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Notre orchestre a le plaisir de vous présenter un programme composé de pièces de J.-S. Bach connues et inconnues. Tout au début et tout à la fin de notre concert nous allons interpréter deux suites orchestrales, qui nous rappellent l’écriture d’une part des concerti grossi Italiani et d’autre part l’orchestre royal de France à travers la vision céleste de Bach, et entre ces deux suites nous allons placer quatre concerti instrumentaux, où deux parmi eux sont largement célèbres et deux moins connus. Il y aura donc le concerto pour deux violons et un concerto pour clavecin (très connu dans sa version pour violon et orchestre). Deux autres pièces présentent l’arrangement/reconstitution d’un concerto originalement écrit pour le hautbois et joué cette fois-ci à l’orgue. L’autre concerto qui provient d’une cantate où l’orgue joue le rôle important, solistique.
Ouverture/Suite pour orchestre in h, BWV 1067
La deuxième suite contient quelques finesses de composition magistrales, dont, dans la partie finale de l’ouverture, un canon multiple suggéré de toutes les voix et, dans plusieurs mouvements, des canons entre la voix supérieure et la basse ; dans la sarabande, même un canon strict de quinte ; ce qui fait dire à certains chercheurs que l’œuvre ne date que de la fin de la période de Leipzig.
Ouverture
La section d’introduction n’utilise la flûte que pour doubler le premier violon et se construit sur l’imitation entre celui-ci et la basse. Le thème fugato de la partie suivante se caractérise par une anticipation caractéristique (qui est aujourd’hui généralement jouée staccato) ; il traverse toutes les voix dans l’exposition avant que le premier interlude n’introduise la flûte comme instrument soliste. Dans les passages solistes, généralement très étendus, le continuo apporte toujours clairement le thème de la fugue, ce qui assure une forte cohésion thématique à ce mouvement étendu. La partie finale – à nouveau dans le rythme pointé du début – fait clairement allusion au thème de ce dernier et le conduit de manière contrapuntique à travers toutes les cordes.
Danses
Les mouvements centraux sont la bourrée et la polonaise. Ils contiennent chacun un deuxième mouvement qui donne à la flûte l’espace pour des solos virtuoses – dans la bourrée, soutenus par des accords de cordes doux (« doucement »), dans la polonaise par le thème dans le continuo. Les deux mouvements sont encadrés par une sarabande et un menuet qui reposent sur une imitation continue entre le premier violon et la basse – la flûte ne fait ici que doubler le violon.
La suite des danses est introduite par un rondeau – celui-ci insère entre les répétitions de thèmes des passages contrastés qui mettent généralement en valeur les voix centrales (donc pas la flûte). La badinerie finale (« battinerie ») mise à nouveau pleinement sur la virtuosité du flûtiste, soutenue par un continuo entraînant et des coups d’accords des cordes. Ce mouvement est sans doute l’un des mouvements individuels les plus connus de la musique baroque.
Concerto pour clavecin et orchestre in g, BWV 1058
Bach a composé le Concerto pour clavier en sol mineur au cours des années 1730 pour l’un de ses concerts du Collegium musicum. Une annonce de journal de juillet 1733, conservée dans The New Bach Reader, mentionne un clavier comme l’une des attractions d’une nouvelle série de concerts du Collegium musicum : « La série commencera par un beau concert, qui se poursuivra chaque semaine, sur un nouveau clavecin, comme on n’en a jamais entendu dans ces régions auparavant ; les amis de la musique ainsi que les virtuoses sont priés d’y assister. » Bach a copié ses sept Concertos pour clavier en deux volumes en 1739, nous pouvons donc être certains que l’œuvre en sol mineur a été achevée avant cette date. L’œuvre est une adaptation du Concerto pour violon en la mineur, que l’on pense avoir été écrit pendant la période où Bach était directeur musical à Cöthen (1717-23), bien que des études récentes aient montré que le concerto pourrait également dater des années passées par le compositeur à Leipzig.
L’œuvre est basée sur le modèle du concerto baroque italien, avec sa disposition en trois mouvements (rapide-lent-rapide) et son alternance entre l’orchestre (dans ce cas, les cordes et le continuo, qui comprend le clavier) et le soliste dans les mouvements extérieurs. Là où le concerto s’écarte de cet archétype, c’est dans la manière dont Bach traite son matériau thématique. Plutôt que d’opposer le matériel du soliste à celui de l’orchestre, les deux sont hautement intégrés et organiques, le soliste développant et élaborant des motifs d’abord introduits par l’orchestre, et vice-versa, ce qui est évident dans le mouvement d’ouverture. Le soliste domine le mouvement lent, introduisant puis développant un thème serein et lyrique. Le finale, une gigue dans une mesure inhabituelle de 9/8, est le plus dense sur le plan contrapuntique des trois mouvements, s’ouvrant sur une fugue pour l’orchestre.
