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À Propos
Quelques lignes retraçant notre historique
C'était en 1869, en novembre,
à Château-d'Œx enseignait Louis Morier, celui que par la suite on a toujours appelé, respectueusement, le Régent Morier. Passionné de musique, ce dernier avait dès ses jeunes années porté son attention sur les instruments à vent et, pour réaliser un projet depuis longtemps caressé, il réunit en cette soirée de novembre les six hommes qui furent avec lui les fondateurs de la société. Plusieurs d'entre ces ouvriers de la première heure avaient servi comme trompettes militaires et tous avaient quelques connaissances musicales.
C'étaient les cadres tout trouvés pour former un corps de musique. D'emblée, le Régent Morier sut leur insuffler l'enthousiasme sans lequel on n'arrive à rien dans une entreprise de ce genre et, pour sceller l'accord établi sur de solides bases, on procéda sans tarder au baptême de la société nouvellement formée : « La Montagnarde ».
C'est ainsi que naquit, en 1869, alors que la neige recouvrait tout dans la vallée, la nouvelle société de musique. Bien accueillie par la population, elle voit grossir ses rangs : petit à petit, elle s'incorpore dans la vie de notre bourg et l'on ne saurait concevoir une fête au chef-lieu du Pays-d'Enhaut sans « La Montagnarde » pour la conduire.
Que de chemin parcouru (aux sens propre et figuré du terme) depuis 1869 ; que de cortèges, que de soirées et de concours, que de dianes éclatantes et de lauriers cueillis.
On ne saurait prétendre au rappel de tous les événements, à l'évocation de toutes les joies et de toutes les peines qui furent la vie de la société. Il est cependant quelques dates et quelques faits qu'on ne saurait passer sous silence.
En 1879, « La Montagnarde », pour la première fois, joue à la fête de l'Ancienne Abbaye ; depuis lors, chaque année elle conduit les tireurs qui parcourent en cortège le village de Château-d’Œx.
En 1881, c'est le premier concert donné à la St-Sylvestre, naissance de l'aimable tradition d'accueillir l'an nouveau en musique. A l'occasion du tir fédéral de Berne, en 1885, « La Montagnarde » est à la tête des tireurs du Pays-d'Enhaut venus à la capitale pour y démontrer leurs qualités de fins guidons. Le 31 décembre 1888, il y a grande fête à Château-d'Œx pour célébrer le Nouvel-An de la liberté, c'est dire si nos musiciens se sont mis sur leur trente et un.
En 1890, on inscrit les premiers membres passifs, ces soutiens fidèles grâce auxquels la société a pu aller de l'avant et se procurer les premiers uniformes qu'elle revêt un an plus tard. Puis voici la première soirée, donnée les 18 et 19 mars 1892 et le centième anniversaire de l'Ancienne Abbaye qu'on célèbre à grand renfort de musique deux ans plus tard. « La Montagnarde » participe en 1904 au Concours cantonal de Montreux et en revient avec un chêne. On sait que bien des lauriers ont suivi! En 1908, on inaugure de seyants et nouveaux uniformes.
En 1919, après les vicissitudes de la guerre de 1914-1918, la société se reprend pour fêter dignement son cinquantenaire. On joue pour les premières courses de chevaux en 1920, et en 1921, pour les fêtes de l'Exposition régionale. En 1922, « La Montagnarde » inaugure un troisième drapeau. La même année, elle organise le premier Concert des musiques du Pays-d'Enhaut et du Saanenland, car dans nos villages voisins, étant d'avis qu'une fête sans fanfare n'est pas une fête, on a créé des corps de musique avec lesquels « La Montagnarde » n'a cessé d'entretenir les meilleures relations.
L'année 1931 est marquée par un deuil : « La Montagnarde » conduit au cimetière son vénéré fondateur, le Régent Morier, son animateur infatigable, l'homme à la fois ferme et bon auquel tous gardent une reconnaissance émue.
En 1935, « La Montagnarde » conduit au champ du repos son dernier membre fondateur, M. Beat Morier, à Rossinière. Les fondateurs ne sont plus, mais leur œuvre reste et c'est à cette œuvre qu'on reconnaît les ouvriers. La même année, le 26 juin, le Pays-d'Enhaut fête l'arrivée de son premier représentant aux Chambres fédérales, M. Charles Favrod-Coune, syndic, et « La Montagnarde » lui donne une aubade ; cette année-là, notre société sœur, « L'Echo de Corjon » de Rossinière, fête son 25e anniversaire et nous lui rendons visite.
C'est l'époque des grands succès : l'époque marquante pour « La Montagnarde » et pour son directeur. En 1935, c'est la cinquantième Fête des musiques de la Suisse romande, à Lausanne, où « La Montagnarde » se voit attribuer les trois premiers prix d'exécution, lecture à vue et direction.
En 1937, le plus éclatant succès : le Concours cantonal des musiques vaudoises à Pully, où elle obtient la première couronne de lauriers avec 92 points 2/3, ce qui représentait la meilleure moyenne générale du concours ainsi que le prix de direction.
