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La vidéo desur internet, raillée par plusieurs médias francophones. Même média de référence aux Etats-Unis, s'en est encore fait l'écho mercredi.
"Nous aurions dû être plus rigoureux"
Il y a bien eu un couac, reconnaît désormais l'entourage du président de la Confédération. "Nous aurions dû être plus rigoureux", avoue hors micro l'un des conseillers en communication. Un autre relativise, estimant qu'il n'y a pas de quoi en faire un fromage. Ce dernier s'étonne toujours de l'ampleur du phénomène. Il préfère minimiser, même si son conseiller fédéral se retrouve aujourd'hui sur le site du Washington Post.
Reste que les filtres censés détecter ce genre de ratage n'ont pas fonctionné. Pourtant les conseillers fédéraux, tout particulièrement en année de présidence, sont en règle générale très attentifs à leur communication. Chaque mot, chaque virgule est soupesée. Tout est réglé au millimètre. Ils disposent tous d'une équipe de communicants qui écrivent les discours, négocient les interviews avec la presse et préparent ces fameuses allocutions.
Le rire, un thème "casse-gueule"
Mais cette année, c'est le thème imposé par les organisateurs de la journée des malades - le rire - qui a fait problème. "J'ai bien senti que ça pouvait être casse-gueule", avoue un collaborateur de Johann Schneider-Ammann. Sur la base de cette consigne, lui et ses collègues ont rédigé l'allocution qui a été validée par le président de la Confédération.
>> La vidéo de l'allocution:
Deux heures d'enregistrement en trois langues
L'enregistrement s'est déroulé dans un studio du centre des médias, en face du Palais fédéral. Le texte défile sur un prompteur et doit être lu en une fois. Impossible de faire des coupes. Johann Schneider-Ammann, qui ne maîtrise pas le français sur le bout des doigts, s'est donc concentré sur le texte, moins sur l'interprétation. Cela s'est ressenti.
Plusieurs prises ont été nécessaires. L'enregistrement des versions radio et TV, chacune en français, allemand et italien, a pris deux heures au total pour six fois quatre minutes d'allocution. Et comme souvent dans ce genre d'exercice, Johann Schneider-Ammann n'a eu que très peu de temps pour prendre connaissance du texte en raison de son agenda, déjà très chargé
Un couac détecté tardivement
Un membre de son staff était pourtant présent lors de l'enregistrement. Mais ni cette personne ni Johann Schneider-Ammann n'ont remarqué le décalage entre le fond et la forme. Il faut dire qu'aucun des deux n'est francophone. La bande a donc été validée, puis envoyée pour la diffusion. Le Chef de l'information et collaborateur personnel du ministre de l'Economie n'a de son côté découvert l'allocution que lundi, quand le buzz naissait sur les réseaux sociaux.
Il y a donc bien eu un couac. Les services de la communication de Johann Schneider-Ammann reconnaissent que la configuration n'était pas optimale. A l'avenir, ils promettent qu'ils porteront plus d'attention à ce genre d'exercice.
Pietro Bugnon/oang