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Le conseiller national Ignazio Cassis, chef du groupe parlementaire PLR aux Chambres, est pour l'instant un des favoris à la succession de Didier Burkhalter au Conseil fédéral (archives).
Keystone/PETER KLAUNZER(sda-ats)
La recherche d'un successeur à Didier Burkhalter a commencé. Le gouvernement tessinois et les parlementaires tessinois à Berne se battent pour un conseiller issu de la Suisse italienne. Mais les jeux ne sont pas faits.
Flavio Cotti (PDC) a été, en 1999, le dernier représentant du Tessin au Conseil fédéral. Dans ce contexte, le canton doit poser une "demande historique", estime le président du gouvernement Manuele Bertoli (PS). Il est très important que la Suisse italienne soit enfin à nouveau représentée au Conseil fédéral, a-t-il dit jeudi à l'ats.
Et de rappeler que le canton s'était fortement impliqué par le passé pour augmenter le nombre de conseillers à 9 et ainsi garantir une présence italophone permanente. Une proposition qui n'a pas rencontré de succès dans la Berne fédérale.
M. Bertoli n'a toutefois pas souhaité se prononcer sur des successeurs potentiels de Didier Burkhalter. C'est au PLR tessinois de porter les candidats.
La présidente des parlementaires du Tessin à Berne, Roberta Pantani (Lega), voit des possibilités pour son canton. Avec la démission de Didier Burkhalter, la constellation est favorable à la candidature d'un représentant de la Suisse italienne.
Défendre les intérêts du Tessin
"Maintenant ou jamais plus", a-t-elle révélé à ats-vidéo. Cette fois, le Tessin a de meilleures chances avec un candidat du canton que lors des élections précédentes. La délégation n'a toutefois pas encore discuté de manière approfondie de la question ni de son soutien à un candidat tessinois - Ignazio Cassis ou un autre, a-t-elle précisé. "Le PLR devra faire ses propres choix."
Dans tous les cas, un conseiller fédéral tessinois doit défendre les intérêts du canton. C'est le critère le plus important, selon Mme Pantani.
Les particularités du canton seraient mieux représentées par un conseiller fédéral tessinois. L'échec de l'élection d'un Tessinois serait "dommage", pour Mme Pantani, et même "une gifle" pour Fabio Regazzi (PDC).
Refuser un candidat tessinois serait même un affront à la Constitution fédérale, estime pour sa part le conseiller national Marco Romano (PDC). Celle-ci prévoit en effet que les diverses régions du pays et les régions linguistiques soient représentées de manière équitable.
Soutien pas garanti
Le nom du conseiller national PLR Ignazio Cassis a été prononcé pour succéder à Didier Burkhalter quelques heures après l'annonce de sa démission. Cette situation peut aussi représenter un risque, juge le politologue Oscar Mazzoleni.
Les potentiels candidats pourraient s'attaquer au PLR et l'affaiblir. Le processus de sélection est encore long et semé d'embûches, poursuit le chercheur de l'Université de Lausanne.
Un candidat de la Suisse italienne a toujours un désavantage, car il n'y a que dix parlementaires italophones au Parlement. A cause de cette infériorité numérique, un candidat tessinois doit gagner à sa cause des parlementaires romands et alémaniques.
Grâce à sa longue expérience et sa maîtrise des langues, Ignazio Cassis pourrait être perçu comme un candidat national, selon M. Mazzoleni. Un avantage pour lui. De plus, il pourrait compter sur un PLR cantonal fort. Le conseiller national avait déjà était lancé dans la course par son parti lors de la succession de Hans-Rudolf Merz. On lui avait alors préféré Johann Schneider-Ammann.
Unité politique exigée
Pour qu'une candidature tessinoise ait du succès, le Tessin doit être "uni", selon M. Mazzoleni. Dans le passé, il y a toujours eu des guerres de tranchées. Un candidat officiel pourrait également être affaibli par une "candidature sauvage", précise le politologue.
Quoi qu'il en soit, "le Tessin ne devrait pas lancer des pierres à ses propres candidats", souligne le conseiller national Marco Chiesa (UDC). "Romands et Alémaniques n'attendent que la formation de division au sein du canton", met en garde le député luganais.
Une candidature tessinoise n'est possible que si le canton se montre "uni" et renonce aux polémiques et aux taquineries, estime aussi Fulvio Pelli, qui n'avait pas été retenu pour la succession de Pascal Couchepin en 2009. Selon lui, les chances n'ont jamais été aussi bonnes qu'aujourd'hui pour un candidat tessinois.
De nombreux journaux romands et alémaniques veulent laisser une place à une candidature italophone dans la course à la succession. Un signe positif pour Fulvio Pelli.
ATS