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Lauréats
Lauréats
Le prix de la recherche H&W 2017 est attribué à Sarah Bänziger de l'Université de Zurich. Dans le cadre de son travail de master, la lauréate a pu démontrer que la salamandre tachetée a déserté 27% des sites où elle était présente depuis 2003. Pour cela, elle a étudié 115 cours d'eau pour lesquels des données pour les années 2003-2004 étaient disponibles et où l’on avait déjà observé une forte baisse de l’occupation depuis 1900. Dans la recherche des causes du déclin, il est apparu que les pertes les plus récentes sont principalement liées au réaménagement des cours d'eau et à la prédation par les poissons. Avant 2003, par contre, c'était principalement la disponibilité de bois mort qui jouait un rôle décisif. Sarah Bänziger fournit ainsi des informations importantes pour protéger l’espèce emblématique qu’est la salamandre tachetée. La disponibilité de tas de bois mort ainsi que le rempoissonnement sont des facteurs qui peuvent être maîtrisés avec une gestion appropriée des cours d’eaux.
Le prix de la recherche H&W est attribué à Matthias Tschumi de l’Agroscope de Zurich et de l’Université de Coblence-Landau, pour son étude sur les effets des bandes fleuries sur les cultures agricoles. Ses expériences en plein champ ont montré que des bandes fleuries annuelles ou des jachères florales pluriannuelles pouvaient représenter un avantage également pour les agriculteurs. Dans le cas de champs de pommes de terres par exemple, la présence d’une bande fleurie permettait de réduire de 77 % les populations de ravageurs des cultures. Les dommages sur les plantes elles-mêmes étaient en outre réduits de manière significative. Dans le cas de jachères florales bordant des céréales d’hiver, on a pu constater une augmentation de rendement de 10 %. Nous sommes persuadés que les résultats de cette étude lauréate donneront de nouvelles impulsions à la lutte biologique contre les nuisibles. Le lauréat fournit par ailleurs de nouveaux arguments en faveur de la mise en place de bandes fleuries, semées depuis quelques temps pour favoriser la diversité des espèces. Félicitations!
Le prix de la recherche H&W est attribué conjointement à Esther Schweizer, ZHAW et Manuel Frei, EPF Zurich et WSL. Tous deux ont examiné la question de savoir si le Crapaud calamite, fortement menacé, a des chances de survie à long terme dans des régions à forte activité agricole.
Grâce au suivi télémétrique très complet effectué par Esther Schweizer, nous savons à présent que le Crapaud calamite vit toute l’année dans les zones agricoles et quels sont les endroits qu’il choisit comme cachette de jour ou pour hiberner.
Manuel Frei a démontré, au moyen de méthodes génétiques, que la population de Crapauds calamites de la haute vallée de Suhren est bien interconnectée et qu’aucun individu n’y est génétiquement isolé.
Les travaux des deux lauréats donnent des impulsions importantes à la protection de la nature sur le terrain. Ils encouragent à prendre des mesures en faveur du Crapaud calamite également dans les zones agricoles soumises à une exploitation intensive.
Le prix de la recherche H&W 2014 est attribué à Alain Reymond, de l’Université de Lausanne. Son travail de master porte sur l’écologie et la conservation du Cuivré de la Bistorte (Lycaena helle), une espèce de papillon prioritaire qui vit dans les milieux humides et dont la chenille se nourrit de la Renouée bistorte (Polygonum bistorta). Plus de 500 individus ont été capturés et marqués sur 12 habitats de la Vallée de Joux et de grandes différences de densité ont pu être observées, liées aussi à l’importance des structures d’habitats pour l’espèce, comme par exemple la longueur protectrice des lisières, où un nombre important d’individus a pu être observé. La conservation du Cuivré de la bistorte ne peut donc pas se baser uniquement sur la préservation de la plante hôte. En effet, les refuges microclimatiques représentent un complément important et nécessaire à la présence de ce papillon. Alain Reymond a complété son travail par des propositions de mesures applicables pour la conservation du Cuivré de la Bistorte.
