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Les exportations de matériel de guerre ont totalisé 205,2 millions de francs entre janvier et juin 2018. Le Seco, qui a publié jeudi ces chiffres, relativise la hausse de quelque 40 millions par rapport au premier semestre 2017. Le GSsA enrage sur le conflit yéménite.
Les chiffres de l'an dernier se basaient sur ceux des douanes alors que désormais le Secrétariat d'Etat à l'économie (Seco) se réfère au système d'autorisation électronique Elic. Ces deux bases de données se distinguent notamment sur les réparations de matériel.
Ainsi, les exportations vers l'Irlande représente 8,1 millions, y compris la réexportation de matériel réparé alors que les chiffres des douanes parlent de 58'000 francs. Le Seco ne publie en outre qu'une fois l'an, en début d'année, les pays de destination finale, une arme pouvant être réexportée vers un autre Etat.
En attendant, la Suisse a exporté au premier semestres du matériel de guerre pour 47,7 millions vers l'Allemagne, 32,6 millions vers les Etats-Unis et 29,3 millions vers le Danemark. Viennent ensuite les Emirats arabes unis (9,5 millions).
Les exportations se montaient à 7 millions vers la Pakistan et à 1,7 millions vers l'Inde. Les marchés omanais, bahreini et saoudien représentaient respectivement 4,9 millions, 3 millions et 2 millions.
Conflit yéménite
De quoi faire s'étrangler le Groupe pour une Suisse sans armée (GSsA) qui dénonce un total de 14,5 millions destinés à des pays liés au conflit au Yémen. Et de rappeler dans un communiqué que l'ordonnance sur le matériel de guerre interdit actuellement d'exporter si le pays de destination est impliqué dans un conflit armé interne ou international.
La Suisse a interrompu en mai 2015 ses livraisons d'armes vers l'Arabie saoudite. En avril 2016, le Conseil fédéral a toutefois ouvert les vannes en autorisant des exportations dans plusieurs pays impliqués dans le conflit yéménite. Il s’agit de matériel conçu pour la défense antiaérienne, des pièces de rechange pour obusiers blindés et d'armes de petit calibre pour des particuliers.
Le gouvernement a estimé qu'il n’y avait pas de raison de supposer que ce matériel soit utilisé dans les hostilités au Yémen. Il a rejeté les demandes présentant des risques importants d'emploi dans le conflit.
Assouplissement en vue
Le GSsA en profite pour dénoncer le nouvel assouplissement annoncé en juin par le Conseil fédéral, source de nombreuses critiques. Le gouvernement entend permettre d’accorder une autorisation d’exportation s’il n’y a aucune raison de penser que le matériel de guerre sera utilisé dans un conflit armé interne.
Il veut par ailleurs que l'octroi vaille deux ans au lieu d'un et que la préservation de la base industrielle puisse être prise en considération en tant que critère autonome dans la procédure.
L'industrie suisse d'armement insiste depuis des mois pour assouplir la législation. Le Conseil fédéral a affirmé prendre "très au sérieux ces remarques". La Suisse dispose aujourd’hui d’une solide base industrielle mais celle-ci serait exposée à une concurrence de plus en plus féroce.
Après deux ans de baisse, les exportations d'armes ont remonté en 2017 pour se porter à 446,8 millions de francs (+34,7 millions).