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Même lorsque nous dormons, notre tissu adipeux travaille. Il stocke de l’énergie sous forme de graisse et la libère selon nos besoins. Mais ce n’est pas tout. Dans une étude publiée en juin 2008 dans la revue Nature,1 des chercheurs suédois révèlent que les cellules adipeuses meurent et sont remplacées en permanence. Cette découverte ouvre de nouvelles perspectives vers l’élaboration de traitements contre l’obésité.
Selon l’Office fédéral de la santé publique, un tiers de la population suisse souffre d’un excédent de poids. Cette épidémie d’obésité a ainsi promu les cellules adipeuses (adipocytes) au rang de star.
Il est admis depuis longtemps que le nombre de cellules adipeuses est établi durant l’enfance et l’adolescence et reste constant par la suite.2 Lors d’une prise de poids chez l’adulte, c’est le volume des adipocytes qui augmente et non leur nombre. Puisque leur nombre est constant, il était tentant de conclure que les adipocytes, comme les neurones, ne se renouvellent pas chez l’adulte. Cette vision statique du tissu adipeux est aujourd’hui remise en question grâce à une nouvelle technique de mesure du renouvellement cellulaire.3
Pendant la guerre froide, des essais nucléaires ont répandu dans l’atmosphère de grandes quantités de carbone 14 (14C), un isotope radioactif du carbone (figure 1). Absorbée par les plantes, cette radioactivité a été transmise aux humains par la chaîne alimentaire. Une nouvelle technique de mesure du 14C incorporé dans l’ADN cellulaire permet de dater la dernière division de divers types de cellules (figure 2). Appliquée au tissu adipeux, cette technique révèle que même si leur nombre demeure constant chez l’adulte, 10% des adipocytes meurent et sont remplacés chaque année.
Cette étude rapporte également que le taux de renouvellement est identique chez les individus obèses ou minces, même si les personnes obèses ont un nombre total d’adipocytes plus important.
Altérer le renouvellement des adipocytes permettrait en théorie de réduire leur nombre. Cette perspective motive de nombreuses recherches sur les cellules souches des adipocytes et sur les facteurs qui modulent leurs divisions. A ce sujet, une étude publiée en octobre 2008 dans la revue Cell identifie une population de cellules non différenciées présente dans le tissu adipeux adulte et capable de générer de nouveaux adipocytes.4 Une nouvelle perspective thérapeutique pour le traitement de l’obésité ?