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La voix fait partie des aides naturelles du cavalier. Avec les jambes, les mains, la voix joue son rôle dans l'équitation. Chaque cavalier développe ce rôle comme il le souhaite. Il peut très bien ne pas l'utiliser, comme ne jurer que par ça. Comment apprendre à un cheval à obéir à la voix, et à faire en sorte qu'il soit réactif à cette aide ?
Pour commencer, avant de voir comment, voyons déjà pourquoi ! Pourquoi apprendre à son cheval à savoir réagir correctement à la voix de son cavalier ? Dans quelles circonstances pourrions-nous en avoir besoin ? La question possède naturellement plusieurs réponses, dont voici les principales :
1. Moins d'action sur le mors et avec nos talons
En agissant avec sa voix, les autres aides seront diminuées. Les tiraillements dans la bouche seront moins nombreux. Les coups de talons pourront être remplacés par « trotter » ou « plus vite ! ». On pourra prévenir par un « Non ! » ou « doucement » avant de reprendre ses rênes et tirer dans la bouche. En bref, les autres aides moins agréables pour le cheval sont diminuées, et il est plus facile pour lui de savoir s'il fait les choses justes ou non.
2. Gérer une situation d'urgence
Une situation de panique peut vite arriver lorsqu'on monte à cheval. Que ce soit en extérieur ou même en manège ! Le cheval prend peur, et n'écoute plus nos mains qui tirent sur les rênes ou notre poids mis sur l'arrière de la selle pour le stopper. Un cheval habitué à la voix de son cavalier saura se calmer en entendant des propos rassurants. Ou alors il saura qu'il doit s'arrêter sur un « stoooop ! » sec.
3. Rassurer ou pousser son cheval face à un obstacle
Ce point se rapproche un peu du précédent. Qui n'a jamais dû pousser son cheval vers un obstacle terrorisant en concours ? Et suivant les épreuves et l'enjeu, on a pas trop le temps de tourner trois fois autour après un premier refus. En voyant que le cheval est réticent sur l'obstacle qui arrive, on l'encourage à la voix, ou on le pousse à y aller. Ca ne marche pas forcément à tous les coups comme une solution miracle, mais ça peut beaucoup aider.
Pareil en balade, lorsque quelque chose effraie le cheval. En restant calme et en l'encourageant à la voix, tout en lui disant « Non ! » lorsqu'il veut faire demi-tour ou partir dans une autre direction, on l'aide. Il sera plus réceptif, et en se concentrant sur ce que dit son cavalier, il en oubliera un peu la peur énorme qu'il a pour cet obstacle si terrifiant.
4. Être sûr d'avoir encore le contrôle de sa monture
En séance de travail, ou en balade, en échauffement lors d'un concours,...bref, chaque fois que l'on est à cheval, on peut s'assurer d'avoir encore le contrôle de son cheval. Une petite indication à la voix, par exemple « Hoooo » pour ralentir, suffit à voir si le cheval est à son affaire et concentré ou non. Bien sûr, on peut aussi le vérifier en demandant une figure, un arrêt ou une accélération, par exemple. Mais si on est en pleine reprise ou en plein cours, c'est plus rapide et plus discret de voir si on est toujours sur la même longueur d'onde que son cheval ou non.
5. Longer en toute tranquillité
Quoi de plus agréable que de pouvoir longer son cheval tranquillement ? En ayant appris à obéir aux ordres basiques tels que « hooo », « plus vite », « au pas/trot/galop », pas besoin de lui courir derrière avec la chambrière ou de tirer sur la corde en usant ses mains. On peut même se passer de la corde ( si pas d'enrênements spéciaux avec) une fois que le cheval a l'habitude de tourner sur son cercle en obéissan aux ordres vocaux de son cavalier.
(6. ... et sauver sa peau si la bride fou le camp ! )
Eh oui, ça peut même sauver un cavalier d'une chute ou d'une grosse frayeur ! Souvenez-vous du parcours de Pius Schwyzer, la vidéo avait fait le tour des réseaux sociaux il y a tout juste une année : un magnifique parcours sans faute et à quelques sauts de la fin...Une rêne qui casse !
Imaginez-vous maintenant sur un jeune cheval ( ou pire ! Un jeune poney) assez fougueux et pas facile à arrêter en pleine action. Un des premiers concours et il vous arrive la même chose. Sans rênes pour le stopper, comment on fait ? On prie, on se jette à terre ou on s'accroche très fort à sa selle. Ou alors, on sait que notre cheval obéit à la voix et on lui demande poliment de s'arrêter.
Maintenant que nous avons vu pourquoi la réactivité du cheval à la voix de son cavalier était important, observons comment obtenir de bons résultats.
Commencer le travail au sol
Tout travail se commence au sol. Apprendre gentiment à son cheval à obéir à des ordres simples se feront à pied, à côté de lui. De cette manière, on évite de le stresser s'il ne sait pas comment réagir. On a le temps de répéter les exercices autant qu'il le faut. Par exemple, on peut lui apprendre à rester immobile à l'aide d'un geste ET d'un code vocal, comme « pas bouger ». Lorsque le cheval aura capté le principe, on le fera qu'avec le code vocal. Et ainsi de suite pour tous les codes à instaurer.
Capter l'attention de son cheval
Un cavalier motivé, c'est bien. Mais sans cheval qui le suit, ça ne sert à pas grand chose. Il faut donc trouver un moyen de capter l'attention de son cheval. Pour certains, c'est très facile, pour d'autres... Il faut beaucoup d'imagination ! Pour commencer, on s'amusera à l'appeler en arrivant à l'écurie s'il vit en box, ou à se placer dans son parc et l'appeler jusqu'à ce qu'il vienne vers nous. Durant une séance, il est important de varier les exercices. Si une demande de votre part ne marche pas même après 5-6 essais, passez à autre chose. Puis, quelques temps plus tard, revenez sur cet exercice.
Y aller progressivement une fois en selle
Une fois les principaux codes instaurés à pied, il est temps de se mettre en selle ! Et ce n'est pas parce que le cheval sait bien réagir à pied qu'il le fera également avec son cavalier sur son dos ! Comme lors du travail au sol, il est important d'y aller progressivement. Le cheval ne retiendra pas 30 codes vocaux en un seul après-midi ! Il faut y aller par étapes, et à chaque étape franchie, instaurer 1-2 nouveaux codes. En selle, pas question de lâcher ses rênes et ses étriers directement ! Il est important de travailler comme d'habitude, mais en incluant les codes vocaux en plus. Petit à petit, le cheval saura comment réagir et les aides pourront à ce moment-là diminuer.
Toujours récompenser
Cette étape est très importante ! Le cheval ne saura s'il a compris le code vocal correctement ou non seulement en observant votre réaction. En le récompensant ( gratouilles, pause ou bonbon), il saura qu'il est sur la bonne voie. Et en terme d'apprentissage des codes vocaux, c'est un peu la seule manière de lui dire qu'il fait juste ou faux ! Ca lui apprendra aussi à capter vos tons de voix. Il saura lorsque vous êtes contents quel ton vous avez, et lorsqu'il fait quelque chose de faux ( les bonbons/gratouilles n'arrivent pas et la voix du cavalier change) il apprendra à le reconnaître dans le son de votre voix !