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LANDGREN Per - De l'origine des "espèces" - Darwin et les racines idéologiques du concept du concept d'espèce
La notion d'espèce a déjà fait couler beaucoup d'encre (Beatty, Ghiselin, Green, Gillespie, Hull, Kottler, Mayr, Sulloway, Vorzimmer, et aL). Cependant, on a rarement accordé l'attention qu'il faudrait aux idées que Darwin attaquait dans l'Origine des espèces, ni dans quel contexte il le fit. Bien sûr, la compréhension de l'époque précédant la parution de l'Origine des espèces requiert "une capacité d'imagination qui dépasse les moyens de la plupart d'entre nous". Comme l'historien des idées M. P. Winsor le dit, exercer ainsi notre imagination historique "signifie non seulement faire fi de nos connaissances actuelles, mais aussi mettre de côté notre vision matérialiste du monde". En quelques mots, Winsor attire notre attention sur deux principes fondamentaux de toute méthodologie d'histoire intellectuelle correcte.
Les historiens des idées ont depuis fort longtemps voué leurs efforts à retracer la ligne des précurseurs ayant mené au point de vue "correct" actuel. Ce point de vue, curieusement, correspondait souvent à l'opinion dominante du moment. En conséquence, les opinions des opposants peu intéressants furent trop facilement ignorées. Mais si on s'en tient au premier principe - le refus de l'anachronisme - on devrait penser qu'il devait exister à telle ou telle époque de solides raisons pour accepter l'opinion du moment. Souvent, l'opinion reçue à une certaine époque est parfaitement raisonnable, en fonction des connaissances disponibles; fait que l'historien éprouve de la peine à apprécier, parce que sa manière de voir, ainsi que celle de son temps, a changé. Selon Reijer Hooykaas, historien des sciences hollandais, par l'emploi d'une "méthode phénoménologique", un historien devrait examiner la science du passé avec les mêmes yeux que Si il était un observateur critique contemporain. En conséquence, on doit se libérer de sa propre vision du monde ainsi que des idées couramment reçues de son propre temps, même si pour nous l'autre cadre de référence n'apparaît plus très rationnel.
Le second principe porte l'accent sur l'importance cruciale des différentes visions du monde. La "vision matérialiste du monde" de Winsor et d'autres a conduit trop de spécialistes à négliger de comprendre et de nous transmettre l'arrière-plan historique et la justification rationnelle admise en un âge différent du leur. Dans cet article, je considère que c'est effectivement ce qui s'est passé si l'on examine l'attitude des savants envers les espèces antérieure à l'Origine de Darwin.
Sommaire
Arrière-plan historique
Lors de ses études à Edimbourg et à Cambridge le jeune Charles Darwin (1809-82) reçu pour enseignement que les espèces étaient immuables et éternelles et qu'elles ne pouvaient pas se croiser. L'immuabilité de Dieu fondait la permanence des espèces. Dans son autobiographie, il affirme même qu'il "n'avait jamais rencontré de naturaliste qui semblât douter un instant du caractère permanent des espèces". Bien que l'idée de la fixité des espèces était la manière de voir communément reçue et acceptée, Darwin lui-même avançait des opinions tout-à-fait "hérétiques" à ce sujet. Durant sa période d'études universitaires de deux ans à Edimbourg (1826-28), "un véritable havre de dissidents aisés" il fit connaissance de Robert Grant, "francophile passionné" et évolutionniste lamarkien. Selon Adrien Desmond et James Moore (Darwin, 1991), ce qu'il apprit de Grant lui permit de construire sa propre approche initiale de l'évolution, ce qui semble plausible d'apres son autobiographie.
