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La surchauffe économique se caractérise par une croissance économique supérieure au potentiel de croissance. Les ressources étant utilisées au delà de leur capacité cela induit une inflation.
Habituellement la surchauffe se caractérise par une inflation des biens et services en raison d'une augmentation de la masse monétaire. Dans l'arc Lémanique la surchauffe conduit à une hyperinflation de l'immobilier.
En général la surchauffe intervient à des niveaux de croissance qui approchent ou dépasse les 10%.. dans l'arc lémanique nous sommes déjà en surchauffe avec une croissance limitée à 3% environ. Nous sommes déjà en surchauffe à ces faibles niveaux de croissance parce que la croissance du nombre de logements est limitée à +0,66% dans le canton de Genève.
La surchauffe est néfaste pour le développement économique. Elle induit des troubles sociaux et une instabilité politique qui s'est déjà concrétisée à Genève avec l'apparition violente du MCG aux élections cantonales de 2009 et à nouveau aux élections communales de mars et avril 2011. Le MCG a privé la ville de Genève de toute majorité politique. Si les questions liées à la surchauffe ne sont pas réglées dans les prochains mois c'est le Grand Conseil du canton de Genève qui sera privé de majorité politique à l'automne 2013.
Pour résoudre cette surchauffe il y a plusieurs moyens d'action possibles :
1) Accompagner la croissance économique d'une croissance urbaine. Cela suppose de lever les nombreux obstacles à la construction de logements : processus d'opposition, déclassement des terrains afin de construire assez de logements pour les habitants. Il faut également modifier la péréquation intercommunale afin que les communes genevoises soient désormais partie prenante de l'effort de construction de logement. Enfin, il est temps que les partis politiques et les responsables politiques assument leurs responsabilités et sensibilisent les électeurs genevois à l'urgence de l'effort de construction : une génération ne chasse pas impunément les générations suivantes d'un canton sans devoir subir un violent et puissant retour de manivelle !
2) Limiter le croissance économique à des niveaux qui correspondent à la capacité de gestion de la puissance publique. C'est ce que font toutes les économies en surchauffe à commencer par la Chine. Il suffirait que la fiscalité qui s'applique aux entreprises genevoises soient appliquée aux entreprises étrangères également en toute équité.
Ces dernières semaines, les lobbys économiques s'opposent à ce qu'il y ait une maitrise du développement économique. Libre à eux... mais leur intervention est aussi innefficace qu'un coup d'épée dans l'eau tant que le bassin lémanique sera incapable de gérer de tels niveaux de croissance. S'ils veulent réellement que la croissance se poursuive à ce rythme actuellement ingérable, ils doivent contribuer à rendre cette croissance gérable en terme de développement urbain. En particulier en faisant pression sur les réseaux de la droite résidentielle en faveur de la construction de logements dans les communes de villa : Thônex, Veyrier ou Troinex par exemple. La position qui consiste à défendre un modèle économique expansionniste et un modèle urbain si restrictif est indéfendable et ne peut que conduire à une poursuite des troubles sociaux et politiques dans le canton.