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Fiotte, ‘guez, prendre les couilles, sucer son joueur… La « banlieue » française n’a pas eu besoin de l’Académie française pour faire entrer quelques-unes de ses expressions fleuries dans le français courant. Ne dites plus « Ce n’est pas mon père qui porte le pantalon à la maison », dites désormais : « Mon père est une fiotte ». Si votre père est sous l’emprise de votre frère, vous vous plaindrez au conseil de famille en ces termes : « Il lui prend les couilles ». Si vous êtes absent et voulez vérifier auprès de votre frère si votre mère n’a plus d’autorité sur votre sœur, vous demanderez : « C’est vrai que Maman suce notre sœur ? ». La substitution des noms de Laurent Blanc et de Zlatan par ceux de ses parents permet de mieux saisir la portée des propos polémiques du latéral Serge Aurier. Des propos fracassants, dans la forme, qui ont occulté des vérités manifestement partagées par le vestiaire du Paris Saint-Germain.
L’insouciance et la candeur avec lesquelles Serge Aurier a débité ses propos soulignent terriblement l’absence de discernement chez ce garçon qui pensait parler normalement. Il est évident qu’il dit des choses qui ne sont pas loin de la réalité, mais son vocabulaire se réduirait-il uniquement à des métaphores odieuses et ordurières ? Le lendemain, la presse a souligné qu’il s’était astreint, avec désinvolture, à l’exercice des excuses publiques imposées par son employeur. Serge Aurier aurait-il délibérément délocalisé son cerveau dans ses crampons ? C’est à se demander quand on découvre que, dans son encadrement, il existe un chaperon chargé de veiller sur son comportement. Et comme par hasard, le scandale aurait eu lieu le week-end où le chaperon n’était pas collé à ses basques.
Le week-end dernier, Blaise Matuidi, un des vice-capitaines du PSG a fait une sortie médiatique pour soutenir, sans l’excuser ouvertement, que Serge Aurier était ami avec tout le monde, était très apprécié du vestiaire et que l’équipe avait besoin de lui. Le milieu de terrain parisien rapportait manifestement la position forte et fortement surprenante des joueurs. Jamais un si gros écart de conduite, dans le football, n’avait bénéficié d’une mansuétude active d’une telle force.
S’il lui reste encore un peu d’honneur, c’est à Laurent Blanc de prendre la porte car tout cela traduit le peu de crédibilité et de soutien dont il jouit auprès de ses joueurs. Ces derniers ne viennent-ils pas de voler au secours du cadet de la famille qui a répété en public ce que les aînés pensent et disent en privé ?|Botowamungu Kalome (AEM)