Le Concerto pour deux violons en ré mineur, BWV 1043
Le Concerto pour deux violons en ré mineur, BWV 1043, également connu sous le nom de Double Concerto pour violon, est un concerto pour violon de l’époque baroque tardive, que Johann Sebastian Bach a composé vers 1730. C’est l’une des œuvres les plus réussies du compositeur. Bach composa son Concerto pour deux violons en ré mineur, BWV 1043, vers 1730, dans le cadre d’une série de concerts qu’il dirigea en tant que directeur du Collegium Musicum de Leipzig. Le concerto se caractérise par une relation subtile mais expressive entre les violons tout au long de l’œuvre. Outre les deux solistes, le concerto est écrit pour cordes (parties de premier violon, deuxième violon et alto) et basse continue. La structure musicale de cette pièce utilise l’imitation fuguée et beaucoup de contrepoint. Vers 1736-1737, Bach a arrangé le concerto pour deux clavecins, transposé en ut mineur, BWV 1062.
1734–1738 Carl Philipp Emanuel Bach interprète le concerto à Francfort-sur-l’Oder. Après la mort de son père en 1750, Carl Philipp Emanuel hérite de certaines des parties d’interprétation originales, probablement des doubles, du concerto (survivants : parties pour solistes et continuo), et probablement aussi de la partition autographe du compositeur (perdue). Les pièces originales existantes appartenaient plus tard à Georg Poelchau et ont été ajoutées à la Bibliothèque royale de Berlin. Le concerto a été publié pour la première fois en 1852, par Edition Peters, édité par Siegfried Dehn.
Ouverture/Suite pour orchestre in C, BWV 1066
Des quatre œuvres appelées aujourd’hui « Suite orchestrale » (ou « Ouverture » de Bach), la suite orchestrale en ut majeur est considérée comme la plus ancienne des quatre qui survivent. il est écrit pour deux hautbois, basson, cordes et continuo. C’est « sans doute le plus conservateur des quatre » (Robin Stowell, « Orchestra Suites » dans Oxford Composer Companions : J.S. Bach). Et, peut-être, pour cette raison, est-elle moins connue que les deux suites « intérieures », la deuxième suite en si mineur (avec la fameuse Badinerie) et la troisième suite en ré majeur (avec le fameux « Air ”).
Stylistiquement, la Première Suite en ut majeur s’inspire des suites françaises et utilise donc des mouvements de danse stylisés français (ouverture française, courante, gavotte I & II, menuet I & II, bourrée I & II, passepied I & II) et une danse d’origine italienne – forlane. En même temps, il s’apparente à un concerto grosso, les paires de hautbois servant souvent de concertino. Nous voyons l’influence du concerto grosso dans le tout premier mouvement, une ouverture française. Normalement, nous ne pensons pas à des groupes solistes dans un mouvement d’ouverture française. Mais ici, dans la section fuguée plus rapide, il y a des parties clairement marquées « trio » – pour les hautbois avec leur support de continuo (basson seul) – et d’autres marquées « tutti » pour l’ensemble entier.
À propos de restauration/reconstitution de Concerto pour clavecin in d, BWV 1059
Histoire d’une page solitaire
Je stock le matériel de notre orchestre très soigneusement, pour chaque pièce il y a un dossier, remplis de partions, bien épais, mais parmi eux il y avait un dossier tout maigre, contient qu’une seule page. Pourtant le titre est grand « J.-S. Bach concerto pour le clavecin et orchestre » … non ce n’est pas ma négligence, je n’ai pas perdu les autres pages. Cet œuvre malheureusement est inachevé, probablement à cette période Bach avait tel surcharge dans le travail qu’il n’avait pas juste le temps de terminer cette pièce., en tout cas on n’a jamais retrouvé les autres pages.
Et voilà, cette page solitaire est devant moi. Je réalise que j’ai déjà entendu cette musique, mais pas tout à fait comme ça. Effectivement, je l’entendu déjà dans une cantate de Bach, notamment dans la cantate n. 35 « Geist und Seele wird verwirret », que Bach a écrit assez jeune. Le début de la pièce est la même, mais au bout de quatre premières mesures la musique change et l’inattendu nous attend – l’écriture juvénile s’est transformée en écriture de Bach maitre. Il remplace les motives élémentaire à double notes par les mouvements très énergique est extrêmement développé, qui se lance furieusement, en montant ou descendant, faisant les courbes et les contours mélodique surprenant.
Bach de Leipzig a fait donc l’autocritique de son écriture de jeunesse, et modifié cet épisode en adaptant mieux la partie orchestrale au solo de clavecin, contre solo d’orgue de la version précédente.
J’ai écouté plusieurs enregistrements ce concerto, mais tous les versions ont été juste la reproduction de la Cantate 35, les changements importants ont manqués. Pourtant j’avais envie d’entendre la vraie version de BWV 1059 en entier, alors je me suis mis à faire cette reconstitution. J’ai appliqué dans la version de jeunesse les changements importants de Leipzig, et j’ai réussi à restaurer les pages manquants. Des maintenant je dispose le matériel de ce « nouveau » concerto, que nous aimerions vous présenter dans le programme de notre concert de Festival Bach 2022.
Denis Fedorov
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