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Etude sur mandat de la SRG SSR
Si elles avaient été mises au vote le 22 mai 2001, l’initiative Eau potable propre et l’initiative Pesticides auraient été rejetées. La Loi COVID-19, la loi sur le CO2 et la Loi contre le terrorisme auraient été adoptées. La position des autorités se serait ainsi imposée dans tous les projets de votation du 13 juin 2021.
Durant la principale phase de la campagne, l’opinion s’est formée et polarisée en direction du NON aux cinq projets de loi. Dans le cas des deux initiatives, la tendance au NON est plus manifeste, les majorités ont basculé. Les trois propositions des autorités continuent à disposer d’une approbation majoritaire. La participation aux votations aurait atteint 52 %, un score supérieur à la moyenne. Elle était déjà élevée lors de la première enquête SRG SSR sur les tendances, sans toutefois augmenter davantage tout au long de la campagne.
Toutes les indications valent avec une probabilité de 95 % et une marge d’imprécision de ± 2,8 points de pourcentage. Les probabilités se réfèrent aux valeurs obtenues par l’enquête actuelle, non à l’issue de la votation du 13 juin 2021. Comme d’habitude, cette seconde enquête ne constitue elle aussi qu’un instantané ; elle ne pronostique pas l’issue de la votation. Mais en comparant les courbes, les résultats peuvent aussi être interprétés comme des tendances.
Toute désignation, dans ce document, de personne, de statut ou de fonction s’entend indifféremment au féminin et au masculin.
Les résultats de l’enquête seront localisés théoriquement en s’appuyant sur l’approche dispositionnelle de gfs.bern. Vous trouverez ici des informations de fond sur les projets de loi soumis à votation en juin et ici la méthode des enquêtes SRG SSR sur les tendances.
Vous pouvez de plus télécharger ici la présentation des résultats.
Intentions de voter NON actuellement majoritaires
Si l’initiative populaire « Pour une eau potable propre et une alimentation saine » avait été mise au vote le 22 mai 2021, les personnes voulant participer l’auraient rejetée. 53 % des personnes qui veulent certainement participer auraient été certainement ou plutôt contre l’initiative, 44 % auraient été certainement ou plutôt pour. Au moment de l’enquête, il restait encore 3 % d’indécis. La formation de l’opinion va en direction
du NON en suivant un schéma typique de nombreuses initiatives.
Les attentes sur l’issue de la votation sont également critiques. Le 13 juin 2021, 65 % des personnes voulant participer s’attendent à un rejet et 35 % à une adoption. La part de OUI est estimée en moyenne à 47 %. Par rapport à la première vague d’enquête, les attentes sont devenues nettement plus critiques.
Un stade plutôt avancé de la formation de l’opinion
70 % des personnes jusqu’à présent mobilisées ont déjà des intentions fermes pour (30 %) ou contre (40%) l’initiative. La polarisation déjà perceptible en avril s’est donc accentuée. Entre-temps, nous observons un stade plutôt avancé de la formation de l’opinion.
Entre-temps, nous observons un stade plutôt avancé de la formation de l’opinion. La décision de vote étant déjà bien soutenue par des arguments, l’impact de la campagne finale sur la formation de l’opinion devrait rester limité.
Schéma conflictuel provisoire : le scepticisme augmente dans tous les groupes
La tendance de la formation de l’opinion allant en direction du NON chez la plupart des groupes sociaux et politiques, les fossés sont moins nets que lors de la situation de départ d’il y a un mois. Avec une forte tendance au NON dans la tranche d’âge des plus de 65 ans (50 % certainement ou plutôt contre), toutes les tranches d’âge sont désormais en majorité dans le NON, cette tendance étant encore plus nette pour les 18-39 ans (56 % certainement ou plutôt contre). La différence entre les sexes est de même faible, la tendance au NON étant très nette chez les femmes (52 % certainement ou plutôt contre).
Le fossé ville-campagne reste net, mais l’approbation baisse clairement dans les grandes agglomérations : en avril, seuls
29 % étaient certainement ou plutôt contre, ce sont désormais 43 % (+ 14 pt). Un refus très net se manifeste dans les campagnes. En Suisse italophone, les sympathies sont encore plus élevées, et la tendance au NON est moins nette que dans les autres régions linguistiques. Les milieux académiques, les Suisses de l’étranger et les ménages aux revenus élevés sont de même davantage en faveur de l’initiative, mais dans ces groupes aussi, le scepticisme se propage.
Il reste donc un fossé politique net : en dépit d’une légère tendance au NON, les sympathisants des partis de gauche et du PVL veulent largement voter pour l’initiative, les autres sympathisants des différents partis et les Indépendants voulant en majorité voter contre l’initiative.
