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Gone with the wind...
And yet still palpably with us as witnesses of a time long passed, these old melodies strike our ears as if they want to invite us to linger a moment.
Are we happy? Were our forefathers also happy? What do these melodies – rising from forgotten times, enrapturing us with their beauty, only to fade again – wish to tell us? Perhaps they bring us in contact with an epoch which bestowed on man what he so often misses today: a little peace after a day’s work, moments to reflect and relax and, above all, inner contentment!
Through the ages man has tried to use music to relax. Once mechanical musical reproduction became possible, music spread as never before. Even non-musicians and the less well-off were able to have their own concerts, and the old and infirm could shorten the long hours.
Mechanical music was also acknowledged by the great classical composers; Mozart and Haydn, for example, like many others, wrote music for transcription for mechanical instruments. Count Esterhazy possessed many chamber barrel organs. Automatic instruments were to be found at the courts of emperors and kings, as well as in oriental harems or the houses of the middle class. Musical boxes were to be found in tiny jewel boxes and in huge dance-hall orchestrions.
They were barrel organs with dancing puppets and bell-ringing Chinamen to entertain those in the waiting-rooms at stations, and there was hardly a child who did not ask for a coin to buy a minute of happiness. However, only change is permanent…
More than a hundred years ago Thomas A. Edison succeeded in recording the human voice. The phonograph, constantly improved, began its triumphant progress around the world, unabated today. The discs and tapes have brought us much, both good and bad, who can say? They have, however, also taken something from us: a personal relationship with the instruments. Today music can be “called up” from a disc or a tape without the slightest thought; you are served at the touch of a button.
This recording of music for mechanical instruments from three centuries reminds us of our ancestors’ ingenuity, and that the standard of technology of the 20th century is only possible because of the foundation laid by craftsmen of earlier generations. Perhaps it is the irony of our time that because of cost we are no longer able to produce such instruments in detail, although the most modern machines are at our disposal. Have we become slaves to our Machines or of the Times?
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Français
Comme emportées par le vent…
Et pourtant témoins d’une époque révolue, ces vieilles mélodies résonnent à nos oreilles et nous proposent un instant de réflexion.
Sommes-nous heureux ? Nos ancêtres le furent-ils ? Ecoutons ces mélodies au charme désuet qui émergent de l’oubli et planent autour de nous avant de disparaître à nouveau. Peut-être nous relient-elles à une époque révolue qui apportait à l’homme ce qui lui manque tant aujourd’hui: le rêve, la détente et surtout la paix intérieure.
L’homme a toujours trouvé dans la musique un dérivatif à ses préoccupations et ses peines, et c’est pourquoi la découverte de moyens de reproduction mécaniques a permis à la musique de prendre un essor inconnu jusqu’alors. Qu’il fût riche ou de condition modeste, musicien ou non, chacun put s’offrir son propre concert à domicile ; les personnes âgées ou malades eurent enfin la possibilité de meubler leurs longues heures de solitude.
Les grands compositeurs classiques eux-mêmes reconnurent la valeur de la musique mécanique, tels Mozart et Haydn qui écrivirent des œuvres pour musique à cylindre. Le comte Esterhazy possédait plusieurs orgues mécaniques. L’imagination des inventeurs et l’habilité des artisans répondirent aux vœux les plus divers, si bien que ces boîtes trouvèrent leur place dans les cours princières ou les harems orientaux comme dans les maisons bourgeoises les plus simples. Aux boudoirs convenaient les mécanismes miniatures artistement ouvragés, aux salles d’attente des gares les poupées dansantes et les petits Chinois faisant tinter des clochettes divertissaient les voyageurs et plus d’un enfant quêtait la pièce de monnaie qui lui procurerait une minute de bonheur. Hélas, l’homme ne sait pas résister à l’attrait de la nouveauté, il n’y a que le changement qui dure…
Thomas A. Edison réussit voici plus de cent ans à enregistrer la voix humaine et la musique. Le phonographe, toujours amélioré s’imposa dans le monde entier, et son succès dure encore. Les disques nous ont beaucoup apporté, même s’ils ne peuvent rendre le contact direct avec l’instrument et s’ils font la part trop belle à la facilité : on « tire » distraitement un disque ou une bande magnétique, on presse un bouton et l’on est servi.
Cette présentation de boîtes à musique fabriquées tout au long de trois siècles témoigne de l’ingéniosité de nos ancêtres et nous montre que les progrès techniques du 20ème siècle n’ont été possibles que grâce aux bases jetées par des générations d’artisans.
N’est-ce pas un paradoxe de notre temps que nous ne soyons plus en mesure aujourd’hui de fabriquer des appareils et des mécanismes rivalisant de finesse et de précision avec ceux des siècles passés alors que nous disposons des machines les plus perfectionnées ? Sommes-nous devenus esclaves de la machine ou du temps ?