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Cäsar Menz, directeur des Musées d'art et d'histoire de Genève, quitte ses fonctions avec effet immédiat, au moment de la parution d'un audit ravageur, effectué par la société française Eurologiques-Conseil sur les structures de l'institution, la gestion de son personnel et l'adéquation entre les prestations des musées et les moyens à disposition. C'est-à-dire à peu près le même cahier des charges de l'un des deux audits effectués sur le Grand Théâtre il y a deux ans. Que relève l'audit des MAH ? un " schéma culturel élitiste ", un " modèle féodal de fonctionnement ", la présence de " fiefs " plus soucieux de défendre leurs prés carrés que d'établir entre eux une collaboration fructueuse, un " directeur-suzerain ", un gaspillage de moyens, mais également l'incapacité du Département municipal de la Culture à communiquer sur ses actions, apparemment sans grands effets jusqu'à présent, de réforme de l'institution…Et la crise semble venir de loin dans le temps -ce qui a suggéré à quelques élus municipaux de s'en prendre au prédécesseur de Patrice Mugny, Alain Vaissade, rendu responsable de tous les maux du musée -avant, sans doute, que remontant plus haut encore dans la chaîne de l'évolution politique locale, et faisant le tour d'élus d'à peu près toutes les formations politiques, on finisse par se mettre d'accord pour en accuser Pierre Bouffard ?
Du bon usage des audits
Un audit est publié, une tête tombe, et après ? L'exercice sacrificiel ne suffit pas à réformer l'institution dont l'audit décrit l'état, même si l'intérêt de l'exercice réside d'abord en la mise en lumière d'une situation mal perçue " l'omertà régnait rue Charles Galland ", écrit la " Tribune de Genève "... elle régnait aussi place de Neuve et les deux audits du GTG l'ont brisée, alors que les syndicats la dénonçaient depuis deux ans. Ne révélant généralement rien, mais confirmant et précisant ce que l'on savait déjà, un audit n'est ni un bilan, ni un jugement, mais un instrument, rien qu'un instrument. Et c'est moins par son contenu, moins encore par son ton, que par l'usage qui en sera fait que réside son intérêt, et sa justification. Or cet usage est politique, éminemment politique, forcément politique. Engager au Grand Théâtre les réformes rendues nécessaires par l'obsolescence de la structure de l'institution, l'inefficacité de ses instances et l'archaïsme des pratiques y régnant, fut une décision politique, arrachée au terme de deux ans de conflit interne, puis public. Si l'audit des Musées d'art et d'histoire devait avoir le même usage, et les mêmes effets, l'exercice aurait pris tout son sens, même si la comparaison entre les MAH et le GTG a ses limites : le Grand Théâtre est une fondation de droit public, les MAH un service de la collectivité publique, aucune instance interne aux MAH n'a de capacité de décision, ni ne peut servir utilement de fusible, ni n'offre à quelques représentants du Conseil municipal la possibilité d'aider " de l'intérieur " au mûrissement de la crise. La responsabilité de la Ville, qui est de surveillance sur le Grand Théâtre, est clairement de décision s'agissant des musées.. C'est donc à elle de décider, et pas seulement de proposer, ou d'arbitrer.