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L'Établissement pénitentiaire de Hindelbank (EP Hindelbank) est une institution d'exécution des peines et mesures en milieu ouvert ou fermé (y compris haute sécurité) pour les femmes présentant un danger négligeable à très élevé pour la sécurité.
Pendant la journée, les femmes détenues en exécution ordinaire peuvent se mouvoir librement au sein de la section ou du périmètre de sécurité. La nuit, elles sont enfermées dans leur cellule.
L'exécution des peines et mesures se fait en groupe et recourt tant au travail social intégré qu'au système de personnes de référence. Elle est jalonnée d'entretiens interdisciplinaires permettant de faire le point de la situation et de convenir des objectifs.
Le travail et la formation ainsi qu'une utilisation judicieuse des loisirs revêtent une importance particulière. Ces éléments contribuent à garantir la sécurité pendant et après l'exécution des peines et mesures, et doivent être intégrés à un système visant à améliorer les perspectives d'amendement.
Les sections sont des lieux de coexistence forcée. Les détenues doivent donc faire appel à leurs compétences sociales pour concilier leurs besoins avec ceux des autres. L'EP Hindelbank préserve et encourage leur autonomie dans toute la mesure du possible. Tant la personne de référence individuelle que le personnel d'encadrement dans son ensemble aident les détenues à développer leurs compétences sociales. L'accent est mis sur les risques liés à l'infraction.
Stratégie (en allemand)
Formes d'exécution judiciaire
L'exécution ordinaire en milieu ouvert ou fermé est prévue pour les détenues qui peuvent cohabiter en groupes et ne présentent pas de risque particulier pour le personnel et les codétenues.
L'EP Hindelbank dispose de sections pouvant héberger 16 à 23 personnes. La composition de ces sections est mixte tant du point de vue de l'âge et de l'origine que de l'infraction commise et de la sanction prononcée (peine ou mesure).
Les détenues qui ont été condamnées par le tribunal à une mesure institutionnelle ou à une mesure ambulatoire accompagnant l'exécution d'une peine sont placées dans la section d'exécution des mesures (section thérapeutique). La condition est bien entendu qu'elles ne présentent pas de danger particulier pour le personnel et les codétenues.
Les sections de haute sécurité permettent d'héberger et d'encadrer les détenues présentant un danger pour leurs codétenues, pour le personnel et pour la collectivité, qui doivent être placées en cellules individuelles (section de sécurité A) ou peuvent vivre occasionnellement en petits groupes (section de sécurité B).
La section d'intégration est un environnement sécurisé accueillant les détenues qui ne peuvent pas être placées dans une grande section, en raison de leur santé physique ou psychique, et qui doivent donc faire l'objet d'un encadrement individuel.
L'objectif est la progression de l'exécution, soit le transfert en exécution ordinaire.
La section mère et enfant propose six places pour des mères accompagnées d'un enfant de trois ans au plus.
La journée, pendant que la mère travaille, les enfants sont placés dans une garderie. En dehors des heures de travail, la mère est pleinement responsable de son enfant.
La section externe propose en tout 10 places pour la dernière phase de l'exécution des peines et mesures.
Les détenues qui continueront de vivre en Suisse à leur libération peuvent s'y préparer dans un cadre plus ouvert et moins sécurisé. Toutes d'entre elles ont d'ailleurs déjà un travail externe.
Accompagnement socioprofessionnel
Les bases légales actuelles contraignent les détenues à travailler. Dans la mesure du possible, le travail doit correspondre à leurs capacités, à leur formation et à leurs préférences. Le même principe s'applique à la formation continue.
Le travail et la formation sont placés sur un pied d'égalité. Les détenues reçoivent une participation au produit de leur travail, en fonction de leurs prestations et des circonstances.
Le travail est l'un des constituants de l'identité humaine. Il renforce l'estime de soi, confère une reconnaissance sociale, donne accès à des contacts et jette les fondements d'une vie autonome. Il fait appel aux notions essentielles de participation et d'intégration.
Les ateliers de l'EP Hindelbank visent à proposer aux détenues une offre de travail prometteuse, authentique et efficace. Toutes les femmes, y compris celles aux capacités réduites, doivent avoir la possibilité d'exercer une activité utile et motivante qui leur offre des perspectives durables pour l'avenir.
En définitive, les détenues poursuivent toutes les mêmes objectifs: au sein de l'institution, passer dans un domaine plus ouvert, où l'encadrement est moins strict; puis, après la libération, intégrer le marché du travail primaire ou secondaire.
Formation, santé, sport et loisirs, aumônerie
Conformément à l'article 82 du Code pénal suisse (CP), le détenu doit, autant que possible, pouvoir acquérir une formation et une formation continue correspondant à ses capacités. L'EP Hindelbank propose donc une large palette de formations comprenant aussi bien des cours de culture générale que des formations professionnelles.
L'offre de formation est étroitement liée au plan d'exécution et à l'accompagnement socioprofessionnel. Elle permet d'améliorer les chances à la libération, de développer des ressources et des compétences, de contribuer à une vie communautaire ordonnée et de promouvoir une vie autonome.
L'EP Hindelbank participe au programme national de formation dans l'exécution des peines, qui entend améliorer les compétences individuelles à raison d'une demi-journée par semaine.
Les soins médicaux aux détenues sont prodigués par deux médecins et une équipe d'infirmières qui se relayent 24 heures sur 24. Une spécialiste de la prévention se charge de toutes les questions concernant les infections (VIH, hépatite, etc.) et leur mode de transmission; elle accompagne les détenues présentant une dépendance à la drogue.
Des consultations sont en outre régulièrement proposées par une gynécologue, une pédiatre, un dentiste et un médecin spécialiste des infections. D'autres consultations sont possibles auprès des spécialistes de l'Hôpital de l'Île à Berne. Au besoin, une physiothérapeute ou une sage-femme se rendent à l'EP Hindelbank.
Les soins psychiatriques et les thérapies ordonnées sont dispensés par les psychiatres et les psychologues du Service de psychiatrie forensique de l'Université de Berne.
Le temps libre inoccupé peut favoriser la commission d'infractions. Aussi, une organisation judicieuse des loisirs fait-elle partie intégrante du mandat de tout établissement pénitentiaire. Mêlant des détenues de différentes sections, les activités de loisirs sont organisées, coordonnées et surveillées par un personnel disposant d'une formation pédagogique.
Le programme de loisirs vise à permettre aux détenues d'identifier leurs intérêts, de découvrir des activités et de développer leurs compétences pratiques. Le sport et l'exercice physique permettent de cultiver la santé physique et psychique et de faciliter la gestion de la vie quotidienne au sein de l'établissement.
Pour le travail d'aumônerie, l'EP Hindelbank bénéficie de la visite régulière de trois aumôniers envoyés par l'Église évangélique réformée et l'Église catholique romaine du canton de Berne, ainsi que d'émissaires de l'Armée du Salut et du centre islamique pour femmes Dar-an-Nur.