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« Mon cher ami, je vous envoie un petit ouvrage dont on ne pourrait pas dire, sans injustice, qu'il n'a ni queue ni tête, puisque tout, au contraire, y est à la fois tête et queue. »
Le Spleen de Paris, oeuvre majeure de Charles Baudelaire, se caractérise par une forme poétique alors singulière - la prose « ouverte sur l'infini »- mêlant les genres et les points de vue (flâneur, philosophe, rêveur, moraliste). Il s'y révèle tout le sublime et le tragique de la vie urbaine.
"Rien de plus antipoetique que le lien logique entre deux objets de quelque espece qu'ils soient. Il faut briser les amarres des liens visibles et invisibles. Il faut laisser les objets et les concepts aller librement ou ils veulent, qu'ils luttent, qu'ils volent pour que le monde soit plus amusant et que puisse exister la veritable poesie.
Vous les poetes avez une peur terrible de perdre la tête et un amour incomprehensible de la qualite logique. C'est absurde de te conformer a l'idee selon laquelle la chaussure n'a d'autre utilite que d'être chaussure et la cuillere cuillere. La chaussure et la cuillere sont deux formes d'une extrême beaute et ont une vie propre aussi intense que la tienne et surtout elles ont une capacite d'AVENTURE que tu ne soupconnes même pas."
Federico García Lorca est né le 5 juin 1898 dans le village de Fuentevaqueros près de Grenade. Poète, dramaturge, prosateur, mais aussi peintre et musicien, il est l'auteur d'une oeuvre qui fait de lui l'un des voix majeures de la littérature mondiale. En 1927, ses romances le propulsent sur le devant de la scène poétique, mais il refuse d'y être identifié et décide d'explorer une autre voie, celle de la prose. Il sera fusillé en août 1936, entre Viznar et Alfacar, par des milices franquistes.
Un pirate s'échoue sur les rivages de Carcosa, la Cité d'Ailleurs.
Persuadé d'être mort, il est amené par Maar, un aveugle qui semble tout savoir de lui, au Roi en jaune. Ce dernier, hanté par le souvenir de ses amours, lui propose de revenir à la vie s'il parvient à le débarrasser de sa malédiction.
Commence alors la quête du pirate à la recherche de son propre trésor perdu, Ananova, la femme qu'il a tant chéri et pleuré.
Avec Le livre jaune, Michael Roch nous plonge dans un drame féérique et poétique aux confins du cosmos, derrière Hastur, Aldébaran et les Hyades.
« Michael Roch livre une magnifique partition » Nicolas Winter, Just A Word
Le Livre du Roi a été écrit en 2006, entre Hiver arctique et Hypothermie.
En 1955, un jeune étudiant en histoire arrive pour faire ses études Copenhague, là il va se lier d'amitié avec un étrange professeur, peu soigné et buvant sec, spécialiste des Sagas islandaises, ce patrimoine culturel inestimable qu'ont protégé les Islandais au long des siècles comme symbole de leur nation. Il découvre le secret du professeur, l'une de ces Sagas, Le Livre du Roi, dont les récits ont été à l'origine des mythes germaniques mis en scène par Wagner dans la Tétralogie, a été volée par les nazis pendant la guerre.
Ensemble le professeur et son disciple réticent qui ne rêve que de tranquillité vont traverser l'Europe à la recherche de l'inestimable manuscrit. Un trésor pour lequel certains sont prêts à voler et à tuer. Un trésor aussi sur lequel on peut veiller et qu'on peut aimer sans en connaître la valeur. Une histoire inhabituelle sur ce qu'on peut sacrifier et ce qu'on doit sacrifier pour un objet aussi symbolique qu'un livre.
Arnaldur Indridason est né à Reykjavik en 1961. Diplômé en histoire, il est journaliste et critique de cinéma. Il est l'auteur de romans noirs couronnés de nombreux prix prestigieux, publiés dans 37 pays.
"Aide à la personne, soin, accueil, éducation...
Prise en charge du corps de l'autre, des besoins de l'autre.
Entretien des bureaux, des maisons, des écoles.
Des femmes au travail.
Ces textes ont été écrits comme des instantanés photos.
Ici et maintenant."
