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Après 70 ans d’activité, les objectifs de la Fondation ont-ils changé?
Non, nos objectifs restent les mêmes: amener des changements globaux en commençant par la prise de conscience individuelle. Le processus de réconciliation basé sur le dialogue et la réflexion intérieure a toujours fait partie de nos priorités et c’est encore le cas. Après la Deuxième Guerre mondiale, nous avons permis à des délégations allemande et française de se rencontrer. En 1950, les maires d’Hiroshima et de Nagasaki sont également venus à Caux amorçant ainsi le processus de reconstruction pacifique du Japon. Ces cinq dernières années, nous avons entre autres facilité les discussions entre Russes et Ukrainiens, Turcs et Arméniens, mais aussi – avec le soutien du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) – entre différentes communautés du Sahel. Ces personnes se sont retrouvées à Caux pour discuter dans la confidentialité. La construction de la paix a toujours fait partie de nos objectifs tout comme la durabilité et la sécurité humaine.
La Fondation est peu connue en Suisse, comment l’expliquez-vous?
Lors de sa création, la Fondation s’est concentrée sur l’Europe. Puis, l’évolution mondiale et les guerres d’indépendance sur les différents continents nous ont amenés à apporter notre aide à d’autres pays au niveau international. Nous allons continuer ces activités, mais nous souhaitons désormais agir également en Suisse autour des thématiques de la migration et de la violence.
Comment pensez-vous pouvoir améliorer les relations entre les migrants et la population suisse?
La population résidente craint l’arrivée de personnes étrangères et est tentée de faire l’amalgame entre migrants et terroristes. Nous souhaiterions mettre à disposition notre espace protégé et confidentiel pour des rencontres entre les résidents et les migrants afin qu’ils puissent dialoguer. Nous avons une longue expérience dans la facilitation des rencontres, la construction de la confiance et nous allons l’utiliser pour améliorer l’intégration des migrants.
Quelles sont les ressources de la Fondation, comment a-t-elle réussi à perdurer pendant 70 années?
La Fondation est issue d’un mouvement international, le Réarmement moral, qui s’est développé à partir des années 1930 dans plus de 40 pays. Une des forces de la Fondation a résidé dans le fait que certaines personnes profondément convaincues ont consacré toute leur vie à l’expansion ces idées. Parallèlement, la Fondation a reçu d’importants legs et soutiens financiers de familles qui faisaient partie du mouvement.
Mais cette génération est en train de disparaître et je ne pense pas que nous retrouverons une relève similaire, c’est une autre époque. Actuellement, nous développons la recherche de fonds et notre manière de communiquer afin de pouvoir continuer nos activités.
Dans le cadre des 70 ans de la Fondation, une exposition de photos et de témoignages se tiendra à la place du Marché à Montreux, du 11 avril au 15 juin prochain. La vingtaine de portraits accompagnés de récits personnels illustre la conviction profonde de la Fondation selon laquelle «tout changement global commence par un changement personnel». Le vernissage se déroulera le 11 avril dès 18h30.