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Hommage à Martin Kay – docteur honoris causa de l’Université de Genève
Martin Kay, pionnier de la linguistique computationnelle et de la traduction automatique, et professeur honoris causa de l’Université de Genève, est décédé le 7 août, à l’âge de 86 ans.
Martin Kay a consacré sa carrière à l’étude de la linguistique théorique. Visionnaire, il emploie rapidement des méthodes venues de l’informatique pour modéliser les langues. Partant du principe que la traduction automatique est le meilleur cadre pour étudier les problèmes linguistiques, il s’intéresse de près au rôle que joue l’informatique dans la profession de traducteur. Ses travaux se situent au niveau de la formalisation et de l’algorithmique et servent aujourd’hui de base à plusieurs avancées dans les domaines de l’informatique et du traitement de la langue. Par ailleurs, Martin Kay a joué un rôle-clé dans l’utilisation des techniques d’unification comme opération de base pour les grammaires et dans le développement des algorithmes pour réaliser les implémentations informatiques. Il a été chargé d'introduire la notion d'analyse des cartes en calcula linguistique et la notion d'unification en linguistique en général. Tout au long de sa carrière, il a plaidé pour des systèmes de traduction automatique étroitement intégrés dans le processus de traduction humaine.
Né et élevé au Royaume-Uni, il a fait toutes ses études universitaires à Cambridge avant d’obtenir son doctorat au Trinity College. Il a commencé sa carrière à l’Unité de recherche scientifique de l’Université de Cambridge, un des premiers centres de recherche en linguistique computationnelle. Puis il a travaillé, de 1961 à 1972, à la RAND Corporation, une organisation non-gouvernementale américaine qui tente d’améliorer la politique et la prise de décision à travers la recherche et l’analyse ; il y sera responsable de la recherche en linguistique et traduction automatique. En 1972, il devient directeur du Département d’informatique de l’Université de Californie à Irvine. En 1974, il rejoint le Centre de recherche Xerox de Palo Alto et, en 1985, il ajoute l’enseignement de la linguistique computationnelle à l’Université de Stanford.
Mondialement connu pour ses travaux en linguistique computationnelle et en traduction automatique, il était, entre autres, professeur de linguistique computationnelle à l’Université de Stanford depuis 1989, professeur honoraire de linguistique informatique à l’Université de la Sarre depuis 1999, ainsi que professeur honoris causa de l’Université de Gothenburg depuis 1982. En 2005, il reçoit le prix de l’Association pour la linguistique computationnelle pour l’ensemble de ses réalisations. Pour sa contribution exceptionnelle à la recherche sur le lien entre la traduction effectuée par les humains et celle faite par les machines, il se voit décerner, en 2008, le prestigieux titre de docteur honoris causa de l’Université de Genève.
Cette œuvre pose des questions en lien avec des thèmes d’actualité mais aussi existentiels : Comment trouve-t-on sa place et son identité dans ce monde de l’agilité, de la flexibilité et de l’intelligence artificielle ? Comment communique-t-on si l’on n’a plus personne en face de soi ?
Mme Jenney Sigot Müller nous en dit plus : « L’interprétation simultanée est un métier d’artiste, rare et méconnu, seulement maîtrisé par un nombre limité de personnes. Une grande finesse est alors nécessaire, et un talent incroyable pour réussir à se décupler: il faut en effet savoir écouter, penser et parler en même temps. Les mots prononcés doivent aussi se faire l’écho des mots entendus. »