Puis vint la guerre, marquée de longues absences de soldats musiciens, appelés par la succession des mobilisations et des interminables périodes de service militaire. En 1940, « La Montagnarde », « L'Echo des Alpes » et le Club des accordéonistes s'unissent pour monter une soirée. En 1943, nous participons à la Fête des musiques gruyériennes, à Gruyères, et, l'année suivante, les 29 et 30 avril, c'est dans la joie que nous célébrons le 75e anniversaire, sous la présidence de M. Julien Wehren et avec la participation de plusieurs sociétés amies.
1944, 1945, 1946 : « La Montagnarde » participe aux fêtes des musiques de l'Est, à Vevey, Villeneuve et Bex respectivement.
En 1951, elle abandonne une tradition : on salue l'an nouveau à 11 heures le 1 er janvier (auparavant l'aubade avait lieu le 31 décembre à minuit !).
En 1954, M. Georges Klaus prend la direction; il nous conduit dans l'étude de «Gay, Gay en Sazième», merveilleux spectacle donné à l'occasion de la Fête cantonale vaudoise de gymnastique.
En 1956, M. Klaus passe la baguette à M. Henri Menoud. L'année suivante, « La Montagnarde » apporte son concours au 75e anniversaire de « L'Harmonie » de Saanen, à l'inauguration des uniformes de ses amis de Rossinière, puis à la manifestation, dont la beauté demeure dans toutes les mémoires, tant elle fut l'émanation de la reconnaissance des chœurs et des fanfares, qui marqua l'inauguration du monument élevé à la mémoire de l'abbé Bovet, à Bulle.
En 1964, les musiciens s'offrent un radieux plaisir, sur les Riviera française et italienne. Reprenant le travail, ils organisent le concert du giron des trois Gruyères, à Château-d'Œx.
Tout ce rappel de l'histoire de « La Montagnarde » a été retrouvé dans les livrets-souvenir du 75e et du 100e anniversaire.
1967 : Participation musicale à la 17e fête Cantonale des Musiques Vaudoises à Prilly le dimanche 28 mai, dans une ambiance de fête extraordinaire ; c'est la 1ère fois que nos musiciens assistent à un solo de basse et c'est l'euphorie.
En 1969 : c'est le centenaire. Un comité d'organisation, sous la présidence de M. Ernest Comba met au point une grande fête pour saluer le passage de « La Montagnarde » dans son deuxième siècle d'existence.
Fixée les 14 et 15 juin, une soirée-concert s'est déroulée avec la participation de la fanfare du Corps de police de Lausanne et du groupe folklorique « Mon Pays » de Fribourg. Le dimanche, un cortège est organisé avec la participation de plus de 10 groupes et fanfares. Cet anniversaire est aussi l'occasion pour « La Montagnarde » d'inaugurer sa nouvelle bannière.
En 1970, à l'assemblée générale, M. Ernest Comba est nommé Président d'honneur. Les 23, 24 et 25 avril, c'est la grande course à Venise, sous la responsabilité de M. Daniel Berdoz, fonctionnant comme chef de course, sortie qui a laissé un souvenir inoubliable.
En 1971, le Concours cantonal à Yverdon voit « La Montagnarde » rentrer au pays avec de l'or sur toute la ligne, avec en tête son chef M. Henri Menoud.
En 1972, on voit pour la première fois deux dames entrer comme membres actives dans la société, il nous plaît de les nommer : Mmes Liliane Berruex et Anne Henchoz. Il fallait à cette époque avoir de la volonté et du courage pour oser s'engager. « La Montagnarde » participe à la fête d'été de « L'Echo de Corjon ».
En 1973, c'est l'organisation de l'assemblée cantonale des Musiques vaudoises qui voit la participation de 396 membres. Notre société participe à l'inauguration du drapeau de « L'Echo de Corjon » en tant que marraine.
En 1975, « La Montagnarde » inaugure ses nouveaux uniformes, elle participe au Concours cantonal des Musiques vaudoises à Mézières. Les lauriers remportés prouvent que chacun a donné le maximum.
En 1976, baptême de l'air pour « La Montagnarde » : en effet, c'est la participation au Festival des Musiques européennes de Turnhout en Belgique, les résultats obtenus lors de ce concours sont éloquents et le souvenir gravé à jamais dans nos mémoires. M. Henri Menoud passe la baguette à un jeune et talentueux directeur, M. Albert Chabloz.
1977, c'est l'adoption de nouveaux statuts.
En 1978, elle participe au « Kiosque à musique » de la radio Suisse romande à l'occasion des quarante ans du chœur mixte « Le Picosi ».
1979 : Participation au 20ème concours cantonal à Vallorbe sous une pluie battante lors du défilé (concours de marche).
En 1981, elle organise la fête d'été avec la participation de la fanfare montée du Chablais.
En 1982, « La Montagnarde » donne un concert dans l'Intyamon, à Enney et participe comme invitée à la fête des musiques gruériennes, avec un cortège de Pringy à Epagny.
En 1983, nos tambours participent pour la première fois au Concours cantonal de Vevey, les résultats obtenus sont magnifiques. Du 20 au 23 mai, c'est la participation au Festival des Musiques européennes à Hammelburg en Allemagne, les résultats sont brillants.
