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Muriel Pic, née à Nice en 1974. Elle est Docteure de l’EHESS à Paris. Elle enseigne à l’Université de Berne et vit principalement à Zurich. Lauréate de la mention spéciale du prix Wepler en 2020, elle mène des recherches poétiques, critiques et plastiques souvent fondées sur des archives.
Une partie de la collection de timbres a été soigneusement rangée, chaque image minuscule bien alignée entre le carton noir et le papier transparent. Au fil des pages, le désordre gagne et ma lassitude devient de plus en plus évidente. À la fin, l’album est vide. Dans un sac plastique, à côté, un tas de petites enveloppes qui n’ont pas encore été ouvertes. Sur chacune, Jim a noté le mois et l’année de parution des timbres qu’elles contiennent. Il ne me restait donc plus qu’à les ouvrir, de la première datée de décembre 1998, moment où j’avais arrêté de me préoccuper de ses envois, à la dernière, de janvier 2001, à peine deux mois avant sa disparition début mars. Sur cette ultime enveloppe, son ultime envoi, il a inscrit la date, le mois et l’année comme de coutume, mais, en plus et de manière exceptionnelle, mon prénom et mon nom. En traçant ainsi mon nom complet sous la mention d’un des derniers mois de sa vie, Jim avait fait bien davantage qu’identifier la destinataire de l’enveloppe : il me faisait l’auteur de son existence à la date de son achèvement, la signataire d’un récit à écrire, d’un poème encore invisible.
Lecture et discussion
Atelier de textes