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Bien sûr, le dernier rapport du GIEC ne préconise pas ouvertement d'augmenter la part du nucléaire parmi les sources d'approvisionnement mondial, mais il sous-entend implicitement que c'est la seule manière réaliste d'arriver à atteindre les objectifs qu'il fixe. Comme on peut le voir ici, l'objectif de 1,5 degrés d'augmentation maximale de la température ne peut être atteint, selon ses simulations, que dans une série de scénarios, dont les plus réalistes impliquent une augmentation du nucléaire.
A la lecture de ce rapport, les industriels du nucléaire ont dû pavoiser. Eux qui gèrent des centrales vieillissantes, dont le remplacement est très difficile et on ne parle même pas d'augmentation de la puissance totale. Un allié tel que celui-ci, c'est inespéré, non ? Enfin pas sûr. Depuis que la théorie du réchauffement climatique est apparue, et malgré la catastrophe de Tchernobyl qui avait rendu leur technologie très impopulaire, l'industrie du nucléaire s'est servie du réchauffement pour balayer toute critique. 'Comment voulez-vous lutter contre le réchauffement sans le nucléaire ?' C'est un argument d'autorité qui prend le dessus sur tous les autres... si on considère la catastrophe climatique comme la principale plaie qui nous guette pour le siècle à venir.
La plupart des écologistes se permettent bien d'être à la fois anti-nucléaires et anti-pétrole. Ils prétendent ainsi qu'on peut à la fois se passer des deux technologies. On tombe ainsi dans les scénarios les moins réalistes des simulations du GIEC. Mais le moins qu'on puisse dire c'est qu'on ne prend pas ce chemin et qu'on n'est pas près de le prendre. Bien entendu, à la fin de ce siècle, d'une manière ou d'une autre nous aurons été forcés d'abandonner ces deux sources d'énergie. Mais la manière dont nous allons nous y prendre dépend des priorités que l'on fixe.
Pour ma part, je suis profondément opposé à la technologie nucléaire, du moins celle employée aujourd'hui et qu'on continue à prôner pour le remplacement des centrales existantes, car elle est dangereuse et extrêmement polluante. Oui j'ai bien dit polluante. Le nucléaire ne produit que très peu de CO2 bien sûr, mais ce gaz inerte et présent naturellement dans l'atmosphère n'est pas à proprement parler un polluant. Ce qui pollue par exemple dans les émissions liées à la combustion de produits pétrolier, c'est les autres émissions telles que le monoxyde de carbone, les oxydes d'azote, les particules fines, car ce sont des émissions dangereuses pour la santé. Pour ce qui est du nucléaire, il produit des produits toxiques extrêmement dangereux et qui resteront dangereux pour certains des centaines de milliers d'années ! En réalité, le nucléaire est la technologie la plus polluante que l'homme n'ait jamais inventée.
Et là je ne parle même pas de la dangerosité grandissante des centrales qu'on cherche par tous les moyens à ne pas fermer, ni de l'impossible démantèlement qui nous attend et qui sera sans doute impossible à financer. En réalité, le plus probable c'est que par manque de crédits la majorité des centrales resteront ainsi, monuments en ruines éternellement radioactifs à la gloire de la bêtise et de la cupidité humaine.
Bref, la transition énergétique d'accord, mais pas à n'importe quel prix. Je disais l'autre jour à une personne qui me disait que les voitures électriques faisaient beaucoup de progrès, que tant que la part du nucléaire était ce qu'elle est et qu'on considérait comme impossible le fait de réduire la consommation de produits pétroliers sans le nucléaire, je continuerai à considérer les voitures électriques comme des voitures nucléaires et je n'en voudrai pas. En fait pour aller vers le tout électrique, il faut se donner le temps des énergies renouvelables ou d'autres solutions que la technologie du futur nous fournira, par exemple la fusion nucléaire. Ce siècle verra bien la fin des énergies fossiles car nous ne pourrons pas en produire plus. Mais vouloir en finir trop vite avec elles va nous forcer à une nouvelle course effrénée vers la construction de nouvelles centrales et ça je ne le veux pas.