Argumentaire
Quatre arguments sur l’initiative Eau potable propre ont été directement formulés. Le degré de soutien montre à quel point l’évaluation du projet fait polémique: Tous ces arguments convainquent des majorités serrées de personnes désireuses de participer, mais se heurtent aussi à une forte opposition. Une majorité de 56 % est en outre d’accord avec l’argument selon lequel la production agricole est trop intensive et qu’elle contamine par-là les eaux, l’eau potable et les sols. Cet argument et sa formulation générale n’ont qu’un impact marginal sur la formation de l’opinion. Le débat sur le projet de loi a par-là un fondement. 67 % des voix OUI et des voix NON peuvent s’expliquer par l’avis sur ces arguments. Par rapport au mois précédent, la formation de l’opinion peut encore mieux s’expliquer par des contenus.
L’argument selon lequel une agriculture ayant des effets nocifs sur la santé et l’environnement ne devrait pas être soutenue par des subventions, fait davantage polémique qu’en avril. Et c’est pourtant toujours dans l’analyse d’impact que nous trouvons les explications les plus importantes des intentions de voter OUI.
Les deux contre-arguments gagnent en soutien : 61 % craignent que ces restrictions entraînent plus de dommages environnementaux importés. C’est désormais l’argument ayant le plus grand soutien pour le projet de loi et bien sûr l’argument le plus efficace de la partie adverse. Pour une part croissante des personnes mobilisée, la menace existentielle de l’agriculture représente un contre-argument convainquant et efficace.
Tendance de la formation de l’opinion
La nette tendance au NON à l’initiative Eau potable propre, basée sur un contenu atteint de larges milieux sociaux. Les points faibles de l’initiative sont connus et ils passent au premier plan, la seule idée d’une production agricole écologique ne suffisant plus à un OUI.
En règle générale, le retournement d’une telle tendance est à peine imaginable pour des initiatives. Si le débat critique se poursuit jusqu’au jour de la votation, les fossés sociaux se réduiraient encore davantage et un NON de la Suisse
italophone serait imaginable. Mais il est tout aussi possible que cette tendance s’arrête ou s’affaiblisse. Les sympathies seraient ainsi préservées au-delà des partis de gauche, et une part de OUI pour l’initiative Eau potable propre de plus de 40 % avec les villes et les régions majoritairement en faveur de l’initiative serait encore réaliste. C’est ce que suggèrent aussi les intentions de voter renforcées, exprimant une polarisation élevée des partisans du OUI comme elle se manifeste également dans la campagne de votation, à connotation émotionnelle.
Le soutien affiche de même un net recul, mais la situation est plus serrée
Si l’initiative populaire « Pour une Suisse libre de pesticides de synthèse » avait été mise au vote dès fin mai 2021, 51 % de l’électorat inscrit, fermement décidé à participer auraient certainement ou plutôt voté contre, et 47 % auraient certainement ou plutôt voté pour. Le déroulement typique des initiatives a aussi atteint l’initiative Pesticides. La situation plus serrée que pour l’initiative Eau potable propre provient notamment d’une tendance un peu moins nette au NON (recul de – 9 points de pourcentage certainement ou plutôt contre).
Les personnes voulant participer attendent en moyenne une part de OUI de 48 %. 60 % attendent un NON et 39 % un OUI. Par rapport à l’initiative Eau potable propre, l’électorat inscrit attend de même un NON, mais moins net.
La première vague d’enquête avait permis de faire une certaine différenciation entre les deux initiatives agricoles chez les personnes voulant participer, mais elle a plus ou moins disparu. Il en résulte un petit avantage perceptible pour l’initiative Pesticides. Un nouveau changement : 87 % veulent exprimer le même vote pour les deux projets de loi, voter donc deux fois OUI ou deux fois NON. C’est une hausse de 4 points de pourcentage. Mais ce n’est dans l’ensemble qu’une différenciation de 13 %. 5 % veulent voter pour l’initiative Pesticides et contre l’initiative Eau potable propre. Seuls 3 % veulent par contre voter pour l’initiative Eau potable propre et contre l’interdiction des pesticides. Les autres votants différenciés sont encore indécis sur au moins un projet de loi.
Un stade plutôt avancé de la formation de l’opinion
71 % manifestent des intentions fermes de voter, seuls 2 % sont encore indécis. En outre, les décisions de vote s’appuient sur un contenu solide. Pour l’initiative Pesticides,
le stade de la formation de l’opinion à polarisation nettement élevée suggère en principe un potentiel de changement moindre qu’à l’habitude pour les initiatives.
