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Le nouveau président mexicain, Andres Manuel Lopez Obrador, a signé lundi un décret mettant en place une commission chargée de déterminer ce qui est arrivé en 2014 à 43 étudiants portés disparus et présumés morts. "C'est une affaire d'Etat", a-t-il affirmé.
"Nous n'allons pas nous en laver les mains", a complété le président de gauche investi dans ses fonctions samedi. Il a promis qu'aucun obstacle n'empêcherait que la vérité soit faite, et en s'engageant à garantir la sécurité de tous ceux qui voudraient bien témoigner.
Même l'armée, a-t-il dit, pourrait faire l'objet d'investigations de la part de la commission, ce qui était une revendication essentielle des proches des disparus et de certains experts, selon lesquels des militaires disposent d'informations qui n'ont pas encore été divulguées sur cette affaire.
"L'enquête doit pouvoir cibler tous les membres du gouvernement, toute personne impliquée", a-t-il dit, "y compris des membres de l'armée susceptibles d'avoir été impliqués".
Des failles
Le ministère mexicain des Affaires étrangères a invité des organisations internationales à prendre part aux travaux de la commission d'enquête, y compris les Nations unies, qui pourront disposer d'observateurs, ainsi que la Commission inter-américaine des droits de l'homme, qui sera chargée de gérer un groupe d'enquêteurs indépendants.
Selon le précédent gouvernement, les étudiants, qui suivaient une formation au métier d'enseignant à Ayotzinapa, dans l'Etat du Guerrero (sud-ouest du Mexique), ont été emmenés par des policiers corrompus qui les ont livrés à des gangsters, lesquels les ont assassinés et ont brûlé leurs corps dans une décharge.
Mais dans un rapport rendu public en 2015, des experts internationaux ont pointé des failles importantes dans l'enquête des autorités et rejeté l'affirmation centrale selon laquelle les victimes ont été incinérées dans une décharge à Cocula, une ville de l'Etat de Jalisco.