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Les observations météorologiques sont principalement fournies par des satellites, des radars, des avions, des stations de mesures au sol, des bouées océaniques ou des radiosondages. Elles fournissent toutes sortes d’utilisateurs, comme le Centre Européen de Bologne (ECMWF) qui en assimile 2 millions toutes les trois heures pour effectuer ses calculs. Les climatologues sont également de gros consommateurs.
Les réseaux actuels d'observations météorologiques s'appuient en grande partie sur les satellites, les radars, les avions, les bouées en mer, les radiosondages et les mesures au sol. [WMO]
Mais cette grande quantité d’informations ne permet pas toujours de se faire une idée représentative du temps qu’il fait, notamment sur les zones difficiles d’accès, comme les régions montagneuses, la jungle ou les mers du Sud. D’où l’intérêt de recourir à des animaux munis de capteurs.
« Les animaux équipés de capteurs modernes pourraient être considérés comme les héritiers desutilisés dans les mines de charbon au XIXème siècle. », explique Diego Ellis Soto, étudiant diplômé à Yale et premier auteur du document. « Équiper les poissons, les oiseaux, les phoques et les animaux terrestres de capteurs sophistiqués pourrait fournir aux chercheurs des données localisées et pertinentes sur notre environnement. Chose que les technologies actuelles n’offrent pas toujours ».
Intégration des mesures effectuées par des animaux munis de capteurs aux réseaux d'observation. [Max Plank Gesellschaft]
« Les satellites mesurent par exemple les températures à la surface d'une canopée de la jungle couverte de nuages, mais pas les conditions au sol. Un singe muni de capteurs et d’un GPS pourrait le faire ! Des bouquetins pourraient également fonctionner comme des stations d’observations mobiles dans les régions montagneuses, pour obtenir des profils de températures », explique encore le chercheur.
L’intérêt d’utiliser des animaux pour ce type d’observations ne tient pas uniquement à leur mobilité ou à leur faculté de circuler sur des zones difficiles d’accès, il réside également dans le fait que ces derniers sont particulièrement sensibles à leur environnement.
Une pratique en voie de se répandre
Grâce aux initiatives de l'Institut Max Planck du comportement animal, des milliers d'oiseaux et d'animaux ont été équipés de capteurs ces dernières années.
Le gouvernement japonais utilise ainsi des oiseaux de haut vol munis de capteurs pour mesurer la force de la vitesse du vent à différentes d'altitudes. Des éléphants de mer étiquetés fournissent des informations sur la profondeur de la glace et la salinité de l'océan en Antarctique, ce qui aide à comprendre et à prévoir les variations des niveaux de mer.
Femelle éléphant de mer équipée d'une balise Argos et prête à partir en me [ Franek2, Wikimedia commons]
Il est également possible de repérer les herbiers marins en suivant les mouvements des requins-tigre, connus pour être attirés par ce type d'écosystème. Information précieuse!
Les herbiers marins jouent en effet un rôle important dans l’oxygénation de l’eau, le stockage du carbone, la stabilisation des fonds marins, la production de matière organique. Ils constituent une source importante de nourriture et de refuge pour de nombreuses espèces.
Un herbier de Syringodium isoetifolium à La Réunion [Philippe Bourjon - Wikipedia]
« Et les avantages ne se limitent pas aux zones purement sauvages du monde » ajoute Elis Soto. « Dans un monde affligé par une chaleur extrême pendant l'été, les pigeons-porteurs étiquetés pourraient aider à identifier les îlots de chaleur urbains et les niveaux de pollution de l'air dans les zones densément peuplées. C'est une mine d'or inexploitée d'informations météorologiques détaillées pertinentes pour les prévisions météorologiques et la biologie. »
Philippe Jeanneret, avec le concours de l’