Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07030.jsonl.gz/1262

lundi 1 septembre 2014
Depuis la mort de Frank Herbert, son fils, Brian, a publié plusieurs ouvrages se déroulant dans l'univers de son plus célèbre cycle : Dune. Situés bien avant, ses romans narrent la guerre contre les machines pensantes et l'origine de l'Empire.
Mais un jour Brian a retrouvé des notes de son père contenant des informations sur ce qui était prévu pour terminer le cycle de Dune. Son fils a donc décidé, en se basant sur les notes de son père, de terminer le cycle. Ainsi a été écrit les deux ouvrages (en fait un gros roman scindé en deux parties) qui forme le cycle Après Dune : Les Chasseurs de Dune et Le Triomphe de Dune.
Débutant à la fin de La Maison des Mères (attention spoilers en approche) , Après Dune est une chronologie romancé de la trentaine d'années qui suivent l'évasion de Chapitre du ghola Duncan Idaho dans un non-vaisseau. Les romans voient l'arrivée de l’Ennemi et les tentatives de l'humanité pour lui résister.
Le roman alterne les points de vue montrant ce qui se passe dans le non-vaisseau (des gholas et encore des gholas), sur Chapitre où les Honorés Matriarches et le Bene Gesserit ont fusionné, sur Tleilax où un maitre mineur doit obéir aux Honorés Matriarches, dans la guilde où les navigateurs doivent faire face à une pénurie d'épice et où l'Oracle du Temps tente de protéger l'humanité, et finalement dans le camp des danseurs visages qui manigancent leur propres intrigues.
Tous ces éléments forment une fresque qui clôt clairement le cycle de Dune. Les deux romans sont très intéressants et j'ai pris plaisir à les lire. Ils ne sont néanmoins pas exempt de défauts. Les romans ne forment pas une histoire homogène, mais plutôt une chronologie qui a été romancée; difficile de dire si c'est ce que Herbert père aurait souhaité, mais en l'état cela donne le sentiment que les éléments de la chronologie ont été romancés afin de les présenter sans autres réflexions. Certains éléments importants qui font avancer l'intrigue (et notamment la conclusion) sont des Deus ex machina qui sont beaucoup trop gros à mon goût. Finalement, les auteurs ont ajouté des éléments tirés de leurs propres romans sur Dune; si cela ne gêne pas l'intrigue et est, finalement assez logique, le lecteur peut à nouveau se demander si c'est ce que Herbert père avait en tête.
Mais ces éléments ne doivent pas détourner ceux qui ont apprécier le cycle de Dune de deux romans qui sont agréables à lire et proposent une "vraie" fin à ce grand cycle.
lundi 25 août 2014
Second tome d’une série, A Better World débute trois mois après la fin du premier tome. Suite au scandale rendu publique à la fin du premier tome, le vice-président, un professeur d’histoire, a pris les rênes des États-Unis et l’agence gouvernementale chargée de contrôlé les « brillants » (apparu au début des années 80, les brillants, 1% de la population, ont tous un don, tel que le génie stratégique, la capacité de lire les gens comme dans un livre ou, pour les moins puissants, de factoriser des grands nombres ou d’estimer le nombre de bonbon dans un jarre, qui leur permet, dans une spécialité précise, d’exceller) a perdu beaucoup de son pouvoir.
Nick Cooper, ancien agent d’élite de cette agence, est en congé prolongé lorsque le président l’engage comme un de ses conseiller. En but au radicalisme des autres conseillers, le pays doit faire face à une attaque terroriste de grande ampleur qui laisser trois cités américaines sans nourritures et sans électricités. Face à la menace terroriste, Nick se démène pour tenter d’empêcher une guerre civile. Découvrant qu’il a été un pion du génie de la stratégie John Smith, il commence une course contre le montre.
Dans le même temps, un scientifique fait son possible pour protéger sa famille dans la cité de Cleveland, une des trois cité en état de siège, alors que ses travaux sont peut-être la clef de la paix ou d’une révolution.
Si les thématiques abordés par le roman ne sont pas neuves, A Better World est une lecture prenante et agréable. Cette série me plait vraiment beaucoup et j’espère pouvoir lire prochainement le tome suivant.
jeudi 21 août 2014
Troisième volume de la trilogie de l'Archipel des Numinées, et le meilleur, Matricia se déroule dans l’état du même nom. Détruit par une peste qui transforme ses habitants en goules contagieuses.
