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28/08/2010
Remontée de l'Inn à pieds de Faggen à Martina
Faggen à Martina (Suisse)
Je franchis un pont pour rejoindre la via Claudia Augusta. Cest le nom que porte le sentier de randonnée qui me conduit jusqu'à la frontière Suisse. Ce chemin est agréable. Montées et descentes se succèdent à plus où moins vingt mètres. Tout au long il y a des champignons, les bolets sont de loin les plus nombreux. En contre-bas, l'Inn se trémousse entre de grands rochers en abordant avec élégance les nombreux virages de sa route. Trop occupé à regarder autour de moi je ne prends pas garde au dédoublement de la voie et celle que j'emprunte me fait grimper de quatre cents mètres. Soufflant, suant je jure qu'à l'avenir je serai plus attentif. Pieuse promesse.
Je fais une petite pause à Pfunds pour reposer mes jambes et garnir mon estomac. Je descends convenablement et sans record de vitesse les trois marches qui me conduisent dans l'une des salles de cet hôtel restaurant. En chaussures de montagne, volumineux sac à dos et trempé de sueur, je viens pour manger un morceau. Mon apparence ne joue aucun rôle et je me sens reçu avec amabilité et simplicité. Le repas est parfait, je règle la note en rien excessive et me remets en mouvement.
Un appel téléphonique à mon épouse que j'avais chargée de me trouver un lieu pour dormir plus près de la rivière que celui choisi confortablement assis devant l'écran de l'ordinateur. J'appelle Leni. Elle me confirme que l'hôtel me réserve une chambre, mais je dois arriver au plus tard à dix-sept heure trente. Je lui demande de rappeler et d'informer que mon arrivée est possible entre dix-huit et dix-neuf heures. Réponse de l'hôtelière: mais pas après dix-huit heures trente. Je modifie mon cheminement, trois heures de marche le long d'une route avec des camions qui me frôlent. C'est pas terrible, mais j'ai de magnifiques vues dominantes sur le cours d'eau que seul je peux apprécier. En passant la douane Suisse, les fonctionnaires du département militaire me demandent mes papiers et le rituel : avez-vous quelque chose à déclarer; d'où venez-vous où allez-vous? Je les informe que ma pièce d'identité n'est plus valable depuis dix ans et les seuls achats sont deux tubes de pommades, l'un presque terminé et l'autre bien entamé, venant de Genève le train m'ayant déposé à Passau et j'ai pour but de rejoindre la source de l'Inn à pieds pour retourner à Genève. Sur ce, j'entends c'est bon vous pouvez aller. Encore quelques paroles amicales sont échangées, parlant des étapes.
Largement dans les temps, je rencontre la responsable du logement de ma nuit. Elle me remet les clés de la chambre en me faisant savoir que si je veux manger c'est à dix-huit heures! Avec cette dernière précision je prends vraiment conscience que je suis en Suisse.
Le souper est au choix une pizza Margerita agrémentée de jambon où de lard où encore de viande séchée. Éventuellement un sandwich ainsi que trois autre propositions du même acabit. À relever que durant ces deux semaines, j'ai eu de vrais repas pour une somme analogue. Bel accueil suisse!