Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07067.jsonl.gz/940

2. Gel intermittent
L’action du gel superficiel, et en particulier des alternances de cycles de gel et de dégel, joue un rôle déterminant dans la morphogenèse des environnements périglaciaires. D’un point de vue thermique, le gel d’un terrain se traduit par d’importants échanges de chaleur latente.
La transformation de l’eau en glace se traduit par une augmentation de volume de 9%. Ce mécanisme entraîne une désolidarisation des matériaux lithologiques en fonction de la capacité du terrain à geler (gélivité). En haute montagne, le gel peut aussi augmenter la stabilité de terrains meubles.
La gélifraction est un processus d’érosion très efficace en région de montagne causée par les alternances répétées de cycles de gel-dégel dans les fissures de la roche. Les produits de processus d’érosion sont les gélifracts et les éboulis.
Le gel du terrain s’accompagne souvent d’un gonflement en raison de la formation d’aiguilles de glace ou de lentilles de glace. Ces dernières se forment par cryosuccion en aspirant vers elles l’eau interstitielle des terrains avoisinants.
Au-dessus d’une certaine altitude, les cycles de gel-dégel peuvent entraîner un déplacement vers l’aval de la tranche supérieure du sol. Ainsi se forment les lobes de solifluxion lors du dégel printanier.
Les sols structurés et les buttes cryogéniques sont des formes originales typiques des environnements périglaciaires. Elles montrent des structures d’auto-organisation de l’espace. Les processus de gonflement différentiel, de dessication et de cryoturbation semblent à l’origine de ces formes.