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L'ancien conseiller fédéral Christoph Blocher tire à boulets rouges sur la stratégie du gouvernement dans le différend fiscal avec les Etats-Unis. En livrant des données bancaires, le Conseil fédéral a affaibli sa position dès le début.
Dans cette "guerre économique" que mène Washington contre les banques, la Suisse aurait dû combattre les Etats-Unis avec leurs propres armes, déclare l'ancien ministre de la justice samedi dans une interview parue dans le "Tages-Anzeiger" et le "Bund".
Aveu de culpabilité
Le Zurichois reproche au gouvernement de ne pas comprendre la mentalité US: "Si les Américains formulent des exigences, ils attendent qu'on leur fasse front". Dans ce différend, les Etats-Unis considèrent le fléchissement du Conseil fédéral comme un aveu de culpabilité, poursuit M. Blocher.
"Des avocats américains m'ont demandé ce qui se passe avec la Suisse", ajoute-t-il. Les partenaires helvétiques étaient jadis hautement appréciés des Américains: ils passaient certes pour bornés, mais aussi pour être efficaces.
"Montrer les dents"
Au négociateur suisse, le secrétaire d'Etat Michael Ambühl, Christoph Blocher reproche de vouloir présenter trop rapidement des résultats. "Et je doute qu'il montre les dents aux Américains".
De plus, le Département fédéral des finances est selon lui mal préparé. "J'attends depuis longtemps qu'une délégation du Conseil fédéral se rende à Washington pour expliquer notre point de vue et qu'il tende le miroir au gouvernement américain".
ATS