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Les forces de travail
La première grande vague d'immigration était constituée de dizaines de milliers de huguenots -réfugiés protestants- arrivés en Suisse en 1686 après que Louis XIV a interdit le protestantisme sur le territoire Français. Dans l'Ancien Régime - soit la période entre la conquête du Pays de Vaud par Berne en 1536 et l'avènement de la République helvétique en 1798 -, le nombre d'étrangers vivant sur le territoire Suisse était faible. En 1836, ils ne constituaient encore que 2,5% de la population.
Les forces de travail
La deuxième révolution industrielle, la construction et la densification du réseau ferroviaire furent à l'origine d'une deuxième vague entre 1888 et la Première Guerre mondiale. Les immigrés remplacèrent les forces de travail - soit 12% de la population suisse - qui avaient quitté le pays durant la seconde moitié du XIX siècle. Près de 260'000 personnes immigrèrent en Suisse, la grande majorité d'entre elles provenant des pays voisins. La proportion des Allemands et des Français allait en diminuant, tandis que celle des travailleurs italiens ne cessait de croître. L'immigration se concentra dans les grandes villes.
Après la guerre
Après la Première Guerre mondiale, l'entrée et le séjour firent l'objet d'un contrôle plus sévère et d'une limitation. Pendant les deux guerres mondiales et la crise économique des années 1930, l'immigration s'est tarie presque complètement. La plupart des immigrants étaient des Suisses rentrant chez eux.
La plus importante vague migratoire
Le boom économique de l'après-guerre s'accompagna d'un besoin massif de main-d'œuvre. Le recrutement de travailleurs étrangers, dès 1947, à l'origine envisagé comme temporaire, obéissait au principe de la rotation: les autorisations de séjour étaient limitées dans le temps; après une brève période de travail, les saisonniers étaient censés rentrer chez eux. La Suisse connut la vague migratoire la plus importante à ce jour entre 1951 et 1970 avec l'arrivée de 2,68 millions d'étrangers disposant d'un permis annuel ou d'établissement.
Réduction de l'immigration
De 1963 à 1971, l'immigration fut progressivement réduite de 60%. La récession des années 1974 à 1976 mit fin à la longue phase d'immigration de travailleurs de l'après-guerre. Plus de 300'000 étrangers durent retourner dans leur pays, ce qui valut à la Suisse le reproche de les utiliser comme "amortisseurs conjoncturels". Cependant, l'immigration ne cessa jamais tout à fait. Depuis 1998, on a constaté une nouvelle augmentation légère, régulière. Le 1er juin 2002, la libre circulation des personnes était introduite pour les ressortissants de l'Espace économique européen. Elle s'est étendue aux États ayant rejoint l'UE en 2004 et 2007. Pour les ressortissants des autres nations, seuls sont désormais admis des spécialistes très qualifiés qui ne peuvent être recrutés dans les États membres de l'UE et de l'AELE.
L'importance de l'immigration
S'il n'y avait pas eu d'immigration depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, la Suisse compterait un quart d'habitants en moins. Le nombre d'immigrés et leur provenance furent toujours très influencés par le développement économique et les objectifs de la politique fédérale envers les étrangers. Les immigrés, de leur côté, fournissent un apport important à la vie économique, scientifique et culturelle de la Suisse.
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RTS découverte
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