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Présente depuis les années 1960 dans les Grands Lacs, la Suisse s'est diversement engagée dans la région au cours des dernières décennies en fonction de l'évolution de la situation.
Entre 1963 et 1994, la Direction du développement et de la coopération (DDC) a exécuté de nombreux projets de coopération au développement au Rwanda. Puis, suite au génocide, la Suisse a fourni au Rwanda une aide humanitaire de 1994 à 1997. Plus largement, les services d'aide humanitaire suisses ont participé aux efforts nationaux et internationaux d’aide d’urgence et de reconstruction au Rwanda, au Burundi, en Tanzanie, à l’est de la République démocratique du Congo (RDC) et au nord de l’Ouganda alors que plusieurs conflits et d'importants déplacements de réfugiés ont ébranlé la région au cours des années 90.
Dès 1998, la DDC a repris sa coopération avec le Rwanda pour progressivement incorporer ses actions dans un programme régional destiné au Rwanda, au Burundi et aux provinces du Kivu situées à l'est de la RDC. En parallèle, le financement de nombreuses actions humanitaires de reconstruction post-conflit s'est poursuivi dans la région. Enfin, la diplomatie suisse a oeuvré dès 1998 à accompagner et faciliter les processus de paix burundais et congolais qui ont respectivement abouti aux accords d’Arusha en 2000 et de Pretoria en 2002.
A ce jour, la coopération suisse dans les Grands Lacs s'effectue de façon coordonnée dans le cadre d'une "Stratégie Grands Lacs 2009-2012" globale élaborée par le Département fédéral (suisse) des affaires étrangères (DFAE). L'objectif défini est de promouvoir la paix, la stabilité et la sécurité au Rwanda, Burundi et RDC en contribuant à l’intégration régionale ainsi qu’au développement institutionnel et social des pays.
Deux domaines d'action prioritaires de la Suisse dans les Grands Lacs ont été définis:
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la «Consolidation de la paix et bonne gouvernance». Tant le Rwanda (1994), le Burundi (1993-2005) que la RDC (1996-2002) ont été récemment ravagés par des guerres meurtières et destructurantes. Il est impératif d'offrir aux populations de la région une paix durable basée sur une gouvernance démocratique et participative;
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l’amélioration de la «Santé» de base pour tous. En dépit de récents progrès, le Rwanda se situe encore en dessous de la moyenne africaine des indicateurs de santé: taux de mortalité maternelle, espérance de vie, santé reproductive, etc. Le Burundi et la RDC doivent reconstruire au plus vite leurs systèmes de santé endommagés par les conflits. Par conséquent, un appui dans le secteur se justifie.
Dans les Grands Lacs, la Suisse dispose de trois moyens d'action: la coopération au développement, l'aide humanitaire et la promotion de la paix.
La Direction du développement et de la coopération (DDC) met en oeuvre les programmes de coopération au développement et d'aide humanitaire. Pour coordonner son "Programme Grands Lacs", la DDC dispose de trois bureaux de coopération à Kigali (Rwanda, bureau régional), Bujumbura (Burundi, Bureau de programme) et Bukavu (Sud Kivu, bureau de programme).
La DDC exécute à ce jour six programmes de coopération au développement au Rwanda, au Burundi et en RDC dans les domaines de la décentralisation, de la sécurisation foncière et de la santé. Elle finance également un programme médias à l'échelle des Grands Lacs . En plus des impacts bénéfiques recherchés pour chacun des pays où elle intervient, la DDC souhaite que son action dans les Grands Lacs profite au développement de la région dans son ensemble. La DDC conçoit que la prospérité croissante du Rwanda, du Burundi et de la RDC permettra l'établissement d'une paix durable dans la région et alentours.
La DDC appuie les institutions étatiques existantes en renforçant les capacités organisationnelles des autorités et structures décentralisées. Tenante d'une approche globale et participative du développement, elle prend soin d'intégrer tous les acteurs dans la planification, la mise en oeuvre et le suivi de ses programmes de coopération. La DDC s'efforce de faire dialoguer les niveaux d'autorités entre elles et avec les communautés citoyennes. Dans le domaine de la décentralisation ou de l'accès aux soins, elle cherche à nourrir la réflexion menée au niveau national à partir des expériences réalisées dans les provinces ou districts.
