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Place de Neuve
Une place chargée d’histoire grâce au mécénat
La place de Neuve, dans sa forme actuelle, date du milieu du XIXème siècle. Un théâtre à côté des Bastions, puis un musée, un conservatoire de musique, un nouveau Grand Théâtre, enfin une statue du général Dufour, racontent tour à tour quelques pages de l'histoire de Genève :
Premier musée des beaux-arts ouvert au public, le Musée Rath est édifié en 1826 grâce à la générosité des soeurs Rath, issues d'une famille arrivée de Nîmes lors du Grand Refuge. Notons que l'une des deux, Jeanne-Henriette (1773-1856), vit aisément de son travail d'artiste.
Dès 1858 la place prend sa forme actuelle avec le Conservatoire de Musique offert à Genève par François Bartholoni (1796-1881), lui aussi descendant d'une famille venue de Florence se réfugier à Genève. La Ville recevra aussi de ce généreux mécène, ami des arts et notamment de la grande musique classique, sa superbe résidence de la Perle du Lac, dite villa Bartholoni qui abrite aujourd'hui le Musée d'histoire des sciences.
En 1873, la construction du Grand Théâtre actuel est entreprise grâce au colossal héritage que Genève reçoit du duc Charles de Brunswick (1804-1873) à la condition qu'un mausolée soit érigé à sa mémoire ; celui-ci est visible au quai Wilson. Le Grand-Théâtre ouvrira ses portes six ans plus tard aux nombreux mélomanes venus pour la représentation de Guillaume Tell de Rossini.
Et quelques années plus tard la statue équestre du général Guillaume Henri Dufour (1787-1875), oeuvre du sculpteur suisse Karl Alfred Lanz, vient parachever l'ordonnance de la place, moins de 10 ans après le décès du général.
N.B. Dans le prolongement de la place, au pied de la Treille, on peut voir le buste d'Henry Dunant (1828-1910) fondateur de la Croix-Rouge, et du côté opposé la structure en béton inspirée par le Corbusier qui tranche avec l'architecture de la place, et a néanmoins reçu le nom du célèbre cavalier tout proche pour abriter l'Uni Dufour (voir Maison de la Paix).
Développement historique
L'Agence internationale des prisonniers de guerre au Musée Rath
Entre 1916 et 1919, le musée cesse toute activité artistique pour cause de guerre mondiale : il est occupé par l'Agence internationale des prisonniers de guerre, fondée et dirigée par Gustave Ador (1845-1928) dès le début du conflit (voir CICR). L'agence sert d'intermédiaire entre les prisonniers de toutes les nationalités et les familles qui les recherchent. Elle permet également aux familles d'adresser de la correspondance et d'envoyer des colis. Le CICR distribue ainsi plus de six millions de lettres et 1,8 million de colis aux prisonniers. Pour la première fois également, le CICR visite 514 camps de prisonniers. Une action qui vaudra à l'institution de se voir décerner le Prix Nobel de la Paix en 1917.
Des plaques apposées sur la façade principale du bâtiment, de part et d'autre de l'escalier, rappellent cet épisode historique. Durant ce premier conflit mondial, près de 3'000 personnes travaillaient pour le CICR.
Les fichiers de recherche des prisonniers sont actuellement conservés au Musée international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.
Guillaume-Henri Dufour, le général qui aimait les sciences
« Sauveur de la nation lors de la guerre du Sonderbund, inventeur du drapeau à croix blanche et fondateur de la Croix-Rouge, Guillaume-Henri Dufour fut aussi un brillant homme de science et un éphémère professeur d’Académie.
Sa vie trace, comme le ferait une carte géographique, le portrait du pays», écrivait l’historien Hans-Ulrich Jost à l’occasion du son bicentenaire. Guillaume-Henri Dufour incarne en effet sans doute mieux que tout autre Suisse la plupart des grands bouleversements techniques et des révolutions qui ont façonné de manière décisive l’évolution politique, sociale et culturelle de la Suisse au XIXe siècle.
Cette position exceptionnelle dans l’histoire nationale tient naturellement en premier lieu au rôle de pacificateur rempli par le général au moment de la guerre civile du Sonderbund (conflit entre deux conceptions de la structure du pays). Symboliquement, elle est confortée par le fait que c’est également à Dufour que la Suisse moderne doit son fameux drapeau à croix blanche qui sera finalement consacré par la Constitution de 1848... Et, de par son engagement au sein de la Croix-Rouge (dont il est un des membres fondateurs) il est aussi pour beaucoup dans la vocation humanitaire qui a si fortement influencé l’image et la politique extérieure de la Confédération jusqu’à nos jours. De plus, il est un des personnages clés qui ont accompagné la transformation politique de la Genève française en Genève suisse...
Doté d’une force de travail tout à fait prodigieuse, Guillaume-Henri Dufour trouve encore le temps de devenir un savant de réputation internationale. Il fait d’abord valoir ses talents d’ingénieur à Genève (conception et réalisation d'un des premiers ponts en fil de fer d'Europe, si ce n'est le premier, le pont suspendu de Saint-Antoine).
En tant qu’ingénieur cantonal, il participe à plusieurs autres grands chantiers dont l’empreinte sur la physionomie de la cité est toujours visible (aménagement du quai et conception du pont des Bergues, grandes avenues, ou encore construction de la ligne de chemin de fer Genève-Lyon).
... Et ce qui est vrai pour l’urbanisme l’est également en matière de géographie. Fondateur du Bureau topographique suisse, Dufour se voit confier la mission de cartographier l’ensemble du territoire de la Confédération. Il lui faudra près de trente ans pour venir à bout de ce chantier, considéré comme une réussite tant technique qu’artistique qui restera longtemps sans égale dans les pays voisins : la « Carte Dufour » innove à plusieurs égards et tend vers une précision inédite, permettant une meilleure lecture des reliefs, dont le plus haut, niché dans le massif du Mont Rose est, du coup, rebaptisé Pointe Dufour »... (Service de communication UNIGE, document 2014, extrait)
(Sources et ouvrages consultés : - Archives d’Etat - Dictionnaire historique de la Suisse)
Liens
Bibliographie
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