Le dixième prix H&W pour la protection de la nature est attribué à Benjamin Krämer de l’institut d’écologie du paysage de l’université de Münster (D). Le lauréat a consacré son travail de diplôme à l’écologie des papillons des «prés aux saillies» du sud de la Bavière. Ces prairies bosselées représentent un type particulier de prairie maigre calcaire très diversifié en espèces, présent essentiellement dans les Alpes calcaires septentrionales, qui se distingue par son microrelief en bosses et en creux. Le travail de Benjamin Krämer donne une direction novatrice à la préservation de ce milieu rare et de sa faune de papillons diurne et imprime un élan original à la promotion d’espèces menacées de papillons.
Les résultats de sa recherche attestent de la grande importance que revêt la qualité des habitats: la surface et la perméabilité du territoire environnant ne montre pas d’influence sur le nombre d’espèces et la densité des papillons, alors que l’offre en plantes hôtes et en plantes nectarifères s’avère décisive. A cela s’ajoute que la présence de forêt, en périphérie des habitats de ces papillons, se répercute de manière positive sur le nombre d’espèces spécialisées. L’auteur interprète ce résultat de la façon suivante: la forêt fonctionnerait comme une barrière qui empêcherait l’exode des papillons. A l’inverse, la pâture intensive – en agissant comme un puits écologique – aurait une influence négative.
Dans des zones avec une grande densité d’habitats et une faible fragmentation, les effets paysagers ont apparemment une moindre importance que ce que l’étude escomptait. Bien que ce résultat soit prévisible, il est d’une grande importance. Plus simplement dit: des milieux intacts et de grande surface peuvent être laissés à eux-mêmes, il n’est pas prioritaire de les mettre en réseau, mais il s’agit surtout de se soucier de la préservation de leurs qualités.
L’auteur fait des propositions concrètes pour la préservation de ce milieu riche en espèces, menacé par un abandon du fauchage traditionnel. Il propose une exploitation alternative, adaptée à la préservation d’une majorité de la faune de lépidoptères présente: une combinaison de surfaces pâturées et de surfaces fauchées tous les deux ans. Un régime plus facile à concilier avec l’agriculture contemporaine.
Le neuvième prix H&W pour la recherche est attribué à Philippa Maria Breyer de l’université Coblence-Landau, pour son travail de Master traitant de l’influence de la qualité de la structure des cours d’eau sur leur richesse biologique. Son étude a été motivée par le constat que beaucoup d’interventions de revitalisation à petite échelle n’aboutissaient pas à l’amélioration escomptée de la qualité faunistique.
La lauréate a pu démontrer pour la première fois que, localement, la qualité structurelle d’un cours d’eau n’influençait pas la qualité écologique de la manière aussi significative qu’on le pensait : la diversité de la faune aquatique, qu’elle a mesuré avec une méthode analogue à celle de l’indice biologique IBCH, est surtout déterminée par la richesse structurelle à plus grande échelle. Elle explique ce résultat comme étant la conséquence de processus de «source-sink» à une échelle régionale : si le macrozoobenthos (ensemble des invertébrés des cours visibles à l’œil nu) est trop pauvre, de nouvelles structures locales auront de la peine à être colonisées.
Lors de renaturations ou de revitalisations de cours d’eau, il ne s’agit donc pas seulement d’étudier la richesse structurelle à l’échelle du projet mais également à plus large échelle, puisque le degré de richesse structurelle au niveau régional est déterminant pour le succès de ces mesures en termes de qualité écologique. Des tronçons bien structurés mais de faible longueur n’ont donc un sens que si la richesse structurelle à l’échelle régionale est de suffisante.
