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Les conséquences de la propagation de séquences d’ADN artificielles dans des populations de moustiques ne sont pas connues. Photo: clipdealer
Au Brésil, des centaines de milliers de moustiques génétiquement modifiés ont été disséminés chaque semaine pendant deux ans dans le cadre d'un projet expérimental. Le but de l'expérience était de décimer les populations locales de moustiques tigres afin de réduire le nombre d'infections à la dengue et au zika. Les moustiques GM contenaient un programme génétique censé faire mourir leurs descendants. Mais certains descendants ont survécu et des gènes artificiels se répandent maintenant dans les populations naturelles de moustiques.
En 2016, une véritable épidémie de Zika fait la une des journaux au Brésil. Le virus Zika a des conséquences dévastatrices pour les femmes enceintes parce que leurs enfants naissent avec de graves malformations. Des millions de personnes sont tombées malades. Le moustique tigre égyptien, originaire d'Afrique, est responsable de la transmission de la maladie et sert également de vecteur pour d'autres virus (dont la fièvre jaune et la dengue). Les scientifiques brésiliens étaient donc sous pression pour trouver des méthodes pour empêcher les moustiques de se propager.
Avec les moustiques mâles GM développé par la firme Intrexon, les scientifiques espéraient avoir trouvé une solution sûre. En théorie, la modification génétique aurait dû entraîner la mort de tous les descendants des femelles qui se sont accouplées avec les mâles génétiquement modifié (GM). Au cours d'un essai à grande échelle entre 2013 et 2105, 450'000 moustiques GM ont été libérés chaque semaine à Jacobina, Bahia, Brésil.
Mais une nouvelle étude publiée dans la revue scientifique Scientific Report montre que, contrairement aux attentes des chercheurs, des descendants des moustiques GM ont survécu. Ces descendants étaient même assez en forme pour s'accoupler avec leurs congénères non modifiés.
Avant même le début de l'expérience, les critiques avaient averti que cette intervention présentait des risques environnementaux. L'analyse génétique des moustiques dans la région où ont lieu les disséminations montre que certains descendants des moustiques GM ont survécu et sont porteurs de séquences d’ADN artificielles. La survie des descendants est peut-être dû à des mutations spontanées qui annulent l'effet de la modification génétique censée les faire mourir. Aujourd'hui, des portions de gènes artificiels censés faire mourir les moustiques se répandent dans la nature. Cette propagation est de grande ampleur. Un changement a été détecté chez 10 à 60 % des moustiques tigres, selon les prélèvements.
Comme les moustiques GM provenaient d’un croisement entre des moustiques mexicains et cubains, le matériel génétique des moustiques à Jacobina se compose maintenant d'un mélange de trois populations. On ne sait pas très bien comment ces changements influent sur le processus de transmission de la maladie et sur les tentatives visant à les contrôler. L'équipe de recherche n'exclut pas que les moustiques GM puissent être encore plus robustes que leurs homologues sauvages et plus résistants aux insecticides.
- Lien externe : Article original dans Scientific Reports