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Le mariage reste-t-il la meilleure option?
Que savons-nous au juste au sujet de l’importance du mariage pour les enfants, pour les adultes et pour la société?
Il y a eu une nette augmentation, sur les deux générations passées, de la proportion d’enfants ne vivant pas avec leurs deux parents mariés. Ceci est dû en premier à l’augmentation des divorces et, plus récemment, à une nette hausse de couples non mariés avec enfants. Un vigoureux débat public, lancé par ces changements dans la structure familiale, a généré une imposante littérature dans les sciences sociales sur les conséquences de la fragmentation familiale.
Le mariage a énormément changé durant les deux dernières générations, y compris en ce qui concerne l’incidence et l’acceptation sociale du divorce, de la cohabitation, de relations sexuelles avant mariage et d’enfants nés hors mariage. D’autres changements importants révèlent une augmentation marquée de femmes qui travaillent, une tolérance réduite pour la violence domestique (mais malheureusement pas de son incidence) et une modification du rôle des deux sexes. Durant les quarante dernières années, tant les hommes que les femmes soutiennent une plus grande participation des hommes dans les tâches ménagères ainsi qu’une plus grande proportion de femmes qui travaillent à l’extérieur, avec une différenciation diminuée entre les rôles des hommes et des femmes. Pour ce qui est des bénéfices du mariage, la recherche montre une évidence nette de continuité plutôt que de changement ou de déclin.
Les sciences sociales sont mieux équipées pour affirmer si oui ou non certains faits sociaux sont vrais plutôt que pour expliquer pourquoi ils sont vrais. Nous pouvons dire d’une façon plus péremptoire que le mariage est associé à une certaine puissance sociale, plus définitivement que nous pourrions dire que le mariage est l’unique ou la principale cause de ces acquis sociaux.
Une bonne recherche essaie de démêler ce que les spécialistes appellent «les effets de la sélection» ou les différences pré-existantes entre les individus qui décident de divorcer, de se marier ou de concevoir des enfants hors mariage. Est-ce que le divorce est à l’origine de la pauvreté par exemple, ou est-ce plutôt les gens pauvres qui divorcent davantage ? Les sciences sociales essaient de multiples manières différentes de faire une distinction entre des relations causales et de simples corrélations. Les études citées ici sont pour la plupart d’entre elles fondées sur un vaste échantillon représentatif de la race, du plan familial et autres facteurs composants. Dans beaucoup – mais pas dans tous les cas – les spécialistes en sciences sociales ont pu démontrer des données longitudinales en suivant des individus lors de leur mariage, divorce ou célibat, ce qui augmente encore notre sentiment que le mariage a toute son importance. Lorsque les résultats démontrent, de notre point de vue, de manière claire, que le mariage est à la base du bien-être, nous le disons clairement. Là où nous estimons que le mariage pourrait probablement être l’origine de ce bien-être, mais que les liens de causalité ne sont pas bien compris, nous sommes plus prudents.
Nous reconnaissons la possibilité que des facteurs autres que le mariage, le divorce ou les parents célibataires puissent influencer les résultats. Relativement peu d’études sur les structures familiales mettent en évidence le rôle de la génétique et certains chercheurs pourraient ne pas être d’accord sur l’existence et l’importance de ces sélections tendant à dire que le mariage est directement lié au bien-être social tel que rapporté ici.
Et bien entendu, les circonstances individuelles peuvent varier. Par exemple, alors que le divorce est associé à de sérieux risques psychologiques pour les enfants, la majorité des enfants de divorcés ne sont pas mentalement atteints. Alors que le mariage est un bien socialement parlant, tous les mariages ne sont pas égaux. Généralement, la recherche n’admet pas l’idée que le remariage est préférable pour les enfants plutôt que de vivre avec une mère célibataire. Les mariages malheureux n’offrent pas le même bénéfice que le mariage type. Le divorce ou la séparation offrent une importante sortie de secours pour les enfants et les adultes dans des situations de conflits graves et violents.
Les familles, les communautés et les politiques qui s’intéressent à répartir les bénéfices du mariage d’une manière plus équitable doivent faire bien davantage que simplement dissuader le divorce sur le plan légal. Les sciences sociales sont typiquement mieux à même de répondre à des questions d’ordre général (par ex. Est-ce que les taux élevés de divorce et les enfants conçus hors mariage sont susceptibles de diminuer le bien-être général des enfants?), plutôt que de répondre à des questions concernant des parents individuels (par ex. Est-ce que mes enfants en particulier, dans mes circonstances personnelles, seront marqués ou aidés par le divorce?).
Nous croyons que les sciences sociales bien utilisées, en dépit de leurs limites, sont un meilleur guide de la politique sociale que la non-information ou le préjudice. Le grand public et les politiciens méritent d’entendre ce que la recherche suggère au sujet des conséquences du mariage ou son absence auprès des enfants et des adultes. Ce fascicule représente notre meilleur jugement sur ce que révèlent les sciences sociales au sujet de l’importance du mariage dans notre système social.
Voici notre conclusion fondamentale:
Le mariage est un acquis social important en rapport avec un tableau très étendu de résultats positifs pour les enfants autant que pour les adultes.
La structure familiale et ses processus sont, bien entendu, un des facteurs qui contribuent au bien-être social des enfants. Notre propos ici n’est pas de minimiser l’importance des autres facteurs socio-économiques comme la pauvreté, l’aide à l’enfance, le chômage, la sécurité dans le voisinage ou la qualité de l’éducation des parents et des enfants. Que notre société réussisse ou non à créer une culture du mariage saine est indiscutablement une affaire qui concerne légitimement le grand public.
Le mariage signifie bien plus qu’une simple relation émotionnelle. C’est également une valeur sûre sur le plan social. Pas tout le monde peut ou devrait se marier et pas tous les enfants élevés en dehors du mariage en subissent des conséquences négatives. Mais les communautés dans lesquelles les mariages heureux sont nombreux obtiennent de meilleurs résultats avec les enfants, les hommes et les femmes que les communautés avec un taux élevé de divorce, de mères célibataires et de mariages violents et conflictuels. Ainsi que l’estiment les politiques concernées par les inégalités sociales et le bien-être des enfants; il faut renforcer le mariage. Davantage de fonds sont nécessaires pour la recherche afin d’identifier les causes du fossé existant dans le bien-être social.
De la recherche fondamentale en continu sur le mariage et la dynamique conjugale contribue au développement de stratégies et de programmes afin d’aider à renforcer le mariage et à réduire les divorces inutiles.
Nous oublions facilement que l’espoir de construire un mariage solide est à la base de chaque couple qui dit «oui». En plus, les mariages en échec le sont souvent pour des raisons banales, mais persistantes. Sachant que les bienfaits du mariage sont nombreux et que l’éclatement familial coûte cher pour tout le monde, il va de soit qu’une volonté d’aider chaque coupe à accomplir son rêve de base est une stratégie plus que payante.
Extrait de 21 raisons, National Marriage Coalition Australia, 2004