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Afin d’investiguer de manière prospective la relation entre consommation d’alcool et l’incidence de cas de démence et de maladie d’Alzheimer, des chercheurs ont effectué une étude en Allemagne auprès de 3202 patients de ≥ 75 ans consultant en médecine de premier recours. Ces patients ne présentaient aucun signe de démence au départ. Des entretiens structurés ont été effectués au départ de l’étude, à une année et demie, et à trois ans évaluant la consommation d’alcool (quantité, fréquence et type de consommation) et les critères diagnostiques de la démence selon le DSM-IV. Pour les 26% des patients non disponibles pour un entretien de suivi à trois ans en face-à-face (incluant ceux qui sont décédés pendant la période de l’étude), des informations principalement focalisées sur la démence ont été obtenues auprès des médecins généralistes, des proches ou des travailleurs sociaux. Les résultats ont été ajustés selon le sexe, l’âge, le niveau d’éducation, l’incapacité fonctionnelle, la comorbidité, la dépression, la présence de l’apoE4 (allèle 4 du gène apolipoprotéine E), la déficience cognitive légère et la consommation de cigarettes.
217 patients (7%) ont présenté les critères diagnostiques de la démence pendant le suivi.
De manière générale, les patients ayant une consommation d’alcool, en comparaison avec les patients non buveurs, présentaient approximativement 30% moins de risques de démence (adjusted hazard ratio (HR), 0.71) et 40% moins de risques de développer la maladie d’Alzheimer (adjusted HR, 0,58).
En ce qui concerne la quantité d’alcool consommée (de 1 à 40+ g par jour), tous les rapports de risque calculés étaient inférieurs à 1 (HR < 1). Toutefois, une association statistiquement significative a été mise en évidence chez les patients consommant entre 20 et 29 g d’alcool par jour.
Aucune différence significative n’a été observée pour le type de boisson alcoolisée consommée.
Commentaires : Tel qu’il a été observé chez des sujets moins âgés dans des études précédentes, les résultats de cette étude suggèrent que la consommation modérée d’alcool est associée à une incidence réduite des démences et cela même chez les sujets de 75 ans et plus. Dans cette étude, la consommation d’alcool était associée de manière significative à d’autres facteurs protecteurs pour le développement d’une démence (une meilleure éducation, le fait de ne pas vivre seul et l’absence de dépression). Cependant, même lorsque ces facteurs étaient contrôlés, le risque de développer une démence restait toujours significativement plus faible chez les patients présentant une consommation d’alcool légère à modérée en comparaison avec les patients non buveurs. Cet effet protecteur d’une consommation modérée d’alcool vis-à-vis du développement d’une démence pourrait s’expliquer également en partie par d’autres facteurs liés à l’adoption d’un style de vie plus sain des participants qui favoriserait une meilleure santé mentale et physique.
Traduction en français Alicia Seneviratne