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Aux origines des SI lausannois. Une histoire très au courant
Il y a un siècle, la Municipalité de Lausanne prenait en main l'approvisionnement de la ville en énergie. Dominique Dirlewanger a retracé cette révolution.
Le drôle d'engin qui orne la couverture du livre de Dominique Dirlewanger sur Les Services industriels de Lausanne, n'est pas sans rappeler la machine à voyager dans le temps du romancier britannique H. G. Wells. Et d'ailleurs, qu'est-ce qu'un livre d'histoire, sinon une machine sophistiquée à voyager dans le passé?
Mais l'engin de la photo en question, que couvent d'un regard de propriétaire deux messieurs en canotier et cravate fin de siècle, est tout simplement une vanne grand format utilisée pour amener à Lausanne la bonne eau fraîche du Pays d'Enhaut, adduction qui devint effective le 12 novembre 1901. Cette arrivée "d'eau de source" qui résolvait pour un temps l'approvisionnement de la ville en eau potable se doublait d'un autre événement dont l'analyse est au centre de l'exposé de M. Dirlewanger: la prise en main par la commune de la distribution de l'eau et le rachat de la société privée qui avait le monopole, la SEAUL.
"Pour des raisons différentes, nous dit l'auteur, il n'y eut pas vraiment de clivage gauche-droite dans la volonté d'intervention communale pour la distribution et la gestion du gaz, de l'eau et de l'électricité." La raison? "Il y avait une prise de conscience de la part des industriels et des représentants des grands partis, de la nécessité d'avoir un Etat qui coordonne le développement de ces services industriels."
On a de la peine à imaginer aujourd'hui, et ce n'est pas le moindre intérêt de ce travail universitaire fortement documenté, les péripéties qui marquèrent cette révolution industrielle et politique lausannoise.
Pour l'eau seulement, on passe en deux générations d'une distribution très artisanale, au moyen de fontaines publiques alimentées par les bassins sourciers du Chalet-à-Gobet et du Mont sur-Lausanne (635 litres à la minute) à une fourniture