C’est dans sa capital que le destin de l’Archipelle se joue. Une magicienne puissante, une sorcière du Destin, et son Oncle, vendu à la sombre divinité qui menace l’Archipel, tirent chacun leur tour une carte du tarot et conte un souvenir en lien avec la carte tirée ; le jeu est mortel et se déroule au cœur de la capital déserte de Matricia. Au fil des souvenirs se dessine une histoire de vengeance : la vengeance d’une fille métisse d’une puissante famille de Matricia qui a fait un pacte avec un démon, la dérive d’un ancien chef de famille, devenu fou, laissé pour mort et qui s’est mis au service de la divinité qui veut détruire l’Archipel.
Entre cette histoire, s’intercale celle de Angelo, le nécromant apparu dans le Cytheriae. Réhabilité parmi les mages, il est envoyé en mission suicide pour savoir ce qui se passe sur Matricia. Ses pas le porteront vers la capitale avec, peut-être, le moyen de sauver l’archipel…
Très bien écrit, fascinant à lire, Matricia éclaire d’un jour nouveau les deux précédents romans en dévoilant le combat entre une divinité féminine et une divinité masculine. La fin du roman laisse ouverte la possibilité d’une suite ; une seule question : quand ?
Lu dans le cadre du challenge SFFF au féminin
mardi 19 août 2014
Premier volume d’une série, Atopia Chronicles propose une vision du « monde de demain ». Dans un futur proche, le développement de l’informatique et des modules d’interface permet d’implanter directement sur le système nerveux une interface avec le cyberespace et une puissante IA qui accompagne, et peut même prendre le contrôle du corps, l’individu.
Dans ce monde deux nouveaux états, construits sur des plateformes maritimes, sont en confrontation, Atopia et Terra Nova. Cognix, le consortium derrière Atopia, a développé le système pssi qui permet d’expérimenter à la fois la réalité virtuelle et la réalité augmentée directement via une interface cérébrale, la rendant ainsi indistinguable de la réalité elle-même. Le système permet également l’enregistrement permanent du vécu des individus, la surveillance de leurs paramètres vitaux, la conscience multiple. Le système génère également sa propre IA qui sert de secrétaire virtuel hautement performant et qui prend en charge le pilotage du corps lorsque l’individu se trouve dans le cyberspace (pour manger, faire du sport ou se laver, voir avoir des interactions sociales) ou quand des éléments de réalités augmentés cachent la réalité (éviter de rentrer dans des gens si vous avez décidez de les effacer de votre champ visuel, par exemple.
Le roman centre son intrigue sur la préparation, et ses conséquences proches, du lancement du système pssi pour le grand public. En effet, si le système est utilisé depuis une vingtaine d’années à Atopia (avec des enfants qui ont grandi avec le système installé dès leur naissance), le reste du monde utilise des systèmes de réalité virtuel et augmentée plus primitifs.
Chaque chapitre du roman, dans ses deux premiers tiers du moins, suit un personnage différent, d’Atopia ou d’ailleurs, proposant une vision des différentes utilisations, et dangers, possible du système pssi. Chaque chapitre se déroule en même temps, le lecteur acquiert ainsi peu à peu une vision globale des enjeux du lancement du système pssi ; et bien évidement il y a des choses cachées et des complots dans les complots. Le dernière tiers du roman voit les différents éléments mis en place se rencontrer et interagir entre eux, un groupe de personnage d’Atopia est alors au centre de la narration.
Le roman est excellent et propose une réflexion intéressante sur les réalités virtuels et leurs utilisations. L’utilisation de plusieurs points de vues sur un même événement et malin car il met le lecteur dans la position de l’utilisateur du système pssi capable de fractionner sa conscience. Le twist final est peut-être de trop, j’attends d’avoir lu le second tome pour me décider.
jeudi 14 août 2014
Se déroulant à Moscou de nos jours, Sumerki de Dmitry Glukhovsky narre l’histoire de Dmitry Alexeïevitch, un traducteur, trentenaire un peu désabusé, qui accepte une traduction de l’espagnol au russe, alors que son espagnol est un peu rouillé.