En Angleterre, Rayet Linné avaient jusqu'alors dominé le domaine taxinomique[1] et leurs travaux influents en systématique, soutenant l'idée d'une permanence des espèces, marquèrent fortement les vues des naturalistes. La théologie naturelle elle aussi façonna les esprits de la jeune intelligentsia cléricale d'Oxford et de Cambridge. En son ouvrage Fundamenta botanica (1736), Linné déclare: "on compte autant d'espèces qu'il y eu de formes créées au commencement". De plus, il soutient dans son ouvrage Systema naturae (1735) que "tout être animé vint au monde à partir d'un oeuf de ses parents, raison pour laquelle aucune espèce nouvelle ne peut apparaître". Il en conclut que le caractère essentiel d'une plante ou d'un animal rend possible sa classification selon les diverses espèces, et selon des ordres plus élevés. Cependant, seules les espèces résultaient d'une création divine. Les notions de classes et d'ordres étaient le produit de la sagesse humaine.
Idée, eidos et espèces
Pour retracer l'origine du concept linnéen d'espèce, on doit se tourner vers le monde classique gréco-romain. Linné travaillait en naturaliste de tradition aristotélicienne. Lorsque Aristote classifiait des animaux, ou lorsque Théophraste, grand disciple d'Aristote, classifiait les plantes, ils utilisaient tous deux le concept de genre (grec: genos) et d'espèce (grec: eidos) (Cf Balme; Baumer, Lennox, Gotthelf, etc ... ). L'emploi des deux concepts procédait d'une distinction technique claire dans le domaine de la logique, distinction qui débouchait sur une distinction hiérarchique semblable en biologie. Derrière l'idée aristotélicienne de l'eidos se cachait l'idéologie des idées ou essences de son maître, Platon. Chez Platon, la notion d'idée ou d'essence est fondamentale. Il existait dans cette conception un monde d'idées distinct du monde réel. Les idées (universaux) telles "homme", "chat", "feu" et "air", respectivement constituaient les essences des matériaux et des divers cas particuliers (accidents), "hommes", "chats", "feux" ou "airs". La question était de savoir quelle était la relation véritable de ces idées avec la réalité.
Traditionnellement, le monde occidental a considéré que Platon pensait que la seule connaissance vraie de la réalité s'obtenait par la contemplation philosophique des idées éternelles, tandis qu'Aristote, lui, pensait que l'acquisition de cette connaissance se produit au travers de l'expérience des manifestations concrètes des diverses idées dans le monde. Mon propos n'est pas ici d'aller plus avant dans ce débat hautement sophistiqué sur la signification de ces termes dans les écrits des grands philosophes grecs de l'antiquité. Je m'intéresserai plutôt à la compréhension et à l'emploi de ces notions par les générations ultérieures. Je ne mentionnerai que deux pistes, mais qui sont d'une importance capitale dans l'histoire du monde occidental Toutes deux sont d'origine latine, mais leur contextes sont très différents.[2]
La Philosophie romaine
L'une des premières questions que l'on doit se poser au sujet de la philosophie romaine concerne sa parenté avec la philosophie grecque. Bien qu'il y ait quelque originalité dans les écrits romains, le principal mérite de Rome se trouve dans sa transmission fidèle de la philosophie grecque au monde intellectuel latin. Ce monde intellectuel latin perdura jusqu'à la Renaissance et au-delà. Marcus Tullius Cicero (Cicéron) le politicien et auteur romain, fut à cet égard un personnage très important. Environ 300 ans après les philosophes grecs, Cicéron, dans les rares moments de loisirs actifs que lui procuraient son isolement politique occasionnel, produisit une oeuvre considérable. Au mépris total de toute notion moderne de droit d'auteur il écrivit d'importants traités s'inspirant fortement des écrits philosophiques grecs, qu'il répercutait à la manière qui lui était propre. Il traduisit les mots grecs eidos et idea par les expressions latines, species et forma.
La Vulgate
La Bible latine, en particulier la traduction de Jérôme, la Vulgate, eut un immense impact sur la langue et la pensée occidentales. Elle emploie la traduction species, "espèce" ou genus, "genre" pour le mot hébreu baramin. De manière répétée, le récit de la Genèse reprend les expressions secundum speciem suam (selon son espèce) ou in species suas (de son espèce), si bien que dans l'histoire de l'interprétation biblique, le mot "espèce" devint synonyme du caractère permanent d'un être vivant.
