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Le Grand Conseil fribourgeois a accepté mercredi avec conviction un postulat demandant au Conseil d'Etat d'étudier la question du recours au langage simplifié. En Suisse, pas moins de 800'000 personnes rencontrent des difficultés pour comprendre un texte.
Le postulat, déposé par les députées Andréa Wassmer (PS) et Gabrielle Bourguet (PDC), a passé la rampe par 87 voix contre 7 et 2 abstentions. Le langage simplifié est aussi appelé "falc", acronyme signifiant "facile à lire et à comprendre". La démarche pourrait déboucher sur une loi ou une ordonnance servant à poser un cadre.
"Le falc s'adresse à un habitant sur dix", a résumé la députée Giovanna Garghentini Python (PS). Il vise à fournir à des personnes ayant de la peine à apprendre, âgées ou n'étant pas de langue maternelle française, des informations faciles à lire et à comprendre, via un vocabulaire s'appuyant sur le langage courant.
Lien avec la pauvreté
Le postulat a recueilli un large soutien et suscité de nombreuses prises de parole, en lien notamment avec la pauvreté mise à jour avec la crise sanitaire du Covid. Il a reçu l'aval total du Conseil d'Etat par la voix de Didier Castella, en charge des institutions, qui a dit avoir bien pris conscience de l'importance du sujet.
Les postulantes demandent de définir les textes susceptibles d'être rédigés en langage simplifié et même d’édicter une loi ou une ordonnance à même de poser un cadre à l’utilisation de la rédaction en langage simplifié. Fribourg pourrait ainsi compter parmi les pionniers en la matière, à la lumière notamment de son bilinguisme.
Chômage et santé
L'Etat de Fribourg prendrait du coup exemple sur la Chancellerie fédérale, qui a engagé il y a trois ans une action en vue de concrétiser le recours au falc au sein de l'administration. Des documents touchant en particulier à l'asile, au chômage, à la police et à la santé sont principalement concernés.
Vu l’ampleur de la tâche, le Conseil d'Etat entend confier la rédaction du rapport à un mandataire externe. Sur recommandation de l’Université de Fribourg, deux personnes se sont montrées intéressées à la rédaction du rapport. Il s'agit d'une scientifique et d'une rédactrice, toutes deux spécialisées dans le domaine.