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Le vaccin AstraZeneca contre le coronavirus est "sûr et efficace". Il "n'est pas associé" à un risque plus élevé de caillots sanguins, a affirmé jeudi l'Agence européenne des médicaments (EMA). Plusieurs pays ont annoncé dans la foulée la reprise des vaccinations.
L'avis de l'EMA était très attendu car l'UE, en pleine pénurie, compte sur des millions de doses de ce vaccin élaboré par le laboratoire suédo-britannique AstraZeneca.
"Le comité est parvenu à une conclusion scientifique claire: il s'agit d'un vaccin sûr et efficace", a déclaré la directrice exécutive de l'EMA, Emer Cooke, lors d'une visioconférence.
Le régulateur européen, basé à Amsterdam, "a également conclu que le vaccin n'était pas associé à une augmentation du risque global d'événements thromboemboliques ou de caillots sanguins", a précisé Mme Cooke.
Enquête nécessaire sur des cas rares
L'EMA a cependant déclaré qu'une enquête plus approfondie était nécessaire dans un certain nombre de cas rares impliquant notamment de faibles taux de plaquettes.
"Au cours de l'enquête et de l'examen, nous avons commencé à voir un petit nombre de cas de troubles de la coagulation rares et inhabituels mais très graves, ce qui a ensuite déclenché un examen plus ciblé", a expliqué Mme Cooke.
"Sur la base des preuves disponibles, et après des jours d'analyse approfondie" des données, "nous ne pouvons toujours pas exclure définitivement un lien entre ces cas et le vaccin", a-t-elle souligné.
469 cas de caillots sanguins
Il y a eu 469 cas de caillots sanguins signalés chez 20 millions de personnes vaccinées dans l'Espace économique européen (EEE) - UE, Norvège, Islande et Liechtenstein - et au Royaume-Uni, a précisé l'EMA.
En comparant ce chiffre aux cas rapportés dans la population générale, l'EMA a déterminé qu'il n'existait pas d'augmentation du risque global de caillot sanguin. Seuls 25 cas rares impliquant de faibles taux de plaquettes ont été recensés. Ils concernent pour la plupart des femmes de moins de 55 ans, a précisé l'EMA.
Les avantages l'emportent sur les risques
Selon Mme Cooke, "ses avantages dans la protection des personnes contre le Covid-19, avec les risques associés de décès et d'hospitalisation, l'emportent sur les risques possibles".
L'Organisation mondiale de la santé (OMS), qui est sur la même ligne, a renouvelé jeudi son appel à continuer à utiliser ce vaccin. Son Comité consultatif mondial de la sécurité vaccinale (GACVS) doit publier vendredi un avis sur le vaccin AstraZeneca.
Peu avant l'EMA, le régulateur sanitaire britannique, le MHRA, qui examinait les vaccins AstraZeneca et Pfizer/BioNTech, avait conclu "qu'il n'y a aucune preuve que les caillots sanguins dans les veines se produisent plus que ce à quoi on pourrait s'attendre en l'absence de vaccination, pour l'un comme l'autre vaccin".
Suède et Norvège préfèrent attendre
Une quinzaine de pays avaient suspendu par précaution l'utilisation du vaccin d'AstraZeneca. L'Allemagne, la France, l'Italie et l'Espagne ont annoncé la reprise des vaccinations avec ce produit ces prochains jours.
La Norvège et la Suède préfèrent de leur côté attendre les conclusions de leurs propres autorités de santé. Plus tôt jeudi, une équipe médicale norvégienne avait dit voir un lien entre le vaccin d'AstraZeneca et des caillots sanguins observés chez des patients tombés dans un état grave, voire décédés, quelques jours après une première injection.
Les autorités suédoises ont aussi fait état d'une personne décédée après avoir reçu une dose d'AstraZeneca, sans qu'aucun lien ne soit pour l'instant établi avec le vaccin. "Il s'agit d'un cas de caillot sanguin dans les artères et les veines et de saignements importants", a expliqué Läkemedelsverket, l'agence des médicaments.
Retards: l'UE va activer une procédure
Le Royaume-Uni a de son côté annoncé une réduction de ses approvisionnements en vaccins en avril, susceptible de ralentir sa campagne de vaccination, l'une des plus avancées au monde. Selon les médias britanniques, le problème serait dû à un retard de livraison de cinq millions de doses produites en Inde par le Serum Institute pour AstraZeneca.
