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Eglise
L’église catholique Notre-Dame est un témoin exceptionnel de l’architecture néo-gothique suisse. Cet édifice est l’œuvre de l’architecte Emile Vuilloud.
Un peu d’histoire
Après la conquête du pays de Vaud en 1536, les Bernois imposèrent la Réforme à l’ensemble de leurs nouveaux sujets. L’ancienne église paroissiale Saint-Martin de Vevey servit dès lors de temple protestant, et les catholiques de la région durent se rendre jusqu’à Châtel-Saint-Denis (FR) pour accomplir leurs devoirs religieux.
Malgré la liberté de culte garantie par la République Helvétique de 1798, la religion réformée fut déclarée religion officielle du canton de Vaud par une loi de 1810. Cette loi admettait, sous réserve d’approbation par le Conseil d’Etat, la construction de nouveaux lieux de culte catholique tout en interdisant d’appeler ceux-ci autrement que « chapelle ». C’est ainsi que, en 1824, l’autorisation de célébrer une messe dans la chapelle d’une maison vigneronne propriété des Chartreux de la Part-Dieu (FR) fut accordée. Au vu de l’augmentation du nombre de fidèles, on estima nécessaire la présence permanente d’un prêtre à Vevey ainsi que la construction d‘une chapelle. C’est ainsi qu’en 1833, le Conseil d’Etat acceptait comme « prêtre desservant » de Vevey l’Abbé François Sublet - qui sera le fondateur de la paroisse catholique de Vevey - et la construction d’une chapelle à la rue d’Italie.
A peine terminée, la chapelle s’avère insuffisante mais on s’en accommode durant plus de vingt ans. Dès 1859, curé et paroissiens réclament un agrandissement de l’édifice, voire une reconstruction complète. Dans cette optique, la paroisse achète une belle propriété à l‘extrémité occidentale de la ville. Après beaucoup de tergiversations, des plans sont établis par l’architecte Emile Vuilloud et l’autorisation de construire une église est accordée. Malgré cela, le curé d’alors estime que le nouvel emplacement n’est pas favorable. le projet de construction est abandonné en 1869 et la paroisse fait l’acquisition d’un nouveau terrain, à l’entrée orientale de la ville, sur la nouvelle rue des Chenevières.
L’abandon n’est que de courte durée puisque, la même année, Emile Vuilloud propose un nouveau plan pour le terrain acquis par la paroisse. Le projet se concrétise rapidement et la première pierre de l’édifice est posée le 8 décembre 1869. Les travaux de construction de l’église dureront trois ans et la consécration, sous le vocable Notre-Dame de l’Annonciation de la Vierge, eut lieu le 10 octobre 1872.
Eléments architecturaux et aménagements intérieurs
La plupart des autres aménagements intérieurs de l’église seront faits dans les vingt années qui suivent la construction de l’église: La mise en place de l’orgue (Walcker, 1884), de la chaire, des autels principaux et des peintures. En 1899, le chauffage central est installé tandis que l’orgue est entièrement refait - sauf le buffet - en 1901 par le facteur d’orgues Vincenzo Mascioni. Prennent place dans le clocher, l’horloge ainsi que le carillon des heures en 1906, tandis qu’en 1908, ce sera au tour de deux cloches fournies par G. et F. Paccard d’Annecy.
Restaurations et modifications
En 1949, une restauration extérieure de l’église est entreprise sous la direction de l’architecte Claude Jaccotet. La façade principale et le clocher sont à la fois simplifiés par la suppression des ornements en molasse et enrichis par la création d’éléments nouveaux (porche, fenêtres, couronne de la rose, ouvertures supplémentaires au clocher).
Les arcs-boutants sur les bas côtés sont supprimés en 1968.
Une restauration générale du transept et du chœur est entreprise entre 1974 et 1980, toujours sous la direction de Claude Jaccotet. L’église Notre-Dame a été classée monument historique en 1976.
En 1994, l’orgue subit une restauration/reconstruction complète. Les tuyaux d’origines sont conservés, les jeux disparus lors de modifications effectuées en 1958 sont restitués tandis que quelques jeux nouveaux enrichissent l’instrument. Les sommiers sont refaits à neuf, ce qui permet de prévoir une disposition logique des tuyaux à l’intérieur du buffet et la mise en place d’une traction mécanique pour le tirage des notes. La commande des registres est, quant à elle électrique, avec l’assistance d’un combinateur (ordinateur permettant de mémoriser des combinaisons de registres).
Dès 2005, l'église est l'objet d'une grande campagne de restauration, sous la direction de l'architecte Ivan Kolecek. C'est tout d'abord le clocher, et en particulier la flèche, qui fait l'objet de travaux. Puis, de 2009 à 2011, l'église est totalement restaurée: fresques, peintures, boiseries, mobilier, vitraux, installations techniques, etc. la totalité de l'édifice passe dans les mains de nombreux artisans qui redonneront à l'édifice toute sa splendeur.
Pour en savoir plus
Les informations qui précèdent sont largement extraites du document suivant:
Guides de monuments suisses: Notre-Dame de Vevey, Paul Bissegger, ISBN 3*85785-357-7