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Naila prend la main de Ty et il se serre contre elle en silence, comme toujours, puisqu'à quatre ans, il ne parle toujours pas... Pour une raison qui échappe à Claire, ils échangent un grand sourire. Des garnements ces deux-là, songe-t-elle. Comme frère et soeur.
Comment s'attendre à ce qu'ils comprennent la menace de la guerre ? Qu'ils vivent leurs derniers moments ensemble ?
"Dix minutes, dit-elle à Naila. Emmène-le jouer juste dix minutes de plus."
Et se prenant par la main, Naila et Ty s'éclipsent en sautillant dans le soleil.
Mais Claire ne reverra pas son fils, son garçon magnifique, dans dix minutes. Ni dans plusieurs heures, ou semaines, ou mois. Naila, treize ans à peine, qui est chargée de veiller sur lui, le kidnappe, incapable d'envisager d'en être séparée.
Nous sommes en 1942, dans les îles Adaman, au coeur du golfe du Bengale et les Japonais arrivent. Il faut évacuer en hâte les Anglais - dont Ty et sa mère - et laisser sur place Naila, qui est une ' native '. C'est dans la jungle, à l'intérieure de la plus grande île, au sein d'une tribu très primitive, que celle-ci va se réfugier avec l'enfant, qui va connaître là une vie extraordinaire. Mais jusqu'où peut aller une mère qui veut retrouver son fils ?
Sous un tonnerre d'applaudissement, Lydia quitte la scène, chargée de bouquets, dont l'un uniquement d'orchidées, fleur de prédilection de Diaghilev. Il n'a inscrit qu'un mot sur la carte épinglée à la gerbe : Bravissima ! Elle lève les yeux vers sa loge et le salue, avec Serge Lifar, son partenaire dans cette entreprise triomphale de L'Oiseau de feu. Et elle aperçoit Maynard qui applaudit avec tant de frénésie que ses mains en paraissent floues...
...Maynard Keynes, son mari, le célèbre économiste, dont les gouvernements britannique, américain et même soviétique s'arrache les conseils, et qui, à quarante ans passé, est tombé amoureux fou de la danseuse étoile des Ballets Russes, lui qui n'avait connu jusque-là que des liaisons homosexuelles. Et elle, la belle Lydia Lopkova, qui a dix ans dansait Casse-Noisette devant le tsar Nicolas II, devenue une star au fil d'une carrière professionnelle et amoureuse mouvementée.
Leur liaison improbable, puis leur mariage, inattendu, à Londres en 1925, stupéfia et émut l'Angleterre, en particulier leurs amis du fameux Groupe de Bloomsbury, dont Virginia Woolf, qui commença par s'y opposer... Voici leur histoire.
Ceux qui veulent nier le passage du temps disent : quarante ans, ce n'est rien, à cinquante ans on est dans la fleur de l'âge, la soixantaine est la nouvelle quarantaine et ainsi de suite. Je sais pour ma part qu'il y a un temps objectif, mais aussi un temps subjectif... le vrai, qui se mesure dans notre relation à la mémoire. Alors, quand cette chose étrange est arrivée, quand ces nouveaux souvenirs me sont soudain revenus, ç'a été comme si, pendant ce moment-là, le temps avait été inversé... Comme si le fleuve avait coulé vers l'amont. Tony, la soixantaine, a pris sa retraite. Il a connu une existence assez terne, un mariage qui l'a été aussi. Autrefois il a beaucoup fréquenté Veronica, mais ils se sont éloignés l'un de l'autre. Apprenant un peu plus tard qu'elle sortait avec Adrian, le plus brillant de ses anciens condisciples de lycée et de fac, la colère et la déception lui ont fait écrire une lettre épouvantable aux deux amoureux. Peu après, il apprendra le suicide d'Adrian. Pourquoi Adrian s'est-il tué? Quarante ans plus tard, le passé va ressurgir, des souvenirs soigneusement occultés remonter à la surface - Veronica dansant un soir pour Tony, un week-end dérangeant chez ses parents à elle... Et puis, soudain, la lettre d'un notaire, un testament difficile à comprendre et finalement, la terrible vérité, qui bouleversera Tony comme chacun des lecteurs d'Une fille, qui danse.
On pourrait commencer, prosaïquement, par ce qui peut être décrit comme une robe de chambre. Rouge - ou plus exactement écarlate - et allant du cou jusqu'à la cheville, laissant voir des ruchés blancs aux poignets et à la gorge... Est-ce injuste de commencer par ce vêtement, plutôt que par l'homme qui le porte ? Mais c'est ainsi représenté et ainsi vêtu que nous nous souvenons de lui aujourd'hui. Qu'en eût-il pensé ? En aurait-il été rassuré, amusé, un peu offusqué ?
"L'homme en rouge", peint par John Sargent en 1881, s'appelait Samuel Pozzi. Né à Bergerac en 1847, il allait vite devenir à Paris LE médecin à la mode, particulièrement apprécié des dames de la bonne société en tant que chirurgien et gynécologue. Beaucoup d'entre elles, dont Sarah Bernhardt, étaient aussi ses maîtresses et le surnommaient "L'Amour médecin".
À travers sa vie privée, pas toujours heureuse, et sa vie professionnelle, exceptionnellement brillante, c'est une vision en coupe de la Belle Époque qu'on va découvrir sous le regard acéré de Julian Barnes. Il y a d'une part l'image classique de paix et de plaisirs et, de l'autre, les aspects sombres d'une période minée par l'instabilité politique, les crimes et les scandales.
