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Ses opposants dénoncent des taxes allant jusqu'à 1000 francs par an pour une famille moyenne, un chiffre largement supérieur à l'estimation du Conseil fédéral, qui parle de 100 francs seulement.
La loi sur le CO2 prévoit des taxes incitatives, avec une redistribution dont les grands gagnants seront les Suisses qui ne prennent ni l'avion, ni la voiture et se chauffent au renouvelable.
À l'inverse, d'autres seront pénalisés, ce que dénonce le conseiller national UDC Pierre-André Page, pour qui la loi est profondément injuste: "ça n'est pas tout le monde qui paiera, mais ce seront les utilisateurs de voiture de la campagne ou des zones de montagnes. Ce seront les personnes qui n'ont pas la possibilité d'avoir des transports publics".
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Deux scénarios aux antipodes
La famille que l'UDC imagine vit dans une grande maison chauffée au mazout. Elle roule 20'000 kilomètres par an dans une voiture qui consomme huit litres au cent et s'envole aux Maldives en hiver.
Pour une même famille dans un logement moyen, avec un vol en Europe, une voiture à 6 litres au cent et qui ne roule que 12'000 kilomètres par an, le Conseil fédéral fait une estimation dix fois plus basse, que partage la conseillère nationale vert'libérale Isabelle Chevalley: "On serait à 100 francs par an, ce qui représente environ huit francs par mois. Pour deux cafés par mois, je pense qu'on peut faire quelque chose pour le climat".
Celle-ci souligne également qu'il "faut aussi calculer ce que ça coûte de ne rien faire: l'agriculture n'est pas toujours assurée pour des sécheresses ou des inondations. Le coût pour tous ces individus est énorme".
Des suppositions dans les deux camps
Dans les deux camps, on trouve ainsi beaucoup de suppositions et peu de certitudes.
Toutefois, l'extrapolation de l'UDC n'est plausible que si toutes les taxes sont poussées au maximum et que les comportements n'évoluent pas. Ce scénario ne tient pas compte des tendances actuelles, ni des nouvelles règles qui rendront les voitures et les maisons moins polluantes.
A l'inverse, le Conseil fédéral part lui du principe que la Suisse atteindra ses objectifs intermédiaires.
Etienne Kocher/aes