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31/08/2009
Si j'étais Kadhafi...
Si j'étais Kadhafi, et que comme lui j'aimais mener des négociations serrées à la manière d'un marchand de souk, je n'aurais que mépris pour le gouvernement suisse et sa lâcheté. Je n'aurais que mépris pour un gouvernement si appeuré de manquer de mon pétrole qu'il est prêt à faire toutes les concessions sans exiger de contrepartie. Je n'aurais que mépris pour un gouvernement prêt à signer un accord n'incluant pas la libération des otages et à se contenter d'une vague promesse orale sur ce point. Je n'aurais que mépris pour un gouvernement prêt à signer un accord lui donnant à l'avance la charge de la faute, avant même que le tribunal arbitral prévu par l'accord n'ait statué. Et surtout, je n'aurais que mépris pour un gouvernement qui abandonne tout honneur en venant s'excuser dans mon pays et n'attend même pas de me rencontrer personnellement pour le faire.
Si j'étais Kadhafi, je voudrais faire payer à la Suisse son manque d'honneur. Et je chercherais tous les moyens pour le faire. Et les accords signés en offrent au moins deux.
Si j'étais Kadhafi, l'annonce faite pas le Président de ce pays sans honneur qu'il démissionnerait si les otages n'étaient pas rentrés au premier septembre ne serait pas tombée dans l'oreille d'un sourd. Alors, je ferais tout pour faire durer cette libération. Je ne les laisserais repartir que le deux septembre, ou même le trois. J'attendrais d'être sûr d'avoir provoqué une telle crise politique que ce gouvernement ne s'en remettrait pas.
Si j'étais Kadhafi, j'utiliserais le tribunal arbitral pour ridiculiser ce pays sans honneur jusqu'au bout. Je n'irais certainement pas chercher un négociateur international compétant ou un juriste expérimenté pour me représenter au sein de ce tribunal. J'irais chercher le personnage le plus incongru possible, afin que ce pays et son gouvernement ressentent leur humiliation jusqu'au plus profond de leur âme. Être jugé par exemple par Mahmoud Ahmadinejad, le président iranien, serait pour la Suisse le comble du déshonneur. Ou pourquoi pas par Kim Jong Il, le président nord-coréen ?
Mais je ne suis pas Kadhafi et je ne suis pas capable de lire dans sa tête. Il est donc possible que je me trompe. Et pourtant, à voir le temps qu'il faut à la Lybie pour relâcher les otages, on peut se demander si ce scénario n'est pas en train de se réaliser...