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Difficile de savoir si les pressions militaires étasuniennes vont se concrétiser à l'avenir. Pour le moment, il n'y a -en tout cas- pas d'exercice militaire en tant que tel. Mais la menace du président américain Donald Trump d'intervenir au Venezuela, elle, est bien réelle. Et, de mémoire de spécialiste, c'est inédit dans l'histoire des Etats-Unis concernant un pays d'Amérique latine, "malgré l'histoire de très forte tradition d'intervention" dans ce continent, souligne lundi Thomas Posado, docteur en sciences politiques à Paris, au micro de la RTS.
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L'invité du matin rappelle que dans les premières années de présidence d'Hugo Chavez au Venezuela (1999-2013), lors de la tentative de coup d'Etat militaire, seuls deux pays avaient reconnu le gouvernement putschiste éphémère, qui avait duré 48h: l'Espagne de José Maria Aznar, qui était dans une position "assez néo-conservatrice à l'époque", et les Etats-Unis. "Ces derniers avaient fourni une aide, et avaient encadré les opposants dans la préparation du coup d'Etat. Depuis, ils continuent de financer, à travers des fondations diverses, certains groupes d'opposition".
Lien économique fort
La tradition d'hostilité diplomatique entre les Etats-Unis et le Venezuela n'a donc pas attendu Donald Trump et ses menaces. Barack Obama déjà avait signé un décret où il considérait que la situation au Venezuela représentait une menace pour la sécurité des Etats-Unis, précise encore Thomas Posado. Il n'y a d'ailleurs plus d'ambassadeurs dans les deux pays depuis 2010.
Mais cette hostilité est tout de même à relativiser, car un lien très fort s'est maintenu entre les deux pays: les Etats-Unis restent le premier client et le premier fournisseur du Venezuela. Réciproquement, le Venezuela est le troisième fournisseur de pétrole aux Etats-Unis.
L'argument idéal pour Maduro
Dans ce contexte de pragmatisme économique, une intervention militaire serait contre-productive et aurait des conséquences lourdes, estime Thomas Posado. "Ce serait pour lui l'argument idéal pour Nicolas Maduro pour remobiliser sa base sociale en faveur du référent de la souveraineté nationale et de la lutte contre les Etats-Unis, qui est la thématique relativement populaire en Amérique latine et au Venezuela en particulier".
Sans oublier les pays voisins du Venezuela, y compris les plus fervents opposants de Nicolas Maduro, qui sont en train de s'unir derrière lui depuis la rhétorique guerrière de Donald Trump. "La plupart des pays latino-américains ont établi des menaces et suspendu le Venezuela du Mercosur, en signe de désapprobation de la nouvelle Constituante adoptée. Mais une ingérence américaine aux Etats-Unis serait pour eux impensable et aurait l'effet inverse de celui recherché", insiste Thomas Posado.
fme