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Graphique de la semaine de DWS. Le secteur bancaire européen semble assez solide. Une bonne nouvelle, alors que le processus décisionnel supranational reste fragmenté.
Bien avant la crise de COVID-19, les économistes qui étudiaient les paniques sur les marchés financiers ont commencé à s'inspirer de la modélisation biologique des maladies infectieuses. Ces travaux ont sans doute permis aux régulateurs de mieux comprendre les mécanismes des réseaux de contagion financière, l'importance de la structure des systèmes financiers complexes et les mesures qu'ils peuvent prendre pour limiter les crises.
D'où les espoirs généralisés de résilience, lorsque les problèmes ont commencé avec l'effondrement de la Silicon Valley Bank il y a quelques semaines. La réalité risquait toujours d'être plus complexe. Les experts en modélisation des maladies infectieuses et de la contagion financière ont tendance à comparer l'état actuel de cette dernière à la situation de l'épidémiologie dans les années 1970 et 1980: beaucoup d'idées théoriques, mais de nombreux points d'interrogation sur la meilleure façon de les mettre en pratique. Les banques européennes ont d'autant plus de raisons d'être confiantes qu'un grand nombre d'entre elles viennent de traverser une décennie assez difficile. Sous la supervision de la Banque centrale européenne (BCE) depuis 2014, les banques ont été contraintes de financer leurs prêts avec davantage de capital. De plus, le sentiment persistant que des problèmes pourraient survenir à tout moment a probablement contribué à freiner les excès.
Jusqu'à présent, les banques européennes semblent avoir bien résisté au resserrement monétaire de la BCE. Les taux hypothécaires ont plus que doublé, ce qui a entraîné une baisse de la demande de nouveaux prêts. Comme le montre notre graphique de la semaine, l'encours des prêts continue d'augmenter, mais les dernières données de la BCE publiées cette semaine montrent que les nouveaux prêts destinés à l'achat d'un logement ont considérablement diminué. Dans l'ensemble, le resserrement de la politique monétaire devrait se traduire par un ralentissement de la dynamique du crédit, l'encours des prêts étant susceptible de diminuer dans les mois à venir.
Des informations plus précises devraient bientôt être disponibles, notamment dans l'enquête sur les prêts bancaires prévue pour la fin du mois d'avril. «Compte tenu du resserrement de la politique monétaire et des tensions dans le secteur bancaire, nous nous attendons à un nouveau durcissement des normes de crédit», souligne Ulrike Kastens, économiste Europe chez DWS. Les économies de la zone euro reposant en grande partie sur les banques, un tel resserrement sera également nécessaire pour ramener l'inflation sous les 2%, l'objectif de la BCE.
Certes, il y a des risques. D'importantes lacunes subsistent dans les cadres réglementaires et de résolution des défaillances bancaires en Europe, et les travaux en vue de l'union bancaire, promise depuis longtemps, sont toujours en cours. Par exemple, les procédures d'insolvabilité varient considérablement d'un Etat membre à l'autre et la présence de nombreux et puissants veto pourrait ralentir la prise de décision, en particulier pour les sauvetages de petites banques.
Comme pour toute nouvelle réglementation, la mise en place de règles mûrement réfléchies aura - inévitablement - des effets comportementaux imprévus, sur des facteurs peut-être parfois éloignés du système financier européen ou mondial, qui échappent à la surveillance des autorités de réglementation. Pour l'instant, il semble que l'Europe devrait éviter un véritable resserrement du crédit, et donc, un arrêt total des prêts de la part des banques.