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Neospora caninum,un parasite protozoaire apparenté étroitement à Toxoplasma gondii, est souvent responsable d’avortements infectieux chez les bovins. Il peut aussi infecter les ovins, les caprins, les ruminants sauvages et d’autres espèces, mais il est inoffensif pour l’homme.
Bien que le chien soit en principe l’hôte final du parasite, dans certaines régions du monde, loups, coyotes et dingos peuvent également l’être. En dépit d’anciennes suppositions, rien ne prouve que le renard roux peut être un hôte final de N. caninum.
Infection
L’infection des hôtes finaux a le plus souvent lieu par l’ingestion de pathogènes présents dans le placenta ou dans des tissus d’hôtes intermédiaires infectés ( p. ex. viande bovine ). Après environ cinq jours, les hôtes finaux excrètent durant deux à trois semaines des oocystes ( forme résistante du parasite ) qui peuvent survivre à l’extérieur pendant des mois. L’infection par voie orale chez les bovins, par ingestion d’oocystes, est peu commune puisque les chiens qui excrètent des oocystes sont rares. Plus fréquemment, l’infection a lieu par la transmission du parasite d’une vache infectée à son fœtus à travers le placenta. L’infection dans l’utérus peut notamment provoquer un avortement ( dès le troisième mois de gestation ) ou la mise bas d’un mort-né. Le plus souvent, l’animal donne naissance à un veau infecté, qui le restera à vie, mais sans présenter de signes cliniques. En cas de gestation, ces bovins positifs à Neosporaavorteront ou transmettront le parasite à la génération suivante. On estime que le risque d’avortement chez les vaches séropositives à Neosporaest trois à quatre fois supérieur que chez celles séronégatives. Quelque 5 % des vaches infectées sont susceptibles d’avorter à plusieurs reprises.
L’avortement lié à N. caninumpeut être épizootique ( ≥ 10 % des vaches gestantes avortent sur une durée d’un à deux mois ) ou sporadique ( les avortements de quelques animaux se répartissent sur des mois ). On suppose que les avortements épizootiques sont dus à l’infection initiale simultanée de plusieurs vaches d’un troupeau par des oocyst es. A l’inverse, les avortements sporadiques sont liés à la réactivation d’infections chroniques chez certains animaux pendant la gestation.
L’infection chez les vaches se confirme par sérologie. Il est également possible de vérifier la présence de N. caninumchez les fœtus par une PCR.
Une cause fréquente d’avortements
Entre 2011 et 2019, l’Institut de parasitologie à Berne ( IPB ) a analysé la présence de N. caninumvia une PCR en temps réel dans des prélèvements cérébraux de 992 fœtus avortés et dans le placenta de 13 vaches ayant avorté. La présence d’ADN de N. caninuma été confirmée chez 16,6 % des fœtus bovins et chez 38,5 % des placentas. Dans le même temps, 2 % des fœtus ovins et 2,4 % des fœtus caprins examinés ont affiché une PCR positive. Ces résultats montrent, d’une part, que N. caninumest très fréquent chez les bovins en Suisse et, d’autre part, que ce pathogène doit également être considéré comme une cause possible d’avortement chez les petits ruminants.
Il n’existe pour l’heure aucun vaccin ou traitement pour empêcher les avortements chez les ruminants.
Mesures
Dans les exploitations rencontrant des avortements liés à N. caninum, il est conseillé
- d’éliminer les fœtus avortés, les placentas et les veaux morts pour éviter leur ingestion par des chiens ;
- de ne pas nourrir les chiens avec de la viande crue ( la cuire ou congeler avant ) ;
- d’éviter la contamination de la nourriture et de l’eau par des déjections canines ;
- d’éliminer les vaches dont le lien entre Neospora et l’avortement est attesté ou les vaches séropositives.
Les mesures doivent être viables économiquement et adaptées à la situation de chaque exploitation.