La Commission européenne a pour sa part annoncé qu'elle allait activer une procédure contractuelle pour résoudre le conflit avec AstraZeneca, dont les livraisons sont nettement inférieures aux chiffres prévus.
Ces déconvenues sur les vaccins interviennent alors que l'OMS a jugé jeudi "particulièrement" inquiétante la situation de l'épidémie dans les Balkans et en Europe centrale, à l'heure où le nombre de cas en Europe augmente pour la troisième semaine consécutive.
L'immunité pour reprendre une vie normale
Le Conseil Fédéral est attendu mercredi après-midi pour annoncer de potentielles allégements des mesures Covid. Parmi les possibilités : la réouverture des terrasses, des salles de sport ou de certains lieux culturels. Les masques, eux, ne vont pas nous quitter de si tôt.
Si les indicateurs sur lesquels se base le Gouvernement pour prendre ses décisions sont tous, ou presque, dépassés, les experts de l’OFSP se sont toutefois montrés « un peu» optimistes mardi. Selon eux, « la situation reste fragile, mais avec de bonnes perspectives ». La vaccination, elle, se poursuit gentiment.
Aujourd’hui, cela fait plus de 13 mois que le Covid a débarqué en Suisse. Le pays a déjà affronté deux vagues. Avec une question qui se pose : jusqu’à quand allons-nous devoir cohabiter avec le virus ?
Ecoutez la réponse du Professeur Thierry Calandra, il est le Chef du Service des maladies infectieuses du CHUV à Lausanne :
Le masque, les gestes barrières et la désinfection des mains vont également nous accompagner encore quelques temps. L’immunité de la population aura un rôle central pour potentiellement lever ces mesures de protection.
Le Professeur Thierry Calandra, Chef du Service des maladies infectieuses du CHUV :
Notez que 8% de la population suisse a, à ce jour, été entièrement vaccinée. Et au moins 13% a reçu une dose. Cela représente environ la moitié des personnes vulnérables.
Selon un sondage publié mardi, ce sont les Romands qui sont les plus sceptiques vis-à-vis du vaccin. Près de 20% d'entre eux sont contre, alors que ce taux s'élève à 11% chez les germanophones et à 8% chez les Tessinois.
Etats-Unis: "Pause" pour le vaccin de Johnson & Johnson
Les autorités américaines ont recommandé "une pause" dans l'utilisation du vaccin de Johnson & Johnson, après des cas graves de caillots chez plusieurs personnes, dont une est décédée et une dans un état critique. En Europe, le déploiement du vaccin va être retardé.
L'Agence américaine des médicaments (FDA) "est en train d'enquêter sur six cas rapportés aux Etats-Unis de personnes ayant développé des cas rares et graves de caillots sanguins après avoir reçu le vaccin", a-t-elle indiqué mardi dans un communiqué.
Au total, six personnes âgées de 18 à 48 ans ont présenté, 6 à 13 jours après l'injection, des symptômes de thrombose cérébrale, conjugués avec une chute de leur niveau de plaquettes sanguines. "Un cas s'est révélé mortel et un patient se trouve dans un état critique", a déclaré Peter Marks, de la FDA
Les Centres américains de lutte et de prévention des maladies (CDC), principale agence fédérale de santé publique du pays, se réuniront mercredi afin d'évaluer ces différents cas. L'agence américaine des médicaments passera ensuite en revue leurs conclusions.
"Tant que cette procédure est en cours, nous recommandons une pause", a affirmé la FDA, précisant agir "par souci de précaution".
"Pas d'impact important" sur la campagne
Cette pause "n'aura pas d'impact important" sur la campagne de vaccination aux États-Unis, a affirmé la Maison Blanche. "Le vaccin de Johnson & Johnson représente moins de 5% des doses administrées aux États-Unis jusqu'à présent", a assuré Jeff Zients, coordinateur de la lutte contre le Covid-19 pour la Maison Blanche.
L'agence américaine des médicaments avait affirmé vendredi dernier ne pas avoir établi de lien de causalité à ce stade entre la formation de caillots sanguins et l'injection du vaccin contre le Covid-19 de Johnson & Johnson.
Les six personnes concernées par les événements thrombo-emboliques graves sont des femmes dont l'âge de 18 à 48 ans, et leurs symptômes sont apparus 6 à 13 jours après l'injection. Les traitements habituellement utilisés pour soigner les caillots sanguins, comme l'héparine, peuvent se révéler dangereux quand il s'agit des types de caillots détectés par la FDA qui requièrent donc un traitement alternatif, préviennent les autorités sanitaires américaines.
"Extrêmement rare"
Plus de 6,8 millions de doses du vaccin anti-Covid de Johnson & Johnson ont déjà été administrées sur le territoire américain et ce type d'effets secondaires graves apparaît pour le moment "extrêmement rare", a fait savoir la FDA.
De nombreuses personnes aux Etats-Unis qui devaient recevoir une injection du sérum de Johnson & Johnson commençaient à recevoir dès mardi matin des messages annulant leur rendez-vous vaccinal.
Déploiement retardé en Europe
Cette annonce survient alors que l'Agence européenne des médicaments (EMA) a indiqué la semaine dernière elle aussi enquêter sur des liens entre le vaccin de "J&J" et des cas de caillots sanguins.
Johnson & Johnson a indiqué mardi qu'il avait "pris la décision de retarder le déploiement" de son vaccin en Europe après l'annonce des autorités sanitaires américaines, sans donner plus de détails sur l'ampleur du report.
Efficace à 66%
Le vaccin unidose de Johnson & Johnson avait été autorisé en urgence aux Etats-Unis fin février, après ceux à deux doses de Pfizer/BioNTech et de Moderna.
Il s'est révélé efficace à 66% pour prévenir les formes modérées à sévères du Covid-19, selon des essais cliniques réalisés sur environ 40'000 personnes âgées de 18 ans ou plus dans plusieurs pays à travers le monde.
A "vecteur viral", le sérum de "J&J" utilise comme support un autre virus peu virulent, transformé pour y ajouter des instructions génétiques d'une partie du virus responsable du Covid-19. Une fois dans les cellules, une protéine typique du SARS-CoV-2 est produite, éduquant le système immunitaire à le reconnaître.
Les Romands plus sceptiques face à la vaccination
Pourtant généralement plus ouverts dans le domaine, les Romands sont les plus sceptiques vis-à-vis de la vaccination contre le Covid-19. Le taux de vaccino-sceptiques est deux fois plus élevé chez eux qu'ailleurs en Suisse, indique un sondage Sotomo.
Près de 20% des Romands se sont dits opposés à la vaccination, contre plus ou moins 10% dans le reste du pays, selon le rapport publié mardi. Les Romands sont particulièrement sceptiques quant aux effets secondaires et à l'efficacité du vaccin.
Dans l'ensemble du pays, le taux de personnes voulant se faire vacciner a lui légèrement augmenté par rapport à la dernière enquête cet hiver. En janvier, 41% des personnes interrogées avaient indiqué vouloir se faire vacciner. Ce taux est désormais passé à 44% et 9% des sondés ont déjà reçu au moins une dose. Le nombre de vaccino-sceptiques reste lui stable à 23%.
Les femmes, plus sujettes aux effets secondaires, sont davantage réticentes à se faire vacciner. 27% d'entre elles sont plutôt contre, alors que ce taux s'élève à 18% chez les hommes.
Des différences sont aussi visibles selon l'âge des participants. Les plus de 64 ans sont ceux qui veulent le plus se faire vacciner, tandis que les moins de 35 ans rechignent davantage à se faire piquer.
Choisir son vaccin
Du côté des types de vaccin utilisés, la population a une nette préférence pour la technologie ARN-messager, qu'on retrouve dans les vaccins Pfizer/BioNTech et Moderna actuellement sur le marché. Et la plupart des sondés aimeraient pouvoir choisir eux-mêmes la sorte de vaccin à employer.
Dans le même temps, une majorité estime que le type de vaccin n'est pas décisif, du moment qu'il a été autorisé par les autorités. Cette double majorité, contradictoire en apparence, est probablement due au fait que les autorités ont jusqu'à maintenant été réticentes à valider des vaccins et que seuls des vaccins ARN-messager ont été approuvés, selon Sotomo.
Environ la moitié des personnes interrogées ont reçu au moins occasionnellement des informations liées au vaccin qui les ont irritées, effrayées ou déconcertées, indique encore le sondage. Et près de deux tiers d'entre elles ont vu au moins une fois par semaine des publicités avec le slogan "Je vais me faire vacciner", par ailleurs jugé clair et compréhensible.
