Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/07055.jsonl.gz/677

Critique
"Au lendemain du 11 septembre, ce film vient fort opportunément pour remonter le moral des Américains. Il leur fallait de toute urgence un héros courageux qui parvienne à se sortir des pires situations. Ce n'est sans doute pas un hasard si les producteurs ont confié cette réalisation coûteuse à un cinéaste inconnu - c'est son premier long métrage - qui s'était fait remarquer pour ses spots publicitaires. John Moore, d'origine irlandaise, fut auparavant cameraman d'actualités.
Le titre donné en France à ""Behind Enemy Lines"", EN TERRITOIRE ENNEMI, résume à lui seul le scénario. Durant la campagne de l'OTAN en ex-Yougoslavie, un avion USA en mission de reconnaissance est abattu par la DCA serbe. Les deux aviateurs s'en tirent sans trop de mal grâce à leur siège éjectable. Mais l'ennemi les pourchasse. L'un d'entre eux est exécuté froidement, tandis que son compagnon parvient non seulement à s'échapper, mais aussi à récupérer les photos qui constituaient l'objectif de leur mission. La Navy et son commandant (Gene Hackman en superbe amiral), malgré un ordre supérieur, met en branle d'importants moyens pour récupérer ce seul homme.
Une fois de plus réapparaît le manichéisme du cinéma hollywoodien. Ce sont les gentils qui gagnent grâce à leur courage, à leur volonté et à leur sens des valeurs. L'amiral perdra son commandement pour avoir voulu sauver un jeune lieutenant dans une opération risquée. Ce dernier retrouvera dans son aventure héroïque la raison d'être d'un engagement dont il commençait à douter.
Tournée en partie dans les Carpates avant le sinistre automne 2001, cette production utilise une abondance d'effets spéciaux et donne parfois l'impression d'être un documentaire télévisé. La réalisation est efficace à défaut d'être géniale. On sort de la salle fatigué par un montage en coup de poing et par une sonorisation démonstrative. John Moore utilise une grosse artillerie pour dire ce que les spectateurs américains souhaitent entendre.
Mais il reste une aventure à laquelle on peut prendre plaisir, dans la mesure où l'on n'y croit pas trop."
Maurice Terrail