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«Les investisseurs, les entreprises et les régulateurs ont tous contribué à jeter des bases solides», explique Flora Wang, Directrice de l'investissement durable.
En Chine, l'ouverture progressive du marché intérieur souligne, par là même, l'importance d’une meilleure gestion des droits de votes revenant aux actionnaires. Tandis que les actions chinoises de classe A prennent davantage d’ampleur au sein des allocations des investisseurs du monde entier, une compréhension actuelle et détaillée de l'état des droits de vote et de l’engagement sur les marchés domestiques chinois s’avère de plus en plus cruciale.
Les conclusions du premier rapport sur les bonnes pratiques de gestion des droits de vote en Chine de Fidelity International, son «China stewardship report», basé sur une enquête exclusive menée par ZD Proxy*, ont montré que l'intérêt accru des investisseurs envers la qualité de la gouvernance - au travers de leurs votes et d’initiatives d'engagement - jette des bases solides en faveur de démarches d’investissement durable et ont une influence positive les comportements des entreprises.
L'enquête a révélé que la participation aux votes a augmenté lentement mais de manière régulière sur le marché intérieur chinois. Si l'on exclut les actionnaires de contrôle, le taux de participation moyen est passé à 26,2% l'année dernière, soit une légère hausse par rapport aux 25,5% de 2017. L’évolution a été plus prononcée dans les entreprises sans actionnaire de contrôle, où ce taux de participation est passé de 33,1% à 36,5% sur la même période.
Autre changement notable: de plus en plus d'actionnaires votent contre des résolutions qui ne les satisfont pas, au lieu de les accepter en silence. Le nombre de résolutions ayant reçu plus de 10% de votes «contre» est passé à 385 l'année dernière, soit une augmentation d'environ 20% par rapport à 2017. En tenant uniquement compte des désaccords émanant des actionnaires minoritaires, le nombre de ces résolutions s’est élevé à plus de 1 600 l'année dernière. Parmi les mesures qui ont suscité une plus grande opposition, les plus courantes concernaient les élections des conseils d'administration, les garanties de prêts et les transactions entre parties liées.
Flora Wang, Directrice de l'investissement durable chez Fidelity International, commente: «Au cours de la dernière décennie, les marchés chinois ont considérablement évolué à mesure que l'influence institutionnelle s'y est étendue et que les investisseurs étrangers y ont renforcé leur exposition. Tandis que les actions chinoises de classe A prennent davantage d’ampleur au sein des allocations des investisseurs du monde entier, une compréhension actuelle et détaillée de l'état des droits de vote et de l’engagement sur les marchés domestiques chinois s’avère de plus en plus incontournable. La hausse de la participation aux votes suggère qu’un nombre croissant d’actionnaires et de gérants d'actifs avec des activités en Chine prennent plus au sérieux la responsabilité qui leur incombe - en exerçant réellement leur droit de vote, plutôt que de s’abstenir et de sortir du capital, comme ils l'ont peut-être fait dans le passé.»
Les entreprises ne sont pas seulement plus réactives en matière de vote, mais également au regard des enjeux ESG: l'étude de Fidelity observe que les sociétés sont de plus en plus transparentes et précises. Bien que la publication de données ESG ne soit pas obligatoire en Chine pour le moment, un nombre croissant d’entreprises cotées communiquent de manière volontaire. L'année dernière, 945 sociétés chinoises au total ont fait état de leurs performances ESG au sein de leurs rapports de responsabilité sociale, soit plus d'un quart des actions de classe A. Cela représente une augmentation de 18% par rapport aux 801 entreprises concernées en 2017.
Flora Wang commente: «Les entreprises et leurs dirigeants tiennent compte de la participation croissante des investisseurs en facilitant le vote et l'engagement en matière d'ESG. Si de telles améliorations peuvent encore sembler minimes, elles constituent, pour les actionnaires minoritaires, une avancée bienvenue et tangible vers la simplification des procédures pour investir en Chine».
Parmi les entreprises chinoises interrogées, plus de 100 sont cotées à la fois comme actions de classe A en Chine continentale (sur les bourses de Shanghai ou de Shenzhen) et comme actions de classe H à Hong Kong. L'examen des pratiques de vote de ces sociétés dites A+H indique que celles-ci peuvent encore s'améliorer, et ce, notamment car le marché de Hong Kong est moins orienté vers les investisseurs particuliers et que les détenteurs d'actions H semblent y être plus actifs.
Si l'on exclut les actionnaires de contrôle, les porteurs d’actions de classe H affichent des niveaux de participation aux Assemblées Générales nettement plus élevés. Par exemple, le taux de participation aux votes de ces actionnaires s'élevait à 42% l'an dernier, contre seulement 18% pour les porteurs d’actions de classe A sur les mêmes entreprises.
Flora Wang déclare: «Les investisseurs, les entreprises et les régulateurs en Chine ont tous contribué à jeter des bases solides en faveur de démarches d'investissement durable et d’un engagement accru. Néanmoins, les actionnaires ont encore une grande marge de manœuvre pour s’impliquer davantage dans la gestion de leurs droits de votes sur le marché chinois. Il s'agit à la fois de participer davantage aux votes en tant que tel, mais aussi de se prononcer plus clairement sur les questions décisives. Il s'agit également de s'engager plus directement et plus efficacement auprès des entreprises.»