Schéma conflictuel : les sympathisants du PVL sont désormais nettement pour l’initiative Pesticides
Le schéma conflictuel de l’initiative pour l’interdiction des pesticides reste largement comparable à celui de l’initiative Eau potable propre. En général, les différences entre les groupes étudiés sont inférieures à 5 % pour la part de OUI. Dans cette différenciation, les électeurs du PVL présentent un certain intérêt. Le PVL a donné le mot d’ordre OUI pour l’initiative Eau potable propre et laissé la liberté de vote pour l’initiative Pesticides. Au contraire de la plupart des autres groupes, ses sympathisants manifestent une légère tendance en direction approbation. Cette tendance est même plus nette pour l’initiative Pesticides, 9 points de pourcentage plus qu’en avril voulant l’interdiction des pesticides. En dépit de l’absence de mot d’ordre OUI pour l’initiative Eau potable propre, c’est notamment dans ce groupe que l’initiative Pesticides a pu gagner du terrain. Les sympathisants du PS représentent un
autre groupe ou en dépit des mots d’ordre OUI sur les deux projets de loi, l’initiative Pesticides a l’avantage, la tendance au NON y étant nettement moins nette que pour l’initiative Eau potable propre. Au Centre, la tendance au NON reste la même, mais l’interdiction des pesticides conserve la faible avance qu’elle avait déjà en avril.
Dans les villes et chez les ménages aux revenus élevés, l’initiative Pesticides bénéficie d’un plus grand soutien que l’initiative Eau potable propre et en dépit d’une tendance au NON, des majorités jusqu’à la fin sont plutôt vraisemblables que pour l’initiative Eau potable propre. Cela vaut aussi pour la Suisse italophone : en dépit d’une tendance au NON, les deux projets de loi continuent à bénéficier clairement d’un soutien majoritaire, mais le pourcentage de 40 % voulant certainement voter pour l’initiative Pesticides est nettement plus élevé que pour l’initiative Eau potable propre (28 %).
Argumentaire : critique de l’emploi de substances chimiques toxiques par rapport au prix
Deux arguments supplémentaires sur les initiatives agricoles, formulés plutôt fondamentalement ont été explicitement sondés sur l’initiative pour l’interdiction des pesticides. Pour une majorité de 67 % (- 3 pt), l’utilisation de substances chimiques toxiques n’est pas compatible avec une agriculture durable. Chez la partie adverse un soutien de 76 % (+ 2 pt) ; l’argument selon lequel des obligations supplémentaires dans le domaine agricole augmenteraient les prix des produits alimentaires pour les consommateurs suisses y est encore plus nettement soutenu.
L’analyse d’impact de tous les arguments sur les intentions de
vote jusqu’à présent exprimées montre que l’orientation contextuelle bénéficie en principe d’un grand soutien et que celui du Centre est clairement alimenté par la critique de l’emploi de substances synthétiques. La critique des subventions versées à une agriculture nuisant à l’environnement (cf. l’initiative Eau potable propre) est elle aussi efficace. Outre le contre-argument selon lequel des pollutions seraient simplement importées, la majoration des prix représente le deuxième argument le plus important contre ce projet de loi. L’argument de la menace pesant sur l’existence économique même de l’agriculture est également efficace.
Tendance de la formation de l’opinion
Le cas normal de la formation de l’opinion se manifeste aussi nettement pour l’initiative Pesticides. En-dessous des 10 % et chez divers groupes, une première différenciation est perceptible accordant désormais un peu plus de chances à l’interdiction des pesticides qu’à l’initiative Eau potable propre. En principe, peu porte à croire à une adoption dans ce cas, une
telle tendance s’arrêtant rarement dans des initiatives et son retournement étant à peine imaginable. Mais les écarts entre les OUI et NON sont faibles et les effets de mobilisation des campagnes finales pourraient encore nous réserver des surprises. De telles surprises ne correspondraient pas au cas normal.
Intentions de voter OUI pour une faible polarisation en direction du NON
Le 22 mai 2021, une nette majorité de personnes voulant participer (64 %) aurait voté pour la Loi COVID-19 (-3 pt). 32 % s’y opposaient (+ 5 pt). D’un point de vue dynamique, l’opinion se polarise légèrement en direction du NON. Le partisans du OUI ont su conserver leur avance, même si elle a reculé (avance de 32 pt, – 8 pt).
Environ trois quarts des personnes voulant participer partent d’une adoption le 13 juin 2021 et 23 % d’un rejet. La part de OUI est estimée en moyenne à 56 %. Ces valeurs se sont révélées stables au fil du temps.
Stade avancé de la formation de l’opinion
Seuls quatre % de l’électorat ayant la ferme intention de participer sont encore indécis et une majorité nette a des intentions de vote extrêmement arrêtées : 67 % veulent certainement voter pour ou contre le projet de loi (+ 11 pt). L’ancrage argumentatif des intentions de vote est également en
hausse. Tout au long de la campagne, l’opinion s’est renforcée sans toutefois changé fondamentalement. Cela correspond à un stade mature de la formation de l’opinion, ce qui rend des glissements importants jusqu’au dimanche de la votation plutôt improbables.
