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La décennie 1990-2000 a dévoilé en Suisse la fragilité des systèmes de sécurisation classiques en instituant la figure du supporter comme une menace et comme un sujet déviant. L'émergence d'une nouvelle génération de risques sportifs procède de deux logiques : premièrement, l'apparition d'un lien entre supportérisme violent et extrémisme de droite apparu dans un certain nombre de situations et deuxièmement, l'importante pression constituée par la perspective de l'Euro 08. Ainsi, cette problématique s'est progressivement installée au sein des discours institutionnels et privés, se forgeant une place sur l'agenda politique.
Le Comité des ministres du Conseil de l'Europe recommande aux États membres en 2001 de prendre des mesures pour supprimer le racisme, la xénophobie et l'intolérance raciale dans le sport. En Suisse, différents groupes d'experts ont débattu de la question et ont défendu une approche globale de lutte contre la violence et contre le racisme. Il semblerait pourtant que la question du racisme et de la discrimination ait été abandonnée au profit d'un dispositif uniquement centré sur la préservation de la sécurité et de l'ordre public, en raison notamment d'une faible sensibilité du lobby sportif au problème du racisme dans le sport, ainsi que d'une récente et importante « droitisation » de l'opinion publique suisse, caractérisée par une plus grande tolérance aux stéréotypes xénophobes.
Résumé : Sarah Kiani.