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Comment saisir le vol d’un oiseau ou la course d’un félin ?
L’oeil humain est limité, il ne peut embrasser l’ensemble du mouvement et doit le décomposer. Comment l’analyser et le reproduire ?
Pour l’artiste, le représenter est une véritable prouesse.
La reconstitution du mouvement animal :
Les techniques de la photographie offriront aux artistes des possibilités nouvelles au XIXe siècle :
Vers 1870, Etienne-Jules Marey (1830-1904) médecin et physiologiste Français et Eadweard Muybridge (1830-1904) photographe anglais utilisent la photographie pour décomposer le mouvement des êtres vivants.
En 1882 Etienne-Jules Marey invente la chronophotographie :
Cette technique, encore utilisée de nos jours, consiste à prendre des instantanés sur plaque de verre enduite.
En 1893 Muybridge publie un ouvrage constitué de planches chronophotographiques : Etudes de Physiologie artistique, qui bouleversera la représentation du cheval au trot ou au galop.
Grace à ces séquences, ils obtiennent avec précision les images de ce qu’on ne peut percevoir à l’œil nu.
En arrêtant le temps et le mouvement, ils réussissent à voir l’invisible.
Rodin, Bouguereau et Whistler notamment seront très impressionnés par ces travaux, Degas s’en inspira grandement dans sa recherche du mouvement,
Jusqu’alors la représentation de la course d’un animal posait de multiples problèmes et la course n’était figurée bien souvent que « les quatres fer en l’air ».
L’instantané était invisible : quel est l’attitude de l’animal pendant les différentes étapes de la course, quelles sont ses tensions musculaires, les quatre pattes ne sont pas toujours au sol, comment rendre cette tension dans une sculpture,
Meissonnier modifiera toutes ses compositions historiques de batailles, Degas se jouera d’un équilibre tout en tension pour ses danseuses et ses chevaux.
Plus tard, la vitesse deviendra avec Filippo Marinetti (1876-1944) et les futuristes un sujet par elle-même, dotée de sa beauté propre.
Pour les artistes animaliers, l’étude de la « Machine animale » prendra alors un tout autre sens.
Il s’agira de dépasser les attributs de la bête et sa beauté physique.
Le mouvement avec Hélène Arfi n’est plus un état mais une qualité propre de l’animal au même titre que sa beauté statique ou son caractère.
Nos deux guépards filent.
Ils semblent jouer comme issus d’un même mouvement, bien loin des décompositions photographiques de Marey et Muybridge.
Leur course est une expression de leur vie.
Hélène Arfi
Deux guépards
Epreuve en bronze à patine brune nuancée
Fonte d’édition faisant partie du tirage original par la fonderie Rosini,
Cachet de fondeur, Justificatif de tirage,numérotée 2/8
Signée.
Haut. : 18 cm
Cette oeuvre figure dans l’exposition:
Exposition du vendredi 5 mai au samedi 10 juin 2017
Du mercredi au vendredi de 12h à 19h
Le samedi de 12h à 18h et sur rendez-vous