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parution avril 2024
ISBN 978-2-88907-316-0
nb de pages 384
format du livre 105x165 mm
Les étoiles s'éteignent à l'aube
Traduit de l'anglais par Christine Raguet
Franklin Starlight a tout juste seize ans lorsqu'Eldon, son père ravagé par l'alcool, le convoque à son chevet et lui demande de l'emmener là où on enterre les guerriers. Commence un voyage d'initiation et de résilience dans le cœur sauvage de la Colombie britannique.
Richard Wagamese, né en 1955 en Ontario, est l’un des principaux écrivains indigènes canadiens. En activité depuis 1979, il a exercé comme journaliste et producteur pour la radio et la télévision, et est l’auteur de treize livres publiés en anglais par les principaux éditeurs du Canada anglophone. Wagamese appartient à la nation amérindienne ojibwé, originaire du nord-ouest de l’Ontario, et est devenu en 1991 le premier indigène canadien à gagner un prix de journalisme national. Depuis lors, il est régulièrement récompensé pour ses travaux journalistiques et littéraires. Il est notamment le lauréat du Prix national de réussite indigène pour les médias et les communications 2012, et du prix 2013 du Conseil canadien des arts.
Parmi ses derniers romans en date, Indian Horse est sorti en février 2012 et a été récompensé par le prix du public lors de la Compétition nationale de lecture du Canada. En 2013, Wagamese a publié Him Standing, paru chez Orca Press. Medicine Walk (traduit en français sous le titre : Les Etoiles s'éteignent à l'aube) est quant à lui sorti chez McClelland & Stewart en avril 2014. Starlight, son ultime roman, paru à titre posthume en anglais en 2018, paraît en français aux éditions Zoé en août 2019.
Richard a reçu le titre de docteur ès lettres honoris causa à la Thompson Rivers University de Kamloops en juin 2010 et à la Lakehead University de Thunder Bay en mai 2014. Il a été invité en 2011 pour donner des cours d’écriture à l’université de Victoria.
Richard Wagamese s'est éteint en mars 2017, à l'âge de 61 ans.
« Richard Wagamese est un conteur-né » Louise Erdrich
« un trésor national » Joseph Boyden
Franklin Starlight mène une existence solitaire au cœur de l’Ouest canadien. Jusqu'au jour où il recueille sous son toit Emmy et sa fille Winnie, prêtes à tout pour rompre avec une existence sinistrée.
En les emmenant dans la nature, en leur apprenant à la parcourir et à la comprendre, Starlight leur permettra de panser leurs plaies, de retrouver confiance. Mais c’est compter sans Cadotte, l’ex-compagnon d’Emmy, résolu à la traquer jusqu’aux confins de la Colombie-Britannique.
Dans ce roman lumineux, on retrouve Frank, le héros désormais adulte des Étoiles s’éteignent à l’aube.Roman traduit de l'anglais par Christine Raguet
Quand Franklin Starlight ne s’occupe pas de sa ferme, il part photographier la vie sauvage au cœur de l’Ouest canadien. Mais cette existence rude et solitaire change lorsqu’il recueille sous son toit Emmy et sa fillette Winnie, prêtes à tout pour rompre avec une existence sinistrée.
Starlight emmène bientôt les deux fugitives dans la nature, leur apprend à la parcourir, à la ressentir, à y vivre. Au fil de cette initiation, les plaies vont se refermer, la douleur va laisser place à l’apaisement et à la confiance. Mais c’est sans compter Cadotte, l’ex-compagnon alcoolique d’Emmy, résolu à la traquer jusqu’aux confins de la Colombie-Britannique.
Dans ce roman solaire et inspiré, on retrouve Frank, le héros désormais adulte des Étoiles s’éteignent à l’aube.Roman traduit de l'anglais par Christine Raguet
Cloîtré dans un centre de désintoxication, Saul Indian Horse a décidé de raconter son histoire : son enfance au cœur du Canada, bercée par les légendes et les traditions ojibwés, rythmée par la récolte du riz et la pêche ; son exil à huit ans avec sa grand-mère, suite à un hiver particulièrement dur ; son adolescence, passée dans un internat où des Blancs se sont efforcés d’effacer en lui toute trace d’indianité. C’est pourtant au cœur de cet enfer que Saul trouve son salut, grâce au hockey sur glace. Joueur surdoué, il entame une carrière parmi les meilleurs du pays. Mais c’est sans compter le racisme qui règne dans le Canada des années 1970, même au sein du sport national.
