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Sciences Le CERN mesure avec précision de l'antihydrogène
Des chercheurs du CERN ont mesuré pour la première fois avec une grande précision la charge électrique d'atomes d'antihydrogène.
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Des atomes d'antihydrogène ont été mesurés pour la première fois avec précision par des chercheurs du CERN.
Ces travaux visent à mieux comprendre l'asymétrie entre la matière et l'antimatière, un des plus grands défis de la physique actuelle.
L'expérience ALPHA auprès du Décélérateur d'antiprotons (AD) du CERN rapporte une mesure de la charge électrique d«atomes d'antihydrogène qui se révèle compatible avec zéro jusqu«à la huitième décimale, indique mardi l'Organisation européenne pour la recherche nucléaire (CERN) dans un communiqué. Ces résultats sont publiés dans la revue Nature Communications.
«C'est la première fois que nous parvenons à étudier l'antihydrogène avec précision», explique Jeffrey Hangst, porte-parole d'ALPHA (Antihydrogen Laser Physics Apparatus), cité dans le communiqué.
Les antiparticules devraient être identiques aux particules de matière, sauf pour ce qui concerne le signe de leur charge électrique. Ainsi, alors que l'atome d'hydrogène est composé d'un proton de charge 1 et d'un électron de charge -1, l'atome d'antihydrogène est formé d'un antiproton de charge -1 et d'un positron de charge 1.
Préférence pour la matière
Toutefois, la matière et l'antimatière ne sont pas des opposés exacts la nature semble avoir une préférence, de l'ordre d'un dix milliardième, pour la matière plutôt que pour l'antimatière. Il est donc important de mesurer les propriétés de l'antimatière avec une grande précision, et c'est là l'objectif principal des expériences du DA au CERN.
Pour mesurer la charge de l'antihydrogène, l'expérience ALPHA a étudié les trajectoires d'atomes d'antihydrogène libérés d'un piège en présence d'un champ électrique, suivant le principe que des atomes d'antihydrogène ayant une charge électrique seraient déviés par le champ tandis que des atomes neutres conserveraient leur trajectoire. Le résultat ainsi obtenu, un million de fois plus précis que les précédentes estimations, est basé sur 386 événements enregistrés, précise le CERN.
Redémarrage des accélérateurs
Avec le redémarrage de la chaîne d'accélérateurs du CERN qui s'amorce, le programme de recherche sur l'antimatière est prêt à reprendre. Plusieurs expériences enregistreront des données, parmi lesquelles ALPHA-2, version améliorée d'ALPHA, mais aussi ATRAP, ASACUSA et la nouvelle venue, AEGIS, qui étudiera l'influence de la gravité sur l'antihydrogène.
Les antiparticules n'existent qu'en quantités infimes dans l'environnement normal, soit dans les rayons cosmiques, soit produites en laboratoire, car elles s'annihilent aussitôt au contact de la matière. Le CERN est parvenu pour la première fois en 1995 à créer quelques atomes d'antihydrogène. (ats/nxp)
Créé: 03.06.2014, 17h38