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Famille: Apiaceae, Ombelliferae
En français : Berce du Caucase, berce de Mantegazzi, berce géante, grande berce.
En anglais : giant hogweed , cartwheel-flower, wild parsnip, wild rhubarb, giant cow parsnip, giant cow parsley.
En allemand : Mantegazzis Bärenklau
Ces premiers collecteurs (Émile Levier et Stephan Sommier) l'ont découverte en 1880 dans la vallée de Klioutsch (Caucase).
Distribution:
Cette berce, originaire du Caucase (étage montagnard), a probablement été introduite en Europe occidentale et en Angleterre comme plante ornementale et mellifère. Cette espèce vivace et rustique se naturalise facilement et devient envahissante sur les sols frais, riches en limon et nutriments (bord de cours d'eau et de route par ex.) Elle s'est souvent échappée des jardins botaniques alpins, où elle avait été plantée.
Description:
La berce du Caucase est une bisannuelle monocarpique ou vivace, qui peut atteindre 2 à 5 mètres de haut. Elle possède une tige très robuste (3-5 cm d'épaisseur), souvent maculée de pourpre. Ses feuilles amples et couvrantes su sol, ont de 1 à 3 mètres de diamètre, elles sont souvent triséquées, lobées-pennées, avec un pétiole moucheté de rouge. Les inflorescences géantes, en ombelles très large (jusqu'à 60 cm de diamètre), ont de 50 à 150 rayons. Les fleurs blanches sont mellifères. Une plante produit jusqu'à 10'000 graines par année, dont le pouvoir germinatif se conserve jusqu'à 7 ans.
Histoire et usages:
Cette plante, ayant été découverte en 1880, elle a été très représentée comme élément décoratif par l'Art Nouveau dans du mobilier, des ferronneries et des papiers peints. En anglais, la berce du Caucase se dit « Giant Hogweed ». En 1971, le groupe de rock anglais Genesis crée un morceau intitulé « The Return Of The Giant Hogweed » qui figure sur l'album Nursery Cryme. Ce morceau décrit très bien l'origine, les dangers, la difficulté d'éliminer cette plante et, dans une vision apocalyptique, la présente comme une menace pour la race humaine….
Toxicité
Cette plante envahissante pose un véritable problème de santé public. Elle produit une toxine photosensibilisatrice ou phototoxique, appelée furanocoumarine, (phototoxique signifie qu'elle réagit si on l'expose à la lumière). Cette toxine, présente dans sa sève, peut provoquer des inflammations et des brûlures de la peau au 2ème degré. Si l'on n'expose pas à la lumière la zone touchée pendant plusieurs jours, la réaction ne se déclenche pas. La sève est incolore et inodore et les cloques provoquées peuvent atteindre 8 cm de diamètre. Les séquelles de la phototoxicité de la sève de la berce du Caucase n'apparaissent qu'après une dizaine d'heures et peuvent persister durant des années.
En cas de contact de la peau avec de la sève, il faut éliminer la sève le plus rapidement possible, en prenant soin de ne pas étendre la surface de la zone touchée: enlever la sève de la peau avec un papier absorbant sans frotter, puis laver au savon, et rincer abondamment à l'eau l'endroit atteint. Ensuite, il faut éviter l'exposition de la zone touchée à la lumière durant plus de 48 ., le temps de la disparition de l'effet photosensibilisateur. Si les yeux sont atteints, les rincer abondamment à l'eau claire, porter des lunettes de soleil pour réduire leur exposition à la lumière et penser à consulter un médecin. En cas de contact important, ou si un enfant est atteint, consulter sans tarder un médecin ou un centre anti-poison pour tout conseil approprié.
L'éradication de la berce du Caucase nécessite le port d'un équipement approprié permettant d'éviter tout contact de la peau, des mains et des yeux avec sa sève (salopette imperméable à la sève, gants en plastique à manches longues, lunettes de sécurité contre les projections de sève dans les yeux). Seul la coupe systématique des ombelles (élimination par incinération), le pâturage intensif (mouton, chèvres) et la plastification au sol ont un effet sensible sur les populations de cette plante bisannuelle, qui est devenue une envahissante notoire en Europe. Elle est en Suisse sur la liste noire des espèces envahissantes, responsable d'érosion et de perte de phytodiversité importante le long des axes qu'elle colonise.