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Belinda Bencic, vos photos de plage nous ont manqué cet automne. N'êtes-vous pas du tout partie en vacances après la saison?
Non, en effet (rires). Avec la Billie Jean King Cup, la saison s'est terminée très tard, à la mi-novembre seulement. J'ai ensuite décidé de rester une semaine à la maison pour voir ma famille et mes amis. Je n'avais guère envie de reprendre l'avion pour quelques jours seulement. Mais lorsque j'ai été blessée au genou début octobre et que je n'ai donc pas pu jouer à Indian Wells, je me suis accordée quelques jours de repos en Californie. C'était un peu mes vacances de l'année.
Vous êtes déjà en train de préparer la nouvelle saison qui débute en janvier. Dernièrement, on vous a vu jouer au hockey. Qu'est-ce que cela vous apporte pour le tennis?
J'étais sur la glace jusqu'à quatre fois par semaine. Le hockey est une partie importante de ma préparation physique. Il s'agit avant tout de renforcer les jambes. En plus, c'est un bon entraînement par intervalles qui me permet de faire monter le rythme cardiaque. C'est Martin (réd: ami et entraîneur de fitness) qui a élaboré le programme. Peter Podhradsky est toujours présent sur la glace. Il a été joueur, il a presque réussi à faire le saut en NHL et est aujourd'hui un bon ami de Martin. Mon père le connaît aussi. Peter peut me donner des conseils pour que je me déplace avec un peu plus d'élégance (rires).
Et pourtant, vous jouez au hockey sur glace depuis votre enfance!
Oui, une fois par semaine à Uzwil. J'étais déjà sur la glace chaque semaine quand j'étais petite, avant même de commencer le tennis. Nous passions nos dimanches en famille sur la glace. Et même lorsque nous avons déménagé à Wollerau pour le tennis, j'ai continué à jouer au hockey à Rapperswil.
Dernièrement, on vous a aussi vu faire des tests de performance sur tapis roulant. Quels enseignements en tirez-vous?
J'ai fait le VO2-Maxtest, qui mesure la consommation maximale d'oxygène par les poumons, ainsi qu'un test isométrique, qui permet de vérifier la force musculaire. Les résultats m'ont permis de déterminer concrètement ce sur quoi je devais encore travailler.
Comment avez-vous terminé la saison, si l'on songe à l'année précédente?
Je me suis améliorée! J'ai toujours peur de cet examen, car le pouls est au maximum et c'est douloureux. Il y a 12 minutes sur le tapis roulant, en commençant à 8 km/h, et on accélère à chaque minute jusqu'à ce que ce soit impossible de poursuivre. A la fin, j'étais à 19 km/h.
Mais le travail paie. Avec l'or et l'argent aux Jeux olympiques, vous avez écrit l'un des plus beaux chapitres de l'année sportive suisse.
Quand je vois des images et des vidéos, j'en ai encore la chair de poule aujourd'hui. Ce sont des émotions qui ne partiront jamais. Cette fameuse semaine à Tokyo, tout s'est déroulé de manière positive. Et personne ne peut m'enlever ça. Quand on gagne un tournoi, on y joue l'année suivante en tant que tenante du titre. Mais on est championne olympique pour le reste de sa vie.
Les gens dans la rue réagissent-ils différemment à votre égard aujourd'hui, après que vous ayez remporté l'or et l'argent aux Jeux olympiques?
Non, je n'ai pas cette impression. Je suis toujours agréablement surprise quand on me sollicite pour une photo, car il y a tellement de bonnes athlètes en Suisse.
Comment cela se passe-t-il en Slovaquie, où vous vivez désormais en partie? Est-ce que l'on vous voit un peu comme une Slovaque là-bas en raison de vos racines?
Pas forcément. Bratislava est proche de la frontière autrichienne et les gens parlent allemand. Quand je dis que nous pouvons aussi parler en slovaque, ils sont souvent surpris (rires). De plus, mon nom n'est pas slovaque, mais croate. Ce qui est particulier, car je n'ai pas de racines là-bas.
Vous êtes née en Suisse et avez grandi en Suisse orientale, dans une région plutôt rurale et conservatrice. N'avez-vous jamais été en contact avec la xénophobie?
Non, vraiment jamais, même à l'école. Que l'on me demande mes racines à cause de mon nom, cela arrive et ne me pose aucun problème. Mes grands-parents ont fui en Suisse quand mon père avait 5 ans. Ils se sont rapidement intégrés et ont appris la langue. Mon grand-père travaillait comme entraîneur de hockey sur glace, ma grand-mère était enseignante en Slovaquie et a également rapidement repris le travail en Suisse. Je n'ai jamais ressenti de réticence à leur égard non plus.
