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La Cour constitutionnelle thaïlandaise décidera d'une éventuelle dissolution du parti qui avait présenté la soeur du roi comme chef du gouvernement. C'est une mauvaise nouvelle pour le clan de l'ex-Premier ministre Thaksin Shinawatra à l'approche des législatives.
La Cour a "accepté à l'unanimité d'étudier le recours déposé par la commission électorale", a-t-elle indiqué jeudi dans un communiqué. Cette dernière avait jugé mercredi que le fait de proposer la princesse Ubolratana comme candidate était "hostile à la monarchie constitutionnelle".
Elle avait demandé à la Cour de dissoudre le parti Thai Raksa Chart, sous l'étiquette duquel la soeur aînée du roi Maha Vajiralongkorn devait concourir. Le Thai Raksa Chart a été récemment créé par des proches de l'ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra, bête noire des militaires au pouvoir depuis 2014, afin de soutenir lors des prochaines élections le Pheu Thai, principal parti dans l'orbite du milliardaire aujourd'hui en exil.
Vendredi dernier, la divulgation du nom d'Ubolratana comme candidate avait provoqué une onde de choc dans le pays. Les membres de la famille royale y sont traités avec un statut quasi divin et échappent à toute critique.
Mais, quelques heures plus tard, le roi avait torpillé les ambitions de sa soeur, qualifiant cette candidature de "hautement inappropriée" dans un royaume où "le monarque et les membres de la famille royale sont au-dessus de la politique".
Risque pour les candidats
Si une dissolution du Thai Raksa Chart était actée avant les élections du 24 mars, les candidats du parti seraient dans l'incapacité de se présenter au scrutin.
Cette procédure est traitée de manière beaucoup trop rapide et "a été accélérée de manière irrégulière", a dénoncé à l'AFP Chayika Wongnapachant, membre clé du Thai Raksa Chart et nièce de Thaksin Shinawatra. "Sans le Thai Raksa Chart dans la course, je pense qu'il sera difficile (...) de remporter la majorité au parlement", a-t-elle ajouté.
Le chef de la junte au pouvoir depuis 2014, Prayut Chan-O-Cha, candidat pour prendre la tête du futur gouvernement élu, a de grandes chances de conserver le pouvoir, d'après les observateurs. Certains estiment que les évènements des derniers jours ont même pu le renforcer, le faisant apparaître comme le garant de la stabilité dans un pays qui a connu douze coups d'Etat depuis 1932.
La Cour constitutionnelle se réunira de nouveau le 27 février.