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Après avoir servi son maître pendant sept ans, Nicolas lui dit :
- Maître, j'ai fait mon temps, je voudrais bien retourner près de ma mère ; donnez-moi mes gages.
- Tu m'as servi fidèlement comme intelligence et probité, répondit le maître de Nicolas ; la récompense sera en rapport avec le service.
Et il lui donna un lingot d'or, qui pouvait bien peser cinq ou six livres. Nicolas tira son mouchoir de sa poche, y enveloppa le lingot, le chargea sur son épaule et se mit en route pour la maison paternelle...
Ce conte philosophique d'Alexandre Dumas s'appuie sur le principe d'accumulation, ou plutôt... de dépouillement ! Nicolas le philosophe interroge sur les biens matériels, le rapport aux autres, le bonheur ; les illustrations de Christophe Merlin prolongent la réflexion avec force, humour et malice. Une très belle introduction à la philosophie et au stoïcisme - pour tous !
En 1858, Dumas visite Saint-Pétersbourg ; il en rapporte l'histoire du prince Groubenski, qui vivait dans son château sur la Volga à la fin du XVIIIe siècle. L'auteur emprunte au récit de Jacquot, vieux domestique du prince, la nostalgie d'une Russie munificente, excessive.
Juste et généreux, le prince traitait également moujiks, commerçants et nobles, ordonnant aux marchands de tromper les riches, jamais les pauvres. Mais fou, il aimait et tuait à plaisir, ne craignant que le tsar et le Père éternel.
Un caractère exceptionnel, un sujet en or, à la démesure du grand Dumas.
Loin des sagas historiques, des histoires de cape et d'épée, Catherine Blum révèle une facette méconnue du génie de Dumas, plus intimiste, plus social, plus descriptif, parfois proche de Balzac. "Par ce livre, écrit Dominique Fernandez en préface, Dumas démontre avec éclat qu'il n'avait besoin ni de l'appui de grands événements historiques, ni du prestige attaché aux rois et aux surhommes pour être romancier."