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La Saint-Nicolas est traditionnellement fêtée la veille du 6 décembre de chaque année dans la plupart des pays occidentaux. A quelques jours de la fête de Noël, la Saint-Nicolas a elle aussi une histoire et une tradition religieuses.
Dans certaines régions de Suisse, les enfants sages reçoivent des friandises le soir du 5 décembre, veille de la Saint-Nicolas. Ce personnage a fait l’objet d’une légende célèbre. Il récompense en effet les enfants sages, accompagné de son serviteur, le « père Fouettard ».
La légende de saint Nicolas a fait l’objet de nombreux récits et musiques. Celle-ci raconte l’histoire de trois enfants qui se perdent et sont obligés de frapper à la porte d’une habitation inconnue pour ne pas passer la nuit dehors. L’homme qui leur ouvre est boucher de profession. Il les fait entrer mais les tue sitôt la porte fermée, les coupe en petits morceaux et les mets dans un grand tonneau contenant du sel et destiné à conserver la viande pour en faire du « petit salé ». Saint Nicolas, en voyage dans la même région, frappe à la même porte et demande l’hospitalité. Le boucher se sent obligé de l’inviter à dîner, n’osant refuser le couvert à un évêque. Saint Nicolas demande alors au boucher de lui servir du petit salé. Pris au piège, le boucher avoue son méfait. L’évêque étend alors trois doigts et ressuscite miraculeusement les trois enfants.
Pour punir l’homme, saint Nicolas l’enchaine à son âne. Il devient désormais le « père Fouettard », une personne mauvaise qui gronde les enfants désobéissants. Dans la légende populaire, le père Fouettard est ainsi l’opposé de saint Nicolas, associé à une image de bienveillance et de douceur.
L’origine de la Saint-Nicolas remonte au moins au Xe siècle. A cette époque, on retrouve une relique d’un certain évêque, Nicolas. Il s’agit en réalité d’une confusion probable entre deux personnes, l’évêque Nicolas de Myre (IIIe siècle), et l’évêque Nicolas de Sion. La tradition des récits de vie de saints semble avoir en effet confondu ces deux évêques à partir du Xe siècle. Lorsque la relique est trouvée, elle est apportée en Lorraine. On édifie alors une basilique dédiée à saint Nicolas dans le sud de Nancy. Nicolas devient rapidement le saint patron de la Lorraine. Ce culte se répand en Allemagne puis dans de nombreux pays d’Europe.
La figure de saint Nicolas, vêtue d’un vêtement d’évêque rouge et blanc, avec une barbe blanche, s’est peu à peu transformée en celle du père Noël. « Saint Nikolaus » s’est transformé en « Santa Klaus », appellation anglophone pour désigner le Père Noël. C’est en 1860 qu’un illustrateur américain fige l’apparence de celui qui devient le « père Noël », en lui dessinant un costume à capuchon rouge, une ceinture de cuir et un ventre rebondi. Cette représentation gagne en popularité lorsque la firme Coca-Cola en diffuse l’image au XXe siècle. Mais la tradition de la Saint-Nicolas a perduré et on dissocie aujourd’hui les deux personnages dans l’imagination populaire.
La Saint-Nicolas a une importance particulière à Fribourg, puisque cette ville est sous le patronage de ce grand saint. Chaque année, une personne déguisée en saint Nicolas défile dans les rues le premier weekend de décembre. Dans plusieurs cantons, la Saint-Nicolas est l’occasion d’une fête au cours de laquelle on distribue des friandises aux enfants sages, telles que des mandarines, du chocolat, du pain d’épices…
La photo qui illustre cet article est une statue décorant la cathédrale Saint-Nicolas à Fribourg.