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Au XIlle siècle, les Kybourg tentèrent d'accroître et de consolider leur sphère d'influence en élargissant le cercle de leurs ministériaux. C'est sous ce rapport qu'il faut sans doute considérer l'apparition tardive des ministériaux de Goldenberg. II se peut que ces derniers aient tiré leur origine d'une famille bourgeoise de Winterthour chargée par les comtes de Kybourg de construire une tour d'habitation à l'extrémité sudouest de l'éminence qui s'élève entre l'Irchel et la Thur. Le nouveau patronyme de Goldenberg est manifestement parmi les noms de parade qui au Mlle siècle connurent un véritable engouement. Le donjon carré de 10,6 mètres de côté est lui aussi comparable aux châteaux de cette époque. Dans le mur extérieur nord et dans la partie inférieure de celui de l'est, où les façades ne sont pas crépies ou ont simplement été blanchies, apparaissent de grosses pierres erratiques. Elles sont d'une facture moins grossière que celles de la tour de Mörsbourg par exemple. A la hauteur du premier étage, la façade nord, faite de moellons en bossage dont quelques-uns sont équarris aux angles, a même été travaillée avec un certain soin. Mais peut-être ne voyons-nous ici que l'ouvrage tardif d'un raccommodeur. C'est à la suite de travaux de remblayage, au cours desquels un creux ressemblant à un fossé a dû être comblé, que la tour a pris son aspect trapu. La porte surélevée primitive se trouvait au nord, à la hauteur du premier étage. Lorsqu'une aile d'habitation fut érigée de ce même côté, les escaliers logés à l'intérieur de la tour purent être déplacés jusqu'à cet endroit. Le donjon semble avoir été fortement remanié au cours de la première moitié du XVIIIe siècle. Selon d'anciennes reproductions, il a dû être raccourci à ce moment-là de un ou de deux étages. Un allégement des murs du second étage conféra à celui-ci une apparence de salle. Le couronnement du donjon ne comprend aucun élément de défense.
On ignore quel fut l'aspect des autres constructions moyenâgeuses; elles ont dû disparaître lors de l'incendie de 1559. Le millésime de 1580 gravé au-dessus de l'entrée de l'étage médian de la tour permet de conclure à une prompte reconstruction. II est probable que la plus vieille aile d'habitation, adossée au mur nord de la tour, date elle aussi de cette époque. Sur une reproduction de 1643, on voit également un bâtiment en pierre et une construction à colombage au sud de la tour. Une autre maison à colombage se trouvait à cette date près du fossé en auge septentrional. La partie de l'aile occidentale proche de la tour doit avoir été insérée entre celle-ci et la maison à colombage au cours du XVIIe siècle. C'est au-dessus d'une vaste cave marquée par des piliers et des voûtes d'arêtes que s'élève cet édifice de deux étages, dont on remarquera plus particulièrement la large cage d'escalier et les grandes pièces, presque des salles. Les riches stucs et les poêles du XVIIIe siècle qui les ornent - ils proviennent en partie du château de Rechberg, à Zurich - leur confèrent un caractère luxueux. Vers le milieu du XVIIIe siècle, on ne trouvait plus aucune construction au sud du donjon. Si l'aile occidentale donne aujourd'hui une impression d'uniformité, c'est parce que les bâtiments à colombage septentrionaux ont été adaptés au corps de logis. Comme le château de Goldenberg semble avoir été érigé sur un francalleu, il n'apparaît que relativement tard dans les textes. On sait en revanche que les sires de Goldenberg étaient en 1248 déjà parmi les vassaux des comtes de Kybourg. Chauds partisans des Habsbourg, ils ne tardèrent pas à détenir de nombreux biens en fief et en gage, dont le château et le village d'Altikon, sur la Thur. La promotion sociale de cette lignée se traduisit notamment, vers le milieu du XIVe siècle, par la nomination d'Egbrecht de Goldenberg aux fonctions de bailli autrichien et par le mariage de son fils avec une fille du métayer de Morsbourg. A partir de ce moment et pendant presque deux siècles, les Goldenberg résidèrent à Mörsbourg. A Goldenberg même, ils furent remplacés par les sires de Gachnang. Cette illustre lignée, très ramifiée, fit du château plus ou moins laissé à l'abandon son siège principal. Lorsqu'il brûla, en 1559, son importance s'était déjà à tel point amoindrie et sa situation financière à tel point aggravée que le sinistre eut probablement pour effet d'accélérer la vente de l'ouvrage. Jusque vers le milieu du XVIIIe siècle, le château servit de demeure à des familles zurichoises de haut rang, les Holzhalb et les Schmid par exemple. Ce sont elles qui par divers remaniements donnèrent au château son visage actuel. De nombreux changements de propriétaire eurent lieu pendant la seconde moitié du XVIIIe siècle et tout au long du XIXe. Entre 1881 et 1892, l'ouvrage fit office d'établissement de cure; c'est de cette époque que datent les plaquettes des chambres de l'ancien bâtiment d'habitation. Aujourd'hui, il appartient aux descendants de la famille Vogel, qui en 1893 quitta sa résidence de Zurich, le Rechberg, pour venir s'installer ici. Il n'est pas possible de visiter le château de Goldenberg.