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Pourquoi ne pas créer une Commission Bergier bis ? Pourquoi ne pas mettre sur pied un nouveau groupe d'historiens pour faire la lumière sur le nombre de réfugiés juifs refoulés à la frontière suisse durant la Seconde Guerre mondiale ? Telle est la proposition du conseiller national Yvan Perrin (UDV/NE) après que Serge Klarsfled a relancé le débat à la mi-février. Le chasseur de nazis a estimé leur nombre à moins de 5000. La commission indépendante d'experts présidée par le Vaudois Jean-François Bergier avait parlé, elle, de 24.500 refoulements sans préciser la confession de ces personnes non admises.
Chiche, répond Johanne Gurfinkiel, Secrétaire général de la CICAD à l'initiative de l'élu UDC, un parti qui a pourtant passé son temps à descendre en flammes les travaux de la Commission Bergier, les jugeant trop critiques au sujet de l'attitude des autorités helvétiques vis-à-vis de l'Allemagne nazie entre 1939 et 1945. "Cette question devrait dans les meilleurs délais entraîner la création ou la reformation d'une commission qui concentrerait ses travaux sur la recherche et l'analyse des divers archives et documents afin de déterminer précisément ce nombre", souligne Johanne Gurfinkiel, qui regrette néanmoins au passage "l'instrumentalisation politique d'un débat historique nécessaire". Ajoutant que cette nouvelle commission ne serait en aucun cas "une remise en cause du rapport Bergier", le secrétaire général de la CICAD conclut que la question des refoulements est un "enjeu crucial. Il serait totalement impensable que l'histoire de cette période telle qu'elle s'est déroulée en Suisse soit gommée pour des intérêts politiques relevant du fantasme."
Source : L'Hebdo, 28 février 2013.