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Victor Panaretos, professeur à l'Institut de mathématiques, EPFL.
Que l’on additionne deux pommes à trois bananes, ou deux oranges à trois poires, le résultat sera le même: au final, nous nous retrouverons avec cinq fruits. Pour faciliter nos calculs, autant représenter les objets que nous souhaitons compter par des symboles neutres, comme des bâtonnets: chaque fruit sera représenté par un petit bâton.
Voilà qui suffit à résoudre les opérations de base, mais s’il s’agit de multiplications ou de divisions, cela devient plus compliqué! Les humains ont compris qu’en représentant les nombres par quelques symboles simples (comme on utilise des lettres pour construire des mots), la construction d’algorithmes (c’est-à-dire de règles) pour faire des calculs devient plus facile. C’est pour cela que les chiffres ont été inventés, et ils ont suivi une certaine évolution historique.
Nos chiffres contemporains ont été développés en Inde pendant les premiers siècles après Jésus-Christ et sont arrivés en Europe durant le Moyen Age, via les Arabes. En fait, le mot «chiffre» vient du mot arabe «sifr» qui veut dire «vide». En parallèle, les hommes ont aussi inventé des symboles pour représenter les opérations mathématiques, comme le +, le -, le x. Ils nous permettent de combiner plusieurs calculs complexes.
Notre capacité étonnante de pouvoir exprimer une loi physique compliquée (comme la rotation de la terre autour du soleil) avec une simple équation composée de chiffres et symboles est l’une des plus grandes réalisations de l’humanité!