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La cinquième tentative sera-t-elle la bonne? Malgré le renom de l'adversaire, la Suisse veut croire qu'elle peut enfin briser son plafond de verre dans une Coupe du monde.
Eliminée par l'Espagne en 1994, par l'Ukraine en 2006, par l'Argentine en 2014 et par la Suède en 2018, la Suisse défie ce mardi au Lusail Stadium de Doha le Portugal dans un huitième de finale qui s'annonce particulièrement ouvert. Entre une équipe qui n'a plus gagné une seule rencontre à élimination directe dans une Coupe du monde depuis un succès 4-1 à Bâle le 23 juin 1954 lors d'un match d'appui contre l'Italie et une autre qui reste sur trois dernières campagnes indignes de son rang avec un huitième de finale en 2010, une élimination au premier tour en 2014 et un autre huitième de finale en 2018, les jeux sont ouverts.
Un pronostic impossible
Les souvenirs douloureux du passé, le poids de l'enjeu, la forme du jour, les choix tactiques à arrêter, la gestion du cas Ronaldo, les interrogations sur le mental de Granit Xhaka après son coup de sang face à la Serbie, et l'espoir enfin que Xherdan Shaqiri et Ricardo Rodriguez nagent un match de plus dans cette douce béatitude qui les accompagne au Qatar: à la veille de la rencontre, tout se brouille dans les esprits pour rendre impossible le moindre pronostic.
Ce huitième de finale peut, en effet, partir dans tous les sens. Le Portugal peut réussir un festival offensif orchestré par les deux Mancuniens Bruno Fernandes et Bernardo Silva ou la Suisse peut, pourquoi pas, fermer la boutique et attendre le bon moment pour frapper grâce au génie de Xherdan Shaqiri. Cette rencontre se jouera peut-être sur un coup du sort, sur un détail ou sur un exploit personnel. Tout serait plus simple si l'une des deux formations pouvait aligner Kylian Mbappé, l'homme qui dans cette Coupe du monde marque au moment qu'il le souhaite.
Se souvenir de l'Argentine
Le passé rappelle que la Suisse n'a pas été présente au rendez-vous lors de trois des quatre huitièmes de finale qu'elle a disputés. En 1994, la troupe de Roy Hodgson avait trop envie de prendre l'avion du retour à force de traverser les Etats-Unis d'est en ouest pour «mourir» en guerriers contre l'Espagne.
En 2006, l'enchaînement du huitième de finale trois jours seulement après la victoire devant la Corée du Sud et un coaching absurde avaient conduit à un non-match. Enfin en 2018, la Suisse avait laissé trop d'énergie pour battre les Serbes et son capitaine – Stephan Lichtsteiner – qui aurait pu, dû, recadrer ses coéquipiers était suspendu.
En 2014 en revanche, elle avait regardé l'Argentine de Leo Messi les yeux dans les yeux pour s'incliner sur le fil sur une réussite d'Angel di Maria. Le simple souvenir de cette rencontre illumine encore le regard de Xherdan Shaqiri. Auteur ce jour-là d'une performance XXL, le Bâlois avait touché au sublime.
Huit ans plus tard, l'homme aux 111 sélections entend cette fois passer ce fameux cap des huitièmes de finale. Il sait que l'exploit de l'Euro 2021 face à la France a agi comme un véritable déclic dans sa tête et dans celle de ses coéquipiers.
Celui qui avait précipité le limogeage de José Mourinho à Manchester United avec son doublé du 16 décembre 2018 avec Liverpool, rêve désormais de mettre un terme à la carrière internationale de Cristiano Ronaldo. «Je n'avais pas fait le rapprochement», sourit le Bâlois.
CR7 aime la Suisse
Le chômeur le plus célèbre de la planète portera ce mardi les couleurs du Portugal pour la 195e fois. Même si un sondage révèle qu'une large partie des Portugais souhaite qu'il ne joue pas d'entrée, on voit mal Fernando Santos suivre la «vox populi». A 37 ans, CR7 est toujours capable de coups d'éclat.
Il n'oublie pas non plus qu'il avait particulièrement brillé lors de ses deux derniers matches contre la Suisse avec un triplé le 5 juin 2019 à Porto en demi-finale de la Ligue des Nations (3-1) et un doublé le 5 juin dernier à Lisbonne dans une rencontre remportée 4-0 en phase de poules de cette même Ligue des Nations.
En revanche, il fut absent lors des deux dernières défaites du Portugal concédées devant la Suisse, le 6 septembre 2016 à Bâle (2-0) et le 12 juin dernier à Genève (1-0). Fernando Santos l'a certainement noté dans un coin de sa tête...
Un Mexicain au sifflet
- Faut-il y voir un signe ? Désigné pour diriger le 8e de finale Suisse - Portugal à Lusail, le Mexicain Cesar Ramos est un arbitre qui n'a pas porté chance à Cristiano Ronaldo et à ses coéquipiers. En 2018, l'homme de Culiacan avait, en effet, arbitré le 8e de finale perdu 2-1 par le Portugal à Sotchi contre l'Uruguay... Il avait, en revanche, porté bonheur à l'équipe de Suisse plus tôt dans cette même Coupe du monde. Il était au sifflet lors du nul (1-1) face au Brésil. Au Qatar, Cesar Ramos a déjà arbitré deux rencontres, Danemark - Tunisie (0-0) et Maroc - Belgique (2-0).
ATS