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Trop, c'est combien?
Si pour l'alcool nous disposons de plusieurs décennies d'études assez précises sur les effets et les risques à différentes doses, la situation est loin d'être aussi claire pour le cannabis. De ce fait il n'est pas possible d'émettre de recommandations pour ce qui constituerait une consommation "à bas risque".
On peut la définir de façon pragmatique comme "une consommation qui n'interfère pas avec la santé, les exigences de la vie quotidienne et le développement personnel", quoique cette définition comprenne quelques incertitudes...
Santé
Il n'existe pas de "dose standard" ni de gradation reconnue de la force du produit, la teneur moyenne en THC, la principale substance active du cannabis, a fortement augmenté au cours des trente dernières années.
De ce fait, les travaux de recherche effectués dans le cours des années 70 et 80 avec des doses faibles de THC (calquées sur la teneur moyenne des "joints" de l'époque) doivent être considérés comme obsolètes. Les travaux effectués récemment arrivent à des conclusions différentes de celles des anciennes études, ce qui pourrait être expliqué par cette différence de teneur en THC.
La plupart des usagers ne semble pas adapter l'intensité d'inhalation à la force du produit consommé, donc les doses absorbées semblent plutôt dépendantes de la "force" du produit
À ce jour, il n'a pas été démontré un quelconque "effet protecteur" du cannabis à des faibles doses. Par contre le risque de psychose toxique chez les personnes vulnérables est bien réel.
Par ailleurs, le cannabis est de plus en plus consommé en association avec d'autres psychotropes, dont l'alcool, et les effets se multiplient. Le risque d'addiction le plus marqué est lié au tabac consommé en association avec le cannabis. Indépendamment de la substance active, il subsiste un risque de fond lié aux fumées de combustion qui, rappelons-le, ne sont pas filtrées par les pipes à eau.
Exigences de la vie quotidienne
Il faut retenir que les baisses de performances liées à la consommation de cannabis se prolongent pendant au moins vingt-quatre heures.
Développement personnel
Le plus important développement personnel auquel les adolescents doivent faire face est la réussite scolaire. La consommation fréquente de cannabis n'est vraisemblablement pas compatible avec cet objectif, notamment par les effets sur la mémoire qui se prolongent au-delà de la consommation aiguë. La mémoire, l'apprentissage et les performances scolaires pourraient être altérées par la consommation régulière de cannabis, mais des études plus poussées sont nécessaires pour apporter des précisions dans ce domaine (Karila L, 2003).
Quel que soit le groupe d'âge la majorité des personnes présentant un usage élevé de cannabis ont également une consommation élevée d'alcool. En plus de l'usage très répandu de cannabis avec le tabac, l'usage conjoint de substances avec le cannabis semble s'inscrire dans une logique de recherche de sensations, en associant des substances apportant une altération des perceptions telles que l'alcool et les autres drogues illégales (Monitoring 2017).
Références
- Monitoring Suisse des addictions (2016)
- Karila L, Reynaud M (2003) Troubles cognitifs et usage chronique de cannabis, Ann. Med. Interne, 154, HS1, pp.1S58-1S64. PMID: 12910036