Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06910.jsonl.gz/675

Le Port
A l’ouest de la Pichette, qui se trouve sur la commune de Chardonne et fut agrandie avec les déblais de la station de pompage, un vaste chantier prévoyait l’installation d’un port de plaisance pouvant amarrer 400 bateaux. Au milieu des années 1980, malgré les oppositions manifestées, une longue digue flottante de 322 m, formée d’éléments de béton précontraint, fut installée pour protéger les places d’amarrage, sous la direction d’un ingénieur local.Le 4 avril, avant la fin des travaux, alors que 140 bateaux étaient déjà amarrés, la digue se disloqua lors d’une tempête de vaudaire, qui engloutit une bonne partie des éléments, une vingtaine de bateaux et 4 millions de francs. Le Journal Vevey-Riviera écrivit: » Le spectacle était consternant: épaves éventrées, bateaux échoués, estacades et matériel à la dérive. On aurait pu croire qu’un gros ouragan avait passé ». Cette catastrophe soulèvera bien des vagues juridiques, politiques et financières. Après quelques années, un nouveau projet fut réalisé avec une digue cimentée sur le fond du lac.
La maison Gonard
La Bourse des Pauvres de la commune de Vevey avait acheté la belle bâtisse en amont du chemin de la Paix en 1792. Elle servit d’habitation pour une famille de vignerons, avec une belle cave de 12 m. sur 6. Appelée maison de l’hôpital ou lazaret, elle fut utilisée lors d’épidémies de grippe en 1918 et de variole vers les années 1930. Dans cette maison a vécu de 1951 à 1961 M. Samuel Gonard (1896- 1975), commandant de Corps puis président du Comité international de la Croix-Rouge. En face, le vieux puits pittoresque provient de la rue des Chenevières à Vevey.
Chemin de la Paix 23
Ce bâtiment abritait le Café des Gonelles. Des boucles en métal rappellent que c’était à l’origine un relais pour les chevaux conduisant la diligence à 5 places vers Chexbres. En effet, la route principale Vevey-Lausanne passait alors par le chemin de la Paix. Une borne indique les distances: « Lausanne, 16 km; St-Maurice 38 km ». La nouvelle route cantonale fut aménagée entre 1928 et 1932 par le pont surplombant la voie CFF, permettant la suppression de 2 passages à niveau bordés par la maisonnette du garde-barrière.
La propriété Waldesbühl
Au 21 chemin de la Paix, au bord du lac, se trouvait une propriété magnifique. Le 22 avril 1850, la maison passa de Samuel Fornerod à Louis Félix Genand. C’était une fabrique de gypse, avec roue et chute d’eau à l’ouest, terrasse, maison avec cave voûtée, four à gypse, grange, écurie et bûcher. L’exploitation dura quelques dizaines d’années. En 1926, la propriété fut rachetée par Louis Dapples, grand directeur de Nestlé. En 1962, la famille Waldesbühl en acquit la propriété.
La Crottaz
Le bâtiment de la Crottaz, route de Lavaux 45, fut habité de 1921 à 1931 par l’historien Albert de Montet (1847-1920) qui rédigea plusieurs ouvrages sur l’histoire de Vevey. La propriété fut rachetée par le chimiste bâlois Arthur Stoll en 1939 qui y déposa de nombreux et précieux tableaux de maître formant une remarquable collection aujourd’hui dispersée. Juste à côté, au no 41, Camsa avait construit sur 3 étages une fabrique de pompes. Blanc et von Gunten y eurent une entreprise d’électricité. Le bâtiment fut repris par la SIAM (société industrielle application du mazout). Cette entreprise quitta ce site en bordure du lac pour Vevey en 1941 et revint à Corseaux en 1957 pour une nouvelle construction à la rue de la Crottaz 4. La fabrique de pompes Francis Berthoud lui succéda à la route de Lavaux 43. Elle occupait une trentaine de personnes. Son ingénieur M. Fischer quitta cet établissement en 1950 pour créer sa propre usine. La fabrication cessa peu à peu et l’usine ferma définitivement vers 1958. A signaler qu’un hydravion fut garé quelque temps sous ce bâtiment. A la rue de la Crottaz 5, Pittet et Morvan montèrent en 1926 un atelier d’électricité spécialisé pour les automobiles qui s’adjoignit le service Bosch dès 1932.
Eric Volet, ancien syndic, se fait l’écho d’une tradition orale qui veut qu’un potier fut exécuté en « Tranche-cou » sur la rive du lac à l’ouest de Corseaux-plage. Il aurait fait mourir sa femme en lui versant du plomb fondu dans la bouche !!! Brrr !
B. Sauvageat
Laisser un commentaire