points forts des dernières décennies. D'autres sont exposés en détail dans ma brochure de 40 pages
Entre 1966 et 1970, des chercheurs polonais et russes, Edelwejn & Baransky 66-68, puis Petrou en 1970, constatent sur les techniciens exposés aux micro-ondes:
des altérations fonctionnelles du système nerveux,
des troubles cardio-vasculaires,
des troubles du comportement : fatigabilité, céphalées (maux de tête), vertiges, somnolence, irritabilité, anorexie, troubles de la mémoire, hypocondrie, insomnie, altération de l'électro-encéphalogramme.
Selon un article de 1994 du journal Earth signé par Tom Valentine, l’Union soviétique interdisait l'utilisation des fours à micro-ondes en 1976. On se souvient que les idées en provenance de Russie n'étaient pas accueillies favorablement à l'époque, ainsi leurs avertissements n'ont jamais été pris au sérieux. Harmonisation économique oblige, l'interdiction des fours à micro-ondes a été finalement levée.
Presque systématiquement, lorsque les chercheurs occidentaux soulèvent le côté négatif des ondes, ils sont discrédités et leurs crédits ne sont pas renouvelés. Voici un survol de quelques cas qui montrent que l'on accueille défavorablement ces empêcheurs de polluer. Depuis des décennies, l'opinion publique est trompée afin que des exploitants privés puissent exploiter des émetteurs dont la nocivité ne fait aucun doute.
En 1973, le biologiste Robert Becker publie un premier rapport sur les dangers de l’électro-pollution. Il perd tous ses financements en 1980.
En 1989, Hans Hertel (diplômé en sciences techniques EPFZ) mène une étude sur les effets sur le sang lors de l’ingestion d’aliments passés au four à micro-ondes. En 1992, le journal de Franz Weber rédige un article sur cette étude. En août, l'association Suisse de Fabricants et de Fournisseurs d'Appareils Électroménagers gagne un procès qui oblige Hertel à garder le silence, sous peine d’amende et de prison. À court de capitaux, il est obligé de fermer son laboratoire (1). Il gagnera son procès contre la décision Suisse à la Cour Européenne des Droits de l'Homme en 1999.
En 1992, le Dr George Carlo, chef scientifique formateur de l’industrie du téléphone cellulaire mandaté pour étudier la sécurité des produits, a été discrédité par l'industrie en 1999. Ses fonds n’ont pas été renouvelés.
En 1993, l’INSERM, le principal organisme de recherche publique pour la santé en France, «admet la plausibilité d’un effet des champs magnétiques sur l’apparition des leucémies» mais ses recommandations resteront sans suite.
En 1995, les exploitants prévoient, grâce à des travaux pour un montant de quinze millions de francs, de multiplier la puissance d'émission par cinq. Les riverains accusent l'émetteur de nuissances. Une étude de l’université de Berne démontre que depuis la mise en service de l’émetteur de Schwarzenbourg (antennes ci-dessus) en 1939, les élèves de l’école de Tännlenen située à six cents mètres des antennes ont le plus faible taux de passage à l’école secondaire du canton.
Les mensonges des Télécom n'ont pas pesé lourd en comparaison de l'examen de 200 riverains, exposés ou non aux ondes. Chez les hommes irradiés, on compte cinq fois plus de troubles du sommeil, quatre fois plus de dérangements psychiques, trois fois plus de cas de cancer et deux fois plus de cas de diabète. Après une longue bataille juridique et scientifique, l'émetteur est finalement démantelé pour préserver la santé des habitants.
En 1988, Hans-Ulrich Jakob avait acheté l'un des premiers appareils de mesure du champ électromagnétique. Il a découvert que le champ dans l'école n'était pas de 0.3 V/m comme l'ont toujours prétendu les instances chargées de la mesure, mais plutôt d'environ 4 V/m. Il était établi que ce taux de radiation pouvait provoquer des troubles de concentration et l'empêchement d'apprendre. Les autorités et les journaux se sont moqués d'Hans-U. Jakob.
Le fait que l'"Atlas de la mortalité due au cancer en Suisse" révèle des résultats particulièrement préoccupants en ce qui concerne le district de Schwarzenbourg a motivé les habitants à continuer à militer pour la fermeture du site. Cet atlas révèle que l'espérance de vie y est la plus courte en Suisse, qu'il s'y trouve la plus forte concentration de tumeurs rares, et le taux de suicide le plus élevé de Suisse.
De leur côté, les professeurs Theo Abelin et Ekkehardt Altpeter ont constaté une chute massive des taux de mélatonine auprès des riverains de la station de Schwarzenburg. Dès que la station a été arrêtée, les taux sont redevenus positifs. Les patients ignoraient à quel moment les antennes relais était en fonction ou pas. La sensibilité et les troubles du sommeil ont également varié en fonction du taux de mélatonine. Ces résultats sans ambiguïté de l’étude Abelin et Altpeter ont été un argument décisif pour l’arrêt définitif du transmetteur en 1997.
De nombreuses études ultérieures (Dr. Hans-Christoph Scheiner, spécialiste de Médecine Environnementale à Munich, Dr Scheiner à Dresde, Vogt, etc.), ont établi un lien significatif entre l'exposition à des CEM et une réduction de la concentration de la mélatonine dans le corps. Secrétée à la tombée de la nuit par la glande pinéale, elle est importante pour la stabilité du système immunitaire et la qualité du sommeil.
En 1999, Moritz Leuenberger, alors Ministre de l'Énergie, quitte son logement de fonction situé dans la vieille ville de Berne en 1999 en raison du rayonnement élevé provenant des installations de l'habitation et des antennes de téléphonie mobile voisines (Source : K-Tipp 17/99). L'année suivante, il refuse pourtant de réduire les limites d'exposition aux antennes relais de téléphonie mobile demandée par les médecins de la Fédération Médicale Helvétique.
En 2001, Hans-Ulrich Jakob -qui s'est battu des années durant contre l'émetteur de Schwartzenbourg- souhaite obtenir une accréditation pour pouvoir pratiquer officiellement des mesures de CEM. Il apprend que les frais de dossiers sont de fr. 5'000.- Si sa requête devait être rejetée, ces frais sont conservés. La redevance annuelle est au minimum de fr. 2'800.- Par ailleurs, le requérant doit signer un document émis par le Metas (form. 707d), qui l'oblige à ne publier aucun document mettant en doute, ou portant atteinte à la réputation, d'autres firmes accréditées ou au service d'accréditation. Il l'oblige également à attribuer la même valeur aux résultats d'autres organismes accrédités qu'aux siens. En cas d'inobservation de ces règles, il sera immédiatement destitué de son accréditation sans aucune restitution des frais encourus. Impossible de nier que l'on a des choses à cacher en matière de valeurs d'exposition...
(1) Arrêt de la Cour eur. DH du 25 août 1998, affaire Hertel c / Suisse.
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