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Pourquoi les Suisses aiment-ils et admirent-ils tant Tell, ce héros légendaire si ambigu. Justement parce que cette ambivalence permet à tout un chacun d'y projeter ses propres conceptions de la patrie. C'est ce que montre Christophe Büchi, à partir d'une lecture de la pièce de Schiller, "Wilhelm Tell", jouée cet été sur la plaine du Grütli.
En étudiant l'histoire de la Suisse multilingue, on se rend vite à l'évidence qu'il n'est pas possible de comprendre la question des langues si on ne s'intéresse pas en même temps au christianisme et aux confessions chrétiennes en terre helvétique. Dans notre pays, les problèmes linguistiques et religieux ont toujours été imbriqués de multiples façons. La question religieuse a influencé au cours de l'histoire les relations entre les groupes linguistiques. Mais si la Suisse multilingue ne peut être comprise sans référence au christianisme, pourra-t-elle survivre à une déchristianisation de notre société ? Pour ne pas susciter de faux espoirs, précisons que nous aborderons la question sans prétendre y répondre.