Cette traduction est le second chapitre d’une expédition au Yucatán au XVIe siècle, armée par le prêtre franciscain Diego de Landa, à la recherche d’un site sacré et des manuscrits qu’ils contiennent (De Landa est le responsable d’un autodafé qui détruisit la majorité des textes de la civilisation maya).
Alors qu’il avance dans la traduction, et qu’il traduit les chapitres suivants, Dmitry se retrouve obsédé par ce récit au point qu’il ne se lève plus le matin que dans l’espoir d’avoir en sa possession le chapitre suivant. Mais peu à peu des événements étranges apparaissent dans sa vie : des meurtres, une maladie tropicale, des créatures du folklore maya, etc. Le tout répondant aux péripéties du récit que Dmitry traduit.
Dmitry poursuit néanmoins la traduction, dans la peur, afin de savoir ce qui arrive. Tous cela se déroulant alors que dans le monde des catastrophes naturelles de plus en plus violentes répandent morts et chaos.
Si le début du roman et son ambiance de mystère mon séduit, j’ai trouvé que l’auteur tirait un peu trop longtemps sur cette corde et que le fin mot de l’histoire, révélé à la fin du roman, est un peu trop tiré par les cheveux à mon goût ; un roman raté pour moi.
mercredi 13 août 2014
Second roman du cycle de l’Archipel des Numinées, Cytheriae se déroule dans la cité-état du même nom. Après les événements survenus à la fin d’Arachnae, la cité de Cytheria vit une situation tendue. Elle doit faire face à l’arrivée de réfugiés de Matricia qui fuient l’épidémie de peste qui s’y est déclenché, elle doit faire face également au mécontentement croissant de sa population. La princesse de la ville, dont le demi-frère à moitié démon est enfermé dans le Labyrinthe où lui sont livrés les condamnés, s’accroche au pouvoir et craint que le Conseil des Moires perdent son pouvoir.
Proposant une intrigue moins politique qu’Arachnae, Cytheriae voit son intrigue également tourné autour du mal ancien qui se réveille dans l’Archipel. Alternant différents points de vue, le roman mélange deux enquêtes policières : une sur une série de suicides liés entre eux par la présence de carte de tarot près des corps, l’autre sur d’étranges créatures qui rodent dans les canaux de la ville et tuent humains et créatures maléfiques. Une écrivaine publique au passé traumatisant rentre en possession du journal de la Bête, alors que son amant, un nécromant déchu enquête sur la créature ancienne qui s’éveille.
Roman complexe et, je trouve, mieux maitrisé que le premier tome (les personnages ont plus d’épaisseur, par exemple), Cytheriae reste un roman sombre très intéressant à lire.
Lu dans le cadre du challenge SFFF au féminin
lundi 11 août 2014
Se déroulant plusieurs années après The Onion Girl, Widdershins propose une conclusion à l’histoire de Jilly. Le roman noue plusieurs trames narratives qui se croisent et se répondent.
Le roman débute lorsque Lizzie, une violoniste jouant d’un groupe de musique celtique traditionnelle, rencontre coup sur coup des bogans, un « cousin » de la tribu des corbeaux (un esprit amérindien) et un cousin cerf. Elle se retrouve alors, bien malgré elle, prise en otage d’un conflit qui la dépasse, entrainant avec elle Geordie et Jilly.
A partir de ce point de départ, le roman se subdivise en différentes trames narratives. Il y a ce qui arrive à Jilly, qui se retrouve a devoir faire face, de manière très directe, à ses terreurs d’enfant (elle a été abusée par son frère) dans le monde des esprits. Lizzie se retrouve a devoir trouver son chemin dans ce même monde des esprits après avoir été enlevé par les bogans.
Plusieurs esprits se lance a la recherche de Jilly et Lizzie (par devoir ou par amitié profonde et sincère) mais se retrouve rapidement pris dans l’inimité existante entre les esprits amérindiens et les Fays venus d’Irlande avec les migrations européennes. Les tensions deviennent si importantes que le clan des Buffalo est sur le point de déclencher une guerre. Une dispute entre un esprit saumon et un esprit corbeau sont la source de tous cela, leur relation et leur implication est également décrite dans le roman.
Excellent roman, Widdershins prend toute sa dimensions pour les lecteurs qui ont déjà lu une partie du cycle de Newford et qui ont lu The Onion Girl. Bien que pouvant se lire sans trop de difficulté sans ce « bagage », je ne le conseillerai pas comme cela.