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Contenu du travail de recherche
Le « tournant néolibéral » de la fin des années 1970 est attesté (Harvey, 2007 ; Mirowski & Plewhe, 2009) mais la discipline historique explique difficilement les causes d’un tel changement économique. La place prise par le marché en tant qu’étalon de la bonne gouvernance n’est pas la simple conséquence d’un changement économique en faveur du capital financier. Diverses institutions politiques, persuadées par un « nouveau libéralisme », ont validé des transformations favorisant les bénéficiaires de ce type de capital.
Ce travail décrit les arguments du système de pensée néolibéral élaborés par des intellectuels parfois en désaccord, mais qui œuvraient tous en faveur d’un libéralisme rénové. Dans un premier temps, l’analyse d’ouvrages paradigmatiques (The Fountainhead (Rand), Introduction à la philosophie de l’histoire (Aron), The Good Society (Lippmann) The Road to Serfdom (Hayek), Human Action (Mises)) permet d’identifier le noyau philosophique du néolibéralisme et ses différentes variantes stylistiques. Ensuite, l’hypothèse d’une pénétration de ces idées dans le discours politique est testée par l’analyse d’allocutions de Nouvel-An entre 1935 et 2010 (Etats-Unis, Royaume-Unis, France, Suisse). L’analyse quantitative peut démontrer l’accroissement d’un vocabulaire néolibéral ; l’analyse qualitative permet de voir comment ces concepts sont traduits par les acteurs politiques.
Contexte du projet de recherche
L’adoption d’une vision cohérente de l’organisation économique est une question centrale pour la démocratie. Cette vision s’incarne dans un discours justificateur qui a des implications politiques et économiques : il dessine les frontières du communicable même en ce qui concerne des contre-discours. L’approche socio-historique adoptée par ce projet accorde une place centrale à l’analyse du discours. Mettre à jour les racines de notre impensé politique permet de comprendre nos difficultés à remettre en cause l’inéluctabilité de l’économie de marché.