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Certains l'appellent le bunker. D'autres saluent l'audace de la construction en béton ajoutée au bâtiment d'origine. L'ambassade de Suisse à Berlin se veut le reflet de la Suisse moderne. Inaugurée vendredi soir en présence du président de la Confédération Moritz Leuenberger, elle ouvrira ses portes au public samedi.
L'ambassade de Suisse à Berlin, c'est une addition de contrastes: d'un côté la partie ancienne du bâtiment avec ses lambris, ses angelots et ses lustres. De l'autre, une construction en béton d'une extrême sobriété.
A l'extérieur, on aperçoit le Reichstag et sa coupole de verre. A gauche, la nouvelle et imposante chancellerie: depuis le début du mois, le chancelier allemand Gerhard Schröder est le voisin de l'ambassadeur de Suisse, Thomas Borer-Fielding.
Autour de leur résidence, les chantiers s'étalent encore à perte de vue dans ce quartier chargé d'histoire. La Confédération avait acquis cet hôtel particulier en 1920 pour un demi-million de francs suisses. Un prix raisonnable, à ses yeux, pour ce bâtiment par ailleurs fort bien situé.
Et c'est une période dorée qui commence: la haute société berlinoise se presse dans les salons de l'ambassade où sont organisées de somptueuses réceptions. Pas pour longtemps. Hitler accède au pouvoir, la guerre éclate et les bombardements s'intensifient.
En 1943, autour du Reichstag, il ne reste rien ou presque. Un seul bâtiment se dresse encore au milieu des ruines: celui de l'ambassade de Suisse.
Par la suite, la diplomatie helvétique changera plusieurs fois d'adresse avant de se retrouver à Bonn. Après la chute du mur, Berne décide de rénover son bâtiment berlinois et retient le projet des architectes bâlois Diener et Diener.
La partie ancienne du bâtiment est réservée aux réceptions alors que la nouvelle construction abrite les bureaux. Devant l'entrée, le sol est jonché de feuilles d'arbres... des feuilles en papier issues d'une machine conçue par l'artiste zurichoise Pipilotti Rist: toutes les douze minutes, une feuille s'envole avec un message poétique écrit dans les quatre langues nationales.
Le ton est donné: c'est la Suisse moderne qui se présente ici, une Suisse qui parfois dérange aussi.
Germaine Müller, Berlin
Livre:
«Das Haus im Nachbarland - die Schweizerische Botschaft im Berliner Regierungsviertel» de Claudia Schwartz - Verlagshaus Braun.
Film:
«Vorposten im Spreebogen - Die Geschichte der Schweizerischen Botschaft», coproduction SFB-Film et SF DRS.