On retrouve dans Jeu blanc toute la force de Richard Wagamese, son talent de nature writer et sa capacité à retranscrire la singularité et la complexité de l’identité indienne, riche de légendes, mais profondément meurtrie. Le roman a d’ailleurs été récompensé par le Burt Award for First Nations, Métis and Inuit Literature.Traduit de l'anglais (Canada) par Christine Raguet
Lorsque Franklin Starlight, âgé de seize ans, est appelé au chevet de son père Eldon, il découvre un homme détruit par des années d’alcoolisme. Eldon sent sa fin proche et demande à son fils de l’accompagner jusqu’à la montagne pour y être enterré comme un guerrier. S’ensuit un rude voyage à travers l’arrière-pays magnifique et sauvage de la Colombie britannique, mais aussi un saisissant périple à la rencontre du passé et des origines indiennes des deux hommes. Eldon raconte à Frank les moments sombres de sa vie aussi bien que les périodes de joie et d’espoir, et lui parle des sacrifices qu’il a concédés au nom de l’amour. Il fait ainsi découvrir à son fils un monde que le garçon n’avait jamais vu, une histoire qu’il n’avait jamais entendue.
" (...) Les étoiles s’éteignent à l’aube. Transmission, en un souffle, de la beauté puissante de la nature sauvage et de la complexité des vies humaines, à lire d’une traite, parfois les larmes aux yeux, frappé par l’écriture concise, forte et juste. L’auteur, Richard Wagamese appartient comme ses personnages à la nation objiwé et a déjà écrit une dizaine de livres. Son dernier roman paru est le premier traduit en français, dans la collection « écrits d’ailleurs » qui édite des textes d’auteurs anglophones qui « ont pour point commun d’avoir une double culture, et une écriture riche de métissages ». Il sera présent au très beau festival Etonnants voyageurs de Saint-Malo, du 14 au 16 mai." Lou, Un dernier livre avant la fin du monde, 1.4.16Roman traduit de l'anglais (Canada) par Christine Raguet
Le garçon immobile observait par-dessus l’épaule du vieil homme la jument en train de débusquer de l’herbe dans la gelée blanche près du piquet de clôture. Le vieil homme tripota son portefeuille en plissant les yeux pour voir dans l’obscurité. Il dégagea une liasse de billets et les tendit au garçon qui piétinait dans la paille. Le vieil homme fit bruisser le papier et le garçon finit par tendre la main pour prendre l’argent.
— Merci, dit-il.
— Va t’manger quelque chose dans un petit resto quand t’arriveras en ville. Ça sera mieux que la bouillie que j’te sers.
— C’est de la bonne bouillie, n’empêche, dit le garçon.
— C’est gentil. Moi, j’ai été élevé au gruau et aux sandwichs de saindoux. Sauf quand on avait du lard et je fais encore assez bien la bannique.
— Le lapin d’hier soir, c’était quelque chose, dit le garçon en fourrant les billets dans la poche de poitrine de sa veste de bûcheron.
— J’vais t’accompagner sur la piste un bout de temps. Tu vas le trouver malade. Tu le sais, non? Le vieil homme le fixa d’un regard sérieux et il remit le portefeuille dans la bavette de sa salopette.
— J’l’ai déjà vu malade.
— Pas comme ça.
— J’pourrai faire face.
— Faudra bien. Va pas croire que ça va être rose.
— Ça l’a jamais été. Quand même, c’est mon père.
Le vieil homme secoua la tête et se pencha pour reprendre le seau, et lorsqu’il se releva, il regarda le garçon droit dans les yeux.
— Tu l’appelles comme tu veux. Seulement fais attention. Il ment quand il est malade.
— Il ment quand il l’est pas.
Le vieil homme hocha la tête.
— Moi, j’irais pas. J’me contenterais de ce que j’ai eu, qu’il m’ait demandé de venir ou pas.
— Ce que j’ai eu, c’est pas l’enfer.
Le vieil homme balaya du regard la grange vétuste, pinça les lèvres, plissa les yeux.
— Elle a son âge, elle est délabrée, mais elle est à nous. Elle sera à toi quand je s’rai parti. C’est plus que c’qu’il a jamais donné.
— C’est mon père.
Le vieil homme hocha la tête, fit demi-tour et commença à s’éloigner d’un pas lourd dans le couloir. Il devait changer le seau de main
tous les deux pas et quand il arriva à la porte coulissante au bout du couloir, il le posa et s’accrocha aux poutres à deux bras. La lumière
agressa le garçon qui leva une main pour se protéger les yeux. La silhouette du vieil homme se dessinait à contre-jour dans la clarté du matin.
— Cette jument est pas vraiment faite pour le froid. Faudra la ménager pendant un moment. Après, talonne-la. Elle avancera, dit-il.
— Il va mourir?
— Impossible à dire, répondit le vieil homme. Ça n’avait pas l’air d’aller, mais tu sais, moi, j’crois que ça fait un bout de temps maintenant qu’il est en train de mourir.
Il éteignit l’agressive lumière jaune et disparut.
Le garçon resta immobile un instant à regarder, puis il tourna les talons pour traverser l’enclos et poussa un hennissement devant la jument. Elle releva la tête, frissonna et le garçon s’empressa de la seller, de la monter et de traverser le champ au pas.