Le huitième prix de la recherche H&W (2011) est attribué à Christian Stärz, de l’institut de l’écologie du paysage de l’Université de Münster. Dans son travail de master intitulé «Le feu, une (mal)chance pour la mante religieuse ?», il a étudié l’écologie des populations et des larves de ce mantoptère menacé, présent sur les talus de vigne du Kaiserstuhl (D). Parmi les nombreux aspects traités, son attention s’est portée spécialement sur les conséquences du brûlis hivernal, un mode particulier d’entretien des talus. Le lauréat a démontré que la mante religieuse résiste bien au feu. En dépit du fait qu'une partie des cocons soient détruits par le feu et que moins de larves n'éclosent, les surfaces sur lesquelles le brûlis est pratiqué comptent davantage d'individus l'année suivante, ainsi qu'une densité de cocons plus grande que les surfaces laissées en friche. L’élimination par le feu de la couche de paillage donne apparemment lieu à un meilleur développement et les surfaces totalement détruites sont rapidement recolonisées.
La question d'autoriser à nouveau le brûlis hivernal contrôlé, en tant qu'instrument avantageux de protection de la nature, est actuellement débattue en Allemagne et dans les Pays-Bas, débat auquel les résultats des recherches de Ch. Stärz apportent une précieuse contribution. Se basant sur les résultats d’études complémentaires, les chercheurs de l’Université de Münster arrivent à la conclusion qu’un brûlis des talus de vigne du Kaiserstuhl, effectué selon des règles définies (brûlage du bas vers le haut, mosaïque spatiale et temporelle), se justifie et aboutit à l’effet souhaité. Des milieux naturels xérophiles, menacés par l’abandon ou par les successions écologiques, peuvent ainsi être sauvegardés.
Après de longues discussions, le jury du prix de la recherche Hintermann & Weber a décidé de ne pas attribuer le prix 2010.
Parmi les candidatures de cette année se trouvaient plusieurs excellents travaux scientifiques, appuyés notamment par des publications dans de bonnes revues. Pourtant, parmi les travaux remis, nous n’en avons trouvé aucun qui réponde de manière suffisante à nos critères d’attribution. Soit les travaux de recherche n’étaient pas assez pratiques pour une application dans le domaine la protection de la nature et du paysage, soit nous n’avons pas pu reconnaître des solutions concrètes pour la résolution d’un problème de protection de la nature resp. de nouvelles stratégies et démarches pour la protection de la nature. Nous avons découvert des travaux qui méritent sans aucun doute un prix, mais pas dans le domaine que nous couvrons.
Nous avons fait le don du prix d’une valeur de CHF 5’000.-- à Pro Natura pour l’achat d’un terrain à Eggiwil BE, dans le cadre de la sauvegarde et la régénération du haut-marais de Steinmösli.
Cette année, ce prix d’un montant de 5000 francs est attribué à Sonja Wessel de l’Institut d’ingénierie en bâtiment de l’Université de Hanovre. Dans son travail de master, la lauréate a étudié l’influence des changements climatiques sur l’écoulement des cours d’eau alpins. Elle traite de manière détaillée un sujet brûlant et identifie les faiblesses de la pratique actuelle en ce qui concerne l’attribution de concessions pour des installations hydroélectriques. Ses constatations en relation avec la problématique des débits résiduels sont marquantes et vont provoquer de nombreuses discussions à l’avenir.
Les quantités de débits résiduels après une prise d’eau dans des cours d’eau exploités constituent un facteur décisif pour la flore et la faune. C’est pourquoi, depuis 1991, la loi sur la protection des eaux définit des quantités minimales de débits résiduels. Dans le cadre de son travail de master, Sonja Wessel a analysé les problèmes qui se posent lors de la détermination des débits résiduels. Toutefois, l’influence des changements climatiques sur l’écoulement des eaux constitue la partie principale de son travail. Ce sont les trois cours d’eau valaisans du Rhône, de la Saltina et de la Lonza qui lui ont servi de modèles.
