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Pouvoirs temporels, VIIIe - XIIIe siècles
Il convient de retracer les différentes subordinations vécues par le Valais du IVe au XIIIe siècle.
Sommaire
Sous le régime du pouvoir temporel public
Vers 400, le Valais n’est encore qu’une circonscription administrative dans l’Empire romain. Les fédérés burgondes, profitant du déclin de l’Empire, ne tardent pas à faire du Valais une subdivision de leur propre royaume. Dès la deuxième moitié du Ve siècle, le pouvoir de Rome est donc remplacé par celui des rois burgondes.
Le pays vit en semblable subordination sous les rois francs mérovingiens dès 534, sous les Carolingiens dès le milieu du VIIIe siècle et, de 888 à 1032, sous les rois rodolphiens de Transjurane. L’intérêt principal du Valais pour ces maîtres successifs réside dans le contrôle du cheminement transalpin. Dès l’époque carolingienne, le pays en amont du Léman est organisé en comté. Délégué du pouvoir royal, le comte carolingien exerce alors une autorité publique, touchant essentiellement aux domaines de l’ordre, du respect de la loi, de la justice, de l’armée et du soin des routes principales.
La documentation locale étant plutôt mince, on ne peut dater avec précision l’apparition du système féodal en Valais. Par contre, le temps de relative anarchie, qui suit le règne de la dynastie rodolphienne, est favorable aux profondes mutations de la révolution féodale.
L'enchevêtrement des pouvoirs
A partir de cette époque, les droits de la Maison de Savoie et ceux de l’évêque de Sion sont exercés dans un grand enchevêtrement topographique. Ni les droits de propriété, ni les puissances judiciaires ne correspondent à des ensembles territoriaux compacts. Tout est très dispersé. Ainsi, aux XIIe et XIIIe siècles, la possession et l'exercice du pouvoir en Valais ne découlent pas de quelque décision royale très précise, mais sont hérités de la révolution féodale et de ses premières conséquences. La marque de la révolution féodale est évidente. Tout dépend désormais des rapports de force entre ceux qui ont accaparé ou sauvé à leur profit des lambeaux de l'ancienne autorité publique.
Les pouvoirs temporels locaux
A la fin du XIIIe siècle, l'exercice des pouvoirs temporels les plus proches du peuple relève de plusieurs systèmes, inégalement répartis dans les lieux gouvernés par l'évêque de Sion et dans ceux soumis au comte de Savoie. L'autorité peut être exercée soit par un seigneur local, qui a un pouvoir héréditaire, soit par trois personnages: le major, le vidomne et le sautier. A cette époque, le comte de Savoie et l'évêque de Sion sont des suzerains et non point des chefs d'Etat. Ils ne tirent de revenus que de biens possédés en raison de leur patrimoine, ou d'une personne morale dont ils administrent les propriétés.
Toutefois, l'accroissement de la population, les problèmes liés au négoce et au contrôle des routes ainsi que la nouvelle attention portée au vieux droit romain vont suggérer un système de gouvernement plus efficace. On tend vers un type de pouvoir qui se rapproche autant que possible de l'ancienne autorité publique disparue au cours du XIe siècle.
Vers un territoire homogène
Cette transformation s'échelonne sur des siècles. Les premiers efforts ne tendent qu'à augmenter les ressources des grands suzerains en modifiant les conditions de l'exercice des pouvoirs locaux. Ce n'est que vers 1260–1270, qu'on commence à parler de «pays du Valais». A la même époque, l'évêque essaye de se libérer de la suzeraineté prétendue par la maison de Savoie mais la marche vers une autorité publique sur un territoire homogène et compact durera encore bien longtemps.
Bibliographie
- Histoire du Valais, Annales valaisannes 2000-2001, Sion, 2002
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