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Vulnérables, peu adaptés aux conflits actuels et trop chers: les onze porte-avions géants américains voient leur utilité pour l'US Navy remise en cause en raison des contraintes budgétaires du pays. Ils sont un symbole de la puissance des Etats-Unis depuis plus de 50 ans.
Un officier de marine, Henry Hendrix, livre un violent réquisitoire contre les porte-avions dans une étude du Center for New American Security (CNAS), un groupe de réflexion de Washington.
Le géant des mers "devient un outil de combat de plus en plus onéreux, n'est peut-être plus en mesure de s'approcher assez de sa cible pour agir efficacement ou de survivre à l'ère de l'imagerie satellite et des missiles de précision de longue portée", selon lui.
USS Gerald-Ford
La loi américaine prévoit que la Marine dispose de onze porte-avions. Dix sont opérationnels depuis le retrait du service de l'USS Enterprise dans l'attente de son remplaçant prévu en 2017, l'USS Gerald-Ford, premier d'une nouvelle classe de navires.
Or le coût de la construction du Ford est prohibitif: 13,6 milliards de dollars (12,8 milliards de francs). S'y ajoutent 4,7 milliards de dollars (4,4 milliards de francs) de dépenses en recherche et développement pour la classe Ford qui comptera à terme trois navires.
Retour sur investissement
Un porte-avions, c'est aussi cinq navires de surface et un sous-marin nucléaire d'attaque qui l'escortent et près de 80 avions et hélicoptères, totalisant environ 6700 marins. Le coût d'utilisation quotidien d'une telle armada est "d'environ 6,5 millions de dollars" (6,1 millions de francs), rappelle Henry Hendrix.
Le vice-amiral Pete Daly, directeur de l'US Naval Institute, rejette en bloc les conclusions de l'étude du CNAS. Le coût d'un porte-avions est par ailleurs à relativiser. Avec les porte-avions, selon lui, "on a une force qui peut aller à un endroit, effectuer sa mission et partir rapidement ou rester aussi longtemps que nécessaire".