Les analyses et calculs de modèles de la lauréate démontrent clairement que ces dernières décennies, les quantités d’écoulement naturelles se sont modifiées à un tel point que la pratique actuelle concernant les accords de concession et l’établissement des débits résiduels devra être reconsidérée. Les résultats montrent clairement le rôle important joué par le degré d’englacement du bassin versant d’un cours d’eau. A l’avenir, il faudra aussi mieux prendre en compte les variations de niveau saisonnières, afin de trouver des solutions supportables pour l’écosystème des cours d’eau. La lauréate demande que les quantités minimales des débits résiduels ne soient pas contrôlés seulement après 80 ans, mais déjà après 20 à 30 ans et qu’elles soient alors adaptées aux conditions cadres qui se sont modifiées pendant cette période.
Cette année, ce prix d’un montant de 5000 francs est attribué à Veronika Braunisch du Centre de recherche forestière de Baden-Württemberg. Dans sa thèse de doctorat, la lauréate a élaboré un modèle des habitats nécessaires au Grand Tétras en Forêt-Noire. Sur la base de données existantes, elle a développé de manière élégante un outil précieux pour la protection de la nature.
Le prix de la recherche 2008 est attribué à Veronika Braunisch du Centre de recherche forestière de Baden-Würtemmberg à Freiburg i.Brsg. Le jury a choisi de récompenser sa thèse de doctorat, construite sur cinq publications scientifiques et deux articles du domaine de la vulgarisation scientifique, sur le Grand Tétras en Forêt-Noire. Le but de sa thèse était de déterminer les facteurs qui définissent la qualité et la sélection de l’habitat ainsi que la distribution spatiale. Ces facteurs devraient permettre d’identifier quelles sont les surfaces nécessaires à la survie de cette espèce menacée. Le point principal de cette modélisation était la localisation de surfaces potentielles d’espaces vitaux dans lesquelles des conditions appropriées d’habitats peuvent être créés et assurés à long terme. Mme Braunisch a particulièrement tenu compte des conditions liées aux emplacements et aux sols. Le modèle qu’elle a développé a permis de prévoir de manière très sûre la distribution effective du Grand Tétras.
Le jury a particulièrement apprécié le chapitre dans lequel Mme Braunisch a fait ressortir les secteurs importants pour les contacts entre les populations voisines. A partir des échantillons de plumes de 213 Grand Tétras et en se fondant sur la structure génétique de la population, elle a modélisé sa distribution spatiale. La parenté existant entre les individus ainsi que les distances géographiques et les structures du paysage intermédiaires ont été mises en corrélation dans un modèle. Celui-ci a permis d’en déduire les facteurs qui ont un effet positif, respectivement négatif, sur l’échange génétique entre les populations voisines.
Dans la dernière partie de sa thèse, Mme Braunisch a réuni ses résultats dans un vaste concept qui révèle les habitats prioritaires, les corridors écologiques et les îlots-refuge, et définit les mesures importantes à prendre. Ses résultats sont actuellement mis en oeuvre dans le cadre du «Plan d’action Grand Tétras» à l’échelle de toute la Forêt-Noire.
Cette année, le prix d’un montant de 5000 francs est attribué à Cosima Tegetmeyer de l’Université de Greifswald. Son mémoire traitant des exigences du milieu naturel du Phragmite aquatique, une espèce d’oiseau menacée au plan mondial, a été choisi parmi dix-sept travaux de diplôme. Ce prix a désormais déjà été attribué trois fois à un travail effectué en Allemagne et trois fois à une femme.
Le prix de la recherche 2007 a été attribué à Cosima Tegetmeyer de l’Institut de botanique et d’écologie du paysage de l’université de Greifswald. Dans le cadre de son travail de diplôme, Mme Tegetmeyer s’est intéressé au Phragmite aquatique, une espèce d’oiseau menacée au niveau mondial, vivant dans le marais de Rozwarowo, à la frontière germano-polonaise. Elle a notamment analysé les facteurs influençant la végétation et le niveau de l’eau, et menant à des conditions favorables pour cette espèce rare. L’exploitation de roseaux pour la couverture des toitures est d’une importance significative au niveau de l’économie locale. Le point central de cette étude porte donc sur la question de la compatibilité entre l’exploitation du roseau et les contraintes liées à la présence du Phragmite aquatique.
