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Leçon inaugurale au Collège de France le 23 mars 1995. Dans les lettres médiévales se cristallisent toutes les associations entre le passé et la littérature, tous les indices qu'un lien essentiel unit la notion de littérature au sentiment du passé. La curiosité qu'a éveillée la littérature du Moyen Age depuis sa redécouverte à l'aube du romantisme suppose de telles associations. Les formes de cette littérature elle-même recèlent de tels indices. Ils invitent à embrasser d'un même regard l'intérêt de l'époque moderne pour le passé médiéval et les signes du passé dont le Moyen Age marque sa propre littérature. Bien plus, ils invitent à chercher dans la relation avec le passé un critère de définition de la littérature, tâche tout particulièrement nécessaire s'agissant d'une époque où le mot ne s'entend pas dans son acception moderne et où l'existence même de la notion correspondante n'est pas assurée.
Michel Zink est un médiéviste et philologue français, spécialiste de la littérature française du Moyen Age. Il est le secrétaire perpétuel de l'Académie des inscriptions et belles-Lettres. Il est également l'auteur d'un roman historique se déroulant à l'époque médiévale et de deux romans policiers historiques : l'un situé à Toulouse en 1956 ; l'autre centré sur une nouvelle aventure d'Arsène Lupin, le célèbre héros de Maurice Leblanc.
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