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La politique aime à le rappeler quotidiennement, elle est un sport où l'on prend des coups, c'est dans l'ordre des choses. C'est fait avec plus ou moins de fair-play, avec plus ou moins de talent, cela est surtout consécutif de la classe de l'adversaire, ou de son envie d'en découdre, voire de casser l'autre. Toute personne qui s'engage en politique doit y être préparé. Je l'étais. Je le suis toujours.
Me voilà intronisé, puisque la presse dominicale m'a fait mon baptême de caniveau. Le droit de réponse est une parade vaine; le mal étant fait, ce qui est lu ou dit en premier marque toujours plus que ce qui lui répond. (« calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose »).
Aussi, ne me bornerai-je qu'à rectifier quelques lignes de l'histoire racontée et m'attarderai plutôt sur les enseignements qui, eux, sont d'un véritable "intérêt public", ce fameux intérêt public invoqué par un interviewer en quête d'angle vendeur. Le reste n'est évidemment que "littérature".
Dans mon affaire, les détracteurs les plus visibles et virulents (tous majoritairement liés au milieu immobilier ou aux partis qui les représentent, c'est évidemment un hasard) passent sous silence certains points. Je les comprends, l'histoire est tellement plus simple lue sans ces "détails". Détails insignifiants au demeurant puisqu'ils se réfèrent au droit du bail.
Oui, j'ai réclamé à plusieurs reprises un contrat de sous-location en bonne et dûe forme. Sans succès. C'est un détail.
Oui, il y a obligation de déclarer une sous-location à sa régie. Cela n'a jamais été fait malgré mes demandes. C'est un détail.
Oui, j'ai saisi la justice. Car il existe des délais légaux pour mettre terme au bail d'un sous-locataire. C'est un détail.
Oui, il y a eu un accord sur les modalités de sous-location et leurs conditions. Il arrangeait les deux parties. C'est un détail.
Oui, je n’ai pas dérogé sur les termes de cet engagement mutuel et je m’y suis conformé. C’est un détail.
Oui, j'ai une dette. Je me suis dès le début engagé à la rembourser dès retour à meilleur situation financière. Ma parole tient toujours. C'est un détail.
Devant la porte close, cacher à son fils de sept ans qu'on se retrouve sans logement, devoir inventer un motif pour expliquer qu'il ne dormira pas dans son lit ce soir, et que les vacances avec son père s'achèvent avant terme, plus tard être réintégré par la justice mais ne retrouver aucune des affaires de ses enfants. Trouver les mots rassurants pour dire à son garçon que son doudou a disparu et promettre de tout faire pour le récupérer. Evidemment ce n'est que de l'humain tout cela. Désigner une victime et un salaud par des raccourcis vendeurs, en passant sous silence les détails et l'humain, c'est plus séduisant.
Combien sont-ils à Genève, astreints à une quasi-clandestinité ? Dormant dans leur voiture, sur le canapé d'amis ou dans la précarité d'une sous-location sans contrat à la merci d'une lubie ou d'un « stress » de leur sous-bailleur. Combien luttent quotidiennement pour relever la tête et la sortir de l'eau ?
Et combien sont-ils, en face, à pouvoir louer simultanément plusieurs logements ? Combien profitent de ce pouvoir en pratiquant l'usure (ce ne fut pas le cas dans mon affaire) ou en pensant prétendre traiter leurs sous-locataires comme des vassaux ?
N' en déplaise aux ultras-libéraux, il y a des droits, y compris pour les plus faibles d'entre nous.
J'imagine que c'est effectivement irritant pour certains que je n'aie fait que faire respecter le droit du bail.