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Les habitants de Fang, éloignés de toute autre localité, s'étaient groupés pour défendre leurs intéréts. Ils étaient en trop petit nombre pour former une commune politique é l'instar des villages plus populeux. Sous ce rapport, ils étaient unis é la communauté de Chandolin. Mais, pour leur ménage particulier, ils conservaient leur indépendance. Suivant l'habitude de l'époque, ils achetérent des vignes : l'une sous Mura, en 1703, et l'autre é Corin, en 1744.
En 1769, ils éprouvérent le besoin de fixer par écrit leur propre réglement. Le 13 novembre, vingt-deux de leurs vingt-sept membres se rendirent é Vissoie chez le notaire Antoine Tabin pour adopter les dispositions que voici :
1/ Dorénavant, é l'instar des fils, les filles seront admises dans la communauté é la condition qu'elles acquittent leur droit d'entrée, soit une mesure de vin et un demi-fichelin de seigle. Quand une famille comprend des enfants des deux sexes, on préférera toujours les garéons pour étre reéus communiers. Ceux-ci devront tous étre possesseurs de biens hérités de leurs parents.
2/ Le veuf ou la veuve pourront demeurer membres de la communauté é la condition qu'ils conservent des propriétés; leurs enfants pourront néanmoins les supplanter.
3/ Quand les sociétaires se remarient et qu'ils ont aussi des enfants du deuxiéme lit, ceux du premier jouiront d'abord du droit d'appartenir é la communauté.
4/ Pour faire partie de la commune, il faut posséder des terres héritées valant au moins 40 livres ainsi qu'une maison d'habitation.
5/ Celui qui désire devenir communier et qui n'est pas le successeur immédiat de son pére devra acquitter un droit d'entrée de 6 livres de fromage et d'une somme d'argent valant 3 livres et 6 batz (1).
6/ Tous les enfants d'une méme famille peuvent devenir communiers é la condition qu'ils aient assez de biens et qu'ils tiennent ménage séparé.
7/ La personne qui, du fait de ses activités professionnelles ou militaires, dans le pays ou é l'étranger, doit quitter temporairement la communauté de Fang devra, é son retour, payer un demi-écu pour se faire reconnaétre é nouveau comme communier.
8/ Lors de la St-Germain, féte patronale de la communauté, chaque famille a l'obligation de déléguer deux de ses membres pour assister é la messe du jour, sous peine de 2 gros d'amende applicables é l'entretien de la chapelle. Les infirmes et les personnes capables de justifier valablement leur absence ne seront pas passibles de cette amende.
9/ A moins de pouvoir fournir des excuses légitimes acceptées par le reste des sociétaires, chacun a l'obligation, s'il veut bénéficier de sa " compra " (2), de participer é la journée des travaux des chemins et é celle de la reddition des comptes.
Le 30 novembre 1775, les communiers de Fang se réunirent é Vissoie, dans la maison du vice-chételain Jean-Georges Roux, représentant du chételain d'Anniviers Maurice de Courten. Ils demandaient é connaétre les titres qui les obligeaient é entretenir une portion de la route de la vallée. A cette occasion, on n'invoqua pas le partage effectué en 1502. Le vice-chételain allégua simplement la coutume générale et il exigea de la communauté de Fang qu'elle continuét l'entretien de ce tronéon de route.