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Dans un discours à la Maison Blanche, le président américain a notamment annoncé une mise à contribution des réserves stratégiques du pays. Il a indiqué qu'un million de barils seraient injectés sur le marché chaque jour au cours des six prochains mois, soit "plus de 180 millions de barils".
"Il s'agit d'une transition en temps de guerre", a-t-il souligné, en relevant qu'une augmentation de la production pétrolière prendrait "des mois". Cette mesure doit permettre "d'augmenter l'approvisionnement de pétrole jusqu'à ce que la production accélère plus tard dans l'année".
Faire baisser les prix à la pompe aux Etats-Unis
"Nous utiliserons les revenus de la vente de pétrole maintenant pour réapprovisionner les réserves stratégiques", a détaillé le président américain, assurant que les Etats-Unis seraient ainsi "prêts à faire face aux futures urgences".
Joe Biden se démène pour tenter de juguler l'envolée des prix à la pompe, qui exaspère des ménages américains et dont l'opposition républicaine fait son miel dans la campagne pour les élections législatives de novembre.
Critiques contre l'industrie pétrolière américaine
Le président américain, qui tente de faire porter la responsabilité du phénomène sur l'invasion de l'Ukraine et donc sur Vladimir Poutine, ne ménage pas non plus ses critiques contre l'industrie pétrolière américaine, qu'il accuse d'accumuler des profits gargantuesques sans investir dans la production.
L'invasion russe de l'Ukraine a en effet fait fortement progresser les cours du pétrole. Les pays producteurs, eux, continuent à restreindre leur offre (lire encadré), ce qui maintient les prix à un niveau élevé.
Pas plus de 5% de la consommation américaine
Interviewé vendredi dans l'émission Forum de la RTS, le directeur de la banque Mirabaud à Genève estime que la décision de Joe Biden aura un effet à court terme. "On a vu que le prix du baril avait baissé", a relevé John Plassard.
"Mais un million de barils par jour, ce n'est pas grand-chose pour un pays qui en consomme 20 millions par jour, ce n'est que 5%", a-t-il ajouté. "Et la consommation mondiale, c'est 100 millions de barils par jour. Donc les Etats-Unis donnent un signe, mais cela ne dépend pas seulement d'eux pour calculer le prix du pétrole".
Le banquier souligne encore qu'il est risqué de puiser dans ces réserves stratégiques. "Si vous videz ces stocks, il va falloir les remplir à nouveau, avec des prix plus chers et vous utilisez de l'énergie fossile alors qu'on est dans une idée de transition énergétique. Or c'est ce qu'a mis en avant Joe Biden dans sa campagne électorale".
oang avec afp
D'autres pays devraient puiser eux aussi dans leurs réserves
Joe Biden a assuré vendredi que "plus de 30 pays" allaient suivre les Etats-Unis et puiser eux aussi dans leurs réserves stratégiques de pétrole pour tenter de faire baisser les cours.
"Ce matin, plus de 30 pays se sont retrouvés pour une réunion extraordinaire et ont décidé de mettre des dizaines de millions de barils de pétrole supplémentaires sur le marché", a annoncé le président américain, faisant référence à une initiative de l'Agence internationale de l'énergie (AIE).
Les pays producteurs de l'Opep+ (alliance qui compte la Russie) sont eux tombés d'accord jeudi sur une nouvelle ouverture modeste de leurs vannes d'or noir, ignorant les appels à alléger la pression sur les prix.
Les cours du pétrole en reflux
Le pétrole avait tutoyé le 7 mars ses records historiques de la crise financière de 2008. Le Brent de la mer du Nord, référence de l'or noir en Europe, a culminé à 139,13 dollars le baril et le WTI américain a touché les 130,50 dollars.
Les cours ont depuis dévissé de leurs sommets, avec un baril autour de 100 dollars vendredi.