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Idéalement, chaque être humain devrait consommer entre deux et trois litres d’eau par jour. L’eau est la « denrée alimentaire » la plus importante pour l’homme. Il en va exactement de même pour les porcs. Le simple fait qu’un porc soit constitué de 60 % d’eau illustre l’importance de cette dernière. Le corps a besoin d’eau pour assurer toutes les fonctions qui sont les siennes et qui s’étendent du transport de nutriments dans le sang à la thermorégulation, en passant par la production laitière. Si ces fonctions ne peuvent pas être exercées correctement, l’animal souffre de stress. Le stress thermique est un des facteurs de stress les mieux étudiés.
Les porcs ne peuvent pas transpirer
Pour les éleveurs de porc, le stress thermique est un défi annuel récurrent. Or, l’eau est le facteur le plus important pour la régulation de la température corporelle. Les propriétés physiques de l’eau font quelle peut emmagasiner beaucoup d’énergie, dans le cas présent sous forme de chaleur. En comparaison avec les êtres humains, les porcs ont le grand désavantage de ne pas être en mesure d’abaisser leur température corporelle par la transpiration. Pour ce faire, ils doivent utiliser l’eau sous diverses formes. Lorsqu’ils se vautrent dans des endroits humides, l’évaporation de l’eau a par exemple pour effet de diminuer leur température corporelle. Quand l’humidité ambiante est trop élevée, l’eau s’évapore toutefois moins bien. La température corporelle a alors plus de mal à baisser.
Approvisionnement en eau selon les tranches d’âge
Les besoins en eau des porcs varient selon leur âge, leur poids et leurs performances. Les porcs affichent des besoins différents selon leur sexe et leur stade de production.
Porcelets
Pour les porcelets sous la mère, le lait est le fournisseur de liquide le plus important. Toutefois, les jeunes porcelets consommant de l’eau dès les premiers jours de vie, il est important qu’ils aient la possibilité d’en boire. Les porcelets étant de surcroît très sensibles aux germes pathogènes, cette eau doit être d’excellente qualité. Le sevrage est une étape critique, non seulement en raison du changement alimentaire qu’il induit, mais aussi de l’approvisionnement en eau. Suite à la transition du lait à l’aliment solide, le porcelet perd une source d’approvisionnement en liquide importante. Lorsque les porcelets ne consomment pas assez d’eau durant cette période, le mauvais fonctionnement de leur digestion peut se traduire par des diarrhées.
Porcs d’engraissement
Les porcs de boucherie enregistrant de forts accroissements de poids, leurs besoins en eau évoluent tout au long de la phase d’engraissement. Si l’eau n’est pas disponible en suffisance, les performances animales chutent. Dans les cas graves, une carence en eau se solde par des constipations, des retournements de l’intestin, voire la mort.
Truies
Dans le cycle de production des truies, l’approvisionnement en eau joue un rôle encore plus décisif au cours de la période d’allaitement, la production laitière étant très « gourmande » en eau (voir tableau). La phase qui entoure la mise bas est elle aussi très délicate. Le syndrome de dysgalactie post-partum (SDPP) est étroitement lié à la consommation d’eau. Un approvisionnement suffisant en eau de bonne qualité est primordial pour éviter des problèmes de constipation. En règle générale, les abreuvoirs à pipette ne suffisent pas pour couvrir les besoins en eau. Il y a alors lieu de mettre à disposition de l’eau supplémentaire, au moyen d’un abreuvoir automatique ou d’une auge.
Qualité de l’eau potable
L’approvisionnement en eau ne fait pas tout. Malgré un débit et une consommation d’eau suffisante, certaines exploitations rencontrent malgré tout des problèmes. La qualité de l’eau en est une cause possible. L’eau contenant des substances toxiques ou des germes peut être à l’origine des problèmes rencontrés. Il n’est en effet pas rare que l’eau stagne à certains endroits dans les conduites. C’est par exemple le cas lorsqu’une partie des conduites n’est plus utilisée (lorsqu’un des boxes est vide, qu’une vanne est en train d’être réparée, etc.) L’eau a alors tendance à stagner et les bactéries prolifèrent. Une fois que l’eau circule dans l’ensemble du réseau d’eau, elle entraîne avec elle une partie de l’eau stagnante, qui parvient alors dans la partie « propre » du circuit. Les tuyaux en caoutchouc devenus poreux créent un milieu nutritif qui convient bien aux bactéries.
Source d’eau privée
Lorsque la porcherie est alimentée en eau par une source privée, il convient de contrôler régulièrement la qualité de cette dernière. Les années sèches, il arrive que le niveau des eaux soit bas, ce qui peut accroître la concentration en germes toxiques.
L’eau du réseau ne permet néanmoins pas forcément d’éviter tout problème. Cette eau sera certes parfaitement propre jusqu’à l’entrée de la porcherie, mais il faudra veiller à ce qu’elle le soit encore une fois arrivée dans les abreuvoirs.
Contrôle régulier
Pour réduire au maximum les problèmes découlant d’une qualité insuffisante, l’eau doit impérativement faire l’objet de contrôles réguliers. En présence de germes pathogènes, il convient d’ajouter un produit servant à épurer l’eau en début de conduite. Outre l’état de propreté des abreuvoirs à pipettes, le débit de ces derniers doit aussi être vérifié. En présence d’un débit trop faible, les porcs ne consomment pas assez d’eau. Un débit trop élevé aura au contraire tendance à gêner les animaux et les incitera à boire moins.
Il est très important de veiller à ce que les porcs soient bien approvisionnés en eau et d’effectuer de temps à autre un tour d’étable pour vérifier l’état du circuit d’eau, idéalement en se faisant accompagner par quelqu’un d’autre.