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Comprendre le bien commun est une entreprise aussi périlleuse qu’indispensable.
Périlleuse, car aucun concept n’est apparemment plus simple à cerner et en fait plus compliqué à appréhender.
Indispensable, car s’il est la clef du politique, il faut alors le définir.
Le bien commun est une notion bien plus complexe que celle de liberté.
D’autant que, dans nos sociétés, il est assez peu fréquent qu’une vision morale soit partagée par l’ensemble des citoyens.
La question est donc de savoir si le vocable de bien commun désigne une conception de la vie bonne ou une conjonction d’intérêts.
Je suggère de commencer par différencier le bien commun de l’intérêt commun :
Dans le cas de l’intérêt commun, je peux être réuni avec plusieurs personnes autour d’un projet qui me tient à cœur :
Dans le cas du bien commun, je suis engagé dans une aventure commune où chacun considère qu’un certain bien commun à tous et spécifique au groupe que nous formons, est supérieur aux intérêts et aux bien propres qui auraient pu nous diviser, mais auraient tout aussi pu nous rassembler, d’une manière apparemment identique à une véritable union, mais-beaucoup moins forte et profonde.
Cette conception d’un bien commun commande, contrairement à celle de l’intérêt commun, une capacité d’abnégation et d’abandon qui n’est pas une négation de l’individu, mais la conscience que cet individu ne peut se réaliser que dans et par cette communauté dont le bien, supérieur, retombe sur les membres qui la constituent.