Née en 1960, en Moselle, d'un père polonais et d'une mère allemande, Fabienne Swiatly se dit fille des aciéries et de la langue allemande, des bleus de travail et de la soudure, des ouvriers exploités et des manifs." Poète, novelliste et romancière, elle est l'autrice d'une oeuvre qui scrute le quotidien, interroge les frontières de langues et de classes, donne la parole aux êtres qui en sont privés. Dans l'atelier où elle forge ses livres, les mots se baladent souvent en bleu de travail.
« L'empereur dicte des ordres à ses capitaines, le pape adresse des bulles à la chrétienneté, et le fou écrit un livre », lit-on à la fin de Gaspard de la Nuit : la folie d'Aloysius Bertrand fut peut-être de consacrer sa vie à cette unique oeuvre - il est mort en 1841 sans même avoir la certitude qu'elle paraîtrait un jour. Il n'est, pourtant, de meilleure invitation au voyage que ce recueil de poèmes, qui dans une langue abondant d'archaïsmes nous promène du Dijon médiéval à la foire de Salamanque, des campagnes flamandes aux ruelles fantastiques et gothiques du vieux Paris... On explore la nuit et ses énigmes, on pénètre un univers occulte, tissé de proverbes, de romances et de chroniques, et hanté des figures d'autrefois : Pierrot et Arlequin, le chevalier Melchior et les hidalgos espagnols y côtoient ondines, salamandres, sorcières du sabbat et alchimistes... Saluant en Bertrand l'inventeur d'une forme poétique nouvelle, Aragon écrivait : « Pour la première fois, le poète semble parler d'ailleurs, et longtemps je me suis demandé pourquoi. Je me suis peu à peu assuré que ce dépaysement de la voix vient du fait qu'alors l'auteur se tenait en un lieu nouveau, étrange, étranger : il était au seuil du poème en prose, d'un poème à l'état naissant. »
Cinquante-deux proses brèves, lapidaires, qui vont définir pour plus d'un siècle l'ambition d'écrire la ville.Le vieux saltimbanque, le mauvais vitrier, "assomons les pauvres", la corde d'un pendu, un jouet pour des enfants qui n'en ont pas - ou tout simplement les nuages, ces "merveilleux nuages" sont désormais autant de repères légendaires pour l'imaginaire et la langue.Le projet de Baudelaire est désormais un fondement pour toute littérature :"Quel est celui de nous qui n'a pas, dans ses jours d'ambition, rêvé le miracle d'une prose poëtique, musicale sans rhythme et sans rime, assez souple et assez heurtée pour s'adapter aux mouvements lyriques de l'âme, aux ondulations de la rêverie, aux soubresauts de la conscience ? C'est surtout de la fréquentation des villes énormes, c'est du croisement de leurs innombrables rapports que naît cet idéal obsédant."Cinquante-deux raisons d'embarquer à bord de votre téléphone, tablette, liseuse, ces textes qu'il fait si bon relire ou redécouvrir, leur modernité intacte, leur puissance de rêve.Présenté ici avec une introduction de François Bon.
Bestiaire subtil est constitué de proses contemplatives du monde minuscule des insectes dans une langue disparue dont Alexis Buffet recueille, pour mieux se les approprier, les cendres volatiles. Brouillant les postures énonciatives et jouant sur des modèles qu'il se plaît à subvertir, l'auteur fait de l'insecte le vecteur fantasmatique d'une « rêverie-méditation sur l'homme, sur le monde, sur le temps, sur la création poétique » et l'érige en « acteur d'une histoire universelle » (Catherine Fromilhague). Sans doute le constat peut-il être étendu aux autres parties du recueil qui traitent les souvenirs et la terre de l'enfance comme un « monde révolu » que la langue a moins à charge de ressusciter dans sa véracité que de transmuer en « une sorte de réalisme supérieur, qui va jusqu'à la vision » (Bernard Dilasser).
Nous pouvons être notre propre oeuvre
L'auteur a toujours insisté sur l'importance du travail sur la matière y compris dans le plan psychique. Aussi nous dit-il, « c'est un travail de création qui s'apparente à la création artistique ». Ainsi toute activité artistique est étroitement liée à celle de l'esprit. Cet ouvrage est un guide précieux, nourrit d'explications concrètes et de méthode pratiques afin de capturer les éléments les plus purs pour illuminer la matière de nos différents corps : spirituels, psychiques et physiques.