En 1984, participation au Giron des Musiques du Lavaux à Cully. Au mois de juin, nous marquons par un concert accompagné par le chœur « Mon Pays » de Fribourg les 115 ans d'existence de « La Montagnarde ». En 1986, participation à la Fête fédérale des Musiques à Winterthour; une fois encore, « La Montagnarde » recueille des lauriers mérités, par une excellente prestation.
1987 fut une année mémorable : tous les musiciens et musiciennes du Pays-d'Enhaut se souviendront encore longtemps du 22e Concours cantonal des Musiques vaudoises, organisé conjointement avec « L'Echo de Corjon » de Rossinière. Sous la présidence de M. Jean-Claude Rosat, cette manifestation, regroupant quelque 2 000 musiciens et tambours vaudois, a connu un succès éclatant, montrant qu'au Pays-d'Enhaut on savait organiser et accueillir avec tous les honneurs dûs aux hôtes présents.
La participation à la Fête du 125e anniversaire de la Société fédérale des Musiques à Zofingue, en tant que représentant de la Société cantonale des Musiques vaudoises avec nos amis de « L'Echo de Corjon » a été une preuve de la confiance et de l'honneur du comité cantonal.
Mais tout passe, notre dévoué directeur, Albert Chabloz, rejoint les rangs de la fanfare en qualité d'instrumentiste après avoir été nommé « directeur d’honneur » avec une phrase qui en dit long : « Servir la musique, et non se faire servir par elle ». Pour lui succéder, il est fait appel à un jeune musicien tout frais émoulu du Conservatoire de musique de Lausanne, M. Bertrand Clerc, qui a la lourde responsabilité d'apporter du renouveau dans la continuation.
En 1990, c'est le premier enregistrement sur cassette de la fanfare, une idée très bien accueillie.
En 1991, « La Montagnarde » a pris goût à l'organisation de belles choses servant à la promotion de la musique, spécialement pour la jeunesse : elle se voit attribuée l'organisation du Concours national des solistes d'instruments de cuivre et quatuors. Près de 400 jeunes se sont inscrits, et là aussi l'on a reconnu l'élan du Pays-d'Enhaut lorsqu'il faut dire présent.
Mais l'organisation de concours ou de fêtes demande de la disponibilité et de la patience ; c'est pourquoi, le comité propose de conjuguer sorties avec concours. Lugano est choisie à l'occasion du Concours fédéral, trois jours de rêve où il est difficile de concilier concours et sortie familière. « La Montagnarde » consciente de son passé et prévoyante de l'avenir a su ajouter l'utile à l'agréable.
La situation économique, exigeante et inflexible, oblige notre jeunesse à s'expatrier, c'est pourquoi notre directeur, tout en restant membre actif et instrumentiste comme son prédécesseur, passe la baguette à un professionnel, M. Peter Fairgrieve.1993 voit la création du COJIBU, Comité d'organisation du jubilé, de l'inauguration de la bannière et des uniformes, sous la présidence de André Clerc, tout est mis en œuvre pour que la fête soit belle et simple dans un esprit de solidarité et de compréhension. Et la fête sera très belle en 1994 !
Passé le cap de son 125ème anniversaire, la vie normale d’une société de musique reprend son cours. Concerts annuels, participation aux évènements du village rythment l’année musicale. En 1998, notre directeur d’honneur, Albert Chabloz reprend la baguette pour quelques années, au moment où notre société participe au Concours cantonal des Musiques à Granges-Marnand. Notre société a le plaisir de se rapprocher de ses voisins bernois en participant au début des années 2000 au Giron du Saanenland et de l’Obersimmental. Finalement, elle se fixera du côté du Chablais vaudois en devenant membre du Giron du District d’Aigle en 2002.
Les directeurs se succèdent ensuite par des périodes plus courtes, c’est l’esprit du temps qui veut cela. Chacun apporte de son savoir et de ses connaissances afin de faire progresser la société. La formation des jeunes reprend ses droits après avoir marqué une pause de quelques années.
En 2008, « La Montagnarde » se déplace au bord du Lac Léman pour participer à la 26ème Fête cantonale des Musiques vaudoises, couronné d’un deuxième rang en division fanfare (3ème division).
En 2010, relevons que « La Montagnarde » réussit à gagner le concours de marche du Giron du District d’Aigle, qui a lieu à Lavey, sous la direction d’une toute jeune directrice, Aurélie Neff. Elle avait accepté quelques mois plus tôt de reprendre la direction au pied levé !
2013 voit l’année de notre dernière participation à une Fête cantonale, cette fois à Savigny.
En juin 2017, « La Montagnarde » a organisé, pour la deuxième fois après 2006, le Giron du District d’Aigle : belle fête réunissant jeunes solistes et fanfares sous le soleil radieux du Pays-d’Enhaut.
Cette année, notre Société s’apprête à organiser un nouveau jubilé, celui de son 150ème anniversaire, tout en se préparant musicalement à la 28ème Fête cantonale des musiques vaudoises, chez nos amis combiers.