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03/11/2016
2014 : l'été incertain
Souvent les gens que je rencontre pour la première fois sont surpris quand ils apprennent que je suis passé de positions socialistes dures (radicales) à des positions très libérales. C'est une réaction compréhensive évidemment. Mais il faut saisir que ce n'est pas un événement survenant de nulle part, mais un long processus qui dure grosso modo de mon premier contact avec un vrai libéral, quand j'avais 20 ans, à mon départ de la Jeunesse Socialiste, à mes 23 ans. Un processus, qui plus est, intense, de par mes études (science politique, puis philosophie et histoire), mes activités politiques (dans de multiples contextes et organisations) et mes recherches personnelles (qui comprennent mes publications sur ce blog).
Ce processus culmine avec la lecture de Ayn Rand au début de l'été 2014, qui détruit (ou finit de détruire) ma confiance dans l'axiome socialiste que je m'étais forgé : le salariat comme agression et vol (commis par les patrons), pierre angulaire morale justifiant l'usage de la violence révolutionnaire (ou de l’État). Aujourd'hui, cette croyance d'antan me paraît un peu naïve, mais il faut considérer qu'elle était le fruit de beaucoup de lectures supposément illustres qui, après tout, allaient dans ce sens.
Entre ma lecture de Rand et mon départ de la Jeunesse Socialiste se déroulent plusieurs semaines estivales qui sont une période très curieuse de ma réflexion politique puisque je suis dans une forme d'incertitude sur mes positions. Sous bien des aspects, le socialisme m'attire toujours car je ressens une répulsion spontanée pour la hiérarchie. Mais je suis poussé vers une conception du socialisme comme mode d'organisation préférentielle et volontaire, et vers le libéralisme, de par mes positions anarchistes profondément anti-étatistes et anti-bureaucratiques. Alors, comme ultime défi, je relis les deux principaux ouvrages de l'anarchisme libéral, L'éthique de la liberté de Rothbard et Vers une société sans État de David Friedman, que je soumets au feu de la critique d'une lecture parallèle d'un ensemble d'ouvrages défendant des positions social-libérales et keynésiennes. Cette lecture comparative finira par me convaincre et par m'amener à quitter la Jeunesse Socialiste et à rejoindre le mouvement libertarien puis libéral. L'été incertain n'est toutefois pas la fin de l'incertitude car il faudra encore plusieurs mois avant que je ne sois véritablement pleinement assuré de mes nouvelles positions libérales. Mais cela, c'est une autre histoire.
Adrien Faure