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En chirurgie endoscopique, le principe revient à ne pas ouvrir le corps du patient comme on avait l'habitude de le faire, mais à pratiquer des micro incisions (appelés trocarts) qui serviront de passage pour l'insertion d'outils chirurgicaux (pinces, ciseaux, aspirateurs, pointes coagulantes, etc.).
Le premier constat est que la vision directe de la zone d'intervention du chirurgien est supprimée. Par conséquent, il est nécessaire d'introduire une micro caméra par l'un des trocarts: c'est ce qu'on appelle l'endoscope. Cet endoscope est raccordé par un faisceau de fibres optiques ou via une CCD à un moniteur couleur et on visualise l'image prise par la caméra. On visualise ainsi l'intérieur du corps du patient: le chirurgien opère donc via un écran vidéo.
L'étendue des opérations croît de plus en plus, et elle couvre aujourd'hui beaucoup de spécialités: la chirurgie O.R.L., et particulièrement endonasale, la chirurgie abdominale, l'obstétrique ou la neurochirurgie.
En ce qui concerne la santé du malade, les bénéfices de cette chirurgie sont considérables. Étant donné que la partie du corps incisée est minime, la morbidité postopératoire peut être réduite (cicatrisation plus aisée, moins de risque d'infection). Le malade se remet beaucoup plus vite d'une opération puisqu'elle est beaucoup moins destructrice.
Du point de vue économique, le gain est loin d'être négligeable. En effet comme le patient récupère très vite de l'opération, il peut quitter l'hôpital rapidement. A titre d'exemple, suite à une ablation d'une tumeur au poumon, un patient est de retour chez lui deux jours après l'opération (au lieu de deux semaines pour la même intervention en chirurgie classique); et il obtient quinze jours d'arrêt de travail (au lieu de deux mois).
Ces chiffres sont suffisamment parlants pour comprendre l'intérêt d'une telle médecine et on peut prétendre sans risque que dans 3 à 4 ans la chirurgie endoscopique couvrira 60 à 70% des opérations, contre 40% aujourd'hui.
Le chirurgien doit donc apprendre un nouveau métier: c'est une nouvelle technique qu'il faut maîtriser, des nouveaux repères, des nouvelles sensations qu'il lui faut acquérir. Pour cela il faut s'entraîner, et le malade n'est certainement pas le cobaye idéal pour faire ses premiers pas. La plupart des chirurgiens se sont entraînés sur des animaux, en particulier des cochons. Si on fait abstraction de toutes questions éthiques, les animaux ont été un bon moyen d'apprentissage, mais à l'heure actuelle, il est interdit d'opérer des animaux dans un nombre de pays toujours plus élevé.
Les chirurgiens n'ont donc plus de choix, en l'absence d'autres méthodes d'entraînement réalistes, ils font leurs premiers essais sur le malade. Les risques d'erreurs sont donc beaucoup plus importants et le danger d'une médecine à deux vitesses n'est pas à écarter: les chirurgiens expérimentés seront beaucoup plus chers que les novices.
Le Dr Cuttat du service chirurgie du CHUV et le Groupe Vision de l'EPFL ont décidé d'unir leurs efforts pour mettre au point un simulateur de chirurgie endoscopique le plus près possible de la réalité. Ce réalisme doit être respecté sur les points suivants:
Nous devrons également étudier et modéliser le comportement de tels systèmes lors de la rupture (cisaillement, rupture à la traction ou sous une pression interne trop forte, etc.).
Le but est donc de mettre au point un véritable simulateur de chirurgie (dans un premier temps endoscopique). Dans sa phase initiale ce nouvel outil ne sera pas adapté à tous les patients, mais il sera conçu de façon à simuler les réactions d'un malade dit standard. Ce sera alors un véritable outil d'apprentissage et d'entraînement. N'importe quel incident pourra être simulé et n'importe quelle innovation pourra être tentée. Un tel simulateur constituerait un progrès considérable pour le milieu médical.
Dans un deuxième temps, des mises à jour de l'environnement standard sur la base de l'étude d'un patient particulier pourront être réalisées. Cela pourrait permettre de tester en salle d'opération les gestes avant de les exécuter. Dans un tel contexte, il est même envisageable d'exécuter de véritables opérations à distance. Des cas simples comme des sutures ont déjà été réalisés aux USA via un tel mode.
Phase d'approche de l'outil
L'outil appuie sur la paroi de l'intestin
L'outil tire sur la paroi
Un autre outil qui reste à développer est un système incluant un retour de force. Cette boîte noire dans laquelle on aurait la possibilité d'introduire des outils chirurgicaux et un endoscope, afin d'opérer une zone virtuelle visualisée sur le moniteur, est en cours d'évaluation à l'IMT.
Le mariage de la VR, de la robotique et de la vision constitue un gain fondamental pour l'avenir de la chirurgie endoscopique. On ne peut pas imaginer que la chirurgie se passe de telles méthodes: ce qui était hier de la science fiction devient de plus en plus réalité dans beaucoup de laboratoires de recherche. Beaucoup d'universités l'ont compris et c'est sans aucun doute l'un des axes de recherche prioritaires pour les prochaines années.