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La procureure Graziella de Falco Haldemann a requis une peine ferme de huit ans contre le financier allemand Florian Homm. Des peines fermes ou avec sursis ont été aussi réclamées contre ses trois coaccusés lundi devant le Tribunal pénal fédéral.
Au terme du réquisitoire débuté vendredi, la représentante du Ministère public de la Confédération (MPC) a requis une peine privative de liberté ferme de huit ans contre Florian Homm. Absent à son procès, cet homme de 61 ans est accusé d'escroquerie par métier, gestion déloyale avec dessein d'enrichissement illégitime, abus de confiance, blanchiment d'argent aggravé et faux dans les titres.
Contre l'ancien directeur d'une fiduciaire zurichoise, également absent pour raison de santé, la procureure fédérale a réclamé que soit prononcée une peine de sept ans ferme. Cette sanction comprend la révocation du sursis pour deux peines de deux ans chacune, prononcées en 2017 et 2018.
"Icône de la finance"
Graziella de Falco a requis une peine de trois ans, dont un an avec sursis contre le troisième accusé. Enfin, elle a demandé une peine de deux ans avec sursis complet contre le quatrième prévenu. Ces deux hommes répondent de blanchiment aggravé, faux dans les titres et violation de l'obligation de communiquer. Quant au directeur de fiduciaire, il est accusé de blanchiment, faux et banqueroute frauduleuse.
Dans son réquisitoire vendredi, la magistrate a évoqué la figure de Florian Homm, une "icône de la finance" dont les succès ne sont au final que "de la poudre aux yeux". La durée de son activité frauduleuse, la sophistication des montages financiers et l'enrichissement illégitime atteignant 170 millions de dollars en Suisse témoignent, selon elle, "d'une énergie criminelle acharnée".
La procureure a aussi décrit le rôle de facilitateur du directeur de fiduciaire qui avait mis sur pied une structure complexe de sociétés en Suisse, en Europe et outre-mer afin de dissimuler les fonds de Florian Homm. Les deux autres prévenus sont aussi accusés d'avoir participé à ces opérations de blanchiment, par des achats d'or notamment. Le procès se poursuit cette semaine avec les plaidoiries des parties civiles et de la défense.
"Le loup de Wall Street"
Florian Homm est accusé d'avoir mis en oeuvre un mécanisme visant à faire grimper artificiellement et de manière trompeuse les cours de "penny stocks" américains, soit des titres à très faible valeur, échangés sur un marché de gré à gré non régulé.
Comme dans le film "Le loup de Wall Street", le financier allemand a agi par le biais de la société de gestion de fonds Absolute Capital Management Holdings (ACMH) créée par lui-même. Les penny stocks faisaient l'objet de ventes croisées entre les fonds gérés par ACMH afin d'augmenter leurs cours et les volumes de transactions ainsi que la valeur des fonds.
L'accusation reproche à Florian Homm d'avoir profité à double titre du système, en tant qu'actionnaire majoritaire et Chief Investment Officer d'ACMH. En effet, la valeur d'inventaire déterminait le calcul des frais de gestion et de performance payés par les fonds à ACMH. Or ces frais étaient redistribués sous forme de bonus et de dividendes aux employés et aux actionnaires.
Le financier était aussi actionnaire à 50% d'une société américaine agissant comme intermédiaire dans les transactions sur les penny stocks. A ce titre il aurait aussi profité des commissions encaissées par ce courtier. (cause SK.2019.12)