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chapitre 5 La modélisation d'une décision administrative par le génie cognitif
Une autre critique concerne la validité psychologique de ces modèles. En effet, il est clair qu'un décideur ne raisonne pas avec ce type de règles. Toute décision de routine, par exemple, suit un raisonnement de cas ou de prototype. Toutefois, nous pensons que ce type de modélisation dépasse le cadre limité d'une modélisation purement analytique que nous avons critiqué dans la section 3-2 "Les modèles rationnels de décision". Avec un peu d'indulgence, on peut argumenter que les décideurs pourront se retrouver dans une chaîne de raisonnement de type S-Lex ou M-Lex et qu'ils pourront dire si telle ou telle conclusion est juste ou fausse. A ce titre, il faut également noter que les juristes ont l'habitude de ce genre d'exercice puisque dans leur décision écrite, ils doivent motiver leur décision (en montrant le cheminement et les règles de décision).
La validation d'un tel modèle s'avère assez difficile. Pour la théorie politique, les cas de décision intéressants sont les cas "extrêmes". Seulement grâce à eux, peut-on estimer l'élasticité totale d'un système. Comme il existe très peu de cas, les règles qui modélisent cet aspect sont en fait des hypothèses non testées. En ce qui concerne les décisions de routine, on peut valider un système en lui soumettant un très grand nombre de cas variés. Il s'agit d'un travail considérable, mais faisable. Le problème de savoir si le modèle est juste au-delà des performances est plus difficile. Il est tout-à-fait concevable de construire un système qui décide juste. Mais rien ne dit que les prémisses comme par exemple l'importance des facteurs économiques soient justes. A ce niveau, il faudrait faire intervenir les décideurs eux-mêmes (ou un échantillon important) , ce qui pose un problème de disponibilité et de sensibilité. Même si un décideur donne son accord (ou obtient l'autorisation) pour participer au travail de génie cognitif, il n'est pas forcément d'accord pour expliciter ou justifier certaines règles infra-légales. S'il est d'accord, il ne peut pas forcément articuler les raisons de certains choix de décision.
Une autre critique que l'on peut adresser à ce type de système est sa focalisation sur des règles de décision. Même l'exécution de politiques publiques invoque parfois des processus politiques proprement dits où la négociation entre acteurs joue un rôle important. Dans ces cas, ce n'est pas seulement la situation "objective" qui prédit un "output", mais également la capacité des acteurs à utiliser les instruments politiques.
Malgré ces limites, nous pensons que ce type de modèle peut être très utile:
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