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Le mot alcool, en Arabe "Al Kohol", désigne,
encore aujourd'hui, une poudre très fine, presque impalpable, de
sulfure d'antimoine utilisée par les femmes pour se farder les paupières.
Le fait que le mot arabe se soit imposé n'implique pas nécessairement
que l'art de la distillation soit une découverte arabe (in L'alcool,
boire et déboires, M. De Borde et P. Fouquet).
Le terme "d'alcoolisme" se substitua officiellement
à celui "d'ivrognerie" grâce à un médecin suédois,
Magnus Huss (1849), qui mit en évidence différentes pathologies
liées à la surconsommation d'alcool.
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Historique
L'alcool est apparu très tôt dans
l'histoire de l'humanité. En effet, la première boisson alcoolisée
remonte à l'âge de pierre. Il s'agit de l'hydromel, vin de
miel dont la fabrication était secrète et difficile. Sans
moyen de conservation, il fallut attendre la découverte de la céramique
(4000 av. J.C.) pour faciliter le stockage et ainsi développer la
production. A l'origine, l'usage de l'alcool était exclusivement
lié aux pratiques religieuses. Mais, au fil du temps, sa consommation
s'est élargie aux festivités tribales et familiales et aux
rites d'initiation.
Au cours de l'histoire, l'usage de l'alcool a
remplacé le rite sacré du sang. Ainsi, par substitution,
l'alcool fut investi d'une valeur symbolique, qu'on retrouve encore aujourd'hui,
dans les rites de convivialité de notre société.
La chose la plus importante à savoir est
que l'alcoolisme n'est ni une faiblesse de caractère, ni un vice
moral, mais bien une maladie.
L'alcoolisme est caractérisé par
la dépendance à l'alcool. Cette dépendance est à
la fois psychique et physique. L'individu dépendant a perdu la liberté
de s'abstenir d'alcool, il ne contrôle plus sa consommation ; le
besoin d'alcool accapare ses pensées et modifie son comportement.
Notons également que lorsqu'une personne alcoolique décide
d'arrêter sa consommation, cela est très difficile et douloureux.
Outre l'énorme volonté dont il va devoir faire preuve, il
risque par exemple des crises de délirium
tremens qui exigent bien souvent un séjour en réanimation
On s'accorde maintenant à parler d'une
maladie complexe, dont les causes sont multiples. Elles se situent soit
au sein de la personne, sur les plans biologique, génétique
et psychologique, soit dans son environnement social et culturel.
La dépendance à l'alcool induit
un besoin physique de boire, engendré par le manque : le corps ne
peut plus fonctionner sans alcool. Vient s'ajouter à cela le besoin
psychologique de consommer : la personne dépendante a l'impression
de ne plus pouvoir vivre sans alcool.
De plus, l'alcoolisme donne lieux
à toute un série de maladies, déficiences physiques,
notamment au niveau du foie et du système
nerveux.
La consommation d'alcool est également
un danger chez la femme enceinte car elle
risque d'engendrer de malformations chez le foetus.
Mais sans être forcément
alcoolo-dépendant, une consommation massive d'alcool en une fois
peut provoquer ce que l'on appelle un coma
éthilique, intoxication qui peut mener à la mort.
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La naissance de l'alcoolisme
Contrairement à ce que l'on pourrait croire,
l'alcoolisme n'est pas né en même temps que l'alcool. Il y
a à ceci plusieurs raisons. A l'époque, la production de
boissons alcoolisées était fluctuante et de qualité
variable. De plus, la teneur en alcool était souvent faible. En
outre, les quantités produites étaient peu importantes et
les transports peu performants. De ce fait, un petit nombre de personnes
était concerné par la consommation régulière
de boissons alcoolisées.
Mais, dès la fin du XVIIIème siècle,
l'industrialisation qui bouleversa la condition humaine favorisa l'expansion
du phénomène alcoolique. En effet, la production et la distribution
des boissons alcoolisées devinrent plus aisées. De plus,
la misère grandissante et les conditions de vie avilissantes de
la population offraient un terrain propice à l'abus d'alcool.
A l'époque, la consommation d'alcool était
passée, en 70 ans, de 15 à 35 litres par habitant par année.
En 1837, J.-L. Villermé fit la constatation suivante sur "l'état
physique et moral des classes ouvrières" qui faisaient part d'un
goût prononcé pour l'ivrognerie : "Plus ils sont en proie
à la misère et au chagrin, plus ils cherchent l'oubli et
l'ivresse". Malgré quelques prises de conscience, l'ampleur du phénomène
fut souvent sous-estimée. De plus, les notables, les médecins,
les pouvoirs publics, ainsi que l'opinion publique s'évertuaient
à considérer le problème comme un vice.