« Les lois de la véritable création artistique sont les lois de la création spirituelle. En édifiant son oeuvre, l'artiste entreprend un travail de régénération intérieure identique à celui du spiritualiste, tandis que dans ses efforts vers la perfection le spiritualiste accomplit sur lui-même un travail de création identique à celui de l'artiste. »
Omraam Mikhaël Aïvanhov
Table des matières
I - Art, science et religion
II - Les sources divines de l'inspiration
III - Le travail de l'imagination
IV - Prose et poésie
V - La voix
VI - Le chant choral
VII - Comment écouter la musique
VIII - La magie du geste
IX - La beauté
X - L'idéalisation comme moyen de création
XI - Le chef d'oeuvre vivant
XII - La construction du temple
Postface
Chaque page de ces poèmes en prose est une contemplation de petits paysages. Des paysages pensants qui nous regardent désormais plus que nous les regardons.
Après une brève aventure en terre poétique en 2008, la plume de Sandra Balance s'est tue durant douze ans avant de revenir, tout en force et en finesse. Célébrant les élans du coeur, elle met en lumière avec espièglerie souvent, avec douceur parfois ses joies comme ses indignations, ses coups de gueule et ses appréhensions... Mais c'est bel et bien l'amour et ses péripéties infinies qui l'emporte toujours sous ses mots enfiévrés.
L'éclectisme et la curiosité animent Sandra Balance qui livre en mots sertis d'émotion ses états d'âme et ses coups de coeur.
Dans la relation des nombreuses aventures qui nous sont contées, l'idéal héroïque de la chevalerie errante anime la quête des chevaliers, qu'il s'agisse de Tristan ou des compagnons de la Table Ronde. Les joutes et les combats à l'épée se multiplient... Dans le royaume de Logres, terre d'élection des chevaliers errants, les héros sont reçus avec générosité partout... Textes jusqu'ici inédits, malgré leur grande beauté.
Une prose poétique inspirée du travail en banlieue en ateliers de tapisserie, tissage, couture et peinture riche des expériences humaines initiées par le travail des mains.
Quand je le sais,
j'ai tendance à le dire !
Quand je veux que ça se sache,
je l'écris !
Cette fois, l'ordinateur a corrigé des mots,
que je pensais savoir,
sans les avoir dits !
Effacer pour que personne ne le sache,
mots, phrases, majuscules, points.
Le refrain
d'une PLUIE et d'un BEAU TEMPS
*
La pluie et le beau temps est un recueil de 40 textes poétiques en prose.
Courbe saléeLivrée nue, l'intimité se laisse approcher, découvrir, envier... Le désir la tourmente et l'abandonne sans fard ni pudeur aux yeux du lecteur. Vibrer à l'unisson de la passion et n'être qu'un avec elle, c'est le voile du phantasme levé et le secret dévoilé : la femme mise à nu magnifiée. Laissez-vous tenter par l'aventure d'un voyage à travers le corps féminin, ce corps qui vit et qui réclame sa part de sexe... sa part de sel.Dans cet ouvrage unique en son genre, Nora Gaspard lève le voile sur l'essence du désir féminin : un va-et-vient incessant entre image et sensations, où l'esprit déraisonne, égaré par les sens. « Courbe salée » est une ivresse intérieure, féminine et érotique... De l'érotisme pour les « grands. » A découvrir sans modération !Nora GaspardUn poignet. Une nuque. Deux pied nus, puis délicatement posés, l'un après l'autre, sur les touches du piano, au gré des notes qui s'échappent les émotions s'envolant, Nora Gaspard révèle la poésie du corps qui sommeillait en vous. Musicienne-âme, conteuse érotique, sous son grand chapeau noir, son souffle court jusqu'à vous, jusqu'à vous réveiller de désirs, vous surprendre dans ses chuchotements, surprendre et chasser vos phantasmes les plus obscurs. Ses mots sont des doigts qui courent sur vous jusqu'à ce que ses caresses cessent à la fin du texte. Au bout du sexe. Eclairagiste de notre imaginaire sensuel, Nora Gaspard ne vit pas sur terre. Pour la rencontrer, à l'amour il faudra vous frotter.
