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Le nain qui monte sur ses ressorts
Jean Ammann
Chronique
Subterfuge. Le sport permet à l’homme, «cet animal insignifiant» (Yuval Noah Harari), de mesurer sa faiblesse: il court lentement, il nage lentement, il grimpe lentement, il se traîne à la surface du globe qu’il encombre. Cela étant posé, l’homme pourrait profiter du sport pour accepter enfin ses limites physiques. Ainsi, ce n’est déjà pas si mal de courir le 100 m en 9’’58, même si cela ne concerne qu’un individu sur huit milliards. Ce n’est déjà pas si mal de courir le marathon en 2 h 01’39, même si cela ne concerne qu’Eliud Kipchoge. Ce n’est déjà pas si mal d’avoir survécu, quand toutes les autres espèces d’hommes, Néandertal, floresiensis, erectus, ont rejoint la galerie des fossiles, entre les trilobites et l’archéoptéryx.
Mais l’homme est un tricheur. Il trouve toujours le moyen de filouter la nature. Il y a dans son essence quelque chose qui l’indispose, comme le raconta Platon: «Dans cet embarras, survient Prométhée pour inspecter le travail. Celui-ci voit to