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La médecine est un art (et non une science) qui se base sur une science, la biologie. La biologie a fait des progrès considérables et pourtant la médecine allopathique rencontre les pires difficultés à soigner (et je ne dis pas guérir) une migraine, une grippe, un rhume, un eczéma, etc..
Alors où se situe ce gouffre parfois abyssal entre les revendications de la médecine allopathique, en gros :
- C'est une médecine scientifique (par opposition à toutes les autres qui sont le fait de charlatans)
- Elle est de plus en plus efficace
- Elle guérit de plus en plus de maladies
- Le cancer est en passe d'être vaincu (cela fait plus de 40 ans que l'on entend dire que le cancer sera guéri dans 5 ans et malgré les centaines de milliards de dollars dépensés dans la recherche on en est toujours aux mêmes traitements: chirurgie, irradiation, chimiothérapie)
- Etc..
et la réalité beaucoup plus triviale sur le terrain ?
Une première hypothèse réside dans ce que j'ai exposé dans les deux billets concernant la récente publication par l'Office fédéral des statistiques des dernières estimations sur le cancer («Quatre Suisses sur dix feront un cancer (1)» et «Quatre Suisses sur dix feront un cancer (2)»).
Une deuxième réside dans un fait importantissime dont la médecine allopathique ne parle jamais: nous sommes tous différents !
Alors reprenons cela pour le détailler quelque peu (et je ne vais faire qu'énoncer des évidences):
- Notre patrimoine génétique diffère: de même que nous avons tous des empreintes digitales différentes, nous avons tous des différences notables dans notre ADN. C'est le fruit de notre hérédité et des innombrables combinaisons et recombinaisons au fil de générations qui se perdent dans la nuit des temps
- Depuis la première seconde de notre conception, lorsque le grand brassage de gènes (nous n'avons aucune idée des Lois qui prévalent au choix des gènes provenant plutôt de la branche maternelle ou au choix des gènes provenant plutôt de la branche paternelle) se fait, chaque vie est unique: nos parents sont différents, l'alimentation du fœtus est différente, le milieu dans lequel baigne le fœtus est différent. Par exemple: la mère boit de l'alcool ou non, se drogue ou non, prend ou non des médicaments, les parents fument ou non, leur alimentation est favorable ou non au développement de la vie, notre future venue dans le monde est accueillie avec joie et amour ou avec peur, déni, culpabilité, haine, que sais-je encore. Là aussi, la liste des possibilités est littéralement infinie
- Tout aussi évident, notre état de santé n'est pas le même à la naissance: là où certains naissent au bout de 9 mois en parfaite santé, tètent sans problème et adoptent rapidement des cycles diurnes / nocturnes normaux, d'autres naissent prématurés ou avec des malformations congénitales ou encore ont des problèmes neurologiques les empêchant de téter correctement. La liste à nouveau est infinie. Pourquoi sommes-nous déjà différents à la naissance ? Eh bien, cela fait partie des mystères de la vie pour une grande part et aux plus ou moins bonnes habitudes de vie des parents pour une autre part. Sans parler des "accidents" de la vie qui sont plus nombreux qu'on ne le croit
- Une fois au monde, chaque seconde de vie, même en étant frère et sœur, fait que nous allons vivre quelque chose d'unique, que rien ne sera exactement comme le reste de l'humanité: le milieu familial sera unique, notre alimentation sera unique, nos jeux seront les nôtres, appris à notre rythme, les vaccins que nous allons recevoir seront peut-être les mêmes en théorie, mais impacteront un organisme qui est unique et plus ou moins apte à supporter le choc vaccinal. Et l'on peut dire la même chose des médicaments
- Face à la maladie nous ne sommes pas égaux: dans les pires épidémies du passé (la peste ou la grippe espagnole, etc..), il y a ceux qui tombaient comme des mouches et ceux qui passaient au travers alors même qu'ils étaient en contact étroit avec les malades. Pourquoi, est-ce ainsi ? Là aussi on ne peut qu'émettre des hypothèses et s'en remettre aux mystères de la vie
J'arrête là cette liste tant tout cela est évident pour nous tous, n'est-ce pas. Mais on comprend facilement à quel point toutes ces particularités vont affecter notre métabolisme, notre physiologie, notre psyché et notre énergie vitale.
La biologie a décrit des processus métaboliques d'une complexité folle. Chaque cellule de notre corps est une usine capable d'accomplir des merveilles à chaque seconde de notre existence. Notre corps et nos cellules sont en permanence en train de créer, de recycler, de stocker, de déstocker, de transformer, de méthyler (il y a des centaines de voies de méthylation différentes). Par exemple :
- La création du glutathion (le plus puissant anti-oxydant du corps humain) à partir de l'homocystéine passe par des étapes complexes et nécessite, entre autres, la présence de vitamines du groupe B. Ce qui sous-entend que chacun des paramètres qui sous-tend la création du glutathion fera que nous saurons plus ou moins bien nous protéger contre les attaques de radicaux libres (reconnus pour jouer un rôle majeur dans le viellissement, la dégénérescence cellulaire)
- Il existe des voies métaboliques innombrables dont l'efficacité, ou l'inefficacité, à un stade ou à un autre nous est propre. Nous sommes uniques à tous les niveaux de notre être, depuis la plus petite de nos cellules jusqu'à l'être qui se meut avec plus ou moins de facilité dans cette vie terrestre.
Eh bien face à la maladie, que fait la médecine allopathique ? Elle nous traite tous de la même façon car elle ne soigne pas des malades, mais des maladies:
- Dans les premiers mois et années de la vie, le calendrier vaccinal est le même pour tous, peu importe notre état de santé (alors que nous savons par exemple que certains organismes sont de mauvais répondeurs à tel ou tel vaccin. Ce qui veut dire que vous pouvez avoir été vacciné trois fois contre tel ou tel virus et que vous n'aurez toutefois développé aucun anticorps et que votre protection sera au mieux illusoire)
- Au lieu de réfléchir au pourquoi des symptômes de Mme X ou de Mr. Y, elle soigne un eczéma, une gastrite, une hypertension ou un diabète. Et vous avez intérêt à entrer dans les statistiques qui démontrent l'efficacité thérapeutique de tel ou tel médicament sous peine de grande déception
- Le diagnostic une fois posé, elle obéit à des équations relativement simples, à chaque maladie son protocole.
Si la médecine allopathique veut devenir la médecine de demain elle devra plus s'intéresser au malade qu'à la maladie car la médecine de demain sera celle qui saura s'adresser à la personne dans sa globalité, celle qui saura interroger le patient pour savoir d'où il vient, ce qu'il a vécu, ce qu'il vit au moment où il consulte.
Ce sera celle qui saura prendre le temps d'étudier la vie du patient pour trouver, avec lui, un sens à ce qu'il vit et qui est source de souffrance. Celle qui saura intervenir thérapeutiquement en respectant cet être unique avec ses souffrances, ses déséquilibres, ses forces, ses faiblesses. Qui saura, qui osera, s'appuyer sur les ressources propres du patient pour faire confiance aux capacités de guérison qui sont en chacun de nous et qui n'utilisera l'arsenal thérapeutique "lourd" qu'en tout dernier recours.