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A Genève, une exposition scientifique rend visible l'invisible
Certaines images ont bouleversé notre connaissance du monde et de l'univers. Par exemple, le lever de la Terre vue de la Lune, photo prise par l'équipe d'Appolo 8 en 1968.
Au 17e siècle, c'est Galilée qui chamboule la tradition. Avec son encre de Chine datant de 1610, il montre une lune toute cabossée, telle qu'il l'a observée dans sa lunette astronomique. Une découverte qui heurte les croyances de l'époque, alors convaincue que tout ce qui appartient au ciel, domaine des Dieux, était forcément parfait et lisse.
Une science en mouvement
Il est tout aussi émouvant de découvrir le gribouillage de Charles Darwin dans son carnet de 1837. Le naturaliste anglais croque un petit dessin en forme d'arbre qui préfigure sa conception évolutive de l'humanité et illustrera sa théorie révolutionnaire sur l'origine des espèces.
Ce sont quelques exemples des documents proposés par le Musée de l'histoire des sciences à Genève dans le cadre de son exposition "Images de science", conçue par Laurence-Isaline Stahl Gretsch, commissaire de l'exposition, et Stéphane Fischer, assistant conservateur.
Transmettre, témoigner, trouver
L'exposition s'interroge sur la place de l'image scientifique. Comment est-elle produite et diffusée? Et en quoi cette iconographie est-elle importante dans le travail de recherche? La réponse est double. Parce que l'image permet de transmettre un savoir ou de le démocratiser et aussi parce qu'elle peut être à l'origine de découvertes.
La Nébuleuse de l'Aigle grâce à Hubble
Il a fallu le télescope spatial Hubble pour photographier la Nébuleuse de l'Aigle en 1995. Encore en orbite, Hubble sera bientôt remplacé par un téléscope 100 fois plus puissant qui permettra de photographier ce que nous ne verrons jamais.
La découverte de l'ADN provient aussi d'une image. En 1952, l'équipe de la biologiste anglaise Rosalind Franklin obtient la première image de l'ADN aux rayons X à partir d'un thymus de veau. C'est cette fameuse "photo 51" qui permettra au physicien anglais Francis Crick et au naturaliste américain James Watson d'imaginer la structure de l'ADN.
Les femmes oubliées et redécouvertes
Les deux chercheurs obtiendront le prix Nobel de médecine en 1962, sans citer le travail pionnier de Rosalind Franklin. C'est une des vocations de cette exposition que de redonner leur place aux femmes dans la longue histoire de la science. On y apprend par exemple que la plupart des dessins illustrant l'état des recherches au 18 et 19e siècle étaient exécutés par des femmes.
Une sélection d'images importantes
L'autre idée originale de cette exposition est d'avoir demandé à une dizaine de scientifiques proches du musée de sélectionner, selon des critères subjectifs, deux images qu'ils considèrent comme particulièrement importantes.
Marie-Claude Martin
Publié le 11 septembre 2017 - Modifié le 11 septembre 2017