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Les années cinquante sont marquées par l'apparition de nombreux laboratoires de recherche dans le monde entier. Nous les abordons ici sur la question de l'avancée technologique et scientifique (car beaucoup d'entre eux vont travailler au développement des instruments électroniques et aux progrès de l'acoustique). Ainsi, c'est dans son laboratoire privé à Ottawa que le compositeur Hugues Le Caine invente l'Electronic Sackbut (ou Sacqueboute) en 1948, un instrument monophonique fonctionnant sur tensions variables (principe qui se généralisera dans les années soixante avec les premiers synthétiseurs modulaires). En Europe, en 1951, le Groupe de Recherche en Musique Concrète (GRMC) est créé à Paris par Pierre Schaeffer, à la RTF. La même année, le Studio de musique électronique de Herbert Eimert à la WDR, Cologne, donnera naissance au premier visage de la < musique électronique >. Suivra dans la lignée le Studio de Phonologie de Luciano Berio et Bruno Maderna (avec Luigi Nono), à la RAI, Milan, en 1955. Dans le même temps, aux États-Unis, John Cage lance en 1951 le Project of Music for Magnetic Tape, associé David Tudor, Earle Brown, Christian Wolff et Morton Feldman, projet qui trouvera une aide précieuse auprès de deux techniciens: Louis et Bebe Barron (qui ont créé eux-mêmes leur propre studio privé en 1948). C'est aussi en 1951 que se constitue à Tokyo le groupe Jikken Kôbô (Atelier expérimental) sous l'impulsion de Toru Takemitsu. Il sera suivi du Denshi Ongaku Studio à la NHK en 1956. La même année à Eindhoven se montent les Philips Research Laboratories. Une année plus tard, profitant du contexte favorable dû à la déstalinisation, Varsovie se dote aussi de son laboratoire: le Studio Expérimental de la Radio.
En 1958, des laboratoires fleurissent dans le monde entier: le Studio Apelac à Bruxelles avec Henri Pousseur; le BBC Radiophonic Workshop à Londres; le Cooperative Studio for Electronic Music (CSEM, Université du Michigan), avec Robert Ashley et Gordon Mumma etc. Parmi eux, le Studio for Experimental Music à l’Université de l'Illinois aura une grande importance dans l'élaboration de nouveaux modèles de synthétiseurs (premiers synthétiseurs modulaires). L’élan, qui touche aussi la Suisse, l'Argentine et le Canada (Studio de musique électronique de i’Université de Toronto en 1959), se poursuivra dans les années soixante (avec notamment le Studio of Electronic Music - STEM - d'Utrecht en 1960, qui deviendra l’Institut de Sonologie en 1963 sous la direction de Gottfried Mickaël Koenig; le San Francisco Tape Music Center en 1961, réunissant entre autres les compositeurs Morton Subotnick, Pauline Oliveros et Terry Riley; et le Studio de musique électroacoustique de l’Université McGill à Montréal, 1964).
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