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La vitamine D est un modulateur de la différenciation cellulaire et pourrait avoir un effet de suppression de la prolifération des cellules cancéreuses. Des études observationnelles suggèrent qu’un taux de vitamine D abaissé est associé à un risque plus élevé de cancer, sans que la causalité de cette association ne puisse être formellement démontrée. Les résultats des études interventionnelles d’administration de vitamine D en prévention primaire du cancer ne permettent pas de conclure à un rôle protecteur et, à ce jour, aucune étude clinique de prévention secondaire n’a été publiée. Les auteurs de cette étude japonaise 1 ont inclus 417 patients présentant un cancer digestif (de l’œsophage au rectum), avec un stade clinique ayant permis une résection chirurgicale, avec une randomisation 3:2 pour une administration de vitamine D à haute dose (2000 UI/j) contre placebo, pour une durée de 5 ans. Après une période d’observation médiane de 3,5 ans, l’issue primaire d’intérêt (survie sans récidive à 5 ans) n’a pas été différente entre les deux groupes (hazard ratio 0,76 ; IC 95 % : 0,50-1,14). Les analyses secondaires ou stratifiées selon le taux de vitamine D ou le polymorphisme des récepteurs à la vitamine D n’ont pas montré de différences. Les auteurs concluent que l’administration de vitamine D en prévention secondaire après résection d’un cancer digestif n’apporte aucun bénéfice clinique significatif.
Commentaire : Cette étude fait suite à la publication de l’étude VITAL 2 et renforce clairement l’impression que la vitamine D n’a aucun rôle dans la prévention primaire ou secondaire du cancer. Si les études observationnelles ou les analyses a posteriori de certaines données semblaient suggérer un effet bénéfique, on peut décemment conclure que cet effet était dû à des facteurs confondants, et notamment à l’hygiène de vie des patients, qui influence le taux de vitamine D et l’évolution d’une pathologie oncologique. Les auteurs de l’étude AMARATSU relèvent que dans le sous-groupe des patients présentant un taux intermédiaire de vitamine D au départ, un « signal » d’effet bénéfique a été mis en évidence : une courbe en U dont le rationnel paraît bien difficile à défendre… Au total, ces résultats rejoignent les nombreuses publications récentes réduisant les espoirs de larges indications à l’administration de vitamine D, sorte d’élixir universel, à la seule indication bien définie : le traitement de prévention primaire ou secondaire de l’ostéoporose, en association avec les traitements de première ligne (comme les bisphosphonates ou le dénosumab).