Document ID: /fineweb-2-swissfilter-quality_10-filterrobots/filtered/06928.jsonl.gz/727

Texte déposé
Depuis quelque temps déjà, les conséquences de la cyberdépendance préoccupent les médias et les milieux politiques. Les spécialistes de la dépendance sont confrontés à un nombre croissant de demandes émanant de parents inquiets à la recherche d'informations. Pour juguler le phénomène, la Suisse doit se doter de bases solides, qui font encore défaut.
Je prie le Conseil fédéral de répondre aux questions suivantes:
1. Quelle importance le Conseil fédéral accorde-t-il au problème de la cyberdépendance?
2. Est-il prêt à charger l'Office fédéral de la santé publique ou d'autres services idoines à élaborer des bases de décision pertinentes (statistiques, analyses, etc.)?
3. Est-il prêt à instituer un service spécialisé en matière de cyberdépendance au sein de l'Office fédéral de la santé publique ou d'une organisation de droit privé appropriée (p. ex. l'Institut suisse de prévention de l'alcoolisme et autres toxicomanies)?
4. Est-il prêt à créer une plate-forme Internet centrale sur laquelle les spécialistes et les parents trouveront des informations actuelles sur l'évolution d'Internet et des médias visuels (techniques, jeux, etc.)?
5. Est-il prêt à accorder des moyens financiers à la prévention et au traitement de la cyberdépendance sans prétériter d'autres domaines de prévention? Entrevoit-il la possibilité et la nécessité de trouver une nouvelle source de financement?
6. Est-il d'avis qu'un traitement ambulatoire des victimes de la cyberdépendance suffit, ou ne devrait-on pas réfléchir également à des solutions hospitalières en cours de traitement?
Développement
Les services spécialisés dans la dépendance sont confrontés à un nombre croissant de demandes émanant de parents inquiets à la recherche d'informations sur:
- la manière de déceler si leurs enfants font un usage "normal" ou excessif de leurs écrans (ordinateurs, téléphones portables, consoles de jeux, télévision, etc.);
- leurs possibilités de freiner le recours immodéré aux médias visuels;
- leurs moyens d'intervenir contre la surconsommation manifeste lorsqu'ils constatent que leurs enfants négligent leurs obligations scolaires, professionnelles et sociales;
- les sources où ils trouveront rapidement des informations sur l'évolution d'Internet et des médias visuels (technique, jeux, etc.), de façon à évaluer correctement l'attitude de leurs enfants.
Les spécialistes s'attendent à une recrudescence des problèmes de cyberdépendance et, en Suisse également, ils en discutent abondamment. Les problèmes connexes (par ex. la pornographie véhiculée par les téléphones portables) préoccupent les médias et les milieux politiques. La prévention est donc indispensable, et pour juguler le phénomène, la Suisse doit se doter de bases solides qui font encore défaut. A cet égard, il ne faut pas perdre de vue que la première génération confrontée depuis la petite enfance aux avantages et aux inconvénients des nouvelles technologies de la communication est en passe de devenir adulte.
Réponse du Conseil fédéral
du
28.11.2007
1. Malgré le peu de données disponibles sur le plan national comme sur le plan international, on peut supposer que la cyberdépendance est en augmentation. Une étude parue en 2004 sous le titre "Une nouvelle politique en matière de dépendances pour la Suisse ?" (M. Spinatsch, rapport à l'attention de l'Office fédéral de la santé publique, 2004; source: site Internet de l'OFSP) confirme la nécessité d'agir pour lutter contre la cyberdépendance, mais elle la juge faible par rapport à la lutte contre les autres dépendances. En conséquence, le Conseil fédéral agit prioritairement dans le domaine de l'abus des substances addictives (en particulier l'alcool et le tabac), là où la nécessité d'agir est la plus forte.
2. Le Conseil fédéral n'entend pas demander la réalisation de travaux de fond sur la cyberdépendance. Etant donné le faible nombre de personnes présumées cyberdépendantes en Suisse, il faudrait engager des frais disproportionnés pour obtenir des résultats concluants. Par contre, le Conseil fédéral a chargé l'OFSP d'examiner la possibilité de compléter les systèmes de surveillance existants pour tenir compte des problèmes propres à la cyberdépendance.
3./4. Le Conseil fédéral estime qu'il n'est pas judicieux d'instituer un service consacré spécifiquement à la cyberdépendance au niveau fédéral ni de mettre en place une plate-forme Internet car il existe déjà dans toute la Suisse des services compétents dans ce domaine, auxquels le public peut s'adresser. La Centrale nationale de coordination des addictions (infodrog) et l'Institut suisse de prévention de l'alcoolisme et autres toxicomanies (ISPA) disposent d'informations sur toutes les formes de dépendance et peuvent, dans les cas de cyberdépendance, assurer le contact avec les services cantonaux et communaux spécialisés.
5. Pour ces raisons, le Conseil fédéral juge inutile d'accorder des moyens financiers supplémentaires, d'autant qu'un tel engagement de la Confédération ne pourrait se faire qu'au détriment des autres efforts de prévention, déjà fortement limités par les mesures d'économie.
6. C'est aux services compétents, en concertation avec les personnes impliquées, qu'il appartient de déterminer si un cas particulier nécessite un traitement stationnaire ou une prise en charge ambulatoire. Cette décision est fonction moins de la forme de la dépendance que de l'ampleur et de la nature des problèmes de santé et des problèmes sociaux induits par la dépendance.