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Paul Rechsteiner quittera fin novembre la présidence de l'Union syndicale suisse (USS), qu'il aura occupée durant 20 ans. Le conseiller aux Etats (PS/SG) a également annoncé qu'il serait candidat pour un troisième mandat de sénateur en automne 2019.
"C'est le bon moment pour procéder à un changement de générations. L'USS se porte bien: la coopération entre les fédérations fonctionne et le secrétariat, sous la direction de Daniel Lampart, fait un excellent travail", explique Paul Rechsteiner, cité mercredi dans un communiqué de l'union, pour motiver sa décision. Les délégués décideront de sa succession lors du congrès agendé fin novembre.
Les vice-présidents actuels, Vania Alleva et Giorgio Tuti, planchent sur le processus menant à l'élection d'un nouveau président. Une commission pourrait faire des propositions en vue du congrès, où une candidature "sauvage" sera toujours possible. Interrogé par l'ats sur des rumeurs désignant le socialiste vaudois Pierre-Yves Maillard comme successeur potentiel, M. Tuti n'a pas souhaité commenter.
32 ans sous la Coupole
De son côté, Paul Rechsteiner, 65 ans, est loin de prévoir une retraite sous les tropiques, puisqu'il veut rester sur le devant de la scène politique et espère obtenir un troisième mandat au Conseil des Etats, où il a été élu en 2011. Il siégeait alors depuis 1986 déjà à la Chambre du peuple, dont il était le plus ancien membre.
Originaire d'Appenzell, cet avocat a débuté sa carrière politique au parlement de la ville de Saint-Gall entre 1977 et 1984, date à laquelle il a été élu au législatif du canton de Saint-Gall. Il y a siégé durant deux ans, jusqu'à son arrivée au National.
Contacté par l'ats, M. Rechsteiner a assuré qu'il voulait continuer à tenir la promesse qu'il a faite lors de son élection au Conseil des Etats: être la voix sociale du peuple suisse à Berne. Sans compter que d'importants objets sont au menu, sur lesquels il pourrait encore influer. S'il devait être réélu, il choisirait de reprendre la présidence de la commission de la sécurité sociale.
"Tournant social"
Durant ses 20 ans de présidence à l'USS, Paul Rechsteiner a connu d'importantes victoires sociales. Le St-Gallois désigne lui-même comme telles le renforcement des conventions collectives de travail (CCT) et les progrès au niveau des salaires. Il dépeint en revanche de façon bien plus critique le bilan sur la prévoyance vieillesse, où "il nous a fallu surtout nous contenter d'une position défensive".
Lors de son élection à la tête de l'USS en 1998, et alors que les préoccupations sociales étaient soumises à une pression considérable, M. Rechsteiner a plaidé pour une politique syndicale offensive, écrit la faîtière dans son communiqué. Il martèle alors que "la Suisse a besoin d'un tournant social" axé sur les salaires, les conditions de travail, les horaires et un Etat social.
Avancées salariales
L'une des grandes réussites de sa présidence est la protection des salaires par les mesures d'accompagnement à la libre circulation des personnes, note l'USS. Elles étaient la condition pour que les syndicats soutiennent les accords bilatéraux avec l'Union européenne.
Les mesures d'accompagnement ont contribué à ce que la protection par les conventions collectives de travail puisse être étendue en Suisse. Ce qui va à l'encontre de la tendance à l'oeuvre dans toute l'Europe.
La campagne "Pas de salaires au-dessous de 3000 francs", au début du millénaire, a été couronnée de succès. Elle a entraîné des augmentations importantes dans le secteur des bas salaires. Quant à l'initiative pour des salaires minimums de 4000 francs, lancée par les syndicats en 2010, elle a échoué en votation. Mais en réalité, un salaire minimum informel de 4000 francs s'est de plus en plus imposé.