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N’importe quelle petite rivière de montagne peut monter de 8 mètres en quelques heures. La phase de réchauffement n’y est pour rien. Elle n’influence pas ni n’aggrave les épisodes méditerranéens.
D’une part les records les plus extrêmes ont eu lieu au XIXe siècle: 1820 et 1891 comme montré dans le billet précédent, mais aussi l’aiguat de 1940 pour les Pyrénées orientales. Si les records datent d’avant le réchauffement dit anthropique, alors ce réchauffement n’a pas d’effet visible sur le épisodes extrêmes.
Un aiguat est le nom donné par les catalans à ces épisodes méditerranéens (ou mousson provençale). L’intensité de celui de 1940 n’a pas été égalée à ce jour.
Sont-ils plus fréquents? On ne peut l’affirmer. À la fin du XIXe siècle les inondations sont presque annuelles dans cette région:
« De 1879 à 1891 (à l’exception de 1886) chaque année connait au moins une crue provoquant une inondation de la Salanque. Certaines années sont particulièrement néfastes, comme 1888, -2 inondations de la Salanque (en septembre et décembre)-, 1885, -3 inondations (en mars, juin et novembre)-, et 1884, -4 inondations (en mars, septembre, novembre et décembre). Le Tech déborde presque aussi souvent entre Elne et Argelès. »
Si les crues les plus extrêmes ont eu lieu bien avant la phase de réchauffement, et si elles étaient déjà si nombreuses il y a plus d’un siècle, c’est qu’il n’y a pas de relation de cause à effet. Aucun lien n’est démontré.
Quelle que soit leur violence les pluies extrêmes et leur inondations sont à ce jour indépendantes de la poussée chaude. La débauche d’images et la médiatisation à outrance ne les rend pas plus fréquentes ni plus intenses.
L’aiguat du 16 au 20 octobre 1940 a connu plus de 1000 mm de pluie en 24 heures! Le double de Vésubie. C’est le record européen absolu. Si la station thermale d’Amélie-les-Bains a été dévastée, que dire de Vernet-les-Bains:
« Le lit du Cady, à l’origine de 2 à 5 m de large passe à une dizaine de mètres, puis de 40 à 100 mètres à certains endroits dans la nuit du 17 octobre. Sur la route de Corneilla, le torrent atteint 4 m de haut. D’importantes quantités de matériaux solides sont charriés. Vernet-les-Bains est l’un des villages les plus touchés même si aucune perte humaine n’y est à déplorer.
Le Cady a emporté 52 constructions : tout un quartier en rive gauche à proximité de l’endroit où se situe l’actuel établissement thermal est anéanti (hôtels du Parc et Ibrahim Pacha, les Thermes, le lavoir, les villas, ....). L’avenue des Thermes est recouverte sur plus d’un mètre par du sable, des galets et des débris d’arbres. Suite à la crue de 1940, le Cady a été aménagé en un large et profond chenal qui traverse aujourd'hui le village. »
Enfin la lecture de ce document sur le site des Alpes-Maritimes achève de me convaincre. Les inondations n’ont pas pour cause le réchauffement:
« Jusqu’au XIXe siècle les nécessités de l’autosubsistance ont entraîné une surexploitation des pentes et un déboisement intensif des zones de montagne qui ont accru l’érosion et le ravinement.
Non seulement la torrentialité des cours d’eau s’était amplifiée avec la prolifération des sols dénudés, mais un autre phénomène, l’urbanisation, augmentait l’ampleur des dommages sur la zone côtière à la fin du XIXe siècle. Près du littoral, les conséquences des crues se sont nettement aggravées au XXe siècle en raison de l’occupation des secteurs inondables par des zones urbanisées et des lotissements industriels et par le manque d’entretien et de curage des cours d’eau. Aucune vallée n’est totalement à l’abri. »
En 1992 à Vaison-la-Romaine, on en voit le résultat (vidéo 2)
J’ai eu l’occasion de voir une rivière de montagne gonfler démesurément en quelques minutes suite à un orage, entre Gap et Sisteron. C’est irrésistible. La vague arrive du haut dans un grondement sourd. Ce sont les pierres et rochers qui roulent et raclent le fond, arrachent des falaises, éventrent ponts et maisons.
La vidéo 1 est cette vague dans une petite rivière du nord du Mont Ventoux, proche de Vaison: le Toulourenc. Si la vague vous emporte la mort est quasi certaine, d’abord par les chocs des pierres et arbres, puis par la noyade.
À la télé, les journalistes disent que cela va se répéter. Oui. D’ailleurs cela se répète déjà depuis des siècles. Il suffit de s’informer. Que ce sera plus intense et plus fréquent. On n’en sait rien. On n’en sait rien. Ils se demandent ce que l’on peut faire à l’avenir. Il faudrait appliquer la loi Barnier et renaturer les paysage vulnérables.
Dans un an, il y aura probablement une autre inondation: les journalistes n’auront qu’à reprendre les mêmes commentaires inutiles et faire comme s’il ne savaient pas. D’ailleurs, il y a 10 ans ils ne savaient pas: ils ne connaissaient pas même le nom d’épisode cévenole! Ils parlent aujourd’hui d’événement climatique, alors qu’il s’agit d’un événement météorologique. Ils sont des larves incompétentes.
L’hystérie climatique rend les gens idiots, y compris les jeunes qui se prennent pour des sauveurs.
Au secours! Au secours!
Le Toulourenc, lame d’eau
Vaison-la-Romaine, la rivière en furie
Comment se forment les crues: