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Cette année, les hommes politiques ne font pas recette au carnaval de Rio. En réalité, les masques les plus recherchés sont ceux de gorilles, de clowns et de sorcières. A quinze jours de l'ouverture officielle du carnaval, le choix d'un masque devient urgent.
"On a fait Kadhafi, mais ça n'a pas pris et, ici au Brésil, ce n'est pas une année d'élections. Alors ce sont King Kong, les sorcières et les clowns qui s'arrachent comme des petits pains", estime Olga Gibert, propriétaire de la Condal, la plus ancienne fabrique de masques du Brésil.
"Il y a des familles entières ou des groupes d'amis qui veulent un masque pour s'amuser dans les blocos" (défilés de rue), affirme-t-elle. Mme Gibert a précisément noté cette année une "grosse demande de masques de clowns" comme celui de Pierrot, un déguisement traditionnel du carnaval dans les banlieues de Rio.
Fondée en 1958 à Sao Gonçalo, de l'autre côté de la baie de Rio, par l'artiste catalan Armando Valles, la Condal a fabriqué 150'000 masques pour ce carnaval et en a exporté 5000 en Espagne. Dans les années fastes, près d'un demi-million de masques étaient vendus.
"Avec la crise en Espagne, on a eu peu de commandes cette année. De plus, on fait face à la concurrence chinoise qui a des prix imbattables", explique Mme Gibert. Au total, dans sa petite fabrique semi-artisanale siègent plus de 2000 modèles de masques.
ATS