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La Chine et la Birmanie entretiennent depuis de longues années des relations politiques et stratégiques privilégiées. Jusqu’à récemment encore et avec le démantèlement de la junte militaire, la Chine octroyait des aides importantes à la Birmanie en termes économiques, militaires et institutionnels. La transition politique récente de la Birmanie vers la démocratie a cependant contribué à redéfinir les rapports entre les deux pays. Désormais, L’État Birman s’efforce de diversifier ses relations à la fois diplomatiques et commerciales malgré les crises internes qui fragilisent l’indépendance du pays. On rappellera le rôle majeur joué par les conflits ethniques dans cette région du monde, et qui connaissent depuis quelques années un regain de violence.
Rappelons que l’État Birman, coincée entre les deux grandes puissances que sont la Chine et l’Inde, dispose d’un accès stratégie sur l’Océan Indien grâce à un littoral d’environ 2 000 km. Le pays dispose également d’importantes ressources naturelles, ce qui lui permet de disposer d’une influence géostratégique majeure dans la région. Or, l’Empire du Milieu est largement dépendant d’une économie qui repose en grande partie sur les hydrocarbures, important une part non négligeable de son pétrole depuis le Golfe Persique. Ces énergies transitent ainsi par le détroit de Malacca à hauteur de 80%, une situation qui pourrait se fragiliser dans le cas d’un conflit avec l’État Birman.
Malgré les profonds changements survenus à partir de la fin des années 1980, le Myanmar (dénomination officielle de l’Etat Birman depuis 2010) conserve une relative indépendance face à l’influence chinoise. En cause : la volonté de préserver une certaine souveraineté et l’expression d’un nationalisme enraciné. Notons que malgré le démantèlement de la junte militaire au pouvoir, celle-ci conserve tout de même ¼ des sièges au parlement à l’heure actuelle. Malgré l’arrivée au pouvoir de l’égérie Aung San Suu Kyi et la restauration d’un certain pouvoir civil, le pays cherche à préserver son identité culturelle singulière et sa capacité à traiter directement avec les puissances étrangères. Cette envie d’indépendance et de souveraineté peut également s’expliquer d’un point de vue local, par exemple par le biais d’un projet de barrage soutenu par l’Empire du Milieu et dénoncé par les citoyens birmans. On a ainsi pu observer un mouvement de protestations, quelques jours avant un déplacement diplomatique de la dirigeante Aung San Suu Kyi au sommet des Nouvelles routes de la soie. Un évènement initié en tout point par l’Etat chinois. Le barrage de Myitsone, est supposé produire une énergie électrique à hauteur de 6 000 mégawatts pour un coût total de 3,6 milliards de dollars. Un projet désavoué par les manifestants, estimant que les dégâts causés à l’environnement seraient énormes pour un bénéfice moindre.