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Ce rapprochement a été favorisé par François. Quelques mois après son élection, en août 2013, le pape décidait « comme expression d’estime et d’amitié envers tous les musulmans » de signer lui-même le traditionnel message envoyé à l’occasion du Ramadan. En octobre, il recevait le grand mufti du Caire. Et en décembre, il envoyait au Caire Mgr Miguel Àngel Ayuso Guixot, secrétaire du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux. Ces mains tendues intervennaient après deux années délicates. En janvier 2011, les contacts s’étaient interrompus après l’attentat contre la cathédrale copte d’Alexandrie. Benoît XVI jugeait nécessaire de protéger les chrétiens en Egypte, une déclaration que l’institution égyptienne avait considérée comme une interférence occidentale indue.
L’année 2014 a été aussi déterminante : en novembre, de retour de Turquie, François fait le vœu que « tous les dirigeants musulmans du monde, politiques, religieux, universitaires, se prononcent clairement et condamnent la violence (djihadiste) qui nuit à l’islam ». Le 3 décembre 2014, le cheikh Ahmed al-Tayeb dénonce le faux islam et la barbarie de Daesh au terme d’ une conférence internationale sur « la lutte contre l’extrémisme et le terrorisme » organisée à Al-Azhar en présence de sept-cents chercheurs, responsables politiques ou religieux venant de 120 pays. En mars 2014, le Grand Imam envoie un responsable de la mosquée, Mahmoud Azab, à l’initiative interconfessionnelle de François pour lutter en réseau contre l'esclavage moderne et la traite.
Un an plus tard, en juin 2015, Ahmed al-Tayeb répond à une invitation de Sant’Egidio. Il se rend à Florence où il participe à une conférence internationale sur le dialogue des cultures, organisée par la communauté catholique. Il se dit alors disposé à rencontrer le pape. « Si le Vatican fit un pas dans notre direction, nous en ferons dix dans la sienne » assure-t-il à l’agence de presse catholique italienne, SIR.
Un pas accompli en février dernier. Le secrétaire du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux est de nouveau reçu à Al-Azhar. Il convient avec l’adjoint du Grand Imam de la nécessité de renouer le dialogue entre les deux institutions, et de poursuivre et d’intensifier leurs relations pour le bien de l’humanité. Mgr Miguel Àngel Ayuso Guixot transmet alors à son interlocuteur une lettre du cardinal Jean-Louis Tauran. Le président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux se dit disposé à recevoir le Grand Imam et à l’accompagner officiellement en audience auprès du Pape François. Une invitation à laquelle aurait donc répondu favorablement la plus haute autorité de l'islam sunnite dans le monde.
(Radio Vatican/réd.)