Document ID: /curiavista/filtered/00000.jsonl.gz/191340

<h2>SubmittedText<h2><p>Lors d'une visite au Bénin, le 13 juillet 2017, la conseillère fédérale Doris Leuthard s'est exprimée comme suit dans une interview donnée à la télévision locale Eden TV, devant le monument de l'esclavage "Porte du Non Retour " à Ouidah :</p><p>"C'est une partie de l'histoire du Bénin. Une partie historique qui est une tragédie. Et j'ai dit à Monsieur et Madame la ministre : Je suis contente que la Suisse n'a jamais participé ni à ces histoires d'esclavage ni à la colonisation."</p><p>Avec cette affirmation, historiquement fausse, la conseillère Leuthard continue la série honteuse de banalisation officielle d'un crime contre l'humanité et des responsabilités suisses :</p><p>- En 2001, Monsieur Jean-Daniel Vigny, défenseur suisse des droits humains auprès de l'UNO, a affirmé dans le contexte de la conférence de Durban, que la Suisse "n'avait rien eu à faire avec l'esclavage, la traite d'esclaves et le colonialisme". </p><p>- En 2016, Présence Suisse s'est servi du raciste Louis Agassiz pour promouvoir notre pays.</p><p>- En 2018, dans sa réponse à l'interpellation Friedl 18.3072, le Conseil fédéral a excusé la défense et la justification de l'esclavage par le Conseil fédéral en 1864 en affirmant que le gouvernement de l'époque "aurait été marqué par les valeurs prédominantes dans les années 1860".</p><p>Je demande au Conseil fédéral :</p><p>1. Comment juge-t-il les déclarations faites par la conseillère fédérale Leuthard dans le contexte de sa visite à Ouidah (Bénin)?</p><p>2. Est-ce que le Conseil fédéral est prêt à supprimer le lien qui renvoie - sur le site Internet du Département fédéral des affaires étrangères - à l'interview donnée par Madame Leuthard à Eden-TV ?</p><p>3. Comment le Conseil fédéral veillera-t-il à ce que les fonctionnaires et les conseillers fédéraux apprennent les faits historiques, à savoir que la Suisse et les États de l'ancienne Confédération, en tant qu'espaces économiques et sociétés, ont participé à l'esclavage, à la traite d'esclaves, au racisme et au colonialisme ?</p><h2>FederalCouncilResponseText<h2><p>Le Conseil fédéral, se référant notamment à ses réponses aux interpellations Friedl 14.3315 et Hollenstein 03.3014, rappelle tout d'abord que la Suisse considère que l'esclavage et la traite des esclaves figurent parmi les pires violations des droits de l'homme et qu'il est nécessaire de faire face avec un regard critique aux injustices commises à l'époque du colonialisme. Même si la Suisse n'a elle-même pas mis sur pied un système d'esclavage et n'a pas été un État colonial, elle est consciente que des citoyens, des entreprises et des organisations suisses ont participé à la traite des esclaves.</p><p>La visite de la présidente de la Confédération Doris Leuthard à Ouidah - haut lieu symbolique de l'esclavage - et ses propos, tels que reflétés dans l'entier de l'entretien qu'elle a accordé sur place, sont dans l'esprit du Conseil fédéral sur cette thématique. Considérant ce qui précède, le Conseil fédéral ne voit pas de raison de supprimer le lien sur le site Internet du Département fédéral des affaires étrangères renvoyant vers cette interview.</p>  Réponse du Conseil fédéral.