La lauréate conclut que l’exploitation du roseau peut même contribuer à la protection de cet oiseau, dans la mesure où l’on évite des niveaux d’eau trop élevés. Elle définit les exigences minimales ainsi que les mesures à prévoir pour améliorer les conditions de vie du Phragmite tout en évitant des pertes dans l’exploitation du roseau. Les conclusions et solutions trouvées par la lauréate sont actuellement exploitées par un projet LIFE-Environnement de l'U.E. en cours depuis 2005, ayant pour but de renforcer les populations de Phragmite et de créer 1500 ha de surfaces propices à la nidification. Madame Tegetmeyer prévoit de poursuivre son étude dans les zones d’hivernage africaines du Phragmite. Ce prix arrive donc à point nommé.
Le quatrième prix H&W de la recherche a été attribué au Dr. Felix Schläpfer et à Pierre-Jan Witzig, de l’Institut des sciences de l’environnement de l’Université de Zurich. Parmi les 16 travaux présentés, le jury a choisi leur analyse sur l’acceptation de la revitalisation des cours d’eau par la population du canton de Berne.
L’étude analyse les votes des citoyens lors de l’initiative „pour un fonds de renaturation inscrit dans la loi de la gestion des eaux“ qui avait été acceptée en 1997. Les auteurs ont étudié l’influence de divers facteurs sur les résultats de vote agrégés des différentes communes. Parmi ces facteurs, on relèvera la densité de la population et le revenu moyen des communes, les caractéristiques écomorphologiques géoréférencées des cours d’eau locaux (degré de naturalité) ou encore les inondations.
Les deux auteurs démontrent que l’approbation augmentait là où la population est plus dense et les revenus plus élevés. Par contre, elle diminuait dans les régions ayant davantage de cours d’eau proches de l’état naturel. Les résultats indiquent que les votes sont fortement influencés par les avantages que la population locale peut tirer du patrimoine „cours d’eau“. Ces différents résultats sont importants quand il s’agit de propager et de financer des projets environnementaux et de protection de la nature. Par exemple, une campagne de votations ciblée devrait tenir compte du fait que les citoyens évaluent différemment les avantages et les désavantages d’un projet selon les conditions locales. Ces conclusions pourraient déjà être importantes dans le contexte de l’initiative populaire „eau vivante“ déposée en juillet dernier. Cette initiative lancée par la Fédération Suisse de pêche demande l’assainissement et la renaturation des cours d’eau altérés ainsi que des débits résiduels suffisants.
En 2003, à l'occasion de son 20ème anniversaire, le bureau d'écologie Hintermann & Weber SA a créé un prix pour la recherche appliquée dans le domaine de la protection de la nature. En 2005, ce prix d'un montant de 5'000.-- francs , a été décerné à Tobias Plieninger de l’Université de Freiburg i. Brsg. Dans une thèse exemplaire sur les peuplements patûrés de chênes verts dans les Dehesas en Espagne, il corrige la vision d’un système d’utilisation agro-forestier durable et propose des moyens applicables pour maintenir les valeurs naturelles du paysage à long terme.
Dans le cadre de sa thèse, Tobias Plieninger a analysé, sur l’exemple d’une région typique des Dehesas, l’histoire du paysage, l’évolution des peuplements de chênes verts ainsi que la structure liée à l’âge et le rajeunissement du chêne vert. De plus, il a analysé l’influence des facteurs écologiques des lieux d’implantation et de l’utilisation du paysage, afin développer une stratégie permettant de préserver de manière durable les peuplements de chênes verts. Sa dissertation dont le titre est « Built to last ? Land-use history, ecological determinants, and land manager perspectives of regeneration of holm oak (Quercus ilex) dehesas » est constituée de six études de cas resp. de publications exemplaires.