Schéma conflictuel : milieux se méfiant du gouvernement et milieux proches de l’UDC contre le reste
C’est sur le plan politique que les intentions de vote sont les plus marquées car outre la confiance envers le gouvernement, l’appartenance aux partis détermine essentiellement l’opinion. Deux groupes majoritairement hostiles se confirment : l’électorat proche du SVP et les personnes voulant participer et critiques envers le gouvernement. Au demeurant, il règne un large consensus social sur la Loi COVID-19 bien que nous trouvions une légère hausse des parts du NON chez presque tous les groupes examinés.
Aucun parti ne présente un conflit élite/base. C’est là un indice de plus indiquant qu’il n’y a pas de grands décalages à attendre dans les rapports de majorité. L’approbation est la plus forte chez le PS, et la plus faible chez l’UDC. Les Indépendants sont les plus indécis, mais ils veulent majoritairement soutenir ce projet de loi.
Si toutes les tranches d’âge sont en majorité dans le OUI, la volonté d’approuver augmente nettement avec l’âge. Les parts de OUI augmentent en outre en fonction de la formation scolaire et du revenu des ménages.
Un examen par régions montre que la Suisse francophone approuve le plus la loi, suivie de la Suisse italophone. La Suisse alémanique est aussi en majorité pour la loi, mais c’est dans cette région que la résistance au projet de loi est la plus manifeste. En Suisse italophone, les opinions ont tendance à être encore largement diffusées, ce qui suggère plus de dynamique dans la formation à venir de l’opinion (ICH : 45 % certainement pour/contre).
En outre, le fossé entre la ville et la campagne existe toujours. Des voix critiques plus nombreuses s’élèvent dans les régions rurales, alors que l’approbation émanant des centres urbains est élevée.
Argumentaire : nécessité contre climat de peur
En argumentaire aussi, les partisans du OUI gardent le dessus car leurs arguments non seulement convainquent des majorités solides, mais ils disposent toujours de l’argument le plus efficace pour une décision de vote.
Au-delà des positions des différents partis, il est ainsi reconnu en majorité que la Suisse a besoin d’une base légale solide pour pouvoir agir de manière ciblée et rapide au cours de l’évolution de la pandémie. Seul l’électorat proche de l’UDC reste partagé sur ce point, ce qui n’était pas encore le cas, il y a un mois (47 % plutôt/entièrement d’accord contre 52 % plutôt/pas du tout d’accord). Un nombre plus élevé de 66 % (+ 5 pt) se range par ailleurs derrière l’opinion que la loi amortit les conséquences économiques de la pandémie sur les personnes et entreprises en difficultés, ce qui protège les emplois et les salaires. Tous les électorats des différents partis continuent en majorité à se ranger derrière cet argument.
Les partisans du CONTRE convainquent moins. 47 % des personnes voulant participer le soutiennent dans son argumentaire selon lequel le port du masque obligatoire, les fermetures d’entreprises et la quarantaine engendreraient des problèmes massifs et que la politique provoquerait plus de dommages que le virus ; 50 % contredisent. Mais chez l’UDC et les Indépendants, cet argument de la proportionnalité fait mouche (UDC : 57%, PUG : 57%). Et même les sympathisants des Verts, qui désirent nettement voter OUI, s’avèrent partagés sur ce point (PES : 43 % d’accord contre 55 % pas d’accord). Sans avoir toutefois un grand impact sur une décision de vote. Le deuxième contre-argument selon lequel la gestion de la pandémie contribue à propager la peur, tout en bouleversant l’ordre propre à la démocratie directe, trouve un soutien majoritaire chez l’UDC et désormais chez les Indépendants (UDC : 64 %, PUG : 70 % certainement/plutôt d’accord). Dans l’ensemble, cet argument n’est pas plus approuvé qu’il y a un mois.
La concordance entre les intentions de vote manifestées et les attitudes argumentatives a augmenté, elle est désormais élevée (niveau explicatif : 61 %). La nécessité de la Loi COVID-19, fondamentalement reconnue
favorise le vote d’un net OUI au projet de loi. L’atmosphère anxiogène tout autour du virus et l’impression que l’ordre propre à la démocratie directe est bouleversé promeuvent le plus fortement le NON.
Tendance de la formation de l’opinion
En raison de l’avance confortable des partisans du OUI, de l’avis sur les arguments et de l’opinion ferme manifestée, une inversion des rapports de majorité serait extrêmement surprenante. Actuellement, tout porte à croire à une adoption de de la Loi COVID-19, le 13 juin 2021. En dépit d’une légère polarisation en direction du NON et d’une situation pandémique plus détendue, les arguments en faveur du OUI ont toujours le dessus. La nécessité fondamentale de la Loi est largement reconnue. La critique la plus forte s’exprime dans les reproches de propager la peur dans le contexte de la pandémie, et de perturber l’ordre propre à la démocratie directe.
