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Thermalisme
Le thermalisme est l’ensemble des activités liées à l’exploitation et à l’utilisation des eaux thermales à des fins récréatives ou de santé. Cela se rapporte aussi bien à l’histoire, l’économie, les acteurs, le patrimoine qu'à l’ensemble des moyens (médicaux, sanitaires, sociaux, administratifs…) mis en œuvre dans les stations thermales lors des cures thermales.
Au sens large, le thermalisme est un phénomène historique, socio-culturel et médical, alors que le thermalisme contemporain concerne essentiellement l'utilisation thérapeutique des eaux thermales (crénothérapie).
Au début du xixe siècle, les eaux thermales se définissent par leur température (eau de source de plus de 20 degrés), mais cette norme évolue et toute eau minérale naturelle à visée curative sera dite « thermale ». La station n'a pas de définition médicale, le terme vient du langage commun désignant un arrêt ou une pause des voitures publiques puis des trains. Cette définition tautologique entérine le fait accompli d'un usage déjà consacré. On se borne alors à recommander que les cures thermales soient contrôlées par des médecins. De fait, ce sont les médecins thermaux qui assurent la promotion des stations thermales. Le xixe siècle voit apparaître un courant médical sceptique ou critique envers le thermalisme auquel on reproche : les liens d'intérêts des médecins thermaux, l'absence de bases scientifiques reconnues, les indications thérapeutiques imprécises, les résultats peu clairs.
Par exemple, la composition des eaux et leurs classifications restent incertaines. La première a été celle selon la température, puis celles de l'iatrochimie et de la protochimie (chimie d'avant Lavoisier). On peut les classer selon leur élément chimique dominant, ou un élément minoritaire mais essentiel (cuivre, arsenic, fer...) ou oligo-élément, ou encore selon leur usage thérapeutique. Le lien entre la composition chimique et l'effet thérapeutique reste approximatif. La découverte de la radio-activité relance durant un temps l'étude des eaux minérales dites indéterminées (sans composition significative), mais d'usage consacré.
Pour répondre à ces critiques, la médecine thermale évolue et se rationalise. Les stations thermales étaient universelles traitant de nombreuses affections en listes interminables. Progressivement elles se spécialisent, en fonction d'indications thérapeutiques plus précises (une ou deux indications principales, et un petit nombre d'indications secondaires). Par exemple, certaines stations traitent les maladies métaboliques et digestives, accessoirement anémiques et rénales, d'autres stations traitent les affections ostéo-articulaires, respiratoires, dermatologiques... Les stations peuvent se distinguer et gagner leur identité.
Le thermalisme entraîne ainsi des débats aux enjeux multiples : scientifiques, institutionnels, économiques et politiques. La crénothérapie fait son entrée universitaire à partir des années 1890 par des cours à Toulouse et Bordeaux où les premières chaires d'hydrologie médicale sont créées dans ces deux villes en 1922. En 1939, 9 facultés de médecine ont une chaire d'hydrologie.