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Le résultat des simulations est sans équivoque: si le climat se réchauffe de plus de 2°C, de nombreux lacs de moyenne altitude sont menacés de perdre leur couverture de glace au cours du XXIe siècle, comme le Lac de Joux ou le lac du Klöntal. Moins de glace entraîne un échange vertical plus intense entre les eaux de surface et les couches profondes, empêchant ainsi la formation d’une stratification stable et raccourcissant par conséquent sa durée. En été en revanche, la durée de la stratification stable s’allonge, augmentant le risque d’un manque d’oxygène dans les eaux profondes. Par ailleurs, la stratification prolongée en été peut favoriser la croissance des cyanobactéries toxiques des algues.
De nombreux lacs de moyenne altitude pourraient donc passer d’un régime de mélange dimictique avec deux brassages de l’eau profonde par an à un régime monomictique avec un seul brassage annuel. Des transformations du régime de ce type sont lourdes de conséquences sur l’accumulation de chaleur des lacs et la répartition de l’oxygène et des nutriments. Les habitats de nombreux animaux aquatiques pourraient être profondément modifiés car l’eau se réchauffe alors par la surface et l’oxygène reste peu présent en profondeur. «Mais si on réussit à limiter le réchauffement climatique, nous pouvons préserver la couverture de glace et empêcher le changement du régime de mélange de la plupart des lacs», déclare Råman Vinnå.
Les lacs de montagne et les grands lacs du Plateau conservent leur régime de mélange
Selon tous les scénarios climatiques de l’étude type, les lacs de haute altitude, tel le lac de St-Moritz situé à 1768 mètres, restent en revanche dimictiques, du moins pour le
XXIe siècle. Curieusement, l’eau de ces lacs se réchauffe davantage et la durée de la couverture de glace et la stratification stable raccourcissent plus vite en hiver qu’à des altitudes inférieures. Toutefois, la dynamique des lacs ne changera probablement pas durant le siècle en cours. Une couche de glace continuera à se former sur les lacs de haute altitude, permettant de préserver un brassage vertical semestriel. Selon l'étude, les grands lacs du Plateau suisse, comme celui de Zurich ou le Léman, qui présentent aujourd’hui déjà un régime monomictique, conserveront probablement un cycle de brassage irregulier.
«Au cours du XXIe siècle, les lacs suisses se modifieront à cause du changement climatique. Mais notre étude montre que prendre des mesures conséquentes pour la protection du climat permettra néanmoins de limiter la plupart des effets. Peu de lacs arriveraient au point de bascule et subiraient des modifications majeures de leur système de fonctionnement», précise Råman Vinnå.