Des attitudes critiques se confirment chez l’UDC et chez ceux se méfiant du gouvernement. Une autre polarisation est imaginable, mais son potentiel est limité, pour ne pas dire déjà largement épuisé.
Mais la pandémie de COVID-19 et la politique de mesures affectant directement la vie quotidienne de nombreuses personnes et la situation pandémique pouvant changer à tout moment, des évolutions surprenantes ne peuvent jamais être entièrement exclues. Les discussions sur le coronavirus sont très émotionnelles, ce qui en principe, favorise une grande dynamique de la campagne de votation.
Intentions de vote actuelles : majorité de OUI pour une tendance au NON
Fait nouveau, une majorité en baisse de 54 % des personnes voulant participer aurait voté certainement ou plutôt pour la Loi sur le CO2, le 22 mai 2021 (- 6 pt). 43 % se sont exprimés plutôt ou clairement contre (+ 8 pt). En raison de la tendance au NON enregistrée ici, l’avance des partisans du OUI a baissé à désormais 11 points de pourcentage (- 14 pt).
Pour le résultat de la votation, l’attente des personnes voulant participer est moins nette : une majorité croissante part certes d’une adoption de la Loi sur le CO2 (56 %/43 %). Mais la part de OUI est estimée en moyenne à 49 %. Cela correspondrait à un rejet de justesse.
Stade avancé de la formation de l’opinion
Comme c’est habituellement le cas au cours des campagnes de votation, les intentions de vote se sont accentuées ces dernières semaines : 68 % ont une opinion ferme pour ou contre la Loi sur le CO2 (+ 12 pt). Les décisions de vote sont en outre soutenues par de solides arguments, et seuls trois % sont encore indécis.
Dans l’ensemble, cela correspond à un stade avancé de la formation de l’opinion, ce qui restreint la marge de manœuvre nécessaire à des changements. La grande dynamique de la formation de l’opinion montre toutefois clairement que le sort n’en est pas encore jeté.
Schéma conflictuel accentué : appartenance aux partis, couche sociale et région
Chez les partis à gauche de l’échiquier politique, jusqu’au PVL, l’approbation de la Loi sur le CO2 est élevée. Mais tout au long de la campagne, elle a dramatiquement baissé chez les Indépendants dont la majorité est désormais contre la Loi sur le CO2. L’approbation a augmenté chez l’électorat du Centre. L’électorat proche du PLR reste toujours partagé. Chez l’UDC, le NON est encore plus net qu’il y a un mois. Les électorats des différents partis s’alignent en majorité sur la position de leur « parti mère » respectif, même si c’est vraiment de justesse chez le PLR.
Cette tendance générale au NON se manifeste dans la plupart des sous-groupes. C’est particulièrement net dans les zones rurales ainsi que dans les couches sociales moyennes et défavorisées. Outre les sympathisants de l’UDC et les personnes se méfiant du gouvernement, les
personnes voulant participer venant de zones rurales et celles au niveau d’éducation moyen rejettent majoritairement la Loi sur le CO2.
En dehors de ces groupes, nous ne trouvons certes plus d’autres sous-groupes hostiles, mais l’approbation initialement solide des groupes aux revenus bas ou moyens est en train de baisser et sa majorité n’est plus que relative. De surcroît, le soutien de la Loi sur le CO2 devient désormais juste chez les 40-64 ans, chez les personnes voulant participer au niveau d’éducation bas, chez les hommes et en Suisse alémanique. Les différences entre sexes et couches sociales se confirment ainsi dans les intentions de vote tout comme les caractéristiques régionales. Le facteur de l’âge vient de s’y ajouter.
Argumentaire : frais supplémentaires uniquement pour les pollueurs contre affaiblissement des classes moyennes
En argumentaire, les partisans du OUI sont légèrement en meilleure position car leurs arguments convainquent des majorités nettes et ils sont à peine sous pression.
Un pourcentage stable de 72% admet que le réchauffement climatique va provoquer des dommages graves et des frais élevés si nous ne nous y attaquons pas plus résolument. 62 % trouvent que la loi soutient des investissements respectueux du climat, ce qui va créer des emplois viables (- 3 pt). Et 55 % admettent que les frais supplémentaires ne frapperaient que les pollueurs car, en vertu du principe pollueur-payeur, tous ceux agissant dans le respect du climat en profiteraient (- 2 pt). Ce dernier argument est le plus efficace pour expliquer une décision de vote. Des votes critiques à l’encontre des arguments OUI proviennent principalement des milieux bourgeois. En l’occurrence, l’électorat proche de l’UDC rejette majoritairement la totalité des trois arguments OUI. Les Indépendants et l’électorat proche du PLR sont en outre
sceptiques sur le principe pollueur-payeur.
