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Mieux vivre la ménopause grâce au traitement hormonal
Cap inévitable, la ménopause marque un tournant dans la vie d'une femme. Les bouleversements qu'elle engendre sont parfois difficiles à vivre. Le traitement hormonal substitutif (THS) aide alors à mieux traverser cette période de la vie où le corps change de façon irréversible. En effet, le THS permet de diminuer les symptômes habituels tels que les bouffées de chaleur, une baisse du moral ou encore une sécheresse vaginale.
Cependant, la sécurité du THS a été remise en question il y a une dizaine d'années par une vaste étude américaine, semant alors le doute dans la population mais aussi chez les médecins. Depuis ce raz-de-marée scientifique, d'autres recherches ont été menées pour analyser les différents résultats de cette étude de manière plus approfondie. En se basant sur les dernières données relatives à ce traitement hormonal, un groupe d'experts internationaux a récemment publié une directive à l'intention des médecins. Les auteurs sont arrivés à la conclusion que le THS restait, à certaines conditions, un traitement efficace avec plus de bénéfices que de risques.
La polémique
Lancée par l'Institut national de la santé américaine, la «Women's Health Initiative» (WHI) a été, à l'époque, l'étude la plus large jamais réalisée sur la ménopause, en incluant un échantillon de 160 000 femmes. Les auteurs prétendaient que les risques encourus avec le THS étaient beaucoup plus grands que les bénéfices, avec notamment un risque important de complications cardiovasculaires et de cancer du sein.
A la suite de ces déclarations, les résultats de l'étude américaine ont été passés au crible et plusieurs points ont été remis en question. Tout d'abord, l'échantillon, même s'il était gigantesque, n'était pas représentatif. En effet, la majorité des femmes observées avaient beaucoup plus de 60 ans et présentaient des problèmes de santé comme de l’hypertonie, obésité, etc.
En analysant les données de cette étude par tranche d'âge, on constate que chez les femmes entre 50 et 59 ans, les avantages sont nettement supérieurs aux risques qui, eux, sont faibles, à la condition que le THS soit prescrit en début de ménopause.
La nouvelle directive
Sur la base d'une pléthore d'études récentes, un groupe d'experts internationaux, mandaté par les principales sociétés européennes et américaines actives dans ce domaine, recommande le THS pour traiter le syndrome climatérique chez les femmes entre 50-59 ans. Selon les études effectuées, ce traitement demeure le meilleur remède contre les bouffées de chaleur. En même temps, le THS diminue aussi les fractures ostéoporotiques chez les femmes à risque.
De plus, les bénéfices du THS restent beaucoup plus importants que les risques, à condition de ne pas le prescrire pour la première fois à des femmes de plus de 60 ans ou plus de dix ans après le début de la ménopause. Par contre, le traitement est contre-indiqué chez les patientes qui ont eu un cancer du sein ou qui en sont actuellement atteintes.
Les risques
Les risques les plus connus sont les maladies thrombo-emboliques (la formation d'un caillot dans une veine qui boucherait la circulation sanguine) ainsi qu'un accident cérébral vasculaire. Toutefois, ces risques restent, sans autres facteurs de risques associés, minimes avant 60 ans. De plus, la probabilité d'un cancer du sein dont la cause serait le THS est faible, même si cela demeure un problème complexe qui dépend fortement de la durée du traitement ainsi que de la prise ou non de progestérone. Enfin, le risque relatif de thrombose augmenterait avec une THS en forme de comprimés, mais serait faible avant 60 ans, et resterait inchangé avec une THS sous forme de gel ou patch.
THS combiné ou simple
Chez une femme avec un utérus, le THS doit être combiné (œstrogènes et progestérone). Toutefois, si la patiente n’a plus son utérus, le THS contient uniquement des œstrogènes.
Enfin, le groupe d'experts précise que la prise du THS doit reposer sur une décision individuelle, en pesant le pour et le contre. De plus, une réévaluation de la dose et de la durée du traitement doit être effectuée chaque année, de même qu'un suivi par examen clinique et mammographie régulier.
Le traitement hormonal substitutif est donc à nouveau considéré comme le traitement de référence contre le syndrome climatérique chez les patientes sans contre-indications. Alors Mesdames, si vous en ressentez le besoin, n'hésitez pas à consulter votre médecin.
Référence
Adapté de «A propos du consensus international 2013 sur le traitement hormonal de la ménopause», par Dr D. Wunder, Département de gynécologie-obstétrique, CHUV, par Dr T. D Pache, Clinique la Prairie, Montreux. In Revue médicale suisse 2013;9:1950-1953. En collaboration avec les auteurs.