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Le Canton de Soleure
13 avril 2021
L’histoire de Soleure (Solothurn) remonte à l’époque des Celtes et des Romains. Le nom celte de Salodurum (porte des vagues ou place de marché au bord de l’eau) fut également adopté par les Romains.
Après avoir acquis le statut de ville libre du Saint-Empire romain en 1218 à la mort du dernier duc de Zähringen, la ville gagna le territoire de l’actuel canton de Soleure sur une période de plusieurs siècles, les dernières extensions remontant à 1530.
Suite à des alliances, Soleure rejoignit la Confédération en 1481.
La géographie compliquée et même morcelée du canton résulte d’obstacles qui ont entravé ses ambitions. En effet, des familles nobles, des abbayes puissantes, d’autres villes et cantons se sont disputés son territoire.
Les nombreux monuments et bâtiments attestent du développement sur les plans religieux, militaire, politique et commercial de la ville de Soleure.
Soleure est restée catholique, comme en témoignent l’église des Jésuites (1680-1689) et le siège (depuis 1828) du diocèse de Bâle.
En 1528, Porrentruy (Pruntrut) devint le lieu de résidence de l’évêque de Bâle et le restera jusqu’en 1828, date à laquelle la cathédrale baroque Saint-Ours de Soleure devint le siège du diocèse.
L’un des nombreux bâtiments historiques est la Tour de l’horloge (Zeitglockenturm), le plus vieil édifice de la ville construit au début du XIIIème siècle. La partie inférieure de la tour de l’horloge actuelle date de l’époque des Zähringen.
En 1467 fut construit l’étage de l’horloge et en 1545 fut réalisé le mécanisme astronomique avec le célèbre cadran astronomique qui indique le jour, le mois et le cycle saisonnier.
L’horloge astronomique a trois aiguilles : celle des heures qui indique les heures du jour et de la nuit; les aiguilles du soleil et de la lune tournent dans le sens inverse et indiquent la position des astres célestes.
Entre 1667 et 1727 une enceinte fortifiée qui comprenait onze bastions fut construite des deux côtés de l’Aar car suite à des divisions confessionnelles, les Soleurois, isolés des cantons catholiques, continuèrent de se sentir cernés et menacés par Berne.
Entre 1835 et 1860, les imposantes fortifications de la ville furent presque entièrement démolies, à l’exception des bastions de Riedholz et de la Krummturm.
Les belles rues de Soleure ainsi que les monuments publics – de style baroque – et privés bien conservés révèlent la prospérité de cette ville qui, du fait de la présence des ambassadeurs de France durant deux siècles et demi (1530 à 1792), devint un centre de la diplomatie, du mercenariat, des arts et des bonnes fortunes en tout genre.
Pendant des siècles, les relations commerciales avec la France furent principalement axées sur le commerce lucratif de mercenaires. Le roi de France fut impressionné par l’esprit combatif des mercenaires suisses.
Ce commerce permit de financer de magnifiques édifices publics et privés de la ville de Soleure – véritable joyau baroque – située au bord de l’Aar.
Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice.