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EN QUATRE ANS ON PREND RACINE
Depuis environ dix ans, la province de la Kosovë est traversée par des guerres successives, qui à chaque fois entraînent un certain nombre de requérant-e-s d’asile. Depuis 1994, le gouvernement de Milosevic a refusé de délivrer des papiers d’identité pour les personnes albanaises de la Kosovë qui avaient cherché refuge dans des pays tiers.
Maintenant que la guerre est finie, les autorités suisses ont décidé de lever de l’admission provisoire et de renvoyer les personnes issues de la province de la Kosovë. Etant donné que leurs renvois n’ont jamais pu être exécutés, les personnes arrivées en Suisse depuis longtemps se sont intégrées dans notre pays ; elles ont trouvé du travail et elles ont appris le français. Après tous ces efforts, elles doivent repartir dans un pays qu’elles ne connaissent plus. Un délai général au 31 mai 2000 a été fixé par le Conseil fédéral pour le retour de tous et toutes les Kosovar-e-s n’ayant pas d’autorisation de séjour en Suisse.
A néanmoins été trouvée par le biais de retour concocté l’Action humanitaire 2000 pour les personnes arrivées avant janvier 1993 et qui recevront un permis F. Or, un nombre important de Kosovars, souvent avec leur famille, est arrivé en Suisse pendant que la guerre faisait rage en Bosnie-Herzégovine, soit juste après 1992. Ainsi, les personnes arrivées entre 1993 et 1996, au bénéfice de divers statuts précaires, qui travaillent, qui parlent le français et dont les enfants sont scolarisés devraient repartir de Suisse. Au 31 mai 2000, on pouvait estimer que la phase III dite de " l’offensive " du plan de retour concocté par Berne concernait environ 25'000 requérant-e-s d’asile Kosovar-e-s dont 3'000 dans le Canton de Vaud. Certaines de ces personnes sont tellement intégrées dans notre pays, qu’un retour est inenvisageable.
Monsieur RUEY, le Conseiller d’Etat libéral en charge du dossier, a refusé de recevoir une délégation du mouvement et les personnes concernées ont commencé à recevoir la date de leur renvoi. Les accompagnements des Kosovar-e-s par des Suisses au moment de la prolongation de leurs attestations de séjour auprès de l’administration, ont alors commencé (1), pour éviter des embarquements intempestifs ou l’entrée en clandestinité qu’une non-prolongation impliquerait.
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