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Importé en Suisse depuis le nord-est de l’Europe et l’Asie il y a 100 à 300 ans, le cygne tuberculé est aujourd’hui considéré comme une espèce indigène.
Le cygne tuberculé figure sur la liste des espèces protégées de l’annexe 3 de la Convention de Berne*. Au fil du temps, la population nicheuse a augmenté légèrement et de façon constante, de même que le nombre d’oiseaux hivernant dans notre pays. La Suisse compte actuellement près de 650 couples nicheurs de cygnes tuberculés. Ceux-ci vivent sur les lacs et le long des rivières du Plateau suisse.
Comment le cygne tuberculé est-il protégé par la loi actuelle ?
Selon l’art. 5, al. 1 de l’actuelle Loi sur la chasse et la protection des mammifères et oiseaux sauvages (LChP), le cygne tuberculé est considéré comme une espèce protégée, c’est-à-dire ne pouvant pas être chassée. Selon l’art. 7, al. 2 et l’art. 12, al. 4 de la LChP, une régulation de la population est possible à titre exceptionnel, avec l’assentiment de la Confédération, si le cygne tuberculé « porte atteinte à son biotope ou cause des dégâts importants ». En outre, l’art. 12, al. 2 de la LChP autorise les cantons à abattre certains cygnes tuberculés dès lors que ceux-ci occasionnent des dégâts importants.
Dans les faits, il est cependant très rare que des tirs ou une régulation de la population soient envisagés. D’une part parce que les dégâts causés par les cygnes tuberculés se limitent à des cas très particuliers ; il s’agit le cas échéant de dégâts mineurs qu’il est relativement aisé de prévenir. D’autre part, l’opinion publique est extrêmement défavorable à l’abattage des cygnes.
Dans le canton de Nidwald, des mesures locales ont par exemple été prises pour réguler une population de cygnes accusée de perturber le trafic aérien de l’aéroport de Buochs. Les interventions visant à cette régulation ont toutefois eu lieu au niveau du nid (perforation des œufs) et non au moyen de tirs. Il est néanmoins encore trop tôt pour se prononcer sur le succès de l’opération.
Que changerait la nouvelle loi pour la protection du cygne tuberculé ?
En cas d’adoption de la présente loi révisée, cette espèce protégée serait la première que le Conseil fédéral déclarerait « régulable » par voie d’ordonnance au sens du nouvel art. 7a, al.1, let. c de la LChP. Cela en se fondant sur une motion adoptée par le Parlement, laquelle envisage une possibilité de régulation du cygne tuberculé (motion Niederberger).
Dans les faits, les cygnes peuvent tout au plus souiller l’herbe – et donc le fourrage – par leurs déjections. Cela se produit de façon sporadique au bord des lacs, où les animaux sont nourris par des promeneurs. Si les cygnes tuberculés causent çà et là des dommages aux prairies fourragères, les agriculteurs concernés sont indemnisés par le canton. Les prairies fourragères peuvent aisément être protégées par des fils pièges, qui les rendent inaccessibles aux cygnes. Là où d’éventuels dommages surviennent, la mesure la plus efficace est d’interdire de nourrir les oiseaux.
L’adoption de la loi révisée le 27 septembre 2020 permettrait aux agriculteurs de ne plus avoir à apporter la preuve d’un dommage concret pour qu’un cygne soit abattu ; il suffirait d’invoquer l’éventualité que les prairies environnantes soient souillées par des cygnes pour justifier une régulation de leur population.
La plupart des cygnes forment des couples pérennes et il est prouvé que la perte de leur partenaire leur cause un réel chagrin. En régulant les effectifs, on court le risque de séparer des couples et de faire inutilement souffrir les oiseaux.
Il n’est pas acceptable qu’un animal protégé soit si massivement persécuté à cause de quelques prairies souillées !
Par conséquent : votez NON à la révision de la LChP le 27 septembre 2020 !
Source : fiche d’information sur le cygne tuberculé de l’association « Loi sur la chasse NON »
* La Convention de Berne – l’accord officiel sur la conservation de la flore et de la faune sauvages d’Europe et de leurs habitats naturels – est un traité international du Conseil de l’Europe datant de 1979, qui réglemente la protection des animaux et des plantes sauvages d’Europe. 46 États européens et 4 États africains (sur le territoire desquels se trouvent des zones d’hivernage d’espèces d’oiseaux européennes) et l’Union européenne (UE) en tant qu’organisation internationale, sont membres de la Convention.
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