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Villon jacques
Eau-forte et pointe sèche ;
Signée et datée 54 dans la plaque ;
Signée en bas à droite et numérotée 6/30 ;
28 cm x 39 cm ; belle épreuve toutes marges.
Marcel Duchamp, Jacques Villon, and Raymond Duchamp-Villon dans le jardin de Jacques Villon, 1914 (Smithsonian Institution collections)
Jacques VILLON (1875-1963)
L'importance de l'œuvre de Villon n'a guère été reconnue que depuis 1950, alors que l'artiste avait déjà, au cours d'une carrière de plus de cinquante ans, exécuté sept à huit cents toiles et près de cinq cents gravures, dans différentes manières qui toutes, dès 1910, furent riches de nouveautés. La raison de cette reconnaissance tardive réside en partie dans la discrétion de l'artiste qui poursuivit ses recherches dans le même atelier de Puteaux, parallèlement aux mouvements bruyants de Montmartre ou de Montparnasse, sans jamais s'y confondre entièrement.
D'autre part, si l'origine de son style doit beaucoup au cubisme, Villon ne s'y appliqua qu'après Picasso, Braque et Gris, et dans une manière très personnelle, où la théorie joue un très grand rôle, contrairement à la création – anarchique – de Picasso.
Soucieux avant tout d'apporter au cubisme des effets dynamiques et colorés, il anticipa avec ses frères, le sculpteur Raymond Duchamp-Villon et Marcel Duchamp, l'apparition en France du futurisme, côtoyant souvent les effets purement sensoriels des premiers peintres abstraits. Il était logique qu'il ne fût pleinement apprécié qu'à une époque où l'abstraction lyrique battait son plein.
C'est l'œuvre de Villon qui constitue le lien le plus logique entre tous les courants de l'art français moderne, de l'impressionnisme à l'abstraction lyrique ou même géométrique. À l'inverse de son frère, Marcel Duchamp, dont l'œuvre fulgurante et tout intellectuelle fascine encore de nos jours l'avant-garde internationale, Jacques Villon représenta plutôt, par son souci premier de l'équilibre harmonieux des formes et des couleurs, un aspect très français de l'art graphique qui doit beaucoup à Cézanne et à Seurat, où les cubistes français Gleizes, Metzinger, Léger, La Fresnaye, Delaunay se sont reconnus de préférence, et dont se réclamèrent plus tard les abstraits français comme Bazaine, Estève ou Manessier.