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On y retrouve les caractéristiques de l'écriture de Tobias Wolff ainsi que les traits de caractères récurrents chez ses personnages : tous sont des raconteurs d'histoires et des menteurs compulsifs. Certains enjolivent la réalité pour gagner l'intérêt de leurs interlocuteurs. D'autres sombrent dans la dépression, ayant perdu toute illusion quant à leur propre sort. D'autres encore échafaudent des fantasmes pour échapper à la banalité de leur quotidien. Sous la plume de Tobias Wolff, ces histoires deviennent une métaphore symptomatique du besoin des gens d'établir un ordre narratif dans le chaos de leur existence quotidienne, en même temps que celle du processus de création narrative qu'il pratique lui-même.
Ce recueil regroupe ainsi, entre autres, les histoires suivantes :
Dans " Le menteur ", un garçon invente des histoires à répétition : ainsi raconte-t-il que sa mère, pourtant en parfaite santé, a craché du sang, ou qu'il est le fils de missionnaires et est né au Tibet.
Dans " Le frère riche ", un escroc particulièrement bavard emmène ses frères faire un tour en voiture et s'efforce de leur vendre des parts dans un mine d'or au Pérou.
Dans " L'étudiant mature ", une professeure raconte à l'un de ses étudiants comment elle aurait vendu certains de ses camarades à des enquêteurs, à Prague, des années auparavant.
Dans un autre texte encore, un homme qui mène une double vie : il prétend ne jamais quitter son chez-soi en Californie alors qu'il finit par retrouver et vivre avec la fille dont il était passionnément amoureux au lycée.
Dans " Desert Breakdown 1968 ", une voiture familiale tombe en panne lors d'un arrêt dans un petit garage, au milieu de nulle part. Lorsque le père de famille est pris en auto-stop par une équipe de cinéma, pour se rendre jusqu'à la prochaine ville, il envisage d'abandonner sa femme et son fils dans le désert pour se lancer dans une carrière cinématographique.
Quelle que soit l'époque à laquelle elles ont été écrites, ces nouvelles nous rappellent à quel point l'art narratif de Tobias Wolff repose sur l'élaboration d'un retournement final, toujours inattendu.