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«Je ne l'ai pas tuée», a affirmé le prévenu de 22 ans devant le Tribunal criminel de l'arrondissement de la Broye et du nord vaudois, accusé d'avoir tué sa petite amie le 27 décembre 2019. Selon lui, les enquêteurs l'ont poussé à fournir les réponses qu'ils voulaient obtenir lors d'un interrogatoire de plusieurs heures, au lendemain de la découverte du corps de l'adolescente.
Le corps de la jeune fille a été retrouvé près d'un banc, aux environs de l'embouchure du Bey, dans la zone protégée des Vernes. Le prévenu s'est également défendu de s'y être rendu. Le président du tribunal a alors fait remarquer au jeune homme que son ADN avait été retrouvé sur les lacets qui auraient été utilisés pour étrangler l'adolescente et même à l'intérieur des nœuds. «C'est possible, mais je ne peux pas l'expliquer», a-t-il répondu.
«Depuis le début de cette affaire, mon client a proclamé son innocence», a déclaré l'avocat de la défense. «La seule parenthèse, ce sont les faux "aveux" du 7 janvier», a-t-il poursuivi. Me Ludovic Tirelli a dénoncé les «méthodes illicites» appliquées lors de cette audition, qui s'est déroulée en présence du précédent conseil de l'accusé. «Il y a eu des pressions», a affirmé le pénaliste.
Alors que son client avait invoqué son droit au silence, il a été «bombardé de questions» durant plus de sept heures «afin de briser sa résistance», selon Me Ludovic Tirelli. Les inspecteurs ont fait preuve d’une «empathie feinte» pour «créer un lien de confiance fallacieux» avec lui. En outre, il n'était pas apte «physiquement et psychiquement» à participer à cet interrogatoire, comme en attesteraient notamment ses pleurs et ses envies de vomir.
Les juges, qui ont refusé la demande «retranchement» du procès-verbal de l'audition, ont estimé que l'interrogatoire s'était déroulé de manière conforme et que le droit au silence du prévenu n'avait pas été violé.
Une médecin légiste du Centre universitaire romand de médecine légale, qui a participé au rapport d'autopsie du 31 juillet 2020, a confirmé, lors de l'audience lundi, que le décès de la jeune femme était la conséquence d'une «asphyxie mécanique par strangulation au lien», autrement dit par étranglement. L'agression sur autrui a également été retenue.
A la question d'un potentiel suicide posée par la procureure, la médecin légiste a répondu qu'«un suicide par strangulation est très rare», balayant ainsi cette hypothèse. Et bien qu'aucune lésion «défensive» n'ait été constatée sur la victime, la spécialiste a estimé que cela pouvait arriver si elle avait perdu connaissance rapidement ou si l'agresseur était arrivé par derrière. (ats/sia)
«Je suis un guerrier pour la classe moyenne, je suis heureux de me battre pour elle», affirmait en 2011 Barack Obama, lors d'un discours poignant au sujet de son plan pour l'emploi de l'époque. Si le président américain avait prononcé ces mêmes mots neuf ans plus tard en Suisse, il aurait parlé pour un peu plus de la moitié de la population.