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Les chorals de Luther
Un livre à la fois instructif et pratique consacré à ces œuvres fondamentales de la musique réformée.
Martin Luther ne fut pas seulement un grand réformateur, mais aussi un mélomane averti qui composa 43 cantiques destinés à être chantés en langue vernaculaire par les fidèles durant le culte. Ces chorals ont façonné l’identité musicale de la Réforme et ont été souvent repris par de nombreux compositeurs, soit à l’orgue comme prélude au chant de l’assemblée, soit dans des cantates ou oratorios, mais aussi dans des œuvres comme la symphonie Réformation de Mendelssohn, dont le dernier mouvement reprend un des plus célèbres chorals de la plume de Luther, Ein’ feste Burg ist unser Gott. Par ailleurs, d’autres compositeurs du début du protestantisme, comme Johannes Eccard, ont très tôt élargi le répertoire de chants sacrés à l’usage des fidèles, en prenant Luther comme modèle.
Le livre qu’Yves Kéler a consacré à ces œuvres fondamentales de la musique réformée a été pensé pour être à la fois instructif et pratique. Il présente chaque texte de choral dans l’original allemand avec une traduction, une recherche sur les sources dont Luther a tiré profit – avec le cas échéant les poèmes latins ou allemands utilisés –, une mention d’éventuelles variantes du texte, une courte étude théologique des concepts qui y sont développés, ainsi que les origines et une description de la mélodie. Outre un survol de la vie du réformateur, on trouve une étude plus générale des 43 cantiques, leur emploi cultuel tel que préconisé par Luther, leur typologie, leur prosodie ou leur coupe métrique. A noter que Luther s’est servi pour la composition de ses chorals non seulement de sources latines, mais aussi allemandes, puisque des chants vernaculaires étaient chantés dès le 12e siècle dans le Saint-Empire – sans compter les Mischlieder mi-latins, mi-allemands, à l’exemple d’In dulci jubilo, singt alle und seid froh. Dans la seconde partie, on trouve toutes les partitions de ces cantiques en version française rimée, neuf en version monodique et les 34 autres harmonisées à quatre voix, à l’usage des cultes bien évidemment, mais potentiellement aussi des messes, puisque certains de ces cantiques peuvent également entrer dans ce cadre – d’autant plus que Luther s’est souvent inspiré de mélodies grégoriennes existantes.
Yves Kéler, Les 43 chants de Martin Luther, (= Guides musicologiques No. 7), 480 p., € 76.00, Editions Beauchesne, Paris 2013, ISBN 978-2-7010-1590-3