Ma conclusion après étude du sujet est que le concept aristotélicien de l'immuabilité des espèces se confondait avec la définition de la Genèse. Cette conclusion me paraît à ce point évidente qu'elle nécessite à peine une démonstration; je pense qu'à ce stade préliminaire, elle se trouve suffisamment étayée pour pouvoir éclairer notre investigation de la notion prédarwinienne d'espèce.
Crédibilité perdue
Le stade pré-darwinien de la question de l'espèce fut caractérisé par son manque de maturité et par un flottement général des idées. L'ancien point de vue aristotélicien, qui peut à bon droit être qualifié d'hypothèse scientifique, constituait une voie sans issue en ce qui concerne la recherche. De plus en plus de spécialistes, y compris les plus célèbres, tels Owen et Cuvier, travaillaient plus ou moins confidentiellement sur les mêmes problèmes que Darwin. Les scientifiques découvrirent que leurs expériences ne s'accordaient pas avec une position immuable et totalement rigide. Le vieux concept aristotelicien, que le jeune Linné avait endossé et qui avait été marié indûment et depuis longtemps dans l'histoire de l'interprétation au récit de la création, perdit sa crédibilité intellectuelle. (Cf. Gillespie, Hull, Kuhn, etc ... ).
Après le voyage
Lorsque Darwin et l'ornithologue britannique mondialement connu John Gould, après le voyage du Beagle, etudièrent, en mars 1837, les pinsons qui avaient été collectés aux îles Galapa~os, Gould déclara à Darwin que ce qu'il avait cru être des varietés étaient en réalité des espèces différentes. Darwin savait qu'en vertu du dogme de la fixité des espèces, Dieu aurait dû créer les différentes espèces de pinsons de manière séparée sur chaque île de l'archipel. C'était une conclusion logique qui encouragea Darwin à se tourner vers les libres-penseurs français et anglais qui attaquaient la fiabilité scientifique et historique de la Bible.
Darwin ne mit pas en doute la classification de Gould. Après tout, Gould était son professeur en matière ornithologique. Darwin ne tenta pas non plus de réviser le concept linnéen d'espèce. C'est alors qu'il commença à transcrire dans une série de carnets ses pensées et spéculations au sujet des transmutations. Leur lecture montre que l'idée de transmutation constitua le point de départ de ses spéculations. Dans ces carnets Darwin developpa des hypothèses, tant sur les idées anciennes que sur les idées nouvelles. Selon Desmond et Moore, la découverte de "singes fossiles" fut annoncée publiquement en 1837. Darwin n'hésita pas à noter ses spéculations sur le sujet extrêmement délicat d'une parenté commune de l'homme avec les singes.
Dans son autobiographie, Darwin se réfère au premier carnet, sur les transmutations, carnet qu'il débuta en juillet 1837. "Je travaillais selon une méthode purement baconienne, sans aucune théorie préconçue, rassemblant des faits sur une grande échelle". Après la publication de l'Origine, des amis tels le Prof. Sedgwick, le critiquèrent sur la base du même critère: "Vous avez abandonné la veritable méthode inductive... Beaucoup de vos conclusions générales sont basées sur des suppositions qui ne peuvent être, ni démontrées, ni falsifiées; pourquoi sont elles exprimées dans le langage et à la manière de l'induction philosophique?" écrivit Sedgwick en 1859. Selon George Grinnell, la "vigueur avec laquelle il avançait un modèle, et après son effondrement, en postulait immédiatement de nouveaux suggère qu'il était philosophiquement enclin à soutenir la théorie des transmutations pour des raisons dépassant les observations empiriques sur lesquelles il avait originellement travaillé." La vieille image d'Epinal positiviste d'un Darwin travaillant objectivement sur l'évolution ne colle pas avec les données historiques disponibles. Elles révèlent que le changement d'optique se fit très tôt.