Le roman de Perceforest (XVe s.) est la plus vaste composition en prose du Moyen Age, qui a pour ambition de raconter l'histoire de la Grande Bretagne à l'époque pré-arthurienne. Gilles Roussineau, pendant trente ans, a édité les six mille pages du roman. Il était le mieux à même d'en choisir vingt-quatre extraits significatifs. Son choix a été guidé par la volonté de donner un aperçu de l'histoire qui est narrée et des thèmes qui y sont abordés, depuis le débarquement d'Alexandre le Grand en Grande Bretagne jusqu'à l'avènement du christianisme. Plusieurs extraits abordent les grands événements qui jalonnent la narration et racontent comment l'auteur a imaginé une religion nouvelle, intermédiaire entre le paganisme antique et le christianisme arthurien. D'autres relatent la création du Franc Palais, préfiguration de la Table Ronde, ou évoquent la Bête Glatissante. Certains mettent en scène le personnage de Zéphir, le démon bienfaisant qui veille aux destinées du royaume, ou évoquent des curiosités de la nature, comme les poissons-chevaliers ou la singesse qui s'éprend d'un homme contrefait et difforme, le Bossu de Suave. Enfin, trois extraits racontent des histoires indépendantes, aisément détachables du roman : le paradis du roi Aroès, la Belle endormie et le Conte de la Rose.
Lignes noires sur fond blanc. Dans le refuge de la nuit, à cette heure où l'horloge se tait, quatre mains se lient pour composer la musique littéraire d'un recueil mouvant, vivant comme un cours d'eau. Dans un renvoi de balle poétique, les auteurs jouent sur les mots du bout des doigts, parfois mélancoliques et nostalgiques, ou débordants de joie... Et nous font partager leurs visions d'un monde réel et utopique.
Peinture, musique et écriture attachent Pauline Vilela et Sylvain Rian l'un à l'autre. Pailleté d'éclats de noirceur, leur premier recueil nous entraîne comme un vif vent d'avril. Rafraîchissant.
À travers les textes lapidaires et lancinants de ce recueil autobiographique, Nathan Villers nous entraîne dans les profondeurs de la déception amoureuse et de la dépression... pour mieux refaire surface, suivant la lueur. Laquelle ? Celle de l'amour, toujours lui, sous toutes ses formes, de l'amitié à la tendresse en passant par la sensualité et le soutien indéfectible de la famille. Une façon d'affronter ses démons du passé, lorsqu'ils resurgissent, avec une nouvelle sagesse, un nouveau regard, vif mais apaisé.
Les poèmes de « Coeur fané », paru en 2019 aux Éditions du Panthéon, disaient les premiers émois et l'amour perdu. « Boys don't cry » en est le pendant, celui de la maturité chèrement acquise. En prose, cette fois, Nathan Villers explore la résilience et la reconquête de soi.
Porté par la puissance des mots, guidé par la musique de la poésie, Yannick Ndouna rend dans ce recueil aux accents passionnés un vibrant hommage à l'Afrique, et plus particulièrement au Congo qui l'a vu naître. Il évoque au fil des pages des thèmes universels, des émois de l'amour vrai aux envols de la liberté, en passant par l'ombre de l'intolérance...
Aimé Césaire et Guillaume Apollinaire, l'inspiration de Yannick Ndouna puise son origine dans les pages de ces auteurs intemporels. La liberté et le rêve comme étendard contre les inégalités et les violences ethniques.
Fouiller la moelle ou la langue, jusqu'à mettre les nerfs à vif. Ne jamais rien y expier, mais chercher le néant pour se chercher soi-même. Décomposer les intérieurs de la parole. Et assassiner l'esprit, pour que la vie même se rétracte en un unique point d'une unique durée, et que se déploient seules « la douleur perpétuelle et l'ombre, la nuit de l'âme ».
Dans ce recueil à la prosodie désarmante de tendresse, Marie-Suzel Tabard rend hommage à la vieillesse, ce crépuscule de la vie qui demeure, malgré tout, la vie. Promenons-nous à pas lents le long de cette galerie de portraits touchants, beaux, fragiles et intenses. Des moments photographiés proches de la fin, ces moments où l'on se souvient, où l'on chérit son propre souffle... la voix basse mais les yeux pétillants, avec pudeur et élégance.
