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Le capitaine des trafiquants du cargo Blue Sky M a raconté son périple dans les colonnes du journal "La Repubblica". Il a conduit la semaine dernière quelque 800 clandestins syriens vers les côtes italiennes, où ils auraient tous trouvé la mort sans l'intervention des garde-côtes.
"Ils m'ont promis 15'000 dollars et la possibilité de faire venir toute ma famille", a expliqué Sarkas Rani, un Syrien de 36 ans, dans un récit reconstitué d'après son interrogatoire devant les policiers qui l'ont arrêté le 31 décembre à Gallipoli.
"Je suis arrivé en Turquie par avion depuis le Liban où j'étais réfugié. Là, j'ai été contacté par une connaissance qui savait que j'étais capitaine de navire", ajoute-t-il.
Annonce sur Facebook
Sarkas Rani embarque avec trois autres hommes sur le navire à destination du port turc de Mersin. Le cargo y reste deux jours, ancré au large, dans l'attente de sa "cargaison".
Selon "La Repubblica", les trafiquants ont même passé une annonce sur Facebook, proposant un embarquement pour la somme de 5500 dollars par personne, ou 4500 dollars pour les groupes de 25 personnes minimum.
Aucune vérification des autorités
Le troisième jour, un bateau a emmené un premier groupe de 30 personnes sur le Blue Sky M. Pendant quatre jours, les va-et-vient se succèdent et le 25 décembre, près de 800 personnes sont à bord. Jamais les autorités turques n'ont procédé à la moindre vérification, assure le "capitaine".
"J'ai personnellement tracé la route pour l'Italie", raconte encore Sarkas Rani. En raison du mauvais temps, il s'approche des côtes grecques et demande aux autorités l'autorisation de s'abriter dans une baie en attendant une amélioration. Permission accordée, mais les autorités maritimes grecques ne procèdent elles non plus à aucune vérification.
Catastrophe évitée de justesse
Le bateau repart, prend la direction de la côte du sud de l'Italie et Sarkas Rani abandonne la passerelle pour se réfugier dans la cale après avoir bloqué la barre et le moteur. Le navire fait route à environ six noeuds (11 km/h) et pointe droit sur la côte où, sans intervention de la marine italienne, il se serait fracassé.
Les garde-côtes repèrent le navire qui ne répond pas, montent à bord, et parviennent à en reprendre le contrôle à moins de cinq milles (9 km) de la côte.
ATS