La partie adverse dispose de deux messages pouvant recueillir une majorité. Un pourcentage stable de 61 % pense que la nouvelle Loi sur le CO2 augmenterait le prix du chauffage et les trajets en voiture, ce qui affaiblirait les classes moyennes, notamment dans les régions périphériques. L’argument des classes moyennes trouve une approbation considérable même chez les partis de gauche (PES : 25 %, PS : 30 %, PVL : 31 %), et c’est bien là le contre-argument le plus efficace. Un pourcentage également stable de 51 % pense que si la Suisse fait cavalier seul, cela aidera peu le climat, mais nuira aux entreprises et à la population. Outre l’électorat proche de l’UDC, cet argument convainc aussi celui du PLR et des Indépendants. Et le contre-argument selon lequel nous ne pouvons actuellement nous permettre des dépenses supplémentaires et des obligations en raison des dommages économiques résultant de la pandémie, ne convainc majoritairement que chez l’UDC.
La concordance élevée entre les intentions de vote et les attitudes argumentatives signale des décisions de vote basées sur un contenu (niveau explicatif : 75 %). Les intentions de vote restent déterminées par une comparaison des dommages et bénéfices. S’il y a un mois, il s’agissait encore plutôt de questions fondamentales (création d’emplois viables et peur des coûts sans agir contre CH faisant cavalier seul, sans aucun effet), l’opinion se concrétise désormais autour de l’argent.
L’argument selon lequel les frais supplémentaires ne toucheraient que les pollueurs est l’argument OUI le plus efficace, l’augmentation du prix du chauffage et des trajets en voiture étant le contre-argument le plus puissant. Il est remarquable que l’analyse d’impact ne permette pas de déterminer qui a les arguments convaincants car ils ont tous un effet tout aussi puissant sur une décision de vote individuelle.
Tendance de la formation de l’opinion
La décision relative à la Loi sur le CO2 jouit en amont d’une disposition favorable, les partisans du OUI sont toutefois sous pression depuis le début de la campagne. C’est une évolution atypique de l’opinion pour une proposition des autorités et la claire tendance au NON indique la grande dynamique de la formation de l’opinion quant à la Loi sur le CO2. Dans les milieux bourgeois et chez les Indépendants, les arguments des adversaires trouvent un terrain fertile, et ils sont même parfois entendus jusque chez les Verts et le PS.
Le large consensus social relatif à la Loi sur le CO2 a été brisé. En dépit d’un climat général de l’opinion en faveur de problématiques environnementales, la partie adverse a visiblement réussi à semer des doutes sur le projet de loi.
En dépit de la polarisation se manifestant en direction du NON, les partisans du OUI gardent l’avantage si outre les rapports de majorité, l’on tient compte des attitudes argumentatives ou des différents mots d’ordre.
La critique ici observée ayant déjà provoqué la chute de projets de loi similaires dès le niveau cantonal, il est difficile de pronostiquer l’issue de la votation. En principe, deux scénarios sont envisageables quant à l’évolution future de l’opinion sur ce projet de loi. La tendance au NON continue sa course effrénée, ou elle a déjà atteint son zénith. En raison de l’avance entre-temps juste du OUI, l’issue de la votation reste ouverte.
Intentions de vote actuelles nettement pour le OUI
À environ deux semaines de la votation, l’électorat veut avec une majorité de 62 % voter certainement ou plutôt pour la Loi contre le terrorisme. 32 % sont certainement ou plutôt contre cette loi. Actuellement, une majorité des personnes mobilisées part d’une adoption du projet de loi. La part de voix OUI aux urnes est estimée en moyenne à 56 %. Aucun changement par rapport à la première vague d’enquête (56 %).
Atypique pour une proposition des autorités, le NON a pu gagner du terrain au-delà de la période de la campagne. Alors que lors de la première vague d’enquête, 24 % avaient indiqué être certainement ou plutôt contre la Loi, ce sont maintenant 32 %.
Stade moyen de la formation de l’opinion
Les intentions de vote se confirment aussi au fur et à mesure de l’avance de la campagne de votation. Actuellement 60 % des enquêtés ont une opinion bien décidée. Cela correspond à une hausse de onze points de pourcentage par rapport à la première enquête. 6 % des enquêtés restent encore indécis. La force explicative des arguments se situe à juste 60 %. Au cours des deux dernières semaines, la formation de l’opinion a donc bien avancé. Mais dans la comparaison des projets de loi, elle reste encore en arrière.
Le schéma conflictuel : large approbation laissant une marge à des changements
La première enquête avait révélé chez tous les partis des majorités en faveur de l’adoption de la Loi contre le terrorisme. Ce n’est plus actuellement le cas. La majorité de l’électorat des Verts (43 %) et du PS (45 %) ne veut plus adopter le projet de loi.
Les sympathisants des autres partis continuent toutefois à se prononcer nettement pour le projet de loi, le NON pouvant encore se renforcer partout. Les sympathisants du PLR représentent une exception, l’approbation étant restée la même pour une consolidation nette de l’opinion. La majorité des Indépendants veut également adopter la Loi contre le terrorisme (56 %).
