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02/10/2011
C’est au tour des femmes !
Rami Almeghari, journaliste et enseignant universitaire dans la bande de Gaza, a parlé avec l'équipe féminine de pingpong. Ces quatre femmes représenteront la Palestine dans un tournoi arabe international ce mois-ci en Jordanie. L'original de cet article dont la traduction suit se trouve en anglais sur le site de The Electronic Intifada.
« Des athlètes féminines brisent des barrières à l'intérieur et à l'extérieur de Gaza
Rami Almeghari, The Electronic Intifada, ville de Gaza 26 septembre 2011
Une équipe de joueuses de pingpong s'apprête à quitter Gaza pour la Jordanie. Elles seront bientôt participantes dans un tournoi international des pays arabes. C'est la première fois que cet équipe de quatre femmes a pu se déplacer depuis qu'Israël a imposé des mesures de fermeture sur Gaza en 2007.
Le départ anticipé de l'équipe pour le tournoi - un évènement annuel sous les auspices du Arab Table Tennis Federation - est possible grâce à un petit allègement des conditions sévères au passage du Rafah par les autorités égyptiennes. Rafah est le seul passage entre Gaza et le monde extérieur si l'on fait abstraction des passages entre Gaza et Israël.
Nous nous sommes entretenus avec les membres de l'équipe lors d'un entraînement au local du club de sport d'Al-Jazeera dans la ville de Gaza.
Ruba al-Zubaidi, 31 ans et mère de deux enfants, a répondu à mes questions avec enthousiasme. 'Mon père nous a acheté une table de pingpong quand j'étais petite. Je joue depuis mon plus jeune âge. Lors de la guerre en Iraq en 1991, nous étions obligés de rester à la maison pendant des semaines entières par l'occupant israélien. C'était une excellente occasion d'améliorer mon sport préféré !'
Sa carrière internationale a débuté en 1996-97, lorsqu'elle représentait les universités palestiniennes dans un tournoi en Jordanie. Originaire de Deir al-Balah, une ville au centre de la bande de Gaza, al-Zubaidi trouve primordial que les femmes participent aux activités sportives, malgré le conservatisme qui gagne du terrain à Gaza. 'Ecoutez, dit-elle, 'dans toute société, ce sont les gens eux-mêmes qui décident de leurs traditions et qui établissent leurs coutumes. Comme vous voyez, mon mari me permet de pratiquer le sport que j'aime - il me respecte comme moi, je le respecte. Les femmes ici ne devraient plus être en marge de la société. Pour être franc, nous en avons déjà assez avec la vie sous siège.'
Al-Zubaidi espère que sa fille de dix ans va poursuivre le sport comme elle. 'J'espère que notre communauté va cesser d'ignorer les droits des femmes par rapport à ceux des hommes,' a-t-elle ajouté.
La plus jeune joueuse de l'équipe, Hadeel Saba, 13 ans, de la ville de Gaza a commencé à jouer sérieusement dans le cadre de l'Association de Jeunes Chrétiens de Gaza. Elle dit, 'J'ai le sentiment que je me suis libérée de l'occupation et que je défie l'occupation en pratiquant mon sport et en ayant la possibilité de participer à un tournoi à l'étranger.'
L'équipe féminine de pingpong de Gaza avec leur coach et les administrateurs de l'équipe (Shadi Alqarra /people/shadi-alqarra)
Reem al-Zaeem est diplômée en technologie d'information : 'J'ai commencé ma carrière en tennis de table au lycée, puis j'ai poursuivi quand j'étais à l'université,' dit-elle. 'Nous nous entraînons ici au club depuis cinq semaines et nous nous réjouissons du tournoi qui s'approche.' Sa famille la soutient entièrement. 'Cette activité est contraire aux mœurs locales, mais ma propre famille m'a vraiment encouragé à jouer au pingpong sans me mettre aucune limite,' dit Zaeem. 'J'espère représenter la Palestine dans d'autres compétitions encore plus internationales, inchallah.'
Yasmine Eliyan, 28 ans, est le quatrième membre de l'équipe.
Coach Khamis al-Habet se réjouit du jour où le sport féminin à Gaza seront mieux valorisés. 'A présent, l'équipe s'entraîne trois jours par semaine à raison de trois heures par jour,' il explique. 'J'ai fait un contrat avec le club al-Ahli en Egypte pour que l'équipe puisse s'entraîner chez eux intensivement pendant quatre jours avant le début du tournoi. C'est la première fois qu'elles vont participer à un concours international. Elles vont peut-être jouer contre des joueuses chinoises - elles sont très douées !'
Les femmes de Gaza ont une histoire comme pionnières dans le sport. La coureuse Sanaa Abu Bkheet était un des trois athlètes palestiniens, et la seule femme, qui aït représenté la Palestine aux Jeux Olympiques d'Athènes en 2004. A l'époque, les obstacles auxquels elle a dû faire face sans sponsors et avec une unique paire de souliers de course, s'entraînant habillée dans un jogging complet pour éviter la désapprobation, ont fait la une autour du monde.
Sanaa Al Bkheet s'entraînant à Gaza en 2004 (Suhaib Salem/Reuters)
Il existe toujours des obstacles considérables pour des femmes athlètes à Gaza. Le Club de Sport Al-Jazeera a été établi en 2007 par un groupe local d'hommes d'affaires. La licence du club est décernée par le Ministère des Sports et des Jeunes du gouvernement de Hamas. Ali al-Nazli, directeur du club, lui-même ancien athlète connu à Gaza, nous a décrit le développement du sport féminin dans le territoire. 'Le sport pour les femmes à Gaza a été limité aux confins d'un gymnase ou à certains clubs ou associations de femmes. Ce n'est pas admis socialement pour des femmes de faire du sport ou s'entraîner en public. Notre club est le tout premier pour prendre l'initiative. Pendant les derniers deux ans, nous avons organisé des activités sportives pour femmes. A titre d'exemple, nous avons pu offrir des cours de natation avec des instructeurs féminins dans des endroits fermés. Plus de 150 femmes des tous les âges ont pu bénéficier de nos cours, dit-il.
Selon al-Nazli, ces activités pour les femmes ont l'approbation du Ministère des Sports et des Jeunes. 'Nous avons brisé le tabou contre la pratique du sport féminin à Gaza,' se félicite-t-il.
Ruba al-Zubaidi et ses co-équipières ne sont aucunement ébranlées par les défis qui leur sont posés. Elle déclare, 'Nous sommes fières de participer à un tournoi pareil, en quittant le blocus israélien de Gaza.' »