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Didon et Énée est un opéra baroque en trois actes écrit au printemps 16891 par le compositeur anglais Henry Purcell, sur un livret de Nahum Tate.
Description
L’opéra fut représenté pour la première fois en 1689 à la Boarding School for Girls, à Chelsea, un quartier de Londres. Purcell jouait lui-même du clavecin et les élèves du pensionnat exécutaient les danses que le compositeur avait ajoutées à l’opéra.
C’est la seule œuvre de Henry Purcell réellement considérée comme un opéra baroque, les autres (The Fairy Queen, King Arthur, etc.) étant plutôt des semi-opéras ou des masques, du fait de la présence de textes parlés. Par la forme, Didon et Énée s’apparente au Vénus et Adonis de John Blow, le maître de Purcell, bien introduit à la cour de Charles II d’Angleterre. Pour cette raison, les musicologues pensent que Didon et Enée fut composé pour le roi, mais jamais représenté devant lui du fait de sa mort précoce en 1685.
L’œuvre fait écho à la tradition virgilienne de l’Énéide, dont elle reprend librement le chant IV.
Didon et Énée est considéré comme un chef-d’œuvre de la musique baroque.
Acte I À Carthage (palais de la reine Didon)
Bélinda, confidente de la reine Didon, l’exhorte à retrouver le sourire (aria Shake the cloud from off your brow). En effet cette dernière est accablée, car elle aime en secret Énée, prince de Troie, et ne peut avouer son tourment, craignant de décevoir son peuple (aria Ah Belinda I am prest with torment).
Bélinda suggère alors à Didon d’épouser Énée, ce dernier n’étant pas insensible à ses charmes, d’autant plus qu’une telle alliance assurerait la prospérité et la paix pour l’empire. Les courtisans reprennent en chœur les propos de Bélinda, et Didon, comblée, accepte la proposition d’Énée et succombe à l’amour.
Acte II Scène 1 : Dans une caverne
La Magicienne, reine des sorcières, lance un appel à ses sujets, êtres malfaisants, afin d’élaborer un plan pour faire tomber Didon. Elle décide de faire passer un de ses sujets pour Mercure, l’envoyé des Dieux, afin qu’Énée quitte Didon pour aller accomplir sa destinée, bâtir une nouvelle cité en Italie. Les sorcières se réjouissent de ce plan machiavélique (duo But ‘ere we this perform).
· Scène 2 : Dans une forêt
Didon, Énée et leur cour se promènent et vantent les beautés de la nature environnante jusqu’au moment où un orage éclate, créé par les maléfiques sorcières. Tous se dépêchent de rentrer au château. Énée, resté seul, voit apparaître le leurre de la Magicienne qui le presse de quitter Carthage. Il est alors tiraillé entre son amour pour Didon et l’ordre divin.
Acte III Le port de Carthage
Les marins préparent le départ (Come away fellow sailors !). Énée annonce à Didon qu’il doit la quitter par devoir. Elle le rejette, il décide alors de braver la colère des dieux pour rester avec elle. Outrée qu’il ait songé à la quitter, elle le repousse à nouveau et lui ordonne de s’en aller. Une fois Énée parti, elle se donne la mort dans le poignant lamento When I am laid in earth, où elle demande à Bélinda de se souvenir d’elle mais d’oublier son destin (« Remember me, but ah! forget my fate. »).