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Le colonel Vadym Boïko était le directeur adjoint de l'école navale russe à Vladivostok – jusqu'à ce qu'il soit retrouvé mort le 16 novembre dans l'école pour recrues de la marine. La conclusion? Un suicide. Seulement voilà, la veuve de Boïko dénonce maintenant les conditions dans lesquelles son mari aurait travaillé avant sa mort – et demande une enquête au président Vladimir Poutine.
Selon Meduza, la lettre de cinq pages de Julia Boïko, qui date du 20 novembre, n'a été rendue publique que maintenant sur le compte Telegram «Baza». D'après son récit, son mari a été soumis à une forte pression dès le mois de septembre, lorsqu'il a été affecté au centre de mobilisation de l'académie militaire. Selon elle, il n'a reçu que peu de soutien de la part de ses supérieurs, qui ont essayé de se décharger de toutes leurs responsabilités sur son mari.
Par la suite, Vadym Boïko aurait été affecté à l'entraînement des soldats nouvellement mobilisés dans l'extrême sud-est de la Russie. Selon sa veuve, la préparation de matériel de combat destiné à l'Ukraine faisait également partie de ses tâches. Là aussi, il se serait plaint des conditions de travail. Pour Julia Boïko, son mari s'est retrouvé en difficulté: il n'était pas possible d'accomplir des missions de combat avec un équipement aussi pauvre que celui qu'il avait à sa disposition. Il s'agissait en partie de pièces d'exposition provenant de musées et qui devaient être envoyées au front.
A la mi-novembre, en dépression et avec 15 kilos en moins, Vadym Boïko aurait été interpellé par des enquêteurs après que des recrues se soient plaintes. Pensant être tiré d'affaire, il a toutefois été informé d'une procédure pénale à son encontre, raconte Julia. Pour la «perte et l'endommagement des biens de l'Etat», plus de 100 millions de roubles (environ 1 533 840,00 francs) lui ont été facturés. Selon les écrits de sa veuve, tous les biens de Vadym Boïko ont en outre été confisqués.
Son mari est alors reparti à Vladivostok, raconte Julia Boïko. Dans le bureau de son chef, il s'est tiré cinq balles avec son arme de service. Et c'est ainsi qu'il a été retrouvé. Un élément a toutefois permis au canal Telegram «Baza» de remettre en question le prétendu suicide de Vadym Boïko: quatre armes auraient été découvertes à côté du corps.
Selon Julia Boïko, il pourrait s'agir du premier décès de ce type en Russie – si la piste du suicide se confirme. Son mari aurait voulu envoyer un message clair: la Russie est en danger et quelque chose doit être fait pour y remédier.
Traduit et adapté de l'allemand par Tanja Maeder