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Manufacture d'orgues Th. Kuhn SA, 1988
Orgue neuf
www.orgelbau.ch/opf=113190
III/P/43
Allemagne, Hesse
Kath. Justinuskirche Höchst
Manufacture d'orgues Th. Kuhn SA, 1988
Orgue neuf
Historique de l'orgue de la «Justinuskirche»
Le buffet de l'orgue remonte à la construction d'un instrument neuf (1736-1740), exécuté par le maître Johann Onimus (1689-1772). La composition exacte de cet orgue n'est pas connue: il devait avoir environ 25 jeux et le Grand-Orgue comme le Positif séparé avaient une tessiture de C à c''' et la Pédale n'avait que 13 notes, de C à c. Une première transformation de cet instrument eut lieu en 1839, exécutée par le facteur Bernhard Dreymann de Mayence, suivie par une restructuration opérée dans le cadre de la restauration de l'église en 1890. Lors d'une restauration suivante (1930-1932) l'orgue fut transformé techniquement et doté par E.F.Walcker de sommiers pneumatiques à membranes, et naturellement d'une nouvelle console, d'un nouveau tirage de jeux. Le buffet a cependant été conservé, mais le Positif séparé, puisque vidé de son contenu, était devenu hors fonction. En 1960 l'orgue a encore été électrifié. Finalement, c'est en 1986 que l'entreprise chimique Hoechst S.A. décidait de prendre à sa charge toute la rénovation de l'orgue, pour marquer son 125ème anniversaire.
Conception sonore du nouvel orgue
Il n'y avait résolument que trop peu de matériel conservé, que trop peu de sources d'archives pour revenir à l'orgue baroque et pouvoir penser à l'instrument d'Onimus. Plutôt que d'entreprendre une restauration hypothétique, il fut décidé de réaliser un instrument moderne de trois claviers, s'ouvrant à l'actualité pour des concerts et préservant une tradition sonore régionale, celle du Rhin moyen. Extérieurement, il s'agissait naturellement de reprendre le buffet d'Onimus, tout en réanimant totalement le Positif séparé.
Il n'y a pas d'école, de documentation particulière décrivant le style de la facture d'orgues du Rhin moyen. C'est un style dans lequel se mêlent quatre ingrédients qui forment une spécificité sonore qui ne se confond pas, amenée par: une facture d'orgues traditionnelle et régionale illustrée par des facteurs comme Stumm, Köhler et plus tard Dreymann, des apports de Franconie et d'Allemagne du sud, profitant justement aussi de ceux amenés par la pratique d'Onimus, des particularités provenant des régions françaises d'Alsace et de Lorraine. Sur un plan sonore cette culture de l'orgue du Rhin moyen se caractérise par la grande chaleur des timbres, leur coloration et une douceur qui ne rend pas pour autant l'instrument anémique. On n'y retrouve évidemment pas le tranchant propre aux instruments du nord de l'Europe. Son Grand plein-jeu s'atteint plus par la plénitude que par l'effet étincelant.
C'est sur la base de ces considérations que nous avons pu définir la conception d'un troisième clavier qui était souhaité. Nous n'avons pas construit le «Brustwerk» nordique dans le soubassement du buffet principal, mais un Echo plus discret, à l'intérieur de l'orgue et aux timbres chaleureux.
Une modification, désirée depuis longtemps pour son effet sonore a été réalisée en 1997: une cymbale 1 ' de 3 rangs a remplacé un jeu d'anches du Grand-Orgue, le clairon 4 '. Légère différence entre l'orgue français et celui du Rhin moyen, ce ne sont plus deux jeux d'anches qui couronnent le Grand-Orgue, mais pour cet ensemble et son plenum, un plein-jeu formé d'une mixture et d'une cymbale.