En ce qui concerne le changement du concept d'espèce qui se manifesta chez lui, on peut au moins affirmer que Darwin débuta dans une optique fixiste pour finir dans celle de la mutabilité. Partant d'un point de vue aristotélicien et linnéen, il se dirigea vers un concept plastique agrémenté de certains ingrédients tels la sélection naturelle et la pangenèse. C'était chose grave dans l'Angleterre victorienne. Dans une lettre à son ami botaniste Joseph Dalton Hqoker datée du 11 Janvier 1844, il révéla ses vues sur la mutabilité des espèces en ajoutant que c'était "comme si il avouait un meurtre."[3] Selon l'explication qu'il donna de son ancienne opinion, le concept d'espèces statiques était biblique. Ce qu'il ignorait est que les racines de son ancien point de vue étaient en fait aristotélicien, et à cet égard constituait un héritage des notions scientifiques de la Grèce antique.[4] Sans entrer dans le débat sur les origines historiques de la science moderne, on peut simplement affirmer que Darwin changea d'hypothèse scientifique, sans qu'aucune n'ait de rapport avec le récit biblique. Les racines n'étaient pas bibliques, pour la simple et bonne raison qu'il n'était pas légitime d'assimiler le mot hébreu baramin, quel qu'en soit son sens exact, au concept linnéen d'espèces[5].
Lyell, Darwin et Linné
C:était en gros dans ce contexte historique que le géologue anglaiS Charles Lyell exprima sa reconnaissance d'avoir été informé du concept linnéen d'espèce, dans une lettre datée du 15 décembre 1867 adressée au professeur suédois Sven Lovén. De fait, Linné avait modifié son point de vue au sujet des espèces. Il avait découvert la fleur Peloria, un hybride monstrueux, et fut ensuite forcé d'abandonner son point de vue initial. Peu après cette découverte, il proposa de faire des croisements entre différentes espèces et entre des ordres taxinomiques plus élevés. La difficulté qu'ilyavait à l'époque de faire le tri entre les observations réelles et les bâtards imaginaires (par exemple entre une poule et un lapin et entre un homme et un singe) contribua à l'émergence d'une nouvelle prise de position du prince la botanique, n'atteignit cependant pas une large audience.
Linné abandonna le fixisme et proposa que le chien, le loup et le renard appartiennent au même genre. Le biologiste français Buffon, qui croyait en une dégénérescence à partir d'un nombre limité d'archétypes, objecta que la possibilité de former des hybrides était un argument en faveur de l'appartenance à une espèce commune. Selon l'historien des idées suédois Gunnar Broberg, le changement d'avis de Linné provenait des difficultés courantes qu'il éprouvait à distinguer les espèces des variétés. Le problème nouveau pour Linné était celui de déterminer quel niveau taxinomique était le niveau naturel, c'est-à-dire le niveau originel au moment de la création. Dans son ouvrage Fundamentum fructificationis de 1762, et dans la 6ème édition de Genera Plantarum (1764) il proposa pour la première fois une hypothèse plus conforme à la nature et à sa propre expérience. Linné considérait que Dieu avait créé autant d'individus qu'il existait d'ordres différents, et qu'ensuite, Dieu les avait mélangé selon les différents genres. Ensuite, la nature aurait mélangé les ~enres pour former les espèces afin de former les différentes variétes. Selon le scientifique hollandais Bremekamp, il semble raisonnable d'interpréter le nouveau système linnéen comme si Dieu avait créé initialement 50 à 60 plantes et 7000 animaux.
Lorsque Linné fut confronté à la réalité expérimentale, il modifia son point de vue au sujet du fixisme et son opinion devint plus modérée au sujet des formes créées originellement. Par contraste, Darwin passa d'un extrême à l'autre: du fixisme à ce qu'il appelait lui-même des "formes fluctuantes", plastiques. Il est tout à fait évident, d'après l'Origine, qu'il écrivit sciemment pour combattre la notion d'une création par Dieu des espèces individuelles. Selon les mots de Darwin, il s'agissait alors de lopinion générale", phrase qui traduit plutôt mal l'opinion des ses collègues. Il est cependant certain que Darwin écrivit à l'encontre de son opinion première. D'après LyeIl , Darwin "fut passablement surpris" lorsqu'on lui exposa les "notions hypothétiques et théoriques de Linné, qui prouvent" écrit Lyell, "a quel point son intelligence était peu sclérosée et à quel point il aurait librement reçu les idées nouvelles, qui se généralisent graduellement, s'il avait vécu à notre époque". Une autre interprétation plus plausible est que Linné modifia son point de vue au sujet du niveau taxinomique de l'espèce créée en demeurant dans le contexte du paradigme biblique. On peut même affirmer que l'opinion de Darwin au sujet de la création, alors qu'il était encore un jeune naturaliste, n'était pas bien étayée par son expérience. Même Linné, qui vécu un siècle plus tôt, avait un point de vue bien plus sophistiqué au sujet des espèces originelles que celui du jeune Darwin, et dont il se fit plus tard le plus grand adversaire. Les vues de Linné surprirent Darwin. Les vues créationnistes du jeune Darwin n'étaient pas réellement bibliques. Elles étaient aristotéliciennes et platoniques de par leur quasi déification des idées. C'était une position mal affermie, que le plus renommé des taxinomistes, Carl von Linné, avait modifié dès 1742, lorsqu'il fut confronté à certaines données empiriques.
