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No Billag (4) : quel service public pour la Suisse au XXIe siècle ?
De quoi la Suisse a t-elle besoin pour aborder sereinement le XXIe siècle ? Des solutions élaborées au XXe siècle pour résoudre les problèmes du XXe siècle, ou des solutions technologiques adaptées à la résolution des problèmes d'aujourd'hui ?
À quoi doit servir un « service public », dans une société ouverte, informatisée, connectée, de nos jours ? Normalement, un service public – encouragé, financé et protégé par l’État – doit apporter des réponses aux difficultés, aux blocages, que la société civile, le monde de l'entreprise privée, celui des associations, est incapable de surmonter. Si le service public, bénéficiant des avantage précités, n'existe que pour concurrencer le reste de la société, et s'imposer face à elle, il n'a pas d'intérêt.
Dans les années 30, apporter, par la radio, de la musique au fin fond des vallées alpines était une vrai tâche de service public. Dans les années 60, réunir la famille suisse autour du tout nouveau poste de télévision pour lui montrer des images du monde, était aussi une vrai tâche de service public. Seuls les organismes dépendant de l’État, et recevant une part de sa puissance, étaient capables d'y parvenir. C'est encore ce que fait la SSR aujourd'hui.
Nous sommes maintenant bien entré dans le XXIe siècle. L'internet est apparu, qui double et concurrence entièrement la vieille transmission analogique ou numérique (TNT, TNS), par onde, par câble ou par satellite. Avec l'internet, les outils permettant de l'utiliser sont aussi apparus. Pratiquement tous issu du monde de l'entreprise privée.
Les jeunes générations se sont accoutumées à rechercher elles-mêmes les informations qui les intéressent. Elles n'attendent plus qu'une autorité supérieure, paternaliste, leur dise ce qu'elles doivent voir, quand elles peuvent le voir, et ce qu'elles doivent en penser.
Avec l'apparition du 5e pouvoir, soit les réseaux sociaux, qui permettent une communication aisée entre toutes les couches de la société - à travers des frontières de la langue, de la fortune, de la classe, de la religion, de la géographie - un autre puissant outil de réorganisation sociale et d'information est apparu.
Tout cela a des conséquences. Quand on a pris l'habitude de chercher et trouver immédiatement des informations sur ce qui nous intéresse, et souvent des informations très pointues, on ne peut plus attendre que le personnel des grandes chaînes généralistes veuille bien s'y intéresser (peut-être)... Il s'agit-là d'une révolution copernicienne, de l'équivalent de la Réforme dans l'Europe du XVIe siècle. Le simple citoyen parvient, seul, au résultat, sans avoir besoin d'une tutelle, d'une autorité, d'une direction.
Puisque nous sommes au XXIe siècle, ne devrait-on pas réfléchir aux modèles d'information ...d'aujourd'hui? Et puisqu'il s'agit de l’État, et de la responsabilité qui est la sienne de protéger le pays des dangers nouveaux qui apparaissent, de réfléchir à ce que devrait être un service public adapté à son époque ?
Quels sont ces nouveaux canaux d'information, quels sont ces nouvelles menaces ? Nous les connaissons bien, nous les utilisons tous ! Les grands moteurs de recherche, les réseaux sociaux, les systèmes d'hébergement et de distribution de vidéo (Youtube, Zype, ...), les systèmes de distribution payant de film (Netflix, Amazon Video, ...), les systèmes permettant appels téléphoniques et émail (Skype, Outlook, Google, ...), les systèmes de stockage d'informations (le Cloud computing, ou les systèmes sécurisés)
Et quels sont les menaces ? Précisément ce qui infiltre, paralyse, espionne, détruit les nouveaux systèmes de communication, les systèmes informatiques de contrôle et les installations de stockage de l'information. La liste des attaques informatiques ayant visé des particuliers, des entreprises, des administrations et des États est désormais longue.
Pour ce qui concerne la sécurité informatique, il y a, en Suisse, beaucoup à faire. C'est précisément là qu'on devrait attendre la Confédération (plutôt que de la voir patronner du divertissement ou la laisser prélever une taxe pour montrer du sport à la TV): où est le système d'exploitation national sans backdoor (sous Linux) ? Où est l'antivirus national ? Où est le moteur de recherche national ? Où est le data center sécurisé national ? Où est l'équivalent Youtube national pour les auteurs suisses ? Où est l'équivalent Facebook national pour faciliter communication indépendante et intégration verticale ? Nous avons la jeunesse et l'intelligence qu'il faut pour investir ces espaces, mais nous n'avons pas les systèmes. Et si nous les avons, nous les devons à l'étranger.
La Chine, qui se veut indépendante, a réussi a construire ses systèmes nationaux, l'Inde le veut, même la pauvre et petite Corée du Nord est parvenu a mettre au point un système d'exploitation national... L'UE cherche à lancer un Netflix européen. Manifestement, il y a dans ce monde, en ce domaine, des sociétés politiques plus en avance que la nôtre...
Aujourd'hui, l'armée suisse n'est pas certaine de contrôler le système informatique de ses avions de combat... Les ordinateurs de la Confédération sont quasi tous dotés de systèmes d'exploitation provenant d'un fournisseur réputé pour les failles de sécurité mille fois dénoncées de ses systèmes. Pour ne rien dire des logiciels équipant les ordinateurs privés. Les antivirus utilisés en Suisse sont tous d'origine étrangère. Nombre d'entre-eux sont pourtant originaires de pays plutôt modestes, très comparables, par la taille ou la puissance économique, à notre pays : République tchèque, Israël, Slovaquie, Danemark, Finlande, Roumanie, Espagne ... Sur le plan de la sécurité informatique, l’État a presque complètement failli à sa tâche. Il récolte pourtant 1 360 millions de CHF chaque année par l'intermédiaire de la redevance afin d'entretenir un « service public » destiné normalement à pallier aux faiblesses de l'économie privée en matière de médias...
Qui veut parler sérieusement de service public au XXIe siècle doit parler des moyens contemporains de communication, de contrôle, de sécurité, de diffusion, et non des vieilles techniques, des vieux modes, des vieilles hiérarchies et des vieilles habitudes. De même, il doit s'interroger sur le soutien direct aux producteurs culturels - dans le cinéma, l'édition, le documentaire, le théâtre - tous source d'un soft power nécessaire à la Nation - plutôt que s'enfermer dans de vieux et dispendieux modes d'action.
Bernard Antoine Rouffaer 12.2.2018
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Les grandes attaques informatiques dans le monde
Les grands virus
Les premiers grands piratages informatiques ou techniques
La Confédération installe Windows 10 sur ses ordinateurs
Le logiciel de sécurité Secure Center. « Le logiciel de sécurité SecureCenter est utilisé pour le traitment d’informations électroniques dignes d’être protégées. »
Loi suisse sur la sécurité de l'information. « La loi sur la sécurité de l’information définit les exigences minimales auxquelles toutes les autorités de la Confédération doivent répondre pour protéger leurs informations et infrastructures informatiques. »
La stratégie chinoise d'indépendance informatique et Ubuntu Kirin
Le projet de Netflix européen
Le système nord-coréen Red Star OS
Le système d'exploitation indien
Origine des antivirus utilisés en Suisse:
Eset : Slovaquie
Panda : Espagne
F-Secure : Finlande
G-Data : Allemagne
ZoneAlarm : Israël
Avira : Allemagne
BitDefender : Roumanie
BullGuard : Danemark
Malewarebytes : USA
AVG : Tchéquie
Norton (Symantec): USA
MacAfee : USA
Microsoft : USA
Kaspersky : Russie
Avast : Tchéquie