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Les totems sont le témoignage de l'histoire des Premières Nations. Sculpter un totem exige un énorme travail sur ces monumentaux troncs de cèdre, dont la transfiguration artistique a toujours fait l'objet d'un très grand respect dans les cultures aborigènes. A noter qu’en général les peuples natifs ne distinguent pas ce qui est de l’art de ce qui n’en est pas. Dans leurs langues, il n’existe pas non plus de terme correspondant au mot « art ». Les totems ont en outre toujours évoqués les Premières Nations dans l'esprit des gens. Selon les archéologues, on considère que les peuples aborigènes de la côte Nord Ouest ont sculpté des totems depuis au moins 5000 ans. Les récents développements ont permis cependant d'avoir un nouveau et intéressant regard sur cette noble et belle tradition.
Au cours des années 1800, lorsque les natifs entreprirent de commercer avec les européens, en vendant notamment des peaux, les revenus leur permirent alors de sculpter toujours plus de totems, en recourant également aux outils en fer. Il en est résulté un accroissement spectaculaire de totems, qui perdirent cependant en qualité. Cette tendance pris fin en 1860 et bon nombre de photos en noir et blanc, prises à l'époque, témoignent de cette tendance. De 1870 à 1920 les grands musées d'Europe et d'Amérique se firent une rude concurrence pour acquérir des totems et dès 1925, ces objets commencèrent à revêtir un attrait touristique sur place, notamment en Alaska et sur la côte Nord Ouest.
La véritable renaissance de cet art fut initiée en 1950 par le Musée d'Anthropologie à l'Université de Vancouver, ainsi que le Royal British Columbia Museum de Victoria. Ils prirent en effet la décision de réparer et sculpter des totems en faisant appel à deux sculpteurs, Neel et Mungo Martin de la tradition Kwakwaka'wakw (à lire a haute voix). Ils initièrent également d'autres sculpteurs et plusieurs groupes de natifs relevèrent le défi de restaurer et sculpter des totems selon la tradition. A nouveau toute la région côtière devint un centre de recherche de ce type d'objets pour le monde entier.
On distingue six principaux genres de totems : commémoratifs ou héraldiques, images funéraires, poteaux à thèmes, poteaux de façades de maison ou de portail, mâts de bienvenue ou mâts mortuaires. Leurs dimensions varient, les mâts de façade dépassant parfois 15 m de haut et 1 m de largeur à la base. Ils font généralement face à une rivière ou à l’océan. Aujourd'hui cet art a encore évolué pour donner naissance à des œuvres sans relation avec les natifs dans certains bâtiments publics et halls commerciaux ou encore, comme la massive sculpture du corbeau de Bill Reid au Musée d'Anthropologie de Vancouver.
Le Corbeau et les Premiers Hommes (1980). Cette interprétation moderne d’un mythe haida de la création montre le corbeau sage et rusé, tentant de faire sortir les hommes d’un coquillage géant avec de douces paroles.
On dit souvent qu’on peut « lire » un totem si on reconnaît les figures choisies par le sculpteur. En fait cela n’est possible que si on connaît également les mythes ou histoires qui entourent les sujets choisis. Les animaux représentés sur les emblèmes, comme le castor, l’ours, le loup, le requin, la baleine, le corbeau, l’aigle, la grenouille et le moustique, servent à affirmer visuellement l’appartenance à un groupe et son identité. En plus, la plupart des artistes aborigènes intègrent également des sens cachés qu’il n’est possible de découvrir qu’en parlant avec le sculpteur. Le premier totem de Stanley Park date de 1903. Le site en compte aujourd’hui 8 et reçoit chaque année 3.3 millions de visiteurs, ce qui en fait une des principales attractions de la province. L’album de photos No 19 « Quelques totems de Vancouver » vous en donne plusieurs exemples et détails. A vous de laisser votre imagination vous transporter dans ce monde où mère Nature vous enveloppe totalement.
Autres totems au détour d'une balade.
A bientôt....