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Selon les experts réunis à Lugano, le manque d’eau pourrait entraîner des conflits entre les secteurs d’activité.
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"Je ne dirais pas que l'eau va devenir rare en Suisse dans les prochaines années, mais elle pourrait localement et temporairement commencer à manquer, comme on l'a vu lors de précédents étés secs, notamment en 2018", a expliqué dans La Matinale de la RTS Bettina Schäfli, présidente de la Commission fédérale d'hydrologie et auteure de plusieurs études sur la gestion de l'eau.
Selon la spécialiste, il n'y a cependant pas encore de raisons de se montrer alarmiste. "Grâce à notre relief prononcé, nous aurons toujours beaucoup d'eau par rapport à d'autres pays européens", rassure-t-elle. Mais certaines communes, notamment dans la région du Plateau et des Trois-Lacs, pourraient toutefois rencontrer à long terme des problèmes de gestion de l'eau et de planification de son utilisation.
Conflits potentiels à anticiper
Massimiliano Zappa, hydrologue et chercheur à l’Institut fédéral de recherche sur la forêt, la neige et le paysage, va même plus loin en prédisant des conflits potentiels dans les régions où les diverses activités humaines pourraient se concurrencer dans l’accès à l’eau.
"Dans les régions où il y a de l’agriculture, de l’habitat et des activités industrielles, il y a de grands besoins en eau. Et dans les périodes de sécheresse, tout le monde veut avoir de l’eau, ce qui engendrera des conflits. On devra gérer la question de savoir si c’est prioritaire d’avoir de l’eau potable, ou pour l’irrigation, ou pour l’industrie."
Pour Michael Schärer, chef de la section de la protection des eaux à l’Office fédéral de l'environnement, il faudra inévitablement prévoir des mesures pour la répartition des eaux durant les périodes de sécheresse.
"Nous devrons certainement planifier plus précisément les endroits, dans les périodes de sécheresse, où on a un besoin en eau, et ceux où l’eau est disponible. Lorsque la consommation et l’offre divergent, des mesures sont nécessaires. L’approvisionnement en eau potable est déjà bien positionné. L’irrigation dans l’agriculture doit être examinée avec attention. Il est important que la demande en eau n’augmente pas arbitrairement", prévient-il.
Mieux anticiper les épisodes de sécheresse
Quoi qu'il en soit, en Suisse, les autorités publiques prennent très au sérieux cette problématique, comme le souligne Bettina Schäfli. Sans compter que les cantons et les communes possèdent des outils permettant un arbitrage autour de l'utilisation de l'or bleu.
"Pendant un été sec notamment, les cantons doivent prendre la décision si les agriculteurs peuvent prélever de l'eau dans les rivières par exemple", précise-t-elle. La question reste maintenant, selon elle, de savoir comment mieux anticiper ces épisodes de sécheresse et de grands besoins en eau.
Sujet radio: Nicole della Pietra et Agathe Birden
Adaptation web: Fabien Grenon