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Il y a les inconditionnels, ceux qui y croient depuis longtemps et qui se laissent soigner sans poser de questions. Et puis il y a les autres, ceux qui découvrent et l'une de leurs premières question est toujours : est-ce que la médecine chinoise est scientifique ? Et ceux-là sont plus nombreux en Suisse qu'en Chine, pour des raisons évidentes.
On aimerait pouvoir donner une réponse claire, nette et tranchée, mais ce ne sera pas le cas. Explorons donc les arguments des deux camps.
Les voix sceptiques d'abord. Leurs arguments sont multiples:
Quelle que soit la valeur individuelle de ces arguments, ils résultent en partie de l'incompréhension culturelle totale entre tenants d'une philosophie orientale et praticiens médicaux occidentaux. Pendant longtemps les uns et les autres se sont regardés en chiens de faïence et ce n'est qu'au début du 21ème siècle que les lignes ont commencé à bouger.
Si aujourd'hui la médecine chinoise a trouvé le chemin de nombreux hopitaux et cliniques, notamment en France (on lira par exemple cet article sur la médecine chinoise dans les hopitaux), c'est que les mentalités ont évolué. La complémentarité entre médecine chinoise et médecine occidentale apparaît aujourd'hui plus clairement, et les craintes se sont atténuées.
La communauté scientifique accepte maintenant d'adapter ses protocoles scientifiques pour étudier la pratique de la médecine chinoise plutôt que sa théorie. Les études portent désormais sur de vrais traitements pendant lesquels l'acupuncteur traite plusieurs points différents sur chaque patients. Jusqu'alors, on imposait qu'il ne traite qu'un seul point et que ce soit toujours le même, ce qui était un non sens! Et du coup les résultats des études deviennent positifs:
Dès 1997, le NIH (National Institute of Health, émanation du Ministère de la Santé des Etats-Unis) rendait un célèbre avis encourageant la recherche sur l'acupuncture. "L'acupuncture est une intervention thérapeutique communément pratiquée aux Etats-Unis. Bien qu'il y ait eu beaucoup d'études quand à son utilité, celles-ci ont produit des résultats équivoques (…). Toutefois des résultats prometteurs ont émergé (pour telle et telle pathologie...) montrant l'efficacité de l'acupuncture pour un certain nombre de pathologies. Il y a d'autres situations (liste des pathologies…) pour lesquelles l'acupuncture peut être un traitement complémentaire ou alternatif et mérite d'être incluse dans les plans de traitement. La recherche future montrera plus précisemment dans quels domaines l'acupuncture sera utile."
Quinze ans plus tard, le faisceau de preuves s'est élargi, bien qu'il reste très focalisé sur l'acupuncture. Il reste donc beaucoup de travail de recherche à faire, et de traduction de concepts chinois en paramètres observables occidentaux (le Dr Niboyet a par exemple montré que les points d'acupuncture étaient les points de moindre résistivité électrique au niveau de la peau).
La médecine chinoise trouve sa place en occident non seulement parce qu'elle fonctionne mais aussi parce qu'elle répond aux besoins des patients :
Médecine occidentale et médecine orientale n'ont pas de raison de se combattre. L'heure est à la recherche de leurs complémentarités. Et celle-ci passera aussi bien par une évolution des mentalités -en cours- que par des changements de réglementation et dans les pratiques de formation des uns et des autres.
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Notre article sur l'acupuncture.
Un outil spécifique de médecine chinoise, le diagnostic par le pouls.