L'enquête en ligne, consacrée uniquement à la vaccination, a été réalisée entre le 11 et le 17 mars. Le questionnaire à été développé par l'OFSP et les réponses de 1692 personnes ont été pondérées et analysées.
La Suisse compte 2241 nouveaux cas de coronavirus en 24 heures
La Suisse compte mardi 2241 cas supplémentaires de coronavirus en 24 heures, selon les chiffres de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP). On déplore dix décès supplémentaires et 82 malades ont été hospitalisés.
Durant les dernières 24 heures, les résultats de 25'447 tests ont été transmis, indique l'OFSP. Le taux de positivité s'élève à 8,81%.
Sur les quatorze derniers jours, le nombre total d'infections est de 25'673, soit 296,98 nouvelles infections pour 100'000 habitants. Le taux de reproduction, qui a un délai d'une dizaine de jours, est lui de 1,14. Les patients Covid-19 occupent 22,70% des places disponibles en soins intensifs, dont le taux d'occupation est de 68,40%.
Au total 689'178 personnes ont déjà reçu deux doses de vaccins et 1'815'117 une dose. La Suisse a reçu jusqu'à présent 2'390'325 doses de vaccins
Quant aux variants du coronavirus, 41'910 cas ont été détectés en Suisse jusqu'à ce jour, dont 16'468 cas ont été attribués au variant britannique (B.1.1.7), 245 au variant sud-africain (B.1.351) et 13 au variant brésilien (P.1). Dans 25'184 cas, une mutation était présente, mais la lignée n'était pas claire.
Depuis le début de la pandémie, 625'367 cas de contamination au Covid-19 ont été confirmés en laboratoire sur un total de 6'437'818 tests effectués en Suisse et au Liechtenstein. Le total des décès s'élève à 9830 et le nombre de personnes hospitalisées atteint 26'085.
Le pays dénombre par ailleurs 14'785 personnes en isolement et 23'953 individus faisant partie de leurs contacts ont été mis en quarantaine. S'y ajoutent 3358 autres personnes revenant de voyage d'un pays à risque et qui ont dû aussi passer par la case de la quarantaine.
Une commission demande au gouvernement des perspectives
La Commission de l'économie du National demande au Conseil fédéral de présenter dès sa prochaine séance mercredi des scénarios détaillés de réouverture pour les entreprises et établissements fermés en raison du Covid-19. Il est urgent de leur donner des perspectives.
Les acteurs concernés doivent pouvoir savoir quand et à quelles conditions ils pourront reprendre leurs activités, a expliqué lundi devant la presse le président de la commission Christian Lüscher (PLR/GE). Une recommandation en ce sens a été adoptée par 18 voix sans opposition.
La situation actuelle devient "invivable" et crée "beaucoup de ressentiment" pour les acteurs de l'économie, de la culture et du sport, alors qu'ils ont investi beaucoup d'énergie et d'argent dans la mise en place de plans de protection, a souligné le Genevois. Le développement de la vaccination devrait permettre d'envisager avec beaucoup plus de clarté la reprise des activités encore interdites.
La commission a adopté par 12 voix contre 11 et 2 abstentions une seconde recommandation demandant au gouvernement d'adopter la feuille de route des acteurs du secteur de l'événementiel. Ce plan prévoit une réouverture en six étapes à partir du 22 avril si les conditions sanitaires le permettent.
Pas de date fixe
Un certain nombre de propositions ont en revanche été rejetées par la majorité de la commission. Pas question notamment de fixer une date pour la réouverture des restaurants et des établissements culturels et sportifs. "Ce n'est pas notre rôle en tant que commission", a expliqué Christian Lüscher.
La commission a aussi refusé de supprimer le maximum de 50 personnes pour les célébrations religieuses et de fixer une limite en fonction de l'espace à disposition. Elle ne veut pas non plus supprimer l'obligation de porter un masque, notamment au travail, pour les personnes vaccinées. A ce stade, une telle mesure apporterait "plus de confusion que de sécurité", a relevé le PLR genevois.
Les membres de la commission ont par ailleurs noté avec satisfaction que l'argent pour les cas de rigueur commence à être versé de manière tout à fait significative. Actuellement, 1,6 milliard de francs ont été versés à fonds perdus et 100'000 francs pour des prêts, selon M. Lüscher.
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