Andrea Petkovic, avec qui vous vous entraînez de temps en temps à Stuttgart, a récemment déploré qu'il règne encore un «sexisme latent» dans le tennis féminin, qu'elle reçoit régulièrement des messages salaces et que l'on discute sans cesse de ses tenues et de ses coiffures. Partagez-vous cette impression?
Je ne vois pas les choses de manière aussi étroite. Parler de tenues ou de coiffures, ce n'est pas du sexisme. J'ai moi-même du plaisir à voir une belle tenue, des cheveux ou des ongles faits. On peut apprécier un revers tout en trouvant une tenue ou une personne belle. C'est pareil pour les hommes. De manière générale, j'ai l'impression qu'à notre époque, on est beaucoup plus vite taxé de sexisme.
Après que la joueuse de tennis Peng Shuai a accusé un ancien politicien d'abus sexuels, le tennis féminin a quitté la Chine. Que pensez-vous de cette décision?
Je m'en réjouis vivement. C'est un signe extrêmement fort de la part de la WTA et de Steve Simon. Apparemment, on sait maintenant où elle se trouve. Mais elle est la seule à savoir ce qui s'est réellement passé. Ses accusations doivent être prises au sérieux et son bien-être passe avant les intérêts financiers. C'est pourquoi je pense que c'est une bonne décision.
Vous seriez-vous sentie en sécurité si la WTA avait pris une autre décision, et si vous aviez joué des tournois en Chine dans les prochains mois?
C'est une question difficile, je me suis aussi posé la question sans pouvoir donner de réponse définitive. Est-ce que j'aurais eu peur pour moi? Probablement pas.
Il faut être vacciné pour disputer l'Open d'Australie. Vous verra-t-on à Melbourne?
Je vais jouer (rires). Je me suis faite vacciner juste après la saison avec Johnson & Johnson.
Vous avez dû en subir une en janvier cette année, après être arrivée en Australie sur un vol charter dans lequel le virus avait été détecté. Dans quelle mesure cela a-t-il influencé votre saison au cours des premiers mois?
C'était les règles à l'époque, même si c'était évidemment très malheureux pour moi. Deux semaines de quarantaine dans une chambre d'hôtel détruisent toute une préparation: les muscles, le tonus - on perd tout ça. Ensuite, j'ai manqué de confiance en moi, je ne sentais pas la balle, mais je disputais quand même des tournois. Il m'a fallu ensuite deux ou trois mois pour retrouver ma vitesse de croisière.
En Suisse, la loi Covid a été votée récemment et les discussions sont très animées. Vous en prenez conscience?
Je dois avouer que j'essaie désormais d'éviter les informations, car depuis deux ans, il s'agit toujours du même sujet, cela me tire vers le bas. Bien sûr, il est important de savoir ce qui est en vigueur et comment la situation évolue. D'un autre côté, ce n'est pas entre mes mains et cela n'a pas de sens pour moi de m'y attarder.
Trouvez-vous la situation pesante?
Au début de la pandémie, on allumait la télévision, on suivait les chiffres: combien de personnes ont été contaminées? Combien sont hospitalisées? Plus tard: combien sont vaccinées? Cela ne me pèse pas personnellement, mais je perçois la négativité.
Les voyages sont devenus plus compliqués. Dans quelle mesure cela vous limite-t-il?
Les personnes qui ont dû fermer leurs restaurants ou leurs magasins ont été beaucoup plus touchées que moi. J'ai eu la chance que les tournois reprennent rapidement chez nous. Bien sûr, ce n'est pas agréable. J'ai toujours une grosse pile de papiers sur moi: exceptions, déclarations, certificat de vaccination, codes QR etc. Et pourtant: je peux voyager, c'est un privilège.
Mais vous devez aussi faire des sacrifices. Vous manquez des fêtes, des mariages, des anniversaires. Comment célébrerez-vous Noël cette année?
Dans une chambre d'hôtel à Dubaï, malheureusement. C'est de là que je m'envolerai pour Melbourne. J'aimerais être à la maison avec ma famille et mes amis. Mais après ma carrière, il y aura encore assez d'opportunités. Ce qui me fait mal, c'est que je n'ai que rarement vu mes grands-parents. Ils sont certes vaccinés, mais nous restons très prudents.
Adaptation en français: Julien Caloz
Elles sont disponibles sur le site de la Fifa. Attention: ce n'est pas parce que vous sollicitez des billets qu'ils vous seront automatiquement délivrés. Comme lors des dernières éditions, un tirage au sort a été mis en place dans le processus d'attribution des places.