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Focus – Les scientifiques
STEFAN KUDELSKI, LE DIEU DU SON
Si l’enregistrement audio avait un dieu, ce serait lui. Stefan Kudelski, ingénieur obsédé par la perfection et la solidité de ses machines, celui pour qui une panne était impossible, surtout si son utilisateur se trouvait pris dans les glaces du pôle Nord ou au fin fond de l’Amazonie.
Le fondateur des mythiques Nagra est né en 1929 à Varsovie. Ses parents émigrent en Hongrie et en France, avant de s’installer en Suisse. En 1948, Stefan Kudelski étudie à Genève puis intègre l’École polytechnique fédérale de Lausanne. C’est dans sa chambre de Pully qu’il construit son premier enregistreur à bande en 1951. Il le baptise Nagra, un dérivé de « on nagra » qui, en polonais, signifie « il enregistrera ». Radio-Genève lui en achète deux exemplaires. Le professeur Piccard embarque le sien dans son bathyscaphe Trieste pour sa plongée à 1000 mètres de profondeur. À la fin des années 50, les services secrets américains lui commandent un appareil miniature, le Nagra SN, pour leurs agents. Disparu en 2013, Kudelski n’aura eu de cesse d’améliorer son invention, l’outil indispensable, et jamais égalé, des preneurs de son.
ALBERT EINSTEIN, TOUT EST RELATIF
Une légende bien entretenue a longtemps affirmé qu’Albert Einstein était mauvais élève, que dans son école de Munich où il a grandi, le futur génie de la physique passait pour un cancre. En réalité, rétif au jugement arbitraire de ses enseignants, et à toute forme d’obligation, le jeune Albert manifestait par une relative indiscipline sa liberté totale d’action. Surdoué en mathématiques, il entrait à l’École polytechnique fédérale de Zurich à l’âge de 17 ans après avoir renoncé à sa nationalité allemande. En 1901, la Confédération le faisait citoyen suisse. L’année suivante, il habitait à Berne où il avait trouvé un emploi à l’Office des Brevets. C’est là qu’en 1905, il publiait sa Théorie de la relativité restreinte et sa fameuse formule : E=mc2.
Naturalisé Américain en 1940, le savant a continué à renouveler régulièrement son passeport rouge à croix blanche. Un document que le musée qui lui est consacré à Berne avait acheté aux enchères en 2003 et qu’il expose désormais.
GEORG WANDER, MERCI POUR LE CHOCOLAT
L’Ovomaltine appartient au panthéon de ces produits typiquement helvétiques qui font la renommée de la Suisse très au-delà de ses frontières. Et pourtant. Ce soft power au goût de chocolat est aussi un peu allemand.
Georg Wander est né en 1841 à Osthofen, situé dans l’actuelle Rhénanie-Palatinat. Docteur en chimie de l’Université de Tübingen, il est assistant de l’Institut de chimie et pharmaceutique de l’Université de Berne entre 1863 et 1865. Cette même année, il se lance dans les affaires en s’associant à Sommer & Comp, entreprise bernoise d’eau minérale. Il revend ses parts et crée dans la foulée Wander AG, laboratoire dans lequel il met à profit ses connaissances scientifiques pour développer des pastilles, des teintures et des boissons rafraîchissantes. Il met notamment au point un procédé qui permet la conservation de l’extrait de malt. C’est celui-ci que son fils, Albert, lui aussi chimiste et pharmacien, améliorera en y ajoutant de l’œuf, du lait et du cacao. Et donnera naissance, en 1904, à l’Ovomaltine qui fera la fortune de l’entreprise.
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