Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07052.jsonl.gz/380

De pierre et de souvenirs
Le retour progressif à un quotidien routinier nous fera surement délaisser le loisir auquel on avait pourtant pris goût jusqu’à peu : la balade. Pour perpétuer cela encore un temps, je vous propose ici une promenade autour de différents lieux de loisirs que comptait Genève et qui ont depuis disparus.
Le Kursaal
Ce bâtiment bien curieux a été achevé en 1885 par François Durel d’après les plans de l’architecte genevois bien connu John Camoletti auquel on doit notamment le Victoria Hall ou l’Hôtel des Postes de la gare. Construit comme un Grand-Casino, il se distingue par ses dimensions imposantes qui montrent deux ailes surmontées par une coupole en ardoise volumineuse. Les salles de jeu côtoient un restaurant, une grande terrasse donnant sur la Rade et une salle de spectacle avec, dès le 1er avril 1900, des programmes de music-hall. Cet emboitement de plusieurs lieux de loisirs en fait un site apprécié des Genevois et des touristes qui affluent à Genève à la fin du siècle. La fermeture précipitée après la fin de la guerre suite au manque d’affluence et son rachat par la Ville de Genève en 1921 ne le sauve malheureusement pas longtemps. On y joue des pièces lyriques pendant une dizaine d’années entre 1950 et 1960 suite à l’incendie du Grand Théâtre, mais il est finalement détruit en 1970. La fonction d’amusement de cet ancien bâtiment est pourtant toujours suggérée de nos jours avec le Théâtre du Léman qui occupe le même emplacement.
Le Théâtre de Neuve
Si Genève et le divertissement n’ont pas toujours été synonymes, Calvin on te voit, de nouvelles institutions dédiées à l’art du spectacle sont progressivement construites au milieu du 18ème siècle. En 1738, une première salle de spectacle voit le jour à Saint-Gervais, mais l’effort est vain, car les comédiens ne sont pas autorisés à rentrer dans la ville pour se produire. Le site est délaissé au profit des Bastions et un nouveau théâtre y est construit, d‘abord en bois en 1766, puis en maçonnerie en 1782 suite à l’incendie du premier. Édifié par Pierre Mathey, ce Théâtre de Neuve -car situé à côté de la Porte de neuve- présente une élégante façade avec un fronton flanqué de colonnes à chapiteaux et rentrera plus tard en dialogue avec le Musée Rath (1826) qui suit une typologie similaire. Il subit les aléas du contexte révolutionnaire et ferme avant de rouvrir lorsque Genève est annexée par la France. Son état de vétusté et le manque de praticité (un éclairage à la bougie dont la suie tombait sur les spectateurs) motivent sa destruction en 1879 et la construction du Grand Théâtre que nous connaissons actuellement.
Les galeries extérieures des Rues Basses
La place Molard était, on le sait, un ancien port qui a été comblé pour faire face au lac alors repoussé au niveau de la rue du Rhône. De grandes halles marchandes sont créées (actuel bâtiment occupé par Globus et Zara notamment) pour réceptionner les marchandises ramenées par bateau et font de cette zone un point névralgique du commerce à Genève. La présence d’étales, d’artisans ou d’auberges fait affluer une population diverse qui ne se cantonne pas uniquement au négoce. La construction d’une fontaine en 1451, 1711 et enfin 1851 indique la vocation de la place comme espace de déambulation, et indirectement, de loisir. Les rues Basses étaient particulièrement connues pour leur singularité architecturale qui montrait des galeries semi-ouvertes et couvertes par d’imposants avant-toits soutenus par des piliers de bois. Ces espaces permettaient à la population locale de déambuler ou de commercer tout en étant relativement protégée. Elles ont été en grande partie détruites, mais vous pouvez en apercevoir des restes au niveau de la Libraire Payot sur la rue de la Confédération.