Marie-Suzel Tabard milite pour une approche et une éducation sensible, élégante, esthétique et amoureuse de la Nature et du monde qui nous entourent. Son regard, empreint de tendresse, se porte sur ceux que l'on nomme maintenant, par euphémisme, nos « anciens ».
Des tableaux, intensément beaux parce que cruellement vrais, qui valsent mais en procession, lentement, mais avec passion. On retourne ici au primitif, celui des mots, de l'écriture, celui d'enchaîner les joliesses comme des perles de nacre pour célébrer les émotions, les expériences humaines si petites mais si grandes, toutes ensemble mais pas vraiment, dans les souvenirs et les embruns du coeur. Dans ce nouvel opus, Guillaume Solal redonne le soleil aux printemps pluvieux.
Enseignant en histoire, Guillaume Solal souhaite faire éclore l'impressionnisme sensoriel. L'esthétique est la clé de voûte de ses écrits, syncrétisme de couleurs et de sons pour faire scintiller le net et pur flamboiement du coeur.
Presentation
We can be our own work.
The author has always insisted on the importance of working on the subject, including on the psychic level. So he tells us, "it is a work of creation that is akin to artistic creation". Thus all artistic activity is closely linked to that of the mind. This book is a precious guide, nourished with concrete explanations and practical methods in order to capture the purest elements to illuminate the matter of our different bodies: spiritual, psychic and physical.
'The laws of true artistic creation are identical with the laws of spiritual creation. The creative work of an artist is exactly the same work of inner regeneration as that undertaken by one who is striving for spiritual perfection. Just as an artist uses paint and canvas, clay or bronze to create a work of art, so a spiritual person uses the raw materials of his or her own being in striving towards inner perfection.'
Omraam Mikhaël Aïvanhov
Table of contents
1 - Art, Science and Religion
2 - The Divine Sources of Inspiration
3 - The Work of the Imagination
4 - Prose and Poetry
5 - The Human Voice
6 - Choral Singing
7 - How to Listen to Music
8 - The Magic Power of a Gesture
9 - Beauty
10 - Idealization as a Means of Creation
11 - A Living Masterpiece
12 - Building the Temple
Une phrase, une seule phrase pour contenir ce Silence des chiens de Jacques Ancet. Une longue phrase, déroulée, se dépliant en souffle, en rythme, qui fait que l'on ne se trouve plus devant le texte, mais bien à l'intérieur de lui, pris dans ses pliures, son flux, et porté par son mouvement.C'est un texte, au sens élargi. Il contient les images quotidiennes, les gestes simples et l'invisible pensée qui les porte, résurgences, sensations, interactions, autour de ce "tu" qui avance et veut dire.Ce souffle crescendo et décrescendo emporte.Il nous déplace de l'anodin à l'indicible, du particulier à l'universel avec une facilité déconcertante. Peu importe qu'il n'y ait qu'une seule phrase ou plusieurs, le propos n'est pas celui d'une performance qui serait seulement acrobatique. Il s'agit bien de chair, de sang, d'émotions, d'humanité (ou d'inhumanité) en marche.Silence et bruit, c'est la rumeur du monde qui enfle, parfois au point de prendre toute la place et c'est comme si la phrase elle-même s'assourdissait de rendre compte de ce qu'elle entend, de ce bruit qu'elle doit identifier, désigner, décrire.Ce bruit est comme une basse, un son constant, un acouphène. S'il s'éloigne, il n'est jamais tout à fait loin. Et s'il se cache au milieu des sonorités du monde, l'écriture l'en extrait.C'est le bruit d'une souffrance. Jacques Ancet la cerne, l'encercle de ses mots, avance peu à peu vers elle, rend compte de son écho, avant de plonger à l'intérieur.
Superbe prose poétique, exploratrice, saisissante et sonore, qui bouleverse. L'écriture duSilence des chiens est un instrument de précision, utilisé pour « parler de l'horreur du dedans ». Ciseau, sonde, pic, la "ligne de mots" de Jacques Ancet est forte, vibrante, et résonne longtemps après qu'on ait fini de la lire... CJ, dans Pages à Pages"Le silence des chiens" est précédé de "Parler la douleur", préface de Jacques Ancet, 2010.