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Ce livre a été publié pour la première fois en français dans une traduction de Gabriel Raphaël Veyret chez Albin Michel en 2004. Il s’agit ici de la nouvelle édition de 2014, chez le même éditeur, au format de poche. Titre original en anglais: The lost Bible
Bien sûr, le lecteur francophone peut avoir accès aux textes apocryphes via les volumes publiés par Gallimard dans la prestigieuse collection de la Pléiade et, de manière plus restreinte à des publications partielles pourvues ou non d’appareil critique. Mais « La Bible oubliée » est le premier ouvrage qui rend accessibles à un large public ces « versants occultés de la littérature bibliques » dans une lecture suivie, très intelligemment conçue et admirablement structurée.
L’ouvrage qui compte quelque quatre cents pages est divisé en deux parties de volume à peu près égal. La première est relative aux apocryphes vétérotestamentaires et la seconde concerne les apocryphes chrétiens.
L’auteur, le théologien anglais J.R. Porter, a conçu chacun des courts chapitres autour d’un thème qui suit un déroulement logique, parallèle au corpus canonique. La première moitié de l’ouvrage est articulée en quatre éléments : les commencements, les paroles des patriarches, les écrits prophétiques et enfin les psaumes et les odes. Six articulations concernent la seconde moitié: les années manquantes de Jésus, les Evangiles de la Passion, les mystères gnostiques, les légendes apostoliques, les visions eschatologiques et finalement les textes épistolaires.
Chacun des thèmes est divisé en plusieurs sous-chapitres qui sont eux-mêmes articulés en deux parties : la première consiste en la présentation et l’interprétation du sujet du sous-chapitre tandis que la seconde partie offre un extrait en caractères italiques de l’un des textes apocryphes concernés.
Le livre peut se lire comme un roman, de la première à la dernière page, et le parcours effectué répond alors au désir de suivre l’ordre familier de la succession des livres canoniques. Il peut tout aussi bien faire l’objet de consultations ponctuelles à la manière encyclopédique.
La simplicité et la clarté des énoncés sont typiquement anglo-saxonnes (le langage « from point to point ») et elles rendent par là même le livre accessible au plus grand nombre et en particulier aux lecteurs qui n’apprécient pas nécessairement de voyager dans les méandres de la théologie académique.
Un paragraphe de la quatrième de couverture définit parfaitement le contenu de ce très beau livre en quelques mots : « Témoins d’une antiquité où florissaient les vocations prophétiques et les interprétations divergentes, ces voix sont restituées dans une polyphonie tour à tour apocalyptique et essénienne, judéo-chrétienne et gnostique ».
Jacques Herman
J.R. Porter, La Bible oubliée, Coll. Spiritualités vivantes, éd. Albin Michel, 2014