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Dernier survivant des neuf « fils de la Toussaint » (ceux qui avaient déclenché la guerre pour l’indépendance de l’Algérie, le 1er novembre 1954), Hocine Aït Ahmed est donc décédé fin décembre au CHUV à Lausanne, à l’âge de 89 ans. Avec lui disparaît l’une des plus grandes figures historiques, politiques et surtout démocratiques de l’Algérie. Car durant toute sa vie, Hocine Aït Ahmed aura combattu tour à tour la colonisation française, l’autoritarisme du régime en place et l’intégrisme islamiste.
Hocine Aït Ahmed a été durant plusieurs décennies le leader du Front des forces socialistes (FFS), seul parti algérien véritablement indépendant. Le FFS étant membre de l’Internationale socialiste, Hocine Aït Ahmed entretenait des liens étroits et réguliers avec les socialistes européens et suisses. C’était aussi un ami du Jura, où il était venu à plusieurs reprises durant son long exil lausannois. Le 22 août 2003, il avait en particulier participé à un congrès du Parti socialiste jurassien (PSJ), à Saignelégier, où il avait tenu un admirable discours sur le socialisme et la nécessaire émancipation des peuples du tiers monde.
Hocine Aït Ahmed était très intéressé par le Jura du fait qu’il voyait certaines homologies structurales entre la lutte pour l’autonomie jurassienne et la situation de la minorité berbère de Kabylie – à laquelle il appartenait -, elle aussi opprimée durant une très longue période, avant comme après l’indépendance de l’Algérie.
Jean-Claude Rennwald, ancien conseiller national PS, le 27 décembre 2015