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Guilde de Saint-Luc, la corporation des peintres
Armoiries de la Corporation des peintres
Elles portent traditionnellement 3 écussons comme celles de la ville épiscopale de Bâle ou d'Anvers. Ces dernières, timbrées du boeuf ailé, sont visibles dans l'ornement supérieur de l'auto-portrait d'un peintre qui en fut membre. On les rencontre à travers toute l'Europe. Pourquoi des écusssons ? "Schilder, shilderen, schilderkonst" étaient des termes hollandais qui s'appliquaient au métier du peintre. Peindre des armoiries sur écus ou des enseignes devait constituer une part non négligeable des commandes. Nous avions déjà évoqué Pierre Coustain connu pour la réalisation des armoirie des chevaliers de la Toison d'or.
Le patronage de Saint Luc
Patron des artistes à partir du XVe l'iconographie représente souvent Saint Luc, en observateur peingnant la Vierge. Auteur du 3ème Evangile, écrit vers 70. l´Acte des Apôtres était adressé aux chrétiens convertis du monde hellénique. Il accorda beaucoup de place aux épisodes de la naissance et de l'enfance de Jésus d´où vint la traditions selon laquelle il aurait connu la Vierge Marie.
Syrien converti, il était probablement médecin. Les indications qu'on a sur lui proviennent des épîtres de saint Paul, dont il fut le disciple.
Le boeuf, attribut traditionnel, se réfère au sacrifice dans le Temple qui figure au début de l'Evangile.
Diffusion du culte : avant la translation de ses reliques à Constantinople.
Protection: Médecins, chirurgiens, doreurs, verriers, vitriers, miniaturistes, écrivains, notaires.
Il est intéressant de noter qu'au XVIIe, les Pays-Bas proposèrent une alternative protestante en créant une adaptation de Minerve Lof der Schilder Konst, Angel. N'oublions pas que l'un des attributs d'Athéna était son célèbre bouclier.
Organisation de la corporation
Elle forme un arrangement médiéval idiosyncratique qui regroupe parfois plusieurs spécialités. L'exemple de Bâle qui englobe les peintres, les enlumineurs mais aussi les selliers n'est pas le seul. Le principe voulait, sans doute, que le travail sur parchemin fut assimilé à celui du cuir. Quant à la corporation d'Anvers, elle avait même fusionné avec la Chambre de rhérotique (La Giroflée) en 1480. Peintres et écrivains participaient aux fêtes, cortèges et processions de cette ville. Les deux arts soeurs, Poesis et Pictura ont joué un grand rôle: leurs bustes trônaient dans la Chambre des peintres, les écrivains les louaient en vers et les peintres les introduisaient dans leurs tableaux (Georges Perec, la contrainte du réel). Le rôle social qu'elle devait tenir nécessitait des moyens financiers que seul un minimum d'effectifs était capable de réunir. Nous parlerions de nos jours de "taille critique".
Statuts
Certains se limitent aux redevances et à l'apprentissage comme comme ceux d'Amiens. D'autres comme les statuts d'Anvers vont plus loin en imposant un label de qualité (bois spécifique, conditions de mise en oeuvre, marque de fabrique, etc...)
|Ci-dessous: Dyptique d'un anonyme (Dijon)||