Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06870.jsonl.gz/817

Les causes de l'infertilité

Un article de l'Unité de médecine de la reproduction
La fertilité correspond à la capacité pour un couple de concevoir et débuter une grossesse. Si après un an de rapports sexuels réguliers et non protégés, une grossesse ne survient pas, on parle d’infertilité. La fertilité d’un couple dépend de la fécondité de ses deux partenaires.
On parle d’infertilité primaire de couple si aucune grossesse n’est jamais survenue au sein du couple et d’une infertilité secondaire si il y des difficultés à concevoir un deuxième enfant après avoir déjà conçu et/ou porté à terme une ou plusieurs grossesses.
Un couple sur six consulte au cours de sa vie reproductive pour des difficultés à concevoir. Dans 30 % des cas l’infertilité est d’origine féminine, dans 30 % d’origine masculine et dans 30 % d’origine mixte.
Dans les 10 % restants, le bilan d’infertilité du couple est normal et on parle alors d’une infertilité inexpliquée ou infertilité «idiopathique».
Causes d’infertilité féminine
1. Les anovulations ou dysovulations
Les causes les plus fréquentes d’infertilité d’origine féminine sont l’absence (anovulation) ou les troubles de l’ovulation (dysovulation). Ce diagnostic est évoqué devant l’existence d’une aménorrhée (absence de règles) ou d’irrégularités menstruelles.
La cause d’infertilité anovulatoire la plus fréquente est le syndrome des ovaires polykystiques. Il s’agit d’un désordre endocrinologique qui touche 5-10 % de la population féminine dont les symptômes gynécologiques sont souvent des cycles irréguliers avec un intervalle de plusieurs mois et/ou des poils sur la peau ou la chute de cheveux. A l’ultrason gynécologique, on voit souvent beaucoup de petits follicules dans un ou deux ovaires.
Dans 5 % des cas, les causes d’infertilité anovulatoire peuvent être dues à une insuffisance ovarienne précoce qui se manifeste avant 40 ans et qui reste sans cause expliquée dans 80% des cas.
Il y a aussi d’autres troubles hormonaux (par exemple les hormones de la thyroïde et la prolactine) qui peuvent causer des dysovulations ou des anovulations.
De plus, le poids corporel (obésité ou anorexie/boulimie) ainsi que le style de vie (stress physique/psychique, alcool, cigarettes, drogues, etc.) ainsi que des maladies graves peuvent perturber le cycle.
2. Infertilité d’origine tubaire
Il s’agit d’une cause fréquente d’infertilité féminine. La perméabilité des trompes est essentielle pour le passage des spermatozoïdes pour la fécondation de l’ovocyte et le transport de l’embryon. L’obstruction tubaire peut être la conséquence d’infections sexuellement transmissibles, d’une malformation congénitale ou d’une ligature des trompes.
3. Endométriose
L’endométriose est une maladie où l’endomètre s’implante en dehors de la cavité utérine.
Dans la plupart des cas, l’endométriose se localise au niveau des ovaires sous forme de kyste appelé endométriome. Les autres sites d’atteinte (foyers, nodules, adhérences) sont les trompes, le péritoine, les organes digestifs, l’espace entre le vagin et le rectum (endométriose recto vaginale), la vessie, les reins, les voies urinaires et, rarement, les poumons ou d’autres organes.
Les symptômes qui font suspecter une endométriose sont des douleurs pendant les règles, pendant les rapports sexuels, des douleurs pelviennes chroniques, et des douleurs vésicales ou intestinales. Une autre conséquence de l’endométriose peut être l’infertilité.
Seule la laparoscopie combinée avec un examen histologique (biopsie) peut confirmer ce diagnostic.
La thérapie dépend du stade de la maladie et de plusieurs autres facteurs (désir d’enfant, localisation des foyers/nodules/kystes etc.). En règle générale il s'agit d'un traitement opératoire éventuellement combiné avec un traitement hormonal (sous forme de piqures ou de comprimés).
Les chances de grossesse sont augmentées après l’ablation des foyers d’endométriose.
4. Infertilité d’origine utérine
La cavité de l’utérus est le site d’implantation de l’embryon. Les pathologies qui dérangent la cavité utérine (par exemple: myome, polype, endométrite chronique, malformations utérines) réduisent les chances d’une grossesse.
Causes d’infertilité masculine
L’analyse du sperme chez l’homme est indispensable pour exclure une cause masculine. La réduction du nombre, de la mobilité ou de la qualité des spermatozoïdes peut être une cause d’infertilité. Ces anomalies peuvent provenir de causes génétiques, d’exposition à des facteurs toxiques (alcool, tabac, chaleurs, solvants), de traumatismes, de déficits hormonaux ou d'infections.
Une cause d’infertilité masculine est trouvée dans 50 à 60 % des cas à la suite d'investigations ultérieures. Lorsqu'aucune cause n'est trouvée on parle d'infertilité masculine «idiopathique».