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Win May MD, PhD, Joo Hyun Park & Justin P. Lee (2009). A ten-year review of the literature on the use of standardized patients in teaching and learning: 1996–2005. Medical Teacher, 31:6, 487–492.
Bien qu’il existe un nombre croissant d’études sur l’utilisation pédagogique des patients standardisés (PSs) dans l’enseignement et l’apprentissage, les auteurs de cette recherche ont mis en exergue le fait que peu de revues se penchent sur la valeur de cette utilisation des patients standardisés.
Cet article est donc le fruit d’une étude ayant pour but de déterminer si l’utilisation pédagogique des patients standardisés a un effet sur les connaissances, les compétences et le comportement des apprenants dans les professions de la santé.
Pour ce faire, les auteurs ont examiné des articles de langue anglaise couvrant la période 1996-2005 afin de spécifier dans quelle mesure l’utilisation des PSs affecte les connaissances, les compétences et les performances des apprenants.
Sur 797 résumés (recherchés au sein de diverses bases de données électroniques spécialisées en médecine et santé), 69 articles répondant aux critères d’examen suivants ont été sélectionnés: l’utilisation des PSs doit être à des fins d’enseignement et d’apprentissage, les PSs doivent être des êtres humains (excluant les patients virtuels tels que des cas informatisés et les mannequins), les rencontres avec PSs doivent s’effectuer en face-à-face signifiant que l’expérience éducative doit être direct et mutuellement interactive.
Les 69 articles ont ensuite été catégorisés selon quatre variables:
Afin de synthétiser ces données, celles-ci ont ensuite été extraites en utilisant une carte d’index pour chaque étude. Chaque carte inclut les données suivantes:
Les résultats de cette revue se basent donc sur l’analyse et la synthèse de ces 69 articles. Ces données démontrent que la plupart des apprenants étaient des étudiants en médecine et en soins infirmiers, les PSs ont été principalement utilisés pour enseigner les compétences de communication et les compétences cliniques, les types d’étude étaient des cas-témoins (29%), pré-test / post-test (24,6%), post-test uniquement (26,1%) et des études qualitatives (20,3%).
Les résultats ont également permis de mettre en exergue des faiblesses méthodologiques dans la mesure où la plupart des études avaient de faibles modèles de recherche. Des modèles plus rigoureux avec des groupes de contrôle ou de comparaison devraient être utilisés dans les recherches futures.
Ainsi, la plupart des études ont montré que l’utilisation pédagogique des PSs était précieuse. L’avenir de l’utilisation des PSs dans l’enseignement et l’apprentissage n’est donc plus à justifié. Toutefois, encore peu d’articles documentent de manière exhaustive ce constat car, pour bon nombre des modalités de simulation, la recherche peut jusqu’à présent être décrite comme majoritairement descriptive. De ce fait, des études plus rigoureuses, fondées sur des preuves, pourraient venir appuyer l’utilisation des PSs dans l’enseignement et l’apprentissage.
Cette article est intéressant dans la mesure où il propose un état des lieux de l’utilisation des PSs dans l’enseignement et l’apprentissage, au travers une revue de littérature dirigée et structurée, sur une période donnée. De manière pratique, il permet de fournir des données chiffrées quant à l’efficacité (en termes de savoirs, compétences et attitudes) de l’utilisation des PSs dans un contexte de comparaison donné. Cependant, cette étude met en lumière la difficulté à mesurer l’impact de cette utilisation en terme de changement de comportement professionnel, ainsi qu’à mesurer ce changement en terme de résultat sur la prise en charge des patients et, de manière plus macro, sur les systèmes de santé.
Les auteurs invitent donc à poursuivre des études plus poussées en fournissant de réelles propositions d’alternatives ou de compléments méthodologiques (par exemple, en liant recherche quantitative et qualitative), dans le but d’obtenir des résultats précis sur une mesure de l’impact plus exhaustive de l’utilisation des PSs dans l’enseignement et l’apprentissage. Sachant que la publication de cet article est datée de 2009, nous pouvons à présent profiter d’un certains recul sur l’utilisation des PSs et sur la mesure de cet impact.
Bien que ces propositions d’études avancées semblent poussiéreuses tant les publications abondent chaque année, encore peu d’études ont, à l’heure actuelle, tenté cet aventure car la question d’une mesure de l’impact général sur le terrain semble difficilement mesurable. Les auteurs proposent donc un vrai challenge qu’il est, actuellement, envisageable de relevé.