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L’attention conjointe est une interaction à valeur communicative entre soi et l’autre. Cette compétence apparait déjà chez l’enfant vers sa première année.
Dès les années 80, Bruner s’est intéressé aux mouvements du bébé en qualité d’actes de communication. Plus qu’une étape antérieure à la parole, le geste vient compléter la parole pour devenir un seul tout: la communication!
Mais avant toute chose, de quoi parle-t-on? Le pointage de quoi? Dans le but de quoi?
Selon la grande majorité des auteurs, il existerait 2 grandes catégories de pointage:
- Le pointage proto-impératif
L’enfant pointe pour obtenir un objet convoité. Le geste pourrait se traduire par un « je veux » ou « donne-moi »
- Le pointage proto-déclaratif
L’enfant pointe pour partager un état émotionnel avec l’autre concernant l’objet pointé. Le geste pourrait se traduire par un « regarde » ou « c’est joli » ou « ça fait peur ».
Comme nous venons de le voir, le pointage est une compétence complexe, bien plus qu’une simple coordination sensori-motrice entre des individus. Il se transforme en acte communicatif, en catalysant l’attention des individus autour d’un objet et des émotions sous-tendues à ce dernier. Le geste devient attention conjointe.
Comme il est maintenant devenu fréquent de le lire dans la recherche:
les personnes avec autisme ont une attention conjointe altérée
Les personnes présentant des troubles du spectre autistique (TSA), pour la plus grande part, ont un déficit en discrimination et reconnaissance des visages, peu de regards mutuels et ne suivent pas les changements de direction. Les qualités d’altération sont liées au niveau de développement et à l’âge mental.
L’attention conjointe est travaillée lors de séances d’interventions globales. Mais cet apprentissage reste aussi très dépendant de l’entourage familial de l’enfant.
En effet, une étude de Siller et Sigman* a mis en lumière l’importance des parents dans l’apprentissage de l’attention conjointe.
Selon cette étude, si le parent se met en situation de jeu avec l’enfant en respectant son niveau cognitif et moteur alors, l’attention conjointe s’en améliore nettement. Le but pour le parent est d’apporter son attention sur le jouet de l’enfant (ou sur son jeu) plutôt que de chercher à capter son attention sur ce qui intéresse l’adulte. Il est à noter aussi que dans cette étude apparaît la notion d’exigence du parent face à l’enfant: il semblerait qu’un parent « moins exigeant », c’est-à-dire qui suivrait la volonté de son enfant dans le jeu et qui n’essaierait pas de lui faire faire autre chose, serait une source plus importante d’apprentissage d’attention conjointe.
Pour rendre l’apprentissage de l’attention conjointe plus facile pour les enfants présentant des TSA, le support visuel est véritablement un bon outil d’implication. Au lieu de pointer un objet, le toucher permet de rendre cette attention plus concrète. La création de situations impliquant une attention conjointe est nécessaire. Cela peut se faire en lisant un livre d’images et en pointant du doigt les images correspondantes en alternant votre regard du livre vers l’enfant et de l’enfant vers le livre. La mise en place de situations surprises est une bonne façon de travailler l’attention conjointe. Cachez des objets et trouvez les en exagérant vos réactions. Utilisez vos connaissances de l’enfant pour créer des situations surprises et n’hésitez pas à théâtraliser un maximum vos réactions.
Source: *CAIRN « L’attitude des parents influe sur le développement socio communicatif des enfants autistes »