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LE CRAYON DE COURBET
2019 célèbre le bicentenaire de la naissance de Gustave Courbet (1819-1877). À cet effet, le musée Jenisch de Vevey reprend le projet initié par le musée Gustave Courbet d’Ornans, ville natale de l’artiste, de valoriser Courbet et son crayon. L’exposition s’articule autour de différentes thématiques résumant le travail de l’artiste et réunit cinquante œuvres, dont certaines sont exposées pour la première fois.
L’ARTISTE ET SON ŒUVRE
Gustave Courbet est reconnu comme peintre. Plus que ça, il a la sulfureuse réputation d’avoir représenté – avec succès pour l’époque, une vue presque anatomique du sexe féminin. Ce que l’on sait moins, c’est qu’il est aussi dessinateur. Si peu de ses œuvres de jeunesse subsistent, l’exposition présente en revanche de nombreux dessins de la fin des années 1840, à un moment où Courbet connait ses premiers succès au Salon. Le degré de finition de certaines œuvres tels que le portrait de l’Homme à la pipe datant de 1849 ou le portait d’une jeune femme lisant, La Lecture, datant de 1853, invite à reconsidérer la réputation diffusée par la critique d’un Courbet uniquement peintre.
COURBET EN SUISSE
Quand la colonne de la place Vendôme est déboulonnée lors de la Commune de Paris en 1871 et que Gustave Courbet s’en voit imputer la responsabilité, l’exil s’impose à lui. C’est en Suisse qu’il se rend ; d’abord à Neuchâtel, puis à Vevey, à Genève et enfin à La Tour-de-Peilz où il vit et meurt en 1877. Si son séjour helvétique était imprévu, il semble avoir été particulièrement fécond d’un point de vue artistique. Ses œuvres tardives se caractérisent par de nombreuses études de paysage, souvent avec le lac Léman comme sujet. Gustave Courbet se distingue également avec la réalisation de deux statues, dont la plus marquante et flatteuse pour la Suisse Romande est une allégorie du Léman datée de 1876. Le musée Jenisch possède un moulage en plâtre et une version en bronze. À la création artistique prolifique s’accompagne une intense vie sociale, car Gustave Courbet fréquente des acteurs du milieu culturel suisse tels que les deux B, les peintres François Bocion et Auguste Baud-Bovy. Finalement, au vu de la richesse, tant artistique que sociale, de l’exil de Gustave Courbet, on pourrait presque parler d’une « période suisse ».