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Sigurd
Ernest Reyer
Quand on s'appelle simplement Rey et qu'on admire Wagner, on a forcément envie de faire rimer son nom avec le sien. Ainsi Louis-Etienne Rey devint Ernest Reyer! Et il écrivit un opéra dont les personnages sont Gunther, Hagen. Brunehild, et bien sûr Sigurd fils de Sigemond. Ils ont comme vous le voyez pris un net accent français, agencés dans une intrigue parallèle à celle du Crépuscule des dieux.
Le point de départ est le même que celui de Wagner: le Nibelungenlied, dont la traduction française parut en 1863. Reyer complète son œuvre en 1879, créée en 1884 à la Monnaie de Bruxelles, avant de faire les beaux soirs de l’Opéra de Paris jusque dans les années 1930. Trois influences sont perceptibles : Weber, Berlioz et Wagner, mais aussi le grand opéra à la Meyerbeer, et même l’Aida de Verdi, dont Reyer avait vu la création. Héritière de la grande déclamation de la tragédie lyrique, de la flamboyance orchestrale de Berlioz, et bien sûr des couleurs de Tannhäuser et de Lohengrin, la partition mérite qu’on s’y intéresse, en cette Année Wagner où les œuvres qui firent surface dans le sillage du magicien de Bayreuth ont leur juste place.
Pierre Michot