Un grand récit.
Elle se dirige d'un pas lent mais résolu vers l'océan Pacifique. Elle n'a ni canne à pêche, ni planche de surf et elle ne porte pas de combinaison.
Dans l'une des maisons qui bordent la plage, un homme âgé se lève et regarde par la fenêtre, comme chaque matin, très tôt. Il remarque alors cette jeune femme seule, en vêtements de ville, qui avance avec détermination vers les rouleaux. Il y a quelque chose qui cloche... Alors il décroche le téléphone et appelle la police.
Après le drame qui, quelques années plus tôt, avait fait éclater sa famille, Karina a désespérément cherché un ancrage. Indienne par sa mère, américaine par son père, elle ne se sentait plus à sa place nulle part. Jusqu'au jour de sa rencontre avec Micah, si solide, si rassurant, à la tête du ' Sanctuaire ', une petite communauté hippie si chaleureuse.
Et Karina n'a pas compris les techniques aussitôt utilisées sur elle et bien connues dans le monde des sectes : les gestes d'amour, puis peu à peu d'isolation sociale, le fait de la démolir pour ensuite la remettre sur pied...
Une fois que le piège s'est refermé sur elle, peut-elle espérer en sortir ?
Cette première nuit dans le lit de Kåre, Sigrid s'est sentie plus étrangère que jamais... Puis elle a repensé à cette fille perdue dans la forêt et retrouvée uniquement parce qu'elle avait utilisé la lumière de son téléphone portable pour signaler sa présence. Il ne lui restait qu'un peu de batterie, juste assez pour éclairer l'écran et quand un hélicoptère a atteint enfin l'endroit où elle se trouvait en patientant tranquillement, elle l'a fait clignoter... Voilà, se dit alors Sigrid, c'est exactement ce que je vais faire : patienter, clignoter, survivre...
Parce qu'elle vient d'être quittée par Magnus qu'elle aime mais qui est tombé amoureux d'Elida, qui, elle, n'a jamais oublié Viggo, Sigrid entame une relation chaotique avec Kåre, tout récemment séparé de Wanda, qu'il n'arrive pas à oublier. Trine quant à elle a été plaquée par Knut.
Quant à Robert, il aime Linnea, qui, elle, pense à Gran sachant qu'il ne quittera jamais sa femme pour elle...Ainsi va la ronde des rencontres, et des amours et des désamours, entre Norvège, Danemark et Suède avec un crochet par Prague où chacune, chacun tente plus ou moins patiemment de trouver sa vraie place et de survivre. Seulement voilà, les choses dérapent souvent...
À la naissance, le sexe biologique est la première chose qu'on voit. La première question que tout le monde pose. Il déterminera chaque choix auquel on procédera pour le bébé, avant qu'il puisse faire les siens - lui qui, avant même son premier souffle, son premier cri, concrétise tous les rêves de ses parents.
Pourtant ces rêves varient, selon qu'il s'agit d'un fils ou d'une fille...
Si c'est une fille ? Elle s'appelle Louise, elle est née dans le Maine en 1978. Elle a les cheveux roux et porte des lunettes. Ses meilleurs amis sont les jumeaux Allie et Benny. On espère qu'elle fera un jour un bon mariage...
Et si c'est un garçon ? Il s'appelle Louis,il est né dans le Maine en 1978. Il a les cheveux roux et porte des lunettes. Ses meilleurs amis sont les jumeaux Allie et Benny. Il est l'héritier de l'usine de papier familiale...
La même vie, vécue par un garçon ou par une fille, va-t-elle être vraiment identique ? Et la sociétén'aura-t-elle pas son mot à dire - pas toujours tendre - dès qu'il s'agira d'un genre ou de l'autre ?
Quand arriva le printemps, Adriana retrouva une ancienne mélancolie, de vagues désirs, des plaisirs incertains. Ses yeux s'embuaient sans motif apparent, ses paupières s'alourdissaient d'une mystérieuse torpeur, ses seins frissonnaient sous le tissu de ses robes. Elle attendait, sans savoir quoi.
À quinze ans, Adriana attend l'amour, bien sûr.
Ravissante adolescente, élevée au coeur de la bourgeoisie roumaine des années 1920, elle découvre ses premiers émois, d'abord pour un beau cousin, puis pour un jeune étudiant.
Mais à part un flirt de plus en plus poussé, rien n'est permis. Jusqu'au jour où la passion risque de tout emporter...
Candace Chen est une jeune Américaine d'origine chinoise discrète et introvertie. Elle habite à Manhattan dans un petit appartement et travaille pour Spectra, une entreprise d'édition qui fabrique des Bibles.
Elle vit comme une vraie New-Yorkaise, dépensant le peu d'argent qui ne passe pas dans son loyer pour s'acheter des vêtements Uniqlo, des crèmes hydratantes Clinique ou boire des cafés chez Starbucks...
Bientôt la fièvre de Shen, une épidémie venue de Chine, se répand à New York, puis dans tout le territoire américain. Cette maladie inconnue oblige les gens à répéter mécaniquement et à l'infini les gestes de leur quotidien - mettre la table, prendre un repas, essayer des vêtements... Devenus des zombies, ils meurent d'épuisement.
Restée seule dans les bureaux désertés de Spectra, Candace voit New York se vider de ses habitants et se figer autour d'elle. Des palmiers se mettent à pousser sur Times Square déserté...
Saisissant de réalisme, ce roman réinvente le genre post-apocalyptique et questionne notre rapport au travail et la solitude du monde contemporain.