Conclusion
Le concept d'espèces fixes est encore trop fréquemment associé à une "lecture littérale" de la Genèse. C'est ainsi que l'exposent, par exemple, Ernst Mayr[6] et Peter Bowler[7]. Ce point de vue, courant chez les naturalistes et les historiens des sciences qui ne considèrent pas les racines métaphysiques du concept d'espèce stable. Ces racines proviennent du monde classique, non de la Bible. La question des espèces, des genres, etc ... reste ouverte. C'est aussi le cas de l'espèce originelle biblique. Il est grand temps de réaliser que même l'avant-garde en matière de recherche taxinomique a encore beaucoup à faire, y compris dans le domaine de la compréhension de sa propre histoire.[8]
Notes et références
- Taxinomie: science de la classification des êtres vivants.
- La position philosophique d'Aristote - le réalisme: les concepts nommant les choses sont réels, ils correspondent l'ordre de la création. Cependant le contenu, le sens qu'Aristote attribue à ces concepts généraux est souvent erroné car la référence ultime de base pour ces concepts - les universaux - ne se trompe pas dans la contemplation platonicienne des idées, mais dans cette révélation normative de Dieu, la Bible (Rédaction)
- On voit ici l'influence sur Darwin des idées courantes à son époque, en particulier le subjectivisme cartésien et kantien (pensée centrée sur elle-même, mépris des faits objectifs dans l'élaboration d'hypothèses explicatives) et la marque de l'évolutionnisme philosophique, la dialectique hégélienne (selon le schéma de logique: thèse-antithèse-synthèse, par opposition au schéma vérité-erreur) (Réd.)
- On peut cependant se poser la question: pourquoi lers acquisitions thechniques de la philosophie grecque et la précision des langues grecques et latines seraient-elles ipso facto considérées comme opposés à la biblique? Que les fondements idolâtres de la mythologie grecque et les motifs de base de la philosophie grecque soient à rejeter nous semble évident. Mais est-ce par hasard que le Nouveau Testament a été écrit en grec? (Réd)
- On peut certes affirmer que "baramin" ne correspond pas à un niveau taxinomique moderne bien défini. Il est cependant dangereux de renvoyer dos à dos Aristote et Darwin, car le concept antique s'accordait bien avec le concept biblique de stabilité de l'espèce, que Darwin contesta sur la base de raisonnements mal fondés, mais en conformité avec les idées néo-orthodoxe où tout rapport conceptuel entre la science et la foi, entre la pensée scientifitque et le récit biblique, serait impossible (Réd)
- E Mayr en son livre monumental: The Growth of the Biological Thought (1982)
- P Bowler :Evolution The History of an idea (1989)
- Le texte de la Genèse fournit la notion de la stabilité immuable de l'espèce. La Bible ne définit pas pour nous le contenu spécifique de ce terme, les catégories d'êtres qui apartiennent à une seule espèce. Fixer ce contenu de l'espèce, ses limites et le degré de variation dans ce cadre fixe, voilà les tâches d'une saine taximonie biologique. La réalité créée manifeste la stabilité des êtres et la variété de leurs manifestations concrètes. L'erreur provient toujours de vouloir à tout prix l'un SANS l'autre.(Réd)