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Les villes flottantes, cargos et autres porte-conteneurs utilisent l’un des carburants les plus sales au monde, un résidu visqueux du pétrole, lourd et difficile à brûler. Ce fioul est ce qui reste une fois que les autres produits pétroliers – essence, naphta ou encore diesel – plus légers, ont été raffinés. Seul l’asphalte utilisé pour les routes est plus épais. On y trouve des résidus de métal, de la cendre, et surtout beaucoup de soufre. Le carburant rejettera ainsi beaucoup de NOx et SOx (oxydes d’azote et oxydes de soufre). Importants polluants de l’air, ils accélèrent la formation de particules fines et ultra-fines. Longtemps utilisé par l’industrie, notamment pour faire tourner des centrales électriques, ce produit a été progressivement cantonné au transport maritime en raison des pluies acides qu’il provoquait.
Depuis le 1er janvier 2015, dans la mer Baltique, la mer du Nord et la Manche, où le trafic maritime est dense et proche de côtes très peuplées, la teneur maximum de soufre a été abaissée à 0,1 % du carburant (il se situe plutôt autour de 3 % sinon). L’Amérique du Nord et quelques régions de Chine ont fait de même.
A ce niveau de 0,1 %, un porte-conteneurs produirait autant d’oxydes de soufre qu’un million de voitures environ. La pollution d’un seul cargo équivaudrait à environ 50 millions de voitures dans les cas où la teneur en soufre est encore de 3,5 % (une pollution tolérée dans des zones de plus en plus limitées et amenées à disparaître d’ici deux ans).
Sur le plan des gaz à effet de serre, les émissions de CO2 de l’industrie maritime représentent environ un milliard de tonnes par an, soit environ 3 % de l’ensemble des émissions mondiales. Si l’on tente de comparer uniquement les transports (en excluant donc l’agriculture, l’industrie…), on observe que le maritime arrive loin derrière les véhicules transportant des passagers, et donc la voiture.
Autre facteur à prendre en compte : la mer transporte beaucoup plus de marchandises à « pollution égale » par rapport à la route et aux airs. Les rejets du secteur maritime pourraient toutefois augmenter drastiquement avec l’intensification du commerce mondial. L’Organisation maritime mondiale s’est, elle, engagée à diviser par deux les émissions de CO2 des navires d’ici à 2050.
(Source : Le Monde)