Après que l’électorat des partis de gauche ait donc changé de cap pour adopter celui de leur « parti mère » respectif, il n’a plus que PVL où l’élite du parti est encore en conflit avec sa base.
Dans l’ensemble, la position des autorités bénéficie donc d’un soutien majoritaire, un fossé gauche-droite se manifeste toutefois, qui pourrait encore se creuser davantage si l’électorat du PVL changeait de cap.
Certes les personnes faisant confiance au gouvernement sont bien plus d’accord avec le projet de loi que celles s’en méfiant, mais la part de OUI est majoritaire chez ces dernières aussi. Aucun vote de protestation ou de défiance envers les autorités ne se manifeste actuellement contre la Loi contre le terrorisme. Il y a visiblement présence d’une volonté populaire de suivre le Conseil fédéral et le Parlement sur les thèmes « Law and Order ».
Des majorités en faveur du projet de loi, ventilées selon des critères sociodémographiques se retrouvent dans tous les sous-groupes des personnes jusqu’à présent mobilisées. Mais leurs caractéristiques diffèrent. Plus une personne est âgée et plus son niveau d’éducation est bas et plus elle tend vers le OUI. Chez les hommes notamment, la part fixe est nettement plus élevée que chez les femmes. Les parts de OUI sont comparables dans les régions linguistiques (DCH 62 %, FCH 62 %, ICH 68 %), au contraire des parts de NON, plus différenciées. En Suisse alémanique (34 %), l’opposition à la Loi contre le terrorisme est plus élevée qu’en Suisse romande (29 %) ou qu’en Suisse der italienne (23 %). Cela tient notamment à la faible part d’indécis en Suisse alémanique.
Argumentaire
L’argument de la nécessité d’instruments plus puissants pour la police afin de combattre efficacement le terrorisme convainc de vastes majorités au sein de la population. Cet argument est soutenu par un pourcentage stable de 73 % des participants. Chez la partie adverse, une stable majorité étroite de 51 % est d’accord avec l’affirmation selon laquelle le projet de loi ouvrirait grand la porte à des privations de liberté et à
des violations des droits de l’homme. Selon une analyse de régression statistique, ces deux arguments ont un impact décisif, mais non encore définitif sur les intentions de vote. Mais 57 % des intentions de vote peuvent toutefois s’expliquer en n’utilisant que l’avis sur ces deux arguments. Cela correspond à une valeur moyenne, indiquant de nouveau que l’opinion sur ce projet de loi est encore en train de se former.
Tendance de la formation de l’opinion
De tous les projets de loi allant être soumis à votation le 13 juin 2021, c’est la Loi contre le terrorisme où la formation de l’opinion reste la moins avancée. Dans la plupart des sous-groupes et milieux examinés, les majorités voulant voter OUI se confirment. Mais ces majorités ne sont plus en partie qu’étroites. Comme attendu, le soutien initial des Verts et du PS est en baisse. Chez le PVL, le OUI reste actuellement majoritaire en dépit d’une tendance au NON. Nous avons donc un conflit élite/base chez le PVL ; mais plus à gauche, nous observons un rapprochement des attitudes de la base du parti à celles de ses dirigeants. Il existe donc encore un certain
potentiel pour une part de voix OUI en baisse, mais il est nettement limité.
La dynamique constatée de la formation de l’opinion au OUI en baisse est atypique pour une proposition des autorités car normalement, plus la date de votation approche et plus l’approbation augmente. Néanmoins, une adoption de la Loi contre le terrorisme est le scénario le plus vraisemblable du 13 juin 2021 car en dépit d’une tendance au NON, le projet de loi continue à bénéficier d’un grand soutien et les critiques dures se limitent aux Verts et au PS.
L’intention de participer à la votation du 13 juin 2021 est en régression
La participation aux votations nationales de septembre 2020 et de mars 2021 était supérieure à la moyenne de ces dix dernières années (46 %) ; la participation était en revanche moyenne en novembre 2020. La deuxième vague d’enquête indique que la volonté de participer le 13 juin 2021 est désormais de 52 %. Par rapport à la première vague d’enquête, cette valeur reste inchangée, et elle est supérieure à la moyenne des dernières années. Particulièrement frappante est la hausse chez l’électorat inscrit préférant ne pas participer à la votation.
Si l’on tient compte du fait que la participation le jour de la votation tend même à augmenter par rapport aux enquêtes,
les projets de loi actuels ont toujours le potentiel d’une mobilisation supérieure à la moyenne. Outre la grande attention portée dans l’ensemble aux questions politiques dans le cadre de la crise du coronavirus, la combinaison thématique hétérogène des cinq projets de loi porte à croire à une mobilisation supérieure à la moyenne. De nombreux groupes différents sont ainsi sensibilisés et pourraient être mobilisés.
