Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07055.jsonl.gz/329

L’importance croissante de la formation
En effet, la structure sociale n'a pas, ou a peine, évolué vers le haut en Suisse. En cause : le fait que les postes qui, autrefois, ne nécessitaient pas de diplômes conséquents, demandent aujourd'hui une formation de haut niveau. A titre d’exemple, il suffisait, il y a 30 ans, pour devenir enseignant, de suivre une formation professionnelle sans même avoir de maturité. Actuellement, pour le même poste, il faut au minimum un Bachelor et passer par une Haute école pédagogique. Dans le domaine bancaire, on a progressivement diminué la formation interne pour directement recruter des personnes avec un diplôme universitaire. On remarque, en outre, une légère ascension générale des femmes dans l'échelle sociale, du fait de meilleurs formations. Toutefois, leur salaire reste toutefois plus bas que celui des hommes sur l'ensemble des professions.
En Suisse, une sélection sociale très précoce
Si la mobilité sociale en Suisse n'a pas vraiment évolué, cela est également dû à un processus de sélection sociale très précoce (à la fin du primaire), puisque le système suisse reste très pragmatique et élitiste. Mais dans la formation, comme le remarque Daniel Oesch, les parents jouent évidemment un grand rôle. Leur premier impact est relatif au temps qu'ils consacrent à leur enfants, facteur directement lié à leur situation sociale (et qui amène logiquement à la reproduction des inégalités sociales). Le second impact, plus insidieux, concerne le désir des parents quant à l'orientation professionnelle de leur enfant. Daniel Oesch remarque que « pour les mêmes notes, les élèves d'origines plus modestes font des choix d'études moins ambitieux que les élèves issus d'un milieu social plus favorisé ».
On parle alors d’effet de « distance sociale ». Le désir des parents concernant les études de leur enfants est fondé sur divers facteurs, dont principalement le coût des études. Sur ce point, l'opacité est assez forte ; il est difficile pour les parents de savoir combien de temps vont durer les études de leur enfant, si celui-ci va pouvoir trouver un emploi à côté de ses études, et même si cela est possible en fonction du choix d'études qu'il fera (quasiment impossible à l’EPFL ou en médecine par exemple). Dans cette optique, la perméabilité du système de formation suisse, avec ces nombreuses passerelles, permet d’amoindrir ces inégalités en repoussant l'échéance du choix de formation. Parallèlement, le gonflement des budgets réservés aux bourses d’études compenserait, en partie, les revenus trop faibles et stimulerait la mobilité sociale.