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Par Lucie.
Le 6e jour du voyage, le Professeur Molchanov quitte la mer Blanche et entre en mer de Barents. L’itinéraire initial prévoyait de passer au Sud de la Nouvelle-Zemble, puis de remonter l’archipel par l’Est avant de faire cap vers le Sud du côté Ouest. Il a cependant dû être revu, à cause des conditions de navigation en mer de Kara (la mer qui borde la côte Est de la Nouvelle-Zemble). En effet, le passage entre l’archipel et le continent, autour de l’île de Vaïgatch, est trop encombré par les glaces. Nous naviguerons donc d’abord en mer de Barents, puis contournerons l’archipel de la Nouvelle-Zemble au Nord, avant d’entrer en mer de Kara et de faire cap vers le Sud. À moins que l’itinéraire ne change encore, et que nous n’allions simplement pas en mer de Kara. Affaire à suivre.
La journée débute par un peu de condition physique sur le pont, sous la direction de Margaux. Après le petit-déjeuner, une discussion commence sur l’altérité et les différences observées entre Suisses et Russes. Plusieurs éléments sont évoqués : le sourire, la hiérarchie, ou encore les cérémonies. Après cela, les groupes préparent une présentation de 5 minutes sur leur sujet de recherche, afin de l’expliquer aux autres participant.e.s. Certains groupes présentent également les premiers résultats obtenus, après quelques jours de mesures. Pendant la pause, nous mangeons des tranches de pizza sur le pont pour le goûter, afin de profiter des températures clémentes. Tout à coup, Anouk pousse un cri et tout le monde se retourne. À quelques dizaines de mètres du bateau, une immense éclaboussure a attiré son attention : une baleine ! Elle sort plusieurs fois de l’eau, et tout le monde se précipite à babord afin de la regarder.
Après les présentations des projets, la finale de la Coupe du Monde débute. Le Professeur Molchanov a beau se trouver dans une zone où les communications sont difficiles, l’équipage parvient tout de même à se tenir informé de l’avancement du match. Certain.e.s d’entre nous se faufilent dans la cabine de pilotage, et attendent les annonces des buts par radio. En effet, les bateaux communiquent entre eux lorsqu’un goal est marqué. En attendant des nouvelles du match, nous observons la vue depuis les baies vitrées. Ivan, qui recense la présence d’oiseaux et de mammifères marins, attire notre attention sur un Labbe pomarin. Nous entendons un résultat, 4-1 pour la France, puis partons manger.
Après le repas, certain.e.s font un tour à la bania (le sauna russe) du bateau, pendant que d’autres regardent un film d’horreur, le Silence des Agneaux.
Vers 23h, nous sortons sur le pont arrière du bateau et admirons le coucher de soleil. D’un coup, les oiseaux qui nageaient derrière le bateau s’envolent tous en même temps. Etonnés, nous scrutons la mer. Un souffle profond attire alors notre attention, et nous voyons un dos noir et luisant émerger de la surface, avant de replonger. C’est la première fois que nous voyons une baleine nager aussi proche du navire. Elle passe et repasse tout près de la poupe, plonge sous le bateau et revient à la surface. Tout le monde est fasciné, et des exclamations émerveillées retentissent chaque fois qu’elle apparaît. Ensuite, nous observons encore la mer, le soleil et les oiseaux, puis chacun retourne de son côté pour travailler, lire ou dormir.