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Les sondages laissent penser que si le scrutin interne avait lieu aujourd'hui, Matteo Renzi battrait haut la main tous ses rivaux.
KEYSTONE/EPA ANSA/GIUSEPPE LAMI(sda-ats)
Michele Emiliano, président de la région des Pouilles (sud de l'Italie), a annoncé mardi sa candidature face à l'ex-président du Conseil Matteo Renzi à la tête du Parti démocrate (PD, au pouvoir). M. Renzi a remis dimanche son mandat en jeu.
Agé de 57 ans, Michele Emiliano, ancien procureur connu pour son franc-parler, est particulièrement populaire dans le Mezzogiorno. Il a annoncé sa candidature lors d'une réunion de l'instance exécutive du PD, au cours de laquelle il s'est livré à une attaque en règle contre Matteo Renzi.
Celui-ci a démissionné dimanche dernier de son poste de secrétaire du Parti démocrate, pour clarifier la ligne de cette formation de centre gauche.
"Droitisation"
Matteo Renzi, qui a abandonné la tête du gouvernement après son échec au référendum constitutionnel du 4 décembre, est accusé par l'aile gauche du Parti démocrate d'avoir "droitisé" le parti.
Il n'a pas dit quand se tiendrait le futur congrès du parti, mais ses alliés suggèrent que le vote interne aura lieu avant des élections locales prévues en juin. Mais selon les détracteurs de M. Renzi, le processus devrait durer au minimum jusqu'en juillet, et idéalement se tenir durant l'automne.
Les sondages laissent penser que si le scrutin interne avait lieu aujourd'hui, Matteo Renzi battrait haut la main tous ses rivaux.
Parti menacé d'explosion
On s'attendait à ce que Michele Emiliano claque la porte du PD. Sa décision de rester en contestant la direction de Matteo Renzi est le dernier revirement en date dans les dissensions internes qui menacent de faire exploser la formation au pouvoir, à un an des prochaines législatives.
M. Emiliano et d'autres tenants de l'aile gauche du PD, dont l'ex-chef du parti Pier Luigi Bersani, avaient menacé de quitter le parti et de créer une nouvelle formation qui, selon les sondages, aurait pu priver le PD de six à dix points de soutien. Beaucoup s'attendent toujours à ce que cette rupture advienne.
"Je suis candidat parce que je suis chez moi au sein de ce parti et que nul ne peut m'en chasser", a déclaré mardi Michele Emiliano. Il a accusé Matteo Renzi de manoeuvres destinées à se débarrasser de ses détracteurs et de vouloir organiser un congrès en toute hâte afin de tirer parti de sa "position dominante".
Deux des plus illustres "frondeurs" du Parti démocrate, le député Roberto Speranza et le président de la région de Toscane, Enrico Rossi, se sont déclarés mardi déçus par la décision de Michele Emiliano, mais ils ont assuré que malgré sa défection, ils maintenaient leur projet de fonder un autre parti.
Le M5S en profite
Les divisions internes au PD profitent au parti anti-élites M5S (Mouvement 5 étoiles), que les sondages créditent de 30% des intentions de vote, soit à peu près le même niveau que le Parti démocrate.
ATS