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- La spéculation ? dit le parfumeur, quel est ce commerce ?
- C'est le commerce abstrait, reprit Claparon, un commerce qui restera secret pendant une dizaine d'années encore, au dire du grand Nucingen, le Napoléon de la finance, et par lequel un homme
embrasse les totalités des chiffres, écrème les revenus avant qu'ils n'existent, une conception gigantesque, une façon de mettre en coupes réglées, enfin une nouvelle Cabale ! Nous ne sommes encore que dix ou douze têtes fortes initiées aux secrets cabalitistiques de ces magnifiques combinaisons.
César ouvrait les yeux et les oreilles en essayant de comprendre cette phraséologie composite.
- Ecoutez, dit Claparon après une pause, de semblables coups veulent des hommes. Il y a l'homme à idées qui n'a pas le sou, comme tous les hommes à idées. Ces gens-là dépensent, sans faire
attention à rien. Figurez-vous un cochon qui vague dans les bois à truffes ! Il est suivi par un gaillard, l'homme d'argent qui attend le grognement excité par la trouvaille. Quand l'homme à idées a
rencontré quelque bonne affaire, l'homme d'argent lui tape sur l'épaule et lui dit : " Qu'est-ce que c'est que ça ? Vous vous mettez dans la gueule du four mon brave, vous n'avez pas les reins assez forts : voilà mille francs, et laissez-moi mettre en scène cette
affaire "...
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