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1691. L'incendie du Lieu en 1691
Ainsi si l'incendie se limita à un bâtiment et à ses annexes, qui servait aussi d'école, et n'entraîna pas d'autres maisons dans le désastre, au contraire de ce que d'aucuns avaient pu écrire, ce fut néanmoins une immense perte pour notre commune, puisque tous les papiers anciens de celle-.ci disparurent. Ce qui revenait à dire qu'on n'avait plus de "droits" à disposition.
En conséquence il fallut reconstituer ses archives en recopiant les documents originaux qui figuraient dans les communes voisines de L'Abbaye et du Chenit.
Heureusement ne figuraient pas dans les archives du Lieu, on ne sait trop pour quelles raisons, les livres de reconnaissances de 1489, 1526, 1549 et 1600. Ces pièces rarissimes et à partir desquelles seules l'on est capable de rétablir le cadastre ancien de notre Vallée, allaient permettre plus tard au professeur Piguet d'établir la manière exacte dont s'était effectuée la colonisation de la région, et surtout du Chenit, terre nouvelle et à disposition désormais des colons par trop à l'étroit sur les deux communes mères.
Si les actes essentiels concernant l'histoire de la Vallée purent figurer à nouveau un jour dans les archives du Lieu par copie, il n'en reste pas moins que tous les comptes précédants 1691, tous les procès-verbaux, avaient disparu dans ce sinistre et laissaient de ce fait cette commune presque sans mémoire précise pour plusieurs siècles. Certes, par recoupement l'on tenta tant bien que mal de reboucher les trous, il n'en restait pas moins des périodes obscures que l'on ne connaîtrait jamais réellement de manière précise.
Le sinistre laissa une trace profonde dans la mémoire populaire. On avait perdu ses archives. Et en plus, on s'en rendait compte, si la situation des vents avait été défavorable, le village eut pu passer par les flammes, ainsi qu'il le fera d'ailleurs en 1858.
Restait à reconstruire - le four devait sauf erreur rester à la même place, comme quoi au Lieu le dicton "chat échaudé craint l'eau froide" n'avait pas cours - et à réparer la primitive pendule qui avait été construite, on s'en souvient, en 1675 par les Guignard du Charroux. Il n'a nulle part été dit qu'elle fut définitivement mise hors d'usage et qu'il fallut en reconstruire une nouvelle. Pour ce qui est de la cloche, ou des cloches, les documents ne disent pas non plus qu'elles furent détruites.