Il est particulièrement intéressant de constater que le système d’utilisation agro-forestier dans les Desehas est tout sauf durable. La plupart des arbres sont des vestiges de la naissance de ce paysage, lorsque que la forêt de bois dur et la garrigue avaient été défrichés. Comme historiquement, sous les conditions de pâturage et d’agriculture systématiques, aucune technique de rajeunissement des chênes verts n’avait été développée, on se trouve aujourd’hui devant les problèmes de rajeunissement connus. La solution proposée par Plieninger est de réactiver le rajeunissement naturel en mettant en place un système de rotation sur de petites surfaces non exploitées depuis environ 25 ans. Les conclusions et les solutions proposées par Pleininger dans sa thèse donnent aussi des signaux importants pour la sauvegarde de systèmes agro-forestiers d’Europe centrale, notamment pour les pâturages boisés dans le Jura. Cette forme d’utilisation aussi ne fonctionne « durablement » que s’il y a un équilibre entre l’exploitation et le développement naturel. Cependant, aujourd’hui, l’évolution tend vers une différenciation entre la forêt et les pâturages. Une partie des pâturages n’est plus utilisée et recouverte de forêt, une autre est si intensivement exploitée qu’aucun jeune arbre ne peut plus y pousser.
En 2003, à l'occasion de son 20ème anniversaire, le bureau d'écologie Hintermann & Weber SA a créé un prix pour la recherche appliquée dans le domaine de la protection de la nature. En 2004, ce prix d'un montant de 5'000.- francs , a été décerné à Xenia Junge de l'Institut pour les sciences environnementales de l'Université de Zurich et de l'Université Philipps à Marburg..
Pour son travail de diplôme la biologiste a étudié la perception et l’estime accordée par la population à la biodiversité végétale. Elle a constaté que les gens parviennent en principe à distinguer une végétation riche en espèce d’une végétation pauvre en espèces et qu’une plus grande richesse d’espèces est jugée positivement également par les amateurs. Elle a toutefois aussi démontré qu’il existe des lacunes considérables au sein de la population en ce qui concerne les connaissances sur la diversité des espèces. L’étude se distingue par un questionnement précis, un design innovateur et soigné et une enquête judicieuse auprès des personnes interrogées.
Ce travail constitue une contribution précieuse à l’argumentation politique dans le domaine de la protection de la nature. Jusqu’à présent, il n’était guère connu dans quelle mesure les gens sont capables de reconnaître des espaces vitaux riches en espèces. Il n’avait pas non plus encore été possible de prouver de façon précise ce dont de nombreuses personnes se doutaient déjà : que la biodiversité biologique est mieux considérée esthétiquement. Le travail récompensé est important pour la protection de la nature car il livre des conclusions précises.
A l’occasion de son 20ème anniversaire, le bureau d’écologie Hintermann & Weber SA a pour la première fois décerné un prix pour la recherche appliquée en protection de la nature. Le prix d’un montant de 5000 francs a été attribué à Rita Bütler Sauvain de l’ EPFL de Lausanne pour son travail « Dead wood in managed forests : How much and how much ist enough ? ». La biologiste a développé une méthode élégante permettant de déterminer la proportion nécessaire de bois mort dans les forêts.
Le jury a dû se prononcer sur 31 travaux sélectionnés. Le choix de la lauréate s’est finalement fait sur sa détermination à formuler des objectifs clairs, fondés et applicables, sur la proportion nécessaire de bois mort dans les forêts d’épicéas à fonction de production. En outre, Rita Bütler Sauvain a également développé une méthode pragmatique d’évaluation de la part de bois mort dans les forêts d’épicéas à l’aide de photos satellites infrarouges.
Le bois mort est un indicateur important pour la diversité des espèces dans l’écosystème forestier. D’innombrables insectes, oiseaux, champignons et lichens dépendent en partie ou entièrement d’arbres morts. Afin de favoriser la diversité biologique, une sylviculture moderne et durable doit veiller, outre à des arbres sains, à disposer de suffisamment de bois mort. La part de bois mort dans les forêts vierges intactes atteint 30%. Dans son excellent travail, Rita Bütler Sauvain en arrive à la conclusion que dans une forêt exploitée, une part de 5% d’arbres morts est suffisante pour maintenir la diversité des espèces.