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La ville planifiée et la ville spontanée ?
52 est un.e planificateur.trice et il s’interroge sur son rôle.
– Est-ce à moi de m’approprier la grille de la ville ?
La grille est apparue dans l’histoire comme l’outil d’appropriation du territoire par excellence aux buts colonisateurs ou urbanistiques. Sous l’invisible violence du tracé du géomètre la terre pu être divisée et donnée en propriété. De là se dessine une histoire intimement liée entre la planification du territoire et les outils rationnels du technicien.
Mais le processus de la grille est aussi contesté. À Athènes au V siècle avant J.C., alors que suite à une guerre importante il faut reconstruire la ville, il est proposé de la reconstruire sur le principe d’une grille orthogonale. Ceci ne sera pas fait car les citoyens préfèrent conserver la ville informelle liée aux rituels et traditions de ceux-ci.
On peut voir dans l’opposition entre le bidonville et les immeubles de logements, dans des villes comme Mumbai une dichotomie très forte entre le projet de planification et une ville qui se développe librement. Le bidonville étant souvent traité comme la partie informelle refoulée de la ville avec la vision que le développement urbain est uniquement possible par la rationalité des immeubles de logements pour la classe moyenne.
Mais d’autres expériences prennent le contrepied de cette pensée. La reconstruction des parties résidentielles et commerciales de Tokyo après la guerre a été laissée aux acteurs locaux faute de plan urbain qui était seulement destiné aux parties de l’infrastructure et de l’industrie. Ce développement incrémental amène une complexité du tissu urbain reconstruit comprenant l’informel, des usages mixtes de l’espace et du terrain, la présence de commerce sur rue, de chemins piétons, de l’utilisation de la maison comme atelier d’artisan ou de commerce. L’acception de la part de Tokyo de ces développement a permis qu’ils fassent partie de la ville et qu’ils se modernisent étant un ‘’atout’’ pour celle-ci.
De cette opposition de la planification et son envers un lexique peut être mis en évidence:
slum – high-rise
kinetic city – static city
city as learning ecology – city machine
intrinsic development – extrinsic development
lived city – designed city
formal – informal
artisan’s city – architect city
bottom-up process – top-down process
social logic – spatial logic
intensive city – speculative city
Mais 52 aimerait penser le projet au sens territorial au delà de cette dichotomie et promouvoir un dessin à la fois rationnel et à la fois vivant. Le collectif est en quête de perception d’une ville appropriable et confortable.
La multitude jouit de la maîtrise temporelle et spatiale de l’ordonnance des objets architecturaux.
La structure spatiale, surélevée, donne un environnement anti-fonctionnaliste à la multitude.
Le quotidien de la multitude reconstruit continuellement l’espace de la mégastructure.