Alors que l'intensité des conflits a diminué depuis quelques années dans les Grands Lacs, l’aide humanitaire suisse s'efforce aujourd'hui de faire le lien entre les interventions d'urgence du passé et les programmes de coopération au développement qui ont pu redémarrer dans la région. Les victimes de conflits et de catastrophes naturelles, les familles réfugiées et déplacées ainsi que les populations qui souffrent directement ou indirectement des mouvements migratoires sont au centre de l’objectif humanitaire suisse. L’aide humanitaire vise surtout les minorités et les populations marginalisées, par définition moins à même de faire face aux situations de détresse.
Malgré le rétablissement d’une paix précaire dans la région, plusieurs indicateurs sont toujours alarmants. 25 millions de personnes restent exposées à une vulnérabilité aiguë liée aux mouvements massifs de populations des dernières années. L’inaccessibilité des terrains cultivables due à l’instabilité politique a conduit à une situation alimentaire critique pour plus de 3.3 millions de personnes qui restent encore dépendantes de l’aide alimentaire directe.
Face à cette réalité, la Suisse poursuit le soutien qu’elle apporte aux victimes des conflits et fait la promotion du droit humanitaire dans une approche de transition. Elle conçoit que l’aide humanitaire et l'aide à la reconstruction restent indispensables dans le contexte régional actuel. Mais, qu'à terme, la stabilité politique, sociale et économique à la base de toute paix durable dans la région ne pourra être atteinte que si des instruments de coopération au développement et de promotion et consolidation de la paix sont mis en place de façon immédiate, simultanée et concertée.
C'est ainsi que plusieurs services et experts du Département fédéral des affaires étrangères soutiennent des initiatives de promotion de la paix dans les domaines de la médiation politique, de la sécurité humaine et de la promotion des droits humains. A cet effet, un conseiller de la Division Politique IV de la Direction politique du Département fédéral des affaires étrangères est basé à Bujumbura. Les ambassades de Suisse à Nairobi (Kenya) et Kinshasa (République démocratique du Congo) contribuent également au dialogue avec les autorités nationales et les divers acteurs en présence.
Enfin, une série d'autres initiatives pilotées par différents offices fédéraux de l'administration suisse s'adressent au Rwanda, au Burundi et à la RDC: financement d'un projet du Geneva Centre for Security Policy au Burundi, contribution financière multilatérale et personnel détaché à la Mission de l'Organisation des Nations unies au Congo (MONUC), aides au retour accordées aux réfugiés par l'Office fédéral (suisse) des migrations, formation en matière d'entraide judiciaire et de rapatriement de fonds mal acquis (RDC), certification pour le commerce de matière premières.
Par un dialogue constant et des décisions prises en commun, tous les acteurs suisses impliqués dans les Grands Lacs s'assurent que leurs interventions sont harmonisées de façon à atteindre les objectifs fixés.
Avant tout, la coopération suisse dans les Grands Lacs s'efforce d'ancrer ses interventions dans une perspective régionale. L’interdépendance du Rwanda, du Burundi et des provinces du Kivu en RDC est évidente sur les plans historique, géopolitique et commercial. Le Rwanda, le Burundi et la République démocratique du Congo sont des pays qui ont chacun été marqués des conflits meurtriers et qui accusent une situation de pauvreté encore très présente. La proximité géographique du Rwanda, du Burundi et des provinces du Kivu et les dynamiques d’échanges réguliers qui existent sur un territoire aussi restreint invitent à penser que le développement économique et social du Rwanda, du Burundi et de la RDC peut, et doit, s'opérer également à l'échelle de la région.
L'établissement d'une paix durable dans les Grands Lacs dépend du dialogue que les autorités et les populations entretiennent sur une base régulière. Et nombreuses sont encore les situations post-conflictuelles débordant les frontières des trois pays: réfugiés, déplacés intérieurs, fuyards, milices armées délocalisées, etc. C'est pourquoi, depuis plusieurs années, la Suisse met en oeuvre ses programmes de coopération au développement, d'aide humanitaire et de promotion de la paix dans les Grands Lacs de façon harmonisée et régionalement coordonnée.