Alors qu’un débat animé et émotionnel augmente en général la participation, il est possible que le ton parfois rude des discussions sur les initiatives agricoles rebutent aussi certains milieux. La démobilisation observée pourrait s’expliquer ainsi.
Profil des personnes voulant participer
Les données actuelles continuent toutefois à renvoyer au cas normal de la participation sans mobilisation de protestation. C’est même le contraire, nous assistons plutôt à une démobilisation dans certains milieux. Actuellement, les personnes aisées, celles au niveau d’éducation supérieur et les personnes âgées sont plus fortement mobilisées. Les personnes faisant confiance au gouvernement, elles aussi, sont actuellement plus enclines à participer que celles qui s’en méfient. En Suisse germanophone, la mobilisation de 57 % est déjà plus élevée (39 %) qu’en Suisse francophone (39 %) ou qu’en Suisse italophone (45 %). En Suisse latine, la hausse de la part de l’électorat inscrit ne voulant pas voter est particulièrement visible.
Dans l’ensemble, nous observons une tendance à la démobilisation chez les groupes moins impliqués
c’est-à-dire chez les jeunes, chez les personnes au niveau d’éducation bas ou bien aussi chez celles aux revenus bas. Par rapport à la deuxième vague d’enquête, il existe aussi des différences au sein de chaque parti. Si nous observons plutôt une démobilisation aux pôles politiques (GP – 9 pt, UDC – 13 pt) et chez les Indépendants (- 3 pt), la volonté de participer augmente chez l’électorat restant.
Si cette mobilisation se maintient, les trois propositions des autorités ont de bonnes à excellentes chances d’être adoptées ; les initiatives de leur côté se trouvent en mauvaise posture. Mais les débats consécutifs, notamment ceux sur les initiatives agricoles, pourraient encore avoir un impact sur les intentions de participer. Il existe ainsi un potentiel de mobilisation, notamment chez les personnes critiques envers le gouvernement et chez l’UDC.
Deuxième session de l’enquête Trend SRG-SSR sur les votations du 13 juin 2021, réalisée par l’Institut de recherche gfs.bern entre le 18 et le 27 mai 2021 auprès de 17’959 titulaires du droit de vote. La plage d’erreur statistique est donc de +/- 2.8 pour cent.
La partie téléphonique de l’enquête présente a été réalisée par le Service d’enquête gfs, l’institut de recherche gfs.bern est en charge de l’évaluation et de l’analyse des données.
Le sondage suit la procédure RDD/Dual Frame, via les réseaux fixe et mobile. Dans le cadre du mandat SSR, le sondage téléphonique des électeurs est complété par un sondage en ligne depuis l’automne 2018, afin de renforcer la taille d’échantillonnage en Suisse romande et au Tessin. La partie en ligne a été réalisée sous forme de sondage opt-in (sondage participatif) via les portails en ligne de SRG SSR Médias.
Pour pouvoir émettre des affirmations par régions linguistiques, nous avons tenu compte plus que proportionnellement des minorités linguistiques au cours de l’enquête CATI. Les proportions ont été rectifiées pour pouvoir émettre des affirmations au niveau national.
Nous ne pouvons émettre aucune affirmation sur la majorité des cantons vu que le nombre de personnes interrogées ne suffit pas pour effectuer des analyses assurées au niveau cantonal.
Vous trouverez ici plus d’informations sur la théorie et la méthode des sondages SRG Trend.
Rapport technique succinct
Commettant : Conférence CR de la SRG SSR
Corpus de base : Titulaires du droit de vote Suisses
Origine des adresses CATI : Plan d’échantillonnage Gabler/Häder pour RDD/dual-frame; corrigé par liste Swiss Interview
Origine des adresses en ligne : Sondage opt-in via les portails Internet de SRG SSR
Relevé des données : par téléphone, assisté par ordinateur (CATI) et en ligne
Nature de l’échantillonnage CATI : randomisé/par régions linguistiques; méthode de la date de naissance dans le foyer selon régions linguistiques
Nature de l’échantillonnage en ligne : Sondage de participation ouvert
Période d’enquête : 18 – 26 mai 2021
Jour médian de l’enquête : 22 mai 2021
Taille des échantillons : minimum 1’200, réel 17 959 (Cati: 1 213, Online: 16 746), n DCH: 13 755, n FCH: 3 378, n ICH: 826
Erreur d’échantillonnage : ± 2.8 points de pourcentage d’une valeur de 50% (et probabilité de 95%)
Particularités des quotas CATI : sexe/âge interverrouillés
Particularités des quotas en ligne : –
Pondération selon : Pondération dual-frame, langue, lieu de résidence, affinité avec un parti, recall, participation
Durée de l’enquête moyenne CATI : 16.2 minutes (écart-type : 3.8 minutes)
Publication : 2 juin 2021, 6h00