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Comme spectacle de fin d´année, le Grand Théâtre de Genève présente Carmen. L´opéra en quatre actes de Bizet (1949), tiré d´une nouvelle de Mérimée (1845), est joué jusqu´au réveillon du Nouvel-An.
«J'ai choisi d'actualiser l'opéra de Carmen en 1960. Pour avoir des personnages plus proches de nous, sans pour autant qu'ils soient complètement contemporains, explique le metteur en scène allemand, Christian Räth. Je les ai placés dans l'Espagne franquiste. Dans laquelle les rôles des hommes et des femmes sont clairement définis. Au travers de règles strictes, auxquelles se heurte l'héroïne rebelle Carmen.»
C'est Renée Auphan, la directrice du Grand Théâtre de Genève, qui a offert à Christian Räth sa toute première mise en scène. Et ce, après six ans d'assistanat.
Mais il est réjouissant de relever que trois cantatrices suisses apparaissent dans la distribution: la Valaisanne Rachel Harnisch dans Micaëla, la Genevoise Christine Buffle dans Frasquita et la Neuchâteloise Isabelle Henriquez dans Mercedes.
Quant aux deux rôles principaux, ils sont tenus par Sara Fulgoni dans Carmen et Jon Ketilsson dans Don Jose. Le socle musical, lui, est servi par les chœurs du Grand Théâtre de Genève et l'Orchestre de la Suisse romande, sous la direction de Cyril Diederich, qui a remplacé au pied levé Alain Lombard.
Pour mémoire, l'opéra de Carmen raconte la rencontre, à Séville, de la bohémienne Carmen, sensuelle et capricieuse, et du brigadier Don José qui, subjugué, devient pour sa maîtresse contrebandier, puis assassin. Au moment où il croit posséder la femme aimée, Carmen, qui ne l'aime plus, préfère mourir libre que de suivre son amant. Elle le défie. Il la poignarde.
Paradoxalement, l'œuvre de Carmen a donné naissance à beaucoup plus d'interprétations cinématographiques que de variations théâtrales. Par exemple, Maria Callas signa au théâtre une interprétation très tragique de Carmen. Alors que pour le même rôle au cinéma, Julia Migenes-Johnson donna dans la provocation.
Rarement, une œuvre classique n'aura connu un tel succès populaire au fil du temps. Tous les compositeurs se sont inclinés devant la force de cet opéra. Même le philosophe Nietsche devait souligner: «une œuvre pareille vous rend parfait».
Et Christian Räth de surenchérir: «Je crois que c'est d'abord la musique de Georges Bizet qui a une telle puissance, une telle pulsion vitale que le spectateur ne peut lui résister».
De surcroît, insiste le metteur en scène, «le personnage de Carmen demeurera à jamais actuel. Quelle qu'en soit l'orientation de la mise en scène. Encore plus qu'autrefois, les femmes s'identifient aujourd'hui à Carmen. Car elle représente un être qui insiste pour faire ses propres choix. Tout en restant vulnérable dans ses amours».
Emmanuel Manzi
Représentations: 9, 12, 14, 17, 19, 22, 26 et 31 déc.